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Full text of "Dictionnaire De La Conversation Et De La Lecture Volume 10"

REPERTOIRE 

DES 

CONNAISSANCES 

USUELLES 



LISTE DES AUTEURS QUI ONT CONTRIBUÉ A LA RÉDACTION 
DU 10 e VOLUME DE CETTE ÉDITION. 

MM, 
/11oi11¢ (comte Armand d'). 
.|ldrleux. 
Apher! de l'lit)'. 
Audiffrel (II.). 
Baudet Ille Il'abbé 
Bardln (e géral ). 
Barll,ley (lal» .). 
Baudry de Balzac. 
Beaufort (. ). 
Belfl«ld-Lf re. 
Berrand 
Bodin Mad e Caille 
Bordes- Demouliu. 
Bureau (Vicor. 
Bory de alnt-VInent 
Bouehlllê (ll.) ancien recteur de t'Aca- 
alCie d'E,re-ct-ir. 
Bouillel, attcien 
Bonrdon [D" isid. ), de l'Acad, de mgdoeine. 
Bra¢Om*eier (douard). 
Bradl (comtee 
B,'elO,,, de la Gzcllc 
Brlffaull (Euge). 
Brunet (Gustae), à Bordeaux. 
Cahett (S.), traducteur de la Bible. 
atlI-Blaze. 
CltabrOl F. de}. 
Charonle£ 
CBasles (Philarze), çrofcseur Zl çlle 
d Franc. 
CJario, ancien çrofeeor à 
méd¢cite de Paris. 
Cleemonl (.). 
ColaBge (Léo de). 
Colilt. 
Colombal, de l'lsre (D 
Coquerel (CharlesJ. 
Banjou (E}. 
Daeeoux (Vicr). 
Delbare IL}. 
Dêtttezll. 
enne-Baron. 
-- (Made phie}. 
-- (Dieudonné). 
Des¢lozeaux (Ernest), nnc. sectét, gëué- 
rai dt minist.rc de la in,lice. 

l)ut)lef 
l)u Bois (Louis), ancien sous-préfet. 
Duelle«ne {aihC, conservateur de la Bi- 
hlioth2que impériale 
BueKell (W.-A.). 
Dufan P.=A.}. 
Dufey (de l'Yonne). 
Dumas ÇJ.-B.), de I'Aca6mie des ien- 
Ces, sénateur. 
Dup, (baron Charles), de l'Académie des 
sciences, snateur. 
Dupl¢si$ (l'abbé J.}. 
Dopui$-DeleourL 
Du ozoir (Charl). 
Fanehe (iiippoly}, 
Favrot. 
Fayot (FfCCie). 
Ferry, ancien examinateur ì I'cole poly- 
technique. 
Fosati 
Fonrnler (Edouard). 
Français de Nantes (coma) ancien pair 
de France. 
Fric,se (CamiUe de). 
Galiherl ÇLéon}. 
Gallois (Napolon). 
Gaubert (D" Paul). 
Gattltier de Claubry. 
Gell (L.-5.). 
Genevay 
GtDlez 
GolbPl.y (P. de), ancien procureur gnéral. 
Goupll, D, Angute). 
Guadet (J.). 
Ralliez 
Hêrieourt (A. d'). 
Hus»on IAuguste). 
anin JulesJ. 
onclère. 
Sublnal (Achille}, député au corps légis- 
latiL 
nllien (Bernard). 
Kirtvall (A.-V.),avOcat au Qm.« n' B.'n« h. 

MM. 
Laureulle. 
Lemonoler (Charles). 
Lémoltey. de l'Académie françise. 
Leloir (Ch. Alexandre). 
Leverrler. de l'Académie dea ience,. 
Louve! [L.). 
Mae-Carthy (Oscar). 
Matllz (Paul). 
Malter. 
Merllenx. 
Merlin. 
MIIIID, de l'lnstitlll, 
Moion (. de). 
[ Mondeiot. 
Monglae IEug. G. de). 
Nlsard iCharles). 
Odolatt- De«nos. 
Ourr. 
Paf le (C.-M.). 
Page (Tir-), capitaine de vaisseau. 
Paseallet (E.). 
Pantet (Jules). 
Pecqneur (C.). 
Pellissier. 
! Pelouze pere. 
Ponger,llle, de l'Académic française. 
Relffenberg (baron de). 
Rendn {t'abb), évque d'AnneCy. 
Rleller (E.). 
Rlenzi (L.-D. de). 
Ro||jonx (baron de). 
I Ronseau (Jean-Jacques). 
Roux (E.). 
Saint-Amont (Jules). 
Saitt-Prospet'. 
Saint-Prospev jeune. 
Sandeau (Jules). 
Sandras (D'). 
Saneerotte {Dq, à Lunévil|e. 
Savagner (}. 
Sêgalas (Anais. 
Teys.êdre. 
Tbarand (Paul). 
Tlby (Paul). 
Ti,ol de l'Académie française. 

" I.nudt es. /almoot 
I 
Lablli¢" " (Charles) 
- j Naudoneourt (le général G. de). 
Lailt( ,. atcien gcnêalogiste des ,q,lres ] Ilennel + fie l'Aoedlnie francise. 
lift ]lOI. [ Viollel-I.edne. 
Laureul tD' L.t, attc. clfirurgien en chef ] Tirey (J.-J.). 
de la omrine. [ Zadlk Pacha {MiceI-Czakowski). 
I 

l'.tri';. -- TpograpIli, Il,' FIrlui:t Did,,t friT, s, Fll," JJÇob, 56. 



DICTIONNAIRE 

DE LA 

CON-VERSATION. 

ET DE LA 

LECTURE 

INVENTAIRE RAISONNE DES NOTIONS G1ÉN1ÉRALES LES PLUS INDISPENSABLES A TOUS 
PARUNE SOCIÉTÉ DE SANANTS ET DE GENS DE LETTRES 
SOUS LA DIRECTION DE M. W. DUCKETT 

Seconde édition 
ENTIÈE3IENT EFOlXDUE 
COBB|GEE, ET AI.GMEN'fIE DE PLI.SIEUBS MILL|ER DART|CLES TOI'I DACTUAL|TE 

Celui qoi toit tout abroge totlt. 
|olTYSQU IU. 

TOME DIXIEME 

PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRIIIN DIDOT FIERES, FILS ET 
IMPBIMEUBS DE L'INSTITUT BUE JACOB (; 
M DCCC LXVIII 



Les lecteurs sont precnus que tous les mots espacés dans le texte courant { par 
exehple : Transsubstantiation, Immortalité, César) sout l'objet d'articles 
spéciaux dans le Dictionnaire, et constituent dès lors autant de renvois à consulter. 



DICTIONNAIRE 

)E 

LA 

CONVEISATION 

ET DE LA LECTURE. 

FIÉRET (l,cotAs), secrétaire perpfituel de l'Aca- 
démie des Inscriptions et befles-lettres, naquit à Paris, en 
1688. Son père, procureur au parlement, e0t désiré lui faire 
suivre la carrière du barreau ; mais reconnaissant combien 
peu il avait l'esprit des affaires, il finit par le laisser libre 
d'obéir an penchant qui l'entrainait vers les lettres. En elfet 
à I'.ge de seize ans. lréret, élève dt. Bollin, était déja 
un prodige d'érudition; aussi en 171- ne pouvant encore 
prendre place parmi les membres de l'Academie, à cause de 
sa )eunesse, y fut-il, en attendant, admis à titre dëlve. Son 
début fut signalé par un discours sur Forigine des Français, 
qui choqua les opinio,ts alors admises, et ble.sa si ivement 
i'abbé de Vertot, que celui-ci dénonça l'auteur 
Frëret fut mis  la Bastille. Duclos assure que des propos 
indiscrets sur l'affaire des princes Iégitimés furent la or.ri- 
table c.anse de sa détention. Quoi qu'il en soit, Fréret oc- 
cupa les loisirs forcés qu'on lui faisait à relire attentie- 
ment les auteurs grees et latins, acquérant ainsi une con- 
naissance plus approfondie de cette antiquité, qui fut t'objet 
des travaux de toute sa vie. Dans l'ardeur de son zèle pour 
la science, il voulut aller visiter la Chine, afin d'étudier par 
iui.mgme ses annales; mais, ne pouvant réaliser son projet, 
il apprit du moins le chinois d'un lettré de cette nation, 
vente en France en 1712. Aidé des lumières d'm, eelëbre 
missionnaire, le père Goubil, Frëret ètablit que l'histoire 
des Chinois, loin de se perdre dans la nuit des temps, était 
fixée dans les livres de 5Ioïse, et ne remontait pas au delà 
de l'an 2,575 avant J.-C. 
La géographie avait ëgalement été l'objet de ses travaux, 
et dans ses papiers l'on ne trouva pas moins de 1,35" 
cartes tracCs de sa main. Reconnaissant l'influence des idees 
religieuses et philosophiques sur les révolutions des peuples, 
il entreprit de débrouiller la cosmogonie en mgme temps que 
la pbilo:ophie des Orientaux, puis celle des Grecs; et ren 
de plus curieux ci de plus instructif que les dissertations 
qu'il ¢omposa sur ces différents sujets. Outre les langues 
anciennes, il savait l'anglais, l'italien et surtout,l'espagnol. 
Il connaissait aussi, dit Bougainville, son successeur 
l'Académie, l'histoire naturelle et les proctdés techniques des 
arts, et possédait assez de géométrie pnur devenir bon phy- 
sicien. Quoi qu'il poursuixlt la renommée, il ne la désirait 
pas uniquement pour lui, mais surtout pour le corps dont il 
faisait partie, et auquel il rapportait tous ses travaux; c'est ce 
qui explique comment la plupart de ses ëcrils, disséminís 
dans le recueil de i'Académie des Inscriptions, d,mt il fut 
Cu membre en 1716, et secrétaire perpetuel en 1742, ne 
furent rassemhles et publiés qu'après sa mort. 
Les systèmes historiques de Frëret, quelquefois en dd- 
mc. n ta co,wns. -- ç. x. 

saccord avec les livres saints, Pont fait ranger parmi les 
philosopbes de l'Cule «le Voltaire et rie Diderot ; mais s'il 
attaqua ouveEement la religion chrétienne dans quelques 
écrit% il les garda soigneusement en portefeuille, ou ne les 
communiquant qu'à des amis discrets et éprouvés. Passant 
la plus grande parlie de sa vie dans son cabinet, il n'axait 
point ces formes élëgantes et polies que le grand monde 
seul enseigne. Aussi allait-il rarentent dans les .salons; il 
leur préftrait de beaucoup le ca fWProcope, où il disputait 
sans cesse avec Boindin suE" des questions de métaphsique et 
de philosophie. Ce fut là que Duclos lit sa conaaissance. 
Fréret mourut le 8 mars 179, à I'ge de soixante et un ans. 
,AI,T-['P.OSPER jeune. 
FIÉIOX ( ÉLEI-C.xtr.PaX ), le fondateur du journa- 
lisme ch France après lcnaudot, naquit a Quimpe, en 1719. 
Il était allié par sa mère à la famille de Malherbe. A la fin 
du dix-huitiëme si/:cle, à l'instant mgme oi la pensée hu- 
maine commençait cette Ionguerévolte qui a enfanté la plus 
longue, la idusdifficile et la plus mémorable des révolutions, 
au moment méme où toute l'Europe, éblouie et ïtonnée, di- 
sait a Voltaire : T« seras roi, Voltairel un homme arriva 
pour défendre, lui tout seul, la liftCature du dix-septième 
siècle, qui etait déjà de la vieille liftCature, les principes du 
grand r,.gne, qui .taient déja de viettx principes, la cro)ance de 
Bossuer et de Louis XIV, «lui etait deja de la vieille cro)-ance. 
Cet homme, qui combatlit seul roule sa vie pour la sainte 
cause du goùt, et de Fart, et des règles, cet homme, qui 
eut pour mot d'ordre : tlacine et Boileau, cet homme a 
étë le plus courageux et le plus constamment courageux de 
son temps. Tout seul, lui qui n'dtait pas infime le dernier 
des gentilshommes, ou le dernier des hommes d'Elise, il a 
défendu, nuit et jour, la cause du roi et de l'Église, aban- 
donnee par la France entière, par l'Europe entière. Tout 
misérable que vous le voyez là, perdu dans la roule, san» 
protecteur, sans appui, sans anti, sans conseil, tout seul, 
il a osé s'opposer à Voltaire, le Mahomet de ce temps-la ; 
il a tenu tète, tout seul, aux encyclopédistes ameutés en 
masse, et à l'Encgclopddie, cette statue d'argile aux pieds 
d'argile ! 
Il arrive à Paris tout jeune, fait ses éludes chez les jésuites 
et professe quelque temps au collíge Louis-le-Grand. Puis, 
à vingtans, il offre / l'abbé Desfontaines de travailler 
avec.lui à ses Observations sur les écrits modtrnes et à ses 
Jzayements su quelques ouvrages nouveaux; et à peine 
a-t-il pris laplume, qu'il fait oublier son maltre, qui meurt 
en 17-5. Alors commence cette lutte de vingl ans entre Fréron 
et le parti philosophique. Chaque jour, matin et soir, i 
était sur la brèche, voyant venir les nouveaux hommes et 



les œuvres nouvelles. Tout le dix-septième siècle passa de- 
vant lui en burlant des cris de rage; et lui, il jugea tran- 
quillement et de sang-lroid le dix-huitième siècle qui pas- 
sait. Jamais vie littéraire ne fut plus occupée et plus rem- 
plie; à chaque instant c'était un nouveau venu dont il fal- 
lait s'occuper sans reliche : Tanttt Diderot, moitié ahbé, 
moitié philosophe, arrivant de sa petile ville de Langres en 
sabots et à demi vtu ; tant6t un homme qui allait avoir qua- 
rante an, arrivant de Genève sans argent, sans habits, sans 
renomra¢e, sans procteur, dévoré depuis vingt ans l,ar d'in- 
vincibles et puérile passions, et qui allait ètre hient6t Jean- 
Jacques Bousseau, c'est-à-dire l'auteur de l'Émile, de l'llé- 
iose et dt Conlrat Social. Eh bien[ non-seulement FfAton 
juge Jean-Jacques, Diderot, d'Alembert, mais encore 51on- 
tesquieu et Buffon, deux grands seigneurs d'un très-grand 
style. 
C sont là des travaux! ommez-moi lin grand ouvrag 
du dix-lmitième siècle qui ait écbappé a l'anal)se complète, à 
la lustice independante, au lugement loujours sr de lréron ! 
Et en mme lelnps nommez-moi un grand ouvrage de ce 
siècle qui ne demande pas pour Cire jugé enlièrement la 
ie d'un bOmlue! E après les maltres, pensez-vous aussi 
que les disciples n'aient pas eu leur tour dans cette histoire 
littéraire,lu dix-huitième si.cle, écrite jour par jour par 
lgron ? Les vuici en elfet qui arrivent les uns après les 
autres, tous les philosophes a la suile, tous les poetes à la 
suite, Grimm, llelvétius, le baron d'l:lolbach, Condilla, La 
Harpe, Camfort, qui encore Ils arriwnt tons en masse, 
en Ioule, en tombant sur la gloire, ou tout au n]lOinS sur la 
renommée, comme de pauvres morts de faill; les écoflo- 
mistes, les philosoplleS, les déistes, les aihCs, les vieillards 
et les jeunes gens, les p|ébb.iens et les grands seigneurs, les 
républic.ains et le théocratiques, ils arrivent tous, cllacun 
apportant sa petite ruine, chacun apportant son petit so- 
phisme, celui-ci 61ant à la langue, celui-là y ajoutanl, tocs 
déh'uisant, arrangeant, recomposant etmassacrant cette belle 
langue du siècle de Louis XIV : et à tous ceux-lb, qui accou- 
raient en fouie à la ruine de Cat'thage, il fallait que Fréron 
tout seul répondil, l'un après l'autre, et ì tous en mdme temps ; 
Fréron seul dfendait piedì pied, pouce par pouce, ci beau 
royaume dt la philosophie, de la croyance, de l'art et du 
golt au dix-sel,lième siècle, attaqué et battu, en brècloe de 
toutesparts; et il publiait en 1746 ses JLetlres à 31 « la com- 
tesse d ""*, supprimées à cause de leurs v.iolences contre 
les célébrits de l'epoque, et de 1749 à 1750, en collaboration 
avec l'abbé de La Porte, 13 vohlmes in-l de Lettres sur 
quelques oecrils ris« temps, qui auraient eu le raème sort 
sans-la proleclion du rut Slaaislas. 
Dans la liste formidable et très-incomplète des grands 
écrivains et des grands ouvrages auxquels Fréron eut af- 
faire dans  vie, je ne vous ai pas encore nommé le plus re- 
doutable, le plus intrépide, le plus atroce de tous, Voltaire. 
Autant "¢oltaire aimait la gloire', autant il haisait Fréron. 
Autant Voltaire adorait la toute-puissance, autant il haïs- 
sait Fréron. Oui, le rand Voltaire, ce maitre souverain de 
l'Europe philosopbique et litteraire, ce grand poëte qui a 
pensé détr6ner le CI»'i.L ce roi tout ptfissant dont la capi- 
tale était lerney, ce roi de l'esprit et des révolutions, des. 
graces et des paradoxes, ce prodige qui a renversé, en se 
jouant, et comme il eùt brisé une porcelaine chez 51 m de 
Pompadour, une monarchie et une religion de quinze siècles, 
s'il a été jaloux de quelqu'un dans sa gloire.et dans sa toul 
puissa«ce, ce graud Vollaire, il n'a éb* jaloux ni de lacine, 
ni «le Corneille, ni de Bossuer, ni de ,ean-Jacques lous- 
• ;eau, ni «le Montesquieu, il a 6té jaloux de Fréronl Et Fréron 
a été attaqué par Voltaire autant et assi souvent et plus 
violensment attaqué que llotre-Seigneur Jésus-Christ lui- 
mème ! Fréron a été traité comme une rel!gion, attaqué 
comme une croyance, et ce ra«e esprit, Voltaire, a été aussi 
inquiété par l'Annde lilléraire que par la Biblel Oui, Vol- 
taire a été arrèté par ces lignes écritea avec sang-froid et 
sans colère! Oui, Voltaire a porté ses deux mains de fer et 

de leu contre ce ehifton de l'Année liHt;raire, et il n'a pu 
venir à bout de l'ananlir  L Voltaire, arr dans 
gloire par cette misérable leuille, et jouant, lui Voltaire vi 
h-vis de Fréron, le r61e de tte princesse des eont de Per- 
rault qu'une toile d'araignée empche de sortir de  prison. 
parce que la toile d'araignée tenait toujours] Lui Voltaire, 
ainsi arr6té par Fréro 1 Avouez av moi qu'en efleI la 
est étrang et qu'en effet Voltaire, se voyant vaincu comme 
Çromwell ar ce çrain de sab placœe là, a  bien roeson 
«i'tre furie tou sa e, et de Ioute sa reur, 
Frér. 
 Aussi, vous savez eommenl s'est exhalée lte imne 
colère de Voltaire  qui n'a amais eu dgale : tout oe qu'un 
homme peut supporter et souifir en ce monde, Fréron l'a 
supporté el souffe. IIa eu u les genoes de coure : on 
l'a lrapp à coups de bton, on l'a Immilié dans sa rsonne, 
dans ses enfants, dans sa femme, dans son honneur, dans 
sa probité, dans ses mœurs, dan» son foyer domtique; 
on l'a trainWsur le thtre (chose inouïe depuis Aristopbane) ! 
et Ià devant le peuple assemblé, en préseneo de tous les 
ands seigneurs de la cour et de tous les puissants de la 
ville, ç'a (.té à qui lui «rachetait le plus au visage tout 
que la hainea de fiel et la rage de venin, tout ce que le reC 
pris peut iminer dans ses accès de brutalité, tout ce que 
des ¢rochetenrs pris de vin, tout ce que des femmes de la 
balle bruines de soif, peuvent trouver s Ir gosier 
séché d'horribles, de ales et d'infam mensonges, tout 
cela a é prodé et versé ì plein ve sur la tete de Fcé- 
ron le journaliste ! Volire à oette ande occupation a pass6 
une grade pavie de sa vie. Vollaire voyait Fréron partout, 
c'était pour lui l'ime en'ouvert qui épouvanlail Pascal. 
Au milieu d'une grande dissertion historique, Voltaire 
s'interrompait pour atqr FfCon. Au milieu d'un oente 
Ièger, d s'arrèlait po insulr Frron. En plein poëme, 
il insul Fréron. Partout, ì chaque instant, oltaire edt 
le nom de Frdron. Fréron estinsulté dans le mdme livre que 
la Pucelle d'Orléans. Fréron t insulté dans Candide. 
C'est contre Fréron que %'o[ire a lancé sa plus immoelle 
satire, le Pauvre Dble, cet horrible philippique de gènie, 
à laquelle ou ne peut rien comparer, pas meme les plus 
horribles passes de Juvénal. Elin, c'e cone FfCon 
que Vtaire a écrit L'cossise oette horrible condie, 
dans laquelle un homme ivant a éoE montr  doigt mme 
le plus affreux des misémbl. Le coméen qui le joua a 
imité jusqu'à sa figure ; il s'est mdme procur un de ses ha- 
bits; il s't avancé sur le bord du thcatre, et il a dit : Je 
suis un volr un sot, n mdrable, n ndtani, 
vénal; et pendant les cinq act de la pii.oe il s'est jeoE 
à lui-mgme de la boue au visage, et rsonne n'a pris la 
defense de cet homme, seul oentre to .... 
Cependant, ì cette premiére représentation de Lcoaise, 
plus d'un oeura dfi battre, plus d'un iront ada pàlir, quand 
soudain, au deroe acte, au moment le plus and de l'ad- 
miration gdnére, on fit aux premigres log une 
femme qui tombait 6vano, et ì i'orcbtre un homme 
éperdu qui  le,ait ut debout, en s'criantvec d larmes 
de d6smpoir : Ma femme  ma femme  Or, ite femme 
évanouie, c'ait h femme de Fr6ron; or, t homme qui 
dt resoE impassible pendant ces trois heures d'omi- 
nabl toures, et qui pleurer voyant  femme évouie, 
c'était Freron lui-mfim St-ce là, je vo prie, l ven- 
geane d'nn peuple civilis6P Ce jour-lk  homme ét à 
cb  Ft6r, et t homme eut seull¢ eoure de defendre 
l'homme attaqufi,  lui partavec la ¢oidétation due 
au malheur. çei qui osa«outer Frén contre tou cette 
fouie ev6e, c'6tait blalesberbe$, le mgme Itoe de bien 
etde courage qui osa plus tard d6f«ndra la viede LoXVl. On 
composerait, du reste, plusieurs gros volum dexllent 
égramm et des immoell sa dont Fr6ron a ét6 ac- 
cablé ; il n'y a pas un homme de¢e mpl, mrae PaisoÇ 
qui ne se soit trouvé de l'esprit et btcoup d'esprit contre 
Fréron. Jn-Jacques Rousu, qui rdœ si sourit le plus 



honorable sang-froid conke Voltaire, a adre à rron 
Idk« olenqui p mot .plu unt.  
dit, Monsie,que ous om lopdam çoke ou : 
au. • Et oependt, Frér a nu n, et n'a  ché 
d'un p; jqu'à h   a pev d   qu'a 
s'éit trac. Au ne de  vaux  faut  sa 
défen de t'cien ttre et  oean ati pour 
Corneille et pour Racine,et n opsifion cons à 
larmoyan et fade ¢omée par hqm on pért - 
placer la oeie de Mofièr C't 6r q  wemioe a 
trouvé la cfique dramatique, ¢omil aDonvle y]e de 
cfique tiRCaire. FfCon t le pl habe ays de ce 
monde. Son oeup d'oeil e prompt et sar;  parole est de 
et ve ; il est peu fite h 1o,  jams m ne t 
ieux {enu en rde cke tes étcd du aua -prit 
et les effo grandios du v ëL f6ron sait par 
oeuf to les modèl : outez que c'oet bd qui a fomu]é 
l d roi de la crique; on eoeuiÇ mème en la maust, 
tte voix importée  Fron, paroe, qu'a ut prenne» 
tte voix disait la v6ri. 
Fréron dit bien malade quand on vint lui wendre 
que s ennemis l'emçorient enfin, et que le gde des 
soeaux, M. de Miromt, veit de supprimer le privie 
de l'Année littéraire. A cette nouvelle, FfCn, dmé, s'a- 
voua vaincu pour  proeière fois; a, il ne rntit 
ni indication nicotère. « Ah I dit-il, en s'ernt de sourire, 
c't là un matbe picutier qui  doit detoumer per- 
sonne de la défee de la narcbie ; le salut de tous 
atché au sien. ,, Dit c mo, il balla la ,  mourut, 
acbté de fatigues  d'ennuis, le 10 mars 1776. Au rte, 
fl mourut à mps, qnd la réolution allait venir av sa 
grande voix imposer silence à toute parole qd n'était pas 
pour che. FfCon empo dans sa mbe le jonai litté- 
ire et la critique littdraire. Apr lui te journal deut 
une puissance politique; il ne s'riait atqué qu'a d écri- 
valus, il s'allia à tous ! autr ds pouvoirs : fl p 
de la théotie d rcvolutio à in pratique des revotuns. 
Qu'aurait dit F{éron s'il at pu çréxoir les journx de 
la Terreur, et  3rat, le pre Duclæsne, appuyer sur 
son épaute sa main chargée de g et de barbasmes, f0t 
vo t,d dire « Slut et [rateitd mon cofrërc Frroa 
FRON ( LOU$-STNISL_ ), në à Paçi, en 175, 
du prédt, eut pour paain le mi Stisl. Aussi, quoi- 
quïl n'et guère plus de dik a  la mort de u pre, te 
p-ilége de l'Ae littraire lui fut-il rendu,  il en jouit 
jusqu'en 1790; mais il ne prit que ïot u de part à la 
daclion, qui appanl suont  son onde Royou et à l'bé 
G e o f f r o y, le futur oelhborateur du Journ des Dbats. 
Jeune homme de fes et de plairs, fl ne mar s, du 
resle, sur I traces de son père. Enft et dans I b de 
sa mëre, Fréron le fils avait pu apprendre oe qu'il  
pour délendre la socité conre ux qui l'pdmenG et 
bien c't une iste position de ddendre plus grand que 
soi. U t donc pardonnable de n'avoir p voulu oenuer 
Son përe, et d'aoir pris le parti le plus file et le pius 
honoré. Maihevreuoement, l'ancien nple de 
pierre à Lonis-le-Grand ne fut p  simple révolutionnaire, 
lai»sant alier la révohtion, qu'on ne pouvait pl connff; 
 fld  révolutionnaire fanatique, impitoyable, sangaire. 
Qui le croirait la oire de Marat empcht Freron de 
dormir Pour contre-balancer l'Ami du Peup&, Fréron 
hlia L'Orateur du Pple, et I il s'abdonnait àlo les 
hoibl excès d'un homme natureUement time, et qui 
ne sait p s'arrêter dans sa cruaue, pce qu'il  it pas 
s'arrêter dans sa faiblesse. fin, pour tout dire, le fits de 
éron le grand criUque, onbfiant à h fois son re et le 
neh[e exemple qu'ii lui avait donn, voh la mo du roi, 
n bnfaiur, et il osa s'en vanter plus hrd Et c'est 
mme Fréron, fils de Frron le critique, que la nvenfion 
oya  Marlle oemme un instrument ,le mort; et 
 Mmille, Fr6ron Ic fil% s'abandonnant de nonvcau à ses 

FBESNEL 3 
furears, inscrivit .on nom sanglant et déshonoré à coté du 
nom de CoRot d'Herbois, qui était le Fréron àe L.von, 
comme Frn dit le CoBd d'Heris de Marseille. 
Qui it si ! homme i avait hat d mains à la re- 
prfion  L'cossoe e pa p de sa tte, sous 
Fron le oet de Maille et  T, I apphu- 
dits bba dont il avait ac«eiUi le nom du and 
oefique FfCon P Au ft, »i u oere oe i se pasit 
dans 1'  Fréon le  qud fin,  I 1on 
ann  n enfanoe,  annd charg humlations 
et dïnsutt bliqu, il se vit dans  jn un nom re- 
douté à 1' du m de Mail? Au frit, oet eant, qui 
ait é élevé dans le b de Frdr le Ùque, q 
a vu s père mdt  jr au travail, dvoué toe sa 
vie aex pcip ¢onat, ne recueit de son ouïe 
 I insult  i mne de œux mme qu'il dé- 
rendait; au fait, Fron te fils, qui avait  mourir n pre 
us I u de la dioe du garde d sceaux Miro- 
nil, avait dU prendre en grande piti et  d mé- 
is oette societé misérable, i éit si p reoennaisste, 
et qui se défdait si l. Tant d'injures aoeumulé pen- 
d trte s sur la lète du pre,  queU jur! ont 
 aairement retomber sur le oeur du fi;  oemme 
cdit lb, pour ce kne homme sans croyoe  mus ridé- 
li, d inju tons contre-poids, oemme eu oeci il n'Mt 
p utenu com i'èit u pre par la consenoe de son 
urage et d'un doir noblement remp, on s'explique à 
p prës comment le fils de Fron, oet eMa i etait nL  dou  oe humain, soit devenu Irooe par le besoin de 
venger  pèoe. Ne vous élonn donc p de lui voir per 
sur le ue d mains olens ; ne vous onnez  de 
le voir mander l'arlillee oentre te peuple : oe jour-là 
il avait s  ordr un une officier d'artillie qui ait 
nom Bonae, et qui avt s Toutou h lui sl ; et , au 
miUeu du Champse-Mars, Frérou le s mitiait le 
uple onoele ; et quand la mitraille eut bfi ut  
, une voix s'éia : Que cx qui ne nt p morts 
se relèvent, la patrie leur parnneY Ine et-ans  
Cet voix, deit la vx de Fo; le mheureux qui 
i'knt p mo$ se relven « Feu  » s'rie Fron : la 
mitraille reoemme, et pnne ne se relève plus! En 
oeéquoe, te club de Valois decerna h Frén le fils le 
titre de sauur  idi l 
Ds oe mps Fréron fils t d fo oevers à 
sk. De fi«te qu'il it, il se fit l'enue de Robes- 
pierre; Ropie bri, Fron dênon Fouqer- 
"£inviHe, et fin ts  cpfi s linS apr l 
ares ; en un mot, I' de Toul  de Maeflle se 
Uouva bi6t h la lëte  la rction auti-jacobe. 11 ett 
therd«ien; il avait d parlisans, 'on appait la ]eu- 
nese dorée de Frérn; ps enfin, quand la Pnce 
aiva au 5 vemiaire, Fréron revt oe qu' avait 
toujours é, un mauis itateur, impudt et m- 
blant, un  oee de n pere, un révolutionnaire vaincu 
dont on inepte  te, mns que rn. Il alla mour 
en 1802, à int-Domin, ous I o du gal 
Leclerc, le ma de oet jeune et lle Pauline Bona- 
pafle, q tou I'»mpe ado depuis us le n de la 
prin Bo rg fie. G.étran enre Pauline o- 
Imr é a de F, et elle inait Fro  i'au- 
[orafion de son fe. On a e I corr,nda de 
Fron et de Pauline. Bien pl, si Fro nM0t . é 
mié, il dpot Pauime Bpar, et al, au li d'aUer 
mourir emploiWd v ts I ordr  g6rM Le- 
clerc, qui ut dire oe e t dnu Fvéron? 
FBESAIE. l'oVe« 
FI{SXL ( AUST-JExa ), ph)çici èboe par s 
belk rs sur la lumie, quit le fO mai 1788, à 
Bro#e ( Eiire ),   av .tait oes ,.tud à Caen, fut 
reçu de e he a l'Ece olemne, d'oh ii rtit 
l. 



4 
pour entre« à l'École des Ponts et Chaussées, quïl ne quitta 
que pour treenvo}e avec le titre d'ingénieur dsusle dëpar- 
tement de la Yendee. Destitué pendant les cent jours,  cause 
du zëte royaliste qu'il avait témoigué, i[ résolot de se livrer à 
l'ëtude des Sciences ph?siqoes et mathématiques pour les- 
quelles il s'était toujours senti une vocation marquee ; et un 
premier mémoire sur la diffraction de la lumière, soumis à 
l'AnnalCie des Sciences au mois d'octobre ff, t5, le signala 
k l'attention du monde saant. Les matiëres traitées dans ce 
mémoire devinrent le sujet d'un prix mis au concours par 
FAcadémie en fS ! 7; et Fres»tel, reprenant et completant ses 
expériences précédentes, adressa  ce grand jury scientifique 
un second mémoire, qui obtint, en I,19. leprix proposé. 
Dans ce beau travail, il avait trcuvé, d l'aide de la théorie 
des ondulations et du principe des in t e r fWr e n c es, des 
formules represeutant avec la p',us grande exactitude toutes 
les circonstances du pliénomëne de la diflraction de la 
miëre, la largeur des franges co[orees, la marche curviligne 
de leurs bandes obscures et brillantes, et l'iutensité de la 
lumière i¢dk.chie dans l'ombre. A la seconde retauraUon, il 
aait té réLnt:gré dans ses fonctions d'ingënieur des ponts 
et Omussees, et bietbt après charge tI'u service  Paris, 
qui lui permettait de se livrer en mème temps avec facilité 
aux Cudes objet de sa prédilection spëciale. Plusieurs më- 
moire, publies à l'appui d'une «heurte nouvelle qui renver- 
sait le» idees émises par les plus celëbres ph)sicien% et qui a 
été le poi¢tt de depart des sa,antes reclirches de 313[. Ja- 
rein et Caucby, acbevêrent d'illust=er le nom du jeune sa- 
vant, qui db t823 était Cu  l'unanimit membre de 
cademie des Sciences, et à «lui en 182 la Socle«Wru)aie de 
Londres conlérait te mëme honneur. Nommé membre de 
la commission des phares, Fresnel eut bientôt justifië cette 
marque de confiance sympathique du pouvoir par l'inven- 
tion du s)stëme des p fi a r e s leu«leu!aires, admirable cra- 
tion, qui cquivalait h une rëvolutiun dans cette partie si iu- 
portante des services publics, et qui lui assure à jamais la 
reconnaissance des marins de tous les pu)s. Il mourut à 
YLlle-d'Avray, le Ii juillet 1827. 
FRESQUE, pein!ure faite avec des couleurs terrenses 
détrempees dans de l'eau pure et appliquces sur un mur 
nouel[ement enduit d'un mortier co¢tposé de chaux et de 
sable, conditions toutes necessaires pour donner à la frque 
une longe duree. En er!et, le melange de chaux et de 
sable devient, avec le temps, aussi du= que la pierre, avec 
laquelle il s'unit beaucoup mieux que le plàtre, qui finit 
souvent par se detacher ; puis la couleur s'incorpore parfai- 
tement dans l'«palsur de l'enduit, sur lequel on ne l'appli- 
que que tandis qu'il et frais, c'est-à-dire assez chargé 
d'bumioet |ni-mE«ne pour que l'eau co]oree s'imprègne dans 
tous les pores de ['enduit. C'est pour cette raison que cette 
maniëre de peindre a reçu le nom de fresque ( de l'italien 
./'resco ). Autrefois on écrivait en français .froEtsque, afin de 
mieux faite sentir son analogie avec le raot.froEi. 
Pour que l'enduit ait la fralcbenr convenabte, on ne doit 
couvrir chaque matin que la portion de mur qui peut tre 
peinte dans la jouree ; et si quelque ol,o re!arde ou sus- 
pend le travail de l'artiste, il duit faire abattre l'enduit pour 
le re!aire de nouveau. Dans cette manière de peindre, un 
artiste duit travaifier vite et toujours au premier coup, car 
la fesque ne permet pas de re«nue!les. Une grande compo- 
sition ne peut donc tre exécutée que par fragments, et 
chaque partie doit tre totalement terminée avant que la 
partie voisine puisse tre mme transe. Ce genre de pelnture 
exige des artistes fort exercés, dont la main soit auss sre 
qu'habile. Un tel travail ne convient non plus que pour de 
vastes compo.-itions, planC  une asz grande distance du 
spectateur, comme sont tes coupoles: les routes et les grands 
plafonds. 
Afin de pouvoir travailler axe sécu:-ité, t'artiste a soin 
d'avoir des dessins où tous les contours s,_.ient bien arrêtC, 
et sur lesquels il a également soin dïndiqner la place des 
¢lai_ et des ombres. 11 ca]q« alors ces de,iris aec une 

FRESNEL  FRESQUE 
pointe, qui les empreint facilement sur l'enduit, et acquiert 
ainsi la eertitude de ne pas faire d'erreurs. Afin d'avoir un 
guide plus certain, ces dessins, nomm ce.tf uns, sont. 
ordinairement coloriés ; cependant, quelquefois ils n'offrent 
qu'un simple trait de la grandeur de l'exëcution : pour le 
reste du travail, l'artiste se contente d'un petit tableau, sur 
lequel il retrouve l'effet et la couleur. 
La méthode de la peinture à frevlue parait Stre la plus 
ancienne de tontes : aussi ne peut-on fixer son origine. Les 
grandes peintures dont parle Pausanias, faites par Pol 
guote dans le Poecile d'Athènes et le Lché de Delphes, 
ainsi que d'autres peintures antiques, pourraient bien avoir 
ëté exCutC à fresque. Celles que l'on retrouve dans les 
temples dEgy, pte, à Herculanum et h Pompéi, sont aussi faites 
dans des manières semblables à la fresque. Nous ne pensons 
pas devoir entrer ici dans aucun détail sur tontes ces an- 
ciennes peintures ; une gande palJe d'entre elles sont main. 
tenant detruites, et on ne les connatt plus que par les des- 
criptions qu'en ont donné differents auteurs, tant anciens 
que modernes, Pausanias, Philo»«rate, Pline, Ca3-1ns , Beliori, 
orden, Pocockeet inckelmann. Mais il sera peut-ètre bon 
de donner une idée succincte des fre«ques modernes les 
plus remarquables: nous citerons d'abord celles qui ont 
faites par Giotto al Ci mabué à Assise, celles qui déco. 
rent les murs du C ara p o-S a n tu de Pi : elles ont été faites 
par Buffabnaco, Orcagna, Simon Memmi, Spinello d'.rezzo 
et Benozzo Gozzoli; celles qui ont été peintes en t-i0 par 
Dominique de Bar«oin dans l'h6pital de la Scala à Sienne. 
Nous ailerons aussi les OE.lèbres fresques peint par R a- 
p h ael dans plusieurs des chambres du Va t i c a n, les arabes- 
ques peinles dans les Ioes, l'hi.,toire de Psscbé et de l'A- 
mour, ainsi que Le Triomphe de Galathoee, dans le palais de 
Chigi ; puis Le.ç Sib911es , dans l'église de Sainte-Marie de la 
Paix à Ruine. Ces fresques sont toutes des compositions du 
Bapbael. Nous rappellerons encore celles qui ont été faites 
par Michel-Ange dans la chapelle Sixtine.. et dont la 
plus importante est cette a-te composition du Juement 
dernier, qui occupe en entier le fond de cette chapelle ; le 
d6me de Patine, dans lequel le CureCe a représenté le 
paradis dans la coupole, et les quatre Pères de l'Eglise sur 
les pendentifs; la cêlèbre galerie Farnëse, off se xoient les 
plus beaux témoignages du grand talent d'Annibal Carra- 
che ; les fresques pelures par Dominique Zaml,ieri dans la 
chapelle de la Grotta-Ferrata, où sont reprêeutës plu.evrs 
traits de la vie de saint Barthélemy et de saint Nil ; puis les 
fresques relatives/ sainte Cécile, qui se vient  Borne dans 
l'lise de Saint-Louis des Français, alement pelures par 
le Dominiquin, ainsi que l'histoire d'Apoilon, peinteà 
Frascati dans le palais Mdobrandini  la coupole de Saint- 
André delta 'alle h Ruine, par Lanfranc ; les xoates et 
soffites du palais Barberini, oii se trouvent d compo.itious 
alloriques à la gloire de cette illustre maison, par Pierre 
Berettini ; l'histoire de la moeson Farnèse, peinte dans le 
palais de Caprarole, par les frères Thaddée et l=rëdëric Zuc- 
chero ; enfin, nombre d'au«tes grandes et va,tes composi- 
tions pelures  Naples, à Ruine, à Bologne et  Gènes, par 
Charles Marotti, Cir6 Ferri, Joseph d'Arpino, Luc G i o r- 
d ano et François $olimène, ainsi que par François Salviati, 
C i g n a ni et Bibienna. Nous citerons encore deux peintres 
italiens : G r i m a I d i, dit Bolonèse, et lomanelli, qui 
toqs deux vinrent à Paris. oii ils ont fait plusieurs peino 
turcs  fresque, soit dans diverses salles du Louvre, soit 
dans le palais Mazarin. Plusieurs d'entre ellesont dej/ ët 
detrutte. depuis lonemps. 
Nous terminerons cet article eu citant eucore les fresques 
faites à Paris par plusieurs artistes français- la plus ancienne 
est celle de la coupole du Val-de-Gré«ce, peinte par 
5lignard et célébree par Molière; la coupole ci les pen- 
dentifs du d6me des Invalides, peints par 5ouverte« 
et De|afnsse ; la chapelle de la Vierge à Saint-Su!pice, par 
Pierre; puis, dans la mëme église, deux chape«les pelures 
de 1820 A 1822, ;'uuc par I. Vinchon et l'autre par M. Abel 



FRESQUE -- FREYR 
de Pujot; la coupole de Sainte-Geneviève, par Gros, etc. 
Dt;cu.xs al,,e. 
FRET. Ce mot dérive,les mots frai9ht, fracht, vracht, . 
qui signifient charge dans les langues du Nord. On nomme 
Fret le prix de la location d'un navire et aussi le transport 
de la cargaison d'un armateur (voyez ArFnÉTE}[ENT)o 4 
FRETIN, menu poisson. C'etait proprement et origi- 
nairement la morue, qui se divisait en quatre qualités : meil- 
leur fretin, grand fretin, fretin de rebut, et menu fretin. 
Par extension, ce mot a élé appliqué à tout petit poisson 
(voyez T^c), puis à tout rebut, à toute close de basçrix, 
de minime valeur. Enfin, on s'en est servi aulrefois dans 
le style grivois comme inj«re ou terme de mëpris. Huer, 
évque d'Avranche, dérive ce mot de l'anglais farlhins, 
petite monnaie dlJ pays. 
FREYBERG. Voyez Fnmo. 
FREYCINET (L0nlS-CLgoO£ DE SAULCES v£]), ha- I 
vigateur célèbre, capitaine de vaisseau, membre de l'Acadé- 
mie des Sciences, commandeur de la Légion d'Honneur, ne ]. 
en 1779, à Montdimart, mort à Paris, en 1842, servit tout- à 
tour en qnalité d'aspiranl, d'enseigne, et de lieutenant de 
vaisseau. En 1803 il commandait la goélette La Casuarina, 
qu'il quitla pour la corvelle Le Géographe, à bord de la- 
quelle il fit son premier vo)age de dëcouvertes sous les 
ordres du commandant Nicolas B aud in, chargé d'aller 
complter la reconnaissance des cotes de la Nouvelle-llol- 
lande. De 180 à 1805, Freyciuet monta la corvette Le Vol- 
tigeur. E 1811 il fut nommé capilaine de frégate. En 
|817 il obfint le commandement «le la corvette L' Uraie, 
desti«Oe au grand voyage auquel il doit sa rbputafion, et qui 
dura plus de trois ans et demi. Celte mission avait pour 
principal objet la recherche de la figure du globe dans l'hé- 
misphère du Sud, celle des éléments du magnétisme ter- 
restre dans ces parages et la solution de plusieurs ques- 
tions météorologiques proposCs pax l'Academie des Sciences. 
I,'Uranie partit de Toulon le 17 oeptembre IS17. A bord 
se trouvaient le capilaine Duperrev, célëbre depuis par 
son voyage de La Coquille ; Eérard, aussi excellent marin 
qu'habile observateur; Quoy, savant modeste, que benissent 
les h6pitaux de Brest ; Gaudichaud, de l'Académie des Scien- 
ces ; Gaimard, plus tard pr»i,lent de la commission ien- 
tifique chargée d'explorer le Spitzberg, et Jacques Arago, 
qui devait livrer au public une esquisse de ce voyage, qu'il 
a réimprimée depuis. C'était la première fois qu'une femme 
faisait partie d'une semblable expédition : 11 « de Freyci- 
net, récemment marie, roule jeune, toute dévouée, avait 
uivi à bord son mari, à son insu, sous un costume de 
matelot. Lorsque cette violalion flagrante des lois mari- 
rimes fut racontée à Louis XVIII, il pensa qu'il fallait la 
juger avec indulgence, un pareil eemple ne lui paraissant 
pas devoir tre contagieux. 
Après avoir relacllé à Gibraltar et à Saisie-Croix de 
riCifre, où M  de Freycinet reprit les habits de son sexe, 
sou lesquels elle fut aimée et respeclée de tout l'équipage, 
L'Uranie gagna Rio-de-Janeiro, se diriges vers le Cap de 
Bonne-Espérance, mouilla à Maurice, à Bourbon, à la baie 
des Chiens, à l'lle de Timor, que Freycinet avait déjà visi- 
4,e avec Baudin, à l'ile Ombay et à Dilli, chef-lieu des éta- 
blissements portugais de cette cote. De Ceram on pnétra 
dans le détroit qui sépare Amboine de B,urou, on mit le cap 
aur Gassa, on rectifia plusieurs erreurs géographiques entre 
Guébé et Vaigiou, on établit un observatoire sur l'lle de 
Raswak, sous l'équateur, d'où l'on partit le 5 janvier 1819 
puis, en passant, on vit les Ilesde l'Amirauté, on traversa 
l'archipel des Carolines et l'on arriva aux lies Marianues. Là 
celles de Guitare, Rottal et Tinian furent successivement 
explorées; et ce n'est qu'apr avoir recueilli de nombreux 
matériaux sur les mœurs, l'histoire naturelle et la géogra- 
phie de cette eonlrée, qu'on fit voile vers les lies Sandwich, 
où les études scientifiques de i'expédition se poursuivirent 
eur trois d'entre elles : Owllyhi, témoin des malheurs de 
Cook, blowhi et Whahou. Ce fut dans la traversée de cette 

5 
dernière lle au port Jackson que ,a corvette fit la décoterle 
de la pelite ile Rose, qui fut ainsi nommce du nom de la 
patronne de .',l ' de Freycinet. 
Eu coupant les lies de la Polynsie australe, on essaya 
de rectifier la position de celles du Danger, Pylstar, Howe 
et des avigateurs; on doubla, en laissant sur sa route la 
terre de Van-DtCon, l'extrmité méridionale de la Nou- 
velle-Zélande ; on reconaut le 5 février 1820 les cotes de la 
Terre-de-Feu, près du cap de la Désolatiou, et l'on s'ar- 
rta à la baie de Bon-Succès, dans le détroit de Lcmaire. 
Un épouvantable ouragan en chassa bient0t la corvette : 
l'équipage se félicilait déjà d'avoir échappé a sa furie, quand 
une roche des Malouines vint le punir de sa joie. Ce fut le 
dernier clan de ce navire. 
Dans cette circonstance perilleuse, le sang-froid de Frey- 
cirier ne lui fit pas dëïaut un seul instant  tout fut sanvé, 
et pendant le long stjour qu'on fit sur cette terre ivfios. 
pitalière, les o pél-atious maguctiques ne discontinuèrent pas, 
quand on ne savait pas le matin si l'on aurait des vivres le 
soir : fort heureusemeat un mauvais navire mexicain La 
Paz, que les vents contraires et une voie d'eau contraigni- 
rent, sur ces entrefaites,  relAcher aux Malouines, vint 
arracher l'équipage aux angoisses d'une mort horrible : on 
l'adteta, on le nomma La Physicienne, et, après une rude 
traversée jusqu'à Montevideo, on regagna Rio-de-Janeiro, 
dernière relàcbe de l'expédition. Trois mois plus tard, ou 
débarquait, le 13 novembce 1820, au Havre, après avoir 
sauvé les collections précieuses recueillies avec tant de zèle 
durant cette longue campagne scientifique. De retour à Pa- 
ris, Freycinet présenta le résultat de ses travaux à l'Acadé- 
mie des Sciences. Le rapport d'Arago fut un eloge sans res- 
trictior, de lëtat-major de la corvette, de l'équipage et de l'in- 
fatigable commandant. Le conseil de guerre, séant ì Brest 
en l'acquitlant pour la forme, lui prodigua les louanges les 
plus honorables pour sa conduite avant et après le naufrage. 
La relation deson voyage, imprimée avec luxe aux frais du 
gouvernemenl, a pour litre: Voyage autour du nonde entre. 
lri par ordre du roi sur les correttes de S. 3t. L'Uranie 
et La Physicienne, pendant les années 1817 à 1820 (8 vol. 
in-4 °, IS2t-184, avec allas). 
La large part de Freycine! dans ce magnifique travail lai 
ouvrir les portes de l'Académie des Sciences eu 1826; il 
faisait déjà partie du Bureau des Lontudes, dont il était 
devenu l'un des membres les plus actifs. En 180 fl avait 
été nommé capitaine de vaisseau; en 1833 il obtint sa re- 
traite. Son nom a été donné à une contrée de la Nouvel/e- 
Hollande, découverte par Bandiu en 180, et à une Ile de 
l'archipel Dangereux, découverte en 1823 par Duperrey. 
Freycinet a été en 1821 un des fondateurs de la Société, de 
Gdographie. 
8on frère aihC le contre-amiral baron Henri bs 
ne Fneos, né en 1777, mort en 1840, servir avec dis- 
tinction dans la marine militaire sous l'empire, adminiMra 
l'ile Bourbon en 180 et la Guyane en 1827, fut nommé 
contre-amiral en 1828, et préfet maritime de Bocbelort en 
1834. 
FREYJA. Voyez 
FREYR, fils de Niord, admis avec son père parmi les 
As es, qui lorsqu'il fit sa premioere dent lui donnèrent le 
chleau céleste d'Alfheiln, est appeié Vanagod, en raison de 
son origine. Il est le dieu de la paix et dela fécondité, dis- 
pense la pluie et les rayons du soleil, et est invoqué quand 
on veut oblenir de bonnes moissons. Il a pour épouse 
Gerda, fille du géant Gymer. Freyr l'avait entrevue un jour 
qu'il était monte à Hlidskialf, le séjour d'Odin, du haut du- 
quel on aperçoit tout sur la terre. Gerda était si belle, qve 
l'Cint de ses bras éclairait l'atmosphëre et la mer. Êpris de 
l'amour le plus passionné, Freyr chargea Skirner de deman- 
der sa main, aprës lui avoir donné pour prix de ce service 
sa bonne épée, que celui-ci perdra en combattant contre 
le crrpusculed dieux. La fète de Freyr se céloebrait en 
automne, ii se peut qu'antérietwment il ait ëté hermal,hro- 



 FREYR 
ditement um h Freya ; comme celle-ci, il (4ait invoqué par 
les flancC. 
Freyr était l'objet d'une énration paiculière, notam- 
mten Sue, où on le cou,triCit oemme une des divini- 
tés tionales,  aussi en Isnde. Il avait son temple prin- 
cipal à Upsal, en S,de, oh chaque année on hfi offrit en 
sacfifi  d nombre d'homm  d'animaux. Lors de 
la fte de fut, i lui it oencrée,  à l'oesi de la- 
bile le dieu éit solennelement promené dans le pays, 
ute discussion restait suspendue. Comme le Frauja d 
Golhs, appe par contraction o chez les Saxons, e un 
nom qui se cona longmps, mgme après l'tdion 
du chrisfianme, pour dësigner le Seigneur, il t à présu- 
mer qu'il ne reprësenit pour ces peupl qu'une idée ab- 
strai. 
FYRE ( DonMAwL ), général espagnol, n6 en 
à Ossufia, en Andousie, fut nommé en 179S major dans 
un régiwent de bossais, et venait de poer lieutenant- 
col,md au moment oà clala la eroe de Pindéndoe 
(180lSl).:Les ices distinguës qu'il rendit h son pays 
à cette époque le firent succsivement monter de gde en 
grade jusqu' celui de lieutenant génral. En 180, Ferdi- 
nanti Vil l'aant choisi pour l'opposer à l'insurrection vic- 
torieuse de rlle de Ln, il adressa de Séville, le 14 anvier, 
aux troup phcées sous s ordres un ordre du fo»r, à 
l'effet de les préparer  march oeue rinsoection. 
Toutefois, appréciant I dif6oultGs de la situati, Freyre 
sembla vouloir obnir par la voie des négociations un r- 
sultat qu' rgardait comme ssible avec le seul emploi 
de la force; et s mesur eussent peut-être été couronné 
de succès, sk de nouvux mouvements insectioels 
n'étaient point survenus en Galicc  ailleurs. Pendt le 
mois de féwioe, il avait bloqué file de Léon du cGté de la 
terre et fait poursure le gén Riëgo dans les .montagnes 
de la Ronda, lorgne, le 7 mr, d dGpu[#s se présentèrent 
b son quarti général de Poerlo Saa-Marh nr le 
mer, an nom d' d nomme d'officiers de marine et 
d'aillefie en garnison à Cadix, d'avo à faire proclamer 
la cofilufion. Freyre se rendit de sa personne le surlen- 
demain à Cadix, afin dy juger par lui-mme du véritable 
état des choses; et alors, contraint par la force des chies et 
aussi par la nouvelle de I%isGe prochaine du comte de 
)'Abi«bal, il prot de luire proclamer la cflilution le 
j,mr suivant. Lorsqu'il revint, le 10, h Cadix, des scbnes de 
carnage, dont les causes oent demeuré un m?stGre, éclatG- 
reat dans cette ve. Aussil6t e l'ordre fi;t rétabli, les offi- 
cies de la garnison vinrent le ouver, réchmant de lui l'arres- 
tarin;, immédiate des officiers d'artillerie, corps de I opi- 
nions politiques étent devenues suspectes aux paisans de la 
constih.tion. Free ? consentir, et complta cee mesut 
de conciliation en faisant ir de Cadix les hataiilong com- 
promis ns PchanffourGe. Le 14 il recul enfin l'ordre roal, 
daté du 7, en veu duquel la constitution tut lennelle- 
a.ent pclame  Cax ; mais à quelques jours de là, il 
se voait enlever so commandement, et il fitt méme mis 
e état d%estalion, cnune accusé d'avoir c'tWle prindpal 
in<t;gateur des mas»dores de Cadix. Ris en lihe$ lors 
du r.hlisent du rggime absolu, Fre écg jusqu'à 
mort de Ferdinand Vil dans la plus profonde retraite. Eu 
1833, il se dédara en faveur de la tine Isabelle, fut 
pair du ru?autos, cmm;mdt en cf de la gae ?ale 
et capihiue Ventral de d ; is il mon d I e- 
mie mois de 183g. 
de lan odental à l'uveité de Bonn, l'un d plu 
16br arasants qu'il y ait aujourd'hui  Allemagne, est 
n6 le 19 septre 1$ .h Lunel»ourg; et c'et smlont par 
les tudes ts ss qu'il a fait à Pas, dans les an- 
nées 1515 et suivants, sous la direcU dn savant Syl- 
œe»ke de Sa, qu'il a pu .parvenir au rang -distin6 qu'il 
occu aujourd'hi pmi les oricntalies. Le premier ré- 
snlt de ces éludes fit la publication de s Selecta ex 

FRIBOURG 
tortu Halibi ( Pari», 1819 ). L'année suivante il fut appelé 
à la chaire qu'il occupe encore aujourd'hui b Bonn. Parmi 
ses ouvrages les plus importants nous cRerons sa Grain. 
maire abré9ée de la Langue Hébragqte ( 183,5 ), sa Chres- 
tumulte Arabe, et son grand Lexicon Arabicum Latinurg 
( 4 vol. in-4 ° , 1830-37 ), dont il a été publié un abrégé 
( 1837, in-t ). ?ious mentionnerons encore de lui : Ara- 
bura Proverbia (3 vol., lS3S-6) ; Caabi Ben Sohair, 
Carmen in laudera Muhammedis dictum ( 1833, in-4 ° ) 
llamasx Carmina, collection des plus anciens poëmea 
arabes d'Abou-Temmam, avec des scolies arahes 
in-tf); Exposition de lŒE versification arabe ( 1830); 
enfin l'Anthologie Fakihat Alcholafa d'Ibn-Arabjah (t8:37). 
FP, I&BLE épithète qu'on applique aux corps tendres 
et fragiles, qui se divisent ou se réduisent disCent en pou- 
dre sous les doigts : tels sont le plaire, les pierres caleinées 
en géneral, etc. En physique, la friabilité est la propriëté 
qu'ont certains corps de céder à l'action d'une puissance 
quelconque tendant à en isoler les molécules. Cet état pro- 
vient du peu de cohésion des parties de ces corps, cohesioa 
tellement laible qu'elle s'oppose à peine à leur dësunJon. 
FRIAND, FRIANDISE. Les mots friand, friande, 
s'appliquent également aux personnes qui aiment les choses 
délieates et recherchées, et à ces choses elles-mèmes, quoi- 
que ces dernières soient plus spécialement désignées sos le 
nom defrmndises (cupedize). La Fontaine dit dans une de 
ses lubies : 
11 se rëjouissnlt à l'odeur de la viande,. 
Mise eu menus morceaux, et qteil er¢yaitJriande. 
C'est / tort que quelques personnes altachent b Pidée de 
ce mot celle d'un vice, et le définissent un appétit désor- 
donné pour les choses délicates. C'est sans doute luire con- 
tracter anx enfants une mauvaise habiludœe que de les gorger 
de sucreries, de friaudises, mais ce défaut est moins houleux 
que la g o u r m a n d i s e. Le gourmand recherche en général 
la qnantité, le f«iand la qqalité. 
Friand se dit, au figuré, de choses qu'on aime avec pas- 
sion, quoiqu'elle. ne tombent pas sous .le sens du goal, 
cmme friand de nouvelles, de musique', de louanges, etc. 
Le mot friander était jadis en usage pour exprimer l'action 
de manger d'une manière friande. Ce proverbe : OEvoir 
le nez, totwnd à l(t friandise, a été. aussi très en ,-o§ue 
autrefois. Ce qui  avait donné lieu était l'image de saint 
Jacques de l'llGpital, peinle sur la porte de l'édifice ge ce 
nom, près de la rue aux Ours (au plulGt aux Oies ), ans 
laquelle se trouvaient les premiers rGtissenrs de Paris. De ce 
que le ,isage du saint regardait cette rue, on a-ait fait le 
proverbe : Il est comme saint Jac{lueS de l'ttdpital, 
a le nez tcurnë d la.friandise. .£1LLOT. 
FI'IIBOUIG, un des xingt-deux cantons suisses, le neu- 
vième danM'ordre delaConf«dération, prérte unesuperficie 
de 0 myriamètres earrés, et confine aux cantons de Berne, 
de'Canal etde 1eufchatd. D'après le recensement de 180, sa 
population s'devait à 99,891 individus, dont 87,7,3 catho- 
liques et pins de 12,000 réformés. Ces derniers habiient sur- 
tout rarrondissement de Moral. Au point de vue de la lan- 
gue, cette population se divise en 7b,87 individus parlant 
fiançais, et 2,03t individus parlanl allemand. Le h'ançais 
est la langue officielle du gouvernement; mais toutes les lois 
et décrets du grand-conseil, de mème que toos les arrèté" 
obligatoires sur foule l'élendue du canton, sont rédig dans 
les deux langues. Le sol de ce canlon se compose en gé- 
néral de collines et de moutagnes boisCs, dont les plus Ce. 
vées, continuation de la chaine alpestre de l'Oberlaud, sont 
situées dans la partie mëridiona]e et la plus froide du can- 
ton, sans toutclois atteindre les limiles de la région des 
neiges éternclles. La majeure partie du lac de lorat.,,do 
mème que le lac 1Voir ($chwtzrzs«e).t celui de Seedorf 
appartiennent à ce canlon. Ses cours d'eau les plus in,por- 
tants, la plupart aflluents du llhin, sont la Saane ou Satine. 
la Broye et le CImndon. La population a pour principales 



FRIBOUR6 
resseurces l'industrie aicole alpestre (fabrication des 
lromages de Grutères), et la culture des céréales, de la 
vigne, du tabac et des légumes. Les montagnes tournissent 
du grès, de la pierre calcaire de la nature du marbre, et un 
peu de bouille. 
La ville de Fribourg, fonde en tt79, par le duc P, er- 
lhold IV de Zœehringen, sur les bords de la Saane, profon- 
dément encaissée entre deux rangCs de rochers, fut pendant 
cent cinquante années en constantes hostilités avec Berne, à 
cause de :cm attache.ment  ses seigneurs. Aux termes du 
traité de Stanz, elle fut admise en lfSt avec son territoire 
dans la confédération. Là aussi la démocratie dégénëra in- 
sensiblement en oligarchie bourgeoise. En effet, indépen- 
durement du grand-conseil, investi de la puissance législa- 
tive et du petit-conseil, chargé du pouvoir exécutif, il s'y 
forma un conseil des Soixante, exerçant le droit de censure 
sur les autorités supérieures, au-dessus duquel s'éleva en- 
core plus tard une chan, bre secrète, armée des pouvoirs les 
plus étendus. La domination exercte par les familles pa- 
triciennes aila toujours se consolidant davantage; et dans 
leurs longues luttes contre la cour de Reine, de mème que 
contre les vques de Lausaane, qui depuis la Rélormation 
residaieat . Fribourg, ces families s'emparèrent de toute 
l'aulorité civile. Toutefois dès 1,',81 les jésuites obtenaient 
l'autoriatiou de fonder un établissement permanent à Fri- 
bouxg. Sous la Restauration, en 1818, non-seulement on y 
adroit les lignoristes et bient6t après les jésnites, mais en- 
core on leur restitua leurs anciennes propriétés. 
Vers la fin du dix-huitième siècle commencèrent h se ma- 
nifester des eÆmes de révolte contre le joug de i'oligar- 
thie, tan dans les campagnes que dans la ville et au sein 
nëme des populations françaises. Occupé le 2 mars 1798 
par les Français, Fribourg devint partie intégrante de la répu- 
bliqoe Hdvëtique, puis, sous le régime de la mddiatio, l'un 
des dix-neul cantons et l'une des six directions ( rororte ). 
La restauralion venue, i'ari.tocratie rétablit son ancienne 
domination, tout en en adoucissant quelque peu les formes; 
et il en fut ainsi jusqu'à ce que, en 1830, un soulèvement 
populaire eut pour rsultats la reconnaissance du principe 
dYgahté de droits et la censUtution de janvier 1831. De 
mme que dans les autres cantons régénérés, cette consti- 
tution garantissait la liberté de la presse, la liberté indivi- 
duelle, etc.; mais elle décidait en outre que la religion ca- 
tholique romaine était la seule religion officielle du canlou, 
à l'exception de l'arrondissement de lIorat, où le culte de 
la confession reformée était seul permis par la loi. Elle sli- 
pulait aussi la possibilité de revint la constitution après un 
delai de dnuze an.. Cependant, en présence d'une opposi- 
tion libérale qui croissait touiours en forces, le parti aris- 
tocratique et sacerdotal ne laissait pas que de conserver 
sa prépondérance, et il s'en servir notammcnt dans l'af- 
faie des couvents d'Argovie et à propos de la queslion des 
jésuiles. E 1847 Fribourg accéda de méme au Sonderbund. 
Une tenlative à main armée fille par les libéraux e jan- 
vier 1846 à l'effet de reux'erser le gouvernement et de for- 
cer le canton à se retirer du .Sonderbud, chnna coraplé- 
lement. L'occupation de Fribourg par des troupes fédéraie% 
le 16 novembre 187, put seule amener la chute du parti 
jésuitico-aristoeratique. Elle donna le pouvoir non pas seu- 
lement au parti liéArai, mais au parti démagogique. 
Le lendemain de cette occupation, un gouvernement pro- 
risette fut Cu et établi en remplacement du précédent. En 
mëme temps une assemblée législative et constituante, pro- 
duit du suffrage universel et dire.c, fol r.onvoquée; et la 
constitution «le t8, libérale dans la plupart de ses dispo- 
sillons et garantie par la confédération, sortit des alCiéCa- 
tions de cette assemblée. On omit toutefois, et pour cause, 
de soumetlre le nouveau pacle con.titutionnel à l'acceptation 
formelle ou au rejet du peuple; A iïnstar de la constitution 
de 1830, elle exigeait en outre qu'il s'Couler un delai de 
quatorze années pour qu'il fft possible d'en entreprendre 
la révision. Tous les citoyens avaient le droit de prendre 

part aux élections ayant pour but la nomination de ¢ett 
assemblée constituante; mais on s'explique qne ous l'im- 
pression immédiate de l'occupation par les teoupes fédérale, 
le pari nagnre dominant et mainteffant vaincu se soit al. 
tenu. Les autorités établies en vertu de la nouvelle consti- 
tution décidèrent d'ailleurs que les citoyens qui $o refu- 
raient à prèter serment à la constitution seraient pivé. de 
l'exercice du droit électoral. {?es dispositions, et surtout la 
longueur du délai fixé pour la possibilité de mlifier la 
contitntion, excitèrent beaucoup de mécontetcment ; et 
les meneurs du parti aristocratique et sacerdotal n'eurent 
garde de ne poin le metlre à profit. Il en résulta diverses 
tentatives d'insnrrectio, notamment en 18 et le  mar» 
1851. çelte dernière se termina par la droute des insur- 
gés, commandés par un individu du nom de ïcolas Car- 
tard, et qui dt:lb avait pris part aux précdentes insurrections. 
Six ou sept insurgés fiwent tués sur place, et les deux 
frères Carrard fait prisonniers. La sentence rendue le 16 
join 1851 contre les insnrés restés an pouvoir de la justice, 
les condamna h quinze ans d'emprisonnement dans une 
maison de correction ; mais d/s la fin de janvier 1852 la 
peine de Carrard était commutée en quinze années d'exil 
du territoire fédéral. De mrne, dans l'insurrection d'octo- 
bre 1850, malgré les faits de haute trahison qui avaient été 
positivement prouvés, il n'y eut que onze accus de con- 
damnés ì un certain nombre d'annees de bannissement. In- 
dépendamment de ces tentatives de révolution h main ar- 
mée, il s'organisa alors dans les formes légales une conti- 
nuelle agitation, destinëe h tenir constamment sur le qui- 
vive le gouvernement existant, et q,i, il faut bien le recon- 
narre, ne représentait que la minorité. Or qui ne sait que 
plus les minorités qui réussisent h s'emparer du pouvoir 
sont faibles, et plus elles sont violentes et tyranniques? l'ne 
pétition issue d'un comité central et revue de la signataire 
de 14,000 citoyens, adressée à la diète fédérale, dont on sol- 
licilait l'intervention pour amener un changement dans la 
constitution et dans le ouvernement du canton, ayant été 
repoussée, roppositiou essaya de parvenir au mme but par 
des démonstrtious d'un autre enre, notamment par la 
 convocation à Poieux, en mai 1852, d'une grande assem- 
blée populaire,  laquelle prit part un nombre considérable 
de citoyens. lais cette tactique ne réu.sit pas davantage 
aux meneurs du parti rétrograde, qui est en tr#s-grande 
majorit dans le canton. La senle concession qne fit le grand- 
conseil conx'oqué h peu de temps de là, ce fut de rendre 
la capacité électorale aux citoyens qui se refusaient à prêter 
serment h la constitution, et de promettre quelques modi- 
fications dans la législation. 
Le canton de Fribourg est divisé en sept arrondissements. 
Les principales localités qu'il renïerme sot apr6s son chef- 
lieu : Estava!ter, dans une position cba¢mante, sur le lac de 
lgeofch/ltel ; Bulle, petite ville assez aéable, située ì l'en- 
trée des railCs de Gruyères, où se tiennent d'importantes 
foires de bétail et de fromages; Mora t, sur le lac du 
nom, ville de 15 ì 1600 habitants, célèbre par la bataille 
qui s' liera en 1456. Un ob.lisque a remplacé le célèbra 
ossoaire détruit par les Français en t798 ; Romont, la plus 
jolie ville de tout le canton, btie sur nne colline dont le 
pied est haigué par la Glaise, 900 habitants; Rue, sur la 
Broye; enfin Gruyères, en allemand ;reyer., petite villa 
de f h 500 mes, au pied dt 51olisson : elle a donné son 
nom à tonte la centrée environnante, centre d'une impor- 
tante fabrication de fromages. 
Les suites de la guerre de Sonderbnnd, la politique jé- 
suitique du précídent gouvernement, et les troubles conti- 
nnels provoqués par les violences du gouvernement actuel, 
ont exercé les résultats les plus f'¢heux sur ses finances. 
En 1850 il y eut encore une diminution de 173,000 ff. sur le 
dfiffre des évaluatious de recettes, et le déficit total s'íleva 
à 683,000 francs; on ne saurait nier cependant que le gou- 
vernement actuel ne se soit beaucoup occupé d'améliorer la 
situation intellectuelle et morale des populations. {Y¢st ainsi 



8 
que depuis la rvolufion de 1547 l'institution du jury a 
introduite dans le canton, et fut mise pour la première fois 
en activité à Moral, en avril 1851 ; qq'un comité soutenu par 
le gouvernement a été établi pour perfectionuer l'agriculture, 
et que l'industrie de l'horlogerie, dont le grand centre est à 
Lachaux-de-Fuw]s, a etWintroduite/ Moral. 
FBIBOUBG, chef-lieudu canton, ville de 8,120 habitants, 
qui parlent français dans la ville haute et allemand dans 
la ville basse, s'élewe btie en terrasses sur les deux nues 
escarpées de la Saane. Elle occupe une vaste superficie, est 
au total bien butte, et entourée sur presque tous les points 
d'une haute et solide muraille. Pour epargner aux voya- 
geurs arrivant à Fribourg la fatigue de descendre et de 
remonter les rives i escarpées et ci élevées de la Saane, un 
pont en fil de fer de 272 mïtres de développement a Ce en 
1834 jeté d'une rive/ l'a,Jtre,/ une élévation de 52 mëtres 
an-dessus de la rivière. Parmi les quatre églises qu'on 
compte à Fribourg, ou remarque surtotit celle de Saint- 
icolas, avec sou immense orgue de 3loser et sa tour de 112 
mëtres de hauteur. L'ancien collége des jésuJ|es s'elèe sem- 
blable à un chAteau-fort, sur une bauteur, à peu de dis- 
tance de la ville. 
FiIBOUI:[G EN BI:tISGAU, ci-de, ont capitale du 
B r i s g a u, auioord'hui chef-lieu du cercle du llaut-Bl,in, 
dans le grand-duclié de Bade, siege d'une université et de- 
puis 1828 de l'archevêché de Baden et Hohenzollern, ou de 
ce qu'on appelle la province ecclésiastique du Haut-Rhin, 
est situe sur le Treisam, qu'on y passe sur un beau pont, 
15 kiiomëtres du Rhin, au pied de la fort Noire, dans une 
belle et fertile contrëe, ricl,e en vignobles, et avec les deux 
laubourgs Herdern et Wichre, compte une population de 
t6,000 tmes, non compris la garnison et les etudiants. La fa- 
brication de la chicorée, du tabac, du papier et de la potasse, 
la tannerie, la librairie et la t3pographie constit,,ent les 
principales industries de cette ville. Sa cathédrale, avec sa 
tour decoupíe a jour et liaute de 118 mètres, dont la cons- 
truction, commencée en 1152, ne fut achevée qu'en 1513, e_At 
un chef-d'oeuvre d'arcbitecture gothique. Lïntérieur en et 
manitiqnement orné, et on y voit un and nombre de 
tombux, parmi lesquels on remarque surtout celui de Ber- 
thold V, duc de Zoehringen. En lait d'autres édifices remar- 
quables, on peut encore citerla maison de vente, le théAtre, 
le palais archiépiscopal, l'ancien ht3tei des état de la pro- 
rince, et i'h6tei de ville. L'univer.ité cati,olique fut fondee 
en 1157, par l'archiduc AIbert d'Autriche, et possede encorede 
ricbes fondations dans le pays de Bade, en Wurtemberg et en 
Suisse, quoiq,m la révolution francatse lu en ait fait perdre 
une bonne partie, qui étaient situées en Al.-ace. Au commen- 
cement de 1852 on y comptait six profe»seurs pour la fa- 
cullé de tbéoloe, six pour la faculté de droit, sept pour 
la faculté de médecine, et autant pour la facuhé de phi- 
ioophie, deux professeurs extraordinaires et dix agrëgés. 
Le nombre des étudiants était a la mén,e époque de 338, 
dont 71 étrangers. A l'université t ad joute une bibliotheqne 
de plus de i00,000 volnmes. Fribourg possède en outre un 
gymuase et un. icée. De son arher+ché reLèx eut les év+cliés 
de 3layence, de Fuida dans la Hesse. de lottenberg dans 
le Wurtemberg, et de Limbourg dans le duel,Wde Naseau. 
Les souverains de ces divers Éta, de mèlne que celui du 
grand-duché de Bade, professant la relion protestante, il 
n'est malheureusement pas rare de voir de graves conflits 
d'autorité et d'attributions éclater entre l'archer+que de 
Fribourg et tanl6t l'un, tant6t l'autre des gouvernements 
dans les États duquel habitent les ouailles dont il a la di- 
rection spirituelle. C'est ainsi, qu'à la fin de 18 l'arche- 
r+que en e.t venu/ lancer, comme il eut pu faire au moyen 
îge, une excommuuication publique contre le grand-duc de 
Bade, en punition des empiétements qu'il reprocl,ait  ce 
prince de commettre sur sa juridiction spirituelle. 
La ville de Fribourg fut fondée en I t l 8 par le coule Ber- 
thold IV de Zoehringen, et élevée en 1120 au raug de ville 
libre, avec jouimance du droit de Cologne. Déclarée ville 

libre impériale en 1218, elle passa dix ans idus tard par 
mariage eu la possession des comtes de Furstemberg, dont 
elle secoua le joug en 1327, mais par qui elle ne fit ecunnallre 
son indépendance qu'en 1366, moyennant une somme de 
0,000 mures d'argent, que I'Autriche Lui avança ; et deux 
ans après, en 1368, faute d'avoir pu rembourser sa dette, 
elle passa sous la domination de la maison de Hapsbourg. 
Devenue place firte importante, elle fut prise en 1632, 
t;31 et t6:18 par les Suë,iois, et en t641 par les Bavarois, 
qui, sous les ordrè de 31ercy, y battirent le 3 et le 5 anal 
16 les Français, commandes par le duc d'Enghien et par 
Turenne. Ceux-ci la repri,-ent par trahison en 1677, sous 
les ordres de Crequi ; mais après y avoir construit d'im- 
menses travaux de défense, ils furent obligés par la paix de 
Byswick de la restituer / i'Autriche. En 1713 et 174 les 
Français s'en emparèrent de nouvean; mais ils durent l'é- 
vacuer, aux termes des traités de lastadt et d'Aix-la-Cha- 
pelle (1748), aprè en avoir ras les fortifications. Le 
avril 1848 elle tomba al, pouvoir des forces de la Confédé- 
ration germanique, qui la veille avaient battq sous ses murs 
l'armée insurrectionnelle; et le 7 juillet t89, après avoir 
élè évacuée par les autorits badoises et Les débris de l'armée 
in»nrreetionnelle, elle fi,t occnpée par les Prussiens. 
FBIBOUIG (Bataille et Siéges de ). En 164 la silna- 
tion de l'arm,'e d'Allemagne était assez difficile : T u renne 
m'usait pu empcher le generai bavarois .lercy d'assiéger et 
de prendre Fribourg sous ses yeux. Le duc d'Engl,ien, 
( robC: Co.+, tome VI, p. 3 ), qui amenait des renforts, 
n'arriva sur le lhin que le lendemain de cet événement. 
De concert avec les matCi,aux de Turenne et «le G r a m o n t, 
il ré, ol,,t d'assaillir immédiatement avec  0,000 hommes 
l'atroce ennemie, dont la position dans les montagnes de 
forét ,Noire, appuyée sur Fribourg, était formidable. L'at- 
taque commença le 3 autel; le duc d'Enghien comblisit et 
ramena plusieurs fois ses lroqpes à la charge. "Voltaire, dans 
son Siècle de Louis XIV, a prétendu qu'il jeta son bton 
de commandement dans les lignes ennemies et marcha pour 
le reprendre, l'épée à la main, à la tëte du rí,ment de Conti ; 
c'est de la poésie. Ce qu'il y a de cerlain, c'et que le prince, 
sautant h bas de son cheval, prit la t+te de la colonne, que 
tous les g,'néraqx, tons les colonels, tons les officiers, tous 
les voiontares mirent également pied à terre, ce qui redonna 
du cœur aux soldats; qu'iL franchit le premier Pabatis de 
sapins qui obstruait la route; que tout le monde le franchit 
après lui, et que ceux qui défendaient la ligne s'enfuirent 
dans le- bois  la faveur de la nnit, qui approchait. 
Aprës nn instant de repos, il attaque vainement sept fois 
un vignoble oti l'ennemi s'est retrancbé. Enfin, Gramont 
supplie d'Engiden et Turenne de faire cser une boucherie 
inntile, et protège la retraite avec sa cavalerie. On resta 
trois jour» dans le camp an milieu des cadavres, dont les 
exhalaisons firent encore «le nombreuses victimes. Enfin, 
se décida à attaqner les Bavarois, et la victoire qu'on rem- 
porta sur eux eut pour résultat immédiat la reddition de 
Spire, PI,ilippmbourg, Mayence, et quelque temps apr+s celles 
de Berghen, Kreutznach et Landau. 5lercy abandonna au 
vainqueur son artillerie et ses bagages. La perte de l'ennemi 
fut de 9,000 hommes, la n6tre de 6,900. Cette terrible ba- 
taille ne finit que le 9 ao0t. 
Les remparts de Fribourg ont encore été plusieurs foi 
témoin de faits d'armes de i'armée française. E 1677 
Celle ville, vigoureu,ement défendue par le n,argrave de 
Bade, les comtes de Fortia et de Kaunitz, dut se rendre, le 
lG novembre, après huit jours de siCe. Le marécllal de 
C réq u i, y ayant laissé une garnison, repartir le 19, et alla 
passer le BI,in à Brissac. La nouvelle de cette prompte con- 
qute jeta la consteation dans Vienne. 
V i I la fs, maitçe de Landau en t713, attaqna Fribourg. Le 
baron de Harseh, gouverneur de la place, defendit tons ses 
ourages admirablement. Les instances de la population pour 
le determiner/ capituler furent superflues. Les Frihourgeois, 
d6sespéré% craignant le pillage, vinrent processionneltement 



FIIBOUIG -- FBIDÉRICIA 
avec leurs femmes et leurs enfant, précédés du clergé et de 
la magi»tratere, le supplier de céder ; mais il demenra in- 
flexible, et fit commencer le leu. Le siCe durait depuis deux 
.,ois; tous les efforts du prince E u g è n e pour le faire lever 
avaient ëté inutiles. Enlin, le comte de Harscll lit dire à 
Yillars qu'il lui abandonnait la ville et se retirait dans la ci- 
tadelle, en lui recommandant ses malades et ses blessés. 
Yillars les lit expooer sur le glacis de la citadelle. Des négo- 
ciations s'ouvrirent dès lors entre le prince Eugène et le 
maréchal ; elles aboutirent aux traités de Rasta dt, des 
6 mars et 7 septembre 17,4. 
Enfin, le maréchai de Coign y vint encore assiéger Fri- 
hourg en septembre 17. Lonis XV, convalescent, quitta 
Strasbourg pour aller le rejoindre. Le siCe fut long et pé- 
nible,  cause de l'abondance des eaux du Treisam, qu'il 
fallait détourner. Les assiégés, qui avaient reçu des renforts, 
se défendirent opinitrémcnt sous les ordres de Damitz, et 
tentèrent phsieurs sorties. La F-rance perdit 500 grenadiers à 
l'attaque d'un chemin couvert; presque tous les olficiers du 
génie htrent dangereusement blessés, ce qui n'empëcha pas 
que la ville ne se rendit le 5 novembre, et que le 6 les ar- 
ticles de la capitulation ne fissent sigués dans la tente méme 
du roi. La citadelle ne se soumit que le 25, et la garnisen 
resta prisonnière de guerre. 
FBICiiE terre sans culture, et qui porte naturellement 
quelques lletbes peu abondantes. La plupart de« fi'iches qui 
exislent en France pourraient ètre cultivées et produire des 
céréales, des fourrages, des bois, etc., selon la nature de 
chacune; mai. le défric)ement dans les pays où elles 
occupent plusieurs lieues, dans les communes qui en sont 
presque entièrement rotinCs, est une entreprise impossible 
pour les habitants; la misère et l'ignorance dans laquelle is 
vivent sont nne double impossihillté. Il snlfit de parcourir 
une partie de la Sologne, «lu Liraousin., du Berry, de l'Au- 
vergue, de voir l'Cat des habitants, la nature et l'étendtme 
de leurs ressources, pour rester convaincu que les friches 
produisent la misère, celle-ci l'ignorance; que ces deux ef- 
fets devenant la cause de la persistance des friches, ces 
malheureux sont ainsi placés dans un cercle vicieux d'où ils 
ne peuvent sortir seuls. 
D'un autre c6t$, considérer les fiches, r]'une manière 
absolue, comme la cause principale du peu d'abondancedes 
produits de notre pays, serait une erreur grave: elles n'en 
sont qu'une cause bien secondaire ; nous le disons et nous 
en sommes profondément convaincu, faire comprendre  
nos cultiva/eur qu'ils ont plus d'aisance, de richesse / at- 
tendre de la culture de vingt hectares de terre convenable- 
nent amendés et assples, que de celle de quarante avec 
assolement triennal et jachère, est cllose plus urgente, plus 
facile, plus ulile à l'accroissement des produits de notre sol, 
que de précher à des malheureux, privés mme des res- 
sources nécessaires pour l'acquisition des intrnments de 
travail, la culture incomplète de terrains qui mangeraient 
leur semences. P.G.UBEBT. 
FRICTION(defricare, frotterL On appelle ainsi une 
opération qui se réduit h exercer sur la peau des frottements 
avec la main nueou armée de divers corps, dans le but de 
déterminer une excitation plus ou moins vive, comme aussi 
imur faire absnrber par cette surface diverses préparations 
pharmaceutiques : ous ces rapports, les frictions varient 
keaucoup. 
Celles qu'on pratique avec la main nue excitent douce- 
ment la partie frottée et y Cèvent la chaleur : il se passe 
dans cette opération une double action, une mécanique et 
ne électro-dynamique. Cette dernière, admise par plusieurs 
médecins allemands, est analogue à celle qa'on produit par 
le manétisme animal, et n'en est qu'une nuance. Ces fric- 
tions soflisent quelquefois pour calmer les douleurs dans 
des affections nerveuses, et pour provoquer au sommeil, 
urtout les enlants et les personnes très-exciables. 
Les frictions qu'on pratique avec les mains afinCs de 
brosses, ou de tout autre corps rude, dterminent sur la 
DIC'r. DE LA GO.N,EII,:.  ?.'. X. 

9 
peau une excitation qu'on peut rapprocher  volonté de l'in- 
flammation. Ce mode aecroit la chaleur sur le thétre de 
l'action, y appelle le sang et exalte la sensibilité : c'est une 
médication propre  dévier quelques affections internes, 
comme toutes les médications révulsives; elle est très-usitée 
par les personnes affectées de rbumatismes cllroniques et 
de douleurs vagues. On les emploie aussi pour ranimer 
la vitalité sur les parties où elle est faible. Au lieu de brosses 
pour frotter la peau, on se sert souvent d'une étoffe rude, 
comme étoffe de laine, drap ou flanelle. Tant qu'on n'ajoute 
rien  ces procédçs, les frictions sont simples et sécbes. Ce 
dernier moyen n'est pas sans valeur, soit pour prévenir ou 
guérir diverses affections qui proviennent de l'inertie de la 
peau, soit pour exercer une action dériative ; mais il ne 
faut y compter'que dans des affections iegères et récentes : 
on peut cependant les tenter impunément. 
Les frictions qu'on pratique avec des tissus de laine iva- 
prégnés de substances.médicamenteuses sont très-variées, 
et leur mode d'agir devient complexe et plus énergique : 
non-seulement elles irritent la peau, mais elles fournissent 
des matières qui peuvent se mèler aux fluides apparteuant 
ì la composition du corps humain et influencer l'organisme 
entier. Diverses préparations de pharmacie sont employées 
ainsi sous le nom de linimen ts : telles sont le baume 
opodeldoch, un mélange d'bulle et d'ammoniaque liquide, 
auquel on associe le camphre, elc. Ces préparations, ctant 
volatiles, ne sont pas absorbées, ou du moins le sont peu, 
et leur mode d'ar eut local : on s'en sert a antageusement. 
dans des cas de douleurs qui ne sont point accompagnées 
d'inflammation. La propriété irritante des substances phar- 
maceutiques double l'action mécanique du frottement. On 
emldoie aussi de la mème manière des solutions de divers 
medicaments dans l'alcool ou l'éther, et celles-ci sont absor- 
bëes en partie. L'eau-de-vie camphrée, la teinture d'iode, 
celle d'ether, sont très-communCent adminitrées par cette 
voie pour agir localement et g(:neralement. On administre 
aussi l'lluile ou des pommades par la voie des frictions, et 
la médication est alors appelee onction ; mais elle ne diffère 
des opérations indiquées ci-dessus que par la nature des 
médicaments. C'est par ce moyen qu'en traite souvent des 
maladies graves; celles de la peau, si variées et si opinit- 
tres, sont peut-ëtre plus curables par la voie des frictions 
que par roide autre. Les diverses preparations de soufre, 
dïode, de mercure, patrie»rient ainsi sur les théàtres des 
combinaisons les plus intim.. qui s'opèrent dans la trame 
d tissus animaux. On exerce aussi des frictions onçtueuses 
dans plusieurs cas pour calmer les irritations : à cet effet, 
on emploie fréquemment l'huile simple, dans laquelle on 
fait dissoudre de l'opium ou du camphe. Par exemple, o, a 
fait un usage très- salutaire de ce moyen dans la petite vérole. 
On donne aussi le nom de friction  un certain mode d'ap- 
pliquer iëlectricite au traitement de qatelques maladies. 
D  C a,,uor.xtea. 
FIIDÉ[tlCIA ville fortifiée du Danemark (Jutland), 
située sur les bords du Petit Belt, n'a d'importance que 
comme lieu de péage des droits de douane pour les vais- 
seaux qui franchissent le Petit Belt, et aussi comme point 
d'embarquement pour passeren Fionie, où l'on prend terre à 
ldiddelfahrt. Fondée vers le milieu du dix-septiéme siëcle, 
par le roi Frderic III, Fridéricia compte 5,000 habitants, 
dont 700 environ descendants d'une colonie de Français ré- 
fugiés à la suite de la révocation de l'édit de Nantes. Ses 
fortifications sont insigniliantes, et ne sauraient résister 
quelque temps qu', un ennemi qui ne disposerait pas en 
méme temps d'une petile force navale. Le 3 mai l4S, à 
la suite du soulëvement des duchés de Schleswig-Holstein, 
un corps prussien, envoyé au secours du gouvernement na- 
tional par le roide Prusse FfCéfie-Guillaume IV, oc- 
cupa Fridéricia, et y soutint cinq jours après un vif combat 
d'artillerie contre six chalupes canonnières danoises, ap- 
pu.é par le vapeur de guerre l'Hekla. Reprise ensuite par 
les Danois, Fridéricia fut investie et canonnée le  mai 
2 



I0 
1849 par i'armée nationale des duchés, commandée par le 
général Bonin. Le 6 juillet suivant les Danois, après avoir 
reçu par mer d'importants renforts, opérèrent ì une heure 
du matin une vigoureuse sortie, par suite de laquelle l'armée 
_-les duchés, après une longue et sanglante résistance, dut cé- 
er à la supériorité de luttes desDauoiset battre en retraite, 
laissant sur le carreau 2,8OO hommes et une parlie de leurs 
batteries armées. Ce désastre amena peu de temps après la 
réoccnpation du Schleswig par les forces danoises et ne 
contriboa pas peu/ venir en aide au gouvernement danois 
pour comprimer le mouvement nalional des duchés. 
F[t|EDLAND (Duché de), situé en Bohème, lut 
érigë eu 16'23 par l'empereur Ferdinand en faveur de Wal- 
lenstcin, créé en mme {emps prince de l'Empire. Il se 
composait en partie de l'heritage laissé à Wallenstein par 
tre «noie tort riche, et en partie de domaines achetés de 
1621 à 1623 avec la fortune de sa première femme, domaines 
provenant des Jombreuses confiscations prononcées à la 
suite de la révolle de la Bobëme, et payès alors 7 millions 
de florins seulemenl, tandis qu'ils en valaient au moins 2o 
(44 millions de francs ). Aux termes des lettres patentes 
portant création du duché de Friedland, il comprenait 
neuf x-il|e% à savoir : Friedlanà, Reichenber9, Aman, 
Weisswasser, Munchen9roet=, Boehmish.Leippa, Turnau, 
Gttschin et Aicha, et cinquante-sept chàteaux et villages, 
parmi lesquels nous ne citerons que ceux de Welisch, de 
KIoster, de ffeuschloss ( l'unique débris de toute cette co- 
lossale fo[lune resté à la veuve de Wallenstein ), Widin et 
leupestein. Après l'assassinat de Wallenstein ( 1636, ), tous 
ses domaines furent confisqués, et les débris du duché de 
Friedland servirent à payer la participation des dix ersauteurs 
et complioes de ce meurtre. C'est ainsi que le comte G al- 
las obtint pour sa paCt les seigneuries de Fiedland et de 
Reichemberg; Leslie, celle de Neustadt, etc. On n'évalue 
pas à moins de cinquante millions de florins la valeur des 
domaines qui fitrent alors confisqués, tant ceux de Wal- 
[eustein que ceux des gentilshommes assassinés en mtme 
temps que lui, comme ses complices. 
La ville de Friedland, qui donna son nom au duché érigé 
en faveur de V,-allenstein, est située dans le cercle de Boeh- 
mish-Leippa, en Bohème. Elle est le siCe d'un tribunal 
de cercle, et compte 3,600 habitants. Son immense chàteae, 
remarquahle par sa constrchofl et pat ses on,brcuses a- 
tiquités, mais où Wallenstein ne sejourna que fort rarement, 
etsitué tout près de la ville, sur un beau rocher basaltiqe, 
et joua on réle important dans la guerre de trente ans etdans 
celle de sept ans. Parmi les portraits de« différents proprie- 
tairs de ce manoir féodal qu'on voit dans la salle d'armes, 
il s'en lrouve un original et très-exact de Wallenstein. 
FBIEDLAXD (Bataille de), gagnée le té, juin 1807 
par [Napoléou, sur i'armée russe, à 32 kilomètres d'Eylau. 
Fritdland est une petite ille de la Prusse orientale, chel- 
lieu de cercle dans l'arrondissement de Koenigsberg, sur l'Aile, 
avec OE,31)0 habitants, des fahrique de lainage et des tanneries. 
Depuis la bataille sauglante d' E y la n, les Français ax aient 
poursuivi les Russes et leuravaient livré deux combats, l'un 
à Ostrolenka, l'autre  Braunsberg, le 26 février 1807, et 
depuis ce jour il ne s'était passé rien d'important entre les 
deux afinCs : chacune avail repris ses quartiers d'hiver. Sur 
ces entrefaites, l'une et l'autre, cependant, recevaient des 
renforts, et l'empereur glexandre arrivait avec sa garde. 
Le 5 juin les hostililes recommencèrent : les Bu,ses al. 
laquèrent les Français sur plusieurs points, an pont de 
Spandau, à celui de Lomilten à Ackendorf, mais par- 
tout ils furent repoussés. A leur tour, les Français atta- 
quèrent les Busses à Heilsberg, leur firent éprouver de 
gortes pertes, et les contraignirent à la retraite : il. s'arrètè- 
rent à Friedland. l?armëe française y arriva le 13 j»in. Le 
1,/t trois heures d« malin, les Russes débouchent par le 
pont «le Friedland, et apoléon de s'écrier, au bruit de la 
canonnade : « C'çst n our de bonheur ; c'est l'anniversaire 
de Marengo '. » Les Russes furent, au reste de moitié dans 

FBIDÉIICIA -- FRIEDLAID 
l'accomplissemcnt de cette propbétie, en s obstinsnt à de- 
meurer dans la position fcheuse oi] le hasard les avait placés. 
La rivière d'Aile, en tournant autour de Friedland, forme 
une anse triangulaire, dont I°ouverture peut avoir '2,36,0  
2,9'2b mètres d'étendue. C'est dans cet étroit espace que 
Bennigsen laissait son afinC, s'expo«ant à tre refoulé dans 
un cul-de-sac, et n'ayant pour retraite qu'un pont de pierre 
et un ou deux ponts volants h peine établis. Tant qu'il n'a- 
vait devant lui que deux corps d'armée, de la force d'envi- 
ron quarante mille hommes, ledanger n'Alait pas immense; 
mais Napoléon arriva sur le champ de bataille ì une heure 
après midi, et ne put concevoir la faute de son adversaire. 
Sa première pensée fut de temporiser, pour donner le temps 
/ Davoust et / Mnrat de revenir eut leurs pas. Il les sup- 
posait martres de Koenigsberg, et ses aides de camp étaient 
partis pour les rappeler à la h'te; mais le corps de Ie 
étant arrivé ì trois heures, et celui de Yictor à quatre, 
l'empereur, aprês une étude plus approfondie de la pesifion 
de Bennigsen, jugea peut-être, à la mollesse de ses attaques, 
de l'infériorité numérique d'un ennemi qui résistait/ peine 
aux charges de Gro»cby et de ffansonty. Il prit donc la ré- 
solution d'en finir, et entama sérieamement la bataille/ cinq 
heures et demiedu soir..Ne', soutenu par les draon de La 
Tour-Maubourg, prit la droite de la ligne. Larmes demeura 
au centre, ayant derrière lui les cuirassiers de ansouty. 
51ortier resta/ la gauche avec la cavalerie des g,.néraux 
Espagne et Grouchy. Le corps de ¥ictor, fatigué d'une lon- 
gue marche, fut placé en réserve avec la garde impériale et 
les dragons de La Houssaie. liortier eut ordre de ne pa 
faire un pas, de serir de pivot aux neuf divisions qui étaient 
entrées en ligne, et de laisser à Iey et/ la droite l'inifia- 
rive des mouvements offensifs. [ey devait, par une attaque 
de flanc, refouler la gauche de l'armée russe, la pousser 
dans l'anse de Friedland, marcher droit vers cette ville, 
l'enlever et couper la retraite au centre et à la droite de Ben- 
nigsen. 
Cet ordre fut suivi de point en point comme une manoeu- 
vre de parade. Ne' déboucha des huis de Sortlach, qui 
avaient couvert ses dispositions. Vingt pièces de canon pre- 
cédaient ses colonnes. Ses troupes avancèrent l'arme au 
bras sur les quatre divisions russes de Bagrafion, dont les 
extrémités se repli/rent en désordre vers l'anse fatale. Ba- 
gration rallia tonte sa cavalerie, et la lança sur le flanc gau- 
che d" ey. Les généraun Bison et Marchand continuërent 
leur marche, sans s'occuper de cette masse de ca'alicrs. L 
dragons de La Tour-31aubourg avaient couru au-devaut 
d'elle et t'avaleur repoussée sur la ligue. u mme instant, 
le général Senarmonl se portait/ quatre cents pas du cenL-e 
et du corps de Larmes; il déploait une batterie de trente 
pièces et foudroyait les troupes de Bagration. Le corps de 
Ney avançail toujours sans hésilation, forçant Ious les obs- 
tacles, refoulant l'ennemi dans la ville ou le culbulant dans 
un ravin et un lac qui coupaient en deux le champ de ba- 
taille. Maislà apparaissent tout à coup les gardes rnsses, que 
Beunigsen y a deployées. Il sent trop l'importance de la pos- 
session de Friedland ci de ses ponts pour ne pas redouble 
d'effurll. Le cho. imprévu des gardes russes, l'imptuosité 
de leur atlaque, ébranlent la division Bisson. Celle de Mar- 
chand drrete et parait hésiter, liais le mouvement ne la 
reserve ennemie n'a point échappé à Napoléon. Par ses 
ordres, la di ision Dupent s'et dëtachée du corps de Vicier; 
elle remonte le ravin, pour attaquer à son tour le flanc droit 
de la colonne sse; Dulonl comnmnique aux divisions 
ébranlées limpulsion que l'empereur lui a donne.e. Un eflort 
simultané leur rend l'avantage. Les Rues sont jetès dans le 
ravin, dans le lac, dans la ville. L'encomhrenent des rues 
et des abords est effroyable : s'il faut en croire un tëmoin 
oculaire, 60,0000 hommes y combattaient dans un espace 
de 585 mètres. Bagration s'efforçait de mettre de l'ordre au . 
milieu de ces ma»ses confuses, que mitraillaient les canons 
de .Ney el de Senamont. Bennisen essasait de sou chie une 
diversion sur le centre et l'aile gauche de l'armëe française. 



FRIEDLA'D " 
,lals Larmes, Oudinot et Verdier repoussaient toutes ses 
attaques et loudro]aient ses colonnes. 
Bennigsen ne songea plus dès lors qu'h sauver son maté- 
riel. Il lit repasser les ponts de Friedland à 120 pièces de 
son artillerie, que suivaient en désordre ses bataillons con- 
fus. Il eut un moment l'idée de placer ses canons en batterie 
sur la rive droite et de prendre à revers les divisions fran- 
çaises, qui combattaient sur l'autre rive..',lais, soit que 
ses ordres fussent mal compris, soit que ses troupes ne 
songeassent qu'à fuir, il lui fut impossible de rparer ce dé- 
sastre. Besserré de plus en plus dans le coupe-gorge où il 
s'etait laissé acctder, il se saura enfin avec les débris de ses 
divisions, brtla les ponts qui avaient servi à leur retraite ; 
et la ville incendiée devint la proie du maréchal Iey. 
restait un corps russe sur la rive gauche : c'était l'aile droite, 
qui, sous les ordres de Gortschakoff avait attaq«é la posi- 
tion de Mortier. Celui-ci, fidèle à ses instructions, était 
resté impassible et résistait froidement à cette attaque. Il 
céda morne du terrain à son ennemi, pour l'éloigner du point 
oÙ se décidait la victoire. Il était alors dix heures du soir, 
et la nuit n'tait pas tout à fait venue, llais les fla|nmes de 
Friedland révélèrent à Gortschakoff les désastres du centre 
et de l'aile gauche. Des fuyards vinrent lui annoncer la prise 
de la ville et la retraite de l;ennigsen. Séparé du gros de 
l'armée, pressé par les attaques de Mortier et par celles de 
Savary, qui amenait nu rég;ment de la garde, ne pouvant 
/)lus gagner le pont de Fciedlë.nd, il se vit au moment de 
mettre bas les armes. Mais des gués lui furent indiques, et 
au premier ordre de retraite qu'il donna, tous ses régiments 
s'y jetèrent en foule pour échapper à la poursuite de« Fran- 
çais. Le tiers de sessoldats périt dans les flots, onsous le feu 
des n6tres. 
Ainsi fut célébré l'anniversaire de Marengo, suivant la 
prédiction de l'empereur. La perte des Russes s'éieva à 
20,000 hommes, tuës ou pris; 25 généraux furent de ce 
nombre, 70 pièces de canon, plmieurs drapeaux et une in- 
nombrable quantité de caissons devinrent les trophées d'une 
victoire que la moitié de l'armée française avait arrachée à 
prës de 100,000 Busses. Deux disisions de Victor et les 
trois quarLs de la garde impériae n'y avaient pris aucune 
part. C'est la plus belle jom née d maréchal ,ey : il s'y 
couvrit de gloire, et les résultats en furent immenses. Souit 
n'eut plus qu'à se présenter devant Koeniggberg pour s'en 
emparer. Murat, désolé qu'on eot gagné sans lui une bataille 
anssi alCi»ire, tomba sur les arrièregardes russes, qui 
fiyaient au delà de la PregeL Il les accoml,agna jusqu'au 
Ni,.men, que Bennigsen et Lestocq passèrent le 19. Le soir 
re#me Napoleon porta son quartier général à T i I s i t t, et le 
tsar, res enu de ses illusions, désabusé des promesses de 
l'Agleterre, désespérant d'entrainer PAutriche dans une 
coalition battue, vint lui-reCe, le 25 juin, signer la paix 
que lui orait le conquérant de la Prusse. 
rlENXET, de l'Académie Francaise. 
FIglEDRICIISORT, pelile forteresse du dché de 
; c h I e s w ig, dans la contre qu'on al,pelle le Danischwold, 
sur la frunlière dn Hohtei.a et à l'entréedugolfe de Kiel, à sept 
kilomètres de cette ville, présente une rade stre, un phare, 
un arsenal, des n»agasins, etc. Elle fut fondée en 1630par le roi 
Ch r i s t i a n IV, qui l'appela Christianpriis, nom qu'elle 
conserva jusqu'au règne de Frédéric V et qu'elle reprend 
lorsque le souverain qui règne en Danemark s'appelle 
Chri.-tian. Prise d'assaut par Torstenson en It3, reprise 
l'anne suivante par les Danois, cette place fut rasée en 
I8 par Frédéric Ill, puisreconstruite en I63. Après avoir 
été canonnée le 19 décembre 1813 par les Suédois, e/le dut 
leur ouvrir ses portes. 
FRIEDIICIIS'['ADT sq.lle du duchéde Sch le swi g, 
chef-lieu du pays qu'on appelle Spelholm, btie au con- 
fluent de l'Eider et de la Treen, snr une hautenr, est traver- 
sée et entourée par trois bras de la Treen ; cireonitance qui 
en fait une place forte naturelle. Elle possëde une église 
thérienne, une égise mennonite et une église de remon- 

FIUGOIUFIQUES I 
rants, une chapelle catholique e une synagogue, un por 
un chantier de construction et environ 3,000 habitants, qui 
exploitent quelques fabriques. Elle fut construite en 1621 
sous le duc Frédéric III, dans le stle de leur pays, par dea 
remontrants hollandais qui avaient obtenu le privilége de la 
liberté de concience. Le li avril 17 00 les Danois, aux ordres 
du duc de Wurtemberg, s'en rendirent maltres ; le 12 fé- 
vrier 1712, le roi Frédéric IV et le csar Pierre le Grand en 
chassèrent la garnison suédoise. Dans la guerre soutenue 
contre le Danemark pour la défense de leur indépendance 
et de leur nationalité par les duchés de Scldeswig-Holstein, 
la ville de Friedrichstadt, occupée par les Danois, eut beau- 
coup à souifrir dans la iournée du 9_9 septembre 1850 dutir 
/les batteries de l'armée nationale des duch6, qui le 5 oc- 
tabre suivant l'emporta d'assaut. 
FRIENDLY SOCIETIES. Voyez Sccotrs 
(Sodèt.« de). 
FRIESLAND ou VRIISLA'D. Voyez Fn|s. 
FBIGANE. Voyez 
FRIGGA et FBE $.'JA sont, dans la mytholoe cadtnave, 
deux divinités distinctes, mai qui à l'orine n'en faisaient 
qu'une, et dont l'existence se rattache à celle de Fre yr. 
Frigga, dans la doctrine des A ses, est la déesse suprême, 
l'épouse d'Od i n, la fille du géant Firergwyn, et uré<ide aux 
mariages. Frey.ia est la -fille de Niord, la sœur de Freyr et 
la déesse de l'amour. Elle se promène dans un char attel6 de 
chats:c'est à elle que viennent les femmes mortes, de 
mme que la moitié des terriers qui meurent dans les 
combats ; de là son surnom de Val-Freyja. Sous ce dernier 
rapport, on peut la considérer comme la T. r=e. Frigga, l'é- 
pouse d'Odin, c'est aussi la Terre; et lorsque Freyja est à la 
• echerche d'Odin, comme Isis à la recherche de son Osiris, 
par Odin il faut entendre ici le Soleil. Les noms de Frigga 
et de Freyja sont aussià peu près synonymes, et on le, trouve 
souvent confondus dans les mythes. Chez les Ano-Saxons 
et les Lombards, l'epouse d'Odin 6tait adorée sous le nom de 
Fréa. 
FR1GORIFIQUES. Cette pithète se donne le plus 
ordinairement à des mélauges re[roidisants. 
Ces mélanges sont de detx sortes: lesuns consistent dans la 
mixtion intime de la neigeou de la glace pli,Pe avec des aci- 
des ou des matières salines; les autres, dans la dissolution 
de certains sel dan» un vhicule, tel quel'eau ou les acides. 
Mais il est des corps qui sans aucun mélange peuvent 
donner, par le seul fait de leur évaporation, un abaissement 
considérable de température. 
Gay-Lussac a fait voir que si après avoir comprim de 
l'air atmosphèrique on lui rend la liberté, et que l'on pré- 
sente au souille qui en résulte un corps de peu de masse et 
mauvais conducteur «lu calorique, ce corps se recouvre de 
givre provenant de l'humidité atmosphérique refroidie et 
congelée par l'expansion de l'air. L'illustre physicien auquel 
est dt ce procédé le regrde comme al,plieable à la produc- 
lion de grands froids. De son c6té, M. Bussy a montré que 
Iorsqu'on a liquéfié du gaz acide sulfureux par un refroi- 
dissement artificiel doterminé par un mélange de sel et de 
glace, l'évaporation de cet acide liquélié donne lieu à un 
abaissement de température qui peut aller bien an delà de 
39 °, point de congélation du mercure, puisqu'en augmen- 
tant la rapidité de l'évaporation au moyen du vide, on peut 
atteindre le 68 e desWau dessous de zéro. On sait en e//et 
qu'un liquide quelconque absorbe du calorique pour arriver 
à l'état de vapeur (VoUlez Faom). 
Quant à la mthode des mélanges, elle est due à Fahren- 
heit; elle a étésingulièrement étendue et pérfectionnée par 
diverses personne, an nombre desquelles figurent M. Lowitz 
et notamment M. Walker. Fahrenheit déterminait un refroi- 
dissement d'environ 18 ° au-dessou. de zéro en mlant de 
la neige à du sel ammoniac, On obtient aussi fréquemment 
cette température en mèlant à parties éales de la neige et 
du sel ordinaire, pris l'un et l'autre à la température de zero 
( point de la glace fondante. En substituant le chlorure de 



12 
calcium au el de cuisine, de maoière à méhner 3 parties 
de ce chlorore et 2 de neige, on obtient 25 ° an-dessous de la 
glace fondante. La dissolution de S parties de sulfate de 
soude dans 4 d'acide sulfurique élendu abai»se le lhermo- 
mètre oenfi[rade de iOà  16 , c't-à-dire de 26 °. La 
solution de çaie de sel ordinaire dans  parties d'acide 
chlorhydrique l'almisoe de zém à --  S; et eu prenant chaque 
élément du mélane  une température plus basse, on 
obtient, en les ajoutant l'un à l'autre, un froid plus grand. 
C'est aini qu'en ajou.t 3 de chlorure de calcum  I de 
neige, enpaan de -- 40 , on arrive à  5 , qu'en prennt 
à la tempratuoe de --55  et dans le raprt de 8 h 10, de 
la neige et de Pacide sullurique éttdu de moitië de son poid 
d'eau et de son poids d'alcool, on peut Ihire desoendre le 
thermomèt jusqu'h -- 8 °. Co. 
On donne le nom d'aparei[ rigoriflque ou congdlaeur 
à un récipient clindque creux destiné à reoevoir un reC 
lange rfrigrant et envelop lui-reCe d'une capacité cylin- 
drique oU l'on introduit de l'eau qmd, aps y voir séjourné 
de 20à 30 minuit% devienl, par l'action du rfrigerant inté- 
eur, un cylindre creux de glace dont le poids varie suivant 
la capacilé du récipient employé. 
FRIMAI RE ( délvé de frime), troisième mois franis 
du calendrier républicain. 
FRIMAS, globules d'u congelée qui s'attachent aux 
ffmrailles, aux v,.gétaux, etc. II ne se forme de Irimas que 
dans les saisons où la températ«re de l'air passe en très- 
peu de temps d chaud au froid. Si par un temps humide 
ou de brouillard il vient tout a coup à geler, les goutteIettes 
aqueus qui étaient suspendnedans ralmosphèoe acquiè- 
rent en s'aglomérant nn poils relativement lus grand que 
celui de l'air, mbent sur le« objets non rités, s' gèlent 
et lutinent ce qu'on apl des frimas. La r o s í e, le g i v r e, 
ont produit par d uses semblables. Te'ssn. 
FBIMOXT (Je-PUlLee, comte ), prince d'Antro- 
docco, l'un des généraux autrichiens les plus célbres de ce 
temps-ci, naq«il en Lorraine, en t756, émigra en 1791, et 
servit dans l'armée de Coudé. Après le lioenciemeut de ce 
corps, il entra aec le régiment des chasoeurs de Bussy, dont 
il éit colonel, à la solde de l'Autdche, et fit dès lors 
toutes les campagnes de la coalilion conlre la France. Feld- 
mar¢cbal-lieutenant en 1812, il commanda Pann,e suivante 
une pavie de la cavalerie aulrichienne. En 181b, nommé 
commandant en chef de rarmée autchienne en llie, il 
prit si bien ses dispositions, que Blanchi, qui fut chargé de 
marcher contre Murat,rndna la guee de Naples en six se. 
maines. Pendant ce temps, Frimont, qui était resté sur la 
lie du P avec le gros de on armée concentré entre Ca- 
l-e et l'i la divi alors en dex oerp% dont 
l'un, aux ordroE dunéral Badevojewioe, fut clgé de 
franchir le Simplon et d'entrer dans le pas de Vaud, et dont 
l'autre, commandé par Bubna, fut dirigé ur le RhOne ì tra- 
vers le mont Cents et la Savoie. il réussit à s'emparer des 
defilës de Saint-Maurice avant que Suchet, conformement aux 
ordres de 5apolíon, e0l pu occuper Monhnélian. Les troup 
français durent alors évacuer la Savoie, et les troupes 
autrichiennes, après avoir enlevé le fort de FEluse, fran- 
chirent le Bh6ne. Le 9 juillet Grenoble ouvrait ses poes 
à l'armée autchienne, qui le 10 s'emparait de la tte de 
ut de Mcon et entrait sans coup férir le 11 h Lyon, que 
Suchet, instruit des evénements dont Paris enait d'ëtre I¢ 
th6tre, ne dercha pointà d{endre. Le g'néral Oca, qui, 
ous I ordres de Frimont, comndait une division de 
t2,000 Piémontais, avait d le 9 juillet conclu un armis- 
tice avec le marhal Brune, ì frite. Frimont dirigea alors 
une partie de son corps d'armée, par Cbàlons et Salins sur 
Besançon, contre l'armée française du Haut-RIdn. 
Aux termes du traité de Paris, le corps d'armée aux ordres 
de Fmont, qui élablitson quartier général à Dijon, fut chargé 
de l'occupation d'une partie de noire territoire, cupation 
qui durajuqo'en 1818. En 1821, conformément aux déci- 
»tons du oengr de Laybach, Frimont à la lte de 52 000 

F]IGORIFIQUES -- FRIOUL 
Autrichiens marcha sur aples pour y comprimer la révolu- 
tion et y rétablir l'ancien ordre de choses. Le 6 et le 7 fé- 
vrier son armoe franchissait le P6, et le 4 il cuitait à aple$ 
ndis que son lieutenant, Walmoden, occupait miliaire- 
ment la Sicile. Les servic rendus par Frimont au gouver- 
nement autrichien ne devient pas rester sain récompense. 
Après la mo de Bubna, en 185, il fut investi du comman- 
dement SUlOeur de Irc autrichiennes en Lombardie. 
De son cJtë, le roi de Napes, lui témoia sa reconnais- 
sance en le créant prince d'Antrodocco, honneur qui serait 
demeuré stérile s'il n'y avait pas joint une dotion de plus 
de deux millions de francs. Plus rd, Fmont fut rappelé 
à Vienne pour y présider le conseil aulique de guerre. Il 
munit ns oelte capital, le OE6 déeembre 1831, victi da 
choléra. 
FRINGALE. Iyez 
FRINGILLIDES. Voe Comsoss. 
FRIOUL. C'etait autfois un pas indépenant, yan 
ses ducs particuliers, qui dns rexlension la plus large qffil 
ait jamais eae,  composait de la délégfion lombrdoevni- 
tienne d'Udine (S4 myriamèlres cafés et 08,000 habints) 
formnt I'ncien Foul vénitien, des coms princie d 
GorioE et de Gradisk, av la oepiinerie de Tollmein 
yamue d'lllyrie ( :7 mr. oerrés et 193,300 habitant), 
de ce qu'on appelait rarrondi«sement d'I«tria, qui aujourd'hui 
fait pavie de la capitainie de Wippach, dans le duché de 
Carniole (2 myriam, carrés d l,00 habits), qui to' 
deux formaient Facien Frioul autrichien. 
L'ancien Frioul, en ilien Friu[i ou Patria de[ Friuli» 
tire raisemblablement son nom de l'ancienne ville appelé 
For Ju[ii, q«d était située sur son territoire. C'est une 
ntrée fiche en biWet en vin, abondamment urvue de 
minéraux et de somces thermales, parcourue par diverses ra- 
mifioetions d Al çarinthiennes et Julienn qui forment 
I délilSs de Chiusa dt Venzone, de Tulmino on Tollmein, 
l'ermitage de Flitsch, et arroée par l'lsonzo et par le Taglia- 
mento. Les habilanls professent la religion catholique, et nt 
pour la plupa italiens d'origine, mais d'une race parficuliere 
et avec un dialecte à eux. L« principales villes sont Udine, 
chef-lieu Je l'ancien Frioul vénitien, C a m po-Fo r m i o, et la 
ville de Civdnle, au voisinage du village de Zug}io, 
tuvent des vesliges de l'ancien Forum Julii et de remar- 
quables produits des retailles qu'on 7 a exCutCs. On 
compte aujourd'hui 6,00 IabitanL, et on y oit nne belle 
cathérale avec de ns tableaux, un pont construit en 
sur le atine et Ion de 73 mlres, des archives clèbr, 
un musée d'antiquités, divers éblissements d'instruction 
publique d de bienhisance, des manufacturde soiedes et 
de cotonnaJes. Mentionnons encore Palma-,w, place foe, 
Gor i lz, chef-lieu du Frioul autrichien, et Monte-Sano 
célèbre endroit de pèlerinage; Flilsch ou Plelsch, près du- 
quel est situé l'ermite de Flitsch; Grad/ska et Idria. 
Le Frioul partagea anticrois les deslinées des autres con- 
t du nord de l'llalie. Habité à l'origine par les Carniens, 
il fut, comme les pays adjacent% exposé à diveres reprises 
aux expitions devaslatric des peuplades barbares de la 
Germanie, puis conquis au sixième siècle par les Lombard% 
qui en firent un de» trente-six duchés entre lesquels flt dt- 
visée, apr la ¢onquéte, toule l'ItaIie Iomrde. Grasul[e, ne- 
vert du roi lomrd Alboin, en fit, dit-on, le premier duc 
(56-5). Sous n sucoesur Gisulfe, le khan des Avares 
envahit, en 61, le Frioul, et ravag cetle province. Gisulfe 
trouva la mort au champ d'honneur. Quand le roi de Lom- 
bards Didier fllt vaincu par OErlee, le duc BolgauI 
dut se soumettre au ainquenr et lui prêter rment; 
quand, en 774, Charlema eut à luer cone les Saxons, 
il se révolta, et esya de soulever toute rltalie contre l'em- 
pereur. Mais, en dépit des rigueurs de l'hiver, Charlemagne 
accourut en I talle, surprit le réçolld et le fit diapiter. Char- 
lemagne élablit alors à sa place dans le Fo des comtes, 
qui, parce qu'ils élaienl en m0 temps chargés de surveiller 
la marche de Trvise, prirent aussi, vers ce templà, le litre 



FRIOUL 
de marqms de Trévise. Plus tard la basse Pannonie et la 
Carinthde furent rëunies au Frioul. En 820, pour opposer 
une digue solide aux irruptions des Slaves, Lothaire érigea 
le Frioul en marquisat, et en investit le comte Eberhard. 
C'est ainsi qqe le Frioul, confinant  la Carinthie,  la Car- 
niole, à la Styrie et à la Ravière, devint le lien qui raltacha 
l'Allemagne à la Lombardie. Les luttes contre les Slaves, les 
Bulgares et autres peuplades barbares continuèrent aussi 
pendant longteniaps sous les marquis suivants, jusqu'au jour 
où les envahdsseurs préférèrent prendre l'Allemagne pour 
but de leurs expéditions. 
Afin de pouvoir mieux défendre les frontiëres, la marche 
de Frioul fut, à partir de 827, divisée en quatre çrands conltéS. 
Sous les marquis suivants, qui dès lors prirent souvent aussi 
le titre de comtes et de dues de Friuul, Bérenger I e" 
(888) se fit proclamer roi d'Italie; mais il eut à soutenir 
contre son rival Guido, duc de Spolète, et plus tard contre 
l'empereur Arnoulf, de nombreuses lutte% souvent nl- 
heureuses, et finit mime par y perdre son marquisat de 
Frioul, dont A.rnoull donna l'investiture au comte Walfricd. 
biais quand Arnoulf se fut éloigné de l'Italie, et après la 
mort de Walfried, il reprit possession du marquisat, et 
partagea avec Lambert, fils de Guido, la domination de 
l'Italie. Lambert étant venu à mourir peu de temps après 
fl se trouva seul roi d'Italie; et comme tel il lift fallut guer- 
royer d'abord contre l'empereur Louis II, puis contre les 
Hongrois et enfin contre Rodelphe, roi de la Bourg%'ne trans- 
jurane, jusqu'au moment où il périt, traltreusement assas- 
sinC l'an 924. 
A la mort de Bérenger, le marquisat de Frioul fut mor- 
celé. On en sépara l'Istrie, et Véruue devint nu marquisat 
particulier. LeFrioul ne fut plus alors, encore une fois, qu'un 
simple curerC compris à partir de l'époque d'Othon au 
nombre des États qui faisaient partie du royaume ,l'Italie. 
Il demeura fief de l'Empire jusqu'à ce qial'au onzième siècle 
l'empereur Conrad II en eut octroyé la plus grande partie 
(ce qu'un appelle le Frioul vnitien ) au patriarche Poppo 
d'Aqialih.e, qui le réunit à ses autres possessions séculières. 
Le Frioul demeura sous la domination de ces patriarches 
jusqu'à 'ce qu'en t385 les bourgeois d'Udine s'affranchirent 
de leialr joug avec l'assistance de la république de Venise, 
pour prix de laquelle ils durent, eu t20, finir par se sou- 
mettre  la souveraineté des'¥nitiens. En 1509, il est vrai, 
l'cn,pereur .Maximilieu s'empara de la ville d'Udine; mais 
les Vrnitiens en redeviureut maltres en 1515. 
Le Frioul antricllien appartint dès les teniaps les plus re- 
culés , la famille des comtes «lu Tyrol, dont une ligne, celle 
de Goritz, qui avait héi|té du Fiioul, 'eteinit en l'an 1500 
en la personne de Léonard, comte de Goritz. Après qialoi, 
en vertu d'anciens traités remontant aux années 1361 et 
1486, l'empereur Maximilien I " prit possession de ce comté, 
qui d'ailleurs lui avait déj été engagé. Jusqu' la paix de 
Campo-Formio ( 1797 ), le Frioul vénitien demeura la pro- 
priët de Venise, puis devint celle de l'Autriche. La paix de 
Presbourg l'a,ljugea, en t805, au royaume d'Italie, récem- 
naent fondWpar Napoléon, et dont, avec une partie du FriOiall 
vénitien, il forma alors le département du Passeriano (37 
nayriam, carrés et 290,00 llabitants). En 1809 l'Autriche 
perdit ce qui lui restait encore du Frioul, par suite de la ces- 
sion de ses provinces illyriennes. Les événements de 
remirent de nouveau l'empereur d'Autriche en possession 
complète du Frioul; et ce prince ajoute aujourd'hui à ses 
titres ceux de duc de Frioul et de comte-prince de Goritz et 
Gradika. 
FIIOUL (Duc n). Vo/e'- Dcoc. 
FRIPIER, cehui qui fait un commerce de vieux habits. 
On appelleJ-riperie le magasin où se trouvent rassemblés les 
objetsde ce négoce. Il y a plusieurs lieux à Paris, comme l'en- 
clos ,hia Temple et antrefois le marcbé Saint-Jacques-la-Bou- 
cherie-, spécialement consacrés à des établi«em,.nts de ce 
genre. Sous le système des corporations, la compagnie. 
des fripiers de Paris était organisée en corps régulier, et faisait 

FRIQUET I $ 
une figure considérable parmi les autres corps de la vdlei 
Elle avait reçu ses premiers statuts en 15 et ses derniers 
en 1665. Elle avait un sndic et quatre jurés. L'élection du 
premier et de deux des jurés avait lieu tous les ans le jour 
des Cendres. Pour laite partie de cette communant, il 
fallait prouver trois ans d'apprentissage et autant de temps 
de compagnonnage. Les fripiers devaient tenir registre de ce 
qu'ils achetaient, le payer «nviron sa valeur et appeler 
parlois un rpondant. Ces observances sont encore à peu 
prt de rigueur aujourd'fiui pour les marchands d'habits. 
C'est le nom qu'on leur donne : le mot fripier est frappé de 
désuétude. Ce genre de négoce est aussi dévolu à une sorte 
de marchands ambulants, qui fréquentent de préférence les 
rues habitCs par un grand nombre de jeunes gens, comme 
celles du quartier latin, à Paris, en faisant entendre le cri de 
vieux habits ! vieux 9alons ! Ces fripiers ambulants, dont 
le commerce semble assez hucratif par suite de la légèreté et 
des llabitudes des jeunes gens, trafiquent ensuite avec les 
fripiers .ta.lionnaires. BILLOT. 
FRIPIERE ou MAÇONNE, noms vulgaiesd'un mollus- 
que gastéropode pectinibranche du geure troque, le trochus 
a991utinans de Lamarck. La fripière est surtout remarquable 
par la propriété singiaialière dont elle jouit, de coller et dïucor- 
porer à sa coqiaiaille,  mesure qu'elle s'accroit, les corps 
étrangers mobiles sur le sol o6 elle repose, tels que peti;s 
cailloux, fragments de coquilles, etc. Ele habite la mer des 
Antilles. 
FBIPO, FRIPONNE, FRIPONNERIE. Dans la caté- 
gorie des gens qui font du larcin un métier ou un art, le 
fripon est le voleur adroit : c'est assez dire quïl est rare 
que le fripon soit pendu, ou seulement qu'il aille aux ga- 
Ières ; il est mme rare qu'il ne soit pas riche ou en belle 
position pour le devenir. On peut ajouter que, dans notre état 
social moderne, nous avons des classes, des professions 
entières pour lesquelles l'imputation de friponnerie semble 
nne qualification toute naturelle, et non une injure. Bor- 
nons-uoos toutefois, dans la crainte des procès en diffama- 
tion, à citer comme telle la défiante corporation des pro- 
ctreurs, pour laquelle sans doute personne ne s'avisera de 
prendre lait et cause. Mazariu donnait à cette dé»ignation 
une acception bien autrement large, lui qui disait souvent : 
« Croyez tous les homme honnètes gens, et vivez avec tous 
comme s'ils étaient des fripons. » Qui sait si son éminence 
faisait lame exception pour elle-mëme ? Un poête de nos jours 
a hasardë cette autre assertion dans nue de ses boutades : 
I| fa«t, je le vois bien et le dis sans rancuee, 
Etre sot ou fripon pour faire sa fortune. 
Félicitons-nous donc de ce que personne à coup sot n'o- 
serait anjourd'hui faire ce cynique aveu. Passe pour la haï- 
verWde cet honnête magistrat de village qui écrivait au 
lieutenant-gënéral de police du royaume : « Hier, pendant 
mon audience, un individu m'a trait de fripon. Je vous 
prie, mono-leur et cher conifère, de me laite savoir com- 
ment vous en usez en pareil cas. » 
Si le mot de j'ipon est toialjours une injure, sauf dans 
la locution de petit fripon, appliqu,:e par plaisanterie à un 
enfant espiëgle, il s'en faut bleu que le terme de .fri- 
ponne it pris dans un sens aussi defavorable. Quelle est 
la soubrette que Molière ou bIarivaux n'ont pas traitée de 
friponne? Et que de madrigaux adressés  de belles dames 
ont parlé de leurs.fripon»es mines t. C'est une de ces nuan- 
ces de langage difficiles à saisir pour un étranger, qui, o)ant 
le mot coquin signalé comme synonyme de fripon, emploie- 
rait facilement dans ce dernier sens le féminin du premier 
de ce deux termes. Ocaaf. 
FRIQUET, oiseau du genre moineau, qu'on appelle 
encorë noineau-friquet. Ce nom lui est venu de ce que 
posé il s'ate, se remue, se tourmente sans cesse : passe- 
reau, dit un ancien, qui ne fait que frétiller sur l'arbre en 
becquelant des noix. Le friquet est plus sauvage que le mot- 
neau domestique ou moineau-franc; il s'approche rarement 
des maisons; il prélèxe voler en liberté dans les champs; lea 



14 
bords des cheunns et des ruisseaux omhragés de sanles, 
voil son refuge favori. Vous le trouverez rarement dans 
les buis. Pendant l'l,iver, les lriquets se rêunissent en trou- 
pes. Ils nichent, dans le creux des arbres, dans les crevasses 
des vienx murs, dans des lentes de rocher; leur ponte est 
de six œUfS, d'un blanc sale, et tachetés de brun. La taille 
du friquet est plus petite que celle du moineau-frauc : il 
n'a  peu près que 0,14 de longueur; mais le biquet a le 
sommet de la tëte rouge-bai et les joues blanches, marquées 
d'un point noir, tandis que le moineau,franc a le dessus de 
la tt¢ etles joues cendrees. Les mouvements du friquet ont 
d'ailleurs plus de grâce, de legèreté, d'aisance, que ceux du 
moinean. Le friquet, quoique moins bardi, tombe plus sou- 
vent dans les piéges. Il ne vit qne de fruits, de graines 
sauvages et dïnsectes; son naturel n'est point pillard et 
destructeur, comme celui du moineau. L'espëce en est ré- 
pandue dans toute IoEurope. 
Les ornithologistes ont donné le nom defri9uet hupp à 
nn oiseau qui porte une frappe cramoisie, et qu'on appelle 
aussi, / raison de la centrée qu'il habite, moineau de 
Cagenne. 
FRISCH-HAFF ou mieux FBISCHES-HAFF. Volte: 
FILISE (de Phryius, Phrsgien, parce que, suivant 
Scalnozzi, les Phrygiens furent les premiers qui y brodèrent 
des ornements ). C'est la partie de l'entablement des menue 
toents en style grec compri.e entre l'architrave et la 
c o r n i c h e ; les Grees l'appelaient :0o66o ," ( porte-figures 
d'animaux). La frise est presque toujours ornee de bas- 
reliefs de peu de saillie, repr6sentant des guirlandes de 
fleurs, des enruulements, des animaux, etc. 
Les frises de l'ordre dorique se font distinguer par des 
| r i g I yp h es et «les m Cu pes : telles sont à Paris les frises 
du portique de l'Odéon et du portail Saint-Sulpice. ll y a 
aussi des edifices dont les fiases sont hsses ou sans ornements 
en relief : telles sont les frises de la Bourse ì Paris. C'est 
ordinairement sur la frise qu'on grae les inscriptinns ou les 
signes allegoriques qui indiquent la destination d'un &lifice. 
Par extension, on a donné le nom de frise à des bandeaux 
de sculpture ou de peinture de peu de largeur, qui règnent 
ers le haut et tout autour de l'intérieur d'nn temple, d'un 
salon. 
Frise est aussi une so« d'étoffe de laine a poil frisé, une 
ratine grossière, qui n'est pas croisée. Ce mot se ditencore 
d'une toile venant de Frise en Hollande. TEYS«,ËDIE. 
FRISE {Friesland on Vriesland), l'une des provinces 
les plus septentrionale et en mme temps les plus rche 
du royaume des Pays-Bas, désigmée aussi sous le nom de 
Frise occidentale, pour la distinguer de la FriSe orientale, 
province du Hanovre (oye: Fmsos), présente une super- 
ficie de 35 myriamètres carrés, avec une population de 
5o,ooo àmes, et est divisée en trois arrondissements : 
Leeutcarden, Heereeeen et Sneelï. Le sol en est partout 
plat, et si bas sur les ctes qu'on ne le met ì l'abri des thon- 
dations qu'à l'aide de digues et de dunes. 11 a fallu en par- 
tie l'arracher péniblement  la mer à l'aide de travaux d'art 
qui témoignent de la plus industrieuse patience chez les 
populations, car elles ont su transformer h force de temps I 
et de labeur des landes sablolmeoses et marécageuses en 
terres de la plus ricfie nature ; ce n'est qu'au sud et h l'est 
qu'on rencontre de vaste Cendues de terres sablonneuses 
entremltes de marécages et de tourbières, dont l'exploi- 
tation, en raison de la rarete du bois de chauffage, est un 
antre élément de richesse pour le pass. Une multitude de 
lacs poissonneux, reliés entre eux par des cours d'eau na- 
turels ou par des canaux, contribuent à l'irrition du pays 
et en mme temps  facilitent singulièrement les communi- 
cations, bleus citerons entre autres le canal de Treckschui- 
ten, qui traverse presque toute la partie septentrionale de 
la Frise, et celui qui conduit de Harlingen à Leeuwarden 
par Franeker, avec deoE embranchements sur Dokkum et 
sur Groeningue. 

FIIQUET -- FRISONS 
L'air dans cette province est chargé d'hnmidité, mais sain, 
L'agriculture et l'élve du b,.tail )" sont pratiques sur une 
vaste échelle et avec un rare succès. On récolte des céréales, 
des légumes et des graines de treme; on produit aussi 
beaucoup de gros bétail, de porcs, de montons et de che- 
vaux. La fabrication du beurre s'y élève, année commune, 
I million de tarins, et celle du fromage de 4 à 5 milllos 
de livres pesant. Le commerce d'exportation utilise la plus 
grande partie de ces importants produits de l'agriculture. La 
pèche, la construction des navires, le cabotage et l'exploi- 
tation des tourbières occupeut eu outre une partie notable 
de la population. Les habitants, des¢endants des anciens 
F r i s o n s, appartiennent pour la plupart à la religion rfor- 
mée; ils se montrent trts-attachés à l'idiome, au costume 
et aux usages de leurs ancëtres. Aussi industrienx, aussi 
passionnés pure la liberté que les HolLandais, mais plus 
ouverts, plus communicatif% plus gais qu'eux, on vante à 
bon droit leur loyauté en affaires, l'intrépidité de leurs ma- 
rins, l'adrse de leurs patineurs. Ils jouissent de beau- 
coup de bicn-ètre. L'ëtat de l'instruction publique dans 
ces contrées est des plus satifaisaut«. On n'a pas seulement 
pourvu aux besoins de l'instruction supérieure par I'A- 
thenoeum, jadis université célèbre, existant à Franeker, et 
par plusieurs colléges oU on enseigne les langue grecque et 
latine, mais encore à ceux de Iïnstrnction primaire, par 
la fondation d'un grand nombre d'écoles élémentaires et 
gratuites. 
Le chef-lieu de la province est Leeuwarden ; la ville com- 
merciale et maritime la plus importante et enuite Har- 
lingen. Citons encore Franeker, DoMïum, Sneek, grand 
centre du commerce du beurre et du fromage, Staroren, 
tVorA-um et Hindelopen, villes situées sur les burds du 
Zusderzëe, enfin les lies d'Ameland et de Schiermonni. 
Ioo9, dont la population se livre surtout à la navigation. 
FRISE(Cnew. n). Volte= CheVAL n Fms. 
FRISONNE (Langue). Vove: Fmsos. 
FRISONNE (Loi). l'oge-. Fmsos. 
FRISONS (en latin Frisii; en latin du moyen ge 
sortes, Frisiones; dans leur propre langue Frisdn ), peu- 
ple germain, dont le territoire s'ëtendait encore au treiziëme 
siècle le long des e_Xtes de la mer du _Nord, depuis la Flandre 
jusqu'au Jufland, quand pour la premiëre fois ils curent 
des rapports direct.» avec les Bomains en raison du tribut 
que leur impo,.a Dusus. ils habitaient depuis le Rhin jus- 
qu'a l'Ems l'extrémité nord-ouest de la Gèrmanie, et con- 
finaient aux Bataves, aux Bructères et aux Chances. fmpa- 
tients du joug que Borne leur avait imposé, ils ie-brièrent 
l'an 28 aprè J.-C., et réussirent à se maintenir indépen- 
dant jusqu'a ce qu'en l'an 47 Domitius Corbulon les saurait 
encore pour quetqne temps aux Bomains; mais plus tard, 
unis aux Bataves et commandés par Civilis, ils se révoltévent 
de nouveau. En mème temps que les Francs s'avançaient du 
bas Ihin vers le sud, les Frisons se épandaient au_¢.-i dans les 
lies ferreC pat- les embouchure du Rhin, de la Mense et 
de l'scaut. Dans la centrée riveraine de la mer du Nord 
située entre l'Ems et l'Elbe, ce ne fut polnl l'immigration qui 
fit prédominer la d.nomination de Prisons, mais seulement 
cette circonstance qu'on l'Cendit aux C h a u c e s ( Chanci ), 
peuplades qui avaient avec les leurs beaucoup d'aflinités 
d'urique. De mëme qu'ou divimit les Chances en Grands 
Cbauces ( Chanci Mojores ) habitant à l'ouest du W.er, 
et en Petits Chances ( Chanci Mi.ores ), habitant la cou- 
tree située entre le Teser et l'Elbe, de mëme on divisait 
les Frisons en Frisii Majores et Minutes, le premiers fi.xés 
h l'ouest, les second à l'e du Fly ou Zuyderzée. Les 
Frisons du Nord ou du Littoral, qui aujourd'hui encore ha- 
bitent les uns, sur le continent, la cote occidentale du 
Schleswig, les aulres les iles avoisinantes (ffordstrand, 
Fvehr, Sylt), au nombre d'environ 70,000 mes suivant de 
Fri.on Clément, et seulement de 26,800 suivant le Dano't 
Allen, aggloméxés en 0 paroisses, semblent de méme n'ètre 
point venus là par immigration; mais n'avoir "reçu ce nom 



FRISONS 
de Frisons que par transmission dans les premiers temps 
du moyen ge. 
Ce fut Pepin d'lléristal qui, vainqueur du prince Batbod 
à Dorsted (689), sourait le premier les Frisons du sud-ouest 
à la domination franlte, et qui en mme temps introduisit 
parmi eux le chdstiauisme, dont i'évché d'Utrecht devint 
hient6t le principal foyer dans ces courtCs. La domiuation 
ri'nuire s'Cendit jusqu'à l'Yssei et au Fly, canal de décharge 
du Zuyderzée, que les empiéteraents de la mer à la suite des 
temptes agrandirent de plus en plus ; puis par Charles lIar- 
tel, qui en 734 défit et tua dans une bataille le duc des Fri- 
sons Poppo, depuis Io Fly jusqlfau Lauwers ou Laubach, 
oi Bnnifaoe prtchait en ce moment mme le christianisme, 
puis «le là, de l'autre c6té de i'Ems jusqu'au Weser, où les 
peuplades les plus orientales prirent part aux guerres des 
Saxons; par Charlemagne, qui en785 confia ì saint Liudgar 
le soin de convertir les Frisons, et en 802 fit recueillir et ré- 
diger leur droit dans la/,ex Friionurn. Des comtés furent 
instituës dans le pays; et plus tard encore, en raison des 
brigandages commis par les Normands, il fut créé un comte 
de froutières (ducat-us Ffisie ). Dans le code que nous ve- 
rions de mentionner, il est déj/ question d'une division du 
territoire frison en trois paies ; l'une entre l'embouchure 
de la lIense ($incfali) et le Fly (Znyderzée), l'autre entre 
le Fly et le Lauwers, la troisième entre le Lauwers et le 
Weser. 
Lors du partage de l'empire entre les fils de Louis l'Alle- 
mand, le tiers situé ì l'ouest du Zuderzée, ou Frise occi- 
deltale, échut / Charles; tandis que les deux autres par- 
ties, échues à l'AIlemagne, conservèrent jusque'au quinzième 
siècle le nom de Frise orientale. Les coutumes franges 
ayant de bonne heure jeté de fortes racines parmi les Fri- 
sons du sud-ouest, le type frison s'y effaça insensiblement. 
Il en fit de mme de l'antique constitution de ces Frisons et 
de leur langue, en remplacemeut de laquelle se forma sous 
des influene.s franges et saxonnes la langue néerlandaise. 
Dans cette partie occidentale de l'ancien pays des Frisons, 
ce fut aussi seulement au dixième et au onzième siècle 
que se constitua la souveraineté territoriale dans les comtés 
héréditaires de Hollande et de Zéelande, de Gueldres et de 
Zulphen, et dans l'évché d'Utrecht et d'Yssel. Le terri- 
toire d'Alkmaar juçqu'au Hoorn ne fut réuni à la Hollande 
qu'au treizième siècle, à la suite de longues et sanglantes 
guerres. C'est ainsi que le nom de Frise (Friesland) ne 
resta en usage que pour désigner la contrée qui s'étendait 
entre le Zuyderzée et le Weser; et dès lors par Frise occi- 
deltale (Westfriesland) on entendit ce second tiers, si- 
tué entre le Zuyderzée et le Lanwers, et par Frise orien- 
tale (Ostfriesland j la partie du territoire des Frisons libres, 
située h l'est du Lauwers jusqu'au Weser, jusqu'à ce que 
le nom de Frise orientale ne resta plus en usage que pour 
désigner la contrée qu'on appelle encore ainsi de nos jours, 
et qui est située à l'embouchure de i'Ems (ou province 
[landdrostei] d'Aurich, en Hanovre ). 
Avant sa réunion à la Hollande, la Frise orientale avait 
fait partie de la confédération dite des sept cantons mari- 
rimes, qui, lors de la destruction de la puissanoe des comtes 
tranls, groupa en un tout, quoique avec des délimitations 
de frontières assez peu fixes, les différentes tribus frisonnes 
(ou des Frisons libres, commes elle se dénommaient elles- 
m:mes, par opposition aux Frisons soumis à l'empire frank). 
Ia noblesse et les paysans libres formaient des communes 
rurales, auxquelles présidaient des juges annuellement Cus. 
Un comité de juges et de délégués des cantons maritimes se 
réunissait tons les ans en dib.te g6nérale du pays à Upstals- 
boom, près d'Aurich; et cette assemblée exerçait le droit de 
législation générale ainsi que le pouvoir judiciaire suprême, en 
mme teraps qu'elle avait mission de veiller à la défense du 
pays. Les qqerolles et les guerres intestines des chefs, qui 
leu à peu s'imposèrent au pays, amenèrent la dissolution de 
cette confédération, qui cependant fut encore renouvelëe 
n 1323; mais la diète générale csa coraplétement de se 

15 
réunir au quatorzième siècle. (Consultez Ledebur, Le cin 9 
9ans de Munter et les sept cotons ntaritirnesde la Frise 
[ Berlin, 1835 ]. ) L'indépendence des Frisons fut aussi l'objet 
d'attaques exterieures. A l'ouest de l'Ems, dont l'embouchure, 
à Insulte d'irruptions de la ruer arrivées en 1277 et 1287, de- 
vint le Dolla rt, la contrée de la Drenthe et de Groeningue 
finit au commencement du quinzième siècle par tre réunie 
à l'évêché d'Utrecht, qui depuis longtemps y était investi 
des droits competant au comte. Dans la contrée à laquelle 
on donna dès lors de préférence le [nom de Frise, située 
entre le Lauwers et le Fly, et qui forme de nos jours la plus 
grande partie de la provinoe néerlandaise appalee Frise 
(Friesland), les Frisons opposërent une résistanoe couru- 
genèse aux tentatives de conquêtes faites par le comte de Hol- 
lande, et en 1457 aimèrent mieux se.soumettre à l'Empire. 
Le duc AIbert de Saxe se maintint chez eux jusqu'en 498 
comme gouverneur héréditaire; en 1523 Cbarles-Quint réu- 
nit leur territoire à l'héritage de Bourgodie. 
Dans la contrëe située à l'est de l'Ems, Edzard Zhksena 
fut nommé en 1430 chef d'une confédération dont la forma- 
tion mit fin aux guerres privées qui avaient sévi depuisle qua- 
torzime siècle. Son frère Alberich, Cu chef en 1451, 
créé par l'empereur Frédéric III comte de la Frise orienlale. 
A sa maison, qui s'eteiguit eu 1744, en la personne de Karl 
Edzard, finirent aussi par se soumettre, en 1496, les chefs de 
la partie orientale du pays ( babitée par les Itustrings ), sou- 
mission qui permit, en 1524, à Siebeth Papinga de briser les 
liens de suzerainei qCexerçait sur le pays l'archevêque de 
Brme, l'adversaire le plus constant, avec les comtes saxons 
d'OIdenbourg, de l'indépendance des Frisons. Consultez les 
ouvrag allemands intitulés Htstoire de la Frise orien- 
tale, par Wiarda ( tO vol., Brme 1817 ), e Histoi'e de 
Chefs de la Frise orietale, par Suur ( Edem, 1846 ). 
La langue frisonne tient en quelque sorte le milieu entre 
l'anglo-saxoc et l'ancien scandinave; elle offre de nombreux 
rapports avec la langue des Angles ou Anglais du [gord, 
probablement par suite des immigrations, toujour plus fr6- 
quentes, qui curent lieu dans ce pays de la part des Frisons 
et des Cbauces. C'est dans les antiques monuments da droit 
frison que cette langue (l'ancien frison) apparait sous sa 
forme la plus ancienne qu'elle conserva jusqu'au com- 
mencement du seizième siècle. Ces monuments sont, au 
point de vue de la langue comme à celui des idées, les 
9ernents d'Ems de 1300 ou 1312, la Lettre de 13rokmer 
de la seconde moitié du treizième siècle, te Droit des 
ltustring de la première moitié du quatorzième siècle, 
et, parmi les lois auxquelles obéissaient sans distiudion de 
localité tous les Frisons, le Livre d'Asega , cmpos6 vers 
l'an t200. Chaque 9au avait d'ailleurs ses lois propres, ré- 
digées dans son dialecte particulier ; Les Sources du Dro«t 
Frison, par Richthofen (Goettingue, 1810), contiennent la 
eollection à peu près complète de oe qui s'en est conservé. 
A partir du quinzième siècle, le frison fut de plus en plus 
remplacé, à l'ouest par le hollandais, dans la Frise orieu- 
talc par le haut et le plat-allemand, dans la Frise sep- 
tentrionale par le plat-allemand et par le dauois; aussi 
n'existe-t-il plus comme dialecte populaire, et encore à l'état 
de misérable jargon, que dans quelques rares localités isolé.es 
de l'ancien territoi-e des Frisons. Par opposition à l'ancien 
fiison, on l'appelle leJrison moderne, ou encore le frison 
des pajsans ( Bauernfriesisch , paroe que les paysans seule 
le parlent et qu'il n'est point parvenu à l'état de langue écrite. 
On y distingue aujourd'hui cinq dialectes principaux : celui 
de la Frise occidentale; celui de la Frise septentrionale, 
dont Ouzen a publié un Glossaire (Copenhague 1837 ) et 
qui est l'objet de nombreus observations dans l'ouvrage 
de Clément; celui de File d'lteligolaad, fortement mélangé 
de plat et de haut-allemand, et dont OEIricli a publié un 
petit dictionnaire ( 18i6  ; celui de Wangeroge, qu'on parle 
dans i'ile de ce nom; enfin celui de Sater, qu'on parle dans 
les marécageuses conlrée. du duché d'Oldenburg qu'on a 
pelle saterland. On trouvera dans le I e" volume des Aro 



I s FIISON$ 
chive Frisonne$ d'Ehrentraut d'intéressantes comparaisons. 
entre ces cinq diflect, dont il n'est pas d'ailleurs un seul 
qu'on employe soit dans les élis ou les écoles, soit parmi 
les cluses instruits; oe qd n'a pas empëché, dans les 
trente premières années de ce siècle, plusieurs crivains 
frins de dép[oer une ande actirit peur ecueillir et 
publier quelques dbbris de chante et de traditions populair 
de leurs compatriotes. 
FBISQUETTE. En termes d'imprimerie, c'est un ch- 
sis decoupé à jour qu'on abat sur la feuille blanche Cendue 
sm le tympan de la presse, afin d'empëcher qne les marg 
'en soient maculées. Les faiseurs de cartes à jouer se r- 
vent defrisquettes illées oelon le fig«res et les couleurs 
séparées qu'on veut y appliquer au moyen de la brosse. 
FBISSO. Lefisson est nne action physiologique qui 
a lieu chez l'homme et chez quelques animaux, sans l'in- 
fluence de la volonté, et qui parait tout h lait smpathique. 
]1 cons dans un frémiçement comme con'ulsif de 
eau, aompaé d'un entiment de froid : il est plus ou 
moins gnéral, et plus ou moinç fo et durable. Les causes 
determinantes du frisson sont assez faciles à reconnaitre 
pour la plupart; sa cause prochaine est beaucoup plus di[- 
licile à signaler. Parmi les premières, les unes sonl physi- 
que, comme l'impression subite et inattendue d'une tempé- 
rature froide; les autres sont murales, comme la frayeur 
qu'inspire la vne d'un objet hideux et menaçant, ou mème 
le speccle de sa représentation artistique ou poétique ; 
autres sont physioloqnes, comme i'ëmission des urines ; 
les autres pathologiques, mme la formation du pus dans 
l'int¢'rienr de nos organes. 
FRISUE se dit des cheveux, soit qu'on les crêpe aec 
n peigne, soit qu'apr tes avoir vouh's dans es pari I I o- 
tes, on les pree entre les pinces d'un fer chaud, soit, 
enfin qu'on les rouie autour d'un fer chaud qui les dessèche 
et les crispe; tons moyens auxquds ont odinairement r 
cours les dames dont les che'eux ne frisent pas mtuoel- 
lement. 
FRITIIJOF {Saga de). On présume que cetlo célèbre 
zaga islandaise fut écrite çers la fin du treizième siècle, 
quoique l'origine en soit d'une antiquité beaucoup plus re- 
culèe. Elle a pour sujet le héros norwgi,.n Frithjof le Fort, 
et son amour pour la belle lngebj«erge, 61le de Belc, roi 
de Soin, sur le Snliord { dans l'évéche actuel de Bergen). 
tlelge et Halfilan, frères d'lngebjoerge s'opposèrent h ce que 
leu sœur l'époust, et la donnèrent en mariage au vieux toi 
Hring, ndis que Frithjof avait ì échapper aux nombreuses 
embûches q'is lui prparaient. Contraint de fir à oeuse 
de la vengeance qu'il en aait tirC, il s'en vint chez le roi 
Hring, qui oençut de l'amitié pour lui, et qui en mourant 
ici laissa n épouse et son royanme {Ringerike , dans la 
fforvège mérionale). Frithjof abandonna généreusement 
les Eta du monarque d«[unt à ses fils, après avoir tué 
Helge dans une ille, et avoir contraint Halfdan h lui 
der Sogn, où il gna désormais avec autant de puis- 
ance que d'éclat, en ajoutant l'Hoerland à ses posses- 
sions. 
51olmike fait vre Frilhjof l'an 800 de l'ère chrétienne; 
luler, avant I'née 00, et d'autre h une époque beau- 
up plus oeculée encore. Lu manuscrit islandais original de 
ette sa a étd publië par Bjoerne dans sa collection inti- 
lul¢e 'ordiska mpa dater, etc. (Stockholm, 1737). 
afn en a donné une édition beaucoup meilleure dans 
deuxième volume de ses Forn«ldar Soegur ordhr- 
landa, etc., cte. (Copenhague, 189). Tegner, lèbre 
poëte suédois conmrain, a pris la sa de Frithjofpour 
sujet de son beau poëme ititulé Frffhjofs Saga. 
FBITILL&BE (defrtillus, cornet à jouer aux d), 
genre de plantes de la famille des liliacé, essentiellement 
r:ctérisée par une fossette glanduleuse et nectarire pla. 
céeàla base de chaque division de la corolle. Les lritillair 
ont des planles herbacécs, cauescentes, h feuilles alternes 
ou subverlicilles, à fleurs axillaires. Le tyl du genre est 

FIIVOLITÉ 
la fritillaire pintade (.fritillaria melea9ris, Linné ), dont 
la tige porte ù son sommet, dR le mois d'avril, une, deux 
ou trois fleurs pendantes, semblables  des tulipes renver- 
sées, panachëes, sur un fond vert ou jaunìtre, des taches 
carrées d'un pourpre vif ou obscur, disposées comme les 
cases d'un damier. Mais on rencontre encore plus souvent 
dans les jardins la [ritillaire imlgdriale (.[rilillaria imlge - 
rialis, Linnë), ou couronne imloértale, dont les fleurs de 
conteur rouge safrané, avec des stries qu'a su varier la cul- 
ture, sont surmontées d'une houppe de feuilles florales du 
plus bel aspect, llalheureusement la frilillaire impériale, sur- 
tout sa bulbe, exhale nne odeur vireuse; cette bulbe con- 
tient un suc 6cre, que l'on peut comparer à celui de la ci- 
guë. Cependant, dans une lettre communiquée par 5I. Payen 
à PAcadémie des Sciences séance du 
51. Basset a annoncé que la fécule «le la fritillaire impériale, 
ptéparée par les procédès ordinaires, ponrrait remplacer 
avantageusement la fécule de pomme de terre. Pour lui 
euleve son odeuret sa saveur désagréables, il suffit, aprè 
les premiers lavages, de faire macérer cette fécule, de vingt- 
quatre à quarante-hnit heures, soit dans de l'eau simple re- 
nonvelée, soit dans de l'eau vinaigée à on cinquantième, 
soit dans de l'eau alcalisée à qnelques millièmes. La quart- 
litWde féeule fournie par les bulbes de la fi'itillaire inpériale 
est tellement grande, que 1I. Basset n'évalue pas le prix de 
revient à plus de 12 fr. les 10o kilogrammes, tandis que 
pour la mme quantité de fécule de pomme de terre il est 
au moins de 22 fr. 
D'autres espèces du genrefi'itillaire contribuent encore 
à l'embellissement des parterres ; on les cultive comme les 
tulipes. Toutes sont originaires de l'Europe, ou s'y sont 
complétement acclimaté,es, excepté le [ritillaria lersica, 
qu'on ne pent élever qu'en orangerie. E. blrlcx. 
FRITTE» vitrification très-imparfaite, ou plut6t simple 
agglomeration de substances vitrifiables par l'action d'une 
chaleur awdessous de celle nécessaire pour la fusion com- 
plète (voyez Ë). C'est principalement dans le langage 
des verriers qu'on fait usage du mot fritte; cependant, par 
extension d'analogie, les minéralogistes et les géologues 
l'appliquent à diverses substances naturelles pour en carac- 
tériser, sinon la nature vraie, du moins l'apparence exté- 
rieure. L'aspect frilteux appartient principalement à plu- 
sieur éjections volcaniques. Prtotze père. 
FRITURE. La frilure et sans contredit une des 
branches les plus confortables de l'art culinaire, et, il faut 
l'avouer aussi, elle est peut-être la plus populaire. Il y a, du 
reste, tout un monde entre les fritures en.plein vent et celles 
de nos restauratenrs fameux. Au prolétaire crotté les pommes 
de terre'tes et les beignets à un sou des marchands am- 
bulants et des gargotiers établis[ Aux lashionables et awt 
amateurs de bonne chère les savanles combinaisons de 
friture des Véfour et des Véry ! 
D6fiuirons-nous maintenant la friture et l'action de frire? 
Ce serait faire gratuitement une grossière in.ure à nos lecteurs. 
Au reste, les.[ritures doivent tre connues des gastronomes 
depuis bien des siècles, car les Grecs et les Latine, ces mai- 
tres passés en grandes inventions, avaient des mots spécia- 
lement consacrés à peindre Paction de frire ; c'était d'abord 
le 'erbe'igere (geindre, gémir, frire), dérivant par ono- 
malopée, dit Pas, quiet l'érudit, du bruit que fait le beurre 
ou la graisse qui fond dans une pole. D'autres savants de 
l'ouest le font venir de frira, vieux mot celtique ou bas-breton 
qui signifie 'icasser. 
FRITZ abréviation du nom allemand Flnumu, eu 
français Frdéric. Le souvenir du glorieux règne de Fré- 
défie le Grand est demeuré tellement populaire en Prusse, 
que les paysans, Iorsqu'ils veulent désigner ce prince, disent 
encore aujourd'hui ; unser Fril'-, notre FfCCie. 
FRIVOLITÉ. On confond souvent, et c'est à tort, la 
frivulité avec la légèreté. Ces deux défauts Prntent des 
slmplmes bien .aiii«rents. On peut lre hivole et posséde 
un ctvur constant, un esprit Dol0nd 



FRIVOLITÉ -- FROC 
on est rarement 16ger sans que'ce défaut entralne une certaine 
dureté de cœur et mme beaucoup d'6goïme : une personne 
légère s'éveillesouvent avec les meilleures intentions du monde, 
pour se coucher avec la conscience cbargée d'une mauvaise 
action. Ie comprenant pas le mal qu'elle fait, parce qu'elle ne 
s'arrète à rien,elle bl sans intention, bait, sans motif, aime 
sans discernement, et trahir sans remords. La frivolité n'en- 
1raire pas de si graves conquences; elle s'attache à des ba- 
gateiles, à des enfantillages d'amour-propre, à des avantages 
extérieurs. On voitdes hommeset des femmes fort remarqua- 
bles tre atteints de ce délaut, sans que ceux qui les aiment 
ou les admirent puissent en craindre les suites. Plus souvent 
le partage des femmes, parce qu'elles vivent de rions, la 
frivolité donne à leurs manières une sorte d'agrëment qui 
Oto le courage d'essayer de les corriger. On leur répète bien, 
quand elles sont très-jeunes, qu'il ne faut pas ètre aiusi ; 
mais iorsqu'eiles se montrent sans prétentions, lorsqu'eiles 
restent frivoles sans cesser d'ètre bonnes, aimantes et dé- 
vouées, on a peur ,en essayant de les rendre plus parfaites, 
de toucher à leurs grâces, et elles se complaisent à caresser 
un defaut qui fait plus souvent soufre que gronder. La Iri- 
vollte peut se rencontrer dans les caractères les plus élevés, 
our qui elle n'est qu'une distraction, souvent nécessaire; 
»nais quand ce défaut se conserve dans la vieillesse, il pro- 
sente qlelque chose de triste et de ridicule, parce qu'alors 
la frivolité parait réflécbie et semble |'effet d'un ahaisment 
d'esprit. Les femmes surtout doivent se corriger de bonne 
heure de la frivolité : savoir vieillir est une science quï| faut 
acquérir avant d'en avoir besoin. C'est la frivolité qui fait 
que g,..néralement les femmes s'ennuient chez elles..e pou- 
vant s'astreindre à aucune réflexion, à aucune occupation un 
peu grave, elles vont chercher au dehors un aliment à leur 
encbant ; elles courent les magasins, font des visites, afin 
de dire ou d'entendre des rions, et ne rentrent chez elles 
que pour subir la peine de leur défaut ; car l'homme à qui 
elles sont unies ne leur confiera rien de sérieux, dans la 
crainte de les ennuyer. Du reste, on se corrige tous les 
/ours du defaut de frivolité dans le siècle où nous vivons : 
les jeunes gens sont mme aujourd'hui raisonnables de trop 
bonne heure ; ils se dego«tent trop t6t de ce qu'il y a de bon 
dans la vie ; ils lugent avant d'avoir pensé, raisonnent avant 
d'avoir vu, rejettent les plaisirs avec me.pris, ou s'en 
zaissent dévorer comme par une fièvre ardente. En vëritê, 
un peu de frivolité irait mieux à la jeunesse, elle enfan- 
ferait quelques folies de pins, mais les suicides seraient cer- 
tainement moins communs. 
Camiile Bom (Jenny BSTlnE). 
FIOBE { J£r ), l'un de ces savauts imprimenrs des 
premiers temps de la typographie, naquit en lf60, à Ham- 
melbourg, en Franconie. Après avoir étudié dans sa ville 
natale, il passa  l'université de Bàle, et là devint correcteur 
dans l'atelier de Jean Amerbacb, ou il travailla jnsqu'en 1691. 
Alors il fonda une imprimerie à son compte, et le premier 
ouvrage qui en sortit fut une Bible latine, ri publia succes- 
sivement d'excellentes ditions de saint Jérme, de saint- 
Hilaire, de saint Cyprien et de saint Ambroise. Beaucoup 
de classiques l'occupèrent aussi tour à tour; il méditait des 
édifions des Pères grecs, qu'il n'eut pas le temps d'entre- 
pendre. C'est I»i qui un des premiers subæfitua par delà 
le Bi:in les caractères romains aux caractères gotbiques. 
Ses caractères grecs ne sont pas beaux ; et les romains, 
ronds et nets, ne Ilattent pas l'oeil. Ses titres, un peu charg#s 
en général, ont parfois néanmoins des encadrements com- 
posés sur les dessins de Holbein, ce qui les recommande 
aux amateurs. Toutes les impressions de Froben sont d'ail- 
leurs d'une correction admirable. Il filt en effet un de ces 
philologues profondément érudits, un de ces consciencieux 
éditeur.% comme le seizième siècle a pu seul en produire, au 
.milieu de ces grands mouvements sociaux et intellectuels où 
a4parar-sent tant de figures largement dessinées, depuis Lu- 
1hec jusqu'à Érasme, depuis Mélanchthun jusquìViv6s. C'est 
quelque chose de charmant  lire, dans la correspondance 
UICT. DE ! CONVERS.  "E. X. 

d' É r asm e, que ses rapports avec son imprimeur et son 
ami Froben. Froben fait de jolis prents à Êrasme, et Éras- 
me ne les accepte qu'avec unedouce violence. Quand Froben 
a un fils, Ê, rasme lift donne le nom d'Erasmiu. L'impri- 
meur de Ble publia aussi les œuvres de Luther. Il mourut 
en 1527, (les suites d'une chute. 
Jr6rne et Jean FaonE.% continuant la profession de leur 
père, réimÇ-imèrent plusieurs de ses livres, et publièrent 
aussi d'exoeilentes éditions de saint Augustin, de saint Jean 
Chryso,t6me, de saint Basile et de Platon. 
Il y eut encore un Ambroise et Lin Aurèle Faon:% qui 
furent typographes à Baie vers la fin du seizième siècle, 
mais plus obscurément et sans l'éclat des premiers temps 
de cette noble famille. 
La marque des Froben est un pigeon perché sur un bton, 
que tiennent deux mains, et autour duquel se tordent deux 
basilics. Charles Lmre. 
FIOBISIIEI ou FOBBISHE (Sir 3I«TI), navi- 
gateur anglais du seizième siècle, né à Donc.aster, conçut le 
projet de trouver un passage par le nord-ouest pour aller en 
Ch/ne. Aprês quinze ans d'el/'orts, il rëussit  former une so- 
ciété qui fit les fou is nécessaires pour équiper deux petits na- 
vires avec iesqueisii put mettre a la voile deDeptlort, le 8 
juin 1576. Le 11 juillet il aperçut la terre par 61 ° de latitude 
nord ; mais les glaces i'empècbèrent d'aborder. Il gouverna 
ensuite au sud-ouest, puis au nord, et crut, le 28, avoir vu 
la terre de Labrador. Le 31 il aperçut une troisième terre, dont 
il prit possession, et le 11 aofit il se trouva dans un détroit 
qu'il parcournt pendant cinquante heures, et auquel il donna 
son nom; après quoi il s'en revint le 2 octobre ì Harwich. 
Une pierre rapportée par l'un des matelots de la terre dont 
Frobisher avait pris possession engagea la société, qui crut 
qu'elle contenait de l'or, à faire les Irais d'un second arme- 
moet, avec lequel Frobisber partit le 26 mai 1577. Il revint 
en Angleterre avec toute une cargaison de la pierre en 
question, et la reine Elisabetll ïut si satisfaite des rëultats 
de son expédition, qu'elle le chargea de construire un fort 
dans le pays noovellement découvert, et d'y laisser une 
garnison avec des travailleurs. Il partit à cet effet le 21 
mai 1578, avec trois navires, que douze autres ne tardèrent 
pas  suivre. Le 20 juin il découvrit une terre nouvelle 
qu'il appela Angleterre occidentale, et dont il prit posses- 
sion au nom de la reine Élisabeth. Mais les glaces i'em- 
pèchèrent de pénétrer dans le détroit auquel il avait donnë 
son nom. Quelques-uns de ses vaisseaux sombrèrent, d'au- 
tres furent plus ou moins gravement endomlnagés : la saison 
était trop avancée pour qu'on pot fonder une colonie. Fro- 
bisher fut donc obligé de se contenter de recueillir quelque 
cinq cents tonneaux des prétendues pierres auriFères, et 
s'en revint en Angleterre. Ces pienes n'ayant donné aucun 
des résultats espérés, on s'abstint d'ex péditions ultérieures; 
et rien de moins clair aujourd'hui que la question de savuir 
quelles terres Frobisiler avait découvertes. 
En 1583 il commandait un des btiments de la flotte qui 
aila dévaster les Indus occidentales sous les ordres de Drake, 
et en 1588 un grand vai.«seau de guerre desliné à ar contre 
la fameuse Armada. Envoyé en 159b au secours du roi 
Henri IV avec une escadre de dix vaisseaux, il reçut una 
blessure dans un combat livré le 7 novembre 159 sur les 
cotes de Bretagne, et mourut bient6t après, à Plymouth. 
Flanc, la partie de l'habit monacal qui couvre la tte, 
et tombe sur l'estomac et sur les épaules. Il se prend aussi 
pour lout l'habit. Suivant Ménage, on a d'abord ditfiocu- 
lus, flocelrs, et depuisfroscus. Froc était, en outre, autre- 
fois une grosse étoffe qu'on fabriquait h L»ieux, b Bernai 
e. en Beauce, dont les pièces, suivant les statuts des dra- 
piers, devaient avoir demi-aune de large et vingt-cinq de 
long. Prendre le froc, c'est se faire religieux; porter le 
froc, c'est tre moine; quitter le froc, c'est sortir d'un mo- 
nastère avant d'ètre pro{ès. Au figuré et familièrement, 
jeter le froc aux orties, laisser le froc dans les orties bor- 
dant les murs que le moine saute en s'enfuyant, signilie 
3 



18 FROC 
g,noacer  le profession monacale, et, par extension, re- 
noncer à l'état ecclésiastique. On le dit aussi de toute per- 
renne qui, par inconstance, renonce à quelque profession 
que ce soit. 
FP.ODOAiD. Ve= Fo. 
FBOH SDOBF. Vogez FnoscnDouv. 
FPOID. Le frod est a la chaleur ce que l'obre est 
à la lumière : ce mo signifie doc absence de ealoique; 
cependant, comme il ny apas, physiquement parlant, dans 
la nature de corps qui soient entièrement privés de cha- 
leur, il ne dot pas y en avor non plus qui soient abso 
lument froids. Ainsi que le chaud, le frod est doc relatif : 
l'eau est mons froide que la glace; celle-ci est encore mons 
frode que le mercure congelé. 
Nous disons qu'une substance est froide lorsque sa tem- 
p.rature, étant plus basse que celle de nore corps, nos en- 
lève une palrie de notre calorique; nous disons, au oentraire, 
qu'un corps est cud quand sa température est plus élevée 
que la n6tre, et qu'il cëde à la main qui le touche une 
partie de son calorique. Ainsi, la temperature de notre corps 
nous sert de terme de comparaison pour aflLrer qu'une 
uhstance est froide ou chaude. ¥olt pourquoi, Ior.que la 
chaleur qui nous est propre augmente ou diminue, soit par 
l'etïet de la saison ou du climat, nous trouvons froides ou 
chaudes des matières qui dans d'autres circonstances 
nous auraient semblé chaudes ou froides. Les caves, par 
exemple, dont la température est ì peu près constante, nous 
paraisseut froides en été et chaudes en hiver. 
Le thermomëtre est l'instrument le plus propre que 
l'on connaisse pour apprécier les divers degrës de chaud et 
de froid : il faut supposer que son echelle ascendante et 
descendante se prolonge à l'infini. 
Pour les effets «lu froid sur lëconomie animale, vol/e: 
CocLo ( Pathologie ). 
A preprement parler, le froid est toujours naturel ; ce- 
pendant, les chimistes et les physiciens sont convenus d'ap- 
peler artificiel celui qu'ils produisent a volonté, en toute 
saison. Il y a plusieurs moyens de produire du froid, qui 
peuvent se reduire a trois principaux, t ° On peut rendre 
un corps plus froid par le contact, en l'entourant de sub- 
stances dont la température est plus basse que la sienne; 
ce moyen est le plus simple de tous = c'est ainsi qu'en eté on 
fait congeler de l'eau en entourant la carafe qui la contient 
de glace pilee, etc. Dans cette expérience, la glace enlève ì 
la carafe et à l'eau qu'elle contient une partie de leur calo- 
rique, et cette espèce d'absorption continue jusqu'à ce que 
l'eau de la carafe soit a,ssi froide que la glace. 11 va sans 
dire que si une partie de l'eau contenue dans la carafe gèle, 
c'est aux dupons de la glace extèrieure, qui passe à l'Arat 
liquide. Le froid produit par contact est le résultat d'une dis- 
tribution de calorique entre deux ou plusieur corps qui 
auparavant avaient des temperaturs differentes : c'est ainsi 
que deux éponges, dont une humide et l'autre sèche, étant 
mises en contact, se partagent la quantited'eau qui était con- 
tenue dans la première. 2 ° On produit du froid physique- 
ment en tallant passer un corps de i'etat solide a l'etat li- 
quide, ou a i'ctat de gaz, par la raison que dans ces deux 
as les substances absorbent le calorique des corps envi- 
rounants pour changer d'etat. On peut donc refroidir un 
corps en l'environnant de subUr.ances qui. se liquéfient ou se 
vaporisent. Exposez un vase rempli d»eau dans un endroit 
où il se fasse un courant d'air : si vous humectez de temps 
en temps l'extérieur du vase, le liquide qu'il contiendra se 
rafralchira sensiblement ( oyez Ax ). La ¢ompres- 
sibilité donne de même un très-grand refroidi.ement. 3 ° On 
produit du froid artificiel chimiquement a l'aide des mé. 
langes dits /ri9ori/iques. Tessia. l. 
Protds e.zcei/s. Le climat de l'Europe a éprouvé de si 
grand changements depuis les premiers temps de l'histoire 
que les descriptions laissees par les anciens des hivers de 
la Thrace, de la Germanie et des Gaules, convieudraient 
a peine aux froids de la Laponie, de l'l»iande et du Groen- 

FROID 
land. Selon Tacite, l'Allemagne ne prod "'ms pas d'arbrm 
fruitiers; Virgile préleud qu'en Thrace les neiges tombaient 
à la hauteur de sept aunes; Ovide lui écrivait sur les lieux: 
« Regarde comme inhabité et inhabitables, à cause du froid, 
tous les pay itués au deltt du Danube. • Du temps de 
premiers emperenrs, on ne recueillait encore dans la plus 
grande partie de, Gaules ni vin ni huile, et tt peine,y trou- 
vait-on quelques fruit. Diodore de Si¢ile rapporte que les 
fleuves de ce pays étaient pris réglirement par les glaces 
chaque annëe; des armes entières traversaieut ces ponts 
naturels avec leurs chariots et leurs bagages. Les barbares 
des pays au del du Rhin et du Danube profitaient souvent 
des glaces pour pénétrer dans les provinces de l'empire. 
Froids excessifs en Europe et en Asie en 299, en France 
en 358. La description faite par l'empereur Julieu de l'un 
des hivers qu'on éprouvait babitueilemeut à Paris rappelle 
presque le climat de la Sibírie; le froid de cette ville, qu'il 
nomme sa chère Lutèce, lui parait excessif : cependant il 
est constant, au dire mëme de ce prince, que quelques vi- 
gnes, et méme des figuiers, croissaient alors dans le territoire 
de Paris, pourvu qu'on les cunvrit de paille. Hivers très- 
riureux e ˢose, pegxdant quatorze semaines, en 359 
cette même annêe, les glaces couvrirent compiítement le 
Pont-Euxin, ainsi que le Bosphore de Thrace. En 505 les 
riviëres de i'Angleterre lureut gelées pendant deux mois. 
Eu 58 la mer Noire fut couverte de glaces pendant vingt 
jours. Le Danube ayant été pris dans tout son cours, les 
l]uns le traversèreut, ravagèrent la Mésie, la Thrace, la 
Grèce, et menacèrent Constantinople: la cour d'Orient acheta 
leur retraite à prix d'aent, et s'engages tt leur payer nn 
tribut annuel. 
Hivers rigoureux en Europe de 605 à 670. La Tamise fut 
si profondément geiêe en 695, pendant six semaines, que 
l'on construisit des cabanes sur ce fleuve. Hivers rigoureux 
en Angleterre du 1 « octobre 759 an 26 février 760. En 
763 Iroid excessif en Orient : la mer Noire gela à une pro- 
fondeur de 30 coudees, et sur une étendue de t00 milles. 
Ce grand froid, commencé dès le mois d'octobre, dura jus- 
qu'au mois de levrier de l'année suivante, et fut suivi de - 
cheresses extraordinaires, qui tarirent la plu pa t des somces 
et des fontaines; la rigueur de l'hiver fut egalemeut excessive 
dans la plus grande partie de l'Europe. Dans certains pays, la 
hanteor de la neige fut de cinquante pieds. En 821 les plus 
grands fleuves et rivières de l'Etrope, tels que i'EIbe, le 
Danube, la Seine et la Lutine, furent pris par les glaces durant 
un mois. Hiver très-rigoureux a Conslantinople en 874 : le 
Bosphore fut entièrement gelA ; on passa d'une rive à l'autre 
sur un pont de glace. E 90; la plupart des rivières de 
l'Angleterre furent gelées pendant deux mois; en 923 la 
Tamise le fut pendant treize semaines, et pendant quatorze 
semaines en 1003. 
Froids extraordinaires en Italie, eu l,'rance et en Aile- 
magne en 991, t0t, 1067, 1124, 1125, 1205, 1216. 
1234 des voitures chargées vinrent sur la glace de la terre 
ferme à Venise. En 1269 Iroid très-violent en Anelerre : 
la Tamise lift prise par la glace dans toute son etendue, 
et les voitures la traversèrent, même près de son embon- 
chu.re. En 1281 froid excessif en Allemagne. La mer Médi- 
terranée fut entierement cul, verte par les glaces en 1.323 
la mer Baltique le tut également pendant six semaines.. Iii- 
ver tres-rioureux en l,'rance en 1325. Dans les pays du Nord, 
en 1333 on se rendit sur les gaces de Lubeck en Daue- 
mark, et jusque sur les c6tes de la Prusse : des auberges 
furent mème etablies sur cette route d'une espèce nouveile. 
Froid excessif en 1399. En 102 et 1423 la mer Baltique fut 
entiìrement gelëe depuis la Poméraniejusqu'au Danemark. 
Ce fut en 103, et par un froid tre-*rigoureux, que Tao 
m e ri a n lit les prëparatifs de son expédition coutre la Chine 
l'inclemence de la saison ne put le déterminer a suspendre 
sa marclie. E 1407 |roid extraordinaire en Angleterre, et 
Ailemague et en France. En I08 im glaces couvrirent si 
compictement le Cattegat, entre la Suède et le Danemark 



FROID 
que les loups pestaient d'un royaunae il l'autre : cet hiver 
très-désastreux est surnonamé le 9rand hiver par les his- 
toriens; la plupart des arbres fruitiers et des vignes furent 
alCruits en France, lliver rigoureux en 1420 en Allenaa- 
gne, en Hollande et à Paris : cette ville éprouva une porta- 
litWsi extraordinaire qu'elle fut presque entièrement dépeu- 
plée; les loups entraient jusque dans on enceinte pour y 
dévorer les cadavres.. 
Froids excessifs en Allemagne et k Paris en 1«22. En 
1426 autre hiver rigoureux h Paris et dans ses environs. 
Froid extraordinaire en France et dans toute l'Europe en 
1433 et en 1434 : la gelée commença à Paris le 31 décembre, 
et dura deux mois et vingt et un jours ; la neige lonaba pen- 
"lant quarante jours eonsécutifs, la nuit comme le jour; 
il en fut de mme dans les Pays-Bas; en Angleterre, la 
Tamise fut gelée jusqu'h Gravesend. Froid excessif en 
Franeeet en Allemagne en 1458, 1468, 1469 : durant l'lliver 
de cette dernière année, dit Philippe de Comines, on cou- 
pait le vin avec la hache et la cognée dans le pays de 
Liége, et on le vendait au poids. En 1/99 un froid ex- 
cessif et la famine délruisirent en Valaehie nue armée de 
70,000 Turcs, levée contre les Russes. En 1515 à Londres 
les voitures passèrent la Tanaise sur la glace. Froids exces- 
sif« en Aneeterre en 1525 : un grand nombre d'habitants 
perdirent l'usage de leurs naenabres. Hivers très-rigoureux 
dans toute l"Europe en 1537, 1543, 15/-. En 1570 en 
France, en Allenaagne et en Angleterre, le froid dura trois 
mois entiers dans toute sa rigueur etsans aucune interrup- 
tion; en Provence et en Languedoc, les arbres Iruitiers fu- 
rent atteints jusquedans leurs racines; dans d'autres provinces 
de la France, les gelées durèrent depuis la lin de novenabre 
jusqu'à la fin de février. En 1595 des froids excessifs cu- 
rent lieu à Paris, en Allenaagne et en Italie. 
En 1608 hiver très-rigoureux dans loute l'Europe. Un 
froid excessif, qui se fit sentir à Paris dès le 21 d6eenabre 
1607, dura pendant deux mois entiers : les approvisionne- 
ments de la capitale en combustibles étaient de;euns si 
rares que la charge de cotrets se rendit 35 sols. Les 
troupeaux périrent en grand nombre dans les Cables, et 
toutes les espèces de gibier dans les canapagne» et dans les 
forëts. Les plus grands fleuves de l'Europe furent saisis par 
la glace à une si grande profondeur qu'ils portaient des cha- 
flots pesamment chargés; en plusieurs pays, les neyers, les 
vignes, les oliviers, etc., gelèrent jnsqu'a la racine. Les i-i- 
gueurs de eut hiver ont été décriles dans les plus grands 
détails par Mézerai. En 1621 froid extraordinaire en llalie 
,et en Allenaagne : une pa1ie de la naer Baltique se cottvrit 
d'une glace très-épaisse. En 1655 froid excessif en Hollande, 
en Allemagne et en Bohème. En 1658 froid général en Eu- 
rope; la Baltique fut profondément prise par les glaces : 
les bras de mer connais souz le nom de Grand et de Petit 
Belt en furent couverts ; le roi de Suède Charles X traversa 
ces cieux bras de mer sur la glace, à la tète d'une armée 
de '0,000 honanaes, avec son artillerie, ses chevaux, ses 
bagages, et s'avança jusqu'aux pmes de Copenhague. 
En 1683 hiver long, froid et très-pre en France, no- 
tamment en Touraine : un grand nombre d'oiseaux péri- 
renl; le liers des llabitants des campagnes voisines de 
Tours mourut de faina et de misère, disent les éerivains du 
tenaps. Cet hiver fut très-rigoureux en Angleterre; les gelCs 
durèrent treize semaines en France, en AIIcnaagne, en Italie. 
En 1684 froid extraordinaire dans toute l'Europe : à 
Londres, la Tamise lut prise il une profondeur de trente 
¢entimètres, depuis novembre 1683 jusqu'en mars 168; 
sur les c6tes de -Nornaaudie, les matelots de Saint-Valery fu- 
rent enfermés par les glaces à treize kilomètres de distance 
en mer. En 1695 le froid fut excessif dans toute PEurope. 
E 1709 la Baltique se gela dans une si grande étendue 
que du haut des tours es plus élevées butiez sur ses bords 
'oeil ne pouvait apercevoir tout l'espace couvert par les 
frimas. Dans la nadme année l'Adriatique fiit gelée com- 
tlétement. Ce froid exlrme oecasionna dans toute l'Eu- 

19 
rope une disette qui fit périr un grand nombre d'habitanta 
des classes pauvres et laborieuses; les deures de première 
nécessité se rendirent un prix excessif : on fabriqua à Ver- 
sailles et à Paris du pain d'avoine, qui fut servi jusque sur 
la table des riches et des princes ; colin, l'impossibilité de 
conserver l'eau et le vin ì l'Ct fluide fit interrompre en 
France la célébration de la messe. La rigueur de la saison, 
qui fut également excessive en Angleterre depuis décembre 
jusqu'en mars de la mme année, ne se fit presque pas 
ressentir en Écosse et en lr.tande. Froids extraordinaires 
en Europe en 1724 et 1733. Le naturaliste Gmelin évalna à 
67 ° 8/9 le froid qu'il ressentit le 5 janvier 1735 sur les bords 
du Jénisséi, dans la Tartarie chinoise. 
Le missionnaire danois Egède, qui a laissé des obser- 
vations curieuses sur le Groenland, où il avait passé une 
grande partie de sa vie, cite plusieurs eemples du froid 
excessif qu'il éprouva dans ce pays : en l'année 1738, le 7 
janvier, la cheminée de sa chanabre se remplit de glace jus- 
qu'à l'mtveore du poCe, et, malgré le feu qu'il eut soin 
d'y entretenir, cette glace ne fondit point de toute la journée; 
tout fut gelé dans les habitations : le linge dans les armoires, 
les bois de lit, les plumes et le duvet des coussins étaient 
recouverts d'une couche de glace d'un pouce d'épaisseur. 
En 1740 l'hiver fut encore plus rigoureux en Europe, et no- 
tamment en Russie, que celui de 1709 : on construisit ì 
Pétersbourg un palais de glace de 17',50 de longueur, sur 
5',50 de largeur; la lewa, où furent pris les blocs ena. 
ployés à ce bizarre édifice, était gelée à 0',66 et I mètre d'é- 
paisseur; on façouna autour de ce palais six cauullS de glace, 
et deux mufliers ì bombes; les canons étaient de 6 livres 
de balles ; on les chargee de 125 grammes de poudre, et un 
boulet de let, lancé par l'une de ces pièces, perçu une planche 
épaisse de 5 centinaètres à 60 pas de dislance : quoique le 
canon lui-nadnaen'et que 0', 10 d'épaisseur, il n'eclata point. 
La mënae année, le froid lut-très vif en IIollande ; il y eut à 
Rotterdam, à Delft et à La tlaye, de nembrettses émeutes 
produites par le rencheri,senaent des denrées. 
E 1748 le froid fut excessil à Pétersbourg : le thermo- 
mètre descendit à 30 degrés dans plusieurs parties de l'Europe, 
et particulièrement en France. En 175tt le geléez détrui- 
sirent un grand nombre d'arbres; un froid etraordinaire 
se fit sentir dans le nord de l'Europe. En 1760 le détroit du 
S u n d fut entièrement pris par les glaces. En 1768, dans 
quelques provinces de France, plusieurs voyageurs périrent 
sur les routes ; des al.brez se fendirent d:ms une grande 
partie de leur longueur. A Paris, on brisa plusieurs cloches 
en les sonnant; ì Lyon, le thernaomètre descendit, le l « fé- 
vrier, à 17°,elle 18janvier, àPetersbourg,  O". Des oiseaux 
étrangers parurent sur les bords de la mer, près du Htvre : 
plusieurs étaient si excédés de fatigue qu'ils se laissèrent 
prendre à la main; enfin, on trouva sur les cotez de plu- 
sieurs pays de grandes quantités de poissons naorts que la 
mer avait abandonnés sur le rivage. E France, froids 
extraordinaires en 1774 et 1776. En 1779, froid très-intense 
en Angleterre pendant quatre-vingt-qualre jours; en 1784, 
pendant quatre-vingt-neuf jours; et en 178:,, pendant cent 
quinze jours. Le 5 novembre 1786 le mercure gela en plein 
air à Pétersbourg par un froid de 30*; le I  détembre le 
thermomëtre y marqua -- 40°; le 7 il descendit jusqu'à 60 : 
le mercure se congela en masse solide de manière à pouvoir 
ëtre battu du marteau à plusieurs reprises. 
Le 30 décembre t78 le thermomètre descendit à Paris 
à tS°; l'épaisseur de la glace, mesurée à Versailles le 22 dé- 
cembre, fut de 0m,34. Le nanae lroid se fit sentir en An- 
glelerre, où il dura un mois entier : la Tamise fut prise par 
les glaces. En 1789 autre froid extraordinaire dan« le mëme 
pays, pendant sept semaines; la glace dont la Tamise était 
couverte se brisa le 14 janvier, pendant qu'on y tenait une 
foire. Froids exeessif en 1794 : la durée de la gelée à Paris 
fut de soixante-huit jours, et 18 ° le point le phls élev du 
froid. En 1796on ressentir à Londres le froid le plus excessif 
qu'on I eOt éprouvé. En 1799 un froid très-rigoureux se 
3. 



2a FROID -- 
fit snt;x dans presque toute l'Europe. Eu 1810 le mercure 
gela " Moscou. En 1811 la Tamise fut prise par les glaces. 
L'hiver de l'ann6e 1812 est surtout à jamais mémorable 
par les désastres de l'arm6e française en R u s ste : le ther- 
momêtte ne descendit cependant pas au-dessous de tf à ti °, 
température peu extraordinaire pendant cette saison dans 
le nord de l'Europe. Le 27 décembre 1813 froid extraor- 
dinaire en Angleterre, pendant six semaines, accompagné 
d'un épais brouillard, qui dura huit jours, et qui s'etendit à 
plus de 50 mille de Londres dans toute les directions. 
Froid excessif dans le méme pays en 1814 : la Tamise fut 
prise dans la plus grande partie de son cours à une telle 
profondeur qu'on put la couvrir de maisonnettes et de ca- 
banes. En 1820, le 10 janvier, le tbermomètre marqua 20 ° à 
Berlin; le I I janvier, I0 ° à Toulouse; le 12 janvier, 12 °  Paris; 
la neige qui tomba le 15 janvier à Ruine couvrit pendant 
trois jours les rues de cette ville; à Florence, elle atteignit 
une l,auteur de 0 =, 66. L'hiver de 1829 à 1830 fit aussi très 
rigourenx. Ang. 
FROIDEUR. C'est une sorte de calme extérieur qti 
ggne et éloigne tous ceux qui sont en rappori avec vous. La 
froideur, au rete, n'exclut pas touiour la violence des pa. 
sions : elle oert seulement à la mieux voiler. Il est des 
hommes qui n'ont dans la vie qu'un seul attachement ou 
nne seule affection; ils s'en nourrisseur sans cesse quand ils 
sont nés avec ce que l'on appelle de la froideur : en effet, 
ce que celle-ci empgche surtout, Cest de s'épancbar avec les 
autres, que l'on tient à distance. 11 en résulte que les hommes 
fi-oids, dës qu'ils rencontrent des obstacles qui menacent 
de les arrgter Ionemps, se portent à des excés, ou à des 
crimes, qui épouvanteut d'aulaut plni qu'on les tenait incapa- 
bles d'éprouver les sentiments mgme les plus ordinaires. 
!1 y a une froideur de l'esprit comme une froideur du 
CœUr. La premiére e.«t une qualité très-précieuse à quiconque 
et revêtu d'un rand emploi ou d'une immense repona- 
bilité ; nn général doit avoir de la froideur sur le champ de 
bataille, un homme d'ltat en prdsence d'une révolution 
naissante, pour apprécier s'il faut l'arréter court ou seule- 
ment la discip|iuer; un juge doit écouter avec une égale froi- 
deur les deux perlies adverses. 
Les orateurs qui n'ont que du feu arrivent quelqueIois à 
d'admirables effets; mais ils compromettent souent, en 
tour, la cause qui leur est confiée; ils font mieux l'affaire 
de leur propre réputation que celle du client qui les a choisi. 
Dans la vie inlime, une tfC-grande froideur, .urtout lors- 
qu'elle est habituelle, vous retranche, pour ainsi dire, de la 
famille dont vous faites partie. On n'et jamais bien à l'aise 
avec sous, mgme en dépit des plus excellentes qualités; 
c'est que celles-ci ne doivent pas avoir que leni- utilitë, il 
faut aussi qu'elles aient leur agrément, et à moins de ces 
circonstances extraordinaires o0 l'on peut déployer les plus 
rares vertus, la froideur ne mène, avec ceux qui vous con- 
naissent, qu'à une estime paisible et réflchie; il importe 
d'aller un peu plus loin : pour glre heureux, il faut Atre 
aimé. SA,- 
FBOISSABT ou FROISSARD (JAr), prétre, chanoine 
tréorierde l'église collégiale de Chimai, et chapelain de Gui 
de Chttillon, naquit à Yalenciennes, vers l'an t33. On con- 
jecture que son pére était peintre d'armoiries. Pour 
jeunesse, il fut destiné  l'église, quoiqu'il fit preuve chaque 
jour d'un caractère peu compatible avec la gravité du sa- 
" cerdoce. Naturellement porté , la dissipation, il préférait à 
l'Arude la chasse, la musique, les danses, la parure, la bonne 
chère, les femmes; et lorsqu'il eut embrassé l'état ecclésias- 
tique, il se mit fort peu en peine de combattre ces penchants. 
;éanmoins, si la poésie recevait ses hommages, il aimait 
plus encore l'histoire. Il ne faisait que sortir de l'Acule et 
avait à peine vin ans, Iorsqu'à la prière de son cker sui- 
prieur et naflre rnessire Robert de -amur, cke,alier, 
seigneur de Beaufort, il enreprit d'écrire les guerres de 
son temps, particuliérement celles qui suivirent la bataille 
de Poitiers. Comme Herodote, il recueillait en oyageant les 

FBOISSABT 
notions dont il devait faire usage : en conversant avec 
qui agitaient le monde, |I apprenait à connaltre leurs mœurs, 
leurs desseins; il écrivait, pour ainsi dire, sous leur dictée, 
et transmettait aux lecteurs l'impression immédiate des faits, 
sans aucun sstème de composition, sans se douter qae l'his- 
toire pot gtre critique, pltilosophique, ou pittoresque. 
Quatre ans apres, étant ailWen Angleterre, il présent 
une partie de ses chroniques  la reine Philippe de llainaut, 
femme d']douard III. Cette wincesse, à qui il avait sn plaire, 
devina que Froisrt, tout frivole qu'il etait en apparence, 
éprouvait les tourments d'un amour malheureux. En effet, 
il aimait nne femme dont on ignore le nom, mais qui état 
d'un rang si distingué que les rois et les empereurs l'au- 
raient recherc/e. En lisant aec elle le roman de Cldo. 
mode, rimé par un trouvére de la cour de Henri III, duc 
de Brabant, il avait senti les premières étincelles du feu qui 
avait fini par l'embraser. Cette passion cependant, si puis- 
saute qu'elle ftt, ne le détournait pas' d'une autre, plus imp. 
rieuse encore, celle de reproduire son siècle. Il pénétra jus- 
qu'en Ëcosse, se rendit en France à la suite du prince Noir, 
et visita la cour de Savoie. Ce fut à peu près vers ce temps 
qu'il perdit sa protectrice, la reine d'Angleterre, qui l'avait 
nommé clerc de sa chambre. Ëtant retourné dans son pays 
pour distraire ses c|mgrins, i] y obtint la cure de Lessines, 
à deux lieues d'Aih. De tout ce qu'il fit daus l'exercice de 
son ministère, il ne nons apprend autre cltose sinon que 
les taverniers de l'endroit pendant son court rectorat 
rent 5OO francs de son argent. Froissart s'attacha depuis 
Venceslas de Luxembourg, duc de Brabant, 9entil, noble, 
joli, .fr«çque, sage, armeret et amoureu«. Ce Venceslas 
avait du goret pour la poésie : il fit recueillir ses chansons, 
rondeaux et virelais par Froissart, qui, y joignant plu-teurs. 
pièces de sa composition, en forma une espèce de poême 
sous le titre de Mdliador, ou le Checaler otc Soleil d'or, 
ouvrage qu'on n'a pas encore retrouvé. A la mort du duc, 
Froissart trouva un aulre protecteur dans Gui de Chgtillon, 
comte de Blois, qui l'engagea à reprendre son histoire, qu'il 
avait interrompue. 
En t38 notre chrouiqueur se rend à la cour de Gaslon 
Phoebus, comte de Foix et de Béarn, pour y puiser des ren- 
seignements. Sur sa route, il rencontre nn chevalier du 
comté de Foix, messire Espaing du Lyon, qui a joué 
grand r6le, et qui lui fait des récits dont s'enrichiront  
chroniques. Villes, chgteau x, masu res, plat nus, hauteu fs, val- 
lées, passages difficiles, tout excite la sympathie de Froi¢.sart, 
et rappelle " la mémoire du chevalier les diverses actions 
qui s'y sont passées sous ses eux, oq dont il a oui 
parler à ceux qui y ont assisté. Enfin, il arrive anprès de 
Gaston, dont il reçoit l'accueil le plus flatteur. Il lui lit son 
roman de Mliador, et en apprend des particulacit 
qu'aucun antre n'aurait été en état de lui révéler. En six 
mois, il pas du Blaisois à Avignon, ensuite dans le comté 
de Foix, d'oU il revient encore à Avignon, et traverse r.,u- 
vergue ponr gaucher Paris. On le voit, en moins de deux ans, 
successivement dans le Cambré«is, dans le Hainaut, en Hol- 
lande, en Picardie, une sec9nde fois à Paris, dans le fond 
du Languedoc, puis encore à Paris et à Valenciennes, de là 
 Bmges, à l'Ëcluse, dans la Zélande, enfin dans son pe)s. 
C'est en Zélande qu'il trouve tre chevalier portugais qui l'en- 
tretient des guerres d'Espagne, sur lquelles il n'a entendu 
pazler jusque là que des Espagnols et des Gascons. Il y 
avait vin-sept ans qu'il était parti d'Angleterre, lorsqu'a 
l'occasion de la trgve il y retourne, en 139-L I, nouveaux 
récits, nouvelles investigations historiques. Le trône était 
occupé par Richard, qui moult bien parloir et lisoit fran- 
çois, et qui fit enchanté du poême de Mdliador. Après 
trois mois de sjonr, Froissart prit congé du roi, et récrit 
encore quatre ans au moins. 11 est impossible de fixer ranne 
de sa morl. 
Son histoire s'étend de 1326 à 1-00. Elle ne se borne pas 
aux événements qui se sont passés en France dans ce long 
espace de temps; elle comprend aussi ce qui est arrivl de 



FROISSAP, T 
• onsidérable en Angleterre, en Écosse, en Irlande, en Flan- 
dres, sans négliger une foule d'événements dont le reste du 
monde a été le théatre. Pour les trente premières années, 
c'est-à-dire depuis 1326 jusqu'en 1356, il déclare avoir suivi 
les vraies chroniçue, de Jehan Le Bel, chanoine de .çaint- 
Lambert de Lie9e. C'était un bel esprit comme lui, ayant 
aussi des prédilections aristocratiques, car les bourgeois/l 
cette époque manquaient de loisirs et de culture; ils étaient 
étrangers aux secrets des gouvernements. Froissart, au con- 
traire, frequentait les cours et les chateaux. Aussi ne pré- 
sente-t-il pas toujours sous leur véritabie aspect les événe- 
ments auxquels le peuple prend part, et se montre-t-il en 
gnéral peu exact, surtout en parlant de la Flandre et de 
Jacques d'Artevelde, que tous les écrivains français ont 
travesti en brasseur, et par suite en démagogue de bas étage, 
sur son témoigaage unique. Quant à sa partiaiité pour 
l'Angleterre, La Curne d Sainte-Palaye I'a sulfisatment 
vengé de ce reproche : placé trop près de l'époque qu'il 
retraçait, il a pu tre trompé par le détaut de perspective  
il a pu céder aussi à des influences diverses, à l'autorité 
d'un grand nom, à celle, plus grat tde, d'une flatteuse conti'jence 
ou d'une bienveillance magnifique; mais sa bonne foi n'est 
pas suspecte : il a cherché constamment la vérité avec scru- 
pule, écoutant les partis contraires et n'épargnant ni fati- 
gues ni dépenses pour la découvrir. Parmi les auteurs "Je 
mëmoires, il occupe la même place que Joinville; mais il a 
plus d'Cendue dans l'esprit, plus de souplesse et de flexibi- 
litC Poëte, il est comparable aux plus habiles trouvères de 
son époque et des temps uniCieurs. 
La première éddion de Froissart, açec une ¢ontinuation 
anonyme jusqu'en 1498, est en 4 vol. in fol., Paris, Antoine 
Vërard, sans date {vers 1495). On I'a réimprimée à Paris 
en 1503, 1514, 1518, 1530; l'édition de 15t4 contient une 
¢ontinuation jnsqu'en 1513. Dents Sauvage en donna une 
édition in-fol, en 1559-61, à Lyon; mais, quoiqu'il annonce 
que le texte a été revu, ce texte est souvent altéré. Dans 
toutes ces publications, il  a des lacunes, et les noms pro- 
pres sont méconnaissables. Dacier avait commencé une ré- 
vision et un commentaire sur Froissart ; il n'a été imprimé 
que les soixante-dix neuf première feuilles de son édition, 
et Buciion les a téimprimées. La collection de ce dernier con- 
tient les poésies de Froissart, publiées pour la première fois, 
et ses chroniques, plus complètes que dans les éditions pré- 
cédenles, mais tout aussi fautives. D Blvr,nrc. 
FIOMAGE aliment composé de c a s éu m, partie so- 
lide du I a i t, et dont la nature di'p, nd probablement au- 
tant de celle des pturages et du climat que du mode de 
fahrication. La préparation des fromages naturels communs 
ne présent¢ aucune difficulte, car le lait, ëtant abandonné à 
l,zi--mme dans des vases/l une température de lb à X0  
centigrades, s'aigrit, se coagule en une masse appelëe caRld 
dans les campagnes, et matière casëeuse par les chimistes, 
matière contenant en grande partie de la crme ou beurre, 
et du fromage ou casêum. La crme, étaut montée/l la 
surface du lait, est enlevée pour la baratter; ensuite on 
met le caillé dansdes formes ou vases, dont le fond et les 
parois sont perces de petits trous, afin de laisser égoutter 
ce qu'on nomme vulgairement le petit-lait, ou le sdrum des 
savants. Ces vases ou moules doivent avoir le double en 
hauteur de celle que l'on veut imposer aux fromages. Alors 
le caillé s'égoutte, forme une masse, que l'on retire au bout 
de vingt-quatre ou quarante-huit beures, pour la manger 
fratche, ou la laisser sécher/l un courant d'air: quelquefois 
on la consomme dans cetlat de dessiccation, ou bien on 
sale ces masses dessíchées, et on les met sur de la paille 
dans des endroiLs frais, mais non humides, pour les affiner, 
c'est-/l-dire pour leur faire subir un commencement de fer- 
mentation putride. Cette méthode de tirer parti du lait dont 
on a déjli extrait la crme est la plus générale, et fournit 
dans la basse Normandie, par litre de lait, un fromage rond 
de s à t0 centimètres de diamètre sur tin et demi d'épaisseur 
àl'otat c» lequel se vend environ 10 c. mais qui, le plus 

 FROMAGE ¢ t 
i habihmllement sert dans les fermes après la soupe et à cha- 
que repas à la nourriture journalière des hommes de cam- 
pagne. 
Quand on veut obtenir des fromages de lait f-fane, ¢'est-à- 
dire de lait non écrém, on suit la mme méthode de fabri- 
cation; mais on améliore la matière première en forçant le 
lait  se prendre en e.aillé le plus vite possible, pour que 
la crème ne puisse pas monter, et cela sans donner de mau- 
vais got au caill. A cet effet, on jette dans le lait, ou du 
jnsde citron, ou du vinaigre, ou de l'esprit de sel (acide 
chlorhydrique), ou le plus généralement, on prend un mor- 
ceau d'environ 7 centimètres carrés de caillette de veau préa- 
lablement lavée, salée et desséchée ; on la met tremper une 
nuit dans un verre de petit-lait, puis le lendemain matin 
on jette une  deux cuillerées de cette préparation, appelée 
présure, dans chaque litre de lait que l'on vient de traire et 
passer ; alors on expose ce lait/l une température de t8 
/ 20 ° : il ne larde pas à se prendre en masse; et l'on recon- 
natt avoir mis suffisamment de présure quand le petit-lait 
sort du caillé bien clair et avec une teinte bleuâtre; autre 
ment, s'il est blanchatre et louche, on a manqué d'y mettre 
suffisamment de cette préparation, et il faut une autre fois 
en augmenter la dose. Quand on veut donner encore plus 
d'onetuosité aux fi'omages, on ajoute au lait que l'on vient- 
de traire un quart ou moitié ou autant de crême douce, et 
l'on force la présure en proportion de cette ad'Jition. Les 
fromages de lçeufchdtel, qui jadis étaient les fromages/l 
la crme les plus gras et les pls estimés, ]evaient leur qua- 
lité à ces additions de natière butyreuse. Ces fromages ont 
cela de particulier, qu'après avoir été mis quelques heures 
dans des forums, on jette la masse sur une table couverte 
d'une serviette, et, avec ce linge, on pétrit fortement ce 
caillé jusqu'/l ce qu'il soit bien onctueux ; puis on en rem- 
plit de petits cylindres de fer-blanc de 4 centimètres de dis- 
mètre, dans lesquels on appuie avec un pi«ton pour resserrer 
la pale et la faire sotoEir, afin de la recevoir dans un mor- 
ceau de papier joseph, dont on l'entoure artistement, pour 
expédier ensuite le plus tt possible chaque petit bondon 
sur les marchés des villes les plus voisines ; mais /l Paris 
la qualité de ce genre de fromages a beaucoup perdu : ce 
qui vient assurément de ce que l'on ne fait plus au lait franc 
l'addition de erëme dont il a besoin pourobtenir toote i'onc- 
tuosité et la délicatesse qui faisaient tant etimçr autrefois c¢ 
genre de fconmges. 
Ces fromages de NeufchMel s'affinent en les faisant dessé- 
cher et en les plaçant sur àes couches de paille, o/ on les 
retourne tous les jours. Les fromages de Brie, une fois des- 
sécllés, s'affinent en les plaçant dans des tonneau , et les y r- 
parant tes unsdes autres par des lits de paille. L'affinage desfro- 
mayes de Lmarot et de Camembert s'exécute en mettant éga- 
lement les fromages dessécbés sur un lit de paille, dans nn en- 
droit frais, mais non humide; puis chaque our on les frotte 
avecdu sel et de l'eau-de-vie, et on les saupoudre de brique 
pulvérisée, pour les empcber de s'attacher à la paille, leur 
donner du goOt et en éloigner les vers. Du reste, que l'on 
travaille sur du lait de vache, de chèvre ou de brebis, que 
l'on lasse des Jromages de Marolles, d'lpoisse ou de 
Laz«gres, le principe est toujours le mbme : c'est-à-dire que 
plus on met de promptitude à faire cailler le lait sans lui 
douner de mauvais goOt et sans laiaer de fromage dans le 
petit-lait, et plus on obtientde qualité dans les produits, quand 
l'affinage consiste toujours à faire d'abord dessécher le fro- 
mage obtenu, et  y déterminer ensuite un commencement 
de fermentation putride, en le laissant exposé dans d 
caves fratches, mais non humides. Cependant, ajoutons que 
les fromages de Montpeller se font avec du lalt de brebis, 
se salent Iorsqu'ils sont secs, en les mettant tremper dan 
une eau légèrement sale, jusqu'à ce qu'une épingle enfoncée 
dans la pale cesse d'y rester adhérente; puis on les frotte 
avec un mélange ld'eau-de-vie et d'lmile, et on les atlina on 
les laissant environ un mois empilés dans tre pot bieneou- 
vert. 



22 
Lest'omaçe« du Mont-Dure, das le Puy-de-D0me, se 
font avec du lait de chèvre, et s'affinent après avoir été des- 
séchés, en les frottant avec du vin blanc, et en les mettant 
recouverts de persil entre deux assiettes. Les fromages du 
Mont-Cenis,en Savoie, sont fabriquês avec un mélange de 
lait provenant de deux vaches, huit brebis et une chèvre. 
Ces fromages, très-gros, puisqu'ils pèsent jusqu'à 10 ou 12 
kilogrammes, sont trois ou quatre mois/t s'affiner ; et pour 
retirer le petit-lait de leur pMe, on a soin préalablement de 
les exposer à l'action d'une iegère pression. Le fromage de 
Sassenal9e , dans l'tsère, est formé d'un mélange analogue 
de lait de vache, de brebis et de chèvre, que l'on fait bouillir, 
reposer vingt-quatre heures, et qtte l'on écrème, pour y 
ajouter ensuite autant de nouveau lait que l'on a 0té de 
crême; puis ou fait cailler ce mélange en y mettant la pré- 
sure. Quant à son affinage, il n'offre rien d'extraordinaire. 
Les fromages de loguefort, dans l'Aveyron, dont le poids 
est de 3 à 4 kilog., sont composés d'un mélange de lait de 
chèvre et de brebis, chauffé et mis en présure et en forme ; 
ensuite, on entoure chaque petite masoe de sangles pour 
les empëcber de se rendre, et on les dessèche dans des caves 
oit règne un courant d'air très-vif; puis on les sale, en 
les couvrant d'une couche de sel, et en les empilant les 
uns sur les autres au bout de trois ou quatre o«rs de salai- 
son; on les laisse s'affiner, en ayant soin de les gratter et 
nettoyer toutes les fois qu'ils montrent un duvet plus ou 
moins coloré; dès que ce duvet est rouge et blanc, ces 
fromages sont bons  manger : c'est habituellement au 
bout de quatre mois de cave : ils ont antiWenviron 30 fr. 
le quintal au fermier, et se vendent sur les marches de 60 
h 70 fr. 
Tous ces fromages sont obtenus par des moyens natu- 
rels. Il n'en est pas de mème des fromages secs et cuits, 
tels que ceux du Cantal, de Hollande, de Cbester, de Nor- 
folk, de Gruyères, de Parmesan, de Bresse, de la ricotte 
de Naples, et de beaucoup d'autres, que nous ne pouvons 
indiquer ici. Le fromage du Canlal est le produit d'une 
masse de caillé de lait de vache, divisé, mis en bouillie, 
laissé déposer, et purgé après dépét de son petit-lait; puis 
mis en forme et eu presse pendant quaranle-huit heures, 
et porté dans une cave où on le retourne tous les j,urs, en 
le nettoyant et l'humectant de petit-lait suiC Le fromage de 
Hollande se fahriqoe à peu près comme celui du Cantal; 
seulement, on prend plus de soin pour en extraire le petit- 
lait, car on presse la pte dans des linges, et on la pétrit 
fortement, d'abord avec les mains, puis avec i pieds, avant 
de la mettre sous la presse; ensuite on lave les fromages 
dessëchés avec nne eau Iëgèrement suiC, et on leur donne 
une couleur roue avec une teinture qudconque. Le Jro- 
mage de Chester ne diffère de cette fabrication que parce 
que l'on colore préalablement le lait avec du rocou, et que 
l'on met |a pale purgée de petit-lait et bien pétrie dans un 
moule aant la forme d'un grand ananas, pour y ëtre pressée 
autant que possible. Ce fromage, dit-on, demande trois ans 
pour acquérir toutes ses qualités. Les fromaffes de Grugères 
et de Parmesan ont cela de particulier, qe l'on met le lait 
de vache avec lequel on les fabrique sur le leu, qu'on l'e- 
l,auffe jusqu'à 25 ° centigrades, qu'on y jette Mors la peC 
sure, qu'on retire du feu, et qu'un bout d'un quart d'heure 
le caillé étant formé, on remet la chaudière sur le feu, et 
que l'on divise ce caillé avec des couteaux, et en brassant 
la p'te virement en tous sens; pois on met cette pitre dans 
une toile; on en exprime le petit.latt, et l'on met en presse 
pour saler ensuite, en saupoudrant chaque jour de sel sec 
pendant trois mois. La ricnt[e est le produit du petit-lait 
retiré de la pale du Iromage de Gruyères, petit-lait que Pou 
ranime avec un dixième de lait frais, et dans lequel on 
excite une nouvelle coagulation avec du jus de cih'on ou 
du vinaigre, et en faisant chaoller à petit houilion sur le 
feu la pellicule qui se forme la ricotte, que l'on enlève 
avec une écumoire, et que l'on met en [orme. Culte riculte, 
 l'on mange habituellement fraiche, est sale et séci,ée 

FgOMAGE  FROMENT 
à Naples pour ètre rgpée et servir à la préparation du ma-. 
earoni, j. 01o LAtI'-DEsNOS- 
On fait remonter à plus de neuf siècles l'art de relever 
goal du fromage par le mélange d'herbes od«riférantes. On 
désigne cette opération par le mot persiller, sans doute 
parce qu'on y faisait entrer du persil. 
Au figuré, entre la poire et le fromage, signifie, au 
dessert, quand arrive le moment des bons contes et des bons 
mot.s, quand on se parle franchement et à ceeur ouvert. 
Le.romager est celui qui fait ou vend des fromages. La 
communauté des marchands Iruitlers, orangers, beurriers, 
fromagers et coquetiers de la ville et faubourgs de Paris était 
organisée par un arrgt du conseil du 9 lévrier 
La ri'orangerie est le lieu où l'on dessèclte les fromages, 
et quelquefois le marché où on les vend. 
Pour les fromages à la glace ou fromages glacds , vote= 
GLACE, GLACIER. 
FROMENT, genre de la famille des graminées, ayant 
pour caractères : Épis muitiflores, ì fleurs distiques ; deux 
glumes snbopposé.es; deux squammules enllères, le plus sou- 
veut ciliées; trois Camines  un ovaire sessile, poilu au 
sommet; deux stigmates terminaux, plumeux. On appelle 
les fruits du froment grains de bld, quoique ce ne soit pas 
des grains, mais de véritables fruits, dont le péricarpe, 
mince, indéhiscent, monosperme, est inllmement soudé 
avec le légument de la graine ou spermoderme, fruils qui 
en botanique portent le nom de cariopses. Ces fruits ou 
grains de blé sont pour l'homme d'une importance immense, 
puisqu'ils forment la hase de sa nourriture, et, chose re- 
marquable, plus un peuple est civilisé, plus il consomme 
de b I ë, c'est-à-dire que la partie essentielle de sa nourriture 
est le biWconverti en pain, sauf les exceptions dëpendantes 
des iocalités, des influences atmosphériques et de la lati- 
tude, qui ne permettent pas de cultiver le froment dans 
toutes les parties de l'univers. 
Le genre froment, triticum des hotanistes, ne renferme 
qu'un petit nombre d'espèces. En laissant de ctd celles qu'on 
ne cultive pas, comtne le trticum repens ( voye Cms- 
VEtr), nous n'avons à considérer que trois espèces bien ca- 
ractërisées, dont la première donne une fouie de races dif- 
férentes. 
La premiêre espèce est le froment cultivd ( triticum 
tivum, Lam. ; triticztm oeslivum et triticum hybernum. 
Linne). On peut ranger ses faces de la manière suivante : 
Rates à dpis glabres, munis de barbes. 1 ° Froment à 
barbes cadt«ques. Epi roux ou quelquefois blanch',itre, per- 
dant ses barbes vers l'époque de la moisson; grains assez 
gros; charnue presque plein; cultivé en Anjou, etc. ; semé 
en aulomne. 2 ° Bld. de Providence. Épi blanc, gros, presque 
carré; barbes blanches, quelquefois caduques ; chaume plein; 
grains gros et jaunàtres; semé en automne. 3 ° Froment 
à barbes divergentes. Épi hlane, large; barbes blanches, 
quelquefois rousses ; chaume fishdeux ou creux ; épi quel- 
quefois velu ; semé en automne, et quelquefois an prin- 
temps. 4 ° Froment à barbes serrdes. Épi rougeAtre ; glu- 
ruelles ou balles rouges, rapprochées et serrées; grains 
gros et ternes. 5 ° Froment à grains ronds. Épi blanc, com- 
patie; barbes noires, un peu caduques; chaume demi-tis- 
tuleux; grains blancs, bmnbés, arrondis; cultivé près 
d'A.vignon..6 o Froment d'ltalie. Épi blanc, ëtroit; barhes 
notrç; grains ternes ; chaume grêle, plein; cultivé près 
d'Avignon. 7 ° Froment de Sicile. Diffère du pt'ecedent par 
son chaume fistuleux. 
Races à epis glabres, ddpourvus de barbes. 8o Fromerii 
d'automne à gpis blancs. Glumeiles ou balles bi«mebes; 
grains dorës; chamne creux. 9 ° Froment d'automne a epis 
dru'es. Giumelles rousses ; grains jaune« ; chaume creux; 
cuilivé en Picardie. t0 ° F'omenl à grains de riz. l'aille, 
barbes et grains blanch'J.tres ; chaume ceux: grains coot'ts; 
cuitiv6 dans le nord de la l-'tance ; senoE en automne. 
I I  Froment lou.elle. Diff6re du préeé, lent pu« ses grains 
longs et Iransparenls; cultive dans le midi de la l"ran. 



FOMENT 
12* Froment trêmots, sans barbes. Ne diffère du froment 
d'aomne à pis dors que parce qu'on le sëme au prin- 
temps, etqu'il devient par conséquent moins gros. 13 ° Fro- 
ment de Phalsbourg. Ne diffère du préoedent que par son 
chaume grèle; cultivé  Phalsbourg, mèlé avec le suivant. 
lt ° Froment d'Alsace. ]pi court, roux, quadrilatéral; 
chaume c*ux ; grains petits ; sera# au printemps; cultivé en 
Alsace. 
ltaces à Cis velue, 9arnis de barbe. 15 ° Froment pris 
de souris. Épi troit, d'un gris bleuâtre; grains gros et 
bombés ; chaume plein; barbes noires, grises ou cendres; 
cultivé en Anjn. tri ° Ptanielle roux, ou froment renfl, 
ou gros bloe. Ëpi roux, court, presque carré; barbes rousses ; 
grains gros,ternes, bombés; chaume plein ; cultiv en Gas- 
cogne : c'est le triticum turgidum, Linné. t7 ° Ptanielle 
blanc. Diffère du précédent par son épi et Ms barbes blan- 
ches; glumelles ou balles entassées; épi court; grains cor- 
nés; cultivé prè d'kvignon, de Grenoble; on le nomme 
moutin blanc, bloe d'abondance, ou quelquefois, mais  
tort, bl du miracle : c'est le triticum turgidum, Viii. 
t8 ° Froment de Barbarie. Épi barbu, gris, épais; grains 
cernC, un peu ailongés; chaume plein; barbes fort longues : 
rappoflé de Barbarie par M. Desfuntaines, et dcrit par ce 
nahlraliste sous le nom de triticum durum. 
lloces à Cis velus, doepourvus de barbes. 19 ° Froment 
gçsdtre. Epi velouté; grains durC, velus  un buut; chaume 
creux; se cultive dans le pays d'Auge. 
On ignore la patrie du trticum sa?ivum; cependant on 
le croit originaire d'Asie. M. Dureau de La blalle pense qu'il 
est originaire des environs de Jérusalem, et qu'il y croit 
spontanement. On le sème en automne ou au printemps ; 
et dans ce dernier cas on le nomme .froment marais ou 
bl ?rêmois ; mai cette diffèrence dan la culture ne pro- 
vient point d'espèces oefférentes. 
La deuxième espèce cultivée est le ri'ornent à pis ra- 
meuz (triticum compositum, Linn), dans lequel beau- 
coup d'auteurs n voient qu'une varieté du tritWum ati- 
vum. !! s'en distinguée cependant par son épi, rameux a sa 
base. On le croit ufiginaire d'É,ypte ou de. Barbarie. 11 est 
cultivé quelquefois en Picrdie. 
La troisième espe est le .froment peautre (lriticum 
spelto, Linné), ou simplement oepeautre. Cm. 
Un grain de froment semé d«n une terre profonde de 
jardin, bien fuméeet de première qualité, peut pofle 20, 30, 
0 Cis et plus, c'est-à-dire plusieurs centaines de grains : 
tel est le pl haut degré de fcondité dont cette plante soit 
susceptible. Mais on ne doit rien conclure de cette donnée 
pour les résultats de la culture du blé en grand, comme 
elle se fait aujourd'hui, puisque, déd]ctiun faite des grains 
qui se perdent, chaque grain ne donne communément que 
de 3  5 tiges snrmuntées chacune d'un épi, qui renferme 
20 à 30 grains. 
Les terres destinées k la culture du froment doivent Otre 
meubles  t5 o 20 centimètres, pnétrées par les gaz at- 
mosphériques et convenablement amendées : le nombre 
des labours, la quantit et la qualité des engrai nécessaires 
pour les amener à cet at, varient selon la nature du sol. 
Cinq labours sur jachëres dans les terroe les plus fortes, dont 
deux avant l'llive, un au pr'mtemps et deux en automne; 
trois dans celles qui sont plus Iégère; deux ou meme un 
seul eur trfle on ,3utres prairies artilicielles; des mulages 
des ller»uges, selon le besoin, pour diviser ou rapprucher 
le molCules terreuses; peu ou point de labours pendant 
les grandes chaleurs, car lisent alors pour résultat la volati- 
iisaton de principm [écondants; douze, quinze, vingt voi- 
tnre de lumier ou autres engrais par hectare, pr6pars ou 
choisis selon la nature du sol, qu'ils doivent ameublir s'il 
est trop fort- ou trop compacte, et rapprocher, s'il est trop 
meuble. 
Pour semer, fi ne suffit pasde choisir un froment dont les 
grtins soient sain, réguliers, sa$ attente des instctes, sans 
n de mauvaises 8t-dines, il tant encore, pour le pré- 

23 
server de la carie, lui taire subir une préparation, donl le 
mode varie selon les contrées : les deux qui sont les plus 
usitées sont le chaul a pe et le vitriolage.Les cu]tivateurs 
qui ont voulu substituer le vitriol (sulfate de cuivre)  la chaux 
ont donn les motifs de leur préférence : « La chaux, ont- 
iL dit. u'ait quemécaniquement, et ne prévient pas toujours 
la carie; le sulfate de cuivre, au contraire, at cbimiquement; 
le chaulage est une opération de trente-six heures, le vitrio- 
lagese fait en uuedemi-heure, et n'est point dangereax, comme 
on l'a prétendu. » Pour nous, nouç sommes persuad que ces 
deux préservatifs sont excellents, lorsqu'ils sont bien mani- 
pu]és. Pour le vitriolage, le blé est jeté daus une solution 
de sullate de cuivre (7 kilogrammes d'eau, 90 grammes de 
sIfate de cuivre pour un hectolitre), remué, CranC puis, 
après une demi-heure d'immersion. égouttë et séch pour 
l'usage. 
Une terre de bonne qualité, nette et pourvue d'engrais, 
bien labourée, demaode moins de semence q,'une terre mé- 
diocre, mauvaise et ans laçons suffisantes; les grains 
ms en automne, qui peuvent erre plus que décimés par la 
saison rigoureuse, doivent Cre etés plus épais que les blés 
de mars : ces élément« et bief J'autres essentiellement va- 
fiables dans la queMion de quantitoe rendent impossible 
toute détermination rigoureuse ; cependant on peut dire que 
1oo à 1o kilogrammes de beau trument suffisent pour un 
hectare deterre de qualitd moyenne. L'habitude où sont la 
plupart de nos cnltivateurs de semer trop épais est une de» 
causes principales de l'exiguitd des produits. 
Des trois modes usités pour ensemencer, à la roide, au e- 
noir, au plantoir , le plus répandu est le premier. Un labour 
peu profond, un Ilersage seul, recouvrent le biC Le nombre, 
la profondeur et la direction des fossés et sillons d'écoulement 
pour les eaux, sont proportionnés à la nature du sol, à sa 
disposition et à la saison où se font les semailles. 
Les semailles sont terrainCs : le cultivateur recevoet-;- m 
la juste récompense de ses travaux? Il Pepère; mais bien 
des chances fcheuses peuvent tromper cet espoir. Il a seine 
dans une terre rétentive et saturëe d'eau : les grains pour- 
rissent et lèvent mal. Tout s'est fait à souhait; le froment sort 
rapidement du sein de la terre, fl a pris de la force : une 
gelée vive, alternant avec des dégels mcomplets, tue les 
eunes plantes ; des pluies prolongées pourrissent les racines. 
La récolte échappe-t-elle à ces premiers daxers, d'autres 
l'attendent: les mauvaises herbes étouffent4e bon grain, la 
pluie froide encore fait jaunir les tiges, ou bien, douce et 
chaude, elle développe les feuilles aux dépens des fruits ; la 
sécllereAse arrête la végétation ; plus tard, elle amène une 
maturité trop rapide; les orages, la grle, ravagent en 
quelquesheures une contrée tout entière; des vents violents 
versent les tiges. Puis des quadrupèpes rongcurs, des insectes, 
des oiseaux, prennent leur part. Et quelle part souvent[ 
Le froment semé, de la fin d'ao0t jusqu'en décembre, se- 
lon les localités, les saisons, etc., de la fin de fvrier jus- 
qu'en avril pour les semenc du printemps, parvient a 
maturitd en juin, ,lillet, ao0t, septembre, plus t6t ou plus 
tard, selon les pays, les aunées, la nature des terres, etc. Les 
instruments qui servent à le récolter sont la faucille, la faux 
ordinaire, surmontée d'un rteau horizontal, et la faux fla- 
mande : ce deux derniers instruments, plus expéditifs, sont 
maintenant les seuls employés dans les pays de grande cul- 
ture. Le biWabattu reste plusieurs jours en javelles sur la 
terre, pnis il est mis en gerbes an moyen de liens de 
paille, d'd¢orces d'arbres ou d'osier. Les blés versés au tiers 
ou  la moitié de leur maturitd ne gagnent rien  rester 
sur pied : la paille se détériore et le grain se dessèche et se 
racornit. E conséquence, les cultivateurs n'hésitent pas à 
le couper encore vert, l'experience ayant démontrd qu'il 
achève mieux sa maturile en javelles. 
Le biCn gerbes et rentré sur le soir, s'il est très-sec, 
et disposé en tas dans les granges ou en m e u I es, o0 il se 
conserve très-bien d'une année à l'autre. Dans le midi, 
il s'cchauffe facilement, on le bat ou dépque (vol/er, B- 



 FROMENT 
,Acs) anssitOt après la moisson. Lorqu'il est séparé des 
balles, on le dispoe en tas dans les greniers, on la 
renferme dans des sacs, dans des tonneanx, dans des pa- 
niers de paille, daa des greniers souterrains ou s i i o s 
plus il a de dispositions aux maladies qui lui sont propres, 
à l'envahissement des insectes, plus il doit ttre exactement 
préservt du contact de l'air. P. 
FRONDE, FRONDEUR. La.fronde est un instrument 
l_ger, formé de cuir et de cordes, servant à lancer au loin 
des pierres et m/me des balles. Il fut employt comme arme 
de toute antiquilt ; mais on serait peu disposé A le croire 
zusccptible de justesse, si le front de G oit a th n'e0t été at- 
teint de la pierre lancée par D a v i d. Le mot frotdeur rap- 
pelle les imbitants des lies Iaieares, les afinCs peres et 
carthaginoises, grecques et romaines. Xénophon dépeint 
lrondeurs comme étant pourvus, un jour d'action, d'un sac 
en cuir qu'ils portaient devant eux : c'était leur panetière, 
leur gilerne. Quiute-Curce nous montre les frondeurs asia- 
tiques portant leur fronde en maniérede parure de tète 
c'était leur coiffure. Les frondeurs ne lançaient d'abord 
que des pierres : c'et l'arme de la nature. A mesure du raf- 
linement de l'art, ils ietèrent des proiectiles de plomb, qu'on 
nommait glands on olives; plus tard, ils se serireut et de 
traits enflammés nommés ostioches, et de globules d'argile 
rougie au leu : c'étaient les grenades du temp. Les sdites 
grecs, devenus plus tard peRasles, co,nbattaieut la fronde 
à la main ; mais leur arme prit diverses formes, maiutenant 
mal connues : il y eut des frondes à bourse, des frondes à 
manche, des frondes d'Achaie, il y en avait qu'on appelait 
fu.stballes, d'autres librilles, d'autres'om_liballes : ces 
deraières étient de grand modële. Les reps des enfants 
des lies Baléares étai,.nt la récompense de leur succès au tir 
de la fronde : une mère, dit Florus, ne permettait à son 
enfant d'autre mets que celui quïi avait eu l'adresse d'ai- 
teindre avec le projectile de sa fronde. Les femmes ornaient 
de frondes leurs cheveux, et les i,ommes en avaient de trois 
calibres, pour proportionner le jet aux distances : l'une de 
ces trois frondes, suivant Diodore de Sici]e, se portait en 
ceinture, l'autre en coiffure, la troisième à la main. 
Les frondeurs romains se saut nommés accenses, addits, 
yérentaire, roraires, vlites, ils étaient d'abord en petit 
nombre ; ris s'accrnrent ensuite, à mesure de la corruption 
de l'art et de l'angmeutation des alliés, qui pour la plu- 
part servaient comme frondeurs. Virgile et Vcgèoe ne sont 
pas d'accord sur le maniement de la fronde; le poëte alC 
peint Mézence imprimant à son arme une triple rotation; 
le tacticien affirme qu'il suffisait d'une seule circonvolution 
autour de la téte du fronde,r; il prëtend que la portée de 
l'objet lancé étaitde cinq a six cents pieds, mais cette portée 
semble exagérée; il est vrai que le pied romain était moins 
fort que le notre. 11 ne faut pas croire davantage au pre- 
tendu phénomène cit par avide et par bien d'autres encore, 
au dire desquels le plomb lancë par le frondeur était emporté 
par une impulsion si puissante, qu'il se fondait en l'air. 
Les Franks ont fait eux-reCes assez longtemps us«ge de 
./a fronde, surtout dans les siéges, car au temps d'Agathias 
ils ne s'en servaient pas en rase campagne. Les fron- 
rieurs français mat, latent sous Pifilippe-Auguste une fronde 
nommée en latinfunda, et ph,s tard en françaisfondelle. 
11 y avait dans les afinC espanoles en 1367 des fron- 
dents. Dans le siècle suivant, les défenseurs d'adCns 
étaient armés de frondes à baron, comme le temoignent les 
récits de ce siCe. On commençait alors à essa.ver de pro- 
jeter des grenades aec des frondes, mais le danger de ce 
mode y lit renoncer. Les Bretons sous Pi,iiippe de Valois, 
les Gascons sous Charles VIl1, combattaient encore à coups 
de fronde. La dernière fois quc l'histoire mentionne des 
fromleurs françois, c'est au sie de Sancerre : les protes- 
tants qui dlendaient cette place furent tonrné en drision 
par les catholiques sous le titre d'arqucbusiers «le Sancerre. 
Le perfectionnement et l'usage plus général des armes  feu 
devaient entièrement discréditer la fronde en Europe. Ce- 

-- FRONDE 
I pendant, dans les combats livrés à Otan en t 832, les Arabet 
se servirent encore habilement de cette arme. 
G j BxoN. 
FRONDE (Guerre de la). « Il y avait en ce temps-lA 
dans les fosses de la ville, dit Montglat dans ses lemoires, 
nue grande troupe de jeunes gens volontaires qui se bat- 
taient à coups de pierres avec des frondes, dont il demeurait 
quelquefois des blessés et des morts. Le parlement donna 
un arrét pour délendro cet exercice ; et un jour qu'on opi- 
nait dans la grand'cbambre, un président parlant selon le 
désir de la cour, son fils (voye-- Btcnxco."r), qui Cail; 
conseiller des enquétes, dit : Quand ce sera mon tour, je 
rno.wro ben /'opinion de mon père. Ce terme fit rire 
ceux qui étaient auprès de lui, et depuis on nomma ceux 
qui étaient contre la cour Fno.nevas.  Donc, nul ridicule 
ne devait manquer à la Fronde, pas ntme son nom. Ce fut 
une ligue de vanité, une réaction d'intrigue contre la poli- 
tique de Richelieu, tombée en héritage au souple génie de 
Mazarin ( 
Le drame que nous abordons se divise en deux actes trés- 
distincts. Le premier commence à la mort du cardinal de 
Bichelieu. Mazarin lui succédait : il avait ses créatures 
lui, il fallait les satisfaire; puis les disgrdccs précéden|es 
se dangèrent en intrigues. Chteanneuf, à qui Richelieu avait 
Oté les sceaux dix ans auparavant, et qu'il avait tenu depuis 
prisonnier à Angoulëme, vint s'etablir à Sceaux comme 
dans un centre de cabale. _M we de Chevreuse, ancienne fa- 
vorite, que Richelieu avait également tenue dix-l, uit ans 
exilée, reparut soudain. Mme d'Hautefort, plus récemment 
éloieaée , vint se méler aux m0.mes ambitions. Mazarin fut 
surpris par ces apparitions dïntrigues, et leur opposa des 
exils nouveaux. Les princes de la maison de VendOme for- 
mèrent le parti des importants, contre le duc d'Orléans, qui 
suivait la cour avec son caractère ambigu. Les briguesde- 
vinrent actives, les rivalités ardentes. Des querelles de 
femmes se mélerent aux animosités politiques : .M me de L o n- 
g u e v i 11 e commençait à se montrer avec sa fierté jalouse : 
il fallut lui sacrifier Mme de Montbazon, qui avait laissé 
échapper quelques témérités sur sa personne. La cour se 
divisa davantage encore sous ces drapeaux divers. Le due 
de Beaufort, le ri des halles, allait à cette guerre avec 
son caractère 6pre et grossier. On l'accusa d'avoir voulu 
tuer .Mazarin. 11 fut mis à la Bastille. Quelques duels eurent 
lien. Le duc de Guise se barrit contre Coligny. La Fronde jus- 
tifiait déjA son nota. 
Cependant, la France soutenait des guerres plus sérieuses, 
et, comme Turenne et d'autres grand noms, le jeune 
Co n dt se signalait dans les batailles. Mazarin profita d'a- 
bord de ses succë« pour s'affermir; mais le jeune béros 
vint à son tour se relier aux passions qui s'ataient autour 
du pouvoir. Son caractère était vif et superbe : il fallait que 
tout pliAt. Gaston, duc d'Orléans, qui avait eayt de 
paraitre à la guerre pour lui disputer un peu de gloire, ne 
put soutenir cette formidable rivalité. Condt arriva à la co]r 
avec un cortége de seigneurs qu'on appela les petits-maî- 
tres, parce qu'ils imitaient le ton fier et dominateur du maitre 
q,,i les trainait après lui. Sa gloire commença à para|tre 
hante, et Mazarin exerça son esprit à découvrir des subtilités 
propres à le délivrer de cette ambition. Le cardinal avait 
besoin de sub»ides; le parlement résista pour lui en donner. 
Il se tint un lit de justice, où T a I o n, avocat général, se fit, 
aunom du peuple, l'auxiliaire des factions. Arme d'Au- 
t rich e, rgente du royaume, supporta peu patiemment ces 
résistances. Èlle fit des plaintes dures aux magistrats. L'ir- 
ritation n'en devint que plus vive. Le parlement proclama 
un arrét d'union qui était une guerre ouverte. On enleva 
quelques magistrats, qu'on mit en prison. Le peuple prit parti 
pour eux, et s'accontuma aux séditions. La reine manda le 
parlement, et lui pada de chdtiments exemplaires 
dtonneraient lapostoerilé. Mais Mazarin espérait tout calmer 
par des ngociations. La violence, comme la rus% fut inutile. 
Condé avait laissé ! les discordes et les petits-mar¢ : 11 



FRONDE 
était ailWreprendre le cours de ses victoires. La nouvelle 
de la bataille de Lens arriva parmi les diflicultes où se 
trouvait la cour. Le montent parut opportun pour la ven- 
geance. On profita des solennités du Te Deum pour enlever 
(26 ao0t tO* ) les plus audacieux des conseillers, B r o u s s e 1 
en tète, magistrat populaire, bon homme au fond, qui ser- 
vait d'instrument h des vanités de seigneurs e à des jalou- 
sies d'ambitieux. A cette nouvelle, tout Paris se soulève, et 
alors se révèle inopinément un caractère qui jusque là s'est 
trainWsoindément et mystérieusement dans les intrigues, le 
coadjuteur de Gondy, qui résmne en lui les passions d'un 
mauvais prêtre et celles d'un hypocrite factieux, colorées 
par des semblants de morale et des ruses ,le politique. Il d. 
pensa, avoue-t-il, dans ces crises de rëbellion, trente-si 
mille écus en aumdnes et en libdralitds, du 28 mars au 5 
aotît (tO4s). Toute cette charité avait servi à préparer des 
b a r r i c a d e s; et pendant que le peuple se ruait furieux dans 
les rues et sur les places (27 août), le coadjuteur, se préci- 
pitant au travers des masses, courait au Palais-Royal, s'olfrant 
à la reine comme un bomme de paix, résolu à calmer la 
révolte. Il y a de la rdvolte, lui répondit la reine, à ima- 
9iner qu'on puisse se rdvolter. C'Cait d,.jà fait; mais l'iris. 
tinct de la colère royale tomba sur le coadjuteur. La reine 
lui porta la main au visage. Mazarin la calma comme il put. 
Mais d'autres nouvelles de la ville arrivent. Le danger est 
grand. On euvoie aux mutins le maréchal de La Meilleraye et 
le coadjuteur. Celui-ci, dans la rugiC, reçoit un coup de 
pierre et est renversé ; un mutin méme porte la main sur 
lui, et va le tuer : Ah, malheureu ! si ton père te voyait, 
dit le prélat, et de ce mot il désarme le furieux. Il rentre 
au Palais-Ro-al, embarrassé du trop grand succès de ses 
libdralitds et de ses aumdnes, et commençant à soupçonner 
ce qu'il y a de sérieux dans ce jeu de faction et de réolte. 
Le maréchal dit à la reine : Si vous ne mettez Brm«ssel en 
libertd, il n'y aura pas demain pierre sur pierre à 
Paris. Le coadjuteur appuie cet avis. « Allez vous reposer, 
monsieur, lui tCond la reine, avec ironie ; .vous avez bien 
travaillë ! » Gondy sort en elfet, tourmentWde mille périsCs 
d'ambition, de dépit, de terreur, de vengeance. La colère 
l'empot-te. Il laisse, faire ce peuple qu'il a si bien dressé, et 
pense seulement  donner des chefs .h la sédition. Beaufort, 
écbappé de sa prison, est son premier" instrument. La nuit 
se passe en préparatifs de guerre; de son coté, la cour 
songe à ses moyens de défense. Le pat-lement vient se jeter 
au travers de ces conllits, avec des prières et des remon- 
trances. Tout le monde réclame la libert de Broussel. La 
reine cède. Les prisonniers sont rettdus au peuple, et la fu- 
reur de la sédition devient la joie du triompl,e, danger nou- 
veau, plus grand peut-gtre pour l'autorité. 
Les intrigues parlementaires suivent leur cours. L'émeute 
des rues s'est rélugiée au palais, parmi les plus jeunes con- 
seillers, llais les anciens ont aussi leurs emportements de 
vanité et d'indépendance. « La barbe du premier président 
(l'illustre MolC, si vénérable, dit Monlglat, ne les pou- 
vait retenir. ,, Enfin, le duc d'Orléans vient, avec son carac- 
tère irrésolu, se jeter parmi toutes ces agitahons. On t,ent 
des conférences avec la cour; mais ses prétentions sont 
s, extré.mes, qu'elle dut quitter Paris soudainement (6 jan- 
vier 1649). Ce fut un coup de Ioudre pour les divers partis. 
Dès lors, tout se rafle. Le duc d'Orléans, molliC la cour, 
moilié an parlement, dominé par l'abbé de La Rivière, son 
ministre, qui veut gtre cardinal, joue des r01es de toutes 
sortes. Coudé ne sait plus quelle conduite tenir. Sa SœUr, 
M" de Longueville, se sépare de lui, et le laisse à ses per- 
plexités pour se livrer plus aisément à ses cabales. Un ins- 
tant, d'O,'léans et Condé parurent unis, cbacnn se disputant 
la popularité des actes qu'on voulait arracher à la cour. 
Mais Mazarin, tout en cédant et ramenant la cour à Paris 
(ao0t 1649), semait la discorde parmi ses vainqueurs. Le 
chapeau, sollicité pat' Gaston pom" La Rivière, était en mëme 
temps sollicité par la maison de Condé pour le prince de 
Conti. La rivalité fut vive et longue. Deux femmes y ajou- 

DICT. DE LA CONVERS. -- T. X. 

5 
tërent toute la ferveur de leurs vanitO, tout le génie de 
leurs intrigues, bi  de Longueville et l',lademoiselle, fille 
de Gaston. Le coadjuteur profilait de cette vaste anarchie 
pour ses essais de sédition, appelant à lui les curés, les roc- 
teurs, les religieux; et le peuple, depuis longtemps épuisé 
par les batailles véritables, se satislisait à ces conflits par 
des ré,ils d'épigrammes et par des chansons qu'il allait 
voir tous les marins placardCs sur le Pont-Neuf. La cour 
recourut encore à la fuite; mais cette fois avec des plans 
concertes de guerre contre Paris et cont,e le parlement. D'é- 
tranges divisions se firent en ce moment. Coudé suivit la 
cour, et 1W  de Longueville, sa sœur, resta h Paris, pour 
commander à la révolte. Le duc d'Orléans ne sortait pas de 
ses ambiguités ; mais il servait de drapeau à mille ambitions. 
L'armée royale assiégea Paris. Le peuple, sans savoir ce 
qu'il faisait, ni quelles étaient toutes ces querelles .ns but, 
so laissa conduire par le coadjuteur et le duc de Beaufort. 
Il y eut des combats sérieux, sans profit pour les pa,-tis. 
CourWy allait avec son airieur accouttnnée. L'intrigue étran- 
gëre profita de ce désordre, et apparut en plein parlement. 
D'autre part, de grands noms lutent emportes dans la dé- 
fection : Tut-enne prit parti en Allcdtagne pour le parlement; 
mais ses troupas l'abandonnèrent. 
Tout marchait cependant de plus en plus au hasard dans 
ce grand désordre. La désolation était extrgme dans Paris; 
le peuple se vengea de sa misëre en I',cbant sur le palais du 
cardinal une tourbe de furieux : tout y fut dévasté; les 
livres de sa bibliothèque ionchètent la rue et servirent d'a. 
liment à un feu de joie. Lui, sur ces entrefaites, ne s'ani- 
mantà aucune violence, négociait ttanquillement et se croyait 
de plus en plus maitre à mesure que la colère publique s'a- 
chatriait après lui. Il eut l'babileté de laisser ses ennemis 
étaler leur ambition, leur cu[,idité. Il les petxlit par leurs 
prétentions. La faveur des masses linit par se détourner de 
ces ambilions persottnclles, à qui la fortune de lÉtat servait 
de prétexte. Alors Mazarin domina les n'.gociations : un 
Te Deum fut chanté en ihonneur d'une paix rendue néces- 
saire pom tous les partis, et qui n'en devait satisfaire au- 
cun. Ce fut la fin de la première Fronde. 
Tout à coup il y a des revirements, des réactions, des 
retours de partis. Les petits-matres de Coudé, fiers de la 
victoire qu'ils attribuent à leur brillant patron et à eux- 
mgmes, injurient les frondeurs : il y a des cartels d'hommes 
et des injures de femmes. Les frondeurs ont des liens à la 
cour. Leurs intrigues sèment la défiance et la jalousie entre 
ceux qui stivaient tout à l'heure le méme parti. D'autre 
part, 1 '''e de Longtteville, qui s'est rapprocbée de son f,6re, 
lui reproche de ne rien faire pour agrandir sa maison. Elle 
lui souffle son ambition. Maza,-in voit naltre ces dissenti- 
ments, et ne dit mot : il a, comme la reine, besoin de se dé- 
barrasser de ce patronage de Condé, dont la gloire pëse à 
sa politique to,tueuse. Des i,rétentions de gouvernement, 
des demandes de faveur, des rivalités de mariage, vont bàter 
les ruptures. En mgme temps le parlement de Bordeaux fait 
des réclamations contre d'Épernon, gouverneur de la 
Guienne. Condë haïssait d'£pe,non, Mazarin le défend. La 
discorde éclate. Condé, qui demande Pont-de-I'Arche pour 
son beau-frère, le duc de Longueville, essuie un ,'efus ; sa co- 
lère est au cotnble : après une seine animée avec le cardi- 
nal, il s'éloigne en lui passant la main sous le menton et lui 
jetant ces mots d'i,onie : adieu, llars ! D'autres griefs futiles 
arrivent. La cour se divise pour «les tabourets. Enfin, l'idée 
vient à la reine et à Mazarin de se délivrer de cette gloire 
importune en l'envoyant en prison ; coup d'État prCparé par 
les femmes, et dans leqt,el M u de Cbevreuoe entrainc le 
coadjuteur : les princes sont ar,ètes et conduits à Vincennes 
( ! 8 janvier 1650). C'était la vieille Fronde qui se frappait elle- 
mgme, et Maza,in hd servait volontiers d'instruntcnt ; puis, 
par quelques retours de plus, la cour de Gaston, qui n'avait 
pas connu ce mystoe,e, en eut du dépit. Les cabales se mëlèrent. 
La mère de Condé se fit suppliante auprès du parlement. 
On vit des scbnes solcnneltes et attendrissantes là oit s'étaient 



26 
vues de scènes ignobles et ridicules. Le parlement de Bor- 
deaux députa un orateur plein d'éloquence, Guyonnet, qui 
s'en vint demaeder la liberté des princes, tï pendant ce 
temps le peuple, dans la grossièrete de sa logique, faisait 
justice des variations de la Fronde, et s'asemblait devant 
les h6tels des vieux frondeurs en criant : Mazarin I lao 
arin ! 
Ainsi tout allait h la confusion. Le duc d'OHCns, avec 
ses ambiguités mystërieuses, ne put échapper non plus 
cette réaction du peuple, qui s'en allait crier Maz«ri ! de- 
vant son palais. Alors il y eut entre le coadjuteur et 
rin un jeu d'iutrigues et de trompexies. Le coadjuteur, qui 
avait demandë l'arrestation des princes, demanda leur li- 
berté. On les avait transferés au Havre, mais lïntért pour 
eux n'en était point diminué. Le coadjuteur s'appliquait 
leur attirer le duc d'Oríaus, et Mazarin s'appliquait i le 
relenir dans sa cause. Le cliapeau de cardinal revint sur le 
tapis au milieu de ces man,.ges. Mais le coadjuteur y pen- 
sait pour lui-mOrne. G*ëtait une diihcuité «le plus. Quant à 
d'Orléans, il ne s'appartenait pas : il n'appartenait à per- 
sonne. Le plus assidu etait son maltre, et le coad)utenr s'cm- 
para de lui par des tours d'habileté que secondait M i*e deClie- 
vreuse. Il le décida à vouloir la bberte de princes, et à l'aide 
de son nom il alla tenir des asemblées cicéroniennes au par- 
Jument. Une immense réaction e faisait partout : blazarin se 
• oyait vaincu. I I songea à s'éloigner, mais doucement, afin de 
ne pas fuir. Il partit pour Saint-Germain, couvant les clioses 
de l'oeil, et espélant les diriger encore par son génie de 
ruse et de mystère, biais Je peuple avait pris son départ au 
sérieux. La joie éclata de tons cOtés avec une violence me- 
naçante. ]ne premëre concession était laite : on fit toutes 
les autres. La reine signa la liberté de Gondé. (:'était con- 
sacrer la retraite de Mazarin; mais, chose singulière! btaza- 
ri se crut assez de souplesse pour échapper  cette der- 
nière nécessité, et il partit de Saint-Germain pour aller de 
sa'personne ouvrir la prison des captiïs, comme pour se 
onner le mérite d'une politique dont il n'avait pas etWle 
maitre. Sa soumission fut en pure perte. L'orgueil de Conde 
resta inexorable devant le mini»tre obéquieux ; et Mazarin 
vit bien qu'il n'avait plus qu'a s'enfuir ; i s'achemina vers 
la frontière. De leur coté, les princes se rendirent à Paris, 
tout étonn(s encore du mystère de leur liberté que le peu- 
plu, par sa joie hru)ante et tumultueuse, leur rendit plus 
extraordinaire encore. Paris était dan l'exaltation ; des feux, 
de joie s'allumaient dans les rues ; les frondeurs s'embras- 
saient; nulretour d'opinion n'avaitjamais élé siuniverselet 
si soudain. 
Cependant, après quelques jours d'exaltation et de triom- 
phe, chaque parti revint à ses pensée% et la dt.fiance repa- 
rut. Les ambitions étaient devenues plus ardentes par l'ab- 
sence même de blazarin. Chacun courait à ses dépouilles, 
et pourtant la reine ne voulait rien céde. Condé imposait 
des ctioix de nfinistre. Le parlement ajoutait des exclusions 
contre les cardinaux, pour envelopper blazarin sans le dési- 
ger. Le coadjuteur, qui voulait ëtre cardinal et ne desespé- 
rait pa d'ètre ministre, lit opposition. Puis, la noblesse 
mandait les états génëraux; et Turenne reparaissait, résolu 
-cette fuis de s'attacher  la reine. Des questions de mariage 
se mlèrent aux questions Politiques. Le coadjuteur avait 
besoin de marier ]I e de Cli«vreuse au prince de Conti pour 
se fortifier davantage. Condé avait accordé ce projet, puis il 
le refusa. Ce fut un nouveau commencement de rupture. 
La relue, secrètement inspirée par Mdzarin, excitait ces va- 
niés les unes par les autres, pour rester maltresse. Gaston, 
Pous par le coadjuteur, prit parti pour M  de Chereuse. 
Il eut l'air d'avoir du courage ; il tint des asmbl6es dans 
son palais. On lui proposait des violences ; il osa tre d'avis 
de faire arrêter de nouveau les princes. Ils Calent dans 
une salle voisine : M ite de Chereuse dit qu'il ne fallait que 
donner un four de clef; et elle parlait po,r rew.plir cet oï!ice. 
Gaston la retint. Le enadjuleur  fcha contre Gaston, et 
s'en alla bouder dans le cloltre otre-Dame. Alors la reine 

FRONDE 
se tomma ers loi, espérant profiter de ton rriaio. 
lait le oeil de Ma qui  de Blh 
binus» me au rur de M, uru qu'il for 
rdin. unt,  ne   puloE, il 
pula  dr de dia oene M  de donner soi 
 pale, s't à brouilr e et é, 
fa rfir set lmbition du pdn, et demant 
à chacun de s'anchir de  domafion. Il mplit si bi 
n ooe, e la reine l'apla,  parla d'r de nou- 
vu ndé,  lui ferait  nomin au OErdinaat. 
n,  r  amis, soeait   lé. M 
il eut le ltœeur de uer s rds ve l n 
de la FOe : il fit d sitious dhostili, et subit 
Pais av  oere de eroe. Il n'y repli 
menaoer que parU. Le parlent t une arme. 
eurent pee  emher des m. Le oeadjuteur y 
t av un iard çh6 o  . Dans u m, 
il faillit toe éuffë us une poe p le duc de 
fouoeult, qui s'amu à l'expur x ps et aux insul 
 la ulaoE II oe ve  d qfi; et qoee 
mps r fi fit une pvon, où  peuple iait : A 
Le coauteur  Mass, r une binocle  pl, oette p 
on aant renoenU6 le prin de é,  pn d- 
oendit de oes, se mit a genoux d la rue, et se fit 
benir par le prët. L chos Mlèrent à d'au . 
ndé, apr avoir é1é d apres d'bti d 
ru de Pas, s'en la fai une guee wéribe en Gun 
oo sa mère, pendant  ptiioE, avait maintenu 
puinoe. Une double anarcliie se  alo 
la cour combnt par d actes sévèr le pari d 
pdnoes, et le parlement, ss poendoe pari pour eux, f- 
nt d déclaons de ee onwer oetre Mar. 
t du cardinal-mitre fut mëme mioe à px, 
l'emcha pas d'entrer en Fnce pour se rennir  la oenr, 
qui marchait sur rdeaux.  son c6, le jo, 
we oerdinal, continuait s double r61e oenUe bl 
oentre ndé. Mais le uple n'en fut p du, et ivit 
parlement, qui rit ns l'opposition. OE coadjuteur falot 
tre men pis dans la cour du Lnxoebourg ; il se 
par un coup de bardie, en se montrant au milieu 
mutes, et d,andant aux premiers qui s'offtie, de 
I autres à la iUe du palais. 
(:ependant, la erre d prin se ft ns trop 
d'éclat. Turenne avait s la oe, et allt ba la 
foune de Coudé. Mn, qui at jot  reine 
valdr le domain du due d'Orléans, dont on comment 
à se défier. aufo voelut deliner Gn 
fendoe son apanage. Gton refusa. Sa e, emoeile, 
fut plus résotue ; elle aila oe jer ns Ori. On la vit 
pair en Amène, avec I comte de Fs et de 
Fronteac, qu'on appert  h de camp. 
avait iallu lui donner dx oeee au parlement pour 
mrer n dr. Con n'ét pot heureux à 
eroe fatale. Ses tr furent toujou baRu par 
oemte d'Hoeu ; et mme  y avait eu n, pture a r- 
dux tre 51  de ngneville et le duc de La Bochefou- 
ult, il en vint p des deu, pour fuir c intrigu, 
à Orlus, oo sa prnoe anima I trou de ufort, 
que d hecs enaient de fpper. Il eut d'rd d s- 
. Laur, qui tait à Goen, fut dans l'epouwte. Ture 
la uva. Alo Godë co h Pas; il s'oere de açespdt 
de Gton ; il domine le parlemenL On ose en n nom 
une ligue entoe tout I vili de Fce. La le,en,tion 
s'aoeroît. Le oerdin de BeoE lutte enoe ntre Condé. 
uple oemmce  faire des VœUX ur le rebliment 
de l'autorioE li.giti. Pdant oe mpa, la guee d'Or- 
igans a d succès dixs. Mmieielle manque d'ètoe 
dans une revue de s tronp; le n'a que le temps d« 
fmr du c6 de Paris. Tuwee wodait fapl,roch « de te 
ville ur la dipoler aux pas. Le denrée y éit 



FRONDE 
comble. Le corps municipal refusa de laisser entrer l'armée 
de Condé. Toutes les troupes étaient lamassées autour de 
la ville. Une bataille était imminente. GondWessaya vaine- 
ment de faire déclarer Gaston. Alors il ails chercher son 
armee pour la diriger sur Paris; mais Turenne tomba sur 
fn arrière-gatde- La bataille fut terrible. GondWy déploya 
son génie. Celuigle la France l'emporta, Turenne fut vain- 
queur (  juillet t65). Il fallait sauver l'armée du prince, 
et les portes de la ville restaient fermées, blademoisei|e ar- 
racha de son père l'ordre de 1 ouvrir, et courut au châ- 
teau de Vingennes tirer le canon sur l'armée du roi. Ce fut 
le sa)ut de mdé; mais Mazarin s'écria, dit-on : « Voila un 
coup de caon qui vient de tuer son mari ! ,, 
Condé, rentré dans Paris, voyait expirer la Fronde dans les 
angoisses du peuple; il tenta dela ranimer pat des viuiences. 
On tint des assemblé.es à l'h{)tel de ville. On Changea des 
signes de ralliement. On décida des mas.acres. On s'arma de 
l'incendie. On croyait ainsi raviver l'esprit de faction, on 
ne fit que le détruire. 11 fallut que Mademoiselle allt ele- 
aSme sauver de vieux frondeurs enveloppés par les flammes 
à Fh6lel de ville. Les vœux pont la paix devenaient uni- 
veraels, blazarin eut moins d'efforts à faire pour se retirer, 
car il était rongé. Il s'éloigna, et partit pour Bouillon avec 
une lettre flatteuse du roi. La cour l'accompagua jusqu'h 
Compiìgne. Ce fut de la part de la reine un roup d'habileté 
de se faire désirer par les factions de Paris. Les princes ou- 
vrirent des négociations. Le cardinal de Ret.z se donna le 
mérite des suppllcations : il ails avec le clergé snppller le 
roi dt rentrer dans sa capitale. 11 fut ftoidement re.eu, et 
aurait volontiers recommencé ses intrigues ; mais le peuple 
était fatigué, et rien n'eut pu le remner encore. Les amis 
de Condé commencèrent  s'éloigner. Les secours qu'il at- 
tendait de l'Afranger lui firent déaut. Sa colère le poussa à 
une latale rélntion : il courut aux Espagnols, emportant 
de Gaston la promesse qu'il ne traiterait point sans lui. Dès 
lors tout fut libre. Beaufort quitta le gouvernement de la 
capitale. Le roi, majeur depnis une année (il avait accompli 
sa quatorzième annee I¢ 7 septembre 165t ), se rendit à 
Saint-Germain. La milice ini envoya une députation, qui fut 
reçue avec honneur, et lui-reAme arriva enfin à Pa le 
2t octobre t652, accueilli avec enthousiasme. Bientôt Maza- 
tin rentrait en France, accueilli de m,me par ceux qui 
valent le pins maudit. Les villes encore rebelles firent leur 
soumission. Gaston alla épuiser  Blois les restes d'une vie 
iuntilement passée dans l'intrigue; et Condé n'eut plus 
onger à abriter sa vieille gloixe sous l'autorité du monar- 
que. LAi IFT,E. 
FRONDEUR (Esprit). La fronde, cette arme offen- 
sive dont nous avons traité  part, a reproduit cette 
lnssion mdtaphodque. Fronder un homme, fronder un 
ouvrage, _cela veut dire leur jeter la pierre. C'est surtout à 
l'époque de t'histoire de France qu'on appelle la Fronde que 
ce noet s'est répandu et pepularis chez nous dans cette ac- 
ception. L'esprit fi'ondeur a eu ses beanx jurs en France. 
Rivarol et Champcenetz y ont excellé dans le siècle dernier. 
• II ne snftit pas, diait le premier, qu'un trait soit véchant, 
il faut encore qu'il soit bon. » L'esprit français a toujonrs 
été, du reste, un pon irondeur, ffoïls épigraramatiques, vau_ 
devilles, parodies, couplets malins, autant de genres natio. 
naux ,frondant sans cesse le pouvoir et le prochain. II fut 
nu temps où chez nous le monde voulait tout [fonder, à tort, 
k travers; cette manie n'est pasencorecompléIement extirpée. 
FIONSA (en latin Franciacum), bourg ¢le France, 
chef-lieu de cab,ton, dans le département de la G i r o nd e, 
, 2 kilomètres nord-ouest de Liboerne, sur la rive droite 
de la Dordogne, avec une population de t,500 mes envi- 
ron et de nombreuses distil]eries. On récolte dans les alen- 
tours d'exceUents vins ronges et des vins blancs agréables. 
C fut dans l'orine une fortexesse, construite en 769 par 
C2mrlemagne pour tenir en bride les Aquilains turbulents. 
La terre de Fronsac, chef-lieu du Fronsa:loi$, était sous 
l'ancienne monarchie une des ph,s helles du royaume. Elle 

 FIONT 
fut érigée dès 1551 en crutC puis, quatre ans après, en 
marquisat, en faveur d'Antonin de Lustrac, dont la fille 
unique la porta dans la maison de Caumont. François d'Or- 
Iéans-Longueville, comte de Saint-Paul, marié à Arme de 
Caumont, fut ¢6é duc de Fronsac et pair de France en 
1608. Le cardinal de Richelieu, ayant acquiscette terre en 
1631, après l'extinction de la famille qui la podait, ohtint 
du roi, en 163, son érection en duché-pairie pour lui il 
ses hoirs de deux sexes. Il la donna  son neveu Armand 
de Maillé-Brezé, mort en t64. La sœur de celui-ci, Claire, 
en hérita et la céda  Armand-Jean du Plessis, duc de R i - 
chelieu. La poslírité de ce dernier la conserva. Les 
ainés de la maison de Richelleu portaient le titre de duc de 
Fronsae du vivant de leur père. 
FIONT (du latinfrons ), epace dépourvu de cheveux 
qui forme la partie superieure de la fa c e, limité en haut par tes 
c h e v e n x, sur les c6tés par le retapes, en bas par la racine 
du nez et les sourcils. Dans l'espèce humaine, le front, ha- 
bituellement dépourvu de graisse, présente une peau assez 
dense et bien tendue, sillonnée de quelques rides, les unes 
verticales, partant de la racine du nez vers le bas du front, 
et gagnant sa partie moyenne, les autres transversales, et 
s'étendant, avec plus ou moins de rég»larité et en plus ou 
moins grand nombre, d'une tempe a l'autre. En géneral le 
nombre des ride augmente avec l'àge, et elles sont plus 
nnon¢íes à mesure qu'on vieillit. 
Pour les anatomistes, le front n'est pas borné d'une ma. 
nière invariable par les limites que nos venons d'indiquer. 
Il est alors co«s,deré comme faisant partie du c fS n e ; il est 
la portion antêrieure et inférieure de la boite osseuse qui 
renferme le cerveau, et le developpement des cheveux sm 
une étendue plus ou moins considérable des membranes qui 
recouvrent l'os fronta I n'emphe pas de limiter le front 
à la portion du crSne qui est formée par cet os. 
Par ses apparences différentes, le front contribue beau- 
coup a donner de l'expression à la physionomie ; les rides 
verticales ou horizontales, les mouvements des sourcil% les 
colorations variíes qui s'y jouent tour h tour, la sécheresse 
ou la moiteur de la peau, sont les principaux traits sous les- 
quels se peignent sur cette partie les émotions et les passions 
violentes. De là, dans toutes les ianes, l'usage du mot 
fro.t au figuré. 
FRONT (Art nilitaire). Le "Iront de bataille est le 
rang antérieur d'une troupe ou d'une ligue déployée. Ri- 
goureusement parlant, une troupe non déployée a bien aussi 
un front de bataille ; mais on appelle en ce cas tdte de 
colonne ce que dans l'autre on nommefront quoique téte 
et front soient synonymes en bien des cas. On ne peut 
concevoir une juste idée du front de bataille qu'en se ren- 
dant compte du sens ancien du mot bataille. II ne signi- 
fiait pas d'abord, comme on pourrait le c;oire, combat ou 
action de guerroyer ; mais il exprimait t,n corps, un batail- 
lon plus ou moins nombreux, rangé suivant certaines rëgles 
de tactique, lesquelles ont considérablement varie. Quand la 
locution.front de bataille était naissante, la bataille 6tait 
de vingt rangs, qui se sont réduits  douze, à dix, etc., ax ant 
de tomber à deux et à trois; lïnlanterie ne combattait qu'en 
grosses masses carrées, ou en forme de phalange, avant de 
s'ordonner en larallélogramme, ou de s'étendre enfin en 
frèle ruban. La dénomination de Iront de bataille ëtait donc 
autrefois plus juste qu'aujourd'hui; elle faisait vraiment 
allusiin au devant d'une tte d'animal regardant son en- 
nemi. Ce front est le premier rang en ordre naturel ; c'est 
le dernier rang en ordre renversé. Les carrés sont une con- 
tinuité de fronts sans flanes; l'ordre de bataille se compose 
du t,ont, des flancs, des derrières : l'Cendue des prolon- 
deurs ne doit jamais outre-passer celle des fronts. 
«- G ; 
Un carré présente autant de Irnnts que de c6tés. 
chant qu'un fantassin occupe deux tiers d mètre et un 
cavalier un métro, il est facile d'apprécier le nombre de 
soldats contenus dans le front, etc. par suite dans la trotte 
4. 



28 
entière, si l'on sait sur combien de rangs elle est placée. 
Un bataillon, un escadron, une batterie, etc., qui, rangés 
en bataille, se portent en avant, exécutent une marche de 
front. On attaque l'ememi defrottt toutes les fuis qu'ayant 
pris une ligne de bataille parallèle à la sienne, on l'aborde 
en face sur la plus grande étendue de son front de bataille. 
La man«.uvre du changement de front, inconnue aux an- 
ciens, à cause de la grande profond,'ur de leur front de ba- 
taille, est une des plus belles que l'on puisse exCnter. 
Pour les termes front de bond{ère,front de fortifica- 
tion, .front d'atl aque , voge'. BAnI , CASA.r^ION, 
70BTIFICATION et SIËGI. 
FBOXTAL qui tient au front : ainsi, la rd9ion trou- 
laie indique la partie de la Iète qui appartient au Iront; 
les tscles et efs frota«t désignent les muscles et les 
nerfs qui existent dans cette pari{e. Frontal représente aussi 
une espèce de bandeau médicamenteux, qu'on applique sur 
le front, et qui y agit "h la manière des top{ques. On désigne 
par le nme mot un instrument de supplice ou plut6t de 
torture destiné à serrer le front. Enfin, le mot frontal sert 
à i;diquer l'os ou les os du front. L'os fro;tal, le frontal, 
qu'on appelle encore coroul, est ¢omposé de deux parties 
symétriques, qui dans certaines espèces se oudenl l'une h 
l'autre à un certain fige, et ne fmTnent plus qu'un seul os, 
et dans d'autres epèces restent distinctes : on donne le 
nom de frontal à cet appareil osseux d'une ou de deux 
pièces. Le frontal est justement la charpente osseuse qui 
donne au front sa forme ; lui-mme prend presque toujours 
celle que lui impose la parlie antérieure du cerveau ; il s'ar- 
ticule en tarière avec les os du crtne, en avant et en bas 
avec ceux de la face, d'o0 il résulte que le front parait 
d'autant plus développé que la face est moins allongée et 
que le frontal est plus poussé en avant par les organes en- 
céph,'diques. Le frontal présente quelq»efois, et presque tou- 
jours à un certain àge, des car{lés entre les deux lames com- 
pactes dont il se compose : ces cavités, que l'on nomme 
sinus frontaux, et qui communiquent avec i'intérieur du 
nez, peuve;t, par leur déeloppement, donner au bas et au 
rit{lien du front plus de saillie, et par con.équent tlomper 
sur la forme et le volume du cerveau, qui est derrièro. 
11 y a des maladies paRiculières des sinus honta«x qui 
trompeur souvent les gens du monde, et quelquefois mme 
les médecins, parce qu'on se laisse aller  rapporter au cer- 
veau ou à d'autres parties voisines ces maladies douloureuses 
qui n'o»t si souvent pour siége unique que les car{tes dont 
nous parlons. Sur le bas du frontal sont dessinés les sour- 
cils. Le bas du mOmeos, en se repliant en arrière, forme 
la rutile de l'orbite, et c'est le point où l'enveloppe osseuse 
du cerveau et plus mince et plus facile à perforer. Partout 
ailleurs, l'épaisur du frontal est assez considérable pour 
qu'il rsis«e à des co;tuion% mme 'iolentes; es articula- 
tions sont telles d'ailleurs qu'il trammet presque toujours 
par des points osseux très-r:sislants et très-compactes l'effort 
qu'il reçoit/ des parties solidement constih, ées et épaisses. 
Sur le devant du frontal se trouvent deux sa{il{es assez pro- 
noueCs sur certaines ttes : on a donnb h ces sa{il{es le nom 
de bosses frmtales ; les phrénologistes modernes y lo- 
gent des facultés differentes, suivant qu'elles sont plus ou 
moins rappro«hées, plus ou moins élevées sur le fron- 
t:d : cette saillie est exprimée en général par un creux sur 
la face opposée de l'os, et elle correspond à la partie an- 
|,_'.rie«re des hénfisphères cérébraux. 
FRONTEAU. On donne ce nom à une espèce de ban- 
dage encore appelè fron la l; on i'a donnè aussi à certaine 
pièce du harnais d'un cheval destinée à lui couvrir le front 
quand il et caparaçonné pour quelque cérémonie, ou guer- 
ribre ou funèbre. C'est en outre le nom qu'on donne à un 
bandeau que dans certaies olennités les Juif nettaient 
autrefoi sur leur Iront. 
FBONTIÈIÈS bornes extrémes, narquant les points 
qui séparent des pays et des États divers. On emploie sou- 
çeat oermne s}'uonymes les mots confins et limffes. Les 

FRONT -- FRONTIERES MILITAIRES 
f,ontières qui limitent les pays voisins sont tracé.es ou par 
la nature ou par la politique. Les montagnes, les mers, 
les fleuves et les riviëres forment des limites nalurelles. Les 
peuples sont ausi séparés nalurellement par la différence 
des langues, signalées communément par les frontières 
lurrlles qui les isolent les uns des autres. Les frontières 
politiques sont celles qui ont été assignées aux nations par 
des conventions diplomatiques, consenties en général pour 
Carier le fléau de guerres malheureuses. 
FBONTIÈBES MILITAIRES ( lffililoergrenze ). 
On appelle ainsi i'ëtroite lisière dt; territoire de l'Autriche 
qui la sépare de la Turquie; contrée soumise t une organisa- 
tion militaire et administrative particulière, et qui en 189 
été érigée en domaine de la couronne. Elle confine au nord 
l'Illyrie, à la Croatie et à i'Eclavonie, à la voyvodie de Servie 
et au Banal de Tèmes; à l'est, à la Transylvanie et à la Ya- 
lacbie ; au sud, à la principauté de Serie, à la Bosie et 
la Dalmatie ; à l'ouest, ì la mer Adriatique, et distraction 
faite des Frontiéres militaires de Transyivanie, supprimées 
en 1851 ( superficie : 73 myriamètres carrés; population, 
3,000 ames ), elle contient une superficie de 406 myriamès 
tres carrés, avec t,010,000 habitants. A l'ouest, les Alpes 
Juliennes, venant de la Croatie, s'y prolungent jusqu'au mont 
Klekou Tgted'Og«lin (09ulinerkopf), haut de 2,167 mètres, 
près de Zengg; le grand et le petit Capella en dép.-ndent. 
C'est au Kick que commencent les Alpes Dinariques, qui 
s'etendent le long de la Frontière, portent en partie le nom 
de mont Vellehit ou Morlak, y atteignent ì Hciligenberg 
une altitude de 1833 mètres, et se prolongent jusqu'en Tur- 
quie. A l'est, les Carpathes s'inclinent dans la direction du 
Danube, et envoient diverses ramifications vers les Fron- 
tières dt; Banal, entre autres le mont Gougou ( 200 mètres 
le Szemenik ( 1533 métres), le Szarko (2,310 nètres}, 
le 5lick ( 1910 mètres ), etc. La partie centrale de ce pays 
est généralement plate. On y trouve aussi de magnifiques 
vallees, par exemple la vallée d'Almase, près des Frontières 
dt; Banal, célèbre à bon droit par sa beautt vraitnent 
féerique, et celles de Zermagna, de Km.bawa et de Kavenicza 
près des Frontières de Croatie. Les eaux y sont très-inCa- 
lement partagées. A l'ouest, le pays est baigné par la mer 
Adriatique et par le canal Morlak. Les rivières des Fron- 
tières de Croatie se perdent pour la plupart sous terre, 
d'o6 elles vont rejoindre la mer, par exemple la Likka, la 
Gaczka, etc. Dans les autres parties, le Danuhe est le 
principal cours d'eau. 11 arrive de la voyvodie de Servie sur 
le territoire des Frontières militaires près de Peterwardein, 
forme, ì partir de Semi{n, la Frontière du coté de la Turquie, 
et abandonne compiétement le pays à Orsova. Ceux de ses 
affluents qui arrosent ce pays sont la Drave, la Save avec la 
Kouipa et l'Ounna, la Theiss, la Bega, le Ternes, la fiera 
et la Cserna. C'est seulement dans les Yrontières de Karlstedt 
qu'on rencontre quelques petits lacs de montagnes, dont les 
pins importants sont les huit lacs de Plitvicz, et le lac de 
Gaczka, près d'Ottochacz. Les marais qui avoisinent la Save, 
la Drae, le Danub¢ et la Theiss n'en sont que plus considéra- 
hles. Le climat dans les contrées montagneuses est le plus 
généralement rude; mais dans les plaines qui entourent 
Semi{n, Carlowicz, etc., il est très-doux. L'ail" est malsain 
dans les parties marécageuses, o6 se déclarent assez souvent 
des fièvres et autres maladies. Les habitants, répartis en 
12 villes, 9 hourgs à marchés et 1760 villages, s6nt pour 
la plus grande partie des Slaves, notamment des Croates, 
des Slowenes et des $erbes, puis des Yalaques, des Alle- 
mands, de» Clément{us. E ce qui est de la religion, les 
grues non unis, qui ont pour chef le patriarche de Car- 
lowicz, sont les plus nombreux (551,500); viennent en- 
suite les catholiqnes coma{us ( 35,000 ). On compte en- 
'iron t'i,O00 protestants, 5,600 grues unis au plus, et quel 
ques centaines de juifs. Les produits du sol sont très-variés. 
La honlé et la fertilit6 sunt exlraordinaires dans les Fron- 
tières du ilanat; et il en est à peu près de mgme dans let 
Fru:ltires d'Esclavonie. On y récolte tout les lc, os de 



FRONTIÈRES 
créales, surtout du mais, puis des légumes, des pommes 
(le terre, beaucoop de choux, de rav, de citrouilles, de 
raclons, etc. Les fourrages y sont abondants, bien qu'on ne 
ronge pas  s'en procurer par des cultures arliiicielles. L'hor- 
ticulture n'est guëre productive; en revanche, la culture des 
fruits y donne de riches résultat. On récolte notamment 
beaucoup de prunes dans les Frontiëres d'Eclavonie, et on 
en retire une liqueur vineuse appelée sltvovicza. A l'ex- 
ception des plus hautes montagnes, on cultive la vigue à peu 
près partout, mais plus particulièrement dans les Frontiëres 
d'Esclavonie, où les vignobles de Frnska Gora sont celèbres; 
" et on expedie au loin les vins rouges de Carlovicz, le Schil. 
lerwein, le Tropfwerm«th, etc. On y cultive aussi le dhanvre, 
le lin, le tabac, un grand nombre de plantes et de racines 
tiuctoriales, diverses plantes aromatiques et médicinales 
croissant spontanément, de grandes quantités de joues et 
de roseaux, qu'on utilise pour le chanffage dans les loca- 
lires dépourvues de bois. De vastes forts, situées principa- 
lement dans les Frontières de Karlstoedt donnent lieu à dïm- 
portantes exploitations. Sur 6,626,767 arpents de terre en 
culture, on en compte 1,378,877 en terres à blë, 48,088 en 
vignes, 792,756 en prairies et jardins, 775,361 en pturages 
et 1,629,745 en foroets produi_-ant annuellement 2,382,000 
cordes de bois. Le r,,ne animal offre du gros bétail de race 
médiocre, des chevanx, des montons, dont l'espce de- 
mande à tire améliorée; des chëvres et des porcs, beaucoup 
de volailles, et surtout dans les Frontiëres d'Escla-onie de 
nombreux troupe.aux de dMdons. Les produits de la chasse 
et de la pche sont importants. Le règne minerai donne un 
peq d'or, de l'argent, du cuivre, du plomb et du fer, beau- 
coup de p/erres et de terres de diverses espèces, peu de 
houille et pas du tout de sel. En fait de sources minérales, 
les eaux sulfureuses de Mehadia sont justement celìbres; 
et les bains sulfureux de Topuszko dans les Frontières du 
Banal attirent aussi uu grand nombre de baigneurs. L'in- 
dustrie y est sans importance, et on n'y compte en tout 
que 32 fabriques. On pout mentionner plusieurs usines steCs 
à Semlin et ailleurs pour le alCidage des cocons de soie, 
/es cllantiers de construction établis/ taszenowitz, quelques 
tnoulin« à papier, des verreries, des fonderies de fer et de 
cuivre. On lubrique aussi d'assez bonne toile de menage, 
des cotonnades, des tapis de laine, des bas et autres ar- 
ticles de bonneterie, des cuir.% beaucoup de chaussures, des 
pipes, etc., tous objets dont la vente donne lieu  un com- 
merce assez important. Le commerce de transit est d'autant 
plus actif, que presque toutes les relations commerciales de 
l'Autriche avec la Turquie ont lieu par les Frontiëres mili- 
taires. Le grand centre en est ì Semlin. Les routes sont en 
général bien construites, et on en voit notamment de fort 
belles dans les Frontiëres du Banal. Les deux routes con- 
duisant de Babakei jusqu'à Orsova, le long du Danube, et 
d'Orsova par Mehadia, les défdés de Teregova et de Szla|ina 
à Karansebes, exciteraient l'admiration mme dans des 
lays plus avances en civilisation. Le Danube, la Save, la 
Drave, l'Ounna, la Koulpa, la Theiss et le Ternes se prêtent 
aux transports par au ; et la navigation ì vapeur est en 
pleine aclivité sur le premier de ces cours d'eau. Les ctes 
de la mer, hrisgées de montagnes, se prétent peu au com- 
merce maritime, dont il n'exi»te de traces qu'a Zengg et à 
Carlopago. En 1847, le mouvement des ports des Frontiëres 
militaires fut ì Pentrée de 1#59 bMiments, jaugeant 23,015 
tonneaux, et à la sortie de 1,44, jaugeant 37,244 tonneaux. 
En ce qui touche la cullure intellectuelle, on a pourvu à 
l'instruction des classes populaires, par des écoles élémen- 
la/res; mais Je nombre en est encore insuisant, surtout 
dans les Frontiëres de Croatie. Il existe un gymmLge ca- 
tholique à Vinkovcze, un g}mnase illyrien ì Carlovicz, et 
un gymnase superieur à Zengg. 
La constitution particulière de cette contl'ée, qui jusqu'à 
un certain point en fait parailre le Ilabilanl. commedes 
soldats colonises, a subi d'essentielles modilications par la 
loi nouvelle rendue le 7 mai 1850 pour les Frontières mi- 

MILITAIR ES 
litaires, non en ce qui touche l'ancienne organisation mili- 
taire, mais relativement aux rapports civils. Tandis qu'ils 
étaient autrefois d'une nature essentiellement féodale, on 
voit aujourd'hui l'habitant des Frontières (Gren:e) jouir 
de tous les droits et garanties assurés à tous les habitants 
des autres domaines propres de la couronne ( Kronloender 
par la constitution de l'Empire du 4 mars 1849, en tant 
qu'ils sont conpatibles avec le but et les exigences de l'ins- 
titut/on militaire. Pour les crimes et delits militaires, les 
habitants des Frontiëres militaires sont soumis aux lois qui 
régissent l'armée impériale ; mais dans tout autre cas ils 
sont placés sous l'empire de la législation civile. Us sont te- 
nus de rendre à l'empereur, en temps de paix comme en 
temps de guerre, toute espèce de service militaire dans le 
pays et hors du pays, suivant les ordres qui leur sont 
donnés, et de contribuer à l'entretien de tous les etabllsse- 
ments mililaires inlerieurs. Par contre, tous les biens 
meubles des habitants sont dësormais la complëte proprieté 
des communes, et on a aboli la loi de 1807 qui avait jusqu'à 
présent regi la proprieté territoriale dans les Frontières mili- 
taires, loi aux termes de laquelle le sol ëtait la propriete de 
l'llat, qui en concédait héréditairement l'usage aux familles 
des paysans avec exemption absolue de redevances et d'im- 
p6ts, sous l'obligation du service militaire. La proprieté 
foncière y est divi.ee en propriété btie, le plus gen,.rale- 
ment inaliénable et devant se perpétuer dans la famille, 
et en propriété arable, que les règlements déclarent tre sus- 
ceptible d'tre vendue et transmise à d'autres. Les pacages 
dont les communes ont joui jusqu'à présent demeurent leur 
propriété. Les forts continuent, à la vëritë, ì faire partie 
des domaines de l'Etat; mais les habitants des Froutieres 
ont le droit d'en tirer, sans redevance aucune, tout le bois de 
cbanffage et de coustruction dont ils out besoin. Les reslric- 
tions apportées autrefois à ce que les habitants des Frontières 
pussent appreudre des métiers, se livrer au commerce ou 
à la pratique des arts et des sciences, ont été abolies. La 
vie patriarcale de la population des Frontières est placée 
sous la protection des lois, comme constituant les mœurs 
nationales. On considère comme famille d'une maison 
tous les individus qui y sont conscrits et ne sont pas 
gens de service, qu'ils soient parents entre eux, ou qu'ils 
soient seulement admis dans la communauté. Pour main- 
teuir le calme, le bon ordre, la concorde, la religiosit et 
la moralité dans lafamille d'une maison, !'homme capable 
le plus gé, ci exempt de corvée, est ordinairement chargé 
des pouvoirs du père de famille et d'administrer les biens 
de la famille. Il lui est adjoint à cet effet, pour remplir le réle 
de la mère de famille, telle oit telle îemme qui parait propre 
à ces fonctions. Les Itabitants des Fruntières (Gren=er) qui 
se séparent de leur maison pour s'etablir dans une autre, 
ou bien qui cesseut d'ètre astreints au service des Frontières, 
cessent par cela mëme de faire partie de la communaute de 
la maison, et ne peuvent rien rëpéter sur la fortune immo- 
bilière de cette nmisol. De ce nombre fixe defarailles (en 
1853 on en comptait 112,739) résultent d'une part la grands 
hnportance et l'organisation toute particulière du lien de fa- 
mille dans les Frontières militaires, et de l'autre la féeon- 
dité des familles et le grand nombre de membres dont elles 
se composent. Par cette organisation l'État a toujours sur pied 
de guerre une armée dont l'entretien ne lui coOte rien. Avant 
la suppression des Fcontièrss militaires de Transylvanie, ef- 
fectuée en 1851, il existait 18 régiments de frontières, cha- 
cun avec un bataillon de matelots, ou tschaikistes, appar- 
tenant à la flottille armée du Danube et de la Save. L'efïectif 
ordinaire des troupes de Frontières était de 50,000 homtnes; 
mais en cas de guerre il pouvait facilement tre porté à 70,000 
hommes, et 6tre en outre augmenté sur les lieux mmes d'une 
landwehr forte de plus de 18,000 hommes. E cas de levée 
en masse, on pouvait mettre sur pied 200,000 comhattants. 
DepuLs, son effectif aété fixé à la régiments ì 3 bataillons el 
un bataillon de tschaïkistes. L'armée est bien exercée, 
bien disciplinée, et, par un cordon continu établi le long dh 



0 
lerritoire turc, ne protée pas seulement le pays contre les 
attaques des Turcs et l'invasion de la peste, mais encore peut 
venir en aide à l'État dans des guerres conlre d'autres puis- 
sauces. C'est ainsi qu'on a vu les Grenzœr (frontrJtes, 
rendre d'importants services nun-seulement dans tontes 
guerres contreles Turcs, mais encore dans la guerre dela suc- 
cession d'Antriche, dans la guerre de Sept Ans et tout récem- 
ment dans cci]es de Hongrie et d'Itai]e. Sont astreints au ser- 
vice, à partir de l'ge de vin ans, tous les habitants lles 
des Frontitres posédant un immeuble et en état de porter les 
armes. Lefrontériste reçoit de l'État un vëtement complet, 
des armes, un fourniment et des munitions. Chaque soldat 
enr61é dans les bataillons de campagne reçoit une solde an- 
nuelle, qui est doublée en temps de guerre ou lorsqu'il tient 
garnison hors du territoire des Frontières, et mme ang'men- 
tée alors d'un supplément. Les villes et bonr  marché 
existant sous la d«nomination de commuautés mihtares 
des Frontikres ont une organisation communale propre, 
dont la loi générale qui rëgle la constitution des communes 
est la base, sauf les modifications particulières exigées par 
leur nature mme, et comme parties intégrantes des Fron- 
tières militaires, y sont rattachées. On y applique les pres- 
cr:ptions de la loi gnérale autrichienne relative à la cons- 
cription et an recrutement de l'armée. 
C'est le roi Sigismond de Hongrie qui fonda le systtme de 
Frontière militaires, en etablissant le«apitatat de Zengg ; 
mais l'institution ne reçut de developpements nltérieurs 
qu'au seizième siëcle, quand le roi de Hongrie Louis 11 eut 
abandonné à son heau-[rere l'archiduc Ferdinand d'Autriche 
les places fortes de la Croatie, pour les défendre à ses propres 
frais contre les Turcs. Ferdinand 1  octroa/ des refigiés 
serbes, croates et roumains échappés à la fureur des égor- 
geur» turcs la Frontière de la Croatie,/ l'effet de s'y établir, 
et sous l'obligation de la défendre. Ces réfués furent 
exemptes d'impt% mais astreints à un service mi|flaire con- 
tinuel ; les uns obtinrent une solde de PAutriche : les autres 
durent servir us solde. La constitution des Frontières de 
Croatie fi]t le résultat de l'hospitalité donnée à plllsieurs 
familles morlakes, et surtout de l'étah|issement d'on grand 
nombrede rfués de la petite Valachie, auxquels, en t597, le 
prince qui porta plus tard la couronne impériale sous le nom 
de Ferdinand II assigna pour résidences 70 chteanx forts 
abandonnés. Un privi|ége de l'empereur Bodolphe Il leur 
accorda le libre exercice de leur culte, l'exemption de tout im- 
pot, sous Pohligation de mettre en culture les terres qui leur 
etaient conc.dées et de délendre les Frontières coutre les 
Turcs. A diverses époques de nouveaux arrivants et d'autres 
réfués vinrent accroltre le nombre primitil des fi'ontié- 
ristes, car on comprit de plus en plus l'utilité d'une telle 
institution, et on en favorisa toojor» davantage l'extension. 
C'est ainsi qu'après te lyaite de paix de Carlovicz ( 1699 
furent orraés trois 9eralals de Frontières, ceux de Karl- 
stoedt, de Warasdin et du Banat. Le territoire conquis au 
sud des Frontières de Karlstoedt, en 1689, Likka, Korbawia 
et Zwonigrad fut de mme soumis, en t7 t t,à une oanisation 
militaire, qui compléta le système de défense des Frontières 
de Karlstoedt. Sous Léopold V , qui résolot de donner aux 
contríes riveraines de la Save, de la Theisa et du Maros 
une organi_l.ion militaire à l'instar de celle des Frontières 
de Croatie, os créa en t702 les Frontires d'Elavonie, 
placées sous l'administration du conse de guerre et de la 
chambre impériale de Vienne. Ces Frontières d'Fclavonie 
subirent eu 17-i7 une diminution, parce qu'on en fondit 
une partie dans le tcrritoire de la Hongrie ; mais par com- 
pensalion on y ajouta les Frontières du Banat, et en tî74 
ries reçurent teur organisation actuelle. L'impératrice Marie- 
Thérèse institua les Frontières de Valachie, savoir : la Fron- 
fière e Szekler en 1764, et celle de Yalachie en 1766. La 
paix de Szistowe, en 1761, amena tme modification dans 
les. délimitations de ces diverses Frontières ; en 1807 elles 
reç.nrent le rglement général qui les avait jtlU'à prélat 
régies. Après les désastres qui amenèrent, en 1809, 1- paix de 

FIONTIÈRE$ MILITAIRES -- FRONTIGNAN 

Vienne, la paix de Paris int, en 1814, réunir de nouveau 
sous la souveraineté de PAntriche tons les pa)'s Frontières. 
Longtemps sans doute ils formèrent, au point de vue po- 
litique, une partie intégrante soit du royaume de Hongrie, 
soit de la grande prncipauté de Trans'lvanie ; mais con- 
lutinCent à l'esprit mme de l'institution, ils en étaient 
completement sparés en Hongrie par une oanisation 
militaire distincte en ce qui touche la constitution et l'ad- 
ministration; et en Translvanie, où d'ailleurs les fron- 
tiérites n'ont pas de résidence fixe et vivent disséminé 
en quahe arrondissements provinciaux, seulement en 
qui touche l'administration, mais toujours politiquement 
réunis. Les Frontires ititaires é.taient divises en qualxe 
9nralals, ou commandements géné.raux, comme autorilé 
supérieures auxquelles é.talent subordonnés les commun. 
dements de réments, analogues aux autorités de ¢.etcl 
et les représentant, ayant dans leurs attributions non-seu- 
lement touoE les affaires purement militaires, mais encuve 
les aIfaires administratives et judiciaires. Ces quatre généra- 
lats etaient : 1 ° celui de Croatie, dont les localités les plus ira. 
portantes étaient Cadopago, Zengg, Beiiowar, Petrinia et 
KostainioEa; 2 ° celui d'Esclavonie, comprenant l'ancienne et 
la nouvelle Gradiska, Brood, MitrovioE, Peterwardem, Car- 
iovicz, Semlin et le district des tschaïkistes; 3 ° ¢,elnl du 
Banal ou de Hongrie, comprenant Pancva, ,-eisskir- 
chou, 3tehada et Karanse'oes ; o cdui de Translvanie. 
Lors des troubles de 148, les Frontières militaires furent 
d'abord placées sous l'autorité du ministère hongrois ; mais 
bient6t elles se rattachèrent avec la plus opiniâtre constanoe 
à la lutte soutenue par i'autorité impériale contre l'insur- 
rection hongroise, et contrihuèret beaucoup à sou succès 
definiti Pour récompenser le courage et la fidélité dont les 
9renier, ou frontiristes, firent alors preuve en Ratio et 
en I4ongrie, il fut d.daré par la constitution de i'Emlire 
de 1549, que le territoire des Frontières militaires constituail 
désormais un domaine propre de la couronne; et en 150 
elles reçurent la nouvelle constitution dont il a été fait men- 
tion plus haut, avec de notables avantages et priviléges pour 
leurs l,abitants. La Frontière militaire di Tiansylvanie aTant 
étWmpprimée en 1851 et placée désormais sous Pautorilé 
de l'administration civile, les trois grandes divisions sui- 
vantes furent établies dans cette institution : t ° la Fron- 
tière de Croalie, suhdivisée en trois territoires d« Fron- 
tières, comprenant ensemble huit régiments d'inlanterie de 
cordes, à savoir : la Frontière de Karlstoedt, avec les régi- 
ments de Likka, d'OltochaoE, d'Ogulin et de Saluin ; la Fron- 
tière Banale, avec le premier et le second régiment banal; 
et la Frontiëre de Warasdin, avec les régiments de Kreuaer 
et de Saint-Ge.orge; 2 ° la Frontière tfEscavoni« et de 
Servie (appelée aussi jadis Frontière d S9rmi«), avec 
trois rëgiments d'infanterie, ì savoir : les rëgiments de Gra- 
diska, de Brood, de Peterwardein et le district du bataillon 
de tschaïkistes; 3 ° la Frontière du Banal, avec trois r6- 
giments dïnlanterie de cercle, ì savoir : ceux du Banal al- 
lemand, du Banal illrien et du Banal roumain. Aux tern 
d'une récente ordonnance il n'existe que deux commau- 
dements supédeurs : t ° celui de Croatie et d'Es¢Aavonie, 
comprenant dix régiments de cercle, une speficie de 
224 myriamètres carr.s et une population de 671,000 ha- 
bitants ; 2 ° celui de Servie et du Banat, oampreuant qualte 
régimeuts de cercle et le district des tsebatkisl¢s, avec nue 
superficie de 17 myriamètres catrés et une population de 
33%000 habitants. Gonsuite e'ebaur, /.es Slaves uëri- 
diona.x et leurs pa9$ , dans leurs rapporls aae,¢ 
toir¢  en allemand; Leipzig, 1851 ). 
FIO,TIGXA,' ville de France, ¢hef-lin de canton 
dans le département de i'H .r a u I t, sr l'étang de 
Ionne, h 2 kilomètres de la Médterrané, avec 9.,t9 laahi- 
tan/ et de nombreuses distilleries d'eaux-de-vie. On y .-C 
coite d'excellents vins muscal.% dits aussi vins de Lu ne.'-, 
les meltleurs de France aptèsceu de Rivesaltes. Son terri- 
toire produit en outre de très-bons vins rouges. 



FRONTIGNAN 
Fronlinan n'apparalt guère dans l'histoire avant le dou- ' 
zime siècle, époque o0 nu cbAn fusilWs'étevt sur son 
emplaoement. En 1562 les oelvinist assiëgèrent inutile- 
mt la lle. En 129 Louis Xlll  éblit un se pfinpal 
'au. Frontignan éit alors une plaoe im 
.ur le mme mafflue de la provinoe. 
FBONT[N personne oemique. Héritier du De de 
la méie cienne, anenr du S c ap i n et du Merlin 
 la  du dix-ptitme siècle, Froutin t une crtiun 
doe poet oemiques du dk-huitièm Yalet plus impudt 
qnc fourbe, pins audx que , n nom indique as- 
 qu'il a unfnt à ]'épreue de tout, qui ne rougit et 
qui  plit jamais. CMst lui qui est le mMtre véritable de 
lui qu'il veut bien apl n marre, qui le dirige dans 
 affair,  intdgm, oes plMsirs ; c'est le/qui nduit, 
ou mme, au bin, chas i créanciers; c't Ftiu 
qui, toujours amant sans cérémonie de quelque vive et gen- 
tille Main, la fait a#r ur Damis ou FIorville, près de 
quelque beautë tdoe ou génoe ; c't en,re lui q, 
dans l'cession,  plaoera entre son patron et un père ou 
un oncle irrité, dont il bvera I me et la oenne. 
Quelqu anué aval la révoluon, la liFre 
posdait un acur dont le tNsique et le lent ient 
versonoilition pfMte du Fronfin de nMre thtre. 
nommait Augé. Dotal, dans n me de la Dmation 
thedtrale, I'a racri par c deux ve : 
On toit étineeler dans son regard mutin 
Et l'amour de l'intrigue et la off du butin. 
Après la rraite d'Au#, Du gazon reproduisA en pavie 
pe de vaMt effronté, qui depuis a disparu de  snc 
françaioe, cmme presque tout l'emploi dit de la grande 
ca»açue, fl ne repréntMt #us oe qui se poe dans la 
¢ié, où il N a bien en,re d vale solents, mais seule* 
ment dans les cl où l'on ne por  la livr. Ovaav. 
FONTIN (Sexes JVLtVS Fnosvs ). La maison 
Jua  diviit en plurs famille, dont l un étaient 
tienues, les autr plébëiennes. Il est proble que la 
branche à laquelle appartenait Frontin éit an nombre de 
s dernr% et ne tenMt int par des rappos de nté 
aux Jnlius qui comptaient parmi eux César. FrontM vivait 
au tetops de Vespasien. Quant à lui, il était devenu pat- 
rien par 1 charg que s pères avaient cupées oeus 
l emreu. La première mention que nous ayons de lui 
t d à Tacite, qui dit qu'il oenvoqua le nat en qualité 
de préteur de la ville; i  it d'ailleurs où il naquit ni 
oe quel temps; on croit q«'il abdJqua la préture pour faire 
pla à Domitien, qui l'ambitionnait, et qu'il gaa ainsi 
bonnes Ac de Vpasn ; il pait que ce fut en l'an 74 
de notre tre. Il devint ensui oeul subrog (sqfect). 
 n't, il oet vi, qu'une conjecoe, mais elle est bien 
fondée : d'abord, il t rtain que Frontiu fut oensul, r 
Élien, ds nn ouage de sUate, l'appelle nsulaire. 
Puis, on n'voyait gre  Bree que d consulaifes, 
et oe oemmandement lui fut confië. On a lieu de croire qu'il 
obtint le consulat en I' de Bo 827 de l'ère de Var- 
ton; on oit même qu'il fut le coue de Domitian. Tacite 
le trai de grand homme: il dit que non-seulement il triom- 
pha du mbre, mais enre de la dficul des lieux. C'eit 
dans la guerre de rl, dont il parait avoir été le suoe- 
ur. Lui-ratine eut pour sueur Agfioela, dt Ti a 
écrit M vie. 
Frontin umit i Silure. A n rovr à Ruine, il - 
t I Stralagèm et s attU ouvres militaire. On 
croit qu'ils furent rédigés avant I e d Daces, mais 
apr oell de Gea&e, Domitt N ént mmé cinq fois, 
et toujours appelé Germanic, nom qu'il a deps 
Frontin avait djà t sur la n miliaire d livr que 
us n'avons plus. Il sMit aussi ooeu de la ctique 
au femps d'ilomèoe, et Élien lute  ouvres. Sous  rè- 
gne de Domitien, il vcut rir près de Ro, où il venait 
amoins ass souven r Pline dit ds une   

-- FRO[TON 
tres l'avoir conlté sur une affaire, on peut conclure de ce 
passage qu'il était jurisconsulte, ce que prouve d'aill¢ttrs 
le soin qu'il apporte, dans son raitœe des Aqueducs,  ci- 
ter les sénatus-oousultos re|atifs  son sujet, il résulte d'une 
épigramme de Martial qu'il fut deux fois consul, et l'on a 
lieu de penser que son second consulat se rapporte à l'an 87, 
car immédiatement il eut la direction des eaux, nomination 
qui lui arriva, comme il le dit lui-m{me, sous Ner'va ; mais 
il n'acheva son Trait sur les Aqueducs qu'après la mort 
de ce prince. Frontin était avide d'instruction ; il ne trou- 
vait rien de plus hunteux pour un homme supérieur que de 
se laisser guider par les conseils des subalternes. Pline vante 
aussi sa probité, son désintéressement. Il monrut dans les 
premières année du règne de Trajan. P. ne GoLnÉav. 
FRONTISPICE. Par ce mot, formé du latin frons, 
Jrontis, front, et inspicere, voir, regarder, un désigne en ar- 
chitecture la face principale d'un temple, d'un palais, d'un 
édifice d'utilité publique. Ainsi, le portail d'une église, la 
porte d'un hOtel de ville, ou d'une prison, quand leur déco- 
ration a un caractère déterminé, sont des frantispices. Par 
analoe, on a donné ce nom à la première page d'un livre, 
représentant par des symboles la nature, l'objet, le résumé 
des matiêres dont il traite. 
FRONTON (en latin frona dflcii). Les deux eètés 
du toit s'Alevant iusensiblement pour  joindre sous un 
angle obtus dans le faite, forment au-dessus de la façade 
principale un triangle qu'on appelle le.fronton. Chez les an- 
ciens, le fronton était un des principaux ornements des 
temples, et celuipar lequel on les distinguait particuliè- 
rement : le Ironton était essentiel pour donner à ces édifioes 
de la dignité et un extérieur solennel. Les antres monuments 
publics avaient rarement cette décoration. On en ornait 
encore moins les habitations des particuliers, qui avaient 
ordinairement des toits plats, de sorte quelles ne pou- 
vaient avoir de fronton; mais lors mme que le toit 3' était 
en pente, on ne pouvait point y appliquer un fronton 
corWd'une entiche, qui l'isolait. Lorsqu'il fut permis à 
ç_sar d'orner sa maison d'un fronton, on regarda cetîe 
permission comme un honneur diviu. Il fut sans contre- 
dit le premier à qui celle permission fut accordée; par la 
suite les maisons des empereurs et d'autres personnages 
ditingués en furent également alCurées. 
Le champ triangulaire du fronton portait le nom de 
panum. Ce mot sient peut-ètre de ce que la peau du tam- 
bour dont on se servait dans les mystères était chargée de 
divers ornements, et que le champ «lu fronton, qui resm- 
ble on peu à une peau tendue sur l'ouverture du toit, en 
était également couvert. A la façade anterieure du terapie, 
on plaçait quelquelois sur la corniche des statues, des vases 
et des ornements de feuillage. Pour donner une assiette sre 
à ces statues placèes sur un plan incliné, tel qu'était la cor- 
niche qui entourait le fronton, on plaçait sur le sommet du 
fronton, et a ses deux extrémités, des piédestaux appelés 
a c ru tères. Dans les temps les plus ancien.% le champ du 
fronton était sans ornements, comme on le voit encore au 
temple de Poestnm, à celui de la Concorde à Agrigente, à 
celui de Sègeste, et mSme au tmple de Thésée à Athènes. 
Par la suite, le fronton des grands temples célèbres, surtout 
de ceux qui furent construits après la guerre des Perses, 
fut ordinairement ornë de bas-reliefs travaillés par les ar- 
tistes les plus distingués. Les sujets qu'on choisissait avaient 
le pins souvent quelque rapport au dieu auquel le temple 
était consacré. Quelquefois on choisissait aussi un sujet pris 
dans l'histoire de la nation ou dans celle de la ville qui 
faisait bat/r le temple. On peut citer pour exemples les 
froutons du Par thénon, du temple d'Herenle à Thèbes, 
du grand temple de Jupiter à Agrigente, du temple de 
herbe Aléa à Tégée, du temple d'Apollon à Delphes, du 
temple de Jupiter à Olympie, du Pa n th éon de lome, etc. 
A l'époque où le bon gotR de l'architecture fitt altéré 
par le goret des ornements, on raidit aussi surmouter de 
frontoas les portes et les fenêtres. Le père Laugier veut ab- 



S2 FRONTON -- 
solument restreindre les frontons aux seuls toits. Vitruve 
parait aussi ètre de ce sentiment. On a cependant observé, 
en faveur de l'opinion contraire, qu'un fronton est assez 
naturel au-dessus d'une porte ou d'une fenètre, lorsqu'on 
a orné les parties de corniches trës-saillantes, parce qu'a- 
lot- le fronton représente le toit de ces ouvertures. Il faut 
néanmoins convenir qu'à une laçade dont les fenêtres sont 
h peu de distance l'une de l'autre, ce grand nombre de 
Irontons fait un mauvais effet, à cause des nombreux an- 
gles pointus qu'on , voit de tous cttés. Cet effet des fron- 
tons de lentres de`vient encore plus désagréable quand, les 
étages sont séparés par des corniches ; car alors les soin- 
mets des Irontons sont trop près de ces corniches : ce qui 
forme encore de nouveaux an{les par le point de contact 
du sommet du |ronron avec la corniche de séparalion. 
On appelle fronton à jour celui dont le tympan est 
évidé pour donner de la lumière à quelque logement prati- 
qué par derrière;fronton brisd, celui dont les coruiches 
rampautes ne se joignent point, mais sont retournees par 
redanls ou ressauts ;fronton double, celui qui en couvre 
un autre plus petit dans son tympan, comme au gros pa- 
villon du Louvre, où on en a pratiqué trois l'un dans l'autre; 
fronton 9othi9ue, une epèce de pignon à jour, et orné de 
moulu,-es de lorme triangulaire, renfermant une rose de 
`vitraux, comme on en oit aux portails latéraux de Notre- 
Dame de Paris ; fronton tar enroulement, celui dont les 
deux corniches rampantes ne se joignent point, et sont con- 
tournees en enroulement, formant des epëces de consoles 
coucbées; fronton sans base, celui dont la base ou corni- 
che de niveau est coupée et retonmee d'équerre sl,r des co- 
ionnes ou pilastres; fronton sans retour, celui dont la base 
n'e.t pas protilée au bas des coruidles rampantes; fronton 
rraonté, celui dont la pointe est plus élevée que les bon- 
nes proportions ne le permettent, et qui tient du fronton 
gothique ; fronton surbaissd, celui dont la pointe et plus 
baçse qu'elle ne doit tre. A.-L..[ILLIN , de ['institut. 
Les frontons qui à Paris se font remarquer par leurs 
scolptures sont ceux de l'église de la Iadeleine, de i'eglise 
Sainte-Geneiève, du palais du Corps législati, de la porte 
orientale du Louvre, etc. 
C'est sans doute l'emploi des voùtes, plus particulièrement 
adoptées daus l' a r c h i tec t u re romaine, qui a donnë lieu 
auxfrontons circulaires : on en voit un de ce genre au 
portail de Saint-Gervais à Paris. 
Les figures de runde bosse ont ,'té quelquelois employées 
pour la décoration des frontons. Ce système, rarement suivi 
dr nos iours, est cependant dans certaim cas d'un bel effet 
architectural. 
FROXTON (lI^ ct-s Consensus Fo,xo), célèbre orateur, 
fut uu des précepteurs de .1 af c-Aurèle, à qui il ouvrir les 
seux sur le peu de 'valeur des protestations de ceux qui en- 
tuurel,t les grand. Aulu-Gelle et d'autres auteurs vantent 
son eloquence, son érudition, sa sagesse : dés le temps de 
l'empereur Adrien, il s'était acql,is la réputation d'un des 
plus habiles légistes de lome, llarc-Aurèle lui fit élever une 
statue par le sénat et le fit subroger consul pour deux mois. 
Sans adopter les éloges exagérés d'Euménias, qui met Fronton 
sur la mme ligne que Ciréron, nuus reconnaitrons avec ses 
contemporains qu'il avait la parole grave, le st?le élevé, le 
gm't pur, ql,alités alors ntgligées dcpuis longtemps, et dont 
les exemples étaieut à peu près perdus. Aulu-Gelle fréquen- 
tait beaucoup Fronton dans sa le,n,sse; il dit que a con- 
versation était nourrie de toutes les b,lnes doctrmes. Nom 
n'avons plus un seul de ses ou`vrages entier; nous n'en pos- 
sédons que des fragments, entres autres de son traité De 
Di.[ferentis verborum. Qt,clques auteurs lui ont mal à pro- 
pos attribué lin dt-cours contre les chrétiens, qui est d'un 
autre F;onton, de Cytha, en umidie. En 1815, l'abbéAn- 
gelo 5laio découvrit dans la bibliothèque ambroisienne quel- 
ques inorceaux de Fronton qu'd lit impr;mrr : quoique très- 
restrei,,te, cette publication justifie le jugement qu'un a 
porté du t,térlte de cet auteur. Le ,ume savant publia, à 

FROTTEMENT 
Rome, en 1823, une correspondance de Fronton avec Marc- 
Aurèle, qui a été tçaduite en français en 1830. 
P. » Gonav 
FROSCIIDOBF dont les Français ont fait Frohslordr 
en "vertu de cette grSce d'état qui leur permet d'éoercher 
impunément tous les noms étrangers, appelé d'abord Crot- 
tendorf, seigneurie et village de la basse Autriche, avec 
un magnifique chSteau et un "vaste parc, à cinq m,riamètres 
au sud de Vienne, non loin des frontières de Hongrie, sur 
la rive droite de la Lutha, appartint, au treizième et au qu. 
torzième siècle, à la famille Cr9ttendorf. En 1350 cette 
gneurie fut réunie a,, comté de Putten ; puis en 152 elle 
lut "vendue au baron Teufel, et en 1620 une vente nouvelle 
eut lieu au prnfit des comtes de Ho¥os. En 1822 Caroline 
Bonaparte, veu've de Murat, ex-reine de Naples, qoi pre- 
nait le titre de comtesse de Lipona ( anagramme de .Napoli ), 
en fit l'acquisition. 
Dans ces dernières années cette seigneurie est de'venue la 
principale résidence de la branche alnée de la maison de 
Bourbon, depuis qu'en 8 la duchesse d'Angouième y fut 
"venue fixer sa demeure. A la mort de cette princesse, son 
ne'veu le comte de Chambord en prit possession : il y passe 
aujourd'hui la plus grande partie de l'année, et a beaucoup 
embelli les vastes appartements du chMeau. 
FBOSINOX E l'ancien. Frusino du pa,s des Volsque«. 
chef-lieu de la delegation du mme nom dans les États de 
l'Église, qui, avec l'encla've napolitaine de Pontecorvo qu'elle 
renferme, comprend une superficie de 3 myriamètres carrés 
avec 142,000 habitants. Cette ville, au total sale et mal 
bàfie, est située sur la grande route de Iaples, sur une bau- 
teur dominant une petite rivière appelée Cosa, et compte 
7,000 habitants. 
FPOTTEMET. Si les corps n'avaient pas de pores, 
et si leurs surfaces élaient parfaitement polies, le moindre 
ptit effort ;uflirait pour dé.placer une masse d'un poids quel- 
c,nque qui reposerait sur une surface plane ; il en est bien 
autrement : tous les corps sont plus ou moins poreux, et 
quelque bien polis quïis soient, leurs surfaces ont toujours 
des aspérités, de sorte que deux corps qui g|issent I'nn sur 
l"autre s'accrochent réciproquement. Cet obstacle, que la 
force motrice doit vaincre ì son dètrimenl, s'appelle frotte- 
ment. 
Le |rnttement est produit de plusieurs manières dif/éren- 
tes : 1 ° par les corps qui glissent sur une surface, comme un 
tralneau sur la neige, une route : le Irottement produit de 
cette manière est, toutes choses égales d'ailleurs, le pire 
considbrable, parce que le fardeau qui est ainsi trainWdoit 
abattre les apèrites qui l'arrètent, ou ètre soule'vé por les 
surmonter;  lorsque le corps en mouvement est supporté 
par des pivots c:ylindriques, la résistance produite par le 
frottement est beaucoup moindre que dans le mouvement 
rectiligne : ainsi, par exemple, un seul homme suffit pour 
mettre en volée une cloche du poids de plusieurs milliers 
3 ° dans le transport de la plupart des fardeaux, on diminue 
le irottement en les soutenant sur des cylindres ou des 
sphè!'es : c'est cet olfice que remplissent les roues des "voi- 
tures, les rouleaux qu'on place successivement sous les 
blocs de pierre, les grosses pièces de charpente que 1'o 
conduit à de petites distances; dans ce s,stème, les rou¢ 
en tournant se dégagent des aspérités qu'elles rencontrent 
sur la oie, comme ferait une roue dentée qui tournerait sur 
une crémaillère; 4 ° afin de produire le moins de Irottement 
possible, les mécanictens font soux'ent tourner les pivots des 
arbres de certaines roues sur des 9alors : ce sont de petits 
disques qui teurnent eux-mmes sur des pivots. 
Quel que soit le s,stème de mouvement qu'on adopte, 
atténuera les effets du frottement par le poli, ou bien en 
bouchant les pores, les creux des surfaces Irottantes, avec 
des graisses, des bulles, de la cire, etc. Le frottement offre 
moins de résistance lorsque les surfaces en contact sont de 
nature ditfi;rente : aih»i, ,in pivot de fer tournera avec plus 
de facilité sur lin coussinet de cuivre que sur un pareil 



FROTTEME3 
coussinet en fer. Un corps solide qui est en mouvement 
sur un liquide éprouve bien moins de frottement que s'il était 
porté sur un pavé : au-si fa«t-il moins de force pour trainer 
Ch bateau qui est sur un canal que pour tirer une charge 
pareille sur une route. Les chemins de fer n'ont pas d'autre 
propriété que celle de diminuer le froltement que les roues 
de.ç chariots éprouvent sur les voies ordinaires. Les fluides 
et les Ikluides qui se meuvent dans des conduits Craits et 
d'une Ionguetlr un peu considérable y éprouvent des effets 
du frotte,lent qui ralentissent leur marche d'une quantité trës- 
sensible. On augmente, au contraire, le frottement en ajou- 
tant au poids des pièces mobiles, en interposant des sables 
durs cuire les surl'aees froltantes. 
Si les frottements sont un des grands ohstacles qui s'op- 
posnt à la perfection de la plupart des machines, il y en a 
aussi qui ne seraient d'aucun service sans le frottement : les 
vis et les Crocs, dont on fait un si grand usage pour fixer, 
presser, se relclleraient d'eux-reCes sans le frottement ; 
il en serait de m/medes chevilles qui servent à tendre les 
cordes des violons, des pianos, etc. 
On appelle coefficient deJrottement le rapport de la ré- 
sistance absolue du frottement d'un corps glissant sur un 
antre à la pression totale exercée par ce corps perpendicu- 
lairement  la surface de contact. Cette quantité, indépen- 
dante de la vitesse du mouvement et de l'etendue de la sur- 
face, est toujours moindre que l'unitC elle représente la 
valeur absolue de la résistanceau glissement sous l'unitA de 
pression. Les corps étant supposés secs, il résulte desexpé- 
riences de Coulomb, de MM. lorin, Poncelet,'elc., 
qu'en moyenne le coefficient de frottement est po«if bois 
sur bois, 0,36 ; bois sur reCaux, o,4; cordes sur ch/ne, 
o,5 ; cuir fort  plat sur bois ou métal, le cuir étant baltu, 
0,30; reCux sur reCux, o,18. Ces chitfres sont relalits -u 
frottement de glissement. Quant au frottement de roule- 
ment, M. Poncelct a donné des tables qui contiennent les 
rapports du frollement à la pression, dans le cas du roule- 
ment des surfaces c'lindriques sur des surfaces de niveau. 
On y trouve pour des ro«es de voiture 9arnies enfer, che- 
minant sur une chaussée en sable et cailloutée a nouveau, 
0,0634; sur une chaussée en empierrement à l'Cat ordinaire, 
0,014 ; sur une chaussée en empierÆement en parfait etat, 
0,0150; sur une chaussée en pavë bien enlretenu, au pas, 
0,0185; id., au Irai, 0,0328 ; sur une chaussée en planches 
de cbëne brutes, O,Ot02; pour des roues enfante, sur 
rails en bois saillants et rectilignes, 0,003; sur oruires 
plates en fer, 0,0035 ; sur orniéres saillantes, avec alimen- 
tatiin de graisses ordinaires, 0,001  ; id., avec alimentation 
de aisse continue, o,ooto, etc. 
FIUCTIDOR formé du latin fructus. C'était le 
iouzième mois du calendrier républicain. 
FIUCTIDOIX (Journée d«t dix-huit) ou du 4 seplembre 
t 797. Depuis lonemps le D i re c to i r e niCait plus exempt 
,le reproches : on l'accusait hautement de vénalité, on lui 
imputait ,le fréquents abus de pouvoir. L'un de ses membres 
surlout, Barras, blessait l'opinion républicaine par sa con- 
duite ind&nte, son luxe, sa rapacité mal déguisée, son 
mVpris de tout principe public et privé. De leur cté, les 
royalistes poursuivaient leur guerre incessante de plume 
de discours, de calomnies, d'intrigues et de conjurations. 
Arguant des résultats, ils attaquaient la révolution dons 
ce 9ouvernement faible et sans prestige. Cependant, trois 
de ses membres espéraient encore pouvoir diriger la puis- 
sance p,blique entre les deux opinions vivaces du pays, 
le ro.valisme et le républicanisme; mais ils étaient sans par- 
tisans. Dans ces fautes, dans cette mollesse, dans cette cor- 
ruption, dans cette fatigue des opinions désenchantëes, le 
parti monarchique puisa quelque espoir; il ne devint pas 
une puissance, mais une cause active de discordes lutC 
fientes. Maltre de la majorité du Conseil des Cinq Cents, 
par le fait «les nouvelles éleclions, ce parti appela P i c h e 
; ru à la prés;.dcce de cette assemblée. Or, tout le monde 
savait ql,'ennemi du gouvernement, )1 était prét à donner la 
DIC'r, ne LA 0[£R5, ,-- T. X. 

-- FRUCTLDOR ai 
main à une restauration. On le supposait mme entré dan 
des intrigues puissanles. Deux généraux, Desaix et [oreau 
' avaient des preuves de ses relations avec l'ïtranger ; mai 
ils se luisaient, parce qu'ils le voyaient Ca'gué des acreCs. 
Cependant, le Directoire, malgré le danger, s'était scindé 
en deux fractions: Rewbell, Barras et La Reveillére 
formaient la première ; C a r n o t et B a r t h é I e m y compo- 
saient la seconde, ou l'opposition ; parmi les assaillants, on 
remarquait la ligue militante des journalistes : Fo ni ane s, 
Suard, 5lorcllet, La llarpe, Michaudjeune,etc. 
Ces hommes aràents plaidaient pour les doctrines tombées, 
pour le ryalisme. La guerre qu'ils faisaient au Directoire était 
rise : elle agitait et troublait l'opinion publique. On senlit 
qu'il ílait temps d'y mettre fin. Bonapatte aperçut le danger 
du fond de l'ltalie. Il envoya à Paris un aide de camp avec 
mission de suivre la marche des affaire«. On ne parlait 
plus à l'armée d'ltalie que de l'agitation de Paris, de l'au- 
dace des émigrés ralliés, de l'envahissement du lOUvoir 
lëgal par les trailres. Le général Bonaparte, en passant 
une rerue le 14 jllillet 1796, avait dit àses soldais : ,, Ju- 
rons sur nos drapeaux guerre aux ennemis de la république 
et de la eonstitulion de l'an m ! ,, Et ces paroles avaient rallié 
tous les patriotes; Cllaque division, chaque brigade de l'ar- 
mée d'ltalie avait rédigé son adresse, et ces adresses se 
ressentaient des craintes du général et de l'agitation violente 
des esprits. Berthier les envoya au Directoire et aux con- 
seils. Les armées de Sambre et leu.¢e et du Rhin, parta- 
geant les sentiments et les préoccupations de l'armée d'llalie, 
s'adressèrent aussi au Directoire par voie de pëtilion. 
Il s'opéra dès lors un changement tolal dans le public. Cha- 
cun pressentait l'approche et la nécessilé d'un coup d'Êtat 
cette alternalive inquiétait cependant bien des patriotes. Sans 
doute, la république existait toujours, mais il fallait l'affer- 
mir. L'Cotion clair vive partoul ; elle l'Cait surtout dans 
les assemblées. Là, rompant en visière au gouvernement, 
la majorilé légale mellait en avant les projels les plus sub- 
sersifs. Tout à coup, le 17 fructidor, le bruit se répand 
qu'un coup d'Ëtat va èlre frappé par le Directoire, et que des 
mandats d'arrét sont déj/t signés. A celle nouvelle, les 
députés factieux se refroidissent sisiblemenl, et eertaine 
atlaques r, ont ajournées. Les plus compromis, les plus vio- 
lents, se cachent : l'action du lendemain doit tout terminer. 
A u ge r e a u, récemment arrivé d'Italie, la présidera avec 
cette audacieuse jactance qui le caraetérise. 
A trois heures du matin, le 18, Augereau, nommé la veille 
commandant de la division militaire de Paris, investit le 
Corps Ié#slatif et dispose ses troupes comme pour un 
saut. Quelques affidés enlourenl la demeure et le jardin de 
Carnot; mais ce directeur les fait retirer en les menaçant. 
Au coup de canon signal d'alarme, le poste du Pont-Tour- 
nant est foreC et un des lieutenants d'Augerean, le général 
Lemoine, vient camper dans le jardin des Tuileries. Ramel, 
commandant de la garde du Corps législatif, veut l'en 
cher ; il n'y rénssit point: Augereall s'élance sur lui, le dësar- 
me et lui arrache ses épaulettes: il est suivi de 8,000 hommes 
et de quarante piCes de canon. Déjà des batteries sont pain- 
tées s«r les bAliments des deux Conseils. A quatre heures, 
le gënéral Verdière fait signifier à quelques députés assem- 
bles en comité au pavillon Marsan l'ordre de sortir du lieu 
de la séance, et sur leur refus, il en fait fermer les portes 
et les retient prisonniers. Ramel, ahandonné de ses troupes, 
est envoyé au Temple. Pichegru, sur lequel les soldats, in- 
terpellés par quelque. deputes royalistes, n'ont pas osé por- 
ter la main, est arrëté par quatre officiers, à qui Augereau 
en a donné l'ordre; oelui-ci terrasse lui-reCe Aubry et Vil- 
lot. Delarue est au moment de lui brdler la eervrlle, mais il 
dt"lo,rne rapidement le canon du pistolet, qui part; Delamao 
reçoit ,u coup de baonnélle. RayUre et Pichegru sont bles- 
sts, et leurs habits mis en lambeanx. Vers midi, la majorité 
«les membres du Conseil ent pénílrer dans l'enceinte; mais 
les halonnetles sont croisées : il faut se retirer. Un détache- 
ment de c,asseurs disperse et arrête les députés. I Luxemo 
$ 



bourg est cerné par des soldats : Carnet échappe à leur sur- 
• eillance par une porte du jardin qu'on ne connaissait pas, 
et,  défaut d'amis, gui tous sont glacés d'effroi, un pauvre 
portier le recueille et le cache derrière un paravent de sa 
loge. Si Rewbel et Barras l'eussent pris, ils l'auraieut hissé 
fusiller, tant ils le haïssaient. Barthélemy, malade, est saisi 
dans son lit, et porté au Temple. Il joint les mains en s'C 
criant : « O ma patriel » Son domestique, Letellier, un 
»'ieiilard, veut le suivre : « Quel est cet homme ? dit 
tenu. -- bien ami, répond Barthélemy. -- 11 ne sera pas lentL de vous suivre à Snamary.- Je suivrai partout mon 
malh'e! s'Crie Letellier. ,, Et en effet il alla " Cayenne, et 
mourut au retour, quand les déportés s'enfuirent, c'est-a- 
dire dans la traversée de Démérari  Lomlres. Carnet par- 
vint  se sauver. Le bruit courut qu'il avait ëté assassine, et 
on en accusa le Directoire. Un grand nombre de jomna- 
listes contre-révolutiounaires, et principalement ceux que 
noss avons nommés plus haut, furent également arrètés. 
Le peuple applaudit h ce mouvement, sans pomtaut se 
mëler aux troupes. Quand leur mission fut remplie, les cris 
de vive la rdtublique! se firent entendre partout. Le pu- 
blic approuva le coup d'État dës qu'il cummt les explica- 
tions du Directoire : elles donnaient des preuves positives 
du complot, et dt.montraient qu'il y avait eu imposibilite de 
se concerter avec les conseils pour prendre legalemeut les 
mesures qu nécessilaient les circonstances. 
Ceux «les membres du Corps législatif qui étaient lib es de 
toute influence se réuuircut à dix heures, les Cinq Cents 
dans la salle de l'Odéon, les Anciens a l'École de Médecine. 
Les grenadiers de lamel, sur lesquels les factieux avaient 
compte, sinrent se ranger autour des Conseils épurés aux 
cris de vive la rœepubliquet Les deux assemblées se cons- 
tituèrent. Lamarque p¢sidait tes Cinq Cents. Une com- 
mission «le cinq membres fut nommée pour prësenter sous 
peu d'heures des mesures «le salut public, et des renseigne- 
ments plus positifs forent demandes au Directoire. On les re- 
çut dans la sédnce du soir. B o u I a y (de la Mcurlhe), chargé 
de faire un rapport h ce sujet, monta à la tribune : ,, Vous tes 
vainqueurs aujourd'hui, dit-il en terudnant : si vous n'uez 
pas de la victoire, demain le combat recommencera  mais il 
sera sanglant et terrible ....... Il ajouta que cetriomphe nou- 
veau de la république ne coùterait point de sang à la patrie. 
A la suite de ce rapport, la commission des cinq proposa 
un projet en neuf articles, dont :a principale dispo.itien 
était la deporlation de 83 dél,Ulé. Le conseil, après discus- 
siou, réduisi! ce nombre  65. Thibaudeau, Dupent (de 
blemoars) et P o n t é c o u I a n t furent ra'és de la liste de pros- 
¢r_iptioa. Grégoire parla en faveur de SireCn, sans pou- 
voir le sauver. Boissy d'Anglas, Bourdon (de l'Oise), 
Du molard, Henri Larivière Camille J o rdan, P astoret, 
Pich, gru» Villot, du Conseil des Cinq Cent., et Barbé d e 
lfarbois, ltatthieu Dnmas, Lafond-Ladébat, P, ovère, 
Tronç.n-Ducoudra'» Portalis, du Conseil des AncieL% étaient 
parmi les proscrits. On grossit la liste des direcleurs Car- 
ot et Barthlem, ds prévenus de haute trahison Lavil- 
leurnoy, Brottier; de l'ex-mirdstre Coch o n, de l'ex.géné- 
rai .liranda, et de plusieurs journalistes. M e r Il n (de Douai) 
et F r a n ç o i s ( de ieufchteau ) remplacèrent au Directoire 
Barthélemy et Carnet. Tous les corps de l'f:tat conservèrent 
leurs fonctions. La population de Paris ne fut pas profon- 
dément troublée; mais Bonaparte connut par cet événement 
loute la laiblesse du Directoire. Il put luger combien il lui 
serait facile de renverser ce gouvernement. 
Frédéric 
FBUCTIFÈRg (de fruetas, fruit, et fero, je porte ). 
l.n arbr ou tout autre vêgëtal chargé de fr»is ou de graines 
est fructit'ere, il porte des fruits; les fleurs fécond6es sont 
fructifères, ellesproduisen t des,fruits; ,n bourgeon à fleurs 
l'est aussi, car il peut en produire. L'adicetif 
s'applique donc aux végétaux ou parties de végétaux q«i 
Ferrent, produisent, peuvent produire des f Il ni ts. 

FRUCTIDOR -- FRUGIVORE 
FRUCTIFICATION opération par laquelle toute fleoe 
devient un fruit, qui régénère sa plante. Linné définit la fruc- 
tification : • Partie temporaire des végétanx mettant fin au 
vieilindividu et en recommençant un nouveau. » Suivant de 
llirhel, ce mot peut aussi se prendre en plusieurs sens : tan- 
ter il indique les changements successifs qui font passer ru- 
raire à l'ëtat de Iruit parfait, tanlt les différentes parties 
dont l'ensemble compose le Iruit, lant6t l'ensemble des 
fruits eux-ratines sur un végétal quelconque. 
FItUG&LITÉs sage emploi des choses mises à notrë 
disposition avec plus ou moins d'abondance. Cette modé- 
ration s'applique principalement  la manière dont on se 
nourrir. On voit des gens riches dout la table est somp- 
tueuse, et dont la frugalité néanmoins se montre exeta- 
plaire. Le luxe de leur table est une nécessité de leur position, 
tan,K., que la frugalité est une vertu dont ils ont lait choix. 
Il faut cependant reconnallre que chez les peuples qui pos- 
sèdent de véritables richesses, la frugalité devient de plus 
en plus rare, parce qu'alors tout s'achète, et de préférence 
ce qui flatte les sens. Au commencement de leur histoire, les 
Bomains étonnent par les excès mdme de leur Irugalité; 
mais  peine ont-ils, les armes/ la main, conquis tout l'or 
de l'Orient, qu'ils effrayent non-seulement par une multitude 
de vices, mais l'heure par des dépravations de g]outonoerie 
|usque la inconnues chez tous les peuples, et qui, pour tre 
certaines, n'en paraissent pas moins incroyables. Au déclin 
de la républiqne, les hommes les plus remarquables par 
leur géne et leur éloquence n'étaien pas "fi l'abri de ces 
nmnstruosités : Cesar comme Cicéron connaissait le verni- 
torture, qui leur permettait te mme jour d'ëtre convives 
partout où on les invitait. Vitellius, devenu empereur, d6 
vernir en quelques heures, avec ses commun»aux, de quoi 
nosrrir un mois des populations entiëres. En général, plus 
l'intelligence d'un peuple s'amoindrit, plus sa frugalité dis- 
paralt. Les Hottenlots, qui son placés au plus bas degre 
de la vie sauvage, ont coutume, dans leurs ftes, de se g0r- 
ger de mouton, qu'ils découpent par bandes, jusqu'à ce 
que, devenus incommersurablement enflës, ils tombent dans 
une espëce de sommeil h'thargique. La frugalité est donc un 
des indices de la civilisation : on la retrouve au nombre 
des devoirs de la religion chrétienne. 
FIiUGIVOI|E qui vit de fruits. Si l'on prenait le 
mot J'r u i t dans l'acception générique des botanistes, qui 
l'appliquent h toute espèce de graine ou de semence.quel- 
conque des végetaux, le nombre des rares frugivores s'Ceu- 
drait indëfiniment. Mais le langage ordinaire réserve le nom 
de frui aux pércarpes succulents et charnus ou pulpeux 
qui enterrent beaucoup de graines, pepins, noyaux, on aman- 
des d'arbres et d'herbes, lqous nous bornerons donc ici 
l'acception commune, pour n'appliquer la qualité de Irogi- 
vote qu'aux animaux tels que les singes ou quadrumaneç 
parmi les mammifères, bien qu'une foule de rungeurs et 
mme certains carnivores plantigrades, des marsupiaux des 
ruminants, ne refusent pas les fiuits. Chez les oiseaux, oe 
place au premier rang des frugivores la grande famille 
per r oq u ets et les autres grimpeurs : picoides, barbus 
 bucco), couroucous { trogon ), nis, tuuracos, musophages; 
puis le mufles, tangaras, lot lu ts, b ouvreuil s, Ioxias, 
étourneau x, figuiers, etc. On sait que plusieurs gai- 
Il n a c é s et p i g e o n s ne ddaignent pas un grand nombre 
de fi'uits, comme toutes les semences, leur nourriture hah 
tuelle. Enfin, si l'on veut également appeler frgivores 
toutes ces rares d'insectes qui, soit à l'Arat de larses et de 
vers, soit'/: l'Cut parlait, rongent les fruits, telles que sont une 
foulede teignes, de pyrales, de mouches, de cha- 
rançons, de bruches, et mme des fou trois, des gui- 
pes, etc., désolant nos jardins, la quantitde ces tres mal- 
faisants paraltra bient¢t illimitée. 
lloins nourrisnt que la ci:air, mais plus substantiel que 
l'hebe, le fruit avec sa graine est la portion la mie« 
élaborée des végétaux, la plus alimentaire, la plus riche, 
la plus savoureuse. Ausi l'organisation des frugivores» 



if 

FRU6IVORE 
mammioEres et oiseaux, correspad à ce genre d'alimenta- 
tion. Leurs intestins n'ont ni l'extrême longueur et dilatation 
des races la e r b i v o r e s, ni l'étroitesse de ceux des c a r n i- 
v o r e s. Leur instinct n'est nullement féroce comme dans 
ces derniers, ni si stupide ou amorti que celui des brutes 
paissant la verdure ou rongeant le bois. Au contraire, ces 
frugi,ores, singes, perroquets, sont inlelligents, imitateurs ou 
mimes, ils vivent déjh en une sorte de sociëté : ils deploient 
des facultés perfectibles; unis par couples en monogamie, 
leur existence est longue, leur chair sèche et tenace; ils ai- 
ment la chaleur, et se tiennent naturellement entre les tro- 
piques. 
De 1 on a cherch si l'homme de la nature sauvage, sans 
Cre un singe, n'avai pas quelques qualités qui l'en rappro- 
chassent. Il parait éxident, d'après les inslincts mme de 
l'entant, qu'il prefëre les lruits h la chair, nourriture trop 
putride et trop échauflante, qui souvent le rend malade. De 
même, la vie indépendante au milieu des bois, le charme 
qui y retient les sauvages, les Iabitudes imitatricts, moqueu- 
ses, grimaçantes, du jeme ge, offrent des traits merveil- 
leusement analogues à celles des-quadrumanes. Les perro- 
quet« représentent, dans la classe des oiseaux, les pincipaux 
attribuls des singes parmi les mammifères. Les uns comme 
les au,res manifestct le plus de développement de leur 
encéphale et le plus d'intelligence, ce qL i les rapproche en- 
core de la race humaine. On peut mème soupçonner, d'après 
ce déploiement cérébral concomitant de la vie truvore, 
que celle-ci est plus favorable  l'Cude que des nourritures 
trop lourdes ou attrayantes, comme la chair et la graisse. 
Les gymnosophistes de l'Inde ou les brachmanes, les 
p y t h a g o r ici e n s, se contentaient, les uns de bananes, 
les autres de fit u es ou d'autres fruits doux et legers. Aiu»i 
passèrent de longs siècles de contenplalion et de bonheur 
ces premiers sages de la terre,  l'ombre des palmiers et du 
figuier des pagodes, trouvant leur nourriture et leur abri 
sans Iravail, comme dans l'Eden ou le paradis terrestre. 
La vie frugivore est en effet toujours temperée; elle n'ex- 
cite ni les bouillonnements des passions, ni cette colëre 
guerrière qui anime les races du Nord, tortC de cha'3rs 
sanglantes, enivrées de boissons spiritueuses. Les doux en- 
fants de Irahma ont toujours ét opprimés, sans doute; mais 
ils ontsans cesse enseigné à leurs vainqueurs les verjus pa- 
cifiques et les premiers éléments des sciences comme du vrai 
bonheur. J.-J. 
FItUGOX! (Cxno-l,xso«:ezo), célèbre poëte italien, 
né  Gênes, en i£92, fut destiné / l'Cat ecclësiastique. En 
1716 il avait ciCà réussi  se faire un nom, lorsquïl fonda 
à Bre«:ia, us la désignalion de Colonie arcadenne, uoe 
espëce d'académie dans laquelle il reçut le nom de Co,ante 
Eg/netco. A partir de 1719, il fit des cours publics succes- 
sivement à Gènes et à Bologne. La protection du cardinal 
Bentivoglio lui vatut une réception des plus flatteu.es à la 
coin de l'arme. Ses Mmoires sur la maison Farnèse, 
publiës en 1729, lutent récompensés par le titre d'historio- 
graphe officiel. A la morl de son Mécène, le duc Antonio, 
Fr«goni revint  Gènes, où, s'apercevant que son état etait 
incompatible avec la tournure de son esprit, il parvint  se 
faire relever de ses VœU x par le pape Benoit XIV. 
Son grand can:one sur la prise d'Otan par les troupes 
eapagnoles aux ordres du comte lontemar, et d'autre« 
poêmes qu°il adressa à la mème époqne au roi Philippe 
et à la reine d'E.,pagne, eurent un succès immense. On l'ap- 
pela alors de nouveau a Patine; mais la guerre qui éclata 
sur ces entrefaites, en ttalie, entre l'Espagne et l'Aulriche, 
le r luisit à un état voisin de la misère. A la paix d'Aix-la- 
Chapelle. il put revenir à Parme, pour désormais se vouer 
exclusivement à la poé.gie, jusqu'h sa mort, arrivte en 1768. 
Il existe diverses édilions de ses œuvres ; la pins complële 
parut à Lucques, en 1779 ( 15 vol.).On en a aussi imprimé 
un choix à Breseia ( t vulmnes, 1782). 
FRUIT (du latin fruclus ). Pour le botaniste, le mot 
fruit dgsigne l'orairefécond et doevelopp. L'acte de la 

-- FRUIT 
fécondation à peineachevé, iessuc nourriciers e diri- 
gent vers l'embryon, et se partagent entre son enveloppe et 
lui-mëme ; alors la fleur change d'aspect : les organes 
les (tarnines) se flétrissent et disparaissent, la couche nup- 
tiale (corolle) se dessèche et tombe souvent ; souvent aussi 
les styles et le calice ont le méme sort. La conséquence na- 
turelle de ce changement dans la direction des sucs élabo- 
rés est l'accroissement du jeune sujet. Le fruit, de quelque 
végétal qu'il provienne, se compose toujours de deux parties 
plus ou moins rapproches, le p  r i c a rp e et la 9 r a i n e. 
Dansla poire, lapomme, le melon, la pch e, etc., elc., 
le péricarpe est tellement di.-tinct de la graine, que l'ombilic 
seul (hile) établit le contact; dans le froment, l'orge, 
l'avoine et une foule d'autres semences, ces deux parties 
adhërent à tel point qu'on les a crues longtemps dépourvues 
de péricarpe. Les différentes formes du péricarpe, sa struc- 
ture intérieure et extérieure, sa consistance, les rapports et 
le nombre des graines, ont jusqn'h ce jour servi de base 
la clas«ification des fruits : sont simples ceux qui provien- 
nent d'un pistil renfermé dans une fleur; multiples, ceux 
qui proviennent de plusieurs pistils dans une fleur ; secs, 
ceux dont le sarcocarpe est mince et peu fourni de sucs ; 
charnus, ceux qui l'ont très-dveloppé; dhiscents ou cap- 
sulaires, ceux qui s'ouvrent h l'époque de la maturité : in- 
d.éhiscents, ceux qui restent ferreC; enfin, on appelle fouit 
compose celui qui résulte de la fécondation distincte de plu- 
sieurs fleurs. 
Les principales formes auxquelles penvent se rapporter 
tous les fruits sont : Pour les fruits sinples, secs et ind- 
hisccnts : 1 ° le 91and (fruit du chine,noisette,etc.); 
° I' a k è n e (grand soleil ) ; 3 ° le polakène (graine de per- 
sil, de ciguë ) ; 4 ° la cariopse (blé, maïs ) ; 5 ° la smare 
( fruit de l'Cable). Pour les fruits simples, secs et déhis- 
cents : 1 ° la 9ousse ( hari cots, pot s) ; 2 ° lefoll'tade 
(laurier-rose,pieds d'alouet); o lasilique(choux, 
r a v es); ° la cap su le (pavot). Pour les fruits char- 
nus : 1 ° le drupe(pche, cerise ) ; 2 ° la baie (raisin, 
groseilles); 3 °lanoix (amande, noix);°la ba- 
lauste (fruits du lierre, du sureau ); 5 ° la peponide 
(melon) ; 6 ° l'hespéridie (orange, citron); ° la 
lonide ( poire, n è ri e ). Pour les fruits composes : 1 ° le 
c 6 n e ( fruit du p i n, du s a p i n ) ; 2 ° le sorose (m fi r e ) 
3 ° le syc6ne (figue). Cette classification, qui comprend la 
plupart des fruits, lais cependant beauconp à désirer; 
entre autrg« défauts graves, elle a ceint de confondre les fa- 
milles naturelles. 
Les fruits sont alimentaires à des deés fort différents, 
selon la nature et le nombre des éléments qui les con.ti- 
tuent. Les premiers sous ce rapport, ceux qui forment la 
base de l'alimentation chez tous les peuples civilises, sont 
les fruits foulents, composés, en proportions variées, de 
recule, de sucre, de gluten, d'albumine, de mucilage, de ré- 
sine et de sel. Les principaux sont le biC le seigle, l'orge, 
l'avoine, le riz, le maïs, les haricots, les pois, les feves, les 
châtaignes, les lentilles, etc. ; pour les rendre alimentaires, 
on les soumet ì différentes préparations. Leurs éléments 
sont d'une digestion plus facile et plus prompte que les snb- 
stances animales ; mais ils nourrissent moins et produisent 
un chyle moins stimulant. Ceux qui viennent ensuite sont 
les fi'uits nucoso-sucrs : beaucoup moins alimentaires 
que les précédents, ils ne suffiraient pas uls pour nourrir 
l'homme, smtout dans nos pays tempérés et dans les pays plus 
froids. Ils sont d'autant plus nourris.ants que le sucre et le 
mucilage y sont plus abondants, pluscondeusés. La prune, l'a- 
bricot, le raisin, la figue, etc., se mangent crus ou desséchés, 
ou cuits en marmelades, en gelCs, en conserves, etc. La 
plupatoE sont acides avant leur maturité. Les fruits olagino. 
féculeux, tels que les amandes douces, la noix du r, ocotier, 
les noix, les noisettes, etc., pins riches en principes d'assi- 
milation que les prieCents, ne peuvent tre mangês qu'en 
petite quantité, et sont d'une digestion difficile, à r.ause de 
l'huile qu'ils renferment. Les fruits acides rnucilooineux , 
5. 



16 
les moins nourrissants de tons, sont cnrore un précieux 
bienfait du Crcateur pendant les vives chaleurs de l'CW: ils 
rafralchissent et portent une abondante proportion d'eau dans 
le sang, appauvri par les pertes de toutes espëees. Leurs 
principaux éléments sont l'eau, le mucilage, et un acide 
qui varie selon les espëces. Ils servent à confectionner des 
boissons agréables, des confitures, des conserves. 
Dans te langage vulgaire et dans celui des jardiniers,.fruit 
s'entend seulCent de prodldlS des arbres I r u i t i ets, sans 
as-oir égard à la graine. L'objet de la caRure du fruit dans 
ce cas est le développement du péricarpe (pomme, pcbe, 
abricot, etc.). La grel le, ia taille bien dirigée, le sot 
approprie aux espèces, sont les moyens les Idns efficaces 
de perfectionner et d'accrnltre les produits. Dans une grande 
partie de la France, on ignore encore l'imporlance de cette 
ressource pour la nourriture : les paysans da Poitou, du 
Berry, de la Solc4]ne, laissent incultes les cm irons de leurs 
termes, qui pourraient leur fournir de beaux fruits et une 
alimentation saine. Dans les climats d,auds, la nature, plus 
feconde, produit sans le travail de l'humme des fruits aussi 
délicieux qu'abondants ; dans nos pays lempérés, elle veut 
Sire adee : trop nombreux, ils doivent Cre decimés, car 
le grand nombre nuit au développement de chacun, eu 
narine temps qu'il épuise le sujet, belon i'époque de leur Illa- 
tut|tC ils sou[ d'etc, d'automne ou d'hiver; cette époque, 
toute|ois» n'est pas tellement tranchée, qu'elle ne puisse tre 
avan(-e de quelques semaines. Une incisioncirculaire sur l'é- 
¢orce du rameau qui porte le Iruit produit ce resldtaL Sont 
aussi d'une maturité précoce tes fruits l,iqu des insectes; 
mais ils ont perdu de leur qualité. Le temps de la récolte varie 
outrant la natre des fruits ; ceux d'Ce et d'automne peu- 
vent 0tre cueiIiis mdrs : ceux d'hiver, et parmi les 
dents les fruits qu'on eut conserver, doivent tre récoltes 
avant la maturité. Toutes les précautions qui les préservent 
des var|al|uns de la température, du contact de l'air, pro- 
longent leur durée : ainsi, les poires ci le pomnes d'hiver, 
cueillies une à une avec prècaution, dèposées .sans meurtris- 
sures entre des couches de sable sec, se conservent long- 
temps. 
Dans son aceeptiou la plus étendue, le mot.fruit com- 
preno tous les végétaux, grains, herbes, légumes, etc., que 
la lette produit, et dont un grand nombre servent de nourri- 
ture à l'homme. Dans ce sens on dit : Cette pluie sera 
utile aux fruits de la terre. Le mot _fruit est encore em- 
ployé pour désigner Fensemhle des plats qui se servent au 
dessert : Serre'- le.fruit. L'usage de servir les tiques immë- 
diatement avant ou après la soupe, généralement rèpaudu, 
pourrait s'étendre avec avantage pour le gastronome a beau. 
coup d'autres fruds zucoso-xucres» tels que le raisin, les 
prunes, etc. J'ai observé sur un grand nombre de personnes 
que cette pratique facilitait la digestion. P. Gcntr. 
Le fouit dfcndu se dit, par al|us|un  la désobéissance 
du premier homme, du penchant que nous avons à désirer 
ce que nou, ne pouvons avoir. 
I=IUITËç en termes de blason, se dit des arbres 
Cllargés de Iruits d'un émail diffèrent : d'ar9enl  l'oranger 
de sinople, fr«itè d'or. 
F[tUITIE[t on GAIDE-FRUITS. Un garde-fruits doit 
tresi[ué au nord, un peu au-de,sus du rez-de-chaussée, 
et il doit dire garni de doubles lenoe[res, afin que la tern- 
IrCature ne puisse jamais s'y abaisser au-dessous de la gelée. 
Placé trop haut, l'air y est trop sec, les fnfits s'y altèrent 
et y éprouvent de la dessiccatiou; dans nn lieu trop humide, 
les fruits se corrompent. La situation la plus Ileurense se- 
rait celle d'un souterrain sec où la température serait cons- 
tante. Ce sont les brusques changements atmospheriques 
qui les font gter. 
Il faut cueillir avant leur maturité parfaite les fruits 
que l'on veut conserver. !1 ne faut amais le« empiler les 
uns sur les autres; il vaut beaucoup mieux les étaler, de 
manière que chacun oit i-olë; on «toit se earder ,le Igs es- 
suyer»vu que leur surface semble tr¢ recou erre d'un du et 

FRUIT  FRUITS 
qui est nécessaire  leur cor.servation. Il faut que le fruit|et 
soit éloignë des fumiers et des eaax stagnantes, ainsi que 
des fours et des serres chaudes, qui en fera|eut trop va- 
rier la température. Le Iruitier doit tre planchéyé, boisé et 
garni de tablettes, que les uns recouvrent d'une mou 
line, rhe et légère, les autres d'une couche de paile d« 
seigle, de graine de millet ou de sable de rivière. On do-t 
les visiter frcquemment, pour retirer ceux qui comtnen¢¢nt 
à s'altérer. Une trop grande quantité de raisin répandue da 
te fruitier nuit  la conservatiçm des autres fruits. Une 
faible gelée peut détruire en une nuit toute la provision, ri 
on ne la garantit pas du froid par une bonne couverture. 
Comte Fnxsç«zs ( de Nantes). 
FI:tUIT]EiS { Arbres). On applique cette qualifica- 
tion a tous les arbres ou arbrisseaux dont les fruits sont 
mangeables. Il y en a tout ao plus une vingtaine dïndigènes 
à nos climats; ce sont :lepommer,lepoirier, lepru. 
n ter, l'olivier, le noisetier, le noeflier, lefrara- 
boi$ier, legroseillier, le figuier, le chdtaignier , 
le cognassier, le cormier ou sorbier, le meri- 
sier, le micocouli er, le cornouillier, le carou. 
bier,l'arbousier, l'alzier, l'azerolier, l'oepine. 
vinette, etc. Plusieurs ont mme peu dïmportance; heu- 
reusement les autres ont, dans la culture, donné de nom- 
breuses variétés. L'Attique et l'Asie nous ont cédé la vigne, 
l'otan ger, le cerisier, le pécher, l'abricotier, 
Pamandier, le gretadier, le mtîrier, le pista- 
ch i er etc. D'autres ne sont pas encore sortis de nos serres. 
Parmi tes arbres fruitiers exotiques, on cite l'arbre i pain, 
le cocotier, le dattier, le bananier, le 9o/avier, 
te manguier, le mangoustan, etc. 
Les arbres fruitiers se cultivent en serres, en espa- 
lier, et en plein vent. On les classe suivant qCils donnent 
de Iruils en ba i es, des fruits à pepins, des fruits  no,/au, 
ou des fruits enveloppés dans une co9e. Le semis pro- 
page les epèces type, mais beaucoup de ariétcs se per- 
drient si l'on n'atait que ce seul moyen de reproduc- 
tion. 
Les fruiL que nous cd[ivons sont loin de ressembler  
ceux que produit la nature lirée  elle-mtme. La taille, 
la g r efte, l'incision annulaire, I'a r c u re, l'ébonrgeon- 
n ente n t, etc., joints aux labours, aux fu:lture$ ont alIleil 
ces améliorations. Mais, comme les espèces sauvage.% le, 
arbres à frnits cuttivés ont besoin, pour produire abondam- 
ment, d'espace, d'air et de soleil. De ces conditions dépead 
aussi la quai|tWdes fruits. Ainsi ceux qni xiennent dans les 
lie.x ombragés sont insilfides et aqueux. 
FIUITS (Droit). Dans la langue du droit on appelle 
|ruits les pl'oduits d'une chose ; ils en sont l'accessoire, ci 
appartiennent h ce titre au propriétaire. On les distineea 
fruils nalurels, fi-uits induslriels et fruils civils. Les 
trlfits natqrels sont ceux qui sont le produit spontanë da 
la terre ; le produit et le croit des animaux sont aussi des 
h-uit« nalureis. Les Iruits industriels d'un fonds sont ceux 
qu'on obtient par la cullure; ils n'appartiennent au pro- 
priélaire qu'a la charge par lui de rembourser les riais de 
labours, travaux et semences faits par des liers. Les fruits 
naturels et les fruits indnslriels sont immeubles tant 
qu'ils sont attachés au fonds ; il» sont m e u b les dës quïls 
eu sont dta«:lés. Les fruits civil» sont les prix des lo)ers 
des maisons et des baux  ferme, les intréts des somuae. 
exigibles et les arrérages des rentes : ils s'acquiérent jure 
par tour 
On dsigne encore sons le nom de.fruits pendant par 
racines les récoltes non détachées du sot. Le Code de 
Procédure civile règle tout ce qui est relatif au mode de 
restitution des fruits ordonnée par jugement, h la manière d'en 
taire la liq.idation, a la s ai si e et à la veule que les créan- 
clefs ont te droit de Imursui re de ceux appartenant , leur= 
débiteurs, à la ditrilmtion du prix en provenant et au droit 
que ce« créanciers ont snr les Iru, .qfisis rëdlemenl as 
le [unds auquel ils sont attaches. 



FRUMENTAIIES m FUALDËS 
FIUMENTAIBES (Lois). On appelait ainsi chez les 
l:omains les lois qui ordonnaient des d i s t r i b u t i o n s g r a- 
tulles de b:é. 
FRUNDSBEBG (Gon«es Da), seigneur de Mindelheim, 
général au service de l'empereur, était né $ Mindelheim, 
le 24 septembre 1475. Ce fut surtout dans les guerres que 
Maximilien I « eut à so,ttenir contre les Suisses que ses ta- 
lents militaires purent se dployer. Dbs 150 on le regar- 
dait comme l'un des plus braves chevaliers de l'armée im- 
pédale, et il la commanda en chefà partir de tSt2, en ]talie. 
A la balai)le de P a v i e (1525), il rendit des services signa)és 
a Charles-Quint; et plus d'une fois il amena à ce prince des 
secours en hommes de guerre recrutés par hé en Allemagne. 
Cest ainsi qu'en 1526 il en enrégimenta douze mille à ses 
frais et en eugageant ses donmines, et qu'il vint avec ce puis- 
sant renfort accroltre l'effectif de l'armée avec laquelle le 
connétable de B ou rb on rait le siCe devant Borne. L'art 
militaire lui doit de notables perfectionnements. Une vieille 
chronique manuscrite- rapporte qu'il était doué d'une telle 
force corporelle, que rien qu'avec son doigt du milieu il 
contraignait l'homme le plus vigoureux, quelque rési.tance 
que fit celui-ci, h reculer et h lui céder la place. Un cheval 
prenait-il le mors aux dents, il i'aTtait sur place, du mo- 
ment oi il pouvait saisir la bride. Il transportait sur son 
dos, et comme si ce n'eOt rien été pour lui, les plus lourds 
fusils de rempart et jusqu'à des «)ulevrines. Ses gens s'C 
tant mutinés sous les murs de Ferrure en rbclamant leur 
solde arriérée, il fit de valus efforts pour les raroener 
leur devoir, et dans la surexcitation que produisit sur lui 
cette révolte, il lut frappé d'apoplexie et transporté dans 
un chàteau voisin. « Vois o6 j'en suis, dit-il alors ì son con- 
lident Schwalitzger ; voilà bien les fruits de la guerre ! Il est 
trois choses qui devraient retenir un chacun de guerroyer : 
la ruine et l'oppression des pauvres gens qui n'en peuvent 
mais, la vie désordonnée des gens de guerre, et l'ingratilude 
des princes, auprès de qui le. traltres prospërent toujours, 
tandis que les braves gens restent sans récompense.  En 
1521, à la diète de Worms, oh Luther vint se justifier devant 
Charles-Quint, le regard calme et assuré de l'accusé pro- 
duisit une telle impression sur Frundsberg, qu'il ditì Luther 
en lui frappant amicalement sur Pípaule : • Moinillon, mon 
gars, tu joues lb une partie telle qu'il ne nous est jamais 
arrivé, h moi et à bien d'autres chefs d'armée, d'en jouer 
dans les pI»s sérieuses batailles rangAes. Si tu as raton, 
et si tu es sot de ton bon droit, contiazle au nom de Dieu, 
et sos sans crainte : Dieu ne t'abandonnera pas ! ,, 
Frundsberg mourut h Mindelheim, en 1528. Ses domaines 
étaient leilement grevés, par suite des emprunts qu'il 
avait dù contracter pour lever des troupes, qu'ils sulfirent a 
rand'peine à éteindre ses dettes. 
FBUSTE (du verbe iatinfrustare, briser) se dit d'une 
médaille, d'une monnaie, d'une inscription usée, rompue par 
le frottement, et qui a perdu son empreinte. Ce mot repro- 
duit exactement le son radi,al ; le son radical est une 
onomatopëe. Les Latins disaient 'utum, f»tulum, 
pour désigner un morceau, une pièce, un fragment, parce 
que l'action de frotter aboutit à détacher d'un corps Irotté 
avec force des morceaux, des pièces, des fragments, et à le 
réduire, b la longue,  t'Cardes corpsfrustes. 
FBUSTIATOIIE (Actes). En termes de pratique, 
o appelle ainsi les actes qui sont uniquement faits pour aug- 
menter les émoluments de l'officier mi»islériel ; ils ne doi- 
vent pa tre pas.és en t a x e s, comme étant inutiles h l'ins- 
truction: ils demeurent à la charge des officiers minislërieis 
qui les ont faits; la loi les rend en outre passibles des 
mages-intréts auxquels ces acles peuvent donner lieu ... ils 
peuvent mme tre suspendus de ienrs fonctions. 
FI UTI LLI EB ou FBAISI ER DU CHILI. V(uje:. Fse, 
FIAtSEI. 
FBY (lLlStnETll), quakeresse, née en t78o, et l'une de» 
femm qui honoren! le plus notre sibcle, a consacré sa ve 
mtière a la bienfaisance. Fille dt, quaker Jolm Gurney, de 

J 
Cartham-Hall, dans le com[é de lorlolk, elle commenç 
par ouvrir une école libre et gratuite pour les filles de pau- 
vres et les orphelines. Elle se maria à un bourgeois de Low 
dres, qui partageait ses gots et ses espérances, et qui s 
nommait Joph Fry. Ces deux tres dévoués, dont la phi- 
lantllropie sincère avait pour résultat des actes réels et 
une constante et continuelle abnégation, s'établirent  Lono 
dres, où leur premier soin fut d'ouvrir nne école religieuse 
destinée aux enfants des prisonniers de ewgate et aux 
orphelins et orphelines du peuple; ils avaient, avec une 
admirable sagacité, ¢mpris l'impuis.¢.ance de la législation 
et de la sociëté sur ces jeunes gënérations, nécs dans la fange 
des grandes villes, abreuvées de vices dês l'enfance, u'ayant 
pour modèles et pour leçons que la vie criminelle de leurs 
parents. L'oeuvre de régénération tentée par mistress Fry 
et son mari ue resta pas sans succès ; et bient(t, protégs 
par quelques personnes bienfaisantes et pieuses des hautes 
classes sociales en Angleterre, ils organisèrent, pour les 
in«li,ents laborieux, une salle d'asile et de travail. Les en- 
couragements que reçut mistress Fry lui permirent de com- 
mencer ensuite une sërie de o)ages en Amél'ique, en 
France et en Allemagne, et de se consacrer au soulagement 
«le la souffrance et à l'Cude «les misères humaines. La m)s- 
ticité qui s'est miée à ses actes, et qui a été en Angleterre 
l'objet de plus d'une attaque, ne doit pas empcller de rendre 
justice à celle exislence raiment sublime, dont toutes les 
journées ont été marqtxées par un bienfait et toutes les heu- 
res par un sacrifice. Mistress Fry et morte le 12 octobre 
t85, ì Bamsgale. Ses filles ont publié : Mcmoirs of the li.fe 
Elisabeh Fr] (2 vol. Londres, 147 ). 
PIlilarète CUXSLES. 
FBYXELL (A)eS), Ilistorien suédois, eut né en 
1785, dans la province de Dalslaud, oh son përe était prévt. 
Après avoir étudié  l'univer.ilé d'Upal, où il relnporta, 
en 181, le prix d'honneur de pbilosol,hie, il lot nommé 
en t828 recteur à l'école de Marie h StocMtohn, et en t833 
professeur. En 183 il fut reçu membre de l'AcnéCie de 
Stockholm et de la Société des Antiquaire de Copenha.,,,ue. 
La mme annëe il entreprit un voyage en AIiemagne et en 
Pologne, et à son retour, en 1835, il obtint la cure de Sunne, 
en Wermlaud. Le but de cette excursion seientifique avait 
été de rechercher des docmnents relatifs à la Suède et  
son histoire. Ses Essais sur EHistoire de Stade (tomes I-X, 
Stockltolm, 1823-$3.), ouvrage remquable par les senti- 
ments patriotiques dont l'auteur y fait preuve, et par la 
manière pllilosOplliqle dont il envisage/es faits, est la base 
de la grande réputation dut il jouit comme historien dans 
sa patrie. Un autre ouvrage, en quatre otumes, puhlié de 
1845 h 1850, dans lequel il défend la noblesse contre une 
foule de reproches que lui adresnt certains historien% 
lui a f.dt pefflre depuis les sympatllies du parti libéral. 
IUALDES (Affaire). Le 20 mars 1817 la ville de Ro- 
dez apprit avec épouvante qu'un meurtre odieux avait etL commis dans  murs. Le matin de ce jour tre cadavre 
avait été troqvé flottant sur les eaux de i'Ateyron : c'était 
celui de M. Fqaldés, ancien magistrat, entour de la consi- 
dération publique. Une large blessure au cou, repoussant 
toute idée de .suicide, ne dëmontrait que tr,»p l'existence 
d'un assassinat. Etait-ce l'oeuvre de gens fltris par la jus- 
tice? Fualdès, qui appartenait aq parti libéral, avail-ii péri 
victime de son opinion? Bient6t ces incertitudes cesscrent, et 
des indices, qui ne lardèrent pas  devenir des preuves ac- 
cablantes, se réunirent po»r signaler les assassins  la ven- 
geance des lois. On avait su que le l ll. Fuald avaft 
reçu de M. Séguret, en effets de commerce, une somme 
con.idérable pour partie du prix d'un domaine qu'i| iuî 
avait vendu, et qte dans l'après-midi du 19 un rendez-vous 
pour la négociation de ces elfets lui avait été donne à Ituit 
)lettres du soir. M. Fuatds C'tait sorti en effet de Cl»Pz lui 
Vers cette heure-la, et line demi-heure après un individu 
avait trouvé dans la rue du Terral, près «le celle «les llelJo- 
mandiers, une canne, reconnue pour tre celle de M. l.'uni- 



8 
dès, et, non loin de la maison de to|érance Bancal, un mou- 
choir usé, récemment tordu dans toute sa longueur. Ces 
l'emier renseignements en amenèrent d'autres ; il fut re- 
connu qu'un homme avait été posté près de la maison de 
M. Fualòès, et qu'au moment pli celui-ci en était sorti, cet 
individu avait quitté son poste et était desoendu dans la rue 
de l'Auberge-Droite, qui aboutit à celle des llebdomandiers. 
Wautres hommes avaient été également postés an coin de 
diverses maisons, dans les rues des Frères de l'École chré- 
tienne, et sur la porte de la maison Vergues, habitée par 
Bancal. 
L'infortuné Foaldës mardtait avec sécurité ; il était à 
peine arrivé près de la maison blissonnier, qu'à un signa! 
donné plusieurs hommes fondirent sur lui, lui mirent un 
llillon et le tralnèrent dans la maison Bancal. Là on le jetle 
sur une table, et !es assassins s'apprétenl; vainement il de- 
mande un instant, pour recommander son me à Dieu, on 
le repousse avec ironie. Il se débat, la table est renversée; 
les assassins la relèvent; l'un tient les pieds ; un autre, armé 
d'un coules,, essaye de lui porter le coup mortel, mais sa 
main tremble; un troisième lui reproche ce manque d'as- 
surance, et, lui arrachant le couteau, le plonge dans la gorge 
de la victime. Le sang qui coule est reçu dans un baquet et 
donné à un cochonl Après la consommation du crime, le 
corps est placé sur de,ix barres, dans une couverture de 
laine, lié comme une balle de cuir avec des cordes, et 
porté, vers les dix heures du soir, dans l'Aveyrnn par quatre 
individus préoéd d'un homme de haute taille, armé d'un 
fusil, et suivi de deux autres, dont l'nu est aussi armé d'un 
fusil. Ces révélations encore incomp|ètes proviennent de 
propos inconsidérés tenus devant des tiers par la femme 
Bancal, et sortent par les jeunes enfants de cette femme. 
Une perquisition fait découvrir une couverture de laine et 
d, linge enanglantés, ainsi qu'une veste que portait Bancal 
le jour de l'assasinat ; cette veste tachée de sang. 
Dans la prison, la Imme Bancal tint des propos qu'on 
ne manqua pas de recueillir. Bientôt l'opinion publique si- 
gnala comme les véritables asasins des l]ommes apparte- 
nant aux familles les plus consid«:rables du pays, admis 
dans les meilleures maison% parents et amis de Fualdès. 
C'était à Bastide et à Jusion q,e la population tout entière 
demandait compte de ce meurtre. Le premier était un 
propriélaire cultivateur, le second un agent de change; et 
l'indépendance de leur fiflune semblait les garantir con- 
tre la [,lus simple idée d'un attentat q,i n'aurait eu pour 
mobile que la cttpidité. Cependant, le lendemain du crime, 
Jausion s'est introduit, vers sept heures du matin, dans la 
maison de Fnatdè ; I, sans parler. sa veuve, il e.gt montë 
aux appartements, il a enfoncé, à l'aide d'une hache, un 
seau, d'où il a soustrait un sac d'argent, un livre-journal oi 
Fualdès inscrivait toutes ses allaites, un grand porteteui]le 
de maroquin et plusieurs effets de commerce que Fualdès 
avait reç,s la veille de M. Séguret. Le mme jour, à dix 
heures du matin, il fraple à la porte, et demande d'un air 
égaré si Fnaldës y est; alors personne n'ignorait sa mort. 
moule rapidement à la chambre du mainte; le domestiquée 
le suit. 11 coud à l'armoire off Fuaidès tenait certains pa- 
piers, y met la main, en ferme la po, te, et en 0te la clef. 
Jausion et Baqide sont arrétës, et avec eux les nommés 
Bach, Colard, btissonnier, Bonsqnier et la fille Arme Re- 
nuit, que de nombreuses déclarations font regarder comme 
complices du crime. De, mis ce moment la lumière jaillir 
de tous c61és : un mendiant, coocl]é dans ,ne écurie dépen- 
dant de la maison de 51issonnier, déclare avoir entendu 
qu'on « se debattait dans la rue, près de la porte de l'écurie 
o il était couché ; on po,ssa deux tels la po, te; le mal- 
heureux quon tralnait, arrivé devant la maison Bancal, 
poussa deu ou trois cris, dont le dernier était élouffé 
comme une personne q,i suffoquait. » Pendant ce temps, 
des joueurs de vielle qu'on n'a jamais pu retrouver, étaienl 
places devant la maison Bancal, et faisaient entendre, pen- 
dant une heure, lë son de leurs instruments. Puis, un sieur 

FUALDES 
Brast raconte que vers les huit heures un quart il a entendu 
marcher dans la rue plusieurs personnes, qui paraissaient 
porter une balle ou un paquet, qu'elles se sont arrétées 
devant la maison Bancal, dont une porte s'est ouverte et 
s'est fermée bientft; que peu de temps après il a entendu 
des coups de sifflet. Enfin, le 25 mars, une des filles de 
Bancal, la jeune ltadeleine, a fait voir à la fille ltonteil les 
trous du rideau par lesquels elle a tout vu. Elle demande 
du pain; et comme la fille Monteil s'appréte à en couper : 
« flou pas avec ce couteau ! dit-elle; c'est avec celui-là qu'on 
a tué le monsieur ! » 
Bient6t une lueur nouvelle va e répandre sur toute cette 
affaire et lui donner un intérét saisissant. On répète qu'une 
dame, appartenant à l'une des familles les plus considérées 
de l'Aveyron, s'est trouvée conduite, par un motif que cha- 
cun explique à sa manière, dans la maison Bancal, au jour 
et à l'heure oit l'assassinat a été commis, et qu'elle a Ce témoin 
du crime. On va mme jusqu'à désigner plusieurs dames/ 
qui leur éducation et le rang qu'elles occupent dans le monde 
interdisent, sous peine de déshonneur, l'entrée de la maison 
Bancal. Un officier, nommé Clémendot, raconte que le 28 
juillet 1817, étant à se promener avec la dame Manon, il 
lui dit qu'on la cite comme la personne qu'un rendez-vous 
a appelée dans la maison Bancal au moment du crime. Pres. 
sée de questions, la dame finit par avouer le fait. Dès ce 
moment toute l'attention se concentre sur ce témoin presque 
insaisissable. En effet, quand on s'apprète ì rec,eillir ses pa- 
roles, elle refise de parler; un jour la véritë s'ëchappe de sa 
bouche, le lendemain elle s'accuse de mensonge. Elle a tout 
vu, dt-elle ; et bienttt elle le nie. Ce témoin, par ses conti- 
nuelleê tergiversation% par la lutte qui semble se livrer dans 
son esprit, excite, fatigue et fait renaitre la curiosité ; elle 
tient tous les esprits en suspens, gradue l'intérêt, attire et 
fixe sur elle les regards de la Franre, de l'Erope. Enfin, 
M. Enjairan, son père, désolé des bruits qui courent sur sa 
fille, pri le comte d'Estonrmel, préfet de l'Aveyron, de 
l'interroger, dans l'espoir quïi en obtiendra la vérinA. Ap,ès de 
longues tergiversatioos, elle avoue tout. Conduite par le pré- 
fer dans la maison Bancal : « Sortons, je vous en conjure! » 
s'Crie-t-elle avec une grande agitation; « Emmenez-moi I je 
mourrai si le reste ici.  Elle confesse de plus que ce lour- 
l elle était habillée en homme, et qu'elle a brtlé son panta- 
lon parce qu'il etait taché de sang par suite d'un saignement 
de nez. 
D'autres révélations importantes se succèdent de jour en 
jour. Mais quels motifs ont pu déterminer un si grand crime ? 
Ici on n'a jamais eu que des conjectures : suint pourtant 
les probabilites auxquelles l'opinion publique se fixa. On se 
souvint que quelques jours avant l'assassinat, Fuadës et 
Jausion avaient eu une querelle trës-vive, da,s laquelle le 
premier avait menac le second de faire revivre des pi/:ces 
relatives à une affaire criminelle dont il ne s'était tiré que 
par suite de la soustraction de documents impol'ianls. Il 
s'agissait d'un enfont dont il avait rendu mère la fimme 
d'un riche négociant, et qu'il avait jetWdans une fosse d'ai- 
sances. Peut-ëtre ne dut-il son salut qu'à la bienveillance 
de Fualdës, alors procureur impérial. D'un aulre c6té 
Jausion avait plus d'une fois eu recours h la signatm'e d 
Fualdës, sous le nom duquel il empruntait pour son compte. 
On calculs que les effets mis ainsi en ci]'culation s'ëlevaient 
à la somme de 100 à 150,000 ff. 11 était impossible que 
Fualdès n'eùt pas exigé tme contre-lettre comme garantie 
de sa signature. Toutes ces circonstances expliquaient l'as- 
sassinat. Enfin, de uombretx témoins attestaient qe Bastide 
était débiteur personnel de Fualdès, et que, pres.é par ce 
dernier de se libérer, il avait répondu : Je cherche tous les 
mo9ens de vous faire tre compte ce soir. Trois heures 
après, l'infortuné Fualdès était assassiné. 
La lnstice était assez Claires : les accusés furent renvo:yés 
devant la cour d'assises de Rodez. L'accusé Bancal, qui avait 
fait espérer d'imporlantes révélations, mourut empoisonné, 
sans qu'on ait pu percer le m}slère de ce nouveau crime. Les 



FUALD¢ -- FUENTES-DE-ONORO 
débats de celte affaire s'ouvrirent devant la cour de Rodez, 
!e 19 août 1817; mais l'arrét qui condamnait les accuses fut 
¢asé par la cour de cassation, et de nouveaux dëbats eurent 
lieu devant la cour d'assises d'Albi. Alors se renouvelèreut 
les scènesles plus dramatiques. Le fils de Fualdès, demandant 
d'une voix émue à la justice de venger les mSnes de son 
père, sut exciter tour à tour les larmes et l'admiration. Les 
hypocrites réponses de Jausion, l'assurance effrontee de 
Bastide, le froide impassibilité de la femme Bancal, redou- 
blèrent l'horreur. A c6té d'eux, Colard et Arme Renolt, sa 
vaattresse, ne se souvenaient qu'ils ëtaicnt sur le banc des 
accusés que pour faire éclater toutes les sollicitudes d'un 
amour exalté qui avait pris naissance dans les habitudes les 
plus bonteuses; enfin, M'c Manson, persistant dans le déplo- 
rable système qu'elle avait adopt, promenait les esprits 
d'émotion en émotion. Par suite de la déclaration du jury, 
la cour d'assises condamna la femme Bancal, Bastidc, Jau- 
sion, Colard et Rach à la peine de mort, Arme Benott aux 
travaux forcés à perpétuité, et ltissonnier à de,ix ans de 
prison. La femme Bancal obtint une commutation de peine; 
Bach mourut en prison ; Bastide, Jausion et Colard furent exé- 
cutés le 3 juin 1818. Trente-sept ans se sont Cou]és depuis ce 
procès, et il plane encore sur toute cette affaire un mystère 
qui n'a pu Cre éclairci. Il avait été démontré aux dbats 
que çuine assassins au noins remplissaient la cuisine de la 
maison Bancal. La cupidité avait bien pu armer le bras de 
Bastide et de Jausion, mais elle n'avait pas d ttre le mobile 
de tous. Par suite de quelques témoignages nouveaux, trois 
individus, les nommés Constans, Yence et Bessières-Veinac, 
lurent traduits devant la cour d'assises; mais, malgré la dé- 
claration de la femme Bancal et de Bach, ils roussirent à 
établir un alibi qui les saura. E. n CHAaOL. 
11 " Manson, à la suite de l'horrible procès dont on vient 
de tire le récit, vint à Paris, où pour subsister elle se mit 
dame de comptoir. Plusieurs iimonadiers exploitèrent suc- 
cessivement cette triste clébrité en la faisant tr6ner à leur 
comptoir. La curiosité publique une fois repue dans un quar- 
tier, M c Manson allait poser dans un autre. Après avoir 
débuté dans un de somptueux cafés du quartier dela Bouroe, 
elle finit de chute en chute par tenir pour son propre compte 
un misérahle estaminet-billard dans la rue Copeau, derriëre 
le Jardin des Plantes, et mourut en 1835, à Versailles, dans 
une profonde misëre et depuis IollgClUpS oubliée. 
FUCHSIAnom donné parPlumier  un genre de plantes 
de la famille des tenotllérées, en l'honneur de Léonard 
Fucbs, célèbre médecin et botaniste allemand du seizième 
siècle. Ce genre renferme plus de cinquante espèces; mais 
qui pourrait compter leurs innombrables variétés? Depuis 
qu'elles ont été importées en France, ces plantes, origi- 
naires du Chili, du texique et du Pérou, n'ont pa« cessé 
d'Cre rech«rchées des amateurs; grâce à leurs fleurs tubu- 
leuses, pendantes, renflées à la gorge, ayant ordinairement 
leurs divisions relevées en dessus, ce qui a fait comparer 
leur forme à celle d'un chapeau chinois. Par des féconda- 
tions artiflcielles, les horticulteurs en ont obtenu de gros- 
seursdiverses et de couleur offrant une foule de nuances 
intermdiaires entre le blanc, le violet bleuàtre et le ronge 
vif. Cette dernière couleur est souvent cdle du calice. 
Le genrc fuchsia, composé de sous-arbrissaux, d'arbris- 
eaux et mme de quelques espèces arborescentes, a pour 
caractères : périanthe double, coloré, placé au sommet de 
rocaire; calice tubuleux, ì quatre divisions cbarnues, corolle 
à quatre pétales involutés et soudés intérieurement avec le 
tube du calice; huit ëtamines d'inégale hauteur; slTle long, 
à stigmate globuleux ; disque glandulaire » épigyne ; baie à 
quatre loges polyspermes. 
FUCIN (Lac,anciennement lacus Fucinus, aujourd'lmi 
Lago di Celano, situé dans le pays des Mares, au midi de 
l'Ombrie. César et Claude, ayant voulu le dessécher, em- 
ployèrent trente nille hommes à percer une montagne, pour 
faire écouler les eaux du lac dans le Tibre et le Liris. Mais 
cette entreprise fut sans succès, quoique le lac n'eOt que 

39 
sept milles de circuit, sur quatre mètres oeulement de pro- 
fondeur. On assure pourtant que, vingt ans après, Adrien 
vint ì bout de cette entreprise. 
FUCUS nom scientilique des goCous, varechs et 
autres plantes marines analogues, que Liuné et autres bo- 
tanistes clas.ent parmi les al gue s (noue'- ilvneontes). 
FUENTES (Don PEOto-HESulQVEZ n'AZEVEDO, comte 
nE), général espagnol, në en ! 50, à Valladolid, fit en 1580 
sa première campagne en Portugal, sous les ordres du duc 
d'Albe. Vers 1591, on l'envoya dans les Pays-Bas seconder 
le célèbre Alexandre Farnèse, tant dans le cabinet que sur 
les champs de bataille. Après la mort de ce grand capitaine, 
il conserva les reCes fonctions auprès de son succesaeur, 
le comte de Mansfcldt ; puis auprès de l'archiduc Ernest, 
qu'il dissuada de faire la paix avec les Hollandais. Le zèle 
i[ltelligent dont il avait fait preuve lui valut d'tre chargë, 
en 1595, du gouvernement intérimaire des Pays-Bas, aec 
pleins pouvoirs pour réduire le II«llandais, soit par la diplo- 
matie, .oit par la force. Quand le cardinal archiduc Albert 
fut nummé gouverneur des Pays-Bas, le con, te de Fuentès 
alla ì Milan remplir les fonction« de gouverneur et de capi- 
taine général. Sa politique inquiète et cauteleuse inspira de 
vives défiances aux princes italiens, et surtout aux Véni- 
tiens. Il acheta sur les c6te de l'État de Gènes le port de 
Finale, et, en 16o3, fit construire sur les confins de la 
Vatteline, au point où l'Adda xient se jeter dans le lac de 
C6me, le fort de Fuentès ; entreprise qui irrita au plus haut 
degré les Grisons. Volant avec une jalouse inquietude l'es- 
sor de prospérité que la France prenait sous le goueruoEeat 
paternel de Henri IV, il conclut avec le d=lc de Savoie un 
traité dont le but secret était le démembrement de la France, 
et fomenta la conspiration du marccbal de Bi ron. A la nou- 
velle de l'assassinat do bon roi, Fueutès temoigna la joie la 
plus indécente. Quand, à la mort de Louis Xllt, la France 
eut à soutenir de nouveau la guerre contre l'Epagne et 
l'Autriche, Fuents, quoique deja trs-avancé en ge, en- 
vahit la Champagne à la tète d'une armée pagnole de 25,000 
hommes d'élite, dans le but de marcher droit sur Paris. 
l[ais attaqué avec des forcesde beaucoup inférieures, le 19 
mai 1643, sous les lignes de R o c r o y, qu'il tenait assiégé, 
par le jeune duc d'Enghien, celui qui devint ensuite le 9rund 
Coudé, il essuya une droute complète. Les Epagnols, 
outre une immen quantit de prisonniers, eurent 6,000 
hnmmes de tués, et dans ce nombre leur general en chef; la 
perte des Français ne s'éleva pas / plus de 2,000 hommes. 
Fuentes, homme d'une activité et d'une audace peu com- 
munes, en revanche dur, égoïste et insubordonné, nous offre 
le type exact.de ce qu'etait alors la noblesse espagnole 
FUENTES-DE"ONOPO ( Bataille de ), livrée en 
Espagne à 23 kilomëtres ouest de Ciudad-Rodrigo, près du 
illage ainsi nommé, dans le ro}aume de Léon, entre les 
Français d'une part et une armée d'An31ais , de Portugais 
et d'Espagnols de l'atltre, du 3 au 5 mai, 1511. Après un 
infructueuse tentative en Portugal, Masséna avait repassé 
la frontière et laissé dans AImeida une garnison de 1,100 
hommes, qui n'avait que pour un mois de vivres et que 
vingt mille ennemis bloquërent bient;,t ctroitement. Il smlea 
à la ravilailler  la téte de 30,000 fantasins et de 5,000 che- 
vaux, sans tenir compte de l'approche de WelIi[,gton aec 
50,000 soldaL et des nuèes de guerilleros, qui avaient pris 
position sur un coteau, d'accès difficile, pr du ruisseau de 
Las dos Casas, la droite appuyée sur Fuents-dc-Onoro et 
Navar-de-Avel, le centre sur l'Alameda, la gauche sur les 
ruines du fort de la Conception. 
Le 3 au matin les Français poussèrent en avant. Le 
général Ferey prit et perdit plusieurs fois le village de 
Fuentè.¢de-Onoro, et à la nuit nous étions maitres de l'Ma- 
meda. Le 4, Masna, voulant percer ia ligne de Wellington, 
appuyë sur le lit de la Coa, qui offre partout d'affreux pré- 
cipices, crut avoir trouvé un point accessible entre Paso- 
Rello et Navar-de-Avel. Il manoeuvra toute la soirée et 
toute la nuit pour î:tre ,e lendemain en mesure d'attaquer 



40 
ces deux villages. Le 5, au point du jour, la brigade Mau- 
curie enlève de vive force le premier et les bois .environ- 
nant. qui foisonnent de tirailleurs. L'ennemi développait en 
arrière vingt escadrons, une nombreuse infanterie et douze 
pièces de canon. Montbr,m, s'étendant par la gauche, sabre 
cette cavalerie, enfonce deux earrés de la meilleure infan- 
terie anglaise, et fait t,200 prinniers. L'aile droite de Wel- 
linon, contrainte/ rétrograder, a pendant prës de 5 kilo- 
mètres notre cavalerie et notre artillerie légère à sestrousses. 
D'autre part, la fusillade est engagée sur toute la ligne 
ennemie. On remarque déjà dans ses colonnes cette incerti- 
tude, cette confusion, prélude ordinaire d'une dëropte. 
Ferey est maitre de Fuentès-de-Onoro, et tout semble pro- 
mettre une nouvelle pal,ne au vainqueur de Zurich. 
Malheureusement, par une inconcevable fatalité, les di- 
visions françaises qui se trouvent en avant de Pa-Bello, 
infanterie et cavalerie, s'arrêtent faute d'ordres. En l'ab- 
sence de Masséna, le général Loiseau n'ose prendre 
lui de se Jeter sur ces masses ébranlées, et la victoire nous 
échappe. L'arm«e ennemie a le temps de se raffermir. Wel- 
|ington effectue à propos un changement de front sur son 
centre, la droite en arrière, et après avoir rétabli son ordre 
de oataille, rentre dans Fuentès-de-Onoro, et s'y tient sur 
|a défensive. Masséna, cédant à une prudence exagérée, croit 
ne pas devoir attaquer une seconde fois, et le feu cesse de 
partet d'aulreà deux heuresaprès midi. Les Français restèrent 
mattre d'une grande partie de champ de bataille; mais 
l'ennemi, se fortifiant, rendit sa position inabordable, et 
51asséna, désespérant de ravitailler Almeida, envoya quatre 
hon,,es de bonne votont porter au général Brenier, eorn- 
mand,,,t cette place, l'ordre de détruire le matériel et de 
se frayer ensuite,/ la tte de la garnison, un passage l'épée 
à la main. Trois de ces l,ommes restèrent en chemin. A 
l'arrivée du quatrième, une grande explosion se fit en- 
tendre; c'étaient les fortifications d'Atmeida qui sautaient. 
Les !,t0o aiégé, sortis de ces ruines/ dix heqres et demie 
du soir, favorisés par les ténèbres, et suppléant par la bra- 
voure/ l'infcriorité du nombre, traversèrent les eantonne- 
ments ouglais .ans éprouver trop de pertes et rejoignirent 
au poiut du jour la division Reynier. 
FUEBOS, mot espagnol, dérivé du latin forum, et qui 
désignait jadis tout à la fois le siêge d'on trib,mal et sa juri- 
diction. Dans cette seconde acception, on s'en est servi en 
Espagne pour désigner certains recueils dë lois, comme le 
Fuero ju-.ço, ancienne loi des Visignhts ( Le. Vlsçotho- 
rum ), appropriée aux mœurs et aux besoins de certaines 
villes. On disait en ce sens le fuero de Ln, le fuero de 
lajera, pour ne citer que les de,,x plus célèbres corps du 
droit communal espagnol. Ces droits communaux c(msis- 
tant le plus souvent en exemptions, immunités et priviléges, 
le mot faero prit insensiblement cette signification complexe, 
et fut particutièrement emploiWpour désigner l'ensemble 
des droits, priviléges et charles formant les constitutions 
particulières de la Navarreetdes trois provinces hasques : 
la Bisccye, l'Ala,a et le Guipu'-coa. C'est presque 
exclusivement sous cette dernière acception qu'il est resté 
en usage, acquérant dans ces dernières années une nouvelle 
importance historique et politique par suite de la lutte 
aclsarnée que les Basques ont soutenue pour la défense de 
leurs priviléges. En effet, la Navarre, qui porte le titre de 
royaume, et les autres trois petits États qui se décorent de 
celui de seigneuries, ne furent iamais considérés comme 
parties intégrantes de la monarchie espagnole. Dès qu'ils 
parviennent, de temps à autre, à secouer un peu le joug, 
ils redeviennent des espèces de républiques, placJes sous 
la protection de la couronne de Castille, qui est tenue de 
gardar susfueros, de re«pecter et faire respecter leurs 
constitutlon. La difficulté d'un terrain accidentC bérissé 
de rocher.% creusé de ravin% a protégé dès la plus haute 
antiquité l'indépendance «les I,abitants de ce pays contre la 
domination étrangère. I.es Phéniciens et les Cartbaginois ne 
s'en occupèrent point. Borne ne les soumit jamais culière- 

FUENTIS-DE-ONORO -- FUEROS 
ment. Les Goths, les Vandales, les Mains, sentant que 
leur conquéte coOlerait cher, ne tentèrent pas de les ré- 
duire, et finirent par s'allier avec leurs petits l;tal- fédératifs, 
donl l'ensemble formait dès lors une constitution asse 
régnlière. !1 en advint que lors de l'invasion des Arabes, le 
danger commun réunissant ce qui restait de Gotbs ariens 
aux chrétiens des versants septentrionaux de la chalne p- 
renaque, les uns"et les anres, vivant d'accord, entreprirent 
conjointement de résister au croissant sous la bannière de 
la Croix. Les Maures commirent la grande faute de ne pas les 
soumettre, ou de ne point les exterminer. Tandis que ces 
rapides conquérants dbordaient sur la France méridionale, 
les montagnards du. nord de l'Espagne se soulevèrent et se 
donnèrent des chefs, dont l'élection eut lieu/ la pluralité des 
suffrages; mais, dans cette souveraineté établie du consente- 
ment de tous/ certaines conditions, il fut bien entendu que 
le pacte serait synallagmatique, sans que le droit divin y 
inlervint en quoi que ce soit. 
De ces temps béroïques datent les fucros de lavarre, 
Biscaye, Alava et Guipuzcoa. Les premiers forent reconnus 
par Ferdinand le Catltolique lorsqu'il unit la lavarre à la 
Castille. Il en fut de mdme pour ceux de Biscaye quand 
Charles-Quint rangea cette province sous sa domination. 
Quant aux fueros d'Alava et de Guipuzcoa, leur aec,pta- 
tion par l'Espagne dale des rois de Castille Jean Il et 
Charles II. Ils furent en grande partie supprimés lors de la 
première regence d'Esparlero ; mais la reine Isabelle les 
rendit ì ces quatre provinces en juillet 18t. Le royaume 
de Valence, la Calalogne et surlout l'Aragon ont eu aussi 
jadis leursfueros très-indépendants, mais depuis des siècles 
ils n'existent plus. Ceux qui restent encore sur pied sont 
tellement exorbitauls, qu'il ne pourraient s'accorder avec 
les charges que le gouvernement e.pagnol, régularisé ci 
porté au niveau des aulres Ëtals conslilulionnels, vondrail 
imposer à ses administrés : ils consistent en une démo- 
cratie pure, où les masses délèguent, par l'dection la-plus 
libre, l'exercice du pouvoir / des chefs qu'elles renouvellent 
annuellement, ou de deux en deux ans, selon la nature des 
fonctions. Le souverain d'Espagne n'est que se|gneur du 
pays, et ne prend pas d'autre titre dans ses relalions avec 
lui. Les pays de fueros ont leurs tribunaux indépendants. 
Ils ne payent aucun imp6l, si ce n'est ceux que rotent leurs 
assemblées nationales, sous le litre de don OEaluit. On n'y 
connalt pas de douanes, et ils commercent avec qui bon 
leur semble, recevant les denrées de loules les parties de 
l'Europe, et n'acquiltant pour les marcbandises êtrangëres 
qu'un droit très-modique. On n'y souffrit jamais de gabelles : 
le sel, le combuslible, l'eau et l'air, considérés comme la 
propriélé impreseriplible de chaque individu, n'y payèrent 
jamais la moindre redevance, et ces monlagnards ne conçoi- 
vent pas qu'il y ait des paysoù des hommes se disant libres 
consentent  laisser taxer ces choses. Ils n'admirent jamais 
dïnlendant ; les gens de guerre n'y doivent jamais sé- 
journer. Le commandant mililaire doit Cre un enfant du 
pays. fful n'y est sujet h la milice, ni : la levée des matelots, 
le pays devant se défendre lui-reCe en temps de guerre, 
et ses défenseurs n'étanl point lenus de poursuivre la vic- 
toire ou de marcher sous des gënëraux du souverain hors 
de leurs limites. Non-seulement chaque ville ou bourg a ses 
magistrals, mais les bameaux et les maisons isolées épars 
dans quelque vallon éearlé et formant le plus petit dis- 
trict, ont les leurs, qui rélèrent des différends survenus de 
eanlon à canton ou de village  village aux assemblée 
gënérales. Chacun s'impuso ci se gouverne; on ne s'aper -° 
çoit nulle part ni des imposilions ni du gouvernement, etc. 
Cet état de choses, qui n'a pas varié depuis deux raille 
ans, au milieu de lant de vicissiludes histeriques, peut con- 
venir  une surface restreinte, que ses anfraclunsilés sonr- 
cilleuses et profondes isolent au milieu d'un centinent, il 
a élé celui de toules ces petites républiques gecques, oi les 
ciloyens étaient 6galement protégés par la nature du terrain. 
biais l'l".pagne constitutionnelle ne pourra censerver à ce 



FUEROS -- FU66ER 
provinces leors.fueros, relh]ues vénérables des temps pri- 
mi[ifs de leur liberté. La cen[ralisation représentative qui 
a déjà passé sur ces antiques débris ne les respectera pas 
davantage dans l'avenir. Bon DE SAINToriNCENT, 
de t'Acadénde des Sciences. 
FUERTAVENTUBA. Voye.-- 
FUGGEB. Ce nom, qu'il faqt prononcer Foucker, est 
celui d'une tasnille de comtes et de princes de la Souabe, qui 
descendent d'un simple tisserand, Jean F,J««en, établi / 
Graben, village voisiu d'Augsbourg, et marié  Arme Meis- 
ner, de Kiickheim. Son fils aihC qui portait le mme nom, 
et qui fl,t tisserand comme lui, acquit, en 1370, par son ma- 
riage avec Clara Widolpb, le droit de bourgeoisie à Auge- 
bourg, où, toqt en continuant à exercer son industrie de 
tisserand, il entreprit aussi le commerce des toiles. Devenu 
vent, en 1382, il épousa, en secondes noces, Élisabetb 
Gfattermann, fille d'un écbevin, dont il eut deux fils et 
deux filles. Il avait Ce Cu l'un des douze syndics de la cor- 
poration des tiserands, et mourut en 1,09, laissant une 
fortune évaluée à 3,000 florins, somme considérable à cette 
époque. Son fils aihC Andrd Futurs, sut si bien faire pro- 
fiter la I,m t qui lui Chut dans Pl|éritage paternel, que bicnt6t 
on ne l'appels plus que F«gger le Riche. C'est de lui et de sa 
femme, Barbara, de l'ancienne maison des Stammler d'Ast, 
que descendait la ligne noble des Fu99er vom Reh ( du Che- 
vreuil), ainsi nommée à cause des armes parlantes que lui 
avait accordées l'empereur Frédéric III, laquelle s'ëteignit 
en 15S3. 
Le fils cadet de Jean Fugger, Jacfues Fu««es, fut le pre- 
mier de sa famille qui posséda une maison à Augsbonrg, et 
il lit le commerce sur une échelle dëjà très-large pour l'Co- 
que où il vivait. Il mourut en 1469. De ses sept fils, il  en 
eut trois, Ulrch, Georges et Jacçues, qui par leur aclivitë, 
leur inlelligence et let,r probite, agrandirent considérable- 
ment le cercle de leurs affaires; ils lutent les créateurs 
de la merveilleuse prospérité qui de:'ait rendre leurs des- 
cendants si célèbres. Tous trois se marièrent à des filles 
appartenant aux familles les plus illustres, et furent anoblis 
par l'empereur Itlaximilien, qui leur engagea la seigneurie 
de Weissenborn pour 70,O00 florins d'or, et à qui plus tard 
ils avancèrent, pour le comptedu pape Jules II, une somme 
de 170,000 ducats, à titre de subsides, pour faire la goerre 
à la république de Yenise. Ulrich Fugger, uWen t/t/il, mort 
en 1510 s'était spcialement consacré aux relations cooE- 
merciales que sa tnaison avait ouvertes avec l'Autricbe, 
et il n'y avait pas de si minces àdtails des aflires qui ne 
lui passassent par les mains. Aiusi, c'est lui qui se char- 
geait de faire passer en Italie les tableaux d'Albert Dure r. 
Il aida de ses deniers Henri Il Estienne, qui prit le 
titre d'imprimeur de Fugger. Jacques, né en t 459, mort en 
1525, comte palatin de Latran et conseiller de l'empereur, 
s'occupait à peu prës exclusivement de l'exploitation des 
mines. Il avait pris à ferme celles «lu Tirol, et cette in- 
dustrie devint pour lui la source d'une fortune immense. Il 
prèta aux arcldducs d'Autriche 150,000 florius, et fit cons- 
truire le magnifique cldxteau de Fuggerau en Tirol. 
C'est ainsi que le commerce d'une part et de l'autre 
l'industrie miniXre exploitée sur une large écbelle augmen- 
taient sans cesse les richesses des Fugger. Ils expédiaient 
des marchandises dans toutes les parties du monde; et il n'y 
avait pas «le mer qui ne fOt sillonnbe par leurs navires, pas 
de grandes routes que ne couvrissent leurs convois. Mais c'est 
sous le règne de Charles-Quint que ces R o t b s c h i I d d u se.i- 
«iène siècle parvinrent à l'apogée de leurs grandeurs et de 
teurs prospérités. 
La postérité de Jacques et d'Ulricb Fugger étant venue 
à s'éleindre, en 1536, ,4nlo»e et ll7/mond FvGf£a, fils de 
Georges Fugger et de Régiua hnbof,  truuvèreut les seuls 
représentants du nom et de l'éclat de cetlc famille; l'une et 
l'auire devinrent les soucle d«.,s deux lw-'mcbes encore au- 
jouril'l,ui existantes. Ces deux Irères laicnt d'ardc,,ts ca- 
tholiques; par leurs secours en argent, ils coulribuèrent puis- 

41 
samment b entretenir l'animosité d'Ec k contre Lutber et 
les Wittenbergeois. Quand, en 153o, Cbades-Quint s'en 
vint " Augsbourg présider la diète de l'Empire, il logea dans 
la magnifique maison que possçdait Antoine Fugger, sur 
la place du Marché aux Vins de cette ville. Le I novembre 
1530 il éleva les deux frères, Antoine et Raymond, à la 
dignité de comtes de l'Empire, avec droit de bannière, et 
leur abandonna en toute propriété les domaines engagés 
de Kirchberg et de Weissenborn. Il les fit en outre ad- 
mettre parmi les princes de PEmpire, au banc des comtes 
deSouabe, et leur delivra des lettres patentes contenant l'oc- 
troi des priviléges et immunités attribués / la dignité de 
prince. En reconnaissance de l'assistance qu'ils lui pré- 
t/rent pour l'exwdition qu'il entreprit en 1535 contre Alger, 
il leur accorda le droit de battre des monnaies d'or et d'ar- 
gent, droit dont leurs descendanls firent encore usage en 
1621, 162.t et méme 169ti. A sa mort, Antoine Fugger laissa 
six millious d'écus d'or en espèces, sans conpter une quan- 
tf!Winfinie de joyaux, d'objets précieux et de propriétes si- 
tuées dans toutes les couleCs de l'Europe, et m,.'.me dans 
les deux lndes. Quand Charles-Quint, venu à Paris, alla 
visiter le trêsor royal, on raconte qu'il dit aux seigneurs 
chargés de lui en faire le« I,onneurs : « No,,s avons à A,,gs- 
bom'g nn simple tisserand assez riche pour acheter tout 
cela. » 
L'empereur Ferdinand 11 ajouta encore à la splendeur d, 
nom des Fugger, en confirman! tous les privil,'ges que 
Charles-Quint avait octroyés à cette maison, et en en accor- 
dant de plus considérablcs encore aux deux chels de la fa- 
mille, les comtes Jean et Jrd»e Fv««n, qui curent le 
bon sens de continuer le commerce, source première de l'il- 
lustration de leur nom, et qui par là ajout/rent encore aux 
richesses immenses de leqr famille. Les plus hautes digni!és 
de l'Epire leur forent accordées, et plusieurs familles sou- 
verai,,e se vantaient haqtement de leur ëtre alliées II. pos- 
sédaieot de précieuses collections de tableaux, de sta!ues et 
de livres, favorisaient les sciences et les arts avec une noble 
libérali!é et faisaient des pensions à un grand nombre d'ar- 
tistes, peiut,-es ou mqsiciens. Let,es demeqres, leur.jardins, 
réonissaie,,t toutes les merveilles du luxe d'alors; et les 
écrivains contemporaius s'extasient à les dëcrire. Jean de 
Schwei,,icben, dans ses Mémoires si ins!r,lctifs pour 
ceux qqi veulent coqna!tre l'Cut moral et politique de l'AI- 
lemagne à la fin du seizième siècle, raconte avec une char- 
mante naïveté combien il se sentit dplacé, lui rus!re gen- 
tilhomme campagnard, n'ayant auuaravant jamais 
d'aotre magndicence que les oripem,x «le la misérable petite 
cour de son duc de Silésie-Liegnilz, lorsque les aventures 
de ce vagabo,,d couronnë et en guenilles l'amenèrent à Augs- 
bourg, o,i les Fugger b,i firent le. honneurs de leur table 
et de leur maison. A cette occasion, Scbweinicben, en sa 
qualit, de gentilbomme du duc, servir son prince à table, 
et dans sa vieillesse il gëmit encore en songeant/ la morti- 
fication qt,ïl éprouva, ainsi qu'a la bruyante l,ilarite quïl 
provoqua parmi les convives, en se laissant choir tout de 
son long, sur le pavé en mosaique de la somptueuse salle 
à manger de l'opule,,t marcl,and, avec le Ioq,'d plat d'or 
massif et chargé de viandes qu'il tenait de ses dc,,x mains. At, 
des.er!, Fugger en homme bien appris, consentir à faire, so,,. 
forme de prêt, au dqc de Silésie, à un prince du saint em- 
pire, l'au;n6ae de quelqt,es milliers de florins. 
Ce luxe, cette ;nagnilicence, ces richesses immense.s, 
donnent de la vraisemblance/ une anecdote suivant laquelle 
Charles-Q,,int, au retour de son expédition d'AIger, élan! 
descendu à Aug.bourg cl,ez Antoine Fugger, celui-ci mit le 
Iu an tas de bois «le cannellier placé dans la cl,e,ninée de 
la cha, qbre rëservée à l'e,npereur, avec l'obligation que ce 
prince hd avait souscrite. Mais ce qui assure une longue 
durée à la mémoire des fières Fugger, c'est le bien qu'ils 
firent, ce sont les institt, tions cl,ari!ables qq'ils fondërent en 
diverses conteCs et plus particulièrement/ A u g s h o u rg, 
où subsiste encore de nos iours, dans le laubourg Saint- 
6 



4 
Jacques, tout un quartier de maisons construites par ielrs 
soins pour y loger, moyennant une très-minime redevance, 
cent f.miiles d'artisans pauvres. Les frères Fugger, on le 
voit, créèrent des cites oucrwres plus de trois siecles avant 
que certains flibustiers conIemporains s'avisassent de les 
inveter pour en faire l'objet de sociNs en commandite 
et par actlws. Ce sont la certes des bienfaits réels et du- 
rables, en considération desquels on peut leur pardonner 
d'avoir introduit les jésuites en Bavi/:re et mme de les 
avoir ri¢hemeat dotés. 
A la mort de Raymond et d'An,aine Fugger, la famille se 
partagea, comme nous l'avons dit plus haut, en deux lignes. 
La ligne alnée, issue de Raymond, se divisa en deux branches, 
celle de F,,gger-Plirt et celle de FuggeroKircbberg-Wds- 
senhorn, qui s'.,bsitent encore de nos jours. La ligne ca- 
dette, issue d'Anloine, se divisa  son tour en trois branch% 
dont la premi/:re s'est eteinte en t376, dont la seconde 
compte aujourd'hui trois rameaux : Fue«-Gloell, Fuuer- 
A'ircl, heJm et F«9uer-Vord«dorf, et dont la troisième, 
enfin, subsiste ecoe dans le rameau de 
hzs«n. Le cmnte Anselme-JJarie FEGGEP,-ABENrlAUSEN, 
mort te 22 novembre tB9.t, avait etWeleve par l'empereur 
François II, le t" aoOt I,',o3,/a I dignite de prince de l'Eus- 
pire, p»ur en j»ir lui et sa pas,cri,A par »rdre de priu,ogé- 
nitu re masculine ; et les seigneurie, de Babeuhausen,/oor et 
Ketterbausen, prë.,entanl une superficie d'environ sept n,)- 
riamèlres crr«% avec une popuht|ion de II,000 àmes et un 
revenu de 200,000 flori,,s, al,dent ctë eriBees en princi- 
paub' d'Étal,ire sous le no,n de B a b e n b a u s e n. La crea- 
ti»n de la Conldération germanique la plaça, aec plusieurs 
aulres, sous I sauverai,,clé de la Bavière; toutefois, des Irai- 
tes particuliers passés avec la couro,me ont as-ur« di vers pri- 
vilcge importants  la maison princière de Babeh¢zus«L Le 
prince actuel, L#opold-Charles-MarW, né le 4 octobre I27, 
a al, e,.d.', le '.i mai l.afi, a on p/:re, AIselme-Antoine. 
FUGITIVE ( Poësies, pieces de vers detacl,ées, nées 
de l'cca»ion, su in»pirees par l,t fantaisie, et qui n'ont entre 
elles aucune liaison. Tous les pontes, s'ils out la joie de pu- 
blier des R'u res complële%  joig,eat des piëces de ce 
genre pour tenoiguer de leur iucpuisable fiexibililé. Ce saut 
d'ordinaire «les. epltres badines, des odes anacreontiques, 
des madriga,x, de tauces, des fable', des coules, de, cou- 
ple,s, elc. Toutefois, le» poele du grand siècle, les Corneille 
el les P, acine, ne s'amus,ent gu/ae  ces bagalelles, ou dé- 
daignaient de les recueilli,-; cr on n'a du premier qu'une 
chanson, et du second q,c quelques épigran,,nes. En ,ealite, 
les ptëccs fu9itres niaient loccupati»n lavorite de ces cer- 
cles à la mode 06 se rencontraient des esprils d¥1ite, ri- 
mant pour occuper leurs loL, irs et se er, er une reuommee 
dans la bonne cou,pagaie. Les Voiture, les Montreuil, 
les Pavillon, les Cbarleal, les Saint-Patin, niaient aut,mt 
gens du monde quc poêtes. 11 est vrai que quelques-uns 
d'entre eux s'appu)-èrent de leur talent pour monter a la for- 
t,,ne; mais la plupart ne vo)aient dans leurs petits vers 
qu'un délassement glorieux. Au reste, les pre,uiers mait,-es 
en ce genre remont0.nl a une cpoque antérieure : liarot, 
Sint-Gelais ci D c s p o r t e s, qui régnaient a la cour de nos 
rois, y perfectiounaieut te langage en l'epurant, et esei- 
gaulent aux courtS,ans a se mntrer naïfs sans grossièreté, 
spirituels avec delicatesse. Mais alors, les poésies fugitives 
étaient exclusivement galantes ; elles conservèrent ce carac- 
tère sous la plume des écrivains qui parurent h l'aurore du 
règne de Louis XIV et en firent le cl,arme durant les vingt 
preofiëres aunè. ¥oiture pendant merlin d'tre excepté 
de ses énmles : en semant les siennes d'un peu de morale 
et de philosophie, il donna nue pl,ysionomie nouvelle à de 
frivoles compositions. Le premier il connut aussi l'art de 
plaisanter avec les g, ands sans offenser lem' orgueil, et de les 
louer sans servilité en leur adressant de lettres ri'un badi- 
nage aussi délicat quïngénieux. C I, a u |i e u, venu plus tard, 
s'est immortalise à son tour par un pe,il nou,bre de vers 
tlui sont restes dans la mémoire ; mais sa l,bilosopbie est 

FUGGEB  FUGUE 
plus grave que celle de Voiture, et s'empreint d'une teint 
mélancolique qui se mele à la peinture des plaisirs. 
Enfin, Voltaire, disciple de Chauiieu, l'a laissé bie 
loin derrière lui, par l'Cendue, la groe et la variété : il 
resté nu modèle en ce genre. Gresset s'est creí une place 
 part, en faisant autrement que ses devanciers; mais il 
procède par énumération, et gii eblouit, il fatigue bientdt 
par l'uniformité des tours et la longueur des périodes. 
ge rais a tous ses défants et peu de ses qualitës. ons ne 
parlerons que pour mémoire des Dorat, des Pezai, des 
Desmabis et de tant d'autres, providence de l'Almanach des 
Muses, et qui sont morts lonemps avant lui. C poêles, 
marqués au me,ne t. pe, n'ont point de ph)-sionomie propre. 
Une observalion singnliëre, mais vraie, c'est qu'en littéra- 
turc les genres les plus futiles sont quelquefois inaccessible 
au talent sérieux. Delille n'a pu rimer avec gr une 
de ces épih'es badines dont Bo u fl ets se tirait si henreu- 
semeur. Ce qui nous reste des Grec, en ce genre justifie 
assez nal leur réputation. A l'exception des odes, ou plut0, 
des chansons d'A n a c r e o n, on n'a d'eux que des distiques 
sans oel et des épigrammes sans pointe. Elèses elimitateurs 
des Grecs, les I'omains, si inferieurs a teurs maitres, les 
surpassèrent en ce genre, car ils produisirent H orace et 
31 a r t i a I, qui surent mauier assez Iden l'arme du ridicule 
et aiguiser les flëches de l'épigramme. Aujourd'hui notre 
état sorial laisse parmi nuus les poésies lugitives sans lec- 
teurs : il faut que les vers s'imprègnent de reliion ou de 
philosophie pour captiver le public : à ce prit seul,  part 
les grands noms, ils obtienne,t des succè.,, qui ne durent 
encore sou,eut qu'un jollr. AI/T-PttOSPER jeune. 
FUGUE. La fugue est une pièce de musique londeesur 
les rëgles de l'imitation périodi-lnetbodique. L'objet essea- 
tid de la lugue est d'enseigner, au moi-en d'imitatiozrg de 
divers genres, artistement carabinCs, à dcduire une com- 
position tout entiëre d'une seule idce pdntipale, et par 
d'y etablir en mème temps l'natte et la surin,e. Lïd«e prin- 
cipale s'appelle le sujet de la fugue; on appelle contre-sujet 
d'autre idees subordonnées a la première ; et l'on donne 
nom de reponse aux dierses imitationsde sujets et de coutre- 
sujets. On conçoit, d'après cela, qu'il y aura un ,fève-grand 
nombre d'e.pèces de h,gues, selon la maniere dont se fera la 
reponse. Cette première conideration nous conduit à en dis- 
tinguer d'al,ord quatre espces principales, savoir : la fue 
du ton, la fugue réelle, la lugue regnliëre modulee, et la 
fugue d'iulitation. La fuuue du ton, ou torate, est celle 
dans laquelle le sujet et la réponse sont conteuns dans les 
limites de l'octave. La réponse s'y fait de maniëre à ne point 
moduler. Lafuuue ridelle est celle dans laquelle la réponse 
se fait a la quinte supérieure, note pour note, intervalle pour 
intervalle, dans les mdmes temps de la mesure, et dont le stjet 
conznzence et finit par la mème note- La fuuue reuuliïre 
modulee est [ondee sur la toualitë moderne : telles sont 
presque toutes les fugues de Jomelli, de Cherubini, 
de Il oendet, de Bach. Enfin, dans laftuue d'imitatio» 
la rëponsœe imite le sujet a un inter, aile quelconque. Toutes 
les autres espèces, telles que la J'uuue mgr,e, irrœeuuliëre  
serree, etc., se rapportent aces quatre espèces. 
Pour faire une fugue en autant de parties que ce soit, i 
faut considërer cinq choses : 1 o le sujet ou thëme; 2° la ré- 
panse : c'est la reprise du sujet par la partie suivante; 3 ° 
contre-sujet, dont on accompagne la premiere partie; 4 ° la 
modulation : c'est l'ordre dans lequel le sujet et sa réponse 
se font alternativement dans les différentes parties; $o 
¢ontre-p»int, dont on remplit l'espace d'une modulation 
l'autre. Voila les cinq points ¢aracteristiques d'une 
lesquels observes à la rigueur, suivant les règles 
pour chacun de ces points, forment la fugue régulière, 
qui, négligés en partie, rendent la lugue irrëgulière. 
La fugue est obligée ou libre. Une fugue est appelée 
9ulière ou obliude quand on ne traite que le sujet pendanl 
tOute la fugue, en ne le quittant que pour le mieux reprendre, 
.it en eu,ter, soit en partie, et en n'y admettant 



FUGUE -- 
harmonie qui n'en dérive, soit par augmentation, soit par 
4iminntion, soit par opposition de temps ou de mouvement. 
Elle eg irrégulire ou libre quand on ne traite pas du 
sujet seul, et qu'on le quitte de temps en temps pour passer 
h une autre idée qui, bien qu'elle ne soit pas tirée du sujet, 
doit nëanmoius Atre en parfait rapport avec lui. La fugue 
n'a qu'un sujet ou en a plusieurs : celle qui n'a qu'nu sujet 
t appelée simplement fugue; celle qui en a davantage s'ap- 
pelle fugue à deux, trois, quatre sujets. A quatre parties, 
la fugue n'a nëanmoius que trois sujets; pour en avoir quatre, 
il laut que la fugue soit t Irait parties. Le motif, le chant 
par lequel la fugue à deux sujets commence, est toujours le 
premier sujet nommé simplement sujet; tous les autres qui 
le suivent sont autant de contre-sujets ou contre-thèmes. 
S'il est nécessaire, après les premières entrées ou modula- 
tions ordinaires de la fugue, fixées sur le nombre des parties, 
que le sujet et sa réponse se rapprochent pour produire de 
la diversité, la fugue h plusieurs sujets demande que les dif- 
férents sujets dont elle se compose arrivent tour à tour par 
le moyen du renversement des parties et se présentent ainsi 
tantft en haut, ou dans les parties du milieu, tantft en bas. 
Tous ces artifices exigent une connaissance parfaite du contre- 
point double, par lequel on apprend à renverser les sujets. 
A i'égard des diverses espèces d'imitations, on peut ranger 
celles de la fugue en trois classes, dont la première contient 
les imitations à l'unisson, t la seconde, t la tierce, quarte, 
quinte, sixte, septième et octavo. La plus usitée, et en méme 
temps la plus parfaite de ces imitations, est celle t la quinte, 
qui par renversement peut tre une quarte, parce 
qu'elle fait entendre les principales cordes du ton, c'est-à- 
dire les octaves de la tonique et de la dominante. Pour ce 
qui est des imitations t la seconde, tierce, sixte et septième, 
on ne s'en sert que dans le cours de la prendCente, pour rap- 
procher les sujets. La seconde classe contient les imitations par 
mouvement semblable, contraire, rétrograde, et rétrograde 
par mouvement contraire : ces deux dernires ne s'emploient 
que dans le cours des deux premières. La troisième contient 
les imitations par augmentation et par diminution : on ne 
les emploie qu'un milieu d'une fugue ordinaire. 
Fugue vient du laiin.fuga, fuite, parce que les parties, 
partant successivement, semblent se luit, se poursuivre l'une 
l'autre. 
Une fugue en musique et un morceau bien fort, 
a dit Begnard dans Les Folies amoureuses. 
Pour se servir de la fugue au théître, il faudrait la faire 
chanter par des personnages animés du méme sentiment ; 
les motifs et les entrées tant parfaitement symétriques, il 
laudrait que ces personnages arrivassent par groupes sur 
la scne, et les uns après les autres ; un tel morceau serait 
d'une froideur glaciale. Cependant, les imitations que l'on 
rencontre dans certains finales sont dessinées en fugue. 
L'ouverture de La Flûte enchantoee est une fugue irrégn- 
fière t la vérité, mais riche de science, de mélodie, et d'un 
merveilleux effet. On trouve des formes fuguées dans l'ou- 
verture d'Euriante et de.us certains choeurs de La Juive et 
des Huguenots. C'est dans ces morceaux que le composi- 
teur peut déployer son talent et mettre à profit, sç d'antres 
formes, les marches figurées, les imilations, les renverse- 
ments, et toutes les snbtilités harmoniques, les recherches 
de style qui ne semblaient faites que pour les pédants. 
CASTIL-JLZE. 
FUIR. On emploie ce mot en peinture, en parlant des 
objets qui semblent s'enJonor et s'éloigner de la vue. C'est 
la perspective qui prescrit les moyens de faire ainsi fuir 
certaines partie d'un tableau. On appelle couleurs./'ug«tes 
celles qui sont tr#.s-propr« : cet effet, comme le blanc et 
le bleu céleste. A.-L. Mn.LI_, 3(' l'In,rieur. 
FUITE. Voye'. Dteoc. 
FUITES D'EAU ; ouvertures nu lissure par lesquelles 
s'échappent les eaux contenne. dans un canal, un étang, 
ue citerne, etc. Les luttes d'eau sont souvent fort difficiles 

FULGENCE 
à boucher; aussi les ingénieurs et les architectes recomman- 
dent-ils aux constructeurs de bassins, de citernes, de digues, 
de prendre toute« les précautions imaginables, afiu de pré- 
venir les luttes d'eau, in boucbi les luttes d'eau de diverses 
manières : qnelquelois il suffit de dèlayer de la terre dans 
un étang pour faire cesser les luttes d'eau qui l'appauvris- 
sent; dans d'autres circonstances on enploie des mastics, 
des ciments, des glaises, du bitume, etc. ; quelquefois il 
arrive aussi qu'on est obligé de refaire l'ouvrage en tout ou 
en partie. 
FULBEBT cbanoine de Paris et oncle de la tendre 
Hélfise, resté fameux dans nos annales par la barbare ven- 
geance qu'il rira d'AhCard. 
FULDA ( Province de ), division territoriale et politique 
du grand-duché de Bosse Électorale, d'une superficiede2 
myriamtres carrés, avec t$,000 habitants, professant pour 
la plupart la religion catholique. Elle comprend indépen- 
damment des deux bailliages de Friedewaid et de Landeck de 
la basse Hesse, de l'ancien duché de Hersfeld et de la sei- 
gneurie de chmalkaiden, près des deux tiers du territoire de 
l'ancien 6"ché de Fulda, qui dans l'ancienne circonscrip- 
tion de l'Empire faisait partie du cercle du Haut-Rhin. En 
7, saint Bon ifs ce, apftre de l'AIlemagne, fonda dans 
la province de Buchonia une abbaye de l'ordre de aint- 
Benolt, qui dès 751 avait té affranchie de toute juridic- 
tion épiscopale, pour ne plus relever que du siége de 
Borne. Une école qui jeta un vif éclat au milieu des ténèbres 
du moyen ge, et qui compta pendant quelque temps le cé- 
lèbre Hraban Maur au nombre de ses professeurs, ne 
tarda pas t ajouter encore ì l'importance de cette abbaye, 
dont le titulaire obtint, en 968, la prééminence sur tous 
les princes abbés d'Allemagne et de France. Investis depuis 
le règne de l'empereur Charles IV de la dignité d'archichan- 
celiers de l'tropCutrice, les princes abbés de Fulda, aus 
jouir précisément d'une grande puissance territoriale, réus- 
sirent t traverser paisiblement les époques les plus critiques, 
voire celle de la Réformation, tout en conservant l'intégraiité 
de leurs bens et les priviléges honorifiques que leur avaient 
concédés les papes et les empereurs. Il fallait faire preuve 
de quartiers de noblesse pour tre admis à faire prolssion 
d'humilité dans cette maison; et quand le titre d'abbé venait 
ì vaquer par la mort du titulaire, c'étaient les moines eux- 
mmes qui élisaient sou remplaçant et qui le désignaient 
la confirmation du saint-siégé. 
E 1752, l'abbaye deFulda fut élevée au rang d'évché; 
mais par suite du remaniement général que subit l'Allemagne 
en 1803, cet évcbé lut sécularisé en dépit de la vive résis- 
tance de l'évque Adelbert, qui occupait le sige à cette po. 
que, et attribué ì la maison de Na.«san-Orange, avec le titre 
de principauté. Le che! de cette maison ayant osC t quel- 
que temps de là, faire cause commune avec les ennemis de 
Napoléon, le dominateur de l'Europe contisqua le nouvel 
État au profit du grand-duché de Francfort, dont il con- 
tinua t faire partie jusqu't ce que les événements de 18t 
et de tSt5 vinrent encore nne fois modifier la constitution 
territoriale de l'Allemagne. Après divers ttonuements et hé- 
sitation% après avoir été successivement adjugé à la Prusse, 
puis t la Bavière, il finit par tre eu grande partie attribué 
à la Hesse Électorale. 
FULn«, chef-lieu de la province, btie sur la rivière du 
mme nom, est une ville assez régulièrement construite, 
et qui compte to,ooo habitants. Elle est le siège «te l'admi- 
nistration provinciaie supérieure, de la haute cour de justice, 
et de l'éviue caflolique de la Hesse. La cathédrale, toute 
en pierres de taille et où se trouve le tombent! de saint 
Boniface, oet un monument digne «le l'attention des voya- 
geurs. En 1.2, on a érigé a saint Boniface, au milieu de 
la place publique qui s'étend «levant l'ancien palais 6pis- 
copal, une s!atue en bronze et de grandeur colossale. 
FULGENCE (Saint), FBIt:sCLXVnlvs Golmls FUL- 
.S évéqe de Ruspina en Afrique, na«uit à Télte, 
6. 



44 FULGENCE 
dans la Bizacène, en 46. llevé sou« les }eu de sa mèr, 
après la per:e de son mari, il fut formé par elle  la pitc. 
S grands succès dans les lettres groequ et lalin et les 
alents qu'il deploya dans gadministrafion d biens de 
Idmille le lirent elever à la cfiarge d'intendant du domaine 
ds la province. Mais la fréquentation des religieux du 
pays et de l'évtque auste et la lecture de quelques ouvres 
de saint Augustin le déterminèrent àse retirer du monde, 
malgré la douleur que oette résolution causa à sa mère. 
Obligé, avec Flix, qu'il secondait dans l'administration d'un 
monastère, de fuir les persécuions des ariens, dont ils fail- 
lirent ttre viclimes, il vint  Borne, en l'an 500, visiter les 
tombeaux des apôtres et des marlyrs; puis, sans s'ètre laissé 
séduire par la gloir et les richesses de Théodoric, il revint 
 son monastère, dont il reprit la direction. Commeil cher- 
chair dans la solilude à chapper aux embarras inséparables 
des dignités ecclésiasiques, il fut ramené par auste, qui 
l'otouna prêtre. Bien{Ot les fidèles de Rupina l'éluret 
vtque, contre les ordres forn»els du roi des Vandales, 
Thrasimond. Mais il ne tarda pas à tre arraché par ordre 
de ce prince aux chrétiens de son diocèse, qu'il difiait par 
sa vie exemplaire, et exil en Sardaige, a'ec les autres év- 
ques orthodoxe% dontil devint l'appui et le conseil. Cependant 
Thraimon«i dsira le voir, et l'aant fait venir à Carthage, 
lui somdt plusieurs diflicultés sur les points qui parta- 
geaient les ctboliques et les ariens. Se rangeant a son avis, 
ce prince Ioua hautement sa sagesse. Il lui aurait mme 
permis de rester  Carthage, sans les réclamations du 
clergé arien, auquel n inlluece portait ombrage. De 
elour dans son diocèse à l'avcnemcnt d'llildric, après 
avoir fidt cundamuer les erreurs des scmi-pélaiens, il as- 
ista encore à deux concile% et mournt dans Iïle de Cercine, 
en 533, le t *r janvier. 11 reste de Ii quelques ouvrages diri- 
gés pour la plupart conlre la doctrine des ariens et contre 
celle des plagiens, tl. Boucm. 
FULGOBE enre d'in,eues hmiptëres, de la famille 
des cicadaires; il cumprend environ cinquante esps, 
pour la plupart remarquables par la beauté et la variété 
des omleurs, ornements des élytres et des ailes, ainsi que 
par la frne de la tte, qui dans les unes présente une scie, 
,m une troml,e semblable à celle d'un léplat, et dan 
d'autres une rte de mulle. D'ailleurs, ce genre a pour ca- 
ratières un rioui avance, deux yeux lisses, ans appcndiccs 
au dessous des antennes. Les plus raxdcs espèces de fui- 
g,»res sont apportées en Europe de l'Amrique n»tridionale, 
,le Cayeme ou de Suram ; elles y ived ur les arbres. 
Les espèces qni habitent l'Emupe sont très-pctiles, et Se tien- 
et constamment sur les arbustes et les buissons. 
La fulgore porte-lalerne (f«lgora laternaria, Linné ) 
a près de dix centimètres de longueur ; dle est agr«ablemt 
vari;e de jaune et de oux, et olh-e une grande tache en forme 
d'oeil sur chaque aile. Son museau est très-dilat, vésiculeux, 
large et arrondi en devant. Au die de plusieurs voyageurs, 
cet insecte répand une forte lumière dans l'ob»curilé. 
M n 51crian, dans son grand ouvrage sur les insectes de Su- 
inam, assure mème q«« la claroE qui en resulte est sez 
grande pour permettre de lire les caractères les plus fins; 
mais ce lait a encore besoin d'tre roussiC 
Lafitlgore porte-chandelle a cinq centimttrcs de lun- 
gueur; ;m front très-proloné, minoe, recourbé, de couleur 
une; les yeux bruns, la tte et le corselet d';m beau jauue, 
l'aomen jame en dessus, noh'h'e en dessous; les ci) 
,l'un beau ver[, avec des bandes transversales et des taches 
existent de petits traits, qni forment des espèces de grille. 
Les ailes sont d'tre jaune safran, avec de larges bandes 
noires  l'extrémité; tes pattes jaunes, I quatre jambes 
;ratifieraes ttoires, les postérie«res pineuses. On nous en rap- 
p,,rle auconp de la Chine. C'est le pays qni en fournit 
La fulgore e«ropdenne (fidgoro euroa, Limn) a onze 
mllimtres de longueur. Ele est cutièremcnt vcrh,; son 

FULGURITES o 
front est conique, ses élytres et ses ailes sont transparenes. 
'. CLEUMONT. 
FULGOSO ou FRÉGOSE, illustre famille de Gnes» 
d'origine plebéienne, qti embrassa le parti ibelin.et fut long. 
temps en lutte avec la famdle des Adorni. Le premier per- 
sonnage de cette maison qui figure dans l'histoire est 
imque FcLcoso, Cu doge en 1371, après l'expulsion de 
Gabriel Adorno, à laquelle il avait puissamment contribué. 
Èn 1378, le peuple, excité par Antoine Adorno et Nico]as 
Guarco, le déposa à son tour, et Pemprisonna : il avait 
obtenu de brillants succès à Chypre, mais il avait vaine- 
ment essayé de chasser les Vénitiens de Ténédos. 
Jacqws Futcoso, fiisde Dominique, lut g.lu doge en 1390, 
après l'abdication d'Antoine Adorno. Il était d'n esprit 
doux et pacifique. L'année suivante il fut contraint, par la 
force des armes, de rendre la place ì Antoine Adorno, qui 
se repentait de l'avoir abandonnée. 
Thomas FULUSO, fils du précédenL prit une part très. 
active aux troubles qui agitèrent Gënes à la fin du qua- 
torzième et au commencement du quinzième siècle. Élu 
doge en t4tS, il se recommanda par une administration 
beacoup plus sage que sa conduite antérieure ne devait le 
faire esprrer, fit lever au roi d'Aragon le siAge de Boni- 
facto, et décida Calot à chasser sa garnison aragonaise, pour 
se mettre sous la protection de Gènes. Il abdiqua sa di- 
gnité en 1421, lors du siége de Gënes par Carmagnole, 
générat de Philippe-Marie, duc de Milan, auquel ses con- 
citoyens voulaient, contre son avis, se soumettre. La répu- 
blique, en considération de cet acte et avec l'approldion 
«lu nème duc, lui céda la ville de Sarzane avec son dis- 
Irict, pour en jouir sa vie durant, ne pouvant toutefois la 
céder ni la transferer qu'à la république. En 1435 il fut 
de nouveau élu doge, mais déposë en 
II avait un frère, Ealtlste FvLCOSO, q,d entreprit, à la 
sollicitation du duc de blilan, de le supplaster. II échoua, 
et Thomas en garda si peu de ressentiment, qu'il le fit nom- 
mer chef d'une escadre que Gènes fournit à Béné d'Anjo. 
Après bien des rëvololions, Jean FCLCOSO, puis Lottis 
FVLrOSO, furent doges de 14-7 à 1450. Celui-ci tut dëposé 
en cette dernière année, et Pierre FVLCOSO, neveu de 
Thomas, lui sureAda. C'est tut qui persuada au.,: Gnois, 
en 1458, de se somettre à Charles YII, roi de France; 
mais il se souleva l'année suivante, et essa}a de cfiasser les 
Français  l'aide de troupes que lui fournit Ferdinaud 
de [aples. Il périt dans cette tenL3tive. 
Patd FVLCOSO, qui avait été d'abord archevêque de Gnes, 
ponruivit les projets de Pierre, contribua à l'expulsion des 
Français, et après avoir subi comme doges Prosper Adorno, 
Spiueta FE.çoso et Lo«is FULCOSO, supplanta ce dernier 
et 163, réunissant en sa personne les pouvoirs spiriluel 
et lemporel. Mais ce ne fut pas pour Iongte]nps : il lut 
obligé de se retirer devat les troupes de François Sforce, 
duc de blilan, à qui Louis Xl avait cédé ses droit snr G(.nes. 
13aptiste FCLCOSO, neveu du précédcnt, fut Cu doge en 
et chassé en 1483 par son oncle, devenu cardinal et «lui, après 
quelques années de pouvoir, remit Gnes au duc «le l',lilan. 
Octavien FCLCOSO, proclamé «loge e'n 15t4, traita en 1515 
avec François l , qui le fit gouverneur de Gnes. En 
il fut obligé de se rendre au marquis de Pescaire, général 
de l'Empire, et mourut quelques mois après. Il avait fait 
preuve de sagesse et 'équité. 
En 15$ la famille FULrOSO fut incorporée par André 
Doria dans celle des Fornari, afin d'éteindre avec son nom 
les qerelles incesantes qu'elle su»citait dans tu républiqne. 
Auguste Svcrn. 
FULGURATION. Voyer FULMk.tT«O., DÊFL.6nAT«O3. 
FULGU[t|TES (quasi .fulgre cta, ,lit Nonnius), 
nom que les lomains donnaient aux lieux ainsi qu'aux ob- 
jets sur lesquels la fond re était tombée. 
Ou donue aus.i le nom de fulgttrites . des tubes 
à Iïuiérieur et ranu[cux à l'extérieur, produits par le pas. 
sage «le la foudre à {ravers un terrain de sable quarlzcux. 



FULGUBITES u FULMINANT 
Ces fulgurites, qu'on appelle encore tubes fuirai»aires, 
pénètrent souvent à une grande profondeur, mais leur clin- 
mètre ne dépasse généralement pas cinq centimètres. 
FULIGINEUX ( de fuligo, suie). On applique cette 
épithète  une fumée ou vapeur supportant une grande qoan- 
VitWde suie ou de matière grasse. Le noir de fumée n'est 
que ce que l'on retient des vapeurs fuliginens de substances 
résineuses qu'on a br01ées; la litharge est également le 
produit des vapeurs fuiigineuses, retenues et raraassée«, des 
reCaux qui entrent en fusion. En mëdecine, on applique 
aux dents,  la langue et aux lèvres l'épithète de fu/igi- 
neuses, quand elles sont couvertes d'un espéce de crofite 
noire, tre, à peu près couleur de suie, ce qui arrive dans cor- 
laines fièvres. 
FULIGNO. Voye: 
FULLEB (Se-M«no«), l'une des plus zéles pro- 
motrices de i'émancipation de Va femme aux Etats-Unis, na- 
quit en 181o, b Cambridge-Port, dans I'tat de Massachu- 
sers. Son père, Thimothy FrtL, jurisconsulte et membre 
du eongrs de 18t7  1825, acquit plus tard aux environs 
«le Boston un petit domaine, qu'il culUvait lui-reCe. Il 
donna à sa/ille une éducation loue virile; dès l'àge de huit 
ans,  lui imposait, dit-on, pour tache de composer chaque 
jour un certain nombre de vers latins ; et la philosophie, 
l'histoire et l'esthétique devinrent les Cudes favorites de la 
jeune fille. C'est sons ces influences qqe se développa le ca- 
ractère énergique et original de Marguerite Fuller. Son père 
mort, elle contribua a nourrir sa famille en donnant des le- 
çons; et en novembre 1839 elle fonda  Boston une société 
de dames, au sein de laquelle elle fit des cours, qui dans 
cette ville, essentiellement puritaine, produLsirent une 
vive impression, à cause des hardiesses ,tranges du profes- 
seur. En t84, d'après l'invitation d'Horace Greeley, re- 
dacteur de The Tribune, elle se rendit à New-York, oi elle 
ecrivit pour ce journal une suite d'articles relatifs  la litre- 
rature et aux beaux-arts, qui ont été recueillis et publiés 
sous le titre de : lapers on literature and art ( Londres, 
t86). Dans son ouvrage intitulé Woman in the nine- 
teenth centur!/, elle a exposé-des idées hiardies et souvent 
justes, mais quelquefois empreintes aussi d'une grande 
exaltation, sur la nature de la femme et sa destinée. En 
1866 elle vint à Londres, o/ elle tir la connaissance per- 
sounelle de Carly le, pour qui elle professait depuis long- 
temps la plus profonde vénération. De là elle se rendit  
Paris, où, comme on le devine bien, elle n'eut rien de plus 
pressé que de se faire présenter à madame Dudeant, puis 
elle gagna l'ltalie. A lome, elle fit la connaissance du mar- 
quis Ossoli, qui lui donna son amitié et qui l'épousa en 1868. 
Elle prit nne part des plus actives aux événements de cette 
époque, et la chute de la république romaine lui navra 
le cœur. Son mari fut exilé par le gouvernement ponti- 
fical, et en juin 1850 elle s'embarqua pour revenir aux 
tats-Uuis avec lui et un leune enfant, qu'dle allaitait. Le 
18 juillet 1850, le navire à bord duquel elle se trouvait 
périt corps et biens sur la cote d'AraCique, dans la grande 
tempète que signala cette journée. L'incontestable talent, le 
caraclère énergique et la fin lamentable de .Marguerite Fuller, 
ont entouré son nom d'une espèce d'aureole poétique. 11 s'en 
fallait qu'elle ftt jolie femme, et cela nel'empècba pas d'ins- 
pirer plusieurs attacl,ements profonds et durables. Emerson 
et Cbanning ont puhlié les Memoirs of Snr«h Mr#aret 
Fullr, mar¢lsa Ossoti ( 3 o1., Londres, 1852 ). 
FULMI-OTONs COTOX-POUDBE, PAPIEB-POU- 
DBE, nums vulgaires donnés h un nouveau produit explo- 
sif, qui vers la/in de l'année 1846 fit son apparition dans 
le monde scientifique, oU on le désigne sous celui de pyro- 
yline. On l'obtient en trempant certaines matières ligneu- 
ses, telles que le coton, le papier, etc., dans de l'acide 
azotique et lai»saut sécher. C'est en réalité M. l'elou?e qui 
ena donné la recette dès 1838, tout en ignorant que son 
papier-poudre, bralant soudain, pid déloncrcommela poudre 
ordinai;e et la r«nplacer, il ne le croyait propre qu' lu,-- 

45 
mer des cartouches promptes à s'embraser et pouvant ains 
rendre la poudre à canon plus efficace, plus puissante. De 
mème que F. Bacon, 51. Pelouze n'a donc fait que charger 
la pièce, et c'est M. Sehoenbein qui I'a tirée. L'annonce 
de cette dëcouverte produisit une vive sensation ; mais l'en- 
gouement dont le fulmi-coton fut d'abord l'objet ne tarda 
pas  faire place  des sentiments plus raisonnables; la 
nouvelle découverte, si belle qu'elle pùt tre, fut deptds 
réduite à sa ]uste valeur, et de lonemps encore sans 
doute le fulmi-coton ne parviendra à détr6ner la poudre 
canon. On reconnalt que l'emploi en sera utile et économique 
dans les carrières, dans les mines et dans quelques autres 
applications pratiques de ce genre; mais quant  s'en sersir 
pour les usages de la guerre, il n'y faut pas songer. Il est 
demeuré avéré en effet, à la suite d'expériences faites avec 
toute la précision imaginable, que les effets du fuirai-coton 
sont beaucoup plus inégaux que ceux de la poudre; que sa 
grande infiammabilité (il s'enflamme à 70 ° Reaumur, tan- 
dis que la poudre ne le fait qu'à 20 «) rend la fabrication 
des munitions avec cette substance, leur transport et leur 
conservation beauco.p plus dangereux que ceux des muni- 
tions confectionnées avec de la poudre ; que la confection 
des cartouches de tous genres asec la substance en question 
est extrémement lente; que dans l'oint actuel des fu3ils d'in- 
ianterie, des carabines et des pistolets, le fuirai-coton est 
inapplicable à ces armes, par conséquent qu'il ne serait pas 
propre pour l'usage de l'afinC. 
Combiné avec la poudre ordinaire, le fuirai-coton a fourni 
à ?,L Pelouze le moyen de labriquer d'excellentes amorces 
fulminantes, pour le confectionnement desquelles on l, eut 
désormais se passer du lu I m i n a t e de merci»re, qui en était 
la base. On sait que c'était la avec les procédés anciens une 
opération des plus insalubres et des plus dangereuses, et 
que depuis longtemps il était h désirer q,'elle f01 rempla- 
cée par un procédé moins funeste  la sc et  la santë des 
ouvriers qu'elle occupe, et dont le nombre est considerable, 
car, d'après des renseignements certains, on ne fabrique pas 
en France moins de 76 millions de capsules par an, sans 
compter celles que consomme l'armée et qui sont confec- 
tionnëes dans les ateliers de I'£tat. La découverte de la 
qualité explosible communiquée par l'acide nitrique aux 
corps ligneux est encore sos d'autres rappots une belle 
conquète de la science -- le fuirai-coton sert de base au col- 
lodion, dont la photographie et la chirurgie se disputent 
l'emploi. 
Dans plusieurs pays, la police a cru devoir soumellre la 
labricalion et la vente du lulmi-coton -h de gtSnanles ci res- 
trictives formalités. En France, celle maliëre est assinilëe à 
la pondre et soumise, comme elle, aux dispositions des lois 
des 13 fruclidor an v et 6 mai 18:. 11 est en outre dé- 
fendu aux propriétaires de lirs d'emploser le coton-poudre 
pour les exercices çni ont lieu dans leurs élablissemenls. 
FULMIXAiIES (Tubes). Voyez 
FULMIN.XT (defidmen, foudre). On donne ce nom 
à toutes les preparations qui jouissent de la propriété d 
détoner ou d'cclaler avec bruit, Iorsqtfon les chauffe legè 
ren,ent, qu'on les friture ou qu'on les soumet h nne pres- 
sion plus ou moins forte. Les substanceg fulminantcs peu- 
vent se présenter sous des etals divers. Parmi les gaz, on 
peut citer l'ox)'de de chlore, qui, soumis à une chaleur de 
moins de 100 °, se décompose en dormant lieu i une explo- 
sion; parmi les liquides, le cl,iorure d'azote, dont l'energie 
fuiminanle est encore plus grande. Mais c'est dans la cla.e 
des corps solides qu'on trouve les exemples les plu nmu- 
breux de proprietés détonanle. Les lu I m i n a t c s en 
neral, et partictdiè.rement ceux d'argent et ,le mercure, 
l'ammoniure dargent, celui d'or, et iïodure "]'azole. uccu- 
pont le premier rang parmi les corps solides susceptible5 «le 
fvlminalion. La po udre à can ou elh:-mdme peut présen- 
ter tous les caractères de celle énergie lulminante, si elle 
a é prt:pare avec t,n cl,arbon léger, et soumise au grat 
nage sans l'avoir prdalablement comprimée -- alors elle brt 



46 FULMINANT -- 
les canons les pies réi»tants, comme pourrait le faire le 
fulminate d'argent lui-intime. Cet exemple, susceptible d'ap- 
plication à beaucoup d'autres substances, dénote combien 
l'Atut physique d'un corps peut influer sur le temps néces- 
saire pour en opérer la décomposition, et par suite sur 
les résultats qu'on en attend. Toutes chocs égales d'ail- 
ienrs, une matière poreuse et légère ra plus rapidement 
décomposée que la mtme natière à laquelle on aurait con- 
servé ou donné de la cohésion par |a compression ou pa 
tout autre moyen. Pour que la mtme substance devienne 
le plus fulminante possible, il laut donc favoriser au plus 
haut degré l'instantanéite de sa décomposition chimique. 
C'est presque toujoursdaus leur propre composition que 
les mati/res fulminantes trouvent le principe de leur dé- 
composition; formëes d'élëments gazeifiables qui avaient 
été tonus dans un état de condensation trés-considërable, 
souvent le moindre choc, l'ëlévation de la température, 
quelquefois une simple vibration des colonnes de l'air, le 
passage sourtout d'une étincelle électrique, tout suffit pour 
olrer une brusque décomposition : alors, les gaz devenus 
libres obéissent  leur force d'expma»ien, se répandent dans 
l'air ou réagissent avec violence contre les parois des vases : 
supposant mème que les circonstances favorisassent le re- 
tour instantané de ces gaz dégagës à la température sous 
laquel|e ils n'auraient plus qu'une faible expansion, dj la 
promptitude des elfets résultant du dëgaement peut avoir 
eu un effet mécanique d'une énorme puissance = c'est bien 
plus fort encore si, comme cela a souvent lieu, la tempé- 
rature de ces gaz expansifs tend à s'élever au moment de 
la dëcomposition. Quelquefois cette élcvation va jusqu'au 
rouge, c'¢st-à-dire à plusieurs centaines de des du ther- 
mombtre; et dans ce cas il est lacile d'imaner l'accrois- 
sement d'intensité que doit prendre la Ioree de répulsion, 
puisque le coefficient de dilatation des gaz etant _-,, le 
volume de ceux qui se degageront sera double par chaque 
augmentation de chaleur représentée pendant l'acte de la 
décomposition par le nombre 267. 
Un certain nombre de substances fulminantes, ma;geA 
l'imminent danger qu'olfre leur traitement, trouvent de 
l'emploi dans plusieurs arts : ce sont particulièrement les 
fulminates d'argent et de mercure. L'ammoninre d'or est 
aussi quelquefois en usage, mais uniquement comme moyen 
de fixer l'or métallique sur la couverte de la porcelaine. On 
le mële  cet effet avec une pondre inerte, afin de le ren- 
dre moins intactile, et de l'essence de térébenthine, pour en 
faciliter l'application au pinceau. La poudre employée et 
l'es.qenoe se brillent au feu de la moufle, et Pur rédnit reste 
appliqué n une couche extrémemeut superficielle, mais 
solide, sur les piïees qu'on a voulu décorer. 
PE,o-z père. 
FULMINANTE (Léon). Voyez L/.cto.x 
FULMINATE, sel résultant de lacombinaison de l'acide 
f u I m i n i q u e et d'une base. On ohtient les fulminates en 
faisant réar de l'acide nitrique sur un métal en présence 
de l'alcool. Le fulmtnate ci'argent, que l'on appelle encore 
poudrefulminante de Berthollet, du nom du savant au- 
quel on en doit la découverte, est la p|es intactile pont-Sire 
de toutes les substances que nous connaissons. Ce n'est 
qu'avec beaucoup de précautions qu'on peut la preparer, 
cause des dangers qui accompagnent sa détonation, et en 
opérant sur des quantités extrëmement petites de matière. 
Après avoir dissous de l'argent fin dans de l'acide nitrique, 
on verse dans la tiqueur une petite quantité d'eau de chaux, 
qlli y forme un précipité brun, q'on lave à plusieurs reprises 
avec de l'eu distillée; on verse ensuite sur ce r(idu hu- 
mide une petite quantité d'mumoniaque, qui le dissout, ci 
on abandonne la matière a l'air pour qu'elle se dessèche. Si 
on npërait seulement sur un d, cigramme d'argent, il faudrait 
distribuer le préciplt obtenu par la chaux dans nne dou- 
zaine de wr; t ,ic montre as ant ,l') verser l'ammoniaque, 
car, une fois formee, la pue,Ire fulminanle polirrait detoner et 
4unner lion , de trè--aves accidents. On ne pourrait 

FULMINATION 
s'exposer chercher  enlever cette combinaison, mème hu. 
roide, pour ladiviser en plusieurs parties, et ce rait courir 
aussi des risques que de la placer dans un vase de verre on 
de porcelaine, qui pourraient ètre brises dans  détonation, 
et les fragment lancés avec une grande violence. Quand 
l'oxyde d'argent encore humide a été versé en trbpotile 
quantité dans les verres de montre, on les place à une asse 
grande distance les uns des autres, sur une planche; on 
ojoute de l'ammoniaque pour dissoudre l'oxyde et en laissez 
la dessiccation s'opcrer. Yient-on alors  toucher la matiëre 
avec un tube de verre ou un bton, souvent mème avec 
une barbe de plume, une détonation violente a lieu ; le 
verre de montre est ordinairement brisé en mille pièce 
et souvent le mouvement occasionn( par l'air suffit pour 
faire fulminer la matière renfermée dans quelqnes-uns de ceux 
qui ont plac à peu de distance Il arrive souvent aussi que 
quoique préparée de la mëme manière, une certaine quart- 
tirWde l'argent fulminant ne détone pas, meme par un 
frottement assez fort; mais sa décomposition s'opère dans 
la plupart des cas avec tant de facilité qu'il est lrudent de 
se servir d'un bton d'un mëtre au moins de longueur pour 
le toucher. Cette poudre fulminante partage avoe plusieurs 
autres la singulibre proprieté de produire un effet très-con- 
siderabie sur les corps qui la supportent, et qu'elle enfonce 
avec beaucoup de violence, tandis que la poudçe  canon ne 
pro&lit d'action que sur le projectile qui- lui est oppo.. 
On n'a jusq«e ici donné aucune explication entièrement sa. 
tisfaiante de ce pbéunmène. 
On n'emploie guère le fulminate d'argent que pour la prr- 
parution des pois fulminants. H. G«ç n Ctua-. 
Ponr préparer leJulminate de mercure, ou poudre Jul- 
ninante de llovard, on opère sur nn gramme de mercure 
et 12 grammes d'acide nitrique concentré; on verse eusuite 
dans cette solution t2 gramm d'alcool, et on a la pr$- 
caution de chauffer lentement. D'autres procédés sont 
employs par l'industrie pont préparer en grande quantité 
ce fulminate, qui sert à la fabrication des cpsules et 
amorces f, dminantes. Le fidminate de mercure se compose 
de 0,2 d'acide fulminique et de 0,76 d'oxyde de mercure. 
Il se décompose avec flamme et explosion, soit par le rho¢, 
«oit lorsq'on le chaulfe  la température de 1$ °. Pour 
que le choc donne lieu à une explosion, il faut que les corps 
choqués poèdent une certaine dureté. 
En moyenne, I000 grammes de mercure donnent 1,250 
gramme.s de fulminate, qui suffisent pour préparer ,0,000 
capsules. A cet effet on broie le lulminate avec 30 p. 100 
de son poids d'eau, et on y incorpore 0,6 de son poids de 
poudre ordinaire. On introduit ensuite cette pte dans les 
capsules. Pour prévenir l'action de l'humidité, on reconvre 
la pte avec de la teinture de benjoin ou avec une dislu- 
tion de mastic dans de l'huile esse,tielle de térébenthine. 
Lorsqu'un fait détoner une capsule au milieu d'uneoEe 
q«i en est remplie, l'inflammation ne se propage pas, s'il 
n'y a pas de pondre interposée. Cependant ces capsules ne 
sont pas sans danger : aussi remplace.t-on quelquefois 
dans leur fabrication le fuhninate de mercure par le fu I mi - 
coton. 
FULMIX.£TIOX FCLGCILtTION. Ce n'est que d'a- 
près la rapidité de l'inflammation et d'aprés la force du 
bruit, OEon a établi une diffrrence entré la ddlonation 
et la.fulmination. Quand le phénomëne n'est accompagné 
que d'un bruit comparativement faible, il prend le nom de 
d¢tonation ; si le bruit est considérable, et qne i'exploiod 
soit violente, on dit quil y a en fulmination. Tandis que 
le mot fulmination rappelle l'idée de la foudre (fulnten 
fuluratinn exprime la rapidité de Iëelair (.falgur }. 11 y 
a donc gradation de la fulmination à la fulration , rotc'- 
Dr-LnrJO.). 
FULMINATION (Droit canon), acte par lequel un 
«:ri?que Oit tout al;tre dlué du pape annonce tin ruse.i/. 
• au bulle ci en ordonne l'excutin. Jadis le.; officiaux #la;uni 
n'ordinaire charades de ces missions» qui» leur aant 



FULMINATION 
doans dans les formes voulues, ne pouvaient mme leur 
ttre retirées par la mort du saint-père, llsne pouvaient dé- 
léguer personne pour rendre la sentence d'exécution, mais 
il leur était permis de transmettre à des tiers le pou- 
voir d'interroger.les parties, d'assigner et ouïr les témoins 
sur les faits exposés dans l'acte de la cour de l%me. Les 
objets de la fulmination, aussi variés que cetax des bulles, 
embrassaient les excommunications, les mandements 
des éVlUeS, abbés et abbesses, les dispenses de mariage, 
les signatures portant réparations d'irrégularités, les res- 
crits réclamant contre des VŒUX, etc., etc. 
FULMINIQUE (Acide). Déoeuvert par Gay-Lussac, 
:.et acide n'existe qu'en combinaison avec les bases dans les 
tu I m i n a t e s. Quand on chercfie à l'isoler, il se décompose 
en acide cyanltydrique et en d'autres produits. 
FULTON (l:on£a'r) naquit l'an 1765, en Penylvanie, 
dans le comté de Lancatre, de parents pauvres ; son père et 
sa mère étaient de malhettreux émigrés irlandais, cfiargës 
de cinq enlants. Fulton n'avait encore que trois ans lors- 
qu'il perdit son pète, et à dix-huit il savait à peine lire, 
écrire et compter : c'était là toute l'éducaliou qu'il avait 
pu puiser dans l'Cule de son village. Plein de zèle et d'in- 
dustrie, il se rendit d'abord à Pltiladelphie, où, malgré le 
dén0ment le plus complet, il parvint  étudier le dessin, 
la peintitre et la mécanique. Allant d'auberge en auberge, et 
jusque dans les mes, vendre des paysages et faire des por- 
traits, le jeune artiste parvint, au bout de quelques années, 
à se procurer une somme suflisante pour payer une petite 
ferme que sa mëre faisait valoir. Lui en ayant ainsi assuré 
la propriété, et ne redoutant plus. pour elle les besoins de la 
vie, Fulton passa en Angleterre en novembre 1786, espé- 
rant trouver dans le célèbre peintre d'fiistoire W est, son 
compatriote, un- maltre habile et un protecteur généreux. 
Son espoir ne fut pas deçu : le respectable artiste l'accueillit 
comme disciple et commensal. Fulton fit sous lui de rapides 
progrès ; mais son génie le poussait surtout vers la méca- 
nique. En 1793 il ptsenta au gouvernement des projets 
d'amélioration pour les canaux, où les ècluses sont rem- 
placées par des plans inclinés sur lesquels montent et des- 
cendent des bateaux  roulettes. A cette idée, pratiquée déjà 
en Chine depuii un temps immémorial, et reproduite en 
Europe à des époques reculées par l'ingénieur anglais Rey- 
nold, Fulton ajouta beaucoup d'autres perfectionnement% 
et surtout la construction de rutiles, d'aqueducs et de ponts 
en fer fondu ; mais ce fut en vain qu'il s'adres«a au go 
vernement et h des sociétés particulières pour I'exécntion 
de ses prbets. Afin de les faire apprécier, il fut obligé de 
les décrire dans un livre. A la fin de cet ouvrage se troure 
une lettre  François de lleufchAteau, alors ministre de 
l'intérieur en France, relative à un projet de eanalisati3n 
de ce pays,  l'aide des soldat.s. Fulton imagina alassi des 
espèces de charrues pour creuser les canaux ; il perfectionna 
à la mme époque des moulins pour scier le marbre, et des 
machines ponr filer le chanvre et commettre les cordages. 
Quelques lettres de remerclments de la part des societës 
savantes et trois ou quatre brevets d'invention furent font 
ce qu'il obtint dans la Grande-Bretagne. Pennt trouver en 
France phts d'encouragement, il arriva à Paris vers la fin 
de 1796. Invité par Joel Barlow, alors ministre plénipo- 
tentiaire dis Etats-Unis en France,  venir rSsider au mi- 
lieu de sa famille, lulton accepta cette offre gënéreuse, et 
dès lors fut cimentée entre le plus illustre des poëtes amé- 
ricains et le premier ingénieur du Nouveau Monde cette 
étroite amitié qui devait durer autant que leur vie. Pendant 
les sept anns que Fulton passa auprès de son ami, il se 
liera  l'étude du français, de lïtalien et de l'allemand, 
tudia les mathëmatbiques, la physique, la chimie et la per- 
spective, et composa plusiem's écrits qui n'ont pas été puhliés. 
Il crut en 1797, époque ou la France et l'Anglcterre son- 
geaient à la paix, devoir donner ses idées sur la liberté des 
mers et du commerce : à cet elfet, il nuira en correspon- 
dance avec le ¢lèbre Camot, qni.l'affectionuail particuliè- 

-- FULTON • 47 
rement ; mais la rêvol ution du t S f r u c t i d o r ayant forcé 
Carnot  s'expatrier, Fulton présenta vainement ses projets 
aux nouveaux membres du Directoire. Il entreprit alors de 
faire adopter à la France un nouveau genre de guerre mari- 
time, et dès le mois de décembre 1797 il lit . Paris quel- 
ques essais sur la maniëre de diriger entre deux eaux, et 
de faire éclater à un point donné, des bottes remplies de 
poudre ; c'est là que s'Calent arrêtCs en t777 les expé- 
riences de l'Américain BnshnelL Fulton écl=oua comme lui 
dans cette entreprise, aussi bien que dans celle d'employer 
des bateaux sous-marins pour conduire des pétards 
sous la carène des vaisseaux. L'argent loi manquant, Fulton 
s'adressa an gouvernement. Mais sa pétition, reuvo)'ée au mi- 
nistre de la guerre, n'obtint pas de réponse. Sans se décou- 
rager, il exécuta en acajou un modèle de son bateau, et 
avec cet argument, qui parlait aux yeux, il se présenta de 
nouveau au Directoire. Aussit6t une commission fut nom- 
mée pour examiner ses plans. Les rapports furent favo- 
rables, mais, après de longs délais, le ministre de la guerre 
les rejeta entièrement. Trois années s'etaient écoulëes dans 
ces travaux; Fulton, ne conservant plus d'espoir auprès du 
gouvernement français, s adressa au Directoire de la répu- 
hlique balaye, qui, de mme que la France, reConnut l'im- 
portance de la guerre sous-marine, à l'exception, cependant, 
d'un de ses membres, nommé Yanstaphast, lequel fournit 
 l'ingénieur de l'argent pour exécuter plusieurs machines. 
Bonaparte ayant Ce revètu de la dignité de consul il ie, 
Fulton lui Criait pour obtenir des fonds pour la construc- 
tion d'un bateau sous-marin, et pour qu'une oemtnission 
examiner ses expériences. Cette double requête eut tout son 
effet; l'argent fut accordé, et Volney, Monge et Laplace 
furent nommés et approuvèrent le projet ; le bateau fut 
construit en fS00 et casa)Wpendant l'automne à Bonen 
et au H/Ivre. Le succès ne répondit pas à l'attente de l'in- 
venteur Asant entrepris d'aller à Brest, il ne put achever 
la traversée, et son bateau sous-marin échoua aux enti- 
tons de Clterbourg. Un second fut construit dans les ate- 
liers de MM. Perrier, à Paris, et essayé, en tS0l, sur la 
Seine, vis-à-vis des Invalides. L'ingénieur, enfermé dans son 
bateau avec un matelut et une bougie alMmée, s'en fonça dans 
l'eau, y resta dix-huit à vingt minutes, et surgitaprès avoir 
parcouru nne assez grande distance, puis disparaissant de 
nouveau, il regagna le point de deparL Témoin de cette 
expérience, Guyton-Morveau remit à Fulton nn mémoire 
sur les moyens de prolonger la respiration des homntes et 
In combustion des lumiëres à bord des navires sous-marins 
en restituant de l'air vital et ab.orbant le gaz carbonique. 
Le mème bateau fut plus tard essa)é  Brcst, et un rappott 
des plus favorables fut dressé par des officiers de marine. 
Fulton s'occupa ensuite de manœuvrer un petard contenant 
vingt livres de poudre avec son bateau sous-marin, et il 
réussit à faire sauter une chaloupe mouillée dans la rade. 
Mais citez Bonaparte le go0t pour les iw,ovations dimi- 
nuait à mesure qu'il voyait croitre sa puissance. Les me- 
moires et les pétilions de Fulton restèrent sans reponse; tou 
tefois, le profit qu'il retira du premier p a n o r a m a offert par 
lui aux Parisiens lui permit de poursuivre ses expëriences. 
Pendant ce temps, lord Stanhope parlait avec anxit-té, 
dans la chambre des pairs, du sjour de Fulton en France, 
et, sur sa demande, un rapport était adressé au premier 
miniçtre, lord Sydmouth, pour l'engager à rappeler l'Ira- 
bile ingénieur. Fulton ne se décida pas d'abord à accepter 
les offres du gouvernement britannique ; il s'occupait de 
construire un bateau à vapeur sur la Seine, avec l'as- 
sistance de M. Livingston, ministre plenipolentaire des 
États-Unis  Paris; le bateau, terminé, fut essaya, mais 
il se rompit par le miiieu. Le ministre fournit des sommes 
pour la construction d'un second bateau, qni lut prouvé 
à la fro de t8o3, et l'expérience ayant étë satisfaisante, 
Fulton et son protecteur conçurent dès lors le projet, qu'ils 
réalisërent quatre ans aprës, d'tablir des bateaux  vapeur 
star les fleuves« d'AraCique. 



De retour en Angleterre, Fulton n'y rencontra, comme 
eu France, qu'obslacles et dégoOts. En le rappelanl, rinten- 
tion du gouvernement anglais avait etWsimplement de 
juger ses projets et de lui acheter le secret au moyen d'une 
forte pension- mais c'était grandement se tromper sur son 
caractère. On peut s'en convaincre par cette réponse  des 
agents du pouvoir : « Soyez assuré, leur dit-il, quels que 
puissent /Ire vos desselDSo que je ne consenlirai jamais a 
cacher mes iuventions lorsque ]'Amériqu.e en aura besoin. 
"ous m'effritiez en vain une renie de 20,oo0 liv. sterl., je 
sacrifierai toujour tout à la sùreté et à l'indépendance de 
ma patrie. » Après bien des dëlais, le ministère consenlit 
enliu à faire essayer les torpilles o,t pëtards sous-marins 
pertectionnés par F,lton. La première expérience, qui eut 
lieu la nuit du 2 octobre 1805, fut sans succès; mais Fulton 
inista, el le 15 du morne mois, en présence des minislre% 
il fil sauler un brick danois du port «le 00 Ionneaux, qui étail 
ì l'ancre dans la rade de Walmer. Cependant, ce qui devait 
tre favorable ì l'ingénieur produisit l'effet contraire, el 
vers la fin de l'année suivanle, ayant plus que jamais b se 
plaindre du gouvernemenl brilannique, il quitta PAngleterre 
pour =New-York. Rentré dan sa patrie, jaloux de prévenir 
ses compatriotes en faveur de son projet relalif aux torpil- 
les, il réunit dans File du Gouverneur les autorités de 
ISew-York et un grand nombre d'l,abitants, et entra da»s 
les uoindres détails sur ses inventions. Puis il soccupa de 
la construction d'un balean à vapeur, Le Clermont. Cette 
enlrepri«e avait été condamnée par l'opinion publique; le 
chancelier Livingslon fournit seul les fonds nécessaires. Au 
mois d'aoOt de l'année 1807, Le Ciermout fut essayé. Le 
succè fut complt, el le tiomphe du génie atrracha à la 
mullitude, jusque alors incrédule, des acclamalious et des 
applaudissements immodérés. 
Fullon s'occupait/t observer roules les parties de son éa- 
te.au, 'afin d'en connaltre les délauts et de pouvoir les cor- 
riger. Après quelques changelnents, Le Clermont alla de 
[New-York à AIbany en trente-deux heures, et en revio! 
eu trente heure». Dans ces deux traversées, qui s'ex¢.cuté- 
rent de nuit ci de jour, cette énorme machine jeta la terreur 
parmi les habitants des rives de l'Hudson et parmi les 
Oluipages des navires qui se trouvaient sur son passage. 
Les marins, élounés de cette longue fumée qui s'Cevait 
dans les airs et enteudant le bruit des roues qui ff'appuient 
l'eau à coups redoublés, se précipitbrent (disent h.s 
journaux de l'ëpoque) ì fond «le cale pour se dérober ì 
cette effrayaute apparilion. Les plus Ilardis se prnst«rn/:renl 
ur le pnt, inzplorant la Providence contre l'horrible 
r»ontre qui dèvorail l'onde houleuse. Peu aprës Le Cler- 
non fit rëgulièremcnt le service de la poste entre lXew- 
York et AIbany. 
La construction du Ciermont et ses succès engagèrent le 
célèhre mccanicien et son associé, le respectable chanoeFer 
Livington, à construire de nouveaux bateaux à vapeur, . 
qui tous réussirent également. Alors s'accrurent prompte- 
ulent la Iortune et la réputation de Fulton, qui, le 12 au01 
1807, répëla aux U'ais dlZ ouvernemeut, dans les envirous 
de lew-York, l'expérience des armes sous-marines, qu'il 
avait déjà exécutée à Walmer, et fit sauter un ieux navire 
d'environ 200 tonneallX. En 1810 il publia un ouvrage 
sur ses torpilles. En mars, mme année, le congrès vla 
des fonds pour en fabriquer. Fulton s'occupa ensuite succes. 
sivement de la création des blocl-ships, des colombiades 
sous-marines, et des mutes ou bateaux muets, elc., les- 
quels furent successivement Crouves. Mais il ëtait destiné ì 
trouver partout des obstacles : on alla jusqu'a lui disputer 
devant la législature de lew-York la loire d'avoir le premier 
établi utilement la navigation par la vapeur, ci on chercha 
fi faire révoquer son brevel. Sa santé était de'jà attérëe : cette 
affaire acheva de la déranger; il fut obligé «le garder le lit. 
Un jour, étanl sorti par uu Iroid tr/s.rigourenx pour donner 
de» ordres azx ouvriers, ez étant longtemps resté exposé 
à l'air, la maladie se déclara avec une nouvelle force  et, 

FULTON  FULVlE 
le 2zt février 1815, il mourut à I'ge de quarante-heu! ans. 
Dès que la nouvelle de ce h.isle événement fut connue, la 
douleur publique se manifesta d'une maniëre éclatante. 
Les journaux s'enlourèrent de marques de deuil. La mu. 
niripalilé de lew-York et les diverses sociétés savantes et 
littéraires arrétèrent que tous leurs membres porteraient le 
deuil pendant un certain temps. Le sênat, de son cté, 
s'associa au sentiment général, en artAtant aussi que le deuil 
serait pris par les deux chambres. V. ne Mot_os. 
Fulton ëtait mort en laissant pour 100,000 dollars de 
dettes. E 18'29, le congrës accorda fi ses enfants une somms 
de 50,000 dohars avec les intéréts echus depuis 1815, et 
plus tard encore, en 1838 il leur vota une autre somme de 
100,000 dollars. 
FULVIE. Deux femmes de l'ancienne Ruine ont rendu 
ce nom celèbre. L'une joua le rle de dénonciatrice dans la 
conjuration de C a t i I i n a, et dégrada une illustre naissance 
en faisant le me-fier de courtisane. Elle avait pour amant en 
titre un chevalier Q. Curius, qui déhonorait au.si par sa 
coqduite un des noms les plus respectables de Ruine : exchl 
par les censeurs du sénat pour plusieurs infamies, forcé par 
le dérangeJnent de ses affaires de cesser ses prodigalités 
envers Fulvie, il se mit tout  coup, voyant qqe cette femme 
avide lui tenait rigueur, à changer ses dolëances et ses suppli- 
cations en promesses extravagantes, entremlëes de menaces 
si elle ne le remettait pas en possession de ses anciens droits 
sur elle. Fulvie, surprise d'abord, s'adoucit assez pour 
découvrir d'où provenait l'arrogance inaccontumée de son 
amant, et elle ne crut pas devoir tenir secret le péril qui 
menaçait l'Etat. Elle tir sourdement circuler dans le public ce 
qu'elle avait appris, san nommer personne. Cicéron, Cu con. 
sui, en obtint des révélations plus explicite.s; et, de concert avec 
elle, determina Curius, par les plus belles promesses, ì lui 
révler tout le projet de Catilina. PI t:s tard, lorsque deux 
des. copjurés conçurent le projet d'assassinerCicéron,cerim 
se h'ta de l'en faire avertir par Fulvie. Quand le procës 
des complices de Catilina fut dcfëre au sénat, Curius, ap- 
pelé à deposer comme témoin, chargea beaucoup César; 
mai ses dënonciatioqs contre ce redoutable citoyen n'curent 
d'autre résultal que de lui faire perdre la récompense pro- 
mise aux denonciateurs. Quant à Fulvie, il est probable 
qu'elle s'était fait payer d'avance sur les fonds dont pouvait 
disposer Cicérun en qualité de consul. L'historien Fieras 
parle de cette Fulvie aec beaucoup de mépris : il la qualifi 
de courtisane des plus raies (vilissimum scorlum). 
L'autre Fcvm fut appehe à jouer un r61e moins secondaire 
que sa contemporaine. Fille de Marcus Fulvius Bambalio, 
n'ayant, suivant l'expressiun de Velleius Patercutus, rien 
d'une femme que le corps, elle tut successivement l'ëpouoe 
de trois hom;nes considérables dans la république, et qui 
tous trois naquirent pour le malheur de Ruine : C 1 od i u s, 
l'ennemi de Cicérun; Cu ri o n, tribun non moins séditieux 
que CIodlus, dont il avait étë l'ami ; et le trium if Marc-An- 
t o i n e. Quand CIodi,ls eut étë assassin par les tellites de 
Milon, et que son¢adavre, rapporté  Ruine, fut exposé dans 
le vestibule de sa maison, Fulvie, par ses discours véhé- 
ments, anima le peuple  la vengeance. Curion, zélé par- 
tisan de César, ayant péri en Afrique après la bataille de 
Pharsale, Fulvie ne s'amusa pas  le pleurer, et épousa 
blarc-Antoine, qui était alors l'ame damnée dtt dictateur. 
Après la mort de Céar, tant que son mari lut maltre des 
affaires, elle le pou aux rapine.s les plus scandaleuses, 
comme aux actes les plus violents et les plus cruels. Ce fi;t 
à l'instigation et mus les yeux de Fulvie qu'il décima une 
légion romaine. Pl,;s tard, Iorsq,,e Antoine fut proscrit, après 
sa dëfaite devant Modène, elle se vit en butte ì de menaçanles 
représailles ; mais elle truuva un protecteur puissant et zélé 
dans Atti cas, l'ami intime de Cicéron, qui poursuivait 
Antolne avec acharnement. On sait comment ce grand ora- 
teur paya le tort d'avoir étWvaincu dauseette guerre ì mort : il 
fut proscrit par les It-iumvirs Octave, Anloiue et Lépide, et 
Fulvie, à qui l'on apnorla la t$te de Cicron, se donna le 



FULVIA -- 
plaisir de percer d'une aiguille d'or cette langue qui avait 
lan contre elle et son époux des traits si acérés. Tandis 
qu'^ntoine proscrivait de son coté, Fulvie proscrivait du 
sien; et Antoine la laissait faire. 
Lorsque, vainqueurs de Brutus et de Cassius, Antoine et 
O c t a v e n'curent plus qu'à se disputer l'empire du monde, 
Fulvie, qui était restée à Borne, tandis que son époux se trou- 
var en Orient, troubla tout par ses intrigues et par ses fu- 
reurs. Elle avait deux motifs pour détester Octave: d'abord, le 
jeune triumvir, qui n'avait épousé la filh. • qu'elle avait eue 
de Ciodius que pour obéir aux légions, ne témoignait à Clo- 
dia que froideur et mépris, jusqu'à se refuser à consommer 
ce mariage; en second lieu, la vieille Fulvie aurait souhaité 
se faire aimer de son gendre, qui voulut encore moins de la 
mère que de la fille. Elle n'était pas femme  pardonner 
tant d'offenses : elle anima de ses passions, en leur donnant 
une couleur politique, Lucius Antonius, son beau-frère ; et 
ce dernier, prenant le masque républicain, se déclara contre 
le U'iumvirat, s'annonça comme le protecteur des proprié- 
tairesdéponil|és, et prit les armes contre Octsvc pour la 
cause de la liberté. Ce mot rallia sous ses enseignes plusieurs 
iégious et nne aveugle jeunesse, qui voyaient le restaurateur 
du parti de Pompee dans le docile instrument d'une vieille 
femme. Octsve fit marcher contre Lucius trois armées, dont 
une sous ses ordres immédiats. Lucius s'enterma dans Pé- 
rouse avec Fulvie, qui animait elle-reCe les combattanls ; 
mais tout cédait alors à la fortune et à l'habileté d'Octave. 
Lueius se rend à son adversaire, qui cette fois se montre 
clément. Fulvie, sans espérance, se retire d'abord à Pouz- 
zoles, ensuite à Brindes, enfin dans la Grèce. Elle était ma- 
lade à Sicyone en Achaïe, lorsque Antoine vint dans cette 
contrée. Il ne daigna pas lui faire une visite; et elle mourut, 
l'an de Borne 712 (2 avant J.-C.), dans les angoisses de 
toutes les mauvaises passions trompées. 
Charles Du lozom. 
FULVIUS, nom d'une illustre famille plébéienne de 
lome, originaire de Tusculum, qui fournit  la république 
des consuls et des preteurs, et se suhdivisa par la suite des 
temps en cinq branches, distinguées entre elles par les sur- 
noms de Flaccus, 3"obilior, Pcetius, Curvus et Centu. 
raalus. 
Quntus Fu.vms Fgxccus, après avoir obtenu, à deux 
reprises, le consulat, et avoir exercé la censure l'an '31 
avant J.-C., fitt pendant deux années de suite, après le dé- 
sastre de Cannes, chargé de la préture, lgommé pour la 
troisiëme fois consul, l'an 212 avant J.-C., il battit Hannon 
en Ca_mpanie; l'année suivanle il saurait Capoue, ci la punit 
sévèrement de sa défection. Il mourut après avoir etWpour la 
quatrième fois nommé consul, l'an se09 avant J.-C. 
Son petit-fils, Marcus Fuvlrs FLACCCS, nommé consul 
l'an 15 avant J.-C., ayant poposé d'accorder aux alliés 
ies droits de citoyen fut envo-ë par le séuat dans les Gaules, 
à l'effet de porte .ecours aux llassiliens, virement pressés 
par leurs voisins. Plus tard, il se lia Atraitement avec Caïus 
Gracchus, et périt avec ses deux fils, en 121. 
FUMÉ. On donne ce nom à l'Creuve d'une gravm'e en 
bois obtenue au mu.en du bruuissoir. C'est une sorte d'é - 
preuve d'artiste, faite pour s'assurer des résultats du 
travail. 
FUMÉE Tous les corps tant chauffés ì un degré con- 
venable passent de l'Cut solide à l'Cat liquide, ou à Fétat 
de gaz. Les matièresqu'on brfile dans les Ioyersponr obtenir 
un certain deé de température sont le bois, le charbon 
végétal ou fossile, la tourhe, etc. Ces matières soumises à 
l'action du feu ne produisent presque pas de liquides; elles 
donnent, au contraire, une qqantit,, extraordinaire de gaz, 
dont la nature dépend de celle du combnslible. Si la combus- 
tion était partaite, on ne verrait point ce que nous appelons 
fumée s'elever et monter au-dessus du foyer, p|fisque ce 
courant ascendant se composerait de fluides invisibles comme 
l'air que nous respirons. La fumée est sensible ì nos 'eux 
par la raison qu'il se mle au courant ascendant des gaz 
oic't. » , coavgs. -- . x. 

FUMETEBBE 
de la vapeur d'eau, des part/cules du combustible qui, con- 
mées en partie, ont acquis assez de légèreté pour ttre 
relativement moins pesantes que l'air qu'elles déplacent, il 
ne faut pas contondre la vapeur avec la fumée: celle-ci 
toujours composée de plusieurs matières solides et liquid 
de différentes natures ; la vapeur, au contraire, ne contient 
pas de matières A l'Cut solide : la vapeur d'eau pure, par 
exemple, est un gaz imparfait, qui ne contient aucune ma- 
tière palpable. 
La fumée a de graves inconvénients, surtout dans les 
des cités où l'on brille du charbon de terre, soit pour les usages 
domestiques, soit pour le sert/ce des manufactures dont la loi 
y autorise l'existence. Ces inconvénients ont attiré l'attention 
du parlement anglais, qui a décidé qu'à l'avenir toutes les 
cheminCs de Londres seront pourvues d'appareils lu mi- 
vures. Cet exemple a été imité à Paris. La santé publique 
y gaguera; les particuliers y trouveront mme une économie, 
car la fumee est un combustible imparfaitement br01é. 
Au figuré, il n'gapoint defuraëe sans feu signifie : il ne 
court point de bruit qui n'ait quelque fondement. Il n" 
point de feu sansfurae veut dire : On a beau cacher une 
passion vise, elle se manifeste toujours. S'en allêr en fumée 
s'applique aux choses qu/ne produisent point l'effet attendu 
Tous ses projets s'en vont enfumee. IA vendeur defumde, 
c'est un homme qui n'a qu'un crédit apparent. On dit aussi 
familièement: Lesfume du vin, pour les vapeurs qui mon- 
tent de l'estomac au cerveau; les rurales de l'orgueil , de 
l'ambition, pour les mouvements qu'excitenl ces passions. 
Fumde est en outre synonyme de vain : la gloire et les 
honneurs ne sorti le plus souvent que de lafumde. 
Fumde est un terme que les chasseurs emploient pour 
dësigner la fiente des btes fauves. Tvssf.z. 
FUMÉE (oir de). |'ogeœ Xom. 
FUMET terme de vénerie et de cuisine. On désigne 
ainsi certaine émanation, certaine vapeur particu!ière, 
qui s'exhale du corps des animaux crus ou cnits, et qui en 
fait reconnaltre la présence ou la qualité. Toute suhstanoe 
extraite du rb,,me végétal ou animal exhale probablement un 
fumet plus ou moins caract6risé, mais dont l'imperfection de 
notre odorat ne nous permet pas de nous apercevoir dans le 
plus grand nombre des cas. La plupart des animaux, tels 
que lecb ien, u.ar exemple, doués d'un organe olfactif bean- 
coup plus sensible que le n6tre, perçoivent d'une maui/.re 
ét6nnante le fimet les uns d autres ou celui des corFs 
organisés qu'ils peuvent avoir interet de rechercher ou «le 
fuir. Cetle espèce d'émanation, qui s'exhale du corps «le 
tout tre animé, est mme un guide beaucoup plus sùr que 
la vue pour diriger les animaux carnassiers dans la recher- 
cfie de lenrs proies, et pour donner à ces dernières le moyen 
d'échapper à leur ennemi. ULLO. 
FUMETERÈ genre de plantesde la famille des pa- 
pavéracëes, asant pour caractères: Un calice de deux pièces 
et caduc, une corolle composée de qualre pétales, irrégu- 
lière et comme labiée; six etamines diadelpfies; un ovaire 
supérieur surmonté d'un seul sffle. En gnéral, le tiges des 
fumelerres ne s'Cèvent pas très-haut, et deux espèces eule- 
ment ont des fleurs un peu grandes : l'une est indigène, c'est 
la fumeerre bulbeuse (fumaria bulbosa , Linné); l'autre 
est origin.dre du cap de Bonne-Espérance. Parmi les indi- 
gènes, l'espèce officinale (f umaria ofJicinalis , Linn,_;) 
la plus commune : on la trouve dans le clllture% les haie», etc. 
Ses tige% gr]P..q et rame_eg, ne s'Cèvent tant au plus que 
de trois decimétres, et les feuilles surcomposées, les flelws, 
trës-petites et sans éclat, n'attirent point l'attenliou d'tan 
spectateur qui n'est ni botanite ni médecin. Le cultivateur 
voudrait debarrasser ses champs de toutes ces p!antes pa- 
rasites qui ||surpent le sol et Arouirent dans leur croissance le 
biWet d'autres cetCes utiles ; mais les semences «le la fume- 
terre, comme celles des coquelicots, des bluets, cte., écllap- 
peut, par leur extrême petitesse, aux opérations de netto}ag 
des grains. La seule espèce dont on pourrait s'ocCul,er 
qu'on ne I'a fait jusqu'à présent est lafumeterre bulbeuse: 
7 



o.,0 FUMETERRE 
ses fleurs s'embelliraien peut-être par la culture; et il semble 
que sa racine devrait tre soumise aux intimes expériences 
que celles des orchis, de la bryone, des arums, et d'autres 
plantes, qui fourniraient, an besoin, soit des aliments, soit 
des matières dont les arts pourraient tirer parti. 
FL[EUR celui qui aspire et expire habituellement de 
la fumée de tu bac, au moyen de cigarres, de cigarettes 
et surtout de pipes. 
FUMIEI le plus abondant et le plus précieux de tous 
les e n g r a i s, d'une action fécondante supérieure à celle des 
mati/res végétales, moins puissante et moins rapide que celle 
,les matiëres animales pures, mais beaucoup plus durable. 
Il est de nature mixte, végéto.animale, composé de pailles, 
.l'autres tiges ou feuilles de plantes qui, ayant servi de li- 
ti/re aux animaux domestiques, sont imprêgnées de leurs 
exbalations, imbibéesde leur urine, et mëlangées avec leur 
fiente ; les liquides qui s'en écoulent en tout aussi partie. Tel 
est le sens du motfumier dans son acception la moins ëten- 
due; mais ordinairement on l'applique/ l'ensemble des pro- 
duits végétaux et animaux qui en forment la masse dans 
«me exploitation rurale bien entendue, klors il se compose 
du fumier proprement dit, de la fiente des volailles et des 
pigeons, des réshius provenant de la fabrication du vin, 
du cidre, de l'huile, etc., de la chair, des os et du sang des 
animaux; de roules les planles coupëes en vert qui poussent 
dans les fossés et les endroits marécageux de la ferme, des 
vases retirées des fossés et des mures, des sciures de bois, 
des cendres, de lasuie, des criblures, etc., des eaux grasses, 
des eaux alcalines, da jus de fumier, des terres franches 
imbibées de sucs végétaux ou animaux à l'état de alCompo- 
sition putride, du produit des fosses d'aisance, etc. 
Le fumier proprement dit offre de grandes diffërences se- 
lon les animaux qd le produisent : le fumier de c]eval, 
dhisé, d'une fermentation prompte et facile, pousse active- 
ncnt la végétation ; il convient surtout dans les ferres 
fortes et argileuses; celui de wche, beaucoup plus compacte, 
est d'une fermentation leule et s'appliqpc surtout aux ferres 
sèches et maigres, auxquelles il donne du corps, le 
de cochon jouit  peu prës des mmes propriétés que le p'r- 
cédent, mais / un moindre degré; le fumier de mouton, 
de chèvre, etc., composé de paille imbibée d'urine, et de 
crottes dont les mol°cules adhèrent [oement, est plus ac- 
tif et plus durable dans son action sur les plantes que les 
autres fumiers. Le mélange bien Cai des trois premières 
espèces forme une masse d'nnc fermentstion facile et régu- 
iière, et produit un engrais comommê, d'une qnalité 
excellente. Selon les habitudes locales, la nature des terres et 
la quantité d'engrais produite, le fimier s'emploie : l°à 
tatfras avant que la fermentation s'y soit développëe; 
2 ° ¢ moitié cotsommé; 3 ° d 'etat de pdte onctueuse et 
dense; ° cul'm, à l'état de terreau, meuble et lmlvdrioe. 
De ces quatre procdés, lequel est prférable ? Pour la so- 
lution de cette question, il est nécessaire d'examiner le mode 
J'action de clin°un. 
Par ses pailles longues ou es aulres tiges végétales, le fu- 
mier frais, répandu dans les ter au sortir des écuries ou 
quelques semaines après sa formation, soul-e et divise 
la terre, et y ménage des canaux souterrains pour l'Coule- 
ment des eaux; par les urines et les excrémeuts qu'il ren- 
ferme, il échauffe les plantes et leur fournit des sucs. /lais 
toutes les matières vëgétales non décomposées n'agissent 
d'abord que d'une manière mécanique; elles se convertissent 
lentement en terre végëtale, parce que la fermentation pu- 
tride n'en précipite pas la décomposition. 
Dans le i,,mier a moitié consommé, la fermentation a 
déj/ produit des changements notables, la combinaison des 
matières animales et vg,:talcs est commencée; elles sont 
/oins ditinctes l'une de l'autre ; la pairie, en partie divisée, 
saturde de sucs qui lui donnent une COldeur brune, en par- 
fie confondue avec les matitres animalcs pour former un 
tout homogène, proesente immédiatemcnt la nourrilure aux 
'égtau r la portion encombiaaison intime avec [e..s ma- 

-- FUMIER 
tières animales, en méme temps qu'elle agit encore mcani- 
quement par la portion non convertie. Le temps néc.ssair, 
/ la confection de ce fumier varie de six semaines/ trois 
mois, suivant les espèces qui entrent dans la oomposition 
de la masse, et aussi selon la position et les circonstances 
atmosphériques. 
La fermentation a cessé, la température s'est abaissée, la 
masse entière est homogène ou à peu près, la couleur uni. 
formément brune ou noire : nous avons du fumier consomme 
ou du terreau. Le premier forme une lte onctueuse; le se- 
cond, moins pourvu d'humidité et de parties grasses, est 
divisé : c'est l'essence de l'humus.L'un et l'autre sont dans 
leur ensemble un aliment tout préparé pour les plantes. Le 
fumier frais pour arriver/ cet état perd environ les trois 
quarts de son volizme. 
De là nous concluons que : 1  à volume Cai, le fizmier con- 
sommé est préférahle au fumier frais pour la production 
médiate; 2 ° dans les exploitations où le fumier est en grande 
abondance, le frais est préférable au consommé, parce que 
la décomposition s'opérant avec lenteur, son action est plus 
durable; a ° il convient touiours mieux dans les terres 
fortes et argileuses, / cause de l'action mécanique que  
composition exerce sur elles ; 4 ° il convient moins que 
demi-consomra6 dans les terres de consistance et de qualitë 
moyennes; 5°dans les fermes qui produisent peu de fumier, 
le consommé est préfêrable, parce que les végëtaux ont 
immédiatement besoin pour leur accroissement de tous les 
su que l'engrais peut fournir; 6 ° on peut poser entame 
principe gënéral, toutes choses égaies d'ailleurs, que l'ac- 
tion fécondante des fumiers et des autres engrais est d'au- 
tant plus rapide qu'ils sont plus divises, plus réduits, etque 
la durée de cette action est en raison inverse de leur divi- 
sion ; 7 ° enfi6, les fumiers longs ou demi-censureraC, épaa- 
dus immédiatcment, doivent ttre recouverts, afin que leur 
dcumposition s'accomplisse et qu'ils imprègnent la terre 
des sucs qu'ils renferment; les fumiers censureraC, les 
terreaux, les poudrcttes, la colombine, la pouline, en nn 
mot tous les engrais étaisC, sont plus productifs lursqa'ils 
sont jetés également sur les terres ensemencées, vers la fin 
de l'hiver, ou sur les plantes en végétation, au commence- 
ment du printemps. 
La production et la fabrication du fumier, cette branche 
sans contredit la plusimportsnte de Piudustrie agricole, puis- 
qu'elle est le point de départ et la source de toute produc- 
tion du sol, est encore à naitre dans une grande partie dela 
l-'rance. Et cependant, ne serait-il pas possible aux lcrmiers, 
par la mise de leur industrie, de leur actix-itë, seuls capitaux 
disponibles le plus souvent, d'augmenter, de doubler méme 
les fumiers? Exominons : quel aspect prescrite la ferme et 
ses abords? Autour des Curles, les lossés, les mates qui 
servent d'ahreuvoir, remplis de fange et d'une eau dont la 
couleur et l'odeur infecte annoncent la présence de matières 
azzimales en décomposition ; derrière les murs, les lzaies de 
cléture, des matières lé°nies, qui augmentent l'infection ; 
dans l'lutArieur de la cour, le fumier jeté au hasard, aban- 
donné aux volailles, aux cochons, broyé et disperse par le 
bétail, par les oit,zres et par les gens de la ferme, alterua- 
tivemezzt brfilë par le soleil et lavé par lapluie ; des cloaques 
oh sëjourne et se dissipe la partie liquide de l'engrais ; dans 
les Cables, un sol inêgal, humide, des tas de fiente amassée 
depuis des mois, des gaz suffoquants; ailleurs, les débris 
et les racines du chanvre, du lin, les fanes des pommes de 
terre, les feuilles des arbres, le« herbes, qui pougsenf dans 
les Iosss, dans les parties marécagcuses de l'exploitation. 
se dessèchent et périssent sans utilité, etc. On n'en fini- 
rait pas si on voulait énumérer toutes les matière» 
végétales ou animales qui se perdent ainsi (auge-- ,BASSr- 
COUt't ). 
Que le fermier, avant de penser à pro&,ire de nouveaux 
eugrais, s'applique à conserver ceux qu'il poss/de ; qu'il 
recueille et entasse tout ce qui est fumier o, peut le deventr, 
qu'il y veille conme un avare h son trésor : là seulement 



FUMIER 
o se trouve pour lui la source de l'aisance, du bien-tre et 
nme de la richesse. Alors il pourra profiter des savantes 
laçons des maltres : la masse des fumlers utilisés sera dou- 
blëe. Qu'aura-t-il à faire pour arriver à ce but? 1 ° Creuser 
à une profondeur de 0m,50 à I mètre, sur le point de la 
cour le moins exposé au soleil et aux courants d'air, ou 
mieux au dehors, si la disposition des lieux le permet, une 
fosse proportionnée à la quantité probable des fumiers, sur 
un plan Iëgèrementincliné ; 2 ° revêtir le fond d'une couche 
argileuse; 3 ° pratiquer/ l'une des extrémités basses un trou 
pour servir de réservoir aux engrais liquides; 4 ° placer sur 
un point reculé, derrière les bMiments, des latrines pour le 
service de toute les personnes de la ferme : un tonneau 
garni d'anses remplit très-bien cet objet; 5 ° sortir le 
fumie.r des curies une fois par semaine, ou au moins tous 
les quinze jours, le répandre dans la fosse uniformément, 
sans trop le iouler (le fumier des bergeries se conserve 
part); 0 ° disposer le sol des écuries et des Cables de telle 
sorte qu'il donne écoulement aux urines vers la fosse des- 
tinée aux engrais liquides; 7 ° recueillir avec soin toute 
matière animale ou végétale, et la déposer selon sa nature 
dans l'un des trois réservoirs principaux ; 8 ° rassembler 
part la fiente des volailles et des pigeons, la .cher, la ré- 
duire en polSSière et la conserver pour l'usage. 
Fumer une terre, c'est y répandre du fumier ou tout 
autre engrais. Quelle que soit la nature ou la consistance 
des matières fertilisantes, elles doivent toujours ètre répan- 
dues uniformément à la surface du sol. Les procds de la 
main-d'oeuvre varient selon l'espèce des entais : la port- 
tirette et toutes les substances de nature pulvérulente se 
sèment à la volée; le fumier est dispersé à l'aide de four- 
cites; l'engrais liquide dont on n'a point formé de c o m p o s t 
se répand avec un tonneau à arroser; les matières tirC 
des latrines, n'étant jamais utilisées sans tre mèlées à la 
marne ou à la terre franche et desséchées ensuite, se dis- 
persent comme les autres substances pulvérulentes. 
P. Gcutg. 
FUMIGATION. On désigne par ce substantif, tiré 
d verbe latin flumiare, réduire en fumée, une médica- 
tion appliquée sous la forme de vapeur ou de gaz, et qui est 
trèusie, soit pour prévenir des maladies, soit pour les 
guérir. Les fumigations qu'on emploie dans un but préven- 
tif se composent de diverses substances dont les modes 
d'agir sont très-variés; la plus simple et la flmée engen- 
drée par la combinaison du bois, de la paille, etc. Elle était 
employée et recommandée anciennement dans les villes 
o/a des épidémies pestilen!ielles se manifestaient : d'abord, 
ces fumigations favorisent le renouvellement le l'air ; elles 
peuvent ensuite avoir de l'efficacité, en atténuant l'activité 
de miasmes par la division; elles peuvent encore agir 
chimiquement, car la tutuC, surtout celledu bois, recèle des 
principes actifs, l'acide pyroligneux et la créosote. L'eau 
réduite en vapeur peut Lyalement atténuer les miasmes en 
les divisant, mais elle peut aussi plus probablement leur 
servir de moyen d'expansion, et ce fluide est vraisemblable- 
ment le véhicule qui entralne dans l'air, par le concours 
,le la chaleur, des émanations putrides provenant de sub- 
stanoE« animales et végétales; les fièvres intermittentes, 
la fièvre jaune, n'ont peut-être point d'autre source. 
Une fumgation pratiquée commlmément dans la chambre 
des malades est celle qu'on forme en br01ant des baies de 
genièvre sur des charbons ou sur une pelle rougie au feu : 
elle n'a cependant pas la propriété d'assainir l'air, elle four- 
nit eulernent un arSme agréable, mais tout à fait inefficace : 
elle est aussi inactive que les fumigations qu'on produit 
avecdu sucre, des clous fumauts, de l'encens et différents 
parfums qui affectent mme péniblement plusieurs indivi- 
dus. Le vinaigre n'est pas beaucoup plus convenable. 
Les fumigations usitées comme moyen de traiter un 
grand nombre de maladies sont altSSi nombreuses que va- 
ries : ou les emploie surtout sous le nom de bains rle 
peut', et divers appareils ingénieux ont té inventés pour 

FUMIVORE 
appliqner cette mlicatiun, soit localement, rmit gén'ale- 
ment, mme 0ans un lit, sous forme bumfde ou sous 
[orme sèche. Les fumigations humides sont fournies 
par divers liquides, habituellement par l'eau bouillante, 
seule ou chargée de différentes substances. L'alcool est 
souvent aussi employé à cet effet. Les fumigations s/cbes 
sont fournies par l'air écbauffé dans des espaces plus ou 
moins circonscrits, et auquel on mle diverses substances, 
notamment le soufre, le campltre, le benjoin, quelquefois 
le mercure. Sous l'une ou l'autre forme, la mlication est 
appliquée dans une sorte d'étuve o/a les individus sont en- 
tièrement placés, ou seulement jnsqu' la téte. Ces fumiga- 
tions sont fréquemment employées pour le traitement des 
maladies cutanées et pour un grand nombre d'affections 
internes; comme elles exercent sur la peau, mme par le 
calorique seul, une excitation puissante, on parvient par ce 
moyen à dévier des affections internes et chroniques. 
Les fumigations qu'on administre localement sont encore 
simples ou composées, humides ou sèches; ainsi on dirige, 
sur telle partie une colonne d'eau en vapeur o d'air écbauflé. 
Un procédé banal pour agir sur la tte est de la couvrir 
avec une serviette, tandis qu'on la tient au-dessus d'un vase 
rempli d'eau bouillante. On y a recours très-fréquemment 
pour remédier aux rhumes de cerveau o coryzas : cette 
fumigation produit une excitation très-vive, et dont l'action 
nous parait tre plut6t nttisibie qu'utile. On a plusieurs 
fois tenté de diriger dans la poitrine des fumigations, afin 
de combattre les affections pulmonaire; l'expérience n'a 
amais confirmé les espérances fundées sor cette reC/cation, 
qui paralt d'abord très-rationnelle, et qu'il est facile d'ad- 
ministrer. D" Cnxnuor«ra. 
FUMISTE ouvrier qui s'occupe du soin et de la cons, 
tructiondescbeminées, poëles, fourueaux et cal orifè- 
res. Le fumiste construit les titres, pose les rideaux, les 
tuyaux, place les grilles, ramone les cheminCs, etc. Ses outils 
sont le marteau-hachette des maçons, avec lequel il taille sur- 
tout la brique, la truelle, un petit r'3teau/ main avec lequel il 
gratte l'intérieur des cherninées, une échelle et des cordes. Il 
commande en gnral à un tOlier les objets de t61erie dont 
il a besoin. Il marche sur les toits, grimpe dans les chemi- 
nCs avec l'adresse d'un chat ; mais en genéral il est routi- 
nier. Du reste, il faut le dire, les savants se sorlt peu occupés 
des moyens de découvrir et de faire disparaitre les causes 
qui rendent les cheminCs fumeuses ; et qooiqte les sciences 
pllysiques et chimiques aient fait des progrès extraordinaires, 
l'art du fumiste et encore Irès-imparfait;/ Paris, la plupart 
des fumistes sont italiens. 
FUMIVOBE ( defunus, fumée, et roture, dévorer ). 
Ainsi qu'il a été dit à l'article Fcé, si le combustible était 
complétement brtlé, il ne monterait dans le tuyau de la cbe- 
minée que des fluides invisibles et point saiis.ants. Comme 
il est impossible d'atteindre ce but dans les foyers ordi- 
naires, on s'est livré à la recberche de systèmes de caloriFères 
dans lesquels la fumée, traversant de haut eu bas la masse 
du combustible, puisse sortir débarrassée de toute impureté 
salissante. Dalesme est le premier qui, en l'année 6SO, ait 
tantWavec quelque succès une expérience de ce genre : son 
appareil était simplement un tuyau composé de trois par- 
ties, une horizontale et deux verticales. Le tuyau horizontal 
était échancré en son milieu et portait un bout de tuyau 
qui servait de foyer. C'est là que Dalesme plaçait le com- 
bustible, lequel produisait de la fumée à Pordiuaire quand 
les orifices supérieurs des tuyaux verticaux étaient/ermés 
oeais si l'on ouvrait un de ces oriflces, la fumée plongeait 
dans le combustible, s'y br0lait, et il ne sortait par l'ori- 
fice ouvert que des fluides invisibles, pourvu que le leu frit 
alimenté par deux petites b0cbes; car, chose singulière, 
sit6t qu'on retirait une de ces b0ches, la fumée paraissait, 
elle disparaissait quand on remettait la nme b0cle. Le* 
combnsfibles qui répandent naturellement certaines odeurs 
les perdaient dans cet appareil, mais seulement au momenl 
où le feu était bien aliumé. Il ne se produisait pas de fume« 
7. 



 FUMIVORE -- 
 plus lorsque les deux orifices étaient ouvert; alors le 
lestant des gaz ascendants se partageait entre les deux 
tyaux verticaux, pourvu qu'ils eussent la mme hauteur et 
la mme température. 
os grands appareils fumivores ont depuis été bien per- 
fectionnés. On peut les ranger en Irois classes : 1 ° ceux dans 
lesquels, sans rien changer d'ailleurs au fourneau, on br01e 
la fumée au moyen d'un ou de plusieurs jets d'air arrivant par 
des ouvertures ménagées en diverses parties du fourneau, ou 
à l'aide de l'appel de la cheminée; 2 ° ceux dans lesquels on 
¢it usage de courants d'air forcés ou de jets de vapeur; 
:I ° ceux qui sont pourvus, soit de plusieurs grilles, soit d'une 
seule grade mobile avec trmie ou distributeur mécaniqne 
pour le chargement du combustible. Les appareils de la 
première classe sont les plus simples et les moins co0teux. 
TEVSSIBE. 
FUXAMBULE. Voye'- DA.'scn n Conn. 
FUNAMBULES (Théâtre des). Ce petit théâtre du 
boulevard du Temple fut ouvert par tolérance en 1816. 
On y dansait sur la corde et on y jouait des p a n t o m i m e s. 
La révolution de 1830 lui permit de supprimer les danses 
de corde ; mais fl eut le ho,1 esprit de ne pas renoncer à 
se pantomimes, arlequinades oi le jeu spirituel et fin de 
on mime, Deb u reau, suffit longtemps pour attirer un po- 
bhc nombreux. Bien plus, les dispensateurs de la renom- 
mée s'étant épris &, célëbre Pierrot, amenèrent h son thétre 
les gens désoeuTéS et les curieux jaloux de suivre la foule. 
Cependant, en 145, le préfet de police menaça l'exi»tence 
de ce spectacle populaire. On disait alors qu'il y avait trop de 
titéàtres h Paris : on pensa naturellement h fermer les 
plus petits; et puis la salle ,les Funambules n'ëtait pas dans 
les conditions d'isolement exigées par les règlements. Pierrot 
eut de bons defenseurs; la mesure fatale lut ajournée. La 
révolution de Février survint, et l'on n'en pada plus. Mais 
le thétre des Funambules perdit son Pierrot bien aimé. 
Heureusement qu'un de ses fils a recueilli son héritage, et 
conserve à la génération actuelle leplaisir de la pantomime 
enfarinée. L. Louvr. 
FUN.DUK. Voye'- 
FUNEBRE (Oraison). Voye'- Otsns Fvs/:Ulï. 
FUNÈBRES (Jeux). Homère et Virgile offrent de bel- 
les descriptions de ces jeux. Pline en attribue l'établissement 
 Acaste et ì Thésée, qui fondèrent dan l'isthme de Corinthe 
des jeux à la mémoire d'Archémore. Les Bomains, imi- 
tateurs des Grecs, ajouoErent  la pompe des f u n é raille s 
des combats de gladiateurs, appel busluaires. Les 
jeux hm:bres étaient les seuls qu'on pot faire célèbrer sans 
tre magtrat. On y assistait vëtu de noir; les temmes en 
étaient exclues. Dans ceux que P. Scipion, le premier Afri- 
cain, décerna dans Carthage ì la mémoire de son père, on 
vit de individus de haute extraction se présenter pour com- 
battre ì la place des gladiateurs. Deux princes africain_% Cor- 
bis et Orsus, profitërent de l'occasion pour décider par la 
voie des armes h qui la ville d'lbes, qu'ils se disputaient, 
serait adjugée, et ils luttèrent h outrance h la vue de l'af,née 
romaine. Les jeux funèbres se nommaient aussi overn. 
diales, parce qu'on les cëlébrait ordinairement neuf jours 
aprës la mort. Ils étaient militaires, ayant été imaginésdaus 
l'origine pour honorer la m('moire des guerriers, ou snb- 
atitus plus tard aux sacrifices de prisonniers et d'esclaves. 
Th. DLun. 
FuNÈRAILLES (du latinfinus, au pluriel .fznera, 
ou funes, funiculi, torche, cierges; ou du grec o.,b:, 
mort ). Ce sont les cérmonies dont on entoure le cercueil 
de l'homme; c'est le dernier devoir rendu h celui qui a 
cessé de vivre. L'histoire attete que parler, t, dans tous les 
temps, leculte des morts a étë consacré par la relion, la me- 
raie et les lois. Chez les Ëgptiens, "fi la perte d'un roi le deuil 
ëtait g«-néral pendant .¢.oixante-dix jours on interrompait le 
cours de la.justice, les temples se fermaient ; aucun jeu n'e- 
tait célébré. Tout le monde s'abstenait de bains, de longs 
epa, de vin, méme de nourriture cuite. Une fois cha- 

FUNËKMLLE$ 
que jour, les cheveux souills de poussière et le visage teint 
de ng, 300 onnes, homm et fm, couknt 
la ville, vemçlint l'aoE de «éments et chnt 
11 actions du roi.  mm rémoni s'oaient, 
sur e helle plus rtrein, da I funiUes pv. 
11 y avait dans tous oela de paiculier que I femme, 
séparë d homme, oe couvraient le vie d'ordure. 
suiti de leurs voisins et de leu proche, eoeent, 
se n, p I  et lesrrefours, oe frappant la i- 
trine et  dhirant Ijou. L Éptiens embait 
leu momi pour leur faire ver le lac Achésie. Au- 
pavant, quarante juges, s au rd du lac, 
I bonn et I mauvais aons du défit. Chacun avt 
le droitde l'accur devant I jug et de véler I r 
qu'il oennaiait de lui. L rois eux-mm pourtant e 
aoeus p le dernier de leu suie. 
Les fonéraill d Héhreux éient moins Ionm, 
prque aussi solennelle. EII duraient pt jours 
I deni priv, et  prolongeant quelquefois ju 
trenfieme jour ur 1 pfin et I rois. Pendant oe m, 
I Jfs je0naient, s'arrachaient I cheveux ou 
ent en forme de couroe, ris mchent pi et 
nus, et oeuchaient sur la oendre,  revalaient d' 
tissu de po de chèvre et de chenu. ur doulr s'ex- 
primait par des lantatns et d hlmn funèb 
l'honneur du mo dans le genre d plaint de Dav 
s Sadl et ner, ou de Jeremie sur le roi Ji; 
fems, appelé lamentalric, chahutent  h). 
L'Evane nous apprend en outre qu'il y avt d jou 
de fl0, loues pour mler le son de leurs itrumen x 
hr de la foule dans la mn du mo. Le oerp 
baumé d'aroma et de parlums prccicux, éit envelop 
de linoeals ; un suaire œuvrait la , et on le pot nd 
au mifieu d cris de douleur, dans le nunt. Q. 
qu pasg du Lie d Ro, d Paralipomèn et de 
Jée no appent qu'on brëit ai quelquefo 
corps. 
L anciens upl pratiquaient, en général, d fune- 
les Iongu et solennell; il en faut peut-être exoepler 
P«s, qui, au dire de Diodore de Sicile, de Quin 
de Sextus Empicu% de Strabon, avaient d'étr 
moni : à la mort de leur roi, p exemple, ils eignsent 
partout le feu cr, et nnt cinq jou se livioeti 
tou I rt de débauch. L hra riaient et joutent 
aux funéraill: ils n'avent de pleurs que ur le enl 
 leur naisnoe, rrdant  doule la mort oemme le 
rmed maux qui oemmencntaec la ie.  Trogloe 
atchent la  du mort  s pi et lui ieit 
pierre, avec de grands la de rire, juu'h oe qu'il en 
frit tout couvert ; alors, sur le monoeau, ils pnt une 
oerne de uc, et oe retiraient joyeux dans leu oek. 
d fabl ont eoE inven sur 1 luneral d 
pl anciens les moins civil. L 31sagèt, queu 
tbus de l'ie, I Sidonien% les Indiens, I habi de 
Peut et du ue, I Hire, auent,  en ¢roioe 
 récif, dévoré leurs pareuU, ne cht mieux I h 
noter qu'en leur vaatde tumbu. Quelques nations sion 
prque uv, entre auU I EUfiopie% I jeit 
aux poions, qui en foesent leur nourfitu habitu, 
voulant leur ndre oe qu' en avent re, oemme no 
rendons  la teffe I oerps qu'elle a form. 
L Gr et I Roi ne le ient en en dans 
deuil exfieur aux tieus et aux enf d patfidt 
D que I Gr avaient ferm I yeux du mo, m da 
 uche la pi d'airn ur Caron, l'obole, le - 
x, ils le lavaient av de I'u fie ml de vin, vet 
de l'hue sur us  membr, et le deient ns 
vfibule de la maison, revètu de  plus bux habit, 
cotonné de fleur, couch sur  liÇ à ¢ duqn on 
poit un v plein d'u et un pinu fo de cheveux. 
 religion olique a oeé de  .  hom 
chanent oe que 1 Gr apient l. 



FUNERAILLES 
les femmes, tour à tour, à commencer par les p',us proches 
parentes, s'avançaient, et, tenant d'une main la téte du 
mort, donnaient avec l'autre tous les signes d'une vive don- 
leur, déchirant leurs vgtements et leurs seins, répandant 
ur le cadavre leurs cheveux coupés, souvent mgme arra- 
chés. Les hommes se coupaient la barbe et les cheveux, ne 
vonservant qu'une petite couronne comme /es Hébrenx. 
Alexandre, qui pour les funérailles d'Êpbestion dépensa en- 
viron sept millions de notre monnaie, fit raser non-seulement 
les hommes, non-seulement les chevaux et les mulets, mais 
encore plusieurs villes. Dans les principales conteCs de la 
Grèce, ces cérémonies duraient neuf jours; Il dixième, on 
br01ait le cadavre et l'on en recueillait les cendres. Cepen- 
dant, l'inhumation }' fut plus usitée que partout ailleurs. Quand 
on br01ait le corps, des hommes, vtus de deuil, la tte voi/ëe, 
précédaient le défunt, que suivaient des femmes sous les 
mèmes vtements lugubres, mais le visage découvert et les 
cheveux épars. On marchait au bruit des fliles et des 
c}'mbales. Des chants tristes s'Cevaient çà et là; tous les 
assistants jetaient des fleurs sur le cercueil, et l'on portait 
les armes, les vëtemeuts et les bijoux du mort, avec les pré- 
sentsdeses procheset de sesamis. Le cadavre était déposé sur 
le b tc he r, qu'on avait couvert de fleurs. Les prêtres immo- 
laient des victimes, dont ils versaient la graisse sur le corps, 
afin qu'il br01At plus vite ; ils plaçaient encore autour, des 
vasesleins de miel et d'huile. Si le défunt était un grand 
général, douze captifs étaient 6gorgés, comme des animaux, 
pour lui servir d'esc]arcs chez les morts, et le feu consu- 
mait les victimes, les présents et lex rameaux verts qu'on 
jetait au bficher, en signe de la victoire remportée sur les 
peines de la vie. On se retirait en prononçant/ haute voix 
le nom du trépassé, auquel on disait un éternel adieu; puis 
le lendemain ou enfermait dans des urnes mortuaires les 
cendres et les os. Les cérémonies funèbres étaient encore 
suivies de sacrifices commëmoratifs, de libations, de fes- 
tins, de jeux, d'apothéoses. 
Les funérailles des Romains res.emblaient beaucoup à celles 
des Grecs : elles variaient suivant I'ge, la condition, le lieu 
et le genrede mort. Les enfants qui n'avaient pas encore de 
dents ne pouvaient spirer  l'honneur ni d'une oraison 
funèbre ni d'un brocher : les parents les suivaient avec des 
torches. Ilous vo)'ons dans Ovide que les mères elles-m$tnes 
portaient leurs petits enfants. Pour les jeunes filles qu'une 
mort prématurée enlevait  leur famille, les funérailles 
étaient tumuluaria, c'est-,-dire faites  la hAte, en quelque 
sorte improvisées. Les joueurs de llîtte assistaient aux fu- 
nérailles de ceux qui mouraient dans un Age moyen ; la 
Irompette précédait les morts dans un gé plus avancé. On 
portait les femmes à bras, les hommes sur les épaules. Les 
pauvres et les plébëiens étaient livrés quatre vespilles pour 
tre brtlés ou inhumés sans pompe, tandis que rien n'éga- 
lait la magnificence et la somptuosité des funérailles des riel,es. 
Ceux qui mouraientà l'armée ou en exil, Atalent privés des cé- 
rémonies dont ils auraient etWl'objet dans leur patrie; car 
la loides DouzeTables délendait de recueillir les os d'un mort 
pour lui faire ensuite des funérailles. Mais on permettait de 
couper un membre d'un guerrier mort, et de lui rendre les 
honneurs funèbres» en l'absence du reste du corps. Les 
cendres pouvaient aussi Stre rapportCs dans la patrie. Les 
crémonies différaient enfin selon le genre de mort : ceux 
qu'avait frappés la foudre étaient confiés aux aruspices, qui 
tes cou,-raient seulement de terre. Mais onviolaqnelquefois la 
loi de Iluma à ce sujet : ainsi, nous lisons que Pompée 
Strabon, pre du grand Pompée, obtint des funérailles pu- 
bliques, qnoiqu'il eOt éé tué par la foudre. Comme c'était 
Che boute de se suicider, les Bomains avaient coutume, en 
convoquant leurs amis pour les obsèques, de les avertir 
que le défunt ne «levait la mort ni  la violence, ni h un 
meurlre, ni au poison. 
Leur deuil public et particulier élaif,  peu de chose près, 
celui des Ëg)ptiens et «les Grecs. Comme ces derniers, ils 
lavaient et embaumaient les corps. Comme eux aussi, cou- 

vrant le mort de vttements convenables à sa couditlon et à 
sadignilé, ils le plaçaient dans un vestibule de manière à ce 
qu'il semblAt regarder dehors, les pieds tournis vers la porte. 
Près du lit étaient nne cassolette où brOlaient des odeurs, 
des torches en cire allureCs, et un vase d'eau lustrale. Le 
gardien du mort était un des membres de la famille des li- 
bitinaires, ou ministre de LibitJne, déesse qui présidait aux 
funérailles. Des serviteurs en deuil entouraient le cadavre 
et renouvelaient leurs cris de douleur avec ceux qui arri- 
vaient. Ou lisait au peuple, ou l'on affichait  la porte de la 
maison, des éloges composés par des poêtes et des orateurs 
en l'honneur du déiunt. Dès qu'une semaine s'était ainsi 
écoulée, on invitait le peuple aux funéralles par ces paroles : 
IV. Quiris letho dntus est; ad exequias quibus est com- 
modum ire, jam tempus est; Olltts ex xdus ef]ertur. 
Le corps était porté sur un lit entouré de somptueuses dra- 
perles ; des sonneurs de trompettes le prieCaient, mèlant 
des chanls lugubres aux sons tristes de leurs instruments. 
Ces trompettes étaient regardC comme souillíes,et devaient 
tre puriliées deux fois l'an, le 1o des caiendes d'avril et de 
juin, par l'immolation d'une jeune brebis. Puis, venaient 
les amis, les insignes glorieux, les présents, etc., comme 
chez les Grecs. Plus il y avait d'affranchis, t,luslescérémo. 
nies étaient pompeuses. 
A tant de choses graves se mlaient malheureusement 
d'autres choses grotesques : Devant le lit funèbl-e dansaient 
les mimes; l'arcldmime, représenlant le défunt, imitait ses 
gestes, sa voix, ses manières. Cette danse, souvent indécente, 
s'appelait sicinna. Des hommes, ordinairement les plus bu- 
notables de la cité, portaient le lit du mort sur leurs épau- 
les. Quelques nateurs et des vestales portèrent Sylla; des 
envoyésde la Macédoine, Paul-Émile; Mételhts fut porté par 
ses aept fila, dont troia étaient consulaires, deux avaient 
triomphé, un avait été censeur, et le dernier exerçait encore 
la peCurc. L'héritier du mort, avec ses longs vtements 
noirs  franges de pourpre, menait le deuil; derrière sui- 
valent les femmes, marquant leur douleur par les signes 
que nous avona décrits chez les Hébreux et les Ëgyptiens; 
enfin » le peuple, avec des torches, des cierges, des fiabits 
noirs, fermait la marche. Quand on arrivait à la trib..ne 
aux harangues, le tortCe s'arrêtait pour entendre l'oraison 
funèbre, faite par un parent ou un ami. Lorsque le corps 
était arrivé sur le bOcher, ordinairement composë de bois 
odorants et en général consacrés aux morts, on l'arrosait 
de divers parfums. Celui qui avait fermé les yeux du ntort 
les lui rouvrait, afin qu'il regard.t le ciel, lui versait dans 
la bouche un breuvage, et lui disait le dernier adieu, qu'on 
réptait ordinairement ainsi : t'aie, raie, vale I nos te or- 
dine 9uo natura1ermiserit se9ucmur. Le reste res.sem- 
blait beaucoup aux cérémonies des Grees, si ce n'est que 
les Romains avaient de plus que les Grecs des combats de 
gladiateurs ( voyez Bvsrwn« ), etque le sang humain, qui 
avait déjà quelquelois eoulë sur leurs bOchers, coulait en- 
cure aprës dans des jeux funèbres. Les sacrifices s'ap- 
pelaient fer|ae ; ils comprenaient les novemdiales, les de- 
n icales, les terlia» les lrigesimw » les feralia, et les in- 
:reflue. 
Les Gaulois avaient des funérailles presque aussi magni- 
fiques que les Romaius; mais elles étaient de longue durée. 
Dans les temps modernes, comme sous la domination 
romaine, comme chez tous les peuples du monde, à de rares 
exceptions près, les derniers devoirs rendus aux morts ont 
constitué un culte solennel et poétique. Ceux qui ne l'ob- 
servaient pas étaient rcgardés comme des sacriléges, comme 
des infdmes. Les peuples les plus féroces oubliaient leur 
cruaut à ces] moments suprèmes. Les Cannibales se réu- 
hissaient pour pleurer un Jour et une nuit; et, comme la 
plupart des nationssauvages, ils emportaient avec eux le os 
de leurspères. Les voyageurs dans la ffouveau Monde nous 
ont révél6 l'Idstoire de bocages de la mort, les femmes sus- 
pendant leurs enfants morts aux branches couvertes de 
fleurs et de verdure, coutume.que pratiquaientÆ du reste, 



4 FUNÉKAILLES 
aussi, bien auparavant, quelque peuplades scythes, qui sus- 
pendaient au tronc desarbres les corps de leurs pères; les 
habitants de la Golcbide, qui les plaçaient aux branches les 
plus éleçées ; les Goths, qui attachaient dans les branches 
leurs morts, mais aux cbènes seulement. Chez plusieurs na- 
tions antiques, comme chez les Égyptiens, c'ëtait se rendre 
coupable d'une impiété monstrueuse que de laisser un ca- 
daçre sur un chemin sans le couvrir de terre; et le plus 
grand des acriléges était de renverser des t«mbeaux ou de 
répandre ç et là les cendres et les os des morts. La religion 
catholique, en s'emparant de certaines cérémonies grecques 
et romaines, offre quelque chose de plus grave et de plus 
protondément douloureux dans ses chants lugubres du 
De pro.fundis, du Die$ iroe, du Miserere , où la crainte et 
l'espoir luttent sans cesse, nous montrant les récompenses 
étcrnelles ou les chatiments qui n'auront pas de fin. biais ou 
regretlera toujours qu'une religion d'égalité ait des funé- 
railles qui diffèrent pour les riches et pour les pauvres; 
on regrettera surtout ces fosses communes où les os des 
pauvres, ces amis de Jésus-Christ, dorment ple-mle 
confondus, tandis que tout près se pavanent orgueilleuse- 
ment les tombeaux des riches. Les lieux des sépultures, 
placés aux portes des villes, ont de profondes terreurs et 
de salutaires enseignements. La ville des morts se trouve 
 la sortie de celle des vivants. Le pèlerinage e«t court; la 
vie est un chemin battu ; et les tombeaux qu'on vol, ait çà et 
l le long des voies romaines offraient également une su- 
blime image à méditer. ¥ictor Bon_. 
FUNFIIRCIIEN ( en hongrois Pécs ), siCe d'évh,. 
et chef-lieu du comitat de Baranya, est une des villes le« plu« 
belles et les plus agréablement situéesde la Ilonrie, quoique 
construite sans acune régdarité et avec nne extrbme confu- 
sion, comme c'Cait l'otage jadis. Ses difices public le- plu. re- 
marquablcssont : la cathedrale, vasle église oruée«]'un graud 
nombre d'autels en marbre; le palais episcopal, bti dan« le 
st)leitalien et restaré depu!s peu; l'htel de villeet du comitat, 
le lycée ctholique, le gymnase et le séminaire Funfkir¢ben 
possède en outre «le belles églises, une riche bibliothèque 
publique, une école industrielle, et un théAtre sur lequel 
on jom alternativement en honois et en alleman,I. La po- 
pulation, où domine l'éiCent magyare, et forte de 15,500 
mes, s'occupe surtout decommerce et d'industrie, dont les 
produits en tous genres sont ivement recherches dans le 
pays. Les va«tes vignobles qui e',toureut la ville de tous 
ctes et produisent un vin comptê au nombre des meilleurs 
qu'on récolte en Hongrie, forment au une branche'im- 
portante d'industrie. 
Funfkirchen, ville forte ancienne, était autrelois bien 
plus considérab]e qu'aujou-rd'hui, et ses écoles jouissaient 
d'un rand renom. D'après des renseigrements dignes de 
foi, plus de 2,000 étudiants de Funfkirchen prirent part à la 
bataille de i',tohaecz et 300 environ y pèrirent. 
FUNCIINE  partie essentielle des c b a m p i g n o n s. La 
lungine est hlanchfitre, molle  l'Cut humide, libro-cellu- 
leue, d'une odeur et d'une saveur rudes. A la distillation 
sèche, elle donne de l'ammoniaque. Quand on la traite par 
l'acide nitrique, on obtient du tannin, de l'acide prussique, 
de l'acide oxalique et une matière grasse. 
FUICULAIRE (Os). Voçe'- 
FURET espèce du genre marre. Cest le rnustela 
furo de Linné. Très-voisin du putois, le furet est long 
d'environ 0',38 quand il a acquis tout son développement; 
sa queue a 0%13. La couleur du poil est jaun.tre, et ce poil 
est assez touffu. Les yeux sont roses, la tte très-étroite, le 
museau fin et Iégérement prolongé vers l'orifice des na- 
rines, dont le bout est coupé obliquement. Les oreilles sont 
courtes, larges et droites. Quelques naturalistes ont pensé 
que le luter n'est qu'une espèce de putois ; mais outre que 
la forme et les proportions du corps sont sensiblement 
différentes, le furet a quinze ctes de chaque cté, tandis 
que le putois n'en a que quatorze, et d'ailleurs ces deux 
epxes ne s'accouplent point ensemble. La femelle du furet 

sensiblement plus petite que le mle, met bas deux fois par an 
de cinq  six petits. Il parait qu'elle est d'nne grande salacit, 
car si elle n'est satisfaite, elle meurt promptement. Les mou. 
vements du luret sont fort agiles et habiiueltemet saccads. 
D'un naturel orditairement asset docile, la moindre irritation 
lui inspire des mouvements de la cotëre la plus explosive et 
la plus singulière. Il répand alors une odeur excesirement 
fëtide, dont il n'«t absolument dépourvu dans aucnn temps. 
Essentiellement carnassier, il suce plut6t le sang des vic- 
times qu'il a saisies qu'il ne dévore leur chair. Le furet est 
originaire d'Attique : il a été introduit en Espagne, au rapport 
de Strabon, dans le but de réduire le nombre des lapins, 
dont, selon Buffon, cette contrée est le climat naturel. En 
effet, il est l'ennemi naturel du lapin, et quoique d'un 
volume trois on quatre fois moindre, il l'attaque courageu- 
seent et le défait toojours. 
Les chasseurs se servent du fiwet pour faire déguerpir le 
! a pin des profondeurs de son terrier; mais si l'on ne mu- 
sèle le traqueur, m si on ne le tient en laisse, en le i$chant 
dans le terrier, on court risque de le perdre : après le repas 
copieux dont on lui a fourni l'occasion, il fait la sieste, et 
la fumée mme qu'on dirige dans le terrier ne suffit pas 
toujours pour l'obliger à sortir; elle s'échappe d'ailleurs par 
les orvertures diverses du terrier. Le furet n'est jamais 
qu', demi domestique ." il accepte la nourriture qu'on lui 
donne et prend de l'eselavage les commodités qu'il lui Iour. 
nit, mais à la moindre occasion il récupère sa liberté; lilerté 
funeste pour lui dans nos climats, car la rigueur de l'hive 
le fait périr. Il ne se propage chez nous qu' l'aide des abris 
qe l'homme lui fournit. On l'Cève dans des tonneaux, chan. 
dement garuis d'croupe. Les furets dorment presque conti- 
nuellement : ils ne s'éveillent que pour manger. On les 
nourrit de pai., de sou, de tait, etc. B.c't n B.L.S,C. 
FURETIERE (Asxore), auteur de tables, desatires et 
de plusieurs ouvrages littéraires, n'est plus connu aujour- 
d'hui que par son procès avec l'Académie Française  quile 
bannit de son sein, et qu'il poursuivit à son tour par des 
lactum r mplis de fiel et quelquefois d'esprit. Il naquit  
Paris, en 1620, soivit d'abord la carrière du barreau,et de- 
vint procureur fiscal de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. 
Il occupa cette charge durant plusieurs années. Ayant ob- 
teml l'abbaye de Chalivo, il y prit les ordres, ce qui ne 
l'empcha pas de cultiver les lettre avec succès. L'Acadèmie 
le reçut dans son sein en I662. Fondée en 1635 par le car- 
dinal de lichelieu, elle commençait  exciter l'ambition des 
gens de lettres et à fixer l'attention publique. Chargée par ses 
statuts de réglementer la langue, elle crut remplir un devoir 
en s'occupant de la rédaction d'un d ictionn ai re. OEétait 
uneoeuvre longue et difficile, à laquelle concouraient tons ses 
membres. Furetlère, en trouvant |'exécutior défectueuse, et 
surtout incomplète, conçoit le projet de publier un lexique 
de sa façon. Il sollicite un pvilèe du grand sceau pour 
autoriser son entreprise, lenvoé par le chancelier  Cbar- 
pentmr, l'un de ses confrères, il trompe sa bonne loi en lui 
persuadant que cet ouvrage sera exclusivement consacré à 
la définition des termes des sciences et des arts. Le privilégeest 
accordé, et l'auteur publie un premier essai, qui, en dévoi- 
lant sa ruse, soulève contre lui rAcadémie, à laquelle il 
fait concurrence. Cité devant une assemblée extraordinaire, 
il y subit un interrogatoire minutieux, et Racine, Boileau, 
alors au nombre de ses amis les pls intimes, sont chargés 
de le disposer à abandonner son projet. En effet, a}ant pris 
part  tomates les discussions, et soupçonné, non sans cause, 
d'avoir eu à sa disposition les cahiers du dictionnaire, il ne 
pouvait, sans manquer aux lois de l'honneur, entrer en rivalité 
avec sa compaguie. Il persista cependant, malgré le blme d'e 
ses protecteurs etde ses amis. L'un d'eux, l. de .Ni¢olai, pre- 
mier président du parlement, lui dit nettement que, comme 
juge et comme cadémicien, il ne pourrait s'empëcher de le 
condamner : ce fut ce qui adviut. L'Académie, impissante  
obtenir son désistement, prononça son exclusion. 
Furetière en appela aux tribunaux, qui révoquèrent son 



FUIETIËIE -- 
0rivilé&e en 1685, et au public, qui s'amusa de ses fac- 
tures, sans approuver sa conduite. 11 est fcbcux que les 
injures y tieuuent trop souvent la place des raisons. L a 
Fo ntaine surtout, qui avait cru devoir voter contre Fu- 
retièro,  est abreuvé d'outrages calomnieux. on content 
de le traiter d'Aretin mitigé, il l'accuse d'Cre lui-mme 
l'instrument de son déshonneur, fondant cette accusation 
surun de ses contes, od La Fontaine fait en badinant l'êloge 
de l'infidélité conjugale. Des attaques si violentes pro- 
duisirent des réfutations du mme geure. Il parut entre 
autres un dialogue en prose entre un académicien et uq 
avocat, dans lequel l'insulte répond à l'insulte et la 
lomnie à la calomnie. On y raconte comment Furetière avait 
escroqué à sa mëre 6,000 bvres pour acheter la cbaxge de 
procureur fiscal de Saint-Germain-des-Prés, puis, comment 
il avait abusé de sa place pour se faire resigner un bénéfice. 
On y dévoile l'artifice dont il usait à l'Académie pour s'ap- 
proprier des jetons êans assister aux, séances. Bref, on y 
passeen revue toutesa vie, que l'on sèmede bassesses et d'in- 
famies. Ala guerre des factures se mta celle des épigrammes, 
dont laviolence grossière dépasse toute mesure. Cette longue 
querelle dura jusqu'/t la mort de Furelière, arrivée en 1688. 
Il n'avait pas eu la satisfaction de voir la lin de son pro- 
¢ès et lïmpression de son dictionnaire, qui ne fut publié en 
Hollande qu'en 1690. Augmenté par Basnage et d'autres sa. 
vants lexicagraphes, cet ouvrage peut encore erre consulté 
avec fruit. De toutes les autres productious de notre auteur, 
la seule qui se lise euoereest son Roman bourgeois, peinture 
assez amusante des mœurs et des ridicules de cette classe, 
alors si différente de celle de nos jours. Quant à ses satires 
riraCs et à ses fables, elles sont tombes dans l'oubli, quoi- 
que l'auteur se giorifiàt d'avoir inventé les sujets de ces 
deruières, tandis que La Fontaine ne pouvait se glorifier 
que de son s|)le. Son Histoire des troubles arriv au 
royaume d'lo[uence est une allégorie trop obscure main- 
tenant pour intérçser le lecteur. La prose de Furetière, 
plus vive et plus précise que celle de ses contemporains, 
mérite sous ce rapport d'ètre remarquée. Lié avant son pro- 
cès avec Racine, l]oilcau, La Fontaine, 31olière, il brillait 
dans leurs rcunions par la vivacité de son esprit. Racine 
lui doit, dit-on, quelques bons traits de ses Plaideurs, et 
il catin plus grande part/t cette débauclse d'eprit, att, ibuée 
A DesDrëaux , dont la perruque de Chapelain e»t le sujet. 
S At - Paosv jeu ne. 
FUREUR, de r,t% ou//re, le feu. Cest en effet comme 
un lest dévorant les entrailles, qui allume la fisreur dans les 
passions violentes, la colre, la vengeance, l'amour, la ja- 
lousie, la haine, le désespoir, et mme le fanatisme reli- 
gieux, patriotique et militaire, pou.sé a l'excès. Outre ces 
causes murales, la fureur peut tre suscitée ou déler- 
minée par des moyens physiques : une faim rongeante ra- 
x'it les carniores, et mme les animaux les plus pacifiques, 
jusqu'à la fureur et à une sorte de rage. L'énergie du besoin 
de -a p[opaation pendant l'époque du rut clsez beaucoup 
d'anisuàux eclsaolfc la furie belliqueuse entre les mles 
vaux. Il y a des Jureurs uterines, ou n-mpbomaniaques 
dans plusieurs femelles, comme citez les lilles de Proetus, 
:es Messaiine, etc., surtout vers certaines 'poques. Les 
|empCraments impétueux ou très-irritables, tels que les 
bilieux, les sanguins-nerveux ardenls, éclatent ouvcnt jus- 
qu' la fure-r oans leurs affections les plus exaltes. Cet état 
d',xas.cérafiou se manifeste encore à l'occasion de lïvrcsse» 
et sooE «les cieux brlants, ou durant leu saisons les plus 
cfiastdes. L'Age de la vigueur y contribut. ,rincipalement, 
puixque Cent aussi l'ge des grands attentats, le temps des 
plus rcdotstables mantes. On observe parnd les constitutions 
,ffpoc:sondriaques et bystériques qqe l'extreme mobilité de 
leur système nerveux les transporle jusqu à la ft,reqr, mme 
sans cause appréciable, ou par tan simple malaise, par une 
di.position irascible. L'historien De Tison fait remarquer 
que les temps froid et secs stimulaient tellement la fibre 
0uroi Henri III, qu'alors il était ntal montoe et devenait lu- 

FUIFUKACÊ 
rieux pour la moindre cause; il fit atsassiner da cette cir- 
constance le duc de Guie. 
La fureur peut ttre également le produit d'une fièvre a- 
dente, du causus (de la trénésie), en faisant monter le sang 
au cerveau, comme dans un violent acc de délire ou de co- 
lère. Si oe n'est qu'un smpt6me momentané, sans doute 
le danger et moindre ; si la fureur persiste, elle peut dé- 
génére[ en manie redoutable, contre laquelle les bains, le« 
saigaées, le régime antiphlogitique ne sont pas toujours ef- 
ficaces. En effet, il se manifeste deux sorles detatfurbond : 
l'un, avec cbaleur, rougeur de la face, pouls élevé, exhala- 
tion baiilueuse, vive explosion-de courroux, mais capable 
de se dissiper, quoiqu'il puisse en survenir une bémorrhagie, 
un coup de sang; l'antre ple, concentré, morne, ou taci- 
turne, est plus nerveux, plus profond, plosdangereux, pins 
capable de crimes. Celui-ci fait crever le Cœur ou de gros 
vaisseaux ; son dépit souvent caché cause des anévrismes; 
il se conserve longtemps et loujours avec péril. Il y a donc 
beaucoup d'inconvênient à s'abandonner aux passions iras- 
cibles; elles peuvent dégénérer eu rage bomicide, comme 
on en a vu de terribles exemples. Horace n'a-t-il pas 
dit -" 
Ira furor brcvis est : animum rege, qui, ni,i parët, 
Imperat : hune frenis, hunc tu compesce ratent. 
Cetteardente passion tyrannise principalement les rnes sur- 
tout faibles, s'il s'y joint une profonde susceptibilité des 
organes, comme dans le sexe féminin. Ecoutez Virgile : 
Notumque fureus qukl fcmirta possioe, 
Telle est la j a I o u s i e, le désespoir d'une amante abando n- 
née, méprisée ou trahie : la femme alors n'écoute plus rien, 
elle invoque sa mort ou la vengeance, comme Hermione ou- 
tragée. Les mes magnanimes ne succombent pas d'ordi- 
naire à ces faiblesses. La raison supérieure ressaisit son em- 
pire, ou ne s'enflamme, comme Caton d'Urique, que pour de 
plus nobles causes. Cependant, le patriotisme poussé jus- 
qu'au f a n a t i s m e, comme la religion, peuvent s'exalter 
jusqu'a la fureur dans des combats sacrés : le martyr vole 
au supplice, l'innocent à l'écbafaud, pour la Divinité, pour la 
justice, noble furie qu'on respecte jusque dans ses erreurs, 
comme celle du guerrier s'ensevelisnt, ì la manière de 
Samson, sous les ruines reAmes de son triomphe. 
J.-J. 
Par exagération, on dit faire fureur en parlant d'une 
personne on d'une chose qui est fort en vogue, et qui excite 
dans le public un grand empressement, une vive curiosité. 
Fureur se prend encore citez les hommes pour une 
passion démesuree, pour l'habitude importune qu'a quel- 
qu'un de faire certaine cbose, pour on transport qnl 
élève ao-dessus de nous-mmes. Les fureurs, au pluriel, 
sont des transports frénétiques, des emportements, des 
excès de colëre, d'exaltation. 
Le mot latinfuror étant du genre masculin, les lomains 
en avaient fait un dieu, dont Virgile et Pétrone décrivent les 
a.ttributs : il avait l'air étincelant de rage, la figure couverte 
de cicatrices, le corps déchiré de blessures; il était armé 
d'un glaive sanglan.t, et avait à ses pieds un lion rugissant. 
FURFUBACE (en latin furfuraceus), qui ressemble 
à du son, sedit : 1 ° de petites portions d'épiderme qui se 
détacbent après plusieurs phlegmasies; 2 ° d'un genre de 
sédiment de l'urine qui offre l'apparence du son ; 3 ° d'une 
dartre décrite avec soin par Alibert, qui consiste dans de 
légères exfoliations de l'éptderme, semblables à de la farine 
ou à du son, tant6t trës-adbérentes à la peau, tant6t s'en 
détachant avec facilité, disposé.es sur les tégument par 
plaques irrégulières ou régulièrement arrondies, ou bien 
quëlquefois en cercle, au centre duquel la peau reste saine[; 
quand elle affecte ces caractères, elle porte particutiërement 
le no,n de dartre/urfurace arrondie. Assez souvent 
l'épiderme se détacbeous forme de pellicules minces et irré- 
guliìres. L'irritation se déplace avec une grande facdité : 
alors cette dartre est dite Jurfuracee volante. Dans tous 



Des ms, !1 )" a du prurit, ,! la peau se montre d'un rose vif 
aprè la chute des lamelles ípidermiqnes. Les dartres fur- 
furaeées paraissent pendant les chaleurs de l'CWet s'effa- 
cent aux premiers froids; elles siëgent ordinairement sur le 
visage, la poitrine ou sur les membres, bi. Ctmaorr. 
FUBGOL E (Jear-Rar,rls're:), jurisconsulte, avocat au 
larlement de Toulouse, naquit en1690, Jt EasteI-Férus, dans 
le comté d'Armagnac, et mourut en 1761. Dans sa jeunesse, 
il consacrait dix-huit heures par jour à ses travaux, et dans 
ses dernières années il leur en donnait encore dix régulië- 
rement. Aussi acquit-il une cnnaissanee profonde des lois 
et de la jurisprudence Irançaises, des usages et des eoutumes 
de cbaque province, ainsi qu'une notion complëte de cette 
partie de l'histoire qui se rapporte à la législation de 
tous les temps et de tous les pays. L'illustre d'Aguesseau 
faisait le plus grand cas de son savoir. Il a laissé quelques ou- 
vrages, entre autres un Commentaire sur l'ordonnance 
concernant les donalions, de 1731 ; 2°un Trait#des Tes- 
taments ; un Trait# de la Sei9neurie felale et du franc- 
alleu, qui parut en mme temps que son Commentaire 
des Substitutions. Ses Œuvres complètes, imprimées de 
1775 h 1776, forment 8 volumes;n-8% 
I7UIIA, nom sous lequel Linné et Gmelin désignent 
un pefit er dont le corps n'a pas pb»s d'épaisseur qu'un 
cheveu, et que l'on trouve dans les plaines marécageuses de 
la Botlsnie et de la Finlande, oU il vit sur les herbes des 
marais et sur les feuilles des arbrisseaux. Transporté au 
loin par le vent, Iorsqu'il vient à tomber sur la peau des 
Sommes ou des animaux, il y poenètre en peu d'inslants et 
sa présence y est indiquée par un petit point noir suivi 
bienttd'inflammationetde douleursatroces, auxquelles la 
mort seule met ordinairemenl un terme au bout de quel- 
ques heures, d'un jour au plus, si on n'a pas soin d'extirper 
bien vite, au moyen d'un iuslrument tranchant, le parasite 
de l'asile qu'il s'est creusé sous l'épiderme. Depuis les i/lus- 
Ires naturalistes sous l'autorité desquels nous avons placé 
ici lefuria i»!fernalis, personne n'ayant pu eu observer, 
on est porté  penser ou que l'egpèce en a fort heureuse- 
ment disparu, ot que dans ce'de descriplion il y a une 
exazérali,»n fantastique des phénomënes morS;des produits 
par le dragonneau, belminthe commun dans les con- 
tfAes marécageuses, Iorsqu'il pars;eut à s'insinuer cuire la 
peau et leg muscles des animaux. 
FUIIES, diviuités infernales que les Grees appelèrent 
Êrinn.es et Euménides; les Lut;us Fttrioe, de.fwor,  cause 
de la fureur qu'elles versaient dan le sein de leurs »ici;mes ; 
ci les poëtes romains, Dirce, les Snistres. Les Athéniens 
leur donnèrent le nom particulier de Maaies ; celui d'É- 
rinnves leur sient du grec [f, tç, discorde, dont le poëte 
Hési'ode dit qu'elles sont filles, bien qu'ailleurs il leur donne 
pour origiue les gouttes du sang de Coelus, mutilé par son 
fils Saturne, sang qu'aurait fécondé la Terre. L'adjeclif plu- 
riel eumnides (les très-douces), devenu sublantil, leur 
ft prodig«ë, selon que;ques n)thologues,/a cause de l'effroi 
qu'elles inpiraienl. Avec cetle uni;phrase mielleuse, disent- 
ils, les aaciens étaient persuadés qu'on les flairait ci apaisait. 
Pour celle mëme raison les Sicyoniens, voisiusde Corinlhe, 
les gratiliërent de l'emphalique appellation de Déesses 
• "énérables. Eschyle, Euripide et Sophocle les font filles de 
la .Nuit, du sein noir de laquelle elles seraient sorties afinCs 
de torches ardentes, pour exercer l'horrible office que les 
juges inlernaux leur confia;cul de tourmenter les criminels, 
les meurtriers et les pan'icides,  l'heure du sommeil. De 
plus, oelon ces poëtes, l'Achéron( le fleuve sans joie ) 
serait leur père. Les principales, les plus infatigables deces 
tristes divinités, sont "ris;phone, llëgère et Aleclo. La pre- 
mière était chargée de répandre sur la terre la peste; la 
seconde, les morts prtmalurées et violentes; la troisième, 
la guerre et ses horreurs. Parmi les antres, moins oecupées 
ol moins counue% on cou:pie Lyssa, on la Rage, creée par 
E.uripide, et les Harpies, ces monslres ailés de Virgile. 
l,cs Fur;es passaient pour ètre vierges ; et quel amant 

FURFURACÉ  FURIES 
quel époux eQt voulu s'unir à ces filles effroyables, aux. 
quelles Orphée doune pour asile une caverne noire ci 
empeslée, sur les bords fangeux du Styx, et Virgile une 
couche de fer ? 
Cependant Ménandre raconte qu'nn jour l'amour se glisse 
an cœur de Tisiphone. Celle alnée des Furies ayant, au 
moment de la chaleur de midi, surpris un beau berger 
dormi au pied du mont Astère, en devint éprise; l'adolesceul, 
réveillé par ses embrassements empoisonlléS, la vit, frisonna 
et la repoussa avec horreur. Le monstre féminin, oulragé, 
arracha de sa tète une couleuvre sifflante, et la lui lança au 
visage; le replile courroucé se roula autour du cou de l'in- 
fortuné, et l'étrangla. Une montagne, voisine d'Athènes, prit 
de celle aventure le nom de Cythéron. Aux enfers, les Fu. 
ries s'appelaient ckiennes du Cocyte. Orphée les fait naltre 
de Pluton et de Proserpine. La théogonie des poëtes grecs 
leur assigne pour jour de naissance le cinquième de la nou- 
velle lune; peut-être est-ce pour cette raison que Pytha- 
gore le consacre à Thémis, la justice : car les Fur;es sont 
debout autour du siége de Pluton, attendant les or- 
dres du roi des ombres ; et Virgile les assied sur les des 
du tr6ne de Jupiter-Tonnanl, comme les ministres des 
gements célestes. Ce cinquième jour est en mëme temps 
réputé funesle et stérile chez le chantre des Géorgiqnes. 
Le sage Platon réduit les Fur;es à une seule, Adastria ou 
1 é m é s i s, fille de Jupitcr etd'Anané (la léeessité ). Cepen- 
dant les anciens reconnaissaient encore un certain nombre 
de Fur;es nommées lVcmèses, toutes sœurs, dont la pre- 
mière était lémésis. T, utes ont des ailes rapides : filles de 
la luit et de l'OsCn, elles sont obscures comme leur mère, 
et impélueuses comme leur père. 
Les Fur;es, aiusi que la plupart des divinilés de la Grèce, 
sont d'origine égy. ptienne. Des médailles de Cyrène repré- 
enlent les Fur;es couronnees de lotus. Dans les premiers 
siècles de la Grince, la sévérité des traits, un Iront d'off le 
rire était toujours bain6, distinguaient les images de ces 
divinités. Telles furent d'abord leurs stalues dans l'AfC- 
page; mais Eschyle, dans ses Eumœenides, haussa leur taille, 
leur couvrir le visage de masques hideux, les coifla de ser- 
penls, les arma d'un fouet de couleuvres, de torches ar- 
ticules, de poignards, leur donna des voix terribles et le 
lus affreux des regards, des !eux d'un bleu pale et trans- 
lucide, d'où s'echappaient des jels de flamme, d'où coulaient 
des larmes sanglantes ; puis il les habilla de longues robes 
tralnanles, noires ou rousses, tacherCs de sang, dont des 
reptiles formaienl la ceinture et les broderies. A la première 
représentalion, des femmes avortèrent de peur ; de jeunes 
lilles moururent glacées d'effroi ; des criminels prk'ent la 
lu;te. Quelquefois, au lieu de robes, les Fuies porta;cul 
des peaux de bles. Depuis, les poëles et les sculpleurs s'ef- 
forcèrent en vain d'ajouter à leur horrible aspect en leur 
donnant des ailes, des pieds d'airain et des naius qu'ils 
mu.ltiplièrent selon leur caprice. Quelquefois ils lesarmaient 
d'une clef, symbole de leur puissance surnaturelle à s'in- 
troduire dans les lieux les plus secrets; ou ils les envelop- 
paient d'un voile, comme dans les villes et les temples de 
l'Asie Mineure les plus voisins de l'Ég.pte. On les reprb- 
senlait encore avec un corps unique à trois lëte.% de cha- 
cune desquelles sortaient trois bras hrandissants des tiare- 
beaux, et quelquefois avec trois visages coiffés de trous bois- 
seaux et avec six bras. 
Hors de la Grëce seulement, chez les élrangers, les Furies 
portaient des marteaux, des iances crocbues, des épées, des 
haches, tous instruments de supplice et demort ; elles avaient 
aussi des ailes aux bpaules, un diadème sur la tète, le.- che- 
veux épars ou liés, les pieds nus ou chaussés de cothurncs, 
et des robes bariolées. lais Seopas, ne voulant pas compro- 
mellre la purelé de son ciseau immortel par des mages s 
élranges, fit présent h Alhènes de deux simples t;laluer. 
ma;ries des Emnénides eu albàtre. Tonlefoi.% on n'osa;! pa 
prononcer le nom redoulé des Fur;es ; Oreste *nme, danç 
lph9.n ie, ne les doesigne que ous l'appeUation de • déesseç 



FURIES 
ans nom. » On pense bien que ces divinités i redoutables 
durent avoir un culte particulier. Leur plus ancien temple 
connu fut celui que leur consacra Oreste, et qui faisait par- 
tic de l'Aréopage à Athènes. Eles en avaient aux environs 
de la ville, au bourg de Colorie, un autre, environné d'un 
huis. oi se réfugièrent OEdipe suppliant et Antigone; et les 
AihCions, épouvantés, forcèrent le vieux roi de Thèbes d'of- 
Irir aux Furies un sacrifice, pour les apaiser avant qu'il 
quitt/t ces funestes ombrages. Leurs sauctuaires étaient 
nombreux incori en Arcadie, presque tous fondés par Oreste; 
mais le plus célèbre se trouvait en ,ehaïe : elles y étaient 
représentées par de très-petites et très-modestes statues de 
bois ; toutefois, le bocage qui les cachait était un des plus 
redoutés des criminels : un noir frisson les saisissait dës 
qu'ils y entraient, puis une subite fureur s'emparait d'eux. 
On se vit obligé d'en doefendre les abords. La brumeuse Epire, 
oi s'ouvrait une des portes des enfers, consacra aux Furies 
un temple moins célèbre que les précëdents. Efin, leur 
culte était en honneur à Argos, la ville des [orfaits; mais il 
s'effaça presque entièrement dans son trajet de la Gréco en 
Italie, au point de se réduire aux frèles proportions de la 
déesse Furine. 
Quels sacrifices, quelles offrandes prodimaaition aux au- 
tels de ces sombres divinités? Ce n'étaient ni des monstres 
hideux, ni des oiseaux sinistres, ni le triste souci, ni la lu- 
gubre scabieuse, ni àC brebis sans tache, mais de blanches 
tourterelleç, la fleur du blanc narcisse, l'aulne stérile, l'au- 
bépine, le cèdre, le cyprès, le genévrier, le safran, etc. On 
leur faisait aussi des libalions de vin doux et de miel. On 
leur offrait enfin, mais la nuil, aux lents accords d'hymnes 
plaintives entrecoupées de silences, une brebis noire. Elles 
n'avaient point de prètresses, mais des prètres portant des 
robes noires. D/'mosthène dit avoir été un de leurs sacri- 
ficateurs. Les étrangers égorgeaient sur les autels des Furies 
des victimes humaines. Les mœurs douces de la Grèee re- 
poussaientgénéralement ces sanglantes expiations. L'office 
des Furies était aussi de précipiter dans le plu.* profond du 
Tartare les ombres criminelles que leur amenait llercure, 
et d'alteler le noir quadrige de Pluton. Leur puissance s'é- 
lendait dans les enfers, sur la terre, et jusque dans l'Olympe. 
Leur juridiction sur la terre était si grande, que les Ètrus- 
ques les représentaient courant devant les chevaux du char 
nuptial. Elles rendaient les unions heureuses ou sinitres ; 
elles déposaient dans la maison de l'Coux la discorde ou la 
paix, toute action humaine était soumise à leur juridiction ; 
elles assistaient au dernier raie des mourants. 
FUR[Nlà (Furina), nom d'une déesse qu'adoraient les 
Romains, mais sur la spécialité de laquelle les mythologues 
ne sont pas bien d'accord. Quelques-uns en font la déesse 
des voleurs, dérivant son nom du mot latin fur, voleur. La 
seule chose qu'il y ait d'avérée sur son existence et son culte, 
c'est qu'au delà du Tibre un bois lui était consacré. Le jeune 
Gracchus, pour évitir la fureur du peuple qui venait 
d'ir0moler son frère, se réfugia dans ce bois, qui ne fut pas 
pour lui un asile. Cette divinité, que Cicéron suppose n'ëtre 
autre que l'une des luries, avait dans les fastes sa fte 
particulière, appelée Furinalia, qu'on célébrait le $ des ca- 
lendê. d'aott. 
FURIOSO. Ce mot italien désigne en musique moins une 
e.pece de mouvement qu'une espce d'expression, et en eon- 
séquence est souvent employé comme adjectif; par exemple 
allegro furioso. Le caractère désoràonnë que ce mot semble 
impliquer ne s'obtient point par une vitesse exagérée dans 
l'exécution, mais bien par la rudesse dans le jeu, résultat 
auquel arri'e l'ex6cutant en recourant aux dissonnances, aux 
sforz.andos, aux professions chromatiques d'accords, etc. 
FUIIUS et dans les plus anciens monuments FUSIUS, 
nom d'une antique famillepatricicnne de Ruine, originaire de 
Tuseulum, et dont la £mille des Camilles, celle à laquelle 
apparlenait le célèbre vainqueur «les Gaulois, Murons Furius 
Camilln. l VO!le'- Ctal.tr.), Ctait une branche coll-'ltérale. 
DICT. DE LA COi:,i.  T. X. 

-- FURST 
FUBOXCLE. On désigne par ce mot ou par celui ds 
clou une tumeur inflammatoire, circonscrite, commençanl 
par les couches les plus profondes de la peau, puis s'éten- 
dant en tous les sens, jusqu'à devenir tout à fait superfi- 
cielle, enfin se terminant constamment par la supimralion 
et la mortification de son point central. Ce qui distingue sur- 
tout le furoncle des autres rumeurs gangréneuses qui sont 
comme lui douloureuses, dures, chaudes, saillantes, qui 
eupent les mèmes parties, c'est son peu de volume, sa couleur 
rouge, sa forme c6nique, et surtout le peu de gravité des symp- 
t)mes généraux qui accompagnent une éruption furonculeuse. 
Dans ces éruptions, la suppuration arrive ordinairemen! 
au bout de six ou huit jours  elle s'annonce par la teint 
blanchâtre du sommet de la tumeur, qui préalablement 
s'est élevée en pointe. Le cendre du furoncle s'ouvre d'abord 
pour laisser passer un peu de suppuration ; le plus souvent 
le premier pus versé est sanguinolent; vers le deuxiè.me ou le 
troisième jour de la suppuration, le tissu qui occupe le centre 
du clou, qui est prive de vie, en sort sous forme de gru- 
meau plus ou moins volumineux, d'un blanc grisMre. C'est 
à cette petite escarre qu'on donne le nom de bourbdlon; à 
enmpter de l'expulsion du bourbillon, la douleur cesse, et 
la base du clou commence à se dégorger. 
Les turoncles ne sont jamais aangereux, mais ils sont 
quelquefois fort douloureux et lori incommodes; on les voit 
assez souvent épidémiquement, et il est rare, quand on est 
affecté de furoncles, qu'on en soit quitte pour un ou deux; 
le plus ordinairement ils poussent par cinq ou six h la 
ou se suecdent en plus ou moins grand nombre pendant 
quelques semaines, et m6me quelques mois. Quand plu- 
sieurs furoncles poussent en mme temps, il y en a toujours 
un beaucoup plus gros que les autres; la mème remarque 
a été faite pour les éruptions successives : les premiers alors 
ne sont pas toujours les plus volumineux. Les furondes lais- 
sent des cicatrices ordinairement arrondies, déprimées à 
l'endroit correspondant au bourbillon, dont la co«ieur, d'a- 
bord rougeàtre oll bleuMre, tranche pendant quelque temp,a 
d'une manière désagréable avec la peau, ais finit par dis- 
paralt,'e entiërement. 
L'application des sangsues autour de la tumeur, les [o- 
mentations émollientes, les cataplasmes fortement arrosés 
d'une dissulution d'opium, les bains tiëdes, les emplàtres de 
diachylon gommé sont les mutons locaux de traitement le 
plus usités. n mème temps, comme d y a souvent des 
gnes d'embarras gastrique, on purge modérément pour pré- 
venir une trop abondante éruption ou une trop longue rie 
de furoncles successifs. Quelquefois, quand la douleur est 
trës-vive, ou que le hroncle prend uu volume trop eonsi- 
dérable, on se trouve bien de le fondre avec le bistouri ou 
la lancette. Cette petite opération pratiquée sur les premiers 
luroncles, quand ils sont très-volumineux, sulfit quelquelois 
pour faire avorter compléteme»t l'éruption qui se préparait. 
Qu'on ait ou non ouvert ces furondes, on iacilite la sm-tie 
du bourhillon par des pressions modérées, faites sur la base 
de la tumeur au moment où ce corps étranger commence à 
se détacher. A l'aide de cette petite manœuvre, le bourbillon 
est p[!,s complétement et plus t6t expulsé. D r S. 
FURST (en vieil allemand Furislo), mot allemand qui 
équivaut à notre mot Irançais prince, et qui suivant Grimm 
désigne en général la dignité supréme relativement aux sujets 
il est par eonséquent synontme de chef et de sourerain. 
Dans un sens plus restreint, il s'appliqui particulièrement 
aux membres des diètes impériales ayant droil «le préscnee 
et voix personndle ou virile dans ces as»trahiC. Si l'his- 
toire la plus reeulée s'en sert pour désigner des chels de peu- 
plade et de nation, c'est la constilution de l'Empire ger- 
manique qui seule lui donna plus tard un ns bien précis, 
attendu quil dé.signa dès lors uniquement les grands feu- 
dataiies de la couronne, tels que les ,lucs et les comtes, en 
tant que l'exercice ,le» deux prérogatires Xul,rmes de la 
royauté, le droit «le taire la guerre et le droit de rendre la 
justice, leur Cait dévolu. 



8 
 FURST (WAtts), du canton d'Ud,  p]aça avec Ar- 
aold de Melcbthal e Nerner Stauffaclr a a lélc de :d tique 
qui fut formée en 1317 pour la délivrance de la Suisse. 
Guillaume Tell était son gendre. 
FUISTEMBEIG (Principaute de), ancien État immé- 
diat de l'Empire germanique, aujourd'hui médiatisé, était 
¢ornpris dans le cercle de Souabe, et tirait son nom du cb- 
tenu de Furstemberg, rendez-vous de chasse de la forèt 
Noire, situé sur une montagne,  40 kilomètres nord-o,test 
Je Constance, dans le grand.duché actuel de ade. Cette 
principanté, qui eut d'abord le titre de cprnté, comprenait, 
outre le château de Furstemberg et le village y attenant, qui 
ne compte guère que 250 habitants, la seigneurie de ltaus- 
sert, dans la forët oire, et les seigneuries de Heiligenberg, 
tuhlingen, Moekirch, etc. ( acquises en ! 530 ) ; le tout for- 
mant 27 rn)riarnètres oerrés, avec une population d'environ 
90, 00o rnes. Elle changea, en 1664, le titre de cornté contre 
celui de principauté, et fut médiatie en t06; elle est ucore 
aujourd'hui partagëe entre le grand-ducbé de Bade, qui Ch 
contient la plus grande partie, le Wurtemberg et la princ.- 
paute de Hoheazollern-Sigmaringen. 
La maison de Fursternberg, une des plus nobles et des plus 
anciennes de l'Allernagne, prétend descendre des Agilolfinges, 
par Egar, maire de Dagobert I e. Ce qui est plns certain, c'est 
qu'elle descend des anciens comtes de Fribourg (Brisgau) et 
d'Urach. Elle a pour souche le comte Henri I , qui fooda, en 
1250, le cb-teau et la petite ville de Fursternberg, d'où vint le 
nom de la famille. Cette rnaison se divisa au moyen tge en 
différntes brnches, qui finirent par se confondre toutes eu 
la personne de FfCCie Ill, mort en 1559. Ce dernier laissa 
deux fils, d'ou sortirent les lignes de Aï:,n9erthal et de 
Heili9enberg : la première de ces lignes n'avait encore que 
le titre decomte; la deuxiërne obtint en 166 le titre de 
prince de l'Empire; elle s'éteignit en 1716, et la dignite 
princiëre passa à la première ligne. Ce|le-ci se subdivisa à 
son tour en divers rarneaux, dont le premier s'ëteignit en 
1804. Le deuxième prit alors possession du titre et des do- 
maines de la principauté ; il est a,jourd'hui représenté par 
le prince Charles Ego de Furstemberg, në le 4 mars 
180, qui a épous, en ! 8-, Elisabeth-Hearielte, princesse 
de Reuss-Greitz. Sa résidence est à Donauesehingen, où 
se trouve une source Iontemps regardée comme la vraie 
source du Danube. Ce prince, membre bér.ditaire de la 
prerniëre chambre des Ëtats de Bade, a environ (;oo 00o 
florins de revenu. 
Une linc collatérale, dite Furslember 9- Weitra, est de- 
puis lonemps po.sessionnée en 51otarie et dans la bas 
Autriche (ou se trouve Weitra, bourg de t,s0o habitants, 
dont e|le prend le nom ) ; son chef porte le titre de laudgrave. 
Elle est aujourd'hui représentée par le prince Freddric- 
Charles-Jean-iVepomucëne-Égon n Fcsnnet;, né en 
1774, grand-rnaitre des cérémonies à la cour irnpériale 
d'Aulriche. Ses revenus sont évalnés à 150,000 florins 
par an. OUILLET. 
FURSTENBUND. t'oge: Co.rtnëlA't'o »r.s Pticr.s. 
FUITII, ville manufacturière fort importante, située 
en Baviëre, au confinent de la Pe,nitz et de la Rednitz, à 
eniron 15 kilom.tres de Nurembe, compte une popula- 
tion de plus de 16, 0o0 rnes, dont 12,5oo protestants, 5OO 
catholiques, et plus de 3, 00o israélites. Elle est le siége 
d'une cour royale, et elle possède deux églises protestantes, 
une église catholique, deux grandes et quatre petites syna- 
golues, un lbCire et un grand bépital, un co|lége, une école 
de commerce et une école talrnudique, espèce d'université 
israélite. Ses habitants vivent principalement des produits 
de leur industrie manufacturière et du commerce. Les pro- 
duits connus sous le nom d'articles de 1'urembe 9, tels 
que rniroiterie, bimbeloterie, articles esinrnpés en rnétal doré 
et argenté, lunettes: instruments d'optique, de chirurgie 
et de rnathéntatiqnes, gnlerie, ivoire, corne, bonnelerie, 
eutonnadoE, plmnt à écrire, plumes «le fer, cire a cache. 
ter, calWde cbicor, papiers grossiers, jouets d'enfants, e. 

FURST -- FUSEAU 
 sont l'objet de transactions considérable pour te deux 
Amériques, le Levant, la Hollande, la Belgique, l'Espagne, 
le Portugal, l'ltalie, l'Allernagne septentrionale, le Dane- 
mark et la Suède. 
Il est question de cette ville d le dixième siècle; sa pro 
périté actuelle date d'un siècle environ, d'une époque où le 
gouvernement prussien, sous les lois duquel elle se trouve 
nornentanérnent, y favorisa les développements de l'industrie 
par des encouragernents de tous genres. Furth n'a obtenu 
les droits et priviléges de ville qu'en 1818 : elle n'était au- 
paravant tfficiellernent désignée que sous le nom de bourg. 
FUSAIN. Ce genre de plantes appartient à la famille, 
assez nombreuse, des célastrinées. Il comprend des arbres et 
des arbrisseaux. L'espèce commune, appelee le fusain d'Eu- 
rope (evon9mu europoeus, Linné ), v ulgairement bonnel 
deprétre, a cause de la forme du fruit, est un grand arbris- 
seau, qui croit en abondance sur les hales, au fond des 
taillis, dans presque toute l'Europe centra|e et septentrio- 
nale. Il et cicrWde quatre à ciuq ètrê% et recouvert sut 
le tronc d'une écorce erJtre, lisse. Le bois en est extt6. 
rnernent fragile. Les branches sont nombreuses, portant de 
leuilles opposées, entières, ovate3, finement dentCs, et des 
fleurs d'un blanc sale, qui naissent en petits paquets aux 
parties laiCaies des tiges. Le fruit, à quatre lobes obtt% est 
ordinairernent rouge, quelquefois blanc. Les feuilles tombent 
tous les ans, et les ileurs paraissent dans le climat de France 
au mois de mai. Pendant les mois de septembre, octobre 
et novembre, la plante est couverte d'une abondance de 
fruits virement colorés, qui font l'ornement des bosque 
d'automne. L'utilité Je cet arbrisseau surpasse encore l'agré- 
ment qu'il procure. Son bois obcit fari:enent au ciseau, et 
sou vent on l'a employé avec succès à de petits ouvrages de 
sculpture et de lutherie. On en fait.de très-bonnes et% des 
fuseaux de fileuses, des lardoires (d'où son nom vu lgaire 
de bots à lardotre ), des cure-dents et une foule de petits 
ustensiles. AVeC des bagncttes de fusain, charbonnéesdas 
un creuset clos, les dessinateurs se font une espèce de 
crayons noirs, dont ils se servent fort cornrnodérnent, et 
qui dans certains cas ne peuvent ëtre rernplacés par an¢ane 
autre matière. Ce crayon convient parfaitement pour les 
esquisses, à raison de la facilité avec laque|le on peut en ef- 
facer les lraits sur le papier. Les teinturiers emploient le 
fruit du fu»ain, et ils en retirent, suivant les préparations 
auxquelles ils le soumettent, trois couleurs, le vert, le jaune 
et le roux. Le cultivateur ne néglige pas non plus le fu- 
sain, qui h6 procure de bonnes baies. Bien de si facile qe 
sa multiplication par sernences, par marcottes ou par bon- 
turcs. C'est toujours en autonme qu'il convient on de semer 
les grains, ou de coucher les jeunes branches, ou de plant" 
les bouture3. Au bout d'un an, les jeunes sujets doivent 
ëtre transplantés dans une pépinière; il convient de les 
laisser deux ans avant de les placer à demeure. 
Nous ne lerons qu'indiquer les fusain d larges .filleJ, 
f asain 9aleu.,.fuain OE Amérique, fusain tobie, fitsain 
bdtard, toutes plantes des bosquets d'agrément. Nous dirons 
seulement que c'est mal à propos qu'on avait range les fu- 
sain tobie et fusain bdtard dans le genre evon[tmus : la 
première de ces deux plantes est un pttospore, et la se- 
conde est un celastre. P.ocz père. 
FUSEAU broche de fer ou d'acier sur laquelle on en- 
file une b o b i n e destinëe à recevoir tin fil qu'on tord. qu'on 
lile ou qu'on déide; double céne en bois sur lequel les 
leuses à la quenouille roulent le fil à mesure qu'il se forme 
( o9«' F_ç). 
En mécanique, on appellefuseau. les ailes d'un pignon 
creux, appelé telerne. En géorntrie, lesfuseaux sont les 
parties de la swface d'une sphère comprises e/tre deux 
ridiens. Les chevilles sur lesquelles est roulé le fil destiné 
faire de la denlelle s'appellent anti fueaux. On donne 
encore ce nom aux bàtons ou rouleaux de la lanterne d'nn 
moulin, aux tuyaux d'orgne qui ont cette forme; enfin, 
chos longue_s et mennes en eenêral, dont la grosseur n'est 



FUSEAU -- FUSÉE 
pas proportionnée  la longueur, telles que certaines colon- 
nos et les jambes d'cm homme maigre. Tevssno 
FUSEAU |Conchyliologie), genre de mollusques gastéro- 
podes, renfermant plus de 300 espes répand«]es dans toutes 
les mers, principalement dans celles des pays chauds. Le 
nom de ce genre rappelle la forme de la coquille allongée, 
fusiforme, qu'oifrent toutes les espèces. Cette coquille, 
néraleme«R Cruite, a la spire aussi longue ou plus longue 
que le canal terminal; i'ouvertuce est uvulaire, à columellc 
antt simple, tntOt plissée, soit à la base, soit vers le 
lieu. Le fanal terminal de la coquille et allongé, étroit, 
sans écbancrure terminale. Ce canal est droit et non renverxé 
vers le dos de la coquille, qui est encore caractérisée par 
un operoole corné, anguiforme, à sommet terminal. L'animal, 
rampant sur un pied petit, épais, ovale ou snbquadrangn- 
luire, a la ttte petite, aplatie, étroite, terminée en avant par 
deux tentacules courts, coniques, porlant les yeux à la base, 
da c6té estCieur; la tte est percée en dessous d'une ténte 
b,c¢ale Atruite, en forme de bo,tonnière, et par laquelle 
l'animal fait sortir une trompe plus ou moins longue. Le man- 
teau est court; il se prolonge extérieurement en un canal 
étroit, un pen plus Ioug que celui de la coquille. 
FUSÉi ou FUSÈE VOLANTE (Pyroteclnie), une des 
pièces le plus employèes dans les feux d'a r t i ri c e. Le cartou. 
che ou boite de ces fuss, étrangl. à sa partie tufCiente, doit 
tre en papier fort bien collé, presque blanc. On commence par 
faire du carton avec cepapier, en en collaot trois ou quatre 
feuilles l'une sur l'autre; puis ou ru,de et on colle, l'une sur 
l'autre aussi, plusieurs feuillesde ce carton, ]usqu'h coque le 
cartouche ait acquis l'épaisseur qu'il doit avoir. Lorsqu'il 
està moitié sec, on l'étrangle à 20 ou 22 millimëtres de l'ex- 
toemité, en le serrant jusqu'à ce que l'ouverture soit réduite 
à moitié du diamètre intérieur du cartouche. On presse cette 
gorge au raoyen de plusieurs nœuds d'artificier,puis on acl,ëve 
de faire sécher le cartouche; on le coupe carrëment aux 
mensions qu'il doit avoir, et on le clarge d'une oemposition 
de 0,268 pulvérin, 1,0,5 salpèlre, o,t6 soufre et o,«ge 
charbon grossièrement pliC On obtient un leu plus brillant 
avec 1,280 salpêtre, 0,320 soufre, 0,600 charbon, 0,130 
maille d'acier ou de fer. Le cartoucl,e se charge avec une 
broche et avec des baguettes perches suivant l'axe. Le carton 
est rabattu snr le massif de la charge et percé de trois trous 
pour la communication du feu. La gorge est amorcée avec 
un bout de mèche à étoupilles. Le pot est rempli d'artifi- 
ces «le garnitures, qui doivent varier la nature de leur explo- 
sion en Pair. 
Pour maintenir la direction des fusC dans leur ascen- 
sion, on y attache, à la partie iotérieure, des baguettes d'une 
longueur ¢alculée sur n peu moins de neuf fois celle du 
cartouche. Elles sont disposCs de manière à ce que la fusée 
:e tienne en équilibre sur une lame de couteau, placée à 
trois diamètres extérieurs de la dislance de la gorge pour 
les lusAes qui n'ont pas plus de 35 mlllimètres, à deux diamè- 
tres et demi pour celles qt,i ont plus de ce chiffre et ne alC 
passent pas 5 centimètres, et enfin à deux diamètres pour 
 celles qui en ont davantage S'agit-il de lancer les fusAes, ou 
les suspend librement, la baguette to,wnée vers la terre, dans 
«ne espèce de mortaise, faite à travers un liteau plar hori- 
'zontalement et fixé à un poteau on à un arbre. Aussit6t 
«qu'on les a allumées, le feu pnëtre in.tantanément jusqu'au 
. massif, et, sécbappant par le bas, les chasse dans l'air en 
'donnant nuisance dans l'lutCieur à des fluides aériformes, 
' qui tendent/ se dihter uniformément dans tous les sens, 
et qui, rencontrant moins d'obstacle du coté où la fusée est 
ouverte que du cOté où elle est fermée, la pongsent de ce 
Idernier ¢t avec une force égale à la diflérence des deux 
.résistances. Le ma«sii se consume pendant que la fusée s'C 
'lève, et si sa lmuleur a té bien calculée, il finit au mo- 
l,ment où la fusée a atteint son maximum d'élévation, en com- 
.moniquant le feu à la garniture d,s pot, qui produit par sa 
'.¢ombustion une lumi.re vive ci brillante. 
î', FSÉE (Artillerie), nom que l'on donne générale- 

ment à de grands ou de peliLs artifices enfermés dans une 
cartouche de forme cylindrique, variant de dimensions .ni-- 
vaut son objet. On distingue trois espèces principales de 
sées : les fgses à bombes, olrus et 9renades ; les 
volates on de .signaux, enfin les ftses cendiires ou 
fusdes à la Congrève. 
Fuses i bru'abus, obus et 9ren(tdes. Elles sont desti- 
nées à communiquer le feu à la pondre que renferment ces 
projectiles, pour les faire Clamer dans les lieux ot't ilg sont 
lancés, à des distances et à «les poin{s donnés. Elles doi- 
vent /tre faites avec de bon bois fort sec, sain et sans 
nœuds; les plus propres  cette destination sont le tilleul. 
l'aune, le friche, l'orme, le bo,leau, ou, à défaut, le I,tre; 
mais il convient moins, car il ne remplit pas avec autant-de 
précision l'oeil de la bombe. Les fi«sdes sont iaites sur le 
tour, c, l'orme de c6ne tronq,é, d'après des dimensions de 
Iongqeur et de grosseur proporlionnées au calibre auquel 
elles sunt destinées, afin d'cuiter convcnablemen! dans 
l'cPil de la bombe, de l'ob,s ou de la grenade. Leur gros 
bout, ou tte. est évasé en calice, tant pour les rendre plus 
faciles à darger que pour contenir les bouts de mèche qui 
servent d'arc, urne. F.Iles sunt porcCs, suivant leur axe, 
d'une ouverture o, canal qu'on nomme lumière, de gran- 
deur dterminée pour chaque diamètre. Celle lumière ne se 
prolonge pas dans toute la longueur de la ff,sée : on laisse 
au petit bout quelques ligues de huis plein, que l'on coupe 
en sifflet, Iorsqu'on adapte la fise à sou projectile. Le calice 
et la lumière sont remplis d'une matière d'artifice que l'on 
nomme composition, formèe de ! partie «le soufre,  de 
salpètre, 3 de pnlvérin. La.îsée étant chargée, on l'amorce 
avec un bout de mèche à Aroupilles, pliWen deux, sur le- 
quel on bat la composition, pour remplir le canal. Les bo,fls 
I de mèche sont rabattus dans le calice, qu'on emplit de p,d- 
vérin non battu. On place nue première rondelle en pa- 
pier, puis une seconde à franges, qu'on colle sur le bois; 
et si la fusée doit voyager, on la coiffe avec du parchemin, 
de la toile, de la serge, arrtée par un nœud d'artificier; on 
plonge ensuite la tëte dans une composition de 4 part/es de 
résine, 5 de poix noire, Io de cire [aune. 
Les fusC sont introduites h force de coups dans l'oeil de la 
bombe, en frappant du maillet sur le ¢hasse-fi,sée usqn'à 
ce que la ttte repose bien sur le projectile. Des circons- 
tances diverses peuvent faire que la bombe ou l'obns 
clate plus tél on plus !ard, soit à bauleur des toits pour 
les incendier, soit entre les pieds des chevux pour démonter 
la cavalerie. Dans tous les cas, la fusée doit tre coupée 
ne longueur calculC, avant d'tre enfoncée dans le pro- 
ectile, pour qu'elle communique le feu à la poudre inté- 
rieure au moment voulu. 
Fusdes t'olantes ou de s9ni. Cet artifice, .qui et le 
rnme que celui que nous voyons dans les fètes et rtjouis - 
sauces publiques et partic,lière ( voe: Fe n'Trlc. ), 
est employé un jour «le balaiIle en d'autres circonstances, 
Iorsq,'il s'at d'indiquer le moment d'agir à des corps àé- 
tachés, puer mettre de l'accord et de l'ensemble dan« de 
gra«des di.qpositions stratégiques. En marine, elles servent 
à faire des signaux de nuit et de conserve, entre les divers 
btiments d'une division, d'une escadre ou d'une flotte. 
Il y a encore de petiles fues destinés à communiquer le 
feu aux pièces de campagne : e|tes portent le nom de f- 
ses d'amorce ou dtoupilles. 
Fuse.es à la Confrère. Ce fut le celèhre Hder-Ali qui 
le premier s'en servit aux Grandes-lndes, pour jeter la ter- 
reur parmi les éléphants, et, par suite, la confision dans les 
rangs de l'armde ennemie. Ces fnss consistaient en tubes 
de fer, du poids de 3 à 6 kilogrammes, fixés à des bamhous 
de 2 à 3 mètres de long, et chargés avec les ingrédients dont 
le mélange entre ordinairement dans la composition d 
fisées. En 1799, lors du siCe de Seringaptnam, l'inven- 
teur fit beaucoup «le mal aux Anglais avec ces proje¢tile. 
d'uqe nouvelle esp/ce. Le colonel Con grève, quand il 
faisait la guerre dans l'Indu, empruntaA'idée de cette mao 
8. 



ehiue deslructive aux Mahrattes; il l'app!iqua bient6t en 
Eut.pe, et imposa son nom à ce nouveau mode de des- 
Ii-uclion. Des esais plus ou moins satisfaisants curent lieu 
tour h tour en France, en Aulricbe, en l'russe, en Saxe et ail- 
lem-s Aujourd'hui cetle fusée est adoptée par Ioutes les puissaa 
ces. Construile d'après le mme principe que celle des feux 
d'artilice, elle porte ì sa tte une cartouche, qui lui donne 
limpal.ion et éclate ensuite en gerbes lumineuses. Appelée 
racliet par les Allemands, elle a pour alfft des chevalet% 
et se lire soit en parabole, comme les bombes, soit horizon- 
lalemenl comme le boulet et l'obus. Elle porle en tte une 
«'norme carlouche ou cylindre en t61e, et un pot en foule, 
destinWì éclater comme les ohus. L'appareil conlient des 
matières incendiaires, jaillissanles, de la mitraille, des balles, 
«les grenades, qui parlent successivement, dt dont les éclats 
meurtriers se prolongent longtemps. Pour obtenir nne plus 
grande force expansive, il est nécessaire de les charger avec 
rapidilé. L'addition de chlore que les Anglais mettent dans 
les leurs est un procédé qui présente de graves dangers, en 
raison de l'extr6me inflammabililé qu'elle leur communique. 
En t854, quand éclate la guerre d'Orient, on ne croit plus 
trouver un auxiliaire suffisant dans les anciennes fusées de 
guerre. Le I e juillet il est procédê à Toulon, au fort Saint- 
Louis, en présence de nombreux spectateurs, aux épreuves 
de nouvelles filsAes fabriquées par l'École de pyrotechnie 
maritime pour les escadres de la mer 'oire. Ces fusC% 
de 0,95 de longueur, sont afinAes de l'obus de 12. Les ré- 
sullats qu'elles ont fourni» sont magnifiques et les portCs 
«le beaucoup supérieures eux plus belles qui aient encore 
été obtennes jusqu'à ce jour en France depuis trente ans 
qu'on cherche à perlectionner la puissance de cet artifice 
incendiaire. Jamais dans les tirs anterieurs exécutés soit à 
Tonlon, soit ailleurs, Ch n'avait atteint des portCs de plus 
de 3,300 à 3,500 métres. Dans cehfi du t  juillet elles ont 
Ptê de/,000 à/,300 mètres. Un mois après, en aott 185, 
l'Ecole de pyrotechnie de Metz obtient, h son tour, de ma- 
gnifiqnes succès dans le tir et la portée de ses fusCs de 
g«erre. LuneCs d u polygone, des fusCs de 0',09 de diamètre 
.ur l'°,t0 de longueur ( y compris le chapileau incendiaire) 
allèrent tomber par delà ]lalruy et lpigny, e'est-à-dire à 
plus «le 5,600 m«.tres. Quant à la déviation, les points de 
chute extrmes n'étaient qu'à environ 150 mètres l'un de 
l'autre, ce qui donnait 75 mètres de plus grande déviation. 
En visitaat le lendemain les points de chute, on constata, 
près «le Bupigny, qu'une de oes fus6es avait pénétré dans 
le sol d'environ t',ç0. Cette distance et cette pntration 
sont effrayanles. Avec un diamètre de 0,12 au lieu 
«le 0',09, on ne doute pas que la nouvelle fusée ne portàt 
aismenl à 8,000 mètres ou deux lieues. 
FUSÉE (Technologie). Ce mot est imité defusea. Les 
charrons, les carrossiers, appellent ainsi les parties coniques 
d'nu essi eu qui enlrent dans le moyeu, parce qu'en effet 
elles ressemblent à un luseau chargé de fil. 
Les horlogers nommentfusde une pièce qui a la forme 
d'un c6ne tronque, sur laquelle est taillée une vis dont les 
iilets imitent, par leur disposition, les révolutions d'un 
cordon roulé sur une toupie. L'invention de la luse, dont 
on ignore l'auteur, passe pour l'une des plus heureuses qni 
aient été faites en h o r I o ger i e; elle est destinée à corriger 
les inégalilés«le Iorce du moleur. Chacun h pu observer 
que plus un ressort est tendu, plus l'effort qu'il lait pour se 
débander est grand. On a pu remarquer aussi que le mou- 
vement d'une mn n t r e devient accêléré Iorsqu'on tourne 
la ciWqui sert ì la mouler en sens contraire. Si la force du 
ressort moteur est variable, la marche de la monlre sera 
nécessairement irrégulière : il a donc fallu trouver le moyen 
:le rendre conslant les effet du ressort, ce ì quoi on est 
parvenu par l'invention de la fusée. Voici une idée de ce 
mécanisme:le ressorl est coutourné en spirale et Iogé 
dans un barillet cyliudriqne, qui, en Iournant aulo«r d'un 
pivot, bandele ressort, et celui-ci fait Iourner le barillet en 
ens contraire en se dbandant, de sorte que si le barillet 

FUSÉE FUSIBILITÉ 
portait une roue dentée, elle pourrait communiquer l'actiol 
du ressort à tout le rouage; mais, comme nous l'avons dja 
dit, cette action irait en diminuant d'intensité à mesure que 
le ressort se dêbanderait. Pour la rendre uniforme, on adapte 
sur l'arbre de la première roue un cOne taillé en vis : c'est la 
fusée. Elle peut tourner dans un sens indépendamment du 
mouvement de la roue, un cliquet l'empche de tourner en 
sens contraire. Une petite chalne est accrochée par un bout 
sur le barillet et par l'autre sur la fusée. Le système est 
combiné de sorte que la fusée tournant dans un sens le 
barillet suit son mouvement et bande le ressort pendant 
que la petite chalne s'enroule entre les spires de la fusée, 
en cummençant vers la base du cne et finissant vers le 
sommet. 
Comme le diamètve des spires diminue en allant de la 
base de la fisée à son sommet, on peut considérer la fusée 
comme composée d'une suite de poulies que nous numéro- 
terons 1, 2, 3, 6, etc., et pariant du sommet, c'est-à-diredela 
plus petite, etc. Qnand la chainetle est roulée sur la poulie 
, le ressort est ì son plus haut degré de bande : aussi agit-il 
au moyen du levier le plus court de la fusée, puisque la 
poulie 1 est la plus petite de toute. La charrie se défoulant, 
le ressort  débande et perd de sa force : aussi agit-il sur 
un levier plus long, qui est le rayon de la poulie 2, plus 
grande que la poulie 1, et ainsi de sure, de façon qu'a 
mesure que le ressort se détend, il agit successivement sur 
des leviers plus longs. Si donc on représente la force dé- 
croissante du ressort par la progression 12, tt, 10, 9, 8,7, 
6, 5, f, 3, 2, t, et les diamètres des spires de la fusée par 
la progression croissante I, 2, 3, f, 5, 6, 7,.8, 9, t0, lt, 
il y aura compensalion parfaile, et l'action du ressort 
sur le rouage sera constante et uniforme. 
On taille les fusC au moyen d'une petite mécauique : 
néanmoins on est obligé de les régulariser à la lime et en 
t'tonnant, par la raisou que la lame dacier qui, contournée 
en spirale, forme le ressort, n'est pas également lae, éga- 
lement épaisse dans roule son étendue. Ou conçoit encore 
qu'il est physiquement impossible de lui donner partout le 
mme degré de trempe : la force du ressort qui se déte.ad 
ne doit donc pas décroilre d'une manière uniforme. 
On a fait beaucoup de tentalives pour supprimer la 
fusée dans les monlres, afin d'éviler les frotements pro- 
duits par la chainetle et les pivots de la première ton® 
dentée, qui pourrait alors lre fixée sur le barillet. Tous les 
s)stèmes qu'on a propoqés pour atteindre ce but ont 
éiWrejetC, comme étaR pl,ls imparfaiL« quela fusée. 
Dans les horloges à ressort, et, qui sont réglées par un 
pend«le, on supprime la fusée, par la raison qu'on peut 
doubler, tripler., la force qui anime une horloge rglée par 
un pendule, sans que sa marche varie avec trop d'incon- 
vénients pour les usages ordinaires. TEvssnn. 
FUSÊE (Art vOtérinaire), maladie du cheval, qui lui 
vient au canon sur le train de devanl et qui riait de deux 
sur-os dangereux qui se joignent ensemble de liaut en bas, 
et montant au genou, estropient souvent l'animal. 
En termes de chirurgie, une .f«sde purulente est un 
conduit, un h'ajet fitnleux, que forme le pus d'un abcgs, 
Iorsq  l lend a fan'e érnphon. 
FUSÉE (ll¢son), meuble d'arm««iries, lait en forme 
de fuseau, et qn'on porte dans l'écu. Quelques écrivains le 
regardent comme un symbole de dé.honneur que les rois 
de France au moment des croisades infligèrent aux gentils- 
hommes qui refusaient de partir pour la Terre Sainle, les 
déclaranl ainsi efféminés et indignes d'ètre hommes. De 
même, à l'époque de notre grande révolution, les émigrés 
euvnyaieut une qnenouille et un fuseau aux nobles qui re- 
fusaient «le j.«itter la France. 
FUSEE se dit dans le blason d'un champ ou d'ua 
pièce toate chargée de fusCs. 
FUSELY. Voge: 
FUSER. On dit que les nitrates et les chloratesfusel 
!orsqu'ils sout projetés snr des charbons incandescents. 



FUSIBILITÉ 
Nous ne gonnaissons que ces deux genres de sels auxquels 
puisse s'appliquer rigoureusement le mot fuser. L'effet ré- 
sure d'une action double, et qui s'exerce simultanément : 
t ° celle du transport rapide de l'oxygène contenu dans ces 
sels sur le carbone, avec lequel il se combine chimique- 
ment pour former des gaz carbonés, qui s'échappent dans 
l'air; 2 ° la fusion ou fonte du corps auquel était précé- 
demment uni cet oxygène : cette fusion,  cause de la 
température très-élevée qui se développe au point de con- 
tact et qui résulte de la combinaison chimique, est égale- 
ment instantanée, et uae partie du charbon se trouve re- 
couverte pat la substance fondue. Le mot/usion n'est donc 
pasle substattif formé du verbe fuser, qui u'ena pas en 
français, et pourl«qnel il ue serait peut-être pas déraison- 
nablede créer le m6tfusement, afin de pouvoir exprimer 
sans équivoque des propriétés chimiques qu'il est si fré- 
quent d'avoir à caractériser. Pzovzz père. 
FUSIBILITÉ qualité dece qui est fusible, ou disposé 
à se fondre. L'etat de solidité et de fluidité des corpsdépen- 
dant de la quantité'de cale riq ne qui y est appliquée, les 
corps se solidifiant par la privation du caloriquc, et rede- 
venant fluides quand on leur restitue le mme calorique, 
on en peut conclure cette loi générale : Tous les solides, 
pourvu qu'on y applique u ne quantité de calorique suffisante 
et relative à leur constitution propre, peuvent étre ramenes 
à la liquidité. C'est ce pas.ge qui a été appelé fus iou. On 
estime le plus ou moins de fusibilité d'un corps par le degré 
de chaleur auquel il doit tre amené pour passer à l'Cat 
liquide. PELOCZZ père. 
FUSIL, arme à feu dont l'origine est aussi incertaine 
quecelle de la poudre à canon. Cette arme a cbangé 
plusieurs fois de nom : elle s'est appelée arquebuse, mous- 
quet; elle a été construite suivant divers systèmes; et mal- 
gré ses rares avantages, elle n'est parvenue au degré de per- 
rection qu'on lui connait qu'avec beaucoup de lenteur; en- 
core y reste-t-il beaucoup à faire. Le premier fusil fut indubi- 
tablement un ca n o u portatif de métal forgé ou Iondn, que 
l'on faisait partir au moyen d'une mèche allumée qu'on te- 
nait  la main. On conçoit qu'il était difficile de tirer juste 
et prestement avec une telle machine; c'est ce qui donna lieu à 
l'invention de la batterie, dont, au reste, on avait depuis long- 
temps fait des applications analoes aux arbalètes. Les pre- 
mières batteries, assez grossièrement exécutées, se compo- 
saient d'un bassiner, d'un ressort, d'une noix, etc. Le chien, 
au lieu de pierre, prtait un bout de corde, qu'on allumait 
au besoin, et qui brOlait lentement, comme les mèches dont 
on se sert pour faire partir les canons. On comprend qte 
Iorsqu'on pressait la détente, le bagsinet s'ouvrait, et que le 
chien, s'abattant, portait le bout de corde sur la poudre, etc. 
Les premiers fusils ou a r ueb u s es étaient si lourds, 
qu'il fallait deux hommes pour les porter. 
La corde allumée avait en outre plusieurs iuconvénients : 
elle produisait de la fumée, et tout porte à croire que la 
poudre contenue daus le bassiuct ne s'allumait pas toutes 
les fois que la mèche la touchait; ce qui fit nattre l'idée 
d'un perfectionnement basé sur les propriétés du briquet à 
pierre. Une roue d'acier trempé, de la grandeur d'une pièce 
de cinq francs, plus ou rouir, s, dont le contour était rayé, frot- 
tait, en tournant, contre un caillou lixe au-d«sus du bassi- 
ner et en faisait jaillir des étincelles, qm mettaient le leu  
la poudre. Le mécanisme qui faisait tourner la roue ëtait ani- 
mé par un ressort qu'on remontait avec une manivelle 
qu'on 0tait et qu'on mettait " volonté. Cette arme, appe- 
Ie fusil à rouel, ratait peu, mais, outre qu'elle était 
lourde, elle exigeait beaucoup de temps pour tre chargée 
et armée. 
On fit donc nn grand pas de plus vers la perfeclion 
lorsque, dès 185, on arma le chien d'un caillou qui, allant 
frapper contre le couvercle, appelé platine du bassinet, 
le souleva et en fit jaillir des étincelles. C'est de l'ap- 
plication du caillou (futile)que le mou sq net l,rit le 
nom defvil. Louis XIV en arma tous ses solOats en 170L 

 FUSIL ¢ r 
Depuis, le fusil de muuiliou, avec sa ba i o n n e t te, fat' 
l'arnte principale des soldats de l'Europe. 
Le fusil d pierre, à l'usage des chasseurs, fut construit 
sur les ratines principes que le fusil de munition, mais son 
canon fut forgé avec plus de soin, afin de le rendre résistant 
et léger à la fois. En outre, le chasseur pouvant ne pas 
abattre le gibier du premier coup, on fabriqua des fusils 
double*, ou composés de deux canons réunis au moyen 
d'une bande de ter brasée entre les deux. On fabriqua des 
lu#ils à ŒEuatre cops; nous en avons vu à sept canons. 
Du reste, ces tours de force sont rares : une arme aussi compliquée est plus singulière que commode. Enfin, au. 
commencement de ce siècle, un Anglais amorça le fusil de 
chasse avec de la poudre fulminante, qui a la propriété de  
prendre feu quand on lachoque avec un corps dur; d/s lors 
la pierre à feu, le bassiner, etc., devinrent inutiles, et furent 
supprims. L'arme ainsi modifiée prit le nom de fusil 
ton, dénomination qui n'est point motivée, attendu qu'il n'y 
a point de jeu de piston dans sa batterie : on devrait s'en 
tenir à l'expression de fusil à percussion. Les fusils à pierre 
étaient déjà si parfaits, qu'il ne fallut pas moins d'une ving- 
taine d'années pour les faire abandonner à l'afinAe; d'abord 
parce que les amorces de poudre fulminante co0taient cher; 
puis on fut Iongtemp« à s'apercevoir que par leur 
ploion n'avaitpas besoin de mettre autant de poudre dans 
le canon pour chasser le mme projectile, etc. Depuis que 
les fabricants d'amorces ont pu les livrer à bas prix, et 
qu'on a reconnu les avantages qu'il y avait à les employer, 
les fusils à percussiou ont remplacé entièrement, ou à peu 
près, ceux à pierre. Nous avons dit que les fusiis à piston 
n'ont point de bassiner ; cette pièce est remplacée par un 
conduit appelé chemin#e, qui commnniqoe avec l'intérieur 
du canon; I'morce, compose d'un mélange de poudre ful- 
minante et de poudre ordinaire, est contenue dans le fond 
d'une petite capsule de cuivre ayant la forme d'un dé 
coudre fermé ; le diamètre intérieur de la clleminée est Cai 
à son diamèlre extérieur, de sorte que la capsule coiffe 
celle-ci et tient dessu comme le couvercle d'une tabatière 
sur la cuvette. Au bout du chien du nouveau fusil est pra- 
tiquée une cavité dans laquelle, quand l'arme est au repos, 
est logée la capçule et le mmmet de la cheminee. Par cette 
disposition, l'amorce est à l'abri des chocs, de a pluie, etc. 
Q,and on veut tirer l'arme, on redresse le chien, qui, lors- 
qu'on presse la detente, va frapper uncoup sec sur la cap- 
sule; l'amorce prend feu ; et comme la flamme qu'elle pro- 
duit ne peut se répandre h l'extétieur, elle pénètre dans l'in- 
ttrieur du canon, et le coup part. 
Les dangers que l'on court en bourrant M charge d'un fu- 
sil ordinaire, et l'avantage qu'il y a de charger en très-peu 
de temps, ont fait imaginer des fusil qui se chargent par la 
culasse. Dans le dix-buitième sitde, on fit quelques essais 
pour atteindre ce but, mais on n'obtint que des succès 
parfaits. Depuis l'invention des nouvelles amorces, les ar- 
quebusie.rs ont été plus heureux ; on trouve aujourd'hui 
beaucoup de fusils construits suivant des systèmesdifférents, 
qui se chargent du ¢6té de la cros avec la plus grande cé- 
lérité. T£YËDE. 
Le fusil de munition ou de guerre se compose, outre la 
baïonnette, de p]u.ienrs pièces, telles que le bois ou le fUt, 
le canon, la baguette, la batterie, la dtente, la cros- 
se, etc. De toutes ces pièces la plus importante est le canon. 
Les canons en fer battu, pour les fusils de guerre ou de 
chasse et les pistolets, se divisent en trois espèces princi- 
pales : t ° les canons faits d'une bande de fer roulee et sou- 
dée dans toute sa longueur ; 2 ° le canons tordus ; 3  le» 
canons en rubans. Les canons pour fusils de guerre ou de 
chasse simples se font ainsi : on prend une bande de fer de 
bonne quallté, bien corroyée d'avance au marteau; cette 
bande s'appelle nw2tuetle. Le forgeur en canons la chauffe 
et la roule de manière que ses bords m touchent ou se 
croisent mme de quelques miilimetres, aprês quel il pro- 
cède au soudage : pour cela, il fait chauffer le tnb par 



ilien, et le porte sur Fendnme; on compagnon frappeur 
!ntroduit une maquette dedans, et ils soudent une longueur 
à'environ deux ponces. En répétant cette opération un 
nombre de fuis convenable, on atteint l'un et l'autre bout 
du tube, qui e trouve soudé dans toule sa longueur; on le 
repasse encore une fois pour rendre le soudage aussi parfait 
que possible et faire disparaitre let irrégularités de toutes 
espèces, apr/ quoi il est prét à être lofe. 
Le canon tordu se fait comme le précédent ; on l'appelle 
tordu parce que l'ouvrier tord la partie qu'il vient de sou- 
der pendant qu'elle est encore chaude, en saisissnt le canon 
dans un étau. Cette opération est motivée sur la propriété 
qu'a le ler étiré en bandes de s'arranger en fils qui imitent 
les fibres du bois, et l'expérience a demontré que, toutes 
choses gales d'ailleurs, un morceau defer forgé romplmoins 
facilement quand on le tire suivant la direction de ses fibres 
que si la force qui tend/ le sparer en deux parties agit 
dans une direction faisant un angle quelconque avec celle des 

FUSIL -- FUSIL A VEIT 
munition n'aant d'efficacité qu'à très-courte" distance, 
le gnéral Bémond n'hésite pas / le condamner au rebut. 
Avec la carabine dn gndral, se chargeant sans baguette, 
on a trois fois plus de coups tirés et trois lois plus de 
coups portés. La fusillade alors prend mtme avantage sur 
l'arlillerie, et voici comment : la bonne portée pour le bou- 
let est de 1,000 mètres, mais celle de la mitraille n'est qu 
de 500. Or les tirailleurs err, busqnés, blottis derriëre des 
buissons, abrités par les inégalites du terrain, ne cessent de 
viser les canonnier% qui sont forcés  se tenir debout, et 
peuvent en tuer un bon nombre, ce qui finirait par annuler 
une batterie, faute d'ltommes peur la servir. La mitraille à 
200 mètres toucfie le but . lois sur 100, et la carabine 60 
fois;/ 40o mètres, la mitraille ne fournit que 2 corps por- 
t,L% tandis que la carabine en fournit 40. Ainsi un nombre 
de coups de lusil égal an nombre des biscaiens contenus 
dans une boite à mitraille prend sur celle-ci un avantage de 
60 sur 34 ou de 40 sur 22, selon les distances. » 

fibres. On peut tordre le canon dans toute sa longueur ; sou- On emploie pour la défense des places un gros fusil, dit 
'enton se contente de tordre le tonnerre. Passons au canon [ /u.çil de rernpaT'l. Il est  percussion et reçoit des baltesdu 
de fnsilen rubans. La maquette destiuàcet usageest defer [ calibre deSà la liçre; on le charge purin culasse; il est 
pur ou d'étoffe composée de fer et d'acier. L'etolfe se prépare monté sur un pivot à charnière, qui, s'emboitant an bout 
de cette manière : on ferme une botte composée de lames i d'un pieu planté dans le sol, rend la manœuvre iacile, nonob- 
minces d'acier et de fer placées alternativement les unes [ stant le poids de l'arme, et annuleune partiede l'effet du re- 
sur les autre, de façon cependant que les deux lames ex- ! cul. Le maximum de la portée du fusil de rempart s'étend 
tfCes soient de fer : si, par exemple, le paquet se coin- i 1,200 mètres; sa bonne portée, c'est-à-dire la distance 
pose de 39 lames, il y en aura 19 en acier et 20 en fer. On [ laquelle la direction de la balle conserve de la justesse, al- 
soude le paquet ; ouvent on le replie, on l'Cire et l'en i teint à 600 ; il donne la mort jusqn'h 7 h 800. 
forme une bande ou maquette composëe de coucbes alter- i FUSIL (de l'italien foctle, caillou), morceau d'acier 
natives de fer et d'acier. Avant de procéder au forgeage du [ trempé avec lequel on frappe un caillou pour en faire jaillir 
canon en rnbans, l'ouvrier forme un tube de fer mince ou de ] du fën. Si l'on tend un papier blanc atl-dessousdu caillou au 
tle soud; après quoi il roule sur ce canon, qu'on appelle [ moment où il est frappé, on recueille les étincelles, qui, 
la chemise, la maquette en tire-bouchon. Ces préparatifs I au microscope quand elles sont refroidies, présentent de 
terminës, il ne reste plus qu'à souder; opération qui se fait par I petites boules de fer : ces étincelles sont donc du fer fondu. 

parlies au moyen de plusieurs chaudes. Quand la maquette 
est d'ëtolfe, on la roule sur la chemise, de façon que toutes 
les couches de fer et d'acier qui la composent soient visibles 
et [oroEenl des spires paral[èles. 
Le canon Cant foré et soudé, n'irporte de quelle ma- 
niere, on élargit et rectine l'intërieur en y passant une suite 
de forets composée de "0 et plus ; on commence par les 
plus petits; dan cette opération, ce sont les forets qui tour- 
nent, tandis que le canon avance dans nue coulisse. 
lecernm¢nt le général P,moud a proposé d'armer toute 
l'infanterie d'un fusil à canon rayë en bélice, à tig et à balle 
c6nique, se chargeant par la culasse. Son fusil est celui 
de l'arquebusier Lefaucheux, aulourd'hui fort en usage à 
la chase, fusil dont le principe a Ce modifié par le général 
pour l'appliquer au service des troupes. II ne diffère de la 
ca rabi ne de Vincennes que pour le chargement par la cui- 
rasse. Sa belterie est à cbarmère; elle se lève, met ì jour 
l'me on tonnerre du canon, et le soldat y introduit une car- 
toucfie munie tout à la fois de sa balle et de sa capsule fuirai- 
hante. Dès lors l'ancienne charge en douze temps n'en a plus 
que cinq ; la baguette est supprimíe, ainsi que les temps 
de passer l'arme a gauche, d'amorcer et de bourrer, temps 
qui subsistent encore pour la carabine fi baguette des chas- 
seurs deVincennes. Ces chas.teurs netirent que deux coups 
t la minute En chargeant par laculas.se, on en tirerait trois 
et quatre. Suivant le général, ce nouvel armement obli»e à 
modifier in tactique, l'artillerie et même la fortification. 
« Le fusil de munifion ordinaire ne produit un bon effet 
(un effet meurtrier), dit M. de Saint-Ange, que de 150 à 200 
mètres; à 00 et au dela, presque tou les coups sont perdus, 
tandis qu'àSo0 et à t,606 nètres la baffe de carabine at- 
teint encore le but avec assez de jugtesse. A 1.50 mètres, la 
carabine fournit au but 8 coups ports sur 100 ; le lusil, 
42 sur 100;  2t16 mètres, la carabine donne oe pour t00, le 
fusil 26 ; enfin/ -00 mètres, la carabine donne 0 coups 
Iortés sur 100, ci le h,ll n'en donne plus que 1. A 800 et 
1,000 mètres, la carabine fournit encore I 0 à ! 5 pour 1 O0 ; 
et le h,sil z.ro. Il r6sulle ,le I/ que le feu du fusil actuel de 

Fusil est encore le nom d'un cylindroide d'acier dont les, 
bouchers, les cuisiniers, etc., font usage pour donner le ri/h 
leurs couleaux. 
FUSIL À VET. L'air atmosphérique et tous les gaz 
en général ayant la propriété de faire ressort lorsqu'on les 
comprime dans un espace hermétiquement fermé, on a de- 
puis fort longtemps employé cet agent enfermé dausnn tnbe 
pour cltasser des projectiles. On croit que le fusil à vent 
ëtait connu à Constantinople du temps du Bas-Empire ; les 
Hollandais, les Allemands, soutiennent que c'est dans leur 
pays qu'il en a élé fabriqué pour la première fois. Les Fran- 
çais prétendent de leur c6Ié que le premier de ces sortes de 
fusils qu'on ait vu en Europe fut celui qu'un bourgeois de 
Lisieux présenta / Henri IV. Quoi qu'il en soit, on a lien 
de s'étunner qu'une arme aussi perlide, aussi commode, 
n'ait pas été en usage dans les armées, si elle était connue 
plusieurs siècles avant l'invention de la poudre/ canon. 
Le principe de tout fusil/ vent est le méme que celui de 
la canne à vent. On fait en métal la crosse d'un fusil ordi- 
naire, dans laquelle on ménage une cavité appelée r#servoir, 
qui communique avec l'lutCieur du canon par une ouver- 
ture qui se ferme ì l'aide d'une soupape qu'on ouvre à volonté 
en pressant une détente : une autre soupape fait communi- 
quer le réervoir avec l'air extérieur. Cette soupape s'ouvre 
de dehors en dedans. Quand on veut charger l'arme, on 
prend t:ne pompe roulante, on l'adapte/ cette lernière sou- 
pape, et l'on foule de l'air dans le réservoir. Pins on y intro- 
duit de ce fluide, plus son ressort augmente. La balle ou tut 
antre projectile élant placé dans le canon, on presse la dé- 
tente; une soupape s'onçre, et se referme à l'instant ; une 
partie de l'air contenu dans le réservoir s'introduit avec Im- 
pétnosilé dans le canon, et chasse le projectile avec une cer- 
taine force, qui va en diminuant d'ënergie/ mesnrf que le 
ré-çer'oir se vide. On peut tirer ainsi vingt ou trente coups 
capables de tuer ou de blesser un animal. 
Les autorilés ont sagement défenlu l'usage du fusil / 
vent ; mais ce n'est pas la seule rai.on qui fse qu'on en 
voie si peu, d'autrc causes y contribuent pour beaucoup : 



FUSILIE[ -- FUSION 63 
•abord, la nessité d'une pompe, qui serait trop embarras- r mënes et de résultats? Non, assurément. Nous ne connais- 
saute s'il fallait la porter avec soi, en mme temps que le sons pas d'état intermédiaire entre la glace fondante et 

fusil ; en outre, l'exécution de cette arme présente de grandes 
diffieultés. On parvient avec peine à rendre les soupapes pro- 
prés  remplir leurs fonctions avec exactitude, car le moindre 
petit défaut occasionne des pertes de vent 
fusils ì vent sont-ils fort chers, peu d'ouvriers ëtant ca- 
pables de les confectionner avec succès. 
La pompe à air étant lourde et imbarrassante, on a pro- 
posé un appareil, attaché sur le corps du chasseur, et qui 
fonctionnerait toutes les fois qu'il marcherait, de façon que 
l'air euntenu dans le rservoir aurait toujours le reCe fesser t. 
TEVSSËnIE. 
FUSILIER. Cemots'est d'abord écrit fu-.elier, fuselier, [ 
pour signifier des hommes de cavalerie Iégte, portant Par- 
quebuse  rouet, l'arquebuse.à fusil ; 6n les distinguait par 
des cavaliers portant mousquet à miche. La loi a rendu tech- 
nique ce terme, en l'appliquant  des corps d'infanterie qui, 
au lieu d'ëtre armés en partie de piques, en partie de mous- 
quets, n'taient armes que de fusils ayant une platine à silex : 
ces fusiliers fantassins n'étaient en réalité que des canonniers, 
ou plut6t des garde-canons, dont on surchargea le nom d'm 
génitif sans signification, quand on les appela fuliers du 
roi. Les ordonnances de Louis XIV dénommaient tecl.mique- 
ment soldats les aotres hommes d'infauterie qu'actuellement 
ou appelle fusi[iers. Quaud le régiment des fi»siliers du roi 
se métamorpbosa en corps d'artillerie et en canonniers, le mot 
fusilier s'effaça pour ne reprendre vigueur que dans les 
guerres du milieu du dernier siècle ; il fut dès lors appliquë 
à des corps spéciaux d'infanterie légère ; l'usage le consa- 
crant à distinguer les compagnies du centre des compa- 
gnies d'élite. G 
FUSILLADE On donne le nom de fusillade à un 
engagement partiel ou à un combat dans lequel la mou.que- 
torVe joùe le principal r61e. Il semblerait, d'après cette dé- 
finition, que les deux mots.fusillade et mousqueterie sont 
ynonymes, et pourtant il n'en est rien. La h»sillade est 
plutôt un feu d'infanterie décousu qu'un tir en salve, à 
commandement, à exldOSiOnS régiCs, comme la mousque- 
terie. On repousse par des fusillades rasantes les attaques de 
chemin couvert; on défend de nme une banquette. Ce 
qu'on appelait autrefois chandelier de tranchée et cor- 
beilles défensives étaient autant de moyens de nourrir une 
[nsillade à l'abri. Ce n'est pas par la b»sillade, c'est géuéra- 
lement par les feux d'ensemble, à petite portée, quïl faut 
recevoir les charges de cavalerie. Quand aux charges d'in- 
fanterie, le mieux est de marcher résolument à sa rencontre. 
Il est peu d'exemples de batailles off la fusillade ait joué le 
principal r61e. Poertant, fi L u t z e n, où la cavalerie man- 
quait presque totalement  l'empereur, la fi»sillade et Par- 
tillerie décidèrent seules la victoire. Le gain de la bataille 
de Blontereau fut d0 en partie à la vive fusillade qui éclata 
sur l'une et l'autre rive de la Seine, particulioerement du 
de la ville et sur le pont. A W a te r i o o, une fusillade cbau- 
dément engagée sur la gauche, de la route de Paris à 
Bruxelles, allait ranger la victoire du c6té des Français, 
lorsque tout à coup apparut sur les derrières de l'armée le 
corps prussieu de BI/cher. L'histoire de la première rvolu- 
tior, retrace à nos souvenirs le tableau déchirant des malheu- 
reux habitants de Toulon, qui le 19 décembre t793, lors de 
la reprise de la place, trouvèrent la mort dans cette horrible 
boucherie ordonnée par les proconsuls de la Convention, et 
trop conm»e sous le nom de fusillade de Toulou. 
FUSILLER. Ce mot, qui signifie tuer à coups de fusil, 
ne s'emploie guére qu'en parlantd'unepersonue condamnée 
à tre passée par les armes (voye-- Ex[cv»o 
si c'est »n militaire, il est dégradé auparavant. 
FUSION. L'Académie fait ce mot synonyme de foule, 
liquéfaction. Cependant, quand nous disons liqudfaction 
vu Joute de l'eau glacée, nous indiquons un changement 
complet dans l'Cat pbys»que de l'eau. Mais à l'égard d'une 
multitude d'autres substances, y a-t-il identité de pliCo- 

l'eau à l'initiale de la liquidité; tandis qu'entre un corps gras, 
un métal, un alcali, simplement ramollis à un degré plus 
ou moins avancé, et i'état de complète iiquidité de ces mimes 
corps, il y a une infinité de degrés de ramollissement, pen- 
dant lesquels nous ne savons pas s'il existe, ni à pins forte 
raison dans quelle proportion il se combine du calori<lue 
qui devienne latent. Nous ne voyons qu'un ramollissement 
plus ou moins avancé ; et dans le progrès de ce ramollie- 
ment la chaleur in,lique par nos thermomtres et pyromè- 
tres en .point de contact avec le corps en voie de liquéfac- 
tion dénote un accroissement continuel de température. 
Il e-t extrmement probable, pour ne pas dire certain, 
que l'universalitê des corps de la nature sont soumis au pas- 
sage de l'Cat de solidité  celui de liquidité par l'effet d'une 
accumulation de c a I o r i q u e qui les pénétré et en écarte 
ffi les molécules : les exceptions qu'on a cru trouver à cette 
loi générale, en observant qu'une classe assez nombreuse 
de substances passait immédiatement de la solidité à la 
gazéité, ne tiennent sans doute qu' l'instantanéité de l'effet, 
qui ne permet ni à nos sens ni aux instruments dont nous 
les aidons, d'apprécier le passage par l'Cat intermédiaire. 
Les accumulalions de chaleur nécessaires pour amener au 
point de fusion les divers corps solides marquent les degrés 
d'une ëcl»elle fort étendue, dont une des extrémités r,gle 
la liquéfaction des graisses, des huiles concrètes, de la 
cire, de la tétine, de certains alliages métalliques très-ïa- 
sibles, d'un petit nombre «le reCux, des alcalis, etc., etc., 
tandis que le progrès de cetle échelle, en marquant une 
infinité de degrés intermédiaies de cl»aleur, vient s'arrêter 
aux dernires limites que nos moyens de calorification 
aient pu lnsque ici produire. Là nous trouvons la mesure du 
calorique qu'exige la fusion des métaux les plus réfractaires, 
de la plupart des oxydes mëtalliques appelés terres, etc. 
La liquélaction de certaines substances, que nous n'avons 
pas encore pu opérer, telles que le charbon et un petit 
nombre d'autres, est à des degrés en delmrs des limites de 
cette échelle, détermines par l'insuffisance de nos moyens 
actuels, mais q«i probablement seront un jour franchies; 
car, raisonnant d'après les lois de la plus stricte analoe, 
nous pouvons d'avance considérer tous les corps de la na- 
ture comme soumis à celle du passage par l'état de liqmdití. 
DéJ, aidé de l'appareil  combustion du gaz oxy-hydro- 
gène, nou avons obtenu nn commencement de ramollisse- 
ment du charbon. 
Dept»is le mercure, qui est fusible à 39 ° au-desso»s de zéro 
dt» thermomètre centigrade, jusqu'aux reCaux infusibles 
au feu de forge, comme le titane, le cérium, etc., on ren- 
contre des corps d'une f u s i b i I i t é qui passe par tous les 
degrés intermédiaires. Ainsi le potassium entre en fusion à 
÷ 58 ° ; le sodium, à ÷ 90 °; l'Cain, à ÷ 210 °; le bismuth, ì 
÷ 36 ; le plomb, à ÷ 260 °; le zinc, ì ÷ 373 ° ; l'argent, à 
20 ° du pyromètrede ,Vedgwood ; le cuivre, à ÷ 27 ; l'or, h 
÷ 32°; la fonte de [er, à ÷ 130o; le fer mallçable, ì 
÷ 158 ° ; le manganèse et le nickel, à ÷ 160 ° du mème pyro- 
mètre. Cette énorme diffi.rence dans les oints de fusion des 
divers corps ne peut s'expliquer que par la considération 
des phenomènes qui doivent résulter de la force de cohésion 
noléculaire : la force expansive du calorique est l'uique 
cause de la fusion; or, le degr de coliésion variant dans 
des limites très-étendues pour chaque corps, fl en doit né- 
cessairement résulter que la fusion ne s'opérera que dans 
des limites également fort tendues, e'est-à-dire à des tem- 
píratures rès-dif[érentes. Proz. père. 
FUSION (La). Sous ce nom demeurera célèbre dans 
l'histoire contemporaine une combinaison politique au moyen 
de laquelle, à la suite de la révolution de Févr»er t88, 
certains partisans de la maison de Bourbon espértrent un 
instant opérer une nouvelle Reslauration ; combinaison, ou 
mieux intrigue, dont, il faut le dire, Iïdée première était 
éclose dans les conciliabules orléanistes. Louis-Pbililpe une 



64 
fois mort, il n'y avait plus, suivant ces profofids politiques, 
d'obstacle sérieux à une franche et complète récenciliatien 
-entre la branche alnée et la branche cadette. Dès lors plus 
de divisions, plus de tiraillements dans le sein du grand parti 
monarcl,ique, lequel, dominant bient6t la situation, impo-. 
serait facilement au pays ses préférencesdynaçtiques. Parmt 
les dcrniers ministres de Louis-Philippe, il s'en trouvait 
un, l't. de Sal vandy, qui, envoyé de France à Turin  l'é- 
oque du fameux pèlerinage,de B e I gr a v e- S q u a r e 0 842), 
rait noblement refusé de s associer/ un vote de colère et 
de I,aine par lequel le cabinet que présidait nominalement 
le maréchal Soult, mais en réalité M.Guizot, avait es- 
rayé de flétrir cette démonstration, plus puërile que dan- 
gereuse, des amants de la légitimité. Ce fi]t sur lui qu'on 
ieta les yeux pour cette délicate négociation à laquelle le 
rendaient plus propre que tout autre la complète honora- 
bilité de ses antécédents politiques et surtout le langage gé- 
néreux qu'au prix d'une brillante posilion il n'avait point 
hésité à tenir dans celle mémorable circonstance. M. de 
Salvandy fut reçu à Freschdorf avec les plus sympathiques 
Carda, et réussit si bien dans sa mission, que quelques mois 
plus tard 1,t. le duc de N e m o u r s, passant par Vienne, élait 
admis à présenter ses hommages au cfief de sa maison. 
Tout semblait donc aller suivant les vœux des fusion- 
nistes; mais malheureusement pour eux M. TI,iers refu de 
s'associer à leurs efforts, w'aisemhlablement parce qu'il ne 
[murait guère espérer d'obtenir jamais l'oubli de ses rapports 
avec l'infme De u tz et du r61e qu'il avait joué dans l'a- 
vortement de l'échauffourée tentée en Vendée par l'l ' la 
<luchesse de Berry en 183. Il se forma donc sous son 
drapeau un parti d'ontifusionni.çtes, dont les menées 
tenles et lesinlriue. occulles tendirent à contrecarrer autant 
que possible les projets de leurs monarchiques adversaires. 
Dans ce camp-là, les imprescriptibles droits de M_ le comte 
de Paris, hasés sur la charte bdclée le 7 aoOt 130 par les 
721, étaient proclamés articles de foi ; lout comme pou- 
vaient l'ëtre dans l'autre camp les droits lPgitimes de M. de 
Chambord, l'anë des petits-fils de saint Louis et de 
Henri IV. Ajoutons que, par l'attitude pleine de réserve 
qu'elle gardait à Eisenach, la mère du jeune prince dont on 
persistait à faire un prëtendant quand méme, madame la 
duchesse d'Orléans, semblait protester contre une intrigue 
qui allait droit A détr6ner son fils une seconde fois. 
Les fusionnistes et les anlifusionnistes n'étaient d'accord 
que sur un point : la nécessité de se servir, en attendant, du 
président de la république pour tirer les matons du feu 
au profit de l'une ou de l'autre branche de la maison de 
Bourbon, saul à lui promettre, s'il était sage, de le ré- 
compenser quelque jour suivant ses mériles. D'ailleurs, afin 
de le mettre dans l'impossibilité de jamais rien tenter pour 
iui-mme, la fusion avait eu soin de former la plus adultère 
des coali tions avec les monta9ards ; et les journaux dont 
elle dispsai!, non couleurs de prodiguer à Louis-Napoléon 
l'insulle et la calomnie, se faisaient les enmplaisants échos 
des infamies qu'ou trouvait chaque matin coutre lui dans 
les journaux de la rouge. 
C'est dans ce conflit d'intrigues, de hÇineuses passions et 
d'intérts, que le coup d'Êtat du OE décemhre 185I vint 
prendre si au dépourvu |es meneurs de la fusion comme 
ceux de l'antifusion ou les braillards de la Monta,ne. Les 
'uns et les autres, dans leurs ég6istes spéculations, ils 
avaient oublié quc si les fautes commises successivement, 
et comme à l'envi, par les deu branches de la maison de 
Bourbon et leurs créatures avaient Il deux reprises plac 
la France sur le bord de l'abtme; que si la république y était 
devenue impossible par les btises, les folies, les excès de 
¢eux-It mème qui un beau matin avaient imposé cette forme 
de gouvernement à leurs concitoyens, tout ahurris et aba- 
sourdis par la chute d'un tr6ne regardé encore comme iné- 
branlable trois heures auparavanl, il existait un quatritme 
parti, avec lequel il fallait enfin compter : le parti bonaparo 
tLtt¢. Or, ce parti, beaucoup top dédaignéjusque alors par les 

FUSION  FUSSLI 
politique, devait bien vite rallier  lui les hommes de sens, 
qui, aussi fatigues h ce moment des excès de la licence et de 
l'anarchie eu'ils avaient pu l'Erre naguère des fouettes et des 
turpitude« du parlementarisme, appelaient de leurs VœUX la 
venue d'un gouvernement capable de faire enfin régner l'ordre 
dans la rue et dans les esprits, dès lors de rassllrer les intértt 
si virement effrayés, tout en sachant donner satisfaction, 
sans trop marcfiander, à l'impérieux besoin de liberté et de 
Iégalitï qu'éprouvent les générations actuelles, et conlpre. 
nant qu'il ne saurait y avoir de stahilité pour lui qu'à ce prix. 
Rappelons aussi, en terminant, que quelques annëes avant 
l'iutrigue qui a abouti comme vous savez, il y eut un mo- 
ment o/ ce mot.fusion, dans son acception figurée, avait une 
vertu magique aux yeux des agioteurs. Le gouvernement 
venait alors de mettre en adjudication la construction et 
l'exploitation du chemin de fer de Paris à Lyon. Plus de 
cinquante compagnies, toutes a capital (nominal) «le 200 
millions,toutes flanquées deconsei/s desurveillance oi] bril- 
lait ce qu'il y avait de mieux en fait de pairs de France et 
dë dtputés, s'étaient constituées pour soumissionne« l'af- 
faire en concurrence, c'est-à-dire en offrant h l'eni les 
rabais les plus considérables. C'eOt été une vraie bénédiction 
pour le trésor publicl Mais, au lieu de se faire bete- 
ment la guerre h leurs dépens, toutes, quand vint l'instant 
decisif, finirent par fusionner, et de la sorte se partagèrent 
au prorata de leur encaisse rée| les 50 ou 6o millions de 
prime attachés aussit6t par l'agiotage aux titres de la com- 
pagnie restée unique par suite de la fusion, et déclae ad- 
judicataire aux conditions qu'il lui avait convenu de fixer 
elle-lnme. Celtefusion-là n'était autre chose qu'une coali- 
tion induMrielle, genre de délit puni par les articles 
415 et t6 du Code Pénal ; mais le ministère public se garda 
bien d'en poursuivre la répression. Impitoyable quand il 
s'agit de pauvres diables d'ouvriers charpentiers ou ma. 
çons se coalisant, fusionnant, p,ur faire augmenter leurs 
journées de 25 ou de 50 centimes, il fit le mort cette fois; 
sans doute parce qu'il avait affaire à trop fortes parties: 
FUSSLi ou FUSELI, uom de célèbres artistes suisses. 
Jean-Gaspard FVssLh portraitiste, né à Zurich, en t706, 
mort en 1781. Ses portraits curent un immense succès; la 
plupart ont été gravé.s. Il cl,ercha aussi  faire connaltre 
ses idées en maliëres d'art. Indépendamment d'une histoire 
desartistes suiss et d'un catalogue des principaux graveurs, 
on a de lui : Choix de Lettres de Winckelmann a ses 
amis en suisse ( Zurich, 1778), et Idèes de Mengs sur le 
beau et legoft dans lapemture ( Zudch, 1792 ). 
Son fils, Jean-Henri Fvssu, peintre d'histoire, en der- 
nier lieu directeur de l'Académie royale de Peinture de Lon- 
dres ( où on avait coutume d'écrire son nom Fveli }, né 
à Zurich, en 172, étudia à Berlin sous Suizer, voyagea, eu 
1791, avec Lavater, et se rendit ensuile en Angleterre, 
où les conseils de Reynolds le dëterminèreltt à s'adonner 
exclusivement  la peinture. Apres avoir profondément étu- 
dié l'oeuvre de Michel-Ange  Ruine de 1772 à 1778, il revint 
eu Angleterre, ot ou le regarda comme le plus grand peintre 
après Wes t. 11 mourut à Puttney-Hill, prïs de Londres, 
le 16 avril 185, et fut enterré dans l'église Saint.Paul, à coté 
de son ami Reynol d s. Parmi ses tableaux, on estime 
snrtoltt L'Ombre de Didon, le Combat d'ltercule contre les 
chevaux de Diomde, et sa galerie miltonicnne, composée 
de soixante lig,tres pour le poëme de Millon. Il fit paraitre, 
en 1801, des Leçons sur la Peinture, dont on critiqua ave 
raison le style peu convenable, et où on releva les juge- 
ments par trop tranchants qu'il se permettait  Pegard de 
q uelques dlefs-d'oeuvre généralement admirés. 
Jean-Bodolphe Fcsst le jeune, né à Zurich, en 1709; 
mort en 1793, se forma à Paris, sous Lontherbourg alní, 
et parvint  ttre un remarquable peintre en miniature. On 
a aussi de lui quelque« dessins d'après Raphael et autres 
grands maitres, et un Dictionnaire unitzrsel de Artizle 
(Ztlrich, 1763}, Irnit de trente ans de travaû. Son fils, 
Jean-He1ri, mort à Zurich, en t$32, eu a donn la 



FUSTAIOELLE 
FUST,'ELLE partie du costume national grec, 
mais particuliëre cependant aux hommes; c'est ce qu'on 
appelle aussi la chemise albanaise. Ce mot est dérivé du 
turc fystdn, et signifie au propre un vétement de femme. 
Avant leur révolution, les Grecs armés, les Klephtes no- 
tamment, portaient pour la plupart la fustanelle; et plus 
tard elle a étë conservée pour les milices irrégulières du 
royaume. Sur le continent grec, elle est généralement 
portée par les gens de la campagne ; car une fois hors d'A- 
thènes, on ne retrouve plus sucre le costume européen que 
dans les grandes villes. Depuis que la Orëce a ét,  élevéeau rang 
de puissance indépendante et que des populations grecques 
ou a fait une nation ; depuis que le roi Othon a lui mme 
adopté la .fustanelle, comme partie essentielle du co.tume 
national, les Grecs, dans les villes surtout, y attachent 
beaucoup plus d'importance qu'autrelois, et apportent infi- 
niment plus de soins à la confectionner de mme qu'à en 
labriq«er l'et, fie. La fustanelle, d'une éclatante blancheur, 
allant de la taille aux genoux, retenue et fixée sur les 
banches au mn?en d'une ceinture, est faite d'une fine étoffe 
de coton ; celle des gens de la campagne, ou de la milice, est 
d'étoffe plus grossière, et va jusqu'aux genoux eu faisant 
de larges plis, qui sont l'objet d'un soin tout particulier 
et que,  l'aide du fer et de l'empois, on maintient fermes et 
unis. Citez les riches, le bord inférieur en est plus ou moins 
orné de broderies, et, comme les attires parties du costume 
national grec, la fu.,tanelle fournit une vaste carrière ì la 
vanité et au dsir de plaire; aussi les fashionables grecs 
ont-ils fait de l'art de porter la fustanelle l'objetde l'Cude la 
pins approfondie. A certains égards cette partie du costume 
grec rappelle le chit6n des anciens Hellèues, et présente 
quelque ressemblance avec le vétemeut macédonien. Au 
lieu de fustanelles, les habitants des lies et des ports de mer 
porleut de larges pautalous bouffants, eu cotonuades de cou- 
leurs bariulées et quelquefois aussi en soie. 
FUSTET (Bois de), produit d'une espèce de sumac, 
qui croit au midi de la France, mais qu'on trouve également 
à la Jamaïque, à Tabago, et dans quelques autres des Antil- 
les. Le bois de fostet est entouré d'un aubier blanc; l'tutCeur 
est jauuìtre, quelquefois d'un jaune assez if, ml# de vert 
pMe : l'alternation de ces deux couleurs le fait alors paraitre 
veiné. Il est peu compacte, et cependant assez dur, nouent 
et tortueux. 11 est mis assez souvent dans le commerce, 
tronc et souche, d'une seule piëce. La racine est plus es- 
timée que le branches. Il arrive en paquets de baguettes, en 
branches refendues, dépouillées de leur écorce, et quelque- 
fois, mais rarement, en fige tortueuses un peu grosses. Ce 
bois donne «ne teint«tre )aune. Il sert aussi aux iuthJers, aux 
ébéniste et a«x tourneurs. Pcz père 
FUSTIGATION, action de fouetter, de faire subir  
quelqu'un lesupplice du loue t, application sur le corps de 
coups de fouet ; punition longtemps pratiquée dans les af- 
reCs de France, et encore eu usage dans quelques cou- 
tfCs du Iord. Eu vertu de l'ordonnance du t0 décemore 
t570, les goujats coupables devaient tre lustigés à coups de 
fouet, les femmes suspectes ne devaient tre battues que 
de verges. Sous Henri IV, le manche de la hallebarde tirait 
raison des infractions des fantassins; cette«,tre«tion s'appe- 
lait aussi le nîorion. Sous Louis Xlil, les cavaliers, au lieu 
d'lres btonnes (voyez BASTONNADE), n'étaient punis qu'à 
coups de plat de sabre, parce que, dit l'ordonnance, ils 
sont en grande partie gentilshommes. La distinction d,,nt la 
législation avait favorisWl'homme de cheval fut maintenue 
par la pénalité de 1727 ; il n'était battu qu'avee de l'acier; 
le piëton, qu'avec du bois. Le ministre Saint-Germain rèvait 
rmns doute déjà l'abolition des privilëges quand il étendait à 
tous les hommes les coups de plat d'e sabre : c'«tait leur dire : 
Vous tes tous gentilshommes. La galant«rie avait décru en 
176 : ce n'était pl«s à coups de verges, mais à coups de 
fouet que les fennnes saisies au camp «le Compiegne etaient 
flagel!ées. La ha.lunna, le prussienne sïnllieait jadi% sur la 
place, h la I,.'mule : c'tait une des recroeatious ds habitants et 
I,IC'V' tt & CONv,'EI¢..  "fo It 

-- FUTAINE 
de la garnisoe. La schlague autrichienne se dislruait 
coups de baguettes de coudrier, ou à co«ps de canne : ceux 
que touchait la caune avaient l'honneur d'Atre chàtiés de la 
main des officiers ou .des sergents ; les autres-ne l'Calent que 
par des caporaux. La canne de Pierre I « était un niveau, 
suspendu sur ses troupes : un géneral n'était pas plus 
exempt de ses atteintes qu'un fifre. Voilà comment le despo- 
tisme eutend l'égalit$. Le knt, u i, qui n'Cagne pas les 
épaules des Rnsses, s'appesantit sur cell des Manchous 
enfin le chat  neuf queues rappelle perlais l'utilité de la 
sobritéaux soldats anglais, qui en sont uu peu trop oublieux. 
G al BARDIN. 
FIT (en latin/ustis, btou). On appelle ainsi en ar- 
chitecture la partie de la colonne comprise entrela base et 
le ch apitea n. Les ffits sont des con.ïdes, excepté ceux 
des col.nues dites torses, qui ont la forme d'un titre-bou- 
chon, comme on en voit aux autels des églises du Val-de-Grâce 
et des Invalides. Les f0ts de l'ordre dorique grec sont des 
c6nes tronqus, c'est-à-dire quïls dindnuent régulièrement 
de grosseur de la base au chapiteau. Les 61ts des ordres 
ionique, corinthien, et dorique dit romain, sont renflés à 
partir du tiers de leur hauteur ; mais la courbure de leur 
profil est assez arbitraire; elle dépend ,lu caprice et du goret 
de l'architecte. Les fttsdiffèrent de proportions : on en voit 
qui n'ont en hauteur que 4 ou 5 diamétres, tandis que d'au- 
tres eu ont 7,8, 9, suivant les ordres. Les«ni,unes d'ordre 
dorique, ionique et corinthien, sont tant6t lisse», tant6t can- 
nelées, en tout ou en partie. Les ft)ts ornés out des rudentu- 
res dans leurs c a n n e l u r e s; d'autres sont incrnstés de ban- 
des de marbre ornées de sculptures déficates ; enfin, on feu- 
coutre des f0ts tout couverts de feuillages, de rinceaux, etc. 
Dans plusieurs arts mécaniques, le mot fut est synonyme 
de bois ; on dit le fut d'un fusi I, pour la pièce de bois qui 
forme la crosse, et sur laquelle est ajusté le canon. Le fùt 
d'une varlope est le morceau de bois qui porte le fer, la 
poignée de l'outil, etc. On appelle fut d'une girouette un 
bois plat comme une latte et large de quatre doigts, oi la gi- 
rouette du vaisseau est fixée. Tsst:n 
FÙT FUTAILLE, se disent des tonneauxoi l'on met 
les spiritueux et les huiles. Les lutailles rides, su rtout celles qui 
ont servi au premier de ces usages, sont encore l'objet d'un 
certain commerce. On eu expédie en Belgique et eu Hollande 
où elles sont employées pour les genièvres ; étant déja im- 
bibées d'esprit, elles donnent moins de perte de liquide. 
Les futailles imprégnées d'huile servent a la pëche de la 
baleine, et le commerce de Marseille eu emploie nne grande 
quantité pour aller chercher des huiles dans le Levant. 
FUTAIE, bois qu'on a laissë crottre an-delà de l'Co- 
que ordinaire des coupes, et qui a été éclairci de mauiêre 
à ce que chaque sujet ptt atteindre son naximum en 
grosseur et eu hauteur. Avant.cette opCation, vers l'age de 
quarante ans, le bois reçoit le nom de futaie sur taillis; 
dix ou quinze ans plus tard, c'est demi-futaie; enfin, les bois de 
quatre-vins, cent ans et plus, sont hautefutaw. Les arbres 
des futaies sont les grandes espèces, telles que le chène, le 
charme, le sapin, etc., dont le tronc et les branches princi- 
pales sont employs à conlectiunner des btfis de charpente. 
Toutes les terres ne conviennent pas à la culture des 
futaies : celles qui sont maigres et sècfies, peu profondes, 
ne fournissent pas de sucs assez aboudants ; elles produi- 
sent des arbres qui poussent lentement, et qui secoor«unent 
avant d'avoir atteint de grandes dimenions ; les terres trop 
abreuvces de sucs, portent au «ont«aire, des bois qui se 
développent aec rapidité, mais dont la texture n'est pa. 
dense : ces bois ont le double inconvénient de peu résister 
aux chocs ou aux poids qu'ils ont à soutenir et de tomber 
facilement on ver«no«dure. P. GACnET. 
FUTAIXE, ci,fie croisée simplement ou double, qu'on 
fabrique aec une «haine en fil et une trame en coton. Quand 
elle est double, elle n'a pas d'envers, il existe des lutaino 
à poil. Dans tes fabriqu% on les garnir comme les draps on 
les couvertures aux chardons. 



o FUTÉ 
FU'_FÉ, fin, rusé, adroit. En termes de blason, flé 
dit du bois «l'une javeline, d'nue lance, d'une pique, d'un 
arbre ou d'une lort, ioque le fer ou les Icuilles sont bla- 
sonnes d'un mail, et que le trouc ou le frit l'est lcn 
D'or fi trois javelines de gueuls,J de ble. 
FUTILE, FUTILITE Sfivant l'Encyclopedie, ¢s mo 
nous  endraient de la laugue des Bolnaius, ou falile aurait 
,té le nom d'un vase, h la[ge orifice,  Ibnd trèstroit, dont 
o» se «vait dans le culte de Vents. 11 se terminat en pointe, 
a6n ,Inc l'on e pot le poseràterre sans rílndre la liqueur 
quil eonteit. Ainsi, ulile, en frmçais, deiendrait une 
sorte de terme allígorique. L'homme futile serait donc celui 
qui aur&t peu de fonds et qui oovrirail une large bouche 
pour ne dire que desniaiseri ou des clo fi'ivol. Une 
partie de notre existence se passe à s'occuper dvutltt«s. 
euarquons cependant que ce mot a oveut un sens latif, 
déterminé par la direction d'esprit de celui qui l'emploie. 
Ainsi, le gév, le physicien trouveafultle les occu- 
pations du pue|e, ndis que le banquier, l'agent de cbae 
regardera comme très-futiles les calcnls et les reclercltes du 
savoet. Il est cependant des lutilités sur lesquelles il n'y 
a qu'uno opinion : das la science, par exemple, oes labo- 
rieuses recherches de quelques ërudits sur des questions his- 
riques ans intért pour nous; dans la poesie, oes acros- 
liches, c u-rimes, etc., tours de 10rce, n'ayant que le 
mérite très-nince de la difficulté vaiucoe. 
FUTUt[, tout ce qui est dans l'avenir. On appelle com- 
munCent [ulur, ou fulure, celui ou celle qui se trouvent 
lies par une promesse ou plut par un projet de mariage. 
Les choesfut peuvent tra l'objet d'obligations et de 
¢oaentions. Neamnoins la loi interdit comme immorale 
toute stipulation faite au sujet d'une succeioa luture. 
Fular, en termes de grammaire, sert a designer le temps 
d u v e r b e qui marque qu'une chose oe fera. Ainsi, dans ces 
phrases : La victoire sera pour nous, nous trompherons 
de nos ennis, 1 deux verts lre ettroapher sont em- 
plobés eu lutur, parce qu'ils ont h indiquer simplement que 
Ici ou tel evenemeni arrivera dans un temps qui n'est pas 
core. Ou distingue dans les conjugaisons deux surfs de 
futurs, leulur smble ou absolu et le feint passœe, que 
des grammairle appeBeut ai ulur anterur. 
«,us avons dja cil6 des exemples du futur simple. 
Le futur passé ou antérieor nrque l'avenir avec rappo 
au passe, c'est-à dire quïl lait eonua«tre que dans le temps 
qu'ufi abuse alr[-ça une autre eho qui n'est pas encore, 
sera consouunee. Ain, l'on emploie le Igur pasî.é quand 
on dit : Lorsque 3"t«ra fin ;na làche, j'ra, vous voir, 
ou m«r« fini a tdche : lorsque je vo irai voir; de 
Pane et de l'autre laçoa, la çhe h tinir est considérëe 
comme etant au passe par ral»pooE à la visite qui t aussi à 
laite. Il est des cas oh le prieur tient la place du tutur, 
comme dans c expressions : Je rewens Iog a l'heure : Je 
ars demain puer a campagne ;  qui veut dire évnlem- 
ment : Je remendrai tout à l'heure; Je partirai de- 
,nain, etc. Windiafi[ prient a encore la signification du 
futur qnand il est pvcedé de la conjonction condition- 
nelle , comme dans cet phrase : ous omme préts 
combaHre,i nom rencontrons l'o«emL C'est comme 
si l'on dise| : ous sommes prs à combatlre quand 
roco;»lreron8 l'ennemL Le I,r,érit i«leliui sa prend quel- 
que'bs pour un [utur passé; on ditdeçtle maui,'.re : Avez- 
vous benldt ¢ct votre letlre? pour : Aurez.vous bentdt 
crlt votre leltre? Quelquelbis le futur simple a la snifi- 
cation ,le l'impérati£ Ainsi, dans le Décalogue : Vous 
erez Deu de long votre cœur; vous ne ruerez pont, etc., 
ignifient : Aimez Deu de tout otre coe«r; ne ruez 
FUTURS CONTINGENTS. lçe: 
U'ARD, om dont on flétrit les soldat qui aps un 

-- FYT 
combat désavantageux abandonnent en dsordre le champ - 
de bataille, cherchant leur salut dans une fuite honteuse. 
.Si, pressée par des luttes supérieures, une armée bat en 
retraite avec ordre, elle impose toujours à l'ennemi par son 
attitude. La fuite, au contraire, a pour conséquence in@i- 
table une d é r o u t e complëte; le soldat ne précipite de tous 
cbt6% se jette dans une rivière, dans un marais, dans un 
délilé, dans un bois, d'où il se tire plus difficdement que 
d'un combat en règle qu'il aurait eu h soutenir contre l'en- 
nemi. 
Chez les nation- germaniques, les fuyards étaient noés 
et étouffés dans un bourbier. La loi salique imposait une 
amendeh quiconque, sans preuve, accusait un Franc 
voir jetWson bouclier pour fuir et le traitait de lièvre. Les 
capitulaires déclarent in|ame celui qui tourne le dos à l'en- 
nemi et refitsent sou tëmoignage en justice. Au temp de la 
féodallté, le fuyard descendait dans la classe doe gens tail- 
lables etcorvëablesà merci. Les ordonnances de François 1  
et  Henri Il le fur, t p3ZScr par les pques. Laioi du 21 bru- 
maire an v punit de trois ans de fer celui qui jette ses ar- 
mes et frappe de mort cehfi qui abandonne son poste de- 
vant l'ennemi. S'il s'agit d'une troupe entière, les six plus 
anciens soldats subissent le mème sort. 
FUZELIEI (Lovs), né à Paris, en 1672, mort le 19 
septembre 1752, tavailla pour tous les thëàtres, et  dis- 
tingua plus par sa fi;.condité que par le m@ite de ses pièces. 
lhlonna au Thëtre-Français : Cornle, en société avec le 
président H,.nault; Murons fabuliste ; Les Ara usements de 
l'automne; Les Ama--ones nodernes ; Les A ntau.r, rai- 
sonnables; Le Procès des Sens. L'OpCa représenta de lui : 
Les Amours déguiss ; Arioa ; le Ballet des Ages; Les Fë. 
tes 9recques et romaines ; Le Amours des Deux; Les 
Amours des Déesses ; Les Indes 9alantes ; L'Ëcole des 
Amours; Le Carnaval du Parmzsse ; Le. Amours de Tenpé ; 
La leine des Péris; Jupiter et Europe; Les Bomans 
op,.ra en trois actes, mis en musique par Gambini; et le 
ballet de Phaétuse. luzdier composa, en outre, pour le 
Tbéàtre-ltalien beaucoup de pièce% notamment : L'Amour 
mai|re de langues; Le Mai; La Mërdienne ; La Mode; La 
Ruplure du carnaval; Le b'aucon; Mélusine ; lIercule 
filant; Arlequin Persée ; Le Veu.r. Monde; Les l'es de 
Gamache ; Les De, bris des Saltrttls; Arm2d4s cadel; La 
flague nugique; enfin, il lit un grand nombre d'ouvrages 
pour l'Opera-Comique et mgme pour les Marionnettes de la 
Foire, tan|f| seul, tant6t avec Le Sage, d'Ornerai, etc., etc. 
tels que Arlequin 9rand-ri:if; Arlequin défenseur d'Ho- 
mère ; Le Rœeveillon des Deztx ; La Matrone d'Jïphèse. 
fut rédacteur du Mercure, conjointement avec La Bruère, 
autre faiseur d'op .r,s ; et a collaboration à ce recueil dura 
depuis novembre 17 jusqu'en septembre t752. Il Cait 
petit, trapu, avait 1 con très-court, se faisait rouler dans 
une brouette, et appelait l'homme qui la tirait son chev««l- 
baptisoe. Quoi qu'en ait ,lit La Harpe, il ne manquait ni d'i- 
rt, a,,ination ni de talent poétique. CPcac. 
FYEN. Voçe'- FlOiE. 
FYT (JE). peintre, né à Anvers, vers tb, peinit 
beaucoup de toiles en collaboration avec Rubens, Jaco.b 
Jordaeus et Th. Wi]]ebort. La fécondité de son pnceau était 
elle qu'il est anjourd'hni pen de aleries de quelque im- 
portance qui ne possèdent de ses tab|eaux. Il excellait dans 
les sujets de chasse, de mmc qn' reprdsenler les qudru- 
pèdes à l'étt sauvage on : l'état de domesticité, les 
]es fruits, ]es fleurs et les bas-rcficfs. Son dessin tout en 
reproduisant la natnre avec une grande fifit, est ou- 
jours noble; son coloris a dn feu et de la force, et il sait 
si bien assortir ses couleurs au effets de ]nnfiêre, qn'h cet 
éavd il rivalise avec de Voes et Snyders. li escell«it aussi 
dans la rvnre  l'eau-forte. On inore l'époque de sa 
mort. David Kouin tt l plus cl:bre de ses élèves. 



G 

G, septi;:me leltre de l'alphabet latin que nous avons 
dpt,, est e.n même temp la cinquième des consonnes; 
c'e.t la troisième de l'alphabet des Orientaux et des Grecs. 
Le G était appelé gamma par les Grecs, gimel par les Hé- 
brenx et les Phéniciens, 9omel par les Syriens, et 9um par 
les Arabes. Le souscrit possède un G simple et un Gaspwe. 
Dans les langues slaves, G, tantft quatri/me lettre de l'al- 
phabet, comme en russe, en serbe, lantft septiërne, comme 
en polonais, etc., est toujours la gutturale douce du grec. 
Dans quelques-unes seulement elle reçoit une i,»gère aspira- 
tion. En allemand, cette aspiration est beaucoup plus fré- 
quente, s»rtout devant des syllabes final. Cependant, 
dans certaines partiesde l'Allemagne, on prononce Ic deux 
g comme dans le mot français 9ué. Souvent aussi cette lettre 
s'y confond avoir 1'. En italien et en anglais, le g deva,t 
# et i se prononce comme dje, dji ; mais cette règle pour 
l'anglais ne s'applique qu'aux mots d'origine romane. Le 9 
espagnol est une gutturale moins douce qu'en français. 
Il y a une affinité bien prononcée entre le G et le C. 
Avant que le G prit place dans l'alphabet latin, le C seul 
représentait les deux articulatioqs, la forte et la faible, 
que et 9ne. Mais, pour dissiper tos les dotttesh i'egard de 
l'exacte prononciation, les Latins donnëoeat . chaque arti- 
culation un caractère particulier. Alors on prit pour expri- 
mer la faible le signe mème de la forle C, en ajoutant seu- 
lement a l'extremité de sa partie inferietre une petite li- 
gne erficale. indiquant que l'expression du C devait ètre 
affaihlie : de I/ le G tel que nous t'avons reçu des Latins. 
A l'instar de ce peuple, nous avons conservé dans l'or- 
thographe de quelques mots le signe de l'articulation f rte, 
comme pour retenir la trace de i'étymoiogie, tandis que 
dans la prononciation nous ne faisons sentir que l'a-ticula- 
tion faihle. Ainsi, nous écdvuns second, et nous pronon- 
çons se9ond. Il est d'autres cas, au contraire, oit tout en 
employant le G, caractère de l'articulation faible, nous pro- 
nonçons la {orte, comme lorsque l'on ecrit tan 9 
qui doit se i»'ononcer ranll drainent. 
Notre leltre G s'appelle aujourd'hui ge, parce que réei- 
lement elle exprime plus souvent l'articulation je que Par- 
ticulation 9ue, qu'on lui don»ait primitivement. Du reste, 
ce changement dans la prononciation n' n a point ameé 
dans l'orthographe. Nos règles relativement à cette lettre sont 
assez capricieuses. G devant les voyelle« a, o, ', conserve 
la valeur de l'articulation 9ne; devant les voyelles e, i, il 
preml toujours la valeur de i'arliculation je. Dans I'e I ision, 
il ne prend amais un son dur. Quand le 9 final se lie avec 
une voyelle, il prend quelquefois l'articulation fote du 
Avec la lettre n, leg forme une prononciation mouillëe, comme 
dans ces mots digne , agneau, signal; mais dans quelques 
mots dérivés du grec ou du latin, ces deux lettres ont 
une prononcialion plus dure ou plus sèche : gornonique, 
agnation. 
Le G chez les anciens était une lettre numérale, qui 
sigfifiait quatre cents ; Iorsqu'il était surmonlé d'un tiret, 
il avait la valeur de quarante mille. Le ¥ grec représente 
le nombre trois, et le nombre lrois mille fil est précedë 
l'un pel.q trait, ¥. Dans les inscriptions romaines, le G 
vait diflërentes significations : seul, il sil.mifiait, ou gra- 

ris, ou gens, ou gaudium ; accompagr, é, il 6t:,it st:jet aux 
mmes variations : G. V. etait pour Genio urbL 
Gloria populi romani. Das le comput eccle,iastique, 
G est la septième et dernière lettre dominicale; das 
iesanciem poids, il signifie un gros ; sur le monnaies françai- 
ses il indiqte la ville de Poitiers, Genève sur ls monnaies 
suisses, et Stetti« sur les prussiennes. 
En chimie, GI désigne un ëquivalent de glucynium. 
Cn&MPAGAC. 
G ou G sol rd ut (Musigue). Cette lettre sert  dési- 
gner, dans l'ancien systëme de notation, la cinquième note 
de la gamme naturelle d'ut ou de sol. Ce système n'est plus 
emplo)é aujourd'hui que par quelques colnpositeurs alle- 
mands ou italiens, pour indiquer le ton d'un morceau de 
musiqte ou d'un instrument. 
GABARE. Cemot, d'orine hébralque (habarah, 
tenu de passa3e ), apparoir de bonne heure sur les rives de 
la Loire. Quaud .'antes fut devenue une ville de commerce 
importante, les habitants curent souvent besoin d'envoyer 
au bas de leur rivière des bateaux pour recueillir les curent- 
sons des navires etrangers, qui n'osaient remonter dans l'tu- 
tCieur des terres, soit que le lit du fleuve n'e0t pas assez 
d'eau pour leur navigation, soit qu'ils craignissent que 
francltises de la ville ne fussent pas pour eux une suffisante 
proteclion contre i'avidité Iëodale des seigneurs riverains. 
Ces baleaux, larges et plats, d'une  aste capacite, et portatif 
un seul mt, fi,rent appeles 9abares. Cétait aussi le nom 
qu'on let,r donnait sut" la Bidassoa : nunculatas 9abarras, 
dit un titre :ort anciet, de la Bibliothèque Impériale, daté 
de Fontarabie. Les itollaudais qui trafiquaient sur nos c6tes 
transportèrent cette appellation dans leur langue maritime, 
ils en tireur een labaar. Le mot s'est conservé ; la marine 
militaire I'a adopté, et lui a donné une imporlance inesperee. 
La gabare est essentiellement un nus'ire de clmrge ; elle dé- 
signe à la fois ces lourdes et vilaines barques pontees et non 
pontees dont on se sert dans nos ports pour porter if bord 
des navires en rade les objets de consommation, et ces nor- 
mes cornettes, attx flancs larges, aux murailles droites, a la 
carène xaste et profonde, qui vont dans nos colonies, dans 
les mers de i'lnde, et par delh le cap ltorn jusqu'au Cbili 
et au Pérou, ravitailler nos garnisons, nos escadres ou nos 
stations. Depuis l'occupation d'AIger, nos gabares sont fort 
employées dans la l',lé«hterranée; elles font un continuel 
transport de troupes, d vivres et de munitions. 
On appelle gabare à vaçe, ou Marie Salope, un gros ba- 
teau qui sert à récolter la fange que les machines h curer 
firent du fond des ports. 
En termes de pêche, on nomme gabare une espèce de filet 
pluspeti! que la seine ordinaire; on en fait usage snr nos 
cftes de l'OsCn,  l'embouclmre de nos ri'ières ; des mor- 
se.aux de ilCe le tiennent suspendu à la surface de l'eau 
son propre poids, augmente de quelques ballos de plomb, lui 
donne une position verticale; ou le tire a terre avec «tes cord. 
Les poissons qui se tronvent dans l'Çpace qu'il embrasse 
s'effo'cent en vain de rompre cette barrière; les gros des- 
cendent dans le sac, les petits s'engagent dans les mailles, 
et Sont arrètés par les outcs. I.a pche est d'autant plus 
abondante que le puisson s'approche plus de  surface de 
9. 



l'eau : on la tait de préférence pendant la nuit ; le ris.su du 
filet disparait dans les ténèbres ; le poisson ne distingue pas 
le danger. Enfin, l'on appelle aussi quelquefois gabare le 
bateau plat qui sert à cette ptche. 
Théogène PACE, capitaine de vaisseau. 
GABARIT. On de.signe ainsi, daus les constructions 
maritimes, le modèle sur lequel les charpentiers travaillenl, 
eu donnant aux pièces de bois qui doivent entrerdans la com- 
position du bglimenl la mme forme, les mmes contours 
et les rnmes proportions. Par suite, onentend par gabarit 
la forme mme d'un vaisseau. Le naftre gabarit d'un r,a- 
vire n'est autre que le tare c o u p le. 
GABELLE. Ce mot vient de l'allemand 9abe, imp6t, 
tribut. Le mot gabelle fut d'abord appliqué en France ì 
diverses sortes d'imp6ts. On lit dans plusieurs Coutumes : 
gabelle «le vin, gabelle de draps, 9abellede tonliea. Mais 
ce mot s'appbque spécialement à l'imp6t du sel. L'origine en 
remonte h Philippe IV 0286). Philippe VI ,.tablit les greniers 
à sel en 1331. Cet imp6t Cait d'un double sous Philippe le 
Long : il ne devail durer qu'une année. Il fut de six deniers 
sous le roi Jean ; il avait Ce renomalWpour paer la rançon 
de ce prince. Charles V l'élablil à perpétuité, et porta la laxe 
à huil deniers ; elle s'accrut encore sous les règnes suivants. 
Elle était de 12 deniers sous Louis XI et Charles Viii. Fran- 
çois i « l'Ceva  21 livres par muids ( ordonnance de 1542 ). 
ltenri Il, en 1553, vendita haut prix l'exemption de l'imp6t 
du sel h quelques provinces : au Poilou, a l'Aunis, à la 
Sainiooge, à FAngomoois, au Périgord, au haut et bas Li- 
nousin. Le clfiffre général de l'impét ne fut point diminué 
par ces ailCations ; le taril fut successivement augmenté de. 
puis. 
Lotis XIV organisa sur une plus grande échelle cette par- 
tie de l'administration fiscale ; le fa u x-sa u nag e lut classé 
au r3ng des crimes : des iribnnanx d'exception furent éri- 
gés, al des offices de juges, derégisseurs, d'employs de 
tout grade, furent créés et vendus. Celle opération htt la 
plus remarquable de la fin du minisiëre de C o I ber t. L'or- 
donnance royale de mai 16S0 divisa la France en pays de 
grande gabelle et de petite gabelle, elc. Tous les produits 
des salines furent iivrés aux fè r m i e rs g ë n ë r a u x, qui 
emplo)aient a l'exploitalion de leur monopole une anr.ée de 
commis et de garde% et en reliraient encore des b,_'néfices 
('normes ; les juridiciions des greniers à sel, les cours supé- 
rieures, et surtout les juridictions prév6iales, se faisaient 
les auxiliaites des fermiers gnéraux. Cet imp61, qui pesait 
sortout sur les masses, avait souvent excité les plus graves 
désordres. En t5, Bordeaux et roule la popt31atiou ,le 
la Guienne s'insurgèrent contre les prépnsés de la gabeile. 
Le chof de l'administrati,n, Tristan de Moneins, fut assom- 
inC dépecé et salé. Il fallut faire marcher une armée conlre 
cette province. Le connétahle de Montmorency la comman- 
dait, et la province fut hérissée de gibeis. Année commune, 
il y avait 4,500 saisles dans l'luiCieur des maisons, plus de 
dix mille sur les roules ou les lieux de passage, et trois cents 
condamnalions aux galëres pour crime de contrebande de 
sel ou de tabac. Le nombre dos prisonniers variait de dix- 
sept à dix-huit cenls, de lout .ge et de tout sexe. On avait 
imané, pour intéresser les magi»trats à la poursuite des 
faux-sauniers, d'assigner le payement de :eur gages sur les 
produits de la gabelle. 
Le chif{re de cet imp6t variait de province à province, 
et mme de ville  ville. Quelques iocafilés en payaient peu, 
d'autres beaucoup, d'autres n'en payaient aucun. Quelques 
provinces n'étaient point taxées pour leur consommation,et 
dans d'autres chaque famille élail oblig6e de prendre au 
magasin, ou grenier à sel, une quantité de sel delernioée. 
Les pay]s de grande gabelle Catent ceux qui suppor- 
taient le nuTxmum de cet imp6t, à savoir : l'lle-de- 
France, l'Orléanais, ieMaiue, l'Anjou, la Touraine, le Berry, 
le Bourbonnais, la Bour.ogne, la Pieardle, la Champagne, 
le Perche et la phls grande partie de la ,.Nurmandie. Le chif- 
fre de la vente obligée s'élevail annueilement à 760,000 quin- 

GABARE  GABIER 
taux, et le prix du quintai à 2 francs. On y était taxé 
neuf livres de sel par téte. 
Les pays de pelite gabelle étaienl ceux qui ne pa)'aient 
que le minimum de cetimp6t : le Mconnais, le L)-onnais, 
le Forez et Beaujolais, le Bugey, la Brasse, le pays de 
Dombes, le Dauphiné, le Languedoc, la Provenue, le Bous- 
sillon, le Bouergue, le Gévaudan, queiqoes cantons de l'Au- 
vergne. La consommation obligee ne pouvait tre au-dessous 
de 640,000 qu!ntaux ; le prix du quintai était 33 livres 10 
sons, on y était taxé ì 11 et 12 livres par téle. 
Les pay]s rœedirns étaient les provinces qui avaient 
achel et payé l'exemption entière du droit ; leur entiëre ii- 
bération de l'imp6t de gabelle leur avait co0té 1,750,000 fiv. 
sous llenri] II; mais elles n'en furent pas moins assu- 
jelties à une partie de cet imp6t, au sixième ì peu pres du 
cens fixé pour les grande, gabelles. La quanlité imposée 
aux consommaleurs était de 830,000 quintaux. Le prix du 
quintal variait de 10 h 2 francs. La calégorie des pays ré- 
dimés comprenait le Poitou, i'Aunis, la Saintonge, l'An. 
goumois, le Limousin, une grande partie de i'Auvergne, 
le Périgod, le Querci, la Guienne, les comtes de Foix, 
Bigorre et Comminges. 
Lespay]s de quarg-bouil!on étaient ceux qui avaient la 
faculté de s'approvisionner par des sauneries particulières, 
où l'on faisait bouillir un sable imprégné d'eaux salines, 
la charge de erser, à leurs frai et gratuitement, dans les 
greniers du roi le quart du produit de leur fabrication. Ce 
ersement en nature avait alWdepuis converti en un droit 
p.cuniaire éq,fivalent. Le débit était d'environ 115,000 
quinlaux ; le prix du quintal Cait de 16 livres. Ce droit 
n'appartenait qu'à une partie de la basse ormandie. 
Les provincesfranches de gabelle etaienl moins imp0- 
sées que roules les aulres. Elles devaient cet avantage au 
voisinage des marais salanls; un prix trop élevé y eùt 
provoqué une conlrebandc plus aclive et plus étendue. 
Celle calégorie se composait de la Bretagne, de i'Arlois, de 
la Flandre, du Iia:naul, du Calaisis, du Boulonnais, des 
principautés d'Ades, de Sedan, du Béarn, de la Basse-3a- 
varre, du pays de Soule al de Labourd, d'une partie de 
i'Aunis, de la Saiolonge et du Poitou. Le prix du quintal 
y variait de 8 à 9 livres. 
Les provinces de salines exploitt:es pour le COlptedu 
roi elaieot la Franche-Comlé, la Lorraine, les Trois-Ecbés 
(Melz, Toui et V¢rdun ), le Rethelois, le ducbé de Bar, une 
parlie de i'Alsace et du Clermontois. Les renies de sel pour 
eomple dul roi s'y Cevaient par an à 75,000 qnintaux, le 
prix du quintal étant de 2t livres 10 sous. 
En 1789, le voeu pour la suppression de la gabelle fut 
répélé unanimement dans tous les ca b le fs des trois ordres. 
Elle fut en conséquence supprimée par la loi du 10 mai 1790. 
Mais un imp61 sur le sel n'en fut pas moins rétabli sous 
l'empire (l«0G). Dct-r" (de l'Yoeee). 
GABELOU, commis et employé des ça b e l I es. Celte 
expression n'est d'usage que dans le slyle familier, et se 
prend toujours en mauvaise part. On l'emploie encore, 
surtout dans le midi de la France, à ikgard des douaniers, 
des empioyés de i'oclroi et des commis des contributions in- 
directes. 
GABIAN (Huile de). Voyez PtOL. 
GABIE, nom que l'on donne aux premiers et 
meilleurs matelots de i'ë qui p a g e d'un grand bMiment de 
guere. Ils sont choisis par le commandant pour le servic¢des 
h unes, prposés à la surveillance du gréement, et charges 
«l'y faire les réparations nécessaires. Dans les travaux de 
gréement et dégréement, de prise des ris, etc., ce sont les 
9abiers qui dirigent les matelots sous les ordres d'un che/ 
de hune, officier marinier inférieur, qui obéit lui-reAme 
l'officier de quart, ils prennent le nom du nàt an service 
duquel ils sont allachés : ainsi, on distingue les 9abers de 
misaine, de 9rancP hune, d'artimn et de beaupré. Le 
mot de gabier n't que le nom d'un emploi, et non celt,i 
d'un grade ; il ces d'tre porlé lors du débarquement. 



Toutefois, les contre-martres sont choisis de préférence 
parmi les matelots ayant été gabiers. L'arrét6 des conxuls 
du 9 vent0se an v, relatil aux prises faites par les bti- 
ments de l'Êtat, attribue 2 parts II9  chacon des Çabiers, 
tandis que les matelots n'ont droit qu'à une part. Le nom 
de çubier vient du mot Çabie, qui dans la Méàiterranée 
signifie demi-hune. Avant d'ètre une plate-forme t l'extré- 
mité du mt, c'était une cage, en italien et en espagnol 
gaba, appliquée à l'arrière du sommet du mt et ayant la 
forme d'une hotte. Le premier gabier fut un guetteur, qui, 
l'oeil ouvert sur tous les points de l'horizon, y cherchait 
quelque navire, ou la terre sur laquelle on gouvernait. Au- 
jourd'hui, c'est un matelot très-important, dont les pieds 
portent rarement en plein, qui est toujours sur des cordes, 
ou sur un paquet de lattes, laissant des jours entre elles. 
Au«relais mgme, si le temps le permettait, il couchait dans 
la hune, et y déposait le sac contenant ses ettels. Dans les 
racles il sert quelqt,efois de canotier, oervice honorable entre 
tOUS. MEILIN. 
GABIESç en latin Gubii, antique ville du Lati«im chez 
les Volsques, était une colonie d'Alhe située entre Borne et 
iProeneste (aujourd'hui Palestrina), sur les bords d'un lac 
appelé ai0ourd'hui lago dt Castiglione. A la suite d'un 
siCe long, et opini/Itre, un stratagème employé par Sex«us, 
fils de Tarquin le Superbe, qui feignit de s'Atre brouill, avec 
son père et se retira chez les Gabiens en provoquant, leurs 
sympathies pour les mauvais traitements dont il se disait 
l'objet, la fit tomber au pouvoir de ce prince. Ville jadis 
llorissante et puissante, Gabies ne tarda pas à tomber en 
cadence et n'Cait déjà plus que des ruines au temps d'Au- 
guste. 
Les carrières de Galries fournissaient aux Romains d'ex- 
cellenle pierre à bAtir. 
On appelait t Rame 9abnus aine«us une partie de vète- 
ment empruntée aux Gabiens et ayant pour but de préserver 
la toge de toute soltillure. On s'en servait lors des sacrifices 
et dans d'autres circonstances du culte public. 
G/ BI N I US ( Aurts ), Romain d'origine ph;béienne, était 
tribun du peuple l'an 67 avant J.-C., lorsqu'il proposa et 
fit adopter une loi, appelée d'après lui Le Gabinia, en 
x'ertu de laquelle des pouvoirs illimités étaient confés 
Iompée dans sa guerre contre ]es pirates. Plus tard il 
l'accompagna comme l,'gat dans ses guerres d'Asie. ommé 
consul avec L. Calpurnins Pison, par l'influence «les trium- 
virs, l'an 58 avant J.-C., il appuya Clod tus dans son 
position systématique contre C i c é r o n, que tous deux par- 
virtrent t faire exiler, lommé l'année suivante au gouver- 
nement de la Syrie, il épousa la cause du grand-prêtre 
llircan contre son frère Aristohuleet son neveu Alexandre. 
lour satisfaire aux volontés de César et de Pompée, il 
passa en Égypte, et rétablit Ptolémée Aulète sur le trotte. 
l%ndant ce temps-là, sa province était ravagée par des 
bandes de pillards arabes, et Alexandre excitait de nouveaux 
troubles en Jndée. Forcé par Crassus de retourner à Rame 
en 55, il fut accusé de lëse-majesté publique pour avoir, 
sans l'ordre du sénat et du peuple, ahandonné son com- 
mandement. Lïnfluence de Pompëe, qui russit t lui ga- 
gner les sympathies de Cicéron lui-reAme, et surtout l'in- 
fluence des hommes qu'il réussit t corrompre, le fit absoudre 
de cetle terrible accusation. Mais il fut condamné quelque 
temps après pour concussion et brigue, et sa fat« une fut confis- 
quée. E l'an 9, César le rappela d'exil, et, après la 
taille de Pharsale, lui confia un commandement militaire. 
Il mourut à Salarie, dans une expédition contre les Dal- 
mates, au commencement de l'an tf7 avant J.-C. 
Il ne faut pas confondre Aulus Gahinius avec Quintgs 
Gabinus, autre tribun dit peuple, qui, l'an I0 avant 
J.-C., fit rendre une loi, dite également Lex Gabinia, d'a- 
lwès laquelle le scrutin secret dut ëtre dcsormais employé 
pour la collation des suffrages. 
GABION terme d'artillerie par leqttel on désigne 
large panier sans fond, de forme cylindrique, qui a 0"',0 

GABIES  GABRIEL 
de hauteur, et ',65 de diamètre exoErieur, form d'un 
clayonnage entrelacé autour de sept  neuf piquets dressés 
sur un cercle. Ces gabions servent dans les siéges,  garantir 
les troupes et les travailleurs du îen de mousqueterie de la 
place attaquée. C'est pourquoi on les appelle çabions de 
sape ou de trancheo On les place debout les uns à coté 
des autres, et on les remplit de terre, pour en former le 
parapet des sapes, logement% «ranchCs et autres travaux de 
siCe. La terre fouillée pour remplir les gabions sert de tran- 
chée de commnnication. Avec ces gabions on construit pat- 
ticulierement l'exhaussement de travail appelé cavalier de 
tranchde, que l'on élève en avant du chemin couvert d'une 
place assiégee. Une ai«tre espèce de gahion, appelée .farci 
ou roulant, de  ,30 de haut, et de Ira,30 t I%50 de 
diamètre extérieur, farcie de 25 on 30 fascines reliées par 
quatre ou cinq harts, remplie de laine ou de bourre, ou de 
menus copaux, etc, est employée couchée et rou lée au moyen 
d'un crochet, en avant des travailleurs, pour les mettre à 
l'ahri des coups de fitsil des dofenseurs de la place. Ce ga- 
bion a été substitué au mantelet, petite machine sur deux 
roues, servanl jadis à la mgme destination. Couvrir nne ligne 
de gabion% c'est la 9obonner. 
GABO.'I (COte de), située entre 3 ° 30" de latitude sep- 
tentrionale et 0" 5' de latitude méridionale, sur la cote 
orientale de la Guinée, est un pays encore fort peu connu 
des Europëen;. En 1843 le gouvernement français a fi»rmé 
an comptoir fortifié  Pembouchure du Gabon, flenve appelé 
ar les naturels Ouongavonga, et Iormant avec le Dandjer, 
le Bio del Bey et le Bio de Ios Camerones, l'ensemble des 
grands cours d'eau q,ti arrosent cette vastecontréeet viennent 
se jeter dau l'oo;an Atlantique. On ignore au reste la positi,m 
de leurs sourres, qu'on a lieu de supposer fort éloignées de 
leurs emboucl,ures respectives, surtout celle du Gabon. Ls 
eontrées qu'ils traversent sont communément comprises, le 
I©ng de la cfite duGabon, sens la dénomination depaçs des 
Biofars. 
GABORD. l'osez 
GABOTTO. t'oye'. Cxno. 
GABRIEL (L'ang,e). Sou nom, en hébreu, veut dire 
de Deu. Gabriel, selon les rabbins, est l'ange de la 
mort pour les lsraélites, dont les rimes sont remises entre 
ses mains. D'après le Talmud, il est le prince du feu, il gou- 
verne le tonnerre, il mùrit les fruits. C'est lui qui, par 
de Jdllovah, mit le fe«t au temple de Jérusalem avant que 
les soldats de Nabucllodonosor ne vinsscnt le souiller. Ce 
sera lui enfin, toujours selon le Talmud, qui donnera un 
jour la chas au grand poisson Lé ri at h an, et le vaincra 
avec l'aide de Dieu. Gahriel fut envoyé souvent sur la terre : 
il appar»t deux fois à Daniel; deux fois il lui dicta quel- 
qlleS-unes des pages de ce beau Il, re o6 nous ,ayons les 
visions du prophëte. La premiëre fois il lui predit la venue 
de l'antéchrist, la seconde fois la venueet la mort de 
Christ. 6abriel vint aussi annoncer/ Zacharie que sa femme 
E I i s a b e t h loi donnerait lin fds nommé J e an - B a p t i ste; 
et comme Zacharie cloutait, Gahriel, pour le punir de son 
incréd,lité, le condamna  ëtre muet jusqu'à la naissance 
de son lils. 
Mais le plus célèbre message de Gabriel, ce I,t son 
«revue avec la Vierge Marie le jour del'Annoncia- 
lion. 
Aprës avoir vu Gabriel annoncer la venue du Christ, on 
s'indigne de le voir, dans la tradilion mahométane, deeuir 
un des quatre anges favoris d'Allait, chargés ,le notilier ses 
décrcts, de le voir surtout inspirer ou dicter le Cor a n 
M a h o m e t, qu'il aurait ravi j usqn'au septième ciel, dans 
un jour d'extase, avec nne rapidité telle, que le prol,bète 
aurait eu le temp«de retenir dans sa chute, en revenant, un 
'aoe qu'il aurait heorté en partant. Le faux prophète, ja- 
loux «lu Christ, jaloux de Dieu, lui 'ole son ange; llahome! 
prétend que sa religion vient du ciel, qve Gahriel lui en de 
centi les chapitres, et qu'une nuil il l'aconduit jusqu'aux pieds 
du Très-liant. Mahomet a fait le hot«rait de Gahricl. - Son 



teint était blanc, dit-il, comme la neige ; ses cheveux blonds, 
tressés d'une [açon almirable, lui tombaient en boucles sur 
les épaules ; il avait un front majestueux, clair et serein, 
les dents belles et luisantes, les jambes teintes d'un jaune de 
safran. Ses vètements ëtaient tous tissus de poil et de fil 
dor trëpur. 11 portait sur son front une lame sur laquelle 
étaient Celles dellx lignes toutes brillantes et éclatantes de 
lumière : sur la première il y avait ces mots : Il n'y a de 
Dwu que Deu ; sur la seconde ceux-ci : Mohomet est l'a- 
la6tre de Die«. J'aperçus autour de lui 70,000 cassoletles 
pleines de musc et «le safi'an ; il ava;t 500 paires d'ailes ; et 
d'une aile à l'autre il y avait la distance de 5oo années de 
cheutiu. » Anat 
GABRIELLE D'ESTBÉES. Voye-- Estés. 
GABltlELL! (CATAItl[NA), cantatrice célëbre par ses 
suceës et plut encore par sec caprice% naquit a Ruine, le 
novembre 1730. Son père etait cuisinier du prince Gahrielli. 
Elle ne put donc ëtre initiee de bonne heure aux secrets de 
l'art dans lequel elle devait briller ; il fallut qu'elle se rëvé- 
lut d'clle-mëme et sans le secours ,les maitres, car de rares 
visites an thëatre, fil la conduisait son père, furent d'abord 
toute son éducation musicale. Mais, an retour, sa voix 
suave et fral«be rpétait avec tant de charme les airs que 
son heureuse m,.moire avait retenus, que dans le palais on 
ne purin bient0t que de la petite cuisinière cantatrice, 
chetta contatrice. Le prince [ui-mme l'entendit ; et de ce 
jour le sort de Calarina fut lixé; on la lran-planta des cui- 
sines dans nne école de chant. Porpora voolul presider à 
l'education du jeune prodige; et produite bient0t au grand 
jonrsouslesauspicesde l'illustre moestro, olle enleva touslcs 
suffrages. Il ne fut plus bruit dan Borne que de la coçhetta 
di Gotmielli. Le nom lui en resta si bien, que l'Europe 
entière ue distingua bienlèt plus le nom de la protbg, e «le 
celui du prince son protecteur. La Gahrielli n'avait pas dix- 
sept ans que djà elle était en possession de la plus brillante 
ren«mmée à Lucque«, où la Sofomsbe de Galuppi no'ait 
servi " sesdebuts, et off le cél/bre Guadagni aida par ses cou- 
seils h la remlre une virtuose accomplie. A Naples, oh elle 
parut en t750, son succès tut plus grand encore. Elle y sou- 
leva dans la Didone de M,.ta«tase l'enthousiasme de tous 
les dilettonti. Le bndt de son triomphe eut du retentisse- 
ment jusqu'à Vienne, où rempereur François 1 ce l'appela sur 
l'invitation de Metaçtam. Elle devint chanteuse de la cour, 
t ce titre fut une puissance p«mr elle. Beine au tbêatre par 
Métastase, son amant, soumettant  l'omnipotence de ses 
fan{aisies les ambassadeurs de France et de Portugal, qui 
se dislmtaient ses laveurs, subjltguan{ l'cmpe,-eur lui-même 
par le prestige de son talent, elle prolongea pendant qttiaze 
annees son rège dans la capitale de l'Autriche. 
A Palerme, où nous la trouvons eu 1765, la mdme faveur 
de, ait l'arcueillir, la mëme puissance y file son partage; 
mais là aussi, mieu encore qu'h Tienne, elle en abusa à 
force de caprices et de bizarreries. Un soir, sachant que le 
vice-roi désirait se rendre au tlCre pur l'entendre, elle 
réolut de tromper cette belle attente, leignit une indisposi- 
tion subite, et refusa de paraitre. On vint parlementer auprës 
d'elle, la supplier, et, de guerre lasse, in nlenacer de la pri- 
son : « Yous pouvez m'empri.,onner et me taire pleurer, 
dit-elle, mais me faire chanter, jamais. » Ce lut sa seule ré- 
pone; et pour ql:e la dignité du prince qu'elle faisait si in- 
solemment attendre fdt sauve, il fall,t eu eflet uoer de 
rigueur et in faire enfermer. Elle s'y prèta de bonne grâce, 
fit de sa captivité une fte continuelle, régala »yalement 
tous les prisonniers, paya leurs dettes; et, libre enfin, 
quitta Palerme de peur d'y èhe de nouveau violentée dans 
ses fan!aisies. A Patine, où elle  rendit, l'inlant Philippe 
se fit son amant déclaré, et malgroe cette fortune, la plus 
haute que lui eussen! conquise son talent et ms galanteries, 
Catariua ne changea pas. Le prince se ,il, comme un amant 
vulgaire, sacrifié à ses inconstance% et chaque fois qu'il 
lui en faisait reproche, elle le raillait de la difformité «le sa 
laill, et se donnait le plaisir de l'appeler 9obbo malecletto 

GABBIEL -- GACHER 
( maudit bossu ). Ces incroyables licences furent cause ,:Fa'on 
la jeta encore en prison; mais, quoique de nouvelles galan. 
teries du prince Py attendissent encore, malgre la somptuo- 
sité «Je l'appartement qu'on lui asait fait preparer et la nom- 
breuse suite qui s'y était remlue pour la -ervir, elle ne se 
sentit pas plus tèt libre qu'elle s'enfuit de Patine. La farouche 
fauvette avait peur mme d'une cage dorée. On la demandait 
à Londre% mais elle refusa de s'y rendre : les dësirs impéo 
rieux des Anglais et leur enthousiasme un peu brutal l'ef- 
frayèrent : « L., disait-elle, si je m'avisais de ne vouloir pas 
chanter, le peuple m'assommerait, et à tout prendre, j'aime 
mieux la prison quand il me plaie de me passer une fan- 
taisie. » 
Elle partit pour la Russie, où Catberine Il la faisait aussi 
appeler. Arrivëe/l Saint-Pétersbonrg, elle traita de puis- 
ance h puissance avec la czarine. Elle demanda dix mille 
roubles par an. « Mais je ne donne pas tant a mes eld-.maré- 
chaux, dit Catberine.  Eh bien, que olre maie»tWtasse 
chanter ses feld-maréchaux. ,, Cette boutade eut pu ontrir à 
la Gabrielli le chemin de la Siberie, l'tropCutrice aima mieux 
en rire et céder. Quand la Catarina revint de Saiut-Pcters- 
bourg, elle n'avait pas moins de vingt mille ecus de rente; 
mai. cette fortune fut bientôt dis-ipee. A cinquante ans, 
elle lut oblige de se mettre à la solde de l'impre»ario de 
Venise. Par bonheur, elle avait encore asoez de voix pour 
etonner le fameux Pacchiarotti lui-mème, et régner sans 
rivale. C'est seulement ì Milan, en 17b0, que Marcfiesi, 
alors dans la plenitude de ses moyens, lui ayant été opposé 
elle craignit une concurrence. Cette première atteinte porté, 
ì sa reptation lui servir d'avertisement, et sage pour la 
première tels, elle se retira du theatre. C'est à Ruine, sa 
ville natale, qu'elle passa les derniêres années de sa vie 
ton.tours prodigue dns ses plaisirs, mais aussi, disons-le, 
dans oes aumônes. Sa ramifie fut la première à se ressentir 
de ses bienfaits. Cette conduite lui rendit l'estime qC ses 
désordres I,aés lui avaient fait perdre ; et quand elle mou- 
rut, en avril 1796, elle était entouree de la considération 
uni erselle. Êdouard 
G.,BI¥.,S. Voyez Buws. 
G.kBU[{ON ou JUMELLE pièce de bois crusée 
sur l'une de ses faces, arrondie sur l'autre, liée sur l'avant 
d'nn navire par de nombreux tours de cordages et le ga- 
rantissant des fiottetaentz du mat supérieur qoaud on guind 
celui-ci ou qu'on le cale (qu'on le monte ou le deseend}. 
Le gabu ron recoin re le bas-m,'lt depuis sa naissance [usqu'an 
qtrt eniron de sa longueur au-dessous de la hune. Fai- 
sant corps aec lui, il renforce le màt éclaté, endommagé 
ou trop faible, et le préserve des contacts ruineux pour sa 
solidité. Garnir un mat de gaburons ou de jtlmelles, c'est le 
jumeler. A l'époque oh le mat ne recevait pas encore un 
màt supérienr ou tl Imne, il avait à son sommet un ga- 
buron de bois tendre, servant de coussin pour le frottement 
de la vergue, c'craie un chaperon, caperuccio, calerone  
doue par corruption on a fait 9aberon, puis 9aburon. 
GACilER GACHEUX, GACHIS. Le verbe 9dciter 
s'appliquait d'abord seulement au travail de ces apprentis 
manœeuvres qui prëparent ou dchent le plàtre pour les ma- 
çons. On en a thit un terme raëtaphorique et méprisant 
pour tout ce qui est exécuté avec maladresse ou négligence. 
Ainsi, nous aous nombre de manoeu'res dramatiques qui 
9dchent des piëces, et d'apprentis litterateurs qui 9dchent 
des volmnes. Quant au mot 9dcheux, il s'emploie sur- 
tout dans les eolléges. Les malins écoliers ont surnommé 
ainsi le paul're ns-maltre, qui, devant veiller sur eux 
pendaut les récréations, et contraint de rester dehors, quel- 
que temps qu'il fasse, pour inspecter leurs jeux, :e r0-chaufl 
en marchant, au risque de 9dcher de la boue. Dansla lan- 
gue eollégienne, le synonyme de ce terme est chien de cour. 
Legàchis, autre dérive du verbe 9acher, est un mot dont 
on a souvent occasion de faire usage en France. 11 dësigne, 
en géneral, tout ce qui manque d'ordre, de raison, d 
clarté. La lecture d'un ouvrage mal conçu, la représentation 



GACHETTE--GAÉLIQUE 

d'une place mal ttssue, et mille autres circonstances, parmi 
le.squelles il faut mettre au premier rang un s3stème poli- 
tique inhabilement mis en œuvre, voila ce qui amene tout 
naturellement sur nos lèvres cette exclamation, un peu tri- 
viale, mais énerghlue : que/gachs t Ovnn:. 
GACliETTE l'une des piëces principales ne la platine 
du fusil, ayant une grande branche, ou queue, contre laquelle 
appuie la détente ptmr faire partir le coup, quand le chien 
est armé. La petite branche, otl le devaltt, est terminée par 
un bec, pour engrener dans les crans dtl repos et dtl bandé 
de la noix : elle est percée pour recevoir la is qui assnjeltit 
cette pièce an eOl'pS «le platine. On distiugue ainsi dans la 
#chatte : la queue, le bec, le trou, et la vis. To«t le mé- 
rite d'une platine de fusil consiste dans le bon aju.tage de 
la noix et de la gâchette : on doit régler généralement les 
dimensions du bec et de la courbure de cette dernière pièce 
sur les crans et le contour de la noix, etsur les dispositions 
du chien, par rapport ì la face de la batterie, lItnLl. 
GACON (FnAçms), poëte satirique, né " Lyon, en 
1667. Après avoir appartenu pendant quelque temps ì la 
congrégation de l'Oratoire, il la quitta pour se livrer plus 
librement à son gotït pour la satire et le scandale. Ou le 
alors s'attaquer, dans le style le plus grossier, ì tous les 
céiébrités de son siècle : J.-B. l'ousseau, Lamotbe, Fonte- 
halle et Boileau lui-mème, furent le point de mire de ses 
diatribes. J.-B. l'ousseau, moins patient, le terrasse par une 
épigramme qui I'a condamné à l'imnlortalité du ridicule. Ses 
ouvrages les plus connus sont : Le l'oëte sans fard 0696 
l'Auti-ltousseau (17t2); l'Homre veng (1715) ; Em- 
blemes ou devises chrétiennes ( 1714 et 1718); Les Fables 
de Lomothe, tradutes en vei's fraças (1716); Le Se- 
crétaire di, Paras.çe ( 1723 ) ; une traduction d'Anacrdo 
(1712). En 117 il remporta le prix de poésie  l'Académie 
Fraaçaise. Vers la lin de sa vie, il reprit l'babit de son or- 
dre, et obtint le prieuré de Baillon, près de Beaumont-sur- 
dise, o6 il mourut, le 15 novembre 1725. 
GAD (c'est-A-dire Bd»heur), fils de Jacob et de $ilpa, 
et chef d'une t r i b u israélite qui, dans les déserts méme 
du mont $inai, s'était multipliée de façon à présenter un ef- 
fectif de 400,000 hommes en état de porter lesarmes. Comme 
triba nomade, ce fut la première de toutes qui vint se fixer 
à Giléad. Son territoire (le pays deG«l) etait situé au nord 
de celui de la ti-ibu de P, uben, et comprenait le .district 
monlagneux s'étendaat depuis le fl.¢uveJ abbok jusqu'à laeser, 
et a' l'est jusqu'a Rabbath-Ammon ; mais dans la plaine du 
Jourdain, ilatteignait le sud du lac Genézareth. Le Jourdain 
en formait l'extra.mité occidentale, depuis le lac Gén,'zaretb 
jusqu'a la n,er Mote. Ce pas était surtout propre à l'élève 
des troupeaux. Les Gaditains formaient une population bel- 
liqueuse, que le voisinag' des Arabes obbligeait à rester tou- 
jours en armes. Lors de l'établissement «le la inonarchie, ils 
se montrèrent fidèle« à David et à sa maison. 
G&Ds prophète hébteu, qui aida de ses bons conseils Da- 
nid, iorsqt:e celui-ci se posa en prétendant ì la eourone; 
une fobs monté sur le trtne, il vícut dans son intilltité. A 
l'occasion d'un dénombrement du peuple ordonné plus tard 
par David, il exprime le mécontentement de Jébovah au su- 
jet de cette mesure, et dbtermMa le roi àdétourner par d'a- 
boudants acrifices de victimes les effets de la colère du Très- 
HauL La tradition juive veut que ce soit ce propbëte qui in- 
troduisit l'usage de la musique dans le temple, et elle le cite 
avec athan comme historien de Davhl. 
GADIà. Ce genre linnéen [orme aujourd'hui nue famille 
,le poissons malacoptérgiens, que quelques zoolngites 
omment 9adodes. Il renferme les m o r u e s, les m e r I tt- 
chas, le« merlans, les luttes, les pllcies, etc., qui ont 
lour caractères communs les ventrales attacbees suus la 
gorge plus en avant q«e /es pectorales, et dont le premier 
et le second ra)'on se prolongent en un filet plus ou moins 
delié. Ces poissons ont le corps allongé, attenué et compri- 
mé vers la queue. Tous donnent à l'homme un aliment re- 
eherciié» dans leur chair légère et de bon go0t. Des écailles 

généralement petites, nne tè{e assez grosse, une gueute lar- 
gement ouverte, armée de dents implantées sur les mchoi- 
res et sur le vomer, un estomac très-grand, avec de nom- 
breux coeeums atprès du pylore, complëtv.nt les caractères 
les plus conslanls du genre 9ade. 
GADOL|X'ITE silicate n,ullil,le dont les principales 
bases sont les oxydes dec é r i u ut, d'y ttr[ulll, d' e r b i u m, etc. 
La gadolinite est compacte, et d'un noir velouté. 
GA.DOUE ou ENGLUAIS FLAMAiD. La méthode usitée 
en Flandre pour utiliser les v id a n g e s est beaucoup plus 
r,otiuanelie, et surtout plus hsgiénique que la COltfection de 
la puudrette. On donne le nom d'engrai»flama«d ou 
9adoue aux excréments humains retires des fosses d'ai- 
sance, et conservés dans des citernes vofitées plarées au- 
dessous du sol, sur le bord d'une route, et à proximitê des 
chalups cultivés. Ces citernes, dont le fond est en grës et 
les nmrs en briques, sont remplies quand les travaux agri- 
coles le permettent au cldtivateur : on laisse fermenter cet 
engrais quelques mois avant de s'en servir, et on a soin d'a- 
jouter de la matièt'e à mesure qu'on en retire. 
L'engrais flamand st destin principalement à activer la 
végetation des plantes oléagineuses et du tabac, qui donnent 
le idus de bénfice; il s'emploie ous forme liquide; on le 
transpurte aux champs sur des ehariots, renfermé dans des 
barris. Arrivés à leur destination, un ide ces barils dans 
des haquets, ou on puise l'engrais à l'aide de lon- 
gues cuilières en /er pour le verser sur les semences. Les 
graines échauffees par cette matière en fermentation se dé- 
veloppent promptement, et  puisent tme nourriture abon- 
dante. Cet engrais est aussi d'un emploi très-avantageux 
après le repiquage des jeunes plants; on le verse à la main 
pour éviter d'en mettre sur les feuilles. Il faut une grande 
habitude aux cultivateùrs de la Flandre /tour supporter l'o- 
deur infecte et repoussante qui s'exhale de la gadoue. Au 
reste, ces manations ne sont nulleluent insalubres. 
GAÉLIQUE ( Langue ), idiome parlé de nos jours en- 
core par les paysans montagaards de l'Ëcosse, qui l'appel- 
lent kirnri ou cumveag, et dont l'origine est la mème que 
celle de la langue erse, c'est-a-dire l'ancien celtique ou 
langue de_ç Celtes. Gant, dans son ouvrage intitulé Thoughts 
on the Origi and Descent of the Gae[s (Êdimbotrg, 
181 ), prétend que le gaélique est un des idiomes les plus 
ancieus du monde, et qu'il provient des Pélasges; seule- 
ment il oublie de notL apprendre quelle langue parlaient 
les Pelasges, à l'égard de laquelle nous manqttons à peu près 
de tout rehseiguement po,itif. Q,loi qu'il en soit, le gaélique 
n'est plus guëre parle aujot,rd'hui que dans les lies du 
nord de l'Ecosse, o/G malgre tous les efforts du g«mverne. 
ment anglais, la population persiste à repousser la langue 
des vainqueurs. 
Le gaéliqne est plein «le sons gutturaux, et l'ëcriture en 
est bérissée de consonnes qui cependant ne se prononcent 
pas; aussi une société savante a-t-elle propos6 un prix pour 
l'introduction d'un systëme dortltographe plus rationnel. 
La iittérature gaélique consiste surtout en vieilles tradilions 
poCiques, que les bades  transmettaient jadis les uns 
at,x autres, qu'il chantaient dans les fro.tes de famille, et 
dmt quelques-unes se sont conservées jusqu'à la fin du 
siècle dentier. Le_ poésies d'Osian, traduites en lang,te • ul- 
gaire par Macpherson, paraissent en avoir fait partie. Mai» 
oe ne sout pas la les se,des poéies des Geais ; leurs chant, 
lyriques peuvent aujottrd'bui encore se compter par eau- 
rames; les plu« beaux furent contposés, h ce qu'on présume, 
dan les premiers siècle de notre èoe. De là 
douzième siècle, il ' a illierruplion dans la traditiun 
tique, peut-ttre bien parce que les bardes de cette époqtm 
ne composërettt rien qui vah)t la peine l'ètre conserve. Mais 
à part r du treizièlne sècte ils trouvèrent de fecoude, e, ins- 
pirations dalls les guerres intestines et féodales des diver 
dans ; et on possède une a.«sez riche collection de cnts 
eolnpo.és au moyen age. Dans les siëcles suivantsles 
a nciens bardes ont eu pour successeurs plusieurs pueras dont 



72 GAELIQUE 
;os noms ont été portés par la reuommée loin de leurs 
brmræuses montagnes, par exemple Mac-lntyre, dont les 
poésies ont paru en 1768. On y remarque ,m vëritable di- 
thyrambe contre le bill du parlement qui enjoint aux po- 
pulations écossaises de porter désormais une culotte au lieu 
de ce court jupon que vous savez. Ewen Mac-Lachlan, 
maltre d'cole à Abedeen, a traduit en langue gaélique le 
troisième livre de l'lliade et composé un poëme en quatre 
chants sur les saisons. En 185, Armstrong a puhlié A Lori- 
rires un Dictionnaire .gaelique-anglais. Sous le titre de 
Dictonarium Scoto-Jelticum, la Société des llighlands a 
r«ligé e.t publié un tra»ail plus complet ( Êdimbourg, 1828 ). 
GAETE ou GAIETE (Gaeta en italien), ville du royaume 
de Xapes, située dans la province dite Terre de Labour 
, Terre dt Lavoro), baignée par la lëd«terranée, qu'on ap- 
pelle dan» ces parages mer Tyrrhnienne, à l'extrëmité 
d'un promontoire qui forme à l'ouest le golfe du mme nom, 
sige d'un évëchí, compte une population de t4,000 àmes, 
et est rangée au nombre des places les plus fortes de l'Eu- 
rope. Dans la citadelle, on conserve encore aujourd'hui le 
corps du connetable de Bourbon ; mais le tombeau mai-mi- 
tique q,Je lui avait fait élever en 1628 le prince d'Ascoli fut 
détruit par les Français à l'epoque des guerres de la Béolu- 
tion. Parmi ses édifices publics, on remarque surtout la 
catbe, lrale, placée sous l'invocation de Saint-Êrasme, avec sa 
haule tout', dont on attribue la construction à l'empereur 
Frederic Barbe-Bousse. Les environs de la ville sont déli- 
cieux et ornés d'une foule d'élëgantes villes. 
Strabon attribue l'origine de Gaète à une colonie grecque 
ven,e de Samos, qui s'y fixa après une longue navigation. 
Ces Grecs tut donn.rent le nom de Caieta» qui exprimait la 
courbe ou la concavitc de cette céte. Virgile émet une 
mare opinion : il pense que son nom lai vient de la nour- 
rice d'Ênée, Cojeta. Quoi qu'il en puisse être de ces étymo- 
lubie% qn fait avéré, c'est que Gaète fut fondée longtemps 
avant Ruine, et servit à toutes les ípoques de résidence aux 
Bomains les plus distingués. Son port, dont Cicéron fait 
mention comme propre à recevoir un grand nombre de na- 
vires marchands, fut agrandi par Antonin le Pieux, vers 
l'an t5 de notre ère. Parfaitement abrité et offrant en 
moyenne sept brasses de prufondenr, il est aujourd'hui le 
centre d'un and commerce d'exportation et dïmportation. 
Comme place de guerre, Gaète est sans contredit la clef du 
royaume de blaples, du cété des Êtat¢ Bomains. Fortifiée tout 
aldant par la nature que par l'art, il est impossible de s'en 
rendre maltre sans un siCe long et rég,dier. Le chteau, de 
forme crrée, trè-élevé et flanqué de quatre tours qui do- 
minent et en defendent les approches, fut construit par AI- 
fonse d'.Xragon, vers lti0, et augmentë dep,fis par le roi 
F«rdnand. Les fortifications, presque toutes creusées dans 
le roc vif, sont l'oeuvre de Charles-Quint. 
Aprè la cl,ute de l'Empire Bomain, Gaète conserva pen- 
dant assez lonemps une constitntign toute républicaine et 
son indépendance. Plus tard, elle fut successivement gou- 
vernée par un grand nombre de duc% qui reconnaiaient 
le pape pour seigneur suzerain, jusqu'à ce qu'en t'J35 le 
roi Alfone d'Aragon s'en rendit tnaltre et la réunit à la cou- 
ronn,, d'Aragon; et plus tard elle passa sous la souveraineté 
de Nap'vs. 
L'histoire moderne mentionne divers siéges dont Gaète 
fut l'obiet. Ainsi, en 1702, une armée autrichienne, aux 
ordre« du général Daun, la tint assiégée penda,t trois mois, 
ci iinit par la prendre d'assaut. Après un siCe qu'elle sou- 
tint depuis le commencement d'avril lusqt'au 
,unir,' ,m corps d'armée eomposé de troupes françaises, espa- 
gnoieg et sardes, la garnison de Gaète capitula avec tous le 
honneurs de la guerre. De nouveaux ouvrages furent alors 
ajo,t¢s à grands frais au système général de ses fortifications. 
En 1799, Championnet s'en empare par un coup de main 
hardi. Mais de tous les siéges que Gateait eu à soulenir le 
plus clèbre est celui de I$06, dont .Mas»ïne dirigea les 
opératioLs. Le gouvernement napolitain avait con»euti, 

 GAGEI/N 
février t806, à ce que cette place ft occupée par un corlm 
français; mai le prince de Hesse-Philipp»thal, qui y commauo 
riait au nom du roi de Naples, refusa d'obéir aux ordres qui 
lui étaient transmi% et contraignit Masséna à entreprendre 
à la suite d'un étroit blocus, un siCe régulier, qui se prolongea 
jusqu'à la fin de juillet, époque où une blessure presque 
mortelle que fit au prince de liesse un éclat de bombe, 
amena la reddition de la ville. En tSt5 et en t82t Gaèt 
resta pareillement pendant assez longtemps aux Autrichiens. 
De nos jours, le séjour que le pape Pie IX vint y faire 
A la suite de la révolution romdne, depuis le 25 novembre 
t8,8 jusqu'au 4 septembre t$9, a donné une célëbrité non- 
perle a.la ville de Gaète. 
G&ETE, { Duc de). l'ove» 
GAFFE fer ì deux branches, l'une droite, un peu 
pointue, l'autre crochue, tenant toutes deux h une douille 
commune, qui s'embolie sur le plus gros bout d'un manche. 
Le manche est droit, de la grosseur de celui d'une bëche 
ordinaire, long de  à 5 mètres, ou de lin,60 à 2 m, selon que 
la 9affe est destinée pour l'avant ou pour l'arrière d'une em- 
barcation. On se sert de la 9ffe pour pousser les embar- 
cations au large d'un navire ou d'un quai au moyen du fer 
droit, et se défendre des abordages ; ou bien encore pour 
faire mouvoir ou approcher le canot, au moyer du fer 
courbé ou crochet. En termes de marine, se tenir, se bab 
tre, etc.,  longueur de 9afJe, c'est se tenir, se battre, etc., à 
très-petite dislanoe. Avaler sa 9affe, c'est mourir ; gtre long 
comme un manche de 9ffe, c'est 6tre extrêmement mai- 
gre. Les pêcheu rsse servent d'une sorte de 9ffe très-longue 
pour tirer le poisson à terre. 51aLL. 
G)t FFOZ ou GAtIÈTES. Vo/e5 CA«OS. 
G ÆG A R I (Famille). Les princes Gagarin font remonter 
l'origine de leur maison à Rourik, prince souverain de Staro- 
donb. Le personnage le plus remarquable qu'ait produit 
cette famille russe fut sans oto«redit Mnthias Ga«tr, gou- 
verneur g,néral de la Sibérie sous Pierre le Grand. Quand 
la guerre contre Charles XII prit une mauvaise tournur 
pour son marre, Gagarin conçu« le projet d'arracher la 
Sibérie ì la domination de la RuÇsie, et de s'en dëclarer 
souverain indépendant. 5lais il lut arrêté ì Saint-Pëters- 
bourg, avant d'avoir pu mettre ce projet à exécution, et 
pendu devant les fenëtres du sénat, quoique Pierre lui elt 
ibrmellement promis sa grgce s'il s'avouait coupable. 
Parmi les membres au]ourd'hui vivants de cette famille, 
nous citerons Sergii Sergiejewic-. G,«^atr, grand marre de 
la cour; Sergii lvanowic5 et Patd Pnulowic: G««[a, 
membres du sénat ; et le général Alexis Ivanowic» 
gouverneur militaire de Kutaïsk. 
GAE. On entend par 9age le n a n t i s s e m e n t d'une 
chose mobilière qu'nn débiteur remet ì un crëancier pour 
sfireté de sa dette. Prêter sur 9ages, c'est prêter en ayant 
pour garantie du prët un objet d'une valeur le plus souvent 
superieure ì la somme prêtée. Le mot 9age se,lit également 
d'objets que l'on dépose dans certains petits je u x de so- 
ciëté. 
A pluriel, le mot 9age signifie salaire : ainsi, on dit : 
les 9ages des domestiques. Les 9ges des gens de service 
pour l'année échue, et ce qui est dU pure- l'année courante, 
sont rangés par le Code Civil au nombre ,les créances privi- 
légiéeg. Au figuré, on dit casser aux 9agir i«mr exprimer 
qu'on renvie quelqu'un d'une position qu'il oreupait. Ce 
mot se prend toujours alors en mauvaise part. Le retrait 
du gage par le débiteur, son cessionaire on _on fondé da 
pouvoir, s'appelle dd9a9ement ( voile'. MOXT-I£-t'IETË}. 
G:GF_, ( Lettres de). Voile-. Cn[:mT 
GXGERN ( Jc..l-Cns'rot'ue-E.,iEs'r, baron ne ), 
q,,it prèg de Worms, en t76. Entré de I«mue hure au 
sersice d'une des branches «le la maison d,. Nasaq, il fut 
,l,a,'gé, en t79t, de la représenter a la diète ,le FEmpire,-et 
I' ' ta,-d à Pari. Obligé de douner sa d,,nisi»n, par suite 
d'un dé«:ret de l'empereur -apoiëon, «lUi interdisait a tous 
les indisidus nés sur la rive gauche da lbin la la,uitA d 



GAGERN 
ervir une autre puissance quela France, il se retira à Vienne. 
En 181t, il fut appelé, avec le titre de ministred'État, à l'ad- 
ministration des possessions de la maison de Nassau  en t8 ! 5, 
il assista au congrès de Vienne comme représentant du roi 
des Pays-las, et roussit à obtenir des agrandissements de 
lerritoire en faveur de la Hollande. Mais il échoua alors 
-dans ses efforts pour faire enlever l'Alsace à la France. Le 
roi des Pays-Bas le nomma ensuite son ministre près la 
Confédration ermanique, ionctions qu'il conserva jus- 
qu'en 1818; et dans la correspondance qu'il échangea 
avec M. de Mettcrnich avant l'ouverture de la diète, on 
voit qu'il insista pour l'adoption de mesures qui eussent as- 
sur l'union politique de l'Allemagne. Dans le sein mme 
de la diëte, il insista avec force pour que des constitutions 
représentatives fussent introduites dans les divers États de 
la Confédëation. En 1820 il se retira, avec une pension du 
roi des Pays-Bas, dans sa terre de Hornau ( grand-duché de 
Hesse.Darmstadt ). Devenu alors membre de la première 
chambre des états du grand-duché, sans appartenir préci- 
sément à une opposition systématique, il se distingna en 
toute occasion par ses lndances patrioliques et pl,ilanthro- 
piques. Cruellement ëprouvë en 1848 par la mort de son 
1ils Frédéric, et par celle de sa femme, qui lui avait donné 
dix enfants, il avait complétenlent renoncé/t la vie polilique, 
lorsque la nort vint l'enlever à I-lornau, le  octobre 1862. 
On a de lui : Roesultats de l'Histoire des Mœurs (6 
vol., 1835-37 ) ; Histoire nationale desAllernands ( 1826), 
et Critique du droit des 9eus (1,40). 
GAGEB.N (F/nmc-B«vnour, baron n), l'un des fils du 
précédent, gOnéral au service des Pays-Bas, clèbre surtout par 
sa fin lamentable, arrivée lors de la lutte que l'insurrection 
de Hecker amena dans le grand-duclté de llade, n le 24 
octobre 1.794, à Weilbourg, entra d'abord au service antri- 
chien, qu'il quitta ensuite po,sr passer à celui des Pays-Bas. 
Il était capitaine d'Cat-major en 1830, quand les Arêne- 
ments militaires que l'année 1831 vit s'accomplir, le ri* 
rent appeler aux fonctions de ebef d'état-major du duc 
Bernard de Saxe*Veimar. En 1838 il passa, sur sa de- 
mande, dans la ligne, et fut nommé colonel d'un régiment 
de cavalerie. Envoyé en 1843 dans les In, les orientales axec 
une mission importante, il obtint à cette occasion le grade 
de général, et à son retour en Europe on lui confia le com- 
• nanle:nent supérieur de la province de Hollande. Au prin- 
temps de 18',8, il s'était rendu en Allemagne avec un congé 
temporaire, et il se trouvait dans le grand-duché de Bade 
quand y éclata l'insurrection de Hecker. Il parut l'homme 
capable d'inspirer de la confiance au'( troupes cbargées de 
la réprimer, et en accepta le commandement sans attendre 
l'autorisation du gnu'ernement des Pays-Bas. Il chercha à 
amener par de sages représentations, et sans coup Iérir, la 
(lissolution de la bande de Hecker. Le 20 avril, il s'était déjh 
inutilement abouché à cet effet, à Kandern, avec les cbels 
du n,ouver[tent, lorsque, une demi-heure plus tard, les deux 
troupes se trouvèrent en prësence à Scheideck. « Avancez, gé- 
néral ! » lui cria-t-on des rangs des insurgés; plein de con- 
fiance, Gagern alla encore essayer d'un accommodement, 
et ayant échoué dans tous ses efforts pour déterminer les 
insurgës à meltre b»s les armes, il avait rejoint sa troupe, 
et se disposait à monter  cheval pour aller opposer la force 
à la force, quand une décharge partie des rangs des in- 
surgés l'etendit ,o!de mort. Cette lin tragique d'un homme 
de bien, d'un géneral distinguë, causa une douleur générale 
en A!lemagne. 
GAGEN ( Hr..xns-GVU.L.X.-Acs, baron »r. ), frère 
du précedent, et doigt le nom fist un moment si populaire 
en Allêmagne, est në en 1799, a Baireuth, et a fait ses Arudes 
juridiques à Goettingue, à léna età lleidelberg, après avoir 
combattu à Waterloo. Il s'associa alors au efforls tentés par la 
B u r s c h e n s c h art pour régénrer l'Allemagne. Ses tudes 
achévées, il entra dans l'administration du grand-duché de 
tlesse-Darmstadt, et l',st AIn, en t82, membre de la seconde 
chambre des états, au sein de laquelle il vota toujours sur 
DICT. DE L& CONYEILS.  T. Il. 

les questions de principes dans le sens le plus libéral. Mis  
la retraite, lors de la dissolution de cette assemblée, il envoya 
au ministère la démission de ses divers emplois, en refu- 
sant la pension qu'on lui offrait, sans doute pour acheter son 
silence; et il donna alors une nouvelle preuve de son indé- 
pendante en déclarant à ses concitoyens, qui voulaient sup- 
pléer à cette pension par une souscription patriotique, qu'il 
n'accepterait pas cette marque de leurs sympathies. Elu de 
nouveau, comme proprietaire, membre des diëtes de 183t 
et 1835, il fut l'un des chels de l'opposition dans ces deux 
assemblées; mais quand la politique illibérale dt gouverne- 
ment eut réussi à en restreindre l'action politiqse, il cessa 
d'y paraltre, pour ne pas se prëter/ une comédie représen- 
tative, jouée uniquement au profit du pouvoir. 
Il n'accepta de nouveau le mandat électoral qu'en 1847, 
moment où la ville de Worms le choisit pour son représen- 
tant, à la suite de nouvelles élections géné.rales, qui amenë- 
rent h la chambre une majorité libérale comme on n'en 
avait encore jamais vu d'aussi forte. La diète venait a peine de 
s'ouvrir quand eclatërent les terribles orages de t. 8; et dës 
le 27 février, à la nouvelle des événements dont Paris avait 
été le thétre, il développait dans la seconde chambre une 
motion ten,iant h provoquer la création d'un cabinet ca- 
pable de protéger et defendre tant h Iïnt,»rieur qu' l'e.dé- 
rieur l'indépendance et la liberte de l'Allemame, de méme 
qu'à faire adjoindre au chef provisoire de l'Empire une repré- 
sentation nationale cooposee d'une chamhre des princes et 
d'unechambrepopulaire. L'agitation rvolutionnai, e ne tarda 
point à gagner aussi le grand-duché ; et le grand-duc s'niant 
alors a«ljoint sou lils comme co-régent, celui-ci appela anssit0t 
M. de Gagern à prendre la direction des affaires. Dans une 
éloquente proclamation, en date du 6 mars, le nouveau mi- 
nistre exposa les principes que se proposait de suivre le ca- 
binet reformiste. Dès lors aussi la solulion h donner à l'im- 
portante question de la constitution de l'Allemagne lut sans 
cesse l'une de ses plus graves préoccupations. Appele à faire 
partie du parlement preparatoire (vorparlament) qui de- 
vait se réunir à Francfort le 3t mars, il exerça tout aussitt 
une influence décisive sur cette assemblée, dont la plupart 
des votes les pins importants furent rendus sur des motions 
présentées par lui. A partir de ce moment, il n'y eut pas en 
AIlemagne, pendant quelque temps, d'homne plus influent 
ni plus populaire. Son énergie, sa francl,ise, sa Ioyaute, 
l'enthousiasme généreux que respirait chacune de ses paroles, 
jointsà un extérie,sr imposant etéminemment chevaleresque, 
le rendirent l'expression la plus vraie en mme temps que 
la plus élevée de la premiëre phase de l'agitation de t8.i8, 
moment oiJ tousles esprits, pleins «le confiance dans l'avenir, 
ne doutaient pas de la possibilité de r.g-nerer politiqement 
PAIlemagne et de constituer enfin l'unit nationale. Quand 
le parlement national s'ou rit, le 28 mai, h Francfort, il elut 
pour président 31. de Gagern, qui dans l'intervalle avait ré.igné 
son portefeuille en qualité de n,inistre du grand-duc de Darm, 
stadt, et des electiuns nouvelles le maintinrent constamment à 
la présidence de cette assemblée jusqu'au ooment où il fut 
appelé h faire partie du ministère de l'Empire, il ne contribua 
pas peu alors à déterminer l'ëlection de i'arcl,iduc J ea n en 
qualité de vicaire de l'Empire. Les complicahon. qu'amena 
l'antagonisme de la Prusoe et de PAutriche dans la question 
d'un pouvoir central à constituer en Allemagne le trosvê- 
rent à la hauteur des difficultés et ,les périls d'une telle crise ; 
et le 15 décembre IS4S il fut appel par l'archiduc, vicaire 
de l'Empire, à présider son ministère; pais le projet de cons- 
titution, à la rédaction duquel il avait eu une grande part, 
ayant été rejeté sur la motion du député Wclcker, Il donna 
sa démission en mème temps que tous ses cll4ues  21 
mars 189). 
Le relus de la Prusse d'accéder h la constitutson dans .la 
forme nouvelle qu'elle avait reçue rotait tout en queshon. 
M. de Gagern s'elforça vainement de se I*O*" méd:ate'_,r 
entre le parti démocratique exlr*me et celui de la ríachon 
rle d'un I,omme de bien et d'un bou patriote, mais qui ne 
10 



74 GAGERN 
lui valut de part et d'autre que les plus cruelles e! les plus 
decourageantes aoeusatious. Rejeté complétement u dehors 
de la direction des affaires par la formation du ministëre 
GroevelI-D«tmold-Wittgeustein, il s'efforça tout aussi inutile- 
ment avec ses amis de combattre les re.solutious extrmes de 
rassemblée nationale, et jugea devoir celer dës lors de 
prendre part  ses dlibérations ( 20 mai 15t9 ). Quand la 
Prusse, lors de l'alliance des trois fuis, sembla vouloir 
prendre en main la cause de l'assemblée ationale, ce fut 
encore M. de Gagern qui, avec ses amis, aida  amener un 
accord sur ce point ; et êlu membre de la diète d'Efurt 
( marc 1850 ), il fut dau cette assemblée le chef du parti 
qui fit accepter le projet de constitution. Mais la Prusse 
avait compte sur li.ucezs de la combinaison politique 
imaginée sous le nom d'Union : et à partir de ce moment 
M. de Gagern et s amis fiJrent rejetes sur t'arrière-plan 
de la scène politique. Lui-mme comprit que sou r(de etait 
fiŒEi, et il se retira plein d'amères tristesses dans son asile 
chanprtre, qu'd ne se décida à quitter que lorsque la guerre 
eclata de nouveau dans le Schleswig-Holstein. Aprè. la ba- 
taille d'dstedt, il accourut se mettre  la dLposition du 
gnuvernehaeut national des duches, et lit le reste de la cam- 
pagne avec le grade de major dans les rangs de l'armée 
schlewig-holsteinoise. La lutte une lois comprimee, M. de 
Gageru revint  sa charrue. Depuis, il a vendu sou domaine 
d.e Mun»heim pour se retirer  Heidelberg. Il es! sorti pur 
et sans tache de«elle révolution dont il eOt pu tre le chef 
pour peu qu'il eOt eu d'ambition. Si les patriotes allemands 
peuvent lui reprocher d'avoir trop partagé, au debut de la 
ri»e rcvointi,mnaire, les illusions ci la confiance des opti- 
mistes, du moins ils lui rendent la justice de reconnaitre 
qu'il ne s'est point rallié à la politique du désespoir et du 
pessimisme, qu'il n'a pas renié un seul des principes quïi 
aait professes toute sa vie et qui,  un moment, avalent lail 
de lui le digne interprète des aspirations et des espérances 
«le la grande patrie allemande. 
GAGES DE B:kTAILLE. On appelait ainsi le «ha- 
po'on ou gant ietë à un adversaire en signe de provocation 
au combat judiciaire, et aussi la caution exigée de 
celui qui demandait on acceptait cette espèce de duel. 
Ele entrainait en effet certains frais, certaines dépeuses ; 
l'aide du cbirurgien et de l'armurier, par e,gemple, pouvaient 
devenir nécessares. Le gage de bataille pourvoyait à ces 
dépenses. On le deposait entre les mains du seigneur justicier. 
Consultez C¢rœemome des 9ages de bataille, Paris, Crapelet 
183o ( un vol. in-folio J. 
GXGERE promesse que les personnes qui gagent se 
font reciproquement de se payer ce dont elles conviennent 
en ffageant. Ce mot a la mme signification que pari, et 
l'on »e sert indifféremment de l'un ou de l'autre. Un cé- 
lèbre législateur indien a pretendu qtedans toute espèce de 
;aeure il y avait un fou et un fripon. Les gageures de nos 
voisins d'outre-mer dégénèrent souvent en folies. Courses 
de chevaux, combats de coqs, boefrs, etc., etc., tout leur 
est un prètexte de satisfaire ce penchant lavori. Des souches 
énormes sont souvent engagées, et il n'et pas rare de voir 
la ruine d'uu 9entleman suivre de près une course ì 
_Net-Mark«t. Les Anglais ont exporté ce goOt effrene jus- 
qu'aux lndes, et nous commençons nous-umes ì parta- 
ger leur ravers. 
GGUIN RoBx), supérieur genéral des matbu- 
ri n % naquit à Colines diocè d'Arras, vers l.t0. Entré 
de bonne heure dans l'ordre des trinitaires, il fut envoyé 
par ses chefs dans la maison des mathurins de Paris pour 
y étudier la théoloe, et s'y distingua tellement, q "en 1t63 
il fut choi.i pour remplacer Guillaume Friseher comme 
profe.seur de rhetoriqtte, et Cu en lî3 supérieur g¢néral 
de l'ordre. Louis XI. Charles VIII et Louis XII l'emplo}'è- 
rent dans pln.ieurs ngociations importantes. En 177, le 
premier l'envoya en Allemgne pour mettre obstacle aux 
projets de mariage entre llarie de iïlonrgogne et Maximilien, 
/il de l'eapereur FfCCie lit. Charles VIII le nomma son 

-- GAIL 
ambassadeur à Rome, et le chargea, en 1S6, de dé/endre 
en son nom, auprès des Florentius, les intérëts de René de 
Lorraine contre Ferdinand roi de Nap]es. Louis XII, enfin, 
l'envoya en Angleterre. Quelques auteurs prétendent qu'il 
fut garde de la Biblioèque du Roi ; mais ce titre lui est con- 
testé par Gabriei Naude. Il protegea l'université de Paris, 
fut l'ami d'Erasme, et mourut en 1502. Ses prin,:ipaux uu- 
vrages sont : t ° une Chronique latine depuis Pharamond 
jusgu'en lt9 ! ( Paris, 1497, in-4 ° ), qu'il continua plus tard 
jusqn'en 1t99, ouvrage qui doit ètre consulté avec deflance, 
et qui pottrtant a grandement servi à la composition de la 
Chronique mariinienne et des Grandes Chronie de 
Saint-Denis; 2 ° une traduction fran.caie de la Chronique 
latine du [au. archevé9ue Turpin, sous Charlemagne, Po- 
land et les pairs de France (1527); 3 ° EpLsioloe et ora- 
tiones ( 1497 )- On lui attribue de plus une Chronique ma- 
nuscrite de l'ordre des matburins, plusieurs poésies latines 
et un poëme français intitulé : La lloI/ne de bon repli, ou 
le pç£e-emps d'oisWetœe. 
G:k ! :kC ou GAYAC, genre d'arbres de la famille des z.go- 
ph.llées. On en conualt deux espèces, le 9azac àfeuilles de 
le,tisque et le 9aïac officinal, qui croissent aux Antilles 
et n'offrent de différeuces qu'aux yeux des botani,teso 
Le 9atac officinal (gayacum officinale) s'elève à 12 
et 15 mètres ordinairement, et acquiert de "lin,30 à lm60 
de tour; son écorce est d'un gris foncé; son buis, jaune à la 
circooférenceet d'un vert brun au centre, est d'une texture 
très-compacte ; ses branches sont noueuses ; ses feuilles, 
paripennées, opposes, se composent de quatre ì six foliole 
sessiles, d'un vert tendre ; ses fleurs sont formees d'un ca- 
lice à cinq folioles, inégales et eaduques, «l'une corolleà 
cinq pétales ouverts, plus ands que le calice, et d'un bleu 
d'azur. Elles sont dispoȐes en faisceaux ombellifortaes, 
entre les divisions des jeunes branches; elles offrent dix 
Alamines ì lilaments nus, un sl)-Ie à stigmate simple; le ri'uit 
est une cap»uie anguleuse, divisée en deux ou quatre loges 
contenant chacune, une semence. La dureté du bois de gaac, 
sa longue durèe, le font choisir pour la construction des roue 
et des dents de moulins à sucre, pour la confection des 
manches d'outils, des poulies, des galeL% des roulettes de 
lits, etc. ; on en fabrique aussi des meubles remarquables 
par le nombre et la beauté des nuances, qui varientdu 
laune au vert foncé. En médecine, le bois de gaine et sa 
resine sont employés conjme toniques, stimulants et sudo- 
rifiques dans une foule de maladies, telles que la goultê, 
les scrofides et les maladies venériennes. Apporte en Europe 
par les Espagnols, ce médicament lut longtemps admini»tré 
comme .pécifiqe contre la sphilis; seul ou associè  la 
salsepareille, ì la squine et au sassafras, ce bois sert faire 
des tisanes sudorifiques. La gaiacile en est la parlie 
active P. 
GAï:kCIXE ou GAYACL-"E, principe actif de la résine 
qui exsu,te naturellement du tronc du gaiac ou qu'un 
obtient par des incisions. La gaiacine a une Iégëre odeur 
de ben]oin, une saveur d,mce dabord, puis amère et ealin 
três-cre; elle cause une irritat:on du phar}nx qui detet- 
mine la tous. Pour l'obtenir pure, il faut faire macerer 
dans l'alcool des copeaux de gaine. Sa densité est 1,9959. 
L'eau en enlève 0,09; réther et l'alcool la dissolvent 
totalité. ça composition est inconnue. 
GAIE SCIECE GAI SAVOIR. C'est ainsi que 
troubadours appelaient leur art, 9aga cienca 
J£cx Irl.onAt x). 
GAIL (JaL'-B.xFrs¢), savant bíllíniste français, m- 
quit à Paris, de parents sans fortune, le 4juillet 1755. 
L'idiome d'Homëre et de Xenophon devint l'objet special 
ses premières Cudes. Ses succès dans une langue qui "a cette 
époque n'était cultivée que par un petit nombre dërudits 
loi méritèrent l'avantage d'étre nomme, en 1791, supplant 
la chaire de grec, au Collé_ge roi'al de l:rance, alors o¢cu- 
pee par le c'lèbrc Vauvilliers. L'ahbé Gail, qui venait de 
prendre ce titre avec le petit ¢ollets san toutefois 



GAIL  GAILLARD 
dans les ordres, oevint titulaire de cette mme chaire en 
1792, par la démission spontam.e de Vauvilliers; démision 
qui tenait à des persécutions politiques. Il accepta la 
place; mais, dans ue declaration écrite le jour mme de 
son installation, il tir connaltre au gouvernement que er 
n'était qu" titre de dépositaire. Le torrent de la reolution 
grossissant de jour en jour, Vanvilliers ne reparut plus 
dans sa chaire, et Gail icJntinua de l'occuper avec suc- 
cès. Sous 4a loi des suspect, ami dévouê et hardi, 
ne craignit pas d'entretenir une correspondance avec La 
Harpe, frapp de proscription. Dans ces temps malheureux, 
il ouvrir un cours gratuit de grec pour les ieunes gens 
ressources, qu'il aidait de ses lumières et de ses li res : 
une maison contiguë au Collége de France lui servait à cet 
effet de succursale. L'université n'eut point égard " un tel 
dévouement ; elle n'adroit point ses ouvrages ou nombre de 
ses li res él#mentaires. Cependant, ses nomination« sncees- 
sives  la troisième ela.,se de l'Institut, devenue plus tard 
l'Acadëmie des Inscriptions, et la croix de la Légion d'Hon- 
neur, qu'il reçut de Loui X¥111, ,urent adoucir toutesses 
petites amertomes littéraires. Une tribulation d'nn autre 
genre lui entra pins profondCeneur an coeur ; elle tenait 
son honneur de savant, ì son amour-propre nalional : usa 
Grec venait de remporter le prix décennal à la face de tous 
les bellénistes de France, et cela, avec sept pages : ce Grec 
était Koras', de Smrne. Le professeur, piqué au vif, 
lança on vol. in-t °, espèce de manifeste dans lequel il s'ef- 
forçait de relever les contre-sens, et qui pisest, les bellénis- 
mes de l'helléniste Koras', qu'il accusait de complétement 
i{orer la langue de cette Academie meme dont il te- 
nait une couronne. Louis X¢III vint encore erser du 
imume sur cette plaie : il voulut qtte Gait occupat la place 
de conservateur des manuscrits grees et latins, vacanle par 
la mort de La Porte du TheiL Ce fut aux eux des savants 
une profanation ; ils lancèrent l'anathème contre l'mipie 
hellénste. 
Gail est auteur d'un grand nombre de livres élémentaires, 
et de traductions d'auteurs grecs, entre lesquelles celle de 
Thucydide tient te premier rang, par son importance, sa 
difficulté et sou mérite. Sa version de Tbéocrite est aussi 
un chef-d'oeuvre de style, de correction et de fidélité : c'est 
la iimplicitê, la n*ivetë mime ; c'est enfin le miroir de l'o- 
rigiral ; c'était l'oeuvre favorite de l'hefléniste, l'oeuvre de 
sa jeunesse. Gail mourut le 5 fevrioe 1529, ne laissant pas 
moins de 90 volnmes imprimés. 
GIIL(EvE-Som£ GARRE, M me), née à Paris, en 1776, 
était fille d'un habite chirurgien. Elle munira de bonne 
heure on got pronone et les plus heureuses dispositions 
pour l'art musical. Élève de Perne, elle avait composé et 
pubtié h douze ans d'agrëables romances. En 1794, elleéponsa 
le lèbre heliéniste Gail; mais cette union ne fut pas heu- 
reuse : les goOts des deux époux étaient trop opposés : une 
sëparation volontaire les rendit bientôt enlièrement, l'un 
aux sciences graves et sérieuses, l'autre aux distractions de 
la societé et aux arts. Après quelqttes années de voyages, 
M me Gail revint à Paris, et commença à travailler pour 
l'OpCa-Comique. Son début, en tst3 lut la partition des 
letr Jaloux, petit chef-d'oeuvre de fratcheur et de grAce, 
dont presque tous les morceaux, sttrtout le delicieux canon 
Ma Fauchette est charmante, devinrent rapidement des 
airs populaires. La musique de Mademoiselle de Launa 9 
t fa Btille, autre opéra en cinq act, reprenté la même 
année, n'aurait pett.tte point.emblé trop lofe'fleure à celle 
des Deux jaloux, si la froide-r dit poëme ne VeUt entrai- 
née dans  dend-cltute. M  Gail ne fut pas plus Iteureuse 
dans le cltoix «le s« poëtes Iorsqu'en 181- elle #ct-ivit les 
partions d'Ang#la et de La M#prlse. Les connais_e-rs toute- 
fois resadirent justice/t tre talent qui aurait lut s'exercer sur 
de plus hellretlx .ujeL ; et h's s,ccbs ,le Og,le de ses noe- 
t,,rnc et de ses rolnances lui offrirent une co,],pensation 
des ¢checs qu'on ne pouvait lui attribues. Plu» tard elle 
,ri obtint uoc plus flatteuse ci ph,s co,nplète dans I r6us* 

site du joli opéra de La $ér#nade, de legnard., arrangée 
par Alexandre Duval et M " Gay. Encouragée par ce nouveau 
suceà, elle s'occupait de compositiosas plus vastes, Iorsqu'une 
maladie aiguë l'enleva en 119, à peine gée de quarante- 
trois ans. 
Mme GaiI joignait à on talent musical un esprit distingué, 
qui permettait a peine de remarquer le peu d'agréments de 
sa figure. Ëprise de tous les art», de eehti de la poesie plus 
encore peut-être que du sien, elle avait eté lice avec La 
Harpe, avec DeliUe; et son salon sunissait presque toutes 
les notabilités littëraires et artistiques de la capitale. Ce qui 
contribuait encore  les ' attirer, c'clair le cltarme et l'éclat 
de ses improvisations sur le piano, que souvent on tronva 
supërieures encore a ses ouvrages. Mehul avait applaudi 
ses premier» essais. Oceav. 
GAIL (JEm-FA,çOlS), fils des précédents, né h Paris, le 
28 octobre t795, occ,,pa deux cbaires d'histoire, et suppléa 
son père au Collge de France. On a de lui : Thè.e sur 
Herodote (in-8 °, 1813). La thèse latine qu'il soulint éga- 
lement pour le doclorat avait pour sniet la rëfutatiosa du 
système d'tlelvétius. On lui doit encore des Becherches 
sur le culte de Bacchus, couronnées par l'Academie des 
inscriptions (in-s°, tt2t ); une Dissertation sur le P«rip[e 
de cllax (in 8 °, t825); s Geographi Grzeci inores 
(3 vol. in 8% 182f,-1831); une trafluction, aec M. de Lon- 
gueviile, de la Grammaire 9recque de lti«tttdœe (4 ol. 
in-S ° , 1531-139}, et bon nombre d'articles dans le 
tionnaire de la Conversation. 11 est mort en 1845. 
GA|LLAC. I'o9e-- 
GA|LLAID gai, joyeux, aimable, éveillé, sain, dispos, 
libre, fielibérë, expansif. $calger et Potanu dérivent le 
latin barbare 9allardu., de 9allica audacifz, ou 9allicus 
ardor; Ferrari le tire de l'italien 9«gliardo, fait de vali- 
dus ; Du Cange veut qu'il vienne de 9aliardu$, qui, dan 
la basse latioite, aurait signilie bouffon o« jongleur. 
lard diffère de 9ai en ce qu'il présente l'idée ,le la gaietê 
]ointe à celle de la bouffonnerie et moEme de la licen,.e. Un 
propos 9aillard est toujours gai, un propos gai n'est pas 
toujours 9aillard. 
GXILLXPD (M«rie), parties du pont supérieur, si- 
tuees l'une "/1 l'avant, l'autre ì l'arriere des batiments. Il 
n'existe de gaillards qu'aux bdtiments de grande dimeusion. 
Le 9aillard d'arrière s'etend deptds le couronnement jus- 
qu'au grand màt; le 9aillard d'avat est compris entre les 
apOtres et le bout de I'arriredes porte-haubans de misaine. 
Atant la suppression des passavants, on communiquait 
d'on 9«illard à l'autre par ce mn}en; maintenant, c'est 
par le pont supérieur. Les 9aillords, comme les autres 
ponts, sont armés de bouches "/1 leu, mais d'un ¢alibre in- 
ferieur et d'uue manœuvre plus facile. C'est sur le 9«illard 
d'arrière des vaisseaux de ligne que sont plaoMs les d u- 
n e t t e s. Pendant les tra ersíes, et dans la vie ordinaire dn 
bord, les officiers seuls, et les passagers admis "/1 la table de 
l'Arat-major, ont le pritilege de se promener sur le 
d'arri.ère : c'est une terrasse oh l'on se prente touiour, 
sinon en toilette, du moins dans le costmue de gens de bonne 
cmpagnie. Dans le port ou en rade, lorsque le hàtitnent 
est à l'ancre, le c6té de tribord du 9aillard f.l'zrère est 
la place d'honaeur: et quand le commandaul y parait, 
tout le monde pause t babord. Si le batiment est »,,,,-- voiles, 
Iribord n'a plus son privdége : le coté I|onor,dle est ceidi 
du veut. 
GAILLAID (Château). Vo9e'- 
GAILLAItD IGem.-HEm), historien et critique, né 
le 16 mars t26, a Ostel, prës «le Soib.ons, moii le 13 
vrier t 806, a itr/«de quatre- ingts ans, aait ,lal .a jeunesse 
quitté le barreau paul. tes lettres. Il débula en 172, par une 
BhetoriqueJrunt«i.e  l'*fsa9 e des demo,selie, sonxent 
réinq«rimëe, et une l'oeDque [r«nfa»se iz l'uafle des 
wes. Elle. furent sui vies d'un Parallêle des q nuire E«ctre 
en t;:O. Mais ce tut dans ,es Jl[rtnges lattefct,re., lUlp'- in. 
en 1751; q,,e se rétela sa vocation pouf l'i,iitoiri, on . 
IO. 



ç6 GAILLABD 
marqua une Fie de Gaston de Foix, écrite avec intérét. 
Un an aprës, fl publia l'Histoire de Marie de Bourçoçne, 
/llle de Charles le Tdmdraire, qui eut un succês àe vogue. 
Cette production et une collaboration trës-importante au 
Journal des Savants ouvrirent  Gaillard les portes de 
l'Académie des Inscriptions et belles-lettres en 1"t60. Les 
quatres premiers volumes de l'Histoire de François I er, 
qu'il publia en t766, prouvent de vastes et consciencieuses 
recl»erches ; mais l'ordre complexe qu'il a suivi enlëve 
toute unité à l'ouvrage, et fait diparaltre la grandeur du su- 
jet. Trois ans après il fit paraltre les trois derniers volumes. 
L'Histoire.de François I e a été plusieurs fois réimpri- 
mée; elle est encore fort estimée, malgré ses défauts. On 
peut en dire autantde son Histoire de Charlemagne, pu- 
bliée en 178, quoiqu'on ait prétendu qu'elle était longue 
et plate, comme Ih«pée de ce héros. 
Deux adres compositions historiques de Gaillard, qui ne 
sont pas sans mérite, Icbent encore par le plan : ce sont 
l'Histoire de la llvalitd de la France et de l'Angleterre 
(t771-1777], et l'Histoire de la Rivalitddela France et de 
l'Espa3ne ({801). On lui doit encore le Dictionnairehis- 
torique qui fait partie de l'Encçclopddie rnthodique; 
enfin, quatre volumes d'Observations sur l'llistoire de 
Fr««nce de Velly, Vi]laret et Garnier, et des éloges de 
Charles V, de Henri IV, de Corneille, de Molière, de La 
Fontaine, de Massillon, de Bayard, un discours sur les 
avanlages de la paix, et différentes pièces de vers, qui ob- 
tinrent des prix ou des accessits ì l'Académie Française et 
dans des Académies de province. Lors du concours de l'an- 
née 1760, il envoya ì l'Académie Française cinq piëces dont 
une seule obtint raccessit; elle avait pour titre Epitre 
aux Malheureux, composition trës-faible, qui fit dire à 
Grimm que M. Gaillard était un gaillard bien triste. En 1755 
il partagea avec Thomas le prix d'éloquence pour l'Eloge 
d« Descartes. Il fut admis parmi les quarante en mai 177 l. 
Dans son diours de rëception, il donna le premier 
l'exemple de ne pas louer sans restriction e cardinal de lqi- 
cbelieu. Mais en fëvrier t785 il éprouva une disgràce sans 
exemple : un morceau qu'il lut sur Démosthène fut outra- 
geusement sifflé : il fallnt levcr la séance et emporter l'ora- 
teur Avarient. Quelques mois après, Gaillard se dédomma- 
geait de cette disgràce en lisant une dissertation snr Jeanne 
d'Arc, qui fut plus go0tée. Betiré dansune studieuse solitude 
ì Saint-Firmin, prs de Cl»antilly, il échappa aux persëcu- 
tions révolulionnaires. La classe d'histoire et de liftCature 
ancienne de l'Institut l'adroit dans son sein en l'an v. 
Charles Du Rozom. 
GAILLAI:iDE. C'est, dit Boquefort, une femme dëlibé- 
rée, aimant le plaisir et en prenant ì son aise. On a donné 
encore ce nom / une danse venue d'ltalie, appelée d'abord 
la romanesque, qui n'est plus en usage depuis longtemps, 
et qu'on exécutait tantt terre ì terre, tantt en cabriolaut. 
Thoinot Arbeau la décrit dans son Orchésographie. En im- 
primerie, la 9aillarde est un caractère entre le petit. 
romain et le petit-texte. 
GAILLARDISE. C'est une certaine tournure d'esprit, 
gaie, vive, fëconde en alh»sions relatives aux plaisirs des 
sens, de sorte qu'on peut dire non-seulement que toute 
gaillardise est d'assez mauvais gent, mais qu'en général la 
morale la condamne. Elle est toujours déplacée dans la 
bouche d'un jeune l»omme. Entre gens d'un /tge mO L une 
gaillardise spirituelle et gazée pont quelquefois tre permise. 
Dans la liberté d'un entretien particulier ou d'une corres- 
pondance épistolaire, une mère risque avec sa fille, surtont 
quand elle est mariée, des gaillardises, qu'on est tent d'ap- 
peler cl»armantes : ainsi en use 11 " de Sévigné avec M  de 
Grignan. Mais I»ors ces exceptions, on ne saurait trop ré- 
primer le penchant aux gaillardises. SAz-PaosPen. 
GAI|.LET. Vo9e-- 
GAILLON chef-lieu de canton du déparlement àe 
l'Eu re, avec 1,559 habitants, une fabrication de lissus de 
soie et peluches et une maison c¢ntrale, où les détcnus 

 GAIMABD 
fabriquent des tresses de paille pour chapeaux, des ouvrage 
en paille, de la bonneterie, de la rouennerie, de la gaat 
rie. C'est une station du chemin de fer de Paris b lqoucn et 
au Havre. La maison de détention a été construite sur 
l'emplacement de l'ancien cbaleau de plaisance des arche- 
v ,es de B ouen, bti par le cardinal Georges d' A tu n o i s e; 
il n'en reste plus que des vestiges enclavés dans les murs 
de la prison, quatre tourelles gothiqes, une galerie, une 
terrasse. Une des façades, dites t'arc de Gaiflon, a été trans- 
portée ì Paris par les soins de M. Alexandre Lenoir. Elle 
a étWréédifiée dans la première cour de l'école des Beaux- 
Af fs ì Paris. Cet édifice, ainsi que la plupart de ceux qui 
ont été élevés à cette époque de la renaissance de l'art en 
France, est de très-petite dimension, ce qui lui donne l'air 
d'une piëce d'orfévrerie sculptée et ciselée avec tout le soin 
imaginable. Les portes et les fenètres, par une singularité 
qui caractérise l'époque de transition ì laquelle appartient 
le monument, ne sont ni en plein cintre ni en ogive. Les 
angles supérieurs des croisées sont arrondis, et l'arc de la 
porte ési surbaissé. 
Le chgteau de Guillon a été détruit en 179 ; il se cern. 
posait de quatre corps de logis de hanteur égale, formant 
une cour carrée irrégulière, au milieu de laquelle était une 
fontaine à plusieurs vasques de marbre hlauc superposées. 
Elle se trouve aujourd'hui au Musée de la sculpture fran- 
çaise au Leurre. Les stalles du chœur, les boiseries de la 
chapelle, travaillées avec un art infini, sont actuellement daus 
l'église de Saint-Dents. Le château de Guillon fut une dea 
premières et des plus belles productions du style de la re. 
naissance; le clocheton, la dentelure et l'ogive gothiques 
s'y mariaient sans désaccord asec le pilastre italien et les 
arabesques florentines. Tous les auteurs qui ont parlé de 
ce palais en ont attribué la construction ì Giocondo, célébre 
archilecte véronnais que Louis XII fit venir en France 
celle ëpoque. Cette magnifique demeure était entourée de 
délicieux parterres, terrasses, pièces d'eau, orangeries, 
serres chaudes, greffes et pavillons à l'imitation des vfllas 
de l'ltalie. 
GAIMAID (Pn.), médecin de la marine de l'État et 
zoologiste, a passé sa jeunesse ì voyager, et lut désigné, 
en 1831, avec le docteur Gérardin, pour aller étudier le cho- 
léra en Russie. é dans le département du Var, vers les 
dernières années du dix.huitiëme si6clc, Il se lia avecle doc- 
teur Quoy, aujourd'hui inspecteur général du service de santé 
de la marine française ; soleil, comme lui, les hépitaux de 
marine, fit avec lui divers voyages de long cours, et plu- 
sieurs fois le tour du monde, d'abord sous la conduile des 
capilaines Freycinet et Duperrey et plus tard avec 
Dumont d'Urville. Quoy et Gaimard furent pendant 
d/x-sept ans des noms inséparables. Ensemble ils étudiaient 
des peuplades inconnues, suivaient ensemble les instructions 
de l'Institut et recevaient ses éloges ; tous deux attachant 
leurs noms à ces beaux voyages dont l'État favorisait la 
publication, de mme qu'à ces innombrables et nouvelles 
espëce« d'animaux dont le Muséum s'pst enrichi par leurs 
récoltes. M. Gaimard est pcut-ètre, de ces temps-ci, le seul 
voyageur homme d'esprit qui ait eu le don de plaire aux 
marres dogmatiques qui profitaient de ses découverles en 
les classant et les décrivant. Il montrait tant de déférence 
pour les systèmes d'autrui et une telle indifférence à faire 
prévaloir ses idées particulières, que les académiciens les 
plus snsceptibles ne voyaient en lui qu'un ambassadeur potu" 
leurs amours-propres, qu'un délégué de leur génie. Cepen- 
dant il arriva un moment où, fatigué de Dumont d'Urville 
encore ldUS que des voyages, M. Quo.v résolut de rester 
sédentaire et d'en revenir ì sa chaire et ì son hopital 
de Toulon. Ce fut pour M. Gaimard l'occasion dun grand 
enmd et d'une sorte d'embarras. 
Cependanl, rbomme d'esprit vint au secours da savant trop 
isolé. On était en 1837 ou 8, M. MolA était président du 
conseil, et bi. de lqosamel ministre de la marine ; ce ministre 
connaissait [I. Gaimard, et rendait justice à son caractère 



GAIMARD -- GAITÉ 
conciliant et à ses différents mérites. Or, à l'époque dont nous 
parlons, on méditait une expédition vers le rord. Louis-Phi- 
lippe avait à témoigner de sa reconnaissance envers une 
femme respectable vivant dansces contrees et dont il avait reçu 
l'hospitalité dans l'exil. Le roi lui destinait une pendule de 
prix. Ce fut  l'occasion de cette mission personnelle qu'un 
voyage de découvertes fut décidé. Louis-Plfilippe lui-reAme 
en traça l'itinéraire. Une commission soientiiique fut alors 
composée, et M. Paul Gaimard en fut nommé président. 
On lui adjoignit, selon ses VŒUX, M.d. Martins, Rubert, 
X. Marinier, le peintre Biard et M me Biard, MM. V. 
Lutrin, Bravais, Bevalet, savants français ; et d'autres sa- 
vants, danois, suédois, norvégiens et lapons:MM. Loesta- 
dius, Kroyer, Due, Vahl, Boeck, Mayer, Gyldenstolpe, Lil- 
liehook, Sundevail, Siljestrom, en tout vingt savants sous 
ses ordres ; dix Français et dix étrangers. Cefle académie 
voyageuse, qti ne se complêta que peu à peu, de royaume en 
royaume, fut embarquée à bord de La lecherche, crvette 
déjà célèbre, dont le capitaine Fabvre avait le commande- 
ment. On visita successivement les tles Ferroê, Hammers- 
lest, le nord du Spitzberg, puis l'lle Clterry et de nouveau 
Hammersfest, d'où la corvette se rendit h Brest, pendant que 
la colonie savante explorait la Laponie. M. Gaimard accom- 
pagna la corvette, et passa à Paris le rigoureux hiver det839. 
L'année suivante, les savants étrangers, qui avaient eux- 
memes visité un instant leur patrie, durent se réunir dt: iV au 
20 juin à Hammersfest, re[tdez-vous convenu avec M. Gai- 
mard. Pendant cela, 5LM. Bravais et Lutrin avaient établi 
 Bossekop, dans le West-Finmarl;, plusieurs ob«etwatoires, 
soit pour l'astronomie, soit pour le magnétisme et la mé- 
téorologe. On recueillir de nombreux échantillons de plantes 
et d'animaqx, à peu près de toute les classes, productions 
jusque I presque inconnues, et dont l'institut fit grand 
bruit et le Muséum son bénëfice. L'expédition fit au Spitz- 
berg des observations dont quelqaes-unes semblent en dé- 
saccord avec celles de Saussure, Humboldt et Gay-Lussac. 
On remarqua que la temp'.rature s'ëlevait au lieu de dimi- 
nuer, à n:ere qu'on s'éloignait du sol. Quatorze expériences 
successives, soigneusement |ailes, donnërent des résultats 
semblables, et tons contrad'ctoires des lois étblis : par 
exemple, la températnre était de 18 degrés centigrades au- 
dessous de o à la surlace du sol, elle n'était plus que de t 
degrs au-desus de 0 à 60 mètres d'élévation dans Pat- 
mosphre ; ce qui donne en effet  degrés de chaleur en 
plus. Ce résultat inspira quelque étonnement ì l'Institut, 
qui Arira d'en parler. Cependant les thermomètres dont on 
se servir étaient de M. Waiferdin ; de plus, etafin d'atteindre 
plus positivement leur but, les savants du .Nord s'étaient 
munis de ballons à gaz h'drogne de 2 à 4 mètres de diamètre, 
ballons qu'on élevait dan» l'atmosphère par un temps calme, 
et au.xq»els on appendait des thermomètres de Walferdin et 
des tbermomètres à index de Bunten, servant à se contrôler 
les uns le auires. On prit aussi la température des g e i s e r s. 
M. Gaimard se réserva personnellement les observations 
physiques et murales sur l'espèce humaine. Il étudia l'in- 
fluence du froid sttr la stature de Iqtormne et des animaux, 
entame aussi sur les dimensions du crane; cl,erchant à décou- 
vrir s'il existe quelques cureCattons appréciables entre cer- 
tains arrèts de strqchtre et la somtte de l'intelligence ou 
l'activité des instincts. Il fut d'ailleurs encouragè par des 
vants de premier ordre, acctmilli de toutes parts avec dis- 
tinction, mème par de« tétes couronnées, décoré des ordres 
de Suède et de Danemark, et les poetes de ces conteCs 
• glaciales sortirent de leur létl,arge séculaire pour le Iter un 
moment. Ce voyage célkbre eut cependant son mauvais 
ct, t, comme tant «te eltoses de ce moude. M. Gaimard se 
montra si génêreux et si fraternel avec les savants ses coo- 
pérateurs, si nmgnifiqte en terre étrangëre: que cette noble 
conduite l'induisit en des dépenses que les gottvernants d'a- 
lors trouvrenl excessives. D  ]sidot.e Bocmo.. 
GAIN. Ce mot se ,lit en général «le tout profit que l'on 
tire de son travail, de son industrie ; il est opposé perte. 

77 
On appelle encore gain les bénéfices par les jeu x de h a- 
sard, les paris, l'agiotage. En termes de pratique» gain 
de cafLse se dit du succès obtenu dans la poursuite d'une 
affaire litigieuse. On appelle gains nuptiaux et de survie 
les avantages qui ont lieu entre époux au profit du survi- 
vant. On appelle encore gains de s u r v i e tous les avantages 
qui se stipulent entre toutes sortes de particnliers au profit 
du survivant. 
I GAINE, étui d'un couteau, d'un poignard, d'une paire 
de ciseaux : on appliquait mème autrefois le nom de gaine 
au fourreau d'un sabre, d'une ée; de là les verbes dgai- 
ner, rengainer, employés encore atrjvurd'llM dans cette 
acception. 
En arcl,itecture, "une g«ine est une espèce de support à 
hauteur d'appui, plus large du I,aut que du bas, sur lequel 
ou pose des bustes : quand la gaine et le buste sont d'une 
seule piè.ce, on leur donne le nom de terme. 
Gaine est aussi usité dans les sciences naturelles, pour 
désigner, en botanique, une espècede tuyau que la base de 
certaines feuilles forme autour de la tige ; en anatomi% cer- 
taines parties qui ont pour usage d'en contenir d'autres, aux- 
quelles elles servent d'enxeloppes, telles que les gaines de 
i'apophyse styloïde, de la veine-porte, etc. 
GAIN IEIA (Technologie), ouvrier qui fait tontes sortes de 
gain es, d 'ét ui s, pour des couteaux, des lunettes, des 
instruments de matl»ématiques : il y avait autrelois à Paris 
un corps de métier de gainiers, fourreliers et nus riers en cuir 
bouilli, établi par une ordonnance de 1323. 
GAINIEI (Botaniqie), genred'arbres de la famille des 
papilionacées, ayant pour caractères essentiels : Calice à cinq 
dents obtuses; carène a deux petales distincts ; ovaire pédi- 
culé; dix étamines inégales, libres; gousse aiguë, très- 
aplatie; graine« presque globuleuses; emb'on au centre d'un 
endosperme cfiarnu, les fleurs de ces arbres se developpent 
par fascicules sur les branches, les rameaux et quelquefois 
les tiges. Aprës elles, naissent les feuilles simples, nervulées, 
cordées a leur base. 
Le 9ofnier commun ( cercis siliquastrum, Linné ) croP. 
dans les contrées méridionales de l'Erope, et dans la Tur- 
quie d'Asie, particulièrement dans la Judee, d'oi lui est venu 
le nom d'arbre de Judee. il s'Cèse a plus de huit mètres. 
C'est un des plus beaux arbres qu'on puisse cultiver dans 
les jardins d'agrément ; mais il redoute le froid. Ses fleurs, 
d'un rose pourpre éclatant, ont une saver piquante; elles 
servent àas:aisonner les salades, ou sont confites au xinaigre. 
Le 9ainier du Canada ( ccrcis Canadensis, Linné), xul- 
gairement bolton rouge, est plus bas que le précédent. Ses 
fleurs sont «l'un rose plus pMe. 
GAINSBOIAOUGll { Tuost), l'undes plus célèbres 
paysagi-tes anglais, né en 1727, dans le Suffolkshire, à Sud- 
bury, déveioppa de bonne heure son remarquable talent pour 
la peinture et eut ensuite pour marre, a Londres, Gravelot. Il 
fut l'un des membres de la Societé royale des Arts, et mourut 
à Londres, le 2 aoot 1788. Ses portraiLs se distinguent par la 
plus frappante ressemblance. Ou cite surtout ceux des divers 
membres de la famille royale, du compositeur Abel et dê 
l'acteur Quin. Ses plus Ieanx pay«ages sont : The She- 
phrWs Boy; The Fight between llttle bo9s and dogs ; The 
Sea-Shore et the Woodman in the storm. Le plus célèbre de 
tong est The Blue Bog, qt»i orne la galerie Devonshire, toile 
peinte en opposition décidée it la manière de sir Josuah 
noids el demeurée victorieuse dans cette lutle. 
GXITÉ, autrefois 9aietœe, mot dérivé de 9wudiim. 
joie ou joyeuseté (du grec ,{,qw, ,{0w }. La garé dépend 
du caract/re, du tempérament, de i'hmneur (h u mou r des 
Anglais ); la joie peut n'ëtre qu'une affection passagère. Or, 
quelles »ont les conditions phsiologiques qui donnent, 
mdme en permanence, un caractëre gai, malgré les circon- 
stances les plus tristes ? C'est d'abord la santé, ou le bien-être 
corporel, ëlat qui résulte eminemment du développement 
expansilde la jeunesse, et de l'accroissement de tous les 
ëtres. Vo} ez les jeunes animaux; ils ne songent, air6s s'ètr 



78 
Lien repus, qu'à jouer, parce que les fonctions, dans l'en- 
fance, 'oprcut avec. facilité : le sang circule avec liberté, 
la nourriture se répand dans le crps: la vie lieureuse, sans 
soucis, s'épanouit comme les fleurs sous les raoa« bien- 
laisants du soleil ; on ne rire qu'amonrs, paisirs, espoir; on 
savoure le nectar de l'existence. La complexion sanguine, 
jeune, encore spongieuse, dilatable, dans laquelle fermen- 
tent la chaleur et la vivacité, avec des organes neufs, sou- 
ples, sensibles, contient une source inépuisable de gaRë. 
Qui n'a pas vu, an milieu des combats, parmi les fatigues, 
le dénuement colaplet, les privetions et les souffrances  la 
gaité française se faire jour, par un bon mot électrique, dans 
les rangs de nos jeunes conçxlts, voler de bouche en bou- 
che, ou éelater dans ces terrains joe qui trompeur la 
douleur présente ? Qui ne relit avec atteaditse,,e! ces ga 
propos laisant tre  nos discordes civiles et désarmant 
tout h coup l'émeute? 
De tous les peuples de la terre, aucun n'e nssi gai 
peut-Cre que le Français. Ullalien est plus bouffon, le 
Grec plus lin, l'Espagnol est sérieux ou grae dans sa folie 
rr, bme. Non-seulement la jeunesse est naturellement rieuse, 
chaude, sanguine, insouante, mais toutes les causes qui 
procurent des dispositions semblables developpeut la galt. . 
Ainsi les pas.iona expansies, l'amotlr, le desir, l'espérance, 
entretiennent cette ardeur juvenile ; ainsi, des b o fs s o n s 
excitantes ou piitueu:es, pries avec moderation, fallu- 
nient le leu de la vie; ansi, les plaisirs de la table sans ex- 
cès réchauffent un rajeunissent l'organisme épuisê de intimée 
et de travaux ; ainsi, le sommeil, reparant les forces, appelle 
au matin le coulentement, la jovialité. e mme, tout ce 
qui ]i»sipe les longues pensëes ; lout ce qui écarte les tour- 
ment de l'avenir ou l'ambitinn d'une haute fortnne et de 
• ains lionneor», amène le cahae salutaire de la gaIté dans 
l'<onomie. 
Ce n'et pas la splendeur toujours enviée et prilleuse des 
tf(mes, ce ne sont ni les fètes des palais environníesd'éclat 
et d'emb0ches; ni les festins, suspects de poisons ; ni 
jouissances semees d'inqdétudes ou d'assainats, qui apel- 
lent la gaité. OU eUe nait pure, sans jalousies, sans efforts, 
c'est sous l'humU|e cabane, après un travail rustique ; c'est 
au foyer modeste où cuisent des aliment« simfes et répa- 
rteurs. ¥oyez quelle gaité bruyante, quelles joies inextin- 
guibles dans les guinguettes ot le pauvre secoue s liail- 
Ions, et dans ces ftes villageuies où .e mèlent la vieille.e 
et l'enfauce, où souent les pins inigents ,«d les plus ffdiS. 
Sans onger au lendemain, ils mangent, il boivent, ils dan- 
sent, il. se gorgent de viandes et de in, Iis ils s'endo¢- 
nwut henrenx. De mbrne, les ationa pauvres et 
des pa.s froids vivent jotiales; les peuples riches des con- 
tfC chaudes out mélancoliques. J.-J. Vtscv. 
GAITÉ (ThAtre de la). Ce théAtre, le plus ancien de 
tous ceux du h ou ter ard  Temple, y fut fondë en t760, 
par .Nicolet, us te titre de TheJtre des 9rends danseurs 
du roi. Des dan.es de corde, des tours de sauteurs et d'é- 
quiliUrite, de, aient toujours faire partie des représenta- 
tions, qui se composaient, en onixe, de grandes pantomimes 
et de pelites comédie du genre I ouiTon. faconnet, acteur 
de ce spectacle, y eut longtemps la fnumilure presque 
exclusive de cette dernière sorte de pièces. Dgagí, 
l'époque de la révolution, des entraves que hd imposait son 
privilége, il lut, après la mort de n fondateur, exploitG, en 
1795, par libier, qtd lui donna d'abord le nom de Thëdtre 
d'Êmulation , puis cehd de Th¢dtre de la Gaft , qu'il a 
conserve, gibier fut remplace en t 796 par une administration 
d'acteurs societaiçes, à laquelle succédtxent la direction du 
coma, lien Md)eu L ensuite celle «le Martin et de Coflin P, osnT. 
Ce fut sous cette dernière, vers Ib{){), que l'on y vit le 
premier. :nélodrmues, dort le genre sombre contrastait 
smguliìrerr,nt avec le om inscrit au frontispice de la salle. 
Le thílre n'en pr,»l,ra p&« moins sous la .econ,le admi- 
nistration de itibier, qui l'avait repris en 180. Le succes fou 
e la ote.sque frie du Pied de 31outan .ut pour lui une 

6AITÉ  GALA 
de ces bonnes fortunes pe communes dan les fastes dra- 
matiques. Truie ans après, Ribier, voulant mettre en aeti,» 
la fable de La Lce et sa compagne, et  prëtendant pro- 
priétaire du tliétre, perdit son procès avec les héritiers de 
Iicolet. Bourguignon, gendre de ce dernier, sê cliargea doe 
fonctions de directeur, et, en 1808, lit reconstrnire la salle, 
qui enaçait ruine. Sa mort lais, en lfilG, cet établisse- 
ment aux mains d'une directrice, M' Bourguignon, sa veuve. 
Décédée en 1825, elle fut remplacée par une administra- 
tion composée de Guilbert de Pixérécourt, Dubois 
et l'acleur Marty. Lafargue, Grevin, .M m Bourgeois et Adèle 
Dupuis étaient .,es principaux auxiliaires. Un désastre signala 
les derniers jours de cette admiuistratation : le 2t fevriex 
183, pendant la répétition d'une féerie, des étoupes enflera- 
reC occasionnèrent un incendie, qui consuma tot l'lutC 
rieur et le materiel de la salle; elle fut reconstruite la mme 
anée par | ias de la nouvelle direction. Le thétre de la 
GaRé, on le voit, a eu depuis 189 presque autant de gou 
vernements que notre bienheureuse patrie. Ocnz. 
Ce fi:t us la direction de l'acteur Eerard-Léon que 
le lhtre de la GaRé routrt en novembre 1835. Cette di- 
rection ne fut pus heurene, et en 1837 le baron de C.ës- 
Caupeune obtint l'autori»ation de réunir sous son sceptre 
les thétres de l'Ambi,u et de la Galle. Cette tentative neut 
pas plus de succès. Au bout d'un an, le double directeur 
vit forcé de remettre son privilege de la Ga|l à. 51M. Sion- 
tic-m)- et Meyer, dont l'heureuse administration traver-a les 
immen.es snccës du 5onneur de 5ail- Paul et de L2 Grâce 
de DWe. bi. Moutgny aant pris la diction du G)mnase 
dramatique, M. Meyer resta seul directeur du tlitre de 
la Gaité. Après la révolution c]eFëvrier, le thëàlre de I» Galtë 
ferme encore, puis il rouvrir en 18-9, et dans ces derniers 
temp, il s it le succès le plus colossal de notre époque, celui 
des Cosoques. L. Loc. 
GAI US. Quoique Gains ait joui d'une très-hante réputa- 
tion, c'est cependant un de nrisconsoltes romaius que 
connait le moins. Les savants sont fort divis entre eax 
sur l'époque o il a vécu. Les uns le placent sous la répu- 
blique, les autres le font contemporain de Justiien. Une 
roisiëme opinion, qi parait mieux fondée, établit que Gaius 
serait n sous Adrien, et aurait principalement ëcrit sous 
Marc-Aurële. On en est donc rédidt h des conjectures sur la 
biographie de Gains ; mais son méite et sa renommee sont 
consacrés par une constitulion de Valentiuien Iii, qui le 
place au nombre des cinq uriscon.utls dont les ecri 
doivent avoir force de loi. Gains s'est rendu celèhre surtout 
par ses Institutes, que Justinien a copiées en grande 
partie dans les siennes. Pendant longtemps cet inçortant 
ouvrage ne futcounu que par ce qtxe nous en posédins 
le Breviarium alaricianum, et par divers autres ring- 
ments. 
Cest en 1816 seulement que Niebobr alCou,fit les vraies 
lnst|tutes de Gains dans un pa]impseste de la bibliotheq 
du chapitre de Vérone; et la counaissan¢.e ¢e cet ouvrage a 
en pour rë=çultat de détruire une foule d'h)othèes plus on 
moins iugíniell«es, hasardees par les sataals au sujet de 
l'histoire du droit romain, et aussi de jeter un jour tout neu- 
veau sur bon nombre Je questions reflues obscures jus- 
qu'alors. Les lstitute. de Gains ont été imprimees d'après 
une copie qui a .té prise par Goesche, Becker et Bethmann- 
Hollweg. On y trouve une préface de G,:heu, das laqnefie 
sont dítallees I circonstances de tte dcouverle. Il v 
pose l'êtat et l'anclenneté du manu»cri't, ainsi que la maëre 
dont il a été déchiffré. E. ne Cuxaao 
GALA.. C'est aux Espagnols que nous avon. emprunté 
ce mot. Il a dans leur langue plusieurs acceptions. Dans la 
nGtre, il aiguillait autrefois, ou un ttement riche et somp- 
tueux, dont les grands seigneur se paraient pour le 
ou festins de la cour, ou mème ces festins et ces ftes, eule 
acception que nous lui aom con.ervée. En alrcevant dans 
la mi»e de quelqu'un i»lus de recherche que de eu tume, 
r, ous disons lamitièement qu'il est de 9aie. Les chroui- 



GALA 
queurs français n'assignent aucune date précise à l'adop- 
tion de ce mot dans notre langue; il est présumable cepen- 
dant qu'il a été importé citez nous par les Castillans à l'é- 
poque o0 les cours de France et d'Espagne entretenaient de 
fréqnents rapports. Lorsqoe, par exemple, Charles-Quint, 
maltre du Brabant etdu Hainaut, fit demander à Franc, ois I 
la permission de traverser la France pour s'y rendre, il y 
eut, sans doute, 9rand 9ala à la cour pour célébrer le pas- 
sage du souveraio espagnol. Suivant les étymologisles espa- 
gnols, 9ala et synonyme de 9rdce, bon air; il est pris quel- 
quefois aussi pour le prœemium, la r6compense dcerne au 
vainqueur. C'est un jour de gala, disent les Espagnol% pour 
désigner le jour o0 l'on cëlébre la Fête-Dieu, la naissance, 
l'avénement des rois, reines, princes ou autres personnages 
de distinction. V. vs MoLo. 
GALACTITE. Les anciens minéralogistes désignaient 
ons ce nom une sobstance pierreuse à laquelle ils recon- 
naissaient la propriété de taire prendre à l'eau qui la tenait 
en dissolution une couleur laiteuse ; de là, ce nom de 
lactite derivé de yoE),oE, lait. La galactite, qu'on rencontre 
en Saxe, en Angleterre, en France et eu Suède, à des pro- 
rondeurs variables, où elle forme des couches plus ou moins 
coosidérables, n'est autre qu'une espëce d'argile smectique 
ou terre à foulon, qu'on emploie au dégraissage des laines 
et des drsp. Cette s«hslance est opaque, te,,Ire, presque 
friable, grasse au toucher et médiocrement pesante. Berg- 
mann, en la sunmettat à l'analyse, a lrouvé qu'elle se com- 
posait de St parties de silex, 25 d'argile, 3 de chaux, 0,7 de 
magnésie, 3 de fer, et 15 d'eau. 
GALACTOMETBE ( de ,oE, '6«o¢, lait, et [- 
pov, mesure ), insb-ument propre à faire apprécier la qualité 
du lait d'après la proportion de ses éléments. Le lait est 
pur quand le microscope n'y fait pas découvrir d'autres 
corpuscules que ces globoles perlés qui composeront la 
crême. C'est le contraire quand il y fait apercevoir des 
particules muquenses ou pnrnlenles. On peut donc appré- 
der les bonnes qualités et la richesse du tait, soit au molyen 
du microscope, soit par l'analyse chin,ique, ou en mesurant 
simplement en quelle proportion s'y trouve la crême, 
que composent ces globules en forme de perles que le mi- 
croscope rend sensibles. Si l'on remplit de lait un tube gradu 
en cent parties, il est facile de mesrer la richesse de ce 
lait, en constatant combien de degrés la crme ocruloe dans 
ce tube. Or, il a été expérimenté que le lait de vache, sur 
cent parties, contient de dix à vingt parties de crême ( d'un 
I0  à un 5®); le lait d'nesse, une o« deux parties seule- 
ment, et le lait de femme, trois parties sur cent, s'il est 
de bonne qualité. Le galacomètre arrive au même but en 
donnant la densitt du lait : son principe est le même que 
celui de l'a:ornètre à poids co»stant. On lui donne 
quelqefois le nom de pèse-lait, aussi impropre que celui 
de pèse-se! qu'on applique à d'autres aréomètres. 
GAAZ ou GALATZ (On prononce Galatsch ), la 
seconde des villes de la Moldavie et son unique port, chef- 
lieu du eercle du même nom ou de Kovarlui, sur la rive 
gauche du Danube et sur les bords d'un lac, entre l'embou- 
chure du Sereth et celle du Pruth, est une ville ouverte et 
'eal hlie, avec des chantiers de construction, un établisse- 
nt de quarantaine bien organisé, un rche bazar, et une 
population qui depuis une rentsine d'anuées s'est élevée de 
7,000 habtaotsà 0,000. Comme c'est h Galacz que commence 
la navigation du Danube avec la mer, ou u moins comme 
la navialiou maritime ne remonte guere plus haut que Brafia 
en Valachie, situé à quelques myrianètresau-dessus de Galacz, 
il .en resulte que cette ville est ",i bien dire le principal port 
du bas Danube de même que le grard entrep6t du com- 
merce maritime de toutes les conteCs qu'arrose le bas 
Danube. La compagnie du Lloyd autrichien entretient un 
oervice de bateaux à vapeur entre Galacz et Constanlinople, 
desservaot en même temps les stations intermédiaires de 
Tulcza et de Varna. La mme compagnie dessert la eorres- 
I, oudance pour Constantinopl  Smyrne, la Grëce et la mer 

GALANTERIE 79 
Adrialique, de mème qu'elle est chargée du transport des 
lettres entre Galacz et Vienne. 
Au mois de novembre 1769, les Russes livrèrent bataille 
aux Turcs sous les murs de Galacz. Le 1 r mai 1789 ils 
prirent cette ville d'assaut; mais le 18 aoùt suivant, com- 
mandés par le général Geismar, ils y essuyèrent une défaite. 
Le ri ao0t 179t les préliminaires de la paix e.ntre la Russie 
et la Porte furent signê à Galacz Le 13 mai t82t les hétai- 
ristes grees s'y battirent avec les Turcs, q«d le lendemain, 
commandés par Joussouf-Pacim, incendièrent la ville et firent 
un I,orrible carnage de ses habitants. Le 10 mai 1828 les Rus- 
ses remportèrent encore sous les murs de Galacz une nou- 
velle victoire sur les Turcs. Occupée par I Russes lors- 
qu'ils entent envahi la Moldavie en 1853, cette ville a été 
retniso aux Autrichiens en t85. 
GALA.! ( Beurre de ). Voyez ELtS. 
GALANGA, racine aromatique, que l'on trouve dans 
le commerce, et qui provient du naranta 9ala»ga, plante 
de la famille des amomées, congénère de celle dont on re- 
tire l'arrow-root. On vend celle racine en morceaux 
longs de cinq/ huit centimètres et de nn à cinq cenhmtres 
de diamètre, cylind6ques, souvent bifirq«é% d'un brun 
rou_etre extérierement, marqués de lignes fi'angée% circu- 
lattes, blanches. Leur intérieur est d'une couleur fauve rou- 
gedtre, d'une teture fibreuse peu compacte; leur odeur 
t'ocre est analuge à celle du cardamome, et leur saveur est 
piquante, aromatiqe et très-cre. On peut comparer le 
galanga ao g i n g e In b r e, qui lui est gënéralement préféré. 
GALANT. Cet adjectif a une signiticativn dilfereute 
quand il précède ou quatnl il suit le substantif homme : un 
9alant homme est un I,omme probe et honorable; un 
ho»me 9alant est un homme qui suit les lois de la 
lanterie. La licence des mœurs peodant la régence et le 
règne de Louis XV n'empêcha pas q»elques hommes de se 
distinguer par leur 9alanterie : une femme de la société du 
dernier prince de Conti, ayant désiré le portrait de son serin 
dans uoe bague, accepta que ce prince hd en fit le présent, 
à condition qu'aucune pierrette n'ornerait ce bijou : décou- 
vrant, après l'avoir reçu, qu'un diamant en recouvrait la 
peinttre, elle le dëmonta, et le renvoya au prince, qui, 
l'ayant fait piler, en saupoudra le billet qu'il lui érrivit. Une 
autre femme ayant emprunté pour Longchamps une ca- 
lèche ì certain vicomte, qui en avait deux, celui-ci, qui 
les avail dëjì promises, en fit acheter une troisième, et la 
lui envoya. On trouva que le prince et le vicomte avaient 
été 9alants; car ni l'un ni l'autre n'etaient amoureux des 
femmes pour lesquelles ils laisaent ces dépenses. 
On appiqua longtemps i'épithète de 9«bmt à certaine ma- 
nière de s'exprimer : quand le fils de M  de Grignan, en 
revenant du siCe de Phibppsl»ourg, où il s'élail distingué, 
écrivait ì sa mère : ,, Quel sera mon bonheur de me trouver 
à vos pis, de baiser votre main, et d'oser aspirer à votre 
ioue! ,, n «lit qu'il avait donné un tour 9ala»t à cette 
phrase. Le maitre de M. Jourdain trouve le petit dshabilld. 
que porte son élève pendant ses leçons tout ì fait 9alant. 
Les homntes et les choses ont pu retirer qwique avan- 
tage de cette designation; mais elle a toujours flétri les 
femmes. Duts ses Dames 9alaztlcs, Brant,me ne nous 
peint qe des femmes pcr, lues ; et l'on ne désigne encore 
sous le nom d,:femme 9alante que celle qui est entière- 
ment déshonorée. La Brnyère et presque tous les écri- 
vains qui l'on t précédé ont employé substantivement le nom 
de 9alant pour celui d'amant ; les filles du ponple en pro- 
vince et dans les campagnes appellent de nos jo;rs l'homme 
qu'elles ai«nent leur çalant. Eu tout, le mot 9alanterie et 
ses dérivés soot un peu surannës; et c'est assez souvent 
avec ironie qu'on lœes emploie encore. C'" DE BR&IDI. 
GALANTERIE» xl«ux mot frat=çais, qui exprimaitau- 
trefois une pulitse ì l'égard des femmes, si atlentive, si 
exquise, qu'il eOt ciWpossible de la confondre avec l'amour, 
dont elle empruntait les formes, si l'amour ne réservait pas 
 un seul objet ries .enthnents dont la 9alanlerie n'a quo 



0 GALANTEPdE 
Papparence. On ne trouve guère trace de 9alanterie dàns 
l'antiquité : la Bible, les livres d'Homère, montrent des 
hommes passionnés, mais point 9alats. Il est probable, 
cependant, qu'à toutes les époques les hommes mirent 
dans leurs relations avec les femmes quelque cbose de doux 
et d'affectueux; mais ils leur accordaient alors plutôt de 
la protection que des hommages. C'est de l'établissement 
du christianisme que date cette pitié pour la faiblesse, 
qu'une délicatesse généreuse déguisa sous des formes Cé- 
gantes : c'est lorsque la religion eut élevé moralement la 
femme à la hauteur de l'homme, qu'il crut pouvoir, sans 
déroger à sa dignité, se dévouer pour elle. Le culte de blatte 
opcra une révolution en faveur des femmes, non-seule- 
ment parmi les cheCiens, mais encore chez les nations qui 
les combattaient; car on sait que la guerre même échange 
les coutumes entre detx peuples. La vie retirée des femmes 
dans l'antiquité ne motive point leur défaut de 9«danlerie, 
puisqu'on a décidé que c'étaient les Arabes, dont les barems 
ont toujours été impénétrables, qui en avaient donnê les 
premières leçons à l'Espagne. La valeur, les connaissances, 
l'esprit vif et piquant de ces Orientaux rëpandaient sur 
leurs actions une grgce que l'on s'empressa d'imiter ; à leur 
exemple, on donna des fêtes, on livra des combats en l'hon- 
neur des dames. 
Au temps de la chevalerie, un guerrier faisait VœU 
de galanterie autant que de bravoure. on-seulement il 
devait avoir une dame et lui rester fidèle, mais il lui fallait 
encore être prêt à les défendre toutes, et ne médire d'au- 
cune. Les coz«rsd'arnour, que les troubadours ont tant 
clébrées, n'avaient été instituées que pour juger de sem- 
blables cas ; et leurs arréts, dont nous possédons des recueils, 
prouvent peut d'indulgence pour les coupables en fait de 
9alanlcrie : il y avait quelque chose de noble dans ce res- 
pect pour des mëres, des épottses, des maitresses, êtres qui 
n'ont pas la force d'en exiger. Mais la 9alf, nteri« s'exagera 
ses devoirs, quand elle se crut obligée à satisfaire les ca- 
prices et les impertinences des femmes. On vit des hommes 
échanger leur cuirasse contre une jupe, et combattre ainsi ; 
on en vit d'autres employer leur fortune en tournois, afin 
de réjouir les datnes d'une province; enfin, quelques-uns 
poussèrent jusqu'a l'idol/drie la dëférence et les égards que 
les dames sont en droit de réclamer, et il fallut distinguer la 
9alaierie de la courtoisie, qui fut toujours mesurée. 
Plus tard, la 9alanlerie changea de forme. Le mot eut 
une nouvelle lacception, quand il s'appliqua au I i b e r t i- 
age : François I , Henri IV, ne se bornèrent 
point à être 9alaffs, quoiqu'ils ambitionnassent ce titre. 
Le pouvoir aux mains d'une femme ranima l'esprit de 9a- 
lanterie pondant la régence d'Arme d'Autricbe; chacun 
était frondeur ou royaliste, selon qu'il plaisait aux dames 
de sa société. Quand la guerre fut éteinte, les pastorales de 
d'Urfé, les romans de Scuderi, et la carte du pays de 
Tendre, g'Mèrent un peu cette renaissance; puis Louis XIV 
joignit à la 9alanterie uue liberté de mœurs qui n'avait 
rien de commun avec les sentiments de ceux qui la profes- 
saient prindtivemenL Ainsi déuaturée, la 9alanterie fut bientOt 
dédaignée ; et la crainte d'ètre appelé 9niant poussa les 
hommes jusqu'à la grossièreté ; dans les cercles, les femmes 
parurent les ennn)er, et ils s'en éloignèrent. Dans les 
lieux poblics, ils abusèrent de leur vigueur pour s'emparer 
des meilleures places, et manifestèrent à haute voix leur 
opinion sur la beauté, la laideur, la vieillesse, les infirmités 
des femmes, qu'ils regardaient dédaigneusement : c'était 
abjurer toute 9alanterie. ?tous ne dirons point que les ha- 
"bitudes des camps achevèrent de nuire à l'e«prit de 9alan- 
terie en France, puisqu'il avait pendant si Ionçemps fait 
partie du caractère militaire; mais c'est au mélange de 
tbules les classes de la société qu'on a dO sou anéantisse- 
ment ; car la 9ala[erie n'est que le résultat d'une édtca- 
tion distinguée, de manières légantes, ou d'une bonté et 
dune douceur si parfaites que la nature en fait rarement 
les frais. Ce qui reste de 9alanterie en France ne s'appelle 

-- GALATÉE 
plus que politesse. C'est souvent si peu de chose, qu'il ne 
vaut pas la peine d'en parler. Ce » 
GALANTlliAS. Vo/e= Gïrms. 
GALANTIXE terme de charcuterie, sorte de mets 
fait avec de la chair de cochon de lait ou de dindon, etc., dé- 
sossé et lardée. Après avoir bien échaudé un cochon de lait 
on le désosse; on le couvre d'une légère couche de bonne 
farce de viande assaisonnée ; on étend sur cette farce une 
rangée de lardons de jambon, une de lard, une de truffes, une 
de jaunes d'œufs durs ; on couvre encore tous ces lardons 
d'un peu de farce ; on roule le cochon de lait, en ayant soin 
de ne pas déranger les lardons; on l'enveloppe de bandes 
de lard et d'une étamine légère; on le serre fort avec de la 
ficelle, et on le fait cuire, pendant trois heures, aec moitié 
bouillon, moitié vin blanc, sel, poivre, racines, oignons, 
un bouquet de persil, ciboule, échalottes, ail, girofle, thym 
laurier, basilic, etc. Quand il est cuit, on le laisse refroidit 
dans sa cuisson, et on le sert froid, pour entremets. Toutes les 
autres en,ces de galantines se confectionnent de même. Potr 
en laite une de dindon, on le flambe, on le vide, on le désosse, 
et on procède ablument comme pour le cochon de lait. 
GALAPAGOS ou GALOPAGOS, et encore lies des 
Tortues, archipel situé des deux cotés de l'êquateur, entre 
le 70 ° et le 75 ° de longitude occidentale, et dëpendant 
de la rép,blique de l'Equateur, dans l'Amérique de 
sud. !1 se compose, outre un grand nombre d'iloL% de 
grandes lies, dont ,llberrnarle est la plu importante, et 
couvrant ensemble une superficie de 1-7 myriamèlres car- 
rés. Ces lies sont toutes d'origine volcanique ; Albermade a 
cinq olcans, dont le Vorborough, situé à l'ouest, et proba- 
blement le plus conidérable de tout le groupe, est fort ac- 
tif. Le nombre des cratères éteints s'élève à plus de ,000. 
Ces immenses cratères, soulevés immédiatement des proç 
rondeurs de l'Océan, les masses énormes de lave noire qu 
sur beaucoup de points des c6tes forment des rochers extr- 
mementélevés, en même temps que tout près de là l'Océanet 
tellement profond qu'on n'en trouve pas le fond, donnentà 
ces iles le caractère le plus sauvage et le plus imposant. 
Bien qu'éloignées du continent de 8- m.vriamètres seulement, 
la flore en est d'une nature toute particulière, comme aussi 
les poisson% les oiseaux et les amphibies, et, malgré une 
situation ëquatoriale, privée de couleurs éclatantes. Sur les 
180 espèces de plantes qu'on y a recueillies, il en est 
qu'on ne rencontre sur aucun autre point du globe. Les 
euphorbes et la borreria sont les plantes qui. dominent 
dans les vallées; et la pelexia, le croton et la cordia, celles 
qu'on trouve le plus ordinairement dans les hantes tetes. 
Sur 26 espèces d'oiseaux qu'y rencontra Darwin, il 5 en 
avait 25, mme les mouettes, qui tout en e rapprochant 
beaucoup du type américain, présentaient des caractères 
tout particuliers. Les tortues qu'on y rencontre en très-grand 
nombre, et qui sont vraisemblablement l'espoe la plus grande 
qu'on connaisse ( tesluclo Dzdica ), psent de /t 300 kilo- 
grammes, et sont excellentes à manger. 
Les lies Galapa9os furent découvertes au seizième siècle, 
par les Espaguols ; mais ils ne s'), établirent pas : et plus 
tard elles ne furent plus visitées que passagèrement par des 
fltbustiers on des p$cbeurs de baleines. Depuis ;832, la 
répnblique de l'Ecuador en a pris formellement possession; et 
la colonie qu'on y a fondée pour servir de lieu de déporta- 
tion à des condamnés politiques compte aujourd'hui quel-- 
ques centaines d'in,lividus. 
GALATÉE  une des 5o filles de lérée et de Doris, fut 
la plus belle des nympbes de la Méditerranée. Ainsi que les 
N ë r é i d e s, ses sœurs, elle ne connut jamais les flots sau- 
vages de l'Océan. Son nom vient du grec 'oEa, lait : ThéO- 
crite, Ovide, ¥irgile, Cuisèrent sur elle toutes leurs méta- 
phores. Comme elle se jouait dans les flots transparents de 
la mer de Sicile, le cyclope P o I), p h è m e en devint si épris 
que  ce jour, incessamment assis au smnmet de l'Etna, 
il en perdit le sommeil, la raison et sa ferocité. La nm ° 
phe, insensible à ses tourments, enivrait de ses divines fa- 



! 
I 
Il 

GALATEE 
vents nrt berger, le bel Acis, qu'un iour, le géant jaloux 
crasa sous un quartier de lave arraché à l'Etna. Dans sa 
désolation, Galatée changea son amant en une source lim- 
pide. La Galatée de Virle a suivi le cours de la civilisation : 
dans l'ltalie impériale, elle est devenue un peu coquette; 
OEdeux charmants vers, si connus, font sourire l'amant et 
Je lecteur : 
Malo me Galatea petP., |asciva puella ; 
Et fuéit ad salices, etse cupit ante ideri. 
Galatée fut aussi, selon d'anciens historiens, la fille d'un 
roi celte. Elle dédaigna et repoussa un rand nombre d'a- 
manl, qui soupiraient à ses pieds. Mais quand Hercule 
parut sur les ruches de Pyrène (les P,rénées), elle se jeta 
éperdue dans les bras du héros, qui la rendit mère d'un 
fils. 
GALATES. Vove'- G LTm. 
GALATIE ou GALLO-GBËCE. Dans l'antiquité on 
donna le nom de Golatie à une centrée de l'Asie Mineure, 
d'une extrême fertilité, qui confinait à la Paphlagonie, au 
royaume de Pont, à la Cappadoce, à la Lycaonie, à la Bithy- 
nie et à la Phrygie. Elle était habitte par les Galates, mé- 
lange de Grecs et de Gaulois nu de Celtes; de là le nom de 
Gallo-Grëce qu'on lui donnait également, de mme que ses 
habitants étaient aussi d,%ignés sous celui de Gallo-Grecs. Au 
Iroi»ième siècle avanl J.-C-, d'innombrables bordes de Gau- 
lois, partis de la Gaulesuus les ordres d'un chefque les his- 
toriens désignent sous le nom de Brennus, tandis que ce n'C 
tait là que le titre mme ( latinisd ) que ces barbares don- 
naient à leurs chefs ou princes (en celte Brenn ), envaitirent 
fa Grèce, et poursuivant leur marche devastatrice, s'emparè- 
rent de Byzance ainsi que de la cote de la Propontide. Vers 
l'an 278 avant J.-C., ils francliirent l'Hellespont à la de- 
mande de Nicomède, roi de Bithynie, qui voulut les opposer à 
Zépètés, son frère et son concurrent au trGne. Ils lui donnè- 
rent la victoire, et ce prince leur abandonna pour prix de 
leurs services la Troade et toute la partie septentrionale de 
la Pbry#e pour s'y fixer définitivement. Plus tard, l'an 238, 
Attale 1 e', roi de Pergame, les refoula dans le teritoire don- 
les délimitations ont été indiqnées plus haut. 
La constitution de la Galatie demeura purement aristo- 
cratique, comme elle l'êtait à l'ori#ne, jusqu'à ce que les 
douze tétrarqes, qui partageaient le pouvoir souverain 
avec un sénat lé#slatff composé de trois cents vieillards, 
rendissent leurs fonctions héréditaires. Alors l'un d'eux, ap- 
pelé D ej o t a r u s, prit, avec l'appui de Pompée (an 38 avant 
J-C. ), le titre de roi. A sa motoE, la couronne passa à Amyn- 
tas; mais les Romains s'emparèrent de ce royaume dès l'an 
25, et le rédniirent en simple province. Sous le règne de 
Théodose, cette province de l'empire ful diviée en Galatia 
prima, dont Ancyreétait la capitale, et en Galatia secnda, 
avec Pessinonte pour chef-lieu. C'est là que se trouvait, en 
l'an 53 et en«uite en l'an 57 de notre ère, l'apGtre saint P a u l, 
dont l'une des épttres est adressée aux Galates. 
GALATZ. Vove - G.LaCZ. 
GALAXIE nom que les astronomes donnent à a 
voie lactée, d'après les Grees, qui l'appelaient 
xGxo¢ (cercle lacté }. 
GALBA (Stmvtvs Svctcts), empereur romain (de juin 
68 à janvier 69 de notre ère), naquit d'une famille distinguée, 
l'an 5 avant J.-C. Il exerça avec honneur les charges de 
consul à lome (an 3) et de gouverneur en Aquitaine 
sous Tibère, de Germanie sous Caligula, d'Afrique sous 
Claude, enfin, à partir de l'an 60, de la Tarragonaiso sous 
léron. Déjà, à la mort de Caligula, ses amis lui avaient con- 
seillé de s'emparer du tr6ne; mais il demeura fidèle  Claude, 
et obtint ainsi toute sa faveur. En l'an 68, 3ulins ¥index, 
qui s'était soulevé à la tte des l,'.gions gauloises contre 
Xéroa, l'engagea encore  se faire proclamer empereur; mais 
ce ne fut que lorsqu'il sut. que iéron avait decidé sa 
mort, qu'il se souleva aussi contre lui en qualité de légat 
:lu peuple romain et de ses tribtms. La nouvelle de la mort 
mer. nE LA CO,VmS.  T. X. 

-- GALE st 
de .Néron fut mme seule le dclder  çenir à lomo 'endr« 
possession du tronc que les prétoriens lui offraient. Galba, 
au lieu de déployer l'habileté dont il avait donné tant de 
preuves dans la première partie de sa carrière, se laissa 
gouverner par d'indignes favoris, et s'aiiéna les esprits par 
d'impolitiques actes de rigueur. C'est ainsi qu'il sévit sans 
pitié contre celles des villes d'Espagne qui avaient hésité 
se déclarer pour lui ; et que les prétoriens lui ayant réclamé 
les largesses qu'on leur avait promisesen son nom, il répon- 
dit : « Uu empereur choisit ses gardes, il ue les achète pas. 
Mot courageux, mais qui ne convenait guère à l'époque où il vi- 
vaitl En mme temps son avarice le rendait odieux au peuple, 
et celui-ci ne tarda pas à regretter Néron, qui du moins lui don. 
nuit des ftes et des spectacles. Les Ié#ons campCs au fond 
de la Germanie sommèrent les prétoriens de choisir un autre 
empereur : Galba crut détourner cet orage en adoptant Pison 
et en le désignant pour son successeur; mais par cet acte il 
blessa profondément O t h o u, gouverneur de la Lnsitanie, 
qui n'avait pas hésité quelques mois auparavant à se pro- 
noncer en sa faveur, et qui attendait de lui la récompense 
de l'appui qu'il avait prté à sa cause. Othon n'eut pas de 
peine à pousser à la révolte les prétoriens, pour qui l'adop- 
tion de Pison n'avait été l'occasion d'aucune largesse; et le 
t5 janvier 69, l'empereur s'étant rendu au Forum pour apai- 
ser ce désordre, Othon I'y fit massacrer. 
Galba était un homme doué de rares qualités : on 
rouleurs cru digne de l'empire, s'il n' f0t jamais arrivé. 
« Il dévoila, dit ?,lably, un secret funeste aux lomain% en 
montrant qu'un empereur pouvait tre Cu dehors Borne. » 
GALBJL.'UM gomme résine qui découle des dive.rse. 
parties du bubon 9albanurn, plante de la famille des oto. 
bellifères. Le galbanum se rencontre dans le commerce, soit 
en larmes, soit en masses. Il est stimulant et tonique. 11 
entre dans plusieurs préparations officinales, telles que le 
diascordium, la thériaque, etc. 
GALBE (de l'italien 9arbo, bonne grâce). Ce mot 
fort en usage parmi les arclJitectes, les sculpteurs, pour dé- 
siguer les contours plus ou moius heureux du profil d'une 
coupole, d'une statue, d'un vase, du f0t d'une colonne. 
GALE. Ce mot a deux étymologies : callus, dureté, ou 
9alla, nodosité vegétale provenant de piq6res d'insectes. 
Parmi les nombreuses maladies de la peau, la gale est une 
des moins redoutables et des moins rebelles à la médecine. 
C'est une maladie accidentelle, qui, une fois guérie, ne se 
reproduit point, et ne laisse aucune trace visible, outre que 
le sang n'en conserve aucun levain. Certaines maladies d, 
la peau supposent parfois de rpréhensibles habitude-3 ou 
des intimités coupables. II n'en est pas de mème pour la 
gale ; il suffit de toocher la main d'un galeux pour contrac. 
ter soi-mme la maladie : et qui n'est pas exposé à de telle» 
approches ? C'est mme là un des dangers d'une liumeur par 
trop débonnaire. Le seul contact d'un objet touché par un 
galeux peut lui-mme communiquer la gale. C'est ainsi qu'au 
rapport du docteur Savy, Bonaparte, alors simple com- 
mandant, gagna la gale en sai,issant le refouloir d'un 
brave canonnier, tué sous ses 3'eux au siíge deToulou. 
La gale ne consiste qu'en de petites vésicules roses à leur 
base, transparentes et terminées en pomte à leur sommet, 
qui restent cachées dans le pli des jointures, entre les doigt 
ou vers les aines et les aisselles, Ces petites pustules n'ont 
rien de désagréable à l'oeil, et les cro0tes qui leur succèdent 
sont à peme visibles. Presque toujours d'ailleurs elles sont 
platCs de manière à ne pas dénçncer ceux qui les portent : 
elles épargnent constamment le visage. Il est vrai que le 
prurit causé par ces éruptions porte fréquemment les galeux 
à se trahir. C'est un inconvénient sans doute; mais la dman- 
geaison elle-mme est à peine un mal, souvent mme c't 
une sorte de plaisir. 
La gale est assez facile à guérir, si toutefois on ne 
pas laissée trop s'étendre et s'invétérer; et sous ce rapp« 
aussi elle est préferable à Ulle fotlle d'autres maladies de la 
peau, affections tenaces, que roui les effods de la médecine 



$2 GALE 
ne parviennent pas toujours à faire disparaltre. Les moyens 
de guérison sont méme très-simples; ils n'ont rien de fort 
désagréable, et peuvent tre employés en secret. 
Une dernibre considération à alléguer en faveur Ie la 
gale, c'est qu'elle ne laisse nulle trace après elle, quoi qu'on 
puisse dire des pales 'etrées, que les eaux d'^gène ont 
la réputation de rendre manifestes et de guérir. Ènfin, une 
circonstance qui doit rassurer ceux que la gale pourrait ef- 
frayer, c'est qu'elle n'offre aucun danger pour la vie, et 
qu'ordinairement,, elle n'apporte aucune géne aux mouve- 
ments et n'oblige à aucun ré#me. 
Au reste, tout lemonde est d'accord sur la contagion 
de la gale ; c'est un lait reconnu de toute antiquité, mais 
dont maintenant on connatt la cause. Le pourquoi et le com- 
ment de cette transmission d'une personne à une autre par 
le simple contact, est un tire vivant, un insecte sans ailes 
(l'acaru scabiei). C'est cet insecte, alJtrement dit 
copte de l'homme, qui prod,lit la vésicule de la gale et 
fixe son domicile dans un sillon cachê qui l'avoisine et lui 
est afférent. Aucun de ceux qui ont cbert:l,é l'acarus dans 
la vésicule méme ( A|ibert ni Piett), ne t'ont trouvé. Si une 
main imprudente se met en contact avec celle d'un galeux, 
aussit6t quelques-uns de ces insectes quittent leur ancien 
ma|tre pour le nouveau, et voila la gale transmise. Cet in- 
secte a été minutieusement décrit p.m" quelques ohservateurs : 
« C'est un ver, disent-ils, dont la figure approche de celle 
d'une torlue, de couleur blânchiRre, le dos d'une couleur 
un peu plus obscure, garni de quelques poils longs et très- 
fins; le pelit animal montre beaucoup de vivacité dans ses 
mot,vements ; il a huit pattes, la tète pointue et ornée de 
petites cornes ou antennes ì l'extrémité du museau. L'in- 
secte s'introduit d'abord sous la l,eau par sa t{te aiguë, il 
s'agite ensuite, rongeant et fouillant comme une tâ,,pe, jus- 
qu'a ce quïl soit entièrement caché sous i'épiderme, où il 
sait se creuser des espëces de chemins couvert% et des re,des 
souterraiues d'un point à un autre. » Voilà une description 
bien complète, et qui n'a pu Cre faite que d'âprës nature. 
Ce n'est pas tout encore; on a surpri« l'insecte ì sa nais- 
sance; on a vu l'acarus pondre un oet)f blanc de figure oblon- 
gue comme un œuf de pigeon. Voilà ce que des naturailstes 
dignes de foi affirment avoir vu, dt leurs propres yeux vu 
(avec un microscope toutefois ). Si d'a,ttres médecins ou 
naturaliste.q tout aussi dignes de loi n'ont pu trouver l'aca- 
rz,s; s'ils l'ont chercbé dix, vingt ou cent fois sans aperce- 
voir mme le bout de ses cornes, nous avons dit à quoi 
tenait l'insuccès. Au reste, peu imp.orte le fait ou le doute, 
car l'acarus ne change rien au traitement de la gale ni à 
ses dangers. Rien de plus certain toutefois que l'e.istence de 
l'acarus, puisqu'on it que les nègres de la Guadeloupe 
et qttelqttes femmes corses ont le don de l'extraire de son 
sillon, avec la fine pointe d'une aiguille. 
Quant au traitement de la gale, on la guérit presq«e im- 
manqttablement avec les repiques soufrés : pommades, sa- 
vons, bains, fumigations, etc. La pommade citrine, dans la- 
qttelle intervient l'acide nitriqm, est aussi un excellent 
moyen. Le soufre, les alcalis, le mercure, d corps hui. 
lets ou graisseux les esnces aromatiques de myrte, de 
lavande, etc., voilà les bases principales de tous les traite- 
ments efficaces. Or, de pareils saecës sot confirmatifs de 
l'exislence de i'acarus. Ce petit animal en effet ne saurait 
vivre sans respirer, sans respirer par des trachs, comme les 
insectes : il est dès lors fort naturel que le mercure le tue, 
que le soulre I'&«phyxie, comme il a,phy.xie tant d'autres 
animaux ; natttrel que les corps gras hd coupent éa respira- 
tion cotnme aux courtilières ou loupes-grillons. Dupuytren 
gtérissait la gale avec des lotions faites avec une solution 
de t grammes de potasse dans 750 grammes d'eau, avec 
addition de i 6 grammes d'acide sulfiwiqus. 
D r Isidore Bovnnor« 
Gale se dit aussi d'une maladie des végtaux, caractériMe 
par des rugosilés qui s'elèvent sur l'écorce des branches, 
sur le» feuilles et sut" les fruits (voye-- 

GALEN 
GALE (Tnoas), savant philologue et historien anglal,, 
né à Scurton, dans le Yorksbire, en t636, avait fait d'excel- 
lentes Cudes grecques : il débuta dans l'enseignement 
comme professeur royal à Cambridge. Appelé à la dire¢* 
tion de l'ecole de Saint-Paul à Londres, qu'il garda vingt- 
cinq ans » il  forma quelques-uns des hommes les plus 
distingués de l'Ang[eterre. Le mérite de Gale le fit recevoir 
membre de la Société royale de Londres, dont il devint 
plus tard un des secrétaires honoraires. Dès l'an 1676 
on hli avait donné une prébende à l'église de Saint-Paul. En 
1697 on lui conlia le doyenné d'York. 
Histoire, pbilnsopbie, posin, rhétorique, son génie labo- 
rieux embrassa tout avec la méme ardeur et la méme saga- 
cité. Parmi ses ouvrages, estimés encore, le premier" fut 
tblié sous ce titre: Opuscula ra!/thologica, ethica, 
physico (Cambridge, 1671, in-8°). Il contient les fragments 
des pythagoridens, la vie d'Homère et les allégorie, 
hemCiques. Puis vint une édition d'Apollodore, de Connu, 
de Ptolèmée, de Parthenius, etc., sous ce titre : His/orioe 
Poetic Scriptores antiqui. Publiée à Paris en 1675, cette 
collection fut rèimprimée à Londres dès 1676. La méme 
année parurent ì Oxford les flhetore selecti, qui ne sont 
récisément des orateurs célëbres. Mais celle des pu- 
blications de Gale qui exerça sur les éludes pldiosophiques 
la plus grande influence fut l'ouvrage d'lamblique, De 
Mgsteris ff.9VptWrum. A ces monuments de l'antiquilé 
succédèrent des monuments du mn)en age : d'abord, le re- 
cueil ltistorie Anghcane Scriptore quinque (Oxford, 
1687) ; puis un second recueil, plus curieux encore : B/. 
torioe Britannicœe, Saxonic, Anglo- Danicw Scriptor 
qundecim (Oxlord, 1691). Epuisé par tous ces travaux 
d'enseignement et de critique, le doyen d'York mourut, en 
170, dans un ge peu avancé, pleuré de ses nombreux 
disciples .et de tout le monde savant. MTrr. 
GALEASSE nom d'une espèce de navire à un seul 
pont, à trois mats, et à 25 ou 30 bancs de rameurs, qui 
était en usage dans l'Adriatique, la Méditerranée, à l'ép0- 
quede la renaissance, et que dans les batailles navalesoe 
mettait à l'avant-garde, parce qu'en raison de leur force 
on les "considérait, nous dit un historien de la marine, 
comme les champions de l'armée. C'etaient en effet les plus 
grandsdes vais'seaux lalins. Longues et Ctoiles en proportion 
de leur longueur, les galéasses avaient les reCes parties et les 
memes mesnbres que les 9a lères, mais étaientd'un tire 
plus longues, plus larges et plus boutes. A la poupe et à la proue 
étaient disposées deux grandes places nO étaient postés les 
soldats et l'artillerie. Il y avait, en outre, une espèce derme 
ou de coursive entourant tout le navire à l'inéCieur, et 
se tenaient aussi les soldats pour combattre; le hordsi- 
Iérie,,rs étaient garuis de meurtrières par lesquelles ond6 
chargeait mousquets et arquebuses sur l'ennemi en rstaat 
à l'abri de ses coups. Inutile d'ajouter sans doute qu'on 
rencuntre plus aujourd'hui de gaiéasscs que dans les viest 
recueils d'estampes consacrés à l'l,isoire de la marine. Le 
mot 9alasse s'est maintenu cependant, quoique corrompa; 
et dans les mers du Nord on appelle encore aujourd'hui 
gaIm.ssel'espècede batiments que nous nommons 9oi- 
! e t t e. Théogène P E, capitaine de ,aisaea,. 
GALEAS SFOP, OEE. Voyez Sroaz. 
GAL.EAS ,'iSCONTi. Voyez Vsco. 
GALECHES. Voyez 
GALÉÈ, terme d'imprimerie, espèce de planche ¢arr 
avec un rebord où te compositeur met les lignes à mesure 
qtt'ii les compose (ooye-- Cot»osmo). Pour les grandes 
pages, comme celles des journaux, les grands tableaux, etc. 
on se sert de gaiCs à coulisse, qui ont trois rebords sous 
le.«qt,els s'engage une petite planchette avec poilC, 
l'on peut retirer à volonté. 
GA LEN (Cnmaovu -BR,sxn us), éV&lUe de 5funster 
de 165o  1675, et en mlme temps l'un des capitaines les 
plus en renom de son époque, personnage qu'on pourrait 
sous certains rapports comparer ì son contemporain 



GALEN -- 
fameux cardinal de Retz, et dont, avec nos mœurs et nos 
idées actuelles, nous avons peine à nous expliquer les ca- 
treprises et les habitudes belliquenses, mais dont la vie, les 
actes et les prouesses font parlaitement comprendre |'etat 
-politique de l'Allemagne en même temps que le r61e joué 
par lehaut clergé catholiqsle allemand pendant la seconde 
moitié du dix-septième siêcle, naquit à Bispink en West- 
phalie, le 15 octobre 1600, d'une tamille noble, qui s'est 
perpétuée jusqu'à nos jours, et fut pourvu dès l'fige ,le 
sept ans d un canonieat dans le chapitre de Mmister. Après 
des Cudes commencees chez les jésuites de cette ville, puis 
¢ontinuées successivement à Cologne, ì Malente, a Liege 
et ì Bordeaux, il participa ì la direction des affaires de son 
pays, tantot dans iesambassades, tantbt dans l'administration 
intérieure. Le siege de 51unster Cant venu  vaquer, par suitp 
de la mort de Ferdinand, électeur de Cologne et 6vque de 
blunster, le t-hapiire s'arrangea cette fois de façon que l'é- 
lection eut lieu dang son propre sein; et ce fut sur Bernard de 
Galen, pronm tout récemment aux fonctions de trésorier, 
que se fixèrent les sulfrages (14 novembre 1650). Saisissant 
aussit6t iesrênes du pouvoir avec vigueur, Bernard de Galen 
pourvut d'abord au rétablissement de la discipline ecclé- 
siastique, qui, en raison des malfieurs de l'époque, s'était 
singulièrement reliche. Esuite il avisa aux noyens de 
mettre un terme ì la disettequi allligeait le pays, d'y faire re 
f/eurir le commerce et l'industrie, enlin de le débarrasser des 
trupe étrangères qui en occupaient encore diverses parties. 
A peine eut-il réussi ì obtenir ces divers résultats, qu'il 
eut a triompher de difficultés sans nombre que lui suitèrent 
le doyen Mallingkroti, qui avait protesté contre son élection, 
et la ville de Munster elle-mème, qui refusait non-seulement 
de reconualire l'autorité de son évêque, mais mème de Fade 
mettre dans ses murs. Au moment ou Bernard de Galen se 
disposait  l'investir, celle-ci entama avec lui des pourparlers 
qui amenèrent, en 1655, la conclusion d'une convention. Ce- 
pendant, loin de s'apaiser, i'irritahon des habitan contre 
leur êvêiue-soverain s'accrut, au contraire, à tel point 
qu'Aitzema, leur agent à La Haye, s'Criait un jour en pré- 
sence de l'envoyé de l'empereur, que ses concitoyens aime- 
raient mieux se soumettre aux Turcs, voire au diable en 
personne, plut6t qu" leur évêque. La Hollande prit fait et 
cause pour la ville de 51unster, et lui consentir un prèt de 
25,000 florins, tandis que l'empereur la menaçait de la 
mettre au ban de l'Empire, puis faisait envahir, en 1660, 
l'evdché par 1,200 hommes de cavalerie. Ce ne lut cependant 
que le 25 mars de l'année suivante que put tre conclu le 
Iraité relatif ì la reddition de la ville. Une fois qu'il en fut 
redevenu maitre, Ber.nard de Galea ne négligea rien de ce 
qui pouvait hfi en assurer la paisible possession contre l'es- 
prit turbulent des habitants. 
Êlu en 1669. administrateur de la célèbre abbaye de Cor- 
vey, Bernard de Galen fut chargé par la dite tenue en 
165  Batisbonne de diriger conjointement avec le mar- 
grave Fr&léric de Bade les affaires militaires de la liue, 
et partit ensuite avec la plus grande partie de ses troupes 
contre le Turc. De retour bient0t après dans ses Êtats, 
i'éve de Munstër résolut de tirer vengeance des nom- 
breuses insultes dont il avait été l'objet de la part des Hol- 
landais. Il conclut donc, en 1665, avec i'Angleterre an traité 
par lequel, moyennant un subside coaidérable, il s'engdgea 
à porter l'effectif de son armée à 15,000 hommes ; puis il 
attaqua les Provinces-Unies par terre, tandis que l'Angle- 
terre les attaquait par mer. Aux termes du traité conclu 
le 18 avril 1668, sous la médiation de Louis XIV, les ËtaLs- 
génraux s'engagërent, il et vrai, à retirer leurs troupes de 
toutes les parties de l'évêcbé de Munster qu'elles oec«paient; 
mais, de son coté, l'évêque dut renoncer/ certains droits 
de suzerainet qu'il s'était arroges sur «les portion de terri- 
tette en litige. Par consequent, le résultat final de la lutte 
déçut les plans et les e.përanccs qu'il avait pu fumer. 
Ap, ès avoir amiablement terrainC en 1671, un différend 
aurvenu entre la maison de Brunswick et lui relativement 

GALËNE 81 
à l'abbaye deCorvey, Bernard de alen arcCa a un hourra,, 
trailc d'alliance que lui proposa la France contre les Pro- 
vinces-Unies. Dejà il avait remporoE sur les ltollandais des 
avantages marqués, Iorsqu'une meaaçante diversion sur ses 
derri/res i'obligea tout à coup à laite volte-lace pour aller 
défendre ses propres États, euvahis par les Impériaux et par 
l'Cecteur de Brandebom g. ,Mais bient6t, reprenant à son tour 
l'offensive, il envahit la Marche de Brandebourg, et agi»saut 
alors de concert avec Turenne, geuéral en chef de l'arméo 
française, il s'empara en Westphalie de la plus grande partie 
des possessions de l'électeur. Mais obligé, en 167.I, de lever 
précipitammeat le siCe de Coevorden, h la suite d'un violent 
orage qui inonda son camp, il prta l'oreille à des proposi- 
tions d'arrangemen et s'engagea  restituer tout le territoire 
qu'il avait enlevc aux Pays-Bas. En t675, il acc6da à la ligne 
formée par l'empereur contre la France ; et on vit alors ce 
condottiere mitré agir avec autant de vigueur pour le 
compte de ses'nouveaux alliés, qu'il en avaitdeployé naguère 
au profit de la France. En aoOt de cette mème année, il 
conclut avec le roi de Danemark et avec l'Cecteur de Bran- 
debourg un traité dirigé contre la Snède, et par suite duquel 
oe fut ì lui qu'échut la mission d'attaquer les ducbés de 
Brême et de Werden, alors dependances de la Suède, et 
qu'il garda pour lui. 11 envo)a ausit6t une partie de ses 
troupes grossir l'armee impériale campee sur les bords du 
Bhin et de la Moselle, tandis que le reste allait prendre 
ses quartiers d'hiver dans la Frise orientale. En 1677 il signa 
un nouveau traité par lequel il mit 9,000 hommes  la dis- 
position du roi d'Espagne contre la France, et 5,000/ celle 
du roi de Danemark contre la Suède. L'occupation de la 
Fri.e orientale lui attira une guerre de plus sur les bras ; 
mais il ne consentit ì l'évacuer, en 1678, que contre payement 
d'une forte indemnité. Pendant les préliminaires pour la paix 
ouverts " Nimègue, Bernard de Galen tomba malade a 
Ahaus, e.t il y mourut, le 19 septembre 1675. 
GALEXE. La 9alène, ou suif,re de plomb, est d'nn 
gris metailique asez brillant; sa texture est lamelleuse, ce 
qui lui donne la faculté de se cliver facilement; ses cris- 
taux sont ordinairement des cubes très-réguliers; quelquefois 
cependant on trouve la galene cristalusée en octaedres, en 
cubo-octadres, etc. ; mais ces formes ne sont elles-mmes 
que des mo.lifications du cube, dont elles derivent. Cette 
substance n'est point malleable : un choc assez ieger suffit 
pour la briser; elle se distingue du zinc sulfuré ou b i e n d , 
avec lequel on pourrait la conlondre, par la propriete 
qu'elle a d'tre rayée par une lame de couteau qui laisse sur 
la galène une trace brillante, tandis que cette trace est 
sans éclat sur le zinc suifuré. La plombagine, ou car- 
bure de fer, peut aussi se confondre avec la galëne, mais la 
diff6rence de poids seule suffit pour la disting0zer. La pre- 
mière est trois fois moins pesante que la seconde, qui ne 
forme pas de traits sur le papier, tandis que la plombagine 
y forme des traits d'un gris métallique. La galerie, chauffee 
sur un charbon au chalumeau, se decompose ; le soufre qm 
entre dans sa combinaison se dégage ; le plomb entre en 
fusion, et se reconnait aux caractères qui lui sont propres. 
La galène n'est jamais pure, elle coutient toujours des 
reCux étrangers : ce sont i'argeut, l'antimoine et 
l'arsenic. La quantité du premier de ces reAtaux est or- 
dinairement assez considerable pur queson extraction soit 
avantageuse. En eifet, il suffit de 90 grammes d'argent par 
cinquante kilogrammes de minerai pour compe.aer les frais 
que nécessite sa paration. Les variétés qui en contiennent 
le plus sont celles qui ont le grain fin et serrë comme cehd de 
l'acier, dont elles ont la couleur; en genéral, iep/ornb sui.futé, 
dit stri, doit cette propriété h l'antimoine qu'il rmdorme. 
La galène se rencontre en liions ou en couches considerables, 
dans les montagnes primitives et secondaire% formees le plus 
souvent de cffaux carbonatíe compacte. Sa gangue e,t tan- 
t6t le quartz, la bar)-te sulla',ée, la ci»aux carbonatee, la chaux 
fluatée, et quelquefois le silex agate et le silex calcédoine. 
C'est de tous les minerais de plomb le oeui qai soit ex- 
11. 



84 GALÈNE 
ploit, parce que c'est le seul qUl te trouve en quantités suf- 
fisantes. Ses principales miues sont en France celles de 
Poullaouen, dans le département du Finistère, de Saint- 
Sauveur en Languedoc, de La Croix dans les Vosges, de 
Vienne dans le département de l'Isère ; en Angleterrc, celles 
du Derbyshire. Les fiions qui les composent sont très-nom- 
breux, et renfermés dans de la chaux carbonatée compacte 
qui contient des coquilles fossiles; dans quelques points, 
ces fiions semblent n'avoir aucune adhérence à la masse 
de la montagne, et les surfaces en contact sont luisantes et 
rntme miroitantes. Quelques minéralogistes assurent que 
ds qu'on met cette singulière substance à dëcouvert, elle 
pétille et fait une explosiou, qui détache de gros morceaux 
de filons; ce fait, assez bien prouvé, n'a pu encore trouver 
d'explication. Ces mmes filons contiennent aussi du pétrole 
et du bitume élastique. L'Espagne, la Silésie et la Carinthie 
sont également riches en mines de galène. 
Sous le nom d' a I q u i fo u x, la galène a différents usages 
dans l'induslrie. C. FAVBOT. 
GALEXUS. GALÉNISTES. l'o/e .BAPTISTES. 
GALÉOPITilÈQUE (de yoE), chat, et a, singe). 
Ce nom a été donne par Pallas à un genre de mammilères 
qui ressemble d'une part aux lémuriens, et de l'autre aux 
chauves-souris. Ce qui les rend surtout remarquables, c'est 
la membrane aliforme dont ils sont pourvus, membrane qui 
commence aux c6tés d. cou, s'étend dans l'angle que laissent 
entre eux le bras et l'avant-bras, palme les doigts, est en- 
suite sous-tendue par les quatre membres, qui sont assez 
clancés, et passe de là entre les pattes de derrière pour en- 
velopper la queue dans toute son étendue. Cette membrane 
est pour le galéopithèque comme un parachute qui lui 
permel, non pas de voler (comme le croyaient les natura- 
listes qui l'avaient nommé maki volet ), mais de se soutenir 
açsez aisément dans l'air quand il veut s'élancer d'un arbre 
plusélevé vers un autre qui l'est moins. Les galéopithèqnes 
appartiennent à l'Asie et à ses archipels, sont nocturnes, 
se nourrissent d'inectes et peul-ttre de fruits. On n'en 
connalt encore qne deux espèces, le gaNopithèue rou, 
ci le 9l.pitbèque vord. 
GALERE (Morine). Les antiques nations de la Mé- 
diterranée se livraient d'immenses batailles ravales On 
comptait par centaines de mille les combattants qui se beur- 
{aient en pleine mer : eh bien, nous ignorons complétement 
aujourd'hui la constroction de leurs vaisseaux..Nous avons 
mème appelé 9olère le premier type de leurs navires de 
guerre, sans songer queue aom-là, inconnuanx anciens, est 
de la tabrique des sociétés du moyen ge. Les écrivains 
grees du Eas-Empire et les bistoriens latins des croisades 
ont jetWdans les langues modernes les mots 9oN}a$ (grec 
moderne), et 9ale ( basse latinité), dont nous avons fait 
9alœee et enfin olère. La seule trace, mais fugitive et dou- 
teuse, de cette apparition chez les Romains se trouve dans 
le distique d'O ide : 
F_t mihi, sitque, precor, flavoe tutela Miuervœe, 
N«vi, et a picta cass|de uomeu habet. 
Ainsi, la #olère tirerait son nom du casqne (çalea), qui 
servait quelquefois d'ornement à sa proue. Quoi qu'il en 
soit, pour nousconformer à l'usage, nous appellerons çalères 
les x«6t«xot vç des Grecs et les raves longoe ou rus. 
tratoe des Romains. Les premiëres galres n'étaient que de 
simples bateaux alCouverts, portant vers la proue et vers 
la poupe des planchers où se plaçaient les soldats pour 
combattre. Les plus petitsavaient de chaque coté dix rames; 
la barque à laquelle César confia sa fortune dans la nuit 
orageuse qui précéda la bataille de Pharsale était de ce 
genrë. Les plus grands en avaient cinquante ; ils ne servaient 
que pour la guerre ; leur fond tait plat, leur carène peu 
renflée, la longueur de leurs c6tés en ligne droite, eflilés et 
lancés à l'avant et à l'arrière, mais résistant bien au choc 
des lames. On meltait un soin particulier dans leur cons- 
trucliou ; ils allaient à la voile et à l'aviron, surtout à l'a- 

- GALËRE 
viron, car jamais on ne combattait sou voile ; 'et pour 
rendre plus légers et plus maniables, on les construisait en 
pin et en sapin. Ils avaient en longueur sept ou huit foi, 
leur larur, et leurs dimensions étaient determinées par 
l'intervalle des rames; leur mture était haute : elle portait 
de longues voiles à antennes, qu'on surmontait d'une voile 
légère quand la brise soufflait doucement sur les flots. Pour 
donner plus de torse à l'éperon, ou bec en bois ferré qui 
armait la proue, on l'appuyait de deux grosses poutres ou 
avant-becs nommés potides. Quelques-uns portaient deux 
gouvernails, l'un à l'avant, l'autre à l'arrière. Alors il suf- 
fisait de changer l'impulsion des rames pour que la proue 
devint la poupe. Une ceinture ento,rait et renforçait la mu- 
raille; elle servait de point d'appui aux bancs des rameurs; 
pendant la nuit, ces bancs étaient leurs lits, et leurs rames 
leur abri ; nous lisons dans Virgile : 
... placida laxarunt membra quiete 
Sub remis, fasi per dura sedilia nautaL 
Telle fut la galère primitive. Les Thasiens la couvrirent 
d'un plancher, ou pont, sur toute sa longueur; les rameur 
furent à l'abri, et l'on put y combattre de pied ferme. Sr 
ce pont on disposa un second rang de rames, et l'on 
la birème, puis, un second pont d'un troisième rang de ra- 
mes : ce fitt la trirëme ou trière; ensuite la quadrirèrne, la 
quinquoerème ou pentère, la sextirème. Efin, ce principe, 
pous6 jusqu'à l'absurdité par les Grecs, gens de parade, 
amena l'octère de Memnon, la galëre à 16 rangs de Démé- 
trius Poliorcète, celle d'Hiéron à 20 rangs de rames, et le 
palais flottant de Ptolémée-Phi]opator, à 60 rangs de rames. 
Cette multiplication des étages de rameurs a etWd6clarée 
matlmématiquement impossible par quelques savants, qui ont 
donné un démenti formel aux tex tes les plus clairs des auteurs 
anciens. Sans doute, si les murailles de ces gigantesques 
galères avaient été droites, ou rentrantes comme le nt cel- 
les de nos vaisseaux, le jeu des rames supérieures etR été 
impossible ; mais linspection d'un bas-relief de Paletrine 
fait voir qu'a l'extérieur de la muraille il y avait un écha- 
fa,dage en saillie, off se tenaient Is rameurs : ainsi devenait 
possible la manœuvre simultanée de toute la c h io u r m e, 
sans qqe les rames les plus hautes fussent ddmesurées;u- 
lement on avait soin d'armer de plomb la poignée de ces rames 
pour faire équilibre à la pelle. 
Mais toutes ces constructions colos«ales n'avaient pour 
but que l'ostentation; quelques-unes furent démolies sans 
avoir jamais été à la mer. L'usage révda les plus utile, et 
les detix grands champions de la Mbditerranée, lomai 
et Carthaginois, peuples navigateurs et guerriers, donnèrent 
la palme à la trirème : l'antiquité l'appela le vaisseau de 
guerre par excellence. Essayons ici de ressusciter cette tri- 
rème antique, ce vaisseau de ligne de Rome et de Carthage. 
Immédiatement au-dessus de la plate-forme inférieure, qui 
servait de base à toute la construction, était la sentine (cale: 
là, comme de nos jours, s'entassaient les vivres, les muni- 
tions, les cordages et les voiles de rechange, et, comme de 
nos jours encore, l'eau qui s'y infiltrait était vidée avec des 
pompes, car presqqe toute cette partie l,longeait dans la 
mer. Le premier étage de rameurs venait ensuite à quelques 
pieds au-dessus de la flottaison ; son pe, de hauteur iorit 
les matelots à une position inclinée, d'où lui vint la dénomi- 
natton grecque de thalamos, lit, et aux rameurs qui l'occu- 
paient, le nom de thalamites; quelquefois aussi on les 
appelait koloboi, rames tronquées, parce qu'ils avaient les 
rames les plus courtes, biais dans les coups de roulisles da- 
lots, ou ouvertures pratiquées dans la muraille pour le passage 
de ces basses rames, eusseut été autant de voies d'eau : un 
manchon en cuir, cloué autour de la rame et contre le bord, 
s'opposait aux envahissements de la mer. Le second étage, 
Tgos, était occupé par tessygites : leursrames plus longues 
ne g,mient point la chiourme inférieure; et quand on na- 
vig,,ait à la voile, ils sautaient sur le pont supérieur pour 
aider/x la manœuvre des antennes et de cordages. Ils Caies! 



GALE 
d'nne classe supérieure aux thalamites : aristophane nous 
a trausmis quelques termes méprisants dont ils apostro- 
phaient ces derniers. Euûn, sur le troisi/me étage, ou le 
pont, thranos, se tenaient les thranites, marins d'élite 
de l'antiquité, à la fois matelots, soldats, rumeurs. S'il fal- 
lait faire voguer la trirme, ils maniaient les plus longs avi- 
rons; si l'on déployait ]es voiles, ils grimpaient le loug des 
anteuues; puis, dès que le combat s'engageait, ils quittaieut 
la rame et la corde, prenaient le casque, la pique et le bou- 
clier, repoussaieut l'attaque, ou, les premiers et les plus 
agiles à l'abordage, ouvraient, à coups de hache, aux soldats 
de la flotte, leurs frères d'armes, un cbemin sanant sur les 
pouts de l'ennemi. De leur courage et de leur adresse dé- 
pendait souvent le succès de la bataille; aussi le thranite 
6tait-il le matelot le mieux payé de tout l'équipage. S'il y 
avait quelque récompense extraordinaire à accorder, c'était 
à lui qu'on la réservait; le république notait une couronne 
d'honneur au thranite qui après ou pendant le combat 
avait ravitaillé sa trirème désemparée. 
Sur le pont, vers l'arrière, était le katastr6mraa, espèce 
de dunette, où logeaient les officiers, et par-dessus, un car- 
rosse ou tr6ne, thr6nos, souvent en drap d'or, d'où le géné- 
ral dirigeait la bataille, et d'oh le pilote gouvernait le navire. 
Sur la proue s'Cevait en outre une guérite pour protéger 
le proretn, contre-maitro chargé de la manœuvre de l'avant; 
là aussi se tenait leu matelot en vigie. La trirème réunissait 
toutes les conditions qui rendent nn navire propre au cern. 
bat : aucune de ses dimensions n'était exagérée; elle était 
facile à manœuvrer et légère à la course; elle possédait 
tous les moyens d'attaque et de défense alors connus; sa 
proue était armée de l'éperon ferré et du rostrum trides, 
ou bec .h trois pointes, pour déchirer et unir'ouvrir les 
flancs de l'ennemi. Afin qu'une seule blessure un l'expost 
paselle-méme à s'ablmer sous l'eau, on avait partagé sa .ca 
rène en un grand nombre de cases presque hermétiquement 
calfatêes : ainsi, l'irruption de la mer dans sa cale ne pou- 
vait tre que locale. Le long de ses murailles s'adaptaient 
des tours mobiles pour les archets, des catapulles, des ha- 
listes, engins de guerre redoutables; au sommet de ses mats 
étaient des plates-formes ou bastions d'où les soldats fai- 
saient pleuvoir une gréle de pierres; au bout de ses anten 
nus pendaient des crocs, des grapias, des masses de plomb 
pour accrocher l'enuemi et défoncer ses ponts; enlin, sur 
]es trirèmes romaines, .h la proue, presque daus le prolonge- 
ment de l'Craye, se dressait nn mat ou style perpendicu- 
laire; et ce rat portait le terrible corbeau de Duillius, espèce 
de pont-levis dont l'une des extrcmités tournait autour du 
pied du rt comme sur un axe, tandis que l'autre était 
attacbée à la tte par une corde qu'on lacbait ou serrait à 
volonté, selon qu'on voulait laisser tomber ou relever le 
corbeau ; cette mi.me extrémité portait par-dessous une 
énorme brocheen fer bien acérée, qui clouait deux navires 
l'un à l'autre, et changeait ainsi le combat naval en un com- 
bat de pied ferme, dans un espace étroit, où la luitœe était 
impossible. La trirme pouvait manœuvrer en combattant; 
ses thranites couraient aux armes, et ses thalamites, à l'a- 
bri des traits, la faisaient marcher, car leurs rames, fort 
courtes et cachées sons ]es flanes ne couraient pas le dan- 
ger d'èlre coupées ou brisées dans nn abordage. Le seul 
avantage qu'e0t sur elle la quadrirème était de la domi- 
ner de toute la hauteur d'un étage ; les coups de cette der- 
niëre étaient donc plus sors et plus dangereux, et l'abor- 
dage presque impossible » ce qui dctermina Carthage à 
l'opposer à t'irrésistible valeur des lomains: mais son poids 
la rendait diffidle à mouvoir, e[ la trirème finissait par la 
vaincre. 
Tous ces navires renfermaient de nombreux rumeurs : 
on en comptait au moins cinquante par étage, et, pour ob- 
tenir une grande vitesse, il fallait que les elforts de tous 
ces avirons fussent simnllanés, comme si une seule volonté, 
un seul bru% les eussent lait mouvoir. Un pareil résultat 
exigeait un long et pénible exercice, et cependant ]es an- 

cieus y arrivaient : c'était chos admirable que de voir tous 
ces rumeurs s'asseoir ensemble, ensemble s'incliner sur leurs 
rames, se rejeler en arrière et retomber tous ensemble : 
une voix, nu cri donnait la mesure, tant0t leute, tant6t ra- 
pide, selou qu'ou voulait accélérer plus on moins la mar- 
che; souvent les notes d'une flOte marquaient in cadeuce; 
tous les avirons y répondaient en plongeant à la fois dans 
l'eau ; le musicien était l'ame de la chiourme, et ses accords 
faisaient oublier les pénibles heures. Tel parut Orphée dans 
i'expédition des Argouantes : l'barmnie de sa lyre remplis- 
sait le navire et animait les rameurs : 
Ac¢linis main mediis insonat Orpheus 
leroigibus, tantosque jubet nescire labores. 
Telles étaient les trir6mes dont Auguste lut fier, car il 
leur dut l'empire du monde à Actium. biais après lui la 
marine déchut, et tomba si vite que sous Théodose et Cons- 
tantin la construction m6me des navires à trois rangs de 
rames était déjà oubliée. Aux beaux jours du Bas-Empire» 
l'empereur Léon rétablit les birèmes : il les appela drorno- 
nus. Ses successeurs les abondounèrent, et leur substituè- 
rent la longue barque à un seul rang de rames, la gaière 
telle que i'adopt6rent les Vénitiens, telle qu'elle s'est main- 
tenue jusqu'au siècle de Louis XIV. La galère fut le vaisseau 
de ligne du moyen age, comme la trirème avait été celui de 
l'antiquité. En France, sous Charles IV, on distinguait la 
rale 9alère, portant l'étendard royal, et monte par le gé- 
néral des ga16res, et la Patronne, que montait le lieute- 
nant général. Les galères de blaire, toujours en course 
contre les blusulmans, leur faisaient redouter la valeur dus 
chevaliers cicrCiens. André Du ria, le premier, mit plu- 
sieurs rumeurs sur le mme aviron, et cette modification, 
jointe à l'emploi du canon à la place des balistes, distingua sa 
galère de la fameuse samienne, dont Polycrate de Samos 
avait donné le modèle. Louis XIV entretint dans la Médi- 
terranée une flotte de galères : c'était une marine  part, 
qui avait  allures en dehors de la marine de hant bord. 
Son quartier général était à Marseille; on y prodiguait un 
luxe effréné -- l'arrièrre de ces navires était soutenu par des 
fermes du plus beau travail, souvent sortis du. ciseau du 
Puget. On y multipliait partout les bas-rebe[ssculptés, les 
moulures durées, les pavillons, les banderoles, les flammes, 
les étendard; les pavillons étaient en taffetas avec les armes 
du souverain brodées en or et en soie; le carrosse et la 
tente en damas cramoisi, garni de franges et de cr6pinœes 
d'or .... Tout ce luxe a disparu, et le navire lui-mme l'a 
suivi. La célèbre galère du moyen age n'existe plus guère 
que dans les musées de marine : à peine la retrouve-t-on 
chez quelques nations de la Méditerranée, mais déformée 
et décrépite comme la trace ébréchée d'une civilisation qui 
n'est plu.. Théogène PAcI, capitaine de vaisseau. 
GALEIE (Zoologie). Quand on navigue dans les mers 
des Antillœes, on voit souvent flotter à la surface de l'eau, au 
gré des vents et des ondes, un petit 6tre singulier : il n'a 
ni tèle, ni yeux, ni queue, ni pattes, ni ailerons, et pourtant 
son allure est gracieuse; sa forme est celle d'une vessie 
claire, d'une transparence mate et bleuatre, connue celle 
de l'opale; sa partie supérieure est semblable à nue crête 
de coq; il la dresse au veut comme une petite voile. Est-il 
sensiblei' Fort peu sans doute; mais quand on le touche, on 
éprouve une sensation déplaisante ; ses fibres engluent la 
main; on dit meme qu'il ébranle parfois le bras d'une se- 
cousse électrique, et fait éprouver une sorte de brOlure. On 
l'a nommé 9alère. Il est généralement considéré comme 
un zoopbyte de l'ordre des acalëphes hydrostatiques, habi- 
tant les profondeurs de la mer, et doué de la propriété d« 
sécréter des gaz dont il remplit la vessie qui lui sert de bal- 
lon pour.ses vo)ages. Théogëne PA. 
GALEE (Ccs G.ecs bl«xm«,-cs), empereur ro- 
main, est un des soldats eouronnés dont le nom demeure- 
rait ignoré sïl ne se rattachait àla plus sanglante persécutioc 
que la politique impériale ait exercée contre la nouvelle su- 



86 
ciétë chrétienne. « Ié dans les huttes des Daces, dit Cha- 
teaubriand, ce gardeur de troupeaux a nourri dès sa jeu- 
nesse, sous la ceinture de chevrier, une ambition effrenée. 
Tel est le malheur d'un Ëtat où les lois n'ont point lixé la 
succession au pouvoir... GelCins semble porter sur son 
front la marque ou plutOt la flétrissure de ses ser ices; c'est 
une esp»e de géant dont la voix est effrayante et le regard 
horrible. Les plies descendnts des Romains croient se  en- 
ger des frayeurs que leur inspire ce Céar, en lui dormant le 
urnom d'Armcntarius (gardeur de troupeaux). Comme un 
homme qui lut affame la moitié de sa vie, Galerius passe les 
jours à table, et prolonge dans Ig ténèbres de la uuit de 
basses et crapuleases orgies. Au milien «le ces saturnales de 
la grandeur, il fait tous ses eflb pour déguiser sa première 
nudite sous l'elfronterie de son luxe; mais plus il s'enveloppe 
dans les replis de la robe de César, plus on aperçoit le sa)on 
du berger. » Galère cependant n'Cait pas sans mérite; du 
rang de simple soldat,parveau aux premiers grades de la 
milice, il s'était distingué sous les empereurs Aurelius et 
Probus. Créé Cësar par Dioclétien, l'an 292 de l'ère 
chrétienne, il eut pour son département la Thrace, la Macé- 
doine et la Grèca. N'ayant rien de grand à laite contre les 
ennemis de l'empi,e, il tir défricher dans la Panaonie plu- 
sieurs fortts considerables, et lit écouler un lac dans le Da- 
nube, créant ainsi une rouvelle province, qui ïut appelée 
Valerie, du nom de son épouse, laquelle tait fille de Diuclé- 
tien. Mais il ne fut pas heureux dans son expédition contre 
arsës, roi de Pe.rse, et fut complètement ilCait entre Calli- 
nique et Charres. Dioch!tien, qui était à Antioche, le reçut 
avec toutes les marques du plus vif reContentement; et 
l'orguciileux César fut forcé de marcher à pied derrière le 
char imperial, comme le dernier des soldats. Il se releva de 
cette humiliation par une victoire tellement decisive que le 
monarque persan ceda cinq provinces à l'empire pour obtenir 
unepaix qui fit observée pendant quarante ans. Dès ce no- 
ment Galère, regardé comme le héros de l'empire et dé- 
cor« des noms fastueux de Persique, d'Armenique, de llé- 
diqne et d'Adiabuique, se fit craindre de Diocletien, et bien- 
tOt le força d'abdiquer. 
Galère aait apporté sur le tr6ne une fureur aveugle con- 
tre les cbréliens. La mère du césar, paysanne grossière et 
superstitieuse, était livrée avec fanatisme ì l'a.loratiun des 
divinités des monlagnes. Elle avait inspirë à son fils l'aver- 
sion qu'elle éprouvait pour les sectalenrs de l'Évangile. Galère 
pousse d'abord le faible et barbare Maximien, collègue de 
Diodétien, à persCurer l"Église; mais ce ne fut qu'avec peine 
qu'il triomphe «le la sage modération de Diocletien. Eulin, 
Galère arracba cet édit de proscription qm a rendu son 
nom et celui de Dioclétiçn si odieux dans les annales du 
chrioEsme. Aucune pe«sécution ne fut plus générale et 
plus savamment cruelle : commencée l an 03, elle dra dix 
ans. Ce ut un baplème de sang que reçut le christianisme 
au moment de triumpler par l'adopPon de Constantin. Aprës 
l'abdication de ,Maximien et de Dioclëtien (an 305), Galère, 
dominateur de l'Orient, vécut en paix avec Constance 
C h I o r e, son collëgue, qui régnait en Occident. Il n'en fut 
pas de mème de Constanti n, lils et successeur de Cons- 
tance Chlore : l'activilé de cç jeune collègue troubla la vieil- 
lesse de Galère. Ce dernier aait ordonné un ecensement 
des propriétés, afin d'asseoir une taxe générale sur les 
terres et ur les personnes; il voulut 3, soumeltre l'ltalie. 
Borne se soulcva, et appela ì la pourpre 5taxence, fils de 
l'ex-empereur Maximien. blaximien lui-éme sortit de sa 
retraite, reprit la puurpre en Gaule, et se ligua avec Cons- 
tantin goutreGalère. Cependant GalUre, avec une furie armée 
vint en ltalie pmr asseger Ruine, qu'il n'avait jamais vue. 
Effrayé de l'aspect de celle ville immense, il se retira. Quel- 
que temps apres (310), Galère succomba dans Sardique, à 
un mal allreux etdegmltant, pareil h celui qui avait enlevé 
Sylla. Les «.brétiens attribuèrent cette maladie a la ven- 
geance divine. Galèreen juges de mme, car il lit pnbher, le 
1 r mats 3Ils un édit pour faire cesser la persécution. Le 

GALÈRE -- GALERIE 
ciel ne fut point désarmé par ce tardif repentir : le t " ma'. 
Galère n'lait plus. Charles Du Bozom. 
GALÈRE (Peine des). Les chercheurs d'origines uni 
fait tous leurs efforts pour déterrer la trace ou la preuve de 
l'existence de la peine desgalères chez les Romains : c'était 
se m,.prendre trangement sur l'esprit de Ruine. Ruine eut 
une trop haute idée du métier de matelot et de rameur pour 
en faire un supplice ignoble; pour triompher de Carlhage 
et commander ì l'univers, il lui fallait des héros, non des 
scélérats; ce furent les classiari| milites, les socii ne.valus, 
qui armèrent ses chiourmes. ul texte de ses lois ne porte 
l'empreinted'un ch,timent de ce genre. Peut-être pourrait-on 
conclure de quelques passages d'auteurs anciens qu'il exis. 
tait ì Athènes; mais c'est dans le Bas-Epire qu'il ïaut cher- 
cher le mot et le supplice. D'abord on nomma 
9aleari en basse iatinité, les matelots, puis les esclaves 
et les Iorçats, qui servaient sur les galès. Les Fuçais 
rapportèrent ce mot ì la suite des croisades; ils appelërent 
9alioe et 9alrien le forçat condamné aux 9alPes et aux 
lères, encbatne et tirant la rame : 
['en istront mès par terre neparmer : 
Bien les feraia a|iesgarder. 
Un arrèt du parlement qui défend aux juges d'église de 
l'appliquer aux clercs en fait mention pour la p emiëre 
foi en 1532. Les ordonnances de Charles IX ne firent 
que rendre cette peine apphcable par tous les tribunaux 
seculiers du royaume. Ce méme prince enjoignit aux 
parlements de nê pas condamner aux galères pour moins 
de dix ans. Un règlement de police de 1635 étentLit cette 
peine à tous les vagabonds ramassés dans les rues de 
Paris : l'ordonnance des gabelles de 1680 3' condamna 
les laux-sanniers; les &.lits de chasse et ceux de contrebande 
furent punis des galères à temps et mme à pcrp#tuité jus- 
qu'au règne de Louis XVI. E dehors des cas prévns 
par les ordonnances, la peine des galères était appliq,ée par 
la jurisprudence des cours et tribunaux à la plupart des 
crimes et delits ordinaires, tels que vols, laux, etc. C'était 
en réalité la peine la plus usitée, les juges ne se faisant au- 
con scrupule de l'appliquer, parce qu'elle offrait l'avantage 
de purger le pa3,s des mallaiteurs en même temps qu'elle 
les employait au service du roi et de l'État. 
La chiourme, c'est-à-dire le nombre des gal6riens, était 
pour chaque bAtiment de 108, sans compter 80 mariniers de 
rames, 92 soldats et 30 mariniers dits de rambave. Cette 
chiourme était surveilléepar un ar9ousin,un sous-urgousln, 
et dix compagnons ou gardien% qui exerçaient un pouvoir 
brutal sur les malheureux forçats. La partie du b.timent 
appelée la vague renfermait dans un espace d'environ 
mètres 26 bancs de paJt et d'autre, auxquels ëtaieat enehat- 
nés les forçats, qui passaient leur vie nuits et jours dans oet 
étrult espace. Aux jours de combat les boulets faisaient 
d'affreux ravages parmi les galériens. Ce fut sous Louis Xl¥, 
quand les g a I è r es cessërent d'tre en uagc dans la ma- 
rine française, que les gaiCiens furent renfermés dans les 
bagnes. 
 La pénalité usitée envers les galériens était atroce. Tout 
i condamné coupable d'avoir frappé un surçeillant avec un 
i ferrement étai{ rompu; s'il avait tué un camarade, pendu; 
 pour sodomie, brtlévif; pouravoirjuré le nomde Dieu oude 
lla Vierge, il avait la langue percée d'un fer rouge. A la pre- 
 mière e asion, on lui coupait une oreille; à la seconde, il etait 
coudaumë a vie, et on lui coupait le nez. 
GALERIE. Dans son acception la plus ordinaire, ce 
mot sert ì désigner une pièce dunt lalongueur est au moins 
trois fois la largeur; dans quelques palats, il y a des gale- 
ries qui servent de communication entre 0iveroes parties des 
appartements; alors leur longueur est considérable : telle 
est la galerie du Louvre. Les grands et vastes apparie- 
ments ont souvent une galerie :c'est une pièoe d'apparat dans 
laquelle on se réunit lorsque les salons ne sent nas su|- 
lisanta. Elles sont sans ce cas décorées avec -plender : on 



GALERIE 
place méme de.objets précieux, des meubles de luxe. Les 
voOtes souvent sont couvertes de peintures, divisées par com- 
partiments, formés d'ornements, soit en stuc, soit en pein- 
turc, et toujours durCs. Les trumeaux, d'abord recouverts 
de tentures en soie ou en brocart d'or et d'argent, ont aussi 
reçu des glaces, des tapisseries représentant des personnages; 
puis on y a introduit des tableaux orinaux de diversesdi- 
mensions. Le mot galerie alors a été employé pour dési- 
gner des collections de tableaux appartenant à des souve- 
rains, à des princes, ménæ à de riches particuliers, quand 
ces collections étaient trop considérables pour porter la 
simple dénomination de cabi n et. Depuis quelques années 
on s'est servi des mots musde ou musdum comme 
synonymes de galerie; on emploie aussi maintenant le mot 
pinacothque. 
Il y a pinsieurs galeries cëlèbres par leur richesse ou par 
le mérite des peinturesdont d'habiles maltres ont été chargés 
de les décorer. Nous citerons en première ligne la galerie 
du palais F arnèse à Roue, l'une des plus petites par ses 
dimetsions ; elle jouit d'une grande célébritë, à cause de la 
richesse de sa décoration. La galerie du palais Favi à Bologne, 
où se voit l'histoire d'Énée ; celle du palais Magnani à Bo- 
fugue, représentant l'Idstoire de Romulns, enlin, le cloltre 
Saint-Michel-in-Bosco, aussi à Bologne, sont toutes les trois 
pcintes par les Ca r r ac h e. A Roue on voit aussi la galerie 
Verospi, peinte par François Albane et Badalocchi ; la ga- 
lerie du palais Pamphile, par Pierre Beretini ; puis cette cfiar- 
mante galerie du palais Cbigi, souvent désignée sous le nom 
de Farnesina, et dans laquelle Rapfiael a peint Phis- 
Cuire de t'Amour et Psyché ; enlin, la galerie du ¥ a t ica n » 
à laquelle on donne en ltalle le nom de loges : ses voates 
sont ornées par cinquante-deux sujets de l'Ancien et du 
Rouveau Testament, tandis que les trumeanx et les em- 
brasures des fenétres sont couverts d'arabesques o6 Ra- 
pl,ael a montré la grace, la facilité et la divcrsité de son 
génie. 
lons trouverons en France plusieurs galeries célèbres, 
{lles que la galerie du Louvre, la petite galerie d'Apollon, 
pete par Le Brun, et récemment restantC; la galerie pei,te 
au Luxembourg par Buhens, et dans laquelle cet habile 
artiste avail donnéI'histoire de Médicis, maintenant détruite; 
la galerie Mazarine, à la Bibliothèque impériale ; la galerie 
des ambassadeurs, souvent dite galerie de D,ane, aux Tui- 
leries; la galerie de l'hOtel Lamhert, à l'lle Saint-Louis : la 
voùte est peinte par Le Brun, et représente rapothéose 
d:Hercule; la galerie de l'h6tel de Touiouse, aujourd'hui 
l'bOtel de la Banque de France : sa voOle, peinle en 1665, 
par François Perrier, représente Apollon au milieu, et les 
quatre Élëments dans les bouts. Nous ne devons point omet- 
tre la galerie du palais de Saint-Cloué, peinte par Mignard ; 
ni la galerie de ¥ e r s a i II e s, dans laquelle Le Brun a peint 
Phistoire de Louis XIV; ni enfin Fontainebleau, palais 
dont la construcfion est si singulière, dans lequel il a existé 
cinq galeries, dont trois sont abattues depuis-longtemps. 
Parmi les galeries qui n'existent plus, il faut citer l'ancienne 
galerie du Palais-Royal, la galerie Aguado. Onsait de quelle 
richesse était la galerie du maréchal Soult. 
Nous parlerons encore de la galerie construite en Angle- 
terre dans le palais d'Hampton-Court par le roi Guillaume II! 
et la reine Marie, exprès pour placer les sept grads cartons 
peints par Raphael, et que l'on croit avoir appartenu à CI,af- 
les 1 i puis aussi de la galerie du palais Schleissem en Ba- 
vière, égalemvnt décorée de peintures et de plus 2,600 
tableaux. Nous terminerons, enfm, en citant seulement les 
noms des célèbres collections de tableaux qui portent le 
nom de galerie, telles que la galerie de Florince; à Vienne, 
la galerie impériale, au Belvédère, qui contient |,2hO ta- 
bleaux ; celles des princes de Lichtenstei, et Esterhazy, qui 
contiennent, la première 7OO tableaux, et l'autre 55O; dana 
le te de l'Aih'magne, la galerie de Dresde, où se voient 
t,.100 tableaux; elle de Sans-Souci, qui en renferme tTO; 
celles de Duddorf, de Bruuswick, n'existent plus; à i'dters- 

J 8 
bourg, la galerie de l'Ermitage; en Angletrre, les galeries de 
Marlborongh, Staflord et Cleveland. Dvcncs.e ainé. 
GALERIE (Fortification). On distingte deux espèce 
de galeries souterraines, l'une servant à l'attaque, l'autre 
à la défense des places. La 9alerie dite de commnmcation 
est construite par les assiégés pour communiquer du corps 
de la place ou de la contrescarpe aux ouvrages détachés, 
alin de n'Atre point aperçu de l'ennemi. La 9alerte de mine 
est un fossé construit par les assiégeants pour aller, à l'abri 
de la mousqueterie, au pied de la muraille et y attacher le 
mineur. Cette galerie a I m, 30 de hauteur, sur I mètre en- 
viron de largeur ; elle fait partie des travaux d'approche. La 
9alerie de contre-mine consiste en une espèce de tranchée 
élablie par les assiégés pour interrompre on détruire les 
travaux de mine. Celle-ci, qui appartient au système de dë- 
fense, est ordinairement maçsmnée, tandis que la première 
est creusée en terre et étayée avec des planches à mesure 
que le mineur avance. On appelle 9alerie d'écourte celle qui 
est praliquée le long des deux cfités des galeries de com- 
munication pour y placer des personnes cl,argées d'écouter 
et de decouvrir l'endroit où travaille l'ennemi. 
L'origine des galeries souterraines est fort ancienne: 
Enée le tacticien, qui écrivait vers le milieu du quatrième 
siècle avant J.-C., en parle comme d'une invention connue 
depuis long-temps. Chez les Grecs et chez les Romains, elles 
étaient beaucoup plus larges que les nfitres, et exigeaient 
pareonséquent un travail plus iongetplns minutieux. Lors- 
que les Romains eutreprenaient un siCe, ils établissaient 
d'abord des tranchées, ou parallèles continues. Des sapes 
ccuvertes communiquaient, sans périt, du camp à ces tran- 
chCs, et deses ouvrages aux batteries «le jet D'autres sapes 
conduisaient au bélier lorsque le moment de faire manoeu- 
ver cette machine était venu. Les galeries souterraines leur 
servaient de mine, mais ils ne faisaient usage de ce moyen 
qu'à l'instant où le bélier jouait avec le pins de force, e'est- 
-.i-dire lorsque le siCe Couchait à sa fin. Ces galeries se pra- 
tiquaient en établissant des étais sous les murs et sous les 
tours des assiégés. Lorsqu'elles étaient achevée% on y apportait 
des fascines goudronnées, auxquelles on mettait le feu. L'a- 
baisse, ment qu'oceasionnait l'incendie des étais faisait crouler 
à la fois et la partie du terrain qui s'Cendait au-dessus 
et la construction lui s'y trouvait placée. C'est aussi sous 
l'abri des galeries qu'on faisait jouer le bélier. Une des gale- 
ries les plus remarquahles etait la vigne (vinée, vinea) ou 
treille, destinée à faciliter l'approche d'une place. Construile 
en bois de charpente, elle avait 5 mètres de long, 2',60 de 
haut, et m,25 de large. La couverture Cait plate et se cort 
posait d'une double toiture, dont l'une en plancl]es, l'autre 
en clayonnage. Les c6tés étaient revëtns, en dedans, d'o- 
siers préparés pour cet usage ; en dehors, de cuir mouillé. 
On mettait ordinairemen! plusieurs vignes à la suite les unes 
des attires pour en former une longue galerie. 
G.kLER.IE (Mines). Lorsqu'on s'est assuré, par un 
moyen quelconque, de l'existence et de la position d'un 
filon, et de la nature du minerai dont il est composé, on y 
parvient par des chemins souterrains, que l'on appellepuils 
on butes, Iorsqu'ils sont perpendiculaires ou très-obliques. 
Ces chemins prennent le nom de 9aleries quand leur direc- 
tion est horizontale ou du moins très-peu inclinée. Si 
galerie est percée daus le sein d'une montagne, et si sa lon- 
gueur est un peu conçidérable, on ouvre, au-dessus, des 
puits de distance en distance. C'est par ces puits ou soupi- 
raux que l'air de la galerie se renuuvelle. 
GALERIE (Marine). C'était une espèce de balco 
établi à l'arrière, au-dessus du gouvernail, faisant un peu 
saillie en delmrs, décoré d'ordinaire d'une haluslrade, 
servant de promenade au capitaine. Aujourd'lmi la galerie 
est à peine saillante, parfois méme elle n'est que simuh"e. 
Autrefois il y en avait souvent deux élage, et on les appelait 
jardins, à cause des fleurs dont on les embellissait. On les 
fermait avec des rideaux de soie ou de velours, garnis de 
va.ssementerie. 



On nomme également galerie un couloir ou corridor pra- 
tiqué dans l'intérieur d'un vaisseau de guerre, ì la hauteur 
du faux-pont, c'est-a-dire à la flottaison. Elle sert aux char- 
pentiers pour la visite qu'ils font de la muraille du vaisseau, 
et facilite, pendant le combat, les réparations que nécessi- 
tent les blessures faites ì la coque du batiment par les bou- 
lets ennemis. 
GALÊRIEN. Avant la suppression des bagnes, quand 
un voyageur venait visiter nos grands arsenaux maritimes, 
son oreille était d'abord frappée d'm bruit de chaines len- 
tement trainC sur le pavé; ce bruit sinistre l'accompagnait 
partout : sur les quais, sous les vo0tes des édifices o/ s'exé- 
cutent les travaux du port; puis à chaque pas il rencon- 
trait des hommes vètus d'une manière étrange et accouplés 
deux à deux ; un lien de fer les unissait, rivé par chacune de 
ses extrémités  la cheville de leurs pieds : des souliers in- 
forme% un pantalon en laine jaune, une chemise rouge bi- 
garrée de jaune et marquée de numéros clivera, un sale 
bonnet aec une plaque de plomb numérotée, tel était leur 
accoutrement; et l'ét«anger qui s'arrétait devant le pas.rage 
de ces bandes d'hommes enchalnés ne demandait pas méme 
leur nom à son guide : il avait reconn les galeriens, 
hommes qui ne conduisaient plus de galères, mais qui en 
avaient gardé leur dénomination ; il avait lu |cur condamna- 
tion, travazxforcds, dans les deux lettres TF, imprimées 
sur le dos de leur chemise. Un premier sentiment de pitié ou 
de douleur s'éveillait au fond de son rime quand il voyait le 
garde chargé de ramener au parc ces étres humains accé- 
lérer leur marche aec le bàton, et, semblable au chien du 
berger qui r6de en grognant autour du troupeau, rallier par 
d'elfroyables menaces ou par des coups le tralnard qui s'é. 
cariait des rangs; mai. »IiI fixait un instant son oeil sur 
toutes ces figures hlées et bronzées, il frémissait involon- 
tairement sous leur regard oblique et fauve ; sa pitié s'ef- 
façait et faisait place  la crainte ou au dégoùt : c'est que to 
portaient sur le front un stigmate de réprobation et de 
haine invétérée; c'est qu'il preent.',it instinctivenent que 
cette horde de brigands, au milieu méme du châtiment 
¢lu'iL sbi.saient, ne cherchait das la nature entière que de 
aouveaux moyens, de nouvelles occasions de crime. 
Une fatale destinée présidait à la vie du galdren. Arrivé 
au point de sa destination, on lui arrachait ses vétements, 
dernier souvenir de la société qui le répudiait; il endossait 
Uuniforme dégradant du forçat; on lui jetait au hasard un 
compagnon qui devait partager sa chalne, son sommeil, ses 
travaux, sa nourriture, son repos, son existence de tous les 
instants; on le ariait... Épousailles Cranges! une chalne 
de fer, rivée sou te marteau de |'exécteur, était |a ban- 
delette sacrée du mariage du forçat, un garde-chiourme 
était son dieu d'hyménée !... et alors s'ouvraient devant lui 
les grilles du bagne. C'était dans ca séjour maudit que venait 
se naturaliser le forçat. Si cette terre ne lui ëtait point 

GALÉRIEN 
soir qu'il fallait étndier le rçat; ses causeries étaient des 
cours complets de vol et d'assassinat, le récit'de forlaits 
inouis, son badinage faisait peur ; o:ffi craignait toujours que 
du poids de ses fers il ne broyt la ttte qu'il semblait ores- 
ser. Mais le lourd bton du garde de service planait sans 
cesse sur lui, et prévenait tot dénoOment tragique. Parfois 
des scélérats famen s'apostrophaient et engageaient une con- 
versation  tue-téte. L'assassin, le faussaire, le voleur de grands 
chemins, le suborneur atroce, se chargeaient tour  tour de 
peindre la société, sa justice et ses lois. La langue qu'on 
parlait I a son dictionnaire et sa grammaire, argot dé- 
gn0tant, plein de comparaisons fangeuses, où étincellent 
asi d'effraantes métaphores, des ouomatopés terribles. 
Au bae tout était ignominie et lcheté ; le fanatisme, 
la vanite, l'énere, abandonnent bien vite l'homme dans 
les chalnes; la trahison mine tout : c'élait le grand levier de 
gouvernement de leur chel; à l'aide de quelques primes 
offertes à la delation, il se tenait au courant des plus sourds 
complots. Le cercle des plaisirs et des doul,urs du forçat 
était très-petit ; pour lui, la pudeur et l'honneur n'étaient 
plus une barrière ou un aiguillon; les coups de baton ne 
réveillaient pas son orgueil, il ne les mesurait q,fau taux 
de la douleur physique. Mais toute son apathie disparaissait 
au flair d'une mauvaise action; il allait quétant sans cesse 
le conscrit ou le voyageur badaud, pour lui escamoter sa 
montre et son argent ; il s'assait de plumer l'oison, et aior 
il deployait une adresse et une activité prod;gieuses : cepen- 
danl, il ne résistait pas à la menace des coups de corde quand 
il était découvert : le vol, an bae, n'êtait qu'un délit de 
discipline. 
Survenait-il une grande catastrophe, l'me du forçat, 
avide d'émotions fortes, s'Cevait et semblait se purifier : 
on n'oubliera pas que qmnd Sidney-Smith vint incendier 
nos vaisseaux à Toulon, ce furent les forçats qui sau- 
vèrent l'arenal. Pendant le choléra, au moment od la peur 
faisait oublier les devoirs les plus che.fs, c'etaient eux qui 
ramassaient et enterraient les cadavres; ils jouaient avoe 
la mort, et comme alors ils étaient l'objet de soins pacu- 
liers dans leur reconnaissance diabolique, ils criaient: 
« Vive le choléra! » Lors de l'incendie du chantier du Bous- 
sillon à Toulon, ils se montrèrent pleins de zle. Aucun ne 
chercha  fuir: Les évasions de forçats étaient du reste asse 
rare» en général : il ne .uoEsait pas d'avoir franchi l'enceinte 
de l'arsenal, il leur fallait de l'argent pour gagner un asile. A 
l'expiration de leur chatiment, l'autorité leur donnait 2 fr. 
pour se procurer un vétement; le pécle qu'ils avaient amas. 
dans leurs années de captivité leur était payé à domicile. 
,lais le bag-ne était on tourbillon qui absorbait toul ce qui 
avait mis une fois le pied dans sa sphère d'activité. Que 
pouvait faire le forçat libéré ? Objet des craintes ou des dé- 
. go0ts de tout le monde, il ne pouvait q]e rarement tronver 
du travail pour exister; la socité le forçait  la guerre, et il 

étrangère, ou, pour nous servir du langage consacré des ha- allait de nouveau, entralné par une force invincible, peupl 
bitants, s'il était vieux fagot, il se voyait  :'instant en- le bagne, qui ne lachait que rarement sa proie pour long- 
routé, serré, embraé, porté en triomphe par ses anciens ffi temps. On voyait méme quelquefois des prisoniers des mai- 
¢ompa..,mon.; il racontait ses courses vagabonde% ses hauts i 'ons centrales commettre quelque crime dans le seul but 
faits, sa gloire et sa chute; i{ terminait par une nouvelle : d'aller au bagne. 
méthode d, • tromper l'argozsin. Mais si le condamné ap- i Le mariage du bagne n'était point indissoluble'; souvent 
paraissait pour la première fois dans cette enceinte de bannis, , deux exislences antipathiques se trouvaient fxées  la mme 
si son nom n'y avait pas encore ëté apporté par la renommée, ' chalne ; de I d'effroyables baines, des querelles, des luttes 
s'il était bois vert, en un mot, ou jeune fagot, il subissai ! sanglantes; le divorce alors était prononcé, et d'autre 
n interrogatoire, et on l'initiait  la morale du lieu, morale : unions se cimentaient. 
brillante comme un fer rouge, et dont l'horrible langage I Nulle femme n'entrait au bagne, nulle, excepté la reli- 
trouvait le moyen dëveiller un dermcr rayon de pudeur au ] gieuse ho.pflalière qui s'est dévouée à toutes les agouiesde 
front mme ,le ihomme q,i a laissé toute honte sur la sel- [, l'humanité ; là il y avait des paious dont le nom I 
iette des assises, f)ans les enseignements qu'il recevait, tout ] tuerait la pudeur. 
remords s'effaçait; il prenait confiance en lui-reCe; la [ Quelques bagues existent encore en partie; mais ils ne 
réprobation univer.eile cessait de peser sur son ame; il sont plus que l'ombre du tableau qui vient d'en etre trac. 
irouvait de ami.% ,es frères. I Les bras du forçat sont remplacés par des bras d'ouvriers 
Le soir, quand le forçat etait rentré, il soupait, causait et [ libres. La nouvelle loi sur lcxecution des t r a v a u x fo r cés 
adinait, put% ,m coup d-. siffle{ ,l'an adj,dan{ deschio,rmes,  transporte  la Guyane les condamnés qui venaient autrefois 
I se taisait e! s'endormait. C'était au milieu de ses ébats du finir leurs jours dans les bagnes. Juso?'à quel point les ça- 



6ALÊRIEN -- 6ALIAII 
i}rian« ont-ils gardé là bas lesmoeurs du bagne? lous ne sau- 
rions le dire. Théogène PACE. 
GALERIUS. Voyeæ GAE. 
GALE l TM" Le mouvement des vagues, en poussant vers 
la cGte des fragments de roches arrachés au fond de la mer, 
les arrondit en les frottant les uns contre les autres. De 
résultent ces fragm nts rouiés, qui couvrent la plage sur les 
bords de la mer, et que l'on nomme galets. Ils s'accumu- 
lent en couches Coisses aux points les plus élevés at- 
teints par lesvagues. L'étude des galets n'est pas sans intérét 
pour le géologue. La situation de plusieurs amas de ces 
cailloux rouiés bien au-dessus du niveau actuel de la mer 
indique le soulèvement qui a da s'elfectuer dans certaines 
contrées. 
GALET, petit disque d'ivoire, de métal, etc., qui sert à 
plusieurs usages. En mécanique, on emploie des galets pour 
diminuer les ff o t t e m e n t s; alors ils sont montës sur un 
axe comme les 'oues d'engrenage : dans cette application, 
les galets ionctionnent comme des roues de voitures. Par 
exemple, supposons qu'il s'agisse d'un des pivots de l'arbre 
d'une grande roue : s'il tournait dans un coussinet, il Crou- 
refait un certain frottement, qui sera singulièrement di- 
minué si cet arbre pose sur deux galets mobiles sur leurs 
aKes, et avec lesquels il n'est en contact qu'en deux points 
seulement. "EYSSÈDItE. 
GALETAS. C'est, dans le langage dédaigneux des favoris 
de la fortune, l'humble réduit de l'indigence. A ce mot, on 
se représente une petite chambre penchée sous les toits, 
ouverte aux quatre vents, meublée de quelques chaises et 
d'un mauvais grabat, le tout en désordre, circonstance in- 
hérente à la denomination de galetas. C'est ce qui le relègue 
fort au dessous de la mansarde de la grisette, coquettement 
décorée par elle, et mme au-dessous du grenier, que le 
ministre Corbière jugeait assez bon pour les gens de lettres. 
Dans sa fablede La Devineresse, La Fontaine nous apprend 
que de son temps il fallait, pour inspirer la confiance, qu'un 
galetas frit la demeure des gens qui se raclaient de pro- 
phétiser l'avenir. Aujourd'hui plus d'une sorcière en vogue 
a pignon .ur rue et loge au premier étage. 
GALIANI (FaArno, abbé ), naquit le 2 dcembre 
1728, à Chieti, dans l'Abruzze uitCleure. Dès l'Sge de huit 
ans il fut envoyé à Naples, chez son oncle, dom Célestin Ga- 
llani, qui était alors premier chapelain du roi. Il s'y livra à 
l'étude de la philosophie et des lettres, et surtout à celle 
du commerce et de l'économie politique. A seize ans, dans 
une académie des Emules, il prit pour sujet de ses tra- 
vaux l'Cat de la monnaie au temps de la guerre de Troie. 
Il puisa dans cette dissertation, qui obtint un grand succès, 
l'idée première de son grand ouvrage sur les monnaies. A 
dix-huit ans, il entreprit un travail sur l'ancienne histoire 
de la navigation de la Méditerranée. En 17tt9 il publia un 
petit volume, qui obtint un grand succès de scandale. C'é- 
tait l'Coge funèbre du bourreau Domenico Jannacone, 
qu'il composa pour se venger d'une académie dont il croyait 
avoir à se plaindre. L'usage établi par ce corps illustre de 
letterati voulait que lorsqu'il mourail à llap!es quelque 
grand personnage, tous les académiciens pobtiassent à la 
louange du défunt un recueil de pièces en prose et en vers. 
Le bourreau de Naples étant mort, Galiani, aidé d'un de ses 
amis, composa sur la mort de ce fonctionnaire un recueil de 
pièces trs-sérienses, qu'il attribua à chacun des académi- 
ciens, en imitant l'allure de leur style. Cette publication va- 
lut à l'auteur dixjours d'exercices spirituels. Peu de temps 
après, il lit oublier cette escapade de jeunesse en publiant 
son Trait sur les onnaies, auquel il Iravaillait depuis 
plusieurs aunées. Le grand succès de cet ouvrage engagea 
l'év&lue de Tarente à faire obtenir à Galiani quelques 
bénéfices, qui le voussèrent à t)rendre les ordres mineurs. 
Son oncle le fit ensuite voyager en Italie. Il fut accueilli 
partout avec honneur, et l'Académie de la Crusca le reçut 
rmi ses membres. 
Id a laissé en mourant huit gros volumes de lettres 

DICT. DE L CONVEIS. -- T. X. 

89 
de savants italiens, et quatorze de savants, de ministres et 
de souverains étrangers, qui réunis avec les siennes con- 
tiennent l'histoire politique et liftCaire de son temps. En 
t75t il pubfia un ouvrage sous ce titre : Delta lerfetta 
Conservaione del Grano, discorso di Bartolomeo lntiert. 
Cet Intieri était un célèbre mécanicien, qui, désirant rendre 
publique, par la voie de l'impression, la machine de l'etuve 
à biC qo'il avait inventée vingt ans auparavant, s'était adressé 
à la plume élégante de notre abbé. Galiani fut le premier qui 
entreprit de former une collection de pierres et de matieres 
volcaniques du Vésuve. Il écrivit sur les éruptious de cette 
montagne nne dissertation savante, qu'il dédia au pape Be- 
noir XIV. Le pontife y répondit par le canonicat d'Amalfi, 
qui valait 00 ducats de rente. Galiani possédait déjd un 
bénéfice de 500 ducats, qui lui donnait la mitre, avec le titre 
de monseigneur, et un autre, moins bonoriliqne, mais 
qui lui rapportait 600 ducats. Son Oraison funèbre de Be- 
noir XIV acerut sa renommée. Il a tourni plusieurs 
moires au premier volume des Antiquitœes d'Herculanum, 
qui parut en 1757. Le roi de Naples, pour récompenser ses tra- 
vaux, lui fit une pension de 250 ducats. En janvier 1759 
il fut nommé secrétaire d'Ëtat, en mme temps que secré- 
taire de la maison du monarque, et quelque temps après se- 
crétaire d'ambassade en France. Il arriva  Paris au mois 
de juin suivant. L'originalitéde sa conversation, la ivacité 
de ses gestes, de son esprit, l'extrme petisse de sa taille et la 
mobilité de ses traits, obtinrent bient6t dans les salons de 
la capitale un veritable succès. Lié avec Grimm et Diderot, 
il devint un des babitués des salons de Mmes Geolfrin et 
d' E p i o a y et du baron d' H o I b a c In. Il s'exerça assidt'tment à 
écrire en français, et commença son Commentaire sur Ho- 
race. L'abbé Arnaud, avec qui il était intimement IlC en 
inséra plusieurs Iragments dans sa gazette littéraire. 
Après quelques voyages, il écrivit en français des Dia- 
logues sur le Commerce des Bl6s, pnbliés par Diderot, en 
l'absence de Galiani, sous la date de Londres, et sans nom 
d'auteur. Cet ouvrage fit une vie sert.cation. Voltaire disait 
que pour le composer Plalon et [lolière semblaient s'etre 
réunis. Pendant que ce livre instruisait et amusait Paris, 
l'auteur était entré à Naples dans les fonctions de conseiller 
du commerce : il y joignit bient6t celle de secrétaire du 
morne tribunal. Ces deux places lui valaient 1,600 ducats 
par an. En 1777 il devint l'un des ministres de la junte 
des domaines royaux, à laquelle étant confié tout ce qui regar- 
dai le patrimoine privé du roi. Ces occupations ne nuisaient 
point à ses travaux littéraires. 11 a laissé presqu'au complet 
un traité qui lui fut inspiré par son grand amour pour Ho- 
race. Le projet qu'il eut d'une academie dramatique le con- 
duisit à vouloir composer lui-mme un opCu-comique sur 
un sujet bizarre : c'était Le Socrate imaginaire, repré- 
senté par un homme ridicule et borné, fana.tiquement épris 
de Socrate, et imitant b«rlesquement les actions de ce phi- 
losophe. Le poëte Lorenzi écrivit la pièce ; Paisiello en cern- 
posa la musique, et cet opéra bouifon eut le plus grand 
succès en Italie, en Allemagne, et jusqu'h Saint-Pétersbourg. 
L'abbé Galiani cultivait lui-mme la musique avec une pas- 
sion réelle : il chantait aéablement et s'accompagnait fort 
bien du clavecin. Il avait un musée de monnaies antiques, 
de médailles rares, de pierres gravé.es, de camées, et ce mu- 
sée était un des plnns curieux de ffaples. 
Le 8 août 1779, une terrible éruption du ¥ésuve jeta 
l'effroi dans cette ville. Pour dissiper la terreur de ses con- 
citoyens, Galiani écrivit en une seule nuit un pampldet sur 
cette éruption : on rit, et on ne trembla plus. Dans la mme 
année, il pLnblia Lin ouvrage intitulé Del Dioletto napole- 
tune. On y lut pour la première fois l'lnistoire de ce dia- 
lecte, que l'abb6 Galiani suppose avoir été la langue primi- 
ve. En 1782 il publia un in-4 ° sur les Devoirs des princes 
neutres envers les princes belligœerants, et de ceux-ci 
envers les neutres. La meme année il fut nommé preuner 
assesseur du conseil général des linances. Un mois après, 
le roi lui donna l'abbaye de Senrcoli, qui valait, toutes 



9 0 GALIAiNI 
charges et pensions déduites, 1,200 ducats de rente. La 
place d'assesseur d'économie dans la surintendance des fonds 
d la couronne, à laquelle il tut nommé en 1784, ajouta 
600 ducats à son revenu ; mais déjà sa santé s'altérait : il 
eut le 13 mai 1785 une première attaque d'apoplexie. 
voyagea De retour d aples, il déclina rapidement. Il vit 
approciter 'a mort sans rien perdre de sa gaité, et s'entier- 
mit paisiblement du sommeil éternel le a0 octobre 1787, 
gé de cinqnanle-neuf ans. Jules 
G&LIAIO (Don Aromo ALCALi), longtemps l'un 
des cbeldu parti démocratique en Espagne, ne vers 1790, 
Cadix, était encore completement inconnu avant 1820. 
seconda alors puissamment le mouvement insurrectionnei de 
l'lle de Léon, et rédigea les proclamations du général Qui- 
roga. En 182t il était chef politique (préfet) de Cordoue, 
lorsqu'il fut appelWà faire partie de l'assemblée des cor- 
tès, dans laquelle il ne tarda pas à se signaler au nombre 
des exaltados les plus ardents. Quand i'intervenlion de la 
France menaça la révolution dans son existence, Galiano 
n'heita pas à demander qu'on déclarat le roi en ëtat d'em- 
]at:chement moral, cas prevu par la constitution, et qu'une 
régence provisoire ftt, en conséquence, chargée du pouvoir 
exécutif. Les succès de l'armée fi-ançaise ayant bientOt con- 
traint tous ceux qui s'étaient compromis àaller demander un 
reluge à l'étranger, Galiano se retira en Angleterre. La mort 
de Ferdinand lui rouvrir, en 1833, les portes de sa patrie; 
et député aux cortès de 183- par la ville de Cadix, il re- 
prit dans celle assemblée son foie de tribun du peuple. 
Toutefois, les évenements de la Granj a ( t836 ) semblèrent 
modifier profondément ses opinions; et tous ses discours pri- 
rent dès lors une teinte de moderation qui insensiblement 
devint une désertion complète de ses anciens principes. Voila 
déjà Ionglemps qu'on le compte au nombre des menlbres 
les plus inlluents du parti conservateur; nouvel et fi'appant 
exemple de la versatilité qui de nos joffs est le carac- 
lère a peu près général des hommes poliliqnes de tous les 
pays, et que trop souvent on altribue d des causes hon- 
teuses, tandis qu'elle n'est peut-être que le rësullat du doute 
produit par la pratique réelle des affaires dans de bons es- 
prits, qui comprennent un peu lrop tard qe les faits sont 
toujours plus p,issants que les Ihéories, si sublimes qu'elles 
puissent lie. Au moment où éclata à Madrid ( juillet 1854 
la neuve.le révo'.ution qui a remis le pouvoir aux [,tains 
d'Espa t-tero, AIcala Galiano occupait ì Lisbonne, depuis 
185t, le poste d'ambassadeur d'Espagne. 
GALICE ( en espagnol Galurin ), chez les anciens le pays 
des Artabri ci une portion de la Gallxcio, province hwmant, 
avec le titre de royaume, l'extremité nord-ouest de l'Espagne, 
comprenant «ne superlicie de 578 ,nyriamètres carré.s et une 
population de 1,00,000 àmes, et tdivisëe aujourd'hui en 
quatre provinces : celles de la Corogne, de Luge, d'Orense et 
«le Ponteedi-a. La Galice, qui se rallache aux montagnes 
boisëes du royaume de Léon, est une vaste région monta- 
gneuse, dont la « haine centrale, le mont Cebrero, s'etemlant de 
l'est a l'ouest etre le Minho et le Sil, atleint une élévation 
de 2,000 mèlres et est entourée de chaque c6té de plateaux 
deserts, i»auw'es en bois comme en plantes, veritables steppes 
de monlagnes appelés Parameros, que dominent des ifics 
de 3 à 500 mres de hauteur, complétement nns et dé- 
pouillés. Ces plaleaux vont en s'abaissant par terrasse suc- 
eessiv«s jusqa'a la cote, qui presente une multitude d'échan- 
crures prolbmles, aux contours abruples ci tourmentes, et que 
borde une chaine de rochers d'enwron 350 mètres d'éleva- 
tion et prësentant les an[ractuosites les plus sauvages. Les 
caps Finisterre et Ortegal forment les saillies exlrdmes 
de celle cote. De nombreux cours d'eau, dont le plus im- 
portant est le Minho, avec ses affluents le Sil et l'Avia, ci qui 
en outre devient navigable dans sa partie inferieure, cons- 
titucnl chacun d lem| emboucl,ure ce qu'on appelle des tins, 
c'est-d-dire des solutions de contmuité «le la cote asz 
semblables à ce que dans les mers de la Scandinavie on 
nomme dcsfjord% offrant des racles et des ports assez sCrs. 

-- GALIEN 
Le climat dans l'intérieur du pays est pe, et sur les ter- 
rasses voisines des c6tes immide et tempéré. La nature du 
soi varie beaucoup : aride et stërile ici, il se couvre là des 
plus riches pSturages, et se prëte mme à la culture de la 
vigne et des orangers. 
Les habitants, appelés en espagnol Gallegos, sont une 
racevigaureuse, énergique et laborieuse. Ils parcourent 
pagne en cherchant partout à gagner et à amasser au moyen 
des plus rudes travaux un peu d'argent pour revenir plus 
tard se fixer dans leur pays natal. Tous les porteurs d'eau 
à Madrid sont des Galiciens. Comme soldats, ils forment 
d'excellentes troupes, remarquahles par l'exacte discipline 
qu'elles observent, par la facilité avec laquelle elles suppor- 
tent les plus grandes privations, la taire, la soif; aussi con- 
viennent-ils surtout au service de l'infanterie. On les appette 
souvent les Ggscons de l'Espagne; et elfectivement il y a 
une ressemblance frappante entre le caractère de ces deux 
rares. La pcbe et la navigativn constituent les principales 
occupations des habitants de la Galice, et c'est depui-" pu 
seulement que quelques fabriqmes de toiles ont été Iondíe 
dans le pays. Les villes les plus importantes de la Galle.e, 
après Saint-Jacques de C o m p o ste i I e, son chel-lieu, sont 
La Corogne t Le Ferrol, toutes deux ports de mer et 
enlourees de fortilicalions. 11 faut encore mentionner Lugo, 
ville de 5,000 habitants; Orene, dont le chiffre de popui 
tion est le mê.me, avec un beau pont sur le Minfio; onte- 
vedra, avec 3,OOO habitants, un port et nn pont snr le C 
fez; Tuy, avec 5,000 lbitants et une forte citadelle 
et Vgo, pelits ports, chacun avec 3,000 habRants. 
GALICIE. Voyez GALLICI£. 
GALIEN (CLvV), naquit sous le règne'éclairé d'Adrien, 
vers l'an 131 de l'ère chrétienne, à Pergame, ville de l'Asie 
t',hneure, fameuse par son temple d'Esculape. En cons,.quence 
d'un songe de son père, ses etudes furent dirigées vers la 
medeciue, ce qui ne l'empècha point de enltiver la philo- 
soplfie, dont il suivit les plus grands marres, bride d'ins- 
truction, il parcourut studiensement la Grèce, suivit les 
çons des professeurs d'Athènes, visila i'Asie Mineure, et se 
lixa plusieurs années à A]exandrie, alors la seule ville dit 
monde où l'on enseignàt l'anatomie de l'homme. Toute- 
fois, Galien ne trouva dans cette cité que des moyens d'ë- 
rude fort restreints. Alexandrie ne posslait que deux sque- 
lettes Immain% et la dissection des cadavres y était interdite. 
Galicn dissqna principalement des singes; et sa description 
du larynx eu est la preuve. Il se procura d'ailleurs de 
squelettes de brigands laissés sans sépuiture ; les oiseaux de 
proie, dit-il, prennent soin de préparer ces squelettes. Avec 
des élèments aussi imparfaits, on comprend combien il a 
fallu de mérite à Galien pour composer ses otavrages d'ana- 
totale et de physiologie, en particulier le De Usu Partium 
et l'ouvrage intitulé De LocLs a.ffectis, où quelques erreurs 
de dêtail ont de si puissants motis d'excuse et de si nom- 
breuses compensalions. 
Galien exerça quelque temps la cldrurgie à Pergame, sou 
lieu natal. Il y tint mème une officine pour la vente des 
mèdes. Mais il se rendit bientOt ì Reine, ou il eut comme 
mé«lecin un succès incomparable, une vogue inome. Ses 
profondes ëtudes, l'habitude du travail, son érudition, sa lac 
cilité, sa jaclance, sa parole brillante, 1¢ placOrent au-des- 
sms de toute rivalité, et l'exposèrent aux jalousies. Jamais 
médecin n'eut plus d'ennemis et n'excita tant de haines. 
Le père Labbe, qui a fait l'histoire de Galien par année, 
dit que trois fois il quitta Borne devant la jalousie de ses 
confrères. Le malheur est que la peste régnait alors; et l'on 
peut croire que la crainte de la contaon ne fut pas étran- 
gère à cet exil momentan mais réitéré. 
Il etait le médecin et l'ami assidu de Ltmias ¥rus, et, 
ce qui es bien plus honorable, de Maru-Aurèle. Alors que, 
pendant la peste de Reine, Galien s'êtait retwt à Perame 
ces deux prince s'étaient eux-mèmes rélugiés à ,qcilée, 
ant la contagion prétendue inspirait de terreur en ces temps 
loignés. Appelé à Aqsuiée par les deux enpereursç Galien 



GALIEN -- GALILÉE 

91 

quitte Pergame et se rend prs d'eux, biais bient6t la peste 
se déclare à Aquilée, et les emperenrs se sauvent ver l'Al- 
lemagne, pendant que Galien se hàte de retourner à Per- 
gaine. 51arc-Aurèle, si brave à la guerre, avait peur d'une 
épidémie : faible excuse pour Galieu! 
La mleciue de Galien est toute de raisonnement; et comme 
il ignorait les laits réels, il raisonnait sur des faits hypoth- 
tiques : on le voit sans cesse disserter sur les éléments, sur 
l'état des humeurs, les intemp6ries, le sec et l'humide, les 
temperaments, etc. Il n'affectait au reste aucune doctrine 
particulière; mais comme il les avait tontes étudiées, il 
les repoustait toutes. Il se moutra'tt méthodiste a,ec les 
empiriques, empirique avec les méthodistes. Son avis préva- 
lait constamment, sinon par la bunté de sa doctrine, au 
moins par la puissance de son esprit et la vivacité de son 
langage, diffus, prolixe, mais toujours méthodique, comme 
est le stle de ses ouvrages, si contrastant avec la concision 
et le desordre des sentences hippecrat4qnes. Boerhaave a 
dit de Galien qu'il a heaueonp oui et beaucoup servi, sans 
declarer si c'est Futilité qui l'emporte : multum profuit, 
taultum nocuit. Sans doute les suppositions gratuites dont 
les ouvrages de Galien sont remplis nnisaient au progrès de 
la médecine d'observation ; en cœ point elles ont retardé, 
arrêté la marche de l'esprit humain. Au lit des malades, 
pendant des siècles, la grande affaire n'était pas d'eludier 
en quoi l'homme souffrait, il lallait savoir ce qu'en et pen 
Galien; et plut6t que d'étudier des s}mpt6mes appréciables, 
on feuilletait des in-folio exigeant interprêtation. Pendant 
qu'on interprétait, le malade allait tout doucement retrou- 
ver Galieu. 
Mais où Gahen a été d'une utilité incontestable, c'est en 
anatomie. La structure de l'homme n'a point changé; et 
comme anatomiste, GaIiea est toujours jeune : on le pren- 
drait pour nn contemporain. Boerhaave lui-mme s'instrui. 
sait à ses leçons, et bien d'autres que Boerhaave. A l'excep- 
tion de l'arachnoide, il eomaissaitlesméninges ou membranes 
du cerveau; il savait que le cervea|| est insensible à la sur- 
face, et n'ignorait pas les mouvements d'éiCation et d'abais- 
semeut que lui communique la respiration. Il connaissait 
comme nous les phénomènoe du croisemeut nerveux, et 
presque autant que Lort% Legal]ois, bi. Fiouv¢ns, i point 
de la moêlte vertébrale qui préside aux muuvemcnts vitaua : 
C, alieu croyait ce point placé vis-à-vis la deuxième vertebre 
cercle aie. S'il n'a pas découvert les nerfs récurrents, ou 
laryngés inferieurs, au moins les a-t-il bien décrits; et 
il avait observé que les nerfs vertébraux président à la 
fois aux actoe de sensibilité et de mouvement. II n'ad- 
mettait encore que sept paires de nerfs cérébraux, au 
lieu des douze que nous connaissons ; mais il niait comme 
nous que les nerfs optiques fussent croises. Comme les par- 
tisans actuels du fluide nerveux, fl croyait les nerls cauali- 
eulës; son exreur était de placer le siége de i'dfaction dans 
les veutricnles du cerveau, et de faire passer les odeurs 
par les trous de la lame criblée de i'ethmoide. 
Il savait que les artères contiennent du sang, et recourait 
à la compression des vaisseaux pour arrèterles i,émorrhaes; 
cependant, il n'avait pas le moindre soupçon que le sang 
circule, quniqu'il se rendit un CO[lpte judicieux de l'utilité 
des anastomoses vasculaires. 
Aucun naturaliste, sans excepter Buffon, n'a donné de 
la main et du pied une description aussi complëte et aussi 
magnifiq«e que Galieu. C'est lui qui compare les organes 
corporels à la forge de Vulcain, od tous les outils, égale- 
ment animís, se mouvaient d'eux-mmes. Le premier il 
avait remarqué que les muscles des mchoires sont d'une 
énergie proportionnée an genre de nourriture : en cela il 
avait devanoé Cuvier, qui a placé Galien en conséquence f6rt 
au-dessus d'Hippocrate, moins professeur et moiu écrivain 
muc lui, mais penseur plus vrai et plus profond. 
Ce que les philoeophcs et les mëdecins anciens plaçaient 
an cteur, l'iulelligence et les passions, Galien lui le plaçait 
judtcieument au cer eau.'. 

Quoique le premier et le plus occupé des praticiens d« 
Borne, Galieu néanmoins se livrait àdes démonstrations pu- 
bliques d'anatomie; et il composait pour la postérité un 
nombre prodieux d'auvrages, fruits de ses vo)ages et deses 
veilles. Peu d'auteurs l'ont égalé pour la fécondité de l'es- 
prit. Il avait écrit plus de 500 livres sur la médecine seule, 
et œee5o sur la philosophie, la géométrie, la logiqueet même 
la grammaire. Presque tous ces derniers ouvrages sont 
perdus, ainsi que plus de la moitié des autres. 
Jusqu'au quinzième siècle, tous cenx qui ont éca-it sur la 
médecine, sans excepter les Arabes, n'ont fait que commen- 
ter les œuvres de Galien ou en donner des extraits. 
Il exerçait à la fois toutes les parties de l'art de guérir, 
comme nos médecins des campagnes, à cela près de la sa. 
périorité : il pratiq||ait des opérations et préparait les re- 
mèdes. Il avait la prudente coutume de n'administrer aucun 
medicament nouveau sans l'avoir éprouvé sur lui-mme. 
C'est  lui qu'est d0 le principe que les maladies se gud. 
rsent par leurs contraires, méthode opposée à celle 
de Hahnemann, dont les partisans la repoussent sous le 
nom d'allopathie, qu'iIs prononcent sur un ton d'injures. 
Galien divisait tout par quatre : il admettait quatre eléments, 
quetre qualités elémeutaires, quatre tempéraments, quatre 
hmneurs, le sang, la pituite, la bile, l'atrabile. 
Galien counaisit du pouls tont ce qu'un grand médecin 
peut en savoir. Lui qui ignorait la circulation du sang et 
la cause des battements artériels, il composa jusqu'à seize 
livres sur le pouls. Le seul toucher d'une artère lui fit plus 
d'une fois predire des l|émorrhagies, des crises diverses, 
et dëcouvrir des maladies et jusqu'à des passions cachées. 
C'est ainsi qu'il découvrit que la maladie d'une dame rn- 
ntaine avait pour canse son amour contrarié pour un baladin 
nomme Pilade. Il est vrai qu'il avait surpris ce Pilade aux 
genoux de sa malade. 
Galien avait remarque l'espèce d'inquiétude qu'éprouvent 
les u|alades à l'instant on le medecin saiAt le bras pour tou- 
cher l'artère. Il rira parti de cette obervalion. Il choisis- 
sait ce moment d'cmotion pour obtenir d'eux, avec solen- 
nite, le serment de ne lui rien cacher de ce qui concernait 
son art et pouvait intéresser la guérison. De sorte que le 
pouls lui révëlait d'autant plus de choses, que le malade, 
agite de crainte, montrait plus de sincérite. Il décourit 
ainsi qu'nn liévrenx avait quitté ses remèdes pour ceux 
d'uu guerisseur ignorant ; et Galien s'en vante avec orgueil... 
On dira peut-être que ce n'est pas I du charlatanisme. 
Peut-ëtre I mais c'en est bien près. 
Cet »omme si célèbre et si ba pendant sa vie, si admirê 
et tant commenté après sa mort, on ignore où fl mourut. 
On ne sait pas davantage quel fut le compte de ses jours, 
et si longue fut sa carrière. 
On s'accorde à vanter l'ordre, l'interèt instructif el l'en- 
chatnemeat de chacun de ses ouvrages. C'et partout la 
m,me unité de vues, la mime ostentation d'esprit, le mème 
st)le, et partout la mème main, une main souple et sa- 
vante. D r Isidore Bouavos. 
GALIGAÏ (Éuoso). Voye'- A.ca ( marquise d' ). 
GALILÉE (c'est-à-dire en hébreu Contrœee), nom que 
porta d'abord un petit district de la tribu de Nephtali où 
etaient venus s'établir un grand nombre d'idolàtres, et 
qu'on donna ensuite à toute la région situee au nord de 
la Palestine, qui était bornée à l'est par le Jourdain, au 
sud par le territoire deSamarie, à l'ouest par la Mediterrauée 
et la Phénicie et au nord par la Syrie et le mont Liban, et 
qui n'était guère habitée que par de pauvres pèchenrs. !lais 
comme berceau du christianisme, ce petit pa)s aaujourd'hm 
»our nous un intérët tout particulier. On y remarquait sur- 
tout les villes de azageth, deCana etdeCaphar- 
n a U m sur le tac Tibériade, le fleuve le J o u r d ai n et le mont 
T h abo r. Les habitants de la Galilée difleraient de ceux de 
la Judée par leur accent rude el grossier, de |nème que par 
leurs idees, en g,néral plus libres et plus imlependantes 
circonstance qui s'explique peut-ë.lre par leurs rapports a'e¢ 



les idolâtres; et le grand nombre de désastres militaires qu'ils 
fument essuyés connue voisins des Syriens les avaient fait 
mépriser par les autres Juifs. Aussi les chrétiens, dont la re- 
ligion avait pris naissance en Galilée, furent-ils appelés déri- 
soirement GaliNens par les Juifs ; et plus tard mdme l'em- 
pereur Julien essaya de faire prévaloir cette dénomination 
pour désigner les seetateurs de Jésus-Cbrist. 
Aujourd'hui la Galilíe fait partie du pachalik de Damas, 
dans la province turque de Syrie (Soritdn); mais elle 
ne compte qu'un petit nombre de chrítiens parmi ses habi- 
tants. 
GALILÉE (Haut et souverain Empire de). C'était le 
titre fastueux qu'avait pris l'association ou communauté des 
clercs des procureurs à la chambre des comptes de Paris, 
pour se dsstinguer des clercs des procureurs au parlement, 
organisés en rogatme de laBasoche. Leur chef tempoe 
raire et électif était décoré du titre d'empereur. Ils avaient 
emprunté ce nom de Galilée  la petite rue de Galilée, voi- 
sine du palais, et habitée en grande partie par des jmfs. 
L'empereur, son chancelier et ses principaux officiers, se 
réunissaient dans une chambre qui donnait sur cette rue. 
L'époque de sa création est fort douteuse. Il est du moins 
certain qu'elle est postérieure à celle du royaume de la Ba- 
soche. Le but de cette institution était de maintenir le bon 
ordre et la subordina:ion parmi les clercs des procureurs de 
la chambre des comptes, de juger leurs contestations. Le 
tribunal se composait du chancelier du haut et souverain 
empire et de juges qui prenaient le titre de maffres des re- 
quêtes. Le chancelier était au besoin remplacé par un vice- 
chancelier. Les anciens restres de la chambre de.s-comptes 
font foi qu'un jour elle fit emprisonner un clerc emperezr 
de GaliNe, pour n'avoir l'as voulu rendre ; un autre clerc 
le manteau qu'il loi avait fait 6ter pour garantie du pe)e- 
ment d'une amende. 
Henri III supprima les titres d'empereur de Galilée et de 
roi de la Basoclle. Les tilulaires parodiaient en public l'au- 
torité souveraine, et se montraient souvent avec une es- 
corte de gardes. Mais le nom d'empire de GatiNe fut con- 
servé. Les attributions de I'nperenr furent dévolues an 
chancelier, qui depuis cette époque fol chef de la commu- 
hautWdes clercs des procureurs à la chambre des comptes. 
Le chancelier fut placé sous le patronage du do.en des mal- 
tres des comptg, qui p il le titre de protecteur de l'empire 
de Galilee. 11 usait seul le droit de faire les règlements dont 
la suscription élait ainsi fornulée : « .Nos amés et féanx 
chancelier et officiers de l'empire, etc. » Le chancelier était 
electiL Tous les clercs avaient droit de concourir à oette 
élection, ainsi que les procureurs qui pendant leur clérica- 
turc avaient te officiers de l'empire. L'eleclion terrainC, 
le chancelier du haranguait la compagnie, prenait ensuite 
sêance à cOté du protecteur, et se couvrait d'une toque ou 
petit chapeau d'une lornle bizarre. Conduit h la chambre du 
conseil, o/a tout l'empire était assemblé et debout, il prêtait 
serment de faire observer les règlements et de maintenir les 
priviléges de l'empire, et terminait la céremonie par un 
discours. Les frais de réception etaient" de 4 h 00 listes; 
mais cette dépense n'était que facultative. Le plus beau pri- 
vilAge du chancelier était l'exemption du droit de sceau pour 
l'enregistrement de ses provisions de procureur quand il 
était promu à cet office. 
Le corps de l'empire se composait de quinze clercs, savoir 
le chancelier, le procureur goenéral, six marres des reqnëtes, 
deux secrétaires des finances pour signer les lettres, un 
trésorier, un contrfleur, un greffier, deux huissiers. Les di- 
gnitaires s'assemblaient tous les jeudis après l'audience de 
la chambre des comptes. Leur costume consistait en une 
toque ou petit chapeau, une petite robe noire, qui ne dépas- 
sait pas le genou. Le costume était de rigueur, l'infraction 
était punie d'une amende. L'officier qei manquait à son 
sersioe sans empêchement Iétime et justifié était condamné 
à cinq sols d'amende. Les élus aux charges ne portsaient 
refaoer, et s'ils refusaient, ils étaient, sans àœeport, con- 

damnés à une amende de quinze livres. Il était défendu aux 
clercs de la chambre de porter l'épée. Le 28 janvier de 
chaque année, jour de Saint-Cbarlemagne, les officiers, 
suppfts et sujets de l'empire, faisaient clébrer une messe 
solennelle dans la chapelle basse du palais. L'empereur avait 
eu le droit de faire placer deux canons dans la cour du pa- 
lais; des salues annon.caient la cérémonie. 
Dcr£v (de l'¥onne). 
GALILÉE (Gto G«LR.L), l'un «les plus illustres pr& 
curseurs de Newton, naquit à Pise, le 15 fêvrier 156.1. Son 
père, tïncent Gxu.za, était nn gentilhomme florentin, ma- 
thématicien, auteur de plusieurs écrits sur la musique. Le 
jeune Galile reçut de lui les premières leçons de mathéma- 
tiques, et l'impression que ces sciences produisirent sur son 
esprit détermina sa vocation. L'attention de l'enfant était 
ramenée irrésistible.ment vers les objets de ses études favo- 
rites; son père, qui était passionné pour la musique, ne 
put faire apprendre à son fils que les applications peu nom- 
hreuses des mathématiques à cet art ; tout le reste fut né- 
gligé. Afin de régulariser ses études et de compléter son ins- 
truction, il fut mis au coffégeà Venise, et ses progrès y 
furent si rapides qu'il fut choisi très-jeune encore pour oc- 
cuper une chaire de philosophie à l'univer.ité de Padoue. Le 
sjour de Galllée à Padoue dura dix-bnit ans, et cet espace 
de temps fut rempli par l'exposition des lois du mouvement 
accdéré, l'invention d'un télescope et plusieurs autres 
découvertes, au profit de la mécanique, de la physique el 
de l'astronomie. 
Le grand-duc de Toscane, Cfme II, ambitionnait depuis 
longtemps de rendre Galilée à son pays natal, de ne pas 
laisser sur une terre étrangère un homme qui contrihuerait 
à l'illustration de ses États; il réussit enfin à décider le pro- 
fesseur de Padoue et h se fixer à FIorence, comme premier 
philosophe et premier mathérnatcien, attaché ì sa per- 
sonne. Il semblait que la vie de Gaiile devait s'écouler 
désormais au sein de tout le bonheur que la culture des 
sciences peut pro<m'er  un homme si digne de les aimer; 
il en fut tout autrement. En faisant usage du télescope quïl 
avait inventé, Galilée augmenta le catalogue des etoiles con- 
nues, découvrit les satellites de Jupiter, détermina la durée 
de leur révolution, etc. ; h mesure qu'il parvenait ainsi à 
dévoiler quelques nouvelles parties de l'univers, il était plus 
fortement convaincu de l'erreur du système astronomique 
admis jusque alors, et ne put résister/ la tentation d'y sub- 
stituer celui que C o p e r n i c avait conçu. Pour faire adopter 
ces doctrines en Italie, il fallait prouver qu'elles n'avaient 
rien de contraire à la foi relie,ase ; Galile s'arma de pas- 
sages de l'Écriture Sainte et de l'autorité des écrivaius eccl( 
siastiques. Cependant les œuvres astronomiques de 6ali]ëe 
furent dífírées au tribunal de lïnquisition, condamnées 
comme héreti9ues et absurdes, et fl fut expressément dé. 
fendu à l'auteur de soutenir que la terre n'est pas immobile 
au centre de l'univers. Gaiilée avait fait les plus grands ef- 
forts pour éviter cette condamnation, et rédigé, pour¢lai- 
fer ses juges, des mémoires remplis d'érudition théolo- 
gique; il se soumit, parce qu'on ne lui imposait que le silence, 
sans exiger une rétractation. Effectivement, il eut le courage 
de se taire pendant plus de seize ans ; mais enfin, soit qu'il 
eut épuisé toute sa patience, soit qu'il imagint que le temp» 
était moins défavorable pour l'exposition de vérités encore 
déhattues, il pvblia des dialogues sur notre système Iga- 
nétaire. Cité de nouveau par l'inquisition, il ne dísespera 
point d'amener  juges mèmes à l'orthodoxie astronomique, 
et vint à Ruine ; mais ses espérances s'évanouirent bientft, 
et cette fois le tribunal fut rigoureux : le système exposd 
dans les dialogues fut déclaré contrairs à la bonne philo- 
sophieet à la foi, absurde et impie; l'auteur, comme relaps, 
lut condamné à la réclusion et à réciter chaque semaine, 
pendant trois ans, les Psaumes de la pnitence; avant 
îout, te condamné dut faire l'abjuration des ses erreurs, 
agenouillf, les mains sur l'Evangile. Galile, se relevant, 
aprè cette humi]iante cérémonie, ne put s'«mlher de 



GALILIE 
dire :  w«r si ¢nuevel (et pourtant c'est la terre qui se 
rueur). Le grand-duc de Toseane obtint que son mathé- 
naticien, alors septuagénaire, ftt ramené en Toscane, où 
sa détention fut adoucie autant que i'inquiition pouvait le 
tolérer. On reprochera cependant à ce tribunal d'avoir 
frappé de stérilité une portion de la vie d'un savant, qui 
elt certainement fait un bon emploi du temps où ses émi- 
»entes facultés ne purent tre consacrées/ l'accroissement 
de nos richesoes intellectuelles. Les œuvres de Galilée sont 
encore à l'index,  Reine, soignensement enferreC et 
soustraites ì tous les regards, tandis que le bibliothécaire 
du Vatican met entre les mains de la jeunesse studieuse le 
Traité d'Astronomie par Lalande, l'Exposition du Sgs- 
eème du Monde par Laplace, et tous les ouvrages mo- 
]ernes od les doctrines de l'astronome toscan sont profes- 
eées, commentCs, établies. 
Ce fut en 1633 que la détention de Galilée commença : la 
vie de l'illustre savant se prolongea jusqu'au S janvier 16b, l. 
En 1635, il avait perdu la vue. Aussi aimable qu'instruit, 
doué d'une excellente mémoire, possédant plusieurs talents 
agréables, cherchant/ plaire sans offenser aucun amour- 
)ropre, il réunissait tout ce qui constitue l'homme fait pour 
la bonue seciét. 
Son fils, Vincent G«[, est regard comme nn des 
rOmoteurs de l'art de l'horlogerie : ce fut lui qui appliqua 
premier le pendule aux horloges. Mais il parait que son 
goret pour la poésie l'entralna hors de la carrière des scien- 
ces, en sorte qu'on ne peut dire qu'il ait marché sur les 
tracesde son pér% Il mourut en 169. FEnIV. 
C.A LIMAFIEE. Quelques vieux flnenrs parisiens, quel- 
ques rares amaleurs de spectacles 9ratis en plein air, ont 
conservé la mémoire de cet émule de Bo bêch e. Comme lui, 
le paradiste qui, sensle premier empire, avait pris le nom de 
Galimafree, assez bien assorti, du reste, aux bouffonneries 
dont il régalait un public peu difficile, débitait ses lazzi et 
ses grosses plainteries devant un des petits spectacles 
du boulevard du Temple; il avait aussi ses habitués, ses 
partisans, disons mme ses admirateurs. Lorue BobChe, 
enflé de ses succès, voulut, comme nos acteurs en vogue, 
exploiter son renom, et aller donner des repréentations 
en province, Galimafrée, plus sage, ne quitta point ses trë- 
teaux, où il se trouvait désormais san rival, et longtemps 
encore il ] jouit de la faveur populaire. Le fait est que dans 
ces parades improvisées, qui n'étaient point seumises aux 
ciseaux de la censure, on remarquait parfois quelques traits 
piquants et malins qui ne dépareraient point mainle comé- 
die de nos jours. Galimafrée et Bobèche sont morts depuis 
longtemps, et privé des lazzi de ces deux farceurs le heu- 
• levard du Temple a perdu ce qu'il avait, suivant nous, de 
llus original et de plus caractéristique. Gardez-vous d'ailleurs 
de croke que Galimafrée et Bobèche soient décédés sans 
laisoer de postéritë. Leur race n'est pas près de finir ; seule- 
ment, leurs hritiers directs, croyant au-dessous de leur di- 
gnité de parader comme eux, en plein veuf, sur des tréteaux, 
se sont faits journalistes. Dans cette transl'ormation, y a-t-il 
un progrè réel ? Il et permis d'en douter. Ouï, v. 
GALIMATIAS que l'on a écrit quelquefois 9allima- 
thias, indiq«e un discours confus, inintelligible, un assem- 
blage de mots qui semblent avoir un sens et qui nesignifient 
rien. Quelques érudits ont fait dériver ce mot du grec o- 
).u.t«, qui veut dire diversité de sciences. Moins savante 
est i'étymologie adoptée par le docte évèque d'Avranches, 
Hue/, qui raconte . cette occasion ce vieux fabliau : Au 
temps oh l'on plaidait en latin, un avocat parlait pour un 
nommé 5tathias, qui réclamait un coq (en latin 9allies) : à 
force de répéter les mots gallus et de Mathias, il fini- 
par s'embrotdller, et, ait lieu de gallus Mathoe, il dit 
9alli MaIhias. Depuis, on s'est servi de ce mot amphigouri- 
que pour exprimer un discours embrouillé, et souvent mme 
une affaire confuse, extravagante. Ménage, sans rechercher 
leur généalogie, prononce que les mots galimatias et 9ali- 
mafr#e sont cousins, 8ans doute, ils ont été forgés dans 

 GALION 9 
une saillie, ainsi que le mot de 9alli-Thomas, inventé par 
Voltaire pour désiner le style ampoulé de l'académicien 
Thomas. Charles Du Rozo. 
GAL|NTHIAS ou GALANTHIAS, fille de Proetus, 
suivante et amie d'AIcmëne. Ayant vu les Parques et Lucine 
ou Junon assises devant la demeure d'Alcmène, les mains 
entrelacées, afin de l'empécher de mettre au monde Hercule, 
elle les trompa en leur annonçant qu'A}cmène venait d'ac- 
coucher d'un garçon. A cette nouvelle, elles séparèrent 
leurs mains d'effroi, et dans cet intervalle l'accouchement 
se fit avec bonheur. En punition de sa supercherie, Galan- 
thias fut changée en chatte ou en belette. Hercule lui érigea 
un temple par reconnaissance, et les Thébains célébraient 
en son honueur une féte appelée Galinthiada, et qui précé- 
dait toujours celle de ce demi-dieu. 
GALION un des vaisseaux des flottes du moyen ge, 
dont il ne reste plus que le nom. Il était ainsi appelé à cause 
desa forme, qui se rapprochait de celle de la galère, le 
plus long des naires alors connu, et celui qui marchait le 
mieux. Le galion joua un grand r61e dans la navigation com- 
merciale depuis le seizième jusqu'au dix-huitième siècle. 
La France, Bhodes, l'Epagne, le Portugai avaient de très- 
forts gallons qui transportaient des marchandises en con- 
currence avec les grosses gaières, les nefs et [es caraques. 
La relie militaire possédait assi oes galions, ayant t-ois I 
quatre ponts, non des ponts afinC, mais des couvertes, les 
deux supédeures seulement recevant des canons. Les Espa- 
gnoL furent les derniers/ conserver/ des nsvires de charge, 
grands ou petits, successeurs des anciens galions, un nom 
qui a tout à fait disparu de la nomenclature navale euro- 
péenne. Ce fut l'exploitation de l'AraCique par ce peuple 
qui r,.ndit célèbre cette espèce de btiment, que l'art des 
constructions marimes avait fait condamner à l'oubli. 
Dès que l'AraCique eut été découverte, la couronne 
d'Epagne s'en arrogea la possession exclusive; elle accapara 
et voulut faire elle-mème le commerce de ses sujets q,i y 
allaient fonder des colonies. Ee établit donc/ Séville un 
bureau d'inspection, appelë casa de contratacon, où du- 
rent comparaitre tous les navires qui chargeaient pour l'A- 
mérique, et y recevoir une licence des officiers du roi, cons- 
ratant la nature de la cargaison et sa destination ; à leur 
retour encore, ils étaient obligés de se présenter devant le 
méme bmreau, sous peine de confiscation. Cette administra- 
tion d'entrav devait provoquer la fraude : pour la préve- 
nir, on multiplia les reslrictions; il fut convenuque les ha- 
rires chargés pour i'Amérique ne pourraient plus faire voile 
d'Epagne qu'à deux époques fixes, tous réunis en convoi, 
sous la protection ou ph[t6t sous la surveillance d'une forte 
escorte ; et ce système conduisit à un monopole absolu ; I'£tat 
brisa la coucurrence des particuliers. Séville, puis Cadix, ì 
cause de l'excellence de son port, fut le seul point de départ et 
d'arrivée de ces co»vois, dont l'un se nommait le 9alierLs, 
l'a,tre la flotte, laflotte d'argent. Les gallons, au nombre 
de douze, désignés par les noms des douze ap6tres, étaient 
de gros navires de charge, du port de 1,0oo à 1,oo ton° 
neaux ; ils partaient de Cadix ordinairement au mois de sep- 
tembre, louchaient aux Canaries, dont le gouverneur avait 
l'ordre de donner avi. de leur passage/ la cour d'Epagne, 
p,is faisaient route vers les Anlilles, qu'ils coupaient entre 
Tabago et la Grenade; ils longeaient ensuite les Iles sous le 
Vent, et les prolongeaient jusque par le travers du Rie d 
la Hacha : là, un des navires mouillait pour avertir de l'ar 
rivee des gallons, et sur-le-champ on expédiait des exprès à 
Carthagène, a Lima,/ Panama, pour hater la collection et 
l'expédition des trésors du roi. Les gallons continuaient leur 
marche jusqu'à Carlhgène, où ils stationnaient soixante 
jours : les officiers roya,x, les marchands de Caracas, de 
la Grenade, de Santa-Martha, y accouraient apportant leurs 
lingts, leurs doublons et leurs pia.tres, pour les expédier 
en Epagne, ou es troquer contre des marchandises; en 
mème temps le commerce entier du Pérou et du Chili des- 
cdait vers un mauvais village marécageux et malsain, ha- 



94 GAL10N 
bité ordinairement par quelques nègres', etnommé Puerto- 
Bello. Cette misérable plage devenait tout à coup le thétre 
d'une foire immense : pendant quarante joursque les gallons 
 demeuraient au sur,iv de Carthagtne, il s'5 faisait cm tel 
mouvement d'or et d'argent en lingots, en barres, en pondre, 
en paillettes, que la valeur approximative en parait incroyable. 
De Puerto-Bello, ils ralliaient Carthagène : c'était leur point 
de d#part pour La Havane, où s'opérait leur jonction avec 
la flotte, qui revenait de la 'era-Cruz, chargée des produits 
de toutes les mines du Mexique. Tous en-emhle faisaient 
en.nite route pour l'Europe, en s'Cevant au lord par le ca- 
nal de Bahama. 
Qwmd Philippe Il eut ouvert des échanges directs entre 
les ries Phifippines et la cte occidentale àe PAraCique, ce 
furent encore les gallons qui colportèrent ce nouveau com- 
merce de monopole à tra ers la grande mer du Sud. Chaque 
année, vers le mois de mars, le vice-roi de la Poçtvellc- 
Espagne faisait pttblierque le galion d'Acapulco était en 
chargement pour Manille. Cette cargaison de départ ne con- 
sistait qu'en or et argent en lingots ou monnayés ; savaleur 
s'Cevait à t0 ou 12,000,000 àe francs. Il apportait, au 
tour, des mousselines, des soleries, de riches porcelaines de 
Chine, et toutes les épices précieuses dont l'Indu abonde. 
Les dimensionsàe cegalion Clent Cormes ; son port variait 
entre t #00 et ,000 tonneaux. Quelle proie attrayanteces 
virus alt lest d'or ne devaient-ils pas offrir à l'avidité des pi- 
rotes et des corsaires de toutos les nations en hostilite avec 
l'Espagne? Ce fut sur leur route que la république des l li- 
b u s t i e r s posa son aire; ce fut de là qu'elle leur tendit des 
guets-apens : ces bardis aventurier n'étaient point arrtés 
par l'appareil d'artillerie dont on armait les flancs du ça- 
lion : les canons devenaient un ridicule épouvantail, la" 
grandeur du navire le frappait d'in,ltilité pour le combat. 
Qui ne sait les croisières de Cavendish et à'Anson dans la 
mer du Sud, et les riches dépouilles qu'ils enlevèrent aux 
gallons de Manille? Aujourd'hui, les conquétes des Espa- 
gnols, et leur commerce d'or et «l'argent, et leurs gallons, 
tout cela n'est plus qu'nn souvenir historique. 
Théogène PAc£, cpitoine de vaisseau. 
GA, LIOTE. Les un font venir ce nom de l'italien 
liotta, diminutifde çalea, c'est-à-dire petite galère; et cette 
dinence est bien ancienne, car on la trouve dans le latin du 
moyen age : Substantiau civioErn galiotta regis et turba 
19rœedonum rapiunt (Falco Beneveutanus). D'autres liront 
galwlla du grec yŒE),îto't'tv, nom que l'on donnait à l'es. 
padon dans le Bospbore de Thraee, et dont la galiote avait, 
dit-on, la for,ne. Du reste, il y avait ,me liaison intime entre 
la gatioteet le pirate : la galiote se retrouve dans toutes les 
guerres ou pilleries maritimes de Maure l cltrétien, et na- 
guères encore les corsaires barbaresqnes en initient grand 
usage. L'instinct du pillage avait rSvélé dans la galiote un 
excoilent navire pour les guets-apens de la Méditerrannée, 
¢r son gréement et sa construction étaient les mtues que 
ceux de la felouqueet de la galre; ses dimensions 
¢laient intermediaires à celles de ces deux navires. 
Quant à la ualiote hollandaise, c'est un bon gros et 
bien lourd bateau de Hollande (voyez Flore), tout bondé 
de marehandises, arrondi à l'avant et à l'arrière, avec des 
flancs larges et carrés, rognant péniblement entre deux 
eaux, tantôt par-dessus, tantôt par-dessous la vague. Entre 
la galiote hollandaise et la galiote barbaresque, il n', a guère 
de eommm que le nom. Leurs grêements m.me n'ont au- 
cune ressemblance. 
GALIOTE)k BOMBES. Voyez 
GALIPOT, substance résineuse assez semblable à la té. 
r be n th i n e, dont elle dilfére cependant par sa consistance 
et sa demi-opacité ; sa couleur est jaun'atre, sa saveur atnëre 
et son odeur celle «l'une mauvaise térébentbine, parce qu'elle 
relient un peu d'ltuile volatile, qu'on peut lui enlever par 
la chaleur et un courant de vapeur deau. Le galipot ne se 
rtcolte qu'a la fin de l'automne. Comme la lempérdlure n'est 
point assez élevée alors pour le laite couler promptemcnt 

 GALL 
au pied de l'arbre, ou que l'huile volatile ne s' trouve plu! 
en quantité suflisante, il se dessèche à l'air sur le tronc, et 
se salit depuis la plaie iusqu'à terre. On le réeolte pendant 
l'hiver, et on le met à part ; dans quelques pays, on lui dontm 
le nom de haras. De mëme que la térébentltine, il exigo 
une purification avant d'tre livré au commerce, pour le 
débarrasser des matières étrangères qu'il renferme; c'est 
par la fusion et la décantation qu'on y parvient. 
On nomme aussi 9alpot le sue qai d/eoule du bursera 
9uramifera de Linné, auquel les habitants des Autille 
où vient cet arbre, attribuent de propriétés vulnéraires. 
C. Fvxer. 
GALITZI[. Voyez G«Lrzm. 
GALL (Faço,s-.loszu). Ce savant clèbre naquit le 
9 mars 1758, à Tiefenbrunn, près de Plurzheim (grand-duehé 
de Bade, dans une famille catholique. Son grand-père, d'ori- 
gine italienne, tait originaire du Milanais, et s'appelait Gallo. 
Ses deseendants, voulant donner à leur nom une désinence 
germanique, quittèrent la dernière lettre du nom, etde Gallo 
firent Gall. Le përe de Gall, honnéte marchand, et le prin- 
cipal de son n'filage, avait six enfants. Venu au monde le 
dernier de tous, François-.oseph reçut sa première Ctron- 
tion d'un oncle qui était eutC Plus tard il fit des Cudes 
plus régulières h Bade, pui il passa à Brnchsal et ensuite 
à Strasbourg, o/ il se livra à l'etude de la médecine, sous la 
direction du professeur Hermann, qui avait reconnu dans 
son jeune disciple un esprit d'observation peu eomman. 
Pendant son séjour à Strasbourg, Gall fit une trës-grave ma. 
ladie, à laquelle il faillit succomber. Une jeune femme atta- 
citée a la maison qu'il habitait eut, dms cette occasion, les 
plus grands soins pour lui ; il n'en fallut pas davantage pour 
qu'il en devint amoureux, et qu'il en fit sa femme peu d 
temps après. otrc philosophe ne fut pas heureux dans cette 
union : sa femme était d'un caractère emporté et violent, 
elle manquait d'éducation et d'istrtmtion. Elle mourut à 
Vienne, en 182,5, as jmaisavoir eu d'enfants. De Strasbourg 
Gali passa, en 1781, a Vienne en Autricbe, ou il continua es 
éludes médicales sous Van Swieten et Stoll, dont il s'enorgueil- 
lissait plus tard d'avoir été l'ëlève. C'est là que, en 1785, il 
reçut le titre de docteur. 11 s'état lait eonnaitre comme 
médecin de mérite; on avait une Imute opinion de son 
lent, et bient0t une clientèle nombreuse dans les classes 
levées de la société en fut la eoméquenoe. Il - j(misait donc 
d'une grande aisance. 
Dans l'un de ses ouvrages, Gall a raconté entament lui 
vint pour la première iois l'idée de rechercher dans l'homme 
des signes extérieurs de ses différentes capacites natttrelles: 
« Dans ma plus tendre jeunesse, dit-il, je vécus au sein 
d'une famille composée de plusieurs frïres et sœurs, et 
avec un grand nombre de camarades et de condiciples. 
Chacun de ces individus avait quelque cltose de particulier, 
un talent, un penchant, une faculte, qui .le distinguait des 
autres. Les eondisciples que j'avais le plus à redouter ëtaient 
ceux qui apprenaient par coeur avec une très-grande facilité, 
et je remarquais que tous avaient de grands yeux saillants.La 
justesse de cette observation m'aant été contirmée ensuite, 
je dus naturellement m'attendre à trouver une grande mé- 
moire chez tous ceux en qui .le remarquais de glands yeux 
saillants. Je soupçonnai donc qu'il devait exister une con- 
nexion entre la mémoire et cette conformation des yeux. 
Après avoir longtemps réfléchi, j'imaginai que si la mé- 
moire se reeonnaisit par des signes exterieurs, il en pou- 
vait bien tre de mme des autres facultés intellectuelles, etc. 
Après avoir fixé, par une opiniatre persévérance et par 
des observations multipliées ì l'infini, le principes de sa 
nouvelle philosophie, Gall entreprit ses recherches sur le 
cerveau, faisant marcher de front les observations plff- 
siologiques et les observations anatomiques. Dans les écoles 
il avait entendu parier des fonctions «lu foie, de l'estomac, 
des reins, et de toutes les autres parties du corps, sans que 
jamais il fòt question des fonctions du.rveau. Awnt lui, 
viscère él.ait regardW,eOlfllu line pnlpe, une masse kaformet 



GALL 
tf on n'avait jamais cherché à étudier les lois de sa forma- 
tion et les rappo1±« existant entre ses diverses parties ; 
mais, par suite de ses recherehes et de ses découvertes, 
Il fut définitivement reconnu pour l'organe le plus impor- 
tant de la vie animale; sa véritable structure fut alCouverte, 
et le déplissement de ses circonvolutions fut annoncé et 
demontré aux savants de l'Europe étonnée. Le cerveau fut 
lroclamé l'organe unique, indispensable  la manifestation 
des fa¢ultésde l'Ame ou de l'esprit; il fut prouvé, au 
moyen de la physiologie, de l'anatomie comparée et de la 
pathologie, que le cerveau n'était pas un organe simple, 
homogëne ; mais qu'il était une a«'gation d'organes diffé- 
rents, ayant des attributs communs et des qualités propres 
spécifiques. Dans ses ouvrages, non-seulement Gall a dé- 
montré toutes ces férirC, mais il a indiqué le siége de ces 
organes dans le cerveau et la possibilité de connaltre leurs 
fonctions respectives par le degré d'Cerbe de certaiues 
facultés, en raison du déweloppemeet plus ou moins con- 
sidérable de certaines parties crébrales. 
Gall, pozJr arriver/ d»couvrir et/ démontrer les vérités de 
sa nouvelle doctrine, dut dépenser beaucoup d'argent et beau- 
coup de temps, acquérir une collection nombre-se de crnes 
d'hommes et d'animaux, de tétes moulées en plàtre de per- 
sonnages connus par quelque faeulte ou par quelque talent 
très-énergique, de préparations en cire, de portrait% etc. 
Il étuit donc obligë de contiuuer l'exercice de la médecine 
pour pouvoir subvenir à de tels frais, en mme temps que pour 
tre libre de se livrer  ses études, force lui était de réduire 
le plus possible le nombre de ses visites. 
C'est t796,  Yienne, que Gall commença  faire des 
cours publics pour vulgariser ses idées; et en 1798, dans 
une lettre au baron de Betze, publiée dans le Merctre 
allemand, il donna pour la premi,.re fois un aperçu général 
de sa théorie. Ses cours devenaient de plus en plus mzivis. 
Les auditeurs y accouraient de toutes parts, avides de re- 
¢uei,lir des idées nouvelles sur la structure et les fonctions 
du cerveau et de s'inier  la connaissance d'une nouvelle 
philosophe des faultes humaines. Mais en mmetemps que 
la réputation de Gall grandissait de jour en jour  Yienne, 
l'ignorance, le fanatisme et l'hypocrisie, qui ont toujours si 
facilement accès prés des tr0nes, réussissaient  faire in- 
terdire par l'autorité ses leçons publiques, aiusi que la vul- 
garisation par la oie de la presse des vérités qu'il avait eu 
la gloire de découvrir. 
Fatigué de ces sotzrdes persécutions, Gall quitta Vienne 
au commencement de t805, et pendant deux ans et demi, 
accompagné de son ëlève et ami, le docteur Spzzrzheim, il 
parcour,t le nord de l'Europe, la Prusse, la Saxe, la Suède, 
la Hollande, la Baviëre, la Suisse, et vint s'établir  Paris. 
Pendant son voyage, les savants les plus distingués, des 
princes, des rozs méme, x'inrent assister avec le plus vif 
intérèt/ ses demonstrations plzsiologiques et anatomiqes; 
et des médailles furent frappées  Berlin en son honneur. 
Arrivé  Paris en 1807, il y fit immédiatement un cours 
public à l'Alhénée. Les savants français l'Aroutèrent avec 
la mme faveur que les savants d'outre-Rhin ; le célèbre 
Corvisart, entre autres, se znontra l'un de ses plus en- 
tlzonsiastes admirateurs. MMheureument la France portait 
alors le joug d'un maîtz, absolu, qui avait en horreur la plzi- 
loSOl,hie et les pl,ilosopl,es, qu'il appelait des ddologues. 
Il n'en falhst pas davantage pour que ses courtisans et cer- 
tains savants doués d'un esprit aurai souple que leur colonne 
vertébrale, se dëclara«ent coetraires aux id,es du doc- 
teur allemand De là les ridicules et ignobles plainteries que 
débitèrent à l'envi teJourral de l'Emlaire et la plstpart des 
journaux de Paris; moyen indigne, s'il en fut, quand il s'a- 
gissait d'sine question aussi grate que celle des facultés de 
|'me et des fonctions du cereau. Sans cloute ces laines 
dameur. n'atteignirent jamais l"atne élevée du Idsilosophe, 
mais elles contribuèrent beaucoup à entraver i'etude et la 
propagation des vét4té que Gall avait annoneées. A la fin, 
set otm'ages parurent et les ttommes de boune foi furent 

95 
alors surpris de l'immense quantité d'observations qu'ils 
contenaient, ainsi que de la haute capacité et de la profon 
deur d'esprit de l'auteur. 
Gall, fixé  Paris depuis plusieurs années, s'en fit une pa- 
trie adoptive, et obtint des lettres de naturali-ation par une 
ordonnauce du roi en date du 29 septembre 18t9. On lui 
avait dit qu'une fois naturalisé il lui serait facile d'obtenir 
les distinctions honorifiques auxquelles il aspirait. A l'insi- 
nuation d'un de ses amis, il se mit sur les rangs en tSl 
pour une place à l'Academie des Sciences : il n'obtint que la 
seule voix de l'ami qui l'avait décidé h poser sa candidature, 
la voix de Geolfroy Saint-Hilaire! 
Depuis 1805, êpoque de son départ de Vienne, jusqu'en 
tst3, il avait toujours eu auprès de lui le docteur Spur- 
zheim, son élève et protecteur, et ensuite son collaborateur. 
Il est f'dcheux que les rapports d'amitié qui existaient entre 
ces deux estimables savauts aient cessé alors, et que rien 
n'ait pu les rapprucher dans la suite. 
Gall, homme de génie, phite.ophe profond, avait aussi 
de rares qualités du cœur. Il aimait  aider et h encoura- 
ger les jeunes gens en qui il reconnaissait des talents et de 
l'avenir. Généralement bienveillant pour tons, fl accordait 
difficilement son amitié. Sa franchise et sa loyauté n'ex- 
cluaient ni la finesse ni la circorspection; il était doué de 
la plus admirable perspicacite. L'elvvation de la pensée, 
l'independance de l'esprit et la fierté de l'ame dominaient en 
lui ; elles expliqueut la profonde indifférence que toujours 
il témoigna pour les critiques injurieuses dont sa doctrine 
fut l'objet. Pendant son séjour à Berlin, il avait vécu dans 
l'iutimité du célèbre Kotzebne; et c'est à eu moment 
mme que celui-ci fit représenter sa piCe irtitulëe /zz Crd- 
niomanie. Gall assista à la première représentatiou de cet 
ouvrage, et avec le public rit de tout son cœur du feu rou- 
lant de plaisanteries, de quolibets dirigé contre sou système. 
En t823 Gall fit pour la première fois un voyage  Lori- 
drus. On lui avait mis en tte qu'en y faisant des cours il 
réunirait un très-grand nombre d'auditeors, et qu'il gagne- 
rait ainsi des sommes considérables. Cette idée lui sourit, 
parce que les fortes dépenses de sa maison lui faiient 
désirer d'un cOté une meilleure position, et que de l'autre 
son ge avancé lui faisait sentir trop péniblement les fatigues 
de la vie du médecin. Cro)-ant donc réaliser ses espérances, 
il partit pour Londres dans le mois darril, et en revint deux 
mois après, bien désabusé. Ses frais avaient absorbe, bien 
au-dcl de ce qu'il avait retiré de ses cours. Il en ressentir 
un vif cbain. Pendant son absence, il m'avait chargé du 
soin de ses malades et de la correction des épreuves d'un 
travail qu'il avait sous pres. De retour  Paris, il conti- 
nua / faire des cours, et acheva la publication de son 
dernier ouvrage. Devenu veuf en 1825, l se remm'ia ; mais 
les latigues de la pratique mvdicale et les travaux d-eprit 
avaient miné sa tortu constilution. Dès le commencement 
du printemps de 1828 sa santé devint chancelante. Le 3 
avril, rentré chez iui après ses visites, il me dit qu'il venait 
d'éprouver un élourdissement assez fort, et qoil sëtait 
trouvé comme fou pendant un quart d'heure. En pariant, 
sa langue était embarrassée et sa bouche un peu de tf-avers : 
j'en fus ellrayé. Les vertiges se succédèrent; sa iaiblesse 
augmenta, les fonctions dige-tives se d',rangèrent. A la 
paralysie succéda l'assoupissement, et finalement, après en- 
viron cinq mois de maladie, d cessa de vivre., le - aott de 
la mtme année t828, dans sa maison de campagne,  Mont- 
rouge, près de Paris. Il avail ordonné que ses restes mor- 
tels fussent portés directement de a maison mortuaire au 
Père-Lachaise, et il m'avait lait promettre de veiller  ce 
que son urane f0t placé dau« sa collection, il s'y trouve, et 
la collection entiëre existe actuel:crochU au Mnséum d'his- 
toire naturelle au Jardin «les Plantes. 
Je me bornerat/ citer deGall, se Beeherches sur le 
tème nerveux en 9crierai et sur celui du cerveau en parti- 
culier ( Paris, t'809, in-';°), et n Anotomie et phystoto9te du 
systéme nervez en 9ëneral et du cert'eau en particulier. 



9ç GALL -- 
( vol. avec afin% ig0l-tStg}; St«r les./'encrions du cerveau 
et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations 
sur la possibilité de reconnaitre les instincts, les penchanh, 
les talents ou les dispositions morales et intellectuelles des 
hommes et des animaux, par la configuration de leur cerveau 
et de leur téte (Paris, 1822-25, 6 vol. in-g°). Gag a en 
outre donn les articles Cerveau et Crdne au Dictionnaire 
des sciences mddcales. D' FOSSATt. 
GALLAIT (Leurs), l'un des peintres d'histoire les 
plus remarquables de notre époque, et membre de l'Académie 
des Sdences et beaux-arts de Belgique, né à Tournai, en 
1M0, ëtndia son art d'abord dans sa ville natale, puis  
Aners et à Paris. Ce qui distingue cet artiste, c'est une 
conception à la fois profonde et poëtique de ses sujets, une 
habilete extrgme à grouper ses personnages, et l'harmo- 
nieuse distribution de ses couleurs. Ses toiles les plus re- 
marquables sont : Le Tasse en prison ( au palais du roi, 
à Bruxelles ), L'Abdication de t'empereur Charles-Quint 
dans la salle d'audience de la cour de cassation, à Bruxel- 
les), les Derniers Moments d'£gmont (propriétë parti- 
culière d'un amateu r allemand ), enfin l'E.rposition des 
cadavres des comtes d'Egmont et de Hoorn après leur 
supplice, tableau terrainWen 1851 et achete par la ville de 
Tonrnai. Louis Gallait ouit aussi comme portraitiste d'une 
réputation méritée. 
GALLAXD (A.ot), le plus populaire de tous nos 
orientalistes, est moins célèbre par son traité sur l'Origine 
et les progrès du ca[G sou Histoire des 9natte Gordiens, 
son OrientaltanoE et ses nombreuses dissertations, publiëes 
séparément, ou disséminées dans des recueils, que par sa 
traduction des Malte et me Nuits. Né à lollot, prës de 
Montdidier, en 1666, septième enfant d'une famille trés- 
pauvre, et orpl,elin dès l'enfance, il aurait été réduit à cher- 
cber sa susbsistance dans quelque bumble métier sans la 
protection de respectable ecclesiastiques qui lui procurèrent 
le molyen de commencer ses élu,les  Neveu, et de les ter- 
miner dans lacapitale au collége du Plessis. Passionné pour 
le grec, l'arabe et l'hébreu, il se voua au classement et au 
catalogue des manuscrits orientaux de la Sorbonne. Il dut 
à ses premiers succès dans cette carrière l'oçoeion de faire 
trois voyages en Orient. D,ns les deux premiers, il accom- 
pagna Nointel, ambassadeur de France, d'abord a Constan- 
tinople, puis à Jèrusalem : on lui avait recomrnandé de i- 
siter les "églises grecques de Syrie et de Jërusalem, et d'y re- 
cueillir les traditions sur des articles de foi qui occasionna/ent 
à cette époque des contestations très-tiges entre Arnaold 
et le "cdlèbre ministre protestant Claude. Il entreprit le 
troiième voyage avec une mission spéciale de la Compagnie 
:les Indus. 
Ce fut dans ses excursions en Syrie que Galland rassembla 
une multitude de contes épars, dont les Arabes s'amusent 
depuis un temps immémorial, et dont les premiers narrateurs 
ne sont guère plus connus chez eux que parmi nous les 
auteurs des anciens labliaux, des contes des fées, et des re 
mans de la Bibliothèque bleue. Un passage de Massoud 
a accrédité l'opinion que ces histoires remontent au qua- 
tri2me siècle de l'hégire. On y voit figurer l'empereur Chah- 
Kiar, le igir et les deux filles de ce ministre, bien digne d'un 
tel marre, Chehezad et Dinarzad. Ce sont precisément, ì 
un léger changement d'orthographe près, les noms des per- 
sonnages du premier conte des Mille et zne ,5"uits. Cette 
hisloire sert de lien  toutes le; autres, par un artifice aussi 
simple mais moins ingénieux que celui dont Oside a fait 
usage pour les Mdtamorphoses. Le premier titre du recueil 
dans la langue originale a été Les mille Contes. Mille ici 
était pris dans un sens indëterminé. 
Appelé, en 70, à faire partie de PAcadémie des Inscrip- 
tions, Galland obtint en 1709 une chaire d'arabe au Collêge 
de France, et mourut le ! 7 lévrier 1715, à soixante-neuf ans. 
Boze a ditde lui :. il travaillait en quelque situation qu'il se 
trouver, ayant tr-peu d'attention sur ses besoins, n'en 
niant aucune sur ies commodités... $impledans ses mœurs 

GALLAS 
et ses manières comme dans ses ouvrages, il aurait toute 
sa vie enseigné à des enfants les premiers élments de la 
grammaire aec le mme plaisir qu'il avait eu  exercer 
son ërudition sur différentes matières. ,, Le style des ou- 
vrages de Galland présente malheureusement plus que de 
la simplicité; il fourmille de négligences, et il faut tout l'at- 
trait du sujet pour latte supporter la lecture méme des 
meilleurs contes, tels que La Lampe merveilleuse, Ali- 
Baba ou Les quarante Voleurs, etc. Ses autres écrits sont 
très-nombreux. Il a fa:t des recherches sur la numismati- 
que, notamment sur les médailles de Tetricus. La meilleure 
dition des Mille et ur, e uits est celle qui a été publiée 
en 1806 par Caussin de Perceval père. Galland avait laissé, 
entre autres manuscrits, plusieurs contes encore inédits. 
Caussin de Perceval en a traduit d'autres encore, et a ter- 
miné alignement la collection par le conte qui contient le 
éritable dénouement, savoir la grave entiëre accordée par 
l'imbécile et feroce sultan à l'aimable narratrice. 
GALLAPAGOS. Voge-. GALAPGOS. 
GALLX peuple nëgre, qui habite la partie nord-est 
du grand plateau dont se compose la moitié mridionale de 
l'Afrique. Quoique appartenant. à la race nègre par ses 
caractères généraux, il n'en présente pas le type dans 
toute sa pureté ; il forme au contraire avec les Fo u l ah 
les Mandingos et les Ioubas comme la transition de la 
race nègre à la race caucasienne, et semble appartenir à la 
grande famille des peuples habitant l'est de l'Afrique de- 
puis les frontières de la Terre du Cap jnsqu'a 1' A b y s s i n le 
qu'on a l'habitude de désigner sous le nom de Cafres. 
Les Gallas sont une belle et vigoureuse race d'hommes, 
et ne se distinguent pus moins des autres peuplades nègre 
par leur énergie et leur esprit guerrier que par leurs ca- 
pacit,s intellectnelles. L'histoire n'en fait mention qu'a partir 
du seiziéme siècle, époque oi elle nous les montre comme un 
peuple barbare et conquérant, sorti de l'lutCieur de 
frique, qui depuis lors n'a point cessé ses incursions et ses 
effroyables dëvastations dans les diffërentes courtCs dont 
se compose la région montagneuse de l'Afrique orientaM 
ju_qu'aux plateaux de l'Abyssinie, qui en a successivamnt 
subjugue ou expuisé les populations aborigènes, conquis 
grande partie de l'Abyssinie et pénétré jnsqu'a la mer louge 
et au golfe d'Arien. (3'est dans ces derniers temps seulement 
que leur puissance semble avoir diminué en Ab}-ssinie, de 
méme que leurs irruptions dans ce pays, gurlout par suite 
de l'énergie dont a fait preuve le gouvernement du roi de 
Taon, lequel est méme parvenu à soumettre quelques tribus 
desGalla et à les forcer  embrasser le christianisme. Ils con- 
tinuent toujours cependant à occuper de nombreusesparties 
de l'Ab)ssinie, d'o/ ils étendent leur dommalion sur des con- 
tfCs au sud et au sud-ouest de l'Abssiuie, dont les dé- 
limitations sont très-incertaines, et qui semhlent étre au- 
jourd'bui le principa| tbétre de lenr brigandages. 
Les Gallas ne présentent point d'unité politique; lisse 
subditisent en une multitude de grandes et de petites peu- 
plades, iormant autant de centres particuliers, et souen| 
en guerre les unes contre |es autres. La plupart des peup!es 
Gailas sont demeurés pasteurs, et conservent encore aec 
le genre de vie particulier aux peuples pasteurs toute la 
sauvage rudesse de leurs ancëtres. Cependant quelques- 
unes de leurs tribus, celles qui habitent pr ou au milieu 
des Abyssins, sont devenues agricoles, et des lors un peu 
plus civilisées. Celles des peuplades Gallas qui sont demeu- 
rées  l'Cat sauvage et nomade, tout en menant la ¢ie paS- 
torale, ne laissent pourtant pas que de s'occuper beaucoup 
de chasse et de trafic d'esclaves. La plupart d'entre elles seul 
encore idolatres; toutefois Iïslamisme a fait de grands pro- 
grès parmi celles qui habitent aux environs «le Kafla et 
d'Enarca, ainsi que des cétes de la mer, ou elles ont de 
nombreux points de contact avec des nations mahomoetanes. 
il n'y en a qu'un petit nombre, par exemple une das t-'intë- 
fleur de l'Ab[ss'mie, qui se soient converties au christianisme, 



GALLAS 
çLL]S { Ms, mte riz ), l'un des gnèrmlx de 
PEmpire pendant la guerre de trente ans, né en 1559, d'une 
fanfiIle établie dans le pays de Trente, fit ses premières 
armes en 16t6, dans la guerre des Espagnols contœe la Sa- 
voie, en qualité d'écuyer d'un gentilhomme lorrain, I. de 
Beaufremont, dont il avait commencé par ètre pae. Mais il 
ne tarda point à entrer au service de l'empereur, et fut 
nommd colonel tout au début de la guerre de trente ans. Il 
se distingna d'une manière toute particulière dans les opéra- 
tions contre les Danois, et après la paix conclue à Lubeck, 
en 1629, alla commander comme gdníral un corps d'Impé- 
riaux en lalie, où il prit Mantoue et fit en mhne temps un 
fiche butin. Créd alors comte de l'Empire, il prit en t631 le 
commandement d'une partie de l'armée que les Suédois ve- 
naient de barre à Bœeitenfeld, couvrir la Bohême et comhnttit 
ensuite contre Gustave-Adolpbe à luremberg et à Luzen. 
Ayant été l'un de ceux qui mirent le plus d'acharnement/ 
déuoncer W a I I e u s t et n à l'empereur, il obtint après ras- 
sassinat de ce grand capitaine non-seulement sa seigneurie 
de F r i e d I a n d, mais encore le commandement en chef des 
afinCs impériales. A Nordlingen, Gallas remporta sur le 
duc Bernard de Saxe-Weimar une victoire qui eut pour 
résultat de replacer la partie sud-ouest de rAllemagne sons 
l'autorité de l'empereur. En 1637 il combattit contre Baner 
et Wrangel, en Poméranie; mais a la fin de 1638 il se vit 
contraint de se réfigier en Bohême avec son armée extí- 
nuée, et dut alors déposer son commandement. 
]tlalgré le malheur qui s'attachait à ses entreprises et les 
preuves d'incapacité qu'il venait de donner comme général, il 
n'en fut pas moins appelé, en 1643,/ commander l'armde des- 
tinée à opérer contre Torstenson. Ce fut en vain qu'il s'ef- 
força de l'acculer en Holstein, où il rayait suivi du fond 
de la Sildsie; par une manœuvre habile, Torstenson réussit 
au contraire à le rejeter sur la rive gaucbé de l'EIbe, après 
lui avoir fait essuyer des pertes énornleS; et alors Hatzfeld 
vint le remplacer à la tète de son armée. En 16t5, pourtant, 
ce fut encore lui qu'on donna pour chef aux Impériaux, 
battus à Iankowi[z. Il mourut à Vienne, en 16t7. Il avait 
agrandi sa seigneurie de Friedland par l'acquisition de nom- 
brefs domaines eu Bohème; et ses descendants s'établi- 
rent aussi en Silésie. Cependant sa descendance mle s'é- 
teignit au milieu du dix-huitième siècle; et alors l'héritier 
de la seigneurie de Friedland, le comte Ciam, ajouta à son 
nom celui de Gallas. 
GALLATE, sel résultant de la combinaison de t'acide 
gallique et d'une base. Les gallates son! insolubles, ex- 
cepté ceux de potasse, de soude, d'ammoniaque, et ceux à 
bases végétales• Presque tous les gallates se dissolvent dans 
les acides forts qui sont capables de former des sels solu- 
bles av leurs oxyde. Ceux de fer se dissolvent non.seu- 
lement dans un excès d'acide oxaliq,,e, mais encore dan» le 
bioxalate de potasse (sel d'oseille). C'est sur cette propriëté 
qu'et fondé l'usage du sel d'oseille pour enlever les taches 
d'e n c re de dessus le linge. Berzélius admet que dans les 
gallates neutres la quantité de l'oxyde est  celle de l'acide 
comme I est à 8. 
GALLATIN { Ass ), homme d'ltat américain, né 
à Genève, en 1761, venait à peine de terminer ses études, 
quand, en mars 1780, il cournt en Amérique prendre part à 
la lutte que les liabitants des ci-devant colonies anglaises 
utenaient pour assurer leur indépendance. Il se distingua 
tellement dans les rangs de l'armée américaine, d'abord 
comme simple soldat, qu'on bd confia bient6t le comman- 
dement du fort Passamaquoddy. Après la conclusion de la 
paix, il filt nommé en 1783 professeur de liftCature fran- 
t'aise à l'université de llarvard. A quelque temps de là, il 
acheta des terres, d'abord en Virginie, puis en Pensylvanie, 
où, sur les bords du Monongahela, il s'occupa activement 
:ragriculttlre. Sa carrière politique ne date que de l'année 
1789, êpoqleo6 il fut appelë à faire partie de la convention 
'.'hargée «le réd;gnr un projet de constitution pour l'État de 
l'cnsylvanie. En 1793 il filt Alu membre «lu sénat des Ëtats- 
DtCT. nE LA COI'E.RS. -- T. X. 

-- GALLE 
Unis; et lors des troub|es qu'on appeh l'i_srrectio du 
Wh/, il con{ribua puissamment à ré{ablir rordre. En 
!79 ses concitoyens lui donnèrent nne preuve flatteuse de 
l'estime qu'ils lui portaient, en l'Cisant le même jour membre 
de l'assemblée législative dans deux arrondissements électo- 
ran à la fois. En I01 son ami Jeflerson le nomma secré- 
taire de la trésorerie; et en t09 Madison lui ayant offert le 
portefeuille des affaires étrangères, il préféra garder sa Spéo 
cialité, et n'accepta que le ministêre des finances. Quand, en 
1513, la Bussie offrit sa médiation pour rétablir la paix entre 
rAngleterre et les États-Unis, il fut envoyé comme ambas- 
sadeur extraordinai à Saint-Pétersbourg; et plus tard 
rAngleterre aant demandé à traiter directement, il se rendit 
à Gand, où le traité définitif fut conclu et signé par lui. En 
115 il ngncia avec Clay et Adamsun traité de commerce 
avec l'Angleterre; et de I16 à 183 il remplit à Paris le 
fonctions d'envoé extraordinaire et de ministre plénipo{en- 
flaire de l'Union. A son retour en Amérique, il refusa nn 
mimstère ainsi que la vice-présidence de la république; 
mais en 1826 il alla encore occuper à Londres le pote 
d'ambassadeur. Depuis lors il ne remplit idu aacune fonc- 
tinn publique, et à New-York, où il s'était fixé, il ne 'occupa 
plus que de sciences et de liftCature. 
Gallatin fui un des orateurs les plus élégants et les plus 
corrects qu'on ait encore entendug au congrès. Economiqte 
de l'école d'Adaln Smith, il parla et écrivit en fave«r du prin- 
cipe du libre change , et resta jusq,fen 1839 président de 
la banque nationale. Il mourut le 12 aott 18.9. On a de lui 
quelques bons ouvrages sur Phistoire de sa patrie adoptive, et 
il fut président de la SortC6 historique ainsi que de la SortCL ethnologique des ÉtatsUnig. Cette dernière lui est meme rede. 
vable de .sa fondation. Son .lemo, ir on the north-eastern 
boundar?l [ New-York, 18t3 ), à 'occasion de la discussion 
soulevée par la question du territoire de rOrégon, de mëme 
que ses écrits sur la guerre avec le Mexique, sont des chefs- 
d'œuvre de sagaci!é et de lucidit, ; et ils exercèrent alors une 
puissante influence sur l'opinion. Dans les vingt dernières 
années de sa vie, il se lisra à une étude {oute particulière 
des antiquités et de rethnographie de l'Amírique; et personne 
n'acquit une connaissance plus parfaite des différents idiomes 
des Indiens. Son travail intitulé : S?lnOpSiS of the 
tribes 'ithen the United Slates and in the Brilish and 
Bussian possessions in l'orth-Amerca, qui forme le tome 
Il  des Transactions and collections of the Americtzn 
Antequarian Societ?l (Cambridge, 1836), et ses différents 
arlicles inskrés dans les Transactions de la Sociélh etlmo- 
logique (New-York, 18-t5-1552 ), sont jusqu'a prësent la 
meilleure autorité à invoquer sur les questions d'archéo- 
logie relatives à rAmériqne; en même temps que l'on y trouve 
la preuve de l'érudition profonde et tout européenne de l'au- 
teur. 
GALLE. On désigne sous ce nom des excroissances de 
forme« diverses, qui se développent sur les végétaux, par 
suite de la piqtre d'insectes de différentes familles, mais 
principalement de celle des h ?/men optère s, et du genre 
c Jnips, de Linné. Ton{es les parties des végétaux sont 
susceptibles d'ètre attaquëes par ces insectes, qui, après 
avoir percé le tissu da vtgélal, y déposent leurs ce,fs, au- 
tour desquels se rëpand le suc de la plante, qui grossit con- 
sidérablement l'organe piqué et donne lieu à une tumear 
quelquefois très-volumineuse. Parmi les nombreuse« galles 
que présentent les différents végétaux, quelques-unes seu- 
lemeut/néritent d'ëtre crées. Celle du r o s i e r è 91 a n t i e r 
ou bd(garest de la grosseur d'une pomme, couverte de 
longs filaments rouge-,ltres, pinnés; on lui aRribue des pro- 
. priéfés antiscorbutiques et astringen{es.Elle se trouve sur la 
tige de ce végétal. La 9aile du hélre se pr#.sente sur les 
feuilles de cet arbre, sous forme de c6ncs très-luisants et très- 
durs. La noix de 9alle est la pins importante de toutes, 
tant par son emploi en teinture que par son utilité dans la 
nerie. C'est une ecroissance arrondie, dure, solide, pesante, 
• produite sur les ramcaus du quereus infecloria, par la 



as GALLE -- 
Iqll ŒEElln eynipe. C't principalement le bourgeon des 
jeun branches que la femelle choisit pour y déposer son 
sui ; le bourgeon, après .son développement, ne conserve 
de sa lutine primitive que les aspérités formees par la partie 
supérieure des Arallies soudées. L'œuf éci6,, et la larve de- 
vient successivement insecte parfait. A cette époque, il dé- 
vore une partie de la substance qui forme sa prison, en 
perce l'enveloppe et s'échappe ; ces noix de galle ainsi 
percées prennent le nom de salles blanches; elles sont 
beaucoup moins es,iraCs dans le commerce que la 9alle 
noire ou verte d'Alep, qui vient aux environs d'Alep 
en Syrie. La grosseur de cette dernière est celle d'une are- 
line; elle est compacte, très-pesante et très-astringente, pro- 
priétés qu'elle doit à ce qu'ou l'a récoRee avant la sortie 
de l'inseçte. La galle de Smyrne est moins estimée que 
la precédente, parce qu'elle contient plus de 9alles blan- 
ches. 
Le qercu$ robur de Linné présente à la cupule de son 
gland une excroissance irrëguliëre, que l'on nomme 9allun 
de Piœemont : elle offre au centre d'une enveloppe ligneuse 
une ctvité unique, prenant del'air par le sommet, conte- 
nant une coque blanche, qui a da servir aux metamophoses 
:le l'insecte. La 9alle ronde de Frace est entièrement 
spbérique, dure, assez légere. Sa surface est polie et d'un 
blanc rouge.tre. Elle est produite par le quercus iler, qui 
croit dans le midi de la France. On trouve dans les environs 
Bordeaux une galle nommee pomme de chée, qui croit 
sur le chène tou--U. C'est la plus grosse de toutes; elle 
est produite par le développement monstrueux de l'ovaire, 
piqué avant la fécondation; elle est spongieuse et devient 
très-légère par la dessiccation. M. Guibourg a retiré d'une 
coque blanche, ovale, pla¢ée au centre de la galle, l'insecte 
vivant, lequel recevait de l'air par un conduit très-etroit, qui 
partait du pédoncule jusqu'a la coque ; il pense que ce con- 
duit doit exister dans toutes les autres salles, et surlout 
dans celle du Levant, qui est très-dure et très-compacte. 
FAVnOT. 
GALLE (A-mt), célre graveur en mëdailles, naquit 
en 17ûl, a Saint-Étieune. D'abord simple ouvrier dans une 
fabrique de boutons, il travailla ensuite chez un orf/vre de 
Lyon; et c'est là qu'il sentit s'veiller en lui le gënie de la 
gravure. Gai Je se forma sans maltre, et ses o»mmencemenls 
lurent très-remarquables. Sa premiere médaille fut cell de 
la Conquéte de la haute Eçgpte, et elle est restee l'une de 
ses plus belles productions. 11 executa ensuite celle du 
ltetour d'E99pte, l'Arrivee de Bonaparte à Frejus, la a- 
taille de Friedlani, le Couronnement de Vapolœeon, etc. 
En 1810 il remporta le premier prix du concours que 
l'Academie des Beaux-Arts avait ouvert pour les meiUeurs 
ouvrages de gravure..Nommé membre de l'luslitut, son acti- 
vite ne se reposa pas un seul jour, et chaque evènement 
glorieux de notre histoire Iroua en lui un interprète adroit 
et inspiré. Le burin de Galle a raconlé tous les triomphes 
du consulat et de l'empire. 11 exposa au Salon de 187 un 
interessant cadre de médailles, oh hguraient l'Entree du roi 
à Paris, La Duchesse d'Augoulme quittant la France, et 
enfin les elfigies de Descartes et de Malesherhes. Depuis 1830 
Galle a exëcuté la medaille de la Conquête d'A19er (1839), et 
plus rëcemmentla "l"ratslatio descendres de z'fapoleon : 
ces oeUvl'es, les dernières qui soient sorties de sa main 
courageuse, attestent qu'en vieillissant son talent n'avait rien 
perdu de sa lermeté première. Les médailles de Galle res- 
teront comme des modèles de précision, de netteté et de 
science. Ce laborieux et patient artiste est mort vers la fin 
de l'innée 15. 
GALLEGOS. On nomme ainsi en Espagne les habitants 
de la Galice. 
GALLES, prêtres de C}'bèle, division des cory ban- 
te s. A t ys, que Cbèle aima, s'étant fait eunuque, Gallus, pre- 
mier prêtre de cette déesse, imita cet exemple, et dans la 
suite tous les ministres de Cybèle furent de meme eunuques. 
Oide fait dériver ce nom d'un fleuve de la PhryF, ie » " 

GALLES 
nommé Gallu,. Lucien a parfaitement ridiull ces fana- 
tiques, en racontant les cérémonies de leur entrée dans 
l'ordre. Plutarque se plaint de ce qu'ils ont rendu la poéie 
des oracles vulgaire et méprisable. Ils conduisaient de 
bourgade en bourgade l'image de leur déesse, et distri- 
buaient des réponses en vers  ceux qui les consultaient, ce 
qui faisait négliger les otaries rendus sur le trépied. U leur 
était permis, très-anciennement, suivant Cicéron, de deman- 
der, seuls, l'aum6ne durant certains jours. Ils avaient un 
chef, nommé arc higalle. Avec un fouet formé d'osselets 
enfilés dans trois lanières, les galles se fustigeaient cruelle- 
ment en l'honneur de la dêesse. On peut voir dans Apulée 
des dé,ails fort curieux sur ces prêtres, qui de son temps 
etaient déjà tombé dans un grand discrédit. 
GALLES ( Pays ou Principauté de ), en latin Britannia 
secunda cimbria, en anglais Wales, et autrefois Wallis, 
principauté jadis indépendante et reunie aujourd'hui au 
royaume de la Grande-Bretagn e, sur la cote occidentale 
de l'Angleterre proprement dite, est bornée  l'ouest et au 
nord par la mer d'lrlande, a l'est par les comtes anglais de 
Chester, de Shrup, de Hereford et de Monmouth, et au sud 
par le canal de Bris,pl. Elle comprend une superficie d'en- 
viron 225 myriamètres carr. Son territoire est trasersé 
trois chatnes de monlagnes, dont le pic le plus ëlesé est le 
Snodon, haut de 1»152 mëtres. Les formes abruptes et e- 
carpées de leurs nomb,'euses ramifications, les railCs pro- 
fondes qu'elles renferment et qu'arrosent nne lunltitnde de 
petits lacs et de ruisseaux, des brouillards presque perpé- 
tuels et la neige, qui en. certains endroits dure jusqu'au mou 
de juin, donnent a toute cette contree l'aspect le plus pilto 
resque, et l'ont fait surnommer la Suisse anglaise. Le c. 
mat sans doule en est àpre, mais non pas malsain. Les 
cOtes, herissees de rochers et fort echancrees, orment 
and nombre de golfes et de promontoires. Les cours d'eau 
les plus importants sont la Dce, la Cluyd, le Couvay, le 
Tany, la Tare, la Severn, le We et l'Uske. Le sol est 
riche en fer, notamment dan le comté de Clamorgan. On 
trouve aussi du cuivre, du plomb, du marbre et de la boni,le. 
L'exploilation des mines et la fabrication du fer constituent 
les principales industries de la population; et la nature da 
sol favorise d'une manière toute particuliere, indépendam- 
ment de l'agriculture, l'elëve du bétail. Sur les cOtes, la 
#che, celle des huttres surtout, occupe fructoeusement 
un grand nombre de bras ; et secondé par de nombreux ca- 
naux, le commerce auquel donne lieu le placement des divers 
produits du sol est des plus actifs. 
Le pa)-s de Gallesest divisé, sous le rapport politique, en 
pais de Galles du sud ( South-Wales ), et pa)s de Galiesdu 
nord ( ,$-orth- Wales); la première de ces divisions comprend 
les comtés de Brenno¢k, de Cardigan, de Cærmarthefl, de 
Glamorgan, de Pembrocke et de Radnor; la seconde, les 
comtés d'Angleey (ile d'), de Coernarvon, de Denhigh, de 
Flint, de Merioneth et de Montgomery. Le chef-lieu de la 
principauté est Pembrocke. Sa population eu 18.11 était 
de 911,31 habitants. 
Les habitants primitifs du pa_s de Galles lurent vraisem- 
blablement des Kgmrs on C i m b r e s. Au temps de la dotal- 
nation romaine, cette.conh-ée porlait le nom de Cimeria, 
aujourd'hui encore les indigènes se désignent eux-mémes par 
le nom de Cgme'9. Quant b. l'ét)mologie mème du nom de 
Gnlles (en anglais Wales), d'oh on a fait pour designer 
les hahitauts de cette contree le mot Gllois let dans les for- 
mes anglo-germaniques, Walen, Waloeer, Walliser 
aussi Welche ), c'est là une question demeurée sans solu- 
tion. Lorsque, au cinquième siëcle de notre ère, les Ano- 
Saxons (vo9e-- A,xc.rva } envahirent la Bretague, une 
)artie de la population bretonne, qui descendait des Cci- 
tes, luyant devant le glaive des conquérants, se refusa 
dans les montagnes et les fordts du pa)'s de Galles, oh ces 
èungrès celtes se confondirent peu à peu avec les habitaMs 
primitifs de la centrée, parmi lesquels dominait l'elèmeut 
cimbre, pour former une population particulière, qui a 



GALLES 
;tuWjusqu'à ce temps-ci, en opposition ri l'élèment anglais, 
 mœurs, son caractère et sa langue propres. Les Gallois 
 nos jours sont une race d'hommes grossiers, superstitieux, 
mis énergiques, généreux, bons et hospitaliers. Les classes 
ipSrieures ont seules adopté la langue et la civilisation an- 
laises ; et encore se composent-elles en grande partie 
lents fournis par l'immigration. Aujourd'hui encore, comme 
tdis, les Gallois célèbrent leurs antiques ftes nationales, o0 
on alCouvre facilement des traces des antiques croyances du 
ays, alors que sa religion était celle des druides ; et leurs 
oëtes populaires ou bardes e réunissent toujours annuelle- 
lent pour se disputer le prix dans des joutes poetiques. Par 
ntre, l'instruction populaire y est encore des plus défec- 
euses, et c'est tout récemment seulement que des écoles y 
t été fon«l,;es sous l'impulsion donnée par i'élëment anglais 
e la population. La langue des Gallois, qui se compose d'un 
iélange de mots germains, celtes{ galliques ) et romains, 
ossède une gramtnaire et mème une liftCature. 
A l'dpoque de l'histoire d'Angleterre désignée sous le nom 
e période oi9[o-a.zone, il est vraisemblable que les Gai- 
ris obéissaient d'abord à un seul et mme chef ou prince indé- 
,endant, que par la suite ils en reconnurent plusieurs, dont 
• .s divisions et les luttes intestines favorisèrent l'invasion 
trangère. Déjà le roi anglo-saxon Athelstan (95-941) 
var contraint les Gallois à lui payer un tribut, consistant 
artie en argent et partie en peaux de loup. L'établissement 
e ce tribut eutA la longue pour résultat l'e.termination corn- 
Ière des loups dans i'lle entière. 
Quand, en l'an 1o66, les Normands s'emparèrent de l'An- 
leterre, les Gallois essayërent de se soustraire au joug de 
es nouveaux envaldsseurs; mais Guillaume le Conquérant 
ntra dans leur pays à la tète d'une armée formidable, et 
ontraignit leurs divers princes ou che/s à reconnaltre sa su- 
raineté et ì lui payer tribut. Pour mettre obstacle à l'inva- 
ton du sol anglais par les populations sauvages et guer- 
ières du pays de Galle% le roi Guillaume II institue sur leurs 
rontières des comtes de Marches, des marchers ou marquis; 
t retranchés dans leurs chateaux forts, ceux-ci soumirent 
,eu  peu les diverses parties du territoire, en mme temps 
lu'ils tinrent en respect les chefs ou princes les moins puis- 
ants. Mais pendant les guerres civiles qui signalèrent le 
',ne d'ltienne, le dernier roi d'Ang'leterre de race norman,le, 
es princes ou chefs du pays de Gailes renssirent à se sous- 
raire presque complétement à l'inlluence anglaise, et rava- 
:brent méme le sol anglais, à titre d'alliés tantOt du roi, et 
ant6t de la princesse Mathilde (voye'- PLANT/CENET). Enfin, 
 roi Henri II sut mettre b. prolit leurs dissensions et leurs 
uttes intestines pour soumetttz de nouveau tout le pays de 
;ailes ì la souveraineté anglaise. Le prince Ma,inc de Po- 
lis ou Montgomery, l'ami et le vassal de Henri, ayant été 
'objet de mauvais traitements et d'actes d'hostilit de la part 
le plusieurs autres princes, notamment de la part d'Owen 
;winerth, prince du JVorth- Wales ( Galles du nord ), ap- 
ela le roi a son secours. En conséquence, Henri, à la tète 
t'une armée nombreuse, envahit le pays de Gatles, en 1157, 
'ainquit et soumit, non sans peine, Owen, et contraignit !'an- 
,ée suivante les princes possessionnSs au sud et moins puis- 
ants/ reconnaitre sa suzeraineté. Mais les Gallois ne sup- 
ortaient le joug qu'avec impatience; aussi dès 1163, quand 
lenri Il se trouva embarrassé dans une guerre contre la 
rance, Res, prince du 5ozztA-Wales (Galle» méridionale 
t-il irruption en Angleterre; et l'année suivante il ne lui 
tt pas difficile de déterminer les autres cbefs  prendre les 
"mes à son exemple. Henri envoya alors de nombreuses 
• tuées dans le pays de Galles ; mais leurs efforts fnren[ im- 
issants, parce que les Gallois firent alors alliance avec la 
•ance. Ce filt seulement sous Édouard [er, qui monta sur le 
• 5ne d'Angleterre en 1272, qu'on rénssit h soumettre coin- 
Cement ce pays. Llewellyn, alors prince souverain du 
ys de Galles, avait soutenu, sous le règne de Henri III, le 
rti de Leicester, et refusait, sous divers orCextes, de venir 
'adreen personne foiet hmmage Èdouad. E cons#quence 

GALLET 99 
Édouard entra, en l'année 177, avec des forces coni,ISrable« 
dans le pays de Galles, et force Llewellyn  implorer la paix 
et à reconnaltre sa suzeraineté ; exemple que durent successi- 
vement imiter les autres barons du pays. L'excessive duret 
avec laquelle les raarchers ( marquis ) anglais traitaient 
les populations galloises determina Llewetlyn à déploer, 
en ts, l'étendard de la révolte; mais il fut battu, et pSrit au 
mois dedécemhre de la m6me ann6e, dans un engagement avec 
des troupes anglaises. Son cadavre, retrouvé sur le champ de 
bataille, fut coups en quatre quartiers et exposé en sanglant 
trophée sur les muraillesdes quatre plus grandes villes d'An. 
gleterre. Il existait une vieille prophétie de Merlin suivant 
laquelle un prince de Galles devait un jour venir à Londres 
ceindre la couronne d'argent. Pour réaliser dSrisoirement 
cette prophétie, qui continuait à exercer une puisnte in- 
fluence sur les populations galloises, le vainq_ueur fit sus- 
pendre au sommet de la Tour de Londres la tte du noble 
insurgé au bout d'une pique et couverte d'une couronne 
d'argent. Son frère David, qui tenta de continuer à lutter 
pour l'indépendance de la patrie commune, tomba, au moi 
d'octobre 1283, entre les mains du roi, et mourut de la main 
du bourreau, àShrewsbvry. 
Le pays de Galle, fut alors traité en province conquise. 
Édouard dëclara que la principauté constituerait désormais 
un fief relevant de la couronne d'Angleterre, et ordonna en 
outre qu'on y introduistt les lois et lescoutumes anglaise. En 
1301 le roi concéda sa conquête, à titre de fief relevant de la 
couronne, à son fils aln et hériher présomptif, qui p,-it dès 
lors le titre de prince de Galle*, et qui régna plus tard sous 
le nom d'Édouard II. C'est depuis cette epoque que le prince 
royal d'Angleterre, quand il est fils alné du roi régnant, ou 
s'il vient à mourir, son fils aine, porte toujours ce titre de 
prince de Galles, qui cependant ne lui est accords que quel- 
ques mois seulement après sa naissance et toujours par let- 
tres-patentes spéciales. Pour en finir avec l'esprit d'ind6- 
pendance et de nationalité qui caractérisait les populations 
galloises, les rois d'Angleterre s'attachèrent à extirper et 
anéantir la caste de ha rd es, personnages investis de divers 
privildges particuliers, et qui en leur qualité de représentants 
du #_nie national continuaient par leurs chants à conserver 
dans le peuple des so,avenirs et des traditions patriotiques et 
souvent mtme l'excitaient à se r6volter contre ses oppres- 
seurs. Owen Glendower, barde issu d'une ancienne famille 
de princes gallois, profita des troubles auxquels l'Angle- 
terre fut en proie sous Henri IV pour lever, en l'an 1400, l'é- 
tendard de l'insurrection. II envahit l'Angleterre et dSva«ta 
les possessiuns du comte de La Marche ì la tte d'une bande 
nombreuse, aux déprédalions de laquelle les Itommes 
d'armes de ce seigneur, non plus que les troupes envoyes 
à son secours par le roi d'Angleterre, ne purent mettre un 
terme. Ce fut seulement vers la fin du règne d'Henri IV que 
les Anglais réussirent /l faire rentrer le pays de Galles dans 
le devoir. Les rois suivants instituèrent alors dans les divers 
districts de la province des seigneurs anglais ou marchers, 
chargés d'exercer une juridiction particuli#.re et arbitraire, et 
réprimèrent désormais de la manière la plus sanglante toute 
tentative de révolte de la part des habitants. Enfin, en t536, 
pour mettre un terme  cet tat de désordre et achever d'ef- 
facer les derniers vestiges de l'antique indépendance de ces 
contrées, Henri VlII, à la demande du parlement, rSunit 
I difinitivement la principauté de Galles à l'Angleterre; et en 
mme temps les populations galioi.es furent admises à tous 
les droits, franchises et libertés, garantis à la nation anglaise 
par sa constitution politique. Consulter, sur le nombreuses 
antiquités du pays de Galles antérieures  l'époque chr#- 
tienne, The Cambrian popular Antiqutt|e* de Robert ( Lori- 
dres, 1515 ). 
GALLES (Nouvelle). Voye» Nova]-e GSLS. 
GALLÈS (lle du Prince de). Voyez Povo-Pms. 
GALLET, né A Paris, vers le commencement,du dix- 
huitième siècle, chansonnier plein d'esprit et de natorel, s'il 
avait vécu de nos iours, aurait réhabilité, la oerporation 
3. 



t00 GALLET -- 
dpiciers, fort compromise ous le rapport intellectuel par 
les raillenrs de notre époque. Il exerçait en effet cette ho- 
norable profession  la pointe Saint-Eustache, et c'est là 
qu'il recevait P a n a rd, P i r o n, C o I I é, dans de joyeux 
banquets, qui furent l'origine de l'ancien Caveau. Ce- 
pendant, ayant trop scandaleusement joint à son com- 
merce d'épiceries celm des prt sur goges, dits à la petite 
çemaine, il fut exelu de l'académie cbantante, dont il 
Cait le fondateur. Insouciant épicurien, il s'en consola 
en faisant une chanson de plus, car sa iécondité était très- 
grande en ce genre : ces petites piëces, toutefois, n'ont ja- 
mais ét recueillies en corps d'ouvrage; mais on en trouve 
un assez grand nombre dans l'ancien Chansonnierfrançais. 
Gallet avait aussi compost, en société avec Piton, Panard 
et Collé, quelques vaudevilles, nommés alors opèras-comi- 
ques, entre autres. Le Prt rendu et La Pr#caution inutile. 
Sa gaieté, sa iacilité d'improvisation, le faisaient rechercher 
dans beaucoup de cercles, oi» l'on était moins sévëre que le 
Caveau sur sa moralité. Ce fut peut-être la cause de sa 
ruine. Quoiqu'il e0t pour faire fortune, comme on vient de 
le voir, un moyen de pllls que ses confrëres (en épicerie 
bien entendu ), il parait que le go0t des plaisirs finit par 
lui faire tellement négliger ses affaires, qu'il fut contraint de 
faire faillite et de fermer son magasin. Pour échapper aux 
prises de corps, il se réfugia dans l'enceinte du Temple, qui 
était alors un lieu d'asile pour les débiteurs. Et quoique 
réduit  une situation peu aisée, /l défaut de nouvelles 
dettes, il y fit de nouvelles chansons. On nous a conservé 
les trois couplets de celle qu'il adressa à Collé, au moment 
de succomber " sa dernière maladie, en 1757. En voici le 
dernier, sur un refrain alors en vogue : 
Autrefois, I»rcsq,;aa méme iu;.ant I 
J'eu aurais pli rimer auta,,t 
Que nains reeouuaissous d'Ap/»trc. 
Aujourd'hui j'abrëgc, d'autant 
Qu'd l'ïglise un prélre m'attend, 
Mccornpagné de plusieurs autres. 
Aussi, après son décès, fit-on courir dans le monde cette 
cpitaphe laconique : 
Ci-gh le ehansonnicr Gallet, 
Mort en achevant un euuplet. Ounn¥. 
GALLICANE (Église). Lorsque la doctrine du Christ 
commença/ m r/'pandre dans l'univers romain, les Gau I e s 
furent de toutes h s pr«tvinces de l'empiro celle où elle 
s'implanta tout d'abord. Les di.ciples mème des apétres y 
vinrent précher la foi, et scellèrent de leur sang leur 
courageuse et sainte mi«sion. Les premiers martyrs dont 
,,n fasse menlion sont Gatien, à Tours ; Tropbime, à Arles ; 
Paul,  Narbonne; Satu rnin, à Toulouse; AUstremoine, à Cicr- 
mont ; Martial,  Limoges; Pothin, à Lyon; Crescent, a Vienne. 
Mais comme le sang des martyrs est essentiellement fécond, 
ces deux derniëres villes furent I,ientét remplies de lidëles ; 
c'est ce que l'on peut voir dans la lettre authentique des 
églises de Lyon et de Vienne au lidèles de l'Asie. Saint 
! ré n ée, qui mournt martyr de la foi dans les premiè.ees an- 
nées du troisième siècle, ayant ì cotqbattre des héré$iques, 
leur opposa les traditions des églises des Gaules. Toutefois, 
la nouvelle religion ne se répandit guère d'abord que dans 
les provinces méridionales de cette courtC. Celles du llord 
et de l'Occident languirent plus Iongtenlps dans les Vertè- 
bres; cependant, elles-mmes ne tardërent pas à accueil- 
lir la bonne nouvelle : des évèqnes pleins de zèle se dë- 
rouèrent avec joie à la mission périlleuse «le l'enseigner ; 
et dejà vers la lin du quatriëme siècle il n'y restait 
pins qu'un petit nombre de paiens, quesaint Martin con- 
vertit la religion chrétienne. Pour mieux parvenir au but 
qu'ils se prnposaient les ap6tres des Gaules formèrent 
divers établissements monastiques, d'où la religion alité- 
tienne devait s'étendre au !oin, comme d'nn centre raon- 
haut. Saint Martin fut le premier qui, l'an :t0, fonda 
pres de Poitiers le monastère de Ligné, et plus tard, en 

GALLICAIE 
372, celui «le Marmoutier. En 390 saint H,morat leva 
celui de Lérins. 
Mais tout leur zèle ne put empcber que l'arianisme ne 
vint  son tour envahir la Gaule : cette doctrine n'y t cepen- 
dant point d'abord de sérieux progrès. S'il y eut des ariens 
dans ce pays, ce ne fut que plus tard, lors de l'invasion 
des barbares, au cinquième siècle. Bient6t les Francs, con- 
duits par Clovis, se jetèrent sur cette région ;en y péné- 
trant, ils étaient païens; mais Clovis ayant, par une faveur 
céleste, remporté une grande victoire, se fit chrétien avec. 
la plus grande partie de son armée. Les Gaulois orthodoxes, 
voyant un jeune prince chrétien, se soumirent à son pouvoir, 
et, au lieu de le combattre, l'aidèrent dans sa conquête. 
Ils se plaignirent h lui des cruautés des Wisigoths ariens : 
Clovis ne tarda pas à les combattre, les vainquit entiëre- 
ment et les obligea à se rejeter su l'Espagne. Ce fut de cette 
maniëre que notre France fut délivrée du schisme d'Arius, 
de sorte que les traditions ortbodoxes ne Imrent s'y altérer, 
ets'y consel'vèrent à l'abri de tout contact impur. Il est bon 
de remarquer en passant combien, fi cette époque de dé- 
sordre et de barbarie, les évéques de France furent utiles 
la nation, combien ils contribuërent à adoucir les mœurs de 
ces peuplades du Nord, qui conservaient encore toute la fé- 
rocité de leur caractère. Les prélat.% comme les Oépositaires 
des traditions, comme les Ilommes les pb,s éclairés de l'é- 
poque, lurent introduits dans les conseils des princes, et 
occupèrent la phls grande partie des charges de l'État. Ils 
avaientla haute direction dans les assemblées nationales, 
ne furent guère inquiétés par les bérésies qui tourmentaiet 
la chrétienté au dehors ; jusqu'au onziëme siëcle, ils n'cil- 
rent à s'occuper dans leurs conciles que d'affaires d'ad. 
ministration intérieure; ils cherchèrent h réprimer la si- 
munie, les brigandages des seigneurs, l'incortinence des 
clercs, etc., et à protéger le faible contre le fort. 
Mais en 1047 Bérenger, ayant publié ses erre,ifs sur I'Eo- 
cbaristie, fut condamné, non-seulement à Borne, mais aussi 
dans plusieurs conciles tenus en France. A l'hérésie de 
renger succéda celle de Bosceliu, qui faisait trois dieux des 
trois personnes de la sainte Trinité. lloscelin, condamn 
dans un concile tenu  Soissons en 1092, abjura son erreur. 
.Nous ne parlerons pasdes bérésies semi-tlléologiques, semi- 
politiques d'A rnaud de Brescia, de Pierre Valdo, d'a- 
b é la ré, du Gilbert de la PurAe, qui pendant le douzième 
,iècle agitèrent l'Êgiise et l'Europe, et qui furent si bien 
combattuespar saint Bernard, Pierre le Vénérable, 
Ilildebert, évëque du Mans, et Pierre Lombard. Nous 
passerons aussi su r celles des A I b i g e o i s et des Vaudois, qui, 
au treizième .dècle, occasionnèrent tant de troubles en 
France et ex« tèrent des rigueurs que nuus sommes /oin 
d'approuver. 
L'Église 9a2licane ne fut plus inquiétée par l'hérésie jus- 
qu'au commencement du seiziëme siècle, époque désav 
trcuse pour l'Erope, où se répandirent avec une rapidilë 
prodigieuse les doctrines de Luther et de Calvin; tout 
le monde sait que la doctrine de la réforme, condamnée 
au concile de Trente, fournit aux souverains de l'Euro 
l'occasion de déployer leur zële pour la foi catholique. 
dix-septiëme siècle, il y eut non pas une bérésie, niais des 
disputes sur la grâce et des discussions sur le quiétistae 
qui ne furent pas de longue durée. 
Dans le principe de l'établissement de la religion chré- 
tienne, il s'était établi des chants, des rites et des coulumCs 
différentes dans la liturgie des diflërents pays, et c'est ce qti 
arriva aussidans les Gaules. Il y eut jusqu'à Charlemagne on 
chant 9allican, une messe 9allicane, qui n'étaient pas les 
mmes que le chant et l'office grégoriens, suivis à Borne, et 
que Charlemagne fit adopter aux églises de France; il n'et 
donc pas étonnant qu'il exister en France des coutumes, des 
mœurs, des constitutions propres à l'Église de ce pals, 
coutumes qu'elle conservait par tradition, et auxquelles o 
a donné le nom de Iibertés 9allicane; c'.est là un rail 
contre lequel on ne saurait élever aucun doute. Nous ne 



GALLICANE 
ponvons détailler ici les coutumes qtti font ses priviléges; 
nous dirons sommairement qu'elles consislaient h recon- 
narre rautorité des papes quant au spirituel seulement, et 
leur infaillibilité dans les qnestions dé¢idées par eux et par 
les con¢iles de la mme manière, h reconnaltre les souverains 
du royaume comme chefs temporels, et à leur préter ser- 
ment de fidélité. Les éV&lUes des Gaules, aant assisté  la 
fondation de la monarchie Irançaise et participé au ponvoir, 
s'étaient accoutumés h respecter l'autorité temporelle. 
gnés de la «ur de Rome, ils ne s'étaient nullement mlés 
aux diffírends des papes avec les empereurs, et dans coite 
grande lutte ils n'avaient ni approuvé ni désapprouvë les 
actes des souverains ponlifes. 
Jusqu'à Grégoire VIII, les papes, quoique affichant 
maintes fois des prétentions exagérëcs, n'avaient rependant 
pas osé mettre leur autorité au-dessus de l'autorité de tous ; 
Grégoire imagina de soumettre l'aulorité temporelle à l'au- 
torité spirituelle, et d'arriver ainsi à la monarchie uni- 
verselle, l'lus tard, lorsque Grégoire IX, après avoir dé- 
claré rempereur Fredéric déchu de son royaume, vint 
engager saint Louis_à s'armer contre lui, offrant à son frëre 
Robert le trOne qu'il rendait vacant, ce saint roi rejeta le« 
offres du pontife; et les grands du royaume, parmi lesquels 
se trouvaient grand nombre d'évèques, et «lui formaient ses 
conseils, ne cachêrent pas rindignation que leur inspirait 
une telle conduite. Il est donc certain que, quoique ne l'ayant 
pas déclaré Iormellement, le ¢lerg6 de France ne reconnaissait 
pas au pape le pouvoir de disposer ì son gré des royaumes, 
et qu'il faisait une distinction bien positive du pouvoir spi- 
rituel et du pouvoir temporel. On connalt les diïférends de 
quelques rois de France avec les papes et la manière dont 
ils se sont terrainC. 
La monarchie française n'a été constituée d'une manière 
définitive et absolue que sous Louis XIV. C'est alors que, 
libre d'entraves, elle a considéré sa puissance, et que, sentant 
sa force et son droit, elle a voulu rëtablir d'une manière 
délinitive en re]etant la prétention de Grégoire VII, que 
de droit divin les souvercins pontifes sont monarqttes 
de tous les monarques de la terre. Louis XIV profita des 
troubles qui avaient éclaté  l'occasion de la repale pour 
faire déclarer ses droits immuables par les évèqucs de France. 
La r¢9ale ëlait un droit féodal, que les rois avaient sur cer- 
lains evchés qui venaient h vaquer. Tant que durait la va- 
cance du siCe, ils en percevaient les revenus; et ils étaient 
ai»tes de plus, d'après le droit de r9ale , à conférer, sans 
que les poufsus eussent besoin d'institution canonique, 
tous les bënélices, excepté les cures qui pouvaient tre à 
la nomination des archevëques et évques. Ce droitde r. 
9ale, conlre lequel s'étaient souvent élevées les plaintes des 
évdques, existait depuis des siècles : ¢'tait une suite de ce 
principe de droit I,odal, qu'h la mort du vassal le fiel 
tourne au seigneur. Mais il n'y avait que certains siéges qui 
fussent assu]ettis à ce droit; ce qui tes faisait se plaindre. 
Louis XIV jugea h propos d'y soumettre tous les évèchés 
et archevhés de France ; il signa deux déclarations, l'une 
de 1673, et l'autre de 1675, portant que toutes les ,églises 
du royaume sont sujettes à la rdgole, et que les archevE- 
ques et évoques qui n'ont pas fait enregistrer leur serment 
le leront dans deux mois. Le clergë ne s'opposa pas à ces 
déclarations; il n'y eut que deux prélats, révEque d'Mais 
et celui de Pamiers, qui protestèrent, publièrent des man- 
dements contre les déclarations royales, et s'adressèrent di- 
rectement au pape. Le souverain pontife prit fait et cause 
pour les dissidents, et envoya à Louis XIV trois brels dans 
lesquels il blâmait sa conduite, disant qu'il avait excédé ses 
pouvoirs, et le menaçant d'en venir -h des moyens extrèmes 
s'il persislait dans ses déclarations. Cette résistance des 
évques soutenus par le pape donna lieu à quelques troubles. 
« On ne voyait, dit la Collection des procès-verbaux des 
a,serabldes du clerpd , «l'un cbté qu'exeommunioetions 
lancées pour soutenir les définitions du concile général (celui 
de Lion , sur lequel s'appuyait le pape), de l'autre que 

II) I 
proscriptions de biens, exils, emprisonnements, condam- 
nations mme à mort, pour soutenir ce que l'on prétendait 
les droits de la couronne. La plus grande conlusion régnait 
surtout dans le diocèse de Pamiers : tout le chapitre Cait 
dissipé ; plus de quatre-vingts cnrés emprisonnés, on obligds 
de se cacher; on voyait grands-vicaires contre grands-ri- 
caisses, le siCe épiscopal vacant ; le père Cerle, grandel- 
raire nommé par le chapitre, fut condamné à mort par le 
parlement de Toulouse. » 
] Louis XIV, qui croyait "h juste titre avoir fait assez pour 
l'Eglise, fut nuité des brefs du pape et des troubles qu'ils 
i fomentaient dans son royaume. Il ordonna aux évëques qui 
se tronvaient / Paris de se réunir chez l'archevêque de 
celle ville pour y délibérer sur les brefs du pontife; mais, 
après de longues discussions, l'archev{que de Paris, crai- 
gnant qu'on n'attribuàt à l'inlluence de la cour les décisions 
qu'ils pourraient prendre, demandal h Louis XIV la per- 
mission de convoquer pour l'année suivante une assemblée 
générale de tout le clergé du royaume : le roi y consentir. En 
conséquenee, les provinces envoyèrent de députés, et l'as- 
semblêe s'ouvrir au mois de mars. Ce fut dan« cette réunion 
que le cardinal de Lorraine, un des principaux orne- 
ments du siCe romain, s'exprima dans ces termes, que nous 
nous plaisons à opposer aux adversaires des libertés de l'l- 
glise gallieane : « Je ne puis nier que je suis Français, 
nourri en l'université de Paris, en laquelle on tient l'au- 
torité du concile par-dessus le pape, et sont censurés comme 
hérétiques ceux qui tiennent le contraire; qu'en France, on 
lient le coneite de Constance pour général dans roules ses 
parties, et que pour ce l'on fera plut6t mourir les Fran- 
çais que d'aller au contraire. » 
Dans celte célèbre assembloee, B o s s u e t, chargé de for- 
rouler les doctrines de rËglise gallieane, lut, à la sdance 
du 19 mars 1682, nne déclaration en latin qui établit so- 
lennellement « que l'Église doit ttre réçe par les canons 
que saint Pierre et ses successeurs, que toute l'lglise morne 
n'a reçu de puissance de Dieu que sur les choses spirituelles; 
que les règles, les mœurs et les eonstitutions reçues dans 
le royaume doivent ètre mainlenues et les bornes posëes par 
nos pères demeurer inéhranlables ; que les déerels et le 
gement du pape ne sont point irréformables, à moins que 
le consentement de l'Eglise n'intervienne; que c'est en cela 
que consistent nos liberlés, auxquelles il n'est permis à 
I personne de déroger. ,, ( Voye: D[c.aAtor 
FllA-ce. J 
Telle est la subslance des quatre orticles et de la défense 
publiée par Bossuer, I'me de eetle illuslre assemblée. 
Tout y est empreint de cette gravilé anlique qui annonce 
la majesté des canons inpirés par Dieu et consacrés par le 
respect universel du monde. Cette déclaralion tir adressée 
par rassemblée à tous les évoques du royaume, avec nne 
circulaire pour les engager à faire professer cetle docltine 
dans leurs diocèses et à ne point permettre qu'auclme nuire y 
fùt euseignde. Louis XIV, par un édit enregistré au parle- 
ment le 23 mars 1682, ordonna que la déclaratioa du clergé 
de France serait enregistrëe dans toutes les cours de par- 
lemt rit, hailliages, sdnéehaussées, universilés, facullés de 
théologie et de droit canon ; qu'il n'y aurait désormais que 
cette doctrine-là d'enseignée dans le« universités; qu'un 
professeur en serait spécialement chargt , et q«el'on ne pour. 
rait {tre licencié si l'on n'avait soutenu coite doctrine dans 
l'une de ses thèses publiques. L'assemblée adressa également 
cette déclaralion au pape Innocent Xi, avec une lettre ex- 
pliealive rédigée par Bossuet. Le pape cassa et annula la dé- 
libération prise par les év.ques gallicans; il leur répondit 
une longue lettre pour leur prouver qu'ils se tromçaient et 
les engager à reconnaitre leur erreur. /lais oeux-ci persistè- 
rent dans leu r déclaration, et, après plusieurs années de dis- 
eus.sion, la chose en resta là. Le grand roi élail satisfait, et 
ne s'inquiétait pas de la cour de Rome. Le sainl-père, de 
son c6té, pouvait voir aisément que lestemps oetaient chang.s, 
et qn'il ne lui serait plus permis de tenter ce qu'avait fait 



o GALLICANE 
autrefois Grégowe TII. Il se tut : assez de douleurs avaient 
accablé l'Église pour qu'elle ne nget pas  courir 
au-devant de nouvelles épreuves. Peut-Cre bien aussi les 
noms de Louis XIV et de Bossuer, la supériorité de l'in- 
telligence et de la force, évitèrent-ils à la catbolicité de nou- 
veaux malheurs. La déclaration de 1682 demeura comme 
|e code de L"Elise gallicane, coutre laquelle Les petites pas- 
sions ultramontaines se sont toujours mais en vain dé- 
chalnées. 
GALL|CANES (Libertés). Voyez GALLmSJC (Êlise). 
GALL[CANISME doctrine de ceux qui défendent 
les libertes de l'Egtise gallicane, par opposition  L'uL- 
t r a m o n t a n i s m e, qui se montre entièrcment déçoué aux 
volontés du saint-siCe. 
GALL[C[E province de la monarchie autrichienne, 
qualiliée de domaiue de la couronne (kronland) et for- 
ruant aujourd'hui les royaumes de Gallicie et de Lodomé- 
rie, avec les d,cbés d'Auscbwitz il de Zatoræ et le grand- 
duché de C raco rie. Elle confine au nord à la Pologne et 
à la Bussie, à l'est à la Bussie, au sud à la Bukowine et à 
la Hongrie, à l'ouest à La SitCic, et contient une superficie 
de I5 milles géographiques earré% dont 22 appartien- 
nent au grand.duché de Cracovie, acquisition nouvelle de 
l'Autdche. Ce pas est une haute terrasse, situde au pied 
septentrional des mouts Carpathes, et qui s'étend au sud 
en décrivant un grand arc depuis les frontières de la Silésie 
jusqu'à celles de la TranssIvanie. Après une région monta- 
gneuse qui pénètre dans l'lutCeur des terres jusqu'à une 
profondeur de  ì 5 myriamètres, il préente une fertile région 
moyenne, onduieusement entrecoupée de collines, qui par- 
lois arrive à former des plateaux et parfois aussi, près des 
fleuves, dégénère ca plaines sablonneuses ou maréeageues. La 
partie oeptentriouale notamment n'et guère qu'une immeuse 
plaine, interrompue seulement ça et la. La Gallicie compte un 
grand nombre de cours d'eau importants, qui à l'ouest 
appartieunent au bassin de la Vistule. et a l'est ì ceux du 
Danube et du Dniestr. La Vistle, qui devieut navigable près 
de Cracovie, reçoit tes eaux de laBiala, de la Sola, de la Skawa, 
de la Skawina, de la Baba, du Dujanec, de la ,Vysloka ve- 
nant du plateau des Carpathes, et de la Sn venant du pla. 
teau de Lemberg. Le Dniestr, qui prend sa source daus l'une 
des ramifictions que les Carpathes envoient en Gallicie, 
reçoit de fort petites rivières, par exemple, sur sa rive 
droite, Ic Stry, la Swika et la Bistriza ; et sur sa rive gau- 
che, le Sered, près des frontières de Bussie, le Podhorze, 
et atteint ensuite le territoire russe. Le Pruth, l'un des af- 
fluents du Danube, ne larde point à abandonner ce pays. 
La Gallicie ne possède point de grands lacs. De toutes 
les parties de la monarchie autrichienne, c'est celle dont 
le climat est le plus rude; et les hivers oU le froid atteint 
jusqu'a 28  Réaumur ne sont pas rares. Cependant, et en 
dépit des nombreuses régions sablonneuses ou mareagenses 
qu'il renferme, ce paFs est au total très-fertile et fournit à 
l'e.,prtatin des ¢Créales, encore bien que l'agriculture 
soit loin d y avoir pris tout le développement dont elle se- 
rait iusceptible. On y cultive sur une assez large échelle le 
chanvre-et le lin, le tabac, le houblon, etc. La richesse 
forestière de la province est importante, quoiqu'au nord 
les forêts soient fort éclaircie% tandis que dans les Car- 
pathes d'immenses quantités de bois pourrissent sur pied. 
En ce qui est du règne animal, la Gallicie produit surtout du 
gros bëtail, et dans des proportions suffisantes pour qu'il y 
ait lieu  exportation, quoique Ponue donne pas partout assez 
de soins à l'amé}ioration des race.s; puis des chevaux, qui 
se distinguent pas de bonnes qualitës, et des moutous, 
dont on a dans ces derniers temps beaucoup amélioré l'es- 
pëce. I_ aheilles, tant sauvae que domestiques, et dont 
l'édueation est une industrie très-répandue, surtout sur les 
fronfières de l'est, produisent assez de miel etde cire pour 
constituer d'importants articles de commerce. La chasse, 
dans les monta,es rtout, ne laisse pas que d'erre asez 
l,roduetive. Les ours et les loup% ainsi qe le eastors qu'on 

-- GALLICIE 
y rencontrait autr, Mis en grand nombre, sont devenut 
aujourd'hui fort rares. La pche donne des produits d'une 
certaine importauce. Une espèce de kerms qu'on reucontr 
aux mois de mai et de juin sur les racines dz certainet 
plantes vivaces, telles que la fleur de Saint-Jean, fournit 
ce qu'on appelle laeochenille dePolone. Saufnne grande 
quantité de terr, s et de pierres dont l'industri, sait tirer In 
parti, le règne minéral offre peu de resmurces; toutefois la 
ricbessede la province en sel est d'une importance extrême: 
ou le tire, soit des puissantes couches de sel gemme sitnées 
sur le versant nord des Carpathes, notamment des célèhres 
mines de Boehuia et de Wieliczka, soit de nombreuses 
sources salées. Dans quelque localités on recueille et on dis- 
tille en naptbe la pétrole qui découle aux approches des 
couches de sel Les sources minrales sont très-nombreuses, 
mais fort peu utilisées. Ainsi ou ne peut guère citer que 
celle d Krynica, de Lubieni et de Krzeszowice (eaux sulfu- 
reuses), d'Iwouiec (riches en iode et en brme), et de 
Wielicza (eaux gazeuses }. 
On compte en Gallicie ,,875,200 habitants dont 
pour le grand-duché de Cracovie. Ils sott pour la plupart 
d'origine slave, et catholiques. Les Buthènes  Busniaques), 
qui sont les habitants primitifs dt! pays et forment une 
masse compacte daus le district de P, uthet, c'est-à-dire 
dans ce qu'on appelait autrefois les douze cercles orientaux 
de la Gallicie, forment la race la pins nombreuse. Les 
lonç, au nombre d'environ deux millions, habitent sur- 
tout les villes de Lemberg et de Cracovie et leurs euvirnns; 
dans les Carpathes occidentaux, on les appelle Gorale 
c'est--dire habitants des montagnes, et dans les versants 
nord-est de la montagne, Gorale, orientaux ou ltou,oules, 
c'est--dire nomades, par opposition amt Ma:ourat ou 
habitants des plaines, lndépendammeut de ces Slaves, on 
rencontre en Gallicie des Allemands, des Arméniens, des 
J,ifs e des Karaïtes, des Bohémiens, etc. En ce qui touche 
la religion, ou comptait en 1848, en Gallicie, 2,227,900 ca- 
thotiques romains (Polonais de race, et relevant d'un arche- 
*lue dont le siège est à Lemherg et qui a pour sulfragants 
les évlue. de Cracovie, de Przemysl et de Tarnow) et Ar- 
méniens (relevant d'un archevb_.que siégeant à Lemberg), 
,20t,700 Grees unis, appartenant àlapoputation ruthëneou 
rusniaque, relevaut d'un archevêque dout le siCe est à 
Lemberg et d'un évque residant à Przemysl, environ 
2,000 protestants, placés sous l'autorité d'un surintendant 
eccléiastique résidant à Lemberg, et euviron 320,000 juifs, 
placés sous l'autorité d'un grand-rabbin résidant à Lemberg. 
La prupriélé foncière repose presque tout entière entre les 
mains de la noblesse polonaise. La bourgeoisie, par suite 
de la prépondérauce commerciale qu'eteroent les juifs, est 
rduite ì un rle preue aussi obscur et infime que celui 
du paysan. Celui-ci, à la vérité, ,a.. cessé d'tre serf; mais il 
se trouve presque toujours dans I impossibilité de payer son 
fermage autrement que par son travail personnel, c'est-à-di¢e 
en corvées. 
Quant aux éëments civilisateurs, on doit reconnaltre 
que l'industrie a fait dans ce derniers temps de remarqua- 
bles progrès; mais elle manque toujours d'ouvriers capables, 
et les grandes entreprises industrielles funt défaut. Le filage 
et le tissage du lin etduchanvre sont assez répandus ; aussi le 
pays produit-il de grandes quantités de grosses toiles et de 
toiles mi-fines, qui en raison de la modicité de leur prix 
touveut des débouch à l'étranger. Le tir, sage du coton 
et la fabrication des draps donnent lieu à des produits moins 
importants; la tannerie et la fabrication des cuirs son[ 
à cet égard dans des conditions plus favorables. La distillation 
des eaux-de-vie de grains se lait sur uue large écbelle. Les 
articlede hijouterie fausse que fabriquent les juifs de Beszow 
sont en grand renom et font |'objet d'un important commerce 
de colportage. La production des pierres à feu qui jadis 
vrait chaque année àlaconsommatiou au del de2o0 millinus 
de pierres à [eu et qui en iournissait toute l'Autriche, une 
partie de la Pologue, la Prnsoe, etc., a beaucoup diminué 



GALLICIE 
mats ne laisse pas que d'tre encore considérable. Le com- 
merce, jusqu'à présent peu actif, commence cependant à 
prendre quelques développements depuis qu'en t850 on 
a supprimé la ligue de douanes qui existait à la fron- 
tière de Hongrie. Les principaux articles en sont le sel, 
le bois la potasse, le bétail, les grains, les toiles. Le com- 
merce d'expédition et de transit qui se fait à Brody pour la 
Russie, la Pologne, la Moldavie et la Valachie, est très- 
considérable. Les routes de la Gallicie sont parfaitement 
construites et entretenues; et tout récemment t'établissement 
du chemin de fer reliant la haute Silésie a Cracovie a encore 
ajouté à la facilité des communications. La plupart des 
cours d'eaux ont navigables ou flottables. Depuis peu la 
navigation à vapeur aeté étendue sur la Vistule jusqu'à 
Cracovie, de m/mœe qu'on l'a introduite sur le Dujanec et 
sur la Sn ; et on s'occupe en ce moment de régulariser le 
cours du Dniestr. La Gal|iciepossède donc, comme on voit, 
toutes les conditions d'un développement grandiose : ce qui 
lui manque encore, ce sont les deux plus puissants leviers 
de toute civilisation ; l'esprit de travail et l'esprit d'entre- 
prise. La culture intellectuelle laisse aussi beaucoup a dé- 
sirer. E fait de sociétés ou de collections scientifiques, les 
plus importantessont à Lemberg et à Cracovie, où se trou- 
vent aussi les deux universites qui existent dans le pays. 
En 1848 la Gallicie possédait en outre douze gymnases ou 
colléges, mais seulement 2257 écoles primaires: ce qui donne 
à peine une école pour deux villages. 
Jusque dans ces derniers temps la Gallicie avait été di- 
visée en 19 cercles, parmi lesquels le Bukowine for- 
mail le cercle de Czernowitz, et auxquels on ajouta, en 1846, 
Cracovie et son territoire. Mais la constitution donnée à l'em- 
pire en 1849 en sépara la Bukowine à titre de domaine 
spécial de la couronne (kronlaml), avec le titre de duché ; 
et aux termes de la constitution du 29 septemhre 1850 la 
Gallicie est aulourd'hui divisée sous le rapport administratif 
en trois cercles de régence. Lemberg, Cracovie et Stani,- 
lawoto, subdivisés chacun en un certain nombre de capi. 
taineries de cercle ( le premier en 19, le second en 26, et 
le troisième en 18), et chaque capitainerie 3 ou 4 arron- 
dissements judiciaires. Dans les 3 chefs-lieux des cercles 
de régence résident les 3 cours supérieures auxquelles ressor- 
tissent 8 cours d'appel et 201 tribunaux de cercle, dont 27 
fonctionnant comme tribunaux de coltége d'arondissement. 
La cour suprême, dont le sige est Stanislawow, fnncUonne 
en la mème qualité pour la Bukowine. A tous les degrés de 
cette organisation judiciaire, la justice se rend à buis clos 
et sur procédures écrites. La représentation provinciale se 
compose «le trois diëtes correspondant aux trois cercles de ré- 
gence et comprenant cbacune les députés désignés dans leurs 
territoires respectifs. Ordinairement elles sont convoquées 
chacune on clief-lieu particulier. Les députés sont Cus 
par les habitants les plus imposés, par les villes et par les 
communes. Le nombre des députés nommés par les com- 
munes est plus considérable quecelul des deputés nommés 
par les deux autres classes, et leurs cercles d'élections ré- 
pondent aux capitaineries de pays. Cbaque curie ou diète 
Cit en outre cma de ses membres pour former le comité des 
états, lequel reside à Lemberg, plus six députés pour for- 
mer le comité central, lequel, y compris le comité des états, 
se compose detrente-trois membres. Chaque curie est, dans 
les titmtes du cercle d'action que lui fixe la constitution, l'or- 
gane des cercles de régence pour les affaires dont les lois 
n'ont pas attribué la connaissance aux autoritésdes communes 
ou des arrondissements. Quand les trois ourles tombent d'ac- 
cord sur une question dont la constitution leur abandonne 
la décision, leur avis acquiert par la sanction impériale 
force de loi pour la généralité du pas. Quoique l'allemand 
soit la langue officielle et administrative, l'usage de la lan- 
gue polonaise n'est point aussi sévè¢ement proscrit en Gal- 
ikie quedans les anciennes provinces du royaume de Poiogne 
que la Rnssi s'est adjugées : on l'emploie dans les diètes ou 
assemhlées d'etats; elle est la langue de l'enseiement re- 

102 
ligieux ; et le gouvernement exige de tout fonctionnaire pu- 
blic qu'il la connaisse. 
La Gallicie, qui tire on nom de l'ancienne ville et forte. 
resse de H a I i c z, située sur les rives du Dniestr, et dont les 
habitants slaves aborigènes, les Ifuthène, ou lusniaques, 
entretenaient dès le neuvième siècle des rapports politiques 
et religieux avec les empereurs de Byzance, de mme qu'ils 
avaient des relations commerciales fort étendues et qu'ils 
obéissaient à des princes indigènes de la race de Chrowat, 
fut conquise vers la fin du neuvième siècle par les lusse 
de Kief. La partie occidentale dépendait déjà, il est vrai, de 
la Pologne; mais elle avait aussi ses souverains particuliers, 
à l'extinction de la race desquels le roi de Pologne Casimir 
s'empara de cette partie de la Ruthénie ou Prusse-rouge et 
y introduisit la constitution polonaise. Déjà d'ailleurs la partie 
de cette contrée située plus à l'est, le long des rives du 
Dniester, etc., avait ët enlevée aux Polonais par les Russes 
au onzième siècle. Elle ne tarda pas cependant à s'affranchir 
de tous rapports tant avec la Pologne qu'avec Kief; et il st 
forma sous la protection des Hongrois diverses principaute: 
indépendantes, notamment h Wladimir (1078), à Praemys 
(1094), à Terebowi (1097), ensuite à Halicz (1123) sous le 
prince hongrois Boris lui-mme; principauté qui s'agrandit 
aux dépens des autres, et qui demeura sous la suzerainete 
de la Hongrie jusqu'en 120. Érigée en royaume à partir 
du commencement du treizième siècle, réunie à la Lithuanie 
vers le milieu du mme siècle, la Gailicie et Wladimir (Lo- 
domérie) furent adioints en 1311 à la grande principauté 
de bloscou. Mais en 140 le roi de Pologne Casimir Il! en 
prit de nouveau possession, en méme temps que le roi d# 
Hongrie lui faisait abandon de tous ses droits et prétentions, 
tandis que Wiadimir etait donné pour prix de la Litl,uanie. 
Le roi de Hongrie Louis le Grand ayant de nouveau conquis 
ce pas, il fit encore une fois retour à la Pologne, en 1382,  la 
suite du mariage d'Hedvige, fille de Louis; et il continua 
de faire partie de ce royaume jnsqu'en 1773. Lors de ce 
premier partage de la Pologne, laGallicie, avec diverses par- 
celles qui avaient dépendu jusque alors de la petite Pologne, 
fut adjugée à i'Autriche sous le titre de rovaume de Gallt. 
ie et de Loudomoerie ou Lodomdrie, que l'impératrice 
Marie-Thérèse avait créé dès 1769 ; et en 1786 cette puis- 
sance y ajouta la Bukowine, devenue antricbienne depuis 
1777. Quand, à l'époque du dernier partage de la Pologuà, 
eu 1795, l'Autriche acquit de nouveaux territoires en Po- 
logne (602 myriamètres carrés, avec une population de 
1,307,000 Ames), ils furent désigués sous le nom de 2Vou- 
velle Gllicie ou Gallicie orientale, tandis que ses pre- 
mières acquisitions recevaient celui de Vieille Gallice ou 
Gallicie occidentale. Depuis, la chancellerie autrichienne 
adopta la dénomination de Gallicie et Lodoraërie. 
Aux termes de la paix de Vienne de 1809, i'Autriche dut 
faire abandon à Napoléon de la Gallicie occidentale avec 
Cracovie et la partie du territoire dépendant de cette ville 
située sur la rive droite de la ¥istule, ainsi que le cercle de 
Zamoso en Gallicie orientale ( formant ensemble une super- 
ficie de 640 myr. carrés, avec t,4ïo,000 habitants); et le 
conquérant réunit le tout au duché de Varsovie. En même 
temps, l'Autriche céda à la Russie 115 myriamètres carrés 
de la Gallicie orientale avec 400,000 liabitants. La paix de 
Paris laissa la Gallicie occidentale au royaume de Pologne, 
mais rendit à l'Aulriche la partie de la Gallicie orientall 
qu'elle avait cédée à la lussie. Toutefois, en vertu d'une 
décision du congrès de Vienne, une partie du territoire de 
la Gallicie orientale cédée à la Pologne fut érigée en rpu. 
bliq,e de Cracovie et placée sous la protection des trois 
puissances, l'Autriche, la Prusse et la Russie. Mais à partir 
de l'année 1830 cette petite république de Cracovie étant 
devenue le principal foyer de l'esprit révolutionnaire en Po- 
fugue, les cottspirations dont elle était le oentre ncessitèreut 
à diverses reprises l'occupation de son territoire par les 
troupes des puissances protectrices. Enfin. une tentative d'in- 
surrection qui devait embrasser toutes les parties de la 



t 04 GALLICIE 
Poiogne y ayant éclaoE au mois de février 184G, la révolte 
gagna aussitOt de proche en proche. Tandis que les troupes 
autrichiennes repoussaient l'invasion des iusurgés de Cra- 
curie, en Gailicie, le peuple des campagnes, les Butbènes, 
s'insurgesit, lui aussi, mais contre les Palonais et pour venir 
en aide ì i'Autricbe; et d'horribles massacres signalaient 
dette levée de boucliers. C'est à la suite de ces événements 
que, le 6 novembre 1846, en vertu d'une convention signée 
ì Vienne par les puissances protect rioes, C r a c o v i e et son 
territoire fitrent incorporés h l'Autficbe. 
GALLICISME. On entend par ce mot certaines tour- 
nures ou locutions propres ì notre langue, et dont il 
quelquefois assez difficile de rendre compte par les règles 
de la syntaxe. Telleestcette expression : vous avec beau vous 
toi«rmenter. Qu'est-ce que c'est qu'avoir beau ? traduisez- 
ça iittéralement en latin, en italien, en anglais, vous n'ob- 
tiend,'ez que des barbarismes, et, qui pis est, des non-seus. 
Il y a précisément là un idiotisme de notre langue, un 9ai - 
licisme, il serait impossible de nombrer ces formes particu- 
lières; citons seulement Ce placé devant le verbe gtre : c'est 
moi, c'est toi, c'est nous, c'est vos, ce sont eux; De, du, 
de la, des, pris, non pas comme indiquant le rapport 
qu'exprime ordinawement la proposition de, uu répondant 
ad géuitif latin, mais dans un sens partitif : dom,e:-moi 
du poin; Que, dans une multitude de locutions : Il ne dit 
que des sottises ;je u'irui pas là que tout ne soit prét; 
Quelque .... que, quel que, tout .... que, empioyés pour 
exprimer la supposition générale de toutes les choses d'une 
mgme espèce, ou de toutes les modilicalious ou manières d'ètre 
de cette chose : Quelques droits que rous ayez; quelles 
que soient vos richesses; toute belle que vous Ces, etc., et 
«le mgme : qui q«e vous soye--, quoi que vous russie--; 
Laisser, pris dans le sens de permettre : laisse'- ]aire, 
laisse', passer ; Aller, devoir, avoir, venir de, pris pour 
exprimer des temps dans nos verbes : je vais chanter: c'est 
un futur prochain ; je dors chanter : c'est un futur indé- 
terminé ; ./'ai chantoe : c'est un passé indéterminé; je viens 
de chanter : c'est un passé prochain, etc., etc; les imper- 
sonneis il est et surtout il  a : il est des tres bien dd. 
grades, il y a des gens bien peu d;licats. 
Bernard JULLCN. 
GALLIEN (PVLVS Lmmvs ECNTmS), empereur ro- 
main, liis de Valérien, naquit l'an 233 de J.-C. En 253 
son père l'associa a l'empire. Quand ValCien eut eté fait 
prisonnier par Saper, il régna seul. Au lieu de songer à 
délivrer son père, Gallien s'abandonna daus Rome à la 
débauche et à la cruauté. Pendant ce temps-là les Ger- 
mains, les Goths, les Sarmates, les Francs, tes Makco- 
mans, les Cartes franchissaient les Alpes et menaçaient i'l- 
talie. Comme il fallait résister avec force  l'ennemi qui se 
présentait de toutes parts, et que les soldats savaieut bien 
que Gailien en était incapable, chaque arluée nomloa un 
empereur, qui était presque toujours son général. 11 y en eut 
bient6t trente Alus à la fois par les armées romaines. L'his- 
toire a appelé cette époque d'anarcl,ie militaire i'oepoque des 
trente t9rans. Plusieurs justifièrent cette dénomination par 
ie,rs cruautís; quelques-uns cependant furent très-orties à 
i'l'2at et repoussèrent les barbares qui menaçaient de le dé- 
h,dre. Mais Gallien, loin de chercber à imiter ses compéti- 
teurs en combattant vaillamment, oubliait dans les loisirs de 
la débauche qu'on était empereur sans doute pour quelque 
ci,ose; il laissait " d'autres le soin de maintenir l'honneur 
d, nom romain. Odénat, prince de Paimyre, en releva 
la gloire en Orient, en battant Saper comme allié des lo- 
t,Mus. Soit crainte, soit reconnaissance, Gailien jugea à 
propos de se l'adjoindre à l'empire en le déclarant C&ar. 
Quelque temps après, Auréole, qu'il avait également revêtu 
,!.e la pourpre impériale, marcha sur l'ltalie pour le déposer. 
t:allien alors sembla se réveiller de sa longue apathie : il 
quitta aussit6t Borne, et se rendit en toute bàte sur Milan, 
qu'il assigea. Il p««rit à ce siCe, sans qu'on saclte bien exa¢- 
lement de quelle façon (268 }. 

GALLIPOLI 
GALLINACÉS, ordre de la classe des oiseaux, a}'an! 
pour type le coq domestique. Les gailinaes ont pour 
ractères principaux : Bec moins long que la tëte, mandibule 
supérieure vot'tée, recouvrant l'inférieure, et portant à sa 
base une cire dans laquelle sont percé¢s les narines, que 
recouvre une écaille cartilagineuse. Leur vol est lourd et 
embarrassé, à cause de la forme concave et de la brièveté 
de leurs ailes et aussi de la conformation particulière de leur 
sternum. Emplumées jusqu'au talon, leurs jambes, médio- 
crement longues, sont soutenues par des tarses robuste, 
terminés en avant par trois doigts bordés d'une courte mem- 
brane. Dans les genres o0 il existe un pouce, il est libre et 
porte en entier sur le soi. 
L'ordre des gaitinacés renferme les genres hocco, p ad n, 
peronnier, dindon, pintade, coq,fa isan, argus , 
coq de bruvëre, perdrix,caille, colin,fran- 
colin,pi9eon, etc. 
GALLINETTE. Voye-- CL«Vm. 
GALLINSECTES, famille d'insectes bémiptères, de 
la section des bomoptères, et auxquels Latreille assigne les 
caractères suivants : Un article aux tarses, avec un $eui cro. 
cher au buut; le mle, dcpourvu de bec, n'a que deux ailes, 
qui se recouvrent imrizontalement sur le corps ; son abdo- 
men est terminé par de,x soies. La femelle est sans ailes et 
munie d'un bec. Les antennes sont en forme de fil ou de 
soie, le plus souvent de onze articles. Cette famille a pour 
principal genre la c o c b e n i ! i e. . 
Lemot 9allinsectes vient par contraction de9alle-insectez, 
parce que ces insectes, se mouvant très-difficilement, par 
suite de la brièveté de leurs pattes, ressemblent aux excrois- 
sauces végétales qu'on nomme 9 a l l es. 
D r S &UCEIIO'I TE. 
GALLIONISME. Junius Gallio, frère de Sénèque, 
était proconsul en Achaie lorsque les Juif lui amenèrent 
saint P a u I pour le faire condamner. Esprit supérieur, Gallion 
ne voulut pas servir les l,aines religieuses des Juifs, et refusa 
de se racler de celle querelle. C'est de fil qu'on a appelé 
quelquefois gallionisme l'indifférence en matière de refigion; 
parce qu'on a conclu, mais fi tort, des Actes des ap6tre,, 
que le paganisme, le judaïsme et le christianisme avaient 
été également indifférentsà Gallion. 
Junius Gallio se nommait d'abord Annœeus l'ovatus; 
c'est de son père adoptif qu'il prit son second nom. Tombé 
dans la disgrâce «le Néron après la mort tragique de son 
ff'ère Séoèque, Gailin mit fin à ses jours en se perçant de 
son épée. 
GALLIPOLi  villede la Turquie d'Europe en Boumélie, 
sur la presqu'ile de son nom, à Pentrée du détroit des 
D a r d a n e i i e s, appelé aussi en cet endroit dtroit de Gal- 
lipoli. Sa population ne dépasse pas 0,000 habitante. 
SiCe d'un évécb grec, on y fabrique des soieries et de 
beaux maroquins. [Son port est excellent et fait un com- 
merce très-actif. Le nom de cette ville n'est que la corrup- 
tion de Callipolla, belle ville, comme l'appellent les Grecs. 
Sur son emplacement était située autrefois Cardie, dont il 
est si souvent question dans les discours de Démosthène, m,. 
portante situation stratégique, que Philippe «le Macédoine 
finit par enlever aux Grec.s. Gailipoli fut la premiëre con- 
quête des Turcs en Europe; ils s'en emparèrent en 1359t 
la faveur d'un tremblement de terre. 
Au mois d'avril 185, Gailipoli est devenue une pce 
d'armes et un lieu de dép6t de l'expédition anglo-françaiseea 
O,-ient. Nos soldats en ont presque fait une ville europêenne, 
en traçant au milieu du dédale inextricable de  ruelles et 
de ses maisons, si pittoresques, de iarge rues  coupant a 
angles droits, qui la traversent aujourd'hui en tous sens. 
GALLIPOLI ville de la province du royaume de 
Naples appelée Terra di Otranto, doit vraisemblablement 
aussi son nom, corruption du grec Kallipolts, à la beautë 
de sa situation, dans une lle du golfe de Tarente qu'un Iront 
relie au continent. Son port est excellent, bien que l'art 
seul l'ait créé  mais l'entrée en est difficile. La ville, entouré 



GALLIPOLI 
,e fortificahons et protégée par une citadelle, est le siCe 
t'un évché et compte 8,500 habitants, dont la pche du thon 
t le commerce, des fruits secs, de l'hnile et du coton sont 
les principales ressources. La cathédrale est un édifice re- 
marquable. 
GALLIQUE (Acide). Cet acide, découvert par Scheele 
en 1786, se trouve dans la noix de galle etdans plusieurs 
écorces ; il ¢ristallise sous formes d'aigrettes transparentes, 
blanches, d'une saveur aigre, nullement astringente, rou- 
gissant la teinture de tournesol. Il se dissout dans trois fois 
son poids d'eau bouillante, et seulement dans vin fois son 
poids d'eau froide. Il secombine avec toutes les bases sali- 
fiables, et forme des g a I I a t e s. L'acide gallique est formé de 
2 volumes d'hydrogène, 2 de carbone et I d'oxygène. L'acide 
gallique pur n'a d'usage que comme réactif dans les labo- 
ratoires. Uni au t a n n i n, il est fréquemment employé en 
teinture. 
A mesure qu'on le chaulfe, l'acide gallique abandonne de 
l'oxygëne :/ 2t5", il se transforme en acidelagrogallique; 
ì 250 °, il fournit un résidu noir, l'acide mélagallique, res- 
semblant  l'acide ulmique. 
GALLO (Mxzo MASTIIZZI, marquis de), habile homme 
d'Ëtat italien, ì qui d'imporlantes missions dont le chargea, 
pendant la gnerre de la rbvolutior, française, le roi Ferdi- 
hand IV, ouvr/rent la voie des hauts emplois. 'omme, en 
1795, premier firinistre en rem placement d' A c t o n, il refusa ce 
poste. Après avoir assisté aux conlérences d'Udine, il signa, 
eu 1797, letraité de çampo-Formio. Vers la lin de IS0, il 
fut ac-redité en qualité d'ambassadeur du roi des Deux-Sic|les 
prës de la république italienne, et bientt't aprës en France. 
Il assisla au couronnement de Napoléon comme roi d'Italie, 
et signa en 1805, h Milan, le traité relati| à l'évacuation du 
territoire napolitain pat les tronpes françaises, traite qui fut 
rompu quelques mois après. Lors du débarquement des An- 
glais et des Russes à '.aples, il donna se démission. 
Joseph Bonaparte, devenu roi de.Naples, lui confia le 
portefeuille des affaires étrangìres, qaïl conserva sous Mural. 
Le 11 janvier 1814, il signa en cette qualité avec l'Autriche 
le traité par lequel le beau-frère de 'apoléon s'engageait/ 
faire cause commmm contre lui avec la sainte-alliance; et 
demenré fidèleà Mural jusque après  chute, il vécut ensuite 
en dehors des st'fa|res publiques. 
La révolution de [aptes de t820 confia le rein|stCe des 
affaires étrangëres au marquis de Gallo, qui plus tard accepta 
une mission concdiatrice lUës de la cour de Vienne. Mais 
arrivé à Klagenfitrt, il y tro«va un ordre de Metternich d'avoir 
a ne pas pousser pl,s loin son voyage, l'empereur ne pon- 
ant pas lui accorder d'audience. Il accompagna ensuite le 
roi à La)bach, où il s'elforça va;nement de modifier les 
projet arrêlés par les puissances à l'égard de Naples; puis 
il rentra de nouveau dans la vie privée. II est mort ",:t aples, 
en 1833. 
GALLO-GRÈCE. l'ole= 
GALLOM.NIE et G..LLOPHOBIE(de Gall«s, 
Gaulois, et pv,,, manie, ou -6o;, horreur). Ces deux termes 
serven! à désigner deux exces contraires dans Papprécialion 
que les peuple« étrangers sont appelés h faire de nos moenrs, 
de nos institutions, de notre ||tfCature et de notre influence 
politique. Par 9allomanie ou désigne cette prédilectioa 
exagérée pour tout ce qui est français, qui porte certains 
individus  n'estimer en fait d'hommes, d'idée, de sstèmes 
et mème de produits industriels, que ce qui leur vient di- 
rectement ou indirectement de France. L'influence de, Fré- 
déric le Grand sur ses compatriotes, son goùt exclusif pour 
ce qui avait le cachet français, contribuèrent beaucoup an 
siècle dernier à propager la 9allomanie en Allemagne, au 
vil deplaisir des patriotes allemands, qui inventèrent le nmt 
pour faire justice d'un ridicule . la destruclion duquel ils 
regardaient l'honnenr national comme engagé. La réac- 
tion en sens contraire produite «le l'autre c6té du Rhin 
par le joug de fer que i'apoléon fit peser sur les populations 
allemandes donna ensuito naissance "h un exagralion non 

 GALLUS las 
moins rhlicnle, la haine instinctive de tout ce qui 
une origine française :d'où le mot çallolMwbie, emphoe 
pont désigner ce sentiment exagéré de patriotisme qm parle. 
de nos jours encore, certains Allemands 
FÆance, ses idées et ses tendances, une horreur dont leurs 
concitoyens eux-mmes font justice en les affublant du so- 
briquet de Fran.'.osofresser (mangeurs de Français). 
G ALLON, mesure de capacité emploée rn Angletcrre 
pourmesurer les matières sèches ,ît hquides. Autrefois il 
en avait de diverses contenances Mais, aux termes «les 
demières dëcision légales, l'imperial çallon doit contenir 
l0 livres d'eau distillée h la température de 13 ° 1/3 Pl., ou 
277,27 pouces cubes anglais (a peu prës 4 litres M cen. 
tilitres.). Quatre quarts ou huit pintes arment le 9allon; 
deux 9allons égaient un peck, et huit 9allonssont égaux 
h un bushel boismau).. 
GALLON DE PIEMONT. Voile'-GAe. 
GALLOPAGOS. Voile-. 
GALLOtVAY. |'allez. Gmw. 
GALLOXVA¥ (Hm,, marquis ne RUMIGNY, comte 
nf.), né en 163"/, se fit naturaliser en Angleterre, à la suite de 
la révocation de l'ëdi/de 'antes, «lui força plusieurs milliers 
de ses coréligionnaires h aller demander aux pays étran- 
gers le libre exercice de leur culte, dësormais pro»crit en 
France. Choisi par les gentilshommes protestants r,.fugivs 
comme lui en Anglcterre pour Hre leur représentant 
auprès du gouvernement qui leur accordait l'hospitalité, il 
ne tarda [,as/t t/re gratifiê par le roi Guillaume III du titre 
de comtede Gallowail, en récompense de la bravoure dont 
il avait fait preuve h la bataille de ierwinde h la tte d'un 
régimentde cavalerie uniquement composé de réfigiés fran. 
ça|s. En 1696 il fut promu au grade de marechal de camp 
et nommé commandant en chef du corps auxiliaire anglais 
enraye par le cabinet de Saint-Jurons en PiCont. Au mo- 
ment o0 éclata la guerre de la succession d'Eqmgne, la reine 
Arme le nomma en 170 gënërali.sime de ses forces en l'or- 
tugal. B/essë sous les murs de Badajoz en 1705, hatlu à 
Ahnanza en t707, et dans les plaines de Gudina en 1709, il 
fut rappelé en Angtcterïe, et en 1715 il fut nommé lord 
grand-juge d'lrlande. 11 mourut en 1720,dans un domaine 
qu'il po««é,lait dans le Hamp»bire. 
GXLLUS (Csflcs ou l'cutcs Coa_Etts) naquit l'an 688 
de l'ère romaine, les uns disent à Fréjus, d'autres dans le 
Fttoul. Auguste, dont il était l'ami et à qui il avait rendu 
des services dans la guerre d'Alexandrin, lui confia la préfec- 
ture del'Egypte; mais Gallus u»a si mal dem haute fortune 
qu'il tir des[itne, puis frappé pat" le sënat d'une amende cou- 
sidérable et de l'exil. ['osant survivre - sa honte, il se 
donna la mort, à l'àge de quarante ou quarante-trois ans. 
Auguste ne fit rien pour sauver l'accusé, parce que, soit Ié- 
gèretë, soit ingratitude, ce dernier avait tenu des discours 
peu mesurés sur le compte de l'empereur. 
Gallus nuit poëte, et jouissait d:une assez grande célé- 
britë, due à ses élëgies amoureuses et  ses liaisons avec 
les esprits les plus distinguës de son temps. Virgile était son 
au|i, et lui a dedié sa dixième églogue. II avait mme, dit-o||, 
rempli de son élogeune partie du quatrième livre des Goeor- 
9|ques; il y subit|tus par la suite l'épisode d'Aristee. Outre 
ses élégies, Gallus avait publié des tradm.tions et des imita- 
tions d'Euphorion de Chaluts, poëte fort estimé à la cour 
d'Auguste, malgre l'obscur|te de ses vers, chaés d'um 
èrudition déplacJ.e. Quintilien reproche/ Gallus la durcie 
de son stle. Quo|qu'il en soit, nous ne pouvons en juger 
aujourd'hui, s'il est vrai que les six élégies qui nous restent 
ne sont pas de loi, mais d'un certain GaIlus Etrusoss, qui 
ivait au sixième siècle. SL-Posw jeune. 
GALLUS ( Cws VmlUS TBEP-ONtACS ). é dans File de 
Meninx, aujourd'lmi Gerbi, sur la cte d'Afrique, il avait 
commaudement dans l'armée de Mésie Iorsqu'il fit périr par 
trahison l'empereur Decius, dans une expédition contre 
les Goth% et se lit proclamer lui-même empereur. Il s'associa 
ltostilien, puis son fils Valus|en, acheta honteusement la 



 06 GALLUS -- 
paix des Goths, et persécuta les cbrétiens. Un de ses gé- 
néraux, après une éclatante victoire sur les Gotl,s, ayant 
été proclamé empereur par ses soldats, il se port t à la 
rencontre de ce compétiteur lorsqu'ii fut tué, en 253, par ses 
propres troupes, auprès de Borne. 
GALLUS (MAaxmr), chroniqueur polonais, qui écrivait 
de II00 à 1110. Les anciens auteurs ne s'accordent pas sur 
son origine. Les uns le disent Français, à cause de son nom ; 
les autres Latin, parce qu'it a écrit en latin et à Borne, dans 
le cloltre de Saint-Grégoire. Lengniet, qui a publié son ou- 
vrage, dit que l'aoEeur Cait Polonais, qu'il portad'abord le nom 
de Martin, et que plus tard ses camarades de noviciat lui 
donnèrent en polonais le sobriquet de AÆzw, coq, d'ou l'é- 
tymologie du sur1*om de Galbes. Son livre est moins une 
histoire qu'un commentaire sur le règne de Boleslas III, 
surnommv Buuche de travers. Le principal mérite de Gallus 
est la précision de son style et l'exactit,,de de ses renseigne- 
ments géograpl,iques. Quand il nous raconte les guerres de 
Boleslas avec les empereurs d'Allemagne et les chevaliers de 
l'ordre tcubmique, il place sous nos yeux un tableau topo- 
grapl,ique de la Silésie, de la Moravie et de la Prusse orien- 
tale encore plein de vérité aujourdbui. Qnoiquïl n'ait su 
comprendre ni le but de l'histoire ni sa philosophie, il a 
rendu cependan! un grand service en frayant le premier la 
route de notre histoire nationai, et en d,nnant l'exemple 
k es sucs-.esseurs. Le manuscrit de son cul'rage se trouvait 
encore en 1830 à la bibliothèque «le P«dawy, propriété du 
prim'e Czartoryiski. ZAm Pa«l,a (Michel CzAaOWSa0. 
GALOCIIE (Meulon de). Voye'- DrT, tomeVll, p. 383. 
GALON, nom que l'on donne à des tissus elroits comme 
les ru b a n s, mais croisés, fort épais, et fab,'iqués avec des 
fils d'or, d'argent, de cuivre ou d'argent doré, de soie, de 
coton, de laine ou de fil. Le galon est prodigué dans l'usage 
habituel de la plupart des conditions de la société : il est la 
marque distinctive de l'ambition et du po,,voir, de la ser- 
vitude et de l'orgueil. Ainsi, le premier degré de l'amhition 
du soldat, c'est d'obtenir les galons de laine, et le dernier, 
c'est de voir briller à son ci»al»eau le galon de maréchal de 
France : de I' le proverbe : Quoà o prend d 9alon, os 
'e saroit trol lrendre. Mais tandis que la possession 
de ce genre de tissu excite une noble ambition, il est, d'un 
autre coté, la marque humilianle de la servitude, car chaque 
jour le valel étale avec insolence dans i'anticambre de son 
nmltre ou derrière sa voiture la livrée dont les coutures sont 
chamarrees de galons. L'Èglise aussi emploie le galon dans 
ses orne, ne,ts : l'étole, la dalmatiGue en sot couverts. Du 
reste, si les taillcurs et les chasubliers prodiguent ce tissu, 
il en est de même des tapissicrs da*,s les ornements de nos 
bMdtations, et des carrossicrs dans la doublure de toutesles 
oitures. Le galon a donc une importance bien plus grande 
qu'on ne semble gënéralement le penser. Autrefois les ga- 
lons se fabriquaient à l'aide du métier/ la tire; aujourd'hui 
ils se font presque partout avec le metier à la Jacquart. Lyon 
fournit les galons de soie, et Amiens ceux de laine. Quel- 
quelois, poor les fivrées, ,n fabrique des galons veloulés en 
laine on soie, de diverses omleurs ; cependant ce,,x qu'on 
emploie le plus sont en laine et enlil ou en or, en argent ou 
en faux. Ces derniers se reconnaissent aisément ; car la loi, 
pour préveuir toutes les fraudes qui pourrai.est se commeltre 
dans la 'eute des fils d'or et d'argent fins avec lesquels on 
lait les galons, a roui» que le labricant, à moins d'encourir 
les plus forles peines, fut obligé de liler l'or ou l'argent fin 
sur de la soie, et le faux sur des fils de chanvre ou de lin; 
il s'ait donc, quand on veut vërilier la qualité d'un galon, 
de s'assurer de l'espèce de fil sur lequel le métal est roulé ; 
autrement, on a recours à la pierre de touche. 
Les galons portent divers.noms, en raison de leurs varié- 
tés : ainsi, l'on connalt les 9alPin pleins ou à dessins vi- 
sibles des deux c6tés, et qui n'ont point d'envers; les 9a- 
IossJTurds, ou à dessins ne paraissant qu'à l'endror, tout 
n a'ant l'envers formé des reCes matières; les 9alons 
ystèmes, ne montrant à l'envers ni dessins ni or ni argent. 

OALGTTi 
Cependant, la va«iëtë 2e ces deux genres de galons appelëe 
dans le commerce 9algn à lames ou a.e-alon, n'a}'ant 
ni fgstons ni crétes, et dont par conséquent la lisière est 
droite, offre à son envers une espèce de dessin; car tandis 
que les tignres sont trac, ées par le filWà l'endroit, elles sont 
répétées de l'autre cOté par la lame ; aussi l'on peut, à la ri- 
gueur, retourner ce genre de galon : il est donc, après les 
galons pleins, celui dont l'usage offre le plus de d»rrée ; il en 
est de mmedu galon fin, de quelque variété qu'il soit; 
malheureusement, le prix trop élevé en restreint beaucoup 
le débit : il en résulte que les fabricants font aujourd'hui 
beaucoup plus de galonç taux que de fins. 
J. ODOLANT-DEsN08. 
GALOP (Manège). Ce mot est affecté à rendre la plus 
élevée et la plus diligente des a I I u r e s naturelles du cheval. 
Les étymologistes s'accordent généralement à le faire venir 
du grec, xoE),c,, que les Lati ont rendu par calpare, cola- 
pere, et dont les Français ont fait 9aloI, 9aloper. Cette 
allure n'est qu'une suite rapide de sauts en avant. On dit le 
9rand, lepetit 9alop ; un galop régulier, rapide, élégant, 
aisé; qn galop irrégulier, défectueux ; le galop de manCe, 
le galop de chasse, le galop de course. La vitesse du premier 
est de 3oo à 330 mëtres par minute ; celle du second, de550 
/ 600; celle du troisième, «le 800 à 900. Ils varient suivant 
l'ge du cheval et le poids d, cavalier. Virgile a peint admi- 
rablement le galop du cheval dans ce vers, modèle d'bar- 
monte imitative : 
Quadrupedaute putrem sonitu quatit ungula campum. 
Un bon cheval galope longtemps sans fatigue pour lui- 
mme, ni pour son cavalier. Bossinante, au contraire, pa- 
tron des coursiers étiques, n'avait, au dire de l'histoire, 9a" 
lopé qu'une fois da»s sa vie; c'est plus encore que nm 
c.hevaux de liacre. 
GALOP (Danse). De nos jours, où tout va au galop, 
la val se elle-mérpe a fini par sembler trop leste aux ama- 
teurs du bal. Ils ont été chercher dans le has peuple de la 
Hongrie et dans les montagnesde la vieille Bavière une danse 
plus rapide, plus entra|hante, que les uns ont appele le 
9alo1% d'autres la 9alpine, d'autres encore la 9alopade. 
Le premier de ces noms, toutefois, est le plus nsité. En 
1822 cette danse parut pour la première ¢ois, suivant les 
uns à Vienne, selon d'autres à Berlin, lors du mariage du 
prince royal de Prusse avec la princesse Élisabeth de Bs- 
viëre. Ce fut M. Rodolphe d'A p p o n y, fils de Iambassadeur 
d'Autricbe, qui l'introduisit en France, où elle fut dansée 
pour la première fois aux bals donnés pendant le carnaval 
de 829 par la duchesse de Berry. Deux ans plus t¢t cepen- 
dant, Mazurier, aide d'une gentille danseuse, l'avait révélée 
au public parisien dans le hallet de La IVe*ge. Les vieux ha. 
bitués du Grand-Opéra n'ont pas oublié le galop du bal mas- 
qué de Gustave 111; et aucun étranger n'a voulu passer un 
hiver à Paris sans voir de oes yeux ce galop furieux, éche- 
velé, infernal, qui termine les b als masqués dirigés par 
Musard, et qu'Auguste B a r b i e r a si énergiquement stigma- 
tisé dans ses vers. 
GALOPADE. En termes de manCe, une 9alOlade 
signifie une course d'un espace déterminé fournie au galop 
par un cheval. Galopade se dit encore d'une étendue déter- 
minée de »hennis à parcourir en galopant; il n'y a d'ici 
qu'une 9alopade." 
GALOPi. Ce nom indique ordinairement un de ce 
petits commissionnaires que l'on fait 9aloler pour quel- 
ques sous dans le rues de la capitale; il s'apptique aus»i ì 
ces petits vauriens, ces vagabonds en herbe, qui parcourent 
en oisifs nos promenades publique et nos boulevards; et 
dans ce dernier cas il sert à désigner une des vartét.« du 
9 a m i n de Pars. Own. 
GALOTT! (Asxomo), officier napolitain, originairedes 
environs de Salerne, et secrétaire d'une vente .te carbonari, 
fit preuve, peu de temps avant qu'éclatàt la rév,)lution 
Naples ,le 180, d'un aèlesi inconsidéré, qu:il fit ar[êté, con- 



GALOTT [ -- 
damné. Il ailaitStre conduit au supplice, lorsque la journée 
du I er j6ttet 10, qui assura le uceës du mouvement ré- 
volutionnaire, lui rendit la vie et la liberté. Plus tard, après 
la restauration du pouvoir absolu, il prit encore une part des 
plus actives à divers complots, dont l'un aboutit à une insur- 
rection presque aussitOt comprimée. Elle eoQta la vie h un 
grand nom bre d'individus; mais ph]s heureux que ses com- 
plices, Galotti rénssit à s'enfi, ir à Livourne, d'od il passa 
en Corse. 11 y residait depuis plusieurs mois, lorsque, sur les 
rclamations de l'ambassadeur napolitain, prince de Castel- 
cicala, lequel affirmait que Galotti n'était pas poursuivi pour 
délit politique, mais pour assassinat, le gouvernement Iran- 
çais consentir à son extradition. Cet acte de complaisance 
pour les vengeances de Pabsolutisme fit jeter les hauts cris 
 l'opposition libérale; et le ministre, qui comprit qu'on 
avait manqué à la France en énonçant Ihussement la na- 
ture de l'accusation au sujet de laquelle Galotti a,ait à ré- 
pondre devant la justice de son pays, envoya unmédiate- 
ment un brick de guerre dans les eaux de Naples réclamer 
un prisonnier dont l'extradition n'avait été que le résultat 
d'une erreur. Cette démarche officielle du cabinet français 
eut du moins pour effet de sauver la vie à Galotti, dont 
la condamnatiortà mort, prononcée le 16 octobre 1829, fut 
commuée en dix années de bannissement dans une des lies 
de la cote, peine équivalant à celle des travaux foreC. 
Galotti fut en conséquence conduit dans l'lle de Faviguana, 
près de Palerme, et renfermé dans les casemates de la Ior- 
leresse. Après la révolution de 1820, le gouvernement de 
Louis-Philippe fit de la poputarité à bon marché en récla- 
ruant de nouveau Galotti, dont la peine fut de nouveau com- 
muée en dix années de -baunissement pur et simple. Ra- 
mené alors en Corse, il y mourut quelques années plus 
tard, sans qu'aucun des journau libéraux de Paris, qui 
avaient si bien exploitWses malheurs et ses tortures pour 
procurer quelques émotions à leurs abounés, se soucier de 
dire uo mot de sa fin. Il avait cependant écrit des Mémoires, 
dans lesquels il s'est complu à retracer tout ce qu'il avait 
souffert pour la cause dela liberté, et qui ont été traduits en 
français par S. Yecehianelli { Paris, 1831 ). 
GALOUBET ou FLUTET, instrument à vent, dont 
l'usage est fort ancian en France, mai qui depui. plus de 
deux siècles n'est cultivé que dans la Provence. Le galoubet 
est le plus gai des instruments champtres, et te plus aigu 
de tous les instruments h vent. Ce n'est qu'h force de travail 
et de soins que l'on parvient à bien jouer d'un instrument 
qui n'emploie que la main gauche pour le tenir et le mettre 
en jeu, afin d'en retirer deux octaves et un ton avec trois 
trous seulement. L'artifice de l'embouchure supplie à de» 
moyens si bornés. Le ton du galoubet est celui de r. La 
gamme se fait detrois venls dilferents : le rdd'en bas com- 
mence par un vent doux, que l'on augmente jusqu'au si; le 
si par un vent modéré,, que l'on augmente jusqu'au fa ; et 
le fa par un vent fort et pincé, qu'on angmenle jusqu'au 
dernier ton. 
Le galoubet ne va pas sans le tare bu uri n, ur lequel 
t'exécutant marque le rhthme et la mesure en le frappant 
avec une petite bagtette d'ivoire ou d'ébëne. Ce tambom-in 
d'un mètre d'élévation, sur 0',60 de diamètre, est taille dans 
un bloc de noyer, et par conséquent d'une seule pièce; on 
le suspend au bras gauche avec un ruban. 
Les joueurs de galoubet sont très-¢ommuns en Provence, 
peu sont musiciens; il y en a d'une force prodigieuse, qui 
exécutent des eoncertos deviolon sur leur fl0tet. On en ras- 
semble jusqu'h vingt-cinq dans une fëte champCre, en leur 
adjoignant une ou deux e:arinettistes. Quoique leur musique 
oit toujours gaie et rapide, l'ensemble le plus parfait ne cesse 
jamaisd'exister enh'e eux. Je crois en Irouver la-raison dans 
les frappements rh'thmiques du tambourin, qui les main- 
tiennent constamment dans'la me.ure. Les joueurs de ga- 
Ioubel, quand ils sont en nombre, jouent h deux parties, et 
le elarineltileen improvise nne troisiëme. Leur instinct est 
si heureux qn'il esl rare que leur uamouie ne soit pas au«si 

GALT I o 7 
bonne qu'on pourrait le désirer. Ce qu'il y a de prodieux, 
c'est la vivacité sans pareille de leurs traits, la elarte de leurs 
gommes chromatiques, la coquetterie de leurs passages en 
triolets. 
Ces troupes de musiciens cbamptres sont formées ordi- 
nairement dans une mme famille : le père, les enlants, le 
grand-père mme, tes cousins, vont par caravanes dans les 
foires, les fëtes, les courses de taureaux, les luttes. Ils se 
communiquent leurs talents de père en lils, et s'ils ont des 
descendants, chose qui ne leur manque guère, ils refuseront 
leur doctrine h des étrangers qui les payeraient bien. Les 
Labbé de Saint-P, emy, les Fournier ri'Orange, sont des fa- 
milles en renom pour le galoubet et la clarinette. 
CAST L-BL.kZ. 
Joseph-Noêl Carbonel, mort pensionnaire de l'OpCu en 
18Or,, parvint à donner à cet instrument tout le développemenl 
durit it était susceptibte, et h en jouer dans tousles tons sans 
changer de corps. Carbonel etait lits d'un berger de Salon 
en Provence. Appelé à Vienne en Autriche pour luire en- 
tendre son galoubet oll flfitet, il y connut le célëbre Noverre, 
qui était alors maitre de ballets : il lot amené à Paris par 
Gloek et admis à l'Académie royale de Musique. Son com- 
patriote Hoquet ¢omposa pour lui son ouverture du Seigneur 
bienfaisant, qu'il exécutait derrière la toile. Carbonel joua 
aussi la farandoule, dans l'opCu de La Prise de Toulon, 
en 1793. Plus récemment, Ch'àteauminois a fait entendre le 
galoubet au thétre du Vaudeville ; il jouait quelquefois des 
solos sur cet instrument, pendant les entr'actes, et il était 
fort applaudi. Carbonel a donnê une méthode du gatoubet. 
Th. DELB .nE. 
GALSVINTHE. Voyez CmLec et 
GALT, Jon ), l'un des écrivains hmnoristes les plus cé- 
lèbres de l'Angleterre, né en 1779, h Irvine, dans l'Ayrshire, 
passa nue partie de sa jeunesse à Greenvich, oin la fréquen. 
talion des classes moyennes et inferteures imprima un cachet 
tout particulier " son talent d'observation aiusi qu'à la 
gaieté de son caractëre. Après avoir ëte obligé de renoncer 
h un commerce entrepris en société avec un certain 51ae- 
Laghtan, il essaya pendant qudq]e temps de t'étude du 
droit; puis il se détermina à voyager, et visita en 18o9 i'lta- 
lie et la Turquie. A son retmtr Ch Angleterre, il consigna les 
résultats de cette tournée dans ses l'oyages and Travels 
in the years 1809-1811 (Loadres, 1812, in-4°), ouvrage pre- 
cieux par les aperçus et les renseignements qu'on y trouve sur 
ce qui a trait à la statistique et au commerce du Levant. L'au- 
teur avait conçu un plan nouveau pour le transit des mar- 
cbandises duLevant; mais fine réussit pas plus ì faire adop- 
ter ses idées par le gouvernement que par le commerce. 
Après an voyage en Amërique, il revinten Angleterre se con- 
sacrer désormais exclusivement a la litlérature. Cepeodant 
en I,G il consentir encore ks,: charger d'aller fouder au Ca- 
nada, pour le compte d'une compagnie, une colonie nou elle; 
mais l'entreprise échoua complétement, 11 passa les dix der- 
nires ann,:es de sa vie à Greenol,, od il mourut, le I I avril 
183.9. Parmi ses romans Itistoriques, on peut ciler avec 
ge» Southennnn, The Spoewife, Stonley Bu.zton, Ringun 
Gilhai:e, Rothelan, Bugle Corbe!, et Lairds oJ C-r[ppy. 
11 avail déjà fait preuve anlérieurement de talent comme 
b!ographe dans sa Vie et tudes de Benjamin II-esl , ainsi 
que dans sa Vie et adrainislralion du cardinal Wolsey 
( Londres, 1819.). Comme l'tmvrage de Leigh Hunt, sa l'te 
de Byron fut l'objet d'autant de critiques que de louanges. 
Dans son Autobiographie ( 2 volumes. Londres, 1333 }, il a 
réussi h tabler la fiction etla vérité d'une manière tout à fait 
originale. Aux quatre tragédies qu'il publia en 181, i;. faut, 
pour eomplëter son bagage poétique, ai,,uter la collection 
de ses Pueras ( Londres, 1833 ). Sagrande réputation eo]nme 
humot'iste est fondée sur The Ann«ls of he P«rish, 
Ayreshire Legatees , the Prevosl et Lawrie Todd, nou- 
velles dans lesquelles la vie cabue et paisible des classe 
moyennes et inferiem'es de l'Ecosse est décrite avec tant 
de charmes et de vérité, qu'h cet égard Walter-Scolt lui- 



108 
mëme, nous ne craignon pas de le dire • hd reste inlérieur 
ÇALIJCI:iAT. Cest le nom que reçoit la peau d'une 
espèce de raie et de diverses espces de squales Iorsqu'elle 
a été préparée d'une certaine manière et rendue propre 
tre employee par les gainiers comme couverture de bottes 
et d'étuis. Il y a le galuchat à gros grains (c'est le moins es- 
timé), et le galuchat  petits grains, formé par la peau de 
la raie. Les parties les plus dures de cette peau, l'origine 
des nageoires, par exemple, sont employées dans diverses 
industries en guise de r-apes fines. La galuchat hrnt est cou- 
vert d'apérités qu'on fait disparaltre / l'aide du grès. 
On l'amincit ensuite avec la pierre ponce de maniëre / ce 
qu'il n'aitplus qu'une demi-ligne d'épaisseur. Beduit à cet 
état, les galniers l'appliquent sur les dilferents objels qui 
feutrent dans la spécialité de leur profession, et qu'ils ont 
d'abord revëtos d'un fort papier préalablement trempé dans 
une dissolution de vert-de-is, qui communique une belle 
couleur vert clair an gabtchat. 
Longtemps l'Angleterre fut eu possession de nous four- 
nir le galuchat employé dans notre industrie. Lacepëde 
nuus apprit le premier à en fabriquer d'excellent avec la 
peau de la raie, et ce serait I/ sans doule aujourd'hui une 
branche assez importante de fabrication, si la mode tou- 
iours tyrannique u'etait venue établir l'usage du maroquiu 
daus la gatnerie ; mais pour tous les ouvra[es qui exigent 
une grande solidité on donnera toujours la preference au 
gahlchat. 
GALUPPI ! Bta«s,o), dit aussi BUBANELLO, coin. 
positeur d'opéras, qui jouit de sou vivant d'une grande rëpu- 
ration, néen 1703, dans File de Burana, près de ",'en!se, fut 
l'Alève du cëlèbre Lotit. Aprës avoir debuté dès 17_% fi Ve- 
nise, par un opéra qui n'obtint qu'un médiocre succës, il 
ne tarda i,as à devenir par ses autres compositions l'objet de 
l'attention générale, et fut nommé maitre de chapelle 
Saint-Marc en mme temps que professeur au Conservatorio 
degli lncurabli. Appelé  Petersbourg en 1766, c6mme 
martre de chapelle, il revint deux ans après reprendre ses 
fonclions à Venise, ou il mourut, en 17s5. Le genre dans 
lequel il rëussit le mieux fut celui de l'opéra- comique. Il 
n'éo-ivit pa moins de cinquante partilions de ce genre. 
GAL[dPPI PAsQALa), philosophe italien, né en 177i, 
à Tropea, en S.cile, mort a Naples, en ts-6. Sans faire préci- 
sément époque dans l'histoire de la philosophie, il a tout 
au moins le mérite d'avoir su affranchir l'ltalie de l'empi- 
risme de Bomanosi et d'avoir initië ses compatriote3 à la 
connaissance des philosophes de l'Allemagle. Comme pro- 
fesseur, ses ouvrages obtinrent un immeuse succès en Ilalie, 
o0 les propagèrent [de nombreuses éditions originales et 
d'aussi nombreu.es contrefaçon. Nous citerons entre autres 
ses Elementi di Filosofla ( 4  edition. Milan, IStt6), ouvrage 
qui a eu les honneur de plus de dix contrefaçons ; Filosofia 
della l'olonla (  vol., ".  édition, 18.6 ); Lettere Jilosofiche 
sa le vice»de deila /ilosofia relativamente i lrincipi 
delle conoscen-.e mane de Carte*in Dsina iz ATet (2  édit., 
laples, t3 ); ourage traluit en franc, ais par Peisse[ 
( Paris, 1847 ) ; Considera=,iom filosofiche su l'idealiamo 
transcendentle et sul ra:ionaliarm3 assolulo ( oEe édit., 
Milan, 1845); Storia de Filoso./ia( Naples, 182); Elemeti 
de Teologia naturale (Naples, 1S44); etc., etc. 
GALVAX! (Lols), médecin et ph)sicien célèbre, na- 
quit à Bologne, le 9 septembre1737, il et i,lut6t connu 
par l'importance que par le nombre de s travaux, car 
une seule découv,:te, due au hasard, mais au hasard at- 
teutivement obser -, l'ëleva .oudainement et presque/ son 
insu au plus haut de_é d'illustration. Les premiëres années 
de la jeunesse de Galvani furent consacríes aux Cudes 
thíologiques; il montra de bonne heure un zèle fervent pour 
la religiou catholique, dont il obrva toujours minutieuse- 
ment les p#ceptes. Il allait quelquefois dans un couvent 
habité par de religieux, dont la rëgle ,tait d'assister les 
mourants à leur dernière heure. Tru«vant leur institution 
sublime, il recherchait avec passion leur entretien, 

GALT  GALVANISME 
lut mme, dans un moment de ferveur et de zèle, prendre 
l'habit de leur ordre ; mais un de ces Pères respectables le 
détourna de en projet, et le rendit h l'etude des sciences. Il 
comm«nça dès lors à 'occuper des differentes branches de 
la médecine, sous le patronage du savant professeur Ga- 
leazzi, qui eut pour lui l'attachement d'un père, et lui ac- 
corda en mariage une de ses filles. 
En 1762 • Galvani soutint avec distinction nne thèse sa- 
vante sur la nature et la formation des os. Il fut bientYt 
nommé professeur d'anatomie à lïnstitut des sciences de 
Bologne. L'excellence de sa méthode et la facilité de son 
élocution lui attirèrent un grand nombre d'auditeurs. Le 
court loisirs que lui laissaient les devoirs de sa chaire et la 
pralique habile de la chirurgie et des accouchements, il les 
employait à l'étude de l'anatomie comparée. L'année 1790 
fut la plus douloureuse de sa vie : il perdit son épouse chérie, 
et ce malheor affreux, qui le rendait inconsolable, fut l'a- 
vant-coureur de nouvelles infortunes. La république cisal- 
pine exigea de tous les fonctiounaires un serment que Galvani 
refusa de prbter. Fid.le à la voix de sa conscience, il sacri- 
fia avec une résignation exemplaire les émoluments attachés 
/ la place qtfil occupait, et, dëpouillé de ses dignitès, de 
on Cat, presque rëduit à l'indigence, il se retira chez son 
frère Jacques, jurisconsulte babile. Bientôt il tomba dans 
un étatde langueur et de marasme, dont les soins, aussi éclai- 
rés qtl'assidtls de  amis, ne purent arrêter les proÇës. 
Par vgard pour  grande célébrité, le gouvernement ci. 
salpin décréta que, malgré son obstination, sa chaire lui 
serait rendue ; mais celle faveur fut izutile : tant de coups 
port,% h sa sensibilité étaient irréparables, et la mort, qu'il 
avait tant désirée, vint h soixante ans ( le 4 décembre 1798 
terminer cette vie flétrie par l'injustice et le chagrin. 
Les travaux, trop peu nombreux, qui ont immortalisé le 
nom «le Galvani sont consignés dans les Memoires de l'Im- 
titut des Sciences de Bologne; les plus importants sont : 
1 ° De renibus arque ureteribus volatilium, qui donne une 
description exacte des teins des oiseaux et des variafiont 
qu'ils présentent dans les diverses espèces; OE° De rolati- 
lium aure, qui contient une partie des matëriaux impor- 
tanL qu'il préparait pour un grand ouvrage sur la structure 
et le. fonctions de l'oreille. Quand le celëbre Scarpa lit 
paraitre ses Ob«ervatios sur la.fen#tre rode , piqué de 
voir dans cette monographie la plupart des fait. qu'il avait 
le premier fait connaitre dans le síances particuliëres de 
l'Institut, Galvani renonça /t son projet, et consigna dan» 
celle courte esquisse les remarques qui ne se trouvaient pas 
dau le livre de Scarpa. 3 ° De viribus elcclricilatis in raol 
nusculari comentarius. Cet opuscule, qui ne contient 
qu'une cinquantaine de pages, portera le nom de GaJvani 
la potérite la plus reculee. Quoiqu'il it facile de voir que 
son auteur ne connaissait qu'imparfaitement ce que l'on 
savait alors sur l'élcctricité, circonstance qui explique 
comment il s'est laissé entralner à des idées systématique* 
dépourvues de netteté et de rigueur, on admire surtout la 
!_,acití tare et le véritable génie qu'il lui a fallu pour saisit 
et varier ave tant d'art le plleuomène extraordinaire des 
convulsion en apparence spontanées que les corps mutiles 
des animaux éprouvent après la mort par le contact des 
taux, et en faire sortir une branche nouv.elle de la plffsique, 
connue sous le nom de 9alva nisme. A.nmex. 
GALVANIQUE. ( Dorure, Argenture ). l'oye'. I 
IIllE. 
GALVANiS.XlE. On donne ce nom à la eau.te qvi 
produit certains cffeta électr;ques par le simple conlact de 
corps bétérogène.% ou mime dt corps semblables% mais de 
température différente. Ce fut en 17s9 que les pren,ies 
observations de ce genre se préntrent a Ga Iva , me- 
decin et professeur à ttologne. Il préparait des grenofilit 
pour de recherches sur l'excitabilité des organes must- 
lattes, et, après les avoir .corchées et conp,.es par m mt- 
I."eu du corp% il avait passé au travers de la colonne verle- 
braie un fil de cuivre recourbé en crochet ; les ,uspendat 



GALVAXISME 
alors par hasard  un balcon de fer, il vit avec etounement 
que ces grenouilles mortes et mutllées éprouvaient au mme 
moment de vives convulsions. Un observateur moins habile 
aurait pu remarquer le fait, mais il en aurait imaginé quel- 
que explication spëcietse, et se serait occupé d'nuire chose. 
Galvani it moiqs prompt dans sec jugements : doué d'une 
rare sagacité, il saisit dans ce phénomène un principe nou- 
veau, et en lit sortir cette branche féconde de la physique 
à laquelle on a donné son nom. il reinarqua d'abord que 
les convulsions des grenouilles n'étaient pas permanentes, 
que pour les produire il fallait que le vent ou une autre 
cause accidentelle lit toucher quelque point ,te leurs muscles 
à la tige de fer qui portait le crochet de cuivre. Il varia 
beaucoup cette expérience, et reconnut enlin que tout se ré- 
duisait à établir entre les muscles et les nerfs de la grenouille 
une communication par un arc métallique. Il ober'a 
les convulsions s'excitaient encore quand cet arc était d'un 
seul métal, mais qu'elles étaient alors trbs-faibles, et que 
pour les rendre fortes et durables il fallait employer le con- 
tact de deux métaux différents; qu'alors on pouvait com- 
pleter la communication par des substances quelconques 
pourvu qu'elles fissent conductrices de l'electricité. Il fit 
entrer dans la chalne de communication d'autres parties 
auimates, et mme des personnes vivantes, se tenant par 
la main, et ces couvulsiuns se mauifestoerent encore. Gai- 
vaut, qui savait alors que i'électricite produisait des 
effets pareils sur les grenouilles exposes à son i.fluence 
aurait d0 penser que les convulsions produites par les InC 
taux bètérogënes élaient aussi l'effet de quelque courant 
électrique, mais il n'en lira pas cette conséquence si sim- 
ple; il crut y voir l'effet extraordinaire d'une nouvelle 
source d'électricilé, qu'il appela lectricitd timale, et 
qui, existant primitivement dans les muscles et dans les 
nerf.% circulait quand on mettait ces parties en communi- 
cation par un arc métallique. 
L'explication est séduisaule; elle fut accueillie avec trans- 
port, ì cette époque de grandes réformes et de grandes dé- 
couverles, et le fluide nouveau fut appeiçJuide 9tffvani- 
que. llais Voila, en répétant ces expérienceso y dccouvrit 
des indications roules différentes; il rechercha d'abord quelle 
était la quantité d'electricité nécessaire pour faire contracter 
les muscles de la grenouille en les traversant par décharge, 
et reconnut que cette quantité était tellement faible qu'elle 
suffisait h peine pour tdire, diverger les pailles d'un éleclro- 
soupe très-sensible; rapprochant ce fait de la nécessilé du 
contact de deux reCaux hétéroènes pour exciter des con. 
vuisions, il en conclut que le contact mme des mélaux 
était la circonstance jusque alors inaperçue qui dterminait 
le développement subit de l'électricité. Cette vérité fut ndse 
bots de doute quand d prouva que deux disques isolés, l'un 
de zinc et l'autre de cuivre, prenne.t en se touchaut des 
états électriques oppos, et peuvent charger un électr o- 
soupe armé d'un condensateur. En continuant ses recherches, 
Voila découvrit les proprités de la pile élect'ique. 
Ce q.i étaldit une différence fondamentale entre cette 
íleclricilé galvanique et celle produite par le fi-ottement, 
c'est qe lorsque deux reCaux sont superposés, non-seule- 
ment chacun manifeste une certaine charge d'é'.ectricité 
contraire, mais encore, si on enlève cette électricité, elle se 
reproduit spontanément, et si l'on établit :un conducteur 
entre les laces opposées des deux reCaux, il livre passage 
h nn courant continu d'électricité. II semble donc qtt'une 
puissance inconnue écarte les deux fluides électriq.es de 
la surface de contact des reCaux, tandis que ces fluides se 
rëuuissent sans cesse dans le conducteur intermédiaire : cette 
puissance a reçu le nom deforce dlectromotrice; elle nuit 
du contact de substances hétérogìnes, et réside à la surface 
de jonction : là, elle sépare les deux fluides électriques, fai- 
sant passer le résineux sur un des corps et le vitré sur l'au- 
tre. Quand on réfléchit au nombre prodigieux de substances 
différentes mises en coulant dans la terre que nues habi- 
tons, et mème dans les pins petits des tres organisés, on 

I 
oit quel rle itmnense dort jouer cette force uulverselh:. 
Dans les premiers temps du galvanisme, on a lait de 
nombreuses expériences sur ses effets thérapeutiques; mais 
ces essais, tentés par des médecins qui connaissaient mal 
la Ihorie, alors fort incomplëte, de ces phénomenes, o. 
par des physiciinæ complélement étrangers  l'art de guérir, 
ne donnaut pas les résultats merveilleux qu'on s'en Cait 
promis, il galanismi fut presque abandonné. C'est cepen- 
dant un Ino)en très-puissant, qui seul a le priviiíge d'agir 
directement sur les nerfs malades, à quelque profondeur 
qu'ils soient situés, tandis que les autres medicaments exer- 
cent leur action sur la peau ou sur les membranes muqueu- 
ses et n'ont sur le systëme nerveux qu'une action indirecte 
(vo!le« Éac-ao-Pscae). Des expériences curieuses, 
faites en Angleterre par Vilson Philipps pour étudier les 
phénomènes de la digestion, montrent jusqu'où va le pou- 
voir d'un courant galvanique Iorsqu'il parcourt les nerfs. Il 
avait choisi deux lapins : tous deux mangèrent des quantités 
égales de persil; immédiatement aprës le repas, les nerfs 
pneumogastriques furent coupés et renversés ur lotis deux. 
Les extrémités infi;rieures des nerfs firent chez un seul 
mioes en communication avec le ple zinc d'un appareil gai- 
runique, dont le ple cuivre était en rapport avec la région 
de l'estomac. Quatre heures après, en o.vrant le lapin 
soumis au galvanisme, on vit que le persil était digéré, tan- 
dis que citez l'autre, qui avait subi une Inutilation sembla- 
ble, cet aliment n'avait éprouvé qu'une altération très-legëre. 
Cette expérience, répetee par des observateurs différents, a 
toujours donné le mème résultat, toujours le comant galva- 
nique a sppléé l'aclion vitale. 
Dan les corps récemment privés de la vie, le courant 
;alvaniqueexcite encore des commotions et de. moovenents 
extraordinaires : on dirait que tout l'organisme fait d'in- 
crolables effort pour se ranimer ; mais ces violentes con- 
vulsions cessent avec lecourant, et tout relombe dans 
Iïnertie de la mort. On a w en Angteterre un pendu, une 
heure après avoir subi sa sentence, exécuter, sous l'in- 
fluence d'un courant galvanique des mouvemenls respira- 
toires seinblables à ceux d'un hommequi dort profondCient, 
imis rouler les )-eux et laite des grimaces effro)ablcs, d« 
manière ì donner l'espérance de le rappeler h la vie. Le gai- 
vanisme ortie le meilleur moyen de decider si la mort est 
r,elle ou apparente, et de rendre à la vie les no)és et les 
asphyxiés. 
Les effets physiques de la pile ne sont pas moins curieux. 
Si le courant passe à travers un conduclear suffisant, on 
n'observe aucun pbénomène éleclrique; il n'y a plus 
curie tension dans l'appareil, niais ce conducteur présente 
alors de phénomènes d'attraclion et de répulsion ; il dévie 
l'aiguille aimantée. Si le conducteur est insulfisaul, si c'est 
nn fil mélallique assez fin, il s'echauffe et rougit pendant 
tout le temps que le courant le traverse. Si le iii est plu. 
fin encore, il est fonda, et quelquefois mme volatilisé. Si 
l'o fait passer le courant entre deux morceaux de charbon 
placés dans le vide, ces charbons deviennent lumineux, 
éblouissants, lant que le courant passe, et ne perdent po,r- 
tant aucune partie de leur poids. Les effets chimiques de la 
pile sont plus merveilleux encore : l'eau est décompose par 
elle, et l'oxygène se rend à m des ples et l'bydrogëne à 
l'autre. Les oxydes sont réduits par la pile et domposés 
comme l'eau : l'oxygène parait au pe)le zinc et le mélai au 
ple cuivre. Les acides se décomposent comme les ox)-des, 
et leur oxygène se rend encore au ple positif. Enlin, tous 
les sels sont décomposés de la m.me Inaniëre; et tandis 
que leurs éléments voyageur pour aller au pdle de la pile 
ils doivent se reodre, ils peuvent traverser les liquides, 
pour lesquels ils ont ordinaircment la plus grande affinité, 
sans se combiner avec eux, de sorte que l'affinité chimique 
change avec l'Atut électrique des corps dont elle parait tre 
une conséquence. ANOIIEUX. 
Les actions galvaniques ont élé mises à profit par t']ndu. 
trie. On peut en donner comme exemple le.fer 9ah,ar.i. 



!10 
Ce vroduit n'est antra chose que du fer zingué par des pro- 
edès analoguesà ceux de rétamage. Mais il doit sou_ 
nom et ses propriétés à l'action galvanique rèsultant dn 
contact des deux reCaux, fer et z;nc ; le fer, négatif par 
rapport au zinc, est moins oxydable; le z i n c s'oxyde al.une 
dans l'eau et protège le fer; mais, en outre, son oxyde fait 
vernis, or empëche ainsi l'oxydation de continuer. Les clous 
galvanisés sont d'une grande utflité dans les cors«mettons 
ravales. 
On préserve aussi les surfaces de ter.par un enduit tortuL de zinc en poudre et d'une substance onctueuse, et que l'on 
appelle peinture 9al vanique. 
GALVANOGRAPlilE (de 9alvanisme, et ,çolç.tv, 
graver), hnanée par le prolesseur Kobell de Municb, la 
9alvanographie a pour but de reproduire avec du cuivre 
précipite par voie galvanique des images au pinceau exè- 
c,tés sur une plaq,e métallique, de.manière à constituer 
des planches de cuivre qui servent à multiplier les images, 
de la méme manière que les planches seauCs au burin. 
Les procédés de la galvanograpbie dérivent des reCes lbC- 
ries que ceux de la galvanoplastie. Cet art a déjà fait 
des progrès sérieux, car M. C, rove s'est occupé de repro- 
duire avec son aide «les épreuves daguerriennes. 11 a obtem, 
ainsi des gravures dont ou a dit avec jntesse : DessinCar 
la lumière, 9ravoe par l'éleclric,t. Cependant ses pro- 
cédés laissent encore à désirer sons le rapport de la perfec- 
tion de réçullals. 
GALSrANOMÈTE, MULTIPLICATEUR on BttEo- 
ME l'IrE, instrument imagin,  par M. Schweiger pour mesurer 
Pinh-nsité des courants electriques. Sa théorie appalient " 
1' e I e c t r o-m a g n é t i s m e. Le 9alvanomètre le i dus usitë 
maintenant se compose d'un cadre rectangulaire en bois, dis- 
posé veflicalement data le méridien fiagnelique, et de telle 
manière que ses longs c61(.s soient I,orizontanx. Un fil mé- 
tallique recouvert de s,pie entoure ce cadre par plusieurs cir- 
cmvolutions. Il présente à l'extérieur ses deux bouts libres 
que l'on pe,t mettre en contact avec la série de conductem's. 
Uue aiguille aimantée très-fine, suspendue par un iii de 
colon, occupe le milieu dr cadre; lorsqu'elle n'éprouve 
d'autre influence que celle du globe, elle se dirige parallèle- 
ment aux reclangles form*«s par le Iii. biais quand le fil est 
parc»mn par un eovranl électrique, l'aiguille est deviée du 
méridien magnétiqn.e par les actions concordanles des longs 
c6te. de tous ces rectangles, qui forment auLant de conduc- 
teur. rectilignes, et dans cette nouvelle Iposition, elle est 
I»'rpeudiculaire au plan du cadre. II est facile de 'oir que 
les courants inferieurs à l'aiguille, quoique dirigés en sens 
contraire de ceux qui exi,tent an-dessus d'elle, tendent ce- 
pendant à luire marcher le pole austral du morne coté; en sole 
que tous ces courants par«tels s'accordent pour augmenter la 
d ctalion. Cclte devis«ton étant d'autaut plu ande quele co,- 
tant «'prouvé e«t plus ënergique, peut servir à comparer la 
f wcede plusiévrs courants. On dispose ordinairement dans le 
g dvanomètre deux aiglle aimantées, aant à peu près la 
tnmelorce, traversant parallèlement, et en sens inverse l'une 
del'autre, une paillevetticale suspendue à un iii de soie sans 
torsion. L'une de ces aiguilles occupe encore le milieu des 
reclangle ; l'autre est au-dessus du cadre, et éprouve «les 
actions inverses «te la part des courants par«tels supérieurs 
et de ceux inférieurs; mais l'action des premiers l'emporte 
sur celle des seconds, qui sont plus dloignés, et il est facile 
de comprendre que leur différence tend à luire tourner le 
système mobile dans le mëme sens que les actions exercdes 
sur !'aiguille qui occupe le milieu Idu cadre. Mais ce qui 
tcud surtout à rendro les déviations plus sensibles, c'est la 
grande dimimdiou de la ré«istance opposée par l'action du 
globe, car les deux aiguilles ayant ,les moments magm.tiques 
i très-peu prs égaux, tant parallèles et dirigés en sens 
contraires, il n'y a que la faible différence des forces di- 
rectrices que le globe exerce sur elles qui rende " les ra- 
mener dans le méridien magnétique. Dans oe gaivanomètre, 
un cercle de carton gradué placé au-dessous de l'aiguille su- 

GALVAIISME  GALVANOPLASTIE 
périeure laisse passer la paille qui traverse d'ailleurs le borè 
du rectangle par une fente ménage entre les spires. La dé- 
via«ton de l'aiguille extérieure est alors évaluée facilemeal 
par le nombre des divisions du cercle de carton qu'elle par- 
court. TE¥SS/-'.Dlt E. 
L'action du courant sur l'aiguille se trouve multipliée eu 
quelque sorte par les circonvolutions du fd; de là le nom de 
vnulti]Micateur. Cependant, au delà de quatre b cinq cents 
circonvolufions la sensibilité du galvanomètre n'est plus 
susceptible d'augmentation. 
Quant au nom de rhdometre, dérivé de teto, couler, et 
F[pov, mesure, i| rappelle que cet instrument permet de 
me.suret les courants èlectriques. Enfin, le mot 9alvanomètre 
est formé du grec pov, mesure, et du nom de Galvani 
pris pour la science qu'il a fondée. 
GALVANOPLASTIE (de Galvoni, pour 9alvanisme, 
et oEao, je modèle). Cet art, qu'on appelle encore aeclro- 
«y/pie (d'),cxpov, dont on a fait électricité, et x6o;, il'pe), 
consiste à précipiter, par l'action d'un courant galvanique, 
un métal en dissolution dans un liqoide sur un objet donnë, 
soit pour l'y faire adbérer (voye: DorurE), soit pour en 
obtenir l'empreinte. Ce fut  Dorpatque M. 3acobi, en fé- 
vrier 1837, eut la première ='évélation de la découverte de la 
gah'anoplastie. Ainsi qu'il est arrivé " d'antres inventeurs, 
ce fut une circonstance presque insignifiante qui donna Pe- 
veil à son esp,'it et lui suggéra ,le premières recherche.s. ]1 
remarqua sur une feuille de cuivre des taches peu apparentes 
qu'il ne savait à quelle cause attribuer. Il supposa que ces 
tacbes équivoques pouvaient avoir une origine galvanique. 
Pour vérifier cette première vue et la rendre feconde, il fal- 
lait que M. Jacobi parvlnt à reproduire à volonté ce curieux 
phénomène, qui ressemblait tant à un caprice du hasard : 
c'et à quoi il appliqtm son zèle. Il soumit à l'action de 
courants voltaïques des plaques sur lesquelles on avait gravé 
au burin des caractères ou des figures; et il vit que la dé. 
composition galvanique de la couperose bleue avait donné 
lieu à des dép6ts de cuivre métallique qui venaient s'adapter 
avec une forte adbérence aux figures tracees sur les pla- 
ques, et qu'il en résvllait un relief métallique en tout sem- 
blable au dessin gravé en creux sur l'original. Il est vrai qu'il 
n'obtenait d'abord que des fi-agments minces et lrè-fra- 
giles ; mais ses essais réussirent mieux dès qu'il eut employé 
des bat«cries galvaniques h force constante et à cloisons. 
MM. Spencer, Smée, Boquillon s'occupërent de galvano- 
plastie avec une rare persévérence. Bient0t M. Jac»bi ne 
restreignit plus sa decouverte à la reproduction seulement 
curieuse des médailles et des bas-reliefs ; il l'appliqua avec 
succès il l'art de l'imprimerie, à la stérdotypie ; il s'en servi« 
pour taire on copier des clichés, pour umltiplier et solidifier 
ces assemblages de caractères qu'on appelle des formes, 
en style d'imprimerie; enfin, pour copier des gravures, pour 
fabriquer dës billets de banque, des vignettes, etc. 51. Fi- 
zeau, de son coté, reproduisit le premier des ëpreuves de 
daguerréotype. 
Il va sans ,lire que dans ce» dii[erentes opérations il ya 
des lois à suivre, quelques prëcautions à prendre, quelques 
procédés à obs«'ver. Ce sont là des soins, et non des diffi- 
cults; pour en avoir une idée, il suflira d'en citer quelques- 
unes: par exemple, le plàtre, pour ne pas se dësagréger, 
doit Atre préalablement plongé dans un mélange de cire et 
d'essence; il faut ensuite le rendre conducteur de Pélectricite; 
ce qui s'obtient par un fro«ris de plombagine ( les médailles 
le monnaies ne sont pas sujet«es à ces deux opérations). On 
plonge dansle bain lecorps dont on veut obtenir l'empreinte 
en creux, et après nu sëjour plus ou moins prolongé qui va- 
rie en gbnéral de un jour à huit, suivant les dimensions et 
suivant l'Caissent qu'on désire avoir, on l'en retire et il 
a plus qu'à séparer I.« copie de l'original, ce qui s'obtient très 
lacilement. On traite ce creux comme on a fait pour l'ori- 
ginal et Pon produit enfin une troisième pièce en relief, qui 
est entièrement identique à la première. 
MM. Becquerel, Decband et Gaultier de Clanbo ont ap- 



GALVANOPLASTIE -- GALYZIN 
pliqué la galvanoplasti b la métallurgie. Cet art, encore 
out nouveau, est donc susceptible d'uneinfinité d'applications 
iduslrieP, es. 
GALIdANO-PUNCTURE. Voye'- ÉLCTRO-PU,CTnRE. 
GALçESTON, importante ville commerciale maritime 
de rEtat du Te x a s, l'un de ceux qui composent l'Union 
ricaine du Nord, bàtie  l'extrémité nord-est d'une ile aride, 
voisine de la c6te, offre un assez bon port eu égard au très- 
mauvais abris que toute cette c6te présente en général aux 
navigateurs, dont la barre, par la marée haule, na que quatre 
mètres, et trois seulement à la marée basse; et en t852 on 
y comptait déjà ,000 habitants. Sa iondation ne remonte 
u"A ronnée 1835. Dès 1839 on y comptait 2,500 habitants, 
et le nombre des navires entrès dans son port s'élevait cette 
année-là à 288, jaugeant ensemble 25,000 tonneaux, ayant 
importé pour  millions et exporté pour 2 millions. Ces chiffres 
n'ont pu depuis que suivre le mouvement loujuurs croisant 
de la population. 
GALV¢AY ou GALLOWAY, comté de la province de 
Connaught en Irlande, borné an sud et  l'ouest pa," 
l'orCn Atlantique, qui  forme grand un nombre de baies et 
d'aunes vastes et profondes, et dont les flots viennent batt,'e 
m,ne suite non interrompue d'ilots et de rochers qui seml)lent 
placés I par la nature pour proteger ces cotes contre ses 
fu,'eurs et ses envahissements. Le comté de Galway est, 
après celui de Cork, le plus grand qu'il y ait en l,'lande; il 
prescrite une superlicie de 71 myriantres carrês, dont un 
tiers en montagnes, marais et marecages, et plus d'un cin- 
qm,ième en lacs et etangs. En fait de cours d'eau, on y ,'e- 
marque surtout le Shannon, qui a pour aflluents le Suck 
et la Clare, le Carnamart, etc. La pa,'tie occidentale est cou- 
verte par un groupe de montagnes arides et nues ; et on en 
t,.ouve également au sud. La partie orientale forme une vaste 
plaine, qu'interrompent seulement ç et I quelques collines. 
A l'ouest et au sud on trouve aussi beaucoup de lacs, d'etangs 
et de marais; mais à l'est le sol est le,ile et couvert en 
partie de riches pturaes; seulement l'ariculture y est en- 
core fort peu avancée. Il produit surtout de l'avoine et des 
pommes de terre, et une bonne espèce de f,.oment. On 
elève aussi des bèles  cornes d'une fort belle race et des 
mourons donnant une excellente laine. La population 
rale est très-pauvre ; les demcu,'es dans lesquelles elle s'a- 
brite sont les plus misérables qu'il y ait dans toute l'Irlande. 
Sauf la fabrication des toiles, t'industrie manufacturière n'a 
aucune importance dans le comte de Galway. La pêcfie y 
donne des produits assez considérables, notamment relie du 
fiareng. Ce comté envoie au parlement quatres dëputés; et 
en 184 ! on y comptait, non compris le chef-lieu, 422,923 ha- 
bitants ; en 1851, ce chiffre se trouvait rèduit à 29, [29. La 
diminution était donc de 25 p. 100. 
GALb-AY, chef-lieu du comté, situé au nord de la baie 
«lu mme nom et au pot rit de décharge du lac Corrib, qu'un 
chemin de fer relie à Dblin, possède un port vaste, mais 
vaseux, et protégé par un lbrt. On y trouve une catbëdrale 
catholique, une église collégiale protestante, le palais de Par. 
chevèque de Tuam, une bourse, des casernes, et, non compris 
les faubourgs, une population de 2,700 hab. ( en 1811 ce 
cldffre n'ëtait que de t7,300), que font subsister le travail 
dans q«elques manufactures de draps grossiers et de toiles, 
ainsi que la pêche du saumon et du hareng. Elle est aussi 
lecentre d'un commerce assez considérable. Il l'Cait autre- 
lois beaucoup plus qu'aujourd'lmi, mais il s'est en partie 
déplacé pour aller se fixer à Cork, à Limerick et ì Water- 
ford. Cette ville est une station de vaisseaux de guerre et de 
croiseurs coutre la contrebande ; c'était aussi jadis une des 
places les plus fortes de l'lrlande. Les villes les plus impor- 
tantes du comté sont ensuite : Tuam, siCe d'un arcbevlue 
catholique et d'un arcbevlue proteslant, l'un des grands 
centres du commerce des toiles, avec 5,000 habilants; Balli- 
nasloe, sur le Suck, avec 2,000 habitants, le pins important 
marché qu'il y ait en Irlande pour les bestiaux et les laines ; 
Loughrea , avec 6,000 habitants et un {;rand commerce de 

I11 
toiles. Le bourg de Pwn.ffrt est le siCe d'un évêehé catho- 
lique et d'un évéché protestant. 
GALYZIN ou GOLYZtN, nom que souvent l'on écrit 
Gali-.in, Galit:in, Gallitî, ln; l'une des maisons nobles russes 
qui comptent le plus de brancheS et qui ont fourni le plus 
d'hommeS célèbres dans l'histoire dm nord de l'Erope. 
Elle descend du prince lithuanien Gedimin, tronc commun 
d'où sont issus aussi les Jaçeltons. 
Les princes Michad et Dmitri G«cvz[r commandaient 
les afinCs russes sous le grand-prince de Varsovie Was- 
sili IV, et furent faits prisonniers par les Polonais, dans la 
grande bataille livrée à Orscha,en 1514. D,nitri mou,'ut dans 
les fers, et Micfiaïl ne fut rendu à la liberté qu'après trente- 
huit ans de captivité. Il ,.evint alors à la cour de son souve- 
rain, dont il lut bientOt l'un des principaux favoris. 
Le petit-fils de Michaïl, Wasili GXLVZ,, fut, ap,'ès la 
mort du faux D d m d t r i u s, au nombre des prétendants à 
la com'onne de Russie. Envoyé en Io en Pologne à l'effet 
d'y annoncer an prince polonais Wladislas son élévation  
la dignité de czar, il se vit accuser par des cabales de sei- 
gneurs polonais de s't,'e rendu coupable de trahison  l'oc- 
casion du siége de Smolcnsk, fut retemm prisonnie,', et languit 
dans les cachots jusqu'à sa mort, arrivée neuf ans aprës. 
Son petit-neveu Wassili GALVZIN, surnommé le Grand 
Gal9:in, fut le conseiller et le favori de la princesse Sophie, 
celte vindicative sœur de Pierre 1 ¢. De mme que Pierre 
le Grand fut constamment obsédé par la noble idée de ci- 
viliser sa nation, restée jusque alors plongée dans une pro- 
fonde barbarie, Wassili G.ttZlr eut aussi, mais avant lui, 
l'ambition de mettre son pays en contact avec l'Europe oe- 
cid..ntale, unique foyer de la cisilisation, et de transplanter 
les sciences et les al'ts dans les ecoles et jusqu'au milieu 
même de la cour de Russie. Galyzin ayant échou dans son 
projet d'épouser la princesse Sophie et de parlagcr le 
trône avec elle, fiat banni vers la mer Glaciale, ou il mourut 
empoisonné, tan«lis que Pierre condamnait sa sœur/ prendre 
le voile dans un eloitre. 
Des deux eousins de ce Wasili, l'un, Boris G.ttVZlr, fiR 
précepteur de Pierre le Grand et cfiargé de l'administration 
de l'empire pendant le premier voyage que ce prince fit en 
Eorope ; l'aube, Dmilri Gxtvza.', homme d'Ëtat distinlé, 
fut ambasadear à Con«lantinople, puis minih'e «les finan- 
ces de l'empire, et enfiu chef du parti des Galzin et des 
Dolgoroucki qui, b. la mort de Pierre Il, essaya de 
mettre des lilnile a la toute-puissance des czars (consul- 
tez la Notice su»" les pincipales Familles de la Russie.. par 
Pierre Dolgoroucki [Bruxelles, 183]). Le plan de Dmih'i 
Galyzin échoua; les deux familles furent bannies, et lui 
mème expira dans man cachot a Scblusselhourg. 
Son frëre, .llichad Gz, l'un des meilleurs én_raux 
qu'ait eus la Rssie, justement cëlèbre pour son coura.qe et 
sa bravoure, fut rinsëparable compagnon de Pierre le Grand 
dans toutes ses campagnes. Il se disling«a surtout à la ha- 
taille de Sarva, ou il saura le régiment de Seménoff, ainsi 
qu'à la bataille livrée près du bourg de Liesnaja, oi il battit 
legénéral LoE.wenhauptet où le ezar l'embrassa sur le champ 
de bataille mème; enlin, b. Pultawa. La conquéte de la F i n- 
I a nd e, qu'il opCa en ISlt, mit le comble à sa eélebrile et à 
sa gloire. Il mourut en 1730, avec le litre de feld-marécfial. 
Son frëre, appelWaussi Mich«il, fut ambassadeur en Perse 
sous Pierre le Grand, et grand-amiral. 
Des fils laissés par le premier de ces 3Iichail, l'un, le feld- 
anaréchal Alexandre GxtLzm, se distingua en 1769 par la 
prise de Choczim en Moldavie; l'autre, Dmilri Gvzt, di- 
plomate habile, lut ambasadeur de Russie à Paris, sous le 
règne de Louis XV, puis à Vienne auprès de Joseph 1I, et 
mourut dans eelte capitale, off son tombeau s'élève sur la 
Imuteur dite, d'après lui, Galyzinsberg. 
Des fils lais.s par Mexandre Gatyzin, l'un, Alexandr¢ 
Gvztn, fut vice-chancelier pendant les premieres année« 
du régne de Catherine Il ; l'autre, Pierr Gtzm, se dis- 
tingna par ses talents militaires. Leur cousin, Dmtri G- 



t t  GALYZIN 
Gczt,, fut mimstre  La Haye, sous Ca|berlue 1I, et 
mourut en 1803. L'épouse de ce dernier, Amlte, princesse 
GAYzt, femme justement célèbre par la haute culture et 
par la gr.oe de son esprit, par ses liaisons avec tous les sa- 
vants et tous les pontes en renom de son siècle, et surtout 
par ses tendances au mysticisme, était fille du général prus- 
sien comte de Schmettau, et avait passé une partie de sa 
jeunesse  la cour de la femme dit prince Ferdinand de 
l'russe: frère de Frédéric ll. A blunster, où elle résidait 
habituellement, elle avait rëuni autour d'elle un cercle de sa- 
vants d,stingnes. Furstenberg, Jacobi, Goetlë, etc., etc., y 
furent pendant plus ou moins longtemps ses fidèles commen- 
saux; mais Hemsterhuys et Hamann restèrent ses amis les 
plus intimes. C'est elle la Diotima à laquelle ltemsterhuys, 
sous le nom de Dioclas, adressa sa Lettre sur l'Athéisme 
(1795); Hamann mourut chez elle, et fut enterré dans son 
propre jardin, a Murs|er. L'influence qu'elle exerçait sur 
tout ce qui l'entourait fut la cause principale qui détcrmina 
Stolberg et sa famille à embrasser la religion catholique; 
elle provoqua cette surexcitalion de la pensee religieuse qui 
se main|in| si longtemps dans beaucoup de cercles, et que 
Yoss, dans son pamphlet intitulé : Comment Frédric de 
Stolbcr9 est devcu z«n tncrant, a si rudement stima- 
risC. La prinoese Galzin mourut en 1806, à Angelutode, 
prè Murs|er. Elle avait élevé ses entant suivant la rectitude 
précouisee par I',ousseaa danr. sou Emle. Elle décida son 
fils Dmit' GXLZm a se rendre, en qualité de missionaire 
catholique, en AraCique, où il est mort, en 1840. 
Dans ces derniers temps, o:t peut encore citer patati les 
membres eelèbres de cette famille Dmitri Wladimrovitcl» 
GALYZlI, mort cil 1844, t Pa:'is, après avoir été depuis 
l'année tS0 gouverneur gener,d de P, Ioscou, fonctions dans 
l'eercice desquelles, à l'occasion du cboléra, du grand in- 
cendie de 1831 et de cent autres circonstances od ri s'agis- 
sait des i,Ins chers intérëts de cette capitale, il sut acquerir 
de justes tib'es à la reconnaissance de ses habitants. Des 
funcrailles presque tropCinies fi,rent faites /l cet homme 
d'I-;tat, qui de son ivant avait été eulouré de l'estime et 
du rcsped tmivvrsels, et qui repose anjourd'hui à Moscou, 
dans le caveau fun,;raire de sa famille. Nous nommerons 
eucore ici Ser9éi GAL'Z,I, qui déjà, sous le règne de la grande 
Catl,erine, s'tait fait uu nom comme militaire et qui au- 
jourd'hui, lne,ubre du conseil suprême de l'empire, ne né- 
glige rien en sa qualit de grand dignitaire de PEtat pour 
accroitre la civilisation et la gloire de sa ,la|ton. Une fortune 
immense lui permet d'exCnter ses nobles et pah'iotes pro- 
jt.ls. Dans ses résidences de Kusminski et de Melnitza, près 
de 51oscon, il déploie un luxe tout princier, et il a su en 
laite autant de temples des arts et des muses. Le prince 
EnDlollle GAL'ZII, mort à Paris en tëvrier t85, a traduit 
en françai. le voyage de Wrangei, Le 3oral de la Sibérie 
( 2 vol. l,ails, I s43 ), et a publié l'iutëressant récit d'tan voyage 
scientilique exécute par lui mème. Cet ouvrage est intitulé : 
La Fllande, notes vecz«e#llies e11848 (2 vol., Paris, 1852 ). 
G.lA ( ¥sco v_ ), comte de Vidçue#m, eélèbre 
amiral t»ortugais et commandant de la flotte qui la pre- 
miëre donbla le cap «le B,muo-Esprance et ouvrit la voie des 
Indes par le gran,t Océan, naquit vers 1469, à Sines, ville 
maritime de la pt-ovince d'Alem-Tejo. Issu d'une illustre fa- 
mille, il reçu| dès sa plus tendre jeunesse, dit bi. le vi- 
comte de Santarcm, l'education à la fois guerrière et scien- 
tifique à laquelle durant ce siècle le Portugal dut tant! de 
grands hommes. Déjà du temps de Jean Il il avait rendu 
de grands services; tous les éctivains de l'époque s'accor- 
dent à dire que sous ce règne il avait acquis une grande 
expëdence de la navigation. Il fut chargé, cuire autres mis- 
sions, de saisir tous les bAtiments français qui se tronaient 
dans les ports du royaume, comme représ'Mlles de la prise 
d'un navire portugai», revenant de la Mine, chargé d'or et 
d'autres marcbandises de prix, capturé par des corsaires 
français en pleine paix. Charles VIII ordonna la restitution 
dt: batiment, et punit sévèrement les corsaires. Après le retour 

 GAMA 
de Bartolommeo Dt a z, Gama fut appelé, en octobre lt95, 
au ommandement de l'expédition chargée de faire le tour 
de l'Attique etde pénétrer dans l'Inde ; mais la mur|de Jean 11 
ajonrna le départ de l'expddition. Ce projet fut repris par 
le roi Emmannel, qui ne changea rien aux plans de son 
prédécesseur. Après avoir plusieurs fois réuni h E.tremoz 
les membre de son conseil, il ' fit appeler Gama, en janvier" 
1497. Eorsquel'expédition fut pré|e a la fin de juin, le 
narqne se rendit en grande pompe à l'église de Bestello, si- 
tuée à une lieue de Lisbonne, sur le bord du Tage, ety 
mit de sa main au navigateur le grattd pavillon royal, plu- 
sieurs cartes marines, de nombreuses instnlctiuns, des let- 
tres enfin pour les princes d'Asie et le roi de Calicut. Gama 
avait h peine vin#-buit ans. 
Le 8 juillet la flotte, composée de trois vaisseaux et de 
cent-soixante hommes d'équipage, mettait à la voile. Barto- 
Iommeo Diaz, qui dix ans auparavant avait doubl le cap 
desTempêtes, accompagnait Gama. V e s p u c e, parti cinq ans 
après le premier voyage de Cbrislophe C o I o m b, décou- 
vrait en ce moment l'AraCique méridionale. L'amiral, cin- 
glant d'abord vers le sud, laissa dans l'est le peu qu'on con- 
inaissait des bords africains, et vers le couchant, les lies du 
cap Vert, où il arriva le .3 aott. Après les avoir doublées, 
il porta vers le midi et vint rel'aeher à la baie de Sainte-Hé- 
Iène, qu'il avait fait reconnailrn par Pedro d'Alemques. Là 
la |lutte, ayant, en signe de reconnaissance, salu le Imvillon 
de l'amiral, relAcba pendant une semaine, que Gamn mit 
profit pour étudier le pays et les mœurs des habitants. Il fit 
mme asseoir à sa lable un de ces nègres, léanmoins, il y 
fut blessé d'une flèche h la jambe, ce qui ne l'empcha pas 
de partir deux jours après, le t6 noven,bre, pour l'extrèmi|é 
de l'Afriqne. Le 22 l'expédition doublait le célèbre cap de 
Bon ne Espérance, qui, pour Crein point culminant, 
du voyage, n'en était pas riCl,moins le terme. Les matelots, 
songeant quïl pouvait n'en pas Cre méme la moitié, com- 
mencèrent à murmurer, et l'amiral se trouva dan.« la post|for. 
dtfllcile de Colomb, lorsque, touchant aux lies Lucayes, il 
fut au moment dëlre jeté à l'eau par sou équipages mutiné. 
Après le cap de Bonne-Espérance, il fallait encore doubler 
celui des Aiguilles au pourtour duquel la mer estdure. Les 
Portugais de nouveau parlaient de rebrousser chemin, mais 
leur chef parvint encore à les contenir. 
On se dirigea ensuite vers l'est, le long de la cte; 
relàcha dans la baie de Saint-Biaise; et l'on arriva, le 17 
d:cembre, «tu rochet de la Crtt, puis à la rivière de l'In- 
fante, limite des découvertes de Bartolommco Diaz. Gama 
poussa les siennes plus de mille lieues au delà. En remon- 
tant vers le nord, il envoya main|es fois explorer les lieux 
où il apercevait des habitante. Le 10 janvier il découvrit 
une rivière, qu'il appela de Cuh»'e, et une|erre, qu'il nomma 
des Bollne.s gens. Aprè. y avoir relaché cinq jours, il par- 
vint, le jour de l'Epiphanie, à l'embouchure d'un grand 
cours d'eau, où il mouilla, et qu'il appela le fleuve des 
Bois; il y fit reposer ses gens, que le scorbut rongeait. La 
terre leur prodigua des fruits et des plantes salutaires ; mais 
les hommes qu'on rencontra, parlant un langage Crange, 
étaieut pour les voyageurs comme un peuple muet, dont ils 
ne pouvaient tirer attcun renseignement, et Gama, parcou- 
rant, h travers des périls sans cesse renaissants, de nom- 
breux rivages, demandait à tous des nouvelles de l'lnde et 
n'en recevait jamais. C'est à Sofala, où des vents favorables 
le conduisirent enfin, que, supérieur au découragement, 
,nais fatigué lui-reAme et souffrant, il se sentit comme re- 
tremp, en imaginant avoir retrouvé l'antique Ophir. Il 
n'avait depuis Sines rencontré que des espèces de brutes 
à figure noire, avec qui nul parmi les siens n'avait pt s'en- 
tendre. II trou,ait/l Sofala des hommes It demi ci,ilisés, 
chez qui les navhes de La Meoque employés au commer¢ 
de l'Orient, avaient une station; la plupart entendaient l'a- 
rabe, et cette langue, qui dans leur pninsule et sur ie 
cotes barbaresques, o0 les Portugais portaient habituelle- 
ment la guerre, était celle de leurs intimes ennemis, de- 



GAL  
vint leur consolatrice sur des bords oh ils l'entendaient après 
n'avoir si longtemps pu s'exprimer que lar signes. 
Dans les premiers jonrs de mars I98, a flotte toucha à 
blozambique, d'oh, se dirigeant droit au nord, elle longea 
jusqu'à Monbaze la c6te de Zanguebar, conlrée encore peu 
connue, quoiqu'elle ait d'assez bons ports et qu'elle produise 
beaucoup d'ivoire et de poudre d'or. Les Maures taient 
nombreux et jouissaiezrt sur les princes dn pays d'une grande 
influence; ils reconnurent aussit6t dans les compagnons de 
Gama les pareils de ceux qui, vers une autre extrmité de 
l'Attique, faisaient à leurs pères une guerre à outrance; et 
dès lors toute leur astuce fut employee à leur susciter des 
embarras. Les Isabilants de clsaque pays avec lesquels pou- 
vaient s'entendre les unuveaux senns accueillaient d'abord 
ceux-ci avec des démnnstrations de cordialité; mais ils ue 
lardaient point, excités par les Maures, à leur tendre des 
emb6clses où tonte la sagacité de Gama fut nécessaire pour 
qu'aucun n'y tombt. Il arma deux chaloupes de son navire, 
dont lui-mme monta l'une, et fit tirer sur les embarcations 
des Arahes, qui prirent la fuite. Ce ful la que pour la pre- 
mière fois il rencontra de grands btiments du pays sur les- 
quels on se servait de boussoles et de cartes marines. Les 
Portugais caplurèrent quelques-uns de ces navires. Le butin 
lut partagé entre les quipages : le chef ne se réserva que 
les livres arabes, pour les offrir au roi à son retour. 11 se 
dirigea ensuite vers Monbaze, ville alors fort commerçante, 
puis vers lIelinde, dont le prince lui fit un accueil affec- 
tueux, montant à bord de la flotte, o/ il fut reçu avec les 
plus grands honneurs. Le 2.t avril, Gama ayant pris la route 
de la c6te de Malabar, jeta l'ancre devant Calicut, le o 
mai 19s. Il envoya deux messagers au Zamorin pour lui 
annoncer son arrivée comme ambassadeur du roi de Por- 
tugal, charg6 de lettres pour lui. Les premi/:res négociations 
curent tant de succès, que le port fut ouvert immédiatement 
à la flotte, que le prince vint la visiter de quinze lieues de 
distance, et que Gama fit son entrée soleuneile dans la ville 
au milieu d'u,e foule immense. 11 avait débarqué avec une 
suite de treize personnes, laissant à son frre Paul le com- 
mandement des vaisseaux, lui recommandant de ne tirer 
auc«ne vengence de sa mort s'il tombait victime de quelque 
perfidie, mais de repartir immédiatement pour al]er annoncer 
au roi la découverte des Indes. Dans son entrevue avec le 
Zamorin, Vasco montra une dignit6 parfaite et une grande 
fermeté. Il se flattait d'obtenir pour le Portugal la faculté de 
venir commercer à Calicut; mais cet espoir s'vanouit 
d6s la soeonde entrevue, quand il se sit trallren.sement 
arrêtC Les Maures et Arabes, pour la plapart sujets du 
grand-seigneur, dont les possessions s'ëtendaient jusque 
I, redoutant la concurrence des nouveaux venus, les 
avaient représenlés au Zamorin comme n'étant attires dans 
ses Êats que par la soif du pillage. Cependant, gr',tce à son 
imperturbable présence d'esprit, Gama parvint à renouer 
les n6gociations. Mais à peine de retour à bord, ayant ap- 
pris que quelques-uns des siens, restes à terre, avaient été 
arrêtC% il lit jeter dans les fers dix-neuf su;ets du Zamorin 
qui taiest venus visiter la flotte. Tant d'énergie en imposa 
au prince, et Di,'go Diaz revint avC une lettre de sa main 
pour le roi de Portugal écrite sur des leuilles de palmier. 
Gama, ayant atteint le bot principal de son expédition, 
mit à la voile le 7 aoàt t98 pour retourner en Europe. 
Il rel.',cha aux Agendives, jeta l'ancre à Mdinde le 9 février 
199, prit à bord un envoyé du prince du pays, doubla le cap 
de Bonue-Fpéranoe le 0 mars, mit de là vingt-sept jours 
pour atteiudre les lies du cap Vert, et arriva à Lisbonne au 
mois de septembre de la n;me année, plus de deux ans après 
son d,.part. Le roi le reçut avec la plus grande magnificence, 
¢élébra son retour par des fètes, le co,nbla de di»tisctions, 
et le revêtir en fO02 du titre d'amiral des lndes. Pendant le 
repss qu'il prit à sa cour, Abnzo et Cambral fut envoyé dans 
l'lnde avec mission d'y îon0er des établissemenls : cel,.i 
qu'il crëa à Calicut ne prospéra pas, et les Portugais qu',l 
y laissa fure,t peu à peu massao-és. Emmanuel, en appre- 

GAMBA t  3 
nant celte ouvelle, ordonna l'armement d'une flotte 
fesse, et Gama, avec dix vaisseaux, oulenus par deux es- 
cadres rompusCs «le dix saiseaux chacme, reprit, le 10 
février 151, la route qu'il avail frayée. C'esl dans ce voyage 
qu'il clablit, non sans combattre, les comploirs portugais 
qui subsistent encore si misérablement/ Mozambique, ainsi 
qu"A Sofala. Il venait cette fois avec un système dïntimida- 
tion ; et il mit d'abord le feu à l'un des grands navires du 
soudan d'Ég)pte, qu'il rencontra, parce que son marre 
était soupçonné d'avoir trempë dans les machinations dont 
le désastre de Cabral Cait résulté. Le bruit des avan- 
tages remportés par Gama ayant annonc son retour au 
Malabar, Travancor, où il prit terre, le reçut avec soumis- 
sion. Se rendant alors dans les États du Zamorin, il detruisit 
tous les navires du pays qu'il rencontra, et dans une seule 
occasion fil pendre à ses vergues cinquante des matelols 
qu'il y tronva. Ayant ainsi veng ses compatriotes, tral- 
treusement égorgés, et s'étant lait redouter au loin, il re- 
vint à ses habitudes accoutumëes de douceur, et se fit des 
alliés de tous ce,x qui maniftrent l'intention d'entrer 
en rapport avec lui. Il s'unit particulièrement avec le roi de 
Cochin, r/val naturel de celui de Calicnt, dont il obtint les 
plus fructuenses réparations, et mit tant de célérité dans 
toutes ses opérations, que le 2O dëcembre I b03 il était de re- 
tour en Portugal, ramenant treize vaisseaux cbargés de ri- 
chesses. 
Après tant de services signalC, il est cruel d'avoir à re- 
marquer qu'ils ne trouva point dans sa patrie la reconnais- 
sance qu'ils semblaient devoir lui mériter. Il faht mme 
toutes les sollicitations du duc de Bragane, dura Jaimes, 
pour lui faire obtenir le titre de comte de Vidigueyra avec 
la grandesse. Puis il fut laissé dans lïnaction pendant 
vingt-el-un ans, et ne prit part à auc«ne autre explition 
sous le règne d'Emmanuel ; mais, après la mort de ce prince, 
dura Édouard de M6nezès ayant, durant sa gestion, préci- 
pré les établissements portugais d'Asie dans une décadance 
complete, Jean III rappela Vasco de sa retraite de Vidi- 
gueyra, et le nomma vice-roi des Indes en 15. Le noble 
vieillard partit de Lisbonne le 9 avril, avec une flotle de 10 
vaisseaux et de 3 caravelles, pour aller doubler une dernière 
fois ce cap de Bonne-Espérance, dont le nom est désormais 
inséparable du sien. Arrivé dans l'Inde, il n'. gouverna les 
vastes conqute du Portugal que trois mois et vin jours, et 
mourutà Cochin, le 25 décembre..Mème sur son lit de mort 
il pourvoyait à tout. En 1538 son corps fut transporté 
dans sa patrie, oi le roi Ini fit faire de magniques obsèques ; 
il repose dans l'eglise du couvent des Carmes de la ville de 
Vidig,,era. Une statue lui a été érigée à Goa, et sa grande 
expedilion à fourni à Camoëns le sujet de ses Lusiades. 
GAMALIEL, pharisien, contempora,n de Jésus-Christ 
et membre du Snhédrin, homme dun esprit conciliant et 
mod6ré, eut pour disciple saint Paul, el par ses sages re- 
prsentations empècha le grand conseil des Juifs de mettre 
à execution les sanglantes condamnations qu'il avail pronon- 
cées contre les Ap6tres. On sappose avec beaucoup de vrai- 
semblance que c'est de lui qu'il est question dans plusieurs 
passages du Talmud oh on celèbre le fils de SireCn et le 
petit-fils de Hiflel. Les traditions posterieures qui nous le 
présentent con;me ayant professé en secret les doclrines du 
Christ et comme s'etant fait baptiser, en in,me temps que 
son fils et Nicodème, par les ap6tresaint Jean et saint Pierre, 
ne paraissent pas plus fondees que les opinions 6mises par 
quelques écrivains n,odernes qui ont prétendu que Gamaliel 
n'avait intercédé en faveur des Ap6tres qu'en haine des sad- 
ducéens ou bien encore pour gagner les cbrétiens à ses plans 
ambitieux. 
GAM BA  Bxo.oasgo ), célèbre biblioaphe, n6 le 
16 mai 176, à Bassano, entra à l'.ge de dix ans en qualilé 
de commis dans l'imprimerie du comle lemondini, et y 
trouva le emps et les mo}'ens d'y acquérir de profonde 
connaissances bibliographiques. Après avoir dirigé jnsqu'/ 
la mort de leondiai la succursale Cabile par cette maison 

15 



114 
à Venise, il fonda lui-mme une lihrait-ie à Paxloue. En 
1811, épque à laquelle il lut nommé censeur pour les pro- 
rinces adriatiques, if ache l'imprimerie di AlvUooli, fon- 
dée à Venioe par Mono; et quelqu anné plus rd, 
le gveement autchien le nommait xi-bihliothére 
de Saint-blarc. Il t mo le 3 mai 181, frappé d'un covp 
'apoplexie à Pathénée oh il luisait un oeu. Son premier 
ouvrage fut les Serie dei testi di lingua sati a stampa 
el_ Icabulario della Csca ( Basno, 1805, in-  ), 
dont une nouvelle ition a pa à Venise en 1818 ; livrein- 
• àislnblo à u qui se livrent à l'Arude des sourc his- 
toriques de la littérature  de la philologie. A oet ouvrage 
se rachent les erie degli sçritti impressi riel dialelto 
vcne:iano ( Venioe, 1832 ), le Catatogo deile più impor- 
Ianti izioni e degli illustraIori della Divina Commets 
dell" anno 1472 al 1832 (Padoue, 1832 ), et la Bbli 
9rafla deile norelic Haliane in prosa ( 2 e édition, FIo- 
tenue, 1835 ) ; on a aussi de lui un grand nombre d'essais 
biographiques, et des notices, nt,t disséminées dans de 
ands ouvrg, nt6t pfi solonnt. 
GAMB.kDE epèce de saut, donl quelques dictioaires 
donnent une définition asoez impropre en le fixant h nn mode 
de mouvements dermin6s, c'est-à-dire à l'action de sou- 
lever une jam en arrière, ne se soutenant que sur l'antre, 
comme si on était prt à s'enuir, le tout en guise de 
pris ou de moquerie d'une personne ou d'nne cfiose. Nous ai- 
mons mieux appliquer ce mot à tout les espëoesde sauts, 
de mouvements brusques, irrégnliera, ales, plus ou moins 
bimrres, auxquels se livrent l sing dansles exercice qu'on 
leur apprend, on dans I habitudes ordinair de leur e. 
Tous les moovemen que fait alors ce quadrumane, toutes 
I allures plaisantes ou gotesques qu'il prend, et que carac- 
tise  bien le mot 9ambade, sont un rësult de  con- 
formation, de son organisation particulière, ci surlout de la 
lère, de la mobit6 de ses membres et de son extrêne 
ité. 
dance de Volire, on rencontre une le,re tort spituelle 
adreée  un lfider ilien qfi avait lait hommage au pa- 
tarche de Fcrneydu premier chanl d'un poeme intitulé : 
Cornde. Le vant el laboeux éditeur de Voltaire, Beu- 
cho, écrit, dans me de oes nos, qu'il ignore oe que c't que 
la Cornéide. ms somm plus heureux que lui, phi,que 
nous avons sous les yeux, nous positions un exemplaire de 
ce poême, fort peu conne, de G. de Gamrra. Cette 
t aurément une des plus etenduesquïl y ait au mon,le, 
puiu'eile ne contient pas moins de soixante-onze cfiau, 
parmi lesquels il s'en rencontoe d'une taille demesuree; le 
soixante-dixième oemprend M9 octavo, ci le soixanten. 
ziëme  renferme 875. Le tout, remplit sept fort volumes 
in-8 , impm a Livomne en 1781. L'auteur splmse que, 
s'ent endormi, il a Ce trangp«é dan une réon peuplee 
de cerf», de hoeufs et autres anima[x cornus ; tous les hom- 
m y purent également sur la te une majestueuse paire de 
coes, nt il e0t etWmis en pies s'il ne se [t empoesë de 
se déoerer lui-ratine d'ch nitble ornL Ce pays t 
celui de Crniola : le habitants  sont -nombreux : ci 
orri lrg sli a contarll. 
Quant au sujet de ce poeme inclinable, c't une plat. 
saee buoeup trop longue oentre les maris trompés. Le 
poeta cornog  (c le lilre qu'il se décerne n'a voulu 
 lyre, ni tmpel, ni cithare; il a soufflé de toul ses for- 
ces dan une corne, et s'et pr»psé d'ailleurs de n'oublier 
auc circicnuls.çi consorle quïl a pu reuoentrer dan» 
les ri de lfistoire ou dans ceux de la mythologie. Pari 
les sain 'qu'il lèbre tout au,si bien qn'aurait pu le faire 
Bnssy, nous avons remaré Pfiilippe de Maloine, Suette, 
Molièoe, Milan. Les h.ros de l'histoioe romaine, I per. 
soag de  fable, sont le pl souvent  position de 
la sne; Ulye, Marc-Antoine, Ménélas, Aote, Collatin, 
lpiter, Semiramis, Vénus, Lucrèoe, Pénépe, iinee, Fui- 
me, op% fireut au premier rang. T«, pnonoent 

GAMBA -- GA.IBEY 
des discours extrmement longs et peu amosams. D'action, 
il n'y en a guère; les femmes se révoltent, et attaquent la 
ville de Cornoalia; le dénombrement des deux armées rem- 
plit quatre chants; à la fin de l'ouvrage Caton se tue, Ulysse 
reçoit torce coups de bSton, et Sémiramis triomple. Tout 
cela est entremlé de petits épisodes dont plusieurs ont dj 
été traités par La l:ontaine. Le chant dix-huit nous offre 
l'histoire d'un Becco incornato percosso, e soddifatto ; le 
chant vingt-six reproduit le conte du lossigol , et celui du 
Bdt s'est djà montré dans le charrt quatorze. A la suite de 
chacun des soixante-onze chants se rencontrent quelques 
notes où il n'est guère question que d'histoire grecqueou ro- 
maine et d'archïoloe. Gambarra nous apprend qu'il étai: 
officier dans un rêgiment au servicede l'Autriche, quïl écri- 
vit son poëme durant un séjour qu'il fit  aples, et qu'il 
n'y mil pas plus de douze mois Nous n'avons d'ailleurs au. 
cuu renseignement sur sa vie ni sur l'époque de sa mort. 
GAMBESSOI ou GABESSON, espèce de jaque on 
de pourpoint à l'uage de la cavalerie légère, imité des lo- 
mains, descendantjusqu'au cuisses, et consistant en une 
saque large et cotte-maillèe. Il était composé de plusieurs 
peux de cerfs, cousues les unes sur les autres, remlurrées 
en dedans de laine, d'étoupe ou de crin. Ily en avait de plus 
Iégers et de mieux ouvragés : ceux-ci prenaient le nom de 
cendeaux. Ce vtemenl, en uage pendant toute la durée du 
moyen ge, était destiné . rompre l'effort de la lance, dont 
le eu,p, quoiqu'il ne pénetràt l,as la chemise de mailles, 
aurait meurtri le corps en y enfonçant les maille« de ler 
dont elle était compose. Le gambesson se metlait sous la 
chemi de mailles et aussi sous la c uirasse. On le nom- 
malt également 9ambeson ou 9anbeson, 9«rnbisson, 9obis. 
son et qambiez. 
GAMBEY (lï[zt-Pnnr.oe), mécanicien illustre, h 
en 17a9, mort  Paris, en lgt7, membre de I'A¢adéme des 
Sciences et du B,Ireau des Longitudes, eut aui ses com- 
men:emenls ingrals, obscurs et pénibles. Il lui fallut d'a- 
bord se contenter du poste modeste de coutre-maitre à 
Coml,iè;ne, puis h l'Êcole des ArL et l1étiers de [2b',dons. 
A sa sortie de cet établissement, il s'établit dans une re 
obscure du faubourg Sainl-Denis, et s'y livra à la fabrication 
des in-truments de précision, construisant dès lors des 
sexlaut st des cercles répètileurs qui déja portaient l'em- 
preinte de la sfireté de sa main et de la rectitude de son 
jugement. En voyant la supëriorité avec laquelle il exCa- 
lait les instruments connus, les savants n'hésitèrent pas 
s'adresser / lui pour le charger de créer ceux qui n'exis. 
taiet [,as encore. On éprouvait particulièrement le besoin 
d'un instrument avec lequel il 10t possible de mesurer exacte- 
ment des angles horizontaux et des angles verticaux. 
se mit à l'oeuvre, et à l'exposition de 1819 on remarqua ses 
beaux t fi é o d o I i t h es. La grande médaille d'.t 
ce travail, et dans les deu x expositions qui suiviren!, des chefs- 
d'oeuvre de plus en plus atlmiré« lui mëritèrent la mmeré- 
compense. La construction d'un èquatorial ou lunette pa- 
rallaclique appela de nouveau su: cet artiste, vraiment 
créateur, l'attention du monde savant. On peul admirex 
l'Observatoire de Paris ce bel et ingénieux instrument. On 
a encore dans le mème établissement, outre un cercle mural, 
une !unette méridienne c,,nstrmte par Gambey. Nous citerons 
aus«, parmi les instruments ou perfectionnés ou inventés 
par Gambey, le cathtornètre, à l'aide duquel on mesure 
eorreclment les distances verticales, et son hliostat, chef- 
d'oeuvre qui a pour but de donner aux physiciens le moyen 
de lixerdans une direction constante un faisceau de lumière. 
Tant de grands et utiles travaux méritèrent ì Gambey les 
plus flatteuses distinctions. La Légion d'Honneur, si son- 
vent recherchée par la médiocri[é vaniteuse, vint le chercher, 
le découvrir dans son atdier, pour s'illustrer elle-mme par 
un pareil choix. Le mihistre de la marine le nomma son 
ingénieur en instruments de navigation; le Bureau dos Lon- 
gitudes l'appela dans son sein, et l'Académie des Science* 



GAMBE 
recevait an 1837 dans sa section de mécanique l'ancien 
contre-mattre de Chlons en remplacement de Iollard. 
Ajoutons qu'au momedt où une mort prématurée vint le 
frapper, Gambey allait entreprendre la construction d'une 
gigantesque lunette parallactique/ l'Observatoire de" Pamis. 
GAMBIE ou GAIBIA, après te Snégal le plus grand 
fleuve de la Sénégambie, sur la c.6te ocddentale de I'A- 
friqu«, prend sa source dans la contrée qu'on appelle Fouta- 
Toro, arro le pa]/s de Tenda, de Boudou, de lani, de 
lotun, de Badibon et de Barra, et, après un cours d:en- 
viron 92 myriamètres, vient se jeter dans l'orCn Atlantique, 
au cap Sainte-Marie, au-sud du cap Vet, par uu grand 
nombre de bras, qu'nnissent divers canaux naturels, qu'on 
tenait jadis pour autant de rivières distinctes. Des cata- 
ractes fmueutes et un grand nombre d'|les  rendent la 
navigation très-difficile. 11 est relié par le Nériko an 
Ȏgal. 
La colonie anglaise du même nom, provenant d'étabtisse- 
ments et dacqlisilions qui remont.nt aux années téts, 
et IglG, compte une population d 5,000 uus ur une su- 
perficie de trois myriamnëtres carré. Elle se coml»se de 
rlle Sainle-Marie, où se trouve le clsellien Eathrt, de 
l'lle Maccartlsy, d'une lle artilicielle créée dans le fleuve à peu 
de distance de son embouclmre et sur laquelle on a cons- 
truit le forl Saiut-James, et de quelques hameaux voisins. 
GAMBIEIt (lies), archipel silué dans le Grand-Ocëan, 
par 23 ° de latitude méridionale, et t37 ° de longitude occi- 
dentale, fat déconvert en t777 par l'amiral anglais John 
Gambier ( uA en 17, mort en t836), que le lmbarde- 
ment de Copenhague en pleine paix, en 1807, a rendu si 
fameux, et qui, el! 1809, d,.truisit la flotte française avec 
des br01ots, à l'le d'Aix. Ce. groupe se compose de cinq ries 
fort élévées et de plusieurs autres beaucoup plus basses : 
une chatte d'écueils de corail ceint ces dernières. Les 
Imahilants, une des rares les plus mélangée« de la Pol)-nésie, 
sont généralement d'une haute tature; et le capitaine 
Beecbey, quand il les visita, les trouva inulièrement in- 
tmospitaliers. Depuis lors les choses ont bien changé, grâce aux 
missionnaires catholiques français «lui, il y aura bientét un 
quart de siècle, vinrent sétab1r dans ce petit arclsilrd. 
En I44, à l'oc¢.asion d'me relche de la frégate La Charte, 
au monillge de l'une de ces |les, les principaux chefs se 
réunirent et manifestèrent au capitaine leur intentiou de se 
placer, eux et leor territoire, sous la protection de la France; 
mais quand ces faits parvinrent/ la connaissance du mi- 
nistre de la marine, celui-ci s'empressa d'adresser au com- 
mandant de la station française de la mer du Sud des ins- 
tructions pour qu'il e0t/ se bien garder d'aller au-ddà du 
ait accompli, c'est-à-dire de ne rien faire qsmi pot indiquer de 
la part de la France l'intentiou d'y établir une colonie ou 
seu|ement un point de relâche : tant le gouvernement de 
Louis-Plfillppe eut toujours peur d'éveiller les umbrageux 
sonpçons de l'Aug|eterre. Le groupe des tles Gamhier, situé 
au vent de l'awhipel de la SortCé, et possédant un bon 
port, est d'aillturs peu penp|é, l,es nissionnair nsétho- 
distes qu'on encmdre OE tous eélés en Polynésie n'out point 
encore cherché à y pr[tétrer, et en ont jsqP/ ce jour laissé 
les Imabitants livrés sans contestation aucune à l'influence 
des missionnaires catlloliqtoe français. 
GAMELLE grand vase de bois ou dë fer-blanc à 
l'usage des matelots et des soldat«. S'il est vrai que les pro- 
verbes soient la agesse des nations, celui-ci : « La soupe 
fait I soldat, et le ssldat mange/ la gamelle, » suffit à 
montrer lïmportance de la gamelle dans les afinC : les 
chefs «I corps doivent donc veiller à son entretien comme 
 celui des armes; le succèsdes campagnes en dépend sou- 
vent, car le soldat mal nourri est/ demi vaincu. Le soldat 
est une véritabie machine de guerre : on lui pèse son som- 
meil, et ses jeux, et son pain. Bien qu'élément constituant 
de toute la puissance militaire, il n'étend gnëre son Isori- 
zon an del/ da la porte de son bras; sur le clmamp «le ba- 
taille, n ne aoK songer q'à sa compagnie, à son drapeau 

GAMELLE I 15 
rentréaucamp ou à la caserne, h gamelle devient son signe 
de ralliement ; u'il ait assez d'intelligence pour reconnaltre 
les huit homes qui mettent la main au plat avec lui, qu'il 
sache serrer le« rangs avec en autour de la mêmegamlle, 
et son ducation est fort avancée. Au plat comme à rexer- 
cire, |e caporal est son chef de file ; la soupe est verséedans 
la gamelle, et de la gamelle dans chaque assiet{e des huit 
soldatsqui, debont encore ,entourent latable oblo»gne dont 
la gamelle occupe le centre; puis les portions de viande sont 
alCoupC et placées sur la soupe. Chacun doit pFewre 
sans choisir celle qui se trouve devant lui. Autrefois, après 
avoir posé sur leur paism leur mo'cetu de viande, tous ensem- 
ble prenaient la cuillère/ la main, prêts à la plonger dans 
le brouet; il se faisait mn silence solcnuel ; le caporal pui- 
sait le premier, c'était le signal d'excu{ion ; les autres, tour 
à tour et par ordre, imitaient la manœuvre du chef de file, 
et bient6t ou n'entendait plus qu'un cliquetis de cuillères et 
un brmit dc mchoires. La joie et lesquolibctsn'aivaient 
que quand la gamelle cowmençait à s'Cuiser ; et cet Isen- 
retx moment se renouvelait de,Ix fois par jour. Aujour- 
d'hui, chaque soldat mange  table comme un bourgeois, 
et n'en est pas plus fier pour cela. A la guerre, ou en cam- 
pagne, le« gamelles, marmites et bidons, sont en fer-blanc ; 
on les enveloppe avec soin d'un fourreau de toile, et les sol- 
dats les portent sur leur havresac. 
Le matelot aussi mange la soupe à la gamelle; sa gamdlc 
à lui est un vase en bois ouvet et phlS large par le haut 
que par le bas; il ressemble à un petit sceau ; deux cer- 
cles mn fer le consolident, et il doit être assez grand pour con- 
tenir la ration de huit à dix hommes. Tous ceux qui man- 
gent à la même gamelle nt égamx ; les matelotg, les quar- 
tiers-waitres, out leurs gamelle« séparées ; cependant, tou- 
tes ont un chef de plat, désigné pour la police de la table .... 
Nouç disons table, parce qu'a bord des grands navires, 
vaisseaux ou ffCales, le matelot mange sur de tables 
suspendnes dans les batteries. lais h bord de petits bti- 
ments, le gaillard d'avant est sa salle à manger ; le ciel 
bleu. gris ou brumeux, lui sert de paxilhm; le pont, de 
table; sa nappe est une toile goudronuée; il pose desms la 
ganelle et le bidon prScieux qui renferme son vin : tout le 
nionde s'assied en rond autour du plat, les jambes croisées 
on  demi co,]chés à la faç,m des empermmrs romains. Le 
vieux de la bande fait une croix  travers les flots de vapeur 
qui portent cul'air le parfum de ses lèves, et dit : « Attrape 
à manger! le branle-bas de la goenie coumence. ,, Puis le 
bidon passe et repasse  la ronde; bidon chéri! tous le cou- 
vent de l'oeil dans sa route circulaire : le nectar qu'il verse 
est si doux au malelot, c'est le baume de Ioutes ses bles- 
sures ; c'est son $me ! Et il court tant de dangers, ce bidon 
d'amour! Quand un coup de roulis chavire pêle-mle sa- 
met!es, nappes et matelots, une main protectrice maintient 
le bidon dans la verticale, suspendu sur toutes les têtes. 
Quel sombre désespoir si le vin du bon Dieu allait être 
pandu ! La gamelle est moins précieuse; si la vae qui 
dëferle couvre le pont d'uue écume salée, nul ne se donue 
la peine de pré.server la soupe de cette as«aigvnnement 
imprëvu, car Petomac se fatigue du lard suiWet des lè- 
ves ; on a bien assez de nourriture à bord. Mais du vin.' 
ce vin si cher, qui retrempe les forces, provoqne les 
joyeux propos et les histoires de l'autre monde, qui fait 
oublier les fatigues, la pluie et les rafales glacées, qui 
donne des ailes pour grimper dans les cordages, et des grif- 
fes pour se cramponner aux mts quand la mer brise et 
ébranle le navire, jamais, jamais on n'en a assez ! Du reste, 
gamelles et bidons sont entretenus avec tin soin parfait ; le 
' bois en est d'un blanc sans tacite, nu couvert «'une cou- 
' che de noir brillante comme du jai ; les ceoeles en fer sont 
fourbis comme de l'acier poli. 
Le mot 9amelle a pris dans la marine des airs aristo- 
cratiques ; de la table ,les matelots il est monté à celle des 
chefs : on dit la 9amelle des officiers, la 9amelle du cors. 
mandant; et quelque },ur l'Académie sera condamnée  en- 



registrer cette expression dans la langue des marins. C'est 
une grande affaire qe l'administration de la lable d'un état- 
laajor de vaisseau : l'officier qui en e charge momentané- 
ment preml le nom de chef de 9amelle; il est Alu par ac- 
clamation, ou par le sort. 
Le mot 9amelle n'est pas sans illustration ; wut-ètre se 
vanterait-il avec raison d'tre coutemporain de la naissance 
de la langue latine ? La poésie romaine, sous le stylet d'Ovide, 
lui conféra, du temps d'Auguste, des titres de noblesse : 
Dura licol appositc, valuti cralere camella 
Lac niveum porcs, purpureataque sapam. 
I.e latin du moyen àge modifia sa première consonne et 
en fit gamelle. Nous sonnaes lentWde croire que l'armee de 
fen l'a empronté à la marine, car le plus ancien ouvrage 
où il se rencontre est le Liber veraculus de contractbus 
taritimis, ou on lit : Gameles dicutur disci li9ei in 
quibus reporuntur obsonia autarum. 
"fbéogène P,tGE capitaine de vaisseau. 
GAMIX. Ce mot n'est pas français ; mais Cent plnsqu'un 
mot français, c'est un mot parisien. Pour bien dire, il faut 
dire -- le 9omin de Paris. Gamin est un mot qu'il laut 
prendre en bonne part. Dans celle grande ville, où Ioutes 
les misères viennent aboutir, dans ce rendez-vous genéral 
de foules les infortunes, il arrive souvent q,'un IJonnete 
homme, pauvre et ruine, un vieux soldat, u n x ieil artiste, lai»e 
apris lui t:n enfant de son nom, pauvre enfant qui, mëme 
dans la misère, se sent encore d'une meilleure origine. Tout 
enfant parisien, fils du peuple, bonnète enfant de cette 
grande ville, né au milieu de l'esprit et de la misère, est 
un gamin de Pari% en attendant qu'il soit un ltnmme. Le 
gamin de Paris, avant d'avoir un 6tat à lui, entreprend au 
hasard Ious les états. Il est propre à teur, il sait tout, il 
est tout. biais déjà, même dans sa hardiesse la plus hardie, 
même dans ses eslfiegleries les plus vives, le gamin de Paris 
reste, sans le vouloir, sans le savoir peut-ëtre, un honnête 
homme. 5"pus n'entendons pas autrement le gantin de Paris. 
Le gamin de Paris est un gamin à sept ans jusqu'à qua- 
torze, quelquefois jusqu'à seize ans, jamais pins tard. Le 
gamin de dix-huit ans n'est plus un gamin, c'est un oisif, 
un paresseux, un mauvais sujet, un Itomme qui tournera 
mal, et qui est attenlu sur les bancs de la police correc- 
tionnelle, et des assises plus tard. Malheureux ! qui a oublié 
la bonne, joviale et sitcère nature du vrai gamin. Le ga- 
min de Paris a nom Joseph ou 5"apoléon, comme sa sœur 
s'appelle Marie ou Pamela. Il se souient encore avec or- 
gueil de toutes les révolulions auxquelles ont contribué si 
puissamment les gamins ses prédécesseurs. Il y a en lui 
quelque chose dt heros, en ce sens qu'il est toujours mer- 
veilleusement disposé à l'agitation ci au tttmfllg : c'et un 
héros en herbe et en maenilles, qui se bat à coups de poigs, 
en attendant quïl se butte conlre le canon; grand joueur à 
la toupie, illustre goguenard, le fléau de ses voisins, et pour- 
tant la joie de son quartier; malin, flàneur, vaniteux, ta- 
quin, bon fils; n'a)ant peur de rien ni de personne, mais 
tremblant devant sa bonne grand'mère, très-connu du ser- 
gent de ville et du garde municipal ; osant tout, excepté dé- 
¢hirer sa blouse et perdre sa casquette : tel est le gamin de 
Paris. Il grimpe, il glisse, il saute : c'est une anguille, c'est un 
liclJen. Il est la joie de notre pavé, il est l'ëclat de rire de 
nos carrefours, il est l'ami de tout ce qui sonfft-e, il est le 
Don Quichotte bienveillant et dévoué de toutes les misères 
parisiennes. Du reste, l'oeil éveillé, la chevelure ébouriffée, 
le soutire moqueur, une joue rose et lavée, l'autre joue 
toute noire, peigné à demi, fier et gueux comme un Espagnol, 
lrançais déià au fond de l',line, portant cranement sur l'o- 
reille un superbe casque en papier, et chantant tout habit 
les chansons patriotiques de B«;ranger. Voilà le gamin de 
Paris : c'est comme la grisette de Paris, il ne se trouve 
qu' Paris, c'est un produit de la ville. Dans les autres villes 
de France, vous n'avez que de reChantes et plates contre- 
laçons du gamin de Paris. 

GA.MELLE  GAMME 
Le gamin de Paris, par l'e_«prit, par la grâce, par le cou. 
rage, par les saillies, par son habitude de vivre de peu, par 
son insouciance pour l'avenir, est plus qu'un enfant et motos 
qu'un homme. Les autres enfants sont des enfants ou des 
hommes, des niais ou des prodiges; le gamin de Paris, je 
ne saurais mieux le définir, c'est le gamin de Paris. Il va, 
il vient, il court, il marche un peu : il obeit " une mère plus 
souvent qu'à un père ; il est l'appui, le protecteur, le dbfen- 
seur de sa mère. Toujours sans habits, souvent sans pain, 
jamais sans joie, il rit toujours. Son grand bonheur, c'est 
de voir jouer le mélodrame, de tirer des pétards, d'Cver 
des barricades, de sentir l'odeur de la poudre, d'entendre 
le br,it de l'arme blanche, de rire au nez du commissaire 
de police. Il est naturellement le fléau des Ciolets et l'en- 
nemi des réverbères. Il aime le soldat qui passe ; il et fou 
de la musique militaire; il joue du mirliton ; il bat du tam- 
bour ; il sonne de la trompette ; il monte à cheval ; il saute, 
il grimpe ; il ne hait ni le pain d'épices, ni le sucre 
ni le verre de bière; depuis quelque temps il a acheté une 
pipe, et il fume. 
Chose étrange ! cet élément de discorde dans les rues, ce 
job;eux meutier des jours de barricades, ce révolutionnaire 
espiègle, toujours prêt à remuer les pavés de fond en comble, 
eh bien ! le gendarme ne le hait pas autant qu'on pourrait le 
croire au premier abord. Au contraire, le gatain de Paris 
et le gendarme se comprennent h demi-mot, ils se tutoient. 
Le gamin de Paris se plalt en la compagnie du gendarme; 
marche au pas comme le gendarme; il admire le gendarme. 
De son cétc, le gendarme reconnaissant veut bien faire la 
guerre au gamin de Paris quand il est trop familier, mais 
c'est toujours à armes courtoises. Le gendarme veut bien 
taire peur au gamin, mais il serait dësolé de lui faire du 
mal. Il n'y a pas de gendarme qui n'ait pour filleul un 
rein de Paris. En un mot, si je n'avais pas peur de tomber 
dans le marivaudage, je dirais que le gamin de Paris est le 
papillon du gendarme ; le gendarme novice commence par 
faire la chance aux gamins, pour la faire plus tard aux vo- 
leurs. Q«mnà il a acbevé le cours de ses espiégleries, le ga- 
min de Paris prend une femme et un état ; il gagne sa vie, 
il monte sa garde, il remplit tous les devoirs du cito.en, et, 
de temps à autre, il s'amuse h mettre au monde de petits 
gamins de Paris. Jules JAxl.. 
GA3131E table ou échelle des notes de musique, di- 
posëe selon l'ordre naturel des tons. Le nom de çtmme, qui 
a été donné à cette échelle vient du 'OE..,, de l'alpbabetgtec 
(F), qe G u y A r e t i n choisit pour designer la corde qu'il 
ajouta au grave du diagramme des Grec.s, et .dont il fit la 
base de son système mnsical. Les anciens se servaient de 
sept lettres de l'alphabet pour marquer les differents drés 
de l'ecbelle musicale; et comme le nombre de ces lettres ne 
suffisait pas ì l'Cendue de leur gamme, ils les changeaient 
de forme ou les redoublaient pour indiquer la position res- 
pective de chaque degré par rapport aux difft.rentes octaves. 
Dans notre système musical moderue, nous n'avons égale- 
mfnt que sept lettres : c, d, e, f, 9, o, b, ou sept syl- 
labes : ut, ré, mi, fo, sol, la, si, pour designer les .0 
grés appréciables de l'etendue instrumentale comprise entre 
l'octave grave du sol de la contrebasse, et le sol aigu de la 
petite fit)te. Mais pour obvier à cet inconvénient et marquer 
d'une manière indubitable la position relative de chaque de- 
gré, on emploie des lignes parallèles qu'on divisede cinq en 
cinq à l'aide de certains signes appelés ¢le.fs. 
Le motgamme, pris dans un sens moins absolu, s'entend 
aussi d'une fraction plus ou moins étendue de l'échelle mu- 
sicale, comme, par exemple, des diffërents tons renfermés 
dans l'pace d'une octave, quelle que soit la note par la- 
quelle commence cette octave. On appelle 9arome d i ato. 
n iq u e celle qui procède par tons et demi-tons, tels qu'ils se 
trouvent dans l'ordre naturel du ton et du mode où l'on est, 
et 9pruine chromatique celle qui n'est composée que 
de demi-lons. Il y a deux sortes de gammes diatoniques, 
l'une majeur et l'autre mineur. Eles se composent tontes 



GAMME -- GAID 
deux de six tons ou douze demi-tons, mais dans un ordre 
différent, 
Mode nojeur. 
toi} |ou |o.q lori toi} |ou ton 
ut rWmi fa sol la si ut 
Mode ieur. 
ton ton ton ton ton ton ton 
la si ut ré mi fa sol dièze la 
On voit par le premier exemple que l'échelle ou gamme 
ma}eul'e est composée de cinq tons et deux demi-tons; et 
par le second, que l'ècllelle ou gamme du mode mineur est 
composée de quatre tons et quatre demi-tons. En addition- 
riant les tons et les demi-tons de chacune de ces deux èchel 
les, on verra que les deux sommes sorti égaies; car il est 
évident que qualre tons or quat oe deuil-tons éqtrivaent  cinq 
tons et deux demi-tons : en d'autres termes, ces deux 
sommes sont Cales à six tons ou douze demi-tons. 
Les gammes sont d'un usage frëquent et indispensable en 
msique. Quels que soient le genre d'un morceau, le sent/- 
ment ou la couleur d'une mélodie, il est bien rare d'en pa'- 
courir plusieurs mesures sans rencontrer une gamme ou une 
i, al¢elle de gamme. Les gammes des deux genres sont un 
excellent exercice pour l'Cude de la musique instrumentale 
ou vocale. Sous le rapport de l'exécution, on ne saurait trop 
en recommander l'usage aux personnes qui désirent attein- 
dre à un certain degré de perfection. C'est par l'exercice 
très-fréquent des gammes dans tous les tons que la voix 
d'un chanteur et les doigts d'un instrumentiste peuvent ac- 
quérir cette souplesse, cetteflexibilité, cette agilité qui 
rendent propres à l'exéculion irréprochable des passagesles 
plus dilliciles. De nos jours, les cantah-ices abusent des 
gammes chromatiques dans leurs roulades. Elles ont d'au- 
tant plus tort, que les galmnes de ce ger,:e ne peuvent se 
rendre d'une manière satisfaisanle que sur quelques instru- 
ments à clavier, à cordes ou à vent. Quant à la voix, elle 
se prête peu à une succession rapide de demi-tons, qui 
exige tant de netteté, de iustesse et de précision. BECllEXl. 
GAX._CllE mchoire infêrieure du cheval : ce sont 
deux os qu'a ce quadrupèàe de part et d'autre du derrière 
de la tête, opposés à l'encolure, et qui forment la màchoire 
tufAfiente et la font mouvoir. Dire qu'un cheval est char9d 
de ganache, c'est dire qu'il a la m',choire grosse et charnue. 
Certains auteurs ont prétendu que quand l'angle formé par 
ces deux os était trop resserré, il en résultait un défaut de 
respiration presque incurable. Le savant professeur Bauc.ber 
ne partage pas cet avis : il pense que pour remédier à ce 
défaut il sul6t de fire céder les vertèbres de l'encolure les 
plt loinées du Olmnz! de la tlc. Ganache vient de l'ita- 
lien 9anascia, ou de l'espagnol ganassa, signifiant la méme 
chose. Borel le dérive de 9ena, comme qui dirait 9rende ou 
grosse joue. 
GANACHE. Le mot ganache n'a guère droit à l'hon- 
neur que nous lui faisons, et nous l'aurions complétement 
passé sous silence, si l'empereur Napoléon ne s'en était servi 
un jour dans une circonstance importante. « Madame, di- 
sait l'empereur à l'impérall'ice Marie-Louise, votre père 
ne ganache! ,, L'impératrice, qui ne savait pas assez le 
français pour comprendre tout ce qu'il y a de sel attique 
dans cette injure 9anache, s'en va demander à Duroc ce 
que veut dire le mot ganache, appliqué par l'empereur 
Napoléon à l'empereur d'Autriche. « Ganacle, reprend 
Duroc, cela veut dire grand homme. Le père de vore ma- 
jesté est un grand iwnrne! » Voilà l'impératdce qui ne dit 
mot; mais, à quelques mois de là, un jour que l'empereur 
lapoléon présentait à l'impératrice un de ces généraux vain- 
queurs qui lui venaient de toutes les frontières : « Monsieur 
le génral, dit l'impératrice, avec son plus aimable sourire, 
vous Ces une illustre ganache ! ,, Voilà comment les plus 
petits mot« de carrefour peuvent avoir au besoin une exis- 
tence impériale et royale. Le dictionnaire de l'Académie les 
rejette, l'histoire s'en souvient. Jules JXL. ._... 

GANCHE. Voyez 
GAND, aujourd'hui chef-lieu de la Flandre orientale, 
autrelois ville principale àe cette Flandre qui la/sait trembler 
ses maltres et leur dictait des lois, également éprise de l'in- 
dépendance et de l'industrie, et vivant de celle vie forte e 
puissante dont l'exubérance, si elle proàuit quelquefois 
désordre, communique aussi ì la société une énergie mer- 
veilleuse. Son ancienne grandeur a laissé de nombreux et 
imposants vestiges: on reeonnalt à ses murs la cité à'Arteveld, 
à la physionomie de ses habitants les borgeois qui bravèrent 
C il a r i e s-Q u i n t. Mais o/ fcrnlenlaient les passions popu- 
la/res, on ne remarque plus que l'action pacifique des 
nombrables machines que remue la vapeur ; à la place des 
éàitices bigarrés, des forteresses et constrnctions variées du 
moyen 6ge, s'Cèvent partout des habitat/uns d'un style 
monotone, mais commodes et faites pour une époque plus 
tranquille et plus positive. Les églises les plus belles sont 
la cathedrale de Saint-Bavon, Saint-Michel, Saint-Jacques 
Saint-Sauveur, Saint-Nicolas; les monuments profanes 
plus dignes d'attention, quelques-unes des portes, le beffroi, 
l'hétel de ville, et l'université, construite en partie par 
M. L. Roeland. L'hépital de la Bloque (ou de l'Enclos)et la 
maison de déntion, commencée eu 1773, leminée en 1826, 
méritent de fixer les regards des pllilantllopes. Gand pus. 
sëde une citadelle, commencée en 182, achevée en 1830, 
et qui fait partie de la 2 • ligne de forttfwation du cOlé de la 
France. Celte ville es[ le siége d'un évêché, d'une coin d'ap- 
pel, d'un tribunal de première instance, ainsi que d'un tri- 
bunal de commerce; elle se trouve au confluent de l'Escaut 
et de la Lys, et ì la lëte du canal àe Bruges. Coopée par 
un grand nombre de canaux navigables, qui conlnmniquent 
à l'Escaut, à la Lys, à la Liève et à la Moere, elle est par- 
tagée en vin.six lies réunies les unes aux autres par une 
multitude de punis. Le canal du Sas-de-Gand, qui marie 
Gand h la mer, y amène des batiments d'un tonnage assez 
considérable. Sa population est de 108,500 habitants. 
Le commerce des Gantois, déjà très-cél/bre au treizième 
siècle, reçut un coup funeste au seizième, et ne se releva 
avec distinction que sous le gouvernement Irançais. Mais 
en 1819 il prit un accroissement vraiment prodigieux. Les 
premières tisseranderies furent établies à Grand, en 968. La 
première filature de coton de la Belgique est due à Lievin 
Bauwens, qui la créa en 1800, et qui, au péril de sa vie, 
intre.duiit str le cctinent les mëcaniqnes anglaises. Eu 1830 
Gand possédait dans son enceinte 6O machines à vapeur, 
de la force moyenne de !3 chevaux et de la force totale de 
800; plus de 0,000 ouvriers travaillent dans les filatures, les 
blanchisseries de coton, ainçi que dans les fabriques de toiles 
pelures. Ils emploient chaque année emiron 40,000 balles 
de coton, et produisent plus d'un million de piCes de cali- 
cots Crus et imprimés. Les capitaux consacrés à transfor- 
mer le coton en fil et en étoffes s'élèvent à près t4,000,000 
de francs. Les autres usines sont des raffineries de sucre 
de canne et de betterave, des fabriques de bronzes et àe 
cristaux, de garance et de laque, d'acide sui/urique, de cou- 
tellerie, de fils de lin, de papiers peints, de voitures, de cire 
et de bougies, de cordes et dê plaque, de pompes ì i»:cen. 
die, de balances, de bleu, d'amidon, de toile de tin, d« tile 
rayée, de papier d'impression, de tabac, de pipes, de cha. 
peaux, et en fuite des distilleries de genièvre et des brasse- 
ries, etc. Gand a de plus un commerce de consommation, de 
transit et d'expédition fort actif : il s'y trouve neuf armateurs. 
Avant le septième siècle, il n'est pas fait mention de Gand, 
qu'un diplome de Louis le Débonnaire place dans le Pagus 
Brachbatensis. Ce fut vers l'an 636 que aint Amand vint 
y prècller le christianisme. Dix-huit ans après» saint Liévin, 
évéque écossais, arriva ì Gand et aile annoncer l'Evanile 
dans le pays d'AIost, où il reçut ic martyre. En 811, Char- 
lemagne vint y inspecter la flotte, composée d'espèces àe 
bateaux plats qu'il avait fait construire pour résister aux ir- 
ruptions des Normands et des Danois. Il y envoya ensuite 
E[nbard, son secrétaire, nommé abbé des monastères de 



Saint-Pierre et de Saint.Baron. Vers an 88 Baudnin Bras 
de Fer, premier comte hén.diIaire de Flandre, qui succéda 
oes gouvemeura aelés en langage teunique os 
ou c), don on aera fait foest e en françs, 
ian défndre son pas contre 1 omands, b[t  Gand 
le ct d 6te, dont l'entrée es enoere debout; ce 
qui n'mççha ç IOE ornands de venir éjoumer à 
Gand ndt Pbiver de 0. Ae mile du ièn 
Gand  d) upé, 'adounait vec suoe au travail de la 
ine que lui fournissait PAngleterre. 
L'élise de Saint-Baron tut dédi en 107 us Philip 
d'Alsace, era 1178 Gand rei[ une charte de commune, 
qui oele confirmer un état antërieur e [alis des 
bert de fait ou leur donner un devdoppement nouveau. 
Baudoin com de Hainaut, succseur de PIlilip d'Alsace, 
accorde aux Gais des pvléges d'apr Iquels tout 
bourgeoL uvait r une école publique, vendre ou 
ali6ner oes biens; c édit du con n'avait {orge de loi 
sa le oentement de la commuue. Cependa la ville 
»e comprt encore que I'paoe rcnfern entre  Lys et 
l'Escant. Un règlement de 1202, qui autorisait les bour- 
geois à exeroer exclnsivement toute espèce de profusion 
dans un raon d'e lieue auteur de Gand, raon étendu 
ensuite à trois lies en faveur des tisserands et drapie, 
devait en peu d'ann reculer s limites. Vers 125, Pé- 
trarquc visita la Fldre, et admira sa richesse et oen activRé. 
D,'ja se dsinaient dans cette province deux partis distinct, 
le pari frémis ou de l'aristocratie, ennemi d privileges, 
tt le pas ti flam d ou deuocrafiqne, ardent à I defendre. 
La habille des Epero ou de Courrai, liwée le II 
}uillot 1302, sura aux communes flamandes un triomphe 
éclatant. BientOt, fatigues du gouvernement du comte Loais 
de Nevers, tout entier à la faction [rançaise, elles ne ba- 
hncèrent p  filir¢ pour ruwart, ou protecte, le célèbre 
Jacques d'A r teve I d. 
Ce grand homme, aassiné par le peuple, qui l'avait ido- 
tr eut pour suceoeur son fils, qu'on arrac h la vie 
dévote et oentemplative pour l'investir du pouvoir. Philippe 
d'Arleveld çerdit la vie à la fameuse baille de Wt-Ros 
beke, oU la féodalité, l'ép au poing, conhatfit nilement 
la démocrMie oes h oerps. 
Uopposition que fioent les Gantois  tne mure finan- 
6re du gouveactu  Charh'Q«iut était d'ahord I- 
bine; elle prit ensuite un caractère séditieux. Charle.% qui 
cherchait h centraliser i'autorité, vint dans les murs de 
Gand en maitre iffit6 ;  ul»rima tous les priviles dont 
celle cité avt éoE si fière, et exigea qoe les mistrat% 
trente des citoyens les plus distingués, I doyens de chaque 
cor de métier, grand notnbre de leurs suppbt«, et cin- 
quan hommes du peuple, ceux-ci oeulement, la coMe au 
cou, inssent lui demanr pardon à genoux. On a dit que 
le cordon de soie que les maisats poroErent en ficharpe 
jnsqn'en 1791, et dont ils éient omés infime avant Charles- 
Qut 6tait un déguiment de la oerde qu'ils avaient été 
condamn à poer pertueilement; mais ceRe anecdote 
e en,roueC. Pendant lestroub[es qui marquèrent te règne 
de Philip Il,  oen connu dans /'histoire ous le 
nom de Pacification de Gand unit momentanément toutes 
les pv d Pays-Bas cone I Espagnols. biais la 
paix ne tarda p à¢tre troublée par les faction de B)hoe 
.et d'Hembyse. La Beiqne retomba sous la domination de 
I'ger fdle  resa quelque temps avec délices de ses 
përfls et de  u da l'énern adainiratn des 
ciddues Mbe et Isabelle, puis s'affaiblit de jour en jour. 
Mae-Thérse lui endit un peu de vigueur, qa'etle tourna 
ctr le fils de cette souveraine. En 1789 Gand traita 
goseph Il en prinoe déu, el onvrit s¢ port aux patriotes. 
Rni à  Franc, Gand devint le chel-lieu du département 
àe l'oeut. En 151 telle ille fut rendeaux Pays-Bas. Un 
trai d« paix y fut signé, qui mit fin à la gueffe entoe, l'An- 
glerr« et les Etats-Unis. Pendant les cent jours, 
ouis XVili se reti h G;mJ, off il tint une sortede 

GAND -- GAGE 
cour, et o parut le fameux Moniteur dit de Gand, 
par le baron d'Eckstein, M. Guizot, etc. Le 18 octobre t830t 
la citadelle de Gand, occupée par les trou.pes ,lu roi des 
Pays-Bas, qui subissait la mgme destinée que Joseph Il, se 
rendit à la légion Belge-Parisienne, et depuis cette ville n'a 
cessé de faire partie du royaume de Belgi q u e. 
GANGANELLI. Voçe - CT XtV. 
GANGE (en nscrit Gana), le plu grand fleuve de 
l'ltindnsLn, prend sa source dans l'une des rauifications 
que l'Himalaya envoie au sud, et réulte d'abord de la jonc- 
tion d Bhagiralhiganga et de l'Alakaandaga9a. Le 
premier, situé à l'ouest, provient d'un glacier à pic, de 
6,500 mètres d'élévation, et sort déià en nappe d'une lar- 
geur de 50 à ri0 mètres dune immence caverne appelée la 
Gueule de Vache, située au nord du temple de Gangotri ; le 
second, situé à l'est, le rejoint à Deoprag où se trouve l'un 
des tenples les plus en venerati»n parmi les llindous. Leur 
jonction faite, le Gange a dtj 80 mètres de largeur. 
Après avoir été d'abord un impetueux torrent de montagnes, 
il abandonne à Hourdvar, à environ 315 mètres au-dessus 
du niveau de la mer, le plaleau de l'Himalaya pour entrer 
dans la grande plaine qi porte son nom et s'étend depais 
les dts des al'fluents de l'indus, entre le mont Viendhya 
et l'llimnalaya, jusqu'au golle du Bengale, en formant l'un 
des territoires les plus riches qu'il y ait dans tout /'univers. 
Le Gange traverse les provincesde De.lh, d'Agra, d'Onde, 
d'Allahabad, de Berar et de Bengale, et, après un cours de 
142 myriamètres eu ligne droite, mais de 291 myriamètres 
en tenant compte des nombreuses sinuosites qu'il dëcrit, 
se jette par un grand nombre de bras dans le Goil'e du Ben- 
gale, en formant ave le B r a h m a p o u t r a, dont l'embou- 
chure cnmcide avec la sienne à l'est, le plus grand delta de 
la terre. Le bras principal de ce delta, h l'ouest, est le Hou. 
gli, sur lequel s'élève la ville de Calcutta ; celui du miliea 
est le ttourin9otta , et celui de l'est le Padna. Entre eux 
s'étend une ivamense contrée matCageuse, traversée 
de nombreux canaux et sur beaucoup de point protegée 
par des digues contre les inondations, cultivée avec assez 
de soin sur certains points au nord, mais an sud couverte 
uniqmement de la plus luxuriante végétation naturelle, 
patrie du choléra, qu'on dit tre originaire de cette matCa- 
geuse région où il se serait développ spnnlanément pour 
la preaiéae fois au milieu de miasmes putrides qu'exhalent 
les Cormes quantités de débris du rëgne animal et du rè- 
gne v6gétal que le fleuve  charrie incessamment. C'est 
dans cette partie mëridionale dt delta, le long des rives de 
la mer, que la Iotte entre les eaux du fleuve et celles de la 
mer forme un inextricable labyrinthe de marais plus ou 
moins praticables, enlyecoupës de cauaux et d'lies au sol 
tantOt sablonneux, tant6t spongieux, couvertes .oit d'épaisses 
broussailles soit d'impénëtrables forets. 
Comme le Nil, le Gangc est sujet à de inondations 
aunuelles périodiques, quoique n'offrant pas la mëme régu- 
larité, il reçoit les eaux de vingt rivières, dont do.ze sont 
plus oonsidërables que le Rhin. Le plus important de ces 
af fluents et le Djourana, qui arrive de l'Himala,a par Delh.v 
et Agra, et après s'ètre grossi des eaux du Tchamhal ve- 
nant du mont Vyudhia, confond ses eaux avec les siennes 
Allahahad, et forme avec le Gange le pays qu'on pourrait al)- 
peler la MésolotoEme, l'Entre-Rios de la presqu'ile de 
l'lnde. Le bassiu du Gange est de 14,420 myiamètreg carrés 
et en y comprenant celui du i¢ahtuepoulra, de 2 I,o. Son vo- 
lume d'ean est si considérable qu'à Allahabad, à 88 myria- 
mètres de son embouchure, il a une profondeur de I t a 
mXtres; et sa largeur y est encore telle, qu'on di ait pht6t 
un lac intdrieur qu'une rivière. Dans la saison des séche- 
resses, il verse dans la mer 22,000 mètres cubes d'eau 
par seconde, et se fait sentir des navigateurs à une distance 
de plus de g myriamètres en pleine mer. 
Le Gange est aussi le fleuve sacré des Hious. Le 
nayana raconte qu'il naquit un jour parce qu'à la prière 



GANGE -- 
du pieux Bbagratha, la nymphe Ganga , fille alníe de l'Hi- 
mavu ou Himalaya, eonsentit/ se précipiter sur la terre. 
C'est la raisou pour laquelle on eau est reputée sacrée, et que 
les habilants de ses rives sont tenns de s'y baigner  de 
certaines époques. De là aussi les nombreux pelèrinages 
dont ce fleuve est l'objet, et plus particulièrement au voisi- 
nage de ses ources. Celui qui a le bonheur de mourir sur ses 
rives ou seulement de boire de son eau avant de mourir 
n'a pas besoin pour revenir sur terre de subir les longues 
épreuves de la transmigration des mes. Aussi lui apporte- 
t-on de toutes parts des maladespour les immerger dans ses 
flots ou pour y abandonner leurs cadavres quand ils sont 
morts. Ceux qui habitent loin du fleuve sacré conservut 
toujours dans de petites fioles de son eau, objet d'un impor- 
tant commerce, afin de pouvoir en boire à l'heure de leur 
mort. S'ils sont riches, ils ont soin que leurs corps soient 
hrOlés, qu'ou recueille précieusement leurs cendres et qu'on 
les jette dans le Gange. 
GANGLION, mot grec (yoE-{y)«ov) adopté par la langue 
française avec une signification à la fois plus étendue et plus 
précise qu'il ne l'avait originairement. Le mot 9anglion et 
en effet consacré/ représenter non-seulement certaines pe- 
tites tumeurs sur le trajet des tendons et des mu.cles, qu'il 
désignait chez les anciens, mais encore fl est usite par les 
anatomistes et les chirurgiens pour indiquer certaines parties 
du syslème nerveux et du systëme lymphatique. Ainsi, en 
patholoe, le mot 9anglion a été pris dans la première ac- 
ception Iorsqu'un nerf ou filet nerveux s'nflamme par 
quelque vinlence locale qu'il subit. Dans ce sens, un gan- 
glion est une petite tumeur dure, demi-transparente, d'où 
partent des douleurs lancinantes «lui vont s'irradier en diïfe- 
rents sens sur le trajet du nerf; on a donné plus récemment 
à cette tumeur le nom de nvr6me. Le mot 9anglion est 
éanmoins resté; il est plus usité maintenant pour expri- 
mer certaines rumeurs enkystées qui se formeut sur le 
trajet uu dans les gaines des teudons. Ces kystes, dont la 
membrane est mince, le liqdde visqueux, rougeàtre et 
filant, sont en général petits, durs, indolores, et ne gué- 
rissent que quand on les incise ou qu'on les crève violem- 
rueur, de maniëre à déterminer dans leur intérieur une 
inflannmtion adhésive qui empêche un nouvel épanche- 
meut circonscrit de liquide séreux. Ces t,meurs sont surtout 
_¢rqueutes vers les articdations des po:gets, et vers les ten- 
dons qui out aux orteils. Ils u'ont une certaine gravité que 
quand on ne peut pas sans inconvénient rave y porter le 
bistouri, comme dans les gaines des tendons profonds, ou 
sous les ligaments anterieurs du carpe. 
En anatomie, on désigne par le nom de 9anglions de 
petits organes de volume variable, qu'il |aut distinguer tout 
d'abord en deux ordres : les 9an91ions lymphatiques et 
legangtions nerveux. Les gangliun lymphatiŒEues , qu'on 
appelle aussi 9landes lyrnlhatiques ou conglobdes , sout 
peu nombreux le long des membres, mais très-multiplies 
dans le ventre et la poitrine; leur volume varie de deux mil- 
limìtres et moins à trois centimètres et plus de diamètre ; ils 
forment une sorte de réservoir où aboutissent et d'où partent 
des vaisseaux lymphatiques. A l'extérieur, ils sont qlelque- 
fois très-reconnaissables à l'aine, dans l'aisselle, dans les 
mutuelles chez les femmes, an cou, où ils forment chez les 
scrofuleux des tumeurs plus ou moins considérables. Ils 
paraissent formés par un eutrelacement inextricable des vais- 
seaux Imphatiques. 
Les 9anglions nerveux suut de petits ntres nerveux 
d'où partent des filets nerveux qui'vont se distribuer dans 
les organes, ou se confondre aec d'autres filets nerveux 
proenant de quelque ganglion voisin. Ces ganglions et leurs 
filets de distribution et de communication forment un en- 
semble auquel on a donné le nom de système nerveux 9an- 
91ionnaire, pour le distin-,uer du système nerveux auquel 
président le cet veau et la moelle épinière ( voye-- Cntnnu. 
[ Système ] ). On ne trouve de ganglions appartenant  ce 
slstème qu'au tronc, et ils forment dilferents appareil 

GA.GIOENE  
pour les organes «le la téte, du thorax et de l'abdomen. 
Par analoe, on a donné le nom de 9aagl[ons tt 
am de matière 9rie qui se trouvent toujours au point oi, 
I nerfs cérébro-spinaux doiv subir une division. Dan 
l'opinion de Gall, oes amas de suhsnoe grioe nt des 
appeiI de renforcement indisnabl pour aenr le 
volume du nerf qui va e soioEer. tte lhoe 
poinl néralement admise  néanmoin% il t probable que 
la nomalin de çglios restera aux diSCends parties 
que Gall a ainsi dési:, quelle que it la deslinée 
teere de ç opinious. D  S. Sn. 
GANGEXE (du grec ToETTçoEtv, moifition, dérivé 
de Tpw, manger, oensumer), o d'une pavie du 
d'un imal ou d'un homme, c'esl-à-d[re exlinctiou ou 
tion parfaite du senUment et de toute action organique dans 
cettepaVie. Quelques auteu ont voeu donner au mot 
9re un us plus rtreint en l'appliquant à cenes gan- 
grënes spéciement, et en réseant le mot sphacle 
les affections gangréneus dans lesquelles ou plus pai«'ulië- 
rement lesos ou un membre ds toute son épaisseur éMient 
fppés de mo. L' usage a prévalu de donner le m de 
9rène indistinctement à tous les tats maladifs dans lesquels 
une pavie plus ou moins considéble du corps cse de 
manifester I phénomën propres à la ie, quelle que soit 
d'ailleurs la oeuse prochaine et la nature du mal qui donne lieu 
à la gangrène. Cet état de OEorl parlielle a pour oeractr 
généraux la couleur noire, lixide ou plombée de la parle 
ganén, le refroidissement en quelque soe cadaéreux 
de la mme pavie, la oessation complë et absolue des fonc- 
o orniques auxell elle seait, el, enfin, l'apparition 
d« phénouèn cbiques propres aux tissus organisés 
priv de vie, soli que les liquid abondant dans la pae, 
la fassent entrer en dmposition pude, soit qu'elle 
dessëche et se momifie en elque soe par l'evaporation 
d paicules liquides qu'elle contenait. Presque tous 
autres si de ganène laissent jour à d doutes qui ne 
sont pas une des petit difficultés de l't quand il faut 
k; mais I sign de putréfaction que nous avons men- 
oés en deier lieu ne donnent p naissance à des mépses 
quand il s'at de ganën, comme quand il s'at de dé- 
cider si l'indivu tout entier est bien mo. Pour la gangrëue, 
la putréfaction précise définitiement le diagnostic. 
A ces si généraux, propr en quelque soe à toute 
gaène, quels qu'en soient le sie et la cause ocIne, 
s'ajoutent presque toujours des sign paiculiers, qui diffè- 
rent d'apr la nature de l'allération qui donne lieu à h gan. 
ène: ainsi, oeines gangrënes sont aoeompagné de cou- 
tuious tr-maniftes, ou de commotion ; certaines aur 
d'iItratiou et d'une sorte d'oedème ésipéleux; oerlai- 
nes, de phlyctènes et de Mcb livides; ceaines, de déchi- 
remen de paies dens serrons et risMut, et d'ëpan- 
chemen de liquid plus ou moius irt daus I tissu 
gangréués ; ce, d'inoeulation de matiëre enimeuse, 
de secrton d un pus toul parhcuber ; d aulres, de la congé- 
lation des liquides; dans quelques cas, les limiles du hal 
sont tracé par un oercle lèremeut enflaé, d'e teinte 
aable, depuis le rople jusqu'au violet foncé; dans d'au- 
tr c, la moificaUnn n'est parée du vif par aucuue li- 
mite que le praticien puisoe saisir ; en, tant6t la putréfaction 
oempe presque immdiatement la ganrëne, et MntOt, 
au contrre, des jours et me d main  psenl 
aant que oe sie extrême de mo se manifeste. 
On a divisé I gangrènes en 9agr humides et 9a- 
9rèn h: p auène hide on entend oelle «la la- 
quelle il y a engorgement, c'est-a-dire surabocede suoe 
aèt dla pe q tombe en mortifloetion ; par gangr 
n sèe on entend tout oelles qui ne sont point ac- 
oempé d'engorgement, et qui sont suivi d'nn déssêch 
ment qui pree la pie mo de tomr en dissolution 
utride. Ces deux gangrèn demandent des sos fféreuts 
du m cbargé de traiter uu individu qui en t atteinL 
s grn out encore été sté, us le rap 



 o GAGIÈINE 
leur cause, en gangrène sénile, 9agrdnée par cotusion, 
pat" stupeftion,par infiltration, par dtranglement, par 
inflammation, par empoisonnement, par congélation, pa" 
brûlure, etc., dans chat-une desquelles il  pr6sente à rem- 
plir d inoeoetions curatives toutes particulires, et qu'il 
e»t aussi facile que cela est impoflant de distinguer les 
unes d autres. On comprend très-bien l'importance quil 
 a à pvenir la gangrène quand on peut la pr6voir; à la limi- 
er, quand o n'a pas pu l'empgcher de œe proenire; à endé- 
banas» le reste vivant de rorganisme quand on est foret 
d'abandonner à la mort, qui s'en est empat, une portion 
pire ou moins considérable de Iïndividu. Comme, au resle, 
dans tous 1 cas de gangrçne ou mort partiel/e, il arrive 
toujours de deux choses l'une, ou que le mal nes'arrgle pas et 
fait des progrès plus ou moin rapides jusque à la mo,oE défi- 
tire, auquel cas le mdccin n'est guère que le spectateur im- 
puissaut de ce qui ce passe, ou que le mal tend à  limiter, 
c't-à-dire que les tf»sus vivanlssubissent une inflammation 
de meilleure nature qui tend à les d,.barrser par la suppu- 
ration des padics modes aec. lesquelles il sont en con- 
lad, auquel cas le m61ecin est al»pelé h jouer un foie 
beaucoup plus aclif, la quegtion et presque toujours sur la 
ternation du moment oh il tant intervenir, sut l'appt6cia- 
tion ,les drcouslances qui «mettent, ou mème qui exigent 
l'intervention de l'a. Les connaissanc plus exacle que 
nousavons acquisessurlescausesdela gangr6ne, sur les res- 
sources de la thérautique et sur la valeur reelle des moyens 
curait fs en raprt avec les tendanoes phssiologiques de la na- 
ture, tout cela a beaucoup simplifié ces questions dans la 
pratique moderne. La thdorie et la pratique la plus justifiée 
par l'expédence s'accordent maintenant pour engager le 
chirurgien h ne pas pr6cipiter des secours extrëme% dont 
la douleur et les mulilations !es plus grases ne sont pas le 
moindre in»durCient.Tels sont les cas de contusion, d'in- 
flammation, d'étranglement, de congélation, et encore cer- 
ins cas de gangrènes partielles, comme cell,'s qui forment 
les e s c a r r e s, les bourbillons des tu r o n c I e s, les portions 
gangrnées des an t h fa x, des umeurs chatbonneuse% des 
pustules malignes, des bubons peslilenliels ou non. C'est 
ceainement un des points sur lesquels la pratique de la 
chirurgie a té le plus heurvnœement simp}ifide. 
D  S. 
çANçBEUX épitbète que l'on applique à cer- 
taines affections, qui ont pour effet de déterminer la mor- 
tilication d'une portion de tissu superficiel, et qui se détache 
sous forme d'e se a r r c : ainsi, nn parle de furoncles, d'an- 
thrax, de pustulesauxqueiles on trouve pour caractère de 
gangréner elques rtions de membranes muqueuses, ou 
de la peau et des tissus sous-jacents, quoiqu'on ne soit pas 
dans l:use de donner le nom de 9 a n 9 r è n e propremeut 
dite à la mortification de ces petites portions. On donne en- 
core, par une sorte d'habitude, le nom d'drysipèle 9on- 
'eneu« à certains 6 r y si p I e s qui occupent la peau et 
beaucoup du tissu cellullaire sous-jacent, quoiqu'il y ait 
dans ces cas très-rarement gangrOne proprement dite, et 
qu'on appelle mieux cet 6rysipèle phleg,noneux que gangré- 
neux ; de la mm¢ manière on donne Iris-souvent encore 
le surnom de 9atgrneuses à certaines ang ines dans les- 
quelles il y a rarement de la gangrène, mais dan» lesquelles 
on avait toujou c en voir autrefois, quand on se rendait 
un compte moins exact des pbénomènes locaux d'une ma- 
ladie. Le mot 9agrdnett« doit ètre plus #gulièrement 
serré à une soe d'affeion dont la nature particulière est 
de frapper immédialement de mofl les tisms enflamm6s. 
Les tu r o n c 1 e s, les a n t h r a x, sont des aflections gangré- 
neuves. Les parties sont, dans cs a