Dictionnaire
Argot-Français
&
Fran çais-Â rgot
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S'adresser pour traiter à M. Paul OLLENDORFF, 28 bis, Rue de
Richelieu, Paris,
7404-94. — CoBBEiL. Imprimerie Éd. Crété.
GEORGES DELESALLE
Dictionnaire
Argot-Français
&
Français- Argot
PREFACE
JEAN RICHEPIN
PARIS
PAUL OLLENDORFF, ÉDITEUR
28 bis, RUE DE RICHELIEU, 28 btS
1896
vc
PRÉFACE
Lorsque je publiai, voilà tantôt quinze ans, l'édition définitive
(quoique non complète, hélas!) de la Chanson des Gueux, je crus
devoir y adjoindre un petit glossaire donnant aux lecteurs
la traduction fidèle des termes argotiques employés dans le
livre. L'avertissement, mis en tête de ce glossaire, débutait
par les lignes suivantes, qu'on me permettra de citer, car mon
opinion sur la matière n'a point varié d'un iota :
« Ce serait une œuvre curieuse à faire et terrible à entre-
nt prendre, qu'un véritable et véridiquc dictionnaire d'argot.
« Pour la partie historique, pour l'étymologie et en quelque
H sorte la philosophie des vocables, il ne faudrait pas moins
<< qu'un Littré, consacrant à cette besogne des trésors de
'< science et de patience. Pour les définitions précises et les
'< sens actuels des mots en usage, il faudrait un observateur
« consumant sa vie dans les milieux étranges et souvent peu
'( accessibles où Ton parle cette langue infiniment variée et
« renouvelée incessamment. L'auteur du dictionnaire d'argot
« devrait donc être à la fois le plus consciencieux des rats
« de bibliothèque et le plus audacieux des batteurs de pavé.
« Un pareil homme ne saurait se rencontrer, j'imagine, et, en
<' tout cas, ce n'est certes point votre serviteur qui aura
* jamais la prétention de se donner pour ce merle blanc »
VI PRÉFACE.
Le rédacteur du présent Lexique fut-il, lui, cet oiseau rare ?
Eut-il, même, la témérité de croire qu'il était possible de
l'être? Je ne le pense pas. A lire son livre en épreuves, je
n'ai trouvé chez lui aucune marque d'orgueil, aucune infatua-
tion de ce genre. J'y ai constaté, en revanche, une extraordi-
naire probité, les preuves d'une copieuse et sagace érudition,
les agréments d'une claire méthode. C'en est assez pour cons-
tituer une œuvre estimable, et peut-être la meilleure jusqu'à
ce jour dans l'espèce, à défaut de Tinespérable chef-d'œuvre.
Car la vérité, c'est qu'un lexique de l'argot, un bon, com-
plet et parfait lexique, n'a jamais été et ne sera jamais fait.
Rien que pour la partie historique, et en traitant l'argot
comme une langue morte, la tâche serait déjà impossible à
parachever. Les documents, la plupart du temps, sont intra-
duisibles. Le seul Jargon ou Jobelin de Villon a fourni des
variantes d'interprétation innombrables, et qui presque toutes
reposent sur de lantaisistes-conjectures. On n'y est pas même
d'accord sur le texte. Chaque commentateur nouveau a sa
leçon. C'est à peine si M. Longnon, et le subtil Marcel Schwob,
en ont éclairci quelques passages, et au prix de quels labeurs !
En dépouillant des archives de procédure, d'introuvables ma-
nuscrits. L'authentique signification d'un mot est due ainsi,,
parfois, à des mois et même à des années de fouille sous des
Alpes de paperasses. Or, à chaque monument, fragment, de
littérature argotique, et aux différentes époques de l'argot, il
faudrait autant d'efforts, et pour aussi peu de résultats. L'exis-
tence d'un homme n'y suffirait point. L'École des Chartes tout
entière, et en ne travaillant qu'à cela, n'y serait pas de trop,
et encore serait elle forcée de se faire aider par des décliif-
jreurs d'hiéroglyphes, des devineurs d'énigmes, des premiers
prix de rébus.
Quant à la partie du lexique ayant trait aux définitions pré-
PRÉFACE. VII
cises et aux sens actuels des mots, par quel miracle y procé-
der? Organisme vivant, en perpétuelle décomposition et re-
composition, l'argot est essentiellement instable. Plus vite
que la langue ordinaire, il se métamorphose. C'est du vif-
argent. Il passe, court, roule, coule, se déforme, se reforme,
meurt, renaît, flotte, flue, file, fuit, échappe à la notation.
L'instantané qu'on en prend aujourd'hui n'est plus ressem-
blant demain. Aucun fixatif n'en assure l'exactitude. De temps
en temps une éphémère chanson, un refrain devenu populaire,
une phrase dans un livre de véritable écrivain, un poème au
rhythme prenant, en fige quelques expressions. Mais tout le
reste, tout ce qui ne sera pas écrit, tout ce qui n'aura été que
parlé, où le saisir, comment le retenir? Autant vouloir ramas-
ser de l'eau dans une écumoire, attraper du vent dans un
filet !
N'empêche que la besogne, justement parce qu'elle est folle
est tentante. Et quand on s'y est attelé, elle ne vous lâche
plus.
Songez maintenant à quelle frénésie de travail doit être
poussé un homme qui entreprend un dictionnaire d'argot tout
ensemble historique et actuel ! C'est proprement à cette fré-
nésie qu'a succombé M. Delesalle. Après de longues, patientes
et fiévreuses années de tenace et dur labeur, il est mort à la
peine.
Depuis longtemps déjà son livre était, ou plutôt avait l'air
d'être, terminé. Mais jamais il ne le jugeait tel. Il en recorri-
geait sans cesse les placards, joignait des fiches nouvelles à
chaque nouvelle épreuve. Jusqu'aux derniers jours de sa vie,
il s'obstinait à toujours mieux faire. Il désespérait l'éditeur
par une farouche et invincible horreur devant la nécessité
de donner le bon à tirer définitif. A notre époque de besognes
bâclées et hâtives, c'est là une rare vertu.
VIIT PREFACE.
Il est déplorable que M. Delesalle n'en ait pas été récom-
pensé en assistant au légitime succès de son œuvre. J'aime
à croire qu'avant de mourir il aura eu du moins la consolation
de se rendre justice à lui-même, et la conscience de laisser
un nom qui, inscrit en bonne place au martyrologe des lexico-
graphes, y gardera une petite auréole de gloire durable.
Jean Richepin.
18 décembre 1895.
L'ARGOT
DEPUIS SON ORIGINE JUSQD'A KOS lonilS
SON HISTOIRE ET SON DÉVELOPPEMENT
x\u XV'' siècle, maître François Villon a composé six ballades, sous
le litre de Jargon ou Jobclin; nous avons recueilli les mots de ce jar-
gon qui ont quelque affinité avec l'argot moderne, dans la l""^ édition
avec date (Paris, Pierre Levet, 1489). Ces mots sont expliqués dans
le Dictionnaire argot- français.
Le moi jargon est très ancien (xni° siècle).
« Lors tuit discicnt en lor jargun
« Que cil oisax qui si cantoit...
{Marie de France, fable XH).
11 signifie : langage incompréhensible :
« Il n'y a ne beste n'oyseau
H Qu'en son jargon ne chante et crie...
(Charles d'Orléans, rondeau).
Son étymologie serait le mot Scandinave jarg, bavardage, ou le
mot français Jars (mâle de l'oie domestique). On dit le jars jargonne
pour exprimer le cri de cet animal. Villon emploie le mot ger pour
jars; parler en gier c'était parler le jargon.
Dans l'argot moderne dévider le jars, c'est parler argot ou le java-
nais. D'après A. Timmermans, jars est ici un jeu de mot sur l'anglais
yarn qui signifie fil; le marin anglais dit : « ta spin out a yarn »
équivalent à « dévider son fil »; cette expression a le même sens que
dévider son peloton, dire ce qu'on a sur le cœur.
Le mot johelin signifie vraisemblablement langage pour tromper
les jobards.
b
L'ARGOT.
VOCABULAIRE DU JARGON DE VILLON (édit. 1489).
Abrouart.
Fardis. '
Ninars.
Abrouer.
Feuille (V. Fomllouse).
Niner.
Ance ou Anse.
Floars.
r*arouart.
Aadosse ou Endosse.
Fournir, Fourniller,
Passans.
Ange.
Frouer.
Paulmer.
Antonner.
Gaillieurs.
Pelle (V. Pelé).
Arpes pour Harpes.
Gaing.
Piarde.
Arton.
Gaudins.
Picons.
Arvaos.
Gauldouse.
Pirenalle,
Arves.
Gaultier.
Placquer.
Babigner,
Georget pour Gorget.
Plant.
Babillangier.
Gier pour Ger.
Planter.
Baudrouse.
Gierement pour Gitrement.
Planteur.
Benars.
Giffault.
Plommeur pour Plombeur
Berard pour Berouard.
Gourgourans.
Plue.
Bis.
Grain,
Poix.
Bisans.
Gremes.
PoUiceur.
Bizac.
Gris.
Pollir.
Bizouart.
Grume.
Proye.
Blanc.
Grup.
Ravault.
Brocquans.
Gruppelin,
Rebigner pour Rebiner.
Can.
Grupper.
RifiFault.
Coffres-raassis.
Halle pour Haie.
Roastre.
Contre.
Hallegrup.
Ront ou Rond.
Coqueur.
Havre.
Ruffle.
Couloire ou Touloire.
Hirenalle.
Sieurs.
Coys.
Hornangier.
Sire.
CrupauU.
Hurme.
Sorue.
Desbouser.
Hye.
Soue.
Desbourer ou Desbourser.
Hyer.
Spélicans.
Desmaquiller (V. Maquiller).
Juc.
Suerie.
Droguerie.
Luans.
Terrant.
Droue.
Luer.
Turterie.
Duc.
Macquiller.
Vendenge.
Dure.
Mareux.
Vendenger.
Emboureur (!').
Mariage.
Vendengeur.
Embrouer (V. Brouer).
Marieux.
Vergne.
Enterver(xn« siècle).
Marque.
Volant.
Enterveux.
Mignon.
Ys.
Eschequer.
Montjoye.
Espincer.
Mynsse (V. Mince).
En 1599, l'éditeur Jean Gesselin publia les œuvres poétiques de Marc
de Papillon ; nous en avons extrait un sonnet en langage narquois.
{Les Narquois, dans la confrérie des Gueux, étaient les soldats marau-
deurs qui battaient les chemins et se faisaient héberger par les hôteliers.)
L'ARGOT
t\
XVP SIÈCLE
EXTRAIT DES ŒUVRES POÉTIQUES DU CAPITAINE LASPHRISE
Marc de Papillon (1) M.D.I.C. Paris, Jean Gesselin
(Bibl. nat. Réserve Y», 2018)
Au chapitre intitulé « Diverses poésies », page 499 :
SONNET EN AUTHENTIQUE LANGAGE
SOUDAHDANT
Accipant du marpaut la galière pourrie
Grivolaut porte flambe enfile le trimard
Mais en despit de Gille, ô gcux, ton Girouard
A la mette on lura ta biotte couie.
Tu peux gourd pioller me credant et morfie
De l'urnion, du morne et de l'oygnan criait
De l'artoiâ blanchemin. Que ton riflant chouart
N« rive du courrier l'andrumelle gaudie.
Ne ronc« point du sabre au mion du taudis
Qui n'aille au Gaulfarault, gergonant de tesis
Que son journal o flus n'empoupe ta fouillouse
N'embiant on rouiilarJe, et de noir roupillant
Sur la gourde frétille, et sur le gourd volant,
Ainsi tu ne luras l'accolante tortouse.
TRADUCTION
Ayant reçu de l'hôtelier une mauvaise jument,
Grivolant, porte-épôc, poursuis ta route.
Mais en dépit de Gille (fuyard) ton patron,
Au matin ou verra ti bète morte, [ô gueux,
Tu peux bien boire, crois-moi, et mauge
Du chapon, du mouton et de l'oignon bruyant,
Du pain blanc. Que ton ardent bracqucmart
N'encloue la jolie fille du courrier.
Ne rosse point du bâton le garçon d'auberge,
Qu'il n'aille se plaindre de toi au patron,
Que son portefeuille au jeu (de cartes) n'em-
[plisse ta poche.
En voyageant on boit, et dormant de nuit
Sur la bonne paille, et sur le bon manteau,
Ainsi tu ne verras pas la corde qui étrangle.
Le plus ancien ouvrage connu qui ait été fait sur l'argot est inti-
tulé : La Vie généreuse des Mercelots, gueux et boesmien, par Pechon de
Ruby (Lyon, Jean Jullieron, 1596). Puis, entre 1617 et 1626 parut Le
jargon ou le langage de V argot réformé à Vusage des Merciers porte balles
et autres tiré et recueilli des plus fameux argotiers de ce temps. Il existe
plusieurs éditions de cette brochure à la Bibliothèque nationale, elle
(1) Ci-dessous un quatrain du même auteur qui se trouve également dans cette édition et
que nous reproduisons à titre de curiosité :
C'est un sot qui te blâmerait
De blâmer l'ivrogne blâmable
Et sot qui moins t'estimerait
D'estimer le vin estimable. *'
XII L'ARGOT.
a été souvent réimprimée et éditée sur différents points de la France
avec des modifications et additions et a servi de base aux nombreux
vocabulaires argotiques parus depuis.
Sur une de ces éditions portant le nom d'Ollivier Chereau (Paris,
chez la veuve Du Cauroy) on lit ceci :
VERS EN ACROSTICHE
(le nom de l'auteur : OUivier Chereau)
A la louange de V Argot
argot incomparable
L 'appuy de tous les souiïreteui,
L e confort des misérables,
1 ndigents et nécessiteux !
V ive l'argot et tous les gueux.
I e veux que le travail soit bon ;
E ncore est-il un peu fascheux,
R enfermé dans une maison.
C ela n'est-il pas ennuyeux?
H a vive l'argot et les gueux.
E stre soldat est honorable,
R élevé jusques dans les cieui,
E t l'argotier est délectable ;
A ussi la cuisine vaut mieux.
V ive l'argot et tous les gueux.
« L'antiquité nous apprend et les docteurs de l'argot nous ensei-
«( gnent que un roy de France ayant établi les foires à Niort, Fontenay
« et autres villes du Poitou, plusieurs personnes se voulurent mêler de
« la Mercerie, pour à quoy remédier, les vieux Merciers s'assemblè-
« rent et ordonnèrent que ceux qui voudraient à l'avenir être mer-
« ciers se feraient recevoir par les anciens, nommants et appelants les
« petits mercelots péchons, et les autres blechcs. Puis ordonnèrent un
« certain langage entre eux... »
Or, c'est en 1445 que Charles Vil dota Niort de trois foires ou francs-
marchés ; c'est donc à peu près vers cette date que la grande corpora-
tion des Merciers établit un langage qui ne se comprenait qu'entre
confrères et ceux-ci dans leurs voyages continuels furent accompa-
gnés de grapilleurs, de mendiants et de filous qui formèrent la con-
frérie des Gueux.
Les mercelots avaient établi une hiérarchie :
Le Péchon. — Apprenti.
Le Blesche. — Mercelot petit mercier qui ne vendait que sur un éventaire suspendu à son cou.
L'ARGOT. XIII
Le Coesme. — Mercier en gros, roite-halle.
Le Cagou. — Chef de pasquelin fprovincf), faisait la police des Gueux, instruisait les no-
\i':e.s dans lart do nicudier, de simuler des plaies, de voler de mille manières plus
iiigéuieuscs les unes que les autres. Les Cagous étaient les lieutenants du grand
Coesre, chef de la confrérie.
Les Archi-Suppôts étaient les savants de la confrérie qui enseignaient le Jargon et le ré-
formaient à leur guise; ils n'avaient pas d'autre puissance executive.
Les principaux changements dans le langage argolitjue étaient faits par les arclii-
suppôts pour dérouter les marpaux qui entervaient, c'est-à-dire ceux qui comprenaient
leur langage.
Ollivier Chereau les désigne ainsi : « Lei plus scavants, les plus habiles marpauts de
« toiilime l'argot, qui sont des escoliers débauchez et quelques ratichons, de ces cou-
« reurs qui enseignent le Jargon à rouscailler bigorne, qui estent, retranchent et re-
« forment l'argot ainsi qu'ils veulent et ont puissance de trucher sur le toutime sans
« ficher iloutière ».
Dans le jargon de l'argot réformé le mot archi-boutant (arc-boutant) est synonyme
d'Archi-Suppôt. L'auteur est un pilier de boutanche qui mnquille en molanche dans la
vergne de Tours. Les mots : suppôt, boutant, pilier, sont les équi\alents des appella-
tions modernes : Poteau et Souteneur (aujourd'hui les plus experts argotiersl.
Le Grand Coesre. — ^Chef ayant les pouvoirs les plus étendus, était élu par les gueux as-
semblés en États généraux une fois par an ; il otait rééligible indéfiniment; on l'appe-
lait aussi Roi de Thunes. Il exigeait des nouveaux venus dans la confrérie des Gueux,
le serment dans la formule suivante :
« Levez votre main gauche. C'est une erreur que les cours du Parlement font lever
« la droite, c'est celle de quoi nous torchons le c. et tuons les hommes et faisons
« tous les maux : la main gauche est la prochaine du cœur, c'est la main honneste.
u Vous promettez sur votre foi, sur la vie, ne déclarez le secret. »
Les mendiants et les malfaiteurs, membres de La confrérie des
gueux se désignaient selon leur spécialité en drogueries (tromperies),
c'étaient : les Orphelins, Marcandiers, Rifodez, Alillards, Malingreux,
Piètres, Sabouleiix, Callots, Coquillards, Hiibins, Polissons, Di'illes, Franc-
Miteux, Courtauds de boutanche, Convertis, Narquois, etc., etc.; ils
payaient au Grand-Coesre une redevance annuelle variant de cinq
sols par tète à deux écus.
Afin de pouvoir comparer et juger les transformations de l'argot,
nous donnons ci-dessous le glossaire du petit ouvrage publié un siècle
après Villon, en J596 et dont voici textuellement le titre :
LA VIE GÉNÉREUSE DES MERCELOTS, GUEUX ET BOESMIENS
contenant leur façon de vivri*, subtilités et gergon
MIS EX LUMIÈRE PAR MONSIEUR PECHON DE RUBY (1) GENTILHOMME BRETON
ayant été avec eux en ses jeunes ans où il a exercé ce beau métier.
Plus il a été ajouté un Dictionnaire en langage Blesquien avec l'explication en vulgaire
k Lyon, par Jean Jolliebon, avec pebuission.
(1) Péchon de Ruby est un pseudonyme dont l'auteur lui-même donne la traduction dans
la Vie Généreuse; cela signifie enfant éveillé.
XIV
L'ARGOT.
GLOSSAIRE DE LA VIE GÉNÉREUSE (édit. 1596).
Abbaye rufante.
Fouillouse.
Ornions.
Affurard.
Fouquer.
Ornioys.
Ambie Anticle.
Fourdante-fantoche.
Pantière à miettes
Ambier.
Fourdolie.
Passans.
Ance,
Fourdu.
Peaux huré.
Ancicle (l').
Franc-Cagou.
Pechon.
Anse.
Franche-Ripe.
Pelard.
Aquige-Ornie.
Franc-Foignart.
Pelardier.
Aquiger.
Franches-volantes.
Pelé.
Artois.
Franc-Mitou.
Pie fantoche.
Atrimeur,
Franc-Pilois.
Pied.
Atrimois ambiant.
Franc-Razls.
Pihouais.
Aubion.
Franc-Ripault.
Piloches.
Aiizard,
Franc-Ripois.
Pilois-vain.
Batoches.
Frétille.
Platue.
Baucher.
Froc.
Portant-!.
Bis.
Georget.
Possante.
Boes.
Gourdi.
Proais.
Brimard.
Gousser.
Quige proys (la).
Bruant.
Court Razis.
Quilles.
Brusslon.
Gous-é Razis.
Razis.
Cagou.
Gratanles.
Ripaudier.
Catrot.
Grohant.
Ripault.
Chouait.
Giieliel.
Ripe.
Coesme.
Habiu.
Ripois.
Coesmelotier.
Hanoche.
Rivard.
Coesmelotier huié.
Hanoij.
Rivarde.
Coesmeloterie.
Herpe.
River.
Coesre.
Huré.
Rond.
Comble.
Huré couchant.
Rufe.
Comblette.
Huré Razis.
Rupiole.
Coquard.
Hoquette (la).
Rusquin.
Cornant.
Ingre.
Serard.
Cornante.
Lians.
Sezis.
Cosny,
Liettes.
Sœurs.
Coues.
Lignante.
Souflard.
Courbes.
Ligots.
Testouin.
Crie.
Limans.
Tezis.
Croslc.
Lime.
Tirnoles.
Dauluage.
Louchants.
Trimé Razis.
Daulué.
Louchettes.
Tronche.
Estregnante,
Mézis.
Trottins.
Filée.
Mille.
Vain Gueiier.
Filler du prois.
MiUogère.
Vaine Louchante.
Filots.
Milloget.
Vergue.
Flambart.
Minsus Pilois.
Vironne.
Flambe.
Miloullets.
Volant.
Foignart.
Minois.
Zeruart.
Foigne.
Moulue.
Zeruinois.
Forest du prois.
Orloge (!').
Zeruinois-gourd.
Fouille.
Ornie.
L'orthographe de ces
mots est exactement cet
e qui existe dan
lion de 1596.
L'ARGOT.
XVIP SIÈCLE
XV
DlALuuLK hMUI. Dhl V ARGOTIERS
l'an polisson et l'autre malingreux
Qui se rencontrent juste à la lourde d'une vergoe.
TEXTK
Le Malingreux. - La haute t'aquige en
chenastre santé.
Le Polisson. — Et tézière aussi, fanaadel,
ou tiimardes-tu ?
Le Malingreux. — En ce pasquelin de Berry,
ou m'a rouscaillé que trucher était che-
nastre; et en cette vergue fiche-t'on la
thune gourdcment?
Le Polisson. — Quelque peu, pas guère.
Le Malingreux. — La rousse y est-elle
chouastre ?
Le Polisson. — Neuni ; c'est ce qui me fait
ambier hors de celte vergne; car si je
n'eusse eu du michon, je fusse coni de
faim.
Le Malingreux. — Y a-t-il un castu dans
cotte vergne ?
Le Polisson. — Jaspin.
Le Malingreux. — Est-il chenu?
Le Polisson. — Pas guère, les pioles ne
«ont que de frétille...
Le Malingreux. — Veux-tu venir prendre
de lu morfe et piausser avec mézière eu
une des pioles que tu m'as rouscaillées ?
Le Polisson. — Il n'y a ni ronds, ni her-
plis en ma felouse ; je vais piausser en
quelque grenasse.
Le Malingreux. — Encore que n'y ayez du
michon ne hissez pas de venir, car il y a
deux menées de ronds eu ma henné, et
deux ornies en mon gueulard, que j'ai
égraillées sur le trimard ; Lions les faire
riffoder, veux-tu?
Le Polisson. — Girole, et béni soit le grand
havre qui m'a fait rencontrer si chenastre
occasion ; je vais me réjouir et chanter
une petite chanson.
Le Malingreux. — Si tu veux trimer de
compagnie avec mézière, nous aquigerons
grande chère, je sais bien aquiger les lu-
ques, engrailler l'ornie, casser la iiane aux
frémions, pour épouser la fourcandière,
si quelques rovaux me mouchaillent.
Di.VLOGUE EXTRE DEUX ARGOTIERS
'un mendiant et l'autre mendiant infirme
Qui te rencontrent à la porte d'une ville.
TRADUCTION
Dieu te garde en bonne
L'Impotent.
sauté.
Le Mendiant. — Et toi aussi, camarade,
où vas-tu ?
L'Impotent. - En ce pays de Berry, on
m'a dit que mendier était bon; et en cette
ville, fait-on largement l'aumône?
Le Mendiant. — Quelque peu, pas guère.
L'Impotent. — La police y est-elle bonne?
Le Mendiant. — Non ; c'est ce qui me fait
aller hors de cette ville; car si je n'avais
eu de l'argent, je serais mort de faim.
L'Impotent. — Y a-t-il un hôpital dans cette
ville?
Le Mendiant. — Oui.
L'Impotent. — Est-il bon?
Le Mendiant. — Pas beaucoup, les cham-
bres ne sont que de paille...
L'Impotent. — Veux-tu venir prendre ta
nourriture et dormir avec moi dans une
des chambres dont tu m'as parlé?
Le Mendiant. — II n'y a ni sous, ni liards
dans ma poche ; je vais dormir dans quel-
que grange.
L'Impotent. — Quand vous n'auriez pas
d'argent, venez tout de même, car il y a
deux douzaines de sous dans ma bourse
et deux poules dans ma besace, que j'ai
attrapées sur la roule ; allons les faire
cuire, veux-tu ?
Le Mendiant. — Soit, et béni soit Dieu qui
m'a fait rencontrer si bonne occasion ; je
vais me réjouir et chanter une petite
chanson.
L'Impotent. — Si tu veux marcher de com-
pagnie avec moi, nous ferons bonne
chère ; je sais bien faire les faux papiers,
attraper la volaille, voler les bourses aux
marchés et me défaire du bien volé si
quelques gardes royaux me voient.
XVI
L'ARGOT.
Le Polisson. — Ah ! le havre garde mézière,
je ne fus jamais ni fourgue, ni doubleux.
Le Malingreux. — Ni mézière, non plus,
je rouscaille tous les luisans au graiid
havre de l'oraison.
je
Le Mendiant. — Ah ! Dieu me gard
ne fus jamais receleur, ni voleur.
L'Impotent. — Ni moi non plus, je prie
tons les jours le bon Dieu.
Extrait de la brochure Le Jargon.
L'argot s'est sans cesse transformé depuis son origine, à mesure
qu'il se répandait.
Voici quelques exemples les plus anciens :
LE JARGON
VOCABULAIRE
ou Lanpage de l'Argot réformé
dont la !■•« édition date de
DE PÉCHON DE RUBY
TRADUCTION
1617 au plus tôt, et de 1626
159G
au plus tard, par Olivier
Chereau.
Troltins. Portants.
Pieds.
Paturons.
Volant.
Manteau.
Tabar. Tabarins,
Millogère.
Chambrière.
Cambrouse.
Pelé.
Chemin.
Trimar
Gousser.
Manger.
Morfier.
Crosle.
Éeuelle.
Saliverne.
La plupart de ces mots se sont conservés et subsistent dans les pa-
tois et le langage populaire.
XVIIP SIECLE
Grandval, dans le Vice Puni ou Cartouche, écrit ceci
Mais à propos d'argot, dit alors Limosin,
Ne m'apprendrez-vous pas, vous qui parlez latin.
D'où cette belle langue a pris son origine?
— De la ville d'Argos, et je l'ai lu dans Pline,
Répondit Balagny. Le grand Agamemnon
Fit fleurir dans Argos cet éloquent jargon
— Tu dis vrai, Balagny, reprit alors Cartouche ;
Mais cette langue sort d'une plus vieille souche.
Et j'ai lu quelque part, dans un certain bouquin
D'argot traduit en grec, de grec mis en latin,
L'ARGOT.
Et doijuis en fraoçais, que Jason et Thésée,
Hercule, ctc
et tant d'autres héros
Qui trimèrent pincer la toison à Colchos,
Dans le navire Ar{jo, pendant leur long voyage
Inventeront entre eux ce 5ul)linie langage
Afin de mieux tromper le roi Colchidien
Et que de leurs projets il ne soupçonnât rien.
Enfin tous les doubleurs de la riche toison.
De leur navire Argo lui donnèrent le nom.
Amis, voici quelle est son étymologie.
XVfl
CHANSON
(1725)
Extrait du Vice puni ou Cartouche.
TEXTE
Fanandels en cette pioUe
On vit chenument
Arton, Pivois et criollo
On a gourdement.
Pitanchons, faisons rioMo
Jusqu'au jugement.
Icicaille est le théâtre
Du petit Dardant;
Fonçons à ce Mlon folâtre
Notre palpitant.
Pitanchons pivois chenâtre
Jusques au luisant.
TRADUCTION
Camarades eu cette maison
On vit bien
Pain, vin et viande
On a beaucoup.
Buvons, amusons-! ous
Jusqu'au jugement (derui.r).
Ici est le théâtre
De Cupidon;
Abandonnons à ce gamin folâtre
Notre cœur.
Buvons le bon vin
Jusqu'au jour.
Vargot, c'est une espèce de baragouin que parlent à Paris les Gueux,
les Laquais, les Polissons, les Dcrroteurs entre eux. On apelle ce jargon
le langage des gueux, parce quMl leur est plus commun qu'aux autres.
Argoter. Parler l'argot, c'est-à-dire un langage obscur et confus qu'on
n'entend pas. C'est aussi s'exprimer avec difficulté et confusément,
parler entre ses dents et indistinctement. Arj/ofie/', pour dire gueux,
vaurien, vagabond, filoux. {Uirtionnaire de Joi^eph Leroux, \1^^. Lion.)
XVIII
L ARGOT.
X1X« SIECLE
CHANSON EN ARGOT DE VIDOCQ
Ea roulant de vergno eu vergne
Pour apprendre ù goupiner
J'ai rencontré la mercandièie,
Lonfa malura dondaine,
Qui du pivois solisait,
Lonfa malura dondé.
Jai rencontré la mercandière
Qui du pivois solisait;
Je lui jaspine en bigorne
Lonfa malura dotidaine,
Qu'as-tu donc à morfiler?
Lonfa malura dondé.
Je lui jaspine en bigorne
Qu'as-tu donc à morfiler ?
J'ai du chenu pivois sans lance
Lonfa, malura dondaine,
Et du larton savonné,
Lonfa malura donde.
Une lourde et une tournanle
Et un pieu pour roupiller.
J'enquilie dans sa cambriole
Espérant de l'entifler.
Je rembroque au coin du rifle
Un messière qui pionçait.
J'ai sondé dans ses vallades
Son carie j'ai pessigué.
Son carie et sa tocquante
Et ses attaches de ce.
Son coulant et sa montante
Et son combre galuché.
Son frusque aussi sa liselte
Et ses tirants brodanciiés
Crompe, crompe, mercandière
Car nous serions béquilles.
Sur la placarde de vergne
Il nous faudrait gambiller.
En allant de \iile eu ville
Pour apprendre à voler
J'ai rencontré la marchande,
Lonfa malura dondaine,
Qui vendait du vin,
Lonfa malura dondé.
J'ai rencontré la marchande
Qui vendait du vin;
Je lui dis«n argot
Lonfa malura dondaine,
Qu'as-tu donc à manger et boite?
Lonfa malura dondé.
Je lui dis en argot
Qu'as-lu donc à manger et boire?
J'ai du bon vin sans eau
Lonfa, malura dondaine,
Et du pain blanc,
Lonfa malura dondé.
Une porte et une clé
Et un lit pour dormir.
J'entre dans sa chambre
Espérant de l'enjôler.
J'aperçois au coin du feu
Un homme qui dormait.
J'ai fouillé dans ses poches
J'ai pris son argent.
Son argent et sa montre
Et ses boucles d'argent.
Sa cravate et sa culotte
Et son chapeau galonné
Son habit et son gilet
Et ses bas brodés.
Fuyez, fuyez, marchande
Car nous serions pendus.
Sur la place de ville
Il nous faudrait danser.
L'ARGOT.
XIX
Allumés de toutes ces largues,
Ht du trèpe rassemblé.
Et de ces chariots bons drilles
Tous aboulant goupiner.
Regardés par toutes les femmes,
Ht par la foule rassemblée.
Et par les voleurs bons drilles
Tous venant voler.
AUTOBIOGRAPHIE D'LN MALFAITEUR EN ARGOT MODERNE
Vous me droguez de vous bonnir en bigorne comment je suis de-
venu pègre et surineur et comment j'ai été paumé marron par la
rousse et les cognes en train de faire un choppiii.
Étant gosse j'ambiais dans la cambrouse pour déflorer la picouse
avec les cameriuciies. Mou dab m'a refilé plus d'une purge et un batli
reluit, je n'ai i>lus rappli([ué à la piaule quand ma dabuclie est
conie. J'ai été affranclii par les grinclies qui étaient mes fanandes,
j'ai commencé par rincer les bagnoles des lartonniers et j'ai fait les
cambriolles au fric frac, .l'enquillais par les vanternes pour barboller
la camelote et afîurer de la tliune. Une sorgue j'ai été pomacjué et
enfla(iué dans une rafle, maison m'a défourraillé au reluit, j'ai seule-
ment coque le taf. J'ai alors conobré des amarres d'attaque et mariolles,
j'avais dix-sept brisques, je voulais maquiller le truc pour acquiger la
blanquette, mes rii)atons dégueulaient et mes frusques étaient bou-
linées.
En jaspinant avec mézigue, un aminche d'afî me jacte que si je
veux turbiner il me fera conobrer une gance chouette, des grinchis-
sours au fric frac, des passeurs de galette à la manque des valtreu-
siers, je lui dis: « gy ». Il m'a conduit dans un bouzingot, on a pi-
tanché de la moussante et on s'est cinglé le blair.
N'ayant plus le rond, j'ai embardé dans une carrée où j'ai grinchi
du plâtre que j'ai coque dans ma profonde.
J'étais à la bonne, je me suis collé avec une franche largue qui trimar-
dait dans le trèpe et connobrait le turbin ; je lui refdais des châtaignes
quand elle rappliquait pas chez le bisti^o avec la galette des miches.
Elle était bath au pieu et gironde, la goncesse. J'avais des fringues
d'altèque et du pèze dans ma fouillouse. Un sorgue, ma marque a
acquigé un bog et une bride en jonc et j'ai été les laver chez le fourgat
qui n'a pas voulu me foncer du michon. J'ai nourri un poupard avec
des poisses de la gance, j'ai aboulé les alênes, le sucre de pomme et
le rossignol, et j'ai filé le luctrème pour enquiller dans une cambuse
011 j'ai dégoté trois fafiots de mille balles, j'ai été pigé et sapé à cinq
berges de centrouse, malade pendant une longe, j'ai fait la cavale.
J'étais guéri depuis six marques quand j'ai été en graillé par la
rousse et renflaqué, mais comme j'avais sonné le sergot, en arrivant
XX L'ARGOT.
au bloc, les fliques m'ont passé à tabac avant de m'enfourailler au
collège. Après ma guérison, j'ai écopé un coup de bince sur le caillou
et j'ai été au caslu. Quand mon gniasse a été recalé, je me suis re-
nippé et fait astiquer la hure dans la boutogue d'un merlan et je me
suis arrosé la dalle avec la riflette, qui est tombé en frime avec mé-
zigue, il voulait me faire casser du sucre et manger le morceau, je
lui ai dit nib, et il m'a pris en filature. J"ai acquigé le roulant vif de
ceinture pour aller retrouver les aminches au Gros-Caillou, il était
six plombes de sorgue, quand j'ai dévalé au cabermont du père La Pipe,
les fanandes pictaient chenu, j'ai brilTé de la crioUe et liché avec les
zigues. J'ai trouvé lago un poteau qui m'a bonni qu'il conobrait un
pante huppé à Neuilly qui douillerait du carme si on le faisait chan-
ter. Je lui reniasse: « gy, ça fait mon blot nous serons de mèche
pour le fade, tu maquilleras les caroubles pour débacler la lourde et
j'enquillerai dans la cambriolle ». Nous avons aboulé chez le pante,
et j'ai effarouché la blanquette et des fringues que nous avons mis
en pacsin, nous avions un aminche qui gaffait, mais il n'a pas re-
mouché le pante qui rentrait, quand je l'ai rembroqué, comme il nous
prenait sur le tas, je lui ai refilé un coup de surin dans le colas, j'ai
dit à mon poteau de cromper et mézigue s'est fait la paire ; mais le
tambour s'est mis à jaspiner comme je caletais, je suis tombé en frime
avec la rousse, j'ai été paumé marron et pigé. Les cognes m'ont con-
duit chez le quart d'œil qui m'a envoyé à la Cigogne dans le panier à
salade. Le curieux a voulu entraver dans mes flanches pour me faire
débiner le truc, le léon est venu me voir avani que je passe au carré
des gerbes où j'ai eu une attaque de fièvre cérébrale, mon médecin
m'a refilé une purge, j'ai eu un redoublement de fièvre et les hési-
teurs opinants m'ont fait gerber à la passe. Maintenant, je capis cette
lazagne dans la boite au sel à la Roquette en compagnie d'un mouton,
le maugrée ne m'a pas fait mettre la ligotante de rifle et le ratichon
me rend visite en attendant d'être fauché par le bince à l'abbaye de
Monte-à-Regret oii je jouerai à la main chaude avec les soubrettes de
Chariot, j'éternuerai dans le son et on me conduira ensuite au Champ
de Navets avec une escorte de chardonnerets.
L'ARGOT. XXI
OBSERVATIONS PHILOLOGIQUES
On peut être un homme de génie et parler argot.
Dans Quatre-vingt-treize de V. Hugo, page 20, on lit : la momignarde
qui tette est fameusement gouliafre et encore à la page 02 du même ou-
vrage on lit : la colère de V inanimée, les coups de coude de réclair, le
combliau, terrasser la colère, etc.. etc. (V. Fournel.)
Ce qui est argot en France, parce qu'il est patois ou neuf, est parfai-
tement courant et accepté ailleurs; le contraire a lieu aussi. (A. Tim-
mermans.)
En Angleterre l'argot s'appelle Cant et Slang.
En Allemagne, Rothwdlsch.
En Italie, Gergo.
En Espagne, Germania.
En Hollande, Dieventaal ou Bargoensch.
L'argot moderne, plus pittoresque et plus expressif que l'argot an-
cien, n'a rien de savant et nous est surtout fourni par les illettrés.
Eugène Sue, Balzac, Victor Hugo, ont introduit l'argot dans beau-
coup de leurs ouvrages.
De nos jours le poète Jean Richepin dans son admirable Chanson
des gueux s'est exprimé dans la langue des purs argotiers.
L'argot étant l'idiome de la corruption se corrompt vite lui-même.
Comme il cherche toujours à se dérober, sitôt qu'il se sent compris, il
se transforme : aussi l'argot va-t-il se décomposant et se recomposant
sans cesse. (Larousse.)
A cause de ce mouvement l'ancien argot reparaît et redevient nou-
veau enrichi d'expressions toujours pittoresques, simples, énergiques,
ingénieuses.
L'orthographe de l'argot est souvent incertaine,, les mots transmis
de bouche en bouche se déforment suivant la façon dont ils sont pro-
noncés, ils pénètrent peu à peu dans le langage courant et ce n'est
généralement que l'usage qui consacre la manière de les écrire.
Jamais cependant l'argot n'avait fait encore l'objet d'un travail de
linguistique pure. M. Adrien Timmermans, le premier, a consacré à
la formation de l'argot une étude approfondie, au cours de laquelle il
nous découvre ses sources étymologiques. Laissant de côté la ques-
tion de son opportunité, il nous le fait connaître exclusivement comme
un langage poursuivant son élaboration sous nos yeux.
En faisant ainsi, l'auteur procède comme le géologue qui nous in-
vite à observer avec lui l'action contemporaine des éléments pour nous
montrer les effets qu'ils produisent dans la constitution des terrains
et pour en conclure que les couches antérieures ont dû se former
dune façon identique.
XXll
L'ARGOT.
Aussi bien, en présence des mois et des expressions qui vont se for-
mant tous les jours à côté du langage établi et naissant par leur vi-
talité propre sans obéir à d'autre loi que le besoin d'exprimer les
faits d'une façon originale, l'auteur a démêlé clairement que l'argot,
quand il n'est pas une déformation voulue, trouve le son de ses ra-
cines nouvelles dans les sons physiques. Pour l'argotier comme pour
tous les hommes, le son est un signal par lequel un fait se mani-
feste à l'intelligence d'une façon distincte et évidente.
En se servant de ce son pour faire connaître le fait qu'il rappelle,
il le fait entrer dans le langage par la voie de l'onomatopée ou de la
dénomination naturelle. Une fois en possession de ce nom, il l'appli-
que, par la suite, à tous les agents capables de faire le même acte et
forme ainsi des dénominations métaphoriques.
Chaque racine du Dictionnaire de Vargot est la reproduction d'un
son naturel ; chaque nom une onomatopée primitive ou une applica-
tion métaphorique de cette onomatopée.
La comparaison des langues mortes : sanscrit, grec, latin, ainsi que
des langues vivantes : français classique, anglais, allemand, hollandais,
italien, etc., avec les' productions franches et spontanées de l'argot,
prouve qu'au point de vue de l'onomatopée et de la métaphore les
expressions nouvelles ont été formées d'après les procédés auxquels
nous devons les langues qu'une culture supérieure a rendues classiques.
L'auteur le fait ressortir en mille occasions et rend ainsi l'étude de
l'argot intéressante à un point de vue plus élevé.
M'étant attaché à réunir dans ce travail tout ce que l'argot, tant an-
cien que moderne, a produit d'expressions dans ses divers milieux de
formation, j'ai lieu d'espérer qu'il offrira à M. Timmermans de nou-
veaux et nombreux sujets d'investigation pour ses savantes études.
Les mots d'argot sont souvent très imagés.
Beaucoup sont des corruptions par suffixes ou par abréviations.
Les suffixes les plus usuels en argot sont :
inar
anche
inche
ingue
orgue
aille
ière
uche
moat
oque
égue
igue
épicemar
boutanche
amiiiche
burlingue
camaro
bonorgue
nousaille
niézière
arguche
gilmont
loufoque
mézigue
épicier
boutique
ami
bureau
camarade
bon
nous
me ou moi
argot
gilet
fou
me ou moi
L'ARGOT. XXIU
Nous ne donnerons pas dans le vocabulaire les abréviations comme
fana pour fanatique, topo pour topographie, tricule pour matricule,
ce genre de langage n'ayant aucun intérêt au point de vue de l'argot,
on peut déformer les mots de toutes façons. Nous ne citerons pas da-
vantage les expressions grossières qui n'ont pas l'esprit pour excuse.
ABRÉVIATIONS
# Argot des malfaiteurs.
Langage populaire.
O Langage familier.
cab ....
. cabaliste.
can
. canotiers.
chas . . .
. chasseurs.
écol
. étudiants.
enf
. enfantin.
F.-M . . .
. . Franc-Maçons.
héb....
. hébraïsme.
mar
. marine.
mil
. militaires.
pays . . .
polyt...
prost . . .
St-C . .
thé ... .
. paysans.
. polytechniciens.
. prostitution.
. Saint-Cyriens.
. théâtre.
typ . . . .
. typographes.
a
a. n
adv
. . adjectif.
. adjectif numéral.
. adverbe.
f
. féminin.
int ....
m
. interjection.
. masculin.
n.d.b ..
. nom de baptême.
n.pr —
pi
s
. nom propre.
. . pluriel.
. . substantif.
. . verbe.
V
v.a
. . verbe actif.
v.n
. . verbe neutre.
v.pr . . .
. . verbe pronominal.
ail
. . allemand.
ang anglais.
ar. al — arabe, algérien.
esp espagnol.
flam flamand.
gr grec.
holl hollandais.
ital italien.
lat latin.
port portugais.
prov provençal.
skt sanscrit.
vx fr vieux français.
abrév abréviation.
corr corruption.
dim diminutif.
ext extension.
lig figuré.
iro ironique.
j.d.m jeu de mots.
m. à m.... mot à mot.
m.déf mot déformé.
met métaphore.
m. s môme sens.
obsc obscène.
q.c quelque chose.
q.q quelqu'un.
s.pr sens propre.
voy voyez.
v.c.m. . . . voyez ce mot.
vx. . . . . vieux, suranné.
DlCTIONiNAmE
ARGOT-FRANÇAIS
• « Mon crime est d'avoir eu la curiosité littéraire de
u ramasser et de couler dans un moule très travaillé la
« langue du peuple. Des dictionnaires de celte langue
» existent pourtant, des lettrés l'étudient et jouissent de
« sa verdeur, de l'imprévu et de la force de ses images.
<i Elle est un régal pour les grammairiens fureteurs. »
£mile Zola, Préface de l'Assommoir,
Janvier 1877.
Abadie s.f. = Abadis. s. m.
Foule (^Généralement composée de
badaucis). « J\ii vembroqué un
abadis du rabouin ». (J'ai aperçu
une foule du diable.) [Yidoco.J
J.d.m. sur badauder. [Timmer-
MANS. j
Abadis # s. m. = Abadie.
V.c.m. Rassemblement.
Abafointé a. Etonné, hébété.
Formé d'un débris de bah! et
de foin! Assonance de bah![Tm-
MERMANS.]
Abajoues 0s. f. pi. |I 1. La face.
S.pr. joues abattues, joues flas-
ques et pouffantes. |1 2. Les fes-
ses, par extension.
Abalobé a. Etonné, ébahi,
De bah ! son de Tétonnement, et
de lobe pour lippe, lèvre, par
j.d.m. L'argot dit lobe bée pour
bouche bée. [Timmermans.]
Abatage = Abattage.
Abat-jour s. m. Visière. A6af-
jour des quinquets, visière que
mettent les personnes qui ont
une vue mauvaise.
Abat-reluit s. m. Abat-joar.
Visière.
Abattage O s. m. |1 i. Critique
violente. <( Dans toute la presse,
c'est un véritable abattage, un
creintement. » || 2. Expression du
jeu de baccarat. Il y a abattage,
lorsque le banquier et les deux
tableaux abattent leur jeu simul-
tanément. Il 3. Travail vivement
fait. 'v( C'est fini ! mais vrai, quel
abattage! » || 4. Sévère répri-
mande, u Foutre un abattage. »
1
ABATTEUR.
ABOULER.
Il 5. Graisse d'abattage, ardeur
au travail. || 6. Vente à Vabattage,
vente sur la voie publique (la
marchandise est abattue sur le
sol). Il 7. Un coup qui se présente
bien au billard. || 8. Avoir de l'a-
battage, être bien découplé.
Abatteur s. m.l|l. Remuant,
travailleur. || 2. Abatteur de fem-
mes, de bois, de quilles, vaillant
en amour.
Vous êtes je voy bien grand abatteur de
[quilles
Mais au reste honneste homme et payez bien
[les filles.
[M. Régnier, sat. XI.]
Abattis s. m. Membres, pied,
main (allusion aux abattis d'ani-
maux). « Je vais te démolir un
abattis. » « Numérote tps abattis. »
Avoir les abattis canailles, avoir
les membres grossiers.
Abattoir s. m. Cellule des con-
damnés à mort, h la Roquette.
Le condamné n'en sort que pour
être abattu devant la prison.
Abattre v. îi.\\\. Faire des
dettes. Il 2. En abattre, travailler
beaucoup en peu de temps. « Nous
allons en abattre de la besogne. »
Il 3. Abattre son jeu, étaler son
jeu sur la table.
Abattuci Q s. m. = Abattage.
Expression du jeu de baccarat,
mot déformé.
Abbaye # s. f. Four. Les voleurs
se réfugient souvent dans les
fours à plâtre, c'est leur cloître,
leur refuge. Abbaije ruffante, ïour
chaud [La Vie généreuse io9&.)
Abbaye de Monte-à-hegret, Ab-
baye de Saint- Pierre, la guillo-
tine (cinq pierres se trouvent
devant la porte de la prison de
la Roquette, à Tendroit où elle
est dressée). « Mon père a épousé
la veuve, moi je me retire à
V Abbaye de Monte-à-Regret. » (Le
Dernier jour d'un condamné . ) —
Abbaye des s'offre à tous (vx),
maison publique.
Abbesse s. f. Tenancière d'une
maison publique.
Abcès s. m. Individu au visage
couperosé et boursoutlé.
Abélardiser Q v. a. (Autrefois
Abaylarder.) Châtrer (allusion à
la mutilation d'Abélard par le
chanoine Fulbert).
Abéquer 0v. Nourrir. Du vx. fr.
Abéchier, donner la becquée aux
oiseaux. On dit encore dans le
Poitou et la Vienne abécher
(pron. ab'chai) avec ce sens.
Abéqueuse s. f. || 1. Nourrice.
Il 2. Maîtresse d'hôtel.
Abigotir (S'j v. pr. Devenir
dévot, de bigot.
Abloquer, Abloquir # v. a.
Acheter, du vieux mot Bloquer,
blocquer , troquer, échanger,
acheter en bloc.
Abominer v. a. Haïr, détester.
S'abominer quelque part, s'y dé-
plaire. <( Puis, ils s'abominaient à
l'hôtel Boncœur, ils trouvaient
ça dégoûtant. » [Ass. Zola).
Abonné O ^- Habitué. Abonné au
guignon, n'avoir pas de chance
habituellement. Il est abonné au
café, il est continuellementau café.
Aborgner (S') # v. pr. Regarder
attentivement = Ouvrir iœil.
Aboulage s. m. Abondance.
Aboulée s. f. Femme en couche.
Aboulement s. m. Accouche-
ment.
Abouler v. a. || 1. Venir, ar-
river comme une boule, du vx. fr.
bouler, rouler.
Fonce ta largue et quelle aboule,
Sans limace nous cambrouser.
[RiCHKPIN.]
il 2. Donner, remettre à quel-
qu'un, « Aboulez la galette ! »
« Aboulez tous des ronds ou des
ABOUR.
~ 3 —
ACCENTUER.
liquettes. » {Cri du Peuple, fé- 1
vrier 1886.) || 3. Accoucher. En |
fr. ('bouler signifie tomber en j
s'aff'aissant. '
Abour s. m. Tamis, crible.
Aboyeur s. m. || 1. Crieur, j
Yoy. Bonisseur, ranardier. 1| 2. |
Homme chargé d'appeler les pri- 1
sonniers au 'parloir. || 3. Ceux i
qui font du bruit et empêchent i
les orateurs de parler dans les :
réunions publiques.
Abracadabrant O ». Merveil-
leux, magique, étonnant, du mot
cabalistique Abracadabra. « C'est
renversant, abracadabrant. »
Abraqué (mar.) a. Attaché, lié, du
grec l^j'ôyo;^ branche qui sert
de lien. [Timmermans.]
Abreuvoir s. m. Cabaret.
Abreuvoir à mouches, blessure
saignante. [Cur. fr. do Oudin.]
Abri (A T) # Etre à Vabri, être
malin, intelligent.
Abrouart#(V) n.pr. Lebrouillard.
Abrouer (V). n.v. Arriver, par
extension de brouer, fuir.
Abricot s. m. La nature de la
femme. Abricot fendu.
Abruti (polyt.)s.m. Elève acharné
à rétude.
Abrutir (S') O ^- VJ- S'abrutir
sur une chose, la faire traîner
en longueur.
Abs. s. f. Abrév. d'absinthe.
Absinthe O s. f. Faire son absinthe
à La hussarde, en versant goutte
à goutte. La purée, autant d'eau
que d'absinthe. Lamazone, avec
de la gomme. La Vichy, avec
de l'orgeat. La bourgeoise ou la
panachée^ avec de Tanisette.
— Absinthe de minuit, celle que
Ton fait avec du vin blanc. Heure
de Vabsinthe, le moment où l'on
prend l'apéritif dans les cafés, en-
tre o heures et 7 heures. — Faire
son absinthe en parlant, cracher
en parlant, on dit aussi, Envoyer
des posllllons.
Absinther (S') O v. pr. S'adonner à
l'absinthe. 8 absinther, être absin-
the, devenir alcoolique par l'a-
bus de l'absinthe.
Absorber O v. a. Manger et boire
beaucoup.
Absorption O s. f. (polyt.) Réu-
nion annuelle dans laquelle u\n-
liques Anciens et Conscrits fra-
ternisent en absorbant du punch
et du chami)agne aux dépens des
Taupins, (nouveaux admis).
Acacias Q m. pi. Faire ses aca-
cias, être habitué de l'avenue des
Acacias au bois de Houlogne, ren-
dez-vous du monde élégant.
Académicien Q s. m. = Per-
ruques Fossile, littérateur de
la vieille école (1830).
Académique O ^' Correct. Te-
nue académique, bonne tenue.
Faire des poses académiques,
prendre dos allures affectées.
Acagnarder (S') O v. pr. S'iso-
ler, vivre seul dans son coin
comme un chien. Du lat. canis,
chien et cacjnard, coin en vieux
français.
Acajou O s. m. Crâne chauve.
Avoir un bel acajou, avoir le
crâne chauve et luisant.
Accaparer Q v. a. Accaparer
quelqu'un, c'est le circonvenir, le
poursuivre de ses obsessions.
Accent # s. m. || 1. Crachat.
Vaccent était un signe qui consis-
tait à cracher bruyamment en
décrivant avec le pouce droit sur
la joue droite un demi-cercle
ou arçon (petit arc en vx fr.). v. c.
m. Il 2. Signal convenu entre les
voleurs. Avoir de Vaccent, être
reconnu pour un voleur, à cer-
tains signes.
Accentuer Q v. a. Accentuer ses
gestes, donner des coups.
ACCESSOIRES.
AGRÉE.
Accessoires Q s. m. pi. Vin
d'accessoires, vin de mauvaise
qualité ou allongé d'eau, comme
le vin qu'on donne aux artistes
qui doivent boire en scène.
Accoerer ^ v. a. Arranger.
Accoerer (S') # v. pr. S'entendre.
Accolade s. f. Gitle. Foutre
une accolade, donner une gitle.
Accommoder v. a. Accommo-
der quelqu'un au beurre noir, le
battre de façon que les coups
lui laissent des marques noires
sur le corps. I7?i œil au beurre
noir, œil poché. — Accommoder
à la sauce piquante, donner un
coup d'épée, de poignard (s. pr.
piquer) .
Accordéon s. m. [| 1. Chapeau
claque = Gibus, il s'allonge et
se referme comme un accordéon.
ji 2. Chapeau défoncé, sur lequel
on s'est assis, plissé comme un
accordéon.
Accordeur s. m. Juge de paix.
— Accordeur de pianos, celui qui
prend la taille des femmes et se
permet certains attouchements :
il promène ses doigts comme
sur les touches d'un piano. — Ac-
cordeur de la camardt, le bour-
reau quand il fait dresser la
guillotine : il accorde son instru-
ment.
Accoucher v. n. Se décider à
parler « Allons, réporids, accou-
cheras-tu? ». Produire un travail
quelconque après bien des diffi-
cultés, aboutir péniblement.
Accouffler (S') v. pr. =rr s'ac-
couver = s'accrouer. S'ac-
croupir, du vieux mot, Coufflc,
balle de coton, balle; en latin
cophinus, caisse. [ïiMMERMA^iS.]
Accroche-cœurs s. m. Voy. Ac-
cent = Arçon. Mèche de che-
veux bouclés et collés sur la
tempe en forme de C, signe de re-
connaissance entre les souteneurs.
Ce mot désigne le souteneur lui-
même.
Accrocher v. a. Mettre au
Mont-de-Piété. = Mettre au clouy
Le cloa désigne cet établissement.
Accrocher (S') v. pr. Se battre-
corps à corps.
Accroc s. m. Obstacle, anicro-
che, difficulté, embarras. Ce mot
se trouve dans plusieurs diction-
naires français avec ces différents
sens.
Accrouer (S') v. pr. s'accouf-
fler. A croucrou = à croupe^
tons, accroupi. [ïimmermans.]
Achar adv. Abrév. d'acharne-
ment; sans trêve. « Et d'autor et
d'achar, enfonce le jobard. »
[MONTÉPIN.]
Achetoire s. f. Monnaie (avec
laquelle on « achète »).
Acheter v. Se moquer. Acheter
quelqu'un, le tourner en ridicule.
Acier et Q ^- m- Mettre du
baume d'acier, se faire arracher
une dent malade. — Langue
d'acier, méchante langue.
Acliquer (S') v. pr. Se mettre
en ménage.
Acœurer.'^Voy. Accœwer.
Acoquiner % v. a. Allécher,,
tromper, dérivé de coquer, v, c. m.
Acoquiner (S') v. pr. Vivre en
concubinage, en mauvaise com-
pagnie. (( Etre acoquiné à un
souillon. » « Elle est acoquinée à
un ivrogne » .
Acre # a. Fort, violent. Ce mot
est devenu en français « acre »
(sans accent). // y a de l'acre,.
ça va mal, le patron est furieux
(acrimonieux). — Acre ! silence,
prenez garde, attention ! — Nifer
de l'acre, guetter, faire attention.
Acrée ou Acres int. Méfiance!
défiance! « Acres! v'ià l'arna-
que ! » [Métémer, la Casserole.]
I
ACROBATIE.
— 5 —
AFFRE.
Acrobatie O s. f. Expédient.
« Nous demandons à nos minis-
tres de se livrer à un autre genre
d'acrobatie. » [H. Rociiefout.]
Aclam0 n. pr. Mouchoir, Fourchette
ou Peigne d'Adam, les doigts.
Addition O s. f. Carte à payer
au restaurant. On dit aussi la
carte.
Adjectiver v. s. Invectiver,
Adjectivcr quelqu'un, Tinsulter
mot h mot, lui donner des épi-
tliètes.
Adjoint s. m. Valet du bour-
reau.
Adjudant (mil.), s. m. Tremper
un adjudant, tremper un mor-
ceau de pain dans le bouillon
avant qu'il ne soit allongé d'eau.
— Adjudant de manège^ garde de
manège (iro.).
Adroit a. Etre adroit du coude,
être bon buveur.
Aérostier s. m. Soldat qui
s'occupe de l'aérostation mili-
taire.
Aff # s. f. Il 1. Abrév. d' « affaire »,
Maquiller une aff, comploter un
mauvais coup. Amunche d'à//',
complice, jl 2. Vie {le Vice puni
de (Jrandval). Eau d'a/f, eau-de-
vic. « Tu vas me payer Veau d'a/f,
ou je te fais danser. » lËugénk
Si E. 1 En grec àçsjo), enflammer ;
du sanscrit av, consumer, brûler, j
Affaire % s. f. Délit ou crime.
« Ayant appris que le rouc/uin
venait de faire une bonne a/faire,
je suis allé lui demander du
carme. » (Le Crime de Maison-
Laffitte, 1893, inter. de Petit
Chariot.) Affaire mûre, affaire
prête à mettre à exécution.
A/faire juteuse, affaire produc-
tive, qui a rapporté. — Avoir non
affaire, être ivre ou avoir reçu
un coup mortel. — Avoir ses affai-
res, avoir ses menstrues. — Faire
son a/faire à quelqu'un, le battre,
le tuer. — Affaire à la manque,
9 procès.
Affalement O s. m. Abattement,
accablement, anéantissement, dé-
couragement.
Affaler Q v. a. Tomber, s. pr.
Echouer. S'affaler, v. pr. « Tes
rien poivre, tu vas Vaffaler ».
[RiGiiEPiN, le Pavé.] S'affaler sur
i le pieu, se coucher.
Affamée s. f. Bouche.
Affe ou Aff # s. f. Vie, âme.
Affourcher (S') O ('»fir.). v. pr. Se
1 reposer. S'affourrher sur ses an-
î cres, se retirer des affaires.
: Affistoler O ^'- a. Tromper, en-
jôler, piper (vx fr.).
Affranchi a. Honnête homme
I amené au crime par des conseils
I de malfaiteurs. — Chêne affranchi,
\ voleur. — Fagot affranchi, forçat
[ ayant Uni son temps. « Devenu
un franc, un frangin ou un fra-
lin, c'est-à-dire un frère dans la
confrérie des voleurs ». [Timmer-
MANS.] ■
Affranchir v. a. Penerlir,
donner des leçons de vol, cor-
rompre un témoin. Affranchir un
sinve pour grinchir, engager un
honnête homme à voler. Affran-
chir un pante avec de l'auher,
corrompre quelqu'un pour de
l'argent. S. pr. rendre frangin
(frère, ami); en an^l. friend; en
ail. der Frcund, ami. — Affran-
chir, on dit au jeu qu'une carte est
affranchie quand elle n'est pas
exposée à être prise.
Affranchissement s. m. Per-
version. {\oy. Affranchir). Profes-
seur d' affranchissement %.
Affranchisseur s. m. Celui
qui affranchit, v. c. m.
Affre s. f. Blâme, reproche.
Vieux mot français qui signifiait
frayeur, effroi, qui ne s'emploie
AFFUR.
— 6
AGONISER.
plus qu'au pluriel dans le sens
de transes, angoisses, les affres de
la mort.
Affur, Affure # s. m. Profit, bé-
néfice. Avoir de l'affiir, avoir de
Targent. u Quand je vois mon
affure, je suis toujours paré... »
[ViDocQ.] Du lat. fur, voleur; en
franc, furet, homme qui cherche
avec finesse. Fureter, chercher
curieusement.
Aflfurage s. m. Profit, bénéfice
d'un vol. Voy. Affur.
Affurard (B) s. m. Sergent du
guet qui arrêtait les voleurs.
Voy. Affur.
Affurer v. a. = Affûter =
Afluer. Tromper, tirer profit,
gagner, se procurer. Affurer de
Cauber, se procurer de Targent
par des moyens malhonnêtes!
Affût (D') 0. Malin, rusé, roué,
toujours à Taffùt de ce qu'il
désire. Un homme d'affût, un
homme malin. On emploie cette
expression dans l'Orléanais et
Ton ajoute en plaisantant : Son père
était canon. En français futé, m. s.
Affûter V. a. =: Affurer =
Afluer. Aiguiser, disposer, prépa-
rer. — Affûter ses meules, manger,
s. pr, aiguiser ses dents. — Affûter
ses pincettes, se préparer à faire
une grande marche, marcher. —
S'affûter le sifflet, le cornet, etc.,
boire. — Affûter quelqu'un, lui
donner une leçon de finesse, /e ren-
dre fin, comme on dit en franc,
affûter un crayon (le tailler).
Affûtiaux (pays.), s. m. pi. Affi-
quets. Voy. Agios.
Affluer # V. a. = Affûter =
Affurer — flouer à — Tromper.
Aga (mil.), s. m. Mot arabe-algé-
rien, désigne un commandement
militaire supérieur.
Aga int. Cri que les chasseurs
font entendre pour encourager
les chiens. Mot qui marque l'éton-
nement ou findignalion, racine
de gogo. [Timmermans.]
Agacer, v. a. Agacer la dent de
r hippopotame {l'ivoire), jouer du
piano. — Agacer un polichinelle
sur le zinc, boire un grand verre-
d'eau-de-vie sur le comptoir.
Agaceur (sport.), s. m. =: Allu-
meur. Cheval qu'on présente à
la jument pour savoir si elle est
prête à la saillie.
Aganter v. a. Vieux mot qui
signifiait « saisir, prendre. » Agan-
ter une claque, recevoir une gi-
fle, du prov. Aganta, attraper
avec la main.
Agate # s. f. Faïence, la faïence
imite l'agate par son brillant et
ses couleurs variées.
Agater v. n. Amadouer, allé-
cher, attirer à soi par des ma-
nières doucereuses , du prov.
Agati, attirer.
Agenouillée Q a. f. = Avale-
tout. Fillegalanie, dont le nom in-
dique suffisamment la spécialité.
Age (F. -M.), s. m. Voy. le Manuel
du franc-maçon, [de Bazot.]
Agios (pays.), s. m. --Affûtiaux.
Les agios de la mariée, affiquets^
ajustements extraordinaires ou ri-
dicules.
Agla (cab.). s. m. Mot cabalisti-
que. Ce mot prononce la figure
tournée vers l'Orienta, paraît-il,
d'après les cabalisles, un pouvoir
merveilleux.
Agobilles # s. f. pi. Outils. « Voici
toutes mes agobilles, pour beson-
gner abillement. » {Le Mystère du
vieil testament.) Vieux mot franc,
qui signifiait aussi choses malpro-
pres et de peu de valeur, chiffons.
Agoniser v. a. Pour Agonir,
insulter. Il m'a agonisé, il m'a
invectivé. Ce mot dérive du vx
fr. ahonnir, couvrir de honte.
AGOUA.
AIMER.
Agoua (can.). s. f. Eau, du prov.
Agua, oau, qui se prononce agoue.
Agout s. m. Eau à boire.
Agrafe s. f. Main. Serrer les
agrafer, serrer les mains. Cai^acr
V agrafe, rompre, se brouiller
(ne plus se serrer la main).
Agrafer v. a. Pour « agritfer, »
arrêter, saisir, accrocher. C'est
aussi s'attacher aux pas île quel-
qu'un dans la vv\q:z= Cramponner.
« ]/ m'a agrafé, quel crampon ! il ne
me lâchait plus! » — (Mil.). Consi-
gner. Degriper, agriper, prendre.
Agrément Q s. m. Agrément de
banque (bourse), bénéfice réalisé
à la bourse dans la même jour-
née. — Avoir de l'agrément, (thé.),
être applaudi. — Se pousser de
V agrément 0, s'amuser.
Agriche0s. m. Maladroit, gauche.
Agricher % v. a. Aborder, saisir,
du skt f/ra^/t, saisir. [Timmermans.]
Agriffer. Voy. Agrafer, skt grabh,
saisir. Timmkrmans. ]
Agrincheur % s. m. Voleur, grin-
che.
Agualuro s. m. Banni. [Macé.]
Aguicher # v. a. Ij \. Attirer.
Aguicher un sinve pour le dégrin-
goler. 11 2. Exciter. « Elle agui-
che la soit" du petit en Tempêchant
de boire ». [Richepin, la Glu.]
Ah ! O ^ oy. Pschutt=z Vlan. Expres-
sion de l'étonnement. [Timmer-
mans.]
Ahuri a. Ahuri de Chaillot,
niais, imbécile (vieux dicton).
« Aheuri de Chalieau, Tout es-
tourdi sortant du bateau ». [Le-
roux DE LiNCY, Livre des proverbes.]
Aide-Gargot (mil.), s. m. Pour
aide-gargot, valet de cantine.
Aide s. m. Aide-mari, amant de
femme mariée. — Aller à la cour
des aides, la femme qui fait des
infidélités à son mari va à la cour
des aides.
Aïe-Aïe Q s. m. Omnibus. « Cri
de l'effort que le cocher adresse à
ses chevaux pour leur suggérer de
marcher plus vite ». [Timmer-
mans.]
Aigle s. m. Aigle blanc, chef de
voleurs.
Aiglon # s. m. Apprenti voleur.
Aigrette Q s. f. Avoir son aigrette^
être légèrement gris, synonyme
de pompon, panache, etc.
Aiguille s. f. || 1. Clé (la clé
coud la })orle). || 2. Barbe qui a
besoin d'être rasée (elle pique
comme l'aiguille). || 3. Signe que
l'on fait sur les cartes pour tri-
cher au jeu. Il 4. Aiguille à trico-
ter les côtes, épée, tleuret.
Aiguiller O V. n. et v. a. Aiguiller
la brème, marquer, biseauter les
cartes.
Aiguillette O s. f. Jouer ou ronfler
à Vaiguilletie, i)aillarder, vieille
expression qui signifiait défaire les
férets des braguettes ou les lacets
des robes.
Aiguilleur Q s. m. Tricheur qui
aiguille la carte.
Aile s. f. Bras, par analogie
avec les membres d'un oiseau, 'en
argot italien a/rt, bras. Prenez mon
aile, prenez mon bras. — Aile
de pigeon, vieux, suranné. — Faire
des ailes de pigeon, faire des en-
trechats. — En avoir dans Vaile^
être affaibli, annihilé.
Aileron s. m. Pied, main.
Aille # Terminaison argotique^
comme iergue, orgue, ache, etc.
Nouzaille, nous.
Aimant Q s. m. Faire de l'aimant,
chercher à se faire remarquer, à
attirer l'attention, comme l'aimant
attire le fer.
Aimer Q v. a. Aimer comme ses petits
boyaux, aimer comme soi-même.
— Aimer à crédit, avoir des rap-
ports avec une fille galante, sans
AIR.
ALLO!
la payer. — Aimer comme la coli-
quCy détester.
Air O s. m. Se donner ou avoir de
rairj avoir un air chagrin. — Se
pousser de Vair, se sauver. Jouer
de la fdle de l'air, s'enfuir. —
Vivre de Vair du temps, être sans
moyens d'existence. — Etre à
plusieurs airs, être hypocrite,
jouer plusieurs rôles à la fois. —
Se donner des airs penchés, être
mélancolique, rêveur.
Aisselle O s. f. Blague sous les
aisselles, plaisanterie à part.
Al # s. m. Flac d'al, sacoche en
peau.
A la clé. O II y a du plaisir, de
Vargent à la clé. Cette expression
est explétive; dérive de la même
expression employée en musique.
Alarmiste # s. m. Chien de
garde (il donne l'alarme).
Albache # s. m. Nom. [Macé.]
Alboche n. pr. Allemand.
« Formé de Al, mutilation de
Allemand, et de hoche pour tète
de boche = entêté. Boche pour
bûche ». [TiMMERMANS.]
Alberge O s. f. Auberge, du vieux
mot français : Alberger, héberger.
Albinos s. m. Le blanc au jeu
de dominos.
Album s. m. Chapeau haut de
forme.
Alênes s. f. pi, voy. Balancer.
Alentoir adv. Alentour, mot
déformé.
Alfa (mil.). Il n'a plus d'alfa sur
les hauts plateaux, il n'a plus de
cheveux sur la tête.
Aligner (mil.), v. a. et v. pr. S'a-
ligner, tomber en garde pour se
battre. — S'aligner, se mesurer
avec quelqu'un. — Se faire aligner
sur la pancarte (mil.), être au
tableau des hommes punis.
Aliser v. a. Aliser son cylindre,
être malade (métallurgie).
Allemande (L') # s. f. Bougie.
[Macé.]
Aller O et V. n. Fournir. Y
aller de vingt ronds, donner
vingt sous. — Y aller d'une, de
deux, payer une, deux bouteilles.
— Y aller de sa goutte, de sa
larme, s'attendrir, pleurer. — Y
aller, se laisser tromper. — Y
aller gaiement, faire une chose
de bon cœur. — Allons-y, com-
mençons. — Aller son petit bon-
homme de chemin, aller douce-
ment. — Aller à Dames, recevoir
un coup et tomber. — Aller oii le
roi ne va qu'à pied, faire ses be-
soins. — Aller avec un homme,
avoir des rapports sexuels. —
Le cheval va pour f argent (sport,)
il doit gagner. — Faire aller c^uel-
qu'un, \q berner, le tromper. —
Aller se faire foutre, se faire
fiche, se faire lanlaire, s'asseoir, se
promener, ces expressions signi-
fient « Envoyer promener». — Al-
ler à l'arche, aller chercher de l'ar-
gent. — Aller à Niort, nier. —
Aller à Comberge, aller à confesse.
— Aller au Carreau (voy. Car-
reau). — Aller voir défiler les dra-
gons (voy. Dragon). — Aller à la
cour des aides (voy. Aide). — Aller
au pot (voy. Pot). — Y cdler de
son voyage, se déranger pour
rien. — Allez-donc vous laver,
allez-vous-en. — Aller au trot.
Aller au vice. Aller au persil, aller
raccrocher (prost.). — Aller au sa-
fran, manger ce que l'on possède.
Alliances '# s. f. pi. Poucetles.
Alliciant Q a. Séduisant, latin
alliciens.
Allô! O int- Mot employé au télé-
phone pour avertir qu'on écoule;
en gr. 'âXal-r], cri de guerre vx. fr.
halloer, poursuivre en criant :
Mut halloent crient et buent.
{Vie de St-Gille, 1741).
ALLONGE-GAMBETTE. — 9
ALPIOU.
Allonge-gambette s. m. Vc-
locipôde.
Allonger v. a. Allonger tle
Vargenij donner de Targent.
Allonger sa galette, se fendre,
payer une dépense qui n'est pas
dans les habitudes. — Allonger la
ficelle ou la courroie, augmenter
une i)eine — (mil.) faire durer
une chose, la faire traîner en
longueur.
Allonger (S') Q v. pr. \\i. Tomber
de son long par terre. || 2. S'é-
lirer les bras en baillant. « Le
cuir sera bon marché, le veau
rallonge », se dit pour se mo-
([uer de quelqu'un qui sYHire.
Allumage s. m. Commence-
ment d'ivresse.
Allumé a. Enthousiasmé,
échauffé par la boisson.
Allumer Q et v. a. et pr.
Il 1. Voir, regarder, observer, en
argot italien, Allumare m. s
« Allume le sergot », regarde, voilà
un agent. — Allumer ses clairs, re-
garder attentivement.— A//Mme/' le
miston, dévisager, regarder sous
le nez. — Être allumé, être vu.
Il 2. Provoquer à Tadmiralion,
exciter la curiosité. — Allumer les
chalands, les allécher par des
promesses souvent illusoires.
« La galerie '& allume de plus en
plus. » [RicnEPiN, le Pavé.] \\
3. S'enthousiasmer, s'enflammer.
« Lui, à se frotter toujours con-
tre ses jupes s'allumait de plus
en plus. » (Zola, Ai^sommoir.)
Allumer son gaz ou son pétrole,
s'enflammer. 4. 1| Exciter un
cheval à coups de fouet: « Allume!
allume! » (Voy. Allumettes
Allumes s. m. pi. (arg. des bou-
langers). Morceaux de bois sec.
Allumette s. f. Attraper une al-
lumette ronde = être allumé,
ressentir les premiers effets de
Tivresse. Avoir son allumette de
marchand de vin, être bavard et
expansif. Prendre son allumettede
'^ampagne, chanter des chansons
bachiques.
I Allumettes s. f. pi. Membres
! longs et maigres.
Allumeur Q s. m. || 1. Compère
chargé de tromper le public par
de fausses amorces ou de fausses
enchères dans les ventes ; allu-
meur de chalands. || 2. Allumeurs
de gaz, autrefois les lanciers,
aujourd'hui les dragons , (allusion
à la lance qu'ils portent et qui
ressemble à l'instrument servant
aux allumeurs.) |1 3. Juge d'ins-
truction, chargé d'éclairer une
affaire. || 4. voy. Agaccur.
AUumeuse s. f. Prostituée,
celle qui provoque, qui allume le
client. Il 2. Femme payée par le
directeur d'un bal j)ublic pour
danser et avoir l'air de s'amuser,
elle allume les autres.
Allumoir Q s. m. A})pareil à la
disposition des fumeurs pour allu-
mer dans les bureaux de tabac.
Almanach s. m. Almanach de
vingt-cinq mille adresses, pros-
tituée.
Alpa,Alpagaou Alpague0s.m.
Vêtement, paletot en étoffe légère
et noire.
Alphonse Q n. d. b. Homme entre-
tenu par une femme. Un Alphonse
de barrière. « Elle avait un Al-
phonse pour qui elle travaillait
du matin au soir et du soir au
matin, l'Alphonse est parti »
(1860, Petits mystères du quartier
latin). Une pièce de Dumas fils,
« Monsieur Alphonse » dont le
héros était un de ces tristes
})ersonnages a mis ce mot à la
mode.
Alpiou s. m. Voleur au jeu.
Terme d'un ancien jeu qu'on ap-
ALTÈQUE.
iO
AMINCIIE.
pelait la Bassette ; c'était la mar-
que qu'on faisait à sa carte pour
indiquer que l'on doublait sa
mise. Depuis, ce nom est resté
pour désigner le tricheur qui
biseaute fes cartes.
Altèque a. Beau, bon, excel-
lent, en latin altus, en français
altier. (Voy. Centre, Mùme, Par-
rain).
Amache O s. m. = Amunche.
Amadou s. m. || 1. Personne
qui s'enilamme facilement. || 2.
Substance dont se frottent les
malfaiteurs pour se jaunir le teint,
avoir l'air malade et apitoyer les
personnes charitables, aquiger de
l'amadou (C).
Amadouage # s. m. Mariage.
Amadoué, e # a. Marié, e.
Amadouer (S') # v. pr. || 1. Se
marier. || 2. Se grimer, (voy. se
Cam.ouf!er).
Amande s. f. Amandes de pain
d'épice, grandes dents jaunes.
Amant s. m. On a dit ami de
cœur, amant de cœur, (voy. Grelu-
chon = Arthur. Ce n'est pas le
souteneur, c'est pour ainsi dire
le sous-amant, qui ne paie pas ou
peu, les femmes galantes, mais
n'en tire pas profit; amant de
carton, qui n'est pas sérieux, qui
ne paie pas, sans importance.
Amar ou Amarre s. m. Ami,
abrév. de Camarade, amarre d'at-
taque, ami dévoué.
Amarrer v. a. Manœuvrer pour
tromper ou voler, tirer des plans.
Amateur Q s. m. |[ 4. Homme du
monde qui se fait artiste ou litté-
rateur et qui travaille à ses heu-
res. Il 2. Celui qui ne se fait pas
payer son travail. |1 3. Celui qui
s'occupe peu de son métier.
Amazone s. f. |1 1. Femme qui
triche au jeu. i| 2. Mélange d'ab-
sinthe avec delà gomme.
Ambassadeur 0s. m. H 1. Cordon-
nier. Il 2. Souteneur bien velu, on
disait autrefois un ambassadeur
d'amour. \\ 3. Voyageur de com-
rrierce.
Ambe # s. f. Pour jambe, mot déf.
ou du latin amho, deux.
Ambie (B) % s. et a. Ambie-Anlicle,
excommunié.
Ambier (B) v. n. Fuir, du vieux
mot Ambier, aller l'amble, allure
entre le pas et le trot.
Ambulante s. f. Prostituée,
raccrocheuse qui va et vient.
Ame O s. f. Une bonne âme, per-
sonne compatissante.
Amendier (thé.) s. m. Amendier
fleuri, régisseur, c'est lui qui met
les artistes à l'amende (j. d. m.).
Amener v. pr. Venir. S'ame?ier,
Se rendre à. Amène -toi, viens
donc !
Amer 0a. || 1. Mauvais. || 2.0s.m.
Sorte de bitter, apéritif.— Un Pi-
con-menthe, pour un amer-menthe;
du nom du distillateur Picon.
Américain. s. m. et a. Escroc
qui feint d'arriver d'Amérique avec
de l'argent. — Œil américain, œil
observateur.
« F^oiir être un voleur aigrefin
Il faut un œil américain. »
— Avoir l'œil américain, ne pas se
tromper.
Américaine Q s. f. Voiture décou-
verte à quatre roues. — Vol à l'a-
méricaine (voy. Charriage), vol
au change.
Ami s. m. Celui qui a la passion
du vol par dessus tout. Ami de
collège, compagnon de prison.
Amis comme cochons Q, insépa-
rables.
Amicablement adv. Pour ami-
calement.
Aminche % et s. m. Ami. Aminche
d'affaires, complice. ^:^Aminche-
mar = Aîninche milice = Amunche.
AMINCI.
— il
ANGE.
Aminci Qs. m. Jeune fashionable.
= Gommeux, boudiné, etc.
Amiral # s. m. Couteau.
Amiteux Q a. Aimable, doux,
caressant.
Amocher v. a. Pour moucher,
donner des taloches, blesser,
meurtrir; sVtmoc^/e?' la quciile, se
battre, se meurtrir mutuellement
le visage. Donnei- un coup sur
l'endroit où Ton se mouche, sur le
museau ou la marmouse, analogue
à wandole, tape sur les mandi-
bules, ail : mund, bouche. [Tixi-
mek:m.\ns]
Amorcé O a. (iarni, fourni.
» via qu'est ricliemoiit amorcé ».
(lilCHKIMNJ.
Amore # s.f. pour amorce. Four-
chette (elle saisit le morceau).
Amouillante s. 1". (i)aysj Vache
sur le point de vêler.
Amour0s.m. || 1. Aimable, char-
mant. — Un amour d'homme, bel-
lâtre dont les tilles raffolent. —
Un amour de chapeau, un joli cha-
peau. — Balle d'amour, charmant
visage. || 2. Y a plu^ d'amour,
ça ne va plus ! || 3. Chiffonnier,
((ui porte la hotte, comme l'A-
mour son carciuois.
Amoureux s. m. Amoweuœ de
carême, qui a peur de toucher à la
chair. — Amoureux deii onze mille
viergea, amoureux de toutes les
femmes; (allusion à la tradition du
martyre de sainte Ursule et des
onze mille vierges, mises à mort
par les Huns en 384).
Amoureux (typ.). Papier amoureux
papier qui boit l'encre ; s. pr. qui
aime l'encre.
Ampafle # s. f. Couverture, pour
empafle. Variante dialectique de
emmoutler, emmitoutler, enve-
lopper, en anglais lo muffle. Les
lettres m et /''^marquent la bou-
che close, signe de mystère et
par analogie, secret, cachette, en-
veloppe. [TlMMKRMANSj
Amphi O (ccol.) s. m. Abrév.
d'amphithéâtre.
Amphibie (typ.) s. m. Typogra-
phe qui est à la fois compositeur
et correcteur.
Ampoigne n. pr. Acheter à la
foire &' Ampoigne, voler. J. d. m.
sur Ampoigne, ville du départe-
ment de la Mayenne et empoigner,
prendre.
Amunche # s. m. Ami. Amunche
d'uff, complice.
Amuser v. a. Amuser le tapis^
faire quelques petites choses avant
l'action principale. — S'amuser
à la moutarde, Perdre son temps à
des riens ; (la moutarde n'est
qu'un accessoire dans un repas).
Muser est observer, le museau
entr'ouvert, on anglais to muse,
de mouth bouche.^ [Timmermans]
Amygdale s. f. 8e caler les
ami/gdales, manger.
An % s. m. Litre, mesure de vin.
Anastasie Q n. d. b. (Journ.) La
Censure. On la représente ou ca-
ricature, en vieille femme laide,
armée d'une énorme paire de
ciseaux.
Anarcho Q s. m. Anarchiste.
f.orsque dans saboile de tlioa
L'anarcho met si poudre verte,
Vraiment cela me déconcerte
l.a musique d'un mirliton.
(François Cori»KE.)
Anatole % n. d. b. Président de
cour d'assises.
Ane (polyt..) s. m. Abrév. de an-
rien, V. cm. (2).
Ance # (B) s. f. Eau.
AnceouAnse# (V)(B)s.f. Oreille.
Car vendcngeurs des ancea circoncis.
(Villon).
Au xv^ siècleoncoupaitsouventles
oreilles aux malfaiteurs. — Com-
paraison avec les anses d'un pot.
ANCHE.
12
ANGLAISE.
Anche 9 Terminaison argotique
comme aille, orgue, uche. Bout-
anche, boutique.
Anchois s. m. Yeux bordés
(ïmichoU, yeux aux paupières
rouges et dépourvues de cils, qui
ressemblent à des filets d'an-
chois.
Anchtibber ou Enchetiber %
V. a. Enfermer, emprisonner, s. pr.
mettre en cMihe, mettre en botte,
en ail. der stiefcl, la botte, ins-
trument de supplice, ang. stocks
le chausson, m. s. [Timmermans]
Ancicle(L')# (B 1596) s. m. La
Messe.
Ancien, neQ s. I| 1. Motd'amitié.
=r Mon vieux. |I 2. L'Ancien, Na-
poléon pï-. Il 3; Élève de première
promotion à l'École polytechnique
et il rÉcole de Saint-Gyr. || 4.
(l)ays) le père, la mère. |1 5. Mon
ancienne, ancienne maîtresse.
Ancrée % s.f. Mètre.
Anderlique s. m. Tonneau de
vidange; par ext., homme sale.
Du bas lat. derctro, arrière, et
llquidus, liquide.
Andosse (V) s. f. -=. Endosse.
Echine, dos, épaules, et par ext.,
vêtement.
Andouille s. f. Individu sans
énergie, u Andouille ficelée ».
Grand défendeur d'andouilles, pa-
resseux qui préfère la bonne chère
au travail. — Ce mot semble dé-
river du fr; indolent, nonchalant.
— Faire son andouille, poser. « Est-
ce qu'il allait faire son andouille
encore longtemps?» (A.ss. Zola.)
André n. d.b. Mari qui se laisse
mener par sa femme (<à l'exemple
de saint André, il a toujours sa
croix avec lui).
Angauche % s. f. = Angluce.
Oie. En ail. Gans, ang. goose,
oie, de son. cri guttural qùanquan,
ail. gackern.
Ange = Angel=: Angle(V) s. m.
Agent de la force publique.
Les angels de mal tous ronds.
Villon.
Du lat. angere, étrangler ; les
angels au temps de Villon étaient
les pourvoyeurs du gibet. — Ange
gardien, mdixïdu qui accompagne
un ivrogne à domicile et prend
soin de lui. — Les anges pissent,
il pleut.
Anglais s. m. |I 1. Créancier.
Ce mot est dans Marot, avec cette
signification.
Que je n'eus onc anglais de votre taille.
Marot.
Il 2. Paquet postiche que l'on met
en montre dans les magasins. || 3.
(St-C). L'anglais, lieu d'aisance.
Il 4. u Ce cheval à de V anglais »,
signifie que sa conformation se
rapproche de celle du cheval an-
glais. Il 5. « Elle a ses Anglais
ou « les Anglais ont débarqué
elle a ses menstrues, (allusion
à la couleur rouge des uniformes
anglais.)
Anglaise Q et 0s.f. Écot. Faire
une anglaise, se cotiser pour
allez chez le marchand de vin,;
chacun son écot. — Jouer à Van-
(jlaise, jeu de sous à pile ou face,
cinq pièces jetées en l'air. Pour
être sûr d'amener face le tenancier
du jeu a fabriqué des bobèches à
tronches, en amincissant deux
gros sous du côté pile et en les
soudant à l'endroit laminé; même
truc pour obtenir pile ; les pièces
ainsi préparées se nomment
bobèches à fleurs. — Dents à l'an-
glaise, dents longues et proémi-
nentes. — A ranglaise, discrète-
ment. « Quand on se tue on file
discrètement, à l'anglaise. » [Fr.
Sarce Y. ] —P/sser à l anglaise (voy.
S'esbigner), s'éloigner en prétcx-
j
ANGLICHE.
13
ANTIQUE.
tant un besoin et ne plus revenir.
— Mariage à V anglaise, danseï' à
l'anglaise, on se rencontre au bal
et au lieu de danser on va se ma-
ricr à l'anglaise, coucher en-
semble.
Angliche s. ni. || i. Etranger.
Il 2. Homme dur. u Ça n'a pas de
cœur, ce merUin-\îi, grommela-
t-il, c'est un angliche. »
[Victor Hugo.]
Angluce # s.f. Oie.
Angoulême # s.f. Gosier, gorge,
gueule. Se caresser Vnngoulême,
boire et manger, faire bonne
chère. Faire passer par angou-
lême, avaler goulûment. Du vx
mot goule, gueule; en franc,
goulu, goulafre, glouton. Vx fr.
engouler, avaler.
Anguer # v.a. || 1. Pendre, du
la t. angere, serrer, étrangler. || 2.
Marier. On disait autrefois époî^scî*
la veuve (la potence) pour être
pendu. Cette expression est restée
dans l'argot pour dire guillotiner.
Anguille #s.f. Ceinture (la ceinture
s'enroule comme une anguille).
Anguille de buisson, couleuvre.
Anis0 s. m. De Vanis, exclamation
expressive de refus, = des dattes
=: des nèfles. «. Tauras dTanis
dans une écope », « tu n'auras rien
du tout. »
Anisette O s.f. Anisette de Bar-
billon, eau.
Aniterge # s. m. Mouchoir.
Annoncier (typ.) s. m. Ouvrier
chargé de la composition et de la
mise en page des annonces.
Annuaire (mil.) s. m. Passer Van-
nuaire sous le bras ^ être promu à
l'ancienneté.
Anonchali a. Découragé, du
franc, nonchalant, paresseux.
Anquilleuse # ?,.ï.=zEnquilleuse.
Voleuse à la mitaine, qui se dé-
chausse, et dont le pied garni
de bas en forme de mitaine, saisit
la marchandise qu'elle a fait tom-
ber, pour la cacher entre ses janii-
bes (quilles).
Anse# (B)s. f. Eau, voy. Ance.
Anse • (V) (B). s. f. Oreille, voy.
Alice. Une paire d'anses, une paire
de grandes oreilles écartées.
Anse s.f. Bras (l'anse est le
bras des objets, vases, paniers,
pots, etc.). Offrir son anse, offrir
son bras. Panier à deux anses,
personne ayant une autre personne
à chaque bras. — Faire danser
Vanse du panier, gagner sur la
dépense du ménage.
Anspezade (St-C). s. m. Elève de
l*"*^ classe. En ital. hmcia spezzata^
lance raccourcie, demi-lance.
Antienne s.f. Moule d'antiennes^
prêtre (figure comique).
Antif # s.m. = Antifife s.f. Che-
min. — Battre ranti/',marcher, par
cxl., faire le trottoir et aussi diva-
guer battre la campagne. — Bat-
teur d'antiffe, vagabond. Pour
antifle, le chemin battu par la
botte, en ail. Stiefel, lat. tibiale.
[TiMMKRMANS.J
Antiffle 9 s.f. Eglise ; du vx fr. An-
tie, ancienne forme du mot anti-
que, vieille.
Antiffler # v . a. et v.n. Marier, (par
médisance, emprisonner ou mettre
dans la botte, en lat. tibiale [Tm-
MKRMANs]). Nous voyous plutôt un
rapprochement de la cérémonie
qui a lieu à rantiffle [église). « Ma
largue fantif fierai. » signifie m.
à m. j'irai à l'église avec ma
femme » (s. ent. « me marier »).
Antilles 9 s.f.pl. = Attilles, tes-
ticules. Bésatiller, châtrer. Par
allusion aux hûtilles, boules de
hachis. [Timmermans]
Antipather v.a. Détester, du
mot franc, antipathie.
Antique O s. m. [j 1. Homme aux
ANTONNE.
— 14
ÂQUIGER.
idées arriérées. 2. Elève sortant
de Técole. (polyt.)
Antonne # s.f. Eglise. Pour en-
tonne, de entonner, chanter le
commencement d'un hymne ,
d'une antienne qu'on chante à
Véglisc.
Dans les entonnes trimarrlons
Ou au creux de ces raliclions.
{Chans. de l'argot.)
Antonner# (V)v. a. Marier (à l'é-
glise), voy. Antonne = En-
tonne.
Antrôler # v.a. = Entrôler, em-
porter.
Aoûteron s. m. (pays) Celui
qu'on engage pour les travaux de
la moisson.
Apaiser v.a. Assassiner.
Apascllner ^ v.pr. Acclimater, de
paclin ou paquelin, pays. S'apas-
cliner, s'acclimater.
Apic # s. m. Ail. De piquer (l'ail
pique la gorge).
Apiéceur s. m. Ouvrier tailleur
qui fait les grandes pièces, la
redingote, Ihabit, etc.
Aplatir 0v.a. Réduire au silence,
confondre son contradicteur. —
S'aplatir comme une punaise, s'a-
baisser par de viles flatteries.
Aplatisseur s. m. Aplatisseur
de pièces de six liards, celui qui at-
tache de l'importance à des riens.
Aplomb s. m. Être d'aplomb,
être solide, bien portant. — Relu-
quer d'aplomb, regarder quel-
qu'un bien en face.
Aplomber # v.a. Etonner, aba-
sourdir q.q. par son « aplomb. »
Aponiché a. Assis, du lat.
pone, postérieurement. [Timmer-
mâns]
Apoplexie s.f. Apoplexie de
ie?7ipiier,congestion par suite d'ex-
cès de boisson, de l'expression :
boire comme un templier, boire
beaucoup.
Apostrophe O s.f. Coup sur la face.
J'accours et je vous vois étendu sur la place
Avec une apostrophe au milieu de la face.
iREGNAflD.)
Apothicaire s. m. Apothicaire
sans sucre, ouvrier mal outillé,
marchand mal achalandé.
Apôtre # s. m. Doigt.
Appachonner v. a. Attirer.
Appareiller (mar.) v.n. Sortir.
Appas O s. m. Seins.
Appeler v. a. (thé.) Appeler Azor,
siffler.
Apprenti (F. M.) s. m. Premier
grade dans la Franc-Maçonnerie.
Appuyer v.a et v.n. || 1. Résis-
ter, insister. — Appuyer sur la
chanterelle, toucher à un endroit
sensible, serrer le cou à q.q., ce
qui le fait crier comme la corde
du violon. || 2. S'appuyer, s'offrir.
« Je vais m'appuyer un riche
gueuleton » |1 3. (thé.) Poser un
décor.
Apprentif s. m. Apprenti.
Aquarium s. m. || 1. Chambre
des députés.» Ayant appris qu'on
avait jeté une bombe dans la
Chambre des députés, le malfai-
teur s'écria : — « Ah! on a fait
sauter l'agwanwm. Chouette, c'est
le meilleur moyen de faire le
renouvellement partiel. » |1 2.
s. m. Réunion de souteneurs. S. pr.
récipient où on met le poisson
et par suite le maquereau.
Aquige ornie # (B) s. m. || 1.
Goujat, valet de ferme. S.pr., ce-
lui qui tue les poules. H 2. Déva-
liseur de poulaillers. En gr. opviC,
poule.
Aquiger # (B) v.a. |] 1. Tromper.
Il 2. Prendre.
Dévalons donc dans cette piole
Où nous aquigerons riole.
(J. RicHEi'i.N, La Chanson des Gueux.)
(où nous prendrons plaisir, nous
nousamuserons). Dérober, marau-
AQUILIN.
— lo —
ARDOISE.
lier. II 3. Blesser, battre, (qulger)
endomniager. Aquiger les brèmes,
battre les cartes et aussi les bi-
seauter. — Mon palpitant aquigc
pour tezigue, mon cœur bat pour
toi.
Aquilin a. Faire son aquilin,
bouder, s. pr. faire son nez, faire
la mine.
Arabe Q s. m. Avare, usurier,
homme dur et sans pitié.
Araigne s.f. Crochet dont se
servent les bouchers pour accro-
cher la viande.
Araignée 0s.f. |I \. Sorte de voi-
ture légère. Il 2. Araignée de bas-
tringue, fille qui fréquente le
bastringue. — Araignée de comp-
toir, marchand. — Araignée de trot-
toir, can\c\o[,ïi\\G publique . II 3.
Avoir une araignée dans le pla-
fond, déraisonner, divaguer. I|
4. Faites d'araignée, chatouille-
ment.
Arautequé #Deux francs (40 sous) ,
m. déf., quarante.
Arbalète # s.f. Croix de cou.
Arbalète d\intonne, de chique, de
priante, croix d'égliseji
Arbi. (mil.) s. m. Arabe.
Arbico (mil.j s. m. Dini. à'arbi,
arabe.
Arbif % s. m. Violent, emporté.
M. déf., signifie homme qui se
rebiffe, se regimbe.
Arcasien % s. m. Malin, qui
exploite les imbéciles, qui monte
Varcat. v.c.m.
Arcasineur, Arcasse s. m.
Mendiant à domicile.
Arcat s. m. Monter un arcat,
écrire de prison pour demander
une avance sur un trésor enfoui
dont on promet de révélerla place,
qui bien entendu n'existe pas; ce
genre de lettre s'appelle lettre de
Jérusalem. D'arca/îe, mystère,
chose cachée.
Arcavot # s. m. Mensonge, trom-
perie.
Arche # |I 1. s.f. Coffre. Aller à
l'arche, chercher de l'argent. Du
vx mot arque, coffre, dont on a
fait archives, lat. arca, coffre. || 2.
Fendre l'arche à quelqu'un, l'im-
portuner. Se fendre l'arche, se
tourmenter, s'ennuyer, a II avait
bougrement l'air de se fendre
l'arcJie. » (MétémeK, la Chair.)
Il 3. Je lai fends l'arche, je prends
(se dit en faisant une levée au jeu
de cartes). || 4. Q Arche de Noé,
l'Académie.
ArchicubeOs.m. Ancien élève de
l'Ecole normale.
Archipointu s. m. Archevêque.
Archi-suppôt % s. m. Passé maître
dans la connaissance de l'argot
(voir la notice historique de l'ar-
got). « Archi-suppôt de l'argot. »
Architecte (F.M.) s. m. Dieu.
« V Architecte de l'univers. Le su-
pi'ème Architecte. »
Arco % s. m. Avare. De la même
origine que le holl. harli, râteau,
l'instrument qui gratte. [Timmer-
MANS]
Arçon % s. m. =: Accent. Signal
convenu entre voleurs.
Arçonner v.a. Apostropher
quelqu'un, avertir, donner l'a-
larme, voy. Arçon = Accent.
Arcpinser % v.a. = Arquepin-
cer. Prendre, saisir, arrêter, dé-
rober. Arquepincez mon anse,
prenez mon bras. Arcpincer l'om-
nibus, prendre l'omnibus. Des
mots arc et pincer. On dit dans
le m. s. pincer au demi cercle.
(Larchey)
Ardent, e # s.m. Cierge, chandelle,
bougie. — Fauche-ardents, mou-
che ttes.
Ardents s. m. pi. Yeux, (vx)
Ardoise # s.f. Avoir Vardoise,
avoir crédit. C'est sur une ardoise
ARGA.
— 16
ARNAQUER.
que les débitants (restaurateurs
ou marchands de vin) inscrivent
les dépenses de leurs clients. — Se
fourrer une chose dans Cardoise,
se graver une chose dans la mé-
moire .
Arga # s. m. Part, u Pour mon
arga je serai ton dévoué jusqu'à
la mort ». [Rabasse. |
Arganeau s. m. Anneau réunis-
sant deux forçats.
Argent Q s. m. Argent mignon,
argent que se procurent certaines
femmes mariées, par des moyens
inavouables.
ArgoDji % s. m. Jargon, m. déf.
V. Largonji.
Argot := Arguche s. m. Sot,
niais.
Argoté a. Dupé. Pante arqolc,
individu suffisant qui est berné.
Argoter v. n. Parler argot. En
ital. gergo, de gorge, langage ou
gargouillement mcompréhensible
[TlMMERMANs].
Argoteur 0s. m. Qui. parle argot.
Argotier Q s. m. Celui qui a cou-
tume de parler argot. Voleur.
Argousin s. m. || 1. Policier.
Ij 2. Maître-ouvrier.
Arguche s.m.||l. Argot, du
gr. "Ap-yoç, en lat. Argus, gardien
célèbre; l'argot est la langue des
l)risons. Arguche, quintessence
d'argot et skt. uca, haut. || 2. #
Niais, sot. En franc, le mot (//•-
gutie s,[2m{ie raisonnement sur
des vétilles, des niaiseries.
Arguemine % s.f. Main. Compo-
sition hybride de racler, en da-
nois ra(/e, gratter, amasser, et de
miîie pour main. [Timmermans]
Aria Q s.m. Contrariété, embarras,
obstacle. Du skt. usreyas, infor-
tune, malheur, vx fr. arric m. s.
Aricoteur % s.m. Bourreau, (Vi-
docq) il coupe l'endroit où se
forme le langage guttural appelé
Vargpt. C'est le même organe
qu'on désigne dans boire à tire-
larigot ; c'est lui encore qu'on
entend dans ragonner, ronchon-
ner, râler, etc., etc. [Timmer.m.vns.]
Aristarque Oi^-Pï"- Un petit mon-
sieur qui parle haut au théâtre.
Aristo s.m. Abrév. d'aristocrate,
personne qui a des manières élé-
gantes, distinguées. « Faire Va-
risto. »
Aristocrate % s.m. Prisonnier
qui a les moyens de prendre sa
nourriture à la cantine.
Arlequin s.m. = Bijoux. Ro-
gatons, restes de viandes de toute
sorte, d'où le nom d'arlequin,
composé de morceaux divers
comme l'habit de ce personnage.
Marchand d'arlequins == bijou-
tier.
Arme0 (mil.) s.f. Passer Vanne à
gauche, mourir.
Armée Q s.f. || i. Armée du salut,
sorte de secte religieuse fondée
en Angleterre en 1864. I| 2. Armée
roulante, c'était autrefois la chaîne
des forçats, conduite par les ro-
veaux (gendarmes).
Armoire s. f. |1 1. Tête (mil.).
112. Armoire à glace, le quatre
d'un jeu de cartes. || 3. Armoire
à pétard, violoncelle, contre-
basse à cordes. || 4. Armoire à
poils, sac du soldat d'infanterie.
Arnac = Arnache.
Arnache # s.f. = Arnac, police.
Syn. de renifle parce qu'elle fourre
son nez (en lat. nasus), dans les
affaires des voleurs. Arnache est
la prononciation normande, pour
renache. [Timmerm.vns.]
Arnaque % s. f. Tromperie, trahi-
son. — Être àV arnaque, trompeur
qui ne se laisse pas tromper.
Jouer Varnaque, se moquer de la
police, la berner (voy. Pienacle).
Arnaquer # v. Préparer une
ARNAUD.
17
ARTICHE.
fraude au jou (voy. Renâcle).
Arnaud a. (pour renaud). Être
arnaud, renaudery être de mau-
vaise humeur.
Arnauder v.n. Murmurer, m.
déf. pour renauder. Variante de
renâcler. [Timmermans.]
Arnelle # n.pr. Rouen. Du nom
de la petite rivière la Renelle.
Arnellerie 0s.f. Roucnnerie.
Arnif 0s.m.Lapolice.Pourrcni7Ze.
[TiMMKUMANS.]
Arpagar 0n.pr.Arpajon(S.-et-O.),
m. déf.
Arpes # (V) s. pi. Barreaux pour
harpes, v.c.m..
Arpète ou Arpette s. m. Ap-
prenti, du mot arpenter, l'apprenti
va, vient, et arpente dans Tatelier
ou les rues continuellement.
Arpion s. m. =: Harpion. Pied.
J'ai l'arpioii plus dur que des clous.
(J. RicHEPix, Chatis. des Gueux.)
Du vieux mot arpion, griffe. En
franc, harpon, harponner. « Che~
linguer ou plomber des arpions. «
Arpions s.m.pl. Les doigts de
pied.
Arquepincer voy. Arcpincer.
Arquer (S') v.pr. Se voûter, se
courber en vieillissant.
Arracher 0v. a. Arracher du chien-
dent,, chercher une dupe, ou l'oc-
casion de voler. — Arracher son
copeau, travailler consciencieuse-
ment. — Arracher un pavé, (ona-
nisme).
Arrangemaner v.n. Tromper,
duper. — Arrangemaner son velin,
battre sa femme.
Arranger v.n. Arranger un
pante, duper, tromper ou battre
un bourgeois.
Arrangeur Q (arg. des cercles)
s. m. Celui qui arrange les cartes
et les séquences.
Arrêter y. a. Arrêter les frais,
suspendre une chose commencée.
Cette expression vient du jeu de
billard, où on arrête les frais
quand on cesse de jouer.
Arrière-train s. m. Derrière.
Arriver O ^■^' U7i homme arrivé,
qui a sa position laite. — Arriver
premier, dépasser ses concur-
rents.
Arrondie # s.f. Montre.
Arrondir (S') Q v.pr. || 1. Écono-
miser, augmenter ses propriétés.
Il 2. Etre enceinte.
On s'a fait arrondir el'globc.
(And Uill, la Muse à Bibi.)
Arrondissement s. m. Chef -lieu
I d' arrondissement, ïemme enceinte.
Arrosage Q s.m. || i. Acompte
I sur une dette. |] 2. Tournée d'ar-
I rosage, tournée bue sur le comp-
j toir.
' Arroser Q v. Payer. Arroser un
créancier, lui donner un acompte.
Arroser ses galons (mil.j régaler
ses camarades à l'occasion de sa
promotion.
Arroseur s.m. Arroseur de ver-
douze. Jardinier, maraîcher.
Arrosoir Q s.m. Coup d'arrosoir,
tournée chez le marchand de vin.
Arsenal # s.m. Arsenic (m. déf.).
Arsonner # v.a. 1 1 1 . Fouiller. || 2.
Pratique de l'onanisme chez la
femme.
Arsouille s.m. Voyou ignoble.
Milord V arsouille, homme riche
qui vit dans l'orgie. Avoir l'air
arsouille, avoir l'air canaille. Dé-
formation du vx mot : souillart,
canaille, vaurien.
Art (F. -M.) s.m. Art royal, la
Franc-Maçonnerie .
Arthur n.d.b. Bellâtre, voy.
Amant de cœur,
Arthurine Prostituée, la femme
de Varthur.
Artiche % s.m. Ij 1. Porte-mon-
ARTICLE.
— 18 —
ASSEOIR.
naie. — Secouer Varliehe, fouiller
un ivrogne et le dévaliser. Artiche
pour galette, argent, de apxoç,
pain, galette. L'argent est rond
comme la galette. [Timmermans.J
II 2. Le derrière.
Article O s. m. Faire l'article,
vanter une personne, un objet.
Etre fort sur Varticle, bien con-
naître une chose. — Etre porté
sur Varticle, être amoureux, luxu-
rieux. — Être à Varticle de la mort,
sur le point de mourir. — Payer
son article quatre (typ.), payer sa
bienvenue.
A.rtie # s.m. r= Artif ^= Artiffc
= Arlon. Pain, du gr. «5cp-oç, pain,
Prov. Artoum. — Ârtie de Meulan
ou savonné, pain blanc. — Artie
du Gros-Guillaume, pain noir. —
Artie de guinaut, pain moisi.
Artilleur Q s.m. Ivrogne (celui
qui fait manœuvrer le canon du
marchand de \'m).^ Artilleurs de
la pièce humide ou artilleurs à ge-
noux, infirmiers militaires.
Artis# s.m. L'argot, langage de
ceux qui appellent le pain artie.
Artiste s.m. 1| i. Etre artiste,
dépenser son argent sans compter
et ne pas penser au lendemain.
Bohème sans souci. || 2. Balayeur
[qui manie le pinceau (balai)]. ||
3. Vétérinaire (pays.) \\ 4. Cada-
vre qui figure à la Morgue.
Artois (B) s.m. ï^am {\oy. Artie).
Arton (V) s.m. Pain (voy. Artie).
Artoupan # s.m.Garde-chiourme.
Arvans (V) part.pr.pl. Se réjouis-
sant.
Arvé ^ s.m. Dupe.
Arves (V) a. pi. Réjouis.
As O "1- Il ^' Le numéro L Un
potage à Vas! au cabinet ou à la
table qui porte le n» 1 au restau-
rant. Il 2. As percé, as seul de
sa couleur (expression du jeu de
bouillotte). Il 3. Avoir des as dans
son ./ew, avoir de la chance. — Etre
à Vas, avoir beaucoup d'argent.
Il 4. il s de carreau, ruban de la
Légion d'honneur. || 5. Avoir Vas
de carreau dans le dos, le sac au
dos (allus. à la forme) ou être
bossu. Il 6. As de pique, l'anus,
par ext., homme nul = cul.
Il 7. Fichu comme Vas de pique,
mal bâti, mal vêtu. || 8. Veiller
à Vas, ouvrir l'œil, faire attention.
Asioet O s.m. Expression du jeu de
dominos, le double-un.
Asinver0v.a.Abrutirq.q. (sinre).
Asperge s.f. Asperge montée^
individu maigre et de grande
taille.
Aspergés obsc. s.m. Membre
viril.
Asphaltais Q s.m. Flâneur. =r
Polisseur d'asphalte, badaud.
Asphyxier ^\. a. Boire. Asphyxier-
un perroquet, boire un verre
d'absinthe ; allus. à la couleur.
Asphyxier le pierrot, boire un
verre de vin blanc ; allus. à la
couleur blanche du pierrot. —
Être asphyxié, ivre mort.
Aspic s. m. Médisant, calomnia-
teur ; allus. au venin du serpent.
On dit en parlant d'une personne
médisante, qu'elle à une langue
de vipère, la. y'ipëre ne recèle pour-
tant pas le venin dans sa lan-
gue.
Aspiquer v.a. Calomnier (voy.
A spic) .
Aspiquerie # s.f. Calomnie, mé-
disance.
Asseoir v.pr. S'rtsseoir, tomber
(par ironie). — Envoyer quel-
qu'un s'asseoir, le congédier, l'en-
voyer promener. « Allez vous as-
seoir », « taisez-vous » ; allus.
à ce que dit le président à la fin
d'un interrogatoire. — « Asseyez-
vous dessus », « imposez-lui si-
lence, étouffez ses cris » ; a assez.
I
ASSERMENTE. — 19 —
ATTACHE.
..Aez vous dessus! » — S'asseoir
dessus, faire fi (Kune chose. —
S'asseoir sur le bouchon, s'asseoir
par terre.
Assermenté O ^- ^^^^^ assermentée
(on carte), inscrite à la police.
Assesseur s. m. Q Partenaire
(arg. des joueurs).
Assiette s.f. Avoir Vassietlc au
beurre, être dans l'aisance, avoir
sa grande part de cliance. — Acca-
parer Vassielte au beurre, prendre
tout pour soi.
Assister # v.a. Porter des provi-
sions, des douceurs à un détenu.
Voy. Poqne.
Abrév. d'associé.
)s.f. Epouse, femme
Assoce s.f
Associée (typ
légitime. *
Assoiffé a. et s. m. Altéré, qui
a toujours soif.
Assommoir 0s. m. Débit devins
et liquoriste où Ton boit des al-
cools inférieurs qui assomment
les consommateurs. Poivre d'as-
sommoir, eau-de-vie inférieure
=z Vitriol.
Astec0 s. m. ^=Astéque = Aztè-
que. Avorton, malingre, chétif,
rachitique; par ext. homme de
peu de valeur ; allus. aux Astè-
ques, peuplade de l'ancienne
Amérique.
Astic(mil.)s.m. I| l.Épée. Du franc.
asticoter, faire de pctiles piqûres.
Il 2. Tripoli qui sert au nettoyag:'
du fourniment, de l'épée par con-
séq ient. Aller à raslic, faire le
nettoyage du fourniment. \\ 3.
Polissoir (cordonniers).
Asticot Os. m. Il 1. Vermicelle;
allus. à la forme (vermisseau).
Il 2. Maîtresse de souteneur. ||
3. Asticot de cercueil, verre de
bière (j.d.m.). |1 4. Membre viril.
Asticoter v.a. Harceler, aga-
cer.
Astique s. m. Abrév. d'asti-
quage, nettoyage. « Faire Vasti-
que. »
Astiqué a. Propre, net.
Bien astiqué, proprVommc un sou.
Il est gentil, mon p'tit pioupou.
Astiquer v.a. || 1. Battre, frap-
pera coups d\istic. On dit encore
frapper d'estoc. Estiquer signifiait
frapper de la pointe. || 2. Nettoyer
(mil.). Il 3. S'astiquer, v. pr.
(onanisme), jj 4. Se chamailler.
Il 5. Astiquer pour asticoter,
agacer.
Atelier (F.-Mj s.m. || 1. Endroit où
se réunissent les Francs-Maçons, jj
2. Chambre à coucher (arg. des
filles).
Aticher voy. Atiger.
Atigé a. et s.m. Malade,
blessé. iHajique aux atigés, hôpi-
tal, du lat. attinqere, atteindre.
Atiger v.a. Frapper, blesser.
Atiger cher, défigurer, saisir.
Atome O s.m. Atomes crochus, élé-
ments mystérieux d'une sympa-
thie réciproque. [L. Larchey].
« Nos atomes crochus ne se con-
viennent pas. » [MÉRIMÉE.]
Atouser 0v.a. Encourager, don-
ner de Vatout (du courage).
Atout s.m. Il 1. Courage. Avoir
de l'atout, avoir du courage. || 2.
Coup violent. « Recevoir un atout.»
Il 3. Capacités, talents, chances de
réussite. — Avoir tous les atouts
dans S07Î jeu, avoir toutes les
chances pour réussir dans une
affaire.
Atrimeur (B.) s.m. Larron, ma-
raudeur.
Atrimois 9 (B.) s.m. Atrimois
ambiant, voleur, brigand. Detri-
mar, chemin, et ambier, marcher.
S. pr. ;voleurde grand chemin.
Attache Q s.f. Abrév. d'attache-
ment. ||1. Liaison intime, || 2.
Boucle # Attaches d'huile, bou-
ATTACHER.
— 20
AUSEIGNOT.
clés d'argent. Attaches d'orient,
boucles en or.
Attacher ^ v.a. Attacher un bi-
don, une gamelle à rjnelqu'inif le
dénoncer, l'accuser.
Attaque s.f. D'attaque, vive-
ment, spontanément. — Homme
d\ittitque, homme d'action. —
Y aller cVattaquc, vigoureuse-
ment. — Etre d'attaque, être vi-
goureux, ne pas bouder à la be-
sogne.
Fait vraiment un froid d'attaque.
(J. KicHEPiN, Chanson des Gueux.)
(un froid vif). — « Coupcau mar-
chait de l'air esbrouifeur d'un ci-
toven qui est d'attaque. » {L'Ass.
Zola).
Attelage Q s. m. Attelage double,
quatorze de rois au jeu de pi-
quet. Un bon attelage, deux
amis inséparables.
Attendrir (S'j v.pr. se griser,
être ému.
Attiger voy. Atiger.
Attignole s.f. Sorte de crépi-
nette normande.
N'importe où nous nous empâtons
D'arlequins^ d'briffc et d'rogatons.
Uuâqu'fois d'saucisse et d'a/tignoles.
(J. KicHEi'iN, La Chanson des Ciuevx.)
Attoucheiise s.f. Prostituée, du
franc, attouchement.
Attrapage0 s. m. jl {.Discussion,
dispute. « Avoir un attrapage
avec un cocher. » || 2. Critique
acerbe et souvent méchante.
Attrape s.f. Plaisanterie.
Attraper v.a. || 1. Faire un por-
trait ressemblant. « Attraper la
ressemblance ». || 2. Critiquer, in-
jurier, ércinter une personne ou
lune œuvre. || 3. Attraper quel-
gu'zm, lui faire des reproches, l'ad-
monester. Il k. Attraper Vognon,
la fève, payer pour les autres, re-
cevoir un coup qui ne vous était
pas destiné, j] 5. Attraper le lustre
(thé.), ne pas pouvoir atteindre la
note voulue dans un chant. || 6.
S'attraper ^ v. pr., en venir aux
injures et aux coups.
Attrape-science s . m. Apprenti
cordonnier, par ext. désigne tous
les apprentis.
Attrapeur Q s. m. Critique acerbe
et souvent malveillant.
Attrimer % v.a. Attrlmcr les ro-
baux, faire courir les gendarmes.
vS.pr., aller au trimar (chemin).
Attriquer v.a. Acheter. —
Acheter des objets volés. — Aftri*
quer sur le verbe, acheter à crédil
Attriqueur ^ s. m. Acheteur. -
Receleur, qui achète les objets
volés.
Attristé % s. m. = Hiboux. Volcui
qui opère la nuit.
Aubade Q s.f. Donner l'aubade]
faire un sacrifice matinal càYénuSj
Auber ^ (V) s. m. Argent, mon^
naie. = Aubert. « Plus à'auber^
n'était en fouillouse. » [Rabelais.
Du vx mot haubert, cotte d(
maille, la maille était une petiU
monnaie de valeur variable. Oi
emploie souvent encore l'exprès
sion : « N'avoir ni sou ni maille.
Aubion (B) s. m. Bonnet.
Aumône s.f. Voler à Vaumône
voler chez un bijoutier des objet!
qu'on place dans la main di
faux mendiants stationnant à h
porte et auxquels on semble fairi
Vainnône.
Aumônier s.m. Voleur à Vau-
mône, v.c.m.
Année s.f. Douzaine.
Aûs O s.m. (arg. des employés de
commerce). Celui qui ne sait pas
ce qu'il veut, qui ennuie et fait
déranger les employés pour rien.
= Margoulin.
! Auseignot #s.m. Complice, aide,
i allié.
AUSTO.
Austo = Ostot (mil.) s. m. Salle
de police, prison = Oîtio, du vx
mot ost ou host, armée.
Autan # (G) s. m. =r Haut-tempa.
Il 1. (irenier, du lat. iiltus^ haut,
le grenier étant dans le haut de
la maison. || 2. Lieu élevé.
Autant O (mil.) adv. A recommen-
cer,
Autei (F. -M.) s. m. ||1. Table de-
vant laquelle est assis le véné-
rable. Il 2. O Autel de plume, lit.
Mais, Iris, save7.-vous la coutume ?
Avcï-vous |)u l'en croire à son .serment?
deux que l'on fait sur un autel de pluttic
Sont aussitôt emportés par le vent.
Il 3. Autel de besoin, prosti-
tuée.
Auteur O s. m. Père ou mère.
« L\iuteur de mes jours. » « Mon
auteur. »
Autor s. m. Abrév. d'autorité.
Faire de Vautor, être autoritaire.
D'autor et d'achar, d'autorité.
Travailler d'autor et d\ichar, tra-
vailler avec opiniâtreté. — Pren-
d>'e d^iutor, prendre de force. —
Jouer d'autor (à l'écarté), c'est
jouer sans demander de cartes.
Autre O L'Autre = VA7icien.^n\)0-
léon l^''.u Ah ! si V Autre était en-
core là! » — Etre l'autre, être le
perdant d'une partie, être la vic-
time, la dupe.
Auvergnat # s. m. Avaler Vauver-
gnat, communier.
Auverpin s. m. Auvergnat, m.
déf. Par ext., on désigne les
commissionnaires et les charbon-
niers du nom cVauverpiyis, parce
que ceux qui exercent cette pro-
fession sont généralement Auver-
gnats.
Auverpinches s. m. pi. Gros
souliers (d'Auvergnat).
Auxiliaire # s. m. Détenu faisant
les fonctions de domestique.
21 — AVÈNE.
Auzard # (B) s. m. Ane.
Avachi Q a. Homme sans courage
et sans énergie.
Avachissement Q s. m. Manque
de courage, abattement.
Avaler v.a. Avoir avalé une
chaise percée, avoir mauvaise ha^
leine. — Avaler sa chiffe (lan-
gue), sa cuiller, sa fourchette,
avaler sa gaffe (mar.), avaier le
goujon (pêcheur), avaler ses ba-
guettes (se dit d'un tambour),,
avaler sa canne (se dit d'un tam-
bour-major), mourir. — Avaler
la douleur, boire un petit verre
d'eau-de-vie. — Avaler son pouS'
sin, être congédié, c'est-àniire
être repoussé. — Avoir avœlé le
pépin, être enceinte (allus. à la
pomme d'Eve). — Avaler le luron,
l'auvergnat on le polichinelle #
communier.
Avale-tout s.f. (Obsc.) Pros-
tituée. (Fellatrix.)= Agenouil-
lée.
Avale-tout-cru ^ m. Voleur de
diamants qui quelquefois les
avale.
Avaloir s. m. ou Avaloire f. Go-
sier (avaier).
Avancé Q a. Progressiste à ou-
trance. « C'est un avancé, n
Avantages s. m. pi. Seins.
Avant-cœur s. m. = Avant-postes,
s. m. pi. =: Avant-scène s.f. Seins
(allusion à leur saillie). Il y adu
monde aux avant-postes, à l' avant-
scène, signifie que la personne à
une forte poitrine.
Avant-courrier s. m. Mèche
anglaise à percer.
Avant-scène vov. Avant-cœur.
Avaro _
du franc, avarie.
Aveindre v.a. Atteindre un
objet élevé et le saisir.
Avène s.f. Avoine : du lat.
avenu .
s. m. Dommage, accident,
1
AVERGOT. — 22 — BABIGNER.
se dit d'une fille qui n'a plus sa
virginité. — Avoir son pain cuit,
avoirsa position assurée. — Avoir
mangé de Voseille, être de mau-
vaise iiumeur. — Avoir mal aux
cheveux, avoir mal à la tête par
suite d'excès de boisson. — Avoir
la peau trop courte, péter. —
Avoir Voreille du public, être
écouté et, par ext., être bien vu.
— Avoir Vétrenne d'une chose,
l'avoir le premier. — Avoir Ves-
tomac dans les talons, avoir faim.
— Avoir les côtes en long, être pa-
resseux. — Avoir le pouce rond,
être adroit. — Avoir le compas
dans lœil, voir les choses exacte-
ment. — Avoir quelqu'un quelque
part, mépriser, se moquer de ce
que peut dire une personne. =
avoir dans le cul. — Avoir cam-
pos, avoir congé. — L'avoir en-
core, avoir encore sa virginité. —
N'avoir rien du côté gauche, man-
quer de cœur. — En avoir sa cla-
que, avoir trop d'une chose. —
iS'avoir pas inventé la poudre, le
fil à couper le beurre, être sot,
nigaud. — Ne pas avoir sa langue
dans sa poche, avoir la langue
bien pendue, savoir parler, avoir
la langue déliée.
Aze s. m. Ane, vx mot franc., du
lat. asinus, âne.
Azor s. m. Chien. — Appeler
azor, siffler. — Partir à cheval sur
azor (mil.) partir le sac au dos.
Aztèque voy.Astec.
Avergot s. m. Œuf. En argot i
ital. albertot.
Avertineux a. m. == Grincheux,
grognon.
Avesprir 0v.n. Faire nuit, du lat.
vesper, soir.
Aveugle a. Potage, bouillon
aveugle, bouillon faible (sans
yeux).
Aveulir (S') O '^'•pr. S'amollir,
du franc, veule, mou.
Avocat s. m. Avocat bêcheur. \\
1. Procureur de la République. j|
2. Celui qui déblatère sur ses ca-
marades, médisant (typ.).
Avoine s.f. I|i. Ration d'eau-
de-vie (mil.). Il 2. Coups de fouet.
Donner de Vavoine à un cheval,
fouetter (par iro.). \\ 3. Recevoir
de Vavoine, être rebuté par celle
qu'on aime.
Avoir v.a. 0O Avoir le bras long,
être dans une situation à pouvoir
protéger quelqu'un, avoir de l'in-
fluence. — Avoir du sable dans les
yeux, avoir envie de dormir. —
Avoir du pain sur la planche.,
avoir des économies. — Avoir du
chien dans le ventre, être hardi
jusqu'à la témérité. — Avoir de
beaux cheveux, êtremalmis, se dit
d'une chose laide (iro.). — Avoir
quelque chose dans le ventre, avoir
des capacités, de la valeur. —
Avoir des mots avec quelqu'un, se
fâcher avec lui. — Avoir à la bonne,
avoir de Taffection pour quel-
qu'un, aimer. — Avoir vu le loup,
Baba a. Étonné, ébahi, stupé-
fait. « Etre baba, en rester baba. »
Onomatopée énonçant la bouche
qui bée. [Timmermans]
Babahissant Q a. Etonné {Événe-
ment, 22 septembre 84), ébahi.
Babanquer v. Bien vivre.
Babigiier0(V)v.n. Babiller, pour
BABILLANDIER. — 23
BADIGEONNER.
babiner. Remuer les babines, nom
naturel des lèvres. [Timmermans.]
Babillandier % s. m. Libraire.
Babillangier (V) v.n. Babiller,
ext. de bahigner .
Babillard s. m. 1|1. Journal,
livre, billet. Griffonneur de 6a6t/-
lards, journaliste. |1 2. % Confes-
seur.
Babillarde # s.f. jll. Pendule,
montre. Il 2. = Babille s.f. let-
tre, supplique.
Ma largue part pour Versailles
Aux pieds d'sa niajesl(^,
EU' lui fonce un « babillard »
Pour m faire défourailler
(V. H. Le dernier jour d'un condanim').
— Babillarde volante, télégramme,
dépêche. — Porteur de babillar-
des, facteur.
Babillarder # v.a. Écrire.
Babillardeur s. m. Ecrivain.
Babiller v.a. Lire.
Babilleur s. m. Journal, livre.
Babiner v.n. voy. Babigner.
Baboue s.f. Faire la baboue,
faire la moue, la grimace. J.d.m.
sur babou, bonne d'enfants, ori-
ginaire des Indes; racine de
bouder. [Timmermans.]
Baboua, babouin s. m. Bouton
sur la lèvre. J.d.m. sur bobo. [Tim-
mermans.] Fr. Babine, lèvre pen-
dante.
Babouine f. Lèvre, bouche
lippue. Se lécher les babouines,'SG
pourlécher, se régaler, se délecter.
Variante de babine, par j.d.m. sur
babouin, angl.ape, ail. a^e, singe.
fTiMMERMANS.]
Babouiner % v.a. Manger.
Bac O s. m. || t. Abrév. de bacca-
rat. Tailler un bac, iouer au bac-
carat. Il 2. Abrév. de baccalauréat.
Voy. Bachot.
Bacchante # s.f. La bacchante,
la barbe. Les bacchantes s.f. pi.,
les favoris. Réminiscence de
l'ail. /?ac/je, joue, variante débou-
che, bec. [Timmermans.]
Bâchasse s.f. Travaux forcés,
autrefois, le bagne, les galères.
Allusion au mot bac, nateau,
en holl. 6a/i, bassin. [Timmermans.]
Bâche s.f. Il 1. Casquette, (elle
couvre la tête comme la bâche
couvre un camion chargé.) || 2.
Se mettre dans la bâche, se mettre
dans le lit, s.pr.,sous la couver-
ture. Il 3. Enjeu.
Bâcher (se) (mil.) v.pr. j] l.Se met-
tre dans la ôdcAe, v.c.m. || 2. Bâ-
cher, v.n. On va nous 6âc/ter,nous
loger.
Bachot O s. m. Baccalauréat.
« Passer son bachot. »
Bachotier Q s. m. Aspirant au
baccalauréat ou celui qui prépare
au bachot.
Bachotter Q v.n. Voler au jeu.
Bachotteur Q s. m. Compère du
grec qui vole au jeu. Il tient le^
bâches (enjeux) et semble couvrit
de sa protection le joueur qu'on
veut tromper.
Backer (sport) Q s.m. || {.^Book-
maker, v.c.m. Il 2. Parieur sur un
seul cheval.
Bacon s.m. Porc, cochon. Ce
mot est usité dans certaines con-
trées de la France, avec ce sens.
En angi. bacon, lard.
Bacreuse s.f. Poche; profonde
ou basse et creuse. [Timmermans.]
Bade s f . Lèvre.
Baderne O s.f. Personne usée,
vieillie. Gâteux. « Vieille baderne.»
Une baderne dans la marine si-
gnifie un paillasson fait de vieux
cordages. [Larchey.]
Badigeon s.m. Fard, maquil-
lage. En ail. betilnchen, lat. tin-
gere, teindre. [Timmermans.] Se
coller du badigeon, se farder.
Badigeonner v.a. Farder. —
Badigeonner la femme au puitSf
BADIGOINCES. — 24 —
BAGUENAUDER.
mentir, s.pr., barbouiller la Vérité
qu'on représente sortant d'un
puits.
Badigoinces 0s.f.pl. || <. Lèvres.
Il 2. Joues. Jower des badigoinces,
se caler les hadigoinceSy manger.
De bades, lèvres, et goinces, en
ital. guancîe,iovics. [Timmermans.]
Badingue = Badinguet,0 np^"-
surnom donné à Napoléon III.
Badinguette, Q n.pr. surnom de
l'impératrice Eugénie, femme de
Napoléon III.
Badinguiste O = Badingoidn, Ba-
dingateux, Badingueiisard. Sur-
noms injurieux donnés aux bona-
partistes.
Badouillard O s. m. Viveur, no-
ceur (1840-1850). De bades,\è\rcs.
Il s'en sert pour manger comme
le badaud pour badauder ou béer.
[Timmermans.]
Badouille s.f. Homme sans
énergie, qui se laisse gouverner
par sa femme. Mou comme des
bades flasques. [Timmermans.]
Badouiller vin. Nocer, courir
les endroits de plaisir.
Badouillerie s.f. Noce, or-
gie*
Baffe s.f. = Baffre, v.c.m.
Comme paff^ imitation du bruit
d'un coup de pistolet. En angl.
buffet, coup. I)er Pu/fer, en ail.,
pistolet. [Timmermans.]
Baffer v.a. Donner une gifle.
Baffre s.f. Gifle, coup. « L'ac-
coucheuse, là-dessus, lui a lâché
une baffre, v'ian 1 en plein mu-
seau. » [Ass. Zola.) Voy. Bafe.
Bâfrer v.n. Manger goialùment.
Variante de baboûiner. [Timmer-
mans.] Du skt bax ou buj m. s.
(Burnouf.)
Bafouillage s. m. Bredouil-
lement. Nuance phonique de la
racine de babiller. [Timmermans.]
Bafouiller v.n. Bredouiller.
! Bafouilleur, euse s. Bredouil-
! leur.
' Bagatelle s.f. Faire la baga-
j ie//e, action charnelle. — Lesbaga-
telles de la porte, le boniment du
saltimbanque à la porte de la bara-
que; chose insignifiante précé-
dant une action principale. —
S'amuser avec une femme aux
bagatelles de la porte, prélimi-
naires de l'amour.
Bagnole s.f. || 1. Taudis, gale-
tas, bouge. Il 2. Mauvaise voilure.
« La maigre salade que les-
bonnes femmes poussent devant
elles dans leurs bagnoles à bras »
(RicHEPiN, la Glu.)
Bagotier s. m. Individu qui
attend les voyageurs dans les-
•: gares et suit en courant leur voi-
ture pour décharger les bagages
à destination.
Bagou s. m. Il 1. Bavardage, élo-
quence. Bagoult, de bagouler
(vx fr.), parler à tort et à travers.
En ail. la racine Backe, mandi-
bule, répond à ba. Gou et goult
sont des mutilations de gueule.
[Timmermans.]
Bagoul # s. m. = Bague s.f. Nom
propre (état civil) .
Bagoulard s.m. Hâbleur, ba-
vard, voy. Bagou.
Bagouler v.n. Parler à tort et
à travers.
Baguenaude s.f. Poche. Par
allusion au fruit du baguenaudier
que les enfants font claquer entre
leurs mains. La gousse du fruit
est assimilée aune poche. [Timmer-
mans.] Baguenaude à sec, poche-
vide. Baguenaude ronflante, poche
bien garnie.
Baguenauder© v.n. Se promener^
flâner. S.pr., se promener les
mains dans les poches. La bague-
naude est une amusette. Le 'mot
est formé de bague pour bouche»
BAGUETTE.
— 25 —
BALANCEMENT.
en ail. Backc, mandibule, et de
naiide pour nez, comme dans
rcnaud pour renaclie. Baguenau-
der est badauder de la bouche cl
du museau ou nez. [Timmermans.J
Baguette Q s. m. || 1. Jambe mince
et tluette. Baguettes de tambow,
membres grcMcs. j! 2. Mener à la
biigaette, mener durement.
Bahut O s. m. Il 1, Pension, école.
Bahut spécial, école militaire de
Saint-Cyr. lialiut paternel, maison
palorncUe. || 2. Mobilier. « fui
bazanlé tout mon bahut. »
Bahuier (St. -G.), v.n. Faire du
tapaiço.
Bahuteur (écol.) s. m. || 1. Mau-
vais écolier qui change souvent
de i)ension. |] 2. Tapageur.
Baigne-dans-le-beurre s.m.
Souteneur (le maquereau s'accom-
moile au beurre).
Baigneuse % s.f. Chapeau de
femme à la mode au xviii" siècle.
Baignoire s.f. Baignoire à Bon-
Dieu, calice.
Bâiller Q v.n. Bâiller au tableau
(thé.), se dit d'un artiste qui n'a
qu'un bout de rôle dans une pièce,
il est inscrit au tableau et n'a
presque rien à faire. — # Faire
bâiller le colas, guillotiner (ouvrir
le cou).
Bain0s.m.Pî'en^î*ewn bain, boire
beaucoup. — Aller au bain, aller
se promener. — Bain de pied,
excédent d'une tasse de café qui
déborde dans la soucoupe. « Un
moha sans bain de pied, » —
Prendre un bain de pied, être
déporté = Aller à la Nouvelle.
— Bain qui chauffe , soIg'û brûlant
qui amènera la pluie.
Bain-marie s.m. Personne d'un
caractère nonchalant. Femme au
bain-marie, femme nonchalante.
Baiser v.a. (Obsc.) Coïter.
— Se faire baiser, se laisser
tromper, duper. — Baiser le cul de
la vieille, ne pas marquer un seul
point dans une partie, perdre une
série de parties. r= Etre bnisé en
canard. — Je suis baisc,]c suis pris.
Baissier s.m. (Bourse) Celui qui
joue sur la baisse des fonds
publics.
Baiseuses s.f.pl. Lèvres.
Baïte s.f. Maison. (VmocQ.)
Bajaf s.m. Grossier, goujat.
Oui aboie après les gens ; de
aboyer, en angl. ta bay. [Timmer-
MANS.j
Bajoter # v.n. Jacasser.
Bajoues Q s.f.pl. Joues ilasques et
l)endantes. Du mot fr. bajoue,
partie de la tête de cochon.
Bal0s.m.£/re dans /e 6a/, être dans
une position critique. — Bal blanc
O bal intime entre jeunes gens.
— Bal de têtes Q bal en tenue de
soirée dont les invités ont la tête
grimée. — Bal de V estomac
mauvais estomac. — Aller au bal
(mil.) aller à la salle de police. —
% Prison. Bateaux de bal, amis
de prisons. Par abrév. de ballon,
m, s.
Balade s.f. Promenade. Etre en
balade. Faire la balade, se pro-
mener.
Balader v.n. |1 1. Promener,
marcher. Se balader, ne rien faire.
112. # Choisir, chercher,
Baladeur, euse s. Celui qui a
l'habitude de se promener, d'aller
et venir; promeneur.
Baladeuse s.f. Petite voiture de
marchand ambulant.
Balai s.m. Gendarme. -Agent
de police (il chasse les marchands
ambulants). — Balai de Vestomac,
épinards . — Donner du balai, con-
gédier renvoyer. — Faire balai
neuf, faire du zélé, se dit d'un do-
mestique zélé.
Balancement O s.m. Renvoi.
BALANCER.
— 26 —
BALLONNE.
Balancer Q v.a. Berner q.q., lui
faire perdre son temps, lui conter
des balançoires (Larchky) .—% Ba-
lancer. sa largue, quitter sa femme.
— Balancer la tinette = Vider
Thomas, vider la tinette. — # ©
Jeter. — Balancer ses alênes, cesser
de voler. — Balancer q.q., le ren-
voyer. « Encore un qui veut dla
braise, fvas V balancer. » — Ba-
lancer ses chasses, regarder, veil-
ler. — Balancer le chiffon rouge,
parler, m. à m., remuer la langue.
— Se balancer le chinois (obsc),
onanisme. — Balancer une laza-
gne, envoyer une lettre. — # Ba-
lancer sa^canne, le vagabond qui
devient voleur balance sa canne.
Balançeur % s. m. Balançeur de
braise, changeur.
Balancier s. m. Faire le balan-
cier, attendre q.q. en allant et
venant comme un balancier.
Balançoire s.f. Mensonge,
mystification. (De Jallais, 1854.)
« J'ai assisté hier à la première
des Folies-Nouvelles, quelle ba-
lançoire ! » — Envoyer à la balan-
çoire, envoyer promener q.q.
Balançoirs s. m. pi. Barreaux de
fenêtre.
Balançon s. m. Marteau de fer.
Balander v.n. Mendier, porter
la besace. = Battender = Betten-
der.
Balandrin s. m. Balle de col-
porteur.
Balanstiquer 9 v.a. Voy. Bal-
loter (2).
Balayage Q s. m. Renvoi, élimi-
nation. (( On a fait un balayage
complet, )) « on a congédié le per-
sonnel de la maison. » Mise au
rebut.
Balayer Q v.a. || 1. Se dit d'une
femme qui balaie le sol avec ses
jupes traînantes. || 2. Balayer les
planches (thé.), jouer un bout de
rôle dans un lever de rideau. |I 3.
Congédier.
Balayeuse O s.f. || i. Volant de
dentelle cousu après la robe. ||
2. Femme qui laisse traîner ses
jupes sur la chaussée.
Balcon O s. m. Il y a du monde au
balcon, se dit d'une femme à la
gorge opulente.
Baleine s.f. || 1. Vague de la
mer. || 2. Bire comme une baleine,
rire en ouvrant une grande bou-
che.
Balladeuses # s.f. pi. Testicu-
les.
Ballant s. m. Bras. On dit en
franc, marcher les bras ballants.
Balle s.f. Il 1. Ballet. |I 2. Tête,
visage. « Oh! c'tte balle! yy\\3. Ça
fait ma balle! Ça fait mon affaire.
Il 4. Rater sa balle, manquer une
belle occasion, une bonne
affaire. || 5. Raide comme balle,
carrément, rondement, brusque-
ment. Il 6. Etre rond comme une
balle, avoir bu ou mangé beau-
coup. Il 7. Le franc. Ça in' a coûté
deux balles, ça m'a coûté deux
francs. || 8. Faire la balle élasti-
que, rester sans manger, avoir le
ventre creux comme une balle
gonflée d'air, jeûner.
Ballon O s-ni-ljl. Derrière. En-
lever le ballon, donner un coup
de pied au derrière. || 2. Prison.
Etre en ballon, être emprisonné.
Il 3. Ventre. Gonfler son ballon,
être enceinte. |1 4. Carguer son
ballon, relever ses jupes. || 5.
Monter en ballon, farce de régi-
ment qui consiste à suspendre le
lit d'un conscrit pendant qu'il est
couché. Il 6. Se lâcher du ballon,
s'enfuir. || 7. Ballon à cellotes, voi-
ture cellulaire. || 8. Verre à boire
(allus. de forme). || 9. Verre de
bière servi dans un ballon (8).
Ballonné # a. Emprisonné.
BALLONNEMENT.
27
BANQUE.
Ballonnement % s. m. Arresta-
tion, emprisonnement.
Ballonner % v.a. Arrêter, mettre
en prison.
Ballot s. m. Homme grossier. —
Il y a du ballot, il nVa pas d'ou-
vrage (arg. des tailleurs).
BalloterQv.a. Il l.Chômer. Il 2. #
Jeter. Balloter un client avalant,
jeter un homme à Tcau aprôs
ravoir volé, son corps suit le cou-
rant en aval.
Balochard 0s.m. Personnage de
carnaval à la mode dans les bals
masqués de 1840 à 1850. (Rigmu.)
— Ouvrier sjjirituel, insouciant,
gai, tapageur quelquefois.
Balocher'0 v.n. || 1. Courir les
bals publics, nocer. ||2. Voler,
lecéler. || 3. Flâner en rigolant.
(J. UlCHKlMN.)
Balocheur s. m. = Balo-
chard (2).
Balots s. m. pi. Les lèvres. Angl.
bill, bec, bouche. [Timmermans.]
— I.es testicules. (J. Riciikpin.)
Balouf # adv. Excessivement,
très tort. La lance tombe à balouf,
la pluie tombe très fort. Le mot
énonce un objet fortement gontlé :
ang. to blow, souftler. [Timmer-
MANS.]
Balthazar Q s. m. (îrand repas,
banquet. « Ah ! mes enfants, (/itei
fkilthazarlun gueuleton chouette! »
Baluchon s. m. Paquet. « J'ai ou-
blié mon baluchon dans l'om-
nibus. »
Banban Q s. m. et f. Boiteux, boi-
teuse. « Mam'zelle Banban. >> La
cloche mise en branle fait en-
tendre un bruit pareil à banban.
[TiMMERMANS.]
Banc (mil.) s. m. || 1. Pied de banc,
sergent. || ?. Banc du ciel, dans
l'argot des carriers, signifie couche
de pierre dans le haut d'une car-
rière. Il 3. Envoyer au banc, ren-
voyer, congédier. || 4. (typ.) Table
qui reçoit les feuilles imprimées.
Bancal (mil.) s. m. Sabre recourbé,
arqué comme les jambes d'un
bancal.
Et je me sens lier, ingambe,
Dun plumet sur mon colbac
D'un bancal et du flic-flac
De ce machin sur ma jambe.
A. DE Chatillon.
Bancale n.pr. Maison Bancale,
maison mal famée. Du nom de la
Bancale qui tenait la maison où
fut assassiné Fualdès.
Dedans la maison Jiancale,
Lieu de i)roslilulion,
Les bandits de l'Avovron
Vont faire leur bacclianalc.
{Complainte de Fualdès.)
Bande Qs.f. || 1. Coller sous bande,
réduire un adversaire, mettre
q.q. dans une situation difficile.
Il 2. Bande dair (thé.), frise pour
figurer le ciel dans un décor de
thé.ltre. ([ "i. Bande à V aise, \\omm(i
impuissant. || 4. Bande 7îo/rc, asso-
ciation occulte pour faire des opé-
rations de bourse, des affaires
commerciales ou industrielles plus
ou moins honnêtes. || o. Il y a
une bande sur l'affiche, (relâche),
se dit d'une femme indisposée.
Bander pv. || i. (obsc.) Etre en état
d'érection. || 2. Bander la caisse,
s'enfuir en emportant la caisse.
Bandeur Q (obsc.) s. m. Homme
vaillant en amour.
Bannette s.f. Tablier.
Bannière s.f. Chemise. Èlre en
bannière, être en chemise, en pans
volants.
Banque s.f. || 1. Ruse, tromperie.
Il 2. Faire la banque, préparer une
escroquerie, entente entre escrocs.
Il 3. La banque (thé.) troupe de
théâtre, les forains. || 4. Paye des
ouvriers, (typ. )Fat)"e6an^wel/éc/te,
ne pas toucher ce qu'on pensait.
BANQUETTE.
— 28 —
BAROiMETIlE.
|] 5. # Etre de la banque^ avoir!
droit à une part dans un vol !
comme complice. |I 6. Q Faire de
la banque^ faire valoir la mar-
chandise.
Banquette s.f. Menton. Allu-
sion à la forme.
Banquezingue ^ s. m. Banquier.
Banquiste O s-"i- Il ^- Tout indi-
vidu qui, sous prétexte d'affaires,
trompe son client. || 2. Saltim-
banque.
Baptême 0s. m. Tête. — Semetlre
sur les fonts du baptême, se mettre
dans l'embarras.
Baquet s, m. |1 1. Baquet inso-
lent, blanchisseuse. |I 2. Baquet de
science, baquet de cordonnier où
trempent le cuir et la poix. I| 3.
Pierre à laver les caractères (typ.)
Bar O s. m. Sorte d'établissement
public qu'on pourrait appeler en
iranç. buvette. Ce mot nous vient
de l'ang. <( English and amerlcan
Bar. »
Barant0 (vx.), s. m. Ruisseau. Du
celtique Baranton, en ail. Born,
source.
Baraque O s.f. [] 1. Terme de mé-
pris pourdésigner une maison mal
tenue. || 2. La baraque, sorte de
poule au billard inventée en 1884.
Il 3. (mil.) Chevron. || 4. Armoire
d'écolier.
Barbaque # s.f. Viande.
Barbaudier % s. m. Portier, gui-
chetier. Pour barboticr, (\m bar-
bote (fouille) les visiteurs à la
porte des prisons. (11 fait comme
le canard qui fouille la bourbe
pour trouver ce qu'il lui faut.)
[TlMMERMANS.]
Barbe s.f. || 1. Jeune souteneur.
Il 2. Prendre une barbe, se
griser. On a son pompon, son plu-
met, sa barbe (de la plume du
plumet). [TlMMERMANS.] Il 3. Vieille
barbe, désigne un vétéran de la
démocratie. [Rigault.] |I 4. Avoir
de la barbe, vieillir. Une histoire
qui a de la barbe, vieille histoire
qui a couru de bouche en bouche.
Barbeau s. m. Souteneur.
Barbet (le) # m. Le diable.
Barbillon s. m. || \ . Souteneur.
Il 2. Anisette de Barbillon, eau.
Il 3. Barbillons de Beauce , lé-
gumes. Il 4. Barbillons de Varennet
navets.
Barbise ou Barbiset # s. m.
voy. Barbe (1).
BarbistesQ -"i- Il 1. Elève de l'ins-
titution Sainte-Barbe. Il 2. Ouvrier
qui prend souvent des barbes (qui
se grise) (typ.).
Barbot s.m^ Il 1 • O ^ol au barbot,
voy. Barbolage. || 2. Canard; (il
barbote).
Barbotage # s. m. Voler dans les
poches r=: Faire le barbot.
Barbote ^ s.f. Visite des détenus
en arrivant à la prison.
Barboter 0v. || 1. Fouiller dans les
poches et par ext. voler. || 2. Gro-
gner.
Barboteur s m. [1 1. Celui qui
barbote, v.c.m. |1 2. Grognon.
Barboteuse s.f. Prostituée qui
raccroche les hommes dans la
rue et barbote dans leurs poches.
Barbotier s. m. Canapé.
Barbotin s. m. — Vol. — Produit
d'un vol.
.... Après mon dernier barbotin
J'ai llasquô du 'poivre à la rovisse.
(RiCHEPIN.)
Barbue % s.f. Plume (d'oiseau).
Barca % adv. (ar.al) Assez.
Bardeau (typ.) s. m. Casse de dé-
charge. En ang. board, planche,
rayon, armoire. [Timmkrmans.j
Baril s. m. Baril de moutarde^
derrière.
Baromètre Q s. m. Insigne de dé-
puté qui se porte à la boutonnière.
11 se compose d'une cocarde tri-
BARQUE.
•29
BATAILLE.
colore en émail , entourée de
rayons; le milieu est traversé par
une main de justice. Sur la cocarde
sontgravéscesmots : «République
française, Chambre des députés. »
Barque s.f. A la barque ! à la
barque! Cri de la rue pour annon-
cer la vente des huîtres.
Barre 9 s.f. Aiguille.
Barré 0a. Knïormé.C est un cerceau
barré, c'est un sot. Femme barrée :
femme atteinte crarclitude. ~
Barreau (typ.) s. m. Levier qui fait
mouvoir la vis d une presse.
Barrée 9 s.f. Echelle.
Barrer V. a. || 1. Réprimander.
Il 2. Quitter son ouvrage |1 3. La
rue est barrée^ signifie qu'on a un
créancier dans la rue dont on ne
veut pas être aperçu. 1| 4. Fermer.
Barrer le boulon, ne pas travailler.
Il o. Se barrer v.pr. s'en aller.
Barres 0s.f.pl. Les mâchoires. Se
rafraîchir les barres, boire; allu-
sion à une partie de la mâchoire
du cheval.
Bas O s. m. Bas-bleu, femme de
lettres. — Ba<; de buff'tt,
vieille femme coquette. — Etre
bus percé, élre sans le sou. — Dus
du cul, personne contrefaite, qui
a de petites jambes. — Bas de
plafond, individu au front étroit,
qui a peu de cervelle, et par
suite est peu intelligent. — Bas de
casse (typ.) partie inférieure de la
casse où sont les petites lettres.
Basane # s.f. I| 1. Amadou. Dans
Villon on trouve le mot bazennc
avec ce sens, j] 2. Peau humaine.
Il 3. Tailler une basane, geste
de défi.
Bascule s.f. Guillotine.
Basculer v.a. Guillotiner.
Base O s.f. j] 1. Derrière, (se dit
d'une personne assise). || 2. Se
porter surlabase (mil.), s'aligner.
Basile O Hypocrite, fourbe. Du
nom d'un personnage du Bar-
bier de Séville, de Beaumarchais,
Bas-off. (polyt.) s. m. Adjudant
sous-ofticier*
Basourdir v.a. Abasourdir,
assommer.
Basse s.f. La terre.
Bassin s. m. Personnage impor-
tun, ennuyeux, agaçant.
Bassinant a. Ennuyeux, agaçanU
Bassiner v.a. Agacer, ennuyer,
importuner.
Bassinet s. m. Cracher au bassi-
net, donner de l'argent malgré soi.
— Avouer, faire des confidences.
Bassinoire s.f. || 1. Personnage
ennuyeux = liassin. \\ 2. Montre
très grosse (allusion à la forme).
Basson s. m. Jouer du basson.
Péter, J.d.m. (son bas).
Basta adv. =Harca. Assez ; du vx
mot bastcr, suffire, ou de Tesp.
basta, m. s.
Bastide Q s.f. Maison de campa-
gne en Provence.
Bastimage # s. m. Travail; action
de porter le bât. [Timmkrmans.]
Bastinguer (se) (mar.) v.j)r. Se
cacher. De bastingage, syn. elcon-
génère du holl. vestimj, forte-
resse, défense.
Bastringue s.m.||1. Maison
mal famée, bal de dernière caté-
gorie. De bouser ou buser, ang.
to bouse, boire [buse) et trinquer.
Le sens primitif est cabaret. [Tim-
MERMANS.l Ij 2. Etui daus lequel
les malfaiteurs mettent les outils
nécessaires à leur évasion, ils le
cachent parfois dans leur anus et
le nombre d'objets qu'il contient
est extraordinaire. |j 3. Instrument
pour scier le fer.
Bastringuer v.n. Courir les
bastringues.
Bataclan s. m. Bagage. Mobilier.
Bataille O s.f. Labàtaille des Jésui-
tes, onanisme. =: Cinq contre un.
BAT-CONTR£.
— 30
BATTOIR.
Bat-contre s. m. Pédéraste
(Passif).
Bâte ou bath a. I| 1 . Beau, joli,
bien, neuf. C'est bâte! c'est joli.
On écrit bath dans le sens de
beau ; l'explication sous-enten-
due c'est qu'en voyant le mot
Bath sur le papier àlettres com-
mun, on s'est imaginé que cela
voulait dire de bonne qualité :
cela fait anecdote. (Le Temps.)
Il 2. Etre de la bâte, èire heureux.
Il 3. Du bâte, de l'or ou de l'ar-
gent. Du skt bâta, brillant et bat,
or, argent. Il 4. Faille bâte, pour
la police, c'est arrêter un voleur.
Bateau s.m. ||1. Les bateaux
sont des souliers longs et larges
dansle langage populaire. ||2.0
Monter un bateau, mener en bateau,
ces expressions signifienttromper,
donner le change, promettre une
chose qu'on ne pourra tenir, éga-
rer les recherches (j.d.m. sur ba-
daud et son congénère baip, amu-
sette , plaisanterie, mensonge).
[TiiMMERMANS.] || 3. Daus Ics maga-
sins de nouveautés on désigne
par l'expression bateau de pom-
mes, un arrivage de clients de la
province.
Batelage ^ s.m. Tromperie, du-
perie.
Batelée s.f. Réunion de gens
qui ne se connaissent pas, assem-
blée.
Batelier s.m. Battoir de blan-
chisseuse.
Bath voy. Bâte.
Batiau (typ.) s.m. Aligner son
batiau, s'arranger pour obtenir
une bonne paye. — Parler batiau,
parler des choses du métier.
Batif, ve a. voy. Bâte.
Bâtiment s.m. Etre du bâti-
ment. « C'est un copain, il est du
bâtiment », il est de notre métier,
il exerce notre profession.
Bâtir v.n. || 1. Bâtir sur le de-
vant, être enceinte, prendre du
ventre. Ij 2. (Typ.) Mettre en
pages, caser sur la forme.
Batoches (B) s.f.pl. Testicules.
Bâton #s. m. || i, Bâton creux, fusil.
Il 2. O Bâton merdeux, individu
désagréable, d'un commerce dif-
ficile : « Il est comme un bâton
merdeux, on ne sait par où le
prendre. » || 3. Mener une vie de
bâtons de chaise, faire la noce,
mener une vie désordonnée. |1
4. Bâton de réglisse, nègre. || 5.
Bâton de chaise, decire,ikmhe. \\
6. Bâton de perroquet, petite
maison.
Bâtonnet O s.m. Avoir de la chance
au bâtonnet, réussir en amour.
Batouse # s.f. Toile.
Batousier # s.m. Tisserand.
Battage s.m. Mensonge. =
Monter le coup, (c Tout ça c'est du
battage et du montage de coup »,
« ça n'est pas sérieux. »
Battancourt s.m. Soulier.
Battant s.m. || 1. # Le cœur,
parce qu'il bat. |1 2. Le gosier.
Se pousser un verre dans le battant ^
boire. Je n'ai rien dans le battant^
je suis à jeun. || 3. # a. m. Neuf,
on dit en franc., il est tout bat-
tant neuf; c'est une redondance.
Il 4. La langue.
Battante s.f. Cloche, sonnette.
Batte s f . = Bath s.m. Argent
(monnaie). Du skt. bat, or, argent.
Batterie s.f. || 1. Bataille. |1 2.
Voy. Battage.
Batteur s.m. 1| 1 Menteur. || 2..
Batteur de dig-dig, voleur qui
simule l'épilepsie, soit pour dé-
tourner l'attention pendant que
ses complices opèrent, soit pour
exciter la pitié des passants.
Battoir s.m. Main. « En avant
les battoirs, mes enfants, applau-
dissons ferme ».
BATTRE.
31 —
BAZAR.
Battre # v.a. et n. |1 1. Tromper,
dissimuler, feindre. « Je battrai
si bien que je défie le plus malin
(le ne pas me croire emballé pour
de bon. » (ViDOCu). Il 2. Battre
comtoiii, faire le niais, jouer le
rôle de compère. || 3. Battre iûn-
tif, espionner. || 4. Battre mo-
rasse, crier au secours. || 5. Battre
en ruine, fouiller, visiter. || 6. Bat-
tre un ban, nier. || 7. Battre
le pavé, battre VantifJ'e, marcher,
aller par les rues cherchant une
place. Il 8. Je m'en bats Vœil, ça
m'est égal. || 9. Battre le beurre,
jouer à la bourse. || 10. Battre Job,
dissimuler. = Faire le Job, faire
l'imbécile. || H. Battre la dèc/ie,
être dans la misère. \\ 12. Battre
sa flemme, flâner. || 13. Battre son
quart, raccrocher. | 14. Battre le
briquet, marcher en se frottant
les jambes l'une contre l'autre.
Il 15. O licittre son plein. La
saison bat son plein, on est en
pleine saison d'affaires. La fête
bat son plein, elle est dans toute
sa splendeur.
Baucher (se) (B) v.pr. Se mo-
quer. En ital. bugiare, dire des
baies, des mensonges. [Timmer-
MANS.j
Baucoter # v.a. Agacer, fréquen-
tatif de baucher.
Baude s.f. Mal vénérien.
Baudrouillard s. m. Fuyard.
A rapprocher de berdouille, ven-
tre, intestins. = Foireux.
Baudrouiller v.n. || 1. S'enfuir,
filer. Il 2. Se promener; à rappro-
cher de vadrouiller.
Baudru # s. m. Fouet, courroie.
De haudrouse, v.c.m. Le mot franc.
baudrier paraît avoir la même
origine.
Baudrouse (V) s.f. Cordon (en
cuir) pour la pendaison.
Bauge # s.t. || 1. Coftre. I| 2. Ven-
tre (le ventre est le coffre hu-
main). AH. Bauch, ventre. [Tim-
MERMANS.]
Baume O s. m. || 1. Baume d'acier y
pince i^our arracher les dents;
par iro., la dent enlevée le mal
disparaît, le baume est excellent.
Il 2. Baume de porte en terre y
poison.
Bausse s. m. Patron. Bausse
fondu, |)atron qui redevient ou-
vrier ou employé, après avoir fait
de mauvaises affaires. (Kn holl.
baas). [TlMMKRMANS. I
Bavard (mil.) v.m. || 1. Livret mi-
litaire qui porte la feuille de pu-
nition et relate la conduite du
soldat. ||2. # Avocat.
Bavarde ^ s.f. || 1. Bouche. || 2.
Langue.
Bavaroise s.f. Bavaroise aux
choux, absinthe avec de l'orgeat.
Bavaroise de cocher y verre de
vin.
Bave (V) s.f. Bavardage.
Vencz-y Tarlelz, cliamberières,
Qui savez si bien les manières
En disant maiulc bonne bave.
(ViLI.UN.)
Baver v.n.||l. Parler, pour
bavarder. \\ 2. Baver des clignots,
pleurer. || 3. Il en bave, il en est
étonné. || 4. Baver sur quelquuny
en dire du mal, = Baver sur
V orgue %.
Baveux s. m. || 1 . Personne mé-
disante, qui parle à tort et à tra-
vers. j| 2. (Typ.) Caractère d'im-
primerie qui bave, qui n'est pas
net.
Bavocher (typ.) v.a. Maculer.
Bayafe # s. m. Pistolet, revolver.
En argot ang. barking iron, litté-
ralement, fer qui aboie. [Timmer-
MANS.J
Bayafer v.a. Fusiller.
Bazar s.m. || 1. Etablissement
quelconque. || 2. Mobilier. || 3.
BAZARDER
32 —
BEIGNE.
Maison publique. I| 4. Petite mai-
son.
Bazarder v.a. Vendre. « Xai
bazardé mon saint frusquin et je
me suis tiré » « j'ai vendu ce que
je possédais et je suis parti. »
Bazardier s. m. Celui qui tient
un bazar, individu qui fait des
déballages de marchandises dans
des boutiques louées à la journée.
Bé0 s.m. ii d.Hotte de chiffonnier.
|l:i. • a. Voy. Béard.
Béard ^ a. Acquitté. Rester béard,
rester tranquille. Roupiller béard,
dormir paisiblement. On peut
rapprocher ce mot du mot béati-
tude, félicité, bonheur.
Beauté s.f. Q Beauté du diable,
fraîcheur de jeunesse.
Bébé Os. m. || l.Enfantenbasàge.
Il 2. Mot d'amitié. « Mon bébé, lu
serais bien gentil de m'olfrir
quelque chose. »
Bébéte Q || 1. s. et a. Niais.
Il 2. s.f. Mot enfantin pour dési-
gner un animal.
Bec s. m. || 1. Bouche. — Un fin
bec, gourmet. — Casser du bec,
sentir mauvais de la bouche. —
Se rincer le bec, boire. — Tortil-
ler du bec, manger. — River le bec,
faire taire. — Taire son bec, se
taire. — Cela m'a passé devaiit le
bec, j'ai eu une occasion dont je
n'ai pu profiter. || 2. Bec de gaz,
sergent de ville (il est planté
comme un réverbère dans la rue
pour guider et protéger le passant).
Bécane0 s.f. Machine, locomotive.
Elle siftle comme l'oiseau appelé
bécan, mot formé de bec. [Timmer-
MANS.]
Bécarre Q a. Élégant = Chic,
Pschutt, Vlan, TJrf.
Bécasse s.f. Femme grande,
maigre et niaise.
Becfigue s.m. Becfigue de cor-
donnier, oie.
Bêcher v.a. Dire du mal. Bê-
cher en douce j critiquer, se
moquer. J.d.m. sur bec; donner des
coups de bec. [TiMMERMANS.]
Bêcheur s.m. Critique, médi-
sant. Avocat bêcheur^ ministère
public.
Bécot s.m. Petit baiser du bout
des lèvres.
Bécoter v.a. Donner des bécots.
Becquant s.m. Poulet, coq,
animal de basse-cour qui bec-
queté.
Becquante s.f. Poule.
Becquetance s.f. Nourriture.
Becqueter v.a. et v.n. = Tor-
tiller du bec. Manger. « Allons bec-
queter ï »
Bedon Q s.m. Ventre. Avoir un
môme dansle bedon, être enceinte.
Du mot franc, bedaine, gros ventre.
Congénère de boudin et de l'ital.
biidelli, intestins. [Timmermans.]
Bedonnant O a. Ventre bedonnant,
gros ventre.
Bedonner Q v.n. Grossir du ven-
tre, s'engraisser de la sueur du
peuple.
Bedouillard s.m. Niais.
Bedouille s.f. Ventre.
Beefsteak s.m. Heure des repas.
Il est beefsteak! c'est l'heure d'aller
becqueter. V.c.m. et aussi bifteck.
Beffeur s.m. Trompeur. Enital.
beffare, tromper. [Timmermans.]
Bègue ^ s.m. Avoine. Variante de
becquetance. [Timmermans.]
Béguin s.m. 1| 1. Caprice amou-
reux. Avoir un béguin, aimer q.q.
ou q.q.c. par caprice. |1 2. Tête,
(le béguin est une coiffe de toile
avec bride sous le menton). On a
un béguin^ on est coiffé ou toqué,
par j.d.m. sur toqué, ou touché
par un coup de marteau, emblème
du dérangement de l'esprit. [Tim-
mermans.]
Beigne0s.f.=Beignet s.m. Coup.
BELANT.
33
BERLINE
Skt. Ranga, frapper. [Timmermans.]
Bêlant s. m. Mouton.
Belêt # s. m. En argot des maqui-
gnons, rosse.
Belette s.f. Pièce de oO centimes.
Belgique n.pr. Q II a filé sur Bel-
gique, se dit du caissier qui est
parti en emportant l'argent, du
commerçant en fuite, de Tescroc
qui a levé le pied, etc.
Bélier s. m. Cocu, mari trompé
Belle s.f. jl 1. (Jnînul deux ad-
versaires au jeu ont gagné chacun
une partie, on fait la belle, qui
est décisive. |1 2. La perdre belle,
perdre une partie j)resque gagnée.
Il 3. Belle de nuit, femme galante
qui raccroche la nuit. || 4. % Etre
de belle, n'avoir rien à craindre de
la justice.
Belle-minette Q s-^- Courtisane
élégante. >< M. X... emporta de
notre belle-minetle une impres-
sion si favorable qu'il lui jura de
revenir lui apporter le témoi-
gnage de sa vive gratitude». [Gil-
«/as 1894.;
Belle-petite O s.f. Femme ga-
lante (1878).
Ben adv. Bien. « Ah ben zut
alors! »
Benard (V) s.m Sot, en franc,
benêt.
Bénéf. s.m. Bénéfice (abrév.).
Bénévole s.m. = Ruupiou.
Jeune interne en médecine.
Bénisseur O s-"i- Il 1- Personne
qui trouve tout bien, qui parle de
ttout avec componction. [| 2. Faux
brave homme.
enolt s.m. Tenancier de maison
publique, souteneur.
La vrai vérit»^,
C'est qu"les benoîts toujours lichenl,
El s'graisscnt les balots.
(J. RicHEPiN. Chans. des Gueux.)
lenoiton n. pr. O ^"^ Benoiton,
femme qui est toujours en pro-
menade, hors de chez elle, comme
le personnage de la pièce de Vic-
torien Sardou dans La famille Be-
noiton.
Béotien Q s.m. Personnage igno-
rant et bête.
Beq s.m. (arg. des graveurs).
Travail.
Béquet O s.m. |I i. (thé.) Addition
ou cliangement fait en marge sur
le manuscrit d'une pièce de théâtre.
Il 2. (typ.) Petit morceau de pa-
pier où l'auteur écrit ce qu'il
faut ajouter à une copie, à une
épreuve.
Béqueter0 voy. Becqueter v.a.
Béquillardr= BéquilleurO s.m.
111. Boiteux. Il 2. % Le bourreau
qui pendait à la 6t'7id//e (potence).
Béquillarde = Béquille # s.f.
Potence; allusion à la forme.
Béquiller0v.a. et n. || 1. Manger.
Il 2. Boiter. || 3. Pendre.
Béquilleur s.m. || 1. Mangeur.
Il 2. Bourreau ((ui pend.
Berard (V.) s.m. Pour Bcrouard.
Soldat-bandit. Du tlam. beroover,
bandit.
Berceau (typ.) s.m. Bâti qui en-
toure le train.
Berdouillard voy. Bedouillard.
Berdouille = Bedouille s.f.
Ventre. « T'as bouffé des haricots
que ta berdouille gonile. (Riche-
pin, le Pavé.)
Berge # s.f. Année.
Bergère s.f. || 1. Dernière carie
d'un jeu battu. La bergère marche
derrière son troupeau. [Larchey.]
il 2. (typ.) Femme.
Beribono # s.m. Nigaud.
Berlauder v.n. Flâner. De par.
lanterner, de lentus, lent ; en ail.
lattern ou schlendern, llaner.
[Timmermans.]
Berline # s.f. Petit employé de
commerce.
BERLOQUIN.
34
BIBELOTEUR.
Berloquin s. m. Cordonnier =:
Beurlot = Buif = Ambassadeur
= Choumaque = Passifleur.
Berlu # s.m. Aveugle. Dans le
patois du nord de la France le
motberluu désigne un homme qui
louche. Du franc, berlue, trouble
de la vue, qui lui-même vient du
mot argot berlue, couverture : on
a comme une couverture sur les
yeux.
Berlue s.f. Couverture.
Bernard Q s.m. Derrière. — Aller
voir Bernard, aller aux lieux d'ai-
sances.
Bernatier s.m. Vidangeur.
Beriiiquer0v.n. S'en aller pour ne
plus revenir. Du franc, bernique,
point du tout. En ail. baar nicht.
[TiMMERMANS.]
Berri Q s.m.l|4. Capote d'études
à l'Ecole polytechnique, j] 2.
Hotte de chiffonnier.
Berribono # voy. Beribono.
Berry Q voy. Berri.
Bertelo s.m. Franc (monnaie).
Bertrand s.m. Voleur volé. Du
nom d'un personnage de V Auberge
des Adrets.
Berzelius Q (ccol.) s.m. Pendule,
montre.
Besef =Bezef (ar. al.) Beaucoup.
Besouille = Bezouille s.f.
Ceinture. De l'ital. bczzi m. s.
Bessons m. pi. Seins. Vx mot qui
signifie jumeaux.
Bête s.f. Voleur au jeu qui fait
semblant de ne pas savoir jouer
pour mieux tricher. — Bête à cor-
nes, fourchette. — Bête à pain,
entreteneur, mari. — Bête au bon
Dieu, personne excellente, d'un
caractère très doux.
Bettander # v.n. = Battander,
mendier. Ail. betteln^ mendier.
[TiMMERMANS.]
Betterave s.f. Nez rouge et en-
luminé.
Betting Q (sport) s.m. Mot ang.
désignant ce qui se rapporte aux
paris de courses. Betling-book,
livre de paris. Bctting-men, pa-
rieurs. Betting-room, salon où Ton
parie.
Beuglant s.m. Café-concert où
l'on chante.
Beugler v.n. Chanter.
Beugne s.f. voy. Beigne.
Beurlot s.m. = Beurloquin.
Cordonnier.
Beurre s.m. Argent. — Faire
son beurre, réussir, gagner de l'ar-
gent. — Mettre du beurre dans ses
épinards, améliorer ses affaires,
augmenter son avoir. — C'est un
beurre! cela se fera facilement,
simplement, naturellement. —
Œil au beurre noir, œil noirci par
un coup. — Avoir du beurre sur
la tête, avoir commis plusieurs
crimes.
Beurrier s.m. Banquier.
Bezef adv. == Besef, Beaucoup.
Mot ar. al.
Biard s.m. Côté.
Bibard s.m. Grand buveur.
Bibarde s.f. Vieille femme
débauchée.
Bibarder v.n. Se débaucher en
vieillisant.
Bibasse s.f. = Birbasse. Vieille
femme.
Bibasserie s.f. Vieillerie.
Bibassier v.n. = Bibard, bu-
veur. — (Typ.) Grognon.
Bibelot s.m. Partîmes génitales.
Bibelotage0s.m. Faire du bibelo-
tage, s'amuser à des riens, faire
de petits travaux sans impor-
tance.
Bibeloter v.a. 1| i. Faire du bi-
belotage, v.c.m. || 2. Vendre ou
acheter des objets de curiosité.
Bibeloteur0s.m. Celui qui fait du
bibelolage, bibeloter, v.c.m. —
Collectionneur de bibelots.
BIBELOTIER.
— m —
BIGNET.
Bibelotier s.m. (typ.) Typo-
graphe par occasion.
Bibi # s.m. I| 1. Fausse clé. || 2.
Moi. « Ça, c'est à bibi et bibi
c'est moi. » || 3. Se dit aussi pour
nicêtre par abrév.
Bibiche Q s.f. Mot d'amitié.
Bibine s.f. || 1. Buvette. H 2.
Sœur de cliarilé.
Bibli s.r. Ol^ibliothèqueparabrév.
Biblot voy. Bibelot.
Bibon s.m. Vieux garçon, de
birbe et birbon.
Biche O s-f* Surnom donné aux
femmes galantes (i8o7).
BicherQv.n. «Ça biche n^ ça va, ça
prend, c'est bien.
Bicherie Q s.f. Mot qui désignait
les femmes galantes vers 1857.
(( La haute bicherie parisienne. »
Bichet0 s.m. Mensonge.
Bichette Q s.f. Ma bichetle! mot
d'amitié.
Bichon s.m. || i. (obsc.) Sodomite.
Il 2. O 'Woï2 bichon, mot amical.
Il 3. Souliers à rubans.
Bichot s.m. Evoque ; de Tangl.
et Tall. Bischof, qui signifie dans
les deux pays, à la fois « Evoque »
et « vin chaud », à cause de la
couleur de cette boisson qui est
la même que celle de la soutane
épiscopale.
Bicler % v.n. Cligner. Bicîer de la
mirette, cligner de l'œil. De bis,
de travers, et oculus, œil. [Tim-
MERMANS.j
Bicycle Q s.m. Vélocipède à deux
roues.
Bicyclette Q s.f. Petit vélocipède
à deux roues.
Bicycliste Q s.m. Vélocipédiste.
Bidache s.f. = Bidoche.
viande; j.d.m. sur bidon pour
bedon, ventre. [Timmermans.]
Bidard Q s.m. Individu qui a de
la chance. = Veinard.
'Bidel^n.pr. La fosse ciBidel, dépôt
de la préfecture de police. Du
nom d'un célèbre dompteur d'a-
nimaux féroces.
Bidet s.m. Ficelle qui établit
une communication clandestine
entre les prisonniers à des étages
différents.
Bidoche s.f. Viande ; de bidon
v.c.m.
Bidon s.m. =: Bedon. Ventre.
— Attacher un bidon, dénoncer.
Bidonner v. a. I| l.lioire beaucoup.
Il 2. Dénoncer.
Bier v.n. Mendier. Bier sur le
toutime, mendier de toutes façons.
Vx. fr. hier, aller.
Bière Q s.f. Boîte d'un jeu de do-
minos.
Bififard s.m. Bourgeois.
Bifife s.f. Il 1. Travail du chiffon-
nier. Il 2. Loque pouvant servir à
essuyer, à effacer ou biffer ; en
ang.' ta whipe, effacer. [Timmer-
mans.] Du skt bid fendre, déchi-
rer.
Biffer v.n. =r Bouffer ~ Briffer.
Il i. Manger. (1 2. Ramasser des
chiffons.
Bifferie O s.f. Mauvaise mar-
chandise.
Biflfetons.m. || 1.0 Contremarque.
Il 2. Lettre. || 3. Donner sur le
biffeton, dévoiler les antécédents
judiciaires.
Biffin s.m. |1 1. Chiffonnier. |1 2.
Fantassin.
Biffre s.f. Nourriture.
Bifteck s.m. Bifteck à Macquart,
rosse, vieux cheval bon à être
abattu. Du nom d'un équarrisseur
de chevaux. — Faire du bifteck,
monter à cheval, voy. Beefsteak.
Bigard ^ s.m. Trou; variante de
bouche, bec. [Timmermans. j
Bige, Bigeot ou Bigeois # s.m.
Dupe; altération de pigeon. [Tim-
mermans.]
Bignet0s.m. Coup. Manger des bi^
BIGORGNION.
36
BIRIBI.
gnets après la Pentecôte, recevoir
des coups (O). De beigne, m. s.
Bigorgniou s. m. Mensonge.
Bigorne # s. m . a. Argot, argotique.
Rouscailler ou jaspiner oigorne.
Parler argot. Sonnet bigorne,
sonnet argotique. Du vx. mot
biguer, changer, troquer : Targot
n'est qu'un langage bigué, d'où le
dim. bigorne. [Larchey.]
Bigorneau s. m. Soldat d'infan-
terie de marine.
Bigorniau s. m. Auvergnat.
Bigoter v.n. Prier. Angl to beg,
demander. [Timmermans].
Bigrement Q adv. = Bougrement.
Beaucoup, très, superlativement.
Bijouter v.a. Voler des bijoux.
Bijouterie s.f. Avance d'argent.
Bijoutier s. m. Marchand d'ar-
lequins v.c.m. — Bijoutier en cuir,
ou sur le genou, savetier.
Bijoux0s.m.pl. voy. Arlequin.
Bilboquet s.m". || 1. Vieille
femme, petite et grosse. |1 2. Litre
de vin. [Rigaud.] n 3. (Typ.) m. pi.
Ouvrage de ville, adresses, billets,
circulaires.
Bile O s.f. Se faire de la bile, se
contrarier, se tourmenter.
Billancer # v.n. Payer sa dette,
faire son temps de prison.
Billanchage s.m. Payement.
Billancher v.a. Payer, donner
de l'argent (de la Lille). De bille
ou 6i//on, barre de métal. [Ti3imer-
MANS.]
Billard Q s.m. Décoller ou dévisser
son billard, mourir. — Q (Obsc.)
Jouer au billard anglais, onanisme.
Billardier s.m. Voleur qui
remplace les billes de billard en
ivoire par des billes de plâtre co-
lorié.
Bille s.f. II 1. Tête « Ah! quelle
bonne billel » 1| 2. =: Billemont,
monnaie, du franc, billon m. s. || 3.
Bille de billard, crâne chauve.
Billemont s.m. \\\. = Billemu-
che, billet. 1| 2.==Bî7/e, v.c.m.(2).
Biller v.a. et n. =:: Billancher^
v.c.m. Payer.
Billet O s.m.Je t'en fous mon billet,
je te le certifie. — Pi^endre un billet
de parterre, tomber.
Bince # s.m. Couteau.
Souvent lardé d'un coup de bince
Le micheton nu se sauvait.
(RicHEPLN, Triolets de Navet).
Pour pince, de pincer, comme en
ail. Kneip, canif, de kneiper ou
kneifen, pincer. On fait allusion
au ressort. [Tim.mermans.]
Bine s.f. Hotte.
Binelle # s.f. Faillite, banque-
route.
Binellier s.m. Failli, banque-
routier.
Binette s.f. Tête, visage, phy-
sionomie.
Oh I la la, c'ite gueule,
C'ttc binclte!
(BRUA.NT.)
Du nom de jBme^, fabricant de per-
ruques au xvii'' siècle; on disait
alors quand on était bien coiffé
qu'on avait une jolie binette.
Bingre s.m. Bourreau qui n'est
pas fils de bourreau.
Bisque s.f. Vieille bique, vieille
i*osse; terme injurieux. — Bique et
bouc, hermaphrodite.
Birbasse s.f. Vieille femme.
Birbasserie # s.f. Vieillerie.
Birbassier voy. Bibassier.
Birbe s.m. = Birbon. Vieillard,
barbon. « Vieux birbe n (pléo-
nasme). — Vieux mendiant, de
l'ital. birbone et birbante, gueux
et coquin, ou du vx fr. briber,
mendier, (Rabelais) qui lui-même-
vient de bribes, restes de cuisine-
que l'on donnait aux mendiants.
Birbette s.f. Augmentatif de
birbe, v.c.m.
Biribi • s.m. = Birlibi = Calot,
BIS.
— 37 —
BLAGUER.
||1. Jeu de liasard composé de
trois quilles creuses, ou simple-
ment trois coques de noix et une
petite boule en liège. || 2. Ba-
taillon de discipline en Afrique.
Bis (V) a. Gris jaune. fiï'M?! était son
synonyme.
Bis 01b) s.m. La nature de la
femme.
Bisac (V) s.m. voy. Bisans.
Bisans (V) part. prés. pi. Vents du
nord qui noircissent les visages
des pendus. Du v. biser, noircir,
v.c.m. dans Littré. = Bizard =
fiizac = Bizouart, bise,
Bisard (V) s.m. || 1. Vent. Voy.
Hisans. \\ 2. Soufflet pour souffler
le feu. (Ail. der Puster, énonce le
vent, comme labise.) [Timmekmans.]
Biscaye # n.pr. Ricêlre (hôpital).
Biscayen % s.m. Pensionnaire de
Fiicèlre.
Biscop s.f. Casquette; en hoU.
Bisschop =: cpiscopits. Mitre d'évé-
que. [TiMMERMANS.]
Biscoter v.a. Embrasser.
Biscuit s.m. Argent (monnaie).
Bise (enf.) s.f. Dotiner une bise,
embrasser; m. à. m. Donner un
baiser.
Biser (enf.) v.a. Embrasser.
Bismarck O a. Couleur brun clair
(1867).
Bisot s.m. Ami.
Bisquer v.n. Bouder, rager
sourdement, être vexé. Ital. bizza,
colère. [TiMMERMANS'.
Bissard s.m. Pain noir, pain
bis.
Bissestre # s.m. (O) Malheur,
♦léveine. « Il me porte bissestre ».
Bistoquer v.a. Coïlcr. ^
Bistoquette s.f. Membre viril.
Bistot s.m. = Roufion. Jeune
apprenti, débutant dans le com-
merce.
Bistourné s.m. Cor de chasse.
Bistro s.m. Marchand de vin. =
Mastroc = Mastroquet, voy. Bas-
tringue.
Bitte (obsc.) s.f. Membre viril.
Bitter (obsc.) v.a. Action char-
nelle.
Bitume O s.m. Le trotloir. Demoi-
selle du bitume, raccrocheuse.
Polir le bitumCj flâner dans la rue,
r= arpenter Vasphalte.
Biture s.f. = Cuite = Culotte.
Ivresse. Se flanquer une biture,
s'enivrer.
Biturer (se) v.n. Se griser.
Bizac (V) s.m. voy. Bisans.
Bizard voy. Bisard.
Bizouart (V) s.m. voy. Bisans.
— Bizouart, signifie aussi le mem-
bre viril dans Villon.
Bizuth (écol.) s.m. ElèVe de pre-
mière année à l'Ecole centrale.
Blackboulage O s.m. Refus,
renvoi. Echouer dans un examen,
ne pas être nommé dans l'emploi
ou les fonctions qu'on sollicite,
c'est le blackhojilage.
Blackbouler Q v.a. Renvoyer,
refuser. « Etre bhic.kboulé à un
examen, dans une élection ».
Ang. blackball, boule noire.
Blafard # s.m. Pièce d'argent
monnayé.
Un écu flambant neuf, un blafard de cinq balles.
(J, RiciiKPiN, Chanson des Gueux).
,L\irgcnt est d'un blanc terne)
Blafarde (la) # s.f. La lune.
Blague O s.f. Il 1. Volubilité de
))arole. « C'quHl en a une blagueï »
Il 2. Mensonge, plaisanterie.
« Le « péril clérical » m'est tou-
jours apparu comme une blague
électorale». [Fr. Coppée.] «C'est
une bonne blague. » Blague dans
le coin, plaisanterie à part. || 3.
Blagues à tabac, seins mous et
pendants.
Blaguer Q v.n. !] I. Causer. |j 2.
Mentir. |1 3. Blaguer quelqu'un, le
BLAGUEUR.
— 38
BLOC.
plaisanter, se moquer de lui.
Blagueur O s. m. || d. Individu qui
pérore. || 2. Menteur.
Blaichard s. m. Commis, employé.
u Et les ouvriers se moquent des
déjetés, des blaichards ». (Riche-
pix, le Pavé.)
Blair # et s. m. Nez. « Vhlair
coule comme un nez d'veau.:» (J. Ri-
ghepin). — Jacter du blair, parler
; du nez. — Se cingler V blair == se
salir le nez, se griser ; allus. au
nez du blaireau,'allongé en hure,
organe de souffle : flare. [Tdbier-
MANS.]
Blaireau (mil.) s. m. Conscrit,
recrue =^ un bleu.
Blaireauter (art.) v. a. Peindre
avec trop de soin.
Blanc (V) s. et adj.m. H #1. L'ar-
gent, par ext. de sa signification
en vx fr. : joie, liesse. || 2.
Mangeur de btanc , souteneur.
II Q 3. Etre blanc comme neige,
être innocent. || % 4. Etre à blanc,
avoir un faux nom. || o. Q ^'être
pas blanc, être dans une mauvaise
situation, dans l'embarras. ||
6. Avoir le foie blanc, être poltron,
lâche, prêt à toutes les trahisons.
Il 7. (typ.). Jeter du blanc, inter-
ligner.
Blanchet (typ.) s. m. Feutre dont
on garnit le tympan pour amortir
le foulage.
Blanchînet Q s. m. =: Pâle =. Pâ-
lichon. Le blanc au domino.
Blanchir (journ.) v.n. Faire des
lignes très courtes :
« — Ah !...
— Le voici...
— Soyez le bienvenu »
Blanchisseur s. m. Avocat.
Blanchisseuse s.f. Blanchis-
seuse de tuyaux de pipes (obsc).
Blandir v.a. Flatter. De blan-
dices, caresses.
Blanqueter v.a. Argenter.
Blanquette s.f. Argenterie,
monnaie d'argent. De sa' couleur
blanche.
Blanquettier % s. m. Celui qui
blanchit de la monnaie de cuivre
pour la faire passer pour de l'ar-
gent.
Blard voy. Blavard.
Blasé #^1. Enflé.
Blasonné Q a. Noble, titré.
Blavard s. m. Châle.
Blave = Blavin 9 s. m. |I 1. Mou-
choir. Il 2. Cravate, foulard. En
ang. to blow the nose et en ital.
soffiare il naso, veulent dire se
moucher, littéralement souffler le
nez. [TlMMEUMA^S.]
Blaze s. m. Nom propre; du
fr. blason.
Blé % s. m. Argent (monnaie). AIL
Blech, fer-blanc. [Tlmmermans.]
Bléchart = Bléche a. Laid,
médiocre, mauvais. Devenir blé-
chard, devenir vieux, dépérir. —
Faire bléche, rater une chose, faire
coup nul. (Pour blanc, pâle, en ail.
bleich. [TliM.MERMANS.]
Bleu s. m. et a. O II 1. Conscrit,,
recrue. || 2. Du petit bleu, vin du
broc. Il 3. Cest bleu ! J'en suis bleu,
c'est étonnant! J'en suis étonné»
II 4. Colère bleue, grande colère,
(le visage en devient bleu).
Il 5. Pas^ser au bleu, disparaître»
il 6. On en a vu des bleues, des
grises, de ioiUes les couleurs, on a
eu des difficultés.
Bleuet % s. m. Billet de banque
(il est imprimé en bleu).
Blindé O ^- Il 1- Etre en garde
contre une chose. = Cuirassé, (c Je
ne crains rien, je %uhblindé. » || 2.
Etre gris, u C'qaHl en a une cuite,,
il esCblindé. »
Blindocher (se)0 v.pr. Se griser
légèrement.
Bloc s. m. [I 1. Prison, salle de
police; du vx fr. blocus, donjon.
BLOCKâUS.
— 39
BOCOTTER.
II 2. Mont-dc-piété. « Tai mis
ma toquante au bloc pour payer
Vproprio. » || 3. Achat en solde, en
bloc. « Faire un hloc. »
Blockaus O s. m. Shako (ancien
modèle), chapeau haut de forme.
Syn. de couvert, de Tall. Block-
haus , guérite construite avec
des poutres, d'où blocus. [Timmer-
MANS.]
Blond S. m. Beau blond, le soleil.
— O Se dit par iro. d'un homme
qui n'est ni beau ni blond. [Lar-
CHEY.l
Blonde Q s.f. Un bock de bière
blonde, par opposition à la bière
brune. « Garçon ! une blonde ! »
Il 2. Maîtresse (amante). || 3.
Bouteille de vin blanc.
Bloquer0v.a. et n. || 1. Mettre en
prison, consigner. || 2. Abandon-
ner, vendre. || 3. (typ.) Mettre une
lettre sens dessus dessous à la
place de celle qui manque.
Bloquette (enf.) s.f. Jeu de billes.
<( Jouer à la bloquette. »
Bloquir v.a. Vendre ou acheter,
solder. := Abloquir.
Bloquisseur s. m. Soldeur,,
acheteur ou vendeur.
Blot0s.m. Il l.Prix. [1 2. Ça fait
mon blot, ça me convient. |1 3.
_^ Affaire, part. « Une chose qui fait
^k nib dans mes blots, c'est une chose
W^ qui ne fait rien dans mes attri-
W. butions, qui ne fait pas mon
W affaire ». [J. Richepln.]
Bloum s. m. Chapeau haut de
forme.
Bluster O 0.\. a. Secouer, tour-
menter.
Bob % s. m. = Bogue s.f. Montre.
Allus. à la bobine. [Timmermans].
Bobe s.f. voy. Bobéchon.
Bobèche # s.f ^ Bobèche à tronches,
bobèche à fleurs, voy. Anglaise.
Bobéchon s. m. Tête. Se monter
le bobéchon, se monter la tête.
s'illusionner. Var. de bobine,
bobe, par j.d.m. sur bobèche.
[TlMMERMANS]
Bobelins s. m. pi. Bottes, bot-
tines.
Bobinasse s.f. Tête.
Bobine O s- f. Tête. « Il n'a plus de
fil sur la bobine y, « il n'a plus de
cheveux sur la tête ».
Bobinot# s. m. La tête.
Bobo (enf.) s. m. || 1 . Mal. « J'ai bobo
à la tête. » — Il n'y a pas de bobo,
cela ne fait rien, il n'y a pas de
mal. En gr. [3oj6wv, tumeur. [Tim-
MERMANS.J
Bobonne Q s.f. Mot d'amitié d'un
mari à sa femme. — Mot enfantin
pour désigner la bonne.
Bobosse s. liossu, bossue.
Boc = BocardO ni. j] 1. maison
publique. || 2. Café ; de bock v.
c. m.
Bocal s. m. Estomac. " Se rem-
plir le bocal, se rincer le bocal. >;
Camelote en bocal, marchandise
en vitrine.
Bocard voy. Boc.
Boche s. "m. Allemand. — Tête de
boche, entêté.
Bock O s. m. Verre de bière. Vers
1840, deux brasseurs de Munich
avaient le monopole de la fabri-
cation de la bière forte ; l'un d'eux
donna à sa brasserie le nom
de Salvator (sauveur); l'autre, lit
peindre sur son enseigne un bu-
veur terrassé par un bouc, en ail.
Bock. Ce mot, après avoir désigné
le contenu, désigna ensuite le
contenant, il se trouve dans le
supp. du Dict. de Littré avec
cette désignation : «Contenu d'un
grand verre «.Aujourd'hui le bock
est un verre très épais avec une
anse.
Bocker Q v.n. Boire de la bière,
m. à m., boire des bocks.
Bocotter v.n. Grogner.
BOCSON.
— 40 —
BOMBE.
Bocson s. m. Maison publique.
Boes (B) s. m. Bois.
Bœuf s. m. Ouvrier tailleur. —
C'est bœuf, c'est chic. (St-Gyr.^ —
Etre le tcew/*, travailler pour rien.
— Se mettre dans le bœufy se
mettre dans la misère. — Avoir
son bœuf, être en colère. ~ Cest
bœuf, c'est énorme. — Mettre un
bœuf, une forte carte au jeu de la
manille parlée. « Mettez un bœuf^K
Bofifette s.f. Souftlet. Ang. buf-
fet, coup.
Bog # s. m. =r Bogue s.f. Montre.
Bogue d'Orient, bogue en jonc,
montre en or. Bogue en -plâtre,
montre en argent.
Boguiste % s. m. Horloger; du
skt. banga, frapper. L horloge
marque les heures par des coups
de marteau.
Bohème (la) Q n. pr. Ensemble de
personnes gaies et insouciantes
qui vivent au jour le jour : « La
Bohème n\i rien et vit de ce
qu'elle a. La Bohème, c'est le stage
de la vie artistique, c'est la pré-
face de l'Académie, de l'Hôtel-Dieu
ou de la Morgue ». [Murger.]
Bohème Q s. m. Celui qui mène la
vie de bohème.
Boileau s. m. Soulier percé (ca-
lembour).
Boire v.a (thé.) Boire du lait, être
heureux d'un succès remporté. —
(Thé.) Boire une goutte, être sifflé.
Boire de Vencre, arriver pour
boire quand tout le monde a fini.
— Boire à la grande tasse, se
noyer. Q Boire un bouillon, subir
une perte.— (Obsc.)<( Femme qui
boit à même la bouteille ».
Bois O s-m- Etre dans ses bois, être
dans ses meubles. — Etre du bois
dont on fait des fliUes, être ac-
commodant, de bonne composi-
tion. — a On n'est pas de bois »,
la nature réclame ses droits. —
# Les bois durs, repris de jus-
tice. — Bois pourri, amadou. —
— Bois tortu, vigne. — (Typ.) Bois
de fond, de tête, de marge, de
garniture, bois dont on garnit la
forme.
Boisé a. = Avoir des cornes,
être cocu.
Boisseau s. m. || 1. Shako. • —
Chapeau haut de forme. |1 2. Litre
de vin.
Boitard # s. m. Le Temps;' pour
boiteux, il est irrégulier.
Boite O s.f. Il 1. Maison mal tenue.
Il 2. La boite, désigne le théâtre
pour l'artiste, l'atelier pour l'ou-
vrier, le collège pour l'écolier, le
bureau pour l'employé, le chez-
soi pour tout le monde, etc. « Etre
de la boîte ». — (Typ.) Faire sa
boite, distribuer les caractères
dans la casse. — Q Boite à cor-
nes, chapeau. — Boîte aux dé-
gelés,\di Morgue. — Boîte aux do-
minos, cercueil. — Boîtes au lait,
mamelles. — Boite au sel, crâne.
— Boîtes à violon, souliers. —
Fermer sa boîte, se taire. « Allons,
silence, ferme ta boîte. — (Mil.)
Coucher à la boîte, coucher à la
salle de police. — # Boite à ou-
vrage, l'endroit où l'on introduit
le spéculum. — Boîte à viande,
cercueil. — Boite à Pandore, boîte
qui renferme de la cire pour
prendre les empreintes des ser-
rures. — Boîte àpantes, lupanar.
— Boîte à signes, gilet.
Boiter # v.n. Boiter des châsses,
être borgne ou loucher.
Bolduc O s.m. Ruban rose en co-
ton, qui sert à faire des paquets.
Bolivar Q s. m. Chapeau évasé,
(1820).
Bombe Q s.f. Entremets glacé. —
(Mil.) Partir en bombe, aller en
partie de plaisir, faire la fête.
Bombé O s. m. Bossu.
BON.
— 41 —
BONNETEUR.
Bon (V) s.m. # Bon, victime desi-
gnée pour un vol. — Avoir bon,
prendre en flagrant délit. — Etre
le bon, arrêté, accusé et coupable.
— O (Typ.) Bon à tirer, mots in-
diquant' que tout est bien, qu'on
peut tirer. — Mon bon, terme
d'amitié. — ISous sommes des bons,
= Il y a du bon, ça va bien,
nous sommes sauvés.
Bonbon s.m. Bonbon à liqueur
ou fondant, écrouelle.
Bonbonnière O s.f. || 1. La nature
de la femme. || 2. Jolie petite mai-
son.
Bonde = Baude v.c.m. — Les
bondes, maisons centrales.
Bondé O a. « C'était bondé,-»^ rempli,
(plein comme un tonneau jusqu'à
la « bonde. »)
Bon-Dieu s.m. (mil.) Poignard,
sabre (la lame et la poignée for-
ment une croix). — // n'y a pas
de bon Dieu, il le faut.
Bondieusard s.m. |I 1. Dévot.
Il 2. Fabricant d'objets de piété,
chasublier.
Bondieuserie s.f. Articles de
piété.
Bonhomme O s.m. Se mettre dans
la peau du bonhomme, être bien le
personnage qu'on veut représen-
ter. — Creuser son bonhomme, in-
terroger q.q., l'observer, l'étudier
pour savoir ce qu'il vaut ou ce
qu'il pense. — Se secouer le bon-
homme, onanisme.
Boniment Q s.m. Discours, an-
nonce verbale d'un spectacle, ra-
contars. De bonir, parler.
Bonimenter Q v. Expliquer, ra-
conter.
Bonique s.m. Vieillard.
Bonir # v.a. et n. Dire, parler,
raconter. — Bonir au ratichon, se
confesser.
Bonisseur s.m. Péroreur, celui
qui fait le boniment à la porte pour
annoncer une vente, un spectacle,
— Boiîisscur de la batte, témoin à
décharge.
Bonjean (O.) O s. m. Cocu.
Bonjour s.m. Faireson bonjour (O.)
Communier. — Vire bonjour à
sa moitié, acte charnel ;= Donner
Vaubude. — % Voleur au bon jour;
= honjour'iPr, voleur qui s'intro-
duit le matin dans les hôtels
garnis pour opérer.
Bonne O s-f- Prendre unechos" à la
bonne, l'accepter avec plaisir.
Avoir quelqu'un à la bonne, se dit
de q.q. qui plaît.
Bonnet Q 0s.m. \\ l.Jeu de bon-
neteau (V.c.m.) qui consiste à faire
l)asser la carte de dessus à la place
de celle de dessous. || 2. Ligue se-
crète entre plusieurs ouvriers d'un
atelier. || 3. Bonnet d'évéquc ou
As de pique, croupion d'une vo-
laille, serviette pliée atl'ectant la
forme d'un bonnet d'évêque. |1
4. Bonnet de coton, bonnetier. —
Bourgeois arriéré , aux idées
étroites. I| o. Bonnet de nuit, per-
sonne triste et morose.
Bonneteau = Bonnet Q s.m.
Jeu de bonneteau, sorte de jeu de
cartes, qui n'est le plus souvent
qu'un tour de passe-passe où le
joueur est dupé par le banquier
ou bonneteur. Celui-ci opère gé-
néralement dans la banlieue de
Paris et dans les trains qui re-
viennent des course-s. Le bonne-
teur a trois cartes toilées, trois as
par exemple ; il les fait passer
avec dextérité les unes sur les
autres. Le joueur doit désigner où
se trouve l'as de trèfle. (Il y a tou-
jours un compère qui connaît l'as
de trèfle, fait un pari et gagne).
Voy. Consolation.
Bonneteur O s.m. Joueur de bon-
neteau, qui opère principalement
dans les trains de courses ; (il est
BONNETON.
— 42 —
BOUCHE-TROU.
généralement doublé d'un soute-
neur).
Bonneton Q s. m. Bonnetier.
Bonnichon s. m. Chapeau de
femme ; du fr. bonnet.
Bono adv. Bon, bien.
Bonze Q s. m. Personnage qui pon-
tifie v.c.m. Le bonze estun prêtre
chinois.
Bookmaker O (sport) s. m. Indi-
vidu qui tient les paris aux
courses. Ang. book, livre, et to
make, faire, d'où maker, faiseur.
Boquabelle s.f. Bouche.
Borde s.f. Maison de campagne.
Bordée s.f. Etre en bordée, tirer
une bordée, s'amuser,faire la noce.
Borgne (le) s. m. || 1. L'anus.
[| 2. As. Le borgne dans V herbe à
la vache, Tas de trèfle.
Borgner v.a. Regarder.
Bosch == Boche s. m. Allemand.
Boscot s. m. Boscote s.f. Bossu,
bossue.
Bosse O s.f. Se flanquer, se fiche
une bosse, s'enivrer, manger beau-
coup, prendre avec excès. — Se
fiche une bosse de rire, rire beau-
coup. — Rouler sa bosse, aller de
tous les côtés, changer de place.
— Tomber sur la brosse ou sur le
poil, battre q.q.
Bosselard (écol.) s. m. Chapeau
haut de forme.
Bosseler (se) Q v.pr. Se bosseler
le tube, se friser les cheveux.
Bossmar # s. m. Bossu.
Bossus (thé.) m. pi. Il y a des bos-
sus, on va siftler.
Botte O s.f. Proposer la botte, ce
qu'on appelait au xviii'' siècle la
chosette.
Bottes s.f.pl. A propos débottés,
à propos de rien. — Graisser les
bottes, donner le viatique m extre-
mis. — Graisser ses bottes, se pré-
parer à partir. — - Des bottes, des
quantités.
I Botter 0v.a. Came botte, cela me
va, cela me convient. — Botter le
cul, donner des coups de pied au
derrière.
Bottoche # s. m. Fusil.
Bouant s. m. Cochon (il se vautre
dans la « boue ».
Boubane s.f. Perruque.
Boubouille0 s.f. Mauvaise cuisine.
Bouc s. m. Homme lubrique.
Boucan = Bousin Q s. m. Bruit,
vacarme. — Faire du boucan, faire
un scandale bruyant; du latin
buccinus et du grec BjzavT], trom-
pette. En provençal, bousin, m. s.
Boucanade # s.f. Corruption d'un
juge ou d'un témoin. — Coquer la
boucanade, corrompre.
Boucaner v.a. et n. || 1. Puer,
m. à m. sentir le bouc. || 2. Cor-
rompre ; J.d.m. sur boucaner, fu-
mer; bokking en holi. veut dire
hareng saur. [Timmermans.]
Boucaneur s. m. Vaurien,
homme qui fréquente les mau-
vais lieux.
Boucanière s.f. Femme dé-
bauchée.
Boucard s. m. Boutique.
Boucardier s. m. Voleur qui
dévalise les boutiques. — Boucar-
dier gambilleur, colporteur.
Bouche O sf. A bouche que veux-
tu, en abondance. — Avoir la
bouche en cœur, parler avec affec-
tation, préciosité.
Bouche-rœil s. m. Pièce de
monnaie.
Boucher s. m. Chirurgien.
Boucher O ^'•^- 6t n. Boucher un
trou, donner un acompte sur une
dette. — Etrebouché, avoir l'esprit
borné. Boucher un coin à q.q. ,
le faire taire brusquement et
quelquefois le battre, mettre à la
raison.
Bouche-trou s. m. 1. Q Personne
ou chose qui n'est utile que lors-
BOUCHON.
— 43 —
BOUGRE.
qu'il s'agit de remplir une lacune.
2. (Thé.) Artiste qui joue les
bouts de rôle.
Bouchon s. m. |1 1. = Pouchoji
= Pochon. Bourse, poche. ||
2. Bouteille de vin cachetée.
(J. RicHEPiN.) ]] 3. Dix ans de
prison. || 4. Bouchon de carafe,
diamant faux de dimension
exagérée.
C'est ainsi que Sarah Bénihard
Comme l'on a des Saint-Bernard,
Des éli^plianls ou des girafes,
A trois lionceaux familiers,
Dont un seul coule des miliers
(F^rix fort) de bouchons de carafes.
(E. Bergerat.)
Bouchonner (O) v.a. Bourrer.
Donner des coups de poing (arg.
des cochers).
Bouclage s. m. || 1. Arrestation.
Il 2. Fermeture. Il 3. Menottes,
lions.
Boucle s.f. Se seirer la boucle,
se priver de manger; = se serrer
le ventre.
Boucler v.a. || 1. Fermer, pour
bâcler, fermer une porte avec un
bâton ; en prov. baclar fermer, du
lai. baculus, bâton. — Boucler ses
rnircttes, fermer les yeux. || 2.
Enfermer, emprisonner. « Le
grand Charles a été bouclé par la
rousse. » || 3. Boucler sa bavarde,
se taire.
Bouclette # s.f. Serrure.
Boucon (O) # s. m. Poison. Le bou-
can du Lombard (O), 1556).
Bouder v.a et n. Bouder à la
besogne, travailler sans goût, sans
courage. — Bouder sur'le mastic,
n'avoir pas faim, manger difficile-
ment; de mastication, mâcher.
Boudin s. m. \\ \. Verrou (il est
souvent rond comme un boudin).
Il 2. Les boudins, les doigts gros
et ronds. |1 3. Estomac. Se remplir
le boudin, manger. || 4. Faire du
boudin, verser 'le sang.
Boudinage s. m. Réveillon où
l'on mange du boudin.
Boudiné O s. m. = Gommeux.
Jeune élégant ridicule.
Boudiner (art.) v.n. Dessiner les
objets ou les membres en leur
donnant la forme d'un boudin
rond et uni.
Boue s.m. Trou.
Boueux s. m. || \. Celui qui ra-
masse les ordures sur la voie
publique. || 2. (Typ.) Caractère
d'imprimerie qui ne vient pas
nettement.
Boufifard s.m. Fumeur.
Bouffarde O s.f. Pipe (on fumant
on envoie des bouffées de fumée).
Bouffarder v.n. Fumer la pipe.
Bouffardière s.f. |] 1.0 Fumoir.
Il 2. Cheminée.
Bouffe-la-balle s.m. Homme
boufti. goinfre.
Bouffer v.a. et v.n. manger. =
Bâfrer, manger goulûment. —
Bouffer labotte, bouffer son carme,
manger son argent. — Bouffer le
chat -=2 Faire minette (obsc). —
Se bouffer le nez, se mordre le
nez, dans une rixe, et par ext.,
se battre . — Bouffer de la boîte
(mil.), faire de la prison.
Bouffeter v.n. Bavarder.
Bouffeur s.m. Mangeur.
Bougette s.f. Poche.
ses bougettes pleines d'argent.
[Rabelais].
Bougie0s.f. Il l.Canne. ||2.Pièce
de cinq francs en argent (elle
éclaire).
Bougon = Bougonneur O s.m.
Grognon ; du vx mot bouquer,
gronder. (Larchey.)
Bougre s.m. Ij l.Èpithèle popu-
laire. Bon ou mauvais bougre, bon
ou mauvais garçon. — Bougre à
poils^ homme solide et énergique.
Il 2. Jurement. « Ah bougre! j'ai
perdu 1 » Du vx fr. boulgre, albi-
BOUGREMENT.
— 44 —
BOULOT.
geois. « Frère Jacques, inquisiteur
des boulgres de la province de
France »* (Ducange.) || 3. Pédé-
raste.
Bougrement adv. Beaucoup,
très. « Il est bougrement fort. »
Bouif a. et s.m. || 1. Faiseur
d'embarras. [] 2. Mauvais ouvrier,
= savetier.
Bouillabaisse Q s.f. Mélange
hétéroclite ; du m. fr. soupe faite
avec différents poissons.
Bouillon s m. Bouillon aveugle,
bouillon sans yeux qui manque de
graisse. — Bouillon de canard,
eau. — Boire un bouillon, perdre
de l'argent dans une affaire. —
Bouillon pointu, lavement. —
Bouillon qui chauffe, pluie mena-
çante, lorsque le soleil luit sur un
ciel nuageux. — Bouillons (pi.),
les articles qui restent en maga-
sin, les journaux, les livres de-
venus invendables. — Bouillon
gras, vitriol ; du nom de la femme
Gras, qui jeta du vitriol au visage
de son amant.
Bouis s.m. Fouet.
Bouis-bouis # s.m. I| 1. Marion-
nette. Il 2. C«6om/o^, établissement
infime.
Boulange s.f. || 1. Boulangerie.
Il 2. % Boulange aux faffes, la
Banque de France.
Boulanger s.m. || 1 . Le diable,
(il fait cuire les âmes). || 2. Char-
bonnier, par iro. || O 3. Remercier
son boulanger, mourir.
Boulangisme Q s.m. Opinion fa-
vorable à la politique du général
Boulanger (i 887-88).
Boulanglste Q s.m. Partisan du
boulangisme (1887-88).
Boule s.f. Il 1. Fête foraine. || 2.
Tête, il a perdu la boule, il est
fou. — Boule de son, figure ayant
des taches de rousseur. — Boule
de neige, un nègre, par opposition.
Il 3. Chien bouledogue (abrév.).
— Avoir les yeux en boules de loto,
avoir de gros yeux proéminents.
— Boulejaune, potiron, citrouille.
— Boule de son [mil.) pain de mu-
nition.
Bouleau s.m. Travail.
Boulendos s.m. Bossu.
Bouler 0v.a. Pousser, rouler. —
Envoyer bouler, refuser, envoyer
promener, renvoyer. — Bouler
quelqu'un, le battre.
Boulet O s.m. Traîner son boulet,
traîner après soi q.q. ou q.q.c. qui
vous est à charge, qui est lourd à
supporter. — Boulet à côtes ou
à queue, melon.
Boulette Qs.f. Faire desbouleftes,
faire des bêtises, des erreurs. J'ai
fait une boulette, j'ai eu tort de
faire cela ; cette phrase implique
un regret.
Boulevardier Q s.m. Habitué du
boulevard. — Esprit boulevardier,
l'esprit parisien du boulevard.
Boulevardière Q s.f. Femme ga-
lante qui fréquente les boulevards.
Boulin 9 s.m. Trou fait à la bon-
llnoire, v.c.m.
Bouline # s.f. Collecte entre fi-
lous.
Bouliner # v.a. || 1. Percer un
trou. Il 2. Voler en se servant de
la boulinoire comme instrument
d'effraclion. || 3. Déchirer. || 4.
Blanchir.
Boulinguer v.a. H i. Diriger,
conduire, j] 2. # Déchirer.
Boulinoire # s.f. Vilebrequin.
BourMich' O n- V^- Boulevard
Saint-Michel.
Boulon 9 s.m. Vol au boulon, \o\
exécuté avec un crochet par le
trou du boulon à la devanture
d'un magasin.
Boulonner v.n Travailler.
Boulot s.m.. Boulotte s.f. Q Per-
sonne petite et grosse, m. à. m.,
BOULOTTAGE. — 45 —
BOURRIER.
ronde comme une boule. « Une
petite boulotte.» — Pain boulot,
pain rond presque comme une
boule.
Boulottage O s. m. Nourriture, re-
pas, banquet. « Un boulottage épa-
tant. » — Houlottatje dec... (obsc.}.
Boulotter Q v.a. et v.n. manger.
Ça boulotte, ça va à peu près,
assez bien. — Boulotter le chat,
(obsc).
^Boum! O (int.) Cri par lequel le
garçon annonce au consomma-
teur qu'il s'apprête à le servir.
<c Garçon, un bock! — Boum!\o'i\ii,
monsieur. »
bouquets (typ.) s. m. pi. Venir par
bouquets, marquer plus dans cer-
tains endroits que dans les autres,
— Voilà le bouquet! le dénoue-
ment, bon ou mauvais.
Bouquine O s.f. Barbe sous le
menton comme les poils d'un
bouc.
Bourbe (la) n.pr. Hôpital de la
Maternité.
Bourbeux s. m. Paysan.
Bourbillons O(écol.) s. m. pi. Duvet
qui s'attache à la plume et qui
empêche de former les lettres.
Bourbon s. m. Nez bourbon, nez
dont la forme est particulière à la
famille des Bourbons.
Bourdeau s. m. Bordel ; on di-
sait aussi bordeau ou bordeaux.
Par force en nos maisons violèrent nos filles,
D'où na<]uit le bourdeau, qui seslevant debout,
A l'instant comme un Dieu, sestendit toutpar-
[tout.
(M. Régmer, Sat.xi).
Bourdons.m. |j l.#FiIlepublique.
Il 2. (typ.). Ligne ou mot oublié
par le compositeur.
Bourdonniste (typ.) s. m. Compo-
siteur qui faitdes bourdons, v.c.m.
Bourgeois s. m. Homme par-
venu, égoïste content de lui-
même, arrogant avec les faibles,
avec cela poltron ; rétrograde.
Croutelevés et marmiteux
De Nevers, de Chartre ou de Tulle,
Spatalocinùdes piteux,
Couverts de gale et de pustule,
Ce bourgeois qui récapitule
— Etant ladre, mais foliclion, —
Le quantum de votre sportule.
C'est de la viande de cochon.
[Laurent Tau-HADe]
Bourgeoise s.f. la bourgeoise^
la patronne d'une maison. L'époux
aj)pellc sa femme la bourgeoise.
Bourgeron s. m. Petit verre
d'eau -de-vie.
Bourguignon (le) # n.pr. Le so-
leil.
Bourlingue s.f. Etre dans la
bourlingue, dans une position
gênée, précaire.
Bourlinguer va et n. Vivre
péniblement.
Bourlingueur s. m. Qui a de la
peine à vivre.
Bourrache s.f. Cour d'assises.
Marguiller de bourrache, juré.
De la bowrache, ennuyeux. Faire
de la bourrache, se mettre en co-
lère (m. à m. être bourru).
Bourrasque s.f. La ratlede po-
lice.
Bourre-coquins s.m.pl. Hari-
cots.
Bourre-de-soie s.f. Femme
richement entretenue.
Bourrée s f . Coups de poing.
Bourreur (typ.) s. m. Bourreur de
lignes, compositeur qui complète
un texte à la dernière heure. —
Le bourreur de pègres, le code
pénal.
Bourriche s.f. 1| 4. Niais. —
Femme riche et niaise. || 2. Tête.
Bourrichon s. m. Tête. Se mon-
ter le bourrichon, s'illusionner, se
monter la tête.
Bourricot voy. Kif-kif.
Beurrier 0^ s.m . Fumier, tas
BOURRIQUE.
BRADER.
d'ordures. — Baquet à ordures.
Bourrique s. t. Dénonciateur,
agent de police. — Faire tourner-
en bourrique, ahurir, étourdir,
stupéfier, abrutir.
Bourriquer #v.a. |1 1. Dénoncer.
Il 2. Goïter (obsc).
Bourser (se) v.pr. Se coucher.
Boursicoter O v.n. Jouer à la
Bourse.
Boursicoteur =i:BoursicotierO
s. m. Celui qui joue à la Bourse.
Boursier O s. m. Celui qui tra-
vaille à la Bourse.
Bouscaille O s.f. Boue.
Bouscailleur # s. m. Qui ramasse
la boue, les ordures sur la voie
publique, balayeur.
Bouse s.f. Bouse de vache, plat
d'épinards.
Bousiller v.n. Travailler vite et
mal.
Bousilleur s. m. Gaspilleur,
mauvais ouvrier.
Bousin s. m. Il 1. Il Boucan, va-
carme, bruit. Il 2. Lupanar.
Bousiner v.n. Faire du bruit,
du vacarme, du scandale.
Bousineur s, m. Tapageur.
Bousingot0 s. m. || l .voy. liowsi-
ïiewr. ||2. Cabaret de bas étage.
Boussole s.f. Tête, cerveau.
Perdre la boussole, perdre le Nord
ou la tramontane, devenir fou.
Boustifaille Q s.f. Nourriture.
Ce qu'il faut pour la c< bouche ».
[TlMMERMANS.]
Boustifailler v.n. Manger.
Bout s. m. Bout-coupé, Israélite
(allusion à la circoncision). —
Bout de cul, petit individu. — Be-
cevoir son bout (arg. des tailleurs),
recevoir son congé.
Boutanche = Boutange 9 s.f.
Boutique. Courtaud de boutanche,
employé de magasin.
Bouteille s.f. (Mar.) Latrines.
(Larchey.)-— o Avoir de la bou-
teille, se dit d'une chose promise
qui ne se fait jamais. — Avoir un
coup de bouteille, être un peu gris.
Bouterne s.f. La bouterne est
une boîte vitrée où sont exposés,
aux foires de villages, les bijoux
destinés aux joueurs que la chance
favorise. Le jeu se fait au moyen
de huit dés pipés. Il est tenu par
une bouternière, qui est le plus
souvent une femme de voleur ».
(VlDOCQ.)
Bouternier s. m. Voy. Bou-
tcrne.
Boutique s.f. Il 1. Maison mal
tenue, mal achalandée. « En
voilà un bazar, quelle boutique! »
Il 2. Etui que les bouchers s'atta-
client au côté pour mettre les
outils. Il 3. Etre de la boutique :=:
Etre du bâtiment, v.c.m. || 4. Al-
lons, il faut fermer boutique, il
faut cesser et s'en aller. 1| 5. Mon-
trer sa boutique, se dit lorsqu'une
femme tombe et qu'on aperçoit
ce qui ne se montre pas ordinai-
rement, {pro pudor).
Boutoge voy. Boutanche.
Bouton O s. m. Chatouiller lebou-
ton (obsc). — Bouton depieu, pu-
naise, (Rigaud) allus. de forme.
Boutonnière Q s.f. Petite bles-
sure qui fait une ouverture à la
peau comme une boutonnière.
Boutord s. m. Tabac à chiquer.
(M. à. m. Bout tordu.)
Box O s. m. Mot ang. qui signifie
stalle d'écurie.
Boxon s. m. Lupanar.
Boye s. m. Gardien. Vx mot
qui désignaitle bourreau du bagne.
(En ital. boja, bourreau, littérale-
ment: serviteur, sergent ; en holl.
bode, domestique.) "[Timmermans.]
Brac # s. m. Nom propre.
Brader v.a. Vendre de vieilles
choses au rabais. A Lille, le se-
cond lundi de la foire, (en sep-
BRAILLARDE. — 47
BRICOLE.
tembre) est le jour de la braderie,
chacun vend sur le trottoir les
vieux objets dont il veut se débar-
rasser. Cette vieille coutume
donne ce jour-Là un aspect très
l)ittoresqueà la ville. (Ang. to bar-
tcv, troquer.)
Braillarde # s.f. Caleçon. Du vx
mot braies, culottes.
Braire v.n. Pleurer.
Braise s.f. Argent, monnaie.
L'or est couleur de braise incan-
descente.
Braiser v. n. Payer.
Braiseur s. m. Homme prodi-
gue.
Brancard s. m. Fille publique
(vieille). — Bras ; « Je me con-
nais en brancards de dames, c'est
pas ça du tout. » [Macé, Mon pre-
mier crime.] — Serrer le brancard,
serrer la main ; (comparaison du
bras avec un brancard). — Bran-
card de laine, membre paralysé.
Branche Q s.f. Ma vieille branche,
mon vieux camarade, mon vieil
ami.
Brancher V. a. etv.n.0 Accrocher.
(O) # Pendre.
Brandillante = Brandilleuse
s.f. Clociie, sonnette.
Branlante s.f. Pendule. Cloche.
Branlezinc s. m. Carillon.
Branque s. m. Ane. S.pr. et fig.,
imbécile.
Braquemart s. m. Membre
viril.
Bras a. Grand. — Avoir le bras
long, être tout-puissant, influent.
Brasser v.a. Falsifier. Brasser
des faffes, faire de faux papiers.
Brasset % a. Gros.
Brave (O) s.m. Faire le brave,
menacer.
Bréchet O s.m. Estomac, «De pe-
tites brassières qui ne leu venont
pas jusqu'au brichet. » [Molière,
Le festin de Pierre]. # Bréchet
mouche, mauvais estomac. —
Avoir le bréchet dans les gadins,
avoir faim, m.<àm. avoir l'es-
tomac dans les talons. — En ail.
brechen, rompre.
BréchetellesQ s. m. pi. Espèce de
gâteau sec et cassant qu'on mange
dans les brasseries. Ail. Bretzelf
de brechen, casser.
Bredoche s.f. Centime.
Bredouille Q s.f. Etre bredouille,
rentrer bredouille, rentrer de la
chasse sans avoir rien tué, avoir
manqué une affaire , ne pas
avoir réussi dans ce qu'on cher-
chait. De berdouilles, intestins :
ennuyé, cm... [Ti.mmeh.mans].
Brëguilles % s.f. pi. Pierreries,
joyaux. Corr. de broquille, v.
cm. (2).
Breloque s.f. Pendule. — Battre
la breloque, avoir le cerveau dé-
traqué comme une vieille pen-
dule.
Brème # s.f. Carte. Maquiller les
brèmes, jouer aux cartes. — Brème
de paquelin, carte géographique.
— Etre en brème = Etre en carte^
être inscrite à la préfecture et
avoir une carte de prostitution.
Brêmer % v. Jouer aux cartes.
Brémeur % s.m. Joueur de cartes.
Brémier % s.m. Fabricant de.
cartes.
Bressant Q n.pr. Coiffure Dres-
sant. Genre de coiffure comme
la portait Bressant, artiste du
Théâtre-Français.
Bribauder % v.n. Vagabonder; ce
mot se trouve avec ce sens dans
le glossaire genevois de Jean
Humbert.
Bricabracologue Q s.m. Collec-
tionneur de vieilles choses, ama-
teur de bric-à-brac.
Bricard s.n. Escalier.
Bricheton s.m. Pain.
Bricole s.f. Petite chose, travail
BRICOLER. — 4
mal payé. C'est de la bricole, ça
ne vaut rien. Brin, branche, en
ang. sprig. [Timmermans].
Bricoler v.a. et v.n. Travailler
à des riens, à des bricoles, v.c.m. ;
passer d'un travail à un autre, ne
pas faire grand'chose de bon.
Bricoller Q © v.a. Sacrifier à
Vénus.
Bricoleur s. m. =z Bricolier.
Celui qui bricole, voy. bricoler.
Bricule # s. m. Officier de paix,
pour circule, mot déf. ; l'officier
de paix circule et fait circuler.
Bride s. f. || 1.0 Chaîne de montre.
Il 2 # Menottes. || 3 # Chaîne de
forçat.
Brider % v.a. || 1. Interdire, dé-
fendre. Brider la lourde, interdire
la porte. — Etre bridé à la clé,
être en interdiction de séjour.
Il 2. Ferrer un forçat.
Bridoux % s. m. Fou.
Briffe 9 s.f. Nourriture, pâture,
mangeaille, subsistance, pain. Pas-
ser à briffe, aller manger. Var. de
brouter. [Timmermans],
N'importe où nous nous empâtons
D'arlequins, A'briffe et d'rogatons.
(J. RicHEiMN, Ch. des Gueux).
Briffer V.n. Manger. Engr. cpépS'o,
je mange. [Timmermans.] Énfr. brif-
fer, bouffer, manger avidement.
Brigadier s. m. jl 1. Chef des
garçons dans un grand établisse-
ment public. Il 2. = Gemdre, pre-
mier garçon boulanger.
Brigands s. m. pi. Cheveux; par
j.d.m. sur bringe, brosse.
Brigante % s.f. Perruque, voy.
Brif/ands.
Brigeants s. m. pi. Voy. Bri-
gands.
Brignolet s. m. Pain.
Brillard # s. m. Pièce d'or, (elle
brille).
Brimade O s.f. Épreuve vexatoire
infligée aux nouveaux arrivés,
— RRISEUR.
dans une école ou au régiment.
On brise les nouveaux arrivés
comme on fait d'une chaussure
neuve qu'on veut accommoder à
son pied. Ang. to break a horse,
dresser un cheval.
Brimard (B) % s. m. Bourreau,
voy. brimade.
Brimer Q v.a. Infliger une brimade,
v.c.m.
BrimeurO s. m. Celui qui inflige
une brimade, ceux qui la font
subir.
Brindezingue 0a. |1 Livre. « /i
estenbrindezingue. Il est dans les
brindezingues ». Du vx mot brinde,
libation, et zing, en arg. comp-
toir, « fiotVe sur le zing )>. || 2.
Voy. Bastringue (2).
Bringue s.f. Une grande brin-
gue, femme nonchalante et dé-
gingandée ; du prov. bringo;
Grande bringo, dounas vous gardo.
[J. Foucault.]
Mettre en bringues, mettre en
morceaux: briser; de Tall. bre-
chen, m. s.
Brioche Q voy. boulette.
Briolet s. m. Piquette, petit vin
de Brie. [Larchey.]
Briquet Q s-"^- ^oy* Battre (14).
Brisacque0 s.m. Vacarme à tout
briser.
Brisant # s.m. Vent. (Du fr. brise,
vent léger.)
Briscard s.m. Vétéran, vieux
troupier (il porte des binsques,
v.c.m.); par ext., ancien, vieillard.
Lat. priscus, ancien.
Briser Q v.a. | [ i.Se la bnser, s'en
aller, s'enfuir. <( Briser ou brûler
la politesse. » || 2. (Typ.) Inter-
rompre le travail. || 3.' # Escro-
quer.
Briseur s.m. Celui qui achète
de la marchandise et qui disparaît
sans la payer, il se la brise.
BRISQUARD.
— 49 —
BROYER.
Brisquard s. m. voy. Briscard.
Brisque s.f. || 1. (mil.) Galon,
chevron. Vieille brisque y vieux
^ troupier. || 2. # Année.
Brisure s.f. (typ.) Temps d'arrôt
«5^ dans le travail. # Escroquerie.
!^ Voy. Briseur.
Brobuante # s.f. Anneau, bague.
Broc0 s. m. voy. bredoche.
Brocante s.f. Brocantage, du
vx.m. brocante, perche où l'on
suspendait la marchandise. —
Bague.
Broche O s.f. Petite valeur com-
merciale.
Broches s.f. pi. Dents. Broches
rouilk'es^ dents gâtées.
Brochet s. m. Souteneur. Brochet
à la mie de pain, jeune souteneur.
Brocquans (V) s. m. pi. Bagues,
joyaux, bibelots, petits objets; du
^ bas lat. abrocator, qui désigne
^ celui qui fait le commerce de ces
objets.
Brodage # s. m. Ecriture.
Brodancher v.a. = Broder.
Ecrire. — Brodancher la couenne,
'^ tatouer.
Brodancheur s. m. Brodeur.
Il 1. Ecrivain, jj 2. Brodancheur à
la plaque, aux macarons, à la cym-
bale, notaire, huissier, à cause
des panonceaux qui sont à la
porte. Il 3. Tatoueur.
Broder # || 1. voy. Brodancher \.r.
Il 2. Exagérer. « Broder une his-
toire. »
Brodeur voy. Brodancheur s. m.
Brodeuse s.f. || 1. Pédéraste.
11 2. Plume pour écrire.
Bronze (St-G.) s. m. Artilleur, ar-
tillerie.
Broquillage % s.m. Tromperie qui
consiste à vendre du strass pour
du diamant, du cuivre pour de For.
JBroquille s.f. H 1. # Minute. Deux
plombes trente broquilles, deux
heures trente minutes. H 2. Bague,
boucle d'oreille. On trouve dans
Villon Brocquans avec ce sens.
Il 3. Chose sans valeur. N'en pas
faire une broquille, ne rien faire ;
du gr. ppa/uç, petit. — Vol à la
broquille voy. broquillage.
Broquilleur' s.m. Voleur qui
vole les bijoutiers en substituant
le strass au diamant. [Colombey.]
Brosse s.f. || 1. voy. Zu^ H 2.
(Typ.) Imprimer à la brosse, im-
primer sans presse.
Brossée O s.f. Raclée, s.pr. et
fig. Recevoir une brossée, perdre
beaucoup de parties au jeu.
Brosser Q v.a. Brosser quelqu'un,
le battre, s. pr. et fig. Brosser
quelqu'un aux dominos, au jacquet,
le gagner. — Se brosser le ventre,
ne pas manger, et par ext., se
passer d'une chose, se brosser.
Brouée s.f. || 1. Correction, jj
2. Fuite. « Tous mes grains ont
pris la brouée ». {Vie de saint
Christophe, Mvstère de maître
Chevalet, Grenoble 1530.)
Brouer # v. a. Transporter, ce
mot a fait le mot fr. brouette.
Brouillard s. m . Chasser le brouil-
lard, prendre un verre le matin.
=: Tuer le ver. — Etre dans les
brouillards, être légèrement ivre.
Faire du brouillard, fumer.
Brouillotte s.f. # La nuit.
Broussailles s.f.pl. Etre dans les
broussailles, être ivre. — Che-
veux en broussailles, cheveux en
désordre.
Brouta(St-C.)s.m.Discours=I<aïus.
Du nom d'un professeur excellent
orateur.
Brouter0v.a. H l.Manger. jj 2.Gro-
gner.
Broutiller Q v.a. et n. Parler de
choses sans importance, de vé-
tilles.
Broyer Q v.a. Broyer du noir,
être triste, chagrin, ennuyé.
4
BRUAiNT.
— 50 —
BUVEUR.
Bruant (B) # s.m. Le tonnerre ;
pour bruyant.
Bruge # s.m. Serrurier. Du vxfr.
bruger^ frapper.
Brugerie s.f. Serrurerie.
Bruit (O) s.m. Renom, re-
nommée.
Brûlage s.m. Débâcle.
Brûlant # s.m. Foyer, feu. [J. Ri-
CHEPIN.]
Brûlé a. |1 1. Usé. Je suis brûlé
chez mon tailleur, mon crédit est
fermé, jl 2. Démasqué. « Le truc
est découvert, il est brîilê. )>
Brûlée s.f. Correction.
Brûle-gueule s.m. Pipe si
courte qu'elle brûle la bouche du
fumeur.
Brûler O \.B,.Enbrùler une, fumer
une pipe, une cigarette. — Brûler
une voiture, la dépasser avec une
autre. — B^mler les planches, jouer
la comédie avec verve, entrain.
— Brûler du sucre, lorsqu'on a dû
subir un spectacle répugnant, été
en contact avec un individu taré,
on dit : brûlons du sucre, comme
on ferait pour assainir un endroit
infecté. — Brûler la politesse à
quelqu'un, s'en aller sans l'aver-
tir. — Vous brûlez! vous appro-
chez du but, vous y êtes presque.
Ça brûle, vous êtes sur le point de
trouver. — # Brûler le pégriot,
effacer la trace d'un vol.
Brulotte # s.f. Lanterne.
Brunette # s.f. La nuit.
Brusslon (B) s.m. Maréchal.
Brutal (V)s.m. Canon. Faire tousser
le brutal, tirer le canon.
Bu a. Etre bu, être gris. « Tsuis
bu. »
Bûche s.f. Allumette. Bûche
plombante , allumette qui sent
mauvais.
Bûcher 0v.n. Travailler avec cou-
rage et acharnement. — Se bû-
cher, se battre.
Bûcherie s.f. Lutte, rixe, ba-
taille.
Bûcheur s.m. Travailleur
acharné.
Budgétivore O s.m. Celui qui vit
aux frais de l'Etat, sans rendre
des services suffisants : il grève le
budget.
Buenretiro Q s.m. |[ 1. Maison de
campagne || 2. Cabinet d'aisances.
Motesp., bonne retraite.
Buffet s.m. Corps humain,
ventre. — Danser devant le buffet^
n'avoir rien à manger. — Rémou-
leur de buffet, joueur d'orgue.
Buif0 s.m. Cordonnier.
Buquer v.n. || 1. Voler dans
une boutique en demandant de la
monnaie. [Vidocq.] Yoy. Boucard.
Il 2. Battre très fort comme
avec une bûche, dérive de bûcher
m. s.
Bureau (mil.) s.m. Bureau arabe,
absinthe avec de l'orgeat, (en
Afrique). — Bureau d£S pieds,
salle de l'anthropométrie à la pré-
fecture de police.
Burettes s.f.pl. Paire de pis-
tolets.
Buriner v.n. = Bûcher. Tra-
vailler.
Burlin = Burlingue 9 s.m. Bu-
reau. — Burlingue du quart, com-
missariat de police.
Burnes s. f. pi. Testicules.
Bustingue # s.f. Hôtel garni.
Butre # s.m. Plat.
Butte (la) # s.f. L'échafaud.
Butter v.a. Il 1 . Tuer, assassiner.
Il 2. Guillotiner.
Butteur s.m. || 1. Assassin.
Il 2. Bourreau.
Buyreur O s.m. Buveur d'encre, hu-
reaucrate.
— 51 —
CABOTIN.
C. s. m. Etre un c, êlrc un
imbécile, un niais, Abrcv.).
Ça pr. déni. — C'est ça, c'est
bien, c'est très bien. — Pas ça,
rien du tout. — Il a de ça, il est
riche, il est fort, il a de res})rit.
("elle phrase se complète généra-
lement par un signe explicatif. —
Elle a de ça, elle a une opulente
poitrine. — Faire ça = Faire le
truc y faire l'amour, se prostituer.
« Entre voler et faire ça, elle ai-
mait mieux faire ça.» [Ass. Zola.)
Cab O s. m. || 1. Voilure anglaise
dont le cocher se trouve derrière,
sur un siège élevé; c'est le tiacre
de Londres, jj 2. Abrév. de cabo-
tin, v.c.m. Il 3. Chien, abrév.
de cabo.
Cabande0s.f. Chandelle. Estour-
btr la cabande, éteindre la chan-
delle.
Cabanon O s. m. Maison de cam-
pagne en Provence.
Gabks s. m. Vieux chapeau.
— Vieux cabas, vieille femme
mal attifée.
Cabasser v.n. |I 1. Médire.
Il 2. Tromper (vx fr.) j| 3. Voler.
Cabasseur s. m. Celui qui trahit
ses complices par ses indiscré-
tions.
Gabasson s. m. Chapeau de
femme démodé.
Cabe s.m. || 1. voy. Cabo (2) =
Cleb. Il 2. Elève de troisième
année à l'Ecole normale.
Cabéce0 s.f. Tête.
Gabermon # s.m. =: Caber-
muche. Marchand devin, désigne
l'établissement et aussi celui qui
le lient. Du fr. cabaret.
Cabestan s.m. Agent de police,
officier de paix. [Delvau.] Par
j.d.m. sur cabo, chien de garde.
[TlMMERMANS.]
Cabillot (mil.) s.m. Soldat à bord
d'un navire.
Cabinet s.m. Aller au cabinet,
aller à la selle.
Câble s.m. Câble à rimouque^
amarre de louée.
C'est le coup des hâleurs et du câble à rimouque.
(J. RiGHEPiN, la Mer.)
Cabo s.m. || 1. Abrév. de cabo-
tin, v.c.m. Il 2. Chien (de c/a6aa(f,
qui a fait dabauder, crier, abover).
Cabochard s.m. || \. téta.
Nous somm's rien balli ! nous (épatons
Du cabochard AUX trottignollcs.
(J. RiGHEPiN, La Chanson des Gueux.)
Il 2. Chapeau. En fr. la caboche
est un clou court à grosse tête.
Caboche s.f. Tête.
Entrant je me heurte la caboche et le pié.
Dont je tombe en arrière, estourdi de ma clieule.
(M. Régnieb, Sat. XI.)
Cabochon s.m. || 1. Bosse à la
tête produite par un coup. || 2.
(Typ.) Vignette. || 3. (O) Cabochon,
de rubis (met.) Prépuce.
Cabosse s.f. = Caboche. Tête.
Cabot s.m. Il 1. Abrév. de cabo-
tin, \. cm. li 2. Caporal. || 3. Chien.
— Cabot du quart d'œil, secrétaire
de commissaire de police.
Cabotin O s.m. Acteur. Ce mot &
toujours un sens méprisant; de
cabaust, auberge. [Ducange.] Les
comédiens parisiens méprisent
leurs confrères-ambulants réduits
à jouer dans les cabots en pro-
vince.
CABOTINAGE.
52
CAFÉ.
Cabotinage Q s. m. Action de
jouer la comédie., de cabotiner.
Cabotiner v.n. 1| 1. Faire le métier
de cabotin, courir le cachet dans
les caboulots. \\ 2. Fréquenter les
cabotins. Le cabot est le chien,
ainsi nommé parce qu'il jappe,
c'est-à-dire exerce son javeau ou
gaviot pour aboyer. Par une allu-
sion méprisante, il devient le nom
de l'acteur. Cabasser pour jaboter
rappelle également le gaviot ou
la jappe. [Timmermans.]
Caboulot s, m. Cabaret infime.
Cabriole s.f. Faire la cabriole,
faire l'amour. <( La petite madame
Yigouroux faisait la cabriole du
matin au soir dans son charbon.
{l'Ass. Zola). » voy. Cambriole.
Cabriolet s. m. \\ 1. Hotte de
chiffonnier. 1| 2. Corde mu-
nie de deux poignées qui sert à
tenir les malfaiteurs par le poi-
gnet. Il 3. Trique.
Cabrioleur s. m. voy. Cam-
brioleur.
Cabrion s.m Gamin méchant
et taquin.
Cachan (O) n.pr. Aller à Ca-
chan se cacher. (Arcueil-Cachan,
J.d.m.)
Cachemar % s.m. Cachot.
Cachemire Q s.m. Torchon. Don-
ner un coup de cachemire, essuyer.
« Garçon, un coup de cachemire )k
— Cachemire d'osier, hotte; (se
met sur le dos comme un chàle
de cachemire.)
Cache-misère s.m. Yêtement
ample qui cache de vieux vête-
ments qu'on use par dessous.
Cachemite % s.m. Cachot.
Cache-laid=Cachenezs.m.(O)0
Masque.
Cacher v.a Manger.
Cachet Q s.m. Soufflet, gitle.
Cacique (écol.) s.m. Premier de
section ; (Ecole normale.)
Cadavre s.m. || i. Corps hu-
main. Se refaire le cadavre, se
réconforter. Promener son ca-
davre, se promener en tlânant.
Se garnir le cadavre, manger.
Il 2. Méfait secret. Savoir oii est
le cadavre, avoir la preuve que
q.q. a commis une mauvaise ac-
tion. Il y a un cadavre entre eux.
il y a complicité. || 3. Bouteille
vide. Il 4. Jouer le cadavre, s'a-
charner au jeu après un banquier
dans une période malheureuse.
Cadelle # s.f. Chaîne de montre.
Cadène = Cadenne % s.f. Chaîne.
Du latin catena, chaîne, ce mot
est français et désignait autrefois
la chaîne de fer servant à attacher
les forçats. En fr. cadenas, ser-
rure mobile.
Cadet s.m. || 4. Derrière.
Il 2. # Paquet d'objets volés.
Fargué du cadet, chargé d'objets
volés. Il 3. # Instrument qui sert
à forcer les portes.
Cadichon # s.m. Montre (semble
dériver de cadran).
Cador s.m. = Cabot. Chien.
Cador du quart d'œil = Chien du
commissaire, secrétaire de com-
missaire de police.
Cadouille (mil.) s.f. Gourdin.
Cadran s.m. Montre. — Cadran
solaire, derrière.
Cadratin (typ.) s.m. || 1. Morceau
de fonte plus bas que les lettres
pour ménager des espaces blancs.
IJ 2. Chapeau haut de forme.
Cafard Q s.m. Avoir un cafarddans
le choubersky = être toqué, timbré.
Cafarde # s.f. La lune (elle se
cache parfois derrière les nuages).
Cafarderv.n.etv.a. || l.Q Espion-
ner, rapporter des propos malveil-
lants, dénoncer hypocritement.
Il 2. fmil.) Protéger.
Café s.m. Prendre son café, rire
aux dépens de q.q.
CAFETIÈRE.
— 53
CALEBASSE.
Cafetière © s,f. Tête, visage. Se
mouiller la cafetière^ se griser.
« Oh<5 ! Durondard, tu t'es mouillé la caf-
tière. »
Cafignon (O). s. m. Puanteur.
Gafiot s. m. Café mauvais.
Cafouiller v.a. Chercher. Augm.
de fouiller.
Cage s.f. Atelier vitré. — Il na
plus de mouron sur la cage^ il n'a
j)lus de cheveux sur la tôle.
Cageton # s. m. Hanneton.
Cagnardier (O) % s. m. Gueux.
Du lat. canis, chien.
Cagne s.f. || 1. Chienne hargneuse.
Il 2. =: Cogne, v.c.m. |1 3. (O)
Prostituée.
Cagner v.n. Etre lâche, pares-
seux.
Cagnotte O s.f. || i. Bénéfice du
jeu réservé pour une dépense en
commun. || 2. La tirelire qui ren-
ferme ce bénéfice. En fr. une ca-
gnotte est un petit cuvier pour la
vendange, en usage dans le Lot-
et-Caronne.
Cagou # (B) s.m. Lieutenant du
grand Coe.sredans la confrérie des
gueux. Dans Targ. moderne, vo-
leur qui instruit les autres.
Cahuah s.m. Café, dans l'arg. des
soldats d'Afrique.
Caillasse s.f. Graviers, cailloux.
Caille s. f. Caille coiffée, femme
amoureuse.
Caillé # s.m. Poisson, (il porte des
écailles, généralement).
Cailli s.m. Cresson de fontaine,
(patois rouennais ) Pour caille-
lait.
Caillou s.m. Il 1. Tête. Se sucer
le cnillou, s'embrasser. — Caillou
déplumé , ch au ve . — N'avoir p lus de
mousse sur le caillou, n'avoir plus
de cheveux sur la tête. |1 2. Dupe.
Avoir son caillou, avoir trouvé
une dupe.
Caïman s.m. Mendiant. En fr.
quémander, mendier.
Caire ("V) s.m. Argent, richesse.
D'après A.Vitu, ce mot signifie
plutôt richesse et se confond avec
mine, apparence, d'où il dérive.
C'est en wallon la forme du mot
lat. cara, venant du gr. xapa, tête :
fr. chère, signifiant visage.
Les dupos sont privez de Caire.
(Villon.)
Caisse O s.L Battre la caisse, parler
de soi, se faire de la réclame. —
Caisse d'épargne, bouche.
Mettre à la caisse d'épargne, man-
ger. % Caisse signifie» au milieu >»,
indication du honneteur à son
compère.
Caisson (mil.) s.m. La tête. — Se
faire sauter le caisson, se brûler
la cervelle.
Calabre # s.f. Teigne; défor-
mation de « glabre » qui signifie
dépourvu de poils, et de calotte,
m s.
Calain s.m. Vigneron. Corr. de
Calvin.
Calance (lyp.) s.f. Chômage.
Calancher 9 v.n. Mourir; [Riche-
pin, Césanne] de caler, j m. s.
avec le suffixe anche.
Calande # s.f. Promenade.
Calandriner v.a. Se promener-
(faire une calande) = polir l'as-
phalte. En fr. calandre, cylindre
pour lustrer les étoffes. — traîner
la misère.
Calbombe s.f. Bougie, torche,
falot. Yar. de cabande.
Calé O ^- ^' ^s^ ^'^^^ ^" histoire,
il connaît bien l'histoire. — Etre
calé, avoir de Targent, être à son
aise. — J'suis calé, je suis bien
là, je ne bouge plus.
Calebasse s.f. Tête. — Femme
grande et maigre, mal habillée.
— Vendre la calebasse, dénoncer.
CALÈCHE.
— 5-^
CAMBRIOLEUR.
— Les càlebassefij s.f.pl. Seins
tombants.
Calèche s.f. Calèche du préfet,
voilure cellulaire.
Galège s.f. Femme galante,
élégante (femme calée).
€alence (typ.) s.f. voy. Calance.
Caler # v.n. et \\pr. Chômer.
Caler des boulins, ne rien faire,
m. à m. faire des trous. — Caler,
pour caner, v.cm, (1), (2). — Se
saler, se poser, se dresser. — Se
ealer les amygdales, boire. — Se
caler les joues, se les caler, manger,
— Caler sa hiture, vomir après
s'être enivré.
Caleter # v.n. S'en aller, se sau-
ver, s'enfuir.
Caleur0 (typ-) s. m. 1| 1. Ouvrier
qui travaille à l'heure, -qui n'a
pas un travail régulier ou qui
ehôme. [12. Garçon de café qui
travaille en extra, j] 3. Flâneur.
De l'ail, kellner. m. s.
(Haliborgne s. m. Borgne; ébor-
gpé d'un calot.
Salicot Os. m. Employé de la nou-
veauté. — Calicote, employée ou
femme d'employé de la nouveauté.
Galijatte % s.f. Cachot. Boulotter
de la calijatte, être au secret, se
dit aussi d'un prisonnier puni de
cachot.
Galin s. m. Tonnelet d'étain dont
se servent les marchands de coco.
« Les clients vont gratis à la Wallace.
Mon câlin reste plein -, je suis un daim ! »
[J. RrcHEPiN, Chans. des Gueux."]
Le «câlin » est une composition
de plomb et d'étain dont l'alliage
et l'usage viennent de la Chine.
®aIino O s. m. Homme naïf, auquel
on attribue des réflexions plus
niaises les unes que les autres.
« J'ai commandé deux pantalons
à mon tailleur, dit Calino, mais
]Q suis inquiet, parce qu'il ne m'a
pris mesure que d'un. » Du vieux
mot câlin niais.
Calinotade Q s.f. Naïveté.
Calinte # s.f. Culotte.
Callot s. m. voy. Calot. # Dé à
coudre, coquifle de noix. Du fr.
calotte, petit bonnet, qui lui-
même vient du vx mot cale, ca-
puchon. On « écale » les noix.
Galoquet s. m. 1| \. Chapeau
de femme |j 2. Couronne. |1 3.
Voy. Callot.
Galorgne s. m. Borgne. Var. de
caliborgne,].à..m. sur lorgner.
Calot s.m. voy. Ca//o«, Biribi (1)
Il 1. Teigneux (la teigne couvre
la tête comme une calotte).
Il 2. Œil.
« La boucli' plus p'tit' que les calots, »
[RiCHEPIN.]
Calotte S.f, H I.Teigne. |] 2.Gif[e.
Calottée O s.f. Boite de fer-blanc
pour mettre des asticots (pê-
cheurs).
Calotter Q v,a. Gifler.
Calottin Q s. m. Prêtre, homme
d'église (le prêtre, le bedeau por-
tent la calotte).
Calouquet Q s. m. Étudiant en
médecine.
Calvados Q s. m. Eau-de-vie de
cidre, u U?i calvados, garçon! »
un verre d'eau-de-vie de cidre.
Calvigne s.f. Vigne. M, déf.
Calvin 9 s. m. Raisin,
Camarde (la) # s.f. La mort.
Camarder 9 v.n. Mourir.
Camarluche s. m. = Camaro
= Gamerluche, Camarade, ami.
Camboler v.n. Tomber,
Cambouis (mil.) s. m. Soldat du
train.
Cambriau # s. m. = Combrieu.
Chapeau.
Cambriole s.f. Chambre, qu'on
écrivait autrefois cambre.
Cambrioleur Q s. m. Voleur qui
dévalise les chambres, les appar-
CAMBRIOTTE.
55 —
CAMPECHE.
temenls, même les maisons, à
l'aide d'escalade et d'effraction.
Cambriotte s.f. =: Cambriole.
Petite chambre.
Cambronne! n. pr. Q Merde!
v.c.m. Victor Hugo dans les Misé-
rables (2»^ partie, livre I, chap.xiv)
décrit la bataille de Waterloo et
termine ainsi : « Un général an-
glais, Colville selon les uns, Mait-
land selon les autres, leur cria :
Hraves Français, rendez -vous!
C.ainbronne répondit : Merde ! »
Gambrouse 9 s.f. || 1. La cam-
pagne, la banlieue de Paris.
Il 2. Servante de la campagne.
Gambrouser v.n. Servir, être
en service.
Fonce ta largue, et qu'elle aboulc
Sans limace nous cambrouser.
(RlCHEPIN.)
Gambrousien s. m. voy. Gam-
brousier. Paysan, campagnard.
Cambrousier H^ s.m.jjl. Voleur
de campagne, vagabond. || 2. Au
marché du Temple, les camhrou-
' siers faisaient indistinctement
commerce de linge ou de meubles,
d'objets de toilette ou de ferrailles.
[Larchey] [Petit Journal, 65.) \\
3. Paysan, campagnard.
Cambroux0 s. m. Valet de ferme,
domestique, garçon d'hôtel. Vxfr.
camperoux.
Gambuse s.f. || 1. Cantine.
Il 2. Logis, chambre, petite mai-
son.
Camelot s. m. || 1. Crieur de
journaux, petit marchand de la
rue qui vend des objets de peu de
valeur. Le camelot (du lat. came-
ius, chameau) était une étoffe
grossière et commune, en poil de
•chameau ou de chèvre. Coesme,
qui signifie « bon mercier » dans
le langage blesquien, a fait coes-
melotier, marchand, coesmelotrie,
mercerie; nous voyons donc dans
t
ces mots l'origine du mot camelot
et de ses dérivés. || 2. Voleur.
Camelote # s.f. Marchandise.
Camelote en pogne, camelote dans
le pied, flagrant délit de vol. Voy.
Camelot.
Cameloter Q v.a. 1| 1. Vendre.
Il 2. Vendre ou acheter des mar-
cliandises de basse qualité, ou de
j)eu de valeur. Voy. Camelot.
Camelotier O s. m' Celui qui vend
(le la marcliandise de qualité infé-
rieure. Voy. Camelot.
Camerluche s. m. = Camar-
luche. Camarade, ami.
Camisard (mil.) s. m. Soldat des
compagnies de discipline . Us
portent une blouse blanche sem-
blable à une <( chemise ».
Camoufle s.f. Chandelle. Allus.
au camoullet sorte de chalumeau
pour envoyer de la fumée au nez
de quelqu'un, la chandelle est
fumeuse.
^Camouflé a. Travesti, déguisé.
Du fr. camo, coquille et moufle
ou mufle, museau, visage.
Camouflement # s. m. Travestis-
sement, déguisement.
Camoufler v.a. # Frelater. Camou-
fler la bibine, frelater la boisson.
Camoufler le pivois, frelater le
vin. — Se camoufler, se déguiser,
se grimer.
Camouflet % s. m. Chandelier.
Par j.d.m. sur camouflet, fumée
qu'on souffle sous le nez dans un
tuvau de papier en forme de chan-
delle.
Camp s. m. Fiche le camp, s'en
aller.
Campage # s. m. Fuite.
Campagne s.f. Aller à la campa-
(y7ze,sedit d'une femme qui va faire
un séjour forcé à la prison de
St-Lazare.
Campe # s.f. Campagne, pays.
Campêche s. m. Vin de mauvaise
CAMPER.
56 —
GANTER.
qualité. « Un verre de chdteau-
campéche. »
Camper v.n. Fuir, pour dé-
-camper. En fr. avoir campos,
avoir la clef des champs.
Camphre s. m. Eau-de-vic. En
médecine, on emploie l'eau-de-vic
« camphrée». On a d'abord dit un
camphré pour un homme alcoolisé.
Camphrier s. m. Buveur ou
marchand d'eau-de-vie.
Camus (O. 1556), a. Demeurer
camus, être étonné.
Camuse s.f. Carpe. Elle a le
museau court et plat, camus.
Can (V) s. m. Chef. De khan, chef
tartare.
Canage s.f. Agonie. De l'ex-
pression fr. faire la cane (m. à m.
faire le plongeon dans l'éternité).
Canaille O s.f. Franche canaille.
Fieffée canaille. « Le bon peuple,
dans cette expression « une fran-
che canaille », met un peu de
pardon gouailleur, un rien d'in-
dulgence. Il a raison. Tout vaut
mieux que l'hypocrisie. » [Fr.
COPPÉE. ]
Canapé s. m. Lieu de rendez-
vous des pédérastes.
Canard Q s. m. || 1. Journal.
(I 2. Fausse nouvelle, feuille qui
l'annonce et que l'on crie dans la
rue. Il 3. Fausse note dans une
exécution musicale. — « Mon petit
canard », mot d'amitié. (De quan-
quan, qui est devenu le mot ca-
nard; il se retrouve dans cancan,
dire sans fond et souvent mal-
veillant : ainsi jaser rappelle
l'ang. goose, oie, eljarguer, jar-
viller, le jars, le mâle de l'oie.
Le canard fait des contes comme
la mère l'oie). [Timmermans.]
Canarder v.a. Tromper, racon-
ter des mensonges. — Canarder
sans faflot, chasser sans permis.
Canardier Q s.m. || 1. Journa-
liste. Il 2. Fabricant de fausses-
nouvelles, celui qui les annonce
et qui les propage. || 3. Composi-
teur à l'imprimerie d'un journal.
Canasson s.m. Cheval. Vieua:
canasson, vieille rosse. — Mon
vieux canasson! mot d'amitié.
Cancan s.m. Danse échevelée
qui a précédé \e chahut vers i830.
Cane s.f. La mort. Voy. Canapé.
Caneçon s.m. Caleçon.
Est-c'qu'un mâle a besoin d'iimace,
B'can'çon, d'flancir? C'est d' la grimace.
(RiCHEI'IN).
Caner v.n. H 1. Avoir peur ou
faire la cane. || 2. Mourir. Caner
la pégrenne, mourir de faim. ||
3. Aller à la selle ; la peur donn&
la colique.
Caneur s.m. Poltron.
Canfouine s.f. Chambre, cham-
brée.
Caniche s.m. Ballot; (les coins,
forment des oreilles comme celles,
d'un caniche). — Se mettre un
caniche sous Vceil, porter un
monocle.
Canicide O s.m. Celui qui tue les
chiens, ennemi des chiens. « Lozé
le Canicide. » M. Lozé, préfet de
police, en 1892, prit un arrêté
déclarant que tous les cliiens
trouvés sur la voie publique se-
raient tués. (Ce mot est fr.)
Canne s.f. || i. Q Casser sa canne.
Mourir. || 2. # Rompre son ban. —
Etre en canne, être en résidence
obligée. Il 3. ^Flanquer sa canne,.
donner son congé.
Canner v.a. voy. Caner.
Canon s.m. Verre. « Siffler un
canon sur le zinc. »
Canonnier # s.m. Voleur qui
fracture les portes.
Cantaloup O s. ni. = Melon. Im-
bécile, niais.
Canter (sport) s.m. Galop d'essai.
GANTER.
— 57 —
CARAFE.
Ganter v.n. Pour chanter.
((■ Faire canter quelqu'un. »
Cantharidë a. Leste.» Un dessin,
un tableau cantharidé, une chro-
nique cantharidèe. »
Canton % s. ni. Prison. Du fr.
cantonner, séparer, isoler.
Cantonnier % s. ni. Prisonnier.
Ganulant a. Embêtant, obsé-
dant.
Canule s.f. = Raseur. Homme
importun, ennuyeux.
Canuler v.a. Ennuyer, impor-
tuner.
Caoutchouc s m. Mont-de-
Piété. Le caoutchouc prête, (s'é-
tire) (j.d.m.)
Capahuter v.a. Assassiner son
complice pour s'approprier sa part
du butin.
Cape # s.f. Écriture.
Capet s. m. Chapeau.
Capine # s.f. Maison de l'écrivain
public.
Capir v.a. Ecrire.
Capiston (mil.) s.m. Capitaine,
adjudant-major.
Capitaine s.m. |I 1. Agioteur
véreux ; (pour capitaliste).
Capitainer v.n. Faire des affai-
res véreuses, agiotera la Bourse.
Capital O s.m. Virginité. « Perdre
son capital ».
Capiteux O ^- Q"i monte la tête.
« Un vin capiteux, une femme
capiteuse. »
Capitonner (se) v. pr. Se vêtir
chaudement.
Capitulard O s.m. Lâche, soldat
qui capitule, homme qui se dé-
robe.
Caporal O s.m. Certaine qualité
de tabac à fumer. — Le petit Capo-
ral, Napoléon !•"■.
Capot (thé.) s.m. Trou du souf-
fleur.
Capote O s.f. Capote anglaise,
préservatif. — Chercher la capote,
chercher à faire son partenaire
capot au jeu de cartes.
Capou # s.m. Ecrivain public.
Caprice O s.m. Foucade en amour.
Faire des caprices, se dit d'un
homme qui a du succès auprès
des femmes, et réciproquement.
Capsule s.f. Chapeau haut de
forme, shako d'infanterie.
Captif O a. Promener son ballon
captif, donner le bras à une femme
enceinte.
Capucin (chas.) s.m. Lapin de
garenne, lièvre.
Capucine s.f. Etre soûl jusqu'à la
troisième capucine ^ être complè-
tement ivre.
Caquer v. n. Aller à la selle.
Car O s.m. Tramway. Le mot car^
vient de char (qui lui-même a fait
canosse), aurait plus de raison
d'être dans le dictionnaire fran-
, çais que le mot ang. tramway.
Dans le Nord on nomme carton
riiommc qui conduit les chariots.
Carabin Q s.m. Etudiant en mé-
decine. — (O) # Carabin de la
comète^ voleur.
Carabiné O s- Energique, forL
violent. r= Corsé — Avoir un plu^
met carabiné, être gris. — Une gui-
gne carabinée, déveine persistante,
Carabiner Q v.n. Jouer timide-
ment. [Delvau.]
Carabiniers O s.m. pi. Arriver
comme les carabiniers, arriver en
retard. Dans les Brigands, opérette
d'Offenbach, l'acteur Baron com-
mande une patrouille de carabi-
niers et tout son rôle consiste à
traverser la scène plusieurs fois
dans la pièce en disant :
Nous sommes les carabiniers,
La sécurité des foyers.
Mais, par un mallieurcux hasard,
Au secours des particuliers
Nous arrivons toujours trop tard.
Carafe s.f. Bouchons de carafe^
CARAMBOLAGE.
— 58 —
CARME.
strass, diamants faux de dimen-
sions exagérées. Voy.RoMC^Oîi. —
Fouetter de la carafe, sentir mau-
vais de la bouche . — Faire rire les
carafes, faire rire les personnes
les plus graves.
Carambolage s. m. Chocs suc-
cessifs, chute.
Carambole # s.f. Vol à l'éta-
lage.
Caramboler v.n. || 1. Tom-
ber, se heurter. [| 2. Sacrifier à
, Vénus.
Carant % s. m. Planche.
Carante # s.f. || 1. Table. || 2. Ar-
moire, cachette.
Carapata s. m. Marinier qui
traîne son bateau (il carapate).
Carapater v.n. Marcher.
Se carapater v.pr., s'en aller se
promener, s'enfuir.
Ben ! c'est comm çà. na! j'suis voyou,
El dans mon Paris J'carapate
Comme un asticot dan'un mou.
(J. RicHEPiN, La Chanson des.Gueux.)
Du skt. car, aller et pada, pied.
[BURNOUF.]
Carapatin s.m. Fantassin, voy.
carapater.
Caravane s.f. [j i. Voiture de
, nomade. = iioM/o<^e. [| 2. Réunion
de femmes galantes; (il va des
chameaux).
Carbeluche % s.m. Chapeau.
Carbeluche galicé, chapeau de
soie. Du fr. carbet, toiture pour
abriter les embarcations; avec le
suffixe arg. uche.
Carcagne # s.m. :=iCarcagno.
Usurier, avare; du gr. -/^apxivoç,
cancer.
Carcan s.m. Rosse, et par
ext., méchante femme grande et
maigre.
Carcasse s.f. Corps humain.
« Je ne donnerais pas deux sous
de sa carcasse. »1|2. Charpente
d'un décor.
Carcassier (thé.) s.m. I| 1. Celui
qui fait la charpente d'un décor,
le bâti. Il 2. Celui qui fait le scé-
nario d'une pièce.
Carder v.a. Carder quelqu'un,
le griffer. — Carder le poil ■=. Crê-
per le chignon, se prendre aux
cheveux.
Cardinale 9 s.f. ||1. La lune,
quand elle est rouge; on l'appelle
la blafarde quand elle est pâle.
1 1 2. Les cardinales^ les menstrues.
Care # s.f. Cachette. — Mettre à la
care, mettre de côté. — Voler à la
care, subtiliser des objets en
achetant ou en en marchandant
d'autres, escamoter une pièce
quand on rend la monnaie, glisser
des cigares dans sa manche ou
dans ses poches en ayant lair de
les choisir. Du skt. kur, voler.
Carée = Carrée s.f. Chambre.
Carême # s.m. Amoureux de ca-
rême, amant platonique.
Carer # v.a. Mettre à part, de
côté. Voy. Care.
Careur s.m. Voleur à la care,
v.c.m.
Carge # s.f. Fardeau, charge.
Cargot s. m. Cantinier, cuisinier, '
pour yargot, de gargote.
Caribener # v.a. Voler à la care,
v.c.m.
Caristade (typ.) s.f. Secours d'ar-
gent-
Carie # s.m. || i. Argent, monnaie;
de cari, monnaie bavaroise. || 2.
Gravier.
Carline (la) # s.f. La mort.
Carme # s.m. pour Carie. || 1. Ar-
gent, monnaie. Carme à Vestorgue,
fausse monnaie. |j 2. Pain. Les ou-
vriers des carrières de plâtre
donnent le nom de miches de qua-
torze sous ou têtes de moines
(carmes), aux masses calcarifères
qui ressemblent à la forme qu'on
donne aux pains appelés miches.
CARMER
59 —
CARTE.
Carmer v.a. Payer.
Carmeur s. ni. Payeur.
Carnaval s. m. Personne de mise
excentri(iue et ridicule. « Quel
accoutrement! quel carnaval! »
Carne s.f. Mauvais cheval, rosse,
parext., coquin. — De /a carne, de
la viande coriace; du lat. carnis,
• chair.
€aron s. m. Vieux papier qu'on
remet en fabrication.
Carottage s. m. Mensonge,
tromperie, ruse, artifice.
Carotte s.f. Adresse, artifice,
ruse. Tirer une carotte, mentir,
tromper adroitement. — Cheveux
carotte, cheveux rouges.
Carotter v.a. |ii. Eluder. (St-C).
Carotter le service, éviter ou di-
minuer le travail. |]2. Tromper,
mentir. || 3. Carotter l'existence,
mener une vie misérable.
Carottier s. m. Olui qui carotte,
v.c.m. dans ses ditîerentes accep-
' tiens. = Tireur de carottes.
Caroublage # s.m. Vol à Taide
de fausses clés. Formé du son de
tiavus, clampc, crampon, qui sug-
gèrent le sens de crochet. [Tim-
MKRMVNS.]
Carouble # s.f. I|l. Fausse clé.
Il 2. Le soir, la nuit.
Caroubleur s. m. Voleur. Voy.
Caroublage. Caroubleur au fric-
frac, celui qui vole avec effraction.
Carpe s.f. Faire la carpe^ se
trouver mal, s'évanouir.
Carquois s. m. Hotte.
Carre # s.f. Cachette. Carre du
paquelin, ba}ique du pays.
Ca,rré s. m. jj 1. Palier, plate-
forme aux différents étages d'une
maison. Il 2. Elève de deuxième
année à FEcole centrale. || 3. voy.
Carrée. || 4. Numéro du conscrit,
orné d'un dessin de circonstance
qu'on attache au chapeau avec
des rubans de couleurs variées.
Carreau s. m. || 1. Carrefour.
C'est dans la rue des petits car-
reaux, formée des carrefours que
se réunissaient les corps de métier,
d'où est venue l'expression aller
au carreau. — Le carreau du Tem-
ple. — Le carreau des Halles. — Les
musiciens de banlieue se réunis-
sent rue des Petits-Carreaux, le
dimanche matin ; c'est là qu'on les
engage pour la journée. — Aller
au carreau,s.pr. aller chercher un
engagement rue des Petits-Car-
reaux. Il 2. O Monocle. « Avoir
un carreau dans l'œil. » || 3. #
, Instrument d'effraction.
Carrée s.f. Chambre, chambrée.
Carrée des petites gerbes, chambre
correctionnelle. — Carrée du re-
bectage, cour de cassation, m. à m.
chambre où on reparle d'une
affaire.
Carrefour s. m. Carrefour des
écrasés, endroit où se rencontrent
plusieurs rues, qui amènent des
encombrements de voitures et par
suite des accidents.
Carrer v.a. et v.pr. Cacher. 1} Se
carrer, 1. Se cacher, ||2. Se re-
dresser.
Carreur s. m. = Careur. Re-
celeur. Voy. Care.
Carrousse adv. Faire carrousse,
boire en vidant chaque fois son
verre (de VnW.garaus, complète-
ment vidé).
[Dieux.
Us font journellement carrousse avccqu'les
(M. Régnier, Sat. II.)
Carruche s.f. Prison. — Comte
de la carruche, geôlier.
Gartaude # s.f.^ Imprimerie.
Cartaudé # s. m. Imprime.
Cartauder v.a. Imprimer.
Cartaudier # s. m. Imprimeur.
Carte Q s.f. Etre en carte, être ins-
crite à la préfecture de police.
Vov. Brème.
1
CARTELLO.
60 —
CASSER.
Cartello Q s. m. Di primo carlello
de premier ordre (de Tital.).
Carton O s. m. De carton, sans so-
lidité, sans valeur, qui manque de
sérieux. « Artiste, comédien de
carton. » Bicoque de carton, mai-
son légèrement construite. — Ma-
nier, maquiller le carton, jouer aux
cartes.
Cartonner v.n. Jouer aux
cartes.
Cartonneur =r Gartonnier, s. m.
Joueur de cartes.
Cartouche (mil.) s.f. Avaler sa
cartouche, mourir.
Caruche s f. = Carruche. Pri-
son. Se rattache à carer, cacher,
et à carcer, prison. [Timmermans. j
Du skt. kdrâ, prison. [Burnouf.]
Carvel % s. m. Bateau. Esp. cara-
vella.
Cas (O) s. m. Nature de l'homme
et de la femme. Montrer son cas,
montrer sa nature.
Mon cas qui se lève et se hausse
Bave d'une estrange façon ;
Belle, vous fournistos la sausse
Lorsque je fournis le poisson.
(M. Rbgnieu, stances).
Casaque s.f. voy. Casaquin.
Gasaquin s. m. = Casaque. Le
dos, le corps. Tomber sur le casa-
quin, frapper sur le corps. Avoir
le casaquin garanti, être bien
couvert.
Cascade Q s.f. Faire des cascades,
faire la noce, faire des excentri-
cités.
Gascader Q v.n. |li. Faire des
cascades. || 2. Chanceler, dégrin-
goler.
Dis-moi, Vénus, quel plaisir trouves-tu
A faire ainsi cascader ma vertu ?
{La Belle Hélène).
Cascadeur, euse O s. Qui fait des
cascades. « Cest une cascadeuse »,
c'est une femme peu sérieuse, qui
fait des excentricités.
Gascaret s. m. Misérable. — #
Pièce de deux francs.
Casimir Q s. m. Gilet; du nom
d'un tissu de drap croisé et léger.
Gasin Q s. m. Sorte de jeu de bil-
lard. « Poule au casin. »
Gasoar s.m. |1 1. (St-C.) Plumet. ||
2. Volaille, oiseau.
Casque Q s.m . Avoir le casque, avoir
mal à la tête après un excès de
libations — Casque à mèche, bon-
net de coton.
Casquer v.n. || 1. Payer. «Mon
vieux, il a de Vos, il faut le faire
casquer.» \\ 2.Nepas casquer, rai'u-
ser une chose.
Casquette s.f. Argent perdu au
jeu — celui qui casque. — Etre
casquette == Etre pompette, légè-
rement gris. — Casquette à pont,
souteneur. Vers 4875, ces intéres-
sants personnages portaient géné-
ralement des casquettes très
hautes.
Casqueur s.m. Celui qui paye
pour les autres.
Cassant ^ s.m. || 1. Noyer (arbre).
Il 2. Biscuit de mer.
Cassante # s.f. || 1. Amande, noix^
noisette. || 2. Dent.
Casse-cœurs Q s.m. Viveur élé-
gant lancé dans la galanterie, sé-
ducteur.
Casse-gueule s.m. || 1. Tripot,
bal public où il y a souvent des
rixes. || 2. Mauvaise eau-de-vie.
Casse-museau s.m. Coup sur
la figure.
Casse-poitrine s.m. \\ {. Pédé-
rastre. [|2. Mauvaise eau-de-vie.
Casser Q v.a. Un succès à tout
casser, succès bruyant. — Se la
casser = Se la briser, s'en aller.
— Casser sa ficelle^ s'évader. —
Casser sa canne, son pif, dormir.
— Casser le cou à unlapin, manger
un lapin. — Casser le goulot, cas-
ser le cou à une négressse, débou-
CASSEROLAGE.
61 —
CENACLE.
cher une bouteille. — Se casser
le nez, quand on va chez q.q. pour
le voir et qu'on ne le rencontre
pas, on se casse le nez. Quand on
t^e rend au théûtre, s'il n'y a
plus de place ou qu'on lait rdà-
clie, on se casse le nez à la porte.
— Casser sa pipe, mourir. — Cas-
ser sa cruche ou son sabot, })erdre
sa virginité. — Casser du sucre,
médire, faire des racontars mal-
veillants. — Casser du bec, sentir
mauvais de la bouche. — Casser
la croûte, manger au pied levé.
— Casser son auf, accoucher. —
Casser une thune, changer une
[)ièce de cinq francs. % Avouer.
€asserolage # s. m. Dénoncia-
tion.
Casserole s.f. || 1. La casserole,
hô])ital du Midi, où l'on soigne la
syphilis par le traitement au mer-
cure. Passer à la casserole, être
soigné au mercure m. à m. être
élamé. || 2. Récurer la casserole,
se ])urger. || 3. Casserole voy.
Marmite. — Casserole en argent,
femme qui entretient largement
un souteneur, jj 4. Mouchard, dé-
nonciateur. Passer à la casserole,
être dénoncé. Coup de casserole,
dénonciation.
Casseur Q "i. Avoir l'air casseur,
avoir l'air provocant, tapageur.
# Dénonciateur.
Casse-vitre # s. m. Diamant.
Cassin s. m. Petite maison (du
lat. casa, m. s.).
Cassine s.f. Maison mal tenue,
où le travail est dur, etc. Du lat.
casa, maison.
Cassolette s.f. Ouvrir sa casso-
lette. \ddierunyenl. Plomber de la
cassolette avoir mauvaise haleine.
Castapiane O s.f. Gonorrhée.
Caste # s. m. Caste de charrue,
: quart d'écu. [Larchey.]
Castor O s-iïi. Matelot ou officier
de marine qui reste à terre sans
jamais naviguer.
Castorin0 s.m. Chapelier.
Castrole # s.f. pour Casserole,
v.c.m.
Gastu # s.m. Hôpital. (J.d.m.
qu'as-tu?) ILarchev.]
Gastuc # s.m. Prison ; château des
malfaiteurs, du vx fr. castel.
Cataplasme s.m. Soupe épaisse,
Catapultueux Q a. Magnifiques
Enlevant.
Catau s.f. Catin.
Gatiche # s.f. Catin.
Catogan Q s.m. Sorte de chignon
postiche.
Catrot (B) s.m. Chapon. De cas-
trat.
Cauchemardant a. Ennuyeux,
embêtant.
Cauchemarder v.a. Ennuyer,
8e cauchemarder, s'ennuyer.
Causer 0v.n. Se mesurer. « Ses
vrais pairs et compagnons avec
lesquels il se trouvait à l'aise et
chez lui etpouvaitcaM.s<?î% c'étaient
les lutteurs et les hercules. » |J.
UlCIIKPIN.]
Cavale s.f. Évasion.
Cavaler (se) v.pr.01. S'en aller,
s'enfuir, courir. Cavaler dessus,
courir sus. |1 2. # S'ennuyer,
« Mes chers copains, c'que ça
m' cavale,à Mazas me voilà bouclé. »
Il 3. v.n. Cavaler au rebectage, se
pourvoir en cassation. — Cavaler
cher au rebectage, se pourvoir en
grâce.
Caver v.a. Tromper.
Cave a. Niais, facile à tromper,
Cavée # s.f. Eglise.
Cayenne Q n.pr. On désigne ainsi
un ancien cimetière des environs
de Paris.
Cayon # s.m. Garant, caution.
Ce # s.m. Argent. — Tout de ce,
très bien.
Cénacle Os-iïi« Réunion intime au.
CENDRILLON.
62
CHAMBARD.
tour d'un personnage qu'on ad-
mire et qu'on adule. « Former un
cénacle, »
Gendrillon Q s.f. Jeune fille qu'on
laisse à la maison sans lui offrir
de distractions, et dont la famille
se sert comme d'une servante.
Central s. m. || 1. # Habitué des
prisons centrales. || 2. Q Elève de
l'Ecole centrale. || 3. O Employé
au bureau central dans une admi-
nistration.
Centrale s.f. || 1. O L'École cen-
trale. <c Aller à Centrale. » || 2.
# Prison centrale.
Centre s. m. H 1. O Centre de gra-
vité, derrière. — Perdre son centre
de gravité, tituber, chanceler. |1
2. Nom propre. Centre à l'es-
torgue, centre à blanc, faux nom.
Centriot s. m. Surnom, sobri-
quet.
Centrouse s.f. Maison centrale.
Cep s. m. Nez.
Cerbère Q s. m. Concierge, portier.
Cercle s. m. 1] i. Pièce de mon-
naie. Il 2. Bague. O Pincé au
demi-cercle, pris à l'improviste.
Cerclé s. m. || 1. Tonneau. || 2.
# Sourcil.
Cercleux Q s. m. Viveur, habitué
des cercles. « Ces inutiles, ces
soireux, ces cercleux, qui sou-
tiennent-ils? A qui donnent-ils
le travail ou la vie"? » (Plaidoirie
de M*^ Félix Decori, affaire du Bct-
ting-Club.)
Cerf s. m. Se déguiser en cerf,
s'en aller, s'enfuir, s'évader.
Cerf-volant s. m. Femme qui
dépouille les enfants dans les
promenades publiques, aux bois
de Vincennes ou de Boulogne. Elle
se promène dans le bois"^ comme
un cerf, en volant; (j.d.m.)
Cerneau s.m. Jeune fille inno-
cente.
Certificat # s.m. Petite cuiller.
ChabanaisQs.m. Il 1. Bruit, scan-
dale, branle-bas. || 2. Maison de
tolérance, située dans la rue de
ce nom. « Aller au chabanais. »
Chabier v.n. S'évader.
Chabrol Q s.m. Faire chabrol,m6-
langer du vin avec du bouillon.
Chacal (mil.) s.m. Zouave.
Chaflfourer (se) v.pr. Se gratter,
s'cgratigner. [Delvau.]
Chafriolér (se) Q v.pr. Se cha-
frioler à quelqu'un, s'attacher à
q.q.
Chahut O s.m. Il i. Danse échc-
velée qui a remplacé le cancan.
V armée du chahut, bande joyeuse.
Il 2. Dispute, querelle violente,
bruit, tumulte. Des vx m. fr.
chahute et cahute, baraque, tau-
dis. — Les prostituées au moyen-
âge étaient reléguées dans"^ ces
taudis où se faisait beaucoup de
tapage.
Chahuter Q v.n. [1 1. Danser le
chahut, v.c.m. || 2. Faire du bruit,
du vacarme. || 3. Renverser, cul-
buter.
Chahuteur Q s.m. Celui qui cha-
hute. Voy. Chahuter dans ses di-
verses acceptions.
Chaillot O n-Pf"- ^ Chaillot! lais-
sez-moi tranquille! Envoyer à
Chaillot, envoyer promener. A
Chaillot les gêneurs ! chassez les
gêneurs! Voy. Aliuri.
Chaleur. — Ah chaleur! Exclama-
tion répondant k une chose qui
déplait et qu'on ne veut pas faire.
Chaloupe s.f. Femme de forte
tournure. — Faire le pas de la
chaloupe orageuse, danse écheve-
lée, s'agiter comme une chaloupe
par un temps d'orage. — Faire la
chaloupe, se tenir mal.
Chalouper v.n. Danser le cha-
hut, v.c.m. Voy. Chaloupe.
Chambard Q s.m. Bouleverse-
ment, par ext. bruit, vacarme,
CHAMBARDEMENT.
63 —
CHAPELET.
tapage. « Faire du chambard. »
Du vx fr. champart, droit féodal
• qui consistait à prélever une cer-
taine quantité sur les produils
d'un fief; le cullivateur avait ses
terres champartées.
Ghambardement O s. m. voy.
Chambard.
Chambarder Q v.a. Faire du
chambard, v.c.m.
Ghamberlan s. ni. Ouvrier en
chambre qui travaille chez lui.
Ghambert # s. m. Bavard, indis-
cret.
Chamberter v.n. Commettre
des indiscrétions.
Ghamboler v.n. Flâner.
Chambrer Q v.a. C'est en style
de tripot, enfermer un innocent
dans une chambre close à tout
conseiller profane et lui soutirer
(le l'argent, par des moyens con-
nus : présence de dames ayui-
ohantes et de grecs savants, car-
ies biseautées, Champagne eni-
vrant, etc. [^Fernand Vanderem,
Revue bleue, n» 16-1894.]
Chameau Q s. m. || 1. Femme de
mauvaise vie. « La vie est un dé-
sort, et la femme est un chameau
qui sert à le traverser. >> Du ski.
A-ami, débauché. [Burnouf.] || 2.
^ Rossard, exploiteur.
Champêtre O ^- C'est champêtre!
c'est drôle, c'est ridicule.
Champoreau Q s. m. |j 1. Mélange
de toutes sortes de liqueurs. {| 2.
Mélange de café au lait et de
rhum. Il 3. Café préparé à froid
avec des grains simplement con-
cassés. De l'esp. ciamporao, qui
désigne ce mélange.
Ghançard Q s. m. Celui qui a de
la chance.
Chancre s. m. Usurier ; (c'est un
chancre rongeur qui vous ruine
peu à peu).
Ghand s.m. Abrév. de marchand.
« Le chand de vin, le chand d'ha-
bits. »
Chandelier s.m. || 1. Nez. Il en
sort des chandelles. (Rigaud.) || 2.
Souteneur.
Chandelière0s.f.Femmequitient
une maison de jeu clandestine.
Chandelle0s.f. || 1. Bouteille. || 2.
Liquide qui sort du nez quand il
devrait être mouché comme une
chandelle. 1 1 3. Agent de police ; (il
éclaire la justice).
Change O s.m. Dans l'arg. des
grecs, c'est substituer un jeu bi-
seauté à un autre.
Changer0v.n . Changer son poisson
d'eau, uriner.
Chanoine s.m. Rentier.
Chantage O s.m. Extorsion d'ar-
gent sous menace de révéler un
secret, m. fr.
Chanter v.n. et a. || 1. Faire chan-
ter, faire du chantage, v.c.m. || 2.
Dire. Que me chantes-tu là? que
me dis-tu là? || 3. Ça ne me
chante pas, ça ne me plaît pas.
Chanterelle Q s.f. Appuyer sur la
chanterelle. || 1. Insister sur une
chose. I 2. Toucher à un endroit
sensible ou serrer la gorge de
q.q. à le faire crier. (Larchev.)
Chapardage0s.ni. Maraudage, vol
sans importance.
Chaparder v.a. = Chiper. Dé-
rober, marauder.
Incontinent mantlieaulx chappez. . .
(Villon, bail. IV).
chapper, du lat. capere, prendre,
on a fait chaparder, puis par
corr. choper et chiper.
Chapardeur0s.m. || 1. Celui qui
vole de menus objets, maraudeur.
Il 2. Un mari chapardeur, mari
qui trompesafemme; (il maraude.)
Chapelet % s.m. Chapelet de
Saint-François, chaîne qui sert à
lier les condamnés.
I
CHAPELLE.
— 64
CHASSEPOT.
Chapelle s.f. || {.Faire chapelle,
se dit d'une femme qui se chauffe
en écartant les jambes et en
relevant ses jupes. || 2. Faire
des chapelles, s'arrêter dans les
débits de boisson en faisant une
promenade ou en rentrant chez
soi. Il 3. O Coterie, réunion =
cénacle. « C'est aux indépendants,
à ceux qui ne suivent pas telle ou
telle chapelle, et qui ont su garder
leur liberté d'action, à* crier
alerte. » (A. Vaillant, anarchiste,
décembre 93.)
Chapon s. m. Religieux.
Chapuiser v.a. Tailler, couper.
Du vx fr. Chapuis, billot sur
lequel on coupe et taille la viande.
Charabia Q s. m. Parler charabia,
parler auvergnat, parler patois.
Charcuter Q v.a. Faire une opé-
ration chirurgicale, amputer,
tailler dans la chair.
Charcutier Q s. m. || 1. Chirur-
gien. |1 2. Individu qui gâche le
travail.
Chardonneret # s. m. Gendarme.
Charenton Q n.pr. Prendre une
correspondance pour Charenton,
prendre une absinthe; (l'absinthe
rend fou, dit-on.)
Charentonnade Q s.f. Folie, di-
vagation, aberration.
Charge O s.f. Travail excentrique.
Tomber dans la charge, écrire des
choses abracadabrantes, peindre
des tableaux incohérents, etc.
Chargé (être) (O) a. Etre ivre.
Charger v.n. Pour un cocher,
signifie prendre des voyageurs ; la
fille qui a raccroché un* client a
chargé. — Se charger v.pr., s'eni-
vrer. (O. 1556.)
Charibotage % s. m. Écriture; du
lat. sc?'i6ere, écrire. [Timmermans.]
Charlemagne Q n.pr. Faire Char-
lemagne, se retirer du jeu quand
on a gagné.
Charier v.n. et v.a. = Char-
rier. Voy. Charriage.
Chariot '# || 1 . Rusé , malin.
Il 2. Bourreau.
Charmant a. Galeux.
Charmante (la) # s.f. La gale.
Charmer v.a.0C/tarwer les puces,
se i^riser. — # Charmer un chien,
le taire taire.
Charon % s. m. Voy. Charrieur.
Charogneux s. m. Hargneux,
grognon ; c'est la fusion de ces
deux mots.
Charretée s.f. En avoir une
charretée, en avoir beaucoup, être
gris, etc.
Charriage # s. m. Escroquerie.
Charriage à la mécanique, c'est le
coup du père François, passer un
foulard au cou d'un passant et
Tétrangler en le portant sur le
dos pendant qu'un autre le fouille.
Il est charrié, porté.
Charrier # v.n. et v.a. Voler. Voy.
Charriage. — Charrier quelqu'un,
se moquer de lui; le calomnier
aussi.
Charrieur # s.m. == Charron.
Voleur qui fait le charriage,
v.c.m.
Charron # s.m. = Charrieur.
Voy. Charriage.
Charrue s.f. Charrue complète,
quinte et quatorze et le point; (au
jeu de piquet.)
Chartreuse s.f .^Chartreuse de vi-
dangeur, verre de vin du broc.
Chasse s.f. Foutre une chasse,
poursuivre, réprimander. — (Mil.)
Peloton de chasse, peloton de pu-
nition.
Chasselas Q s.m. Raisin.
Chassemar s.m. Chasseur.
Chasse-noble # s.m. Gendarme.
Chassepot Q s.m. Fusil modèle
1866. « A Montana les chassepots
ont fait merveille. » {Général de
Failly, 2 novembre 1867.)
CHASSER.
— 65 —
CHAUSSETTE.
Chasser v.n. et a. Partir, s'en
aller, fuir. — Chasser desclignots,
pleurer. — Chasser le brouillard,
boire la goutte.
Châsses (les) s.f.pl. = Chdssiti.
Les yeux. La chassie est une sorte
d'humeur qui s'attache aux yeux.
On dit des yeux chassieux en iV.
Chasseur Q s. m. Jeune homme
de douze à quinze ans, qui est
employé dans les cercles, les
cafés, les restaurants pour faire
les courses des clients. Il portail
généralement une livrée garnie de
brandebourgs comme le dolman
des chasseurs à cheval.
Châssis # s. m. pi. || 1. Voy. Châs-
ses. Il 2. Paupières.
Chassue # s.f. Aiguille à coudre.
Chassure % s.f. uVine.
Chat O s. m. || 1. La nature de la
femme. Boidolter le chat (obsc).
Il 2. Mon petit chat, mot d'amitié.
Il 3. Avoir des chats dans la y orge,
être enroué. 114. Couvreur. (Ri-
gaud) Il 0. Friand. (O 1556)
Châtaigne s.f. Soufflet, gifle.
J'ai beau y coller des chàtai'nes,
A r'pique au tas tous les sam'dis.
(And. GiLL.)
Château s. m. || 1. # Château de
l'ombre, bagne. || 2.0-A.brév. de
Chateaubriand, v.c.m.
Chateaubriaud O s. m. Pièce de
bœuf. « Un chateaubriand aux
pommes. »
Chatellerault s.m. Couteau;
on fabrique beaucoup la coutelle-
rie à Chatellerault.
Chaton # s.m. Individu charmant.
Des vrais chatons
Quand nous naviguons IVeat en poupe.
(RiCHEPiN, Ballade des loupeurs.)
Chatouillage s.m. Vol au poi-
vrier, v.c.m. Chatouillage au
roupillon, vol pratiqué sur un
dormeur.
Chatouiller v.a. O Chatouiller le
bouton, (obsc.) — Chatouiller les
oreilles, ÛSiUer.— % Chatouillerun
roupillon, dévaliser un dormeur.
Chatte s.f. Il 1. Q Femme douil-
lette et lubrique. || 2. # Pédé-
raste. Il 3. Pièce de cinq francs.
(Delvau)
Chaud Qdi. lly faisait chaud, la si-
tuation était dangereuse. — Il fera
chaud quand on m'y repincera, je
ne recommencerai plus. — Chaud
de la pince, être chaud, l'avoir
chaud, vaillant on amour. —
Mettre au chaud (obsc). — Se tenir
chaud, se tenir sur ses gardes.
Chaude-lance s.f. Gonorrhée.
Chaudière s.f. Chaudière à bou-
dins blancs (obsc).
Chaudron s.m. Mauvais piano.
Taper sur le chaudron, jouer du
piano.
Chaudronnier s.m. Cuirassier.
Chaufife-la-couche s.m. Mari
cocu (il chauffe le lit pour un
autre). Par ext. se dit d'un mari
qui se laisse mener par sa femme.
Chauffer O v.a. Activer, encoura-
ger. — Chauffer des enchères. —
Chauffer une affaire, poursuivre
une affaire avec acharnement.
Chauffer une femme, lui faire la
cour. — Chauffer le four, boire
beaucoup, faire ripaille. — Se faire
chauffer une idée, une affaire, se
la laisser prendre par un autre
qui en a eu vent.
Chauffeur s.m. |1 1. Entrepre-
nant avec les femmes. || 2. Boute-
en-train.
Chaufournier s.m. Garçon de
café.
Chaumir % v.a. Perdre.
Chausser v.a. || 1. O Convenir.
Ça me chausse, ça me va, ça me
convient.
Chaussette s.f. 1| i. Essence de
chaussettes, sueur des pieds.
Il 2. Chaussettes russes, bandes
CHAUSSEUR.
— 66 —
CHEVAUX.
de toile qui remplacent les chaus-
settes. Il 3. Gant.
Chausseur s,m. Cordonnier.
ChaussonOs.m. || 1. Gâteau fourré
de confiture. || 2. Vieux chaus-
son, femme qui se laisse aller.
Il 3. Putain comme chausson,
femme très débauchée qui chausse
tout le monde, comme le chausson
convient à tous les pieds. || 4. Boxe
française et chausson, lutte à coups
de pied.
Ghaussonner # v. Battre à coups
de pied.
Chauvir v.n. Chauvir de Voreille,
baisser l'oreille.
Je chauvy de l'oreille et demeurant pensif,
(M. Regmer, Sat. VIII).
Chelinguer v.n. Puer. Chelin-
guer du corridor, du goulot, du
bec, sentir mauvais de la bouche.
Chelipoter 0v.n.Yoy. Cheiinguer.
Et quand qu'on a su6, çà ch'lipote.
(J. RicHEPiN, La Chanson des Gueux.)
Chelof s. m. = Pieu = Pucier.
Je vais à chelof, je vais au lit. De
l'ail, schlafen, dormir.
Chemineau Q s. m. || 1. Ouvrier
qui voyage, s. pr., qui va par les
chemins; désigne surtout les ter-
rassiers. II 2. Le pain qu'on faisait
à Rouen pendant le carême.
Chemise s.f. || 1. Etre dans la
chemise de quelqu'un, inséparable.
7'oMS les deux, c'est le cul et la c/te-
wîse,ilssontinséparables. || 2. Car-
tonnage léger qui sert à classer
des papiers. || 3. Compter ses che-
mises, vomir. || 4. Chemise de con-
seiller, linge volé.
Chenâtre # a. = Chenu. Bon.
Chêne ^ s. m. Homme riche. Faire
suer un chêne, faire donner de
l'argent à une personne riche.
— Chêne affranchi, voleur.
Chenevis (O)0 s. m. Argent, mon-
naie.
Chenil Q s. m. Taudis, galetas, s. pr.,
logement des chiens, sale loge-
ment.
Chenille s.f. = Chenillon s. m.
Avorton. — Femme laide.
Chenique s. m. Genièvre, eau-
de-vie.
Cheniqueur s. m. Buveur d'al-
cools.
Chenoc # a. Mauvais, usé.
Chenu 0a. Bon, excellent; du skt.
snih, aimer. (Burnouf)
Chenument adv. Bien. Il est
chenument bâché, il est bien ha-
billé.
Cher # adv. Difficile. — Se cavaler
cher, s'évader difficilement.
Chérance % s.f. Faire chérance,
faire bonne chère.
Cherche (à.) Q Expression de joueur.
A rien, s. pr., qui cherche à faire
un point. « fen ai quarante à
cherche », «j'ai quarante points, et
vous, cherchez à en faire, vous
n'en avez pas ».
Chercher Q v.a. Chercher la petite
bête, être méticuleux en toutes
choses. — Chercher des poux dans
la tête à quelqu'un, chercher à le
trouver en défaut, chercher noise.
Chèrer # v.n. Faire la noce, faire
bonne chère.
Chérot adv. Cher, (coûteux)
Chétif s. m. Apprenti maçon.
[RiGAUD.]
Cheulard s. m. Ivrogne, gour-
mand. Pour gueulard.
Cheval (O)0s.m. Grossier person-
nage, butor. — Cheval de retour^
récidiviste déjà condamné aux
travaux forcés. — Etre bon cheval j
(te trompette, ne pas s'effrayer '
du bruit (un bon cheval de trom-
pette ne s'effraye pas^
Chevaux s. m. pi. Les figures
et les dix au jeu de cartes. —
Chevaux à doubles semelles, les
jambes.
CHEVALIER.
— G7 —
CHIENLIT.
Chevalier Q s. m. Chevalier du
lustre, claqueur. — Chevalier du
crochet, chiffonnier. — Chevalier
de la grippe, voleur à l'étalage
{il agrippe, j.d.m.). — Chevalier
de la petite épée, coupeur de
bourses. (M. Régmkr, sat. X.)
Cheveu O s. m. DifticuUé. « // xj
trouvera des cheveux, '> « il y a
un cheveu, » il y a un empêche-
ment, un obstacle. — Avoir un
cheveu dans son existence, avoir
un chagrin, un souci qui vous
empoisonne l'existence. — Il a
de beaux cheveux, il a une vilain(^
tournure. — Avoir mal aux che-
veux, avoir mal à la tôte par
suite de libations trop copieuses.
— Se faille des cheveux, s'ennuyer.
Chevillard s. m. Boucher en
gros.
Cheville s.f. Mettre la cheville
dans le trou, faire Tamour.
Chevilles s.f.pl. Pommes de
terre frites (elles sont générale-
ment coupées en forme de che-
villes).
Chèvre s.f. Gober la chèvre, se
mettre en colère.
Chevron Os. m. Avoir des chevrons,
vieillir dans une affaire, avoir des
états de service.
Chevronné Q s. m. Ancien dans
une place, dans une profession.
Chézeau s. m. Maison ; (son
chez soi.)
Chialer0 v.n. Pleurer.
Chialeur s. m. Pleurnicheur.
Chiarder (ccol.) v.a. Implorer.
Chiasse s.f. Avoir la chiasse,
avoir peur.
Chibis adv. Faire chibis, s'échap-
per de prison. Chibis ! prenez
garde !
Chic # s. m. Acolyte , compère du
joueur de bonneteau appelé bon-
net ou tenancier.
Chic O s. m. et a. Ce mot est français,
dans le sens de habileté, brio. Il
signifie beau dans le langage fa-
milier; il a engendré les var. et
syn. suivants : Chicard, chican-
dard, chicardo, chicocandard, su-
perchic , copurchic , bath , urf^
pschutt, vlan, ah, etc., etc.
Chican # s. m. Marteau. (Ang. to
kick, regimber, en parlant du
cheval qui rue.) [Timmkrmans.]
Chicandard a. Voy. Chic.
Chiche ! Q Exclamation qui porte le
déti de faire une chose. « Tu
n'oserais pas, allons donc, c/iic/ie/))
Chicorée s.f. Réprimande (amère
comme la chicorée.) — Etre de
chicorée, être grondé.
Chien 0Os.m.£^rec/tîe«, être avare.
— Piquer un chien, dornùr. — Sere-
garder en chiens de faïence, se dé-
lier l'un de l'autre. — • Avoir du
chien, avoir le feu sacré, de l'ori-
ginalité. — Avoir du chien dans le
ventre, être courageux. — Chien
du commissaire, employé du com-
missariat. — Il fait un temps de
chien, il fait mauvais; un temps
à ne pas mettre un chien à la
porte, c'est encore un plus mau-
vais temps. — Une faim de chien,
faim canine. — Se coucher en
chien de fusil, se coucher en
repliant les jambes. — (Typ.) Chien
perdu, article ou alinéa qui sert à
remplir une colonne dans une
publication.
Chienchien Q s. m. Mot d'amitié.
Chiendent s. m. Arracher du
chiendent, chercher une dupe ou
l'occasion de voler. — Voilà le
chiendent ! xo'ûk la difficulté.
Chienlit s. m. Carême-prenant.
Individu masqué qui court les
rues en temps de carnaval, cou-
vert d'oripeaux dégoûtants et en
loques. — A la chienlit! cri des
enfants courant après les masques
pour se moquer de leur accou-
CHIENNER.
68
CniNEUlL
trement. C'est une corr. de il a
chié au lit, c'est honteux. — Crier à
la chienlit, huer.
Chienner v.n. Etre avare, regar-
der à la plus petite dépense.
Ghiennerie s.f. Avarice.
Chier v.n. et v.a. Faire chier,
z= Emmerder, etc. Tu me fais
chier, tu m'ennuies, tu me donnes
la colique par tes raisonnements.
— Gueuleton à chier partout,
repas extraordinaire. — Gueule
à chier dessus, figure répugnante,
désagréable, renfrognée. — En-
voyer chier, envoyer^promener. —
Chier des châsses, des yeux, pleu-
rer. — Chier du poivre, s'en aller
au moment où l'on pourrait être
utile. — Chier sur Vœil ou dans
la main, être ingrat. — Avoir
chié sa graisse, maigrir. — Chier
de petites crottes, vivre pénible-
ment. — Avoir chié la colonne.
être fier, arrogant. — Il a chié
dans mon panier, dans mes bottes,
il m'a fait une sottise, je ne veux
plus entendre parler de lui. —
Chier sur la besogne, travailler
sans courage. — Chier dans ses
bas, dans ses culottes, avoir peur.
Ghierie s.f. Quelle chierie, quelle
chose fâcheuse, quel ennui.
Ghieur s. m. Chieur d'encre,
bureaucrate, écrivain.
Chiffarde s.f. \\ 1 # Pipe. |1 2. #
Assignation, papier timbré, sai-
sie, etc.
Ghiffe0s.f. Il 1. Métier de chiffon-
nier. Il 2. Chiffon. || 3. Homme
mou et sans force. « Mou comme
une chiffe. » (| 4. Zig de la chiffe,
chiffonnier. || o. La langue. «Faire
crosser la chiffe. » Voy. Crosser.
CbifTerlinde s.f. Boire une chif-
ferlinde, boire un petit verre
d'eau-de-vie.
GhifFerton s. m. Chiffonnier.
Ghiffon s. m. || 1. Mouchoir.
Il 2.Figurechiffonnée. || d-^Chif-
fon rouge, langue.
GhifTonnage s. m. Métier de
chiffonnier.
Ghififonnée s.f. Femme galante.
(elle se laisse chiffonner)
GhifTonner v.n. Faire le métier
de chiffonnier. — Ça m'achiffonné,
ça m'a contrarié.
ChifTonnier # s. m. Voleur de
mouchoirs.
GhifFornion s. m. Foulard.
Ghignard s. m. Grognon.
Ghigner v.n. Pleurer.
Ghinage s. m. || 1. Travail. Yoy.
Chineur, Romanichel. \\ 2. Critique
méchanteet ironique, dépréciation,
Ghine s.f. Aller à la chine, faire
la chine = Chiner, v.c.m.
Ghiner v.n. || 1. Travailler.
Mais ça m' rend malad' quand que f chine.
(J. RiGHEPIN.)
Voy. Chineur. \\ 2. Critiquer, se
moquer, persifler. « Il a chiné la
pièce toute la soirée. »
Chineur s. m. jj 1. « En argot,
chineur signifie travailleur et vient
du verbe chiner : tous les ouvriers
en général sont des chineurs. Ce
mot se spécialise pour désigner
une race particulière de travail-
leurs : elle campe en deux tribus
à Paris, l'une dans les environs
de la place Maubert, l'autre à
Ménilmontant et a donné autre-
fois son nom à la rue de la Chine.
Les chineurs sont des colons et
non des Parisiens de naissance;
ils vont de porte en porte, dans
les quartiers populaires, et pro-
posent leur marchandise. » (Jean
RiCHEPiN, Le Pavé.) Aujourd'hui
ce genre de travail s'est de plus
en plus répandu : il y a des per-
sonnes qui, ayant été ruinées,
utilisent leurs anciennes relations
pour placer des marchandises chez
CIIINFRENIAU.
69
CHOSE.
les amis et connaissances ; ce
sont les chineurs de la haute. \\
2. Celui qui critique nnécham-
menl, de parti pris — = Bêcheur.
Ghinfreniau s.m. |1 1. Colifi-
chet. || 2. Gifle.
Chinois s.m. Cafetier.
Ghinoiser % v.n. Chinoiser jaspin,
parler argot.
Ghiottes s.f.pl. Cabinets d'ai-
sances.
Ghipe s.f. Action de chiper.
[RiGAUD.]
Chiper Q v.a. Commettre des lar-
cins, des vols sans importance
= Chaparder.
Chipette s.f. || 1. Ça ne vaut pas
chipette, ça ne vaut pas grand'
chose. Il 2. = Tribade = Les-
bienne =:^ Gougnotte, v.c.m.
Chipie s.f. Femme acariâtre et
méchante.
Chipoter Q v.a. et v.n. Chercher
des choses à redire, tâlillonner,
marchander.
Chipoteur, euse s. Personne
qui est méticuleuse avec les mar-
cliands, qui tJîtonne, qui hésite à
acheter, qui marchande. « On ne
trouvait pas des masses de pra-
tiques aussi bonnes, payant rec^/,
pas chipoteuse, pas râleuse. » {L'As-
sommoir. Zola.)
Chiquage s.m. Bataille, rixe.
Chique s.f. Poser sa chique, se
taire, u Pose ta chique et fais le
mort.» — Ça ne vaut pas une chique,
çanevautpasgrand'chose. — Avoir
une chique, être ivre. — Couper la
chique à quelqu'un, l'interrompre,
fermer la bouche, faire taire.
Avoir sa chique, être grognon.
Chiqué Q a. C'est du chiqué, c'est
bien fait, naturellement, sans
étude. Voy. Cfdc.
Ghiquement Q adv. Avec chic,
v.c.m.
Chiquer v.a. || 4. Manger.
Il 2. O Travailler de chic. v.
cm.
Chiquer (se) v. pr. Se battre.
On trouve déjà dans Rabelais le
mot chiquenaude y (petit coup sur le
nez).
ChiqueurO s.m. Celui qui travaille
de chic, d'instinct, d'après sa
propre inspiration.
Ghocaillon(O)0s.f. || 1. Chiffon-
nière. Il 2. Femme ivre.
Chocnoso O a. Chocnosogue, choc-
nosof, chocnosophe. Beau, superbe,
magnifique. Qui a le chic russe.
Chocolat s.m. Compère du
bonneteur.
Choléra s.m. [| 1. Raclures de
fromage. || 2. Zinc, zingueur [Ri-
gaud]. 113. Personne très mé-
chante.
Cholet 9 s.m. Pain blanc (riche).
Cholette s.f. Chopine (demi-
litre).
Choper v.a. Prendre, saisir,
attraper, arrêter.
Air s'a fait cliopcr dans la rue,
{Ma Gigolette, Chanson de la rue.)
Du lat. capere. m. s.
Chopin % s.m. (j 1. Profit, aubaine.
Il 2. Vol, produit d'un vol.
Il 3. Faille un chopin, faire la
connaissance d'une femme.
Chopiner 0v.n. etv.a || 1. Boire,
m.àm.jboiredeschopines. |1 2. Vo-
ler, prendre, choper, v.c.m.
Chopper v.n. Voy. Choper.
Choquotte s.f. || 1. Os gras.
1 1 2. C'est de la choquotte, c'est bon.
De choc représentant le skt. su,
bon, suka agréable. [Burïnouf.]
Chose O ^' iïi^'- et s.f. — Avoir l'air
chose, avoir l'air contraint, embar-
rassé. — Etre tout chose, être tout
interdit, interloqué. — Chose ou
Machin, celui dont on ne se
rappelle pas le nom, ou dont on
ne veut pas se souvenir.
CHOSETTE.
— "0
CIVARD.
Chosette (O) O s. t. Faire la cho-
sette, faire l'amour.
Chou O s. m. Il 4. Bêle comme un
chou, très bête. || 2. Mon chou,
mot d'amitié. || 3. Escroquerie,
entreprise qui ruine ceux qui ont
apporté les fonds.
Chouan s. m. Cœur.
Chouart (B) s. m. Membre viril.
Choubersky Q s. m. Avoir une
fuite au choubersky, vesser, s'ou-
blier.
Choucarde (mil.) s.f. Brouette.
Chouchouter O v.a. Choyer, dor-
loter.
Choucroute s.f. Mangeur de
choucroute, Allemand.
Choué a. Pris. (Comme Foiseau
parla tenderie à la chouette.) [Tim-
MERMANS.]
Chouette = Chouettard :=
Chouetto. O a. Bon, beau, bien,
parfait; qui appâte, allèche, séduit
comme la « chouette » attire Foi-
seau. [TiMMERMA>s].Voy. Choquottc.
Chouettement Q adv. Parfaite-
ment.
Chouflik =:Chouflique0Savetier.
ChouOiquer v.n. Faire du mau-
vais ouvrage, saveter. Ail. Schuh,
soulier, et flicken, raccommoder.
Choufliqueur s. m. Savetier, et,
par ext., mauvais ouvrier.
Chouia-Chouia (mil.) adv. Douce-
ment. Mot ar.-alg.
Chouine # s.f. Tabac à priser.
Son de l'aspiration nasale. [Tim-
MERMANS.]
Choule O s.f. Synagogue.
Choumaque 0' s. m. Cordonnier.
Ail. Scfiuhmacher, m. s.
Chourin s. m. Pour Surin, v. cm.
Skt. Çiri, couteau, xur, couper;
gr. Çijpto, tondre. [Timjiermans.]
Chouriner 9 v.a. pour Suriner,
v.c.m.
Chourineur % s. m. Pour Swrinewr,
v.c.m.
Chrétien Q a. Qui contient de
Feau. « Du vin, du lait chrétien. »
Il est baptisé.
Chrysalide Q s.f. Individu qui se
renferme chez lui, qui vit seul,
retiré,
Chtibes s.f. pi. Bottes. Ail.
Stiefel, m. s.
Churluper0v.n. Boire beaucoup.
Chuter Q v.n. Faire tomber (au
fig.) un acteur en poussant Fex-
mation chut! chut!
Cibige s.f. Cigarette.
Ciboulard = CilDoulot s. m. La
tête. « Taper sur le ciboulard. »
Ciel s.m. Q [met. )Le ciel plumant ses
joow/es, ciel nuageux. (Richepin, la
Mer.)
Cierge s.m. Agentde police, qui
monte la garde droit comme un
cierge.
Cig = Cigale = Ciguë # s.f.
Pièce d'or.
Cigogne (la) # s.f. Palais de jus-
tice, préfecture de police. « Je
monte à la Cigogne. » (Vidocq).
Ciment s.m. Prise de tabac.
Cinglée s.f. Ivresse.
Cingler v.a. Se cingler le blair,
se griser.
Cinq a.n. Cinq contre un (ona-
nisme). — Cinq et trois font huit,
boiteux.
Cipal s.m. Garde municipal
(abrév.).
Cire s.f. Avoir la cire à Vœil,
avoir les yeux chassieux.
Cireux s.m. || 1. Homme à
figure sale et répugnante. || 2. In-
dividu qui a mal aux yeux.
Cité s.f. Cité d' amour, prosûtuéo.
« Je l'ai appelée feignante, cité
d'amour, chenille, etc.». (Macé.)
Citron s.m. Tête.
Citrouillard s.m. Tête.
Civade # s.f. Avoine, vx fr. m. s.
Civard s.m. Prairie, gazon.
Vov. cive.
CIVE.
COCANGES.
Cive s.f. Herbe. Du fr. cive, es-
pèce cultivée du genre ail.
Clair s. m. Œil. Allumer ses
clairs, ouvrir les yeux. — Souffler
ses clairs, dormir.
Clampin s.m. Paresseux, propre
à rien.
Claquette s.f. Bavard.
Claque s.m. Maison publique.
Claque s.f. En avoir sa claque,
en avoir assez, être surmené,
fatigué. — Voy. Cliques.
Claqué s.m. Mort. — La boîte aux
claqués, la Morgue.
Claquedent Q s.m. || 1. Maison
publique. || 2. Maison mal famée.
Il 3. Cercle mal famé.
Claquepatin s.m.= Misérable ;
m.à. m. homme dont la savate cla-
que contre le talon :
Venez à moi, claqiiepatins.
Loqueteux, joueurs de musettes.
(J. RlCHEPlN.)
On trouve dans Villon le mot cli-
quepatin m. s.
Claquer v.a. etv.n. || 1 . Dissiper.
Claquer sa galette, dépenser son
argent. || 2. Mourir. || 3. Manger.
(Larchey.)
Claude n.d.b. Imbécile, n Capot
comme un claude » .
Clavin # s.m. |I 1. Clou. || 2. r=
Calvin, v.c.m. Raisin, vigne, vi-
gneron.
Cleb # s.m. Chien. Gorr. de cal.
v.c.m. (3). Hébreu kelp, animal
qui clabaude.
Clé O s.f. Avoir perdu sa clé, avoir
la diarrhée. — A la clé, formule
ironiquement confirmative qui
s'emploie à propos de tout. (Lar-
chey.) « Il y aura du Champagne
et des femmes à la clé. — Il y a
eu des embêtements à la clé. »
Cléricafard0 s.m. Dévot hypo-
crite.
Cliché s.f. Colique. De clifoire
« seringue » de sureau.
Cliché Os.m. Banal, suranné. C'esf
un vieux cliché, c'est une formule
courante, surannée.
Client # s.m. || 1. C'est le volé,
pour le voleur. || 2. Q Individu
quelconque. « Qu'est-ce que c'est
encore que ce client-là? »
Clignots s. m. pi. Yeux. — Baver
des clignots, pleurer.
Clinquaille (O) s.f. Argent,
monnaie du fr. clinquant, brillant.
Cliques s.f.pl. Prendre ses cli-
ques et ses claques, s'enfuir.
« Lorsque l'autre a vu le sang,
elle a pris ses cliques et ses cla-
ques »... {l'Assommoir, Zola.)
Cliquettes s.f.pl. H 1. Oreilles.
Il 2. Jambes.
Cloche s.f. Déménager à la clo-
che de bois, déménager clandesti-
nement, sans paver et sans bruit;
(la cloche de bois n'a pas de son.)
Cloporte s.m. Concierge, por-
tier; (il clôt la porte.)
Cloque 0s.f. 1| l.Pour C/oc/te, am-
poule. « Avoir des cloques aux
pieds. » Il 2. Vesse, pet.
Cloquer v.n. Péter.
Clos-cul s.m. Dernier-né d'une
famille.
Clou s.m. Il 1. O Mont-de-piété.
« Mettre au clou.» \\ 2. Prison, salle
de police. H 3. Attraction princi-
pale. «Le clou de la pièce. Le clou du
Salon. » Il 4. Clous de girofle, dents
noires et gâtées. l| 5. River le clou
à quelqu un, le mettre à bout
d'arguments, en avoir raison. 1|
6. Mauvais. C'est un clou, il est
mauvais. Il joue comme un clou,
il joue mal.
Clous # s. m. pi. Outils de voleur.
Clouer v.a. Clouer le bec à quel-
qu'un, le faire taire. Clouer quel-
qu un. = River le clou, v.c.m. (5).
Cocanges s.f.pl. Coquilles de
noix = Btn6i, v.c.m. (i). Jeu de
cocanges, sorte de jeu de bonne-
COCANGEUR.
72 —
COL.
teau (v.c.m.) où Ton se sert d'une
boule et de coquilles de noix.
C'est un jeu tenu par des filous.
Gocangeur O s. m. Sorte de bon-
neteur, v.c.m. et les mots cocan-
ges et bonneteau.
Cocantin s. m. Homme d'aflfai-
res.
Cocarde s.f. Tête. — Avoir sa co-
carde, son plumet, être gris. Syn.
de pompon.
Cocarder (se) v.pr. Se griser.
Cochemar s. m. Cocher.
Cochon s. m. Homme dépravé.
Cochonnerie s.f. || 1. Ordure.
Il 2. Dépravation, obscénité.
« Faire des cochonneries. «
Coco s. m. Il 1. Tête. Avoir le coco
fêlé, être un peu fou, quelque-
fois tout à fait. — Dévisser le coco,
étrangler. j| 2. Individu. « Un
drôle de coco, un vilain coco. »
« Elisa était simplement en cours
de dressage, le a coco» qui avait
entrepris de la dompter était un
jeune homme de bonne famille,
et dès sa première rencontre avec
elle, il lui avait fracassé la mâ-
choire. » [Eclair 19 mai 1894.] H 3.
Se garnir le coco, manger. || 4.
(Euf (enf.). Il 5. Mauvaise eau-de-
vie.
Cocon (polyt.) s.m. Condisciple de
première année.
Cocotte s.f. Il l.Femme galante.
II 2. Avoir la cocotte, avoir la
gonorrhée.
CÔcotterie Q s.f. Réunion de
femmes galantes.
Cocufler v.a. Faire cocu. Etre
cocufié, être cocu.
Coesme (B) s.m. Bon mercier.
Coesmelotier (B) s. m. Mercier.
Coesmelotier huré, marchand gros-
sier.
Coesmelotrie (B) #s.f. Mercerie.
D'où est venu le mot camelote,
marchandise de peu de valeur.
Coesre (B) #s.m. Le premier des
Gueux = Coire, chef de bande
dans l'arg. moderne. « Leur coire
me proposa d'être des leurs, on
faisait la grande soûlasse sur le
trimar. » [Victor Hugo.] Dex^pw;,
seigneur. [Timmermans.]
Cœur s.m. Mettre du cœur sur
le carreau, vomir. — Cœur d'arti-
chaut, infidèle. — Par cœur, se
passer de... Dîner par cœur, se
passer de dîner.
Coffre s.m. Corps humain. Avoir
un bon coffre, être solide, bien por-
tant. Se garnir le coffre, manger.
CofTre-fort s.m. Wagon cellu-
laire pour transporter les pri-
sonniers.
Coffrer (Acad.)v.a. Enfermer, em-^
prisonner. Se faire coffrer, se
faire mettre en prison. Voy.
Coffres-massis.
Coffres massis (V) s. m. pi. Pri-
sons, cachots de pierre. On dit
aujourd'hui coffrer pour mettre
en prison (Acad.).
Cognade # s.f. Gendarmerie.
Cogne % s.m. Gendarme. Dans
l'arg. moderne on désigne aussi
par ce mot les agents de police,
les sergents de ville.
Cogner' v.a. Frapper, battre.
Ce mot est français quand il s'ap-
plique aux choses; il a un sens
beaucoup plus large en argot.
Cogner les sergot^, battre " les
agents. — Cogner une femme, (O)
faire l'amour.
Cogn'gi s.m. Cognac.
Coiffer v.a. Faire cocu. — Etre
né coiffe, avoir de la chance. —
Coiffer sainte Catherine, rester fille.
Coin O s.m. Coin de feu, veston
d'appartement.
Coire # s.m. Voy. Coesre.
Coire s.f. Ferme. Métairie.
Col O s.m. Se pousser du col, faire
des embarras, faire le fier.
COLAS.
73 —
COMBLE.
Colas s. m. Cou. — Trancher le
colas, guillotiner.
Golbasse # s. m. Chambre. [Mé-
TtMER.]
Colin s. m. voy. Colas. Tampon.
Colique Q s.t". Colique cornue,
érection.
Collabo O s. m. Collaborateur.
(abrév.)
Collage s. m. Ménage irrégulier.
Union illégitime.
L'une aprt^s i'aulro, en camarade.
C'est rupin, mais Vcollaf/e, bon Dieu!
Toujours la môiu'ehauffeus'dc pieu !
M'en parlez pas, ça m'rend malade.
[ASD. GlLL.)
Collant O S. et a. |I 1. Quelqu'un
ou quelque chose dont on ne peut
se débarrasser. Les Femmes col-
laîites, vaudeville de Léon Gan-
dillot. II 2. (thé.) Maillot.
Collardë # s. m. Prisonnier.
Colle s.f. Il 1. Etre à la colle,
marié à la colle, vivre en ménage
sans être marié. || 2. Fiche une
colle, poser une question ditiicile,
ou embarrassante à un candidat
dans un examen. 1| 3. Mensonge.
= Carotte.
Collé Q a. Etre collé, être puni. Le
collégien mis en retenue ou privé
de sortie est collé.
Collège # s, m. Prison.
Collégien # s. m. Prisonnier.
Coller v.a. || i. Appliquer : « Coller
une beigne. » || 2. Mettre : Coller
au clou, mettre en prison ou au
mont-de-piété. ^'.Colle-toi ça dans
le coco, «avale ça, m. à m. mets-loi
ça dans le corps, j] 3. Se coller, se
mettre en ménage sans se marier.
Il 4. Coller quelqu'un, le mettre à
bout d'arguments, le laisser in-
terloqué. Il 5. Se coller une douce
ou wnrass/s (onanisme). H Q. Coller
sous bande, acculer. Cette expres-
sion vient du jeu de billard. || 7.
Punir.
Colletin s. m. = Coltin, v.c.m.
Colleur (ccol.) s. m. Examinateur.
Collier s. m. Cravate.
Collignon s. m. Cocher. Le co-
cher qu'on appelle Collignon se
considère comme gravement in-
sulté, un cocher de ce nom ayant
commis un assassinat.
Colloquer v.a. «Il m\i colloque
les consommations à la manille »,
il m'a tait payer les consomma-
tions. — « Il m'a colloque son bon-
homme et fai été cramponné toute
la journée », il m'a imposé la com-
pagnie d'un individu ennuyeux,
importun.
Golo (mil.) s. m. Colonel (abrév.).
Colombe Q s.f. Femme légère.
i « J'ai rencontré une colombe sur
; le boulevard, elle m'a pris pour
j un pigeon. »
I Colon (mil.) s. m. =: Colo. Colonel.
; Colonne s.f. S'imaginer avoir
chié la colonne, se croire un per-
sonnage importai^t. — Se polir la
colonne (onanisme). — Monter une
colonne, faire un récit long et
détaillé.
j Coloquinte s.f. Tête. « Taper
! sur la coloquinte. »
: Coltiger v.a. Arrêter. « C'est
dans la rue du Mail où j'ai été
coltigé. » [Victor Hugo, Dernier
jour d'un condamné.]
Coltin s. m. Force.
Coltiner v.n. Faire un travail
qui exige de la force.
Coltineur s. m. Fort de la halle,
homme qui porte des fardeaux.
Comberge s.f. Confession. Aller
à comberge, aller à confesse.
Comberger Q v.a. || 1. Confesser,
Il 2. Compter. (Larchey.)
Combergo # s. m. Confessionnal.
Gomblance Q s.f. Par comblance.
par surcroît, par complaisance.
(Rabasse )
Comble # (B) s. m. Chapeau. —
COMBLETTE.
74
CONDÉ.
Cest un comble, c'est extraordi-
naire. — Jeu des combles, jeu de
mots. « Le comble de l'agilité,
c'est jeter un objet du haut de la
tour Eiffel et descendre assez vite
pour le recevoir sur la tête. »
Comblette (B) s.f. La tête.
Gombre s. m. voy. Combricu, cha-
peau. Du blesquien, comble, m. s.
Combrie # s.f. Pièce d'un franc.
Combrier # s. m. Chapelier.
Gombrieu s. m. = Combre z=Com-
briau. Chapeau. Du blesquien
Comble et Comblette, v.c.m.
Gomédie s.f. Etre à la comédie,
être sans le sou. — Envoyer à la
comédie, congédier.
Gomète s.f. || i.Q Civière en usage
pour le transport des enfants au ci-
metière. « Deux corbillards de
dernière classe, suivis de la comète
des enfants, emportaient les mal-
heureux à leur dernière de-
meure. ». [| 2. Individu qui est
considéré comme portant la dé-
veine au joueur. (Arg. des Grecs.)
voy. Jeitator. \\ 3. Tirer desplam
sur la comète, s'ingénier à trouver
le moyen de réussV. || 4. # Re-
filer la comète, être dans une pro-
fonde misère.
Gomme (conj.) C'est comme aco,
c'.est comme ça. — Comme if,
comme il faut (abrév.) — Tes
comme if, tu as l'air bien comme
il faut.
Gomme Q îidv. « Comme s il en
pleuvait », beaucoup.
Gommissaire s. m. Petit broc
de vin.
Gommode # s.f. Cheminée.
Gommodier s. m. Déménageur.
Gommunard = Gommuneux Q
s.m. Partisan ou combattant de
la Commune en i871.
Gompagnon Q s.m. Anarchiste.
« Les anarchistes s'appellent entre
eux compagnons. Le compagnon
Ravacholcstun de leurs martyrs. »
Compagnon de la pince et du
croc, voleur, cambrioleur.
Gompas Qs.m. Allonger son com-
pas, faire de grandes enjambées,
marcher viteen ouvrant les jambes
comme les branches d'un compas.
Gomplet O s.m. Un complet, un
vôtementcomplet, chez le tailleur.
Gompliment O s.m. Rengainer son
compliment, s'abstenir de parler
alors qu'on avait l'intention de
dire quelque chose.
Gomprendre O v.a. <f 11 la com-
prend », il n'est pas embarrassé, il
Qsi débrouillard, il ne se tourmente
pas.
Gomprenette O s.f. Intelligence.
Il n'a pas la comprenette facile, \\
ne saisit pas bien facilement, il ne
comprend pas bien.
Gompte s.m. « J/ a son compte » , il
en a assez. « Quelle volée ! il a
son compte », il a été assez battu.
« Quelle cuite! il a son compte »,
il a assez bu.
Gomte s.m. Menteur. J.d.m. avec
conte, histoire inventée. — %Comte
de caruche, geôlier. — Comte de
cas tu, infirm^ier.
Gomtois s.m. Battre comtois,
mentir, faire des contes.
Gon s.m. Niais, imbécile. Ce
mot s'entend à chaque instant
dans la rue parmi les gros mots
et les interpellations des cochers,
des charretiers, des ouvriers qui
se querellent.
Gonasse # s.f. Une honnête femme;
dans le langage des prostituées,
ou celle d'entre elles qui n'a pas
encore la carte de la préfecture.
Gondé # s.m. |] 1. Maire. Grand
condé, préfet. Demi-condé, adjoint.
Coudé franc, magistrat qui s'est
laisse corrompre. || 2. Permission,
faveur, généralement accordées
par le maire de la commune pour
CONDICE.
75
CONSERVES.
les foires, les jeux et les exhibi-
tions sur la voie publique.
Condice # s,f. || 1. Cage dans la-
quelle on enferme, à bord des
navires, les condamnés à la trans-
portalion. |j 2. Habitation des
condamnes aux travaux forcés, à
la Nouvelle-Calédonie.
Condition #s.f.Cliambre, maison.
Faire une condition, voler, avec
effraction, dans une chambre, une
maison. Changer de condition,
déménager.
Conduite O s.f. Faire la conduite,
chasser avec voies de fait. (Lar-
CHEY.) — Faire la conduite de Gre-
noble, chasser à coupsde bâton.—
Acheter une conduite, s'amender.
Cône # s.f. La mort, voy. coni.
Coneau s. m. voy. Con. Niais, im-
bécile.
Conerie s.f. Erreur, bêtise,
sottise.
Confetti O s. m. pi. Les confetti
parisiens sont de petits ronds
multicolores en papier, de la
grandeur d'une lentille, qu'on se
jette dans la rue pendant les fêtes
du carnaval. Cet amusement a
été inauguré en 1892. « Confetti
et serpentins, à qui nous devons
tant de grâce et dont Torigine
demeure ignorée. Un jour,* ils
apparurent , et la ville s'égaya
d'un caprice libertin, une ravis-
sante mutinerie permit d'aimables
échanges. Les femmes ne furent
point les dernières à accepter les
privautés que cette artillerie au-
torise, et l'obsédante bataille s'en-
gagea. Le carnaval renaît joyeux,
libre et vivace , bon enfant et
gaulois, dans sa fantaisie pitto-
resque et bariolée. Il a suffi,
pour que nous assistions à ce ré-
veil tant souhaité, d'un petit rond
de papier léger, qui volète, im-
pertinent, dans l'air qu'il remplit
de sa poussière multicolore. »
{Eclair, mars 94.)
Confirmer O v.a. Confirmer quel-
qu'un, le souffleter, le gifler.
Confiture s.f. || 1. Excréments.
112. Cratification donnée par les
emprunteurs dans les cercles aux
individus qui leur prêtent de l'ar-
gent. « X...„ interr0£^é par le
président, a soutenu n avoir pris
aucun intérêt usuraire. — Quand
les emprunteurs remboursaient,
dit-il, ils donnaient ce qu'ils vou-
laient comme gratification. — Oui,
vous appeliez cela la confiture ?
fait le président. » (9° chambre
correctionnelle, 17 avril 94).
Confiturier s. m. Vidangeur.
Coni % s. m. Un mort, cadavre.
Omnibus à conis, corbillard. Du
blesquien cosny, m. s.
Conir v.a. Tuer, voy. coni.
Coniller0 v.n. Disparaître = Fai7'e
le mort. De Coni, v.c.m.
Conjungo s. m. Mariage.
Connaissance s. f. = Bonne
amie. Maîtresse. « Aller trouver
sa connaissance. »
Connaître O v.a. La connaître
dans les coins, être débrouillard,
malin, rusé, retors. — Connaître
une femme, (O) faire Vamour.
Conobrer % v.a. Connaître. Déf.
de connaître, lat. cognoscere.
Conscience s.f. || 1. Se coller un
cataplasme sur la conscience, man-
ger la soupe. « Mets-toi ça sur la
conscience,» mange ça. |1 2. (typ.)
Ouvrier payé à la journée.
Conscrit s.m. = 1. (écol.) Nouvel
élève. Il 2. Novice.
Conservatoire s. m. || 1, Mont-
de-piété. — Elève du conserva-
toire de la Villette, mauvais chan-
teur.
Conserves O s.f.pl. Les pièces du
répertoire au Théâtre -Français
ou à rOpéra-Comique.
CONSIGNE. — '
Consigne s.f. Il a mangé la con-
signe, il a contrevenu aux ordres
donnés, il est arrivé en retard.
Consolation Q s.f. Jeu de hasard
qu'on ai)pclait autrefois la par-
faite (égalité); se joue avec des
dés. Un des premiers qui installa
la parfaite à l'aller et au retour
des courses, était un marchand de
bijoux qui, lorsqu'il avait dépouil-
lé les joueurs, leur offrait un bijou
en loterie comme consolation.
Contre # (V) s. m. Compagnon,
associé. C est Valter ego.
Contrebasse © s.f. Le dos, e,t
aussi «sa partie basse».
Contre-coup s. m. Contremaître.
Contremarque s.f. Contremar-
que pour Pantin, ordonnance de
médecin, (billet pour se faire en-
terrer à Pantin.)
Convalescence # s.f. Etre en
convalescence, être en interdiction
de séjour.
Conversation Q s.f. Conversation
crimiîielle, flagrant délit amou-
reux, par ext. du s.fr. adultère.
Copaiile s.f. Pédéraste.
Copain s. m. voy. Copin.
Copeau s. m. Ouvrier qui tra-
vaille le bois. — Arracher son co-
peau, cracher, expectorer. —
Coup de vague avec copeaux,
effraction.
Copie (typ.) s.f. Manuscrit à com-
poser. — Pisser de la copie, écrire
beaucoup. — Pisseur de copie,
celui qui écrit beaucoup, des
articles sans valeur, sans intérêt.
Copin s. m. Copine s.f. Q =
Copain. Ami, amie; camarade,
compagnon.
Copurchic Q s-n^* = Gommeux.
Jeune élégant.
Coquage % s. m. Dénonciation.
Coquar= Coquillard s. m. Imbé-
cile, bête. Animal à coquille. On
dit aujourd'hui mollusque, moule
'S —
COQUINE.
et huître pour désigner un indi-
vidu bête, (amolli.)
Coquard (B) s. m. Maréchal ferrant.
Coquebin Q s. m. Chaste, inno-
cent, puceau.
— Aimez-vous les chastes?
— Hein?... les « coquebins »?...
{Gil-Blas, 21 mai 1894).
Coquer v.a. Dénoncer. — De
caqueter, donner ou envoyer à la
façon d'un coup de patte. — Co-
quer le rifle, incendier. — Coquer
le taf, effrayer. — Coquer le poi-
vre, empoisonner. — Coquer son
centre, dire son vrai nom.
Coqueur (V) # s.m. Dénonciateur.
Coqueurs de pains et plommeurs affectez.
[Villon]
Dans le patois lyonnais on trouve
choquer, baiser, embrasser. —
Coqueur de pains signifiait celui
qui baise l'hostie. L'idée de baiser
a fait traduire « dénoncer » par
coquer (allusion au baiser de
Judas). Le coqueur \ient dénoncer
les projets de vol à la police de
stîreté, ce métier s'appelle co-
quage. [Ganler.] Ce mot a fait le
mot fr. coquin. — Coqueur de bille
ou de braise, capitaliste, comman-
ditaire.
Coquillard s.m. [J 1. Œil. Je
m'en tamponne le coquillard = Je
m'en bats Vœil, je m'en moque. Par
j.d.m., du holl, kyken, regarder,
ail. gucken. [Timmermans.] |j 2. Pè-
lerin (à cause des coquilles que
portaient autrefois les pèlerins).
Il 3. = Coquar, v.c.m.
Coquille s.f. (typ.) Erreur typogra-
phique. O Coquille de noix, petit
bateau léger. # Assiette.
Coquillon0 s.m. Pou.
Coquin % s.m. Coqueur. Dénon-
ciateur.
Coquine # s .f. Etre en coquine.
(pédérastie).
t
CORBEAU.
COTE.
Co^bea^O s. m. || 1. Henri Recque,
ilans une comédie intitulée /es
Corbeaux, jouée au Théâtre-Fran-
çais, a montré ce que sont ces
hommes de loi, rapaces et insa-
tiables, qui sentent le cadavre et qui
viennent pour se partager sa dé-
pouille comme les corbeaux sur un
charnier. || 2. Frère de la Doctrine
Clirétienne (allusion au costume
noir). Il 3. Croque-mort (il vient
toujours là où il y a un cadavre,
comme le corbeau). || 4. Voleur
dans les cinictières.
Corbillard s. m. Un caillou à
caler les roues de corbillardy
figure triste et renfrognée.
Corbuche % s.f. Plaie.
Corde s.f. Se mettre la corde au
cou, s'engager, se lier; avoir une
^age
ialh(
liaison malheureuse; se mettre
dans rembarras. — Tenir la
corde, avoir la bonne place pour
arriver le premier dans une
course, ou pour l'obtention d'une
faveur, d'une place, être le pre-
mier sur la liste des postulants.
— Faire des cordes, rester long-
temps aux lieux d'aisances.
Corder 0v.n. S'accorder (m. déf.).
Cornage s. m. Ronflement.
Cornanche 0s.f. Au jeu du bon-
net, faire la cornanche, c'est mar-
quer d'une corne la carte qui
gagne et en battant les cartes la
décorner, puis en corner une autre
en faisant le saut.
Cornant (B) s.m. Rœuf.
Cornante (B) s.f. Vache.
Cornard s.m. Cocu.
Corne s.f. || 1. = Cornemuse,
cornet, v.c.m. || 2. Clairon.
Cornemuse s.f. Le gosier, la
gorge. Se rincer la cornemuse,
boire.
Gornemuseux s.m. Vent du
Sud (arg. des pêcheurs).
Corner (O) v.n. Sentir mauvais.
Cornet s.m. Gosier. Se mettre
quelque chose dans le cornet, man-
ger ou boire.
Cornette s. et a. Q \\ l.Cocu. Il est
cornette, il est cocu. — Faire
quelqu'un cornette, le faire cocu.
Il 2. Femme trompée par son
mari.
Corniche s.f. H 1. (écol.) École de
Saint-Cyr. || 2. Chapeau.
Cornichon Q s.m. || 1. Aspirant à
l'Ecole de Saint-Cyr. || 2. Niais,
sot. Il 3. Veau. Dim. de cornant,
v.c.m.
Cornière s.f. Établc (où Ton
met les coimants et les cornichons,
v.c.m.).
Corridor s.m. Gosier, gorge.
Se rincer le corridor, boire. —
Repousser du corridor, avoir mau-
vaise haleine.
Corsé O ^' Plantureux, copieux.
Un gueuleton corsé.
Corser Q v.a. Compléter, aug-
menter, fortifier, m. à. m. donner
du corps.
Corvette # s.f. Etre en corvette.
(pédérastie)
Cosaque s.m. Homme grossier
et mal élevé.
Cosne # s.f. Auberge.
Cosny (B) s.m. Mort = Coni dans
l'arg. moderne des voleurs.
Cesser % v.a || 1. Dépenser. [Ri-
GALiD.] Il 2. Dévaliser, ^our écosser,
tirer de la cosse.
Coste # s.f. La mort.
Costel s.m. Souteneur.
Costo % s.m. Qui fait partie de la
coterie des costels v.c.m. « Allez
donc interroger, dans un bar de
Relleville, une trentaine des gars
« costo », tous repris de justice,
ne vivant que de rapine... » Eclair,
19 mai 1894.)
Cote s.f. (sport) Tableau des book-
makers. (Polyt.) Séance des cotes,
brimades.
COTE.
■8
COULEUVRE.
Côte s.f. Etre à la côte^ être
gêné, à bout de ressources. —
Avoir les côtes en long, être pares-
seux.
Côté s. m. N'avoir rien du côté
gauche j n'avoir pas de cœur,
manquer de courage, de sensibi- i
lité. — Du côté que cest pas vrai,
du mauvais côté.
Côtelard s. m. Melon.
Côtelette s.f. Pisser sa côtelette,
accoucher. — Les côtelettes, les
favoris.
Gôtier s. m. |1 1. Homme chargé
d'atteler les chevaux de renfort
pour les montées. || 2. Cheval de
renfort pour monter les côtes.
Cotillon s. m. Femme. Faire
danser le cotillon, battre une
femme.
Coton s. m. Peine, difficulté. « Il
y aura du coton. » — Filer un
mauvais coton, être dans une po-
sition fâcheuse.
Cottage O s. m. Maison genre
anglais.
Cotte s.f. Pantalon de travail.
Cotteret s. m. = Fagot affranchi.
forçat libéré.
Couac O s. m. Faire un couac, don-
ner une fausse note.
Couche s.f. En avoir une couche,
être sot, niais. — Les nouvelles
couches (s. ent. sociales), les
hommes de progrès, les avancés
de tous les partis.
Coucher v.n. Tête à coucher à la
porte, individu à mine suspecte,
homme laid et repoussant qu'on
ne voit qu'avec déplaisir. — A
quelle heure qu'on te couche? tu
ne vas pas bientôt te coucher?
tu nous ennuies.
Coucou s.m. Il 1. Cocu. I| 2. Pen-
dule, horloge, montre, tous les
appareils en général qui indiquent
l'heure, par ext. de coucou, hor-
loge ancienne dont la sonnerie
ressemble au cri du coucou.
113. Faire coucou, jouer à cache-
cache.
Coude s.m. Lâche-moi le coude,
laisse-moi tranquille. — Lever le
coude, boire.
Couenne s.f. ||1. Niais, imbé-
cile. Il 2. Couenne de lard, brosse.
Il 3. Peau. — Se faire gratter la
couenne, se faire raser. — Frotter
la couenne (O), faire l'amour.
Coues (B) s.f. Maison.
Couesu s.m. Montre.
Couille s.f. Testicule. — JSe
bander que d'une, avoir peur. —
Avoir des couilles au c, être
courageux. — N'avoir pas de
couilles, manquer de courage.
Couillé s.m. Individu.
Couillet # Plan de couillet, at-
tente vaine, prison préventive,
subir une peine imméritée, faire
de la prison pour rien.
Couillon0s.m. || i. \oy. Couille.
Il 2. voy. Coiiyon.
Couillonner v.n. voy. Couyon-
ner. Plaisanter.
Couiner v.n. Se lamenter.
Coulage s.m. Gaspillage, perte oc-
casionnée par la négligence ou le
manque de surveillance.
Coulant s.m. 1. Lait. l| 2. Cra-
vate (nœud coulant).
Coulante s.f. || 1. Gonorrhce.
Il 2. Laitue.
Coule s.f. Etre à la coule = Etre
à la hauteur, dans le mouvement,
être au courant d'une chose, être
capable, intelligent.
Coulé a. Perdu (comme un na-
vire au fond de la mer).
Couler v.a La couler douce, se la
couler, vivre insouciamment, m. à.
m., laisser couler la vie.
Couleur s.f. I| 1. = Carotte.
Mensonge. || 2. Gifle.
Couleuvre s.f. || 1. Mensonge,
pour couleur. Conter des cou-
COULOIR.
— 70
COURAILLER.
leurres j mentir. || 2. Paresseux
(fainéant comme une couleuvre).
Couloir s. m. = Conidor. Bou-
clie, gorge, gosier.
Gouloire (V) s.f. Canal de l'u-
rètre.
Coup O s. m. Monter le coup à
quelqu'un , le tromper par des
promesses que Ton sait ne pas
tenir. — Ça vaut le coup, ça vaut
la peine de s'en occuper. — Elle
vaut le coup (obsc), en parlant
d'une femme. — Coup du lapin,
le dernier coup. — Avoir un coup
de sirop, coup de feu, coup de bou-
teille, coup de chasselas , coup de
picton, être gris. — Coup de
chien, mauvais tour, trahison. —
Avoir un coup de marteau, être
toqué. — Avoir un bon coup de
fourchette, avoir bon appétit. —
Coup du médecin, verre de vin ,
après la soupe.
Après la soupe un coup de vin
Ole un denier au médecin.
{Vieux prov.)
— Tu ne te donnes pas de coups de
pied, tu ne dis pas de mal de toi, tu
fais ton éloge. — Coup de pied
de Vénus, maladie vénérienne. —
Donner les coups de poing de la
fin, donner un coup de collier, ac-
tiver la besogne pour la terminer.
— Donner le coup de pouce, avan-
cer une pendule. — Coup de so-
leil, ivresse. — Se donner un coup
de torchon, se battre. — Donner
un coup de pied à la caisse, de-
mander une avance d'argent.
— Le coup de Vabsinthe, l'heure,
le moment. — % Coup de casse-
role^ dénonciation. — Coup du
pèreFrançois=zCharriage[Y.c.m.)
à la mécanique. — Coup de tron-
che, coup de tête. Coup de vague,
vol non prémédité, fouiller les
poches, détrousser. — Coup de
hasard [O), bâtard. — Coup de
pouce, effraction.
Coupe s.f. Tirer sa coupe, nager.
— Etre sous la coupe de quelqu'un,
sous la dépendance.
Coupé a. Sans le sons=z Fauché.
Coupe-choux (mil.) s. m. Sabre.
Coupe-ficelle (mil.) s. m. Artificier
d'artillerie.
Coupe-file O s. m. Laissez-passer
délivré par la préfecture de po-
police (il permet de couper la file
et de passer avant les autres).
Couper v.a. et v.n. Croire. Je
n'y coupe pas, je n'y crois pas.
Couper dedans, croire ce que l'on
vous dit, adhérer à une proposi-
tion. — Couper dans le pont, se
laisser naïvement tromper. Allu-
sion au truc des cartes [faire un
pont, c'est cintrer légèrement la
partie supérieure d'un jeu de
cartes pour faire « couper » où
l'on veut). — Couper la chique à
quelciuun, l'interrompre, le faire
taire. — Ça m'a coupé la chique,
je n'ai plus rien dit. — Ça te la
coupe ! ça t'étonne, tu ne *dis plus
rien. — Ça vous coupe la gueule à
quinze pas, ça sent mauvais de très
loin. — Couper la musette, couper
la gorge et aussi la parole. —
Se couper, se trahir en racontant
un fait, dire ce que l'on tenait à
cacher. — Couper la queue à
son chien, se faire remarquer
par une excentricité. — (Thé.) //
cherche à me couper mes effets,
il m'empêche, par ses mouve-
ments ou ses répliques, de pro-
duire l'effet que je voudrais dans
mon rôle.
Coupe-sifflet s. m. Couteau.
Coupolard O s. m. Académicien
(il siège sous la coupole de l'Ins-
titut).
Courailler v.n. Traîner par les
rues, courir après les femmes.
COURANT.
80 —
CUACHER.
Gourant s. m. Se déguiser en cou-
rant d'air, s'en aller, s'enfuir.
Gourante (la) s.f. La diarrhée
(O, 1556) (indisposition qui fait
courir).
Gourbe (B) s.f. Épaule. Les uns
fichent une courbe de morue,
d'autres un morceau de cornant.
(Le langage de TArgol.)
Gourer v.a Se courer, se garer.
[RiGAUD.]
Goureuse s.f. |1 1. Femme qui
se prostitue, qui court après
les hommes. |1 2. Machine à
coudre. || 3. Plume (pour écrire).
Gourir O © v.a. et v.n. Courir la
gueuse, le guilledou, courir après
les filles. — (Sport) Faire courir,
avoir une écurie de courses.
Se courir, s'enfuir.
Gourriériste O s. m. Journaliste
qui fait les articles sous les rubri-
ques «Courriers » des théâtres,
du sport, de la bourse, etc.
Gourt-à-patte s. m. Fantassin,
artilleur à pied.
Gourtaud % s. m. Employé. Cour-
taud de boutanche, employé de
magasin. — Abreuver le courtaud,
(O) faire l'amour.
Gourte (la) obsc. s.f. Membre
viril.
Gourt-bouillon s. m. Le grand
court-bouillon, la mer.
Gourtier % s. m. Voleur qui com-
bine les vols.
Gourtiser Q v.a. Courtiser la dame
de pique, jouer fréquemment aux
cartes.
Gousin s. m. Tricheur au jeu.
(arg. des Grecs)
Goûter v.n. Ça coûte les yeux
de la tête, ça coûte cher.
Goussinet s.m. Genou ; (allusion
aux coussinets entre lesquels sont
maintenus les arbres tournants).
Gouvrante s.f. I| 1. Casquette.
Il 2. Couverture.
Gouvre-amour Q s.m. Chapeau,
shako.
Gouvreur s.m. [14.0 Chapelier,
Il 2. (F.-M.) Celui qui garde ou
qui ferme la porte.
Gouvrir Q v.a. Couvrir la femelle
(O, 1556), engendrer (en parlant
des animaux).
Gouyon s.m. = Couillon. Lâche,
poltron. « Couyon comme la lune. »
De Coilly ou Couilly village de
l'arrondissement de Meaux, le
quatrain suivant recueilli dans
les adages français explique le
sens donné à ce mot syn. de
Couillyon habitant de Couilly:
« Mil cinq cent vingt et quatre
« Coilly fut pris sans combaltre ;
« Et les blés furent engelés
« Et maints gens déshonorés. »
[L. RlGAUD.]
Gouyonnade s.f. = Co\iillon-
nade. \\ 1. Lâcheté. || 2. Niaise-
rie, vétille. « Couyonnade en bâ-
ton. »
Gouyonner0v.n. et Y.a. = Cowî7-
lonner. || 1. Avoir peur, reculer
devant une chose à accomplir.
[| 2. Couyonner le service =:^ Caro -
ter, éviter la besogne. || 3. Plai-
santer. Est-ce que tu couyonnefi?
Est-ce que tu plaisantes? || 4.
Couyonner quelqu'un, le berner.
Goys (V) s.m. Cabane, maison, ca-
baret, cellier. C'est le même mot
que chaix en usage dans le midi
de la France. Du latin casa.
Grabosser v.a. Faire des bos-
ses, bossuer. Chapeau crabossé,
écrasé et bossue.
Craché Q a. Ressemblant: « C'est
son père tout craché ».
Gracher 0©v.a. et v.n. Cracher
son âme, son embouchure, mourir.
— Cracher au bassinet, donner de
l'argent. — Cracher blanc, des
pièces dix sous, du coton, avoir soif.
— I^e pas cracher dessus, aimer une
CRACHOIR.
81 --
CREVAISON.
chose, ne pas dédaigner. — Faire
cracher, forcer à donner de l'ar-
gent , faire parler. — ^ # Cracher,
faire des aveux.
Crachoir s.ni. || 1. Bavard. Te-
nir le crachoir, être seul à parler.
Abuser du crachoir, garder seul
la parole, sans laisser parler les
autres. || 2. Réquisitoire.
Crampe s.f. Fuite, évasion. Ti-
rer sa crampe, prendre la fuite. —
Tirer une crampe, (obsc.)
Grj^mper 0v.n. |I i. Corr. de dé-
camper, fuir. Il 2. Coïter. (obsc.)
Crampon s. m. Individu te-
nace et importun. « Quel cram-
pon ! »
Cramponner v.a. S'attacher à
q.q. avec acharnement, l'obséder.
Cran s.m.Q Lâcher d\in cran, aban-
donner. — Se serrer le cran, se
modérer, se priver. — Avoir son
cran, être gris. — Être à cran, ùiro
inquiet, irrité, anxieux.
Crâne Q a- et s. m. Il a un crâne
toupet, il est bien audacieux, té-
méraire, — Faire le crâne, faire
le fanfaron.
Crâner v.n. Faire le fanfaron.
Crâneur s, m. Fanfaron.
Crapaud s. m. I| 1. Gamin, en-
fant. « Est-il drôle, ce crapaud-
là! ^^ Il 2. Genre de fauteuil
lljcapitonné et très b as. 1| 3. #
Cadenas.
Crapser v.n. Mourir.
V'ià dans rbataillon d'ia guiche !
Comment craps'nt les dos.
(J. RlCHEPIN.)
Var. de crever.
Crapulos s. m. Cigare d'un sou.
Craquelin s. m. Menteur. Du fr.
craque, mensonge.
Crasse s.f. Vilenie, indélica-
tesse. « Faire une ci'asse ».
Cravache (sport) s.f. Etre à la cra-
vache, pressé, activé; (pour arri-
ver au but le cheval est cravaché.)
Cré a. Pour sacré. « Cré nom!
Cré mâtin! »
Créateur s. m. Artiste; il crée.
— Faire mousser ou se balancer
le créateur-, (onanisme).
Créature Q ^-f* Terme de mépris
à l'adresse d'une femme; « Une
sale créature. »
Grebleu int. Pour sacrebleu.
Credo O s. m. jj 1. Profession de
foi. Il 2. Crédit. |j 3. Aveu.
Crème s.f. % Être fait crème, être
dupé par son complice, m. à. m.
être écrémé. — (O) Q Le meil-
leur; ((C'estlac?'éme des hommes».
Crémer Q ^'•^' Brûler. Se faire
crémer, demander à être incinéré
après sa mort.
Crêpage s. m. Bataille, rixe;
« Crêpage de chignon. »
Crêper (se) v.pr. Se crêper le
toupet, le chignon, se battre, =z Se
prendre aux cheveux.
Crépin s. m. Cordonnier; saint
Crépin est le patron des cordon-
niers.
Crépin (Saint-) s.m. = Saint-
Frusquin. Tout ce qu'on possède.
Crépine s.f. Bourse de cuir.
Crépon O s.m. Paquet de faux
cheveux que les dames portent
dans leur chevelure. « Mettre dja
crépon. »
Crés # adv. Vite.
Crespinière # adv. Beaucoup.
Cresson s.m. Iln'aplusde cres-
son sur le caillou, il est chauve,
m. à. m., il n'a plus de cheveux
sur la tête.
Crétiniser Q v.a. Abrutir,stupéfier.
Creuse s.f. Gorge.
Creuser Q v.a. Approfondir. Se
creuser la cervelle, chercher.
Creuser une idée, l'étudierj l'ap-
profondir.
Creux s.m. || # 1. Logis. || Q 2.
Voix. « Avoir du creux. )>
Crevaison s.f. Faire sa crevai-
6
CREVANT. —
son, être très malade, sur le point
de mourir.
Crevant a. O ^'^^^ crevant! c'est
drôle ! c'est bizarre, extraordi-
naire.
Crevard s. m. Enfant mort-né.
Crève-la-faim s. m. Malheu-
reux, misérable.
Crever v.a. Tuer. = Crever la
gueule, la peau, la paillasse. « Vo-
tre intention est formelle : vous
voulez crever un bourgeois, et
comme vous n'avez pas les moyens
d'action du sublime Ravachol,
vous vous servirez de votre instru-
ment de travail, le tranchet! »
(Int. de Léauthier, anarchiste
condamné en 1894.)— Se crever,
se fatiguer. — Crever la pièce de
dixsous, (obsc.) sodomie. — Cre-
ver Vœil au diable, réussir malgré
les obstacles, la déveine.
Crevette O s.f. Femme galante.
« Allons dîner, il y aura des cre-
vettes ))."
Cri % int., signifie « à gauche »,
indication du bonneteur à son
compère; t^ane signifie «adroite».
Criarde s.f. |f 1. Poule. |1 2.
Lime, scie. || 3. # Sonnette. || 4.
Serrure.
Criblage = Criblement % s. m.
Cris.
Cribler % v.n. Crier. Cribler à la
grive. Crier : Voilà la police ! A la
garde !
Cribleur s. m. Crieur. — Cri-
bleur de verdouze, marchand des
quatre-saisons. — Cribleur de
lance, arroseur. — Cribleur de
" frusques, marchand d'habits.
Cric s. m. Eau-de-vie.
Cric-croc! int. A ta santé!
Cricon-criquette (O) Sacrifice
à Vénus.
Cri-cri Q s. m. Grillon.
Crie (B) # s.f. = Crigne. Chair,
viande.
2 — CROQUER.
Crignolier % s. m. Boucher.
Crin O s. m. || 1. = Cran. « Être
comme un crin. » [| 2. A tous crins,
endiablé.
Crin-crin s. m. Violon.
Criole s.f. = Crie. Chair, viande.
Cristalliser (se) O v.pr. S'im-
planter, s'immobiliser. — (Polyt.)
flâner.
CristiQint. voy. Sactisti. (abrév.)
Croasseur "s. m. Corbeau, (il
croasse)
Croc s. m. Escroc, (abrév.)
Croche s.f. Main.
Crocher (se) v.pr. = S'accro-
cher, en venir aux prises, se
battre.
Crochette s. t. Clé.,
Crocodile s. m. |1 l.Q Étranger qui
suit les cours de l'Ecole Saint-
Gyr. H 2. Usurier, créancier.
Croire Q v.a. Croire que c'est ar-
rivé, être prétentieux, s'en faire
accroire. — « J'te crois », cer-
tainement.
Croissant s. m. H 1. Demeurer
rue du Croissant, être cocu. |1
2. # Gilet.
Croix (O)0s.f. Argent, monnaie.
• « Je n'ai ni croix, ni pile, »
« Je n'ai pas d'argent. »
Crolle S.f. = Crosle, écuelle,
plat, assiette.
Crôme s. m. Crédit.
Cromper v.a. voy. Cramper (l).
Crompire s.f. Pomme de terre.
Mot wallon, de l'ail. Grundbirne,
poire de terre.
Cronée s.f. Ecuelle.
Croquant s.m. || 1. # Rat. |1 2.
Croquante, souris. || 3. (O) Q I^^"
dividu mal élevé, qui ne sait pas
vivre. Homme de rien, du vx. fr.
croquart ; m. s. [Froissart]
Croquenots s. m. pi. Souliers;
(ils craquent.)
Croquer v.n. Esquisser. Gentil
CROQUET. — 83 —
à croquer, c'est gentil, à peindre.
(O)Manger. — Croquer la pie, boira.
Croquet s. m. Individu irritable.
Crosle (B) s.f. Ecuelle.
Grosse s.f. Uéquisitoire.
Crosser Q v.a. 1) \. Requérir con-
tre un accusé [| 2. # Receler. ||
3. # v.n. Sonner. H crosse trois
plombes, il sonne trois heures.
Grosseur s. m. || 1. Avocat,
ministère public. 1| 2. Receleur.
Il 3. Sonneur.
Crotal s. m. (polyt.) Sergent à l'Ecole
polytechnique.
Crottard s. m. Trottoir.
Crotte s.f. Etre dans la crotte,
être dans la misère, avoir des
■ennuis. — Crotte de pie, pièce
^e 50 centimes. — Crotte d'ermite,
poire cuite. — Crotte de chocolat, le
plus répandu des chocolats d'é-
trennes, se présente sous forme
de crottes. Une crotte se compose
d'un intérieur en pâte d'amandes
ou en crème, et d'une enveloppe
formée d'un mélange de chocolat
et de beurre de cacao.
Crotté a. Cul crotté, femme
sale, négligée.
Crottin s. m. Ramasser le crottin
des chevaux de bois, ne rien faire,
être sans place.
Croume s.f. Crédit. (Rigaud)
Croumier s. m. Celui qui fait
crédit.
Croupière Q s.f. Tailler des crou-
pières à quelqu'un, lui causer des
embarras, des ennuis, etc.
Croupir v.n. Mon dîner croupit
dans le battant, mon dîner ne
digère pas.
Croustiller v.n. Manger.
Croûte O s.f. Il i. Individu arriéré,
qui ne sait rien. || 2. S'^embèter
comme une croûte de pain derrière
une malle, s'ennuyer beaucoup.
Il 3. Mauvais tableau.
Croûton s. m. || 1. 0= Croûte,
CUISINIER.
v. c .m. Il 2. Mauvais peintre.
Croûtonner Q v.n. Faire de mau-
vais tableaux.
Cruche Q s.f. = Cruchon s. m.
Imbécile, niais.
Crucifié s. m. Personne décorée.
(qui porte la croix.)
Crucifix s. m. Crucifix à res-
sort, à Vesbrouffe, pistolet, re-
volver.
Crupault (V) # s. m. Pot.
C'ti pr. Celui. Cti-là, celui-là.
Cti-là qui m'emm... fiai fiche une
beigne, celui-là qui m'ennuie, je
lui donne une gitle. .
Cube O s. m. Elève de troisième
année à TEcole centrale.
Cucurbitacé Q s.m.= Melon. Im-
bécile, niais.
Cueillir v. Arrêter. « On l'a
cueilli à sa porte et conduit au
dépôt. »
Cuiller s.f. La main. Serrer la
cuiller, serrer la main.
Cuir s. m. Peau. Tanner le cuir^
battre.
... Ah! cousin qu'elle a le nez joli,
Le minois égrillard, le cuir fin et poli.
[Regnaud, le Bal, se. Vil.]
Le beau corps, le beau cuir!
[La Fontaine, Roi Candaule»]
Cuir de brouette, bois. — Escar-
pins en cuir de brouette, sabots.
Cuire # v.n. Se faire cuire, se
faire arrêter. — Etre cuit, être
condamné. — O Cuire dans son
JUS, avoir chaud, transpirer.
Cuisine Q s.f. || 1. Faille la cuisine
d'un journal, préparer le journal,
dans tous ses détails. || 2. # Pré-
fecture de police.
Cuisiner Q v.n. et v.a. Travailler.
L'agent de la sûreté cuisine les
prévenus, il cherche à les faire
avouer.
Cuisinier s. m. || 1. Agent de la
sûreté. 112. Secrétaire de la ré-
daction dans un journal.
CUITE.
84
CYGNE.
Cuite s.f. Ivresse : « Une cuite
carabinée. »
Cuiter (se) Q v.pr. Se griser.
Cuivre O s. m. Les cuivres, les
instruments de cuivre dans un
orchestre. — Astiquer les cuivres,
nettoyer la batterie de cuisine,
(en cuivre.)
Cul s. m. Niais, imbécile. — Cul
de plomb, homme de bureau. —
Avoir quelqu'un dans le cul, dé-
tester, mépriser. — Enlever le oui
à gue/gw'ww, le gronder, le battre.
— Montrer son cul, faire faillite.
(Rigaud) — Cul terreiix, jardi-
nier. — Tirer au cul, travailler
mollement, sans énergie. Les
fabricants de papier peint em-
ploient le levier à la main, et
pour donner plus de pression et
déployer moins de force ils s'as-
soient sur l'extrémité, ce qui est
moins fatigant; ils appellent cela
tirer au cul.
Culbutant s. m. Pantalon, cu-
lotte. Des m.fr. cul, derrière, et
butant, soutien.
Culbute s.f. ||1. voy. Culbu-
tant. Il 2. O Faire la culbute,
faire faillite.
Culot s. m. Dernier né d'une fa-
mille. — Le culot, la fin d'une
chose. — Avoir un vrai culot, être
osé r= Avoir du toupet.
Culotte O s.f. Il 1. Perte qui en-
globe toutes les autres. (Larciiey)
Il 2. = Cuite, ivresse ; l'habitude
de boire fait prendre au nez une
couleur foncée, il se culotte. || 3.
Aimer la culotte rouge, aimer les
militaires.
gri-
Culotter (se) O v.pr. Se
ser, voy. culotte (2).
Culotteur Q s. m. Culotteur de
pipes, fumeur qui passe tout son
temps à fumer la pipe.
Gupidon s. m. Chiffonnier; (il
porte une hotte a la place d'un
carquois).
Curé s. m. Sac de charbon. —
Curé de campagne, # (prost.)
prostituée, bonne à tout faire^
qui sait se retourner.
Curieuse (la) s.f. La préfecture
de police.
Curieux s. m. Juge d'instruc-
tion, président de cour.
Cycle O s. m. Vélocipède.
Cyclewoman Q s.f. Femme qui
s'adonne au sport vélocipédique :
« Aujourd'hui sera couru un
match entre deux de nos plus
charmantes cyclewomen, sur le
parcours de Paris à Yille-d'Avray
et retour. »
Cycliste O s. m. Yélocipédisle.
Cyclisme O s. m. Sport vélocipé-j
dique.
Cyclope s. m. Derrière. (Rigaud)]
= Le borgne ; (il n'a qu'un œil.]
Cylindre s. m. Tu fen feraisl
péter le cylindre. = Tu fen ferais]
mourir, tu ne le voudrais pas,
c'est au dessus de tes forces, ex-
pression de refus formel. —
Aliser son cylindre, être très ma-
lade; (argot des métallurgistes.)
Cymbale s.f. La pleine lune.
Les cymbales, panonceaux.
Cygne s. m. Pièce de vingt
francs. Pour ciguë, v.c.m.
I
DAB.
85
DANSER.
D
Dab = Dabe 9 s. m. Pore, patron,
maître. Gratul dab. Dieu, roi,
Mais grand Dab qui se fâche,
Dit: par mon caloquet
Jjv ferai danser uno danse
Où V a pas d'plancher.
[V. Hugo].
Chef. Dab de la cigogne ou doi
rcnifleiirs préfet de police. Du
skt. da, nourricier. [Timmerma>s]
Dab d'argent s. m. Spéculum.
Crampev avec le dab d'argent,
passer à la visite sanitaire, (arg.
des filles publiques.)
Dabérage s. m. Bavardage.
Dabérer v.n. et v.a. Bavarder.
Hébreu dabar, parler. [Timmeii-
MANS]
Dabesse % s.f. Mère, patronne,
maîtresse, reine, f. de dab, v.c.ni.
Dabot 9 S. m. Soutfre- douleur.
[Lvrchey]
Dabuche % s.f. = Dahessej voy.
Dab. Bourgeoise, nourrice.
Dabuchette s.f. Jeune mère.
Dim.de Dabesse, dabuche, \. ces m.
Dache (ar. alg.) Envoyer à dache
[le perruquier des zouaves) y en-
voyer promener.
Dagorne s.t. Vieille femme
laide et chagrine.
Dague s. m. Couteau.
Daim s. m. Niais, imbécile,
dupe. Daim huppé, homme riche
et bête.
Dale s. m. Monnaie d'or ou d'ar-
gent.
« Faut pas aller chez Paul Niquet
Ça vous consomm' tout voir' pauvr' dale. »
[P. Durand.]
Dalle s.f. Gosier, bouche. S'ar-
roser, se rincer la dalle, boire
Un', deux, trois, longtemps, beaucoup.
Il faut s'arroser la dalle
Du cou.
(Richepin).
Dalzar s. m. Pantalon ; pour pan-
talzar, m.déf.
Dame s.f. Dame blanche, bou-
teille de vin blanc. — Aller voir
ces dames, aller au lupanar. —
Courtiser la dame de pique, jouer
souvent aux cartes, être- joueur.
Damer v.a. Damer une fille, la
séduire.
Danaïdes # s.f. pi. Faire jouer les
danaidcs, battre. [Rigald]
Dandiner v.n. Sonner, pour
tintiller. Lat. tintinnire. Le tinte-
ment ou le toctoG du battant sur
le manteau de la cloche a servi
par la suite de nom pour l'acte de
dandiner, dodeliner, etc. [Timmer-
MANS)
Dandines s.f. pi. Cloches, clo-
chettes, sonnettes, grelots.
DandinoD s. m. Cloche, carillon.
Taquiner le dandillon, tirer la
sonnette.
Dandiner v.a. Battre; faire
comme le battant du dandillun.
Dandines s.f. pi. Coups.
Danse s.f. || 1. Coups. Fiche une
dame, battre. || 2. Mauvaise odeur.
Danser v.n. et v.a. Payer.
« Danser d'un louis. » — La
danser, être oblige de payer, être
battu; (au pr. et^au fig.) — Faire
danser, battre. — Danser devant
le buffet, n'avoir rien à manger;
c'est aussi la vraie danse du ven-
tre. — Danser du bec, danser tout
seul, sentir mauvais de la bou-
DANSEUR,
— 86 —
DÉBANQUER.
^
che. — La danser, = sauter le
pas, mourir.
Danseur s. m. Dindon.
Dar-dar = Dare-dare # adv.
Vivement, rapidement.
Dard s. m. Membre viril. —
Filer comme un dard, fuir rapi-
dement.
Dardant (le) # n.pr. L'Amour.
Le petit Dardant, Gupidon.
Dardelle s.f. Deux sous.
Dare-Dare adv. voy. Dar-Dar.
Dariole s.f. || 1. Coup de poing.
Il 2. Sorte de pâtisserie enroulée
comme un saucisson. Comparez le
holl. draayen tourner een draai,
une torgniole, coup donné d'un
tour de bras. [Timmermans]
Dariolet s. m. Dariolette s.f.
Entremetteur, proxénète, femme
qui favorise les entreprises ga-
lantes, (on appelait Dariolette la
confidente d'Êlisenne dans Ama-
dis, le célèbre roman de cheva-
lerie). — Souteneur; (se trouve
avec ce sens dans Mat. Régnier.)
Dariolet est le surnom marseillais
du maquereau ; ce mot est formé
du latin dorsum et du vx fr. riulé
(rayé) ou bariolé, bigarré.
Darioleur s. m. Pâtissier qui
fait la dariole, v.c.m.
Daron s. m. Daronne s.f. # =
Dab, dabcsse, dabuche, v.c.m. Da-
ronne du Mec des Mecs ou du
Grand Havre, la Vierge, m. à m.
mère de Dieu. — Daronne du
Dardant, Vénus, mère de l'Amour.
Dark-horse (sport) s. m. Cheval
inconnu. (Ang. cheval ténébreux.)
Daube s.f. Cuisinière. Holl.
doopen, plonger dans un bain,
dans une sauce, mettre à la daube.
[TiMMERMANS]
Daubée % s.f. Raclée, ang. to dub,
frapper.
Daubeur s. m. Maréchal fer-
rant.
Dauche s. m. et f. Père, mère.
Var. de dab et daron.
Dauffe % s.f. =: Dauphin s. m.
Instrument d'effraction.
Dauluage (B) s m. Mariage.
Dauiué (B) % s. m. Marié.
Dauphin % s. m. 1| 1. Souteneur.
Il 2. Dauffe,y.ç,.m.
Davone # s.f. Prune.
Dé O s. m. Domino. On dit :
« Faisons une partie de dominos,
on prend sept dés ». Poser un
dé calotte, c'est poser un domino
seul de son point.
Dead heat (sport) s. m. Course
nulle ; lorsque deux chevaux ar-
rivent ensemble au poteau. (Ang.
épreuve morte.)
Débâcle % s.f. Accouchement.
Débâcler V. a. || 1. # Ouvrir, pour
déboucler. — Débâcler son chouan,
ouvrir son cœur, jj 2. Accou-
cher.
Débâcleuse s.f. || i. Sage-
femme. Il 2. Femme qui a souvent
des enfants.
Débagouler v.a. Parler, faire
un discours.
Déballage Q s. m. Le déshabillé
dune femme : <( Il n'y a plus rien
au déballage, faux cheveux, fausses
dents, faux tétons, faux derrière,
etc., que reste-t-il? — » Au débal-
lage, au saut du lit. — Etre volé
au déballage, être déçu sur les
charmes d'une femme au désha-
billé.
Déballer v.a. et v.n. Ij 1. Mon-
trer, faire voir. « Il a déballé ses
paperasses pour m'expliquer son
affaire.» || 2.Fairesesbesoins. || 3.
Se déballer, v.pr., se déshabiller.
Déballeuse s.f. voy. Débâcleuse,
=z Déballeuse de petits salés.
Débander (obsc.) v.n. S'arrêter en
bon chemin.
Débanquer O v.a. Faire sauter la
banque.
DÉBARBOUILLER.
-- 87
DECâTISSAGE.
Débarbouiller (se) v.pr. Pour
se débrouiller, v.c.m.
Débardeur Q s. m. Personnage de
carnaval.
Débarquer Q v.a. Renvoyer, chas-
ser, faire partir. <( La majorité n'a
qu'une chose à faire, dit-on dans
les groupes, c'est de le débarquer. >^
[Maurice Barrés] — Se débarquer,
v.pr. ne plus vouloir participer à
une affaire, y renoncer après s'êtr^e
embarqué.
Débecqueter v. Vomir.
Débinage Q s. m. Propos mal-
veillants, critique acerbe et mé-
chante.
Débine s.f. Misère, pauvreté.
Débiner O v.a. Dire du mal. Débi-
ner le truc, dévoiler une chose.
Se débiner, v.pr. s'en aller.
Débineur s. m. = Bêcheur.
Il 1. Médisant. || 2. Celui qui ré-
vèle une chose tenue cachée.
Déblaver v.a. (pays.) Couper
les blés.
Débonder v.n. Faire ses besoins.
Déborder v.n. Vomir.
Déboucler v.a. = Déhâcler.
Il 1. Mettre en liberté. || 2. Accou-
cher. Il 3. Ouvrir.
Déboucleur s. m. |I 1. Médecin-
accoucheur. Il 2. Le geôlier de |
prison quand il ouvre la porte.
Débouler v.n. Accoucher,
Déboulonner v.a. Vendre. [Ri-
ga id]
Débourrer v.a. Instruire. —
Débowrer sa pipe. Se débourrer,
v.pr. faire ses besoins.
Débouscailler v.a. Décrotter.
Débrider v.a. || 1. Débrider la
margoulette, manger. || 2. # Ou-
vrir, crocheter une porte. — Dé-
brider les châsseSf ouvrir les yeux.
Il 3. Autoriser.
Débridoir s. m. Clé, fausse clé.
Débringuée # a. Tenue débrin-
guée, tenue débraillée. De brin-
gue, var. de branche, considérée
ici comme ligot. [Timmermans]
Débrouillard Q s. m. Celui qui
sait se débrouiller, qui se tire
toujours d'affaire.
Débrouiller (se) Q v.pr. Savoir
se débrouiller, savoir s'arranger.
Décadener v.a. Enlever les
chaînes. Voy. Cadène.
Décadent O' s. m. Adepte d'une
école littéraire et artistique dite
décadente. Les décadents sont des-
sinateurs, peintres, ))oëtes, écri-
vains, etc. Est-ce parce qu'ils con-
tribuent pour leur grande part à
la décadence de l'art?
Décalitre s. m. Chapeau haut de
forme.
Décanillage s.m. Déménage-
mont. Décanillage à la manque,
déménagement clandestin. [J. Ri-
ciiepin]
Décanilier v.n. S'en aller. De
de, marquant l'action de s'éloi-
gner, et du skt. Aan, aller. [Bur-
>'0UF]
Décarcasser v.a. Décarcasser
quelquun, le battre à outrance.
— Se décarcasser, v.pr. Se donnei
du mal.
Décarrade # s.f. || 1. Fuite.
Il 2. Evasion. || 3. Acquittement,
liberté, sortie de prison. |1 4. Dé-
part.
Décarre # s.f. voy. Décarrade, =
décarrement.
Décarrement s.m. voy. Décar-
rade, = décarre.
Décarrer v.a. || 1. S'en aller,
jl 2. Fuir. Il 3. S'évader. Décarrer
à la bâte, décarrer de belle, sortir
de prison. « Le gueusard décarre
avec son camarade. » [Vidocq]
Décartonner (se) v. pr. Dé-
périr.
Décati a. Usé, fané, vieilli.
Décatir (se) v. pr. Vieillir.
Décatissage s.m. Décrépitude.
DEGAVAGE.
88
DÉDURAILLER.
« Quelle dèche, quel décatissage,
mes amis! » {VAss. Zola)
Décavage0 s. m. Ruine complète.
Etat du joueur décavé.
Décavé s. m. Ruiné. Joueur qui
n'a plus d'argent dans sa poche.
Déchanter v.n. Etre désen-
chanté, revenir à la réalité.
Déchard s. m. Individu en
dèche, (v.c.m.) qui se trouve habi-
tuellement dans la misère. Du fr.
déchoir, tomber dans une situa-
tion malheureuse ; gr. ôéw, avoir
besoin; en dauphinois dechi, dé-
faut, faute. [Glossaire des patois,
Onofris]
Décharge s.f. (Sens obsc.)
Décharger v.n. etv.a. (Sens obsc.)
Déchargeur s. m. (Sens obsc.)
Dèche s.f. Ruine, misère, pau-
vreté « déchéance ». Etre en dè-
che, battre la dèche, être pauvre,
misérable. Voy. Déchard.
Décher v.a. Décher du carme,
donner de l'argent. Dépenser.
Décheux s. m. voy. Déchard.
Déchiqueté # a. Malheureux.
Déchirée a.f. Elle n'est pas trop
déchirée, elle est encore gentille,.
Déchirer (mil.) v.a. Déchirer delà
toile^ faire un feu de peloton, une
pétarade. — Déchirer la toile,
péter.
Déclancher (se) v.pr. Se dé-
mettre un membre.
Déclaquer v.n. Dire ce qu'on a
sur le cœur.
Déclassé O s. m. Celui qui n'a
pas la position qu'il devrait avoir
dans la société, étant données son
intelligence et son instruction.
Déclouer v.a. Dégager du Mont-
de-piété, m. à. m. retirer du clou.
Décognoir (typ.) s.m. Nez.
Décoller v.n. S'en aller, se sé-
parer, divorcer.
Décolleté Q a. Style, langage dé-
colleté, grivois.
Décompte (mil.) s.m. Blessure
mortelle. Recevoir son décompte,
recevoir un coup mortel, mourir.
Déconner v.n. || 1. Radoter. |] 2.
Etre impuissant.
Décors s. m. pi. Bijoux.
Découdre v.n. En découdre, se
battre en duel.
Découvrir v. a. Découvrir la peau
de quelqu'un, le faire avouer.
Décrasser v.a. |1 \. Décrasser
quelqu'un, lui donner la pre-
mière instruction, l'instruire. ||
2. Débaucher, par extens. du sens
précédent.
Décrépir v.a. Endommager.
Décrépir la figure à quelqu'un, lui
endommager la figure.
Décrocher v.a. Sonner, (vx)
— Décrocher un enfant, le mettre
au monde. Par extens. décrocher
un petit salé, avorter ou faire
avorter. — Décrocher ses tableaux,
se mettre les doigts dans le nez.
Se faire décrocher, se faire fu-
siller. — Décrocher la timbale =
Avoir lapalme, remporter le prix,
avoir un succès, réussir. |j 11 se
décroche deux plombes, il sonne
deux heures.
Décrochez-moi-çà s.m. Fri-
pier. « Acheter un vêtement au
Décrochez-moi ça ».
Décroter v.n. Coïter. (M. Régnier,
épigr. XIII)
Décrotter v.a. voy. Décrasser.
Déculotter v.n. Faire faillite.
(Larchey)
Dedans adv. O M&tlre quelqu'un
dedans, le tromper. — Mettre de-
dans, emprisonner. — Donner de-
dans, se laisser mystifier. — Être
dedans = être dans les vignes du
Seigneur, être gris.
Dédire (se) # v.pr. Se dédire cher,
être à l'agonie. (Rigai d)
Dédurailler v.a. Déferrer un
cheval.
DÉFALQUER.
89 —
DÉGOTER.
Défalquer % v.n. Faire ses be-
soins.
Défardeur s. m. Pour défar-
gueur, déchargeur. — Voleur ;
m. à. m. qui décharge du far-
deau.
Défarguer v.n. Pour décharger
l^au pr. et au fig.), céder. Sedéfar-
guer v. pr., se débarrasser.
Déficher # v.n. Bâiller.
Défiger v.a. Réchauffer.
Défiler (se) v.pr. S'enfuir. =
Défiler la parade.
Déflaque s.f. H 1. Excrément.
Il 2. Houe.
Tiens ! i' rent' dans sa baraque.
La mienne est à ciel ouvert
Avec un parquet d'déflaque.
C'est pas rigolo l'Iiiver.
(J. KicHEPi.N, La Chanson des Gueux.)
Il 3. (Sens obscène).
Déflaquer v.n. || 1.0 Aller à la
selle. Il 2. (Sens obscène).
Défleurir # v.a. voy. Déflorer.
Déflorer # v.a. Déflorer la picouse,
voler du linge qui sèche sur une
haie.
Déformer v.a. Briser, défoncer :
« Jvas te déformer un abattis. »
Defou s.f. voy. Desfoux.
Défourailler v.n. || 1. Courir.
Il 2. Sortir de prison ; (où l'on est
enfermé comme dans un four.)
. Il 3. Tomber, (vx)
Défourguer # v.a. Racheter, re-
prendre pour de l'argent un objet
qu'on a vendu.
Défrimousser v.a. Dévisager.
De frimousse, visage.
Défringué a. Débraillé. Var.
de déhringué.
Défringuer (se) v.pr. || i. Se
débrailler. || 2. Défringuer, v.a.,
prendre des vêtements; aussi les
voler.
Défrusquer v.a. Déshabiller.
Défrusquiner0 v.a. voy. Défrus-
quer.
Dégazonner (se) Q v.pr. Perdre
ses cheveux.
Dégel s. m. Mortalité, héca-
tombe.
Dégelé s. m. =r Refroidi (par
antithèse). Défunt, cadavre.
Dégelée s.f. Volée de coups,
correction.
Dégeler v.a. =: Refroidir (par
antithèse). || 1. Tuer. (| 2. Se dé-
geler v.pr., se dégourdir, cesser
d'être une gourde, un niais.
Déglingué # s. m. Débraillé, chif-
fonné.
Déglinguer v.a. Débraillcr,
chift'onner.
Dégobiller Q v.a. Vomir.
Déguiser v.a. Chanter. « Dégoi-
scr une chanson. » Ce mot est
fr. dans le sens de parler avec
volubilité, et de chanter, en par-
lant des oiseaux.
Dégommade s.f. = Dégom-
mage. Congé, destitution.
Dégommage s. m. || 1. voy.
Dégommade. \\ 2. Décrépitude. "^
Dégommé a. || i. \oy. Décati,
Il 2. l)csl\lué = Blackboidé.
Dégommer v.a. Destituer. —
Se dégommer, v.pr., enlaidir.
Dégorger v.a. || 1. Dégorger sa
sangsue {ohs,c.). \\ 2. Avouer. || 3.
Faire rendre gorge, se faire ren-
dre ce qu'on Vous a pris ou em-
prunté. Il 4. Vomir.
Dégosiller v.a. voy. Dégoiser.
Dégoter = Dégotter v.a. || 1.
Regarder, chercher, trouver. Dé~
gotte-moi donc ça! signifie, sui-
vant le sens de la conversation
engagée : Regarde-moi donc ça ;
cherche, ou trouve-moi donc ça.
Ij 2. Apercevoir.
Quoi donc que j'dégote dans l'noir.
{La Muse à Bibi).
|[3. Découvrir. Je Val dégotté
carré sous une roulante, je l'ai
DEGOTTAGE.
— 90 —
DEMI-MONDAINE.
découvert caché sous une voilure.
Dégottage s. m. |1 1. Décou-
verte.
Dégouler v.n. H 1. Tomber. |1 2.
Dépérir.
Dégoulinage s.m. Écoulement
lent. (( Il dégèle, c'est un dégou-
linage général. »
Dégouliner v.n. Couler douce-
ment. K Maladroit, je vous de-
mande une friction et ça me dé-
gouline dans le dos. »>
Dégoutation s.f. Personne ou
chose dégoûtante, répugnante :
« Une vraie dégoutation. »
Dégoûté a. « Tu n'es pas dé-
goûté », tu as du goût, tu appré-
cies. — N'être pas dégoûté, ac-
cepter ce qui devrait dégoûter.
Dégraisser v.a. Le garçon de
recette va dégraisser à domicile,
c'est-à-dire chercher de Targent.
Dégraisseur s.m. Garçon de
recette.
Dégrimoner (se) v. pr. Se dé-
mener, s'agiter, se débattre.
Dégringolade s f . = Dégringo-
lage s.m. 11 1. Vol. 1| 2. # As-
sassinat.
Dégringoler v.n et v.n. Voler.
Dégringoler un pante, tuer un
bourgeois.
Dégueulade s.f. = Dégueu-
lage s.m. Vomissement.
Dégueularder0 v.n. Médire : « Si
tu dégueulardes sur les amunches,
jHe bouche la fiole. »
Dégueulas a. Dégoûtant, répu-
gnant.
Dégueulatif =: Dégueulatoire
a. voy. Dégueulas.
Dégueuler v.a. et n. |1 1 . Vomir.
Il 2. Dénoncer.
Dégueulis s.m. Vomissement.
Déguis s.m. Déguisement.
Déguiser (se) Qv.pr. Se déguiser
en cerf, en courant d'air, s'en
aller, s'enfuir.
Déjeté a. =: DérMi = Déchiré.
N'être pas déjeté, être encore bien
de sa personne malgré son âge.
Déjeuner Q s.m. Déjeuner de so-
leil, couleur pâle qui passera vite
au soleil. — Déjeuner de perro-
quet, biscuit trempé dans le vin.
— Déjeunera la fourchette, duel.
Délasser v.a. Dessoûler.
Delenda Carthago Q s.m. Idée
fixe de destruction.
Délicoquentieux0 adv. Superla-
tif de délicieux.
Délirant Q ^- Magnifique, idéale-
ment beau.
Délouflfer v.n. = Dégueuler.
Vomir.
Démancher (se) Q v.pr. Se dé-
mener, se donner du mal.
Démantibuler (se) v.pr. voy.
Se démancher.
Démaquiller # v.a. Défaire.
Démarger % v.n. = Démurger,
vx mot. S'en aller.
Démarquer v.a. Q Plagier.
(Journ.) Démarquer le linge, l'aire
un article de journal d'après celui
d'un confrère.
Démarqueur Q s.m. Plagiaire.
Démarrer v.n. Partir. Du fr.
démarrer, rompre ses amarres.
Déménager Q v.a. et v.n. Expul-
ser. J'te vas déménager, je vais te
mettre dehors. — Déménager par
la cheminée, brûler ses meubles.
— Déménager à la cloche de bois,
à la ficelle, à la lune, déménager
clandestinement. — Déménager,
déraisonner.
Demi-aune s.f. Bras.
Demi-cercle s.m. Pincer au
demi-cercle, surprendre, arrêter
au passage.
Demi-kilo' s.m. Ghopine. (1/2 li-
tre)
Demi-lune s.f. Fesse.
Demi-mondaine O s.f. Femme
galante.
DEMI-MONDE.
— 91 —
DEPOSER.
i; Demi-monde Q s, m. Le monde
^'alanl. Co mol vient d'A. Dumas
tils auteur d'une comédie portant
ce titre.
Dumas à la plume Accoude.
De son pt^re digne lic^ritier
Ce d(^fenseur du demi-monde'
Est le charmeur du monde entier.
Demi-stroc s. m. Demi-setier.
(1/4 litre)
Demi-sup. s. m. Demi-bouteille
de vin supérieur, (abrév.)
Démoc0s.m. Démocrate, (abrév.)
— D^moc-soc, démocrate socialiste,
(abrév.)
Demoiselle s. f. I| 1. Q ^^^ demoi-
selles, les filles en général, dans
l'acception méprisante : « Demoi-
selles du bitume. » Il 2. Bouteille
pleine. Casse?' le cou à la demoi-
selle, déboucher une bouteille.
Démolir Q v.a. |1 1. Détruire, par
des paroles ou des écrits, les
théories émises par d'autres. || 2.
Destituer. || 3. Tuer.
Démolisseur O ^' s. Détracteur
systématique : « Henri Rochefort
passe pour un démolisseur. »
Démonétiser v.a. Discréditer.
— Se déinonétiser x.Tpr., se perdre
moralement.
Démorfilage # s. m. Démarquage.
Par j.d.m. sur morfil, le fil ou
tranchant du couteau.
Dëmorfiler^ v.a. Démarquer une
carte morfilée (marquée) par un
grec. (Rigaud)
Démorganer Q v.a. || 1 . Rabattre
le caquet, m. à m., enlever la mor-
gue. Il 2. Se soumettre après une
observation, une réprimande.
Demorre s.m.. Individu.
DémouchetéQ a. « Le coup a porté,
ça n'était pas démoucheté,» c'est-à-
dire il a piqué. On devrait plutôt
dire le contraire : '< C'était démou-
cheté. »
Démurger 0v.n. Voy. Démarger.
Dénicheur s.m. Dénicheur de
fauvettes, celui qui cherche les
jeunes filles pour les débaucher.
Denier Q s.m. Denier à Dieu,
prime d'argent donnée au con-
cierge par le nouveau locataire
d'un a})partement.
Dent s. ï. O Avoir une dent contre
quelquun, en vouloir à q.q. —
Avoir de la dent, être bien con-
sente ; se dit d'une femme : « Elle
a des cheveux, de l'œil et de la
dent.i>
Dentelle s.f. De la dentelle^ bil-
lets de banque.
Dépagnoter (se) Q v.pr. Sortir de
son lit.
Dépailler v.a. Déménager.
Département O S- "1- Département
du Bas-Rhin, derrière. J.d.m.
Dépendeur s.m. Dépendeur
d'andouilles, homme de haute
taille et de petit esprit.
Viennentaussidcsballaflemm, des sans douilles
Fainrants, sucepols, grands déjterideurs dan-
Oui dans les cabarets ont tué leur je dois [douilles
Et qui ne font jamais œuvre de leurs dix doigts.
[RicHEPiN, La mer].
Dépenser v.a. Dépenser sa salive,
parler.
Dépiauler 0v.n. Découvrir le do-
micile. — Se dépiauler y. pT., dé-
ménager.
Dépiauter = Dépioter v.a.
Il 1. Enlever la peau. Dépiauter
un lapin, Técorcher. (| 2. Désha-
biller.
Déplanquer v. ||1. Découvrir
une chose cachée. Déplanqiier son
faux centre, dévoiler son faux
nom. Il 2. Reprendre des objets
que l'on a engagés.
Déplumé a. Chauve. — Cam-
buse des déplumés. Sénat.
Déponer0v.n. Faire ses besoins.
Déporter v.a. Sortir quelqu'un,
le mettre à la porte, (j.d.m.)
Déposer v.a. Déposer une pêche,
DÉPÔT.
92
DESGRIEUX.
un kilo, son bulletin, faire ses
besoins.
Dépôt s.Tïi. Dépôt de la préfec-
ture de police, prison provisoire
en attendant la décision du juge
d'instruction.
Dépoter v.a. Dépoter un enfant,
le mettre au monde.
Dépotoir s.m. |M. Pot de
chambre. (Uigaud) || 2. # Confes-
sionnal.
Dépuceleur O s.m. Dépuceleur
de nourrices, de femmes enceintes,
faux don Juan qui se vante de
bonnes fortunes qu'il n'a pas ou
d'accomplir une besogne déj.à
faite.
Dérager v.n. Cesser d'être en
colère.
Déraillé Q a. voy. Déclassé.
Déralinguer (mar.) v.n. Mourir.
Derby (sport) s.m. M. ang. Le
Derby est une course qui a'iieu à
Chantilly pour essayer les chevaux
de trois ans.
Dernier Q s.m. Avoir le der-
nier, avoir le dernier mot, par-
ler le dernier dans une discus-
sion.
Dérober (se) (sport) v.pr. Se dé-
tourner de son chemin.
Dérondiner v.a. Payer.
Dérouiller Q v.a. Déî'ouiller son
bragucmard. (obsc.) — Se dé-
rouiller\.iw., se mettre d'aplomb,
se clonner des forces.
Derrière s.m. Se lever le der-
rière le premier, se lever de mau-
vaise humeur. — Quelque chose de
derrière les fagots, quelque chose
qu'on a mis de côté précieusement
pour le retrouver au moment op-
, portun : le bon vin se met à la
cave derrière les fagots, et pen-
dant le temps qu'on met à brûler
ceux-ci, le vin a vieilli et il est
meilleur.
Désargoter # v.a. Mettre au cou-
rant de la façon de voler, rendre
malin.
Désarrer v.n. Fuir.
Désatiller # v.a. Châtrer.
Desbourer (V) v.a. Voler, dé-
pouiller. Opposé à rembourer,
remplir.
Desbourser (V) v.a. voy. Des-
bourer, signifie liltéralement en-
lever la bourse, opposé à rem-
bourser, rendre l'argent.
Desbouser (V) v.a. Dérouter, dé-
voyer. S. pr., sortir de la bouse
qui se trouve sur la route.
Descendre v.a. Descendre quel-
qu'un, le tuer. — Descendre la
garde, mourir. — Descendre à la
crémerie, se livrer au libertinage
entre femmes.
Descente s.f. Descente de lit,
habitué des prisons. — Prostituée.
— Descente de gosier, soif insa-
tiable.
Desduit s.m. Devoir conjugal.
Lorsque par impuissance ou par mespris, la
[nuict.
On fausse compagnie ou qu'on manque au des-
[M. Rbgmeu, sat. XI] [duict.
Désenflaquer (se) v.pr. Se
tirer d'embarras.
Désennuyeur s.m. Souteneur.
Désentiflage % s.m. || 1. Sépara-
tion. Il 2. Divorce.
Désentifler (se) % v.pr. Divorcer,
se séparer.
Désert (Polyt.) s.m. Cabinet d'ai-
sances.
Desfoux s.f. = Defou = Casquette
à pont, à trois ponts, casquette
spéciale aux souteneurs, elle est
bouffante et de forme élevée. Son
nom est celui d'un chapelier qui
en avait la si)écialité.
Desgenais O n.pr. Raisonneur,
moraliste, ^'om d'un personnage
de la pièce : Les Filles de marbre,
de Théodore Barrière.
Desgrieux Q n.pr. Amant peu
DÉSHABILLER. — 93
DEUX.
scrupuleux. Desgricux était ra-
mant de Manon Lescaut.
Déshabiller O ^'•^' Déshabiller
quelqu'un^ le montrer sous son
vrai jour, dévoiler ses défauts, ses
vices, mettre cà nu les turpitudes;
On dit habiller pour charger de
reproches, de réprobation.
Desiderata O s. m. pi. Désirs,
(lat.)
Désideratuna Q s. m. Désir, (lat.)
Desmaquiller (V) v.a. =: Déma-
quiller, défaire. Voy. Maquiller.
Désoler v.a. Jeter a Teau. Pour
dessaler. j
Désosse s.f. Ruine, détresse, i
Jouer la désosse, être ruiné. |
Désossé a. Maigre : « Un grand j
désossé. )) 1
Désosser v.a. Bourrer de coups, j
Dessalé s. m. Noyé. |
Dessalée a. Morue dessalée,
fille j)roslituée.
Dessaler (se) v. pr. || 1. # Se
noyer, se baigner. — Dessaler le
client à la faùx,iiitGr la victime à.
Teau après l'avoir dévalisée. || 2.
Boire quand on a soif. |1 3.
(Typ.) S'acquitter.
Dessaloir s. m. Baignoire. I
Dessous s. m. || i. Q Vêtements!
de dessous : « Avoir des dessous i
aguichants. » « Les filles aux gor- !
ges provocantes et aux dessous
parfumés.» || 2. # Amant de '
cœur (vx. mot). || 3. O Tomber
dans le troisième dessous, être dans j
une misère complète. — Au théà- 1
tre, une pièce qui ne réussit pas, i
tombe dans le troisième dessous.
II 4. Les dessous d'une affaire, les
côtés cachés, mystérieux.
Dessus s.m. ifi. 9 Amant sé-
rieux. Il 2. O ^6 dessus du panier,
le meilleur. || 3. Le front : « Avoir
le dessus découvert. » j
Destuc # s.m. De moitié dans un j
vol : « Etre destuc. »
Détacher v.a. Détacher un pain,
donner un coup, une gifle. (Sport)
— Se détacher du peloton, se dit
du cheval qui dépasse les autres.
Détaflfer v.a. voy. Affranchir,
Donner du courage' à qui a peur.
Détail s.m. C'est un détail, c'est
superflu, ce n'est rien. — % Faire
le détaily couper sa victime en mor-
ceaux.
Détailler Q v.a. Bien dire. « Dé-
tailler un rôle, un couplet bien
déttdllé. »
Détaroquer % v.a. Démarquer.
Détaroquer ma limace, démarquer
ma chemise.
Déteindre v.n. Mourir.
Dételer Q v.n. := Renoncer à faire
la fête, se ranger.
Détosse 9 s.f. == Dèche. Pauvreté,
misère, (ir. SuaTu/rf, malechance.
[TiMMKKMANS]
Détourne # s.f. Vol à la détourne,
détourner des marchandises dans
un magasin.
Détourneur # s.m. Voleur. Voy.
Détourne.
Détraquage Q' s.m. Dérange-
ment.
Détraqué Q a. et s. [| 1 . Fou. « Cer-
veau détraqué. » || 2. voy. Névrosé.
Dette O s.f. Payer une dette, faire
son temps de prison.
Deuil O s.m. Ongles en deuil, on-
gles sales. — Porter le deuil de sa
blanchisseuse, avoir du linge sale.
% Grand deuil, café avec eau-de-
vie. Demi-deuil, café sans eau-de-
vie. — Il y a du deuil, c'est dan-
gereux, mauvaise affaire.
Deux a.n. Les deux sœws, les
fesses. — Les deux cocottes, le
nombre 22. — Deux mille deux
cent vingt-deux, deux piques,
deux cœurs, deux trèfles et deux
carreaux dans la même main, au
jeu de lamanille. — Deux sur dix,
attention ! les deux yeux sur les
DEVANT.
94
DIRIGEANT.-
dix doigts : avertissement d'avoir
à se méfier, dans Targ. desem-
ployés de bazar, (obsc.) — La
peau de mes deux . . . = Zut.
Devant a. et adv. O Devant de
gilet, la poitrine. — Passer devant
la glace, passer à la caisse, (der-
rière laquelle il y a souvent une
glace) pour payer les consomma-
tions. — % Passer en justice, de-
vant le juge d'instruction.
Déveinard Q s. m. Malheureux
qui n'a pas de chance : « Un de
ces ouvriers déveinards qui ont
compté sur le coup de fortune du
nouvel an. » [Richepin, Le pavé.]
Déveine Q ^.f- = Guigne = Mal-
chance. Guignon.
Dévidage % s. m. Bavardage. —
Dévidage à l'estorgue, accusation
fausse. Les malfaiteurs appellent
ainsi Tacte d'accusation.
Dévider # v.n. et v.a. Bavarder,
Dévider son peloton, raconter tout
ce qu'on sait, dire ce qu'ion a sur
le cœur.
Dévideur s. m. Bavard.
Dévierger v.a. Dépuceler.
Dévisser v.a. Dévisser le coco,
étrangler. — Dévisser son billard,
mourir. — Se dévisser v.pr., être
dangereusement malade.
Dévoyé # a. Acquitté.
Diable s.m.||l. Agent provo-
cateur. Il 2. Coffre-fort. —Le dia-
ble en prendrait les armes, c'est
indigne, révoltant, exorbitant,
extravagant. — Aller au diable au
vert (pour Vauvert), faire une ex-
pédition lointaine.
Diamant s. m. || 1. Clou : « J'ai
chargé la marmite de poudre
chloratée, dite poudre verte et je
l'ai garnie de clous comme pro-
jectiles. )) Il ajouta en souriant :
« Des diama/zts, cela s'appelle ainsi
dans le peuple, où l'on dit des
souliers bien ferrés qu'on y met
des diamants. » (Tnterr. d'Aug.
Vaillant, auteur de l'attentat du
Palais-Bourbon, 9 décembre 93.)
Il 2. Pavé; (on le taille comme le
diamant).
Dieu O s.m. Il n'y a pas de bon
Dieu [qui puisse m'en empêcher),
je ferai cela quand même. —
Manger le bon Dieu, être dévot.
Dig-dig#s.f. Epilepsie. — Batteur
de dig-dig, individu qui simule
l'épilepsie sur la voie publique
pour inspirer la pitié et exploiter
les personnes charitables. Var. de
tic-tac j toc-toc : il tape des jam-
bes.
Digelette # s.f. Bague. Du lat.
digitus, doigt.
Digonneur s.m. Grognon.
Digue s.f. Prostituée'.
Digue-digue % s.f. voy. Dig-dig.
Dijonnier s.m. Moutardier. La
moutarde de Dijon est renommée.
Dimasine # s.f. -Chemisette.
Dinde s.f. Niaise, imbécile,
dupe.
Dindon s.m. Niais, imbécile,
dupe. Etre le dindon de la farce^
être la dupe d'une mauvaise plai-
santerie.
Dindonner v.a. Duper, tromper.
Dindornier # s.m. Infirmier.
Dîner Q s.m. Diner par cœur, ne
pas dîner. — Dîner en ville,
manger sur la voie publique.
Dinguer v.n. Envoyer dinguer,
envoyer promener. On balance un
objet pour le lancer. Le verbe 6a-
lancer est syn. de dinguer, var.
de dandiner, dandiner^ dodeli-
ner, dodo.
Dire O ^'•^- Ç^ ^^ ^^^^ dit rien, cela
ne me tente pas. — Je ne te dis que
ça, je n'ai pas besoin de t'en dire
plus long, cela suffît, tu dois être
édifié., — Si le cœur vous en dit,
si cela vous plaît.
Dirigeant s.m. et a. Personnage
DISCUSSION.
— 95 —
DOSSIÈRE.
du gouvernement, homme politi-
que en vue. — Les classes dirigean-
tes, ceux qui voudraient gouverner
la société sans compter avec le
progrès.
Discussion s.f. Avoir une dis-
cussion avec le pavé, tomber dans
la rue.
Disqualifier Q v.a. Discréditer.
(Sport) Disqualifier un cheval, le
déclarer hors concours.
Disque s.m. ||1. Le derrière.
Il 2. Pièce de monnaie. — Siffler
au disque, demander de l'argent.
— Faire la cour à une femme jus-
qu\à ce qu'elle vous ouvre la voie.
Distingué Q s.m. Double bock,
v.c.in.
Divette O s.f. Chanteuse d'opé-
rette ou de café-concert qui brille
au premier rang dans son genre.
Dim. de Diva, mot italien qui si-
gnifie déesse.
Dix-huit a.n. Souliers dix-huit,
souliers ressemelés ; (2 fois U)
J.d.m.
Dixième O (polyt.)s.m. Passer au
dixième, devenir fou.
Dix-sept s.m. Le patron, Tins-
pecteur, dans un magasin de nou-
veautés. Les employés se prévien-
nent entre eux de l'arrivée du
patron en criant : Dix-sept!
Doche # s.f. Mère. (Rigaud) Da-
nois daeqge, allaiter. Var. de
dabe, dabuche. [Timmkrmans]
Dodo et enf. s.m. Le lit. — Se
mettre dans le dodo, se coucher.
On dodeline de la tête quand on
est pris de sommeil; en gr. ôajw,
dormir. [Timmermans]
Dog-cart Qs.m. Genre de voiture
pour la chasse. Ang.
Dogue # s.m. Chien. Le costel a
son dague, sa digue et son dogue.
Doguer v.n. Donner des coups
de tête comme les béliers.
Doigt O s.m. Se fourrer le doigt
dans Vœil, se tromper, voir mal
une affaire. Doigts de mort,
salsifis.
Domino s.m. Dent. — Jeu de domi-
nos, les mâchoires. — Jouer des
dotninos, manger. — Bouder aux
dominos , as o'ir desdentsde moins.
— Domino culotte, n'avoir qu'un
seul domino du même point dans
son jeu. — Poser le double six cu-
lotte, c'est n'avoir que ce six-là
dans son jeu, c'est un dé culotte.
Donne s.f. Regard. La donne
souffle mal, le regard est mauvais.
Donner % v.a. et v.n. Donner du
vague, vagabonder, chercher un
coup à faire. — Donner quelqu'un,
le dénoncer, le livrer à la justice.
— Se la donner, se donner de l'air,
s'en aller. — Donner dans, donner
dedans, = Couper dedans, croire
à. — Donner dans le panneau, =z
Couper dans le pont, se laisser
tromper naïvement.
Donneur Q (sport) s.m. Celui qui
reçoit les paris; (il donne un che-
val.)
Dorancher # v.a. Dorer.
Dorancheur % s.m. Doreur.
Dorenchiant s.m. Paresseux,
fainéant ; (décomposer le mot pour
en comprendre le sens).
Dormir Q ^'•"- Dormir en gen-
darme, ne dormir que d'un œil,
faire semblant de dormir.
Dos s.m. Souteneur. =: Dos
vert, = Dos d'azur . — Scier le dos,
ennuyer, agacer. — En avoir plein
le dos, être ennuyé d'une chose,
accablé de travail, d'ennuis. —
Etre dans le dos, être dans une
position critique ou désespérée.
— Avoir les pieds dans le dos, être
recherché par la police.
Dose s.f. En avoir une dose, =
une couche, (de bêtise), être bête.
— Avoir sa dose, avoir assez bu.
Dossière # s.f. Prostituée qui a
DOUANIER.
96 —
DRINGUIER.
un souteneur; (un dos) — Dossière
de satte, chaise.
Douanier s. m. Absinthe.
Doublage =: Doublé s. m.
Il 4. Mensonge. || 2. Vol.
Doublée s.f. Volée de coups,
correction. — Fiche une doublée,
battre.
Double-face s.f. Armoire à
glace.
Doubler v.n. jj 1. # Mentir. H 2.Vo-
1er. — O Doubler le cap, se dé-
tourner de son chemin pour ne
I pas passer devant la demeure d'un
, créancier ou de toute autre per-
sonne dont on ne veut pas être
vu. — Doubler un rôle, apprendre
un rôle pour remplacer un ar-
tiste en cas où celui ci ne pour-
rait jouer.
Double-six j] 1. s. m. Nègre. ||
2. O Poseur, fat; (j.d.m.)'au jeu
de dominos, c'est généralement
celui qui a le double-six qui est
le u poseur. »
Doubleur # s.m. || 1. Menteur.
Il 2. Voleur.
Doubliu s.m. Pièce de deux
sous.
Doublure Q s.f. Acteur chargé de
remplacer un autre dans un rôle.
Les doublures se touchent, la
poche est vide.
Douce s.f. Il 1. Soie II 2. DoM5Se,
fièvre. — O^ /a doMce, douce-
ment. En douce =z En douceur,
tranquillement. — Se la couler
douce, vivre tranquillement, sans
souci. — Se coller une douce,
(obsc.) onanisme.
Doucette # s.f. Lime.
Douceur s.f. La faire en dou-
ceur, voler sans bruit, dépouiller
q.q. sans lui faire de mal.
Douillard # s.m. || 1. Homme qui
a de l'argent. || 2. Cheveux.
Mes tas d'douillards m'servent d'chapean.
(J. Richepin).
Douille s.f. Argent. — Les douil-
les, les cheveux. — Douilles sa-
vonnées, cheveux blancs. — Se
faire des douilles = Se faire des
cheveux, s'ennuyer.
Douiller v. Payer. Douiller du
carme, payer avec de la monnaie.
Douillet ^ s.m. || 1. Edredon.
Il 2. Crin, duvet. || 3. Innocent.
Douillette Q s.f. Robe de cham-
bre, veston ouaté d'appartement.
Douillure # s. t. Chevelure.
Douleur s.f. Avaler ou étrangler
la douleur, boire un verre d'eau-
de-vie. — Papier à douleur, pa-
pier timbré, protêt.
Douloureuse O s.f. = Addition.
La carte à payer.
Dousse # s.f. = Douce, fièvre.
Doussin s.m., Plomb.
Doussiner % v.a. Plomber.
Doux O s.m. Liqueur sucrée : « Du
doux, un verre de doux. ■»
Dragée s.f. Balle, projectile :
Recevoir une dragée, recevoir une
balle. — Se piquer la dragée^
s'enivrer.
Drageoires # s.f. pi. Les joues.
C'est entre les joues qu'on écrase
les dragées.
Dragons s.m. Aller voir défiler
les dragons, n'avoir pas de quoi
manger.
Drague s.f. Escroquerie', vol.
Monter une drague, préparer une
escroquerie.
Dragueur s.m. voy. Drogueur.
Dric s.m. = Truc, ruse, etc.
«Pour le truc, le dric, le fil, le
r'fll, le flair, le blaire, à lui la
pose. » [J. Richepin]
Dringue0 s.f. ^Frousse, Trouille.
Il 1. Peur. Il 2. Diarrhée. || 3. voy.
Thune. En ail. D/^ec^, excrément.
Dringuelle s.f. Pourboire de
de l'ail, trinkgeld m. s.
Dringuer v.n. 1| 1. Avoir peur.
Il 2. Faire ses besoins.
DRIVE.
DYNAMITER.
Drive s.f. Noce, débauche. Etre
en drive, ôtre en noce, pour dé-
rive.
Drogue s.f. Mauvais, méchant,
voy. Droue.
Droguer v.n. et v.a. li 1 . O Atten-
dre, = Croquer le marmot. \\
2. # Demander. || 3. Tromper.
Droguerie (V) O s-f- Tromperie.
De Tall. trug m. s. que Ton pro-
nonce troug et dont nous avons
fait le mot truc, artifice, combi-
naison.
Drogueur % s. m. Trompeur. —
Dragueur de la haute^ escroc d'al-
lure distinguée.
Droguiste % s. m. Voleur qui ex-
ploite les personnes charitables.
Droite (la) Q ^•^- Ensemble des
députés ou des sénateurs qui
siègent à la droite du président de
l'assemblée. C'est le parti des
stalionnaires et des rétrogrades.
Droitier Q s. ni. Député qui siégea
la droite du président. Voy. Droite.
Drôle O ^- Ç^ ^i'^sf pas drôle, c'est
ennuyeux, c'est fâcheux, regret-
table. — Drôle de paroissien, =
Di'ôle de coco, individu qui n'est
pas sympathique.
Droliciion a. Cest drolichon,
drùlct. Dim. de drôle, comique.
Dromadaire O s. m. voy. C/mmeaw.
Droue (V) s.f. Mauvais grain,
drogue.
Drouillasse0 s.f. Colique.
.Duc (V) s. m. Il 1. L'oiseau de nuit.
Il 2. Le pendu qui est au haut
des branches, à la tête. || 3. Le
Chef. Il 4. % Duc de Guiche, Geô-
lier, guichetier.
>ace *{le) s. m. Indications,
signes de convention que se font
les grecs pour tricher. = Dusse.
Lat. ducere, conduire.
Duchesse 0s.f. Femme d'un chef
de bande. Voy. Duc. (3)
Dulcinée Q s'm. Amante, maî-
tresse par iro. (du nom de lamante
imaginaire de Don Quichotte.)
Dumanet n. pr. Fantassin. =
Pioupiou, Tourlourou, etc.
Duo s. m. Duo d'amour, yeux po-
chés.
Dur O s. m. et a. Dur à cuire,
homme aguerri, solide, intré-
pide. — Élre dur à la détente,
tenir à son argent. — (Typ.) Etre
dam son dur, travailler avec ar-
deur.
Dur (le) # s. m. || 1. Le bagne, les
travaux forcés. || 2. Fer. || 3. Eau-
dc-vie. Il 4. Le chemin de fer, =
Le dur mort. — Travailler sur le
dur, voler en chemin de fer.
Duraille # s.f. Pierre fine, dia-
mant. — Duraille sur mince, dia-
mants sur papier. Les marchands
de diamants en gros les enve-
loppent dans des chiffons de
papier.
Dure # (V) s.f. La dure, [j 1. La
terre. || 2. La maison centrale.
Voler à la dure, voler, détrousser
avec voies de fait.
Durème s. m. Crème, fromage
blanc.
Durillon 9 s. m. Travail.
Durin # s. m. Fer.
Duriner v.a. || 1. Frapper avec
du fer. Il 2. Ferrer.
Dusse (le) # s. m. voy. Duce.
Dynamitard = Dynamiteur Q
s. m. Celui qui emploie les explo-
sifs pour faire de la propagande
par le fait ; (théories pratiquées
par les anarchistes)
Dynamiter Q v. Faire sauter,
détruire, tuer au moyen de la.dy-
namite ou de tout autre explosif.
EAU.
ÉCLUSER.
E
Eau 0s.f. Marchand d'eau chaude,
limonadier. — Etre dans les eaux
grasses, occuper un poste élevé
dans une administration, dans
les finances. — Eaux basses, les
eaux sont basses, manque d'argent.
— Eau de moule ou eau de savon,
absinthe avec beaucoup d'eau. —
Eau d^aff, eau- de-vie. Eau d'aff
tarte, mauvaise eau-de-vie. Eau
d'aff chaune, bonne eau-de-vie.
Ebasir v.a. Assassiner, as-
sommer. Du vxfr. ^ôassir, abattre.
Ebattre (s') v.pr. S'ébattre dans
la tijne, voler dans la foule.
Eberluer Q v.a. Etonner q.q.
Ebouffer (s') Q v.pr. Rire aux
éclats. La racine reproduit le son
qui accompagne Téclat de rire
qu'il était impossible de contenir,
les joues trop bouffies forçant les
lèvres à se disjoindre et à dire
bOUff, fOuffl [TiMMERMANS]
Eboulé a. Etre étendu noncha-
lamment.
Ecacher v.a. Écraser, (vx).
Ecafoter v.a. Ecaler. Ecafoter
des noix, enlever Fccale.
Ecafouiller v.a. || 1. Ecraser.
Il 2.= Ecafuter. Ecafouiller des
noix, écaler des noix.
Ecaillé s. m. Souteneur, (pois-
son.)
Ecarbouiller v.a. = Ecra-
bouiller. Ecraser, pulvériser. —
S' ecarbouiller , v.pr. disparaître,
s'en aller. De crever et de la ter-
. minaison ouiller qui marque la
répétition de l'acte, en lat. ulare,
en all.e/n. [Timmermans]
Ecarter Q v.a. = Postillonner.
Ecarter la dragée, (vx.) écarter du
fusil, envoyer de la salive en par-
lant.
Echalas Q s. m. || 1 . Jambe maigre.
Il 2. Personne grande et maigre.
« Quel grand échalas! » (pléon.)
Echappé O s. m. Echappé de Ma-
zas, malfaiteur.
Echappé Oa.Revêtu d'une écharpe.
«Les patrons et patronnes de la-
voir, écharp s de bleu ou de rouge.»
Echasses s.f.pl. Jambes maigres
et longues.
Echassier O s. m. || 1. Celui qui
monte sur des echasses. 1| 2. Per-
sonne qui a de longues jambes.
Echassodrome s. m. O Etablisse-
ment où ont lieu les courses d'é-
chassiers.
Echaudé v.a. Etre échaudé, être
exploité. = Êcorché.
Echelle s.f. Faire monter à Vé-
chelle, faire mettre en colère.
Echellier s. m. Coiffeur, perru-
quier,
Echigner (s') O v.pr. Se fatiguer,
s'éreinter. Pour échiner, assom-
mer.
Echin O s.m. Médecin du sérail;
pour hakim.
Echineur0s.m. Mauvais critique.
Echoppe s.f. Atelier.
Echotier O s.m. Rédacteur de
journal chargé des échos.
Eclairage Q s.m. Argent, enjeu.
Eclairer O v.n. |I 1. Donner de
l'argent. || 2. Miser au jeu.
Eclaireur Q s.m. || 1. Entrete-
neur, celui qui donne de l'argent,
bailleur de fonds. || 2. Compère
du grec, (il lui amène des dupes)
Ecluse s.f. Lâcher l'écluse, pisser.
Ecluser v.n. Pisser.
ÉCOPAGE.
— 99 —
EFFET.
Ecopages.m. voy. Abattage (1). —
Coup, réprimande. Holl. schopy
coup de {)ic(l. [Timmkrmans]
Ecoperv.n. otv.a. || l.Q Recevoir
des reproches, des coups; être
victime. || 2. Hoire. [Uigaud] Ail.
der Sckoppen, c h opine. 1| 3.
Ecoper la ecntrouse, ôtrc con-
damné à subir sa peine dans une
maison centrale.
Ecopeur s.m. Qui a l'habitude
(VécopcVy v.c.m. (1).
Ecorche-cul s. m. Faire une
chose à t'corche-cul, malgré soi.
Ecorcher v.a. Faire payer trop
cher.
Ecornage s.m. Vola Vécornage,
faire une ouverture à la devanture
d'un magasin et attirer les objets
à soi à l'aide d'une tringle.
Ecorné # s.m. Accusé, inculpé.
Ecorner % v.a. Injurier. Ecorner
les boucards, fracturer les bou-
tiques.
Ecorneur s.m. Ministère public.
Ecornifler # v.a. Econiifler à la
pas:<c, tuer d'un coup de feu. [Ri-
cuKPiN, Les morts bizarres.]
Ecossais Q n.pr. Etre en Ecossais^
être sans pantalon.
Ecosser v.n. Dépenser.
Ecosseur s.m. Employé qui
ouvre les lettres égarées à la
poste ou retenues paV ordre.
Ecouter O v.a. « Je fecot^fe », certai-
nement, sans nul doute. — aEcoiUe
s'il pleut >^^ silence! [Rigaud]
Ecrabouiller v.a. voy. Ecar-
bouillcr.
Ecrache s.f. Papier. Ecrache à
icstorgue ou tarte, faux passe-port.
Ecracher v.a. Montrer son
passe port, voy. Ecrache,
Ecrasement Q s.m. Encombre-
ment, bousculade dans la foule.
Ecraser v.a. Ecraser une bou-
teille, boire une bouteille. — Ecra-
ser un grain, en écraser un, péter.
— Ecraser des tomates , avoir ses
menstrues.
Ecrevisse Qs.f. = Cardinal (allu-
sion à sa couleur quand elle est
cuite). — Ecrevisse de boulanger,
homme fourbe. — Ecrevisse de
rempart, garde national. — Avoir
une ecrevisse dans la tourte, dans
le vol-au-vent, être extravagant.
Ecriteau # s.m. ]\lettre un écriteau
à une femme, dire qu'elle est votre
maîtresse, quand c'est faux.
Ecrivasser Q v.n. Ecrire des
choses sans valeur, écrire mal.
Ecrou O s.m. Monnaie d'écrou,
payer ses amendes par la prison.
Ecuèlle s.f. Assiette.
Ecume s.f. Etain. — Ecume de
terre, zinc.
Ecumer v.a. Ecumer la bou-
togne, enfoncer la boutique.
Ecumeur s.m. Etameur.
Ecumoire Q s.f. Visage troué par
la petite vérole.
Ecurer v.a. Ecurer le chaudron,
se confesser.
Ecureuil s.m. Celui qui fait
tourner les roues ou les poulies à
la main.
Ecurie s.f. Nettoyer ses écuries,
se mettre les doigts dans le nez.
Edredon s.m. É'IrcJon de trois
pieds, botte de paille. — Faire Vé-
dredon, voler un étranger; (arg.
des filles.) [Rigaud]
Effacer 0'v.a. Détruire. — Effa-
cer un plat, manger un plat. —
Effacer une bouttille, boire une
bouteille.
Effaroucher v.a. Voler.
Effaroucheur s.m. Voleur qui
commet de petits vols ^=. Chipeur.
— Effaroucheur de guinches, vo-
leur dans les bals publics.
Effectif O s.m. Avoir son effectifs
se dit d'une femme qui a un
amant.
Effet O s.m. Faire des effets de,
EGALIER.
— 100
EMBARRAS.
faire étalage de. — Effets de po-
cAe, étalage d'argent. ~ Eff'ets
de manchettes, luxe, étalage de
linge.
Egralier (arg. des joueurs) v.a. Ega-
lier les cartes, couper un jeu de
eartes.
Egalité # s.f. Parfaite égalité, jeu
de hasard, appelé aussi la par-
faite, v.c.m.
Egard s. m. voy. Esgard.
Egayé s. m. Celui aux dépens
duquel on rit.
Egayer (Thé.) v.n. et v.a. Siffler.
— Egayer Vours, siffler la pièce.
— Se faire égayer, se faire siffler.
Eglisier s. m. Homme qui fré-
quente l'église.
EgnalTant a. Voy. Egnolant (2).
EgnafTer v.a. Écraser de sur-
prise, émerveiller. [Rigaud] Ce
mot énonce Tébahissement par le
son du nez tel qu'il se montre
dans le mot ail. schnauben, aspi-
rer. Durant l'attention les naïfs
béent : ils sont badauds ; s'ils
ouvrent la gueule, on les appelle
gogos et les voilà désignés comme
égnaffés parce qu'ils ouvrent les
narines toutes larges, comme pour
aspirer ce qu'on leur raconte. En
russe nofs, nez. [Timmf-]rmans]
Egnolant a. || 1. Assommant.
Il 2. Extraordinaire, étonnant. =
Egnaffant. Voy. Eqnaffer.
Egnoler v.a. Assommer, en-
nuyer, fatiguer.
Egout v.n. Bouche. — Tierce à
Végou t, tierce basse, tierce au neuf.
Egrené Q a. Service des égrenés,
service des journaux envoyés sous
bande, par un seul exemplaire.
Egrugeoir0s m. Chaire à prêcher.
Egruger Q ^'-a. Prêcher.
Egyptien (Tlié.) s. m. Mauvais ac-
teur. [Rigaud]
Elastique Q a. Large, souple.
Elbeuf O s. m. Vêtement.
Electeur s. m. Client. Vêlecteur
a bien voté, le client a remis une
bonne commission.
Eléments Q s. m. pi. Argent, dans
l'arg. des joueurs. [Larchey]
Eléphant Q s. m. Entremetteur.
Elève s. m. (mil.). Elève cabot ou
élève martyr, élève caporal.
Elixir s. m. Elixir de hussard,.
eau-de-vie.
Elogier v.a. Faire l'éloge.
Emailler Qv.a. Opération'qui con-
siste à injecter des liquides sous
la peau du visage pour remplir
les vides ; c'est' un maquillage
compliqué.
Emballement O s. m. || 1. Enthou-
siasme exagéré. ^ Pendant les fêtes
franco-russes en 1893, ce n'était
plus de l'enthousiasme, c'était un
emballement général. n \\ 2. Empor-
tement. Voy. Emballer.
Emballer Q v.a. Emprisonner. —
S'emballer, v.pr., s'enthousias-
mer, aller trop loin ; s'empor-
ter, etc. — S'emballer pour une
affaire, se lancer à fond de train
dans une affaire. — Etre emballé,
être en colère.
Emballes et Q s.f.pl. Faire des
emballes, faire des embarras.
Emballeur s. m. Agent de po-
lice. — Emballeur de refroidis ,
croque-mort.
Embaluchonner v.a. Empa-
queter.
Embarbé % a. Cerné.
Embarbement#s.m. Accèsd'épi-
lepsie. [Larçiiey]
Embarber % v.n. Entrer, rentrer.
Embarbotter (s) = Embar-
bouiller(s') O v.pr. S'embrouil-
ler en parlant.
Embarder et (mar.) v.n. et v.a.
Il 1. Se tromper. || 2. Violer.
Embarras#s. m. Serrure. 0Afeiire
une fille dans l'embarras, la rendre
enceinte.
EMBAUDER.
101 — EMMASTOQUER.
Embauder # v.a. Violenter,
violer.
Embaumé Q s. ni. Fashionable.
Embellemerder (s') v.pr. Avoir
une belle-mère.
Emberlificoter Q v.a. Embarras-
ser, embrouiller, entortiller. —
Picoter, au lieu de faire, comme
d'autres fois on dit fier, fréquen-
tatif de licere, pour facere : ma-
na'uvrer de façon à coquer la ber-
lue. [TiMMKKMANS]
Emberlificoteur Q s. m. Malin qui
sait entortiller.
Emberquiné O s. m. Moraliste
exagéré.
Emberquiner Q v.a. Ennuyer en
racontant des fadaises.
Embêtement O s. m. Ennui, mau-
vaise humeur, alfaire ennuveuse,
etc. * I
Embêter O v.a. Ennuyer. — S'em- i
béter comme une croûte de pain I
derrière une malle, s'ennuyer for- !
tcment. — JSe pas s'embêter, être
dans une position agréable, en- {
viable. i
Emboureux {1') {Y) s. m. Bour-
reau.
Pas ne scavait oingnons peller.
Dont Yemboureux lui rompt le suc.
(ViLLOlC.)
Embroquer % v.a. Hegarder.
Embrouer (V) v.n. S'en aller, s'en-
fuir. Voy. Broner. jBpôj^xo?, mau-
vaise odeur.
Embrouillamini s. m. Imbro-
glio, fouillis, embarras, chaos.
Embrouillarder (s') v.pr. s'e-
nivrer.
Embrouiller v.a. Ni vu ni connu,
je f embrouille, on ne peut plus
rien y reconnaître.
Embroussaillé O ^- Cheveux em-
broussaillc^, cheveux en désordre.
Embuement s. m. Atmosphère
viciée, empuantie-
Embusqué (mil.) s. m. Soldat
ayant un emploi, dispensé de
l'exercice et des corvées, secré-
taire du trésorier ou du major, etc.
Emécher (s') v.pr. Se griser lé-
gèrement. Etre éméché, être légè-
rement gris.
Emblème s. m. Mensonge. — ! Emécheur (arg. des joueurs) s. m.
Casser des emblèmes, mentir
Emblémer = Emblémir v.
Tromper, mentir.
Embobiner v.a. Entortiller, en-
jôler.
Embohémer (s') Q v.pr. Fréquen-
ter les bohèmes, v.c.m.
Emboîter v.a. et v.n. |1 1. O Em-
boittr le pas, suivre. || 2. (thé.) Se
faire emboîter, =: Se faire attra-
per, être interpellé, sifflé par le
public. Il 3.Entrer,pénétrer,serrer
de près. [Larchey]
Emboucaner0v.a.etv.n. jj 1. Aga-
cer, ennuvcr, irriter. [Larchey]
Il 2. Puer! [Richepin] || 3. S'em-
boucaner, v.pr., s'ennuyer.
Embouchure s.f. Avoir une
bonne embouchure, avoir une
bonne denture.
Allumeur, ('elui qui allèche
les dupes, qui les engage à jouer.
Emérillonner (s') v.pr. Se
mettre en gaîlé.
Emigré s. m. Emigré de Go-
morrhe, sodomite.
Emmaillotter # v.a. Préparer,
combiner. — Emmaillotter un
môme, combiner un vol.
Emmaillotteur s. m. Tailleur.
[Rigald]
Emmanché s. m. I| 1. Gauche,
maladroit. || 2. Pédéraste.
Emmargouillis s. m. Individu
grossier. Qui engueule les gens :
gueule = margoulette, de mar,
pour moure, bouche, et gouillis,
acte de la gueule ou gouloite. [Tim-
MERMANS]
Emmastoquer0v.n. S'engraisser,
EMMECHER.
102
EMPOIGNER.
mander beaucoup. Ail. Masiochs,
bœut" engraissé, bœuf gras.
Emmécher(s']0v.pr.voy.Em^cAer.
Emmener v.a. ft'emm..ène à la
campagne, je me moque de toi.
EmmerdementQ s. m. Ennui, em-
barras, soucis. Emmer dément sur
toute la ligne, ennui général.
Emmerder v.a etv.pr. Mépriser.
« J'emmerde la cour, je respecte
messieurs les jurés. » {Le dernier
jour d\in condamné.) — S'em-
merder, v.pr. s'ennuyer.
Emmerdeur s.m. Personnage
■ ennuyeux, importun.
Emmieller v.a. voy. Emmerder.
Emmitonner y. a. Entortiller,
enjôler, flatter.
Emmoutarder v.a. voy. Em-
merder.
Emos' s.f. Emotion (abr.).
Emotionner (s') Q v.pr. Avoir de
rémotion.
Emoucheur 9 s.m. Revolver.
Émouver (s') v.pr. Se remuer,
s'agiter.
Empaffe ^ s.f. Drap de lit.
Empaffer0 v.a. Bourrer de nour-
riture. — S'empaffer v. pr., se
soûler.
Empaillé Q a. et s.m. Inerte, bête,
niais. — Avoir Vair empaillé, man-
quer d'énergie, d'activité.
Empaler v.a. Tromper, = en-
filer (1).
Empanurger (s') Q v-P^- Suivre
le mouvement, les idées des au-
tres. Allusion aux moutons de
Panurge.
Empavé s.f. Place, carrefour.
Empêcheur0 s.m. Importun, gro-
gnard qui trouve un malin plaisir
à empêcher les autres de s'amuser,
(c Les membres de la Ligue contre
la licence des rues sont des em-
pêcheurs de danser en rond. »
'Dans la Mariée à l'encan, aux Va-
riétés, on dansait une ronde, l'ac-
teur Lefcbvre, qui était pied-bot
voulait toujours faire sa partie
dans ces danses et sa présence
dérangeait la ronde. Un soir une
figurante lui dit : « Restez à l'avant-
scène, vous êtes un empêcheur
de danser en rond. » Le mot fit
son chemin.)
Empereur s.m. Vieux souliers,
(du nom d'un savetier qui les re-
vendait près des Halles) (Rigaud)
Empétarder v.a. Pédérastie,
(obsc.)
Empiergeonner (s') S'empê-
trer. (Richepin)
Empifrage = Empifrement s.
m. = Empifrerie s.f. Glou-
tonnerie.
Empiler ^ v.a. Duper.
Empioler # v.a. Emménager;
rentrer ou s'enfermer chez soi.
Empire Q a.inv. Style empire, or-
nementation dans le style du pre-
mier Empire.
Emplanquer # v.n. Arriver.
Emplaque (!') % s.m. La police.
Emplâtre Q s.m. \\ 1. Personne
sans énergie, sans courage. || 2.
Empreinte à la cire (clé ou
serrure). || 3. Cravate-plastron.
Il 4. Portée de cartes à l'usage
des grecs.
Emplàtrer v.a. = Encroûter.
Etre emplâtre, être engage dans
une affaire sans pouvoir en sortir,
être immobilisé dans un endroit
quelconque . — S' emplàtrer, y. pr.
s'enfoncer.
Emplucher v.a. Piller, pour
éplucher, nettoyer avec soin.
Empoignade s.f. || 1. Alterca-
tion. II 2. Réprimande.
Empoignant O ^- Emouvant.
Empoigne s.f. Main. Ac/ieferwTt
objet à la foire d'Empoigne, le
voler. Voy. ampoigne.
Empoigner Qv.a. Réprimander^
gourmander, critiquer violem-
EMPOIGNEUR.
— 103 —
ENDECHER.
ment. — Etre empoignéy être ému.
Empoigneur O s. m. Critique
acerbe, méchant de parti pris.
Empoisonneur s. m. Restaura-
teur, marchand de vin, débitant
quelconque.
Empoivrer(s') v.pr. S'enivrer.
Emporhes # s. m. pi. Nuages.
Emporter 0v.a.(}we/fe drogue!
Ça vous emporte la gueule, ça vous
brûle la gorge, la bouche. — Em-
porter le chaty se mêler d'une
affaire qu'on ne comprend pas et
qui ne vous cause que de l'ennui.
— Emporter le morceau, réussir
d'emblée. # Escroquer.
Emporteur s. m. Voleur qui se
fait livrer de la marchandise à
domicile et qui s'échappe en
l'emportant sans la payer.
Emposeur # s. m. Pédéraste.
Empoté a. et s. m. Gauche,
guindé, maladroit.
Empousteur s.m. Escroc qui
vend de mauvaise marchandise
après avoir alléché le client à
l'aide de compères.
Emproseur # s.m. = Emposeur.
Pédéraste.
Emprunté Q a. Gêné, embarrassé.
Empuroté a. Pauvre.
Ému a. Gris. Légèrement ému,
un peu gris.
Encabotiner (s') Q v.pr. Fré-
quenter les cabotins, v.c.m.
Encadrer Q v.a. Il est à faire en-
cadrer, il est drôle, amusant.
Encaisser Q v.a. Recevoir. En-
caisser un soufflet, recevoir un
soufflet.
Encarnavalé Q a. Mal habillé,
affublé, comme avec un costume
de carnaval.
Encarrade % s. f. Entrée.
Encarrer v.n. Entrer.
Encarté Q s.m. Les encartés des
Facultés, étudiants inscrits dans
les facultés.
Encartée Q s.f. Femme en carte
qui est soumise à la surveillance
de la police.
Encarter O v.a. Mettre une femme
en carte, l'obliger à avoir une
carte pour exercer la prostitu-
tion.
Encasquer % \.n. = Tomher sur
le casque, frapper sur la tête.
Enceintrer v.a. Mettre en-
ceinte.
Encensoir # s.m. Donner des
coups d^encensoir, flatter.
Encharibotter va. et v.n. |I
i. Ennuyer, embarrasser. || 2.
Etre en colère. De escarbot, in-
secte encarapaçonné, aussi appelé
fouille-merde. [Timmermans]
Enchetiber v.a Arrêter, enfer-
mer, emprisonner. S.pr., mettre
en chtibe, mettre en botte.
Enchiferné a. Pour enchifrené,
embarrassé par un rhume.
Encible # adv. Ensemble.
Encloué s.m. || 1. Maladroit. ||
2. Pédéraste, sodomite. || 3. Voy.
Enclouer.
Enclouer v.a. Engager. M. à m.,
mettre au clou, v.c.m. « Où est ta
toquante? — Je l'ai enclouée. »
Encofiier % v. Tromper.
Encoliflucheter (s') v.pr. Met-
tre des colifichets.
Enconner v.a. Coïter.
Encoqueluchonné Q a. Amoura-
ché.
Encornailler v.a. Faire cocu.
Encotillonner (s') v.pr. Avoir
toujours des femmes autour de soi.
Encre Q s.f. Buveur d'encre, écri-
vain.
Encrotter (s') v.a. Se salir.
M. à m., se mettre dans la crotte;
(au pr. et au fig.)
Encroûter Q v.a. et pr. voy. em-
plâtrer.
Endécher v.a. Se mettre dans
la dèche, v.c.m.
ENDIMANCHE. — 104 —
ENFLER.
Endimanché Q a. Habillé avec
recherche, (le dimanche étant un
jour ^e repos pour les travailleurs,
ceux-ci mettent leurs plus beaux
habits ce jour-là.)
Endimancher (s) Q v.pr. S'ha-
biller avec plus de soin que de
coutume.
Endormage s. m. Action d'en-
dormir. Vol à Cendormaqe, en-
dormir la victime à Faide d'un
narcotique avant de la dévaliser;
on endort aussi son attention par
d'autres moyens.
Endormeur s.m. |1 4. Yoleur à
Vendormage, v.c.m. |1 2. O Per-
sonnage ennuyeux.
Endormi s.m. ||d. Personne
nonchalante. || 2. Juge.
Endormir % v.a. et v.n. 1 1 1 . Tuer,
étourdir. || ^.Endormir quelqu'un,
Tennuyer, détourner son attention
pour mieux le tromper, jl 3. O
S'endormir sur le rôti, sur le mas-
tic, sur le fricot, traîner une chose
en longueur. || 4. Mentir.
Endos s.m. Dos, échine.
Endosse (V) # s.f. Vêtement. Ra-
boter Vendosse, battre. — Les en-
dosses, les épaules.
Endroguer v.a. Chercher un
coup à faire.
Endroit Q s.m. Il a eu des torts à
mon endroit, il a eu des torts en-
vers moi ;(j.d.m.).
Endurer (can.) v.n. Cesser de
ramer.
Enfant s.m. Enfant de la matte,
voleur. — Enfant de chœur de
guillotine, gendarme. — Filer
Venfant, introduire la fince mon-
seigneur sous une porte. — En-
fant de chœur, pain de sucre; (vx)
demi-setier de vin rouge. — En-
fant de giberne, enfant de troupe.
— Enfant de garce, enfant de
trente-six pères, enfant de pros-
tituée. O Enfant de l'amour, bâ-
tard. — Enfant de la balle, celui
qui a appris ou qui exerce le
même métier que son père, (thé.)
Enfer Q s.m. On désigne par ce
nom l'endroit où sont déposés les
publications dangereuses ou obs-
cènes à la Bibliothèque nationale.
Enferré # a. Arrêté.
Enfifré Q s.m. Pédéraste.
Enfifrer = Enfigner Q v.a. Se
livrer à, la pédérastie. = En-
filer (3).
Enfigneur = Enfifreur # s.m.
Pédéraste. = Enfileur.
Enfilade s,f. ||d. Tromperie,
escroquerie. (( L'aftaire de Panama
a été une sérieuse enfilade pour
les actionnaires. » \\ 2. Arrestation
en flagrant délit.
Enfilage s.m. voy. Enfilade,
Enfiler v.a. ||t. Enfiler quel-
qu'un, le tromper : Etre enfilé, être
trompé. Il 2. Arrêter, jj 3. = En-
fifrer =z Enfigner, (obsc.) Il 4. « Se
faire enfiler. » S'enfiler, v.pr. s'en-
gager dans une affaire désas-
treuse ; jouer et perdre conti-
nuellement. 1 1 5. S'e77/î/eî% manger:
S'enfiler un bifteck. — Enfiler des
briques, jeûner. || 6. Enfiler des
perles, flâner.
Enfileur s.m.||1. Trompeur,
escroc. Il 2. Pédéraste.
Enflaneller (s') v.pr. Boire
chaud. (Larchey)
Enflaquer v.a. || i. Condamner,
enfermer, emprisonner. || 3. Met-
tre, endosser, empaqueter. 1| 3.
Dénoncer un complice, [j 4.
Emmerder.
Enflé s.m. Bouffi, gonflé d'or-
gueil ; faiseur d'embarras : <( Uhé
\'enflé\ »
Enflée # s.f. Vessie.
Enfler v.n. Boire d'un trait.
— Enfler une femme, la rendre
enceinte. — Enfler quelqu'un^ le
faire payer ou le tromper.
ENFONCÉ.
105 —
ENRAGER.
Enfoncé O ^- Dupé.
Enfoncer Q v.a. || 1. Tromper.
Il 2. Vous irêtes pas taillé pour la
lutte au billard, je vovs enfonce,
je suis plus fort que vous.
Enfonceur Qs-m. Trompeur, es-
croc. — Enfonceur de portes ouver-
tva, faux brave, bravache, vantard.
Enfoncier Qs.m. Crédit cnfoncier,
banque véreuse ;j.d.m. sur Crédit
Foncier.
Enfourailler % v.a. Arrêter.
Enfrayer v.a. Enchanter. Ail.
freien, rechercher Tamitié d'une
femme, chercher à lui plaire.
[TiMMERMANS]
Enfrimer % = Enfrimousser
v.a. Dévisager.
Engailleur s. m. Trompeur.
Engamë # a. Enragé.
Enganter Q v.a. Capter, prendre.
v.pr. S'enganter, s'éprendre,
être amoureux.
Engerber # v.a. = Enfourailler.
Arrêter.
English O s. m. Anglais.
Engluer v.a. Saisir, prendre,
arrêter. — Engluer la chevêche,
arrêter la bande, (de malfaiteurs)
comme on englue les oiseaux en
les attirant avec la chevêche, (oi-
seau de proie). [TiMMERMANs].
Engourdir # v. Tromper.
Engracier # v.a. Acquitter.
Engrailler % v.a. Attraper, saisir.
Engrainer v.a. et v.n. || 1. At-
tirer, allécher. || 2. Arriver.
Engueulade s.f. == Engueulage
s. m. = Engueulement s. m. 0.
Il 1. Réprimande. || 2. Discussion
grossière.
Engueuler v.a. Interpeller vio-
lemment, réprimander. — S'en-
gueuler, v.pr. se disputer gros-
sièrement. — Avoir des semelles
qui engueulent le trottoir, avoir
des semelles qui se détachent de
la chaussure.
Enguenleur s. m. Homme gros-
sier et violent.
Engueuser v.a. Enjôler.
Enguigner v.a. voy. Embêter,
S'enguigncr, v.pr. s'embêter.
Enguirlander v.a. || 1. Embellir.
Il 2. Faire valoir une chose, j] 3.
Flatter.
Enjuponné % s. m. Magistrat, juge,
avocat ; ils portent la robe : « Pour
un enjuponné, vous êtes un bon
zig ! » [A. Matthey]
Enjuponner (s') Q ^pi*- voy. En-
cotillonner.
Enlevé a. Q et (thé.) |1 1. Réussi.
Il 2. Entraînant.
Enlevée Q s.f. Correction, répri-
mande.
Enlever v.a. (thé.). Jouer avec en-
train : « Enlever une scène. »
— Enlever le cul ou le ballon à
quelqu'un, battre, donner un coup
de pied au derrière. — % S'enlever,
v.pr. avoir faim, (être léger au
point de s'enlever comme un bal-
lon) = Faire Godard.
Enleveur O s. m. Lovelace, don
Juan, coureur de filles.
Ennuyer (s') v.pr. jj 1. Etre
laid. Il 2. Mourir.
Enquiller || 1. v.n. Entrer,
avoir un emploi : S' enquiller \.])t.,
s'introduire. || 2. # v.a. Cacher
un objet volé entre ses jambes :
<( Enquiller une thune de came-
lotte, )) cacher sous ses jupons
une pièce d'étoffe. De gwi//e,jambe
en arg.
Enquilleur % s. m. Compère du
bonneteur.
Enquilleuse # s.f. Vov. Enquil-
ler (2).
Enquiquiner v.a. Mépriser,
dédaigner; se moquer, bafouer
=r Se foutre.
Enrager v.a. Exciter. <( Elle sa-
vait que ce temps mou enrageait
les hommes. » [Zola]
ENRAYER.
106 —
ENTRIPAILLER.
Enrayer Q v.n. voy. Dételer.
Enrhumer v.a. Ennuyer.
Enrouiller Q v. Ne pas laisser en-
rouiller ses dentSj manger vite.
Ensecréter v.a. Agencer une
marionnette.
Enseigne # s.f. Enseigne de cime-
tière, prêtre.
Entablement s. m. Les épaules.
Entauler v.n. || 1. Entrer dans
une maison, emménager. || 2. En-
trer en fraude, (contrebandiers.)
Enterrement O 6t s. m. || î.
Tristesse. « C'était navrant, un vé-
ritable enterrement. » \\ 2. Enterre-
ment de première classe, éreinte-
ment dissimulé par des éloges.
(Larchey) Il 3. Rejet d'un projet
de loi par la Chambre, après dis-
cussion. Il 4. Morceau ^'arlequin
(v.c.m.) ou de charcuterie entre
deux tranches de pain, sand-
wich du pauvre.
Enterver (Vi0 v.a. j] 1. Interro-
ger. Il 2. Comprendre Targot. Ce
mot était déjà usité au xii*' siècle.
Il 3. v.n. (obsc.) Coïter.
Une autre jeune cervelle
Fui découvert sans chandelle
Comme il allait enterver
Une nymphe à son lever.
Enterveux (V) s.m.pl. Importuns,
ceux qui entravent.
Rebignez tost ces enterveux.
(Villon.
Entif # S. m. voy. Antif.
Entiffer0v.n. voy. Antiffer.
Entiffle s.f. voy. Àntiffle.
Entiffler # v.a\ || 1. vov. Antiffler.
Il 2. Entrer. || 3. Enjôler.
Entonne # s.f. voy. Antonne.
Entonner v.a*. || 1. Antonner.
Il 2. Boire. Entonner comme un
chantre, boire beaucoup, (j.d.m.)
Entonneur s. m. Buveur. •« Le
plus fort entonneur de bière. »
Entonnoir ff) s. m. Il \. Buveur.
Il 2. Gosier. — Entonnoir de
zinc, gosier rendu insensible par
l'excès de boisson. — Entonnoir à
patte, verre à pied.
Entortillé a. et s.m. || 1. Em-
barrassé, maladroit. 1| 2. Capté^
circonvenu. H 3. Pédéraste.
Entortiller v.a. || 1. Circonve-
nir, capter : « Il m'a entortillée, je
me suis laissé faire. )>1|2. En-
nuyer : « Ah ! ce qu'il m'entor-
tille! il m'ennuie. »
Entourber v.a. Embrouiller.
(Larchey) s.pr. envaser.
Entraîner (s')Ov.pr. Se préparer,
s'habituer à faire une chose, se
soumettre à un régime pour obte-
nir un résultat déterminé.
Entravage # s.m. Education dans
le vol.
Entraver # v.a. Comprendre^
entendre. — Entraver le jars, en-
traver bigorne ou arguche, com-
prendre l'argot. — u Entrave six
plombes qui crossent », entends-tu
six heures qui sonnent ».
Entraverse # s.m. Travaux for-
cés.
Entrecôte s.m. Entrecôte de
brodeuse ou -de lingère, mor-
ceau de fromage de Brie.
Entrée O s.f. 'Faire Centrée d'un
artiste, l'applaudir à son entrée
en scène. — Entrée des artistes^
anus, (la porte de derrière)
Entremettier (cuis.) s.m. Cuisi-
nier chargé de préparer les en-
tremets.
Entresort s.m. Baraque de fo-
rain, (où Ton « entre et sort »
continuellement.)
Entreteneur s.m. Bailleur de
fonds, celui qui subvient à l'en-
tretien d'une femme galante.
Entripaillé a. Individu qui a
un gros ventre.
Entripailler (s') v.pr. Manger
beaucoup.
ENTROLER.
107
ÉPINARDS.
Entrôler 9 v.a. =: Antroler. Em-
porter.
Entrôllement % s. m. Vol.
Mercure seul tu adoreras
Comme dabe de Y entrôllement.
(ViDOCQ.)
Enturer % v. n. Mentir.
Entureur s. m. Menteur.
Entyper (s') v.pr. Prendre un
amant.
Envelopper (art.) v.a. Dessiner
les contours.
Enviander v.a. (obsc.) Rendre
enceinte.
Envolé O ^- Individu remuant, tou-
jours prêt à s'en aller.
Envoyé O a. « Ah ! ça c est envoyé ! »
c'est bien dit, bien réplique.
Envoyer v.a. Envoyer quelqu'un
à la balançoire^ à l'uurs, au bain,
baigner, faire lan laire, faire fiche,
faire f outre, dinquer, pisser, chier,
envoyer à Chaillot, à bâche, aux
pelotes, envoyer promener, écon-
duire repousser. — Envoyer à la
comédie, faire chômer, arrêter le
travail. — Envoyer des coups de
pied aux mouches, s'évertuer pour
rien. — % Envoyer à Niort, refu-
ser. — Envoyer dormir, assommer
d'un coup de poing.
Epais O ^' Un homme épais,
homme grossier, butor, rustre.
Epargne'0 s.f. Mettre à la caisse
d'épargne, manger.
Epargner v.a. Epargner le poi-
tou , prendre des précautions
pour effacer les traces d'un vol.
M. à. m. ménager avec soin le «pu-
blic », l'empêcher de voir.
Epargneur Q s. m. Econome :
« Nous sommes un peuple de
paysans, un peuple d'èpargneurs. >;
(Gambetta, \ 878)
Epastrouillant a. voy. Epatant.
= Epatarouflant. = Epatouflant.
Etonnant.
Epastrouiller v.a. voy. Épater.
Etonner.
Epatage s. m. = Epate=zEpa-
temcnt. Etonnemenl.
Epatamment adv. Etonnam-
ment.
Epatant a. Etonnant, voy.
épater.
Epate s.f. Epam.gfe= Epatement.
Etonncment. — Faire de l'épate ou
son épate, faire des embarras.
Epatement s. m. = Êpatage.
Etonnemenl.
Epater v.a. || 1. Etonner, inter-
loquer, éblouir : « fai été épaté. »
Il 2. voy. Esbrouffer. Le mot
épater signifie exactement ouvrir
une large bouche, signe de l'é-
tonnement, de l'ébahissement.
Epatenr s. m. Q = Esbrouffeur.
Vantard et hâbleur.— # Revolver.
Epée s.f. Coup d'épée de Sa-
voyard, coup de poing.
Eperlan s. m. Faire un éperlan,
porter un petit enfant au cimetière,
(langage des croque-morts.)
Epice#s.f.Cor7ie<d'^pices, capucin.
Epicé O a- Cher, d'un prix élevé.
Epicemar s. m. Epicier.
Epicéphale (écol.) s. m. Chapeau,
(du grec)
Epice'r # v.a. Railler. [Larchey]
Epicerie O s.f. Mesquinerie.
Epice-vinette # s. m. Epicier.
[Larchey]
Epicier Q s. m. Mesquin, ordinaire.
— C'est un cher épicier, il se fait
payer très cher.
Epileptique Q s. m. Individu ex-
centrique, qui se démène comme
un epileptique. — Coco epilepti-
que, Champagne.
Epiler v.a. Se faire épiler la
pêche, se faire raser, couper les
cheveux.
Epinards Q s. m. \)\. Y oy. Beurre.
— Plat d'épinards , paysage d'un
vert trop uniforme. — Epauiette
ÉPINGLE.
— 108
ESBROUFFEUR.
à graine dépinards, épaulcttes
d'oÏTiciers généraux. — Aller
aux épinards, recevoir de l'ar-
gent d'une fille publique.
Epingle s.f. Avoir son épingle
au col, avoir droit à un verre payé
chez le débitant. — Etre ivre. —
(Obsc.) Ramasser des épingles,
pédérastie. — Tiré à quatre épin-
gles, vêtu méticulcusement.
Epingle O <i- Soigné.
Epinglettes.f. Vol à Vépinglette
voy. JSib.
Epiploon (écol.) s.m. Foulard,
chemise.
Epitonner (s') Qv.pr. Avoir du cha-
grin. Pour se pistonner. [Larchey]
Eplucheuse s.f. {ohsc.) Ep lâcheuse
de lentilles, = G oug no te, Irïhade.
Epoilant a. Voy. épatant.
Eponge s.f. {]"]. Epouse, maî-
tresse. Il 2. Eponge d'or, avoué.
Il 3. Ivrogne.
Epoque Q s.f. Menstrues : « Avoir
son époque ou ses époques. »
Epouffer (s'j v.a. S'enfuir.
Epoulardeuse s.f. Ouvrière de
la Manufacture des tabacs.
Epouse O s.f. Maîtresse.
Epouser % v.a. Epouser la ca-
marde, mourir. — Epouser la
fourcandiére, se débarrasser d'un
objet volé quand on est poursuivi.
— Epouser la veuve, dire ^mWoiïné.
Epouseur (pays.) s.m. Ffancé.
Epousseter 0v.a. Epousseter une
belle, coucher avec une femme. —
Se faire epousseter, se dit d'une
femme qui couche avec un homme.
Epoux s.m. Amant.
Eprouvé^ s.m. Condamné gracié
en partie de sa peine à 'cause
de sa bonne conduite.
Equerre s.f. Fendre son équerre,
marcher à grands pas, s'enfuir.
Equiangle =r Equilatéral =
Equipollent Q a. Egal. Ça m'est
equilatéral, ça m'est égal.
Erailler#v.a. jj l.Tuer. || 2.= En-
grailler, prendre.
Ereinter Q v.a. Maltraiter.
EreinteurO s.m. Critique violent.
Ergamé 9 a. Enragé.
Ergot s.m. Se fendre V ergot,
fuir. [Michel]
Ermite s.m. Voleur de grand
chemin.
Es. % s.m. Escroc, (abrév.).
Esbalancer v.a. Pousser, re-
jeter.
Esballonner(s')#v.pr. S'évader,
m. à m., sortir du ballon, v.c.m.
Esbasir v.a. voy. Ebasir, tuer.
Esbigner (s) v.pr. S'enfuir,
s'esquiver. — S^csbigner dans sa
boîte à puces, aller se coucher. —
v.a. Mourir. D'ex, marquant le
point de départ, et du vx.fr.6inwer,
s'en aller secrètement.
Esblinder v.a. Stupéfier, anéan-
tir. Ail. bllnd, aveugle, ébloui.
[TiMMERMANS]
Esbloquant a. Etonnant.
Esbloquer v.a. Etonner, stupé-
fier.
Paraît que j'suis dab ! ça m'esblogiie
(J. RicHEPiN. Chanson des Gveux.)
Esbrouffant0 a. Etonnant. Gomme
en holl. bluffen, être ampoulé.
[TIMJIERMANS]
Esbroufife Q s.f. Embarras, fanfa-
ronnade. Faire des esbroufes,
faire des embarras. # Vol à
l'esbrouffe, vol à la bousculade.
— fesciller d'esbrouffe, violer, m.
à m. prendre de force. — Estourbir
d'esbrouffe, assassiner dans la
rue, attaquer soudainement. Du
vx. fr. esboufer, éclabousser.
Esbroufifer v.a. Faire des em-
barras, être insolent.
Esbrouffeur^ s.m. || 1. Fanfaron,
hâbleur, vantard, faiseur d'em-
barras. Il 2. Voleur à l'esbrouffe,
v.c.m.
ESCÂBRANTE.
— 109
ESGOURD.
Escabrante s.f. Echelle ; du fr.
escabeau.
Escafife s.f. Coup de pied au
derrière, (vx.) Skt. çapha, sûbot.
fïiMMKUMANS]
Escafifer v.a. Donner un coup
de i)icd. (vx)
Escafignon s. m. Souliers, (vx)
Sentir de Vescafignonf puer des
pieds.
Escale 0s. f. Trois francs. Demi-pile
et esrale, cinquante-trois francs.
Escam s.m . Escamoteur, (abrév. )
Escane s.f. A Vescane! fuyons!
Voy. Escancr.
Escaner v.a. et v.n. || 1. Oter.
Il 2. Fuir. De cane'\ avoir peur.
[Larchey]
Escape =r Escapouche = Es-
capouchon s. m \oy. Esc<u'pe.
Escaper = Escapoucner # v.a.
voy. Escavper.
Escarbouiller v.?». voy. Ecar-
bouiller = Ecrahoidller.
Escarcher v.a. Regarder.
Escare s.m. Contre temps.
(Lahchey)
Escarer 9 v.a. Empêcher.
Escareur s.m. Individu qui
trouve toujours des obstacles qui
l'empêchent de réussir.
Escargot s.m. Vagabond. — Es-
cargot de trottoir, sergent de ville.
Escarpe s.m. Voleur, assassin.
Escarper v.a. Voler, assassiner.
Esrurper à la capahut, voy. Capa-
huter.
Escarpin s.m. Escarpin de Li-
mousin, escarpin en cuir de
brouette, sabots. — Escarpins re-
nifleurs, souliers crevés, (ils aspi-
rent l'eau.)
Escarpiner (s') v.pr. S'enfuir,
= Se tirer des pieds.
Escarpolette (thé.) s.f. Charge,
r= Balançoire. (Delvau.)
Escaver v.a. = Escarer. Empê-
cher.
Eschequer (V) v.a. et n. || 1 .Eviter,
Il 2. S'enfuir, se retirer, (d'après
A. ViTu)
Esclaffer (s') Q v.pr. Rire aux
éclats : « S'esclaffer de rire. »
Esclavager Q v.a. Rendre es-
clave.
Esclave Q s.m. Domestique, gar-
çon de café, employé quelconque.
Ce mot s'emploie en plaisantant,
familièrement.
1 Esclot s.m. Sabot, (patois gas-
I con.)
i Esclotier s.m. Sabotier.
! Escoffler v.a. Tuer.
EscogrifTe s.m. Homme grand
et mal bâti : <( Grand escogriffe. »
Escogritfe signifie en fr. voleur,
escroc.
Escouade (mil.) s.f. Envoyer cher-
cher le parapluie de l'escouade,
envoyer promener qui vous en-
nuie.
Escouille # s.f. = Oche. Oreille.
Escoutes # s.f.pl. Oreilles.
Escrabouiller v.a. Ecraser,
mettre en bouillie.
Escrache s.f. = fîcmc/ie. Papiers,
passeport.
Escracher0v.a. ^=Écracher. \\ 1.
Interroger. || 2. Demander un
passeport. (Rigaud) Montrer son
passeport. || 3. Injurier, insulter.
Il 4. Regarder.
Escrime (mil.) s.m.Ecrivain, (pour
scribe.)
Escrimer (s') v.pr. S'escrimer
du derrière, sacrifier à Vénus,
(obsc.)
Esganacer v.n. Rire. Remuer
la ganache en riant; (la ganache
est la mâchoire inférieure du che-
val.)
Esgard = Egard # s.m. Faire
Vesgard = Faire Vesque, garder
une part de vol qu'on était con-
venu de remettre à des complices.
Esgourd # a. Perdu.
ESGOURDE.
110 —
ESTORGUE.
Esgourde = Esgourne = Es-
gouverne s.f. Oreille. Débri-
der resgourde, écouter.
Esgourder # v.n. Ecouter.
Espagnol s. m. Vermine, pou,
puce.
Espalier O s.m. Groupe de figu-
rants.
Espèce O s.f. Quelle espèce ! celte
expression sous-entend toujours
une épilhète désobligeante : « Es-
pèce dimbécile. »
Espérances O s.f.pl. Avoir des
espérances, avoir un héritage en
perspective.
Espincer (s') (V) v.pr. S'enfuir
= arg. moderne s'esbigner =
Jouer des pinces, des pincettes; du
vx mot espinche, pince.
Esponton s.m. Paria, (vx mot.)
Esprit O s.m. D'après les doctri-
nes spiriles, l'âme ou esprit est
le principe intelligent en qui ré-
sident la pensée, la volonté et le
sens moral.
Esque % s.m. Faire Vesque. Voy.
Esgard.
Esquinte # s.m. i| 1. voy. Es-
quiniement (2). — Vol à V esquinte,
vol à l'aide d'effraction. || 2.
Abîme. (F. Michel)
Esquintement % s.m. || 1. Lassi-
tude excessive. || 2. Bris, coups
violents.
Esquinter % v.a. || 1. Briser,
assommer de coups. |j 2. Fatiguer,
harasser. — Q v.pr. S'esquinter
le tempérament ou les tripes, se
fatiguer beaucoup.
Esquinteur % s.m. Voleur qui
emploie les moyens violents.
Essayer (thé.) v.a. Essayer le trem-
plin, = Lever le rideau, jouer au
commencement de la soirée.
Essence s.f. Essence de chaus-
settes, odeur ou sueur des pieds.
— Essence de parapluie, pluie.
Essuyer O v.a. Essuyer les plâtres.
Il 4. Etre le premier locataire
d'un logement neuf. || 2. Occuper
une place le premier, provisoire-
ment, en attendant qu'un autre
l'occupe définitivement.
Estable s.f. = Estaphle, poule.
(Rigaud)
Estafe # s.f. I| 1. Poule. || 2. Ba-
lafre. Du fr. estafilade, m. s.
EstafBer %. s.m. Chat. (Rig.\ud)
Est?iffion s.m. || 1. 0Chat. j| 2. #
=: Estafe, balafre.
Estafon s.m. Chapon.
Estamper v.n. Estamper quel-
qu'un, le tromper, le mettre à
contribution forcée, lui emprun-
ter de l'argent sans le rendre. =
Carotter :\< Je crois être une de
ceux qu'il a le plus estampés et
le plus chinés: je mettrais la
main au feu qu'il me traitait cou-
ramment, pour le moins, de sale
bourgeoise. » [Séverine]
Estampeur s.m. Escroc. Voy.
Estamper.
Estampiller v.a. || i. Donner
un coup de poing violent qui
laisse une marque. [| 2. Marquer
au fer rouge.
Estaphe s.f. Coup. voy. Estafe.
Estaphle s.f. voy. Estable.
Estasi a. Heureux, (pour exta-
sié.)
Estio s.m. = Estoc. Esprit : « Il
a de l' estio. »
Estoc s.m. Esprit, malice : Il a
de l'estoc, il a de l'esprit.
EstomO s.m. Estomac, (abrév.)
Estomac O s.m . Voy. Balai. —
Avoir de l'estomac, avoir du cou-
rage ; avoir de l'argent pour jouer
ou pour soutenir une affaire;
avoir de l'audace au jeu.
Estomaqué a. Etonné, stupé-
fait, interloqué.
Estomirer (s') v.pr. S'extasier.
Estoque % s.f. = Estorgue. Faux.
Estorgue % s.f. Fausseté. Châsse
ESTOUFFER. — 111 —
ETRANGLER.
à Vestorgue^ yeux louches, yeux
méchants.
Estouffer0v.a. voy. Étouffer.
Estourbir 0v.a. Assommer, tuer.
D'es augm., et du skt. turv, faire.
En prov. estourbia, tomber en
frappant, étourdir, assommer,
tuer.
Fer estourbia lou Salanas,
Es l'armado que s'avanco
'(L. MOUTIKR.)
— S'estourhir v.pr., se suicider.
En ail. sterbcn, mourir.
Estourbisseur s. m. Meurtrier.
— Estourbisseur de clous de gi-
rofle, dentiste.
Estrade s.f. Boulevard, chemin,
rue. (vx mot)
Estrangouillade s.f. Étrangle-
ment.
Estrangouiller v.a. Étrangler.
— Estrangouiller un litres boire
un litre.
Estregnante (B) # s.f. Ceinture.
Estropier v.a. Estropier un
poulety manger une aile ou une
cuisse de poulet.
Estuc = Estuque s. m. Part de
vol.
Estuquer v.a. |1 1. Battre. || 2.
Recevoir sa part.
Etagère O s.f. || 1. Femme char-
gée de servir les desserts dans
les restaurants. |1 2. Partie d'un
café qui se trouve sur le devant et
qui est ouverte l'été.
Etal s. m. Poitrine d'une femme.
Etalage s. m. Poitrine de
femme.
Etaler v.a. et v.pr. Étaler sa
marchandise == S'étaler, tomber.
Etamé s. m. Récidiviste.
Etamer v.a. Condamner pour
récidive.
Etanche a. et s.f. Avoir le gou-
lot en élanche, avoir soif. — Être
à Vétanche, être à sec, (sans ar-
gent.)
Etats O s. m. pi. Être dans tous
ses états, être en colère.
Eteignoir0s.m. || 1. Nez en forme
d'éleignoir. || 2. Chapeau, bonnet
de nuit. || 3. Personne qui, par
son attitude triste, empêche les
autres de s'amuser.
Eteindre v.a. Éteindre de la
braise, dépenser de l'argent. —
Éteindre songaz, mourir.
Eternuer v.a et v.n. Mourir.
Ètcrnuei' dans le sac ou dans le
son, être guillotiné.
Etincelle Q s.f. Ruban de la Lé-
gion d'honneur, (il étincelle à la
boutonnière.)
Etoffes # s.f. pi. De l'argent.
Etoile O s.f. Artiste qui brille au
premier rang. Voy. Vedette. —
(Mil.) Avoir les deux étoiles, être
général de brigade. Avoir les trois
étoiles, être général de division.
Etouffage s. m. Escamotage.
Étouffage de braise, escamotage
d'argent, (grecs)
Etouffe # s. m. Maison de jeu
clandestine.
Etouffer v.a. Avaler. — Étouffer
une négresse, un perroquet, boire
une bouteille, une absinthe.
Etouffeur s. m. Buveur.
Etouffoir# s. m. || 1. voy. Étouffe.
Il 2. Endroit où il fait une chaleur
étouffante.
Etourdir v.n. || 1. Solliciter.
Il 2. Tromper. [1 3. Tuer, assom-
mer.
Etourdissement # s. m . Requête,
demande.
Etourdisseur # s. m. Solliciteur.
Etrangère s.f, Q Piquer V étran-
gère, être distrait, penser à une
chose autre que celle dont on
devrait s'occuper.
Etrangler v.a. |1 1. Etrangler
lachandelle, Véle'mdre. \\ 2. Etran-
gler une dette, payer une dette.
Il 3. Boire, étrangler un perro-
ÊTRE.
112
EXTREME-ONCTION.
quet. « J'vais en étrangler une »,
je vais boire une absinthe. —
Etrangler la douleur, boire à
jeun.
Etre v.n. Vêlre (cocu), être
trompé par sa femme. — Être avec
quelqu'un, être à la colle, v.c.m.
(1). — En être; (faire partie) il
y a toujours un sous-entendu :
Etre de la police, être pédé-
raste, etc.
Etrenne s.f. Le premier client
qui vient acheter : « Cest mon
étrcnné, » c'est ma première
vente.
Etrenner v.n. voy. Ecoper. —
te Si tu n'es pas sage tu vas etren-
ner, » tu vas être corrigé, rece-
voir des coups.
Etrier (mil.) s. m. Avoir les étriers
trop courts, avoir les jambes
courtes et arquées.
Etrillage s, m. |1 1. Perte d'ar-
gent. Il 2. Tromperie.
Etriller v.a. ||1. Faire payer
trop cher. || 2. Battre.
Étroite s.f. Prude.
Tu ferais pas tant Yétroite à c't'lieure
Si j'iaurais laissé ffout' dans l'eau.
{La Muse d Bibi.)
Étronner v.n. Aller à la selle.
Etudiant s, m. Etudiant de la
grève, maçon.
Étudiante s.f. Maîtresse d'étu-
diant.
Étui s. m. Il 1. Vêtement. Il 2.
Cercueil.
Eudoxie (mil.) s.f. Chaise percée.
Eustache % s. m. Couteau de
poche.
Evacuer v.n. Evacuer du cou-
loir, vomir.
Évanouir (s') v.pr. || 1. Dispa-
raître, s'enfuir. || 2. Mourir.
Évanouissement s. m. Dispa-
rition.
Évaporer v.a. Voler avec
adresse. — S'évaporer, v.pr., s'en-
fuir.
Évasant a. voy. Epatant.
Eventail 0s. m. Eventail à bourri-
que, bâton, gourdin, canne. — Re-
tourner son éventail, renoncer aux
plaisirs de l'amour : « Une femme
qui a été adorablement belle et
qui, quoique ayant retourné son
éventail depuis quelques années,
est encore fort entourée. » {Gil~
Blas, 1894.)
Éventrer v.a. Eventrer la né-
gresse, déboucher une bouteille.
Évêque Q s. m. Voy. Bonnet.
Evêque de campagne, pendu.
Évu part, passé. Eu : i< Il a s'évu
desmalheurs,)) i\ a eu des malheurs.
Excellent O a. « Tiens, cet excellent
bon, comment vas-tu? » cher ami,
comment vas-tu?
Exécuter Q v. Interdire l'entrée
de la Bourse à un spéculateur
qui ne peut pas payer ses, diffé-
rences et le signaler aux agents
de change et aux remisiers.
Exécuter (s') Q v.pr. S'exécuter
à la bonne franquette, payer sans
se faire prier.
Exécution s.m. Q Mise en interdit
d'un spéculateur à la Bourse.
Expédier Q v.a. Expédier quel-r
quun, le congédier. — Expédier
quelqu'un dans Vautre monde, le
tuer, l'empoisonner.
Expert O s.m. F. -M. Celui qui
introduit les invités.
Exploiter Q v.a. voy. Ecorcher.
Exproprié a. Etre exproprié,
mourir.
Extinction Q s.f. Faille une chose
jusqu'à extinction de chaleur nar
turelle, jusqu'à ce qu'on soit à
bout de force.
Extrême-onction Q s.f. Secours
d'argent donné par l'administra-
tion des jeux de Monaco aux
joueurs décavés, v.c.m.
FABE.
— 113
FAGOT.
Fabe # s. t. Poche.
Fabrication s.f. || Passer à
laf'abncation.i. être arrêté. — 2.
Etre refait, trompé, dupé.
Fabriquer v.a. || 1. Faire, i
<( Qu est-ce que tu fabriques là?» \
Qu'est-ce que lu fais là? || 2. Etre
fabriqué, être volé au jeu. —
% Kfre arrêté. || 3. # Travailler,
voler, dévaliser. || 4. Fabriquer
aux bateaux, donner des coups
de pied dans le ventre, m. à. m.
travailler à coups de souliers.
Façade s.f. Figure. — Démolir la
façade à quelqu'un, lui donner
des coups dans la figure. — Faire
sa façade, se farder.
Face '% s.f. Monnaie. Avoir des
faces^ avoir de l'argent. — pi.
Accroche-cœurs. Avoir des faces.
= Avoir des roufflaquettes, voy.
Accent. — Q Face à main, lor-
gnette.
Faciès O ^-n^- Figure, visage,
face. (Lat.)
Facteur % s. m. Sergent de ville
(il est employé des postes... de
police.)
Factionnaire s. m. Elron. —
I Poser un factionnaire, faire ses
besoins. — Aller relever un fac-
tionnaire, aller chez le mar-
chand de vin boire un verre qu'on
a fait servir d'avance sur le
comptoir.
acturier Q (Thé). Etre bon factu-
rier, savoir faire une bonne pièce.
'adage # s. m. Partage d'un vol,
butin.
'adard a. et s. m. Elégant.
*'adasse s.f. Fade.
Fade # (mil.) s.m. Part de
vol. — Carmerson fade, payer sa
part. — Donner son fat/e, payer
sa cotisation. — Toucher son fade,
toucher son prêt. — Avoir son
fade, être saoul. — Payer son
fade, subir sa peine.
Fader # v.n. et v.a. Etre fade,
être bien partagé, avoir sa bonne
part. — Fader chérot, coûter cher.
— (Mil.) Fader quelqu'un dans
une distribution, lui donner une
large part. (Ce qui est assigné
par le destin ou le sort: fatum.
[TiMMERMANS]
Fadeurs s.f.pl. Sentimentalités
banales.
Fafife # m. II 1. Papiers d'iden-
dité. Il 2. Fajfe à roulotter, papier
à cigarette. || 3. Billets de ban-
que. Voy. Boulange et braser.
Fafiot 0' s.m. |I 1. Paperasse. || 2.
Livret. |I 3. # Billet. — Fa^o^ ^a-
raté, billet de banque; du nom de
Garât dont la signature se trouvait
sur les billets de banque. — Fa-
fiot mâle, billet de mille francs. —
Fafiot femelle, hiilel de 5' francs.
— Fafiot en bas âge, billet de
oO francs. — Fafiot a parer, certi-
ficat. — Fafiot à piper, mandat
d'amener. — Fafiot sec, passeport
régulier. — Fafiot à roulotter, pa-
pier à cigarette. Il 4. Souliers d'oc-
casion. (Larchey)
Fafioteur % s.m. I| 1. Papetier.
Il 2. Paperassier, écrivain. |I 3.
Banquier. || 4. Savetier. (Larchey)
Fafioter v.n. Paperasser.
Faflard % s.m. Passeport. — Fa-
fiard d'emballage, mandat d'à-
mener.
Fagot O s. ||1. Elève de l'école
8
FAGOTER.
114
FALZAR.
forestière. || 2. De derrière les fa-
gots, voy. Derrière. || 3. Cama-
rade. Syn. de branche, vieille
branche, v.c.m. || 4. Ancien
forçat, sous la surveillance de la
police. Fagnt affranchi, libéré.
115. Vieillard.
Fagoter v.a. Faire une chose
sans soin, sans goût. — De Vou-
vrage fagoté, mal fait. — Etre fa-
goté, être mal habillé, avoir une
vilaine tournure.
Faiblard a. Faible.
Faibloche s.f. Allumette en
bois.
Faïence s.f. Arg. des couvreurs.
Tuile. # Ferrement des for-
çats.
Faierie s.f. (V). Subtilités.
Rassurez-vous en droguerie
Et faierie.
(Villon)
Faignant s. m. Fainéant, pa-
resseux.
Faîne s.f. Sou.
Fainin s. m. Centime.
Faire Q ^''^' ^^ v.n. Faire un
homme, faire une femme, faire une
conquête galante. (Larghey) —
Faire le boulevard, le trottoir, la re-
tape = Raccrocher, v.c.m. — Faire
les consommations, jouer les con-
sommations au calé. — Faille la
place, aller offrir la marchandise
à domicile. — Faire les cuirs,
faire les cafés, etc., vendre des
cuirs, des cafés, etc. — Faire,
faire ses besoins, (s. ent.) — Le
faire, sacrifier à Venus. — Se
faire dessous, être gâteux. —
(Thé.) Faire la salle, remplir une
salle de spectateurs dont la sym-
pathie vous est acquise. — FtuVe.
1. Voler. Faire le porte-monnaie,
le mouchoir. « Il m'a fait mon
parapluie. » — 2. Tromper =
Faire au même. = Refaire. — Il
ne faut pas me la faire il ne faut
pas me faire croire ça. La faire
à roseille, m. s. — Faire Go-
dard, avoir faim. = S' enlever y
v.c.m. (3) — Faille chihis, faire un
peigne, s'évader. — Faire des
yeux de hareng, crever les yeux.
— Fairenonne, être complice d'un
méfait. — Se faire la paire, faire
Vabja, s'enfuir. — Faire le ser,
faire le guet. — Faire, arrêter.
— Faire aux cliquettes, donner un
croc-en-jambe. — (Arg. des filles)
Faire la souris, dévaliser un
homme. — Faire un caillou, trom-
per un client. — Faire Vhomme,
se prostituer par métier. (Larchey)
— (Arg. des grecs) Faire le pay-
san, voler au Jeu dans un cabaret.
— Faire la veinne, tuer la vieille
femme. (Larchey)
Faisan # s. m. Celui qui vend à
vil prix des marchandises ache-
tées à crédit.
Faisander (se) v-pr. Devenir
vieux.
Faisant O s. m. Camarade de col-
lège. (Michel)
Faiseur Q ^-"i- Trompeur, ex-
ploiteur, escroc.
Faiseuse s.f. Faiseuse d'anges^
femme qui se charge de faire
avorter.
Faitré # a. Etre faitré, être sous
le coup d'une condamnation cer-
taine.
Fallait v, O " Fallait pas quil y
aille », « il ne devait pas agir
ainsi. »
Faldès # s. m. Aller chez Faldès,
partager. De fade v.c.m.
Falot (mil.) s. m. Lanterne à l'usage
des rondes de nuit. « Halte au fa-
lot!»
Falourde # Voy. Fagot (4) == Cot-
teret, réclusionnaire. — Falourde
engourdie, cadavre.
Falzar0s.m. Pantalon de travail.
(Rigaud)
FANANDE.
— H5 —
FAUCHEUX.
Fanande = Fanandel # s. m.
Il 1. Ami, camarade, compagnon.
V'ià les fanand's qui radinent,
Ohé ! tas d'pochelôs,
[Chanson des Gueux).
Il 2. Complice.
Fanfe ou Fanfière # s.f. Taba-
tière.
Fanfouiner # v.n. Priser. Ono-
matopée de l'aspiration du tabac.
Fanfouineur s. m. Priseur.
Fantabosses (mil.) s. m. Fantas-
sins. J.d.m. Fente-à- bosses =
Fente-à- seins.
Fantaisie (mil.) Q s.f. =: Faire
fantaisie, ne pas se mettre à l'or-
donnance, mettre des bottines,
manchettes, cols, etc. — Fan-
taisie sur la tringle, onanisme.
Fantaisiste Q s. m. Homme qui
ne fait rien suivant l'usage ordi-
naire, original.
Fantasia Q s.f. Cest de la fan-
tasia, c'est une chose faite par
caprice, ce n'est pas sérieux.
Far! adv. Far! far! vite! vite!
Faraud s m. || 1. Fier, orgueil-
leux. Faire son faraud, faire le
fier. Il 2. Monsieur.
Faraudec # s.f. Mademoiselle.
Faraudène # s.f. Madame.
Farce a. et s.f. C'est farce, c'est
drôle, comique. — Faire des
farces à sa femme, lui faire des
infidélités.
Farceur, e«ise0 s. m. Pas sérieux.
Farcher # v.n. Faucher. (3)
Fard s. m. Avoir un coup de
fard = Piquer un fard, rougir.
Fardage s. m. Tromperie, cou-
vrir des produits avariés avec des
marchandises de choix.
Farder (se) v.pr. Se soûler.
Fardis (V) s. m. Fardeau, charge.
De farder, charger.
Farfouillard = Farfouilleur
s. m. Celui qui farfouille, cher-
cheur; chuchoteur. Voy. Far-
fouiller. — # = Panle, dupe.
Farfouiller v.a. et v.n. Cher-
cher, farfouiller dans le buisson.
— Farfouiller dans le tympan.
chuchoter.
Fargo tter ^ v.a. Rougir.
Fargue # s.f. || 1. Charge (far-
deau). Il 2. Charge (accusation).
Farguement s. m. Chargement.
Farguer # v.a. || 1. Charger, au
prop. et au fig. jj 2. Avouer. || 3.
Se farguer,\.\)r., se cacher. || 4.
Etre fargué, être muni, pourvu.
Il 5. Rougir. De farder, m. s.
Fargueur a. et s. m. || 1. Char-
geur. Il 2. Témoin à charge. || 3.
Ministère public.
Faridon = Faridondaine s.f.
Etre à la faridon, être dénué de
ressources.
Farineux a. Excellent. (Delvau)
Farniente Q s. m. Paresse.
Farnandel s. m. Yoy. Fanande.
Farrago Q s. m. Amas confus.
Fassolette # s.f. Mouchoir de
poche.
Fatigue # s.f. Travail des forçats.
Fauberg # s. m. Langue.
Faubert (mil.) s. m. Epaulette.
Faubourg Q s. m. Etre faubourg
Saint- Germain, être distingué.
Faubourien O s. m. Ouvrier habi-
tant les quartiers excentriques.
Fauchants = Faucheux #
s. m. pi. Ciseaux.
Fauch e-Ardent0s.m .Mouchettes.
Faucher v.a. et v.n. || 1. # Fau-
cher le grand pré = Faucher au
dur, aller aux travaux forcés. ||
Il 2. Etre fauché, être décavé,
ruiné, sans le sou. || 3, Faucher
dans le pont = Couper dans le
pont. yoy. Couper. \\ 4. Guillotiner.
Faucheur # s. m. || 1. Voleur qui
coupe les poches, les chaînes de
montre. 1| 2. Bourreau.
Faucheuse # s.f. La guillotine.
Faucheux s. m. || 1. # voy. Fau-
FAUCUON.
— H6 — FERBLANTERIE.
cheur. \\ 2. (pays.) Celui qui fau-
che. Il 3. # m. pi. Ciseaux.
Fauchon s. m. Sabre.
Fauchure % s.f. Coupure.
Fauffe # s.f. = Fausse. Tabatière.
Faussante s.f. Fausse déclara-
lion de nom et d'adresse.
Fausse s.f. = Fauve =■ Fauffe.
Tabatière.
Fausse-couche s.f. Avorton.
Fauter v.n. Commettre une
faute. On dit d'une fille qui a un
enfant, qu'elle a fauté.
Fauve # s.f. =i Fauffe. Tabatière.
Fauvette # s.f. Fauvette à tête
noire, gendarme. (Rigaud)
Faux s.f. Gerber à la faux, con-
damner à mort =: Faucher {i).
Faux-col s. m. Mousse au-dessus
du verre. « Unhock sans faux-col l »
Fave % s. m. voy. Faflard.
Favori Q (sport) s. m. Cheval en fa-
veur avant la course, considéré
comme ayant le plus de chances
de la gagner.
Fayot s. m. Haricot. En prov.
faïou, en lat. faseolus m. s.
Fée s.f. Il 1. Amour. || 2. #
Jeune fille, maîtresse. — Fée aux
yeux verts, absinthe.
Fée Carabosse s f . Vieille
femme laide et méchante.
Féesant a. Amoureux.
Feignant s. m. = Faignant.
Fainéant.
Fêler v.a. Avoir le coco fêlé =
Etre loufoi/ue, v.c.m. — Se fêler
v.pr., devenir fou.
Félibre Q s. m. Membre d'une so-
ciété poétique composée de Pro-
vençaux, qui a pour président le
poète Mistral.
Félibrige O s. m. Ce qui se rap-
porte aux coutumes et au genre
de poésie des félibreSj v.c.m.
Felouse s.f. Pour /enowse, v.c.m.
Prairie.
Femelle s.f. Femme, dans un sens
méprisant, a Quelle sale femelle!»
Féministe Qs-m. Partisan de l'é-
mancipation de la femme.
Femme s.f. Femme à soldats,
prostituée qui recherche particu-
lièrement les soldats. — Faire une
femme, voy. Faire. — Badigeonner
la femme au puits, mentir. Voy.
Badigeonner.
Fenasse s.f. Fainéant.
Fendant =: Fendard s. m.
Matamore, fanfaron; « Faire son
fendard. »
Fendante # s.f. Porte.
Fendre v.a Fendre le cul (à une
carte), la prendre avec une carte
supérieure. «Je lui fends le cub^,
je prends ! — (Mil.) Fendre Voreille
à quelqu'un, le mettre à la re-
traite. — Se fendre, v.pr., être
généreux. — Se fendre d'un litre,
payer un litre. « Cinq sous de
pourboire! le gonce ne s'est
pas fendu. »
Fenêtre s.f. Faire la fenêtre,
femme qui attire les hommes
chez elle en se mettant à sa fe-
nêtre. — Boucher une fenêtre à
quelqu'un, donner un coup de
poing sur l'œil. — # Mettre la
tête à la fenêtre, être guillotiné;
(passer son cou dans la lunette).
Fenêtrière s.f. Femme qui fait
la fenêtre, v.c.m.
Fenin =: Fainin s.m. Centime.
AU. Pfenning^ m. s.
Fenouse 9 s.f. Prairie. Du vx mot
fen, foin.
Féodec0a. Arbitraire. Du fr.féodal.
Fer s.m. Employer les fers, em-
ployer les forceps. — Fer à cheval,
barbe taillée en fer à cheval.
Fer-blanc s.m. Soldat de fer-
blanc, soldat sans bravoure. —
Rognures de fer-blanc, médailles
d'argent, décorations.
Ferblanterie s.f. Etaler sa fer-
blanterie, porter des décorations .
FERBLANTIER.
il7 —
FICELLE.
Ferblantier s.ni. Commissaire
de la marine.
Ferlampier s.m.^Ferlandier.
Il 1. Malheureux, misérable.
I 2. Bandit. De Tall. verlump-
ter, déguenillé.
Ferla ndier s.m. := FeiHampier.
Bandit.
Ferlingante # s.f. Faïence, vais-
selle.
Ferloques s.f.pl.Vieilles loques.
Fermer v.a. Fermer son plumb,
sa boile, se taire.
Féroce a. et s. m. Cest un fé-
rocCy il est tout entier à son de-
voir. — // n est pas féroce, il n'est
pas capable. [Larchey]
Ferraille s.f. Monnaie de
cuivre. — Faire crosser sa fer-
raille, ïaire sonner son argent. —
Ferraille doranchée, bijouterie en
doublé.
Ferrer0 v.a. Ferrer le goujon, le
faire mordre à l'hameçon. —Etre
ferré, être fort sur une chose.
Ftrrer lescigales, perdreson temps.
Fertanpe r= Fertille s.f.
Paille. Mot du Centre de la France.
Elle frétille quand on Fagite.
Fertillante # s.f. Vov. Fertange,
Paille.
Fesse s.f. Fille, femme. — Maga-
sin de fesses, maison où il y a
beaucoup de femmes.
Festillante 9 s.f. =: Frétillante.
Queue.
Festonner Q v.n. Faire des zig-
zags en marchant, comme quand
on est ivre.
Fêtard O s. m. Yiveur, noceur.
Fête s.f. FtHe de boudins, réveil-
lon, où Ton mange des boudins.
— Etre de la fête, être riche. —
Faire la fête, s'amuser, mener
la vie largement.
Fétiche Q s.m. = Porte- bonheur.
Objet auquel on attribue la pro-
priété de porter bonheur.
Feu s.m. Q II n'y n vu que du feu^
il n'y a rien vu; (il a été ébloui,
aveuglé). — Ne pas s'embêter dans
les feux de file, être indépendant.
[Larchey]
Feuille (V) s.f. Bourse, et par ext.,
poche. O Feuille de choux, publi-
cation éphémère , journal sans
importance. — Prendre quelqu'un
par ses feuilles de chou, lui tirer
les oreilles. Aller voir la feuille
à Venvers, s'asseoir, se coucher
sous les arbres. — Vin de trois
feuilles, vin de trois ans. — Faire
feuille de rose, (obsc.)
Feuillet s.m. Pédérastie. Retourner
le feuillet, (obsc.)
Feuilleté O ^- (bateau feuilleté,
gâteau dont les parties sont super-
posées en feuilles légères. — Se-
melle feuilletée, semelle dont les
couches de cuir se détachent.
Fiacre O s.m. Faire une chose
comme un fiacre, faire une chose
de travers. — Jouer comme un
fiacre, mal jouer. (( Mon cher
ami, — me dirais-je dans un
court monologue. — depuis vingt
ans, tu gouvernes comme un fiacre,
et tu terais mieux d aller sur-
veiller tes salades.» [Fr. Coppée]
Remiser son fiacre, mourir ; (se dit
d'un cocher).
Ficeler v.a. I| 1. Se fi^xler, s'ha-
biller. Bien ficelé ou mal ficelé,
bien ou mal habillé. || 2. Suivre,
= filer. [Rigaud]
Ficelle Q s-f- et a. || 1. Moyen.
Truc de métier, procédé facile.
^ (Thé.) Procédés vulgaires que
l'on emploie pour faire une pièce
ou pour y jouer un rôle. Les fi-
celles font'mouvoir les marionnet-
tes. Il 2. a. Malin, rusé, flatteur.
— Homme ficelle, homme d'une
habileté sournoise. — Cheval fi-
celle, cheval de course léger et
décousu. [Larchey] — (Mil.) Fi-
FICHAISE.
118
FIGNOLEUR.
celle rouge, soldat de première
classe.
Fichaise Q s.f. = Foutaise. Cest de
la fichaise, ce n'est rien.
Fichant Q a. ^= Foutant. En-
nuyeux, embêtant, contrariant.
Ficher v.a. Faire. Qu'est-ce que
tu fiches? qu'est-ce que tu fais?
Tu n'en fiches pas un clou, tu n'en
fais rien.
Ficher v.a. Mettre. On va te
ficher à la porte, on va te ren-
voyer, te mettre à la porte. — Se
ficher, v.pr., se moquer = Se
foutre, v.c.m. « Use fiche de moi. »
Fichtre Juron. Var. de foutre,
fouchtra!
Fichtrement adv. = Bougre-
ment. Extrêmement.
Fichu a. Perdu, ruine. — Il est
fichu de ne pas venir, il est capable
de ne pas venir. — Etre mal fichu,
être dans une position critique. —
Fichu comme quatre sous, il est
mal habillé.
Fidibus Q s. m. Allumette de pa-
pier. De fidelibus, nom que Ton
donnait aux étudiants allemands,
ceux-ci allumant ordinairement
leurs pipes avec ces tubes de pa-
pier, formés le plus souvent des
feuillets où étaient écrits les dis-
cours à eux adressés par les pro-
fesseurs.
Fielders (sport.) s. m. pi. Ensemble
des individus qui ont fait des
paris de courses contre un ou
plusieurs favoris, v.c.m. [Parent]
Fienter v.n. Faire ses be-
soins.
Fier a. Il a un fier toupet, il a
un fameux aplomb.
Fier-à-bras s. m. Ce mot qui
en fr. signifie fanfaron, désigne
un homme fort dans le langage
populaire. De Fierabras nom du
roi légendaire du cycle carlovin-
gien qui osa défier d'une seule
fois six des preux de Charle-
magne.
Fierot a. et s. m. Fier.
Fieu s. m. Enfant.
Fièvre # s.f. Accès de fièvre céré-
brale, accusation pouvant entraî-
ner la peine capitale. — Redou-
blement de fièvre, réquisitoire dans
une affaire entraînant la peine de
mort^
Fiferlin = Fifrelin s. m. Sol-
dat. [Rigaud] — Faire la part au
fifrelin, être tombé au sort.
Fifî s. m. Vidangeur; (vx.) Ce
mot qui se trouve dans le suppl.
du Dict. de Littré figure déjà avec
ce sens dans une ordonnance de
1350.
Fiflot (mil.) s. m. = Lignard. Fan-
tassin.
Fifrelin == Fiferlin s. m. Peu
de chose. «Ça ne vaut pas un
fifrelin, » ça ne vaut pas grand'-
chose.
Figaro s. m. Avoir un figoro, ex-
pression des garçons de café pour
désigner le client qui ne donne
pas de pourboire. Ils s'avertissent
entre collègues en criant : u Pas-
sez le Figaro ! »
Figé s. m. Juge; (il semble figé
sur son siège).
Figer (se) v.pr. Avoir froid,
s'engourdir.
Fignard = Figne = Fignedé
s. m. Anus.
Fignolade # (thé.) s.f. Enjolive-
ment.
Fignole a. Joli
Alors aboula du sabri
Moure au brisant comme un cabri
Une fignole gosseline.
[J. Richepln].
Fignolé a. Enjolivé.
Fignoler O v.a. Finir avec soin,
enjoliver.
FignoleurO s.m. Homme méticu-
leux dans son travail, enjoliveur.
FIGURANT.
— H9
FINI.
Figurant (llié.) s. m. Celui qui ne
fait que paraître dans une pièce,
sans avoir rien à dire. — Figurant
de la Morgue, individu qui a mau-
vaise mine, paie, défait, qui res-
semble à un cadavre.
Figuration (thé.) s. f. Ensemble de
figurants.
Figure s.f. Derrière. — Avoir
une figure comme te cul d'un pauvre
homme^ avoir une figure rouge et
ronde. — Figure de papier mâché,
visage pâle.
Figurer (thé.) v.n. Paraître sur la
scène sans avoir rien à dire.
Fil s. m. Lâcher un fil, uriner.
— Ne plus avoir de fil sur la bo-
bine, de cheveux sur la tête. —
N'avoir pas inventé le fil à couper
le beurre, n'être pas malin. — Fil
en quatre, eau-de vie. — # Fil de
soie, voleur.
Filage s. m. = Filature. Action
de filer une carte. Voy. Filer.
Filandreux O a- et' s.m. Style
filandreux, prétentieux et en-
nuyeux.
Filasse s.f. Cheveux filasse, che-
veux d'un blond fade. — Se fourrer
dans la filasse, aller se coucher.
Filature = File # s.f. Surveil-
lance exercée par un agent de la
sûreté. — Lâcher de la filature à
quelqu'un, prendre quelqu'un en
filature, le suivre partout.
Filée (B) # s.f. Barbe.
Filer v.a. || 1. • Voler. I| 2. Q
Suivre, surveiller. — Q Filer
une carte, tricherie qui consiste
à donnerune carte pour une autre ;
(joueurs.) — Faire filer, dérober.
[Rigaud] — # Se filer, v.pr.,
s'introduire subrepticement. —
O Filer le parfait amour, courtiser
avec passion. — Filer le plato,
aimer platoniquement. — (Mar.)
Filer son cable par le bout, s'en-
fuir. — Filer son nœud , s'en
aller. — # Filer une pelure^ voler
un paletot. — Filer la comète,
être sans domicile et se prome-
ner toute la nuit dehors.
Filet O s.m. Jet de liquide, très
mince. « Un filet de vinaigre. »
— Lâcher un filet, uriner. — Avoir
le filet bien coupé, être bavard =
Avoir la langue bien pendue.
Fileur Q s.m. Agent de la sûreté,
ou individu quelconque qui en
surveille un autre.
Fileuse # s.f. Individu qui fait
donner de l'argent à des voleurs,
sous menace de les dénoncer.
Pillasse s.f. Fille de mauvaises
mœurs; fille sale, grossière.
Fille O s.f. Fille a amour, pros-
tituée, exploitée par une autre.
— Fille en carte, fille soumise,
prostituée surveillée par la police.
— Fille de maison, fille de lupanar.
— Fille de marbre, courtisane in-
téressée et sans cœur. — Fille re-
misée = Vieille garde, v.c.m. —
Une fille, une bouteille.
Filler du prois (B) v.a. Faire ses
besoins.
Fillette s.f. Demi-bouteille.
Flloche s.f. Bourse. — Avoir sa
filoche à jeun, bourse vide. — Fi-
loche du trèpe, le palais de la
Bourse.
Filets (B) # s. m. pi. Cheveux.
Filsange # s.f. Filoselle.
Fils-de-fer Q s. m. pi. Jambes lon-
gues et fluettes.
Fin O s.f. Faire une fin, se
marier.
Fine Q s.f. Fine Champagne « Un
verre de fine. » (abrév.) — La
plus fine, matière de vidange. —
Fine pégrenne, agonie. —
(St-C.) Fine-galette , Saint-Cyrien
non gradé. — Fine basane, cava-
lier de Saint-Cyr.
Finette s.f. Poche secrète.
Fini O a- Usé. Homme fini, homme
FINOCHER.
120
FLAMBERT.
usé au physique et au moral,
quelquefois des deux façons.
FinociierOv.a.=:Fi^no/er,v.c.m.
Fiole s.f. Tête, visage, figure.
« fai soupe de ta fiole,'' n m. à m.,
j'ai assez de ta tête, j'ai assez de
toi.
Fioler v.a. || 1. Boire. Fioler le
rouomme , boire de Teau-de-vie.
Il 2. # Dévisager.
Fioleur s.!!!.*^ Buveur, ivrogne.
Fion O s.m. Donner le coup de fion
à quelque chose,p3.rsiche\eT,donner
le dernier coup de main.
Fionner Q v.n. Faire le beau, pa-
rader, se pavaner.
Fionneur O s. m. Elégant préten-
tieux.
Fioritures Q s.f.pl. Faire des fio-
ritures, faire des enjolivements,
ajouter des agréments de fantaisie.
Fiotte s.f. Petite fille.
Fiquer # v.a. Poignarder, donner
des coups de couteau.
Fiques # s.f.pl. Hardes.
Fiscal a. Elégant. [Lârchey]
Fish s. m. Souteneur; (poisson
en ang.)
Fissure Q s.f. Avoir une fissure,
être un peu fou.
Fiston s.m. Mon fiston, mot
d'amitié.
Five o'clock tea Q s.m. Thé de
cinq heures ; (angl.) Réunion de
personnes qui a lieu dans l'après-
midi, et où l'on offre le thé, avec
des gâteaux.
Fixé adv. C'est fixé! c'est en-
tendu.
Flac % s.m. Flac d'al, sac d'ar-
gent; pour flac de date =z Fia-
cul.
Flache s.m. =z Flanche, v.c.m.
Flacher v.n. = Flancher, v.c.m.
Plaisanter.
Flacon s,m. Soulier. Déboucher
ses flacons, se déchausser.
Flacul # s.m. = Flac. \\ 1. Lit.
Il 2. Sac d'argent. Pour flague^
= blague, sac. [Timmermans]
Flafla O s.m. Etalage. « Faire du
flafla, » Ostentation vaine ; {flare,
souffler.)
Flageoler v.a. Flatter. (Corr.
de cajoler.)
Flageolets O s. m. pi. Jambes
minces. « Etre monté sur des fla-
geolets. » Traduction comique du
lat. tibia, jambe et flûte. [Timmer-
MANS]
S.m. Flatteur,
s.m. Trompeur de
Flageoleur
Flamangel
filles.
Flambant a. et s.m. (j 1. Ecla-
tant, superbe. « Tout flambant
neuf. » Il 2, (mil.J Artilleur à
cheval.
Flambard s.m. || 1. = Flam-
bant. Sabre. || 2. Matelot, et par
ext., canotier.
Tas d'chicards,
Tas d'/lambardfi,
Les canotiers de la Seine,
Sont partout bien reçus,
Et partout font du chahut.
Flambarde s.f. Chandelle.
Flambart (B) s.m. =: Flam-
bard. Poignard. Couteau poi-
gnard.
Flambe (B) s.f. Epée. # Petite
flambe, couteau.
Flambeau s.m, |1 1. O Homme su-
périeur qui se distingue par son
talent. || 2. # Affaire, métier, jj 3.
Invention. || 4. Avoir le flam-
beau, être habile, adroit.
Flamber v.n. || 1. Briller. || 2.
Amuser le public ; (arg. des fo-
rains.) || 3. Etre flambé, msàside,
sans espoir de guérison.
Flamberge s.f. Epée. Mettre
flamber ge au vent, dégainer. De
flambe, épée, et de Tall. bergen,
abriter. [Timmerma^s]
Flambert O s.m. pour Flambard.
Poignard.
FLAMSIK.
— 12i
FLEMME.
Flamsik = Flamsique # s. m.
Flamand.
Flan O s. m. Du flan = Des nèfles
= 7Mt, non. — Donner du flan ou
de la galette, ne rien donner. —
A la flan, simplement, franche-
ment. = A la bonne flanquette
fpour franquette). — # C'est du
flan, c'est permis. — Voler à la
flan, voler à l'aide de fausses
clés, dans la première maison
venue, sans préméditation.
Flanc O s. m. Etre sur le flanc, être
alité pour cause de maladie. —
S'en battre les flancs, s'en moquer.
Flanchard s. m. =nr Flancheur.
Poltron.
Flanche # s.f. || 1. Malice, ruse.
— Grande flanche, jeu de roulette
et de Irenle-et-quarante à Monaco.
Il 2. s. m. Affaire. C'est un
mauvais flanche, c'est une mau-
vaise affaire.
Flancher v.n. jj 1. Avoir peur;
(pour iléchir, devenir flasque.)
Tricher. Tenir un jeu clan-
destin pour attraper les badauds.
— Flancher au frotin, jouer au
billard. — Flancher à la resaute,
jouer à la balle.
Flanchet % s. m. Part, lot.
Flancheur s. m. || 1. Poltron.
Il 2. # Joueur.
Flandrin s. m. |[ 1. Paresseux;
« Grand flandrin. » || 2. Flamand ;
de Flandre.
Flâne s.f. Flâneur, flânerie.
Flanelle s.f. = Flâneur. — C'es«
de la flanelle, faire flanelle, aller
dans une maison de tolérance
sans y rien dépenser..'Par j.d.m.
sur flâner.
Flâneuse O s.f. Sopha, chaise-
longue.
Flânocher — Flânotter v.n.
Augm. de flâner.
Flanquage s.m. Action de flan-
quer, v.c.m.
Flanque s.f. Plaisanterie, rail-
lerie.
Flanquer v.a. voy. Ficher =z
Foutre. — Flanquer" à la porte,
mettre à la porte. En ang. tofling,
lancer.
Flaquada adv. Aller à fla-
quada voy. Flaquader.
Flaquader v.n. Faire ses be-
soins.
Flaquadin 0s.m. Lâche, poltron.
Flaque # s.f. Sac de femme, voy.
flacul.
Flaquer v.n. = Flaquader.
Il 1. Faire ses besoins. — Faire
flaquer quelqu'un, VcnnuycrVem...
bêler. — Flaquer des châsses,
pleurer. || 2. Mentir.
Flaquet # s.m. || 1. Gousset. [Mi-
chel] Il 2. Plafond.
Flasquer v.n. = Flaquer.
Faire ses besoins; îîXaxdç, plat.
[TiMMERMANs] Flasqucr du poivre
à quelqu'un, le fuir.
Flatar s.m. Fiacre.
Flauper v.a. Battre. Var. de
frapper pour flapper, en ang. to
flap, to wallop, donner un coup
de la main plate ou d'un instru-
ment fait comme elle. [Timmermans]
Fléchard s.m. = Flèche s.f.
Sou. Deux flèches de semper, deux
sous de tabac.
Flémard s.m. Paresseux, celui
qui travaille lentement.
Flémer v.n. = Avoir la flème,
v.c.m. ne pas travailler.
Flemme = Flème s.f. || 1. Pa-
resse. — Avoir la flemme, être
paresseux. — Battre la flemme,
ne rien faire.
Mine' qu'on pourra tirer sa flemme.
On f'ra tous les jours el' lundi !
Oui, mais si n'y a pus dlatronspème,
Qui qui f'ra la paye 1 sam'di.
(A. Bruant).
Il 2. Paresseux; « C'est une rude
flemme. » Du fr. flegme, froideur.
FLEUR.
122 -
FLOUEUR.
Fleur s.f. Fleurs rouges, mens-
trues. — Fleur de macadam, pro-
stituée qui raccroche. — Fleur du
mal, tribade. — Fleur des pois,
élégant. % — Fleur de mai =
Fleur de mari pour fleur de Marie,
j.d.m. virginité. — Etre fleur,
être sans condamnations, être
sans le sou.
Fleurant # s. m. Bouquet.
Fleuron s. m. Mensonge.
Flibocheuse s.f. Soupeuse af-
famée et rapace. (Rigaud)
Flic-flac % s. m. ■=: Fric- frac, effrac-
tion. • — Faire le flic-flac, fracturer.
Flic-flaquer v.n. Fracturer une
serrure.
Fligadier s. m. Sou.
Flingot s.m. || 1. Fusil. Ail.
flinte, fusil de chasse. || 2. Fusil
de boucher. 1| 3. Corps humain.
— Se garnir le flingot, manger.
Flingue (mar.) s.f. voy. Flingot{i}.
Flippe s.f. Il 1. Faire un flippe,
voy. Philippe. \\ 2. Mauvaise com-
pagnie, voyou. Var. de. fripouille.
[TlMMERMANS]
Fliquadard = Fliquard s.m.
= Flique. Agent de police.
Flique # s.m. Agent de police.
Il tlaire.
Flirt, Flirtases.m.=FlirtationO
s.f. Badinage, causerie, sorte d'in-
timité entre homme et femme, qui
n'est ni de l'amitié, ni de Famour.
\o\. flirter, (prononcez fleurt).
Flirter O v.n. Causer, échanger
ses impressions. Du vx fr. fleureter,
babiller, à rapprocher de l'expres-
sion française « conter fleurette »,
faire des compliments légers. Ce
mot nous est revenu anglicisé.
(Voy. flirta.
Flirteur Q s.m. Qui aime à flirter,
v.c.m. et flirt.
Floars (V) adj.m.pl. Habiles,
adroits. Ce mot a formé le mot
fr. floueur.
Flogie (V) s.f. Toison. Rapprocher
ce mot des mots fr. floche, flocon.
Flome # s.f. voy. Floume.
Flon-flons s.m. pi. Refrains in-
signifiants. Chansons triviales.
Floppée s.f. Il f. Volée de
coups. Il 2. Quantité, foule. « Il y
avait une floppée de monde au
bois de Vincennes.))Du gr. -oXJç,
nombreux et Tzaîw, frapper.
Flopper v.a. Battre.
Floquot % s.m. Tiroir.
Florès s. Q Faire florès, réussir;
par ext. du s. fr. briller du lat.
flores, fleurs; comparaison avec la
plante qui réussit à fleurir.
Flotiére # s.f. voy. Floutière.
Flottant s.m. jfl. Poisson. || 2.
# Bal de souteneurs. (Rigaud)
Flottante % s.f. Embarcation.
Flottard O s.m. Élève de l'Ecole
navale.
Flotte O s-^- Il 1- Pension en ar-
gent. « Il a reçu sa flotte. Sa flotte
est arrivée. » |I 2. Société, réu-
nion. Être de la flotte, faire par-
tie de la société, de l'association.
Du vx fr. flotte, foule. || 3. #
Bain.
Flotter v.n. Nager. Se faire
flotter, se noyer. Faire flotter,
noyer.
Flotteur s.m. |j 1. Nageur. || 2.|
Noyé. I
Flou a. et s.m. || f. # Non, rien. ''
Faire flou, ne rien trouver. Du
lat. fluidus, fluide. || 2.Flou-chipef
filou = Chipeur. (Abrév.)
Flouant # s.m. Le flouant, la salle
de spectacle. (Larchey). — Le jeu.
Floue % s.f. Foule m. déf. du vx
fr. flotte, m. s.
Flouer # v.a. et v.n. Voler au
jeu, escroquer.
Flouerie s.f. Tromperie, escro-
querie, filouterie.
Floueur s.m., Floueuse s.f.
Trompeur, voleur, escroc.
FLOUME.
— i23
FORGER.
Floume s.t". = Flnmc. Femme.
Floutière # s.t". voy. Flou {\).
Non, rien.
Flube # s.f. Peur.
Fluber v.n. Voy. Flamber (2).
Jouer la comédie,
Flume s. m. Crachat. — Avoir
des flumes, s'engorger.
Flûte s.f. Jamb(î. — Jouer ou
se tirer des flûtes, se sauver. —
Astiquer ses flûtes, se préparer à
fuir. — Ajuster ses flûtes, prépa-
rer ses moyens d'action. — Avoir
toujours la flûte au cul, prendre
souvent des clystères. — Flûte,
des flûtes, non. Terme de mépris,
j)araît être une var. de zut.
Flûtencul s. m. Apothicaire. Il
donnait autrefois des clystères.
Flûter v.n. lîoire. ' — (''est
comme si vous flûtiez ou vous
chantiez, vous aurez beau faire,
c'est inutile. Envoyer flûter^ en-
voyer promener.
Flux O s. m. Avoir le flux, avoir
peur. (RiGALu)
Fluxion # s.f. Peur. Pincer une
fluxion, avoir |)eur.
Focard s. m. Fou; dér. de lou-
foque.
Fœius % (écol.). Elève de première
année à l'Ecole de chirurgie.
Fogner v.n. Faire ses besoins.
Foie s. m. Foie blanc, lâche, pol-
tron qui abandonne ses complices
pour les dénoncer. — Avoir les
foies blancs, manquer de courage.
Foignard (B) s. m. Soldat.
Foigne (B) s.f. La guerre.
Foin s. m. Faire du foin, faire
du bruit.
Foirade s.f. voy. Flux.
Foire s.f. Diarrhée, du lat. foria,
— Acheter à la foire d'Empoigne,
voler, voy. Ampoigne.
Foirer v.n. Avoir peur. Ext. du
. s. fr.
Foireux s. m. Poltron.
Foiron s. m. Derrière.
Foisonner v.n. Pour empoison-
ner. Sentir mauvais.
Folichonnade s.f. fiaîlé.
Folichonnette0s.f. (Jaic, folâtre.
Folichonneur Q ^-^i- i>oute-en-
Iraiu.
Foncer H 1. v.n. Foncer à Vap-
pointement, se faire payer. — Fon-
cer sur quelqu'un, se précipiter.
Il 2. v.a. Donner, payer. « Fon-
cer du pèze. » Il 3. Se foncer,
v.pr., se griser.
Fonction (ty|).) s.f. Faire des fonc-
tions, faire lout ce qui est en de-
hors de la composition, du cli-
chage et du tirage.
Fond ^ s. m. Être à fond de cale, cire
sans le sou. — # Fond de pêche,
nombril ; allus. de forme.
Fondant s. m. Fieurre.
Fondre vu. Disparaître. — Se
sauver.
Fondrière s.f. Poche.
Fonfe s.f. Voy. Fauffe = Fonfière.
Fonts s. m. pi. Être sur les fonts
de baptême, être engagé dans une
mauvaise affaire.
Forage s. m. Vol au forage ou à
la graisse, vol qui consiste à creu-
ser les bijoux pour en enlever l'or
et le remplacer par du plomb,
en laissant les marques du poin-
çon. [Rigald]
Forcir Q v.n. Fortifier.
Foresque# s.m. Forain (marchand).
Forest du prois (la) (Bj s.f. Haut
de chausses.
Forêt s.f. Forêt de Mont-Rubin,
égout.
Forêt noire s.f. Carreau du
Temple.
Forfait Q (sport) s. m. Déclarer for-
fait, retirer un cheval avant la
course.
Forfante#s.m. Forfanterie (abr.).
Forger || 1. (Equit.) v.n. Rassem-
bler les jambes d'un cheval. || 2.
FORGERIE.
— 124 ~
FOUILLOTTER.
Y. a. O Créer. Forger un mot, in-
venter un mot.
Forgerie s.f. Mensonge.
Forme (sport) s.f. Ce cheval est en
forme, il est prêt pour faire une
bonne course. % La forme, vx m.
Case ou cellule du pilori ou gibet
de Montfaucon, Villon l'appelait
la hurme , de Tesp . horma ,
forme.
Formiste (art.) s. m. Peintre ou
sculpteur qui s'attache surtout à
la forme.
Fort a. « Ça n'est pas fort, » ça
n'est pas intelligent, ça n'est pas
extraordinaire. — « Cest plus fort
que jouer au bouchon avec des
confetti; on ajoute même: dans la
neige quand il fait du vent »,(( c'est
invraisemblable, impossible! »
Fortanche 9 s.f. Fortune. — Vol à
la bonne fortanche, vol à la bonne
aventure.
Forte s.f. En dire de fortes, dire
des choses incroyables, impossi-
bles, etc.
Fort-en-gueule s. m. Braillard,
qui est très fort en paroles, mais
qui manque d'action.
Fort-en-mie s. m. Homme gros.
Fort-en-thème O s. m. Jeune
homme qui a eu du succès dans
ses études.
Fortifes s.f.pl. Fortifications
(abrév.).
Fortification Q s.f. Bande de
billard. Etre protégé par les for-
tifications, avoir sa bille contre
la bande (terme du jeu de billard).
Fortin # s. m. Poivre.
Fortinière % s.f. Poivrière.
Fossé O s. m. Sauter le fossé, se
marier.
Fossile O IM- a. Ancien, suranné.
Il 2. s. m. Académicien.
Fouailler v.n. Manquer de cou-
rage quand il faut en avoir, recu-
ler au moment du danger.
Fouailleur s. m. Poltron, qui
recule devant un danger,
Fouataison # s.f. Canne. (Rigaud)
— Fouataison llngrée, canne à.
épée. — Fouataison mastarée^
canne plombée. Formé de fouet
et du suffixe aison.
Fouatter =3 Fouetter 0v.n.Puer,
Foucade s.f. Elan imprévu.
Travailler par foucades, travail-
ler par occasion, seulement quand
on y est disposé.
Fouchtra s. m. == Fichtre, en
auvergnat. — Un fouchtra, un au-
vergnat, par ext. un charbonnier^
un commissionnaire, parce que-
ce sont généralement des Auver-
gnats qui exercent ces professions.
Fouettant a. Puant.
Fouette-cul 0s.m. Maître d'école ;.
(vx.)
Fouetter v.n. Puer. Fouetter du
goulot, avoir mauvaise haleine.
Fouetteur s. m. Faisan; (il
fouette de sa longue queue.)
Fougueur s.m. Pour fourgueur.
Receleur.
Fouille (B) # s.f. = Fouillouse.
Bourse.
Fouiller Q v.a. Tu peux te fouil-
ler, non ; m. à. m. : cherche en vain
dans toutes tes poches, tune trou-
veras pas ce que tu cherches, tu ne-
réussiras pas.
Fouilleur s. m., Fouilleuse s.f.
# Individus chargés de fouiller
les prisonniers, ou les personnes-
qui entrent dans les hôpitaux; en
général, tous ceux qui fouillent.
Fouilleuse # s.f. Poche. =
Feuille, Fouille, Fouilloiise. « Plus,
d'aubert n'était en fouillouse. »
[Rabelais] Du lat. /"o/Zis, bourse;
altéré sous l'influence de fouiller.
Fouillonné a. Cassé, brisé,,
éclaté.
Fouillotter 0v.n. = Trouillotter,
Sentir mauvais. Foeteo, puer.
FOUILLOUSE.
125
FOURNAISE.
Fouillouse (V) (B) s.f. Bourse,
et par ext. poche. Où Ton fouille,
voy. FouiUeusc.
Pouinard s. m., Fouine s.f. Q =
Fouineur. Malin, rusé, qui dé-
couvre les bons coups à faire.
Fouiner O v.n. S'occuper des affai-
res des autres, se mêler de ce qui
ne nous regarde pas, imiter la
fouine qui fourre partout son
museau.
Fouineur s. m. voy. Fouinard,
Fouitenard s. m. Pantalon. A
rapprocher de fouatter, v.c.m.
Foulage s. m. Travail pressé.
Voy. Fouler.
Foule s.f. Faire foule, amasser,
attirer le monde ; avoir du succès
en public.
Fouler v.a. Se fouler larate, tra-
vailler beaucoup. — Il ne se foule
pas le poignet, la rate, il ne se la
foule pas, il ne fait pas grand'
chose, il est paresseux.
Foultitude s.f. Quantité. De
foule et de la terminaison de mul-
titude.
Fouquer (B)0v.a. Bailler, donner.
Four s. m. Gosier. — Chauffer
le four, boire beaucoup. — Faire
four, ne pas réussir. Abrév. de
fourvoyer. [Gh. Toubin] Apocope
comme les mots : occas, type,
démoc, etc. — # Four chaud.''\\ 1 .
Poche. Il 2. Torture. I| 3. Enfer.
Four banal, omnibus.
Fouraillis # s. m. Lieu de recel.
Fourbi s. m. (ar.al.) || 1. Métier,
truc. — Connaître le fourbi, con-
naîlre tout ce qui concerne sa
profession. || 2. (mil.) Bâcler un
fourbi, nettoyer la chambre d'un
officier. || 3. Argent provenant
de vol; (Larchey) friponnerie.
Fourbis s. m. Commerce, jeu,
travail. <( A c' fourbis-là, on n^fait
pas fortune. »
Fourcandière % s.f. Voy. Épouser.
Fourche # s.f. Fourche à faner,
cavalier (soldat).
Fourchette O s.f. \\ i. C'est une
belle fourchette, personne de bon
appétit. Il 2. Doigts. Se servir de
la fourchette du père Adam, man-
ger avec les doigts. — Marquer à la
fourchette, niarquer plus de points
qu'on n'en a fait en jouant.
Coup de fourchette, enfoncer deux
doigts écartés dans les yeux.
Fourchu s. m Bœuf.
Fourchue 9 s.f. Receleuse.
Fourdante fantoche (B) s.f.
Grande justice.
Fourdolle (B) s.f. Potence.
Fourdu (B) s. m. Pendu.
Fourgaine 9 s.f. Canne en jonc.
Fourgatte s.f., Fourgat s. m. %
Receleur.
Fourgature # s.f. Marchandise
recelée.
Fourgonnier # s. m. Cantinier du
bagne.
Fourgue 9 s. m. = Fourgat. Re-
celeur.
Fourguer # v.a. Vendre à un re-
celeur.
Fourline # s.f. || 1. Voleur à la
tire. Il 2. Meurtrier.
Fourliner v.a. Voler adroite-
ment.
Fourlineur s. m. voy. Fourline.
Fourlourd # s. m. Malade.
Fourlourde s.f. Infirmerie du
bagne.
Fourlourer # v.a. Assassiner.
Fourloureur s. m. Assassin.
Fourmillante # s.f. Foule.
Fourmiller v.n. Marcher vite.
Fourmilion # s. m. j] 1. Fourmil-
lonaubeurre, Bourse. \\ 2. Marché.
Fourmilion à cabots, marché aux
chiens. Fourmilion à gayets, mar-
ché aux chevaux,
Fourmillonneur # s. m. Mar-
cheur.
Fournaise # s.f. La fournaise^
FOURNALISTE.
126 —
FRALIN.
faux monnayeur qui écoule la
fausse monnaie pendant que son
complice fait le guet.
Fournaliste s. m. Ouvrier pâ-
tissier.
Fourneau s. m. et a. I| 1. Vaga-
bond, mendiant, habitué des asi-
les de nuit et des fourneaux phi-
lanthropiques. — Démurger en
fourneau, s'en aller sans rien
dire. || 2. Imbécile, u Va donc,
eh ! fourneau ! »
Fournier s. m. 1| 1. Cuisinier
dans un café. || 2. Voy. Verseur.
Fournil s. m. Lit.
Fourniller voy. Fournir.
Fournion s. m. Vermine.
Fournir = Fourniller (V) (obsc.)
v.a. Coïter. « Car je veux fourniller
en ton joli fourneau. » (Marc de
Papillon 1597) Du lat. furnus,
fourneau, qui a fait le m. fr. for-
niquer.
Fourniture Q s.f. Herbes que Ton
met dans la salade.
Fourobe # s.f. Fouille.
Fourober % v.a. Fouiller.
Fourrager v.a. etv.n. voy. Pelo-
ter.
Fourrageur s. m. voy. Peloteur.
Fourrer v.a. et v.pr. S'en
fourrer dans le gilet ou par le bec,
manger; m. à m., mettre dans le
four. — Se fourrer le doigt dans
Vœil, se tromper.
Fourrier Q © s. m. Faire le bon
fourrier, se conserver sa part
après avoir servi les autres. Faire
le mauvais fourrier, n'avoir plus
sa part après avoir fait un par-
tage.
Foutaise s.f. Bagatelle, peu de
chose.
Foutimacer = Foutimasser
v.n. S'occuper à des riens, dire
des niaiseries.
Foutimacîer s. m. Celui qui ne
fait rien de bon.
Foutinette O s.f. Femme galante;
(i792)
Foutîste O s.m. T= J'menfoutiste.
Individu indifférent à tout ce qui ii
se passe. J
Foutoir (obsc.) s. m. Boudoir -
galant.
Foutre v.a. et v.pr. j| 1. Engen-
drer. Du gr. çuTsuto, m. s. || 2. Pou- m
ire le camp, s'en aller. Altération *
du lat. fug gère castra. || 3. Se fou-
tre du monde, se moquer du
monde. Ce mot est grossier, on
dit plus familièrement fiche,
v.c.m. Il 4. s.m. (obsc.) Sperme.
Il 5. int. Juron = Fichtre! ^=
Fouchtra !
Foutreau0s.m. Bataille; (se fou-
tre des coups.)
Foutriot = Foutriquet s.m.
Il 1. Avorton. H 2. = Jean foutre^
propre à rien.
Foutu a. = Fichu, v.c.m.
Fouyou s.m. Gamin de Paris.
Frac # s.m. Paletot.
Fracassé # s.m. Celui qui porte
un paletot, (un frac). (Rigaud)
Fracasser v.a. Fracasser quel-
qu'un, le rouer de coups.
Fracturer v.pr. Se la fracturer,
= Se la briser, s'enfuir.
Fragrance Q s.f. Atmosphère em-
baumée. Du \?i{.fragrans, parfumé.
Fraîche s.f. Soràr à la fraîche,
sortir le matin ou le soir, quand
la température est fraîche. % La
fraîche, la cave.
Frais Q a. et s.m. Mauvais. « Ça
un artiste? Allons donc! Il est
frais le coco! » — Etre frais, être
dans une situation embarrassée.
Mettre quelqu'un au frais, = à
Vombre, en prison. — Faire ses
frais, être dédommagé des frais
que l'on a pu faire, réussir.
Fralin s.m., Fraline s.f. Frère,
sœur; par ext. ami, amie. Voy.
Frangin.
FRANC.
127 —
FRICOTER.
Franc s. et a. m. || 1. # Mensonge;
ironie. (Larchey) I| 2. Lieu fré-
quenté par les malfaiteurs. Tapii^
franc, cabaret de voleurs, || 3.
Franc-bourgeois, voleur du grand
monde. (Rig.vud) 1| 4. 9 Franc de
maison, receleur, logeur de vo-
leurs. (Michel) || 5. Q Franc fileur
individu qui file à l'étranger pour
échapper au service militaire. ||
6. # Cest franc! Il n'y a pas de
danger. || 7. (mil.) C'est franc! il
y a exemption, congé. « Pas
d'exercice demain, c'est franc! »
Il 8. # Affilié par serment à une
bande de malfaiteurs. (Larchev)
Il 9. % Franc-carreau, punition
infligée aux prisonniers, elle con-
siste à coucher en cellule sans
lit, (sur le carreau^. || 10. %
Homme sûr, éprouvé. ||U. (B)
FnmC'Cagou, lieutenant du roi;
Franc-foignart, capitaine; de foi-
gne, guerre. Franc-Mitou, Dieu;
Franc-Pilois, président; Franc-
Rnzis, pape; Franc-Ripault, roi;
Franc- Ripois, prince.
Franche (B) s.f. Franches volantes,
anges. Franche Ripe, reine.
Franchir # v.a. Donner un
baiser.
François % n.pr. Le coup du père
François, voy. Coup.
Frangin s. m. Frangine s.f.
Frère, sœur; par ext. ami, amie.
=: Fralin. — Frangin dnb, oncle.
— Frangine dabuche, tante. —
Frangin d'altèque, beau-frère. —
Us ne sont pas frangins, ils ne sont
pas amis. — Aller chez les fran-
gins, aller chez les Frères (de la
Doctrine chrétienne). — Frangine,
sœur de charité.
Frangir # v.a. Casser.
Franguettier # s. m. Tricheur.
Frapouille s.f. = Fripouille.
Vaurien.
Frappant O a. Ressemblant.
Frappart % s. m. Marteau. ^=Père
ou frère frappart.
Frapper v.a. et v.n. Q voy. Taper.
Frapper au monument, mourir.
Fraternel Q s. m. Frère.
Fraudeur % s. m. Boucher.
Frégate # s.f. H 1. = Corvette.
Pédéraste. || 2. (mar.) Chapeau
bicorne.
Frelampier s. m. voy. Ferlam-
picr.
Fremillante # s.f. = Fourmil-
lante. Assemblée, foule.
Fremion # s. m. Violon.
Fréquenter (se)Ov.pr. Onanisme.
Frère s. m. Etre frères de lit,
deux individus qui ont la môme
femme. # Frères de l'attrape,
agents de la police secrète = La
Sûreté. — Frère Thunard, pièce de
cinq francs. — Frère Frappart,
marteau. — Frère Jacques, ins-
trument d'effraction.
Frérot # s. m. Frérot delà cuque,
filou. (Michel)
Frétillante # s.f. || 1. Queue. || 2.
Danse. || 3. Plume (d'oiseau).
Frétille (B) s.f. =Fertille. Paille.
Frétiller v.n. Danser. « Frétil-
ler de la croupe. »
Frétillon Q s.f. Grisette, jeune
fille délurée.
Fretin s. m. == Fortin. Poivre.
Friauche # s.m. || 1. Assassin.
[| 2. Condamné à mort pourvu en
cassation. (Delvau)
Fricassé a. Perdu, ruiné. #
Etre fricassé, être condamné.
Fricassée s.f. Fricassée de mu-
seaux, embrassades. — Raclée.
Fric-frac s.m. Effraction.
Frichti (ar. al.) Fricot, régal.
Ail. Friihstûcken, déjeuner.
Fricotage s.m. (mil.) Faire du
fricotage voy. Fricoter.
Fricoter Q v.n. et v.a. || 1. =
Tripoter = Faire de la gratte^
faire des bénéfices illicites, il 2.
FRICOTEUR. — 128 —
FROISSEUX.
= Carotter le service, voy. carot-
ter (1).
Fricoteur O s.m. ||1. Celui qui
fricote. y o\.Fricoter{\). \\ 2. (mil).
Celui qui se débrouille et a tou-
jours ce qu'il lui faut.
Frigousse0 s.f. || 1. Cuisine, fri-
cot. Il 2. Bénéfice illicite.
Frigousser v.a. et v.n. || 1.
Faire la cuisine. || 2. Faire des
frigousses, v.c.m. (2).
Frileux s. m. Poltron.
Frimage s.m. || 1. Confronta-
lion. || 2. Action de frimer, v.c.
m. (3). Voy. Frime.
Frimager # v.n. Être con-
fronté.
Frime O s.f. Rien. Il est venu pour
la frime, il s'est dérangé pour
rien. Cest pour la frime, de la
frime, = C'est du frimage, ça
n'est pas sérieux, c'est pour rire,
pour faire semblant. Frime à
la manque, individu laid, défi-
guré. — Tomber en frime avec
quelqu'un, le rencontrer nez à
nez. Voy. Frimer (2).
Frimer v.n. et v.a. |I 1.= Mar-
quer. Je frime aussi bien que toi,
je fais aussi bonne figure. || 2. Il
frime mal, il a mauvaise mine.
Il 2. Regarder. Il 3. Faire sem-
blant, feindre.
Frimousse s.f. Figure, visage.
Cest pour ma frimousse, c'est
pour moi.
Frimousser % v.n. Tricher; m. à.
m. se réserver les cartes à figures
ou frimousses. [Larchey]
Frimousseur s.m. Tricheur.
Fringue s.f. = Frusque. Vête-
ment. (( Il n'y avait pas de frin-
gues à la boite. » Voy. Fringuer.
Fringuer % v.a. Habiller, vêtir,
costumer. — Se fringuer v.pr.,
s'habiller. Bien fringue, bien ha-
billé.
Fringueur # s.m. Tailleur, mar-
chand d'habits, costumier, habil-
leur.
Frio % s.m. Peur.
Friod a. Froid (anagramme).
« Il fait friod! »
Fripe s.f. || d. Nourriture. Du fr.
friper, manger avidement. — Faire
la fripe, faire la cuisine. || 2. La
fripe, friperie.
Fripier s.m. Cuisinier, gargotier.
Fripouille s.f. Gredin, voyou. ^
De la fripouille, chose sans va-'
leur, du fr. friperie.
Friques # s.f.pl. Vieux vête-
ments.
Friquet % [s.m. Mouchard. (Mi-
chel)
Frire v.a. Il n'y a rien à frire,
il n'y a rien à faire, aucun parti
à tirer. — Frire des œufs à quel-
qu'un, préparer un méchant tour.
# Frire un rigolo, \o\er, en l'em-
brassant, une personne qu'on!
s'excuse ensuite d'avoir prise pour]
une autre.
Frisco = Frisbi di. = Frisquet.
Froid. K II fait frisco. »
Frise Q s.f. (thé.) Toucher les frises,
aller aux frists, avoir un grand
talent d'artiste, s'élever dans son
art. (met.)
Friser 9 v.n. et v.a. Voler. — Friser
son nase, =: Faire son nez, être de
mauvaise humeur.
Frisquet Q »• ^ fail frisquet, il
fait froid.
Frisquette O s.f. Gentille.
Frit a. Etre frit = Etre cuit.
Perdu, ruiné. — Condamné.
Frites s.f.pl. Pommes de terre
frites. (( Deux sous de frites. »
Friturer v.a. || 1. Faire la cui-
sine. Il 2. Manger.
Froart (V) s.m. voy. Floars.
Froc (B) a. Double.
Froid s.m. N'avoir pas froid aux
yeux, être brave, intrépide.
Froisseux = FroUand = Frol-
FROLEUSE.
— 129 —
FUMISTERIE.
laux # s. m. Traître, calomnia-
tour. (Larchey)
FrôleuseO s.f. Prostituée qui rac-
croche.
Froller # v.n. Frollersur la balle,
dire du mal de q.q., le dénoncer.
Fromage Q s. m. Aller manger
du fromage, aller à Tenterre-
ment.
Fromgi s.m. Fromage, (abrév.)
Front s.m. Avoir le front dans
le cou, être chauve.
Froque s.f. Voy. Frusque.
Frotin s.m. = Crottin. Billard.
Frottant s.m. =Froisseux, etc.
Traître.
Frotte # s.f. La gale.
Frotteur s.m. Erotomane se frot-
tant aux femmes dans la foule.
(Larchey) « Il est souvent difficile
de distinguer un pick-pocket d'un
frotteur. » (Macé.)
Frottin s.m. = Frotin. Jeu de
billard.
Frouer (V) v.a. et v.n. Tromper,
flouer. Frouer, c'est faire entendre
un sifflement sourd pour attirer les
oiseaux et les prendre au piège.
Froufrou s.m. || 1. Froissement
d'étoffe sur elle-même (onomato-
pée). « Faire du froufrou avec sa
robe. » II 2. Passe-partout.
Froufrouter v.n. Faire du frou-
frou, v.c.m.(l).
Frousse (la) # s.f. Peur. Avoir la
frousse, avoir peur. Ne s'emploie
qu'avec l'article. [J. Richepin] On
dit cependant : quelle frousse!
quelle peur! Onomatopée comme
frisson.
Fruge s.f. = Guette. Provision
accordée sur la vente de certains
articles. « Faire de la fruge. »
Fruger v.a. Mettre une provision
sur un article dont on veut pous-
ser la vente.
Fruit O s.m. Fruit sec, élève ou
étudiant qui ne peut réussir dans
ses examens {il sèche dans les
écoles).
Frusque s.f. Vêtement = Fro-
que, qui a formé les mots fr. dé-
froque et défroquer. — Frusques
boulinées, vêtements déchirés.
Frusque s.m. Laquais en livrée.
Voy. Frusquer.
Frusquer v.a. Habiller, vêtir.
« Elle est bien frusqu<^e. »
Frusquin # s.m. Habits (jarg. de
l'arg. réf.). Le saint frusquin, l'a-
voir, tout ce qu'on possède.
« Boulotter son saint frusquin. j>
Frusquiner v.a. = Frusquer,
Habiller.
Frusquineur s.m. Tailleur.
Fumer v.a. et v.n. || 1. Etre en
colère. Du gr. ©ujjlo'ç, colère par
altération = Fumer à froid =
Fumer sa pipe = Fumer sans ta-
bac, être contrarié, concentrer sa
colère. || 2. # Se battre. || 3. Q
Etre fuméf être perdu, ruiné, ma-
lade à mourir. || 4. Fumer ses ter-
res, être enterré dans sa propri-
été. — Epouser une personne
riche.
Fumeron s.m. [| 1. Jambe maigre,
comme un fumeron. |j 2. Fumeur.
Il 3. Hvpocrite. (Rigaudj || 4. Mu-
li\tre.
Fumeuse Qs.î. Chaise de fumeur.
Fumiste Q s.m. Farceur, mystifi-
cateur, mauvais plaisant (homme
dont les actes ne sont que de
vaines fumées). « Un fumiste s'est
attaché à mon inviolable per-
sonne. Aujourd'hui, il m'impro-
vise candidat à l'Académie. Je
fume beaucoup, mais ce n'est pas
une raison pour qu'il me traite
comme une simple cheminée. »
[Glovis Hugues] — Farce de fu-
miste, mauvaise farce. — (mil.)
Etre en fumiste, être en chapeau
haut de forme {tuyau de poêle).
Fumisterie Q s.f. Plaisanterie,
9
FUSAIN.
J30 —
GAFFER.
mauvaise farce, mensonge, mys-
tification. Voy. Fumiste,
Fusain s. m. Prêtre (il est noir
commele fusain). Q Avoir du fu-
sain, être ingénieux, avoir l'esprit
inventif. — Mariage au fusain,
union libre.
Fusée s.f. Lâcher une fusée,
vomir.
Fusil O s.m. 11 1. Chasseur. C'est
un excellent fusil, c'est un excel-
lent chasseur. — Changer son fusil
d'épaule, changer d'idée, d'opi-
nion ou de manière de faire.
Logement en coup de fusil, loge-
ment long et étroit. « Un loge-
ment en coup de fusil qui sem-
blait bâti pour une anguille. »
[Zola, Ass.] 1| 2. Corps, esto-
mac. — W avoir rien à se mettre
dans le fusil, n'avoir rien à man- ■
ger. — Repousser du fusil, avoir m
mauvaise haleine. — Se rincer le ■
fusil, boire. — Son fusil écarte,
se dit d'une personne qui envoie
de la salive en parlant. 1| 3. jl
Fusil de toile, bissac, besace. — 1
Aller à la chasse avec un fusil de
toile, mendier.
Fusiller v.a. Lancer de la salive
en parlant. — Fusiller le pavé, se
moucher avec les doigts. — Fusil-
ler le plancher, marcher vite. —
Fusiller ses invités, offrir un mau-
vais repas. Fusiller le fade, dé-
penser de l'argent volé.
Futaille # s.f. Vieille futaille,.
vieille femme.
G
Gabari s. m. Passer au gabari,
perdre au jeu. [Rigaud]
Gabatine s.f. Raillerie. .
Gabegie s.f. Fraude, tromperie.
Il y a de la gabegie, il y a de la
fraude. Voy. gabelou.
Gabelou s. m. Employé d'octroi
et des contributions indirectes,
douanier. Du vx mot gabelle.
Gaber v. Se moquer.
Gâchage s. m. Gaspillage.
Gâcher v.n. et v.a. Gâcher serré,
travailler activement. — Gâcher du
gros, faire ses besoins.
Gâcheur s. m. Compagnon char-
pentier; chef de chantier.
Gâchis s. m. Il y aura du gâchis
cela se gâtera, cela ira mal.
Gadin s. m. jl 1. Bouchon.
11 2. Vieux chapeau. || 3. Soulier.
Gad.ouard0 s. m. voy. Boueux.
Gadoue s.f. || 1. Femme sale. |1 2.
Prostituée dégoûtante. Du fr. ga-
doue, matière fécale; breton :
gadalez, femme débauchée. (Dic.
breton)
Gaffe s. m. Gardien, garde. —
Gaffe à gall, garde à cheval. —
Gajfe des Machabées, gardien de
la morgue ou de cinietière. —
Gaffe de sorgue, garde de nuit.
— Etre en gaffe, être aux aguets.
— Faire le gaffe, faire le guet. Du
lat, cavere, veiller sur...
Gaffe s.f. Il 1. Langue. Du celti-
que, gaflach , dard. Avaler sa
gaffe, mourir (devenir muet). I| 1.
Maladresse =: impair. Q « Com-
mettre une gaffé. Ex :
— « Qu'est-ce que c'est donc
que cette grue qui danse avec ce
petit blond? »
— (c Cher Monsieur, c'est ma
femme. >■>
Gaffer # v.n. || d. Regarder, aperce-
voir, surveiller, guetter. — Gaf-
GAFFEUR.
131
GALOCHE.
fer la mirette, ouvrir l'œil. || 2.
Commellre une bévue.
Gaffeur Q s.m. || 1. Maladroit.
Il 2. # Celui qui fait le guet.
Gafûer = Gaffre # s.ni.'|| 1. Gar-
dien, surveillant, jj 2. = Gaffeur,
celui qui guette, qui surveille.
Gafiller # v.n. 1| 1. Surveiller.
= Avoir l'œil.
Gaga s.m. = Gâteux. Vieillard
qui retombe en enfance.
Gagat n.pr. Habitant de la ville de
St-Etienne.
Gahisto % s.m. Diable, (mot
basque)
Gail =z Gaillard = Gaille ==
Gailler % s.m. Cheval. — Voleur
au gail, voleur de voitures. Ail.
d(?rGaM/,guilledin. (cheval hongre)
Gaillieurs (V) s. m. pi. Trompeurs,
pipeurs. A rapprocher du mot fr.
gaillard.
Gaillon s.m. Cheval.
Gailloterie s.f. Ecurie.
Gaimar a. Gai.
Gaing (V) B 9 s.m. Butin.
Gaitte 9 s.f. Argent. Ail. Geld, m. s.
Gala O s.m. Festin, banquet.
Galapiau = Galapiat = Gala-
pian s.m. Vaurien = Pas
grand'chose. Museur, fainéant; il
bée, il badaude, comme ses con-
génères legogo, le gobeur, le gaf-
feur, le gavroche, la gouape, le
galopin. Le radical se rapproche
de celui de galoubet, gosier, flûte,
voix, et de clabauder. [Timmermans]
Galbe Q s.m. = Chic, v.c.m. « Etre
truffé (ou pourri) de galbe. »
Galbeux Q a. Qui a du galbe, des
contours gracieux ; beau , bien
fait, séduisant, élégant, gracieux.
« C'est tout ce qu'il y a de plus
, galbeux ! » Skt. kalpa, forme.
[Burnouf]
Gale s.f. Méchant
table comme la gale.]
gale. »
, (insuppor-
« Mauvaise
Galerie Q s.f. Poser pour la galerie,
viser à Teifet sur le public.
(( D'ailleurs, la galerie n'est jamais
dupe de cette farce. «[Fr. Coppéej
Galette s.f. || 1. Argent. Boulot-
ter sa galette, dépenser son ar-
gent. — Relever la galette, pren-
drel'argentd'une fille, (souteneurs)
Il 2. Mauvais soulier; (feuilleté
comme une galette.) [Rigaud]
Il 3. Matelas, (plat comme une ga-
lette). Il 4. Femme maigre, (plate.)
Galfàtre s.m. Gourniand, goulu.
Ang. to gulp up, avaler. [Timmer-
MANS]
Galice 9 a. Carbeluche galicé,
chapeau de soie.
Galienne # s.f. Jument.
Galiers.m., Galière s.f. # Cheval,
jument. = Gallier. voy. gail.
Galifard s.m. || 1. Commission-
naire. Il 2. Saute-ruisseau. [Lar-
chey] Il 3. Apprenti. [Rigaud]
Il 4. Cordonnier. [Delyau] || d. Ga-
lifarde, s.f., demoiselle de maga-
sin. Il 6. Bouchon.
Galilée (typ.) n.pr. f. Aller en Ga-
lilée, mettre la composition sur la
galée.
Galiote s.f. = Gaye. Partie enta-
mée entre une dupe et deux grecs.
[Larchey] Allus. au maquigno-
nage, au métier de ceux qui trafi-
quent du gail, cheval.
Galipeteur s.m. Clown. Voy.
Galipettes.
Galipettes s.f.pl. Sauts, ca-
brioles. « Faire des galipettes. »
Galipot s.m. Excrément. Du fr.
galipot, résine-poix.
Galipoter v.n. Faire ses besoins.
Galletausse # s.f. voy. Galtouse.
Gallier % s.m. = Gail. Cheval.
Gallipoteux (mil.) s.m. Recrue.
Galli-Trac s.m. = Foireux,
Poltron. Abrév. de galipot et de
traqueur.
Galoche s.f. |1 1. Jeu de galoche.
GALONS.
— 132 —
GANNALISER.
jeu du bouchon. !| 2. Menton.
Galons (mil.) s. m. pi. Arroser ses
galons, régaler ses camarades à
Foccasion d'une promotion.
Galop O s. m. Réprimande. Fiche
un galop, réprimander. Syn. de
danse par exagération.
Galopade s'.f. voy. Galop.
Galopin s. m. Petit verre de
bière.
Galoubet Q s. m. Voix, et par ext.,
gosier. Avoir du galoubet, avoir de
la voix.
Galouser # v.n. Chanter.
Galtos (mar.) s. m. Gamelle de ma-
rin. — Passer à galtos, aller man-
ger la gamelle.
Galtouse # s.f. Argent = Galette.
Galtron s. m. Poulain. De gail,
cheval.
Galuche # s.f. Galon.
Galucher # v.a. Galonner.
Galuchet s. m. Valet (jeu de
cartes).
Galupe s.f. Prostituée.
Galupier s. m. Amant de la ga-
lupe, v.c.m.
Galure s.f., Galurin s. m. Cha-
peau. Lat. galera.War. decaloquet,
calotte^ etc.
Galvaudage Q s. m. Tripotage.
[Larchey]
Galvauder Q v.a. Flâner, ne rien
faire de bon. — Se galvauder, v.pr. ,
se compromettre de toutes les
façons.
Galvaudeux s. m., Galvaudeuse
s.f. II 1. Propre à rien'.
j] 2. Femme qui mène une vie dé-
réglée.
Gamahucher v. a. Lambere
interfeminalia.
Gambette s.f. Jambe. — Jouer des
gambettes, s'enfuir. — Gambette de
satou, béquille, jambe de bois.
Gambier Q n. pr. Tête oumoule à
Gambier = Tête de pipe, individu
qui a une figure laide ou comique
(du nom d'un fabricant de pipes).
Gambillard Q s. m. Danseur.
Gambille Q s.f. Jambe.
Gambiller Q v.n. Danser, sauter.
Gambilleur s. m. || J. Danseur.
# Gambilleur de torlouse, pendu.
Il 2. a. Voy. Boucardier.
Gambillotte Q s.f. Boiteuse.
Gambriade s.f. || 1. Dame bien
mise. Il 2. Danse, cancan.
Game 9 s.f. Rage, hydrophobie.
Gameler ^ v.a. || 1. Dénoncer.
Ij 2.= Laisser en panne, v.c.m.
Gamelle s.f. voy. Casserole. (4). .
9 Attacher une gamelle, dénon-
cer. Abandonner, quitter. Se
mettre une gamelle f. s'évader.
Tremper une gamelle, une soupe.
Donner des coups. — Gamelle,
Auge de maçon.
Gamme s.f. Monter ou faire
chanter une gamme, admonester,
réprimander, gronder. (.< Les gosses
gueulent à la tortore. — Monte z'y
leur une gamme et qu'ils nous
foutent la paix. »
Ganache (thé.) s.f. Jouer les gana-
ches, jouer les rôles de vieillards
ridicules. Lat. gêna, loue; ang. ta
gnash, serrer les mâchoires. [Tim-
MERMANS]
Gance 9 s.f. || 1. Mauvaise compa-
gnie. Il 2. Réunion de malfaiteurs.
Gandille 9 s.f. Sabre, épée. Ap-
partient au môme ordre de mots
que YÈvuç, la hache, coin, cognée,
etc. [Timmermans]
Gandin Q s. m. || 1. = Gommeux.
Elégant, du nom de l'ancien bou-
levard de Gand, qui était la pro-
menade à la mode. Il 2. Tromperie.
— Monter ou hisser un gandin à
un gonce, duper un bourgeois.
Il 3. Gandin d'altèque, personnage
décoré.
Gandouse s.f. Pour gadoue.
Ordure.
Gannaliser Q v.a. Embaumer. Du
GANT.
— 133 —
GAS.
nom de Gannal, chimiste inventeur
d'un procédé d'embaumement.
Gant O s. m. Se donner des gants, se
faire valoir. — Donner des gants à
une femme, lui donner de l'argent en
plus du prix convenu avec la mai-
son, (arg. des maisons publiques)
Ganter Q v.a. et v.n. Convenir,
bien aller. « Cette robe la gante, »
lui va bien. « Cette femme le gante,
lui convient. » — Ganter un vieux,
rechercher un vieillard pour
amant, (arg. des filles) — Q Ganter
juste, gantera 'fj2, dire avare avec
une femme.
Gap s. m. Guet.
Garçon % s. m. Voleur endurci.
— Garçon de cambrouse, voleur de
campagne. — Garçon de campagne,
cplui qui dévalise les passants.
— (Thé.) Garçon d'accessoires, em-
ployé chargé des accessoires.
— Garçon à deux mains, garçon
boucher qui travaille tantôt à
l'abattoir tantôt à l'étal.
Gardannes Q s.f.pl. Coupons de
soies.
Garde |1 1. s.f. Avoir une garde
à carreau = Se garder à carreau,
se tenir prêt à tout événement. —
Etre de la garde nationale = Etre
gougnotte, v.c.m. — Vieille garde,
vieille femme galante. || 2. s.m.
9 Gardes nationaux, haricots.
Garde-manger s.m. Cabinet
d'aisances.
Garder (se) O v.pr. Se garder à
carreau, se tenir sur ses gardes,
éviter, faire attention. « Qui se
garde à carreau n'est jamais ca-
pot. n (Dicton pop. )Voy. Garde (i).
Gardes-côtes s. rn.pl. Seins
maigres et plats.
Gardien s.m. (mil.) Gardien de
bananes, soldat de l'infanterie de
marine.
Garé Q a. Etre garé des voitures,
être rangé, prudent.
Gargamelle = Gargarousse
= Gargoine = Gargouenne
=: Gargouille = Gargoulette
=z Gargousse s.f. Gosier. Se
rincer la gargamelle, boire. De
gosier, en gr. yapyapswv.
Gargariser (se) v.pr. (thé.)
Faire des gammes au piano. —
Faire rouler les r en chantant ou en
récitant. — Se gargariser avec une
romance, chanter une romance.
— Se gargariser le fusil, boire.
Gargarisme Q s.m. Petit verre.
[Rigaud]
Gargot s.m. || 1. Gargote. || 2.
Boucher en gros.
Gargouillade s.f. Nourriture.
Gargouiller v.n. Avoir des
borborygmes.
Gargouler v. n. Nager.
Gargue # s.f. Abrév. de Garga^
melle, (v.c.m.) Gosier.
Garibaldi n.pr. Coup de Gari-
baldi = Coup de bélier = Coup
de la rencontre, coup de tête dans
l'estomac.
Garnaffe # s.f. Ferme. Mot déf.
de grenasse, grenier, grange =
gernaffe.
GarnafQer = Garnafle s.m.
Fermier. Voy. garnaffe.
Garni s.m". Chambre ou hôtel
meublé.
Garnir (se) Q v.pr. Se garnir lebo-
cal, manger.
Garnison s.f. Avoir de la gar-
nison, avoir des poux sur la tête.
Garno s.m. voy. Garni.
Garrot âge # s.m. Vol au garro-
tage = Coup du père François^
voy. coup.
Garuche # s.f. || 1. Roue, instru-
ment de supplice. Il 2. Prison, dans
l'arg. moderne.
Gas O s.m. || i. Garçon. « Mon
gas. Petit gas. » — Mauvais gas,
mauvais garçon. |1 2. Individu.
(( Un rude gas. »
GASPARD.
134
GAVROCHE.
Gaspard' s.m. |I K Chat, pour
guépard. ||2. Rat. [Rigaud]
Gat s. m. Chat, (vx mot pro-
vençal) [Larchey] Esp. gato m. s.
Gâteau a. et s. m. Q Maman ou
fapa gâteau, personne qui aime
et qui gcàte les enfants. — (Thé.)
Gâteau, s. m. Nuage artificiel qui
sertà faire les apparitions dansles
féeries ou les changements à vue.
Gâte-pâte s. m. Lutteur de pre-
mier ordre.
Gâteuse O s.f. Houppelande, par-
dessus très long.
Gâteux O n. et s.m. = Gag^a. Indi-
vidu qui retombe en enfance, im-
bécile.
Gâtisme Q s-^fî- Etat d'une per-
sonne qui retombe en enfance,
imbécillité.
Gau # s. m. Poux. Gaux picantis,
poux de corps.
Gauche Q a. et s.f. Donner à
gauche, se tromper, s'écarter de la
ligne droite. — (Mil.) Jusqu'à la
gauche, jusqu'au dernier, jusqu'à
la fm. — La gauche, repas des
employés dans les maisons de
commerce. — Aller à gauche, aller
manger. — La Gauche, ensemble
des députés ou des sénateurs qui
siègent à la gauche du président
de rassemblée ; c'est le parti pro-
gressiste et avancé. » Le Centre
gauche. La Gauche modérée. V Ex-
trême Gauche. ->•>
Gaucher = Gauchier Q s. m.
(antith. de droitier). Membre qui
siège dans une assemblée à la
gauche du président. Voy. Gauche.
Gaudîlle # s.f. voy. Gandille.
Gaudineur s.'m. Peintre dé-
corateur.
Gaudins (V) s. m. pi. Brigands. On
trouve le mot godin au xiv"^ siècle,
du vx fr. gaud, bois, forêt ; les go-
dins étaient des brigands qui se
réfugiaient dans les bois.
Gaudissard Q s. m. Commis voya-
geur, hâbleur. (Personnage d'^un
roman de Balzac)
Gaudrioler O v.n. S'amuser.
Gaufre s.f. Faire des gaufres,
personnes marquées de la petite
vérole qui s'embrassent. — Moide
à gaufres, visage marqué de la pe-
tite vérole.
Gauldouse (V), s.f. Maison publi-
que. Du lat. gaudium,io'ie, et de
rang, house, maison.
Gaultier lua la gauldouse gaudve.
(Villo.n).
Gaule s.f. Gaules de jettard,
barreaux des fenêtres de prison.
Gaule (ou échalas) d'omnicroche,
conducteur d'omnibus.
Gaulé s. m. Cidre.
Gauler v.a. Battre à coups de
bâtons. Par ext. du s. fr.
Gaultier (V) s. m. Gueux j^ qui
court la grand'route.
Gaultier lua la gauldouse gaudve.
(Villon).
Gaupe s.f. Prostituée de bas
étage. Pour gouape.
Gausse s.f. Plaisanterie, farce.
Gaussiller v.a. Se moquer.
GavacheO II 1. a. Peureux, timide.
Il 2. s. m. Auvergnat.
Gave # s.f. = Gève. Estomac. (Ri-
chepin)
Gavé = Gaviolé # s. m. et a. In-
dividu bourré de nourriture. —
Faire les gavés, voler les ivrognes.
Gaveau s. m. = Gavât. Compa-
gnon.
Gaviot s. m. Gosier. Du vx fr.
gave, lat. gavus. m. s.
Gavot s.m. Il 1. # voy. Gavé. || 2.
voy. Gaveau.
Gavroche s.m. Gamin de Paris.
Il gafl^e en curieux, et fait son
éducation dans la « rue » ; suffixe
oche pour uche.
GAYE.
— 135 —
GERNAFIER.
Craye = Gayet s. m. := Gail. Che-
val. Du skt, haya. m. s. [Burnouf]
Gaye # s.f. Voy. Galiote.
Gaz s. m. Eau-de-vie. (Delv.vu)
— Avoir une fuite de gaz dans
Vestomac, roter. — Allumer son
gaz, regarder. — Eteindre son gaz,
mourir. — Lâcher le gaz, peter.
Gazette O s.f. Personne bavarde
toujours à Taffut et au courant
des faits divers. — Lire la gazette,
n'avoir pas de quoi manger et
regarder les autres à table.
Gazier s. m. Péteur.
Gazon s. m. Cheveux, perruque.
— Il na plus de gazon sur la ter-
rasse, il n'a plus de cheveux sur la
tête. — Se ratisser le gazon, se
peigner.
Gazouiller v.n. |I i. Parler,
chanter. || 2. Puer. De gaz.
Géant s. m. Montagne de géant,
potence.
GeflFrard Q s. m. Double cinq au
jeu de dominos. [Rigaud]
Geignard = Geigneur s. m.
Pleureur. Du fr. geindre.
Gendarme s. m. || 4. Hareng
saur. Il '2. Logeur en garni. || 3*.
Cigare d'un sou. j] 4. Fer à repas-
ser. (vx)||5. Vin blanc mêlé de
sirop de gomme. || 6. Grande
femme revêche. (Delvau) || 7.
Moisissure sur le vin. (patois berri-
chon) Il 8. Dormir en gendarme,
faire semblant de dormir.
Gendelettre Q s. m. Homme de
lettres. « Un gendelettre. »
«Générale s.f. Battre la générale,
trembler, claquer des dents.
Gêneur O s. m. Importun, Yoy.
Chaillot.
Geneviève s. m. Genièvre.
Génisse s.f. Femme effrontée.
Géniteur Q s. m. Père.
Genou O s.m. Tête chauve. — Avoir
son genou dans le cou, être chauve.
— Fairedu genou, frôler la jambe
d'une femme avec son genou sous
la table.
Genreux Q a. et s. m. = Gom-
mcux. Poseur ridicule. (Larchey)
Gentleman Q s. m. Homme bien
élevé, de bonne compagnie.
(Sport) Gentleman rider, homme
du monde qui monte dans les
courses. Mots ang.
Géo (écol) s.f. Géométrie, (abrév.)
Georget (V) (B) s.m. || 1. Pour
gorget. Pourpoint. Du mot gorge ;
le pourpoint la couvrait. || 2. Gilet,
dans l'arg. moderne. « Les rupi-
nes et marquises leur fichent les
unes un georget, les autres une
lime. » (Arg. réf.)
Ger ("V) s.m. Pour jar ou gier. Jar-
gon. Parler en gier, c'était parler
le jargon, comme dans « babillan-
gier », babiller.
Gerbe # s.m. Année de prison. —
Planque de gerbes, cour d'assises.
— Gerbe des catiches, bureau de la
police des mœurs.
Gerbe # s.m. Condamné.
Gerbement 0s.m. Condamnation.
— Etre en gerbement, passer en ju-
gement.
Gerber # v.a. Juger, condamner.
— Gerber à la grotte, condamner
aux travaux forcés. — Gerber à la
passe ou à la faux, condamner à
mort. Gerberàlavioque, condam-
ner à perpétuité. J.d.m. sur grip-
per, agripper. [Timmermans]
Gerbier # s.m. Juge; juré ; avocat
d'office.
Gerbierres # s.f.pl. Fausses clefs.
(Rigaud)
Gerce s.f. Pour garce. Prostituée.
— # Maîtresse.
Germanie Q n.pr. Aller en Germa-
nie, remanier. J.d.m. : Je r'manie.
Gernaffe # s.f. Ferme, voy. gar-
naffe.
Gernaûer s.m., Gernafle s.f. %
= Garnafier voy. Garnaffe.
GESIER.
— 13G
GIGOLETTE.
Il
Gésier s. m. S'arroser le gésier,
boire.
Gesseur s. m. Grimacier, pré-
tentieux. (Delvau)
Geste O s. m. || 4. Voy. Accentuer.
Il 2. Fait, action, exploit, u Qu'im-
porte la mort des vagues huma-
nités, si par elles s'attirmc l'indi-
vidu î Le geste de Vaillant est
beau. » [Laurent Tailhade]
Get = Geti # s.m. Jonc. (Michel)
Corr. de stick, canne.
Gève # s.f. Voy. Gave.
Gi # adv. = Gigot = Gy. Oui ; cer-
tainement; bien; bravo. Du xi'' au
xv« s. les Français se servaient
indifféremment du w pour le g,
Vou, Vœ et même pour le h.
Gibasse s.f. Seins développés
en apparence, flasques en réalité.
Gibe#s.m. jj 4. Chapeau. De gfi6MS,
v.c.m. Il 2. Argent, subsistance,
moyens d'existence.
Gibelotte s.f. Gibelotte de gout-
tière, chat.
Gibernard s.m. z= Raseur. Im-
portun.
Giberne s.f. H 1. Derrière. (Lar-
chey) Il 2. Prostituée qui fré-
quente les soldats. — Tailler ou
faire porter une giberne à quel-
qu'un, raconter une histoire en-
nuyeuse, donner une corvée désa-
gréable. (Palat)
Giberner v.a. = Raser, En-
nuyer.
Gibier s.m. Prédestiné à. —
Gibier de Cayenne, gibier de po-
tence, malfaiteur. — Gibier à com-
missaire, femme publique.
Gibus O s.m. Chapeau mécanique.
Du nom de l'inventeur.
Gicler O v.a. et v.n. = Gigler =
Giscler = Jicler. Jaillir. (Onomat.)
Gicler des mirettes, pleurer.
Gier (V) s.m. Voy. Ger.
Gièrement(V) adv. Avidement. Du
h. ail. Gierigkeit, avidité.
Giffault (V) s.m. Le derrière = Le
joufflu. Du vx fr. giffe, joue.
Giflfe s.f. Pour gifle. Soufflet.
Giffle (V) s.m. Gibet. Potence.
Prince arrière de Ruel
Et n'cussiez-vous denier ne plue
(Ju'au giffle ne laissez la pel,
{au gibet np laissez votre peau)
Pour l'emboureux qui rompt le suc.
(VlLLOs)
GiMe (V) s.f. Joue, visage.
La giffle gardez de ruric.
(Villon).
Du vx fr. giffe m. s. devenu Jaf-
fles dans l'arg. des malfaiteurs.
Ce mot ne figure dans ce diction-
naire que pour permettre la com-
paraison avec le précédent, em-
ployé aussi par Villon dans son
Jobelin.
Gig O s.m. Petite voiture légère
(elle saute).
Gigler Q v.a. et v.n. Voy. Gicler.
Gigolette O s.f. Grisette,*^ faubou-
rienne courant les bals publics.
(Larchey) — Nous nous arrêtons
à la définition de Larchey, et nous
croyons, comme J. Richepin, que
ce mot vient de gigue, jambe ;
giguer, marcher, dans le langage
populaire. Le sens de gigolette
n'a été dénaturé que par le succès
d'une chanson populaire dans la-
quelle le mot gigolette figure pour
la seule raison de consonance.
Cette chanson est une parodie
d'une romance gracieuse intitulée
Perdue du compositeur Doria ; elle
se terminait par ce vers :
Ma Rosinette, hélas ! je l'ai perdue.
Il s'agissait alors d'un jeune
homme qui avait perdu sa fiancée ;
les parodistes en ont fait un igno-
ble souteneur dont la marmite a. été
arrêtée, et il dit :
Ma Gigolette, hélas ! je l'ai perdue.
A s'a fait choper dans la rue.
GIGOLO.
137
GIVERNER.
Ainsi, la gigolette est devenue
synonyme de marmite, mais son
élymoiogie est lamôme que celle
des mots gidnche, guinguette et
en tin grisette.
Gigolo s. m. Petit jeune homme
qui danse dans les bals publics.
Gigot II 4. s. m. Cuisse. — Re-
muer les gigots, voy. Gigotter, \\ 2.
adv. = Gi. v.c.m.
Gigot-fin O s.m. Comte de gigot-
fin, gros mangeur.
Gigotter Q v.n. Danser, sauter,
gambader.
Gigue O s.f. Jambe. — Gi^ande
gigue, femme grande et mince.
Giguer0 v.n. = Gigotter. v.c.m.
Gilboque # s. m. Billard. Mot déf.
pour hilboque. (bille, boquet)
Gilet s. m. S'emplir le gilet,
manger. — Avoir le gilet doublé
de flanelle, avoir mangé une bonne
soupe. O Gilet en cœur, élégant,
fashionnable.
Giletière O s.f. Chaîne de montre.
Gilles n.pr.m. Faire Gilles, s'en-
fuir secrètement.
Gilmont # s. m. Gilet.
Gilquin s. m. Coup de poing.
(Rigaud)
Gin O s. m. Genièvre, (mot ang.)
Gingeole O s.f. Cadet la gingeole,
homme grand et maigre. — Grand
dégingandé. Skt janghu, jambe.
[TlMMERMANS]
Gingin s. m. Avoir du gingin,
avoir de Tesprit, de Tintelligence.
Ginginer v.n. Faire une œil-
lade. « Elle gingine à mon en-
droit. » (Gavarni.) — Faire aller
les yeux deçà delà, môme racine
que* guingois, dégingandé. [Tim-
MERMANS]
Ginglard, Ginglet, s. m. =Pi-
colo. Vin léger, aigrelet. Du mot
fr. ginguet, faible.^
Ginguer |1 1. v.n. Ecarter les
jambes. — Ail. Ich ging, je mar-
chai. Il 2. # v.a. Mettre en prison.
— A rapprocher d'anchetibber,
v.c.m., mettre dans la botte les
gigots, en ail. der Schinke, le jam-
on, der Schenkel, le tibia. [Tim-
>1ERMANS]
Girafe Q s-f« Peigner la girafe, ne
rien faire.
Giries s.f.pl. Manières, minau-
deries. « Elle fait des giries. » Du
s.f. Jérémiades. Doléances hypo-
crites.
Girofle # a. Beau, gracieux, gen-
til. — Belle, aimable.
Giroflée Q s.f. Giile. — Fiche une
giroflée à cinq feuilles, donner une
gifle.
Giroflerie # s.f. Amabilité. —
Gentillesse. — Gracieuseté.
Girol # int. Soit.
Girole # adv. voy. Gi.
Girond # a. *et s. m. Beau. —
Etre girond, être beau, être dans
une bonne situation. — Faire son
girond', faire le beau, poser.
Gironde s.f. Jolie, mignonne,
gentille.
L'esgourd' girond' comme un' Ostende.
(L'oreille mignonne comme une huître d'Os-
tende).
(J. RicHEPiN, Chanson des Gueux.)
Girondin # s. m. Dupe. (Rigaud) —
Le girondin a donne, le badaud
s'est laissé tromper.
Girouette O s.f. Personne qui
change d'idée ou d'opinion à cha-
que instant.
Giscler v.a. et v.n. Voy. Gicler.
Gite s. m. Dans le gîte, ce qu'il y
a de mieux. — Ouvrage fait dans
le gîte, fait avec beaucoup de soin.
Gitre #. Pour fiire. J'ai.
Gitrement (V) adv. = Gièrement.
Avidement. — Du h. ail. geizig,.
avide.
Giverner v.n. Vagabonder. Du
fr. s'hiverner, s'exposer aux pre-
miers froids pour s'y endurcir.
GIVERNEUR. — 138 --
GNOGNOTE.
Criverneur # s.m. Vagabond. —
# Giverneur de refroidis, corbil-
lard.
Glace O s.f. Passer devant la glace,
perdre des consommations au jeu.
— # Devant la glace, devant la
justice.
Crlaciére # s.f. Glacière pendue,
réverbère .
Glacis s.m. Verre à boire. —
Glacis de lance, verre d'eau. —
Glacis refroidi, réverbère.
Glaçon Q s.m. Homme grave, qui
ne témoigne que de la froideur en
toutes choses.
Glaire s.f. et m. Pousser sa
glaire, bavarder.
Glaive (F.-M.) s.m. (| 1. La justice
divine. |1 2. # Guillotine. — Pas-
ser sa bille au glaive, èiregmWoiiné.
Glas s.m. Rabâcheur
Glaude s.m. Imbécile.
Glaviot s.m. Crachat. Du vx. fr.
gave, gosier.
Glaviotter 0v.n. Cracher.
Glaviotteur s.m. Cracheur.
Glier=r: Glinet s.m. Le diable.
Déformation de gueliel, v.c.m.
Glissade Q s.f. Chute (au fi^.) —
Faire une glissade, faire une faute,
chuter. — Faire des glissades,
changer souvent d'amant.
Glissant s.m. Savon.
Glisser Q v.n. Se laisser glisser,
mourir.
Globe s.m. \\ i. Le ventre. —
S'être fait arrondir le globe, être
enceinte.
On s'a fait arrondir el' globe,
Eh bienl ça prouv' qu'on n'est pas d'bois.
{La Muse à Bibi.)
Il 2. Les globes, les seins;
Glochette # s.f. Poche. (Larchey)
Gloria O s.m. Eau-dc-vie qu'on
fait brûler dans le café.
Glorieuses Q s.f.pl. Les Glorieuses,
les trois journées de la révolution
de 1830.
Glou-glou (onomatopée). Faire
glou-glou, verser à boire à la
ronde.
Glousser v.n. Parler.
Glu s.f. Avoir de la glu ou de la
poix aux mains, être maladroit. —
Etre collant comme la glu =z Etre
crampon, être gênant, importun,
encombrant.
Gluant s.m. = Collant. H 1 . Im-
portun, encombrant. |1 2. Enfant à
la mamelle.
Gluau s.m. Crachat. — Lâcher
son gluau, cracher. — Poser un
gluau à quelqu'un, Tarrêter. —
Faireposer un gluau, faire arrêter,
tendre un piège.
Glutouse (la) s.f. La figure.
Gnac s.m. Discussion, dispute.
— Il y a du gnac, il ne faut pas sV
fier.
Gnaf s.m. r= Gniaffe. Ouvrier
cordonnier, savetier. Altération
depignouf, homme grossier. [Lar-
chey]
Gnafle s.f. Revers. — Après
rafle, gnafle, après fortune, revers.
— On renifle, on renâcle, on fait
un nez. [Tlmmermans]
Gnan-gnan Q s.m. Personne non-
chalante, s'occupant à des niaise-
ries et ne disant que des banali-
tés.
Gnare (chas.) s.m. = Guenard.
Rabatteur.
Gniafife s.m. Voy. Gnaf.
Gniaffer0 v.a. Saveter, rapetasser.
Gniasse s.m. Mon gniasse, moi.
— Ton gniasse, toi. — Pour mon
nez, ma tête, ma personne. Ail.
Schnautz, nez, mufle. [Timmer-
MANS]
Gniff a. Clair, limpide. — Pivois
gniff, vin clairet. — Pour mf, de
natif, naïf, d'origine. [Timmermans]
Gnognote s.f. C'est de la gno-
gnote, ça ne vaut pas grand'chose ,
ce n'est rien.
GNOLE.
139 —
GODARD.
Gnole s.f. U 1. Gifle (pour tor-
gnote). « Je vais f fiche une gnole. »
Il 2. Imbécile. « Quelle gnole! »
Il 3. a. Niais. « C'est gnole. »
Gnoleur s. m. || 1. Ouvrier cha-
pelier en chambre qui fait la re-
mise à neuf. La plupart des
gnoleurs sont étrangers, beaucoup
de Polonais ; la matière pre-
mière leur est fournie par les
marchands d'habits, et par TAn-
gleterre où les chapeaux « hauts
(le forme «sont abondants. || 2. =
Gnan-gnan. v.c.m.
Gnon s. m. Coup. « Recevoir j fiche
un gnon. »
Gob s. m. Voy. Gobin.
Gobage s. m.' Amour. (Rigaud)
Gobante a.f. Femme gobante,
femme très séduisante. (Larchey)
Gobbe # s. m. Il 1. Boulette pour
amorcer le poisson. [| 2. Vov. Go-
belet.
Gobelin # s.m. || 1. Crochet, jl 2.
Dé à coudre, (petit gobelet)
Gobelius Q s.m. et n.pr. Racoleur
(le dupes pour les tripots. — Le
docteur Gobelius. m. s.
Gobelot % s.m. = Gobbe. Calice.
Gobelottage s.m. Repas co-
pieux.
Gobelotter v.n. || 1. Bien boire
et bien manger. || 2. S'amuser,
faire la noce.
Gobelotteur s.m. Noceur. —
Qui aime à gobelotter. v.c.m.
Gobe-mouche s.m. H 1. Imbé-
cile qui croit tout ce qu'on lui dit.
Il 2. % Espion.
Gobe-prune s m. Tailleur. (Mi-
chel)
Gober v.a. Aimer, estimer. —
Gober quelqu'un^ aimer q.q. —
Etre gobé, être aimé. — Il a gobé
la prune, il Ta cru, ou c'est lui
qui est la victime. — La gober,
mourir, être victime. — Gober sa
chèvre, son bœuf, être en colère.
— Se gober, v.pr., être orgueil-
leux, satisfait, fier de soi-même!
Gobeson s.m. Verre. (Larchey)
Gobet s.m. || 1. Vaurien. (Del-
vau) Il 2. Quartier de bœuf. (Ri-
gaud) — Les gobets, morceaux de
rebut qu'on vend à vil prix.
Gobette s.f. Payer la gobette,
payer à boire.
Gobèur Q s.m. Naïf, badaud.
<t Un gobeur s'amuse partout, un
rien rémeut ou l'enthousiasme;
les Parisiens sont ou sceptiques
ou gobeur s. »
Gobichonnade s.f. =:Gobichon-
nage s.m. = Gobelottage =
Bigolade, v.c.m. — Ital. gabbare,
s'amuser de q.q.
Gobichonner v.n. = Gobelot-
ter = Rigoler, v.c.m.
Gobichonneur s.m. voy. Gobe-
lotteur.
Gobilleur s.m. Juge d'instruc-
tion. (Larchey)
Gobin s.m. = Gob. Bossu. (Ri-
gaud)
Gobseck Q s.m. Avare, usurier. —
Qui gobe ou avale sec, homme
avide. [Timmermans] Type d'avare
créé par Balzac.
Godaille s.f. Amusement, noce,
festin.
Godailler v.n. S'amuser. — Lat.
gaudere, se réjouir, vx. franc.
goder, m. s.
Godaillerie s.f. voy. Godaille.
Godailleur s.m. Noceur.
Godan0 s.m. Propos en rair,conte.
— Tomber, couper dans le godan,
croire naïvement. — « Je ne tombe
pas, ou je ne coupe pas dans ces
godans-là, »']e ne crois pas à ces
contes-là.
Godancer v.n. = Tomber dans
le godan, v.c.m.
Godard s.m . Réjoui. Du Lat. gau-
dere, se réjouir. — N.pr.Mari d'une
femme enceinte : du nom d'un ce-
GODDAM.
140 ~
GORRET.
lèbre aéronaute. Voy. Ballon (3).
Goddam^GoddemOs.m .Anglais.
« Avec Goddam en Angleterre,
on ne manque de rien nulle part. »
[Mariage de Figaro. [Beadjiauchais.]
Godelle 9 Pipe.
Godiche = Godichon Q s-i"-
Bon enfant, naïf, crédule.
Godiller O v.n. Voy. Bander.
Godilleur Q s.m. Voy. Bandeur.
Godillot (mil.) s.m. || 1. Soulier. —
Du nom d'un fabricant de chaus-
sures, fournisseur de l'armée
(1870) Il 2. Conscrit. (Rigaud)
Godin # s.m. Voy. Gandins.
Godinette s.f."!! 1. Maîtresse. ||
2. Jeune fille aimable et gaie.
Goffeur % s.m. Serrurier'.
Gog s.m . (Abrév.) voy. Goguenaii.
Gogo O s.m. Il 1. Imbécile, cré-
dule. Il 2. Dupe. — Attrape gogo,
tromperie, escroquerie.
Gogoter0 v.n.Puer .\oy. goguenau.
Gogotte a. Faible. " — Avoir la
vuegogotte, avoir la vue faible. —
Etre gogotte, être naïve, crédule.
Goguenau = Goguenot (mil.)
s.m. Lieux d'aisances, latrines,
tinettes, pot de chambre ; baquet.
Goguetier Q s.m. Habitué d'une
goguette. — Celui qui la dirige.
Goguette Q s.f. Société lyrique.
La goguette a dégénéré : sous ce
nom on attire le public dans des
sous-sols fumeux et empestés, où
de soi-disant amateurs chantent
et disent leurs compositions ; le
plus souvent ce sont des insanités
obscènes, car, chose incroyable,
la censure ne pénètre pas dans
ces cloaques et le sergent de ville
obligatoire les écouté, ahuri!
Goï O s.m. Voy. Goye. Chrétien.
Goinfre s.m. Chantre.
Goinfrette s.f. Bouche.
Goiper v.n. =Gouaper, v.c.m.
Goitreux O s.m. Imbécile, crétin.
Gomberger v.a. Compter.
Gomme Q s.f. La gomme, la haute
gomme, jeunesse élégante jus-
qu'au ridicule.
Gommeux Q s.m. = Gandin =
Genreux = Dandy, etc. Jeune
homme élégant, ridicule.
Gonce = Goncier s.m. =:
Gonze = Gonzier. Individu quel- :
conque. — Goncier à la manque, .
Individu sans le sou, ou sans \
attraits." C'est-il pas injuste, qu'un |
goncier à la manque comme celui- .}
là ait une . poniffe pareille ! » ^•
(J. Richepin) — Gonce à la flan, ■
déballeur. Gonse, signifiait autre-
fois niais. — Ail. Ùans, oie.
Gondolant Q a. Cest gondolant!
c'est à crever de rire. = C'est
tordant. Voy. Gondoler!
Gondolé Q a. Tordu, replié sur lui- ;.-
même, ratatiné (le papier jeté au
feu se gondole avant de s'enflam- .
mer). — « Je me suis gondolé, » je
me suis tenu les côtes de rire.= -■
Je me suis tordu.
Gondoler (se) O 'v.pr. || i. Se tor-
dre, se rouler, se replier sur soi- .
même. || 2. Par ext., rire aux
éclats = Se tordre, Voy. Gondo- ,
tant. Gondolé. >
Gonflé # s. m. Porte-monnaie '.
bien garni. •
Gonflée a.f. Enceinte. (Larchey) '
Gonfler v.a. Gonfler une femme, '
la mettre enceinte.
Gonze s.m. Voy. Gonce.
Gonzesse s.f. || 1. Femme quel-
conque. Il 2. Maîtresse. — Gonzesse
à Varnache, femme en carte ; sous
la surveillance de la police.
Gonzier s.m. Voy. Gonce.
Goret s.m. Premier ouvrier cor-
donnier.
Gorge % s.m. Etui.
Gorgniat s.m. Homme sale. :
Gorret s.m. Contremaître me-
nuisier.
GOSSE.
— 141
GOUPLIN.
Gosse O IM« s. m. Veau mort-nc.
II 2. S.2 g. Enfant. || 3. s.f. Jeune
fenimc. « La goi^se m'attend })Our
(liner. » — Mot celtique yos, petit.
Il 4. s.f. Mensonge (du vx mot
(jausi^e, m. s.)
Gossel^n s. m. || 1. Ami, cama-
rade. Il 2. # Pédéraste.
Gosseline s.f. Vov. Gosse. (2)
Il 1. Petite fille. || 2.*^ Toute jeune
tille.
Treize ans, pas plus, appas naissants,
Des traits moins jolis qu'agaçants,
La Gosseline.
(P. TlUMOLILLAT.)
Ang. gosliïij petite oie.
Gosser v.a et v.n. Mentir.
Gosseur = Gossier s. m. Men-
teur.
Got s.m.||l. # Pou. Il 2.0 int.
Oui; parfaitement =z Gi=z Go:=
Gifjot.
Goteur # s. m. Débauche.
Gothon = GotonO s.f. Prostituée.
— Abrév. de Marguerite, Margot,
Margoton. (Littrk)
Gouache s.f. Figure.
Goualante # s.f. Chanson.
Goualer # v.a. et v.n. Avouer à la
justice. — Goualer en danse, chsin-
ter. — Goualer à la chienlit, v.c.m.
Goualeur s.m . , Goualeuse s.f.
Il 1. Chanteur. || 2. Camelot, chan-
teur de rue.
Gouape s.f. = Gouapeur, etc.
Vagabond; débauché; vaurien
paresseux, etc.
La gouape, la
clique
Gouaper v.n. || 1. Vagabonder.
Il 2. Ne rien faire de' bon. |] 3.
(mil.) Faire la noce.
Gouapeur =: Goipeur = Gouè-
peur s.m., Gouapeuse s.f.
Voy. Gouape.
Gouffeur s.m . = Goffeur. Serru-
rier.
Gouffier % v.a. et v.n. Manger. —
De gave, gosier.
Gouge s.f. Prostituée.
Gougne O s.f. Voy. Gougnotte,
Gougnottage Q s-m. Conjonction
contre nature de la femme avec la
femme.
Gougnotte Q s.f. Qui se livre au
gougnottage, v.c.m. = Gougne,
Chipette, Gousse, Lesbienne, Puce
travailleuse, Satin.
Gougnotter Q v.n. Se livrer au
gougnottage, v.c.m.
Gouille s.f. Envoyer à lagouille,
envoyer promener.
Gouillon s.m. Camin. (Delval)
Gouine Q s.f. Prostituée, du gr.
pvr], femme.
Goujaterie Q s.f. = Goujatisme
s.m. Action qui est celle d'un
goujat.
Goujon s.m. || 1. Dupe, qui
mord à l'hameçon. | 2. Jeune sou-
teneur (petit poisson). — Ferrer
le goujon, pêcher à la ligne. —
Lâcher son goujon, vomir. — Gow-
jon d'hôpital, sangsue. — Avaler
le goujon, mourir.
Goujonner v.a. Duper. (Delvau)
Goule s.f. = Gueule. Bouche.
Goulot s.m. Plomber, chelinguer,
repousser ou trouillotter du gou-
lot, avoir mauvaise haleine. —
Jouer du goulot, boire.
Goulu # s.m. Il 1. Poêle. || 2. Puits.
Il 3. s.f. La goulue, femme qui a
une grande bouche. '
Goupillon s.m. Membre viril.
Goupinage # s.m. || 1. Travail. ||
2. Vol. (travail des voleurs)
Goupine # s.f. Hardes en loques.
Goupiné 9 a. == Loqueteux. = Mal
goupiné, habillé de loques.
Goupiner v.a. j| 1. Travailler. 1|
2. # Voler.
Goupineur0s.m. || 1. Travailleur.
||2. # Voleur.
Gouplin s.m. || l.Pot. l|2.s.f. Gow-
pline, pinte de vin. Le petit bâton
garni de soies de porc, qui sert à
GOUR.
142 —
GRAILLON.
nettoyer les pots et les bouteilles
se nomme en fr. goupillon, voy.
gruppelin.
Gour # s. m. Pot: pour gourde.
Gourd s. m. Friponnerie. (Mi-
chel) Voy. gourer. (1) — (pays).
Blé gourd, blé gonflé par l'humi-
ditc ; du lat. gurdus, gras.
Gourde # s.f. Boucle d'oreille.
(Larciiey)
Gourde s.f. == Gourde s. m.
Imbécile, (engourdi); du lat. cu-
curbita, calebasse de la même
famille que le melon et le corni-
chon. En fr. être dégourdi, ces-
ser d'être gourde.
Gourdement adv. Beaucoup;
du lat. gurdus, gras.
Gourd-Razis (B) s. m. Archevê-
que.
Gourdi (B) s. m. Bon vin.
Gourer v.a. = 'Gourrer.\\ 1.
Tromper. Vx. fr. falsifier, du lat.
gurrire, contrefaire le chant du
rossignol, et par ext. des autres
oiseaux. [A. Vitu]||2. Se gour-
rer v.pr., se tromper. || 3. Se car-
rer, se redresser. (J. Richepin)
Goureur % s. m. =: Gourreur.
Trompeur.
Gourgandine Q s.f. Femme dé-
bauchée.
Gourgandiner Q v.n. Fréquenter
les filles.
Gourganer v.n. Faire de la
prison.
Gourgourans (V) part.pl. Trom-
peurs. — Du vx fr. gourd, beau-
coup, et gourer, tromper.
Gourgousser v.n. Se plaindre.
Récriminer. (Boutmy)
Gourgousseur s. m. Grognon.
Gourre # s.f. Vol à la gourre,
escroquerie minime.
Gourrer v.a. Voy. Gourer.
Gourreur s. m. Voy. Goureur.
Gouspin s. m. Voy!! Goussepain.
Gouspiner v.n. Faire le vovou.
Gousse s.f. Voy. Gougnotte.
Goussepain s'm. = Gouspin.
Il 1. Gamin, galopin. [| 2. Voyou.
Puis il prit son petit couteau de (loussepain.
Dépouilla le greffier, et lui fit sa toilette.
(J. RicHEPi.\, Chanson des Gueux.)
Gousser (B) v.a. et v.n. Man-
ger. — Travailler du u gosier. )>
[TlM3IERMANS]
Goussé-Razis (B) s. m. Abbé.
Gousset s. m. || {.Avoir le g-ows- a
set percé, n'avoir pas d'argent dans |
sa poche. || 2. Rijler du gousset, *
sentir des aisselles.
Goût s. m. Faire passer le goût
du pain, tuer.
Goutte s.f. Donner la goutte,
donner à têter. — Boire la goutte,
boire un verre d'eau-de-vie. —
Boire une goutte, perdre de l'ar-
gent dans une affaire. — Payer^
la goutte à quelqu'un, le battre.
Goutte militaire, gonorrhée per^
sistante, chronique.
Gouttière s.f. Gibelotte ou lapit
de gouttière, chat.
Gouvernement s . m. « Mon gou
vernement, » ma femme.
Goye = Goym0s.m. = GfoL Chré»
tien, (dans l'arg. des juifs)
Rôder le goye, tromper le chrétien^
Goye s. m. = Pante. Dupe.
Grâce s.f. Faire des grâces^
faire des manières..
Gracier Q v.a. Ce mot est fré
quemment employé pour « côm
muer une peine »", en fr. il signi
fie « pardonner ».
GrafFagnarde s.f. || 1. Mauvaii
tableau. Il 2. Commerce de mau-
vais tableaux. [Rigaud] — Var. d(
griffonnage.
Graffer # v.a. Voy. Agrafer.
Grafigner v.a." Ramasser d(
chiffons. Pour agrafer.
Grafin s. m. Chiffonnier.
Graillon s.f. || 1. Cuisinièn
malpropre. « Marie Graillon.
GRAILLONNER. — 143 —
GRATIN.
Il 2. Crachat. « Avoir des grail-
lons dans la gorge. »
Graillonner v.n. || i. Cracher.
|j2. # Ecrire. Il 3. # Parler.
Graillonneur O s.m. Homme qui
crache beaucoup.
Graillonneuse s.f. Blanchis-
seuse par occasion. [Delyau]
Grain (V) s. m. || d. Argent,
denier, écu. C'était autrefois un
petit poids dont on se servait pour
titrer l'or. || 2. Pièce de 50 cen-
times. [Delval] — Avoir unrjrain,
être un peu fou. — O Avoir son
iiraUiy être ivre. — Etre dans le
ijrain, être aisé.
Mais pour ce qu'estant là je n'estait dans
[le grain.
(M. RÉGNIER, Sat. X.)
Grain de brune, foulard (le mal-
faiteur s'en sert la nuit à la brune
pour étrangler).
Graine O s.f. || 1. Graine d'épi-
nards, épaule tte à gros grains
des officiers supérieurs. || 2.
Graine de bois de lit, punaise. || 3.
Enfant. — Quelle graine ! quel en-
fant insupportable ! — Mauvaise
graine, mauvais gamin.
Graisse s.f. || 1. Argent. || 2.
, Voler à la graisse (Grèce), j.d.m.,
voler au jeu. 3. Tromper en
donnant du cuivre pour de l'or.
ii 4. Graisse d'abattage, force.
Graisser 0v.a. Graisser ses bottes,
se préparer à partir, être près
de mourir. — Gi'aisser les bottes
à quelquun, lui donner le via-
, tique = Graisser les ripatons. —
Graisser la marmite, payer sa
bienvenue au régiment. — Grais-
ser la patte, payer largement
(grassement).
Graisseur s.m. =r Grec. Tri-
cheur.
Grand a. Faire le grand voyage,
mourir. — # Grand Meudon,oî-
ficier de paix; agent de la sûreté.
Grand-calot (mil.) s.m. Généra?
commandant à l'Ecole de St-Cyr.
Grandetire # s.f. Grand'route.
Grand trimard # s.m. La
grand'route.
Granitique O 3- H !• Grandiose..
II 2. Impérissable. — Allusion à
la dureté du granit. [Larchey]
Graoudjem # s.m. Charcutier.
[Rigaud]
Graphique # a. Crotté. Maculé.
Grappe s.f. Jus de grappe, vin.
Grappin s.m. La main qui em-
poigne. — Poser le grappin sur
(luelqu'un, l'arrêter. — Mettre le
grappin dessus, saisir, prendre^
arrêter.
Grappiner0 v.a. Prendre, saisir,
arrêter.
Gras a. et s.m. Gras-à-lard,
replet. — Il y a gras, il y a de
l'argent, il y a abondance. — //
ny a pas gras, il n'y a pas
grand'chose. — Parler gras, par-
ler grossièrement, dire des mots
grossiers ou obscènes. — Avoir
son gras, être tué. — Recevoir un
gras, un coup. — Les gras, lieux
d'aisances.
Mais les pauv' loufoqu's balaient,
Les gras d'nos laisées.
{Chanson des Gueux.)
Gras-bœuf (polyi.) s.m. Bouillon
et bœuf.
Gras-double s.m. |1 i. Mem-
brane de l'estomac du bœuf.
Il 2. Feuille de plomb qui sert
pour la toiture. — % La faire au
gras-double, voler le . plomb des
gouttières.
Gras-doublier # s.m. Voleur de
plomb.
Grasse # s.f. et a. || 1. Coifre-fort.
[Rigaud] || 2. a. Faire la grasse
matinée, se lever lard.
Gratantes (B) s.f.pl. Les mains.
Gratin O s.m. \\i. z^. Gomme. Jeu-
nesse élégante. — Société choi-
GRATINANT.
144 —
GRENUE.
sic. jl 2. Tape. — Refiler un
gratin, recevoir une tape.
Gratinant = Gratiné Q s. m.
= Boudiné. Jeune élégant ridi-
cule.
Gratiner Q v.m. Appartenir au
gratin, v.c.m. (I).
Gratis # adv. Etre gratis malade,
être en prison.
Graton # s. m. Rasoir.
Gratouille s.f. = Gratte. Gale.
Gratouse % s.f. Dentelle. — Gale.
Gratte # s.f. || 1. = Gratouille.
Il 2. Faire de la gratte, économi-
ser aux dépens des autres. L'ou-
vrier qui conserve pour lui le dé-
chet de la matière première qui
lui a été confiée pour faire son
travail, fait de la gratte. Bénéfice
retenu en cachette.
Gratte-couenne s. m. Barbier.
Grattée s.f. = Brûlée, raclée.
Gratte-papier 0s. m. || 1. Homme
de bureau. || 2. Scribe. || 3. (mil.)
Fourrier.
Gratter v.a. et v.n. Devan-
cer. — Se faire gratter, se faire
raser. — Gratter quelqu'un, le
battre. — Il n'y a rien à gratter,
il n'y a pas de profit à tirer.
— Gratter le pavé, être misérable.
Grattoir s. m. Rasoir.
Graveur s. m. Graveur en cuir,
savetier.
Gravois % s. m. Battre le gravais,
manger les restes d'un dîner le
lendemain.
Great-attraction Q s.f. Grande
attraction, (anglicisme)
Grebige (typ.) s.f. Ligne où se
trouve le nom de l'imprimeur,
sur une publication.
Grec O s. m. Tricheur, joueur de
mauvaise foi. Ce mot se trouve
dans la plupart des dictionnaires
français avec ce sens.
Grèce s.f. La Grèce, monde des
grecs, v.c.m.
Gredinette Q s.f. Jeune femme ru
sée.
Gréer (se) (mar.) v.pr. S'na
biller.
Greffer % v.n. Souffrir de la faim
Jeûner.
Greffier s. m. Chat. — Dépouille
un greffier, écorcher un chat.
Greffir v.a. Voler habilement,
Grelasson s. m. Patron d'um
maison peu importante.
Grêle s. m. Maître tailleur.
Var. de grelasson.
Grelot O s. m. Faire sonner soi
grelot, se faire remarquer.
Mettre une sourdine à son grelot
modérer son enthousiasme, sa fa
conde, son langage.
Grelotteux Q s. m. = Boudim
Jeune élégant ridicule, grotesque
Grelu # s.'m. Voy. Grenu.
Greluchon Q s.m. |1 1. Amant d<
cœur d'une tîUe publique. || 2. Ap
prenti souleneur.
Greluchonner Q v.n. Faire 1
greluchon. v.c.m.
Gremes (V) s. m. pi. Bois du gi
bet. — Du h. ail. gremlich, tel
rible.
Grenadier s.m. Pou. — Avoi
des grenadiers dans la tignasse
avoir des poux dans la chevelure
Grenasse # s.f. Grange. Greniei
Grenoble n. pr. Q Voy. Conduite
Grenouillard s.mî || 1. Buveu
d'eau. Il 2. Amateur de bain
froids.
Grenouille (la) Q s.f. Le fonds d
caisse. — Manger la grenouille
voler l'argent de la caisse.
Bouillon de grenouille, eau.
Grenouiller v.n. Boire de Teau
Grenouillère Q s.f. Emplacemeiï
d'une rivière adopté pour la bai
gnade en pleine eau.
Grenu # s.m. Blé, avoine.
Grenuche # s.f. Voy. Grenu.
Grenue = Grenuse # s.f. Farine
GRÈS.
— 145 —
GRIVE.
Orès # s. m. Cheval. [Michel]
Grésillonner 0v.n. Demander du
crédit.
<5revier s.m. Forme de grivier.
lLarchey]
Gréviste O s.m. Ouvrier en grève.
Xrrézillon s.m. Prise de tabac.
Griaches # s.f.pl. La tinette dans
les prisons.
Gribier s.m. Soldat. [Larchey]
Griblage # s.m. Plainte. [Delvau]
— De grubler, grogner.
Gries.m., Grielîe s.f. # Voy. Gris.
Froid.
Grififard s.m. Chat.
Griffarde s.f. Plume. [Rigaud]
Griffer # v.a. = Grifler. || 1. Vo-
ler. [Delval] Il 2. Prendre, saisir.
Griffeton # s.m. Soldat.
^riffeur 9 s.m. Brigadier de
})rison.
Griffon 9 s.m. Faire griffon, s'oc-
troyer la plus grosse part dans le
partage d'un vol.
Griffonnante # s.f. Plume.
Griffonner v.n. Jurer.
Griffonneur s.m. Voy. Babillard.
Grifler # v.a. Voy. Griffer.
Grigne s.f. Grimace.
Grigner v.n. (irimacer.
Grignon # s.m. Juge. [Rigaud]
Grillante # s.f. Cigarette.
Oriller Q v.a. Griller une sèche,
en griller une, fumer une ciga-
rette. — Griller quelqu'un, le
dénoncer. — Affaire grillée, af-
faire manquée. — Etre grillé,
avoir son crédit coupé, avoir
perdu la confiance.
•Grilleur s.m. Fumeur. [Larchey]
<7rilleuse s.f. Grilleuse de blanc,
repasseuse. [Delvau]
-Grimé # a. Arrêté. — Var. de
gripper, agripper.
Orimoire s.m. Code pénal. [Del-
vau] — Grimoire mouchique, ca-
sier judiciaire.
«Grimpant s.m. Pantalon.
Grinchage s.m. — Grinchis-
sage. Vol.
Grinche s.m. = Grincheur =
Griiîchisseur. Voleur.
Grincher # v.a. || 4. Grogner.
Il 2. Voy. Grinchir.
Grincheur s.m. Voy. Grinche.
Grincheux s.m. Grognon. Gro-
gnard.
Grinchir \.a..=Grincher. Voler,
(voir au dict. fr. arg. les mots
Vol, Voler, Voleur.)
Grinchissage # s.m. Voy. Grin-
chage.
Grinchisseur s. m. Voy. Gri/ic/ie.
Gringalet Q s.m. Avorton.
Gringue s.m. Pain. — Marchand
de gringue, boulanger.
Grinte s.f. Figure renfrognée.
Gripis# s.m.= Grippe-fleur= Gris-
pin = Grispis. Meunier.
Grippard = Grippart s.m.
Chat.
Grippe # s.f. Signe de reconnais-
sance, de ralliement.
Grippe-cheville # adv. Faire
grippe-cheville, voler.
Grippe-fleur s.m. Voy. Gripis.
Grippe-Jésus s.m. Gendarme.
Gripper v.a. Saisir.
Gris (le) (V) s.m. = Grie-=Grielle.
1 1 1 . Le froid. H 2. Le vent. — On
dit faire grise mine, pour rece-
voir froidement.
Grisaille s.f. Sœur de Charité.
Grisbis % s.m. Argent, monnaie.
Grise Q s.f. et a. || 1. En voir de
ginses, avoir du mal, avoir de la
peine, des malheurs successifs.
Il 2. Sœur grise, Sœur de charité.
Griserie Q s.f. Légère ivresse.
Grisotter (se) Q v.pr. Se griser
légèrement.
Grispin i=^ Grispis # s.m. Voy.
Gripis.
Grive #s.f. || 1. Garde, patrouille.
— Cribler à la grive, crier à la
garde. — Corps de grive, corps de
iO
GRIVETON.
— 146 —
GUEULARD.
^arde. — Harnais de grive, uni-
forme. Il 2. La guerre.
Griveton s. m. Voy. Griffeton.
Grivier % s. m. Grevier. Soldat. —
Dq grive, gwQVTQ.^Grivier de gaffe,
sentinelle.
Grohant (B) s. m. Porc. Il a un
groin.
Groin s.m. La bouche, la par-
tie inférieure du visage. — Se lé-
cher le groin, s'embrasser.
GroUer v.n. Gronder.
Gromiau s.m. Gamin.
Grondin % s.m. Porc.
Groom O s.m. Jeune valet. — Du
vx fr. gromme, serviteur.
Gros O s.m. Le commerce en
gros. — Travailler dans le gros,
il est dans le gros, faire, ou être
employé dans le commerce de
gros. — Gros frères, cavaliers de
réserve.
Grosse # a. Grosse cavalerie, les
plus grands criminels du bagne,
l'état-major du crime. — Grosses
lèvres, pot de nuit.
Grotte s.f. Etre à la grotte, être
au bagne.
Grouchy Q s.m. Article arrivé en
retard à l'imprimerie, comme
Grouchy à Waterloo.
Grouiller (se) ^ Se dépêcher.
Grouillis-grouiilot0s.m. Fouil-
lis, grouillement.
Groulasse = Groule s.f. =
Trottin. Apprentie. — Prov.
groula, m. s.
Groumer0v.n. Grogner, gronder.
— HoU. gromme. [Timmermans]
Grouper v.a. Arrêter, saisir.
— De grup (V) pendu, accroché.
Grubler % v.n. Grogner.
Grue O s.f. |] 1. Prostituée. Du
vx fr. gruis, m. s. ribaude, griis.
Il 2. Niaise, imbécile. |1 3. Faire
le pied de grue, attendre.
Gruerie Q s.f. || 1. Balourdise.
Il 2. Réunion de femmes ga-
lantes. « Les Folies sont le ren-
dez-vous de toute la gruerie pari-
sienne. »
Grume (V) s.m. Ce mot désignait
les arbres qui souvent rempla-
çaient la potence, au moyen âge. .
S. pr., bois ayant encore son :
écorce. Voy. Gremes.
Grup (V) s.m. et a. Pour gruppé, ,
pris. Pendu, accroché.
Gruppelin (V) s.m. Petit pot. —
Dim. de Crupault, v.c.m.
Grupper (V) v.a. Prendre, arrêter,
saisir, voler, accrocher. — Vxmot
fr. devenu gripper. Voy. Agrafer.
Gruyère s.m. Morceau de
gruyère, visage marqué de petite
vérole.
Guadeloupe s.f. Bouche.
Guano s.m. Excrément quel-
conque. [Delvau]
Guedouze # s.f. = Guidouze.
La mort.
Gueliel (B) n.pr. Le diable.
Guelte O s.f. = Fruge. Remise ou
prime accordée à un vendeur sur
certaines marchandises.
Guelter Q v.a. = Fruger. Mettre
de la guelte (v.c.m.) sur certaines
marchandises. — Article guelte,
article sur lequel il y a une prime
pour le vendeur.
Guenard (chas.) s.m. Voy. Gnare.
Guenaud# s.m.,Guenaude, s.f.
Sorcier.
Guenille s.f. = Guenillon s.m.
Souillon. Guenipe.
Guenon s.f. = Singesse. Pa-
tronne; (la femme du singe.)
Guérite s.f. Guérite à calotin,
confessionnal. — Officier de gué-
rite, simple soldat.
Guette s.f. Gardien. — Chien de
bonne guette, chien de garde.
— Eti^e de guette, être sur ses
gardes.
Gueulard # s.m. || 1. Poêle^
Il 2. Sac, bifesac. — Gueularc
GUEULARDISE.
— 147
GUIiNCHEUR.
s.f., poche, besace. |1 3. Gourmand,
gourmet.
Gueulardise s.f. || 1. Gourman-
dise. « Totor, lu n'auras plus de
raisiné, ce serait de la gueular-
dise à la fin. » Il 2. Friandise.
« Tous les dimanches, on se paye
pour dessert une petite gueular-
dise. »
Gueule s.f. Bouche. — Casser
la gueule, donner des coups vio-
lents sur la figure. — Faire sa
gueule, bouder, faire le dédai-
gneux. — Avoir une bonne gueule,
avoir une figure avenante, sym-
pathique, ou un visage grotesque.
— Taire sa gueule, se taire. —
Fort en gueule, fanfaron, brail-
lard. — Avoir la gueule de bois,
avoir le palais desséché le lende-
main d'une noce. — Rincer la
gueule à quelqu'un, payer à boire.
^- — Se rincer la gueule, boire. —
^m Porté sur sa gueule, qui aime à
^E bien boire et manger. — Gueule
^E d'empeigne, gueule de raie, sale
^■^ gueule, vilaine figure. — Donner
^^f un coup de gueule, crier, chanter. —
^^ Avoir de la gueule, avoir de la voix.
Gueulée s.f. Repas, nourriture.
— Chercher la gueulée, chercher
de quoi manger.
Gueuleton s. m. Repas, banquet,
noce.
Gueuletouner v.n. Banqueter,
faire la noce.
Gueusard Q s. m. Mot d'amitié.
Gueuse Q s.f. Prostituée. — Courir
la gueuse, courir après les femmes.
Gueux s. m. Petit pot en grès
qui sert de chaufferette, (v.c.m.
auF.A.)
Gueux-Gueux s. m. Mot d'a-
mitié.
Guibe =r Guibolle = Guibonne
= Guiches.f. = Guibon s.m.=:
Gigue. Jambe. Du gr. yyiov m. s.
— Guibe à la maîigwe, jambe para-
lysée. — Guibe de satou, jambe dé
bois. — Jouer des guibolles, mar-
cher, courir, s'enfuir. — Gui-
bonne carrée, jambon.
GuiboUard Q s.m. = Jocrisse =
Calino. Niais, imbécile.
Guibolle, Guibonne, Q etc.
Yoy. Guibe.
Guiche n.pr. Duc de Guiche
=:Guichemar, guichetier, gardien
de prison.
Guiche # s.f. = Rouflaquette =
Accent. La Guiche, ensemble des
souteneurs.
Gare au bataillon d'ia guiche;
C'est nous qu'est les dos.
(Ckans. des Gueux.)
— Les guiches, les cheveux.
Guichemar s.m. Voy. Guiche,
n.jir.
Guidouze # s.f. Voy. Guedouze.
Guignard Q s.m. Individu qui a
la guigne, v.c.m.
Guigne Q s.f. = Déveine. Guignon.
Malchance. De guigner, regarder
à la dérobée, guetter; pour les
personnes superstitieuses la gui-
gne est un maléfice produit par
le mauvais œil, voy. Jettator.
Guigne - à - gauche. Guigne -à-
droite s.m. Borgne.
Guignolant 0a. Pour guignonnant.
Malheureux, déplorablc,ennuyeux.
Guignolle # s. in. Gendarme.
Guimbard # s.m. = Panier à sa-
lade, voy. Panier.
Guimbarde s.f. || 1. Guitare.
Il 2. Mauvaise voiture, vieille
voiture. || 3. Porte. [Rigaud]
Guinal # s.m. Juif.
Guinaliser v.n. et v.a. JI 1. O
Faire de l'usure. || 2. Circoncire.
Guinche # s.m. || 1. Bal public,
bal de barrière. 1| 2. s.f. Danse.
— De gigue,iRmhe; à rapprocher
de guinguette.
Guincher # v.n. Danser.
Guincheur # s.m. Danseur.
GUINDAL.
— 148 —
HANE.
Guindal s. m. Verre. — Enfler
le guindal, boire. — Faire un
guindal, boire à la ronde.
Guinder(thé.) v.a. Guinder les por-
tes, attacher les battants de porte
avec des ficelles.
Guinée O Nymphe de Guinée, né-
gresse.
Guinguette s.f. Grisette qui
fréquente les guinguettes, les ca-
barets où Ton danse.
Guirlande # s.f. Chaîne d'accou-
plement des forçats.
Guirlandeur Q s. m. Flatteur.
Guitare Q s.f. (| 1. Rengaine. —
Cest toujours la même guitare,
il répète toujours la même chose.
Il 2. Plainte ; le son monotone
de la guitare ressemble à une
plainte 'incessante.
Gy # adv. |i 1. Voy. Gi. \\ 2. =
Girol, soit. [P. Boissière]
Ha O = Pschutt = Vlan. Élé-
gant; exclamation admirative.
Habillé s. m. Habillé de soie,
porc; (J.d.m.) habillé de soies.
Habiller v.a. || 1. Médire. || 2.
Réprimander. — Habiller quel-
quun,en dire dumal.ZZ l'a bien ha-
billé! » (par ir.) — v.pr., S^habil-
ler en sauvage, se mettre nu. —
S'habiller de sapin, mourir.
Habin (B) # s.m. Chien.
Habiner # v.n. et v.a. Mordre. —
Pour happer. [Timmermans]
Habit Os. m. Habit du père Adam,
nudité. — O Habit rouge. Anglais.
— Habit noir \\i. Bourgeois.
(Delvau) Il 2. Menteur. (Rigaud)
Habitant s.m. Vermine.
Habitongue s.f. Habitude. (Mi-
chel)
Hâblichon # s.m. Menteur du fr.
hâbleur.
Hacher Q v.a. Hacher de la paille,
prononcer mal le français comme
certains Allemands. (Rigaud)
Haire (V) s.f. Peine, exclamation
douloureuse, lamentation, gémis-
sements.
Sans faire haire
Ne liault braire.
(Villon).
Hâle (V) s.m. Voy. Halle, s.m.
Halënes # s.f .ip\.=: Alênes. Outils
de voleur.
Halle (V) s.m. Pour hâle. Air sec
et chaud qui brunit le teint. —
Etre mis au hâle signifiait être
pendu.
Halle s.f. Halle aux draps, lit.
Hallebarde Q s.f. Il tombe des
hallebardes, il pleut à vous trans-
percer comme le feraient des
hallebardes.
Hallegrup (V) s.m. Gibet. Potence.
— De halle et grup v.c.m.
Halot O s.m. Soufflet. Voy. Halle.
Haloter v.n. et v.a. ||1. Souf-
fler. || 2. Souffleter.
Halotin % s.m. Soufflet de che-
minée. (Rigaud)
Hancher (se) v.pr. Se camper
sur la hanche.
Handicap (sport) s.m. [| 1. Course
dont la distance et les poids ne
sont indiqués qu'après l'engage-
ment. Il 2. # Jeu de la consolation,
v.c.m.
Handicaper = Handicapeur
(sport) s.m. Celui qui établit une
échelle de poids selon la valeur
des chevaux dans un handicap.
Haae # s.f. Bourse. Casser la
HANOCHE.
149 —
HERBE.
hanCy voler la bourse. Du celti-
que han, maison, logis (rargent
loge dans la bourse).
Hanoche (B) s.f. Jument.
Hanois (B) s. m. Cheval.
Hanneton Q s. m. Idée fixe. —
Avoir lin hanneton ou une arai-
gnée dans le plafond, être un peu
fou. — Encore son hanneton ou
son araignée qui le travaille^ il
déraisonne.
Happer v.a. Fuir.
Et lui soudain de happer le taillis ;
Laissant le pauvre sol dedans le margouillis.
(Grandval).
Happin s. m., Happine s.f. #
Chien. (Grandval)
Happiner # v.a. Mordre.
Harauder v.n. Médire. — De
liaro.
Hardi a. Hardi à la soupe, pa-
resseux.
Hareng s. m. Faire des yeux de
hareng, crever les yeux.
Haria s. m. = Aria. Embarras.
Hariadan-Barberousse # n.pr.
Le Christ. (Vidocq) Pour Havria-
dan, de Targ. Havre, Dieu, et de
la terminaison an, qui se rencon-
tre dans Nathan, Mathan, etc., et
allus. à la couleur de la barbe du
Christ.
Haricauder v.n. Chamailler.
(Delvau) — En patois normand,
haricoter.
[aricot Q s. m. Les Haricots ou
Vhôtel des Haricots, autrefois pri-
son de la garde nationale. — #
Haricots verts, apprentis voleurs.
— Il agrippe, il gratte. Il est jeune
(vert). — Le haricot tire son nom
de la vrille ou crochet au moyen
duquel il se soutient en grimpant.
Hark en holl. veut dire râteau,
petite herse. Var. de harpion.
[TlMMERMANSj
[aricotteur s. m. Bourreau.
[armonie # s.f. Faire de Vhar-
monie, faire du vacarme. (Grand-
val)
Harnaché a. Mal habillé. (Del-
vau)
Harnais s. m. Habits. — Harnais
de grives, équipement militaire.
Harpe s.f. Barreau de fer gril-
lant la fenêtre de prison. — Pin-
cer de la harpe, être en prison. —
Jouer de la Aarpe, tricher au jeu.
Harpigner (se) v.pr. Se battre.
Harpion s. m. ==Arpion. Main,
pied. (Grandval)
Harponner # v.a. |] 1. Arrêter. I|
2. Assaillir.
Haut-de-tire # s. m. Culotte.
Haute O s.f. La haute, la classe
riche de la société. =: High-life.
« Etre de la haute. » — La
haute bicherie, ensemble de fem-
mes galantes richement entrete-
nues.
Hauteur Q s.f. Etre à la hauteur,
être capable, intelligent (sous-ent.
de sa tâche, de sa mission ou de
son mandat).
Hautocher # v.n. Monter. (Del-
vau)
Haut-temps # s. m. Voy. Autan.
Havane O s. m. || i . Petit chien de
race havanaise. |1 2. Tabac ou ci-
gare de la Havane. 1| 3. Couleur
marron clair comme le tabac de
ce nom.
Havre (V) s. m. Le Grand Havre,
Dieu. — Un havre signifie au pro-
pre un port, un refuge. Dieu est
le havre où le pêcheur trouve son
salut. — D'après A. Vitu, il se
peut que havre ait été employé
pour affre, cruauté, horreur. —
Havre ou avre , par j.d.m. de
rang, over, supérieur. [Timmer-
3L\NS]
Herbe s.f. L'herbe à la vache,
le trèfle (jeu de cartes). — Manger
l'herbe par la racine, être enterré.
— Herbe sainte, absinthe (plante).
HERBIERE.
— IbO
HOUSTE.
Herbière s.f. =: Femme sauvage,
prostituée qui fait son métier dans
les champs.
Hérésie Q s.f. Hérésie en amour,
pédérastie.
Hérétique O s. m. Hérétique en
amour, pédéraste.
Herpe (B) s. m. Liard.
Herplis # s. m. Liard.
Hers O s. m. Maître. (Larchey) —
De l'ail. Herr, monsieur.
Hibou O s. m. = Attristé. Voleur
qui opère la nuit.
Hic O s. m. Voilà le hic! voilà le
point difficile ! la difficulté.
High-Life (le) O (angO s.m. =
La haute v.c.m. (m, à m. la haute
vie). Le grand monde. — a. =
Select, distingué.
Hirenalle (V) s.f. Le hérissement
des cheveux. De Tang. hair, che-
veux, et nail, clou.
Hirondeau s. m. Atelier de
tailleur où Ton change souvent
d'ouvriers.
Hirondelle s.f. (| \. Commis
voyageur. — 2. Ouvrier tailleur,
nomade, || Hù^ondelle de grève,
gendarme. || Hirondelle d'hiver
— 1. Marchand de marrons. — 2.
Ramoneur. (| Hirondelle de la
mort 4. Croquemort. 1| 2. Gen-
darme qui assiste à une exécution
capitale. || Hirondelle de ponts, ysl-
gabond,qui couche sous les ponts.
Hisser v.a. Appeler en sifflant.
(Rigaud)
Histoire s.f. Parties génitales.
— Les histoires, les menstrues. —
Pour; histoire de rire, pour rire.
Hitz (V) s.pl. Cordes. En fr. his-
ser, élever, hausser à l'aide de
cordage.
Homard s. m. || 1. Soldat de la
ligne. (Delvau) || 2. Spahi. (Ri-
gaud) — Faire cuire son homard,
rougir = Piquer un fard.
Homicide s. m. L'hiver (il est
fatal aux malades et aux malheu-
reux).
Homme Q s. m. Mon homme, mon
mari. — (typ.) Homme de bois,
ouvrier qui'secondele metteur en
pages. — Homme de qualité, sou-
teneur. — Homme à femmes^
amateur de femmes. — Homme de
paille = Prête-nom, individu res-
ponsable d'une affaire dirigée par
un autre. — Homme au sac,
homme riche. — Homme sand-
ivich, individu qui se promène
dans les rues avec une affiche
devant et derrière lui. — #
Homme de lettres, faussaire.
Hommelette s.f. Individu sans
force, sans énergie.
Honnête (1') # s. m. Le printemps.
Hôpital s. m. Prison. (Vidocq)
Hoquette (la) (B) s.f. Balle du
gueux, qu'il portait sur le dos.
Horizontale Q s.f. Femme ga-
lante.
Horloger s. m. Mont-de-piété.
— Mettre sa montre chez l horlo-
ger, la mettre au mont-de-piété.
Hornangier (V) (obsc.) v.a. Coï-
ter. — De l'esp. hoi^no, four.
Horreurs s.f. pi. || i. Propos liber-
tins. « Dire des horreurs. » {] 2.
Libertinage. i( Faire des horreurs. »
Horse-steak Q s. m. Biftek de che-
val (ang.).
Hosto # s. m. Prison. — Du vx fr.
hostel, maison.
Hôtesse (1') s.f. La Morgue.
Hotteriau s.m. Chiffonnier, qui
porte la hotte.
Houillier s.m. Vendeur au ra-
bais de gibier avarié.
Housette s.f. Botte. — Traîne-
cul les housettes, individu dont le
fond de culotte tombe sur les
talons. (Richepin)
Houssine # s.f. Bâton. = Jean de
VHoussine.
Houste # adv. Filez, allez-vous-en.
HUBIN.
— 151
IDEE.
— Houste à la paille, allez-vous-
en.
Hubin s. m. = f/uppm. Mendiant
disant avoir été mordu par un
chien enragé et aller en pèleri-
nage à Saint-Hubert. (Larchey)
Hugrement (adv.) Beaucoup.
Huile s.f. = Beurre. 1 1 1 . Argent.
Il 2. Vin. — Huile blonde, bière.
— Huile de bras ou de poignets,
force musculaire. — Huile de co-
trets, coups de bâton. — Jeter
de l'huile, être bien mis, avec re-
clierche.
Huiler v.a. Huiler la pince à
quelqu'un = Graisser la patte,
donner de l'argent dans la main.
Huileux O s. m. = Embaumé =
Gommeux = Qui jette de Vhuile.
Elégant prétentieux et ridicule.
Huissier s. m. Concierge.
Huître O s.f. H 1. Niais, imbécile.
Il 2. Crachat.
Huitrifier Q v.a Abrutir.
Humecter (s') Q vpr. S'humecter
les amygdales, boire.
Humilié (T) 0s. m. Le dos; (il se
courbe facilement.)
Hunter (sport)s.m. Cheval de chasse.
(ang.)
Huppin s. m. Voy. Hubin.
Hure s.f. Visage', figure. — Se
faire ratisser la hure, se faire
raser.
Huré (B)0s.m. || i.Mauvaisvin. I|
2. Huré couchant, le soleil. || 3.
Huré Razis, évoque. H 4. Riche,
dans Targ. des voleurs,pourAMj)p^.
(Larchey)
Hurepois a. Excellent.
Hurf O a.inv. ets.m. ^ Urf=:Chic,
V. ces m. — Bruit se produisant
lorsqu'on absorbe une boisson,
comme pschutt, quand on la siffle
et qu'on la trouve délicieuse.
[TiMMERMANS]
Hurler O v.n. Chanter, crier.
Hurlubier s. m. || 1. Vagabond
(Richepin) Il 2. Idiot. |1 3. Fou ;
Var. de hurluberlu.
Hurme (V) s.f. La forme. — C'é-
tait la case ou cellule du pilori ou
du gibet de Montfaucon. — De
l'esp. horma, forme.
Hussard' s. m. Hussard d'ab-
baye =z Gendarme de la guillotine
ou de la veuve, gendarme qui
assiste aux exécutions capitales.
— Hussard à quatre roues, con-
ducteur d'artillerie.
Hussarde 0s.f. Voy. Absinthe.
Hust-must int. lirand merci ;
(Grandval) pour : 1 thank you
much; (ang.) m. s. [Timmermans]
Hydropique s.f. Femme en-
ceinte.
Hye (V) s.f. Membre viril, puis-
sance virile.
Prince planteur quand vous sauldrez la hye.
(Villon),
Hyer (V) v.n. Coïter.
I désigne le cœur dans l'arg. des
grecs. Ainsi, pour faire savoir à
un joueur si son partenaire a
beaucoup de cœurs dans la main,
le compère commence une phrase
par un I : « Il y a du monde ici
ce soir. )> — S désigne le trèfle,
M le pique, V le carreau.
Icicaille=: Icigo = Igo adv. Ici .
Idée O s.f. Une idée, un peu, un
rien. « Une idée d'absinthe avec
beaucoup d'anisette. » — Donner
IGNORAMUS. — 152 —
INFECT.
des idées à quelqu'un, lui inspirer
des désirs amoureux.
Ignoramus = Ignorantin O
s. m. Frère ignorantin, Frère de la
Doctrine chrétienne. Par ext. du
nom à-'Ignorantins que se don-
naient à eux-mêmes les membres
d'un ordre religieux fondé en 1 495
en Portugal, et'introduiten France
par Marie de Médicis.
Illégitime s. 2 g. || 1. Maîtresse
de mari. || 2. Amant de femme
mariée. (Larchey)
Illico O IM' adv. Immédiatement.
— Motlat.,m.s. |I 2.s.m.Grogcon-
fectionné en fraude dans les hô-
pitaux. (Larchey)
Il pleut O Formule négative.
« Payes-tu à diner? — Il pleut. —
// pleut à verse, jamais de la vie.
Imberbe % a. Vierge.
Imbiber (s') Q v.pr. Boire.
Immense Q ^' Extraordinaire,
(( Cest immense! » ce mot a été
popularisé par Facteur Daubray
dans (( La Jolie parfumeuse ».
Immobilité Q s.f. Mercenaire de
l'immobilité, modèle de peintre.
Immortel Q s. m. Académicien.
« Les quarante immortels ».
Impair Q s. m. Bévue. — Faire un
impair, échouer ou commettre
une bévue. — Il n'y a pas d'im-
pair, il n'y a pas de danger.
Impavide Q a- Brave, (qui ne trem-
ble jamais.)
Impayable O a- Curieux, réussi.
Impénétrable # s. m. Coffre-fort.
Imper a. et s.f. |1 1. Impérial,
(abrcv.) |1 2. Impériale d'omnibus.
Impériale Q s.f. Barbe taillée en
pointe sous le menton, comme la
portait Napoléon III.
Impossible Q a. Excentrique, ri-
dicule. Costume impossible, cos-
tume grotesque, ou simplement de
mauvais goût.
Impôt # sim. Automne.
Impressionnisme Os. m. École de
peinture ultra-réaliste. (Rigaud)
ImpressionnisteO s-m • Qui fait de
la peinture ultra-réaliste.
Impure O s.f. Femme galante.
Incohérent O s. et a.m. Les arts
incohérents, le bal des incohérents,,
l'exposition des incohérents, réu-
nion de jeunes gens, et souvent
d'artistes de talent qui, dans le
seul but de rire et d'amuser le pu-
blic, font des excentricités.
Incommode s. m. Réverbère,,
lanterne. La lumière gêne les-
malfaiteurs.
Incommodé a. Être incommodé,.
être pris en flagrant délit.
Inconnobré # a. Inconnu.
Inconséquence O s.f. Légèreté de
paroles, de conduite.
Inconséquent Q s. m. Léger dans:
ses paroles ou dans sa conduite, qui
parle sans songer aux conséquen-
ces que son langage pourrait avoir.-
Incurable s. m. Condamné à
mort.
Indécrottable O ^- Incorrigible.
Index s. m. Travailler à l'index,
travailler à prix réduit.
Indicateur Q s. m. Individu qui
indique aux policiers les mauvais
coups préparés par des malfai-
teurs dont il est l'ami et souvent
le complice. — Délateur.
Indienne 9 s.f. Habits, vêtements..
Indifférer v.n. Ça m'indiffère,
ça m'est égal.
Indigent s. m. Voyageur d'im-
périale d'omnibus. (Rigaud)
Indompté # s. m. Coffre -fort.
Inexpressible O s. m. Pantalon.
Infante Q s.f. Mon infante, ma ij
maîtresse. 1
Infanterie s.f. Entrer dans Vin-
fanterie, être enceinte; J.d.m.
sur enfanter.
Infect O ^- C'est infect! c'est mau-
vais, c'est dégoûtant.
INFECTADOS.
153 —
ITOU.
Infectados O s. m. Cigare d'un sou.
Inférieur Q a. Celam'est inférieur ^
cela m'est égal. (Rigaud)
Infirme O a. et s.m. Homme nul,
incapable. — Jouer comme un
■ infirme, mal jouer.
Influencé O ^' -E^re influencé,
commencer à être gris.
Ingliche == Inglichmann O s.m.
Anglais.
Ingrat a. Être ingrat, ne pas
savoir voler.
Ingre # (B) s.m. Couteau.
Ingriste Q s.m. Peintre de recelé
dlngres.
Ingurgiter Q v.a. Ingurgiter son
bilan, mourir.
Inouïsme Q s.m. Cest ruisselant
dlnouïsme, c'est incroyable, extra-
ordinaire, inouï.
Inquiétude s.f. Avoir des in-
quiétudes dans les mollets, avoir
envie de donner un coup de
pied.
Insecte s.m. || 1. Volaille. [J 2.
Oiseau. (Rigaud)
Inséparables O s.m.pl. ||1. Es-
pèce de petite perruche qui ne
peut vivre qu'étant accouplée. || 2.
Cigares qui se vendent par deux;
(pour 15 cent.)
Insinuant # s.m. Apothicaire.
(Rigaud)
Insinuante s.f. Seringue.
Insinuation s.f. Clystère.
Insolpé a. et s.m. Insolent.
Inspecteur Q s.m. Inspecteur des
pavés 11 1. Flcàneur. || 2. Employé
qui cherche une place.
Inspiré s.m. Front.
Installer (mil.) v.a. Exposer le
fourniment pour l'inspection.
Instantanée O s.f. Prostituée, (ses
amours ne durent qu'un instant)
Institutrice s.f. Maquerelle
Matrone.
Instruit
a. Etre instruit, être
adroit voleur.
Insurgé s.m. Insurgé de Romilly,,
étron.
Interver % v.a. Voy. Enterver.
InterviewQ s.m. Entrevue, (angl.)
Interviewer Q v.a. Avoir une en-
trevue avec une personne pour ob-
tenir d'elle des détails sur une
chose qu'elle connaît particuliè-
rement, ou sur sa vie, ses habitu-
des, sa manière de travailler.
Intime s.m. Q (Hié.) Claqueur..
(Larchey)
IntransigeantOs.nl. Homme poli-
tique aux idées arrêtées, n'admet-
tant aucune transaction.
Inutile O s.m. Notaire.
Invalidé Q s.m. Député dont
l'élection est annulée par la Cham-
bre.
Invalo s.m. Invalide.
Invite s.f. Invitation secrète. —
Faire une invite à Vas; (expression
du jeu de whist.)
Ipéca (mil), s.m. Médecin; (abrév.
d'ipécacuana.)
Irlande n.pr.f. H 1. (enf.) En-
voyer en Irlande! au jeu de bille,
c'est envoyer à droite ou à gau-
che. Il 2. # Envoyer en Irlande,
expédier un objet de la prison.
Ironiste Q s.m. Gouailleur, mo-
queur, persifleur, railleur. « A
peine quelques ironistes se sont-
ils souvenus de l'admirable fable
des Animaux malades de lapeste. »
[Fr. Coppée]
Isolage s.m. Abandon.
Isoler # v.a. Abandonner.
Isoloir O s.m. |i Se mettre surViso-
loir, 4. Se séparer de ses anciens
amis. 2. Jouer un solo.
Italiques Q ^- et s.m.pl. (typ.).
Avoir les jambes italiques, être
bancal.
Itou adv. Idem; même; aussi.
Du lat. item, qui vient du skt.
iti, ainsi : Dérivés fr. identifier,,
identique.
ITRER.
154 -—
JAR.
Itrer v.a. Avoir, posséder. — Se
conjugue sans le t : Ires-tu une
cibige ? as-tu une cigarette ?
Ivoire O s. m. Faire un effet
d'ivoire, rire en faisant voir une
jolie denture. — Taquiner Vivoire,
jouer du piano.
\
Jabot s. m. Estomac. Poitrine.
— S'arroser le jabot, boire. —
Faire son jabot, se bourrer de
nourriture. Var. de gaviot.
Caboter # v.a. et v.n. Interroger.
Jacasse O s-f. Bavard.
Jacasseur O s. m. Bavard.
Jacobin # s. m. Pince à effraction.
Jacqueline s.f. || 1. Sabre (Mi-
chel). Il 2. # Prostituée.
Jacques O n.d.b.m. || 1. Jacques
Bon/iomme,le peuple français. || 2.
Imbécile, niais. Faiî^e le Jacques,
faire l'imbécile. || 3. Faire Jac-
ques Déloge, s'en aller clandesti-
nement. Il 4. #Pinceà effraction.
Jacquets s.m". Mollets. — Grand
Jacquot, bavard importun et sot.
Jactage s.m.. Jactance s.f. O =
Bagou, v.c.m. Bavardage. Ext. du
s. fr.
Jactation s.f. Vov. Jectigation.
Jacter v.n. || 1. Parler. || 2. Ra-
conter. Il 3. Crier. « Jacter un bo-
niment. »
Jacteur s.m. || 1. Causeur, ora-
teur. Il 2. Bavard.
Jaffe s.f. Soufflet.
Jaffier % s.m. Jardin.
Jaffîn s.m. Jardinier.
Jaffle # s.f. Soupe.
Jalo s.m. Chaudronnier, qui tra-
vaille le cuivre «jaune », en ang.
yelloW. [TiMMERMANS]
Jambe s.f. Ça te fait une belle
jambe, tu es bien avancé. — Jam-
bes en coton, jambes molles. —
Jambes en manches de veste, jam-
bes torses. Bancal. — Faire jambe
de vin, boire vaillamment. — S'en
aller sur une jambe, ne prendre
qu'un verre en passant. — Lever
la jambe, danser le chahut, v.c.m.
— Faire une partie de jambes
en l'air, sacrifier à Vénus.
Jambon s.m. |1 1. Guitare. I] 2.
Mandoline. || 3. Cuisse.
Jambonneau s.m. || 1. Ne plus
avoir de chapelure sur le jambon-
neau, n'avoir plus de cheveux sur
la tête. Il 2. Mandoline. — Gratter
du jambonneau, louer de la man-
doline.
Jambonner # v. Battre à coups
de pied.
Jappe s.f. Bavardage, caque-
tage. — Avoir de la jappe, bavar-
der. — Tais ta jappe! tais-toi. Du
fr. japper, aboyer, fig. crier.
Jaque s.m. Vêtement, jaquette.
Le jaque était autrefois un vête-
ment des hommes de guerre, le
plus souvent fait de peau de cerf.
Jaquette # s.f. Bavard, menteur.
Jar s.m. = Jars. Argot. — Dévi-
der, entraver, jaspiner le jars, par-
ler argot. — Du fr. jars, mâle de
l'oie. On dit le jars jargonne pour
exprimer le cri de cet animal.
Villon emploie le mot ger pour
jars; parler en gier, c'était parler
le jargon. — Dévider le jars est
une allusion à l'expression de
Targ. des marins ang. : to spin a
yarn, dévider du fif, enfiler une
longue histoire [Timmeilmans].
JARDIN.
— 155
JÉRUSALEM.
Jardin s. m. Jardin des claqués,
cimetière. — Faire du jardin sur
quelqu'un, se moquer.
Jardinage s. m. |1 4. Moquerie.
Il 2. Médisance.
Jardiner v.n. et v.a. Se mo-
quer.— Jardiner qnelqu'un,\e faire
' parler, lui faire dire ce qu'il cher-
che à cacher. — Syn. de bêcher
. quelqu'un, lui donner des coups
de bec.
« Les gonciers qui nous jardinent,
l s'rout vraiment j'tés. »
J. RicHEPiN, Chans. des Gueux.
Jardineur s.m. Celui qui cher-
che à faire parler q.q., à le faire
avouer.
Jardinier # s.m. Voleur. Voy.
Charriage. — Racoleur de dupes
(navets) pour les maisons de jeu.
JargoUe # n.pr.f. Normandie.
(Pays du jargon).
Jargollier s.m. Normand.
Jargouiller % v.n. Baragouiner.
Jarguer Q v.n. = Dévider le jar,
v.c.m.
Jarnaffe # s.f. Jarretière.
Jarret (mil.) s.m. Lever le jarret,
marcher en colonne.
Jarretière s.f . Gh aîné de montre.
Jars s.m. Voy. Jar.
Jarvillage s.m. || 1. Entretien.
Il 2. Confidence.
Jarviller # v.n. ]) 4. Parler. |I 2.
Faire des confidences.
Jasante s.f. Prière.
Jaser v.n. Prier.
Jaseur # s.m. Prêtre qui dit la
messe.
Jaspin II 1. adv. Oui. || 2. s.m.
Bavardage.
Jaspinage # s.m. Voy. Jaspin (2).
Jaspinement s.m.' Aboiement.
Jaspiner0v.a. etv.n. || 1. Causer,
bavarder. |1 2. Aboyer — Var. de
japper.
Jaspineur
2. Chien.
s.m. Il 4. Bavard.
Jaune # s.m. || 4. Eté. ||2. Eau-
de-vie. Il 3. O Etrepeint en jaune,
être trompé par sa femme. 1| 4.
Kire jaune, c'est faire contre for-
tune bon cœur, paraître satisfait
quand on ne Test pas.
Jaunet s.m. Pièce d'or.
Jaunier s.m. Débitant d'eau-
de-vie.
Javanais Q s.m. Langage conven-
tionnel qui consiste à intercaler
dans les mots les syllabes va ou
av. Ex : « C'est simple et facile, »
« ce vast sivample avet façavile. »
Javard # s.m. Lin. Il est javelé,
mis en faisceau.
Javotte s.f. Bavard.
Javotter v.n. Bavarder.
Jean de la Vigne # Crucifix.
L'argotier appelle la vigne, la
calvigne à rapprocher du mot
calvaire, montagne où le Christ
fut crucifié.
Jean de l'Houssine # Voy. Hoiis-
sine.
Jean-Fesse = Jean-Foutre
Vaurien. Canaille.
Jean-Jean Q s.m. || 4. Nigaud,
niais. || 2. Jeune soldat, recrue.
Jean-qui-ne-peut | Impuissant.
Moyqui n'ai pas le nez d'estre Jean-qui-ne-peut.
(M. RÉGNIER, sat. XI).
Jean-Raisin Q Vigneron.
Jectigation s.f.' = Jactation.
Mouvement inquiet des malades.
Jédot (polytech.) s.m. La pluie
(m. à m. jet d'eau). — On prétend
que ce mot doit son origine à un
M. Jédot, professeur de lavis.
(Larchey)
Non, jamais d'ia vie
J'n'avais vu pareil j'edo^,
Et comme j'étais sans parapluie
Il m'eût plus plu qu'il plût plus tôt.
Jérusalem n.pr.f. Q Lettre de Jé-
rusalem, lettre écrite de la prison
en vue d'extorquer de l'argent. —
• Jérusalem-poney, âne (Slang).
JESABEL.
— 156 —
JOLI-CŒUR.
Jésabel (St-C.) n.pr.m. Ragoût.
Jésuite s. m. \\ 1. Cafard, hypo-
crite. Il 2. Dindon. — Les jésuites
ont importé le dindon d'Amérique
sous le règne de François I".
Jésus # s. m. Il i. Petit-Jésus,
petit enfant, innocent. |I 2. Jésus
à quatre sous, petit enfant malin-
gre et souffreteux, jj 3. Jeune gar-
çon (sodomite).
Jet s. m. Canne, jonc.
Jetar =: Jetard s. m. Cachot,
prison, salle de police.
Jeté a. Etre jeté, être soûl (Ri-
GAUDJ.
Jetée # s.f. Mètre.
Jeter v.a. Jeter du cœur sur du
carreau, jeter son lest, vomir. —
Jeter un froid, produire une im-
pression pénible. — Jeter de la
grille à quelqu'un, c'est lui lire sa
condamnation. — Jeter une
mandole, gifler. — Jeter au feu,
dénoncer.
Jettator Q s. m. Mot italien qui si-
gnifie « Jeteur de sort », celui qui
est doué du mauvais œil, supersti-
tion généralement admise en Ita-
lie = Comète.
Jeu O s. m. Il 1. Etre vieux jeu,
être en retard sur le progrès. || 2.
Faire le jeu, (spdt-t) faire prendre
à un cheval la tête de la course au
début, afin d'obliger les autres à
dépenser toute leur force et de
permettre à un second cheval de
la même écurie de gagner la
course. || 3. Q Le grand jeu, chez
les cartomanciens, le grand jeu
detarots. || 4. Raffinements volup-
tueux. Il 5. # Assassinat.
Jeune O H 1- a. Pas si jeune, pas
si bête. — Il est trop jeune, il
manque de savoir, d'expérience.
Il 2. Faire le jeune homme, s'amu-
ser, sortir sans sa femme pour
aller faire une partie de plaisir.
Il 3. Avoir son jeune homme, son
petit jeune homme, être gris. || 4.
s. m. Petit d'un animal. « Un
jeune de chien. »
Jeune-France O n.pr.f. \\ \. On
appelait ainsi le parti des roman-
tiques vers 1830. || 2. Les Jeune-
France, la jeunesse.
Jeunesse O s.f. Jeune fille.
Ji # adv. = Gi. Oui.
Jicler 3= Jigler v.a. et v.n. Voy.
Gicler.
Jinglard s.m. Voy, Ginglard.
Jiroble % a. = Girofle. Joli.
Job 0s.m. Niais, benêt. — Monter
le job à quelqu'un, le tromper. —
Se monter le job, s'illusionner.
« Allons donc, ce garçon-là se
monte le job, il croit que cest
arrivé. » (Abrév. de Jobard.)
Jobard O s.m. = Job. Niais, ba-
daud. Du vieux mot jobelin, lan-
gage des jobs (voleurs) , qu'ils
employaient pour tromper les
jobelins, c'est-à-dire les niais
qu'on enjobeline.
Mais pour mieux l'enjobcliner
Dictes-lui ce qu'il ne fut onc
[Fai'Ce de Calbain).
Ce mot se trouve dans la plupart
des dict. fr., et ne se retrouve ici
que pour expliquer ses dérivés.
Jobarder Qv.a. Tromper, duper.
Jobarderie Q s.f. Badauderie,
voy. jobard.
Jobelin % s.m. Langage qui sert à
tromper les niais, voy. jobard.
Jobisme Q s.m. Pauvreté, dénue-
ment. — Résignation dans le
malheur, ail. à Job de l'Ancien
Testament.
Jocko O s.m. et a. Boulanger. —
Pain jocko, pain long.
John-Bull O Le peuple anglais.
Jojo a. et s.m. Joli (abrév.). —
Faire son jojo, faire l'enfant,
faire l'imbécile.
Joli-cœur Q s.m. Homme douce-
JOLIESSE.
457 —
JUGEOTTE.
reux. — Faire le joli-cœur, dire
des fadaises.
Joliesse O s.f. Beauté. « La jo-
liesse d'une fille. »
Jonathan n. i)r. Q Frère Jonathan,
le peuple des Etats-Unis.
Jonc # s. m. Or. — Bob en jonc,
montre en or. — Etre sur les joncs,
être en prison.
Joncher (V) # v.a. H 1. Dorer. ||
2. Tromper.
Joncherie (V) # s.f. Tromperie.
Joncheur s. m. Trompeur.
Jonclier 0s.m. Orfèvre. (Larchey)
Jonquille Q ^« ^^"*'* jonquille
mari trompé, (allusion à la couleur
de la jonquille).
Jordonne O Madame Jordonne,
femme autoritaire, (j.d.m.)
Jorne # s. m. Jour.
Joseph n.d.b. 1| 4. O Cocu. ||
2. Homme chaste. — Ne fais donc
pas ton Joseph, ne fais pas Tinno-
cent. Il 3. Papier Joseph, sorte de
papier à filtrer (du nom de Tin-
venteur Joseph Montgolfier).
Joséphine n.d.b O Faire sa José-
phine, faire la prude.
Jouaillon = Jouasson O s. m.
Joueur qui joue mal, qui ne sait
pas jouer.
Jouasser = Jouailler Q v.a.
Mal jouer.
Joue s.f.0Se ca/er /es jowes, manger.
Jouer O ^'-^ ^^ ^'•^' Jouer de quel-
quun, le faire marcher à sa guise.
<( Alida joue du petit Gaston, elle
le fait casquer dur. » — Jouer
la fille de Vair. jouer des flûtes,
s'en aller, s'enfuir. — Jouer des
dominos, manger. — Jouer de
Vorgue, ronfler. — # Jouer de la
harpe, jouer du violon, scier des
barreaux de fer. — Jouer du fifre,
se passer de manger. — Jouer du
vingt-deux, jouer du couteau,
poignarder. — (Joueurs) Jouer le
point de vue, voir par-dessus les
cartes du banquier. — Jouer le
cadavre, ne se mettre à jouer que
lorsque la chance s'est déclarée,
achever la ruine du perdant.
(Larchey)
Joufflu s. m. Voy. Giffault.
Jouste adv. =:Juxte. Près, con-
tre. — Lat. juxta.
Jouvins O s. m. pi. Gants; (du nom
d'un fabricant renommé).
Joyeuse # s.f. Epée, rapière ; (du
nom de l'épée de Gharlemagne.)
Joyeux (mil.) s. m. Les joyeux.
soldats des bataillons d'Afrique.
C'est nous les joyeux.
Les petits joyeux,
Qui n'ont pas froid aux châsses,
Lee petits joyeux,
Qui n'ont pas froid aux yeux.
(A. Bruant.)
Jubile (la) s.f. Peau économisée
par l'ouvrier gantier sur celles
qu'on lui a confiées pour tailler
des gants. — C'est la gratte qui
change de nom.
Juc (V) s. m. l'erchoir. — Lat. ju-
gum, sommet, hauteur ; fr. jucher.
Judacer v.a. Trahir.
Judaïser # v.a. Voy. Judacer.
Judas O n.pr.m. Traître. — Baiser
de Judas, baiser hypocrite. —
Bran de Judas, tache de rousseur.
— Le point de Judas, le nombre
43; (De Judas, disciple qui tra-
hit et livra Jésus-Christ.)
Judasser v.a. Voy. Judacer.
Judasserie s.f. Traîtrise.
Judée # n.pr.f. Préfecture de
police (située autrefois dans la rue
de Jérusalem.)
Juge s.m. Il Juge de paix 4.
Bâton. — 2. Jeu de cartes, tourni-
quet de marchand de vin ; (j.d.m.)
c'est lui qui désigne le perdant,
celui qui paie.
Jugeotte s.f. 114. Q Bon sens. ||
2. Jugement, opinion. — Avoir de
la jugeotte, avoir du bon sens, du
jugement.
JUGULANT.
— Vol
LACET.
Jugulant O a- Ennuyeux.
Juguler O v.a. Ennuyer, impor-
tuner. Du fr. joug, lat. jugum.
Jules n.d.b. Tinette, pot de
chambre. — (mil.) Tirer les oreil-
les à Jules, porter la tinette dans
la fosse. — Passer la jambe à Jules,
vider la tinette qui sert aux hom-
mes punis de salle de police.
Jumelles # s.f.pl. Fesses.
Jupasse == Jupière s.f. Con-
fectionneuse de jupons.
Juponnier s. m .Homme qui court
après les femmes.
Jus s. m. Il 1. Vin. 1| 2. Q Avoir du
jus, avoir de l'élégance, du chic.
Il 3. Jus de chique, jus de cha-
peau, mauvais café. || 4. lionner
du jus de bâton, battre. || 5. Jus
de réglisse, nègre.
Juste # s.f. La'cour d'assises.
Juste-milieu s. m. Derrière.
Justification (typ.) s.f. Faire la
justification, arranger les lignes
d'une composition selon la largeur
du format.
Justine | n.d.b.f. Marier Justine,
prendre une décision subite.
Juteux I s. m., Juteuse s.f. Elé-
gant. Voy. Jus (2). — Excellent.
Juxte adv. Voy. Jowsfe.
Jy % adv. Voy. Gy.
K
Kangurou O s. m. Vol au kan-
gurou, volcommis par des femmes
dans les magasins ou aux étala-
ges, elles cachent les objets dans
une grande poche dissimulée sous
la robe. Voy. Enquilleuse.
Kaoudji s. m. (mil.) (ar. al.)
Café.
Kébir s. m. (mil. ar. al.) Chef de
corps.
Kif-kif adv. (ar. al) Pareil, équi-
valent. =: Kif-kif houricot.
Kilo ffî s.m. Il 1. Litre de vin. || 2.
Faux chignon. || 3. Poser un kilo,
faire ses besoins.
Klebjer v.n. Manger. — Du
slave chleba, pain.
Krach s.m. Q = Crac {k). Malheur.
Ruine. Effondrement d'une affaire
ou de plusieurs affaires qui ont des
affinités. « Le krach des cuivres
faillit être fatal au Comptoir d'es-
compte. » Le dictionnaire hollan-
dais-français d'Abraham Elusse
(1811), donne ce mot avec ce sens.
Kyrielle s.f. Quantité.
Labadens Q s.m. Ancien condis-
ciple.
Labago adv. Là-bas.
Là-bas adv. || 1. Elle est là-bas,
=Ala campagne, elle esta Saint-
Lazare (prison). \\ 2. % = La
Nouvelle, le bagne.
Labatrock % s'm. Tabac.
Labourer Q "^'-ïi* Préparer un
travail.
Lac — s.m. Etre dans le lac, être
perdu, se trouver dans une situa-
tion désespérée. Du fr. lacs,
piège, on dit tenir quelqu'un dans
ses lacs.
Lacet s.m. \\ \ . ^ Casser son lacet
i
LACEUR.
— 159 —
LAMPISTRON.
divorcer, action de se séparer
Il 2. # s. m. pi. Menottes.
Laceur # s. m. Elrangleur. —
Gendarme.
Lâchage s. m. Abandon.
liâchard n^ Làcheton # s. m.
Diamant de vitrier.
Lâche a. et s. m. Réciter la prière
de saint Lâche, dormir.
Lâcher v.a. O Abandonner,
délaisser. « Lâcher (ïun cran. »
— Lâcher le coude : Allons, lâche-
moi le coude, laisse-moi tranquille.
— Lâcher la perche, la rampe,
mourir. O Lâcher l'eau, lâcher
récluse, uriner. — (thé.) Lâcher la
scène, mal jouer. — Se lâcher,
v.pr., expulser un vent. — Se lâ-
cher d'une tournée, payer à boire.
Lâcheur O s. m. Celui qui aban-
donne ses amis au moment où
ils comptent sur lui ; c'est un trou-
ble-fête.
Lacromuche # s. m. Maquereau.
Lad (sport) s. m. Valet d'écurie
(mot. ang.).
Laffe # s.f. Soupe.
Lago # adv. H 1. Là. || 2. Voy.
Suint-Lago.
Lagout 9 s. m. = Agout. Eau.
Laigre ^ s.ï. = Lègre. Foire. (Ri-
ga ld).
Laine s.f. Avoir de la laine,
avoir de l'ouvrage. — # Tirer la
laine, voler; j.d.m. sur alênes,
outils de voleurs.
Laine s. m. Mouton.
Lairrer % v.a. Assembler.
Laisée # s.f. Prostituée (m. déf.
pour baisée). « Et de sa /aisée dont
il ne fout rien, moi j'en aurais fait
une femme colosse ». (J. Riche-
pin.) = Lèsebombe, Lésée.
Laisser v.a. Laisser ses bottes
quelque part, laisser fuir son ton-
neau, mourir. — Laisser pisser le
mérinos, attendre le moment fa-
vorable. — Laisser tomber son
pain dans la sauce, être malin.
— Se laisser aller, se décourager et
se négliger.
Lait s. m. Lait à broder, encre;
c'est aussi « la salive >> avec
laquelle le prisonnier écrit entre
les lignes à l'encre qui sont lues
au greffe de la prison ; lorsque le
destinaire veut faire apparaître
l'écriture cachée, il lui suffit de
badigeonner la lettre avec de
l'encre ordinaire, et ensuite de la
laver à grande eau, le procédé
est simple et facile, un de nos
plus habiles agents de la sûreté,
le brigadier R, l'a exécuté devant
nous en moins de temps qu'ils
n'en faut pour l'expliquer. — Lait
de cartaudier, encre d'imprimerie.
Laïus O s. m. Discours. — Piquer un
laïus, faire un discours. — Sécher
le laïus, ne pas faire sa composi-
tion en discours français.
Lambin s. m. [| 1. Q Jeune niais.
Il 2. (mil.) Recrue; (qui ne sait pas
manœuvrer.)
Lame Q s.f. Tireur émérite à
l'épée. — Vieille lame, vieux ca-
marade de régiment. — Fine lame,
homme malin, spirituel. — Etre
couché sous la lame, être enterré.
La Mine n.pr. Le Mans.
Lampas s. m. Gosier.
Lampe | s.f. Verre à boire (F.-
M.). — Il n'y a plus d'huile dans la
lampe, il est affaibli, sur le point
de s'éteindre; (de mourir.)
Lampe-à-mort s. m. Buveur,
ivrogne incorrigible.
Lampée s.f. Gorgée.
Lampie s.f. Repas.
Lampion s. m. || 1. Bouteille. |1
2. CEil. — Lampion fumeux, œil
chassieux. — Eteindre ses lam-
pions, dormir. || 3. Chapeau haut-
de-forme. Il 4. Agent de police. —
Lampion rouge, poste de police»
Lampistron % s. m. Lanterne.
LANGAGE.
160
LANTERiNE.
XiançageO s. m. Action devancer,
v.c.m.
Xance s.f. || 1. Eau, pluie. || 2.
Tuyau d'arrosage. Voy. Lancier.
Il 3. Lance de saint Crépin, alêne
de cordonnier.
Lancé || 1. Légèrement pris de
boisson. || 2. s. m. Coup de pied,
lancé dans le vide ou sur q.q.
Liancequine s.f. Pluie. — De
lance.
Lancequiner v.n. = Languiner,
voy. Lansquiner.
Xancequineur s. m. Voy. Lans-
quineur.
Lancer [j l.v.a. Omettre en relief,
donner un renom. — Lancer une
femme, la produire dans le monde
galant. — Lancer son prospectus,
attirer Tattention, se faire remar-
quer. — (Thé.) Lancer le mot,
accentuer un trait d'esprit. — || 2.
O Se lancer, v.pr., s'enhardir.
Il 3. v.n. Pisser.
Lanceur Q s. m. Celui qui sait faire
valoir une affaire, qui la lance.
« Lanceur d'affaires. >•
Lanceuse O s.f. Ancienne femme
calante qui fait l'éducation des
Jeunes, qui les lance.
Lancier s. m. || 1. O ^^^s Lanciers,
genre de quadrille à la mode sous
le règne de Napoléon IIL || 2.
Lancier du préfet, arroseur pu-
blic. Il 3. Individu quelconque.
Que quj'y foutrai dans la trompette,
A c'iancier là, s'il vient vivant ?
(J. RicHEPiN, Chanson des Gueux.)
Lancinant Q a. Ennuyeux, embê-
tant.
Lanciner Q v.a. Ennuyer, embêter.
Landau s. m. Landau àbaleines,
parapluie. [Grandval]
Landernau Q n.pr. Il y aura du
bruit dans Landernau, on en par-
lera, cela fera du bruit.
Landier # || i. s.m. Employé d'oc-
troi. 112. a. Blanc.
Landiére s.f. Boutique de foire.
— De Landit, foire.
Landore # s.m. Paresseux ; pour
Yendormi.
Landreux a. Malade.
Langue Q s.f. Langue verte, langage
qui tient le milieu entre l'argot
des voleurs et le langage popu-
laire : c'est l'argot du peuple, lan-
gage vert, âpre comme le fruit
qui n'est pas mûr. — Avaler sa
langue, mourir. — Donner sa
langue au chat, renoncer à devi-
ner. — Langue fourrée, u miscere
linguas osculando. » (obsc.)
Languilleur Q s.m. Individu qui
examine la langue des porcs aux
abattoirs afin de s'assurer s'ils
sont sains.
Languiner 9 v.n. = Lancequiner
= Lansquiner || 1. Pleuvoir.
Il 2. Pleurer.
Lanlaire adv. Q Envoyer faire
lanlaire, envoyer promener.
Lansquailler % \.n.=:Lascailler
= Lescailler. Uriner.
Lansque Q s.m. Lansquenet,
(abrév.)
Lansquinage s.m. 1] 1. Arro-
sage. Il 2. Pluie. Il 3. Pleurs.
Lansquine Q s.f. =: Lance-
quine. Eau, pluie.
Lansquiner v.n. = Lancequiner
= Languiner. \\ 1. Arroser, mouil-
ler. Il 2. Pleuvoir. || 3. Lansquiner
{des châsses), pleurer.
Lansquineur s.m. = Lance-
quineur. Arroseur. — Lansqui'
neur du rif, pompier.
Lanterne (G) s.f. || 1. • Fenê-
tre. Entroller à la lanterne, volei
en s'introduisant par la fenêtre.
Il 2. Œil. Il 3. Ventre. — Avoir
la lanterne, se taper sur la lan-
terne, avoir faim, le ventre
creux comme une lanterne. \\ 4:"
Vieille femme galante. || 5. RadoU'
ber la lanternet bavarder.
LANTERNER.
161
LARTON.
Xanterner Q v.n. Attendre, faire
attendre. <( Il m'a lanterné pen-
dant six mois avant de se décider.»
Du fr. lent, par j.d.m. sur lan-
terne.
X.antifière = Lafierotte # s.f. La
Préfecture de Police.
Xiantiméche s. m. Père Lanti-
mèche, allumeur de becs de gaz
(Pour Vanti-mèche).
Lantiponer v.n. || 1. Attendre.
Il 2. Bavarder.
Lanturlu O s. m. Hurluberlu.
Laouth s. m. (ar.al.) Cheval.
XapinQ s. m. Poster un lapin, ne pas
aller à un rendez-vous. — Ne pas
payer les faveurs d'une fille ga-
lante. — # Lapin ferré, gendarme
à cheval. — O f^'* *'wde lapin, un
homme fort, courageux. — Cest
un fameux lapin (par iro.), c'est
un homme de peu de valeur. —
Lapin de gouttière, chat. — Etouf-
fer un lapin, ne pas sonner l'en-
trée d'un voyageur dans l'om-
nibus. — Sentir le lapin, sentir
des aisselles. — (Tvp.) Manger
un lapin, aller à ^enterrement
d'un camarade. — Un lapin, un
pédéraste.
Larante 0s. f. Pièce de deux francs,
corrup. de quarante (sous).
Larantque % a.n. Quarante, m.
déf.
Larbin s. m. [1 1. Domestique.
Il 2. Valet de cartes. — Suce-lar-
bins, bureau de placement.
Larçon % s. m. Poche de pantalon.
Larcottier # s. m. = Larguottier.
Paillard, coureur de filles.
Lard s.m. Q Se faire du lard,
rester au lit. — Engraisser. —
Perdre son lard, maigrir. — Faire
son lard, se rengorger. — Sauver
son lard, éviter un danger.
Manger du lard, trahir ses com-
.plices. — Un lard, une fille qui a
un souteneur. « Mon lard est fait »,
« ma femme est arrêtée. » —
Couenne de lard, brosse.
Lardée (typ.) s. et a.f. Composition
lardée, composition faite de ca-
ractères différents.
Larder Q ^'•^- Larder quelqu'un^
le percer d'un coup de pointe. —
Se faire larder, recevoir un coup
de couteau.
Lardoire Q s.f. Epée.
Lardon # s.m. =: Petit salé. En-
fant.
Large jj ^ . O f^- <iénéreux. — Il
est large des épaules, il est avare.
— Ne pas en mener large, être
dans une position critique, mal à
son aise, jj 2. Du large! place !
Largonji s.m. Jargon, (m. déf.)
— Le largonji, c'est le jargon à
l'aide de mots déformés. Ex. : Le
largonji des louchersbem, le jargon
des bouchers.
Largue 9 s.f. = Largue. Femme
de voleur. — Largue d'altèque,
jeune femme jolie. — Largue
girofle, jolie femme. — Largue en
panne, femme délaissée. — Lar-
gue en vidange, femme en cou-
che. — Largue capée, fille publi-
que entretenant un voleur. Cor-
rupt. de Marque que l'on trouve
dans Villon, m. s.
Larguepé s.f. Prostituée.
Larguottier # s.m. Voy. Lar-
cottier.
Larme (typ.) s.f. -Larme du compo-
siteur, virgule.
Larnac 9 s.m. = Arnache. Agent
de police.
Larque # s.f. Voy. Largue.
Lartie =r Lartif = Lartille =
Larton # s.m. Pain. — Larton
brutal, pain noir, (brut). Larton
savonné, pain blanc. — Lartille à
plafond, pâté, vol-au-vent.
Lartin # s.m. Mendiant. [Grand-
val.]
Larton # s.m. Voy. Lartie^ etc.
il
LARTONNIER.
i62
LÈGRE.
Lartonnier # s. m. Boulanger.
Voy. Lartie, etc.
Lascailler v.n. = Lansquailler.
Pisser, [(^uandval.j
Lascar (mil.) s. m. || 1.0Fantassin.
Il 2. Homme rusé, malin. — DeTar.
ei askar, mol plus ou moins cor-
rompu, rapporté d'Afrique par
nos soldats.
Latif # s. m. r^:: Lattifc. Linge
propre. Il atliffe, il pare.
Latin # s. m. Argot. — Parler la-
tin, parler argot
Latte (mil.) s.f. Sabre de cavalerie.
Lattife s. m. Voy. Latif.
Laumir v.a. Perdre. — Ang.
to lose, m. s.
Laure # s.f. Lupanar. Du bas lat.
laura, monastère.
Lavabe s. m. Billet de théâtre,
contremarque.
Lavage s. m. =: Lessivage =
Lessive. Vente au rabais, en solde.
— Faire un lavage, se débarrasser
de marchandises ou d'objets en-
combrants ou inutiles.
Lavasse s.f. || i. Mauvaise bois-
son. « C'est de la lavasse. »
. Il 2. Soupe dans les prisons. —
Lavasse ministérielle, soupe grasse.
Lavement s. m. Personnage
ennuyeux. — Lavement au verre
pilé, verre d'eau-de-vie.
Laver v.a. = Lessiver, Ven-
dre. — Laver ses frusques, ven-
dre ses vêtements. — Laver son
linge, purger une condamnation.
— Laver son linge sale en famille,
se disputer ou se dire des choses
désagréables chez soi, de façon
qu'on ne les entende pas. — Allez
vous laver, allez vous promener.
— # v.pr. Se laver, se confesser;
avouer. — # Se laver les pieds,
aller à la Nouvelle-Calédonie, aux
travaux forcés. — Se laver le
tuyau, boire.
Laveter v.n. Bavarder.
Af]
CI)
EF
G H
I J
KL
M.N
ÔP
ÛK
NST/
U\VxY
Laveteur s. m. Bavard.
Lavette s.f. Langue. — Quelle
lavette! quelle langue, quel ba-
vard !
Lavoir s. m. Confessionnal.
Lazagne s.f. Lettre. Balancer
une lazagne, envoyer une lettre.
— Holl. lezing, lecture [Timmer-
MANS.] — La-
zagne à res-
torgne, lettre en
cryptographie.
Les malfaiteurs
ontmillemoyens
de correspondre
secrètement.
Voici un des plus
simples ; deux
traits horizon-
taux traversés
par deux traits verticaux, au-des-
sous, deux traits en X- Dans
chacune des figures formées deux
lettres de l'alphabet en suivant
leur ordre ordinaire. Ex. : la let-
tre A, se trouve dans la figure __|
la lettre B, dans la même figure
et pour la distinguer de l'A, on
ajoute un point à l'intérieur .j ,.
on écrira ainsi le mot ADIEU :
JLIDL>.
Lazaro % s. m.. Saint-Lazare (pri-
son.)
Lazzi-lofT s. m. Maladie véné-
rienne. [ViDOCQ,]
Leader Q s. m. || 1. Principal ora-
teur d'un parti politique, [j 2.
Porte-parole.
Lèche-cul s. m. Vil flatteur.
Lécher v.a. O IM- Peindre trop
minutieusement. [Delvau.] I| 2.
Il ne s'est pas engraissé à lécher
les murs,ï\ aime à bien se nourrir.
Lécheur s. m. Embrasseur.
Légitime Q s. 2 g. Mon ou ma lé-
gitime, mon mari ou ma femme.
— Manger sa légitime, se ruiner.
Lègre # s.f. Voy. Laigre,
LÉGRIER.
— 163
LIE.
Légrier s. m. Marchand forain.
Lég^ume s. m. (mil.) Gros légume,
oflicier supérieur. — Etre dans
les IcgumtSy être inlluent, être
parmi les personnages de marque.
Legumiste s. m. Végétarien.
Lemice-TerrieuxO n.pr.m. Nom
donné au farceur anonyme qui
adresse aux journaux de fausses
nouvelles à sensation dans le but
de mystifier le public ou les inté-
ressés, (j.d.m.)
Lentille s.f. || i. Volée de coups.
[Larchky.] Il 2. Punaise. |j 'S. Grosse
lentille, la Lune.
Léon # n.d.b. Président de la
cour d'assises.
Lermon # s. m. Elain.
Lermoner v. Etamer.
Lesbienne Q s.f. Voy. Gougnotte.
Lésebombe= Lésée # s.f. Fille
j)uhlique. Voy. Laisée.
Lésinage s. m. Lésinerie, éco-
nomie excessive.
Lésiner0v.n. Hésiter. —Ext. du s.fr.
Lésineur % s. m. Poltron.
Lessivage Q s. m. Voy. Lavage.
Lessive % s.f. jj 1. Plaidoyer.
Il 2.0 Changement, amélioration,
rénovation. « M. Clovis Hugues
nous en promet : Le battoir qu'il
faut à la grande lessive est au
lavoir. » || 3. = Lavage^ v.c.m.
Il 4. Lessive de Gascon, retourner
son linge sale, s'emploie au fig.
« Le gouvernement et la majorité
viennent de retourner leur che-
mise et de faire, comme on dit,
la lessive du Gascon.» [Fr. Coppée.]
Lessiver v.a. jj 1. Voy. Laver,
Il 2. # Défendre. =3. Dévaliser.
— Lessiver un pante, dévaliser un
bourgeois.
Lessiveur # s. m. Avocat.
Lest O s.m. Jeter son lest, vomir.
Leuxdé # a.n. Deux. — Leuxdê du
wdmepieM, jumeaux, (m. à m. deux
du môme lit.)
Levage Q s. m. Liaison galante
facilement contractée, u Faire un
levage aux Folies-Bergère. »
Levée Q s.f. Arrestation.
Lève-pieds # s. m. Escalier,
échelle.
Lever v.a. || 1. Voler. — Lever
un pante, voler un naïf. || 2. =
Faire un levage, v.c.m. || 3. Lever
le pied, s'enfuir. || 4. Prendra
possession d'une valeur cotée à
Bourse. [Rigaud.] || o.(Typ.) Lever
les petits clous, lever la lettre,
composer. || 6. # Arrêter. — Etre
levé, être découvert. || 7. Q s. m.
Lever-de-rideau, pièce de peu d'im -
portance que l'on joue au com-
mencement d'un spectacle.
Leveur (typ.) || i.Bon leveur, com-
positeur' habile. 1| 2. % Voleur à
la tire.
Levier s.m. Evier.
Levure s.f. Fuite. — Pratiquer
une levure, s'enfuir, (m. à m. lever
le pied.)
Lexicon s.m. Q Caniche, (j.d.m.
obsc.)
Lézard s.m. || 1. O Paresseux. —
Faire le lézard, se coucher au so-
leil. Il 2. # Voleur de chiens.
Lézarder 0\.n. Paresser, tlàner.
Lézine # s.f. Tricherie,
Léziner % v.a. et v.n. Tricher.
Lians (B) % s.m. Bras.
Lice % s.f. Bas de soie.
Lichade s.f. |1 1. Embrassade.
Il 2. Régalade.
Lichard0s.m. = Lic/ieî^î', buveur.
Liche 11 1. s.f. Etre tn lichf^,
être en noce. |1 2. # a. Ivre.
Licber0 v.n. || 1. Boire. || 2. v.pr.
Se licher la pomme, s'embrasser.
Lichette s.f. Petite quantité,
petit morceau.
Licheur s.m. = Lichard, bu-
veur.
Lie s f. Lie de froment, excré-
ment.
LIÈGE.
— 164 —
LINCEUL.
Liège s. m. Gendarme (celui qui
ligotte.)
Liettes (B) s.f.pl. Aiguillettes.
Lièvre s. m. Lièvre de gouttière,
chat.
Lignante (B) O s.f. La vie.
Lignard s.m. |i 1. Soldat d'in-
fanterie de la ligne. || 2. (Typ.)
Compositeur qui ne fait que des
lignes de texte, de la composi-
tion courante. |1 3. (Journ.) Repor-
ter payé à la ligne.
Ligne Q s.f. Tirer à la ligne, al-
longer à plaisir un article payé à
la ligne; le rédacteur s'appelle
pêcheur à la ligne. — Pêcher à la
ligne d'argent, acheter du poisson
et faire croire qu'on l'a péché.
— Avoir la ligne, avoir un profil
pur dans ses contours. — ^Typ.)
Lignes à voleur, lignes trop blan-
chies à dessein, de façon qu'il ne
reste qu'un mot pour terminer
l'alinéa par une ligne nouvelle
payée comme entière.
Lignotte # s.f. Voy. Ligottante.
Ligore % s.f. Cour d'assises.
Ligorniau s.m. Homme qui sert
les maçons. — Paysan, homme
grossier: «Va donc, hé ! ligorniau ! »
Ligots (B) % s.m. Jarretières.
Ligottage O s.m. Action de ligot-
ter.
Ligottante = Ligotte # s.f. =
Lignotte. || 1. Corde pour lier les
poignets des malfaiteurs. ||2. Li-
gotte riflarde ou de rifle, camisole
de force.
Ligotter O • v.a. |) 1. Attacher les
mains. 112. Attacher, lier forte-
. ment. « Renard ordonna à ses
complices de ligotter le concierge
sur sa chaise. »
LigotteurO s.m. Celui qui ligotte.
Voy. Ligotter.
Lillange # n.pr. Lille.
Lillois s.m. Fil à coudre. —
On fabrique beaucoup de fil à
coudre à Lille ou aux environs.
Limace % s.f. || 1. Chemise.
« En faisant son affaire sans
limace, on ne laisse pas de j)ièces
à conviction près du machabée, el
on n'a pas de raisiné sur sa
pelure » [V Assassin nu, J. Riche-
pin.) Il 2. Prostituée de bas étage.
Limacier % s.m. Chemisier.
Limande s.f. Femme maigre. —
Faire la limande, s'aplatir de-
vant q.q.
Limans (B) % s. m. pi. Linceuls ou
draps de lit. Voy. Linceul.
Limasse % s.f. Voy. Limace = Lime
Lime (B) s.f. || 1. Voy. Limace
(1). Du vx fr. lime, m. s. au xiV" s.
lat. limus, cotte. = Limasse\\2.
Lime sourde, sournois.
Limer v.n. Opérer lentement.
(obsc.)
Limeur s.m. Celui qui lime.
Voy. Limer.
Limogère # s. f. Femme de cham-
bre.
Limonade s.f. [I 1. Eau. — Se
plaquer dans la limonade, se jeter
à l'eau. — 1 1 2. Etre ou tomber dans
la limonade, être ruiné, tomber
dans la misère. || 3. # Assiette.
Il 4. Gilet de flanelle; de lime.
Limonadier s.m. Limoriadier
de postérieurs, infirmier.
Limousin s.m. Maçon, (beau-
coup de maçons sont Limousins.)
Limousine s.f.Plomb en feuilles.
Limousineur % s.m. Ouvrier cou-
vreur qui vole des feuilles de
plomb et se les enroule autour
du corps.
Limousinier s.m. Entrepreneur
de maçonnerie.
Linceul % s.m. Drap de lit. = Li-
mans. Du vx fr. linceux m. s.
Disant cecy, toujours son lit elle brassoit,
Elles linceuls trop courts par les pieds liras-
[soit.
(M. Régnier, sat. xi.)
LINGE.
16o —
LONGUE.
Linge # s. m. || 4. Joueur de bonne-
teau. Il 2. Prostituée élégante. —
Avoir son linge lavé, être arrêté.
— O Avoir du linge, avoir de la
toilette.
Linge O ^- -E'^^ linge, avoir de la
toilette, être bien mis.
Lingre # s. m. =: Lingue, couteau.
De Vingre (B), m. s. mot qui n'a
aucun rapport avec Langres, ville
où Ton fabrique de la coutellerie.
Lingrer # v.a. ■= Linguer. Donner
des coups de couteau. Voy. Lingre.
Lingrerie # s.f. Fabrique de
couteaux. Voy. Lingre.
Lingriot s. m. Canif, (dim. de
lingre.)
Lingue # s.m. = Lingre. Couteau.
— Jouer du lingue = Lingrer,
v.c.m. De ingre (B), couteau.
Linguer # v.a. Voy. Lingrer.
Linquec # a.n. Cinq. (m. déf.)
Linsprë # s. m. Prince, (m. déf.)
Linvé s. m. Un franc; (pour
linvé londrès, vingt ronds, m . déf.)
Lion O s. m. Le lion du jour,
riiomme dont le public s'occupe
momentanément, qui a une noto-
riété quelconque, môme dans le
crime.
Lionceau Q s. m. Jeune élégant
ridicule.
Lipëte s.f. Prostituée gour-
mande.
Lipette s. m. Maçon qui fait des
ouvrages grossiers.
Lipper v.n. Manger et boire.
Liquette # s.f. Chemise. — Dé-
carrer le centre des liquettes, dé-
marquer les chemises.
Lire v.n. Lire aux astres, béer
aux corneilles. — Savoir lire,
être expérimenté dans le vol.
Lisdré # a.n. Dix. — Un lisdré
s. m. dix sous. (m. déf.)
Lisette || 1. O n.d.b.f. Pas de ça
Lisette, formule négative. || 2. #
s.f. Gilet, veste.
Lit s. m. Etre sous le lit, se
tromper.
Litrée O s.f. Un litre de vin.
Litrer v.a. || 1. Contenir, [j 2.
Posséder. (Larchey.)
Litron s. m. Litre.
Locadier # s.m. Portier, celui
qui lire le loquet.
Locandier ^ s.m. Voleur qui,
sous prétexte de visiter un loge-
ment pour le « louer », prend ce
qu'il peut.
Locatis O s.m. Mauvaise voiture
de louage.
Loche s.f. Il 1. # Oreille. (allus. de
forme.) || 2. Paresseux, (mou
comme une loche.)
Locher II \. v.n. Chanceler. —
Faire comme celui qui aurait une
luxation. [Timmermans.] || 2. # v.a.
et v.n. Ecouter. — Ail. lauschen^
m. s. [TiMMERMANS.]
Lofât =1 Loffe = Loffiat s.m.
Il i . Apprenti. — Innocent. 1| 2. a.
Niais. — Maladroit, jj 3. # a.
Faux, mauvais. = Lophe.
Loffîtude s.f. Naïveté. — Bo-
nisseur ou soliceur de loffitudes,
saltimbanque qui fait le boni-
ment.
Loir s.m. Prison.
Loivre a. et s.m. Saoul: «Il est
loivre ». Ivrogne, « Quel loivre! »
Déf. de poivre, v.c.m.
Lolo O s.m. Lait.
Lone # s.m. Sergent de ville.
Long # s.m. || 1. Niais, imbécile.
Il 2. Dupe. (Grandval).
Longe # s.f. = Longue. Année de
prison. — Tirer une longe, faire
un an de prison.
Longé a. = Lougé. Vieux, an-
cien, âgé.
Longie s.f. Femme noncha-
lante.
Longin = Saint-Longin =:Lon-
gis s.m. Lent.
Longue# s.f. Voy. Longe.
LONGUETTE.
LOUP.
Longuette # s.f. Longuette de trè-
fle, tabac à chiquer.
Lontou # n.pr. Toulon, (ana-
gramme.)
Lophe # a. Voy. Loffat (3).
Lopin s. m. Crachat.
Loques s.f.pl. Boutons de pan-
talon en cuivre.
Loqueur s. m. Dénonciateur.
Lordant s. m. Portier. De lourde
v.c.m.
Lorette s.f. Q Nom donné aux fem-
mes galantes vers 1840; le quar-
tier de Notre-Dame-de-Lorette en
logeait un grand nombre.
Lorgne s. m. || 1. Borgne. || 2.
As. (cartes). || 3. Anus.
Lorgnette s.f. Trou de serrure.
Lot s. m. Gros lot, mal vénérien.
Lou O s. m. Voy. Loup.
Louasve # a. et s. m. Ivrogne.
— Faire un louasve, voler un
ivrogne. — Aller, du mot saoul.
Louba # s. m. Enfant.
Loubion s. m. Bonnet.
Loubionnier # s. m. Bonnetier.
Voy. Loubion.
Louchants (B) s. m. pi. Yeux.
Louche s.f. Il 1. = Luche. Main.
— Serrer la louche, serrer la main.
Il 2. Police. — La louche re-
nifle, la police est sur la trace.
Louchée s.f. Cuillerée.
Loucher v.n. Regarder de tra-
vers, en dessous, avec dé-
fiance, etc., reluquer. — Loucher
de la bouche, faire la grimace en
riant. — Loucher de Vépaule, être
bossu. — Loucher de la jambe,
boiter. — Faire loucher quelqu'un,
attirer son attention. — Faire
loucher, mécontenter. — Ça te fait
loucher, ça te contrarie.
Loucherbem s. m. Boucher ;
mot de largonji.
Louchettes(B)# s.f.pl. Les étoiles.
Louchon s. m. Individu qui louche.
Louchonne s.f. ||1. La lune.
Il 2. Cuillère, du fr. louche, cuil-
lère à pot.
Loudière s.f. Paillarde, (vx.)
Louffe s.f. Vesse.
Loufifer v.n. Vesser. — Ail.
Luft, air.
Louffiat s. m. Grossier, goujat.
Louflon (F. -M.) s. m. Voy. Louve-
teau.
Louf-Louf s. m. Mon gros louf-
louf, mot d'amitié.
Loufoque a. Aliéné, fou. Mot
déf. avec le suffixe oque. — Ma-
niaque, monomane.
Elle se moque
Et rit tout bas
Du vieux loufoque
Qui suit ses pas.
(Parisienne, Victor Mecsy).
Louftot (F. -M.) s. m. Voy. Louve-
teau.
Lougé a. Voy. Longé.
Louis n.pr.f. ]| 1. Maîtresse. || 2.
Prostituée qui a un souteneur.
J'veux pas ch'linguer la peinture,
Quand j'suc' la pomme à ma Louis,
(Chanson des Gueux, J. Kichkpit?.)
Il 3. Fille publique. Abrév. de
Louis XV ; « souvent, dans les
maisons publiques, les filles se
poudrent la tête et se posent des
mouches à la mode du siècle der-
nier. » (J. RiCHEPIN.)
Louisette = Petite Louison
s.f. Guillotine.
Loulou O s. m. Mol d'amitié.
Louloutte O s.f. Première dent
d'un enfant.
Loup O © s.m. = Lou. || 1. Bévue,
faute, erreur. — Faire un loup,
se tromper, faire une sottise. || 2.
Lacune dans un manuscrit. || 3.
Dans Targ. des tailleurs, pièce
manquée bu mal faite. || 4. Dette.
— Créancier. || 5. (thé.) Froid de
loup, moment où la scène est
inoccupée. J| 6. Avoir vu le loup,
être initiée aux mystères de l'a-
mour. — \oy. Louter,
LOUPAGE.
167
LUNE.
Loupage0s.m. Voy. Loupe.
Loupate s. m. Pou. (m. déf.)
Loupe s.f. Il i. Paresse, fainéan-
tise. Flânerie.
C'est nons qu'est les ch'valiers d'hi loupe.
Cour uc rien fair' nous nous Iiàtons.
{Chanson des Gueux.)
Loupel # s. m. || 1. Pouilleux,
(m. déf.) Il 2. Avare; ext. du s.
précéd.
Louper v.a. Flâner, (vaguer
comme le loup.)
Loupeur = Loupiat s. m. || 1.
Flâneur. Celui qui travaille len-
tement comme l'ouvrier qui tra-
vaille à la « loupe.» [Littré.] 1| 2.
Rôdeur.
Loupiau = Loupiot a. et s. m.
Il 1. Jeune. ||2. Enfant.
Loupion s. m. Chapeau
(l'homme.
Lourdaut s. m. Voy. Lourdicr.
Lourde s.f. || 1. % Porte. Ce mot
doit remonter à Tépoque où les
portes se levaient. [Ch. Toubin.]
i! 2. Hôtel garni.
Lourdeau s. m. Voy. Loustaud.
Lourdier s. m., Lourdiëre s.f. =
Lourdaut Portier, concierge.
Voy. Lourde (1).
Lousqué % Sou. (m. déf.)
Lousse # s.f.La gendarmerie; (elle
louche, elle reluque.)
Loustaud =: Lousteau = Lousto
s. m. = Lourdeau. || 1. Le dia-
ble. — Envoyer à loustaud, en-
voyer au diable. || 2. Aller à lous-
taud, aller en prison.
Louter v.a. Mal travailler. —
Louter une pièce = Faire un loup,
v.c.m., manquer une pièce.
Louveteau (F. -M.) s. m. = Louflon
= Louftot = Louveton. Fils de
franc-maçon.
Louvetier s. m. Individu en-
detté.
Louveton O s. m. Voy. Louveteau.
ILuans (V, B) s.m.pl."]! 1. Yeux.—
1
De lucerc, éclairer. || 2. Dés à
jouer; par ext. du sens précédent.
On polua des luans bas et hault.
(VlIXON.)
Ces luans étaient les dés qu'on
agitait de bas en haut avant de
les jeter, et dont les points noirs
ressemblent à des yeux.
Lubre # a. Lugubre. (Richkpin.)
Luc s. m. En renversant le mot, on
en trouve la traduction. « Bon-
jour, Luc. ))
Lucarne s.f. = Monocle. Lor-
gnon. — Crever sa lucarne, casser
son lorgnon.
Luche % s.f. Voy. Louche.
Luchebem s. m. Houcher.
Lucques % s. m. pi. Voy. Lutiues.
Luctrème s. m. Fausse clé. —
Filer le luctrème, introduire une
fausse clé dans une serrure.
Luer (V) v.a. || 1. Eclairer. ||"2.
Voir. — Luer au bec, faire atten-
tion. — Du lat. lucere, luire.
Luire # s. m. et a. || l.Le cerveau.
(Larchey.)||2. Joli. [Id.)
Luis # s. m. Voy. Luisant (1).
Luisant # s. m. || 1. := Luis =
Lulsard =^ Luysard. Le soleil. || 2.
Le jour. || 3. Luisants, sou-
liers vernis. Il k.=:Gommeux,é\é-
gant prétentieux.
Luisante = Luisarde # s.f. || i,
La lune. || 2. Etoile. I| 3. La nuit.
(par antithèse.) jj 4. Fenêtre.
Luisard Voy. Luisant (1).
Lumignon # s. m. Le grand lumi-
gnon, le soleil.
Lunch Os. m. (angl.) Collation.
Luncher O v.n. Faire un lunch,
v.c.m.
Lundiste O s. m. Critique de
théâtres qui publie un article le
lundi.
Lune s.f. Derrière. — Avoir ses
lunes, être de mauvaise humeur.
— Pleine lune, figure bouffie. —
LUNETTE.
168 —
MACHABÉE.
Lune à douze quartiers, la roue,
instrumentde supplice. — OJ'*'<ï"'^
un trou â la lune, faire faillite.
Lunette O s.f. Passer en lu-
nette, tromper, nuire. — Etre
passé en lunette, avoir fait faillite.
(RiGAUD.)
Luques = Liuquets # s. m. pi. =
Lucques. || 1. Faux papiers. || 2.
Faux certificats. |1 3. Images.
(Grandval.)
Liurelure aclv. Au hasard.
Lurette Q s.f. Il y a belle lurette
que, il y a longtemps que.
Luron # s. m. Hostie. — Avaler
le luron, communier.
Lusignante s.f. Amante, maî-
tresse. (RiGAUD.)
Lusquin # s. m. Charbon.
Lusquines 9 s.f.pl. Gendres.
Lustre s. m. || 1. (thé.) Q Les che-
valiers du lustre, la. claque. H 2. #
Juge.
Lustrer # v.a. et v.n. Juger.
Lustucru s. m. Niais, imbécile.
— J.d.m. : a V eusses-tu cru? y^
Luysard # s. m. Voy. Luisant (1).
Lycée s. m. Prison.
Lycéen % s. m. Détenu, prison-
nier.
Lyncher v.a. Appliquer la loi de
Lynch, c'est-à-dire mettre à mort,
sans jugement, un meurtrier pris
sur le fait.
Lyonnaise # s.f. Soierie. — Etre à
la lyonnaise, porter une robe de
soie.
M
M désigne le pique dans Targ.
des grecs. Voy. I.
Maboul s. m. = Loufoque. To-
qué, fou, crétin.
Maboulisme s. m. Grétinisme,
imbécillité.
Mac s. m. Abrév. de maquereau.
Souteneur.
Maca s. t. Mère maca, patronne
de maison publique. — Maca suif-
fée, riche maquerelle.
Macabée. Voy. Machabée.
Macabre (la) s. m. La mort.
Macach int. = Zut, v.c.m. —
Macach bono. Yoy. Kifkifbourico.
(Ar. Alg.)
Macadam Q s. m. Vin blanc
doux, (allus. de couleur.) — Faii^e
le macadam = Faire le boulevard,
se dit des femmes galantes qui y
exercent leur profession.
Macaire Q n.pr. Filou affectant
des manières distinguées = Ro-
bert-Macaire, nom d'un person-
nage créé par Frederick Lemaître
dans VAube7'ge des Adrets.
Macaron # s. m. || 1. Délateur. |I 2..
Huissier.(allus.à ses panonceaux.)
Macaronage # s. m. Délation.
Macaroner v.a. Trahir. — Se
macaroner\.pr. Se sauver, (j.d.m.
filer comme le macaroni.)
Macaroni s.m.Q H 1. Italien. || 2.
La rente italienne : u Le macaroni
a baissé. »
Macédoine s.f. Combustible,,
briquettes, (arg. de mécan. de ch.
de fer.)
Mac-Farlane Q s. m. Pardessus
sans manches avec pèlerine, (mot
Machabée s.m. [| i. Cadavre;
(en général.) — Noyé ; (plus spé-
cialement.) — Charogne. I| 2. Juif.
Il 3. Malade, (arg. des infirmiers
milit.) II 4. Souteneur.
MACHABER.
— 169 —
MAIN.
Machaber v.n. Mourir.
Mâcher Q v.n. <( Il ne Va pas mâ-
che, » « il a dit cela crûment. »
Machicot s. m. = Vieille mâ-
choire, joueur maladroit.
Mâchicoulis s. m. Subterfuges.
Machin Q s. m. Personne ou objet
dont on ne se rappelle pas le
nom. — Monsieur Machin = Mon-
sieur Chose : « Passe-moi le ma-
chin. — Quel machin? — Tu sais
bien, le chose. — Ah! oui,... le
marteau. »
Machine s.f.Q CKuvre dramatique.
— Grande machine, pièce à sj)ec-
lacle, féerie. « Napoléon, cette
i;rande machine, décorée du nom
pompeux d'épopée nationale. »
— Machine à moulures, der-
rière.
Machinette Q s.f. Œuvre de peu
d'importance.
Mâchoire Q s.f. et a. Vieux, su-
ranné. — Vieille mâchoire = Ma-
chicot, incapable, imbécile.
Maçon s. m. Pain de quatre
livres. [Larciiey.]
Maçonne s.f. Araignée.
Macquart s. m. Voy. Maquart.
Macque s. m. Voy. Mac.
Macquiller (V) 0v'a. = Maquil-
ler, v.c.m. Il i. Manger. Du lat.
maxilla, mâchoire.
Où gîtremcnt on maquillait rifïault.
(Villon, Jobelin xv« siècle.)
Le Jargon disait maquiller m. s. \\
2. Travailler. || 3. Faire. — AU.
machen, faire.
Macrotage s. m. Voy. Maque-
rcautage.
Macroter v.n. et v.a. Voy. Ma-
quereauter.
Macrotin0s.m. Jeune souteneur.
— Dim. de maquereau.
Maculature s.f. Attraper une
maculature, se soûler.
Madeleine n.d.b. Q Prostituée
repentante. — (arg. des grecs).
— Faire suer la Madeleine, tricher
péniblement. [Larchey.]
Mademoiselle s.f. Mademoiselle
Manette. Voy. Manette.
Madras # s. m. Cigare.
Madrice # s.f. Malice. — Du fr.
madré, rusé, adroit.
Madrin # a. Malin. — Du fr.
madré, rusé.
Madrouillage # s. m. || 1. Du-
perie. Il 2. Tricherie.
MaestroquetQs.m. Compositeur
de second ordre, (j.d.m.) — Dim.
de maestro.
Magasin s, m. Magasin de blanc,
maison de prostitution. — Magasin
de fesses, maison où il y a beau-
coup de femmes.
Magnée s.f. Voy. Gougnotte.
Magnes s. f.pl. Manières. « Faire
des magnes. »
Magneuse = Magnuce =r Mag-
nusse s.f, =r. Manieuse, etc.
= Gougnotte, v.c.m.
Magot O s. m. Tas d'argent caché.
Mahomet 9 s. m. Petit sac en
cuir que les forçats portent sous
leur chemise pour y cacher leur
argent.
Maigre int. Du maigre! Silence!
Maigrichon = Maigriot Q s. et
a. m. := Gringalet. Maigre, (dim.)
Mail-coach Q s. m. Voiture atte-
lée à quatre chevaux en poste à
grandes guides.
Maillocher # v.n. || i. Travailler.
Il 2. (arg. des souteneurs) Sur-
veiller une prostituée. [Rigaud.]
Main # s.f. Voleur qui fouille les
poches. — Mains de beurre, mains
inhabiles. — Petite main, ap-
prentie fleuriste. — Acheter à la
main, acheter au comptant. — Q
Avoir la main, série de coups
heureux au baccarat. — Passer sa
main, passer son tour de donner
les cartes. — ffi Faire à la main.
MAISON.
170
MANDARIN.
(onanisme.) — Mains courantes,
les pieds, (j.d.ni.)
Maison s.f. I^our maison de
tolérance. « Femme ou fille de
maison. Maison à parties. » — Les
gens de maison, la domesticité.
— (mil.) Maison de campagjie, tente
de soldat.
-Maire s. m. Ami (m. déf.)
Maîtresse s.f. Maîtresse de
piano, prostituée expérimentée.
Major (mil.) s. m. |1 1. Le chirur-
gien. Il 2. Le tambour-major.
Il 3. Le sergent-major.
Majorer Q v.a. Augmenter : Ma-
jorer un compte.
Makach a. Voy. Macach.
Makis # s. m. Voy. Maquis.
Mal O et adv. Faire mal à
quelqu'un, lui faire pitié. — Mal
blanchi, nègre. — Mal embouché,
homme grossier. — Mal coiffé,
gendarme.
-Malade a. et s. i; 1. % Prisonnier.
— Malade à vioque, condamné à
perpétuité. — Etre malade, être
en défaut. — Etre recherché par
la police. || 2. Q Malade du
pouce, paresseux.
Maladie s.f. || 1. Maladie du
pouce, 3i\a.nee. — Paresse. || 2. Ma-
ladie de neuf mois, grossesse. ||
3. Emprisonnement. || 4. Ma-
ladie! exclamation qui répond à
une chose désagréable qu'on ne
veut pas exécuter.
Malaisée # s.f. Faire danser la
malaisée, rosser.
Malandreux a. Souffreteux.
Maldine Q s.f. Collège. [Michel.]
(on y dine mal.)
Mâle O s. m. Homme. — Beau
mâle, bel homme.
Malfrat s. m. Vaurien. .(J.d.m.
mal fra.)
Malheur adv. Ah! malheur,
exclamation qui signifie : Ah ! pas
de chance. — C'est fâcheux!
Malheureux a. Q -^^^^'* malheu-
reux, cocu.
Malingrer v.n. Souffrir.
Malingreux a. Pour malingre.
|| 1. Malheureux. || 2. Souffreteux.
Il 3. Mendiant qui a de fausses
plaies.
Malle O s.f. II 1. Salle de police.
1 1 2. Faire sa malle, être à Tagonie.
Malouse % s.f. Malle.
Mal-rasé = Mal-sucré s. m.
Faux témoin.
Maitaire # s.f. Voy. Maltaise.
Maltais s. m. Cabaretier.
Maltaise = Maltèse % s.f. =
Maltaire. Pièce d"or.
Maltouse = Maltouze # s.f.
Contrebande.
Maltousier # s. m. Contrebandier.
Maman s.f. || d. (arg. des bou-
chers) Vache. Il 2. Flaire maman
r=. Faire papa, apprendre le tam-
bour, battre la caisse.
Mamours Q s.f.pl. Faire des ma-
mours, faire des caresses.
Manche s.f. || \. Lamanche, le
monde des mendiants. — ^ Faire
la manche, faire la quête, men-
dier. — Coup de manche, mendi-
cité à domicile avec lettres de
recommandation. || 2. O Partie.
— Etre manche à manche, se dit
quand les joueurs ont gagné un
égal nombre de parties ou de
points; être ex aequo. \\ 3. Jambes
en manches de veste, jambes ar-
quées. Il 4. s. m. Le manche, le
patron , le directeur , le chef.
II 5. Se mettre du côté du manche,
se mettre du côté du plus fort.
Manchiére O s.f. Couturière qui
confectionne spécialement les
manches.
Manchon s. m. Cheveux longs
et drus. — Avoir des vers dans
son manchon, avoir le crâne dé-
nudé par places.
Mandarin Q s. m. Tuer le manda-
MANDAT.
4:1
MANNEZINGUE.
lin , coinnicllre une mauvaise
action par la pensée et avec la
cerlitude de rinipunitc. [Delvau.]
Mandat Q s. m. Disposer son man-
dat, mourir.
Mandibules O s.f.pl. Mâchoires.
— Jouer des mandibules, manger.
Mandole s.f. (Jitle. — Jeter
une mandole. taper sur le museau.
— Holl. mond.
Mandolet s. m. Pistolet, (le
coup pour le pistolet.)
Manestringue s. m. Voy. Man-
nezin(jue.
Manette n.pr.f. Mademoiselle
Manette, malle, valise. — J.d.m.
sur manne, panier.
Mangeoire s.f. Restaurant.
nKI.VAl.]
Manger 0v. a. et v.n. || 1. Avouer.
Il '2. Faire cluinter. — Menacer
de révélations. || 3. Partager le
produit d'un vol. — # Mam/er le
morceau, manger sur Vorejue,
iminr/er du lard, dénoncer. —
Manger son nière, dénoncer son
( omplice. — Q Manger à tous les
râteliers, accepter de tous côtés.
l{iGAUD.[ — Manger Vherbe on les
l>i>iscnlits par la racine, être en-
terré. — Manger du lapin, du
f ramage, aWer à Tenterrement. —
Manger le bon Dieu, communier. —
Manger le gibier, se dit d'une fille
(pii cache l'argent qu'on lui donne
pour ne pas le remettre à son
^(^u teneur. — Q Manger du sucre,
avoir du succès, être applaudi. —
Se manger le sang, — s'impatien-
iiT. — Se manger le nez, se
battre. Q Manger du prêtre, dire
; du mal de la religion.» il/an.gerdM
j. prêtre est aujourd'hui, presque
I partout, Tunique moyen d'entrer
dans la carrière politique. »
(François Coppée.)
Mangeur s.m. fj i. Dissipateur.
2. Celui qui extorque de l'argent
sous menaces de dénoncer. —
Mangeur àe blanc, homme qui vit
aux dépens des filles. — Mangeur
de galette, délateur qui vit de ses
trahisons. — Mangeur de bon
Dieu, dé\ot. — ^ Mangeur de
choux, voleur qui ne fait partie
d'aucune bande.
Mangin s.m. Q^li^'^ï'^^tan. — lîan-
quisle. — Du nom d'un célèbre
marchand de crayons, sur les
places publiques.
Manicle s.f. Pour manique,
v.c.m. — Frère de la manicle,
filou. [Michel.]
Manicon n.pr. composé. Q Madame
Manicon, sage-femme.
Manières Q s.f.pl. Airs impor-
tants, embarras. — ISe faîtes donc
pas tant de manières, tant d'em-
barras.
Manieuse s.f. = Magncusc,
etc. = Gougnotte, \.c.m.
Manille # s.f. Anneau de forçat.
— O «'^'" ^^ manille, sorte de jeu
de cartes ; la manille est le dix.
Manillon Q s.m. As au jeu de
manille.
Manique s.f. Métier. — Con-
naiire la manique, connaître le mé-
tier. — Parler manique, parler
de ce qui concerne le métier
qu'on exerce.
Manival # s.m. Charbonnier.
Manivelle s.f. = Scie, v.c.m.
Vis sans fin.
Manne s.f. Manne delafovrrière
= Panier à salade. Voy. Panier.
Mannequin s.m. Individu qui
n'est pas sérieux. — Femme mé-
prisable. — Mannequin à macha-
bées, corbillard.
Mannezingue = Mann^ezinguin
s.m. — Manestringue. Mar-
chand de vin. — Formation fan-
taisiste, des mots ail. trinken,
boire, et Mann, homme ; le zinguc
se substitue à trinque : homme qui
MANNEZINGUEUR.
172
MARAILLE.
vend à boire sur le zinc [Timmer-
MANS].
Mannezingueur s, m. Celui qui
fréquente les marchands de vin.
Manon Q s.f. Femme galante.
Manque (à la) # s.f. Laid,
vilain, mauvais. — Affaire à la
manque, mauvaise affaire. — Tron-
che à la manque, vilaine tête. —
Eti^e à la manque,... ne pas être...
— « Etre artiste à la manque. »
— Avoir... à la manque, ne pas
avoir... « Avoir de la galette à la
manque. »
Manquesse 9 s.f. Mauvaise note.
— Refiler la manquesse, être mal
noté.
Manteau s.m. Q Manteau d'arle-
quin. Ouverture de la scène, si-
mulant une draperie et qui en-
toure le rideau.
Manuelle s.f. (obsc.) Vieille
prostituée qui pratique l'ona-
nisme.
Manufacture s.f. Manufacture
de tabacs, caserne.
Mappemonde Q s.f. Les seins.
Maqua s.f. Abrcv. de Maque-
relle = Maquecée, femme qui
exploite les prostituées. — Proxé-
nète.
Maquart s.m. = A/acgwar^.0 Ros-
se. — Vieux cheval. Voy. Bifteck. —
Du nom d'un cquarisseur parisien,
Macquart.
Maque s.m. Voy. Mac.
Maquecée # s.f. Voy. Maqua.
Maquer (se) # v.pr. Se mettre en
ménage.
Maquereautage s.m. = Ma-
crotage= Maquignonnage. Action
de maquereauter, v.c.m.
Maquereauter v.n. et v.a. =r
Macroter. Vivre aux dépens d'une
ou de plusieurs femmes. — Vivre
de la prostitution. — Maquereau-
ter une affaire, servir d'intermé-
diaire dans une affaire.
Maqui # s.m. = Maki= Maquis.
Abrév. de Maquillage, v.c.m. —
Mettre du maqui, = (3) se maquil-
ler.
Maquignon s.m. Maquignon à
bidoche, patron de lupanar. — Sou-
teneur.
Maquignonnage s.m. || l.Abus
de confiance. || 2. = Maquereau-
tage, v.c.m.
Maquillage # s.m. j| i. Travail.
Il 2. Moyen employé par le gre'
pour reconnaître les cartes. || 3.
Action de se farder. || 4. Compo-
sitions diverses pour se grimer ou
(c réparer des ans l'irréparabh
outrage ».
Maquillé # s.m. et a. Fabriqué.
Maquillée Q s.f. et a. Fardée.
Maquiller # \.Si. = Macquiller,
Il 1. Agir, faire. — Fausser, re-
faire. « Un qui avait sûrement
maquillé son état civil. (René
Maizeroy.j — Maquiller les brè-
mes, jouer aux cartes, battre les
cartes. — Maquiller une cambriole,
dévaliser une chambre. — Ma-
quiller le papelard, fabriquer de
faux papiers. || 2. Maquiller la
banque, s'entendre entre escrocs.
— Voler. — (V) Travailler : k les
courtauds de boutanche sont de?
compagnons d'état dont les uns
ne maquillent que pendant l'hi-
ver. » (Jarg. de l'arg. réf.) D»
l'ail. Machen, faire. — Maquilh i
un suage, préparer un assassinat
Il 3. Farder. — Se maquiller.
v.pr., se farder. — Se déguiser,
Maquilleur # s.m. Tricheur. —
Maquilleur de gayets, celui qui
cache les vices d'un cheval pai
toute espèce de moyens.
Maquis # s.m, || d. Broussailles
mot Corse qui veut dire : endroii
inaccessible. || 2. Voy. Maqui.
Maraille# s.f. Monde. — Badauds
écoutant, regardant, la marmousi
MARAUD.
173
MARGOT.
bée, syn. de muflée, abadie, etc.
TiMMKHMANS.]
Maraud a. Intelligent.
Marauder v.n. Prendre des
voyageurs en évilantle contrôle au
stationnement, (arg. des cochers.)
Maraudeur s. m. Cocher qui
maraude. Voy. Marauder.
Marbre (typ.)' s.m. Il 1. Table de
mise en formes et où l'on dépose
la composition bonne à tirer. —
Etre sur le marbre^ avoir un arti-
cle composé prêt à paraître. —
Avoir du marbre, avoir de la copie
composée d'avance.. Il 2.^ Femme,
fille de marbre. Yoy. Fille.
Marcandier % s. m. || 1. Celui qui
dit avoir été volé. (G.) || 2. Mar-
chand.
Marcassin s. m. Apprenti pein-
tre d'enseignes.
Marchand % s. m. Marchand de
lacets, gendarme. — O Marchand
d' eau chaude, Mmonad'ier. — Direc-
teur de café-concert. — Marchand
de mort subite, maître d'armes. —
Médecin. — Charlatan, marchand
de mort-aux-rats. — (mil.) Mar-
chand de marrons, officier qui
porte mal les habits civils. — (mil. )
Marchand de puces, préposé aux
lits militaires. — Marchand de
soupe, maître de pension. — Mar-
chand de sommeil, logeur.
Mairchsindes.ï. Marchande de chair
humaine, proxénète. — Marchande
de sourires, prostituée.
Marchandise s.f. Excréments:
« Marclier dans la marchandise,
ça porte bonheur. »
Marche s.f. (mil.) Marche de flanc,
repos sur, le lit. Marches du
palais, rides au front. — s. m. Mar-
che-à-terre, fantassin.
Marché Q s.m. Marché des pieds
humides, petite Bourse.
Mar-chef (mil.) s. m. Abrév. de
maréchal des logis chef.
Marcher v.n. Marcher sur la
chrétienté, marcher pieds nus. —
Marcher dedans, marcher dans la
merde, avoir de la chance. — (thé.)
Marcher sur sa longe, se dit d'un
artiste qui continue à jouer malgré
son âge avancé. — Q Marcher au
pas, être obéissant. — Marcher
avec quelqu'un, être d'accord avec
lui. — Je marche, je le veux bien.
— Je ne marche pas, je ne veux
pas, ça ne me convient pas. —
Faire marcher quelqu'un au pas,
le faire obéir. — Marcher dans
les souliers d'un mort, avoir hé-
rité. — Il marche tout seul, se
dit d'un fromage ou d'un aliment
corrompu qui contient des vers.
Marcher dessus, travailler une
affaire. — Préparer un vol.
Marcheuse s.f. ||i. (thé.). Figu-
rante du corps de ballet; cory-
phée. Il 2.0 Prostituée qui racole.
1 1 3. Racoleuse pour les lupanars.
Marchis (mil.) s. m. = Margis.
Maréchal des logis.
Mare % s. m. Compte.
Marécageux Q a. Œil maréca-
geux, œil langoureux, larmoyant.
— Colon marécageux, nom donné
dans les colonies, par les soldats,
aux civils qui font le commerce
de détail.
Marée s.f. Dégoût. (Larchey.)
Marer v.n. Etre dégoûté, blasé.
— Marez! assez! — # Rire.
Mareux (V) s. m. pi. || i. Trom-
peurs. Il 2. # Gueux. — Arappro-
cher du mot fr. maraudeur.
Margauder Q v.a. Dénigrer. —
Poursuivre d'un rire sec et sac-
cadé semblable au cri de la pie,
qui en patois aie nom de margot.
[TiMMERMANS.]
Margis (mil.) s. m. Voy. Mar-
chis.
Margot = Margoton s.f. =
Marguinchon. Fille débauchée.
MARGOTIN.
— r
MARLOU.
Margotin s.m. = Fayot, v.c.m.
Déloiiu.
Margouillat (mil.) m. Spahi.
Margoulette s.f. Bouche. —
Rincer la margoulette à quelqu'un,
lui oftrir à boire. — Déboîter li
margoulette à quelqu'un, lui bri-
ser la mâchoire : a Je te casse-
rai la margoulette. » [Littré.] —
De mar, phonème de la bouche
comme dans marmonne et gueule.
Mar est le nom naturel de Torgane
qui maronne, marmotte, mur-
mure, etc. [TlMMERMAXS.]
Margoulin O s. m. || 1. Marchand.
— Acheteur de province ; qui
faitdumargouillis, des affaires qui
causent de l'embarras. |1 2. Mau-
vais ouvrier ; qui fait du gâchis,
du margouillis.
Margoulinage O s. m. || 1. Achats
qui causent plus d'embarras que
de bénéfice au vendeur. 1| 2. Mau-
vais travail.
Margouliner Q v.n. Faire de
petites affaires.
Margoulis s. m. Rixe, bagarre.
— Dispute. — Du fr. margouillis,
gâchis, affaire pleine de confusion
et d'embarras.
Margouse s.f. Action de mar-
quer et de démarquer les cartes
au jeu du bonnet.
Marguerites s.f.pl. Margueri-
tes de cimetière, cheveux ou poils
blancs.
Marguillier s. m. Marguillier de
bourrache, iuré, (il soigne les pré-
venus, appelés en arg. malades.)
Marguinchon s.f. Voy. Margot.
Mari ^ s. m. Fleur de mari, vierge.
Mariage s.m. || 1. Mariage à
Vanglaise, mariage après lequel
chacun vit de son côté. — Mariage
à la détrempe, mariage d^ Afrique,
union libre. — Mariage à la cru-
che cassée, mariage de garnison,
relations qui durent peu. [| 2. #
Le jugement, la pendaison. — Au
xv*^ siècle on disait épouse^' un
{/i6<?/,pour être pendu; aujourd'hui
épouser la veuve signifie en arg.
être guillotiné. Fdire un ma-
riage voulait dire aussi enchaîner
les prisonniers deux à deux.
Marianne n.d.b.f. || 1. La Ma-
rianne, personnification de la
République. || 2. Avoir Marianne
dans Vœil, être légèrement gris.
Marie % n.d.b.f. Voy. Fleur. —
Marin de la vierge Marie, marinier
d'eau douce, batelier. — Vin de
la vierge Marie, lait. — s.f. Marie-
salope, bateau qui reçoit les or-
dures enlevées par le cure-môle
pour le nettoyage des rivières.
Mariée Q s.f. Voir si la mariée
est belle, s'assurer si la future a
des espérances d'héritage. — Se
plaindre de ce que la mariée est
trop belle, se plaindre sans raison.
Marier v.a. Enchaîner les pri-
sonniers deux à deux.
Marieux (V) s.m. Le bourreau.
Voy. Mariage. (2.)
Mariner v.n. Mariner dans,
baigner dans.
Maringotte s.f. Voiture de sal-
timbanques.
Mariol a. et s.m. Rusé, malin.
(G.) — Faire le mariol, faire le
malin.
C'est donc mariol, c'est donc rupin.
De s'plaquer dans la limonade !
[La Muse â Bibi.)
— Mariole est le nom d'une
femme dans la pièce intitulée le
Coin de rue. L'artiste chargée de
jouer ce rôle de soubrette effrontée
fut pleine de gaîté et d'entrain.
Elle s'appelait' M"« Flore. Plus
tard, dans les Saltimbanques, elle
a prouvé qu'elle était encore ma-
riole.
Marionnette # s.f. Soldat.
Marlou0 s.m. = Marlousier. || 1.
MARLOUPATTE.
ITo
MARQUÉ.
Souteneur. Voy. Marloupatte. \\
2. Malin, rusé. || 3. Front, (c'est
sous le front que réside la malice.)
— Composé (les racines de ma-
rauder et de celle de loupei%
vagabonder. [Timmermans.j
Marloupatte = Marloupiat =
Marloupin s. m. = Marlou,
souteneur.
Ce inailoupalte pâle et mince,
Se nommait simplement Navet.
{Chanson des Gueux.)
Marlouserie s.f. Malice, ruse.
Marlousier s. m. = Marlou,
v.c.m,
Marmier s. m. Berger, pâtre.
Marmite O s.f- || 1- Femme nour-
rissant un souteneur. — Marmite
de terre, de fer, de cuivre, suivant
ce qu'elle rapporte. — Marmite
fêlée, fille en prison. « Un indivi-
du surnommé le a Roi des Soute-
neurs » faisant sur une large
échelle la traite des blanches et
comptant des marmites dans la
plu|)art des maisons de Paris,
notamment rue de Chabanais,
etc. » II 2. = Marmotte, v.c.m.
Marmonner # v.n. Ronchonner.
— Var. de marmotter.
Marmot # s.m. Nourrir le mar-
mot := JSourrir le poupard, pré-
parer un vol.
Marmotte s.f. Boîte de placier,
ou de voyageur, qui renferme les
échantillons.
MarmottierQ s. m. || 1. Savoyard.
Il 2. Fabricant de marmottes.
Marmouse # s.f. La bouche, et
par ext., la barbe.
Marmouser v.n. lîouillir. —
Bouillonner, ce qui a lieu dans le
marmouset (v.c.m.)
Marmouset % s. m. Pot, marmite.
— Pot au feu : « Le marmouset
riffaude. » (J. de l'arg. réf.). Le
marmouset est un chenet de
fonte orné d'une figurine.
Marne s.f. Faire la marne,
exercer la prostitution le long
des berges, généralement re-
couvertes \\c marne. =Marner.
Marner v.n. || 1. Travailler,
peiner. || 2. # Voler. || 3. Faire
la marne, v.c.m.
Marneuse s.f. Prostituée qui
fait la marne, v.c.m.
Marnois s. m. Soulier. (Arg. des
débardeurs.)
Maron (G.) # s. m. Sel ; produit
marin. [Timmermans.]
Marottier % s. m. Marchand am-
bulant.
Marpaud Q # s. m. || 1. Imbécile,
niais. || 2. Paysan. — Marmouse
ou ijueule de pataud, patalot,.
homme pattu, grossier. [ïim.mer-
M.VNS.j
Marpaux s. m. j] 1. Maître. || 2.
Homme.
Marquant O s.m. || 1. Ivrogne. ||
2. Souteneur, amant de \a.marquey
v.c.m. (11.
Marque (V) s.f. = Marquise. {C) \\
Fille, femme. — Prostituée. —
Marque de ce, femme légitime de
voleur. — Marque franche, maî-
tresse de voleur. — De l'esp.
marca, marcona, marquida, mar-
quisa, femme publique. De ces-
mots dérivent marqué, mois, et
marquis, menstrues. || 2. Vol à la
marque, vol dans les voitures de
blanchisseur. || 3. Personnage de
îTiar'/îfe, personnage remarquable,
en vue, à la mode. — Vin ou li-
queur de marque, qui provient
d'une maison dont la marque est
estimée.
Marqué ||1. a. Être marqué,
avoir le visage ridé, fatigué par
l'âge. — Etre marqué de la petite
vérole. — Marqué à la fesse,
maniaque, ennuyeux. (Delvau.) 1|
2. s. m. Mois.' Voy. Marque. —
Pauvre.
MARQUE-MAL.
176 -
MASSAGE.
Marque-mal 0s. m. 1| 4.(typ.) Re-
ceveur de feuilles à la machine.
Il 2. Individu de mauvaise mine,
niai habillé. — Voyou.
Marquer 0v.n. etv.a. Neplus mar-
quer, ne plus avoir de menstrues.
Voy. Marque. (1.) — Marquer à la
fourchette, v.c.m. — Marquer le
coup, trinquer. — Bien marquer,
être convenablement mis. — Mar-
quer mal, avoir une mauvaise
allure.
Marquet % s. m. = Marqué (2),
v.c.m.
Marquin % s.m. Couvre-chef.
■Marquis s.m. || 1. # Menstrues.
(( Lorsque la lune pour vacquer à
ses purifications mensuelles fait
marquer les logis féminins par
son fourrier, lequel pour écusson
n'a que son impression rouge.
(Matinée IX, du Seigneur de Cho-
lières.) Voy. Marque. H 2. Q ^^(^'>'-
quis aArgencourt, individu qui
est prétentieux, orgueilleux, et
qui n'a pas le sou.
-Marquise (C) O s.f. H 1. = Mar-
que pmnche, v.c.m. Il 2. O Mé-
lange de vin blanc, sucre, citron
et eau de Seltz.
^Marraine # s.f. || 1. Témoin,
(femme.) || 2. Protectrice.
Marre adv. Assez !
Marrer (se) # v.pr. S'ennuyer.
Marron Q s.m. || 1. Visage. —
Marron sculpté, visage comique,
grotesque. || 2. Coup'.0 Fiche un
marron à quelqu'un, donner un
coup sur la figure ou le marron.
Il 3. Jeton. — (mil.) Marron de
ronde, jeton en métal déposé dans
un endroit déterminé et à heure
fixe, pour le contrôle des rondes. —
Procès-verbal des chefs de ronde.
Il 4. Brochure clandestines. ||Paw-
mermarron=z Marronner, prendre
en flagrant délit. || 6. Cocher mar-
ron, cocher en contravention.
Marronner [j 1. v.n. Etre de
mauvaise humeur. — Etre con-
trarié. — Bouder. — Faire mar-
ronner quelqu'un, le mettre de
mauvaise humeur, le contrarier.
Il 2. v.a. Prendre en flagrant
délit. — Marronner un gnnchis-
sage, manquer un vol. Voy.
Marron.
Marseillaise s.f. Pipe en terre
de Marseille.
Marsouin s. m. I| 1. Homme laid.
(Delvau.) Il 2. Contrebandier. (Ri-
GAUD.) Il 3. (mil. mar.). Soldat
d'infanterie de marine. — Un
vieux marsouin = Un vieux loup
de mer, marin aguerri.
Marteler % v.n. Mendier.
Martinet # s.m. Fer de correction
au bagne.
Martin-rouant % s.m. Gendarme.
Martyr (mil.) s.m. Caporal. (Del-
vau.)
Mascotte Q s.f. || 1. Fétiche
de joueur. (Rigaud.) i| 2. Jeune
fille innocente. — Vierge ; de
mas, maison, et du skt, sku, pro-
téger.
Masque s.f. [| 1. Friponne. —
Sorcière. — Petite masque, petite
femme fausse. — Le sens est figure
mystérieuse, sinistre ou autre,
selon le cas. \\ 2. % s. m. Passe-
port.
Masquer % v.a. Tromper. Masquer
en alezan, dissimuler les défauts
d'un cheval sous une couche de
peinture. fArg. des maquignons.)
Massacre s.m. Gâcheur. — Gas-
pilleur. (Delvau.) — Jeu de mas-
sacre, jeu forain qui consiste à
abattre des poupées à bascule
avec des balles de son.
Massage s.m. Travail. — Coup
de massage, travail actif. —
Comme maquiller et marner, xar.
du son de l'ail, machen, faire.
[Timmermans.]
MASSE.
— 177
MAUVIETTE.
Masse © s.f. || 1. Travail. H 2.
Aroir masse complète, avoir la
bourse bien garnie.
Massé O s. m. et a. Faire un massé,
un coup massé, au jeu de billard,
c'est donner un coup de queue
))eri)endiculaircment à la bille.
Massepain # s. m. Valet de cartes.
Masser v.n. Travailler beau-
coup.
Masseur s. m. Ouvrier labo-
rieux,
Mastaroufleur s. m. Voleur de
plomb. — De mastoc, lourd et
rafler, ravir.
Mastic s.m. || 1. (F.-M.) Affaire
embrouillée. — (typ-) Désordre
de mise en page. — Faire un
maUic, s'embrouiller en voulant
s'expliquer. || 2. Aliments,
nourriture. — S'endormir sur le
mastic, faire une chose avec non-
chalance. Il 3. Mystification. || 4.
# Homme. (Rigaud.)
Mastiquer V. a. Il i. (F.-M.). Man-
iier. Il 2. Masquer les avaries
d'une chaussure sans la rapiécer.
Mastiqueur s.m. || 1. (F.-M.).
Mangeur. || 2. Savetier.
Mastoc s. et a. m. || \, Homme
lourd et grossier ; rappelle l'ail.
Mastochs, bœuf gras. [Timmer-
MANs.] Il 2. Pièce de dix centimes.
Mastroc = Mastroquet s.m.
Marchand de vin; du hoU. mees-
terke, petit patron.
Mât s.m. Deuxmâts, guillotine.
Mata s.m. Abrév. de matador.
Fanfaron.
Matagot O n.pr.m. Original. —
Excentrique. — De ritaf. matto,
fou.
Matassin Q s.m. Individu ridi-
cule. — De l'ital. matto, fou.
TiMMERMANS.]
Matatane (mil.) s.f. Salle de po-
lice.
Match O s.m. Pari, (ang.)
Mate (V) # s.f. = Matte. Les en-
fants de la Mate étaient des ban-
dits qui s'assemblaient dans un
lieu nommé la Mate. {Trévoux.)
Bigliez la mate sans (arger.
(Viij.ox.)
De Mate on a fait le mot fr. Ma-
tois, rusé, habile.
Matelasser (se) O v.pr. S'habiller
chaudement.
Matelot O s.m. Ami intime. —
Holl. maat, ami, associé et mate-
lot. [TiMiMERMANS.]
Maternelle O (écol.) s.f. Mère.
Math O (écol.) s.f. pi. Mathémati-
ques.
Mathurins s. m. pi. || i. Dés à
jouer =Maturbes. \\ 2. Mathurins
plats, dominos. — J.d.m. sur man-
dibules, mâchoire, dû à l'allus. au
morfil ou ivoire des dents, puis
des dés et des dominos. [Timmer-
MANS.] Il 3. (mar.) Matelots; du
holl. maat, ami et matelot.
Matignon s.m. Messager.
Matou 0s.m. Individu vaillant en
amour : « Bon matou. »
Matraque s.m. Individu qui a
été battu.
Matriculer (mil.) v.a. Voler; en-
lever le numéro matricule indi-
quant la propriété. — Se faire
matriculer, s'attirer une punition.
Matte # s.f. Voy. Mate.
Maturbes # s. m. pi. Voy. Mathu-
rins (1).
Maub' n.pr. La place Mauh\
place Maubert.
Maugrée s.m. Directeur de
prison.
Mauvaise O ^-f- ^^^^ ^^^ mauvaise,
je la trouve mauvaise, je ne suis
pas content de ce qui arrive.
Mauve s.f. Parapluie de coton.
Mauviette s.f. Décoration aca-
démique; (à cause de la couleur
mauve du ruban.)
12
MAYER.
\1S
MEGOTTIER.
Mayer s. m. Homme qui paye
les filles. (I)elvau.)
May eux s. m. Bossu.
Maz n.pr.f. La Maz, abrév. de
Mazas, (prison.)
Mazagran Qs.m. Café servi dans
un verre. Celle expression dale
de i840, en l'honneur de la dé-
fense du blockhaus de Mazagran
qui eut lieu cette même année.
Mazaro (mil.) s. m. Prison mili-
taire.
Mazet O s. m. Maison de cam-
pagne en Provence.
Mazette (mil.) s.f. |]1. Inex-
périmenté. |1 2. Exclamation d'é-
tonnement. « Mazette ! comme
vous y allez. >> — En ang. on
trouve les correspondants maze,
perplexité, amazed, étonné. [Tim-
MERMANs.] De Tall. Matz, bête
maladroit. (Gn. Toubin.)
Mazille s.f. Monnaie.
Mec s. m. = Meck = Meg = Meq.
Il 1. Chef. — Le mec des mecs,
Dieu. — Mec de la rousse, préfet
de police. — Grand mec, chef de
la police de sûreté. || 2. Soute-
neur. r= Mec de la guiche. — Mec
à la colle forte, malfaiteur dange-
reux. Il 3. Individu. — Mec à son-
nettes, individu riche. — Mec de
la camarde ou des gerbiers, bour-
reau. — Mec à la manque, mau-
vais camarade. — Mec à la re-
dresse, bon camarade. — Du lat.
magnus, grand.
Mécanicien s. m: Aide du bour-
reau.
Mécanique s.f. Chose quel-
conque.
Mécaniser # v.a. Mécaniser
quelqu'un, le taquiner, se moqner
de lui. Tourmenter : De méca-
nique. (LiTTRÉ.)
Mécaniseur s. m. Taquin.
Mèche s.f. Il y a mèche, il y a
moyen. \\ Vendre la mèche, dé-
voiler une chose. 1| Veux -tu
prendre un bock ? — Et mèche,
et même plus. || (typ.) Demander
mèche, offrir ses services dans
une imprimerie. || # Mèche,
méchego, demi. — Linqce plombes
et mèche, cinq heures et demie.
Etre de mèche, êlre de moitié.
Etre de complicité.
Méchi s. m. Malheur.
Méchillon # s. m. Quart d'heure;
(m. à m. demi-mèche.)
Meck # s. m. Voy. Mec.
Mecque s.f. Individu. — Faire
un mecque à la dure, dévaliser
q.q. en employant la violence.
Médaillon s. m. Derrière. —
Décrocher le médaillon, donner
un coup de pied au derrière. —
Médaillon de flac, cul-de-sac.
Médecin s.m. [] 1. Médecin des
morts, ordonnateur des cortèges
funèbres. [| 2. O Avocat; (les ac-
cusés sont les malades.)
Médecine # s.f. || 1. Etre en
médecine, être à l'hôpital. || 2. Per-
sonne ennuyeuse. || 3. Plaidoirie.
— Médecine flambante, plaidoirie
chaleureuse.
Médeciner % v.a. Empoisonner.
Médianoche Q s.m. Réveillon.
Pour niedia-nox lat.
Médium Q s-"^* D'après les en-
seignements spirites les médiums
sont des personnes jouissant de
la faculté de voir et d'entendre les
esprits et de converser avec
eux : « Médium auditif. Médium
voyant. »
Méfiant s.m. Fantassin. [Palat.I
Meg s.m. Voy. Mec.
Mégard # s. m.*^ Chef de bande.
Mégo = Mégot s.m. Bout de
cigare ou de cigarette; (pour mé-
chego, demi.)
Mégottier s.m. Ramasseur de
bouts de cigares ou de cigarettes.
— Un de ces industrieux disait
MÉLASSE.
— 179 —
•MERDE.
fièrement : « Je n'ai jamais fumé
que la moitié de mes cigares,
seulement autrefois c'était ia^^re-
mière. )>
Mélasse O s.f. Infortune, misère.
— Tomber dans la mélasse ^ être
dans lu misère.
Mélasson s. m. et a. Maladroit.
Mêlé O s. m. Mélange d'eau-de-vie
et d'autre liqueur. — Mclé-cass =
Meiilé-cass, eau-de-vie et cassis.
Melet s. m. et a. Petit.
Méli-mélo 0s.m. Mélange, brouil-
lamini.
Mélo O s. m. Mélodrame, fabrév.)
Melon (St-G.) s. m. || 1. Elève de
première année à l'Ecole Saint-
Cyr. Il 2.0 Imbécile, jj 3. Chapeau
rond et bas.
Membre s. m. Membre de la ca-
ravane = Chameau^ v.c.m.
Membrer (mil.) v.n. Travaillerdur.
Même O s. m. Faire au même.
Il 1 . Rendre la pareille. || 2. Trom-
per.
Ménage s. m. Ménage à la colle,
union libre. — Petit ménage,
deux gougnoltes, v.C;m. — Mé-
nage àtrois, le mari, la femme et
l'amant, accord parfait. — Q Faire
le ménage, mélanger les dominos.
Mendiant s. m. Fourneau.
Mendigo = Mendigoteur s. m.
Mendiant. — La faire au mendigo,
mendier en faisant valoir une in-
fortune imaginaire. Il existe des
établissements où on enseignel'art
de mendier.
Mendigoter % v.n. Mendier.
Menée % s.f. Douzaine (G). — Une
menée d'avergots, une douzaine
d'œufs.
Mener O v.a. La mener (la vie)
douce' et joyeuse, vivre agréable-
ment. — N'e?ipas mener large, être
mal à son aise. — Mener en ba-
teau, v.c.m. — (mil.) Mener pisser,
forcer à un duel. [Delvau.]
Menesse # s.f. Femme. — Formé
du lioU. man, homme, avec la
terminaison romane esse. [Timmer-
MANS.]
Mene8tre# s.f. Soupe, polage(vx).
« Mon docteur de menesire en sa
mine altérée. » (Mat. Régnier.
sat. X.) De l'ital. minestra.
Meneur % s.m. Meneur en bateau,
v.c.m.
Ménilmuche n.pr. Ménilmon-
lant. De ménil vx.m. qui signifiait
maison.
Menouille s.f. Monnaie.
Menteuse # s.f. || 1. Langue.
Il 2. Affiche.
Menu O s.m. Connaître le menu,
savoir ce qui va arriver.
Menuaille s.f. Monnaie.
Menuisier s.m. Se promener en
menuisier, se promener avec sa
femme.
Menuisière Q s.f. Redingote d'ou-
vrier endimanché. [Rigaud.]
Meq # s.m. Voy. Mec.
Méquard s.m. Commandant. De
mec, chef.
Méquer v.a. Commander.
Méquillon s.m. Jeune souteneur.
Mérangueule s.f. Coup sur la
figure.
Mercadet Qs.m. Agent d'affaires
retors.
Mercandier # s.m. Boucher
de second ordre.
MercantiOs-m. Marchand qui suit
les troupes en expédition.
Mercenaire O s.m. Mercenaire de
l'immobilité, modèle de peintre.
Merdaille s.f. Troupe de mer-
deux, v.c.m.
Merdaillon s.m. Dim. de mer-
deux, v.c.m.
Merde! s.f. || {. = Cambronne,
v.c.m. — Le mot de Cambronne
dans sa crudité est extrêmement
expressif, et suivant l'intonation
avec laquelle on l'émet, se prête
MERDEUX.
— 180
METTRE.
à rendre les cmolions les plus
variées. Il peut traduire égale-
ment la colère, Tindignalion, la
surprise, la tristesse, le découra-
gement ; tout dépend de l'in-
tlexion de voix qui l'accompagne.
[Louis de Gramont.] |1 2. = lut!
= Flûte ! — Cest de la merde de
chien, ça ne vaut absolument rien.
— Faire sa merdej faire des em-
barras.
Merde ux s. m. = Merdaillon.
Enfant sale. — Voy. Bâton.
Merdoyer (écol.) v.n. Piquer une
sèche, avoir zéro dans un exa-
men.
Mère0 s.f. Logeuse ou aubergiste
qui reçoit des ouvriers compa-
gnons. — iiffére abbesse, proxénète,
tenancière de maison publique.
— Mère à tous, vieille prostituée.
— # Mère au bleu, guillotine.
Mérer v. Jeter.
Meringue s.f. En meringue, en
décomposition. « Un vieil homme
qui avait tant bu qu'il avait Fes-
lomac en meringue. » [Huysmans.]
Mérinos s. m. Laisser pisser le
mérinos, voy. Laisser.
Merlan s. m. Coiffeur, perru-
quier, barbier ; à cause de la
poudre dont les anciens perru-
quiers s'enfarinaient comme des
merlans prêts à frire. (Littré.) —
Faire des yeux de merlan frit,
lever les yeux de façon à ne
laisser voir que le blanc.
Merlander v.a. Coiffer.
Merlifilche s. m. Saltimbanque.
Vagabond.
Du pain de son ! des sous de cuivre !
C'est pour nous vivre.
Mais va-t'-fairTiche !
On nous prend pour des merlifiches.
(Chans. des Gueux.)
Merlin s. m. Jambe.
l'veut se r'iever, mais j'ie redouille
A coups d'passifs dans les merlins.
— Merlin de la dernière heure, hom-
reau.
Merlousier # s. m. Pour Marlou-
sier. Malin; (de inarlou,\.c.m.)
Merlucjie s.f. Cris de merluche^
cris perçants.
Merriflauté # a. Chaudement vêtu.
Méruché # s.f. Poêle à frire.
Méruchée # s.f. Plein une poêle.
Méruchon s. m. Poêlon.
Mesière:= Mesigo # pron.pers.
Voy. Mezière.
Mess (mil.) s. m. |I 1. Cercle d'offi-
ciers. Il 2. # Agents de police.
— Ces mess, abrév. ces messieurs.
Messe s.f. Etre à la messe, être
en retard. — % Messe du diable,
interrogatoire d'un accusé. — Dire
une messe basse, parler tout bas.
Messement (V) adv. Indécemment,,
d'une façon messéante.
Messier s. m. || 1. Agent de la
police de sûreté. || 2. Les messiers-,
les habitants.
Messire s. m. Messire Luc, der-
rière.
Messiëre s. m. et f. 1| 1. La po-
lice. Il 2. Messière franc, voleur
bien mis. || 3. Le bourgeois qu'on
veut voler. — Messière de la haute,
homme de considération.
Métal (F.-M.) s.m. Argent.
Métier Q s.m. Faire un métier d'en-
fer, faire un travail pénible. —
Faire du métier, travailler pour le-
seul appât du gain.
Mettre v.a. Mettre dedans, met-
tre en prison, à la salle de police.
— Mettre quelqu'un dedans \\ 1. Le-
griser. 1| 2. Le tromper. « C'est
une canaille, il m'a mis dedans. »
— Mettre sa main au feu, affir-
mer. — Le mettre à quelqu'un, lui
faire croire une chose, le gagner
au jeu, le tromper. — Se mettre
avec quelqu'un, vivre maritale-
ment. — Mettre dans le mille,
réussir. — Se mettre bien^ ner
MEUBLANT.
181 —
MIGNON.
rien se refuser, en prendre à son
aise. — Mettre ça dans sa poche,
subir un affront. — # La mettre
en dedans, forcer une porte. — Se
mettre une gamelle, s'évader. —
Se mettre à table, dénoncer; —
avouer. — Mettre la tête à la fe-
nêtre, être guillotiné.
Meublant O »• Il i.C est meublant,
ça fait de l'effet. || 2. % s. m. Sou-
teneur.
Meuble s. m. Individu gênant,
encombrant. — Vieux meuble,
vieillard insupportable. — Se
mettre dans ses meubles, s'instal-
ler un intérieur, acheter un mo-
bilier. — Etre dans ses meubles,
être propriétaire de son mobilier.
MeublerQv.a. Meubler son corsage,
mettre de faux seins. — Meubler
ses bas, mettre de faux mollets.
Meudon # s. m. Grand meudon,
officier de paix, agent de la sû-
reté.
Meulan % n.pr.m. Artie de Meulan
pain blanc.
Meulard s. m. Veau ; il meugle
ou beugle, pour meuglard. [Tim-
MERMA.NS.]
Meule s.f. || 1. Meides de mou-
lin, dents. — Graisser ses meules
= Affilier ses meules, manger.
Il 2. Sans le sou. « Tétais
meule. »
Meulé-cass s. m. = Mêlé-cass.
Voy. Mêlé.
Meunier s. m. Receleur achetant
le plomb volé.
Meure s.f. Mûre, (fruit.)
Meurt- de-faim s. m. Pain d'un
sou. [Michel.]
Meute s.f. Foule.
Meziére = Mezis (B) = Mezig
= Mezigo = Mezigue #
Il 1. pron. pers. = Mesière = Me-
sigo. Moi. || 2. s. m. Homme naïf
bonàvoler.(G) — Acheteur crédule
facile à tromper.
Mib = Mibre s. m. C'est mon
mib, c'est mon fait, c'est en cela
que j'excelle.
Michaud (typ.) s. m. || 1. Faire son
michaudj dormir.^: 2. Tête. [Mi-
chel.]
Miche s.f. [j 1. Dentelle. || 3. Mi-
che de Saint-Etienne, pierre, cail-
lou. Il 3. # Miche de profonde =
Michon argent, jj 4. La lune.
Miche = Miche sérieuxQ s. m.
r= Michet = Micheton =: Mikel.
Il 1. Amant payant d'une courti-
sane. Il 2. Imbécile, niais. — Dupe.
— Selon Litlré, altér. du n.d.b.
Michel. — En ail. Hans Michel,
Jean Michel, est le nom propre de
l'imbécile. [Timmermans.]
Michelet =: Michelin s. m.
Faire le michelet, peloter (v.c.m.)
les femmes dans une foule.
Michet s. m. Voy. Miche.
Micheton s. m. = Mic/té. (dim.)
v.c.m.
Souvent, lardé d'un coup de bince.
Le micheton nu se sauvait.
(Chans. des Gueux.)
Michon s. m. Argent ; de miche,
syn. de galette.
Microbe s. m. Individu malingre,
chétif.
Midi s.m. 7/ est midi, il est trop
tard.
Mie-de-pain s.f. Vermine.
— Brochet à la mie rfe pain, jeune
souteneur.
Miel s.m. C'est un miel, c'est
délicieux ; ou, ironiquement : c'est
désagréable.
Miette s.f. Une miette, un peu,
un rien.
Mignard0s.m. Voy. Momignard.
Mignoter v.a. Faire des ca-
resses.
Mignon (V) s.m. 1| 1. Compagnon.
— Ce mot se prononçait minon.
— 01. Ghereau donne mion,
v.c.m. « Le Grand Goesre de ces
MIJOTER.
182 —
MIROIR.
mions. » (J. de rA.R.)\\2. Maî-
tresse.
Mijoter v.a. Préparer avec soin.
— Mijoter un lm^e,h\on préparer un
ouvrage.. — Onomatopée du mur-
mure, du mitonnement, du mar-
monnage que fait entendre la
soupe dans la marmite. [Timmer-
MANS.]
Mikel s. m. Voy. Miche.
Milieu O s. m. Derrière. [Larchey.]
Mille (B) s. m. || 1. Femme. \\ 2. Les
înille pattes, infanterie. \\ 3. Mettre
dans le mille, réussir.
Mille-langues s. m. Bavard.
Millerie s.f. Loterie. — De
rang. 7nill, moulin, pour tourni-
quet. [TlMMERMA>S.]
Millet s. m. Mille francs.
Milliard # s. m. Gueux. — Pauvre
à besace.
Millogère (B) s.f. Chambrière.
Milloget (B) s. m. Valet.
Milord s. m. Entreteneur riche.
Mimi s.f. Faire mimi=: Faire mi-
nette, v.c.m.
Minable Q »• et s. 2 g. Misérable.
— Individu qui a une mine pi-
toyable.
Mince adv. |j 1. Oui. — Certes.
— Beaucoup. — Parbleu. — At-
tends un peu. — Les significa-
tions de ce mot sont innombrables,
et il faut pratiquer l'argot à fond
pour en saisir toutes les nuances
souvent intraduisibles. [J. Riche-
pin.]
Il fait nuit, l'cicl est opaque
Minc'qae j'vas poisser d'i'auber.
{Chans. des Gueux.)
Il 2. Peu de chose. « Tu n'as ga-
gné que vingt-cinq francs cette
semaine, c'est mince. » || 3. # Pa-
pier à lettre.
Mine (la) # n.pr. Le Mans.
Mine s.f. Découvrir ou trouver
une mine, trouver des ressources.
— Mine à poivre, caboulotoù l'on
vend de Teau-de-vie.
Minets s. m. pi. Seins petits et
fermes.
Minette s.f. = Mlmi. Mot d'a-
mitié. — Faire des minettes à
quelqu'un, le caresser du regard,
de la voix, etc. — (obsc.) Faire
minette, lambere inter feminalia.
Mineur # s. m. Habitant le Mans.
Mini s. m. (St-C.) Piquer le mini,
avoir le minimum dans les notes,
(abrcv.)
Ministre (mil.) s. m. Mulet de
l'armée d'Afrique. — O Ministre
de l'intérieur, doigt médius.
Minois (B) % s. m! Nez.
Minsus Pilois (B) s. m. pi. Con-
seillers.
Minuit ^ s. m. Nègre. — Enfant
de minuit, voleur. [Michel.]
Minzingo, Minzingue, Minzin-
guin s. m. = Mannezingue.
Marchand de vin.
Mioche s. m. Enfant.
Mion s. m. = Mioche. Voy. Mi-
gnon. Mion de gonesse, jeune
homme inexpérimenté. — Mion
de boule, filou. (G.)
Mipe # s. m. Provocation. — Faire
un mipe à quelqu'un, le provo-
quer.
Miradou # s. m. Miroir.
Mirecourt % s. m. Violon. (Michel.)
Mire-laid s. m. Miroir. — Pour
dire, par ironie, celui qui se mire
est laid, (j.d.m.)
Mirette s.f. CEil. fm.àm. petit
miroir.) — Sans mirettes, aveugle.
— Mirettes glacées, lunettes, lor-
gnon. — Mirette en caouche, téles-
cope, longue-vue, (qui s'allonge
comme le caoutchouc.)
Mireur s. m. Observateur.
Mirliton s. m. Voix. Jouer du
mirliton, parler.
Mirobolant O ^' Merveilleux.
Miroir s. m. Faire le miroir,
MIROTER,
183 —
MOCASSIN.
I
battre les cartes de façon à les
montrer à un compère. — Miroir
à putains, miroir à grues, bellâtre.
Miroter % v. Regarder.
Mirquin % s. m. Bonnet.
Mirzale ^ s.f. Boucle d'oreilles.
Mise s.f. Mise à pied, suspension
ou suppression d'emploi. — (typ.)
Mise en train, première station
chez le marchand de vin. — Faire
sa mise, payer sa patente.
Mise-bas s.f. || 1. Vêtements
défraîchis donnés par les maîtres
aux domestiques. || 2. (typ.) (irève.
Misérable s. m. Petit verre.
(Larciiky.)
Misèrer v.n. Etre dans la mi-
sère.
Miséreux s. m. Misérable, pau-
vre.
Miserere s. m. Plainte, jérémiade.
Chanter le miserere, se plaindre.
Misloque ^ s.f. Comédie. — Jouer
la misloque, jouer la comédie.
Misloqueur = Misloquier s. m.,
Misloquiére s.f. Acteur, ac-
trice, (qui s'affuble de loques,
d'oripeaux.)
Mississipi n.pr.m. Envoyer au
Mississipi =: Envoyer au diable.
Mistenflùte Q s m. Individu.
Misti s. m. Abrév. de mistigris.
Valet de trèfle.
Mistich # s.m. = Mistick. Voleur
étranger.
Mistiche a. et s. Un mistiche,
un demi.
Misticher # v.a. Exercer le vol
en mistich, \. cm.
Mistick s.m. Voy. Mistich.
Mistigris s.m. Voy. Misti.
Mistole s.f. Demoiselle.
Miston s.m. Allumer le miston,
préparer un vol. =: Nourrir un
môme ou un poupon.
Mistoufe = Mistoufle Q s.f. || 1.
Misère. — Etre dans la mistoufle,
être dans la misère. Il 2. Méchan-
ceté. — Faire des mistoufles à
quelqu'un, le tracasser, lui créer
des ennuis. — Comme le m.fr.
mystifier, ce mot vient du vx.m.
mistanfluste, mistenflùte (de Fall.
Miste, excrément, et flûte), jeu
grossier nommé le Musicien aveu-
gle, qui consistait, entre polis-
sons, à bander les yeux d'un ca-
marade et à lui mettre à la bouche,
en guise de flûte, un btàton sali.
Mistoufle # a. et s. Pauvre.
Mistoufler v.a. Faire des mé-
chancetés. — Tracasser. — Chi-
caner.
Mistrillo s.m. Voy. Mistro.
Mistro s.m. Vent du Nord-
Ouest; de Mistral m. s.
Mistron s.m. Jeu du trente-
et-un.
Mistronner0v.n. Jouerau trenle-
ef-un.
Mitaine Q s.ï. Voleuse à lamitaine,
femme qui vole dans les maga-
sins, ayant une mitaine au pied;
elle saisit adroitement les objets
et les dissimule sous ses jupei.
Mitan s.m. Milieu.
Mitard = Mite s.f. || i . # Cachot.
Il 2. Avoir la mite au logis =
Etre miteux, v.c.m.
Miteux a. Chassieux.
Mitonner v.a. = Embêter.
Mitraille s.f. Monnaie de cuivre.
Mitrailleuse s.f. = Canon.
Etouffer une mitrailleuse, boire
un verre de vin.
Mitre # s.f. || 1. Cachot. |I 2. Vov.
Motte. (2.)
Mitre # s.m. || 1. Détenu, jj 2.
Evêque.
Mitouflets (B) s. m. pi. Gants. -
A rapprocher du fr. mitaine et
moufle.
Mobilier # sm. Dents.
Mobile = Moblot s.m. Garde
mobile. (1810.)
Mocassin s,m. Soulier.
MOC-AUX-BEAUX. — 184 —
MONACO.
Moc-aux-Beaux n.pr.f. Quar-
tier de la place Maubert.
Moche a. Voy. Mouche. {&.)
Modèle s. m. "Les vieux modèles,
les grands-parents.
Modeleur # s. m. Danseur.
Moderne s. m. Elégant à la
mode.
Moderniste Q s. m. Ecrivain qui
a la prétention d'innover un genre.
Modiste Q s. m. Jeune reporter,
v.c.m.
Moelle O s.f. Energie, vigueur. —
Avoir de la moelle^ être coura-
geux, vigoureux.
Moelleux # s.m. || 1. Coton. (Mi-
chel.) Il 2. Homme vigoureux ;
qui a de la moelle.
Moellonneuse s.f. Prostituée
qui exerce dans les maisons en
construction.
Moges0s.f.pl.Nom quelesRoclie-
lois donnent aux entrailles de
morue.
Moine (typ.) s.m. Tache blanche.
— (mil.) Mettre le moine, attacher
une ficelle à un orteil de cama-
rade de chambrée et la tirer. —
O T^éte de moine, nom donné à
un fromage du Cantal. — Bouil-
lotte.
Moineau s.m. Individu. « JJn
vilain moineau, un drôle de moi-
neau. »
Moine-lai s.m. Invalide gâteux.
Moinette # s.f. Nonne.
Mois O s.m. Oublier les mois de
nourrice, se dire plus jeune que
Ton est.
Moïse O n.pr.m. Cousin de Moïse,
cocu.
Moisir v.n. Ne pas moisir dans
un endroit, un emploi, ne pas res-
ter longtemps.
Moissonneur % s.m. Commis-
saire de police.
Moitié O s.f. Ma moitié, ma femme.
Moka s.m. Café.
Molanche s.f. Laine.
Molard s.m. Crachat. = JÏMi/re;
mollusque, du lat. mollis, mou.
Molarder v.n. Cracher. Yoy.
Molard..
Molécule (écol.) s.f. Petit enfant.
Molette # s.f. I3ouche.
Mollasse s.f. Mou, sans énergie.
Mollusque Os. m. = Huitre. Igno-
rant. — Imbécile.
Momaque # s.m. Voy. Môme.
Momard s.m. Voy. Môme.
Môme # s.m. r= Momaque =
Momard. || 1. Petit enfant. —
Môme d'altèque, jeune homme.
— Môme noir, séminariste. || 2.
Fille. « Parmi les réveillons
les plus gais, signalons celui
qu'avaient organisé les mômes Du
Crocket. » [Courr. /"r. 93.) || 3. #
Mômesse, mômeresse s.f. Jeune
maîtresse. || 4. Taper un môme,
commettre un vol; — se faire
avorter, commettre un infanti-
cide.
Momentanée Q s.f. = Horizon-
tale. Femme galante.
Mômerie 0s.f! Hypocrisie. — Par
ext. du sens fr., acte de dévotion
ridicule.
Mômeuse % s.f. = Mômiére, =
tire-mômes. Sage-femme.
Momie Q s.f. Individu sans éner-
gie, inerte, comme s'il était mo-
mifié.
Mômiére % s.f. Voy. Mômeuse.
Momignard s.m. = Mignard.
Petit enfant.
Momignardage s.m. Accou-
chement. — Momignardage à Van-
glaise, en purée, fausse couche.
Mômir # v.n. Accoucher. — Mô-
mir pour Vaff, couches prématu-
rées.
Mômon # s.f. Prostituée de douze
à quinze ans.
Monaco s.m. Sou. — Avoir des
monacos, avoir de l'argent.
MONACOTER.
— 185
MONTJOYE.
I
Monacoter # v.n. Jouer.
Monant0 s. m. Ami.
Monarque s. m. Roi. (j. de car-
tes.) Pièce de cinq francs. (G.) —
Argent: Avoir fait son monarque ^
avoir gagné sa journée.
Monde Q © s.m. Monde renversé,
guillotine. (Delvau.) — # Petit
monde, lentilles.
Monfier # v.a. Embrasser.
Monnaie s.f. Payer en monnaie
de singe, ne pas paver.
Monologuer Q v.n. Se livrer à l'o-
nanisme.
Monôme O(écol.) s. m. Promenade
à la queue leu leu que font les
étudiants à certaines époques
dans le quartier des écoles, et par-
fois- même sur la rive droite de la
Seine, quand ils se rendent chez
le liquoriste qui a pour enseigne
A la Mère Moreau, ils défilent
alors devant le comptoir. — Faire
un monôme avec flanelle, entrer en
monôme dans les cafés sans y
rien dépenser.
Monorgue # pron. pers. Moi. —
Mon individu.
Monseigneur Q s. m. Pince à ef-
fraction; jeu de mots sur Monsei-
gneur devant qui s'ouvrent toutes
les portes et monseigneur qui les
ouvre toutes. (Larchey.)
Monsieur s. m. Entreteneur. —
La femme galante dit : Mon mon-
sieur. — Faire le monsieur, faire
des embarras, faire l'important.
— Monsieur de Pai'is, le bourreau.
— Monsieur Vautour, proprié-
taire.
Monstre O s. m. et a. 1| i. Grand,
énorme, colossal. « C'est un éta-
blissement monstre. » || 2. Faire
un monstre, sorte de canevas fait
par un compositeur de musique,
et sur lequel le parolier fait son
libretto. || 3. Monstre d'homme,
cpithète familière, comme bri-
gand, coquin, canaille, etc., qui
se dit en plaisanterie. = Mons-
trico.
Monstrico Q s. m. Dim. de monS'
tre, v.c.m. (3).
Montage s. m. = Montage de
coup, mystification.
Montagnard s. m. = Côtier,
cheval de renfort.
Montant s.m. =: Grimpant. \\{.
Pantalon. — Montante s.f., cu-
lotte. Il 2. O Donner du montant,
donner de la force. — Exciter les
désirs.
Montante s.f. Echelle.
Monte-à-regret n. pr. Voy.
Abbaye.
Monte-en-Pair # s. m. Voleur qui
pénètre dans les chambres par
les toits.
Monter v.a., v.n. et v.pr. Mon-
ter un arcat. Voy. Arcasineur. —
Monter un coup, monter vn Cho-
pin, préparer un vol ou un assas-
sinat. — Monter la couleur, mon-
ter un gandin, mentir, tromper.
— Monter sur la table, avouer,
dénoncer. Q Se monter v.pr.,
monter à Varbre, se mettre en co-
lère. — Monter la tête, exciter. —
Faire monter quelqu'un, le faire
mettre en colère. — Monter une
scie, ennuyer, mystifier. — Mon-
ter, augmenter: «le beurre a
monté ce matin au marché. » —
Monter une gamme, gronder.
— Se monter le coup, le job, le
bourrichon, s'illusionner. — Mon-
ter un bateau, préparer une sym-
tification.
Monteur Q s. m. Voy. Monter.
Monteur de coups, monteur de go-
dans, mystificateur.
Montjoye (V) s.f. Le gibet. —
Les montjoye étaient des tas de
pierre qui indiquaient les routes
comme de nos jours les poteaux.
Le gibet de Montfaucon était
MONTMORENCY.
186
MORT.
dressé sur une énorme masse de
pierres.
Montmorency Q s.f. Cerise.
Montparno n.pr.m. Montpar-
nasse.
Montretout Q n.pr.m. Aller
à Montretout, aller à la visite sa-
nitaire, (arg. des filles.)
Montreuil O s.f. Pêche.
Monument s. m. \\\. Frapper au
monument, mourir. |1 2. Personne
de forte corpulence.
Moquer (se) Q v.pr. S'en moquer
comme de Van 40, être indifférent.
Moqueur0 s. m. Président de tri-
, bunal.
Moqueuse s.f. Serrure.
Morasse s.f. |I 1. Ennui. — In-
quiétude. — Avoir la morasse,
être ennuyé. — Battre morasse,
crier à Fassassin. || 2. Danger. —
Remords, j] 3.0(typ.) Dernière
correction d'un journal.
Morbaque = Morbec s. m.
Vermine. — Mauvais gamin. —
Morceau # s. m. Manger le mor-
ceau, avouer, dénoncer ses com-
plices. — Morceaux de bois, ci-
gares de cinq centimes. {Éclair,
19 mai 91.) Quel morceau! =
Quel sale morceau! quelle sale
lillc! — Morceau de salé, enfant
en bas âge.
Mordante ^ s.f. Scie. — Lime.
— Belle robe qui attire l'œil et
fait mordre le client, (prost.)
Mordre v.a. Se faire mordre, se
faire prendre, attraper. — • Allez
donc vous y faire mordre, ne vous
y fiez pas. — Ça ne mord pas, il
n'y a pas moyen de me prendre,
je ne me laisserai pas attraper.
Moresque % s.f. Pour morasse,
dans le sens de danger.
Morfe # s.f. = Morfiage. Aliments.
— Nourriture. — de morfer, man-
ger goulûment ou de morfil,
dent d'éléphant. (Littré.)
Morfiage # s. m. Voy. Morfe. *
Morfiailler v.a. Voy. Morfier.
Morfiante s.f. Assiette. (G.)
Morfier =: Morfigner r= Morfi-
1er v.a. Manger. == Morfiailler.
— Se morfier le dardant, s'inquié-
ter, m.àm., se manger le cœur.
— Voy. Morfe.
Morgane # s.f. Sel : le truc de la
morgane et de la lance^ le bap-
tême.
Morganer v.a. Mordre. — Voy.
Morgane. — Déformation de mor-
dre. Le sel mord, pique. [Timmer-
MANS.]
Moricaud s. m. = Négriot. \\i.
Nègre. || 2. Broc devin. || 3. Char-
bon. (Larciiey.)
Morillo s. m. Chapeau à petits
bords. (Larchey.)
Morlingue # s.f. Porte-monnaie.
Mornante # s.f. Bergerie.
Morne % s.f. Mouton.
Mornée # s.f. = Mornos. Bouchée.
— Bouche.
Mornier s. m. Berger.
MorniflFe = Mornifle s.f. =
Morningue. || 1. Monnaie. — Re-
filer de la fausse morniffe, écouler
de la fausse monnaie. |j 2. Gitle;
coup sur la mornée.
Mornifleur # s. m. Mornifleur
tarte, faux monnayeur.
Morningue % s.f. Voy. Mornifle.
Mornos % s. m. Voy. Mornée.
Morpion s.m. = Crampon. Im-
portun tenace.
Morpionner v.a. r= Crampon-
ner, v.c.m.
Mort Os. m. 1) i. Faire un mort, ex-
pression du jeu de whist et de la
manille à trois. Le mort est un jeu
qu'on étale sur la table comme
étant celui d'un partenaire imagi-
naire. C'est aussi un jeu inconnu
qui reste sur la table et qu'on
peut échanger contre le sien, à
son tour. \\ 2. # Mort, condamné.
MORTIER.
187 —
MOUILLANTE.
1^
Il 3.[mi\.)Sefaireporter élève mort
se faire porter malade.
Mortier s. m. (F. -M.) Surveil-
lance. Etre diimortiery être franc-
maçon.
Mortaliser v.a. Tuer.
Morue s.f. Femme débauchée,
prostituée de bas étage.
Morviau = Morviot s. m.
Morve.
Dans les veines d'ccs estropiés
Au lieu d'sang il coul' du morviot.
(J. RicHEPiN, Chaiis. des Gueux.)
oscou (mil.) n.pr. m. Faire brûler
Moscou, préparer un punch
monstre.
Mot s.m. O^^^^^ des mots, faire de
l'esprit. — Avoir des mots avec
quelquun, se disputer. — Mot de
la fin, Irait d'esprit.
Motte s.f. Il i. (obsc.) La nature
de la femme. || 2. Maison centrale.
— • Dégringoler de la motte, sor-
tir de prison. — Var. de mitre.
[TiMMERMANS].
Mou s. m. Se faire enfler le mou,
avoir le mou enflé, être enceinte.
Moucaire (ar. al.) s.f. Voy.
Moukère.
Mouchailler0 v.n. Regarder.(G.)
Mouchailleur s. m. Agent de
police.
Mouchard s. m. Portrait. —
Mouchard à bec, réverbère. —
Le portrait dénonce les traits, il
moucharde comme le réverbère
qfji gêne les malfaiteurs.
Moucharde # s.f. j] 1. La lune.
W 2. La police.
Moucharder v.n. et v.a. Es-
pionner.
Mouche O s.f. et'a. || i. Mouche à
miel, candidat à TEcole centrale.
Il 2. Mouchard, agent secret. —
La mouche^ la police. || 3. Tuer
les mouches, avoir mauvaise ha-
leine. Il 4. Envoyei' des coups de
pied aux mouches, quitter toute
retenue. || 5. Faire îwouc/te, attein-
dre son but. Il 6. # Laid. — Dé-
bile. — Mauvais. = Moche ==
Mouchique.
L'iurbin c'est bon pour qui qu'est mouche.
(J. RiGHKiM.N, Chans. des Gueux.)
— Etre mouche à la sec, être mal
vu de la jiolicc. — Grimoire mou-
che, code pénal.
Mouchée s.f. Raclée.
Moucher v.a. et v.pr. Morigé-
ner, malmener, rembarrer. —
Moucher quelqu'un, le battre, le-
tuer. — Se faire moucher, se faire
rembarrer. — Moucher la chan-
delle, pratiquer l'onanisme, en
parlant des enfants. — Moucher
leshommes, commerce charnel. —
Se moucher d'un louis, voler un
louis. — Il ne se mouche pas du
pied, il ne se prive pas.
Moucheron s. m. Enfant.
Mouchettes s.f.pl. Des mouchet-
tes! non.
Moucheur s. m. Moucheur de
chandelle, individu qui pratique
Fonanisme.
Mouchique a. Voy. Mouche. (6.)
Mouchoir s. m. Revolver, pisto-
let, (de moucher, tuer.) — ^Mou-
choir d'Adam, les doigts, le mou-
choir primitif. — Mouchoir à
bœufs, prairie.
Moudre v.n. et v.a. Moudre un
air, jouer de Torguc de Barbarie^
Mouf n.pr.Abrév.Mouffetard.La
rue Mouf- xM ouf, la. rueMouffetard.
Moufflauté a. Chaudement vêtu.
— Pour emmitouflé.
Moufflet s. m. Enfant au maillot.
— Au petit mufle rebondi, var.
de mafflu. [Timmermans.]
Moufionner0 v.n. Se moucher.
Mouflon s. m. Mouchoir. (Il sert
à nettoverle mufle.)
Mouillante s.f. |I 1. Soupe. [[
2. Morue.
MOUILLE.
— 188
MOUSSINE.
Mouillé a. Etre mouillé \\i. Être
ivre. Il 2. Etre surveillé par la po-
lice.
Mouiller % v.a. Voler à la tire. —
Se mouiller v.pr., se griser.
Mouillette s.f. Tremper sa
mouillette, obsc.
Mouisse s.f. Soupe.
Moukala (ar. al.) s. m. Fusil.
Moukère(mil.) (ar. al.) s.LMoucai-
re. = Femme — Maîtresse. —
Prostituée.
Moule s.f. = Huître. \\i. Imbé-
cile, niais. — ignorant. || 2. Moule
à pipes, ^=. Moule à Gambier, figure
grossière. — Moule à gaufres ou
à pastilles, visage grêlé. — Moule
à melon, bossu.
Moulin s. m. Magasin de rece-
leur. — Moulin à café. || 1. (mil.)
Mitrailleuse.
Il 2. « C'est ainsi qu'au Palais
on désigne couramment la Correc-
tionnelle, la juridiction qui broie,
qui « moud » en un clin d'œil,
sans s'arrêter, d'un mouvement
continu et monotone, l'honneur,
l'avenir des pauvres gens.
« A la va-vite, on les condam-
ne; dossiers tournés du bout des
doigts, textes tombés du bout des
dents. Et d'autres juges, après,
s'arment de cette sentence, en
font la base d'autres sévéri-
tés...
« Ah ! que Banville avait raison :
Aux pauvres gens tout est peine et misère !
[Séverine.]
Il 3. Moulin à vent. — Derrière.
Moulinage s. m. Bavardage. (Mi-
chel.)
Mouliner v.n. Bavarder.
Mouloir % s.m. Mâchoire. — Les
molaires broient les aliments
comme la meule le grain.
Moulue (B) s.f. Excrément.
Moulure s.f. Excrément. Yoy.
Moulue. — Faire une moulure,
faire ses besoins.
Moumoute Q s.f. Mot d'amitié.
Mouniche s.f. Parties de la
femme.
Mounin 0s. m. Apprenti. (Delvau.)
— Petit garçon, de moure, v.c.m.
MouquetteQs.f. Prostituée; (per-
sonnage du roman Germinal de
Zola.)
Moure s.m. Figure gentille,
jeune, éveillée. (Richepin.)
Mourir v.n. S'en faire mourir,
en demander trop. — Tu t'en fe-
rais mourir, je ne veux pas; (ça te
ferait mal.)
Mouscaille % s.f. =r Mousse =
Moustille. Boue. — Excrément.
— Gadoue. Allus. à la mousse, écu-
me qui couvre les liquides en
fermentation ou les eaux crou-
pissantes.
Mouscailler % v.n. Faire ses be-
soins. Voy. Mouscaille.
Mouscailleur % s.m. Vidangeur.
Mouscailloux s.m. Fantassin,
(terme de mépris, par analogie
B.\ec pousse-cailloux.)
Mousquetaire s.m. Mousque-
taire gris, pou.
Moussante s.f. Bière.
Mousse O s.f. Voy. mouscaille. —
De la mousse ! non, rien. — Faire
de la mousse, faire des embar-
ras.
Mousseline O s.f. ]| 1. Pièce
d'argent, j] 2. # Pain blanC ||
3. # (iron.) Fers de prisonnier.
Mousser O© '^'•"- S'impatienter.
— Faire mousser quelqu'un. || 1.
Le faire mettre en colère. || 2.
Le faire valoir.
Mousseuse # s.f. Prostituée.
Mousserie s.f. Latrines.
Mousseux O s. "i. Vin de Cham-
pagne.
Moussine s.f. Diarrhée. Voy,
Mouscaille.
MOUSSU.
— 189 —
MUSETTE.
Moussu # s. m. Il 1. Riche, puis-
sant. Il 2. Voy. Mouzu.
Moussue # s.t". Châtaigne.
Moustachu O ^- et s. m. Qui a de
fortes moustaches.
Moustille (mil.) s.f. Voy. Mous-
caille.
"Moustique # s. m. Mauvais. —
J.d.m. pour mouchique. Voy.
Mouche. (6.)
Moût a. Beau. — Du vx. m.
moult, beaucoup.
Moutard s. m. Gamin. — Var.
de moure, v.c.m.
Moutarde s.f. Excrément.
Moutardier s. m. Derrière.
Mouton s. m. || 1. Matelas. —
Mettre son mouton au clou, en-
gager son matelas. |12. Prison-
nier qui espionne sescompagnons
pour les dénoncer. Allus. au mou-
ton, machine qui sert à enfoncer
les pieux par j.d.m. sur enfon-
cer, tromper en argot.
Moutonner v.n. et v.a. Cher-
cher à savoir les crimes ou délits
commis par les détenus en se fai-
sant leur ami. — Voy. mouton.
Moutrot % s. m. Préfet de po-
lice.
Mouvement O sm. Etre dans le
mouvement, être au courant du
progrès, suivre la mode du jour.
Mou ver v.a. Mouvoir. — Se
mouver v.pr., se mouvoir.
Mouvette % s.f. Dénonciateur.
Mouzu # s. m. = Moussu. Mamelle.
— Le mot contient les sons qui
dénotent la bouche, en suédois
mun, et la succion. La bouche
s'énonce par les sons mar, moun,
moût, mouch, mour, etc., selon
que la diversité de ses actes en-
traîne telle ou telle phonation.
[TiMMERM.OS.]
Muche0 a.2g. et s.m. ||1. Ex-
cellent, parfait. (Delvau.) || 2.
, Jeune homme timide. (Rigaud.)
Mucher0v. Cacher ; lat. mussare^.
vx. fr. musser, m. s.
Muette (la) s.f. I]!. La cons-
cience; (elle ne parle pas aux
malfaiteurs.) — Avoir une puce à
la muette, avoir des remords. —
Il 2. O Maison de chasse où Ton
conservait les mues, les bois de-
cerf.
Muf = Mufe0 s.m. =Muffeton,
etc. Il 1. Goujat. — Homme gros-
sier et malappris. || 2. Maçon. —
Pain de muf, pain fendu de qua-
tre livres.
Muffée s.f. Ivresse. — En avoir
une vraie muffée, être tout à fait
ivre, m.à.m. en avoir plein le
mutle.
Muffetée s.f. Prise de tabac.(On
Taspireparle mufle.)
Muffeton s.m. = Mufle, MufflCy,
Mufleman, Mufleton. Voy. Muf.
Muflée s.f. Quantité. «f/newM/Zée
de plats, y^ — De quoi s'en fourrer
plein le mufle.
Muflerie s.f. Sottise. — Mau-
vais procédé. — Méchanceté.
Muitard s.f. Vov. Motte. (2.)
Mulet s.m. || 1. Diable. (Michel.)
Il 2. (typ.) Compositeur aide-met-
teur en pages.
Mur s.m. Compère de voleur à la
tire.
Murer va. Tuer. — Se murer
v.pr., se battre.
Murette s.f. Crotte.
Muron s.m Sel. — Var. de ma-
ron.
Muronner # v.a. Saler.
Muronnier % s.m. Fabricant de
sel.
Muronnière # s.f. Salière.
Musée % s.m. Musée des claqués,
la morgue.
Muselé s.m. Imbécile, niais.
Museler v.a. Museler le rousto,
éteindre le gaz.
Musette s.f. Le cou, la gorge.
MUSICIEN.
190
NAVET.
— Couper la musette à quelqu'un,
lui couper la gorge. — Cela nest
pas dans une musette, = dans un
sac, c'est réel, cela se voit.
Musicien s. m. i| 1. Délateur.
Il 2. Haricot. || 3. Dictionnaire.
(RiGALD.)
Musique s.f. || l.Q Plaintes, récri-
minations. Il 2.0 Ruse, triclierie.
Il 3. Passer à la musique, être
confronté avec les délateurs. || 4.
Lot de bric-à-brac. (Rig\ud.) |1 o.
Restes de verres que recueille le
marchand de vin. (Delvau.)
Musiquer0v. a. Marquer une carte
d'un coup d'ongle.
Musser0v.n. Sentir. Voy. Mous-
caille.
Mynsse (V.) adj. Dépourvu ; (ce
mot a fait le mot fr. mince.)
Myste s. m. Hareng à frire.
Mystère # s. m. Mystère caché y
hure en pâté.
Mystoufle s.f. Voy. Mistoufe.
Mystérieux # s. m. Malfaiteur
qui lance du vitriol à la dérobée
sur les vêtements des passants
dans le seul but de nuire.
N
Nageant = Nageoir # s.m.
Poisson.
Nageoires Q© s.f. pi. j] 1. Bras
de souteneur; (le maquereau a des
nageoires.) ||2. Favoris larges.
Nage-pataud loc. adv. Etre à
nage-pataud, être tombé dans
l'eau et se débattre pour en
sortir.
Naïade s.f. Lâcher une no/ia-
de, pisser; pour une noyade.
Naïf (typ.) s.m. Patron.
Nanan Q s.m. Friandise « C'est
du nanan. »
Nap O s.m. Louis d'or; abrév. de
Napoléon.
Naquet # s.m. Valet d'un jeu de
paume.
Naqueter v.n. Attendre. — Se
morfondre ; (attendre comme un
valet.)
Narquois s.m. Soldat déserteur.
(qui nargue le service.)
Nasalbor 0s. m. Onguent pour faire
disparaître la couperose. — De
l'ail. Nase, nez, et Salbe, on-
guent. [TiMMERMANS.]
Nase s.m. =Naze,Nazaret, Nez.
— Friser son nase || i. Etre de
mauvaise humeur. || 2.* Renâcler.
Nasée s.f. Prise de tabac.
Nasi # s.m. = Nazi. Mal véné-
rien.
Nasse # s.f. H 1. Rafle. |1 2. Etre
dans la nasse, être dans la misère,
avoir des malheurs.
Naturalisme O s.m. Ecole litté-
raire, naturaliste.
Naturaliste O s.m. et a. Littéra-
ture basée sur l'étude de la nature
dans l'homme, dont le promoteur
Emile Zola, est le maître incon-
testé.
Nature O s.f. Naturel. — Comme
G est nature, c'est vrai. — Faire
nature, dessiner ou peindre en
donnant l'impression exacte de la
nature. — Bœvf ou bifteck na-
ture, sans autre chose avec.
Navarin Q s.m. Ragoût de mou-
ton aux pommes et aux navets. J
Navet s.m. || 1-. % Naif. — Dupe.— 1
Le navet joue le rôle de compère
dans la partie de bonneteau, c'est
celui qui allume la partie et amè-
ne la dupe aux bonneteurs ses
NAVETTE.
— 191
NIB.
complices. Il fait le naît. H 2. O
Des navets = Des né/les, négatoin,
expression de refus. « ïc prêter
cent sous, des navets ! »
Navette s.f. Voyageur de cofn-
Mierce.
Navuce s.f. Moutarde; (elle
monte au nase.)
Nazaret =^ Naze s. m. Néz.
Nazer # v.a. Haïr.
Nazi s. m. Voy. Nasi.
Nazicot s. ni. Petit nez.
Nazonant # s. m. Gros nez. (G.)
Nèfle s.f. Des nèfles = Du flan
= Des navets, v.c m. (2.)
Neg s. m. Neg au petit croche,
chiironnier, m. à m, négociant au
petit crochet. (Rigaud.)
Nègre s. m. Aide-chiffonnier.
Négresse s.f. |1 1. Bouteille de
vin rouge. — Étouffer, éreinter ou
(^venirer une négresse, boire une
bouteille de vin. |12. Punaise. —
Puce.
Négriot s.m. Coff'ret ou petite
armoire en bois d'ébèrie.
Négro s.m. Nègre.
Nénais = Nénet s.m. Sein. —
Son de la succion chez les bébés.
[TiMMERMANS.J — Néuais de veuve,
biberon.
Nep s.m. Voleur brocantant de
faux bijoux. — Escroc qui vend
des décorations étrangères.
Nerf s.m. Moyen ; «l'argent est
le nerf de la guerre. »
Nervi s.m. Portefaix.
Net s.m. Atelier net, atelier dé-
crié par les ouvriers.
Nettoyé a. Ruiné. — Dévalisé.
— Etre nettoyé \\ 1. Avoir perdu
au jeu tout ce qu'on avait d'argent.
Il 3. Etre condamné.
Nettoyer v.a. Dévaliser. —
Ruiner. — Gagner au jeu. —
Nettotjer un panle, tuer un bour-
geois.
Névrosé O s.f. Ce mot est du do-
maine de la psychologie ; il dési-
gne, dans le "^langage familier,
toutes les personnes dont le cer-
veau est déséquilibré.
Nez s.m. iSez qui a coûté cher à
mettre en couleur, nez enluminé
par les excès de boisson. —
Avoir quelqu'un dans le nez, le
détester. — Faire soi nez ou avoir
le nez long, bouder. — Avoir du
nez, avoir le nez creux, avoir Tin-
tuition des bonnes aff'aires. —
Mettre son nez dans le bleu, se
piquer ou se salir le nez, se griser.
— Laver le nez à quelqu'un, le
réprimander, le morigéner. —
Nez en bec à corbin, épaté, gros,
large et court. — Nez en pied de
marmite, nez en trompette, nez
DUS qu'il pleut dedans, nez relevé.
« Mlle Kid était une petite drô-
letle, avec un nez où il pleut de-
dans » (Stop. Journal amusant,
1870). Mener par le nez, le bout du
nez, faire marcher qq. à. sa guise.
Niaire 9 s.m. Voy. Nière.
Niais % s.m. Voleurqui s'amende.
Ce mot s'écrivait autrefois 7îiaiz
et désignait les voleurs assez
maladroits pour se laisser pren-
dre ; (par ail. aux petits oiseaux
pris au nid.) Du lat. nidus nid.
v< Ni&iz qui seront attrapez bien-
tôt s'embrouerunt au halle. »
(Villon.)
Niasse # s.m. Mon niasse, moi.
Nib == Nibe adv. = Mbergue,,
Niberte, Nif, Rien. — Non. —
Absence de. — Silence ! — Tais-
toi ! — Nib de graisse, pas d'ar-
gent. — Nibe au truc, ne rien
dire sur un vol. — Faire un nib,
commettre un vol adroitement,
dans le genre du vol à Vépin-
glette, le voleur opère générale-
ment sur les champs de courses
ou en chemin de fer ; il s'approche
de la dupe dont il convoite l'é-
NIBÉ.
— 192 —
NIVETTE.
pingle enrichie de diamants, se
lie avec lui, s'insinue habilement
dans ses bonnes grâces, lui donne
un « tuyau » et tout en parlant,
jouant avec son programme, il
soulève l'épingle qu'il dégage de
la cravate et l'escamote. Voy. Ro-
manichel. — Propice ànih, propre
à rien. — Ça fait nib dans mes
Mots, ça ne tait pas mon affaire.
Nibé adv. Silence !
Niber # v.a. Regarder. — « Mhe
la gonzesse, » regarde la femme.
Nibergue=:rNiberte adv. Voy.
Nib =:Berniqiie, m . déf. — En ail.
bar nichts, rien tout nu. [Timmer-
MANS.]
Nicdouille s.m.= Niquedouille,
ISigaiidinos, n\ga.ud, niais, (m. déf.)
Nice # s. m. Niais; du lat. nescius,
qui ne sait pas.
Niche s.f. A c'te niche ! va te
coucher! — Avoir la niche et la
pâtée, être nourri et logé.^iNiche-
à-seins, corset.
Nichette = Nichonnette Q s.f.
Femme légère, à la mode. — Mot
d'amitié comme Nini, Niniche,
Ninette, (femme qui se niche, qui
se plaît au nid).
Nichon Q s. m. = Nénais, sein;
de nicher, faire son nid ; c'est
sur le (( sein » de sa mère que
niche le bébé.
Nid s. m. JSid d'hirondelle, cha-
peau rond à bord très étroit. —
Nid à poussière, nombril. — Nid
à punaise, chambre d'hôtel garni
de bas étage.
Niente s m. Rien.
Nière = Niert # s. m. =r Niaire.
Individu. — Complice. — Mon
niert, moi. — Mon niert bobéchon,
moi, ma tête. — Nière, maladroit.
(RiGAUD.) — Nière à Vestorgue,
complice dont on n'est pas sûr.
Niet % pr. indéf. Rien.
Nif# adv. yoY.Nib.
Nifer # v.n. Cesser. — Ni fer de
l'acre, faire attention.
Nigaudinos s. m. Voy. Nic-
douille.
Ninars (V.) s. m. pi. Niais.
Niner (V.) v.a. |i 1. Viser, quil-
1er; du nom ang. du jeu de
quilles, nine-play ou nine-pins.
« Nineront très tout au frontz. »
(Villon.)
II 2. Endormir les enfants; du
lat. nœnia, chanson de nourrice.
Ninette # s.f. Voy. Nichette.
Ningle s.f. Prostituée.
N-i-Ni. C'est fini ! (formule néga-
tive.)
Nini = Niniche Q s.f. Voy. Ni-
chette.
Niole s.m. = Gnolle \\\. Cha-
peau retapé. ||2. iVio/Ze s.f. In-
dividu nul. — Objet sans valeur.
Nioleur s m. = Gnoleur \\\.
Marchand de vieux habits, de bi-
belots sans valeur. 2. H Ouvrier
en chambre qui retape les vieux
chapeaux pour les revendre
comme, neufs.
Niolle s.f. Voy. Niole.
Nion s.m. Voy. Gnon.
Niort n.pr. m. Aller à Niort, nier.
(j.d.m.) — Envoyer quelqu'un à
Niort, lui refuser.
Niorte # s. m. Viande.
Nique 9 prép. Sans, exempt de.
Etre nique de mèche, être sans
complice.
Niquedouille s.m. Voy. Nic-
douille.
Nisco O adv. = Nix. Non. (for-
mule négative.) — En ail. nichts ^
rien.
Nisette 9 s.f. Olive.
Niveau Q s.m. Ne pas trouver son
niveau, être ivre.
Nivet# s.m. [j 1. Bénéfice illicite
fait par un agent. 112. Chanvre.
Nivette # s.f. Filasse. — Etoupe.
NIX.
— 193 —
NOUVELLE.
Nix O ^liv. Voy. Nisco.
Nobler = Nobrer 9 v.a. Con-
naître.
Noc s. m. Individu bête.
Noce s.f. Débauche. — Faire la
noce, se débaucher, u La fille qui
se prostitue appelle cela faire la
noce, alors même que sa situation
est misérable. » — Faire une
noce de tailleur, c'est aller se
promener sans dépenser d'ar-
gent, souvent parce qu'on n'en
a pas.
Nocer Q v.n. = Faire la noce,
v.c.m.
Noceur O s. m. Individu qui aime
à s'amuser.
Nocher v.n. Sonner. — En ang.
ta hnock, frapper. [Timmermans.]
Noctambule O s. m. Celui qui
passe les nuits à se promener ou
à s'amuser.
NoctambulerO v.n. Se promener
la nuit.
Et j'ai iioclambul*', triste, hagard, crotté.
Velu pendant l'hiver de jaquettes d'été
Et d'ulsters poussiéreux pendant la canicule
(N. DE VlLLARS.)
Noctambulisme O s.m. Action
de noctambuler.
Nocturne s.m. Vidangeur.
Nœud s.m. Filer son nœud, s'en
aller. — Mon nœud! (obsc.) = du
flan !
Noir s.m. Plomb. [Rigaud.] —
Un petit noir, une tasse de ca-
fé.
Noire-fontaine (St.-C), s.f. En-
crier.
Nom O s.m. Nom de D..., juron,
blasphème. On l'atténue en di-
sant: Nom de nom. Nom d'un
chien, Nom d'une pipe, Nom d'un
petit bonhomme, Nom d'un ton-
nerre. Ces locutions s'emploient
à tort et à travers, à propos de
tout ou de rien.
Nombril s.m. Midi. — Nombril
de religieuse, as (du jeu de cartes).
Nommer v.a. Baptiser.
Nonnant s.m. Ami. — Un fami-
lier, q.q. qui est comme de la
famille. La racine du mot est
congénère de celle de nourrir. Au
centre de la France on dit nénet,
nénin, pour le grand-père, nonain
pour le père, nonne pour la mère.
ITiMMKRMANS.]
Nonne # s.f. Faire nonne, provo-
quer un rassemblement pour per-
mettre à un acolyte de commettre
un vol.
Nonneur # s.m. = Noueur. Com-
père de voleur. Voy. Nonne.
Normalien Q s.m. Elève ou an-
cien élève de l'Ecole normale.
Nosigues pron.pers.pl. = iVoM-
saitles. — Nouzailles, etc. Nos.
— Nous.
Notaire s.m. |I 1. Marchand de
vin. [Rigaud.]— Notaire du coin,
marchand de vin du coin. ||2.
Epicier qui fait crédit. J.d.m. sur
noter.
Note O s.f. Etre dans la note, être
au courant des faits et des modes
du jour.
Noueur s.m. Voy. Nonneur.
Noujon s.m. Poisson.
Noune # s.m. Receleur.
Nounou O s.f. Nourrice.
Nourrice # s.f. Receleur.
Nourrir % v. a. Préparer mûre-
ment. — Combiner. — Nourrir
un môme, un poupon, combiner
un vol.
Nourrisseur % s.m. Voleur
qui prépare un mauvais coup.
Nousailles % pron.pers.pl. Voy.
Nosigues.
Nouveauté s.f. Faire sa nou-
veauté, changer de quartier ou de
rue pour se \i\r er âuraccrochage.
(arg. des filles.)
Nouvelle (la) n.pr.f. Colonie
pénitentiaire de la Nouvelle-Ga-
13
NOUVELLE-COUCHE. — iU
ŒIL.
lédonie. — Nouvelle-Calédonie,
cimetière de Saint-Ouen.
Nouvelle-couche O s. m. Démo-
crate exagéré dans ses revendi-
cations. — Voy. Couche.
Nouzailles =Nouzières=:: Nou-
siergue = NouzigjD =. Nouzi-
gues pron.pers.pl. Voy. No-
sigues.
Noyade # s.f. Baignade.
Noyau O s.m. Nouveau venu.[DEL-
VAU.] — Siège rembourré avec des
noyaux de pêche, siège où l'on se
trouve mal assis parce qu'il est
mal garni.
Noyé s. m. Ivrogne.
Nuage s. m. Tournure ; le nuage
cache la lune.
Nuageville O n.pr.f. Utopie. —
Pays imaginaire.
Numéro Q s.m. Etre d'un bon nu-
méro, être ridicule. — Numéro
un, de premier ordre. — Connaî-
tre le numéro, connaître la valeur.
— Aller au numéro 400, aller au
cabinet d'aisances. — Maison à
grand ou gros numéro, maison de
tolérance. — Numéro 7, crochet de
chiffonnier.
Numéroter 0v. a. idlpeut numéro-
ter ses abattis, » « il peut se prépa-
rer à recevoir une volée de coups. »
Nymphe Q s.f. Fille galante. —
Nymphe de Guinée, négresse. —
Nymphe potagère, cuisinière. —
Nymphe verte, absinthe.
O
Obéliscal O a- Grand. — Superbe.
Objet s.m. Amante.
Depuis lors à son sujet
Mon cœur battit la breloque,
Quand j'appris que mon objet
M'accordait la réciproque.
{Fleur de thé.)
Observasse Q s.f. Observation.
Occase s.f. Occasion. — Objet
de peu de valeur ou faux. — Ob-
jet d'occase, objet d'occasion. —
Châsse d'occase, œil en verre, œil
louche. — Mère d'occase, fausse
mère. — Œil d'occase, monocle.
Occasion s.f. Chandelier, (vx.)
Occis # a. = Épaté = Tué. Stu-
péfait.
Occuper (thé.) v.a. Occuper son
. numéro, se dit d'un artiste qui
tient bien son emploi.
Oche s. f. pour Loche. Oreille.
— Voche me cloche, l'oreille me
tinte. (Allus. à sa forme en coli-
maçon.)
OcréasO St-G. s. m. pi. Souliers. —
Bottes. (Lat. ocrea, botte).
Œil. s.m. Avoir Vœil, avoir cré-
dit. — Avoir Vœil, surveiller. —
Cela a de Vœil, c'est apparent. — Ne
pas fermer l'œil, ne pas dormir.
— Ouvrir Vœil, faire attention. —
Se faire ouvrir Vœil, se faire ou-
vrir un crédit. — Faire de Vœil,
regarder amoureusement une per-
sonne ou regarder une chose
avec envie. — 'Se fourrer le doigt
dans Vœil, se tromper. — Mon
œil! = Du flan, rien. — A Vœil,
gratis. — Tirer Vœil, attirer les
regards. — Mauvais œil, supers-
tition qui attribue au seul regard
de certains individus une influ-
ence malfaisante. « Hier, M. 0.
qui a décidément le mauvais œil
pour les cabinets, a de nouveau
précisé un point d'histoire. » Voy.
Jettator. — Œil qui dit merde à
Vautre, œil qui louche. — Taper
ŒUF.
195 —
OMNIBUSARD.
dans Vœil, plaire. — Taper de
Vœil, dormir. — Faire l'œil en
coulisse, regarder tendrement. —
Vœil, la police. — Quart d'œil,
commissaire de police. — Avoir
l^œil américain, voir clair. —
Tourner de l'œil, mourir. — Œil
au beurre noir, œil poché. — Œil
en trou de vrille, œil perçant. —
Œil de cochon, petit œil. — Œil
de lapin blanc, œil rouge et cils
blancs. — ŒAl de bœuf 0, pièce
de cinq francs en argent.
CEuf s. m. Tête. — Casser son
œuf, faire une fausse couche. —
Un œuf sur le plat, louis d'or
posé sur une pièce de cinq francs
en argent. — Des œufs sur le plat,
seins de moyenne grosseur.
Officier (miL). s. m. Laveur de
vaisselle (garçon d'office). — Offi-
cier de guérite, simple soldat. — Q
Officier payeur, celui qui paye la
dépense.— Officier de tango ou
de topo, tricheur. [Dklvau.] —
Officier de la manicle, cheva-
lier d'industrie.
Offrir v.a. et v.pr. S'offrir une
agonie d'eau douce, se noyer.
— S' offre-à-tous, prostituée.' —
Abbaye de s' offre-à-tous, lupanar.
Ogre (typ.) s. m. Compositeur
d'imprimerie qui travaille à la
conscience, qui gagne une jour-
née fixe. Il 2. Usurier. || 3. Agent
de remplacement militaire (il n'en
existe plus en France). — Patron
de maison publique. (Ils exploi-
tent la chair humaine.) || 4. Chif-
fonnier en gros.
Ogresse s.f. |I 1. Marchande
à la toilette. ||2. Patronne de
maison publique; (elle aime la
chair fraîche.)
Oignes s.f. pour Oignons. Aux
petites oignes = Aux petits oi-
gnons, v.c.m.
Oignon s. m. Montre. — Il y a de
l'oignon, il y a du chagrin, sujet de
pleurs, de méconlcnlement, etc. —
Peler des oignons, gronder q.q. jus-
qu'à, le faire pleurer. — Aux pe-
tits oignons, soigné, soigneuse-
ment. — Oignon brûlé, anus, fesse.
[Larciiey.] — Chaîne d'oignons, dix
de jeux de cartes. [Rigaud.J Etre
vêtu comme un oignon, avoir plu-
sieurs vêtements l'un sur l'autre.
Oiseau O s. m. || i. Individu. « Un
bel oiseau. — Un sale oiseau. —
Un drôle d'oiseau. » || 2. #Fausse
clé ■^=: Rossignol . \\ 3.0Auget pour
porterie mortier; (perché sur l'é-
paule.) — Oiseau de cage, dé-
tenu. — Oiseau fatal, corbeau. —
Aux oiseaux, soigneusement, con-
fortablement. — Se donner des
noms d'oiseaux, des noms d'ami-
tic, comme ma colombe, monpetit
canard, ma poule. — Faire l'oi-
seau = Faire la bête, l'imbécile.
OiselerQ v.a. Cueillir. — Prendre.
— Faire prisonnier.
Olim O s. m. Académicien; (lat.
olim. du vieux temps.)
Olive s.f. Changer ses olives
d'eau, uriner. [Delvau.] — # Tête.
Olivet s. m. Oignon.
Ombre s.f. Etre à l'ombre, être
en prison. — Mettre à l'ombre,
mettre à l'abri; tuer. — Faire
passera l'ombre, faire disparaître,
tuer.
Omelette (mil.) s.f. Farce. — Paire
omelette du sac, mettre le sac en
désordre.
Omettre [L,') 9 v.a. Le tuer.
Omnibus # s. m. || 1. Prosti-
tuée, (qui se donne à tous.) jl 2.
Garçon d'extra, (payé par tous les
autres.) j] 3. Verre'^de vin,(demi-
setier.) || 4. Vin qui découle du
comptoir de marchand de vin.
Omnibus de coni, corbillard.
Omnibusard s. m. Faux misé-
rable exploitant la pitié publique
OMNICROCHE.
196
ORPHELIN.
dans les omnibus . [Larciiey] .
Omnicroche s.f. Omnibus, (il
accroche.)
Omnium Q (sport) s. m. Course de
chevaux dont l'âge est différent.
Oncle s. m. Usurier. — Mon on-
cle du prêt = Ma tante, mont-
de-piété. — # Portier de prison.
Onclesse. 9 s.f. Femme du por-
tier de prison.
Ondoyeuse # s.f. Cuvette pour se
laver.
Ongle s. m. Avoir des ongles
crochus, être avare, rapace.
Onguent s. m. Argent, (il calme
bien des douleurs.]
Onze adj. num. Le train onze,
les jambes.
Opérateur # s. m. Bourreau.
Opérer # v.a. Opérer quelqu'un,
ouvrir les yeux à q.q. — Guilloti-
ner.
Opineur s. m. Opineur hésitant,
juré.
Opportunisme O s. m. Partisan de
réformes amenées progressive-
ment et sans secousse. (Le mot a
été créé par Gambetta.)
Orange s.f. Sein. — Avoir des
oranges sur son étagère, avoir des
seins rebondis. — Payer des oran-
ges, donner des coups de poing ;
(allus. à la forme arrondie des
poings). — Orange à cochons,
pomme de terre.
Oranger # s. m. Oranger de save-
tier, basilic. [Rigaud.]
Ord a. Horrible; (lat. horridus,
m. s.)
Ordinaire s. m. Bouillon et
bœuf. « Un ordinaire. » — Les
ordinaires, menstrues. [Delvau.J
Ordonnance (mil.) s.f. Papier qui
n'est pas d'ordonnance^ chèque.
Ordre (mil.) s. m. Copier C ordre,
balayer.
Or-dur s. m. Cuivre.
Oreillard. # s.m. Ane.
Oreille O s.f. Avoir fait une oreille
à Venfant, avoir contribué à la
génération. — Fendre Voreille à
quelqu'un, le déclarer impropre
au service. — Mettre à la retraite.
Orfèvre O s.m. Vous êtes orfèvre,
monsieur Josse? Cette phrase se
dit à une personne qui conseille
une chose à q.q. en ayant Tair
de lui porter de l'intérêt et qui
n'a qu'un but, celui d'en tirer
profit. (Allus. au personnage de
Molière dans V Amour médecin).
Orgue s.m. I| 1. Jouer de V or-
gue, ronfler. |1 2. Personnalité.
— Monorgue, moi. — Je prends ça
sur mon orgue, je prends ça sur
moi, sous ma responsabilité. —
Ton orgue, toi. — Son orgue, lui.
— Notre orgue, nous. — Manger
sur V orgue, dénoncer, (m. à m.
causer sur lui ;) orgue est un suf-
fixe très employé en arg. comme
aille, oche, etc.
Orient s.m. Or.
Orientaliste. Q s.m. Celui qui
connaît bien l'argot des voleurs..
Il 2. Voleur juif.
Orléans s. m. Vinaigre ; (on
fabrique beaucoup de vinaigre à
Orléans.)
Orloge (1') (B). s.m. Coq.
Ormoire (mil.) s.f. pour Armoire.
Sac du troupier = Ormoire à
poils.
Ornichon % s.m. Petit poulet.
— Dim. du gr. opviÇ, oiseau, vo-
laille. Le mot fr. ornithologie
désigne l'histoire naturelle des
oiseaux.
Ornie (B) s.f. Poule. — Ornie
de balle, dinde.
Ornière s.f. Poulailler. — Basse-
cour.
Ornion (B) # s.m. Poulet.
Ornioys (B) s.m. Chapon.
Orphelin s.m. || 1. Etron. =
Orphelin de muraille, Sentie
ORPHIE.
— 197 —
OUTSIDER.
nelle. || 2. 0= Mcgo, bout de ci-
gare ou de cigarette; (il est aban-
donné.) ||3. # Orfèvre. ||4. #
Voleur. — Orphelins j bande de
voleurs.
Orphie # s.f. Oiseau chanteur.
Os s. m. Argent. — Monnaie.
— Avoir de ros, avoir de l'argent;
avoir du courage, de rénergie,de
la force. — Os à moelle, membre
viril. — Faire juter l'os à moelle,
pratiquer Tonanisme. — Os de
mouton, casse-tête dont se servent
les malfaiteurs pour assommer
leur victime. C'est une arme ter-
rible. — Ça vaut un os, un os à
moelle, c'est bien, c'est bien dit.
Osanore s. m. Dent. [Larchey.]
Oseille s.f. Argent. — Tu me la
fais à l'oseille, cest raide ! (pour
aigre), c'est trop fort. — Avoir
mangé de Voseille, être aigri.
Ostac s. m. Vent d'Est. — (Celtique
Ost, Orient. [Trévoux.)
Ostio (mil.) s.m. z=Austo=z Ostot.
Prison. (Du vx mot ost ou hast,
armée.
Osselet s.m. Dent. [Delvau]. —
Les osselets, les doigts.
Ostot (mil.) s.m. Voy. Ostio.
Othello O s.m. Mari jaloux.
Otolondrer v.a. Ennuyer; [Ri-
gaud] (agacer les oreilles.)
Otolondreur s.m. Homme en-
nuyeux, agaçant.
Ouater v.a. O Peindre trop flou.
[Delvau.]
Oublier Q v.a. Oublier les mois de
nourrice. Voy. Mois.
Ouiche int. Oui, (avec un sens
négatif, par iro.). «Pensez-vous
que la pièce réussira ? — Ah oui-
che! » (abrév. de Ah oui, je t'en
fiche !)
Ourler v.a. Ourler son bec, finir
son travail; [arg. des graveurs
sur bois.)
Ours0 s.m. || 1. Oie. (La rue aux
Ours , au xiii« siècle, était la rue
aux Oiies, à cause des oies qu'y
vendaient les rôtisseurs. De oiies
on a fait ours.) || 2. Salle de po-
lice. Il 3. Bavardage ennuyeux.
[Larchey.] || 4. Compagnon désa-
gréable. — Poser un oui's, en-
nuyer, gêner. || 5. Pièce de théâ-
tre. — Prenez mon ours. Dans
une pièce des Variétés, VOurs et
le Pacha, Odry jouait le montreur
de bêtes et répétait à tout pro-
pos: Prenez mon ours! Ces trois
mots eurent un tel succès, que
les directeurs auxquels un au-
teur apportait un manuscrit lui
disaient : « Vous voulez m'amu-
ser, vous m'apportez votre ours.
— Cette pièce vous plaira, j'en
suis sûr, répondait l'auteur. —
C'est bien ce que je pensais, pre-
nez mon ours! » — (thé.) Cages à
ours, cartons. || 6. Envoyer à
l'ours, envoyer promener.
Ourser0 v.n. || 1. Courtiser, (m.
déf.) Il 2. Manquer au devoir
matrimonial.
Ourserie s.f. Insociabilité. —
Sauvagerie.
Oursin s.m. Jeune voleur.
Ourson s.m. Bonnet à poils
d'ours.
Oùs'que0adv. pour Où. — Oùs'que
tu demeures? où demeures-tu? —
Oùs'qiiest mon fusil ? où est mon
fusil ! (que je le tue pour ce qu'il
vient de dire ou de faire), se dit
en manière de plaisanterie.
Ouste int. = Zut. — (^ Allons,
ouste, caletez ! » allons, dehors,
sortez !
Outil s.m. Maladroit, imbécile.
Outil de besoin, prostituée ; (c'est
souvent par nécessité qu'on les
emploie.)
Outsider (sport) s.m. Cheval que
l'on considère comme n'ayant pas
de chance de gagner la course.
OUVRAGE.
198 —
PAILLE.
Ouvrage ^ s. m. Vol.
Ouvrier s m. Voleur.
Ouvrir v.a Ouvrir sa tabatière,
vesser. — Ouvrir Vœil et le bon.
— Surveiller, faire attention.
Ovale # s. m. Huile.
Pacant s. m. || i. Paysan.
Il 2. Passant.
Paccin s. m. =Pacsin. Paquet.
(m. déf.)
Pacha s. m. Taureau. (arg. des bou-
chers.)
Paclin 9 s.m. Voy. Pacquelin.
Pacquelin % s.m.= Paclin. Pays.
— Lieu d'origine. — Ce mot se
trouve à tort (dans le vocabulaire
de Grandval à la fin de son ou-
vrage de Cartouche) traduit par
enfer; c'est une erreur de l'édi-
teur, qui a traduit cette phrase :
Le Glier fentrolle en son pacque-
lin, « le Diable t'emporte en en-
fer ». La traduction est : en son
pays.
Pacquelinage s.m. Voyage.
Pacqueliner v.n. Voyager. Du
lat. pascha, Pàque fait de l'hé-
breu Paschah passage ; la seconde
Pàque juive avait été instituée en
faveur des voyageurs qui n'au-
raient pu être 'ce jour là à Jéru-
salem.
Pacquelineur s.m. Voyageur.
— Nomade.
Pacsin s.m. Voy, Paccin.
Padoue s.f. Faveur rouge pour
ficeler les sacs de bonbons.
Paf s.m. Il 1. Eau -de -vie.
112. Ivre. Voy. Pa/fer. Il 3. Se dit
d'une chose qui arrive subitement
(onomatopée). i(Paf, ça y est! »
Il 4. Membre viril.
Pafif = Paffè # s.m. Soulier,
(pour Passe.)
Pafifer v.a. et v.pr. Boire. —
Enivrer. — Etre ivre au point de
tomber, de faire paf. (onomato-
pée.)
Paflfier s.m. Soulier.
Pagaie (mil.) s.f. Mettre en pagaie^
mettre en désordre; (mêler comme
avec une pagaie.)
Page (lyp.)s.t. || 1. Bon travailleur.
Il 2. Page blanche, innocent,
vierge.
Pagne s.m. || 1. Secours en ar-
gent ou provisions pour les pri-
sonniers. Il 2. Lit. (déf. de panier.)
Pagnoter v.n. = Paniotter.
Coucher. — Pagnoter avec quel-
qu'un, coucher avec q.q. —
v.pr. Se pagnoter, se coucher.
Paillard s.m. Lâche, poltron.
Paillasse s.f. H 1. O Individu sans
convictions, peu sérieux en toutes
choses, il 2. Ventre. — Se gar-
nir la paillasse, manger. — Cre-
ver lapaillasse, é\enirer. Il 3. (mil.)
Etre de paillasse, être de garde.
Il 4. Paillasse à soldats ou de corps
de garde, prostituée qui fréquente
les soldats. || 5. Brûler lapaillasse,
ne pas payer les services d'une
femme galante. || 6. Paillasse à
' coups de poings, femme d'ivrogne
brutal. Il 7. (mil.) Manger sa pail-
lasse, s'agenouiller pour prier au
pied de son lit.
Paillasson s.m. Débauché; (qui
fréquente les prostituées ; (pail-
lasses.) — Amant de cœur.
Paille#s.f. Il 1. Dentelle. || 2.Trom-
perie au jeu. || 3. Q Paille de fer y
baïonnette, épée, fleuret, sabre.
PAILLER,
— 199
PALMARES.
Il ^. Homme de paille, prêlo-nom,
individu responsable d'une affaire.
— C'est une paille, ce n'est rien.
— Avoir la paille au cul, être mis'
de côté, réformé. — Etre vendu
où à vendre comme homme poli-
tique. — Hacher de la paille,
parler allemand. — Prendre une
paille, se griser. — A toiy z'a
moi, ia paille de fer, chacun à
son Jour. — Ne plus avoir de
paille sur le tabouret, n'avoirplus
de cheveux sur la tête.
Pailler 0v.n. Tricher aux cartes.
Pailletée s.f. Prostituée attifée.
Paillon s. m. Infidélité en
amour. — Faire un paillon^ faire
une infidélité.
Paillot0 s. m. Paillasson. — Pla-
quer la tournante sous le paillot,
mettre la clé sous le paillasson.
Pain=Paing0 s.m.Coup. i( Rece-
voir ou foutre un paing. » —
J.d.m. sur pan! paf! bruit du
coup.
Pain s. m. Pain ars, pain brûlé;
(arg. des boulangers.) — Pain à
grigne, pain fendillé, (id.) — Pain
métourné, pain trop petit, (id.) —
Pain polka, pain long et plat de
4 livres. — Pain à trente-six trous,
biscuit de soldat. — Pain à cache-
ter, hosl'ie. — Pleine lune. — Pain
de graisse, femme maladroite, pe-
tite et grosse. — Faire des petits
pains, allécher, flatter. — Parler
pour ne rien dire. — Chuchoter.
— Manger du pain rouge, \i\re de
meurtre. — Ne pas manger de ce
pain-là, ne pas employer des
moyens malhonnêtes pour vivre.
— Faire passer le goût du pain,
tuer. — Mettre du pain dan^ le sac
à que Iqu' un, le hailre — Prendreun
pain sur la fournée, prendre un
acompte. — Sonpain, tonpain,r\en
du tout. — Et du pain ? et le néces-
saire. — Oter l&pain de la bouche,
faire perdre à q.q. son emploi,
l'empêcher de réussir. — Avoir
sonpain cuit, avoir de quoi vivre.
Paire s.f. Se faire la paire, s'en-
fuir, s'évader. — Faire des paires,
faire des gestes désordonnés. —
C'est une autre paire de manches,
c'est bien différent.
Pairs s. m. pi. Chambre des pairs,
section des condamnés aux tra-
vaux forcés à perpétuité.
Paix-là0s.m . Huissieraudiencier.
Palabre s.f. Discours long et
ennuyeux.
Paladier s. m. Voy. Pelardier.
Palais-Royal s. m. Carreau du
Temple.
Palanquin s.m Hôtel meublé.
Palas a. Beau.
Bon, tu cliial ! Ah ! c'est pas palas.
(CA. des Gueux.)
Pâle O S.m. = Pâlichon. Blanc;
(au jeu de dominos.)
Paleron s.m. Pied.
Palet s.m. Pièce de cinq francs,
(argent.)
Paletot s.m. Cercueil. = Pale-
tot de sapin.
Palette s.f. || 1. Dent. H 2. Main.
11 3. Guitare. — Mot formé du
radical pat qui veut dire plat
comme la patte. Il en est de même
pour paleron el palet.
Pâlichon O s.m. Voy. Pâle.
Pallas s.m. \\\. (typ.) Discours
prétentieux. — Faiseur de pallas^
faiseur d'embarras, jj 2. Boni-
ment de bateleur.
Pallasser0 (typ.) v.n. Discourir,
pérorer.
Pallasseur (typ.) s.m. Bavard
insupportable. — Orateur pré-
tentieux.
Palmarès O s.m. Liste des ré-
compenses accordées aux élèves
le jour de la distribution des prix;
du lat. palma palme.
PALMÉ.
— 200
PANNE.
Palmé, = Palmipède a. et s . m.
Il 1. Imbécile. || 2. Officier d'aca-
démie, (il a les palmes.)
Pâlot (te) =Pallot (te) s. Paysan
grossier.
Pâlotte # s.f. La lune.
Palper O v.n. Recevoir de l'ar-
gent.
Palpeur # s. m. Juge d'instruc-
tion.
Palpitant # s. m. Cœur ; il s'agite,
se contracte.
Pâmer (se) v.pr. S'évanouir.
Pâmeur # s. m. Poisson.
Pâmoisir # v.n. Se pâmer.
Pampeluche n.pr.f. Voy. Pan-
tin.
Pampine # s.f. jj 1. Sœur de
charité. || 2. Yiande de mauvaise
qualité. || 3. Terme injurieux.
= Charogne.
Pamure s.f. Gifle violente, (un
pain qui fait pâmer.)
Pana 0.s.m. Homme âgé, avare et
laid. — Gueux et sordide comme
un patiné ou loqueteux.
Panache s. m. || 1. Ivresse. —
Avoir le ou son panache, être
ivre. — Voy. Pompon, plumet.
Il 2. Faire panache, tomber en
passant par-dessus la tête de son
cheval.
Panaché Q ^- Mélangé. — IJn pa-
naché s. m. Absinthe à l'orgeat, à
l'anisette, etc.
Panade s.f. || 1. Mou. — Indi-
vidu nonchalant. — Rappelle le
brouet au pain. [Timmermans.]
Il 2. Pauvreté, misère. || 3. Per-
sonne ou chose délabrée. — Lat.
pannus, morceau d'étoffe, et en
fr. loque. [Timmermans.]
Panailleux s. m. Marchand de
bric-à-brac, de défroques; (de pan-
nus.)
Panais s. m. = Panet. Etre en
panais, être en chemise. — J.d.m.
sur pan; {pannus). — Des panais
{Rosalie) = Du flan! négation.
Panama Q s. m. Chapeau de
paille.
Panaris O s. m. Belle-mère.
Panas || 4. a. Vieux, usé,
sans valeur. j| 2. s. m. pi, Bric-à-
brac;(depannMs, morceau d'étoffe.)
Pancarte (mil.) s.f. Se faire aligner
sur la pancarte, être inscrit sur la
liste des punitions.
Pandore s. m. Gendarme.
Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison.
(G. Nadadd.)
Pané a. Voy. Patiné.
Panet s. m." Voy. Pariais.
Panier s. m. Lit — Panier aux
crottes, jupon. — Panier au pain,
estomac. — Panier à salade, voi-
ture cellulaire.
Paniotter0 v.n. et v.pr. Voy. Pa-
gnoter.
Paniquer v.pr. Se paniquer,
avoir peur.
Panmuflisme Q s. m. — Gouja-
tisnie, grossièreté. <c... et comme
il répugne aux délicats, nous te-
nons ici la cause de ce que j'ap-
pellerai, en empruntant le mot à
Gustave Flaubert, le triomphe du
panmuflisme. » (F. Coppée.)
Panne s.f. || d. Gêne. — Pau-
vreté, misère. — Tomber dans la
panne, n'avoir plus le sou, porter
des vêtements usés. || 2. (thé.)
Rôle de peu d'importance, ou
rôle ingrat. « Il ne joue que des
pannes.» — Mauvais rôle. La panne
était autrefois l'étoffe dont on ha-
billait les domestiques à la ville
comme au théâtre, et comme les
rôles de domestiques sont géné-
ralement insignifiants, on les dé-
signa sous le nom de patine. || 3.
Mauvais tableau. Du grec jTcavtç,
pauvreté.
Panne a. et s. m. = Pané. Pau-
vre, misérable. — Panne comme
PANNEAU.
201 —
PAPE.
la hoUandey être très misérable.
= Être dans la purée (v.c.m.)
comme la hollande, espèce de
pomme de terre jaune, grosse et
farineuse. O C/if5 des Pannes,
léunion de promeneurs endi-
manchés qui attendent le retour
des courses aux Champs-Elysées.
Lorsque le soleil sans voile
Brille en la ci^lesle toile,
Un las de gens pomponnés
Viennent place de l'Etoile,
Au Club des Pannes!
{Soirées Scuis Gêne, Georges Gillet.,
Panneau O s.m. Tomber dans le
panneau, croire à un mensonge ;
(tomber dans le piège.)
Panneauture O s.f. Petit tableau
sur bois n'ayant aucune valeur
artistique.
Panner v.a. Gagner au jeu. —
C'est mettre les autres dans la
misère ; (panne.)
Pannétellas O s.m. Cigare d'un
sou.
Panoteur s.m. Braconnier ; (il
tend des panneaux.)
Panoufle s.f. |1 1. Perruque.
Il 2. Vieille femme.
Panser v.a. Panser de la main,
battre.
Pantalon s.m. Donner dans le
pantalon garance, aimer les mi-
litaires. — (Arg. des litt.) Faire
pantalon, ne pas remplir la page
jusqu'au bas.
Pantalzar s.m. Pantalon. —
D'un débris de pantalon et de al-
zare, mot ital. qui veut dire his-
ser, hausser. C'est une var. méta-
phorique de grimpant, le vête-
ment qui grimpe sur les jambes.
C'est le culbutant quand il dévale.
[TiMMERMANS.]
Pante # s.m . = Pantre.\oY. Pan-
tin. Individu. Bourgeois. — Pol-
tron, individu sans énergie. —
Faire le pante, faire la bête. —
Pante argoté, bête. — Pante dé-
sargoté, individu malin. — Pante
arnau , individu qui s'aperçoit
qu'il estvolé.(i7 renaMc?e.) — Pan-
tin se trouve dans la plaine St-
Denis : le pante est l'habitant
de la Plaine, le paysan. Le
vocable est identique' au mot
ital. pantano, bas-fond , marais.
[TiMMERMANS. J
Panthère s.f. Pousser sa pan-
thère, aller de cabaret en cabaret.
— O Faire sa panthère, aller et
venir ; (comme une panthère en
cage.)
Pantière (B) # s.f. Pantiére à
miettes, la bouche.
Pantin n.pr.m. =: Pampeluche
= Pantruche. Paris. — Dans le
goût de Pantin, à la mode pari-
sienne. — Du skt Pattana, ville,
propriétaire, citadin, bourgeois,
individu. [Burnouf.]
Pantinois s.m. || 1. Parisien.
Il 2. # Voleur de Paris, con-
damné à Paris.
Pantouflard s.m. Homme sans
caractère, qui se laisse dominer
par les femmes.
Pantoufle s.m. Ouvrier tailleur;
(il travaille en pantoufles.)
Pantre # s.m. Voy. Pante.
Pantriot s.m. Payeur.
Pantruche n.pr. Voy. Pantin.
Pantruchois s.m. PaVisien.
Panturne # s.f. Proâtituée. —
Panuche # s.f. Prostituée de mai-
son publique. || 2. Femme bien
mise; (empanachée.)
Panufe # s.f. Chaussette.
Panurgiste Q s.m. Imitateur ser-
vile.
Papa Qs. m. Bourgeois. — Bon papa,
bourgeois paisible. — A la papa,
tranquillement, doucement.
Pape s.m. j] 1. Imbécile. —
Il 2. Verre de rhum, (j.d.m. sur
Rome.)
PAPELARD.
202
PARFAIT.
Papelard # s, m. Imprimes de
toute nature, (pour papier.)
Paper-hunt s. m. = Rallie-paper.
M. à m. chasse au papier. Variété
de sport équestre.
Papier s. m. Papier à chan-
delle, mauvaise publication. —
Papier à douleur, billet protesté.
— Papier goudron, papier d'em-
ballage. — Papier Joseph ou de
soie, billet de banque. — Parler
papier, écrire.
Papillon # s. m. Blanchisseur. —
Papillon d'auberge, assiette. —
Papillon d'amour, morpion. —
Vieux papillon, vieillard galant et
empressé auprès des femmes.
Papillonne O s. f. Besoin de chan-
gement en amour. [Fourier.]
Papillonner v.a. et v.n. Yoler
du linge dans les voitures de blan-
chisseurs.
Papillonneur # s. m. Voleur qui
prend le linge dans les voitures
de blanchisseurs.
Papillotes Q s.f.pl. Billets de
banque.
PapotageQs.ni. Commérage inno-
cent. — Bavardage. — Var.onoma-
topéique de babiller [Timmerma^s].
Papoter O v-ï^- Bavarder.
Papotier Q s. m. Papotière s.f.
Bavard.
Paquecin s. m. Voy. Paccin.
Paquelin % s.m.^Flatteur ; (pour
patelin).
Paqueliner # v.a. et v.n. Flatter.
Paquemon # s. m. Paquet, (m.
déf.)
Paquet s. m. Homme sans valeur.
— Imbécile. — Maladroit.
Y a-t-i rien qui vous agace
Comme ces espèces de paquets
Uui souffl'ent dans des cors de chasse,
A la porl' des mastroquels ?
(J. JOUY.)
— Femme de forte tournure.
— Faire son paquet, ou faire ses
petits paquets, être moribond. —
Faire le paquet, tricher aux
cartes. — Faire des paquets sur
tout le monde, faire des cancans,
médire. — Avoir son paquet, être
ivre. — Lâcher le paquet, tout
révéler; abandonner. — Recevoir
son paquet, recevoir son congé.
Parabole # s.f. Paradis.
Parade s.f. (thé.) Faille la parade,
jouer une pièce comme lever de
rideau. — Bénédiction de
parade, coup de pied au derrière.
— • ^oy. Romanichel.
Paradis s. m. Infirmerie. (St-C.)
— Une le portera pas en paradis,
il payera ça avant sa mort.
Paradouze0 s. m. Paradis.
Paralance s. m. Parapluie.
Parangonner (se) (typ.) v.pr.
S'appuyer.
Paraphe s. m. Gifle. — Souf-
flet. — Détacher un paraphe à
quelqu'un, donner un soufflet.
Parapher v.n. Gifler. — Souf-
fleter.
Parapluie 0s. m. || 1 .Voy. Essence.
Il 2. Mari. — (mil.) Envoyer quel-
qu'un chercher le parapluie de l'es-
couade, se débarrasser d'un im-
portun. Il 3. # Alibi.
Parc 9 s. m. Parc aux huitres,
crachoir, mouchoir.
Paré # a. Etre paré, être prêt,
être disposé.
Pareil a. Du pareil au même,
identique.
Parer Q v.a. Remplir. — (arg. des
bouch.) Parer un morceau, prépa-
rer la viande pour la cuisson. —
Parer la coque, échapper par
la fuite à une punition. — La
parer à un aminche, venir en
aide à un ami. — Se parer, se
créer un alibi.
Parfait - amour s. m. Parfait-
amour de chiffonnier, mauvaise
eau-de-vie.
PARFAITE.
— 203 —
PAS.
Parfaite s.f. La parfaite. Voy.
Consolation.
Parfond ^ s.m. Pâté.
Farfonde # s.f. || 1. Cave. [| 2.Po-
chc: {\)om' pi'o fonde.)
Parigot s.m. Parisien.
Paris n.pr.m. Q Tout-Paris, en-
semble des personnalités connues
dans toutes les classes de la so-
ciété. — Monsieur de Paris, le
bourreau.
Parisien s.m. I| 1. Mauvaise t«îte,
individu indiscipliné. || 2. Mauvais
cheval, jj 3. (pays.) Imbécile bon
à duper.
Parlement Q s.m. Ouvrir le par-
lement ou Faire V ouverture du par-
lement, causer, parler, discourir.
Parlementarisme Q s.m. Poli-
tique qui consiste à soumettre
tout au contrôle du Parlement.
« Le Parlementarisme nous offre
jiourtant, selon sa vieille habi-
tude, son joli petit scandale par
semaine. » (Fr. Coppke.)
Parler (thé.) v.n. Parler sur quel-
qu'un, rinterrompre. Parler
papier, voy. Papier.
Parloir s.m. Parloir des singes,
parloir de prison.
Parlotte O s.f. Lieu de réunion.
(où Ton parle.)
Parmezard s.m. Pauvre. — Dé-
guenillé ; (râpé comme le parme-
san.)
Parnasse (litt.) n.pr.m. Chardon
du Parnasse, mauvais écrivain.
Paroisse Q s.f. Prêcher pour sa
paroisse, défendre ses intérêts.
Paroissien Q s.m. Individu. —
Proie de paroissien, individu d'al-
lure singulière. — Paroissien de
Saint - Pierre-aux-Bœufs, homme
bête et grossier.
Parole s.WQMa parole,ie te le jure,
(abrév. de « je te donne ma parole
d'honneur. »)
Parolier O s.m. Auteur de chan-
sons ou de livrets de pièces où il
y a de la musique.
Paron s.m. Palier d'escalier.
Parouart (V) n.pr.m. l\aris; (avec
le suffixe ouart, souvent employé
au xv siècle). '
Paroufle s.f. Paroisse.
Parpaillot Q s.m. Protestant. —
Du nom de Jean Perrin, seigneur
de Parpaille, qui fut décapité en
1602 comme hérétique.
Parrain # s.m. || 1. Témoin. —
Parrain d'altéque, témoin à dé-
charge. — Parrain fargueur, té-
moin à charge. || 2. Avocat, j] 3.
Juge assesseur.
Parrainage % s.m. Témoignage.
Partageur = Partageux %-
s.m. Partisan du partage de tous
les biens.
Parterre Q s.m. Prendre un bil-
let de parterre, tomber.
Parti O a, |I d. Endormi. || 2. Ivre.
— Il est parti pour la gloire, il est
endormi; (il va rêver à la gloire)
ou il est ivre; (il s'enthousiasme.)
Particulier Q s.m. Individu
quelconque.
Particulière O s.f. || 1. Maîtresse.
Il 2. Prostituée.
Partie s.f. Faire une partie, se
battre entre camarades. Q Monter
une partie, organiser une repré-
sentation dramatique avec des
artistes amateurs. — Partie fine,
bonne fortune en cabinet parti-
culier. — Fille à parties, prosti-
tuée qui attire les clients dans les
maisons à parties ou maisons de
passes, v.c.m.
Pas O s.m. et négation. Mettre quel-
qu'un au pas, le contraindre à
obéir. — Pas grand'chose, per-
sonne peu estimable. « Après
tout (lui dit Forestier) vous dé-
barrassez le pays de deux pa^
grand'chose. » (M. Barrés, Une
journée parlementaire.) — Ça n'est
PASCLIN.
— 204 —
PASSIONNÉ.
pas méchant, cela n'a pas d'impor-
tance. — Pas de ça, Lisette, néga-
tion.
Pasclin = Pasquelin # s.m.
Yoy. Pacquelin.
Passacailler v.n. Devancer. —
Supplanter.
Passade (thé.) s.f. || 1. Change-
ment de place des artistes en
scène. — Régler une passade, ré-
gler la façon dont les artistes doi-
vent se placer en scène. || 2. =
Passe (3). || 3. # Soulier. || 4.(typ.)
Secours d'argent. — # Aumône
faite en passant. 1| 5. Plongeon
forcé.
Passans ( V) (B) s.m.pl. = Passî(ie,
etc. Souliers.
Brouez-moi sur ces gours passans.
(Villon.)
Passant # s.m Soulier.
Passe # s.f. Il l.Soulier. (abrév. de
passans.) \\ 2. ^= Passade (1). |1 3.
O Union passagère. — Faire une
passe, contracter une union pas-
sagère. — Maison dépasse, maison
de' rendez-vous. || 4. Secours,
aide. — Donner la passe à quel-
quun, aider. || 5. % Guillotine. —
Gerber à la passe, condamner à la
guillotine. \\ e.QPfirmisde circu-
lation gratuite sur les lignes de
chemin de fer. || 7. Ecornifler
ùlapasse, tuer (faire passer de vie
à trépas). || 8. O Jetons ou fiches
qu'on met à chaque nouveau
coup. Il 9. Numéros au-dessus de
dix-huità la roulette. || 10. 0Passe
à la rousse, espadrilles : leurs se-
melles de corde permettent aux
malfaiteurs de marcher sans être
entendus de la. rousse; (police.)
Passe-crick # s.m. Passeport.
Passe -de -cambre s.f. Pan-
toufle.
Passe-lacet Q s.m. || 1. Prosti-
tuée. Il 2. Gendarme.
Passe-lance s.m. Bateau, —
Canot. — Bac.
Passe-passe s.m. Tricherie au
jeu. — Joueur de passe-passe, tri-
cheur.
Passe-montagne O s.m. Sorte de
capuchon en tricot de laine qui
couvre la tête et le cou.
Passer Q v.a. etn. Passer au bleu,
disparaître. — Ne pouvoir passer
sous la porte Saint-Denis, être
cocu. — Se la passer douce, vivre
sans souci. — Passer devant la
. mairie, vivre maritalement. —
Passer la jambe à Jules ou à Tho-
mas, mettre les barres de bois
dans les anses de la tinette pour
la vider. — Faire passer les pi-
ques, harceler, tourmenter, faire
souffrir; (de piquer.) — Passer à la
plume ou à tabac, (v.c.m.) être
roué de coups par les agents de
police. — Passer à la sorgue, dor-
mir. — Passer au gabarit, rogner,
avoir une réduction de salaire.
— Passer la mer Rouge, avoir ses
menstrues. — Passer du vin en
contrebande, rentrer ivre en ville.
— Passer Varme à gauche ou y pas-
ser, mourir. — Passer au dixième,
devenir fou. — Passer la main,
céder son tour. — Passer la main
dans les cheveux, flatter. — #
Passer à la fabrication, être volé.
— Se passer de belle, ne pas recevoir
sa part dans le produitd'un crime.
Passe-singe # s.m. Individu rusé.
Passeur Q s.m. Individu payé
pour passer des examens en se
substituant à d'autres.
Passe-vanterne # s.f. Echelle.
Passide s.f. = Passier = Pas-
sif = Passifle s.m. Soulier. —
Tous ces mots dérivent du mot
primitif passans, v.c.m.
Passifleur s.m. Cordonnier.
Passionné # s.m. Libertin. —
Vil débauché.
PASTILLE.
— 205 —
PATITO.
Pastille © s.f. Voy. Moule. — Pet.
F AssionsOs. ï.\)\. Homme ou Femme
à passions, libertin. " Ces gens-là
n'ont soif que d'une certaine eau,
prise à une certaine fontaine et
souvent croupie. » {Père Goriot,
Bai./ac).
Pastiquer # v.a. et n. Passer. —
Pustiquant sur la placarde fai
rembroqué un abadis du rabouin,
passant sur la place, j'ai aperçu
une foule du diable. — Pastiquer
lamallouse, passerla contrebande.
Pastourelle (mil.) s.f. Signal pour
les hommes punis.
Patafîoler v.a. Confondre. —
Mettre dedans, enfoncer. — Que
le diable vous patafiole ! que le dia-
ble vous emporte ! — Pour ne pas
être ungniolle quon patafiole ; (un
niais qu'on met dedans). (J. Riciii:-
PIN.)
Patagueule |1 1. a. Ennuyeux.
(RiGALD.) Il 2. s.f. Faire sa pata-
gueule, bégueule.
Patapouf O s. m. Homme gros,
obèse. — Pataud et bouffi.
Pataquès Q s. m. Fautes grossiè-
res en parlant que font souvent
les personnes ignorantes et pré-
tentieuses. Ex: «M™^DMca6o tient
à bien parler, elle a toujours sur
elle le dictionnaire de M. Poche;
elle connaît les proverbes : « La
presse est la mère de tous les
vices ». « Dieu ne veut pas
l'amorce du pêcheur. » « Oreiller
du soir, espoir. » « Il faut vouloir
ce qu'on ne peut empochei'j »
etc. etc. »
Patarasses # s.f.pl. Loques dont
les prisonniers entourent leurs
pieds pour éviter les meurtrissu-
res des fers.
Patard s.m. Pièce de deux
sous.
Patati-patata Q int. Exprime le
bavardage incessant. _
Patatrot s.m. Course. — Faire
patatrot, courir, (pas, au trot.)
Pâte s.m. Patron.
Pâte # s.f. pour Patte. Lime.
Pâte O s-f- Mettre enpdte, renverser
des paquets de caractères compo-
sés. — Tomber en pâte, se désa-
gréger, en parlant de la compo-
sition d'imprimerie. — Morceau
de pâte ferme, œuvre littéraire
lourde et sans esprit.
Pâté s.m. Mauvais travail. —
Pdté d'ermite, noix; (nourriture
d'anachorète.) — (lyp.) Faire du
pdté, laisser tomber'les lettres en
pâte, v.c.m.
Pâtée s.f. Correction, volée de
coups. — Donner la pâtée à quel-
qu'un, le battre.
Patelin s.m, = Paquelin =
Pasclin, etc. || 1. = Pacquelin,
v.c.m.
Compatriote.
Patente s.f. || 1. Casquette de
soie, montante, portée par les
souteneurs. || 2. # Papiers d'iden-
tité, comme la patente du com-
merçant.
Patenté s.m. Souteneur;(il porte
la patente, v.c.m.)
Paternel (écol.) s.m. Père.
Patinage s.m. Voy. Pelotage.
Patiner v.a. et v.n.*^ = Patouil-
ler, etc. Manier. — Patiner la
dame de pi^we, manier les cartes,
(jouer aux cartes.) — Patiner le
carton, jouer aux cartes. — Pati-
ner les trois brèmes, tenir un jeu
de bonneteau, v.c.m.
Patiner (se) v.pr. Se presser. —
Courir ^= Se tirer les pattes.
Patineur # s.m. Bonneteur =
Patineur de brèmes.
Pâtiras Q s.m. = Patîto. Souffre-
douleur ; (de pâtir.)
Pâtissier Q s.m. Sale pâtissier,
homme malpropre, au physique
ou au moral.
Patito O s.m. Voy. Pâtiras.
PATOCHE.
— 206
PAVOISÉ.
Patoche (enf.) s.f. Main gros-
sière.
Patouiller v.a. = Patiner =
Patrouiller = Peloter. Manier sa-
lement, indiscrètement. — Tour-
ner et retourner.
Patouilleur s. m. Individu qui
patouille. Voy. Patouiller.
Patraque s.f. || 1. Tête légère.
Il 2. Personne dont la santé est
délabrée. || 3. Patrouille, (m. déf.)
Pâtre s. m. Voy. Pantre.
Patron-minette s. m. || 1. Dès
le patron-minette, dès Taurore. jj
2. Association de malfaiteurs.
Patronnet O s. m. Apprenti pâtis-
sier.
Patrouille s.f. Etre en pa-
trouille, faire patrouille, aller de
marchand de vins en marchand
de vins. — Se mettre en patrouille,
se griser.
Patrouiller 0v.n etv.a. jj 1. Faire
patrouille, v.c.m. |1 2. = Patouil-
ler.
Patte # s.f. = Pâte. || 1. Lime. ||
2. Main. — Pied. — Avoir de la
patte, être adroit, habileté de
main. — Se tirer les pattes = Se
patiner, s'en aller, s'enfuir. —
Aller à pattes, aller à pied. —
Faire des pattes d'araignée, cha-
touiller. Il 3. Pattede lapin, favori
court. Il 4. Patte de crapaud, épau-
lette de gendarme, jj d. Patte d'oie,
carrefour, (allus. de forme.) —
Se casser lapatte, se faire prendre.
— Avoir la patte cassée, être ar-
rêté. — Coup de patte, médisance.
— Pattes de mouche, écriture fine
ou indéchiffrable.
_ Paturon s. m. Pied. — Se tirer
les paturons = Se tirer les pattes,
v.c.m.
Paturot O s. m. Homme crédule.
— D'après le nom de Jérôme Pa-
turot, roman de Louis Reybaud.
Paulmer (V) # v.a. Prendre.— Vo-
ler. — Lat. palmare, m. s. Voy.
Paumer .
Paume s.f. Perte. — Insuccès.
— Faire une paume, perdre, subir
une perte.
Paumer # v.a. et v.n. 1| 1.
Perdre. — Paumer son fade, dé-
penser, perdre son argent. —
Paumer l'atout, se décourager.
— Paumé dans le dos, perdu. —
Paumer ses plumes, perdre ses
cheveux. — Paumer la sorbonne,
perdre la tête. (| 2. Arrêter. — Voy.
Paulmer. — Se faire paumer, se
faire prendre, arrêter. — Se pau-
mer v.pr., s'égarer.
Paupière QsA'. S'enbattre la pau-
pière, s'en moquer, s'en fiche.
Pause O s.f. Compter des pauses^
dormir. — Ilauco, reposer, et
[BauSàco, endormir, énoncent le
souffle. Panser veut dire souffler,
reposer. [Timmermans.]
Pauvreté s.f. Faire'la pauvreté
r= la bagatelle, coucher avec une
femme.
Pavé O s. m. C'est tout pavé, c'est
très loin. — Pavé de l'ours, ser-
vice amical qui produit un effet
nuisible. — Fusiller le pavé,
marcher vite. — Inspecter le pavé,
être sans emploi. — Etre sur le
pavé ou Gratter le pavé., être mal-
heureux, misérable.
Paver Q v.a. On pave, signifie : je
ne puis passer dans cette rue, j'y
ai un créancier qui pourrait
m'apercevoir ; (la rue est obstruée
quand on pave.)
Pavillon s.m. || 1. Extravagant.
— Fou. Il 2. Mensonge.
Pavillonner v.n. [| 1. Divaguer.
— Déraisonner. |j 2. Mentir. —
Eluder une question.
Pavois a. et s.m. r=: Pavillon.
Il 1. Fou. Il 2. Ivre. — J.d.m. sur
paf. [Timmermans.]
1 Pavoisé a. Etre gris.
PAVOISER.
— 207
PÉDÉ.
Pavoiser (se) v.pr. |I 1. S'hà-
hiller coquettement. H 2. Se gri-
ser.
Payer v.a. et v.pr. Etre con-
damné. — Faire, accomplir. —
Avoir payé, avoir subi des con-
damnations. Tu vas me le payer
ou Tu vas me payer ça, c'est trop
fort,^ lu devrais me payer pour
m'avoir dit ou fait cela ; (se dit
amicalement). — Fairepayer, con-
damner. — Se payer, s'otï'rir. —
(thé.) Payer la goutte à un acteur,
le siftler.
Payot# s. m. Gantinier. — Comp-
table du bagne.
Paysage O s. m. Cela fait bien
dans le paysage ou dans le tableau,
cela fait bon etfet, c'est réussi.
Pays-bas (les) s. m. pi. Les
[»arlies sexuelles.
Payse s.f. Maîtresse. — Compa-
triote. — Bonne amie.
Pchutt O s. m. Voy. Pschutt.
Peau s.f. I! 1. La peau! — Pour
la peau. — Peau de balle! — Peau
de balle et balai de crin! — Peau
de bite ou Peau de nœud (obsc),
(négation) non, rien, pour rien,
manque de, absence de. — Cest
peau de balle, c'est manqué. —
Faire peau de balle, ne rien faire,
être bredouille. || 2. Peau de chien
ou simplement Peau, prostituée.
11 3. En peau, nu, en toilette dé-
colletée. Il 4, Peau d'âne, tambour.
— Faire chanter la peau d'âne, bat-
tre le tambour. || 5. Etre dans la
peau de, être à la place de. 1|6.
Peau fine, jeune homme efféminé.
— Avoir la peau trop courte, péter.
— Peau de lapin, ouvrière car-
tonnière. — Faire la peau de la-
pin, vendre des contremarques de
théâtre. — Avoir quelqu'un dans
la peau, avoir de l'affection pour
q.q. -Faire peau neuve, changer
d'amant ou de maîtresse. — Traî-
ner sa peaUj flâner, aller et venir
en flânant.
Peaunoire # s. m. Vagabond.
Peaufiner v.a. Parfaire une
chose.
Peauser v.n. Dormir. (Ed.
FOUUMER.)
Peausser v.a. H 1. Coucher. —
Loger; (pour Piausscr.) \\ 2. Se
peausseï', se déguiser.
Peaux huré (B) s. m. Lit.
Peccavi # s.m. Péché.
Pêche O s-f. Pèche àquinze sous,
courtisane élégante. — Aller à la
pèche, être congédié.
Pêcher Q v.a. Pêcher à la ligne
d'argent, acheter du poisson, en
revenant de la pêche, pour faire
croire qu'on l'a pris. — Pêcher
une friture dans le Styx, mou-
rir.
Pêcheur O s. m. — Pécheur à la
ligne, journaliste qui est payé à
la ligne et qui allonge ses articles
pour gagner plus.
Péchon (B) s.m. Enfant. —
Apprenti voleur. — Peschon de
Ruby, enfant éveillé. — En pro-
vençal Pilchoun.
Péchonner % v.a. Voler.
Péchonnerie % s.f. Vol.
Pécoreur s.m. Voleur de grand
chemin.
Pecque # s.f. Pimbêche. —
Femme impertinente et sotte qui
fait l'entendue.
Pectoral Q ^. m. S'humecter le pec-
toral, boire.
Pécune % s.f. Argent. Ce mot est
fr. mais n'est usité que dans le
monde des malfaiteurs ; du lat.
Pécunia m. s. (Acad.)
Pédaler O v.n. S'adonner au
sport vélocipédique. « Voulez-
vous pédaler avec plaisir ? mon-
tez les bicyclettes X. »
Pédé = Pédéro = Pédreau =
Pedro 0s.m. Pédéraste. (abrév.)
PEDESOUILLE.
208 —
PELLE.
Pédesouille = Pedzouille
s. m. Paysan.
Pégale =: Pégole # s. m. Mettre
au pé g oie, engager ses vêtements.
— Ang. peg, pointe, piquet,
syn. de clou.
Pégoce s. m. Pou. — Ang. peg,
pointe, qui pique. [Timmermans.]
Pégocier = Pégossier # s.m.
Pouilleux.
Pégrage 9 s.m. Vol.
Pégraine % s.f. Voy. Pégrenne.
Pègre # s.2g. Voleur. — La pègre,
les voleurs en général. — La basse
pègre, les gueux. — Pègre à mar-
teau, voleur de peu d'importance.
— Pègre de la grande vergne, vo-
leur de Paris. — La haute pègre,
voleurs nomades et cosmopolites,
tels que les grecs, les escrocs, les
faussaires, îes voleurs du grand
monde. — Du bas latin picere,
poisser et voler. (Ed. Fournier.)
Pégrenne # s.f. = Pégraine. \\\.
Malheur. — Misère. || 2. Faim.
— Caner la pégrenne, mourir de
faim.
Pégrenner v.n. Etre dans la
misère. — Souffrir de la faim.
Pégrer v.a. Voler. — Congé-
nère de pingre = pince-maille,
grippe-sou, de empoigner, et du
holl. pakken, prendre. [Timmer-
MANS.j
Pégriot s.m. Jeune voleur. —
Apprenti voleur. — Voleur mal-
adroit. — Brûler le pégriot, effa-
cer la trace d'un vol.
Peigne # s.m. n= Penne. Clé. —
Faire le peigne = Prendre la clé
des champs, s'échapper.
Peigne-cul s.m. Paresseux. —
Vaurien.
Peignée s.f. Rixe où l'on se
prend aux cheveux. — Se foutre
une peignée, se battre.
Peigner (se) v.pr. Se battre ;
(m.àm. se prendre aux cheveux).
Peinard s.m. |1 1. Individu qui
fait un travail pénible; (qui peine.)
Il 2. Vieillard débile et souffre-
teux.
Peintre (mil.) s.m. Balayeur.
Peintre sur macadam, balayeur
de la voie publique. [Il se sert du
pinceau; (balai.)
Peinturlure s.f. Peinture gros-
sière.
Peinturlurer v.a. et v.n. Pein-
dre grossièrement.
Peinturlureur s.m. Celui qui
peint grossièrement.
Pékin (mil.) s.m. Civil. — Pékin
de bahut, Saint-Gvrien qui sort de
l'Ecole.
Pélago 9 n.pr.m. Prison de Sainte-
Pélagie.
. On l'a fourré dans la tir'lire
Avec les pègres à' Pélago.
{Ckans. des Gueux.)
Pelard(B.) #s.m. =Pellard. Pe-
louse. — Gazon. — Foin ; fpar
ext.) — De pilus, poil, pris dans
le sens d'herbe.
Pelardier (B.) # s.m. Pré.
Pelé (V.)(B.)0s.m. = Pd/é. Che-
min. — La grande route. — Il
n'y a aucune végétation : le che-
min est de la terre pelée ; du lat.
pilus, poil.
Peler v.a. Dépouiller. — Peler
quelquun, le voler.
Pèlerin s.m. [j 1. Homme résolu.
Il 2. Individu de passage. —
Etranger.
Pèleriner Q v.n. Faire un pèleri-
nage.
Péleux s.m. Terre en friche.
« Un arpent de vigne et un arpent
de peleux ».
Pélican #0 s.m. Paysan.
Fellard # s.m. Voy. Pelard.
Pellarde# s.f. Faux; (à faucher le
pelard.)
Pelle (V.) s.m. Voy. Pelé.
Pelle® s.f. Insuccès. — Echec. —
PELLO.
209 —
PERDRE.
Ramasser une pellCj échouer, tom-
ber. — Recevoir la pelle au culy
être congédié brutalement.
Pello = Pelo = Pelot 9 s. m.
Sou.
Péloponésien (lilt.) s. m. Grec;
(triclicur.)
Pelot s.m. Paletot.
Pelotage s.m. ^Patinage \\ 1.
Flagornerie. || 2. Caresse. — At-
touchements indécents. — Il y a
du pelotage, se dit d'une femme
de torte poitrine.
Pelote # s.f. Bourse bien garnie.
Peloter \.a, =Patouiller, etc.
Il 1. Flatter. — Flagorner. || 2.
Manier. — Caresser. — Faire des
attouchements indécents ; (assi-
milation des seins à des pelo-
les). — Pelotei'la dame de pique,
jouer aux cartes. — # Peloter
(e carme, regarder les étalages
des changeurs.
Peloteur s.m. |I 1. Flatteur. —
Flagorneur. || 2. Libertin.
Peloton (mil.) s.m. Peloton de
chasse, peloton de punition.
Pelouette, s. Loup, louve,
(m. déf.)
Pelure s.f. Vêtement. — Man-
teau; (il couvre la peau.) — Pelure
d'oignon, vêtement léger et râpé.
Penard s.m. || 1. Libertin. —
Nocer en père Penard, nocer tout
seul. Il 2. Paisible, tranquille.
Pendante # s.f. || 1. Boucle d'o-
reille. Il 2. Chaîne de montre.
Pendre v.n. Ça lui pend aunez,
c'est imminent, ça va lui arriver.
Pendu (St. C). s.m. Professeur de
l'Ecole. — Pendu glacé, réver-
bère.
Pendule s.f. Remonter sa pen-
dule, battre sa femme; c'est la
faire marcher. (Rigaud.)
Péniche s.f. Sabot. — Galoche.
— // repousse des péniches, il sent
mauvais des pieds.
Penne s.f. Voy. Peigne.
Pensum Q s.m. Sergent de ville.
— M. à m. pince-homme. (Lar-
chey.)
Pente s.f. Poire. — Avoir une
pente dans le gosier, avoir l'habi-
tude de boire à l'excès.
Pépé # s.f. Préfecture de police ;
on devrait écrire P.P. initiales
de ces mots. (Abrév.)
Pépée (cnf.) s.f. Poupée. — De la
même origine que pupille, pou-
pon, poupard. ITimmkrmans.j
Pépète = Pépétte s.f. Mon-
naie. — Argent. — Avoir des pé-
pettes, avoir de l'argent. — Pour
pépite, d'or natif.
Pépie s.f. Avoir la pépie, avoir
soif. — Du gr. TTÎeiv, boire.
Pépin O0 s.m. I| 1. Parapluie.
— Allus. au parapluie que portait
toujours Pépin, l'un des accusés
du procès Fieschi. (Larciiey). |1 2.
Caprice. — Passion. — Avoir un
pépin pour quelqu'un, aimer pas-
sionnément. Il 3. Avoir avalé le
pépin, être enceinte.
Perche s.f. Personne grande et
fluette. — Etre à la perche, crever
de faim. (Rigaud.) — Tendre la
perche, venir en aide, au secours.
Percher 0v.n. Habiter. — Loger.
Perdre v.a. Perdre ses bas, ne
plus savoir ce que l'on fait. —
Perdre le goût du pain, mourir.
— Perdre sa clef, avoir la diar-
rhée. — Perdre ses légumes, s'ou-
blier dans ses vêtements. — (arg.
des tailleurs.) Perdre un quart,
aller à l'enterrement. — Lavoir
perdu, avoir perdu son innocence.
— Perdre le Nord, perdre la tra-
montane, devenir fou. — La tra-
montane était l'étoile polaire sur
laquelle les marins s'orientaient
avant la découverte de la bous-
sole ; quand ils avaient perdu de
vue celte étoile, ils étaient déso-
14
PERDRIX.
210
PERRUQUE.
rientés: ils avaient perdu le JSord;
on dit perdre la boussole, pour
perdre la raison.
Perdrix Q s.f. Perdrix hollan-
daise, pigeon domestique.
Père O '0 s. m. Père Caillou,
individu qui ne se laisse pas du-
per par les grecs. — Père Frap-
part, marteau. — (mil.) Père la
Capote, sergent d'habillement. —
Le père Douillard, ricLe entre te-
neur. — (polyt.) Père Système, le
premier de sa promotion. — Le
père Eternel à trois francs la
séance, vieillard servant de mo-
dèle. — Le père la Tuile, Dieu. —
Le père la Reniflette, le chef
de la sûreté. — Le père des reni-
fleurs, le préfet de police. — Petit
père noir, litre de vin.
Performances (sport.) s.f. pi. Ré-
sultats obtenus par un cheval dans
ses différentes courses.
Périsprit Q s. m. D'après les en-
seignements spirites le périsprit
est^renveloppe fluidique, légère,
servant de lien et d'intermédiaire
entre ÏEspint et le corps ; après
la mort, c'est-à-dire quand VEs-
prit s'est séparé du corps, il con-
serve le périsprit, qui constitue
pour lui une sorte de corps éthéré,
vaporeux, impondérable pour
nous, et c'est à l'aide du périsprit
que l'Esprit agit.
Péritoine Q s. m. Manger à s'en
faire éclater le péritoine, manger
goulûment.
Perle s.f. Je ne suis pas venu
pour enfiler des perles, je ne suis
pas venu pour ne rien faire.
(C'est-à-dire je suis venu pour
faire mieux que d'enfiler des
perles). — Lâcher une perle, là-
cher un vent.
Perler Q ^•^' Finir avec soin. —
Un travail perlé, un travail soi-
gné. — Perler sa conversation.
employer des termes choisis; (bril-
lants comme des perles.)
Perlot s. m. Tabac.
Perlotte s.f. Boutonnière.
Permanence O s.f. Série de numé-
ros sortants à la roulette ou au
trente-et-quarante.
Permanente % s.f. Prostituée qui
stationne toujours au même en-
droit.
Permission Q s.f. Permission de
40 heures, bâton, gourdin, casse-
tête, ou toute autre arme que l'on
porte sur soi, en prévision d'une
mauvaise rencontre. — (mil.)
Avoir une permission de vingt-
quatre heures, être de garde.
Perpète # s.f. Perpétuité. — Etre
àperpète, condamné à perpétuité.
Perpignan s. m. Manche de
fouet.
Perrette Q J^-^- b.f. Boîte à Perr el-
le, tire-lire. Ail. à la fable de La
Fontaine. « La laitière et le pot
au lait. »
Perroquet Q s. m. = Perruche.
Absinthe à l'eau. — Etrangler ou
étouffer un perroquet, boire une
absinthe. — Perroquet de savetier ^
corbeau.
Perruche Q s.f. Voy. Perroquet.
Perruque O s.f. et a. ||1. Su-
ranné, démodé. — Le parti des
perruques, parti réactionnaire et
rétrograde. |1 2. Vol au détriment
de rÊtat. — Faire en perruque,
fabriquer avec des matières pre-
mières détournées. (Les perruques
garnissent les têtes de cheveux
pris à autrui). — Faire la perru-
que, détourner de menus objets.
— Voici, à propos de cette ex-
pression, l'opinion d'un ouvrier
de la maison G., où la grève avait
éclaté, en 1893, à la suite de l'ar-
restation de quelques ouvriers
inculpés de vol : « Selon un usage
tout à fait général, presque tous
PERRUQUEMAR.
— 2U
PETEE.
les ouvriers s'appropriaient quel-
ques menus objets, c'est ce que
nous appelons faire la perruque.
Mais on n'appelle pas cela voler ;
c'est pourquoi, on a conclu que
M. C. devait retirer la plainte
collective qu'il a déposée. »
Perruquemar s.m. Perruquier.
(m. dét.)
Perruquier s.m. Fonctionnaire
indélicat. — Minutes de perru-
quier, attente interminable. —
Allus. à la pose que l'on fait
chez le perruquier en attendant
son tour, ce dernier disant inva-
riablement: « C'est à vous à l'ins-
tant ».
Perse Q n.pr.f. Rideaux de Perse,
rideaux troués, (percés.) j.d.m.
Persiennes s.f. pi. Lunettes.
Persigner v.a. Enfoncer. — Mal-
traiter. — Persigner une lourde.
Enfoncer une porte. — Persigner
un client, enfoncer un client.
Persil s.m. || 1. Allée des Aca-
cias, au bois de Boulogne, pro-
menade du monde élégant et des
filles galantes. |1 2. Raccrochage
des filles galantes. — Faire son
persil ■=. Aller au persil, se livrer
au raccrochage des passants. —
Travailler dans le persil, se pros-
tituer. Il 3. Il n'a plus de persil
sur sa tête de veau, il n'a plus de
cheveux sur la tête.
Persillé O a. Parsemé. — Roquefort
'persillé, fromage de Roquefort
parsemé de taches vertes.
Persiller v.n. =r Aller au per-
sil, v.c.m.
Persilleuse s.f. Prostituée. —
Raccrocheuse. — Pédéraste.
Perte # s.f. A perle de vue, à per-
pétuité.
Pertuis s.m. Pertuis aux légu-
mes, gosier. — Faire tour mort
et demi-clef sur le pertuis aux lé-
gumes, étrangler.
Pesciller # v.a. = Pessiller. Pren-
dre. — Congénère de pégrer,
piger. [Timmermams.] — Pesciller
d'esbroufe, saisir violemment. —
Se pesciller, se fâcher.
Pèse = Pesé s.m. = PéscMshe
= Pesse = Pèze s.f. Argent. —
Par j.d.m. sur peser, de pesciller,
prendre, piger, pégrer, pognon.
[TiMMKRMANS.]
Pessiguer # v.a. = Persigner
v.c.m. Soulever; du prov. pewu-
guer, pincer.
Pessiller # v.a. Voy. Pesciller.
Pestaille # s.f. Polic'e de sûreté.
Pet s.m. III. Inconvénient,
danger. — Il y a du pet ! preraez-
garde! (Ça sent mauvais.) — //
n'y a pas de pet ! il n'y a pas de
danger. || 2. Plainte en justices
Pétage. — Pet honteux, vesse. — ■
Pet à vingt ongles, nouvean-né.
Pet de loup, universitaire. —
Faire le pet, bouder. — Ça ne vaut
pas un pet de lapin, ça ne vaut
rien. — Curieux comme un pet,
très curieux. — Glorieux comme
un pet, orgueilleux. — Lâcher
quelqu'un comme un pet, aban-
donner précipitamment.
Pétage # s.m. Voy. Pet (î).
Pétarade # s.f. Hôpital de la Sal-
pétrièrc. (Le salpêtre entre dans
la composition de la poudre qui
fait des pétarades.)
Pétard O0s.m.=Pe<Sfi. || 1. Der-
rière. Il 2. Haricot. |I 3, Bruit,
tumulte, scandale. « Faire du
pétard. » j] 4. Soufflet. || 5. Sou.
Il 6. Publicité sensationnelle. —
Tirer un pétard, lancer une nou-
velle à sensation ; faire un scan-
dale.
Pétarder v.n. Faire da bruit.
Pétardier s.m. Tapageur.
Pétasse s.f. Prostituée.
Petée s.f. (obsc.) Tirer une
petée, forniquer.
PETER.
— 212
PEU.
Péter v.n. Se plaindre en justice.
— Faire péter la châtaigne, dé-
puceler. — - Tu t'en ferais péter
. le cylindre, tu ne voudrais pas !
(Tu irais trop loin, jusqu'à t'en
mire crever.) — Péter de graisse,
être très gros; (étouffer dans sa
graisse.) ^ Péter dans sa peau. —
Péter dans le linge des autres,
porter des vêtements empruntés.
— Péter son lof, mourir. — Péter
dans la main à quelqu'un, être
trop familier avec q.q. — Péter
sur le mastic, renoncer au travail.
— (jeu) Péter au point, perdre
faute d'un point. — Péter dans la
soie, avoir des vêtements en soie.
— Il faut que ça péte ou que ça
dise pourquoi, ça doit arriver fa-
talement. — Péter plus haut que
le cul, faire des dépenses au delà
de ses moyens, faire des embar-
ras.
Pètesec s. m. Individu méchant,
grognon, de rapports difficiles.
Péteur s. m. Plaignant. — Dé-
lateur.
Péteux s. m. I| 1. Individu ti-
mide. — Lâche. — Poltron. — Qui
se sent fautif. || 2. # Derrière.
Petgi s. m. Voy. Pétard.
Petit O s. m. et a. Amant de cœur.
— Monpetit, motd^amilié. — Faire
son petit ou sa petite, uriner,
(s-ent : besoin ou commission). —
Petit monde, lentilles. — Petit
Caporal ou Petit Tondu, Napo-
léon 1er. — Petit manteau bleu,
homme charitable et bienfaisant.
— Petit homme noir, broc devin.
— Petit pot, maîtresse qui s'oc-
cupe du ménage ; concubine. —
Petit duc, petilte voiture décou-
verte à deux places. — Petit noir,
café. — Faire des petits pains,
flatter, cajoler. — Petit fournler,
pâtissier. — Petit crevé ou Petit
vidé ■= Petit vernis ^ jeune élé-
gant, ridicule,. — Petit bleu, télé-
gramme expédié par tube pneu-
matique.
Petite O© s.f. et a. Ma petite \\
1. Ma maîtresse. 1| 2. Mot d'ami-
tié. — Petite fille, demi-bouleille
de vin. — Chercher la petite bête,
chercher des difficultés à plaisir,
des défauts quand même. — Ce
nest pas de la petite bière, ce
n'est pas peu de chose ; c'est bon,
c'est bien. — Petite main, ap-
prentie fleuriste. — Petite dame,
femme galante. — Petite église ou
chapelle, coterie.
Petit-salé s. m. Enfant en bas-
âge.
Roupiir, roupiir, mon p'tit salé.
Sans quîu t'arrêtes,
Au loin ton dab s'en est allé ;
Ferm' tes mirettes !
{Berceuse, Eue. Héros.)
Péton (enf.) etQ s.m.Pied;(petit).
— De jolis petits pétons, pieds
mignons.
Pétouze # s. m. Pistolet.
Pétra s. m. Voy. Petzouille (1).
Pétrin Q s. m. Fdre dans le pétrin,
être dans un embarras inextrica-
ble.
Pétrole s. m. Eau-de-vie.
Pétroler v.a. Incendier au pé-
trole.
Pétroleur, Pétroleuse s. |I 1.
Individu qui incendie au pétrole.
112. Marchand de vin qui vend
de mauvaise eau-de-vie.
Pétronille0s.f. Se dévisser la pé-
tronille, se tourmenter.
Fétrousquin s.m. jjl. Der-
rière. Il 2. Badaud.
Petun # s.m. Tabac.
Pétuniére # s.f. Tabatière.
Petzouille s.m. | ] 1 . Derrière =
Pétra. Il 2. Imbécile, badaud.
Peu O ^dv. Un peu, mon neveu,
certainement. — Excusez du peu,
ne vous gênez pas ; (abrév de :
PEYOU.
— 213
PIAU.
Excusez-vous du peu de façons
que vous faites.)
Peyou s. m. Savetier.
Pèze s.f. Voy. Pèse.
Phalange s.f. Serrer les pha-
langes, serrer la main.
Pharamineux a. Etonnant. —
Extraordinaire.
Phare (lyp.) s. m. Lampe.
Pharmaçonner # v.n. Inspecter.
(Mack.)
Pharos s. m. Gouverneur. —
Autorité quelconque.
Phécy (mil.) s. m. Képi.
Phénomène s.m. Individu ex-
centrique, original.
Philanthrope # s.m. Filou, (m.
déf.)
Philatéliste Q s.m. Amateur, col-
lectionneur de timbres-poste. «Les
philatélistes devraient essayer
d'entraver la falsification des tim-
bres-poste. » Du gr. çiXo;, ami et
TéXo;, fin, but.
Philibert # s.m. Filou, (m. déf.)
Philippe s.m. || 1. Pièce de
cinq francs en argent. — L'effigie
de Louis-Philippe existe encore
sur beaucoup de ces pièces
en argent. Le nom de Philippe
désignait antérieurement : un écu
de trois livres; une monnaie d'ar-
gent de Milan, qui valait 3 fr. 9o ;
une monnaie de Modône, qui va-
lait 6 fr.l 3; et en remontant jus-
qu'aux Macédoniens, nous trou-
vons qu'ils avaient une monnaie
de ce nom frappée au coin de
Philippe le Grand; on en ignore
la valeur. |1 2. Amandes jumelles.
— Faire un Philippe : lorsque l'on
a trouvé une de ces amandes, on
la partage avec son voisin de
table, et dès le lendemain le pre-
mier qui dit à l'autre : Bonjour
Philippe ou Philippine, a droit à
un petit présent. Ce badinage in-
nocent est un prétexte à rappro-
chement entre jeunes garçons et
jeunes filles.
Philistin O0 s.m. Bourgeois
grossier et vulgaire. .
Philo O (écol.) s.f. Philosophie.
(abrév.)
Philosophe s.m. || 1. Tricheur.
— Grec. H 2. Gueux. — ChifTon-
nier; (il possède une lanterne
comme Diogène.) || 3. Vieux sou-
lier.
Philosophie s.f. |1 1. Art de
tricher. || 2. Pauvreté. — Misère.
Phoque 0s.m. Imbécile; (corrup.
de loufoque, par abrév.).
Photo s.m. et f. |i 1. Photogra-
phe. Il 2. Photographie.
Photographier v.a. Allez vous
faire phot ographiei^ = Allez
vous faire foutre, allez vous pro-
mener.
Piaf s.m. Vanité. — Orgueil. —
Par j.d.m. sur piaffer, faire
paf sur le pavé, en parlant du
pas du cheval, pour bouffi. [Tim-
MERMANS.]
Piaffeuse # s.f. Femme qui se
fait remarquer par ses toilettes
tapageuÉBes.
Pianiste s.m. Valet de bour-
reau. [RiGAUD.]
Piano O s.m. (arg. des ma-
quignons.) Jouer du piano, trotter
irrégulièrement. — Vendre son
piano, être triste désespéré; (on ne
veut plus faire de musique.)
— Piano du pauvre, les haricots.
Pianotage Q s.m. Action de pia-
noter, v.c.m.
Pianoter Q v.n. Jouer mal du
piano.
Pianoteur, teuse O s. Personne
qui joue mal du piano.
Piarde (V) s.f. Boisson. — De pie,
m. s. Le mot piarde en vx fr. si-
gnifie pioche pour la vigne.
Piau (typ.) s. 2 g. Il 1 . Mensonge. — ■
Farce. — C'est une sale piau, c'est
PIAULE.
— 214 —
PIÈCE.
une mauvaise farce. |1 2. Lit. — #
Pincer lepiau, garder le lit.
Piaule # s.f. == Viole = Fiolle.
Domicile. — Maison, logement,
chambre. — Cabaret. — Piaule
turbinante \\ 1. Montre, coucou,
horloge, pendule. || 2. Bastrin-
gue. — Piaule à machabées, ci-
metière, tombeau, caveau funé-
raire. — Piaule blindée, ton; for-
teresse. — Sous la piaule, la cave,
sous-sol.
Piauler #v.n. = PzoZer. Habiter.
— Loger. — Se piauler, rentrer
chez soi.
Piauleur # s. m. r=r Pioleur. Pro-
priétaire. — Logeur.
Piausser Q ^'•"' et v.pr. Men-
tir. — Se piausser, se coucher.
Voy. Piau.
Piausseur s. m. Menteur.
Piautre s. m. Vaurien ; (pour
pleutre.) — Envoyer au piautre,
envoyer se promener.
Pibloque # s.m. = Pipelet, con-
cierge.
Pic O s.m. A pic, à point. « Ar7'i-
ver ou tomber à pic. »
Picaillons s. m. pi. Argent mon-
nayé. — Avoir des picaillons, avoir
de l'argent .
Picantis s.m. Pou de corps.
Piccolet = Piccolo s.m. Vin
léger et aigrelet.
Piche s.m. Pique; (carte.) (m.
déf.)
Pichenet = Pichet s.m.
Pot en grès dans lequel on sert le
vin dans les cabarets de la cam-
pagne « Un pichet de bleu. Un
pichet de picola. » — H y a des
pichets de contenances' diffé-
rentes.
PJchon s.m. Enfant. — Petit
garçon. — En prov. pitchoun,
m. s.
Pick-pocket Q s.m. Voleur qui
fouille les poches. (Angl.)
Picons (V) s. m. pi. Pics. — Cro-
chets.
Plantez aux hurmcs vos picons.
(Villon.)
Picorage # s.m. Vol sur lagrand'-
route.
Picotin s.m. Repas. — Nourri-
ture.
Picoure = Picouse # s.f. Haie
d'épines;(elle pique.) — Lapicoure
est fleurie, la haie est couverte de
linge. — Déflorer la picoure, \o\er
du linge sur une haie.
Picter v.n. et v.a. = Pictonner.
Boire. — Se griser.
Picton s.m. = Piquelon. Vin.
(De piquer, parce qu'il pique la
langue.)
Pictonner v.a. et v.n. Voy.
Picter.
Pictonneur s.m. Buveur. —
Ivrogne.
Pie # s.f. Boisson. — (B) Pie
fantoche, cidre.
Pièce # s.f. Lentille.— (F.-M.) Pièce
d'architecture, discours. — O Pièce
de bœuf ou Pièce de résistance,
article de fond d'un journal sur
l'actualité. — (iron.) Bonne pièce,
individu inutile. — Pièce à /'emm^s,
pièce- de théâtre où l'on exhibe
des demoiselles dont les cos-
tumes sont aussi courts que leurs
rôles. — Pièce à trucs, féerie,
pièce où la machinerie est com-
pliquée. — (mil.) Pièce grasse,
cuisinier militaire. — Pièce hu-
mide, seringue. — Pièce de dix
sous, anus. — Pièce de résistance,
mets le plus substantiel d'un re-
pas. — Vol à la pièce forcée : un
individu paye avec une pièce
marquée d'un signe facilement
reconnaissable; un compère vient
après lui, prend de la marchan-
dise et prétend avoir payé; le
marchand se trouve confondu, en
PIED.
— 215
PIGE.
retrouvant dans sa caisse la pièce
marquée.
Pied0s.m. || l.Sol (terre). ([ 2.Bête.
« Etre pied, bête comme sespieds. »
Il 3. (B) Denier. — Pieds à dor-
mir debout, grands pieds. —
(mil.) Pieds de banc, sergent. —
Pied de cochon^ pistolet. — Pied
de biche, outil pour forcer les
portes. — Jouei' un pied de cochon
à quelqu'un, jouer un mauvais
tour; quitter q.q. sans le prévenir.
— Faire le pied de biche, faire la
quête à domicile. — Tirer le pied
de biche, (qui se trouve aux cor-
dons de sonnettes), mendier à
domicile. — Je vais donner un
coup de pied jusque-là, je vais
courir jusque-là. — Ne pas se don-
ner de coups de pied, se vanter.
— Etre mis à pied, être congé-
dié ou avoir son service suspendu.
— Pied bleu, conscrit. — Nez en
pied de marmite, nez retroussé.
— Pied plat, pleutre. — En avoir
son pied, en avoir assez. — Avoir
les pieds attachés, être dans Tim-
possibililé de faire une chose. —
Avoir lespiedsdanslarape, [le dos.)
être poursuivi, recherché par la po-
lice, — Avoir les pieds nattés, être
forcé à rimmobilité. — Oit qu'tu
mets tes pieds? de quoi te mêles-
tu? — Mettre les pieds dans le plat,
agir délibérément, hardiment. —
Se tirer des pieds, s'en aller, s'en-
fuir. — Avoir bon pied, bon œil,
être solide, d'aplomb. — % Mon
pied ou je casse tout, ma part, ou
je vous dénonce. — Avoir mangé
ses pieds, avoir mauvaise ha-
leine.
Pier v.a. Boire.
Pier de la plus gourde pie.
( COQIIILLART.)
— Pier de la lance, boire de l'eau.
— Il a pic un corpault de pivois,
il a bu un pot de vin. — Du gr.
TT'S'.v, boire.
Pierre s.f. (F. -M.) Pierre brute,
pain. — (arg. des bouchers)
Pierre à affûter, pain. —
Pierre de touche, confrontation.
Pierreuse s.f. Prostituée qui
exerce dans les chantiers, au mi-
lieu des tas de pierres.
Pierrot O s.m. || 1. Verre de
vin blanc. — Asphyxier un pier-
rot, boire un verre de vin blanc.
Il 2. Imbécile, nigaud. — Individu
quelconque = Gogo. «< Un drôle
de pierrot. Qu'est-ce que cest que
ce pierrot-là? »
Piétiner \.n. Piétiner sur le cadavre
de quelqu'un, déblatérer sur le
compte d'un défunt. — Piétiner
sur place, ne pas avancer, perdre
son temps à des riens.
Piètre % s.m. || 1. Faux estropié.
Il 2. Compère du tireur de cartes.
Pieu s.m. Lit. — Aller au pieu.
aller se coucher. — Se coller dans
le pieu, se mettre au lit. — Etre
eu route pour le pieu, s'endormir.
— Rivé au pieu, être très amou-
raché. — # Pieu de la venterne,
châssis de fenêtre.
Pieuvre O s.f. Femme galante
qui vide la bourse et la cervelle
de ses adorateurs. — Femme exi-
geante et insatiable.
Pif0#s.m. lll.Nez. — [j 2.Vin.-
— Par j.d.m. sur pie, boisson. ||
3. Etre dans le pif comme un grin-
cAe, être connu comme voleur.
Piflfard s.m. Individu qui a un
grand nez.
Piffer0v.n. Bouder. — Etre en co
1ère. = renâcler. — Sepiffer,\.pr.
s'enivrer ; pour paffer, boire.
Pige s.f. # =r Plombe. \\i. Heure*
Il 2. Année |1 3. Prison. (Ceux qui
y sont se trouvent pigés.) \] 4. Por-
tefeuille. Il ^. Faire la pige, aller
plus vite ou faire mieux.
PIGE.
— 216 —
PIMPER.
Pigé a. Arrêté. Voy. Pigon.
Pigeon Q s. m. [| 1. Dupe, crédule
qui se laisse circonvenir, (plumer
comme un pigeon.) — Elever des
pigeons^ faire des dupes au jeu.
— Avoir son pigeon, avoir q.q. à
duper. 112. Acompte. || 3. # Faire
des pigeons, acheter ou gagner
au jeu la portion de ses codéte-
nus. Il 4. Pigeon voyageur, prosti-
tuée qui cherche des clients en
chemin de fer.
Pigeonner Q v.a. Berner. — Du-
per. — Tromper.
Pigeonnier Q s. m. Boudoir de
femme galante.
Piger v.a' || 1. Mesurer. || 2. Regar-
der. — Admirer. — (typ.) Piger la
vignette, regarder avec intérêt,
avec plaisir. || 3. Prendre. — At-
traper. — Voler. Voy. Pigon.
<c Piger un rhume de cerveau. »
- — Se faire piger, se faire pren-
dre. Il 4. Se piger, se battre.
Il 5. = Faire la pige, v.c.m.
Pigler % v.n. Sauter.
Piget % s. m. Château.
Pignard s. m . Derrière. [Larchey.]
— Du vx m. pigné.
Pignocher (se) 0v.pr. Se battre.
— Var. de se peigner, v.c.m.
Pignouf s.m. || \. Apprenti cor-
donnier. Il 2. Individu grossier,
mal élevé. 1| 3. Avare.
Pignouflard s. m. Voy. Pi-
gnouf [2).
Pigoche (écol.) s.f. Jeu de quilles.
Pigon (V) % s.m. Pour pigeon, de-
venu pige. Prisonnier.
Pigut (écol.) s.m. Lieux d'aisances.
Piguter v.n. Faire ses besoins.
Pihouais (B) s.m. Vin.
Pilche # s.m. Etui.
Pile O s.f. Il 1. Raclée. — Correc-
tion. — (( Recevoir ou ^che une
pile. » — De piler, battre, broyer.
Il 2. Cent francs.
Piler v.a. Piler quelqu'un, le
battre. — Piler du poivre.
Il 1. Avoir le séant endolori par
l'équitation. || 2. Marcher em
ayant les pieds meurtris. || 3. At-
tendre avec impatience en allant
et venant, ou en se remuant sur
son siège. 1 1 4. Dire du mal de quel-
qu'un. || 5. (mil) Monter la garde.
— Faire piler du poivre à quelqu'un,
le jeter à terre à plusieurs re-
prises. — Piler le bitume = Po-
lir Vasphalte, se promener sur le-
trottoir en allant et venant. — Se
livrer au raccrochage.
Pilier O s.m. || 1. Habitué d'un lieu.
Il 2. Patron de maison publique.
« Pilier du creux ou de la boîte. »
— Pilier de cour d'assises, repris
de justice; récidiviste. — # Pi-
lier de boutanche, commis de ma-
gasin.
Pillard s.m. Mauvais compa-
gnon qui vole ses camarades.
Piller (typ.) v.a. Prendre des ca-
ractères dans la casse d'un autre^
Pillerot s.m. Voleur.
Pilleur (typ.) s.m. Pilleur de boîtes y
celui qui pille. Vov. Piller.
Piloche (B) # s.f. Dent.
Piloir s.m. Voy. Pilon (2).
Pilois-vain (B) s.m. Juge de vil-
lage.
Pilon O s.m. || 4. Partie inférieure-
de la cuisse de volaille. || 2. #
Doigt. — Pouce. Il 3. Vagabond.
Pilonner v.n. Vagabonder. —
Flâner. — Mendier ;' le pouce en
arg. s'appelle le pilon, et l'on
dit d'un flâneur qu'il a la mala-
die du pouce, d'où pilonner pour
flâner.
Pilote s.m. Indicateur de voleur.
Pilule s.f. Avaler la pilule, croire-
à un mensonge.
Pimpelotter (se) v.pr. Se réga-
ler. — Boire.
Pimper v.a. Pimper des pru-
nelles, regarder effrontément; dé-
PIMPIONS.
217
PIONNE.
I
visagcr. — Ang. to peep, m. s.
Pimpions s. m. pi. Argent mon-
nayé. — Pour pépin, pépite.
Pinard s. m. Père Pinard,
adroit, rusé.
Pinçants # s. m. pi. Ciseaux.
Pinçard Q s. m. Bon cavalier.
Pince s.f. Poigne.
Fort des flûtes et de la pince.
Il était respect*^, Navet.
{Chans. des Gueux.)
— Chaud de la pince, vaillant en
amour. (Avec une lettre en moins,
le mot devient obscène.)
Pinceau s. m. || 1. Pied. — Dé-
tacher un coup de pinceau à quel-
qu'un, donner un coup de pied.
112. Balai.
Pince-cul s. m. Bal public de
dernier ordre. — Bastringue.
Pince-dur s. m. Adjudant.
Pince-loque % s. m. Aiguille.
Pincer Q v.a. et v.n. Pren-
dre. — Exécuter. — Arrêter. —
Se faire pincer, se faire arrêter.
— Je te la pince, je te serre la
main. — Il en pince = Il en tient,
il en a le désir, cela lui plaît. —
Pincer un chahut, exécuter une
danse échevelée. — Pincer de la
harpe, être en prison. (Allus. aux
barreaux des fenêtres.)
Pince-sans-rire # s. m. Agent
de police. [Rigaud.]
Pincettes s.f. pi. Se tirer les
pincettes, s'enfuir. — Tricoter des
pincettes, courir.
Pincez-moi-ça O s. m. = Suivez-
moi, jeune homme, très gros nœud
de ruban, que les dames portent
dans le dos.
Pinchard (litt.) |I 1. a. Vulgaire. —
Commun. || 2. s. m. Siège pliant
Pine s.f. Membre viril.
Pinet # s. m. = Pino. Denier.
Pingaud Q a. Gentil, mignon.
Pingouin (arg. des bateleurs) s.m.
Public. — Pingouin maigre, public
peu nombreux. — Pingouin graSf.
public nombreux.
Pingre s.m. 1| 1. Propriétaire.
Il 2. Avare. (De pince).
Pingrerie s.f. Avarice.
Pino # s.m. Voy. Pinet.
Pioche O s.m. Travail. — Se
mettre à la pioche, se mettre au
travail. — Temps de pioche, der-
niers jours avant l'examen. —
Etre pioche, être stupide. — Vo-
leur à la tire. [Rigaud.]
Piocher Q v.a. || i. Travailler. —
Piocher son examen, préparer avec
ardeur son examen. || 2. # Voler
à la tire. || 3. Battre. |I 4. Piocher
les larmes, plaider avec attendris-
sement.
Piocheur Q s.m. Travailleur cou-
rageux.
Piole = Piolle # s.f. = Piaule.
Cabaret.
Pioler v.n. = Piauler. Boire. —
S'enivrer.
Piolet # s.m. Gobelet ; (où Ton^
verse la pie, v.c.m.)
Pioleur s.m. Voy. Piauleur.
Piolier, ière # s. Cabaretier.
— Tavernier; (qui vend la pie,
v.c.m.)
Pion s.m. Il 1. # Ivre. Voy. Pier.
Il 2. O Maître d'études.
Pionçage s.m. = Pionce s.f.
Sommeil.
Pioneer v.n. Dormir. — De
pipu, lit. — Syn. de ronfler, rou-
piller. Pioneer énonce le souffle-
ànpif, ronfler et roupiller celui
du gosier. [TIMMERMA^'S.]
Pionceur s.m. Dormeur.
Piot s.m.. Vin (de pie, boisson.)
Leur voyant de piot la cervelle échauffée.
(iVlat. Régnier, sat. X.)
— Se trouve aussi dans Rabelais
avec ce sens.
Pionne Q s.f. Sous-maîtresse. [Ri-
gaud. 1
PIOTE.
— 218 —
PIRENALLE.
I»iote (mil.) s. m. Fantassin. — Ital.
pedone, soldat à pied, var. de pié-
ton. [TiMMERMANS.]
Pioupion Q s. m. Fantassin. — Du
gr. TTO'jç, pied, et du skt. pi, aller.
[BURNOUF.]
Pipe s.f. Casser sa pipe, mourir.
— Moule à pipes, individu dont le
visage est grotesque. — # Pipe
à Thomas, jeu de hasard.
Pipelet, lette Q s. Portier. —
Concierge.
Piper II {[ v.n. Fumer la pipe. —
Piper comme un Turc , fumer
beaucoup. || 2. # v.a. Arrêter. —
Prendre. — Découvrir. — Piper
un pègre, arrêter un voleur. —
Pipé sur le tas, pris en flagrant
délit. Il 3. Il n'a pas pipé, il n'a
pas soufflé mot, il n'a pas bron-
ché.
Piperie Q s.f. Tromperie. — Ce
mot est fr. dans le sens de trom-
perie au jeu.
Pipeur#s.m.=:Pïpow. Trompeur.
Vx.
J'avais un jour un valet de Gascogne,
Pipeur, larron, jureur, blasphémateur.
(Cl. Marot.)
Pipit s. m. Alouette huppée.
(Nom qui énonce son cri.)
Pipo O s. m. Polytechnicien.
Pipon s. m. Voy. Pipeur.
Piquage s. m. F aire un piquage,
percer des fûts et en voler le con-
tenu.
Piquante # s.f. || 1. Epingle.
Il 2. Fourchette.
Piquantine # s.f. Puce.
Pique-à-terre s. m. Volaille.
Pique-chien (polyt.) Concierge de
TEcole polytechnique.
Pique-escouanes % s.f. Boucle
d'oreilles.
Piquelard s. m. Charcutier.
Pique-pou =z Pique-prune
s. m. Tailleur.
Piquer v.a. et v.n. O Faire. —
Avoir. — Etre. — Ce nest pas pi-
qué des vers, c'est soigné, c'est
bien appliqué. — Piquer le banc,
attendre une bonne fortune sur
un banc dans un endroit public.
— Piquer une carte, la marquer
d'un signe pour tricher. — Piquer
un cinabre = Piquer son fard,
un soleiU rougir. — Se piquer le
nez, s'enivrer. — Piquer sonchien,
dormir. — Dans une pièce inti-
tulée : r Aveugle de Montmorency,
le personnage qui joue l'aveugle
tient à ne pas s'endormir, et pour
cela il a mis des pointes de fer au
bout du bâton sur lequel il
s'appuie : lorsque le sommeil le
gagne, son corps oscille et le bâ-
ton \a piquer le chien, qui grogne
et réveille l'aveugle : celui-ci
comprend qu'il allait s'endormir,
car il a piqué son chien. — Piquer
un renard, vomir. — Piquer une
romance, dormir. — (êcol.) Piquer
une sèche = Piquer une merde,
faire une bévue; rester court, ou
avoir la note dans un examen.
— Piquer une huître, ne pas sa-
voir répondre aux questions pré-
paratoires à un examen. — Piquer
sur quatre, à l'écarté, c'est n'avoir
pas un point quand l'adversaire
en a quatre. — Piquer une muette,
se taire. — Piquer sa plaque, dor-
mir le jour. — Piquer l'étrangère,
être distrait.
Piquet s. m. l^ivre de messe.
— Juge de paix.
Piqueton s. m. Voy. Picton.
Piquette # s.f. Fourchette; (elle
pique.)
Piqueuse0s.f. Plqueuse de trains,
prostituée qui cherche fortune
dans les gares de chemin de
fer.
Pirenalle (V) s.f. La poire d'an-
goisse. — Ang. pea)', poire, et
nail, pointe.
PIS.
— 219
PI WASTE.
Pis s. m. Sein.
Pissat s. m. =: Pissin. Pissat
(Veine = Pissat de vache , mauvaise
boisson.
Pisse-froid s.m. Homme froid,
glacial. (( Pisse-froid dans la cani-
cule. »
Pisse-huile (ccol.)s.m. Lampiste.
Pissenlit Q s.m. Manger le pissen-
lit par la racine, être inhumé.
Pisser v.a. et v,n. Pisser sa cô-
telette ou des os, accoucher. —
Pisser des enfants, avoir beau-
coup d'enfants. — Pisser à l'an-
glaise, s'en aller clandestinement.
— Pisser au cul de quelqu'un, le
mépriser, dédaigner. — Pisser du
vinaigre, être sévère dans le ser-
vice. — C'est comme si tu pissais
dans un violon ou une clarinette,
c'est comme si tu ne faisais rien ;
c'est inutile. — Pisser des yeux,
pleurer. — Envoyez pisser, en-
voyer promener. — Quand les
poules pisseront, jamais. — Lais-
ser pisser le mouton, le mérinos,
attendre, ne pas se presser. —
Pisser dessus, mépriser. — Pisser
des lames de canif, avoir la go-
norrhée. — Faire pisser des lames
de rasoir en travers, agacer q.q.
au point de le faire souffrir. —
Pisser contre un mur pour le dé-
molir, se donner une peine inu-
tile.
Pisse-trois-gouttes Q s.m. Pisse
t7'ois gouttes dans quatre assiettes,
individu qui se croit très malin
et se vante de faire l'impossible.
Pisseur s.m. Pisseur de copie,
écrivain qui produit beaucoup.
Pisseuse s.f. Jeune lille; fille
ou femme.
Pisse-verglas s.m. Homme
froid, glacial.
Pissin s.m. Voy. Pissat.
Pissottière s.f! Urinoir.
Pistache Q s.f. Ivresse. — Se
flanquer une pistache, se griser.
Pisteur Q s.m. Individu qui suit
les femmes.
Pistole s.f. III. Dix francs.
Il 2. Petite pistole, pièce de dix
sous. Il 3. Cellule particulière
donnée à des détenus qui peu-
vent la payer; le détenu à la pis*
tôle jouit de certaines faveurs, en-
tre autres celle de recevoir sa
nourriture du dehors.
Pistolet O s.m. Individu quel-
conque. « Drôle de pistolet. »
Pistolette0 s.f. Cinquante centi-
mes.
Pistolier % s.m. Détenu à la pts-
tole, v.c.m.
Piston O s.m. j| 1. Recommanda-
lion. — Protection. — Avoir du
piston, avoir des protections. || 2.
Celui qui a des protections. || 3.
Préparateur d'un cours de physi-
que. Il 4. Importun.
PistonnageQs.m. Recommanda-
tions. — Protection.
Pistonner Q v.a. I]!. Recom-
mander. — Protéger. — Piston-
ner un potache, recommander un
élève pour ses examens. |1 2. En-
nuyer. — Importuner.
Pitancher v.n. Boire. — Man-
ger. — A rapprocher du fr. pi-
tance, ce qui est nécessaire à la
subsistance.
Pitancheur, cheuse s. Indi-
vidu qui aime la bombance.
Piton s.m. = Pif. Nez rond.
Pitre O s.m. Bouffon de foire. —
Pitre de comm..., voyageur de
commerce.
Pitroux % s.m. = Pétouze. Pisto-
let.
Pituiter v.n. Déblatérer. — Mé-
dire = Cracher son venin.
Pi vase s.m. Pif. Grand nez.
Pivaste % s.m. Petit enfant. —
Bébé à la mamelle, nom inspiré
par piuc=: boisson. [TiMMERMANS.]
PIVE.
— 220
PLANCHER.
Pive = Pivois # s.m. = Pivre.
Vin. — Pivois de rougemont^ym
rouge. — Pivois savonné ou de
blanchemont, vin blanc. — Il a
pié un corpault de pivois^ il a bu
un pot de vin. — Pivois citron,
vinaigre.
Pivert # s. m. Ressort dentelé ser-
vant de scie aux prisonniers. (Le
pivert troue Técorce des arbres
avec son bec.)
Pivoiner v.n. Rougir; (devenir
rouge comme une pivoine.)
Pivois # s. m. Voy. Pive.
Pivot O • s. m. Plume ; (pour
- écrire.) — (mil.) Pivot de conver-
sion, soldat qui marque le pas
pendant que l'aile droite ou l'aile
gauche d'une section fait un
changement de direction.
Pivoter 0v.n. Travailler. — Faire
pivoter quelqu'un^ le forcer à
obéir.
Pivre # s. m. = Pivois. Voy. Pive.
Placard s.m. Emplâtre. — Faire
un placard, faire un emplâtre.
Placarde s.f. Place publique.
— Bonir sur la placarde, faire le
boniment sur la place.
Place O s.f. Place d'armes, esto-
mac. — Poitrine.
Placé (sport) a. Elre placé, arriver
second ou troisième dans une
course.
Plafond O s.m. |1 1. Front. —
Etre bas de plafond, avoir le
front étroit. [| 2. Crâne, cerveau.
— Avoir une araignée dans le
plafond, être toqué. |1 3. (thé.)
Plafond d'air , frise imitant le
ciel.
Plaider Q v. n. Plaider la ficelle,
éluder la question en plaidant.
Plaine s.f. La plaine rouge, la
place de la Roquette, où Ton exé-
cute les condamnés à mort.
Plamousse s.f. Coup. — La
paume {palma) sur la mar-
mouse ou museau. [Timmermans.]
Plan 0s.m. || 1. Le mont-de-piété.
Mettre au plan=: Mettre au clou;
planquer. \\ 2. Abandon. — Inter-
ruption. — Etre en plan, être
interrompu, être en suspens. —
Laisser quelqu'un en plan, l'aban-
donner. — Rester en plan, rester
comme répondant d'une dépense
impayée ; (planté là). — Laisser
tout en plan, tout abandonner.
Il 3. Moyen. — Il y a ou II n'y a
pas plan, il y a ou il n'y a pas
moyen. ||4. *# Prison. — Tom-
ber au plan, aller en prison. —
Plan de couillé, prison préven-
tive, ou prison subie pour un au-
tre. {Couillé pour couillon.) \\ 5.
Plandecouillet, hospice d'e»fants
trouvés. Il 6. Plan, étui de voleur.
Planche O s.f. 1| 1. Femme plate
et froide. <( Une planche au phy-
sique et une buse au moral. »
Il 2. (mil.). Sabre = Latte 1)3.
(écol.) Tal3leau noir. — Aller à la
planche, aller au tableau. || 4.
Lit. — Planche à boudin, pros-
tituée. — Faire sa planche, être
raide, affecté. — Planche à
pain, tribunal; banc des accusés.
— Planche à sapement, tribunal
correctionnel. — Planche à gri-
maces, autel. — Planche à lave-
ment. Planche au chiquage, con-
fessionnal. — Avoir fait les plan-
ches, avoir été ouvrier tailleur. —
Avoir été sur les planches, avoir
joué sur un théâtre. — Brûler les
planches^ jouer un rôle avec en-
train.
Plancher # v.a. || 1. Condamner.
— Il eH planché, il est condamné.
Il 2. Quitter = Laisser en plan.
I 3. Se moquer. || 4. Ne pas
plancher, tenir sa promesse.
Plancher Q s.m. Débarrasser le
plancher, s'en aller. — Fusiller le
plancher, marcher vite.
PLANCHERIE.
— 221
PLEIN.
Plancherie s.f. Moquerie. —
Plaisanterie.
Plancheur, cheuse s. Farceur.
— Mauvais plaisant.
Planque # s.f. Lieu. — Endroit.
— Maison. — Enquillez à la plan-
que, cachez-vous. — Etre en plan-
que, en observation. — Planque
à corbeaux, couvent. — Planque
à fafiots, bibliothèque, archives.
— Planque des g ouapeur s, \io] on.
Planque à larbins, bureau de pla-
cement. — Planque à plombes,
pendule. — Planque à suif, tri-
pot. — Planque à sergots, poste
de police. — Planque à tortorer,
restaurant. — Planque aux atigés,
hôpital.
Planquer v.a. et v.pr. || 1.
Abandonner. || 2. Poser. — Met-
Ire. — Placer. — Poster. |1 3.
Cacher. — Se planquer, se garer,
se mettre à couvert. — Planquer
le marmot, cacher le produit d'un
vol. — Planquer ses frusques,
mettre ses vêtement au mont-de-
piété.
Plant (V) s. m. Confrérie des
Gueux.
Planter (thé.) v.a. Planter un acte,
le mettre en scène. — Planter la
décoration, poser un décor. —
(mar.) Planter le harpon, dire son
intention. — Planter un chou
à quelqu'un, se tromper. — Plan-
ter son poireau, ou simplement,
Planter, (V) (obsc.) coïter.
Allez ailleurs planter vos marques.
(y. de l'Arg. réf.)
Planteur (V) (obsc.) s. m. — Pail-
lard. — Libertin. — Vaillant en
amour.
Prince planteur quand vous sauldrez la liye.
(Villon, bail. IX).
Plaque (la). La Morgue.
Plaque 0s.f. Pièce de cent francs.
— Etre en plaque, avoir une mé-
11
daille de commissionnaire pu-
blic.
Plaquer (V) Q v.a. || 1. Abattre.
— Rembarrer. — Confondre.
Pour riflcr
Et placquer
Les augcls de mal tous ronx.
(Villon.)
(I 2. Abandonner, u 11 m'embê-
tait, je V ai plaqué, n \\ 3. Se pla-
quer, tomber.
Oui, mais moi, v'ià que j'me plaque
C'est pas rigolo l'hiver.
{Chans. des Gueux.]
C'est donc mariol', c'est donc rupin
De s'plaquer dans la limonade
{La Muse à Bibi.)
4. Plaquer sa viande sous Vè-
Iredon, se coucher.
Plaquette Q s.f. Petite brochure.
Plastron Q s.f. Celui qui sert de
cible aux plaisanteries.
PlastronneurOs.m. Elégant ridi-
cule qui fait étalage d'un énorme
plastron de chemise.
Plat s. m. Plat à barbe. || l.
Hausse-col d'officier. || 2. Grande
oreille. — Faire du plat, cour-
tiser, flatter = Filer le plato
v.c.n.
Platée s.f. Quantité.
Platine s.f. Bavard. — Quelle
platine! quel bavard ! — Dans le
blesche, le mot langue se tradui-
sait par platue.
Plato s. m. Abrév. de platoni-
que. — Filer le plato, aimer plato-
niquement. Voy. Plat.
Plâtre O s. m. Argent. — Etre au
plâtre, avoir de 1 argent. — L'ar-
gent est blanc comme le plâtre et
sert à plâtrer (réparer) bien des
misères.
Platue (B) # s.f. \\i. Langue.
Voy. Platine. \\ 2. Galette. — On
dit': Plat comme une galette.
Plein a. et s. m. Ivre. — Etre
plein comme un œuf, comme un
PLEINE.
222 —
PLUMET.
boudin^ être ivre. — Avoir son
plein f être repu. — Un gros plein
de soupe, individu épais et gau-
che.
Pleine s.f. Enceinte, grosse.
Plette # s.f. Peau.
Pleurant s. m. Oignon.
Pleurer # v.n. Faire pleurer, vo-
ler. — Faire pleurer son aveu-
gle, pisser.
Pleuvoir Q v.n. Comme sHl en
pleuvait, il y en avait beaucoup.
— Il pleut ! (négation). — // pleut !
silence ! attention ! -
Pli s. m. Çit ne fera pas un pli,
ça ira très bien. — Des plis! né-
gation.
Pliant # s. m. Couteau de poche.
(Il se plie.)
Plomb s. m. j] 1. Orifice du
tuyau par où Ton déverse les
eaux sales à chaque étage d'une
maison. |I 2. Gosier. (Par allus. au
sens précédent). — Jeter dans le
plomb, avaler. || 3. Mal vénérien.
Il 4. Gaz délétère et foudroyant
qui se dégage des fosses d'aisan-
ces. 11 Manger du plomb, être tué
d'un coup de feu.
Plombage s. m. |1 I. Couleur bla-
farde. Il 2. Mal vénérien.
Plombe # s.f. = Pige. Heure. —
Année.
Plomber v.n. 1|4. Donner la
syphilis. (Littré.) — Etre plombé.
— Avoir la syphilis. — Etre
ivre. Il 2. Puer, sentir mauvais.
Plomber de la gargoine ou du
goulot, avoir mauvaise haleine.
Il 3. Sonner. — La guimbarde ne
plombe plus, l'horloge ne sonne
plus.
Plommeur (V) s.m. Pour Plom-
beur. Soudeur.
Plongeon s.m. Faire le plon-
geon, tomber dans la misère.
Plongeur s.m. || 1. Laveur de
vaisselle dans les restaurants et
les cafés, 1| 2. Malheureux, misé
rable. (Il plonge dans la misère.
Plotte # s.f. Bourse. {Pour pelote. )
Pieuse # s.f. Paille.
Ployant = Ployé # s.m. Porte-
feuille. — Paire le ployant, payer
avec de mauvaise valeurs.
Plue (V) # s.m. Pitance. — Ra-
tion. — Butin. (F. Michel.) — Le
holl. a plukken, piller, plumer,
cueillir. [Tijimermans.]
Plumade # s.f. Paillasse. — Ma-
telas.
Plumard (mil.) s.m. Lit.
Plumarde # s.f. Paillasse.
Plumarder (mil.) v.n. Rester cou-
ché.
Plume # s.f. II 1. Pince à effrac-
tion. 11 2. O Plumes s.f.pl., che-
veux. — Perdre ses plumes = Se
déplumer. — Paumer ses plumes
ou Se faire des plumes = Se faire
des cheveux, s'ennuyer. H 3. #
Plume de Beauce, paille. || 4.
{ohsc. )Tailler une plume, \at. fel-
lare. || d. Passer à la plume =
Passer à tabac, v.c.m.
Plumeau s.m. Se faire donner
un coup de plumeau par quel-
qu'un, coucher avec q.q.
Plumée O s.f. Tromperie. — Vol
au jeu.
Plume-nigaud Q s.m. Voy. Pick-
pocket.
Plumepatte (mil.) s.m. Envoyer à
plume-patte, envoyer au diable.
Plumer O v.a. 1| 1. Dépouiller.
— Plumer Voie du .narché, tricher,
duper. Il 2. Plumer un perroquet
■= Etouffer un poroquet, boire
une absinthe. |1 3. Se coucher.
« Puis, vers deux heures du
matin, on allait se plumer en
chœur. »
Plumet O s.m. 1| 1. Toupet. —
Faux plumet, perruque. ||2.
Ivresse. — Avoir son plumet, être
ivre. Voy. Panache, Pompon,
PLUMEUSE.
— 223 —
POIGNET.
Plumeuse O s.t'. Femme qui ex-
ploite ses am«inls.
Plure s.f. Yoy. Pelure.
Plus adv. N'en faut plus, en
voilà assez ; supprimez ! Des bor-
geois,n en faut plus ! » — Plus que
ça de chic! quel chic! — Plus sou-
vent ! jamais! — Plus de réjouis-
sance que de viande, se dit d'une
personne maigre.
Plus-fine s.f. Excréments.
Pneu O s. m. Abrév. de Pneuma-
tique, v.c.m.
Pneumatique O s. m. Bandage en
caoutchouc pour roues de véloci-
pèdes. « Le pneumatique X... est
vraiment sans pareil. Hier, notre
confrère D..., de Paris-Vélo,2i es-
sayé de faire éclater un de ces
pneus, il n'a pu réussir. »
Poca # s.f. Jeu de hasard.
Pochard s. m. == Poche. Ivro-
gne. — Rempli comme une po-
che. (LiTTRÉ.) — Le signe de la
croix despochards se fait ainsi : En
touchant le front, on dit : Mont-
parno, l'estomac : Bagnolet; Té-
paule gauche : La Courtille ; Fé-
paule droite : Ménilmuche. Le mea
culpa se fait en se frappant trois
fois la poitrine et en disant :
Lapin sauté, lapin sauté, etc. —
Du saxon poch, sac ; on appelle
aussi l'ivrogne sac-à-vin en arg. ;
en fr. le mot poc/té signifie gonilé.
Pocharder v.a. etv.pr. Enivrer.
Pocharderie s.f. Ivrognerie.
Poche s.f. Yoy. Pochard.
Poche-œil s'm. Pochon. Con-
tusion sous l'œil = (EU au
beurre noir.
Pocheté s. m. Bête. Niais.
Pochetée s.f. || 1. Bêtise. ||2.
Quantité, beaucoup. — En avoir
une pochetée, signifie m. à m. en
avoir beaucoup, être ivre, être
très bête, etc., etc.
Pochette # s.f. Porte-monnaie.
Pochon s. m. = Poche-œil. Coujv
de poing. — Lâcher en pochon,.
donner un coup de poing.
Pochonner v.a. Donner un coup
de poing. Voy. Pochon.
Pocker Q s. m. Jeu de cartes du
même genre que la bouillotte,
importe d'Amérique.
Poêle s.f. Poêle à châtaignes ou
à mairons, visage grêlé. — Tenir
la queue de lapoêlc, être puissant,
être chargé du soin principal
d'une affaire.
Pogne s.f. z= Poigne. |] 1. Avoir
de la pogne ou une bonne pogne,
avoir une main solide, un bon
poignet qui empoigne bien. ||2.
Voleur (il empoigne et est lui-
même souvent empoigné.) || 3. A
poignCy énergique, fort, dur, sé-
vère. <( Un gouvernement à poi-
gne. Un homme à poigne. »
Pogne-main s. m. Ferme, so-
lide, dur. — Lourd.
Pognon s. m. = Poignon. Ar-
gent.
Pogois (V) s.m. = Pougois. Caba-
ret. — Taverne. — Bouge.
Spelicans Spoliateurs
Qui en tous temps Qui en tous temps
Avancez dedans le pogois Buvez dedans le bouge
Gourde piarde. Bonne boisson.
(Villon, bail. III).
Pogonat (écol.) s.m. Constantin
Pogonat, homme barbu. — Gr.
;:ojYtov, poil.
Poignard s.m. Retouche; (arg.
des confectionneurs et des tail-
leurs).
Poignarder v.a. Poignarder l&
ciel, se dit en parlant des che-
veux hérissés.
Poigne s.f. Voyez Pogne.
Poignée s.f. Fiche une poignée
de viande ou une poignée de sal-
sifis, volée de coups.
Poignet s.m. Epouser la veuve-
poignet, se livrer à l'onanisme.
POIGNON.
224 —
POISSON.
Poignon s. m. Yoy. Pognon.
Poigre s.m. r= Poique. Poète.
— Homme de lettres. — Ecri-
vain.
Poil O s.m. Il 1. Réprimande.
u Recevoir ou foutre un poil. »
Il 2. Force. — Courage. — Va-
leur. — Etre à poil. f| 1. Avoir du
talent. ||2. Etre déterminé. —
Avoir du poil au cul, être brave.
— Bougre à poils, homme éner-
gique. Il 3. A poils, nu. — Se
mettre à poils, se mettre nu. [| 5.
Avoir un poil dans la main, être
paresseux. ||5. Tomber sur le
poil à quelqu'un, battre pren-
<lre aux cheveux. j|6. Ne pas
avoir un poil de sec, avoir peur ;
(m. à m., être en sueur par suite
de la peur.) 1| 7. Faire le poil à
' quelqu'un, surpasser (m. à m.
le raser.) || 8. Monter à poils,
monter un cheval sans selle.
Poincelet s.m. Clé, instrument
d'effraction.
Point. O s.m. Pièce d'un franc. —
(polyt.) Point gamma, époque des
examens de fin d'année. — Jus-
qu'^au point M, jusqu'à une cer-
taine mesure. — Point de côté.
i. Agent des mœurs. (Rigaud.)
2. Créanciers. ||3. Importun.
4. Maître chanteur, (allus. à
la gêne qu'ils causent.) — Q
• Point de Judas, le nombre treize.
— O Point d'orgue, temps d'arrêt,
suspension.
Pointe O s.f. Ivresse légère. —
Etre pointe ou Avoir sa pointe,
être légèrement ivre. — Syn. de
plumet.
Pointé O a. Etre pointé, être gris.
Pointeau s.m. Pointeur. '(Qui
pointe le temps des ouvriers à
l'atelier.)
Pointu s.m. Hargneux.
Poique s.m. Voy. Poigre.
Poire s.f. || 1. Tête. — Figure.
— Tambouriner la poire à quel-
qu'un, lui donner des coups sur
la tête. — Faire sa poire = Faire
sa tête, se donner de grands airs,
faire le dédaigneux. 1 1 2. Imbécile.
« Quelle poire! »
Poireau s.m. =: Poreau.\\i.
Sergent de ville de planton. —
Faire le poireau, attendre. (Etre
planté comme un poireau.) || 2.
Piquer ou planter son poireau.
Voy. Planter. || 3. Tête.(De poire.)
Il 4. (St-C.) Surnom donné au
général commandant l'Ecole. || o.
Etre comme les poireaux, être vert
et vigoureux avec les cheveux
blancs. « Il est de la nature des
pourreaux esquels nous voyons
la teste blanche et la queue verte,
droite et vigoureuse. » (Rabelais,
Pantagruel.) \\ 6. Ordre du Poi-
reau, décoration du Mérite agri-
cole.
Poireauter v.a. Attendre. Voy.
Poireau.
Poirette % s.f. Visage. — Laver la
poirette, embrasser.
Pois s.m. Vol. Voy. Poisser (1),
Poix, etc. — Coucher dans le lit
aux pois verts, coucher en plein
air.
Poison s.m. =Drogue. Mauvais.
« Quel poison! »
Poisse s.m. || 1. Crapule. — Vo-
leur. Voy. Pois. (I 2. s.f. La police
de sûreté.
Poisser v.a. et v.pr. || 1. Voler.
— Du lat. pix, poix; allus. à 1b
poix dont les voleurs s'enduisaient
les mains pour mieux saisir les
objets. Il 2. Arrêter. — Poisser sur
le tas, arrêter en flagrant délit.
Voy. Pois, Poix, etc. || 3. Se pois-
ser, s'enivrer.
Poisseur s.m. Voleur. — Trom-
peur.
Poisseux, euse s. Voyou.
Poisson s.m. il 1. Souteneur, jl
POITOU.
225 —
POLLICEUR.
2. Verre d'cau-de-vie. — Changer
non poisson cC eau, ViV'mav. — (obsc.)
Faire le poisson souffleur = Tail-
ler une plume, fellare.
Poitou # s. m. Il 1. Rien. — Non.
112. Précaution. — Epargner le
poitou, prendre des précautions ;
taire attention. |[3. Public.
Poitrine (mil.) s.f. Poitrine d'acier,
cuirassier. — Poitrine de velours,
soldat du f^cnie.
Poivrade s.f. Mal vénérien.
Poivre s. m. || 1. Eau-de-vie. —
Mine ou boîte à poivre, établisse-
ment de liquoriste. 1| 2. Poison.
— Mal vénérien.
Je Irouvay la poudre à la lôte,
iMais le poivre <5lait vers le bas.
(M. Kbgmeu, stances).
Il 3. Ivre. Voy. ci-dessus [i) =
Poivreau. \\ 4. Voy. Piler. \\ 5.
Chier du poivie, s'enfuir. || 6. Poi-
vre et stl, grisonnant.
Poivreau Q s. u\. =: Poivrot. Ivro-
gne. (L'eau-de-vie brûle comme le
poivre.)
Poivrement s.m. ||1. Ivresse.
|: 2, Payement.
Poivrer v.a. |1 1. Griser. — Etre
poivré, être soûl. ||2. = Saler,
vendre cher, jj 3. Empoisonner.
— Donner la syphilis.
Poivreur % s.m Payeur.
Poivrier s.m. || 1. Individu
ivre. Il 2. Voleur qui dévalise les
ivrognes. — Faire le poivrier,
dévaliser les ivrognes. — Vol au
poivrier, vol dans les poches des
ivrognes qui cuvent leur vin. H 3.
Débit de mauvaise eau-de-vie.
Voy. Poivre (1).
Poivrière # s.f. 1| 1. Route.
(Elle est poussiéreuse, poudreuse,
comme couverte de poivre.) || 2.
Ivrognesse. || 3. Femme atteinte
du mal vénérien. || 4. Le Palais de
Justice.
Poivrot s.m. Vov. Poivreau.
Poivrotter (se)0 v.pr. S'enivrer.
Poix (V) s.m. Voleur.
Antonnez poix et marques six à six.
(Villon).
— S.f. Affarer la poix, se faire
arrêter. Voy. Pois.
Pokapiquer v.n. Sauter.
Police s.f. Se mettre à la police
= être en carte {\.c.m.)
Polichinelle s.m. || L Individu
qui n'est pas sérieux. — Faire une
vie de polichinelle, mener une vie
désordonnée. — Faire saluer le
polichinelle, réussir, avoir du suc-
cès. Il 2. Nouveau-né. — Avoir un
polichinelle dans le tiroir, être en-
ceinte. Il 4. Grand verre d'eau-de-
vie. — Demi-litre [chopine) en
deux verres. Il ,'). Hostie. — Ava-
ler le polichinelle, communier.
— De pulcinello, un des person-
nages de la comédie italienne; ce
nom vient d'un certain paysan
de Sorrente , contrefait et' de
bonne humeur qui, au xvii° siècle,
égayait le marché de Naples par
ses saillies.
Polir O v.a. Polir V asphalte, le bi-
tume = Faire le trottoir. \\ i.
Raccrocher. !| 2. Aller et venir,
attendre sur le trottoir.
Polisseuse (obsc.) s.f. Polisseuse
de mâts de Cocagne en chambre,
lat. fellatrix.
Polisson O s.m. |1 1, Tournure,
faux derrière. Il 2. Mot d'amitié.
il 3. Malheureux qui va pres-
que nu.
Polissonne % s.f. Langue.
Politesse s. f. {ohso,.) Faire une po-
litesse à une femme = Faire la
chosette (v.c.m.)
Polka s.f. Marchand d'objets
obscènes, photographies, cartes
transparentes, etc. O Faire danser
la polka à quelqu'un, le battre.
Polliceur (V) s.m. Voleur. — Du
vx fr. pol, pouce, doigt.
POLLIR.
— 226 —
POMPONETTE.
Pollir (V) v.a. Voler.
Polochon # s.m. Traversin.
Polonais s.m. Domestique de
maison publique qui met les ta-
pageurs à la porte.
Poluer (V) v.a. Corrompre. — Pi-
per.
Polyte s.m. Abrév. deHippolyte.
Nom populaire du voyou : « Ohé!
Polyte y lidor, à moi les amun-
ches! »
Pomaquer # v.a. || 1. Prendre.
Si j'ai pas rond, mon surin bouge.
Or, quand la pouffiace a Iruqué,
Chez moi son beurre est pomaqué.
Mieux vaut bouffer du blanc qu'du rouge.
(Chans. des Gueux.)
Il 2. Perdre au jeu. — Le pre-
mier sens repond à empaumer, le
deuxième à recevoir une pla-
mousse, un coup asséné avec la
paume. [Timmermans.]
Pommade s.f. || 1. Misère. —
Besoin. — Etre dans la pommade,
être dans la misère. || 2. Douceur.
— Jeter de la pommade = Passer
à la pommade, flatter, féliciter,
encenser. || 3. Pommade de cochon,
saindoux.
Pommader v.a. et v.pr. Flat-
ter. — Encenser. — Féliciter. —
Se pommader, s'enivrer.
Pommadeur s.m. ||1. Encen-
seur. — Cajoleur. -— Flatteur. —
Flagorneur. || 2. Brocanteur qui
masque les défauts des meubles
avec de la cire ou de la gomme
laque.
Pommadier s.m. Coiffeur.
Pommadin s.m. || 1. Garçon
coiffeur. \\ 2. Elégant. H 3. Ivro-
gne.
Pommard s.m. Bière.
Pomme s.f. Tête. — Tête en
pomme de canne, vilaine figure.
— C'est comme des pommes, non.
= Il n'y a rien de fait. — Aux
pommes! soigné, très bien.
Pommé Q Si.=z Bath aux pommes.
Soigné. — Réussi. — Il a reçu un
atout pommé, il a reçu un coup
bien appliqué.
Pommer # v.a. Arrêter. — Em-
prisonner.
Enfin quéqu' fois quand on m'pomme,
J'coucbe au post ! C'est cliouett', c'est chaud,
Et c'est la qu'on trouve en somme,
Les gens les plus comme il faut.
(Ch. des Gueux.)
Pommeux s.m. Déchargeur des
bateaux de pommes.
Pommier s.m. Pommier en
fleurs, seins d'une jeune fille. —
Pommier stérile, poitrine plate.
Pompage s.m. Noce.
Pompe O s.f. Il l.(St-C.)Travail.—
Corps de pompe, état-major de
l'Ecole. Il 2. (typ.) Avoir de la
pompe, avoir du travail. I| 3.0 Ate-
lier de tailleur. || 4. Pompe aspi-
rante, semelle trouée, jj 5. (obsc.)
Pompe funèbre = Polisseuse,
fellatrix. j| 6. % Faire les pompes
au prix courant, voler les chaus-
sures aux étalages.
Pomper v n. et v.a. |[ 1. (St-C.)
Travailler ferme et vite. || 2.
Boire beaucoup. (Comme une
pompe qui absorbe.)
Pompette Q a. Ivre. (Petite pompe,
de pomper (2), v.c.m.)
Pompier Q s.m. || 1. Ouvrier tail-
leur à la journée. || 2. Ivrogne, [j
3. (St-G.) Travailleur assidu. || 4.
Mouchoir. || ^.Piquer un pompier,
faire du tapage .
Pompon (mil.fO s.m. Tête. — Dé-
visser le pompon à quelqu'un, lui
casser la tête. — Avoir le pompon,
avoir le premier rang, la supério-
rité. — Avoir son pompon, être
gris. — Boire se dit en arg. pom-
per, pompette, petite pompe qui a
bu, d'où pompon et parcorr. plu-
met qui conduit à panache.
Pomponette s.f. Chanson à
PONANTE.
— 221
POPOTE.
boire. «< Chanter la pomponette. »
Peniiant qu'il filera
Chantons la pomponnette
Qu'il niel...
Ponante # s.f. = Ponife, etc.
Prostituée. (Le ponant est l'occi-
dent, le couchant.)
Poncer O v.a. et v.pr. Battre. —
Corriger. - Se poncer le créateur ^
se livrer à l'onanisme.
Poncif O ^' s. m. Banal et préten-
tieux. .< Sfyle poncif. »
Pondant (écol.) s. m. Pour « Cor-
respondant,» personne chargée de
faire sortir un pensionnaire d'une
maison d'institution.
Pondeuse O s.f. Femme qui a
souvent des enfants. — Bonne
pondeui^Cy femme féconde.
Et puis tous les ans c'est un gosse;
Que pondeuse! Kii v'ia d'un négoce,
C'est épatant ! A pond '. a pond !
[La Muse à Dibi.)
Pondre v.a. et v.n. Accoucher.
— Pondre dans le même nid, cou-
cher avec la femme d'un autre.
Poney s. m. Billet de cinq cents
francs. (Arg. des courses.)
Ponife = Ponisse # s.f. = Po-
nante. Jeune prostituée.
Et si la p'til' pouif triclje
Su' Icompt' des rouleaux.
Gare au bi>aillon d'Ia guiclic !
C'est nous qu'est les dos.
{Chansun des Gueux.)
Ponifler % v.a. Courtiser une Po-
/ ife, v.c.m.
Pont O © s. m. II 1. Trois-pont,
casquette de soie haute. — Ces
messieurs à trois-ponts, soute-
neurs. (Ils portaientdes casquettes
dites trois ponts.) || 2. Carte cin-
trée, en forme de pont. — #
Donner un pont à faucher. || 1.
Faire couper un jeu de cartes à
l'endroit où la carte est cintrée.
Il 2. Tendre un piège.
Pontanion (mar.) s. m. Prison des
marins.
Ponte Os.m.=Pontenr. j | i .Joueur.
Il 2. Individu qui dépense de l'ar-
gent. Il 3. s.f. La ponte, réunion
de ponteurs. — Ponte pour Vvf,
réunion de voleurs, de grecs.
PonterO v.n. Payer.— Jouer contre
la banque, au baccarat. — Ponter
(iM?\ jouer gros jeu. — Ponter sec,
jouer de grosses sommes par in-
tervalles.
Ponteur Os. m .=Ponfe. Joueur. —
Bailleur de fonds.
Pontife s. m. |1 1. Cordonnier.
— Souverain pontife, patron cor-
donnier. Il 2. Homme qui fait l'im-
portant.
PontifierOv.n. Se donner des airs
importants. Poser pour essayer
d'en imposer. « Plus ils pontifient,
plus le comique s'accentue, invin-
cible, sacerdotal oserais-je dire,
tant le contraste est grand entre
l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes
et l'idée qu'ils en donnent aux
autres. » [Séverine.]
Pont-Neuf n.pr.m. Officier du
Pont-Neuf, voleur, bandit.
Pontoise n.pr.f. Revenir de Pan-
toise, être étonné. — En J7o3, le
parlement de Paris fut envoyé à
Pontoise ; à leur retour, les ma-
gistrats avaient perdu le courant
(les affaires parisiennes et ne
comprenaient plus rien à ce qui
se passait en revenant de Pon-
toise.
Pontonnier Q s. m. Grec. Voy.Poni
(2)-
Pontonnière s.f. Prostituée.
(Qui exerce sous les ponts.)
Popote O s.f. Cuisine. — Table
d'hôte. — Faire la popote, faire
la cuisine. — Se mettre en popote,
former un groupe pour lequel on
fait la cuisine. — « Les officiers
se mettent en pnpotte. »
POPOTER.
— 228 —
POSSÉDER.
Popoter O v.n. = Faire la popote,
v.c.m.
Populo O s. m. Le populo, le peu-
ple, les travailleurs. « Que les
bénédictions des mamans soient
avec vous ! Marche à travers la
ville, cavalcade joyeuse, sancti-
fiée par le but ; ébaubis les mou-
lards, réjouis le populo. n (Séve-
rine.)
Porc-épic # s.m. Saint-sacre-
ment.
Poreau s.m. Voy. Poireau.
Pornographe O s-m. Qui écrit des
obscénités.
Pornographie O s.f. Publications
obscènes.
Pornographique O a. Obscène.
Port O s.m. Laisser quelqu'un au
port d'armes, faire attendre q.q.
et ne pas revenir.
Portanche # s. m. Portière. (m. déf.)
Portant (B) s.m. 1| 1. Bras. H 2.
(thé.) Supports de coulisses.
Porte O s.f. Porte de prison, indi-
vidu maussade, désagréable.
« Gracieux comme une porte de
prison, )>
Porte-aumuche ou aumusse
s.m. Patron cordonnier.
Porte-balle s.m. Bossu.
Porte-chance s.m. Excrément.
Porte-crème s.m. Vidangeur.
Portée # s.f. Paquet de cartes
préparées pour tricher au jeu de
baccarat.
Portefeuille s.m. Lit. — Se
fourrer dans le portefeuille, se
mettre au lit.
Porte-luque ^ s.m. Portefeuille.
Porte-maillot Q s.2g. Figurante
de théâtre. — Danseuse. — Acro-
bate.
Porte-mince # s.m. Portefeuille.
Porte-mornif O s.m. Porte-mon-
naie.
Porte-pipe s.m. Bouche. — Se
rincer le porte-pipe, boire.
s.m. Visage. —Endom-
Porte-poigne s.m. Gant.
Porter0O v.a., v.n., v.pr. Porter
des cornes, être cocu ; En faire
porter, faire cocu. — Porter à la
peau, éveiller le désir charnel. —
Use porte bien, il est gris. — Rece-
voir un atout qui se porte bien,
recevoir un coup violent.
Porte-trèfle # s.m. Culotte.
Porteur s.m. Porteur de ca-
moufle, souteneur.
Porteuse # s.f. Main.
Porte- veine Q s.m. Cochon.
Portier, ère Q s. Cancanier. —
Bavard. « Quelle portière 1 »
Portion (mil.) s.f. Prostituée. —
Tomber sur la portion, aller avec
une prostituée.
Portrait r
mager le portrait à quelqu'un,
lui endommager le visage.
Pose O s.f. Affectation. — Etre à
la pose ou La faire à la pose, avoir
des manières affectées, être pré-
tentieux. — Faire des poses,
avoir des attitudes prétentieuses.
— A moi la pose, à mon
tour.
Poser v.a. Attendre. — Poser sa
chique, se taire. — Poser culotte,
faire ses besoins. — Paire poser,
mystifier. — Poser un lapin à
quelqu'un. || 1. Donner un rendez-
vous et ne pas y aller. || 2. Ne pas
payer une tille galante. — Foser
pour le torse, faire valoir ses
formes. — # Poser un gluau, arrê-
ter, emprisonner.
Poseur O s.m. Poseur de lapins,
individu qui manque de pa-
role, etc. Voy. Poser un lapin.
Position # s.f. Malle. (Rigaud.) —
Position intéressante, état de gros-
sesse.
Possante (B) s.f. Arquebuse..
Possédé s.m. Eau-de-vie. (Mi-
chel.)
Posséder v.a. Posséder son em-
POSTICHE.
— 229 —
POTIN.
I
bouchurc, avoir bonne langue;
s'exprimer facilement.
Postiche s.2g. Ild. Mensonge.
— Plaisanterie. || 2. # Rassem-
blement sur la voie publique =
Postige. \\ Les chanteurs des rues,
ambulants et irréguliers, qui
exercent leur métier en marge de
la police, travaillent à la postige,
ils vont généralement par trois :
l'un chante et vend les chansons,
l'autre accompagne sur un instru-
ment quelconque, guitare, man-
doline, violon, accordéon. Quant
au troisième, qui fait le guet à
droite et à gauche, il fait enten-
dre un léger sifflement dès qu'un
sergent de ville apparaît au loin,
et le chanteur, le musicien et le
liaffeur disparaissent, plantant là,
au beau milieu d'un couplet, la
foule qui les entoure. || 3. Boni-
ment de camelot ou de saltim-
banque. — Foire la poslichc \\ i.
(typ.) Faire des reproches. || 2. #
Rassembler la foule sur la voie
publique r^ Postiger.
Posticheur s. m. Trompeur. —
Menteur. Voy. Postiche.
Postier O s. m. Employé des
postes.
Postige # s.f. Voy. Postiche (2).
Postiger v.n. Vov. Faire lapos-
liche{2).
Postille # s.f. Rot.
PostillonOs.ni. Boulette de pain
renfermant un billet adressé à un
détenu. Postillon demi chaude,
infirmier, mécanicien de locomo-
tive. — Q Envoyer des postillons,
projeter de la salive en parlant.
— Faire postillon, faire une allu-
sion indiscrète.
Postillonner Q v.n. Projeter de
la salive en parlant; elle est lan-
cée en avant comme le postillon.
Pot s. m. Avoir laissé le pot de
chambre dans la commode, avoir
mauvaise haleine. — Femme an pe-
tit pot, concubine. — Q Aller ou
fouillerait pot, prendre des domi-
nos quand on n'a pas le point joué.
— # Vol au pot = Vol à Vamc-
ricainc. v.c.m. — Cuiller àpot,ç,d.-
briolet. — Pot à colle, menuisier,
ébéniste. — O ^^t)^ à tabac, per-
sonnage gros et court.
Potache Q s. m. = Potasse. Collé-
gien, lycéen. Voy. Potasser.
Potager s. m. Maison publique.
Potard O s. m. Pharmacien. —
Elève pharmacien.
Potasse O s.f. Voy. Potache. —
Faire de la potasse, attendre.
PotasserQ v.n. et v.a. || i. Travail-
ler. — Etudier. — Potasser sa
colle, préparer son examen. —
Potasser des x, faire des mathé-
matiques. Il 2. S'impatienter.
Pot-au-feu s. m. || i. Ménagère.
— Cuisinière, j] 2. Individu sé-
dentaire, ignorant l'actualité.
Il 3.#Creuset ou marmite de faux
monnayeur.
Pot-bouille s.f. Cuisine. — Faire
la pot-bouille, faire la cuisine. —
Un ou une pot-bouille, personne
qui ne s'occupe que des petits
détails du ménage ; de «pot» et
«bouillir.»
Pot-de-vin Q s. m. Gratification.
« Des personnages intègres, des
hommes désintéressés et absolu-
ment incapables d'accepter un
pot -de-vin. » (Fr. Coppée.)
Poteau s. m. [] 1. Ami très in-
time. (Il soutient.) || 2. Avoir son
poteau, être ivre. || 3. Jambe
forte.
Potée s.f. Litre de vin. — Enfi-
ler sapotée, boire son litre.
Potet a. et s. m. Radoteur.
Potin 0©s.m. || 1. Bavardage.—
Cancan. — Commérage. — Faire
des potins, cancaner. || 2. Bruit,
tapage, protestation, scandale. —
POTIN ER.
— 230 —
POUPOULE.
Faire du potin, protester, faire
du bruit. — Formé d'un débris de
ympoler, pour bavarder, babiller.
. [TiMMERMANS.] — Du skt. pUt,
parler.
Potiner O v.n. Cancaner. — Ba-
varder. — Médire.
Potineur = Potinier Q s. m. In-
dividu qui fait des potins, v.c.m.
Potiron s. m. Derrière. 9 Po-
tiron roulant, cabriolet.
Potot # s. m. Pédéraste.
Poubelle Q s.f. Baquet à ordures.
— Se vider des poubelles sur la
tête, s'injurier, — Du nom d'un
préfet de la Seine qui les imposa
aux Parisiens par mesure de sa-
lubrité.
Pouce O © s. m. Et le pouce! da-
vantage ! — Avoir le pouce rond,
être habile à voler. — Donner le
coup de pouce \\ l.Q Faire pencher
la balance avant que le poids
exact ne s'y trouve. || 2. Etran-
gler. — Maladie du pouce, pa-
resse.
Poucer 9 v. a. = Donner le coup
de pouce (2), v.c.m.
Poucette s.f. Poussette. Triche-
rie des grecs, qui pour ce genre
de filouterie s'appellent cousins.
(L'argent s'avance avec le pouce.)
Pouchon % s. m. Bourse. (De po-
che.)
Poudre (F. M) s.f. Publicité don-
née à une affaire. — N'avoir pas
inventé la poudre, être bête.
Poudrer O v.a. Poudrer quelqu'un
à blanc, se moquer.
Pouf0s.m. =Pm^*. Il «.Annonce,
réclame exagérée. || 2. Ruine. —
Désastre. — Escroquerie. — Ban-
queroute. — Faire pouf, quitter
son logement sans payer. — Fai-
seur de poufs, escroc, individu
qui fait des dupes. — Dans le sens
de réclame, pouf marque la bour-
souflure des termes : dans celui
de ruines, etc. pow/'énoncele bruit ,
d'une arme à feu et suggère l'idée i
de coup, de craquement. [Tim- !
MKRMANS.]
Pouf fi ace = Pouffiasse s.f.
Prostituée répugnante.
PougDon s. m. = Poignon. Ar-
gent.
Pougois (V) s. m. Voy. Pogois.
Pouic # s. m. Peu. — Rien.
Pouifife # s.f. Voy. Ponife. — Ar-
gent.
Pouillard s. m. Dernier venu
d'une couvée de perdreaux ou
d'une nichée de lièvres.
Pouilleux O s. m. || 4. Misérable.
Il 2. Avare.
Pouillis s. m. Mauvaise auberge.
Poulailler s. m. = Paradis. —
Dernière galerie d'un théâtre.
Poulain s. m. Bubon. — Faire un
poulain, tomber de cheval.
Poulaine # s.f. Lieux d'aisances.
Poulainte s.f. Escroquerie à
l'échange.
Poularde Q s.f. Jeune femme
dodue.
Poule s.f. Poule d'eau, blan-
chisseuse.
Poulet s. m. Poulet de carême,
hareng saur. — Poulet d'Inde,
cheval.
Poulette O s.f. Jeune femme
étourdie.
Poupard # s.m. = Poupon. Vol
organisé. — Nourrir un poupard,
préparer un vol.
Poupée # s.f. Il 1. Instrument
pour prendre les empreintes de
serrure, jl 2. Prostituée. — On dit
dans certains patois une catau
pour une poupée; à rapprocher
de catin. || 3. Soldat. (Il fait des
mouvements automatiques.)
Poupon # s.m. Voy. Poupard.
Poupouille s.f. Voy. Popote.
Poupoule O s.f. Mot 'd'amitié. —
Ma poupoule = Ma cocotte.
POUR.
— 231 —
PRATIQUE.
Pour prép. 7/ est là pour un
coup, il est là pour quelque chose.
(C'est-à-dire pour être utile, pour
donner un coup de main.)
Pourfendeur O s. m. Pourfendeur
de Zi'phir, hâbleur, fanfaron qui
s'escrime dans le vide.
Pourlécher (se) O v.pr. Se réga-
ler. — Se pourldcher les babines ;
(Théophile Gautier, Capitaine
Fracasse,) se régaler jusqu'à s'en
lécher les lèvres.
Pourri Q a. \\i. Rempli. — Il en
est pourri, il en est rempli. —
Etre pourri de chic, être très
chic. Il 2. (fig.) Corrompu. « Il
est pourri jusqu'à la moelle. »
Pousquin Q s. m. Voy. Pousse-
caillou.
Pousse (la) % s.f. La police. —
La gendarmerie. — Ce qui se
pousse, argent monnayé. — Don-
ner une pousse, battre. — Pousse
au vice, canlharide.
Pousse-Café O s. m. Petit verre
d'eau-de-vie après le café.
Pousse-Caillou O s.m. = Pous-
quin. Fantassin . « Messieurs
de la Sabretache. Je vous remer-
cie de vous être souvenus d'un
vieux fantassin, pousquin, pousse-
caillou. — tout ce que vous vou-
drez. » (H. d'Orléans, duc d'Au-
maie, 28janv. 1894.)
Pousse-Cul s. m. || 1. Bourreau.
112. Petit individu.
Poussée O s.f. = Coup de feu. —
Travail pressé, précipité. — Af-
tluence. — Il y a de la poussée,
il y a beaucoup à faire, aftluence
de clients. — (iro.) Via une belle
poussée, voilà un beau résultat. —
Foutre une poussée, battre, bous-
culer, réprimander.
Pousse-Moulin 9 s. m. Eau.
Pousse-Pousse s. m. Petite voi-
ture réclame traînée par un
homme et l'homme lui-même.
Ce nom date de l'Exposition de
1889, où il y avait des Annamites
qui traînaient les visiteurs dans
de petites voitures légères sur
l'esplanade des Invalides ; on les
appelait pousse-pousses, les véhi-
cules et ceux qui les traînaient.
Pousser v.a. Se pousser de l'air,
s'en aller. — Se pousser du col,
se rengorger, se vanter. — S'en
pousser dans le battant, avaler,
boire ou manger. — Se pousser
vn excellent, manger l'ordinaire
de la i)rison. — Q Pousser une
blaçjue, lancer un bon mot, une
plaisanterie . — Pousser la goua-
lante, chanter une chanson. —
Pousser son glaire, parler.
Poussette # s.f. Voy. Poucette.
Poussier s.m. || 1.* Poudre. —
Tabac à priser. (Pour poussière.)
Il 2. Lit. (Pour pucier.) || 3. Mon-
naie. {Ce qui se pousse.)
Poussière O s.f. Eau-de-vie. (Elle
gratte le gosier.) — Faire de la
poussière, faire des embarras ;
éclabousser.
Poussin s.m. Avaler son pous-
sin, être congédié.
Poussinière s.f. Séminaire.
Pouvoir O s.m. Canne en spirale
des incroyables.
Pou-volant s.m. Carreau des
chiffons et de la ferraille au Tem-
ple.
Prandion Q v.a. Déjeuner. — Lat.
prandium m. s.
Prat s.f. Prostituée.
Praticable (thé.) s.m. Planche ou
toile peinte pour décor en éléva-
tion sur la scène.
Pratique s.f. I| 1. Mauvais su-
jet. — Vaurien. « C est une fa-
meuse pratique / » || 2. Instrument
formé de deux lamelles de fer-
blanc qu'on se met dans la bou-
che pour faire le cri de Polichi-
nelle.
PRE.
— 232 —
PROPRE.
Pre s. m. Premier, (abrév.)
Pré # s. m. Bagne. — Aller au
pré, aller au bagne. — Pré au
dab, Mazas. — Pré des fagots^
Cayennc. — Pré salé, la mer.
Prélectance s.f . Préfecture de
police.
Préfectancier # s.m. Employé
de la préfecture.
Première Q s.f. Il 1. Première re-
présentation. (( Etes-vous allé à la
première des Français ?» || 2.
Directrice de rayon dans les ma-
gasins de nouveautés.
Premier-Paris O s.m. Article de
fond dans un journal.
Prendre v.a. (thé.). Prendre au
souffleur, attendre sa réplique du
souffleur. — Q Prendre la vache
et le veau, épouser une femme
enceinte des œuvres d'un autre.
— Se "prendre aux cheveux, se
battre. — Prendre sur son honnct,
prendre sous sa responsabilité,
se porter garant.
Prépondérance (mil.) s.f. Prépon-
dérance à la culasse, derrière
proéminent.
Presse Q s.f. Avoir une bonne
presse, avoir une opinion favora-
ble àe la presse sur une œuvre
artistique ou littéraire.
Mais c'qui n'devra pas l'étonner,
Ça s'ra de se voir malmener
Par ceux qu'il chine avec ivresse,
Car s'il croit avoir un' bomi' presse.
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment !
Monsieur Bruu'tiôre est bon enfant !
(EscoPBTTE Gaulois, 1894).
(obsc.) Etre sous presse, être en
conversation intime. — Mettre
sous presse, engager au mont-de-
piété. — Il n'y à pas de presse,
inutile de se presser.
Prêt s.m. Paye. — Argent qu'une
fille donne à son souteneur.
Prêter v.a. Prêter Voche, écou-
ter; (m. à m. prêter Toreille.)
Prêtre # s.m. Acteur.
Preu a. et s.m. r=r Pre, premier.
(abrév.) — Faire le preu, faire le
premier.
Prévôt # s.m. Clief de chambrée.
(de prison). — Domestique de
prison.
Priant % s.m. Chapelet.
Priante % s.f. Eglise. — Messe.
— Prière.
Prie-Dieu % s.m. Code. (Il est di-
visé en alinéas comme les livres
de prières.)
Primeur Q s.f. Virginité.
Prin (écol.i s.m. Principal, provi-
seur, chef d'institution. (abrév.)
Prince Q s.m. Prince russe \\i.
Homme riche. ||2. Enlreteneur.
Prise s.f. Odeur. — Prendre
une prise, respirer une mauvaise
odeur. — Prise de bec, discussion,
dispute.
Prison Q s.f. Etre dans la prison
de saint Crépin, avoir des sou-
liers trop petits.
Proais (B) s.m. Derrière. Voy.
Prouas, etc.
Problème (écol.) s.m. Chaîne gile-
tière.
Probloque % s.m. Propriétaire.
ProcureuseO s.f. Proxénète.
Produisante # s.f. La terre.
Profane (F. M) s.m. Non initié.
Profonde O s.f. Hl. Poche. ||2.
Cave.
Proie s.f. Part. — Kcot.
Prolo s.m. Prolétaire, (abrév.)
— Homme du peuple.
Prolonge s.f. Prolongation.
(abrév.)
Prometteux a. Prometteur.
Promoncerie # s.f. Procédure.
Promont # s.m. Procès, (m. déf.)
Promontoire (litt.) s.m. Promon-
toire nasal, nez.
Pronier s.m. Pronière s.f. #
Père.
Mère.
Propre O a. (iro.)f/ estpropre,
il est dégoù tant. — Le voilà propre.
PlIOPRIO.
— 233
PUDIBARD.
il est dans une fâcheuse position.
— Cest du propre, c'est vilain,
c'est dégoûtant. — 9 Etre propre,
<*tro on prison.
Proprio s. m. Propriétaire,
(abrév.)
Prose s.f. Derrière.
ProsodienQ s. m. Versificateur.
'Prospectus ^s.m. Lancer sonpros-
pcctus.z::^ Faire de rœil. (v.c.m.)
Prote (typ.) s. m. Prote à tablier,
l)role qui travaille comme un ou-
vrier. — Prote aux gosses^ le pre-
mier des apprentis.
Protecteur Q s. m. Entreteneur.
— Amant sérieux.
Protéger Q v.a. Protéger nnc
femme, l'cnlrelenir.
Prouas s. m. Proue s.f. =
}'r"iiis^= Prnye, etc. Derrière.
Prout O i"t. Voy. Zut. —Pet.
Proute # s.f. Plainte. — Alerte.
Prouter v.a. et v n. Se plain-
dre. — Grogner. — Renauder.
Prouteur, euse s. Grognon.
— Renaudeur.
Proye = Proys (V) s. m.
= Prouas, etc. Derrière. « Forcst
du proys. » (Richepin.)
PrudhommeOnp''- "ï* = Joseph
Prudkomme = Monsieur Pru-
dhomme, bourgeois banal et sen
tencieux. Ce type de Joseph Pru-
dhomme a été créé par Henri
Monnier, qui lui faisait dire des
phrases comme celles-ci : « Si
cela peut faire votre bonheur,
soyez-le.» — «Ce sabre est le plus
beau jour de ma vie ; il me ser-
vira à défendre nos institutions,
et au besoin à les combattre. »
— Moraliste exagéré. «Nous vou-
lons un carnaval. Les censeurs
morosesnousle refusaient. Ah ! les
Joseph Prudhomme, comme si le
rire était jamais malsain ! Comme
si la gaîté n'était point bonne
conseillière. » {Eclair.)
Prudhommesque Q a. Banale-
ment prétentieux, sans consis-
tance; à la façon de Joseph Pru-
dhomme, v.c.m.
Prune O s.f. Balle. — Projec-
tile. — Gober la prune = Avaler
la pilule, v.c.m. — Prune de mon-
sieur, évêque. — Avoir sa prune^
être gris.
Pruneau s. m. = Prune, v.c.m.
(i) ||1. Chique. || 2. Poser son
pruneau, faire ses besoins. (| 3.
Œ'û. — Boucher ses pruneaux,
dormir. (De prunelle.)
Prussien s. m. Derrière. —
Exhiber son prussien, tourner le
:los, fuir.
Pschutt O s. m. = Pchutt. Elé-
gant. — Le monde pschutt, le
monde élégant. — C'est bon,
beau. On le hume avec un bruit
qu'on a cherché à rendre par
le phonème pschutt. [Timmer-
MANS.]
Pschutteux = Pschuttard Q
s. m. Elégant ridicule.
Puant a. et s. m. \\ \. Pédant.
(Individu qu'on ne peut sentir.)
Il 2. Bouc.
Puce 0©s.f. Puce d'hôpital, pou. —
Secouer les puces à quelqu'un,
le gourmander, le réprimander.
— Secouer ses puces, se lever du
lit. — Chercher des puces à quel-
qu'un, chercher à le trouver en
défaut, chicaner, ergoter = C/ter-
cher lapetite bête. — (obsc.) Puce
travailleuse, fellatrix, tribade. —
Puce à Voreille, créancier.
Puceau O ^' Innocent. — Naïf.
Pucelage O s. m. Avoir encore son
pucelage, n'avoir pas encore
étrenné.
Pucier s. m. Lit.
Pudeur Q s.f.Père la Pudeur,
homme dont la morale s'effarou-
che facilement.
Pudibard O a. Faux pudibond.
PUDIBARDERIE.
234
QUARTIER.
Pudibarderie Q s.t. Pudibonde-
rie exagérée.
Puer v.n. Sentir. — Puer bon,
sentir bon. — Cela me pue au
nez, cela me dégoûte, me répu-
gne.
Puff s.m. Voy. Pouf.
Puffisme O s.m. Réclame élion-
tée. Voy. Pouf.
Puffiste s.m. Charlatan. Vov.
Pouf.
Puits O s.m. (thé.) Parler du
puits, parler de projets irréalisa-
bles. — Puits de Venise, prisons
au-dessous du niveau des eaux.
Pulvériser v.n. Se la pulvéri-
ser, fuir. (Prendre de la poudre
d'escampette).
Punaise s.f. I| 1. Lentille. || 2.
Fille publique. — Punaise dans le
beurre, prostituée qui se fait ac-
trice.
Pupitrard (litt.)s.m. Député. — Al-
lus. au tapage que font parfois
les députés avec leur pupitre
pour témoigner leur impatience.
Pur O s.m. Homme qui met ses
actes d'accord avec ses principes.
Purée s.f. Misère. — Purée de
Corinthe, vin de raisin sec. —
Purée de pois ou Une purée, ab-
sinthe. — Faire de la purée de
marrons, contusionner la figure.
Purette s.f. En purette, nu,
(Corr. de : en pur être.)
Pureuse s.f. Détenue qui rend
des services à l'administration
pénitentiaire.
Purgation % s.f. Plaidoyer.
Purger v.a. Battre. — Purger la
vaisselle, allonger les sauces.
Purotin # s.iîi. Malheureux. —
Misérable.
Pur-sang O s.m. Cheval de race.
Put O s.f. Putain, (abrév.)
Putain s.f. et a. Avoir la main
putain, serrer la main au premier
venu.
Putipharder Q v.a. Violer. —
Prendre de force.
Pyer (V) v.a. Voy. ,PiVr.
Pyramidal O ^- Énorme. — Co-
lossal.
Quai O s.m. Avoir Vair quai Jem-
mapes, avoir l'air bête.
Quand est-ce 9= Quantés (typ.)
s.m. Payer son quantès, payer sa
bienvenue.
Quarante O a.n. Les quarante,
les académiciens.
Quart s.m. Quart d'œil, com-
missaire de police. — Allus. à
l'ancienne robe noire des com-
missaires, dite cardeuil. [F. Mi-
chel. ]—OQimr< d'agent de change,
propriétaire du quart de la valeur
d'une charge d'agent de change.
^- O Quart de monde, catégoVie
de femmes calantes dont la posi-
tion est moins brillante que celle
du demi-monde, v.c.m. —
Quart de marquet, semaine. —
Faire le quart =z Faire le trot-
toir, v.c.m. — Battre son quart,
être à l'agonie. — Quart des
dégommés , commissaire des
morts.
Quartier s.m. = Quartier latin^
le boulevard Saint-Michel et les
rues avoisinantes, le quartier de
la jeunesse des écoles. — Femme
du quartier, femme galante du
quartier latin.
QUASIMODO.
— 235 ^- QUINQUET.
QuasimodoOnpi'*!^* Homme bos-
su ou contref«iit.
Quasi-mort a. Etre quasi-mort,
Olre au secret.
Quatorzième Q a.n. Celui qu'on
invile à dîner pour ne pas être
treize à table. (Il est là comme
figurant.) — (thé.) Quatorzième
écrevisse, figurante.
Quatre-arpents # s. m. Le ci-
metière.
Quatre-coins # s. m. Mouchoir.
Quatre z'yeux s. m. Dire une
chose entre quatre z'yeux, en par-
ticulier, tête à-tête.
Quatrième (mil.) a.n. Quatrième
cantine, salle de police.
Quelpoique adv. Rien. — Pour
Quel pou ic! v.c.m.
Quelque part || 1. Cabinets
d'aisances. « Aller quelque part. »
Il 2. Derrière. — Avoir quelqu'un
quelque part = En avoir plein
le... dos.
Queniente # adv. Que nenni ; (né-
gation.)
Quenottier s. m. Dentiste. —
Du fr. quenotte, dent d'enfant. —
Holl. koon, joue, mâchoire. [Tim-
MERMANS.]
Qu'ès-aco ? O inter. Qu'est-ce ?
(prov.)
Question Q s f . Devinette. — Jeu de
casse-tête : La question romaine.
« Demandez la nouvelle ques-
tion du jour! » — Ces devinettes
sont généralement vendues sur
les boulevards au prix de dix
centimes, pendant la période des
fêtes de la Noël et du jour de l'an.
Queue O s.f. Couper la queue à
son chien, se faire remarquer par
une excentricité. — # Queue de
cervelas, promenade à la file dans
lepréaudesprisons. — QQueuede
morue =z Queue de pie, habit noir
à queue. « Il était correct, queue
de pie et cravate blanche. » —
Queue de rat, tabatière de bois
dont on tire le couvercle au
moyen d'un petit cordon de cuir
qui* ressemble à la queue du rat.
— Finir en queue de poisson, finir
mal, ou tristement. — Faire la
queue. Il 1. Tromper; du skt.
kuta, tromperie. (Blunouf.) || 2.
Faire une infidélité, u Faire une
queue à sa femme.»— Queue de re-
nard = Fusée, vomissement qui
laisse une longue traînée. — (thé.)
Queue-rouge, emploi de comique
portant perruque, par cxt.de gweiie-
rouge, paillasse de foire qui s'affu-
ble d'une perruque généralement
rousse, dont la queue est nouée
par un ruban rouge. — Je n'en ai
pasvu la queue d'un, JG n'en ai pas
vu le moindre vestige. — Tenir
la queue de la poêle, avoir la di-
rection d'une affaire ; être in-
fluent, bien placé.
•c J'boulolt'rais bien, j'aurais d'Ia moelle,
Si j'pouvais l'nir la queu' d'Ia poôle. »
Queuter v.a. Faire la queue, se
mettre à la file.
Quibus O s.m. Argent. — Mon-
naie.
Je suis conducteur d'omnibus,
Messieurs, passez-moi votr' quibus,
Quif-quif Voy. Kif-kif.
Quige proys (la) (B) s.f. Testi-
cules.
Quiger v.a. = Aquiger.
Quille (B) s.f. Jambe. « Gare
les quilles! » u Poussez de la
quille et brouez. » (Villon.) « Plus
que ça de quilles! » (Gavarni.)
Quiller v.n. et v.a. Quitter à
Voie, lancer sa canne après q.q.
Quimper # v.n. et v.a. Tomber.
— Quimper la lance, uriner.
Quinquet s.m. CÉil. par ext.
du mot quinquet, appareil qui
donne la lumière. — Allumer
QUINTE.
236
RÂRIBOCIIER.
ses qiiinquets, regarder altenlive-
ment, curieusemeut. — Eteindre
les quinquets. \\ 1. Aveugler.
1 1 2. Dormir, — Quinquets de verre
= Faux quinquets, lunettes, lor-
gnon.
Quinte s.f. Avoir quinte et qua-
torze, avoir la syphilis.
Quinze a.n. % Quinze broquilles,
quart d'heure; (m. à m. quinze
minutes.)
Quinze-centimes s. m. pi. An-
ciens cabinets d'aisances. Aujour-
d'hui les chalets de nécessité
sont les cinq-centimes : c'est au
rabais.
Quinze- vingts s. m. Aveugle.
— Allus. à l'établissement de ce
nom où l'on soigne les maladies
des yeux et qui fut fondé pour
trois cents chevaliers à qui les
Sarrasins avaient crevé les yeux.
Quipe s. m. Homme d'équipe.
(abrév.) [Rigaud.]
Quiqui s. m. jl d . Cou. — Pomme
d'Adam. — Couper le quiqui,
guillotiner, [j 2. Os et restes de
viande ramassés dans les restau-
rants pour en faire du bouillon.
Quocter v.a. Tromper.
Quoi O Pï"- Avoir de quoi, être
dans une position aisée, avoir de
quoi vivre.
Quoi 9 s. m. Masque.
Quoquante # s.f. Armoire. —
La coque, le coco ou boîte crâ-
nienne, le holl. koker, étui, etc.,
marquent une enveloppe diverse-
ment ménagée. [Timmermans.]
Quoquard # s. m. Arbre. — Il
cache, il protège ; il sert aussi à
faire les quoquantes, v.c.m. [Tim-
MERMANS.l
Quoque 9 a. Tu quoque, loi aussi,
(latinisme.;
Quoqueret #s.m. Rideau; (il ca-
che.) Voy. Quoquante.
Quoquille # s. m. Pour Coquille.
Bêle = Huître = Moule.
Quorum Q s. m. Nombre des mem-
bres d'une assemblée nécessaire
pour délibérer, par abrév. de :
Quorum numerus suf'ficit. « At-
teindre le quorum. »
R
Rabat O s. m. Manteau (xv« siècle).
Rabateux # s. m. Rabateux <le
sorque, voleur de nuit (pour ra-
batteur, chasseur).
Rabatteuse 0s.f. Entremetlcuse.
— Proxénète.
Rabattre v.n. Aller en rabat-
tant, décliner, vieillir.
Rabiage # s. m. Rente.
Rabiau0 s.m.=: Rabiot. \\ 1. Con-
valescent qui rend des services à
ses compagnons d'hôpital. |I 2. Ex-
cédent, supplément. — (mil.) Pro-
longation du service militaire,
pour inconduite. — Faire du ra-
biau, faire du supplément.
Il 3. Avoir du rabiau, avoir un
bénéfice illicite. || 4. Restes, re-
liefs. — Ce qui reste dans le vase
avec lequel on a fait la distribu-
tion aux matelots. — Assonnance
à raboter, râper, gratter, racler
ce qui reste aufond. [Timmermans.]
Rabiauter (mil.) v.n. = Rabio-
ter. Faire du rabiau, v.c.m.
Rabibochage O s. m. Raccom-
modement. — Réconciliation.
Rabibocher O '^'•^- = Rabobiner.
Réparer. — Raccommoder. —
Se rabibocher, se réconcilier. —
RABIOT.
237 —
RAFALER.
Var. de rtbectcr, échanger le
baiser de la paix. [Timmermans.]
Rabiot s. m. Voy. Rabiau.
Rabioter v.n. Yoy. Rabiauter.
Ràble O s.m. Dos. — Se mettre
quelqu'un sur le rable = Se
mettre q.q. à dos, se faire un en-
nemi. — Se mettre sur le rdble,
prendre la responsabilité.
Rabobiner v.a. Voy. Rabibo-
cher,
RHboin r=: Rabouin s. m. Le
Diable.
Raboter v.a. Voler. — Filouter.
— Dépouiller.
Raboteux a. Faire chanter un
Te Dcum raboteux, battre.
Rabouler v.n. Revenir.
Raccord Q (thé.) s. m. Giiange-
ment fait à la mise en scène
d'une pièce après une ou plusieurs
rcjirésentations.
Raccorder # v.a. Aviser. — Rap
peler. — Prévenir.
Raccourci s. m. Chemin de
traverse.
Raccourcir v.a. Guillotiner.
Raccrochage s. m. Racolage.
Rachevage s. m. Homme sale,
répugnant. — Pédéraste. — Faire
son rachevage, nettoyer la fosse
d'aisances. (M.à m. achever le
nettoyage).
Racine Q s.f. Racine de buis.
Il \. Bossu. Il 2. Dent jaune.
Raclée O s.f. Correction. — Volée
de coups.
Racler O v.n. et v.a. || \. Respirer
bruyamment. \\ 2. Prendre. — Je
lui ai raclé son poc/non^ je lui ai
pris son argent, jl 3. Racler du
violon, jouer du violon.
Raclette # s.f. || 1. Violon. |I 2. Ra-
moneur. Il 3. Agent de police. —
La police. I| 4. a. Mauvais.
Raclure s.f. Raclure d'auber-
gine, ruban académique; (allus. de
couleur).
Racontar Q s. m. Cancan. « Au-
tant de racontars, autant de men-
songes. »
Rade # s. m. jj 1. Tiroir où Ton
met de l'argent. — Faire le ra'le,
voler Targent dans le tiroir d'un
comptoir. (De radis, monnaie].
Il 2. Boutique.
Radicon # s. m. Prêtre. (Pour m-
ticlion,)
Radicrep v.a. = Radurer. Re-
passer, aiguiser.
Radicreur ^ s. m. = Radureur.
Rémouleur.
Radin % s. m. j| 1. Cousset. —
Friser le radin, dévaliser le gous-
set. — Radin fleuri, gousset bien
garni. || 2. Argent monnayé, (De la
racine rad, rond.)
Radiner % v.n. Aller. — Arriver.
Via les fanaud's qui raffinent,
{Chanson des Gueux).
— Radiner à la condition, rentrer
chez soi.
Radis s. m. N'avoir pas un radis
= Pas un rond, n'avoir ])as d'ar-
gent. (De la racine rad, rond.) —
Radis noir, prêtre.
Radouber # v.a. Raccommoder.
— Réparer.
Radurer # v.a. Voy. Radicrer.
Radureur s. m. Voy. Radicreur.
Rafalaud s. m. i3anquier de
tripot.
Rafale Q s-1- Misère. — La rafale
souffle dur, la misère est grande.
Voy. Rafale, etc.
Rafale Q a. et s. m. Misérable.
(Pour affalé, abaissé.) — A rap-
procher de rafle, v.c.m. Voy. Ra-
fale.
Rafalement s. m. Humiliation. —
Misère dégradante. Voy. Rafale.
Rafaler v.a. et v.pr.'^Humilier.
— Dégrader. — Se rafaler, tom-
ber dans la misère dégradante.
Voy. Rafale.
RAFFE.
238
RALLIE-PAPER.
Raffe s.f. Voy. Rafle.
Raffarer % \.a. Regagner.
Raflfut s.m. Bruit. — Griail-
lerie.
Rafiau0 s.m. Inftnnier. — Garde-
malade.
Railler # v.a. Donner.
Rafistoler O v.a. et v.pr. Rac-
commoder. — Remettre à neuf.
— Se rafistoler, se nettoyer,
réparer le désordre de sa toi-
lette.
Rafîstoleur Q s.m. Raccommo-
deur. — Celui qui remet à neuf.
— Rafistoleur de pommes de terre,
celui qui, par une manipulation
habile, donne aux vieilles pommes
de terre l'aspect des pommes de
terre nouvelles.
Rafle s.f. = Raffe. Prise. —
Butin.
Raflé a. et s.m. Ruiné. — Dé-
valisé. Voy. Rafale.
Rafler v'.a. = Rifler. Voler. —
Du lat. rapere, voler, piller. Ra-
pere aliquid privatim ac publiée.
[Salluste.]
Pour rifler
Et placquer
Les Angels de mal tous ronz.
(ViLLOiN).
Rafleur s.m. Tenancier d'un jeu
de roulette.
Rafraîchirv.a.etv.pr. Q Se faire
va fraîchir , se faire tailler la barbe
et les cheveux. — (mil.) Se rafraî-
chir d'un coup de sabre, se battre
en duel au sabre.
Rage s.f. Rage de dents, appé-
tit vorace.
Ragonner v.n. Murmurer. —
Gronder. — Grogner. — Grom-
meler. — Var. de ronchonner.
Ragot s.m. Billevesée. — Ba-
vardage. — Cancans. — Faire du
ragot pu des ragots, faire des
cancans. — Congénère de argot
et de ragonner. Dans bavardage
ce sont les lèvres qu'an enlend
agir, dans le ragot c'est la gorge.
[TiMMERMANS.]
Ragougnasse s.f. Mauvais ra-
goût.
Ragoût 0s. m. Crainte. —Inquié-
tude. — Appréhension. — Re-
mords. — Avoir du ragoût de poi-
trine sur Vestomac, avoir des seins
rebondis. — % Faire du ragoût
sur quelqu'un, faire soupçonner
q.q.
Raide0s.m. a. et adv. || 1. Radi-
calement. — Brusquement. — Q
Raide comme balle, rapidement.
Il 2. Eau-de-vie. — Ivre. —
Raide comme la justice^ être
ivre sans vouloir le paraître. [[^.
C'est raide, c'est difficile a croire,
à supporter, à subir. || 4.0 Faux
rouleaux d'or dont se servent les
voleurs à l'américaine.
Raideur s.f. La faire à la rai-
deur, être orgueilleux, pédant.
Raidir a et v.n. Raidir l'ergot
ou les ergots, mourir.
Raie s.f. Gueule de raie, vi-
sage repoussant.
Raiguisé a. || Trompé. || 2.
Dépouillé, ruiné, perdu.
Raille % s. 2g. La police. — Agent
de police. — Baron de la Raille,
préfet de police.
Raisin =r Raisiné s.f. Raisiné
%. s.m. Sang. — Pompe à rai-
siné, cœur. — Faire du raisiné.
Il 1. Saigner du nez. || 2. Répan-
dre le sang.
Râler Q v.n. Tromper. —
Par j.d.m. pour rac/er, tromper,
voler.
Râleur, euse Q s. || 1. Individu
qui marchande. — Acheteur dif-
ficile. Il 2. Femme du Temple
qui raccole les passants, [j 3.
Trompeur. — Menteur.
Rallie-paperQ s.m. Voy. Paper-
hunt.
RAMA.
— 239 —
RAMPEAU.
Rama s. m. Mettre au rama, en-
chaîner.
Ramamichagre s. m. = Rami-
chage. Réconciliation. (M. à m.
redevenir ami.)
Ramamicher v.a. et v.pr. =:
Ramicher, etc. — Se ramamicher,
se réconcilier. Voy. Ramami-
chage.
Ramasse-crotin0(mil.) s.m. Ca-
valier.
Ramassé # a. Condamné.
Ramassée s.f. Voy. Houleuse.
Ramasser v.a. et v.pr. ]| 4. Ré-
primander. — Gronder. || 2. Ar-
rêter. — Prendre. — Saisir. —
liamasser ses outils. ||4. S'en
aller. || 2. Mourir. — Se ramas-
ser, tomber. — Ramasser une
pelle. \\ 1. Tomber. || 2. Echouer.
— # Ramasser un bidon, s'éva-
der, s'échapper. — (obsc.) Ra-
masser des épingles ou des mar-
rons, se livrer à la pédérastie.
Ramasseur s.m. Ramasseur de
mégots, celui qui ramasse des
bouts de cigares. — Ramasseur
de marrons, pédéraste.
Ramastic # s.f. Vol à la ra-
mastic, vol qui consiste à ramas-
ser un bijou faux ou sans valeur
perdu par un compère et à le
vendre à un passant beaucoup
plus cher qu'il ne vaut.
Ramastiquer v.a. Ramasser.
Voy. Ramastic.
Ram'astiqueur0 s. m. Ramasseur.
Voy. Ramastic. — Ramastiqueur
d^ orphelins, ramasseur de bouts de
cigares.
Rambiner v.a. Raccommoder.
Rambuteau Q s.m. Urinoir pu-
blic. — Du nom d'un préfet qui
en a décidé 1 installation.
Rame0 s. f.Plume (d'oiseau). — Les
rames sont des ailes qui font mar-
cher le canot et elles ont la forme
d'une plume.
Ramenage Q s.m. Action de ra-
mener (v.c.m.) ses cheveux.
Ramener Q v.a. Rassembler ses
cheveux sur les tempes ou sur la
tête pour dissimuler la calvitie.
Rameneur O s.m. Voy. Ramener.
Racoleur.
Rameneuse s.f. Raccrocheuse.
— Prostituée qui racole.
Ramichage s.m. Voy. Ramami-
chage.
Ramicher = Ramiter v.a.
et v.pr. Voy. Ramamicher.
Ramolli a. et s.m. Imbécile. —
Gâteux. (Atteintde ramollissement
du cerveau.)
Ramollot Q s.m. Type de mili-
taire brutal et imbécile: créé par
Charles Leroy. {Le Colonel Ramol-
lot.)
Ramon s.m. Balai. — Vx. fr.
ruim, rameau; fr. ramoner, ba-
layer.
Ramona s.m. Petit ramoneur.
Ramonage O s.m. ||1. Grogne-
ment. — Réprimande. 1| 2. Con-
fession.
Ramoner O v.a. Ramoner la che-
minée, se purger. — Ramoner ses
tuyaux. \\i. Se laver les pieds.
Il 2. Se fourrer les doigts dans le
nez. — Se faire ramoner la con-
science, se confesser.
Ramonitschel Q n.pr.Voy. Roma-
nichel.
Ramor (arg. des juifs) s.m. Imbé-
cile. — Ane. — Orthographe vi-
cieuse pour chamor, mot hébreu
qui veut dire âne. Le ch se pro-
nonce gutturalement. De là la
substitution de r à ch. [Timmer-
MANS.]
Rampe (thé.) s.f. Princesse de la
rampe, actrice renommée. Voy.
Vedette. — Lâcher la rampe,
mourir.
Kaïnpeau= Rampo Q s.m. Etre
à i)oints égaux au jeu, le coup est
RAMPONEAU.
2i0
RASOI».
nul. « Cest rampo . — Faire
rampo. — Etre rampo. »
Ramponeau0s.m.Jouetenmoelle
de sureau.
Rancart O s. m. Mettre au rancart,
mettre au rebut.
Rantequé a.n. Quarante. (M.
déf.).
Ranger v.a. et v.pr. O ^^ ranger
des voitures, régler sa conduite.
Rapapillotage s. m. Réconci-
liation.
Rapapilloter v.a. Réconcilier.
— Par j. d. m. pour rabibocher.
[ÏIMMEUMANS.]
Rapapilloteur, euse s. Récon-
ciliateur.
Bapatu # s. m. Pou.
Râpe # s.f. Il 1. Avare. |I 2. Dos.
— Râpe d'Oreint, diamant.
Râpé O ^- ^^ s. m. Voy. Panm^.. —
Râpé comme la hollande = Dans
la purée.
Râpée s.f. (obsc.) Tirer une
râpée, rapports sexuels.
Râper v.a. Chanter mal. —
Enonce une voix rude et guttu-
rale comme ragonner, racler pour
ronfler, ronchonner, etc.
Rapetisser v.a. Battre.
Râpeur s. m. Individu qui vit
d'expédients. Voy. Rasta.
Rapiat a. et s.m. || 1. Q Avare, ra-
pace. Il 2. Auvergnat. — Sa-
voyard.
Rapiau ^ s.m. = Rapiot \\\. La
fouille. Il 2. Raccommodage, ré-
paration.
Rapide Q s.m. Train rapide.
Rapiole s.f. Prostituée.
Rapiot # s.m. Voy. Rapiau.
Rapioter0 v.a. Réparer. — Rac-
commoder. — Ravauder.
Rapioteur, euse s. Raccommo-
deur. — Ravaudeur.
Rapiquer v.n. Voy. Rappli-
quer.
Rapointi s.m. ni. Pédéraste.
Il 2. Vaurien. — Rapointi de fer-
raille, homme de rien, (Rroclie
faite avec le déchet du fer). [Lar-
CHEY.]
Rappel O s.m. Rappel de Water-
loo = Petit Groucliy, v.c.m.
Rappliquer v.n. = Rapi-
quer. Rentrer. — Revenir. — Re-
venir. — Retourner. — Rappli-
quer à la taule ou à la piaule, ren-
trer à la maison ; (chez soi).
Rapport (mil.) s.m. Siqner le rap-
port = Copier L'ordre, faire la
corvée du balayage.
Rapporteuse ^ s.f. La police.
Raquette s.f. Bavardage. —
Du skt ragq, parler.
Rasant Q ^- Ennuyeux.
Rascal s.m. Vaurien. — Mot
ang., de racaille, chose de rebut.
Rase0 s.m. Bord.
Du cidre il faut
Jusqu'au rase,
l)u cidre il faut
Jusqu'en haut.
{Chanson des Gueux).
Raser v.a. et v.n. !| d. Impor-
tuner. — Ennuyer, j] 2. Dépouil-
; 1er. — Rafler. — Ruiner. — Etre
i rasé, être sans le sou, ruiné, dé-
pouillé.
I Raseur Q s.m. Importun. —
M. Dormeuil, directeur du théà-
j tre du Palais-Royal, était aux pri-
ses avec un visiteur importun. Gil
Pérès entra et dit : « Voici le
blaireau, » en posant cet objet
sur le bureau ; le raseur ne com-
prit pas et persista. Cinq minu-
tes après : « Voici le savon, » et
ainsi de suite jusqu'à ce qu'il eût
encombré le bureau d'objets pour
faire la barbe, et alors saluant :
« Monsieur, c'est à vous ». —
« Vive Jeanne d'Arc, qui délivra
la France ! A bas les raseurs qui
l'asservissent ! » [Séverine.]
Rasoir Q s.m. Chose ennuyeuse,
RASSEMBLER.
241 —
RATICHE.
fastidieuse, usée. « Une consulta-
tion, dit M. de Vogué, vous ne le
voudriez pas. Ce rasoir est ébré-
clié; il a trop servi. » — Faire ra-
soir, ratler, dépouiller, raser.
Rasoir à Deibler = Rasoir de la
Cigogne = Rasoir national , la
guillotine. — Passe)' sous le ra-
soir national, être guillotiné.
Rassembler fniil.) v.a. Se faire
rassembler, s'attirer une répri-
mande.
Rassis s. m. Se coller uni^assis,
onanisme.
Rasta = Rastaquouère Q s. m.
Aventurier = Chevalier d'indus-
trie. — Individu cosmopolite qui
se donne des airs de grand sei-
gneur étranger et n'est qu'un vul-
gaire filou. — C'est un râpé et un
rdpeur ; des mots espagnols ras-
tar, ratisser, racler et cwero, cuir,
peau. [TiMMERMANS.]
Rastaquouërisme O s. m. Ce qui
sous des dehors pompeux cache
la honte ou la misère. Voy.
Rasta, etc.
Rat O s. m. II 1. Elève danseuse
à l'Opéra. || 2. Avare (abrév. de
rapiat). \\ 3. Voleur qui fouille
les poches la nuit dans les cham-
brées (en se faufilante — Voleur
de pain. — Jeune voleur qui se
cache dans les boutiques pour
ouvrir à des complices. — || 4.
Mèche enveloppée de cire, en-
roulée sur elle-même, dont on se
sert pour s'éclairer un instant.
Il 5. Rat de cave, employé des
contributions indirectes, obligé,
par sa profession, à descendre
dans les caves. || 6. Caprice.
« Avoir des rats dans la tête. » —
O Avoir un rat dans la trompe,
être grognon, furieux. — (polyt.)
Rat de ponts, élève de l'Ecole po-
lytechnique qui à sa sortie n'est
pas admis dans les ponts et
chaussées. — Rat de soupe, élève
qui arrive en retard à table.
Rat d'égout, égoulier. — Mon
rat, mot d'amitié. — Prendre des
rats par la queue, voler des porte-
monnaie et des montres. —
Rat de prison, avocat.
Rata s. m. Ordinaire du soldat.
« Rata aux pommes. » — Abrév.
de Ratatouille.
Ratafia O s. m. Ratafia de gre-
nouilles, eau.
Ratapiaule = Ratapiole s.f.
Raclée. — Volée de coups. —
Après avoir reçu une raclée on a
la peau ratissée, striée des mar-
ques de la correction.
Ratapoil Q s. m. Vieux bonapar-
tiste.
Ratatouille s.f. || i. Mauvaise
nourriture. || 2. Volée de coups.
Ratatout Q s. m. Atout de nou-
veau. — Jouer atout et ratatout,
jouer atout coup sur coup.
Rate s.f. Ne pas se fouler larate.
II 1. Aller doucement. |j 2. Tra-
vailler avec nonchalance.
Raté s. m. Individu qui n'a pas
réussi dans la carrière qu'il avait
entreprise et qui ne réussit en
rien.
Râteau s. m. Gendarme. — Agent
de police. — Il racle, il ramasse,
var. de raclette, agent de police.
Il 2. Prêtre, pour ratichon,^. cm.
Râtelier s. m. Restauraut. —
Pension alimentaire.
Ratiboisé Q a. Ruiné. Voy. Raser
(2). — Mort.
Ratiboiser Q v.n. Ramasser. —
Détruire. — Ratler. — Dévaliser.
— Ruiner. — Dépouiller. — Se
faire ratiboiser, se faire dépouil-
ler. — Var. de raboter (le bois),
pour ratisser, racler, etc., etc.
Ratiche # s.f. Eglise. — Rlaireau
de ratiche, goupillon. Voy. Rati-
ckon.
16
RATICHOiN.
— 242
HEBECTER.
Ratichon 0s. m. |1 1. Peigne (petit
râteau). |i 2. Prêtre (ila la figure
et une partie de la tête rasées,
ratissées).
Ratichonner v.a. Peigner.
Ratichonnière ^ s.f. Sémi-
naire. — Collège tenu par des re-
ligieux. — Couvent. — Eglise.
Ratier s. m. || 1. Individu qui a
des caprices, des 7mts (2), v.c.m.
Il 2. Ouvrier tailleur qui emporte
les pièces chez lui pour les finir
la nuit.
Ratière (la) s.f. Jeu de hasard.
— Sur une table sont peintes
trois couleurs ; dans une boîte
dite ratière, sont trois boules
creuses et dans chacune d'elles
est une bille de couleur corres-
pondant à Tune de celles repré-
sentées sur la table. On fait sortir
par un petit trou de la ratière
une boule, et si elle contient la
bille de la couleur sur laquelle le
joueur a misé, celui-ci a gagné le
double de la mise. — Ce jeu se-
rait loyal si souvent le teneur ne
corrigeait le hasard parla renâcle
(v.c.m.), truc qui consiste en un
double fond pratiqué dans la ra-
tière, et dans ce double fond se
trouvent aussi trois boules de la
même couleur, que le teneur fait
sortir à sa volonté.
Ratisser O v.a. Prendre. — Es-
croquer. — Gagner tout l'argent
au jeu. — Ruiner. — Raser'. —
Se faire ratisser la hure, se faire
raser ou coiffer. — // est ratissé, il
est perdu.
Ratisseuse s.f. Ratisseuse de
calabres, guillotine.
Raton s. m. Jeune voleur. Voy.
Rat{^),
Rattrapage O s. m. Compensa-
tion. — (typ.) Signe qui marque la
suite du texte quand on distribue
la copie à différents compositeurs.
Ravage # s. m. Ferraille.
Ravager v.n. |li. Voler du
linge dans les bateaux-lavoirs.
Il 2. Recueillir les épaves de la
Seine.
Ravageur s. m. || 1. Voleur de
linge dans les bateaux-lavoirs.
Il 2. Individu qui recueille les
épaves de la Seine. « L'île des Ra-
vageurs. »
Ravaudage # s. m. Faire du ra-
vaudage, chercher une bonne for-
tune dans un bal public.
Ravault (V) s. m. Perche. — Bâ-
ton.
Raverta (arg. des juifs), s. m. Do-
mestique. — Valet de chambre.
— Il ne faut pas dabérer devant les
ravertas, il ne faut pas causer de-
vant les domestiques.
Ravignole % s.f. Récidive.
Ravigote s.f. A la ravigote, à la
sauce piquante.
Ravine s.f. Blessure. — Cica-
trice.
Rayon s. m. Rayon sur Vœil,
œil poché. — Rayon de miel,
dentelle.
Raze=: Razi s. m. :=Ratichon,
v.c.m. Raze pour Caf, acteur (Ri-
gaud) (il se rase pour la frime).
Razibus n.pr.f. Voy. Veuve.
Razis (B) s.m. Prêtre (il est rasé).
Réac s.m. pour Réactionnaire.
Partisan de la monarchie.
Réafifurer #v.a. Regagner.
Rebabillarder v.a. Récrire.
Rebâtir # v.a. Tuer.
Hehecca O n.pr.f. Faire sa Rebecca,
faire sa prude = Faire sa Sophie.
— Pour bouder, faire la moue,
donner au bec Texpression dn
mécontentement inarticulé.
Rebectage # s.m. = Rabibo-
chnge. \\ 1. Recours en cassation.
Il 2. Entente. — Réconciliation.
Il 3. Médicament.
Rebecter # v.n. et v. pr. Se pour-
REBECTEUR.
243 —
RECHIGNER.
voir en cassation. — Se rebecter.
Il i.Se réconcilier. || 2. Se récon-
forter. — M. à m., se refaire.
Rebecteur s. m. Médecin.
Rebëquer (se) (V) v.n. Se mé-
fier. — Se détendre. — Se ven-
ger.
Rebecquez-vous de la Montjoye.
(Méfiez-vous du gibel).
(Villon.)
Rebiflfe # s.f. JI 1. Révolte. —
Analogue à re.héque)\ formé de
pif. [TiMMKRMANs] — Rebiffe au
tvuCy récidive. || 2. A la rebiffe, à
la rescousse.
Rebiffer v.a. et v.pr. Répéter.
— Recommencer. — Regimber.
— Venir k la rescousse. — Se
rebiffer, se défendre ; se révolter.
— kebi/fer au truc, récidiver.
Rebigner (V) v.a. Chasser. —
Repousser.
Rebondir v.a. Envoyer rebondir,
envoyer promener.
Rebonnetage # s. m. Réconcilia-
lion. — Flatterie.
Rebonneter # v.a. et v.pr. Flat-
ter. — Confesser. — Confier. —
Se rebonneter, se réconcilier; se
confier; se confesser. — Rebon-
neter pour Vaf, tlatter q.q. pour
se moquer de lui. (Abrév. depour
la frime).
Rebonneteur # s. m. Confident.
— Confesseur.
Rebonnir # v.a. Redire. — Con-
fier.
Reboucler # v.a. Refermer.
Rebouis % a. et s. m. Cadavre.
Rebouiser # v.a. || 1. Tuer. || 2.
Regarder. — Remarquer. || 3.
Réparer. — Raccommoder. — En
fr. rebouiser signitie battre un
chapeau et lui donner un nouveau
lustre. Voy. Rebouiseur.
Rebouiseur s. m. Raccommo-
deur. — Celui qui répare, qui
remet à neuf. Vov. Rebouiser. —
Qui donne un nouvel aspect, une
apparence du neuf à un objet.
Rebours s. m. Déménagement
clandestin. — Un individu, in-
connu du concierge de la maison,
se charge sur le dos la malle
que Ton veut emporter et descend
l'escalier à rebours, en faisant
beaucoup de bruit. Le concierge
Tinlerpelle et, croyant qu il
monte, lui demande où il va :
« (3hez M. A..., » répond l'homme
(naturellement A... est inconnu
comme locataire). « Ce n'est pas
ici! » L'individu fait demi-tour et
s'en va avec la malle.
Rebouter v.a. Raccommoder.
— Réparer. — Remettre un mem-
bre cassé ou foulé.
Rebouteux s. m. pour Rebou-
teur. — Celui qui remettes mem-
bres foulés ou cassés.
Rebucher0v.a. etv.n. Renvoyer.
Rebuter % v.a. et v.n. Excuser.
Récalcitrant s. m. Coffre-fort.
Recaler v.a. et v.pr. Refuser.
— Améliorer. — Se faire recaler,
être refusé à un examen. — Se
recaler, se réconforter ; se refaire
une position.
Recalure s.f. Bon repas. —
I Rombance.
^ Recarrer (se) v.pr. Se redres-
ser. — Faire l'important.
Rechasser v.a. Apercevoir. —
Regarder. — Remarquer. (De
chasses, yeux).
Rechauder0v.a. et v.n. Tromper.
Réchauffante s.f. Perruque.
— (mil.) Capote de garde.
Réchauffé s. m. Du réchauffé,
ce n'est pas nouveau, ça n'a plus
la saveur de la nouveauté.
Réchauffer # v.a. Ennuyer.
Rêche s. m. Sou. — Un reng,
v.c.m., = un rond.
Rechigner v.a. Refuser. (Par
ext. de rechigner, faire une chose
RECiïU.
— 244
REFAIRE.
de mauvaise grâce). — Syn. de
renâcler, se refuser h faire une
chose.
Réchu a. et s. m. Bourru.
Récidiviste Q s. m. Peintre qui
traite toujours les mêmes sujets.
Reçoit-tout s. m. Vase de nuit.
Recollardé # a. Réintégré en
prison.
Recoller (se) 0v.pr. Se remettre,
être convalescent.
Reconduire (thé.) v.a. Se faire re-
conduire, être sifflé.
Reconobrer # v.a. Reconnaître,
(m. déf.)
Recoquer v.a. etv.pr. Rendre.
— Se recoquer \\i. Se remettre;
reprendre des forces. || 2. S'ha-
biller de neuf.
Recoqueur# s. m. Délateur. Voy.
Coqueur.
Record Q s. m. !| 1. Concours. Dé-
tenir un record, établir un record,
être proclamé le plus fort, le plus
habile dans un sport quelconque,
et par ext., avoir la suprématie
dans toute autre chose. <( Le re-
cord des hommes gras ou mai-
gres, des mangeurs, des jeûneurs,
des buveurs/ des fumeurs, des
marcheurs, etc., etc. ». || 2. Ac-
tion extraordinaire. « Pendant un
bal l'autre jour, à New-York, un
jeune homme ayant été présente à
une jeune fille qu'il trouvait à son
goût n'a pas hésité, la valse finie,
à lui demander sa main. Séance
tenante, miss X... acceptait, et
comme le maître de la maison
était pasteur protestant, le mariage
put se faire aussitôt en présence de
tous les invités, une demi-heure
juste après la demande ! Le soir
même, à la fin du bal, les nou-
veaux mariés partaient en voyage
de noces. Tout le monde parle de
ce record vraiment extraordinaire,
même pour l'Amérique. »
Recorder v.a. et v.pr. I| 1. Préve-
nir. — Q Recorder quelqu'un, lui
donner des instructions. H 2.
Se recorder, s'entendre; se récon-
cilier. Il 3. # Tuer. — Comploter.
Recordman Q s. m. au fém. Re-
cordwoman. Celui ou celle qui
détient un record, ce mot est ang.
et s'écrit au pi. recnrdmen, c'est
l'équivalent du m. fr. champion.
Recourir Q v.n. Recourir à l'émé-
tique, escompter de faux billets.
(Fr. Michel) (Faire cracher de
l'argent).
Recta O ^dv. Net. — Payer recta,
payer net, sans tergiverser.
Récurer v.a. et v.pr. Se récurer,
se confesser. — Récurer sa casse-
role, se purger. — Se faire récu-
rer, se faire' soigner pour la sy-
philis.
Récureuse s.f. Table de toi-
lette.
Redam # s.f. Grâce; (de rédemp-
tion.)
Redin % s. m. Voy. Radin.
Redoublement # s. m. Redou-
blement de fièvre, réquisitoire du
ministère public.
Redoubler Q v.a. Cela redouble,
cela s'aggrave.
Redouiller v.a. Riposter.
Redoute Q s.f. Bal. « Samedi,
grande redoute masquée à l'Olym-
pia. »
Redresse % s.f. Ruse. — Malice.
— Etre à la redresse, être malin,
rusé. Chevalier de la redresse,
aventurier, intrigant.
Réduit s. m. Bourse.
Réemballer v.a. Réintégrer en
prison.
Refaire v.a. et v.pr. Tromper. —
Duper. — Refaire au mcmp, ren-
dre la pareille après avoir été
joué. — O Se refaire, manger et
boire. — O Se refaire le torse.
Refaite 9 s.f. Repas. — Refaite
I
REFAITE.
— 245 —
RÉJOUISSANCE.
du matois, déjeuner. — Refaite de
sorgue, dîner, souper. — Refaite
de coni, exlrênie-onclion. — Re-
faite du séchoir, repas sommaire
fait chez le marchand de vin en
sortant du cimetière. Yoy. Sé-
choir.
Refaiter # v.n. Prendre sa nour-
riture.
Refaitier s. m. Restaurateur.
Réfect O s. m. Réfectoire (abrév.).
Reffoler v.a. Voler par sur-
prise.
Reûlé s.m. Aller au refilé \\i.
Vomir. Il 2. # Payer. — ;Vc' pas
aller au refilé, nier.
Refiler v.a. jj 1. Rendre. —Res-
tituer. — Donner. — Refder des
beitjnes, donner des coups. || 2.
Céder. — Passer. — Refiler la pâ-
tée, mourir. — Refiler un biffeton,
envoyer une lettre, j] 3. Suivre.
— Surveiller. — Rechercher. —
Refiler son asticot, se dit du sou-
teneur qui surveille, qui suit sa
femme. || 4. Repasser. — Je lui ai
refilé les coyisommations, je lui ai
repassé les consommations que
j'avais prises ou déjà perdues.
Refondante # s.f. Allumette.
Refouler v.n. Refuser. — Re-
culer. — Refouler au turbin, re-
fuser de travailler, avoir peur du
travail.
Réfractaire Q s.m. Homme de
talent qui se néglige.
Réfréjon a. Bourru.
Refroidi s.m. Décédé. — Asr
sassiné. — Cadavre. — Le Musée
des refroidis, la Morgue.
Refroidir # v.a. Assassiner. —
Tuer.
Refroidisseur # s.m. Meurtrier.
— Assassin.
Régaler v.a. Régaler ses amis,
se purger. — Régaler son cochon,
se régaler. — Régaler son suisse,
payer sa part après une partie.
Regatte s.f. Viande, (arg. des
chiffonniers) (Rigaud)
Regatter v.a. Manger. Voy. Re-
gatte.
Régence Q a. Cest régence! c'est
distingué, de bon ton. — Mœurs
régence, mœurs dissolues (comme
sous la régence de Philippe, duc
d'Orléans, pendant la minorité de
Louis XV, 1715-23). — Souper
régence, souper galant.
Régiment (mil.) s.m. S'engager
dans le régiment des cocus, se ma-
rier,
Reginglade # s.f. Jouer à la re-
ginglade = Regingler, v.c.m.
Reginglard Q s.m. Petit vin ai-
grelet.
Regingler Q (enf.) v.n. Pousser
devant soi celui qui vous précède
au jeu de la glissade.
Registre Q (typ.) s.m. Faire le re-
gistre, partager un titre égale-
ment.
Règle de trois Q s.f. Le mari, la
femme et Famant.
Réglette Q (typ.) s.f. Arroser la
réglette, repas offert à ses collè-
gues par un compositeur passé
metteur en pa^es.
Réglisse s.t. Jus de réglisse, ,
nègre.
Regon # s.m. Dette.
RegODser v.a. ||1. Suivre. —
Regonser quelqu'un, le suivre. |j
2. Avoir des dettes.
Regout # s.m. Voy. Ragoût. —
Faire du regout, être arrêté.
Réguisé a. Perdu. — Battu. —
Dévalisé. — Ruiné. — Evincé. —
Condamné à mort.
Réguiser v.a. Dévaliser. — Rui-
ner. — Evincer. — Condamner à
mort.
Rejacquer # v.n. Crier.
Rejacter # v.a. Redire.
Réjouissance O s.f. Os ajoutés
à la viande par les bouchers. —
RELANCEUR.
246 —
REMPLUMER.
« Elle a plus de réjouissance que
de mande, » se dit^ d'une femme
maigre. .-, ^...
Relanceur s. m. Relanceur de
pleins, tricheur.
Relevante s.f. Moutarde.
Relève s.f. Etre à la relève =
Relever, v.c.m.
Relever v.n. et v.a. La relever
ou Relever le chandelier, se faire
entretenir par une fille.
Releveur # s. m. Releveur de fu-
meuse, souteneur. — Releveur de
pésoche, garçon de recettes.
Relicher v.a. et v.pr. Embras-
ser. — Se relicher la frimousse,
s'embrasser.
Relié a. Vêtu, habillé, (c II était
élégamment relié. »
Religieuse s.f. Nombril de reli-
gieuse, as de cartes.
Reluire v.n. Heluire dans le
ventre, éveiller l'appétit.
Reluit # s. m. |1 1. Jour. — Chenu
reluit, bonjour. || 2. CEil. —
Chasser des reluits, pleurer.
Reluquer v.a. Regarder atten-
tivement. — E;iaminer. — Ang.
to look, voir.
Reluqueur s. m. Badaud. —
Individu qui dévisage les femmes.
Reluqueuse s.f. Lorgnette.
Remaquiller # v.a. Refaire.
Remballer Q ^'■^- ^oy- I^ecaler.
Renvoyer. — Envoyer promener.
Rembasle 9 s. m. Rentier.
Rembiner v.a. Rétracter une
calomnie.
Rembrocable # a. Reconnaissa-
ble.
Rembrocage # s. m. Rembrocage
de parrain, confrontation.
Rembroquant % s. m. Miroir.
Rembroquer # v.a. Regarder. —
Examiner. — Reconnaître. —
Apercevoir.
Rême s. m. Abrév. de Durême,
Remède s. m. Remède d'amour,
visage repoussant.
Remercier v.a. Remercier son
boucher ou .son boulanger, mourir.
Remettre Q v.a. Remettre quel-
qu'un à sa place, réprimander. 1
Remiser v.a. Mettre en prison. ^
— Remiser son fiacre, mourir. —
Remiser quelqu'un, le remettre à
sa place, le rembarrer. — Se faire
remiser, se faire rembarrer.
Remisier s. m. Courtier à la
Bourse.
Remone s.f. Faire de la remone,
faire des embarras.
Remonencq s. m. Marchand
d'habits.
Remontée s.f. Après-midi.
Remonter v.n. Remonter sur sa
bête, être convalescent. — Remon-
ter sa pendule, battre sa femme.
— Remonter le tournebroche , rap-
peler à l'ordre.
Remorque s.f. Queue.
Remorqueur % s. m. Joueur.
Remouchage % s. m. Vengeance.
Remoucher v.a. =Remouquer.
11 \. Venger. |1 2. Reconnaître. —
Remarquer. — Admirer. — Ob-
server. — Par j.d.m. sur mucus,
de museau, var. de la racine de
maure, marçfoulette, mulet (pois-
son aux grosses lèvres), mandole,
coup sur le museau, mufle, etc.
[TiMMERMANS].
Remouleur s. m. Rémouleur de
buffet, joueur d'orgue.
Remouquer v.a. Voy. Remou-
cher.
Rempardeuse s f . Prostituée
qui fréquente les fortifications,
les remparts.
Remplie a.f. Enceinte.
Remplissage Q s. m. Longueurs
dans un ouvrage littéraire. —
Chose inutile, encombrante.
Remplumer (se) v.pr. Etre
convalescent, reprendre des for-
REMPORTER.
247 — RENGRACIEMENT.
ces, de rcmbonpoint. — Refaire
une situation perdue.
Remporter v.a. Voy. Veste.
Remue-pouce s. m. Argent
monnayé.
Remuer v.a. Remuer la casse-
role, appartenir à la police.
Renache # s.f. Police. — Var.
de renifle, formé de nase^ nez.
Renaché % s. m. Fromage ; (Rigaud)
(Son odeur monte au nez).
Renâclant % s. m. Nez.
Renâcle % s.f. Truc employé pour
tricher au jeu. Voy. Ratière.
Renâcler v.n. et v.a = Renifler.
Reculer. — Avoir peur. — Hési-
ter. — O Renâcler à quelque
chose, faire une chose de mauvaise
fjràce. — Renâcler quelque c/tose,
a désirer. — Aspirer après. Voy.
Renauder.
Renâcleur s. m. Poltron. —
Grognon. — Mécontent.
Renaissance s.f. Vieilles loques
mises do côté.
Renard s. m. || 1. Vomissement.
« Faire un renard. » — Ecorcher le
renard, vomir ou dégobiller, qui a
suggéré goupil, vx fr. renard,
goupillon, queue de renard ser-
vant d'aspersoir.[TiMMERMANs] Il 2.
Mélange de vin dans le bouillon.
Il 3. Second degré du compa-
gnonnage. (Larchey) Il 4. Espion
au bagne.
Renarder0 v.n. || 1. Vomir. Voy.
Rejiard (1). H 2. Trahir (allus. à la
ruse du renard).
Renaré Q a. et s. Rusé.
Renaud # s. m. Chercher du re-
naud, chercher noise, chicaner,
quereller. — Elre à renaud, être
grognon, en colère. — Faire du
renaud, faire du bruit.
Renauder Q v.n. r= Reniquer. Se
plaindre. — Grogner.
Renaudeur % s. m. Grognon. —
Mécontent.
Renchoir v.n. Récidiver.
Rencontre s.f. Vol à la ren-
contre, bousculer un passant et lui
enlever prestement son porte-
feuille ou sa montre en passant
l'objet à un comjjlice, le voleur
s'excuse et s'il est pris on ne
trouve rien sur lui. — Faire à la
rencontre, donner un coup de tête
dans l'estomac.
Rende = Rendëmi # s. m. Vol
au rendémi. Voy. Rendez-moi. —
Voy. Pièce.
Rendève = Rendez s. m. Ren-
dez-vous (abrév.).
Rendez-moi # s. m. := Rendémi.
Le vol au rendez-moi, c'est le
vol à la pièce forcée. Voy. Pièce.
Rendoublé # a. Plein. — Rempli.
Rendre v.a. Rendre ses comptes,
vomir. — Rendre une fève pour un
pois, rendre plus de coups qu'on
n'en a reçu. — Rendre le tablier,
se dit du domestique qui donne
congé. — (arg. des tailleurs) Ren-
dre sa bûche, rapporter au maga-
sin un vêtement terminé.
Rendu s. m. (Arg. des employés de
commerce) Faire un rendu, crédi-
ter un client pour une marchan-
dise rendue.
Rêne Q s.f. La troisième rêne, la
crinière d'un cheval. — La qua-
trième rêne, la queue d'un cheval.
Renfoncement s. m. Coup vio-
lent.
Renfrusquiner v.a. et v.pr. Se
renfrusquiner, s'habiller à neuf.
— Renfrusquiner pour la sèche,
ensevelir.
Reng # s. m. et a.n. Cent.
Rengainer v.a. Rentrer. —
Rengaiiier son compliment, ne pas
dire ce qu'on voulait. — Rengai-
ner son chiffon, se taire.
Rengracié % a. Converti.
Rengraciement % s. m. Conver-
sion. — Retour au bien.
REiNGRACIER.
— 248
REPONSE.
Rengracier # v.n. || 1. S'arrêter,
ne rien dire. || 2. Renoncer au
vol. Il 3. Se défier. — Rcngraciez!
attention, prenez garde !
Reniffe (la) s.f. La police.
Reniflant s. m. Nez.
Reniflante s.f. Chaussure per-
cée.
Renifler 0v. a. || 1. Boire. « Rem-
uer un litron. » || 2. Pressentir. —
Deviner. — Espionner. « Renifler
une bonne affaire. » || 3. Reculer.
— Hésiter. — Refuser. — Renifler
au turbin, travailler mollement. —
Forme de renâcler.
Reniflette # s.f. La police de sû-
reté. — Le père la Reniflettej le
chef du service de la sûreté.
Renifleur s. m. [j i . Agent de la
police de sûreté. — % Le père des
renifleurs, le préfet de police. || 2.
Renifleur de camelotte, voleur aux
étalages. || 3. Pédéraste (qui re-
cherche les latrines publiques).
Renifloir s. m. Le nez. — Se
fourrer du poussier de mottes
dans le renifloir, priser.
Reniquer v.n. Voy. Renauder.
Renoblance s.f.' Reconnais-
sance de mont-de-piété.
Renobler v.a. Reconnaître.
Renquiller v.a. et v.pr. =zRe-
quiller, etc. Rentrer. =: Renquil-
ler son compliment. Voy. Rengai-
ner. — Renquiller au truc, renou-
veler, recommencer = Repiquer.
— Se renquiller, se rétablir. —
Se renquiller ou Etre renquillè, se
remettre, se refaire, se réhabiliter.
Renseignement s. m. Prendre
un ^^enseignement, prendre un
verre sur le comptoir.
Rentier s. m. Ouvrier sans tra-
vail (iron.). — Rentier à tartines,
bourgeois peu aisé.
Rentiffer v.n. Rentrer.
Rentoiler (se) v.pr. Se remet-
Rentré a. Etre rentré, être sans
argent.
Rentrée Q s.f. Faire une rentrée^
revenir en scène avec éclat.
Rentrer O 0v.n. Voy. Rredouille.
Renversant Q a. Etonnant.
Renverser v.a. Q Renverser la
marmite, supprimer ses invita-
tions à dîner.
Repagnioter (se) v.pr. Se re-
coucher.
Répandre (se) v.pr. Tomber.
— Mourir.
Repas s. m. Faire le repas de
Vâne, boire seulement à la fin du
repas.
Repasser v.a. || i: Battre. « Re-
passer le cuir. Repasser la che-
mise de sa femme. » || 2. Voler, dé-
pouiller. — Repasser quelqu'un,
extorquer de Targent.
Repaumer v.a. Reprendre. —
Rattraper.
Repérer # v. Regarder.
Repérir # v.a. Retrouver.
Repésigner # v.a. Repaumer.
Repiger = Repincer v.a.
Rattraper. — Retrouver. — Pren-
dre sa revanche. — « Je te repi-
gerai ou Je saurai lien te repin-
cer. »
Repionceuse % s.f. Paillasse. —
Matelas.
Repiquage s. m. Relèvement.
— Renouvellement.
Repiquer v.n. et v.a. |I 1. Re-
prendre l'avantage. || 2. Se ren-
dormir. — Repiquer sur quatre,
n'avoir pas un point à l'écarté
quand l'adversaire en a quatre et
arriver ex œquo. — Repiquer au
truc, revenir à la charge, recom-
mencer.
Réponse (Bourse) s.f. Réponse des
primes, à chaque liquidation, les
acheteurs à prime déclarent s'ils
abandonnent la prime, ou s'ils
maintiennent leur marché ; cela
REPORT.
— 249 —
RESTITUER.
s'appelle donner sa réponse.
Report (Bourse) s. m. Si vous êtes
acheteur de rente et si la rente
baisse, vous pouvez continuer
votre opération en vous faisant
reporter. On ajoute alors au cours
le j)rix du report plus un nouveau
courtage.
Reportage Q s. m. = Reporté-
rimne. Informations. — Service
des informations dans un journal.
Reporter Q s. m. Informateur. —
Journaliste chargé des informa-
tions, des faits-divers. Voy. Inter-
vieiver.
Reporter Q v.a. Voy. Jieport. —
h^'porter son fusil, entrer dans la
cinquantaine.
Reportérisme s. m. = Reportage,
v.c.m.
Reportéromanie O s.f. Manie
d'informations à outrance.
Reporteur (Bourse) s. m. Capita-
liste (qui prête à ceux qui se font
reporter). Voy. Report.
Reposante # s.f. Chaise.
Reposoir s. m. Hôtel garni.
Repoussant s. m. Fusil (autre-
fois le fusil faisait faire un mou-
vement de recul à l'épaule).
Repoussante # s.f. Poudre à
canon.
Repousser v.n. Repousser du
corridor, du couloir, du fusil, du
goulot ou du tiroir, avoir mau-
vaise haleine.
Repoussoir Q s. m. Femme laide
à côté d'une autre qui est jolie
(elle repousse les galants).
Reptile s. m. Journaliste payé sur
les fonds du gouvernement prus-
sien (il lance son venin comme la
vipère).
Requiem Q s.m. Pension bour-
geoise à bon marché.
Requiller Q v.a. = Retoquer =
Renquiller. Remettre d'aplomb
(m. à m sur ses quilles).
Requin s.m. Hounnior. — Requin
de terre, huissier (qui touche le
droit requérable).
Requinquage Q s.m. Ijl. Con-
valescence. Il 2. Renouvellement.
— Rénovation, — Rétablisse-
ment. — Remise à neuf.
Requinquer Q v.a. Voy. Relu-
quer. — De requinquer, v.pr. ||
i. Se remettre. — Se refaire. —
Etre convalescent. ||2. S'habiller
à neuf, redonner de l'œil, de l'ap-
parence, de l'éclat.
Rerififer Q v.a. Rallumer. — De
riffer.
Resaute # s.f. Flancher à la re-
saute, jouer à la balle.
Réservoir s.m. Réserviste, (mot
déf.)
Resolir v.a. Revendre.
Respecter v. a. Respecter ses
fleurs, conserver son innocence.
Ressembler v. n. Se ressembler
comme dense gouttes d'eau, être
absolument semblable.
Respirante ^ s.f. Bouche.
Ressort s.m. Poivre. — Le
grand ressort, le cœur ; Ténergie,
la volonté. — Casser le grand res-
sort, se décourager. — Les res-
sorts, la nature de la femme.
— Crucifix à ressorts, revol-
ver.
Ressource s.f. Madame la Res-
source, brocanteuse, marchande
d'habits.
Restant s.m. Voilà le restant
de mes êcus ! se dit en voyant ar-
river q.q. lorsqu'on est en train
d'offrir des consommations (m. à
m., il ne manquait plus que lui
pour me faire dépenser ce qui me
reste d'argent).
Restaurant s.m. Restaurant à
Venvers, chalet de nécessité,
latrines publiques.
Restituer v.a. Vomir. — Resti-
tuer sa doublure, mourir.
RESUCE.
— 250
REVUE.
Resucé Q 'à- Rabâché, ressassé,
usé, flétri, fané.
Resucée O s.f. Chose qui a déjà
servi. — Cest de la troisième re-
sucée, c'est la troisième fois que
ça sert.
Résurrection s. t. La résurrec-
tion, la prison de Saint-Lazare
(allus. à la résurrection de
Lazare).
Retape # s.f. Raccrochage. —
Racolage. — Aller à la retape,
aller s'embusquer sur la grand'
route pour dévaliser les passants.
— Fai7'e la retape = Faire le
trottoir, racoler les passants
(prost.).
Retapé a. Refait. — Remis à
neuf. — Convalescent.
Retaper v.a. Se faire retaper
les dominos, se faire arranger les
dents.
Retapeuse s.f. Prostituée qui
racole.
Retenir v.a. Je te retiens, je ne
t'oublierai pas, je me souviendrai
de toi. — Je te retiens pour la
prochaine contredanse, je ne te
perds pas de vue pour te battre
à la prochaine occasion.
Retiration (typ.) s.f. Impression
au verso des feuilles. — Etre en
retiration, entrer dans la cin-
quantaine.
Retirette s.f. Retirer son argent
subrepticement quand on voit que
la chance est contraire (arg. des
joueurs).
Retiro s. m. Endroit retiré. —
Buen-retiro, cabinet d'aisances.
Rétorquer v.a. Voy. Recalhr.
Retourne s.f. Chevalier de la
retourne, joueur passionné.
Retourner Retourner sa veste
on son paletot \\i. Changer d'o-
pinion. Il 2. Faire faillite. || 3.
Mourir. — v.pr. Savoir se retour-
ner, savoir se tirer d'atFaires. —
S'en retourner, devenir vieux. — '*
v.imp. Savoir de quoi il retourne,
être fixé sur une chose, au cou-
rant de la situation. — De quoi
retourne-t-it ? qu'y a-l-il de nou-
veau ?
Rétréci a. et s. m. Avare.
Retrousser v. Recevoir.
Retrousseur s. m. Souteneur.
Réussi a. Beau. — Brillant.
(( C'était une brillante soirée, une
fête tout à fait réussie. »
Rêve s. m. || j. C'est un rêve,
c'est idéal, extraordinaire ; c'est
exquis ; c'est délicieux. || 2. Cela
n'existe pas ou ne se fera pas.
(( La direction des ballons, c'est
un rêve ».
Révéleur % s. m. Empreinte en
cire pour fabriquer les fausses clés.
Révendre v.a. Dévoiler. —
Réverbère s. m. Cerveau.
Revers s. m. Le revers de la
médaille, derrière. — Faire un
revers, passer la main après avoir
préparé les cartes pour un com-
père (arg. des grecs).
Revidage s. m. Voy. Revision.
Revider v.a. Voy. Réviser.
Reviser v.a. = Revider. Faire la
revision, v.c.m.
Revision s.f. = Revidaqe. Il
existe des associations de bro-
canteurs qui s'entendent pour
faire adjuger les objets à l'un
d'eux au-dessous de leur valeur,
puis il font la revision de la vente
en se réunissant et en procédant
à de nouvelles enchères entre
eux. Les complices touchent une
prime.
Revoir v.a. Revoir la carte,
vomir.
Revoyance =:Revoyure =Re-
vure s.f. A la revoyure ! au
revoir !
Revue (mil.) s.f. Revue de détail,
revue d'habillement. — (caval.)
RHUME.
— 251
RIFLARD.
Revue de feiirure, cheval qui
tombe (les quatre fers en Fair).
— Remie de pistolet de poche,
revue sanitaire.
Rhume s. m. Gonorrhée.
Ribis s. m. Voy. Hibouis.
Ribleur s. m. Vaurien. — Bat-
teur de |)avé.
Ribouis s. ni. = Ribis = Re-
bouiseur, \.c.m. || \. Savetier. —
Fripier. || 2. Soulier réparé (par
ext.\
Ribouit © s.m. H 1. (Eil. 112.
Anus.
Ribouler v.n. Ribouler des ca-
lots, regarder curieusement.
Rie à rie adv. Peu à peu. —
Petit à petit. — Payer rie à rie,
payer par acomptes.
Riche O ^- Beau, bon. — Cest
une riche nature, c'est une bonne
ou une belle personne. — Ce
n'est pas riche ! cela ne vaut pas
grand'clîose. — Etre riche en
ivoire, avoir de jolies dents. —
Riche en peinture, qui donne l'il-
lusion du beau, de la richesse.
Riehement O ^^tlv. Beaucoup. —
Extrêmement. — Très. — Fort.
— C'est richement ennuyeux, c'est
excessivement ennuyeux !
Riehelieu Q i^-P''-"!- Fo,^'^'^ son Ri-
chelieu, être galant avec les fem-
mes.
Riehonner 9 v.n. Rire.
Rideau s.m. Grande blouse.
Avec un rideau sur la croupe,
Un grimpant et des ripatons.
(C'/i. des Gueux).
Ridicule O s.m. Sac que les fem-
mes portent à la main. — On a
dit d'abord réticule. — (mil.)
Endosser le ridicule, se mettre en
tenue.
Rien adv. H 1. Très. — Beau-
coup. — Extrêmement. — C'est
rien bath ! c'est très beau. |1 2.
# s.m. Garde-chiourme.
Rif = Rife = Riflf # s.m. =
Riffe= Riflard (2) = Rifle. Voy.
Rif'f'auder, Rufe, etc. H 1. Feu. —
Flamme. — Coquer le rif, mettre
le feu. Il 2. adv. De riff, violem-
ment. — Y aller de riff, faire une
chose avec ardeur. — Prendre de
riff, prendre de force.
Riffaudant % s.m. Cigare.
Riffaudante % s.f. || 1. Flamme.
Il 2. C-igarette. — Pipe.
RifTaudat # s.m. Incendie.
Riffauder # v.a. =z Rifftr = Riffo-
der. Voy. Rif, Rufer, etc. || 1.
Allumer. — Incendier. — Mettre
le feu. — Brûler. — Chauffer. |1
2. Cuire. — Faire riffauder la
criolle. faire cuire la viande. || 3.
Se riffauder, se chauffer. || 4.
Riffauder un cheval, le fouetter.
Riflfaudeur # s.m. =: Riffeur. Al-
lumeur. — Incendiaire. — Riffau-
deur à perpète, diable.
Riffault s.m. Radis (patois du Poi-
tou, signifie âpre). Voy. Riffort.
— (V) Pot-au-feu. — De riffau-
der, v.c.m.
Riflfe # s.m. Voy. Rif.
Riffer # v.a. VoV. Riffauder.
Rififeur s.m. Vov. Riffaudeur,
Riffle # s.m. Voy.' Rif.
Riffler % v.n. Éiffler du gousset,
sentir des aisselles.
Riffoder # v.a. Voy. Riffauder.
Rififort s.m. Radis. — Riffage
signifie àpreté dans le centre de la
France, aujourd'hui raifort, rave
(LiTTRÉ). Voy. Riffault.
Riflard s.m. || 1. Parapluie. —
Dans une pièce de Picard, la Pe-
tite Ville, l'acteur chargé du rôle
de Riflard portait un énorme pa-
rapluie. (Scheler) 112. Le feu. —
La criolle est sur le riflard, la
viande est sur le feu. Voy. Rif.
113. Vieux soulier. 114. "^ Bour-
geois imbécile. — Dupe. — Celui
qui est volé.
RIFLARDISE. — 252 —
RIPATliN.
Hiflardise s.f. Suffisance. —
Bêtise.
Hifle s. m. Voy. Rif. Coup de
rifle ^= Coup de feu. — Avoir son
coup de rifle, être gris.
Rifler v.a. Frôler. — Saisir avec
dextérité. — Dérober adroite-
ment. — Yoler. — Pour rafler,
v.c.m.
Rifolard O ^- ^o\. Rigolo (1).
Rigadin = Rigodon s. m.
Soulier.
Rigolade # s.f. = Rigolbochade
= Riole{\). Il 1. Joie. — Plaisir.
— Etre à la rigolade, être tout à
la joie. — Coup de rigolade, par-
tie de plaisir. |12. Plaisanterie.
— C'est pour la rigolade, c'est
pour rire.
Rigolard O ^- ^oy- Rigolo (4).
Rigolbochade s.f. Voy. Rigo-
lade.
Rigolboche |ll. s.f. Danseuse
de bal public (surnom d'une fille
galante renommée dans les bals
)3ublics). Il 2. a. Voy. Rigolo (1).
Rigolbocher v.n. 1| 1. Danser.
Il 2. = Rigoler.
Rigole # s.f. Bonne nourriture.
Rigoler v.n. || 1. S'amuser.
Il 2. Rire. « Et frère Jean de ri-
gouller, jamais bomme ne feut
tant courtois ny gracieux. » (Ra-
belais)
Rigolette s.f. Jeune fille qui aime
le plaisir. — Ce mot a le même
sens que gigolette, grisette qui
fréquente les bals publics.
Rigoleur s. m. Joyeux compa-
gnon. ^
Rigollot s. m. et a. Sinapisme
(du nom d'un fabricant de ce
genre d'emplâtre).
Rigolo =r Rigolot, otte
1.
a. Amusant. — Drôle = Rifolard-
=^ Rigolard = Rigolboche a. =
Robignol, — Etre rien rigolo, être
très drôle. || 2.0 s. m. Fausse I
clé. — Pince d'effraction. I| 3. #
Attaque nocturne. — La victime.
— Faire un rigolo, attaquer un
passant la nuit, ij 4. Revolver.
Rigri s. m. Avare.
Ri^ue s.f. Abrév. de rigueur,
sévérité.
Rincé O a. Ruiné. — Dépouillé.
— Rincé comme un verre à bière
= Nettoyé.
Rince-crochets (mil.), s. m. Ra-
tion d'extra. — Café.
Rince-pif (mar.). s.m. Moucboir.
Rincée Q s.f. ||1. Correction,
raclée. || 2. Pluie torrentielle.
Rincer 0v.a. et v.pr. || 1. Battre.
Il 2. Dépouiller. — Se rincer Va-
valoir, le bec, le bocal, la corne,
la cornemuse, le cornet, la dalle,
la dent, le fusil, la gargarousse,
lit gargoine, le sifflet, la trente-
deuxième, boire. — Sh faire rin-
cer la dalle, se faire payer à boire.
— Se rincer VœU, admirer, con-
templer. — Se faire rincer, se
faire mouiller par la pluie. — Se
rincer, se purger, se laver. —
Rincer quelqu un, le réprimander.
Rincette Q s.f. Eau-de-vie versée
dans la tasse où l'on a pris le
café (elle la rince).
Rincleux a. Avare.
Ring (sport) s.m. Ensemble des
l)arieurs contre aux courses {Bict.
des courses).
Ringre % s.m. Pain.
Riole s.f. Voy. Rigolade. \\ i.
Etre en riole, être gai. — Faire
riole, ou Se mettru en riole, s'a-
muser ; se débaucher. || 2. %
Ruisseau. — Rivière. ■
Ripa^ s.m. Voy. Ripeur. ■
Ripatin = Ripaton s.m ■
Chaussure. Soulier rapiécé. —
Jouer des ripatons, s'enfuir. — Le
morceau est désigné ici comme
))lat, ce qui rend ce mot congé-
nère de i)atalin patène, poêle
niPATONNEH.
— 253 —
ROMAGNOL.
{putella), skt. pata, morceau,
ang. patch, clc. plat comme la
plante du pied. Timmerma>s.]
Ripatonner Q v.a. Refaire. —
Uéparer. — Ueslaurer. — ■ Rac-
commoder. Yoy. Uipatin.
Ripatonneur s. m. Réparateur
maladroit.
Ripaudier (B) s. m. (Gouverneur.
— llipaudicr de la Vcrgnc, gou-
verneur de la ville. — llipaudicr
de ht Viroiine, gouverneur de la
province.
Ripault (B) s.m. (jentilhomme.
Ripe (B) s.f. Dame.
Riper v.a. Embrasser.
Ripeur s.m. = Ripa || 1. Li-
bertin. Il 2. Ecumeur de la Seine.
(Rigald.)
Ripiouleinent # s.m. Chambre.
Ripiouler # v.n. Dormir.
Ripois (B) s.m. Prince.
Ripopée s.f. Mauvaise boisson.
— Toute chose mauvaise ou sans
valeur. — Enonce comme pie,
papette, potion, boisson, Tacle
de boire ÎTimmkrmans].
Riquiqui0s.m. et a. Eau-de-vie.
— Chose mauvaise. Avoir Vair
riquiqui, être mal habillé, ridicule
= RoCOCn.
Risette O s.f. Sourire. — Faire
une risette à quelqu'un, lui sou-
rire.
Viv' la gait»';! J'ai pas d'cliausseUes,
Mes rirjadins font des risettes.
(Mes souliers sont déchirés, m. à m., sourient
aux pavés).
{Ch. des Gueux).
Ristorne # s.f. Restitution. — Du
lat. ritornarc, rendre.
Rite s.m. Voy. Collège.
Rivancher % v.a. Voy. River.
Rivard (B) s.m. Paillard. — Li-
bertin.
Rivarde (B) ^ s.f. Prostituée.
River (B)v.a. Coïter.
Rivet # s.m. Pédéraste.
Rivette # s.f. Jeune prostituée.
Riz-pain-sel (mil.) Q s.m. Soldat
emj)loyé aux subsistances.
Roastrè (V)s.m. Voy. Rouart.
Robau s.m. Gendarme.
Rober v.a. Dérober, (vx. fr.)
Robert-Macaire Q n.pr.m. Es-
croc. — Trompeur.
Robignol a. r= Rigolo (1) l'm.
déf.).
Robignole 9 s.f. Voy. Roubiç/nole.
Robignoleur # s.m. Voy. Roubi-
gnolcur.
Robin # s.m. Taureau pour la re-
production.
Robinson Q s.m. Parapluie.
Rocambole Q s.f. Vaine pro-
messe. — Gasconnade — Cest de
la rocambole, ça ne vaut rien.
Rocantin Q s.m. Vieux rocantin,
vieux libertin.
Rochet s.m. Chanoine. — Evê-
que. — Ils portent Taube courte
ou rochet.
Rococo O ^- i"^'- = Pompadour.
Vieux. — Suranné. — Ridicule.
Rogate s.f. Rogatons.
Rogne s.f. jj 1. Mauvaise hu-
meur. — Piquer la vraie rogne,
se fâcher. |1 2. Querelle. — Chei'-
cher rogne à quelqu'un, lui cher-
cher querelle.
Rogner # jj 1. v.n. Abrév. de
RoLiJionner,\.c.m. || 2. v.a. Guil-
lotiner.
Rogneur (mil.) s.m. Fourrier (il
rogne les portions).
Rognon s.m. Testicule.
Rognonner v.n. == Rogner (1).
Grogner. — Var. de ronchonner.
Rogomme m. s. Eau-de-vie ou
autre liqueur forte. — En grat-
tant le gosier elle excite un bruit
rauque. Gomme est là par anti-
phrase. [TiMMERMANS.] — Voix de
rogomme voix rauque et rude.
Romagnol =Romagnon # s.m.
Trésor enfoui.
ROMAIN.
254 —
UONDELET.
Romain. Os.ni. Claqueur. — L'o-
rigine de la claque remonte à. Né-
ron qui forçait des esclaves à
l'applaudir ; d'où le nom de
romains, qu'on donnait aux cla-
queurs.
Romaine s.f. || d. Coup. —
Claque. Voy. Romain \\ 2. Mé-
lange de rhum et d'orgeat.
Romkmichel O "• P^- voy. Roma-
nichel.
Romance s.f. Piquer une ro-
mance, dormir.
Romancier, cière Q s. Qui
chante la romance.
Romanichel = Romanitschel
= Romanigo ,n.p. Q Bohémien
voleur, qui exploite les paysans
et les badauds de toutes lès fa-
çons ; il y en a dans toutes les
fêtes foraines. « Les Romanichels
étrangers sont ces bohémiens par-
courant la province en roulotte,
traînant toute une marmaille mo-
ricaude, exerçant diverses indus-
tries, mais vivant surtout de ra-
pines. Les romanichels français,
sont plusieurs milliers opérant
dans les départements, il y en a
qui sont propriétaires de jolies
maisons en province. Toujours
bien mis, mais sans recherche, se
donnant plutôt l'air d'honnêtes
rentiers ou de paysans cossus,
pour mieux prendre leurs dupes
que trop de luxe effarouche-
rait, ils courent les fêtes, les
foires, les marchés, les hippo-
dromes, etc. Ils pratiquent le vol
à Vesbrouffe, le vol à la tire, dit
aussi à là fourchette ; ils tirent, au
char, voy. charriage, pratiquent
« l'épinglette », etc.
Les femmes exercent le chinage,
c'est-à-dire le colportage, et par-
courent la province avec des pa-
cotilles ou des bijoux de peu de
valeur , marchandises achetées,
facturées, payées. C'est ce qu'on
appelle la parade. Le colportage
sert à étudier les maisons, les
types à duper, cela se dit encore
chercher la poire. Si la gendar-
merie intervient, on le prend de
haut : on joue des factures, on est
d'honnêtes commerçants et on se
retire brûlé, il est vrai, mais in-
demne.
Lorsqu'un romanichel est puni,
un autre donne l'éveil et tous dé-
campent, car ils n'opèrent jamais
seuls. [Eclair, J8^3.)
En Germania ou arg. esp. ra-
mani. signifie « bohémien ».
Rombière s.f. Femme.
Romboiné % s. m. Sou marqué.
Rome n.pr.f. Aller ou passer
à Rome, se faire battre. — Se
faire réprimander. — Chou s. m.
Romil?.y0n.pr m. Insurgé de Ro-
milly, étron.
Rompre (mil.) v.n. Partir. — Al-
lez, rompez! allez-vous-en !
Romsteck O s. m. Morceau de cu-
lotte de bœuf. — Ang. rumpsteak,
m. s.
Romture % s.f. Voy. Rousture.
Ronchon s. m. Grognon.
Ronchonner v.n. Grogner. —
Murmurer. — Comme rogner,
grogner, gronder, un bruit gut-
tural qui énonce la colère. [Tim-
MERMANS.]
Ronchonneur, euse. s. (Jro-
gnon. — Mécontent.
Rond(B) 0s.m. eta. |I 1. Sol ou
sou = Roîit. — Tourner rond,
ne plus avoir le sou. || 2. Faire
rond, faire flou. |i 3. Etre ronde
bosse, avoir du relief. || 4. Ivre.
Il 5. O Rond de cuir, employé
de bureau. — S'endormir sur son
rond de cuir, ne pas avoir d'avan-
cement.
Rondache # s. f. Bague.
Rondelet # s. m. Sein.
RONDIER.
255 —
ROUBLARDER.
Rondier s. m. Surveillant du
bagne (il fait la ronde).
Rondin #0 s. m. || 1. Pièce de
monnaie. — Rondin jaune, pièce
d'or. Il 2. Etron. || 3. Raton.
Rondine # s.f. || 1. Bague, jj
2. Canne.
Rondiner v.a. et v.n. [j 1. Bat-
tre à coups de bâton. || 2. Ron-
diner des yeux, faire de ^ros
yeux. Il 3. Faire ses besoins.
Il 4 Boutonner (F. Michel).
Rondinet0 s.ni. Bague.
Ronflant a. et s.m. Bien mis.
— Cest ronflant, c'est très bien.
Ronflant s.m. Poêle (foyer).
Ronfle # s.f. Femme. — Prosti-
tuée.
Ronfler Q v.n. Faire ronfler le
bourrelet ou Faire ronfler Thomas,
faire ses besoins. — % Ronfler
à cri, feindre de dormir.
Rongeur Q s.m. Voyez Ver.
Ronronner Q v.n. Cajoler (faire
des chatteries).
Ront (V) s.m. Voy. Rond (1).
Roquet O s-ï"- Individu petit et
méchant.
Rose s.f. Rose des vents, derrière.
Rosette s.f. Chevalier de la ro-
sette, pédéraste.
Rosière s.f. Rosière de Saint-
Lago, prostituée.
Rossaille Q s.f. Rosse.
Rossard, sarde O ^' ^t s. Fai-
néant. — , Lâche.
Rosse s.f. et a. Méchant. — Ca-
naille. — Il est rien rosse, il est
très méchant.
Rossée O s.f. Raclée.
Rossignante # s.f. Flûte.
Rossignol s.m. || \. Hautbois.
Il 2. # Fausse clé. || 3. O Mar-
chandise qui reste longtemps en
magasin. — Article démodé.
Rossignoler # v.a. jj 1. Ouvrir
avec un rossignol, v.c.m. (2). ||
2. Chanter.
Rosto (l^olyt.) s.m. Bec à gaz. (du
nom du général Rostolan).
Roter v.n. J'en rote, j'en suis
stupéfait.
Rôti s.m. S'endormir sur le rôti,
faire une chose avec nonchalence.
— Il ne s'endort pas sur le rôti,
il ne i)erd pas de temps.
Rotin s.m. jl 1. Sou. — Ça ne
vaut pas un rotin ! — ça ne vaut
pas un sou. || 2. La corde.
Rouart s.m. = Roaslre. Bourreau
(qui met sur la roue, ou garuche).
Rouâtre # s.m. Lard.
Rouàtrë # a. Lardé.
Roubignole # s. t. = Robignole
Il 1. Boule de liège servant au
jeu de cocanges. \\ 2. Jeu de ha-
sard comme le jeu des huit cou-
leurs ou des huit villes. Sur un
carton est tracé un rond divisé en
liuit cases, chacune des cases a
une couleur différente ou porte le
nom d'une ville ; au centre se
trouve une flèche montée sur un
pivot. Le joueur gagne lorsque la
pointe de la flèche s'arrête sur la
couleur qu'il a choisie. C'est
quand la flèche est remplacée
par une roue que ce jeu prend le
nom de roubignole. || 3. Tes-
ticule.
Roubignoleur # s.m. = RobignO'
leur. Celui qui tient un jeu de
roubignole, v.c.m., ou un jeu de
cocanges = Ronneteur.
Roubion s.m. Prostituée laide.
Roublage % m. s. Témoignage. —
Roublage à la manque, faux té-
moignage.
Roublard s.m. et a. || 1. Ma-
lin. — Rusé. — Agent de police
(du vx. fr. ribleux, aventurier).
Il 2. Laid. - Corrompu. || 3. Ri-
che. — Heureux (qui possède des
roubles).
Roublarder v.n. Ruser. — Etre
malin, adroit.
ROUBLARDERIE.
256
ROULOTTIER.
Roublarderie = Roublardise
s.f. Adresse. — Huse. — Ma-
lice. — Finesse.
Roubler # v.n. Se plaindre, —
Témoigner. — Roubler à la man-
que, faire une fausse déclaration.
Roubleur # s. m. Témoin. —Rou-
bleur à hi manque^ faux témoin.
Rouchi, ie s. Laid. — Répu-
gnant, dégoûtant.
Roucoucou s. m. Lapin mort-
né.
Roue s.f. Roue de derrière,
pièce de cinq francs en argent. —
Roue de devant, pièce de deux
francs.
Roué s. m. Juge d'instruction.
Rouen % s. et' n.pr. Officier de
, gendarmerie. — Envoyer à Rouen,
ruiner. — (Arg. des emp. de
comm.) Faire un rouen, manquer
une vente ; J.d.m. sur ruine.
Rouffion, ionne Os. = Roupion.
Apprenti commis de nouveauté.
Rouflaquette s.f. = Accroche-
cœura. Mèche de cheveux collée
sur la tempe en forme d'accent,
V. c. m.
Roufie # s.f. Coup.
Rouflée # s.f. Raclée.
Rouge a. Faire rouge, verser le
sang. — C'est rouge de boudin,
ça va mal.
Rougemont # n.pr. m. Pive ou
pivois de Rougemont, vin rouge.
Rouget s. m. 1| 1.0 Cuivre rouge.
Il 2. Individu aux cheveux
roux.
Rougoule # s.f. Vol au rendez-
moi, v.c.m.
Rouillarde = Rouille. s.f.
Il 1. Bouteille de vin vieux.
Gy, niarpaux, gy, nous remouchons
Tes rouillardes et la criole
Qui parfume ta cambriole.
{Ch. des Gueux).
112. Blouse.
Rouiller (se) O v.pr. Vieillir.
Roulance (typ.). s.f. Roulement gé-
néral que font les ouvriers typo-
graphes à coups de composteurs
sur leurs casses, à la rentrée d'un
confrère qu'ils viennent de mys-
tifier.
Roulant s. m. || 1. Voilure. —
Fiacre. — Roulant vif, chemin
de fer. || 2. Tambour. || 3. #
Roulants (pi.), petits pois. |1 4.
Voy. Chineur.
Roulante s.f. H 1. Voiture. —
. Petite roulante, cabriolet. \\ 2.
Tambour. I| 3. Prostituée.
Rouleau s. m. Testicule. Q ^^^'^
au bout de son rouleau, avoir
épuisé ses ressources.
Roulée s.f. Raclée.
Roulement s. m. Ardeur au
travail. — (mil.) Roulement de la
gueule, sonnerie pour le repas.
— # Roulement de tambour, aboie-
ment.
Rouler O v.a. et v.n. I| 1. Battre.
Il 2. Tromper. — Mystifier. —
Se faire rouler, être trompé. |I 3.
Marcher. — Aller. — Voyager.
— Ça roule, ça va bien. — Rou-
ler sa bosse, changer de place,
aller et venir, [j 4. Se rouler =
Se tordre, rire aux éclats.
Rouleur s. m. || 1. Trompeur.
— Escroc. Il 2. Chiffonnier.
Rouleuse s.f. || 1. Prostituée.
Il 2. Lettre.
Roulis (mar.) m. s. Avoir du roulis,
être ivre.
Roulotage # m. s. Vol au roulo-
tage, vol dans les voitures.
Roulotin # s. m. Boulier. —
Charretier.
Roulotte # s.f. Voiture. — Grin-
chir une roulotte en salade, voler
sur une voiture. [Michel.] — Rou-
lotte à trèpe, omnibus. — Rou-
lotte du grand trimar, chemin de
fer.
Roulottier # s. m. Voleur qui
ROLILUKE.
2o7 —
ROUSTISSURE.
vole les voilures ou qui les déva-
lise. — Houlottier en cambroiiae,
voleur de campagne.
Roulure s.f. Prostituée.
Roumard # s. m. Libertin. —
Débauché.
Roumi (mil.) s. m. Soldat nouvel-
lement débarque dans l'armée
d'Afrique. — Le mot Roumi en
ar. al., signifie chrétien, Euro-
péen.
Roumie s.f. (arg. des chiff.)
Vieille croûte de pain.
Roupané a. Ruiné.
Roupie s.f. Punaise (allus. do
forme et de couleur à la roupie
du priseur). — Roupie de singe,
mauvais café; rien; chose sans
valeur.
Roupillade s.f. Battre la rou-
pillade, faire semblant de dormir.
Roupiller v.n. Dormir. — Rou-
piller dans le grand, être mort.
— Var. de rontler et d'autres
bruits gutturaux énonçant des
actes et des sens divers. [Timmer-
MANS.]
Roupilleur, euse. = Roupillon
s. m. Dormeur. — Chatouiller
un roupillon, dévaliser un indi-
vidu endormi.
Roupiner % v.a. Voler (pour ra-
piner).
RoupionO s. m. Voy. Rouffion.
Roupiou s. m. Etudiant en mé-
decine.
Roupis s. m. Vieillard qui prise
1 il a la roupie).
Rouquin, ine. s. et a. Rouge.
— Roux. — Individu aux che-
veux roux.
Rouscaillante # s.f. Langue. —
Formé du lat. riiscus, rouge.
L'arg. ang. dit de même, red rag,
loque rouge. [Timmermans.]
Rouscailler # v. n. |1 i. Dire.
— Parler. — Rouscailler bigorne,
parler argot. |1 2. Coïter.
Rouscailleur, euse. % s.f. Dé-
bauché. — Libertin. — Prosti-
tuée.
Rouspant (obsc). s. m. =: Rous- .
pont. Souteneur du pédéraste : il
se fait passer pour agent des
mœurs pour faire chanter ces li-
bertins ignobles.
Rouspétance s.f. || 1. Résis-
tance. — Mauvaise humeur. —
Faire de la rouspétance, répugner
à faire une chose; être de mau-
vaise humeur. || 2 ^= Agent des
mœurs.
Rouspéter v.n. Rechigner. —
Résister. — Ne pan rouspéter, ne
pas répliquer, ne rien dire.
Rouspettau % s. m. Bruit.
Rouspont s. m. Voy. Rouspant.
Rousse s.f. La Rousse, la po-
lice. — Rousse à Carnachey police
de sûreté.
Roussi s. m. et a. Mouchard.
Voy. Mouton. — Etre roussi, être
découvert, perdu; (m. à m. pris par
la Rousse, v.c.m.)
Roussin s.m. Agent de police
(de la Rousse).
Roussiner v.n. et v.a. Faire le
jeu de la police (de la Rousse). —
Faire arrêter.
Roustamponne =:Roustempoi-
gne. s.f. La police, et, par
déduction, tout ce qui ne vaut
rien. « C'est de la roustamponne. »
— J.d.m. La Rousse f empoigne
ou tamponne (frappe).
Rousti a. Pris. — Perdu. —
Usé. — Dévalisé. — Trompé. —
Coup rousti, coup manqué.
Roustir v.a. Dérober. — Trom-
per. — Escroquer.
Roustisseur, euse. # s. Vo-
leur. — Trompeur. — Mendiant.
— Parasite. — Emprunteur qui
ne rend jamais.
Roustissure O s.f. Chose sans
valeur.
17
ROUSTO.
— 258 —
RUTIÈRE.
Rousto s. m. Dénonciateur.
Roustons s. m. pi. Testicules.
Rousture # s.f. = Romture.
Individu en surveillance.
Routier Q s. m. Coureur véloci-
pédiste qui court sur route.
Routière s.f. Prostituée de bas
étage. Voy. Rutière.
Routonner # v.n. Yoler les colis
sur les voitures (en route).
Routonnier # s. m. Voleur de co-
lis sur les voitures. Voy. Rou-
tonner.
Roveau % s. m. Gendarme.
Royaume Q s. m. Aller dans le
royaume des taupes, mourir.
Ru # s. m. Ruisseau.
Rub # s. m. Rub de rif Ruban
de feu, le chemin de fer. (Grison.)
Ruban O s. m. Voy. Rub. — Ruban
de queue, la grand'route.
La grand'route comme un ruban
Doucement se déroule.
{Chanson du Boulier.)
— Faire le ruban = Fawe la queue,
tromper.
Rubis s. m. Rubis sur pieu, argent
comptant. — Faire une chose rubis
sur Vongle, faire une chose com-
plètement et avec ponctualité. —
Cette expression vient de Tusage
populaire qui consiste à vider un
verre de vin et à en verser la
dernière goutte, offrant l'appa-
rence d'un rubis, sur l'ongle de
son pouce : cela s'appelle faire
rubis sur Vongle.
Rude O ^' Fameux. — Remarqua-
ble, (c C'est un rude artiste. » —
S'emploie souvent ironiquement.
Rudement O adv. Beaucoup. —
Très. — Cest rudement chouette!
c'est très beau.
Rue O s.f. Rue barrée = Rue ou
Von pave, rue où l'on craint de
passer, parce qu'on y a un créan-
cier. — Rue du bec, bouche. —
Se faire repaver la rue du bec, se
faire mettre de fausses dents. —
Rue au pain, gosier. — Rue de Ri-
voli, six de jeu de cartes. — (Thé.)
Espace libre entre deux coulisses.
Ruelle s.f. Ruelle aux vesses,
anus.
Ruer v.n. Ruer à la botte, être
susceptible.
Ruette s.f. Gosier.
Ruf # s. m. Geôlier. j
Rufe (B) s.m. Feu. Voy. Rif, etc. ]
Rufer # v.n. Brûler. Voy. Riffau- '
der, etc.
Ruffant # a. Chaud. — Abbaye
ruffante, four chaud. — Lat. ru-
fare, roussir. Voy. Riffauder, etc.
Ruffle (V) s.m. Vent d'orage.
Ruisselant Q a- C"es^ ruisselant
Winouïsme, c'est inimaginable.
Ruolz O s. m. Dm ruolz, faux. — Pro-
cédé Ruolz, procédé qui consiste à
donner à une chose une appa-
rence de valeur. — Q Prince en
ruolz, faux prince.
Rup = Rupart = Rupin, ine
:=Rupinskof a. et s.m. Elé-
gant.
RÙpioIe (B) s.f. Demoiselle.
Rural O s.m. Député de province.
Rusquin (B) # s.m. Ecu.
Rusquiner v.n. Gagner de l'ar-
gent. — Voler au jeu.
Rustique s.m. |j l.(Thé.) Décor de
campagne. || 2. # Greffier.
Rustu s.m. Greffe (du tribunal).
Rutière # s.f. Prostituée (qui
raccroche dans la rue). Voy. Rou-^
Itère.
SABÀGHE.
259 —
SAC.
S s. m. O IM- Faire des S, faire des
zigzags, comme lorsqu'on a trop
bu (allus. à la forme de cette
lettre). || 2. S désigne le trèfle
dans l'argot des grecs.
Sabache # a. Simple. (Larchey)
(pour saboche, v.c.m.)
Sabir (mil.), s. m. Sorte d'argot
arabe employé par nos soldats
d'Afrique, en rapports constants
avec les indigènes. « Parler
sabir. « Ex. : — Di dou VArbi qui
f'ech un ta maboul? — Macache
maboul! — Dis donc, l'Arabesque
fais-tu? es-tu fou? — Je ne suis
pas fou !
Sable # s. m. Sucre. — Boisàbrùler.
— Estomac. — Q 11 a du sable
dans les yeux. = Le marchand de
sable a p'issé, il a sommeil. —
F. M. Sable blanc, sel. — Sable
jaune, poivre. - Etre sur le
sable, être dans la misère; (se dit
d'un souteneur sans femme) =
Etre à la côte = Etre à sec. —
pi. Sables, cellules de prison.
Sablenant s. m. Voy. Sabrenas.
Sabler v.a. Sabler quelqu'un,
l'assommer avec une peau d'an-
guille remplie de sable.
Sablon s.m. Cassonade.
Saboche s.f. Voy. Sabache. In-
dividu déplaisant. — Imbécile.
— Mauvais ouvrier, voy. sabot.
Sabord (mar.) s.m. Jeter un coup
de sabord, donner le coup d'œil
du maître, vérifier l'ouvrage.
Sabot s.m. \\i. Ce qui est mau-
vais en général. — Mauvais ou-
vrier. — Mauvais piano, violon,
billard, etc. — Jouer comme un
sabot, mal jouer. — Quel sabot!
quel maladroit! Le sabot est une
cliaussure grossière. || 2. Voi-
ture. — Bateau. || 3. Elle a cassé
son sabot, elle a perdu son inno-
cence.
Saboter v.a. Mal travailler.
Saboteur s.m. Mauvais ouvrier.
Sabouler v.a. |j ^. Maltraiter. [|
2. Laver. — Décrotter. (| 3. Crier.
Sabouleur s.m. Décrotteur.
Sabouleux, euse s.f. Individu
qui simule l'épilepsie.
Sabourin s.m. Maladroit.
Sabre s.m. Bâton. — Avoir un
sabre, être ivre. — Coup de sablée,
grande boucbe. — Truîneur de
sabre, militaire fanfaron.
Sabrenas = Sabrenot s.m.
= Sablenaut. Cordonnier, save-
tier, et, par ext., mauvais ou-
vrier; (allus. au tranchet du cor-
donnier.)
Sabrenauder v.n, et v.a Tra-
vailler grossièrement.
Sabrer v.a. Travailler vite et
grossièrement.
Sabreur Q s.m. || 1. Celui qui fait
du travail vivement et sans soins.
Il 2. Militaire fanfaron.
Sabri # s.m. Bois. — Forêt. —
On s'abrite à son ombre. (Lar-
chey.)
Sabrieux # s.m. Voleur de bois.
SacO0s.m.At;oiV le sac on être au
sac, avoir de l'argent. — Homme
au sac, capitaliste. — Avoir les ac
plein, être ivre. — En avoir plein
son sac, être enceinte; avoir bien
mangé. — Sac à vin, ivrogne. —
N'avoir rien dans son sac, n'avoir
ni esprit, ni talent. — Avoir une
mauvaise pierre dans son sac^ avoir
SACANIÉ.
260
SAINT-€RÉPIN.
une maladie dangereuse. — N'être
pas dans son sac, ne pas être bien
dans ses affaires, ou être malade.
— Donner ou Recevoir son sac, son
congé. Voy. Sacquer. — Vaffaire
est dans le sac, l'affaire est con-
clue. — Quel sac! quelle verve!
(Larchey.) — Cracher ou Eternuer
dans le sac, être guillotiné. — Ça
n'est pas dans un sac, ça se voit,
c'est clair. — En avoir son sac =
En avoir plein le dos, en avoir
assez.
J'en ai mon sac, moi, d'mon épouse.
{La Muse à Bibi.)
— Sac au lard, chemise. — Sac à
os = Sacdos, individu maigre,
décharné.
Sacanié ^ s. m. Sacoche. — Cou-
teau très affilé dont se servent les
voleurs pour couper la courroie
des sacoches. — M. à. m., sac à
niais.
Sac à papier O i"t. Juron fami-
lier.
Sacard a. et s. m. Personne
riche; (qui a le sac. v.c.m.)
Sacdos s. m. Voy. Sac à os.
Sachet s. m. Chaussette.
Sacquer v.a. Renvoyer. — Con-
gédier. — Le singe Va sacqué, le
patron Ta renvoyé. — (Arg. des
tailleurs) Sacquer un bœuf, ren-
voyer un ouvrier. — M. à. m., don-
ner son sac ou son paquet à q.q.
pour qu'il s'en aille.
Sacre # s. m. || 1. Argent. I| 2.
Agent de police. |J 3. 'Celui qui
s'approprie tout ce qu'il peut.
Sacré O^^* Sacré chien, eau-de-vie.
— Sacré mâtin. Sacré nom, Sacré
tonnerre, jurons familiers.
Sacrebleu i= Sacredieu = Sa-
crelotte Q = Sacristi. Jurons
qui se disent à propos de tout et
de rien.
Sacremeût s. m.
Offrir le sacrement, demander en
mariage.
Sacrer v.a. Affirmer.
Sacristain s. m. Mari d'une
femme qui tient une maison pu-
blique.
Sacristi int. Voy. Sacrebleu.
Sacristie # s.f. Cabinet d'aisan-
ces.
Sadique a. et s. m.- Un sadique,
écrivain ou libertin pour qui la
volupté n'existe, ne se comprend
et ne s'éprouve que mêlée à la
cruauté la plus atroce. — Elucu-
bration sadique, théorie et apolo-
gie de la luxure sanguinaire.
Sadisme Q s. m. Forme de dépra-
vation particulière et stupéfiante
dont était atteint le marquis de
Sade, qui a écrit sur la luxure
sanguinaire et qui a laissé son
noni à ce genre de débauche in-
fâme.
Saffre s. m. Gourmand. — Le
son énonce une var. de l'acte de
humer : sf. Il siffle verre sur
verre, et du bon ! [ïimmermans.]
Safran Os. m. Jaunisse. — Accom-
moder quelqu'un au safran, le faire
cocu. — Aller au safran, dissiper
son bien.
Saignement % s. m. Saignement de
nez, interrogatoire.
Saigner v.a. et v.n. Assassiner.
— Tuer avec une arme tranchante.
Faire saigner du nez, interroger.
— Faire saigner, faire de la peme.
Saindom s. m. Tabac. — Refiler
un saindom = Passer à tabac,
v.c.m. — Pistolet à saindom, cro-
chet du ramasseur de mégots,
v.c.m. — Abrév.de Saint-Domingue
en Haïti, pays qui produit beau-
coup de tabac.
Saint-ciboire s. m. Cœur.
Saint-Grépin s. m. et n.pr. =:
Saint-frusquin = Saint-jean. Ce
qu'on possède. — Argent, outils,
SAINTE-ESPÉRANCE. — 261
SAISISSEMENT.
meubles, etc. « Il est parti en
emportant tout son saint-crépin ».
— Prendre la voiture de saint Gré-
pin, marcher; (saint Crépin est le
patron des cordonniers).
Sainte-Espérance O s.f. La
veille de la Sainte-Touche, \. cm.
Sainte-Longie s.f. Femme pa-
resseuse et nonchalante.
Sainte-Mousseline O s.t". Simple
robe en mousseline blanche. « Les
jeunes filles du Conservatoire de
musique ont abandonné la sainte-
mousseline, pour la distribution
des prix. »
Sainte-Nitouche s.f. Jeune fille
qui fait l'innocente et ne veut pas
goûter des distractions mondai-
nes (elle n'y touche pas).
Saint Etienne n.pr.m. Miche
de saint Etienne, pierre ; (allus. à
la lapidation de saint Etienne).
Sainte-Touche O s.f. Le jour de
la paye.
Saint-Frusquin s. m. = Saint-
Jean. Voy. Saint-Crépin.
Saint-Georges O s. m. Brillant
escrimeur et cavalier de premier
ordre.
Saint Hubert O n.pr.m. Médaille
de saint Hubert, pièce de cinq
francs en argent.
Saint-Jacques O (^yP-) n.pr. et
s. m. Aller à Saint-Jacques, faire
une coquille; (allus. à la coquille
de ce nom). — Prendre son saint-
Jacques ou son saint -Jean, quitter
l'atelier.
Saint-Jean (typ.) s. et n.p.m. Ou-
tillage d'un compositeur. — Pren-
dre son saint -Jean = Prendre soji
saint- Jacques, v.c.m. — Ca nest
que de la saint-Jean, ça n'est rien,
(allus. à la nudité de saint Jean-
Baptiste). Vous êtes bien de la
saint Jean, vous êtes bien naïf,
innocent. — Saint-Jean le rond,
derrière. — % Faire le saint Jean,
faire un signal qui consiste à
lever l'index et le médius, pour
avertir un complice. — Tout son
saint-Jean = Tout son saint-Frus-
quin. Voy. Saint-Crépin. — Faire
son petit saint-Jean, faire lïnno-
cent. — Saint- Jean- Baptiste, limo-
nadier qui baptise le vin. —
Jour de la Saint-Jean-Baptiste,
jour d'une exécution capitale
(allus. à la décapitation de saint
Jean). — O Saint- Jean Bouche
d'Or, bavard indiscret.
Saint-Lâche O s. m. Paresseux. —
Béciter la pinère de saint-Lâche^
dormir.
Saint-Lago = Saint-Laze =
Saint-Lazo s. m. Prison de
Saint-Lazare, spécialement aifec-
tée aux prostituées. — La confré-
rie de Saint-Laze, le monde de la
prostitution.
Saint-Longin s. m. Individu
nonchalant.
Saint-Lundi s.f. Fêter la saint-
Lundi, se reposer ou s'amuser le
lundi (beaucoup d'ouvriers tra-
vaillent le dimanche et se repo-
sent le lundi).
Saint-Père s. m. =Semper. Ta-
bac. — Traduction de saindom,
v.c.m., Saint-Domingue, Sanctus
Dominus.
Saint-Pierre s. m. Abbaye de
Saint-Pierre (cinq pierres), l'em-
placement de la guillotine (il est
indiqué sur la place de la Ro-
quette par cinq grosses pierres,
intercalées dans les pavés devant
la porte de la prison).
Saint-Pierre aux Bœufs O^^P''-
m. Paroissien de Saint-Pierre aux
Bœufs, homme grossier.
Saint-Pris s. m. '@ Entrer dans la
confrérie de saint-Pris, se marier.
Saisissement s. m. Cordes qui
servent à ligoter les condamnés
à mort.
SALADE.
— 262 —
SANG.
Salade s.f. H 1. Mélange. —
Pêle-méie. — Rixe. — Mêlée. —
Donner la salade à quelqu'un, le
battre, le fouetter. — Panier à
salade, voiture cellulaire. — Met-
tre en salade, enfouir; cacher. || 2.
Réponse. — J.d. m. sur raiponce,
plante dont on mange en salade
les racines et les jeunes feuilles.
Salader (mil.) v.a. Salader les go-
dillots, mélanger les chaussures
des nouveaux venus au régiment.
Saladeur s. m. Joueur qui bat les
cartes pour contrarier les triche-
ries des grecs (arg. des joueurs).
Saladier s. m. Vin chaud servi
dans un saladier.
Salaire # s. m. Soulier.
Salamalecs O s. m. pi. Salutations.
— De Tar. Salam aleik, salut sur toi !
Salbin s. m. Serment.
Salbiner v.n. Prêter serment.
Salbinet (polyt.) inter. Ce mot
signifie : Rendez-vous au cabinet
de Tofficier de service pour pren-
dre communication d'un ordre du
commandant de TEcole.
Salbrenaud # s. m. Voy. Sabre-
nas.
Sale a. Sale coup pour la fan-
fare, mauvaise affaire.
Salé (Typ.) s. m. Travail payé d'a-
vance '(pour salaire). — Demander
du salé à labanque, demander de
l'argent d'avance. Petit salé =
Morceau de salé, enfant nouveau-
né. — (Mar.) Le grand salé,YO-
céan.
Saler O v.a. [j 1. Réprimander. —
Saler quelqu'un, le gronder. || 2.
Faire payer trop cher. — Saler
une note, exagérer les prix. || 3.
Donner le mal vénérien. — Se
faire saler, attraper la syphilis.
Salière Q s.f. Seins. — Montrer
ses salières, se décolleter. — Elle
a deux salières et cinq plats, se
dit d'unefemme maigre. — Répan-
dre la salière dessus = Saler
v.c.m. (2).
Salin a. Jaune.
Salir (se) v.pr. Se salir le nez,
s'enivrer.
Salive Q s.f. Dépenser sa salive,
parler. — Perdre sa salive, parler
en vain.
Salivergne # s.f. [j 1. Ecuelle. I|
2. Salade.
Salle s.f. Salle à manger, bou-
che. — N'avoir plus de tabourets
dans la salle à manger, manquer
de dents. — Sa salle à manger se
démeuble, il perd ses dents. —
(thé.) Salle de papier, salle de
théâtre remplie grâce aux billets
de faveur. — Salle de danse, der-
rière. (RiGAUD.)
Salonnier O s. m. Critique des
expositions artistiques dites Sa-
lons.
Salop s. m. Pour salaud.
Saloper v.a. Travailler mal.
(m. à m. salement).
Salopëte s.f. Petite veste de
toile que mettent les ouvriers pour
leur travail.
Salopiat==Salopiaud0s.m. Sa-
laud.
Salsifis s. m. Doigts.
Saltimbe s. m. Abrév. de sal-
timbanque.
Saluer v.a. et v.n. Baisser la
tête en entendant siffler les balles.
— Saluer le public, mourir.
Salutation s.f. Salutations à cul
ouvert, plates courbettes.
SandAvich Qs. m. Homme-sandwich
individu qui se promène sur la
voie publique avec une affiche sur
le dos et une sur la poitrine, il est
comme la tranche de jambon dans
un sandwich.
Sang s. m. Avoir quelqu'un dans
le sang, avoir pour lui de l'estime,
de l'amitié ou de l'affection. —
Se faire du mauvais sang, se
SANGLER.
— 263 —
SAPIN.
tourmenter. — Se manger les
sangSy sMmpalienter. — Bon sang
de bon Dieu! juron familier. —
Sang de bœuf, saladier de vin
chaud. #0Sa/i^ depoisson, huile.
Sangler O v.a. et v.pr. Sangler
quelqu'un, le réprimander verte-
ment. — Se sangler, se priver;
(m. à m., se serrer le ventre). —
Etre sanglé= Elreserré^ être sans
le sou.
Sanglier0s.m. || l.Prêtre(j.d.m.:
sent-glier ; le glier est le Diable,
le prêtre sent et reconnaît l'in-
fluence du Diable), il 2. Individu
brave et vigoureux. j| 3. Individu
solitaire.
Sangsue (typ.) s.f. Celui qui lire
de l'argent par cupidité. — Voser
une stingsue, faire la correction à
la place d'un collègue absent.
Sans-beurre s. m. Chiffonnier
en gros, celui qui ne porte pas le
berri (la hotte).
Sans-bout # s. m. Cerceau.
Sans-camelotte # s. m. Escroc.
— Qui vend une marchandise
qu'il n'a pas et ne livre jamais
après s'être fait donner des
acomptes.
Sans-chagrin # s. m. Woy.Saboii-
leux.
Sans-châ,sses # s. m. Aveugle.
Sans-cœur Q s. m. Usurier.
Sans-condé adv. Sans permis-
sion. — Clandestinement.
Sans-dabe s. m. Orphelin.
Sans-dos s. m. Tabouret.
Sans-fade #0 Celui qui n'a pas
eu sa part.
Sans-feuille s. m. Le gibet.
Sans-le-sou O s-"^- Misérable.
Sans-loches a. Sourd. — De
oche, oreille.
Sans-mirettes a. et s. m. Aveu-
gle.
Sansonnet s. m. || 1. Gendarme.
Il 2. Membre viril.
Santache s.f. =:Santu. La santé
(m. déf.).
Santaille s.f. Prison de la Santé.
(m. déf.)
Santarelle (arg. des joueurs) s.f.
Faire une santarelle, donner les
cartes de façon à les regarder
en dessous pour connaître le jeu
de son adversaire.
Santu s.f. voy. Santache.
Saoulle s.f. Vaurien. — Mot in-
jurieux en usage dans les pri-
sons.
Sap s. m. Cercueil de sapin. —
Taper dans le sap, être mis en
bière.
Sapajou s. m. Vieux sapajou,
vieux libertin.
Sape O s.f. Abrév. de sapeur. —
Soldat du génie.
Sapement s. m. Condamnation.
— Sapement à cinq longes de dure,
condamnation à cinq ans de tra-
vaux forcés.
Saper#v.a Arrêter. — Condamner.
— Saper au glaive, condamner à
mort.
Saperlipopette! O inL Juron fa-
milier.
Sapeur0s.m. || I. Juge. Voy. saper.
Il 2. Cigare déjà fumé et plus
grand que le mégot, v.c.m. || 3.
Une histoire qui a une barbe de
sapeur, histoire très vieille et très
connue. || 4. La nature de la
femme.
Sapin s. m. || 1. Fiacre. (Ce mot
se trouve déjà avec ce sens dans le
glossaire du Vice puni de Grand-
val.) Il 2. Cercueil; (généralement
en sapin). — Sentir le sapin,
être en danger de mort. — Redin-
gote desapin, cercueil. || 3. Plan-
cher. — Planche. — Sapin des
cornants = Plancher des vaches,
la terre. || 4. Soldat. (Larchey.)
Gendarme II o. Grenier. — Sa-
pin de muron, grenier au sel.
SAPINIÈRE.
— 264 — SAUTE-RUISSEAU.
Sapinière s. f. Fosse commune.
Voy. Sapin (2).
Saquer (typ.) v.a. voy. Sacquer. —
a. Etre sacqué, être riche; (avoir
le sac, v.c.m.)
Saquet s. m. Coup. — Choc.
Sardine (mil.) s.f. || 1. Galon de
sous-officier. || 2. Doigt. — QSer-
rer les cinq sa/'rfines, serrer la main.
Sardiné(mil.) s. m. Gradé. Voy. Sar-
dine (1).
Sarrasin (typ.) s. m. Ouvrier typo-
graphe non syndiqué.
Satin s.f. =zXesbienne. voy. Gou-
gnotte.
Satisfaire (Se) v.fr. Q. Faire ses
besoins.
Satisfait Q s. m. Bourgeois qui
trouve que tout est pour le mieux.
Saton s. m. Matériel de saltim-
banque. (Larchey.)
Satonnade s.f. Bastonnade; (de
satou, bâton).
Satou s. m. = Satte. Bois. —
Forêt. — Bois (matière). — B«1ton.
Satousier s. m. Menuisier.
Satte # s.f. Voy. Satou.
Sauce O s.f. |f 1. Réprimande.
« Donner, recevoir une sauce. ->->
— Accommoder à la sauce piquan te .
i. Battre. — 2. Se moquer avec
esprit. — Sauce poivrade, verte
correction. || 2. Association. —
Bande. — « Faire partie de la
sauce, pour Vassoce. » |1 3. Forte
pluie. — Gare à la sauce! = Il va
tomber de la sauce! il va pleuvoir.
— Gober la sauce, payer les pots
cassés. — Sauce tomate, mens-
trues.
Saucé O part. p. Etre saucé, être
mouillé par la pluie.
Saucée s.f. || 1. Averse |1 2.
Correction.
Saucisse O s.f- Prostituée; (elle fait
partie de ïassoce). Voy. Sauce (2).
— <( Moi saucisse, » moi aussi,
(m.déf.).
Saucisson Q s. m. Saucisson de
Bologne = Saucisson à pattes,
personne grosse et replète.
Saumon s. m. Personne riche
décédée, (arg. des croque-morts).
Saumurien Q s. m. Elève de l'Ecole
de cavalerie de Saumur.
Saupicquets (V) s. m. pi. Gens
subtils.
Saut s.m. O Faire lesaut=^Snuter
(v.c.m.) le pas. Faire le saut,
voy. Sauter (3).
Saut-de-lit O s. m. Veston d'appar-
tement.
Sauter Q v.n. et v.a. || 1. Suspen-
dre ses payements. <c Sauter à la
Bourse. >y « Le gros Chipmann pré-
tend que lorsqu'il saute à la Bourse,
ça ne lui cause aucune émotion. »
{La Petite Comédie, A. Capus.)
jl 2. Puer. |i 3. Dérober, cacher
une part de vol pour se l'appro-
prier. =: Faire le saut. — Sauter
à la capahut, assassiner un com-
plice pour prendre sa part de vol.
— Sauter dessus, assaillir. —
Faire sauter la banque, forcer une
banque de jeu à cesser faute de
fonds. — Sauter le pas, mourir ;
faire faillite; perdre son inno-
cence, etc., etc. =z Faire le saut.
— Sauter à la perche, être misé-
rable, mourir de faim. — Faire
sauter, faire éclater ; filouter. —
Faire sauter la coupe, faire passer
la carte qui se trouve au-dessous,
dans le milieu du jeu. — Se faire
sauter la cervelle, onanisme. —
(mil.) Sauter le bas-flanc, passer
par-dessus le mur de la caserne
pour aller passer la nuit dehors.
Sauterelle s.f. Puce. — Exé-
cuter une sauterelle, se débarrasser
d'une cliente ennuyeuse.
Sauterie s.f. Petit bal intime.
Sauteron = Sauterondolles #
s.m. Banquier.
Saute-ruisseau O s.m. Apprenti
SAUTEIIU.
— 2G5 —
SCHPROUM.
qui fait les courses, dans le com-
merce ou les bureaux.
Sauteur Q s. m. Individu qui n'offre
aucune garantie morale, qui n'est
pas sérieux.
Sauteuse O s. f. Il 1. Danseuse de
théâtre. || 2. Puce.
Sauvage Q s. m. Habillé en sau-
vage, tout à fait nu.
Sauver Q v.a. Sauver la caisse,
emporter la caisse. — Sauver la
mise à quelqu'un, le tirer d'un
mauvais pas.
Sauvette s.f. || 1. Monnaie.
Il 2. Petite hotte j] '^.{enï.). Jouer
d la sauvette, jouer à courir Tun
après l'autre.
Savate s.f. Ouvrage mal fait. —
Individu bon à rien. — Maladroit.
— Syn. de saboté et de sabache,
avec lesquels il est congénère. —
Jouer comme une savate, mB.\']Ouer.
— Traîner la savate, être dans la
misère. — La savate, correction
infligée par les soldats à celui qui
commet une indélicatesse. —
Tirer la savate, c'est la boxe fran
çaise qui consiste à savoir se
servir de ses pieds soit pour se
défendre, soit pour attaquer.
Savater =: Saveter v. a. Gâter
un ouvrage en le faisant ou en le
raccommodant.
Savetier s. m. Mauvais ouvrier.
Savoir v.a. O Je ne veux rien savoir,
je ne veux pas m'occuper de cela.
— # Savoir Ure= Etre à la coule,
être rusé, malin; habile à voler.
Savon O s. m. || 1. Réprimande.
— Attraper un savon = Se faire
laver la tête, être réprimandé.
Il 2. # Honoraires de l'avocat
(il sert à se faire blanchir).
Savonnera. Blanc (pour blanchi).
— Artie savonné, pain blanc. —
Pivois savonné, vin blanc.
Savonner Q v.a. || 1. Répri-
mander. Il 2. # Voler. — Sa-
vonner une cambuse, dévaliser un
logement; (pour laver, nettoyer).
Savoyard Q s. m. Individu gros-
sier.
•Savoyarde s.f. Malle.
Saxophone (St.-G.) s.m. Surveil-
lant de l'Ecole.
Sbire O sm. Agent de police.
Scarabombe s.f. Elonnement.
Scarabomber # v.a. Etonner.
Schako (mil.) s.m. Tête. — Se
fourrer une idée dans le shako, se
mettre une idée en tête.
Schelinguer v.n. Voy. Chelin-
ijuer.
Schiague s.f. Correction. —
Coups.
Schlaguer v.a. Battre.
Schlingoter = Schlinguer
v.n. Schelinguer =: Chelinguer,
v.c.m.
SchloffQs.m. Lit. « Allerausc/ifo/f.»
— De l'ail, schlafen, dormir.
Schloflfer Q v.n. Dormir. — D'une
racine formée de l'ail. Luft, air.,
respiration, au moyen de s, mar-
que du sifflement.* Il est congé-
nère de roupiller par sa forme gut-
turale. [TlMMERMANS]
SchnappsQ s.m. = Schnick. Eau-
de-vie.
Schness # s.m. Physionomie. —
Corr. de l'ail. Schnauze, mufle,
groin. (Larchey) — Schnauze est
formé de Nase, et de s, marque
du sifflement. [Timmkrmans.]
Schnick O s.m. Voy. Schnapps.
Schniquer v.n.. Boire du schnick,
v.c.m.
Schniqueur s.m. Buveur de
schnik, v.c.m.
Schpill a. Bien fait, réussi.
Schpiler v.n. Réussir.
Schpromme s.m. Résistance.
Schproum s.m. Pousser des
schproums, s'ébrouer ; manifester
son admiration. — Onomatopée
énonçant l'éclat d'un rire qui
SCHPUSER.
— 266
SELECT.
gonfle les joues outre mesure.
[TiMMERMANS.J
Schpuser v.n. Puer,
Schtard # s. m. Voy. Jettard.
Schtard des poivrots, violon. —
Schtard aux frusques, mont-de-
piété. — Schtard des lascars, pri-
son de la Roquette.
Schtardier % s. m. Prisonnier.
Voy. Schtard.
Schtoser (Se) # v.pr. S'enivrer.
Sciant a. Ennuyeux.
ScieO s.f. Rengaine. — Ennui. —
Cest une scie, c'est une chose
ennuyeuse. — Monter une scie
contre quelqu'un, mystifier. —
Porter sa scie, sortir avec sa
femme.
Scier O v.a. Ennuyer. — Fatiguer.
— Scier des boyaux de chat avec
une queue de cheval, jouer du
violon. — Scier du bois, jouer du
violoncelle. — Scier le dos à quel-
qu'un, Fennuyer.
Scieur Q s.m. Scieur de bois, vio-
loncelliste.
Scion s. m. Couteau ou toute
autre arme tranchante, canif,
tranchet, etc. — # Coup de scion,
coup de couteau.
Scionner 00 v.a. Tuer avec un
scion, v.c.m.
Scionneur s. m. Meurtrier. —
Assassin. — Celui qui tue avec un
scion v.c.m.
Scrupule Q s. m. Un scrupule =
Une idée = Un soupçon, un peu.
Scrutin Q s. m. Assister au scrutin
de ballottage, plonger ses regards
dans le corsage d'une femme dé-
colletée.
Séant s. m. Derrière.
Seau s. m. — Etre dans le seau,
être dans l'embarras. — Coup dans
le seau, coup manqué.
Sec0Oa.ets.m. || iMoTï.— ïlfait
sec, il y a du danger || 2. Net. —
En cinq sec, en cinq points net.
— (mil.}£^re sec de, être privé de.
— Fruit sec, individu qui, après
avoir fait des études, ne réussit
en rien de ce qu'il entreprend.
— Etre à sec, ne plus avoir d'ar-
gent; n'avoir rien à boire.
Seccot s. m. Voy. Sécot.
Sèche s.f. |1 1. Cigarette. || 2.
# La sèche, la mort. || 3.
Voy. Piquer.
Sécher O v.a. |I 1 Boire. « Séc/ter
un litre, une absinthe, etc. » || 2.
Etre en prison. — Sécher quel-
qu'un, l'importuner. — Sécher un
devoir, ne pas le faire. — Sécher
V école, ne pas y aller. — Sécher
un élève, le refuser à l'examen.
— Etre séché \\ 1. Echouer dans
un examen = Piquer (v.c.m.) wne
sèche. Il 2. Etre dégrisé, m. à. m.,
ne plus être mouillé. \\ 3. Subir
une punition.
Séchoir s. m. Cimetière. Vov.
Sec (1) et Sèche (2).
Sécot s.m = Seccot. Maigre.
Secouer 0v.a. Arrêter. — O Se-
couer quelqu'un, le réprimander;
le maltraiter ; le battre. — Secouer
la commode, jouer de l'orgue de
Barbarie. — Secouer le petit
homme, onanisme. — ^ Voler.
Secousse s.f. La faire à la se-
cousse, faire vite et mal. — Don-
ner une secousse, mettre de l'ar-
deur au travail. — // ncn a pas
foutu une secousse, il n'a rien fait.
— Prendre sa secousse, mourir.
(Michel)
Secrète # s.f. Lettre.
Seigneur s.m. Seigiieur à mu-
sique, assassin. — J.d.m. sur
saigner.
Seize O ^-n. Souliers seize, souliers
trèsétroits. — J.d.m. 13et3 = 46.
— Sur seize ! attention !
Select O a- ("choisi. — Distingué.
— Le monde sélect, le grand
monde. (Anglomanie.)
I
SEMAINE.
— 267 —
SERINETTE.
Semaine s.f. Je ne suis pas de
semaine = Je ne marche pas =^ Je
ne veux rien savoir, refus de faire
une chose. — La semaine des
quatre jeudis, jamais.
Semainier (thé.) s. m. Artiste du
Théâtrc-Françaîs qui est chargé
delà régie pendant, une semaine.
Semelle s.f. Battre la semelle,
vagabonder. — Chevaux à double
semelle, jambes.
Semer v.a. — Jeter à terre. —
Terrasser. — Semer quelqu'un, se
débarrasser de lui. « C'est un ra-
seur, sème-le. »
Séminaire # s. m. || 1. Bagne.
Il 2. Gage à poulets. — Du lai.
semen, seminis, graine : on met
au bagne \a mauvaise graine {^\g.) ,
et le grain dans la cage à poulets.
Semper = Semperlot (mil.) —
s. m. Voy. Saint-Père.
Sénaqui # s. m. Pièce d'or; (déf.
du mot sequin).
Sénat s. m. Cabaret de bas
étage.
Sénateur s. m. Se dit par ironie
d'un bourgeois bien mis ou d'un
pauvre déguenillé. Il existe un
marchand de vin, faubourg du
Temple, qu'on appelle le Sénat :
c'est le rendez-vous des sénateurs,
mendiants, faux estropiés, etc.,
etc. A proximité se trouve un éta-
blissement du même genre appelé
la Chambre des députés (1894).
Sens s. m. Sens devant dimanche,
sens dessus-dessous.
Sensiblerie O s. f. Sensibilité mal
placée.
Sentinelle O s.f. Etron. = Senti-
nelle perdue := Factionnaire. —
Poser une sentinelle, faire ses be-
soins en plein air. — (typ.) pi.
Sentinelles, caractères tornbés de
la forme qui restent debout.
Sentir v.a,. et v.n. Q Ne pas pou-
voir sentir quelqun, le détester.
— Sentir le coude à gauche,
s'entendre ; être en communion
d'idées ; marcher d'accord. — Se
sentir les coudes, se soutenir mu-
tuellement, s'appuyer, s'ent'rai-
der. — Ne plus te sentir, être
gâteux.
Sept O s. m. Crochet de chiffon-
nior (allus. de forme).
Sept-à-neuf Q s. m. Vêlement du
malin pour la promenade à che-
val.
Séquence s.f. Cartes disposées dans
un certain ordre pour faire gagner
le banquier (arg. des joueurs).
Séquencer v.n. Préparer les sé-
quences, v.c.m
Séquencier s. m. Tricheur. Voy.
Séquence.
Ser # s. m. = Sert. Signal entre
voleurs et tricheurs. — Faire le
ser, faire le guet; cligner de
l'œil.
Séraphins (St.-C.) s. m. pi. Elèves
malades.
Serard (B) s. m. Notaire.
Serge s. m. Voy. Sergot.
Sergent s. m. Sergent d'hiver^
soldat de !''« classe. — Sergent-
major d'hiver, caporal. (Ils por-
tent des galons de laine.) — Ser-
gent de vieux, surveillant d'hô-
pital. — Sergent de crottin, sous-
officier de cavalerie.
Sergolle 9 s.f. Ceinture.
Sergot s. m. = Serge. Sergent
de ville (abrév.).
Sérieux 9 s. m. Médecin.
Serin O s. m. || 1. Gendarme, jj 2.
Niais. — Imbécile.
Seriner v.a. # Divulguer. — Q Se-
riner quelqu'un Il i. L'ennuyer de
paroles. || 2. Le faire cocu== Se-
riniser.
Serinette # s.f. =: Chanteur,
v.c.m. Enfant qui a plus de mé-
moire que d'intelligence (Lar-
chey) (il récite comme une seri-
SERINGUE.
268 —
SEZIS.
nette fait entendre un air quand
on la met en mouvement).
Seringue s.f. Machine à va-
peur. — Seringue à rallonges, té-
lescope. — Chanter comme une
seringue^ chanter faux.
Seringuinos s. m. Apothicaire.
Serinisep Q v.a. Seriniser quel-
qu'un, le faire cocu = Seriner.
Serpent s. m. (écol.) || i. Faire un
serpent, courir les uns derrière les
autres et évoluer en une longue
file qui serpente. ||2. Sergent
dans les lycées (m. déf.), U 3. Cra-
chat. (Michel)
Serpentins % s. m. I| 1. Matelas.
Il 2. O Bande de papier enroulée
sur elle-même, qui se fait en
couleurs variées et se lance dans
la rue pendant les fêtes du car-
naval (4 893). Voy. Confetti. « Pour
que le gras carnaval, avec sa pan-
tagruélique bedaine, réapparaisse
aux yeux enchantés de ses sujets,
il a suffi de la chaîne légère des
souples serpentins. Ce sont les
rênes qu'il tient en ses mains
puissantes.. , ». Enkur, 3 mars 94.)
Serpette (mil.) s.f. Jambe courte
et arquée.
Serpillière s.f. Robe commune.
— Serpillière àratichon, soutane.
La serpillière est une sorte de
toile d'emballage.
Serrante # s.f. || 1. Serrure.
Il 2. Armoire. || 3. Ceinture.
Serre # s.f. Prison.
Serré O a. || d. Avare, j] 2. Gêne. |
— Pauvre.
Serrepogne s. m. Bracelet. — [
Menottes.
Serrer # v.a. || 1. Voler. [] 2. Met-
tre en prison. — O ^^ serrer ==
Serrer le brancard, la cuiller, les
phalanges, la pince, etc., donner
la main. — Serrer la croupière,
■ surveiller, tenir sévèrement. —
Serrer les fesses, avoir peur. —
Serrer le nœud, se marier. — Ser-
rer la vis, la gargamelle ou le
quiqui, étrangler. — Se seirer la
vis, se pendre, se restreindre ; se
priver.
Serrure O s.f. Avoir la serrure
brouillée, avoir Félocution con-
fuse. — Laisser la clef à la ser-
rure, avoir un enfant par surpri-
se. — Mettre un cadenas à la
serrure, s'abstenir de l'amour.
Sert % s. m. Voy Ser.
Servatoire Q n.pr. La petite Ser-
vatoire est fille de concierge ;
elle a de la voix et de l'ambition ;
elle pianote dans la loge et finit
par pénétrer au Conservatoire ;
elle devient maniérée, préten-
tieuse ; elle sait tout, elle connaît
tout, arrive à ses examens à peine
dégrossie, empoche un prix ou
un accessit si elle a des qualités
naturelles ; et un tiers d'entre
elles se fiche de Fart pour se lan-
cer dans la galanterie. (Guillaume
LiVET.)
Serviette O s.f. || 1. Portefeuille
Il 2. # Canne en jonc.
Servir 0v.n. || 1. Arrêter. — Saisir.
Il 2. Dénoncer. — Trahir. —
Servir de belle, dénoncer à faux.
Il 3. Servir le trépe, faire ranger
la foule. Il 4. Frapper. — Tuer.
— Servir un pante à la dure, tuer
un bourgeois.
Sésière=: Sésigue pron. pers.
Voy. Sezis. Lui. — Elle.
Seuf (écol.) a. Faire le seul homme
= Monôme, v.c.m.
Sévère # s. m. Propriétaire — Q
adj. En voilà une sévère! c'est ini-
maginable.
Sèvres n.pr. m. Passera Sèvres,.
ne rien recevoir; (être sevré).
Sexe s. m. Individu du troisième
sexe, pédéraste.
Sezis (B) pron. pers. Voy. Sésière.
Lui.
i
SHAMPOOING. — 269
SIROTEUR.
Shampooing Q s. m. Lavage et
friction de la tête.
Shocking Q a. Cest shockmg !
c'est clioquant, révoltant.
Shockiner (se) v.pr. \o\.Shocking.
Se révolter. — Se froisser. — Se
formaliser.
Shooter (sport) s.m. Membre
d'une société de tir aux pigeons.
Shooting (sport) s.m. Tir aux pi-
geons.
Siam s.m. Boutiquier.
Siamois (les) # s.m. pi. Les tes-
ticules.
Siante # s.f. Chaise.
Sibiche:=rSibigeoise= Sibije0
s.f. Cigarette.
Siester Q v.n. Faire la sieste.
Sieurs (V) s.m. pi. || 1. Seigneurs.
Il 2. Les pendus (iron.).
Siffle # s.f. Voy. Si/flet.
Siffler v.n. et v.a. Siffler au
disque, jjl. Demander de Tar-
gent. Il 2. Faire un appel. — Tu
peux siffler î = Tu peux te fouil-
ler, v.c.m. — Siffler un verr^,
boire un verre (l'envoyer dans le
sifflet, v.c.m.). voy. Disque.
Sifflet s.m. Gorge = Siffle. —
S'affûter ou se rincer le sifflet,
boire. — Couper le sifflet à quel-
qu'un, lui couper la gorge. — O
Sifflet d'ébène, habit noir de cé-
rémonie (allus. de forme).
Sigle = SigoUe == Sigue % s.m.
Pour Cigale, pièce de vingt
francs.
Silence s.m. Huissier audien-
cier. (Il crie : Silence !)
Silo (mil.) s.m. Mettre au silo,
punition barbare, autrefois en
usage dans l'armée d'Afrique.
Elle consistait à enterrer le pa-
tient jusqu'au cou en laissant la
tête exposée aux ardeurs du so-
leil.
Sime s.f. La patrouille.
Simonner v.n. Tromper. — Es-
croquer. — Mendier. (Allus. à
Simon, l'usuiier de l'évangile.) •
Simonneur # s.m. Trompeur. —
Escroc. — Mendiant.
Simper s.m. voy. Saint-Fère.
Simple # s.m. Voy. Sinve.
Sinade # s.f. Ta&ac à priser. —
Siner est un son nasal, congénère
de celui de sentir. On aspire le
tabac, acte semblable h celui de
respirer un parfum. [TimmermansJ
Sindom # s.m. voy. Saindom.
Singe, esse s.m. || 1. Chef. —
Maître. — Patron. — Mari. —
Prolecteur d'une femme entre-
tenue. — Le grand singe, le chef
de l'Etat. Singe à rabat, prêtre.
— # Singe de la rousse, chef de
la police. |j 2. Compositeur d'im-
primerie. — Faire le singe, at-
tendre en allant et venant. — Q
Singe botté, farceur, individu
drôle, amusant. — Paijer enmon-
naie de singe, promettre de payer,
avec des paroles et des gestes
persuasifs.
Sinve s.m. Simple. — Naïf. — -
Niais. — Innocent. — Bon à voler.
— A/franchir un sinve, déniaiser;
mettre au courant du métier de
voleur. — Faire le sinvCy avoir
peur; faire l'innocent.
Sinverie =^- Sinvinerie s. t.
Niaiserie. — Bêtise.
Sinvine s.f. Niaise. — Bête.
Sionnerv.a. Yo\. Scionjier.
Sire (V) s.m. Seigneur.
Sirop s.m. Avoir un coup de
sirop, être légèrement ivre. —
Sirop de Vaiguière, de grenouille,
eau. — Sirop de baromètre, mer-
cure. — Sirop de crapule, eau-
de-vie.
Siroter Q v.a. H 1. Savourer « Si-
roter le bonheur. » || 2. Boire. —
On va siroter une négresse, on va
boire une bouteille de vin.
Siroteur, euse s. Buveur.
SISYPHE.
2-0
SŒUR.
s.f. Araignée
qui
Sisyphe
met dans les corniches,
Sit nomen s. m. Argent mon-
nayé. — Abrév. de Sit nomen Do-
mini benedictum, inscription qui
se trouvait sur les écus à Teffigie
de Louis XV et de Louis XVL
Sitrin a. Noir (Michel).
Sitron # a. Sur, acide. (Pour
citron.)
Situation Q s.f. Situation ou posi-
tion intéressante, état de gros-
sesse.
Sivage s. m. Voleur au sivage=
Siveur, dévaliseur de poulaillers,
(voleur de sives. v.c.m.)
Sive # s.f. Poulet. — Volaille.
— Pour cive; en holl. kip, vo-
laille, poule, à proprement par-
ler, chapon, dont cive est une
var. En holl. on dit kipper et
kappen, couper. [Timmermans]
Siveur # s. m. Voy. Sivage.
Six O ^■^- Six et trois font neuf =
Cinq et trois font huit, boiteux. —
A la six-quatre-deux, sans soins,
mal fait.
Six francs s. m. Passe-carreau.
(arg. des tailleurs.)
Sixième s. m. Haute' casquette
de soie noire dite à ponts.
Skatinage Q s. m. Patinage à rou-
lettes.
Skatineur, euse s. Q Patineur à
roulettes.
Skating = Skating rings. O"^-
Enceinte pour le patinage. —
Mots ang., skate, patin, et ring,
cercle.
Slasse # a. et s.f. Ivre = Slassi-
que. — Ivresse. — Pour soûlasse,
de soûl.
Slasser v.a. Voy. Slassiquer.
Soûler (abrév. de" soulasser).
Slassique % a. Voy. Slasse.
Slassiquer # v.nl Voy. Slasser.
S'enivrer.
Smalah Q s.f. Famille. — Il a dé-
barqué chez moi avec toute sa
smalah, il est arrivé chez moi
avec toute sa famille.
Snob s. m. || 1. Individu van-
tard et arrogant qui se croit une
valeur qu'il n'a pas. — Celui qui
s'illusionne et dont les idées sont
étroites. || 2. a. Excellent = Sno-
boye, v.c.m. « Pas un snob — oh !
non î — mais tout de même un
bonzig!» (Séverine.) || 3. Elé-
gant excentrique ou ridicule.
« Cela ne peut manquer de réjouir
nos snobs, instinctivement fanati-
tiques des modes et coutumes
importées d'outre-Manche. »
Snobisme s. m. Voy. Snob (1).
Etroitesse d'esprit.
Snoboye0a. €hocnosoff=Snob{2)
Excellent. — Du skt snih, ai-
mer.
Soc s. m. Voy. Démoc. Abrév.
de socialiste.
Soce s.f. Abrév. de société.
Sociale (la) s.f. La République
socialiste.
Société O s.f. Etre de la Société
du doigt dans l'œil, s'illusionner
sur sa valeur personnelle. — So-
ciété d'admiration mutuelle, cote-
rie littéraire ou artistique.
Sœur s.f. Maîtresse. — Sœur de
maîtresse d'un homme marié (elle
est la sœur de lit de sa femme).
— Sœurs (B) pi. Cuisses, fesses.
— % Sœurs blanches. Dents. —
Sœur de charité, voleuse qui quête
à domicile pour de fausses bon-
nes œuvres. — Et ta sœur? Cette
phrase a d'abord été une réponse
à une grossièreté populaire qui
se disait même sans intention
malveillante. « Bougre d'enfant de
garce ! » — Et ta sœur ? et le dia-
logue continuait sur ce ton pour
dégénérer quelquefois en rixe.
Peu à peu cette réponse : Et ta
sœur ? s'est faite à propos de tout
SOIE.
271
SON.
et de rien et n'a plus aujourd'hui
qu'un sens banal.
Soie s.f. Habillé de soie, co-
chon. — Fil de soie^ voleur.
Soif s.f. Il fait soif, nous avons
soif. — Boire jusqu'à plus soif,
boire à discrétion.
Soiffard, arde0s. Voy. Soiffeur.
Soiffer v.n. Boire beaucoup.
Soiffeur, euse s. ^ Soiffard.
Buveur, (en ail. Sàiifer, m. s. Ce
mot semble plutôt dériver de
soif).
Soigné O ^' ^" soigné, bien fait ;
bien appliqué. — Tu vas payer
une tournée soignée, tu vas réga-
ler sérieusement.
Soigner Q v.a. Soigner quel-
qu'un, le battre, le corriger. —
(thé.) Soigner un acteur, se dit
en parlant de la claque qui l'ap-
plaudit. — Soigner les entrées,
applaudir à l'entrée en scène. —
Soigner Venfant, applaudir une
pièce nouvelle.
Soir eux Q s.m. voy. Cercleux.
Soiriste O s. m. Celui qui fait les
comptes rendus des soirées théâ-
trales.
Soissonnais s. m. Haricot.
Soixante-neuf Q Double contre-
sens qu'a omis de signaler Dorât
dans son poème des Baisers. (Ri-
gaud)
Soldat s, m. Soldat du pape,
mauvais soldat. — # Des soldats,
de l'argent. — Faire soldat, as-
sister au partage d'un vol sans y
participer. « Le Rouquin voulait
me faire soldat, mais comme il
sait que j'en connais long sur lui,
il m'a donné un vêtement qu'il
venait d'acheter et cinq francs. »
(Le crime de Maisons-Laffitte,
1893. Interrogatoire du Petit-
Chariot.)
Solde O s. m. Marchandise démo-
dée, hors de saison, avariée. —
Chose de peu de valeur ou de
mauvaise qualité.
Solder Q v.a. Acheter ou vendre
au rabais.
Soldeur Os. m. Individu qui ach^fe
les soldes (v.c.m.) et revend au
rabais.
Soleil O s. m. Avoir un coup de
sdeil, être gris. — Receooir un
coup de soleil, devenir subite-
ment amoureux. — Piquer un so-
leil, rougir.
Soliçage s. m. Vente.
Solicer # v.a. || i. Vendre. || 2.
Voler.
Soliceur, euse # s. Marchand. —
Soliceur au trimard, marchand
ambulant. — Soliceur à la poqne,
marchand qui vend des objets
qu'il tient dans la main, anneaux
bf-isés, lacets, boulons, papier à
lettres, cirage, etc., etc., à deux
sous la poignée. — Soliceur à la
goure, marchand qui trompe. —
Soliceur de zif, escroc qui se fait
donner un acompte sur une mar-
chandise fictive qu'il ne livre ja-
mais. — Soliceur de pognon, ban-
quier. — Soliceur de lacets, gen-
darme. — Soliceur de lofitudes,
journaliste.
Solir # v.a. Vendre. — Solir
sur le verbe, vendre à crédit.
Solitaire Q (thé.) s.m. Claqueur
isolé.
Sombre (la) s.f. La préfecture
de police.
Sombriole s.f. Nuit très som-
bre.
Sommeil s.m. Marchand de
sommeil, logeur à la nuit.
Sommier 0^s.m. Sommier de ca-
serne, prostituée qui fréquente
les soldats.
Somno s.m. Chambre à cou-
cher.
Son s.m. Boule de son, visage
couvert de taches de rousseur. —
SONDE.
— 272 ~
iOHTlU,
Eternuer dans le son, être guil-
lotiné.
Sonde s.f. Médecin. — Etre à
la sonde, être rusé, malin.
Sonder 0v. a. Fouiller. — Obser-
ver. — Espionner.
Sondeur O a. s.m. 1| 1. Ob-
servateur. — Chercheur. — Agir
en sondeur, aller aux rensei-
gnements; faire une chose avec
prudence ; s'enquérir. — Père
sondeur, juge d'instruction. —
Avocat sondeur, procureur de
la République. — Les sondeurs,
les agents de la police de sûreté.
Il 2. Employé d'octroi (il sonde
les voitures et les tonneaux).
Sonne (la) # s.f. La police.
Où qu'vous ni'cmm'ncz, messieurs d'ia sonne
Quoi ? vrai \ vous allez m'ramasser ?
[Chans. des Gueux.)
Sonner % v.n. v. a. et v. pr. As-
sommer. — Cogner la tête contre
le mur ou les pavé§ (la tête fait
alors comme le battant d'une clo-
che). — Mendier — $e la sonner,
bien manger.
Sonnette s.f. || 1. Argent mon-
nayé (il sonne). |12. Gardienne
de Saint-Lazare. || 3 (typ.) Ca-
ractères tombés de la forme el
qui restent debout.
Sonniaire # pron. pers. Lui. —
Cest pour son niaire, c'est pour
lui.
Sophie O n.d.b.f. Faire sa Sophie,
faire la prude. — Voir Sophie,
avoir ses menstrues. — Sophie de
carton, femme qui pose à tort
pour la vertu.
Soque s.m. Ouvrier qui devient
chiffonnier par nécessité.
Sorbonne 0# s.f. Tête. — Cer-
veau.
Sorbonner # v.n. Penser. — Rai-
sonner.
Sorgabon % irit. Bonsoir (déform.
de bonne sorgue, v.c.m.).
Sorgue # s.f. La nuit. — Le soir.
— La brune. — Refaire de sor-
gue, souper. — On écrivait sor-
gue au moyen âge et l'on pro-
nonçait sorne (v.c.m.) qui se
trouve dans le dict. de Nicot : Le
vrai thrésor de la langue fran-
çoise (Paris, 1606, in-fol. B.N.\
— Du préfixe privatif s et du skt.
arka, soleil (Burnouf).
Sorguer # v.n. || i. Dormir. |1 2.
Passerla nuit, veiller, jj 3. Sorguer
à la paire, coucher dans un hôtel
garni et s'en aller sans payer.
Sorgueur s.m. Voleur de nuit.
Sorio (polyt.) s.m. Pot de chambre.
Sorlot # s.m. Soulier. — Sorlet,
m. s. en patois du Nord.
Sorne # (V) s.f. = Sorgue, v.c.m.
Il 1. La nuit. — Le soir. — La
brune.
Sur la sorgue que sires sont rassis.
(VlLLO.X.)
Il 2. Noir (par cxt. du sens pré-
cédent). — Nous avons en fr. le
mot sai^r, brun, sombre ; cheval
saur, cheval brun; hareng saur,
harengfumé qu'on appelle sauret
dans le patois du Nord. Enfin le
mot sournois désigne un individu
qui agit dans l'ombre.
SornilTer (V) v.n. Voler la nuit.
Sort O s.m. Faire un sort, em-
ployer, utiliser ; prendre, saisir.
« Tu joues la manille de carreau ?
— Je lui fais un sort, je coupe. »
Sorti O a- Etre sorti, être distrait
(la pensée est absente).
Sortie Q© s.f. Faire une sortie,
diatribe, critique amère, ré-
ponse violente. (( Il nia fait une
sortie dont je me souviendrai. » —
Sortie de guinche, canapé, divan
(on va sur les divans en sortant
du bal).
Sortir v.n. II est à CMpital, il
n'en sortira que les pieds devant, il
SOUCHE.
273 —
SOUPÇON.
n'échappera pas à la mort, il sor-
tira dans un cercueil. — Je sors
iVen prendre, j'ai déjà vu cela,
j'en ai assez ; j'en ai essayé.
Souche s.f. Fumer une souche,
être enterré.
Soudard (mil.) s. m. Vieux sou-
dard, vieux soldat.
Soudrillard # a. et s. m. Libertin.
Soudrille (mil.), s.f. Soldat libertin
ou fripon.
Soue (V) s.f. Etablc à porcs.
Dans la soue aux cochons
Il m'a tant bousculée.
{Chans. du Maine.)
Soufûant # s.m. Hl. Pistolet.
11 2. Cor de chasse.
Soufflante # s.f. Trompette.
Souffler v.a. etv.n. O Souffler des
pois, faire l'important (se gonfler
d'orgueil et en lancer des bouf-
fées). — Souffler dans des vessies
trouées, se donner beaucoup de
peine inutilement. — Souffler sa
veilleuse, mourir. — Souffler son
copeau, travailler. — Souffler
quelqu'un, l'arrêter, l'enfermer.
a La police Va soufflé, » — (Obsc.)
Souffler dans le poireau, lat.
fellare. — # Souffler mal, avoir
de mauvaises intentions.
Soufflet Derrière. — Donner
un soufflet a sa pelure, retourner
son vêtement.
Souffleur s.m. (thé.) Prendre au
souffleur, attendre sa réplique du
souffleur. — Souffleur de bou-
din, individu qui a le visage
rouge et bouffi. — Souffleur de
poireau, musicien.
Souffrante s.f. Allumette chi-
mique (elle est soufrée). =: Souf-
frante perlée.
Souflard (B) s.m. Maréchal.
Souillarde # s.t. Blouse de tra-
vail (que l'on souille).
Souillon O s. 2g, = Sousouille.
Individu malpropre.
Soûl O^^- Soûl comme un Polonais,
complètement ivre. — AUus. au
goût d'un roi de Pologne, Au-
guste III, pour les liqueurs fortes :
Quaud Auguste avait bu la Pologne était ivre.
— Compartiment des femmes soû-
les, soûles est ici employé pour
seules (iro.).
Soulager # v.a. Débarrasser. •
Dévaliser. — Soulager quelqu'un
de son porte-monnaie, lui voler
son porte-monnaie.
Soûlasse # s.f. ||1. La grande
soûlasse, assassinat. — Maquiller
la grande soûlasse sur le tnmar,
assassiner sur la grand'route. jl 2.
Filou. — Tricheur. (| 3. Traître.
Soulever v.a. Dérober.
Soulier s. m. Soulier seize, soulier
très étroit(j.d.m. : 13 et 3 = 16).
— Soulier vingt-cinq, soulier
neuf et très étroit (j.d.m. : 9 et 13
et 3=25.
Souligner O v.a. Faire remarquer.
— (thé) Souligner un effet, ac-
centuer une phrase, un mot avec
l'intention de le faire remar-
quer.
Soulographe s.m. = Soulot-
teur. Ivrogne. Celui qui a l'habi-
tude de s'enivrer.
Soulographie s.f. Orgie. —
Ivrognerie.
Soulographier (se) v.pr. Se
griser, s'adonner à la boisson.
Souloir # s.m. Verre. — Souloir
des ratichons, calice.
Soulouque O s.m. Cinq-six au jeu
de dominos (il est très noir,
comme l'empereur nègre de ce
nom).
Soulotteur s.m. Voy. Soulo-
graphe.
Soupape s.f. Serrer la soupœpe,
chercher à étrangler. -- Faire
cracher ses soupapes, s'enivrer.
Soupçon O s.m. \oy.Strupule.
18
SOUPE.
— 274
SOUVEiNT.
Soupe 00 s.f. Soupe au lait, in-
dividu qui s'emporte facilement.
Soupe de perroquet, pain trempé
dans le vin. — Faire manger à
quelqu'un la soupe au poireau, le
faire attendre. Voy. Poireauter. — |
Manger une soupe aux herbes,
dormir sur Therbe. — Tremper
une soupe à quelqu'un, le battre.
— La soupe et le bœuf, bourgeoi-
sement, modestement. — Fin
de la soupe, exécution capitale.
Soupe adv. Assez ! — J'en ai
soupe, j'en ai assez. — J'ai soupe
de ta fiole, de ta tronche, j'ai
assez de ta figure, je t'ai assez vu
(le souper est le dernier repas du
jour). '
Soupente s.f. Ventre. — Vieille
soupente, vieille prostituée.
Soupe - sept - heures s.m.
Homme régulier dans ses habi-
tudes. — Maniaque.
Soupeser Q)\.a. Se faire soupeser,
se faire réprimander.
Soupir O s.m. Soupir de Bacchus,
rot, hoquet.
Soupirer O v.n. Laisser échapper
un vent.
Souple # a. Bleu.
Souquer. v.a. Battre. — Se-
couer.
Sourde s.f. Prison.
Sourdelle % s.f. La potence.
Sourdine s.f. En sourdine, à la
sourdine, en cachette. — # Voler
• à la sourdine, endormir la victime
à l'aide d'un narcotique avant de
i- la dévaliser.
Sourdoche s.f. Lanterne.
Souricière O s.f. I| 1. Endroit sur-
veillé parla police, qui y tend des
- pièges aux malfaiteurs, y établit
des' souricières. \\ 2. Dépôt de la
préfecture de police.
Souris s.f. Baiser sur l'œil. —
Faire la souris, voler adroitement
dans les poches. — Faire la souris
le long de la jambe = Voy. Pe-
loter.
Sous-dern (écol.) s.m. Avant-der-
nier.
Sous-lieutenant s.m. Faux der-
rière, tournure.
Sous-maîtresse s.f. Surveil-
lante de maison publique.
Sous-marin Q â. Gentilhomme sous-
marin, souteneur.
Sous-merde s.m. Individu ou
chose au-dessous de tout.
Sous-off (mil.) s.m. Abrév. de
sous-officier.
Sous-officier O s.m. Tournure,
faux derrière.
Sous-pied s.m. Morceau de
viande dur comme du cuir.
Soussouille a. et s 2 g. = Souil-
lon, v.c.m. (m. à. m., sous-souil-
lon.
Sous-ventrière s.f. Ceinture.
— Echarpe. — Tu t'en ferais péter
la sous-ventrière =: Tu fen ferais
craquer la ceinture, tu rirais trop,
tu serais trop content.
Sous-verge (caval .) s.m. En
sous-verge, en sous-ordre ; com-
mander en second.
Soutados # s.m. z= S outellas. Ci-
gare d'un sou (iro.).
Soute s.f. Soute au pain, esto-
mac.
Soutellas s.m. ^ Voy. Souta-
dos.
Soutenante # s.f. || 1. Canne. {| 2.
Bretelle.
Souteneur O s.m. Celui qui vit
aux dépens des prostituées, et
qu'on appelle ainsi parce qu'il est
censé les soutenir quand elles sont
insultées.
Soutirantes s.f.pl. Bottes. ,
Soutirer O v.a. Extorquer. —
Soutirer au caramel, extorquer de
l'argent par des moyens douce-
reux.
Souvent adv. Plus souvent, ja-
SOYEUX.
— 275
SUAGE.
mais (expression de refus). —
Plus souvent que je casquerais, je
ne veux pas payer.
Soyeux Q s. m. Employé à la vente
de la soierie. — Chef soyeux, chef
du rayon de soieries.
Spade O s.f. Epée (vx mot qui a fait
s})adassin, ferrailleur, traîneur
d'épée).
Speck # s. m. Lard (ail. m. s.).
Spectre Q s. m. Spectre de banco,
joueur ruiné (j. d. m. sur banco).
Speech Q s. m. Allocution, discours
(mot ang.).
Spélicans( V)s. m. pi. Spoliateurs. —
Du lat. spilucare, éplucher, tour-
menter.
Sper s. m. Fer à repasser encore
chaud, (arff. des tailleurs).
Spickel (polyt.) s.m. Epée de salon.
Spirite O a- et s. 2 g. Adepte du '
spiritisme, v.c.m. « Doctrine spi-
rite. Revue spirite. »
Spiritisme Q s.m. Le spiritisme
est la doctrine fondée sur Texis-
lence, les manifestations et ren-
seignement des Esprits.
Spispouf s.m. Polisson (de l'ail.
Spitzbube, m. s.).
Spleen Q s.m. Ennui. — Mélan-
colie. — Mot ang. qui signifie
rate, bile, haine, dégoût; du gr.
-XtjV ; les anciens croyaient que
la rate était le siège de la bile
noire ou mélancolie.
Sport O s.m. Le sport a d'abord
désigné en France l'ensemble des
opérations concernant les courses
de chevaux, puis ce mot a désigne
tous les genres d'exercices physi-
ques, canotage, vélocipcdie,
chasse, etc.
Sportif O a. Journal ou courrier
sportif, qui s'occupe de sport,
v.c.m.
Sportsman Q s.m. Individu qui
s'occupe de sport, v.c.m.
Square Q s.m. Jardin public. —
De l'ang. square, place carrée.
Stafer v.a. Dire.
Stalie (thé.) s.f. Fauteuil. — Place.
Stand O s.m. Champ de tir. — De
Tall. Stand, place.
Staricles (V) s. m. pi. Gens de jus-
tice.
Starter (sport) s.m. Celui qui
donne le signal pour le départ des
chevaux.
Statufier Q v.a. Elever une statue.
Steamer Q s.m. Bateau à vapeur
(mot. angl., de steam, vapeur).
Steppage (sport) s.m. Dressage
d'un cheval de courses.
StepperQs.m. Cheval de courses.
Sterling a. De premier ordre.
— Excellent.
Stick O s.m. Canne très mince.
Stock O s.m. Fonds considérable
de marchandises. — Provision
(mot ang. m. s.).
Stoper O v.n. Arrêter.
Store O s.m. Paupière. — Baisser
les stores, baisser les yeux.
Strapontin Q s.m. = Polisson.
Tournure, faux derrière.
Stroc # s.m. Setier. = Demi-stroc,
demi-setier.
Stropiat s.m. Estropie.— Men-
diant estropié.
Stuc # s.m. Part de vol.
Stucquer va. et vn. Renseigner.
— Commenter. — Documenter.
Stuquer v.a. Partager.
Style s.m. Argent. — Avoir du
style, être bien mis, avoir de la
distinction.
Stylé O a. Bien habillé.
Styliste Q s.m. Ecrivain qui ne
s'occupe que de la forme.
Suage s.m. Assassinat. — Ma-
quiller un suage, assassiner, —
Le suage ou chauffage était une
torture qui consistait à brûler les
pieds du patient. Les Chauffeurs
étaient des bandits de grand che-
min qui employaient ce supplice
SUAGEUR.
276 — SUIVEZ-MOI.
pour faire dire à leurs victimes où
était leur argent.
Suageur # s. m. Assassin. Voy.
Suage.
Sublime s. m. Ivrogne fieffe. —
Allus. à la sublimation, sorte de
distillation, (iro.)
Sublimer Qy.n. et v.pr. Travailler
la nuit. — Se sublimer, s'élever
au plus haut degré dans l'avilis-
sement.
Sublimeur O s. m. Elève studieux.
Subtil # a. Dur.
Subtiliser v.a. Dérober. —
Subtiliser une femme, la séduire.
Suce-larbin % s. m. Bureau de
placement.
Sucer v.a. et v.pr. Sucer wi
verre, boire un verre, — Se sucer
le caillou, la pomme ou le trognon,
s'embrasser.
Sucre 0O s. m. Cest un sucre,
c'est bon. — (thé.) Manger du
sucre =: Boire du lait, être
applaudi, avoir du succès. —
.Sucre! int., merde! — Casser du
sucre, dénoncer; dire du mal. —
Sucre à cochon, sel. — # Sucre
de pomme, pince à effraction.
Sucrée Q s. f. Faire la sucrée ,
femme qui montre de l'affectation.
Sucrer Q v.a. |1 1. Maltraiter. || 2.
Donner de l'argent. — Mettre de
l'argent au jeu.
Suée0s.f. Réprimande. — Donner
/a SMée, corriger. — Suée de monde,
foule de monde.
Suer v.n. et v.a. # Tuer. — Faire
suer un chêne, tuer un homme ri-
che. — Du skt. sud, tuer. — JSn
suer une, (s. ent. valse, polka, etc.)
. en danser une. — O Faire suer
quelqu'un, l'importuner, l'en-
nuyer. — Tu me fais suer! tu
m'ennuies. — Faire suer, faire
donner de l'argent; se faire donner
sa part d'un vol. — Faire suer sur
le grand trimar,. voler sur la
grand'route. — Q Faire suer son
argent, iprèter à un taux usuraire.
— Faire suer le bonhomme, souti-
rer de l'argent à un naïf. — (thé.)
Faire suer le lustre, jouer très
mal un rôle. — Faire suer Thémia,
donner de la peine aux gens de
justice.
Suerie (V) s.f. 1| 1. Action de tuer.
Voy. Suer.
A l'assaut ! tost, sans suerie.
Sans effusion de sang.
(Villon.)
Il 2. Action de suer. « J'ai achevé
ma douche et ma suerie. »
(M™e DE Sévigné, 1676.)
Suffisance s.f. Avoir sa suffi-
sance, avoir le nécessaire.
Suie s.f. Jean de la Suie, ramo-
neur.
Suif s.m. ||1. Réprimande. —
Gober son suif, être réprimandé.
Il 2. Etre tout en suif, être très
gras. Il 3. Argent. || 4. Faire en
suif, tricher au jeu. || 5. Le suif,
la Grèce, le monde des grecs
(tricheurs) (j. d. m. sur graisse =
suif). Il 6. Distingue.
Suififard=:Suiffé a. et s.m.
Il 1. Distingué, élégant. — Femme
suiffée, femme élégante. || 2. Grec,
tricheur.
Suiffée s.f. Raclée.
SuifTerie s.f. Tripot rempli de
grecs; (par j.d.m. sur Grèce,
graisse).
Suisse O s.m. Faire suisse, boire
seul. — Dans le corps des Cent-
Suisses au service des rois de;
France chacun mangeait isolé-
ment.
Suissesse0 s.f. Absinthe mélangée
avec de l'anisette.
Suiveur s.m. Individu qui suit
les femmes sur la voie publique,
souvent il les précède; on le
nomme mieux pisfewr.
Suivez-moi,jeune homme Q s.m.
SULTAN,
— -277 —
TABAC.
Longs rubans pendants sur le dos
des dames.
Sultan (thé.) s. m. Le public.
Superlificoquentieux =1 Super-
lificoquentiel O ^- Superlalive-
mentbeau. — On trouve dans Ra-
belais le moi supercoquelicantieux.
Supin # s. m. Soldat. (Michel)
Sur O s.f. Voy. Surse.
Surbin s. in. Surveillant. — Ins-
pecteur.
Surbine # s.f. Recherche. — Sur-
veillance. — Etre en surbine, être
en surveillance.
Surbiner # v.n. Surveiller.
Surclouer v.a. Renouveler une
reconnaissance du mont-de-piété.
Surcroît s. m. Avoir un surcroît
de bagage, être enceinte. « Il Va.
lâchée avec tes bâtards... et tu en
as fait crever trois autres parce
que tu ne voulais pas de surcroît
de 6«(7fl(7e pour venir. » (E. Zol.\.)
Sûreté # s.f. Police de sûreté.
Surette # s.f. Pomme.
Surfine # s.f. z^So-mî* de charité,
v.c.m.
Surgerbement # s. m. Condam-
nation en appel.
Surgerber # v.a. Condamner en
appel.
Surin # s. m. Couteau.
Si j'ai pas Trond, mon surin bouge.
{Chanson des Gueux.)
— Double surin, couteau catalan.
— Swin muet, coup-de-poing,
casse- tête. Yov. Suriner.
Suriner % v.a. Tuer à coups de
couteau. — Du skt. curi, couteau ;
cur, frapper. (Burnouf)
Surineur s. m. Assassin. Voy.
suriner.
Surmouleur Q s. m. Mauvais écri-
vain ; (qui imite les défauts des
autres en les exagérant).
Surrincette Q s.f. Verre de li-
queur après la rincette, v.c.m.
Surse O s.f. ^ Sur. Faire la surse,
faire le guet. — Abrév. de sur
seize! attention!
Surtaille (la) # s.f. La police.
Sydonie s.f. Tête de bois pour
mettre les perruques.
Sylphider (se) v.pr. S'échapper
vivement et sans bruit.
Symbole Os.m. || l.Tête. H 2. Cha-
peau. Il 3. (typ.) Crédit (allus. au
symbole des apôtres ou credo pour
crédit).
Synagogue Q a. Analogue. — Sy-
nonyme. — Semblable. — Cest
synagogue, c'est la même chose.
Syntax Q n.pr.m. Docteur Syntax,
professeur, (arg. ang.)
Système s.m. (St-G.) Père Sys-
tème, le premier de la promotion.
— Agacer le système (s.-ent., ner-
veux), ennuyer, énerver. — Ça
me tape sur k système, (^d. m'énerve.
— Se faire sauter le système, se
tirer une balle dans la tête. —
S''en faire péter le système, se
fatiguer, s'énerver pour une
chose.
Tabac s.m. Passer à tabac, bour-
rer, repousser brutalement, mal-
traiter. {Bourrer une pipe, la
remplir de tabac : de là l'expres-
sion qui signifie être bourré de
coups comme une pipe bourrée
de tabac. D'après A.Timmermans,
cette expression dériverait par
TABAR.
278
TALBINÉ.
j.d.m. de chiquer, frapper, chican,
marteau, avec chiquer, mâcher
du tabac. — Tomber dans le ta-
bac, être dans la détresse. (J.d.m.
il est à bas.) — Avoir du tabac =
Avoir dwcofow, causer de la peine,
susciter des embarras ; (c'est l'é-
quivalent de Texpression acadé-
mique : avoir du fil à retordre.)
— Donner du tabac à quelqu'un,
le battre. — Fourrer dans le tabac,
mettre dans Tembarras.
Tabar = Tabarin s. m. Man-
teau. — Anagramme de rabat,
manteau du xv« siècle.
Tabatière s. t. Derrière — Ou-
vrir sa tabatière, lâcher un vent ;
(offrir une prise.) (iro.)
Table # s.f. Se mettre à table. :=
Mettre les pieds sous la table. \\
1. Avouer. |j 2. Dénoncer. =
• Manger le morceau. — Mettre
quelqu'un à table, lui donner sa
part.
Tableau O s. m. Quel tabkau l
quelle situation ! — Tableau !
(s. — ent. quel.)
Tu frais pas tant l'étroite à c'fheure
Si j'taurais laissé' t'fout' dans l'eau.
Allons! bon, c'est ma femni' ! Tableau!
{La Muse à Bibi.)
— Vieux tableau, personne vieille
et fardée.
Tableautin Q s. m. Petit tableau
sans valeur.
Tablette % s.f. Brique. (Michel)
Tablier Q s. m. Rendre son tablier,
se démettre. — Droit de tablier,
bienvenue offerte par les appren-
' tis. — Tablier de cuir, cabriolet.
— Le tablier lève, se dit d'une
femme enceinte. — Lever le ta-
blier, se laisser séduire, rendre
enceinte.
Tac # s. m. Habileté ; (pour tact).
Tache Q s.f. Tache d'huile, calom-
nie, bruit, qui, se colportant, va
toujours grandissant comme la
tache d'huile.
Taconnet s. m. (mil). Toque de
chasseur d'Afrique.
Taf. s. m. Peur. — Pour taffetas,
mot onomatopéique formé du
bruit que fait cette étoffe, sorte
de frou-frou, de frisson, qui a
faitlemot/row.sse, m. s. — Avoir le
taf, avoir peur = Taffer. — Co-
quer le taf, faire peur.
Ah ! ouiche ! Et Vtaf des tribunaux ?
{Chanson des Gueux.)
Taffer v.n. = Avoir le taf,
v.c.m.
Taffeur, euse # s. Peureux.—
Poltron.
Taffouilleux s. m. Chiffonnier
des bords de la Seine. (Rigaud)
(m.-àm. qui fouille dans les tas).
Tailbin # s.m. Voy. Talbin.
Taillage s.m. S'absenter de
l'atelier, de l'école, faire une fu-
gue. Voy. Tailler.
Taille O s.f. Fournir les tailles de
bavettes, faire naître les prétextes
pour bavarder. Voy. Taiiler.
Tailler v.a. Tailler le collège ou
Vécole, faire une fugue, un tail-
lage, v.c.m. — Tailler une ba-
vette, causer, bavarder. Voy.
Taille.
Tailleuse s.f. (obc.) Tailleuse
de plumes, lat. Fellatrix.
Taillis s.m. Voy. Happer.
Tal s.m. Derrière. — (obsc.)
Taper dans le tal, pédérastie.
Talbin # s.m. Tailbin \\ 1. Billet
à ordre. — Billet de banque. ||
2. Huissier. || 3. Portefeuille. —
Talbin d'altèque ou de la carre,
billet de banque. — (thé.) Talbin
d'encarade, billet d'entrée. —
Talbin de la sèche, faire-part de
décès.
Talbine # s.f. Halle.
Talbiné % a. Riche.
TALBINER.
— 279 —
TAPANCE.
Talbiner v.a. Assigner.
Talbinier s. m. Marchand de la
halle.
Talent s. m. Talents de société,
raffinements de volupté.
Talentueux Q a. Qui a du ta-
lent.
.Talmouse s.î. Coup.
Talmouser v.a. Battre.
Talocher v.a. Donner un coup,
une taloche.
Talon O s. m. Avoir les talons trop
courts, ne pas savoir résister à la
séduction. — Talon rouge, dis-
tingué. — On appelait autrefois ia-
lon rouge le seigneur de la cour
qui portait des talons rouges, ce
qui était un signe de noblesse.
— Etre talon rouge, èire débauché,
libertin; (allus. aux mœurs de la
régence pendant la minorité de
Louis XV.) — (mil.) Gros talon =
Gros lolo, cavalier de réserve.
Tambouille s.f. Ragoût. —
Faille sa tambouille, faire sa cui-
sine.
Tambour % s. m. Chien. — Rou-
lement de tambour, aboiement.
— Battre du tambour, aboyer.
Tambouriner Q v.a. Battre.
Tamis 0s. m. Faire le tamis, opé-
ration qui consiste à verser dans
un tamis minuscule dont le fond
est en crin, quelques gouttes
d'eau et à tirer un horoscope de
la façon dont les gouttes traver-
sent les mailles serrées de Tins-
trument cabalistique.
Tampon Q s. m. Poing. — Foutre
un coup de tampon, donner un
coup de. poing. — Se foutre un
coup de tampon, se battre. — S'en
fiche comme d<' Colin-Tampon, être
indifférent à une chose, s'en mo-
quer.
Tamponner v.a. et v.pr. Frap-
per à coup de tampon v.c.m. — Se
tamponner le coquillard, le ■ co-
quard.= S'en battre Vœil, se mo-
quer, se fiche.
Tamtam Q s. m. Bruit. — Publi-
cité. — Ça fera du tam-tam, ça
fera du bruit.
Tandem Q s. m. Vélocipède sur le-
quel montent deux ou plusieurs
personnesles unesderriôre les au-
tres. — Bi-tandem, tandem h deux
places. — Conduire en tandem,
monter à cheval en en conduisant
un autre devant soi. — Atteler en
tandem, atteler deux chevaux
l'un devant Tautre.
Tangente O f- IM- Epée. (Polyt.)
Tangente au point Q épée.
Il i. Sun^eillant de collège. \\ 3.
Prendre la tangente, se détourner.
S'échapper par la tangente, trou-
ver un faux-fuyant.
Tannant a. Ennuyeux.
Tanner Q v.a et v.pr. Ennuyer.
— Assommer. — Tanner quel-
qu'un, rimportuner. — Tanner la
basane, le cuir ou le caaaquin à
quelqu'un, le battre, le frapper. —
Se tanner les pognes, applaudir.
Tante s.f. Pédéraste. — Dénon-
ciateur. — Individu qui fait du
chantage avec les pédérastes. —
O ^IcL tante, le mont- de-piété.
Cette expression se trouve avec
le même sens dans le glossaire du
Vice puni (de Grandval, mort
en 1784). Le mont-de-piété de
Paris n'a été établi que le d^"" jan-
vier 1778.
Tap s. m. = Toppe. Exposition
des criminels — Le pilori. —
Faire la parade au tap, être mis
au pilori.
Tapable a. Naïf. — Dupe. —
Facile à taper, v. c. m.
Tapage Q s.m. Emprunt. Voy.
Taper.
Tapamort0 s. m. Tambour, (celui
qui en bat).
Tapance0 s.f. Epouse. — Amante
TAPE.
— 280 — TAQUINER.
— Tapance du meg, femme du
patron, patronne. — Elle tape
souvent à la caisse
Tapé O a- Kéussi. — C'est bien tapé,
c'est réussi. — Tapé à Vas =
Eéussi au n'^ i, on ne peut mieux
réussi.
Tape-à-l'œil s. m. Borgne.
Tape-cul (mil.) s. m. Exercice qui
consiste à monter un cheval nu.
Tape-dur 9 s. m. Serrurier.
Tapée s.f. Foule. — Quantité.
Beaucoup. — Il y en avait une ta-
pée, il y en avait beaucoup.
Taper Ô ^•^- ^'•^- ^^ \.\^r. Em-
prunter. — Demander de l'argent.
— Taper quelqu'un, lui emprun-
ter de l'argent. — Taper à la
caisse, demander de l'argent. —
S'en taper. — Se taper de quel-
que chose , s'en passer. — Tu
peux te taper — te fouiller, c'est
inutile, non. — Taper sur la hous-
tifaille, manger et boire copieu-
sement. Taper de Vœil, dormir.
— Taper sur la boule, enivrer.
Taper dans le mille. = Mettre
dans le mille, réussir. — Taper
un môme, se faire avorter, com-
mettre un infanticide. — Taper
dans Cœil, plaire à quelqu'un ;
séduire. — Taper dans le tas,
frapper ou prendre au hasard,
dans le tas. — Se taper sur la co-
lonne, onanisme.
Tapette s. t. |j 1. Langue. — Ba-
vard (par ext.). — Quelle tapette I
quelle langue ! Quel bavard! \\
2. Pédéraste. = Tata.
Tapeur s. m. Emprunteur. —
Individu toujours en quête d'une
dupe. « La plus pénible des an-
goisses étrangle, dans la gorge
les paroles prêtes à crever en
sanglots de celui qui tablant sur
d'aftectueux souvenirs fait appel
à un familier. J'excepte, bien en-
tendu, de ce cas, les a tapeurs »
— ces mendigos de la Haute!
Chaque situation, comme chaque
profession, a ses tares... et se«
exploiteurs ! » (Séverine).
Tapeuse s.f. Tapeuse du talj
prostituée qui sait se retourner.
Tapin Qs-ï"- Tambour ; (celui qui
en bat).
Tapiner = Tapiquer v.n. Se
cacher. — Se mettre à l'abri.
Tapis # s. m. |1 1. Cabaret. —
Taverne. — |I 2. Table de jeu. —
O Tapis franc, bouge. — Le ta-
pis brûle ! il attend les mises
(arg. des joueurs). — Etre au ta-
pis, rester spectateur du jeu après
avoir tout perdu. — Tapis vert.
Il 1. Table de jeu. || 2. Pré,
prairie, pelouse, gazon. — Jardi-
ner sur le tapis vert, jouer. —
Tapis bleu, ciel. — Tapis de
pied, flatteur, flagorneur. — Ta-
pis de dégelés, la Morgue. — Ta-
pis d'endossé, châle, fichu. — Ta-
pis de grives, cantine. — Tapis de
malades, cantine de prisonniers.
— Tapis de refaite, restaurant,
table d'hôte.
Tapisserie Q s. t. Faire tapisserie,
se dit des personnes qui dans un
bal se contentent de regarder
danser les autres.
Tapissier, iére. # s. Cabaretier.
Voy. Tapis (1).
Tapoteur, euse Q s. Celui qui
tapote du piano, qui en joue mal.
Tapotoir s. m. Mauvais piano.
Tappe # s.f. Voy Tap.
Taq a. Haut.
Taquer # v.a. Hausser. — Elever.
Taqueté (chor.). s. m. || 4. Viva-
cité. — Agilité. Il 2. Petits mou-
vements exécutés sur la pointe
des pieds.
Taquine # a. et s.f. Haute. —
Hauteur.
Taquiner v.a. Taquiner la dame
de pique, jouer aux cartes. —
TARASQUE.
281
ÏATOUILLE.
Taquiner les dents d'éléphants,
jouer du piano.
Tarasque O "•P''- cl s.f. Monstre
qui fut enchaîné par sainte Marthe
àTarascon. — La machine qui la
représente. (Du grec téi^as, té-
ratosj monstre.)
Tarauder v.a.v.n. etv.pr. Bat-
tre. — Tarabuster. — Tourmen-
ter. — Se tarauder, se disputer.
Tarde (V). s.f. La nuit.
Et sur la tarde
Dcsboursoz les pauvres nyois,
(Villon.)
— Sur le tard veut dire la nuit.
Cette expression française était
déjà usitée au xiv^ siècle.
Taroque % s.f. Marque ; (de tarots,
marques sur les cartes k jouer).
Taroquer % v.a. Marquer.
Tarre # s.f. Voy. Tire.
Tartare Q s. m. Apprenti tailleur.
(Delvau)
Tarte s.f. Faux. — Mauvais. —
Mornifleur tarte, fauxmonnayeur.
Tarte bourbonnaise, bourbier.
Tartempion Q ^' P^^- ^' Individu
quelconque. « C'est M. de X..., un
rupin ; s'il s'appelait seulement
Tartempion on le foutrait de-
dans. »
Tarter v.n. = Tartir, faire ses
besoins.
Les ronfleurs, ça m'fait tarter.
{Ch. des Gueux.)
Tartier % s, m. Faux monnayeur.
Voy. Tarte.
Tartine Q s.f. Article de journal.
— Il y en a une vraie tartine, il
y en a long. — Quelle tartine l
mes enfants! que c'est long! —
# pi. Tartines, souliers (les se-
melles ont la forme d'une tar-
tine).
Tartiner O v.n. et v.a. Ecrire en
allongeant son sujet pour que
l'article payé à la ligne rapporte
davantage à son auteur.
Tartinier Q s. m. Ecrivain qui a
l'habitude de tartiner, v.c.m.
Tartir v.n. Voy. Tarter.
Tartouse s.f.' Menotte, (pour
tortouse, v.c.m.).
Tartuferie O s.f. Mensonge. —
Fausseté. — Lâcheté. — Hypo-
crisie.
Tas s. m. Individu nonchalant.
— Prendre sur le tas, prendre sur
le fait, en llagrant délit. — f'aire
son tas ou rester en tas, s'accrou-
pir, se ramasser sur soi-même,
se reposer. « Elle demandait son
plaisir, rester en tas, tourner ses
pouces, » (E. Zola.) — Tas de
piérides, Paris, — Prison. Voy.
Taper.
Tasse Q (lyp.). s.f. La grande
lasse, la mer, grande étendue
d'eau. — Boire à la grande tasse,
se noyer.
Tasseau s. m. Le nez. — Se
sécher le tasseau, se moucher. —
Se piquer le tasseau = Se piquer
le nez.
Tassement O s. m. Faire un tasse-
ment, prendre un verre de cognac
entre deux plats.
Tata s.f. Abrév. de tapette.
v.c.m. (2) — O Madame Tata,
mijaurée. — Faire sa tata, faire
l'importante.
Tâte-minette s.f. Sage-femme.
Tâte-poule O s. m. Homme qui
s'occupe de ce qui regarde ordi-
nairement les femmes.
Tàter Q v.a. et v.n. Voy. Peloter.
Tâteur O s. m. Voy.*^ Peloteur
Tâteuse # s. f. Fausse clé.
Tâ,tez-y s. m. Petit bijou que les
jeunes filles portent sur la gorge.
Tatouille s.f. Raclée; (pour ra-
tatouille, bouillie). — Flanquer
une tatouille^ battre, mettre en
bouillie.
TATOUlLLliU.
282
TENIR.
Tatouiller v.a. Battre.
Taude=::Taudion s. m. Taudis.
— Bouge.
Taule # s. m. || 1. Maison. ||
2. Bourreau.
Taupage # s. m. Egoïsme.
Taupe O s.f. Prostituée.
Malheur aux joanfres de province
Qui flouaient la taupe à Navet.
RicHEPiN [Ch. des Gueux.)
Voy. Royaume — (mil.). Taupes
de rempart, soldats du génie.
Tauper v.n. et v.a. Travailler.
— Tauper dessus, battre.
Taupier s. m. Égoïste.
Taupière # s.f. Séminaire. —
Couvent.
Taupin O s. m. Aspirant à TEcole
polytechnique. — Taupin bizut,
carré, cube, soldat du génie. —
Taupin vaut marotte := Tau-
pin vaut taupine, cela se vaut. —
^oir comme les c à Taupin,
très noir.
Taupiner # v.a. Assassiner.
Taupinier O s.m. Casanier.
Taupinière Q s.f. Cours ou école
préparatoire à TEcole polytechni-
que.
Taz=:Tazas n.pr.m. Mazas,
prison cellulaire.
Tchink O ^- inv. et adv. Chic. —
Suprême élégance.
Te Deum s.m. Faire chanter un
Te Deum raboteux, battre q.q. à
le faire crier.
Teigne s.f. Méchant. — Mé-
chante teigne = Mauvaise gale,
méchant grognon. — Etre teigne,
être hargneux.
Teint Q s.m. C'est bon teint, c'est
authentique. — Mauvais teint,
faux.
Teint-de-bois ^ s. m. Vagabond.
Teinté a. Etre teinté, 'légère-
ment ivre.
Teinturier Q s.m. || 1. Marchand
de vin, qui falsifie sa marchan-
dise. Il 2. Individu qui prépare ou
corrige le travail qu'un autre
s'attribue. || 3. Avocat; (il peint
son client sous des couleurs qui
l'avantagent).
Télégraphe s.m. Q Télégraphe
sous-marin = Faire de l'œil avec
les pieds, signaux amoureux ha-
sardés sous' les tables par les
pieds d'une ou de deux person-
nes. (Rigaud) — Faire le télégra-
phe, faire des signes convention-
nels entre voleurs, tricheurs, etc.
Téléphone s.m. Cabinet d'ai-
sances.
Téléphoner v.n. Aller au cabi-
net d'aisances.
Tempérament Q s.m. Acheter à
tempérament, acheter à crédit.
Temple (V) s.m. |1 1. Manteau.
11 2. Objet acheté au Temple.
— Temple de V amour, parties
sexuelles.
Temps O s.m. Voir le coup de
temps, voir venir une chose, la
prévoir. — En deux temps, vive-
ment. — (thé.) Prendre des temps,
faire des gestes pour accentuer
ce que l'on a à dire. — Temps
froid, instant où les artistes en
scène ne disent rien, où l'atten-
tion du public n'est pas occupée.
Tenailler Q v.a. Importuner. —
Obséder.
Tenante s.f. Chopine.
Tendeur s.m. Ardent en amour.
Tendeuse s.f. Araignée ; (elle
tend sa toile).
Tendre Q v.a. Tendre la perche,
venir en aide, secourir.
Tendresse O s.f. || 1. Fille galante.
Courtisane. || 2. Artichaut : « la
tendresse et la ver dur esse ! »
Tenir v.a. v.n. et v.pr. (thé.) Tenir
l'affiche, avoir du succès avec
une pièce : elle est longtemps
affichée. — Q Tenir la chandelle
= Marquer les points, favoriser
TENOR.
— 283
TETUE.
l
les amours des autres, en être le
témoin. — Tenir la corde, être
au premier rang, en bonne place
pour arriver au but. — En tenir,
aimer, désirer. — Tenir à Vœil,
guetter, observer, ne pas perdre
de vue. — Se tenir =Se tenir sur
ses pieds, c'est bien fait, bien
d'aplomb. — Se tenir à quatre,
se retenir, se réserver. — Se te- :
nir, être correct. — (mar.) Tenir j
bien sur ses ancres, être en bonne |
santé. — # Tenir quelqu'un sur
les fonts, Témoigner contre q.q.
Ténor O s. m. Journaliste qui fait
les articles de fond.
Tenue (F. -M.) s.f. Réunion maçon-
nique. — Tenue dHnstallation,
moment où on apporte la lumière.
— Tenue d'obligation, jour fixé
pour les réunions maçonniques.
— % En petite tenue de dragon,
en chemise.
Terme Q s. m. Le dieu Terme,
échéance du terme.
Terrant (V) s. m. Pays ; (de terrer,
habiter).
Terrasse Q s.f. Partie de Iroltoir
occupée par les consommateurs
d'un café ou d'un restaurant.
Terreau s. m. Tabac à pri-
ser.
Terre-Neuve s. m. Sauveteur.
— Celui qui aide à sortir d'em-
barras. — Le banc de Terre-
Neuve, les boulevards Montmartre
et des Italiens; (allus. aux mornes
qui les fréquentent). — Aller au
banc de Teire-Neuve, se livrer au
racolage des passants sur les bou-
levards.
Terrer # v.a. et v.n. ||1. Tuer
(m.àm.) mettre à terre). || 2. Ha-
biter.
Terreur s.f. Bandit, souteneur
renommé dans son quartier
comme dangereux. « La Terreur
de Belleville, de Vincennes. n
Terrière # s. t. Prostituée qui fré-
quente les terrains vagues.
Tésiére = Tésigo =Tésigue 9
pr. per. Tézig = Tézis. Toi .
Tesson s. m. Tête.
Testouin (B) s. m. Téton.
Tétais (enf.) s. m. pi. Seins.
Têtard s. m. ||1. Homme de
lettres. |12. Opiniâtre, entêté.
Tétassière s.f. Femme qui a
la poitrine pendante.
Tète O0 s.f. Bonne tête, niais ;
facile à tromper; imbécile. Tête
de buis -= Tête de veau, crâne
chauve. — Tête carrée = Tête de
boche, Allemand. — Tête à x,
mathématicien ; ingénieur ; poly-
technicien. — (mil.) Tête à cor-
vées, imbécile. — Tête mobile,
officier de tir. — (thé.) Tête à
Vhuile, chef de figuration. — Tête
de patère, souteneur. — Tête de
jotpe, visage laid, comique. — Tète
de Turc, souffre-douleur ; celui
sur lequel on frappe (allus. à la
tête de turc sur laq^uelle on essaye
1 sa force dans les têtes foraines).
— Faire sa tête, faire le difficile,
faire des embarras. — Faire une
tête, être ahuri, étonné. — Se
faire une tête, se grimer pour
jouer tel ou tel personnage.
— (lyp.) Tête de clous, caractère
usé. — Avoir une tête \\ 1. Avoir
une physionomie originale. || 2.
Etre intelligent. — C'est une tête,
c'est un homme capable de di-
riger, d'être à la tête.
Téter v.n. Boire.
Téton O s. m. N'avoir rien sous le
téton gauche, manquer de cœur,
de courage.
Tétonnière s.f. Femme de forte
poitrine.
Tettes s.f. pi. Papilles, bouts des
seins. — Enonce le bruit de la
langue qui suce. [Timmeilmans]
Têtue # s.f. Epingle.
TEXTE.
28* —
TIRE.
Texte s. m. Collalionncr les textes,
coïter (unification).
Tézig # = Tézis (B) pr. pers.
Voy. Tésière.
Thapsia s. m. Voy. Emplâtre.
Thomain (thé.) s. m. Rôle insigni-
fiant.
Thomas n.pr.m. Tinette. —
Pot de nuit. — La mère ou la
veuve Thomas, chaise percée. —
Avoir avalé Thomas, avoir mau-
vaise haleine. — Passer la jambe à
Thomas, vider la tinette aux ex-
créments ou le pot de nuit.
Thune s.f. Pièce d'argent. —
Thune de cinq balles, pièce de
cinq francs en argent. — De la
thune, de l'argent. — Fader les
thunes, partager l'argent.
Tiche # s.f. Bénéfice. — Profit.
— Aubaine.
Ticket O s. m. Petit morceau de
carton, donnant le droit d'entrée
ou à recevoir un payement « Ti-
cket de courses, de chemin de fer,
d'exposition, etc., etc. » — Ce
mot est ang.,nous dirions en fr. :
billet ou carte.
Tierce s.f. Classe. — Bande. —
Société. — Tierces des pèQres,
bande de voleurs. — Pour tiers,
le tiers état, le peuple. — Il y a
de la tierce, la police est en nom-
bre. (Rigaud)
Tiflfes s.f. pi. Cheveux.
Tignasse Q s.f. Chevelure touf-
fue et en désordre.
Tigne % s.f. La foule, le monde.
— S'ébattre dans la tigue, voler
dans la foule. — Multitude com-
pacte. Suédois tung, serré, ang.
tight, ail. dicht. m. s. [Timmermans].
Tigner # v.n. Tigner d'esbrouffe,
voler dans la foule.
Tigre O s. m. ||1. Danseuse du
corps de ballet supérieure au rat
v.c.m. Il 2. = Groom, jeune valet.
Timbale Q s.f. Décrocher la tim-
bale, arriver le premier; rempor-
ter le prix.
Tinette s.f. Chevalier de la ti-
nette, vidangeur. — Fermer sa «
tinette, se taire. — 0pl. Tinettes, I
bottes. ^
Tinteur % (obsc.) s. m. Pédéraste.
Tintillement Q s. m. Bruit de la j
monnaie qui sonne. 1
TintillerQ v.n. Sonner, pour tin- ■
ter, m. s.
Tintinnabulant Q a- Qui sonne.
« Il m'a payé en bonnes es-
pèces sonnantes et tintinnabu-
lantes. »
Tintouin % s. m. Tintouin du re-
naud, dispute.
Tintouiner (se) Q v.pr. Se tour-
menter.
Tipster (sport.) s. m. Individu qui
donne avantlacourseles gagnants
probables.
Tiquante # s.f. = Têtue. Epin-
gle.
Tique # s.f. La tique, la terre. —
Soûl comme une tique, complète-
ment ivre ; (la tique boit le sang
des animaux).
Tiquer 0# v.n. || 1. Faire un
signe de tôle. — Hocher la tête.
Il 2. Voler à la care, v.c.m.
Tirades % s.f. Travaux forcés. —
pi. Tirades, fers de forçat.
Tirage s. m. Difficulté. — Il y
aura du tirage, ce sera long, pé-
nible, difficile.
Tiraillon s. m. Apprenti voleur.
Tiranger^v.a. Tiranger la brème,
tirer les cartes.
Tirangeur, euse # s. Tirangeur
de brèmes, cartomancien.
Tirant s. m. j] 1. Fil. — Lacet.
Il 2. Bas. — Tirants de fllsange,
bas de soie écrus. — Tirants ra-
doucis ou doux, bas de soie. —
Tirants de irimilets, bas de coton.
Tirante # s.f. Jarretière.
Tire # s.f. =: Tarre. Faire la tire
TIRE-BOGUES. — 285 —
TIRER.
== Voler à la tire, voler dans les
poches. — Voleur àla tire=:Pick-
fiockct. — Grande tire, gramV roule.
Tire-bogues s. m. Voleur de
montres.
Tire-fiacre m. Viande coriace ;
(comme la viande de cheval).
Tire-gosse s. m. = Tire-môme,
accoucheuse. — Sage-femme.
Tire-jus s. m. = Tire-moelle.
Mouchoir.
Tirejuter (se) v.pr. Se mou-
cher.
Tire-liard s. m. = Grippe-sou.
— Avare qui fait de petits gains
sordides.
Tireligne s. m. Architecte. —
Commis d'architecte.
Tirelire s.f. || 1. Tête. — Avoir
un cafard dana la tirelire, être to-
qué. Il 2. Derrière (par antithèse).
Il 3. L'estomac. — Se coller un li-
tron dans la tirelire, boire un litre.
Il 4. Le ventre. — Avoir un petit
salé dans la tirelire, être enceinte.
Il 5. Prison.
Mais faut croir'quc ça doit pas s'dire
Puisque, pour s'êlr'fait mon écho,
On l'a fourré flans la tir'lire
Avec les pègres d l'élago.
(Chanson des Gueux.)
Tire-ro&il Q s. m. Objet voyant qui
attire l'attention, le regard.
Tire-moelle s. m. Voy. Tire-jus.
Tire-môme s. m. Voy. Tire-
gosse.
Tiremonde Q n.pr. f. Madame Ti-
remonde, sage-femme.
Tire-point s. m. Pour tiers-point,
alêne de cordonnier.
Tire-poire s. m. Photographe.
— Allus. à la poire en caoutchouc
sur laquelle il appuie pour décou-
vrir l'objectif.
Tirer0v.n.,v.a. etv.pr. || i. Voler
à la tire. || 2. Faire. — fai tiré
deux berges à la bonde, j'ai fait
deux ans à la prison centrale.
Tirer du plan = Tirer un ger be-
rnent ou un sapement, purger une
condamnation. — Se tirer =iSe la
tirer = Se tirer des flûtes, des pieds ^
des pattes, etc. := Tirer le chaus-
son, SCS guêtres, s'enfuir. — A pré-
sent on peut tirer Véchelle, c'est
fini. — Tirer au cul, faire son pos-
sible pour éviter le travail. — Ti-
rer une dent, a^tYoqwQTAQViivgQni.
(Michel) — (obsc.) Tirer son coup
=: Tirer une râpée, coïter. — Tirer
sa coupe, nager, et par cxt., se
f)romencr. — Tirer aux grenadiers,
aisser faire aux autres leS corvées
et le travail pénible. Les grena-
diers étaient autrefois exempts de
certaines corvées. (Larchey) — Ti-
rer la langue, attendre vainement ;
souffrir dans l'attente d'une chose.
— (litt.) Tirera la ligne, allonger
un récit, une chronique, un feuil-
leton, dans le seul but de gagner
plus d'argent, le travail étant payé
à la ligne. — Tirer sa longe, traî-
ner la jambe. — Tirer aumur, tra-
vailler sans résultat. — Tirer une
chose de longueur, aller la cher-
cher très loin, employer des
moyens détournés pour 'la faire
réussir. — Tirer Vœil, attirer l'at-
tention. — Tirer des poires, faire
des contorsions. (Larchey) —
Tirer une coupe sur le grand fleuche
aller à la Nouvelle-Calédonie, —
Tirer des plans, faire des projets.
— Tirer des plans sur la comète,
avoir des projets irréalisables. —
Tirer une carotte, mentir. — Se
tirer d'épaisseur, diminuer. — Le
travail se tire d'épaisseur, il est
bientôt terminé. — Tirer la ficelle
= Baisser- le rideau, terminer une
chose. — (obsc.) Se la tirer, ona-
nisme. — Tirer ail flanc, manquer
de parole = Carotter le service.
— Tirer un gosse, accoucher une
femme. — Tirer à boulets rouges
TIRETAINE.
286 —
TOMBER.
sur quelqu'un, le poursuivre de-
vant les tribunaux. — Tirer à soi
= Tirer toute la couverture, ac-
caparer.
Tiretaine s. m. Voleur de cam-
pagne. — J.d.m. sur tirer, voler,
et sur tiretaine, étoife grossière
autrefois portée par les campa-
gnards. (Larchey)
Tireur s. m. Voleur klâtire, v.c.m.
Tirnoles(B) s.f.pl. Les triqueliou-
zes ou guêtres de drap.
Tiroir s. m. Voy. Polichinelle. —
Filouterie de jeu ; elle consiste
en Tenlèvement des trois as.
(Larchey)
Tiron # s. m. Route, chemin.
Tisanier Q s. m. Garde-malade-
Infirmier.
Titi O s. m. = Gavroche. \\{. Ga-
min de Paris. || 2. Tvpographe. |1
3. Volaille.
Titine s.f. Bottine.
Toast O s. m. = Tosie Proposition,
action de boire à quelque inten-
tion particulière . « Porter un
toast. »
Toaster Q\.n. = Tester. Proposer,
exécuter un toast, v.c.m.
Toc 0s. m. eta.=Toquasse=Toque.
Il 1. Faux. — Faux bijoux, faux
diamants. — Cest du toc, c'est du
faux. Il 2. Laid. — Affreux. — Elle
est rien toc, elle est très laide. ||
3. Absurde, bête, stupide.- Cest
toc, c'est absurde. || 4. Bour-
reau de bagne.
Tocandin, ine O s. Vieux libertin.
— Vieille femme galante et co-
quette.
Tocard, arde O a. Laid. — Vieux.
— Usé. — Absurde. — Devenir
tocard, devenir vieux.
Tocasse # a.f. Laide, ridicule.
Tocasserie # s.f. Méchanceté.
Tocasson s. m. Laid. — Vilain.
— Quel tocasson! quelle repous-
soir!
Toccange # s.f. Voy. Cocange.
Toccante s.f. = Toquante. Mon-
tre.
Toc-toc a. et s. m. Abrév. de to-
qué, v.c.m.
Togne # a. Malin.
Toile O s.f. (thé). Faire de la
toile, improviser un passage de
son rôle quand on a oublié le texte.
— Les toiles se touchent, plus d'ar-
gent, plus rien dans les poches. —
Etre dans la toile, être en prison.
Toilette O s.f. Làtoilette pour les
condamnés à mort consiste dans la
coupe des cheveux et Téchancrure
du col de la chemise.
Toiser Q v.a. Toiser quelqu'un, le
dévisager. — Regarder des pieds
à la tête. — Il est^toisé, il est jugé.
Toison s.f. Chevelure abondante.
Toiture s.f. Chapeau.
Tôle # s.f. z= Taule, v.c.m. Der-
rière. — (mar.) Grosse tôle, pri-
son.
Tolède Qn-Pi*- f- De Tolède, de pre-
mière force, de première qualité.
« Prends ta bonne plume de Tolède
et réponds-lui vertement. » (Allus.
à la renommée des lames de To-
lède).
Tollard # s. m. || 1. Bourreau. |[
2. Lit de camp des forçats.
Tomate s.f. Faire la sauce to-
mate := Écraser des tomates, avoir
ses menstrues. — O Rester co'ume
une tomate, rester ébahi ; (en deve-
nir rouge comme une tomate).
Tombage Q s. m. Action de dé-
pouiller ou de mettre dans l'infé-
riorité.
Tombeau s. m. Cest le tombeau
des secrets, c'est une personne dis-
crète.
Tomber Q v.n. Vaincre. — Tom-
ber en litharge, être au secret
(pour léthargie, sommeil prolon-
gé). — Tomber dans le bœuf, dans
la débine, dans la limonade, deve-
TOMBEUR.
— 287 —
TORCHE.
nir misérable. — Tomber sur un
coup de poing, recevoir un coup
de poing. — Tomber sous la coupe
de quelqu'un, devenir dépendant
de quelqu'un. — Tomber sur quel-
qu'un, le battre, Téreinter, le mal-
mener. — Tomber dessus, saisir,
empoigner. — Tomber sur le dos
et se casser le nez, ne réussir en
rien. — Tomber sur le dos et se
faire une bosse au ventre, perdre
sa virginité et devenir enceinte —
Tomber en frime, se rencontrer
face à face. — Tomber à pic, arri-
ver à point. — Tomber pile, tom-
ber sur le dos. — # Tomber ma-
lade, être arrêté. — (thé.). Tomber
en figure, entrer en scène. —
Qv.a. Tomber quelqu'un, le met-
tre en état d'infériorité.
Tombeur Q s. m. || 1. Celui qui dé-
truit une renommée ou une repu
talion soit par sa supériorité, sou
par ses critiques violentes. Il 2. Un
tombeur de femmes, séducteur. ||
3. Mauvais acteur.
Tombô (mill.) s. m. Fausse poche
qui orne la veste des zouaves et
des tirailleurs algériens ; la cou-
leur du tombô varie selon le régi-
ment.
TondeurQs.m. Tondeur de nappes,
pique-assiette. — Tondeur d'œufs,
avare.
Tondre O v.a. || 1. Au jeu de car-
tes, tondre se dit pour prendre.
<c Je joue carreau. — Et moi, je le
tonds. » Il 2. Exploiter un naïf. —
Il se laisse tondre la laine sur le
dos, il se laisse exploiter.
Tondu s. m. Le petit tondu=:Le
petit caporal. Napoléon I".
Tonneau s. m. Acabit (bon ou
mauvais). — Composition. —Etre
d'un bon tonneau, être d'un bon
acabit, de bonne composition. —
C'est du même tçnneau, de môme
composition, c'est la même chose.
— Etre d'un fort tonneau, être
très bête.
Tonnerre Qs.m. Tonnerre de poche,
pet.
Tonnitruant Q a. m. Bruyant. —
Retentissant; — 17 avait une voix
tonnitruante, il avait une voix re-
tentissante (m. à m., comme le
bruit du tonnerre).
Tonton (enf.) s. m. Oncle.
Topard (mil.) s. m. Voy. Topo.
Toper v.n. Se frapper dans la
main en signe de reconnaissance
entre compagnons ; (pour taper).
<( Tope-là, t'es un frère. »
Topiser va. Dévisager. — Re-
connaître.
Topo (mil., écol.) s. m. = Topard.
Il 1. Officier d'état-major (il s'oc-
cupe de topographie). Il 2. Com-
munication aux élèves, qu'on fait
circuler dans les salles d'étude.
Toquade Q s.f. || 1. Caprice « C'est
une toquade, ça passera. » || 2. Ma-
nie. — Avoir la toquade des bibe-
lots, avoir la manie du bric-à-brac.
Toquante s.f. Voy. Toccante.
Toquasse s. m. et a. Voy. Toc.
Toque s. m. et a. Voy. Toc.
Toqué =3 Toquemann Q a. et s. m.
= Toc-toc. Un peu fou. — Touché,
frappé dans un sens fig., qui a le
cerveau dérangé. « C'est un to-
qué. »
Toquer Q v.pr. et v.n. || 4. Tou-
cher; frapper (vx. fr.}. — Se to-
quer de quelqu'un, de quelque
chose, se frapper; s'engouer. || 2.
(typ.). Remplacer un compositeur
dans une partie de son travail.
Toquet s. m. En avoir dans le
toquet, être ivre.
Toqueur (typ.) s. m. Compositeur
employé parunautrepour le rem-
placer.
Torché O P^i**- ^' Fait. « Bien ou
mal torché. »
Torche-cul O s. m. Ecrit ou
TORCHEE.
288 —
TOUCHE.
imprimé sans valeur. (Rigaud)
Torcnée s.f. Raclée. — Correc-
tion.
Torcher v.a. et v.pr. Faire. — O
Torcher le couplet, faire des chan-
sonnettes. — ^Torcher la gueule,
•battre; frapper au visage. — Se
torcher, se battre. — Il peut s'en
torcher le nez, le bec, il s'en pas-
sera. — Torcher un plat, vider un
plat. — (mar.) Torcher de la toile,
se hâter,
Torchette Q s. t. iSet comme tor-
chette, propre, clair; limpide;
soigne.
Torchon s. m. Fille malpropre.
— Prostituée de bas étage.— (mil).
,Coup de torchon, coup de sabre.
— Se donner un coup de torchon,
se battre. — Le torchon brûle, la
discorde est dans le ménage.
Torchonner v.a. Battre.
Tordant a. Voy. Gondolant.
Tord-boyaux s. m. Mauvaise
eau-de-vie.
Tordre v.a, et v.pr. Tordre le
cou à un lapin, manger un lapin.
— Tordre le cou à une négresse,
boire une bouteille de vin. —
Tordre la vis. Voy. Tortiller (6).
— Se tordre Q v.pr. Voy. Se gon-
doler.
Tordu O a. m. Volé au jeu. « Lepi-
geo7î est d'abord tordu, ensuite il
est plumé. »
Torgnole s.f. Coup. — Gifle.
— Correction. — Allonger une
torgnole, donner un coup. —
Torniquet s. m. Voy. Tourni-
quet (1).
Torpiaude s.f. Prostituée.
Torpille Q s.f. Femme galante ;
(très nerveuse).
Torse O s. m. Le corps humain. —
L'estomac. — Poser pour le torse,
poser pour la carrure, la taille.
— Se garnir le torse, manger et
boire.
Torseur s. m. Celui qui pose
pour le torse, v.c.m.
Tortillade # s.f. Nourriture.
Tortillante % s.f. Vigne.
Tortillard # s.m. || 1. Fil de fer
ou de laiton. Il 2. (St-C.) Canon.
Il 3.0Boiteux. — Bancal. —Con-
trefait.
Tortillé s.m. et a. Mort.
Tortiller Q v.a. etv.n. || 1. Man-
gent Tortiller du bec. \\ 2. Avouer
= Manger le morceau. \\ 3. Tortil-
ler le carton, jouer aux cartes. ||
4. Tergiverser. — // n'y a pas à
tortiller, il n'y a pas à prendre de
détours. Il 5. Tortiller de Vœil,
mourir. || 6. # Tortiller la vis à
quelqu'un = Tordre, tourner la
vis, étrangler.
Tortillon Q s.m. Gâteau en forme
de couronne. — Du prov. tortillo,
m. s.
Tortorage s.m. Aliments. —
Nourriture.
Tortore # s.f. Nourriture. — Pas-
ser à la tortore, manger.
Tortorer v.a. et v.n. Manger.
Que qu' j'y foutrai dans la trompette,
A c'iancier-là, s'il vient vivant ?
A moins qu'il sorte un jour que j'pète
Et qu'il veuille tortorer du vent.
{Ch. des Gueux).
— Tortorer le pain à cacheter, com-
munier.
Tortouse s.f. A'oy. Tourtouse.
Tortu # s.m- et a. Vin. — Bois
tortu, ^igne.
Tortue # s.f. Prostituée. —
Faire la tortue, jeûner.
Toste O-S.m. Voy. Toast.
Toster Q v.n. Voy. Toaster.
Toto (enf.) s.m. Sein.
Touche s.f. Allure. — Tournure.
Attitude. — Mine. — Mise. — Avoir
une bonne touche, une drôle de
touche, être mal mis . (iro.) —
Touches de piano, dents. — Gare
la touche ! gare aux coups 1
I
TOUCHÉ.
289 —
TOURNER.
Touché O a- Bien fait. — Ct'st tou-
che, c'est bien fait. — Se dit d'un
tableau, d'un article de journal,
d'un discours bien faits. — Il est
touché, il est sérieusement atteint.
Toucher O v.a. et v.n. Frapper
fort, (iro.) [Larchey] — Toucher
la cuillère, donner la main (id).
Toucher son prêt = Aller aux épi-
nards, se dit du souteneur qui
prend l'argent de sa maîtresse. —
Toucher à la marchandise = Pelo-
ter, v.c.m. — v.pr. Se toucher,
pratiquer l'onanisme.
Touillaud a. et s. m. || 1. Gai. —
Gaillard. || 2. Franc luron.
Touiller v.a. et v.n. Mêler. —
Touiller les dominos, les cartes, les
mêler.
Toulabre = Toulmuche 9 n.pr.
Toulon.
Touloire (V) s.f. Voy. Couloire.
Toupet s. m. Audace. — Effron-
terie. — Se foutre dans le toupet,
se mettre en tête. — Toupet de
commissaire ^= Toupet bœuf, au-
dace excessive. — Payer de toupet,
payer d'audace. — Faux toupet,
individu arriéré.
Toupie s.f. Il 1. Tête. || 2. Terme
de mépris à l'adresse d'une femme.
— Faire ronfler sa toupie, se dit
du souteneur qui fait marcher sa
maîtresse.
Toupin % s. m. Boisseau.
Toupiner % v.a. Mesurer au bois-
seau.
Tour s.f. Le Palais de Justice.
— Le Dépôt de la préfecture de
police =: Tour pointue.
Tour O s. m. A son tour de bête,
avancer à l'ancienneté. — Con-
naître le tour, connaître la ma-
nière de faire. — Faire voir le tour,
tromper. — # Se donner un tour
de clef, se reposer, rester chez
soi. — Donner un tour de cravate,
étrangler.
Tourbe s.f. Ennui. — Misère.
Etre dans la tourbe, être dans la
misère.
Tourier s. m. Aide-pâtissier.
Tourloure s. m. Voy. Tourlou
rou.
Tourlourer v.a. Pour Fourlou-
rer. Tuer.
Tourlourou s. m. =: Tourloure.
Fantassin. — Du vx mot turelureau,
soldat de garnison; au xiv° siècle,
la turelure était une sorte de châ-
teau flanqué de tourelles. (Larchey)
Tourmente # s.f. Colique.
Tourmort s m. Faire towmort
et demi-clé sur lepertuis aux légu-
mes, étrangler.
Tournant s. m. Tournant de por-
celaine, jeu de tourniquet, où les
lots sont généralement des objets
de porcelaine. — Ces jeux sont
souvent truqués; le tenancier re-
pousse les piquants enrubannés
de rouge des gros lots, si bien que
la lame d'acier ne peut s'y arrêter.
Tournante s.f. || 1.' Montre.
Il 2. Clé.
Tourné # a. Mou.
Tourne- à-gauche s.m.=SaM-
teur. Hurluberlu. — Etourdi. —
Celui qui change aisément de
parti.
Tourne-autour s. m. Tonne-
lier.
Tourne-broche O s.m. Remonter le
tourne-broche, rappeler à Tordre.
Tourne-de-l'œil n.pr.f. Sophie
Tourne-de-Vœil, la Mort.
Tournée s.f. || 1. Tournée pas-
torale, faire la noce, aller de ca-
baret en cabaret, etc. — Offrir
ou payer une tournée, offrir ou
payer à boire (à son tour). Tour-
née d'arrosage, celle que Ton boit
sur le comptoir. || 2. Raclée. —
Payer une tournée, battre. — Re-
cevoir une tournée, être battu.
Tourner v.a. et v.n. Tourner
19
TOURNEVIS.
290 — TRAINE-PAILLASSE.
d'un gueuleton, oifrir un repas. —
Faire tourner en bourrique, abru-
tir. — (obsc.) Tourner le feuillet,
pédérastie. — Tourner de Vœil.
Il 1. Dormir. || 2. Se pâmer. ||
3. Mourir. — Tourner au vinaigre,
devenir misérable. — Tourner la
vis. Voy. Tortiller (6).
Tournevis s. m. || 1. Chapeau
à cornes; (ailus. à la forme). || 2.
Gendarme ; (il porte le chapeau à
cornes).
Tourniquet # s. m. j] 1. Mou-
lin = Torniquet. \\ 2. Chirur-
gien de marine. [Delvau]
Tourte s.f. || 1. Imbécile. —
Avoir une écrevisse dans la tourte,
avoir le cerveau détraqué. || 2.
Vieille coquette.
Tourtouse # s.f. = Tartouse =
Tortouse. Corde. — Gamhilleurde
tourtouse \\ 1. Danseur de corde.
Il 2. Autrefois, le bourreau qui
pendait.
Tourtouser v.a. Attacher. —
Lier. — Garrotter.
Tourtouserie # s.f. Corderie.
Tourtousier # s. m. Cordier.
Tourtousine ^ s.f. Ficelle. —
Liens. — Menottes.
Touser v.n. Faire ses besoins.
Tousser v.n. Cest que je tousse,
formule ironique pour dire : Ce
n'est pas vrai, en réponse à une
question négative. Ex. — Vous
n'aimez pas le Bourgogne ? —
^on, c'est que je tousse. — Faire
tousser, soutirer de l'argent.
Tout adv. Tout de' ce, très
bien.
Tout (sport.) s.m.pron. Taout. In-
dividu fréquentant les champs
d'entraînement pour renseigner
sur les chances probables des
meilleurs chevaux de courses.
[Parent]
Toute-la-lyre Q s.m. Transport,
, enthousiasme, toute la lyre, c'est-
à-dire emporter l'imagination dans
des sphères supérieures.
Toutime a. Tout.
Tout-Paris s.m. Le Tout-Paris des
premières, Q le monde élégant, les
personnalités littéraires, ou artis-
tiques, enfin tous ceux qui ont
quelque notoriété et que l'on ren-
contre dans toutes les réunions
mondaines.
Trac O s.m. Crainte. — Peur. —
Avoir le trac = Traquer, avoir
peur, (c J'étais certes très émue
en entrant en scène, j'avais,
comme la plupart des artistes à
leur début, un trac énorme. » —
Flanquer le trac, faire peur. —
Pour Dreck, mot ail. qui veut
dire excrément.
Tractis # a. Doux. — Suave.
Train Q s.m. Grand bruit. —
Etre dans le train, être dans le
goût du jour = Etre dans le mou-
vement. — Etre en train, avoir de
l'entrain (j.d.m.) — Etre en train
de, être occupé à..., exécuter. —
Manquer le train, manquer une
occasion, arriver trop tard. —
Du train! vivement. — Coup de
pied dans le train, coup de pied
dans le derrière. — Train blanc,
train express entre Nice et Monte-
Carlo. — Train jaune = Train
des maris, train que prennent les
négociants mariés qui vont re-
trouver leurs femmes aux bains
de mer.
Traine-la-patte O s.m. Miséra-
ble. « Les malheureux mangeaient
la soupe; en reprenaient; mais
quand, pour dessert, les discours
commençaient, ils filaient. Je l'ai
vu ! Seuls demeuraient les traîne-
la-patte, trop las, ou le cuir en-
tamé. » (Séverine)
Traînée s.f. Prostituée.
Traîne-paillasse O (mil.) s.m.
Fourrier.
TRAINER.
291
TRAVIOLE.
Traîner v.a. Traîner le cheval
mort, avoir touché son salaire à
l'avance. — Traîner ses guêtres
= Trimballer, errer. — Traîner
la savate, vivre misérablement.
Tralneur s. m. Traineur de sa-
hre, fier-à-bras, brctteur, ferrail-
leur.
Traineuse % s.f. Robe longue.
Trainglot Q (n^il-) s. m. = Trin-
glo = Trinçjlot. Soldat du train
des équipages.
Train-train Q s. m. Aller son
train-train, son petit train-train
= Aller son petit bonhomme de
chemin, aller tranquillement, tout
doucement.
Traisse (arg. des juifs) a. Etre
traisse, être pris en flagrant délit.
Trait Q s. m. Faire des traits à sa
femme, lui faire des infidélités.
Tralala s. m. Grand tralala,
grande toilette, grand apparat. —
Se mettre sur son grand tralala,
faire grand étalage de ce que
l'on a.
Tram s. m. abrév. de tramway,
v.c.m.
Tramway Os.m. = Tram, Omni-
bus sur rail, (mot ang.) — Dans le
Nord de la France on l'appelle car.
Tranche s.f. Tête. — Visage. —
J'ai soupe de ta tranche, j\ii assez
de toi. — En avoir une tranche,
être sot.
Tranche-ardent O s. m. Mou-
chettes.
Tranche-fromage (mil.) s. m. Sa-
bre. — Sabre-baïonnette.
Trancheur % s. m. Voleur. — Il
coupe une vitre, passe la main et
ouvre l'espagnolette en retenant
»le carreau avec une boule de poix
ou de mastic. [Larchey]
Tranquille Q ^- Tranquille comme
Baptiste, calme, lent.
Transparent s. m. Personne
délicate et mince.
Transversale Q (joueurs) s.f.
Jouer la transversale, jouer sur
trois numéros à la roulette.
Trappillon(thé.)s. m. Petite trappe.
Traquer v.n. Avoir le trac,
v.c.m.
Traqueur 0s.m. Poltron. — Peu-
reux.
Travail # s.m. =zTurbin. Pour le
malfaiteur le travail c'est le vol,
l'assassinat, l'effraction. — Pour
le grec, c'est la tricherie. — Pour
la prostituée, c'est le racolage.
— C'est, pour chacun, ce qui le
fait vivre.
Travailler # v.n. et v.a. || 1. Voler.
— Assassiner. « Vous me deman-
dez ce que nous avons fait à
Maisons-Laffitte, je vous assure
que je n'ai pas travaillé avec le
Rouquin et le Zouave. » (Le crime
de Maisons-Laffitte, 1893. Interr.
du Petit-Chariot.) || 2. Exercer
la prostitution ou gagner sa vie
par tout autre moyen inavouable.
— Travailler pour la gloire le roi
de Prusse, le grand Turc, gratis pro
Deo, à Vœil, travailler pour rien.
— Travailler les côtes, le casa-
quin, battre. — Travailler des
mâchoires, manger.
Travailleur, euse s. j] 1. Vo-
leur. Il 2. Prostituée.
Traverse # s.f. Travaux forcés.
— En traverse à perte de vue, aux
travaux forcés à perpétuité.
Traversin s. m. Fantassin. (Ri-
gaud) — Se fiche un coup de tra-
versin, dormir.
S'rait pas trop lot que j'pionce ua bria :
C'que j'vas m'fout un coup d'traversiiil
{La Muae à Bibi).
Travesti (thé.) S. m. Rôle de femme
travesti en homme ou d'homme
travesti en femme. « Les Ren-
dez-vous bourgeois est une pièce
qui se joue en travestis. »
Traviole # s.f. Avoir des tra-
TREBUCHET. — 292 —
TRICHER.
violes, avoir des contrariétés; (des
obstacles se mettent en travers).
— adv. De traviole, de travers.
Trébuchet # s. m. Guillotine.
Tref # s. m. Abrév. de Trèfle,
v.c.m.
Trèfle # s.m. 1| 1. Tabac =
Tri fois. — Passer au trèfle = Pas-
ser à tabac, v.c.m. [j 2. Argent.
Il 3. Anus.
Tréflière = Tréfouine # s.f.
Tabatière.
Tremblant s.m. Lit.
Tremblante # s. t. Fièvre.
Tremblement (mil.) s.m. || 1.
Amas, rassemblement. — Tout
le tremblement, l'ensemble. || 2.
La bataille, l'engagement géné-
ral, la mêlée. — Var. de turbin,
travail, trouble, et de tourbe dans
le sens argotique, J.d.m. sur trem-
blement,^ trépidation. [Timmer-
MA>'S.]
Trembleuse Q s.f. Sonnerie élec-
trique.
Trempage Q (typ.) s.m. Empoi-
gner un fort trempage, être ivre.
Trempe = Trempée s.f. Cor-
rection. — Raclée. — Foutre une
trempe, battre.
Tremper v.a. et v.n. Tremper
une soupe, battre. — (mil.) Trem-
per son pied dans V encre, être aux
arrêts.
Trempette O s.f. Faire la trem-
pette , tremper un biscuit ou
du pain dans un verre de vin.
Tremplin (thé.) s.m. || 1. La
scène. — Se faire un tremplin
d'une chose, s'en servir pour se
mettre en évidence. || 2. Endroit
où les prostituées racolent.
Trente-et-un s.m. Se mettre
sur son trente-et-un, s'habiller en
grande toilette.
Trente-six Q a.n. c. Tous les
trente-six du mois, jamais. — #
Les trente-six carreaux, salle
d'attente des détenus au Palais
de Justice, avant l'instruction.
Trente-six clous (mil.) s.m. Fan-
tassin.
Trente-sixième a.n.o. Q Tomber
dans le trente- sixième dessous,
être ruiné, misérable.
Trépan % s.m. Bague creuse qui
contientde l'encre etsertauxgrccs
pour marquer les cartes.
Trépe # s. 2 g. Le peuple. —
Foule. — Rassemblement.
Trépeligour s.m. Vagabond.
Trépignard 9 s.m. Voleur qui
opère dans la foule, celui qui pro-
voque un rassemblement pour
voler avec ses complices. Voy.
Trèpe.
Trépignée s.f. Raclée. — Cor-
rection.
Trépigner v.a. Battre.
Tresse # s.m. Cœur, (il tressaille).
Tresser v.a. Tresser des chaus-
sons de lisière, être détenu dans
une maison centrale; (où beau-
coup de prisonniers sont em-
ployés à ce travail).
Treton # s.m. Rat. (m. déf.)
Triangle s.m. Clapoter du trian-
gle, avoir mauvaise haleine.
Tribu (mil.) s.f. Se mettre en tribu.
=: Faire la popote, v.c.m.
Tribun Q s.m. Celui qui fait les
factures dans les maisons de com-
merce (il est généralement placé
dans une tribune).
Trie (typ.) s.m. Signe quel'on fait
pour quitter l'atelier et aller chez
le marchand de vin. — Faire le
trie, se rassembler.
Tricard % s.m. Individu sous la
surveillance de la police, qui a
rompu son ban : Il a cassé sa
canne {sa trique), v.c.m. (4).
Trichard s.m. Tricheur. —
Trompeur. % Receleur.
Tricher Q v.n. Eviter de pro-
créer.
TRICHEUSE.
293
TRINGLO.
Tricheuse O s.f. Femme qui évite
la maternité.
Trichine Q s.f. Prostituée malade.
— Avoir une trichine dans le
jambonneau, être toqué.
Tricorne s. m. Gendarme.
Tricoter v.a. et v.n. Tricoter
les côtes, battre. — Tricoter des
jambes ou des pincettes. || 1. Dan-
ser. Il 2. S'enfuir.
Tricoteuses O s.f. pi. Femmes
qui jouent à la Bourse et se tien-
nent assises dans les environs.
Tric-trac s. m. Crime.
Tricycle O s. m. Vélocipède à trois
roues.
Triflfonnière Q s.f. Tabatière.
Trifouiller Q v.n. et v.a. Fouiller.
— Chercher.
Trifois # s. m. Voy. Trèfle. —Ta-
bac.
Trifoisiére s.f. Tabatière.
Trifouilleur Q s. m. Individu
brouillon.
Trigo O (écol.) s.f. Pour trigono-
métrie.
Trimancher # v.n. Marcher. —
Errer.
Trimar = Trimard s. m. =
Trime, etc. [j 1. Route. — Che-
min. — Rue. — Aller sur le tri-
mar, voyager. — Grand trimar,
grand'route. || 2. Eventaire. —
Balle. [Rigaud] — Aller au tri-
mar, voler. — Travailler sur le
grand trimar, dévaliser sur la
grand'route. — Faire son ou pa-
tiner le trimar, racoler les pas-
sants. — Du fr. trimer, marcher
vite et avec fatigue, (Acad.) —
Congénère de trimelet, .fil, en
ang. thrum fil, toile ou chanvre
tordus. Il est syn. de ruban, che-
min. [TiMMERMANS.]
Trimardant % s. m Voyageur.
Trimarde % s.f. Rue. — Chaus-
sée.
Trimarder % v.n. Marcher. —
Courir les grand'routes. — Voya-
ger. Voy. Trimar.
Trimardeur # s. m. Individu no-
made. — Voyageur. — Qui va
sur le trimar v.c.m.
Trimballage O s. m. = Trimballe-
ment. — Transport. — Char-
riage. — Transfèrement.
Trimballée s.f. Quantité. — Une
tnmballée d'enfants = Tripotée.
Trimballement # Voy. Trimbal-
lage.
Trimballer # v.a. v.n. Trans-
porter. — Transférer. — Char-
rier. — Conduire. — Trimballer
son cadavre = Se trimballer, al-
ler se promener. — Trimballer
soncrampon, promener sa femme.
— Trimballer un pante, promener
un provincial.
Trimballeur # s. m. Trimbal-
leur de carne pour la sèche =
Trimballeur de machabées, dé re-
froidis ou de conis, cocher de
corbillard, croque-mort. — Trim-
balleur d'indigents, cocher d'om-
nibus. — Trimballeur de piliers de
boutanche, voleur qui exploite les
garçons de magasin. — Trimbal-
leur derouchies, souteneur.
Trime s.f. = Trimar, v.c.m. =
Trimin. Voy. Solliceur. Rue. —
Chemin.
Trimelé = Trimelet # s. m . =
Trimilet. Fil.
Trimer # v.n. || 1. Travailler. —
Peiner. — Faire trimer, donner
de la peine. — Faire trimer les
battoirs, applaudir. — Faire tri-
mer les mathurins, manger. || 2.
Racoler les passants.
Trimé-Razis (B) s. m. Gordelier.
Trimilet s. m. Voy. Trimelé.
Trimin # s. m. Voy. Trime.
Trimoires # s.f. pi. Les jambes.
Tringle adv. Rien.
Tringlo =: Tringlot Q (mil.) s. m.
Voy. Trainglot.
TRINGUELLE. — 294
TROLER.
Tringuelle Q s. f. Pourboire. De
Va\\.trinken,ho\reetgueld,ar§^eTït.
Trinkhalle Q s. m. Buvette.
Trinquer v.n. Recevoir des
coups. — Etre arrêté, condamné.
— Faire trinquer, battre, faire
payer au jeu. — J'airienfait trin-
quer le gonse, il a écopé, c'est lui
la victime.
Tripasse s.f. Grosse femme
vieille et laide.
Tripatouillage O I M • Intrigue. —
Tripotage. « Les tripatouillages
du Panama (1892). » || 2. Rema-
niement.
Triper v.a. Donner le sein.
Tripes s.f. pi. Seins tombants.
— Secouer les tripes, battre.
Tripette s.f. Cela ne vaut pas
tripette, cela ne vaut rien.
Tripière s.f. Femme dont la
poitrine est tombante.
Tripoli s. m. Mauvaise eau-de-
vie (comparée à l'eau dont on se
sert pour nettoyer les cuivres
avec letripoli).
Tripot s. m. Garde municipal.
Tripotée s.f. |1 1. Correction.
— Raclée. — Se fiche une tripotée,
se battre. || 2. Quantité. — Beau-
coup. — Foule. = Trimballée. —
Il y in a une tripotée, il y en a
beaucoup. — Une tripotée de
gens, une foule de gens.
Tripoteur Q s. m. Agioteur véreux
qui fait des tripotages à la Bourse
:= Capitaine-, v.c.m.
Tripotier, ière s. Celui qui
tient un tripot; (maison de jeu
clandestine).
Triquage s. m. Triage de chif-
fonnier. (Rigaud)
Trique s.f. (mil.) |] 1. Trique à
gueule, cuiller. || 2. 9 Trique à
larder, canne à épée. |1 3. Ra-
clée. — Correction. — Foutre une
trique, battre. ||4. % Etre en tri-
que, être sous la surveillance de
la police. — Casser sa trique, rom-
pre son ban. Yov. Tricard. \\ 5.
# Dent. Il 6. # Cabriolet.
Triquer v.a. || 1. Battre. ||2.
Trier des chiffons. || 3. Condam-
ner à la surveillance de la police.
Triquet s. m. Mouchard.
Triqueur, euse s. Chiffonnier
en gros qui fait le triage.
Trisser Q v.a. Demander qu'une
chose soit répétée trois fois.
Triturer v.a. Triturer une ha-
billarde, écrire une lettre.
Trognon s. m. Visage. — Joli
petit trognon, jolie petite fille^ —
Mon petit trognon! mot d'amitié.
— Dévisser le trognon, étrangler.
— Delà même famille que trompe
trombine, ang. trunk, trompe,
syn. de figure, visage. [Timmer-
MANS]
Trois-Étoiles Q s. m. sing. Mon-
sieur ou Madame Trois-Étoiles =
Monsieur ou Madame X, personne
dont on ne veut pas citer le nom.
Troisième a.n.v. O Troisième
rêne, crinière du cheval. — Troi-
sième sexe, les pédérastes. — Troi-
sième larron, personne qui sur-
vient au moment où deux autres
se partagent une chose, et qui
réclame sa part. — Tomber dans
le troisième dessous, être ruiné
misérable^
Trois-mâts (mil.) s. m. Soldat qui
a trois chevrons.
Trois-ponts0s.m. || 1. Casquette
de soie très haute, adoptée par les
souteneurs. ||2. Le souteneur.
Trois-six s. m. Eau-de-vie.
Trôle s.f. Ouvriers Za^rd/e, celu
qui fabrique des meubles et les
colporte pour les vendre, (de l'ail
trollen, rouler).
Trôler v.a. et v.n. || 1. Prome-
ner un objet pour le vendre
M L'ouvrier du faubourg Saint-
Antoine, après avoir fabriqué un
TROLEUR.
— 293
TROTTINE.
meuble, le trôle^ c'est-à-dire le pro-
mène pourle vendre». Il 2.0 Por-
ter. Il 3. Rôder. (RiGAUD)Voy. Trd/t'.
Trôleur s. m. || 1. Ouvrier qui
fait la trôle, v.c.m. |1 2. Marchand
de peaux de lapins. (Delvau) || 3.
Commissionnaire. (Rigaud) || 4.
Vagabond. (Id.) — De trôler, en
ail. sich trolleriy trotter, en ang.
to stroU vagabonder. [Timmermans]
Trombif # s. m. Médecin.
Trombille # s.f. Bête. (Delvau)
— Pour trompille, trompe, organe
du souffle vital. C'est une méto-
nymie pour anima, animal, dont
le sens primitif est: être qui res-
pire. On a mis la trompe ou le
nez à la place de l'être qui res-
pire, qui vit. [TiMMERMANSj
Trombine s.f. Tête. — Trom-
bine en dèche, figure désagréable.
— A rapprocher des mots Tron-
che et Binette.
Tromblon0aet. s. m. || 1. Gosier.
Il 2. Chapeau évasé. — Allus. au
tromblon, fusil court cà canon
évasé.
Tromboller # v.a. Aimer.
Trombone (mil.) s.f. Faire trom-
bone, mettre la main à la poche
comme pour payer et ne pas l'en
sortir ; (allus. au mouvement de
va-et-vient du bras comme lors-
qu'on joue du trombone à cou-
lisses).
Trompe s.f. || 1. Nez. j] 2. Avo-
cat.
Trompe-châsses s. m. Tableau.
Trompe-l'œil # s.m. Décoration,
(ordre).
Trompette O s.f. j] 1. Visage. —
Nez. — Jouer de la trompette, se
moucher. — Nez en trompette, nez
retroussé. |i 2. Bavard, jj 3. Bou-
che.
Que qu'j'y foutrai dans la trompette.
Â. c"lancier là, s'il vient vivant ?
{Ch. des Gueux.)
Trompeur 0s.m. Melon.
Trompion (mil.) s.m. = Tronfiorii
— Clairon. — Trompette.
Tronche (B) s.f. = Tronque.
Ce mot signifie simplement tête,
et non pas comme on l'a dit tête
tranchée : on le trouve bien anté-
rieurement à la peine de la déca-
pitation. — Péchon de Ruby en
1596 dit : « Les sujets du Grand
Coesre s'approchèrent de leur
souverain tronche nue. — Tron-
che à la manque, sergent de ville.
Troncher % v.a. Embrasser.
Tronchinette s.f. Jeune fille
accorle.
Trône s.m. Siège des cabinets
d'aisances.
Tronfion (mil.) s.m. Pour trom-
pion, v.c.m.
Tronque s. t. Pour tronche,
v.c.m.
Troquet s.m. Abrév. de mas-
troquet, v.c.m.
Trot O s.m. Au trotl vivement!
— Aller au trot = Faire le trot-
toir, v.c.m.
Trottant s.m. Rat.
Trottante s.f. Souris.
Trotter (se) v.pr. S'en aller. —
Partir. — S'enfuir. — Se dépê-
cher.
Trotte-sec (mil.) s.m. Fantassin.
Trotteur # s.m. Ecuyer.
Trotteuse s.f. Prostituée qui
racole.
Trottignole s.f. Pied.
Nous somm's rien bath ! Nous épatons
Du cabochard aux trottignolles.
[Ch. des Gueux.)
Trottin s.m. || 1. (B) Pied || 2.
Cheval. || 3. Apprenti qui fait les
courses. — Jeune fille qui fait les
réassortiments dans les maisons
de modes, couture, etc.
Trottine s.f. Bottine. — Trot-
tines feuilletées, bottines dont les
semelles sont usées.
TROTTINET.
296
TRUFFER.
Trottinet0 s. m. Soulier.
Trottoir O s. m. Faire le trottoir,
racoler. — Femme de trottoir,
prostituée qui racole. — (thé.)
Grand trottoir, le grand réper-
toire, c'est-à-dire les pièces clas-
siques. — Petit trottoir, le réper-
toire de drame, comédie, vaude-
ville, etc.
Trou 00 s. m. Faire son trou,
faire sa position. — être dans le
trou, être enterré, ou être en
prison. — Faire un trou, boire un
verre de cognac entre deux plats.
Ily a des trous, il y a des lacu-
nes. — Avoir un trou sous le nez,
aimer à boire. — Se démancher
le trou du cul, se donner de la
. peine. — Trou du souffleur =
Trou de balle = Trou d'Aix =
Trou de bise, anus. — Trou d'o-
gre, bureau de placement.
Troubade = Troubadour s. m.
Fantassin.
Trou-du-cul s. m. Imbécile.
Trouée # s.f. Dentelle ; (elle est à
jours).
Troufignard = Troufignon
s. m. Anus. — fvais fenlever le
troufig7îon, ie\ais te battre (m.àm.
. te faire sauter).
Trouillarde s.f. Pour souil-
larde. Prostituée. — Souillon.
Trouille s.f. Peur. — Lâcheté.
— Poltronerie. « Tu n'as pas la
trouille de me proposer ce pier-
rot-là. »
Trouiller v.a. et v.n. Voy.
Touiller.
Trouillotter v.n. Puer. —
. Trouillotter du corridor ^ avoir
mauvaise haleine.
Trousse % s.f. Anus.
Troussequin0 s. m. Derrière.
Trouvé O a. Cest trouvé, c'est
nouveau, original.
Trouver v.a. et v.pr. Se trouver
mal sur quelque chose, expression
ironique qui signifie qu'on s'ap-
proprie, qu'on accapare cette
chose. — Trouver buisson creux,
visage de 6ois, ne trouver personne.
Troys (V) = Zut! Interjection
pour exprimer que l'on se moque
d'une chose.
Truc s. m. ||1. Manière. — Avoir
ou connaître le truc, la manière,
le moyen. ||2. Métier. — Avoir
du truc, avoir l'expérience de son
métier. || 3. Ruse, tromperie. —
Débiner le truc, dévoiler une
ruse, un secret. — Maquiller son
truc, exercer son talent pour faire
le mal. — Faire le truc = Tru-
quarder, racoler. — (thé.) Fièce à
trucs, féerie, pièce ou la machi-
nerie est compliquée. — # Grand
truc, assassinat. — # Boidotter le
truc, oublier la consigne = Man-
ger la consigne. — Donner le truc,
donner la manière de faire. — Re-
piquer au truc, revenir à la
charge.
Trucage s. m. Voy. Truquage.
Trucageur s.m*^. Individu qui
fabrique des objets pour les ven-
dre comme antiquités.
Trucard s. m. Habile. —Adroit.
— Malin.
Truche # s.f. La mendicité. —
La faire à la truche, mendier.
Trucher % v.n. Mendier.
Trucheur, euse # s. Mendiant.
Trucsin % s. m. Prostituée.
Truculent Q «. Peint de vives et
chaudes couleurs. (Larchey)
Truelle O s.f. Cuillère. — Manier
la truelle, manger. — (typ.) Les
truelle>i, équerre.
Truffard s. m. Vieux soldat.
Truffe s.f. Nez tuberculeux. —
Truffe de savetier, marron. — Aux
truffes^ Aux petits oignons, soi-
gné, bien fait.
Truffer v.a. Bourrer. — Rem-
plir. — Truffé de chic, de galbe,
TRUFFERIE.
-- 297
TURF.
bourré, rempli d'élégance ; (com-
me une oie bourrée de truffes).
Trufiferie s.f. Tromperie.
Truffeur, euse s. Trompeur.
Truisme O s. m. Lieu commun.
Trumeau Q s. m. Prostituée. —
Vieux trumeau, vieille câlin.
Trune0 s.f. = Thune, v.c.m.
Truquage 0O s. m. = Trucage,
Ruse. — Tromperie. — Fabri-
cation (le fausses antiquités.
Truquarder v.n. = Faire le
truc, v.c.m.
Truquer O • v.n. Faire ducom -
merce. — Tromper. — Ruser. —
Racoler. — Truquer de la pogne,
tendre la main, mendier. Voy.
Truc.
Truqueur s. m. || 1. Commer-
çant. Il 2. Contrefacteur || 3.
Trompeur, malin. || 4. Camelot.
Truqueuse s.f. Prostituée.
Truquigé # s. m. Jeu truquigé,
jeu préparé pour tricher. [Lar-
chey]
Tuant O ^' Assommant. — En-
nuyeux.
Tub'O s. m. Prononcez teuh. Bas-
sin pour prendre des douches,
(motang.)
Tube0s.m. ||1, Chapeau haut de
forme. ||2. Gosier. —Se coller
quelque chose dans le tube, man-
ger ou boire. — Se rincer le tube,
boire. || 3. Nez. — Se piquer le
- tube, se griser, jj 4. Fusil.
Tuber v.a. Fumer la pipe.
Tubercule O s. m. Nez difforme.
Tubéreuse s.f. Lâcher une tu-
béreuse, vesser; (allus. à l'odeur
asphyxiante de la fleur de ce
nomj.
Tucker s. m. Les tuckers de la
Morgue, les dalles de la Morgue
(allus. aux sommiers élastiques
Tucker, nom du fabricant).
Tué O ^' Etre tué, être stupéfait.
Tuer ffiO v.a. Tuer les mouches
a quinze pas, avoir
au vol ou
mauvaise haleine. — Tuer le ver,
on prend un verre à jeun pour
tuer lever, vieil usage populaire.
Tuer le colimaçon, faire taire
sa conscience. — Etre boji à tuer,
être très gras; (comparaison avec
ranimai de bouclierie).
TuflTre # s. m. Tabac.
Tuile s.f. Il 1. Accident. —Obs-
tacle imprévu. 1| 2. Coiffure. || 3.
Carte cintrée (voy. Couper). ||4.
Assiette.
Tuileau0 s. m. Casquette.
Tuiler v.a. et v.pr. Toiser. —
Dévisager. — Observer en se mé-
iiant. — Se tuiler, s'enivrer.
Tuileur (F.-M.) s. m. Frère tuileur,
franc-maçon qui fait subir l'exa-
men au néophvte.
Tuite s.f. Yoy. Cuite.
Tulipe s.f. Danser le pas de la
tulipe or ag euse = Chahuter\. cm.
Tumer v.a. Ennuyer. — Tu me
la tûmes, tu m'ennuies.
Tune # s.f. Voy. Thune. \\ 1. Pri-
son de Nanterre où se trouve le
dépôt de mendicité. || 2. Bagne.
Tuneçon 9 s. m. Prison. — Violon.
Tuner # v.n. Mendier.
Tuneur s. m. Mendiant à domi-
cile.
Tunnel Q s. m. Anus.
Turbin s. m. Travail. — Occu-
pation. — Emploi. Voy. Travail.
— Aller au turbin, se dit d'une
prostituée qui va racoler les pas-
sants.
Turbiner 00 (typ.) v.n. Travail-
ler. — Gagner sa vie par tous les
moyens.
Turbineur #0(typ.) s. m. Ouvrier.
— Travailleur.
Turc #0 s. m. Tourangeau.
Turcan % n.pr.m. Tours.
Turellement adv. Pour natu-
rellement.
Turf O s. m. Champ de courses.
URFISTE.
298
USINER.
Sportsman
Turfiste s.m. et a.
(ang.).
Turin s.m. Pot de terre.
Turlupiner Q v.a. Se moquer,
taquiner. — De Turlupin, surnom
de Tacteur Legrand dans la farce.
Turlurette s.f. = Gigolette.
Femme gaie, aimant le plaisir.
Turlutaine Q s.f. Poutade. —
Tocade.
Turlutine s.f. Nourriture du
soldat en campagne.
Turne s. t. Maison mal tenue.
— Chambre. — Du lat. turj^is pi-
geonnier.
Turquie # n.pr.f. Touraine.
Turturie (V) s.f. Le gibet, la po-
tence. — Altér
rapprocher de
v.c.m.
Tutoyer v.a. Fréquenter. —
Tutoyer quelque chosCy s'en em-
parer.
Tutu O s.m. Petit jupon court
faufilé entre les jambes des dan-
seuses de façon à former une es-
pèce de caleçon.
Tuyau O s.m. |1 d. Information
de torture. — A
l'argot tortousc
confidentielle concernant les
chances de gain à la Bourse, aux
courses, etc. — Avoir un bon
tuyau, avoir un bon renseigne-
ment pour réussir. || 2. Botte. —
Soulier percé. |13. Tuyau de
poêle, chapeau haut de forme.
I! 4. Gosier. — Se rincer le tuyau,
boire. |1 5. liamoner ses tuyaux.
se mettre les doigts dans le nez.
Il 6. Jambe. (Delvau)
Type s.m. || 1. Individu. — Les
filles galantes emploient fréquem-
ment ce mot pour désigner leur
amant : Tvais trouver mon type.
je vais rejoindre mon amant. —
U7i bon type, un bon garçon. —
Un rude type, un farceur. 112.
Excentrique. — Original.
Typesse s.f. Femme quelcon-
que.
Typo O s.m. Ouvrier typographe
(abrév.).
Typote O s.f. Ouvrière typogra-
phe.
Tyran O s.m. || 1. Roi. 1|2. Roi
de cartes.
I
U
UlsterOs m.Sorte de houppelande
à la mode vers 1876.
Un a. ind. Q Unpeu, oui, certaine-
ment = Un peu, mon neveu.
«Irons-nous passer la journée de
dimanche à la compagne? — Un
peu, mon neveu ! »
Universelle O s. f. Prostituée.
Urf a. Voy. Chic. « Ça, vois-tu,
c'est épatant, c'est urf. — Son
que produit dans la bouche le li-
quide qu'on hume avec délices.
Voy. liup. [TIMMERMANS]
Urle # s.m. Parloir de prison.
s.f. Tête. — Avoir
dans Vurne, être
un
en-
Urne ^
député
ceinte.
Urpino a. Pour rupino = Ru-
pin. Beau, bien, bon.« C est ur-
pino aux pommes. » — Métathèses
de urf. [TlMMERMANS]
User v.a. User ses bottes, se don-
ner de la peine pour rien. —
(mil.) User son matricule, faire
son service militaire. — User la
pierre ponce, subir la peine des
travaux forcés.
Usiner Q v.a. Usiner un peintrey
USTENSILE.
299 —
VADROUILLER.
exploiter commercialement un ar-
tiste peintre.
Ustensile s. m. Voy. Marmite.
Ustensilier (thé.) s. m. Chef d'ac-
cessoires.
Ustoches # s. m. pi. Ciseaux. —
De eustache, couteau.
Usure O s.f. Usure aux fines her-
bes, saisie des enjeux dans une
maison de jeu clandestine.
Ut O (tyP-) int- ^ ^^ santé.
Utilité O s.f. Artiste qui ne joue
que de petits rôles.
V s. m. Désigne le carreau dans
Targot des grecs. Voy. I.
Vachard0(St.-G.)s.m. Paresseux.
Vache s.f. Mot injurieux et mé-
prisant : Prostituée. Délateur.
Hypocrite. Individu lâche ou pa-
resseux. — Agent de police. « A
bas les vaches ! » — Vache à lait,
prostituée exploitée par un sou-
teneur ; expression fr. pour dé-
signer une personne ou une
chose dont on tire un profit con-
tinuel. — Manger de la vache en-
ragée, souffrir, endurer la misère.
— Il pleut comme vache qui pisse,
il pleut très fort. — Tirer la va-
che, faire marchcrle soufflet ; (à la
forge). — Epouser la vache et le
veau, épouser une fille enceinte
de l'œuvre d'un autre.
Vachemoutter (St.-G.) v.a. Des-
siner.
Vacher v.n. Paresser.
Vacherie O0 s. t. || 1. Lâcheté. ~
Bestialité. || 2. Etablissement pu-
blic fréquenté par les filles ga-
lantes, qui racolent les clients.
Vacquerie %s.ï.= Vaquerie. Aller
en vacquerie = Aller au vague,
= Etre dans le vaque, v. ces m.
Vade s.f. Foule. — Rassemble-
ment. (De va, impér. du verbe
aller).
Va-de-la-gueule s. m. Goulu,
gourmand.
Va-de-la-lance s. m. Individu
répugnant.
Vadrouillant = Vadrouinard0
O a. et s. m. = Vadrouilleur ||
Vadrouilleux . Qui vadrouille.
Voy. Vadrouiller. <c En tête mar-
che un superbe héraut d'armes
qui porte haut la bannière du
quartier où, à côté d'une vivante
allégorie, se lisent ces mots : Va-
drouillor improbus omniavincit. »
— En holl. vod, loque. Le son de
ce mot est formé du bruit ft que
fait un objet qui traverse l'air ra-
pidement. La traduction holl. de
vadrouille est zwabber, mot com-
poséd'àpeu prèslemême son que
l'ang. to sivecp ou to whipe, biffer,
de celui des mots ail. wischer et
fegen, effacer, der Schwiemel.
lu vadrouille, etc. [Timmermans]. .
Vadrouille s.f. Prostituée qui
traîne la rue et fréquente les bou-
ges. — La vadrouille, réunion
d'hommes et de femmes qui vont
de bouge en bouge. — Piquer
une vadrouille, faire la noce,
courir les bouges. — La vadrouille
ou le faubert^est un balai fait de
vieux cordages, qui sert à net-
toyer le pont des navires (il va
et vient dans l'ordure).
Vadrouiller v.n. Aller flânant.
— Traîner dans les bouges. Voy.
Vadrouille.
VADROUILLEUR.
300
VAUTOUR.
Vadrouilleur = Vadrouilleux
00 a- et s. m. Voy. Vadrouillant.
Vagabonde s.f. Araignée.
Vague O s. m. Flânerie/ — Aller
au vague =. Aller en vacquerie,
rôder en cherchant à voler. Voy.
— Vaque (prost.) Aller au vague
= Faire le trottoir, v.c.m. — Se
lâcher du vague y vagabonder. —
Coup de vague, vol au hasard,
dans la première maison venue.
— Du vague, non ; rien.
Vaguer v.n. C'est l'équivalent
du fr. vaquer à, s'occuper de, ou
de vagabonder. Voy. Vague, Va-
que.
Vain a. Mauvais. — (B) Vain
guelier, mauvais lieu.(B) Lavaine
louchante, la lune.
Vaisselle s.f. Décorations. —
Croix. — Mettre sa vaisselle à
Vair, mettre toutes ses décora-
tions. — Vaisselle de poche, ar-
gent, monnaie.
Valade # s.f. = Vandale. Poche
de derrière d'un vêtement. —
Bourse.
Valant # s. m. Pince à effraction.
Valence Q s.f. Orange. « La va-
lence, la belle valence ! ».
Valet s. m. Valet de cœur, amant
de cœur.
Valoir O v.n. Valoir son pesant de
moutarde, ne rien valoir du tout.
Valser v.n. Voy. Vaner (1). —
Faire valser quelqu'un, le battre.
— Valser du bec, sentir mauvais
delà bouche.
Valtreuse0 s.f. Valise, (m. déf.)
Valtreusier s. m. Voleur de
valtreuses, v.c.m.
Vandale s.f. Déformation de
valade, v.c.m.
Vane 9 s.m. ||1. Aveu. || 2. A
droite î (Indication du bonneteur
à son compère : Cri! signifie à
gauche !)
Vaner v.n. Il 1. S'en aller. —
Partir. — Fuir = Valser. H 2. #
Avouer.
Vaneur # s.m. [] 1. Poltron. 1| 2.
Celui qui avoue un délit ou un
crime. || 3. Complice = Vanne.
Vannage s.m. Embûche. —
Piège. — Maquiller un vannage,
dresser un piège ; attirer dans une
embûche.
Vanne # s.m. Voy. Vaneur {3}.
Vanné a. || 1. Fatigué. — Ha-
rassé. !I 2. Ruiné. — Perdu.
Vanneaux s. m. pi. Articles ven-
dus au rabais ou à perte.
Vanterne # s.f. = Venterne \\ i.
Lanterne, (m. déf.) — Vanterne
sans loches, lanterne sourde. —
Doubles vanternes, binocle. |1 2.
Fenêtre. Voy. Ventouse.
Vanternier # s.m.=: Venternier.
Voleur qui s'introduit par les
vanternes, v.c.m. (2).
Vaque # s.m. Pour vague, v.c.m.
Etre dans le vaque, chercher un
coup à faire.
Vaquerie # s.f. Voy. Vacquerie.
Vase s.m. Eau (de î'all. Wasser).
— O ^«se nocturne, pot de nuit.
Vaser v. impers. Pleuvoir.
Vaseux s.m. Paysan.
Vasoter v. impers. Pleuvoir.
Vasistas s.m. Monocle.
Va-te-laver s.m. Coup de re-
vers de main dans la figure. « Je
lui ai décroché un va-te-laver. »
Vatrine # s.f. Grinchir à la va-
trine, voler dans un restaurant.
Va-trop % s.m. Domestique.
Vautour Q s.m. || 1. Individu
avare et méchant. — Usurier sans
scrupule. — Monsieur Vautour,
propriétaire; (par ext.) ||2. #
Grec. Il 3. Maliaiteur. — Les vau-
tours sont des voleurs nomades
tels que les grecs, les escrocs, les
faussaires, les voleurs du grand
monde ; ils sont cosmopolites et
constituent la haute pègre, v.c.m.
VAUXHALL.
— 301 —
VENDENGEUR.
Vauxhall n.pr.m. Tivoli- Vauxhall,
salle de bal et lieu de réunion, à
Paris, rue de la Douane. Le Vaux-
hall était un jardin public de Lon-
dres établi en 1830 par un Fran-
çais nommé Vaux ou Devaux, de
là : Vaux, et ang. hallj salle, lieu
de réunion.
Veau s. m. |I 1. Jeune prostituée
(future vache, v.c.m.) || 2. (St.-G.)
Imbécile. — Larder son veau,
faire un boniment pour amasser
la foule; (quand on larde un mor-
ceau de veau, on le prépare, puis
ensuite on l'accommode. — On
dirait du veau, expression en
usage constant en 1885, qui ne
signifie rien, que l'on disait à
propos de tout et de rien. C'était
le mot à la mode. — Veau mort-
né, femme ivre.
Vécu O P-pas. et a. || 1. Une per-
sonne quia vécu est une personne
qui a de l'expérience, du savoir.
Il 2. Une œuvre vécue, un roman
vécu, c'est une œuvre vraie qui
dépeint les scènes et les mœurs
dans toute leur réalité contem-
poraine.
Vécule s. m. Pour véhicule.
Voiture. (Larchey)
Vedette Q s.f. La vedette est le
privilège accordé à certains artis-
tes, d'avoir leur nom imprimé
sur les afliches ou programmes,
en caractères beaucoup plus forts
que ceux des autres. Cette faveur
est tellement recherchée que cer-
tains directeurs ont été obligés
de disposer les noms en cercle
pour ne pas être en but aux ré-
clamations de chacun. « Etre en
vedette. — Avoir son nom en ve-
dette. »
Végéter Ov.n.Exister(LARCHEY). —
Ce motestfr.comme vivoter, dans
le sens de vivre médiocrement,
misérablement.
Veiller O ^'-n- Veiller au grain^
faire attention, surveiller.
Veilleuse O s.f. || 1. Estomac.
(Rigaud) — Veilleuse à sec, esto-
mac affamé. ||2. Pièce d'un
franc; (elle éc'/aire médiocrement).
Voy. Bougie.
Veinard Q s. m. Individu qui a de
la veine, v.c.m. (i).
Veine Q s.f. || 1. Chance, bon-
heur. — Veine de cocu, chance
extraordinaire. — Veine! quelle
chance! quel bonheur! — ||2.
Trace, marque (m.fr.). — # Veine
couchante, coucher du soleil ; (le
soleil veine le ciel de taches rou-
ges quand il se couche).
Veinne # s.f. Vieille femme.
Vêler v.n. Accoucher.
Velin s. m. Femme. (Rigaud)
Vélos.m. Il 1. # Postillon. Voy. y^-
oze. Il 2. O Vélocipède (abrév.).
Véloceman O s. m. Celui qui s'a-
donne au sport vélocipédique.
Vélocemenau pi.
Vélodrome O s. m. Champ , de
courses vélocipédiques. — Éta-
blissement où l'on apprend à
monter le vélocipède et où ont
lieu les courses.
Velours Os-m. Cuir. — Jouer sur
le velours, jouer en ne risquant
que ce qu'on a déjà gagné. —
C'est un velours, c'est bon, c'est
doux.
Véloze # s.f. Poste aux chevaux.
Voy. Vélo (1).
Velu O a. C'est velu = C'est chic,
v.c.m. (Larchey).
Vendange s.f. = Vendange (V)
s. m. Récolte. — Butin.
Vendanger = Vendenger (V)
v.a. Récolter. — Butiner. — Ar-
rêter. — Pendre.
Vendengeur (V) s.m. Récolteur.
— Voleur. — Maraudeur.
...Vendangeurs des ances circoncis. (Villon.)
^ Voleurs aux oreilles coupées).
VENDOME.
— 302
VÉROLE.
Vendôme # s. m. Jeu de cartes,
qu'on joue dans les prisons.
Vendre v.a. Trahir. — Vendre
la mèchej ébruiter un secret. —
Vendre des guignes, loucher.
Venelle # s.f. Petite rue. — Enfiler
la venelle, s'enfuir.
Venne s.f. Honte. — Var. de
vent, vesse, et paraphrase de :
honteux comme un pet. [Timmer-
MANS.]
Vent O s. m. Du vent = Du flan,
v.c.m. — Vent et mousse, rien.
— Il y a du vent dans les voiles,
il est gris, il titube.
Vente s.f. Voy. Abattage (6).
Venteme s.f. Voy. Vanterne.
Venternier % s. m. Voy. Vanter-
uier.
Ventouse % s.f. Fenêtre (par où
vient le vent). Voy. Vanterne (2).
Ventre s. m. C'est le ventre de
ma mère, cela n'arrivera ; (je n'y
retournerai pas). — Ventre d'o"^
sier, ivrogne. — Avoir quelque
chose dans le ventre, avoir des ca-
pacités, du savoir, du talent.
Ventrée s.f. Abondance de
nourriture. — S'administrer une
ventrée, manger abondamment.
Ventridolent Q s. m. et a. Voy.
Ventripotent.
Ventriloque s. m. Péteur.
Ventripotent s. m. et a. = Ven-
tridolent = Ventrouillard. Ven-
tru (qui a un gros ventre). Voy.
Ventru,
Ventrouillard s. m. et a. Voy.
Ventripotent.
Ventrouiller v.n. Peter.
Ventru Q s. m. Homme de gouver-
nement. « Les centriers, les ven-
trus et les satisfaits, c'est-à-dire
cette espèce ruminante qui vit en
tout temps à l'auge du budget. »
(A. Dumas.) Voy. Ventripotent, etc.
Ver O s.m. Ver rongeur, cocher
pris à l'heure ; (il ronge la bourse
du client pendant qu'il l'attend à
ne rien faire).
Verbe # s. m. Attriquer sur leverbe,
acheter à crédit; (sur parole).
Ver-coquin s. m. Avoir le ver-
coquin, être capricieux, fantasque.
(Le ver-coquin est le vertige des
moutons causé par un ver d'ans le
cerveau.)
Verdet s. m. Le vent.
Verdouse = Verdouze s.f. j]
1 . Prairie. — Gazon. — Verdure. —
Légumes verts. |] 2. Pomme.
Verdousier=:Verdouzier s. m.
I| 1. Jardin. — Jardinier. — Frui-
tier. I) 2. Pommier. || 3. Voleur de
légumes dans les jardins.
Véreux O • a. Sous la surveil-
lance de la police.
Vergue p (V) (B) s.f. ||1. Lieu
de réunion des gueux. || 2. Ville.
— La grande vergne, Paris. — Ver-
gne de miséricorde, ville où le vol
est d'un mauvais rapport. — Une
ville est généralement entourée
d'un mur, d'une défense, en holl.
u'eer, de weren, défendre. [Tim-
MERMANS]
Vergogne s.f. Colère.
Vermeil s.m. = Ver mois. Sang.
Vermicelle # s.m. Les veines.
Vermillon s.m. Anglais; (les
soldats anglais sont habillés de
rouge).
Verminard = VermineuxQ s.m .
Individu mal mis, sale, s'occupant
d'affaires véreuses.
Vermine # s.f. Avocat.
Vermois s.m. Voy. Vermeil.
Vermoisé # a. Rouge.
Verneaux = Vernots s. m. pi.
Souliers vernis.
Vernissage Q s.m. La journée du
vernissage, c'est la veille de l'ou-
verture du Salon, solennité artis-
tique où le public est admis par
invitation.
Vérole # s.f. Vérole noire =Fièvre
VÉRONIQUE.
— 303
VIANDE.
cérébrale, accusation entraînant la
peine de mort.
Véronique0s.f. Lanterne. (Rigaud)
— J.d.m. sur verre.
Verrasse s.f. Petit verre.
Verre s. m. Boire un verre, boire
, un verre de vin, etc. (le conte-
nant pour le contenu). — Casser
le verre de sa montre, tomber sur
le derrière. — Se monter le verre
en fleurs, s'illusionner. — Faire le
verre en fleurs = Voler à Vaméri-
caine .
Verser v.n. = Verver. Pleurer.
Verseur, euse Q s. Garçon qui
verse le café dans les établisse-
ments publics ; (la verseuse est le
récipient en métal blanc qui con-
tient le café). — Verseuse, ser-
vante de brasserie.
Versigot ^n.pr.m. Versailles.
Vert O î^- 6t s. m. Se mettre au
vert, aller à la campagne se sou-
mettre à un régime rafraîchissant.
— Se mettre au vert, jouer ; (ailus.
au tapis vert). (Rigaud) — Nymphe
verte, voy. Verte (4).
Vert-de-gris s. m. || 1. Com-
mandant de place. — Officier sé-
vère dans le service. || 2. Huissier.
Il 3. Verre d'absinthe, (j.d.m. et
ailus. de couleur).
Verte Q s.f. || 1. Absinthe = Nym-
phe verte « Une verte » — Heure
de la verte, heure à laquelle on a
Thabitude de prendre Tabsinthe.
Il 2. Gonorrhée, (Rigaud)
Verver v.n. Voy. Verser.
Vespasienne s.f. Urinoir public,
(par ext.) — « La vespasienne était
une chaise percée couverte et am-
bulante. On s'en servait dans les
rues de Paris vers 1840 «.(Larghey)
Vesquer v.a. Pour vexer.
Vessard s. m. Poltron. — Lâche.
Vesse 0s. f. Voy. Vestige. \\ 1. Peur
— Avoir la vehe, avoir peur. (| 2.
Vesse ! les écoliers emploient ce.
mot pour s'avertir de l'arrivée d'un
surveillant.
Vesser0 v.n. Vesser du bec^ avoir
mauvaise haleine.
Vessie Q s.f. Femme éhontée.
— Vessies dessoufflées, seins flas-
ques et pendants.
Vestale s.f. Prostituée.
Veste s.f. = Four. Echec. —
Fiasco. — Remporter ou Ramasser
sa veste, échouer piteusement. —
Retourner sa veste, changer d'opi-
nion, de manière de voir.
Vestiaire O s. m. Laisser au ves-
tiaire, manquer de ; omettre ; ne
pas faire ; ne pas dire.
Vestige # s. m. Voy. Vesto^
Vestos. Il 1. Vivacité. (Rigaud) ||
2. Peur. — Coquer le vestige, avoir
peur; être dans des transes mor-
telles. — Var. par j.d.m. de vesse,
peur. [TiMMERMANs] Il 3. Lentilles.
— Pois, (ils produisent la vesse,
j.d.m.)
Vesto 0# s. m. Lentille. — Vesto
de la cuisine, agent de la sûreté.
(Rigaud.)
Vestos s. m. pi. = Vestiges. Lé-
gumes secs. (Larchey)— Haricots,
flageolets et autres flatulents.
Vésuve O s.m. Faire son Vésuve,
faire des embarras.
Veulerie Q s.f. Procédés douteux,
qui manquent de franchise. — Le
holl. vuil veut dire malpropre,
qui sent la corruption. [Timmer-
MANS]
Veuve s.f. La veuve Chapelle, dame
de pique au jeu du baccarat. —
Fréquenter la veuve Poignet, se
livrer à l'onanisme. — La veuve =
La veuve Rasibus, guillotine. —
Epouser la veuve, être guillotiné.
Vezouiller0v.n.Puer; (de vesser.)
Viande s.f. Le corps humain. —
La chair. — Montrer sa viande, se
décolleter. — Etre en viande, être
râblé, bien bâti, bien musclé. —
VIATIQUE.
— 304 —
VINAIGRETTE.
Se collet' laviande dans le torchon,
se coucher. — Ramasser sa viande,
tomber. — Basse viande, femme
avachie. — Viande de morgue,
homme imprudent. — Vagabond.
— Viande à canon, militaire.
Viatique Q s. m. Indemnité de re-
tour accordée aux joueurs décavés
par Tadministralion des jeux de
Monte-Carlo.
Viauper # v.n. Pleurer, (comme un
veau). (Rigaud)
Vibrion s. m. Ecrivain sans valeur.
— (Dumas, V Etrangère.) Du lat. vi-
ôrare, s'agiler.
Vice s. m. La luxure. — Aller au
vice, aller voir les filles. — Avoir
du vice, être astucieux.
Vice-race # s. m. Vicaire. — Race
pour rasé ; ratiche, ratichon ont
été formés de la même racine.
[TiMMERMANS]
Vidange # s.f. Largue en vidange,
temme en couches.
Vide-bouteille s. m. Petite
maison avec jardin près de la
ville.
Vider Q v.a. et v.pr. Etre vidé, être
affaibli, ne plus avoir d'idées; de-
venir crétin. — Vider un homme,
l'affaiblir au moral et au physique.
— Vider ses poches, iouer du plâno.
(Larchey) — Vider le plancher,
s'en aller. — # Vider quelqu'un,
le tuer pour le dévaliser.
Vie O s.f' Faire lavie, se débaucher.
— Mener une vie de Polichinelle,
de patachon, mener une vie désor-
donnée.
Viedaser 0v.n. Traîner dans son
travail.
Vieille O s.f. Ma vieille = Ma
vieille branche, mots d'amitié. —
Un vieux de la vieille, un vieux
soldat de la vieille garde ; par ext. ,
un vieillard, un invalide. —
yieiZ/e, pour: vieille eau-de-vie. —
Vieille barbe, vieillard; individu
qui n'est plus au niveau du pro-
grès. — Vieille garde,\ïe'û\e femme
galante.
Vieillisseur O s. m. Ouvrier qui
donne un aspect ancien à un objet.
Vieillisseuse s.f. Femme qui
attife les jeunes filles mineures de
. façon aies faire paraître plus âgées
par crainte de la police.
Vieillot s. m. Fauteuil, (siège de
vieillard)
Vieux O a- et s. m. Se faire vieux,
se tourmenter; attendre long-
temps ; m. à m. vieillir en atten-
dant. — C'est vieux jeu, c'est connu,
rabâché, usé. — . Mon vieux, mot
d'amitié qui se dit très bien à un
jeune homme. — Avoir son vieux,
avoir un entreteneur âgé. (arg. des
filles). — Vieux beau, vieillard élé-
gant ridicule. — Vieux pompon,
vieil imbécile. — (mil.) Un vieux
de la vieille, v.c.m.
Vif-argent # s. m. Argent comp-
tant.
Vigie # s.f. Voleur à la vigie, vo-
leur de bagages sur les voitures
publiques.
Vigne # sS. Etre dans les vignes =
Etre dans les vignes du Seigneur,
être ivre. — Jean de la Vigne, vi-
gneron.
Vignette (typ.) s.f. Piquer la vi-
gnette, être distrait.
Vigoureuse s.f. Locomotive.
Vigoter # v.n. Vivre.
Vigousse s.f. Vigueur. — Viva-
cité. — Fougue.
Villois s. m. Village.
Vinaigre Q s. m. Vinaigre des
quatre négociants = Vinaigre des
quatre (ou des quarante) voleurs,
mauvais vinaigre. — # Crier au
vinaigre, crier au secours, se fâ-
cher. — # Tourner au vinaigre,
devenir malheureux. — Du vinai-
gre! vite!
vinaigrette # s.f. || 1 . Voiture cel-
VINASSE.
305 —
VOIR.
I
lulaire = Panier à salade. — La
vinaigrette , qui existait encore
dans le nord de la France en 1869,
était une chaise à porteurs montée
sur roues et traînée par un hom-
me. Il 2. Correction vigoureuse.
Vinasse s.f. De la vinassCy du
vin. — Quelle vinasse! quel mau-
vais vin!
Vingt-deux int. || 1 . Attention !
^=llpleut! Il 2. Couteau-poignard.
Vingt-huit Q a.n. Un vingt-huit
Jours, réserviste qui fait une pé-
riode de vingt-huit jours.
Vinoche s. t. Vin.
Vioc = Viocque# a.ets.m. Vieux.
— Age. Voy. Viorjue.
Viochard # s. m. Fauteuil, (siège
de vieillard).
Violette s.f. La violette! cri pour
annoncer la vente des éperlans.
Violon # s. m. Prison provisoire.
— Sentir le violony devenir misé-
rable. — Jouer du violon^ scier ses
fers avec un ressort de montre ou
un cheveu trempé dans Tacide ni-
trique. (Larchey)
Violonné # a. Misérable. (Michel)
Vioque # s.f. = Visque, la Vie.
Voy. Vioc.
Virgule s.f. Cicatrice.
Viro s. m. Etre viro, être ivre,
(anagramme de ivrOj abrév. d'i-
vrogne).
Vironne (la) (B) s.f. La province.
Vis s.f. Cou, gorge. — Serrer la
vis, étrangler. — On dit aussi ser-
rer la vis à quelqu'un pour le trai-
ter sévèrement, lui refuser des
avances d'argent, le serrer de près.
Visage O s. m. Trouver visage de
bois, netrouverpersonne; (se trou-
ver devant une porte fermée). —
Visage de constipé, figure pâle ou
jaune. — Visage de campagne,
derrière.
Viscope s.f. Visière, et par ext.,
casquette.
Vise-au-trèfle s. m. Infirmier
Visque # s.f. Voy. Vioque.
Visqueux. s.m^ Souteneur.
Vit s. m. Membre viril.
Vitelotte s.f. Nez rouge comme
la pomme de terre de' ce nom.
(Lahchey)
Vitre s.f. Monocle. — Carreaux
de vitres, verres de lorgnon ou de
lunettes.
Vitrier s. m. Chasseur de Vin-
cennes. — Les vitriers, les carreaux
au jeu de cartes. — Quiyite man-
geuse dans les vitriers, quinte ma-
jeure à carreau.
Vitriol s. m. Eau-de-vie.
Vitrioler Q v.a. Asperger de vi-
triol.
Vitrioleur, euse. Q s. Qui jette du
vitriol, pour aveugler ou défigurer
par vengeance.
Vivoter Qw.n. Vivre péniblement.
Vlan O a. inv. Chic = Copurchic =
Pschutt. Néologismes pour dési-
gnerlecomblederélégance(1867).
Vlan semble venir de Tint, vlan!
frapper.
— C'est très vlan ! se dit d'une
chose qui frappe par sa beauté.
Syn. de l'expression : C'est tapé.
[TlMMERMANS.J
Voie s.f. Foutre une voie de
bois à quelqu'un, le battre.
Voile (F. -M.) s.m. Nappe.
VoirO© v.av.n. et \.pr. En faire
voir à quelqu'un, l'agacer, le
tourmenter. = Voir en dedans,
dormir. — Voir la lune, perdre sa
virginité. — Voir une femme,
avoir des relations sexuelles. —
Voir rouge, avoir des idées san-
guinaires. — En voir la farce,
s'en passer la fantaisie. — Voir
Sophie, avoir ses menstrues. —
— Voir trente-six chandelles, être
ébloui, avoirdes étourdissements.
— # Se faire voir, se faire attra-
per; se faire duper.
20
VOIRIE.
— 30Ô
WALLACER.
Voirie Individu méprisable.
Voite s.f. Voilure, (abrév.)
Voiture s.f. Voiture à talons,
jambes.
Volaille 0O s.f. || 4. Aspirant à
TEcole militaire de Saint-Cyr. ||
2. Prostituée voleuse, (j.d.m.)
Volailler Q v.n. Voler ma-
ladroitement.
Volaillon s. m. Voleur mala-
droit.
Volant (V) (B) # s.m. \\ 4. Man-
teau. Il 2. Volaille. — Oiseau.
Volante # s.f. H 1. Plume. || 2.
Dépêche. — Télégramme. || 3. La
Police.
Volapuk O s.m. Langue univer-
selle.
Vol-au-vent s.m. Plume. —
Girouette. — Q Avoir une écre-
visse dans le vol-au-vent, dans la
tourte, être toqué.
Volé a. Etre volé, être déçu,
désappointé.
Volige s.f. Personne maigre et
plate comme une latte. — Du fr.
volige, latte à ardoises.
Voltigeante s.f. [j 1. Pous-
sière. Il 2. Plume (à écrire).
Voltigeur0s.m. Apprenti maçon.
Vouer v.a. Etre voué au blanc,
être paresseux. — Voué au jaune,
être cocu.
Voulu O a. Substitution de la vo-
lonté de Tartiste ou de l'écrivain
à Tobservation de la nature ou
des caractères. (Larchey) « C'est
voulu, ce n'est pas sincère. »
(V. Sardou).
Vouzaille = Vouzigaud % pr.
pers. = Vozière=Voziyue, Vous.
Voyage # s.m. Voyage au long
cours, la déportation.
Voyante Q s.f. Femme qui vend
des pronostics à la maison de
jeu de Monte-Carlo.
Voyla prcp. Voyla rage, éton-
nant, surprenant.
. . . . Ho! 7}oyla rar/e.
Elle commence de bonne lieure.
(Cl. Marot, Dialogue de deux amoureux).
Voyou, ouse, oute. Q s. Gamin
qui traîne sur la voie' publique.
— Individu qui se conduit crapu-
leusement.
Voyoucrate Qs.m. Quise conduit
comme un voyou (v.c.m.) et en
fréquente d'autres.
Voyoucratie Q s.f. Réunion de
voyous, de voyoucrates, v.c.m.
Voyoutados s.m. Cigare d'un
sou.
Vozière = Vozigue # pr. pers.
Vô . Vouzaille.
Vrai O s.m. Un vrai, un homme
honnête, franc et loyal.
Vrignole % s.f. Pour crignole.
iande.
Vrille s. t. Lesbienne =i Gou-
gnotte, v.c.m.
Vu % a. Etre vu, être dupé.
^Sf
"Wagon s.m. ^ Fourneau || 1.
Imbécile. H 2. Prostituée. || 3.
Grand verre de vin. (Larchey)
"Wallace s.f. Eau des fontaines
publiques. — Du nom de sir Ri-
chard Wallace, qui fit don d'un
grand nombre de ces fontaines à
la ville de Paris.
Wallacer v.n. Boire de l'eau
de la wallace, v.c.m.
WATERLOO.
307 —
ZINC.
Waterloo O n.pr. m. Derrière.
— Uîi cercle qui a son Waterloo,
cercle où les grecs ont été surpris
trichant.
X O s. m. Inconnu. — Anonyme. —
Polytechnicien. — Fort en X, fort
en mathématiques — Tête à X^
tête de mathématicien.
Yachting O s. m. Sport nautique.
— Pêche. — Régates. — Natation,
etc.
Yachtsman Q s. m. Individu qui
s'adonne au yachting, v.c.m.
Yeux s. m. pi. Voy. Œil.
Youdi=:Yeute = Youtreffis.m.
Juif. — De
Youtrerie ^
Youdi.
Ys s. m. Huis, porte
rhébreu Jehudhith,
s.f. Ladrerie. Voy.
phe ancienne est uis.
Et babigiiez toujours aux
L'orthogra-
(VlLtON).
Zanzibar O s. m. Jeu de dés chez
le marchand de vin.
Zeph s.m. Vent (abrév. de zé-
pliir).
Zéphir(mil.) s.m. Infanterie légère
d'Afrique.
Zeruart (B) s.m. Prédicateur.
Zeruinois (B) s. m. pi. Procu-
reurs.
Zeruinois-gourd(B) s.m. Avocat.
Zerver0v.a. Pleurer (pour verse?*).
\Ze-ze s.m. Individu qui zézaie.
LZichinetta 0s.f. Pron. squinetta.
Jeu de hasard où le donneur fait
sauter la coupe. — Se joue dans
les quartiers habités par les
Italiens, cela s'appelle « rouler
de bonnes pâtes d'Italie. »
Zif s.m. Marchandise imaginaire.
— Solliceur de zif, individu qui se
fait donner de l'argent sur des
marchandises qui n'existent pas.
Zig=:Zigue s.m. Camarade. —
Compagnon. — Homme franc et
gai. — Bon zig, bon ami. — Zig
d'attaque, ami sur lequel on peut
compter. — Zig à la rebiffe, réci-
diviste. — Du nom de zing^mi qu'on
donne aux Bohémiens.
Zigzag s.m. Q Bancal —
Boiteux.
Zigzaguer v.n. Faire des zig-
zags en marchant.
Zinc -= Zingue s.m. || 1. =
Chic,\.c.m. — Avoir du zinc, avoir
de l'élégance. — C'est aussi avoir
une voix bien timbrée. || 2. Ar-
gent, monnaie. Il 3. Comptoir de
ZINGUER.
308 —
ZUTISTE.
marchand de vin. « Prendre un
verre sur le zinc. » || 4. Zinc des
ratichons, maître-autel.
Zinguer v.n. Boire sur le zinCj
v.c.m. (3).
Zingueur s. m. Buveur habitué
des zincs^ v.c.m. (3).
Zingot O s.m. Marchand de vin.
Voy. Zinc (3).
Zona s. f. Prostituée (arg. des juifs).
Zouzou s. m. Zouave.
Zoze a. Boucle zoze, pain bis.
Zozotte s.f. Argent. — Mettre
le doigt sur la zozotte, découvrir
où se trouve l'argent qu'on veut
voler. — La zozotte à la Louis,
l'argent d'une prostituée. —
Formé de la forme abrégée de
pezotte pour pesce, pèse, pèze, le
pognon. [Timmermans.]
Zut Interjection pour exprimer
que l'on se moque d'une chose.
— Signifie aussi non. « Ah! zut
alors! » Néologisme, du skt suth
dédaigner, action de faire sût,
sorte d'interjection exprimant im-
patience ou aversion (Burnouf
page 726, col. a). = Troys! (V).
Zutiste0 s.m. = Menfoutiste ;Vov.
Zut.
FIN DU DICTIONNAIRE ARGOT-FRANÇAIS.
DICTIONNAIRE
FRANÇAIS-ARGOT
Abaissement =r Bassesse. Humi-
liation. Humilité. Aplatissement.
Abaisser = S'humilier. Ramper.
Se ravaler. Voy. S'aplatir.
Abandon =: Désistement. Renon-
ciation. Isolage. Ldchage.
Abandonné = Délaissé. Lâché.
Voy. CiiAMPi.
Abandonner =: Délaisser. Quit-
ter, Renoncer. Voy. S'enfuir, S'en
aller. Balancer. Bloquer. Décar-
rer. Gameler. Isoler. Lâcher.
Laisser en plan, en panne. Pla-
quer. Poser un lapin. Bendcler.
Se débarquer. Voy. Cran, Gamelle,
Lâcheur.
Abasourdi. Abafointê. Abalobê.
Voy. Baba.
Abasourdir = Assourdir. Étour-
dir. Casser la tête, les oreilles.
Aplomber. Basourdir.
Abat-jour. Abat-reluit.
Abattements Accablement. Ané-
antissement. Découragement.
Affalement. Avachissement.
Abattre = Renverser. Plaquer.
Abattu = Accablé. Anéanti. A/-
falé. Assommé. Avachi. (Met.)
Avoir la mort dans l'âme. Les
bras m'en tombent.
Abbaye. Voy. Couvent,
Abbé. Voy. Prêtre. Goussé-Razis.
Abbesse. La mère. Mère abbesse.
Abdomen. Voy. Ventre.
Abeille. Fille galante.
Aberration. Voy. Folie.
Abêtir. Voy. Abrutir.
Abhorrer.' Voy. Détester.
Abîme. Esquinte.
Abject. Voy. Méprisable.
Aboiement. Jaspinement. Roule-
ment de tambour.
Abolir. Voy. Détruire.
Abolition. Voy. Destruction.
Abominable. Voy. Laid, Mauvais.
Abondamment "= Amplement.
Considérablement. Copieuse-
ment. Largement. A bouche que-
veux-tu. A foison. A bauge. A
gogo. Sourdement.
Abondance = Aftluence. Aisance.
Opulence. Quantité. Richesse.
ABONDANT.
— 310 —
ACCUOITRE.
Aboutage. Gourderie. Voy. As-
siette, Gras.
Abondante Opulent. Voy. Beau-
coup. Crespinière. A chicr }.ar-
tout.
Aborder =1 Accoster. Approcher.
Joindre. Accrocher. Agrafer.
Amarrer. Raccrocher. Taper.
Aboutir. Accoucher.
Aboyer = Glabauder. Jaspincr.
Abri (Être à 1'). Etre blindé, cui-
rassé.
Abruti. Voy. Bête.
Abrutir = Abêtir. Ahurir. Etour-
dir. Stupéfier. Asinver. Crélini-
ser. Endormir. Huîtrifier. Juhar-
der. (Met.) Faire tourner en bour-
rique.
Abrutissement. Voy. Bêtise.
Absence de = Manque de. Nib
de...
Absinthe (plante). Herbe sainte.
Absinthe (liqueur). V. c. m. au Dict.
Arg. Fr. Abs. Bavaroise aux choux.
Bleue. Bureau arabe. Correspon-
dance pour Charenton. Douanier.
Eau de moule. Eau de savon. Fée
aux yeux verts. Génépi. Groseille
de zouave. Hussarde. Pernod.
Perroquet. Pure. Suissesse. Verte.
Absoudre. Voy. Acquitter.
Absurde. Voyl! Bête.
Absurdité. Voy. Bêtise.
Abus de confiance. Voy. Escro-
querie.
Abuser de = Exploiter. Echau-
der. Ecorcher.
Abuser (S') = S'illusionner. Voy.
Se tromper. (Met.) Se dorer la
pilule. Croire que c'est arrivé. Se
fourrer le doigt dans l'œil. Se
monter le bonrrichon, le job. Se
monter le coup, le verre en fleur.
Académicien = Immortel. Les
Quarante (pL). CJnjbre. Coupo-
lard. Fossile.
Acariâtre Voy. Grognon.
Accablé. Avoir plein le dos.
Accablement = Anéantissement.
Découragement. Voy. Abatte-
ment.
Accabler — Agonir. Voy. Abattu.
Ennuyer. Voy. Agomser.
Accaparer. Voy. Tirer.
Accident. Voy. Malheur.
Acclimater. Apascliner.
Accommodant. Voy. Bois.
Accommoder (S'). Accœrer.
Accord (D'). Pareil.
Accorder (S'). Voy. S'entendre.
Corder. Marcher avec.
Accoster. Voy. Aborder.
Accouchée. Largue en vidange.
Pondeuse.
Accouchement z= Enfantement.
Aboulement. Débâcle.
Accoucher = Enfanter. Engen-
drer. Abouler. Casser so7i œuf.
Débouler. Mômir. Pisser des os.
Pisser sa côtelette. Pondre. Vê-
ler. — Faire accoucher : i)é6ac/fr.
Décrocher. Dépoter.
Accoucheuse = Sage-femme. Dé-
bâcleuse. Déballeuse de petits-sa-
lés. Guette-au-irou . Madame Ma-
nicon. Mômeuse. Mômière. Tire-
môme. Tire-monde.
Accouplement. Voy. Coït.
Accoupler (S'). Voy. Coïter.
Accourir. Abouler.
Accoutrement. Voy. Vêtement.
Carnaval.
Accoutrer (S'). Voy. S'habiller.
Accréditer. Voy. Recommander.
Accroc. Voy. Difficulté.
Accroché. Voy. Pendu. Grup.
Gruppé.
Accrocher. Voy. Pendre. Agrafer.
Brancher. Graffer. Grupper.
Accroire (Faire). (Met.) Faire
avaler la pilule. Faire couper,
couper dans le pont. Faire gober.
Accroissement. Voy. Augmenta-
tion.
Accroître. Voy. Agrandir, Aug-
menter, Economiser.
ACCROUPIR.
311 —
AFFIRMER.
Accroupir (S'). S'accoiifler. S'ac-
couver. S'accrouer. Se mettre à
crou-crou, à croupetons, en chien
de fusil.
Acculer. Coller. Coller sous bande.
Accumuler. Voy. Augmenter,
Economiser.
Accusation. Fargue. Voy. Dévi-
DAGK. Fièvre..
Accusé = Inculpé. Ecorné.
Acharnement. Obstination. Voy.
ACHAR.
Achat. Voy. Margoulinage.
Acheminer. Voy. Arranger, Pré-
parer.
Acheter. Abloqucr. Abloquir.
Abroquer. Attriquer. Biblutcr.
Bloquir. Cameloter.
Acheteur =: Acquéreur. Ablo-
queur. Attriqucur. Bibloteur. Voy.
Margoulin.
Achever. Voy. Finir. Cheirir.
Acolyte. Voy. Associé, Compa-
gnon, Compère, Complice.
Acompte. Arrosage. Voy. Arroser.
Acquéreur. Voy. Acheteur.
Acquiescer. Voy. Approuver.
Acquit. Voy. Quittance.
Acquitté. Béard. béf argué. Dévoyé.
Acquittement. Décarrade. Dé-
carre. Décarrement.
Acquitter = Absoudre. Gracier.
Pardonner. Défarguer. Dévoyer.
Engracier.
Acquitter (S'). Se dcssahr.
Acrobate. Voy. Saltimbanque.
Acte. Voy. Accusation.
Acteur = Comédien. Cab. Cabo.
Cabot. Cabotin. Misloqueur. Mis-
loquier. Voy. Bouche-trou, Clou,
Créateur, Doublure, Egyptien,
Etoile, Figurant, Figuration,
Rognure, Sabot, Tombeur, Ve-
dette.
Actif. D'attaque.
Actions Fait. Exploit. Voy. Geste.
Activer = Presser. Chauffer. (Met.)
Donner un coup de collier. Donner
les coups de poing de la fin. Etre
à la cravache.
Actrice = Comédienne. Voy. Ac-
teur. Cabotine. Misloqueuse. Mis-
loquière.
Addition r= Adjonction. Voy. Bé-
QUET.
Adjoint. Voy. Condé.
Adjonction.^ Voy. Addition.
Adjudant. Chien de régiment.
Administrer = Donner rexlrême-
ne lion. Graisser les bottes.
Admirable. Voy. Beau. Catapul-
tueux. Mirobolant.
Admis à (Être) Engrainer.
Admonester = Réprimander.
Voy. Gronder.
Adorer. Voy. Aimer.
Adresse. Voy. Habileté, Ruse.
Adresser. Voy. Envoyer.
Adroit = Habile. Rusé. Voy. Malin.
(Met.). Avoir le pouce rond.
Adultère. Voy. Cocu. (Met.), Con-
versation criminelle. Chasser sur
les terres d'autrui. Donner dos
coups de canit" dans le contrat.
Infortune conjugale.
Adversité. Voy." Malheur.
Affable. Voy. Aimable, Bienveil-
lant.
Affaibli. Voy. Aile, Lampe.
Afifaire. Aff'. Balle. Blot Chopin.
Flambeau. Flanche. Voy. Cocantin,
Fonts, Lanceur, Margouliner.
Affamé (Etre). Caner la Pêgrcnne.
Affectation = Pédanterie. Préten-
tion. Voy. Bégueule, Poser,
Poseur. Pose.
Affecter. Voy. Poser.
Affection. Voy. Amitié, Amour.
Affectueusement. Amicablcment.
Affiche. Menteuse.
Affilié. Voy. Associé, Compère,
Complice.^ Voy. Franc (8).
Affiquets = Ajustements. Affu-
tiaux. Agios.
Affirmation. Voy. Approbation.
Affirmer = Assurer. Certifier
AFFLICTION.
312 —
AIMER.
Bonir. Voy. Billet, Prendre.
(Met.) Mettre sa main au feu.
Affliction. Yoy. Chagrin, Ennui,
Souffrance.
Affligé. Yoy. Chagriné, Ennuyé.
Affliger. Voy. Chagriner, Ennuyer.
Affluence. Voy. Abondance.
Affluer. Ahouîer.
Affoler (S') = Perdre la tramon-
tane, le nord. Perdre la boule,
la boussole, la carte.
Affreux. Voy. Laid.
Affront. Voy. Honte, Injure.
Voy. Mettre.
Affubler (S'). Voy. S'habiller.
S'encarnavaler.
Africain. Voy. Nègre. Arbico.
Arbi.
Agaçant. Voy. Ennuyeux, Impor-
tun.
Agacé. Voy. Ennuyé.
Agacer = Harceler. Irriter. Voy.
Ennuyer, Exciter. Asticoter. As-
tiquer. Baunoter. Emboucaner.
Emmerder. Faire mal. Faire pisser
des lames de rasoir en travers.
Scier.
Agé. Longé.
Agence. Voy. Bureau.
Agencer. Voy. Ensecréter.
Agent. Voy. Àmge, Cocantin, Mer-
cadet, Sauterolle, Sauterond. —
Agent de police. Voy. Mouchard,
Police, Sergent de ville. Sû-
reté.
Aggraver. Voy. Augmenter.
Agile. Voy. Alerte.
Agioter. Capitainer.
Agioteur. Capitaine. En fonceur.
Tripoteur.
Agir. Voy. Faire. (Met.) Y aller
gaiement.
Agitateur. Agent provocateur.
Allumeur. Diable.
Agiter (S') = Se débattre. Se dé-
mener. Se donner du mal. Se
remuer. Voy. S'évertuer. Se dé-
carcasser. Se dégrimoner. Se dé-
mancher. Se démantibuler. SV-
mouver. Se grouiller.
Agneau. Voy. Mouton.
Agonie. Voy. Moribond. Canage.
Crevaison. Fine pégrenne. Voy.
Malle.
Agonir. Voy. Accabler.
Agoniser. Voy. Malade, Mourir.
Voy. Article, Dédire, Lampe.
Agrandir. Voy. Augmenter.
Agréable =: Charmant. Plaisant.
Voy. Beau, Galant.
Agrément. Voy. Bonheur, Plaisir.
Agresseur. Voy. Assassin. Butteur.
Agriculteur. Voy. Paysan.
Agripper. Voy. Saisir.
Aguerri = Solide. Intrépide.
Voy. Brave. Dur à cuire. Bougre à
poils.
Aguerrir. Culotter. Dégourdir.
Détaffer.
Aguets (Etre aux). Voy. Guetter
Ahuri = Hébété. Voy. Bétfc>
Etonné. Ahuri de ChaiUot.
Ahurir. Voy. Abrutir.
Aide. Voy.^ Complice, Soutien.
Voy. Aide-cargot, Mécamcien.
Aider = Secourir. (Met.) Donner
un coup de main.
Aïeul. Voy. Grand-père.
Aiguille. Barre. Chassue. Clé. Pin-
celoque.
Aiguillettes. Mettes.
Ail. Apic. Truffe de Marseille.
Ailleurs. Au diable. Au diable
Vauvert.
Aimable = Affable. Cordial.
Charmant. Voy. Galant. Amiteux.
Amour. Girofle.
Aimé (Etre) = Etre la coqueluche
de. Etre à la bonne.
Aimer = Adorer. S'éprendre.
Raffoler. (Met.) Aimer comme la
prunelle de ses yeux. Aimer
comme ses petits boyaux. Se coif-
fer de. Faire son Dieu de. S'enti-
cher de. En tenir. Voir d'un bon
œil. Avoir à la bonne. Avoir dans
AIMER.
— 313 —
AMANT.
le sang. Avoir un béguin. Engan-
ter. Gober. Etre toqué de. Sentir.
Se toquer. Voy. Filer, Gâteau.
Aimer (en parlant des choses).
Ne pas cracher dessus.
Ainsi = Sic. Comme aco.
Air. Voy. Allure.
Air (élément). Voy. Fragrance,
Halle.
Aisance. Voy. ÂbondaDce.
Aisances. Voy. Lieux.
Aisé Voy. Riche. Etre dans le grain.
Ajustements = Affiquels. Affa-
tiaiix. Agios.
Alarme. Voy. Exclamation. Voy.
Arçonner.
Alarmiste = Pessimiste. (Met.)
Docteur Tant Pis. Oiseau de
mauvais augure. Prophète de
malheur.
Alcoolique. Voy. Ivre, Ivrogne.
Alêne. Lance de saint Créfin.
Alentour. Alentoir.
Alerte. Voy. Exclamations, Signal.
Alerte (acîj.). A{çilc. Allègre. Dis-
pos. Léger. Leste. Prompt. Vif.
Démon. Diable.
Algarade. Voy. Aventure.
Alibi. Parade. Parapluie. Voy. Se
parer.
Aliéné. Voy. Fou.
Aligner (S'). Se poi'tcr sur la base.
Alimentation. Voy. Nourriture.
Aliments. Voy. Nourriture.
Alité. Sur le flanc.
Allécher = Amadouer. Voy. Atti-
rer, Séduire. Voy. Acoquiner.
Vannage.
Allègre. Voy. Alerte.
Allemand. Alboche. Boche. Bosch,
Choucroutman. Mangeur de chou-
croute. Prusco. Prussien. Tête de
boche.
Aller = Marcher. Voy. Va-et-
vient. Bier. Brouer. Voy. Aller.
Aller (S'en) = S'échapper. S'es-
quiver. Se retirer. Voy. Aban-
donner, S'enfuir, Fuir", Partir.
Se bairer. Se la briser. Se carapa-
ter. Se cavaler. Se criquer. Se dé-
biner. Se dévisser. Se la donner.
Se donner de Vair. S" écarbouiller .
S'csbigner. Se sylphider. Se trot-
ter. Voy. Fourneaux.
Allez-vous-en = Aller vous pro-
mener. Allez vous asseoir. Allez
vous faire foutre. Allez vous faire
lanlaire. Aller vous laver. Houste!
Hnuste à la paille !
Alliance. Voy. Association, Ba-
gue, Mariage.
Allié = Aide. Voy. Complice.
Allonger. Voy. Long. (Met.) Pren-
dre le chemin des écoliers.
Allumer. Voy. Enflammer, In-
cendier. Coquer le rifle.
Allumette. Bûche. Faibloche. Plom-
bante. Souffrante perlée. Voy.
j FiDIBUS.
Allumeur. Voy. Lantiméciie.
Allure = Air. Attitude. Mine. Mise.
Tournure. Chic. Fion. Touche.
Voy. Cheveu, Figurant, Marquer.
Altercation =. Querelle. Voy. Dis-
pute. Empoignade.
Altéré. Voy. Soif. Assoiffé. Bec
salé.
Alternative (Etre dans!'). fMét.)
' Avoir le cul entre deux selles.
Amabilité = Gentillesse. Gracieu-
seté. Giroflerie.
Amadou. Basane. Bois pourri.
Amadouer =: Allécher. Voy. At-
tirer, Séduire.
Amalgame. Voy. Mélange.
Amande. Cassante. Princesse. Sul-
tane. Voy. Flippe, Paden, Phi-
lippe.
Amant (payant) = Entreteneur.
Ami. Banquier. Bête à pain. Des-
sus. Éclair eur . Époux. Milord.
Mon homme. Monsieur. Monsieur
un Tel. Mon vieux. Nabnb. Négo-
ciant. Ponteur. Prince. Protecteur.
Singe. Type. Voy. Effectif, Miche.
Amant (de cœur) = Céladon.
AMANTE.
314 —
AMUSEMENT.
Arthur. Caprice. Dessous. Gigolo.
Paillasson. Petit. Poète. Voy.
Amoureux, Desgrieux, Greluchon,
Illégitime, Tourtereaux. — Pour
la catégorie des amants qui vi-
vent de la prostitution, Voy. Sou-
teneur.
Amante. Voy. Maîtresse.
Amarre. Voy. Cable.
Amas = Bloc. Voy. Farragot,
Magot, Mont-joie, Pâté, Pile.
Amasser. Voy. Augmenter, Eco-
nomiser.
Ame=: Esprit. Vie. Afl'e.
Amélioration. Lessive.
Améliorer. (Met.) Mettre du beurre
dans ses épinards.
Amende. Calange. Calenge. Voy.
EcROu, Pergée.
Amender [S"). Acheter une con-
duite.
Amener. Voy. Attirer.
Américain. Frère Jonathan, Yan-
kee.
Ameublement. Voy. Mobilier.
Ami. Voy. Amitié, Camarade,
Compagnon. Achate. Amache.
Amar, Amarre, Aminche, Amun-
che, Bisot. Copain. Copin. Fanan-
de. Fanandel. Farnandel. Fran-
gin. Frère. Gosselin. Maire. Ma-
telot. Mignon. Minon. Mion. Mo-
nant. Poteau. Zig. ligue. Voy.
Ami.
Amical. Amiteux. Girofle.
Amicalement, Amicablement.
Amie. Voy. Maîtresse. Monante.
Sœur.
Amitié (Mots d') à l'adresse d'un
camarade. Aiicien. Branche. Bri-
gand. Canard, Canasson. Cher ou
Excellent bon. Chinois. Colon. Co-
quin. Gueusard. Gueux. Ma
vieille. Mon bon. Mon bonhomme.
Mon fiston. Mon matelot. Mon pe-
tit. Mon vieux Polisson. Voy.
LOUF-LOUF.
Amitié (Mots d') à l'adresse d'une
femme. Bébé. Blbiche. Bichette.
Bobonne. Coquine. Gueuse. Ma
bonne. Ma cocotte. Ma mie. Ma
petite. Mon ange. Nichette. Ni-
chon. Nini. Polissonne. Poupoule.
Amitié (mots d') à l'adresse d'un
enfant. Bébé. Bichon. Chat. Cha-
ton. Chérubin. Chien. Chienchien.
Chou. Chouchou. Coco. Gueux-
gueux. Loulou. Mon amour, ange,
trésor.
Amnistie = Grâce. Redam.
Amoindrir = Diminuer. Mitiger.
Amollir (S'). S'aveulir.
Amonceler. Voy. Augmenter.
Amorce = Appât. Graine de niais.
Voy. GoBBE.
Amour =: Affection. Gobage. To-
quade sérieuse. Plat. Plato.
Amour (L') (mythologie). Le Dar-
dant. Le petit Dardant. La Fée.
Amouraché. Encoqueluchonné.
Amourette. Béguin. Toquade.
Amoureuse. Voy. Amante, Maî-
tresse. Caille ^coiffée. Féesante.
Moureuse.
Amoureux = Entiché. Féru. Voy.
Amant, Aimer, S'éprendre, Li-
bertin, Vaillant. Chauffeur, Fée-
sant. Fou. Moureux. Toqué.
Amphithéâtre. Amphi. Voy. Pa-
radis, POUILAILLER.
Amplement. Voy. Abondamment.
Amplifier. Voy. Exagérer.
Ampoule =z Cloche. Cloque.
Amputation
Amputer. Voy. Couper. Charcuter.
Amulette = Fétiche. Corde de
pendu. Gris-gris. Manitou. Mas-
cotte. Porte-bonheur. Porte-veine.
Amusant = Cocasse. Comique.
Divertissant. Drôle. Voy. Bizarre.
Crevant. Drolichon.' Farce. Foli-
chon. Gondolant. Rigolard. Rigol-
boche. Rigolo. Rigomllard. Tor-
dant. Voy. Encadrer.
Amusement =: Divertissement.
Réjouissance. Gobichonnade . Go-
AMUSER.
— 31o —
APPOINTEMENTS.
bichonnage. Godaille. Godaillerie.
Rigolade. Riole. Riolle.
Amuser =: Divertir. Flamber.
Amuser (S' j = Se divertir. Folâtrer.
Folichoniier. Se réjouir. Voy.
Nocer, Rire. S'embrochiner. Faire
la fêle. Gaudrioler. Gobichonner.
Godailler. Se gondoler. Rigol-
bâcher. Rigoler. Rigouiller. Se
tordre. Voy. Bombe, Bordke,
Jeune. — Pour S'amuser aux
dépens de quelqu'un. Voy. Se
moquer.
An = Année. Berge. Rrisqiie. Lon-
gue. Pige. Voy. Feuille, Gerbe,
Longe.
Analogue. Voy. Semblable. Sij7ia-
gogue.
Anarchiste. Anarcho. Compagnon.
Dynamiteur. Parlageux.
Ancien = Suranné. Voy. Vétéran,
Vieillard, Vieux. Aile de pigeon.
Chevronné. Fossile. Longé.
Ane = Aliboron. Baudet. Grison.
Ignorant. Rossignol ou Uoussin
d'Arcadic. Aurillard. Auzard.
Aze. Rranque. Jérusalem -poney.
Martin. Oreillard.
Anéantir. Voy. Abattu, Détruire.
Anéantissement = Accablement.
Découragement. Voy. Abatte-
ment.
Anecdote. Apologue. Bourde. Fou-
taise. Potin. Racontar.
Anerie. Voy. Bêtise, Maladresse.
Anges (Les). Les franches volantes.
Anglais. English. Englishman. Fils
d'Albion. Goddam. Goddem. Habit
rouge. Ingliche. Inglichmann. Voy.
John Bull.
Angoisse. Voy. Chagrin, Ennui,
Souffrance.
Anicroche. Voy. Difficulté, Em-
barras.
Animal. Bébête.
Anneau. Voy. Bague. Voy.ARGANAU,
Chaussette, Manille.
Année. Vov. An.
Annonce (verbale). Boniment. Pal-
las.
Annoncer. Faire Pallas.
Annuaire. Buttin.
Antécédents. Avoir payé (avoir
été condamné). Voy. Biffeton.
Anthropométrie (salle de V).
Bureau des pieds.
Antipathique. Voy. Individu.
Drôle de paroissien. Drôle de coco.
Anus. As. As de pique. Cyclope.
Entrée des artistes. Fignard. Figne.
Fignedé. Le Borgne. Le petit.
Lorgne. Pièce de dix sous. Trèfle.
Trou. Trou du cul. Trou de balle.
Trou d\Aix. Trou de la fine. Trou-
fignard. Troufignon.
Anxieux = Inquiet. A cran.
Apathie. Voy. Nonchalance, Pa-
resse.
Apathique. Voy. Nonchalant, Pa-
resseux.
Apercevoir z= Découvrir. Dégotter.
Gaffer. Rembroquer.
Apéritif. Absinthe.
Apitoyer = Attendrir. Toucher.
Aplatir (S'). Se plaquer. Voy. Li-
mande.
Aplomb. Du chien. Du chien dans
le ventre. Du vice. Toupet.
Apostropher. Arçonncr.
Apothicaire. Voy. Pharmacien.
Diafoirus. Fleurant. Flûtement.
Disinuant. Potard. Purgon. Serin-
guinos. Vise au trèfle.
Appartement. Voy. Chambre,
Domicile, Logement, Maison.
Appât. Voy. Amorce.
Appeler. Voy. Hisser.
Appétit. Voy. Faim. Voy. Four-
chette.
Applaudir = Claquer. Chauffer.
Voy. Boire, Entrée. Manger.
Applaudisseur. Voy. Claqueur.
Appliquer. Voy. Mettre. Voy. Dé-
moucheté.
Appointements = Paye. Galette.
Sainte-Touche.
APPORTER.
— 316
ARME.
Apporter. Ahouler.
Apposer. Voy. Mettre.
Apprécié = Avoir Toreille du
public. Avoir à la bonne. Gobé.
Mouillé.
Apprendre. Entraver.
Apprenti =z Elève. Novice. Saute-
ruisseau. Apprentif. Arpèie. Ar-
pette. Attrape-science. Bec-jaune.
Bé jaune. Conscrit. Crapaud. Gali-
fard. Lofât. Loffe. Loffiat. Mou-
nin. Yoy. Bistot, Geiétif, Lapin,
Marcassin, PoTARD, Rapin, Renard,
RiCOCHON.
Apprentie. Groulasse. Groule.
Trottin. Voy. Main.
Apprentissage. Voy. Entravage.
Approbation = Affirmation. At-
testation, Bien. Bravo. Certaine-
ment. Voy. Oui. Gigot. Girole.
Got. Jaspin. Je marche. Si fait. Si
Ouiche. (iron.).
Approcher, Voy. Aborder.
Approfondir (fig.) = Creuser. Se
creuser la cervelle. Creuser une
idée.
Approprier (S'), Voy. Esgard.
Approuver = Acquiescer. Con-
sentir, (Met,) Opiner du bonnet.
Approvisionnement, Voy, Pro-
vision,
Appui. Voy. Soutien.
Arabe. Arôi Arbico. Bachi-Bou-
souk. Voy, Sabir.
Araignée! Maçonne. Sisyphe. Ten-
deuse. Vagabonde.
Arbitraire, Féodec.
Arbre, Porte-feuille. Quoquard.
Archevêque, Archipointu. Gourd-
Razis.
Architecte. Tire-ligne.
Arctitude. Voy. Barré.
Ardent, Voy, Brave.
Ardeur = Chaleur. Zèle. Graisse
d'abattage.
Argent (métal). Blanc. Ce.
Argent (monnaie) = Nerf de la
guerre. Pécune. Quibus. Voy.
Pièces. Achetoir. Achetoire. Ache-
toirs (pi.). Auber. Aubert. Bâte.
Bath. Batte. Bagafe. Beurre. Bis-
cuit. Blanquette. Braise. Caire.
Carie. Carme. Ce. Ce qui se pousse.
Du blé. Du chènevis. De la clin-
quaille. Croix. Date. Dalle.
Douille. Etoffes. Face. Gaitte.
Galette. GaÙetausse. Galtouse.
Gibe. Grain. Graisse. Grisbis.
Huile. Mazille. Menouille. Me-
nuaille. Métal. Miche de pro-
fonde. Michon. Momifie. Moules
de bouton. Nerf. Noyaux. On-
guent. Os. Oseille. Pèse. Pèze.
Picaillons (pL). Pimpions (pi.). Du
plâtre. Pognon. Poignon. Point,
Pouiffe. Poussier. Radin. Radis.
Ragots (pi.). Rond. Rondins (pi,).
Ce {\)\.). Roulants deCé.Sitnomen.
De la tune. Vaisselle de poche. Zinc.
— Donnerde l'argent. Voy. Payer.
Manquer d'argent. Voy, Malheu-
reux, Ruiné! Voy. Èxtorquer-
Voy. Arche, Casquette, Eclai-
rage, Eléments, Estomac, Fourbi,
Gras, Magot, Masse.
Argenter. Blanqueter.
A-rgenterie. Blanc. Blanquette. Ce.
Argot. Arguche. Artis. Bigorne.
Jar. Jars. Langue verte. Lar-
gonji. Latin. — Argot allemand.
Hothwalsch. Argot anglais, Cant.
Slang. Argot arabe, Arabe Sabir.
Argot espagnol, Germania. Argot
hollandais, Dieventaal. Bargœnsch.
Argot italien. Gergo. Voy. Ar go-
ter, Argoteur, Argotier, Chi-
NOiSER, Enterver, Jarguer, Java-
^AIS,
Argotique. Bigorne.
Aristocrate = Ci-devant. Noble,
ïalon rouge. Aristo. Blasonné.
Réac. Régence.
Aristocratie = Noblesse. La
haute. Faubourg -Germain. ^^-^
Arme = Porte-respect. (Voir les
noms des différentes armes.)
ARMÉE.
— 317 —
ASSIETTE.
Armée. Versaillais (1871).
Armoire rrz Bahut. Garante. Quo-
quante. Serrante. Voy. Bara-
OUE (4), DOLBLE-FACE.
Arpajon (S.-et-O.). Arpagar.
Arquebuse. Passante.
Arracher. Voy. Baume.
Arranger = Acheminer. Combi-
ner. Maquignonncr. Mijoter. Ra-
fistoler. Voy. Préparer. Accœrer.
Afif^loler. Camoufler. Maquiller.
Rafuter. Ripatonner.
Arranger (S') = Se débrouiller.
Arrestation. Voy. Emprisonne-
ment. Ballonnement. Bouclage.
Levée. Voy. Enfilade, Enfilage.
Arrêt := Suspension. Voy. Brisure.
Arrêté. Ballonné. Bouclé. Coltigé.
Enferré. Englué. Fabriqué. Faire
du regoùt. Fait. Ferré. Grimé.
Incommodé. Levé. Pigé. Pincé.
Pipé. Poissé. Ramassé. Roussi.
Rousti. Soufflé. Tombé malade.
Voy. Fabrication, Linge.
Arrêter = Capturer. Voy. Empri-
sonner, Flagrant délit. Saisir.
Agrafer. Agricher. Agriffer. Arc-
pincer. Attrimer. Ballonner. Cho-
per. Coltiger. Cueillir. Enchetiber.
Enfiler. Enfourailler. Engerber.
Engluer. Engrailler. F aire. Gra/fer.
Grappiner. Grouper. Harponner.
Lever. Mettre le grappin dessus.
Paulmer. Piger. Pincer. Piper.
Poisser. Poser un gluau. Rafler.
Ramasser. — Se faire arrêter. Se
faire cuire. Faire arrêter. Voy.
Dénoncer.
Arrêter = Suspendre. Airêter les
frais. Poser un gluau.
Arriéré = En retard. Rétrograde.
Antique. Bonnet de coton. Bour-
geois. Boutiquiei\ Croûte. 4830.
Pot-au-feu. Vieux jeu.
Arriver. Abouler. Abrouer. Dé-
bouler. Emplanquer. Engrainer.
(Met.) Arriver comme marée en
carême. Tomber à pic.
Arrogant. Voy. Fanfaron, Or-
gueilleux.
Arrosage. Lansquinage.
Arroseur. Cribleur de lance. Lan-
cequineur. Lansquincur. Voy.
Lancier.
Arrosoir. Mille-pertuis.
Arsenic. Arsenal.
Artichaut. Voy. Tendresse.
Article = Chronique. Voy. Chien,
Grouchy, Pièce, Premier-Paris,
Tartine.
Artifice = Combinaison. Ficelle.
Mensonge. Ruse. Truc. Voy. Trom-
perie. Carottage. Carotte.
Artificier=Pétardier. Voy. Coupe-
ficelle.
Artillerie. Bronze.
Artilleur. Voy. Cavalier, Soldat.
Bronze. Voy. Court a pattes, Flam-
bant, Hussard.
Artisan. Voy. Ouvrier.
Artiste. Voy. Acteur, Peintre.
Voy. FORMISTE.
As (carte). Borgne. Lorgne. Nom-
bril. Voy. Manillon.
Assaillir. Voy. Attaquer.
Assassin. Batteur. Chounneur.
Escape. Escapouche. Escapouchon.
Fourloureur. Frianche. Saigneur
à musique. Scionneur. Sionneur.
Surineur.
Assassinat. = Meurtre. Dégrin-
golade. Dégringolage. Grand jeu.
Grande soûlasse. Suage.
Assassiner = Assommer. Voy.
Tuer.
Assemblée =i Batelée. Meeting.
Réunion. Voy. Foule, Parlement.
Fourmillante. Frémillante.
Assembler. Lairrer.
Asseoir. Voy Asseoir.
Asservir. Ésclavager.
Assez. r= Ça suffit. Arrêtez les frais.
Asseyez-vous dessus. Barca.Barka.
Basta. Marre. Marez. Voy. Glaque-
COMPTE.
Assiette. Coquille. Crolle. Crosle.
ASSIGNATION.
318 —
ATTENDRIR.
Ecuelle. Limonade. Morfiante. Sa-
livergne. Tuile. Voy. Plâtrée.
Assignation. Chiffarde.
Assis. Aponiché.
Assises (Cour d'). La Bourrache.
La Juste. La Ligore. Flanque de
gerbes.
Association = Réunion. Société.
Flotte. Voy. Bande (4), Chapelle,
Patron-minette.
Associé = Acolyte. Complice.
Voy. Compagnon. Aminche d'aff.
Assoce. Contre.
Assommant. Voy. Ennuyeux. En-
dormant.
Assommer. Voy. Battre, Tuer.
Envoyer dormir.
Assommoir. Coup de poing. Per-
mission de minuit. Sortie de bal.
Assoupir (S'). Somnoler. Tourner
de Vœil.
Assurer = Certifier. Voy. Affir-
mer.
Astuce. Voy. Ruse.
Astucieux. Voy. Rusé.
Atelier. Boile. Cage. Echoppe. Tur-
bine. Voy. HiRONDEAU, Pompe.
Attaché. Voy. Lier. Voy. Abraqué.
Attachement = Attache. Voy.
Amitié, Amour.
Attacher. Voy. Lier.
Attacher (S'j. Voy. Aimer. Se
chafrioler. Se toquer.
Attaque. Voy. Attentat, Crime.
Voy. Camisade.
Attaquer = Assaillir. Harponner.
Tomber sur la bosse, le poil. Voy.
ESTOURBIR.
Atteindre. Aveindre.
Atteint (Être) = Recevoir. Tou-
ché. Voy Aganter, Ecoper, En-
caisser, Etrenner.
Attendre == Espérer. Droguer.
Languir. Lanterner. Lantiponer.
Naqneter. Poireauter. Poser. Voy.
Laisser. (Met.) Compter les clous
de la porte. Croquer le marmot.
Etre le bec dans Teau. Etre sur
des charbons, sur le gril. Faire le
pied de grue. Faire queue. Faire
sentinelle. Garder le mulet. Faire
le poireau. Monter la garde. Tenir
au filet.
Attendrir. Voy. Apitoyer.
Attentat. Voy. Attaque, Crime.
Attente. Voy. Colillf:t.
Attentif (être). Voy. Chaud.
Attention (faire) = Dresser l'o-
reille. Voy. Exclamation. Luer
au bec. Ouvrir Vœil. Voy. Deux.
Attestation. Voy. Approbation,
Oui.
Attirer = Allécher. Amadouer.
Amener. Captiver. Séduire. Aga-
ter. Aguicher. Appachonner. En-
grainer. Voy. Aimant. Fenêtre,
Lancer, Loucher, Œil.
Attitude. Voy. Allure.
Attouchement. Voy. Caresse.
Attraction. Clou. Grcat attraction.
Attrait. Le clou. Great attraction.
Attraits. Voy. Seins.
Attraper. Voy. Saisir, Tromper.
Attroupement. Voy. Foule.
Attrouper = Faire foule. Ras-
sembler. Faire nonne.
Aubaine = Profit. Bénéfice. Voy.
Bonheur. Chopin. Oncle d'Amé-
rique. Tuile.
Auberge. Voy. Cabaret. Alberge.
Cosne. Coste. Voy. Pouillis.
Aubergiste = Gargotier. Taver-
nier. Voy. Abéqueuse, Mère.
Aucun. Voy. Négation.
Audacieux = Téméraire. Voy.
Brave. Voy. Toupet.
Audiencier. Voy. Tailbin.
Auge. Voy. Gamelle.
Augmentation = Accroissement.
Redoublement. (Met.) Compte
d'apothicaire. Voy. Augmenter.
Martingale . Majoration.
Augmenter = Accroître. Accumu-
ler. Aggraver. Agrandir.. Amas-
ser. Amonceler. Arrondir. Com-
pléter. Entasser. Etendre. Monter.
AUMONE.
— 319 —
AVOUER.
Redoubler. Renforcer. Fortifier.
Corser. Majorer. Martuigalcr.
(Met.) Allongerla sauce, la licelle.
De plus fort en plus fort comme
chez Nicolet. Faire la boule de
neige. Faire un compte d'apothi-
caire. Monter une affaire sur un
grand pied, sur une grande
éclielle.
Aumône =: Secours. Voy. Mendi-
cité, Mendier. Caristade. Voy.
PaSSADF-, ÏHl.NE.
Auprès. Jiixtn
Aussi = Idem. Itou. Quoqiic.
Automate. Voy. Marionnette.
Automne. Impôt.
Autoriser r= Permettre. Débrider.
Autoritaire (Etre). Faire de
Vautor.
Autorité (d'). lïautor.
Auvergnat. Arvernien. Auverpin.
Bougn. Charabia. Foiichtra. Ga-
vache.
Auxiliaire = Bouche-trou. Dou-
blure. Extra.
Avaler = Absorber. S'empiffrer.
Engloutir. Voy. Boire, Manger.
Effacer. Estouff'er. Etouffer. Voy.
Angouléme.
Avance. Voy. Bijouterie, Salé.
Avancer Voy. Coup, Jambe.
Avare = Arabe. Cancre. Chiche.
Corsaire. Cupide. Grigou. Grippe-
sou. Harpagon. Juif. Ladre. Lési-
neur. Pingre. Voy. Usurier.
Arco. Cagou. Caquedenier. Chic-
graisse. Chien. Cochon. Grappil-
leur. Grec. Loupel. Pleutre. Râpe.
Rapia. Rapiat. Rat. Richard.
Tire-liard. Vampire. M. Vautour.
Voy. Chienner, Ganter, Gobseck,
Large.
Avarice = Cupidité. Ladrerie.
Lésinerie. Chiennerie. Cochonne-
rie. Maladie du pouce.
Aventure =: Algarade. Intrigue.
Scandale. Avaro. Avatar. His-
toire. Scène.
Aventurier = Chevalier d'indus-
trie. Faiseur. Intrigant. Ficelle.
Rasta. Rasiaquouère. Trucqueur.
Averse. Voy. Pluie.
Avertir. Arçonner. Bonir.
Avertissement. Bonissement.
Aveu. Voy. Avouer. Credo. Vane.
Aveugle =: Quinze-Vingt. Berlu.
Sans chasses.
Aveuglé, Voy. Feu.
Avidement. Gicrement. Gitrement.
Aviné. Voy. Ivre, Ivrogne.
Avocat = Conseil. Défenseur.
Blanchisseur. Bavard. Cuisinier.
Enjuponnc. Lessiveur. Médecin.
Médecine. Parrain. Puisatier. Rat
de prison. Robin. Vermi7ie. Zérui-
. nois-gourd. Voy. Grosseur. Ger-
BIER.
Avoine r=: Aveine. Bègue. Civade.
Coup de fouet. Grelu. Grenu.
Grenuche.
Avoir (verbe) = Posséder. Itrer.
Avorter. Voy. Décrocher, Fai-
seuse.
Avorton = Chétif. Gringalet. Mai-
gre. Malingre. Astec. Chenille.
Chenillon. Fabriqué au compte-
gouttes. Fausse-couche. Foutriot.
Foutriqiiet. Microbe.
Avoué (officier ministériel). Epong-e
d'or.
Avouer. Accoucher. Casser. Cra-
cher. Se déboutonner. Découvrir
la peau. Dégorger. Dévider. Far-
guer. Goualer. Se laver. Se mettre
à table. Tortiller. Voy. Cuisiner,
Jardiner, Jardineur, Manger.
BABILLER.
— 320
BANC.
Babiller = Bavarder. Caqueter.
. Causer. Babigner. Babillangier.
Babiner.
Baccalauréat. Bac. Bachot. Voy.
Baciiotier.
Baccarat. Bac.
Bacchanal = Bruit. Tapage.
Boucan. Chabannais.
Badaud= Curieux. Flâneur. Niais.
Oisif. Cockney. Fétrousquin. Voy.
Asphaltais, Gobeur.
Badauderie. Jobarderie.
Badinage = Badinerie. Plaisan-
terie. Voy. Flirt.
Badine. Slick.
Badinerie. Voy. Badinage, Bouf-
fonnerie.
Bafouer. Voy. Mépriser. Se mo-
quer.
Bagage =z Bataclan. Malle. Balu-
chon. Boutique. Tout le tremble-
ment.
Bagarre = Embarras. Encombre-
ment. Voy. Bruit, Désordre,
Foule. Margoulis.
Bagatelle =: Brimborions. Affu-
tiaux. Foutaise.
Bagne = Galères. Travaux forcés.
Là-bas. La Grotte. La Nouvelle.
Le Dur. Le Pré. Perpète. Petite
marine. Traverse. Voy. Bain,
Château, Pair, Voyage.
Bague = Alliance. Anneau. Bijoux.
Joyaux. Brobuante. Brocante.
Brocquans. Broquille. Cercle. Di-
gelette. Jonc. Rondache. Rundlne.
Rondinot.
Baguenauder. Voy. Flâner.
Baigner. Voy. Dessaller. Mariner.
Baigneur. Voy. Grenouillard.
Baignoire. Dessaloir.
Bailler = Donner. Fouquer.
Bâiller. Déficher.
Bailleur de fonds. Coqueur de
bille. Homme à sac. Ponteur.
Bain. Flotte. Voy. Grenouillère.
Baïonnette. Coupe-choux. Paille
de fer. Coup de baïonnette.
Bouillon pointu.
Baisement. Voy. Embrassades.
Baiser (s. m.). Baise. Bécot. Voy.
Souris.
Baiser. Voy. Embrasser.
Baiseur = Embrasseur. Bécotteur.
Baisser. Voy. Chauvir.
Bal = Bastringue. Redoute. Casse-
gueule. Court Vheure. Guinche.
Musette. Pince-cul. Voy. Bal.
Flottant.
Balafre. Estafe. Estaffion.
Balai. Pinceau. Ramon.
Balance.
Balayeur. Artiste. Boueux. Bous-
cailleur. Lancier. Lancier du
préfet.
Balcon.
Baliverne. Voy. Conte, Mensonge.
Balle (jeu). Resaute. Voy. Flancher.
Balle :=. Ballot. Colis. Balandrin.
Carge. Fardis. Fargue. La ho-
quette. Voy. Caniche.
Balle = Projectile. Dragée. Prune.
Pruneau.
Ballet :=: Danse. Balle.
Ballot. Voy. Balle.
Balourdise = Erreur. Sottise.
Stupidité. Voy. Bêtise.
Bambin. Voy. Enfant.
Bambocher. Voy. Nocer.
Ban. Voy. Canne. Surbine.
Banal == Commun. Suranné. Tri-
vial. Cliché. Poncif.
Banc (des accusés). La planche
au pain.
BANCAL.
321 —
BATTRE.
Bancal = Bancrochc. Difforme.
Banban. Voy. Italiques, Jambe.
Bande = Réunion. Voy. Gance,
Orphelins, Tierce.
Bandes de billard. Fortifications.
Bandit =: Brigand. Voleur. Atri-
mois ambiant. Bérard. Ferlam-
pier. Ferlandier. Frelampier.
Gnudiîîs. Godin. Voy. Mate.
Banlieue. La Cambrouse.
Banni. Agualuro.
Banque. Voy. Boulange, Carre,
Débanquer. Enfoncier.
Banqueroute = Faillite. Binelle.
pu/r.
Banqueroutier = Failli. Binel-
lier. Puffiste.
Baaquet = Festin. Gala .Repas.
Balthazar. Boulottage. Gueuleton.
Lucullus.
Banqueter. Voy. Nocer. Boulotter.
Gueule tonner.
Banquier = Changeur. Banque-
zingue. Bewrier. Fafioteur. Sau-
terolle. Sauteron. Sauter ondolle.
Banquiste. Dragueur. Dragueur.
Baptiser. Nommer.
Baquet. Bowrier. Poubelle. Voy.
Baulet.
Baragouiner. Jargouiller.
Baraque = Bicoque. Cambuse.
Voy. Entresort.
Barbe. Filée. Marmouse. Voy. Bac-
chante. Bouquine, Fer, Lmpériale.
Barbier = Coiffeur. Barberot.
Gratte-couenne. Merlan. Bâtisseur
de hures.
Barbifier = Raser. Gratter la
couenne. Batisser la hure.
Barboter z=z Farfouiller. Far-
fouiller.
Barbouillage. Gribouillage.
Barbouiller. Gribouiller.
Barbu. Sapeur. Voy. Pogonat.
Barre. Voy. Barreaux.
Barreaux de fenêtres = Gril-
lage. Grille. Arpes. Balançoirs.
* Gaules de jettard. Harpes.
Bas. Bar de tire. Sachet. Tirant.
Voy. Lice.
Bas,'Basse (adj.). F/anc. Franche,
Bascule.
Basse-cour. Oiniière.
Bastonnade. Satonnade.
Bas-ventre = Membre. Nature.
Temple pour Tcmpp.
Bataillera Batterie. Combat. Lutte.
Rixe. Bûcherie. Chahut. Chambard.
Chambardement. Ci^épage. Fou-
treau. Peigm'e Tremblement.
Bataillon (de discipline). Biribi.
Bâtard. Coup de hasard. Enfant
de Vamour.
Bateau = Steamer. Carvel. Co-
quille de noix. Passe-lance. Voy.
Marie.
Bateleur z= Acrobate. Saltim-
banque. Banquiste.
Batelier. Amiral d'eau douce. Ca-
rapata.
Bâtir =: Construire.
Bâton =r Gourdin. Houssine. Voy.
Canne. Cadouille. Éventail à bour-
rique. Jean de VHoussine. Juge de
paix. Bavault. Sabre. Saton.
Bâtonnet. Bistoquet.
Batterie (cuisine). Voy. Les Cui-
vres.
Battoir. Batelier.
Battre =: Bourrer. Étriller. Frap-
per. Maltraiter. Rouler. Sabouler.
Voy. Raclée. Amodier. Aquiger.
Astiquer. Botter. Botter le cul.
Bouchonner. Bouler. Brosser. Bû-
cher. Chiquer. Crever. Daudiner.
Décarcasser. Démolir. Désosser.
Ereinter. Esquinter. Estuquer.
Flauper. Flopper. Fracasser. Gau-
ler. Gratter. Maquiller. Moucher.
Piocher. Rincer. Trépigner. (Met.)
Accentuer ses gestes. Accommoder
au beurre noir. Casser la gueule.
Enlever le cul, le ballon. Faire
chanter un Te Deum raboteux.
Faire danser le cotillon, la malai-
sée. Faire jouer les Danaïdes.
21
BATTRE (SE).
322
BENEFICE.
Faire trinquer, danser. Foutre une
danse, une peignée, une volée.
Payer la goutte. Raboter V endosse.
Tanner le cuir, le casaquin. Tom-
ber dessus. Tomber sur le poil.
Tricoter les côtes. Tremper une
soupe, une gamelle à q.q. Voy. Jus.
— Battre à coups de poings. Tam-
ponner. Foutre un coup de tampon.
Battre les cartes. Aquiger les
brèmes. Battre quelqu'un au jeu.
Brosser. Battre à coups de bâton.
Rondiner.
Battre (se) = Se prendre aux che-
veux. S'amocher la gueule. Se bû-
cher. Se chiquer. Se crêper le
chignon. Se crocher. Se donner
un coup de torchon. Fumer, Se
harpigner. Se manger le nez. Se
peigner.Sepignocher. Se torcher. —
Se battre en ànQ\. S' aligner. Aller
sur le terrain. En découdre. Se ra-
fraîchir d'un coup de sabre ou
d'épée.
Battu être. Voy. Battre. Voy.
EcoPER. EcoPEUR. Matraque.
Baudet. Voy. Ane.
Bavard = Babillard. Causeur.
Voy. Importun. Bagoulard. Ba-
veux. Bonisseur. Chambert. Cla-
quette. Crachoir. Dévideur. Dro-
gueur. Gazette. Grand Jacquot.
Jacasse. Jacasseur. Jacteur. Jas-
pineur. Javotte. Laveteur. Lavette.
Mille-langues. Platine. Voy. Avoir,
Filet.
Bavardage =: Babil. Caquetage.
Bagoult. Bave. Dabérage. Dévi-
dage. Jactage. Jactance. Jappe.
Jaspin. Jaspinage. Potin. Ra-
quette.
Bavarder = Causer. Discourir.
Jacasser. Voy. Parler. Bagouler.
Bajoter. Baver. Bouffeter.Dabérer.
Dévider. Jaspiner. Javotter. Lan-
tiponer. (Met.) Dévider son peloton.
Pousser sa glaire. Radouber la
lanterne. Vov. Jappe. Laveter.
Bazar.
Beau (bel, belle) = Admirable.
Agréable. Bien. Bon. Brillant.
Charmant. Eblouissant. Eclatant.
Elégant. Gentil. Gracieux. Joli.
Magnifique. Merveilleux. Mignon.
Parfait. Plaisant. Ravissant. Sé-
duisant. Splendide. Superbe.
Altèque. Bâte. Bath. Batif. Ba-
tiffonne. Bative. Chenastre. Che-
nâtre. Chenu. Chocno^io. Chocno-
sof. Chocnosogue. Chocnosophe.
Chouettard. Chouettaud. Chouette.
Choquotte. Délirant. Fignole. Fis-
cal. Flambant. Flambard. Gal-
beux. Girolle. Girond. Gironde.
Jiroble. Pharamineux. Rupart.
Rupe. Ruper. Rupin. Rupiner.
Schpill. Snoboye. Sui/fer. Truffé
de galbe. Voy. Chic.
Beaucaire. Bocari.
Beaucoup =r Abondamment. Bien.
Copieusement. A foison. Voy.
Excessivement. Besef. Bezef. Bi-
grement. Bougrement . Une bosse.
Une charretée. Comme s'il en pleu-
vait. Crespinière. Une flopée. Des
flottes. Gourdement. Hugrement.
Mince.
Beau-frère. Frangin d'atlèque.
Beauté. Voy. Beau, Bellâtre.
Joliesse.
Bébé. Gluant. Petit salé.
Bedaine = Ventre.
Bedeau = Sacristain. Rat d'église.
Béer. Lire aux astres.
Bégayer = Balbutier. Bafouiller.
Bégueule = Mijaurée. Pimbêche.
Poseur. Prude. Étroite. Gillette.
Mme Honesta. Joséphine. Pecque.
Faire sa patagueule.
Bellêitre. Arthur. Miroir à putains. J
Bénéfice = Gain. Profit. Bénef. 1
Rabiot. Bénéfice réalisé à la
Bourse dans la même journée.
Agrément de banque. Bénéfice il-
licite. Affur. Affurage. Barbo-
tage. Fricotage. Frigousse. Gratis.
BENET.
— 323 —
BIFTEK.
Jubile. Tripotage. Tripatouillage.
Vov. Frlgk, Gants, Guelte.
Benêt = Bêle. Niais. Voy. Béte.
Renard.
Bénir.
Béquille. Gambette de satou.
Berceau = Lit.
Berge.
Berger = Pasteur. Pâtre. Marmier.
Mornier .
Bergerie. Mornante.
Berner. Voy. Se moquer, Souffre-
douleur. Balancer Couyonner.
Besace = Bissac. Sac. Fusil de
toile. Gueularde. Milliard.
Besogne = Occupation. Travail.
Turbin.
Besoin = Indigence. Misère. Pau-
vreté.
Besoins. Voy. Garde-robe.
Bestiaux.
Bête = Abruti. Absurde. Benêt.
Crédule. Crétin. Idiot. Imbécile.
Inintelligent. Naif. Nigaud. Sot.
Stupide. Voy. Maladroit, Niais.
Ahuri de Chaillot. Arguche. Balu-
chon. Bas de plafond. Bénard.
Béotien. Béribono. Bête comme
chou. Bige. Bigeois. Bigeot. Bi-
gois. Bouché. Bourriche. Bourri-
que. Branque. Busard. Buse, Bu-
son. C... Cafouilleux. Câlin. Can-
taloup. Cerveau barré. Claude.
Comte. Comtois. Con. Coneau. Un
coin sans i. c-o-n. Coquard. Co-
quillard. Cornichon. Couenne.
Couillé. Couillon. Croûte. Croûton.
Cruche. Cruchon. Cucurbitacé.
Cul. Daim. Dépendeur d'andowl-
les. Dinde. Dindon. Empaillé.
Emplâtre. Fourneau. Gaga. Galet-
te. Gâteux. Glaudc. Gnan-Gnan.
Gnole. Gobe-mouche. Godiche.
Godichon. Gogo. Goitreux Gonze.
Gourde. Gourde. Gourdiflot. Goye.
Huître. Jean- Jean. Job. Jobard.
Jocrisse. Loffiat. Luc. Melon. Mé-
tier e. Miche. Mollusque. Moule.
Pantre. Pantre argoté. Paquet,
Pas fort. Philistin. Ramolli. Ra-
mollot. Serin. Si?ive. Tourte.
Voy. Couche, Dose, Fil, Jeune,
PociiETÉE, Poudre.
Bêtise = Abrutissement. Absur-
dité. Ancrie. Crétinisme. Erreur.
Idiotie. Idiotisme. Ignorance. Im-
bécilité. Naïveté. Niaiserie. Sot-
tise. Stupidité. Voy. Maladresse.
Conerie. Couyonnade. Fichaise.
Foutaise. Gaffe. Gâtisme. Gruerie.
Impair. Jobarderie. Joberie. Mou-
lerie. Pochetée.
Beurre. Fondant.
Bévue ^= Méprise. Voy. Mala-
dresse. Gaffe. Impair. Lou. Loup.
Biais. Flanche.
Biaiser. Flancher.
Bibelots. Brocquans.
Bibliothèque. Babilleuse. Bibli,
Tendeuse. Voy. Enfer.
Bicêtre (prison de). Bibi. Biscaye,
Bicêtre (asile de). Tune boye.
Bien = Parfait. Voy. Beau, Bon,
Ben. Bono. Chenument. — Bienfait.
Chiqué. Chiquement. Gourdement.
Torché. Touché. Pas déjeté. Bien
faite. Gironde. Bien faire. Chiquer.
Très bien. Tout de ce. Il est bien
fait. Il a du torse. C'est bien. Ce
n'est pas piqué des vers, des han-
netons. C'est bien dit. Ça vaut un
os, un os à moelle. C'est envoyé,
Cest ça. Etre bien. Etre calé.
Bienfaisant. Voy. Charitable.
Bienveillante Affable. Voy. Bon.
Amiteux.
Bienvenue. Voy. Régaler. — Payer
sa bienvenue. Arroser. Graisser
la marmite, les ripatons. Payer
son article quatre.
Bière (boisson). Blonde. Cercueil.
Moussante. Pommard. — Mau-
vaise bière. Pissat d'âne.
Bière (cercueil). Boîte aux domi-
nos.
Biftek. Voy. Horse-steak.
BIGOT.
324 —
BOIRE.
Bigot ■=. Gagot. Dévot. Bondieu-
sard. Cafard. Calotin. Jésuite.
Mangeur de bon Dieu.
Bijouterie. Voy. Bijoux. Bijoute-
rie en doublé. Ferraille doran-
chée.
Bijoux = Joyaux. Brocquans. Dé-
cors.
Billard. Les houlettes. Fretin.
Frottin. Gibboque. Prairie. Voy.
Baraque, Gasin. '
Bille. Boulette. Voy. Bloquette,
Irlande.
Billet = Gontremarque. Lettre.
Babillard. Biffeton. Billemont.
Fafiot. Billet prolesté. Papier à
douleur, Billet de théâtre. Tailbin
d'encarade. Billet de claque. La-
vabe. Billet de complaisance.
Tailbin. Billet mortuaire. Tailbin
de la sèche.
Billet de banque. Bleuet. De la
dentelle. Faffe. Fafiot garaté. Fa-
fiot mâle (iOOOj. Fafiot femelle
(500). Fafiot en bas âge (1 00 ou 50)
Talbin ou Tailbin d'altèque ou de
lacarre. — Fauxbillet. Fafiot lof.
Bisbille. Voy. Brouille.
Biscuit. Cassant (marine). Voy. Dé-
jeuner DE perroquet.
Biseauter (les cartes). Aiguiller
la brome.
Bissac. Voy. Besace.
Bistouri, Baume d'acier.
Bitter (apéritif). Amer.
Bitume.
Bizarre. Drôle. Etrange. Extraor-
dinaire. Impayable. Impossible.
Original. Saugrenu. Voy. Dif-
forme. Iroquois. Tortue (dif-
forme).
Blafard = Blême. Pâle. Trompe-
la-mort.
Blague (à tabac). Bulga (bourse de
cuir).
Blâme = Reproche. Affre.
Blâmer = Désapprouver. Répri-
mander.
Blanc. Landier. Savonné. — Pain
blanc. Larton savonné. Vin blanc.
Pivois savonné. Blanc au jeu de
dominos. Albinos. Blanchinet.
Pâle. Pâlichon.
Blanchisseur. Papillon. Savon-
nier.
Blanchisseuse. Baquet insolent.
Branleuse de gendarme. Poule
d'eau. Savonnière. Voy. Graillon-
NEUSE.
Blasé (être). Marer.
Blé. Grelu. Grenu. Grenuche.
Blême = Blafard. Pâle.
Blesser = Battre. Meurtrir. Affo-
ler. Amocher. Aquiger. Attiger.
Crever. Moucher. Voy. Larder.
LiNGRER. LiNGUER. MaRGOULETTE.
Blessure = Gontusion. Goup.
Fracture. Plaie. Atout. Bouton-
nière. Corbuche, Décompte. Paing.
— Blessure saignante. Abreuvoir
à mouches.
Bleu. Souple.
Blond. Filasse.
Blouse. Fourreau. Bideau. — Blouse
de routier. Bouillarde. Blouse de
travail que l'on souille. Souil-
larde.
Bocage = Bosquet. Buisson.
Bœuf = Taureau. Cornant. Cor-
neaud. Fourchu. Voy. Ghateau.
Ghateaubriand . GoBET . Gras-
bœuf. Ordinaire.
Bohémiens Vagabond. Bomami-
chel. Bomanitchel.
Boire. Voy. Avaler, Bouche, Go-
sier, Gorge. S'arroser S'arroser
Vavaloir, le bec, etc. Bidonner.
Chopiner. Churluper. Écoper. En-
fler. Entonner. Eslrangouiller .
Étrangler. Fioler. Flûter. Se gar-
gariser. S'imbiber. Lamper. Li-
cher. Lipper. Picter. Pictonner.
Fier. Pitancher. Pomper. Se rin-
cer. Se rincer le cornet, le fusil,
etc. Voy. Bouche, Gosier, Gorge.
Siffler. Siroter. Voy. Affûter,
BOIS.
325 —
BOUCHE.
Arrosoir, Asphyxier, Barres,
Battant, Bockkr, Caler, Carrous-
SE, Chasser, Chaiffer, Cingler,^
Coude, Croquer, Dessaler, Dou-
leur, Ecraser, Effacer. Enfla-
NELLER, Entonner, Grenouiller,
(lOULOT, Gueule, Guindal. Hu-
mecter, Jambe, Laver. A la réga-
lade, Faire suisse, Tuer le ver.
Bois. Boes. Cuir de brouette. Sabir.
Satou. Voy. Gremes, Grume.
Bois = Forôt.
Boisson z= Breuvage. Guable.
Piarde. Pie. Pience. Pye. Voy.
Lavasse.
Boîte. Boîte tréchanlillons. Mar-
motte. Boite à. vers (pêche). Cu-
lottée. Boîte d'un jeu de dominos.
Bière. Voy. Marmottier.
Boiter= Clocher. Béc/uiller. Faire
cinq et trois font huit. Voy. Lou-
cher.
Boiteux. Banban. Béquillart. Bé-
quillcur. Cinq et trois font huit.
Tortillard.
Boiteuse. Vov. Boiteux. Gambil-
lolte. ' '
Bombance (faire). Etre en liche.
Partir en bombe.
Bombe = Boulet. Obus. Pruneau.
Bon =: Bien. Cordial. Excellent.
Généreux. Juste. Loyal. Parfait.
Voy. Beau. Altèque.^ Bono. Che-
nàtre. Chenu. De la choquotte.
Gourd. Gours. Snoboye. — Bonne
personne. Bêteaubon Dieu. Ami-
teux, se. Etre bon. Aux pommes.
Aux truffes. Aux petits oignons.
Bonapartiste. Badingatmx. Ba-
duiQoiiin. Badingueusard. Badin-
gi liste.
Bonheur =: Agrément. Aubaine.
Chance. Contentement. Félicité.
Fortune. Prospérité. Succès.
Veine. — Avoirdu bonheur. Avoir
de l'atout. Etre de la batte. Etre
bidard.
Boni. Rabiau. Babiot.
Bonjour. Chenu reluit. Vol au
bonjour. Voy. Vol.
^onne (servante). Bobonne.
Bonneteau (jeu de). V. c. m. A.
Voy. Linge.
Bonnet. Aubion. Béguin. Loubion.
— Bonnetà poil. Oi<rson. Bonnet de
nuit). Casque à mèche. Éteignoir.
Bonnetier. Bonnet de coton. Bon-
neton. Loubionnier.
Bonsoir. Chenu sorgue.
Borborygmes (avoir des). Gar-
gouiller.
Bordel = Bouge. Lupanar. Maison
publique, de tolérance ou de so-
ciété Abbaye des s'offre à tous.
Bazar. Boc. Bocard. Hoccard. Boc-
son. Boxon. Boite à pantcs. Bou-
can. Bouis-bouis. Carreaux brouil-
lés. Claque. Claquebosse. Cloque-
dent. Chez ces dames. Gauldnuse.
Laure. Maison Bancale. On disait
autrefois : Bourdeau. Bordcau.
Bordeaux. Voy. Bousin, Bousin-
GOT, Magasin, Maison.
Borgne. Caliborgne. Calorgne. Gui-
gne à gauche ou à droite. Lorgne.
Bosquet = Bocage. Buisson.
Bosse. Armoire à glace. Bombe.
Caillou. Durillon. Grain de beauté.
— Bosse à la tête. Cabochon.
Bossu. Bubosse. Bombé. Boscot.
Bossemar. Boulendos. Gob. Gobin.
Lagardère. Mayeux. Quasimodo.
Triboulet. Voy. Loucher.
Bossuer. Crabosscr.
Botte = Faisceau. — Botte de
paille. Edredon de trois pieds.
Botte= Chaussure. Bobelins. Chti-
bes. Houssette. Pompes. Trottines.
Bottines. Bobelins. Trottines. Trot-
tinettes.
Bouche. Voy. Gosier. Affamée.
Angoulême. Bavarde. Bec. Bécot.
Boquabelle. Caisse d'épargne. Cas-
solette. La Dalle du cou. Egout.
Gargoulette. Goinfrette. Goule.
Goulot. Groin. Gueule. Margou-
BOUCHÉE.
— 326 -
BOURSE.
lette. Marmouse. Molette. Mor~
née. Mornos. Mouloir. Pantière
à miettes. Porte-pipe. Respirante.
Voy. Babouiîse.
Bouchée. Marnée.
Boucher. Chevillard. Crignolier.
Criollier. Fraudeur. Loucherbem.
Liichebem. Mercandier. Voy. Gar-
GOT.
Bouchon. Gadin. Voy. Galoche.
Boucle. Attache. Boucle d'oreille.
Broquille. Gourde. Mirzale. Pen-
dante.
Bouder. Bisquer. Faire sa tête, sa
gueule, son nez. Faire son aqui-
lin. Marronner. — Bouder aux do-
minos, Avoir des dents de moins.
Boudin.
Boudoir. Foutoir.
Boue. Bouscaille. Déflaque.
Boueur. Boueux. Bouscailleur.
Bouffi. Individu bouffi, Bouffe la
balle.
Bouffon (subs. m.) z=z Clown. His-
trion. Pitre. Arlequin. Bobèche.
Garguille. Gauthier. Paillasse.
Pierrot. Polichinelle. Scapin.
Scaramouche. Tabarin. Triboulet.
Turlupin. — Bouffon de caserne,
Loustic. Bouffon genre niais,
Gilles. Gillotins. Jeannot. Jcnn-
notin. Jocrisse. Jodelot. Bouffon
poète. Gringoire. Bouffon de co-
médie, Pantalon. Bouffons dif-
formes, Morions (pi.)-
Bouffonnerie = Badinerie. Voy.
Charge, Farce. Cascade. Coion-
nerie. Gaudriole. Singerie. Turlu-
pinade.
Bouge = Galetas. Voy. Taudis.
Assommoir. Bagnole. Baraque.
Bastringue. Bouchon. Bouis-bouis.
Bousingot. Cagnard. Chenil.
Franc. Garou. Pougois. Tapis-
franc. Vain guelier.
Bougie. L'Allemande. Ardente.
Calbombe. Camoufle. Canne d'a-
veugle. Luisante.
Bouillir. Marmouser.
Bouillon. Mauvais bouillon. Bouil-
lon aveugle. Voy. Gras-boeuf, Or-
dinaire.
Bouillonner. Marmouser.
Boulanger Jocho. Lartonnier,
Voy. Brigadier, Gringue.
Boulangerie. Boulange.
Bouledogue. Voy. Chien. Boule,
Boulet = Bombe. Obus. Pruneau.
Boulevard. Banc de Terre-Neuve.
Estrade.
Bouleversement. Voy. Bruit.
Chambard. Chambardement.
Bouleverser. Chahuter. Cham-
barder. Cbamberder.
Bouquet. Fleurant.
Bourdon (abeille). Fille galante.
Bourgeois = Individu. Homme.
Voy. Individu. Habit noir. Pante.
Pantre. — Bourgeois riche, Daim
huppé. Bourgeois imbécile. Béo-
tien. Philistin. Cockney. Bour-
geois banal et sentencieux,
Prudhomme. Joseph Prudhomme.
M. Prudhomme. Bourgeois dans
l'argot des troupiers, Amateur.
Biffard. Particulier. Pékin. Pê-
trouaquin.
Bourgeoise. Voy. Maîtresse,
Patronne. Dabuche.
Bourrade. Renfoncement.
Bourré. Gavé. Gaviolé. Gavot.
Gonflé. Pétri.
Bourreau. Voy. Guillotine, Pen-
daison, Roue. Accordeur de la
camarde. Aricoteur. Béquillavd.
Béquilleur. Brimard. VEmbon-
reiix. Haricotteur. Marieux. Boas-
ire. Toile. Tollard. — Guillotine.
Bingre. Bingue. Butteur. Chariot.
Faucheur. Voy. Boye, Mec, Mé-
canicien, Toc.
Bourrer. Voy. Empaffer, Truffer.
Bourse (palais de la). Filoche
du trèpe. Fourmilion au beurre.
Voy. Battre le beurre. Boursi-
coter, Boursicoteur, Boursier,
i
BOURSE.
— 327 —
BROUILLER.
Exécuter, Exécution, Marché.
Bourse ^ Sac. Voy. Poche. Bou-
chon. Bovgelte. Bouline. Fouille.
Fouili'usc. Hane. Pelote. Pochon.
Pouchnn. liadin. Voy. Crapaud,
Gréimnk, Fkuille, Filoche.
Bousculade. Voy. Encombre-
ment, Foule.
Bousculer. Cfialovper.
Bout. Voy. Extinction, Mégo, Mé-
GOTTIER.*
Boute-en-train. Chauffeur. Foli-
chonneur.
Bouteille. Chandelle. Damehlnnchc.
Goulotte. Fille. Flatteuse. Lam-
pion. Néçjres^e. — Roiileille de vin
blanc, Blonde. Bouteille de vin
vieux, Bouillarde. Bouille. Bou-
teille de vin cachetée, Bouchon.
Bouteille vide. Cadavre. Bouteille
pleine, Demoiselle.
Boutique. Boucard. Boutanche.
Boulange. Bouloche'. Bouto>jue.
Voy. Landiére.
Boutiquier. Boiicardier (c'est aussi
le voleur qui opère dans les bou-
tiques), Siam.
Bouton. = Bourgeon. Voy. Babouin.
Bouton. Voy. Loques.
Bouvier.
Boyau.
Bracelet.
Braconnier.
Braguette = Brayette.
Braillard — Voy. Fanfaron.
Fort-en-gueule.
Brailler. Cribhr. Gueuler.
Brancard.
Branche.
Branle-bas = Bouleversement.
Chahut. Chanihard. Chambarde-
ment.
Bras. Abatis. Les ailerons. Les
ailes. Ayise. Les ballants. Les
brancards. Demi-aune. Liant.
Brasserie.
Brave = Aguerri. Ardent. Coura-
geux. Crâne. Hardi. Intrépide.
Téméraire. Vaillant. Voy. Au-
dacieux. Altèque. Bon cheval de
trompette. Bougre à poils. Dur à
cuire. Franc du collier. Impavide.
Avoir du cœur au ventre. Voy.
Chien, Cou i lue. Froid, Lapin.
Braver. Voy. Se moquer. Faire le
crâne. Crâner.
Bredouillement. Bafouillage.
Bredouiller = S'embrouiller, fia-
fouiller. S'embarboter. S'embar-
bouiller.
Bredou illeur. Bafouillcur.
Bretagne. Brutus.
Bretelle. Soutenante.
Breton.
Brigand. Voy. Bandit.
Brillant. Vov. Admirable, Beau.
Briller. Faire florf's. Flamber.
Brigadier. Brigadier de prison.
GrifflfAtr.
Brimade. Séance des cotes.
Brimborion. Bricole. Broquille.
Rous tissure.
Brio = Entrain. Cassure (débit
accentué).
Briquette. Macédoine.
Bris = Effraction. Esquinte. Es-
quintement.
Brisé. Voy. Cassé.
Briser. Voy. Casser. Déformer.
Es'juintcr. Mettre en bringues.
Broc (de vin). Commissaire. Mo-
ricaud.
Brocantage. Brocante.
Brocanteur. Pommadeur.
Brochure. Voy. Publication.
Broder. Brodancher.
Broncher. Mouffeter.
Brosse. Couenne de lard.
Brouette. Choucarde.
Brouillamini. Voy. Désordre.
Brouillard. Abrouart.
Brouille = Bisbille. Fâcherie.
Grabuge. Rupture.
Brouiller (se). Casser l'agrafe.
Brouiller = Mêler. Voy. Mé-
langer.
BROUSSAILLES.
328 —
CACA.
Broussailles. Voy. Maquis.
Bruit = Clameur. Scandale. Son.
Tapage. Tumulte. Vacarme. Bou-
can. Bousin. Brisacque^Chabancm.
Chahut. Chambard. Charivari.
Criblage. Criblement. Pet. Pétard.
Potin. — Grand bruit, Train. Faire
du bruit, Bahuter. Bousiner. Cha-
huter. Chambarder. Foire du foin.
Voy. Froufrouter, Frou-frou.
Bruit (son) . Bruit sec de corps
qui se brise ou qui se choque,
Crac. Cric-crac. Pan. Pif. Paf.
Pouf. Cela fait croc sous la dent,
Croc. Son de cloche, Din-don.
Drelin-drelin . Bruit du fouet,
Flic-fîac. Bruit d'une robe bouf-
fante. Flou-flou. Bruit des vêle-
ments et des feuilles en se
frottant, Frou-frou. Bruit d'un
liquide qu'on verse d'une bou-
teille; Glouglou. Bruit des choses
qui tombent avec fracas. Patatras.
Bruit du chat qui se trouve bien
quelque part, on dit alors qu'il
pe.Bonron. Bruit d'une pendule,
Tt/cfac. Bruit d'un moulin, Tictac.
Bruit qu'on fait en frappant, Toc.
Brûler =: Incendier. Riffauder.
Biffer. Voy. Crémer, Déménager
PAR LA cheminée.
Brune (la). La Sorne.
Brunir. Sorniller.
Brusquement =: Brutalement.
Carrément. Franchement. Promp-
tement. Rondement. Baide comme
balle.
Brutal. — Brusque. Huluberlu.
Cheval. Cosaque.
Brutalement. Voy. Brusquement.
Bruyant. A tout casser.
Bubon. Poulain. J
Buffet. 1
Bureau (de placement) . Enfon-
çoir. Êtouffoir. Suce-larbins. Trou
d'ogre.
Bureau (table). Burlin. Burlingiie.
Care à fafiots.
Bureau (lieu de travail) . Boîte.
Bureaucrate. Buveur d'encre.
Chieur d'encre. Cul de plomb.
Rond de cuir.
Butin. Gaing. Vendenge (récolte).
Butiner. Vendenger.
Butor. Voy. Grossier.
Buvette. Bar. Bibine.
Buveur. Voy. Ivrogne. Adroit du
coude. Bibard. Bibassier. Cam-
phrier. Cheniqueur. Cheulard.
Entonneur. Entonnoir. Etouffeur.
Fioleur. Lichard. Licheur. Pion.
Siroteur. Soiffard. Soiffeur. Voy.
(jRENOUILLARD.
Cabane = Habitation. Maison.
Cays. Turne.
Cabanon. Voy. Cellule.
Cabaret = Gourtille. Guinguette.
Taverne. Voy. Auberge, Bouge.
Assommoir. Abreuvoir. Bibine.
Bouzin. Bouzingot. Cabermont.
Cabermuche. Caboulot. Coys. s. m.
Musico. Piault. Piaule. Piolle. Ta-
pis. Tapis franc.
Cabaretier. Maltais.
Cabas. Voy. Panier.
Cabine.
Cabinets d'aisances. Buen-retiro.
Chiottes. Désert. Garde-manger.
Goguenaus. Goguenots. Téléphone.
Trône, (siège). Water-closet.
Caboche ='Tôte.
Cabriole. Voy. Saut.
Caca = Ordure. Vov. Excréments.
CACHE-CACHE.
329 —
CANCAN.
Cache-Cache. Coucou.
Cacher = Couvrir. Dissimuler.
Voiler. Carrer. Mettre à la carre.
Mucher. Planquer. Voy. Esquil-
le r.
Cacher (se). Aller à cachan. Se
btiiitinguer. Se carrer. Se f arguer.
Se mucher.
Cachette. Carante. Care. Carre.
Musse. Planque.
Cachot. Voy. Cabanon, Cellule,
Cul-de-basse-fosse, Prison. Ca-
chcniiir. Cacfiemite. Cabjatlc. Je-
tant. Mitre. Voy. Abattoir, Cof-
FRES-MASSIS.
Cachotterie. Parler bas à l'o-
reille, Dire une messe basse.
Cadavre. Voy. Mort, Moribond.
Artiste. Palourde eny ourdie. Ma-
chabéc.
Cadeau=:Don. Présent. Bouquet.
m. (pop.).
CadcLas. Crapaud.
Cadet. Benjamin.
Caen (vol). Candie.
Cafard. Voy. Hypocrite.
Cafarder, liattre Cantiffle.
Café (établissement). Cabaret, Ta-
verne. Beuglant (café concert).
Bac. Bocard. Rocard panne (pe-
tit café). Bouisbouis (café -con-
cert de dernier ordre). Voy. Eta-
gère.
Café (boisson). Cafiot. Cahua.
Kaoudji. Demi-deuil. Moka. Noir.
Petit noir. Café sans cognac.
Grand deuil. Café avec cognac.
Maza, mazagran. Café servi dans
un verre. Roupie de singe. Mau-
vais café. Voy. Jus. (3).
Cafetier. Chinois.
Cage.
Cagnard= Paresseux. Poltron.
Cagneux = Difforme. Tortillard.
Cagoti= Cafard. Bigot.
Cagoterie s.f.
Cagotisme s. m.
Cahoter = Secouer. Chahuter.
Cahute = Habitation. Hutte. Mai-
son. Voy. Cabane.
Cailleter. Voy. Babiller.
Caillette s.f.*^ Femme frivole et
bavarde.
Caillou. Caillasse. Miche de Saint-
Etienne.
Caisse. Grenouille (où Ton met
l'argent). Quantum (où l'on met
l'argent).
Caissier.
Cajoler. Voy. Choyer, Flat-
ter.
Caleçon. Braillande. Braillarde.
Cancçon, Dalzar. Voy. Tutu.
Caler. RequiUer.
Calice == Ciboire. Baignoire à bon
Dieu. Gobbe. Gobelot.
Calme, subs. Tranquillité.
Calme = Paisible. Tranquille.
Béard.
Calmer.
Calomniateur. Voy. Médisant.
Calomnie. Voy. Médisance.
Calomnier. Vov. Médire.
Calotte. Voy. Gifle.
Calotter. Voy. Gifler.
Calvitie. Voy. Chauve.
Camarade.' Voy. Ami, Compa-
gnon. Camarluche. Camerluche.
Camaro. Fagot. Faisant. Risot.
Voy. Branche, Lame, Mec
Camelot. Araignée de trottoir.
Goualeur. Truqueur.
Camelote = Marchandise.
Camisole de force. Ligotte ri/lar-
de. Ligottante de rifle.
Camouflet. Voy. Affront.
Campagnard. Voy. Paysan.
Campagne. Cambrouse. Campe.
Lampagne du cam. Verdet.
Camper (se). Voy. Hancher.
Canaille. Voy. Malfaiteur, Vau-
rien.
Canapé. Barbottier. Sortie de
guinche.
Canard. Rarbot.
Cancan. Voy. Danse. Chahut.
CANCAN.
330 —
CASSER.
Cancan = Commérage. Voy. Men-
songe. Polin.
Cancaner. Patiner.
Cancanier. Potinier.
Candide = Innocent. Naïf. Pur.
Cest un bon jeune homme.
Caniche. Lexicon.
Canif. Lmgriot.
Canne = Gourdin. Voy. Bâton.
Bougie. Contenante. Voy. Bambou,
FOUATAISON, FOURGAINE, JeT, StICK.
Canon. Brutal. Flûte. Tortillard.
Canot =^ Barque. Bateau.
Canotage.
Canoter.
Canotier. Flamhard.
Cantatrice. Diva. DivetlP.
Cantine == Buvette. Cambuse. Ta-
pis de malades, cantine de pri-
sonniers. Tapis de grives, canti-
ne de soldats.
Cantinier. Cargot. Gargot. Tapis-
sier. Voy. FOURGONMEH.
Capables Apte. Droit. Voy. Avoir,
Boule.
Capable (de) = Susceptible de.
Voy. Fichu, Foutu.
Capacité. Voy. Talent.
Capitaine. Capiston. Franc-foi-
gnart.
Capitaliste = Commanditaire.
Voy. COQUEUR.
Capon. Voy. Lâche, Poltron.
Caporal. Cabot. Martyr.
Capote. Voy. Berri.
Caprice. Béguin. Fantasia. To-
quade.
Capricieux Batier.
Capron = Fraise.
Capter. Voy. Prendre, Séduire,
S'éprendre.
Captif. Voy. Prisonnier.
Captiver. Voy. Attirer.
Captivité. Voy. Détention.
Capturer. Voy. Arrêter, Saisir.
Capucin. Barbichon. Cornet d'épi-
ces.
Caquetage. Voy. Bavardage.
Caractère = Acabit. Humeur.
Tempérament.
Caractère (d'imprimerie). Tête de
clou (typ.), caractère usé.
Carême-prenant. Chienlit.
Caressant = Doux. Voy. Aima-
ble. Amiteux.
Caresse. Mamours.
Caresser = Cajoler. Flatter. Blan-
dir. Fourrager. Mignoter. Peloter»
Voy. Genou, Miciielet.
Caricature := Charge.
Carillon. Branlezine.
Carotte.
Carpe. Camuse.
Carré. Palier. Par on.
Carreau (du Temple). Foret-Noire.
Carreaux (vitres). Glacis.
Carrefour = Place. Empavé.
Voy. Carreau, La patte d'oie.
Fourche.
Carrer (se). Se gourer.
Carte. Brème, v. c. m. Voy. Carte-
Encarter.
Carte à, payer. Addition. Carte.
Douloureuse.
Cartes à jouer. Voy. Jeu, Tri-
cher. Brèmes. Voy. "^Aiguille (3),
Bergère, Bœuf, Brème, Brèmer,
Brèmeur, Brêmier, Carton, Car-
tonner, Cartonneur, Cheval,
Courtiser, Deux, Egalier, Egout,
Emplâtre (4), Herbe, Juge, Vi-
triers.
Cartomancie. Voy. Jeu.
Carton. Voy. Chemise.
Caser. Voyl! Mettre.
Caserne. Manufacture de tabacs.
Casier judiciaire. Grimoire mou-
chique.
Casquette. Bûche. Biscop. Cin-
tième. Couvrante. Defou. Des faux.
Patente. Soupape.
Cassation. Voy. Carrée.
Casse. Voy. Bardeau.
Cassé = Brisé. Echlé. Fouillomé.
Casser = Rompre. Briser. Défor-
mer. Frangir. Mettre en bringues.
CATÉGORIQUE.
— 331 — CHAMBRIÈRE.
Catégorique = Clair. Net. Précis.
Net comme toixhette.
Gatin. Voy. Prostituée. Catau.
Catiche.
Cause = Motif. Le hic.
Causer = Bavarder. Discourir.
Voy. Parler. Jaspiner. Voy.
Flirter.
Causerie. Voy. Flirter, Flirt,
Flirtation.
Causeur. Voy. Bavard. Jactcur.
Voy. Flirter, Flirteur.
Caution = Garant. Cayon.
Cavalerie. Gagerie.
Cavalier (mil.). Voy. Soldat.
Fourche à faner. Groa frères. Ta-
lons. Lolos. Voy. Sabreur, Trai-
NELR DE SABRE.
Cave. Parfonde. Profonde. Rincer
la profonde. Vider une cave. La
fraîche.
Céder. Passer la main. Céder sa
l)lace. Défarguer.
Ceinture. Anguille. Bezouill*'.
Estregnante. Ficeleuse. Sergolle.
Tournante, celle qu'on enroule
autour du corps.
Célibataire. Bibon. Coiffer Sainte-
Catherine, (se dit d'une femme).
Cellier. Coys. s. m.
Cellule. Voy. Cabanon, Cachot.
Voy. Abattoir, Condice, Hurme,
La forme.
Celui. Cti.
Cendres. Lusquines.
Censé = Métairie. Voy. Ferme.
Censier = Métayer. Voy. Fermier.
Censure (la). Anastasfe.
Cent. Rcng. Pile. Cent francs.
Centième. Broque. Brobèche. Bre-
doche.
Centime. Bredoche. Broc. Valnin.
Fenin.
Cercle. Voy. Claquedent, Mess (1).
Cercueil. Etui. Boîte aux dommo<^.
Boite à viande. Robe de chambre.
Voy. Sap.
Cerise. Montmorency.
Cerné. Embarbé.
Certainement, fie croiSy Ttêcoute.
Certes. Mince.
Certificat. Babillard. Fafiot à
parer. Voy. Li'Qi;es.
Certifier. Voy. Affirmer.
Cerveau. Boussole. Luire. Sor~
bonne.
Cesser. Fermer boutique.
Chafouin = Petit. Maigre. Ma-
lingre.
Chagrin =r Angoisse. Affliclion.
Peine. Tristesse. Ennui. Douleur.
Souci. Désolation. Tourment.
Voy. Ennui. Crève-cœur. Cheveu.
Haire. Morasse. Ver rongeur^
chagrin secret, S'épitonner. Avoir
du chagrin. Battre morasse, id.
Chagriné. Voy. Ennuyé. Affligé.
Peiné. Triste. Désolé. Morne.
Battre morasse. Etre chagriné.
Mécanisé. B lus té.
Chagriner. Voy. Ennuyer. Blustcr.
Mécaniser. Faire saigner.
Chaîne =■ Fers. Bride. Cadèiie.
Voy. Chapelet, Décadener, Guir-
lande.
Chaîne de montre. Bridanldl.
Cadelle. Cordelette. Giletière. Jar-
retière. Niais. Pendante.
Chair = Viande. Crie. Crigne.
Chaire = Tribune. Egrugeoir.
Chaise. Dossière de satte. Dossière.
Séante. Voy. Flâneuse, Eudoxie,
Fumeuse.
Châle. Blavard. Blard. Ternaux.
Chaleur. Voy. Etouffoir.
Chamailler. Haricauder.
Chambre = Voy. Atelier, Domi-
cile, Garni. Cabriole. Cambriole.
Cambriotte. Cambuse. Canfouine.
Carée. Carré. Carrée. Colbasse.
Condition. Planque. Taule.
Chambre correctionnelle. Car-
rée des petites gerbes.
Chambre des Députés. Aqua-
rium .
Chambrière. Millogère.
CHAMP.
— 332 —
CHASSER.
Champ = Campagne.
Champagne (vin). Coco épilep-
tique.
Chance = Succès. Voy. Bonheur.
Veine. Voy. As, Assiette, Atout,
BiDARD, Main, Marcher.
Chanceler. Cascader. Locher.
Chandelier. Camouflet.
Chandelle. Ardente. Dornette. Bou-
gie grasse. Cabande. Camoufle.
Flambarde.
Changement = Rénovation. Les-
sive.
Changer = Troquer. Biguer. Voy.
Rosse, Casser, Fusil, Girouette,
Glissade.
Changeur =i Ranquier. Balanceur
de braise. Sauterelle. Sauteron.
Chanson. • Flon-flons. Goualante.
Chansons. Voy. Mensonge.
Chantages Extorsion. Charriage.
Serinette. Voy. Fileuse.
Chanter (faire). Voy. Extorquer.
Charrier. Manger.
Chanter. Beugler. Canter. Dé-
guiser. Déyosiller. Goualer. Goiia-
Leren danse. Galouser. Gazouiller.
Rossignoler. Voy. Gargariser,
Gueule, Hurler.
Chanteur. Goualeur. Voy. Brail-
lard, POSTIGE.
Chanteuse. Cigale. Goualeuse.
Voy. DiVETTE.
Chantre. Goinfre.
Chaos = Fouillis. Voy. Embarras,
Imbroglio.
Chanvre. Nivet.
Chapeau. Album. Blockhaus. Bois-
seau. Boston. Bolivar. Bloum.
Bosselard. Cylindre. Capsule. Ca-
dratin. Tube. Tuyau de poêle.
Tromblon. Décalitre. Chapeau
haut de forme. Lampion. Loupion.
Etre en fumiste. Galure, Galurin.
Cabochard. Capet. Caloquet. Cam-
brion. Carbeluche galicé. Êtei-
gnoir. Combre. Combrieu. Com-
ble. Corniche. Toiture. Epicéphale.
Boite à cornes. Gibe. Morillo,
Chapeau à petits bords. Melon,
Chapeau rond. Pnnama, Chapeau
de paille. Frégate (mar.), Cha-
peau bicorne. Accordéon. Gibus,
Chapeau de soirée. Voy. Accor-
déon, Gadin, Niolle.
Chapeaux (de femme). Bonnichon.
Baigneuse. Bibi. Cabas. Cabasson.
Cabriolet. Caloquet. Casquette.
Décrochez-moi ça, Chapeau d'oc-
casion.
Chapelet.
Chapelier. Combrier. Castorin.
Couvreur. Voy. Gnoleur.
Chapon. Castroz. Catrot. Esta f on.
Ornioys. Ornion.
Charbon. Lusquin.
Charbonnier. Manival. Boulanger.
Fouchtra.
Charcutier. Graoïidjem.
Charge. Voy. Fardeau.
Charge == Mystification. Voy.
Bouffonnerie. Balançoire. Fumis-
terie. Escarpolette. Blague.
Charger. Farguer.
Chargeur. Fargueur.
Charitable = Rienfaisant. Petit
manteau bleu, personne charita-
ble.
Charité = Secours. Caristade.
Charnel (acte). Voy. Coïter.
Charlatan. Marchand de mort su-
bite. Charrieur. Mangin.
Charger. Farguer.
Charmes. Voy. Seins.
Charogne. Carne. Machabêe.
Charpente. Carcasse.
Charpentier. Voy. Gacheux, Car-
CASSIER.
Charretier. Roulottin. Roulottier.
Trimballeur. m. (vol).
Charrette. Balladeuse pour les.
marchands des quatre saisons.
Boulotte.
Chasse. Muette. Maison de chasse^
où Ton conservait les mues.
Chasser ^=Giboyer. Canarder.
CHASSER.
— 333 —
CHEVAL.
Chasser ^= Congédier. Expulser.
Repousser. Mellrc à porte. Voy.
Renvoyer. Foutre la pelle au cul.
Déporter. Voy. Faire la conduite.
Chasseur. Voy. Soldat, Cavalier.
Chassemar. Fusil.
Chasseur à pied (de Vincennes).
Vitrier.
Chasseur d'Afrique. Chass d'Af.
Chassie. Mite. Cire à Vœil.
Chassieux. Cireux. Miteux.
Chaste = Innocent. Puceau. Pu-
celle. Voy. Vierge. Coquebin.
Blanc comme neige. Joseph.
Cbasublier. Bondieusard.
Chat. Estaffier. Estaffion. Gat.
Gaspard. Gibelotte de gouttière.
Greffier. Griffard. Grippard. La-
pin. Lièvre. Minet. Minou. Minon.
Mistigii. Mistriquc.
Châtaigne. Moussue.
Château. Piget. Pipet. m. (vol).
Chatouillement. Pattes d'arai-
gnée.
Chatouiller. Faire des chatouilles,
des pattes d^araignée.
Châtrer = Mutiler. Abélardiser
(pop). Affranchir. Couper. Dé-
satiller.
Chaud (avoir). Cuire dans son jus.
Chaudron. Voy. Marmitte. Coque-
mari. (Patois lyonnais, petite
bouillotte).
Chaudronnier. Jalo.
ChaufiFer. Riffauder. Biffer.
Chaufifer (se). Se riffauder. Se dé-
figer.
Chaufferette. Gueux.
Chaussette. Sachet, m. (vol).
Chaussure. Voy. Bottes, Bottines,
Sabots, Souliers.
Chauve = Calvitie. Déplumé. Se
déplumer. Se dégazonner. Ne plus
avoir de paille sur le tabouret,
de fil sur la bobine, de chapelure
sur le jambonneau, de persil sur
la tête de veau, de gazon sur la
terrasse, de cresson sur la fon-
taine, de mousse sur le caillou. De-
venir chauve. Avoir le front dans
le cou. Etre chauve. Avoir des vers
dans son manchon. Avoir le crâne
I dénudé par places. Acajou. Bille
j de billard. Caillou déplumé. Ge-
nou. Skating à mouches. Crâne
chauve.
Chef. Voy. Maître. Mec. Meck. Meg,
Meq. Singe. Coesre. Coire. Can.
Dab. Duc. Voy. Kébir, Leader,
Mégard.
Chemin = Route. Sentier. Pelé.
Pelle. Trimard. Trimar. Tiron.
Estrade. Antif.
Chemin de fer. Roulant vif. Le
Dur. Le Dur mort.
Cheminée. Commode. Bouffardière .
Cheminer. Rouler sa bosse. Tri-
mar der.
Chemise. Lime. Limace. Limasse.
Epiploon. Liquette. Sac. Victoire.
Voy. Bannière, Chemise.
Chemisette. Dimasine.
Chemisier. Limacier.
Cher = Coûteux. Chaud. Epicé,
Salé. Chérot.
Chercher. Balader. Busquer. Bus-
quer fortune. Cafouiller. Dégoter.
Fouiner. Fouinarder. Farfouiller.
Sonder. Balader. Charrier, Cher-
cher à savoir. Aller à l'arche,
chercher de l'argent. Trouver
des puces, chercher querelle.
Endroguer. Arracher du chien-
dent. Chercher un coup à faire,
une dupe.
Chercheur. Sondeur. Fouinard.
Farfouillard. Farfouilleur.
Chère (bonne). Chérance.
Chéri. Voy. Aimé.
Chétif= Maigre. Petit. Voy. Ma-
lingre. Astec. Astèque. Aztique.
Fausse-couche Fait au compte-
gouttes.
Cheval == Monture. Voy. Rosse,
Jument. Cagne. Gail. Gaille. Gaye.
Gayard. Gaillard. Gailler. Gail-
CHEVELU.
334 —
CIGARE.
Ion. Galier. Gallier. Gaget. Grès.
Coco. Bucéphale. Pégase. Poulet
dinde. Canard. Hanois. Voy. Co-
TiER, Darkiiorse. Gheval inconnu.
DuFFER. Cheval de course engagé
et retiré après bénéfice. Favori,
Ficelle, Forme, Hunter, Pur sang.
Cheval de race.
Chevelu. Ahsalon.
Chevelure. Douillure. Filasse. Che-
velure blanche ou blonde, Tigne.
Tignasse. Chevelure en désor-
dre.
Cheveux. Brigeants. Brigands.
Filets. Guiches. Gazon. Douil-
lards. Tiffes. Tifs. Crins. Alfa.
Plumes. Voy. Crépon, Douilles,
Manchon, Marguerites.
Chèvre = Cabri.
Chevron. Baraque. Brisque.
Chic adj. et s. m. = Elégant. Voy.
ce mot au Dict. Arg.-Fr. Galbeux.
Galbe. Ha ! Pschutt ! Urf ! Hurf.
Vlan.
Chicane = Discussion. Dispute.
Difficulté. Avocasserie.
Chicaner ^= Epiloguer. Avocasser.
Chipoter. Disputailler. Ergoter.
Faire des histoires.
Chicaner (se). Avoir des mots.
Chicanier = Processif. Ergoteur.
Taquin. Mauvais coucheur. Chi-
poteur. Logomachiste.
Chiche =: Avare. Maigre. Petit.
Chien. Azor. Cab. Cabe. Cabja.
Cabo. Cabot. Cador. Cleb. Rabin.
Happin. Rabin. Jaspineur. Tou-
tou. Voy. Alarmiste, Boule (3),
Guette, Havane, Tambour.
Chienne. Cagne. Rappine.
Chier. Voy. Garde-robe.
ChiflFon = Loque. Biffe. Chiffe. Fer-
loques.
Chiffonner. Déglinguer.
Chiffonnier. Graffln. Ogre. Biffln.
Cupidon. Amour. Chevalier du
crochet. Philosophe, Rotteriau.
Chifferton.
Chiffonnage. La biffe, travail du
chiffonnier. La chiffe, métier du
chiffonnier. Zig de la chiffe. Voy.
Grafigner.
Chiffonnière. Chocaillon.
Chignon (faux). Catogan. Kilo.
Chiper =: Prendre. Voy. Voler.
Chaparder. Chapper. Chopper.
Chique = Tabac. Pruneau.
Chiquer.
Chirurgien. Charcutier. Boucher.
Voy. Major.
Choc. Carambolage.
Chocolat.
Choisir. Balader.
Chômage. Ballot. Calance. Calence.
Chômer. Ballotter. Barrer le boulon.
Caler. Envoyer à la comédie, faire
chômer.
Chopine. Cholette. Tenante. Demi-
kilo.
Chose = Peu. Voy. Peu de chose.
Pas grand'chose. Voy. Fifrelin
(id.).
Chou. Rome.
Choyer = Dorloter. Voy. Flatter.
Chouchouter.
Chrétien. Voy. Goi, Goye, Goym.
Christ (le). Rariadan-Barberousse.
Chuchottement. Messe basse.
Chuchotter. Farfouiller dans le
tympan.
Chuchotteur. Farfouillard. Far-
fouilleur.
Chut ! = Silence. Acre!
Chute = Echec. Faute. Loup.
Veste. Four. Fiasco. Glissade.
Tape.
Chute =r Culbute. Carambolage.
Ciboire. Voy. Calice.
Cicatrice. Apostrophe. Virgule.
Cidre. Pie fantoche. Gaulé. Purée.
Ciel. Le Plafond. Le ciel plumant
ses poules (nuageux).
Cierge. Ardent.
Cigare. Crapules. Voyoutellas.
Madras. Morceau de bois. Gen-
darme. Infectados, Cigare d'un
CIGARETTE.
335 —
COITER.
sou. Voy. Havane, Inséparables,
Mégot, Mégottier.
Cigarette. Sibicfie. Cibige. Cibi-
che. Sèche. Cibigeoise. Grillante.
Voy. Mégot, Mégottier.
Cimetière. Caycnne. Champ de
navets. Jardin des claqués.
Cinq. Linquec.
Circoncire. Guinaliser, Baptiser
an st'cateur.
Circonvenir. Accaparer quel-
qu'un. Entortiller.
Ciseaux. Fauchants. Faucheux.
Citron.
Citrouille. Voy. Potiron.
Civière. Voy. Comète.
Clair = Limpide. Guif/".
Clairon := Trompette. Corne.
Clameur. Voy. Bruit.
Clandestinement. Sans Condé,
sans permission.
Claque. Les Romains. Lavabe, bil-
let de claque.
Claquer des dents. Battre la gé-
nérale.
Ciaqueur = Applaudisseur. Ro-
main. Chevalier du Lustre. Intime.
Clé. Aiguille. Crochette. Tournante.
Débridoir. Penne. Carouble. Bibi.
Fausse clé, Luctrème.
Clerc =: Commis de bureau. Grat-
te-papier. Cul de plomb.
Clergé. La calotte.
Client. Voy. Margoulin, Electeur,
Figaro.
Cligner. Bicler.
Clique. Cance La gouape.
Clitoris. Voy, Nature.
Cloaque. Fo)'ét de Mont-Rubin.
Cloche = Sonnette. Carillon. Gre-
lot. Dandille. Brandillante. Bran-
lante. Brandilleuse. Battante.
Dandillon.
Cloître = Abbaye. Couvent. Mo-
nastère.
Cloîtrer. Voy. Enfermer.
Gloserie. Voy. Ferme.
Clôture.
Clou. Clavin. Diamant.
Clown. Voy. Bouffon. Galipeteur.
Clystére. Voy. Lavement.
Cocasse. Voy. Drôle.
Cocher. Cochemar. Cochemuche.
Collignon. Trimballeur. Trimbal-
leur de carne pour la sèche.
Trimballeur de conis^ de macha-
bées. Trimbaleur de refroidis,
cocher de corbillard. Voy. Ma-
rauder, Maraudeur, Marron.
Cochon z= Pourceau. Porc. Gro-
haut. Bacon. Baccon. Bouant.
Cocu. Voy. Adultère. Bélier. Bouc.
Cornard. Cornette. Boisé. Bonjean.
Chauffe la Couche. Coucou. Joseph.
Voy. CocuFiER, Coiffer, Croissant,
Encornailler, Etre Jaune, Jon-
quille, Malheureux, Porter.
Gode pénal. Bowreur de pègres.
Grimoire.
Cœur. Palpitant. Battant. Frap-
pant. Chouan. Brûlant. Grand-
ressort. Fressure.
Cofifre. Voy. Malle. Bauge. Arche.
Cofifre-fort. Arque. Arche. Diable.
Impénétrable. Grasse. Récalci-
trant. Indompté.
Cognac. Voy. Eau-de-vie. Cogngi.
Cogner. Passer à tabac.
Coiffer. Merlander.
Coiflfeur = Perruquier. Merlan.
Echellier.
GoifFure = Couvre-chef. Boîte à
cornes. Couvre-amour, Marquin.
Coït = (acte charnel). Accouple-
ment. Devoir conjugal. Carambo-
lage. Crampe. Desduit. La Baga-
telle. La chosette. Cricon-Cri-
quette.
Coïter = S'accoupler. Forniquer.
Engendrer. Procréer. Baiser.
Cramper. Enterrer. Bitter. River.
Bistoquer. Bourriquer. Décroter.
Le faire. Fournir. Fourniller.
Foutre. Bricoller. Enconner. Hor-
nangier. Cogner une femme. Hyer.
Mettre la cheville dans le trou.
COITEUR.
336
COMPLAISANCE.
Abremier le courtaud. Donner l'au-
bade. Dérouiller son braquemard.
Dire bonjour à sa moitié. Faire
la cabriole. S'escrimer du derrière.
Caramboler. Faire la bagatelle.
Faire ça. Frotter la couenne.
Plajiter. Connaître un homme, ou
une femme. Faire la chosette. Jouer
de la croupe. Dégorger sa sang-
sue. Jouer de la croupe. Faire la
Cricon-Criquette. Manger de la
chair crue. Mettre au chaud. Se
jucher au crud.Hornangier. Hyer.
Rouscailler. Abreuver le cour-
taud. Tirer sa crampe, son coup,
sa chique. Faire Vamour. Voir la
feuille à l'envers. Yenser. Voy.
Jambe, Limer.
Coïteur. Planteur.
Colère. Voy. S'emporter. Colère
bleue, Grande colère. Fumer,
Etre en colère. Être dans tous ses
états. Avoir son bœuf, (id.) Etre
emballé. Encharibotté. Dérayer,
Cesser d'être en colère. Faire
mettre en colère. Voy. Exciter.
Colifichet. Chinfreniau. S'Encoli-
flucheter, mettre des colifichets.
Colique. Voy. Diarrhée.
Collaborateur. Collabo.
Collation. Lunch. Voy. Luncher.
Collecte. Bouline.
Collectionner. Bibeloter.
Collectionneur. Bibeloteur. Bri-
cabracologue.
Collège. Voy. Ecole. Maldine. .
Collégien. Potache.
Collier.
Colloquer. Voy. Mettre.
Colon. Voy. Marécageux.
Colonel. Colo. Kibir. Artif. Mec des
mecs (par extens.).
Colporteur. Boucardier gambil-
leur.
Combat. Voy. Bataille.
Combinaison. Voy. Artifice.
Combiner. Voy. Arranger, Pré-
parer.
Combustible. Macédoine.
Comédie (Jouer la). Cabotiner.
Flamber. Fluber. Voy. Enlever,
Essayer, Lâcher.
Comédien. Voy. Acteur. Actrice.
Comique. Voy. Drôle.
Commandant. Mêquard.
Commander. Mequer.
Commanditaire. Voy. Capita-
liste.
Comme. Kif-kif (arabe, algérien).
Commencer.
Commérage. Daberage.
Commerce. Voy. Affaire. Fourbis.
Voy. Gros.
Commis. Voy. Employé, Voya-
geur.
Commissaire. Quart d'œil, com-
missaire de police. Curieux, (id.)
Eo-là. (\A.) Ferblantier y commis-
saire de la marine.
Commissariat (de police). Bur-
lingeu du quart.
Commissionnaire public. Pouch-
tra. Galifard.
Commode (meuble). Tireuse. Ca-
reuse. Comine.
Commuer. Gracier. Défarguer.
Dévoyer.
Communier. Avaler le luron, V Au-
vergnat ou le polichinelle. Faire
Sun bonjour. Voy. Manger.
Compagnie. Voy. Gance.
Compagnon =: Acolyte. Asso-
cié. Complice. Compère. Insépa-
rables. Voy. Ami, Camarade.
Aller ego. Compaing. Contre. Co-
pain. Frère. Gaveau. Gavot. Mi-
gnon. Orphelins (pi.), réunion de
voleurs. St Roch et son chien
(inséparables). St Antoine et son
cochon (id.)
Comparaître.
Compère. Battre comtois. Voy.
Complice. Voy. Allumeur, Eclai-
REUR, faire le compère. Chic,
Chocolat, Emécheur, Enquilleur.
Complaisance. Comblance.
COMPLETER.
331.r
CONSIDÉRER.
Compléter. Yoy. Augmenter.
Corser.
Complice. Voy. Associé, Compa-
gnon, Compère. Aminche d\iff.
Aumgnot. Fanunde. Fanandel.
Faire nonne, être complice.
Complicité. Voy. Mèche.
Complimenter. Voy. Féliciter.
Complot. Voy, Intrigue. La traînée.
Composer (typographie). Voy.
Levkr.
Compositeur. Voy. Typographe.
Canardier, qui compose les jour-
naux.
Compositeur (musicien). Voy.
Makstrooiet.
Comprendre. Enterver. Entraver.
Enterver bigorne, comprendre
l'argot.
Comprimer.
Compromettre (se). Se galvauder.
Comptant. Voy. Main.
Compter. Comherger.
Comptoir. Rad. Radin. Radeau. Le
zinc.
Comte.
Concert.
Concierge. Voy. Portier. Pipelet.
Cloporte. Huissier. Lourdier.
Conciergerie.
Concubinage. Mariage à Van-
glaise. S'acoquiner, vivre en con-
cubinage.
Condamnation. Sapement. Gerbe-
ment. Voy. Faitré. Fleur. Jeter.
Condamné. Cuit. Frit. Fricassé.
Gerbe. Incurable. Sapé. Voy. Sur-
GERÉ, condamné àmort.FRiAUCiiE.
EcoPER, être condamné. Malade.
Conducteur d'omnibus, Gaule ou
echalas d'omnicroche.
Condamner. Enflaquer. Saper.
Voy. Etamer. Gerber. Jeter.
Condisciple. Voy. Camarade.
Cocon. Faisant. Voy. Labadens.
Conduire = Diriger. Voy. Mener.
Remiser, conduire en prison.
Confesser (se). Bonir au ralichon.
Aller à comberge. Comberger.
Ecurer le chaudron. Se laver^^
Confesseur. Babillard.
Confession. Comberge. Comber-
geante. Aller à comberge, se con-
fesser.
Confessionnal. Combergo. Dépo-
toir. Guérite à calotin. Lavoir.
Conûdence. Jarvillage.
Confier. Jarviller.
Confiture.
Confondre =: Gonfuler. Réfuter.
Aplatir.
Confrérie. Le Plant, confrérie des
gueux. Les enfants de la Mate.
Confrontation. Rembrocage de par-
rains. Passer à la musique. Pie7Te
de touche. Frimage.
Confronté (être). Frimager.
Congé == Destitution. Dégommade,
Dégommage.
Congé = Vacance. Campas.
Congédier. Voy. Renvoyer, En-
voyer.
Connaître. Conobrer. Savoir lire,
connaître toutes les ruses. Con-
naître le numéro, connaître la va-
leur. E7rc calé en histoire, en
chimie, etc., bien connaître This-
toire, etc.
Connu. Colombe.
Conquête = Séduction. Caprice.
Faire un homme. Faire une
femme.
Conscience. La muette.
Conscrit =: Recrue. Bleu. Pierrot,
Blaireau. GaUipoteur. Godillot..
Conseil. Voy. Avocat.
Conseillers. Minsus pilois.
Consentir. Voy. Approuver.
Conservé (être bien). N'être pas
décati, déchiré, déjeté. Avoir des
cheveux, de l'œil et de la dent,
(se dit d'une femme).
Conserver. Voy. Garder.
Considérablement. Voy. Abon-
damment.
Considérer. Voy. Regarder.
22
CONSIGNER.
338
CORPS.
Consigner. Agraffer. Agriffer.
Bloquer. Boucler.
Consoler.
Consommation. Consomm.
Constipé. Faire des cordes, être
constipé.
Conte = Baliverne. Goquecigrue.
Voy. Mensonge. Godan.
Contenu = Renfermer. Litrer.
Content. = Heureux. Satisfait.
Contentement. Voy. Plaisir, Bon-
heur.
Contraindre. Mettre au pas. Faire
marcher au pas. Contraindre à
obéir. Voy. Esclavager.
Contrarier (se). Se /"mVe de labile.Se
chiffonner. Marronner. Voy. Lou-
cher.
Contrariété. Voy. Ennui,
Contravention. Marron, en con-
travention.
Contre = Près. Jouste. Juxte.
Contrebande. Maltouse.
Contrebandier. Maltousier. Mar-
souin.
Contrebasse (à cordes). Armoire à
pétard.
Contrefaire.
Contrefait. Lophe.
Contremaître = Chef de chan-
tier. Contre-coup. Gâcheur.
Contremarque. Biffeton. La-
vabe. Tailhin. Peau de Inpin.
Marchand de contremarques.
Contretemps. Voy. Malheur.
Escare.
Contrevenir. Manger la consigne.
Contumace.
Contusion. Voy. Coup, Blessure.
Atout. Pochonl
Convalescent.
Convenable. A la couleur.
Convenir. Voy. Plaire, Bien aller.
Voy. Ganter'
Convenu. Voy. Entendre.
Convertir.
Conversation = Entretien. Jarvil-
lage.
Convenir. Ça me hotte, ça me
convient. Ça me chausse, ça me
convient.
Convertir.
Copieusement. Voy. Abondam-
ment .
Copieux =: Plantureux. Corsé.
Coq. Becquant. Clairon. Ornie.
Lorloge.
Goquecigrue. Voy. Conte. Men-
songe.
Coquet = Mignon. Charmant. Voy.
Beau. Pompadour.
Coquette. Brancard, vieille co-
quette. Vieux bas de buffet, vieille
coquette.
Coquetterie. Frusquin.
Coquille. Cocange. Calot. Callot.
Coquin = Malfaiteur. Voy. Bandit,
Brigand, Escroc, Filou, Fripon,
Trompeur, Voleur. Carne. Jean-
fesse. Jean-foutre. Foiitriot. Fou-
triquet. Pendard.
Cor (au pied).
Cor (de chasse). Bistourné.
Corbeau. Croasseur.
Corbillard. Omnibus à conis. Gi-
verneiir de refroidis. Mannequin
à machabées.
Corde. Tourtouse. La Torse. Li-
gnotte. Ligotte. Ligottante. Voy.
Baldrousse, Hitz, Salade de
Gascon.
Cordial = Agréable. Charmant.
Voy. Aimable, Bon.
Cordier. Tourtousier.
Cordon. Voy. Corde.
Cordonnier. Voy. Savetier. Ber-
loquin. Beurlot. Biiif. Ambassa-
deur. Choumaque. Chausseur. Cré-
pin. Passifleur. Voy. Pontife,
Gnaf, Gniaffe, Goret, Pignouf,
Galifard.
Cornichon.
Corps de garde. Corps de grive.
Corps humain. Buffet. Cadavre.
Carcasse. Cosaque. Casaquin.
Coffre. Fusil, Flingot.
CORRECT.
— 339 —
COURTISANE.
Correct. Académique.
Correction. Voy. Raclée.
Correctionnelle (police). Moulin
à café.
Corriger.
Corrompre. Affranchir. Coquer la
houcanade. Boucaner.
Corrompu. Affranchi.
Corrupteur. Affranchisseur .
Corruption. Boucanade, corrup-
tion d'un témoin.
Corset.
Costume = Vêtement. Costo. Pe-
lure. Fringue.
Costumer. Voy. Habiller.
Costumier. Fringueur.
Corvée.
Côté. Biard.
Coterie =3 Réunion. Chapelle.
Cou. Kique. Kiki. Couper le kiki,
couper le cou. Collier. Colas.
Colabre. Colin. Vis. Serrer la vis,
étrangler. Interrompu. Cravaté.
Ficelé. La Mortaise.
Couche. Aboulée, femme en cou-
ches.
Couché r= Eboulé.
Coucher. Voy. Epolsseter.
Coucher (se) . Voy. Lit. Se Piaucer.
Se bourser. Se bâcher. Pagnotter.
Percher. Se mettre dans la bâche,
le dodo. S'affaler sur le pieu. Se
fourrer dans la filasse. S'esbigner
dans saboîteàpuces. Yoy.FEmLLE,
Lézard.
Coudre.
Couler. Dégouliner.
Couleur. Déjeu