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Full text of "Dictionnaire argot-Français & françaisart. Pref. de Jean Richepin"

Dictionnaire 



Argot-Français 



& 



Fran çais-Â rgot 



Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous les 
pays, y compris la Suède et la Norwège. 

S'adresser pour traiter à M. Paul OLLENDORFF, 28 bis, Rue de 
Richelieu, Paris, 



7404-94. — CoBBEiL. Imprimerie Éd. Crété. 



GEORGES DELESALLE 



Dictionnaire 

Argot-Français 

& 
Français- Argot 



PREFACE 



JEAN RICHEPIN 




PARIS 
PAUL OLLENDORFF, ÉDITEUR 

28 bis, RUE DE RICHELIEU, 28 btS 
1896 



vc 



PRÉFACE 



Lorsque je publiai, voilà tantôt quinze ans, l'édition définitive 
(quoique non complète, hélas!) de la Chanson des Gueux, je crus 
devoir y adjoindre un petit glossaire donnant aux lecteurs 
la traduction fidèle des termes argotiques employés dans le 
livre. L'avertissement, mis en tête de ce glossaire, débutait 
par les lignes suivantes, qu'on me permettra de citer, car mon 
opinion sur la matière n'a point varié d'un iota : 

« Ce serait une œuvre curieuse à faire et terrible à entre- 
nt prendre, qu'un véritable et véridiquc dictionnaire d'argot. 
« Pour la partie historique, pour l'étymologie et en quelque 
H sorte la philosophie des vocables, il ne faudrait pas moins 
<< qu'un Littré, consacrant à cette besogne des trésors de 
'< science et de patience. Pour les définitions précises et les 
'< sens actuels des mots en usage, il faudrait un observateur 
« consumant sa vie dans les milieux étranges et souvent peu 
'( accessibles où Ton parle cette langue infiniment variée et 
« renouvelée incessamment. L'auteur du dictionnaire d'argot 
« devrait donc être à la fois le plus consciencieux des rats 
« de bibliothèque et le plus audacieux des batteurs de pavé. 
« Un pareil homme ne saurait se rencontrer, j'imagine, et, en 
<' tout cas, ce n'est certes point votre serviteur qui aura 
* jamais la prétention de se donner pour ce merle blanc » 



VI PRÉFACE. 

Le rédacteur du présent Lexique fut-il, lui, cet oiseau rare ? 
Eut-il, même, la témérité de croire qu'il était possible de 
l'être? Je ne le pense pas. A lire son livre en épreuves, je 
n'ai trouvé chez lui aucune marque d'orgueil, aucune infatua- 
tion de ce genre. J'y ai constaté, en revanche, une extraordi- 
naire probité, les preuves d'une copieuse et sagace érudition, 
les agréments d'une claire méthode. C'en est assez pour cons- 
tituer une œuvre estimable, et peut-être la meilleure jusqu'à 
ce jour dans l'espèce, à défaut de Tinespérable chef-d'œuvre. 

Car la vérité, c'est qu'un lexique de l'argot, un bon, com- 
plet et parfait lexique, n'a jamais été et ne sera jamais fait. 

Rien que pour la partie historique, et en traitant l'argot 
comme une langue morte, la tâche serait déjà impossible à 
parachever. Les documents, la plupart du temps, sont intra- 
duisibles. Le seul Jargon ou Jobelin de Villon a fourni des 
variantes d'interprétation innombrables, et qui presque toutes 
reposent sur de lantaisistes-conjectures. On n'y est pas même 
d'accord sur le texte. Chaque commentateur nouveau a sa 
leçon. C'est à peine si M. Longnon, et le subtil Marcel Schwob, 
en ont éclairci quelques passages, et au prix de quels labeurs ! 
En dépouillant des archives de procédure, d'introuvables ma- 
nuscrits. L'authentique signification d'un mot est due ainsi,, 
parfois, à des mois et même à des années de fouille sous des 
Alpes de paperasses. Or, à chaque monument, fragment, de 
littérature argotique, et aux différentes époques de l'argot, il 
faudrait autant d'efforts, et pour aussi peu de résultats. L'exis- 
tence d'un homme n'y suffirait point. L'École des Chartes tout 
entière, et en ne travaillant qu'à cela, n'y serait pas de trop, 
et encore serait elle forcée de se faire aider par des décliif- 
jreurs d'hiéroglyphes, des devineurs d'énigmes, des premiers 
prix de rébus. 

Quant à la partie du lexique ayant trait aux définitions pré- 



PRÉFACE. VII 

cises et aux sens actuels des mots, par quel miracle y procé- 
der? Organisme vivant, en perpétuelle décomposition et re- 
composition, l'argot est essentiellement instable. Plus vite 
que la langue ordinaire, il se métamorphose. C'est du vif- 
argent. Il passe, court, roule, coule, se déforme, se reforme, 
meurt, renaît, flotte, flue, file, fuit, échappe à la notation. 
L'instantané qu'on en prend aujourd'hui n'est plus ressem- 
blant demain. Aucun fixatif n'en assure l'exactitude. De temps 
en temps une éphémère chanson, un refrain devenu populaire, 
une phrase dans un livre de véritable écrivain, un poème au 
rhythme prenant, en fige quelques expressions. Mais tout le 
reste, tout ce qui ne sera pas écrit, tout ce qui n'aura été que 
parlé, où le saisir, comment le retenir? Autant vouloir ramas- 
ser de l'eau dans une écumoire, attraper du vent dans un 
filet ! 

N'empêche que la besogne, justement parce qu'elle est folle 
est tentante. Et quand on s'y est attelé, elle ne vous lâche 
plus. 

Songez maintenant à quelle frénésie de travail doit être 
poussé un homme qui entreprend un dictionnaire d'argot tout 
ensemble historique et actuel ! C'est proprement à cette fré- 
nésie qu'a succombé M. Delesalle. Après de longues, patientes 
et fiévreuses années de tenace et dur labeur, il est mort à la 
peine. 

Depuis longtemps déjà son livre était, ou plutôt avait l'air 
d'être, terminé. Mais jamais il ne le jugeait tel. Il en recorri- 
geait sans cesse les placards, joignait des fiches nouvelles à 
chaque nouvelle épreuve. Jusqu'aux derniers jours de sa vie, 
il s'obstinait à toujours mieux faire. Il désespérait l'éditeur 
par une farouche et invincible horreur devant la nécessité 
de donner le bon à tirer définitif. A notre époque de besognes 
bâclées et hâtives, c'est là une rare vertu. 



VIIT PREFACE. 

Il est déplorable que M. Delesalle n'en ait pas été récom- 
pensé en assistant au légitime succès de son œuvre. J'aime 
à croire qu'avant de mourir il aura eu du moins la consolation 
de se rendre justice à lui-même, et la conscience de laisser 
un nom qui, inscrit en bonne place au martyrologe des lexico- 
graphes, y gardera une petite auréole de gloire durable. 

Jean Richepin. 



18 décembre 1895. 



L'ARGOT 



DEPUIS SON ORIGINE JUSQD'A KOS lonilS 

SON HISTOIRE ET SON DÉVELOPPEMENT 



x\u XV'' siècle, maître François Villon a composé six ballades, sous 
le litre de Jargon ou Jobclin; nous avons recueilli les mots de ce jar- 
gon qui ont quelque affinité avec l'argot moderne, dans la l""^ édition 
avec date (Paris, Pierre Levet, 1489). Ces mots sont expliqués dans 
le Dictionnaire argot- français. 

Le moi jargon est très ancien (xni° siècle). 

« Lors tuit discicnt en lor jargun 
« Que cil oisax qui si cantoit... 

{Marie de France, fable XH). 

11 signifie : langage incompréhensible : 

« Il n'y a ne beste n'oyseau 

H Qu'en son jargon ne chante et crie... 

(Charles d'Orléans, rondeau). 

Son étymologie serait le mot Scandinave jarg, bavardage, ou le 
mot français Jars (mâle de l'oie domestique). On dit le jars jargonne 
pour exprimer le cri de cet animal. Villon emploie le mot ger pour 
jars; parler en gier c'était parler le jargon. 

Dans l'argot moderne dévider le jars, c'est parler argot ou le java- 
nais. D'après A. Timmermans, jars est ici un jeu de mot sur l'anglais 
yarn qui signifie fil; le marin anglais dit : « ta spin out a yarn » 
équivalent à « dévider son fil »; cette expression a le même sens que 
dévider son peloton, dire ce qu'on a sur le cœur. 

Le mot johelin signifie vraisemblablement langage pour tromper 
les jobards. 

b 



L'ARGOT. 



VOCABULAIRE DU JARGON DE VILLON (édit. 1489). 



Abrouart. 


Fardis. ' 


Ninars. 


Abrouer. 


Feuille (V. Fomllouse). 


Niner. 


Ance ou Anse. 


Floars. 


r*arouart. 


Aadosse ou Endosse. 


Fournir, Fourniller, 


Passans. 


Ange. 


Frouer. 


Paulmer. 


Antonner. 


Gaillieurs. 


Pelle (V. Pelé). 


Arpes pour Harpes. 


Gaing. 


Piarde. 


Arton. 


Gaudins. 


Picons. 


Arvaos. 


Gauldouse. 


Pirenalle, 


Arves. 


Gaultier. 


Placquer. 


Babigner, 


Georget pour Gorget. 


Plant. 


Babillangier. 


Gier pour Ger. 


Planter. 


Baudrouse. 


Gierement pour Gitrement. 


Planteur. 


Benars. 


Giffault. 


Plommeur pour Plombeur 


Berard pour Berouard. 


Gourgourans. 


Plue. 


Bis. 


Grain, 


Poix. 


Bisans. 


Gremes. 


PoUiceur. 


Bizac. 


Gris. 


Pollir. 


Bizouart. 


Grume. 


Proye. 


Blanc. 


Grup. 


Ravault. 


Brocquans. 


Gruppelin, 


Rebigner pour Rebiner. 


Can. 


Grupper. 


RifiFault. 


Coffres-raassis. 


Halle pour Haie. 


Roastre. 


Contre. 


Hallegrup. 


Ront ou Rond. 


Coqueur. 


Havre. 


Ruffle. 


Couloire ou Touloire. 


Hirenalle. 


Sieurs. 


Coys. 


Hornangier. 


Sire. 


CrupauU. 


Hurme. 


Sorue. 


Desbouser. 


Hye. 


Soue. 


Desbourer ou Desbourser. 


Hyer. 


Spélicans. 


Desmaquiller (V. Maquiller). 


Juc. 


Suerie. 


Droguerie. 


Luans. 


Terrant. 


Droue. 


Luer. 


Turterie. 


Duc. 


Macquiller. 


Vendenge. 


Dure. 


Mareux. 


Vendenger. 


Emboureur (!'). 


Mariage. 


Vendengeur. 


Embrouer (V. Brouer). 


Marieux. 


Vergne. 


Enterver(xn« siècle). 


Marque. 


Volant. 


Enterveux. 


Mignon. 


Ys. 


Eschequer. 


Montjoye. 




Espincer. 


Mynsse (V. Mince). 





En 1599, l'éditeur Jean Gesselin publia les œuvres poétiques de Marc 
de Papillon ; nous en avons extrait un sonnet en langage narquois. 

{Les Narquois, dans la confrérie des Gueux, étaient les soldats marau- 
deurs qui battaient les chemins et se faisaient héberger par les hôteliers.) 



L'ARGOT 



t\ 



XVP SIÈCLE 



EXTRAIT DES ŒUVRES POÉTIQUES DU CAPITAINE LASPHRISE 
Marc de Papillon (1) M.D.I.C. Paris, Jean Gesselin 

(Bibl. nat. Réserve Y», 2018) 

Au chapitre intitulé « Diverses poésies », page 499 : 



SONNET EN AUTHENTIQUE LANGAGE 
SOUDAHDANT 

Accipant du marpaut la galière pourrie 
Grivolaut porte flambe enfile le trimard 
Mais en despit de Gille, ô gcux, ton Girouard 
A la mette on lura ta biotte couie. 

Tu peux gourd pioller me credant et morfie 
De l'urnion, du morne et de l'oygnan criait 
De l'artoiâ blanchemin. Que ton riflant chouart 
N« rive du courrier l'andrumelle gaudie. 

Ne ronc« point du sabre au mion du taudis 
Qui n'aille au Gaulfarault, gergonant de tesis 
Que son journal o flus n'empoupe ta fouillouse 

N'embiant on rouiilarJe, et de noir roupillant 
Sur la gourde frétille, et sur le gourd volant, 
Ainsi tu ne luras l'accolante tortouse. 



TRADUCTION 

Ayant reçu de l'hôtelier une mauvaise jument, 
Grivolant, porte-épôc, poursuis ta route. 
Mais en dépit de Gille (fuyard) ton patron, 
Au matin ou verra ti bète morte, [ô gueux, 

Tu peux bien boire, crois-moi, et mauge 
Du chapon, du mouton et de l'oignon bruyant, 
Du pain blanc. Que ton ardent bracqucmart 
N'encloue la jolie fille du courrier. 

Ne rosse point du bâton le garçon d'auberge, 
Qu'il n'aille se plaindre de toi au patron, 
Que son portefeuille au jeu (de cartes) n'em- 
[plisse ta poche. 
En voyageant on boit, et dormant de nuit 
Sur la bonne paille, et sur le bon manteau, 
Ainsi tu ne verras pas la corde qui étrangle. 



Le plus ancien ouvrage connu qui ait été fait sur l'argot est inti- 
tulé : La Vie généreuse des Mercelots, gueux et boesmien, par Pechon de 
Ruby (Lyon, Jean Jullieron, 1596). Puis, entre 1617 et 1626 parut Le 
jargon ou le langage de V argot réformé à Vusage des Merciers porte balles 
et autres tiré et recueilli des plus fameux argotiers de ce temps. Il existe 
plusieurs éditions de cette brochure à la Bibliothèque nationale, elle 

(1) Ci-dessous un quatrain du même auteur qui se trouve également dans cette édition et 
que nous reproduisons à titre de curiosité : 

C'est un sot qui te blâmerait 

De blâmer l'ivrogne blâmable 

Et sot qui moins t'estimerait 

D'estimer le vin estimable. *' 



XII L'ARGOT. 

a été souvent réimprimée et éditée sur différents points de la France 
avec des modifications et additions et a servi de base aux nombreux 
vocabulaires argotiques parus depuis. 

Sur une de ces éditions portant le nom d'Ollivier Chereau (Paris, 
chez la veuve Du Cauroy) on lit ceci : 

VERS EN ACROSTICHE 

(le nom de l'auteur : OUivier Chereau) 

A la louange de V Argot 

argot incomparable 

L 'appuy de tous les souiïreteui, 
L e confort des misérables, 

1 ndigents et nécessiteux ! 

V ive l'argot et tous les gueux. 

I e veux que le travail soit bon ; 
E ncore est-il un peu fascheux, 
R enfermé dans une maison. 

C ela n'est-il pas ennuyeux? 
H a vive l'argot et les gueux. 
E stre soldat est honorable, 
R élevé jusques dans les cieui, 
E t l'argotier est délectable ; 
A ussi la cuisine vaut mieux. 

V ive l'argot et tous les gueux. 



« L'antiquité nous apprend et les docteurs de l'argot nous ensei- 
«( gnent que un roy de France ayant établi les foires à Niort, Fontenay 
« et autres villes du Poitou, plusieurs personnes se voulurent mêler de 
« la Mercerie, pour à quoy remédier, les vieux Merciers s'assemblè- 
« rent et ordonnèrent que ceux qui voudraient à l'avenir être mer- 
« ciers se feraient recevoir par les anciens, nommants et appelants les 
« petits mercelots péchons, et les autres blechcs. Puis ordonnèrent un 
« certain langage entre eux... » 

Or, c'est en 1445 que Charles Vil dota Niort de trois foires ou francs- 
marchés ; c'est donc à peu près vers cette date que la grande corpora- 
tion des Merciers établit un langage qui ne se comprenait qu'entre 
confrères et ceux-ci dans leurs voyages continuels furent accompa- 
gnés de grapilleurs, de mendiants et de filous qui formèrent la con- 
frérie des Gueux. 

Les mercelots avaient établi une hiérarchie : 

Le Péchon. — Apprenti. 

Le Blesche. — Mercelot petit mercier qui ne vendait que sur un éventaire suspendu à son cou. 



L'ARGOT. XIII 

Le Coesme. — Mercier en gros, roite-halle. 

Le Cagou. — Chef de pasquelin fprovincf), faisait la police des Gueux, instruisait les no- 
\i':e.s dans lart do nicudier, de simuler des plaies, de voler de mille manières plus 
iiigéuieuscs les unes que les autres. Les Cagous étaient les lieutenants du grand 
Coesre, chef de la confrérie. 

Les Archi-Suppôts étaient les savants de la confrérie qui enseignaient le Jargon et le ré- 
formaient à leur guise; ils n'avaient pas d'autre puissance executive. 

Les principaux changements dans le langage argolitjue étaient faits par les arclii- 
suppôts pour dérouter les marpaux qui entervaient, c'est-à-dire ceux qui comprenaient 
leur langage. 

Ollivier Chereau les désigne ainsi : « Lei plus scavants, les plus habiles marpauts de 
« toiilime l'argot, qui sont des escoliers débauchez et quelques ratichons, de ces cou- 
« reurs qui enseignent le Jargon à rouscailler bigorne, qui estent, retranchent et re- 
« forment l'argot ainsi qu'ils veulent et ont puissance de trucher sur le toutime sans 
« ficher iloutière ». 

Dans le jargon de l'argot réformé le mot archi-boutant (arc-boutant) est synonyme 
d'Archi-Suppôt. L'auteur est un pilier de boutanche qui mnquille en molanche dans la 
vergne de Tours. Les mots : suppôt, boutant, pilier, sont les équi\alents des appella- 
tions modernes : Poteau et Souteneur (aujourd'hui les plus experts argotiersl. 

Le Grand Coesre. — ^Chef ayant les pouvoirs les plus étendus, était élu par les gueux as- 
semblés en États généraux une fois par an ; il otait rééligible indéfiniment; on l'appe- 
lait aussi Roi de Thunes. Il exigeait des nouveaux venus dans la confrérie des Gueux, 
le serment dans la formule suivante : 

« Levez votre main gauche. C'est une erreur que les cours du Parlement font lever 
« la droite, c'est celle de quoi nous torchons le c. et tuons les hommes et faisons 
« tous les maux : la main gauche est la prochaine du cœur, c'est la main honneste. 
u Vous promettez sur votre foi, sur la vie, ne déclarez le secret. » 

Les mendiants et les malfaiteurs, membres de La confrérie des 
gueux se désignaient selon leur spécialité en drogueries (tromperies), 
c'étaient : les Orphelins, Marcandiers, Rifodez, Alillards, Malingreux, 
Piètres, Sabouleiix, Callots, Coquillards, Hiibins, Polissons, Di'illes, Franc- 
Miteux, Courtauds de boutanche, Convertis, Narquois, etc., etc.; ils 
payaient au Grand-Coesre une redevance annuelle variant de cinq 
sols par tète à deux écus. 

Afin de pouvoir comparer et juger les transformations de l'argot, 
nous donnons ci-dessous le glossaire du petit ouvrage publié un siècle 
après Villon, en J596 et dont voici textuellement le titre : 

LA VIE GÉNÉREUSE DES MERCELOTS, GUEUX ET BOESMIENS 

contenant leur façon de vivri*, subtilités et gergon 
MIS EX LUMIÈRE PAR MONSIEUR PECHON DE RUBY (1) GENTILHOMME BRETON 

ayant été avec eux en ses jeunes ans où il a exercé ce beau métier. 

Plus il a été ajouté un Dictionnaire en langage Blesquien avec l'explication en vulgaire 
k Lyon, par Jean Jolliebon, avec pebuission. 

(1) Péchon de Ruby est un pseudonyme dont l'auteur lui-même donne la traduction dans 
la Vie Généreuse; cela signifie enfant éveillé. 



XIV 


L'ARGOT. 




GLOSSAIRE DE LA VIE GÉNÉREUSE (édit. 1596). 


Abbaye rufante. 


Fouillouse. 


Ornions. 


Affurard. 


Fouquer. 


Ornioys. 


Ambie Anticle. 


Fourdante-fantoche. 


Pantière à miettes 


Ambier. 


Fourdolie. 


Passans. 


Ance, 


Fourdu. 


Peaux huré. 


Ancicle (l'). 


Franc-Cagou. 


Pechon. 


Anse. 


Franche-Ripe. 


Pelard. 


Aquige-Ornie. 


Franc-Foignart. 


Pelardier. 


Aquiger. 


Franches-volantes. 


Pelé. 


Artois. 


Franc-Mitou. 


Pie fantoche. 


Atrimeur, 


Franc-Pilois. 


Pied. 


Atrimois ambiant. 


Franc-Razls. 


Pihouais. 


Aubion. 


Franc-Ripault. 


Piloches. 


Aiizard, 


Franc-Ripois. 


Pilois-vain. 


Batoches. 


Frétille. 


Platue. 


Baucher. 


Froc. 


Portant-!. 


Bis. 


Georget. 


Possante. 


Boes. 


Gourdi. 


Proais. 


Brimard. 


Gousser. 


Quige proys (la). 


Bruant. 


Court Razis. 


Quilles. 


Brusslon. 


Gous-é Razis. 


Razis. 


Cagou. 


Gratanles. 


Ripaudier. 


Catrot. 


Grohant. 


Ripault. 


Chouait. 


Giieliel. 


Ripe. 


Coesme. 


Habiu. 


Ripois. 


Coesmelotier. 


Hanoche. 


Rivard. 


Coesmelotier huié. 


Hanoij. 


Rivarde. 


Coesmeloterie. 


Herpe. 


River. 


Coesre. 


Huré. 


Rond. 


Comble. 


Huré couchant. 


Rufe. 


Comblette. 


Huré Razis. 


Rupiole. 


Coquard. 


Hoquette (la). 


Rusquin. 


Cornant. 


Ingre. 


Serard. 


Cornante. 


Lians. 


Sezis. 


Cosny, 


Liettes. 


Sœurs. 


Coues. 


Lignante. 


Souflard. 


Courbes. 


Ligots. 


Testouin. 


Crie. 


Limans. 


Tezis. 


Croslc. 


Lime. 


Tirnoles. 


Dauluage. 


Louchants. 


Trimé Razis. 


Daulué. 


Louchettes. 


Tronche. 


Estregnante, 


Mézis. 


Trottins. 


Filée. 


Mille. 


Vain Gueiier. 


Filler du prois. 


MiUogère. 


Vaine Louchante. 


Filots. 


Milloget. 


Vergue. 


Flambart. 


Minsus Pilois. 


Vironne. 


Flambe. 


Miloullets. 


Volant. 


Foignart. 


Minois. 


Zeruart. 


Foigne. 


Moulue. 


Zeruinois. 


Forest du prois. 


Orloge (!'). 


Zeruinois-gourd. 


Fouille. 


Ornie. 




L'orthographe de ces 


mots est exactement cet 


e qui existe dan 


lion de 1596. 







L'ARGOT. 

XVIP SIÈCLE 



XV 



DlALuuLK hMUI. Dhl V ARGOTIERS 

l'an polisson et l'autre malingreux 

Qui se rencontrent juste à la lourde d'une vergoe. 

TEXTK 

Le Malingreux. - La haute t'aquige en 
chenastre santé. 

Le Polisson. — Et tézière aussi, fanaadel, 
ou tiimardes-tu ? 

Le Malingreux. — En ce pasquelin de Berry, 
ou m'a rouscaillé que trucher était che- 
nastre; et en cette vergue fiche-t'on la 
thune gourdcment? 

Le Polisson. — Quelque peu, pas guère. 

Le Malingreux. — La rousse y est-elle 
chouastre ? 

Le Polisson. — Neuni ; c'est ce qui me fait 
ambier hors de celte vergne; car si je 
n'eusse eu du michon, je fusse coni de 
faim. 

Le Malingreux. — Y a-t-il un castu dans 
cotte vergne ? 

Le Polisson. — Jaspin. 

Le Malingreux. — Est-il chenu? 

Le Polisson. — Pas guère, les pioles ne 
«ont que de frétille... 

Le Malingreux. — Veux-tu venir prendre 
de lu morfe et piausser avec mézière eu 
une des pioles que tu m'as rouscaillées ? 

Le Polisson. — Il n'y a ni ronds, ni her- 
plis en ma felouse ; je vais piausser en 
quelque grenasse. 

Le Malingreux. — Encore que n'y ayez du 
michon ne hissez pas de venir, car il y a 
deux menées de ronds eu ma henné, et 
deux ornies en mon gueulard, que j'ai 
égraillées sur le trimard ; Lions les faire 
riffoder, veux-tu? 

Le Polisson. — Girole, et béni soit le grand 
havre qui m'a fait rencontrer si chenastre 
occasion ; je vais me réjouir et chanter 
une petite chanson. 

Le Malingreux. — Si tu veux trimer de 
compagnie avec mézière, nous aquigerons 
grande chère, je sais bien aquiger les lu- 
ques, engrailler l'ornie, casser la iiane aux 
frémions, pour épouser la fourcandière, 
si quelques rovaux me mouchaillent. 



Di.VLOGUE EXTRE DEUX ARGOTIERS 

'un mendiant et l'autre mendiant infirme 

Qui te rencontrent à la porte d'une ville. 



TRADUCTION 

Dieu te garde en bonne 



L'Impotent. 

sauté. 
Le Mendiant. — Et toi aussi, camarade, 

où vas-tu ? 
L'Impotent. - En ce pays de Berry, on 

m'a dit que mendier était bon; et en cette 

ville, fait-on largement l'aumône? 

Le Mendiant. — Quelque peu, pas guère. 
L'Impotent. — La police y est-elle bonne? 

Le Mendiant. — Non ; c'est ce qui me fait 
aller hors de cette ville; car si je n'avais 
eu de l'argent, je serais mort de faim. 

L'Impotent. — Y a-t-il un hôpital dans cette 
ville? 

Le Mendiant. — Oui. 

L'Impotent. — Est-il bon? 

Le Mendiant. — Pas beaucoup, les cham- 
bres ne sont que de paille... 

L'Impotent. — Veux-tu venir prendre ta 
nourriture et dormir avec moi dans une 
des chambres dont tu m'as parlé? 

Le Mendiant. — II n'y a ni sous, ni liards 
dans ma poche ; je vais dormir dans quel- 
que grange. 

L'Impotent. — Quand vous n'auriez pas 
d'argent, venez tout de même, car il y a 
deux douzaines de sous dans ma bourse 
et deux poules dans ma besace, que j'ai 
attrapées sur la roule ; allons les faire 
cuire, veux-tu ? 

Le Mendiant. — Soit, et béni soit Dieu qui 
m'a fait rencontrer si bonne occasion ; je 
vais me réjouir et chanter une petite 
chanson. 

L'Impotent. — Si tu veux marcher de com- 
pagnie avec moi, nous ferons bonne 
chère ; je sais bien faire les faux papiers, 
attraper la volaille, voler les bourses aux 
marchés et me défaire du bien volé si 
quelques gardes royaux me voient. 



XVI 



L'ARGOT. 



Le Polisson. — Ah ! le havre garde mézière, 
je ne fus jamais ni fourgue, ni doubleux. 

Le Malingreux. — Ni mézière, non plus, 
je rouscaille tous les luisans au graiid 
havre de l'oraison. 



je 



Le Mendiant. — Ah ! Dieu me gard 
ne fus jamais receleur, ni voleur. 

L'Impotent. — Ni moi non plus, je prie 
tons les jours le bon Dieu. 



Extrait de la brochure Le Jargon. 



L'argot s'est sans cesse transformé depuis son origine, à mesure 
qu'il se répandait. 
Voici quelques exemples les plus anciens : 







LE JARGON 


VOCABULAIRE 




ou Lanpage de l'Argot réformé 
dont la !■•« édition date de 


DE PÉCHON DE RUBY 


TRADUCTION 


1617 au plus tôt, et de 1626 


159G 




au plus tard, par Olivier 
Chereau. 


Troltins. Portants. 


Pieds. 


Paturons. 


Volant. 


Manteau. 


Tabar. Tabarins, 


Millogère. 


Chambrière. 


Cambrouse. 


Pelé. 


Chemin. 


Trimar 


Gousser. 


Manger. 


Morfier. 


Crosle. 


Éeuelle. 


Saliverne. 



La plupart de ces mots se sont conservés et subsistent dans les pa- 
tois et le langage populaire. 



XVIIP SIECLE 



Grandval, dans le Vice Puni ou Cartouche, écrit ceci 



Mais à propos d'argot, dit alors Limosin, 

Ne m'apprendrez-vous pas, vous qui parlez latin. 

D'où cette belle langue a pris son origine? 

— De la ville d'Argos, et je l'ai lu dans Pline, 
Répondit Balagny. Le grand Agamemnon 

Fit fleurir dans Argos cet éloquent jargon 

— Tu dis vrai, Balagny, reprit alors Cartouche ; 
Mais cette langue sort d'une plus vieille souche. 
Et j'ai lu quelque part, dans un certain bouquin 
D'argot traduit en grec, de grec mis en latin, 



L'ARGOT. 

Et doijuis en fraoçais, que Jason et Thésée, 
Hercule, ctc 

et tant d'autres héros 

Qui trimèrent pincer la toison à Colchos, 
Dans le navire Ar{jo, pendant leur long voyage 
Inventeront entre eux ce 5ul)linie langage 
Afin de mieux tromper le roi Colchidien 
Et que de leurs projets il ne soupçonnât rien. 

Enfin tous les doubleurs de la riche toison. 
De leur navire Argo lui donnèrent le nom. 
Amis, voici quelle est son étymologie. 



XVfl 



CHANSON 

(1725) 
Extrait du Vice puni ou Cartouche. 



TEXTE 

Fanandels en cette pioUe 
On vit chenument 
Arton, Pivois et criollo 
On a gourdement. 
Pitanchons, faisons rioMo 
Jusqu'au jugement. 

Icicaille est le théâtre 
Du petit Dardant; 
Fonçons à ce Mlon folâtre 
Notre palpitant. 
Pitanchons pivois chenâtre 
Jusques au luisant. 



TRADUCTION 
Camarades eu cette maison 
On vit bien 
Pain, vin et viande 
On a beaucoup. 
Buvons, amusons-! ous 
Jusqu'au jugement (derui.r). 

Ici est le théâtre 

De Cupidon; 

Abandonnons à ce gamin folâtre 

Notre cœur. 

Buvons le bon vin 

Jusqu'au jour. 



Vargot, c'est une espèce de baragouin que parlent à Paris les Gueux, 
les Laquais, les Polissons, les Dcrroteurs entre eux. On apelle ce jargon 
le langage des gueux, parce quMl leur est plus commun qu'aux autres. 
Argoter. Parler l'argot, c'est-à-dire un langage obscur et confus qu'on 
n'entend pas. C'est aussi s'exprimer avec difficulté et confusément, 
parler entre ses dents et indistinctement. Arj/ofie/', pour dire gueux, 
vaurien, vagabond, filoux. {Uirtionnaire de Joi^eph Leroux, \1^^. Lion.) 



XVIII 



L ARGOT. 



X1X« SIECLE 



CHANSON EN ARGOT DE VIDOCQ 



Ea roulant de vergno eu vergne 
Pour apprendre ù goupiner 
J'ai rencontré la mercandièie, 
Lonfa malura dondaine, 
Qui du pivois solisait, 
Lonfa malura dondé. 

Jai rencontré la mercandière 
Qui du pivois solisait; 
Je lui jaspine en bigorne 
Lonfa malura dotidaine, 
Qu'as-tu donc à morfiler? 
Lonfa malura dondé. 

Je lui jaspine en bigorne 
Qu'as-tu donc à morfiler ? 
J'ai du chenu pivois sans lance 
Lonfa, malura dondaine, 
Et du larton savonné, 
Lonfa malura donde. 

Une lourde et une tournanle 
Et un pieu pour roupiller. 

J'enquilie dans sa cambriole 
Espérant de l'entifler. 

Je rembroque au coin du rifle 
Un messière qui pionçait. 

J'ai sondé dans ses vallades 
Son carie j'ai pessigué. 

Son carie et sa tocquante 
Et ses attaches de ce. 

Son coulant et sa montante 
Et son combre galuché. 

Son frusque aussi sa liselte 
Et ses tirants brodanciiés 

Crompe, crompe, mercandière 
Car nous serions béquilles. 

Sur la placarde de vergne 
Il nous faudrait gambiller. 



En allant de \iile eu ville 
Pour apprendre à voler 
J'ai rencontré la marchande, 
Lonfa malura dondaine, 
Qui vendait du vin, 
Lonfa malura dondé. 

J'ai rencontré la marchande 
Qui vendait du vin; 
Je lui dis«n argot 
Lonfa malura dondaine, 
Qu'as-tu donc à manger et boite? 
Lonfa malura dondé. 

Je lui dis en argot 

Qu'as-lu donc à manger et boire? 

J'ai du bon vin sans eau 

Lonfa, malura dondaine, 

Et du pain blanc, 

Lonfa malura dondé. 

Une porte et une clé 
Et un lit pour dormir. 

J'entre dans sa chambre 
Espérant de l'enjôler. 

J'aperçois au coin du feu 
Un homme qui dormait. 

J'ai fouillé dans ses poches 
J'ai pris son argent. 

Son argent et sa montre 
Et ses boucles d'argent. 

Sa cravate et sa culotte 
Et son chapeau galonné 

Son habit et son gilet 
Et ses bas brodés. 

Fuyez, fuyez, marchande 
Car nous serions pendus. 

Sur la place de ville 
Il nous faudrait danser. 



L'ARGOT. 



XIX 



Allumés de toutes ces largues, 
Ht du trèpe rassemblé. 

Et de ces chariots bons drilles 
Tous aboulant goupiner. 



Regardés par toutes les femmes, 
Ht par la foule rassemblée. 

Et par les voleurs bons drilles 
Tous venant voler. 



AUTOBIOGRAPHIE D'LN MALFAITEUR EN ARGOT MODERNE 

Vous me droguez de vous bonnir en bigorne comment je suis de- 
venu pègre et surineur et comment j'ai été paumé marron par la 
rousse et les cognes en train de faire un choppiii. 

Étant gosse j'ambiais dans la cambrouse pour déflorer la picouse 
avec les cameriuciies. Mou dab m'a refilé plus d'une purge et un batli 
reluit, je n'ai i>lus rappli([ué à la piaule quand ma dabuclie est 
conie. J'ai été affranclii par les grinclies qui étaient mes fanandes, 
j'ai commencé par rincer les bagnoles des lartonniers et j'ai fait les 
cambriolles au fric frac, .l'enquillais par les vanternes pour barboller 
la camelote et afîurer de la tliune. Une sorgue j'ai été pomacjué et 
enfla(iué dans une rafle, maison m'a défourraillé au reluit, j'ai seule- 
ment coque le taf. J'ai alors conobré des amarres d'attaque et mariolles, 
j'avais dix-sept brisques, je voulais maquiller le truc pour acquiger la 
blanquette, mes rii)atons dégueulaient et mes frusques étaient bou- 
linées. 

En jaspinant avec mézigue, un aminche d'afî me jacte que si je 
veux turbiner il me fera conobrer une gance chouette, des grinchis- 
sours au fric frac, des passeurs de galette à la manque des valtreu- 
siers, je lui dis: « gy ». Il m'a conduit dans un bouzingot, on a pi- 
tanché de la moussante et on s'est cinglé le blair. 

N'ayant plus le rond, j'ai embardé dans une carrée où j'ai grinchi 
du plâtre que j'ai coque dans ma profonde. 

J'étais à la bonne, je me suis collé avec une franche largue qui trimar- 
dait dans le trèpe et connobrait le turbin ; je lui refdais des châtaignes 
quand elle rappliquait pas chez le bisti^o avec la galette des miches. 

Elle était bath au pieu et gironde, la goncesse. J'avais des fringues 
d'altèque et du pèze dans ma fouillouse. Un sorgue, ma marque a 
acquigé un bog et une bride en jonc et j'ai été les laver chez le fourgat 
qui n'a pas voulu me foncer du michon. J'ai nourri un poupard avec 
des poisses de la gance, j'ai aboulé les alênes, le sucre de pomme et 
le rossignol, et j'ai filé le luctrème pour enquiller dans une cambuse 
011 j'ai dégoté trois fafiots de mille balles, j'ai été pigé et sapé à cinq 
berges de centrouse, malade pendant une longe, j'ai fait la cavale. 

J'étais guéri depuis six marques quand j'ai été en graillé par la 
rousse et renflaqué, mais comme j'avais sonné le sergot, en arrivant 



XX L'ARGOT. 

au bloc, les fliques m'ont passé à tabac avant de m'enfourailler au 
collège. Après ma guérison, j'ai écopé un coup de bince sur le caillou 
et j'ai été au caslu. Quand mon gniasse a été recalé, je me suis re- 
nippé et fait astiquer la hure dans la boutogue d'un merlan et je me 
suis arrosé la dalle avec la riflette, qui est tombé en frime avec mé- 
zigue, il voulait me faire casser du sucre et manger le morceau, je 
lui ai dit nib, et il m'a pris en filature. J"ai acquigé le roulant vif de 
ceinture pour aller retrouver les aminches au Gros-Caillou, il était 
six plombes de sorgue, quand j'ai dévalé au cabermont du père La Pipe, 
les fanandes pictaient chenu, j'ai brilTé de la crioUe et liché avec les 
zigues. J'ai trouvé lago un poteau qui m'a bonni qu'il conobrait un 
pante huppé à Neuilly qui douillerait du carme si on le faisait chan- 
ter. Je lui reniasse: « gy, ça fait mon blot nous serons de mèche 
pour le fade, tu maquilleras les caroubles pour débacler la lourde et 
j'enquillerai dans la cambriolle ». Nous avons aboulé chez le pante, 
et j'ai effarouché la blanquette et des fringues que nous avons mis 
en pacsin, nous avions un aminche qui gaffait, mais il n'a pas re- 
mouché le pante qui rentrait, quand je l'ai rembroqué, comme il nous 
prenait sur le tas, je lui ai refilé un coup de surin dans le colas, j'ai 
dit à mon poteau de cromper et mézigue s'est fait la paire ; mais le 
tambour s'est mis à jaspiner comme je caletais, je suis tombé en frime 
avec la rousse, j'ai été paumé marron et pigé. Les cognes m'ont con- 
duit chez le quart d'œil qui m'a envoyé à la Cigogne dans le panier à 
salade. Le curieux a voulu entraver dans mes flanches pour me faire 
débiner le truc, le léon est venu me voir avani que je passe au carré 
des gerbes où j'ai eu une attaque de fièvre cérébrale, mon médecin 
m'a refilé une purge, j'ai eu un redoublement de fièvre et les hési- 
teurs opinants m'ont fait gerber à la passe. Maintenant, je capis cette 
lazagne dans la boite au sel à la Roquette en compagnie d'un mouton, 
le maugrée ne m'a pas fait mettre la ligotante de rifle et le ratichon 
me rend visite en attendant d'être fauché par le bince à l'abbaye de 
Monte-à-Regret oii je jouerai à la main chaude avec les soubrettes de 
Chariot, j'éternuerai dans le son et on me conduira ensuite au Champ 
de Navets avec une escorte de chardonnerets. 



L'ARGOT. XXI 

OBSERVATIONS PHILOLOGIQUES 

On peut être un homme de génie et parler argot. 

Dans Quatre-vingt-treize de V. Hugo, page 20, on lit : la momignarde 
qui tette est fameusement gouliafre et encore à la page 02 du même ou- 
vrage on lit : la colère de V inanimée, les coups de coude de réclair, le 
combliau, terrasser la colère, etc.. etc. (V. Fournel.) 

Ce qui est argot en France, parce qu'il est patois ou neuf, est parfai- 
tement courant et accepté ailleurs; le contraire a lieu aussi. (A. Tim- 
mermans.) 

En Angleterre l'argot s'appelle Cant et Slang. 

En Allemagne, Rothwdlsch. 

En Italie, Gergo. 

En Espagne, Germania. 

En Hollande, Dieventaal ou Bargoensch. 

L'argot moderne, plus pittoresque et plus expressif que l'argot an- 
cien, n'a rien de savant et nous est surtout fourni par les illettrés. 

Eugène Sue, Balzac, Victor Hugo, ont introduit l'argot dans beau- 
coup de leurs ouvrages. 

De nos jours le poète Jean Richepin dans son admirable Chanson 
des gueux s'est exprimé dans la langue des purs argotiers. 

L'argot étant l'idiome de la corruption se corrompt vite lui-même. 
Comme il cherche toujours à se dérober, sitôt qu'il se sent compris, il 
se transforme : aussi l'argot va-t-il se décomposant et se recomposant 
sans cesse. (Larousse.) 

A cause de ce mouvement l'ancien argot reparaît et redevient nou- 
veau enrichi d'expressions toujours pittoresques, simples, énergiques, 
ingénieuses. 

L'orthographe de l'argot est souvent incertaine,, les mots transmis 
de bouche en bouche se déforment suivant la façon dont ils sont pro- 
noncés, ils pénètrent peu à peu dans le langage courant et ce n'est 
généralement que l'usage qui consacre la manière de les écrire. 

Jamais cependant l'argot n'avait fait encore l'objet d'un travail de 
linguistique pure. M. Adrien Timmermans, le premier, a consacré à 
la formation de l'argot une étude approfondie, au cours de laquelle il 
nous découvre ses sources étymologiques. Laissant de côté la ques- 
tion de son opportunité, il nous le fait connaître exclusivement comme 
un langage poursuivant son élaboration sous nos yeux. 

En faisant ainsi, l'auteur procède comme le géologue qui nous in- 
vite à observer avec lui l'action contemporaine des éléments pour nous 
montrer les effets qu'ils produisent dans la constitution des terrains 
et pour en conclure que les couches antérieures ont dû se former 
dune façon identique. 



XXll 



L'ARGOT. 



Aussi bien, en présence des mois et des expressions qui vont se for- 
mant tous les jours à côté du langage établi et naissant par leur vi- 
talité propre sans obéir à d'autre loi que le besoin d'exprimer les 
faits d'une façon originale, l'auteur a démêlé clairement que l'argot, 
quand il n'est pas une déformation voulue, trouve le son de ses ra- 
cines nouvelles dans les sons physiques. Pour l'argotier comme pour 
tous les hommes, le son est un signal par lequel un fait se mani- 
feste à l'intelligence d'une façon distincte et évidente. 

En se servant de ce son pour faire connaître le fait qu'il rappelle, 
il le fait entrer dans le langage par la voie de l'onomatopée ou de la 
dénomination naturelle. Une fois en possession de ce nom, il l'appli- 
que, par la suite, à tous les agents capables de faire le même acte et 
forme ainsi des dénominations métaphoriques. 

Chaque racine du Dictionnaire de Vargot est la reproduction d'un 
son naturel ; chaque nom une onomatopée primitive ou une applica- 
tion métaphorique de cette onomatopée. 

La comparaison des langues mortes : sanscrit, grec, latin, ainsi que 
des langues vivantes : français classique, anglais, allemand, hollandais, 
italien, etc., avec les' productions franches et spontanées de l'argot, 
prouve qu'au point de vue de l'onomatopée et de la métaphore les 
expressions nouvelles ont été formées d'après les procédés auxquels 
nous devons les langues qu'une culture supérieure a rendues classiques. 

L'auteur le fait ressortir en mille occasions et rend ainsi l'étude de 
l'argot intéressante à un point de vue plus élevé. 

M'étant attaché à réunir dans ce travail tout ce que l'argot, tant an- 
cien que moderne, a produit d'expressions dans ses divers milieux de 
formation, j'ai lieu d'espérer qu'il offrira à M. Timmermans de nou- 
veaux et nombreux sujets d'investigation pour ses savantes études. 

Les mots d'argot sont souvent très imagés. 

Beaucoup sont des corruptions par suffixes ou par abréviations. 

Les suffixes les plus usuels en argot sont : 



inar 
anche 
inche 
ingue 



orgue 

aille 

ière 

uche 

moat 

oque 

égue 

igue 



épicemar 

boutanche 

amiiiche 

burlingue 

camaro 

bonorgue 

nousaille 

niézière 

arguche 

gilmont 

loufoque 

mézigue 



épicier 

boutique 

ami 

bureau 

camarade 

bon 

nous 

me ou moi 

argot 

gilet 

fou 

me ou moi 



L'ARGOT. XXIU 

Nous ne donnerons pas dans le vocabulaire les abréviations comme 
fana pour fanatique, topo pour topographie, tricule pour matricule, 
ce genre de langage n'ayant aucun intérêt au point de vue de l'argot, 
on peut déformer les mots de toutes façons. Nous ne citerons pas da- 
vantage les expressions grossières qui n'ont pas l'esprit pour excuse. 



ABRÉVIATIONS 



# Argot des malfaiteurs. 
Langage populaire. 
O Langage familier. 



cab .... 


. cabaliste. 


can 


. canotiers. 


chas . . . 


. chasseurs. 


écol 


. étudiants. 


enf 


. enfantin. 


F.-M . . . 


. . Franc-Maçons. 


héb.... 


. hébraïsme. 


mar 


. marine. 


mil 


. militaires. 


pays . . . 
polyt... 
prost . . . 
St-C . . 
thé ... . 


. paysans. 
. polytechniciens. 
. prostitution. 
. Saint-Cyriens. 
. théâtre. 


typ . . . . 


. typographes. 


a 

a. n 

adv 


. . adjectif. 
. adjectif numéral. 
. adverbe. 


f 


. féminin. 


int .... 
m 


. interjection. 
. masculin. 


n.d.b .. 


. nom de baptême. 


n.pr — 

pi 

s 


. nom propre. 
. . pluriel. 
. . substantif. 
. . verbe. 


V 


v.a 


. . verbe actif. 


v.n 


. . verbe neutre. 


v.pr . . . 


. . verbe pronominal. 


ail 


. . allemand. 



ang anglais. 

ar. al — arabe, algérien. 

esp espagnol. 

flam flamand. 

gr grec. 

holl hollandais. 

ital italien. 

lat latin. 

port portugais. 

prov provençal. 

skt sanscrit. 

vx fr vieux français. 

abrév abréviation. 

corr corruption. 

dim diminutif. 

ext extension. 

lig figuré. 

iro ironique. 

j.d.m jeu de mots. 

m. à m.... mot à mot. 

m.déf mot déformé. 

met métaphore. 

m. s môme sens. 

obsc obscène. 

q.c quelque chose. 

q.q quelqu'un. 

s.pr sens propre. 

voy voyez. 

v.c.m. . . . voyez ce mot. 

vx. . . . . vieux, suranné. 



DlCTIONiNAmE 

ARGOT-FRANÇAIS 



• « Mon crime est d'avoir eu la curiosité littéraire de 
u ramasser et de couler dans un moule très travaillé la 
« langue du peuple. Des dictionnaires de celte langue 
» existent pourtant, des lettrés l'étudient et jouissent de 
« sa verdeur, de l'imprévu et de la force de ses images. 
<i Elle est un régal pour les grammairiens fureteurs. » 
£mile Zola, Préface de l'Assommoir, 
Janvier 1877. 



Abadie s.f. = Abadis. s. m. 

Foule (^Généralement composée de 
badaucis). « J\ii vembroqué un 
abadis du rabouin ». (J'ai aperçu 
une foule du diable.) [Yidoco.J 
J.d.m. sur badauder. [Timmer- 

MANS. j 

Abadis # s. m. = Abadie. 
V.c.m. Rassemblement. 

Abafointé a. Etonné, hébété. 
Formé d'un débris de bah! et 
de foin! Assonance de bah![Tm- 

MERMANS.] 

Abajoues 0s. f. pi. |I 1. La face. 
S.pr. joues abattues, joues flas- 
ques et pouffantes. |1 2. Les fes- 
ses, par extension. 

Abalobé a. Etonné, ébahi, 
De bah ! son de Tétonnement, et 
de lobe pour lippe, lèvre, par 



j.d.m. L'argot dit lobe bée pour 
bouche bée. [Timmermans.] 
Abatage = Abattage. 

Abat-jour s. m. Visière. A6af- 
jour des quinquets, visière que 
mettent les personnes qui ont 
une vue mauvaise. 

Abat-reluit s. m. Abat-joar. 
Visière. 

Abattage O s. m. |1 i. Critique 
violente. <( Dans toute la presse, 
c'est un véritable abattage, un 
creintement. » || 2. Expression du 
jeu de baccarat. Il y a abattage, 
lorsque le banquier et les deux 
tableaux abattent leur jeu simul- 
tanément. Il 3. Travail vivement 
fait. 'v( C'est fini ! mais vrai, quel 
abattage! » || 4. Sévère répri- 
mande, u Foutre un abattage. » 

1 



ABATTEUR. 



ABOULER. 



Il 5. Graisse d'abattage, ardeur 
au travail. || 6. Vente à Vabattage, 
vente sur la voie publique (la 
marchandise est abattue sur le 
sol). Il 7. Un coup qui se présente 
bien au billard. || 8. Avoir de l'a- 
battage, être bien découplé. 
Abatteur s. m.l|l. Remuant, 
travailleur. || 2. Abatteur de fem- 
mes, de bois, de quilles, vaillant 
en amour. 

Vous êtes je voy bien grand abatteur de 

[quilles 

Mais au reste honneste homme et payez bien 

[les filles. 

[M. Régnier, sat. XI.] 

Abattis s. m. Membres, pied, 
main (allusion aux abattis d'ani- 
maux). « Je vais te démolir un 
abattis. » « Numérote tps abattis. » 
Avoir les abattis canailles, avoir 
les membres grossiers. 

Abattoir s. m. Cellule des con- 
damnés à mort, h la Roquette. 
Le condamné n'en sort que pour 
être abattu devant la prison. 

Abattre v. îi.\\\. Faire des 
dettes. Il 2. En abattre, travailler 
beaucoup en peu de temps. « Nous 
allons en abattre de la besogne. » 
Il 3. Abattre son jeu, étaler son 
jeu sur la table. 

Abattuci Q s. m. = Abattage. 
Expression du jeu de baccarat, 
mot déformé. 

Abbaye # s. f. Four. Les voleurs 
se réfugient souvent dans les 
fours à plâtre, c'est leur cloître, 
leur refuge. Abbaije ruffante, ïour 
chaud [La Vie généreuse io9&.) 
Abbaye de Monte-à-hegret, Ab- 
baye de Saint- Pierre, la guillo- 
tine (cinq pierres se trouvent 
devant la porte de la prison de 
la Roquette, à Tendroit où elle 
est dressée). « Mon père a épousé 
la veuve, moi je me retire à 
V Abbaye de Monte-à-Regret. » (Le 



Dernier jour d'un condamné . ) — 
Abbaye des s'offre à tous (vx), 
maison publique. 

Abbesse s. f. Tenancière d'une 
maison publique. 

Abcès s. m. Individu au visage 
couperosé et boursoutlé. 

Abélardiser Q v. a. (Autrefois 
Abaylarder.) Châtrer (allusion à 
la mutilation d'Abélard par le 
chanoine Fulbert). 

Abéquer 0v. Nourrir. Du vx. fr. 
Abéchier, donner la becquée aux 
oiseaux. On dit encore dans le 
Poitou et la Vienne abécher 
(pron. ab'chai) avec ce sens. 

Abéqueuse s. f. || 1. Nourrice. 
Il 2. Maîtresse d'hôtel. 

Abigotir (S'j v. pr. Devenir 
dévot, de bigot. 

Abloquer, Abloquir # v. a. 
Acheter, du vieux mot Bloquer, 
blocquer , troquer, échanger, 
acheter en bloc. 

Abominer v. a. Haïr, détester. 
S'abominer quelque part, s'y dé- 
plaire. <( Puis, ils s'abominaient à 
l'hôtel Boncœur, ils trouvaient 
ça dégoûtant. » [Ass. Zola). 

Abonné O ^- Habitué. Abonné au 
guignon, n'avoir pas de chance 
habituellement. Il est abonné au 
café, il est continuellementau café. 

Aborgner (S') # v. pr. Regarder 
attentivement = Ouvrir iœil. 

Aboulage s. m. Abondance. 

Aboulée s. f. Femme en couche. 

Aboulement s. m. Accouche- 
ment. 

Abouler v. a. || 1. Venir, ar- 
river comme une boule, du vx. fr. 
bouler, rouler. 



Fonce ta largue et quelle aboule, 
Sans limace nous cambrouser. 

[RiCHKPIN.] 

il 2. Donner, remettre à quel- 
qu'un, « Aboulez la galette ! » 
« Aboulez tous des ronds ou des 






ABOUR. 



~ 3 — 



ACCENTUER. 



liquettes. » {Cri du Peuple, fé- 1 
vrier 1886.) || 3. Accoucher. En | 
fr. ('bouler signifie tomber en j 
s'aff'aissant. ' 

Abour s. m. Tamis, crible. 

Aboyeur s. m. || 1. Crieur, j 
Yoy. Bonisseur, ranardier. 1| 2. | 
Homme chargé d'appeler les pri- 1 
sonniers au 'parloir. || 3. Ceux i 
qui font du bruit et empêchent i 
les orateurs de parler dans les : 
réunions publiques. 

Abracadabrant O ». Merveil- 
leux, magique, étonnant, du mot 
cabalistique Abracadabra. « C'est 
renversant, abracadabrant. » 

Abraqué (mar.) a. Attaché, lié, du 
grec l^j'ôyo;^ branche qui sert 
de lien. [Timmermans.] 

Abreuvoir s. m. Cabaret. 
Abreuvoir à mouches, blessure 
saignante. [Cur. fr. do Oudin.] 

Abri (A T) # Etre à Vabri, être 
malin, intelligent. 

Abrouart#(V) n.pr. Lebrouillard. 

Abrouer (V). n.v. Arriver, par 
extension de brouer, fuir. 

Abricot s. m. La nature de la 
femme. Abricot fendu. 

Abruti (polyt.)s.m. Elève acharné 
à rétude. 

Abrutir (S') O ^- VJ- S'abrutir 
sur une chose, la faire traîner 
en longueur. 

Abs. s. f. Abrév. d'absinthe. 

Absinthe O s. f. Faire son absinthe 
à La hussarde, en versant goutte 
à goutte. La purée, autant d'eau 
que d'absinthe. Lamazone, avec 
de la gomme. La Vichy, avec 
de l'orgeat. La bourgeoise ou la 
panachée^ avec de Tanisette. 
— Absinthe de minuit, celle que 
Ton fait avec du vin blanc. Heure 
de Vabsinthe, le moment où l'on 
prend l'apéritif dans les cafés, en- 
tre o heures et 7 heures. — Faire 
son absinthe en parlant, cracher 



en parlant, on dit aussi, Envoyer 
des posllllons. 

Absinther (S') O v. pr. S'adonner à 
l'absinthe. 8 absinther, être absin- 
the, devenir alcoolique par l'a- 
bus de l'absinthe. 

Absorber O v. a. Manger et boire 
beaucoup. 

Absorption O s. f. (polyt.) Réu- 
nion annuelle dans laquelle u\n- 
liques Anciens et Conscrits fra- 
ternisent en absorbant du punch 
et du chami)agne aux dépens des 
Taupins, (nouveaux admis). 

Acacias Q m. pi. Faire ses aca- 
cias, être habitué de l'avenue des 
Acacias au bois de Houlogne, ren- 
dez-vous du monde élégant. 

Académicien Q s. m. = Per- 
ruques Fossile, littérateur de 
la vieille école (1830). 

Académique O ^' Correct. Te- 
nue académique, bonne tenue. 
Faire des poses académiques, 
prendre dos allures affectées. 

Acagnarder (S') O v. pr. S'iso- 
ler, vivre seul dans son coin 
comme un chien. Du lat. canis, 
chien et cacjnard, coin en vieux 
français. 

Acajou O s. m. Crâne chauve. 
Avoir un bel acajou, avoir le 
crâne chauve et luisant. 

Accaparer Q v. a. Accaparer 
quelqu'un, c'est le circonvenir, le 
poursuivre de ses obsessions. 

Accent # s. m. || 1. Crachat. 
Vaccent était un signe qui consis- 
tait à cracher bruyamment en 
décrivant avec le pouce droit sur 
la joue droite un demi-cercle 
ou arçon (petit arc en vx fr.). v. c. 
m. Il 2. Signal convenu entre les 
voleurs. Avoir de Vaccent, être 
reconnu pour un voleur, à cer- 
tains signes. 

Accentuer Q v. a. Accentuer ses 
gestes, donner des coups. 



ACCESSOIRES. 



AGRÉE. 



Accessoires Q s. m. pi. Vin 

d'accessoires, vin de mauvaise 
qualité ou allongé d'eau, comme 
le vin qu'on donne aux artistes 
qui doivent boire en scène. 

Accoerer ^ v. a. Arranger. 

Accoerer (S') # v. pr. S'entendre. 

Accolade s. f. Gitle. Foutre 
une accolade, donner une gitle. 

Accommoder v. a. Accommo- 
der quelqu'un au beurre noir, le 
battre de façon que les coups 
lui laissent des marques noires 
sur le corps. I7?i œil au beurre 
noir, œil poché. — Accommoder 
à la sauce piquante, donner un 
coup d'épée, de poignard (s. pr. 
piquer) . 

Accordéon s. m. [| 1. Chapeau 
claque = Gibus, il s'allonge et 
se referme comme un accordéon. 
ji 2. Chapeau défoncé, sur lequel 
on s'est assis, plissé comme un 
accordéon. 

Accordeur s. m. Juge de paix. 
— Accordeur de pianos, celui qui 
prend la taille des femmes et se 
permet certains attouchements : 
il promène ses doigts comme 
sur les touches d'un piano. — Ac- 
cordeur de la camardt, le bour- 
reau quand il fait dresser la 
guillotine : il accorde son instru- 
ment. 

Accoucher v. n. Se décider à 
parler « Allons, réporids, accou- 
cheras-tu? ». Produire un travail 
quelconque après bien des diffi- 
cultés, aboutir péniblement. 

Accouffler (S') v. pr. =rr s'ac- 
couver = s'accrouer. S'ac- 
croupir, du vieux mot, Coufflc, 
balle de coton, balle; en latin 
cophinus, caisse. [ïiMMERMA^iS.] 

Accroche-cœurs s. m. Voy. Ac- 
cent = Arçon. Mèche de che- 
veux bouclés et collés sur la 
tempe en forme de C, signe de re- 



connaissance entre les souteneurs. 
Ce mot désigne le souteneur lui- 
même. 

Accrocher v. a. Mettre au 
Mont-de-Piété. = Mettre au clouy 
Le cloa désigne cet établissement. 

Accrocher (S') v. pr. Se battre- 
corps à corps. 

Accroc s. m. Obstacle, anicro- 
che, difficulté, embarras. Ce mot 
se trouve dans plusieurs diction- 
naires français avec ces différents 
sens. 

Accrouer (S') v. pr. s'accouf- 
fler. A croucrou = à croupe^ 
tons, accroupi. [ïimmermans.] 

Achar adv. Abrév. d'acharne- 
ment; sans trêve. « Et d'autor et 
d'achar, enfonce le jobard. » 

[MONTÉPIN.] 

Achetoire s. f. Monnaie (avec 
laquelle on « achète »). 

Acheter v. Se moquer. Acheter 
quelqu'un, le tourner en ridicule. 

Acier et Q ^- m- Mettre du 
baume d'acier, se faire arracher 
une dent malade. — Langue 
d'acier, méchante langue. 

Acliquer (S') v. pr. Se mettre 
en ménage. 

Acœurer.'^Voy. Accœwer. 

Acoquiner % v. a. Allécher,, 
tromper, dérivé de coquer, v, c. m. 

Acoquiner (S') v. pr. Vivre en 
concubinage, en mauvaise com- 
pagnie. (( Etre acoquiné à un 
souillon. » « Elle est acoquinée à 
un ivrogne » . 

Acre # a. Fort, violent. Ce mot 
est devenu en français « acre » 
(sans accent). // y a de l'acre,. 
ça va mal, le patron est furieux 
(acrimonieux). — Acre ! silence, 
prenez garde, attention ! — Nifer 
de l'acre, guetter, faire attention. 

Acrée ou Acres int. Méfiance! 
défiance! « Acres! v'ià l'arna- 
que ! » [Métémer, la Casserole.] 



I 



ACROBATIE. 



— 5 — 



AFFRE. 



Acrobatie O s. f. Expédient. 
« Nous demandons à nos minis- 
tres de se livrer à un autre genre 
d'acrobatie. » [H. Rociiefout.] 

Aclam0 n. pr. Mouchoir, Fourchette 
ou Peigne d'Adam, les doigts. 

Addition O s. f. Carte à payer 
au restaurant. On dit aussi la 
carte. 

Adjectiver v. s. Invectiver, 
Adjectivcr quelqu'un, Tinsulter 
mot h mot, lui donner des épi- 
tliètes. 

Adjoint s. m. Valet du bour- 
reau. 

Adjudant (mil.), s. m. Tremper 
un adjudant, tremper un mor- 
ceau de pain dans le bouillon 
avant qu'il ne soit allongé d'eau. 
— Adjudant de manège^ garde de 
manège (iro.). 

Adroit a. Etre adroit du coude, 
être bon buveur. 

Aérostier s. m. Soldat qui 
s'occupe de l'aérostation mili- 
taire. 

Aff # s. f. Il 1. Abrév. d' « affaire », 
Maquiller une aff, comploter un 
mauvais coup. Amunche d'à//', 
complice, jl 2. Vie {le Vice puni 
de (Jrandval). Eau d'a/f, eau-de- 
vic. « Tu vas me payer Veau d'a/f, 
ou je te fais danser. » lËugénk 
Si E. 1 En grec àçsjo), enflammer ; 
du sanscrit av, consumer, brûler, j 

Affaire % s. f. Délit ou crime. 
« Ayant appris que le rouc/uin 
venait de faire une bonne a/faire, 
je suis allé lui demander du 
carme. » (Le Crime de Maison- 
Laffitte, 1893, inter. de Petit 
Chariot.) Affaire mûre, affaire 
prête à mettre à exécution. 
A/faire juteuse, affaire produc- 
tive, qui a rapporté. — Avoir non 
affaire, être ivre ou avoir reçu 
un coup mortel. — Avoir ses affai- 
res, avoir ses menstrues. — Faire 



son a/faire à quelqu'un, le battre, 
le tuer. — Affaire à la manque, 
9 procès. 
Affalement O s. m. Abattement, 
accablement, anéantissement, dé- 
couragement. 
Affaler Q v. a. Tomber, s. pr. 
Echouer. S'affaler, v. pr. « Tes 
rien poivre, tu vas Vaffaler ». 
[RiGiiEPiN, le Pavé.] S'affaler sur 
i le pieu, se coucher. 
Affamée s. f. Bouche. 
Affe ou Aff # s. f. Vie, âme. 
Affourcher (S') O ('»fir.). v. pr. Se 
1 reposer. S'affourrher sur ses an- 
î cres, se retirer des affaires. 
: Affistoler O ^'- a. Tromper, en- 
jôler, piper (vx fr.). 
Affranchi a. Honnête homme 
I amené au crime par des conseils 
I de malfaiteurs. — Chêne affranchi, 
\ voleur. — Fagot affranchi, forçat 
[ ayant Uni son temps. « Devenu 
un franc, un frangin ou un fra- 
lin, c'est-à-dire un frère dans la 
confrérie des voleurs ». [Timmer- 

MANS.] ■ 

Affranchir v. a. Penerlir, 
donner des leçons de vol, cor- 
rompre un témoin. Affranchir un 
sinve pour grinchir, engager un 
honnête homme à voler. Affran- 
chir un pante avec de l'auher, 
corrompre quelqu'un pour de 
l'argent. S. pr. rendre frangin 
(frère, ami); en an^l. friend; en 
ail. der Frcund, ami. — Affran- 
chir, on dit au jeu qu'une carte est 
affranchie quand elle n'est pas 
exposée à être prise. 

Affranchissement s. m. Per- 
version. {\oy. Affranchir). Profes- 
seur d' affranchissement %. 

Affranchisseur s. m. Celui 
qui affranchit, v. c. m. 

Affre s. f. Blâme, reproche. 
Vieux mot français qui signifiait 
frayeur, effroi, qui ne s'emploie 



AFFUR. 



— 6 



AGONISER. 



plus qu'au pluriel dans le sens 
de transes, angoisses, les affres de 
la mort. 

Affur, Affure # s. m. Profit, bé- 
néfice. Avoir de l'affiir, avoir de 
Targent. u Quand je vois mon 
affure, je suis toujours paré... » 
[ViDocQ.] Du lat. fur, voleur; en 
franc, furet, homme qui cherche 
avec finesse. Fureter, chercher 
curieusement. 

Aflfurage s. m. Profit, bénéfice 
d'un vol. Voy. Affur. 

Affurard (B) s. m. Sergent du 
guet qui arrêtait les voleurs. 
Voy. Affur. 

Affurer v. a. = Affûter = 
Afluer. Tromper, tirer profit, 
gagner, se procurer. Affurer de 
Cauber, se procurer de Targent 
par des moyens malhonnêtes! 

Affût (D') 0. Malin, rusé, roué, 
toujours à Taffùt de ce qu'il 
désire. Un homme d'affût, un 
homme malin. On emploie cette 
expression dans l'Orléanais et 
Ton ajoute en plaisantant : Son père 
était canon. En français futé, m. s. 

Affûter V. a. =: Affurer = 
Afluer. Aiguiser, disposer, prépa- 
rer. — Affûter ses meules, manger, 
s. pr, aiguiser ses dents. — Affûter 
ses pincettes, se préparer à faire 
une grande marche, marcher. — 
S'affûter le sifflet, le cornet, etc., 
boire. — Affûter quelqu'un, lui 
donner une leçon de finesse, /e ren- 
dre fin, comme on dit en franc, 
affûter un crayon (le tailler). 

Affûtiaux (pays.), s. m. pi. Affi- 
quets. Voy. Agios. 

Affluer # V. a. = Affûter = 
Affurer — flouer à — Tromper. 

Aga (mil.), s. m. Mot arabe-algé- 
rien, désigne un commandement 
militaire supérieur. 

Aga int. Cri que les chasseurs 
font entendre pour encourager 



les chiens. Mot qui marque l'éton- 
nement ou findignalion, racine 
de gogo. [Timmermans.] 

Agacer, v. a. Agacer la dent de 
r hippopotame {l'ivoire), jouer du 
piano. — Agacer un polichinelle 
sur le zinc, boire un grand verre- 
d'eau-de-vie sur le comptoir. 

Agaceur (sport.), s. m. =: Allu- 
meur. Cheval qu'on présente à 
la jument pour savoir si elle est 
prête à la saillie. 

Aganter v. a. Vieux mot qui 
signifiait « saisir, prendre. » Agan- 
ter une claque, recevoir une gi- 
fle, du prov. Aganta, attraper 
avec la main. 

Agate # s. f. Faïence, la faïence 
imite l'agate par son brillant et 
ses couleurs variées. 

Agater v. n. Amadouer, allé- 
cher, attirer à soi par des ma- 
nières doucereuses , du prov. 
Agati, attirer. 

Agenouillée Q a. f. = Avale- 
tout. Fillegalanie, dont le nom in- 
dique suffisamment la spécialité. 

Age (F. -M.), s. m. Voy. le Manuel 
du franc-maçon, [de Bazot.] 

Agios (pays.), s. m. --Affûtiaux. 
Les agios de la mariée, affiquets^ 
ajustements extraordinaires ou ri- 
dicules. 

Agla (cab.). s. m. Mot cabalisti- 
que. Ce mot prononce la figure 
tournée vers l'Orienta, paraît-il, 
d'après les cabalisles, un pouvoir 
merveilleux. 

Agobilles # s. f. pi. Outils. « Voici 
toutes mes agobilles, pour beson- 
gner abillement. » {Le Mystère du 
vieil testament.) Vieux mot franc, 
qui signifiait aussi choses malpro- 
pres et de peu de valeur, chiffons. 

Agoniser v. a. Pour Agonir, 
insulter. Il m'a agonisé, il m'a 
invectivé. Ce mot dérive du vx 
fr. ahonnir, couvrir de honte. 



AGOUA. 






AIMER. 



Agoua (can.). s. f. Eau, du prov. 
Agua, oau, qui se prononce agoue. 

Agout s. m. Eau à boire. 

Agrafe s. f. Main. Serrer les 
agrafer, serrer les mains. Cai^acr 
V agrafe, rompre, se brouiller 
(ne plus se serrer la main). 

Agrafer v. a. Pour « agritfer, » 
arrêter, saisir, accrocher. C'est 
aussi s'attacher aux pas île quel- 
qu'un dans la vv\q:z= Cramponner. 
« ]/ m'a agrafé, quel crampon ! il ne 
me lâchait plus! » — (Mil.). Consi- 
gner. Degriper, agriper, prendre. 

Agrément Q s. m. Agrément de 
banque (bourse), bénéfice réalisé 
à la bourse dans la même jour- 
née. — Avoir de l'agrément, (thé.), 
être applaudi. — Se pousser de 
V agrément 0, s'amuser. 

Agriche0s. m. Maladroit, gauche. 

Agricher % v. a. Aborder, saisir, 
du skt f/ra^/t, saisir. [Timmermans.] 

Agriffer. Voy. Agrafer, skt grabh, 
saisir. Timmkrmans. ] 

Agrincheur % s. m. Voleur, grin- 
che. 

Agualuro s. m. Banni. [Macé.] 

Aguicher # v. a. Ij \. Attirer. 
Aguicher un sinve pour le dégrin- 
goler. 11 2. Exciter. « Elle agui- 
che la soit" du petit en Tempêchant 
de boire ». [Richepin, la Glu.] 

Ah ! O ^ oy. Pschutt=z Vlan. Expres- 
sion de l'étonnement. [Timmer- 
mans.] 

Ahuri a. Ahuri de Chaillot, 
niais, imbécile (vieux dicton). 
« Aheuri de Chalieau, Tout es- 
tourdi sortant du bateau ». [Le- 
roux DE LiNCY, Livre des proverbes.] 

Aide-Gargot (mil.), s. m. Pour 
aide-gargot, valet de cantine. 

Aide s. m. Aide-mari, amant de 
femme mariée. — Aller à la cour 
des aides, la femme qui fait des 
infidélités à son mari va à la cour 
des aides. 



Aïe-Aïe Q s. m. Omnibus. « Cri 
de l'effort que le cocher adresse à 
ses chevaux pour leur suggérer de 
marcher plus vite ». [Timmer- 
mans.] 

Aigle s. m. Aigle blanc, chef de 
voleurs. 

Aiglon # s. m. Apprenti voleur. 

Aigrette Q s. f. Avoir son aigrette^ 
être légèrement gris, synonyme 
de pompon, panache, etc. 

Aiguille s. f. || 1. Clé (la clé 
coud la })orle). || 2. Barbe qui a 
besoin d'être rasée (elle pique 
comme l'aiguille). || 3. Signe que 
l'on fait sur les cartes pour tri- 
cher au jeu. Il 4. Aiguille à trico- 
ter les côtes, épée, tleuret. 

Aiguiller O V. n. et v. a. Aiguiller 
la brème, marquer, biseauter les 
cartes. 

Aiguillette O s. f. Jouer ou ronfler 
à Vaiguilletie, i)aillarder, vieille 
expression qui signifiait défaire les 
férets des braguettes ou les lacets 
des robes. 

Aiguilleur Q s. m. Tricheur qui 
aiguille la carte. 

Aile s. f. Bras, par analogie 
avec les membres d'un oiseau, 'en 
argot italien a/rt, bras. Prenez mon 
aile, prenez mon bras. — Aile 
de pigeon, vieux, suranné. — Faire 
des ailes de pigeon, faire des en- 
trechats. — En avoir dans Vaile^ 
être affaibli, annihilé. 

Aileron s. m. Pied, main. 

Aille # Terminaison argotique^ 
comme iergue, orgue, ache, etc. 
Nouzaille, nous. 

Aimant Q s. m. Faire de l'aimant, 
chercher à se faire remarquer, à 
attirer l'attention, comme l'aimant 
attire le fer. 

Aimer Q v. a. Aimer comme ses petits 
boyaux, aimer comme soi-même. 
— Aimer à crédit, avoir des rap- 
ports avec une fille galante, sans 



AIR. 



ALLO! 



la payer. — Aimer comme la coli- 
quCy détester. 

Air O s. m. Se donner ou avoir de 
rairj avoir un air chagrin. — Se 
pousser de Vair, se sauver. Jouer 
de la fdle de l'air, s'enfuir. — 
Vivre de Vair du temps, être sans 
moyens d'existence. — Etre à 
plusieurs airs, être hypocrite, 
jouer plusieurs rôles à la fois. — 
Se donner des airs penchés, être 
mélancolique, rêveur. 

Aisselle O s. f. Blague sous les 
aisselles, plaisanterie à part. 

Al # s. m. Flac d'al, sacoche en 
peau. 

A la clé. O II y a du plaisir, de 
Vargent à la clé. Cette expression 
est explétive; dérive de la même 
expression employée en musique. 

Alarmiste # s. m. Chien de 
garde (il donne l'alarme). 

Albache # s. m. Nom. [Macé.] 

Alboche n. pr. Allemand. 
« Formé de Al, mutilation de 
Allemand, et de hoche pour tète 
de boche = entêté. Boche pour 

bûche ». [TiMMERMANS.] 

Alberge O s. f. Auberge, du vieux 
mot français : Alberger, héberger. 

Albinos s. m. Le blanc au jeu 
de dominos. 

Album s. m. Chapeau haut de 
forme. 

Alênes s. f. pi, voy. Balancer. 

Alentoir adv. Alentour, mot 
déformé. 

Alfa (mil.). Il n'a plus d'alfa sur 
les hauts plateaux, il n'a plus de 
cheveux sur la tête. 

Aligner (mil.), v. a. et v. pr. S'a- 
ligner, tomber en garde pour se 
battre. — S'aligner, se mesurer 
avec quelqu'un. — Se faire aligner 
sur la pancarte (mil.), être au 
tableau des hommes punis. 

Aliser v. a. Aliser son cylindre, 
être malade (métallurgie). 



Allemande (L') # s. f. Bougie. 

[Macé.] 
Aller O et V. n. Fournir. Y 
aller de vingt ronds, donner 
vingt sous. — Y aller d'une, de 
deux, payer une, deux bouteilles. 

— Y aller de sa goutte, de sa 
larme, s'attendrir, pleurer. — Y 
aller, se laisser tromper. — Y 
aller gaiement, faire une chose 
de bon cœur. — Allons-y, com- 
mençons. — Aller son petit bon- 
homme de chemin, aller douce- 
ment. — Aller à Dames, recevoir 
un coup et tomber. — Aller oii le 
roi ne va qu'à pied, faire ses be- 
soins. — Aller avec un homme, 
avoir des rapports sexuels. — 
Le cheval va pour f argent (sport,) 
il doit gagner. — Faire aller c^uel- 
qu'un, \q berner, le tromper. — 
Aller se faire foutre, se faire 
fiche, se faire lanlaire, s'asseoir, se 
promener, ces expressions signi- 
fient « Envoyer promener». — Al- 
ler à l'arche, aller chercher de l'ar- 
gent. — Aller à Niort, nier. — 
Aller à Comberge, aller à confesse. 

— Aller au Carreau (voy. Car- 
reau). — Aller voir défiler les dra- 
gons (voy. Dragon). — Aller à la 
cour des aides (voy. Aide). — Aller 
au pot (voy. Pot). — Y cdler de 
son voyage, se déranger pour 
rien. — Allez-donc vous laver, 
allez-vous-en. — Aller au trot. 
Aller au vice. Aller au persil, aller 
raccrocher (prost.). — Aller au sa- 
fran, manger ce que l'on possède. 

Alliances '# s. f. pi. Poucetles. 

Alliciant Q a. Séduisant, latin 
alliciens. 

Allô! O int- Mot employé au télé- 
phone pour avertir qu'on écoule; 
en gr. 'âXal-r], cri de guerre vx. fr. 
halloer, poursuivre en criant : 

Mut halloent crient et buent. 

{Vie de St-Gille, 1741). 



ALLONGE-GAMBETTE. — 9 



ALPIOU. 



Allonge-gambette s. m. Vc- 
locipôde. 

Allonger v. a. Allonger tle 
Vargenij donner de Targent. 
Allonger sa galette, se fendre, 
payer une dépense qui n'est pas 
dans les habitudes. — Allonger la 
ficelle ou la courroie, augmenter 
une i)eine — (mil.) faire durer 
une chose, la faire traîner en 
longueur. 

Allonger (S') Q v. pr. \\i. Tomber 
de son long par terre. || 2. S'é- 
lirer les bras en baillant. « Le 
cuir sera bon marché, le veau 
rallonge », se dit pour se mo- 
([uer de quelqu'un qui sYHire. 

Allumage s. m. Commence- 
ment d'ivresse. 

Allumé a. Enthousiasmé, 
échauffé par la boisson. 

Allumer Q et v. a. et pr. 
Il 1. Voir, regarder, observer, en 
argot italien, Allumare m. s 
« Allume le sergot », regarde, voilà 
un agent. — Allumer ses clairs, re- 
garder attentivement.— A//Mme/' le 
miston, dévisager, regarder sous 
le nez. — Être allumé, être vu. 
Il 2. Provoquer à Tadmiralion, 
exciter la curiosité. — Allumer les 
chalands, les allécher par des 
promesses souvent illusoires. 
« La galerie '& allume de plus en 
plus. » [RicnEPiN, le Pavé.] \\ 
3. S'enthousiasmer, s'enflammer. 
« Lui, à se frotter toujours con- 
tre ses jupes s'allumait de plus 
en plus. » (Zola, Ai^sommoir.) 
Allumer son gaz ou son pétrole, 
s'enflammer. 4. 1| Exciter un 
cheval à coups de fouet: « Allume! 
allume! » (Voy. Allumettes 

Allumes s. m. pi. (arg. des bou- 
langers). Morceaux de bois sec. 

Allumette s. f. Attraper une al- 
lumette ronde = être allumé, 
ressentir les premiers effets de 



Tivresse. Avoir son allumette de 
marchand de vin, être bavard et 
expansif. Prendre son allumettede 
'^ampagne, chanter des chansons 
bachiques. 

I Allumettes s. f. pi. Membres 

! longs et maigres. 

Allumeur Q s. m. || 1. Compère 
chargé de tromper le public par 
de fausses amorces ou de fausses 
enchères dans les ventes ; allu- 
meur de chalands. || 2. Allumeurs 
de gaz, autrefois les lanciers, 
aujourd'hui les dragons , (allusion 
à la lance qu'ils portent et qui 
ressemble à l'instrument servant 
aux allumeurs.) |1 3. Juge d'ins- 
truction, chargé d'éclairer une 
affaire. || 4. voy. Agaccur. 

AUumeuse s. f. Prostituée, 
celle qui provoque, qui allume le 
client. Il 2. Femme payée par le 
directeur d'un bal j)ublic pour 
danser et avoir l'air de s'amuser, 
elle allume les autres. 

Allumoir Q s. m. A})pareil à la 
disposition des fumeurs pour allu- 
mer dans les bureaux de tabac. 

Almanach s. m. Almanach de 
vingt-cinq mille adresses, pros- 
tituée. 

Alpa,Alpagaou Alpague0s.m. 
Vêtement, paletot en étoffe légère 
et noire. 

Alphonse Q n. d. b. Homme entre- 
tenu par une femme. Un Alphonse 
de barrière. « Elle avait un Al- 
phonse pour qui elle travaillait 
du matin au soir et du soir au 
matin, l'Alphonse est parti » 
(1860, Petits mystères du quartier 
latin). Une pièce de Dumas fils, 
« Monsieur Alphonse » dont le 
héros était un de ces tristes 
})ersonnages a mis ce mot à la 
mode. 

Alpiou s. m. Voleur au jeu. 
Terme d'un ancien jeu qu'on ap- 



ALTÈQUE. 



iO 



AMINCIIE. 



pelait la Bassette ; c'était la mar- 
que qu'on faisait à sa carte pour 
indiquer que l'on doublait sa 
mise. Depuis, ce nom est resté 
pour désigner le tricheur qui 
biseaute fes cartes. 

Altèque a. Beau, bon, excel- 
lent, en latin altus, en français 
altier. (Voy. Centre, Mùme, Par- 
rain). 

Amache O s. m. = Amunche. 

Amadou s. m. || 1. Personne 
qui s'enilamme facilement. || 2. 
Substance dont se frottent les 
malfaiteurs pour se jaunir le teint, 
avoir l'air malade et apitoyer les 
personnes charitables, aquiger de 
l'amadou (C). 

Amadouage # s. m. Mariage. 

Amadoué, e # a. Marié, e. 

Amadouer (S') # v. pr. || 1. Se 
marier. || 2. Se grimer, (voy. se 
Cam.ouf!er). 

Amande s. f. Amandes de pain 
d'épice, grandes dents jaunes. 

Amant s. m. On a dit ami de 
cœur, amant de cœur, (voy. Grelu- 
chon = Arthur. Ce n'est pas le 
souteneur, c'est pour ainsi dire 
le sous-amant, qui ne paie pas ou 
peu, les femmes galantes, mais 
n'en tire pas profit; amant de 
carton, qui n'est pas sérieux, qui 
ne paie pas, sans importance. 

Amar ou Amarre s. m. Ami, 
abrév. de Camarade, amarre d'at- 
taque, ami dévoué. 

Amarrer v. a. Manœuvrer pour 
tromper ou voler, tirer des plans. 

Amateur Q s. m. |[ 4. Homme du 
monde qui se fait artiste ou litté- 
rateur et qui travaille à ses heu- 
res. Il 2. Celui qui ne se fait pas 
payer son travail. |1 3. Celui qui 
s'occupe peu de son métier. 

Amazone s. f. |1 1. Femme qui 
triche au jeu. i| 2. Mélange d'ab- 
sinthe avec delà gomme. 



Ambassadeur 0s. m. H 1. Cordon- 
nier. Il 2. Souteneur bien velu, on 
disait autrefois un ambassadeur 
d'amour. \\ 3. Voyageur de com- 
rrierce. 

Ambe # s. f. Pour jambe, mot déf. 
ou du latin amho, deux. 

Ambie (B) % s. et a. Ambie-Anlicle, 
excommunié. 

Ambier (B) v. n. Fuir, du vieux 
mot Ambier, aller l'amble, allure 
entre le pas et le trot. 

Ambulante s. f. Prostituée, 
raccrocheuse qui va et vient. 

Ame O s. f. Une bonne âme, per- 
sonne compatissante. 

Amendier (thé.) s. m. Amendier 
fleuri, régisseur, c'est lui qui met 
les artistes à l'amende (j. d. m.). 

Amener v. pr. Venir. S'ame?ier, 
Se rendre à. Amène -toi, viens 
donc ! 

Amer 0a. || 1. Mauvais. || 2.0s.m. 
Sorte de bitter, apéritif.— Un Pi- 
con-menthe, pour un amer-menthe; 
du nom du distillateur Picon. 

Américain. s. m. et a. Escroc 
qui feint d'arriver d'Amérique avec 
de l'argent. — Œil américain, œil 
observateur. 

« F^oiir être un voleur aigrefin 
Il faut un œil américain. » 

— Avoir l'œil américain, ne pas se 
tromper. 

Américaine Q s. f. Voiture décou- 
verte à quatre roues. — Vol à l'a- 
méricaine (voy. Charriage), vol 
au change. 

Ami s. m. Celui qui a la passion 
du vol par dessus tout. Ami de 
collège, compagnon de prison. 
Amis comme cochons Q, insépa- 
rables. 

Amicablement adv. Pour ami- 
calement. 

Aminche % et s. m. Ami. Aminche 
d'affaires, complice. ^:^Aminche- 
mar = Aîninche milice = Amunche. 



AMINCI. 



— il 



ANGE. 



Aminci Qs. m. Jeune fashionable. 
= Gommeux, boudiné, etc. 

Amiral # s. m. Couteau. 

Amiteux Q a. Aimable, doux, 
caressant. 

Amocher v. a. Pour moucher, 
donner des taloches, blesser, 
meurtrir; sVtmoc^/e?' la quciile, se 
battre, se meurtrir mutuellement 
le visage. Donnei- un coup sur 
l'endroit où Ton se mouche, sur le 
museau ou la marmouse, analogue 
à wandole, tape sur les mandi- 
bules, ail : mund, bouche. [Tixi- 
mek:m.\ns] 

Amorcé O a. (iarni, fourni. 

» via qu'est ricliemoiit amorcé ». 

(lilCHKIMNJ. 

Amore # s.f. pour amorce. Four- 
chette (elle saisit le morceau). 

Amouillante s. 1". (i)aysj Vache 
sur le point de vêler. 

Amour0s.m. || 1. Aimable, char- 
mant. — Un amour d'homme, bel- 
lâtre dont les tilles raffolent. — 
Un amour de chapeau, un joli cha- 
peau. — Balle d'amour, charmant 
visage. || 2. Y a plu^ d'amour, 
ça ne va plus ! || 3. Chiffonnier, 
((ui porte la hotte, comme l'A- 
mour son carciuois. 

Amoureux s. m. Amoweuœ de 
carême, qui a peur de toucher à la 
chair. — Amoureux deii onze mille 
viergea, amoureux de toutes les 
femmes; (allusion à la tradition du 
martyre de sainte Ursule et des 
onze mille vierges, mises à mort 
par les Huns en 384). 

Amoureux (typ.). Papier amoureux 
papier qui boit l'encre ; s. pr. qui 
aime l'encre. 

Ampafle # s. f. Couverture, pour 
empafle. Variante dialectique de 
emmoutler, emmitoutler, enve- 
lopper, en anglais lo muffle. Les 
lettres m et /''^marquent la bou- 
che close, signe de mystère et 



par analogie, secret, cachette, en- 
veloppe. [TlMMKRMANSj 

Amphi O (ccol.) s. m. Abrév. 
d'amphithéâtre. 

Amphibie (typ.) s. m. Typogra- 
phe qui est à la fois compositeur 
et correcteur. 

Ampoigne n. pr. Acheter à la 
foire &' Ampoigne, voler. J. d. m. 
sur Ampoigne, ville du départe- 
ment de la Mayenne et empoigner, 
prendre. 

Amunche # s. m. Ami. Amunche 
d'uff, complice. 

Amuser v. a. Amuser le tapis^ 
faire quelques petites choses avant 
l'action principale. — S'amuser 
à la moutarde, Perdre son temps à 
des riens ; (la moutarde n'est 
qu'un accessoire dans un repas). 
Muser est observer, le museau 
entr'ouvert, on anglais to muse, 
de mouth bouche.^ [Timmermans] 

Amygdale s. f. 8e caler les 
ami/gdales, manger. 

An % s. m. Litre, mesure de vin. 

Anastasie Q n. d. b. (Journ.) La 
Censure. On la représente ou ca- 
ricature, en vieille femme laide, 
armée d'une énorme paire de 
ciseaux. 

Anarcho Q s. m. Anarchiste. 

f.orsque dans saboile de tlioa 
L'anarcho met si poudre verte, 
Vraiment cela me déconcerte 
l.a musique d'un mirliton. 

(François Cori»KE.) 

Anatole % n. d. b. Président de 
cour d'assises. 

Ane (polyt..) s. m. Abrév. de an- 
rien, V. cm. (2). 

Ance # (B) s. f. Eau. 

AnceouAnse# (V)(B)s.f. Oreille. 

Car vendcngeurs des ancea circoncis. 
(Villon). 

Au xv^ siècleoncoupaitsouventles 
oreilles aux malfaiteurs. — Com- 
paraison avec les anses d'un pot. 



ANCHE. 



12 



ANGLAISE. 



Anche 9 Terminaison argotique 
comme aille, orgue, uche. Bout- 
anche, boutique. 

Anchois s. m. Yeux bordés 
(ïmichoU, yeux aux paupières 
rouges et dépourvues de cils, qui 
ressemblent à des filets d'an- 
chois. 

Anchtibber ou Enchetiber % 
V. a. Enfermer, emprisonner, s. pr. 
mettre en cMihe, mettre en botte, 
en ail. der stiefcl, la botte, ins- 
trument de supplice, ang. stocks 
le chausson, m. s. [Timmermans] 

Ancicle(L')# (B 1596) s. m. La 
Messe. 

Ancien, neQ s. I| 1. Motd'amitié. 
=r Mon vieux. |I 2. L'Ancien, Na- 
poléon pï-. Il 3; Élève de première 
promotion à l'École polytechnique 
et il rÉcole de Saint-Gyr. || 4. 
(l)ays) le père, la mère. |1 5. Mon 
ancienne, ancienne maîtresse. 

Ancrée % s.f. Mètre. 

Anderlique s. m. Tonneau de 
vidange; par ext., homme sale. 
Du bas lat. derctro, arrière, et 
llquidus, liquide. 

Andosse (V) s. f. -=. Endosse. 
Echine, dos, épaules, et par ext., 
vêtement. 

Andouille s. f. Individu sans 
énergie, u Andouille ficelée ». 
Grand défendeur d'andouilles, pa- 
resseux qui préfère la bonne chère 
au travail. — Ce mot semble dé- 
river du fr; indolent, nonchalant. 
— Faire son andouille, poser. « Est- 
ce qu'il allait faire son andouille 
encore longtemps?» (A.ss. Zola.) 

André n. d.b. Mari qui se laisse 
mener par sa femme (<à l'exemple 
de saint André, il a toujours sa 
croix avec lui). 

Angauche % s. f. = Angluce. 
Oie. En ail. Gans, ang. goose, 
oie, de son. cri guttural qùanquan, 
ail. gackern. 



Ange = Angel=: Angle(V) s. m. 

Agent de la force publique. 

Les angels de mal tous ronds. 
Villon. 

Du lat. angere, étrangler ; les 
angels au temps de Villon étaient 
les pourvoyeurs du gibet. — Ange 
gardien, mdixïdu qui accompagne 
un ivrogne à domicile et prend 
soin de lui. — Les anges pissent, 
il pleut. 
Anglais s. m. |I 1. Créancier. 
Ce mot est dans Marot, avec cette 
signification. 

Que je n'eus onc anglais de votre taille. 
Marot. 

Il 2. Paquet postiche que l'on met 
en montre dans les magasins. || 3. 
(St-C). L'anglais, lieu d'aisance. 

Il 4. u Ce cheval à de V anglais », 
signifie que sa conformation se 
rapproche de celle du cheval an- 
glais. Il 5. « Elle a ses Anglais 
ou « les Anglais ont débarqué 
elle a ses menstrues, (allusion 
à la couleur rouge des uniformes 
anglais.) 
Anglaise Q et 0s.f. Écot. Faire 
une anglaise, se cotiser pour 
allez chez le marchand de vin,; 
chacun son écot. — Jouer à Van- 
(jlaise, jeu de sous à pile ou face, 
cinq pièces jetées en l'air. Pour 
être sûr d'amener face le tenancier 
du jeu a fabriqué des bobèches à 
tronches, en amincissant deux 
gros sous du côté pile et en les 
soudant à l'endroit laminé; même 
truc pour obtenir pile ; les pièces 
ainsi préparées se nomment 
bobèches à fleurs. — Dents à l'an- 
glaise, dents longues et proémi- 
nentes. — A ranglaise, discrète- 
ment. « Quand on se tue on file 
discrètement, à l'anglaise. » [Fr. 
Sarce Y. ] —P/sser à l anglaise (voy. 
S'esbigner), s'éloigner en prétcx- 



j 



ANGLICHE. 



13 



ANTIQUE. 



tant un besoin et ne plus revenir. 
— Mariage à V anglaise, danseï' à 
l'anglaise, on se rencontre au bal 
et au lieu de danser on va se ma- 
ricr à l'anglaise, coucher en- 
semble. 

Angliche s. ni. || i. Etranger. 
Il 2. Homme dur. u Ça n'a pas de 
cœur, ce merUin-\îi, grommela- 
t-il, c'est un angliche. » 

[Victor Hugo.] 

Angluce # s.f. Oie. 

Angoulême # s.f. Gosier, gorge, 
gueule. Se caresser Vnngoulême, 
boire et manger, faire bonne 
chère. Faire passer par angou- 
lême, avaler goulûment. Du vx 
mot goule, gueule; en franc, 
goulu, goulafre, glouton. Vx fr. 
engouler, avaler. 

Anguer # v.a. || 1. Pendre, du 
la t. angere, serrer, étrangler. || 2. 
Marier. On disait autrefois époî^scî* 
la veuve (la potence) pour être 
pendu. Cette expression est restée 
dans l'argot pour dire guillotiner. 

Anguille #s.f. Ceinture (la ceinture 
s'enroule comme une anguille). 
Anguille de buisson, couleuvre. 

Anis0 s. m. De Vanis, exclamation 
expressive de refus, = des dattes 
=: des nèfles. «. Tauras dTanis 
dans une écope », « tu n'auras rien 
du tout. » 

Anisette O s.f. Anisette de Bar- 
billon, eau. 

Aniterge # s. m. Mouchoir. 

Annoncier (typ.) s. m. Ouvrier 
chargé de la composition et de la 
mise en page des annonces. 

Annuaire (mil.) s. m. Passer Van- 
nuaire sous le bras ^ être promu à 
l'ancienneté. 

Anonchali a. Découragé, du 
franc, nonchalant, paresseux. 

Anquilleuse # ?,.ï.=zEnquilleuse. 
Voleuse à la mitaine, qui se dé- 
chausse, et dont le pied garni 



de bas en forme de mitaine, saisit 
la marchandise qu'elle a fait tom- 
ber, pour la cacher entre ses janii- 
bes (quilles). 

Anse# (B)s. f. Eau, voy. Ance. 

Anse • (V) (B). s. f. Oreille, voy. 
Alice. Une paire d'anses, une paire 
de grandes oreilles écartées. 

Anse s.f. Bras (l'anse est le 
bras des objets, vases, paniers, 
pots, etc.). Offrir son anse, offrir 
son bras. Panier à deux anses, 
personne ayant une autre personne 
à chaque bras. — Faire danser 
Vanse du panier, gagner sur la 
dépense du ménage. 

Anspezade (St-C). s. m. Elève de 
l*"*^ classe. En ital. hmcia spezzata^ 
lance raccourcie, demi-lance. 

Antienne s.f. Moule d'antiennes^ 
prêtre (figure comique). 

Antif # s.m. = Antifife s.f. Che- 
min. — Battre ranti/',marcher, par 
cxl., faire le trottoir et aussi diva- 
guer battre la campagne. — Bat- 
teur d'antiffe, vagabond. Pour 
antifle, le chemin battu par la 
botte, en ail. Stiefel, lat. tibiale. 

[TiMMKRMANS.J 

Antiffle 9 s.f. Eglise ; du vx fr. An- 
tie, ancienne forme du mot anti- 
que, vieille. 

Antiffler # v . a. et v.n. Marier, (par 
médisance, emprisonner ou mettre 
dans la botte, en lat. tibiale [Tm- 
MKRMANs]). Nous voyous plutôt un 
rapprochement de la cérémonie 
qui a lieu à rantiffle [église). « Ma 
largue fantif fierai. » signifie m. 
à m. j'irai à l'église avec ma 
femme » (s. ent. « me marier »). 

Antilles 9 s.f.pl. = Attilles, tes- 
ticules. Bésatiller, châtrer. Par 
allusion aux hûtilles, boules de 
hachis. [Timmermans] 

Antipather v.a. Détester, du 
mot franc, antipathie. 

Antique O s. m. [j 1. Homme aux 



ANTONNE. 



— 14 



ÂQUIGER. 



idées arriérées. 2. Elève sortant 
de Técole. (polyt.) 
Antonne # s.f. Eglise. Pour en- 
tonne, de entonner, chanter le 
commencement d'un hymne , 
d'une antienne qu'on chante à 
Véglisc. 

Dans les entonnes trimarrlons 
Ou au creux de ces raliclions. 

{Chans. de l'argot.) 

Antonner# (V)v. a. Marier (à l'é- 
glise), voy. Antonne = En- 
tonne. 

Antrôler # v.a. = Entrôler, em- 
porter. 

Aoûteron s. m. (pays) Celui 
qu'on engage pour les travaux de 
la moisson. 

Apaiser v.a. Assassiner. 

Apascllner ^ v.pr. Acclimater, de 
paclin ou paquelin, pays. S'apas- 
cliner, s'acclimater. 

Apic # s. m. Ail. De piquer (l'ail 
pique la gorge). 

Apiéceur s. m. Ouvrier tailleur 
qui fait les grandes pièces, la 
redingote, Ihabit, etc. 

Aplatir 0v.a. Réduire au silence, 
confondre son contradicteur. — 
S'aplatir comme une punaise, s'a- 
baisser par de viles flatteries. 

Aplatisseur s. m. Aplatisseur 
de pièces de six liards, celui qui at- 
tache de l'importance à des riens. 

Aplomb s. m. Être d'aplomb, 
être solide, bien portant. — Relu- 
quer d'aplomb, regarder quel- 
qu'un bien en face. 

Aplomber # v.a. Etonner, aba- 
sourdir q.q. par son « aplomb. » 

Aponiché a. Assis, du lat. 
pone, postérieurement. [Timmer- 
mâns] 

Apoplexie s.f. Apoplexie de 
ie?7ipiier,congestion par suite d'ex- 
cès de boisson, de l'expression : 
boire comme un templier, boire 
beaucoup. 



Apostrophe O s.f. Coup sur la face. 

J'accours et je vous vois étendu sur la place 
Avec une apostrophe au milieu de la face. 

iREGNAflD.) 

Apothicaire s. m. Apothicaire 
sans sucre, ouvrier mal outillé, 
marchand mal achalandé. 

Apôtre # s. m. Doigt. 

Appachonner v. a. Attirer. 

Appareiller (mar.) v.n. Sortir. 

Appas O s. m. Seins. 

Appeler v. a. (thé.) Appeler Azor, 
siffler. 

Apprenti (F. M.) s. m. Premier 
grade dans la Franc-Maçonnerie. 

Appuyer v.a et v.n. || 1. Résis- 
ter, insister. — Appuyer sur la 
chanterelle, toucher à un endroit 
sensible, serrer le cou à q.q., ce 
qui le fait crier comme la corde 
du violon. || 2. S'appuyer, s'offrir. 
« Je vais m'appuyer un riche 
gueuleton » |1 3. (thé.) Poser un 
décor. 

Apprentif s. m. Apprenti. 

Aquarium s. m. || 1. Chambre 
des députés.» Ayant appris qu'on 
avait jeté une bombe dans la 
Chambre des députés, le malfai- 
teur s'écria : — « Ah! on a fait 
sauter l'agwanwm. Chouette, c'est 
le meilleur moyen de faire le 
renouvellement partiel. » |1 2. 
s. m. Réunion de souteneurs. S. pr. 
récipient où on met le poisson 
et par suite le maquereau. 

Aquige ornie # (B) s. m. || 1. 
Goujat, valet de ferme. S.pr., ce- 
lui qui tue les poules. H 2. Déva- 
liseur de poulaillers. En gr. opviC, 
poule. 

Aquiger # (B) v.a. |] 1. Tromper. 
Il 2. Prendre. 

Dévalons donc dans cette piole 
Où nous aquigerons riole. 

(J. RicHEi'i.N, La Chanson des Gueux.) 

(où nous prendrons plaisir, nous 
nousamuserons). Dérober, marau- 



AQUILIN. 



— lo — 



ARDOISE. 



lier. II 3. Blesser, battre, (qulger) 
endomniager. Aquiger les brèmes, 
battre les cartes et aussi les bi- 
seauter. — Mon palpitant aquigc 
pour tezigue, mon cœur bat pour 
toi. 

Aquilin a. Faire son aquilin, 
bouder, s. pr. faire son nez, faire 
la mine. 

Arabe Q s. m. Avare, usurier, 
homme dur et sans pitié. 

Araigne s.f. Crochet dont se 
servent les bouchers pour accro- 
cher la viande. 

Araignée 0s.f. |I \. Sorte de voi- 
ture légère. Il 2. Araignée de bas- 
tringue, fille qui fréquente le 
bastringue. — Araignée de comp- 
toir, marchand. — Araignée de trot- 
toir, can\c\o[,ïi\\G publique . II 3. 
Avoir une araignée dans le pla- 
fond, déraisonner, divaguer. I| 
4. Faites d'araignée, chatouille- 
ment. 

Arautequé #Deux francs (40 sous) , 
m. déf., quarante. 

Arbalète # s.f. Croix de cou. 
Arbalète d\intonne, de chique, de 
priante, croix d'égliseji 

Arbi. (mil.) s. m. Arabe. 

Arbico (mil.j s. m. Dini. à'arbi, 
arabe. 

Arbif % s. m. Violent, emporté. 
M. déf., signifie homme qui se 
rebiffe, se regimbe. 

Arcasien % s. m. Malin, qui 
exploite les imbéciles, qui monte 
Varcat. v.c.m. 

Arcasineur, Arcasse s. m. 
Mendiant à domicile. 

Arcat s. m. Monter un arcat, 
écrire de prison pour demander 
une avance sur un trésor enfoui 
dont on promet de révélerla place, 
qui bien entendu n'existe pas; ce 
genre de lettre s'appelle lettre de 
Jérusalem. D'arca/îe, mystère, 
chose cachée. 



Arcavot # s. m. Mensonge, trom- 
perie. 

Arche # |I 1. s.f. Coffre. Aller à 
l'arche, chercher de l'argent. Du 
vx mot arque, coffre, dont on a 
fait archives, lat. arca, coffre. || 2. 
Fendre l'arche à quelqu'un, l'im- 
portuner. Se fendre l'arche, se 
tourmenter, s'ennuyer, a II avait 
bougrement l'air de se fendre 
l'arcJie. » (MétémeK, la Chair.) 
Il 3. Je lai fends l'arche, je prends 
(se dit en faisant une levée au jeu 
de cartes). || 4. Q Arche de Noé, 
l'Académie. 

ArchicubeOs.m. Ancien élève de 
l'Ecole normale. 

Archipointu s. m. Archevêque. 

Archi-suppôt % s. m. Passé maître 
dans la connaissance de l'argot 
(voir la notice historique de l'ar- 
got). « Archi-suppôt de l'argot. » 

Architecte (F.M.) s. m. Dieu. 
« V Architecte de l'univers. Le su- 
pi'ème Architecte. » 

Arco % s. m. Avare. De la même 
origine que le holl. harli, râteau, 
l'instrument qui gratte. [Timmer- 

MANS] 

Arçon % s. m. =: Accent. Signal 
convenu entre voleurs. 

Arçonner v.a. Apostropher 
quelqu'un, avertir, donner l'a- 
larme, voy. Arçon = Accent. 

Arcpinser % v.a. = Arquepin- 
cer. Prendre, saisir, arrêter, dé- 
rober. Arquepincez mon anse, 
prenez mon bras. Arcpincer l'om- 
nibus, prendre l'omnibus. Des 
mots arc et pincer. On dit dans 
le m. s. pincer au demi cercle. 
(Larchey) 

Ardent, e # s.m. Cierge, chandelle, 
bougie. — Fauche-ardents, mou- 
che ttes. 

Ardents s. m. pi. Yeux, (vx) 

Ardoise # s.f. Avoir Vardoise, 
avoir crédit. C'est sur une ardoise 



ARGA. 



— 16 



ARNAQUER. 



que les débitants (restaurateurs 
ou marchands de vin) inscrivent 
les dépenses de leurs clients. — Se 
fourrer une chose dans Cardoise, 
se graver une chose dans la mé- 
moire . 

Arga # s. m. Part, u Pour mon 
arga je serai ton dévoué jusqu'à 
la mort ». [Rabasse. | 

Arganeau s. m. Anneau réunis- 
sant deux forçats. 

Argent Q s. m. Argent mignon, 
argent que se procurent certaines 
femmes mariées, par des moyens 
inavouables. 

ArgoDji % s. m. Jargon, m. déf. 
V. Largonji. 

Argot := Arguche s. m. Sot, 
niais. 

Argoté a. Dupé. Pante arqolc, 
individu suffisant qui est berné. 

Argoter v. n. Parler argot. En 
ital. gergo, de gorge, langage ou 
gargouillement mcompréhensible 

[TlMMERMANs]. 

Argoteur 0s. m. Qui. parle argot. 

Argotier Q s. m. Celui qui a cou- 
tume de parler argot. Voleur. 

Argousin s. m. || 1. Policier. 
Ij 2. Maître-ouvrier. 

Arguche s.m.||l. Argot, du 
gr. "Ap-yoç, en lat. Argus, gardien 
célèbre; l'argot est la langue des 
l)risons. Arguche, quintessence 
d'argot et skt. uca, haut. || 2. # 
Niais, sot. En franc, le mot (//•- 
gutie s,[2m{ie raisonnement sur 
des vétilles, des niaiseries. 

Arguemine % s.f. Main. Compo- 
sition hybride de racler, en da- 
nois ra(/e, gratter, amasser, et de 
miîie pour main. [Timmermans] 

Aria Q s.m. Contrariété, embarras, 
obstacle. Du skt. usreyas, infor- 
tune, malheur, vx fr. arric m. s. 

Aricoteur % s.m. Bourreau, (Vi- 
docq) il coupe l'endroit où se 
forme le langage guttural appelé 



Vargpt. C'est le même organe 
qu'on désigne dans boire à tire- 
larigot ; c'est lui encore qu'on 
entend dans ragonner, ronchon- 
ner, râler, etc., etc. [Timmer.m.vns.] 

Aristarque Oi^-Pï"- Un petit mon- 
sieur qui parle haut au théâtre. 

Aristo s.m. Abrév. d'aristocrate, 
personne qui a des manières élé- 
gantes, distinguées. « Faire Va- 
risto. » 

Aristocrate % s.m. Prisonnier 
qui a les moyens de prendre sa 
nourriture à la cantine. 

Arlequin s.m. = Bijoux. Ro- 
gatons, restes de viandes de toute 
sorte, d'où le nom d'arlequin, 
composé de morceaux divers 
comme l'habit de ce personnage. 
Marchand d'arlequins == bijou- 
tier. 

Arme0 (mil.) s.f. Passer Vanne à 
gauche, mourir. 

Armée Q s.f. || i. Armée du salut, 
sorte de secte religieuse fondée 
en Angleterre en 1864. I| 2. Armée 
roulante, c'était autrefois la chaîne 
des forçats, conduite par les ro- 
veaux (gendarmes). 

Armoire s. f. |1 1. Tête (mil.). 
112. Armoire à glace, le quatre 
d'un jeu de cartes. || 3. Armoire 
à pétard, violoncelle, contre- 
basse à cordes. || 4. Armoire à 
poils, sac du soldat d'infanterie. 

Arnac = Arnache. 

Arnache # s.f. = Arnac, police. 
Syn. de renifle parce qu'elle fourre 
son nez (en lat. nasus), dans les 
affaires des voleurs. Arnache est 
la prononciation normande, pour 
renache. [Timmerm.vns.] 

Arnaque % s. f. Tromperie, trahi- 
son. — Être àV arnaque, trompeur 
qui ne se laisse pas tromper. 
Jouer Varnaque, se moquer de la 
police, la berner (voy. Pienacle). 

Arnaquer # v. Préparer une 



ARNAUD. 



17 



ARTICHE. 



fraude au jou (voy. Renâcle). 

Arnaud a. (pour renaud). Être 
arnaud, renaudery être de mau- 
vaise humeur. 

Arnauder v.n. Murmurer, m. 
déf. pour renauder. Variante de 
renâcler. [Timmermans.] 

Arnelle # n.pr. Rouen. Du nom 
de la petite rivière la Renelle. 

Arnellerie 0s.f. Roucnnerie. 

Arnif 0s.m.Lapolice.Pourrcni7Ze. 

[TiMMKUMANS.] 

Arpagar 0n.pr.Arpajon(S.-et-O.), 
m. déf. 

Arpes # (V) s. pi. Barreaux pour 
harpes, v.c.m.. 

Arpète ou Arpette s. m. Ap- 
prenti, du mot arpenter, l'apprenti 
va, vient, et arpente dans Tatelier 
ou les rues continuellement. 

Arpion s. m. =: Harpion. Pied. 

J'ai l'arpioii plus dur que des clous. 

(J. RicHEPix, Chatis. des Gueux.) 

Du vieux mot arpion, griffe. En 
franc, harpon, harponner. « Che~ 
linguer ou plomber des arpions. « 

Arpions s.m.pl. Les doigts de 
pied. 

Arquepincer voy. Arcpincer. 

Arquer (S') v.pr. Se voûter, se 
courber en vieillissant. 

Arracher 0v. a. Arracher du chien- 
dent,, chercher une dupe, ou l'oc- 
casion de voler. — Arracher son 
copeau, travailler consciencieuse- 
ment. — Arracher un pavé, (ona- 
nisme). 

Arrangemaner v.n. Tromper, 
duper. — Arrangemaner son velin, 
battre sa femme. 

Arranger v.n. Arranger un 
pante, duper, tromper ou battre 
un bourgeois. 

Arrangeur Q (arg. des cercles) 
s. m. Celui qui arrange les cartes 
et les séquences. 

Arrêter y. a. Arrêter les frais, 



suspendre une chose commencée. 
Cette expression vient du jeu de 
billard, où on arrête les frais 
quand on cesse de jouer. 

Arrière-train s. m. Derrière. 

Arriver O ^■^' U7i homme arrivé, 
qui a sa position laite. — Arriver 
premier, dépasser ses concur- 
rents. 

Arrondie # s.f. Montre. 

Arrondir (S') Q v.pr. || 1. Écono- 
miser, augmenter ses propriétés. 
Il 2. Etre enceinte. 

On s'a fait arrondir el'globc. 

(And Uill, la Muse à Bibi.) 

Arrondissement s. m. Chef -lieu 
I d' arrondissement, ïemme enceinte. 

Arrosage Q s.m. || i. Acompte 
I sur une dette. |] 2. Tournée d'ar- 
I rosage, tournée bue sur le comp- 
j toir. 

' Arroser Q v. Payer. Arroser un 
créancier, lui donner un acompte. 
Arroser ses galons (mil.j régaler 
ses camarades à l'occasion de sa 
promotion. 

Arroseur s.m. Arroseur de ver- 
douze. Jardinier, maraîcher. 

Arrosoir Q s.m. Coup d'arrosoir, 
tournée chez le marchand de vin. 

Arsenal # s.m. Arsenic (m. déf.). 

Arsonner # v.a. 1 1 1 . Fouiller. || 2. 
Pratique de l'onanisme chez la 
femme. 

Arsouille s.m. Voyou ignoble. 
Milord V arsouille, homme riche 
qui vit dans l'orgie. Avoir l'air 
arsouille, avoir l'air canaille. Dé- 
formation du vx mot : souillart, 
canaille, vaurien. 

Art (F. -M.) s.m. Art royal, la 
Franc-Maçonnerie . 

Arthur n.d.b. Bellâtre, voy. 
Amant de cœur, 

Arthurine Prostituée, la femme 
de Varthur. 

Artiche % s.m. Ij 1. Porte-mon- 



ARTICLE. 



— 18 — 



ASSEOIR. 



naie. — Secouer Varliehe, fouiller 
un ivrogne et le dévaliser. Artiche 
pour galette, argent, de apxoç, 
pain, galette. L'argent est rond 
comme la galette. [Timmermans.J 
II 2. Le derrière. 

Article O s. m. Faire l'article, 
vanter une personne, un objet. 
Etre fort sur Varticle, bien con- 
naître une chose. — Etre porté 
sur Varticle, être amoureux, luxu- 
rieux. — Être à Varticle de la mort, 
sur le point de mourir. — Payer 
son article quatre (typ.), payer sa 
bienvenue. 

A.rtie # s.m. r= Artif ^= Artiffc 
= Arlon. Pain, du gr. «5cp-oç, pain, 
Prov. Artoum. — Ârtie de Meulan 
ou savonné, pain blanc. — Artie 
du Gros-Guillaume, pain noir. — 
Artie de guinaut, pain moisi. 

Artilleur Q s.m. Ivrogne (celui 
qui fait manœuvrer le canon du 
marchand de \'m).^ Artilleurs de 
la pièce humide ou artilleurs à ge- 
noux, infirmiers militaires. 

Artis# s.m. L'argot, langage de 
ceux qui appellent le pain artie. 

Artiste s.m. 1| i. Etre artiste, 
dépenser son argent sans compter 
et ne pas penser au lendemain. 
Bohème sans souci. || 2. Balayeur 
[qui manie le pinceau (balai)]. || 
3. Vétérinaire (pays.) \\ 4. Cada- 
vre qui figure à la Morgue. 

Artois (B) s.m. ï^am {\oy. Artie). 

Arton (V) s.m. Pain (voy. Artie). 

Artoupan # s.m.Garde-chiourme. 

Arvans (V) part.pr.pl. Se réjouis- 
sant. 

Arvé ^ s.m. Dupe. 

Arves (V) a. pi. Réjouis. 

As O "1- Il ^' Le numéro L Un 
potage à Vas! au cabinet ou à la 
table qui porte le n» 1 au restau- 
rant. Il 2. As percé, as seul de 
sa couleur (expression du jeu de 
bouillotte). Il 3. Avoir des as dans 



son ./ew, avoir de la chance. — Etre 
à Vas, avoir beaucoup d'argent. 
Il 4. il s de carreau, ruban de la 
Légion d'honneur. || 5. Avoir Vas 
de carreau dans le dos, le sac au 
dos (allus. à la forme) ou être 
bossu. Il 6. As de pique, l'anus, 
par ext., homme nul = cul. 
Il 7. Fichu comme Vas de pique, 
mal bâti, mal vêtu. || 8. Veiller 
à Vas, ouvrir l'œil, faire attention. 

Asioet O s.m. Expression du jeu de 
dominos, le double-un. 

Asinver0v.a.Abrutirq.q. (sinre). 

Asperge s.f. Asperge montée^ 
individu maigre et de grande 
taille. 

Aspergés obsc. s.m. Membre 
viril. 

Asphaltais Q s.m. Flâneur. =r 
Polisseur d'asphalte, badaud. 

Asphyxier ^\. a. Boire. Asphyxier- 
un perroquet, boire un verre 
d'absinthe ; allus. à la couleur. 
Asphyxier le pierrot, boire un 
verre de vin blanc ; allus. à la 
couleur blanche du pierrot. — 
Être asphyxié, ivre mort. 

Aspic s. m. Médisant, calomnia- 
teur ; allus. au venin du serpent. 
On dit en parlant d'une personne 
médisante, qu'elle à une langue 
de vipère, la. y'ipëre ne recèle pour- 
tant pas le venin dans sa lan- 
gue. 

Aspiquer v.a. Calomnier (voy. 
A spic) . 

Aspiquerie # s.f. Calomnie, mé- 
disance. 

Asseoir v.pr. S'rtsseoir, tomber 
(par ironie). — Envoyer quel- 
qu'un s'asseoir, le congédier, l'en- 
voyer promener. « Allez vous as- 
seoir », « taisez-vous » ; allus. 
à ce que dit le président à la fin 
d'un interrogatoire. — « Asseyez- 
vous dessus », « imposez-lui si- 
lence, étouffez ses cris » ; a assez. 



I 



ASSERMENTE. — 19 — 



ATTACHE. 



..Aez vous dessus! » — S'asseoir 
dessus, faire fi (Kune chose. — 
S'asseoir sur le bouchon, s'asseoir 
par terre. 

Assermenté O ^- ^^^^^ assermentée 
(on carte), inscrite à la police. 

Assesseur s. m. Q Partenaire 
(arg. des joueurs). 

Assiette s.f. Avoir Vassietlc au 
beurre, être dans l'aisance, avoir 
sa grande part de cliance. — Acca- 
parer Vassielte au beurre, prendre 
tout pour soi. 

Assister # v.a. Porter des provi- 
sions, des douceurs à un détenu. 
Voy. Poqne. 

Abrév. d'associé. 
)s.f. Epouse, femme 



Assoce s.f 
Associée (typ 

légitime. * 
Assoiffé a. et s. m. Altéré, qui 

a toujours soif. 
Assommoir 0s. m. Débit devins 
et liquoriste où Ton boit des al- 
cools inférieurs qui assomment 
les consommateurs. Poivre d'as- 
sommoir, eau-de-vie inférieure 
=z Vitriol. 
Astec0 s. m. ^=Astéque = Aztè- 
que. Avorton, malingre, chétif, 
rachitique; par ext. homme de 
peu de valeur ; allus. aux Astè- 
ques, peuplade de l'ancienne 
Amérique. 
Astic(mil.)s.m. I| l.Épée. Du franc. 
asticoter, faire de pctiles piqûres. 
Il 2. Tripoli qui sert au nettoyag:' 
du fourniment, de l'épée par con- 
séq ient. Aller à raslic, faire le 
nettoyage du fourniment. \\ 3. 
Polissoir (cordonniers). 
Asticot Os. m. Il 1. Vermicelle; 
allus. à la forme (vermisseau). 
Il 2. Maîtresse de souteneur. || 
3. Asticot de cercueil, verre de 
bière (j.d.m.). |1 4. Membre viril. 
Asticoter v.a. Harceler, aga- 
cer. 
Astique s. m. Abrév. d'asti- 



quage, nettoyage. « Faire Vasti- 
que. » 
Astiqué a. Propre, net. 

Bien astiqué, proprVommc un sou. 
Il est gentil, mon p'tit pioupou. 

Astiquer v.a. || 1. Battre, frap- 
pera coups d\istic. On dit encore 
frapper d'estoc. Estiquer signifiait 
frapper de la pointe. || 2. Nettoyer 
(mil.). Il 3. S'astiquer, v. pr. 
(onanisme), jj 4. Se chamailler. 
Il 5. Astiquer pour asticoter, 
agacer. 

Atelier (F.-Mj s.m. || 1. Endroit où 
se réunissent les Francs-Maçons, jj 
2. Chambre à coucher (arg. des 
filles). 

Aticher voy. Atiger. 

Atigé a. et s.m. Malade, 
blessé. iHajique aux atigés, hôpi- 
tal, du lat. attinqere, atteindre. 

Atiger v.a. Frapper, blesser. 



Atiger cher, défigurer, saisir. 
Atome O s.m. Atomes crochus, élé- 
ments mystérieux d'une sympa- 
thie réciproque. [L. Larchey]. 
« Nos atomes crochus ne se con- 
viennent pas. » [MÉRIMÉE.] 

Atouser 0v.a. Encourager, don- 
ner de Vatout (du courage). 

Atout s.m. Il 1. Courage. Avoir 
de l'atout, avoir du courage. || 2. 
Coup violent. « Recevoir un atout.» 
Il 3. Capacités, talents, chances de 
réussite. — Avoir tous les atouts 
dans S07Î jeu, avoir toutes les 
chances pour réussir dans une 
affaire. 

Atrimeur (B.) s.m. Larron, ma- 
raudeur. 

Atrimois 9 (B.) s.m. Atrimois 
ambiant, voleur, brigand. Detri- 
mar, chemin, et ambier, marcher. 
S. pr. ;voleurde grand chemin. 

Attache Q s.f. Abrév. d'attache- 
ment. ||1. Liaison intime, || 2. 
Boucle # Attaches d'huile, bou- 



ATTACHER. 



— 20 



AUSEIGNOT. 



clés d'argent. Attaches d'orient, 
boucles en or. 

Attacher ^ v.a. Attacher un bi- 
don, une gamelle à rjnelqu'inif le 
dénoncer, l'accuser. 

Attaque s.f. D'attaque, vive- 
ment, spontanément. — Homme 
d\ittitque, homme d'action. — 
Y aller cVattaquc, vigoureuse- 
ment. — Etre d'attaque, être vi- 
goureux, ne pas bouder à la be- 
sogne. 

Fait vraiment un froid d'attaque. 

(J. KicHEPiN, Chanson des Gueux.) 

(un froid vif). — « Coupcau mar- 
chait de l'air esbrouifeur d'un ci- 
toven qui est d'attaque. » {L'Ass. 
Zola). 

Attelage Q s. m. Attelage double, 
quatorze de rois au jeu de pi- 
quet. Un bon attelage, deux 
amis inséparables. 

Attendrir (S'j v.pr. se griser, 
être ému. 

Attiger voy. Atiger. 

Attignole s.f. Sorte de crépi- 
nette normande. 

N'importe où nous nous empâtons 
D'arlequins^ d'briffc et d'rogatons. 
Uuâqu'fois d'saucisse et d'a/tignoles. 
(J. KicHEi'iN, La Chanson des Ciuevx.) 

Attoucheiise s.f. Prostituée, du 
franc, attouchement. 

Attrapage0 s. m. jl {.Discussion, 
dispute. « Avoir un attrapage 
avec un cocher. » || 2. Critique 
acerbe et souvent méchante. 

Attrape s.f. Plaisanterie. 

Attraper v.a. || 1. Faire un por- 
trait ressemblant. « Attraper la 
ressemblance ». || 2. Critiquer, in- 
jurier, ércinter une personne ou 
lune œuvre. || 3. Attraper quel- 
gu'zm, lui faire des reproches, l'ad- 
monester. Il k. Attraper Vognon, 
la fève, payer pour les autres, re- 
cevoir un coup qui ne vous était 



pas destiné, j] 5. Attraper le lustre 
(thé.), ne pas pouvoir atteindre la 
note voulue dans un chant. || 6. 
S'attraper ^ v. pr., en venir aux 
injures et aux coups. 

Attrape-science s . m. Apprenti 
cordonnier, par ext. désigne tous 
les apprentis. 

Attrapeur Q s. m. Critique acerbe 
et souvent malveillant. 

Attrimer % v.a. Attrlmcr les ro- 
baux, faire courir les gendarmes. 
vS.pr., aller au trimar (chemin). 

Attriquer v.a. Acheter. — 
Acheter des objets volés. — Aftri* 
quer sur le verbe, acheter à crédil 

Attriqueur ^ s. m. Acheteur. - 
Receleur, qui achète les objets 
volés. 

Attristé % s. m. = Hiboux. Volcui 
qui opère la nuit. 

Aubade Q s.f. Donner l'aubade] 
faire un sacrifice matinal càYénuSj 

Auber ^ (V) s. m. Argent, mon^ 
naie. = Aubert. « Plus à'auber^ 
n'était en fouillouse. » [Rabelais. 
Du vx mot haubert, cotte d( 
maille, la maille était une petiU 
monnaie de valeur variable. Oi 
emploie souvent encore l'exprès 
sion : « N'avoir ni sou ni maille. 

Aubion (B) s. m. Bonnet. 

Aumône s.f. Voler à Vaumône 
voler chez un bijoutier des objet! 
qu'on place dans la main di 
faux mendiants stationnant à h 
porte et auxquels on semble fairi 
Vainnône. 

Aumônier s.m. Voleur à Vau- 
mône, v.c.m. 

Année s.f. Douzaine. 

Aûs O s.m. (arg. des employés de 
commerce). Celui qui ne sait pas 
ce qu'il veut, qui ennuie et fait 
déranger les employés pour rien. 
= Margoulin. 
! Auseignot #s.m. Complice, aide, 
i allié. 






AUSTO. 



Austo = Ostot (mil.) s. m. Salle 
de police, prison = Oîtio, du vx 
mot ost ou host, armée. 

Autan # (G) s. m. =r Haut-tempa. 
Il 1. (irenier, du lat. iiltus^ haut, 
le grenier étant dans le haut de 
la maison. || 2. Lieu élevé. 

Autant O (mil.) adv. A recommen- 
cer, 

Autei (F. -M.) s. m. ||1. Table de- 
vant laquelle est assis le véné- 
rable. Il 2. O Autel de plume, lit. 

Mais, Iris, save7.-vous la coutume ? 
Avcï-vous |)u l'en croire à son .serment? 
deux que l'on fait sur un autel de pluttic 
Sont aussitôt emportés par le vent. 

Il 3. Autel de besoin, prosti- 
tuée. 

Auteur O s. m. Père ou mère. 
« L\iuteur de mes jours. » « Mon 
auteur. » 

Autor s. m. Abrév. d'autorité. 
Faire de Vautor, être autoritaire. 
D'autor et d'achar, d'autorité. 
Travailler d'autor et d\ichar, tra- 
vailler avec opiniâtreté. — Pren- 
d>'e d^iutor, prendre de force. — 
Jouer d'autor (à l'écarté), c'est 
jouer sans demander de cartes. 

Autre O L'Autre = VA7icien.^n\)0- 
léon l^''.u Ah ! si V Autre était en- 
core là! » — Etre l'autre, être le 
perdant d'une partie, être la vic- 
time, la dupe. 

Auvergnat # s. m. Avaler Vauver- 
gnat, communier. 

Auverpin s. m. Auvergnat, m. 
déf. Par ext., on désigne les 
commissionnaires et les charbon- 
niers du nom cVauverpiyis, parce 
que ceux qui exercent cette pro- 
fession sont généralement Auver- 
gnats. 

Auverpinches s. m. pi. Gros 
souliers (d'Auvergnat). 

Auxiliaire # s. m. Détenu faisant 
les fonctions de domestique. 



21 — AVÈNE. 

Auzard # (B) s. m. Ane. 

Avachi Q a. Homme sans courage 
et sans énergie. 

Avachissement Q s. m. Manque 
de courage, abattement. 

Avaler v.a. Avoir avalé une 
chaise percée, avoir mauvaise ha^ 
leine. — Avaler sa chiffe (lan- 
gue), sa cuiller, sa fourchette, 
avaler sa gaffe (mar.), avaier le 
goujon (pêcheur), avaler ses ba- 
guettes (se dit d'un tambour),, 
avaler sa canne (se dit d'un tam- 
bour-major), mourir. — Avaler 
la douleur, boire un petit verre 
d'eau-de-vie. — Avaler son pouS' 
sin, être congédié, c'est-àniire 
être repoussé. — Avoir avœlé le 
pépin, être enceinte (allus. à la 
pomme d'Eve). — Avaler le luron, 
l'auvergnat on le polichinelle # 
communier. 

Avale-tout s.f. (Obsc.) Pros- 
tituée. (Fellatrix.)= Agenouil- 
lée. 

Avale-tout-cru ^ m. Voleur de 
diamants qui quelquefois les 
avale. 

Avaloir s. m. ou Avaloire f. Go- 
sier (avaier). 

Avancé Q a. Progressiste à ou- 
trance. « C'est un avancé, n 

Avantages s. m. pi. Seins. 

Avant-cœur s. m. = Avant-postes, 
s. m. pi. =: Avant-scène s.f. Seins 
(allusion à leur saillie). Il y adu 
monde aux avant-postes, à l' avant- 
scène, signifie que la personne à 
une forte poitrine. 

Avant-courrier s. m. Mèche 
anglaise à percer. 

Avant-scène vov. Avant-cœur. 

Avaro _ 
du franc, avarie. 

Aveindre v.a. Atteindre un 
objet élevé et le saisir. 

Avène s.f. Avoine : du lat. 
avenu . 



s. m. Dommage, accident, 



1 



AVERGOT. — 22 — BABIGNER. 

se dit d'une fille qui n'a plus sa 
virginité. — Avoir son pain cuit, 
avoirsa position assurée. — Avoir 
mangé de Voseille, être de mau- 
vaise iiumeur. — Avoir mal aux 
cheveux, avoir mal à la tête par 
suite d'excès de boisson. — Avoir 
la peau trop courte, péter. — 
Avoir Voreille du public, être 
écouté et, par ext., être bien vu. 

— Avoir Vétrenne d'une chose, 
l'avoir le premier. — Avoir Ves- 
tomac dans les talons, avoir faim. 

— Avoir les côtes en long, être pa- 
resseux. — Avoir le pouce rond, 
être adroit. — Avoir le compas 
dans lœil, voir les choses exacte- 
ment. — Avoir quelqu'un quelque 
part, mépriser, se moquer de ce 
que peut dire une personne. = 
avoir dans le cul. — Avoir cam- 
pos, avoir congé. — L'avoir en- 
core, avoir encore sa virginité. — 
N'avoir rien du côté gauche, man- 
quer de cœur. — En avoir sa cla- 
que, avoir trop d'une chose. — 
iS'avoir pas inventé la poudre, le 
fil à couper le beurre, être sot, 
nigaud. — Ne pas avoir sa langue 
dans sa poche, avoir la langue 
bien pendue, savoir parler, avoir 
la langue déliée. 

Aze s. m. Ane, vx mot franc., du 
lat. asinus, âne. 

Azor s. m. Chien. — Appeler 
azor, siffler. — Partir à cheval sur 
azor (mil.) partir le sac au dos. 

Aztèque voy.Astec. 



Avergot s. m. Œuf. En argot i 

ital. albertot. 
Avertineux a. m. == Grincheux, 

grognon. 
Avesprir 0v.n. Faire nuit, du lat. 

vesper, soir. 
Aveugle a. Potage, bouillon 

aveugle, bouillon faible (sans 

yeux). 
Aveulir (S') O '^'•pr. S'amollir, 

du franc, veule, mou. 
Avocat s. m. Avocat bêcheur. \\ 

1. Procureur de la République. j| 

2. Celui qui déblatère sur ses ca- 
marades, médisant (typ.). 

Avoine s.f. I|i. Ration d'eau- 
de-vie (mil.). Il 2. Coups de fouet. 
Donner de Vavoine à un cheval, 
fouetter (par iro.). \\ 3. Recevoir 
de Vavoine, être rebuté par celle 
qu'on aime. 

Avoir v.a. 0O Avoir le bras long, 
être dans une situation à pouvoir 
protéger quelqu'un, avoir de l'in- 
fluence. — Avoir du sable dans les 
yeux, avoir envie de dormir. — 
Avoir du pain sur la planche., 
avoir des économies. — Avoir du 
chien dans le ventre, être hardi 
jusqu'à la témérité. — Avoir de 
beaux cheveux, êtremalmis, se dit 
d'une chose laide (iro.). — Avoir 
quelque chose dans le ventre, avoir 
des capacités, de la valeur. — 
Avoir des mots avec quelqu'un, se 
fâcher avec lui. — Avoir à la bonne, 
avoir de Taffection pour quel- 
qu'un, aimer. — Avoir vu le loup, 



Baba a. Étonné, ébahi, stupé- 
fait. « Etre baba, en rester baba. » 
Onomatopée énonçant la bouche 
qui bée. [Timmermans] 



Babahissant Q a. Etonné {Événe- 
ment, 22 septembre 84), ébahi. 
Babanquer v. Bien vivre. 
Babigiier0(V)v.n. Babiller, pour 



BABILLANDIER. — 23 



BADIGEONNER. 



babiner. Remuer les babines, nom 
naturel des lèvres. [Timmermans.] 

Babillandier % s. m. Libraire. 

Babillangier (V) v.n. Babiller, 
ext. de bahigner . 

Babillard s. m. 1|1. Journal, 
livre, billet. Griffonneur de 6a6t/- 
lards, journaliste. |1 2. % Confes- 
seur. 

Babillarde # s.f. jll. Pendule, 
montre. Il 2. = Babille s.f. let- 
tre, supplique. 

Ma largue part pour Versailles 
Aux pieds d'sa niajesl(^, 
EU' lui fonce un « babillard » 
Pour m faire défourailler 
(V. H. Le dernier jour d'un condanim'). 

— Babillarde volante, télégramme, 
dépêche. — Porteur de babillar- 
des, facteur. 

Babillarder # v.a. Écrire. 

Babillardeur s. m. Ecrivain. 

Babiller v.a. Lire. 

Babilleur s. m. Journal, livre. 

Babiner v.n. voy. Babigner. 

Baboue s.f. Faire la baboue, 
faire la moue, la grimace. J.d.m. 
sur babou, bonne d'enfants, ori- 
ginaire des Indes; racine de 
bouder. [Timmermans.] 

Baboua, babouin s. m. Bouton 
sur la lèvre. J.d.m. sur bobo. [Tim- 
mermans.] Fr. Babine, lèvre pen- 
dante. 

Babouine f. Lèvre, bouche 
lippue. Se lécher les babouines,'SG 
pourlécher, se régaler, se délecter. 
Variante de babine, par j.d.m. sur 
babouin, angl.ape, ail. a^e, singe. 

fTiMMERMANS.] 

Babouiner % v.a. Manger. 

Bac O s. m. || t. Abrév. de bacca- 
rat. Tailler un bac, iouer au bac- 
carat. Il 2. Abrév. de baccalauréat. 
Voy. Bachot. 

Bacchante # s.f. La bacchante, 
la barbe. Les bacchantes s.f. pi., 
les favoris. Réminiscence de 



l'ail. /?ac/je, joue, variante débou- 
che, bec. [Timmermans.] 

Bâchasse s.f. Travaux forcés, 
autrefois, le bagne, les galères. 
Allusion au mot bac, nateau, 
en holl. 6a/i, bassin. [Timmermans.] 

Bâche s.f. Il 1. Casquette, (elle 
couvre la tête comme la bâche 
couvre un camion chargé.) || 2. 
Se mettre dans la bâche, se mettre 
dans le lit, s.pr.,sous la couver- 
ture. Il 3. Enjeu. 

Bâcher (se) (mil.) v.pr. j] l.Se met- 
tre dans la ôdcAe, v.c.m. || 2. Bâ- 
cher, v.n. On va nous 6âc/ter,nous 
loger. 

Bachot O s. m. Baccalauréat. 
« Passer son bachot. » 

Bachotier Q s. m. Aspirant au 
baccalauréat ou celui qui prépare 
au bachot. 

Bachotter Q v.n. Voler au jeu. 

Bachotteur Q s. m. Compère du 
grec qui vole au jeu. Il tient le^ 
bâches (enjeux) et semble couvrit 
de sa protection le joueur qu'on 
veut tromper. 

Backer (sport) Q s.m. || {.^Book- 
maker, v.c.m. Il 2. Parieur sur un 
seul cheval. 

Bacon s.m. Porc, cochon. Ce 
mot est usité dans certaines con- 
trées de la France, avec ce sens. 
En angi. bacon, lard. 

Bacreuse s.f. Poche; profonde 
ou basse et creuse. [Timmermans.] 

Bade s f . Lèvre. 

Baderne O s.f. Personne usée, 
vieillie. Gâteux. « Vieille baderne.» 
Une baderne dans la marine si- 
gnifie un paillasson fait de vieux 
cordages. [Larchey.] 

Badigeon s.m. Fard, maquil- 
lage. En ail. betilnchen, lat. tin- 
gere, teindre. [Timmermans.] Se 
coller du badigeon, se farder. 

Badigeonner v.a. Farder. — 
Badigeonner la femme au puitSf 



BADIGOINCES. — 24 — 



BAGUENAUDER. 



mentir, s.pr., barbouiller la Vérité 
qu'on représente sortant d'un 
puits. 
Badigoinces 0s.f.pl. || <. Lèvres. 
Il 2. Joues. Jower des badigoinces, 
se caler les hadigoinceSy manger. 
De bades, lèvres, et goinces, en 
ital. guancîe,iovics. [Timmermans.] 

Badingue = Badinguet,0 np^"- 
surnom donné à Napoléon III. 

Badinguette, Q n.pr. surnom de 
l'impératrice Eugénie, femme de 
Napoléon III. 

Badinguiste O = Badingoidn, Ba- 
dingateux, Badingueiisard. Sur- 
noms injurieux donnés aux bona- 
partistes. 

Badouillard O s. m. Viveur, no- 
ceur (1840-1850). De bades,\è\rcs. 
Il s'en sert pour manger comme 
le badaud pour badauder ou béer. 
[Timmermans.] 

Badouille s.f. Homme sans 
énergie, qui se laisse gouverner 
par sa femme. Mou comme des 
bades flasques. [Timmermans.] 

Badouiller vin. Nocer, courir 
les endroits de plaisir. 

Badouillerie s.f. Noce, or- 
gie* 

Baffe s.f. = Baffre, v.c.m. 
Comme paff^ imitation du bruit 
d'un coup de pistolet. En angl. 
buffet, coup. I)er Pu/fer, en ail., 
pistolet. [Timmermans.] 

Baffer v.a. Donner une gifle. 

Baffre s.f. Gifle, coup. « L'ac- 
coucheuse, là-dessus, lui a lâché 
une baffre, v'ian 1 en plein mu- 
seau. » [Ass. Zola.) Voy. Bafe. 

Bâfrer v.n. Manger goialùment. 
Variante de baboûiner. [Timmer- 
mans.] Du skt bax ou buj m. s. 
(Burnouf.) 

Bafouillage s. m. Bredouil- 
lement. Nuance phonique de la 
racine de babiller. [Timmermans.] 

Bafouiller v.n. Bredouiller. 



! Bafouilleur, euse s. Bredouil- 

! leur. 

' Bagatelle s.f. Faire la baga- 
j ie//e, action charnelle. — Lesbaga- 
telles de la porte, le boniment du 
saltimbanque à la porte de la bara- 
que; chose insignifiante précé- 
dant une action principale. — 
S'amuser avec une femme aux 
bagatelles de la porte, prélimi- 
naires de l'amour. 

Bagnole s.f. || 1. Taudis, gale- 
tas, bouge. Il 2. Mauvaise voilure. 

« La maigre salade que les- 

bonnes femmes poussent devant 
elles dans leurs bagnoles à bras » 
(RicHEPiN, la Glu.) 

Bagotier s. m. Individu qui 
attend les voyageurs dans les- 
•: gares et suit en courant leur voi- 
ture pour décharger les bagages 
à destination. 

Bagou s. m. Il 1. Bavardage, élo- 
quence. Bagoult, de bagouler 
(vx fr.), parler à tort et à travers. 
En ail. la racine Backe, mandi- 
bule, répond à ba. Gou et goult 
sont des mutilations de gueule. 
[Timmermans.] 

Bagoul # s. m. = Bague s.f. Nom 
propre (état civil) . 

Bagoulard s.m. Hâbleur, ba- 
vard, voy. Bagou. 

Bagouler v.n. Parler à tort et 
à travers. 

Baguenaude s.f. Poche. Par 
allusion au fruit du baguenaudier 
que les enfants font claquer entre 
leurs mains. La gousse du fruit 
est assimilée aune poche. [Timmer- 
mans.] Baguenaude à sec, poche- 
vide. Baguenaude ronflante, poche 
bien garnie. 

Baguenauder© v.n. Se promener^ 
flâner. S.pr., se promener les 
mains dans les poches. La bague- 
naude est une amusette. Le 'mot 
est formé de bague pour bouche» 



BAGUETTE. 



— 25 — 



BALANCEMENT. 



en ail. Backc, mandibule, et de 
naiide pour nez, comme dans 
rcnaud pour renaclie. Baguenau- 
der est badauder de la bouche cl 
du museau ou nez. [Timmermans.J 

Baguette Q s. m. || 1. Jambe mince 
et tluette. Baguettes de tambow, 
membres grcMcs. j! 2. Mener à la 
biigaette, mener durement. 

Bahut O s. m. Il 1, Pension, école. 
Bahut spécial, école militaire de 
Saint-Cyr. lialiut paternel, maison 
palorncUe. || 2. Mobilier. « fui 
bazanlé tout mon bahut. » 

Bahuier (St. -G.), v.n. Faire du 
tapaiço. 

Bahuteur (écol.) s. m. || 1. Mau- 
vais écolier qui change souvent 
de i)ension. |] 2. Tapageur. 

Baigne-dans-le-beurre s.m. 
Souteneur (le maquereau s'accom- 
moile au beurre). 

Baigneuse % s.f. Chapeau de 
femme à la mode au xviii" siècle. 

Baignoire s.f. Baignoire à Bon- 
Dieu, calice. 

Bâiller Q v.n. Bâiller au tableau 
(thé.), se dit d'un artiste qui n'a 
qu'un bout de rôle dans une pièce, 
il est inscrit au tableau et n'a 
presque rien à faire. — # Faire 
bâiller le colas, guillotiner (ouvrir 
le cou). 

Bain0s.m.Pî'en^î*ewn bain, boire 
beaucoup. — Aller au bain, aller 
se promener. — Bain de pied, 
excédent d'une tasse de café qui 
déborde dans la soucoupe. « Un 
moha sans bain de pied, » — 
Prendre un bain de pied, être 
déporté = Aller à la Nouvelle. 

— Bain qui chauffe , soIg'û brûlant 
qui amènera la pluie. 

Bain-marie s.m. Personne d'un 
caractère nonchalant. Femme au 
bain-marie, femme nonchalante. 

Baiser v.a. (Obsc.) Coïter. 

— Se faire baiser, se laisser 



tromper, duper. — Baiser le cul de 
la vieille, ne pas marquer un seul 
point dans une partie, perdre une 
série de parties. r= Etre bnisé en 
canard. — Je suis baisc,]c suis pris. 

Baissier s.m. (Bourse) Celui qui 
joue sur la baisse des fonds 
publics. 

Baiseuses s.f.pl. Lèvres. 

Baïte s.f. Maison. (VmocQ.) 

Bajaf s.m. Grossier, goujat. 
Oui aboie après les gens ; de 
aboyer, en angl. ta bay. [Timmer- 

MANS.j 

Bajoter # v.n. Jacasser. 

Bajoues Q s.f.pl. Joues ilasques et 
l)endantes. Du mot fr. bajoue, 
partie de la tête de cochon. 

Bal0s.m.£/re dans /e 6a/, être dans 
une position critique. — Bal blanc 
O bal intime entre jeunes gens. 
— Bal de têtes Q bal en tenue de 
soirée dont les invités ont la tête 
grimée. — Bal de V estomac 
mauvais estomac. — Aller au bal 
(mil.) aller à la salle de police. — 
% Prison. Bateaux de bal, amis 
de prisons. Par abrév. de ballon, 
m, s. 

Balade s.f. Promenade. Etre en 
balade. Faire la balade, se pro- 
mener. 

Balader v.n. |1 1. Promener, 
marcher. Se balader, ne rien faire. 
112. # Choisir, chercher, 

Baladeur, euse s. Celui qui a 
l'habitude de se promener, d'aller 
et venir; promeneur. 

Baladeuse s.f. Petite voiture de 
marchand ambulant. 

Balai s.m. Gendarme. -Agent 
de police (il chasse les marchands 
ambulants). — Balai de Vestomac, 
épinards . — Donner du balai, con- 
gédier renvoyer. — Faire balai 
neuf, faire du zélé, se dit d'un do- 
mestique zélé. 

Balancement O s.m. Renvoi. 



BALANCER. 



— 26 — 



BALLONNE. 



Balancer Q v.a. Berner q.q., lui 
faire perdre son temps, lui conter 
des balançoires (Larchky) .—% Ba- 
lancer. sa largue, quitter sa femme. 

— Balancer la tinette = Vider 
Thomas, vider la tinette. — # © 
Jeter. — Balancer ses alênes, cesser 
de voler. — Balancer q.q., le ren- 
voyer. « Encore un qui veut dla 
braise, fvas V balancer. » — Ba- 
lancer ses chasses, regarder, veil- 
ler. — Balancer le chiffon rouge, 
parler, m. à m., remuer la langue. 

— Se balancer le chinois (obsc), 
onanisme. — Balancer une laza- 
gne, envoyer une lettre. — # Ba- 
lancer sa^canne, le vagabond qui 
devient voleur balance sa canne. 

Balançeur % s. m. Balançeur de 
braise, changeur. 

Balancier s. m. Faire le balan- 
cier, attendre q.q. en allant et 
venant comme un balancier. 

Balançoire s.f. Mensonge, 
mystification. (De Jallais, 1854.) 
« J'ai assisté hier à la première 
des Folies-Nouvelles, quelle ba- 
lançoire ! » — Envoyer à la balan- 
çoire, envoyer promener q.q. 

Balançoirs s. m. pi. Barreaux de 
fenêtre. 

Balançon s. m. Marteau de fer. 

Balander v.n. Mendier, porter 
la besace. = Battender = Betten- 
der. 

Balandrin s. m. Balle de col- 
porteur. 

Balanstiquer 9 v.a. Voy. Bal- 
loter (2). 

Balayage Q s. m. Renvoi, élimi- 
nation. (( On a fait un balayage 
complet, )) « on a congédié le per- 
sonnel de la maison. » Mise au 
rebut. 

Balayer Q v.a. || 1. Se dit d'une 
femme qui balaie le sol avec ses 
jupes traînantes. || 2. Balayer les 
planches (thé.), jouer un bout de 



rôle dans un lever de rideau. |I 3. 
Congédier. 

Balayeuse O s.f. || i. Volant de 
dentelle cousu après la robe. || 
2. Femme qui laisse traîner ses 
jupes sur la chaussée. 

Balcon O s. m. Il y a du monde au 
balcon, se dit d'une femme à la 
gorge opulente. 

Baleine s.f. || 1. Vague de la 
mer. || 2. Bire comme une baleine, 
rire en ouvrant une grande bou- 
che. 

Balladeuses # s.f. pi. Testicu- 
les. 

Ballant s. m. Bras. On dit en 
franc, marcher les bras ballants. 

Balle s.f. Il 1. Ballet. |I 2. Tête, 
visage. « Oh! c'tte balle! yy\\3. Ça 
fait ma balle! Ça fait mon affaire. 
Il 4. Rater sa balle, manquer une 
belle occasion, une bonne 
affaire. || 5. Raide comme balle, 
carrément, rondement, brusque- 
ment. Il 6. Etre rond comme une 
balle, avoir bu ou mangé beau- 
coup. Il 7. Le franc. Ça in' a coûté 
deux balles, ça m'a coûté deux 
francs. || 8. Faire la balle élasti- 
que, rester sans manger, avoir le 
ventre creux comme une balle 
gonflée d'air, jeûner. 

Ballon O s-ni-ljl. Derrière. En- 
lever le ballon, donner un coup 
de pied au derrière. || 2. Prison. 
Etre en ballon, être emprisonné. 
Il 3. Ventre. Gonfler son ballon, 
être enceinte. |1 4. Carguer son 
ballon, relever ses jupes. || 5. 
Monter en ballon, farce de régi- 
ment qui consiste à suspendre le 
lit d'un conscrit pendant qu'il est 
couché. Il 6. Se lâcher du ballon, 
s'enfuir. || 7. Ballon à cellotes, voi- 
ture cellulaire. || 8. Verre à boire 
(allus. de forme). || 9. Verre de 
bière servi dans un ballon (8). 

Ballonné # a. Emprisonné. 



BALLONNEMENT. 



27 



BANQUE. 



Ballonnement % s. m. Arresta- 
tion, emprisonnement. 

Ballonner % v.a. Arrêter, mettre 
en prison. 

Ballot s. m. Homme grossier. — 
Il y a du ballot, il nVa pas d'ou- 
vrage (arg. des tailleurs). 

BalloterQv.a. Il l.Chômer. Il 2. # 
Jeter. Balloter un client avalant, 
jeter un homme à Tcau aprôs 
ravoir volé, son corps suit le cou- 
rant en aval. 

Balochard 0s.m. Personnage de 
carnaval à la mode dans les bals 
masqués de 1840 à 1850. (Rigmu.) 

— Ouvrier sjjirituel, insouciant, 
gai, tapageur quelquefois. 

Balocher'0 v.n. || 1. Courir les 
bals publics, nocer. ||2. Voler, 
lecéler. || 3. Flâner en rigolant. 

(J. UlCHKlMN.) 

Balocheur s. m. = Balo- 
chard (2). 

Balots s. m. pi. Les lèvres. Angl. 
bill, bec, bouche. [Timmermans.] 

— I.es testicules. (J. Riciikpin.) 
Balouf # adv. Excessivement, 

très tort. La lance tombe à balouf, 
la pluie tombe très fort. Le mot 
énonce un objet fortement gontlé : 
ang. to blow, souftler. [Timmer- 

MANS.] 

Balthazar Q s. m. (îrand repas, 
banquet. « Ah ! mes enfants, (/itei 
fkilthazarlun gueuleton chouette! » 

Baluchon s. m. Paquet. « J'ai ou- 
blié mon baluchon dans l'om- 
nibus. » 

Banban Q s. m. et f. Boiteux, boi- 
teuse. « Mam'zelle Banban. >> La 
cloche mise en branle fait en- 
tendre un bruit pareil à banban. 

[TiMMERMANS.] 

Banc (mil.) s. m. || 1. Pied de banc, 
sergent. || ?. Banc du ciel, dans 
l'argot des carriers, signifie couche 
de pierre dans le haut d'une car- 
rière. Il 3. Envoyer au banc, ren- 



voyer, congédier. || 4. (typ.) Table 
qui reçoit les feuilles imprimées. 
Bancal (mil.) s. m. Sabre recourbé, 
arqué comme les jambes d'un 
bancal. 

Et je me sens lier, ingambe, 
Dun plumet sur mon colbac 
D'un bancal et du flic-flac 
De ce machin sur ma jambe. 

A. DE Chatillon. 

Bancale n.pr. Maison Bancale, 
maison mal famée. Du nom de la 
Bancale qui tenait la maison où 
fut assassiné Fualdès. 

Dedans la maison Jiancale, 
Lieu de i)roslilulion, 
Les bandits de l'Avovron 
Vont faire leur bacclianalc. 

{Complainte de Fualdès.) 

Bande Qs.f. || 1. Coller sous bande, 
réduire un adversaire, mettre 
q.q. dans une situation difficile. 
Il 2. Bande dair (thé.), frise pour 
figurer le ciel dans un décor de 
thé.ltre. ([ "i. Bande à V aise, \\omm(i 
impuissant. || 4. Bande 7îo/rc, asso- 
ciation occulte pour faire des opé- 
rations de bourse, des affaires 
commerciales ou industrielles plus 
ou moins honnêtes. || o. Il y a 
une bande sur l'affiche, (relâche), 
se dit d'une femme indisposée. 

Bander pv. || i. (obsc.) Etre en état 
d'érection. || 2. Bander la caisse, 
s'enfuir en emportant la caisse. 

Bandeur Q (obsc.) s. m. Homme 
vaillant en amour. 

Bannette s.f. Tablier. 

Bannière s.f. Chemise. Èlre en 
bannière, être en chemise, en pans 
volants. 

Banque s.f. || 1. Ruse, tromperie. 
Il 2. Faire la banque, préparer une 
escroquerie, entente entre escrocs. 
Il 3. La banque (thé.) troupe de 
théâtre, les forains. || 4. Paye des 
ouvriers, (typ. )Fat)"e6an^wel/éc/te, 
ne pas toucher ce qu'on pensait. 



BANQUETTE. 



— 28 — 



BAROiMETIlE. 



|] 5. # Etre de la banque^ avoir! 
droit à une part dans un vol ! 
comme complice. |I 6. Q Faire de 
la banque^ faire valoir la mar- 
chandise. 

Banquette s.f. Menton. Allu- 
sion à la forme. 

Banquezingue ^ s. m. Banquier. 

Banquiste O s-"i- Il ^- Tout indi- 
vidu qui, sous prétexte d'affaires, 
trompe son client. || 2. Saltim- 
banque. 

Baptême 0s. m. Tête. — Semetlre 
sur les fonts du baptême, se mettre 
dans l'embarras. 

Baquet s, m. |1 1. Baquet inso- 
lent, blanchisseuse. |I 2. Baquet de 
science, baquet de cordonnier où 
trempent le cuir et la poix. I| 3. 
Pierre à laver les caractères (typ.) 

Bar O s. m. Sorte d'établissement 
public qu'on pourrait appeler en 
iranç. buvette. Ce mot nous vient 
de l'ang. <( English and amerlcan 
Bar. » 

Barant0 (vx.), s. m. Ruisseau. Du 
celtique Baranton, en ail. Born, 
source. 

Baraque O s.f. [] 1. Terme de mé- 
pris pourdésigner une maison mal 
tenue. || 2. La baraque, sorte de 
poule au billard inventée en 1884. 
Il 3. (mil.) Chevron. || 4. Armoire 
d'écolier. 

Barbaque # s.f. Viande. 

Barbaudier % s. m. Portier, gui- 
chetier. Pour barboticr, (\m bar- 
bote (fouille) les visiteurs à la 
porte des prisons. (11 fait comme 
le canard qui fouille la bourbe 
pour trouver ce qu'il lui faut.) 

[TlMMERMANS.] 

Barbe s.f. || 1. Jeune souteneur. 
Il 2. Prendre une barbe, se 
griser. On a son pompon, son plu- 
met, sa barbe (de la plume du 
plumet). [TlMMERMANS.] Il 3. Vieille 
barbe, désigne un vétéran de la 



démocratie. [Rigault.] |I 4. Avoir 
de la barbe, vieillir. Une histoire 
qui a de la barbe, vieille histoire 
qui a couru de bouche en bouche. 

Barbeau s. m. Souteneur. 

Barbet (le) # m. Le diable. 

Barbillon s. m. || \ . Souteneur. 
Il 2. Anisette de Barbillon, eau. 
Il 3. Barbillons de Beauce , lé- 
gumes. Il 4. Barbillons de Varennet 
navets. 

Barbise ou Barbiset # s. m. 
voy. Barbe (1). 

BarbistesQ -"i- Il 1. Elève de l'ins- 
titution Sainte-Barbe. Il 2. Ouvrier 
qui prend souvent des barbes (qui 
se grise) (typ.). 

Barbot s.m^ Il 1 • O ^ol au barbot, 
voy. Barbolage. || 2. Canard; (il 
barbote). 

Barbotage # s. m. Voler dans les 
poches r=: Faire le barbot. 

Barbote ^ s.f. Visite des détenus 
en arrivant à la prison. 

Barboter 0v. || 1. Fouiller dans les 
poches et par ext. voler. || 2. Gro- 
gner. 

Barboteur s m. [1 1. Celui qui 
barbote, v.c.m. |1 2. Grognon. 

Barboteuse s.f. Prostituée qui 
raccroche les hommes dans la 
rue et barbote dans leurs poches. 

Barbotier s. m. Canapé. 

Barbotin s. m. — Vol. — Produit 
d'un vol. 

.... Après mon dernier barbotin 
J'ai llasquô du 'poivre à la rovisse. 

(RiCHEPIN.) 

Barbue % s.f. Plume (d'oiseau). 

Barca % adv. (ar.al) Assez. 

Bardeau (typ.) s. m. Casse de dé- 
charge. En ang. board, planche, 
rayon, armoire. [Timmkrmans.j 

Baril s. m. Baril de moutarde^ 
derrière. 

Baromètre Q s. m. Insigne de dé- 
puté qui se porte à la boutonnière. 
11 se compose d'une cocarde tri- 



BARQUE. 



•29 



BATAILLE. 



colore en émail , entourée de 
rayons; le milieu est traversé par 
une main de justice. Sur la cocarde 
sontgravéscesmots : «République 
française, Chambre des députés. » 

Barque s.f. A la barque ! à la 
barque! Cri de la rue pour annon- 
cer la vente des huîtres. 

Barre 9 s.f. Aiguille. 

Barré 0a. Knïormé.C est un cerceau 
barré, c'est un sot. Femme barrée : 
femme atteinte crarclitude. ~ 

Barreau (typ.) s. m. Levier qui fait 
mouvoir la vis d une presse. 

Barrée 9 s.f. Echelle. 

Barrer V. a. || 1. Réprimander. 
Il 2. Quitter son ouvrage |1 3. La 
rue est barrée^ signifie qu'on a un 
créancier dans la rue dont on ne 
veut pas être aperçu. 1| 4. Fermer. 
Barrer le boulon, ne pas travailler. 
Il o. Se barrer v.pr. s'en aller. 

Barres 0s.f.pl. Les mâchoires. Se 
rafraîchir les barres, boire; allu- 
sion à une partie de la mâchoire 
du cheval. 

Bas O s. m. Bas-bleu, femme de 
lettres. — Ba<; de buff'tt, 
vieille femme coquette. — Etre 
bus percé, élre sans le sou. — Dus 
du cul, personne contrefaite, qui 
a de petites jambes. — Bas de 
plafond, individu au front étroit, 
qui a peu de cervelle, et par 
suite est peu intelligent. — Bas de 
casse (typ.) partie inférieure de la 
casse où sont les petites lettres. 

Basane # s.f. I| 1. Amadou. Dans 
Villon on trouve le mot bazennc 
avec ce sens, j] 2. Peau humaine. 
Il 3. Tailler une basane, geste 
de défi. 

Bascule s.f. Guillotine. 

Basculer v.a. Guillotiner. 

Base O s.f. j] 1. Derrière, (se dit 
d'une personne assise). || 2. Se 
porter surlabase (mil.), s'aligner. 

Basile O Hypocrite, fourbe. Du 



nom d'un personnage du Bar- 
bier de Séville, de Beaumarchais, 

Bas-off. (polyt.) s. m. Adjudant 
sous-ofticier* 

Basourdir v.a. Abasourdir, 
assommer. 

Basse s.f. La terre. 

Bassin s. m. Personnage impor- 
tun, ennuyeux, agaçant. 

Bassinant a. Ennuyeux, agaçanU 

Bassiner v.a. Agacer, ennuyer, 
importuner. 

Bassinet s. m. Cracher au bassi- 
net, donner de l'argent malgré soi. 
— Avouer, faire des confidences. 

Bassinoire s.f. || 1. Personnage 
ennuyeux = liassin. \\ 2. Montre 
très grosse (allusion à la forme). 

Basson s. m. Jouer du basson. 
Péter, J.d.m. (son bas). 

Basta adv. =Harca. Assez ; du vx 
mot bastcr, suffire, ou de Tesp. 
basta, m. s. 

Bastide Q s.f. Maison de campa- 
gne en Provence. 

Bastimage # s. m. Travail; action 
de porter le bât. [Timmkrmans.] 

Bastinguer (se) (mar.) v.j)r. Se 
cacher. De bastingage, syn. elcon- 
génère du holl. vestimj, forte- 
resse, défense. 

Bastringue s.m.||1. Maison 
mal famée, bal de dernière caté- 
gorie. De bouser ou buser, ang. 
to bouse, boire [buse) et trinquer. 
Le sens primitif est cabaret. [Tim- 
MERMANS.l Ij 2. Etui daus lequel 
les malfaiteurs mettent les outils 
nécessaires à leur évasion, ils le 
cachent parfois dans leur anus et 
le nombre d'objets qu'il contient 
est extraordinaire. |j 3. Instrument 
pour scier le fer. 

Bastringuer v.n. Courir les 
bastringues. 

Bataclan s. m. Bagage. Mobilier. 

Bataille O s.f. Labàtaille des Jésui- 
tes, onanisme. =: Cinq contre un. 



BAT-CONTR£. 



— 30 



BATTOIR. 



Bat-contre s. m. Pédéraste 

(Passif). 
Bâte ou bath a. I| 1 . Beau, joli, 
bien, neuf. C'est bâte! c'est joli. 
On écrit bath dans le sens de 
beau ; l'explication sous-enten- 
due c'est qu'en voyant le mot 
Bath sur le papier àlettres com- 
mun, on s'est imaginé que cela 
voulait dire de bonne qualité : 
cela fait anecdote. (Le Temps.) 
Il 2. Etre de la bâte, èire heureux. 
Il 3. Du bâte, de l'or ou de l'ar- 
gent. Du skt bâta, brillant et bat, 
or, argent. Il 4. Faille bâte, pour 
la police, c'est arrêter un voleur. 

Bateau s.m. ||1. Les bateaux 
sont des souliers longs et larges 
dansle langage populaire. ||2.0 
Monter un bateau, mener en bateau, 
ces expressions signifienttromper, 
donner le change, promettre une 
chose qu'on ne pourra tenir, éga- 
rer les recherches (j.d.m. sur ba- 
daud et son congénère baip, amu- 
sette , plaisanterie, mensonge). 
[TiiMMERMANS.] || 3. Daus Ics maga- 
sins de nouveautés on désigne 
par l'expression bateau de pom- 
mes, un arrivage de clients de la 
province. 

Batelage ^ s.m. Tromperie, du- 
perie. 

Batelée s.f. Réunion de gens 
qui ne se connaissent pas, assem- 
blée. 

Batelier s.m. Battoir de blan- 
chisseuse. 

Bath voy. Bâte. 

Batiau (typ.) s.m. Aligner son 
batiau, s'arranger pour obtenir 
une bonne paye. — Parler batiau, 
parler des choses du métier. 

Batif, ve a. voy. Bâte. 

Bâtiment s.m. Etre du bâti- 
ment. « C'est un copain, il est du 
bâtiment », il est de notre métier, 
il exerce notre profession. 



Bâtir v.n. || 1. Bâtir sur le de- 
vant, être enceinte, prendre du 
ventre. Ij 2. (Typ.) Mettre en 
pages, caser sur la forme. 

Batoches (B) s.f.pl. Testicules. 

Bâton #s. m. || i, Bâton creux, fusil. 
Il 2. O Bâton merdeux, individu 
désagréable, d'un commerce dif- 
ficile : « Il est comme un bâton 
merdeux, on ne sait par où le 
prendre. » || 3. Mener une vie de 
bâtons de chaise, faire la noce, 
mener une vie désordonnée. |1 
4. Bâton de réglisse, nègre. || 5. 
Bâton de chaise, decire,ikmhe. \\ 
6. Bâton de perroquet, petite 
maison. 

Bâtonnet O s.m. Avoir de la chance 
au bâtonnet, réussir en amour. 

Batouse # s.f. Toile. 

Batousier # s.m. Tisserand. 

Battage s.m. Mensonge. = 
Monter le coup, (c Tout ça c'est du 
battage et du montage de coup », 
« ça n'est pas sérieux. » 

Battancourt s.m. Soulier. 

Battant s.m. || 1. # Le cœur, 
parce qu'il bat. |1 2. Le gosier. 
Se pousser un verre dans le battant ^ 
boire. Je n'ai rien dans le battant^ 
je suis à jeun. || 3. # a. m. Neuf, 
on dit en franc., il est tout bat- 
tant neuf; c'est une redondance. 
Il 4. La langue. 

Battante s.f. Cloche, sonnette. 

Batte s f . = Bath s.m. Argent 
(monnaie). Du skt. bat, or, argent. 

Batterie s.f. || 1. Bataille. |1 2. 
Voy. Battage. 

Batteur s.m. 1| 1 Menteur. || 2.. 
Batteur de dig-dig, voleur qui 
simule l'épilepsie, soit pour dé- 
tourner l'attention pendant que 
ses complices opèrent, soit pour 
exciter la pitié des passants. 

Battoir s.m. Main. « En avant 
les battoirs, mes enfants, applau- 
dissons ferme ». 



BATTRE. 



31 — 



BAZAR. 



Battre # v.a. et n. |1 1. Tromper, 
dissimuler, feindre. « Je battrai 
si bien que je défie le plus malin 
(le ne pas me croire emballé pour 
de bon. » (ViDOCu). Il 2. Battre 
comtoiii, faire le niais, jouer le 
rôle de compère. || 3. Battre iûn- 
tif, espionner. || 4. Battre mo- 
rasse, crier au secours. || 5. Battre 
en ruine, fouiller, visiter. || 6. Bat- 
tre un ban, nier. || 7. Battre 
le pavé, battre VantifJ'e, marcher, 
aller par les rues cherchant une 
place. Il 8. Je m'en bats Vœil, ça 
m'est égal. || 9. Battre le beurre, 
jouer à la bourse. || 10. Battre Job, 
dissimuler. = Faire le Job, faire 
l'imbécile. || H. Battre la dèc/ie, 
être dans la misère. \\ 12. Battre 
sa flemme, flâner. || 13. Battre son 
quart, raccrocher. | 14. Battre le 
briquet, marcher en se frottant 
les jambes l'une contre l'autre. 
Il 15. O licittre son plein. La 
saison bat son plein, on est en 
pleine saison d'affaires. La fête 
bat son plein, elle est dans toute 
sa splendeur. 

Baucher (se) (B) v.pr. Se mo- 
quer. En ital. bugiare, dire des 
baies, des mensonges. [Timmer- 

MANS.j 

Baucoter # v.a. Agacer, fréquen- 
tatif de baucher. 

Baude s.f. Mal vénérien. 

Baudrouillard s. m. Fuyard. 
A rapprocher de berdouille, ven- 
tre, intestins. = Foireux. 

Baudrouiller v.n. || 1. S'enfuir, 
filer. Il 2. Se promener; à rappro- 
cher de vadrouiller. 

Baudru # s. m. Fouet, courroie. 
De haudrouse, v.c.m. Le mot franc. 
baudrier paraît avoir la même 
origine. 

Baudrouse (V) s.f. Cordon (en 
cuir) pour la pendaison. 

Bauge # s.t. || 1. Coftre. I| 2. Ven- 



tre (le ventre est le coffre hu- 
main). AH. Bauch, ventre. [Tim- 

MERMANS.] 

Baume O s. m. || 1. Baume d'acier y 
pince i^our arracher les dents; 
par iro., la dent enlevée le mal 
disparaît, le baume est excellent. 
Il 2. Baume de porte en terre y 
poison. 

Bausse s. m. Patron. Bausse 
fondu, |)atron qui redevient ou- 
vrier ou employé, après avoir fait 
de mauvaises affaires. (Kn holl. 

baas). [TlMMKRMANS. I 

Bavard (mil.) v.m. || 1. Livret mi- 
litaire qui porte la feuille de pu- 
nition et relate la conduite du 
soldat. ||2. # Avocat. 

Bavarde ^ s.f. || 1. Bouche. || 2. 
Langue. 

Bavaroise s.f. Bavaroise aux 
choux, absinthe avec de l'orgeat. 
Bavaroise de cocher y verre de 
vin. 

Bave (V) s.f. Bavardage. 

Vencz-y Tarlelz, cliamberières, 
Qui savez si bien les manières 
En disant maiulc bonne bave. 

(ViLI.UN.) 

Baver v.n.||l. Parler, pour 
bavarder. \\ 2. Baver des clignots, 
pleurer. || 3. Il en bave, il en est 
étonné. || 4. Baver sur quelquuny 
en dire du mal, = Baver sur 
V orgue %. 

Baveux s. m. || 1 . Personne mé- 
disante, qui parle à tort et à tra- 
vers. j| 2. (Typ.) Caractère d'im- 
primerie qui bave, qui n'est pas 
net. 

Bavocher (typ.) v.a. Maculer. 

Bayafe # s. m. Pistolet, revolver. 
En argot ang. barking iron, litté- 
ralement, fer qui aboie. [Timmer- 

MANS.J 

Bayafer v.a. Fusiller. 
Bazar s.m. || 1. Etablissement 
quelconque. || 2. Mobilier. || 3. 



BAZARDER 



32 — 



BEIGNE. 



Maison publique. I| 4. Petite mai- 
son. 

Bazarder v.a. Vendre. « Xai 
bazardé mon saint frusquin et je 
me suis tiré » « j'ai vendu ce que 
je possédais et je suis parti. » 

Bazardier s. m. Celui qui tient 
un bazar, individu qui fait des 
déballages de marchandises dans 
des boutiques louées à la journée. 

Bé0 s.m. ii d.Hotte de chiffonnier. 
|l:i. • a. Voy. Béard. 

Béard ^ a. Acquitté. Rester béard, 
rester tranquille. Roupiller béard, 
dormir paisiblement. On peut 
rapprocher ce mot du mot béati- 
tude, félicité, bonheur. 

Beauté s.f. Q Beauté du diable, 
fraîcheur de jeunesse. 

Bébé Os. m. || l.Enfantenbasàge. 
Il 2. Mot d'amitié. « Mon bébé, lu 
serais bien gentil de m'olfrir 
quelque chose. » 

Bébéte Q || 1. s. et a. Niais. 
Il 2. s.f. Mot enfantin pour dési- 
gner un animal. 

Bec s. m. || 1. Bouche. — Un fin 
bec, gourmet. — Casser du bec, 
sentir mauvais de la bouche. — 
Se rincer le bec, boire. — Tortil- 
ler du bec, manger. — River le bec, 
faire taire. — Taire son bec, se 
taire. — Cela m'a passé devaiit le 
bec, j'ai eu une occasion dont je 
n'ai pu profiter. || 2. Bec de gaz, 
sergent de ville (il est planté 
comme un réverbère dans la rue 
pour guider et protéger le passant). 

Bécane0 s.f. Machine, locomotive. 
Elle siftle comme l'oiseau appelé 
bécan, mot formé de bec. [Timmer- 

MANS.] 

Bécarre Q a. Élégant = Chic, 

Pschutt, Vlan, TJrf. 
Bécasse s.f. Femme grande, 

maigre et niaise. 
Becfigue s.m. Becfigue de cor- 

donnier, oie. 



Bêcher v.a. Dire du mal. Bê- 
cher en douce j critiquer, se 
moquer. J.d.m. sur bec; donner des 

coups de bec. [TiMMERMANS.] 

Bêcheur s.m. Critique, médi- 
sant. Avocat bêcheur^ ministère 
public. 

Bécot s.m. Petit baiser du bout 
des lèvres. 

Bécoter v.a. Donner des bécots. 

Becquant s.m. Poulet, coq, 
animal de basse-cour qui bec- 
queté. 

Becquante s.f. Poule. 

Becquetance s.f. Nourriture. 

Becqueter v.a. et v.n. = Tor- 
tiller du bec. Manger. « Allons bec- 
queter ï » 

Bedon Q s.m. Ventre. Avoir un 
môme dansle bedon, être enceinte. 
Du mot franc, bedaine, gros ventre. 
Congénère de boudin et de l'ital. 
biidelli, intestins. [Timmermans.] 

Bedonnant O a. Ventre bedonnant, 
gros ventre. 

Bedonner Q v.n. Grossir du ven- 
tre, s'engraisser de la sueur du 
peuple. 

Bedouillard s.m. Niais. 

Bedouille s.f. Ventre. 

Beefsteak s.m. Heure des repas. 
Il est beefsteak! c'est l'heure d'aller 
becqueter. V.c.m. et aussi bifteck. 

Beffeur s.m. Trompeur. Enital. 
beffare, tromper. [Timmermans.] 

Bègue ^ s.m. Avoine. Variante de 
becquetance. [Timmermans.] 

Béguin s.m. 1| 1. Caprice amou- 
reux. Avoir un béguin, aimer q.q. 
ou q.q.c. par caprice. |1 2. Tête, 
(le béguin est une coiffe de toile 
avec bride sous le menton). On a 
un béguin^ on est coiffé ou toqué, 
par j.d.m. sur toqué, ou touché 
par un coup de marteau, emblème 
du dérangement de l'esprit. [Tim- 
mermans.] 

Beigne0s.f.=Beignet s.m. Coup. 



BELANT. 



33 



BERLINE 



Skt. Ranga, frapper. [Timmermans.] 

Bêlant s. m. Mouton. 

Belêt # s. m. En argot des maqui- 
gnons, rosse. 

Belette s.f. Pièce de oO centimes. 

Belgique n.pr. Q II a filé sur Bel- 
gique, se dit du caissier qui est 
parti en emportant l'argent, du 
commerçant en fuite, de Tescroc 
qui a levé le pied, etc. 

Bélier s. m. Cocu, mari trompé 

Belle s.f. jl 1. (Jnînul deux ad- 
versaires au jeu ont gagné chacun 
une partie, on fait la belle, qui 
est décisive. |1 2. La perdre belle, 
perdre une partie j)resque gagnée. 
Il 3. Belle de nuit, femme galante 



qui raccroche la nuit. || 4. % Etre 
de belle, n'avoir rien à craindre de 
la justice. 

Belle-minette Q s-^- Courtisane 
élégante. >< M. X... emporta de 
notre belle-minetle une impres- 
sion si favorable qu'il lui jura de 
revenir lui apporter le témoi- 
gnage de sa vive gratitude». [Gil- 
«/as 1894.; 

Belle-petite O s.f. Femme ga- 
lante (1878). 

Ben adv. Bien. « Ah ben zut 
alors! » 

Benard (V) s.m Sot, en franc, 
benêt. 

Bénéf. s.m. Bénéfice (abrév.). 

Bénévole s.m. = Ruupiou. 
Jeune interne en médecine. 

Bénisseur O s-"i- Il 1- Personne 
qui trouve tout bien, qui parle de 

ttout avec componction. [| 2. Faux 
brave homme. 
enolt s.m. Tenancier de maison 
publique, souteneur. 
La vrai vérit»^, 
C'est qu"les benoîts toujours lichenl, 
El s'graisscnt les balots. 
(J. RicHEPiN. Chans. des Gueux.) 
lenoiton n. pr. O ^"^ Benoiton, 
femme qui est toujours en pro- 



menade, hors de chez elle, comme 
le personnage de la pièce de Vic- 
torien Sardou dans La famille Be- 
noiton. 
Béotien Q s.m. Personnage igno- 
rant et bête. 
Beq s.m. (arg. des graveurs). 

Travail. 
Béquet O s.m. |I i. (thé.) Addition 
ou cliangement fait en marge sur 
le manuscrit d'une pièce de théâtre. 
Il 2. (typ.) Petit morceau de pa- 
pier où l'auteur écrit ce qu'il 
faut ajouter à une copie, à une 
épreuve. 
Béqueter0 voy. Becqueter v.a. 
Béquillardr= BéquilleurO s.m. 
111. Boiteux. Il 2. % Le bourreau 
qui pendait à la 6t'7id//e (potence). 
Béquillarde = Béquille # s.f. 

Potence; allusion à la forme. 
Béquiller0v.a. et n. || 1. Manger. 

Il 2. Boiter. || 3. Pendre. 
Béquilleur s.m. || 1. Mangeur. 

Il 2. Bourreau ((ui pend. 
Berard (V.) s.m. Pour Bcrouard. 
Soldat-bandit. Du tlam. beroover, 
bandit. 
Berceau (typ.) s.m. Bâti qui en- 
toure le train. 
Berdouillard voy. Bedouillard. 
Berdouille = Bedouille s.f. 
Ventre. « T'as bouffé des haricots 
que ta berdouille gonile. (Riche- 
pin, le Pavé.) 
Berge # s.f. Année. 
Bergère s.f. || 1. Dernière carie 
d'un jeu battu. La bergère marche 
derrière son troupeau. [Larchey.] 
il 2. (typ.) Femme. 
Beribono # s.m. Nigaud. 
Berlauder v.n. Flâner. De par. 



lanterner, de lentus, lent ; en ail. 
lattern ou schlendern, llaner. 
[Timmermans.] 
Berline # s.f. Petit employé de 
commerce. 



BERLOQUIN. 



34 



BIBELOTEUR. 



Berloquin s. m. Cordonnier =: 
Beurlot = Buif = Ambassadeur 
= Choumaque = Passifleur. 

Berlu # s.m. Aveugle. Dans le 
patois du nord de la France le 
motberluu désigne un homme qui 
louche. Du franc, berlue, trouble 
de la vue, qui lui-même vient du 
mot argot berlue, couverture : on 
a comme une couverture sur les 
yeux. 

Berlue s.f. Couverture. 

Bernard Q s.m. Derrière. — Aller 
voir Bernard, aller aux lieux d'ai- 
sances. 

Bernatier s.m. Vidangeur. 

Beriiiquer0v.n. S'en aller pour ne 
plus revenir. Du franc, bernique, 
point du tout. En ail. baar nicht. 

[TiMMERMANS.] 

Berri Q s.m.l|4. Capote d'études 
à l'Ecole polytechnique, j] 2. 
Hotte de chiffonnier. 

Berribono # voy. Beribono. 

Berry Q voy. Berri. 

Bertelo s.m. Franc (monnaie). 

Bertrand s.m. Voleur volé. Du 
nom d'un personnage de V Auberge 
des Adrets. 

Berzelius Q (ccol.) s.m. Pendule, 
montre. 

Besef =Bezef (ar. al.) Beaucoup. 

Besouille = Bezouille s.f. 
Ceinture. De l'ital. bczzi m. s. 

Bessons m. pi. Seins. Vx mot qui 
signifie jumeaux. 

Bête s.f. Voleur au jeu qui fait 
semblant de ne pas savoir jouer 
pour mieux tricher. — Bête à cor- 
nes, fourchette. — Bête à pain, 
entreteneur, mari. — Bête au bon 
Dieu, personne excellente, d'un 
caractère très doux. 

Bettander # v.n. = Battander, 
mendier. Ail. betteln^ mendier. 

[TiMMERMANS.] 

Betterave s.f. Nez rouge et en- 
luminé. 



Betting Q (sport) s.m. Mot ang. 
désignant ce qui se rapporte aux 
paris de courses. Betling-book, 
livre de paris. Bctting-men, pa- 
rieurs. Betting-room, salon où Ton 
parie. 

Beuglant s.m. Café-concert où 
l'on chante. 

Beugler v.n. Chanter. 

Beugne s.f. voy. Beigne. 

Beurlot s.m. = Beurloquin. 
Cordonnier. 

Beurre s.m. Argent. — Faire 
son beurre, réussir, gagner de l'ar- 
gent. — Mettre du beurre dans ses 
épinards, améliorer ses affaires, 
augmenter son avoir. — C'est un 
beurre! cela se fera facilement, 
simplement, naturellement. — 
Œil au beurre noir, œil noirci par 
un coup. — Avoir du beurre sur 
la tête, avoir commis plusieurs 
crimes. 

Beurrier s.m. Banquier. 

Bezef adv. == Besef, Beaucoup. 
Mot ar. al. 

Biard s.m. Côté. 

Bibard s.m. Grand buveur. 

Bibarde s.f. Vieille femme 
débauchée. 

Bibarder v.n. Se débaucher en 
vieillisant. 

Bibasse s.f. = Birbasse. Vieille 
femme. 

Bibasserie s.f. Vieillerie. 

Bibassier v.n. = Bibard, bu- 
veur. — (Typ.) Grognon. 

Bibelot s.m. Partîmes génitales. 

Bibelotage0s.m. Faire du bibelo- 
tage, s'amuser à des riens, faire 
de petits travaux sans impor- 
tance. 

Bibeloter v.a. 1| i. Faire du bi- 
belotage, v.c.m. || 2. Vendre ou 
acheter des objets de curiosité. 

Bibeloteur0s.m. Celui qui fait du 
bibelolage, bibeloter, v.c.m. — 
Collectionneur de bibelots. 



BIBELOTIER. 



— m — 



BIGNET. 



Bibelotier s.m. (typ.) Typo- 
graphe par occasion. 

Bibi # s.m. I| 1. Fausse clé. || 2. 
Moi. « Ça, c'est à bibi et bibi 
c'est moi. » || 3. Se dit aussi pour 
nicêtre par abrév. 

Bibiche Q s.f. Mot d'amitié. 

Bibine s.f. || 1. Buvette. H 2. 
Sœur de cliarilé. 

Bibli s.r. Ol^ibliothèqueparabrév. 

Biblot voy. Bibelot. 

Bibon s.m. Vieux garçon, de 
birbe et birbon. 

Biche O s-f* Surnom donné aux 
femmes galantes (i8o7). 

BicherQv.n. «Ça biche n^ ça va, ça 
prend, c'est bien. 

Bicherie Q s.f. Mot qui désignait 
les femmes galantes vers 1857. 
(( La haute bicherie parisienne. » 

Bichet0 s.m. Mensonge. 

Bichette Q s.f. Ma bichetle! mot 
d'amitié. 

Bichon s.m. || i. (obsc.) Sodomite. 
Il 2. O 'Woï2 bichon, mot amical. 
Il 3. Souliers à rubans. 

Bichot s.m. Evoque ; de Tangl. 
et Tall. Bischof, qui signifie dans 
les deux pays, à la fois « Evoque » 
et « vin chaud », à cause de la 
couleur de cette boisson qui est 
la même que celle de la soutane 
épiscopale. 

Bicler % v.n. Cligner. Bicîer de la 
mirette, cligner de l'œil. De bis, 
de travers, et oculus, œil. [Tim- 

MERMANS.j 

Bicycle Q s.m. Vélocipède à deux 

roues. 
Bicyclette Q s.f. Petit vélocipède 

à deux roues. 
Bicycliste Q s.m. Vélocipédiste. 
Bidache s.f. = Bidoche. 

viande; j.d.m. sur bidon pour 

bedon, ventre. [Timmermans.] 
Bidard Q s.m. Individu qui a de 

la chance. = Veinard. 
'Bidel^n.pr. La fosse ciBidel, dépôt 



de la préfecture de police. Du 
nom d'un célèbre dompteur d'a- 
nimaux féroces. 

Bidet s.m. Ficelle qui établit 
une communication clandestine 
entre les prisonniers à des étages 
différents. 

Bidoche s.f. Viande ; de bidon 
v.c.m. 

Bidon s.m. =: Bedon. Ventre. 
— Attacher un bidon, dénoncer. 

Bidonner v. a. I| l.lioire beaucoup. 
Il 2. Dénoncer. 

Bier v.n. Mendier. Bier sur le 
toutime, mendier de toutes façons. 
Vx. fr. hier, aller. 

Bière Q s.f. Boîte d'un jeu de do- 
minos. 

Bififard s.m. Bourgeois. 

Bifife s.f. Il 1. Travail du chiffon- 
nier. Il 2. Loque pouvant servir à 
essuyer, à effacer ou biffer ; en 
ang.' ta whipe, effacer. [Timmer- 
mans.] Du skt bid fendre, déchi- 
rer. 

Biffer v.n. =r Bouffer ~ Briffer. 
Il i. Manger. (1 2. Ramasser des 
chiffons. 

Bifferie O s.f. Mauvaise mar- 
chandise. 

Biflfetons.m. || 1.0 Contremarque. 
Il 2. Lettre. || 3. Donner sur le 
biffeton, dévoiler les antécédents 
judiciaires. 

Biffin s.m. |1 1. Chiffonnier. |1 2. 
Fantassin. 

Biffre s.f. Nourriture. 

Bifteck s.m. Bifteck à Macquart, 
rosse, vieux cheval bon à être 
abattu. Du nom d'un équarrisseur 
de chevaux. — Faire du bifteck, 
monter à cheval, voy. Beefsteak. 

Bigard ^ s.m. Trou; variante de 
bouche, bec. [Timmermans. j 

Bige, Bigeot ou Bigeois # s.m. 
Dupe; altération de pigeon. [Tim- 
mermans.] 

Bignet0s.m. Coup. Manger des bi^ 



BIGORGNION. 



36 



BIRIBI. 



gnets après la Pentecôte, recevoir 
des coups (O). De beigne, m. s. 

Bigorgniou s. m. Mensonge. 

Bigorne # s. m . a. Argot, argotique. 
Rouscailler ou jaspiner oigorne. 
Parler argot. Sonnet bigorne, 
sonnet argotique. Du vx. mot 
biguer, changer, troquer : Targot 
n'est qu'un langage bigué, d'où le 
dim. bigorne. [Larchey.] 

Bigorneau s. m. Soldat d'infan- 
terie de marine. 

Bigorniau s. m. Auvergnat. 

Bigoter v.n. Prier. Angl to beg, 
demander. [Timmermans]. 

Bigrement Q adv. = Bougrement. 
Beaucoup, très, superlativement. 

Bijouter v.a. Voler des bijoux. 

Bijouterie s.f. Avance d'argent. 

Bijoutier s. m. Marchand d'ar- 
lequins v.c.m. — Bijoutier en cuir, 
ou sur le genou, savetier. 

Bijoux0s.m.pl. voy. Arlequin. 

Bilboquet s.m". || 1. Vieille 
femme, petite et grosse. |1 2. Litre 
de vin. [Rigaud.] n 3. (Typ.) m. pi. 
Ouvrage de ville, adresses, billets, 
circulaires. 

Bile O s.f. Se faire de la bile, se 
contrarier, se tourmenter. 

Billancer # v.n. Payer sa dette, 
faire son temps de prison. 

Billanchage s.m. Payement. 

Billancher v.a. Payer, donner 
de l'argent (de la Lille). De bille 
ou 6i//on, barre de métal. [Ti3imer- 

MANS.] 

Billard Q s.m. Décoller ou dévisser 
son billard, mourir. — Q (Obsc.) 
Jouer au billard anglais, onanisme. 

Billardier s.m. Voleur qui 
remplace les billes de billard en 
ivoire par des billes de plâtre co- 
lorié. 

Bille s.f. II 1. Tête « Ah! quelle 
bonne billel » 1| 2. =: Billemont, 
monnaie, du franc, billon m. s. || 3. 
Bille de billard, crâne chauve. 



Billemont s.m. \\\. = Billemu- 

che, billet. 1| 2.==Bî7/e, v.c.m.(2). 
Biller v.a. et n. =:: Billancher^ 

v.c.m. Payer. 
Billet O s.m.Je t'en fous mon billet, 

je te le certifie. — Pi^endre un billet 

de parterre, tomber. 
Bince # s.m. Couteau. 

Souvent lardé d'un coup de bince 
Le micheton nu se sauvait. 

(RicHEPLN, Triolets de Navet). 

Pour pince, de pincer, comme en 
ail. Kneip, canif, de kneiper ou 
kneifen, pincer. On fait allusion 
au ressort. [Tim.mermans.] 

Bine s.f. Hotte. 

Binelle # s.f. Faillite, banque- 
route. 

Binellier s.m. Failli, banque- 
routier. 

Binette s.f. Tête, visage, phy- 
sionomie. 

Oh I la la, c'ite gueule, 
C'ttc binclte! 

(BRUA.NT.) 

Du nom de jBme^, fabricant de per- 
ruques au xvii'' siècle; on disait 
alors quand on était bien coiffé 
qu'on avait une jolie binette. 

Bingre s.m. Bourreau qui n'est 
pas fils de bourreau. 

Bisque s.f. Vieille bique, vieille 
i*osse; terme injurieux. — Bique et 
bouc, hermaphrodite. 

Birbasse s.f. Vieille femme. 

Birbasserie # s.f. Vieillerie. 

Birbassier voy. Bibassier. 

Birbe s.m. = Birbon. Vieillard, 
barbon. « Vieux birbe n (pléo- 
nasme). — Vieux mendiant, de 
l'ital. birbone et birbante, gueux 
et coquin, ou du vx fr. briber, 
mendier, (Rabelais) qui lui-même- 
vient de bribes, restes de cuisine- 
que l'on donnait aux mendiants. 

Birbette s.f. Augmentatif de 
birbe, v.c.m. 

Biribi • s.m. = Birlibi = Calot, 



BIS. 



— 37 — 



BLAGUER. 



||1. Jeu de liasard composé de 
trois quilles creuses, ou simple- 
ment trois coques de noix et une 
petite boule en liège. || 2. Ba- 
taillon de discipline en Afrique. 

Bis (V) a. Gris jaune. fiï'M?! était son 
synonyme. 

Bis 01b) s.m. La nature de la 
femme. 

Bisac (V) s.m. voy. Bisans. 

Bisans (V) part. prés. pi. Vents du 
nord qui noircissent les visages 
des pendus. Du v. biser, noircir, 
v.c.m. dans Littré. = Bizard = 
fiizac = Bizouart, bise, 

Bisard (V) s.m. || 1. Vent. Voy. 
Hisans. \\ 2. Soufflet pour souffler 
le feu. (Ail. der Puster, énonce le 
vent, comme labise.) [Timmekmans.] 

Biscaye # n.pr. Ricêlre (hôpital). 

Biscayen % s.m. Pensionnaire de 
Fiicèlre. 

Biscop s.f. Casquette; en hoU. 
Bisschop =: cpiscopits. Mitre d'évé- 

que. [TiMMERMANS.] 

Biscoter v.a. Embrasser. 
Biscuit s.m. Argent (monnaie). 
Bise (enf.) s.f. Dotiner une bise, 

embrasser; m. à. m. Donner un 

baiser. 
Biser (enf.) v.a. Embrasser. 
Bismarck O a. Couleur brun clair 

(1867). 
Bisot s.m. Ami. 
Bisquer v.n. Bouder, rager 

sourdement, être vexé. Ital. bizza, 

colère. [TiMMERMANS'. 

Bissard s.m. Pain noir, pain 
bis. 

Bissestre # s.m. (O) Malheur, 
♦léveine. « Il me porte bissestre ». 

Bistoquer v.a. Coïlcr. ^ 

Bistoquette s.f. Membre viril. 

Bistot s.m. = Roufion. Jeune 
apprenti, débutant dans le com- 
merce. 

Bistourné s.m. Cor de chasse. 

Bistro s.m. Marchand de vin. = 



Mastroc = Mastroquet, voy. Bas- 
tringue. 

Bitte (obsc.) s.f. Membre viril. 

Bitter (obsc.) v.a. Action char- 
nelle. 

Bitume O s.m. Le trotloir. Demoi- 
selle du bitume, raccrocheuse. 
Polir le bitumCj flâner dans la rue, 
r= arpenter Vasphalte. 

Biture s.f. = Cuite = Culotte. 
Ivresse. Se flanquer une biture, 
s'enivrer. 

Biturer (se) v.n. Se griser. 

Bizac (V) s.m. voy. Bisans. 

Bizard voy. Bisard. 

Bizouart (V) s.m. voy. Bisans. 
— Bizouart, signifie aussi le mem- 
bre viril dans Villon. 

Bizuth (écol.) s.m. ElèVe de pre- 
mière année à l'Ecole centrale. 

Blackboulage O s.m. Refus, 
renvoi. Echouer dans un examen, 
ne pas être nommé dans l'emploi 
ou les fonctions qu'on sollicite, 
c'est le blackhojilage. 

Blackbouler Q v.a. Renvoyer, 
refuser. « Etre bhic.kboulé à un 
examen, dans une élection ». 
Ang. blackball, boule noire. 

Blafard # s.m. Pièce d'argent 
monnayé. 

Un écu flambant neuf, un blafard de cinq balles. 
(J, RiciiKPiN, Chanson des Gueux). 

,L\irgcnt est d'un blanc terne) 
Blafarde (la) # s.f. La lune. 
Blague O s.f. Il 1. Volubilité de 
))arole. « C'quHl en a une blagueï » 
Il 2. Mensonge, plaisanterie. 
« Le « péril clérical » m'est tou- 
jours apparu comme une blague 
électorale». [Fr. Coppée.] «C'est 
une bonne blague. » Blague dans 
le coin, plaisanterie à part. || 3. 
Blagues à tabac, seins mous et 
pendants. 
Blaguer Q v.n. !] I. Causer. |j 2. 
Mentir. |1 3. Blaguer quelqu'un, le 



BLAGUEUR. 



— 38 



BLOC. 



plaisanter, se moquer de lui. 

Blagueur O s. m. || d. Individu qui 
pérore. || 2. Menteur. 

Blaichard s. m. Commis, employé. 
u Et les ouvriers se moquent des 
déjetés, des blaichards ». (Riche- 
pix, le Pavé.) 

Blair # et s. m. Nez. « Vhlair 
coule comme un nez d'veau.:» (J. Ri- 
ghepin). — Jacter du blair, parler 

; du nez. — Se cingler V blair == se 
salir le nez, se griser ; allus. au 
nez du blaireau,'allongé en hure, 
organe de souffle : flare. [Tdbier- 

MANS.] 

Blaireau (mil.) s. m. Conscrit, 
recrue =^ un bleu. 

Blaireauter (art.) v. a. Peindre 
avec trop de soin. 

Blanc (V) s. et adj.m. H #1. L'ar- 
gent, par ext. de sa signification 
en vx fr. : joie, liesse. || 2. 
Mangeur de btanc , souteneur. 
II Q 3. Etre blanc comme neige, 
être innocent. || % 4. Etre à blanc, 
avoir un faux nom. || o. Q ^'être 
pas blanc, être dans une mauvaise 
situation, dans l'embarras. || 
6. Avoir le foie blanc, être poltron, 
lâche, prêt à toutes les trahisons. 
Il 7. (typ.). Jeter du blanc, inter- 
ligner. 

Blanchet (typ.) s. m. Feutre dont 
on garnit le tympan pour amortir 
le foulage. 

Blanchînet Q s. m. =: Pâle =. Pâ- 
lichon. Le blanc au domino. 

Blanchir (journ.) v.n. Faire des 
lignes très courtes : 
« — Ah !... 

— Le voici... 

— Soyez le bienvenu » 
Blanchisseur s. m. Avocat. 
Blanchisseuse s.f. Blanchis- 
seuse de tuyaux de pipes (obsc). 

Blandir v.a. Flatter. De blan- 

dices, caresses. 
Blanqueter v.a. Argenter. 



Blanquette s.f. Argenterie, 
monnaie d'argent. De sa' couleur 
blanche. 

Blanquettier % s. m. Celui qui 
blanchit de la monnaie de cuivre 
pour la faire passer pour de l'ar- 
gent. 

Blard voy. Blavard. 

Blasé #^1. Enflé. 

Blasonné Q a. Noble, titré. 

Blavard s. m. Châle. 

Blave = Blavin 9 s. m. |I 1. Mou- 
choir. Il 2. Cravate, foulard. En 
ang. to blow the nose et en ital. 
soffiare il naso, veulent dire se 
moucher, littéralement souffler le 

nez. [TlMMEUMA^S.] 

Blaze s. m. Nom propre; du 
fr. blason. 

Blé % s. m. Argent (monnaie). AIL 
Blech, fer-blanc. [Tlmmermans.] 

Bléchart = Bléche a. Laid, 
médiocre, mauvais. Devenir blé- 
chard, devenir vieux, dépérir. — 
Faire bléche, rater une chose, faire 
coup nul. (Pour blanc, pâle, en ail. 

bleich. [TliM.MERMANS.] 

Bleu s. m. et a. O II 1. Conscrit,, 
recrue. || 2. Du petit bleu, vin du 
broc. Il 3. Cest bleu ! J'en suis bleu, 
c'est étonnant! J'en suis étonné» 
II 4. Colère bleue, grande colère, 
(le visage en devient bleu). 
Il 5. Pas^ser au bleu, disparaître» 
il 6. On en a vu des bleues, des 
grises, de ioiUes les couleurs, on a 
eu des difficultés. 

Bleuet % s. m. Billet de banque 
(il est imprimé en bleu). 

Blindé O ^- Il 1- Etre en garde 
contre une chose. = Cuirassé, (c Je 
ne crains rien, je %uhblindé. » || 2. 
Etre gris, u C'qaHl en a une cuite,, 
il esCblindé. » 

Blindocher (se)0 v.pr. Se griser 
légèrement. 

Bloc s. m. [I 1. Prison, salle de 
police; du vx fr. blocus, donjon. 



BLOCKâUS. 



— 39 



BOCOTTER. 



II 2. Mont-dc-piété. « Tai mis 
ma toquante au bloc pour payer 
Vproprio. » || 3. Achat en solde, en 
bloc. « Faire un hloc. » 
Blockaus O s. m. Shako (ancien 
modèle), chapeau haut de forme. 
Syn. de couvert, de Tall. Block- 
haus , guérite construite avec 
des poutres, d'où blocus. [Timmer- 

MANS.] 

Blond S. m. Beau blond, le soleil. 
— O Se dit par iro. d'un homme 
qui n'est ni beau ni blond. [Lar- 

CHEY.l 

Blonde Q s.f. Un bock de bière 
blonde, par opposition à la bière 
brune. « Garçon ! une blonde ! » 
Il 2. Maîtresse (amante). || 3. 
Bouteille de vin blanc. 

Bloquer0v.a. et n. || 1. Mettre en 
prison, consigner. || 2. Abandon- 
ner, vendre. || 3. (typ.) Mettre une 
lettre sens dessus dessous à la 
place de celle qui manque. 

Bloquette (enf.) s.f. Jeu de billes. 
<( Jouer à la bloquette. » 

Bloquir v.a. Vendre ou acheter, 
solder. := Abloquir. 

Bloquisseur s. m. Soldeur,, 
acheteur ou vendeur. 

Blot0s.m. Il l.Prix. [1 2. Ça fait 
mon blot, ça me convient. |1 3. 
_^ Affaire, part. « Une chose qui fait 
^k nib dans mes blots, c'est une chose 
W^ qui ne fait rien dans mes attri- 
W. butions, qui ne fait pas mon 
W affaire ». [J. Richepln.] 

Bloum s. m. Chapeau haut de 
forme. 

Bluster O 0.\. a. Secouer, tour- 
menter. 

Bob % s. m. = Bogue s.f. Montre. 
Allus. à la bobine. [Timmermans]. 

Bobe s.f. voy. Bobéchon. 

Bobèche # s.f ^ Bobèche à tronches, 
bobèche à fleurs, voy. Anglaise. 

Bobéchon s. m. Tête. Se monter 
le bobéchon, se monter la tête. 



s'illusionner. Var. de bobine, 
bobe, par j.d.m. sur bobèche. 

[TlMMERMANS] 

Bobelins s. m. pi. Bottes, bot- 
tines. 

Bobinasse s.f. Tête. 

Bobine O s- f. Tête. « Il n'a plus de 
fil sur la bobine y, « il n'a plus de 
cheveux sur la tête ». 

Bobinot# s. m. La tête. 

Bobo (enf.) s. m. || 1 . Mal. « J'ai bobo 
à la tête. » — Il n'y a pas de bobo, 
cela ne fait rien, il n'y a pas de 
mal. En gr. [3oj6wv, tumeur. [Tim- 

MERMANS.J 

Bobonne Q s.f. Mot d'amitié d'un 
mari à sa femme. — Mot enfantin 
pour désigner la bonne. 

Bobosse s. liossu, bossue. 

Boc = BocardO ni. j] 1. maison 
publique. || 2. Café ; de bock v. 
c. m. 

Bocal s. m. Estomac. " Se rem- 
plir le bocal, se rincer le bocal. >; 
Camelote en bocal, marchandise 
en vitrine. 

Bocard voy. Boc. 

Boche s. "m. Allemand. — Tête de 
boche, entêté. 

Bock O s. m. Verre de bière. Vers 
1840, deux brasseurs de Munich 
avaient le monopole de la fabri- 
cation de la bière forte ; l'un d'eux 
donna à sa brasserie le nom 
de Salvator (sauveur); l'autre, lit 
peindre sur son enseigne un bu- 
veur terrassé par un bouc, en ail. 
Bock. Ce mot, après avoir désigné 
le contenu, désigna ensuite le 
contenant, il se trouve dans le 
supp. du Dict. de Littré avec 
cette désignation : «Contenu d'un 
grand verre «.Aujourd'hui le bock 
est un verre très épais avec une 
anse. 

Bocker Q v.n. Boire de la bière, 
m. à m., boire des bocks. 

Bocotter v.n. Grogner. 



BOCSON. 



— 40 — 



BOMBE. 



Bocson s. m. Maison publique. 

Boes (B) s. m. Bois. 

Bœuf s. m. Ouvrier tailleur. — 
C'est bœuf, c'est chic. (St-Gyr.^ — 
Etre le tcew/*, travailler pour rien. 

— Se mettre dans le bœufy se 
mettre dans la misère. — Avoir 
son bœuf, être en colère. ~ Cest 
bœuf, c'est énorme. — Mettre un 
bœuf, une forte carte au jeu de la 
manille parlée. « Mettez un bœuf^K 

Bofifette s.f. Souftlet. Ang. buf- 
fet, coup. 

Bog # s. m. =r Bogue s.f. Montre. 
Bogue d'Orient, bogue en jonc, 
montre en or. Bogue en -plâtre, 
montre en argent. 

Boguiste % s. m. Horloger; du 
skt. banga, frapper. L horloge 
marque les heures par des coups 
de marteau. 

Bohème (la) Q n. pr. Ensemble de 
personnes gaies et insouciantes 
qui vivent au jour le jour : « La 
Bohème n\i rien et vit de ce 
qu'elle a. La Bohème, c'est le stage 
de la vie artistique, c'est la pré- 
face de l'Académie, de l'Hôtel-Dieu 
ou de la Morgue ». [Murger.] 

Bohème Q s. m. Celui qui mène la 
vie de bohème. 

Boileau s. m. Soulier percé (ca- 
lembour). 

Boire v.a (thé.) Boire du lait, être 
heureux d'un succès remporté. — 
(Thé.) Boire une goutte, être sifflé. 
Boire de Vencre, arriver pour 
boire quand tout le monde a fini. 

— Boire à la grande tasse, se 
noyer. Q Boire un bouillon, subir 
une perte.— (Obsc.)<( Femme qui 
boit à même la bouteille ». 

Bois O s-m- Etre dans ses bois, être 
dans ses meubles. — Etre du bois 
dont on fait des fliUes, être ac- 
commodant, de bonne composi- 
tion. — a On n'est pas de bois », 
la nature réclame ses droits. — 



# Les bois durs, repris de jus- 
tice. — Bois pourri, amadou. — 

— Bois tortu, vigne. — (Typ.) Bois 
de fond, de tête, de marge, de 
garniture, bois dont on garnit la 
forme. 

Boisé a. = Avoir des cornes, 
être cocu. 

Boisseau s. m. || 1. Shako. • — 
Chapeau haut de forme. |1 2. Litre 
de vin. 

Boitard # s. m. Le Temps;' pour 
boiteux, il est irrégulier. 

Boite O s.f. Il 1. Maison mal tenue. 
Il 2. La boite, désigne le théâtre 
pour l'artiste, l'atelier pour l'ou- 
vrier, le collège pour l'écolier, le 
bureau pour l'employé, le chez- 
soi pour tout le monde, etc. « Etre 
de la boîte ». — (Typ.) Faire sa 
boite, distribuer les caractères 
dans la casse. — Q Boite à cor- 
nes, chapeau. — Boîte aux dé- 
gelés,\di Morgue. — Boîte aux do- 
minos, cercueil. — Boîtes au lait, 
mamelles. — Boite au sel, crâne. 

— Boîtes à violon, souliers. — 
Fermer sa boîte, se taire. « Allons, 
silence, ferme ta boîte. — (Mil.) 
Coucher à la boîte, coucher à la 
salle de police. — # Boite à ou- 
vrage, l'endroit où l'on introduit 
le spéculum. — Boîte à viande, 
cercueil. — Boite à Pandore, boîte 
qui renferme de la cire pour 
prendre les empreintes des ser- 
rures. — Boîte àpantes, lupanar. 

— Boîte à signes, gilet. 
Boiter # v.n. Boiter des châsses, 

être borgne ou loucher. 

Bolduc O s.m. Ruban rose en co- 
ton, qui sert à faire des paquets. 

Bolivar Q s. m. Chapeau évasé, 
(1820). 

Bombe Q s.f. Entremets glacé. — 
(Mil.) Partir en bombe, aller en 
partie de plaisir, faire la fête. 

Bombé O s. m. Bossu. 



BON. 



— 41 — 



BONNETEUR. 



Bon (V) s.m. # Bon, victime desi- 
gnée pour un vol. — Avoir bon, 
prendre en flagrant délit. — Etre 
le bon, arrêté, accusé et coupable. 
— O (Typ.) Bon à tirer, mots in- 
diquant' que tout est bien, qu'on 
peut tirer. — Mon bon, terme 
d'amitié. — ISous sommes des bons, 
= Il y a du bon, ça va bien, 
nous sommes sauvés. 

Bonbon s.m. Bonbon à liqueur 
ou fondant, écrouelle. 

Bonbonnière O s.f. || 1. La nature 
de la femme. || 2. Jolie petite mai- 
son. 

Bonde = Baude v.c.m. — Les 
bondes, maisons centrales. 

Bondé O a. « C'était bondé,-»^ rempli, 
(plein comme un tonneau jusqu'à 
la « bonde. ») 

Bon-Dieu s.m. (mil.) Poignard, 
sabre (la lame et la poignée for- 
ment une croix). — // n'y a pas 
de bon Dieu, il le faut. 

Bondieusard s.m. |I 1. Dévot. 
Il 2. Fabricant d'objets de piété, 
chasublier. 

Bondieuserie s.f. Articles de 
piété. 

Bonhomme O s.m. Se mettre dans 
la peau du bonhomme, être bien le 
personnage qu'on veut représen- 
ter. — Creuser son bonhomme, in- 
terroger q.q., l'observer, l'étudier 
pour savoir ce qu'il vaut ou ce 
qu'il pense. — Se secouer le bon- 
homme, onanisme. 

Boniment Q s.m. Discours, an- 
nonce verbale d'un spectacle, ra- 
contars. De bonir, parler. 

Bonimenter Q v. Expliquer, ra- 
conter. 

Bonique s.m. Vieillard. 

Bonir # v.a. et n. Dire, parler, 
raconter. — Bonir au ratichon, se 
confesser. 

Bonisseur s.m. Péroreur, celui 
qui fait le boniment à la porte pour 



annoncer une vente, un spectacle, 
— Boiîisscur de la batte, témoin à 
décharge. 

Bonjean (O.) O s. m. Cocu. 

Bonjour s.m. Faireson bonjour (O.) 
Communier. — Vire bonjour à 
sa moitié, acte charnel ;= Donner 
Vaubude. — % Voleur au bon jour; 
= honjour'iPr, voleur qui s'intro- 
duit le matin dans les hôtels 
garnis pour opérer. 

Bonne O s-f- Prendre unechos" à la 
bonne, l'accepter avec plaisir. 
Avoir quelqu'un à la bonne, se dit 
de q.q. qui plaît. 

Bonnet Q 0s.m. \\ l.Jeu de bon- 
neteau (V.c.m.) qui consiste à faire 
l)asser la carte de dessus à la place 
de celle de dessous. || 2. Ligue se- 
crète entre plusieurs ouvriers d'un 
atelier. || 3. Bonnet d'évéquc ou 
As de pique, croupion d'une vo- 
laille, serviette pliée atl'ectant la 
forme d'un bonnet d'évêque. |1 
4. Bonnet de coton, bonnetier. — 
Bourgeois arriéré , aux idées 
étroites. I| o. Bonnet de nuit, per- 
sonne triste et morose. 

Bonneteau = Bonnet Q s.m. 
Jeu de bonneteau, sorte de jeu de 
cartes, qui n'est le plus souvent 
qu'un tour de passe-passe où le 
joueur est dupé par le banquier 
ou bonneteur. Celui-ci opère gé- 
néralement dans la banlieue de 
Paris et dans les trains qui re- 
viennent des course-s. Le bonne- 
teur a trois cartes toilées, trois as 
par exemple ; il les fait passer 
avec dextérité les unes sur les 
autres. Le joueur doit désigner où 
se trouve l'as de trèfle. (Il y a tou- 
jours un compère qui connaît l'as 
de trèfle, fait un pari et gagne). 
Voy. Consolation. 

Bonneteur O s.m. Joueur de bon- 
neteau, qui opère principalement 
dans les trains de courses ; (il est 



BONNETON. 



— 42 — 



BOUCHE-TROU. 



généralement doublé d'un soute- 
neur). 

Bonneton Q s. m. Bonnetier. 

Bonnichon s. m. Chapeau de 
femme ; du fr. bonnet. 

Bono adv. Bon, bien. 

Bonze Q s. m. Personnage qui pon- 
tifie v.c.m. Le bonze estun prêtre 
chinois. 

Bookmaker O (sport) s. m. Indi- 
vidu qui tient les paris aux 
courses. Ang. book, livre, et to 
make, faire, d'où maker, faiseur. 

Boquabelle s.f. Bouche. 

Borde s.f. Maison de campagne. 

Bordée s.f. Etre en bordée, tirer 
une bordée, s'amuser,faire la noce. 

Borgne (le) s. m. || 1. L'anus. 
[| 2. As. Le borgne dans V herbe à 
la vache, Tas de trèfle. 

Borgner v.a. Regarder. 

Bosch == Boche s. m. Allemand. 

Boscot s. m. Boscote s.f. Bossu, 
bossue. 

Bosse O s.f. Se flanquer, se fiche 
une bosse, s'enivrer, manger beau- 
coup, prendre avec excès. — Se 
fiche une bosse de rire, rire beau- 
coup. — Rouler sa bosse, aller de 
tous les côtés, changer de place. 
— Tomber sur la brosse ou sur le 
poil, battre q.q. 

Bosselard (écol.) s. m. Chapeau 
haut de forme. 

Bosseler (se) Q v.pr. Se bosseler 
le tube, se friser les cheveux. 

Bossmar # s. m. Bossu. 

Bossus (thé.) m. pi. Il y a des bos- 
sus, on va siftler. 

Botte O s.f. Proposer la botte, ce 
qu'on appelait au xviii'' siècle la 
chosette. 

Bottes s.f.pl. A propos débottés, 
à propos de rien. — Graisser les 
bottes, donner le viatique m extre- 
mis. — Graisser ses bottes, se pré- 
parer à partir. — - Des bottes, des 
quantités. 



I Botter 0v.a. Came botte, cela me 
va, cela me convient. — Botter le 
cul, donner des coups de pied au 
derrière. 

Bottoche # s. m. Fusil. 

Bouant s. m. Cochon (il se vautre 
dans la « boue ». 

Boubane s.f. Perruque. 

Boubouille0 s.f. Mauvaise cuisine. 

Bouc s. m. Homme lubrique. 

Boucan = Bousin Q s. m. Bruit, 
vacarme. — Faire du boucan, faire 
un scandale bruyant; du latin 
buccinus et du grec BjzavT], trom- 
pette. En provençal, bousin, m. s. 

Boucanade # s.f. Corruption d'un 
juge ou d'un témoin. — Coquer la 
boucanade, corrompre. 

Boucaner v.a. et n. || 1. Puer, 
m. à m. sentir le bouc. || 2. Cor- 
rompre ; J.d.m. sur boucaner, fu- 
mer; bokking en holi. veut dire 
hareng saur. [Timmermans.] 

Boucaneur s. m. Vaurien, 
homme qui fréquente les mau- 
vais lieux. 

Boucanière s.f. Femme dé- 
bauchée. 

Boucard s. m. Boutique. 

Boucardier s. m. Voleur qui 
dévalise les boutiques. — Boucar- 
dier gambilleur, colporteur. 

Bouche O sf. A bouche que veux- 
tu, en abondance. — Avoir la 
bouche en cœur, parler avec affec- 
tation, préciosité. 

Bouche-rœil s. m. Pièce de 
monnaie. 

Boucher s. m. Chirurgien. 

Boucher O ^'•^- 6t n. Boucher un 
trou, donner un acompte sur une 
dette. — Etrebouché, avoir l'esprit 
borné. Boucher un coin à q.q. , 
le faire taire brusquement et 
quelquefois le battre, mettre à la 
raison. 

Bouche-trou s. m. 1. Q Personne 
ou chose qui n'est utile que lors- 



BOUCHON. 



— 43 — 



BOUGRE. 



qu'il s'agit de remplir une lacune. 
2. (Thé.) Artiste qui joue les 
bouts de rôle. 
Bouchon s. m. |1 1. = Pouchoji 
= Pochon. Bourse, poche. || 
2. Bouteille de vin cachetée. 
(J. RicHEPiN.) ]] 3. Dix ans de 
prison. || 4. Bouchon de carafe, 
diamant faux de dimension 
exagérée. 

C'est ainsi que Sarah Bénihard 
Comme l'on a des Saint-Bernard, 
Des éli^plianls ou des girafes, 
A trois lionceaux familiers, 
Dont un seul coule des miliers 
(F^rix fort) de bouchons de carafes. 

(E. Bergerat.) 

Bouchonner (O) v.a. Bourrer. 
Donner des coups de poing (arg. 
des cochers). 

Bouclage s. m. || 1. Arrestation. 
Il 2. Fermeture. Il 3. Menottes, 
lions. 

Boucle s.f. Se seirer la boucle, 
se priver de manger; = se serrer 
le ventre. 

Boucler v.a. || 1. Fermer, pour 
bâcler, fermer une porte avec un 
bâton ; en prov. baclar fermer, du 
lai. baculus, bâton. — Boucler ses 
rnircttes, fermer les yeux. || 2. 
Enfermer, emprisonner. « Le 
grand Charles a été bouclé par la 
rousse. » || 3. Boucler sa bavarde, 
se taire. 

Bouclette # s.f. Serrure. 

Boucon (O) # s. m. Poison. Le bou- 
can du Lombard (O), 1556). 

Bouder v.a et n. Bouder à la 
besogne, travailler sans goût, sans 
courage. — Bouder sur'le mastic, 
n'avoir pas faim, manger difficile- 
ment; de mastication, mâcher. 

Boudin s. m. \\ \. Verrou (il est 
souvent rond comme un boudin). 
Il 2. Les boudins, les doigts gros 
et ronds. |1 3. Estomac. Se remplir 
le boudin, manger. || 4. Faire du 
boudin, verser 'le sang. 



Boudinage s. m. Réveillon où 
l'on mange du boudin. 

Boudiné O s. m. = Gommeux. 
Jeune élégant ridicule. 

Boudiner (art.) v.n. Dessiner les 
objets ou les membres en leur 
donnant la forme d'un boudin 
rond et uni. 

Boue s.m. Trou. 

Boueux s. m. || \. Celui qui ra- 
masse les ordures sur la voie 
publique. || 2. (Typ.) Caractère 
d'imprimerie qui ne vient pas 
nettement. 

Boufifard s.m. Fumeur. 

Bouffarde O s.f. Pipe (on fumant 
on envoie des bouffées de fumée). 

Bouffarder v.n. Fumer la pipe. 

Bouffardière s.f. |] 1.0 Fumoir. 
Il 2. Cheminée. 

Bouffe-la-balle s.m. Homme 
boufti. goinfre. 

Bouffer v.a. et v.n. manger. = 
Bâfrer, manger goulûment. — 
Bouffer labotte, bouffer son carme, 
manger son argent. — Bouffer le 
chat -=2 Faire minette (obsc). — 
Se bouffer le nez, se mordre le 
nez, dans une rixe, et par ext., 
se battre . — Bouffer de la boîte 
(mil.), faire de la prison. 

Bouffeter v.n. Bavarder. 

Bouffeur s.m. Mangeur. 

Bougette s.f. Poche. 

ses bougettes pleines d'argent. 

[Rabelais]. 

Bougie0s.f. Il l.Canne. ||2.Pièce 
de cinq francs en argent (elle 
éclaire). 

Bougon = Bougonneur O s.m. 
Grognon ; du vx mot bouquer, 
gronder. (Larchey.) 

Bougre s.m. Ij l.Èpithèle popu- 
laire. Bon ou mauvais bougre, bon 
ou mauvais garçon. — Bougre à 
poils^ homme solide et énergique. 
Il 2. Jurement. « Ah bougre! j'ai 
perdu 1 » Du vx fr. boulgre, albi- 



BOUGREMENT. 



— 44 — 



BOULOT. 



geois. « Frère Jacques, inquisiteur 
des boulgres de la province de 
France »* (Ducange.) || 3. Pédé- 
raste. 

Bougrement adv. Beaucoup, 
très. « Il est bougrement fort. » 

Bouif a. et s.m. || 1. Faiseur 
d'embarras. [] 2. Mauvais ouvrier, 
= savetier. 

Bouillabaisse Q s.f. Mélange 
hétéroclite ; du m. fr. soupe faite 
avec différents poissons. 

Bouillon s m. Bouillon aveugle, 
bouillon sans yeux qui manque de 
graisse. — Bouillon de canard, 
eau. — Boire un bouillon, perdre 
de l'argent dans une affaire. — 
Bouillon pointu, lavement. — 
Bouillon qui chauffe, pluie mena- 
çante, lorsque le soleil luit sur un 
ciel nuageux. — Bouillons (pi.), 
les articles qui restent en maga- 
sin, les journaux, les livres de- 
venus invendables. — Bouillon 
gras, vitriol ; du nom de la femme 
Gras, qui jeta du vitriol au visage 
de son amant. 

Bouis s.m. Fouet. 

Bouis-bouis # s.m. I| 1. Marion- 
nette. Il 2. C«6om/o^, établissement 
infime. 

Boulange s.f. || 1. Boulangerie. 
Il 2. % Boulange aux faffes, la 
Banque de France. 

Boulanger s.m. || 1 . Le diable, 
(il fait cuire les âmes). || 2. Char- 
bonnier, par iro. || O 3. Remercier 
son boulanger, mourir. 

Boulangisme Q s.m. Opinion fa- 
vorable à la politique du général 
Boulanger (i 887-88). 

Boulanglste Q s.m. Partisan du 
boulangisme (1887-88). 

Boule s.f. Il 1. Fête foraine. || 2. 
Tête, il a perdu la boule, il est 
fou. — Boule de son, figure ayant 
des taches de rousseur. — Boule 
de neige, un nègre, par opposition. 



Il 3. Chien bouledogue (abrév.). 

— Avoir les yeux en boules de loto, 
avoir de gros yeux proéminents. 

— Boulejaune, potiron, citrouille. 

— Boule de son [mil.) pain de mu- 
nition. 

Bouleau s.m. Travail. 

Boulendos s.m. Bossu. 

Bouler 0v.a. Pousser, rouler. — 
Envoyer bouler, refuser, envoyer 
promener, renvoyer. — Bouler 
quelqu'un, le battre. 

Boulet O s.m. Traîner son boulet, 
traîner après soi q.q. ou q.q.c. qui 
vous est à charge, qui est lourd à 
supporter. — Boulet à côtes ou 
à queue, melon. 

Boulette Qs.f. Faire desbouleftes, 
faire des bêtises, des erreurs. J'ai 
fait une boulette, j'ai eu tort de 
faire cela ; cette phrase implique 
un regret. 

Boulevardier Q s.m. Habitué du 
boulevard. — Esprit boulevardier, 
l'esprit parisien du boulevard. 

Boulevardière Q s.f. Femme ga- 
lante qui fréquente les boulevards. 

Boulin 9 s.m. Trou fait à la bon- 
llnoire, v.c.m. 

Bouline # s.f. Collecte entre fi- 
lous. 

Bouliner # v.a. || 1. Percer un 
trou. Il 2. Voler en se servant de 
la boulinoire comme instrument 
d'effraclion. || 3. Déchirer. || 4. 
Blanchir. 

Boulinguer v.a. H i. Diriger, 
conduire, j] 2. # Déchirer. 

Boulinoire # s.f. Vilebrequin. 

BourMich' O n- V^- Boulevard 
Saint-Michel. 

Boulon 9 s.m. Vol au boulon, \o\ 
exécuté avec un crochet par le 
trou du boulon à la devanture 
d'un magasin. 

Boulonner v.n Travailler. 

Boulot s.m.. Boulotte s.f. Q Per- 
sonne petite et grosse, m. à. m., 



BOULOTTAGE. — 45 — 



BOURRIER. 



ronde comme une boule. « Une 
petite boulotte.» — Pain boulot, 
pain rond presque comme une 
boule. 

Boulottage O s. m. Nourriture, re- 
pas, banquet. « Un boulottage épa- 
tant. » — Houlottatje dec... (obsc.}. 

Boulotter Q v.a. et v.n. manger. 
Ça boulotte, ça va à peu près, 
assez bien. — Boulotter le chat, 
(obsc). 
^Boum! O (int.) Cri par lequel le 
garçon annonce au consomma- 
teur qu'il s'apprête à le servir. 
<c Garçon, un bock! — Boum!\o'i\ii, 
monsieur. » 

bouquets (typ.) s. m. pi. Venir par 
bouquets, marquer plus dans cer- 
tains endroits que dans les autres, 
— Voilà le bouquet! le dénoue- 
ment, bon ou mauvais. 

Bouquine O s.f. Barbe sous le 
menton comme les poils d'un 
bouc. 

Bourbe (la) n.pr. Hôpital de la 
Maternité. 

Bourbeux s. m. Paysan. 

Bourbillons O(écol.) s. m. pi. Duvet 
qui s'attache à la plume et qui 
empêche de former les lettres. 

Bourbon s. m. Nez bourbon, nez 
dont la forme est particulière à la 
famille des Bourbons. 

Bourdeau s. m. Bordel ; on di- 
sait aussi bordeau ou bordeaux. 

Par force en nos maisons violèrent nos filles, 
D'où na<]uit le bourdeau, qui seslevant debout, 
A l'instant comme un Dieu, sestendit toutpar- 

[tout. 

(M. Régmer, Sat.xi). 

Bourdons.m. |j l.#FiIlepublique. 
Il 2. (typ.). Ligne ou mot oublié 
par le compositeur. 

Bourdonniste (typ.) s. m. Compo- 
siteur qui faitdes bourdons, v.c.m. 

Bourgeois s. m. Homme par- 
venu, égoïste content de lui- 



même, arrogant avec les faibles, 
avec cela poltron ; rétrograde. 

Croutelevés et marmiteux 

De Nevers, de Chartre ou de Tulle, 

Spatalocinùdes piteux, 

Couverts de gale et de pustule, 

Ce bourgeois qui récapitule 

— Etant ladre, mais foliclion, — 

Le quantum de votre sportule. 

C'est de la viande de cochon. 

[Laurent Tau-HADe] 

Bourgeoise s.f. la bourgeoise^ 
la patronne d'une maison. L'époux 
aj)pellc sa femme la bourgeoise. 

Bourgeron s. m. Petit verre 
d'eau -de-vie. 

Bourguignon (le) # n.pr. Le so- 
leil. 

Bourlingue s.f. Etre dans la 
bourlingue, dans une position 
gênée, précaire. 

Bourlinguer va et n. Vivre 
péniblement. 

Bourlingueur s. m. Qui a de la 
peine à vivre. 

Bourrache s.f. Cour d'assises. 
Marguiller de bourrache, juré. 
De la bowrache, ennuyeux. Faire 
de la bourrache, se mettre en co- 
lère (m. à m. être bourru). 

Bourrasque s.f. La ratlede po- 
lice. 

Bourre-coquins s.m.pl. Hari- 
cots. 

Bourre-de-soie s.f. Femme 
richement entretenue. 

Bourrée s f . Coups de poing. 

Bourreur (typ.) s. m. Bourreur de 
lignes, compositeur qui complète 
un texte à la dernière heure. — 
Le bourreur de pègres, le code 
pénal. 

Bourriche s.f. 1| 4. Niais. — 
Femme riche et niaise. || 2. Tête. 

Bourrichon s. m. Tête. Se mon- 
ter le bourrichon, s'illusionner, se 
monter la tête. 

Bourricot voy. Kif-kif. 

Beurrier 0^ s.m . Fumier, tas 



BOURRIQUE. 



BRADER. 



d'ordures. — Baquet à ordures. 

Bourrique s. t. Dénonciateur, 
agent de police. — Faire tourner- 
en bourrique, ahurir, étourdir, 
stupéfier, abrutir. 

Bourriquer #v.a. |1 1. Dénoncer. 
Il 2. Goïter (obsc). 

Bourser (se) v.pr. Se coucher. 

Boursicoter O v.n. Jouer à la 
Bourse. 

Boursicoteur =i:BoursicotierO 
s. m. Celui qui joue à la Bourse. 

Boursier O s. m. Celui qui tra- 
vaille à la Bourse. 

Bouscaille O s.f. Boue. 

Bouscailleur # s. m. Qui ramasse 
la boue, les ordures sur la voie 
publique, balayeur. 

Bouse s.f. Bouse de vache, plat 
d'épinards. 

Bousiller v.n. Travailler vite et 
mal. 

Bousilleur s. m. Gaspilleur, 
mauvais ouvrier. 

Bousin s. m. Il 1. Il Boucan, va- 
carme, bruit. Il 2. Lupanar. 

Bousiner v.n. Faire du bruit, 
du vacarme, du scandale. 

Bousineur s, m. Tapageur. 

Bousingot0 s. m. || l .voy. liowsi- 
ïiewr. ||2. Cabaret de bas étage. 

Boussole s.f. Tête, cerveau. 
Perdre la boussole, perdre le Nord 
ou la tramontane, devenir fou. 

Boustifaille Q s.f. Nourriture. 
Ce qu'il faut pour la c< bouche ». 

[TlMMERMANS.] 

Boustifailler v.n. Manger. 
Bout s. m. Bout-coupé, Israélite 

(allusion à la circoncision). — 

Bout de cul, petit individu. — Be- 

cevoir son bout (arg. des tailleurs), 

recevoir son congé. 
Boutanche = Boutange 9 s.f. 

Boutique. Courtaud de boutanche, 

employé de magasin. 
Bouteille s.f. (Mar.) Latrines. 

(Larchey.)-— o Avoir de la bou- 



teille, se dit d'une chose promise 
qui ne se fait jamais. — Avoir un 
coup de bouteille, être un peu gris. 
Bouterne s.f. La bouterne est 
une boîte vitrée où sont exposés, 
aux foires de villages, les bijoux 
destinés aux joueurs que la chance 
favorise. Le jeu se fait au moyen 
de huit dés pipés. Il est tenu par 
une bouternière, qui est le plus 
souvent une femme de voleur ». 

(VlDOCQ.) 

Bouternier s. m. Voy. Bou- 
tcrne. 

Boutique s.f. Il 1. Maison mal 
tenue, mal achalandée. « En 
voilà un bazar, quelle boutique! » 
Il 2. Etui que les bouchers s'atta- 
client au côté pour mettre les 
outils. Il 3. Etre de la boutique :=: 
Etre du bâtiment, v.c.m. || 4. Al- 
lons, il faut fermer boutique, il 
faut cesser et s'en aller. 1| 5. Mon- 
trer sa boutique, se dit lorsqu'une 
femme tombe et qu'on aperçoit 
ce qui ne se montre pas ordinai- 
rement, {pro pudor). 

Boutoge voy. Boutanche. 

Bouton O s. m. Chatouiller lebou- 
ton (obsc). — Bouton depieu, pu- 
naise, (Rigaud) allus. de forme. 

Boutonnière Q s.f. Petite bles- 
sure qui fait une ouverture à la 
peau comme une boutonnière. 

Boutord s. m. Tabac à chiquer. 
(M. à. m. Bout tordu.) 

Box O s. m. Mot ang. qui signifie 
stalle d'écurie. 

Boxon s. m. Lupanar. 

Boye s. m. Gardien. Vx mot 
qui désignaitle bourreau du bagne. 
(En ital. boja, bourreau, littérale- 
ment: serviteur, sergent ; en holl. 
bode, domestique.) "[Timmermans.] 

Brac # s. m. Nom propre. 

Brader v.a. Vendre de vieilles 
choses au rabais. A Lille, le se- 
cond lundi de la foire, (en sep- 



BRAILLARDE. — 47 



BRICOLE. 



tembre) est le jour de la braderie, 
chacun vend sur le trottoir les 
vieux objets dont il veut se débar- 
rasser. Cette vieille coutume 
donne ce jour-Là un aspect très 
l)ittoresqueà la ville. (Ang. to bar- 
tcv, troquer.) 

Braillarde # s.f. Caleçon. Du vx 
mot braies, culottes. 

Braire v.n. Pleurer. 

Braise s.f. Argent, monnaie. 
L'or est couleur de braise incan- 
descente. 

Braiser v. n. Payer. 

Braiseur s. m. Homme prodi- 
gue. 

Brancard s. m. Fille publique 
(vieille). — Bras ; « Je me con- 
nais en brancards de dames, c'est 
pas ça du tout. » [Macé, Mon pre- 
mier crime.] — Serrer le brancard, 
serrer la main ; (comparaison du 
bras avec un brancard). — Bran- 
card de laine, membre paralysé. 

Branche Q s.f. Ma vieille branche, 
mon vieux camarade, mon vieil 
ami. 

Brancher V. a. etv.n.0 Accrocher. 
(O) # Pendre. 

Brandillante = Brandilleuse 
s.f. Clociie, sonnette. 

Branlante s.f. Pendule. Cloche. 

Branlezinc s. m. Carillon. 

Branque s. m. Ane. S.pr. et fig., 
imbécile. 

Braquemart s. m. Membre 
viril. 

Bras a. Grand. — Avoir le bras 
long, être tout-puissant, influent. 

Brasser v.a. Falsifier. Brasser 
des faffes, faire de faux papiers. 

Brasset % a. Gros. 

Brave (O) s.m. Faire le brave, 
menacer. 

Bréchet O s.m. Estomac, «De pe- 
tites brassières qui ne leu venont 
pas jusqu'au brichet. » [Molière, 
Le festin de Pierre]. # Bréchet 



mouche, mauvais estomac. — 
Avoir le bréchet dans les gadins, 
avoir faim, m.<àm. avoir l'es- 
tomac dans les talons. — En ail. 
brechen, rompre. 

BréchetellesQ s. m. pi. Espèce de 
gâteau sec et cassant qu'on mange 
dans les brasseries. Ail. Bretzelf 
de brechen, casser. 

Bredoche s.f. Centime. 

Bredouille Q s.f. Etre bredouille, 
rentrer bredouille, rentrer de la 
chasse sans avoir rien tué, avoir 
manqué une affaire , ne pas 
avoir réussi dans ce qu'on cher- 
chait. De berdouilles, intestins : 
ennuyé, cm... [Ti.mmeh.mans]. 

Brëguilles % s.f. pi. Pierreries, 
joyaux. Corr. de broquille, v. 
cm. (2). 

Breloque s.f. Pendule. — Battre 
la breloque, avoir le cerveau dé- 
traqué comme une vieille pen- 
dule. 

Brème # s.f. Carte. Maquiller les 
brèmes, jouer aux cartes. — Brème 
de paquelin, carte géographique. 
— Etre en brème = Etre en carte^ 
être inscrite à la préfecture et 
avoir une carte de prostitution. 

Brêmer % v. Jouer aux cartes. 

Brémeur % s.m. Joueur de cartes. 

Brémier % s.m. Fabricant de. 
cartes. 

Bressant Q n.pr. Coiffure Dres- 
sant. Genre de coiffure comme 
la portait Bressant, artiste du 
Théâtre-Français. 

Bribauder % v.n. Vagabonder; ce 
mot se trouve avec ce sens dans 
le glossaire genevois de Jean 
Humbert. 

Bricabracologue Q s.m. Collec- 
tionneur de vieilles choses, ama- 
teur de bric-à-brac. 

Bricard s.n. Escalier. 

Bricheton s.m. Pain. 

Bricole s.f. Petite chose, travail 



BRICOLER. — 4 

mal payé. C'est de la bricole, ça 
ne vaut rien. Brin, branche, en 
ang. sprig. [Timmermans]. 

Bricoler v.a. et v.n. Travailler 
à des riens, à des bricoles, v.c.m. ; 
passer d'un travail à un autre, ne 
pas faire grand'chose de bon. 

Bricoller Q © v.a. Sacrifier à 
Vénus. 

Bricoleur s. m. =z Bricolier. 
Celui qui bricole, voy. bricoler. 

Bricule # s. m. Officier de paix, 
pour circule, mot déf. ; l'officier 
de paix circule et fait circuler. 

Bride s. f. || 1.0 Chaîne de montre. 
Il 2 # Menottes. || 3 # Chaîne de 
forçat. 

Brider % v.a. || 1. Interdire, dé- 
fendre. Brider la lourde, interdire 
la porte. — Etre bridé à la clé, 
être en interdiction de séjour. 
Il 2. Ferrer un forçat. 

Bridoux % s. m. Fou. 

Briffe 9 s.f. Nourriture, pâture, 
mangeaille, subsistance, pain. Pas- 
ser à briffe, aller manger. Var. de 
brouter. [Timmermans], 

N'importe où nous nous empâtons 
D'arlequins, A'briffe et d'rogatons. 

(J. RicHEiMN, Ch. des Gueux). 

Briffer V.n. Manger. Engr. cpépS'o, 
je mange. [Timmermans.] Énfr. brif- 
fer, bouffer, manger avidement. 

Brigadier s. m. jl 1. Chef des 
garçons dans un grand établisse- 
ment public. Il 2. = Gemdre, pre- 
mier garçon boulanger. 

Brigands s. m. pi. Cheveux; par 
j.d.m. sur bringe, brosse. 

Brigante % s.f. Perruque, voy. 
Brif/ands. 

Brigeants s. m. pi. Voy. Bri- 
gands. 

Brignolet s. m. Pain. 

Brillard # s. m. Pièce d'or, (elle 
brille). 

Brimade O s.f. Épreuve vexatoire 
infligée aux nouveaux arrivés, 



— RRISEUR. 

dans une école ou au régiment. 
On brise les nouveaux arrivés 
comme on fait d'une chaussure 
neuve qu'on veut accommoder à 
son pied. Ang. to break a horse, 
dresser un cheval. 

Brimard (B) % s. m. Bourreau, 
voy. brimade. 

Brimer Q v.a. Infliger une brimade, 
v.c.m. 

BrimeurO s. m. Celui qui inflige 
une brimade, ceux qui la font 
subir. 

Brindezingue 0a. |1 Livre. « /i 
estenbrindezingue. Il est dans les 
brindezingues ». Du vx mot brinde, 
libation, et zing, en arg. comp- 
toir, « fiotVe sur le zing )>. || 2. 
Voy. Bastringue (2). 

Bringue s.f. Une grande brin- 
gue, femme nonchalante et dé- 
gingandée ; du prov. bringo; 

Grande bringo, dounas vous gardo. 
[J. Foucault.] 

Mettre en bringues, mettre en 
morceaux: briser; de Tall. bre- 
chen, m. s. 

Brioche Q voy. boulette. 

Briolet s. m. Piquette, petit vin 
de Brie. [Larchey.] 

Briquet Q s-"^- ^oy* Battre (14). 

Brisacque0 s.m. Vacarme à tout 
briser. 

Brisant # s.m. Vent. (Du fr. brise, 
vent léger.) 

Briscard s.m. Vétéran, vieux 
troupier (il porte des binsques, 
v.c.m.); par ext., ancien, vieillard. 
Lat. priscus, ancien. 

Briser Q v.a. | [ i.Se la bnser, s'en 
aller, s'enfuir. <( Briser ou brûler 
la politesse. » || 2. (Typ.) Inter- 
rompre le travail. || 3.' # Escro- 
quer. 

Briseur s.m. Celui qui achète 
de la marchandise et qui disparaît 
sans la payer, il se la brise. 



BRISQUARD. 



— 49 — 



BROYER. 



Brisquard s. m. voy. Briscard. 

Brisque s.f. || 1. (mil.) Galon, 
chevron. Vieille brisque y vieux 

^ troupier. || 2. # Année. 

Brisure s.f. (typ.) Temps d'arrôt 

«5^ dans le travail. # Escroquerie. 

!^ Voy. Briseur. 

Brobuante # s.f. Anneau, bague. 

Broc0 s. m. voy. bredoche. 

Brocante s.f. Brocantage, du 
vx.m. brocante, perche où l'on 
suspendait la marchandise. — 
Bague. 

Broche O s.f. Petite valeur com- 
merciale. 

Broches s.f. pi. Dents. Broches 
rouilk'es^ dents gâtées. 

Brochet s. m. Souteneur. Brochet 
à la mie de pain, jeune souteneur. 

Brocquans (V) s. m. pi. Bagues, 
joyaux, bibelots, petits objets; du 

^ bas lat. abrocator, qui désigne 

^ celui qui fait le commerce de ces 
objets. 

Brodage # s. m. Ecriture. 

Brodancher v.a. = Broder. 
Ecrire. — Brodancher la couenne, 

'^ tatouer. 

Brodancheur s. m. Brodeur. 
Il 1. Ecrivain, jj 2. Brodancheur à 
la plaque, aux macarons, à la cym- 
bale, notaire, huissier, à cause 
des panonceaux qui sont à la 
porte. Il 3. Tatoueur. 

Broder # || 1. voy. Brodancher \.r. 
Il 2. Exagérer. « Broder une his- 
toire. » 

Brodeur voy. Brodancheur s. m. 
Brodeuse s.f. || 1. Pédéraste. 
11 2. Plume pour écrire. 

Bronze (St-G.) s. m. Artilleur, ar- 
tillerie. 
Broquillage % s.m. Tromperie qui 
consiste à vendre du strass pour 
du diamant, du cuivre pour de For. 
JBroquille s.f. H 1. # Minute. Deux 
plombes trente broquilles, deux 
heures trente minutes. H 2. Bague, 



boucle d'oreille. On trouve dans 
Villon Brocquans avec ce sens. 
Il 3. Chose sans valeur. N'en pas 
faire une broquille, ne rien faire ; 
du gr. ppa/uç, petit. — Vol à la 
broquille voy. broquillage. 

Broquilleur' s.m. Voleur qui 
vole les bijoutiers en substituant 
le strass au diamant. [Colombey.] 

Brosse s.f. || 1. voy. Zu^ H 2. 
(Typ.) Imprimer à la brosse, im- 
primer sans presse. 

Brossée O s.f. Raclée, s.pr. et 
fig. Recevoir une brossée, perdre 
beaucoup de parties au jeu. 

Brosser Q v.a. Brosser quelqu'un, 
le battre, s. pr. et fig. Brosser 
quelqu'un aux dominos, au jacquet, 
le gagner. — Se brosser le ventre, 
ne pas manger, et par ext., se 
passer d'une chose, se brosser. 

Brouée s.f. || 1. Correction, jj 
2. Fuite. « Tous mes grains ont 
pris la brouée ». {Vie de saint 
Christophe, Mvstère de maître 
Chevalet, Grenoble 1530.) 

Brouer # v. a. Transporter, ce 
mot a fait le mot fr. brouette. 

Brouillard s. m . Chasser le brouil- 
lard, prendre un verre le matin. 
=: Tuer le ver. — Etre dans les 
brouillards, être légèrement ivre. 
Faire du brouillard, fumer. 

Brouillotte s.f. # La nuit. 

Broussailles s.f.pl. Etre dans les 
broussailles, être ivre. — Che- 
veux en broussailles, cheveux en 
désordre. 

Brouta(St-C.)s.m.Discours=I<aïus. 
Du nom d'un professeur excellent 
orateur. 

Brouter0v.a. H l.Manger. jj 2.Gro- 
gner. 

Broutiller Q v.a. et n. Parler de 
choses sans importance, de vé- 
tilles. 

Broyer Q v.a. Broyer du noir, 
être triste, chagrin, ennuyé. 

4 



BRUAiNT. 



— 50 — 



BUVEUR. 



Bruant (B) # s.m. Le tonnerre ; 
pour bruyant. 

Bruge # s.m. Serrurier. Du vxfr. 
bruger^ frapper. 

Brugerie s.f. Serrurerie. 

Bruit (O) s.m. Renom, re- 
nommée. 

Brûlage s.m. Débâcle. 

Brûlant # s.m. Foyer, feu. [J. Ri- 

CHEPIN.] 

Brûlé a. |1 1. Usé. Je suis brûlé 
chez mon tailleur, mon crédit est 
fermé, jl 2. Démasqué. « Le truc 
est découvert, il est brîilê. )> 

Brûlée s.f. Correction. 

Brûle-gueule s.m. Pipe si 
courte qu'elle brûle la bouche du 
fumeur. 

Brûler O \.B,.Enbrùler une, fumer 
une pipe, une cigarette. — Brûler 
une voiture, la dépasser avec une 
autre. — B^mler les planches, jouer 
la comédie avec verve, entrain. 
— Brûler du sucre, lorsqu'on a dû 
subir un spectacle répugnant, été 
en contact avec un individu taré, 
on dit : brûlons du sucre, comme 
on ferait pour assainir un endroit 
infecté. — Brûler la politesse à 
quelqu'un, s'en aller sans l'aver- 
tir. — Vous brûlez! vous appro- 
chez du but, vous y êtes presque. 
Ça brûle, vous êtes sur le point de 
trouver. — # Brûler le pégriot, 
effacer la trace d'un vol. 

Brulotte # s.f. Lanterne. 

Brunette # s.f. La nuit. 

Brusslon (B) s.m. Maréchal. 

Brutal (V)s.m. Canon. Faire tousser 
le brutal, tirer le canon. 

Bu a. Etre bu, être gris. « Tsuis 
bu. » 

Bûche s.f. Allumette. Bûche 
plombante , allumette qui sent 
mauvais. 

Bûcher 0v.n. Travailler avec cou- 



rage et acharnement. — Se bû- 
cher, se battre. 

Bûcherie s.f. Lutte, rixe, ba- 
taille. 

Bûcheur s.m. Travailleur 
acharné. 

Budgétivore O s.m. Celui qui vit 
aux frais de l'Etat, sans rendre 
des services suffisants : il grève le 
budget. 

Buenretiro Q s.m. |[ 1. Maison de 
campagne || 2. Cabinet d'aisances. 
Motesp., bonne retraite. 

Buffet s.m. Corps humain, 
ventre. — Danser devant le buffet^ 
n'avoir rien à manger. — Rémou- 
leur de buffet, joueur d'orgue. 

Buif0 s.m. Cordonnier. 

Buquer v.n. || 1. Voler dans 
une boutique en demandant de la 
monnaie. [Vidocq.] Yoy. Boucard. 
Il 2. Battre très fort comme 
avec une bûche, dérive de bûcher 
m. s. 

Bureau (mil.) s.m. Bureau arabe, 
absinthe avec de l'orgeat, (en 
Afrique). — Bureau d£S pieds, 
salle de l'anthropométrie à la pré- 
fecture de police. 

Burettes s.f.pl. Paire de pis- 
tolets. 

Buriner v.n. = Bûcher. Tra- 
vailler. 

Burlin = Burlingue 9 s.m. Bu- 
reau. — Burlingue du quart, com- 
missariat de police. 

Burnes s. f. pi. Testicules. 

Bustingue # s.f. Hôtel garni. 

Butre # s.m. Plat. 

Butte (la) # s.f. L'échafaud. 

Butter v.a. Il 1 . Tuer, assassiner. 
Il 2. Guillotiner. 

Butteur s.m. || 1. Assassin. 
Il 2. Bourreau. 

Buyreur O s.m. Buveur d'encre, hu- 
reaucrate. 



— 51 — 



CABOTIN. 



C. s. m. Etre un c, êlrc un 
imbécile, un niais, Abrcv.). 

Ça pr. déni. — C'est ça, c'est 
bien, c'est très bien. — Pas ça, 
rien du tout. — Il a de ça, il est 
riche, il est fort, il a de res})rit. 
("elle phrase se complète généra- 
lement par un signe explicatif. — 
Elle a de ça, elle a une opulente 
poitrine. — Faire ça = Faire le 
truc y faire l'amour, se prostituer. 
« Entre voler et faire ça, elle ai- 
mait mieux faire ça.» [Ass. Zola.) 

Cab O s. m. || 1. Voilure anglaise 
dont le cocher se trouve derrière, 
sur un siège élevé; c'est le tiacre 
de Londres, jj 2. Abrév. de cabo- 
tin, v.c.m. Il 3. Chien, abrév. 
de cabo. 

Cabande0s.f. Chandelle. Estour- 
btr la cabande, éteindre la chan- 
delle. 

Cabanon O s. m. Maison de cam- 
pagne en Provence. 

Gabks s. m. Vieux chapeau. 
— Vieux cabas, vieille femme 
mal attifée. 

Cabasser v.n. |I 1. Médire. 
Il 2. Tromper (vx fr.) j| 3. Voler. 

Cabasseur s. m. Celui qui trahit 
ses complices par ses indiscré- 
tions. 

Gabasson s. m. Chapeau de 
femme démodé. 

Cabe s.m. || 1. voy. Cabo (2) = 
Cleb. Il 2. Elève de troisième 
année à l'Ecole normale. 

Cabéce0 s.f. Tête. 

Gabermon # s.m. =: Caber- 
muche. Marchand devin, désigne 
l'établissement et aussi celui qui 
le lient. Du fr. cabaret. 



Cabestan s.m. Agent de police, 
officier de paix. [Delvau.] Par 
j.d.m. sur cabo, chien de garde. 

[TlMMERMANS.] 

Cabillot (mil.) s.m. Soldat à bord 

d'un navire. 
Cabinet s.m. Aller au cabinet, 

aller à la selle. 
Câble s.m. Câble à rimouque^ 

amarre de louée. 

C'est le coup des hâleurs et du câble à rimouque. 
(J. RiGHEPiN, la Mer.) 

Cabo s.m. || 1. Abrév. de cabo- 
tin, v.c.m. Il 2. Chien (de c/a6aa(f, 
qui a fait dabauder, crier, abover). 

Cabochard s.m. || \. téta. 

Nous somm's rien balli ! nous (épatons 
Du cabochard AUX trottignollcs. 

(J. RiGHEPiN, La Chanson des Gueux.) 

Il 2. Chapeau. En fr. la caboche 
est un clou court à grosse tête. 
Caboche s.f. Tête. 

Entrant je me heurte la caboche et le pié. 
Dont je tombe en arrière, estourdi de ma clieule. 
(M. Régnieb, Sat. XI.) 

Cabochon s.m. || 1. Bosse à la 
tête produite par un coup. || 2. 
(Typ.) Vignette. || 3. (O) Cabochon, 
de rubis (met.) Prépuce. 

Cabosse s.f. = Caboche. Tête. 

Cabot s.m. Il 1. Abrév. de cabo- 
tin, \. cm. li 2. Caporal. || 3. Chien. 
— Cabot du quart d'œil, secrétaire 
de commissaire de police. 

Cabotin O s.m. Acteur. Ce mot & 
toujours un sens méprisant; de 
cabaust, auberge. [Ducange.] Les 
comédiens parisiens méprisent 
leurs confrères-ambulants réduits 
à jouer dans les cabots en pro- 
vince. 



CABOTINAGE. 



52 



CAFÉ. 



Cabotinage Q s. m. Action de 
jouer la comédie., de cabotiner. 

Cabotiner v.n. 1| 1. Faire le métier 
de cabotin, courir le cachet dans 
les caboulots. \\ 2. Fréquenter les 
cabotins. Le cabot est le chien, 
ainsi nommé parce qu'il jappe, 
c'est-à-dire exerce son javeau ou 
gaviot pour aboyer. Par une allu- 
sion méprisante, il devient le nom 
de l'acteur. Cabasser pour jaboter 
rappelle également le gaviot ou 
la jappe. [Timmermans.] 

Caboulot s, m. Cabaret infime. 

Cabriole s.f. Faire la cabriole, 
faire l'amour. <( La petite madame 
Yigouroux faisait la cabriole du 
matin au soir dans son charbon. 
{l'Ass. Zola). » voy. Cambriole. 

Cabriolet s. m. \\ 1. Hotte de 
chiffonnier. 1| 2. Corde mu- 
nie de deux poignées qui sert à 
tenir les malfaiteurs par le poi- 
gnet. Il 3. Trique. 

Cabrioleur s. m. voy. Cam- 
brioleur. 

Cabrion s.m Gamin méchant 
et taquin. 

Cachan (O) n.pr. Aller à Ca- 
chan se cacher. (Arcueil-Cachan, 
J.d.m.) 

Cachemar % s.m. Cachot. 

Cachemire Q s.m. Torchon. Don- 
ner un coup de cachemire, essuyer. 
« Garçon, un coup de cachemire )k 
— Cachemire d'osier, hotte; (se 
met sur le dos comme un chàle 
de cachemire.) 

Cache-misère s.m. Yêtement 
ample qui cache de vieux vête- 
ments qu'on use par dessous. 

Cachemite % s.m. Cachot. 

Cache-laid=Cachenezs.m.(O)0 
Masque. 

Cacher v.a Manger. 

Cachet Q s.m. Soufflet, gitle. 

Cacique (écol.) s.m. Premier de 
section ; (Ecole normale.) 



Cadavre s.m. || i. Corps hu- 
main. Se refaire le cadavre, se 
réconforter. Promener son ca- 
davre, se promener en tlânant. 
Se garnir le cadavre, manger. 
Il 2. Méfait secret. Savoir oii est 
le cadavre, avoir la preuve que 
q.q. a commis une mauvaise ac- 
tion. Il y a un cadavre entre eux. 
il y a complicité. || 3. Bouteille 
vide. Il 4. Jouer le cadavre, s'a- 
charner au jeu après un banquier 
dans une période malheureuse. 

Cadelle # s.f. Chaîne de montre. 

Cadène = Cadenne % s.f. Chaîne. 
Du latin catena, chaîne, ce mot 
est français et désignait autrefois 
la chaîne de fer servant à attacher 
les forçats. En fr. cadenas, ser- 
rure mobile. 

Cadet s.m. || 4. Derrière. 
Il 2. # Paquet d'objets volés. 
Fargué du cadet, chargé d'objets 
volés. Il 3. # Instrument qui sert 
à forcer les portes. 

Cadichon # s.m. Montre (semble 
dériver de cadran). 

Cador s.m. = Cabot. Chien. 
Cador du quart d'œil = Chien du 
commissaire, secrétaire de com- 
missaire de police. 

Cadouille (mil.) s.f. Gourdin. 

Cadran s.m. Montre. — Cadran 
solaire, derrière. 

Cadratin (typ.) s.m. || 1. Morceau 
de fonte plus bas que les lettres 
pour ménager des espaces blancs. 
IJ 2. Chapeau haut de forme. 

Cafard Q s.m. Avoir un cafarddans 
le choubersky = être toqué, timbré. 

Cafarde # s.f. La lune (elle se 
cache parfois derrière les nuages). 

Cafarderv.n.etv.a. || l.Q Espion- 
ner, rapporter des propos malveil- 
lants, dénoncer hypocritement. 
Il 2. fmil.) Protéger. 

Café s.m. Prendre son café, rire 
aux dépens de q.q. 



CAFETIÈRE. 



— 53 



CALEBASSE. 



Cafetière © s,f. Tête, visage. Se 
mouiller la cafetière^ se griser. 

« Oh<5 ! Durondard, tu t'es mouillé la caf- 

tière. » 

Cafignon (O). s. m. Puanteur. 

Gafiot s. m. Café mauvais. 

Cafouiller v.a. Chercher. Augm. 
de fouiller. 

Cage s.f. Atelier vitré. — Il na 
plus de mouron sur la cage^ il n'a 
j)lus de cheveux sur la tôle. 

Cageton # s. m. Hanneton. 

Cagnardier (O) % s. m. Gueux. 
Du lat. canis, chien. 

Cagne s.f. || 1. Chienne hargneuse. 
Il 2. =: Cogne, v.c.m. |1 3. (O) 
Prostituée. 

Cagner v.n. Etre lâche, pares- 
seux. 

Cagnotte O s.f. || i. Bénéfice du 
jeu réservé pour une dépense en 
commun. || 2. La tirelire qui ren- 
ferme ce bénéfice. En fr. une ca- 
gnotte est un petit cuvier pour la 
vendange, en usage dans le Lot- 
et-Caronne. 

Cagou # (B) s.m. Lieutenant du 
grand Coe.sredans la confrérie des 
gueux. Dans Targ. moderne, vo- 
leur qui instruit les autres. 

Cahuah s.m. Café, dans l'arg. des 
soldats d'Afrique. 

Caillasse s.f. Graviers, cailloux. 

Caille s. f. Caille coiffée, femme 
amoureuse. 

Caillé # s.m. Poisson, (il porte des 
écailles, généralement). 

Cailli s.m. Cresson de fontaine, 
(patois rouennais ) Pour caille- 
lait. 

Caillou s.m. Il 1. Tête. Se sucer 
le cnillou, s'embrasser. — Caillou 
déplumé , ch au ve . — N'avoir p lus de 
mousse sur le caillou, n'avoir plus 
de cheveux sur la tête. |1 2. Dupe. 
Avoir son caillou, avoir trouvé 
une dupe. 



Caïman s.m. Mendiant. En fr. 
quémander, mendier. 

Caire ("V) s.m. Argent, richesse. 
D'après A.Vitu, ce mot signifie 
plutôt richesse et se confond avec 
mine, apparence, d'où il dérive. 
C'est en wallon la forme du mot 
lat. cara, venant du gr. xapa, tête : 
fr. chère, signifiant visage. 

Les dupos sont privez de Caire. 

(Villon.) 

Caisse O s.L Battre la caisse, parler 
de soi, se faire de la réclame. — 
Caisse d'épargne, bouche. 
Mettre à la caisse d'épargne, man- 
ger. % Caisse signifie» au milieu >», 
indication du honneteur à son 
compère. 

Caisson (mil.) s.m. La tête. — Se 
faire sauter le caisson, se brûler 
la cervelle. 

Calabre # s.f. Teigne; défor- 
mation de « glabre » qui signifie 
dépourvu de poils, et de calotte, 
m s. 

Calain s.m. Vigneron. Corr. de 
Calvin. 

Calance (lyp.) s.f. Chômage. 

Calancher 9 v.n. Mourir; [Riche- 
pin, Césanne] de caler, j m. s. 
avec le suffixe anche. 

Calande # s.f. Promenade. 

Calandriner v.a. Se promener- 
(faire une calande) = polir l'as- 
phalte. En fr. calandre, cylindre 
pour lustrer les étoffes. — traîner 
la misère. 

Calbombe s.f. Bougie, torche, 
falot. Yar. de cabande. 

Calé O ^- ^' ^s^ ^'^^^ ^" histoire, 
il connaît bien l'histoire. — Etre 
calé, avoir de Targent, être à son 
aise. — J'suis calé, je suis bien 
là, je ne bouge plus. 

Calebasse s.f. Tête. — Femme 
grande et maigre, mal habillée. 
— Vendre la calebasse, dénoncer. 



CALÈCHE. 



— 5-^ 



CAMBRIOLEUR. 



— Les càlebassefij s.f.pl. Seins 
tombants. 

Calèche s.f. Calèche du préfet, 
voilure cellulaire. 

Galège s.f. Femme galante, 
élégante (femme calée). 

€alence (typ.) s.f. voy. Calance. 

Caler # v.n. et \\pr. Chômer. 
Caler des boulins, ne rien faire, 
m. à m. faire des trous. — Caler, 
pour caner, v.cm, (1), (2). — Se 
saler, se poser, se dresser. — Se 
ealer les amygdales, boire. — Se 
caler les joues, se les caler, manger, 

— Caler sa hiture, vomir après 
s'être enivré. 

Caleter # v.n. S'en aller, se sau- 
ver, s'enfuir. 

Caleur0 (typ-) s. m. 1| 1. Ouvrier 
qui travaille à l'heure, -qui n'a 
pas un travail régulier ou qui 
ehôme. [12. Garçon de café qui 
travaille en extra, j] 3. Flâneur. 
De l'ail, kellner. m. s. 

(Haliborgne s. m. Borgne; ébor- 
gpé d'un calot. 

Salicot Os. m. Employé de la nou- 
veauté. — Calicote, employée ou 
femme d'employé de la nouveauté. 

Galijatte % s.f. Cachot. Boulotter 
de la calijatte, être au secret, se 
dit aussi d'un prisonnier puni de 
cachot. 

Galin s. m. Tonnelet d'étain dont 
se servent les marchands de coco. 

« Les clients vont gratis à la Wallace. 
Mon câlin reste plein -, je suis un daim ! » 
[J. RrcHEPiN, Chans. des Gueux."] 

Le «câlin » est une composition 
de plomb et d'étain dont l'alliage 
et l'usage viennent de la Chine. 
®aIino O s. m. Homme naïf, auquel 
on attribue des réflexions plus 
niaises les unes que les autres. 
« J'ai commandé deux pantalons 
à mon tailleur, dit Calino, mais 
]Q suis inquiet, parce qu'il ne m'a 



pris mesure que d'un. » Du vieux 
mot câlin niais. 

Calinotade Q s.f. Naïveté. 

Calinte # s.f. Culotte. 

Callot s. m. voy. Calot. # Dé à 
coudre, coquifle de noix. Du fr. 
calotte, petit bonnet, qui lui- 
même vient du vx mot cale, ca- 
puchon. On « écale » les noix. 

Galoquet s. m. 1| \. Chapeau 
de femme |j 2. Couronne. |1 3. 
Voy. Callot. 

Galorgne s. m. Borgne. Var. de 
caliborgne,].à..m. sur lorgner. 

Calot s.m. voy. Ca//o«, Biribi (1) 
Il 1. Teigneux (la teigne couvre 
la tête comme une calotte). 
Il 2. Œil. 

« La boucli' plus p'tit' que les calots, » 

[RiCHEPIN.] 

Calotte S.f, H I.Teigne. |] 2.Gif[e. 

Calottée O s.f. Boite de fer-blanc 
pour mettre des asticots (pê- 
cheurs). 

Calotter Q v,a. Gifler. 

Calottin Q s. m. Prêtre, homme 
d'église (le prêtre, le bedeau por- 
tent la calotte). 

Calouquet Q s. m. Étudiant en 
médecine. 

Calvados Q s. m. Eau-de-vie de 
cidre, u U?i calvados, garçon! » 
un verre d'eau-de-vie de cidre. 

Calvigne s.f. Vigne. M, déf. 

Calvin 9 s. m. Raisin, 

Camarde (la) # s.f. La mort. 

Camarder 9 v.n. Mourir. 

Camarluche s. m. = Camaro 
= Gamerluche, Camarade, ami. 

Camboler v.n. Tomber, 

Cambouis (mil.) s. m. Soldat du 
train. 

Cambriau # s. m. = Combrieu. 
Chapeau. 

Cambriole s.f. Chambre, qu'on 
écrivait autrefois cambre. 

Cambrioleur Q s. m. Voleur qui 
dévalise les chambres, les appar- 



CAMBRIOTTE. 



55 — 



CAMPECHE. 



temenls, même les maisons, à 
l'aide d'escalade et d'effraction. 

Cambriotte s.f. =: Cambriole. 
Petite chambre. 

Cambronne! n. pr. Q Merde! 
v.c.m. Victor Hugo dans les Misé- 
rables (2»^ partie, livre I, chap.xiv) 
décrit la bataille de Waterloo et 
termine ainsi : « Un général an- 
glais, Colville selon les uns, Mait- 
land selon les autres, leur cria : 
Hraves Français, rendez -vous! 
C.ainbronne répondit : Merde ! » 

Gambrouse 9 s.f. || 1. La cam- 
pagne, la banlieue de Paris. 
Il 2. Servante de la campagne. 

Gambrouser v.n. Servir, être 
en service. 

Fonce ta largue, et qu'elle aboulc 
Sans limace nous cambrouser. 

(RlCHEPIN.) 

Gambrousien s. m. voy. Gam- 
brousier. Paysan, campagnard. 

Cambrousier H^ s.m.jjl. Voleur 
de campagne, vagabond. || 2. Au 
marché du Temple, les camhrou- 

' siers faisaient indistinctement 
commerce de linge ou de meubles, 
d'objets de toilette ou de ferrailles. 
[Larchey] [Petit Journal, 65.) \\ 
3. Paysan, campagnard. 

Cambroux0 s. m. Valet de ferme, 
domestique, garçon d'hôtel. Vxfr. 
camperoux. 

Gambuse s.f. || 1. Cantine. 
Il 2. Logis, chambre, petite mai- 
son. 

Camelot s. m. || 1. Crieur de 
journaux, petit marchand de la 
rue qui vend des objets de peu de 
valeur. Le camelot (du lat. came- 
ius, chameau) était une étoffe 
grossière et commune, en poil de 
•chameau ou de chèvre. Coesme, 
qui signifie « bon mercier » dans 
le langage blesquien, a fait coes- 
melotier, marchand, coesmelotrie, 
mercerie; nous voyons donc dans 



t 



ces mots l'origine du mot camelot 
et de ses dérivés. || 2. Voleur. 

Camelote # s.f. Marchandise. 
Camelote en pogne, camelote dans 
le pied, flagrant délit de vol. Voy. 
Camelot. 

Cameloter Q v.a. 1| 1. Vendre. 
Il 2. Vendre ou acheter des mar- 
cliandises de basse qualité, ou de 
j)eu de valeur. Voy. Camelot. 

Camelotier O s. m' Celui qui vend 
(le la marcliandise de qualité infé- 
rieure. Voy. Camelot. 

Camerluche s. m. = Camar- 
luche. Camarade, ami. 

Camisard (mil.) s. m. Soldat des 
compagnies de discipline . Us 
portent une blouse blanche sem- 
blable à une <( chemise ». 

Camoufle s.f. Chandelle. Allus. 
au camoullet sorte de chalumeau 
pour envoyer de la fumée au nez 
de quelqu'un, la chandelle est 
fumeuse. 

^Camouflé a. Travesti, déguisé. 
Du fr. camo, coquille et moufle 
ou mufle, museau, visage. 

Camouflement # s. m. Travestis- 
sement, déguisement. 

Camoufler v.a. # Frelater. Camou- 
fler la bibine, frelater la boisson. 
Camoufler le pivois, frelater le 
vin. — Se camoufler, se déguiser, 
se grimer. 

Camouflet % s. m. Chandelier. 
Par j.d.m. sur camouflet, fumée 
qu'on souffle sous le nez dans un 
tuvau de papier en forme de chan- 
delle. 

Camp s. m. Fiche le camp, s'en 
aller. 

Campage # s. m. Fuite. 

Campagne s.f. Aller à la campa- 
(y7ze,sedit d'une femme qui va faire 
un séjour forcé à la prison de 
St-Lazare. 

Campe # s.f. Campagne, pays. 

Campêche s. m. Vin de mauvaise 



CAMPER. 



56 — 



GANTER. 



qualité. « Un verre de chdteau- 
campéche. » 

Camper v.n. Fuir, pour dé- 
-camper. En fr. avoir campos, 
avoir la clef des champs. 

Camphre s. m. Eau-de-vic. En 
médecine, on emploie l'eau-de-vic 
« camphrée». On a d'abord dit un 
camphré pour un homme alcoolisé. 

Camphrier s. m. Buveur ou 
marchand d'eau-de-vie. 

Camus (O. 1556), a. Demeurer 
camus, être étonné. 

Camuse s.f. Carpe. Elle a le 
museau court et plat, camus. 

Can (V) s. m. Chef. De khan, chef 
tartare. 

Canage s.f. Agonie. De l'ex- 
pression fr. faire la cane (m. à m. 
faire le plongeon dans l'éternité). 

Canaille O s.f. Franche canaille. 
Fieffée canaille. « Le bon peuple, 
dans cette expression « une fran- 
che canaille », met un peu de 
pardon gouailleur, un rien d'in- 
dulgence. Il a raison. Tout vaut 
mieux que l'hypocrisie. » [Fr. 

COPPÉE. ] 

Canapé s. m. Lieu de rendez- 
vous des pédérastes. 

Canard Q s. m. || 1. Journal. 
(I 2. Fausse nouvelle, feuille qui 
l'annonce et que l'on crie dans la 
rue. Il 3. Fausse note dans une 
exécution musicale. — « Mon petit 
canard », mot d'amitié. (De quan- 
quan, qui est devenu le mot ca- 
nard; il se retrouve dans cancan, 
dire sans fond et souvent mal- 
veillant : ainsi jaser rappelle 
l'ang. goose, oie, eljarguer, jar- 
viller, le jars, le mâle de l'oie. 
Le canard fait des contes comme 
la mère l'oie). [Timmermans.] 

Canarder v.a. Tromper, racon- 
ter des mensonges. — Canarder 
sans faflot, chasser sans permis. 

Canardier Q s.m. || 1. Journa- 



liste. Il 2. Fabricant de fausses- 
nouvelles, celui qui les annonce 
et qui les propage. || 3. Composi- 
teur à l'imprimerie d'un journal. 

Canasson s.m. Cheval. Vieua: 
canasson, vieille rosse. — Mon 
vieux canasson! mot d'amitié. 

Cancan s.m. Danse échevelée 
qui a précédé \e chahut vers i830. 

Cane s.f. La mort. Voy. Canapé. 

Caneçon s.m. Caleçon. 

Est-c'qu'un mâle a besoin d'iimace, 
B'can'çon, d'flancir? C'est d' la grimace. 

(RiCHEI'IN). 

Caner v.n. H 1. Avoir peur ou 
faire la cane. || 2. Mourir. Caner 
la pégrenne, mourir de faim. || 
3. Aller à la selle ; la peur donn& 
la colique. 

Caneur s.m. Poltron. 

Canfouine s.f. Chambre, cham- 
brée. 

Caniche s.m. Ballot; (les coins, 
forment des oreilles comme celles, 
d'un caniche). — Se mettre un 
caniche sous Vceil, porter un 
monocle. 

Canicide O s.m. Celui qui tue les 
chiens, ennemi des chiens. « Lozé 
le Canicide. » M. Lozé, préfet de 
police, en 1892, prit un arrêté 
déclarant que tous les cliiens 
trouvés sur la voie publique se- 
raient tués. (Ce mot est fr.) 

Canne s.f. || i. Q Casser sa canne. 
Mourir. || 2. # Rompre son ban. — 
Etre en canne, être en résidence 
obligée. Il 3. ^Flanquer sa canne,. 
donner son congé. 

Canner v.a. voy. Caner. 

Canon s.m. Verre. « Siffler un 
canon sur le zinc. » 

Canonnier # s.m. Voleur qui 
fracture les portes. 

Cantaloup O s. ni. = Melon. Im- 
bécile, niais. 

Canter (sport) s.m. Galop d'essai. 



GANTER. 



— 57 — 



CARAFE. 



Ganter v.n. Pour chanter. 
((■ Faire canter quelqu'un. » 

Cantharidë a. Leste.» Un dessin, 
un tableau cantharidé, une chro- 
nique cantharidèe. » 

Canton % s. ni. Prison. Du fr. 
cantonner, séparer, isoler. 

Cantonnier % s. ni. Prisonnier. 

Ganulant a. Embêtant, obsé- 
dant. 

Canule s.f. = Raseur. Homme 
importun, ennuyeux. 

Canuler v.a. Ennuyer, impor- 
tuner. 

Caoutchouc s m. Mont-de- 
Piété. Le caoutchouc prête, (s'é- 
tire) (j.d.m.) 

Capahuter v.a. Assassiner son 
complice pour s'approprier sa part 
du butin. 

Cape # s.f. Écriture. 

Capet s. m. Chapeau. 

Capine # s.f. Maison de l'écrivain 
public. 

Capir v.a. Ecrire. 

Capiston (mil.) s.m. Capitaine, 
adjudant-major. 

Capitaine s.m. |I 1. Agioteur 
véreux ; (pour capitaliste). 

Capitainer v.n. Faire des affai- 
res véreuses, agiotera la Bourse. 

Capital O s.m. Virginité. « Perdre 
son capital ». 

Capiteux O ^- Q"i monte la tête. 
« Un vin capiteux, une femme 
capiteuse. » 

Capitonner (se) v. pr. Se vêtir 
chaudement. 

Capitulard O s.m. Lâche, soldat 
qui capitule, homme qui se dé- 
robe. 

Caporal O s.m. Certaine qualité 
de tabac à fumer. — Le petit Capo- 
ral, Napoléon !•"■. 

Capot (thé.) s.m. Trou du souf- 
fleur. 

Capote O s.f. Capote anglaise, 
préservatif. — Chercher la capote, 



chercher à faire son partenaire 
capot au jeu de cartes. 

Capou # s.m. Ecrivain public. 

Caprice O s.m. Foucade en amour. 
Faire des caprices, se dit d'un 
homme qui a du succès auprès 
des femmes, et réciproquement. 

Capsule s.f. Chapeau haut de 
forme, shako d'infanterie. 

Captif O a. Promener son ballon 
captif, donner le bras à une femme 
enceinte. 

Capucin (chas.) s.m. Lapin de 
garenne, lièvre. 

Capucine s.f. Etre soûl jusqu'à la 
troisième capucine ^ être complè- 
tement ivre. 

Caquer v. n. Aller à la selle. 

Car O s.m. Tramway. Le mot car^ 
vient de char (qui lui-même a fait 
canosse), aurait plus de raison 
d'être dans le dictionnaire fran- 

, çais que le mot ang. tramway. 
Dans le Nord on nomme carton 
riiommc qui conduit les chariots. 

Carabin Q s.m. Etudiant en mé- 
decine. — (O) # Carabin de la 
comète^ voleur. 

Carabiné O s- Energique, forL 
violent. r= Corsé — Avoir un plu^ 
met carabiné, être gris. — Une gui- 
gne carabinée, déveine persistante, 

Carabiner Q v.n. Jouer timide- 
ment. [Delvau.] 

Carabiniers O s.m. pi. Arriver 
comme les carabiniers, arriver en 
retard. Dans les Brigands, opérette 
d'Offenbach, l'acteur Baron com- 
mande une patrouille de carabi- 
niers et tout son rôle consiste à 
traverser la scène plusieurs fois 
dans la pièce en disant : 

Nous sommes les carabiniers, 
La sécurité des foyers. 
Mais, par un mallieurcux hasard, 
Au secours des particuliers 
Nous arrivons toujours trop tard. 

Carafe s.f. Bouchons de carafe^ 



CARAMBOLAGE. 



— 58 — 



CARME. 



strass, diamants faux de dimen- 
sions exagérées. Voy.RoMC^Oîi. — 
Fouetter de la carafe, sentir mau- 
vais de la bouche . — Faire rire les 
carafes, faire rire les personnes 
les plus graves. 

Carambolage s. m. Chocs suc- 
cessifs, chute. 

Carambole # s.f. Vol à l'éta- 
lage. 

Caramboler v.n. || 1. Tom- 
ber, se heurter. [| 2. Sacrifier à 

, Vénus. 

Carant % s. m. Planche. 

Carante # s.f. || 1. Table. || 2. Ar- 
moire, cachette. 

Carapata s. m. Marinier qui 
traîne son bateau (il carapate). 

Carapater v.n. Marcher. 
Se carapater v.pr., s'en aller se 
promener, s'enfuir. 

Ben ! c'est comm çà. na! j'suis voyou, 
El dans mon Paris J'carapate 
Comme un asticot dan'un mou. 

(J. RicHEPiN, La Chanson des.Gueux.) 

Du skt. car, aller et pada, pied. 

[BURNOUF.] 

Carapatin s.m. Fantassin, voy. 

carapater. 
Caravane s.f. [j i. Voiture de 
, nomade. = iioM/o<^e. [| 2. Réunion 

de femmes galantes; (il va des 

chameaux). 
Carbeluche % s.m. Chapeau. 

Carbeluche galicé, chapeau de 

soie. Du fr. carbet, toiture pour 

abriter les embarcations; avec le 

suffixe arg. uche. 
Carcagne # s.m. :=iCarcagno. 

Usurier, avare; du gr. -/^apxivoç, 

cancer. 
Carcan s.m. Rosse, et par 

ext., méchante femme grande et 

maigre. 
Carcasse s.f. Corps humain. 

« Je ne donnerais pas deux sous 

de sa carcasse. »1|2. Charpente 

d'un décor. 



Carcassier (thé.) s.m. I| 1. Celui 
qui fait la charpente d'un décor, 
le bâti. Il 2. Celui qui fait le scé- 
nario d'une pièce. 

Carder v.a. Carder quelqu'un, 
le griffer. — Carder le poil ■=. Crê- 
per le chignon, se prendre aux 
cheveux. 

Cardinale 9 s.f. ||1. La lune, 
quand elle est rouge; on l'appelle 
la blafarde quand elle est pâle. 
1 1 2. Les cardinales^ les menstrues. 

Care # s.f. Cachette. — Mettre à la 
care, mettre de côté. — Voler à la 
care, subtiliser des objets en 
achetant ou en en marchandant 
d'autres, escamoter une pièce 
quand on rend la monnaie, glisser 
des cigares dans sa manche ou 
dans ses poches en ayant lair de 
les choisir. Du skt. kur, voler. 

Carée = Carrée s.f. Chambre. 

Carême # s.m. Amoureux de ca- 
rême, amant platonique. 

Carer # v.a. Mettre à part, de 
côté. Voy. Care. 

Careur s.m. Voleur à la care, 
v.c.m. 

Carge # s.f. Fardeau, charge. 

Cargot s. m. Cantinier, cuisinier, ' 
pour yargot, de gargote. 

Caribener # v.a. Voler à la care, 
v.c.m. 

Caristade (typ.) s.f. Secours d'ar- 
gent- 

Carie # s.m. || i. Argent, monnaie; 

de cari, monnaie bavaroise. || 2. 
Gravier. 

Carline (la) # s.f. La mort. 

Carme # s.m. pour Carie. || 1. Ar- 
gent, monnaie. Carme à Vestorgue, 
fausse monnaie. |j 2. Pain. Les ou- 
vriers des carrières de plâtre 
donnent le nom de miches de qua- 
torze sous ou têtes de moines 
(carmes), aux masses calcarifères 
qui ressemblent à la forme qu'on 
donne aux pains appelés miches. 



CARMER 



59 — 



CARTE. 



Carmer v.a. Payer. 

Carmeur s. ni. Payeur. 

Carnaval s. m. Personne de mise 
excentri(iue et ridicule. « Quel 
accoutrement! quel carnaval! » 

Carne s.f. Mauvais cheval, rosse, 
parext., coquin. — De /a carne, de 
la viande coriace; du lat. carnis, 

• chair. 

€aron s. m. Vieux papier qu'on 
remet en fabrication. 

Carottage s. m. Mensonge, 
tromperie, ruse, artifice. 

Carotte s.f. Adresse, artifice, 
ruse. Tirer une carotte, mentir, 
tromper adroitement. — Cheveux 
carotte, cheveux rouges. 

Carotter v.a. |ii. Eluder. (St-C). 
Carotter le service, éviter ou di- 
minuer le travail. |]2. Tromper, 
mentir. || 3. Carotter l'existence, 
mener une vie misérable. 

Carottier s. m. Olui qui carotte, 
v.c.m. dans ses ditîerentes accep- 
' tiens. = Tireur de carottes. 

Caroublage # s.m. Vol à Taide 
de fausses clés. Formé du son de 
tiavus, clampc, crampon, qui sug- 
gèrent le sens de crochet. [Tim- 

MKRMVNS.] 

Carouble # s.f. I|l. Fausse clé. 
Il 2. Le soir, la nuit. 

Caroubleur s. m. Voleur. Voy. 
Caroublage. Caroubleur au fric- 
frac, celui qui vole avec effraction. 

Carpe s.f. Faire la carpe^ se 
trouver mal, s'évanouir. 

Carquois s. m. Hotte. 

Carre # s.f. Cachette. Carre du 
paquelin, ba}ique du pays. 

Ca,rré s. m. jj 1. Palier, plate- 
forme aux différents étages d'une 
maison. Il 2. Elève de deuxième 
année à FEcole centrale. || 3. voy. 
Carrée. || 4. Numéro du conscrit, 
orné d'un dessin de circonstance 
qu'on attache au chapeau avec 
des rubans de couleurs variées. 



Carreau s. m. || 1. Carrefour. 
C'est dans la rue des petits car- 
reaux, formée des carrefours que 
se réunissaient les corps de métier, 
d'où est venue l'expression aller 
au carreau. — Le carreau du Tem- 
ple. — Le carreau des Halles. — Les 
musiciens de banlieue se réunis- 
sent rue des Petits-Carreaux, le 
dimanche matin ; c'est là qu'on les 
engage pour la journée. — Aller 
au carreau,s.pr. aller chercher un 
engagement rue des Petits-Car- 
reaux. Il 2. O Monocle. « Avoir 
un carreau dans l'œil. » || 3. # 

, Instrument d'effraction. 

Carrée s.f. Chambre, chambrée. 
Carrée des petites gerbes, chambre 
correctionnelle. — Carrée du re- 
bectage, cour de cassation, m. à m. 
chambre où on reparle d'une 
affaire. 

Carrefour s. m. Carrefour des 
écrasés, endroit où se rencontrent 
plusieurs rues, qui amènent des 
encombrements de voitures et par 
suite des accidents. 

Carrer v.a. et v.pr. Cacher. 1} Se 
carrer, 1. Se cacher, ||2. Se re- 
dresser. 

Carreur s. m. = Careur. Re- 
celeur. Voy. Care. 

Carrousse adv. Faire carrousse, 
boire en vidant chaque fois son 
verre (de VnW.garaus, complète- 
ment vidé). 

[Dieux. 
Us font journellement carrousse avccqu'les 
(M. Régnier, Sat. II.) 

Carruche s.f. Prison. — Comte 
de la carruche, geôlier. 

Gartaude # s.f.^ Imprimerie. 

Cartaudé # s. m. Imprime. 

Cartauder v.a. Imprimer. 

Cartaudier # s. m. Imprimeur. 

Carte Q s.f. Etre en carte, être ins- 
crite à la préfecture de police. 
Vov. Brème. 



1 



CARTELLO. 



60 — 



CASSER. 



Cartello Q s. m. Di primo carlello 
de premier ordre (de Tital.). 

Carton O s. m. De carton, sans so- 
lidité, sans valeur, qui manque de 
sérieux. « Artiste, comédien de 
carton. » Bicoque de carton, mai- 
son légèrement construite. — Ma- 
nier, maquiller le carton, jouer aux 
cartes. 

Cartonner v.n. Jouer aux 
cartes. 

Cartonneur =r Gartonnier, s. m. 
Joueur de cartes. 

Cartouche (mil.) s.f. Avaler sa 
cartouche, mourir. 

Caruche s f. = Carruche. Pri- 
son. Se rattache à carer, cacher, 
et à carcer, prison. [Timmermans. j 
Du skt. kdrâ, prison. [Burnouf.] 

Carvel % s. m. Bateau. Esp. cara- 
vella. 

Cas (O) s. m. Nature de l'homme 
et de la femme. Montrer son cas, 
montrer sa nature. 

Mon cas qui se lève et se hausse 
Bave d'une estrange façon ; 
Belle, vous fournistos la sausse 
Lorsque je fournis le poisson. 

(M. Rbgnieu, stances). 

Casaque s.f. voy. Casaquin. 

Gasaquin s. m. = Casaque. Le 
dos, le corps. Tomber sur le casa- 
quin, frapper sur le corps. Avoir 
le casaquin garanti, être bien 
couvert. 

Cascade Q s.f. Faire des cascades, 
faire la noce, faire des excentri- 
cités. 

Gascader Q v.n. |li. Faire des 
cascades. || 2. Chanceler, dégrin- 
goler. 

Dis-moi, Vénus, quel plaisir trouves-tu 
A faire ainsi cascader ma vertu ? 

{La Belle Hélène). 

Cascadeur, euse O s. Qui fait des 
cascades. « Cest une cascadeuse », 
c'est une femme peu sérieuse, qui 
fait des excentricités. 



Gascaret s. m. Misérable. — # 
Pièce de deux francs. 

Casimir Q s. m. Gilet; du nom 
d'un tissu de drap croisé et léger. 

Gasin Q s. m. Sorte de jeu de bil- 
lard. « Poule au casin. » 

Gasoar s.m. |1 1. (St-C.) Plumet. || 
2. Volaille, oiseau. 

Casque Q s.m . Avoir le casque, avoir 
mal à la tête après un excès de 
libations — Casque à mèche, bon- 
net de coton. 

Casquer v.n. || 1. Payer. «Mon 
vieux, il a de Vos, il faut le faire 
casquer.» \\ 2.Nepas casquer, rai'u- 
ser une chose. 

Casquette s.f. Argent perdu au 
jeu — celui qui casque. — Etre 
casquette == Etre pompette, légè- 
rement gris. — Casquette à pont, 
souteneur. Vers 4875, ces intéres- 
sants personnages portaient géné- 
ralement des casquettes très 
hautes. 

Casqueur s.m. Celui qui paye 
pour les autres. 

Cassant ^ s.m. || 1. Noyer (arbre). 
Il 2. Biscuit de mer. 

Cassante # s.f. || 1. Amande, noix^ 
noisette. || 2. Dent. 

Casse-cœurs Q s.m. Viveur élé- 
gant lancé dans la galanterie, sé- 
ducteur. 

Casse-gueule s.m. || 1. Tripot, 
bal public où il y a souvent des 
rixes. || 2. Mauvaise eau-de-vie. 

Casse-museau s.m. Coup sur 
la figure. 

Casse-poitrine s.m. \\ {. Pédé- 
rastre. [|2. Mauvaise eau-de-vie. 

Casser Q v.a. Un succès à tout 
casser, succès bruyant. — Se la 
casser = Se la briser, s'en aller. 

— Casser sa ficelle^ s'évader. — 
Casser sa canne, son pif, dormir. 

— Casser le cou à unlapin, manger 
un lapin. — Casser le goulot, cas- 
ser le cou à une négressse, débou- 



CASSEROLAGE. 



61 — 



CENACLE. 



cher une bouteille. — Se casser 
le nez, quand on va chez q.q. pour 
le voir et qu'on ne le rencontre 
pas, on se casse le nez. Quand on 
t^e rend au théûtre, s'il n'y a 
plus de place ou qu'on lait rdà- 
clie, on se casse le nez à la porte. 

— Casser sa pipe, mourir. — Cas- 
ser sa cruche ou son sabot, })erdre 
sa virginité. — Casser du sucre, 
médire, faire des racontars mal- 
veillants. — Casser du bec, sentir 
mauvais de la bouche. — Casser 
la croûte, manger au pied levé. 

— Casser son auf, accoucher. — 
Casser une thune, changer une 
[)ièce de cinq francs. % Avouer. 

€asserolage # s. m. Dénoncia- 
tion. 

Casserole s.f. || 1. La casserole, 
hô])ital du Midi, où l'on soigne la 
syphilis par le traitement au mer- 
cure. Passer à la casserole, être 
soigné au mercure m. à m. être 
élamé. || 2. Récurer la casserole, 
se ])urger. || 3. Casserole voy. 
Marmite. — Casserole en argent, 
femme qui entretient largement 
un souteneur, jj 4. Mouchard, dé- 
nonciateur. Passer à la casserole, 
être dénoncé. Coup de casserole, 
dénonciation. 

Casseur Q "i. Avoir l'air casseur, 
avoir l'air provocant, tapageur. 
# Dénonciateur. 

Casse-vitre # s. m. Diamant. 

Cassin s. m. Petite maison (du 
lat. casa, m. s.). 

Cassine s.f. Maison mal tenue, 
où le travail est dur, etc. Du lat. 
casa, maison. 

Cassolette s.f. Ouvrir sa casso- 
lette. \ddierunyenl. Plomber de la 
cassolette avoir mauvaise haleine. 

Castapiane O s.f. Gonorrhée. 

Caste # s. m. Caste de charrue, 

: quart d'écu. [Larchey.] 

Castor O s-iïi. Matelot ou officier 



de marine qui reste à terre sans 
jamais naviguer. 

Castorin0 s.m. Chapelier. 

Castrole # s.f. pour Casserole, 
v.c.m. 

Gastu # s.m. Hôpital. (J.d.m. 
qu'as-tu?) ILarchev.] 

Gastuc # s.m. Prison ; château des 
malfaiteurs, du vx fr. castel. 

Cataplasme s.m. Soupe épaisse, 

Catapultueux Q a. Magnifiques 
Enlevant. 

Catau s.f. Catin. 

Gatiche # s.f. Catin. 

Catogan Q s.m. Sorte de chignon 
postiche. 

Catrot (B) s.m. Chapon. De cas- 
trat. 

Cauchemardant a. Ennuyeux, 
embêtant. 

Cauchemarder v.a. Ennuyer, 
8e cauchemarder, s'ennuyer. 

Causer 0v.n. Se mesurer. « Ses 
vrais pairs et compagnons avec 
lesquels il se trouvait à l'aise et 
chez lui etpouvaitcaM.s<?î% c'étaient 
les lutteurs et les hercules. » |J. 

UlCIIKPIN.] 

Cavale s.f. Évasion. 

Cavaler (se) v.pr.01. S'en aller, 
s'enfuir, courir. Cavaler dessus, 
courir sus. |1 2. # S'ennuyer, 
« Mes chers copains, c'que ça 
m' cavale,à Mazas me voilà bouclé. » 
Il 3. v.n. Cavaler au rebectage, se 
pourvoir en cassation. — Cavaler 
cher au rebectage, se pourvoir en 
grâce. 

Caver v.a. Tromper. 

Cave a. Niais, facile à tromper, 

Cavée # s.f. Eglise. 

Cayenne Q n.pr. On désigne ainsi 
un ancien cimetière des environs 
de Paris. 

Cayon # s.m. Garant, caution. 

Ce # s.m. Argent. — Tout de ce, 
très bien. 

Cénacle Os-iïi« Réunion intime au. 



CENDRILLON. 



62 



CHAMBARD. 



tour d'un personnage qu'on ad- 
mire et qu'on adule. « Former un 
cénacle, » 

Gendrillon Q s.f. Jeune fille qu'on 
laisse à la maison sans lui offrir 
de distractions, et dont la famille 
se sert comme d'une servante. 

Central s. m. || 1. # Habitué des 
prisons centrales. || 2. Q Elève de 
l'Ecole centrale. || 3. O Employé 
au bureau central dans une admi- 
nistration. 

Centrale s.f. || 1. O L'École cen- 
trale. <c Aller à Centrale. » || 2. 

# Prison centrale. 

Centre s. m. H 1. O Centre de gra- 
vité, derrière. — Perdre son centre 
de gravité, tituber, chanceler. |1 
2. Nom propre. Centre à l'es- 
torgue, centre à blanc, faux nom. 

Centriot s. m. Surnom, sobri- 
quet. 

Centrouse s.f. Maison centrale. 

Cep s. m. Nez. 

Cerbère Q s. m. Concierge, portier. 

Cercle s. m. 1] i. Pièce de mon- 
naie. Il 2. Bague. O Pincé au 
demi-cercle, pris à l'improviste. 

Cerclé s. m. || 1. Tonneau. || 2. 

# Sourcil. 

Cercleux Q s. m. Viveur, habitué 
des cercles. « Ces inutiles, ces 
soireux, ces cercleux, qui sou- 
tiennent-ils? A qui donnent-ils 
le travail ou la vie"? » (Plaidoirie 
de M*^ Félix Decori, affaire du Bct- 
ting-Club.) 

Cerf s. m. Se déguiser en cerf, 
s'en aller, s'enfuir, s'évader. 

Cerf-volant s. m. Femme qui 
dépouille les enfants dans les 
promenades publiques, aux bois 
de Vincennes ou de Boulogne. Elle 
se promène dans le bois"^ comme 
un cerf, en volant; (j.d.m.) 

Cerneau s.m. Jeune fille inno- 
cente. 

Certificat # s.m. Petite cuiller. 



ChabanaisQs.m. Il 1. Bruit, scan- 
dale, branle-bas. || 2. Maison de 
tolérance, située dans la rue de 
ce nom. « Aller au chabanais. » 

Chabier v.n. S'évader. 

Chabrol Q s.m. Faire chabrol,m6- 
langer du vin avec du bouillon. 

Chacal (mil.) s.m. Zouave. 

Chaflfourer (se) v.pr. Se gratter, 
s'cgratigner. [Delvau.] 

Chafriolér (se) Q v.pr. Se cha- 
frioler à quelqu'un, s'attacher à 
q.q. 

Chahut O s.m. Il i. Danse échc- 
velée qui a remplacé le cancan. 
V armée du chahut, bande joyeuse. 
Il 2. Dispute, querelle violente, 
bruit, tumulte. Des vx m. fr. 
chahute et cahute, baraque, tau- 
dis. — Les prostituées au moyen- 
âge étaient reléguées dans"^ ces 
taudis où se faisait beaucoup de 
tapage. 

Chahuter Q v.n. [1 1. Danser le 
chahut, v.c.m. || 2. Faire du bruit, 
du vacarme. || 3. Renverser, cul- 
buter. 

Chahuteur Q s.m. Celui qui cha- 
hute. Voy. Chahuter dans ses di- 
verses acceptions. 

Chaillot O n-Pf"- ^ Chaillot! lais- 
sez-moi tranquille! Envoyer à 
Chaillot, envoyer promener. A 
Chaillot les gêneurs ! chassez les 
gêneurs! Voy. Aliuri. 

Chaleur. — Ah chaleur! Exclama- 
tion répondant k une chose qui 
déplait et qu'on ne veut pas faire. 

Chaloupe s.f. Femme de forte 
tournure. — Faire le pas de la 
chaloupe orageuse, danse écheve- 
lée, s'agiter comme une chaloupe 
par un temps d'orage. — Faire la 
chaloupe, se tenir mal. 
Chalouper v.n. Danser le cha- 
hut, v.c.m. Voy. Chaloupe. 
Chambard Q s.m. Bouleverse- 
ment, par ext. bruit, vacarme, 



CHAMBARDEMENT. 



63 — 



CHAPELET. 



tapage. « Faire du chambard. » 
Du vx fr. champart, droit féodal 

• qui consistait à prélever une cer- 
taine quantité sur les produils 
d'un fief; le cullivateur avait ses 
terres champartées. 

Ghambardement O s. m. voy. 
Chambard. 

Chambarder Q v.a. Faire du 
chambard, v.c.m. 

Ghamberlan s. ni. Ouvrier en 
chambre qui travaille chez lui. 

Ghambert # s. m. Bavard, indis- 
cret. 

Chamberter v.n. Commettre 
des indiscrétions. 

Ghamboler v.n. Flâner. 

Chambrer Q v.a. C'est en style 
de tripot, enfermer un innocent 
dans une chambre close à tout 
conseiller profane et lui soutirer 
(le l'argent, par des moyens con- 
nus : présence de dames ayui- 
ohantes et de grecs savants, car- 
ies biseautées, Champagne eni- 
vrant, etc. [^Fernand Vanderem, 
Revue bleue, n» 16-1894.] 

Chameau Q s. m. || 1. Femme de 
mauvaise vie. « La vie est un dé- 
sort, et la femme est un chameau 
qui sert à le traverser. >> Du ski. 
A-ami, débauché. [Burnouf.] || 2. 
^ Rossard, exploiteur. 

Champêtre O ^- C'est champêtre! 
c'est drôle, c'est ridicule. 

Champoreau Q s. m. |j 1. Mélange 
de toutes sortes de liqueurs. {| 2. 
Mélange de café au lait et de 
rhum. Il 3. Café préparé à froid 
avec des grains simplement con- 
cassés. De l'esp. ciamporao, qui 
désigne ce mélange. 

Ghançard Q s. m. Celui qui a de 
la chance. 

Chancre s. m. Usurier ; (c'est un 
chancre rongeur qui vous ruine 
peu à peu). 

Ghand s.m. Abrév. de marchand. 



« Le chand de vin, le chand d'ha- 
bits. » 

Chandelier s.m. || 1. Nez. Il en 
sort des chandelles. (Rigaud.) || 2. 
Souteneur. 

Chandelière0s.f.Femmequitient 
une maison de jeu clandestine. 

Chandelle0s.f. || 1. Bouteille. || 2. 
Liquide qui sort du nez quand il 
devrait être mouché comme une 
chandelle. 1 1 3. Agent de police ; (il 
éclaire la justice). 

Change O s.m. Dans l'arg. des 
grecs, c'est substituer un jeu bi- 
seauté à un autre. 

Changer0v.n . Changer son poisson 
d'eau, uriner. 

Chanoine s.m. Rentier. 

Chantage O s.m. Extorsion d'ar- 
gent sous menace de révéler un 
secret, m. fr. 

Chanter v.n. et a. || 1. Faire chan- 
ter, faire du chantage, v.c.m. || 2. 
Dire. Que me chantes-tu là? que 
me dis-tu là? || 3. Ça ne me 
chante pas, ça ne me plaît pas. 

Chanterelle Q s.f. Appuyer sur la 
chanterelle. || 1. Insister sur une 
chose. I 2. Toucher à un endroit 
sensible ou serrer la gorge de 
q.q. à le faire crier. (Larchev.) 

Chapardage0s.ni. Maraudage, vol 
sans importance. 

Chaparder v.a. = Chiper. Dé- 
rober, marauder. 

Incontinent mantlieaulx chappez. . . 
(Villon, bail. IV). 

chapper, du lat. capere, prendre, 

on a fait chaparder, puis par 

corr. choper et chiper. 
Chapardeur0s.m. || 1. Celui qui 

vole de menus objets, maraudeur. 
Il 2. Un mari chapardeur, mari 

qui trompesafemme; (il maraude.) 
Chapelet % s.m. Chapelet de 

Saint-François, chaîne qui sert à 

lier les condamnés. 



I 



CHAPELLE. 



— 64 



CHASSEPOT. 



Chapelle s.f. || {.Faire chapelle, 
se dit d'une femme qui se chauffe 
en écartant les jambes et en 
relevant ses jupes. || 2. Faire 
des chapelles, s'arrêter dans les 
débits de boisson en faisant une 
promenade ou en rentrant chez 
soi. Il 3. O Coterie, réunion = 
cénacle. « C'est aux indépendants, 
à ceux qui ne suivent pas telle ou 
telle chapelle, et qui ont su garder 
leur liberté d'action, à* crier 
alerte. » (A. Vaillant, anarchiste, 
décembre 93.) 
Chapon s. m. Religieux. 
Chapuiser v.a. Tailler, couper. 
Du vx fr. Chapuis, billot sur 
lequel on coupe et taille la viande. 
Charabia Q s. m. Parler charabia, 

parler auvergnat, parler patois. 
Charcuter Q v.a. Faire une opé- 
ration chirurgicale, amputer, 
tailler dans la chair. 
Charcutier Q s. m. || 1. Chirur- 
gien. |1 2. Individu qui gâche le 
travail. 
Chardonneret # s. m. Gendarme. 
Charenton Q n.pr. Prendre une 
correspondance pour Charenton, 
prendre une absinthe; (l'absinthe 
rend fou, dit-on.) 
Charentonnade Q s.f. Folie, di- 
vagation, aberration. 
Charge O s.f. Travail excentrique. 
Tomber dans la charge, écrire des 
choses abracadabrantes, peindre 
des tableaux incohérents, etc. 
Chargé (être) (O) a. Etre ivre. 
Charger v.n. Pour un cocher, 
signifie prendre des voyageurs ; la 
fille qui a raccroché un* client a 
chargé. — Se charger v.pr., s'eni- 
vrer. (O. 1556.) 
Charibotage % s. m. Écriture; du 
lat. sc?'i6ere, écrire. [Timmermans.] 
Charlemagne Q n.pr. Faire Char- 
lemagne, se retirer du jeu quand 
on a gagné. 



Charier v.n. et v.a. = Char- 
rier. Voy. Charriage. 
Chariot '# || 1 . Rusé , malin. 

Il 2. Bourreau. 
Charmant a. Galeux. 
Charmante (la) # s.f. La gale. 
Charmer v.a.0C/tarwer les puces, 
se i^riser. — # Charmer un chien, 
le taire taire. 
Charon % s. m. Voy. Charrieur. 
Charogneux s. m. Hargneux, 
grognon ; c'est la fusion de ces 
deux mots. 
Charretée s.f. En avoir une 
charretée, en avoir beaucoup, être 
gris, etc. 
Charriage # s. m. Escroquerie. 
Charriage à la mécanique, c'est le 
coup du père François, passer un 
foulard au cou d'un passant et 
Tétrangler en le portant sur le 
dos pendant qu'un autre le fouille. 
Il est charrié, porté. 
Charrier # v.n. et v.a. Voler. Voy. 
Charriage. — Charrier quelqu'un, 
se moquer de lui; le calomnier 
aussi. 
Charrieur # s.m. == Charron. 
Voleur qui fait le charriage, 
v.c.m. 
Charron # s.m. = Charrieur. 

Voy. Charriage. 
Charrue s.f. Charrue complète, 
quinte et quatorze et le point; (au 
jeu de piquet.) 
Chartreuse s.f .^Chartreuse de vi- 
dangeur, verre de vin du broc. 
Chasse s.f. Foutre une chasse, 
poursuivre, réprimander. — (Mil.) 
Peloton de chasse, peloton de pu- 
nition. 
Chasselas Q s.m. Raisin. 
Chassemar s.m. Chasseur. 
Chasse-noble # s.m. Gendarme. 
Chassepot Q s.m. Fusil modèle 
1866. « A Montana les chassepots 
ont fait merveille. » {Général de 
Failly, 2 novembre 1867.) 



CHASSER. 



— 65 — 



CHAUSSETTE. 



Chasser v.n. et a. Partir, s'en 
aller, fuir. — Chasser desclignots, 
pleurer. — Chasser le brouillard, 
boire la goutte. 

Châsses (les) s.f.pl. = Chdssiti. 
Les yeux. La chassie est une sorte 
d'humeur qui s'attache aux yeux. 
On dit des yeux chassieux en iV. 

Chasseur Q s. m. Jeune homme 
de douze à quinze ans, qui est 
employé dans les cercles, les 
cafés, les restaurants pour faire 
les courses des clients. Il portail 
généralement une livrée garnie de 
brandebourgs comme le dolman 
des chasseurs à cheval. 

Châssis # s. m. pi. || 1. Voy. Châs- 
ses. Il 2. Paupières. 

Chassue # s.f. Aiguille à coudre. 

Chassure % s.f. uVine. 

Chat O s. m. || 1. La nature de la 
femme. Boidolter le chat (obsc). 
Il 2. Mon petit chat, mot d'amitié. 
Il 3. Avoir des chats dans la y orge, 
être enroué. 114. Couvreur. (Ri- 
gaud) Il 0. Friand. (O 1556) 

Châtaigne s.f. Soufflet, gifle. 

J'ai beau y coller des chàtai'nes, 
A r'pique au tas tous les sam'dis. 

(And. GiLL.) 

Château s. m. || 1. # Château de 
l'ombre, bagne. || 2.0-A.brév. de 
Chateaubriand, v.c.m. 

Chateaubriaud O s. m. Pièce de 
bœuf. « Un chateaubriand aux 
pommes. » 

Chatellerault s.m. Couteau; 
on fabrique beaucoup la coutelle- 
rie à Chatellerault. 

Chaton # s.m. Individu charmant. 

Des vrais chatons 

Quand nous naviguons IVeat en poupe. 
(RiCHEPiN, Ballade des loupeurs.) 

Chatouillage s.m. Vol au poi- 
vrier, v.c.m. Chatouillage au 
roupillon, vol pratiqué sur un 
dormeur. 

Chatouiller v.a. O Chatouiller le 



bouton, (obsc.) — Chatouiller les 
oreilles, ÛSiUer.— % Chatouillerun 
roupillon, dévaliser un dormeur. 

Chatte s.f. Il 1. Q Femme douil- 
lette et lubrique. || 2. # Pédé- 
raste. Il 3. Pièce de cinq francs. 
(Delvau) 

Chaud Qdi. lly faisait chaud, la si- 
tuation était dangereuse. — Il fera 
chaud quand on m'y repincera, je 
ne recommencerai plus. — Chaud 
de la pince, être chaud, l'avoir 
chaud, vaillant on amour. — 
Mettre au chaud (obsc). — Se tenir 
chaud, se tenir sur ses gardes. 

Chaude-lance s.f. Gonorrhée. 

Chaudière s.f. Chaudière à bou- 
dins blancs (obsc). 

Chaudron s.m. Mauvais piano. 
Taper sur le chaudron, jouer du 
piano. 

Chaudronnier s.m. Cuirassier. 

Chaufife-la-couche s.m. Mari 
cocu (il chauffe le lit pour un 
autre). Par ext. se dit d'un mari 
qui se laisse mener par sa femme. 

Chauffer O v.a. Activer, encoura- 
ger. — Chauffer des enchères. — 
Chauffer une affaire, poursuivre 
une affaire avec acharnement. 
Chauffer une femme, lui faire la 
cour. — Chauffer le four, boire 
beaucoup, faire ripaille. — Se faire 
chauffer une idée, une affaire, se 
la laisser prendre par un autre 
qui en a eu vent. 

Chauffeur s.m. |1 1. Entrepre- 
nant avec les femmes. || 2. Boute- 
en-train. 

Chaufournier s.m. Garçon de 
café. 

Chaumir % v.a. Perdre. 

Chausser v.a. || 1. O Convenir. 
Ça me chausse, ça me va, ça me 
convient. 

Chaussette s.f. 1| i. Essence de 
chaussettes, sueur des pieds. 
Il 2. Chaussettes russes, bandes 



CHAUSSEUR. 



— 66 — 



CHEVAUX. 



de toile qui remplacent les chaus- 
settes. Il 3. Gant. 

Chausseur s,m. Cordonnier. 

ChaussonOs.m. || 1. Gâteau fourré 
de confiture. || 2. Vieux chaus- 
son, femme qui se laisse aller. 
Il 3. Putain comme chausson, 
femme très débauchée qui chausse 
tout le monde, comme le chausson 
convient à tous les pieds. || 4. Boxe 
française et chausson, lutte à coups 
de pied. 

Ghaussonner # v. Battre à coups 
de pied. 

Chauvir v.n. Chauvir de Voreille, 
baisser l'oreille. 

Je chauvy de l'oreille et demeurant pensif, 
(M. Regmer, Sat. VIII). 

Chelinguer v.n. Puer. Chelin- 
guer du corridor, du goulot, du 
bec, sentir mauvais de la bouche. 

Chelipoter 0v.n.Yoy. Cheiinguer. 

Et quand qu'on a su6, çà ch'lipote. 
(J. RicHEPiN, La Chanson des Gueux.) 

Chelof s. m. = Pieu = Pucier. 
Je vais à chelof, je vais au lit. De 
l'ail, schlafen, dormir. 

Chemineau Q s. m. || 1. Ouvrier 
qui voyage, s. pr., qui va par les 
chemins; désigne surtout les ter- 
rassiers. II 2. Le pain qu'on faisait 
à Rouen pendant le carême. 

Chemise s.f. || 1. Etre dans la 
chemise de quelqu'un, inséparable. 
7'oMS les deux, c'est le cul et la c/te- 
wîse,ilssontinséparables. || 2. Car- 
tonnage léger qui sert à classer 
des papiers. || 3. Compter ses che- 
mises, vomir. || 4. Chemise de con- 
seiller, linge volé. 

Chenâtre # a. = Chenu. Bon. 

Chêne ^ s. m. Homme riche. Faire 
suer un chêne, faire donner de 
l'argent à une personne riche. 
— Chêne affranchi, voleur. 

Chenevis (O)0 s. m. Argent, mon- 
naie. 



Chenil Q s. m. Taudis, galetas, s. pr., 
logement des chiens, sale loge- 
ment. 

Chenille s.f. = Chenillon s. m. 
Avorton. — Femme laide. 

Chenique s. m. Genièvre, eau- 
de-vie. 

Cheniqueur s. m. Buveur d'al- 
cools. 

Chenoc # a. Mauvais, usé. 

Chenu 0a. Bon, excellent; du skt. 
snih, aimer. (Burnouf) 

Chenument adv. Bien. Il est 
chenument bâché, il est bien ha- 
billé. 

Cher # adv. Difficile. — Se cavaler 
cher, s'évader difficilement. 

Chérance % s.f. Faire chérance, 
faire bonne chère. 

Cherche (à.) Q Expression de joueur. 
A rien, s. pr., qui cherche à faire 
un point. « fen ai quarante à 
cherche », «j'ai quarante points, et 
vous, cherchez à en faire, vous 
n'en avez pas ». 

Chercher Q v.a. Chercher la petite 
bête, être méticuleux en toutes 
choses. — Chercher des poux dans 
la tête à quelqu'un, chercher à le 
trouver en défaut, chercher noise. 

Chèrer # v.n. Faire la noce, faire 
bonne chère. 

Chérot adv. Cher, (coûteux) 

Chétif s. m. Apprenti maçon. 

[RiGAUD.] 

Cheulard s. m. Ivrogne, gour- 
mand. Pour gueulard. 

Cheval (O)0s.m. Grossier person- 
nage, butor. — Cheval de retour^ 
récidiviste déjà condamné aux 
travaux forcés. — Etre bon cheval j 
(te trompette, ne pas s'effrayer ' 
du bruit (un bon cheval de trom- 
pette ne s'effraye pas^ 

Chevaux s. m. pi. Les figures 
et les dix au jeu de cartes. — 
Chevaux à doubles semelles, les 
jambes. 



CHEVALIER. 



— G7 — 



CHIENLIT. 



Chevalier Q s. m. Chevalier du 
lustre, claqueur. — Chevalier du 
crochet, chiffonnier. — Chevalier 
de la grippe, voleur à l'étalage 
{il agrippe, j.d.m.). — Chevalier 
de la petite épée, coupeur de 
bourses. (M. Régmkr, sat. X.) 

Cheveu O s. m. DifticuUé. « // xj 
trouvera des cheveux, '> « il y a 
un cheveu, » il y a un empêche- 
ment, un obstacle. — Avoir un 
cheveu dans son existence, avoir 
un chagrin, un souci qui vous 
empoisonne l'existence. — Il a 
de beaux cheveux, il a une vilain(^ 
tournure. — Avoir mal aux che- 
veux, avoir mal à la tôte par 
suite de libations trop copieuses. 
— Se faille des cheveux, s'ennuyer. 

Chevillard s. m. Boucher en 
gros. 

Cheville s.f. Mettre la cheville 
dans le trou, faire Tamour. 

Chevilles s.f.pl. Pommes de 
terre frites (elles sont générale- 
ment coupées en forme de che- 
villes). 

Chèvre s.f. Gober la chèvre, se 
mettre en colère. 

Chevron Os. m. Avoir des chevrons, 
vieillir dans une affaire, avoir des 
états de service. 

Chevronné Q s. m. Ancien dans 
une place, dans une profession. 

Chézeau s. m. Maison ; (son 
chez soi.) 

Chialer0 v.n. Pleurer. 

Chialeur s. m. Pleurnicheur. 

Chiarder (ccol.) v.a. Implorer. 

Chiasse s.f. Avoir la chiasse, 
avoir peur. 

Chibis adv. Faire chibis, s'échap- 
per de prison. Chibis ! prenez 
garde ! 

Chic # s. m. Acolyte , compère du 
joueur de bonneteau appelé bon- 
net ou tenancier. 

Chic O s. m. et a. Ce mot est français, 



dans le sens de habileté, brio. Il 
signifie beau dans le langage fa- 
milier; il a engendré les var. et 
syn. suivants : Chicard, chican- 
dard, chicardo, chicocandard, su- 
perchic , copurchic , bath , urf^ 
pschutt, vlan, ah, etc., etc. 

Chican # s. m. Marteau. (Ang. to 
kick, regimber, en parlant du 
cheval qui rue.) [Timmkrmans.] 

Chicandard a. Voy. Chic. 

Chiche ! Q Exclamation qui porte le 
déti de faire une chose. « Tu 
n'oserais pas, allons donc, c/iic/ie/)) 

Chicorée s.f. Réprimande (amère 
comme la chicorée.) — Etre de 
chicorée, être grondé. 

Chien 0Os.m.£^rec/tîe«, être avare. 
— Piquer un chien, dornùr. — Sere- 
garder en chiens de faïence, se dé- 
lier l'un de l'autre. — • Avoir du 
chien, avoir le feu sacré, de l'ori- 
ginalité. — Avoir du chien dans le 
ventre, être courageux. — Chien 
du commissaire, employé du com- 
missariat. — Il fait un temps de 
chien, il fait mauvais; un temps 
à ne pas mettre un chien à la 
porte, c'est encore un plus mau- 
vais temps. — Une faim de chien, 
faim canine. — Se coucher en 
chien de fusil, se coucher en 
repliant les jambes. — (Typ.) Chien 
perdu, article ou alinéa qui sert à 
remplir une colonne dans une 
publication. 

Chienchien Q s. m. Mot d'amitié. 

Chiendent s. m. Arracher du 
chiendent, chercher une dupe ou 
l'occasion de voler. — Voilà le 
chiendent ! xo'ûk la difficulté. 

Chienlit s. m. Carême-prenant. 
Individu masqué qui court les 
rues en temps de carnaval, cou- 
vert d'oripeaux dégoûtants et en 
loques. — A la chienlit! cri des 
enfants courant après les masques 
pour se moquer de leur accou- 



CHIENNER. 



68 



CniNEUlL 



trement. C'est une corr. de il a 
chié au lit, c'est honteux. — Crier à 
la chienlit, huer. 

Chienner v.n. Etre avare, regar- 
der à la plus petite dépense. 

Ghiennerie s.f. Avarice. 

Chier v.n. et v.a. Faire chier, 
z= Emmerder, etc. Tu me fais 
chier, tu m'ennuies, tu me donnes 
la colique par tes raisonnements. 
— Gueuleton à chier partout, 
repas extraordinaire. — Gueule 
à chier dessus, figure répugnante, 
désagréable, renfrognée. — En- 
voyer chier, envoyer^promener. — 
Chier des châsses, des yeux, pleu- 
rer. — Chier du poivre, s'en aller 
au moment où l'on pourrait être 
utile. — Chier sur Vœil ou dans 
la main, être ingrat. — Avoir 
chié sa graisse, maigrir. — Chier 
de petites crottes, vivre pénible- 
ment. — Avoir chié la colonne. 
être fier, arrogant. — Il a chié 
dans mon panier, dans mes bottes, 
il m'a fait une sottise, je ne veux 
plus entendre parler de lui. — 
Chier sur la besogne, travailler 
sans courage. — Chier dans ses 
bas, dans ses culottes, avoir peur. 

Ghierie s.f. Quelle chierie, quelle 
chose fâcheuse, quel ennui. 

Ghieur s. m. Chieur d'encre, 
bureaucrate, écrivain. 

Chiffarde s.f. \\ 1 # Pipe. |1 2. # 
Assignation, papier timbré, sai- 
sie, etc. 

Ghiffe0s.f. Il 1. Métier de chiffon- 
nier. Il 2. Chiffon. || 3. Homme 
mou et sans force. « Mou comme 
une chiffe. » (| 4. Zig de la chiffe, 
chiffonnier. || o. La langue. «Faire 
crosser la chiffe. » Voy. Crosser. 

CbifTerlinde s.f. Boire une chif- 
ferlinde, boire un petit verre 
d'eau-de-vie. 

GhifFerton s. m. Chiffonnier. 

Ghiffon s. m. || 1. Mouchoir. 



Il 2.Figurechiffonnée. || d-^Chif- 

fon rouge, langue. 
GhifTonnage s. m. Métier de 

chiffonnier. 
Ghififonnée s.f. Femme galante. 

(elle se laisse chiffonner) 
GhifTonner v.n. Faire le métier 

de chiffonnier. — Ça m'achiffonné, 

ça m'a contrarié. 
ChifTonnier # s. m. Voleur de 

mouchoirs. 
GhifFornion s. m. Foulard. 
Ghignard s. m. Grognon. 
Ghigner v.n. Pleurer. 
Ghinage s. m. || 1. Travail. Yoy. 

Chineur, Romanichel. \\ 2. Critique 

méchanteet ironique, dépréciation, 
Ghine s.f. Aller à la chine, faire 

la chine = Chiner, v.c.m. 
Ghiner v.n. || 1. Travailler. 

Mais ça m' rend malad' quand que f chine. 

(J. RiGHEPIN.) 

Voy. Chineur. \\ 2. Critiquer, se 
moquer, persifler. « Il a chiné la 
pièce toute la soirée. » 
Chineur s. m. jj 1. « En argot, 
chineur signifie travailleur et vient 
du verbe chiner : tous les ouvriers 
en général sont des chineurs. Ce 
mot se spécialise pour désigner 
une race particulière de travail- 
leurs : elle campe en deux tribus 
à Paris, l'une dans les environs 
de la place Maubert, l'autre à 
Ménilmontant et a donné autre- 
fois son nom à la rue de la Chine. 
Les chineurs sont des colons et 
non des Parisiens de naissance; 
ils vont de porte en porte, dans 
les quartiers populaires, et pro- 
posent leur marchandise. » (Jean 
RiCHEPiN, Le Pavé.) Aujourd'hui 
ce genre de travail s'est de plus 
en plus répandu : il y a des per- 
sonnes qui, ayant été ruinées, 
utilisent leurs anciennes relations 
pour placer des marchandises chez 



CIIINFRENIAU. 



69 



CHOSE. 



les amis et connaissances ; ce 
sont les chineurs de la haute. \\ 
2. Celui qui critique nnécham- 
menl, de parti pris — = Bêcheur. 

Ghinfreniau s.m. |1 1. Colifi- 
chet. || 2. Gifle. 

Chinois s.m. Cafetier. 

Ghinoiser % v.n. Chinoiser jaspin, 
parler argot. 

Ghiottes s.f.pl. Cabinets d'ai- 
sances. 

Ghipe s.f. Action de chiper. 

[RiGAUD.] 

Chiper Q v.a. Commettre des lar- 
cins, des vols sans importance 
= Chaparder. 

Chipette s.f. || 1. Ça ne vaut pas 
chipette, ça ne vaut pas grand' 
chose. Il 2. = Tribade = Les- 
bienne =:^ Gougnotte, v.c.m. 

Chipie s.f. Femme acariâtre et 
méchante. 

Chipoter Q v.a. et v.n. Chercher 
des choses à redire, tâlillonner, 
marchander. 

Chipoteur, euse s. Personne 
qui est méticuleuse avec les mar- 
cliands, qui tJîtonne, qui hésite à 
acheter, qui marchande. « On ne 
trouvait pas des masses de pra- 
tiques aussi bonnes, payant rec^/, 
pas chipoteuse, pas râleuse. » {L'As- 
sommoir. Zola.) 

Chiquage s.m. Bataille, rixe. 

Chique s.f. Poser sa chique, se 
taire, u Pose ta chique et fais le 
mort.» — Ça ne vaut pas une chique, 
çanevautpasgrand'chose. — Avoir 
une chique, être ivre. — Couper la 
chique à quelqu'un, l'interrompre, 
fermer la bouche, faire taire. 
Avoir sa chique, être grognon. 

Chiqué Q a. C'est du chiqué, c'est 
bien fait, naturellement, sans 
étude. Voy. Cfdc. 

Ghiquement Q adv. Avec chic, 
v.c.m. 

Chiquer v.a. || 4. Manger. 



Il 2. O Travailler de chic. v. 
cm. 

Chiquer (se) v. pr. Se battre. 
On trouve déjà dans Rabelais le 
mot chiquenaude y (petit coup sur le 
nez). 

ChiqueurO s.m. Celui qui travaille 
de chic, d'instinct, d'après sa 
propre inspiration. 

Ghocaillon(O)0s.f. || 1. Chiffon- 
nière. Il 2. Femme ivre. 

Chocnoso O a. Chocnosogue, choc- 
nosof, chocnosophe. Beau, superbe, 
magnifique. Qui a le chic russe. 

Chocolat s.m. Compère du 
bonneteur. 

Choléra s.m. [| 1. Raclures de 
fromage. || 2. Zinc, zingueur [Ri- 
gaud]. 113. Personne très mé- 
chante. 

Cholet 9 s.m. Pain blanc (riche). 

Cholette s.f. Chopine (demi- 
litre). 

Choper v.a. Prendre, saisir, 
attraper, arrêter. 

Air s'a fait cliopcr dans la rue, 

{Ma Gigolette, Chanson de la rue.) 

Du lat. capere. m. s. 

Chopin % s.m. (j 1. Profit, aubaine. 
Il 2. Vol, produit d'un vol. 
Il 3. Faille un chopin, faire la 
connaissance d'une femme. 

Chopiner 0v.n. etv.a || 1. Boire, 
m.àm.jboiredeschopines. |1 2. Vo- 
ler, prendre, choper, v.c.m. 

Chopper v.n. Voy. Choper. 

Choquotte s.f. || 1. Os gras. 
1 1 2. C'est de la choquotte, c'est bon. 
De choc représentant le skt. su, 
bon, suka agréable. [Burïnouf.] 

Chose O ^' iïi^'- et s.f. — Avoir l'air 
chose, avoir l'air contraint, embar- 
rassé. — Etre tout chose, être tout 
interdit, interloqué. — Chose ou 
Machin, celui dont on ne se 
rappelle pas le nom, ou dont on 
ne veut pas se souvenir. 



CHOSETTE. 



— "0 



CIVARD. 



Chosette (O) O s. t. Faire la cho- 
sette, faire l'amour. 

Chou O s. m. Il 4. Bêle comme un 
chou, très bête. || 2. Mon chou, 
mot d'amitié. || 3. Escroquerie, 
entreprise qui ruine ceux qui ont 
apporté les fonds. 

Chouan s. m. Cœur. 

Chouart (B) s. m. Membre viril. 

Choubersky Q s. m. Avoir une 
fuite au choubersky, vesser, s'ou- 
blier. 

Choucarde (mil.) s.f. Brouette. 

Chouchouter O v.a. Choyer, dor- 
loter. 

Choucroute s.f. Mangeur de 
choucroute, Allemand. 

Choué a. Pris. (Comme Foiseau 
parla tenderie à la chouette.) [Tim- 

MERMANS.] 

Chouette = Chouettard := 
Chouetto. O a. Bon, beau, bien, 
parfait; qui appâte, allèche, séduit 
comme la « chouette » attire Foi- 
seau. [TiMMERMA>s].Voy. Choquottc. 

Chouettement Q adv. Parfaite- 
ment. 

Chouflik =:Chouflique0Savetier. 

ChouOiquer v.n. Faire du mau- 
vais ouvrage, saveter. Ail. Schuh, 
soulier, et flicken, raccommoder. 

Choufliqueur s. m. Savetier, et, 
par ext., mauvais ouvrier. 

Chouia-Chouia (mil.) adv. Douce- 
ment. Mot ar.-alg. 

Chouine # s.f. Tabac à priser. 
Son de l'aspiration nasale. [Tim- 

MERMANS.] 

Choule O s.f. Synagogue. 
Choumaque 0' s. m. Cordonnier. 

Ail. Scfiuhmacher, m. s. 
Chourin s. m. Pour Surin, v. cm. 

Skt. Çiri, couteau, xur, couper; 

gr. Çijpto, tondre. [Timjiermans.] 
Chouriner 9 v.a. pour Suriner, 

v.c.m. 
Chourineur % s. m. Pour Swrinewr, 

v.c.m. 



Chrétien Q a. Qui contient de 
Feau. « Du vin, du lait chrétien. » 
Il est baptisé. 

Chrysalide Q s.f. Individu qui se 
renferme chez lui, qui vit seul, 
retiré, 

Chtibes s.f. pi. Bottes. Ail. 
Stiefel, m. s. 

Churluper0v.n. Boire beaucoup. 

Chuter Q v.n. Faire tomber (au 
fig.) un acteur en poussant Fex- 
mation chut! chut! 

Cibige s.f. Cigarette. 

Ciboulard = CilDoulot s. m. La 
tête. « Taper sur le ciboulard. » 

Ciel s.m. Q [met. )Le ciel plumant ses 
joow/es, ciel nuageux. (Richepin, la 
Mer.) 

Cierge s.m. Agentde police, qui 
monte la garde droit comme un 
cierge. 

Cig = Cigale = Ciguë # s.f. 
Pièce d'or. 

Cigogne (la) # s.f. Palais de jus- 
tice, préfecture de police. « Je 
monte à la Cigogne. » (Vidocq). 

Ciment s.m. Prise de tabac. 

Cinglée s.f. Ivresse. 

Cingler v.a. Se cingler le blair, 
se griser. 

Cinq a.n. Cinq contre un (ona- 
nisme). — Cinq et trois font huit, 
boiteux. 

Cipal s.m. Garde municipal 
(abrév.). 

Cire s.f. Avoir la cire à Vœil, 
avoir les yeux chassieux. 

Cireux s.m. || 1. Homme à 
figure sale et répugnante. || 2. In- 
dividu qui a mal aux yeux. 

Cité s.f. Cité d' amour, prosûtuéo. 
« Je l'ai appelée feignante, cité 
d'amour, chenille, etc.». (Macé.) 

Citron s.m. Tête. 

Citrouillard s.m. Tête. 

Civade # s.f. Avoine, vx fr. m. s. 

Civard s.m. Prairie, gazon. 
Vov. cive. 



CIVE. 






COCANGES. 



Cive s.f. Herbe. Du fr. cive, es- 
pèce cultivée du genre ail. 

Clair s. m. Œil. Allumer ses 
clairs, ouvrir les yeux. — Souffler 
ses clairs, dormir. 

Clampin s.m. Paresseux, propre 
à rien. 

Claquette s.f. Bavard. 

Claque s.m. Maison publique. 

Claque s.f. En avoir sa claque, 
en avoir assez, être surmené, 
fatigué. — Voy. Cliques. 

Claqué s.m. Mort. — La boîte aux 
claqués, la Morgue. 

Claquedent Q s.m. || 1. Maison 
publique. || 2. Maison mal famée. 
Il 3. Cercle mal famé. 

Claquepatin s.m.= Misérable ; 
m.à. m. homme dont la savate cla- 
que contre le talon : 

Venez à moi, claqiiepatins. 
Loqueteux, joueurs de musettes. 

(J. RlCHEPlN.) 

On trouve dans Villon le mot cli- 
quepatin m. s. 

Claquer v.a. etv.n. || 1 . Dissiper. 
Claquer sa galette, dépenser son 
argent. || 2. Mourir. || 3. Manger. 
(Larchey.) 

Claude n.d.b. Imbécile, n Capot 
comme un claude » . 

Clavin # s.m. |I 1. Clou. || 2. r= 
Calvin, v.c.m. Raisin, vigne, vi- 
gneron. 

Cleb # s.m. Chien. Gorr. de cal. 
v.c.m. (3). Hébreu kelp, animal 
qui clabaude. 

Clé O s.f. Avoir perdu sa clé, avoir 
la diarrhée. — A la clé, formule 
ironiquement confirmative qui 
s'emploie à propos de tout. (Lar- 
chey.) « Il y aura du Champagne 
et des femmes à la clé. — Il y a 
eu des embêtements à la clé. » 

Cléricafard0 s.m. Dévot hypo- 
crite. 

Cliché s.f. Colique. De clifoire 
« seringue » de sureau. 



Cliché Os.m. Banal, suranné. C'esf 
un vieux cliché, c'est une formule 
courante, surannée. 

Client # s.m. || 1. C'est le volé, 
pour le voleur. || 2. Q Individu 
quelconque. « Qu'est-ce que c'est 
encore que ce client-là? » 

Clignots s. m. pi. Yeux. — Baver 
des clignots, pleurer. 

Clinquaille (O) s.f. Argent, 
monnaie du fr. clinquant, brillant. 

Cliques s.f.pl. Prendre ses cli- 
ques et ses claques, s'enfuir. 
« Lorsque l'autre a vu le sang, 
elle a pris ses cliques et ses cla- 
ques »... {l'Assommoir, Zola.) 

Cliquettes s.f.pl. H 1. Oreilles. 
Il 2. Jambes. 

Cloche s.f. Déménager à la clo- 
che de bois, déménager clandesti- 
nement, sans paver et sans bruit; 
(la cloche de bois n'a pas de son.) 

Cloporte s.m. Concierge, por- 
tier; (il clôt la porte.) 

Cloque 0s.f. 1| l.Pour C/oc/te, am- 
poule. « Avoir des cloques aux 
pieds. » Il 2. Vesse, pet. 

Cloquer v.n. Péter. 

Clos-cul s.m. Dernier-né d'une 
famille. 

Clou s.m. Il 1. O Mont-de-piété. 
« Mettre au clou.» \\ 2. Prison, salle 
de police. H 3. Attraction princi- 
pale. «Le clou de la pièce. Le clou du 
Salon. » Il 4. Clous de girofle, dents 
noires et gâtées. l| 5. River le clou 
à quelqu un, le mettre à bout 
d'arguments, en avoir raison. 1| 
6. Mauvais. C'est un clou, il est 
mauvais. Il joue comme un clou, 
il joue mal. 

Clous # s. m. pi. Outils de voleur. 

Clouer v.a. Clouer le bec à quel- 
qu'un, le faire taire. Clouer quel- 
qu un. = River le clou, v.c.m. (5). 

Cocanges s.f.pl. Coquilles de 
noix = Btn6i, v.c.m. (i). Jeu de 
cocanges, sorte de jeu de bonne- 



COCANGEUR. 



72 — 



COL. 



teau (v.c.m.) où Ton se sert d'une 
boule et de coquilles de noix. 
C'est un jeu tenu par des filous. 

Gocangeur O s. m. Sorte de bon- 
neteur, v.c.m. et les mots cocan- 
ges et bonneteau. 

Cocantin s. m. Homme d'aflfai- 
res. 

Cocarde s.f. Tête. — Avoir sa co- 
carde, son plumet, être gris. Syn. 
de pompon. 

Cocarder (se) v.pr. Se griser. 

Cochemar s. m. Cocher. 

Cochon s. m. Homme dépravé. 

Cochonnerie s.f. || 1. Ordure. 
Il 2. Dépravation, obscénité. 
« Faire des cochonneries. « 

Coco s. m. Il 1. Tête. Avoir le coco 
fêlé, être un peu fou, quelque- 
fois tout à fait. — Dévisser le coco, 
étrangler. j| 2. Individu. « Un 
drôle de coco, un vilain coco. » 
« Elisa était simplement en cours 
de dressage, le a coco» qui avait 
entrepris de la dompter était un 
jeune homme de bonne famille, 
et dès sa première rencontre avec 
elle, il lui avait fracassé la mâ- 
choire. » [Eclair 19 mai 1894.] H 3. 
Se garnir le coco, manger. || 4. 
(Euf (enf.). Il 5. Mauvaise eau-de- 
vie. 

Cocon (polyt.) s.m. Condisciple de 
première année. 

Cocotte s.f. Il l.Femme galante. 
II 2. Avoir la cocotte, avoir la 
gonorrhée. 

CÔcotterie Q s.f. Réunion de 
femmes galantes. 

Cocufler v.a. Faire cocu. Etre 
cocufié, être cocu. 

Coesme (B) s.m. Bon mercier. 

Coesmelotier (B) s. m. Mercier. 
Coesmelotier huré, marchand gros- 
sier. 

Coesmelotrie (B) #s.f. Mercerie. 
D'où est venu le mot camelote, 
marchandise de peu de valeur. 



Coesre (B) #s.m. Le premier des 
Gueux = Coire, chef de bande 
dans l'arg. moderne. « Leur coire 
me proposa d'être des leurs, on 
faisait la grande soûlasse sur le 
trimar. » [Victor Hugo.] Dex^pw;, 
seigneur. [Timmermans.] 

Cœur s.m. Mettre du cœur sur 
le carreau, vomir. — Cœur d'arti- 
chaut, infidèle. — Par cœur, se 
passer de... Dîner par cœur, se 
passer de dîner. 

Coffre s.m. Corps humain. Avoir 
un bon coffre, être solide, bien por- 
tant. Se garnir le coffre, manger. 

CofTre-fort s.m. Wagon cellu- 
laire pour transporter les pri- 
sonniers. 

Coffrer (Acad.)v.a. Enfermer, em-^ 
prisonner. Se faire coffrer, se 
faire mettre en prison. Voy. 
Coffres-massis. 

Coffres massis (V) s. m. pi. Pri- 
sons, cachots de pierre. On dit 
aujourd'hui coffrer pour mettre 
en prison (Acad.). 

Cognade # s.f. Gendarmerie. 

Cogne % s.m. Gendarme. Dans 
l'arg. moderne on désigne aussi 
par ce mot les agents de police, 
les sergents de ville. 

Cogner' v.a. Frapper, battre. 
Ce mot est français quand il s'ap- 
plique aux choses; il a un sens 
beaucoup plus large en argot. 
Cogner les sergot^, battre " les 
agents. — Cogner une femme, (O) 
faire l'amour. 

Cogn'gi s.m. Cognac. 

Coiffer v.a. Faire cocu. — Etre 
né coiffe, avoir de la chance. — 
Coiffer sainte Catherine, rester fille. 

Coin O s.m. Coin de feu, veston 
d'appartement. 

Coire # s.m. Voy. Coesre. 

Coire s.f. Ferme. Métairie. 

Col O s.m. Se pousser du col, faire 
des embarras, faire le fier. 



COLAS. 



73 — 



COMBLE. 



Colas s. m. Cou. — Trancher le 

colas, guillotiner. 
Golbasse # s. m. Chambre. [Mé- 

TtMER.] 

Colin s. m. voy. Colas. Tampon. 
Colique Q s.t". Colique cornue, 

érection. 
Collabo O s. m. Collaborateur. 

(abrév.) 
Collage s. m. Ménage irrégulier. 

Union illégitime. 

L'une aprt^s i'aulro, en camarade. 
C'est rupin, mais Vcollaf/e, bon Dieu! 
Toujours la môiu'ehauffeus'dc pieu ! 
M'en parlez pas, ça m'rend malade. 

[ASD. GlLL.) 

Collant O S. et a. |I 1. Quelqu'un 
ou quelque chose dont on ne peut 
se débarrasser. Les Femmes col- 
laîites, vaudeville de Léon Gan- 
dillot. II 2. (thé.) Maillot. 

Collardë # s. m. Prisonnier. 

Colle s.f. Il 1. Etre à la colle, 
marié à la colle, vivre en ménage 
sans être marié. || 2. Fiche une 
colle, poser une question ditiicile, 
ou embarrassante à un candidat 
dans un examen. 1| 3. Mensonge. 
= Carotte. 

Collé Q a. Etre collé, être puni. Le 
collégien mis en retenue ou privé 
de sortie est collé. 

Collège # s, m. Prison. 

Collégien # s. m. Prisonnier. 

Coller v.a. || i. Appliquer : « Coller 
une beigne. » || 2. Mettre : Coller 
au clou, mettre en prison ou au 
mont-de-piété. ^'.Colle-toi ça dans 
le coco, «avale ça, m. à m. mets-loi 
ça dans le corps, j] 3. Se coller, se 
mettre en ménage sans se marier. 
Il 4. Coller quelqu'un, le mettre à 
bout d'arguments, le laisser in- 
terloqué. Il 5. Se coller une douce 
ou wnrass/s (onanisme). H Q. Coller 
sous bande, acculer. Cette expres- 
sion vient du jeu de billard. || 7. 
Punir. 



Colletin s. m. = Coltin, v.c.m. 

Colleur (ccol.) s. m. Examinateur. 

Collier s. m. Cravate. 

Collignon s. m. Cocher. Le co- 
cher qu'on appelle Collignon se 
considère comme gravement in- 
sulté, un cocher de ce nom ayant 
commis un assassinat. 

Colloquer v.a. «Il m\i colloque 
les consommations à la manille », 
il m'a tait payer les consomma- 
tions. — « Il m'a colloque son bon- 
homme et fai été cramponné toute 
la journée », il m'a imposé la com- 
pagnie d'un individu ennuyeux, 
importun. 

Golo (mil.) s. m. Colonel (abrév.). 

Colombe Q s.f. Femme légère. 
i « J'ai rencontré une colombe sur 
; le boulevard, elle m'a pris pour 
j un pigeon. » 

I Colon (mil.) s. m. =: Colo. Colonel. 
; Colonne s.f. S'imaginer avoir 
chié la colonne, se croire un per- 
sonnage importai^t. — Se polir la 
colonne (onanisme). — Monter une 
colonne, faire un récit long et 
détaillé. 

j Coloquinte s.f. Tête. « Taper 

! sur la coloquinte. » 

: Coltiger v.a. Arrêter. « C'est 

dans la rue du Mail où j'ai été 

coltigé. » [Victor Hugo, Dernier 

jour d'un condamné.] 

Coltin s. m. Force. 

Coltiner v.n. Faire un travail 
qui exige de la force. 

Coltineur s. m. Fort de la halle, 
homme qui porte des fardeaux. 

Comberge s.f. Confession. Aller 
à comberge, aller à confesse. 

Comberger Q v.a. || 1. Confesser, 
Il 2. Compter. (Larchey.) 

Combergo # s. m. Confessionnal. 

Gomblance Q s.f. Par comblance. 
par surcroît, par complaisance. 
(Rabasse ) 

Comble # (B) s. m. Chapeau. — 



COMBLETTE. 



74 



CONDÉ. 



Cest un comble, c'est extraordi- 
naire. — Jeu des combles, jeu de 
mots. « Le comble de l'agilité, 
c'est jeter un objet du haut de la 
tour Eiffel et descendre assez vite 
pour le recevoir sur la tête. » 

Comblette (B) s.f. La tête. 

Gombre s. m. voy. Combricu, cha- 
peau. Du blesquien, comble, m. s. 

Combrie # s.f. Pièce d'un franc. 

Combrier # s. m. Chapelier. 

Gombrieu s. m. = Combre z=Com- 
briau. Chapeau. Du blesquien 
Comble et Comblette, v.c.m. 

Gomédie s.f. Etre à la comédie, 
être sans le sou. — Envoyer à la 
comédie, congédier. 

Gomète s.f. || i.Q Civière en usage 
pour le transport des enfants au ci- 
metière. « Deux corbillards de 
dernière classe, suivis de la comète 
des enfants, emportaient les mal- 
heureux à leur dernière de- 
meure. ». [| 2. Individu qui est 
considéré comme portant la dé- 
veine au joueur. (Arg. des Grecs.) 
voy. Jeitator. \\ 3. Tirer desplam 
sur la comète, s'ingénier à trouver 
le moyen de réussV. || 4. # Re- 
filer la comète, être dans une pro- 
fonde misère. 

Gomme (conj.) C'est comme aco, 
c'.est comme ça. — Comme if, 
comme il faut (abrév.) — Tes 
comme if, tu as l'air bien comme 
il faut. 

Gomme Q îidv. « Comme s il en 
pleuvait », beaucoup. 

Gommissaire s. m. Petit broc 
de vin. 

Gommode # s.f. Cheminée. 

Gommodier s. m. Déménageur. 

Gommunard = Gommuneux Q 
s.m. Partisan ou combattant de 
la Commune en i871. 

Gompagnon Q s.m. Anarchiste. 
« Les anarchistes s'appellent entre 
eux compagnons. Le compagnon 



Ravacholcstun de leurs martyrs. » 
Compagnon de la pince et du 
croc, voleur, cambrioleur. 

Gompas Qs.m. Allonger son com- 
pas, faire de grandes enjambées, 
marcher viteen ouvrant les jambes 
comme les branches d'un compas. 

Gomplet O s.m. Un complet, un 
vôtementcomplet, chez le tailleur. 

Gompliment O s.m. Rengainer son 
compliment, s'abstenir de parler 
alors qu'on avait l'intention de 
dire quelque chose. 

Gomprendre O v.a. <f 11 la com- 
prend », il n'est pas embarrassé, il 
Qsi débrouillard, il ne se tourmente 
pas. 

Gomprenette O s.f. Intelligence. 
Il n'a pas la comprenette facile, \\ 
ne saisit pas bien facilement, il ne 
comprend pas bien. 

Gompte s.m. « J/ a son compte » , il 
en a assez. « Quelle volée ! il a 
son compte », il a été assez battu. 
« Quelle cuite! il a son compte », 
il a assez bu. 

Gomte s.m. Menteur. J.d.m. avec 
conte, histoire inventée. — %Comte 
de caruche, geôlier. — Comte de 
cas tu, infirm^ier. 

Gomtois s.m. Battre comtois, 
mentir, faire des contes. 

Gon s.m. Niais, imbécile. Ce 
mot s'entend à chaque instant 
dans la rue parmi les gros mots 
et les interpellations des cochers, 
des charretiers, des ouvriers qui 
se querellent. 

Gonasse # s.f. Une honnête femme; 
dans le langage des prostituées, 
ou celle d'entre elles qui n'a pas 
encore la carte de la préfecture. 

Gondé # s.m. |] 1. Maire. Grand 
condé, préfet. Demi-condé, adjoint. 
Coudé franc, magistrat qui s'est 
laisse corrompre. || 2. Permission, 
faveur, généralement accordées 
par le maire de la commune pour 



CONDICE. 



75 



CONSERVES. 



les foires, les jeux et les exhibi- 
tions sur la voie publique. 

Condice # s,f. || 1. Cage dans la- 
quelle on enferme, à bord des 
navires, les condamnés à la trans- 
portalion. |j 2. Habitation des 
condamnes aux travaux forcés, à 
la Nouvelle-Calédonie. 

Condition #s.f.Cliambre, maison. 
Faire une condition, voler, avec 
effraction, dans une chambre, une 
maison. Changer de condition, 
déménager. 

Conduite O s.f. Faire la conduite, 
chasser avec voies de fait. (Lar- 
CHEY.) — Faire la conduite de Gre- 
noble, chasser à coupsde bâton.— 
Acheter une conduite, s'amender. 

Cône # s.f. La mort, voy. coni. 

Coneau s. m. voy. Con. Niais, im- 
bécile. 

Conerie s.f. Erreur, bêtise, 
sottise. 

Confetti O s. m. pi. Les confetti 
parisiens sont de petits ronds 
multicolores en papier, de la 
grandeur d'une lentille, qu'on se 
jette dans la rue pendant les fêtes 
du carnaval. Cet amusement a 
été inauguré en 1892. « Confetti 
et serpentins, à qui nous devons 
tant de grâce et dont Torigine 
demeure ignorée. Un jour,* ils 
apparurent , et la ville s'égaya 
d'un caprice libertin, une ravis- 
sante mutinerie permit d'aimables 
échanges. Les femmes ne furent 
point les dernières à accepter les 
privautés que cette artillerie au- 
torise, et l'obsédante bataille s'en- 
gagea. Le carnaval renaît joyeux, 
libre et vivace , bon enfant et 
gaulois, dans sa fantaisie pitto- 
resque et bariolée. Il a suffi, 
pour que nous assistions à ce ré- 
veil tant souhaité, d'un petit rond 
de papier léger, qui volète, im- 
pertinent, dans l'air qu'il remplit 



de sa poussière multicolore. » 
{Eclair, mars 94.) 

Confirmer O v.a. Confirmer quel- 
qu'un, le souffleter, le gifler. 

Confiture s.f. || 1. Excréments. 
112. Cratification donnée par les 
emprunteurs dans les cercles aux 
individus qui leur prêtent de l'ar- 
gent. « X...„ interr0£^é par le 
président, a soutenu n avoir pris 
aucun intérêt usuraire. — Quand 
les emprunteurs remboursaient, 
dit-il, ils donnaient ce qu'ils vou- 
laient comme gratification. — Oui, 
vous appeliez cela la confiture ? 
fait le président. » (9° chambre 
correctionnelle, 17 avril 94). 

Confiturier s. m. Vidangeur. 

Coni % s. m. Un mort, cadavre. 
Omnibus à conis, corbillard. Du 
blesquien cosny, m. s. 

Conir v.a. Tuer, voy. coni. 

Coniller0 v.n. Disparaître = Fai7'e 
le mort. De Coni, v.c.m. 

Conjungo s. m. Mariage. 

Connaissance s. f. = Bonne 
amie. Maîtresse. « Aller trouver 
sa connaissance. » 

Connaître O v.a. La connaître 
dans les coins, être débrouillard, 
malin, rusé, retors. — Connaître 
une femme, (O) faire Vamour. 

Conobrer % v.a. Connaître. Déf. 
de connaître, lat. cognoscere. 

Conscience s.f. || 1. Se coller un 
cataplasme sur la conscience, man- 
ger la soupe. « Mets-toi ça sur la 
conscience,» mange ça. |1 2. (typ.) 
Ouvrier payé à la journée. 

Conscrit s.m. = 1. (écol.) Nouvel 
élève. Il 2. Novice. 

Conservatoire s. m. || 1, Mont- 
de-piété. — Elève du conserva- 
toire de la Villette, mauvais chan- 
teur. 

Conserves O s.f.pl. Les pièces du 
répertoire au Théâtre -Français 
ou à rOpéra-Comique. 



CONSIGNE. — ' 

Consigne s.f. Il a mangé la con- 
signe, il a contrevenu aux ordres 
donnés, il est arrivé en retard. 

Consolation Q s.f. Jeu de hasard 
qu'on ai)pclait autrefois la par- 
faite (égalité); se joue avec des 
dés. Un des premiers qui installa 
la parfaite à l'aller et au retour 
des courses, était un marchand de 
bijoux qui, lorsqu'il avait dépouil- 
lé les joueurs, leur offrait un bijou 
en loterie comme consolation. 

Contre # (V) s. m. Compagnon, 
associé. C est Valter ego. 

Contrebasse © s.f. Le dos, e,t 
aussi «sa partie basse». 

Contre-coup s. m. Contremaître. 

Contremarque s.f. Contremar- 
que pour Pantin, ordonnance de 
médecin, (billet pour se faire en- 
terrer à Pantin.) 

Convalescence # s.f. Etre en 
convalescence, être en interdiction 
de séjour. 

Conversation Q s.f. Conversation 
crimiîielle, flagrant délit amou- 
reux, par ext. du s.fr. adultère. 

Copaiile s.f. Pédéraste. 

Copain s. m. voy. Copin. 

Copeau s. m. Ouvrier qui tra- 
vaille le bois. — Arracher son co- 
peau, cracher, expectorer. — 
Coup de vague avec copeaux, 
effraction. 

Copie (typ.) s.f. Manuscrit à com- 
poser. — Pisser de la copie, écrire 
beaucoup. — Pisseur de copie, 
celui qui écrit beaucoup, des 
articles sans valeur, sans intérêt. 

Copin s. m. Copine s.f. Q = 
Copain. Ami, amie; camarade, 
compagnon. 

Copurchic Q s-n^* = Gommeux. 
Jeune élégant. 

Coquage % s. m. Dénonciation. 

Coquar= Coquillard s. m. Imbé- 
cile, bête. Animal à coquille. On 
dit aujourd'hui mollusque, moule 



'S — 



COQUINE. 



et huître pour désigner un indi- 
vidu bête, (amolli.) 

Coquard (B) s. m. Maréchal ferrant. 

Coquebin Q s. m. Chaste, inno- 
cent, puceau. 

— Aimez-vous les chastes? 

— Hein?... les « coquebins »?... 

{Gil-Blas, 21 mai 1894). 

Coquer v.a. Dénoncer. — De 
caqueter, donner ou envoyer à la 
façon d'un coup de patte. — Co- 
quer le rifle, incendier. — Coquer 
le taf, effrayer. — Coquer le poi- 
vre, empoisonner. — Coquer son 
centre, dire son vrai nom. 

Coqueur (V) # s.m. Dénonciateur. 

Coqueurs de pains et plommeurs affectez. 
[Villon] 

Dans le patois lyonnais on trouve 
choquer, baiser, embrasser. — 
Coqueur de pains signifiait celui 
qui baise l'hostie. L'idée de baiser 
a fait traduire « dénoncer » par 
coquer (allusion au baiser de 
Judas). Le coqueur \ient dénoncer 
les projets de vol à la police de 
stîreté, ce métier s'appelle co- 
quage. [Ganler.] Ce mot a fait le 
mot fr. coquin. — Coqueur de bille 
ou de braise, capitaliste, comman- 
ditaire. 

Coquillard s.m. [J 1. Œil. Je 
m'en tamponne le coquillard = Je 
m'en bats Vœil, je m'en moque. Par 
j.d.m., du holl, kyken, regarder, 
ail. gucken. [Timmermans.] |j 2. Pè- 
lerin (à cause des coquilles que 
portaient autrefois les pèlerins). 
Il 3. = Coquar, v.c.m. 

Coquille s.f. (typ.) Erreur typogra- 
phique. O Coquille de noix, petit 
bateau léger. # Assiette. 

Coquillon0 s.m. Pou. 

Coquin % s.m. Coqueur. Dénon- 
ciateur. 

Coquine # s .f. Etre en coquine. 
(pédérastie). 



t 



CORBEAU. 



COTE. 



Co^bea^O s. m. || 1. Henri Recque, 
ilans une comédie intitulée /es 
Corbeaux, jouée au Théâtre-Fran- 
çais, a montré ce que sont ces 
hommes de loi, rapaces et insa- 
tiables, qui sentent le cadavre et qui 
viennent pour se partager sa dé- 
pouille comme les corbeaux sur un 
charnier. || 2. Frère de la Doctrine 
Clirétienne (allusion au costume 
noir). Il 3. Croque-mort (il vient 
toujours là où il y a un cadavre, 
comme le corbeau). || 4. Voleur 
dans les cinictières. 

Corbillard s. m. Un caillou à 
caler les roues de corbillardy 
figure triste et renfrognée. 

Corbuche % s.f. Plaie. 

Corde s.f. Se mettre la corde au 
cou, s'engager, se lier; avoir une 



^age 
ialh( 



liaison malheureuse; se mettre 
dans rembarras. — Tenir la 
corde, avoir la bonne place pour 
arriver le premier dans une 
course, ou pour l'obtention d'une 
faveur, d'une place, être le pre- 
mier sur la liste des postulants. 
— Faire des cordes, rester long- 
temps aux lieux d'aisances. 

Corder 0v.n. S'accorder (m. déf.). 

Cornage s. m. Ronflement. 

Cornanche 0s.f. Au jeu du bon- 
net, faire la cornanche, c'est mar- 
quer d'une corne la carte qui 
gagne et en battant les cartes la 
décorner, puis en corner une autre 
en faisant le saut. 

Cornant (B) s.m. Rœuf. 

Cornante (B) s.f. Vache. 

Cornard s.m. Cocu. 

Corne s.f. || 1. = Cornemuse, 
cornet, v.c.m. || 2. Clairon. 

Cornemuse s.f. Le gosier, la 
gorge. Se rincer la cornemuse, 
boire. 

Gornemuseux s.m. Vent du 
Sud (arg. des pêcheurs). 

Corner (O) v.n. Sentir mauvais. 



Cornet s.m. Gosier. Se mettre 
quelque chose dans le cornet, man- 
ger ou boire. 

Cornette s. et a. Q \\ l.Cocu. Il est 

cornette, il est cocu. — Faire 

quelqu'un cornette, le faire cocu. 

Il 2. Femme trompée par son 

mari. 

Corniche s.f. H 1. (écol.) École de 
Saint-Cyr. || 2. Chapeau. 

Cornichon Q s.m. || 1. Aspirant à 
l'Ecole de Saint-Cyr. || 2. Niais, 
sot. Il 3. Veau. Dim. de cornant, 
v.c.m. 

Cornière s.f. Établc (où Ton 
met les coimants et les cornichons, 
v.c.m.). 

Corridor s.m. Gosier, gorge. 
Se rincer le corridor, boire. — 
Repousser du corridor, avoir mau- 
vaise haleine. 

Corsé O ^' Plantureux, copieux. 
Un gueuleton corsé. 

Corser Q v.a. Compléter, aug- 
menter, fortifier, m. à. m. donner 
du corps. 

Corvette # s.f. Etre en corvette. 
(pédérastie) 

Cosaque s.m. Homme grossier 
et mal élevé. 

Cosne # s.f. Auberge. 

Cosny (B) s.m. Mort = Coni dans 
l'arg. moderne des voleurs. 

Cesser % v.a || 1. Dépenser. [Ri- 
GALiD.] Il 2. Dévaliser, ^our écosser, 
tirer de la cosse. 

Coste # s.f. La mort. 

Costel s.m. Souteneur. 

Costo % s.m. Qui fait partie de la 
coterie des costels v.c.m. « Allez 
donc interroger, dans un bar de 
Relleville, une trentaine des gars 
« costo », tous repris de justice, 
ne vivant que de rapine... » Eclair, 
19 mai 1894.) 

Cote s.f. (sport) Tableau des book- 
makers. (Polyt.) Séance des cotes, 
brimades. 



COTE. 



■8 



COULEUVRE. 



Côte s.f. Etre à la côte^ être 
gêné, à bout de ressources. — 
Avoir les côtes en long, être pares- 
seux. 
Côté s. m. N'avoir rien du côté 
gauche j n'avoir pas de cœur, 
manquer de courage, de sensibi- i 
lité. — Du côté que cest pas vrai, 
du mauvais côté. 
Côtelard s. m. Melon. 
Côtelette s.f. Pisser sa côtelette, 
accoucher. — Les côtelettes, les 
favoris. 
Gôtier s. m. |1 1. Homme chargé 
d'atteler les chevaux de renfort 
pour les montées. || 2. Cheval de 
renfort pour monter les côtes. 
Cotillon s. m. Femme. Faire 
danser le cotillon, battre une 
femme. 
Coton s. m. Peine, difficulté. « Il 
y aura du coton. » — Filer un 
mauvais coton, être dans une po- 
sition fâcheuse. 
Cottage O s. m. Maison genre 

anglais. 
Cotte s.f. Pantalon de travail. 
Cotteret s. m. = Fagot affranchi. 

forçat libéré. 
Couac O s. m. Faire un couac, don- 
ner une fausse note. 
Couche s.f. En avoir une couche, 
être sot, niais. — Les nouvelles 
couches (s. ent. sociales), les 
hommes de progrès, les avancés 
de tous les partis. 
Coucher v.n. Tête à coucher à la 
porte, individu à mine suspecte, 
homme laid et repoussant qu'on 
ne voit qu'avec déplaisir. — A 
quelle heure qu'on te couche? tu 
ne vas pas bientôt te coucher? 
tu nous ennuies. 
Coucou s.m. Il 1. Cocu. I| 2. Pen- 
dule, horloge, montre, tous les 
appareils en général qui indiquent 
l'heure, par ext. de coucou, hor- 
loge ancienne dont la sonnerie 



ressemble au cri du coucou. 
113. Faire coucou, jouer à cache- 
cache. 
Coude s.m. Lâche-moi le coude, 
laisse-moi tranquille. — Lever le 
coude, boire. 
Couenne s.f. ||1. Niais, imbé- 
cile. Il 2. Couenne de lard, brosse. 
Il 3. Peau. — Se faire gratter la 
couenne, se faire raser. — Frotter 
la couenne (O), faire l'amour. 

Coues (B) s.f. Maison. 

Couesu s.m. Montre. 

Couille s.f. Testicule. — JSe 
bander que d'une, avoir peur. — 
Avoir des couilles au c, être 
courageux. — N'avoir pas de 
couilles, manquer de courage. 

Couillé s.m. Individu. 

Couillet # Plan de couillet, at- 
tente vaine, prison préventive, 
subir une peine imméritée, faire 
de la prison pour rien. 

Couillon0s.m. || i. \oy. Couille. 
Il 2. voy. Coiiyon. 

Couillonner v.n. voy. Couyon- 
ner. Plaisanter. 

Couiner v.n. Se lamenter. 

Coulage s.m. Gaspillage, perte oc- 
casionnée par la négligence ou le 
manque de surveillance. 

Coulant s.m. 1. Lait. l| 2. Cra- 
vate (nœud coulant). 

Coulante s.f. || 1. Gonorrhce. 
Il 2. Laitue. 

Coule s.f. Etre à la coule = Etre 
à la hauteur, dans le mouvement, 
être au courant d'une chose, être 
capable, intelligent. 

Coulé a. Perdu (comme un na- 
vire au fond de la mer). 

Couler v.a La couler douce, se la 
couler, vivre insouciamment, m. à. 
m., laisser couler la vie. 

Couleur s.f. I| 1. = Carotte. 
Mensonge. || 2. Gifle. 

Couleuvre s.f. || 1. Mensonge, 
pour couleur. Conter des cou- 



COULOIR. 



— 70 



COURAILLER. 



leurres j mentir. || 2. Paresseux 
(fainéant comme une couleuvre). 

Couloir s. m. = Conidor. Bou- 
clie, gorge, gosier. 

Gouloire (V) s.f. Canal de l'u- 
rètre. 

Coup O s. m. Monter le coup à 
quelqu'un , le tromper par des 
promesses que Ton sait ne pas 
tenir. — Ça vaut le coup, ça vaut 
la peine de s'en occuper. — Elle 
vaut le coup (obsc), en parlant 
d'une femme. — Coup du lapin, 
le dernier coup. — Avoir un coup 
de sirop, coup de feu, coup de bou- 
teille, coup de chasselas , coup de 
picton, être gris. — Coup de 
chien, mauvais tour, trahison. — 
Avoir un coup de marteau, être 
toqué. — Avoir un bon coup de 
fourchette, avoir bon appétit. — 
Coup du médecin, verre de vin , 
après la soupe. 

Après la soupe un coup de vin 
Ole un denier au médecin. 

{Vieux prov.) 

— Tu ne te donnes pas de coups de 
pied, tu ne dis pas de mal de toi, tu 
fais ton éloge. — Coup de pied 
de Vénus, maladie vénérienne. — 
Donner les coups de poing de la 
fin, donner un coup de collier, ac- 
tiver la besogne pour la terminer. 

— Donner le coup de pouce, avan- 
cer une pendule. — Coup de so- 
leil, ivresse. — Se donner un coup 
de torchon, se battre. — Donner 
un coup de pied à la caisse, de- 
mander une avance d'argent. 

— Le coup de Vabsinthe, l'heure, 
le moment. — % Coup de casse- 
role^ dénonciation. — Coup du 
pèreFrançois=zCharriage[Y.c.m.) 
à la mécanique. — Coup de tron- 
che, coup de tête. Coup de vague, 
vol non prémédité, fouiller les 
poches, détrousser. — Coup de 



hasard [O), bâtard. — Coup de 
pouce, effraction. 

Coupe s.f. Tirer sa coupe, nager. 
— Etre sous la coupe de quelqu'un, 
sous la dépendance. 

Coupé a. Sans le sons=z Fauché. 

Coupe-choux (mil.) s. m. Sabre. 

Coupe-ficelle (mil.) s. m. Artificier 
d'artillerie. 

Coupe-file O s. m. Laissez-passer 
délivré par la préfecture de po- 
police (il permet de couper la file 
et de passer avant les autres). 

Couper v.a. et v.n. Croire. Je 
n'y coupe pas, je n'y crois pas. 
Couper dedans, croire ce que l'on 
vous dit, adhérer à une proposi- 
tion. — Couper dans le pont, se 
laisser naïvement tromper. Allu- 
sion au truc des cartes [faire un 
pont, c'est cintrer légèrement la 
partie supérieure d'un jeu de 
cartes pour faire « couper » où 
l'on veut). — Couper la chique à 
quelciuun, l'interrompre, le faire 
taire. — Ça m'a coupé la chique, 
je n'ai plus rien dit. — Ça te la 
coupe ! ça t'étonne, tu ne *dis plus 
rien. — Ça vous coupe la gueule à 
quinze pas, ça sent mauvais de très 
loin. — Couper la musette, couper 
la gorge et aussi la parole. — 
Se couper, se trahir en racontant 
un fait, dire ce que l'on tenait à 
cacher. — Couper la queue à 
son chien, se faire remarquer 
par une excentricité. — (Thé.) // 
cherche à me couper mes effets, 
il m'empêche, par ses mouve- 
ments ou ses répliques, de pro- 
duire l'effet que je voudrais dans 
mon rôle. 

Coupe-sifflet s. m. Couteau. 

Coupolard O s. m. Académicien 
(il siège sous la coupole de l'Ins- 
titut). 

Courailler v.n. Traîner par les 
rues, courir après les femmes. 



COURANT. 



80 — 



CUACHER. 



Gourant s. m. Se déguiser en cou- 
rant d'air, s'en aller, s'enfuir. 

Gourante (la) s.f. La diarrhée 
(O, 1556) (indisposition qui fait 
courir). 

Gourbe (B) s.f. Épaule. Les uns 
fichent une courbe de morue, 
d'autres un morceau de cornant. 
(Le langage de TArgol.) 

Gourer v.a Se courer, se garer. 

[RiGAUD.] 

Goureuse s.f. |1 1. Femme qui 
se prostitue, qui court après 
les hommes. |1 2. Machine à 
coudre. || 3. Plume (pour écrire). 

Gourir O © v.a. et v.n. Courir la 
gueuse, le guilledou, courir après 
les filles. — (Sport) Faire courir, 
avoir une écurie de courses. 
Se courir, s'enfuir. 

Gourriériste O s. m. Journaliste 
qui fait les articles sous les rubri- 
ques «Courriers » des théâtres, 
du sport, de la bourse, etc. 

Gourt-à-patte s. m. Fantassin, 
artilleur à pied. 

Gourtaud % s. m. Employé. Cour- 
taud de boutanche, employé de 
magasin. — Abreuver le courtaud, 
(O) faire l'amour. 

Gourte (la) obsc. s.f. Membre 
viril. 

Gourt-bouillon s. m. Le grand 
court-bouillon, la mer. 

Gourtier % s. m. Voleur qui com- 
bine les vols. 

Gourtiser Q v.a. Courtiser la dame 
de pique, jouer fréquemment aux 
cartes. 

Gousin s. m. Tricheur au jeu. 
(arg. des Grecs) 

Goûter v.n. Ça coûte les yeux 
de la tête, ça coûte cher. 

Goussinet s.m. Genou ; (allusion 
aux coussinets entre lesquels sont 
maintenus les arbres tournants). 

Gouvrante s.f. I| 1. Casquette. 
Il 2. Couverture. 



Gouvre-amour Q s.m. Chapeau, 
shako. 

Gouvreur s.m. [14.0 Chapelier, 
Il 2. (F.-M.) Celui qui garde ou 
qui ferme la porte. 

Gouvrir Q v.a. Couvrir la femelle 
(O, 1556), engendrer (en parlant 
des animaux). 

Gouyon s.m. = Couillon. Lâche, 
poltron. « Couyon comme la lune. » 
De Coilly ou Couilly village de 
l'arrondissement de Meaux, le 
quatrain suivant recueilli dans 
les adages français explique le 
sens donné à ce mot syn. de 
Couillyon habitant de Couilly: 

« Mil cinq cent vingt et quatre 
« Coilly fut pris sans combaltre ; 
« Et les blés furent engelés 
« Et maints gens déshonorés. » 

[L. RlGAUD.] 

Gouyonnade s.f. = Co\iillon- 
nade. \\ 1. Lâcheté. || 2. Niaise- 
rie, vétille. « Couyonnade en bâ- 
ton. » 

Gouyonner0v.n. et Y.a. = Cowî7- 
lonner. || 1. Avoir peur, reculer 
devant une chose à accomplir. 
[| 2. Couyonner le service =:^ Caro - 
ter, éviter la besogne. || 3. Plai- 
santer. Est-ce que tu couyonnefi? 
Est-ce que tu plaisantes? || 4. 
Couyonner quelqu'un, le berner. 

Goys (V) s.m. Cabane, maison, ca- 
baret, cellier. C'est le même mot 
que chaix en usage dans le midi 
de la France. Du latin casa. 

Grabosser v.a. Faire des bos- 
ses, bossuer. Chapeau crabossé, 
écrasé et bossue. 

Craché Q a. Ressemblant: « C'est 
son père tout craché ». 

Gracher 0©v.a. et v.n. Cracher 
son âme, son embouchure, mourir. 

— Cracher au bassinet, donner de 
l'argent. — Cracher blanc, des 
pièces dix sous, du coton, avoir soif. 

— I^e pas cracher dessus, aimer une 



CRACHOIR. 



81 -- 



CREVAISON. 



chose, ne pas dédaigner. — Faire 
cracher, forcer à donner de l'ar- 
gent , faire parler. — ^ # Cracher, 
faire des aveux. 

Crachoir s.ni. || 1. Bavard. Te- 
nir le crachoir, être seul à parler. 
Abuser du crachoir, garder seul 
la parole, sans laisser parler les 
autres. || 2. Réquisitoire. 

Crampe s.f. Fuite, évasion. Ti- 
rer sa crampe, prendre la fuite. — 
Tirer une crampe, (obsc.) 

Grj^mper 0v.n. |I i. Corr. de dé- 
camper, fuir. Il 2. Coïter. (obsc.) 

Crampon s. m. Individu te- 
nace et importun. « Quel cram- 
pon ! » 

Cramponner v.a. S'attacher à 
q.q. avec acharnement, l'obséder. 

Cran s.m.Q Lâcher d\in cran, aban- 
donner. — Se serrer le cran, se 
modérer, se priver. — Avoir son 
cran, être gris. — Être à cran, ùiro 
inquiet, irrité, anxieux. 

Crâne Q a- et s. m. Il a un crâne 
toupet, il est bien audacieux, té- 
méraire, — Faire le crâne, faire 
le fanfaron. 

Crâner v.n. Faire le fanfaron. 

Crâneur s, m. Fanfaron. 

Crapaud s. m. I| 1. Gamin, en- 
fant. « Est-il drôle, ce crapaud- 
là! ^^ Il 2. Genre de fauteuil 

lljcapitonné et très b as. 1| 3. # 
Cadenas. 

Crapser v.n. Mourir. 

V'ià dans rbataillon d'ia guiche ! 
Comment craps'nt les dos. 

(J. RlCHEPIN.) 

Var. de crever. 

Crapulos s. m. Cigare d'un sou. 

Craquelin s. m. Menteur. Du fr. 
craque, mensonge. 

Crasse s.f. Vilenie, indélica- 
tesse. « Faire une ci'asse ». 

Cravache (sport) s.f. Etre à la cra- 
vache, pressé, activé; (pour arri- 
ver au but le cheval est cravaché.) 



Cré a. Pour sacré. « Cré nom! 

Cré mâtin! » 
Créateur s. m. Artiste; il crée. 
— Faire mousser ou se balancer 
le créateur-, (onanisme). 
Créature Q ^-f* Terme de mépris 
à l'adresse d'une femme; « Une 
sale créature. » 

Grebleu int. Pour sacrebleu. 

Credo O s. m. jj 1. Profession de 
foi. Il 2. Crédit. |j 3. Aveu. 

Crème s.f. % Être fait crème, être 
dupé par son complice, m. à. m. 
être écrémé. — (O) Q Le meil- 
leur; ((C'estlac?'éme des hommes». 

Crémer Q ^'•^' Brûler. Se faire 
crémer, demander à être incinéré 
après sa mort. 

Crêpage s. m. Bataille, rixe; 
« Crêpage de chignon. » 

Crêper (se) v.pr. Se crêper le 
toupet, le chignon, se battre, =z Se 
prendre aux cheveux. 

Crépin s. m. Cordonnier; saint 
Crépin est le patron des cordon- 
niers. 

Crépin (Saint-) s.m. = Saint- 
Frusquin. Tout ce qu'on possède. 

Crépine s.f. Bourse de cuir. 

Crépon O s.m. Paquet de faux 
cheveux que les dames portent 
dans leur chevelure. « Mettre dja 
crépon. » 

Crés # adv. Vite. 

Crespinière # adv. Beaucoup. 

Cresson s.m. Iln'aplusde cres- 
son sur le caillou, il est chauve, 
m. à. m., il n'a plus de cheveux 
sur la tête. 

Crétiniser Q v.a. Abrutir,stupéfier. 

Creuse s.f. Gorge. 

Creuser Q v.a. Approfondir. Se 
creuser la cervelle, chercher. 
Creuser une idée, l'étudierj l'ap- 
profondir. 

Creux s.m. || # 1. Logis. || Q 2. 
Voix. « Avoir du creux. )> 

Crevaison s.f. Faire sa crevai- 

6 



CREVANT. — 

son, être très malade, sur le point 
de mourir. 
Crevant a. O ^'^^^ crevant! c'est 
drôle ! c'est bizarre, extraordi- 
naire. 
Crevard s. m. Enfant mort-né. 
Crève-la-faim s. m. Malheu- 
reux, misérable. 
Crever v.a. Tuer. = Crever la 
gueule, la peau, la paillasse. « Vo- 
tre intention est formelle : vous 
voulez crever un bourgeois, et 
comme vous n'avez pas les moyens 
d'action du sublime Ravachol, 
vous vous servirez de votre instru- 
ment de travail, le tranchet! » 
(Int. de Léauthier, anarchiste 
condamné en 1894.)— Se crever, 
se fatiguer. — Crever la pièce de 
dixsous, (obsc.) sodomie. — Cre- 
ver Vœil au diable, réussir malgré 
les obstacles, la déveine. 

Crevette O s.f. Femme galante. 
« Allons dîner, il y aura des cre- 
vettes ))." 

Cri % int., signifie « à gauche », 
indication du bonneteur à son 
compère; t^ane signifie «adroite». 

Criarde s.f. |f 1. Poule. |1 2. 
Lime, scie. || 3. # Sonnette. || 4. 
Serrure. 

Criblage = Criblement % s. m. 
Cris. 

Cribler % v.n. Crier. Cribler à la 
grive. Crier : Voilà la police ! A la 
garde ! 

Cribleur s. m. Crieur. — Cri- 
bleur de verdouze, marchand des 
quatre-saisons. — Cribleur de 
lance, arroseur. — Cribleur de 

" frusques, marchand d'habits. 

Cric s. m. Eau-de-vie. 

Cric-croc! int. A ta santé! 

Cricon-criquette (O) Sacrifice 
à Vénus. 

Cri-cri Q s. m. Grillon. 

Crie (B) # s.f. = Crigne. Chair, 
viande. 



2 — CROQUER. 

Crignolier % s. m. Boucher. 

Crin O s. m. || 1. = Cran. « Être 
comme un crin. » [| 2. A tous crins, 
endiablé. 

Crin-crin s. m. Violon. 

Criole s.f. = Crie. Chair, viande. 

Cristalliser (se) O v.pr. S'im- 
planter, s'immobiliser. — (Polyt.) 
flâner. 

CristiQint. voy. Sactisti. (abrév.) 

Croasseur "s. m. Corbeau, (il 
croasse) 

Croc s. m. Escroc, (abrév.) 

Croche s.f. Main. 

Crocher (se) v.pr. = S'accro- 
cher, en venir aux prises, se 
battre. 

Crochette s. t. Clé., 

Crocodile s. m. |1 l.Q Étranger qui 
suit les cours de l'Ecole Saint- 
Gyr. H 2. Usurier, créancier. 

Croire Q v.a. Croire que c'est ar- 
rivé, être prétentieux, s'en faire 
accroire. — « J'te crois », cer- 
tainement. 

Croissant s. m. H 1. Demeurer 
rue du Croissant, être cocu. |1 
2. # Gilet. 

Croix (O)0s.f. Argent, monnaie. 

• « Je n'ai ni croix, ni pile, » 
« Je n'ai pas d'argent. » 

Crolle S.f. = Crosle, écuelle, 

plat, assiette. 
Crôme s. m. Crédit. 
Cromper v.a. voy. Cramper (l). 
Crompire s.f. Pomme de terre. 

Mot wallon, de l'ail. Grundbirne, 

poire de terre. 
Cronée s.f. Ecuelle. 
Croquant s.m. || 1. # Rat. |1 2. 

Croquante, souris. || 3. (O) Q I^^" 

dividu mal élevé, qui ne sait pas 

vivre. Homme de rien, du vx. fr. 

croquart ; m. s. [Froissart] 
Croquenots s. m. pi. Souliers; 

(ils craquent.) 
Croquer v.n. Esquisser. Gentil 



CROQUET. — 83 — 

à croquer, c'est gentil, à peindre. 
(O)Manger. — Croquer la pie, boira. 

Croquet s. m. Individu irritable. 

Crosle (B) s.f. Ecuelle. 

Grosse s.f. Uéquisitoire. 

Crosser Q v.a. 1) \. Requérir con- 
tre un accusé [| 2. # Receler. || 
3. # v.n. Sonner. H crosse trois 
plombes, il sonne trois heures. 

Grosseur s. m. || 1. Avocat, 
ministère public. 1| 2. Receleur. 
Il 3. Sonneur. 

Crotal s. m. (polyt.) Sergent à l'Ecole 
polytechnique. 

Crottard s. m. Trottoir. 

Crotte s.f. Etre dans la crotte, 
être dans la misère, avoir des 
■ennuis. — Crotte de pie, pièce 
^e 50 centimes. — Crotte d'ermite, 
poire cuite. — Crotte de chocolat, le 
plus répandu des chocolats d'é- 
trennes, se présente sous forme 
de crottes. Une crotte se compose 
d'un intérieur en pâte d'amandes 
ou en crème, et d'une enveloppe 
formée d'un mélange de chocolat 
et de beurre de cacao. 

Crotté a. Cul crotté, femme 
sale, négligée. 

Crottin s. m. Ramasser le crottin 
des chevaux de bois, ne rien faire, 
être sans place. 

Croume s.f. Crédit. (Rigaud) 

Croumier s. m. Celui qui fait 
crédit. 

Croupière Q s.f. Tailler des crou- 
pières à quelqu'un, lui causer des 
embarras, des ennuis, etc. 

Croupir v.n. Mon dîner croupit 
dans le battant, mon dîner ne 
digère pas. 

Croustiller v.n. Manger. 

Croûte O s.f. Il i. Individu arriéré, 
qui ne sait rien. || 2. S'^embèter 
comme une croûte de pain derrière 
une malle, s'ennuyer beaucoup. 
Il 3. Mauvais tableau. 

Croûton s. m. || 1. 0= Croûte, 



CUISINIER. 



v. c .m. Il 2. Mauvais peintre. 

Croûtonner Q v.n. Faire de mau- 
vais tableaux. 

Cruche Q s.f. = Cruchon s. m. 
Imbécile, niais. 

Crucifié s. m. Personne décorée. 
(qui porte la croix.) 

Crucifix s. m. Crucifix à res- 
sort, à Vesbrouffe, pistolet, re- 
volver. 

Crupault (V) # s. m. Pot. 

C'ti pr. Celui. Cti-là, celui-là. 
Cti-là qui m'emm... fiai fiche une 
beigne, celui-là qui m'ennuie, je 
lui donne une gitle. . 

Cube O s. m. Elève de troisième 
année à TEcole centrale. 

Cucurbitacé Q s.m.= Melon. Im- 
bécile, niais. 

Cueillir v. Arrêter. « On l'a 
cueilli à sa porte et conduit au 
dépôt. » 

Cuiller s.f. La main. Serrer la 
cuiller, serrer la main. 

Cuir s. m. Peau. Tanner le cuir^ 
battre. 

... Ah! cousin qu'elle a le nez joli, 
Le minois égrillard, le cuir fin et poli. 

[Regnaud, le Bal, se. Vil.] 
Le beau corps, le beau cuir! 

[La Fontaine, Roi Candaule»] 

Cuir de brouette, bois. — Escar- 
pins en cuir de brouette, sabots. 

Cuire # v.n. Se faire cuire, se 
faire arrêter. — Etre cuit, être 
condamné. — O Cuire dans son 
JUS, avoir chaud, transpirer. 

Cuisine Q s.f. || 1. Faille la cuisine 
d'un journal, préparer le journal, 
dans tous ses détails. || 2. # Pré- 
fecture de police. 

Cuisiner Q v.n. et v.a. Travailler. 
L'agent de la sûreté cuisine les 
prévenus, il cherche à les faire 
avouer. 

Cuisinier s. m. || 1. Agent de la 
sûreté. 112. Secrétaire de la ré- 
daction dans un journal. 



CUITE. 



84 



CYGNE. 



Cuite s.f. Ivresse : « Une cuite 
carabinée. » 

Cuiter (se) Q v.pr. Se griser. 

Cuivre O s. m. Les cuivres, les 
instruments de cuivre dans un 
orchestre. — Astiquer les cuivres, 
nettoyer la batterie de cuisine, 
(en cuivre.) 

Cul s. m. Niais, imbécile. — Cul 
de plomb, homme de bureau. — 
Avoir quelqu'un dans le cul, dé- 
tester, mépriser. — Enlever le oui 
à gue/gw'ww, le gronder, le battre. 
— Montrer son cul, faire faillite. 
(Rigaud) — Cul terreiix, jardi- 
nier. — Tirer au cul, travailler 
mollement, sans énergie. Les 
fabricants de papier peint em- 
ploient le levier à la main, et 
pour donner plus de pression et 
déployer moins de force ils s'as- 
soient sur l'extrémité, ce qui est 
moins fatigant; ils appellent cela 
tirer au cul. 

Culbutant s. m. Pantalon, cu- 
lotte. Des m.fr. cul, derrière, et 
butant, soutien. 

Culbute s.f. ||1. voy. Culbu- 
tant. Il 2. O Faire la culbute, 
faire faillite. 

Culot s. m. Dernier né d'une fa- 
mille. — Le culot, la fin d'une 
chose. — Avoir un vrai culot, être 
osé r= Avoir du toupet. 

Culotte O s.f. Il 1. Perte qui en- 
globe toutes les autres. (Larciiey) 
Il 2. = Cuite, ivresse ; l'habitude 
de boire fait prendre au nez une 
couleur foncée, il se culotte. || 3. 
Aimer la culotte rouge, aimer les 
militaires. 



gri- 



Culotter (se) O v.pr. Se 
ser, voy. culotte (2). 

Culotteur Q s. m. Culotteur de 
pipes, fumeur qui passe tout son 
temps à fumer la pipe. 

Gupidon s. m. Chiffonnier; (il 
porte une hotte a la place d'un 
carquois). 

Curé s. m. Sac de charbon. — 
Curé de campagne, # (prost.) 
prostituée, bonne à tout faire^ 
qui sait se retourner. 

Curieuse (la) s.f. La préfecture 
de police. 

Curieux s. m. Juge d'instruc- 
tion, président de cour. 

Cycle O s. m. Vélocipède. 

Cyclewoman Q s.f. Femme qui 
s'adonne au sport vélocipédique : 
« Aujourd'hui sera couru un 
match entre deux de nos plus 
charmantes cyclewomen, sur le 
parcours de Paris à Yille-d'Avray 
et retour. » 

Cycliste O s. m. Yélocipédisle. 

Cyclisme O s. m. Sport vélocipé-j 
dique. 

Cyclope s. m. Derrière. (Rigaud)] 
= Le borgne ; (il n'a qu'un œil.] 

Cylindre s. m. Tu fen feraisl 
péter le cylindre. = Tu fen ferais] 
mourir, tu ne le voudrais pas, 
c'est au dessus de tes forces, ex- 
pression de refus formel. — 
Aliser son cylindre, être très ma- 
lade; (argot des métallurgistes.) 

Cymbale s.f. La pleine lune. 
Les cymbales, panonceaux. 

Cygne s. m. Pièce de vingt 
francs. Pour ciguë, v.c.m. 



I 



DAB. 



85 



DANSER. 



D 



Dab = Dabe 9 s. m. Pore, patron, 
maître. Gratul dab. Dieu, roi, 

Mais grand Dab qui se fâche, 
Dit: par mon caloquet 
Jjv ferai danser uno danse 
Où V a pas d'plancher. 

[V. Hugo]. 

Chef. Dab de la cigogne ou doi 
rcnifleiirs préfet de police. Du 
skt. da, nourricier. [Timmerma>s] 

Dab d'argent s. m. Spéculum. 
Crampev avec le dab d'argent, 
passer à la visite sanitaire, (arg. 
des filles publiques.) 

Dabérage s. m. Bavardage. 

Dabérer v.n. et v.a. Bavarder. 
Hébreu dabar, parler. [Timmeii- 

MANS] 

Dabesse % s.f. Mère, patronne, 
maîtresse, reine, f. de dab, v.c.ni. 

Dabot 9 S. m. Soutfre- douleur. 
[Lvrchey] 

Dabuche % s.f. = Dahessej voy. 
Dab. Bourgeoise, nourrice. 

Dabuchette s.f. Jeune mère. 
Dim.de Dabesse, dabuche, \. ces m. 

Dache (ar. alg.) Envoyer à dache 
[le perruquier des zouaves) y en- 
voyer promener. 

Dagorne s.t. Vieille femme 
laide et chagrine. 

Dague s. m. Couteau. 

Daim s. m. Niais, imbécile, 
dupe. Daim huppé, homme riche 
et bête. 

Dale s. m. Monnaie d'or ou d'ar- 
gent. 

« Faut pas aller chez Paul Niquet 
Ça vous consomm' tout voir' pauvr' dale. » 
[P. Durand.] 

Dalle s.f. Gosier, bouche. S'ar- 



roser, se rincer la dalle, boire 

Un', deux, trois, longtemps, beaucoup. 
Il faut s'arroser la dalle 
Du cou. 

(Richepin). 

Dalzar s. m. Pantalon ; pour pan- 
talzar, m.déf. 

Dame s.f. Dame blanche, bou- 
teille de vin blanc. — Aller voir 
ces dames, aller au lupanar. — 
Courtiser la dame de pique, jouer 
souvent aux cartes, être- joueur. 

Damer v.a. Damer une fille, la 
séduire. 

Danaïdes # s.f. pi. Faire jouer les 
danaidcs, battre. [Rigald] 

Dandiner v.n. Sonner, pour 
tintiller. Lat. tintinnire. Le tinte- 
ment ou le toctoG du battant sur 
le manteau de la cloche a servi 
par la suite de nom pour l'acte de 
dandiner, dodeliner, etc. [Timmer- 

MANS) 

Dandines s.f. pi. Cloches, clo- 
chettes, sonnettes, grelots. 

DandinoD s. m. Cloche, carillon. 
Taquiner le dandillon, tirer la 
sonnette. 

Dandiner v.a. Battre; faire 
comme le battant du dandillun. 

Dandines s.f. pi. Coups. 

Danse s.f. || 1. Coups. Fiche une 
dame, battre. || 2. Mauvaise odeur. 

Danser v.n. et v.a. Payer. 
« Danser d'un louis. » — La 
danser, être oblige de payer, être 
battu; (au pr. et^au fig.) — Faire 
danser, battre. — Danser devant 
le buffet, n'avoir rien à manger; 
c'est aussi la vraie danse du ven- 
tre. — Danser du bec, danser tout 
seul, sentir mauvais de la bou- 



DANSEUR, 



— 86 — 



DÉBANQUER. 



^ 



che. — La danser, = sauter le 
pas, mourir. 

Danseur s. m. Dindon. 

Dar-dar = Dare-dare # adv. 
Vivement, rapidement. 

Dard s. m. Membre viril. — 
Filer comme un dard, fuir rapi- 
dement. 

Dardant (le) # n.pr. L'Amour. 
Le petit Dardant, Gupidon. 

Dardelle s.f. Deux sous. 

Dare-Dare adv. voy. Dar-Dar. 

Dariole s.f. || 1. Coup de poing. 
Il 2. Sorte de pâtisserie enroulée 
comme un saucisson. Comparez le 
holl. draayen tourner een draai, 
une torgniole, coup donné d'un 
tour de bras. [Timmermans] 

Dariolet s. m. Dariolette s.f. 
Entremetteur, proxénète, femme 
qui favorise les entreprises ga- 
lantes, (on appelait Dariolette la 
confidente d'Êlisenne dans Ama- 
dis, le célèbre roman de cheva- 
lerie). — Souteneur; (se trouve 
avec ce sens dans Mat. Régnier.) 
Dariolet est le surnom marseillais 
du maquereau ; ce mot est formé 
du latin dorsum et du vx fr. riulé 
(rayé) ou bariolé, bigarré. 

Darioleur s. m. Pâtissier qui 
fait la dariole, v.c.m. 

Daron s. m. Daronne s.f. # = 
Dab, dabcsse, dabuche, v.c.m. Da- 
ronne du Mec des Mecs ou du 
Grand Havre, la Vierge, m. à m. 
mère de Dieu. — Daronne du 
Dardant, Vénus, mère de l'Amour. 

Dark-horse (sport) s. m. Cheval 
inconnu. (Ang. cheval ténébreux.) 

Daube s.f. Cuisinière. Holl. 
doopen, plonger dans un bain, 
dans une sauce, mettre à la daube. 

[TiMMERMANS] 

Daubée % s.f. Raclée, ang. to dub, 
frapper. 

Daubeur s. m. Maréchal fer- 
rant. 



Dauche s. m. et f. Père, mère. 
Var. de dab et daron. 

Dauffe % s.f. =: Dauphin s. m. 
Instrument d'effraction. 

Dauluage (B) s m. Mariage. 

Dauiué (B) % s. m. Marié. 

Dauphin % s. m. 1| 1. Souteneur. 
Il 2. Dauffe,y.ç,.m. 

Davone # s.f. Prune. 

Dé O s. m. Domino. On dit : 
« Faisons une partie de dominos, 
on prend sept dés ». Poser un 
dé calotte, c'est poser un domino 
seul de son point. 

Dead heat (sport) s. m. Course 
nulle ; lorsque deux chevaux ar- 
rivent ensemble au poteau. (Ang. 
épreuve morte.) 

Débâcle % s.f. Accouchement. 

Débâcler V. a. || 1. # Ouvrir, pour 
déboucler. — Débâcler son chouan, 
ouvrir son cœur, jj 2. Accou- 
cher. 

Débâcleuse s.f. || i. Sage- 
femme. Il 2. Femme qui a souvent 
des enfants. 

Débagouler v.a. Parler, faire 
un discours. 

Déballage Q s. m. Le déshabillé 
dune femme : <( Il n'y a plus rien 
au déballage, faux cheveux, fausses 
dents, faux tétons, faux derrière, 
etc., que reste-t-il? — » Au débal- 
lage, au saut du lit. — Etre volé 
au déballage, être déçu sur les 
charmes d'une femme au désha- 
billé. 

Déballer v.a. et v.n. Ij 1. Mon- 
trer, faire voir. « Il a déballé ses 
paperasses pour m'expliquer son 
affaire.» || 2.Fairesesbesoins. || 3. 
Se déballer, v.pr., se déshabiller. 

Déballeuse s.f. voy. Débâcleuse, 
=z Déballeuse de petits salés. 

Débander (obsc.) v.n. S'arrêter en 
bon chemin. 

Débanquer O v.a. Faire sauter la 
banque. 



DÉBARBOUILLER. 



-- 87 



DECâTISSAGE. 



Débarbouiller (se) v.pr. Pour 
se débrouiller, v.c.m. 

Débardeur Q s. m. Personnage de 
carnaval. 

Débarquer Q v.a. Renvoyer, chas- 
ser, faire partir. <( La majorité n'a 
qu'une chose à faire, dit-on dans 
les groupes, c'est de le débarquer. >^ 
[Maurice Barrés] — Se débarquer, 
v.pr. ne plus vouloir participer à 
une affaire, y renoncer après s'êtr^e 
embarqué. 

Débecqueter v. Vomir. 

Débinage Q s. m. Propos mal- 
veillants, critique acerbe et mé- 
chante. 

Débine s.f. Misère, pauvreté. 

Débiner O v.a. Dire du mal. Débi- 
ner le truc, dévoiler une chose. 
Se débiner, v.pr. s'en aller. 

Débineur s. m. = Bêcheur. 
Il 1. Médisant. || 2. Celui qui ré- 
vèle une chose tenue cachée. 

Déblaver v.a. (pays.) Couper 
les blés. 

Débonder v.n. Faire ses besoins. 

Déborder v.n. Vomir. 

Déboucler v.a. = Déhâcler. 
Il 1. Mettre en liberté. || 2. Accou- 
cher. Il 3. Ouvrir. 

Déboucleur s. m. |I 1. Médecin- 
accoucheur. Il 2. Le geôlier de | 
prison quand il ouvre la porte. 

Débouler v.n. Accoucher, 

Déboulonner v.a. Vendre. [Ri- 
ga id] 

Débourrer v.a. Instruire. — 
Débowrer sa pipe. Se débourrer, 
v.pr. faire ses besoins. 

Débouscailler v.a. Décrotter. 

Débrider v.a. || 1. Débrider la 
margoulette, manger. || 2. # Ou- 
vrir, crocheter une porte. — Dé- 
brider les châsseSf ouvrir les yeux. 
Il 3. Autoriser. 

Débridoir s. m. Clé, fausse clé. 

Débringuée # a. Tenue débrin- 
guée, tenue débraillée. De brin- 



gue, var. de branche, considérée 
ici comme ligot. [Timmermans] 

Débrouillard Q s. m. Celui qui 
sait se débrouiller, qui se tire 
toujours d'affaire. 

Débrouiller (se) Q v.pr. Savoir 
se débrouiller, savoir s'arranger. 

Décadener v.a. Enlever les 
chaînes. Voy. Cadène. 

Décadent O' s. m. Adepte d'une 
école littéraire et artistique dite 
décadente. Les décadents sont des- 
sinateurs, peintres, ))oëtes, écri- 
vains, etc. Est-ce parce qu'ils con- 
tribuent pour leur grande part à 
la décadence de l'art? 

Décalitre s. m. Chapeau haut de 
forme. 

Décanillage s.m. Déménage- 
mont. Décanillage à la manque, 
déménagement clandestin. [J. Ri- 
ciiepin] 

Décanilier v.n. S'en aller. De 
de, marquant l'action de s'éloi- 
gner, et du skt. Aan, aller. [Bur- 

>'0UF] 

Décarcasser v.a. Décarcasser 
quelquun, le battre à outrance. 
— Se décarcasser, v.pr. Se donnei 
du mal. 

Décarrade # s.f. || 1. Fuite. 
Il 2. Evasion. || 3. Acquittement, 
liberté, sortie de prison. |1 4. Dé- 
part. 

Décarre # s.f. voy. Décarrade, = 
décarrement. 

Décarrement s.m. voy. Décar- 
rade, = décarre. 

Décarrer v.a. || 1. S'en aller, 
jl 2. Fuir. Il 3. S'évader. Décarrer 
à la bâte, décarrer de belle, sortir 
de prison. « Le gueusard décarre 
avec son camarade. » [Vidocq] 

Décartonner (se) v. pr. Dé- 
périr. 

Décati a. Usé, fané, vieilli. 

Décatir (se) v. pr. Vieillir. 

Décatissage s.m. Décrépitude. 






DEGAVAGE. 



88 



DÉDURAILLER. 



« Quelle dèche, quel décatissage, 
mes amis! » {VAss. Zola) 

Décavage0 s. m. Ruine complète. 
Etat du joueur décavé. 

Décavé s. m. Ruiné. Joueur qui 
n'a plus d'argent dans sa poche. 

Déchanter v.n. Etre désen- 
chanté, revenir à la réalité. 

Déchard s. m. Individu en 
dèche, (v.c.m.) qui se trouve habi- 
tuellement dans la misère. Du fr. 
déchoir, tomber dans une situa- 
tion malheureuse ; gr. ôéw, avoir 
besoin; en dauphinois dechi, dé- 
faut, faute. [Glossaire des patois, 
Onofris] 

Décharge s.f. (Sens obsc.) 

Décharger v.n. etv.a. (Sens obsc.) 

Déchargeur s. m. (Sens obsc.) 

Dèche s.f. Ruine, misère, pau- 
vreté « déchéance ». Etre en dè- 
che, battre la dèche, être pauvre, 
misérable. Voy. Déchard. 

Décher v.a. Décher du carme, 
donner de l'argent. Dépenser. 

Décheux s. m. voy. Déchard. 

Déchiqueté # a. Malheureux. 

Déchirée a.f. Elle n'est pas trop 
déchirée, elle est encore gentille,. 

Déchirer (mil.) v.a. Déchirer delà 
toile^ faire un feu de peloton, une 
pétarade. — Déchirer la toile, 
péter. 

Déclancher (se) v.pr. Se dé- 
mettre un membre. 

Déclaquer v.n. Dire ce qu'on a 
sur le cœur. 

Déclassé O s. m. Celui qui n'a 
pas la position qu'il devrait avoir 
dans la société, étant données son 
intelligence et son instruction. 

Déclouer v.a. Dégager du Mont- 
de-piété, m. à. m. retirer du clou. 

Décognoir (typ.) s.m. Nez. 

Décoller v.n. S'en aller, se sé- 
parer, divorcer. 

Décolleté Q a. Style, langage dé- 
colleté, grivois. 



Décompte (mil.) s.m. Blessure 

mortelle. Recevoir son décompte, 

recevoir un coup mortel, mourir. 

Déconner v.n. || 1. Radoter. |] 2. 

Etre impuissant. 
Décors s. m. pi. Bijoux. 
Découdre v.n. En découdre, se 

battre en duel. 
Découvrir v. a. Découvrir la peau 

de quelqu'un, le faire avouer. 
Décrasser v.a. |1 \. Décrasser 
quelqu'un, lui donner la pre- 
mière instruction, l'instruire. || 
2. Débaucher, par extens. du sens 
précédent. 

Décrépir v.a. Endommager. 
Décrépir la figure à quelqu'un, lui 
endommager la figure. 

Décrocher v.a. Sonner, (vx) 
— Décrocher un enfant, le mettre 
au monde. Par extens. décrocher 
un petit salé, avorter ou faire 
avorter. — Décrocher ses tableaux, 
se mettre les doigts dans le nez. 
Se faire décrocher, se faire fu- 
siller. — Décrocher la timbale = 
Avoir lapalme, remporter le prix, 
avoir un succès, réussir. |j 11 se 
décroche deux plombes, il sonne 
deux heures. 

Décrochez-moi-çà s.m. Fri- 
pier. « Acheter un vêtement au 
Décrochez-moi ça ». 

Décroter v.n. Coïter. (M. Régnier, 
épigr. XIII) 

Décrotter v.a. voy. Décrasser. 

Déculotter v.n. Faire faillite. 
(Larchey) 

Dedans adv. O M&tlre quelqu'un 
dedans, le tromper. — Mettre de- 
dans, emprisonner. — Donner de- 
dans, se laisser mystifier. — Être 
dedans = être dans les vignes du 
Seigneur, être gris. 

Dédire (se) # v.pr. Se dédire cher, 
être à l'agonie. (Rigai d) 

Dédurailler v.a. Déferrer un 
cheval. 



DÉFALQUER. 



89 — 



DÉGOTER. 



Défalquer % v.n. Faire ses be- 
soins. 

Défardeur s. m. Pour défar- 
gueur, déchargeur. — Voleur ; 
m. à. m. qui décharge du far- 
deau. 

Défarguer v.n. Pour décharger 
l^au pr. et au fig.), céder. Sedéfar- 
guer v. pr., se débarrasser. 

Déficher # v.n. Bâiller. 

Défiger v.a. Réchauffer. 

Défiler (se) v.pr. S'enfuir. = 
Défiler la parade. 

Déflaque s.f. H 1. Excrément. 
Il 2. Houe. 

Tiens ! i' rent' dans sa baraque. 
La mienne est à ciel ouvert 
Avec un parquet d'déflaque. 
C'est pas rigolo l'Iiiver. 

(J. KicHEPi.N, La Chanson des Gueux.) 

Il 3. (Sens obscène). 
Déflaquer v.n. || 1.0 Aller à la 
selle. Il 2. (Sens obscène). 

Défleurir # v.a. voy. Déflorer. 

Déflorer # v.a. Déflorer la picouse, 
voler du linge qui sèche sur une 
haie. 

Déformer v.a. Briser, défoncer : 
« Jvas te déformer un abattis. » 

Defou s.f. voy. Desfoux. 

Défourailler v.n. || 1. Courir. 
Il 2. Sortir de prison ; (où l'on est 
enfermé comme dans un four.) 
. Il 3. Tomber, (vx) 

Défourguer # v.a. Racheter, re- 
prendre pour de l'argent un objet 
qu'on a vendu. 

Défrimousser v.a. Dévisager. 
De frimousse, visage. 

Défringué a. Débraillé. Var. 
de déhringué. 

Défringuer (se) v.pr. || i. Se 
débrailler. || 2. Défringuer, v.a., 
prendre des vêtements; aussi les 
voler. 

Défrusquer v.a. Déshabiller. 

Défrusquiner0 v.a. voy. Défrus- 
quer. 



Dégazonner (se) Q v.pr. Perdre 

ses cheveux. 
Dégel s. m. Mortalité, héca- 
tombe. 
Dégelé s. m. =r Refroidi (par 

antithèse). Défunt, cadavre. 
Dégelée s.f. Volée de coups, 

correction. 
Dégeler v.a. =: Refroidir (par 
antithèse). || 1. Tuer. (| 2. Se dé- 
geler v.pr., se dégourdir, cesser 
d'être une gourde, un niais. 
Déglingué # s. m. Débraillé, chif- 
fonné. 
Déglinguer v.a. Débraillcr, 

chift'onner. 
Dégobiller Q v.a. Vomir. 
Déguiser v.a. Chanter. « Dégoi- 
scr une chanson. » Ce mot est 
fr. dans le sens de parler avec 
volubilité, et de chanter, en par- 
lant des oiseaux. 
Dégommade s.f. = Dégom- 
mage. Congé, destitution. 
Dégommage s. m. || 1. voy. 
Dégommade. \\ 2. Décrépitude. "^ 
Dégommé a. || i. \oy. Décati, 

Il 2. l)csl\lué = Blackboidé. 
Dégommer v.a. Destituer. — 

Se dégommer, v.pr., enlaidir. 
Dégorger v.a. || 1. Dégorger sa 
sangsue {ohs,c.). \\ 2. Avouer. || 3. 
Faire rendre gorge, se faire ren- 
dre ce qu'on Vous a pris ou em- 
prunté. Il 4. Vomir. 
Dégosiller v.a. voy. Dégoiser. 
Dégoter = Dégotter v.a. || 1. 
Regarder, chercher, trouver. Dé~ 
gotte-moi donc ça! signifie, sui- 
vant le sens de la conversation 
engagée : Regarde-moi donc ça ; 
cherche, ou trouve-moi donc ça. 
Ij 2. Apercevoir. 

Quoi donc que j'dégote dans l'noir. 

{La Muse à Bibi). 

|[3. Découvrir. Je Val dégotté 
carré sous une roulante, je l'ai 



DEGOTTAGE. 



— 90 — 



DEMI-MONDAINE. 



découvert caché sous une voilure. 

Dégottage s. m. |1 1. Décou- 
verte. 

Dégouler v.n. H 1. Tomber. |1 2. 
Dépérir. 

Dégoulinage s.m. Écoulement 
lent. (( Il dégèle, c'est un dégou- 
linage général. » 

Dégouliner v.n. Couler douce- 
ment. K Maladroit, je vous de- 
mande une friction et ça me dé- 
gouline dans le dos. »> 

Dégoutation s.f. Personne ou 
chose dégoûtante, répugnante : 
« Une vraie dégoutation. » 

Dégoûté a. « Tu n'es pas dé- 
goûté », tu as du goût, tu appré- 
cies. — N'être pas dégoûté, ac- 
cepter ce qui devrait dégoûter. 

Dégraisser v.a. Le garçon de 
recette va dégraisser à domicile, 
c'est-à-dire chercher de Targent. 

Dégraisseur s.m. Garçon de 
recette. 

Dégrimoner (se) v. pr. Se dé- 
mener, s'agiter, se débattre. 

Dégringolade s f . = Dégringo- 
lage s.m. 11 1. Vol. 1| 2. # As- 
sassinat. 

Dégringoler v.n et v.n. Voler. 
Dégringoler un pante, tuer un 
bourgeois. 

Dégueulade s.f. = Dégueu- 
lage s.m. Vomissement. 

Dégueularder0 v.n. Médire : « Si 
tu dégueulardes sur les amunches, 
jHe bouche la fiole. » 

Dégueulas a. Dégoûtant, répu- 
gnant. 

Dégueulatif =: Dégueulatoire 
a. voy. Dégueulas. 

Dégueuler v.a. et n. |1 1 . Vomir. 
Il 2. Dénoncer. 

Dégueulis s.m. Vomissement. 

Déguis s.m. Déguisement. 

Déguiser (se) Qv.pr. Se déguiser 
en cerf, en courant d'air, s'en 
aller, s'enfuir. 



Déjeté a. =: DérMi = Déchiré. 
N'être pas déjeté, être encore bien 
de sa personne malgré son âge. 

Déjeuner Q s.m. Déjeuner de so- 
leil, couleur pâle qui passera vite 
au soleil. — Déjeuner de perro- 
quet, biscuit trempé dans le vin. 
— Déjeunera la fourchette, duel. 

Délasser v.a. Dessoûler. 

Delenda Carthago Q s.m. Idée 
fixe de destruction. 

Délicoquentieux0 adv. Superla- 
tif de délicieux. 

Délirant Q ^- Magnifique, idéale- 
ment beau. 

Délouflfer v.n. = Dégueuler. 
Vomir. 

Démancher (se) Q v.pr. Se dé- 
mener, se donner du mal. 

Démantibuler (se) v.pr. voy. 
Se démancher. 

Démaquiller # v.a. Défaire. 

Démarger % v.n. = Démurger, 
vx mot. S'en aller. 

Démarquer v.a. Q Plagier. 
(Journ.) Démarquer le linge, l'aire 
un article de journal d'après celui 
d'un confrère. 

Démarqueur Q s.m. Plagiaire. 

Démarrer v.n. Partir. Du fr. 
démarrer, rompre ses amarres. 

Déménager Q v.a. et v.n. Expul- 
ser. J'te vas déménager, je vais te 
mettre dehors. — Déménager par 
la cheminée, brûler ses meubles. 
— Déménager à la cloche de bois, 
à la ficelle, à la lune, déménager 
clandestinement. — Déménager, 
déraisonner. 

Demi-aune s.f. Bras. 
Demi-cercle s.m. Pincer au 
demi-cercle, surprendre, arrêter 
au passage. 
Demi-kilo' s.m. Ghopine. (1/2 li- 
tre) 
Demi-lune s.f. Fesse. 

Demi-mondaine O s.f. Femme 
galante. 



DEMI-MONDE. 



— 91 — 



DEPOSER. 



i; Demi-monde Q s, m. Le monde 
^'alanl. Co mol vient d'A. Dumas 
tils auteur d'une comédie portant 
ce titre. 

Dumas à la plume Accoude. 
De son pt^re digne lic^ritier 
Ce d(^fenseur du demi-monde' 
Est le charmeur du monde entier. 

Demi-stroc s. m. Demi-setier. 
(1/4 litre) 

Demi-sup. s. m. Demi-bouteille 
de vin supérieur, (abrév.) 

Démoc0s.m. Démocrate, (abrév.) 
— D^moc-soc, démocrate socialiste, 
(abrév.) 

Demoiselle s. f. I| 1. Q ^^^ demoi- 
selles, les filles en général, dans 
l'acception méprisante : « Demoi- 
selles du bitume. » Il 2. Bouteille 
pleine. Casse?' le cou à la demoi- 
selle, déboucher une bouteille. 

Démolir Q v.a. |1 1. Détruire, par 
des paroles ou des écrits, les 
théories émises par d'autres. || 2. 
Destituer. || 3. Tuer. 

Démolisseur O ^' s. Détracteur 
systématique : « Henri Rochefort 
passe pour un démolisseur. » 

Démonétiser v.a. Discréditer. 
— Se déinonétiser x.Tpr., se perdre 
moralement. 

Démorfilage # s. m. Démarquage. 
Par j.d.m. sur morfil, le fil ou 
tranchant du couteau. 

Dëmorfiler^ v.a. Démarquer une 
carte morfilée (marquée) par un 
grec. (Rigaud) 

Démorganer Q v.a. || 1 . Rabattre 
le caquet, m. à m., enlever la mor- 
gue. Il 2. Se soumettre après une 
observation, une réprimande. 

Demorre s.m.. Individu. 

DémouchetéQ a. « Le coup a porté, 
ça n'était pas démoucheté,» c'est-à- 
dire il a piqué. On devrait plutôt 
dire le contraire : '< C'était démou- 
cheté. » 

Démurger 0v.n. Voy. Démarger. 



Dénicheur s.m. Dénicheur de 
fauvettes, celui qui cherche les 
jeunes filles pour les débaucher. 

Denier Q s.m. Denier à Dieu, 
prime d'argent donnée au con- 
cierge par le nouveau locataire 
d'un a})partement. 

Dent s. ï. O Avoir une dent contre 
quelquun, en vouloir à q.q. — 
Avoir de la dent, être bien con- 
sente ; se dit d'une femme : « Elle 
a des cheveux, de l'œil et de la 
dent.i> 

Dentelle s.f. De la dentelle^ bil- 
lets de banque. 

Dépagnoter (se) Q v.pr. Sortir de 
son lit. 

Dépailler v.a. Déménager. 

Département O S- "1- Département 
du Bas-Rhin, derrière. J.d.m. 

Dépendeur s.m. Dépendeur 
d'andouilles, homme de haute 
taille et de petit esprit. 

Viennentaussidcsballaflemm, des sans douilles 
Fainrants, sucepols, grands déjterideurs dan- 
Oui dans les cabarets ont tué leur je dois [douilles 
Et qui ne font jamais œuvre de leurs dix doigts. 
[RicHEPiN, La mer]. 

Dépenser v.a. Dépenser sa salive, 
parler. 

Dépiauler 0v.n. Découvrir le do- 
micile. — Se dépiauler y. pT., dé- 
ménager. 

Dépiauter = Dépioter v.a. 
Il 1. Enlever la peau. Dépiauter 
un lapin, Técorcher. (| 2. Désha- 
biller. 

Déplanquer v. ||1. Découvrir 
une chose cachée. Déplanqiier son 
faux centre, dévoiler son faux 
nom. Il 2. Reprendre des objets 
que l'on a engagés. 

Déplumé a. Chauve. — Cam- 
buse des déplumés. Sénat. 

Déponer0v.n. Faire ses besoins. 

Déporter v.a. Sortir quelqu'un, 
le mettre à la porte, (j.d.m.) 

Déposer v.a. Déposer une pêche, 



DÉPÔT. 



92 



DESGRIEUX. 



un kilo, son bulletin, faire ses 
besoins. 

Dépôt s.Tïi. Dépôt de la préfec- 
ture de police, prison provisoire 
en attendant la décision du juge 
d'instruction. 

Dépoter v.a. Dépoter un enfant, 
le mettre au monde. 

Dépotoir s.m. |M. Pot de 
chambre. (Uigaud) || 2. # Confes- 
sionnal. 

Dépuceleur O s.m. Dépuceleur 
de nourrices, de femmes enceintes, 
faux don Juan qui se vante de 
bonnes fortunes qu'il n'a pas ou 
d'accomplir une besogne déj.à 
faite. 

Dérager v.n. Cesser d'être en 
colère. 

Déraillé Q a. voy. Déclassé. 

Déralinguer (mar.) v.n. Mourir. 

Derby (sport) s.m. M. ang. Le 
Derby est une course qui a'iieu à 
Chantilly pour essayer les chevaux 
de trois ans. 

Dernier Q s.m. Avoir le der- 
nier, avoir le dernier mot, par- 
ler le dernier dans une discus- 
sion. 

Dérober (se) (sport) v.pr. Se dé- 
tourner de son chemin. 

Dérondiner v.a. Payer. 

Dérouiller Q v.a. Déî'ouiller son 
bragucmard. (obsc.) — Se dé- 
rouiller\.iw., se mettre d'aplomb, 
se clonner des forces. 

Derrière s.m. Se lever le der- 
rière le premier, se lever de mau- 
vaise humeur. — Quelque chose de 
derrière les fagots, quelque chose 
qu'on a mis de côté précieusement 
pour le retrouver au moment op- 
, portun : le bon vin se met à la 
cave derrière les fagots, et pen- 
dant le temps qu'on met à brûler 
ceux-ci, le vin a vieilli et il est 
meilleur. 

Désargoter # v.a. Mettre au cou- 



rant de la façon de voler, rendre 
malin. 

Désarrer v.n. Fuir. 

Désatiller # v.a. Châtrer. 

Desbourer (V) v.a. Voler, dé- 
pouiller. Opposé à rembourer, 
remplir. 

Desbourser (V) v.a. voy. Des- 
bourer, signifie liltéralement en- 
lever la bourse, opposé à rem- 
bourser, rendre l'argent. 

Desbouser (V) v.a. Dérouter, dé- 
voyer. S. pr., sortir de la bouse 
qui se trouve sur la route. 

Descendre v.a. Descendre quel- 
qu'un, le tuer. — Descendre la 
garde, mourir. — Descendre à la 
crémerie, se livrer au libertinage 
entre femmes. 

Descente s.f. Descente de lit, 
habitué des prisons. — Prostituée. 
— Descente de gosier, soif insa- 
tiable. 

Desduit s.m. Devoir conjugal. 

Lorsque par impuissance ou par mespris, la 

[nuict. 

On fausse compagnie ou qu'on manque au des- 

[M. Rbgmeu, sat. XI] [duict. 

Désenflaquer (se) v.pr. Se 
tirer d'embarras. 

Désennuyeur s.m. Souteneur. 

Désentiflage % s.m. || 1. Sépara- 
tion. Il 2. Divorce. 

Désentifler (se) % v.pr. Divorcer, 
se séparer. 

Désert (Polyt.) s.m. Cabinet d'ai- 
sances. 

Desfoux s.f. = Defou = Casquette 
à pont, à trois ponts, casquette 
spéciale aux souteneurs, elle est 
bouffante et de forme élevée. Son 
nom est celui d'un chapelier qui 
en avait la si)écialité. 

Desgenais O n.pr. Raisonneur, 
moraliste, ^'om d'un personnage 
de la pièce : Les Filles de marbre, 
de Théodore Barrière. 

Desgrieux Q n.pr. Amant peu 



DÉSHABILLER. — 93 



DEUX. 



scrupuleux. Desgricux était ra- 
mant de Manon Lescaut. 

Déshabiller O ^'•^' Déshabiller 
quelqu'un^ le montrer sous son 
vrai jour, dévoiler ses défauts, ses 
vices, mettre cà nu les turpitudes; 
On dit habiller pour charger de 
reproches, de réprobation. 

Desiderata O s. m. pi. Désirs, 
(lat.) 

Désideratuna Q s. m. Désir, (lat.) 

Desmaquiller (V) v.a. =: Déma- 
quiller, défaire. Voy. Maquiller. 

Désoler v.a. Jeter a Teau. Pour 
dessaler. j 

Désosse s.f. Ruine, détresse, i 
Jouer la désosse, être ruiné. | 

Désossé a. Maigre : « Un grand j 
désossé. )) 1 

Désosser v.a. Bourrer de coups, j 

Dessalé s. m. Noyé. | 

Dessalée a. Morue dessalée, 
fille j)roslituée. 

Dessaler (se) v. pr. || 1. # Se 
noyer, se baigner. — Dessaler le 
client à la faùx,iiitGr la victime à. 
Teau après l'avoir dévalisée. || 2. 
Boire quand on a soif. |1 3. 
(Typ.) S'acquitter. 

Dessaloir s. m. Baignoire. I 

Dessous s. m. || i. Q Vêtements! 
de dessous : « Avoir des dessous i 
aguichants. » « Les filles aux gor- ! 
ges provocantes et aux dessous 
parfumés.» || 2. # Amant de ' 
cœur (vx. mot). || 3. O Tomber 
dans le troisième dessous, être dans j 
une misère complète. — Au théà- 1 
tre, une pièce qui ne réussit pas, i 
tombe dans le troisième dessous. 
II 4. Les dessous d'une affaire, les 
côtés cachés, mystérieux. 

Dessus s.m. ifi. 9 Amant sé- 
rieux. Il 2. O ^6 dessus du panier, 
le meilleur. || 3. Le front : « Avoir 
le dessus découvert. » j 

Destuc # s.m. De moitié dans un j 
vol : « Etre destuc. » 



Détacher v.a. Détacher un pain, 
donner un coup, une gifle. (Sport) 
— Se détacher du peloton, se dit 
du cheval qui dépasse les autres. 

Détaflfer v.a. voy. Affranchir, 
Donner du courage' à qui a peur. 

Détail s.m. C'est un détail, c'est 
superflu, ce n'est rien. — % Faire 
le détaily couper sa victime en mor- 
ceaux. 

Détailler Q v.a. Bien dire. « Dé- 
tailler un rôle, un couplet bien 
déttdllé. » 

Détaroquer % v.a. Démarquer. 
Détaroquer ma limace, démarquer 
ma chemise. 

Déteindre v.n. Mourir. 

Dételer Q v.n. := Renoncer à faire 
la fête, se ranger. 

Détosse 9 s.f. == Dèche. Pauvreté, 
misère, (ir. SuaTu/rf, malechance. 

[TiMMKKMANS] 

Détourne # s.f. Vol à la détourne, 
détourner des marchandises dans 

un magasin. 

Détourneur # s.m. Voleur. Voy. 
Détourne. 

Détraquage Q' s.m. Dérange- 
ment. 

Détraqué Q a. et s. [| 1 . Fou. « Cer- 
veau détraqué. » || 2. voy. Névrosé. 

Dette O s.f. Payer une dette, faire 
son temps de prison. 

Deuil O s.m. Ongles en deuil, on- 
gles sales. — Porter le deuil de sa 
blanchisseuse, avoir du linge sale. 
% Grand deuil, café avec eau-de- 
vie. Demi-deuil, café sans eau-de- 
vie. — Il y a du deuil, c'est dan- 
gereux, mauvaise affaire. 

Deux a.n. Les deux sœws, les 
fesses. — Les deux cocottes, le 
nombre 22. — Deux mille deux 
cent vingt-deux, deux piques, 
deux cœurs, deux trèfles et deux 
carreaux dans la même main, au 
jeu de lamanille. — Deux sur dix, 
attention ! les deux yeux sur les 



DEVANT. 



94 



DIRIGEANT.- 



dix doigts : avertissement d'avoir 
à se méfier, dans Targ. desem- 
ployés de bazar, (obsc.) — La 
peau de mes deux . . . = Zut. 

Devant a. et adv. O Devant de 
gilet, la poitrine. — Passer devant 
la glace, passer à la caisse, (der- 
rière laquelle il y a souvent une 
glace) pour payer les consomma- 
tions. — % Passer en justice, de- 
vant le juge d'instruction. 

Déveinard Q s. m. Malheureux 
qui n'a pas de chance : « Un de 
ces ouvriers déveinards qui ont 
compté sur le coup de fortune du 
nouvel an. » [Richepin, Le pavé.] 

Déveine Q ^.f- = Guigne = Mal- 
chance. Guignon. 

Dévidage % s. m. Bavardage. — 
Dévidage à l'estorgue, accusation 
fausse. Les malfaiteurs appellent 
ainsi Tacte d'accusation. 

Dévider # v.n. et v.a. Bavarder, 
Dévider son peloton, raconter tout 
ce qu'on sait, dire ce qu'ion a sur 
le cœur. 

Dévideur s. m. Bavard. 

Dévierger v.a. Dépuceler. 

Dévisser v.a. Dévisser le coco, 
étrangler. — Dévisser son billard, 
mourir. — Se dévisser v.pr., être 
dangereusement malade. 

Dévoyé # a. Acquitté. 

Diable s.m.||l. Agent provo- 
cateur. Il 2. Coffre-fort. —Le dia- 
ble en prendrait les armes, c'est 
indigne, révoltant, exorbitant, 
extravagant. — Aller au diable au 
vert (pour Vauvert), faire une ex- 
pédition lointaine. 

Diamant s. m. || 1. Clou : « J'ai 
chargé la marmite de poudre 
chloratée, dite poudre verte et je 
l'ai garnie de clous comme pro- 
jectiles. )) Il ajouta en souriant : 
« Des diama/zts, cela s'appelle ainsi 
dans le peuple, où l'on dit des 
souliers bien ferrés qu'on y met 



des diamants. » (Tnterr. d'Aug. 
Vaillant, auteur de l'attentat du 
Palais-Bourbon, 9 décembre 93.) 
Il 2. Pavé; (on le taille comme le 
diamant). 

Dieu O s.m. Il n'y a pas de bon 
Dieu [qui puisse m'en empêcher), 
je ferai cela quand même. — 
Manger le bon Dieu, être dévot. 

Dig-dig#s.f. Epilepsie. — Batteur 
de dig-dig, individu qui simule 
l'épilepsie sur la voie publique 
pour inspirer la pitié et exploiter 
les personnes charitables. Var. de 
tic-tac j toc-toc : il tape des jam- 
bes. 

Digelette # s.f. Bague. Du lat. 
digitus, doigt. 

Digonneur s.m. Grognon. 

Digue s.f. Prostituée'. 

Digue-digue % s.f. voy. Dig-dig. 

Dijonnier s.m. Moutardier. La 
moutarde de Dijon est renommée. 

Dimasine # s.f. -Chemisette. 

Dinde s.f. Niaise, imbécile, 
dupe. 

Dindon s.m. Niais, imbécile, 
dupe. Etre le dindon de la farce^ 
être la dupe d'une mauvaise plai- 
santerie. 

Dindonner v.a. Duper, tromper. 

Dindornier # s.m. Infirmier. 

Dîner Q s.m. Diner par cœur, ne 
pas dîner. — Dîner en ville, 
manger sur la voie publique. 

Dinguer v.n. Envoyer dinguer, 
envoyer promener. On balance un 
objet pour le lancer. Le verbe 6a- 
lancer est syn. de dinguer, var. 
de dandiner, dandiner^ dodeli- 
ner, dodo. 

Dire O ^'•^- Ç^ ^^ ^^^^ dit rien, cela 
ne me tente pas. — Je ne te dis que 
ça, je n'ai pas besoin de t'en dire 
plus long, cela suffît, tu dois être 
édifié., — Si le cœur vous en dit, 
si cela vous plaît. 

Dirigeant s.m. et a. Personnage 



DISCUSSION. 



— 95 — 



DOSSIÈRE. 



du gouvernement, homme politi- 
que en vue. — Les classes dirigean- 
tes, ceux qui voudraient gouverner 
la société sans compter avec le 
progrès. 

Discussion s.f. Avoir une dis- 
cussion avec le pavé, tomber dans 
la rue. 

Disqualifier Q v.a. Discréditer. 
(Sport) Disqualifier un cheval, le 
déclarer hors concours. 

Disque s.m. ||1. Le derrière. 
Il 2. Pièce de monnaie. — Siffler 
au disque, demander de l'argent. 
— Faire la cour à une femme jus- 
qu\à ce qu'elle vous ouvre la voie. 

Distingué Q s.m. Double bock, 
v.c.in. 

Divette O s.f. Chanteuse d'opé- 
rette ou de café-concert qui brille 
au premier rang dans son genre. 
Dim. de Diva, mot italien qui si- 
gnifie déesse. 

Dix-huit a.n. Souliers dix-huit, 
souliers ressemelés ; (2 fois U) 
J.d.m. 

Dixième O (polyt.)s.m. Passer au 
dixième, devenir fou. 

Dix-sept s.m. Le patron, Tins- 
pecteur, dans un magasin de nou- 
veautés. Les employés se prévien- 
nent entre eux de l'arrivée du 
patron en criant : Dix-sept! 

Doche # s.f. Mère. (Rigaud) Da- 
nois daeqge, allaiter. Var. de 
dabe, dabuche. [Timmkrmans] 

Dodo et enf. s.m. Le lit. — Se 
mettre dans le dodo, se coucher. 
On dodeline de la tête quand on 
est pris de sommeil; en gr. ôajw, 
dormir. [Timmermans] 

Dog-cart Qs.m. Genre de voiture 
pour la chasse. Ang. 

Dogue # s.m. Chien. Le costel a 
son dague, sa digue et son dogue. 

Doguer v.n. Donner des coups 
de tête comme les béliers. 

Doigt O s.m. Se fourrer le doigt 



dans Vœil, se tromper, voir mal 
une affaire. Doigts de mort, 
salsifis. 
Domino s.m. Dent. — Jeu de domi- 
nos, les mâchoires. — Jouer des 
dotninos, manger. — Bouder aux 
dominos , as o'ir desdentsde moins. 

— Domino culotte, n'avoir qu'un 
seul domino du même point dans 
son jeu. — Poser le double six cu- 
lotte, c'est n'avoir que ce six-là 
dans son jeu, c'est un dé culotte. 

Donne s.f. Regard. La donne 
souffle mal, le regard est mauvais. 

Donner % v.a. et v.n. Donner du 
vague, vagabonder, chercher un 
coup à faire. — Donner quelqu'un, 
le dénoncer, le livrer à la justice. 

— Se la donner, se donner de l'air, 
s'en aller. — Donner dans, donner 
dedans, = Couper dedans, croire 
à. — Donner dans le panneau, =z 
Couper dans le pont, se laisser 
tromper naïvement. 

Donneur Q (sport) s.m. Celui qui 
reçoit les paris; (il donne un che- 
val.) 

Dorancher # v.a. Dorer. 

Dorancheur % s.m. Doreur. 

Dorenchiant s.m. Paresseux, 
fainéant ; (décomposer le mot pour 
en comprendre le sens). 

Dormir Q ^'•"- Dormir en gen- 
darme, ne dormir que d'un œil, 
faire semblant de dormir. 

Dos s.m. Souteneur. =: Dos 
vert, = Dos d'azur . — Scier le dos, 
ennuyer, agacer. — En avoir plein 
le dos, être ennuyé d'une chose, 
accablé de travail, d'ennuis. — 
Etre dans le dos, être dans une 
position critique ou désespérée. 

— Avoir les pieds dans le dos, être 
recherché par la police. 

Dose s.f. En avoir une dose, = 
une couche, (de bêtise), être bête. 

— Avoir sa dose, avoir assez bu. 
Dossière # s.f. Prostituée qui a 



DOUANIER. 



96 — 



DRINGUIER. 



un souteneur; (un dos) — Dossière 
de satte, chaise. 

Douanier s. m. Absinthe. 

Doublage =: Doublé s. m. 
Il 4. Mensonge. || 2. Vol. 

Doublée s.f. Volée de coups, 
correction. — Fiche une doublée, 
battre. 

Double-face s.f. Armoire à 
glace. 

Doubler v.n. jj 1. # Mentir. H 2.Vo- 
1er. — O Doubler le cap, se dé- 
tourner de son chemin pour ne 

I pas passer devant la demeure d'un 

, créancier ou de toute autre per- 
sonne dont on ne veut pas être 
vu. — Doubler un rôle, apprendre 
un rôle pour remplacer un ar- 
tiste en cas où celui ci ne pour- 
rait jouer. 

Double-six j] 1. s. m. Nègre. || 
2. O Poseur, fat; (j.d.m.)'au jeu 
de dominos, c'est généralement 
celui qui a le double-six qui est 
le u poseur. » 

Doubleur # s.m. || 1. Menteur. 
Il 2. Voleur. 

Doubliu s.m. Pièce de deux 
sous. 

Doublure Q s.f. Acteur chargé de 
remplacer un autre dans un rôle. 
Les doublures se touchent, la 
poche est vide. 

Douce s.f. Il 1. Soie II 2. DoM5Se, 
fièvre. — O^ /a doMce, douce- 
ment. En douce =z En douceur, 
tranquillement. — Se la couler 
douce, vivre tranquillement, sans 
souci. — Se coller une douce, 
(obsc.) onanisme. 

Doucette # s.f. Lime. 

Douceur s.f. La faire en dou- 
ceur, voler sans bruit, dépouiller 
q.q. sans lui faire de mal. 

Douillard # s.m. || 1. Homme qui 
a de l'argent. || 2. Cheveux. 

Mes tas d'douillards m'servent d'chapean. 
(J. Richepin). 



Douille s.f. Argent. — Les douil- 
les, les cheveux. — Douilles sa- 
vonnées, cheveux blancs. — Se 
faire des douilles = Se faire des 
cheveux, s'ennuyer. 

Douiller v. Payer. Douiller du 
carme, payer avec de la monnaie. 

Douillet ^ s.m. || 1. Edredon. 
Il 2. Crin, duvet. || 3. Innocent. 

Douillette Q s.f. Robe de cham- 
bre, veston ouaté d'appartement. 

Douillure # s. t. Chevelure. 

Douleur s.f. Avaler ou étrangler 
la douleur, boire un verre d'eau- 
de-vie. — Papier à douleur, pa- 
pier timbré, protêt. 

Douloureuse O s.f. = Addition. 
La carte à payer. 

Dousse # s.f. = Douce, fièvre. 

Doussin s.m., Plomb. 

Doussiner % v.a. Plomber. 

Doux O s.m. Liqueur sucrée : « Du 
doux, un verre de doux. ■» 

Dragée s.f. Balle, projectile : 
Recevoir une dragée, recevoir une 
balle. — Se piquer la dragée^ 
s'enivrer. 

Drageoires # s.f. pi. Les joues. 
C'est entre les joues qu'on écrase 
les dragées. 

Dragons s.m. Aller voir défiler 
les dragons, n'avoir pas de quoi 
manger. 

Drague s.f. Escroquerie', vol. 
Monter une drague, préparer une 
escroquerie. 

Dragueur s.m. voy. Drogueur. 

Dric s.m. = Truc, ruse, etc. 
«Pour le truc, le dric, le fil, le 
r'fll, le flair, le blaire, à lui la 
pose. » [J. Richepin] 

Dringue0 s.f. ^Frousse, Trouille. 
Il 1. Peur. Il 2. Diarrhée. || 3. voy. 
Thune. En ail. D/^ec^, excrément. 

Dringuelle s.f. Pourboire de 
de l'ail, trinkgeld m. s. 

Dringuer v.n. 1| 1. Avoir peur. 
Il 2. Faire ses besoins. 



DRIVE. 



DYNAMITER. 



Drive s.f. Noce, débauche. Etre 
en drive, ôtre en noce, pour dé- 
rive. 

Drogue s.f. Mauvais, méchant, 
voy. Droue. 

Droguer v.n. et v.a. li 1 . O Atten- 
dre, = Croquer le marmot. \\ 
2. # Demander. || 3. Tromper. 

Droguerie (V) O s-f- Tromperie. 
De Tall. trug m. s. que Ton pro- 
nonce troug et dont nous avons 
fait le mot truc, artifice, combi- 
naison. 

Drogueur % s. m. Trompeur. — 
Dragueur de la haute^ escroc d'al- 
lure distinguée. 

Droguiste % s. m. Voleur qui ex- 
ploite les personnes charitables. 

Droite (la) Q ^•^- Ensemble des 
députés ou des sénateurs qui 
siègent à la droite du président de 
l'assemblée. C'est le parti des 
stalionnaires et des rétrogrades. 

Droitier Q s. ni. Député qui siégea 
la droite du président. Voy. Droite. 

Drôle O ^- Ç^ ^i'^sf pas drôle, c'est 
ennuyeux, c'est fâcheux, regret- 
table. — Drôle de paroissien, = 
Di'ôle de coco, individu qui n'est 
pas sympathique. 

Droliciion a. Cest drolichon, 
drùlct. Dim. de drôle, comique. 

Dromadaire O s. m. voy. C/mmeaw. 

Droue (V) s.f. Mauvais grain, 
drogue. 

Drouillasse0 s.f. Colique. 

.Duc (V) s. m. Il 1. L'oiseau de nuit. 
Il 2. Le pendu qui est au haut 
des branches, à la tête. || 3. Le 
Chef. Il 4. % Duc de Guiche, Geô- 
lier, guichetier. 

>ace *{le) s. m. Indications, 
signes de convention que se font 
les grecs pour tricher. = Dusse. 
Lat. ducere, conduire. 



Duchesse 0s.f. Femme d'un chef 
de bande. Voy. Duc. (3) 

Dulcinée Q s'm. Amante, maî- 
tresse par iro. (du nom de lamante 
imaginaire de Don Quichotte.) 

Dumanet n. pr. Fantassin. = 
Pioupiou, Tourlourou, etc. 

Duo s. m. Duo d'amour, yeux po- 
chés. 

Dur O s. m. et a. Dur à cuire, 
homme aguerri, solide, intré- 
pide. — Élre dur à la détente, 
tenir à son argent. — (Typ.) Etre 
dam son dur, travailler avec ar- 
deur. 

Dur (le) # s. m. || 1. Le bagne, les 
travaux forcés. || 2. Fer. || 3. Eau- 
dc-vie. Il 4. Le chemin de fer, = 
Le dur mort. — Travailler sur le 
dur, voler en chemin de fer. 

Duraille # s.f. Pierre fine, dia- 
mant. — Duraille sur mince, dia- 
mants sur papier. Les marchands 
de diamants en gros les enve- 
loppent dans des chiffons de 
papier. 

Dure # (V) s.f. La dure, [j 1. La 
terre. || 2. La maison centrale. 
Voler à la dure, voler, détrousser 
avec voies de fait. 

Durème s. m. Crème, fromage 
blanc. 

Durillon 9 s. m. Travail. 

Durin # s. m. Fer. 

Duriner v.a. || 1. Frapper avec 
du fer. Il 2. Ferrer. 

Dusse (le) # s. m. voy. Duce. 

Dynamitard = Dynamiteur Q 
s. m. Celui qui emploie les explo- 
sifs pour faire de la propagande 
par le fait ; (théories pratiquées 
par les anarchistes) 

Dynamiter Q v. Faire sauter, 
détruire, tuer au moyen de la.dy- 
namite ou de tout autre explosif. 



EAU. 



ÉCLUSER. 



E 



Eau 0s.f. Marchand d'eau chaude, 
limonadier. — Etre dans les eaux 
grasses, occuper un poste élevé 
dans une administration, dans 
les finances. — Eaux basses, les 
eaux sont basses, manque d'argent. 
— Eau de moule ou eau de savon, 
absinthe avec beaucoup d'eau. — 
Eau d^aff, eau- de-vie. Eau d'aff 
tarte, mauvaise eau-de-vie. Eau 
d'aff chaune, bonne eau-de-vie. 

Ebasir v.a. Assassiner, as- 
sommer. Du vxfr. ^ôassir, abattre. 

Ebattre (s') v.pr. S'ébattre dans 
la tijne, voler dans la foule. 

Eberluer Q v.a. Etonner q.q. 

Ebouffer (s') Q v.pr. Rire aux 
éclats. La racine reproduit le son 
qui accompagne Téclat de rire 
qu'il était impossible de contenir, 
les joues trop bouffies forçant les 
lèvres à se disjoindre et à dire 

bOUff, fOuffl [TiMMERMANS] 

Eboulé a. Etre étendu noncha- 
lamment. 

Ecacher v.a. Écraser, (vx). 

Ecafoter v.a. Ecaler. Ecafoter 
des noix, enlever Fccale. 

Ecafouiller v.a. || 1. Ecraser. 
Il 2.= Ecafuter. Ecafouiller des 
noix, écaler des noix. 

Ecaillé s. m. Souteneur, (pois- 
son.) 

Ecarbouiller v.a. = Ecra- 
bouiller. Ecraser, pulvériser. — 
S' ecarbouiller , v.pr. disparaître, 
s'en aller. De crever et de la ter- 

. minaison ouiller qui marque la 
répétition de l'acte, en lat. ulare, 
en all.e/n. [Timmermans] 

Ecarter Q v.a. = Postillonner. 
Ecarter la dragée, (vx.) écarter du 



fusil, envoyer de la salive en par- 
lant. 
Echalas Q s. m. || 1 . Jambe maigre. 
Il 2. Personne grande et maigre. 
« Quel grand échalas! » (pléon.) 
Echappé O s. m. Echappé de Ma- 

zas, malfaiteur. 
Echappé Oa.Revêtu d'une écharpe. 
«Les patrons et patronnes de la- 
voir, écharps de bleu ou de rouge.» 
Echasses s.f.pl. Jambes maigres 

et longues. 
Echassier O s. m. || 1. Celui qui 
monte sur des echasses. 1| 2. Per- 
sonne qui a de longues jambes. 

Echassodrome s. m. O Etablisse- 
ment où ont lieu les courses d'é- 
chassiers. 

Echaudé v.a. Etre échaudé, être 
exploité. = Êcorché. 

Echelle s.f. Faire monter à Vé- 
chelle, faire mettre en colère. 

Echellier s. m. Coiffeur, perru- 
quier, 

Echigner (s') O v.pr. Se fatiguer, 
s'éreinter. Pour échiner, assom- 
mer. 

Echin O s.m. Médecin du sérail; 
pour hakim. 

Echineur0s.m. Mauvais critique. 

Echoppe s.f. Atelier. 

Echotier O s.m. Rédacteur de 
journal chargé des échos. 

Eclairage Q s.m. Argent, enjeu. 

Eclairer O v.n. |I 1. Donner de 
l'argent. || 2. Miser au jeu. 

Eclaireur Q s.m. || 1. Entrete- 
neur, celui qui donne de l'argent, 
bailleur de fonds. || 2. Compère 
du grec, (il lui amène des dupes) 

Ecluse s.f. Lâcher l'écluse, pisser. 

Ecluser v.n. Pisser. 



ÉCOPAGE. 



— 99 — 



EFFET. 



Ecopages.m. voy. Abattage (1). — 
Coup, réprimande. Holl. schopy 
coup de {)ic(l. [Timmkrmans] 

Ecoperv.n. otv.a. || l.Q Recevoir 
des reproches, des coups; être 
victime. || 2. Hoire. [Uigaud] Ail. 
der Sckoppen, c h opine. 1| 3. 
Ecoper la ecntrouse, ôtrc con- 
damné à subir sa peine dans une 
maison centrale. 

Ecopeur s.m. Qui a l'habitude 
(VécopcVy v.c.m. (1). 

Ecorche-cul s. m. Faire une 
chose à t'corche-cul, malgré soi. 

Ecorcher v.a. Faire payer trop 
cher. 

Ecornage s.m. Vola Vécornage, 
faire une ouverture à la devanture 
d'un magasin et attirer les objets 
à soi à l'aide d'une tringle. 

Ecorné # s.m. Accusé, inculpé. 

Ecorner % v.a. Injurier. Ecorner 
les boucards, fracturer les bou- 
tiques. 

Ecorneur s.m. Ministère public. 

Ecornifler # v.a. Econiifler à la 
pas:<c, tuer d'un coup de feu. [Ri- 
cuKPiN, Les morts bizarres.] 

Ecossais Q n.pr. Etre en Ecossais^ 
être sans pantalon. 

Ecosser v.n. Dépenser. 

Ecosseur s.m. Employé qui 
ouvre les lettres égarées à la 
poste ou retenues paV ordre. 

Ecouter O v.a. « Je fecot^fe », certai- 
nement, sans nul doute. — aEcoiUe 
s'il pleut >^^ silence! [Rigaud] 

Ecrabouiller v.a. voy. Ecar- 
bouillcr. 

Ecrache s.f. Papier. Ecrache à 
icstorgue ou tarte, faux passe-port. 

Ecracher v.a. Montrer son 
passe port, voy. Ecrache, 

Ecrasement Q s.m. Encombre- 
ment, bousculade dans la foule. 

Ecraser v.a. Ecraser une bou- 
teille, boire une bouteille. — Ecra- 
ser un grain, en écraser un, péter. 



— Ecraser des tomates , avoir ses 
menstrues. 

Ecrevisse Qs.f. = Cardinal (allu- 
sion à sa couleur quand elle est 
cuite). — Ecrevisse de boulanger, 
homme fourbe. — Ecrevisse de 
rempart, garde national. — Avoir 
une ecrevisse dans la tourte, dans 
le vol-au-vent, être extravagant. 

Ecriteau # s.m. ]\lettre un écriteau 
à une femme, dire qu'elle est votre 
maîtresse, quand c'est faux. 

Ecrivasser Q v.n. Ecrire des 
choses sans valeur, écrire mal. 

Ecrou O s.m. Monnaie d'écrou, 
payer ses amendes par la prison. 

Ecuèlle s.f. Assiette. 

Ecume s.f. Etain. — Ecume de 
terre, zinc. 

Ecumer v.a. Ecumer la bou- 
togne, enfoncer la boutique. 

Ecumeur s.m. Etameur. 

Ecumoire Q s.f. Visage troué par 
la petite vérole. 

Ecurer v.a. Ecurer le chaudron, 
se confesser. 

Ecureuil s.m. Celui qui fait 
tourner les roues ou les poulies à 
la main. 

Ecurie s.f. Nettoyer ses écuries, 
se mettre les doigts dans le nez. 

Edredon s.m. É'IrcJon de trois 
pieds, botte de paille. — Faire Vé- 
dredon, voler un étranger; (arg. 
des filles.) [Rigaud] 

Effacer 0'v.a. Détruire. — Effa- 
cer un plat, manger un plat. — 
Effacer une bouttille, boire une 
bouteille. 

Effaroucher v.a. Voler. 

Effaroucheur s.m. Voleur qui 
commet de petits vols ^=. Chipeur. 
— Effaroucheur de guinches, vo- 
leur dans les bals publics. 

Effectif O s.m. Avoir son effectifs 
se dit d'une femme qui a un 
amant. 

Effet O s.m. Faire des effets de, 



EGALIER. 



— 100 



EMBARRAS. 



faire étalage de. — Effets de po- 
cAe, étalage d'argent. ~ Eff'ets 
de manchettes, luxe, étalage de 
linge. 

Egralier (arg. des joueurs) v.a. Ega- 
lier les cartes, couper un jeu de 
eartes. 

Egalité # s.f. Parfaite égalité, jeu 
de hasard, appelé aussi la par- 
faite, v.c.m. 

Egard s. m. voy. Esgard. 

Egayé s. m. Celui aux dépens 
duquel on rit. 

Egayer (Thé.) v.n. et v.a. Siffler. 

— Egayer Vours, siffler la pièce. 

— Se faire égayer, se faire siffler. 
Eglisier s. m. Homme qui fré- 
quente l'église. 

EgnalTant a. Voy. Egnolant (2). 

EgnafTer v.a. Écraser de sur- 
prise, émerveiller. [Rigaud] Ce 
mot énonce Tébahissement par le 
son du nez tel qu'il se montre 
dans le mot ail. schnauben, aspi- 
rer. Durant l'attention les naïfs 
béent : ils sont badauds ; s'ils 
ouvrent la gueule, on les appelle 
gogos et les voilà désignés comme 
égnaffés parce qu'ils ouvrent les 
narines toutes larges, comme pour 
aspirer ce qu'on leur raconte. En 
russe nofs, nez. [Timmf-]rmans] 

Egnolant a. || 1. Assommant. 
Il 2. Extraordinaire, étonnant. = 
Egnaffant. Voy. Eqnaffer. 

Egnoler v.a. Assommer, en- 
nuyer, fatiguer. 

Egout v.n. Bouche. — Tierce à 
Végou t, tierce basse, tierce au neuf. 

Egrené Q a. Service des égrenés, 
service des journaux envoyés sous 
bande, par un seul exemplaire. 

Egrugeoir0s m. Chaire à prêcher. 

Egruger Q ^'-a. Prêcher. 

Egyptien (Tlié.) s. m. Mauvais ac- 
teur. [Rigaud] 

Elastique Q a. Large, souple. 

Elbeuf O s. m. Vêtement. 



Electeur s. m. Client. Vêlecteur 
a bien voté, le client a remis une 
bonne commission. 

Eléments Q s. m. pi. Argent, dans 
l'arg. des joueurs. [Larchey] 

Eléphant Q s. m. Entremetteur. 

Elève s. m. (mil.). Elève cabot ou 
élève martyr, élève caporal. 

Elixir s. m. Elixir de hussard,. 
eau-de-vie. 

Elogier v.a. Faire l'éloge. 

Emailler Qv.a. Opération'qui con- 
siste à injecter des liquides sous 
la peau du visage pour remplir 
les vides ; c'est' un maquillage 
compliqué. 

Emballement O s. m. || 1. Enthou- 
siasme exagéré. ^ Pendant les fêtes 
franco-russes en 1893, ce n'était 
plus de l'enthousiasme, c'était un 
emballement général. n \\ 2. Empor- 
tement. Voy. Emballer. 

Emballer Q v.a. Emprisonner. — 
S'emballer, v.pr., s'enthousias- 
mer, aller trop loin ; s'empor- 
ter, etc. — S'emballer pour une 
affaire, se lancer à fond de train 
dans une affaire. — Etre emballé, 
être en colère. 

Emballes et Q s.f.pl. Faire des 
emballes, faire des embarras. 

Emballeur s. m. Agent de po- 
lice. — Emballeur de refroidis , 
croque-mort. 

Embaluchonner v.a. Empa- 
queter. 

Embarbé % a. Cerné. 

Embarbement#s.m. Accèsd'épi- 
lepsie. [Larçiiey] 

Embarber % v.n. Entrer, rentrer. 

Embarbotter (s) = Embar- 
bouiller(s') O v.pr. S'embrouil- 
ler en parlant. 

Embarder et (mar.) v.n. et v.a. 
Il 1. Se tromper. || 2. Violer. 

Embarras#s. m. Serrure. 0Afeiire 
une fille dans l'embarras, la rendre 
enceinte. 



EMBAUDER. 



101 — EMMASTOQUER. 



Embauder # v.a. Violenter, 
violer. 

Embaumé Q s. ni. Fashionable. 

Embellemerder (s') v.pr. Avoir 
une belle-mère. 

Emberlificoter Q v.a. Embarras- 
ser, embrouiller, entortiller. — 
Picoter, au lieu de faire, comme 
d'autres fois on dit fier, fréquen- 
tatif de licere, pour facere : ma- 
na'uvrer de façon à coquer la ber- 
lue. [TiMMKKMANS] 

Emberlificoteur Q s. m. Malin qui 
sait entortiller. 

Emberquiné O s. m. Moraliste 
exagéré. 

Emberquiner Q v.a. Ennuyer en 
racontant des fadaises. 

Embêtement O s. m. Ennui, mau- 
vaise humeur, alfaire ennuveuse, 
etc. * I 

Embêter O v.a. Ennuyer. — S'em- i 
béter comme une croûte de pain I 
derrière une malle, s'ennuyer for- ! 
tcment. — JSe pas s'embêter, être 
dans une position agréable, en- { 
viable. i 



Emboureux {1') {Y) s. m. Bour- 
reau. 

Pas ne scavait oingnons peller. 
Dont Yemboureux lui rompt le suc. 

(ViLLOlC.) 

Embroquer % v.a. Hegarder. 

Embrouer (V) v.n. S'en aller, s'en- 
fuir. Voy. Broner. jBpôj^xo?, mau- 
vaise odeur. 

Embrouillamini s. m. Imbro- 
glio, fouillis, embarras, chaos. 

Embrouillarder (s') v.pr. s'e- 
nivrer. 

Embrouiller v.a. Ni vu ni connu, 
je f embrouille, on ne peut plus 
rien y reconnaître. 

Embroussaillé O ^- Cheveux em- 
broussaillc^, cheveux en désordre. 

Embuement s. m. Atmosphère 

viciée, empuantie- 
Embusqué (mil.) s. m. Soldat 
ayant un emploi, dispensé de 
l'exercice et des corvées, secré- 
taire du trésorier ou du major, etc. 

Emécher (s') v.pr. Se griser lé- 
gèrement. Etre éméché, être légè- 
rement gris. 



Emblème s. m. Mensonge. — ! Emécheur (arg. des joueurs) s. m. 



Casser des emblèmes, mentir 

Emblémer = Emblémir v. 
Tromper, mentir. 

Embobiner v.a. Entortiller, en- 
jôler. 

Embohémer (s') Q v.pr. Fréquen- 
ter les bohèmes, v.c.m. 

Emboîter v.a. et v.n. |1 1. O Em- 
boittr le pas, suivre. || 2. (thé.) Se 
faire emboîter, =: Se faire attra- 
per, être interpellé, sifflé par le 
public. Il 3.Entrer,pénétrer,serrer 
de près. [Larchey] 

Emboucaner0v.a.etv.n. jj 1. Aga- 
cer, ennuvcr, irriter. [Larchey] 
Il 2. Puer! [Richepin] || 3. S'em- 
boucaner, v.pr., s'ennuyer. 

Embouchure s.f. Avoir une 
bonne embouchure, avoir une 
bonne denture. 



Allumeur, ('elui qui allèche 
les dupes, qui les engage à jouer. 

Emérillonner (s') v.pr. Se 
mettre en gaîlé. 

Emigré s. m. Emigré de Go- 
morrhe, sodomite. 

Emmaillotter # v.a. Préparer, 
combiner. — Emmaillotter un 
môme, combiner un vol. 

Emmaillotteur s. m. Tailleur. 
[Rigald] 

Emmanché s. m. I| 1. Gauche, 
maladroit. || 2. Pédéraste. 

Emmargouillis s. m. Individu 
grossier. Qui engueule les gens : 
gueule = margoulette, de mar, 
pour moure, bouche, et gouillis, 
acte de la gueule ou gouloite. [Tim- 

MERMANS] 

Emmastoquer0v.n. S'engraisser, 



EMMECHER. 



102 



EMPOIGNER. 



mander beaucoup. Ail. Masiochs, 
bœut" engraissé, bœuf gras. 

Emmécher(s']0v.pr.voy.Em^cAer. 

Emmener v.a. ft'emm..ène à la 
campagne, je me moque de toi. 

EmmerdementQ s. m. Ennui, em- 
barras, soucis. Emmer dément sur 
toute la ligne, ennui général. 

Emmerder v.a etv.pr. Mépriser. 
« J'emmerde la cour, je respecte 
messieurs les jurés. » {Le dernier 
jour d\in condamné.) — S'em- 
merder, v.pr. s'ennuyer. 

Emmerdeur s.m. Personnage 
■ ennuyeux, importun. 

Emmieller v.a. voy. Emmerder. 

Emmitonner y. a. Entortiller, 
enjôler, flatter. 

Emmoutarder v.a. voy. Em- 
merder. 

Emos' s.f. Emotion (abr.). 

Emotionner (s') Q v.pr. Avoir de 
rémotion. 

Emoucheur 9 s.m. Revolver. 

Émouver (s') v.pr. Se remuer, 
s'agiter. 

Empaffe ^ s.f. Drap de lit. 

Empaffer0 v.a. Bourrer de nour- 
riture. — S'empaffer v. pr., se 
soûler. 

Empaillé Q a. et s.m. Inerte, bête, 
niais. — Avoir Vair empaillé, man- 
quer d'énergie, d'activité. 

Empaler v.a. Tromper, = en- 
filer (1). 

Empanurger (s') Q v-P^- Suivre 
le mouvement, les idées des au- 
tres. Allusion aux moutons de 
Panurge. 

Empavé s.f. Place, carrefour. 

Empêcheur0 s.m. Importun, gro- 
gnard qui trouve un malin plaisir 
à empêcher les autres de s'amuser, 
(c Les membres de la Ligue contre 
la licence des rues sont des em- 
pêcheurs de danser en rond. » 
'Dans la Mariée à l'encan, aux Va- 
riétés, on dansait une ronde, l'ac- 



teur Lefcbvre, qui était pied-bot 
voulait toujours faire sa partie 
dans ces danses et sa présence 
dérangeait la ronde. Un soir une 
figurante lui dit : « Restez à l'avant- 
scène, vous êtes un empêcheur 
de danser en rond. » Le mot fit 
son chemin.) 

Empereur s.m. Vieux souliers, 
(du nom d'un savetier qui les re- 
vendait près des Halles) (Rigaud) 

Empétarder v.a. Pédérastie, 
(obsc.) 

Empiergeonner (s') S'empê- 
trer. (Richepin) 

Empifrage = Empifrement s. 
m. = Empifrerie s.f. Glou- 
tonnerie. 

Empiler ^ v.a. Duper. 

Empioler # v.a. Emménager; 
rentrer ou s'enfermer chez soi. 

Empire Q a.inv. Style empire, or- 
nementation dans le style du pre- 
mier Empire. 

Emplanquer # v.n. Arriver. 

Emplaque (!') % s.m. La police. 

Emplâtre Q s.m. \\ 1. Personne 
sans énergie, sans courage. || 2. 
Empreinte à la cire (clé ou 
serrure). || 3. Cravate-plastron. 
Il 4. Portée de cartes à l'usage 
des grecs. 

Emplàtrer v.a. = Encroûter. 
Etre emplâtre, être engage dans 
une affaire sans pouvoir en sortir, 
être immobilisé dans un endroit 
quelconque . — S' emplàtrer, y. pr. 
s'enfoncer. 

Emplucher v.a. Piller, pour 
éplucher, nettoyer avec soin. 

Empoignade s.f. || 1. Alterca- 
tion. II 2. Réprimande. 

Empoignant O ^- Emouvant. 

Empoigne s.f. Main. Ac/ieferwTt 
objet à la foire d'Empoigne, le 
voler. Voy. ampoigne. 

Empoigner Qv.a. Réprimander^ 
gourmander, critiquer violem- 



EMPOIGNEUR. 



— 103 — 



ENDECHER. 



ment. — Etre empoignéy être ému. 

Empoigneur O s. m. Critique 
acerbe, méchant de parti pris. 

Empoisonneur s. m. Restaura- 
teur, marchand de vin, débitant 
quelconque. 

Empoivrer(s') v.pr. S'enivrer. 

Emporhes # s. m. pi. Nuages. 

Emporter 0v.a.(}we/fe drogue! 
Ça vous emporte la gueule, ça vous 
brûle la gorge, la bouche. — Em- 
porter le chaty se mêler d'une 
affaire qu'on ne comprend pas et 
qui ne vous cause que de l'ennui. 
— Emporter le morceau, réussir 
d'emblée. # Escroquer. 

Emporteur s. m. Voleur qui se 
fait livrer de la marchandise à 
domicile et qui s'échappe en 
l'emportant sans la payer. 

Emposeur # s. m. Pédéraste. 

Empoté a. et s. m. Gauche, 
guindé, maladroit. 

Empousteur s.m. Escroc qui 
vend de mauvaise marchandise 
après avoir alléché le client à 
l'aide de compères. 

Emproseur # s.m. = Emposeur. 
Pédéraste. 

Emprunté Q a. Gêné, embarrassé. 

Empuroté a. Pauvre. 

Ému a. Gris. Légèrement ému, 
un peu gris. 

Encabotiner (s') Q v.pr. Fré- 
quenter les cabotins, v.c.m. 

Encadrer Q v.a. Il est à faire en- 
cadrer, il est drôle, amusant. 

Encaisser Q v.a. Recevoir. En- 
caisser un soufflet, recevoir un 
soufflet. 

Encarnavalé Q a. Mal habillé, 
affublé, comme avec un costume 
de carnaval. 

Encarrade % s. f. Entrée. 

Encarrer v.n. Entrer. 

Encarté Q s.m. Les encartés des 
Facultés, étudiants inscrits dans 
les facultés. 



Encartée Q s.f. Femme en carte 
qui est soumise à la surveillance 
de la police. 

Encarter O v.a. Mettre une femme 
en carte, l'obliger à avoir une 
carte pour exercer la prostitu- 
tion. 

Encasquer % \.n. = Tomher sur 
le casque, frapper sur la tête. 

Enceintrer v.a. Mettre en- 
ceinte. 

Encensoir # s.m. Donner des 
coups d^encensoir, flatter. 

Encharibotter va. et v.n. |I 
i. Ennuyer, embarrasser. || 2. 
Etre en colère. De escarbot, in- 
secte encarapaçonné, aussi appelé 
fouille-merde. [Timmermans] 

Enchetiber v.a Arrêter, enfer- 
mer, emprisonner. S.pr., mettre 
en chtibe, mettre en botte. 

Enchiferné a. Pour enchifrené, 
embarrassé par un rhume. 

Encible # adv. Ensemble. 

Encloué s.m. || 1. Maladroit. || 
2. Pédéraste, sodomite. || 3. Voy. 
Enclouer. 

Enclouer v.a. Engager. M. à m., 
mettre au clou, v.c.m. « Où est ta 
toquante? — Je l'ai enclouée. » 

Encofiier % v. Tromper. 

Encoliflucheter (s') v.pr. Met- 
tre des colifichets. 

Enconner v.a. Coïter. 

Encoqueluchonné Q a. Amoura- 
ché. 

Encornailler v.a. Faire cocu. 

Encotillonner (s') v.pr. Avoir 
toujours des femmes autour de soi. 

Encre Q s.f. Buveur d'encre, écri- 
vain. 

Encrotter (s') v.a. Se salir. 
M. à m., se mettre dans la crotte; 
(au pr. et au fig.) 

Encroûter Q v.a. et pr. voy. em- 
plâtrer. 

Endécher v.a. Se mettre dans 
la dèche, v.c.m. 



ENDIMANCHE. — 104 — 



ENFLER. 



Endimanché Q a. Habillé avec 
recherche, (le dimanche étant un 
jour ^e repos pour les travailleurs, 
ceux-ci mettent leurs plus beaux 
habits ce jour-là.) 

Endimancher (s) Q v.pr. S'ha- 
biller avec plus de soin que de 
coutume. 

Endormage s. m. Action d'en- 
dormir. Vol à Cendormaqe, en- 
dormir la victime à Faide d'un 
narcotique avant de la dévaliser; 
on endort aussi son attention par 
d'autres moyens. 

Endormeur s.m. |1 4. Yoleur à 
Vendormage, v.c.m. |1 2. O Per- 
sonnage ennuyeux. 

Endormi s.m. ||d. Personne 
nonchalante. || 2. Juge. 

Endormir % v.a. et v.n. 1 1 1 . Tuer, 
étourdir. || ^.Endormir quelqu'un, 
Tennuyer, détourner son attention 
pour mieux le tromper, jl 3. O 
S'endormir sur le rôti, sur le mas- 
tic, sur le fricot, traîner une chose 
en longueur. || 4. Mentir. 

Endos s.m. Dos, échine. 

Endosse (V) # s.f. Vêtement. Ra- 
boter Vendosse, battre. — Les en- 
dosses, les épaules. 

Endroguer v.a. Chercher un 
coup à faire. 

Endroit Q s.m. Il a eu des torts à 
mon endroit, il a eu des torts en- 
vers moi ;(j.d.m.). 

Endurer (can.) v.n. Cesser de 
ramer. 

Enfant s.m. Enfant de la matte, 
voleur. — Enfant de chœur de 
guillotine, gendarme. — Filer 
Venfant, introduire la fince mon- 
seigneur sous une porte. — En- 
fant de chœur, pain de sucre; (vx) 
demi-setier de vin rouge. — En- 
fant de giberne, enfant de troupe. 
— Enfant de garce, enfant de 
trente-six pères, enfant de pros- 
tituée. O Enfant de l'amour, bâ- 



tard. — Enfant de la balle, celui 
qui a appris ou qui exerce le 
même métier que son père, (thé.) 

Enfer Q s.m. On désigne par ce 
nom l'endroit où sont déposés les 
publications dangereuses ou obs- 
cènes à la Bibliothèque nationale. 

Enferré # a. Arrêté. 

Enfifré Q s.m. Pédéraste. 

Enfifrer = Enfigner Q v.a. Se 
livrer à, la pédérastie. = En- 
filer (3). 

Enfigneur = Enfifreur # s.m. 
Pédéraste. = Enfileur. 

Enfilade s,f. ||d. Tromperie, 
escroquerie. (( L'aftaire de Panama 
a été une sérieuse enfilade pour 
les actionnaires. » \\ 2. Arrestation 
en flagrant délit. 

Enfilage s.m. voy. Enfilade, 

Enfiler v.a. ||t. Enfiler quel- 
qu'un, le tromper : Etre enfilé, être 
trompé. Il 2. Arrêter, jj 3. = En- 
fifrer =z Enfigner, (obsc.) Il 4. « Se 
faire enfiler. » S'enfiler, v.pr. s'en- 
gager dans une affaire désas- 
treuse ; jouer et perdre conti- 
nuellement. 1 1 5. S'e77/î/eî% manger: 
S'enfiler un bifteck. — Enfiler des 
briques, jeûner. || 6. Enfiler des 
perles, flâner. 

Enfileur s.m.||1. Trompeur, 
escroc. Il 2. Pédéraste. 

Enflaneller (s') v.pr. Boire 
chaud. (Larchey) 

Enflaquer v.a. || i. Condamner, 
enfermer, emprisonner. || 3. Met- 
tre, endosser, empaqueter. 1| 3. 
Dénoncer un complice, [j 4. 
Emmerder. 

Enflé s.m. Bouffi, gonflé d'or- 
gueil ; faiseur d'embarras : <( Uhé 
\'enflé\ » 

Enflée # s.f. Vessie. 

Enfler v.n. Boire d'un trait. 
— Enfler une femme, la rendre 
enceinte. — Enfler quelqu'un^ le 
faire payer ou le tromper. 



ENFONCÉ. 



105 — 



ENRAGER. 



Enfoncé O ^- Dupé. 

Enfoncer Q v.a. || 1. Tromper. 
Il 2. Vous irêtes pas taillé pour la 
lutte au billard, je vovs enfonce, 
je suis plus fort que vous. 

Enfonceur Qs-m. Trompeur, es- 
croc. — Enfonceur de portes ouver- 
tva, faux brave, bravache, vantard. 

Enfoncier Qs.m. Crédit cnfoncier, 
banque véreuse ;j.d.m. sur Crédit 
Foncier. 

Enfourailler % v.a. Arrêter. 

Enfrayer v.a. Enchanter. Ail. 
freien, rechercher Tamitié d'une 
femme, chercher à lui plaire. 

[TiMMERMANS] 

Enfrimer % = Enfrimousser 
v.a. Dévisager. 

Engailleur s. m. Trompeur. 

Engamë # a. Enragé. 

Enganter Q v.a. Capter, prendre. 
v.pr. S'enganter, s'éprendre, 
être amoureux. 

Engerber # v.a. = Enfourailler. 
Arrêter. 

English O s. m. Anglais. 

Engluer v.a. Saisir, prendre, 
arrêter. — Engluer la chevêche, 
arrêter la bande, (de malfaiteurs) 
comme on englue les oiseaux en 
les attirant avec la chevêche, (oi- 
seau de proie). [TiMMERMANs]. 

Engourdir # v. Tromper. 

Engracier # v.a. Acquitter. 

Engrailler % v.a. Attraper, saisir. 

Engrainer v.a. et v.n. || 1. At- 
tirer, allécher. || 2. Arriver. 

Engueulade s.f. == Engueulage 
s. m. = Engueulement s. m. 0. 
Il 1. Réprimande. || 2. Discussion 
grossière. 

Engueuler v.a. Interpeller vio- 
lemment, réprimander. — S'en- 
gueuler, v.pr. se disputer gros- 
sièrement. — Avoir des semelles 
qui engueulent le trottoir, avoir 
des semelles qui se détachent de 
la chaussure. 



Enguenleur s. m. Homme gros- 
sier et violent. 

Engueuser v.a. Enjôler. 

Enguigner v.a. voy. Embêter, 
S'enguigncr, v.pr. s'embêter. 

Enguirlander v.a. || 1. Embellir. 
Il 2. Faire valoir une chose, j] 3. 
Flatter. 

Enjuponné % s. m. Magistrat, juge, 
avocat ; ils portent la robe : « Pour 
un enjuponné, vous êtes un bon 
zig ! » [A. Matthey] 

Enjuponner (s') Q ^pi*- voy. En- 
cotillonner. 

Enlevé a. Q et (thé.) |1 1. Réussi. 
Il 2. Entraînant. 

Enlevée Q s.f. Correction, répri- 
mande. 

Enlever v.a. (thé.). Jouer avec en- 
train : « Enlever une scène. » 
— Enlever le cul ou le ballon à 
quelqu'un, battre, donner un coup 
de pied au derrière. — % S'enlever, 
v.pr. avoir faim, (être léger au 
point de s'enlever comme un bal- 
lon) = Faire Godard. 

Enleveur O s. m. Lovelace, don 
Juan, coureur de filles. 

Ennuyer (s') v.pr. jj 1. Etre 
laid. Il 2. Mourir. 

Enquiller || 1. v.n. Entrer, 
avoir un emploi : S' enquiller \.])t., 
s'introduire. || 2. # v.a. Cacher 
un objet volé entre ses jambes : 
<( Enquiller une thune de came- 
lotte, )) cacher sous ses jupons 
une pièce d'étoffe. De gwi//e,jambe 
en arg. 

Enquilleur % s. m. Compère du 
bonneteur. 

Enquilleuse # s.f. Vov. Enquil- 
ler (2). 

Enquiquiner v.a. Mépriser, 
dédaigner; se moquer, bafouer 
=r Se foutre. 

Enrager v.a. Exciter. <( Elle sa- 
vait que ce temps mou enrageait 
les hommes. » [Zola] 



ENRAYER. 



106 — 



ENTRIPAILLER. 



Enrayer Q v.n. voy. Dételer. 

Enrhumer v.a. Ennuyer. 

Enrouiller Q v. Ne pas laisser en- 
rouiller ses dentSj manger vite. 

Ensecréter v.a. Agencer une 
marionnette. 

Enseigne # s.f. Enseigne de cime- 
tière, prêtre. 

Entablement s. m. Les épaules. 

Entauler v.n. || 1. Entrer dans 
une maison, emménager. || 2. En- 
trer en fraude, (contrebandiers.) 

Enterrement O 6t s. m. || î. 
Tristesse. « C'était navrant, un vé- 
ritable enterrement. » \\ 2. Enterre- 
ment de première classe, éreinte- 
ment dissimulé par des éloges. 
(Larchey) Il 3. Rejet d'un projet 
de loi par la Chambre, après dis- 
cussion. Il 4. Morceau ^'arlequin 
(v.c.m.) ou de charcuterie entre 
deux tranches de pain, sand- 
wich du pauvre. 

Enterver (Vi0 v.a. j] 1. Interro- 
ger. Il 2. Comprendre Targot. Ce 
mot était déjà usité au xii*' siècle. 
Il 3. v.n. (obsc.) Coïter. 

Une autre jeune cervelle 
Fui découvert sans chandelle 
Comme il allait enterver 
Une nymphe à son lever. 

Enterveux (V) s.m.pl. Importuns, 
ceux qui entravent. 



Rebignez tost ces enterveux. 



(Villon. 



Entif # S. m. voy. Antif. 
Entiffer0v.n. voy. Antiffer. 
Entiffle s.f. voy. Àntiffle. 
Entiffler # v.a\ || 1. vov. Antiffler. 

Il 2. Entrer. || 3. Enjôler. 
Entonne # s.f. voy. Antonne. 
Entonner v.a*. || 1. Antonner. 

Il 2. Boire. Entonner comme un 

chantre, boire beaucoup, (j.d.m.) 
Entonneur s. m. Buveur. •« Le 

plus fort entonneur de bière. » 
Entonnoir ff) s. m. Il \. Buveur. 



Il 2. Gosier. — Entonnoir de 
zinc, gosier rendu insensible par 
l'excès de boisson. — Entonnoir à 
patte, verre à pied. 

Entortillé a. et s.m. || 1. Em- 
barrassé, maladroit. 1| 2. Capté^ 
circonvenu. H 3. Pédéraste. 

Entortiller v.a. || 1. Circonve- 
nir, capter : « Il m'a entortillée, je 
me suis laissé faire. )>1|2. En- 
nuyer : « Ah ! ce qu'il m'entor- 
tille! il m'ennuie. » 

Entourber v.a. Embrouiller. 
(Larchey) s.pr. envaser. 

Entraîner (s')Ov.pr. Se préparer, 
s'habituer à faire une chose, se 
soumettre à un régime pour obte- 
nir un résultat déterminé. 

Entravage # s.m. Education dans 
le vol. 

Entraver # v.a. Comprendre^ 
entendre. — Entraver le jars, en- 
traver bigorne ou arguche, com- 
prendre l'argot. — u Entrave six 
plombes qui crossent », entends-tu 
six heures qui sonnent ». 

Entraverse # s.m. Travaux for- 
cés. 

Entrecôte s.m. Entrecôte de 
brodeuse ou -de lingère, mor- 
ceau de fromage de Brie. 

Entrée O s.f. 'Faire Centrée d'un 
artiste, l'applaudir à son entrée 
en scène. — Entrée des artistes^ 
anus, (la porte de derrière) 

Entremettier (cuis.) s.m. Cuisi- 
nier chargé de préparer les en- 
tremets. 

Entresort s.m. Baraque de fo- 
rain, (où Ton « entre et sort » 
continuellement.) 

Entreteneur s.m. Bailleur de 
fonds, celui qui subvient à l'en- 
tretien d'une femme galante. 

Entripaillé a. Individu qui a 
un gros ventre. 

Entripailler (s') v.pr. Manger 
beaucoup. 



ENTROLER. 



107 



ÉPINARDS. 



Entrôler 9 v.a. =: Antroler. Em- 
porter. 
Entrôllement % s. m. Vol. 

Mercure seul tu adoreras 
Comme dabe de Y entrôllement. 

(ViDOCQ.) 

Enturer % v. n. Mentir. 

Entureur s. m. Menteur. 

Entyper (s') v.pr. Prendre un 
amant. 

Envelopper (art.) v.a. Dessiner 
les contours. 

Enviander v.a. (obsc.) Rendre 
enceinte. 

Envolé O ^- Individu remuant, tou- 
jours prêt à s'en aller. 

Envoyé O a. « Ah ! ça c est envoyé ! » 
c'est bien dit, bien réplique. 

Envoyer v.a. Envoyer quelqu'un 
à la balançoire^ à l'uurs, au bain, 
baigner, faire lan laire, faire fiche, 
faire f outre, dinquer, pisser, chier, 
envoyer à Chaillot, à bâche, aux 
pelotes, envoyer promener, écon- 
duire repousser. — Envoyer à la 
comédie, faire chômer, arrêter le 
travail. — Envoyer des coups de 
pied aux mouches, s'évertuer pour 
rien. — % Envoyer à Niort, refu- 
ser. — Envoyer dormir, assommer 
d'un coup de poing. 

Epais O ^' Un homme épais, 
homme grossier, butor, rustre. 

Epargne'0 s.f. Mettre à la caisse 
d'épargne, manger. 

Epargner v.a. Epargner le poi- 
tou , prendre des précautions 
pour effacer les traces d'un vol. 
M. à. m. ménager avec soin le «pu- 
blic », l'empêcher de voir. 

Epargneur Q s. m. Econome : 
« Nous sommes un peuple de 
paysans, un peuple d'èpargneurs. >; 
(Gambetta, \ 878) 

Epastrouillant a. voy. Epatant. 
= Epatarouflant. = Epatouflant. 
Etonnant. 



Epastrouiller v.a. voy. Épater. 
Etonner. 

Epatage s. m. = Epate=zEpa- 
temcnt. Etonnemenl. 

Epatamment adv. Etonnam- 
ment. 

Epatant a. Etonnant, voy. 
épater. 

Epate s.f. Epam.gfe= Epatement. 
Etonncment. — Faire de l'épate ou 
son épate, faire des embarras. 

Epatement s. m. = Êpatage. 
Etonnemenl. 

Epater v.a. || 1. Etonner, inter- 
loquer, éblouir : « fai été épaté. » 
Il 2. voy. Esbrouffer. Le mot 
épater signifie exactement ouvrir 
une large bouche, signe de l'é- 
tonnement, de l'ébahissement. 

Epatenr s. m. Q = Esbrouffeur. 
Vantard et hâbleur.— # Revolver. 

Epée s.f. Coup d'épée de Sa- 
voyard, coup de poing. 

Eperlan s. m. Faire un éperlan, 
porter un petit enfant au cimetière, 
(langage des croque-morts.) 

Epice#s.f.Cor7ie<d'^pices, capucin. 

Epicé O a- Cher, d'un prix élevé. 

Epicemar s. m. Epicier. 

Epicéphale (écol.) s. m. Chapeau, 
(du grec) 

Epice'r # v.a. Railler. [Larchey] 

Epicerie O s.f. Mesquinerie. 

Epice-vinette # s. m. Epicier. 
[Larchey] 

Epicier Q s. m. Mesquin, ordinaire. 

— C'est un cher épicier, il se fait 
payer très cher. 

Epileptique Q s. m. Individu ex- 
centrique, qui se démène comme 
un epileptique. — Coco epilepti- 
que, Champagne. 

Epiler v.a. Se faire épiler la 
pêche, se faire raser, couper les 
cheveux. 

Epinards Q s. m. \)\. Y oy. Beurre. 

— Plat d'épinards , paysage d'un 
vert trop uniforme. — Epauiette 



ÉPINGLE. 



— 108 



ESBROUFFEUR. 



à graine dépinards, épaulcttes 
d'oÏTiciers généraux. — Aller 
aux épinards, recevoir de l'ar- 
gent d'une fille publique. 

Epingle s.f. Avoir son épingle 
au col, avoir droit à un verre payé 
chez le débitant. — Etre ivre. — 
(Obsc.) Ramasser des épingles, 
pédérastie. — Tiré à quatre épin- 
gles, vêtu méticulcusement. 

Epingle O <i- Soigné. 

Epinglettes.f. Vol à Vépinglette 
voy. JSib. 

Epiploon (écol.) s.m. Foulard, 
chemise. 

Epitonner (s') Qv.pr. Avoir du cha- 
grin. Pour se pistonner. [Larchey] 

Eplucheuse s.f. {ohsc.) Ep lâcheuse 
de lentilles, = G oug no te, Irïhade. 

Epoilant a. Voy. épatant. 

Eponge s.f. {]"]. Epouse, maî- 
tresse. Il 2. Eponge d'or, avoué. 
Il 3. Ivrogne. 

Epoque Q s.f. Menstrues : « Avoir 
son époque ou ses époques. » 

Epouffer (s'j v.a. S'enfuir. 

Epoulardeuse s.f. Ouvrière de 
la Manufacture des tabacs. 

Epouse O s.f. Maîtresse. 

Epouser % v.a. Epouser la ca- 
marde, mourir. — Epouser la 
fourcandiére, se débarrasser d'un 
objet volé quand on est poursuivi. 
— Epouser la veuve, dire ^mWoiïné. 

Epouseur (pays.) s.m. Ffancé. 

Epousseter 0v.a. Epousseter une 
belle, coucher avec une femme. — 
Se faire epousseter, se dit d'une 
femme qui couche avec un homme. 

Epoux s.m. Amant. 

Eprouvé^ s.m. Condamné gracié 
en partie de sa peine à 'cause 
de sa bonne conduite. 

Equerre s.f. Fendre son équerre, 
marcher à grands pas, s'enfuir. 

Equiangle =r Equilatéral = 
Equipollent Q a. Egal. Ça m'est 
equilatéral, ça m'est égal. 



Erailler#v.a. jj l.Tuer. || 2.= En- 
grailler, prendre. 

Ereinter Q v.a. Maltraiter. 

EreinteurO s.m. Critique violent. 

Ergamé 9 a. Enragé. 

Ergot s.m. Se fendre V ergot, 
fuir. [Michel] 

Ermite s.m. Voleur de grand 
chemin. 

Es. % s.m. Escroc, (abrév.). 

Esbalancer v.a. Pousser, re- 
jeter. 

Esballonner(s')#v.pr. S'évader, 
m. à m., sortir du ballon, v.c.m. 

Esbasir v.a. voy. Ebasir, tuer. 

Esbigner (s) v.pr. S'enfuir, 
s'esquiver. — S^csbigner dans sa 
boîte à puces, aller se coucher. — 
v.a. Mourir. D'ex, marquant le 
point de départ, et du vx.fr.6inwer, 
s'en aller secrètement. 

Esblinder v.a. Stupéfier, anéan- 
tir. Ail. bllnd, aveugle, ébloui. 

[TiMMERMANS] 

Esbloquant a. Etonnant. 
Esbloquer v.a. Etonner, stupé- 
fier. 

Paraît que j'suis dab ! ça m'esblogiie 

(J. RicHEPiN. Chanson des Gveux.) 

Esbrouffant0 a. Etonnant. Gomme 
en holl. bluffen, être ampoulé. 

[TIMJIERMANS] 

Esbroufife Q s.f. Embarras, fanfa- 
ronnade. Faire des esbroufes, 
faire des embarras. # Vol à 
l'esbrouffe, vol à la bousculade. 
— fesciller d'esbrouffe, violer, m. 
à m. prendre de force. — Estourbir 
d'esbrouffe, assassiner dans la 
rue, attaquer soudainement. Du 
vx. fr. esboufer, éclabousser. 

Esbroufifer v.a. Faire des em- 
barras, être insolent. 

Esbrouffeur^ s.m. || 1. Fanfaron, 
hâbleur, vantard, faiseur d'em- 
barras. Il 2. Voleur à l'esbrouffe, 
v.c.m. 



ESCÂBRANTE. 



— 109 



ESGOURD. 



Escabrante s.f. Echelle ; du fr. 

escabeau. 
Escafife s.f. Coup de pied au 

derrière, (vx.) Skt. çapha, sûbot. 

fïiMMKUMANS] 

Escafifer v.a. Donner un coup 
de i)icd. (vx) 

Escafignon s. m. Souliers, (vx) 
Sentir de Vescafignonf puer des 
pieds. 

Escale 0s. f. Trois francs. Demi-pile 
et esrale, cinquante-trois francs. 

Escam s.m . Escamoteur, (abrév. ) 

Escane s.f. A Vescane! fuyons! 
Voy. Escancr. 

Escaner v.a. et v.n. || 1. Oter. 
Il 2. Fuir. De cane'\ avoir peur. 
[Larchey] 

Escape =r Escapouche = Es- 
capouchon s. m \oy. Esc<u'pe. 

Escaper = Escapoucner # v.a. 
voy. Escavper. 

Escarbouiller v.?». voy. Ecar- 
bouiller = Ecrahoidller. 

Escarcher v.a. Regarder. 

Escare s.m. Contre temps. 
(Lahchey) 

Escarer 9 v.a. Empêcher. 

Escareur s.m. Individu qui 
trouve toujours des obstacles qui 
l'empêchent de réussir. 

Escargot s.m. Vagabond. — Es- 
cargot de trottoir, sergent de ville. 

Escarpe s.m. Voleur, assassin. 

Escarper v.a. Voler, assassiner. 
Esrurper à la capahut, voy. Capa- 
huter. 

Escarpin s.m. Escarpin de Li- 
mousin, escarpin en cuir de 
brouette, sabots. — Escarpins re- 
nifleurs, souliers crevés, (ils aspi- 
rent l'eau.) 

Escarpiner (s') v.pr. S'enfuir, 
= Se tirer des pieds. 

Escarpolette (thé.) s.f. Charge, 
r= Balançoire. (Delvau.) 

Escaver v.a. = Escarer. Empê- 
cher. 



Eschequer (V) v.a. et n. || 1 .Eviter, 
Il 2. S'enfuir, se retirer, (d'après 
A. ViTu) 

Esclaffer (s') Q v.pr. Rire aux 
éclats : « S'esclaffer de rire. » 

Esclavager Q v.a. Rendre es- 
clave. 

Esclave Q s.m. Domestique, gar- 
çon de café, employé quelconque. 
Ce mot s'emploie en plaisantant, 
familièrement. 
1 Esclot s.m. Sabot, (patois gas- 
I con.) 

i Esclotier s.m. Sabotier. 
! Escoffler v.a. Tuer. 

EscogrifTe s.m. Homme grand 
et mal bâti : <( Grand escogriffe. » 
Escogritfe signifie en fr. voleur, 
escroc. 

Escouade (mil.) s.f. Envoyer cher- 
cher le parapluie de l'escouade, 
envoyer promener qui vous en- 
nuie. 

Escouille # s.f. = Oche. Oreille. 

Escoutes # s.f.pl. Oreilles. 

Escrabouiller v.a. Ecraser, 
mettre en bouillie. 

Escrache s.f. = fîcmc/ie. Papiers, 
passeport. 

Escracher0v.a. ^=Écracher. \\ 1. 
Interroger. || 2. Demander un 
passeport. (Rigaud) Montrer son 
passeport. || 3. Injurier, insulter. 
Il 4. Regarder. 

Escrime (mil.) s.m.Ecrivain, (pour 
scribe.) 

Escrimer (s') v.pr. S'escrimer 
du derrière, sacrifier à Vénus, 
(obsc.) 

Esganacer v.n. Rire. Remuer 
la ganache en riant; (la ganache 
est la mâchoire inférieure du che- 
val.) 

Esgard = Egard # s.m. Faire 
Vesgard = Faire Vesque, garder 
une part de vol qu'on était con- 
venu de remettre à des complices. 

Esgourd # a. Perdu. 



ESGOURDE. 



110 — 



ESTORGUE. 



Esgourde = Esgourne = Es- 
gouverne s.f. Oreille. Débri- 
der resgourde, écouter. 

Esgourder # v.n. Ecouter. 

Espagnol s. m. Vermine, pou, 
puce. 

Espalier O s.m. Groupe de figu- 
rants. 

Espèce O s.f. Quelle espèce ! celte 
expression sous-entend toujours 
une épilhète désobligeante : « Es- 
pèce dimbécile. » 

Espérances O s.f.pl. Avoir des 
espérances, avoir un héritage en 
perspective. 

Espincer (s') (V) v.pr. S'enfuir 
= arg. moderne s'esbigner = 
Jouer des pinces, des pincettes; du 
vx mot espinche, pince. 

Esponton s.m. Paria, (vx mot.) 

Esprit O s.m. D'après les doctri- 
nes spiriles, l'âme ou esprit est 
le principe intelligent en qui ré- 
sident la pensée, la volonté et le 
sens moral. 

Esque % s.m. Faire Vesque. Voy. 
Esgard. 

Esquinte # s.m. i| 1. voy. Es- 
quiniement (2). — Vol à V esquinte, 
vol à l'aide d'effraction. || 2. 
Abîme. (F. Michel) 

Esquintement % s.m. || 1. Lassi- 
tude excessive. || 2. Bris, coups 
violents. 

Esquinter % v.a. || 1. Briser, 
assommer de coups. |j 2. Fatiguer, 
harasser. — Q v.pr. S'esquinter 
le tempérament ou les tripes, se 
fatiguer beaucoup. 

Esquinteur % s.m. Voleur qui 
emploie les moyens violents. 

Essayer (thé.) v.a. Essayer le trem- 
plin, = Lever le rideau, jouer au 
commencement de la soirée. 

Essence s.f. Essence de chaus- 
settes, odeur ou sueur des pieds. 
— Essence de parapluie, pluie. 

Essuyer O v.a. Essuyer les plâtres. 



Il 4. Etre le premier locataire 
d'un logement neuf. || 2. Occuper 
une place le premier, provisoire- 
ment, en attendant qu'un autre 
l'occupe définitivement. 

Estable s.f. = Estaphle, poule. 
(Rigaud) 

Estafe # s.f. I| 1. Poule. || 2. Ba- 
lafre. Du fr. estafilade, m. s. 

EstafBer %. s.m. Chat. (Rig.\ud) 

Est?iffion s.m. || 1. 0Chat. j| 2. # 
=: Estafe, balafre. 

Estafon s.m. Chapon. 

Estamper v.n. Estamper quel- 
qu'un, le tromper, le mettre à 
contribution forcée, lui emprun- 
ter de l'argent sans le rendre. = 
Carotter :\< Je crois être une de 
ceux qu'il a le plus estampés et 
le plus chinés: je mettrais la 
main au feu qu'il me traitait cou- 
ramment, pour le moins, de sale 
bourgeoise. » [Séverine] 

Estampeur s.m. Escroc. Voy. 
Estamper. 

Estampiller v.a. || i. Donner 
un coup de poing violent qui 
laisse une marque. [| 2. Marquer 
au fer rouge. 

Estaphe s.f. Coup. voy. Estafe. 

Estaphle s.f. voy. Estable. 

Estasi a. Heureux, (pour exta- 
sié.) 

Estio s.m. = Estoc. Esprit : « Il 
a de l' estio. » 

Estoc s.m. Esprit, malice : Il a 
de l'estoc, il a de l'esprit. 

EstomO s.m. Estomac, (abrév.) 

Estomac O s.m . Voy. Balai. — 
Avoir de l'estomac, avoir du cou- 
rage ; avoir de l'argent pour jouer 
ou pour soutenir une affaire; 
avoir de l'audace au jeu. 

Estomaqué a. Etonné, stupé- 
fait, interloqué. 

Estomirer (s') v.pr. S'extasier. 

Estoque % s.f. = Estorgue. Faux. 

Estorgue % s.f. Fausseté. Châsse 



ESTOUFFER. — 111 — 



ETRANGLER. 



à Vestorgue^ yeux louches, yeux 

méchants. 
Estouffer0v.a. voy. Étouffer. 
Estourbir 0v.a. Assommer, tuer. 

D'es augm., et du skt. turv, faire. 

En prov. estourbia, tomber en 

frappant, étourdir, assommer, 

tuer. 

Fer estourbia lou Salanas, 
Es l'armado que s'avanco 

'(L. MOUTIKR.) 

— S'estourhir v.pr., se suicider. 
En ail. sterbcn, mourir. 

Estourbisseur s. m. Meurtrier. 

— Estourbisseur de clous de gi- 
rofle, dentiste. 

Estrade s.f. Boulevard, chemin, 
rue. (vx mot) 

Estrangouillade s.f. Étrangle- 
ment. 

Estrangouiller v.a. Étrangler. 

— Estrangouiller un litres boire 
un litre. 

Estregnante (B) # s.f. Ceinture. 

Estropier v.a. Estropier un 
poulety manger une aile ou une 
cuisse de poulet. 

Estuc = Estuque s. m. Part de 
vol. 

Estuquer v.a. |1 1. Battre. || 2. 
Recevoir sa part. 

Etagère O s.f. || 1. Femme char- 
gée de servir les desserts dans 
les restaurants. |1 2. Partie d'un 
café qui se trouve sur le devant et 
qui est ouverte l'été. 

Etal s. m. Poitrine d'une femme. 

Etalage s. m. Poitrine de 
femme. 

Etaler v.a. et v.pr. Étaler sa 
marchandise == S'étaler, tomber. 

Etamé s. m. Récidiviste. 

Etamer v.a. Condamner pour 
récidive. 

Etanche a. et s.f. Avoir le gou- 
lot en élanche, avoir soif. — Être 
à Vétanche, être à sec, (sans ar- 
gent.) 



Etats O s. m. pi. Être dans tous 
ses états, être en colère. 

Eteignoir0s.m. || 1. Nez en forme 
d'éleignoir. || 2. Chapeau, bonnet 
de nuit. || 3. Personne qui, par 
son attitude triste, empêche les 
autres de s'amuser. 

Eteindre v.a. Éteindre de la 
braise, dépenser de l'argent. — 
Éteindre songaz, mourir. 

Eternuer v.a et v.n. Mourir. 
Ètcrnuei' dans le sac ou dans le 
son, être guillotiné. 

Etincelle Q s.f. Ruban de la Lé- 
gion d'honneur, (il étincelle à la 
boutonnière.) 

Etoffes # s.f. pi. De l'argent. 

Etoile O s.f. Artiste qui brille au 
premier rang. Voy. Vedette. — 
(Mil.) Avoir les deux étoiles, être 
général de brigade. Avoir les trois 
étoiles, être général de division. 

Etouffage s. m. Escamotage. 
Étouffage de braise, escamotage 
d'argent, (grecs) 

Etouffe # s. m. Maison de jeu 
clandestine. 

Etouffer v.a. Avaler. — Étouffer 
une négresse, un perroquet, boire 
une bouteille, une absinthe. 

Etouffeur s. m. Buveur. 

Etouffoir# s. m. || 1. voy. Étouffe. 
Il 2. Endroit où il fait une chaleur 
étouffante. 

Etourdir v.n. || 1. Solliciter. 
Il 2. Tromper. [1 3. Tuer, assom- 
mer. 

Etourdissement # s. m . Requête, 
demande. 

Etourdisseur # s. m. Solliciteur. 

Etrangère s.f, Q Piquer V étran- 
gère, être distrait, penser à une 
chose autre que celle dont on 
devrait s'occuper. 

Etrangler v.a. |1 1. Etrangler 
lachandelle, Véle'mdre. \\ 2. Etran- 
gler une dette, payer une dette. 
Il 3. Boire, étrangler un perro- 



ÊTRE. 



112 



EXTREME-ONCTION. 



quet. « J'vais en étrangler une », 
je vais boire une absinthe. — 
Etrangler la douleur, boire à 
jeun. 

Etre v.n. Vêlre (cocu), être 
trompé par sa femme. — Être avec 
quelqu'un, être à la colle, v.c.m. 
(1). — En être; (faire partie) il 
y a toujours un sous-entendu : 
Etre de la police, être pédé- 
raste, etc. 

Etrenne s.f. Le premier client 
qui vient acheter : « Cest mon 
étrcnné, » c'est ma première 
vente. 

Etrenner v.n. voy. Ecoper. — 
te Si tu n'es pas sage tu vas etren- 
ner, » tu vas être corrigé, rece- 
voir des coups. 

Etrier (mil.) s. m. Avoir les étriers 
trop courts, avoir les jambes 
courtes et arquées. 

Etrillage s, m. |1 1. Perte d'ar- 
gent. Il 2. Tromperie. 

Etriller v.a. ||1. Faire payer 
trop cher. || 2. Battre. 

Étroite s.f. Prude. 

Tu ferais pas tant Yétroite à c't'lieure 
Si j'iaurais laissé ffout' dans l'eau. 

{La Muse d Bibi.) 

Étronner v.n. Aller à la selle. 

Etudiant s, m. Etudiant de la 
grève, maçon. 

Étudiante s.f. Maîtresse d'étu- 
diant. 

Étui s. m. Il 1. Vêtement. Il 2. 
Cercueil. 

Eudoxie (mil.) s.f. Chaise percée. 

Eustache % s. m. Couteau de 
poche. 

Evacuer v.n. Evacuer du cou- 
loir, vomir. 

Évanouir (s') v.pr. || 1. Dispa- 
raître, s'enfuir. || 2. Mourir. 

Évanouissement s. m. Dispa- 
rition. 

Évaporer v.a. Voler avec 



adresse. — S'évaporer, v.pr., s'en- 
fuir. 

Évasant a. voy. Epatant. 

Eventail 0s. m. Eventail à bourri- 
que, bâton, gourdin, canne. — Re- 
tourner son éventail, renoncer aux 
plaisirs de l'amour : « Une femme 
qui a été adorablement belle et 
qui, quoique ayant retourné son 
éventail depuis quelques années, 
est encore fort entourée. » {Gil~ 
Blas, 1894.) 

Éventrer v.a. Eventrer la né- 
gresse, déboucher une bouteille. 

Évêque Q s. m. Voy. Bonnet. 
Evêque de campagne, pendu. 

Évu part, passé. Eu : i< Il a s'évu 
desmalheurs,)) i\ a eu des malheurs. 

Excellent O a. « Tiens, cet excellent 
bon, comment vas-tu? » cher ami, 
comment vas-tu? 

Exécuter Q v. Interdire l'entrée 
de la Bourse à un spéculateur 
qui ne peut pas payer ses, diffé- 
rences et le signaler aux agents 
de change et aux remisiers. 

Exécuter (s') Q v.pr. S'exécuter 
à la bonne franquette, payer sans 
se faire prier. 

Exécution s.m. Q Mise en interdit 
d'un spéculateur à la Bourse. 

Expédier Q v.a. Expédier quel-r 
quun, le congédier. — Expédier 
quelqu'un dans Vautre monde, le 
tuer, l'empoisonner. 

Expert O s.m. F. -M. Celui qui 
introduit les invités. 

Exploiter Q v.a. voy. Ecorcher. 

Exproprié a. Etre exproprié, 
mourir. 

Extinction Q s.f. Faille une chose 
jusqu'à extinction de chaleur nar 
turelle, jusqu'à ce qu'on soit à 
bout de force. 

Extrême-onction Q s.f. Secours 
d'argent donné par l'administra- 
tion des jeux de Monaco aux 
joueurs décavés, v.c.m. 



FABE. 



— 113 



FAGOT. 



Fabe # s. t. Poche. 

Fabrication s.f. || Passer à 
laf'abncation.i. être arrêté. — 2. 
Etre refait, trompé, dupé. 

Fabriquer v.a. || 1. Faire, i 
<( Qu est-ce que tu fabriques là?» \ 
Qu'est-ce que lu fais là? || 2. Etre 
fabriqué, être volé au jeu. — 
% Kfre arrêté. || 3. # Travailler, 
voler, dévaliser. || 4. Fabriquer 
aux bateaux, donner des coups 
de pied dans le ventre, m. à. m. 
travailler à coups de souliers. 

Façade s.f. Figure. — Démolir la 
façade à quelqu'un, lui donner 
des coups dans la figure. — Faire 
sa façade, se farder. 

Face '% s.f. Monnaie. Avoir des 
faces^ avoir de l'argent. — pi. 
Accroche-cœurs. Avoir des faces. 
= Avoir des roufflaquettes, voy. 
Accent. — Q Face à main, lor- 
gnette. 

Faciès O ^-n^- Figure, visage, 
face. (Lat.) 

Facteur % s. m. Sergent de ville 
(il est employé des postes... de 
police.) 

Factionnaire s. m. Elron. — 

I Poser un factionnaire, faire ses 
besoins. — Aller relever un fac- 
tionnaire, aller chez le mar- 
chand de vin boire un verre qu'on 
a fait servir d'avance sur le 
comptoir. 
acturier Q (Thé). Etre bon factu- 
rier, savoir faire une bonne pièce. 
'adage # s. m. Partage d'un vol, 
butin. 
'adard a. et s. m. Elégant. 
*'adasse s.f. Fade. 
Fade # (mil.) s.m. Part de 



vol. — Carmerson fade, payer sa 
part. — Donner son fat/e, payer 
sa cotisation. — Toucher son fade, 
toucher son prêt. — Avoir son 
fade, être saoul. — Payer son 
fade, subir sa peine. 
Fader # v.n. et v.a. Etre fade, 
être bien partagé, avoir sa bonne 
part. — Fader chérot, coûter cher. 

— (Mil.) Fader quelqu'un dans 
une distribution, lui donner une 
large part. (Ce qui est assigné 
par le destin ou le sort: fatum. 

[TiMMERMANS] 

Fadeurs s.f.pl. Sentimentalités 
banales. 

Fafife # m. II 1. Papiers d'iden- 
dité. Il 2. Fajfe à roulotter, papier 
à cigarette. || 3. Billets de ban- 
que. Voy. Boulange et braser. 

Fafiot 0' s.m. |I 1. Paperasse. || 2. 
Livret. |I 3. # Billet. — Fa^o^ ^a- 
raté, billet de banque; du nom de 
Garât dont la signature se trouvait 
sur les billets de banque. — Fa- 
fiot mâle, billet de mille francs. — 
Fafiot femelle, hiilel de 5' francs. 

— Fafiot en bas âge, billet de 
oO francs. — Fafiot a parer, certi- 
ficat. — Fafiot à piper, mandat 
d'amener. — Fafiot sec, passeport 
régulier. — Fafiot à roulotter, pa- 
pier à cigarette. Il 4. Souliers d'oc- 
casion. (Larchey) 

Fafioteur % s.m. I| 1. Papetier. 

Il 2. Paperassier, écrivain. |I 3. 

Banquier. || 4. Savetier. (Larchey) 
Fafioter v.n. Paperasser. 
Faflard % s.m. Passeport. — Fa- 

fiard d'emballage, mandat d'à- 

mener. 
Fagot O s. ||1. Elève de l'école 

8 



FAGOTER. 



114 



FALZAR. 



forestière. || 2. De derrière les fa- 
gots, voy. Derrière. || 3. Cama- 
rade. Syn. de branche, vieille 
branche, v.c.m. || 4. Ancien 
forçat, sous la surveillance de la 
police. Fagnt affranchi, libéré. 
115. Vieillard. 

Fagoter v.a. Faire une chose 
sans soin, sans goût. — De Vou- 
vrage fagoté, mal fait. — Etre fa- 
goté, être mal habillé, avoir une 
vilaine tournure. 

Faiblard a. Faible. 

Faibloche s.f. Allumette en 
bois. 

Faïence s.f. Arg. des couvreurs. 
Tuile. # Ferrement des for- 
çats. 

Faierie s.f. (V). Subtilités. 

Rassurez-vous en droguerie 
Et faierie. 

(Villon) 

Faignant s. m. Fainéant, pa- 
resseux. 

Faîne s.f. Sou. 

Fainin s. m. Centime. 

Faire Q ^''^' ^^ v.n. Faire un 
homme, faire une femme, faire une 
conquête galante. (Larghey) — 
Faire le boulevard, le trottoir, la re- 
tape = Raccrocher, v.c.m. — Faire 
les consommations, jouer les con- 
sommations au calé. — Faille la 
place, aller offrir la marchandise 
à domicile. — Faire les cuirs, 
faire les cafés, etc., vendre des 
cuirs, des cafés, etc. — Faire, 
faire ses besoins, (s. ent.) — Le 
faire, sacrifier à Venus. — Se 
faire dessous, être gâteux. — 
(Thé.) Faire la salle, remplir une 
salle de spectateurs dont la sym- 
pathie vous est acquise. — FtuVe. 
1. Voler. Faire le porte-monnaie, 
le mouchoir. « Il m'a fait mon 
parapluie. » — 2. Tromper = 
Faire au même. = Refaire. — Il 
ne faut pas me la faire il ne faut 



pas me faire croire ça. La faire 
à roseille, m. s. — Faire Go- 
dard, avoir faim. = S' enlever y 
v.c.m. (3) — Faille chihis, faire un 
peigne, s'évader. — Faire des 
yeux de hareng, crever les yeux. 

— Fairenonne, être complice d'un 
méfait. — Se faire la paire, faire 
Vabja, s'enfuir. — Faire le ser, 
faire le guet. — Faire, arrêter. 

— Faire aux cliquettes, donner un 
croc-en-jambe. — (Arg. des filles) 
Faire la souris, dévaliser un 
homme. — Faire un caillou, trom- 
per un client. — Faire Vhomme, 
se prostituer par métier. (Larchey) 

— (Arg. des grecs) Faire le pay- 
san, voler au Jeu dans un cabaret. 

— Faire la veinne, tuer la vieille 
femme. (Larchey) 

Faisan # s. m. Celui qui vend à 
vil prix des marchandises ache- 
tées à crédit. 

Faisander (se) v-pr. Devenir 
vieux. 

Faisant O s. m. Camarade de col- 
lège. (Michel) 

Faiseur Q ^-"i- Trompeur, ex- 
ploiteur, escroc. 

Faiseuse s.f. Faiseuse d'anges^ 
femme qui se charge de faire 
avorter. 

Faitré # a. Etre faitré, être sous 
le coup d'une condamnation cer- 
taine. 

Fallait v, O " Fallait pas quil y 
aille », « il ne devait pas agir 
ainsi. » 

Faldès # s. m. Aller chez Faldès, 
partager. De fade v.c.m. 

Falot (mil.) s. m. Lanterne à l'usage 
des rondes de nuit. « Halte au fa- 
lot!» 

Falourde # Voy. Fagot (4) == Cot- 
teret, réclusionnaire. — Falourde 
engourdie, cadavre. 

Falzar0s.m. Pantalon de travail. 
(Rigaud) 



FANANDE. 



— H5 — 



FAUCHEUX. 



Fanande = Fanandel # s. m. 

Il 1. Ami, camarade, compagnon. 

V'ià les fanand's qui radinent, 
Ohé ! tas d'pochelôs, 

[Chanson des Gueux). 

Il 2. Complice. 

Fanfe ou Fanfière # s.f. Taba- 
tière. 

Fanfouiner # v.n. Priser. Ono- 
matopée de l'aspiration du tabac. 

Fanfouineur s. m. Priseur. 

Fantabosses (mil.) s. m. Fantas- 
sins. J.d.m. Fente-à- bosses = 
Fente-à- seins. 

Fantaisie (mil.) Q s.f. =: Faire 
fantaisie, ne pas se mettre à l'or- 
donnance, mettre des bottines, 
manchettes, cols, etc. — Fan- 
taisie sur la tringle, onanisme. 

Fantaisiste Q s. m. Homme qui 
ne fait rien suivant l'usage ordi- 
naire, original. 

Fantasia Q s.f. Cest de la fan- 
tasia, c'est une chose faite par 
caprice, ce n'est pas sérieux. 

Far! adv. Far! far! vite! vite! 

Faraud s m. || 1. Fier, orgueil- 
leux. Faire son faraud, faire le 
fier. Il 2. Monsieur. 

Faraudec # s.f. Mademoiselle. 

Faraudène # s.f. Madame. 

Farce a. et s.f. C'est farce, c'est 
drôle, comique. — Faire des 
farces à sa femme, lui faire des 
infidélités. 

Farceur, e«ise0 s. m. Pas sérieux. 

Farcher # v.n. Faucher. (3) 

Fard s. m. Avoir un coup de 
fard = Piquer un fard, rougir. 

Fardage s. m. Tromperie, cou- 
vrir des produits avariés avec des 
marchandises de choix. 

Farder (se) v.pr. Se soûler. 

Fardis (V) s. m. Fardeau, charge. 
De farder, charger. 

Farfouillard = Farfouilleur 
s. m. Celui qui farfouille, cher- 
cheur; chuchoteur. Voy. Far- 



fouiller. — # = Panle, dupe. 

Farfouiller v.a. et v.n. Cher- 
cher, farfouiller dans le buisson. 
— Farfouiller dans le tympan. 
chuchoter. 

Fargo tter ^ v.a. Rougir. 

Fargue # s.f. || 1. Charge (far- 
deau). Il 2. Charge (accusation). 

Farguement s. m. Chargement. 

Farguer # v.a. || 1. Charger, au 
prop. et au fig. jj 2. Avouer. || 3. 
Se farguer,\.\)r., se cacher. || 4. 
Etre fargué, être muni, pourvu. 
Il 5. Rougir. De farder, m. s. 

Fargueur a. et s. m. || 1. Char- 
geur. Il 2. Témoin à charge. || 3. 
Ministère public. 

Faridon = Faridondaine s.f. 
Etre à la faridon, être dénué de 
ressources. 

Farineux a. Excellent. (Delvau) 

Farniente Q s. m. Paresse. 

Farnandel s. m. Yoy. Fanande. 

Farrago Q s. m. Amas confus. 

Fassolette # s.f. Mouchoir de 
poche. 

Fatigue # s.f. Travail des forçats. 

Fauberg # s. m. Langue. 

Faubert (mil.) s. m. Epaulette. 

Faubourg Q s. m. Etre faubourg 
Saint- Germain, être distingué. 

Faubourien O s. m. Ouvrier habi- 
tant les quartiers excentriques. 

Fauchants = Faucheux # 
s. m. pi. Ciseaux. 

Fauch e-Ardent0s.m .Mouchettes. 

Faucher v.a. et v.n. || 1. # Fau- 
cher le grand pré = Faucher au 
dur, aller aux travaux forcés. || 
Il 2. Etre fauché, être décavé, 
ruiné, sans le sou. || 3, Faucher 
dans le pont = Couper dans le 
pont. yoy. Couper. \\ 4. Guillotiner. 

Faucheur # s. m. || 1. Voleur qui 
coupe les poches, les chaînes de 
montre. 1| 2. Bourreau. 

Faucheuse # s.f. La guillotine. 

Faucheux s. m. || 1. # voy. Fau- 



FAUCUON. 



— H6 — FERBLANTERIE. 



cheur. \\ 2. (pays.) Celui qui fau- 
che. Il 3. # m. pi. Ciseaux. 

Fauchon s. m. Sabre. 

Fauchure % s.f. Coupure. 

Fauffe # s.f. = Fausse. Tabatière. 

Faussante s.f. Fausse déclara- 
lion de nom et d'adresse. 

Fausse s.f. = Fauve =■ Fauffe. 
Tabatière. 

Fausse-couche s.f. Avorton. 

Fauter v.n. Commettre une 
faute. On dit d'une fille qui a un 
enfant, qu'elle a fauté. 

Fauve # s.f. =i Fauffe. Tabatière. 

Fauvette # s.f. Fauvette à tête 
noire, gendarme. (Rigaud) 

Faux s.f. Gerber à la faux, con- 
damner à mort =: Faucher {i). 

Faux-col s. m. Mousse au-dessus 
du verre. « Unhock sans faux-col l » 

Fave % s. m. voy. Faflard. 

Favori Q (sport) s. m. Cheval en fa- 
veur avant la course, considéré 
comme ayant le plus de chances 
de la gagner. 

Fayot s. m. Haricot. En prov. 
faïou, en lat. faseolus m. s. 

Fée s.f. Il 1. Amour. || 2. # 
Jeune fille, maîtresse. — Fée aux 
yeux verts, absinthe. 

Fée Carabosse s f . Vieille 
femme laide et méchante. 

Féesant a. Amoureux. 

Feignant s. m. = Faignant. 
Fainéant. 

Fêler v.a. Avoir le coco fêlé = 
Etre loufoi/ue, v.c.m. — Se fêler 
v.pr., devenir fou. 

Félibre Q s. m. Membre d'une so- 
ciété poétique composée de Pro- 
vençaux, qui a pour président le 
poète Mistral. 

Félibrige O s. m. Ce qui se rap- 
porte aux coutumes et au genre 
de poésie des félibreSj v.c.m. 

Felouse s.f. Pour /enowse, v.c.m. 
Prairie. 

Femelle s.f. Femme, dans un sens 



méprisant, a Quelle sale femelle!» 

Féministe Qs-m. Partisan de l'é- 
mancipation de la femme. 

Femme s.f. Femme à soldats, 
prostituée qui recherche particu- 
lièrement les soldats. — Faire une 
femme, voy. Faire. — Badigeonner 
la femme au puits, mentir. Voy. 
Badigeonner. 

Fenasse s.f. Fainéant. 

Fendant =: Fendard s. m. 
Matamore, fanfaron; « Faire son 
fendard. » 

Fendante # s.f. Porte. 

Fendre v.a Fendre le cul (à une 
carte), la prendre avec une carte 
supérieure. «Je lui fends le cub^, 
je prends ! — (Mil.) Fendre Voreille 
à quelqu'un, le mettre à la re- 
traite. — Se fendre, v.pr., être 
généreux. — Se fendre d'un litre, 
payer un litre. « Cinq sous de 
pourboire! le gonce ne s'est 
pas fendu. » 

Fenêtre s.f. Faire la fenêtre, 
femme qui attire les hommes 
chez elle en se mettant à sa fe- 
nêtre. — Boucher une fenêtre à 
quelqu'un, donner un coup de 
poing sur l'œil. — # Mettre la 
tête à la fenêtre, être guillotiné; 
(passer son cou dans la lunette). 

Fenêtrière s.f. Femme qui fait 
la fenêtre, v.c.m. 

Fenin =: Fainin s.m. Centime. 
AU. Pfenning^ m. s. 

Fenouse 9 s.f. Prairie. Du vx mot 
fen, foin. 

Féodec0a. Arbitraire. Du fr.féodal. 

Fer s.m. Employer les fers, em- 
ployer les forceps. — Fer à cheval, 
barbe taillée en fer à cheval. 

Fer-blanc s.m. Soldat de fer- 
blanc, soldat sans bravoure. — 
Rognures de fer-blanc, médailles 
d'argent, décorations. 

Ferblanterie s.f. Etaler sa fer- 
blanterie, porter des décorations . 



FERBLANTIER. 



il7 — 



FICELLE. 



Ferblantier s.ni. Commissaire 

de la marine. 
Ferlampier s.m.^Ferlandier. 
Il 1. Malheureux, misérable. 
I 2. Bandit. De Tall. verlump- 
ter, déguenillé. 
Ferla ndier s.m. := FeiHampier. 
Bandit. 

Ferlingante # s.f. Faïence, vais- 
selle. 

Ferloques s.f.pl.Vieilles loques. 

Fermer v.a. Fermer son plumb, 
sa boile, se taire. 

Féroce a. et s. m. Cest un fé- 
rocCy il est tout entier à son de- 
voir. — // n est pas féroce, il n'est 
pas capable. [Larchey] 

Ferraille s.f. Monnaie de 
cuivre. — Faire crosser sa fer- 
raille, ïaire sonner son argent. — 
Ferraille doranchée, bijouterie en 
doublé. 

Ferrer0 v.a. Ferrer le goujon, le 
faire mordre à l'hameçon. —Etre 
ferré, être fort sur une chose. 
Ftrrer lescigales, perdreson temps. 

Fertanpe r= Fertille s.f. 
Paille. Mot du Centre de la France. 
Elle frétille quand on Fagite. 

Fertillante # s.f. Vov. Fertange, 
Paille. 

Fesse s.f. Fille, femme. — Maga- 
sin de fesses, maison où il y a 
beaucoup de femmes. 

Festillante 9 s.f. =: Frétillante. 
Queue. 

Festonner Q v.n. Faire des zig- 
zags en marchant, comme quand 
on est ivre. 

Fêtard O s. m. Yiveur, noceur. 

Fête s.f. FtHe de boudins, réveil- 
lon, où Ton mange des boudins. 
— Etre de la fête, être riche. — 
Faire la fête, s'amuser, mener 
la vie largement. 

Fétiche Q s.m. = Porte- bonheur. 
Objet auquel on attribue la pro- 
priété de porter bonheur. 



Feu s.m. Q II n'y n vu que du feu^ 
il n'y a rien vu; (il a été ébloui, 
aveuglé). — Ne pas s'embêter dans 
les feux de file, être indépendant. 
[Larchey] 
Feuille (V) s.f. Bourse, et par ext., 
poche. O Feuille de choux, publi- 
cation éphémère , journal sans 
importance. — Prendre quelqu'un 
par ses feuilles de chou, lui tirer 
les oreilles. Aller voir la feuille 
à Venvers, s'asseoir, se coucher 
sous les arbres. — Vin de trois 
feuilles, vin de trois ans. — Faire 
feuille de rose, (obsc.) 
Feuillet s.m. Pédérastie. Retourner 

le feuillet, (obsc.) 
Feuilleté O ^- (bateau feuilleté, 
gâteau dont les parties sont super- 
posées en feuilles légères. — Se- 
melle feuilletée, semelle dont les 
couches de cuir se détachent. 
Fiacre O s.m. Faire une chose 
comme un fiacre, faire une chose 
de travers. — Jouer comme un 
fiacre, mal jouer. (( Mon cher 
ami, — me dirais-je dans un 
court monologue. — depuis vingt 
ans, tu gouvernes comme un fiacre, 
et tu terais mieux d aller sur- 
veiller tes salades.» [Fr. Coppée] 
Remiser son fiacre, mourir ; (se dit 
d'un cocher). 
Ficeler v.a. I| 1. Se fi^xler, s'ha- 
biller. Bien ficelé ou mal ficelé, 
bien ou mal habillé. || 2. Suivre, 
= filer. [Rigaud] 
Ficelle Q s-f- et a. || 1. Moyen. 
Truc de métier, procédé facile. 
^ (Thé.) Procédés vulgaires que 
l'on emploie pour faire une pièce 
ou pour y jouer un rôle. Les fi- 
celles font'mouvoir les marionnet- 
tes. Il 2. a. Malin, rusé, flatteur. 
— Homme ficelle, homme d'une 
habileté sournoise. — Cheval fi- 
celle, cheval de course léger et 
décousu. [Larchey] — (Mil.) Fi- 



FICHAISE. 



118 



FIGNOLEUR. 



celle rouge, soldat de première 
classe. 

Fichaise Q s.f. = Foutaise. Cest de 
la fichaise, ce n'est rien. 

Fichant Q a. ^= Foutant. En- 
nuyeux, embêtant, contrariant. 

Ficher v.a. Faire. Qu'est-ce que 
tu fiches? qu'est-ce que tu fais? 
Tu n'en fiches pas un clou, tu n'en 
fais rien. 

Ficher v.a. Mettre. On va te 
ficher à la porte, on va te ren- 
voyer, te mettre à la porte. — Se 
ficher, v.pr., se moquer = Se 
foutre, v.c.m. « Use fiche de moi. » 

Fichtre Juron. Var. de foutre, 
fouchtra! 

Fichtrement adv. = Bougre- 
ment. Extrêmement. 

Fichu a. Perdu, ruine. — Il est 
fichu de ne pas venir, il est capable 
de ne pas venir. — Etre mal fichu, 
être dans une position critique. — 
Fichu comme quatre sous, il est 
mal habillé. 

Fidibus Q s. m. Allumette de pa- 
pier. De fidelibus, nom que Ton 
donnait aux étudiants allemands, 
ceux-ci allumant ordinairement 
leurs pipes avec ces tubes de pa- 
pier, formés le plus souvent des 
feuillets où étaient écrits les dis- 
cours à eux adressés par les pro- 
fesseurs. 

Fielders (sport.) s. m. pi. Ensemble 
des individus qui ont fait des 
paris de courses contre un ou 
plusieurs favoris, v.c.m. [Parent] 

Fienter v.n. Faire ses be- 
soins. 

Fier a. Il a un fier toupet, il a 
un fameux aplomb. 

Fier-à-bras s. m. Ce mot qui 
en fr. signifie fanfaron, désigne 
un homme fort dans le langage 
populaire. De Fierabras nom du 
roi légendaire du cycle carlovin- 
gien qui osa défier d'une seule 



fois six des preux de Charle- 
magne. 

Fierot a. et s. m. Fier. 

Fieu s. m. Enfant. 

Fièvre # s.f. Accès de fièvre céré- 
brale, accusation pouvant entraî- 
ner la peine capitale. — Redou- 
blement de fièvre, réquisitoire dans 
une affaire entraînant la peine de 
mort^ 

Fiferlin = Fifrelin s. m. Sol- 
dat. [Rigaud] — Faire la part au 
fifrelin, être tombé au sort. 

Fifî s. m. Vidangeur; (vx.) Ce 
mot qui se trouve dans le suppl. 
du Dict. de Littré figure déjà avec 
ce sens dans une ordonnance de 
1350. 

Fiflot (mil.) s. m. = Lignard. Fan- 
tassin. 

Fifrelin == Fiferlin s. m. Peu 
de chose. «Ça ne vaut pas un 
fifrelin, » ça ne vaut pas grand'- 
chose. 

Figaro s. m. Avoir un figoro, ex- 
pression des garçons de café pour 
désigner le client qui ne donne 
pas de pourboire. Ils s'avertissent 
entre collègues en criant : u Pas- 
sez le Figaro ! » 

Figé s. m. Juge; (il semble figé 
sur son siège). 

Figer (se) v.pr. Avoir froid, 
s'engourdir. 

Fignard = Figne = Fignedé 
s. m. Anus. 

Fignolade # (thé.) s.f. Enjolive- 
ment. 

Fignole a. Joli 

Alors aboula du sabri 
Moure au brisant comme un cabri 
Une fignole gosseline. 

[J. Richepln]. 

Fignolé a. Enjolivé. 

Fignoler O v.a. Finir avec soin, 
enjoliver. 

FignoleurO s.m. Homme méticu- 
leux dans son travail, enjoliveur. 



FIGURANT. 



— H9 



FINI. 



Figurant (llié.) s. m. Celui qui ne 
fait que paraître dans une pièce, 
sans avoir rien à dire. — Figurant 
de la Morgue, individu qui a mau- 
vaise mine, paie, défait, qui res- 
semble à un cadavre. 

Figuration (thé.) s. f. Ensemble de 
figurants. 

Figure s.f. Derrière. — Avoir 
une figure comme te cul d'un pauvre 
homme^ avoir une figure rouge et 
ronde. — Figure de papier mâché, 
visage pâle. 

Figurer (thé.) v.n. Paraître sur la 
scène sans avoir rien à dire. 

Fil s. m. Lâcher un fil, uriner. 
— Ne plus avoir de fil sur la bo- 
bine, de cheveux sur la tête. — 
N'avoir pas inventé le fil à couper 
le beurre, n'être pas malin. — Fil 
en quatre, eau-de vie. — # Fil de 
soie, voleur. 

Filage s. m. = Filature. Action 
de filer une carte. Voy. Filer. 

Filandreux O a- et' s.m. Style 
filandreux, prétentieux et en- 
nuyeux. 

Filasse s.f. Cheveux filasse, che- 
veux d'un blond fade. — Se fourrer 
dans la filasse, aller se coucher. 

Filature = File # s.f. Surveil- 
lance exercée par un agent de la 
sûreté. — Lâcher de la filature à 
quelqu'un, prendre quelqu'un en 
filature, le suivre partout. 

Filée (B) # s.f. Barbe. 

Filer v.a. || 1. • Voler. I| 2. Q 
Suivre, surveiller. — Q Filer 
une carte, tricherie qui consiste 
à donnerune carte pour une autre ; 
(joueurs.) — Faire filer, dérober. 
[Rigaud] — # Se filer, v.pr., 
s'introduire subrepticement. — 
O Filer le parfait amour, courtiser 
avec passion. — Filer le plato, 
aimer platoniquement. — (Mar.) 
Filer son cable par le bout, s'en- 
fuir. — Filer son nœud , s'en 



aller. — # Filer une pelure^ voler 
un paletot. — Filer la comète, 
être sans domicile et se prome- 
ner toute la nuit dehors. 
Filet O s.m. Jet de liquide, très 
mince. « Un filet de vinaigre. » 

— Lâcher un filet, uriner. — Avoir 
le filet bien coupé, être bavard = 
Avoir la langue bien pendue. 

Fileur Q s.m. Agent de la sûreté, 
ou individu quelconque qui en 
surveille un autre. 

Fileuse # s.f. Individu qui fait 
donner de l'argent à des voleurs, 
sous menace de les dénoncer. 

Pillasse s.f. Fille de mauvaises 
mœurs; fille sale, grossière. 

Fille O s.f. Fille a amour, pros- 
tituée, exploitée par une autre. 

— Fille en carte, fille soumise, 
prostituée surveillée par la police. 

— Fille de maison, fille de lupanar. 

— Fille de marbre, courtisane in- 
téressée et sans cœur. — Fille re- 
misée = Vieille garde, v.c.m. — 
Une fille, une bouteille. 

Filler du prois (B) v.a. Faire ses 
besoins. 

Fillette s.f. Demi-bouteille. 

Flloche s.f. Bourse. — Avoir sa 
filoche à jeun, bourse vide. — Fi- 
loche du trèpe, le palais de la 
Bourse. 

Filets (B) # s. m. pi. Cheveux. 

Filsange # s.f. Filoselle. 

Fils-de-fer Q s. m. pi. Jambes lon- 
gues et fluettes. 

Fin O s.f. Faire une fin, se 
marier. 

Fine Q s.f. Fine Champagne « Un 
verre de fine. » (abrév.) — La 
plus fine, matière de vidange. — 
Fine pégrenne, agonie. — 
(St-C.) Fine-galette , Saint-Cyrien 
non gradé. — Fine basane, cava- 
lier de Saint-Cyr. 

Finette s.f. Poche secrète. 

Fini O a- Usé. Homme fini, homme 



FINOCHER. 



120 



FLAMBERT. 



usé au physique et au moral, 
quelquefois des deux façons. 

FinociierOv.a.=:Fi^no/er,v.c.m. 

Fiole s.f. Tête, visage, figure. 
« fai soupe de ta fiole,'' n m. à m., 
j'ai assez de ta tête, j'ai assez de 
toi. 

Fioler v.a. || 1. Boire. Fioler le 
rouomme , boire de Teau-de-vie. 
Il 2. # Dévisager. 

Fioleur s.!!!.*^ Buveur, ivrogne. 

Fion O s.m. Donner le coup de fion 
à quelque chose,p3.rsiche\eT,donner 
le dernier coup de main. 

Fionner Q v.n. Faire le beau, pa- 
rader, se pavaner. 

Fionneur O s. m. Elégant préten- 
tieux. 

Fioritures Q s.f.pl. Faire des fio- 
ritures, faire des enjolivements, 
ajouter des agréments de fantaisie. 

Fiotte s.f. Petite fille. 

Fiquer # v.a. Poignarder, donner 
des coups de couteau. 

Fiques # s.f.pl. Hardes. 

Fiscal a. Elégant. [Lârchey] 

Fish s. m. Souteneur; (poisson 
en ang.) 

Fissure Q s.f. Avoir une fissure, 
être un peu fou. 

Fiston s.m. Mon fiston, mot 
d'amitié. 

Five o'clock tea Q s.m. Thé de 
cinq heures ; (angl.) Réunion de 
personnes qui a lieu dans l'après- 
midi, et où l'on offre le thé, avec 
des gâteaux. 

Fixé adv. C'est fixé! c'est en- 
tendu. 

Flac % s.m. Flac d'al, sac d'ar- 
gent; pour flac de date =z Fia- 
cul. 

Flache s.m. =z Flanche, v.c.m. 

Flacher v.n. = Flancher, v.c.m. 
Plaisanter. 

Flacon s,m. Soulier. Déboucher 
ses flacons, se déchausser. 

Flacul # s.m. = Flac. \\ 1. Lit. 



Il 2. Sac d'argent. Pour flague^ 
= blague, sac. [Timmermans] 

Flafla O s.m. Etalage. « Faire du 
flafla, » Ostentation vaine ; {flare, 
souffler.) 

Flageoler v.a. Flatter. (Corr. 
de cajoler.) 

Flageolets O s. m. pi. Jambes 
minces. « Etre monté sur des fla- 
geolets. » Traduction comique du 
lat. tibia, jambe et flûte. [Timmer- 



MANS] 



S.m. Flatteur, 
s.m. Trompeur de 



Flageoleur 
Flamangel 

filles. 

Flambant a. et s.m. (j 1. Ecla- 
tant, superbe. « Tout flambant 
neuf. » Il 2, (mil.J Artilleur à 
cheval. 

Flambard s.m. || 1. = Flam- 
bant. Sabre. || 2. Matelot, et par 
ext., canotier. 

Tas d'chicards, 

Tas d'/lambardfi, 
Les canotiers de la Seine, 
Sont partout bien reçus, 
Et partout font du chahut. 

Flambarde s.f. Chandelle. 

Flambart (B) s.m. =: Flam- 
bard. Poignard. Couteau poi- 
gnard. 

Flambe (B) s.f. Epée. # Petite 
flambe, couteau. 

Flambeau s.m, |1 1. O Homme su- 
périeur qui se distingue par son 
talent. || 2. # Affaire, métier, jj 3. 
Invention. || 4. Avoir le flam- 
beau, être habile, adroit. 

Flamber v.n. || 1. Briller. || 2. 
Amuser le public ; (arg. des fo- 
rains.) || 3. Etre flambé, msàside, 
sans espoir de guérison. 

Flamberge s.f. Epée. Mettre 
flamber ge au vent, dégainer. De 
flambe, épée, et de Tall. bergen, 
abriter. [Timmerma^s] 

Flambert O s.m. pour Flambard. 
Poignard. 



FLAMSIK. 



— 12i 



FLEMME. 



Flamsik = Flamsique # s. m. 

Flamand. 

Flan O s. m. Du flan = Des nèfles 
= 7Mt, non. — Donner du flan ou 
de la galette, ne rien donner. — 
A la flan, simplement, franche- 
ment. = A la bonne flanquette 
fpour franquette). — # C'est du 
flan, c'est permis. — Voler à la 
flan, voler à l'aide de fausses 
clés, dans la première maison 
venue, sans préméditation. 

Flanc O s. m. Etre sur le flanc, être 
alité pour cause de maladie. — 
S'en battre les flancs, s'en moquer. 

Flanchard s. m. =nr Flancheur. 
Poltron. 

Flanche # s.f. || 1. Malice, ruse. 

— Grande flanche, jeu de roulette 
et de Irenle-et-quarante à Monaco. 

Il 2. s. m. Affaire. C'est un 
mauvais flanche, c'est une mau- 
vaise affaire. 
Flancher v.n. jj 1. Avoir peur; 
(pour iléchir, devenir flasque.) 
Tricher. Tenir un jeu clan- 
destin pour attraper les badauds. 

— Flancher au frotin, jouer au 
billard. — Flancher à la resaute, 
jouer à la balle. 

Flanchet % s. m. Part, lot. 

Flancheur s. m. || 1. Poltron. 
Il 2. # Joueur. 

Flandrin s. m. |[ 1. Paresseux; 
« Grand flandrin. » || 2. Flamand ; 
de Flandre. 

Flâne s.f. Flâneur, flânerie. 

Flanelle s.f. = Flâneur. — C'es« 
de la flanelle, faire flanelle, aller 
dans une maison de tolérance 
sans y rien dépenser..'Par j.d.m. 
sur flâner. 

Flâneuse O s.f. Sopha, chaise- 
longue. 

Flânocher — Flânotter v.n. 
Augm. de flâner. 

Flanquage s.m. Action de flan- 
quer, v.c.m. 



Flanque s.f. Plaisanterie, rail- 
lerie. 

Flanquer v.a. voy. Ficher =z 
Foutre. — Flanquer" à la porte, 
mettre à la porte. En ang. tofling, 
lancer. 

Flaquada adv. Aller à fla- 
quada voy. Flaquader. 

Flaquader v.n. Faire ses be- 
soins. 

Flaquadin 0s.m. Lâche, poltron. 

Flaque # s.f. Sac de femme, voy. 
flacul. 

Flaquer v.n. = Flaquader. 
Il 1. Faire ses besoins. — Faire 
flaquer quelqu'un, VcnnuycrVem... 
bêler. — Flaquer des châsses, 
pleurer. || 2. Mentir. 

Flaquet # s.m. || 1. Gousset. [Mi- 
chel] Il 2. Plafond. 

Flasquer v.n. = Flaquer. 
Faire ses besoins; îîXaxdç, plat. 
[TiMMERMANs] Flasqucr du poivre 
à quelqu'un, le fuir. 

Flatar s.m. Fiacre. 

Flauper v.a. Battre. Var. de 
frapper pour flapper, en ang. to 
flap, to wallop, donner un coup 
de la main plate ou d'un instru- 
ment fait comme elle. [Timmermans] 

Fléchard s.m. = Flèche s.f. 
Sou. Deux flèches de semper, deux 
sous de tabac. 

Flémard s.m. Paresseux, celui 
qui travaille lentement. 

Flémer v.n. = Avoir la flème, 
v.c.m. ne pas travailler. 

Flemme = Flème s.f. || 1. Pa- 
resse. — Avoir la flemme, être 
paresseux. — Battre la flemme, 
ne rien faire. 

Mine' qu'on pourra tirer sa flemme. 
On f'ra tous les jours el' lundi ! 
Oui, mais si n'y a pus dlatronspème, 
Qui qui f'ra la paye 1 sam'di. 

(A. Bruant). 

Il 2. Paresseux; « C'est une rude 
flemme. » Du fr. flegme, froideur. 



FLEUR. 



122 - 



FLOUEUR. 



Fleur s.f. Fleurs rouges, mens- 
trues. — Fleur de macadam, pro- 
stituée qui raccroche. — Fleur du 
mal, tribade. — Fleur des pois, 
élégant. % — Fleur de mai = 
Fleur de mari pour fleur de Marie, 
j.d.m. virginité. — Etre fleur, 
être sans condamnations, être 
sans le sou. 

Fleurant # s. m. Bouquet. 

Fleuron s. m. Mensonge. 

Flibocheuse s.f. Soupeuse af- 
famée et rapace. (Rigaud) 

Flic-flac % s. m. ■=: Fric- frac, effrac- 
tion. • — Faire le flic-flac, fracturer. 

Flic-flaquer v.n. Fracturer une 
serrure. 

Fligadier s. m. Sou. 

Flingot s.m. || 1. Fusil. Ail. 
flinte, fusil de chasse. || 2. Fusil 
de boucher. 1| 3. Corps humain. 
— Se garnir le flingot, manger. 

Flingue (mar.) s.f. voy. Flingot{i}. 

Flippe s.f. Il 1. Faire un flippe, 
voy. Philippe. \\ 2. Mauvaise com- 
pagnie, voyou. Var. de. fripouille. 

[TlMMERMANS] 

Fliquadard = Fliquard s.m. 
= Flique. Agent de police. 

Flique # s.m. Agent de police. 
Il tlaire. 

Flirt, Flirtases.m.=FlirtationO 
s.f. Badinage, causerie, sorte d'in- 
timité entre homme et femme, qui 
n'est ni de l'amitié, ni de Famour. 
\o\. flirter, (prononcez fleurt). 

Flirter O v.n. Causer, échanger 
ses impressions. Du vx fr. fleureter, 
babiller, à rapprocher de l'expres- 
sion française « conter fleurette », 
faire des compliments légers. Ce 
mot nous est revenu anglicisé. 
(Voy. flirta. 

Flirteur Q s.m. Qui aime à flirter, 
v.c.m. et flirt. 

Floars (V) adj.m.pl. Habiles, 
adroits. Ce mot a formé le mot 
fr. floueur. 



Flogie (V) s.f. Toison. Rapprocher 
ce mot des mots fr. floche, flocon. 

Flome # s.f. voy. Floume. 

Flon-flons s.m. pi. Refrains in- 
signifiants. Chansons triviales. 

Floppée s.f. Il f. Volée de 
coups. Il 2. Quantité, foule. « Il y 
avait une floppée de monde au 
bois de Vincennes.))Du gr. -oXJç, 
nombreux et Tzaîw, frapper. 

Flopper v.a. Battre. 

Floquot % s.m. Tiroir. 

Florès s. Q Faire florès, réussir; 
par ext. du s. fr. briller du lat. 
flores, fleurs; comparaison avec la 
plante qui réussit à fleurir. 

Flotiére # s.f. voy. Floutière. 

Flottant s.m. jfl. Poisson. || 2. 
# Bal de souteneurs. (Rigaud) 

Flottante % s.f. Embarcation. 

Flottard O s.m. Élève de l'Ecole 
navale. 

Flotte O s-^- Il 1- Pension en ar- 
gent. « Il a reçu sa flotte. Sa flotte 
est arrivée. » |I 2. Société, réu- 
nion. Être de la flotte, faire par- 
tie de la société, de l'association. 
Du vx fr. flotte, foule. || 3. # 
Bain. 

Flotter v.n. Nager. Se faire 
flotter, se noyer. Faire flotter, 
noyer. 

Flotteur s.m. |j 1. Nageur. || 2.| 
Noyé. I 

Flou a. et s.m. || f. # Non, rien. '' 
Faire flou, ne rien trouver. Du 
lat. fluidus, fluide. || 2.Flou-chipef 
filou = Chipeur. (Abrév.) 

Flouant # s.m. Le flouant, la salle 
de spectacle. (Larchey). — Le jeu. 

Floue % s.f. Foule m. déf. du vx 
fr. flotte, m. s. 

Flouer # v.a. et v.n. Voler au 
jeu, escroquer. 

Flouerie s.f. Tromperie, escro- 
querie, filouterie. 

Floueur s.m., Floueuse s.f. 
Trompeur, voleur, escroc. 



FLOUME. 



— i23 



FORGER. 



Floume s.t". = Flnmc. Femme. 

Floutière # s.t". voy. Flou {\). 
Non, rien. 

Flube # s.f. Peur. 

Fluber v.n. Voy. Flamber (2). 
Jouer la comédie, 

Flume s. m. Crachat. — Avoir 
des flumes, s'engorger. 

Flûte s.f. Jamb(î. — Jouer ou 
se tirer des flûtes, se sauver. — 
Astiquer ses flûtes, se préparer à 
fuir. — Ajuster ses flûtes, prépa- 
rer ses moyens d'action. — Avoir 
toujours la flûte au cul, prendre 
souvent des clystères. — Flûte, 
des flûtes, non. Terme de mépris, 
j)araît être une var. de zut. 

Flûtencul s. m. Apothicaire. Il 
donnait autrefois des clystères. 

Flûter v.n. lîoire. ' — (''est 
comme si vous flûtiez ou vous 
chantiez, vous aurez beau faire, 
c'est inutile. Envoyer flûter^ en- 
voyer promener. 

Flux O s. m. Avoir le flux, avoir 
peur. (RiGALu) 

Fluxion # s.f. Peur. Pincer une 
fluxion, avoir |)eur. 

Focard s. m. Fou; dér. de lou- 
foque. 

Fœius % (écol.). Elève de première 
année à l'Ecole de chirurgie. 

Fogner v.n. Faire ses besoins. 

Foie s. m. Foie blanc, lâche, pol- 
tron qui abandonne ses complices 
pour les dénoncer. — Avoir les 
foies blancs, manquer de courage. 

Foignard (B) s. m. Soldat. 

Foigne (B) s.f. La guerre. 

Foin s. m. Faire du foin, faire 
du bruit. 

Foirade s.f. voy. Flux. 

Foire s.f. Diarrhée, du lat. foria, 
— Acheter à la foire d'Empoigne, 
voler, voy. Ampoigne. 

Foirer v.n. Avoir peur. Ext. du 
. s. fr. 

Foireux s. m. Poltron. 



Foiron s. m. Derrière. 

Foisonner v.n. Pour empoison- 
ner. Sentir mauvais. 

Folichonnade s.f. fiaîlé. 

Folichonnette0s.f. (Jaic, folâtre. 

Folichonneur Q ^-^i- i>oute-en- 
Iraiu. 

Foncer H 1. v.n. Foncer à Vap- 
pointement, se faire payer. — Fon- 
cer sur quelqu'un, se précipiter. 
Il 2. v.a. Donner, payer. « Fon- 
cer du pèze. » Il 3. Se foncer, 
v.pr., se griser. 

Fonction (ty|).) s.f. Faire des fonc- 
tions, faire lout ce qui est en de- 
hors de la composition, du cli- 
chage et du tirage. 

Fond ^ s. m. Être à fond de cale, cire 
sans le sou. — # Fond de pêche, 
nombril ; allus. de forme. 

Fondant s. m. Fieurre. 

Fondre vu. Disparaître. — Se 
sauver. 

Fondrière s.f. Poche. 

Fonfe s.f. Voy. Fauffe = Fonfière. 

Fonts s. m. pi. Être sur les fonts 
de baptême, être engagé dans une 
mauvaise affaire. 

Forage s. m. Vol au forage ou à 
la graisse, vol qui consiste à creu- 
ser les bijoux pour en enlever l'or 
et le remplacer par du plomb, 
en laissant les marques du poin- 
çon. [Rigald] 

Forcir Q v.n. Fortifier. 

Foresque# s.m. Forain (marchand). 

Forest du prois (la) (Bj s.f. Haut 
de chausses. 

Forêt s.f. Forêt de Mont-Rubin, 
égout. 

Forêt noire s.f. Carreau du 
Temple. 

Forfait Q (sport) s. m. Déclarer for- 
fait, retirer un cheval avant la 
course. 

Forfante#s.m. Forfanterie (abr.). 

Forger || 1. (Equit.) v.n. Rassem- 
bler les jambes d'un cheval. || 2. 



FORGERIE. 



— 124 ~ 



FOUILLOTTER. 



Y. a. O Créer. Forger un mot, in- 
venter un mot. 

Forgerie s.f. Mensonge. 

Forme (sport) s.f. Ce cheval est en 
forme, il est prêt pour faire une 
bonne course. % La forme, vx m. 
Case ou cellule du pilori ou gibet 
de Montfaucon, Villon l'appelait 
la hurme , de Tesp . horma , 
forme. 

Formiste (art.) s. m. Peintre ou 
sculpteur qui s'attache surtout à 
la forme. 

Fort a. « Ça n'est pas fort, » ça 
n'est pas intelligent, ça n'est pas 
extraordinaire. — « Cest plus fort 
que jouer au bouchon avec des 
confetti; on ajoute même: dans la 
neige quand il fait du vent »,(( c'est 
invraisemblable, impossible! » 

Fortanche 9 s.f. Fortune. — Vol à 
la bonne fortanche, vol à la bonne 
aventure. 

Forte s.f. En dire de fortes, dire 
des choses incroyables, impossi- 
bles, etc. 

Fort-en-gueule s. m. Braillard, 
qui est très fort en paroles, mais 
qui manque d'action. 

Fort-en-mie s. m. Homme gros. 

Fort-en-thème O s. m. Jeune 
homme qui a eu du succès dans 
ses études. 

Fortifes s.f.pl. Fortifications 
(abrév.). 

Fortification Q s.f. Bande de 
billard. Etre protégé par les for- 
tifications, avoir sa bille contre 
la bande (terme du jeu de billard). 

Fortin # s. m. Poivre. 

Fortinière % s.f. Poivrière. 

Fossé O s. m. Sauter le fossé, se 
marier. 

Fossile O IM- a. Ancien, suranné. 
Il 2. s. m. Académicien. 

Fouailler v.n. Manquer de cou- 
rage quand il faut en avoir, recu- 
ler au moment du danger. 



Fouailleur s. m. Poltron, qui 
recule devant un danger, 

Fouataison # s.f. Canne. (Rigaud) 
— Fouataison llngrée, canne à. 
épée. — Fouataison mastarée^ 
canne plombée. Formé de fouet 
et du suffixe aison. 

Fouatter =3 Fouetter 0v.n.Puer, 

Foucade s.f. Elan imprévu. 
Travailler par foucades, travail- 
ler par occasion, seulement quand 
on y est disposé. 

Fouchtra s. m. == Fichtre, en 
auvergnat. — Un fouchtra, un au- 
vergnat, par ext. un charbonnier^ 
un commissionnaire, parce que- 
ce sont généralement des Auver- 
gnats qui exercent ces professions. 

Fouettant a. Puant. 

Fouette-cul 0s.m. Maître d'école ;. 
(vx.) 

Fouetter v.n. Puer. Fouetter du 
goulot, avoir mauvaise haleine. 

Fouetteur s. m. Faisan; (il 
fouette de sa longue queue.) 

Fougueur s.m. Pour fourgueur. 
Receleur. 

Fouille (B) # s.f. = Fouillouse. 
Bourse. 

Fouiller Q v.a. Tu peux te fouil- 
ler, non ; m. à. m. : cherche en vain 
dans toutes tes poches, tune trou- 
veras pas ce que tu cherches, tu ne- 
réussiras pas. 

Fouilleur s. m., Fouilleuse s.f. 
# Individus chargés de fouiller 
les prisonniers, ou les personnes- 
qui entrent dans les hôpitaux; en 
général, tous ceux qui fouillent. 

Fouilleuse # s.f. Poche. = 
Feuille, Fouille, Fouilloiise. « Plus, 
d'aubert n'était en fouillouse. » 
[Rabelais] Du lat. /"o/Zis, bourse; 
altéré sous l'influence de fouiller. 

Fouillonné a. Cassé, brisé,, 
éclaté. 

Fouillotter 0v.n. = Trouillotter, 
Sentir mauvais. Foeteo, puer. 



FOUILLOUSE. 



125 



FOURNAISE. 



Fouillouse (V) (B) s.f. Bourse, 
et par ext. poche. Où Ton fouille, 
voy. FouiUeusc. 

Pouinard s. m., Fouine s.f. Q = 
Fouineur. Malin, rusé, qui dé- 
couvre les bons coups à faire. 

Fouiner O v.n. S'occuper des affai- 
res des autres, se mêler de ce qui 
ne nous regarde pas, imiter la 
fouine qui fourre partout son 
museau. 

Fouineur s. m. voy. Fouinard, 

Fouitenard s. m. Pantalon. A 
rapprocher de fouatter, v.c.m. 

Foulage s. m. Travail pressé. 
Voy. Fouler. 

Foule s.f. Faire foule, amasser, 
attirer le monde ; avoir du succès 
en public. 

Fouler v.a. Se fouler larate, tra- 
vailler beaucoup. — Il ne se foule 
pas le poignet, la rate, il ne se la 
foule pas, il ne fait pas grand' 
chose, il est paresseux. 

Foultitude s.f. Quantité. De 
foule et de la terminaison de mul- 
titude. 

Fouquer (B)0v.a. Bailler, donner. 

Four s. m. Gosier. — Chauffer 
le four, boire beaucoup. — Faire 
four, ne pas réussir. Abrév. de 
fourvoyer. [Gh. Toubin] Apocope 
comme les mots : occas, type, 
démoc, etc. — # Four chaud.''\\ 1 . 
Poche. Il 2. Torture. I| 3. Enfer. 
Four banal, omnibus. 

Fouraillis # s. m. Lieu de recel. 

Fourbi s. m. (ar.al.) || 1. Métier, 
truc. — Connaître le fourbi, con- 
naîlre tout ce qui concerne sa 
profession. || 2. (mil.) Bâcler un 
fourbi, nettoyer la chambre d'un 
officier. || 3. Argent provenant 
de vol; (Larchey) friponnerie. 

Fourbis s. m. Commerce, jeu, 
travail. <( A c' fourbis-là, on n^fait 
pas fortune. » 

Fourcandière % s.f. Voy. Épouser. 



Fourche # s.f. Fourche à faner, 
cavalier (soldat). 

Fourchette O s.f. \\ i. C'est une 
belle fourchette, personne de bon 
appétit. Il 2. Doigts. Se servir de 
la fourchette du père Adam, man- 
ger avec les doigts. — Marquer à la 
fourchette, niarquer plus de points 
qu'on n'en a fait en jouant. 
Coup de fourchette, enfoncer deux 
doigts écartés dans les yeux. 

Fourchu s. m Bœuf. 

Fourchue 9 s.f. Receleuse. 

Fourdante fantoche (B) s.f. 
Grande justice. 

Fourdolle (B) s.f. Potence. 

Fourdu (B) s. m. Pendu. 

Fourgaine 9 s.f. Canne en jonc. 

Fourgatte s.f., Fourgat s. m. % 
Receleur. 

Fourgature # s.f. Marchandise 
recelée. 

Fourgonnier # s. m. Cantinier du 
bagne. 

Fourgue 9 s. m. = Fourgat. Re- 
celeur. 

Fourguer # v.a. Vendre à un re- 
celeur. 

Fourline # s.f. || 1. Voleur à la 
tire. Il 2. Meurtrier. 

Fourliner v.a. Voler adroite- 
ment. 

Fourlineur s. m. voy. Fourline. 

Fourlourd # s. m. Malade. 

Fourlourde s.f. Infirmerie du 
bagne. 

Fourlourer # v.a. Assassiner. 

Fourloureur s. m. Assassin. 

Fourmillante # s.f. Foule. 

Fourmiller v.n. Marcher vite. 

Fourmilion # s. m. j] 1. Fourmil- 
lonaubeurre, Bourse. \\ 2. Marché. 
Fourmilion à cabots, marché aux 
chiens. Fourmilion à gayets, mar- 
ché aux chevaux, 

Fourmillonneur # s. m. Mar- 
cheur. 

Fournaise # s.f. La fournaise^ 



FOURNALISTE. 



126 — 



FRALIN. 



faux monnayeur qui écoule la 
fausse monnaie pendant que son 
complice fait le guet. 
Fournaliste s. m. Ouvrier pâ- 
tissier. 
Fourneau s. m. et a. I| 1. Vaga- 
bond, mendiant, habitué des asi- 
les de nuit et des fourneaux phi- 
lanthropiques. — Démurger en 
fourneau, s'en aller sans rien 
dire. || 2. Imbécile, u Va donc, 
eh ! fourneau ! » 
Fournier s. m. 1| 1. Cuisinier 
dans un café. || 2. Voy. Verseur. 
Fournil s. m. Lit. 
Fourniller voy. Fournir. 
Fournion s. m. Vermine. 
Fournir = Fourniller (V) (obsc.) 
v.a. Coïter. « Car je veux fourniller 
en ton joli fourneau. » (Marc de 
Papillon 1597) Du lat. furnus, 
fourneau, qui a fait le m. fr. for- 
niquer. 
Fourniture Q s.f. Herbes que Ton 

met dans la salade. 
Fourobe # s.f. Fouille. 
Fourober % v.a. Fouiller. 
Fourrager v.a. etv.n. voy. Pelo- 
ter. 
Fourrageur s. m. voy. Peloteur. 
Fourrer v.a. et v.pr. S'en 
fourrer dans le gilet ou par le bec, 
manger; m. à m., mettre dans le 
four. — Se fourrer le doigt dans 
Vœil, se tromper. 
Fourrier Q © s. m. Faire le bon 
fourrier, se conserver sa part 
après avoir servi les autres. Faire 
le mauvais fourrier, n'avoir plus 
sa part après avoir fait un par- 
tage. 
Foutaise s.f. Bagatelle, peu de 

chose. 
Foutimacer = Foutimasser 
v.n. S'occuper à des riens, dire 
des niaiseries. 
Foutimacîer s. m. Celui qui ne 
fait rien de bon. 



Foutinette O s.f. Femme galante; 

(i792) 
Foutîste O s.m. T= J'menfoutiste. 
Individu indifférent à tout ce qui ii 
se passe. J 

Foutoir (obsc.) s. m. Boudoir - 

galant. 
Foutre v.a. et v.pr. j| 1. Engen- 
drer. Du gr. çuTsuto, m. s. || 2. Pou- m 
ire le camp, s'en aller. Altération * 
du lat. fug gère castra. || 3. Se fou- 
tre du monde, se moquer du 
monde. Ce mot est grossier, on 
dit plus familièrement fiche, 
v.c.m. Il 4. s.m. (obsc.) Sperme. 
Il 5. int. Juron = Fichtre! ^= 
Fouchtra ! 
Foutreau0s.m. Bataille; (se fou- 
tre des coups.) 
Foutriot = Foutriquet s.m. 
Il 1. Avorton. H 2. = Jean foutre^ 
propre à rien. 
Foutu a. = Fichu, v.c.m. 
Fouyou s.m. Gamin de Paris. 
Frac # s.m. Paletot. 
Fracassé # s.m. Celui qui porte 

un paletot, (un frac). (Rigaud) 
Fracasser v.a. Fracasser quel- 
qu'un, le rouer de coups. 
Fracturer v.pr. Se la fracturer, 

= Se la briser, s'enfuir. 
Fragrance Q s.f. Atmosphère em- 
baumée. Du \?i{.fragrans, parfumé. 
Fraîche s.f. Soràr à la fraîche, 
sortir le matin ou le soir, quand 
la température est fraîche. % La 
fraîche, la cave. 
Frais Q a. et s.m. Mauvais. « Ça 
un artiste? Allons donc! Il est 
frais le coco! » — Etre frais, être 
dans une situation embarrassée. 
Mettre quelqu'un au frais, = à 
Vombre, en prison. — Faire ses 
frais, être dédommagé des frais 
que l'on a pu faire, réussir. 
Fralin s.m., Fraline s.f. Frère, 
sœur; par ext. ami, amie. Voy. 
Frangin. 



FRANC. 



127 — 



FRICOTER. 



Franc s. et a. m. || 1. # Mensonge; 
ironie. (Larchey) I| 2. Lieu fré- 
quenté par les malfaiteurs. Tapii^ 
franc, cabaret de voleurs, || 3. 
Franc-bourgeois, voleur du grand 
monde. (Rig.vud) 1| 4. 9 Franc de 
maison, receleur, logeur de vo- 
leurs. (Michel) || 5. Q Franc fileur 
individu qui file à l'étranger pour 
échapper au service militaire. || 
6. # Cest franc! Il n'y a pas de 
danger. || 7. (mil.) C'est franc! il 
y a exemption, congé. « Pas 
d'exercice demain, c'est franc! » 
Il 8. # Affilié par serment à une 
bande de malfaiteurs. (Larchev) 
Il 9. % Franc-carreau, punition 
infligée aux prisonniers, elle con- 
siste à coucher en cellule sans 
lit, (sur le carreau^. || 10. % 
Homme sûr, éprouvé. ||U. (B) 
FnmC'Cagou, lieutenant du roi; 
Franc-foignart, capitaine; de foi- 
gne, guerre. Franc-Mitou, Dieu; 
Franc-Pilois, président; Franc- 
Rnzis, pape; Franc-Ripault, roi; 
Franc- Ripois, prince. 

Franche (B) s.f. Franches volantes, 
anges. Franche Ripe, reine. 

Franchir # v.a. Donner un 
baiser. 

François % n.pr. Le coup du père 
François, voy. Coup. 

Frangin s. m. Frangine s.f. 
Frère, sœur; par ext. ami, amie. 
=: Fralin. — Frangin dnb, oncle. 
— Frangine dabuche, tante. — 
Frangin d'altèque, beau-frère. — 
Us ne sont pas frangins, ils ne sont 
pas amis. — Aller chez les fran- 
gins, aller chez les Frères (de la 
Doctrine chrétienne). — Frangine, 
sœur de charité. 

Frangir # v.a. Casser. 

Franguettier # s. m. Tricheur. 

Frapouille s.f. = Fripouille. 
Vaurien. 

Frappant O a. Ressemblant. 



Frappart % s. m. Marteau. ^=Père 
ou frère frappart. 

Frapper v.a. et v.n. Q voy. Taper. 
Frapper au monument, mourir. 

Fraternel Q s. m. Frère. 

Fraudeur % s. m. Boucher. 

Frégate # s.f. H 1. = Corvette. 
Pédéraste. || 2. (mar.) Chapeau 
bicorne. 

Frelampier s. m. voy. Ferlam- 
picr. 

Fremillante # s.f. = Fourmil- 
lante. Assemblée, foule. 

Fremion # s. m. Violon. 

Fréquenter (se)Ov.pr. Onanisme. 

Frère s. m. Etre frères de lit, 
deux individus qui ont la môme 
femme. # Frères de l'attrape, 
agents de la police secrète = La 
Sûreté. — Frère Thunard, pièce de 
cinq francs. — Frère Frappart, 
marteau. — Frère Jacques, ins- 
trument d'effraction. 

Frérot # s. m. Frérot delà cuque, 
filou. (Michel) 

Frétillante # s.f. || 1. Queue. || 2. 
Danse. || 3. Plume (d'oiseau). 

Frétille (B) s.f. =Fertille. Paille. 

Frétiller v.n. Danser. « Frétil- 
ler de la croupe. » 

Frétillon Q s.f. Grisette, jeune 
fille délurée. 

Fretin s. m. == Fortin. Poivre. 

Friauche # s.m. || 1. Assassin. 
[| 2. Condamné à mort pourvu en 
cassation. (Delvau) 

Fricassé a. Perdu, ruiné. # 
Etre fricassé, être condamné. 

Fricassée s.f. Fricassée de mu- 
seaux, embrassades. — Raclée. 

Fric-frac s.m. Effraction. 

Frichti (ar. al.) Fricot, régal. 
Ail. Friihstûcken, déjeuner. 

Fricotage s.m. (mil.) Faire du 
fricotage voy. Fricoter. 

Fricoter Q v.n. et v.a. || 1. = 
Tripoter = Faire de la gratte^ 
faire des bénéfices illicites, il 2. 



FRICOTEUR. — 128 — 



FROISSEUX. 



= Carotter le service, voy. carot- 
ter (1). 

Fricoteur O s.m. ||1. Celui qui 
fricote. y o\.Fricoter{\). \\ 2. (mil). 
Celui qui se débrouille et a tou- 
jours ce qu'il lui faut. 

Frigousse0 s.f. || 1. Cuisine, fri- 
cot. Il 2. Bénéfice illicite. 

Frigousser v.a. et v.n. || 1. 
Faire la cuisine. || 2. Faire des 
frigousses, v.c.m. (2). 

Frileux s. m. Poltron. 

Frimage s.m. || 1. Confronta- 
lion. || 2. Action de frimer, v.c. 
m. (3). Voy. Frime. 

Frimager # v.n. Être con- 
fronté. 

Frime O s.f. Rien. Il est venu pour 
la frime, il s'est dérangé pour 
rien. Cest pour la frime, de la 
frime, = C'est du frimage, ça 
n'est pas sérieux, c'est pour rire, 
pour faire semblant. Frime à 
la manque, individu laid, défi- 
guré. — Tomber en frime avec 
quelqu'un, le rencontrer nez à 
nez. Voy. Frimer (2). 

Frimer v.n. et v.a. |I 1.= Mar- 
quer. Je frime aussi bien que toi, 
je fais aussi bonne figure. || 2. Il 
frime mal, il a mauvaise mine. 
Il 2. Regarder. Il 3. Faire sem- 
blant, feindre. 

Frimousse s.f. Figure, visage. 
Cest pour ma frimousse, c'est 
pour moi. 

Frimousser % v.n. Tricher; m. à. 
m. se réserver les cartes à figures 
ou frimousses. [Larchey] 

Frimousseur s.m. Tricheur. 

Fringue s.f. = Frusque. Vête- 
ment. (( Il n'y avait pas de frin- 
gues à la boite. » Voy. Fringuer. 

Fringuer % v.a. Habiller, vêtir, 
costumer. — Se fringuer v.pr., 
s'habiller. Bien fringue, bien ha- 
billé. 

Fringueur # s.m. Tailleur, mar- 



chand d'habits, costumier, habil- 
leur. 

Frio % s.m. Peur. 

Friod a. Froid (anagramme). 
« Il fait friod! » 

Fripe s.f. || d. Nourriture. Du fr. 
friper, manger avidement. — Faire 
la fripe, faire la cuisine. || 2. La 
fripe, friperie. 

Fripier s.m. Cuisinier, gargotier. 

Fripouille s.f. Gredin, voyou. ^ 
De la fripouille, chose sans va-' 
leur, du fr. friperie. 

Friques # s.f.pl. Vieux vête- 
ments. 

Friquet % [s.m. Mouchard. (Mi- 
chel) 

Frire v.a. Il n'y a rien à frire, 
il n'y a rien à faire, aucun parti 
à tirer. — Frire des œufs à quel- 
qu'un, préparer un méchant tour. 
# Frire un rigolo, \o\er, en l'em- 
brassant, une personne qu'on! 
s'excuse ensuite d'avoir prise pour] 
une autre. 

Frisco = Frisbi di. = Frisquet. 
Froid. K II fait frisco. » 

Frise Q s.f. (thé.) Toucher les frises, 
aller aux frists, avoir un grand 
talent d'artiste, s'élever dans son 
art. (met.) 

Friser 9 v.n. et v.a. Voler. — Friser 
son nase, =: Faire son nez, être de 
mauvaise humeur. 

Frisquet Q »• ^ fail frisquet, il 
fait froid. 

Frisquette O s.f. Gentille. 

Frit a. Etre frit = Etre cuit. 
Perdu, ruiné. — Condamné. 

Frites s.f.pl. Pommes de terre 
frites. (( Deux sous de frites. » 

Friturer v.a. || 1. Faire la cui- 
sine. Il 2. Manger. 

Froart (V) s.m. voy. Floars. 

Froc (B) a. Double. 

Froid s.m. N'avoir pas froid aux 
yeux, être brave, intrépide. 

Froisseux = FroUand = Frol- 



FROLEUSE. 



— 129 — 



FUMISTERIE. 



laux # s. m. Traître, calomnia- 
tour. (Larchey) 

FrôleuseO s.f. Prostituée qui rac- 
croche. 

Froller # v.n. Frollersur la balle, 
dire du mal de q.q., le dénoncer. 

Fromage Q s. m. Aller manger 
du fromage, aller à Tenterre- 
ment. 

Fromgi s.m. Fromage, (abrév.) 

Front s.m. Avoir le front dans 
le cou, être chauve. 

Froque s.f. Voy. Frusque. 

Frotin s.m. = Crottin. Billard. 

Frottant s.m. =Froisseux, etc. 
Traître. 

Frotte # s.f. La gale. 

Frotteur s.m. Erotomane se frot- 
tant aux femmes dans la foule. 
(Larchey) « Il est souvent difficile 
de distinguer un pick-pocket d'un 
frotteur. » (Macé.) 

Frottin s.m. = Frotin. Jeu de 
billard. 

Frouer (V) v.a. et v.n. Tromper, 
flouer. Frouer, c'est faire entendre 
un sifflement sourd pour attirer les 
oiseaux et les prendre au piège. 

Froufrou s.m. || 1. Froissement 
d'étoffe sur elle-même (onomato- 
pée). « Faire du froufrou avec sa 
robe. » II 2. Passe-partout. 

Froufrouter v.n. Faire du frou- 
frou, v.c.m.(l). 

Frousse (la) # s.f. Peur. Avoir la 
frousse, avoir peur. Ne s'emploie 
qu'avec l'article. [J. Richepin] On 
dit cependant : quelle frousse! 
quelle peur! Onomatopée comme 
frisson. 

Fruge s.f. = Guette. Provision 
accordée sur la vente de certains 
articles. « Faire de la fruge. » 

Fruger v.a. Mettre une provision 
sur un article dont on veut pous- 
ser la vente. 

Fruit O s.m. Fruit sec, élève ou 
étudiant qui ne peut réussir dans 



ses examens {il sèche dans les 
écoles). 

Frusque s.f. Vêtement = Fro- 
que, qui a formé les mots fr. dé- 
froque et défroquer. — Frusques 
boulinées, vêtements déchirés. 

Frusque s.m. Laquais en livrée. 
Voy. Frusquer. 

Frusquer v.a. Habiller, vêtir. 
« Elle est bien frusqu<^e. » 

Frusquin # s.m. Habits (jarg. de 
l'arg. réf.). Le saint frusquin, l'a- 
voir, tout ce qu'on possède. 
« Boulotter son saint frusquin. j> 

Frusquiner v.a. = Frusquer, 
Habiller. 

Frusquineur s.m. Tailleur. 

Fumer v.a. et v.n. || 1. Etre en 
colère. Du gr. ©ujjlo'ç, colère par 
altération = Fumer à froid = 
Fumer sa pipe = Fumer sans ta- 
bac, être contrarié, concentrer sa 
colère. || 2. # Se battre. || 3. Q 
Etre fuméf être perdu, ruiné, ma- 
lade à mourir. || 4. Fumer ses ter- 
res, être enterré dans sa propri- 
été. — Epouser une personne 
riche. 

Fumeron s.m. [| 1. Jambe maigre, 
comme un fumeron. |j 2. Fumeur. 
Il 3. Hvpocrite. (Rigaudj || 4. Mu- 
li\tre. 

Fumeuse Qs.î. Chaise de fumeur. 

Fumiste Q s.m. Farceur, mystifi- 
cateur, mauvais plaisant (homme 
dont les actes ne sont que de 
vaines fumées). « Un fumiste s'est 
attaché à mon inviolable per- 
sonne. Aujourd'hui, il m'impro- 
vise candidat à l'Académie. Je 
fume beaucoup, mais ce n'est pas 
une raison pour qu'il me traite 
comme une simple cheminée. » 
[Glovis Hugues] — Farce de fu- 
miste, mauvaise farce. — (mil.) 
Etre en fumiste, être en chapeau 
haut de forme {tuyau de poêle). 

Fumisterie Q s.f. Plaisanterie, 

9 



FUSAIN. 



J30 — 



GAFFER. 



mauvaise farce, mensonge, mys- 
tification. Voy. Fumiste, 

Fusain s. m. Prêtre (il est noir 
commele fusain). Q Avoir du fu- 
sain, être ingénieux, avoir l'esprit 
inventif. — Mariage au fusain, 
union libre. 

Fusée s.f. Lâcher une fusée, 
vomir. 

Fusil O s.m. 11 1. Chasseur. C'est 
un excellent fusil, c'est un excel- 
lent chasseur. — Changer son fusil 
d'épaule, changer d'idée, d'opi- 
nion ou de manière de faire. 
Logement en coup de fusil, loge- 
ment long et étroit. « Un loge- 
ment en coup de fusil qui sem- 
blait bâti pour une anguille. » 
[Zola, Ass.] 1| 2. Corps, esto- 



mac. — W avoir rien à se mettre 
dans le fusil, n'avoir rien à man- ■ 
ger. — Repousser du fusil, avoir m 
mauvaise haleine. — Se rincer le ■ 
fusil, boire. — Son fusil écarte, 
se dit d'une personne qui envoie 
de la salive en parlant. 1| 3. jl 
Fusil de toile, bissac, besace. — 1 
Aller à la chasse avec un fusil de 
toile, mendier. 

Fusiller v.a. Lancer de la salive 
en parlant. — Fusiller le pavé, se 
moucher avec les doigts. — Fusil- 
ler le plancher, marcher vite. — 
Fusiller ses invités, offrir un mau- 
vais repas. Fusiller le fade, dé- 
penser de l'argent volé. 

Futaille # s.f. Vieille futaille,. 
vieille femme. 



G 



Gabari s. m. Passer au gabari, 

perdre au jeu. [Rigaud] 
Gabatine s.f. Raillerie. . 
Gabegie s.f. Fraude, tromperie. 

Il y a de la gabegie, il y a de la 

fraude. Voy. gabelou. 
Gabelou s. m. Employé d'octroi 

et des contributions indirectes, 

douanier. Du vx mot gabelle. 
Gaber v. Se moquer. 
Gâchage s. m. Gaspillage. 
Gâcher v.n. et v.a. Gâcher serré, 

travailler activement. — Gâcher du 

gros, faire ses besoins. 
Gâcheur s. m. Compagnon char- 
pentier; chef de chantier. 
Gâchis s. m. Il y aura du gâchis 

cela se gâtera, cela ira mal. 
Gadin s. m. jl 1. Bouchon. 

11 2. Vieux chapeau. || 3. Soulier. 
Gad.ouard0 s. m. voy. Boueux. 
Gadoue s.f. || 1. Femme sale. |1 2. 

Prostituée dégoûtante. Du fr. ga- 



doue, matière fécale; breton : 
gadalez, femme débauchée. (Dic. 
breton) 
Gaffe s. m. Gardien, garde. — 
Gaffe à gall, garde à cheval. — 
Gajfe des Machabées, gardien de 
la morgue ou de cinietière. — 
Gaffe de sorgue, garde de nuit. 

— Etre en gaffe, être aux aguets. 

— Faire le gaffe, faire le guet. Du 
lat, cavere, veiller sur... 

Gaffe s.f. Il 1. Langue. Du celti- 
que, gaflach , dard. Avaler sa 
gaffe, mourir (devenir muet). I| 1. 
Maladresse =: impair. Q « Com- 
mettre une gaffé. Ex : 

— « Qu'est-ce que c'est donc 
que cette grue qui danse avec ce 
petit blond? » 

— (c Cher Monsieur, c'est ma 
femme. >■> 

Gaffer # v.n. || d. Regarder, aperce- 
voir, surveiller, guetter. — Gaf- 



GAFFEUR. 



131 



GALOCHE. 



fer la mirette, ouvrir l'œil. || 2. 
Commellre une bévue. 

Gaffeur Q s.m. || 1. Maladroit. 
Il 2. # Celui qui fait le guet. 

Gafûer = Gaffre # s.ni.'|| 1. Gar- 
dien, surveillant, jj 2. = Gaffeur, 
celui qui guette, qui surveille. 

Gafiller # v.n. 1| 1. Surveiller. 
= Avoir l'œil. 

Gaga s.m. = Gâteux. Vieillard 
qui retombe en enfance. 

Gagat n.pr. Habitant de la ville de 
St-Etienne. 

Gahisto % s.m. Diable, (mot 
basque) 

Gail =z Gaillard = Gaille == 
Gailler % s.m. Cheval. — Voleur 
au gail, voleur de voitures. Ail. 
d(?rGaM/,guilledin. (cheval hongre) 

Gaillieurs (V) s. m. pi. Trompeurs, 
pipeurs. A rapprocher du mot fr. 
gaillard. 

Gaillon s.m. Cheval. 

Gailloterie s.f. Ecurie. 

Gaimar a. Gai. 

Gaing (V) B 9 s.m. Butin. 

Gaitte 9 s.f. Argent. Ail. Geld, m. s. 

Gala O s.m. Festin, banquet. 

Galapiau = Galapiat = Gala- 
pian s.m. Vaurien = Pas 
grand'chose. Museur, fainéant; il 
bée, il badaude, comme ses con- 
génères legogo, le gobeur, le gaf- 
feur, le gavroche, la gouape, le 
galopin. Le radical se rapproche 
de celui de galoubet, gosier, flûte, 
voix, et de clabauder. [Timmermans] 

Galbe Q s.m. = Chic, v.c.m. « Etre 
truffé (ou pourri) de galbe. » 

Galbeux Q a. Qui a du galbe, des 
contours gracieux ; beau , bien 
fait, séduisant, élégant, gracieux. 
« C'est tout ce qu'il y a de plus 

, galbeux ! » Skt. kalpa, forme. 
[Burnouf] 

Gale s.f. Méchant 
table comme la gale.] 
gale. » 



, (insuppor- 
« Mauvaise 



Galerie Q s.f. Poser pour la galerie, 
viser à Teifet sur le public. 
(( D'ailleurs, la galerie n'est jamais 
dupe de cette farce. «[Fr. Coppéej 

Galette s.f. || 1. Argent. Boulot- 
ter sa galette, dépenser son ar- 
gent. — Relever la galette, pren- 
drel'argentd'une fille, (souteneurs) 
Il 2. Mauvais soulier; (feuilleté 
comme une galette.) [Rigaud] 
Il 3. Matelas, (plat comme une ga- 
lette). Il 4. Femme maigre, (plate.) 

Galfàtre s.m. Gourniand, goulu. 
Ang. to gulp up, avaler. [Timmer- 

MANS] 

Galice 9 a. Carbeluche galicé, 
chapeau de soie. 

Galienne # s.f. Jument. 

Galiers.m., Galière s.f. # Cheval, 
jument. = Gallier. voy. gail. 

Galifard s.m. || 1. Commission- 
naire. Il 2. Saute-ruisseau. [Lar- 
chey] Il 3. Apprenti. [Rigaud] 
Il 4. Cordonnier. [Delyau] || d. Ga- 
lifarde, s.f., demoiselle de maga- 
sin. Il 6. Bouchon. 

Galilée (typ.) n.pr. f. Aller en Ga- 
lilée, mettre la composition sur la 
galée. 

Galiote s.f. = Gaye. Partie enta- 
mée entre une dupe et deux grecs. 
[Larchey] Allus. au maquigno- 
nage, au métier de ceux qui trafi- 
quent du gail, cheval. 

Galipeteur s.m. Clown. Voy. 
Galipettes. 

Galipettes s.f.pl. Sauts, ca- 
brioles. « Faire des galipettes. » 

Galipot s.m. Excrément. Du fr. 
galipot, résine-poix. 

Galipoter v.n. Faire ses besoins. 

Galletausse # s.f. voy. Galtouse. 

Gallier % s.m. = Gail. Cheval. 

Gallipoteux (mil.) s.m. Recrue. 

Galli-Trac s.m. = Foireux, 
Poltron. Abrév. de galipot et de 
traqueur. 

Galoche s.f. |1 1. Jeu de galoche. 



GALONS. 



— 132 — 



GANNALISER. 



jeu du bouchon. !| 2. Menton. 

Galons (mil.) s. m. pi. Arroser ses 
galons, régaler ses camarades à 
Foccasion d'une promotion. 

Galop O s. m. Réprimande. Fiche 
un galop, réprimander. Syn. de 
danse par exagération. 

Galopade s'.f. voy. Galop. 

Galopin s. m. Petit verre de 
bière. 

Galoubet Q s. m. Voix, et par ext., 
gosier. Avoir du galoubet, avoir de 
la voix. 

Galouser # v.n. Chanter. 

Galtos (mar.) s. m. Gamelle de ma- 
rin. — Passer à galtos, aller man- 
ger la gamelle. 

Galtouse # s.f. Argent = Galette. 

Galtron s. m. Poulain. De gail, 
cheval. 

Galuche # s.f. Galon. 

Galucher # v.a. Galonner. 

Galuchet s. m. Valet (jeu de 
cartes). 

Galupe s.f. Prostituée. 

Galupier s. m. Amant de la ga- 
lupe, v.c.m. 

Galure s.f., Galurin s. m. Cha- 
peau. Lat. galera.War. decaloquet, 
calotte^ etc. 

Galvaudage Q s. m. Tripotage. 
[Larchey] 

Galvauder Q v.a. Flâner, ne rien 
faire de bon. — Se galvauder, v.pr. , 
se compromettre de toutes les 
façons. 

Galvaudeux s. m., Galvaudeuse 
s.f. II 1. Propre à rien'. 
j] 2. Femme qui mène une vie dé- 
réglée. 

Gamahucher v. a. Lambere 
interfeminalia. 

Gambette s.f. Jambe. — Jouer des 
gambettes, s'enfuir. — Gambette de 
satou, béquille, jambe de bois. 

Gambier Q n. pr. Tête oumoule à 
Gambier = Tête de pipe, individu 
qui a une figure laide ou comique 



(du nom d'un fabricant de pipes). 

Gambillard Q s. m. Danseur. 

Gambille Q s.f. Jambe. 

Gambiller Q v.n. Danser, sauter. 

Gambilleur s. m. || J. Danseur. 
# Gambilleur de torlouse, pendu. 
Il 2. a. Voy. Boucardier. 

Gambillotte Q s.f. Boiteuse. 

Gambriade s.f. || 1. Dame bien 
mise. Il 2. Danse, cancan. 

Game 9 s.f. Rage, hydrophobie. 

Gameler ^ v.a. || 1. Dénoncer. 
Ij 2.= Laisser en panne, v.c.m. 

Gamelle s.f. voy. Casserole. (4). . 
9 Attacher une gamelle, dénon- 
cer. Abandonner, quitter. Se 
mettre une gamelle f. s'évader. 
Tremper une gamelle, une soupe. 
Donner des coups. — Gamelle, 
Auge de maçon. 

Gamme s.f. Monter ou faire 
chanter une gamme, admonester, 
réprimander, gronder. (.< Les gosses 
gueulent à la tortore. — Monte z'y 
leur une gamme et qu'ils nous 
foutent la paix. » 

Ganache (thé.) s.f. Jouer les gana- 
ches, jouer les rôles de vieillards 
ridicules. Lat. gêna, loue; ang. ta 
gnash, serrer les mâchoires. [Tim- 

MERMANS] 

Gance 9 s.f. || 1. Mauvaise compa- 
gnie. Il 2. Réunion de malfaiteurs. 

Gandille 9 s.f. Sabre, épée. Ap- 
partient au môme ordre de mots 
que YÈvuç, la hache, coin, cognée, 
etc. [Timmermans] 

Gandin Q s. m. || 1. = Gommeux. 
Elégant, du nom de l'ancien bou- 
levard de Gand, qui était la pro- 
menade à la mode. Il 2. Tromperie. 
— Monter ou hisser un gandin à 
un gonce, duper un bourgeois. 
Il 3. Gandin d'altèque, personnage 
décoré. 

Gandouse s.f. Pour gadoue. 
Ordure. 

Gannaliser Q v.a. Embaumer. Du 



GANT. 



— 133 — 



GAS. 



nom de Gannal, chimiste inventeur 
d'un procédé d'embaumement. 

Gant O s. m. Se donner des gants, se 
faire valoir. — Donner des gants à 
une femme, lui donner de l'argent en 
plus du prix convenu avec la mai- 
son, (arg. des maisons publiques) 

Ganter Q v.a. et v.n. Convenir, 
bien aller. « Cette robe la gante, » 
lui va bien. « Cette femme le gante, 
lui convient. » — Ganter un vieux, 
rechercher un vieillard pour 
amant, (arg. des filles) — Q Ganter 
juste, gantera 'fj2, dire avare avec 
une femme. 

Gap s. m. Guet. 

Garçon % s. m. Voleur endurci. 

— Garçon de cambrouse, voleur de 
campagne. — Garçon de campagne, 
cplui qui dévalise les passants. 

— (Thé.) Garçon d'accessoires, em- 
ployé chargé des accessoires. 

— Garçon à deux mains, garçon 
boucher qui travaille tantôt à 
l'abattoir tantôt à l'étal. 

Gardannes Q s.f.pl. Coupons de 
soies. 

Garde |1 1. s.f. Avoir une garde 
à carreau = Se garder à carreau, 
se tenir prêt à tout événement. — 
Etre de la garde nationale = Etre 
gougnotte, v.c.m. — Vieille garde, 
vieille femme galante. || 2. s.m. 
9 Gardes nationaux, haricots. 

Garde-manger s.m. Cabinet 
d'aisances. 

Garder (se) O v.pr. Se garder à 
carreau, se tenir sur ses gardes, 
éviter, faire attention. « Qui se 
garde à carreau n'est jamais ca- 
pot. n (Dicton pop. )Voy. Garde (i). 

Gardes-côtes s. rn.pl. Seins 
maigres et plats. 

Gardien s.m. (mil.) Gardien de 
bananes, soldat de l'infanterie de 
marine. 

Garé Q a. Etre garé des voitures, 
être rangé, prudent. 



Gargamelle = Gargarousse 
= Gargoine = Gargouenne 
=: Gargouille = Gargoulette 
=z Gargousse s.f. Gosier. Se 
rincer la gargamelle, boire. De 
gosier, en gr. yapyapswv. 

Gargariser (se) v.pr. (thé.) 
Faire des gammes au piano. — 
Faire rouler les r en chantant ou en 
récitant. — Se gargariser avec une 
romance, chanter une romance. 
— Se gargariser le fusil, boire. 

Gargarisme Q s.m. Petit verre. 
[Rigaud] 

Gargot s.m. || 1. Gargote. || 2. 
Boucher en gros. 

Gargouillade s.f. Nourriture. 

Gargouiller v.n. Avoir des 
borborygmes. 

Gargouler v. n. Nager. 

Gargue # s.f. Abrév. de Garga^ 
melle, (v.c.m.) Gosier. 

Garibaldi n.pr. Coup de Gari- 
baldi = Coup de bélier = Coup 
de la rencontre, coup de tête dans 
l'estomac. 

Garnaffe # s.f. Ferme. Mot déf. 
de grenasse, grenier, grange = 
gernaffe. 

GarnafQer = Garnafle s.m. 
Fermier. Voy. garnaffe. 

Garni s.m". Chambre ou hôtel 
meublé. 

Garnir (se) Q v.pr. Se garnir lebo- 
cal, manger. 

Garnison s.f. Avoir de la gar- 
nison, avoir des poux sur la tête. 

Garno s.m. voy. Garni. 

Garrot âge # s.m. Vol au garro- 
tage = Coup du père François^ 
voy. coup. 

Garuche # s.f. || 1. Roue, instru- 
ment de supplice. Il 2. Prison, dans 
l'arg. moderne. 

Gas O s.m. || i. Garçon. « Mon 
gas. Petit gas. » — Mauvais gas, 
mauvais garçon. |1 2. Individu. 
(( Un rude gas. » 



GASPARD. 



134 



GAVROCHE. 



Gaspard' s.m. |I K Chat, pour 
guépard. ||2. Rat. [Rigaud] 

Gat s. m. Chat, (vx mot pro- 
vençal) [Larchey] Esp. gato m. s. 

Gâteau a. et s. m. Q Maman ou 
fapa gâteau, personne qui aime 
et qui gcàte les enfants. — (Thé.) 
Gâteau, s. m. Nuage artificiel qui 
sertà faire les apparitions dansles 
féeries ou les changements à vue. 

Gâte-pâte s. m. Lutteur de pre- 
mier ordre. 

Gâteuse O s.f. Houppelande, par- 
dessus très long. 

Gâteux O n. et s.m. = Gag^a. Indi- 
vidu qui retombe en enfance, im- 
bécile. 

Gâtisme Q s-^fî- Etat d'une per- 
sonne qui retombe en enfance, 
imbécillité. 

Gau # s. m. Poux. Gaux picantis, 
poux de corps. 

Gauche Q a. et s.f. Donner à 
gauche, se tromper, s'écarter de la 
ligne droite. — (Mil.) Jusqu'à la 
gauche, jusqu'au dernier, jusqu'à 
la fm. — La gauche, repas des 
employés dans les maisons de 
commerce. — Aller à gauche, aller 
manger. — La Gauche, ensemble 
des députés ou des sénateurs qui 
siègent à la gauche du président 
de rassemblée ; c'est le parti pro- 
gressiste et avancé. » Le Centre 
gauche. La Gauche modérée. V Ex- 
trême Gauche. ->•> 

Gaucher = Gauchier Q s. m. 
(antith. de droitier). Membre qui 
siège dans une assemblée à la 
gauche du président. Voy. Gauche. 

Gaudîlle # s.f. voy. Gandille. 

Gaudineur s.'m. Peintre dé- 
corateur. 

Gaudins (V) s. m. pi. Brigands. On 
trouve le mot godin au xiv"^ siècle, 
du vx fr. gaud, bois, forêt ; les go- 
dins étaient des brigands qui se 
réfugiaient dans les bois. 



Gaudissard Q s. m. Commis voya- 
geur, hâbleur. (Personnage d'^un 
roman de Balzac) 

Gaudrioler O v.n. S'amuser. 

Gaufre s.f. Faire des gaufres, 
personnes marquées de la petite 
vérole qui s'embrassent. — Moide 
à gaufres, visage marqué de la pe- 
tite vérole. 

Gauldouse (V), s.f. Maison publi- 
que. Du lat. gaudium,io'ie, et de 
rang, house, maison. 

Gaultier lua la gauldouse gaudve. 

(Villo.n). 

Gaule s.f. Gaules de jettard, 

barreaux des fenêtres de prison. 

Gaule (ou échalas) d'omnicroche, 

conducteur d'omnibus. 
Gaulé s. m. Cidre. 
Gauler v.a. Battre à coups de 

bâtons. Par ext. du s. fr. 
Gaultier (V) s. m. Gueux j^ qui 

court la grand'route. 

Gaultier lua la gauldouse gaudve. 

(Villon). 

Gaupe s.f. Prostituée de bas 
étage. Pour gouape. 

Gausse s.f. Plaisanterie, farce. 

Gaussiller v.a. Se moquer. 

GavacheO II 1. a. Peureux, timide. 
Il 2. s. m. Auvergnat. 

Gave # s.f. = Gève. Estomac. (Ri- 
chepin) 

Gavé = Gaviolé # s. m. et a. In- 
dividu bourré de nourriture. — 
Faire les gavés, voler les ivrognes. 

Gaveau s. m. = Gavât. Compa- 
gnon. 

Gaviot s. m. Gosier. Du vx fr. 
gave, lat. gavus. m. s. 

Gavot s.m. Il 1. # voy. Gavé. || 2. 
voy. Gaveau. 

Gavroche s.m. Gamin de Paris. 
Il gafl^e en curieux, et fait son 
éducation dans la « rue » ; suffixe 
oche pour uche. 



GAYE. 



— 135 — 



GERNAFIER. 



Craye = Gayet s. m. := Gail. Che- 
val. Du skt, haya. m. s. [Burnouf] 
Gaye # s.f. Voy. Galiote. 
Gaz s. m. Eau-de-vie. (Delv.vu) 

— Avoir une fuite de gaz dans 
Vestomac, roter. — Allumer son 
gaz, regarder. — Eteindre son gaz, 
mourir. — Lâcher le gaz, peter. 

Gazette O s.f. Personne bavarde 
toujours à Taffut et au courant 
des faits divers. — Lire la gazette, 
n'avoir pas de quoi manger et 
regarder les autres à table. 

Gazier s. m. Péteur. 

Gazon s. m. Cheveux, perruque. 

— Il na plus de gazon sur la ter- 
rasse, il n'a plus de cheveux sur la 
tête. — Se ratisser le gazon, se 
peigner. 

Gazouiller v.n. |I i. Parler, 
chanter. || 2. Puer. De gaz. 

Géant s. m. Montagne de géant, 
potence. 

GeflFrard Q s. m. Double cinq au 
jeu de dominos. [Rigaud] 

Geignard = Geigneur s. m. 
Pleureur. Du fr. geindre. 

Gendarme s. m. || 4. Hareng 
saur. Il '2. Logeur en garni. || 3*. 
Cigare d'un sou. j] 4. Fer à repas- 
ser. (vx)||5. Vin blanc mêlé de 
sirop de gomme. || 6. Grande 
femme revêche. (Delvau) || 7. 
Moisissure sur le vin. (patois berri- 
chon) Il 8. Dormir en gendarme, 
faire semblant de dormir. 

Gendelettre Q s. m. Homme de 
lettres. « Un gendelettre. » 

«Générale s.f. Battre la générale, 
trembler, claquer des dents. 

Gêneur O s. m. Importun, Yoy. 
Chaillot. 

Geneviève s. m. Genièvre. 

Génisse s.f. Femme effrontée. 

Géniteur Q s. m. Père. 

Genou O s.m. Tête chauve. — Avoir 
son genou dans le cou, être chauve. 

— Fairedu genou, frôler la jambe 



d'une femme avec son genou sous 
la table. 

Genreux Q a. et s. m. = Gom- 
mcux. Poseur ridicule. (Larchey) 

Gentleman Q s. m. Homme bien 
élevé, de bonne compagnie. 
(Sport) Gentleman rider, homme 
du monde qui monte dans les 
courses. Mots ang. 

Géo (écol) s.f. Géométrie, (abrév.) 

Georget (V) (B) s.m. || 1. Pour 
gorget. Pourpoint. Du mot gorge ; 
le pourpoint la couvrait. || 2. Gilet, 
dans l'arg. moderne. « Les rupi- 
nes et marquises leur fichent les 
unes un georget, les autres une 
lime. » (Arg. réf.) 

Ger ("V) s.m. Pour jar ou gier. Jar- 
gon. Parler en gier, c'était parler 
le jargon, comme dans « babillan- 
gier », babiller. 

Gerbe # s.m. Année de prison. — 
Planque de gerbes, cour d'assises. 

— Gerbe des catiches, bureau de la 
police des mœurs. 

Gerbe # s.m. Condamné. 
Gerbement 0s.m. Condamnation. 

— Etre en gerbement, passer en ju- 
gement. 

Gerber # v.a. Juger, condamner. 

— Gerber à la grotte, condamner 
aux travaux forcés. — Gerber à la 
passe ou à la faux, condamner à 
mort. Gerberàlavioque, condam- 
ner à perpétuité. J.d.m. sur grip- 
per, agripper. [Timmermans] 

Gerbier # s.m. Juge; juré ; avocat 

d'office. 
Gerbierres # s.f.pl. Fausses clefs. 

(Rigaud) 
Gerce s.f. Pour garce. Prostituée. 

— # Maîtresse. 

Germanie Q n.pr. Aller en Germa- 
nie, remanier. J.d.m. : Je r'manie. 

Gernaffe # s.f. Ferme, voy. gar- 
naffe. 

Gernaûer s.m., Gernafle s.f. % 
= Garnafier voy. Garnaffe. 



GESIER. 



— 13G 



GIGOLETTE. 



Il 



Gésier s. m. S'arroser le gésier, 
boire. 

Gesseur s. m. Grimacier, pré- 
tentieux. (Delvau) 

Geste O s. m. || 4. Voy. Accentuer. 
Il 2. Fait, action, exploit, u Qu'im- 
porte la mort des vagues huma- 
nités, si par elles s'attirmc l'indi- 
vidu î Le geste de Vaillant est 
beau. » [Laurent Tailhade] 

Get = Geti # s.m. Jonc. (Michel) 
Corr. de stick, canne. 

Gève # s.f. Voy. Gave. 

Gi # adv. = Gigot = Gy. Oui ; cer- 
tainement; bien; bravo. Du xi'' au 
xv« s. les Français se servaient 
indifféremment du w pour le g, 
Vou, Vœ et même pour le h. 

Gibasse s.f. Seins développés 
en apparence, flasques en réalité. 

Gibe#s.m. jj 4. Chapeau. De gfi6MS, 
v.c.m. Il 2. Argent, subsistance, 
moyens d'existence. 

Gibelotte s.f. Gibelotte de gout- 
tière, chat. 

Gibernard s.m. z= Raseur. Im- 
portun. 

Giberne s.f. H 1. Derrière. (Lar- 
chey) Il 2. Prostituée qui fré- 
quente les soldats. — Tailler ou 
faire porter une giberne à quel- 
qu'un, raconter une histoire en- 
nuyeuse, donner une corvée désa- 
gréable. (Palat) 

Giberner v.a. = Raser, En- 
nuyer. 

Gibier s.m. Prédestiné à. — 
Gibier de Cayenne, gibier de po- 
tence, malfaiteur. — Gibier à com- 
missaire, femme publique. 

Gibus O s.m. Chapeau mécanique. 
Du nom de l'inventeur. 

Gicler O v.a. et v.n. = Gigler = 
Giscler = Jicler. Jaillir. (Onomat.) 
Gicler des mirettes, pleurer. 

Gier (V) s.m. Voy. Ger. 

Gièrement(V) adv. Avidement. Du 
h. ail. Gierigkeit, avidité. 



Giffault (V) s.m. Le derrière = Le 

joufflu. Du vx fr. giffe, joue. 
Giflfe s.f. Pour gifle. Soufflet. 
Giffle (V) s.m. Gibet. Potence. 

Prince arrière de Ruel 
Et n'cussiez-vous denier ne plue 
(Ju'au giffle ne laissez la pel, 
{au gibet np laissez votre peau) 
Pour l'emboureux qui rompt le suc. 

(VlLLOs) 

GiMe (V) s.f. Joue, visage. 

La giffle gardez de ruric. 

(Villon). 

Du vx fr. giffe m. s. devenu Jaf- 
fles dans l'arg. des malfaiteurs. 
Ce mot ne figure dans ce diction- 
naire que pour permettre la com- 
paraison avec le précédent, em- 
ployé aussi par Villon dans son 
Jobelin. 

Gig O s.m. Petite voiture légère 
(elle saute). 

Gigler Q v.a. et v.n. Voy. Gicler. 

Gigolette O s.f. Grisette,*^ faubou- 
rienne courant les bals publics. 
(Larchey) — Nous nous arrêtons 
à la définition de Larchey, et nous 
croyons, comme J. Richepin, que 
ce mot vient de gigue, jambe ; 
giguer, marcher, dans le langage 
populaire. Le sens de gigolette 
n'a été dénaturé que par le succès 
d'une chanson populaire dans la- 
quelle le mot gigolette figure pour 
la seule raison de consonance. 
Cette chanson est une parodie 
d'une romance gracieuse intitulée 
Perdue du compositeur Doria ; elle 
se terminait par ce vers : 

Ma Rosinette, hélas ! je l'ai perdue. 

Il s'agissait alors d'un jeune 
homme qui avait perdu sa fiancée ; 
les parodistes en ont fait un igno- 
ble souteneur dont la marmite a. été 
arrêtée, et il dit : 

Ma Gigolette, hélas ! je l'ai perdue. 
A s'a fait choper dans la rue. 



GIGOLO. 



137 



GIVERNER. 



Ainsi, la gigolette est devenue 
synonyme de marmite, mais son 
élymoiogie est lamôme que celle 
des mots gidnche, guinguette et 
en tin grisette. 

Gigolo s. m. Petit jeune homme 
qui danse dans les bals publics. 

Gigot II 4. s. m. Cuisse. — Re- 
muer les gigots, voy. Gigotter, \\ 2. 
adv. = Gi. v.c.m. 

Gigot-fin O s.m. Comte de gigot- 
fin, gros mangeur. 

Gigotter Q v.n. Danser, sauter, 
gambader. 

Gigue O s.f. Jambe. — Gi^ande 
gigue, femme grande et mince. 

Giguer0 v.n. = Gigotter. v.c.m. 

Gilboque # s. m. Billard. Mot déf. 
pour hilboque. (bille, boquet) 

Gilet s. m. S'emplir le gilet, 
manger. — Avoir le gilet doublé 
de flanelle, avoir mangé une bonne 
soupe. O Gilet en cœur, élégant, 
fashionnable. 

Giletière O s.f. Chaîne de montre. 

Gilles n.pr.m. Faire Gilles, s'en- 
fuir secrètement. 

Gilmont # s. m. Gilet. 

Gilquin s. m. Coup de poing. 
(Rigaud) 

Gin O s. m. Genièvre, (mot ang.) 

Gingeole O s.f. Cadet la gingeole, 
homme grand et maigre. — Grand 
dégingandé. Skt janghu, jambe. 

[TlMMERMANS] 

Gingin s. m. Avoir du gingin, 
avoir de Tesprit, de Tintelligence. 

Ginginer v.n. Faire une œil- 
lade. « Elle gingine à mon en- 
droit. » (Gavarni.) — Faire aller 
les yeux deçà delà, môme racine 
que* guingois, dégingandé. [Tim- 

MERMANS] 

Ginglard, Ginglet, s. m. =Pi- 
colo. Vin léger, aigrelet. Du mot 
fr. ginguet, faible.^ 

Ginguer |1 1. v.n. Ecarter les 
jambes. — Ail. Ich ging, je mar- 



chai. Il 2. # v.a. Mettre en prison. 
— A rapprocher d'anchetibber, 
v.c.m., mettre dans la botte les 

gigots, en ail. der Schinke, le jam- 
on, der Schenkel, le tibia. [Tim- 

>1ERMANS] 

Girafe Q s-f« Peigner la girafe, ne 
rien faire. 

Giries s.f.pl. Manières, minau- 
deries. « Elle fait des giries. » Du 
s.f. Jérémiades. Doléances hypo- 
crites. 

Girofle # a. Beau, gracieux, gen- 
til. — Belle, aimable. 

Giroflée Q s.f. Giile. — Fiche une 
giroflée à cinq feuilles, donner une 
gifle. 

Giroflerie # s.f. Amabilité. — 
Gentillesse. — Gracieuseté. 

Girol # int. Soit. 

Girole # adv. voy. Gi. 

Girond # a. *et s. m. Beau. — 
Etre girond, être beau, être dans 
une bonne situation. — Faire son 
girond', faire le beau, poser. 

Gironde s.f. Jolie, mignonne, 
gentille. 

L'esgourd' girond' comme un' Ostende. 
(L'oreille mignonne comme une huître d'Os- 

tende). 
(J. RicHEPiN, Chanson des Gueux.) 

Girondin # s. m. Dupe. (Rigaud) — 
Le girondin a donne, le badaud 
s'est laissé tromper. 

Girouette O s.f. Personne qui 
change d'idée ou d'opinion à cha- 
que instant. 

Giscler v.a. et v.n. Voy. Gicler. 

Gite s. m. Dans le gîte, ce qu'il y 
a de mieux. — Ouvrage fait dans 
le gîte, fait avec beaucoup de soin. 

Gitre #. Pour fiire. J'ai. 

Gitrement (V) adv. = Gièrement. 
Avidement. — Du h. ail. geizig,. 
avide. 

Giverner v.n. Vagabonder. Du 
fr. s'hiverner, s'exposer aux pre- 
miers froids pour s'y endurcir. 



GIVERNEUR. — 138 -- 



GNOGNOTE. 



Criverneur # s.m. Vagabond. — 
# Giverneur de refroidis, corbil- 
lard. 

Glace O s.f. Passer devant la glace, 
perdre des consommations au jeu. 
— # Devant la glace, devant la 
justice. 

Crlaciére # s.f. Glacière pendue, 
réverbère . 

Glacis s.m. Verre à boire. — 
Glacis de lance, verre d'eau. — 
Glacis refroidi, réverbère. 

Glaçon Q s.m. Homme grave, qui 
ne témoigne que de la froideur en 
toutes choses. 

Glaire s.f. et m. Pousser sa 
glaire, bavarder. 

Glaive (F.-M.) s.m. (| 1. La justice 
divine. |1 2. # Guillotine. — Pas- 
ser sa bille au glaive, èiregmWoiiné. 

Glas s.m. Rabâcheur 

Glaude s.m. Imbécile. 

Glaviot s.m. Crachat. Du vx. fr. 
gave, gosier. 

Glaviotter 0v.n. Cracher. 

Glaviotteur s.m. Cracheur. 

Glier=r: Glinet s.m. Le diable. 
Déformation de gueliel, v.c.m. 

Glissade Q s.f. Chute (au fi^.) — 
Faire une glissade, faire une faute, 
chuter. — Faire des glissades, 
changer souvent d'amant. 

Glissant s.m. Savon. 

Glisser Q v.n. Se laisser glisser, 
mourir. 

Globe s.m. \\ i. Le ventre. — 
S'être fait arrondir le globe, être 
enceinte. 

On s'a fait arrondir el' globe, 
Eh bienl ça prouv' qu'on n'est pas d'bois. 
{La Muse à Bibi.) 

Il 2. Les globes, les seins; 
Glochette # s.f. Poche. (Larchey) 
Gloria O s.m. Eau-dc-vie qu'on 

fait brûler dans le café. 
Glorieuses Q s.f.pl. Les Glorieuses, 

les trois journées de la révolution 

de 1830. 



Glou-glou (onomatopée). Faire 
glou-glou, verser à boire à la 
ronde. 

Glousser v.n. Parler. 

Glu s.f. Avoir de la glu ou de la 
poix aux mains, être maladroit. — 
Etre collant comme la glu =z Etre 
crampon, être gênant, importun, 
encombrant. 

Gluant s.m. = Collant. H 1 . Im- 
portun, encombrant. |1 2. Enfant à 
la mamelle. 

Gluau s.m. Crachat. — Lâcher 
son gluau, cracher. — Poser un 
gluau à quelqu'un, Tarrêter. — 
Faireposer un gluau, faire arrêter, 
tendre un piège. 

Glutouse (la) s.f. La figure. 

Gnac s.m. Discussion, dispute. 

— Il y a du gnac, il ne faut pas sV 
fier. 

Gnaf s.m. r= Gniaffe. Ouvrier 
cordonnier, savetier. Altération 
depignouf, homme grossier. [Lar- 
chey] 

Gnafle s.f. Revers. — Après 
rafle, gnafle, après fortune, revers. 

— On renifle, on renâcle, on fait 
un nez. [Tlmmermans] 

Gnan-gnan Q s.m. Personne non- 
chalante, s'occupant à des niaise- 
ries et ne disant que des banali- 
tés. 

Gnare (chas.) s.m. = Guenard. 
Rabatteur. 

Gniafife s.m. Voy. Gnaf. 

Gniaffer0 v.a. Saveter, rapetasser. 

Gniasse s.m. Mon gniasse, moi. 

— Ton gniasse, toi. — Pour mon 
nez, ma tête, ma personne. Ail. 
Schnautz, nez, mufle. [Timmer- 

MANS] 

Gniff a. Clair, limpide. — Pivois 
gniff, vin clairet. — Pour mf, de 
natif, naïf, d'origine. [Timmermans] 

Gnognote s.f. C'est de la gno- 
gnote, ça ne vaut pas grand'chose , 
ce n'est rien. 



GNOLE. 



139 — 



GODARD. 



Gnole s.f. U 1. Gifle (pour tor- 
gnote). « Je vais f fiche une gnole. » 
Il 2. Imbécile. « Quelle gnole! » 
Il 3. a. Niais. « C'est gnole. » 

Gnoleur s. m. || 1. Ouvrier cha- 
pelier en chambre qui fait la re- 
mise à neuf. La plupart des 
gnoleurs sont étrangers, beaucoup 
de Polonais ; la matière pre- 
mière leur est fournie par les 
marchands d'habits, et par TAn- 
gleterre où les chapeaux « hauts 
(le forme «sont abondants. || 2. = 
Gnan-gnan. v.c.m. 

Gnon s. m. Coup. « Recevoir j fiche 
un gnon. » 

Gob s. m. Voy. Gobin. 

Gobage s. m.' Amour. (Rigaud) 

Gobante a.f. Femme gobante, 
femme très séduisante. (Larchey) 

Gobbe # s. m. Il 1. Boulette pour 
amorcer le poisson. [| 2. Vov. Go- 
belet. 

Gobelin # s.m. || 1. Crochet, jl 2. 
Dé à coudre, (petit gobelet) 

Gobelius Q s.m. et n.pr. Racoleur 
(le dupes pour les tripots. — Le 
docteur Gobelius. m. s. 

Gobelot % s.m. = Gobbe. Calice. 

Gobelottage s.m. Repas co- 
pieux. 

Gobelotter v.n. || 1. Bien boire 
et bien manger. || 2. S'amuser, 
faire la noce. 

Gobelotteur s.m. Noceur. — 
Qui aime à gobelotter. v.c.m. 

Gobe-mouche s.m. H 1. Imbé- 
cile qui croit tout ce qu'on lui dit. 
Il 2. % Espion. 

Gobe-prune s m. Tailleur. (Mi- 
chel) 

Gober v.a. Aimer, estimer. — 
Gober quelqu'un^ aimer q.q. — 
Etre gobé, être aimé. — Il a gobé 
la prune, il Ta cru, ou c'est lui 
qui est la victime. — La gober, 
mourir, être victime. — Gober sa 
chèvre, son bœuf, être en colère. 



— Se gober, v.pr., être orgueil- 
leux, satisfait, fier de soi-même! 

Gobeson s.m. Verre. (Larchey) 

Gobet s.m. || 1. Vaurien. (Del- 
vau) Il 2. Quartier de bœuf. (Ri- 
gaud) — Les gobets, morceaux de 
rebut qu'on vend à vil prix. 

Gobette s.f. Payer la gobette, 
payer à boire. 

Gobèur Q s.m. Naïf, badaud. 
<t Un gobeur s'amuse partout, un 
rien rémeut ou l'enthousiasme; 
les Parisiens sont ou sceptiques 
ou gobeur s. » 

Gobichonnade s.f. =:Gobichon- 
nage s.m. = Gobelottage = 
Bigolade, v.c.m. — Ital. gabbare, 
s'amuser de q.q. 

Gobichonner v.n. = Gobelot- 
ter = Rigoler, v.c.m. 

Gobichonneur s.m. voy. Gobe- 
lotteur. 

Gobilleur s.m. Juge d'instruc- 
tion. (Larchey) 

Gobin s.m. = Gob. Bossu. (Ri- 
gaud) 

Gobseck Q s.m. Avare, usurier. — 
Qui gobe ou avale sec, homme 
avide. [Timmermans] Type d'avare 
créé par Balzac. 

Godaille s.f. Amusement, noce, 
festin. 

Godailler v.n. S'amuser. — Lat. 
gaudere, se réjouir, vx. franc. 
goder, m. s. 

Godaillerie s.f. voy. Godaille. 

Godailleur s.m. Noceur. 

Godan0 s.m. Propos en rair,conte. 

— Tomber, couper dans le godan, 
croire naïvement. — « Je ne tombe 
pas, ou je ne coupe pas dans ces 
godans-là, »']e ne crois pas à ces 
contes-là. 

Godancer v.n. = Tomber dans 
le godan, v.c.m. 

Godard s.m . Réjoui. Du Lat. gau- 
dere, se réjouir. — N.pr.Mari d'une 
femme enceinte : du nom d'un ce- 






GODDAM. 



140 ~ 



GORRET. 



lèbre aéronaute. Voy. Ballon (3). 
Goddam^GoddemOs.m .Anglais. 

« Avec Goddam en Angleterre, 
on ne manque de rien nulle part. » 
[Mariage de Figaro. [Beadjiauchais.] 

Godelle 9 Pipe. 

Godiche = Godichon Q s-i"- 
Bon enfant, naïf, crédule. 

Godiller O v.n. Voy. Bander. 

Godilleur Q s.m. Voy. Bandeur. 

Godillot (mil.) s.m. || 1. Soulier. — 
Du nom d'un fabricant de chaus- 
sures, fournisseur de l'armée 
(1870) Il 2. Conscrit. (Rigaud) 

Godin # s.m. Voy. Gandins. 

Godinette s.f."!! 1. Maîtresse. || 
2. Jeune fille aimable et gaie. 

Goffeur % s.m. Serrurier'. 

Gog s.m . (Abrév.) voy. Goguenaii. 

Gogo O s.m. Il 1. Imbécile, cré- 
dule. Il 2. Dupe. — Attrape gogo, 
tromperie, escroquerie. 

Gogoter0 v.n.Puer .\oy. goguenau. 

Gogotte a. Faible. " — Avoir la 
vuegogotte, avoir la vue faible. — 
Etre gogotte, être naïve, crédule. 

Goguenau = Goguenot (mil.) 
s.m. Lieux d'aisances, latrines, 
tinettes, pot de chambre ; baquet. 

Goguetier Q s.m. Habitué d'une 
goguette. — Celui qui la dirige. 

Goguette Q s.f. Société lyrique. 
La goguette a dégénéré : sous ce 
nom on attire le public dans des 
sous-sols fumeux et empestés, où 
de soi-disant amateurs chantent 
et disent leurs compositions ; le 
plus souvent ce sont des insanités 
obscènes, car, chose incroyable, 
la censure ne pénètre pas dans 
ces cloaques et le sergent de ville 
obligatoire les écouté, ahuri! 

Goï O s.m. Voy. Goye. Chrétien. 

Goinfre s.m. Chantre. 

Goinfrette s.f. Bouche. 

Goiper v.n. =Gouaper, v.c.m. 

Goitreux O s.m. Imbécile, crétin. 



Gomberger v.a. Compter. 

Gomme Q s.f. La gomme, la haute 
gomme, jeunesse élégante jus- 
qu'au ridicule. 

Gommeux Q s.m. = Gandin = 
Genreux = Dandy, etc. Jeune 
homme élégant, ridicule. 

Gonce = Goncier s.m. =: 
Gonze = Gonzier. Individu quel- : 
conque. — Goncier à la manque, . 
Individu sans le sou, ou sans \ 
attraits." C'est-il pas injuste, qu'un | 
goncier à la manque comme celui- .} 
là ait une . poniffe pareille ! » ^• 
(J. Richepin) — Gonce à la flan, ■ 
déballeur. Gonse, signifiait autre- 
fois niais. — Ail. Ùans, oie. 

Gondolant Q a. Cest gondolant! 
c'est à crever de rire. = C'est 
tordant. Voy. Gondoler! 

Gondolé Q a. Tordu, replié sur lui- ;.- 
même, ratatiné (le papier jeté au 
feu se gondole avant de s'enflam- . 
mer). — « Je me suis gondolé, » je 
me suis tenu les côtes de rire.= -■ 
Je me suis tordu. 

Gondoler (se) O 'v.pr. || i. Se tor- 
dre, se rouler, se replier sur soi- . 
même. || 2. Par ext., rire aux 
éclats = Se tordre, Voy. Gondo- , 
tant. Gondolé. > 

Gonflé # s. m. Porte-monnaie '. 
bien garni. • 

Gonflée a.f. Enceinte. (Larchey) ' 

Gonfler v.a. Gonfler une femme, ' 
la mettre enceinte. 

Gonze s.m. Voy. Gonce. 

Gonzesse s.f. || 1. Femme quel- 
conque. Il 2. Maîtresse. — Gonzesse 
à Varnache, femme en carte ; sous 
la surveillance de la police. 

Gonzier s.m. Voy. Gonce. 

Goret s.m. Premier ouvrier cor- 
donnier. 

Gorge % s.m. Etui. 

Gorgniat s.m. Homme sale. : 

Gorret s.m. Contremaître me- 
nuisier. 



GOSSE. 



— 141 



GOUPLIN. 



Gosse O IM« s. m. Veau mort-nc. 
II 2. S.2 g. Enfant. || 3. s.f. Jeune 
fenimc. « La goi^se m'attend })Our 
(liner. » — Mot celtique yos, petit. 
Il 4. s.f. Mensonge (du vx mot 
(jausi^e, m. s.) 

Gossel^n s. m. || 1. Ami, cama- 
rade. Il 2. # Pédéraste. 

Gosseline s.f. Vov. Gosse. (2) 
Il 1. Petite fille. || 2.*^ Toute jeune 
tille. 

Treize ans, pas plus, appas naissants, 
Des traits moins jolis qu'agaçants, 
La Gosseline. 

(P. TlUMOLILLAT.) 

Ang. gosliïij petite oie. 

Gosser v.a et v.n. Mentir. 

Gosseur = Gossier s. m. Men- 
teur. 

Got s.m.||l. # Pou. Il 2.0 int. 
Oui; parfaitement =z Gi=z Go:= 
Gifjot. 

Goteur # s. m. Débauche. 

Gothon = GotonO s.f. Prostituée. 
— Abrév. de Marguerite, Margot, 
Margoton. (Littrk) 

Gouache s.f. Figure. 

Goualante # s.f. Chanson. 

Goualer # v.a. et v.n. Avouer à la 
justice. — Goualer en danse, chsin- 
ter. — Goualer à la chienlit, v.c.m. 

Goualeur s.m . , Goualeuse s.f. 
Il 1. Chanteur. || 2. Camelot, chan- 
teur de rue. 

Gouape s.f. = Gouapeur, etc. 
Vagabond; débauché; vaurien 



paresseux, etc. 



La gouape, la 



clique 
Gouaper v.n. || 1. Vagabonder. 

Il 2. Ne rien faire de' bon. |] 3. 

(mil.) Faire la noce. 
Gouapeur =: Goipeur = Gouè- 

peur s.m., Gouapeuse s.f. 

Voy. Gouape. 
Gouffeur s.m . = Goffeur. Serru- 
rier. 
Gouffier % v.a. et v.n. Manger. — 

De gave, gosier. 



Gouge s.f. Prostituée. 

Gougne O s.f. Voy. Gougnotte, 

Gougnottage Q s-m. Conjonction 
contre nature de la femme avec la 
femme. 

Gougnotte Q s.f. Qui se livre au 
gougnottage, v.c.m. = Gougne, 
Chipette, Gousse, Lesbienne, Puce 
travailleuse, Satin. 

Gougnotter Q v.n. Se livrer au 
gougnottage, v.c.m. 

Gouille s.f. Envoyer à lagouille, 
envoyer promener. 

Gouillon s.m. Camin. (Delval) 

Gouine Q s.f. Prostituée, du gr. 
pvr], femme. 

Goujaterie Q s.f. = Goujatisme 
s.m. Action qui est celle d'un 
goujat. 

Goujon s.m. || 1. Dupe, qui 
mord à l'hameçon. | 2. Jeune sou- 
teneur (petit poisson). — Ferrer 
le goujon, pêcher à la ligne. — 
Lâcher son goujon, vomir. — Gow- 
jon d'hôpital, sangsue. — Avaler 
le goujon, mourir. 

Goujonner v.a. Duper. (Delvau) 

Goule s.f. = Gueule. Bouche. 

Goulot s.m. Plomber, chelinguer, 
repousser ou trouillotter du gou- 
lot, avoir mauvaise haleine. — 
Jouer du goulot, boire. 

Goulu # s.m. Il 1. Poêle. || 2. Puits. 
Il 3. s.f. La goulue, femme qui a 
une grande bouche. ' 

Goupillon s.m. Membre viril. 

Goupinage # s.m. || 1. Travail. || 
2. Vol. (travail des voleurs) 

Goupine # s.f. Hardes en loques. 

Goupiné 9 a. == Loqueteux. = Mal 
goupiné, habillé de loques. 

Goupiner v.a. j| 1. Travailler. 1| 
2. # Voler. 

Goupineur0s.m. || 1. Travailleur. 
||2. # Voleur. 

Gouplin s.m. || l.Pot. l|2.s.f. Gow- 
pline, pinte de vin. Le petit bâton 
garni de soies de porc, qui sert à 



GOUR. 



142 — 



GRAILLON. 



nettoyer les pots et les bouteilles 
se nomme en fr. goupillon, voy. 
gruppelin. 

Gour # s. m. Pot: pour gourde. 

Gourd s. m. Friponnerie. (Mi- 
chel) Voy. gourer. (1) — (pays). 
Blé gourd, blé gonflé par l'humi- 
ditc ; du lat. gurdus, gras. 

Gourde # s.f. Boucle d'oreille. 
(Larciiey) 

Gourde s.f. == Gourde s. m. 
Imbécile, (engourdi); du lat. cu- 
curbita, calebasse de la même 
famille que le melon et le corni- 
chon. En fr. être dégourdi, ces- 
ser d'être gourde. 

Gourdement adv. Beaucoup; 
du lat. gurdus, gras. 

Gourd-Razis (B) s. m. Archevê- 
que. 

Gourdi (B) s. m. Bon vin. 

Gourer v.a. = 'Gourrer.\\ 1. 
Tromper. Vx. fr. falsifier, du lat. 
gurrire, contrefaire le chant du 
rossignol, et par ext. des autres 
oiseaux. [A. Vitu]||2. Se gour- 
rer v.pr., se tromper. || 3. Se car- 
rer, se redresser. (J. Richepin) 

Goureur % s. m. =: Gourreur. 
Trompeur. 

Gourgandine Q s.f. Femme dé- 
bauchée. 

Gourgandiner Q v.n. Fréquenter 
les filles. 

Gourganer v.n. Faire de la 
prison. 

Gourgourans (V) part.pl. Trom- 
peurs. — Du vx fr. gourd, beau- 
coup, et gourer, tromper. 

Gourgousser v.n. Se plaindre. 
Récriminer. (Boutmy) 

Gourgousseur s. m. Grognon. 

Gourre # s.f. Vol à la gourre, 
escroquerie minime. 

Gourrer v.a. Voy. Gourer. 

Gourreur s. m. Voy. Goureur. 

Gouspin s. m. Voy!! Goussepain. 

Gouspiner v.n. Faire le vovou. 



Gousse s.f. Voy. Gougnotte. 
Goussepain s'm. = Gouspin. 
Il 1. Gamin, galopin. [| 2. Voyou. 

Puis il prit son petit couteau de (loussepain. 
Dépouilla le greffier, et lui fit sa toilette. 

(J. RicHEPi.\, Chanson des Gueux.) 

Gousser (B) v.a. et v.n. Man- 
ger. — Travailler du u gosier. )> 

[TlM3IERMANS] 

Goussé-Razis (B) s. m. Abbé. 

Gousset s. m. || {.Avoir le g-ows- a 
set percé, n'avoir pas d'argent dans | 
sa poche. || 2. Rijler du gousset, * 
sentir des aisselles. 

Goût s. m. Faire passer le goût 
du pain, tuer. 

Goutte s.f. Donner la goutte, 
donner à têter. — Boire la goutte, 
boire un verre d'eau-de-vie. — 
Boire une goutte, perdre de l'ar- 
gent dans une affaire. — Payer^ 
la goutte à quelqu'un, le battre. 
Goutte militaire, gonorrhée per^ 
sistante, chronique. 

Gouttière s.f. Gibelotte ou lapit 
de gouttière, chat. 

Gouvernement s . m. « Mon gou 
vernement, » ma femme. 

Goye = Goym0s.m. = GfoL Chré» 
tien, (dans l'arg. des juifs) 
Rôder le goye, tromper le chrétien^ 

Goye s. m. = Pante. Dupe. 

Grâce s.f. Faire des grâces^ 
faire des manières.. 

Gracier Q v.a. Ce mot est fré 
quemment employé pour « côm 
muer une peine »", en fr. il signi 
fie « pardonner ». 

GrafFagnarde s.f. || 1. Mauvaii 
tableau. Il 2. Commerce de mau- 
vais tableaux. [Rigaud] — Var. d( 
griffonnage. 

Graffer # v.a. Voy. Agrafer. 

Grafigner v.a." Ramasser d( 
chiffons. Pour agrafer. 

Grafin s. m. Chiffonnier. 

Graillon s.f. || 1. Cuisinièn 
malpropre. « Marie Graillon. 



GRAILLONNER. — 143 — 



GRATIN. 



Il 2. Crachat. « Avoir des grail- 
lons dans la gorge. » 

Graillonner v.n. || i. Cracher. 
|j2. # Ecrire. Il 3. # Parler. 

Graillonneur O s.m. Homme qui 
crache beaucoup. 

Graillonneuse s.f. Blanchis- 
seuse par occasion. [Delyau] 

Grain (V) s. m. || d. Argent, 
denier, écu. C'était autrefois un 
petit poids dont on se servait pour 
titrer l'or. || 2. Pièce de 50 cen- 
times. [Delval] — Avoir unrjrain, 
être un peu fou. — O Avoir son 
iiraUiy être ivre. — Etre dans le 
ijrain, être aisé. 

Mais pour ce qu'estant là je n'estait dans 

[le grain. 

(M. RÉGNIER, Sat. X.) 

Grain de brune, foulard (le mal- 
faiteur s'en sert la nuit à la brune 
pour étrangler). 

Graine O s.f. || 1. Graine d'épi- 
nards, épaule tte à gros grains 
des officiers supérieurs. || 2. 
Graine de bois de lit, punaise. || 3. 
Enfant. — Quelle graine ! quel en- 
fant insupportable ! — Mauvaise 
graine, mauvais gamin. 

Graisse s.f. || 1. Argent. || 2. 

, Voler à la graisse (Grèce), j.d.m., 
voler au jeu. 3. Tromper en 
donnant du cuivre pour de l'or. 
ii 4. Graisse d'abattage, force. 

Graisser 0v.a. Graisser ses bottes, 
se préparer à partir, être près 
de mourir. — Gi'aisser les bottes 
à quelquun, lui donner le via- 

, tique = Graisser les ripatons. — 
Graisser la marmite, payer sa 
bienvenue au régiment. — Grais- 
ser la patte, payer largement 
(grassement). 

Graisseur s.m. =r Grec. Tri- 
cheur. 

Grand a. Faire le grand voyage, 
mourir. — # Grand Meudon,oî- 
ficier de paix; agent de la sûreté. 



Grand-calot (mil.) s.m. Généra? 
commandant à l'Ecole de St-Cyr. 

Grandetire # s.f. Grand'route. 

Grand trimard # s.m. La 
grand'route. 

Granitique O 3- H !• Grandiose.. 
II 2. Impérissable. — Allusion à 
la dureté du granit. [Larchey] 

Graoudjem # s.m. Charcutier. 
[Rigaud] 

Graphique # a. Crotté. Maculé. 

Grappe s.f. Jus de grappe, vin. 

Grappin s.m. La main qui em- 
poigne. — Poser le grappin sur 
(luelqu'un, l'arrêter. — Mettre le 
grappin dessus, saisir, prendre^ 
arrêter. 

Grappiner0 v.a. Prendre, saisir, 
arrêter. 

Gras a. et s.m. Gras-à-lard, 
replet. — Il y a gras, il y a de 
l'argent, il y a abondance. — // 
ny a pas gras, il n'y a pas 
grand'chose. — Parler gras, par- 
ler grossièrement, dire des mots 
grossiers ou obscènes. — Avoir 
son gras, être tué. — Recevoir un 
gras, un coup. — Les gras, lieux 
d'aisances. 

Mais les pauv' loufoqu's balaient, 
Les gras d'nos laisées. 

{Chanson des Gueux.) 

Gras-bœuf (polyi.) s.m. Bouillon 
et bœuf. 

Gras-double s.m. |1 i. Mem- 
brane de l'estomac du bœuf. 
Il 2. Feuille de plomb qui sert 
pour la toiture. — % La faire au 
gras-double, voler le . plomb des 
gouttières. 

Gras-doublier # s.m. Voleur de 
plomb. 

Grasse # s.f. et a. || 1. Coifre-fort. 
[Rigaud] || 2. a. Faire la grasse 
matinée, se lever lard. 

Gratantes (B) s.f.pl. Les mains. 

Gratin O s.m. \\i. z^. Gomme. Jeu- 
nesse élégante. — Société choi- 



GRATINANT. 



144 — 



GRENUE. 



sic. jl 2. Tape. — Refiler un 
gratin, recevoir une tape. 

Gratinant = Gratiné Q s. m. 
= Boudiné. Jeune élégant ridi- 
cule. 

Gratiner Q v.m. Appartenir au 
gratin, v.c.m. (I). 

Gratis # adv. Etre gratis malade, 
être en prison. 

Graton # s. m. Rasoir. 

Gratouille s.f. = Gratte. Gale. 

Gratouse % s.f. Dentelle. — Gale. 

Gratte # s.f. || 1. = Gratouille. 
Il 2. Faire de la gratte, économi- 
ser aux dépens des autres. L'ou- 
vrier qui conserve pour lui le dé- 
chet de la matière première qui 
lui a été confiée pour faire son 
travail, fait de la gratte. Bénéfice 
retenu en cachette. 

Gratte-couenne s. m. Barbier. 

Grattée s.f. = Brûlée, raclée. 

Gratte-papier 0s. m. || 1. Homme 
de bureau. || 2. Scribe. || 3. (mil.) 
Fourrier. 

Gratter v.a. et v.n. Devan- 
cer. — Se faire gratter, se faire 
raser. — Gratter quelqu'un, le 
battre. — Il n'y a rien à gratter, 
il n'y a pas de profit à tirer. 
— Gratter le pavé, être misérable. 

Grattoir s. m. Rasoir. 

Graveur s. m. Graveur en cuir, 
savetier. 

Gravois % s. m. Battre le gravais, 
manger les restes d'un dîner le 
lendemain. 

Great-attraction Q s.f. Grande 
attraction, (anglicisme) 

Grebige (typ.) s.f. Ligne où se 
trouve le nom de l'imprimeur, 
sur une publication. 

Grec O s. m. Tricheur, joueur de 
mauvaise foi. Ce mot se trouve 
dans la plupart des dictionnaires 
français avec ce sens. 

Grèce s.f. La Grèce, monde des 
grecs, v.c.m. 



Gredinette Q s.f. Jeune femme ru 

sée. 
Gréer (se) (mar.) v.pr. S'na 

biller. 
Greffer % v.n. Souffrir de la faim 

Jeûner. 
Greffier s. m. Chat. — Dépouille 

un greffier, écorcher un chat. 
Greffir v.a. Voler habilement, 
Grelasson s. m. Patron d'um 

maison peu importante. 
Grêle s. m. Maître tailleur. 

Var. de grelasson. 
Grelot O s. m. Faire sonner soi 

grelot, se faire remarquer. 

Mettre une sourdine à son grelot 

modérer son enthousiasme, sa fa 

conde, son langage. 
Grelotteux Q s. m. = Boudim 

Jeune élégant ridicule, grotesque 
Grelu # s.'m. Voy. Grenu. 
Greluchon Q s.m. |1 1. Amant d< 

cœur d'une tîUe publique. || 2. Ap 

prenti souleneur. 
Greluchonner Q v.n. Faire 1 

greluchon. v.c.m. 
Gremes (V) s. m. pi. Bois du gi 

bet. — Du h. ail. gremlich, tel 

rible. 
Grenadier s.m. Pou. — Avoi 

des grenadiers dans la tignasse 

avoir des poux dans la chevelure 
Grenasse # s.f. Grange. Greniei 
Grenoble n. pr. Q Voy. Conduite 
Grenouillard s.mî || 1. Buveu 

d'eau. Il 2. Amateur de bain 

froids. 
Grenouille (la) Q s.f. Le fonds d 

caisse. — Manger la grenouille 

voler l'argent de la caisse. 

Bouillon de grenouille, eau. 
Grenouiller v.n. Boire de Teau 
Grenouillère Q s.f. Emplacemeiï 

d'une rivière adopté pour la bai 

gnade en pleine eau. 
Grenu # s.m. Blé, avoine. 
Grenuche # s.f. Voy. Grenu. 
Grenue = Grenuse # s.f. Farine 



GRÈS. 



— 145 — 



GRIVE. 



Orès # s. m. Cheval. [Michel] 

Grésillonner 0v.n. Demander du 
crédit. 

<5revier s.m. Forme de grivier. 
lLarchey] 

Gréviste O s.m. Ouvrier en grève. 

Xrrézillon s.m. Prise de tabac. 

Griaches # s.f.pl. La tinette dans 
les prisons. 

Gribier s.m. Soldat. [Larchey] 

Griblage # s.m. Plainte. [Delvau] 
— De grubler, grogner. 

Gries.m., Grielîe s.f. # Voy. Gris. 
Froid. 

Grififard s.m. Chat. 

Griffarde s.f. Plume. [Rigaud] 

Griffer # v.a. = Grifler. || 1. Vo- 
ler. [Delval] Il 2. Prendre, saisir. 

Griffeton # s.m. Soldat. 

^riffeur 9 s.m. Brigadier de 
})rison. 

Griffon 9 s.m. Faire griffon, s'oc- 
troyer la plus grosse part dans le 
partage d'un vol. 

Griffonnante # s.f. Plume. 

Griffonner v.n. Jurer. 

Griffonneur s.m. Voy. Babillard. 

Grifler # v.a. Voy. Griffer. 

Grigne s.f. Grimace. 

Grigner v.n. (irimacer. 

Grignon # s.m. Juge. [Rigaud] 

Grillante # s.f. Cigarette. 

Oriller Q v.a. Griller une sèche, 
en griller une, fumer une ciga- 
rette. — Griller quelqu'un, le 
dénoncer. — Affaire grillée, af- 
faire manquée. — Etre grillé, 
avoir son crédit coupé, avoir 
perdu la confiance. 

•Grilleur s.m. Fumeur. [Larchey] 

<7rilleuse s.f. Grilleuse de blanc, 
repasseuse. [Delvau] 

-Grimé # a. Arrêté. — Var. de 
gripper, agripper. 

Orimoire s.m. Code pénal. [Del- 
vau] — Grimoire mouchique, ca- 
sier judiciaire. 

«Grimpant s.m. Pantalon. 



Grinchage s.m. — Grinchis- 
sage. Vol. 

Grinche s.m. = Grincheur = 
Griiîchisseur. Voleur. 

Grincher # v.a. || 4. Grogner. 
Il 2. Voy. Grinchir. 

Grincheur s.m. Voy. Grinche. 

Grincheux s.m. Grognon. Gro- 
gnard. 

Grinchir \.a..=Grincher. Voler, 
(voir au dict. fr. arg. les mots 
Vol, Voler, Voleur.) 

Grinchissage # s.m. Voy. Grin- 
chage. 

Grinchisseur s. m. Voy. Gri/ic/ie. 

Gringalet Q s.m. Avorton. 

Gringue s.m. Pain. — Marchand 
de gringue, boulanger. 

Grinte s.f. Figure renfrognée. 

Gripis# s.m.= Grippe-fleur= Gris- 
pin = Grispis. Meunier. 

Grippard = Grippart s.m. 
Chat. 

Grippe # s.f. Signe de reconnais- 
sance, de ralliement. 

Grippe-cheville # adv. Faire 
grippe-cheville, voler. 

Grippe-fleur s.m. Voy. Gripis. 

Grippe-Jésus s.m. Gendarme. 

Gripper v.a. Saisir. 

Gris (le) (V) s.m. = Grie-=Grielle. 
1 1 1 . Le froid. H 2. Le vent. — On 
dit faire grise mine, pour rece- 
voir froidement. 

Grisaille s.f. Sœur de Charité. 

Grisbis % s.m. Argent, monnaie. 

Grise Q s.f. et a. || 1. En voir de 
ginses, avoir du mal, avoir de la 
peine, des malheurs successifs. 
Il 2. Sœur grise, Sœur de charité. 

Griserie Q s.f. Légère ivresse. 

Grisotter (se) Q v.pr. Se griser 
légèrement. 

Grispin i=^ Grispis # s.m. Voy. 
Gripis. 

Grive #s.f. || 1. Garde, patrouille. 
— Cribler à la grive, crier à la 
garde. — Corps de grive, corps de 

iO 



GRIVETON. 



— 146 — 



GUEULARD. 



^arde. — Harnais de grive, uni- 
forme. Il 2. La guerre. 

Griveton s. m. Voy. Griffeton. 

Grivier % s. m. Grevier. Soldat. — 
Dq grive, gwQVTQ.^Grivier de gaffe, 
sentinelle. 

Grohant (B) s. m. Porc. Il a un 
groin. 

Groin s.m. La bouche, la par- 
tie inférieure du visage. — Se lé- 
cher le groin, s'embrasser. 

GroUer v.n. Gronder. 

Gromiau s.m. Gamin. 

Grondin % s.m. Porc. 

Groom O s.m. Jeune valet. — Du 
vx fr. gromme, serviteur. 

Gros O s.m. Le commerce en 
gros. — Travailler dans le gros, 
il est dans le gros, faire, ou être 
employé dans le commerce de 
gros. — Gros frères, cavaliers de 
réserve. 

Grosse # a. Grosse cavalerie, les 
plus grands criminels du bagne, 
l'état-major du crime. — Grosses 
lèvres, pot de nuit. 

Grotte s.f. Etre à la grotte, être 
au bagne. 

Grouchy Q s.m. Article arrivé en 
retard à l'imprimerie, comme 
Grouchy à Waterloo. 

Grouiller (se) ^ Se dépêcher. 

Grouillis-grouiilot0s.m. Fouil- 
lis, grouillement. 

Groulasse = Groule s.f. = 
Trottin. Apprentie. — Prov. 
groula, m. s. 

Groumer0v.n. Grogner, gronder. 

— HoU. gromme. [Timmermans] 
Grouper v.a. Arrêter, saisir. 

— De grup (V) pendu, accroché. 
Grubler % v.n. Grogner. 

Grue O s.f. |] 1. Prostituée. Du 
vx fr. gruis, m. s. ribaude, griis. 
Il 2. Niaise, imbécile. |1 3. Faire 
le pied de grue, attendre. 

Gruerie Q s.f. || 1. Balourdise. 
Il 2. Réunion de femmes ga- 



lantes. « Les Folies sont le ren- 
dez-vous de toute la gruerie pari- 
sienne. » 

Grume (V) s.m. Ce mot désignait 
les arbres qui souvent rempla- 
çaient la potence, au moyen âge. . 
S. pr., bois ayant encore son : 
écorce. Voy. Gremes. 

Grup (V) s.m. et a. Pour gruppé, , 
pris. Pendu, accroché. 

Gruppelin (V) s.m. Petit pot. — 
Dim. de Crupault, v.c.m. 

Grupper (V) v.a. Prendre, arrêter, 
saisir, voler, accrocher. — Vxmot 
fr. devenu gripper. Voy. Agrafer. 

Gruyère s.m. Morceau de 
gruyère, visage marqué de petite 
vérole. 

Guadeloupe s.f. Bouche. 

Guano s.m. Excrément quel- 
conque. [Delvau] 

Guedouze # s.f. = Guidouze. 
La mort. 

Gueliel (B) n.pr. Le diable. 

Guelte O s.f. = Fruge. Remise ou 
prime accordée à un vendeur sur 
certaines marchandises. 

Guelter Q v.a. = Fruger. Mettre 
de la guelte (v.c.m.) sur certaines 
marchandises. — Article guelte, 
article sur lequel il y a une prime 
pour le vendeur. 

Guenard (chas.) s.m. Voy. Gnare. 

Guenaud# s.m.,Guenaude, s.f. 
Sorcier. 

Guenille s.f. = Guenillon s.m. 
Souillon. Guenipe. 

Guenon s.f. = Singesse. Pa- 
tronne; (la femme du singe.) 

Guérite s.f. Guérite à calotin, 
confessionnal. — Officier de gué- 
rite, simple soldat. 

Guette s.f. Gardien. — Chien de 
bonne guette, chien de garde. 
— Eti^e de guette, être sur ses 
gardes. 

Gueulard # s.m. || 1. Poêle^ 
Il 2. Sac, bifesac. — Gueularc 



GUEULARDISE. 



— 147 



GUIiNCHEUR. 



s.f., poche, besace. |1 3. Gourmand, 
gourmet. 

Gueulardise s.f. || 1. Gourman- 
dise. « Totor, lu n'auras plus de 
raisiné, ce serait de la gueular- 
dise à la fin. » Il 2. Friandise. 
« Tous les dimanches, on se paye 
pour dessert une petite gueular- 
dise. » 

Gueule s.f. Bouche. — Casser 
la gueule, donner des coups vio- 
lents sur la figure. — Faire sa 
gueule, bouder, faire le dédai- 
gneux. — Avoir une bonne gueule, 
avoir une figure avenante, sym- 
pathique, ou un visage grotesque. 

— Taire sa gueule, se taire. — 
Fort en gueule, fanfaron, brail- 
lard. — Avoir la gueule de bois, 
avoir le palais desséché le lende- 
main d'une noce. — Rincer la 
gueule à quelqu'un, payer à boire. 

^- — Se rincer la gueule, boire. — 
^m Porté sur sa gueule, qui aime à 
^E bien boire et manger. — Gueule 
^E d'empeigne, gueule de raie, sale 
^■^ gueule, vilaine figure. — Donner 
^^f un coup de gueule, crier, chanter. — 
^^ Avoir de la gueule, avoir de la voix. 
Gueulée s.f. Repas, nourriture. 

— Chercher la gueulée, chercher 
de quoi manger. 

Gueuleton s. m. Repas, banquet, 
noce. 

Gueuletouner v.n. Banqueter, 
faire la noce. 

Gueusard Q s. m. Mot d'amitié. 

Gueuse Q s.f. Prostituée. — Courir 
la gueuse, courir après les femmes. 

Gueux s. m. Petit pot en grès 
qui sert de chaufferette, (v.c.m. 
auF.A.) 

Gueux-Gueux s. m. Mot d'a- 
mitié. 

Guibe =r Guibolle = Guibonne 
= Guiches.f. = Guibon s.m.=: 
Gigue. Jambe. Du gr. yyiov m. s. 

— Guibe à la maîigwe, jambe para- 



lysée. — Guibe de satou, jambe dé 
bois. — Jouer des guibolles, mar- 
cher, courir, s'enfuir. — Gui- 
bonne carrée, jambon. 

GuiboUard Q s.m. = Jocrisse = 
Calino. Niais, imbécile. 

Guibolle, Guibonne, Q etc. 
Yoy. Guibe. 

Guiche n.pr. Duc de Guiche 
=:Guichemar, guichetier, gardien 
de prison. 

Guiche # s.f. = Rouflaquette = 
Accent. La Guiche, ensemble des 
souteneurs. 

Gare au bataillon d'ia guiche; 
C'est nous qu'est les dos. 

(Ckans. des Gueux.) 

— Les guiches, les cheveux. 
Guichemar s.m. Voy. Guiche, 

n.jir. 

Guidouze # s.f. Voy. Guedouze. 

Guignard Q s.m. Individu qui a 
la guigne, v.c.m. 

Guigne Q s.f. = Déveine. Guignon. 
Malchance. De guigner, regarder 
à la dérobée, guetter; pour les 
personnes superstitieuses la gui- 
gne est un maléfice produit par 
le mauvais œil, voy. Jettator. 

Guigne - à - gauche. Guigne -à- 
droite s.m. Borgne. 

Guignolant 0a. Pour guignonnant. 
Malheureux, déplorablc,ennuyeux. 

Guignolle # s. in. Gendarme. 

Guimbard # s.m. = Panier à sa- 
lade, voy. Panier. 

Guimbarde s.f. || 1. Guitare. 
Il 2. Mauvaise voiture, vieille 
voiture. || 3. Porte. [Rigaud] 

Guinal # s.m. Juif. 

Guinaliser v.n. et v.a. JI 1. O 
Faire de l'usure. || 2. Circoncire. 

Guinche # s.m. || 1. Bal public, 
bal de barrière. 1| 2. s.f. Danse. 

— De gigue,iRmhe; à rapprocher 
de guinguette. 

Guincher # v.n. Danser. 
Guincheur # s.m. Danseur. 



GUINDAL. 



— 148 — 



HANE. 



Guindal s. m. Verre. — Enfler 
le guindal, boire. — Faire un 
guindal, boire à la ronde. 

Guinder(thé.) v.a. Guinder les por- 
tes, attacher les battants de porte 
avec des ficelles. 

Guinée O Nymphe de Guinée, né- 
gresse. 

Guinguette s.f. Grisette qui 
fréquente les guinguettes, les ca- 
barets où Ton danse. 



Guirlande # s.f. Chaîne d'accou- 
plement des forçats. 

Guirlandeur Q s. m. Flatteur. 

Guitare Q s.f. (| 1. Rengaine. — 
Cest toujours la même guitare, 
il répète toujours la même chose. 
Il 2. Plainte ; le son monotone 
de la guitare ressemble à une 
plainte 'incessante. 

Gy # adv. |i 1. Voy. Gi. \\ 2. = 
Girol, soit. [P. Boissière] 



Ha O = Pschutt = Vlan. Élé- 
gant; exclamation admirative. 

Habillé s. m. Habillé de soie, 
porc; (J.d.m.) habillé de soies. 

Habiller v.a. || 1. Médire. || 2. 
Réprimander. — Habiller quel- 
quun,en dire dumal.ZZ l'a bien ha- 
billé! » (par ir.) — v.pr., S^habil- 
ler en sauvage, se mettre nu. — 
S'habiller de sapin, mourir. 

Habin (B) # s.m. Chien. 

Habiner # v.n. et v.a. Mordre. — 
Pour happer. [Timmermans] 

Habit Os. m. Habit du père Adam, 
nudité. — O Habit rouge. Anglais. 
— Habit noir \\i. Bourgeois. 
(Delvau) Il 2. Menteur. (Rigaud) 

Habitant s.m. Vermine. 

Habitongue s.f. Habitude. (Mi- 
chel) 

Hâblichon # s.m. Menteur du fr. 
hâbleur. 

Hacher Q v.a. Hacher de la paille, 
prononcer mal le français comme 
certains Allemands. (Rigaud) 

Haire (V) s.f. Peine, exclamation 
douloureuse, lamentation, gémis- 
sements. 



Sans faire haire 
Ne liault braire. 



(Villon). 



Hâle (V) s.m. Voy. Halle, s.m. 

Halënes # s.f .ip\.=: Alênes. Outils 
de voleur. 

Halle (V) s.m. Pour hâle. Air sec 
et chaud qui brunit le teint. — 
Etre mis au hâle signifiait être 
pendu. 

Halle s.f. Halle aux draps, lit. 

Hallebarde Q s.f. Il tombe des 
hallebardes, il pleut à vous trans- 
percer comme le feraient des 
hallebardes. 

Hallegrup (V) s.m. Gibet. Potence. 
— De halle et grup v.c.m. 

Halot O s.m. Soufflet. Voy. Halle. 

Haloter v.n. et v.a. ||1. Souf- 
fler. || 2. Souffleter. 

Halotin % s.m. Soufflet de che- 
minée. (Rigaud) 

Hancher (se) v.pr. Se camper 
sur la hanche. 

Handicap (sport) s.m. [| 1. Course 
dont la distance et les poids ne 
sont indiqués qu'après l'engage- 
ment. Il 2. # Jeu de la consolation, 
v.c.m. 

Handicaper = Handicapeur 
(sport) s.m. Celui qui établit une 
échelle de poids selon la valeur 
des chevaux dans un handicap. 

Haae # s.f. Bourse. Casser la 



HANOCHE. 



149 — 



HERBE. 



hanCy voler la bourse. Du celti- 
que han, maison, logis (rargent 
loge dans la bourse). 

Hanoche (B) s.f. Jument. 

Hanois (B) s. m. Cheval. 

Hanneton Q s. m. Idée fixe. — 
Avoir lin hanneton ou une arai- 
gnée dans le plafond, être un peu 
fou. — Encore son hanneton ou 
son araignée qui le travaille^ il 
déraisonne. 

Happer v.a. Fuir. 

Et lui soudain de happer le taillis ; 
Laissant le pauvre sol dedans le margouillis. 

(Grandval). 

Happin s. m., Happine s.f. # 
Chien. (Grandval) 

Happiner # v.a. Mordre. 

Harauder v.n. Médire. — De 
liaro. 

Hardi a. Hardi à la soupe, pa- 
resseux. 

Hareng s. m. Faire des yeux de 
hareng, crever les yeux. 

Haria s. m. = Aria. Embarras. 

Hariadan-Barberousse # n.pr. 
Le Christ. (Vidocq) Pour Havria- 
dan, de Targ. Havre, Dieu, et de 
la terminaison an, qui se rencon- 
tre dans Nathan, Mathan, etc., et 
allus. à la couleur de la barbe du 
Christ. 

Haricauder v.n. Chamailler. 
(Delvau) — En patois normand, 
haricoter. 

[aricot Q s. m. Les Haricots ou 
Vhôtel des Haricots, autrefois pri- 
son de la garde nationale. — # 
Haricots verts, apprentis voleurs. 
— Il agrippe, il gratte. Il est jeune 
(vert). — Le haricot tire son nom 
de la vrille ou crochet au moyen 
duquel il se soutient en grimpant. 
Hark en holl. veut dire râteau, 
petite herse. Var. de harpion. 

[TlMMERMANSj 

[aricotteur s. m. Bourreau. 
[armonie # s.f. Faire de Vhar- 



monie, faire du vacarme. (Grand- 
val) 

Harnaché a. Mal habillé. (Del- 
vau) 

Harnais s. m. Habits. — Harnais 
de grives, équipement militaire. 

Harpe s.f. Barreau de fer gril- 
lant la fenêtre de prison. — Pin- 
cer de la harpe, être en prison. — 
Jouer de la Aarpe, tricher au jeu. 

Harpigner (se) v.pr. Se battre. 

Harpion s. m. ==Arpion. Main, 
pied. (Grandval) 

Harponner # v.a. |] 1. Arrêter. I| 
2. Assaillir. 

Haut-de-tire # s. m. Culotte. 

Haute O s.f. La haute, la classe 
riche de la société. =: High-life. 
« Etre de la haute. » — La 
haute bicherie, ensemble de fem- 
mes galantes richement entrete- 
nues. 

Hauteur Q s.f. Etre à la hauteur, 
être capable, intelligent (sous-ent. 
de sa tâche, de sa mission ou de 
son mandat). 

Hautocher # v.n. Monter. (Del- 
vau) 

Haut-temps # s. m. Voy. Autan. 

Havane O s. m. || i . Petit chien de 
race havanaise. |1 2. Tabac ou ci- 
gare de la Havane. 1| 3. Couleur 
marron clair comme le tabac de 
ce nom. 

Havre (V) s. m. Le Grand Havre, 
Dieu. — Un havre signifie au pro- 
pre un port, un refuge. Dieu est 
le havre où le pêcheur trouve son 
salut. — D'après A. Vitu, il se 
peut que havre ait été employé 
pour affre, cruauté, horreur. — 
Havre ou avre , par j.d.m. de 
rang, over, supérieur. [Timmer- 

3L\NS] 

Herbe s.f. L'herbe à la vache, 
le trèfle (jeu de cartes). — Manger 
l'herbe par la racine, être enterré. 
— Herbe sainte, absinthe (plante). 



HERBIERE. 



— IbO 



HOUSTE. 



Herbière s.f. =: Femme sauvage, 
prostituée qui fait son métier dans 
les champs. 

Hérésie Q s.f. Hérésie en amour, 
pédérastie. 

Hérétique O s. m. Hérétique en 
amour, pédéraste. 

Herpe (B) s. m. Liard. 

Herplis # s. m. Liard. 

Hers O s. m. Maître. (Larchey) — 
De l'ail. Herr, monsieur. 

Hibou O s. m. = Attristé. Voleur 
qui opère la nuit. 

Hic O s. m. Voilà le hic! voilà le 
point difficile ! la difficulté. 

High-Life (le) O (angO s.m. = 
La haute v.c.m. (m, à m. la haute 
vie). Le grand monde. — a. = 
Select, distingué. 

Hirenalle (V) s.f. Le hérissement 
des cheveux. De Tang. hair, che- 
veux, et nail, clou. 

Hirondeau s. m. Atelier de 
tailleur où Ton change souvent 
d'ouvriers. 

Hirondelle s.f. (| \. Commis 
voyageur. — 2. Ouvrier tailleur, 
nomade, || Hù^ondelle de grève, 
gendarme. || Hirondelle d'hiver 

— 1. Marchand de marrons. — 2. 
Ramoneur. (| Hirondelle de la 
mort 4. Croquemort. 1| 2. Gen- 
darme qui assiste à une exécution 
capitale. || Hirondelle de ponts, ysl- 
gabond,qui couche sous les ponts. 

Hisser v.a. Appeler en sifflant. 

(Rigaud) 
Histoire s.f. Parties génitales. 

— Les histoires, les menstrues. — 
Pour; histoire de rire, pour rire. 

Hitz (V) s.pl. Cordes. En fr. his- 
ser, élever, hausser à l'aide de 
cordage. 

Homard s. m. || 1. Soldat de la 
ligne. (Delvau) || 2. Spahi. (Ri- 
gaud) — Faire cuire son homard, 
rougir = Piquer un fard. 

Homicide s. m. L'hiver (il est 



fatal aux malades et aux malheu- 
reux). 

Homme Q s. m. Mon homme, mon 
mari. — (typ.) Homme de bois, 
ouvrier qui'secondele metteur en 
pages. — Homme de qualité, sou- 
teneur. — Homme à femmes^ 
amateur de femmes. — Homme de 
paille = Prête-nom, individu res- 
ponsable d'une affaire dirigée par 
un autre. — Homme au sac, 
homme riche. — Homme sand- 
ivich, individu qui se promène 
dans les rues avec une affiche 
devant et derrière lui. — # 
Homme de lettres, faussaire. 

Hommelette s.f. Individu sans 
force, sans énergie. 

Honnête (1') # s. m. Le printemps. 

Hôpital s. m. Prison. (Vidocq) 

Hoquette (la) (B) s.f. Balle du 
gueux, qu'il portait sur le dos. 

Horizontale Q s.f. Femme ga- 
lante. 

Horloger s. m. Mont-de-piété. 
— Mettre sa montre chez l horlo- 
ger, la mettre au mont-de-piété. 

Hornangier (V) (obsc.) v.a. Coï- 
ter. — De l'esp. hoi^no, four. 

Horreurs s.f. pi. || i. Propos liber- 
tins. « Dire des horreurs. » {] 2. 
Libertinage. i( Faire des horreurs. » 

Horse-steak Q s. m. Biftek de che- 
val (ang.). 

Hosto # s. m. Prison. — Du vx fr. 
hostel, maison. 

Hôtesse (1') s.f. La Morgue. 

Hotteriau s.m. Chiffonnier, qui 
porte la hotte. 

Houillier s.m. Vendeur au ra- 
bais de gibier avarié. 

Housette s.f. Botte. — Traîne- 
cul les housettes, individu dont le 
fond de culotte tombe sur les 
talons. (Richepin) 

Houssine # s.f. Bâton. = Jean de 
VHoussine. 

Houste # adv. Filez, allez-vous-en. 



HUBIN. 



— 151 



IDEE. 



— Houste à la paille, allez-vous- 
en. 

Hubin s. m. = f/uppm. Mendiant 
disant avoir été mordu par un 
chien enragé et aller en pèleri- 
nage à Saint-Hubert. (Larchey) 

Hugrement (adv.) Beaucoup. 

Huile s.f. = Beurre. 1 1 1 . Argent. 
Il 2. Vin. — Huile blonde, bière. 

— Huile de bras ou de poignets, 
force musculaire. — Huile de co- 
trets, coups de bâton. — Jeter 
de l'huile, être bien mis, avec re- 
clierche. 

Huiler v.a. Huiler la pince à 

quelqu'un = Graisser la patte, 

donner de l'argent dans la main. 
Huileux O s. m. = Embaumé = 

Gommeux = Qui jette de Vhuile. 

Elégant prétentieux et ridicule. 
Huissier s. m. Concierge. 
Huître O s.f. H 1. Niais, imbécile. 

Il 2. Crachat. 
Huitrifier Q v.a Abrutir. 
Humecter (s') Q vpr. S'humecter 

les amygdales, boire. 
Humilié (T) 0s. m. Le dos; (il se 

courbe facilement.) 
Hunter (sport)s.m. Cheval de chasse. 

(ang.) 
Huppin s. m. Voy. Hubin. 
Hure s.f. Visage', figure. — Se 

faire ratisser la hure, se faire 

raser. 
Huré (B)0s.m. || i.Mauvaisvin. I| 

2. Huré couchant, le soleil. || 3. 



Huré Razis, évoque. H 4. Riche, 
dans Targ. des voleurs,pourAMj)p^. 
(Larchey) 

Hurepois a. Excellent. 

Hurf O a.inv. ets.m. ^ Urf=:Chic, 
V. ces m. — Bruit se produisant 
lorsqu'on absorbe une boisson, 
comme pschutt, quand on la siffle 
et qu'on la trouve délicieuse. 

[TiMMERMANS] 

Hurler O v.n. Chanter, crier. 

Hurlubier s. m. || 1. Vagabond 
(Richepin) Il 2. Idiot. |1 3. Fou ; 
Var. de hurluberlu. 

Hurme (V) s.f. La forme. — C'é- 
tait la case ou cellule du pilori ou 
du gibet de Montfaucon. — De 
l'esp. horma, forme. 

Hussard' s. m. Hussard d'ab- 
baye =z Gendarme de la guillotine 
ou de la veuve, gendarme qui 
assiste aux exécutions capitales. 
— Hussard à quatre roues, con- 
ducteur d'artillerie. 

Hussarde 0s.f. Voy. Absinthe. 

Hust-must int. lirand merci ; 
(Grandval) pour : 1 thank you 
much; (ang.) m. s. [Timmermans] 

Hydropique s.f. Femme en- 
ceinte. 

Hye (V) s.f. Membre viril, puis- 
sance virile. 

Prince planteur quand vous sauldrez la hye. 



(Villon), 



Hyer (V) v.n. Coïter. 



I désigne le cœur dans l'arg. des 
grecs. Ainsi, pour faire savoir à 
un joueur si son partenaire a 
beaucoup de cœurs dans la main, 
le compère commence une phrase 
par un I : « Il y a du monde ici 



ce soir. )> — S désigne le trèfle, 
M le pique, V le carreau. 

Icicaille=: Icigo = Igo adv. Ici . 

Idée O s.f. Une idée, un peu, un 
rien. « Une idée d'absinthe avec 
beaucoup d'anisette. » — Donner 



IGNORAMUS. — 152 — 



INFECT. 



des idées à quelqu'un, lui inspirer 
des désirs amoureux. 

Ignoramus = Ignorantin O 
s. m. Frère ignorantin, Frère de la 
Doctrine chrétienne. Par ext. du 
nom à-'Ignorantins que se don- 
naient à eux-mêmes les membres 
d'un ordre religieux fondé en 1 495 
en Portugal, et'introduiten France 
par Marie de Médicis. 

Illégitime s. 2 g. || 1. Maîtresse 
de mari. || 2. Amant de femme 
mariée. (Larchey) 

Illico O IM' adv. Immédiatement. 
— Motlat.,m.s. |I 2.s.m.Grogcon- 
fectionné en fraude dans les hô- 
pitaux. (Larchey) 

Il pleut O Formule négative. 
« Payes-tu à diner? — Il pleut. — 
// pleut à verse, jamais de la vie. 

Imberbe % a. Vierge. 

Imbiber (s') Q v.pr. Boire. 

Immense Q ^' Extraordinaire, 
(( Cest immense! » ce mot a été 
popularisé par Facteur Daubray 
dans (( La Jolie parfumeuse ». 

Immobilité Q s.f. Mercenaire de 
l'immobilité, modèle de peintre. 

Immortel Q s. m. Académicien. 
« Les quarante immortels ». 

Impair Q s. m. Bévue. — Faire un 
impair, échouer ou commettre 
une bévue. — Il n'y a pas d'im- 
pair, il n'y a pas de danger. 

Impavide Q a- Brave, (qui ne trem- 
ble jamais.) 

Impayable O a- Curieux, réussi. 

Impénétrable # s. m. Coffre-fort. 

Imper a. et s.f. |1 1. Impérial, 
(abrcv.) |1 2. Impériale d'omnibus. 

Impériale Q s.f. Barbe taillée en 
pointe sous le menton, comme la 
portait Napoléon III. 

Impossible Q a. Excentrique, ri- 
dicule. Costume impossible, cos- 
tume grotesque, ou simplement de 
mauvais goût. 

Impôt # sim. Automne. 



Impressionnisme Os. m. École de 
peinture ultra-réaliste. (Rigaud) 

ImpressionnisteO s-m • Qui fait de 
la peinture ultra-réaliste. 

Impure O s.f. Femme galante. 

Incohérent O s. et a.m. Les arts 
incohérents, le bal des incohérents,, 
l'exposition des incohérents, réu- 
nion de jeunes gens, et souvent 
d'artistes de talent qui, dans le 
seul but de rire et d'amuser le pu- 
blic, font des excentricités. 

Incommode s. m. Réverbère,, 
lanterne. La lumière gêne les- 
malfaiteurs. 

Incommodé a. Être incommodé,. 
être pris en flagrant délit. 

Inconnobré # a. Inconnu. 

Inconséquence O s.f. Légèreté de 
paroles, de conduite. 

Inconséquent Q s. m. Léger dans: 
ses paroles ou dans sa conduite, qui 
parle sans songer aux conséquen- 
ces que son langage pourrait avoir.- 

Incurable s. m. Condamné à 
mort. 

Indécrottable O ^- Incorrigible. 

Index s. m. Travailler à l'index, 
travailler à prix réduit. 

Indicateur Q s. m. Individu qui 
indique aux policiers les mauvais 
coups préparés par des malfai- 
teurs dont il est l'ami et souvent 
le complice. — Délateur. 

Indienne 9 s.f. Habits, vêtements.. 

Indifférer v.n. Ça m'indiffère, 
ça m'est égal. 

Indigent s. m. Voyageur d'im- 
périale d'omnibus. (Rigaud) 

Indompté # s. m. Coffre -fort. 

Inexpressible O s. m. Pantalon. 

Infante Q s.f. Mon infante, ma ij 
maîtresse. 1 

Infanterie s.f. Entrer dans Vin- 
fanterie, être enceinte; J.d.m. 
sur enfanter. 

Infect O ^- C'est infect! c'est mau- 
vais, c'est dégoûtant. 



INFECTADOS. 



153 — 



ITOU. 



Infectados O s. m. Cigare d'un sou. 

Inférieur Q a. Celam'est inférieur ^ 
cela m'est égal. (Rigaud) 

Infirme O a. et s.m. Homme nul, 
incapable. — Jouer comme un 

■ infirme, mal jouer. 

Influencé O ^' -E^re influencé, 
commencer à être gris. 

Ingliche == Inglichmann O s.m. 
Anglais. 

Ingrat a. Être ingrat, ne pas 
savoir voler. 

Ingre # (B) s.m. Couteau. 

Ingriste Q s.m. Peintre de recelé 
dlngres. 

Ingurgiter Q v.a. Ingurgiter son 
bilan, mourir. 

Inouïsme Q s.m. Cest ruisselant 
dlnouïsme, c'est incroyable, extra- 
ordinaire, inouï. 

Inquiétude s.f. Avoir des in- 
quiétudes dans les mollets, avoir 
envie de donner un coup de 
pied. 

Insecte s.m. || 1. Volaille. [J 2. 
Oiseau. (Rigaud) 

Inséparables O s.m.pl. ||1. Es- 
pèce de petite perruche qui ne 
peut vivre qu'étant accouplée. || 2. 
Cigares qui se vendent par deux; 
(pour 15 cent.) 

Insinuant # s.m. Apothicaire. 
(Rigaud) 

Insinuante s.f. Seringue. 

Insinuation s.f. Clystère. 

Insolpé a. et s.m. Insolent. 

Inspecteur Q s.m. Inspecteur des 
pavés 11 1. Flcàneur. || 2. Employé 
qui cherche une place. 

Inspiré s.m. Front. 

Installer (mil.) v.a. Exposer le 
fourniment pour l'inspection. 

Instantanée O s.f. Prostituée, (ses 
amours ne durent qu'un instant) 

Institutrice s.f. Maquerelle 
Matrone. 



Instruit 



a. Etre instruit, être 



adroit voleur. 



Insurgé s.m. Insurgé de Romilly,, 

étron. 

Interver % v.a. Voy. Enterver. 

InterviewQ s.m. Entrevue, (angl.) 

Interviewer Q v.a. Avoir une en- 
trevue avec une personne pour ob- 
tenir d'elle des détails sur une 
chose qu'elle connaît particuliè- 
rement, ou sur sa vie, ses habitu- 
des, sa manière de travailler. 

Intime s.m. Q (Hié.) Claqueur.. 
(Larchey) 

IntransigeantOs.nl. Homme poli- 
tique aux idées arrêtées, n'admet- 
tant aucune transaction. 

Inutile O s.m. Notaire. 

Invalidé Q s.m. Député dont 
l'élection est annulée par la Cham- 
bre. 

Invalo s.m. Invalide. 

Invite s.f. Invitation secrète. — 
Faire une invite à Vas; (expression 
du jeu de whist.) 

Ipéca (mil), s.m. Médecin; (abrév. 
d'ipécacuana.) 

Irlande n.pr.f. H 1. (enf.) En- 
voyer en Irlande! au jeu de bille, 
c'est envoyer à droite ou à gau- 
che. Il 2. # Envoyer en Irlande, 
expédier un objet de la prison. 

Ironiste Q s.m. Gouailleur, mo- 
queur, persifleur, railleur. « A 
peine quelques ironistes se sont- 
ils souvenus de l'admirable fable 
des Animaux malades de lapeste. » 
[Fr. Coppée] 

Isolage s.m. Abandon. 

Isoler # v.a. Abandonner. 

Isoloir O s.m. |i Se mettre surViso- 
loir, 4. Se séparer de ses anciens 
amis. 2. Jouer un solo. 

Italiques Q ^- et s.m.pl. (typ.). 
Avoir les jambes italiques, être 
bancal. 

Itou adv. Idem; même; aussi. 
Du lat. item, qui vient du skt. 
iti, ainsi : Dérivés fr. identifier,, 
identique. 



ITRER. 



154 -— 



JAR. 



Itrer v.a. Avoir, posséder. — Se 
conjugue sans le t : Ires-tu une 
cibige ? as-tu une cigarette ? 

Ivoire O s. m. Faire un effet 



d'ivoire, rire en faisant voir une 
jolie denture. — Taquiner Vivoire, 
jouer du piano. 



\ 



Jabot s. m. Estomac. Poitrine. 
— S'arroser le jabot, boire. — 
Faire son jabot, se bourrer de 
nourriture. Var. de gaviot. 

Caboter # v.a. et v.n. Interroger. 

Jacasse O s-f. Bavard. 

Jacasseur O s. m. Bavard. 

Jacobin # s. m. Pince à effraction. 

Jacqueline s.f. || 1. Sabre (Mi- 
chel). Il 2. # Prostituée. 

Jacques O n.d.b.m. || 1. Jacques 
Bon/iomme,le peuple français. || 2. 
Imbécile, niais. Faiî^e le Jacques, 
faire l'imbécile. || 3. Faire Jac- 
ques Déloge, s'en aller clandesti- 
nement. Il 4. #Pinceà effraction. 

Jacquets s.m". Mollets. — Grand 
Jacquot, bavard importun et sot. 

Jactage s.m.. Jactance s.f. O = 
Bagou, v.c.m. Bavardage. Ext. du 
s. fr. 

Jactation s.f. Vov. Jectigation. 

Jacter v.n. || 1. Parler. || 2. Ra- 
conter. Il 3. Crier. « Jacter un bo- 
niment. » 

Jacteur s.m. || 1. Causeur, ora- 
teur. Il 2. Bavard. 

Jaffe s.f. Soufflet. 

Jaffier % s.m. Jardin. 

Jaffîn s.m. Jardinier. 

Jaffle # s.f. Soupe. 

Jalo s.m. Chaudronnier, qui tra- 
vaille le cuivre «jaune », en ang. 

yelloW. [TiMMERMANS] 

Jambe s.f. Ça te fait une belle 
jambe, tu es bien avancé. — Jam- 
bes en coton, jambes molles. — 
Jambes en manches de veste, jam- 



bes torses. Bancal. — Faire jambe 
de vin, boire vaillamment. — S'en 
aller sur une jambe, ne prendre 
qu'un verre en passant. — Lever 
la jambe, danser le chahut, v.c.m. 
— Faire une partie de jambes 
en l'air, sacrifier à Vénus. 

Jambon s.m. |1 1. Guitare. I] 2. 
Mandoline. || 3. Cuisse. 

Jambonneau s.m. || 1. Ne plus 
avoir de chapelure sur le jambon- 
neau, n'avoir plus de cheveux sur 
la tête. Il 2. Mandoline. — Gratter 
du jambonneau, louer de la man- 
doline. 

Jambonner # v. Battre à coups 
de pied. 

Jappe s.f. Bavardage, caque- 
tage. — Avoir de la jappe, bavar- 
der. — Tais ta jappe! tais-toi. Du 
fr. japper, aboyer, fig. crier. 

Jaque s.m. Vêtement, jaquette. 
Le jaque était autrefois un vête- 
ment des hommes de guerre, le 
plus souvent fait de peau de cerf. 

Jaquette # s.f. Bavard, menteur. 

Jar s.m. = Jars. Argot. — Dévi- 
der, entraver, jaspiner le jars, par- 
ler argot. — Du fr. jars, mâle de 
l'oie. On dit le jars jargonne pour 
exprimer le cri de cet animal. 
Villon emploie le mot ger pour 
jars; parler en gier, c'était parler 
le jargon. — Dévider le jars est 
une allusion à l'expression de 
Targ. des marins ang. : to spin a 
yarn, dévider du fif, enfiler une 
longue histoire [Timmeilmans]. 



JARDIN. 



— 155 



JÉRUSALEM. 



Jardin s. m. Jardin des claqués, 
cimetière. — Faire du jardin sur 
quelqu'un, se moquer. 

Jardinage s. m. |1 4. Moquerie. 
Il 2. Médisance. 

Jardiner v.n. et v.a. Se mo- 
quer.— Jardiner qnelqu'un,\e faire 

' parler, lui faire dire ce qu'il cher- 
che à cacher. — Syn. de bêcher 

. quelqu'un, lui donner des coups 
de bec. 

« Les gonciers qui nous jardinent, 
l s'rout vraiment j'tés. » 

J. RicHEPiN, Chans. des Gueux. 

Jardineur s.m. Celui qui cher- 
che à faire parler q.q., à le faire 

avouer. 
Jardinier # s.m. Voleur. Voy. 

Charriage. — Racoleur de dupes 

(navets) pour les maisons de jeu. 
JargoUe # n.pr.f. Normandie. 

(Pays du jargon). 
Jargollier s.m. Normand. 
Jargouiller % v.n. Baragouiner. 
Jarguer Q v.n. = Dévider le jar, 

v.c.m. 
Jarnaffe # s.f. Jarretière. 
Jarret (mil.) s.m. Lever le jarret, 

marcher en colonne. 
Jarretière s.f . Gh aîné de montre. 
Jars s.m. Voy. Jar. 
Jarvillage s.m. || 1. Entretien. 

Il 2. Confidence. 
Jarviller # v.n. ]) 4. Parler. |I 2. 

Faire des confidences. 
Jasante s.f. Prière. 
Jaser v.n. Prier. 
Jaseur # s.m. Prêtre qui dit la 

messe. 
Jaspin II 1. adv. Oui. || 2. s.m. 

Bavardage. 
Jaspinage # s.m. Voy. Jaspin (2). 
Jaspinement s.m.' Aboiement. 
Jaspiner0v.a. etv.n. || 1. Causer, 

bavarder. |1 2. Aboyer — Var. de 

japper. 
Jaspineur 

2. Chien. 



s.m. Il 4. Bavard. 



Jaune # s.m. || 4. Eté. ||2. Eau- 
de-vie. Il 3. O Etrepeint en jaune, 
être trompé par sa femme. 1| 4. 
Kire jaune, c'est faire contre for- 
tune bon cœur, paraître satisfait 
quand on ne Test pas. 

Jaunet s.m. Pièce d'or. 

Jaunier s.m. Débitant d'eau- 
de-vie. 

Javanais Q s.m. Langage conven- 
tionnel qui consiste à intercaler 
dans les mots les syllabes va ou 
av. Ex : « C'est simple et facile, » 
« ce vast sivample avet façavile. » 

Javard # s.m. Lin. Il est javelé, 
mis en faisceau. 

Javotte s.f. Bavard. 

Javotter v.n. Bavarder. 

Jean de la Vigne # Crucifix. 
L'argotier appelle la vigne, la 
calvigne à rapprocher du mot 
calvaire, montagne où le Christ 
fut crucifié. 

Jean de l'Houssine # Voy. Hoiis- 
sine. 

Jean-Fesse = Jean-Foutre 
Vaurien. Canaille. 

Jean-Jean Q s.m. || 4. Nigaud, 
niais. || 2. Jeune soldat, recrue. 

Jean-qui-ne-peut | Impuissant. 

Moyqui n'ai pas le nez d'estre Jean-qui-ne-peut. 
(M. RÉGNIER, sat. XI). 

Jean-Raisin Q Vigneron. 

Jectigation s.f.' = Jactation. 
Mouvement inquiet des malades. 

Jédot (polytech.) s.m. La pluie 
(m. à m. jet d'eau). — On prétend 
que ce mot doit son origine à un 
M. Jédot, professeur de lavis. 
(Larchey) 

Non, jamais d'ia vie 

J'n'avais vu pareil j'edo^, 
Et comme j'étais sans parapluie 
Il m'eût plus plu qu'il plût plus tôt. 

Jérusalem n.pr.f. Q Lettre de Jé- 
rusalem, lettre écrite de la prison 
en vue d'extorquer de l'argent. — 

• Jérusalem-poney, âne (Slang). 



JESABEL. 



— 156 — 



JOLI-CŒUR. 



Jésabel (St-C.) n.pr.m. Ragoût. 

Jésuite s. m. \\ 1. Cafard, hypo- 
crite. Il 2. Dindon. — Les jésuites 
ont importé le dindon d'Amérique 
sous le règne de François I". 

Jésus # s. m. Il i. Petit-Jésus, 
petit enfant, innocent. |I 2. Jésus 
à quatre sous, petit enfant malin- 
gre et souffreteux, jj 3. Jeune gar- 
çon (sodomite). 

Jet s. m. Canne, jonc. 

Jetar =: Jetard s. m. Cachot, 
prison, salle de police. 

Jeté a. Etre jeté, être soûl (Ri- 

GAUDJ. 

Jetée # s.f. Mètre. 

Jeter v.a. Jeter du cœur sur du 
carreau, jeter son lest, vomir. — 
Jeter un froid, produire une im- 
pression pénible. — Jeter de la 
grille à quelqu'un, c'est lui lire sa 
condamnation. — Jeter une 
mandole, gifler. — Jeter au feu, 
dénoncer. 

Jettator Q s. m. Mot italien qui si- 
gnifie « Jeteur de sort », celui qui 
est doué du mauvais œil, supersti- 
tion généralement admise en Ita- 
lie = Comète. 

Jeu O s. m. Il 1. Etre vieux jeu, 
être en retard sur le progrès. || 2. 
Faire le jeu, (spdt-t) faire prendre 
à un cheval la tête de la course au 
début, afin d'obliger les autres à 
dépenser toute leur force et de 
permettre à un second cheval de 
la même écurie de gagner la 
course. || 3. Q Le grand jeu, chez 
les cartomanciens, le grand jeu 
detarots. || 4. Raffinements volup- 
tueux. Il 5. # Assassinat. 

Jeune O H 1- a. Pas si jeune, pas 
si bête. — Il est trop jeune, il 
manque de savoir, d'expérience. 
Il 2. Faire le jeune homme, s'amu- 
ser, sortir sans sa femme pour 
aller faire une partie de plaisir. 
Il 3. Avoir son jeune homme, son 



petit jeune homme, être gris. || 4. 
s. m. Petit d'un animal. « Un 
jeune de chien. » 

Jeune-France O n.pr.f. \\ \. On 
appelait ainsi le parti des roman- 
tiques vers 1830. || 2. Les Jeune- 
France, la jeunesse. 

Jeunesse O s.f. Jeune fille. 

Ji # adv. = Gi. Oui. 

Jicler 3= Jigler v.a. et v.n. Voy. 
Gicler. 

Jinglard s.m. Voy, Ginglard. 

Jiroble % a. = Girofle. Joli. 

Job 0s.m. Niais, benêt. — Monter 
le job à quelqu'un, le tromper. — 
Se monter le job, s'illusionner. 
« Allons donc, ce garçon-là se 
monte le job, il croit que cest 
arrivé. » (Abrév. de Jobard.) 

Jobard O s.m. = Job. Niais, ba- 
daud. Du vieux mot jobelin, lan- 
gage des jobs (voleurs) , qu'ils 
employaient pour tromper les 
jobelins, c'est-à-dire les niais 
qu'on enjobeline. 

Mais pour mieux l'enjobcliner 
Dictes-lui ce qu'il ne fut onc 

[Fai'Ce de Calbain). 

Ce mot se trouve dans la plupart 
des dict. fr., et ne se retrouve ici 
que pour expliquer ses dérivés. 

Jobarder Qv.a. Tromper, duper. 

Jobarderie Q s.f. Badauderie, 
voy. jobard. 

Jobelin % s.m. Langage qui sert à 
tromper les niais, voy. jobard. 

Jobisme Q s.m. Pauvreté, dénue- 
ment. — Résignation dans le 
malheur, ail. à Job de l'Ancien 
Testament. 

Jocko O s.m. et a. Boulanger. — 
Pain jocko, pain long. 

John-Bull O Le peuple anglais. 

Jojo a. et s.m. Joli (abrév.). — 
Faire son jojo, faire l'enfant, 
faire l'imbécile. 

Joli-cœur Q s.m. Homme douce- 



JOLIESSE. 



457 — 



JUGEOTTE. 



reux. — Faire le joli-cœur, dire 
des fadaises. 

Joliesse O s.f. Beauté. « La jo- 
liesse d'une fille. » 

Jonathan n. i)r. Q Frère Jonathan, 
le peuple des Etats-Unis. 

Jonc # s. m. Or. — Bob en jonc, 
montre en or. — Etre sur les joncs, 
être en prison. 

Joncher (V) # v.a. H 1. Dorer. || 
2. Tromper. 

Joncherie (V) # s.f. Tromperie. 

Joncheur s. m. Trompeur. 

Jonclier 0s.m. Orfèvre. (Larchey) 

Jonquille Q ^« ^^"*'* jonquille 
mari trompé, (allusion à la couleur 
de la jonquille). 

Jordonne O Madame Jordonne, 
femme autoritaire, (j.d.m.) 

Jorne # s. m. Jour. 

Joseph n.d.b. 1| 4. O Cocu. || 
2. Homme chaste. — Ne fais donc 
pas ton Joseph, ne fais pas Tinno- 
cent. Il 3. Papier Joseph, sorte de 
papier à filtrer (du nom de Tin- 
venteur Joseph Montgolfier). 

Joséphine n.d.b O Faire sa José- 
phine, faire la prude. 

Jouaillon = Jouasson O s. m. 
Joueur qui joue mal, qui ne sait 
pas jouer. 

Jouasser = Jouailler Q v.a. 
Mal jouer. 

Joue s.f.0Se ca/er /es jowes, manger. 

Jouer O ^'-^ ^^ ^'•^' Jouer de quel- 
quun, le faire marcher à sa guise. 
<( Alida joue du petit Gaston, elle 
le fait casquer dur. » — Jouer 
la fille de Vair. jouer des flûtes, 
s'en aller, s'enfuir. — Jouer des 
dominos, manger. — Jouer de 
Vorgue, ronfler. — # Jouer de la 
harpe, jouer du violon, scier des 
barreaux de fer. — Jouer du fifre, 
se passer de manger. — Jouer du 
vingt-deux, jouer du couteau, 
poignarder. — (Joueurs) Jouer le 
point de vue, voir par-dessus les 



cartes du banquier. — Jouer le 
cadavre, ne se mettre à jouer que 
lorsque la chance s'est déclarée, 
achever la ruine du perdant. 
(Larchey) 

Joufflu s. m. Voy. Giffault. 

Jouste adv. =:Juxte. Près, con- 
tre. — Lat. juxta. 

Jouvins O s. m. pi. Gants; (du nom 
d'un fabricant renommé). 

Joyeuse # s.f. Epée, rapière ; (du 
nom de l'épée de Gharlemagne.) 

Joyeux (mil.) s. m. Les joyeux. 
soldats des bataillons d'Afrique. 

C'est nous les joyeux. 

Les petits joyeux, 
Qui n'ont pas froid aux châsses, 

Lee petits joyeux, 
Qui n'ont pas froid aux yeux. 

(A. Bruant.) 

Jubile (la) s.f. Peau économisée 
par l'ouvrier gantier sur celles 
qu'on lui a confiées pour tailler 
des gants. — C'est la gratte qui 
change de nom. 

Juc (V) s. m. l'erchoir. — Lat. ju- 
gum, sommet, hauteur ; fr. jucher. 

Judacer v.a. Trahir. 

Judaïser # v.a. Voy. Judacer. 

Judas O n.pr.m. Traître. — Baiser 
de Judas, baiser hypocrite. — 
Bran de Judas, tache de rousseur. 
— Le point de Judas, le nombre 
43; (De Judas, disciple qui tra- 
hit et livra Jésus-Christ.) 

Judasser v.a. Voy. Judacer. 

Judasserie s.f. Traîtrise. 

Judée # n.pr.f. Préfecture de 
police (située autrefois dans la rue 
de Jérusalem.) 

Juge s.m. Il Juge de paix 4. 
Bâton. — 2. Jeu de cartes, tourni- 
quet de marchand de vin ; (j.d.m.) 
c'est lui qui désigne le perdant, 
celui qui paie. 

Jugeotte s.f. 114. Q Bon sens. || 
2. Jugement, opinion. — Avoir de 
la jugeotte, avoir du bon sens, du 
jugement. 



JUGULANT. 



— Vol 



LACET. 



Jugulant O a- Ennuyeux. 

Juguler O v.a. Ennuyer, impor- 
tuner. Du fr. joug, lat. jugum. 

Jules n.d.b. Tinette, pot de 
chambre. — (mil.) Tirer les oreil- 
les à Jules, porter la tinette dans 
la fosse. — Passer la jambe à Jules, 
vider la tinette qui sert aux hom- 
mes punis de salle de police. 

Jumelles # s.f.pl. Fesses. 

Jupasse == Jupière s.f. Con- 
fectionneuse de jupons. 

Juponnier s. m .Homme qui court 
après les femmes. 

Jus s. m. Il 1. Vin. 1| 2. Q Avoir du 
jus, avoir de l'élégance, du chic. 



Il 3. Jus de chique, jus de cha- 
peau, mauvais café. || 4. lionner 
du jus de bâton, battre. || 5. Jus 
de réglisse, nègre. 

Juste # s.f. La'cour d'assises. 

Juste-milieu s. m. Derrière. 

Justification (typ.) s.f. Faire la 
justification, arranger les lignes 
d'une composition selon la largeur 
du format. 

Justine | n.d.b.f. Marier Justine, 
prendre une décision subite. 

Juteux I s. m., Juteuse s.f. Elé- 
gant. Voy. Jus (2). — Excellent. 

Juxte adv. Voy. Jowsfe. 

Jy % adv. Voy. Gy. 



K 



Kangurou O s. m. Vol au kan- 
gurou, volcommis par des femmes 
dans les magasins ou aux étala- 
ges, elles cachent les objets dans 
une grande poche dissimulée sous 
la robe. Voy. Enquilleuse. 

Kaoudji s. m. (mil.) (ar. al.) 
Café. 

Kébir s. m. (mil. ar. al.) Chef de 
corps. 

Kif-kif adv. (ar. al) Pareil, équi- 
valent. =: Kif-kif houricot. 

Kilo ffî s.m. Il 1. Litre de vin. || 2. 



Faux chignon. || 3. Poser un kilo, 
faire ses besoins. 

Klebjer v.n. Manger. — Du 
slave chleba, pain. 

Krach s.m. Q = Crac {k). Malheur. 
Ruine. Effondrement d'une affaire 
ou de plusieurs affaires qui ont des 
affinités. « Le krach des cuivres 
faillit être fatal au Comptoir d'es- 
compte. » Le dictionnaire hollan- 
dais-français d'Abraham Elusse 
(1811), donne ce mot avec ce sens. 

Kyrielle s.f. Quantité. 



Labadens Q s.m. Ancien condis- 
ciple. 

Labago adv. Là-bas. 

Là-bas adv. || 1. Elle est là-bas, 
=Ala campagne, elle esta Saint- 
Lazare (prison). \\ 2. % = La 
Nouvelle, le bagne. 

Labatrock % s'm. Tabac. 



Labourer Q "^'-ïi* Préparer un 
travail. 

Lac — s.m. Etre dans le lac, être 
perdu, se trouver dans une situa- 
tion désespérée. Du fr. lacs, 
piège, on dit tenir quelqu'un dans 
ses lacs. 

Lacet s.m. \\ \ . ^ Casser son lacet 



i 



LACEUR. 



— 159 — 



LAMPISTRON. 



divorcer, action de se séparer 

Il 2. # s. m. pi. Menottes. 
Laceur # s. m. Elrangleur. — 

Gendarme. 
Lâchage s. m. Abandon. 
liâchard n^ Làcheton # s. m. 

Diamant de vitrier. 
Lâche a. et s. m. Réciter la prière 

de saint Lâche, dormir. 
Lâcher v.a. O Abandonner, 

délaisser. « Lâcher (ïun cran. » 

— Lâcher le coude : Allons, lâche- 
moi le coude, laisse-moi tranquille. 

— Lâcher la perche, la rampe, 
mourir. O Lâcher l'eau, lâcher 
récluse, uriner. — (thé.) Lâcher la 
scène, mal jouer. — Se lâcher, 
v.pr., expulser un vent. — Se lâ- 
cher d'une tournée, payer à boire. 

Lâcheur O s. m. Celui qui aban- 
donne ses amis au moment où 
ils comptent sur lui ; c'est un trou- 
ble-fête. 

Lacromuche # s. m. Maquereau. 

Lad (sport) s. m. Valet d'écurie 
(mot. ang.). 

Laffe # s.f. Soupe. 

Lago # adv. H 1. Là. || 2. Voy. 
Suint-Lago. 

Lagout 9 s. m. = Agout. Eau. 

Laigre ^ s.ï. = Lègre. Foire. (Ri- 
ga ld). 

Laine s.f. Avoir de la laine, 
avoir de l'ouvrage. — # Tirer la 
laine, voler; j.d.m. sur alênes, 
outils de voleurs. 

Laine s. m. Mouton. 

Lairrer % v.a. Assembler. 

Laisée # s.f. Prostituée (m. déf. 
pour baisée). « Et de sa /aisée dont 
il ne fout rien, moi j'en aurais fait 
une femme colosse ». (J. Riche- 
pin.) = Lèsebombe, Lésée. 

Laisser v.a. Laisser ses bottes 
quelque part, laisser fuir son ton- 
neau, mourir. — Laisser pisser le 
mérinos, attendre le moment fa- 
vorable. — Laisser tomber son 



pain dans la sauce, être malin. 

— Se laisser aller, se décourager et 
se négliger. 

Lait s. m. Lait à broder, encre; 
c'est aussi « la salive >> avec 
laquelle le prisonnier écrit entre 
les lignes à l'encre qui sont lues 
au greffe de la prison ; lorsque le 
destinaire veut faire apparaître 
l'écriture cachée, il lui suffit de 
badigeonner la lettre avec de 
l'encre ordinaire, et ensuite de la 
laver à grande eau, le procédé 
est simple et facile, un de nos 
plus habiles agents de la sûreté, 
le brigadier R, l'a exécuté devant 
nous en moins de temps qu'ils 
n'en faut pour l'expliquer. — Lait 
de cartaudier, encre d'imprimerie. 

Laïus O s. m. Discours. — Piquer un 
laïus, faire un discours. — Sécher 
le laïus, ne pas faire sa composi- 
tion en discours français. 

Lambin s. m. [| 1. Q Jeune niais. 
Il 2. (mil.) Recrue; (qui ne sait pas 
manœuvrer.) 

Lame Q s.f. Tireur émérite à 
l'épée. — Vieille lame, vieux ca- 
marade de régiment. — Fine lame, 
homme malin, spirituel. — Etre 
couché sous la lame, être enterré. 

La Mine n.pr. Le Mans. 

Lampas s. m. Gosier. 

Lampe | s.f. Verre à boire (F.- 
M.). — Il n'y a plus d'huile dans la 
lampe, il est affaibli, sur le point 
de s'éteindre; (de mourir.) 

Lampe-à-mort s. m. Buveur, 
ivrogne incorrigible. 

Lampée s.f. Gorgée. 

Lampie s.f. Repas. 

Lampion s. m. || 1. Bouteille. |1 
2. CEil. — Lampion fumeux, œil 
chassieux. — Eteindre ses lam- 
pions, dormir. || 3. Chapeau haut- 
de-forme. Il 4. Agent de police. — 
Lampion rouge, poste de police» 

Lampistron % s. m. Lanterne. 



LANGAGE. 



160 



LANTERiNE. 



XiançageO s. m. Action devancer, 
v.c.m. 

Xance s.f. || 1. Eau, pluie. || 2. 
Tuyau d'arrosage. Voy. Lancier. 
Il 3. Lance de saint Crépin, alêne 
de cordonnier. 

Lancé || 1. Légèrement pris de 
boisson. || 2. s. m. Coup de pied, 
lancé dans le vide ou sur q.q. 

Liancequine s.f. Pluie. — De 
lance. 

Lancequiner v.n. = Languiner, 
voy. Lansquiner. 

Xancequineur s. m. Voy. Lans- 
quineur. 

Lancer [j l.v.a. Omettre en relief, 
donner un renom. — Lancer une 
femme, la produire dans le monde 
galant. — Lancer son prospectus, 
attirer Tattention, se faire remar- 
quer. — (Thé.) Lancer le mot, 
accentuer un trait d'esprit. — || 2. 
O Se lancer, v.pr., s'enhardir. 
Il 3. v.n. Pisser. 

Lanceur Q s. m. Celui qui sait faire 
valoir une affaire, qui la lance. 
« Lanceur d'affaires. >• 

Lanceuse O s.f. Ancienne femme 
calante qui fait l'éducation des 
Jeunes, qui les lance. 

Lancier s. m. || 1. O ^^^s Lanciers, 
genre de quadrille à la mode sous 
le règne de Napoléon IIL || 2. 
Lancier du préfet, arroseur pu- 
blic. Il 3. Individu quelconque. 

Que quj'y foutrai dans la trompette, 
A c'iancier là, s'il vient vivant ? 

(J. RicHEPiN, Chanson des Gueux.) 

Lancinant Q a. Ennuyeux, embê- 
tant. 

Lanciner Q v.a. Ennuyer, embêter. 

Landau s. m. Landau àbaleines, 
parapluie. [Grandval] 

Landernau Q n.pr. Il y aura du 
bruit dans Landernau, on en par- 
lera, cela fera du bruit. 

Landier # || i. s.m. Employé d'oc- 
troi. 112. a. Blanc. 



Landiére s.f. Boutique de foire. 
— De Landit, foire. 

Landore # s.m. Paresseux ; pour 
Yendormi. 

Landreux a. Malade. 

Langue Q s.f. Langue verte, langage 
qui tient le milieu entre l'argot 
des voleurs et le langage popu- 
laire : c'est l'argot du peuple, lan- 
gage vert, âpre comme le fruit 
qui n'est pas mûr. — Avaler sa 
langue, mourir. — Donner sa 
langue au chat, renoncer à devi- 
ner. — Langue fourrée, u miscere 
linguas osculando. » (obsc.) 

Languilleur Q s.m. Individu qui 
examine la langue des porcs aux 
abattoirs afin de s'assurer s'ils 
sont sains. 

Languiner 9 v.n. = Lancequiner 
= Lansquiner || 1. Pleuvoir. 
Il 2. Pleurer. 

Lanlaire adv. Q Envoyer faire 
lanlaire, envoyer promener. 

Lansquailler % \.n.=:Lascailler 
= Lescailler. Uriner. 

Lansque Q s.m. Lansquenet, 
(abrév.) 

Lansquinage s.m. 1] 1. Arro- 
sage. Il 2. Pluie. Il 3. Pleurs. 

Lansquine Q s.f. =: Lance- 
quine. Eau, pluie. 

Lansquiner v.n. = Lancequiner 
= Languiner. \\ 1. Arroser, mouil- 
ler. Il 2. Pleuvoir. || 3. Lansquiner 
{des châsses), pleurer. 

Lansquineur s.m. = Lance- 
quineur. Arroseur. — Lansqui' 
neur du rif, pompier. 

Lanterne (G) s.f. || 1. • Fenê- 
tre. Entroller à la lanterne, volei 
en s'introduisant par la fenêtre. 
Il 2. Œil. Il 3. Ventre. — Avoir 
la lanterne, se taper sur la lan- 
terne, avoir faim, le ventre 
creux comme une lanterne. \\ 4:" 
Vieille femme galante. || 5. RadoU' 
ber la lanternet bavarder. 



LANTERNER. 



161 



LARTON. 



Xanterner Q v.n. Attendre, faire 
attendre. <( Il m'a lanterné pen- 
dant six mois avant de se décider.» 
Du fr. lent, par j.d.m. sur lan- 
terne. 

X.antifière = Lafierotte # s.f. La 
Préfecture de Police. 

Xiantiméche s. m. Père Lanti- 
mèche, allumeur de becs de gaz 
(Pour Vanti-mèche). 

Lantiponer v.n. || 1. Attendre. 
Il 2. Bavarder. 

Lanturlu O s. m. Hurluberlu. 

Laouth s. m. (ar.al.) Cheval. 
XapinQ s. m. Poster un lapin, ne pas 
aller à un rendez-vous. — Ne pas 
payer les faveurs d'une fille ga- 
lante. — # Lapin ferré, gendarme 
à cheval. — O f^'* *'wde lapin, un 
homme fort, courageux. — Cest 
un fameux lapin (par iro.), c'est 
un homme de peu de valeur. — 
Lapin de gouttière, chat. — Etouf- 
fer un lapin, ne pas sonner l'en- 
trée d'un voyageur dans l'om- 
nibus. — Sentir le lapin, sentir 
des aisselles. — (Tvp.) Manger 
un lapin, aller à ^enterrement 
d'un camarade. — Un lapin, un 
pédéraste. 

Larante 0s. f. Pièce de deux francs, 
corrup. de quarante (sous). 

Larantque % a.n. Quarante, m. 
déf. 

Larbin s. m. [1 1. Domestique. 
Il 2. Valet de cartes. — Suce-lar- 
bins, bureau de placement. 

Larçon % s. m. Poche de pantalon. 

Larcottier # s. m. = Larguottier. 
Paillard, coureur de filles. 

Lard s.m. Q Se faire du lard, 
rester au lit. — Engraisser. — 
Perdre son lard, maigrir. — Faire 
son lard, se rengorger. — Sauver 
son lard, éviter un danger. 
Manger du lard, trahir ses com- 
.plices. — Un lard, une fille qui a 
un souteneur. « Mon lard est fait », 



« ma femme est arrêtée. » — 
Couenne de lard, brosse. 

Lardée (typ.) s. et a.f. Composition 
lardée, composition faite de ca- 
ractères différents. 

Larder Q ^'•^- Larder quelqu'un^ 
le percer d'un coup de pointe. — 
Se faire larder, recevoir un coup 
de couteau. 

Lardoire Q s.f. Epée. 

Lardon # s.m. =: Petit salé. En- 
fant. 

Large jj ^ . O f^- <iénéreux. — Il 
est large des épaules, il est avare. 

— Ne pas en mener large, être 
dans une position critique, mal à 
son aise, jj 2. Du large! place ! 

Largonji s.m. Jargon, (m. déf.) 

— Le largonji, c'est le jargon à 
l'aide de mots déformés. Ex. : Le 
largonji des louchersbem, le jargon 
des bouchers. 

Largue 9 s.f. = Largue. Femme 
de voleur. — Largue d'altèque, 
jeune femme jolie. — Largue 
girofle, jolie femme. — Largue en 
panne, femme délaissée. — Lar- 
gue en vidange, femme en cou- 
che. — Largue capée, fille publi- 
que entretenant un voleur. Cor- 
rupt. de Marque que l'on trouve 
dans Villon, m. s. 

Larguepé s.f. Prostituée. 

Larguottier # s.m. Voy. Lar- 
cottier. 

Larme (typ.) s.f. -Larme du compo- 
siteur, virgule. 

Larnac 9 s.m. = Arnache. Agent 
de police. 

Larque # s.f. Voy. Largue. 

Lartie =r Lartif = Lartille = 
Larton # s.m. Pain. — Larton 
brutal, pain noir, (brut). Larton 
savonné, pain blanc. — Lartille à 
plafond, pâté, vol-au-vent. 

Lartin # s.m. Mendiant. [Grand- 
val.] 

Larton # s.m. Voy. Lartie^ etc. 

il 



LARTONNIER. 



i62 



LÈGRE. 



Lartonnier # s. m. Boulanger. 
Voy. Lartie, etc. 

Lascailler v.n. = Lansquailler. 
Pisser, [(^uandval.j 

Lascar (mil.) s. m. || 1.0Fantassin. 
Il 2. Homme rusé, malin. — DeTar. 
ei askar, mol plus ou moins cor- 
rompu, rapporté d'Afrique par 
nos soldats. 

Latif # s. m. r^:: Lattifc. Linge 
propre. Il atliffe, il pare. 

Latin # s. m. Argot. — Parler la- 
tin, parler argot 

Latte (mil.) s.f. Sabre de cavalerie. 

Lattife s. m. Voy. Latif. 

Laumir v.a. Perdre. — Ang. 
to lose, m. s. 

Laure # s.f. Lupanar. Du bas lat. 
laura, monastère. 

Lavabe s. m. Billet de théâtre, 
contremarque. 

Lavage s. m. =: Lessivage = 
Lessive. Vente au rabais, en solde. 

— Faire un lavage, se débarrasser 
de marchandises ou d'objets en- 
combrants ou inutiles. 

Lavasse s.f. || i. Mauvaise bois- 
son. « C'est de la lavasse. » 
. Il 2. Soupe dans les prisons. — 
Lavasse ministérielle, soupe grasse. 

Lavement s. m. Personnage 
ennuyeux. — Lavement au verre 
pilé, verre d'eau-de-vie. 

Laver v.a. = Lessiver, Ven- 
dre. — Laver ses frusques, ven- 
dre ses vêtements. — Laver son 
linge, purger une condamnation. 

— Laver son linge sale en famille, 
se disputer ou se dire des choses 
désagréables chez soi, de façon 
qu'on ne les entende pas. — Allez 
vous laver, allez vous promener. 

— # v.pr. Se laver, se confesser; 
avouer. — # Se laver les pieds, 
aller à la Nouvelle-Calédonie, aux 
travaux forcés. — Se laver le 
tuyau, boire. 

Laveter v.n. Bavarder. 



Af] 


CI) 


EF 


G H 


I J 


KL 


M.N 


ÔP 


ÛK 


NST/ 
U\VxY 



Laveteur s. m. Bavard. 

Lavette s.f. Langue. — Quelle 
lavette! quelle langue, quel ba- 
vard ! 

Lavoir s. m. Confessionnal. 

Lazagne s.f. Lettre. Balancer 
une lazagne, envoyer une lettre. 
— Holl. lezing, lecture [Timmer- 
MANS.] — La- 
zagne à res- 
torgne, lettre en 
cryptographie. 
Les malfaiteurs 
ontmillemoyens 
de correspondre 
secrètement. 
Voici un des plus 
simples ; deux 
traits horizon- 
taux traversés 

par deux traits verticaux, au-des- 
sous, deux traits en X- Dans 
chacune des figures formées deux 
lettres de l'alphabet en suivant 
leur ordre ordinaire. Ex. : la let- 
tre A, se trouve dans la figure __| 
la lettre B, dans la même figure 
et pour la distinguer de l'A, on 
ajoute un point à l'intérieur .j ,. 
on écrira ainsi le mot ADIEU : 

JLIDL>. 

Lazaro % s. m.. Saint-Lazare (pri- 
son.) 

Lazzi-lofT s. m. Maladie véné- 
rienne. [ViDOCQ,] 

Leader Q s. m. || 1. Principal ora- 
teur d'un parti politique, [j 2. 
Porte-parole. 

Lèche-cul s. m. Vil flatteur. 

Lécher v.a. O IM- Peindre trop 
minutieusement. [Delvau.] I| 2. 
Il ne s'est pas engraissé à lécher 
les murs,ï\ aime à bien se nourrir. 

Lécheur s. m. Embrasseur. 

Légitime Q s. 2 g. Mon ou ma lé- 
gitime, mon mari ou ma femme. 
— Manger sa légitime, se ruiner. 

Lègre # s.f. Voy. Laigre, 



LÉGRIER. 



— 163 



LIE. 



Légrier s. m. Marchand forain. 

Lég^ume s. m. (mil.) Gros légume, 
oflicier supérieur. — Etre dans 
les IcgumtSy être inlluent, être 
parmi les personnages de marque. 

Legumiste s. m. Végétarien. 

Lemice-TerrieuxO n.pr.m. Nom 
donné au farceur anonyme qui 
adresse aux journaux de fausses 
nouvelles à sensation dans le but 
de mystifier le public ou les inté- 
ressés, (j.d.m.) 

Lentille s.f. || i. Volée de coups. 
[Larchky.] Il 2. Punaise. |j 'S. Grosse 
lentille, la Lune. 

Léon # n.d.b. Président de la 
cour d'assises. 

Lermon # s. m. Elain. 

Lermoner v. Etamer. 

Lesbienne Q s.f. Voy. Gougnotte. 

Lésebombe= Lésée # s.f. Fille 
j)uhlique. Voy. Laisée. 

Lésinage s. m. Lésinerie, éco- 
nomie excessive. 

Lésiner0v.n. Hésiter. —Ext. du s.fr. 

Lésineur % s. m. Poltron. 

Lessivage Q s. m. Voy. Lavage. 

Lessive % s.f. jj 1. Plaidoyer. 
Il 2.0 Changement, amélioration, 
rénovation. « M. Clovis Hugues 
nous en promet : Le battoir qu'il 
faut à la grande lessive est au 
lavoir. » || 3. = Lavage^ v.c.m. 
Il 4. Lessive de Gascon, retourner 
son linge sale, s'emploie au fig. 
« Le gouvernement et la majorité 
viennent de retourner leur che- 
mise et de faire, comme on dit, 
la lessive du Gascon.» [Fr. Coppée.] 

Lessiver v.a. jj 1. Voy. Laver, 
Il 2. # Défendre. =3. Dévaliser. 
— Lessiver un pante, dévaliser un 
bourgeois. 

Lessiveur # s. m. Avocat. 

Lest O s.m. Jeter son lest, vomir. 

Leuxdé # a.n. Deux. — Leuxdê du 
wdmepieM, jumeaux, (m. à m. deux 
du môme lit.) 



Levage Q s. m. Liaison galante 
facilement contractée, u Faire un 
levage aux Folies-Bergère. » 

Levée Q s.f. Arrestation. 

Lève-pieds # s. m. Escalier, 
échelle. 

Lever v.a. || 1. Voler. — Lever 
un pante, voler un naïf. || 2. = 
Faire un levage, v.c.m. || 3. Lever 
le pied, s'enfuir. || 4. Prendra 
possession d'une valeur cotée à 
Bourse. [Rigaud.] || o.(Typ.) Lever 
les petits clous, lever la lettre, 
composer. || 6. # Arrêter. — Etre 
levé, être découvert. || 7. Q s. m. 
Lever-de-rideau, pièce de peu d'im - 
portance que l'on joue au com- 
mencement d'un spectacle. 

Leveur (typ.) || i.Bon leveur, com- 
positeur' habile. 1| 2. % Voleur à 
la tire. 

Levier s.m. Evier. 

Levure s.f. Fuite. — Pratiquer 
une levure, s'enfuir, (m. à m. lever 
le pied.) 

Lexicon s.m. Q Caniche, (j.d.m. 
obsc.) 

Lézard s.m. || 1. O Paresseux. — 
Faire le lézard, se coucher au so- 
leil. Il 2. # Voleur de chiens. 

Lézarder 0\.n. Paresser, tlàner. 

Lézine # s.f. Tricherie, 

Léziner % v.a. et v.n. Tricher. 

Lians (B) % s.m. Bras. 

Lice % s.f. Bas de soie. 

Lichade s.f. |1 1. Embrassade. 
Il 2. Régalade. 

Lichard0s.m. = Lic/ieî^î', buveur. 

Liche 11 1. s.f. Etre tn lichf^, 
être en noce. |1 2. # a. Ivre. 

Licber0 v.n. || 1. Boire. || 2. v.pr. 
Se licher la pomme, s'embrasser. 

Lichette s.f. Petite quantité, 
petit morceau. 

Licheur s.m. = Lichard, bu- 
veur. 

Lie s f. Lie de froment, excré- 
ment. 



LIÈGE. 



— 164 — 



LINCEUL. 



Liège s. m. Gendarme (celui qui 
ligotte.) 

Liettes (B) s.f.pl. Aiguillettes. 

Lièvre s. m. Lièvre de gouttière, 
chat. 

Lignante (B) O s.f. La vie. 

Lignard s.m. |i 1. Soldat d'in- 
fanterie de la ligne. || 2. (Typ.) 
Compositeur qui ne fait que des 
lignes de texte, de la composi- 
tion courante. |1 3. (Journ.) Repor- 
ter payé à la ligne. 

Ligne Q s.f. Tirer à la ligne, al- 
longer à plaisir un article payé à 
la ligne; le rédacteur s'appelle 
pêcheur à la ligne. — Pêcher à la 
ligne d'argent, acheter du poisson 
et faire croire qu'on l'a péché. 
— Avoir la ligne, avoir un profil 
pur dans ses contours. — ^Typ.) 
Lignes à voleur, lignes trop blan- 
chies à dessein, de façon qu'il ne 
reste qu'un mot pour terminer 
l'alinéa par une ligne nouvelle 
payée comme entière. 

Lignotte # s.f. Voy. Ligottante. 

Ligore % s.f. Cour d'assises. 

Ligorniau s.m. Homme qui sert 
les maçons. — Paysan, homme 
grossier: «Va donc, hé ! ligorniau ! » 

Ligots (B) % s.m. Jarretières. 

Ligottage O s.m. Action de ligot- 
ter. 

Ligottante = Ligotte # s.f. = 
Lignotte. || 1. Corde pour lier les 
poignets des malfaiteurs. ||2. Li- 
gotte riflarde ou de rifle, camisole 
de force. 

Ligotter O • v.a. |) 1. Attacher les 
mains. 112. Attacher, lier forte- 

. ment. « Renard ordonna à ses 
complices de ligotter le concierge 
sur sa chaise. » 

LigotteurO s.m. Celui qui ligotte. 
Voy. Ligotter. 

Lillange # n.pr. Lille. 

Lillois s.m. Fil à coudre. — 
On fabrique beaucoup de fil à 



coudre à Lille ou aux environs. 

Limace % s.f. || 1. Chemise. 
« En faisant son affaire sans 
limace, on ne laisse pas de j)ièces 
à conviction près du machabée, el 
on n'a pas de raisiné sur sa 
pelure » [V Assassin nu, J. Riche- 
pin.) Il 2. Prostituée de bas étage. 

Limacier % s.m. Chemisier. 

Limande s.f. Femme maigre. — 
Faire la limande, s'aplatir de- 
vant q.q. 

Limans (B) % s. m. pi. Linceuls ou 
draps de lit. Voy. Linceul. 

Limasse % s.f. Voy. Limace = Lime 

Lime (B) s.f. || 1. Voy. Limace 
(1). Du vx fr. lime, m. s. au xiV" s. 
lat. limus, cotte. = Limasse\\2. 
Lime sourde, sournois. 

Limer v.n. Opérer lentement. 
(obsc.) 

Limeur s.m. Celui qui lime. 
Voy. Limer. 

Limogère # s. f. Femme de cham- 
bre. 

Limonade s.f. [I 1. Eau. — Se 
plaquer dans la limonade, se jeter 
à l'eau. — 1 1 2. Etre ou tomber dans 
la limonade, être ruiné, tomber 
dans la misère. || 3. # Assiette. 
Il 4. Gilet de flanelle; de lime. 

Limonadier s.m. Limoriadier 
de postérieurs, infirmier. 

Limousin s.m. Maçon, (beau- 
coup de maçons sont Limousins.) 

Limousine s.f.Plomb en feuilles. 

Limousineur % s.m. Ouvrier cou- 
vreur qui vole des feuilles de 
plomb et se les enroule autour 
du corps. 

Limousinier s.m. Entrepreneur 
de maçonnerie. 

Linceul % s.m. Drap de lit. = Li- 
mans. Du vx fr. linceux m. s. 

Disant cecy, toujours son lit elle brassoit, 
Elles linceuls trop courts par les pieds liras- 

[soit. 
(M. Régnier, sat. xi.) 



LINGE. 



16o — 



LONGUE. 



Linge # s. m. || 4. Joueur de bonne- 
teau. Il 2. Prostituée élégante. — 
Avoir son linge lavé, être arrêté. 

— O Avoir du linge, avoir de la 
toilette. 

Linge O ^- -E'^^ linge, avoir de la 

toilette, être bien mis. 
Lingre # s. m. =: Lingue, couteau. 

De Vingre (B), m. s. mot qui n'a 

aucun rapport avec Langres, ville 

où Ton fabrique de la coutellerie. 
Lingrer # v.a. ■= Linguer. Donner 

des coups de couteau. Voy. Lingre. 
Lingrerie # s.f. Fabrique de 

couteaux. Voy. Lingre. 
Lingriot s. m. Canif, (dim. de 

lingre.) 
Lingue # s.m. = Lingre. Couteau. 

— Jouer du lingue = Lingrer, 
v.c.m. De ingre (B), couteau. 

Linguer # v.a. Voy. Lingrer. 

Linquec # a.n. Cinq. (m. déf.) 

Linsprë # s. m. Prince, (m. déf.) 

Linvé s. m. Un franc; (pour 
linvé londrès, vingt ronds, m . déf.) 

Lion O s. m. Le lion du jour, 
riiomme dont le public s'occupe 
momentanément, qui a une noto- 
riété quelconque, môme dans le 
crime. 

Lionceau Q s. m. Jeune élégant 
ridicule. 

Lipëte s.f. Prostituée gour- 
mande. 

Lipette s. m. Maçon qui fait des 
ouvrages grossiers. 

Lipper v.n. Manger et boire. 

Liquette # s.f. Chemise. — Dé- 
carrer le centre des liquettes, dé- 
marquer les chemises. 

Lire v.n. Lire aux astres, béer 
aux corneilles. — Savoir lire, 
être expérimenté dans le vol. 

Lisdré # a.n. Dix. — Un lisdré 
s. m. dix sous. (m. déf.) 

Lisette || 1. O n.d.b.f. Pas de ça 
Lisette, formule négative. || 2. # 
s.f. Gilet, veste. 



Lit s. m. Etre sous le lit, se 
tromper. 

Litrée O s.f. Un litre de vin. 

Litrer v.a. || 1. Contenir, [j 2. 
Posséder. (Larchey.) 

Litron s. m. Litre. 

Locadier # s.m. Portier, celui 
qui lire le loquet. 

Locandier ^ s.m. Voleur qui, 
sous prétexte de visiter un loge- 
ment pour le « louer », prend ce 
qu'il peut. 

Locatis O s.m. Mauvaise voiture 
de louage. 

Loche s.f. Il 1. # Oreille. (allus. de 
forme.) || 2. Paresseux, (mou 
comme une loche.) 

Locher II \. v.n. Chanceler. — 
Faire comme celui qui aurait une 
luxation. [Timmermans.] || 2. # v.a. 
et v.n. Ecouter. — Ail. lauschen^ 

m. s. [TiMMERMANS.] 

Lofât =1 Loffe = Loffiat s.m. 
Il i . Apprenti. — Innocent. 1| 2. a. 
Niais. — Maladroit, jj 3. # a. 
Faux, mauvais. = Lophe. 

Loffîtude s.f. Naïveté. — Bo- 
nisseur ou soliceur de loffitudes, 
saltimbanque qui fait le boni- 
ment. 

Loir s.m. Prison. 

Loivre a. et s.m. Saoul: «Il est 
loivre ». Ivrogne, « Quel loivre! » 
Déf. de poivre, v.c.m. 

Lolo O s.m. Lait. 

Lone # s.m. Sergent de ville. 

Long # s.m. || 1. Niais, imbécile. 
Il 2. Dupe. (Grandval). 

Longe # s.f. = Longue. Année de 
prison. — Tirer une longe, faire 
un an de prison. 

Longé a. = Lougé. Vieux, an- 
cien, âgé. 

Longie s.f. Femme noncha- 
lante. 

Longin = Saint-Longin =:Lon- 
gis s.m. Lent. 

Longue# s.f. Voy. Longe. 



LONGUETTE. 



LOUP. 



Longuette # s.f. Longuette de trè- 
fle, tabac à chiquer. 

Lontou # n.pr. Toulon, (ana- 
gramme.) 

Lophe # a. Voy. Loffat (3). 

Lopin s. m. Crachat. 

Loques s.f.pl. Boutons de pan- 
talon en cuivre. 

Loqueur s. m. Dénonciateur. 

Lordant s. m. Portier. De lourde 
v.c.m. 

Lorette s.f. Q Nom donné aux fem- 
mes galantes vers 1840; le quar- 
tier de Notre-Dame-de-Lorette en 
logeait un grand nombre. 

Lorgne s. m. || 1. Borgne. || 2. 
As. (cartes). || 3. Anus. 

Lorgnette s.f. Trou de serrure. 

Lot s. m. Gros lot, mal vénérien. 

Lou O s. m. Voy. Loup. 

Louasve # a. et s. m. Ivrogne. 

— Faire un louasve, voler un 
ivrogne. — Aller, du mot saoul. 

Louba # s. m. Enfant. 
Loubion s. m. Bonnet. 
Loubionnier # s. m. Bonnetier. 

Voy. Loubion. 
Louchants (B) s. m. pi. Yeux. 
Louche s.f. Il 1. = Luche. Main. 

— Serrer la louche, serrer la main. 
Il 2. Police. — La louche re- 
nifle, la police est sur la trace. 

Louchée s.f. Cuillerée. 

Loucher v.n. Regarder de tra- 
vers, en dessous, avec dé- 
fiance, etc., reluquer. — Loucher 
de la bouche, faire la grimace en 
riant. — Loucher de Vépaule, être 
bossu. — Loucher de la jambe, 
boiter. — Faire loucher quelqu'un, 
attirer son attention. — Faire 
loucher, mécontenter. — Ça te fait 
loucher, ça te contrarie. 

Loucherbem s. m. Boucher ; 
mot de largonji. 

Louchettes(B)# s.f.pl. Les étoiles. 

Louchon s. m. Individu qui louche. 

Louchonne s.f. ||1. La lune. 



Il 2. Cuillère, du fr. louche, cuil- 
lère à pot. 

Loudière s.f. Paillarde, (vx.) 

Louffe s.f. Vesse. 

Loufifer v.n. Vesser. — Ail. 
Luft, air. 

Louffiat s. m. Grossier, goujat. 

Louflon (F. -M.) s. m. Voy. Louve- 
teau. 

Louf-Louf s. m. Mon gros louf- 
louf, mot d'amitié. 

Loufoque a. Aliéné, fou. Mot 
déf. avec le suffixe oque. — Ma- 
niaque, monomane. 

Elle se moque 
Et rit tout bas 
Du vieux loufoque 
Qui suit ses pas. 
(Parisienne, Victor Mecsy). 

Louftot (F. -M.) s. m. Voy. Louve- 
teau. 

Lougé a. Voy. Longé. 

Louis n.pr.f. ]| 1. Maîtresse. || 2. 
Prostituée qui a un souteneur. 

J'veux pas ch'linguer la peinture, 
Quand j'suc' la pomme à ma Louis, 

(Chanson des Gueux, J. Kichkpit?.) 

Il 3. Fille publique. Abrév. de 
Louis XV ; « souvent, dans les 
maisons publiques, les filles se 
poudrent la tête et se posent des 
mouches à la mode du siècle der- 
nier. » (J. RiCHEPIN.) 

Louisette = Petite Louison 

s.f. Guillotine. 

Loulou O s. m. Mol d'amitié. 

Louloutte O s.f. Première dent 
d'un enfant. 

Loup O © s.m. = Lou. || 1. Bévue, 
faute, erreur. — Faire un loup, 
se tromper, faire une sottise. || 2. 
Lacune dans un manuscrit. || 3. 
Dans Targ. des tailleurs, pièce 
manquée bu mal faite. || 4. Dette. 
— Créancier. || 5. (thé.) Froid de 
loup, moment où la scène est 
inoccupée. J| 6. Avoir vu le loup, 
être initiée aux mystères de l'a- 
mour. — \oy. Louter, 



LOUPAGE. 



167 



LUNE. 



Loupage0s.m. Voy. Loupe. 
Loupate s. m. Pou. (m. déf.) 
Loupe s.f. Il i. Paresse, fainéan- 
tise. Flânerie. 

C'est nons qu'est les ch'valiers d'hi loupe. 
Cour uc rien fair' nous nous Iiàtons. 

{Chanson des Gueux.) 

Loupel # s. m. || 1. Pouilleux, 
(m. déf.) Il 2. Avare; ext. du s. 
précéd. 

Louper v.a. Flâner, (vaguer 
comme le loup.) 

Loupeur = Loupiat s. m. || 1. 
Flâneur. Celui qui travaille len- 
tement comme l'ouvrier qui tra- 
vaille à la « loupe.» [Littré.] 1| 2. 
Rôdeur. 

Loupiau = Loupiot a. et s. m. 
Il 1. Jeune. ||2. Enfant. 

Loupion s. m. Chapeau 
(l'homme. 

Lourdaut s. m. Voy. Lourdicr. 

Lourde s.f. || 1. % Porte. Ce mot 
doit remonter à Tépoque où les 
portes se levaient. [Ch. Toubin.] 
i! 2. Hôtel garni. 

Lourdeau s. m. Voy. Loustaud. 

Lourdier s. m., Lourdiëre s.f. = 
Lourdaut Portier, concierge. 
Voy. Lourde (1). 

Lousqué % Sou. (m. déf.) 

Lousse # s.f.La gendarmerie; (elle 
louche, elle reluque.) 

Loustaud =: Lousteau = Lousto 
s. m. = Lourdeau. || 1. Le dia- 
ble. — Envoyer à loustaud, en- 
voyer au diable. || 2. Aller à lous- 
taud, aller en prison. 

Louter v.a. Mal travailler. — 
Louter une pièce = Faire un loup, 
v.c.m., manquer une pièce. 

Louveteau (F. -M.) s. m. = Louflon 
= Louftot = Louveton. Fils de 
franc-maçon. 

Louvetier s. m. Individu en- 
detté. 

Louveton O s. m. Voy. Louveteau. 

ILuans (V, B) s.m.pl."]! 1. Yeux.— 
1 



De lucerc, éclairer. || 2. Dés à 
jouer; par ext. du sens précédent. 

On polua des luans bas et hault. 

(VlIXON.) 

Ces luans étaient les dés qu'on 
agitait de bas en haut avant de 
les jeter, et dont les points noirs 
ressemblent à des yeux. 

Lubre # a. Lugubre. (Richkpin.) 

Luc s. m. En renversant le mot, on 
en trouve la traduction. « Bon- 
jour, Luc. )) 

Lucarne s.f. = Monocle. Lor- 
gnon. — Crever sa lucarne, casser 
son lorgnon. 

Luche % s.f. Voy. Louche. 

Luchebem s. m. Houcher. 

Lucques % s. m. pi. Voy. Lutiues. 

Luctrème s. m. Fausse clé. — 
Filer le luctrème, introduire une 
fausse clé dans une serrure. 

Luer (V) v.a. || 1. Eclairer. ||"2. 
Voir. — Luer au bec, faire atten- 
tion. — Du lat. lucere, luire. 

Luire # s. m. et a. || l.Le cerveau. 
(Larchey.)||2. Joli. [Id.) 

Luis # s. m. Voy. Luisant (1). 

Luisant # s. m. || 1. := Luis = 
Lulsard =^ Luysard. Le soleil. || 2. 
Le jour. || 3. Luisants, sou- 
liers vernis. Il k.=:Gommeux,é\é- 
gant prétentieux. 

Luisante = Luisarde # s.f. || i, 
La lune. || 2. Etoile. I| 3. La nuit. 
(par antithèse.) jj 4. Fenêtre. 

Luisard Voy. Luisant (1). 

Lumignon # s. m. Le grand lumi- 
gnon, le soleil. 

Lunch Os. m. (angl.) Collation. 

Luncher O v.n. Faire un lunch, 
v.c.m. 

Lundiste O s. m. Critique de 
théâtres qui publie un article le 
lundi. 

Lune s.f. Derrière. — Avoir ses 
lunes, être de mauvaise humeur. 
— Pleine lune, figure bouffie. — 



LUNETTE. 



168 — 



MACHABÉE. 



Lune à douze quartiers, la roue, 

instrumentde supplice. — OJ'*'<ï"'^ 
un trou â la lune, faire faillite. 
Lunette O s.f. Passer en lu- 
nette, tromper, nuire. — Etre 
passé en lunette, avoir fait faillite. 

(RiGAUD.) 

Luques = Liuquets # s. m. pi. = 

Lucques. || 1. Faux papiers. || 2. 
Faux certificats. |1 3. Images. 
(Grandval.) 

Liurelure aclv. Au hasard. 

Lurette Q s.f. Il y a belle lurette 
que, il y a longtemps que. 

Luron # s. m. Hostie. — Avaler 
le luron, communier. 

Lusignante s.f. Amante, maî- 
tresse. (RiGAUD.) 

Lusquin # s. m. Charbon. 



Lusquines 9 s.f.pl. Gendres. 

Lustre s. m. || 1. (thé.) Q Les che- 
valiers du lustre, la. claque. H 2. # 
Juge. 

Lustrer # v.a. et v.n. Juger. 

Lustucru s. m. Niais, imbécile. 
— J.d.m. : a V eusses-tu cru? y^ 

Luysard # s. m. Voy. Luisant (1). 

Lycée s. m. Prison. 

Lycéen % s. m. Détenu, prison- 
nier. 

Lyncher v.a. Appliquer la loi de 
Lynch, c'est-à-dire mettre à mort, 
sans jugement, un meurtrier pris 
sur le fait. 

Lyonnaise # s.f. Soierie. — Etre à 
la lyonnaise, porter une robe de 
soie. 



M 



M désigne le pique dans Targ. 
des grecs. Voy. I. 

Maboul s. m. = Loufoque. To- 
qué, fou, crétin. 

Maboulisme s. m. Grétinisme, 
imbécillité. 

Mac s. m. Abrév. de maquereau. 
Souteneur. 

Maca s. t. Mère maca, patronne 
de maison publique. — Maca suif- 
fée, riche maquerelle. 

Macabée. Voy. Machabée. 

Macabre (la) s. m. La mort. 

Macach int. = Zut, v.c.m. — 
Macach bono. Yoy. Kifkifbourico. 
(Ar. Alg.) 

Macadam Q s. m. Vin blanc 
doux, (allus. de couleur.) — Faii^e 
le macadam = Faire le boulevard, 
se dit des femmes galantes qui y 
exercent leur profession. 

Macaire Q n.pr. Filou affectant 
des manières distinguées = Ro- 



bert-Macaire, nom d'un person- 
nage créé par Frederick Lemaître 
dans VAube7'ge des Adrets. 

Macaron # s. m. || 1. Délateur. |I 2.. 
Huissier.(allus.à ses panonceaux.) 

Macaronage # s. m. Délation. 

Macaroner v.a. Trahir. — Se 
macaroner\.pr. Se sauver, (j.d.m. 
filer comme le macaroni.) 

Macaroni s.m.Q H 1. Italien. || 2. 
La rente italienne : u Le macaroni 
a baissé. » 

Macédoine s.f. Combustible,, 
briquettes, (arg. de mécan. de ch. 
de fer.) 

Mac-Farlane Q s. m. Pardessus 
sans manches avec pèlerine, (mot 

Machabée s.m. [| i. Cadavre; 
(en général.) — Noyé ; (plus spé- 
cialement.) — Charogne. I| 2. Juif. 
Il 3. Malade, (arg. des infirmiers 
milit.) II 4. Souteneur. 



MACHABER. 



— 169 — 



MAIN. 



Machaber v.n. Mourir. 

Mâcher Q v.n. <( Il ne Va pas mâ- 
che, » « il a dit cela crûment. » 

Machicot s. m. = Vieille mâ- 
choire, joueur maladroit. 

Mâchicoulis s. m. Subterfuges. 

Machin Q s. m. Personne ou objet 
dont on ne se rappelle pas le 
nom. — Monsieur Machin = Mon- 
sieur Chose : « Passe-moi le ma- 
chin. — Quel machin? — Tu sais 
bien, le chose. — Ah! oui,... le 
marteau. » 

Machine s.f.Q CKuvre dramatique. 

— Grande machine, pièce à sj)ec- 
lacle, féerie. « Napoléon, cette 
i;rande machine, décorée du nom 
pompeux d'épopée nationale. » 

— Machine à moulures, der- 
rière. 

Machinette Q s.f. Œuvre de peu 
d'importance. 

Mâchoire Q s.f. et a. Vieux, su- 
ranné. — Vieille mâchoire = Ma- 
chicot, incapable, imbécile. 

Maçon s. m. Pain de quatre 
livres. [Larciiey.] 

Maçonne s.f. Araignée. 

Macquart s. m. Voy. Maquart. 

Macque s. m. Voy. Mac. 

Macquiller (V) 0v'a. = Maquil- 
ler, v.c.m. Il i. Manger. Du lat. 
maxilla, mâchoire. 

Où gîtremcnt on maquillait rifïault. 

(Villon, Jobelin xv« siècle.) 

Le Jargon disait maquiller m. s. \\ 

2. Travailler. || 3. Faire. — AU. 

machen, faire. 
Macrotage s. m. Voy. Maque- 

rcautage. 
Macroter v.n. et v.a. Voy. Ma- 

quereauter. 
Macrotin0s.m. Jeune souteneur. 

— Dim. de maquereau. 
Maculature s.f. Attraper une 

maculature, se soûler. 
Madeleine n.d.b. Q Prostituée 



repentante. — (arg. des grecs). 
— Faire suer la Madeleine, tricher 
péniblement. [Larchey.] 

Mademoiselle s.f. Mademoiselle 
Manette. Voy. Manette. 

Madras # s. m. Cigare. 

Madrice # s.f. Malice. — Du fr. 
madré, rusé, adroit. 

Madrin # a. Malin. — Du fr. 
madré, rusé. 

Madrouillage # s. m. || 1. Du- 
perie. Il 2. Tricherie. 

MaestroquetQs.m. Compositeur 
de second ordre, (j.d.m.) — Dim. 
de maestro. 

Magasin s, m. Magasin de blanc, 
maison de prostitution. — Magasin 
de fesses, maison où il y a beau- 
coup de femmes. 

Magnée s.f. Voy. Gougnotte. 

Magnes s. f.pl. Manières. « Faire 
des magnes. » 

Magneuse = Magnuce =r Mag- 
nusse s.f, =r. Manieuse, etc. 
= Gougnotte, v.c.m. 

Magot O s. m. Tas d'argent caché. 

Mahomet 9 s. m. Petit sac en 
cuir que les forçats portent sous 
leur chemise pour y cacher leur 
argent. 

Maigre int. Du maigre! Silence! 

Maigrichon = Maigriot Q s. et 
a. m. := Gringalet. Maigre, (dim.) 

Mail-coach Q s. m. Voiture atte- 
lée à quatre chevaux en poste à 
grandes guides. 

Maillocher # v.n. || i. Travailler. 
Il 2. (arg. des souteneurs) Sur- 
veiller une prostituée. [Rigaud.] 

Main # s.f. Voleur qui fouille les 
poches. — Mains de beurre, mains 
inhabiles. — Petite main, ap- 
prentie fleuriste. — Acheter à la 
main, acheter au comptant. — Q 
Avoir la main, série de coups 
heureux au baccarat. — Passer sa 
main, passer son tour de donner 
les cartes. — ffi Faire à la main. 



MAISON. 



170 



MANDARIN. 



(onanisme.) — Mains courantes, 
les pieds, (j.d.ni.) 
Maison s.f. I^our maison de 
tolérance. « Femme ou fille de 
maison. Maison à parties. » — Les 
gens de maison, la domesticité. 

— (mil.) Maison de campagjie, tente 
de soldat. 

-Maire s. m. Ami (m. déf.) 

Maîtresse s.f. Maîtresse de 
piano, prostituée expérimentée. 

Major (mil.) s. m. |1 1. Le chirur- 
gien. Il 2. Le tambour-major. 
Il 3. Le sergent-major. 

Majorer Q v.a. Augmenter : Ma- 
jorer un compte. 

Makach a. Voy. Macach. 

Makis # s. m. Voy. Maquis. 

Mal O et adv. Faire mal à 
quelqu'un, lui faire pitié. — Mal 
blanchi, nègre. — Mal embouché, 
homme grossier. — Mal coiffé, 
gendarme. 

-Malade a. et s. i; 1. % Prisonnier. 

— Malade à vioque, condamné à 
perpétuité. — Etre malade, être 
en défaut. — Etre recherché par 
la police. || 2. Q Malade du 
pouce, paresseux. 

Maladie s.f. || 1. Maladie du 
pouce, 3i\a.nee. — Paresse. || 2. Ma- 
ladie de neuf mois, grossesse. || 
3. Emprisonnement. || 4. Ma- 
ladie! exclamation qui répond à 
une chose désagréable qu'on ne 
veut pas exécuter. 

Malaisée # s.f. Faire danser la 
malaisée, rosser. 

Malandreux a. Souffreteux. 

Maldine Q s.f. Collège. [Michel.] 
(on y dine mal.) 

Mâle O s. m. Homme. — Beau 
mâle, bel homme. 

Malfrat s. m. Vaurien. .(J.d.m. 
mal fra.) 

Malheur adv. Ah! malheur, 
exclamation qui signifie : Ah ! pas 
de chance. — C'est fâcheux! 



Malheureux a. Q -^^^^'* malheu- 
reux, cocu. 

Malingrer v.n. Souffrir. 

Malingreux a. Pour malingre. 
|| 1. Malheureux. || 2. Souffreteux. 
Il 3. Mendiant qui a de fausses 
plaies. 

Malle O s.f. II 1. Salle de police. 
1 1 2. Faire sa malle, être à Tagonie. 

Malouse % s.f. Malle. 

Mal-rasé = Mal-sucré s. m. 
Faux témoin. 

Maitaire # s.f. Voy. Maltaise. 

Maltais s. m. Cabaretier. 

Maltaise = Maltèse % s.f. = 
Maltaire. Pièce d"or. 

Maltouse = Maltouze # s.f. 
Contrebande. 

Maltousier # s. m. Contrebandier. 

Maman s.f. || d. (arg. des bou- 
chers) Vache. Il 2. Flaire maman 
r=. Faire papa, apprendre le tam- 
bour, battre la caisse. 

Mamours Q s.f.pl. Faire des ma- 
mours, faire des caresses. 

Manche s.f. || \. Lamanche, le 
monde des mendiants. — ^ Faire 
la manche, faire la quête, men- 
dier. — Coup de manche, mendi- 
cité à domicile avec lettres de 
recommandation. || 2. O Partie. 
— Etre manche à manche, se dit 
quand les joueurs ont gagné un 
égal nombre de parties ou de 
points; être ex aequo. \\ 3. Jambes 
en manches de veste, jambes ar- 
quées. Il 4. s. m. Le manche, le 
patron , le directeur , le chef. 
II 5. Se mettre du côté du manche, 
se mettre du côté du plus fort. 

Manchiére O s.f. Couturière qui 
confectionne spécialement les 
manches. 

Manchon s. m. Cheveux longs 
et drus. — Avoir des vers dans 
son manchon, avoir le crâne dé- 
nudé par places. 

Mandarin Q s. m. Tuer le manda- 



MANDAT. 



4:1 



MANNEZINGUE. 



lin , coinnicllre une mauvaise 
action par la pensée et avec la 
cerlitude de rinipunitc. [Delvau.] 

Mandat Q s. m. Disposer son man- 
dat, mourir. 

Mandibules O s.f.pl. Mâchoires. 

— Jouer des mandibules, manger. 
Mandole s.f. (Jitle. — Jeter 

une mandole. taper sur le museau. 

— Holl. mond. 

Mandolet s. m. Pistolet, (le 

coup pour le pistolet.) 
Manestringue s. m. Voy. Man- 

nezin(jue. 
Manette n.pr.f. Mademoiselle 

Manette, malle, valise. — J.d.m. 

sur manne, panier. 
Mangeoire s.f. Restaurant. 

nKI.VAl.] 

Manger 0v. a. et v.n. || 1. Avouer. 
Il '2. Faire cluinter. — Menacer 
de révélations. || 3. Partager le 
produit d'un vol. — # Mam/er le 
morceau, manger sur Vorejue, 
iminr/er du lard, dénoncer. — 
Manger son nière, dénoncer son 
( omplice. — Q Manger à tous les 
râteliers, accepter de tous côtés. 
l{iGAUD.[ — Manger Vherbe on les 
l>i>iscnlits par la racine, être en- 
terré. — Manger du lapin, du 
f ramage, aWer à Tenterrement. — 
Manger le bon Dieu, communier. — 
Manger le gibier, se dit d'une fille 
(pii cache l'argent qu'on lui donne 
pour ne pas le remettre à son 
^(^u teneur. — Q Manger du sucre, 
avoir du succès, être applaudi. — 
Se manger le sang, — s'impatien- 
iiT. — Se manger le nez, se 
battre. Q Manger du prêtre, dire 
; du mal de la religion.» il/an.gerdM 
j. prêtre est aujourd'hui, presque 
I partout, Tunique moyen d'entrer 
dans la carrière politique. » 

(François Coppée.) 
Mangeur s.m. fj i. Dissipateur. 
2. Celui qui extorque de l'argent 



sous menaces de dénoncer. — 
Mangeur àe blanc, homme qui vit 
aux dépens des filles. — Mangeur 
de galette, délateur qui vit de ses 
trahisons. — Mangeur de bon 
Dieu, dé\ot. — ^ Mangeur de 
choux, voleur qui ne fait partie 
d'aucune bande. 

Mangin s.m. Q^li^'^ï'^^tan. — lîan- 
quisle. — Du nom d'un célèbre 
marchand de crayons, sur les 
places publiques. 

Manicle s.f. Pour manique, 
v.c.m. — Frère de la manicle, 
filou. [Michel.] 

Manicon n.pr. composé. Q Madame 
Manicon, sage-femme. 

Manières Q s.f.pl. Airs impor- 
tants, embarras. — ISe faîtes donc 
pas tant de manières, tant d'em- 
barras. 

Manieuse s.f. = Magncusc, 
etc. = Gougnotte, \.c.m. 

Manille # s.f. Anneau de forçat. 
— O «'^'" ^^ manille, sorte de jeu 
de cartes ; la manille est le dix. 

Manillon Q s.m. As au jeu de 
manille. 

Manique s.f. Métier. — Con- 
naiire la manique, connaître le mé- 
tier. — Parler manique, parler 
de ce qui concerne le métier 
qu'on exerce. 

Manival # s.m. Charbonnier. 

Manivelle s.f. = Scie, v.c.m. 
Vis sans fin. 

Manne s.f. Manne delafovrrière 
= Panier à salade. Voy. Panier. 

Mannequin s.m. Individu qui 
n'est pas sérieux. — Femme mé- 
prisable. — Mannequin à macha- 
bées, corbillard. 

Mannezingue = Mann^ezinguin 
s.m. — Manestringue. Mar- 
chand de vin. — Formation fan- 
taisiste, des mots ail. trinken, 
boire, et Mann, homme ; le zinguc 
se substitue à trinque : homme qui 



MANNEZINGUEUR. 



172 



MARAILLE. 



vend à boire sur le zinc [Timmer- 

MANS]. 

Mannezingueur s, m. Celui qui 
fréquente les marchands de vin. 

Manon Q s.f. Femme galante. 

Manque (à la) # s.f. Laid, 
vilain, mauvais. — Affaire à la 
manque, mauvaise affaire. — Tron- 
che à la manque, vilaine tête. — 
Eti^e à la manque,... ne pas être... 

— « Etre artiste à la manque. » 

— Avoir... à la manque, ne pas 
avoir... « Avoir de la galette à la 
manque. » 

Manquesse 9 s.f. Mauvaise note. 

— Refiler la manquesse, être mal 
noté. 

Manteau s.m. Q Manteau d'arle- 
quin. Ouverture de la scène, si- 
mulant une draperie et qui en- 
toure le rideau. 

Manuelle s.f. (obsc.) Vieille 
prostituée qui pratique l'ona- 
nisme. 

Manufacture s.f. Manufacture 
de tabacs, caserne. 

Mappemonde Q s.f. Les seins. 

Maqua s.f. Abrcv. de Maque- 
relle = Maquecée, femme qui 
exploite les prostituées. — Proxé- 
nète. 

Maquart s.m. = A/acgwar^.0 Ros- 
se. — Vieux cheval. Voy. Bifteck. — 
Du nom d'un cquarisseur parisien, 
Macquart. 

Maque s.m. Voy. Mac. 

Maquecée # s.f. Voy. Maqua. 

Maquer (se) # v.pr. Se mettre en 
ménage. 

Maquereautage s.m. = Ma- 
crotage= Maquignonnage. Action 
de maquereauter, v.c.m. 

Maquereauter v.n. et v.a. =r 
Macroter. Vivre aux dépens d'une 
ou de plusieurs femmes. — Vivre 
de la prostitution. — Maquereau- 
ter une affaire, servir d'intermé- 
diaire dans une affaire. 



Maqui # s.m. = Maki= Maquis. 
Abrév. de Maquillage, v.c.m. — 
Mettre du maqui, = (3) se maquil- 
ler. 

Maquignon s.m. Maquignon à 
bidoche, patron de lupanar. — Sou- 
teneur. 

Maquignonnage s.m. || l.Abus 
de confiance. || 2. = Maquereau- 
tage, v.c.m. 

Maquillage # s.m. j| i. Travail. 
Il 2. Moyen employé par le gre' 
pour reconnaître les cartes. || 3. 
Action de se farder. || 4. Compo- 
sitions diverses pour se grimer ou 
(c réparer des ans l'irréparabh 
outrage ». 

Maquillé # s.m. et a. Fabriqué. 

Maquillée Q s.f. et a. Fardée. 

Maquiller # \.Si. = Macquiller, 
Il 1. Agir, faire. — Fausser, re- 
faire. « Un qui avait sûrement 
maquillé son état civil. (René 
Maizeroy.j — Maquiller les brè- 
mes, jouer aux cartes, battre les 
cartes. — Maquiller une cambriole, 
dévaliser une chambre. — Ma- 
quiller le papelard, fabriquer de 
faux papiers. || 2. Maquiller la 
banque, s'entendre entre escrocs. 
— Voler. — (V) Travailler : k les 
courtauds de boutanche sont de? 
compagnons d'état dont les uns 
ne maquillent que pendant l'hi- 
ver. » (Jarg. de l'arg. réf.) D» 
l'ail. Machen, faire. — Maquilh i 
un suage, préparer un assassinat 
Il 3. Farder. — Se maquiller. 
v.pr., se farder. — Se déguiser, 

Maquilleur # s.m. Tricheur. — 
Maquilleur de gayets, celui qui 
cache les vices d'un cheval pai 
toute espèce de moyens. 

Maquis # s.m, || d. Broussailles 
mot Corse qui veut dire : endroii 
inaccessible. || 2. Voy. Maqui. 

Maraille# s.f. Monde. — Badauds 
écoutant, regardant, la marmousi 



MARAUD. 



173 



MARGOT. 



bée, syn. de muflée, abadie, etc. 

TiMMKHMANS.] 

Maraud a. Intelligent. 

Marauder v.n. Prendre des 
voyageurs en évilantle contrôle au 
stationnement, (arg. des cochers.) 

Maraudeur s. m. Cocher qui 
maraude. Voy. Marauder. 

Marbre (typ.)' s.m. Il 1. Table de 
mise en formes et où l'on dépose 
la composition bonne à tirer. — 
Etre sur le marbre^ avoir un arti- 
cle composé prêt à paraître. — 
Avoir du marbre, avoir de la copie 
composée d'avance.. Il 2.^ Femme, 
fille de marbre. Yoy. Fille. 

Marcandier % s. m. || 1. Celui qui 
dit avoir été volé. (G.) || 2. Mar- 
chand. 

Marcassin s. m. Apprenti pein- 
tre d'enseignes. 

Marchand % s. m. Marchand de 
lacets, gendarme. — O Marchand 
d' eau chaude, Mmonad'ier. — Direc- 
teur de café-concert. — Marchand 
de mort subite, maître d'armes. — 
Médecin. — Charlatan, marchand 
de mort-aux-rats. — (mil.) Mar- 
chand de marrons, officier qui 
porte mal les habits civils. — (mil. ) 
Marchand de puces, préposé aux 
lits militaires. — Marchand de 
soupe, maître de pension. — Mar- 
chand de sommeil, logeur. 

Mairchsindes.ï. Marchande de chair 
humaine, proxénète. — Marchande 
de sourires, prostituée. 

Marchandise s.f. Excréments: 
« Marclier dans la marchandise, 
ça porte bonheur. » 

Marche s.f. (mil.) Marche de flanc, 
repos sur, le lit. Marches du 
palais, rides au front. — s. m. Mar- 
che-à-terre, fantassin. 

Marché Q s.m. Marché des pieds 
humides, petite Bourse. 

Mar-chef (mil.) s. m. Abrév. de 
maréchal des logis chef. 



Marcher v.n. Marcher sur la 
chrétienté, marcher pieds nus. — 
Marcher dedans, marcher dans la 
merde, avoir de la chance. — (thé.) 
Marcher sur sa longe, se dit d'un 
artiste qui continue à jouer malgré 
son âge avancé. — Q Marcher au 
pas, être obéissant. — Marcher 
avec quelqu'un, être d'accord avec 
lui. — Je marche, je le veux bien. 

— Je ne marche pas, je ne veux 
pas, ça ne me convient pas. — 
Faire marcher quelqu'un au pas, 
le faire obéir. — Marcher dans 
les souliers d'un mort, avoir hé- 
rité. — Il marche tout seul, se 
dit d'un fromage ou d'un aliment 
corrompu qui contient des vers. 
Marcher dessus, travailler une 
affaire. — Préparer un vol. 

Marcheuse s.f. ||i. (thé.). Figu- 
rante du corps de ballet; cory- 
phée. Il 2.0 Prostituée qui racole. 
1 1 3. Racoleuse pour les lupanars. 

Marchis (mil.) s. m. = Margis. 
Maréchal des logis. 

Mare % s. m. Compte. 

Marécageux Q a. Œil maréca- 
geux, œil langoureux, larmoyant. 

— Colon marécageux, nom donné 
dans les colonies, par les soldats, 
aux civils qui font le commerce 
de détail. 

Marée s.f. Dégoût. (Larchey.) 
Marer v.n. Etre dégoûté, blasé. 

— Marez! assez! — # Rire. 
Mareux (V) s. m. pi. || i. Trom- 
peurs. Il 2. # Gueux. — Arappro- 
cher du mot fr. maraudeur. 

Margauder Q v.a. Dénigrer. — 
Poursuivre d'un rire sec et sac- 
cadé semblable au cri de la pie, 
qui en patois aie nom de margot. 

[TiMMERMANS.] 

Margis (mil.) s. m. Voy. Mar- 
chis. 

Margot = Margoton s.f. = 
Marguinchon. Fille débauchée. 



MARGOTIN. 



— r 



MARLOU. 



Margotin s.m. = Fayot, v.c.m. 
Déloiiu. 

Margouillat (mil.) m. Spahi. 

Margoulette s.f. Bouche. — 
Rincer la margoulette à quelqu'un, 
lui oftrir à boire. — Déboîter li 
margoulette à quelqu'un, lui bri- 
ser la mâchoire : a Je te casse- 
rai la margoulette. » [Littré.] — 
De mar, phonème de la bouche 
comme dans marmonne et gueule. 
Mar est le nom naturel de Torgane 
qui maronne, marmotte, mur- 
mure, etc. [TlMMERMAXS.] 

Margoulin O s. m. || 1. Marchand. 

— Acheteur de province ; qui 
faitdumargouillis, des affaires qui 
causent de l'embarras. |1 2. Mau- 
vais ouvrier ; qui fait du gâchis, 
du margouillis. 

Margoulinage O s. m. || 1. Achats 
qui causent plus d'embarras que 
de bénéfice au vendeur. 1| 2. Mau- 
vais travail. 

Margouliner Q v.n. Faire de 
petites affaires. 

Margoulis s. m. Rixe, bagarre. 

— Dispute. — Du fr. margouillis, 
gâchis, affaire pleine de confusion 
et d'embarras. 

Margouse s.f. Action de mar- 
quer et de démarquer les cartes 
au jeu du bonnet. 

Marguerites s.f.pl. Margueri- 
tes de cimetière, cheveux ou poils 
blancs. 

Marguillier s. m. Marguillier de 
bourrache, iuré, (il soigne les pré- 
venus, appelés en arg. malades.) 

Marguinchon s.f. Voy. Margot. 

Mari ^ s. m. Fleur de mari, vierge. 

Mariage s.m. || 1. Mariage à 
Vanglaise, mariage après lequel 
chacun vit de son côté. — Mariage 
à la détrempe, mariage d^ Afrique, 
union libre. — Mariage à la cru- 
che cassée, mariage de garnison, 
relations qui durent peu. [| 2. # 



Le jugement, la pendaison. — Au 
xv*^ siècle on disait épouse^' un 
{/i6<?/,pour être pendu; aujourd'hui 
épouser la veuve signifie en arg. 
être guillotiné. Fdire un ma- 
riage voulait dire aussi enchaîner 
les prisonniers deux à deux. 

Marianne n.d.b.f. || 1. La Ma- 
rianne, personnification de la 
République. || 2. Avoir Marianne 
dans Vœil, être légèrement gris. 

Marie % n.d.b.f. Voy. Fleur. — 
Marin de la vierge Marie, marinier 
d'eau douce, batelier. — Vin de 
la vierge Marie, lait. — s.f. Marie- 
salope, bateau qui reçoit les or- 
dures enlevées par le cure-môle 
pour le nettoyage des rivières. 

Mariée Q s.f. Voir si la mariée 
est belle, s'assurer si la future a 
des espérances d'héritage. — Se 
plaindre de ce que la mariée est 
trop belle, se plaindre sans raison. 

Marier v.a. Enchaîner les pri- 
sonniers deux à deux. 

Marieux (V) s.m. Le bourreau. 
Voy. Mariage. (2.) 

Mariner v.n. Mariner dans, 
baigner dans. 

Maringotte s.f. Voiture de sal- 
timbanques. 

Mariol a. et s.m. Rusé, malin. 
(G.) — Faire le mariol, faire le 
malin. 

C'est donc mariol, c'est donc rupin. 
De s'plaquer dans la limonade ! 

[La Muse â Bibi.) 

— Mariole est le nom d'une 
femme dans la pièce intitulée le 
Coin de rue. L'artiste chargée de 
jouer ce rôle de soubrette effrontée 
fut pleine de gaîté et d'entrain. 
Elle s'appelait' M"« Flore. Plus 
tard, dans les Saltimbanques, elle 
a prouvé qu'elle était encore ma- 
riole. 

Marionnette # s.f. Soldat. 

Marlou0 s.m. = Marlousier. || 1. 



MARLOUPATTE. 



ITo 



MARQUÉ. 



Souteneur. Voy. Marloupatte. \\ 
2. Malin, rusé. || 3. Front, (c'est 
sous le front que réside la malice.) 

— Composé (les racines de ma- 
rauder et de celle de loupei% 
vagabonder. [Timmermans.j 

Marloupatte = Marloupiat = 
Marloupin s. m. = Marlou, 
souteneur. 

Ce inailoupalte pâle et mince, 
Se nommait simplement Navet. 

{Chanson des Gueux.) 

Marlouserie s.f. Malice, ruse. 

Marlousier s. m. = Marlou, 
v.c.m, 

Marmier s. m. Berger, pâtre. 

Marmite O s.f- || 1- Femme nour- 
rissant un souteneur. — Marmite 
de terre, de fer, de cuivre, suivant 
ce qu'elle rapporte. — Marmite 
fêlée, fille en prison. « Un indivi- 
du surnommé le a Roi des Soute- 
neurs » faisant sur une large 
échelle la traite des blanches et 
comptant des marmites dans la 
plu|)art des maisons de Paris, 
notamment rue de Chabanais, 
etc. » II 2. = Marmotte, v.c.m. 

Marmonner # v.n. Ronchonner. 

— Var. de marmotter. 
Marmot # s.m. Nourrir le mar- 
mot := JSourrir le poupard, pré- 
parer un vol. 

Marmotte s.f. Boîte de placier, 

ou de voyageur, qui renferme les 

échantillons. 
MarmottierQ s. m. || 1. Savoyard. 

Il 2. Fabricant de marmottes. 
Marmouse # s.f. La bouche, et 

par ext., la barbe. 
Marmouser v.n. lîouillir. — 

Bouillonner, ce qui a lieu dans le 

marmouset (v.c.m.) 
Marmouset % s. m. Pot, marmite. 

— Pot au feu : « Le marmouset 
riffaude. » (J. de l'arg. réf.). Le 
marmouset est un chenet de 
fonte orné d'une figurine. 



Marne s.f. Faire la marne, 
exercer la prostitution le long 
des berges, généralement re- 
couvertes \\c marne. =Marner. 

Marner v.n. || 1. Travailler, 
peiner. || 2. # Voler. || 3. Faire 
la marne, v.c.m. 

Marneuse s.f. Prostituée qui 
fait la marne, v.c.m. 

Marnois s. m. Soulier. (Arg. des 
débardeurs.) 

Maron (G.) # s. m. Sel ; produit 
marin. [Timmermans.] 

Marottier % s. m. Marchand am- 
bulant. 

Marpaud Q # s. m. || 1. Imbécile, 
niais. || 2. Paysan. — Marmouse 
ou ijueule de pataud, patalot,. 
homme pattu, grossier. [ïim.mer- 

M.VNS.j 

Marpaux s. m. j] 1. Maître. || 2. 
Homme. 

Marquant O s.m. || 1. Ivrogne. || 
2. Souteneur, amant de \a.marquey 
v.c.m. (11. 

Marque (V) s.f. = Marquise. {C) \\ 
Fille, femme. — Prostituée. — 
Marque de ce, femme légitime de 
voleur. — Marque franche, maî- 
tresse de voleur. — De l'esp. 
marca, marcona, marquida, mar- 
quisa, femme publique. De ces- 
mots dérivent marqué, mois, et 
marquis, menstrues. || 2. Vol à la 
marque, vol dans les voitures de 
blanchisseur. || 3. Personnage de 
îTiar'/îfe, personnage remarquable, 
en vue, à la mode. — Vin ou li- 
queur de marque, qui provient 
d'une maison dont la marque est 
estimée. 

Marqué ||1. a. Être marqué, 
avoir le visage ridé, fatigué par 
l'âge. — Etre marqué de la petite 
vérole. — Marqué à la fesse, 
maniaque, ennuyeux. (Delvau.) 1| 
2. s. m. Mois.' Voy. Marque. — 
Pauvre. 



MARQUE-MAL. 



176 - 



MASSAGE. 



Marque-mal 0s. m. 1| 4.(typ.) Re- 
ceveur de feuilles à la machine. 
Il 2. Individu de mauvaise mine, 
niai habillé. — Voyou. 

Marquer 0v.n. etv.a. Neplus mar- 
quer, ne plus avoir de menstrues. 
Voy. Marque. (1.) — Marquer à la 
fourchette, v.c.m. — Marquer le 
coup, trinquer. — Bien marquer, 
être convenablement mis. — Mar- 
quer mal, avoir une mauvaise 
allure. 

Marquet % s. m. = Marqué (2), 
v.c.m. 

Marquin % s.m. Couvre-chef. 

■Marquis s.m. || 1. # Menstrues. 
(( Lorsque la lune pour vacquer à 
ses purifications mensuelles fait 
marquer les logis féminins par 
son fourrier, lequel pour écusson 
n'a que son impression rouge. 
(Matinée IX, du Seigneur de Cho- 
lières.) Voy. Marque. H 2. Q ^^(^'>'- 
quis aArgencourt, individu qui 
est prétentieux, orgueilleux, et 
qui n'a pas le sou. 

-Marquise (C) O s.f. H 1. = Mar- 
que pmnche, v.c.m. Il 2. O Mé- 
lange de vin blanc, sucre, citron 
et eau de Seltz. 

^Marraine # s.f. || 1. Témoin, 
(femme.) || 2. Protectrice. 

Marre adv. Assez ! 

Marrer (se) # v.pr. S'ennuyer. 

Marron Q s.m. || 1. Visage. — 
Marron sculpté, visage comique, 
grotesque. || 2. Coup'.0 Fiche un 
marron à quelqu'un, donner un 
coup sur la figure ou le marron. 
Il 3. Jeton. — (mil.) Marron de 
ronde, jeton en métal déposé dans 
un endroit déterminé et à heure 
fixe, pour le contrôle des rondes. — 
Procès-verbal des chefs de ronde. 
Il 4. Brochure clandestines. ||Paw- 
mermarron=z Marronner, prendre 
en flagrant délit. || 6. Cocher mar- 
ron, cocher en contravention. 



Marronner [j 1. v.n. Etre de 
mauvaise humeur. — Etre con- 
trarié. — Bouder. — Faire mar- 
ronner quelqu'un, le mettre de 
mauvaise humeur, le contrarier. 
Il 2. v.a. Prendre en flagrant 
délit. — Marronner un gnnchis- 
sage, manquer un vol. Voy. 
Marron. 

Marseillaise s.f. Pipe en terre 
de Marseille. 

Marsouin s. m. I| 1. Homme laid. 
(Delvau.) Il 2. Contrebandier. (Ri- 
GAUD.) Il 3. (mil. mar.). Soldat 
d'infanterie de marine. — Un 
vieux marsouin = Un vieux loup 
de mer, marin aguerri. 

Marteler % v.n. Mendier. 

Martinet # s.m. Fer de correction 
au bagne. 

Martin-rouant % s.m. Gendarme. 

Martyr (mil.) s.m. Caporal. (Del- 
vau.) 

Mascotte Q s.f. || 1. Fétiche 
de joueur. (Rigaud.) i| 2. Jeune 
fille innocente. — Vierge ; de 
mas, maison, et du skt, sku, pro- 
téger. 

Masque s.f. [| 1. Friponne. — 
Sorcière. — Petite masque, petite 
femme fausse. — Le sens est figure 
mystérieuse, sinistre ou autre, 
selon le cas. \\ 2. % s. m. Passe- 
port. 

Masquer % v.a. Tromper. Masquer 
en alezan, dissimuler les défauts 
d'un cheval sous une couche de 
peinture. fArg. des maquignons.) 

Massacre s.m. Gâcheur. — Gas- 
pilleur. (Delvau.) — Jeu de mas- 
sacre, jeu forain qui consiste à 
abattre des poupées à bascule 
avec des balles de son. 

Massage s.m. Travail. — Coup 
de massage, travail actif. — 
Comme maquiller et marner, xar. 
du son de l'ail, machen, faire. 
[Timmermans.] 



MASSE. 



— 177 



MAUVIETTE. 



Masse © s.f. || 1. Travail. H 2. 
Aroir masse complète, avoir la 
bourse bien garnie. 

Massé O s. m. et a. Faire un massé, 
un coup massé, au jeu de billard, 
c'est donner un coup de queue 
))eri)endiculaircment à la bille. 

Massepain # s. m. Valet de cartes. 

Masser v.n. Travailler beau- 
coup. 

Masseur s. m. Ouvrier labo- 
rieux, 

Mastaroufleur s. m. Voleur de 
plomb. — De mastoc, lourd et 
rafler, ravir. 

Mastic s.m. || 1. (F.-M.) Affaire 
embrouillée. — (typ-) Désordre 
de mise en page. — Faire un 
maUic, s'embrouiller en voulant 
s'expliquer. || 2. Aliments, 
nourriture. — S'endormir sur le 
mastic, faire une chose avec non- 
chalance. Il 3. Mystification. || 4. 
# Homme. (Rigaud.) 

Mastiquer V. a. Il i. (F.-M.). Man- 
iier. Il 2. Masquer les avaries 
d'une chaussure sans la rapiécer. 

Mastiqueur s.m. || 1. (F.-M.). 
Mangeur. || 2. Savetier. 

Mastoc s. et a. m. || \, Homme 
lourd et grossier ; rappelle l'ail. 
Mastochs, bœuf gras. [Timmer- 
MANs.] Il 2. Pièce de dix centimes. 

Mastroc = Mastroquet s.m. 
Marchand de vin; du hoU. mees- 
terke, petit patron. 

Mât s.m. Deuxmâts, guillotine. 

Mata s.m. Abrév. de matador. 
Fanfaron. 

Matagot O n.pr.m. Original. — 
Excentrique. — De ritaf. matto, 
fou. 

Matassin Q s.m. Individu ridi- 
cule. — De l'ital. matto, fou. 

TiMMERMANS.] 

Matatane (mil.) s.f. Salle de po- 
lice. 
Match O s.m. Pari, (ang.) 



Mate (V) # s.f. = Matte. Les en- 
fants de la Mate étaient des ban- 
dits qui s'assemblaient dans un 
lieu nommé la Mate. {Trévoux.) 

Bigliez la mate sans (arger. 

(Viij.ox.) 

De Mate on a fait le mot fr. Ma- 
tois, rusé, habile. 

Matelasser (se) O v.pr. S'habiller 
chaudement. 

Matelot O s.m. Ami intime. — 
Holl. maat, ami, associé et mate- 
lot. [TiMiMERMANS.] 

Maternelle O (écol.) s.f. Mère. 

Math O (écol.) s.f. pi. Mathémati- 
ques. 

Mathurins s. m. pi. || i. Dés à 
jouer =Maturbes. \\ 2. Mathurins 
plats, dominos. — J.d.m. sur man- 
dibules, mâchoire, dû à l'allus. au 
morfil ou ivoire des dents, puis 
des dés et des dominos. [Timmer- 
MANS.] Il 3. (mar.) Matelots; du 
holl. maat, ami et matelot. 

Matignon s.m. Messager. 

Matou 0s.m. Individu vaillant en 
amour : « Bon matou. » 

Matraque s.m. Individu qui a 
été battu. 

Matriculer (mil.) v.a. Voler; en- 
lever le numéro matricule indi- 
quant la propriété. — Se faire 
matriculer, s'attirer une punition. 

Matte # s.f. Voy. Mate. 

Maturbes # s. m. pi. Voy. Mathu- 
rins (1). 

Maub' n.pr. La place Mauh\ 
place Maubert. 

Maugrée s.m. Directeur de 
prison. 

Mauvaise O ^-f- ^^^^ ^^^ mauvaise, 
je la trouve mauvaise, je ne suis 
pas content de ce qui arrive. 

Mauve s.f. Parapluie de coton. 

Mauviette s.f. Décoration aca- 
démique; (à cause de la couleur 
mauve du ruban.) 

12 



MAYER. 



\1S 



MEGOTTIER. 



Mayer s. m. Homme qui paye 
les filles. (I)elvau.) 

May eux s. m. Bossu. 

Maz n.pr.f. La Maz, abrév. de 
Mazas, (prison.) 

Mazagran Qs.m. Café servi dans 
un verre. Celle expression dale 
de i840, en l'honneur de la dé- 
fense du blockhaus de Mazagran 
qui eut lieu cette même année. 

Mazaro (mil.) s. m. Prison mili- 
taire. 

Mazet O s. m. Maison de cam- 
pagne en Provence. 

Mazette (mil.) s.f. |]1. Inex- 
périmenté. |1 2. Exclamation d'é- 
tonnement. « Mazette ! comme 
vous y allez. >> — En ang. on 
trouve les correspondants maze, 
perplexité, amazed, étonné. [Tim- 
MERMANs.] De Tall. Matz, bête 
maladroit. (Gn. Toubin.) 

Mazille s.f. Monnaie. 

Mec s. m. = Meck = Meg = Meq. 
Il 1. Chef. — Le mec des mecs, 
Dieu. — Mec de la rousse, préfet 
de police. — Grand mec, chef de 
la police de sûreté. || 2. Soute- 
neur. r= Mec de la guiche. — Mec 
à la colle forte, malfaiteur dange- 
reux. Il 3. Individu. — Mec à son- 
nettes, individu riche. — Mec de 
la camarde ou des gerbiers, bour- 
reau. — Mec à la manque, mau- 
vais camarade. — Mec à la re- 
dresse, bon camarade. — Du lat. 
magnus, grand. 

Mécanicien s. m: Aide du bour- 
reau. 

Mécanique s.f. Chose quel- 
conque. 

Mécaniser # v.a. Mécaniser 
quelqu'un, le taquiner, se moqner 
de lui. Tourmenter : De méca- 
nique. (LiTTRÉ.) 

Mécaniseur s. m. Taquin. 

Mèche s.f. Il y a mèche, il y a 
moyen. \\ Vendre la mèche, dé- 



voiler une chose. 1| Veux -tu 
prendre un bock ? — Et mèche, 
et même plus. || (typ.) Demander 
mèche, offrir ses services dans 
une imprimerie. || # Mèche, 
méchego, demi. — Linqce plombes 
et mèche, cinq heures et demie. 
Etre de mèche, êlre de moitié. 
Etre de complicité. 

Méchi s. m. Malheur. 

Méchillon # s. m. Quart d'heure; 
(m. à m. demi-mèche.) 

Meck # s. m. Voy. Mec. 

Mecque s.f. Individu. — Faire 
un mecque à la dure, dévaliser 
q.q. en employant la violence. 

Médaillon s. m. Derrière. — 
Décrocher le médaillon, donner 
un coup de pied au derrière. — 
Médaillon de flac, cul-de-sac. 

Médecin s.m. [] 1. Médecin des 
morts, ordonnateur des cortèges 
funèbres. [| 2. O Avocat; (les ac- 
cusés sont les malades.) 

Médecine # s.f. || 1. Etre en 
médecine, être à l'hôpital. || 2. Per- 
sonne ennuyeuse. || 3. Plaidoirie. 

— Médecine flambante, plaidoirie 
chaleureuse. 

Médeciner % v.a. Empoisonner. 

Médianoche Q s.m. Réveillon. 
Pour niedia-nox lat. 

Médium Q s-"^* D'après les en- 
seignements spirites les médiums 
sont des personnes jouissant de 
la faculté de voir et d'entendre les 
esprits et de converser avec 
eux : « Médium auditif. Médium 
voyant. » 

Méfiant s.m. Fantassin. [Palat.I 

Meg s.m. Voy. Mec. 

Mégard # s. m.*^ Chef de bande. 

Mégo = Mégot s.m. Bout de 
cigare ou de cigarette; (pour mé- 
chego, demi.) 

Mégottier s.m. Ramasseur de 
bouts de cigares ou de cigarettes. 

— Un de ces industrieux disait 



MÉLASSE. 



— 179 — 



•MERDE. 



fièrement : « Je n'ai jamais fumé 
que la moitié de mes cigares, 
seulement autrefois c'était ia^^re- 
mière. )> 

Mélasse O s.f. Infortune, misère. 
— Tomber dans la mélasse ^ être 
dans lu misère. 

Mélasson s. m. et a. Maladroit. 

Mêlé O s. m. Mélange d'eau-de-vie 
et d'autre liqueur. — Mclé-cass = 
Meiilé-cass, eau-de-vie et cassis. 

Melet s. m. et a. Petit. 

Méli-mélo 0s.m. Mélange, brouil- 
lamini. 

Mélo O s. m. Mélodrame, fabrév.) 

Melon (St-G.) s. m. || 1. Elève de 
première année à l'Ecole Saint- 
Cyr. Il 2.0 Imbécile, jj 3. Chapeau 
rond et bas. 

Membre s. m. Membre de la ca- 
ravane = Chameau^ v.c.m. 

Membrer (mil.) v.n. Travaillerdur. 

Même O s. m. Faire au même. 
Il 1 . Rendre la pareille. || 2. Trom- 
per. 

Ménage s. m. Ménage à la colle, 
union libre. — Petit ménage, 
deux gougnoltes, v.C;m. — Mé- 
nage àtrois, le mari, la femme et 
l'amant, accord parfait. — Q Faire 
le ménage, mélanger les dominos. 

Mendiant s. m. Fourneau. 

Mendigo = Mendigoteur s. m. 
Mendiant. — La faire au mendigo, 
mendier en faisant valoir une in- 
fortune imaginaire. Il existe des 
établissements où on enseignel'art 
de mendier. 

Mendigoter % v.n. Mendier. 

Menée % s.f. Douzaine (G). — Une 
menée d'avergots, une douzaine 
d'œufs. 

Mener O v.a. La mener (la vie) 
douce' et joyeuse, vivre agréable- 
ment. — N'e?ipas mener large, être 
mal à son aise. — Mener en ba- 
teau, v.c.m. — (mil.) Mener pisser, 
forcer à un duel. [Delvau.] 



Menesse # s.f. Femme. — Formé 
du lioU. man, homme, avec la 
terminaison romane esse. [Timmer- 

MANS.] 

Mene8tre# s.f. Soupe, polage(vx). 
« Mon docteur de menesire en sa 
mine altérée. » (Mat. Régnier. 
sat. X.) De l'ital. minestra. 

Meneur % s.m. Meneur en bateau, 
v.c.m. 

Ménilmuche n.pr. Ménilmon- 
lant. De ménil vx.m. qui signifiait 
maison. 

Menouille s.f. Monnaie. 

Menteuse # s.f. || 1. Langue. 
Il 2. Affiche. 

Menu O s.m. Connaître le menu, 
savoir ce qui va arriver. 

Menuaille s.f. Monnaie. 

Menuisier s.m. Se promener en 
menuisier, se promener avec sa 
femme. 

Menuisière Q s.f. Redingote d'ou- 
vrier endimanché. [Rigaud.] 

Meq # s.m. Voy. Mec. 

Méquard s.m. Commandant. De 
mec, chef. 

Méquer v.a. Commander. 

Méquillon s.m. Jeune souteneur. 

Mérangueule s.f. Coup sur la 
figure. 

Mercadet Qs.m. Agent d'affaires 
retors. 

Mercandier # s.m. Boucher 
de second ordre. 

MercantiOs-m. Marchand qui suit 
les troupes en expédition. 

Mercenaire O s.m. Mercenaire de 
l'immobilité, modèle de peintre. 

Merdaille s.f. Troupe de mer- 
deux, v.c.m. 

Merdaillon s.m. Dim. de mer- 
deux, v.c.m. 

Merde! s.f. || {. = Cambronne, 
v.c.m. — Le mot de Cambronne 
dans sa crudité est extrêmement 
expressif, et suivant l'intonation 
avec laquelle on l'émet, se prête 






MERDEUX. 



— 180 



METTRE. 



à rendre les cmolions les plus 
variées. Il peut traduire égale- 
ment la colère, Tindignalion, la 
surprise, la tristesse, le découra- 
gement ; tout dépend de l'in- 
tlexion de voix qui l'accompagne. 
[Louis de Gramont.] |1 2. = lut! 
= Flûte ! — Cest de la merde de 
chien, ça ne vaut absolument rien. 

— Faire sa merdej faire des em- 
barras. 

Merde ux s. m. = Merdaillon. 
Enfant sale. — Voy. Bâton. 

Merdoyer (écol.) v.n. Piquer une 
sèche, avoir zéro dans un exa- 
men. 

Mère0 s.f. Logeuse ou aubergiste 
qui reçoit des ouvriers compa- 
gnons. — iiffére abbesse, proxénète, 
tenancière de maison publique. 

— Mère à tous, vieille prostituée. 

— # Mère au bleu, guillotine. 
Mérer v. Jeter. 
Meringue s.f. En meringue, en 

décomposition. « Un vieil homme 
qui avait tant bu qu'il avait Fes- 
lomac en meringue. » [Huysmans.] 

Mérinos s. m. Laisser pisser le 
mérinos, voy. Laisser. 

Merlan s. m. Coiffeur, perru- 
quier, barbier ; à cause de la 
poudre dont les anciens perru- 
quiers s'enfarinaient comme des 
merlans prêts à frire. (Littré.) — 
Faire des yeux de merlan frit, 
lever les yeux de façon à ne 
laisser voir que le blanc. 

Merlander v.a. Coiffer. 

Merlifilche s. m. Saltimbanque. 
Vagabond. 

Du pain de son ! des sous de cuivre ! 

C'est pour nous vivre. 

Mais va-t'-fairTiche ! 
On nous prend pour des merlifiches. 
(Chans. des Gueux.) 

Merlin s. m. Jambe. 

l'veut se r'iever, mais j'ie redouille 
A coups d'passifs dans les merlins. 



— Merlin de la dernière heure, hom- 
reau. 

Merlousier # s. m. Pour Marlou- 
sier. Malin; (de inarlou,\.c.m.) 

Merlucjie s.f. Cris de merluche^ 
cris perçants. 

Merriflauté # a. Chaudement vêtu. 

Méruché # s.f. Poêle à frire. 

Méruchée # s.f. Plein une poêle. 

Méruchon s. m. Poêlon. 

Mesière:= Mesigo # pron.pers. 
Voy. Mezière. 

Mess (mil.) s. m. |I 1. Cercle d'offi- 
ciers. Il 2. # Agents de police. 

— Ces mess, abrév. ces messieurs. 
Messe s.f. Etre à la messe, être 

en retard. — % Messe du diable, 
interrogatoire d'un accusé. — Dire 
une messe basse, parler tout bas. 

Messement (V) adv. Indécemment,, 
d'une façon messéante. 

Messier s. m. || 1. Agent de la 
police de sûreté. || 2. Les messiers-, 
les habitants. 

Messire s. m. Messire Luc, der- 
rière. 

Messiëre s. m. et f. 1| 1. La po- 
lice. Il 2. Messière franc, voleur 
bien mis. || 3. Le bourgeois qu'on 
veut voler. — Messière de la haute, 
homme de considération. 

Métal (F.-M.) s.m. Argent. 

Métier Q s.m. Faire un métier d'en- 
fer, faire un travail pénible. — 
Faire du métier, travailler pour le- 
seul appât du gain. 

Mettre v.a. Mettre dedans, met- 
tre en prison, à la salle de police. 

— Mettre quelqu'un dedans \\ 1. Le- 
griser. 1| 2. Le tromper. « C'est 
une canaille, il m'a mis dedans. » 

— Mettre sa main au feu, affir- 
mer. — Le mettre à quelqu'un, lui 
faire croire une chose, le gagner 
au jeu, le tromper. — Se mettre 
avec quelqu'un, vivre maritale- 
ment. — Mettre dans le mille, 
réussir. — Se mettre bien^ ner 



MEUBLANT. 



181 — 



MIGNON. 



rien se refuser, en prendre à son 
aise. — Mettre ça dans sa poche, 
subir un affront. — # La mettre 
en dedans, forcer une porte. — Se 
mettre une gamelle, s'évader. — 
Se mettre à table, dénoncer; — 
avouer. — Mettre la tête à la fe- 
nêtre, être guillotiné. 

Meublant O »• Il i.C est meublant, 
ça fait de l'effet. || 2. % s. m. Sou- 
teneur. 

Meuble s. m. Individu gênant, 
encombrant. — Vieux meuble, 
vieillard insupportable. — Se 
mettre dans ses meubles, s'instal- 
ler un intérieur, acheter un mo- 
bilier. — Etre dans ses meubles, 
être propriétaire de son mobilier. 

MeublerQv.a. Meubler son corsage, 
mettre de faux seins. — Meubler 
ses bas, mettre de faux mollets. 

Meudon # s. m. Grand meudon, 
officier de paix, agent de la sû- 
reté. 

Meulan % n.pr.m. Artie de Meulan 
pain blanc. 

Meulard s. m. Veau ; il meugle 
ou beugle, pour meuglard. [Tim- 

MERMA.NS.] 

Meule s.f. || 1. Meides de mou- 
lin, dents. — Graisser ses meules 
= Affilier ses meules, manger. 
Il 2. Sans le sou. « Tétais 
meule. » 

Meulé-cass s. m. = Mêlé-cass. 
Voy. Mêlé. 

Meunier s. m. Receleur achetant 
le plomb volé. 

Meure s.f. Mûre, (fruit.) 

Meurt- de-faim s. m. Pain d'un 
sou. [Michel.] 

Meute s.f. Foule. 

Meziére = Mezis (B) = Mezig 
= Mezigo = Mezigue # 
Il 1. pron. pers. = Mesière = Me- 
sigo. Moi. || 2. s. m. Homme naïf 
bonàvoler.(G) — Acheteur crédule 
facile à tromper. 



Mib = Mibre s. m. C'est mon 
mib, c'est mon fait, c'est en cela 
que j'excelle. 

Michaud (typ.) s. m. || 1. Faire son 
michaudj dormir.^: 2. Tête. [Mi- 
chel.] 

Miche s.f. [j 1. Dentelle. || 3. Mi- 
che de Saint-Etienne, pierre, cail- 
lou. Il 3. # Miche de profonde = 
Michon argent, jj 4. La lune. 

Miche = Miche sérieuxQ s. m. 
r= Michet = Micheton =: Mikel. 
Il 1. Amant payant d'une courti- 
sane. Il 2. Imbécile, niais. — Dupe. 

— Selon Litlré, altér. du n.d.b. 
Michel. — En ail. Hans Michel, 
Jean Michel, est le nom propre de 
l'imbécile. [Timmermans.] 

Michelet =: Michelin s. m. 
Faire le michelet, peloter (v.c.m.) 
les femmes dans une foule. 

Michet s. m. Voy. Miche. 

Micheton s. m. = Mic/té. (dim.) 
v.c.m. 

Souvent, lardé d'un coup de bince. 
Le micheton nu se sauvait. 

(Chans. des Gueux.) 

Michon s. m. Argent ; de miche, 

syn. de galette. 
Microbe s. m. Individu malingre, 

chétif. 
Midi s.m. 7/ est midi, il est trop 

tard. 
Mie-de-pain s.f. Vermine. 

— Brochet à la mie rfe pain, jeune 
souteneur. 

Miel s.m. C'est un miel, c'est 
délicieux ; ou, ironiquement : c'est 
désagréable. 

Miette s.f. Une miette, un peu, 
un rien. 

Mignard0s.m. Voy. Momignard. 

Mignoter v.a. Faire des ca- 
resses. 

Mignon (V) s.m. 1| 1. Compagnon. 

— Ce mot se prononçait minon. 

— 01. Ghereau donne mion, 
v.c.m. « Le Grand Goesre de ces 



MIJOTER. 



182 — 



MIROIR. 



mions. » (J. de rA.R.)\\2. Maî- 
tresse. 
Mijoter v.a. Préparer avec soin. 
— Mijoter un lm^e,h\on préparer un 
ouvrage.. — Onomatopée du mur- 
mure, du mitonnement, du mar- 
monnage que fait entendre la 
soupe dans la marmite. [Timmer- 

MANS.] 

Mikel s. m. Voy. Miche. 

Milieu O s. m. Derrière. [Larchey.] 

Mille (B) s. m. || 1. Femme. \\ 2. Les 
înille pattes, infanterie. \\ 3. Mettre 
dans le mille, réussir. 

Mille-langues s. m. Bavard. 

Millerie s.f. Loterie. — De 
rang. 7nill, moulin, pour tourni- 
quet. [TlMMERMA>S.] 

Millet s. m. Mille francs. 

Milliard # s. m. Gueux. — Pauvre 
à besace. 

Millogère (B) s.f. Chambrière. 

Milloget (B) s. m. Valet. 

Milord s. m. Entreteneur riche. 

Mimi s.f. Faire mimi=: Faire mi- 
nette, v.c.m. 

Minable Q »• et s. 2 g. Misérable. 

— Individu qui a une mine pi- 
toyable. 

Mince adv. |j 1. Oui. — Certes. 

— Beaucoup. — Parbleu. — At- 
tends un peu. — Les significa- 
tions de ce mot sont innombrables, 
et il faut pratiquer l'argot à fond 
pour en saisir toutes les nuances 
souvent intraduisibles. [J. Riche- 
pin.] 

Il fait nuit, l'cicl est opaque 
Minc'qae j'vas poisser d'i'auber. 

{Chans. des Gueux.) 

Il 2. Peu de chose. « Tu n'as ga- 
gné que vingt-cinq francs cette 
semaine, c'est mince. » || 3. # Pa- 
pier à lettre. 

Mine (la) # n.pr. Le Mans. 

Mine s.f. Découvrir ou trouver 
une mine, trouver des ressources. 



— Mine à poivre, caboulotoù l'on 
vend de Teau-de-vie. 

Minets s. m. pi. Seins petits et 
fermes. 

Minette s.f. = Mlmi. Mot d'a- 
mitié. — Faire des minettes à 
quelqu'un, le caresser du regard, 
de la voix, etc. — (obsc.) Faire 
minette, lambere inter feminalia. 

Mineur # s. m. Habitant le Mans. 

Mini s. m. (St-C.) Piquer le mini, 
avoir le minimum dans les notes, 
(abrcv.) 

Ministre (mil.) s. m. Mulet de 
l'armée d'Afrique. — O Ministre 
de l'intérieur, doigt médius. 

Minois (B) % s. m! Nez. 

Minsus Pilois (B) s. m. pi. Con- 
seillers. 

Minuit ^ s. m. Nègre. — Enfant 
de minuit, voleur. [Michel.] 

Minzingo, Minzingue, Minzin- 
guin s. m. = Mannezingue. 
Marchand de vin. 

Mioche s. m. Enfant. 

Mion s. m. = Mioche. Voy. Mi- 
gnon. Mion de gonesse, jeune 
homme inexpérimenté. — Mion 
de boule, filou. (G.) 

Mipe # s. m. Provocation. — Faire 
un mipe à quelqu'un, le provo- 
quer. 

Miradou # s. m. Miroir. 

Mirecourt % s. m. Violon. (Michel.) 

Mire-laid s. m. Miroir. — Pour 
dire, par ironie, celui qui se mire 
est laid, (j.d.m.) 

Mirette s.f. CEil. fm.àm. petit 
miroir.) — Sans mirettes, aveugle. 

— Mirettes glacées, lunettes, lor- 
gnon. — Mirette en caouche, téles- 
cope, longue-vue, (qui s'allonge 
comme le caoutchouc.) 

Mireur s. m. Observateur. 
Mirliton s. m. Voix. Jouer du 

mirliton, parler. 
Mirobolant O ^' Merveilleux. 
Miroir s. m. Faire le miroir, 



MIROTER, 



183 — 



MOCASSIN. 



I 



battre les cartes de façon à les 
montrer à un compère. — Miroir 
à putains, miroir à grues, bellâtre. 

Miroter % v. Regarder. 

Mirquin % s. m. Bonnet. 

Mirzale ^ s.f. Boucle d'oreilles. 

Mise s.f. Mise à pied, suspension 
ou suppression d'emploi. — (typ.) 
Mise en train, première station 
chez le marchand de vin. — Faire 
sa mise, payer sa patente. 

Mise-bas s.f. || 1. Vêtements 
défraîchis donnés par les maîtres 
aux domestiques. || 2. (typ.) (irève. 

Misérable s. m. Petit verre. 
(Larciiky.) 

Misèrer v.n. Etre dans la mi- 
sère. 

Miséreux s. m. Misérable, pau- 
vre. 

Miserere s. m. Plainte, jérémiade. 
Chanter le miserere, se plaindre. 

Misloque ^ s.f. Comédie. — Jouer 
la misloque, jouer la comédie. 

Misloqueur = Misloquier s. m., 
Misloquiére s.f. Acteur, ac- 
trice, (qui s'affuble de loques, 
d'oripeaux.) 

Mississipi n.pr.m. Envoyer au 
Mississipi =: Envoyer au diable. 

Mistenflùte Q s m. Individu. 

Misti s. m. Abrév. de mistigris. 
Valet de trèfle. 

Mistich # s.m. = Mistick. Voleur 
étranger. 

Mistiche a. et s. Un mistiche, 
un demi. 

Misticher # v.a. Exercer le vol 
en mistich, \. cm. 

Mistick s.m. Voy. Mistich. 

Mistigris s.m. Voy. Misti. 

Mistole s.f. Demoiselle. 

Miston s.m. Allumer le miston, 
préparer un vol. =: Nourrir un 
môme ou un poupon. 

Mistoufe = Mistoufle Q s.f. || 1. 
Misère. — Etre dans la mistoufle, 
être dans la misère. Il 2. Méchan- 



ceté. — Faire des mistoufles à 
quelqu'un, le tracasser, lui créer 
des ennuis. — Comme le m.fr. 
mystifier, ce mot vient du vx.m. 
mistanfluste, mistenflùte (de Fall. 
Miste, excrément, et flûte), jeu 
grossier nommé le Musicien aveu- 
gle, qui consistait, entre polis- 
sons, à bander les yeux d'un ca- 
marade et à lui mettre à la bouche, 
en guise de flûte, un btàton sali. 

Mistoufle # a. et s. Pauvre. 

Mistoufler v.a. Faire des mé- 
chancetés. — Tracasser. — Chi- 
caner. 

Mistrillo s.m. Voy. Mistro. 

Mistro s.m. Vent du Nord- 
Ouest; de Mistral m. s. 

Mistron s.m. Jeu du trente- 
et-un. 

Mistronner0v.n. Jouerau trenle- 
ef-un. 

Mitaine Q s.ï. Voleuse à lamitaine, 
femme qui vole dans les maga- 
sins, ayant une mitaine au pied; 
elle saisit adroitement les objets 
et les dissimule sous ses jupei. 

Mitan s.m. Milieu. 

Mitard = Mite s.f. || i . # Cachot. 
Il 2. Avoir la mite au logis = 
Etre miteux, v.c.m. 

Miteux a. Chassieux. 

Mitonner v.a. = Embêter. 

Mitraille s.f. Monnaie de cuivre. 

Mitrailleuse s.f. = Canon. 
Etouffer une mitrailleuse, boire 
un verre de vin. 

Mitre # s.f. || 1. Cachot. |I 2. Vov. 
Motte. (2.) 

Mitre # s.m. || 1. Détenu, jj 2. 
Evêque. 

Mitouflets (B) s. m. pi. Gants. - 
A rapprocher du fr. mitaine et 
moufle. 

Mobilier # sm. Dents. 

Mobile = Moblot s.m. Garde 
mobile. (1810.) 

Mocassin s,m. Soulier. 



MOC-AUX-BEAUX. — 184 — 



MONACO. 



Moc-aux-Beaux n.pr.f. Quar- 
tier de la place Maubert. 

Moche a. Voy. Mouche. {&.) 

Modèle s. m. "Les vieux modèles, 
les grands-parents. 

Modeleur # s. m. Danseur. 

Moderne s. m. Elégant à la 
mode. 

Moderniste Q s. m. Ecrivain qui 
a la prétention d'innover un genre. 

Modiste Q s. m. Jeune reporter, 
v.c.m. 

Moelle O s.f. Energie, vigueur. — 
Avoir de la moelle^ être coura- 
geux, vigoureux. 

Moelleux # s.m. || 1. Coton. (Mi- 
chel.) Il 2. Homme vigoureux ; 
qui a de la moelle. 

Moellonneuse s.f. Prostituée 
qui exerce dans les maisons en 
construction. 

Moges0s.f.pl.Nom quelesRoclie- 
lois donnent aux entrailles de 
morue. 

Moine (typ.) s.m. Tache blanche. 
— (mil.) Mettre le moine, attacher 
une ficelle à un orteil de cama- 
rade de chambrée et la tirer. — 
O T^éte de moine, nom donné à 
un fromage du Cantal. — Bouil- 
lotte. 

Moineau s.m. Individu. « JJn 
vilain moineau, un drôle de moi- 
neau. » 

Moine-lai s.m. Invalide gâteux. 

Moinette # s.f. Nonne. 

Mois O s.m. Oublier les mois de 
nourrice, se dire plus jeune que 
Ton est. 

Moïse O n.pr.m. Cousin de Moïse, 
cocu. 

Moisir v.n. Ne pas moisir dans 
un endroit, un emploi, ne pas res- 
ter longtemps. 

Moissonneur % s.m. Commis- 
saire de police. 

Moitié O s.f. Ma moitié, ma femme. 

Moka s.m. Café. 



Molanche s.f. Laine. 

Molard s.m. Crachat. = JÏMi/re; 
mollusque, du lat. mollis, mou. 

Molarder v.n. Cracher. Yoy. 
Molard.. 

Molécule (écol.) s.f. Petit enfant. 

Molette # s.f. I3ouche. 

Mollasse s.f. Mou, sans énergie. 

Mollusque Os. m. = Huitre. Igno- 
rant. — Imbécile. 

Momaque # s.m. Voy. Môme. 

Momard s.m. Voy. Môme. 

Môme # s.m. r= Momaque = 
Momard. || 1. Petit enfant. — 
Môme d'altèque, jeune homme. 
— Môme noir, séminariste. || 2. 
Fille. « Parmi les réveillons 
les plus gais, signalons celui 
qu'avaient organisé les mômes Du 
Crocket. » [Courr. /"r. 93.) || 3. # 
Mômesse, mômeresse s.f. Jeune 
maîtresse. || 4. Taper un môme, 
commettre un vol; — se faire 
avorter, commettre un infanti- 
cide. 

Momentanée Q s.f. = Horizon- 
tale. Femme galante. 

Mômerie 0s.f! Hypocrisie. — Par 
ext. du sens fr., acte de dévotion 
ridicule. 

Mômeuse % s.f. = Mômiére, = 
tire-mômes. Sage-femme. 

Momie Q s.f. Individu sans éner- 
gie, inerte, comme s'il était mo- 
mifié. 

Mômiére % s.f. Voy. Mômeuse. 

Momignard s.m. = Mignard. 
Petit enfant. 

Momignardage s.m. Accou- 
chement. — Momignardage à Van- 
glaise, en purée, fausse couche. 

Mômir # v.n. Accoucher. — Mô- 
mir pour Vaff, couches prématu- 
rées. 

Mômon # s.f. Prostituée de douze 
à quinze ans. 

Monaco s.m. Sou. — Avoir des 
monacos, avoir de l'argent. 



MONACOTER. 



— 185 



MONTJOYE. 



I 



Monacoter # v.n. Jouer. 

Monant0 s. m. Ami. 

Monarque s. m. Roi. (j. de car- 
tes.) Pièce de cinq francs. (G.) — 
Argent: Avoir fait son monarque ^ 
avoir gagné sa journée. 

Monde Q © s.m. Monde renversé, 
guillotine. (Delvau.) — # Petit 
monde, lentilles. 

Monfier # v.a. Embrasser. 

Monnaie s.f. Payer en monnaie 
de singe, ne pas paver. 

Monologuer Q v.n. Se livrer à l'o- 
nanisme. 

Monôme O(écol.) s. m. Promenade 
à la queue leu leu que font les 
étudiants à certaines époques 
dans le quartier des écoles, et par- 
fois- même sur la rive droite de la 
Seine, quand ils se rendent chez 
le liquoriste qui a pour enseigne 
A la Mère Moreau, ils défilent 
alors devant le comptoir. — Faire 
un monôme avec flanelle, entrer en 
monôme dans les cafés sans y 
rien dépenser. 

Monorgue # pron. pers. Moi. — 
Mon individu. 

Monseigneur Q s. m. Pince à ef- 
fraction; jeu de mots sur Monsei- 
gneur devant qui s'ouvrent toutes 
les portes et monseigneur qui les 
ouvre toutes. (Larchey.) 

Monsieur s. m. Entreteneur. — 
La femme galante dit : Mon mon- 
sieur. — Faire le monsieur, faire 
des embarras, faire l'important. 

— Monsieur de Pai'is, le bourreau. 

— Monsieur Vautour, proprié- 
taire. 

Monstre O s. m. et a. 1| i. Grand, 
énorme, colossal. « C'est un éta- 
blissement monstre. » || 2. Faire 
un monstre, sorte de canevas fait 
par un compositeur de musique, 
et sur lequel le parolier fait son 
libretto. || 3. Monstre d'homme, 
cpithète familière, comme bri- 



gand, coquin, canaille, etc., qui 
se dit en plaisanterie. = Mons- 
trico. 

Monstrico Q s. m. Dim. de monS' 
tre, v.c.m. (3). 

Montage s. m. = Montage de 
coup, mystification. 

Montagnard s. m. = Côtier, 
cheval de renfort. 

Montant s.m. =: Grimpant. \\{. 
Pantalon. — Montante s.f., cu- 
lotte. Il 2. O Donner du montant, 
donner de la force. — Exciter les 
désirs. 

Montante s.f. Echelle. 

Monte-à-regret n. pr. Voy. 
Abbaye. 

Monte-en-Pair # s. m. Voleur qui 
pénètre dans les chambres par 
les toits. 

Monter v.a., v.n. et v.pr. Mon- 
ter un arcat. Voy. Arcasineur. — 
Monter un coup, monter vn Cho- 
pin, préparer un vol ou un assas- 
sinat. — Monter la couleur, mon- 
ter un gandin, mentir, tromper. 

— Monter sur la table, avouer, 
dénoncer. Q Se monter v.pr., 
monter à Varbre, se mettre en co- 
lère. — Monter la tête, exciter. — 
Faire monter quelqu'un, le faire 
mettre en colère. — Monter une 
scie, ennuyer, mystifier. — Mon- 
ter, augmenter: «le beurre a 
monté ce matin au marché. » — 
Monter une gamme, gronder. 

— Se monter le coup, le job, le 
bourrichon, s'illusionner. — Mon- 
ter un bateau, préparer une sym- 
tification. 

Monteur Q s. m. Voy. Monter. 
Monteur de coups, monteur de go- 
dans, mystificateur. 

Montjoye (V) s.f. Le gibet. — 
Les montjoye étaient des tas de 
pierre qui indiquaient les routes 
comme de nos jours les poteaux. 
Le gibet de Montfaucon était 



MONTMORENCY. 



186 



MORT. 



dressé sur une énorme masse de 
pierres. 

Montmorency Q s.f. Cerise. 

Montparno n.pr.m. Montpar- 
nasse. 

Montretout Q n.pr.m. Aller 
à Montretout, aller à la visite sa- 
nitaire, (arg. des filles.) 

Montreuil O s.f. Pêche. 

Monument s. m. \\\. Frapper au 
monument, mourir. |1 2. Personne 
de forte corpulence. 

Moquer (se) Q v.pr. S'en moquer 
comme de Van 40, être indifférent. 

Moqueur0 s. m. Président de tri- 

, bunal. 

Moqueuse s.f. Serrure. 

Morasse s.f. |I 1. Ennui. — In- 
quiétude. — Avoir la morasse, 
être ennuyé. — Battre morasse, 
crier à Fassassin. || 2. Danger. — 
Remords, j] 3.0(typ.) Dernière 
correction d'un journal. 

Morbaque = Morbec s. m. 
Vermine. — Mauvais gamin. — 

Morceau # s. m. Manger le mor- 
ceau, avouer, dénoncer ses com- 
plices. — Morceaux de bois, ci- 
gares de cinq centimes. {Éclair, 
19 mai 91.) Quel morceau! = 
Quel sale morceau! quelle sale 
lillc! — Morceau de salé, enfant 
en bas âge. 

Mordante ^ s.f. Scie. — Lime. 

— Belle robe qui attire l'œil et 
fait mordre le client, (prost.) 

Mordre v.a. Se faire mordre, se 
faire prendre, attraper. — • Allez 
donc vous y faire mordre, ne vous 
y fiez pas. — Ça ne mord pas, il 
n'y a pas moyen de me prendre, 
je ne me laisserai pas attraper. 

Moresque % s.f. Pour morasse, 
dans le sens de danger. 

Morfe # s.f. = Morfiage. Aliments. 

— Nourriture. — de morfer, man- 
ger goulûment ou de morfil, 
dent d'éléphant. (Littré.) 



Morfiage # s. m. Voy. Morfe. * 
Morfiailler v.a. Voy. Morfier. 
Morfiante s.f. Assiette. (G.) 
Morfier =: Morfigner r= Morfi- 

1er v.a. Manger. == Morfiailler. 

— Se morfier le dardant, s'inquié- 
ter, m.àm., se manger le cœur. 

— Voy. Morfe. 

Morgane # s.f. Sel : le truc de la 
morgane et de la lance^ le bap- 
tême. 

Morganer v.a. Mordre. — Voy. 
Morgane. — Déformation de mor- 
dre. Le sel mord, pique. [Timmer- 

MANS.] 

Moricaud s. m. = Négriot. \\i. 
Nègre. || 2. Broc devin. || 3. Char- 
bon. (Larciiey.) 

Morillo s. m. Chapeau à petits 
bords. (Larchey.) 

Morlingue # s.f. Porte-monnaie. 

Mornante # s.f. Bergerie. 

Morne % s.f. Mouton. 

Mornée # s.f. = Mornos. Bouchée. 

— Bouche. 
Mornier s. m. Berger. 
MorniflFe = Mornifle s.f. = 

Morningue. || 1. Monnaie. — Re- 
filer de la fausse morniffe, écouler 
de la fausse monnaie. |j 2. Gitle; 
coup sur la mornée. 

Mornifleur # s. m. Mornifleur 
tarte, faux monnayeur. 

Morningue % s.f. Voy. Mornifle. 

Mornos % s. m. Voy. Mornée. 

Morpion s.m. = Crampon. Im- 
portun tenace. 

Morpionner v.a. r= Crampon- 
ner, v.c.m. 

Mort Os. m. 1) i. Faire un mort, ex- 
pression du jeu de whist et de la 
manille à trois. Le mort est un jeu 
qu'on étale sur la table comme 
étant celui d'un partenaire imagi- 
naire. C'est aussi un jeu inconnu 
qui reste sur la table et qu'on 
peut échanger contre le sien, à 
son tour. \\ 2. # Mort, condamné. 



MORTIER. 



187 — 



MOUILLANTE. 



1^ 



Il 3.[mi\.)Sefaireporter élève mort 
se faire porter malade. 

Mortier s. m. (F. -M.) Surveil- 
lance. Etre diimortiery être franc- 
maçon. 

Mortaliser v.a. Tuer. 

Morue s.f. Femme débauchée, 
prostituée de bas étage. 

Morviau = Morviot s. m. 
Morve. 



Dans les veines d'ccs estropiés 
Au lieu d'sang il coul' du morviot. 

(J. RicHEPiN, Chaiis. des Gueux.) 



oscou (mil.) n.pr. m. Faire brûler 
Moscou, préparer un punch 
monstre. 

Mot s.m. O^^^^^ des mots, faire de 
l'esprit. — Avoir des mots avec 
quelquun, se disputer. — Mot de 
la fin, Irait d'esprit. 

Motte s.f. Il i. (obsc.) La nature 
de la femme. || 2. Maison centrale. 
— • Dégringoler de la motte, sor- 
tir de prison. — Var. de mitre. 

[TiMMERMANS]. 

Mou s. m. Se faire enfler le mou, 
avoir le mou enflé, être enceinte. 

Moucaire (ar. al.) s.f. Voy. 
Moukère. 

Mouchailler0 v.n. Regarder.(G.) 

Mouchailleur s. m. Agent de 
police. 

Mouchard s. m. Portrait. — 
Mouchard à bec, réverbère. — 
Le portrait dénonce les traits, il 
moucharde comme le réverbère 
qfji gêne les malfaiteurs. 

Moucharde # s.f. j] 1. La lune. 
W 2. La police. 

Moucharder v.n. et v.a. Es- 
pionner. 

Mouche O s.f. et'a. || i. Mouche à 
miel, candidat à TEcole centrale. 
Il 2. Mouchard, agent secret. — 
La mouche^ la police. || 3. Tuer 
les mouches, avoir mauvaise ha- 
leine. Il 4. Envoyei' des coups de 
pied aux mouches, quitter toute 



retenue. || 5. Faire îwouc/te, attein- 
dre son but. Il 6. # Laid. — Dé- 
bile. — Mauvais. = Moche == 
Mouchique. 

L'iurbin c'est bon pour qui qu'est mouche. 
(J. RiGHKiM.N, Chans. des Gueux.) 

— Etre mouche à la sec, être mal 
vu de la jiolicc. — Grimoire mou- 
che, code pénal. 

Mouchée s.f. Raclée. 

Moucher v.a. et v.pr. Morigé- 
ner, malmener, rembarrer. — 
Moucher quelqu'un, le battre, le- 
tuer. — Se faire moucher, se faire 
rembarrer. — Moucher la chan- 
delle, pratiquer l'onanisme, en 
parlant des enfants. — Moucher 
leshommes, commerce charnel. — 
Se moucher d'un louis, voler un 
louis. — Il ne se mouche pas du 
pied, il ne se prive pas. 

Moucheron s. m. Enfant. 

Mouchettes s.f.pl. Des mouchet- 
tes! non. 

Moucheur s. m. Moucheur de 
chandelle, individu qui pratique 
Fonanisme. 

Mouchique a. Voy. Mouche. (6.) 

Mouchoir s. m. Revolver, pisto- 
let, (de moucher, tuer.) — ^Mou- 
choir d'Adam, les doigts, le mou- 
choir primitif. — Mouchoir à 
bœufs, prairie. 

Moudre v.n. et v.a. Moudre un 
air, jouer de Torguc de Barbarie^ 

Mouf n.pr.Abrév.Mouffetard.La 
rue Mouf- xM ouf, la. rueMouffetard. 

Moufflauté a. Chaudement vêtu. 

— Pour emmitouflé. 
Moufflet s. m. Enfant au maillot. 

— Au petit mufle rebondi, var. 
de mafflu. [Timmermans.] 

Moufionner0 v.n. Se moucher. 
Mouflon s. m. Mouchoir. (Il sert 

à nettoverle mufle.) 
Mouillante s.f. |I 1. Soupe. [[ 

2. Morue. 



MOUILLE. 



— 188 



MOUSSINE. 



Mouillé a. Etre mouillé \\i. Être 
ivre. Il 2. Etre surveillé par la po- 
lice. 

Mouiller % v.a. Voler à la tire. — 
Se mouiller v.pr., se griser. 

Mouillette s.f. Tremper sa 
mouillette, obsc. 

Mouisse s.f. Soupe. 

Moukala (ar. al.) s. m. Fusil. 

Moukère(mil.) (ar. al.) s.LMoucai- 
re. = Femme — Maîtresse. — 
Prostituée. 

Moule s.f. = Huître. \\i. Imbé- 
cile, niais. — ignorant. || 2. Moule 
à pipes, ^=. Moule à Gambier, figure 
grossière. — Moule à gaufres ou 
à pastilles, visage grêlé. — Moule 
à melon, bossu. 

Moulin s. m. Magasin de rece- 
leur. — Moulin à café. || 1. (mil.) 
Mitrailleuse. 

Il 2. « C'est ainsi qu'au Palais 
on désigne couramment la Correc- 
tionnelle, la juridiction qui broie, 
qui « moud » en un clin d'œil, 
sans s'arrêter, d'un mouvement 
continu et monotone, l'honneur, 
l'avenir des pauvres gens. 

« A la va-vite, on les condam- 
ne; dossiers tournés du bout des 
doigts, textes tombés du bout des 
dents. Et d'autres juges, après, 
s'arment de cette sentence, en 
font la base d'autres sévéri- 
tés... 
« Ah ! que Banville avait raison : 



Aux pauvres gens tout est peine et misère ! 

[Séverine.] 

Il 3. Moulin à vent. — Derrière. 

Moulinage s. m. Bavardage. (Mi- 
chel.) 

Mouliner v.n. Bavarder. 

Mouloir % s.m. Mâchoire. — Les 
molaires broient les aliments 
comme la meule le grain. 

Moulue (B) s.f. Excrément. 

Moulure s.f. Excrément. Yoy. 



Moulue. — Faire une moulure, 

faire ses besoins. 
Moumoute Q s.f. Mot d'amitié. 
Mouniche s.f. Parties de la 

femme. 
Mounin 0s. m. Apprenti. (Delvau.) 

— Petit garçon, de moure, v.c.m. 
MouquetteQs.f. Prostituée; (per- 
sonnage du roman Germinal de 
Zola.) 

Moure s.m. Figure gentille, 
jeune, éveillée. (Richepin.) 

Mourir v.n. S'en faire mourir, 
en demander trop. — Tu t'en fe- 
rais mourir, je ne veux pas; (ça te 
ferait mal.) 

Mouscaille % s.f. =r Mousse = 
Moustille. Boue. — Excrément. 

— Gadoue. Allus. à la mousse, écu- 
me qui couvre les liquides en 
fermentation ou les eaux crou- 
pissantes. 

Mouscailler % v.n. Faire ses be- 
soins. Voy. Mouscaille. 

Mouscailleur % s.m. Vidangeur. 

Mouscailloux s.m. Fantassin, 
(terme de mépris, par analogie 
B.\ec pousse-cailloux.) 

Mousquetaire s.m. Mousque- 
taire gris, pou. 

Moussante s.f. Bière. 

Mousse O s.f. Voy. mouscaille. — 
De la mousse ! non, rien. — Faire 
de la mousse, faire des embar- 
ras. 

Mousseline O s.f. ]| 1. Pièce 
d'argent, j] 2. # Pain blanC || 
3. # (iron.) Fers de prisonnier. 

Mousser O© '^'•"- S'impatienter. 
— Faire mousser quelqu'un. || 1. 
Le faire mettre en colère. || 2. 
Le faire valoir. 

Mousseuse # s.f. Prostituée. 

Mousserie s.f. Latrines. 

Mousseux O s. "i. Vin de Cham- 
pagne. 

Moussine s.f. Diarrhée. Voy, 
Mouscaille. 



MOUSSU. 



— 189 — 



MUSETTE. 



Moussu # s. m. Il 1. Riche, puis- 
sant. Il 2. Voy. Mouzu. 

Moussue # s.t". Châtaigne. 

Moustachu O ^- et s. m. Qui a de 
fortes moustaches. 

Moustille (mil.) s.f. Voy. Mous- 
caille. 

"Moustique # s. m. Mauvais. — 
J.d.m. pour mouchique. Voy. 
Mouche. (6.) 

Moût a. Beau. — Du vx. m. 
moult, beaucoup. 

Moutard s. m. Gamin. — Var. 
de moure, v.c.m. 

Moutarde s.f. Excrément. 

Moutardier s. m. Derrière. 

Mouton s. m. || 1. Matelas. — 
Mettre son mouton au clou, en- 
gager son matelas. |12. Prison- 
nier qui espionne sescompagnons 
pour les dénoncer. Allus. au mou- 
ton, machine qui sert à enfoncer 
les pieux par j.d.m. sur enfon- 
cer, tromper en argot. 

Moutonner v.n. et v.a. Cher- 
cher à savoir les crimes ou délits 
commis par les détenus en se fai- 
sant leur ami. — Voy. mouton. 

Moutrot % s. m. Préfet de po- 
lice. 

Mouvement O sm. Etre dans le 
mouvement, être au courant du 
progrès, suivre la mode du jour. 

Mou ver v.a. Mouvoir. — Se 
mouver v.pr., se mouvoir. 

Mouvette % s.f. Dénonciateur. 

Mouzu # s. m. = Moussu. Mamelle. 
— Le mot contient les sons qui 
dénotent la bouche, en suédois 
mun, et la succion. La bouche 
s'énonce par les sons mar, moun, 
moût, mouch, mour, etc., selon 
que la diversité de ses actes en- 
traîne telle ou telle phonation. 

[TiMMERM.OS.] 

Muche0 a.2g. et s.m. ||1. Ex- 
cellent, parfait. (Delvau.) || 2. 
, Jeune homme timide. (Rigaud.) 



Mucher0v. Cacher ; lat. mussare^. 
vx. fr. musser, m. s. 

Muette (la) s.f. I]!. La cons- 
cience; (elle ne parle pas aux 
malfaiteurs.) — Avoir une puce à 
la muette, avoir des remords. — 
Il 2. O Maison de chasse où Ton 
conservait les mues, les bois de- 
cerf. 

Muf = Mufe0 s.m. =Muffeton, 
etc. Il 1. Goujat. — Homme gros- 
sier et malappris. || 2. Maçon. — 
Pain de muf, pain fendu de qua- 
tre livres. 

Muffée s.f. Ivresse. — En avoir 
une vraie muffée, être tout à fait 
ivre, m.à.m. en avoir plein le 
mutle. 

Muffetée s.f. Prise de tabac.(On 
Taspireparle mufle.) 

Muffeton s.m. = Mufle, MufflCy, 
Mufleman, Mufleton. Voy. Muf. 

Muflée s.f. Quantité. «f/newM/Zée 
de plats, y^ — De quoi s'en fourrer 
plein le mufle. 

Muflerie s.f. Sottise. — Mau- 
vais procédé. — Méchanceté. 

Muitard s.f. Vov. Motte. (2.) 

Mulet s.m. || 1. Diable. (Michel.) 
Il 2. (typ.) Compositeur aide-met- 
teur en pages. 

Mur s.m. Compère de voleur à la 
tire. 

Murer va. Tuer. — Se murer 
v.pr., se battre. 

Murette s.f. Crotte. 

Muron s.m Sel. — Var. de ma- 
ron. 

Muronner # v.a. Saler. 

Muronnier % s.m. Fabricant de 
sel. 

Muronnière # s.f. Salière. 

Musée % s.m. Musée des claqués, 
la morgue. 

Muselé s.m. Imbécile, niais. 

Museler v.a. Museler le rousto, 
éteindre le gaz. 

Musette s.f. Le cou, la gorge. 



MUSICIEN. 



190 



NAVET. 



— Couper la musette à quelqu'un, 
lui couper la gorge. — Cela nest 
pas dans une musette, = dans un 
sac, c'est réel, cela se voit. 
Musicien s. m. i| 1. Délateur. 
Il 2. Haricot. || 3. Dictionnaire. 

(RiGALD.) 

Musique s.f. || l.Q Plaintes, récri- 
minations. Il 2.0 Ruse, triclierie. 
Il 3. Passer à la musique, être 
confronté avec les délateurs. || 4. 
Lot de bric-à-brac. (Rig\ud.) |1 o. 
Restes de verres que recueille le 
marchand de vin. (Delvau.) 



Musiquer0v. a. Marquer une carte 
d'un coup d'ongle. 

Musser0v.n. Sentir. Voy. Mous- 
caille. 

Mynsse (V.) adj. Dépourvu ; (ce 
mot a fait le mot fr. mince.) 

Myste s. m. Hareng à frire. 

Mystère # s. m. Mystère caché y 
hure en pâté. 

Mystoufle s.f. Voy. Mistoufe. 

Mystérieux # s. m. Malfaiteur 
qui lance du vitriol à la dérobée 
sur les vêtements des passants 
dans le seul but de nuire. 



N 



Nageant = Nageoir # s.m. 

Poisson. 
Nageoires Q© s.f. pi. j] 1. Bras 

de souteneur; (le maquereau a des 

nageoires.) ||2. Favoris larges. 
Nage-pataud loc. adv. Etre à 

nage-pataud, être tombé dans 

l'eau et se débattre pour en 

sortir. 
Naïade s.f. Lâcher une no/ia- 

de, pisser; pour une noyade. 
Naïf (typ.) s.m. Patron. 
Nanan Q s.m. Friandise « C'est 

du nanan. » 
Nap O s.m. Louis d'or; abrév. de 

Napoléon. 
Naquet # s.m. Valet d'un jeu de 

paume. 
Naqueter v.n. Attendre. — Se 

morfondre ; (attendre comme un 

valet.) 
Narquois s.m. Soldat déserteur. 

(qui nargue le service.) 
Nasalbor 0s. m. Onguent pour faire 

disparaître la couperose. — De 

l'ail. Nase, nez, et Salbe, on- 
guent. [TiMMERMANS.] 

Nase s.m. =Naze,Nazaret, Nez. 



— Friser son nase || i. Etre de 
mauvaise humeur. || 2.* Renâcler. 

Nasée s.f. Prise de tabac. 

Nasi # s.m. = Nazi. Mal véné- 
rien. 

Nasse # s.f. H 1. Rafle. |1 2. Etre 
dans la nasse, être dans la misère, 
avoir des malheurs. 

Naturalisme O s.m. Ecole litté- 
raire, naturaliste. 

Naturaliste O s.m. et a. Littéra- 
ture basée sur l'étude de la nature 
dans l'homme, dont le promoteur 
Emile Zola, est le maître incon- 
testé. 

Nature O s.f. Naturel. — Comme 
G est nature, c'est vrai. — Faire 
nature, dessiner ou peindre en 
donnant l'impression exacte de la 
nature. — Bœvf ou bifteck na- 
ture, sans autre chose avec. 

Navarin Q s.m. Ragoût de mou- 
ton aux pommes et aux navets. J 

Navet s.m. || 1-. % Naif. — Dupe.— 1 
Le navet joue le rôle de compère 
dans la partie de bonneteau, c'est 
celui qui allume la partie et amè- 
ne la dupe aux bonneteurs ses 



NAVETTE. 



— 191 



NIB. 



complices. Il fait le naît. H 2. O 
Des navets = Des né/les, négatoin, 
expression de refus. « ïc prêter 
cent sous, des navets ! » 

Navette s.f. Voyageur de cofn- 
Mierce. 

Navuce s.f. Moutarde; (elle 
monte au nase.) 

Nazaret =^ Naze s. m. Néz. 

Nazer # v.a. Haïr. 

Nazi s. m. Voy. Nasi. 

Nazicot s. ni. Petit nez. 

Nazonant # s. m. Gros nez. (G.) 

Nèfle s.f. Des nèfles = Du flan 
= Des navets, v.c m. (2.) 

Neg s. m. Neg au petit croche, 
chiironnier, m. à m, négociant au 
petit crochet. (Rigaud.) 

Nègre s. m. Aide-chiffonnier. 

Négresse s.f. |1 1. Bouteille de 
vin rouge. — Étouffer, éreinter ou 
(^venirer une négresse, boire une 
bouteille de vin. |12. Punaise. — 
Puce. 

Négriot s.m. Coff'ret ou petite 
armoire en bois d'ébèrie. 

Négro s.m. Nègre. 

Nénais = Nénet s.m. Sein. — 
Son de la succion chez les bébés. 
[TiMMERMANS.J — Néuais de veuve, 
biberon. 

Nep s.m. Voleur brocantant de 
faux bijoux. — Escroc qui vend 
des décorations étrangères. 

Nerf s.m. Moyen ; «l'argent est 
le nerf de la guerre. » 

Nervi s.m. Portefaix. 

Net s.m. Atelier net, atelier dé- 
crié par les ouvriers. 

Nettoyé a. Ruiné. — Dévalisé. 
— Etre nettoyé \\ 1. Avoir perdu 
au jeu tout ce qu'on avait d'argent. 
Il 3. Etre condamné. 

Nettoyer v.a. Dévaliser. — 
Ruiner. — Gagner au jeu. — 
Nettotjer un panle, tuer un bour- 
geois. 

Névrosé O s.f. Ce mot est du do- 



maine de la psychologie ; il dési- 
gne, dans le "^langage familier, 
toutes les personnes dont le cer- 
veau est déséquilibré. 

Nez s.m. iSez qui a coûté cher à 
mettre en couleur, nez enluminé 
par les excès de boisson. — 
Avoir quelqu'un dans le nez, le 
détester. — Faire soi nez ou avoir 
le nez long, bouder. — Avoir du 
nez, avoir le nez creux, avoir Tin- 
tuition des bonnes aff'aires. — 
Mettre son nez dans le bleu, se 
piquer ou se salir le nez, se griser. 
— Laver le nez à quelqu'un, le 
réprimander, le morigéner. — 
Nez en bec à corbin, épaté, gros, 
large et court. — Nez en pied de 
marmite, nez en trompette, nez 
DUS qu'il pleut dedans, nez relevé. 
« Mlle Kid était une petite drô- 
letle, avec un nez où il pleut de- 
dans » (Stop. Journal amusant, 
1870). Mener par le nez, le bout du 
nez, faire marcher qq. à. sa guise. 

Niaire 9 s.m. Voy. Nière. 

Niais % s.m. Voleurqui s'amende. 
Ce mot s'écrivait autrefois 7îiaiz 
et désignait les voleurs assez 
maladroits pour se laisser pren- 
dre ; (par ail. aux petits oiseaux 
pris au nid.) Du lat. nidus nid. 
v< Ni&iz qui seront attrapez bien- 
tôt s'embrouerunt au halle. » 
(Villon.) 

Niasse # s.m. Mon niasse, moi. 

Nib == Nibe adv. = Mbergue,, 
Niberte, Nif, Rien. — Non. — 
Absence de. — Silence ! — Tais- 
toi ! — Nib de graisse, pas d'ar- 
gent. — Nibe au truc, ne rien 
dire sur un vol. — Faire un nib, 
commettre un vol adroitement, 
dans le genre du vol à Vépin- 
glette, le voleur opère générale- 
ment sur les champs de courses 
ou en chemin de fer ; il s'approche 
de la dupe dont il convoite l'é- 



NIBÉ. 



— 192 — 



NIVETTE. 



pingle enrichie de diamants, se 
lie avec lui, s'insinue habilement 
dans ses bonnes grâces, lui donne 
un « tuyau » et tout en parlant, 
jouant avec son programme, il 
soulève l'épingle qu'il dégage de 
la cravate et l'escamote. Voy. Ro- 
manichel. — Propice ànih, propre 
à rien. — Ça fait nib dans mes 
Mots, ça ne tait pas mon affaire. 

Nibé adv. Silence ! 

Niber # v.a. Regarder. — « Mhe 
la gonzesse, » regarde la femme. 

Nibergue=:rNiberte adv. Voy. 
Nib =:Berniqiie, m . déf. — En ail. 
bar nichts, rien tout nu. [Timmer- 

MANS.] 

Nicdouille s.m.= Niquedouille, 
ISigaiidinos, n\ga.ud, niais, (m. déf.) 

Nice # s. m. Niais; du lat. nescius, 
qui ne sait pas. 

Niche s.f. A c'te niche ! va te 
coucher! — Avoir la niche et la 
pâtée, être nourri et logé.^iNiche- 
à-seins, corset. 

Nichette = Nichonnette Q s.f. 
Femme légère, à la mode. — Mot 
d'amitié comme Nini, Niniche, 
Ninette, (femme qui se niche, qui 
se plaît au nid). 

Nichon Q s. m. = Nénais, sein; 
de nicher, faire son nid ; c'est 
sur le (( sein » de sa mère que 
niche le bébé. 

Nid s. m. JSid d'hirondelle, cha- 
peau rond à bord très étroit. — 
Nid à poussière, nombril. — Nid 
à punaise, chambre d'hôtel garni 
de bas étage. 

Niente s m. Rien. 

Nière = Niert # s. m. =r Niaire. 
Individu. — Complice. — Mon 
niert, moi. — Mon niert bobéchon, 
moi, ma tête. — Nière, maladroit. 
(RiGAUD.) — Nière à Vestorgue, 
complice dont on n'est pas sûr. 

Niet % pr. indéf. Rien. 

Nif# adv. yoY.Nib. 



Nifer # v.n. Cesser. — Ni fer de 
l'acre, faire attention. 

Nigaudinos s. m. Voy. Nic- 
douille. 

Ninars (V.) s. m. pi. Niais. 

Niner (V.) v.a. |i 1. Viser, quil- 
1er; du nom ang. du jeu de 
quilles, nine-play ou nine-pins. 

« Nineront très tout au frontz. » 

(Villon.) 

II 2. Endormir les enfants; du 
lat. nœnia, chanson de nourrice. 

Ninette # s.f. Voy. Nichette. 

Ningle s.f. Prostituée. 

N-i-Ni. C'est fini ! (formule néga- 
tive.) 

Nini = Niniche Q s.f. Voy. Ni- 
chette. 

Niole s.m. = Gnolle \\\. Cha- 
peau retapé. ||2. iVio/Ze s.f. In- 
dividu nul. — Objet sans valeur. 

Nioleur s m. = Gnoleur \\\. 
Marchand de vieux habits, de bi- 
belots sans valeur. 2. H Ouvrier 
en chambre qui retape les vieux 
chapeaux pour les revendre 
comme, neufs. 

Niolle s.f. Voy. Niole. 

Nion s.m. Voy. Gnon. 

Niort n.pr. m. Aller à Niort, nier. 
(j.d.m.) — Envoyer quelqu'un à 
Niort, lui refuser. 

Niorte # s. m. Viande. 

Nique 9 prép. Sans, exempt de. 
Etre nique de mèche, être sans 
complice. 

Niquedouille s.m. Voy. Nic- 
douille. 

Nisco O adv. = Nix. Non. (for- 
mule négative.) — En ail. nichts ^ 
rien. 

Nisette 9 s.f. Olive. 

Niveau Q s.m. Ne pas trouver son 
niveau, être ivre. 

Nivet# s.m. [j 1. Bénéfice illicite 
fait par un agent. 112. Chanvre. 

Nivette # s.f. Filasse. — Etoupe. 



NIX. 



— 193 — 



NOUVELLE. 



Nix O ^liv. Voy. Nisco. 

Nobler = Nobrer 9 v.a. Con- 
naître. 

Noc s. m. Individu bête. 

Noce s.f. Débauche. — Faire la 
noce, se débaucher, u La fille qui 
se prostitue appelle cela faire la 
noce, alors même que sa situation 
est misérable. » — Faire une 
noce de tailleur, c'est aller se 
promener sans dépenser d'ar- 
gent, souvent parce qu'on n'en 
a pas. 

Nocer Q v.n. = Faire la noce, 
v.c.m. 

Noceur O s. m. Individu qui aime 
à s'amuser. 

Nocher v.n. Sonner. — En ang. 
ta hnock, frapper. [Timmermans.] 

Noctambule O s. m. Celui qui 
passe les nuits à se promener ou 
à s'amuser. 

NoctambulerO v.n. Se promener 
la nuit. 

Et j'ai iioclambul*', triste, hagard, crotté. 

Velu pendant l'hiver de jaquettes d'été 

Et d'ulsters poussiéreux pendant la canicule 

(N. DE VlLLARS.) 

Noctambulisme O s.m. Action 
de noctambuler. 

Nocturne s.m. Vidangeur. 

Nœud s.m. Filer son nœud, s'en 
aller. — Mon nœud! (obsc.) = du 
flan ! 

Noir s.m. Plomb. [Rigaud.] — 
Un petit noir, une tasse de ca- 
fé. 

Noire-fontaine (St.-C), s.f. En- 
crier. 

Nom O s.m. Nom de D..., juron, 
blasphème. On l'atténue en di- 
sant: Nom de nom. Nom d'un 
chien, Nom d'une pipe, Nom d'un 
petit bonhomme, Nom d'un ton- 
nerre. Ces locutions s'emploient 
à tort et à travers, à propos de 
tout ou de rien. 

Nombril s.m. Midi. — Nombril 



de religieuse, as (du jeu de cartes). 

Nommer v.a. Baptiser. 

Nonnant s.m. Ami. — Un fami- 
lier, q.q. qui est comme de la 
famille. La racine du mot est 
congénère de celle de nourrir. Au 
centre de la France on dit nénet, 
nénin, pour le grand-père, nonain 
pour le père, nonne pour la mère. 

ITiMMKRMANS.] 

Nonne # s.f. Faire nonne, provo- 
quer un rassemblement pour per- 
mettre à un acolyte de commettre 
un vol. 

Nonneur # s.m. = Noueur. Com- 
père de voleur. Voy. Nonne. 

Normalien Q s.m. Elève ou an- 
cien élève de l'Ecole normale. 

Nosigues pron.pers.pl. = iVoM- 
saitles. — Nouzailles, etc. Nos. 
— Nous. 

Notaire s.m. |I 1. Marchand de 
vin. [Rigaud.]— Notaire du coin, 
marchand de vin du coin. ||2. 
Epicier qui fait crédit. J.d.m. sur 
noter. 

Note O s.f. Etre dans la note, être 
au courant des faits et des modes 
du jour. 

Noueur s.m. Voy. Nonneur. 

Noujon s.m. Poisson. 

Noune # s.m. Receleur. 

Nounou O s.f. Nourrice. 

Nourrice # s.f. Receleur. 

Nourrir % v. a. Préparer mûre- 
ment. — Combiner. — Nourrir 
un môme, un poupon, combiner 
un vol. 

Nourrisseur % s.m. Voleur 
qui prépare un mauvais coup. 

Nousailles % pron.pers.pl. Voy. 
Nosigues. 

Nouveauté s.f. Faire sa nou- 
veauté, changer de quartier ou de 
rue pour se \i\r er âuraccrochage. 
(arg. des filles.) 

Nouvelle (la) n.pr.f. Colonie 
pénitentiaire de la Nouvelle-Ga- 

13 



NOUVELLE-COUCHE. — iU 



ŒIL. 



lédonie. — Nouvelle-Calédonie, 
cimetière de Saint-Ouen. 

Nouvelle-couche O s. m. Démo- 
crate exagéré dans ses revendi- 
cations. — Voy. Couche. 

Nouzailles =Nouzières=:: Nou- 
siergue = NouzigjD =. Nouzi- 
gues pron.pers.pl. Voy. No- 
sigues. 

Noyade # s.f. Baignade. 

Noyau O s.m. Nouveau venu.[DEL- 
VAU.] — Siège rembourré avec des 
noyaux de pêche, siège où l'on se 
trouve mal assis parce qu'il est 
mal garni. 

Noyé s. m. Ivrogne. 

Nuage s. m. Tournure ; le nuage 
cache la lune. 



Nuageville O n.pr.f. Utopie. — 
Pays imaginaire. 

Numéro Q s.m. Etre d'un bon nu- 
méro, être ridicule. — Numéro 
un, de premier ordre. — Connaî- 
tre le numéro, connaître la valeur. 
— Aller au numéro 400, aller au 
cabinet d'aisances. — Maison à 
grand ou gros numéro, maison de 
tolérance. — Numéro 7, crochet de 
chiffonnier. 

Numéroter 0v. a. idlpeut numéro- 
ter ses abattis, » « il peut se prépa- 
rer à recevoir une volée de coups. » 

Nymphe Q s.f. Fille galante. — 
Nymphe de Guinée, négresse. — 
Nymphe potagère, cuisinière. — 
Nymphe verte, absinthe. 



O 



Obéliscal O a- Grand. — Superbe. 
Objet s.m. Amante. 

Depuis lors à son sujet 
Mon cœur battit la breloque, 
Quand j'appris que mon objet 
M'accordait la réciproque. 

{Fleur de thé.) 

Observasse Q s.f. Observation. 

Occase s.f. Occasion. — Objet 
de peu de valeur ou faux. — Ob- 
jet d'occase, objet d'occasion. — 
Châsse d'occase, œil en verre, œil 
louche. — Mère d'occase, fausse 
mère. — Œil d'occase, monocle. 

Occasion s.f. Chandelier, (vx.) 

Occis # a. = Épaté = Tué. Stu- 
péfait. 

Occuper (thé.) v.a. Occuper son 
. numéro, se dit d'un artiste qui 
tient bien son emploi. 

Oche s. f. pour Loche. Oreille. 
— Voche me cloche, l'oreille me 
tinte. (Allus. à sa forme en coli- 
maçon.) 



OcréasO St-G. s. m. pi. Souliers. — 
Bottes. (Lat. ocrea, botte). 

Œil. s.m. Avoir Vœil, avoir cré- 
dit. — Avoir Vœil, surveiller. — 
Cela a de Vœil, c'est apparent. — Ne 
pas fermer l'œil, ne pas dormir. 
— Ouvrir Vœil, faire attention. — 
Se faire ouvrir Vœil, se faire ou- 
vrir un crédit. — Faire de Vœil, 
regarder amoureusement une per- 
sonne ou regarder une chose 
avec envie. — 'Se fourrer le doigt 
dans Vœil, se tromper. — Mon 
œil! = Du flan, rien. — A Vœil, 
gratis. — Tirer Vœil, attirer les 
regards. — Mauvais œil, supers- 
tition qui attribue au seul regard 
de certains individus une influ- 
ence malfaisante. « Hier, M. 0. 
qui a décidément le mauvais œil 
pour les cabinets, a de nouveau 
précisé un point d'histoire. » Voy. 
Jettator. — Œil qui dit merde à 
Vautre, œil qui louche. — Taper 



ŒUF. 



195 — 



OMNIBUSARD. 



dans Vœil, plaire. — Taper de 
Vœil, dormir. — Faire l'œil en 
coulisse, regarder tendrement. — 
Vœil, la police. — Quart d'œil, 
commissaire de police. — Avoir 
l^œil américain, voir clair. — 
Tourner de l'œil, mourir. — Œil 
au beurre noir, œil poché. — Œil 
en trou de vrille, œil perçant. — 
Œil de cochon, petit œil. — Œil 
de lapin blanc, œil rouge et cils 
blancs. — ŒAl de bœuf 0, pièce 
de cinq francs en argent. 
CEuf s. m. Tête. — Casser son 
œuf, faire une fausse couche. — 
Un œuf sur le plat, louis d'or 
posé sur une pièce de cinq francs 
en argent. — Des œufs sur le plat, 
seins de moyenne grosseur. 
Officier (miL). s. m. Laveur de 
vaisselle (garçon d'office). — Offi- 
cier de guérite, simple soldat. — Q 
Officier payeur, celui qui paye la 
dépense.— Officier de tango ou 
de topo, tricheur. [Dklvau.] — 
Officier de la manicle, cheva- 
lier d'industrie. 
Offrir v.a. et v.pr. S'offrir une 
agonie d'eau douce, se noyer. 
— S' offre-à-tous, prostituée.' — 
Abbaye de s' offre-à-tous, lupanar. 
Ogre (typ.) s. m. Compositeur 
d'imprimerie qui travaille à la 
conscience, qui gagne une jour- 
née fixe. Il 2. Usurier. || 3. Agent 
de remplacement militaire (il n'en 
existe plus en France). — Patron 
de maison publique. (Ils exploi- 
tent la chair humaine.) || 4. Chif- 
fonnier en gros. 
Ogresse s.f. |I 1. Marchande 
à la toilette. ||2. Patronne de 
maison publique; (elle aime la 
chair fraîche.) 
Oignes s.f. pour Oignons. Aux 
petites oignes = Aux petits oi- 
gnons, v.c.m. 
Oignon s. m. Montre. — Il y a de 



l'oignon, il y a du chagrin, sujet de 
pleurs, de méconlcnlement, etc. — 
Peler des oignons, gronder q.q. jus- 
qu'à, le faire pleurer. — Aux pe- 
tits oignons, soigné, soigneuse- 
ment. — Oignon brûlé, anus, fesse. 
[Larciiey.] — Chaîne d'oignons, dix 
de jeux de cartes. [Rigaud.J Etre 
vêtu comme un oignon, avoir plu- 
sieurs vêtements l'un sur l'autre. 
Oiseau O s. m. || i. Individu. « Un 
bel oiseau. — Un sale oiseau. — 
Un drôle d'oiseau. » || 2. #Fausse 
clé ■^=: Rossignol . \\ 3.0Auget pour 
porterie mortier; (perché sur l'é- 
paule.) — Oiseau de cage, dé- 
tenu. — Oiseau fatal, corbeau. — 
Aux oiseaux, soigneusement, con- 
fortablement. — Se donner des 
noms d'oiseaux, des noms d'ami- 
tic, comme ma colombe, monpetit 
canard, ma poule. — Faire l'oi- 
seau = Faire la bête, l'imbécile. 

OiselerQ v.a. Cueillir. — Prendre. 
— Faire prisonnier. 

Olim O s. m. Académicien; (lat. 
olim. du vieux temps.) 

Olive s.f. Changer ses olives 
d'eau, uriner. [Delvau.] — # Tête. 

Olivet s. m. Oignon. 

Ombre s.f. Etre à l'ombre, être 
en prison. — Mettre à l'ombre, 
mettre à l'abri; tuer. — Faire 
passera l'ombre, faire disparaître, 
tuer. 

Omelette (mil.) s.f. Farce. — Paire 
omelette du sac, mettre le sac en 
désordre. 

Omettre [L,') 9 v.a. Le tuer. 

Omnibus # s. m. || 1. Prosti- 
tuée, (qui se donne à tous.) jl 2. 
Garçon d'extra, (payé par tous les 
autres.) j] 3. Verre'^de vin,(demi- 
setier.) || 4. Vin qui découle du 
comptoir de marchand de vin. 
Omnibus de coni, corbillard. 

Omnibusard s. m. Faux misé- 
rable exploitant la pitié publique 



OMNICROCHE. 



196 



ORPHELIN. 



dans les omnibus . [Larciiey] . 
Omnicroche s.f. Omnibus, (il 
accroche.) 

Omnium Q (sport) s. m. Course de 
chevaux dont l'âge est différent. 

Oncle s. m. Usurier. — Mon on- 
cle du prêt = Ma tante, mont- 
de-piété. — # Portier de prison. 

Onclesse. 9 s.f. Femme du por- 
tier de prison. 

Ondoyeuse # s.f. Cuvette pour se 
laver. 

Ongle s. m. Avoir des ongles 
crochus, être avare, rapace. 

Onguent s. m. Argent, (il calme 
bien des douleurs.] 

Onze adj. num. Le train onze, 
les jambes. 

Opérateur # s. m. Bourreau. 

Opérer # v.a. Opérer quelqu'un, 
ouvrir les yeux à q.q. — Guilloti- 
ner. 

Opineur s. m. Opineur hésitant, 
juré. 

Opportunisme O s. m. Partisan de 
réformes amenées progressive- 
ment et sans secousse. (Le mot a 
été créé par Gambetta.) 

Orange s.f. Sein. — Avoir des 
oranges sur son étagère, avoir des 
seins rebondis. — Payer des oran- 
ges, donner des coups de poing ; 
(allus. à la forme arrondie des 
poings). — Orange à cochons, 
pomme de terre. 

Oranger # s. m. Oranger de save- 
tier, basilic. [Rigaud.] 

Ord a. Horrible; (lat. horridus, 
m. s.) 

Ordinaire s. m. Bouillon et 
bœuf. « Un ordinaire. » — Les 
ordinaires, menstrues. [Delvau.J 

Ordonnance (mil.) s.f. Papier qui 
n'est pas d'ordonnance^ chèque. 

Ordre (mil.) s. m. Copier C ordre, 
balayer. 

Or-dur s. m. Cuivre. 

Oreillard. # s.m. Ane. 



Oreille O s.f. Avoir fait une oreille 
à Venfant, avoir contribué à la 
génération. — Fendre Voreille à 
quelqu'un, le déclarer impropre 
au service. — Mettre à la retraite. 

Orfèvre O s.m. Vous êtes orfèvre, 
monsieur Josse? Cette phrase se 
dit à une personne qui conseille 
une chose à q.q. en ayant Tair 
de lui porter de l'intérêt et qui 
n'a qu'un but, celui d'en tirer 
profit. (Allus. au personnage de 
Molière dans V Amour médecin). 

Orgue s.m. I| 1. Jouer de V or- 
gue, ronfler. |1 2. Personnalité. 

— Monorgue, moi. — Je prends ça 
sur mon orgue, je prends ça sur 
moi, sous ma responsabilité. — 
Ton orgue, toi. — Son orgue, lui. 

— Notre orgue, nous. — Manger 
sur V orgue, dénoncer, (m. à m. 
causer sur lui ;) orgue est un suf- 
fixe très employé en arg. comme 
aille, oche, etc. 

Orient s.m. Or. 
Orientaliste. Q s.m. Celui qui 

connaît bien l'argot des voleurs.. 

Il 2. Voleur juif. 
Orléans s. m. Vinaigre ; (on 

fabrique beaucoup de vinaigre à 

Orléans.) 
Orloge (1') (B). s.m. Coq. 
Ormoire (mil.) s.f. pour Armoire. 

Sac du troupier = Ormoire à 

poils. 
Ornichon % s.m. Petit poulet. 

— Dim. du gr. opviÇ, oiseau, vo- 
laille. Le mot fr. ornithologie 
désigne l'histoire naturelle des 
oiseaux. 

Ornie (B) s.f. Poule. — Ornie 
de balle, dinde. 

Ornière s.f. Poulailler. — Basse- 
cour. 

Ornion (B) # s.m. Poulet. 

Ornioys (B) s.m. Chapon. 

Orphelin s.m. || 1. Etron. = 
Orphelin de muraille, Sentie 



ORPHIE. 



— 197 — 



OUTSIDER. 



nelle. || 2. 0= Mcgo, bout de ci- 
gare ou de cigarette; (il est aban- 
donné.) ||3. # Orfèvre. ||4. # 
Voleur. — Orphelins j bande de 
voleurs. 

Orphie # s.f. Oiseau chanteur. 

Os s. m. Argent. — Monnaie. 
— Avoir de ros, avoir de l'argent; 
avoir du courage, de rénergie,de 
la force. — Os à moelle, membre 
viril. — Faire juter l'os à moelle, 
pratiquer Tonanisme. — Os de 
mouton, casse-tête dont se servent 
les malfaiteurs pour assommer 
leur victime. C'est une arme ter- 
rible. — Ça vaut un os, un os à 
moelle, c'est bien, c'est bien dit. 

Osanore s. m. Dent. [Larchey.] 

Oseille s.f. Argent. — Tu me la 
fais à l'oseille, cest raide ! (pour 
aigre), c'est trop fort. — Avoir 
mangé de Voseille, être aigri. 

Ostac s. m. Vent d'Est. — (Celtique 
Ost, Orient. [Trévoux.) 

Ostio (mil.) s.m. z=Austo=z Ostot. 
Prison. (Du vx mot ost ou hast, 
armée. 

Osselet s.m. Dent. [Delvau]. — 
Les osselets, les doigts. 

Ostot (mil.) s.m. Voy. Ostio. 

Othello O s.m. Mari jaloux. 

Otolondrer v.a. Ennuyer; [Ri- 
gaud] (agacer les oreilles.) 

Otolondreur s.m. Homme en- 
nuyeux, agaçant. 

Ouater v.a. O Peindre trop flou. 
[Delvau.] 

Oublier Q v.a. Oublier les mois de 
nourrice. Voy. Mois. 

Ouiche int. Oui, (avec un sens 
négatif, par iro.). «Pensez-vous 
que la pièce réussira ? — Ah oui- 
che! » (abrév. de Ah oui, je t'en 
fiche !) 

Ourler v.a. Ourler son bec, finir 
son travail; [arg. des graveurs 
sur bois.) 

Ours0 s.m. || 1. Oie. (La rue aux 



Ours , au xiii« siècle, était la rue 
aux Oiies, à cause des oies qu'y 
vendaient les rôtisseurs. De oiies 
on a fait ours.) || 2. Salle de po- 
lice. Il 3. Bavardage ennuyeux. 
[Larchey.] || 4. Compagnon désa- 
gréable. — Poser un oui's, en- 
nuyer, gêner. || 5. Pièce de théâ- 
tre. — Prenez mon ours. Dans 
une pièce des Variétés, VOurs et 
le Pacha, Odry jouait le montreur 
de bêtes et répétait à tout pro- 
pos: Prenez mon ours! Ces trois 
mots eurent un tel succès, que 
les directeurs auxquels un au- 
teur apportait un manuscrit lui 
disaient : « Vous voulez m'amu- 
ser, vous m'apportez votre ours. 
— Cette pièce vous plaira, j'en 
suis sûr, répondait l'auteur. — 
C'est bien ce que je pensais, pre- 
nez mon ours! » — (thé.) Cages à 
ours, cartons. || 6. Envoyer à 
l'ours, envoyer promener. 

Ourser0 v.n. || 1. Courtiser, (m. 
déf.) Il 2. Manquer au devoir 
matrimonial. 

Ourserie s.f. Insociabilité. — 
Sauvagerie. 

Oursin s.m. Jeune voleur. 

Ourson s.m. Bonnet à poils 
d'ours. 

Oùs'que0adv. pour Où. — Oùs'que 
tu demeures? où demeures-tu? — 
Oùs'qiiest mon fusil ? où est mon 
fusil ! (que je le tue pour ce qu'il 
vient de dire ou de faire), se dit 
en manière de plaisanterie. 

Ouste int. = Zut. — (^ Allons, 
ouste, caletez ! » allons, dehors, 
sortez ! 

Outil s.m. Maladroit, imbécile. 
Outil de besoin, prostituée ; (c'est 
souvent par nécessité qu'on les 
emploie.) 

Outsider (sport) s.m. Cheval que 
l'on considère comme n'ayant pas 
de chance de gagner la course. 



OUVRAGE. 



198 — 



PAILLE. 



Ouvrage ^ s. m. Vol. 
Ouvrier s m. Voleur. 
Ouvrir v.a Ouvrir sa tabatière, 



vesser. — Ouvrir Vœil et le bon. 
— Surveiller, faire attention. 
Ovale # s. m. Huile. 



Pacant s. m. || i. Paysan. 
Il 2. Passant. 

Paccin s. m. =Pacsin. Paquet. 
(m. déf.) 

Pacha s. m. Taureau. (arg. des bou- 
chers.) 

Paclin 9 s.m. Voy. Pacquelin. 

Pacquelin % s.m.= Paclin. Pays. 

— Lieu d'origine. — Ce mot se 
trouve à tort (dans le vocabulaire 
de Grandval à la fin de son ou- 
vrage de Cartouche) traduit par 
enfer; c'est une erreur de l'édi- 
teur, qui a traduit cette phrase : 
Le Glier fentrolle en son pacque- 
lin, « le Diable t'emporte en en- 
fer ». La traduction est : en son 
pays. 

Pacquelinage s.m. Voyage. 

Pacqueliner v.n. Voyager. Du 
lat. pascha, Pàque fait de l'hé- 
breu Paschah passage ; la seconde 
Pàque juive avait été instituée en 
faveur des voyageurs qui n'au- 
raient pu être 'ce jour là à Jéru- 
salem. 

Pacquelineur s.m. Voyageur. 

— Nomade. 

Pacsin s.m. Voy, Paccin. 

Padoue s.f. Faveur rouge pour 
ficeler les sacs de bonbons. 

Paf s.m. Il 1. Eau -de -vie. 
112. Ivre. Voy. Pa/fer. Il 3. Se dit 
d'une chose qui arrive subitement 
(onomatopée). i(Paf, ça y est! » 
Il 4. Membre viril. 

Pafif = Paffè # s.m. Soulier, 
(pour Passe.) 

Pafifer v.a. et v.pr. Boire. — 



Enivrer. — Etre ivre au point de 
tomber, de faire paf. (onomato- 
pée.) 

Paflfier s.m. Soulier. 

Pagaie (mil.) s.f. Mettre en pagaie^ 
mettre en désordre; (mêler comme 
avec une pagaie.) 

Page (lyp.)s.t. || 1. Bon travailleur. 
Il 2. Page blanche, innocent, 
vierge. 

Pagne s.m. || 1. Secours en ar- 
gent ou provisions pour les pri- 
sonniers. Il 2. Lit. (déf. de panier.) 

Pagnoter v.n. = Paniotter. 
Coucher. — Pagnoter avec quel- 
qu'un, coucher avec q.q. — 
v.pr. Se pagnoter, se coucher. 

Paillard s.m. Lâche, poltron. 

Paillasse s.f. H 1. O Individu sans 
convictions, peu sérieux en toutes 
choses, il 2. Ventre. — Se gar- 
nir la paillasse, manger. — Cre- 
ver lapaillasse, é\enirer. Il 3. (mil.) 
Etre de paillasse, être de garde. 
Il 4. Paillasse à soldats ou de corps 
de garde, prostituée qui fréquente 
les soldats. || 5. Brûler lapaillasse, 
ne pas payer les services d'une 
femme galante. || 6. Paillasse à 
' coups de poings, femme d'ivrogne 
brutal. Il 7. (mil.) Manger sa pail- 
lasse, s'agenouiller pour prier au 
pied de son lit. 

Paillasson s.m. Débauché; (qui 
fréquente les prostituées ; (pail- 
lasses.) — Amant de cœur. 
Paille#s.f. Il 1. Dentelle. || 2.Trom- 
perie au jeu. || 3. Q Paille de fer y 
baïonnette, épée, fleuret, sabre. 



PAILLER, 



— 199 



PALMARES. 



Il ^. Homme de paille, prêlo-nom, 
individu responsable d'une affaire. 

— C'est une paille, ce n'est rien. 

— Avoir la paille au cul, être mis' 
de côté, réformé. — Etre vendu 
où à vendre comme homme poli- 
tique. — Hacher de la paille, 
parler allemand. — Prendre une 
paille, se griser. — A toiy z'a 
moi, ia paille de fer, chacun à 
son Jour. — Ne plus avoir de 
paille sur le tabouret, n'avoirplus 
de cheveux sur la tête. 

Pailler 0v.n. Tricher aux cartes. 

Pailletée s.f. Prostituée attifée. 

Paillon s. m. Infidélité en 
amour. — Faire un paillon^ faire 
une infidélité. 

Paillot0 s. m. Paillasson. — Pla- 
quer la tournante sous le paillot, 
mettre la clé sous le paillasson. 

Pain=Paing0 s.m.Coup. i( Rece- 
voir ou foutre un paing. » — 
J.d.m. sur pan! paf! bruit du 
coup. 

Pain s. m. Pain ars, pain brûlé; 
(arg. des boulangers.) — Pain à 
grigne, pain fendillé, (id.) — Pain 
métourné, pain trop petit, (id.) — 
Pain polka, pain long et plat de 
4 livres. — Pain à trente-six trous, 
biscuit de soldat. — Pain à cache- 
ter, hosl'ie. — Pleine lune. — Pain 
de graisse, femme maladroite, pe- 
tite et grosse. — Faire des petits 
pains, allécher, flatter. — Parler 
pour ne rien dire. — Chuchoter. 

— Manger du pain rouge, \i\re de 
meurtre. — Ne pas manger de ce 
pain-là, ne pas employer des 
moyens malhonnêtes pour vivre. 

— Faire passer le goût du pain, 
tuer. — Mettre du pain dan^ le sac 
à que Iqu' un, le hailre — Prendreun 
pain sur la fournée, prendre un 
acompte. — Sonpain, tonpain,r\en 
du tout. — Et du pain ? et le néces- 
saire. — Oter l&pain de la bouche, 



faire perdre à q.q. son emploi, 
l'empêcher de réussir. — Avoir 
sonpain cuit, avoir de quoi vivre. 

Paire s.f. Se faire la paire, s'en- 
fuir, s'évader. — Faire des paires, 
faire des gestes désordonnés. — 
C'est une autre paire de manches, 
c'est bien différent. 

Pairs s. m. pi. Chambre des pairs, 
section des condamnés aux tra- 
vaux forcés à perpétuité. 

Paix-là0s.m . Huissieraudiencier. 

Palabre s.f. Discours long et 
ennuyeux. 

Paladier s. m. Voy. Pelardier. 

Palais-Royal s. m. Carreau du 
Temple. 

Palanquin s.m Hôtel meublé. 

Palas a. Beau. 

Bon, tu cliial ! Ah ! c'est pas palas. 

(CA. des Gueux.) 

Pâle O S.m. = Pâlichon. Blanc; 
(au jeu de dominos.) 

Paleron s.m. Pied. 

Palet s.m. Pièce de cinq francs, 
(argent.) 

Paletot s.m. Cercueil. = Pale- 
tot de sapin. 

Palette s.f. || 1. Dent. H 2. Main. 
11 3. Guitare. — Mot formé du 
radical pat qui veut dire plat 
comme la patte. Il en est de même 
pour paleron el palet. 

Pâlichon O s.m. Voy. Pâle. 

Pallas s.m. \\\. (typ.) Discours 
prétentieux. — Faiseur de pallas^ 
faiseur d'embarras, jj 2. Boni- 
ment de bateleur. 

Pallasser0 (typ.) v.n. Discourir, 
pérorer. 

Pallasseur (typ.) s.m. Bavard 
insupportable. — Orateur pré- 
tentieux. 

Palmarès O s.m. Liste des ré- 
compenses accordées aux élèves 
le jour de la distribution des prix; 
du lat. palma palme. 



PALMÉ. 



— 200 



PANNE. 



Palmé, = Palmipède a. et s . m. 
Il 1. Imbécile. || 2. Officier d'aca- 
démie, (il a les palmes.) 

Pâlot (te) =Pallot (te) s. Paysan 
grossier. 

Pâlotte # s.f. La lune. 

Palper O v.n. Recevoir de l'ar- 
gent. 

Palpeur # s. m. Juge d'instruc- 
tion. 

Palpitant # s. m. Cœur ; il s'agite, 
se contracte. 

Pâmer (se) v.pr. S'évanouir. 

Pâmeur # s. m. Poisson. 

Pâmoisir # v.n. Se pâmer. 

Pampeluche n.pr.f. Voy. Pan- 
tin. 

Pampine # s.f. jj 1. Sœur de 
charité. || 2. Yiande de mauvaise 
qualité. || 3. Terme injurieux. 
= Charogne. 

Pamure s.f. Gifle violente, (un 
pain qui fait pâmer.) 

Pana 0.s.m. Homme âgé, avare et 
laid. — Gueux et sordide comme 
un patiné ou loqueteux. 

Panache s. m. || 1. Ivresse. — 
Avoir le ou son panache, être 
ivre. — Voy. Pompon, plumet. 
Il 2. Faire panache, tomber en 
passant par-dessus la tête de son 
cheval. 

Panaché Q ^- Mélangé. — IJn pa- 
naché s. m. Absinthe à l'orgeat, à 
l'anisette, etc. 

Panade s.f. || 1. Mou. — Indi- 
vidu nonchalant. — Rappelle le 
brouet au pain. [Timmermans.] 
Il 2. Pauvreté, misère. || 3. Per- 
sonne ou chose délabrée. — Lat. 
pannus, morceau d'étoffe, et en 
fr. loque. [Timmermans.] 

Panailleux s. m. Marchand de 
bric-à-brac, de défroques; (de pan- 
nus.) 

Panais s. m. = Panet. Etre en 
panais, être en chemise. — J.d.m. 
sur pan; {pannus). — Des panais 



{Rosalie) = Du flan! négation. 
Panama Q s. m. Chapeau de 

paille. 
Panaris O s. m. Belle-mère. 
Panas || 4. a. Vieux, usé, 

sans valeur. j| 2. s. m. pi, Bric-à- 

brac;(depannMs, morceau d'étoffe.) 
Pancarte (mil.) s.f. Se faire aligner 

sur la pancarte, être inscrit sur la 

liste des punitions. 
Pandore s. m. Gendarme. 

Brigadier, répondit Pandore, 
Brigadier, vous avez raison. 

(G. Nadadd.) 

Pané a. Voy. Patiné. 

Panet s. m." Voy. Pariais. 

Panier s. m. Lit — Panier aux 
crottes, jupon. — Panier au pain, 
estomac. — Panier à salade, voi- 
ture cellulaire. 

Paniotter0 v.n. et v.pr. Voy. Pa- 
gnoter. 

Paniquer v.pr. Se paniquer, 
avoir peur. 

Panmuflisme Q s. m. — Gouja- 
tisnie, grossièreté. <c... et comme 
il répugne aux délicats, nous te- 
nons ici la cause de ce que j'ap- 
pellerai, en empruntant le mot à 
Gustave Flaubert, le triomphe du 
panmuflisme. » (F. Coppée.) 

Panne s.f. || d. Gêne. — Pau- 
vreté, misère. — Tomber dans la 
panne, n'avoir plus le sou, porter 
des vêtements usés. || 2. (thé.) 
Rôle de peu d'importance, ou 
rôle ingrat. « Il ne joue que des 
pannes.» — Mauvais rôle. La panne 
était autrefois l'étoffe dont on ha- 
billait les domestiques à la ville 
comme au théâtre, et comme les 
rôles de domestiques sont géné- 
ralement insignifiants, on les dé- 
signa sous le nom de patine. || 3. 
Mauvais tableau. Du grec jTcavtç, 
pauvreté. 

Panne a. et s. m. = Pané. Pau- 
vre, misérable. — Panne comme 



PANNEAU. 



201 — 



PAPE. 



la hoUandey être très misérable. 
= Être dans la purée (v.c.m.) 
comme la hollande, espèce de 
pomme de terre jaune, grosse et 
farineuse. O C/if5 des Pannes, 
léunion de promeneurs endi- 
manchés qui attendent le retour 
des courses aux Champs-Elysées. 

Lorsque le soleil sans voile 
Brille en la ci^lesle toile, 
Un las de gens pomponnés 
Viennent place de l'Etoile, 
Au Club des Pannes! 
{Soirées Scuis Gêne, Georges Gillet., 

Panneau O s.m. Tomber dans le 
panneau, croire à un mensonge ; 
(tomber dans le piège.) 

Panneauture O s.f. Petit tableau 
sur bois n'ayant aucune valeur 
artistique. 

Panner v.a. Gagner au jeu. — 
C'est mettre les autres dans la 
misère ; (panne.) 

Pannétellas O s.m. Cigare d'un 
sou. 

Panoteur s.m. Braconnier ; (il 
tend des panneaux.) 

Panoufle s.f. |1 1. Perruque. 
Il 2. Vieille femme. 

Panser v.a. Panser de la main, 
battre. 

Pantalon s.m. Donner dans le 
pantalon garance, aimer les mi- 
litaires. — (Arg. des litt.) Faire 
pantalon, ne pas remplir la page 
jusqu'au bas. 

Pantalzar s.m. Pantalon. — 
D'un débris de pantalon et de al- 
zare, mot ital. qui veut dire his- 
ser, hausser. C'est une var. méta- 
phorique de grimpant, le vête- 
ment qui grimpe sur les jambes. 
C'est le culbutant quand il dévale. 

[TiMMERMANS.] 

Pante # s.m . = Pantre.\oY. Pan- 
tin. Individu. Bourgeois. — Pol- 
tron, individu sans énergie. — 
Faire le pante, faire la bête. — 



Pante argoté, bête. — Pante dé- 
sargoté, individu malin. — Pante 
arnau , individu qui s'aperçoit 
qu'il estvolé.(i7 renaMc?e.) — Pan- 
tin se trouve dans la plaine St- 
Denis : le pante est l'habitant 
de la Plaine, le paysan. Le 
vocable est identique' au mot 
ital. pantano, bas-fond , marais. 

[TiMMERMANS. J 

Panthère s.f. Pousser sa pan- 
thère, aller de cabaret en cabaret. 
— O Faire sa panthère, aller et 
venir ; (comme une panthère en 
cage.) 

Pantière (B) # s.f. Pantiére à 
miettes, la bouche. 

Pantin n.pr.m. =: Pampeluche 
= Pantruche. Paris. — Dans le 
goût de Pantin, à la mode pari- 
sienne. — Du skt Pattana, ville, 
propriétaire, citadin, bourgeois, 
individu. [Burnouf.] 

Pantinois s.m. || 1. Parisien. 
Il 2. # Voleur de Paris, con- 
damné à Paris. 

Pantouflard s.m. Homme sans 
caractère, qui se laisse dominer 
par les femmes. 

Pantoufle s.m. Ouvrier tailleur; 
(il travaille en pantoufles.) 

Pantre # s.m. Voy. Pante. 

Pantriot s.m. Payeur. 

Pantruche n.pr. Voy. Pantin. 

Pantruchois s.m. PaVisien. 

Panturne # s.f. Proâtituée. — 

Panuche # s.f. Prostituée de mai- 
son publique. || 2. Femme bien 
mise; (empanachée.) 

Panufe # s.f. Chaussette. 

Panurgiste Q s.m. Imitateur ser- 
vile. 

Papa Qs. m. Bourgeois. — Bon papa, 
bourgeois paisible. — A la papa, 
tranquillement, doucement. 

Pape s.m. j] 1. Imbécile. — 
Il 2. Verre de rhum, (j.d.m. sur 
Rome.) 



PAPELARD. 



202 



PARFAIT. 



Papelard # s, m. Imprimes de 

toute nature, (pour papier.) 
Paper-hunt s. m. = Rallie-paper. 
M. à m. chasse au papier. Variété 
de sport équestre. 

Papier s. m. Papier à chan- 
delle, mauvaise publication. — 
Papier à douleur, billet protesté. 
— Papier goudron, papier d'em- 
ballage. — Papier Joseph ou de 
soie, billet de banque. — Parler 
papier, écrire. 

Papillon # s. m. Blanchisseur. — 
Papillon d'auberge, assiette. — 
Papillon d'amour, morpion. — 
Vieux papillon, vieillard galant et 
empressé auprès des femmes. 

Papillonne O s. f. Besoin de chan- 
gement en amour. [Fourier.] 

Papillonner v.a. et v.n. Yoler 
du linge dans les voitures de blan- 
chisseurs. 

Papillonneur # s. m. Voleur qui 
prend le linge dans les voitures 
de blanchisseurs. 

Papillotes Q s.f.pl. Billets de 
banque. 

PapotageQs.ni. Commérage inno- 
cent. — Bavardage. — Var.onoma- 
topéique de babiller [Timmerma^s]. 

Papoter O v-ï^- Bavarder. 

Papotier Q s. m. Papotière s.f. 
Bavard. 

Paquecin s. m. Voy. Paccin. 

Paquelin % s.m.^Flatteur ; (pour 
patelin). 

Paqueliner # v.a. et v.n. Flatter. 

Paquemon # s. m. Paquet, (m. 
déf.) 

Paquet s. m. Homme sans valeur. 

— Imbécile. — Maladroit. 

Y a-t-i rien qui vous agace 
Comme ces espèces de paquets 
Uui souffl'ent dans des cors de chasse, 
A la porl' des mastroquels ? 

(J. JOUY.) 

— Femme de forte tournure. 

— Faire son paquet, ou faire ses 



petits paquets, être moribond. — 
Faire le paquet, tricher aux 
cartes. — Faire des paquets sur 
tout le monde, faire des cancans, 
médire. — Avoir son paquet, être 
ivre. — Lâcher le paquet, tout 
révéler; abandonner. — Recevoir 
son paquet, recevoir son congé. 

Parabole # s.f. Paradis. 

Parade s.f. (thé.) Faille la parade, 
jouer une pièce comme lever de 
rideau. — Bénédiction de 
parade, coup de pied au derrière. 

— • ^oy. Romanichel. 
Paradis s. m. Infirmerie. (St-C.) 

— Une le portera pas en paradis, 
il payera ça avant sa mort. 

Paradouze0 s. m. Paradis. 

Paralance s. m. Parapluie. 

Parangonner (se) (typ.) v.pr. 
S'appuyer. 

Paraphe s. m. Gifle. — Souf- 
flet. — Détacher un paraphe à 
quelqu'un, donner un soufflet. 

Parapher v.n. Gifler. — Souf- 
fleter. 

Parapluie 0s. m. || 1 .Voy. Essence. 
Il 2. Mari. — (mil.) Envoyer quel- 
qu'un chercher le parapluie de l'es- 
couade, se débarrasser d'un im- 
portun. Il 3. # Alibi. 

Parc 9 s. m. Parc aux huitres, 
crachoir, mouchoir. 

Paré # a. Etre paré, être prêt, 
être disposé. 

Pareil a. Du pareil au même, 
identique. 

Parer Q v.a. Remplir. — (arg. des 
bouch.) Parer un morceau, prépa- 
rer la viande pour la cuisson. — 
Parer la coque, échapper par 
la fuite à une punition. — La 
parer à un aminche, venir en 
aide à un ami. — Se parer, se 
créer un alibi. 

Parfait - amour s. m. Parfait- 
amour de chiffonnier, mauvaise 
eau-de-vie. 



PARFAITE. 



— 203 — 



PAS. 



Parfaite s.f. La parfaite. Voy. 
Consolation. 

Parfond ^ s.m. Pâté. 

Farfonde # s.f. || 1. Cave. [| 2.Po- 
chc: {\)om' pi'o fonde.) 

Parigot s.m. Parisien. 

Paris n.pr.m. Q Tout-Paris, en- 
semble des personnalités connues 
dans toutes les classes de la so- 
ciété. — Monsieur de Paris, le 
bourreau. 

Parisien s.m. I| 1. Mauvaise t«îte, 
individu indiscipliné. || 2. Mauvais 
cheval, jj 3. (pays.) Imbécile bon 
à duper. 

Parlement Q s.m. Ouvrir le par- 
lement ou Faire V ouverture du par- 
lement, causer, parler, discourir. 

Parlementarisme Q s.m. Poli- 
tique qui consiste à soumettre 
tout au contrôle du Parlement. 
« Le Parlementarisme nous offre 
jiourtant, selon sa vieille habi- 
tude, son joli petit scandale par 
semaine. » (Fr. Coppke.) 

Parler (thé.) v.n. Parler sur quel- 
qu'un, rinterrompre. Parler 
papier, voy. Papier. 

Parloir s.m. Parloir des singes, 
parloir de prison. 

Parlotte O s.f. Lieu de réunion. 
(où Ton parle.) 

Parmezard s.m. Pauvre. — Dé- 
guenillé ; (râpé comme le parme- 
san.) 

Parnasse (litt.) n.pr.m. Chardon 
du Parnasse, mauvais écrivain. 

Paroisse Q s.f. Prêcher pour sa 
paroisse, défendre ses intérêts. 

Paroissien Q s.m. Individu. — 
Proie de paroissien, individu d'al- 
lure singulière. — Paroissien de 
Saint - Pierre-aux-Bœufs, homme 
bête et grossier. 

Parole s.WQMa parole,ie te le jure, 
(abrév. de « je te donne ma parole 
d'honneur. ») 

Parolier O s.m. Auteur de chan- 



sons ou de livrets de pièces où il 
y a de la musique. 

Paron s.m. Palier d'escalier. 

Parouart (V) n.pr.m. l\aris; (avec 
le suffixe ouart, souvent employé 
au xv siècle). ' 

Paroufle s.f. Paroisse. 

Parpaillot Q s.m. Protestant. — 
Du nom de Jean Perrin, seigneur 
de Parpaille, qui fut décapité en 
1602 comme hérétique. 

Parrain # s.m. || 1. Témoin. — 
Parrain d'altéque, témoin à dé- 
charge. — Parrain fargueur, té- 
moin à charge. || 2. Avocat, j] 3. 
Juge assesseur. 

Parrainage % s.m. Témoignage. 

Partageur = Partageux %- 
s.m. Partisan du partage de tous 
les biens. 

Parterre Q s.m. Prendre un bil- 
let de parterre, tomber. 

Parti O a, |I d. Endormi. || 2. Ivre. 
— Il est parti pour la gloire, il est 
endormi; (il va rêver à la gloire) 
ou il est ivre; (il s'enthousiasme.) 

Particulier Q s.m. Individu 
quelconque. 

Particulière O s.f. || 1. Maîtresse. 
Il 2. Prostituée. 

Partie s.f. Faire une partie, se 
battre entre camarades. Q Monter 
une partie, organiser une repré- 
sentation dramatique avec des 
artistes amateurs. — Partie fine, 
bonne fortune en cabinet parti- 
culier. — Fille à parties, prosti- 
tuée qui attire les clients dans les 
maisons à parties ou maisons de 
passes, v.c.m. 

Pas O s.m. et négation. Mettre quel- 
qu'un au pas, le contraindre à 
obéir. — Pas grand'chose, per- 
sonne peu estimable. « Après 
tout (lui dit Forestier) vous dé- 
barrassez le pays de deux pa^ 
grand'chose. » (M. Barrés, Une 
journée parlementaire.) — Ça n'est 



PASCLIN. 



— 204 — 



PASSIONNÉ. 



pas méchant, cela n'a pas d'impor- 
tance. — Pas de ça, Lisette, néga- 
tion. 

Pasclin = Pasquelin # s.m. 
Yoy. Pacquelin. 

Passacailler v.n. Devancer. — 
Supplanter. 

Passade (thé.) s.f. || 1. Change- 
ment de place des artistes en 
scène. — Régler une passade, ré- 
gler la façon dont les artistes doi- 
vent se placer en scène. || 2. = 
Passe (3). || 3. # Soulier. || 4.(typ.) 
Secours d'argent. — # Aumône 
faite en passant. 1| 5. Plongeon 
forcé. 

Passans ( V) (B) s.m.pl. = Passî(ie, 
etc. Souliers. 

Brouez-moi sur ces gours passans. 
(Villon.) 

Passant # s.m Soulier. 

Passe # s.f. Il l.Soulier. (abrév. de 
passans.) \\ 2. ^= Passade (1). |1 3. 
O Union passagère. — Faire une 
passe, contracter une union pas- 
sagère. — Maison dépasse, maison 
de' rendez-vous. || 4. Secours, 
aide. — Donner la passe à quel- 
quun, aider. || 5. % Guillotine. — 
Gerber à la passe, condamner à la 
guillotine. \\ e.QPfirmisde circu- 
lation gratuite sur les lignes de 
chemin de fer. || 7. Ecornifler 
ùlapasse, tuer (faire passer de vie 
à trépas). || 8. O Jetons ou fiches 
qu'on met à chaque nouveau 
coup. Il 9. Numéros au-dessus de 
dix-huità la roulette. || 10. 0Passe 
à la rousse, espadrilles : leurs se- 
melles de corde permettent aux 
malfaiteurs de marcher sans être 
entendus de la. rousse; (police.) 

Passe-crick # s.m. Passeport. 

Passe -de -cambre s.f. Pan- 
toufle. 

Passe-lacet Q s.m. || 1. Prosti- 
tuée. Il 2. Gendarme. 



Passe-lance s.m. Bateau, — 
Canot. — Bac. 

Passe-passe s.m. Tricherie au 
jeu. — Joueur de passe-passe, tri- 
cheur. 

Passe-montagne O s.m. Sorte de 
capuchon en tricot de laine qui 
couvre la tête et le cou. 

Passer Q v.a. etn. Passer au bleu, 
disparaître. — Ne pouvoir passer 
sous la porte Saint-Denis, être 
cocu. — Se la passer douce, vivre 
sans souci. — Passer devant la 

. mairie, vivre maritalement. — 
Passer la jambe à Jules ou à Tho- 
mas, mettre les barres de bois 
dans les anses de la tinette pour 
la vider. — Faire passer les pi- 
ques, harceler, tourmenter, faire 
souffrir; (de piquer.) — Passer à la 
plume ou à tabac, (v.c.m.) être 
roué de coups par les agents de 
police. — Passer à la sorgue, dor- 
mir. — Passer au gabarit, rogner, 
avoir une réduction de salaire. 

— Passer la mer Rouge, avoir ses 
menstrues. — Passer du vin en 
contrebande, rentrer ivre en ville. 

— Passer Varme à gauche ou y pas- 
ser, mourir. — Passer au dixième, 
devenir fou. — Passer la main, 
céder son tour. — Passer la main 
dans les cheveux, flatter. — # 
Passer à la fabrication, être volé. 
— Se passer de belle, ne pas recevoir 
sa part dans le produitd'un crime. 

Passe-singe # s.m. Individu rusé. 

Passeur Q s.m. Individu payé 
pour passer des examens en se 
substituant à d'autres. 

Passe-vanterne # s.f. Echelle. 

Passide s.f. = Passier = Pas- 
sif = Passifle s.m. Soulier. — 
Tous ces mots dérivent du mot 
primitif passans, v.c.m. 

Passifleur s.m. Cordonnier. 

Passionné # s.m. Libertin. — 
Vil débauché. 



PASTILLE. 



— 205 — 



PATITO. 






Pastille © s.f. Voy. Moule. — Pet. 

F AssionsOs. ï.\)\. Homme ou Femme 
à passions, libertin. " Ces gens-là 
n'ont soif que d'une certaine eau, 
prise à une certaine fontaine et 
souvent croupie. » {Père Goriot, 
Bai./ac). 

Pastiquer # v.a. et n. Passer. — 
Pustiquant sur la placarde fai 
rembroqué un abadis du rabouin, 
passant sur la place, j'ai aperçu 
une foule du diable. — Pastiquer 
lamallouse, passerla contrebande. 

Pastourelle (mil.) s.f. Signal pour 
les hommes punis. 

Patafîoler v.a. Confondre. — 
Mettre dedans, enfoncer. — Que 
le diable vous patafiole ! que le dia- 
ble vous emporte ! — Pour ne pas 
être ungniolle quon patafiole ; (un 
niais qu'on met dedans). (J. Riciii:- 

PIN.) 

Patagueule |1 1. a. Ennuyeux. 

(RiGALD.) Il 2. s.f. Faire sa pata- 
gueule, bégueule. 

Patapouf O s. m. Homme gros, 
obèse. — Pataud et bouffi. 

Pataquès Q s. m. Fautes grossiè- 
res en parlant que font souvent 
les personnes ignorantes et pré- 
tentieuses. Ex: «M™^DMca6o tient 
à bien parler, elle a toujours sur 
elle le dictionnaire de M. Poche; 
elle connaît les proverbes : « La 
presse est la mère de tous les 
vices ». « Dieu ne veut pas 
l'amorce du pêcheur. » « Oreiller 
du soir, espoir. » « Il faut vouloir 
ce qu'on ne peut empochei'j » 
etc. etc. » 

Patarasses # s.f.pl. Loques dont 
les prisonniers entourent leurs 
pieds pour éviter les meurtrissu- 
res des fers. 

Patard s.m. Pièce de deux 
sous. 

Patati-patata Q int. Exprime le 
bavardage incessant. _ 



Patatrot s.m. Course. — Faire 
patatrot, courir, (pas, au trot.) 

Pâte s.m. Patron. 

Pâte # s.f. pour Patte. Lime. 

Pâte O s-f- Mettre enpdte, renverser 
des paquets de caractères compo- 
sés. — Tomber en pâte, se désa- 
gréger, en parlant de la compo- 
sition d'imprimerie. — Morceau 
de pâte ferme, œuvre littéraire 
lourde et sans esprit. 

Pâté s.m. Mauvais travail. — 
Pdté d'ermite, noix; (nourriture 
d'anachorète.) — (lyp.) Faire du 
pdté, laisser tomber'les lettres en 
pâte, v.c.m. 

Pâtée s.f. Correction, volée de 
coups. — Donner la pâtée à quel- 
qu'un, le battre. 

Patelin s.m, = Paquelin = 
Pasclin, etc. || 1. = Pacquelin, 



v.c.m. 



Compatriote. 



Patente s.f. || 1. Casquette de 
soie, montante, portée par les 
souteneurs. || 2. # Papiers d'iden- 
tité, comme la patente du com- 
merçant. 

Patenté s.m. Souteneur;(il porte 
la patente, v.c.m.) 

Paternel (écol.) s.m. Père. 

Patinage s.m. Voy. Pelotage. 

Patiner v.a. et v.n.*^ = Patouil- 
ler, etc. Manier. — Patiner la 
dame de pi^we, manier les cartes, 
(jouer aux cartes.) — Patiner le 
carton, jouer aux cartes. — Pati- 
ner les trois brèmes, tenir un jeu 
de bonneteau, v.c.m. 

Patiner (se) v.pr. Se presser. — 
Courir ^= Se tirer les pattes. 

Patineur # s.m. Bonneteur = 
Patineur de brèmes. 

Pâtiras Q s.m. = Patîto. Souffre- 
douleur ; (de pâtir.) 

Pâtissier Q s.m. Sale pâtissier, 
homme malpropre, au physique 
ou au moral. 

Patito O s.m. Voy. Pâtiras. 



PATOCHE. 



— 206 



PAVOISÉ. 



Patoche (enf.) s.f. Main gros- 
sière. 

Patouiller v.a. = Patiner = 
Patrouiller = Peloter. Manier sa- 
lement, indiscrètement. — Tour- 
ner et retourner. 

Patouilleur s. m. Individu qui 
patouille. Voy. Patouiller. 

Patraque s.f. || 1. Tête légère. 
Il 2. Personne dont la santé est 
délabrée. || 3. Patrouille, (m. déf.) 

Pâtre s. m. Voy. Pantre. 

Patron-minette s. m. || 1. Dès 
le patron-minette, dès Taurore. jj 
2. Association de malfaiteurs. 

Patronnet O s. m. Apprenti pâtis- 
sier. 

Patrouille s.f. Etre en pa- 
trouille, faire patrouille, aller de 
marchand de vins en marchand 
de vins. — Se mettre en patrouille, 
se griser. 

Patrouiller 0v.n etv.a. jj 1. Faire 
patrouille, v.c.m. |1 2. = Patouil- 
ler. 

Patte # s.f. = Pâte. || 1. Lime. || 
2. Main. — Pied. — Avoir de la 
patte, être adroit, habileté de 
main. — Se tirer les pattes = Se 
patiner, s'en aller, s'enfuir. — 
Aller à pattes, aller à pied. — 
Faire des pattes d'araignée, cha- 
touiller. Il 3. Pattede lapin, favori 
court. Il 4. Patte de crapaud, épau- 
lette de gendarme, jj d. Patte d'oie, 
carrefour, (allus. de forme.) — 
Se casser lapatte, se faire prendre. 

— Avoir la patte cassée, être ar- 
rêté. — Coup de patte, médisance. 

— Pattes de mouche, écriture fine 
ou indéchiffrable. 

_ Paturon s. m. Pied. — Se tirer 
les paturons = Se tirer les pattes, 
v.c.m. 
Paturot O s. m. Homme crédule. 

— D'après le nom de Jérôme Pa- 
turot, roman de Louis Reybaud. 

Paulmer (V) # v.a. Prendre.— Vo- 



ler. — Lat. palmare, m. s. Voy. 
Paumer . 

Paume s.f. Perte. — Insuccès. 
— Faire une paume, perdre, subir 
une perte. 

Paumer # v.a. et v.n. 1| 1. 
Perdre. — Paumer son fade, dé- 
penser, perdre son argent. — 
Paumer l'atout, se décourager. 

— Paumé dans le dos, perdu. — 
Paumer ses plumes, perdre ses 
cheveux. — Paumer la sorbonne, 
perdre la tête. (| 2. Arrêter. — Voy. 
Paulmer. — Se faire paumer, se 
faire prendre, arrêter. — Se pau- 
mer v.pr., s'égarer. 

Paupière QsA'. S'enbattre la pau- 
pière, s'en moquer, s'en fiche. 

Pause O s.f. Compter des pauses^ 
dormir. — Ilauco, reposer, et 
[BauSàco, endormir, énoncent le 
souffle. Panser veut dire souffler, 
reposer. [Timmermans.] 

Pauvreté s.f. Faire'la pauvreté 
r= la bagatelle, coucher avec une 
femme. 

Pavé O s. m. C'est tout pavé, c'est 
très loin. — Pavé de l'ours, ser- 
vice amical qui produit un effet 
nuisible. — Fusiller le pavé, 
marcher vite. — Inspecter le pavé, 
être sans emploi. — Etre sur le 
pavé ou Gratter le pavé., être mal- 
heureux, misérable. 

Paver Q v.a. On pave, signifie : je 
ne puis passer dans cette rue, j'y 
ai un créancier qui pourrait 
m'apercevoir ; (la rue est obstruée 
quand on pave.) 

Pavillon s.m. || 1. Extravagant. 

— Fou. Il 2. Mensonge. 
Pavillonner v.n. [| 1. Divaguer. 

— Déraisonner. |j 2. Mentir. — 
Eluder une question. 

Pavois a. et s.m. r=: Pavillon. 
Il 1. Fou. Il 2. Ivre. — J.d.m. sur 
paf. [Timmermans.] 
1 Pavoisé a. Etre gris. 



PAVOISER. 



— 207 



PÉDÉ. 



Pavoiser (se) v.pr. |I 1. S'hà- 
hiller coquettement. H 2. Se gri- 
ser. 

Payer v.a. et v.pr. Etre con- 
damné. — Faire, accomplir. — 
Avoir payé, avoir subi des con- 
damnations. Tu vas me le payer 
ou Tu vas me payer ça, c'est trop 
fort,^ lu devrais me payer pour 
m'avoir dit ou fait cela ; (se dit 
amicalement). — Fairepayer, con- 
damner. — Se payer, s'otï'rir. — 
(thé.) Payer la goutte à un acteur, 
le siftler. 

Payot# s. m. Gantinier. — Comp- 
table du bagne. 

Paysage O s. m. Cela fait bien 
dans le paysage ou dans le tableau, 
cela fait bon etfet, c'est réussi. 

Pays-bas (les) s. m. pi. Les 
[»arlies sexuelles. 

Payse s.f. Maîtresse. — Compa- 
triote. — Bonne amie. 

Pchutt O s. m. Voy. Pschutt. 

Peau s.f. I! 1. La peau! — Pour 
la peau. — Peau de balle! — Peau 
de balle et balai de crin! — Peau 
de bite ou Peau de nœud (obsc), 
(négation) non, rien, pour rien, 
manque de, absence de. — Cest 
peau de balle, c'est manqué. — 
Faire peau de balle, ne rien faire, 
être bredouille. || 2. Peau de chien 
ou simplement Peau, prostituée. 
11 3. En peau, nu, en toilette dé- 
colletée. Il 4, Peau d'âne, tambour. 

— Faire chanter la peau d'âne, bat- 
tre le tambour. || 5. Etre dans la 
peau de, être à la place de. 1|6. 
Peau fine, jeune homme efféminé. 

— Avoir la peau trop courte, péter. 

— Peau de lapin, ouvrière car- 
tonnière. — Faire la peau de la- 
pin, vendre des contremarques de 
théâtre. — Avoir quelqu'un dans 
la peau, avoir de l'affection pour 
q.q. -Faire peau neuve, changer 
d'amant ou de maîtresse. — Traî- 



ner sa peaUj flâner, aller et venir 

en flânant. 
Peaunoire # s. m. Vagabond. 
Peaufiner v.a. Parfaire une 

chose. 
Peauser v.n. Dormir. (Ed. 

FOUUMER.) 

Peausser v.a. H 1. Coucher. — 
Loger; (pour Piausscr.) \\ 2. Se 
peausseï', se déguiser. 

Peaux huré (B) s. m. Lit. 

Peccavi # s.m. Péché. 

Pêche O s-f. Pèche àquinze sous, 
courtisane élégante. — Aller à la 
pèche, être congédié. 

Pêcher Q v.a. Pêcher à la ligne 
d'argent, acheter du poisson, en 
revenant de la pêche, pour faire 
croire qu'on l'a pris. — Pêcher 
une friture dans le Styx, mou- 
rir. 

Pêcheur O s. m. — Pécheur à la 
ligne, journaliste qui est payé à 
la ligne et qui allonge ses articles 
pour gagner plus. 

Péchon (B) s.m. Enfant. — 
Apprenti voleur. — Peschon de 
Ruby, enfant éveillé. — En pro- 
vençal Pilchoun. 

Péchonner % v.a. Voler. 

Péchonnerie % s.f. Vol. 

Pécoreur s.m. Voleur de grand 
chemin. 

Pecque # s.f. Pimbêche. — 
Femme impertinente et sotte qui 
fait l'entendue. 

Pectoral Q ^. m. S'humecter le pec- 
toral, boire. 

Pécune % s.f. Argent. Ce mot est 
fr. mais n'est usité que dans le 
monde des malfaiteurs ; du lat. 
Pécunia m. s. (Acad.) 

Pédaler O v.n. S'adonner au 
sport vélocipédique. « Voulez- 
vous pédaler avec plaisir ? mon- 
tez les bicyclettes X. » 

Pédé = Pédéro = Pédreau = 
Pedro 0s.m. Pédéraste. (abrév.) 



PEDESOUILLE. 



208 — 



PELLE. 



Pédesouille = Pedzouille 

s. m. Paysan. 
Pégale =: Pégole # s. m. Mettre 
au pé g oie, engager ses vêtements. 

— Ang. peg, pointe, piquet, 
syn. de clou. 

Pégoce s. m. Pou. — Ang. peg, 
pointe, qui pique. [Timmermans.] 

Pégocier = Pégossier # s.m. 
Pouilleux. 

Pégrage 9 s.m. Vol. 

Pégraine % s.f. Voy. Pégrenne. 

Pègre # s.2g. Voleur. — La pègre, 
les voleurs en général. — La basse 
pègre, les gueux. — Pègre à mar- 
teau, voleur de peu d'importance. 

— Pègre de la grande vergne, vo- 
leur de Paris. — La haute pègre, 
voleurs nomades et cosmopolites, 
tels que les grecs, les escrocs, les 
faussaires, îes voleurs du grand 
monde. — Du bas latin picere, 
poisser et voler. (Ed. Fournier.) 

Pégrenne # s.f. = Pégraine. \\\. 
Malheur. — Misère. || 2. Faim. 

— Caner la pégrenne, mourir de 
faim. 

Pégrenner v.n. Etre dans la 
misère. — Souffrir de la faim. 

Pégrer v.a. Voler. — Congé- 
nère de pingre = pince-maille, 
grippe-sou, de empoigner, et du 
holl. pakken, prendre. [Timmer- 

MANS.j 

Pégriot s.m. Jeune voleur. — 
Apprenti voleur. — Voleur mal- 
adroit. — Brûler le pégriot, effa- 
cer la trace d'un vol. 

Peigne # s.m. n= Penne. Clé. — 
Faire le peigne = Prendre la clé 
des champs, s'échapper. 

Peigne-cul s.m. Paresseux. — 
Vaurien. 

Peignée s.f. Rixe où l'on se 
prend aux cheveux. — Se foutre 
une peignée, se battre. 

Peigner (se) v.pr. Se battre ; 
(m.àm. se prendre aux cheveux). 



Peinard s.m. |1 1. Individu qui 
fait un travail pénible; (qui peine.) 
Il 2. Vieillard débile et souffre- 
teux. 

Peintre (mil.) s.m. Balayeur. 
Peintre sur macadam, balayeur 
de la voie publique. [Il se sert du 
pinceau; (balai.) 

Peinturlure s.f. Peinture gros- 
sière. 

Peinturlurer v.a. et v.n. Pein- 
dre grossièrement. 

Peinturlureur s.m. Celui qui 
peint grossièrement. 

Pékin (mil.) s.m. Civil. — Pékin 
de bahut, Saint-Gvrien qui sort de 
l'Ecole. 

Pélago 9 n.pr.m. Prison de Sainte- 
Pélagie. 

. On l'a fourré dans la tir'lire 
Avec les pègres à' Pélago. 

{Ckans. des Gueux.) 

Pelard(B.) #s.m. =Pellard. Pe- 
louse. — Gazon. — Foin ; fpar 
ext.) — De pilus, poil, pris dans 
le sens d'herbe. 

Pelardier (B.) # s.m. Pré. 

Pelé (V.)(B.)0s.m. = Pd/é. Che- 
min. — La grande route. — Il 
n'y a aucune végétation : le che- 
min est de la terre pelée ; du lat. 
pilus, poil. 

Peler v.a. Dépouiller. — Peler 
quelquun, le voler. 

Pèlerin s.m. [j 1. Homme résolu. 
Il 2. Individu de passage. — 
Etranger. 

Pèleriner Q v.n. Faire un pèleri- 
nage. 

Péleux s.m. Terre en friche. 
« Un arpent de vigne et un arpent 
de peleux ». 

Pélican #0 s.m. Paysan. 

Fellard # s.m. Voy. Pelard. 

Pellarde# s.f. Faux; (à faucher le 
pelard.) 

Pelle (V.) s.m. Voy. Pelé. 

Pelle® s.f. Insuccès. — Echec. — 



PELLO. 



209 — 



PERDRE. 



Ramasser une pellCj échouer, tom- 
ber. — Recevoir la pelle au culy 
être congédié brutalement. 

Pello = Pelo = Pelot 9 s. m. 
Sou. 

Péloponésien (lilt.) s. m. Grec; 
(triclicur.) 

Pelot s.m. Paletot. 

Pelotage s.m. ^Patinage \\ 1. 
Flagornerie. || 2. Caresse. — At- 
touchements indécents. — Il y a 
du pelotage, se dit d'une femme 
de torte poitrine. 

Pelote # s.f. Bourse bien garnie. 

Peloter \.a, =Patouiller, etc. 
Il 1. Flatter. — Flagorner. || 2. 
Manier. — Caresser. — Faire des 
attouchements indécents ; (assi- 
milation des seins à des pelo- 
les). — Pelotei'la dame de pique, 
jouer aux cartes. — # Peloter 
(e carme, regarder les étalages 
des changeurs. 

Peloteur s.m. |I 1. Flatteur. — 
Flagorneur. || 2. Libertin. 

Peloton (mil.) s.m. Peloton de 
chasse, peloton de punition. 

Pelouette, s. Loup, louve, 
(m. déf.) 

Pelure s.f. Vêtement. — Man- 
teau; (il couvre la peau.) — Pelure 
d'oignon, vêtement léger et râpé. 

Penard s.m. || 1. Libertin. — 
Nocer en père Penard, nocer tout 
seul. Il 2. Paisible, tranquille. 

Pendante # s.f. || 1. Boucle d'o- 
reille. Il 2. Chaîne de montre. 

Pendre v.n. Ça lui pend aunez, 
c'est imminent, ça va lui arriver. 

Pendu (St. C). s.m. Professeur de 
l'Ecole. — Pendu glacé, réver- 
bère. 

Pendule s.f. Remonter sa pen- 
dule, battre sa femme; c'est la 
faire marcher. (Rigaud.) 

Péniche s.f. Sabot. — Galoche. 
— // repousse des péniches, il sent 
mauvais des pieds. 



Penne s.f. Voy. Peigne. 
Pensum Q s.m. Sergent de ville. 

— M. à m. pince-homme. (Lar- 
chey.) 

Pente s.f. Poire. — Avoir une 
pente dans le gosier, avoir l'habi- 
tude de boire à l'excès. 

Pépé # s.f. Préfecture de police ; 
on devrait écrire P.P. initiales 
de ces mots. (Abrév.) 

Pépée (cnf.) s.f. Poupée. — De la 
même origine que pupille, pou- 
pon, poupard. ITimmkrmans.j 

Pépète = Pépétte s.f. Mon- 
naie. — Argent. — Avoir des pé- 
pettes, avoir de l'argent. — Pour 
pépite, d'or natif. 

Pépie s.f. Avoir la pépie, avoir 
soif. — Du gr. TTÎeiv, boire. 

Pépin O0 s.m. I| 1. Parapluie. 

— Allus. au parapluie que portait 
toujours Pépin, l'un des accusés 
du procès Fieschi. (Larciiey). |1 2. 
Caprice. — Passion. — Avoir un 
pépin pour quelqu'un, aimer pas- 
sionnément. Il 3. Avoir avalé le 
pépin, être enceinte. 

Perche s.f. Personne grande et 
fluette. — Etre à la perche, crever 
de faim. (Rigaud.) — Tendre la 
perche, venir en aide, au secours. 

Percher 0v.n. Habiter. — Loger. 

Perdre v.a. Perdre ses bas, ne 
plus savoir ce que l'on fait. — 
Perdre le goût du pain, mourir. 

— Perdre sa clef, avoir la diar- 
rhée. — Perdre ses légumes, s'ou- 
blier dans ses vêtements. — (arg. 
des tailleurs.) Perdre un quart, 
aller à l'enterrement. — Lavoir 
perdu, avoir perdu son innocence. 

— Perdre le Nord, perdre la tra- 
montane, devenir fou. — La tra- 
montane était l'étoile polaire sur 
laquelle les marins s'orientaient 
avant la découverte de la bous- 
sole ; quand ils avaient perdu de 
vue celte étoile, ils étaient déso- 

14 



PERDRIX. 



210 



PERRUQUE. 



rientés: ils avaient perdu le JSord; 
on dit perdre la boussole, pour 
perdre la raison. 
Perdrix Q s.f. Perdrix hollan- 
daise, pigeon domestique. 
Père O '0 s. m. Père Caillou, 
individu qui ne se laisse pas du- 
per par les grecs. — Père Frap- 
part, marteau. — (mil.) Père la 
Capote, sergent d'habillement. — 
Le père Douillard, ricLe entre te- 
neur. — (polyt.) Père Système, le 
premier de sa promotion. — Le 
père Eternel à trois francs la 
séance, vieillard servant de mo- 
dèle. — Le père la Tuile, Dieu. — 
Le père la Reniflette, le chef 
de la sûreté. — Le père des reni- 
fleurs, le préfet de police. — Petit 
père noir, litre de vin. 

Performances (sport.) s.f. pi. Ré- 
sultats obtenus par un cheval dans 
ses différentes courses. 

Périsprit Q s. m. D'après les en- 
seignements spirites le périsprit 
est^renveloppe fluidique, légère, 
servant de lien et d'intermédiaire 
entre ÏEspint et le corps ; après 
la mort, c'est-à-dire quand VEs- 
prit s'est séparé du corps, il con- 
serve le périsprit, qui constitue 
pour lui une sorte de corps éthéré, 
vaporeux, impondérable pour 
nous, et c'est à l'aide du périsprit 
que l'Esprit agit. 

Péritoine Q s. m. Manger à s'en 
faire éclater le péritoine, manger 
goulûment. 

Perle s.f. Je ne suis pas venu 
pour enfiler des perles, je ne suis 
pas venu pour ne rien faire. 
(C'est-à-dire je suis venu pour 
faire mieux que d'enfiler des 
perles). — Lâcher une perle, là- 
cher un vent. 

Perler Q ^•^' Finir avec soin. — 
Un travail perlé, un travail soi- 
gné. — Perler sa conversation. 



employer des termes choisis; (bril- 
lants comme des perles.) 
Perlot s. m. Tabac. 
Perlotte s.f. Boutonnière. 
Permanence O s.f. Série de numé- 
ros sortants à la roulette ou au 
trente-et-quarante. 
Permanente % s.f. Prostituée qui 
stationne toujours au même en- 
droit. 
Permission Q s.f. Permission de 
40 heures, bâton, gourdin, casse- 
tête, ou toute autre arme que l'on 
porte sur soi, en prévision d'une 
mauvaise rencontre. — (mil.) 
Avoir une permission de vingt- 
quatre heures, être de garde. 
Perpète # s.f. Perpétuité. — Etre 
àperpète, condamné à perpétuité. 
Perpignan s. m. Manche de 

fouet. 
Perrette Q J^-^- b.f. Boîte à Perr el- 
le, tire-lire. Ail. à la fable de La 
Fontaine. « La laitière et le pot 
au lait. » 
Perroquet Q s. m. = Perruche. 
Absinthe à l'eau. — Etrangler ou 
étouffer un perroquet, boire une 
absinthe. — Perroquet de savetier ^ 
corbeau. 
Perruche Q s.f. Voy. Perroquet. 
Perruque O s.f. et a. ||1. Su- 
ranné, démodé. — Le parti des 
perruques, parti réactionnaire et 
rétrograde. |1 2. Vol au détriment 
de rÊtat. — Faire en perruque, 
fabriquer avec des matières pre- 
mières détournées. (Les perruques 
garnissent les têtes de cheveux 
pris à autrui). — Faire la perru- 
que, détourner de menus objets. 
— Voici, à propos de cette ex- 
pression, l'opinion d'un ouvrier 
de la maison G., où la grève avait 
éclaté, en 1893, à la suite de l'ar- 
restation de quelques ouvriers 
inculpés de vol : « Selon un usage 
tout à fait général, presque tous 



PERRUQUEMAR. 



— 2U 



PETEE. 



les ouvriers s'appropriaient quel- 
ques menus objets, c'est ce que 
nous appelons faire la perruque. 
Mais on n'appelle pas cela voler ; 
c'est pourquoi, on a conclu que 
M. C. devait retirer la plainte 
collective qu'il a déposée. » 

Perruquemar s.m. Perruquier. 
(m. dét.) 

Perruquier s.m. Fonctionnaire 
indélicat. — Minutes de perru- 
quier, attente interminable. — 
Allus. à la pose que l'on fait 
chez le perruquier en attendant 
son tour, ce dernier disant inva- 
riablement: « C'est à vous à l'ins- 
tant ». 

Perse Q n.pr.f. Rideaux de Perse, 
rideaux troués, (percés.) j.d.m. 

Persiennes s.f. pi. Lunettes. 

Persigner v.a. Enfoncer. — Mal- 
traiter. — Persigner une lourde. 
Enfoncer une porte. — Persigner 
un client, enfoncer un client. 

Persil s.m. || 1. Allée des Aca- 
cias, au bois de Boulogne, pro- 
menade du monde élégant et des 
filles galantes. |1 2. Raccrochage 
des filles galantes. — Faire son 
persil ■=. Aller au persil, se livrer 
au raccrochage des passants. — 
Travailler dans le persil, se pros- 
tituer. Il 3. Il n'a plus de persil 
sur sa tête de veau, il n'a plus de 
cheveux sur la tête. 

Persillé O a. Parsemé. — Roquefort 
'persillé, fromage de Roquefort 
parsemé de taches vertes. 

Persiller v.n. =r Aller au per- 
sil, v.c.m. 

Persilleuse s.f. Prostituée. — 
Raccrocheuse. — Pédéraste. 

Perte # s.f. A perle de vue, à per- 
pétuité. 

Pertuis s.m. Pertuis aux légu- 
mes, gosier. — Faire tour mort 
et demi-clef sur le pertuis aux lé- 
gumes, étrangler. 



Pesciller # v.a. = Pessiller. Pren- 
dre. — Congénère de pégrer, 
piger. [Timmermams.] — Pesciller 
d'esbroufe, saisir violemment. — 
Se pesciller, se fâcher. 

Pèse = Pesé s.m. = PéscMshe 
= Pesse = Pèze s.f. Argent. — 
Par j.d.m. sur peser, de pesciller, 
prendre, piger, pégrer, pognon. 

[TiMMKRMANS.] 

Pessiguer # v.a. = Persigner 
v.c.m. Soulever; du prov. pewu- 
guer, pincer. 

Pessiller # v.a. Voy. Pesciller. 

Pestaille # s.f. Polic'e de sûreté. 

Pet s.m. III. Inconvénient, 
danger. — Il y a du pet ! preraez- 
garde! (Ça sent mauvais.) — // 
n'y a pas de pet ! il n'y a pas de 
danger. || 2. Plainte en justices 
Pétage. — Pet honteux, vesse. — ■ 
Pet à vingt ongles, nouvean-né. 
Pet de loup, universitaire. — 
Faire le pet, bouder. — Ça ne vaut 
pas un pet de lapin, ça ne vaut 
rien. — Curieux comme un pet, 
très curieux. — Glorieux comme 
un pet, orgueilleux. — Lâcher 
quelqu'un comme un pet, aban- 
donner précipitamment. 

Pétage # s.m. Voy. Pet (î). 

Pétarade # s.f. Hôpital de la Sal- 
pétrièrc. (Le salpêtre entre dans 
la composition de la poudre qui 
fait des pétarades.) 

Pétard O0s.m.=Pe<Sfi. || 1. Der- 
rière. Il 2. Haricot. |I 3, Bruit, 
tumulte, scandale. « Faire du 
pétard. » j] 4. Soufflet. || 5. Sou. 
Il 6. Publicité sensationnelle. — 
Tirer un pétard, lancer une nou- 
velle à sensation ; faire un scan- 
dale. 

Pétarder v.n. Faire da bruit. 

Pétardier s.m. Tapageur. 

Pétasse s.f. Prostituée. 

Petée s.f. (obsc.) Tirer une 
petée, forniquer. 



PETER. 



— 212 



PEU. 



Péter v.n. Se plaindre en justice. 

— Faire péter la châtaigne, dé- 
puceler. — - Tu t'en ferais péter 

. le cylindre, tu ne voudrais pas ! 
(Tu irais trop loin, jusqu'à t'en 
mire crever.) — Péter de graisse, 
être très gros; (étouffer dans sa 
graisse.) ^ Péter dans sa peau. — 
Péter dans le linge des autres, 
porter des vêtements empruntés. 

— Péter son lof, mourir. — Péter 
dans la main à quelqu'un, être 
trop familier avec q.q. — Péter 
sur le mastic, renoncer au travail. 

— (jeu) Péter au point, perdre 
faute d'un point. — Péter dans la 
soie, avoir des vêtements en soie. 

— Il faut que ça péte ou que ça 
dise pourquoi, ça doit arriver fa- 
talement. — Péter plus haut que 
le cul, faire des dépenses au delà 
de ses moyens, faire des embar- 
ras. 

Pètesec s. m. Individu méchant, 
grognon, de rapports difficiles. 

Péteur s. m. Plaignant. — Dé- 
lateur. 

Péteux s. m. I| 1. Individu ti- 
mide. — Lâche. — Poltron. — Qui 
se sent fautif. || 2. # Derrière. 

Petgi s. m. Voy. Pétard. 

Petit O s. m. et a. Amant de cœur. 

— Monpetit, motd^amilié. — Faire 
son petit ou sa petite, uriner, 
(s-ent : besoin ou commission). — 
Petit monde, lentilles. — Petit 
Caporal ou Petit Tondu, Napo- 
léon 1er. — Petit manteau bleu, 
homme charitable et bienfaisant. 

— Petit homme noir, broc devin. 

— Petit pot, maîtresse qui s'oc- 
cupe du ménage ; concubine. — 
Petit duc, petilte voiture décou- 
verte à deux places. — Petit noir, 
café. — Faire des petits pains, 
flatter, cajoler. — Petit fournler, 
pâtissier. — Petit crevé ou Petit 
vidé ■= Petit vernis ^ jeune élé- 



gant, ridicule,. — Petit bleu, télé- 
gramme expédié par tube pneu- 
matique. 

Petite O© s.f. et a. Ma petite \\ 
1. Ma maîtresse. 1| 2. Mot d'ami- 
tié. — Petite fille, demi-bouleille 
de vin. — Chercher la petite bête, 
chercher des difficultés à plaisir, 
des défauts quand même. — Ce 
nest pas de la petite bière, ce 
n'est pas peu de chose ; c'est bon, 
c'est bien. — Petite main, ap- 
prentie fleuriste. — Petite dame, 
femme galante. — Petite église ou 
chapelle, coterie. 

Petit-salé s. m. Enfant en bas- 
âge. 

Roupiir, roupiir, mon p'tit salé. 

Sans quîu t'arrêtes, 
Au loin ton dab s'en est allé ; 

Ferm' tes mirettes ! 

{Berceuse, Eue. Héros.) 

Péton (enf.) etQ s.m.Pied;(petit). 
— De jolis petits pétons, pieds 
mignons. 

Pétouze # s. m. Pistolet. 

Pétra s. m. Voy. Petzouille (1). 

Pétrin Q s. m. Fdre dans le pétrin, 
être dans un embarras inextrica- 
ble. 

Pétrole s. m. Eau-de-vie. 

Pétroler v.a. Incendier au pé- 
trole. 

Pétroleur, Pétroleuse s. |I 1. 
Individu qui incendie au pétrole. 
112. Marchand de vin qui vend 
de mauvaise eau-de-vie. 

Pétronille0s.f. Se dévisser la pé- 
tronille, se tourmenter. 

Fétrousquin s.m. jjl. Der- 
rière. Il 2. Badaud. 

Petun # s.m. Tabac. 

Pétuniére # s.f. Tabatière. 

Petzouille s.m. | ] 1 . Derrière = 
Pétra. Il 2. Imbécile, badaud. 

Peu O ^dv. Un peu, mon neveu, 
certainement. — Excusez du peu, 
ne vous gênez pas ; (abrév de : 



PEYOU. 



— 213 



PIAU. 



Excusez-vous du peu de façons 
que vous faites.) 

Peyou s. m. Savetier. 

Pèze s.f. Voy. Pèse. 

Phalange s.f. Serrer les pha- 
langes, serrer la main. 

Pharamineux a. Etonnant. — 
Extraordinaire. 

Phare (lyp.) s. m. Lampe. 

Pharmaçonner # v.n. Inspecter. 
(Mack.) 

Pharos s. m. Gouverneur. — 
Autorité quelconque. 

Phécy (mil.) s. m. Képi. 

Phénomène s.m. Individu ex- 
centrique, original. 

Philanthrope # s.m. Filou, (m. 
déf.) 

Philatéliste Q s.m. Amateur, col- 
lectionneur de timbres-poste. «Les 
philatélistes devraient essayer 
d'entraver la falsification des tim- 
bres-poste. » Du gr. çiXo;, ami et 
TéXo;, fin, but. 

Philibert # s.m. Filou, (m. déf.) 

Philippe s.m. || 1. Pièce de 
cinq francs en argent. — L'effigie 
de Louis-Philippe existe encore 
sur beaucoup de ces pièces 
en argent. Le nom de Philippe 
désignait antérieurement : un écu 
de trois livres; une monnaie d'ar- 
gent de Milan, qui valait 3 fr. 9o ; 
une monnaie de Modône, qui va- 
lait 6 fr.l 3; et en remontant jus- 
qu'aux Macédoniens, nous trou- 
vons qu'ils avaient une monnaie 
de ce nom frappée au coin de 
Philippe le Grand; on en ignore 
la valeur. |1 2. Amandes jumelles. 
— Faire un Philippe : lorsque l'on 
a trouvé une de ces amandes, on 
la partage avec son voisin de 
table, et dès le lendemain le pre- 
mier qui dit à l'autre : Bonjour 
Philippe ou Philippine, a droit à 
un petit présent. Ce badinage in- 
nocent est un prétexte à rappro- 



chement entre jeunes garçons et 

jeunes filles. 
Philistin O0 s.m. Bourgeois 

grossier et vulgaire. . 
Philo O (écol.) s.f. Philosophie. 

(abrév.) 
Philosophe s.m. || 1. Tricheur. 

— Grec. H 2. Gueux. — ChifTon- 
nier; (il possède une lanterne 
comme Diogène.) || 3. Vieux sou- 
lier. 

Philosophie s.f. |1 1. Art de 
tricher. || 2. Pauvreté. — Misère. 

Phoque 0s.m. Imbécile; (corrup. 
de loufoque, par abrév.). 

Photo s.m. et f. |i 1. Photogra- 
phe. Il 2. Photographie. 

Photographier v.a. Allez vous 

faire phot ographiei^ = Allez 

vous faire foutre, allez vous pro- 
mener. 

Piaf s.m. Vanité. — Orgueil. — 
Par j.d.m. sur piaffer, faire 
paf sur le pavé, en parlant du 
pas du cheval, pour bouffi. [Tim- 

MERMANS.] 

Piaffeuse # s.f. Femme qui se 
fait remarquer par ses toilettes 
tapageuÉBes. 

Pianiste s.m. Valet de bour- 
reau. [RiGAUD.] 

Piano O s.m. (arg. des ma- 
quignons.) Jouer du piano, trotter 
irrégulièrement. — Vendre son 
piano, être triste désespéré; (on ne 
veut plus faire de musique.) 

— Piano du pauvre, les haricots. 
Pianotage Q s.m. Action de pia- 
noter, v.c.m. 

Pianoter Q v.n. Jouer mal du 
piano. 

Pianoteur, teuse O s. Personne 
qui joue mal du piano. 

Piarde (V) s.f. Boisson. — De pie, 
m. s. Le mot piarde en vx fr. si- 
gnifie pioche pour la vigne. 

Piau (typ.) s. 2 g. Il 1 . Mensonge. — ■ 
Farce. — C'est une sale piau, c'est 



PIAULE. 



— 214 — 



PIÈCE. 



une mauvaise farce. |1 2. Lit. — # 
Pincer lepiau, garder le lit. 

Piaule # s.f. == Viole = Fiolle. 
Domicile. — Maison, logement, 
chambre. — Cabaret. — Piaule 
turbinante \\ 1. Montre, coucou, 
horloge, pendule. || 2. Bastrin- 
gue. — Piaule à machabées, ci- 
metière, tombeau, caveau funé- 
raire. — Piaule blindée, ton; for- 
teresse. — Sous la piaule, la cave, 
sous-sol. 

Piauler #v.n. = PzoZer. Habiter. 
— Loger. — Se piauler, rentrer 
chez soi. 

Piauleur # s. m. r=r Pioleur. Pro- 
priétaire. — Logeur. 

Piausser Q ^'•"' et v.pr. Men- 
tir. — Se piausser, se coucher. 
Voy. Piau. 

Piausseur s. m. Menteur. 

Piautre s. m. Vaurien ; (pour 
pleutre.) — Envoyer au piautre, 
envoyer se promener. 

Pibloque # s.m. = Pipelet, con- 
cierge. 

Pic O s.m. A pic, à point. « Ar7'i- 
ver ou tomber à pic. » 

Picaillons s. m. pi. Argent mon- 
nayé. — Avoir des picaillons, avoir 
de l'argent . 

Picantis s.m. Pou de corps. 

Piccolet = Piccolo s.m. Vin 
léger et aigrelet. 

Piche s.m. Pique; (carte.) (m. 
déf.) 

Pichenet = Pichet s.m. 
Pot en grès dans lequel on sert le 
vin dans les cabarets de la cam- 
pagne « Un pichet de bleu. Un 
pichet de picola. » — H y a des 
pichets de contenances' diffé- 
rentes. 

PJchon s.m. Enfant. — Petit 
garçon. — En prov. pitchoun, 
m. s. 

Pick-pocket Q s.m. Voleur qui 
fouille les poches. (Angl.) 



Picons (V) s. m. pi. Pics. — Cro- 
chets. 

Plantez aux hurmcs vos picons. 

(Villon.) 

Picorage # s.m. Vol sur lagrand'- 
route. 

Picotin s.m. Repas. — Nourri- 
ture. 

Picoure = Picouse # s.f. Haie 
d'épines;(elle pique.) — Lapicoure 
est fleurie, la haie est couverte de 
linge. — Déflorer la picoure, \o\er 
du linge sur une haie. 

Picter v.n. et v.a. = Pictonner. 
Boire. — Se griser. 

Picton s.m. = Piquelon. Vin. 
(De piquer, parce qu'il pique la 
langue.) 

Pictonner v.a. et v.n. Voy. 
Picter. 

Pictonneur s.m. Buveur. — 
Ivrogne. 

Pie # s.f. Boisson. — (B) Pie 
fantoche, cidre. 

Pièce # s.f. Lentille.— (F.-M.) Pièce 
d'architecture, discours. — O Pièce 
de bœuf ou Pièce de résistance, 
article de fond d'un journal sur 
l'actualité. — (iron.) Bonne pièce, 
individu inutile. — Pièce à /'emm^s, 
pièce- de théâtre où l'on exhibe 
des demoiselles dont les cos- 
tumes sont aussi courts que leurs 
rôles. — Pièce à trucs, féerie, 
pièce où la machinerie est com- 
pliquée. — (mil.) Pièce grasse, 
cuisinier militaire. — Pièce hu- 
mide, seringue. — Pièce de dix 
sous, anus. — Pièce de résistance, 
mets le plus substantiel d'un re- 
pas. — Vol à la pièce forcée : un 
individu paye avec une pièce 
marquée d'un signe facilement 
reconnaissable; un compère vient 
après lui, prend de la marchan- 
dise et prétend avoir payé; le 
marchand se trouve confondu, en 



PIED. 



— 215 



PIGE. 



retrouvant dans sa caisse la pièce 
marquée. 
Pied0s.m. || l.Sol (terre). ([ 2.Bête. 
« Etre pied, bête comme sespieds. » 
Il 3. (B) Denier. — Pieds à dor- 
mir debout, grands pieds. — 
(mil.) Pieds de banc, sergent. — 
Pied de cochon^ pistolet. — Pied 
de biche, outil pour forcer les 
portes. — Jouei' un pied de cochon 
à quelqu'un, jouer un mauvais 
tour; quitter q.q. sans le prévenir. 

— Faire le pied de biche, faire la 
quête à domicile. — Tirer le pied 
de biche, (qui se trouve aux cor- 
dons de sonnettes), mendier à 
domicile. — Je vais donner un 
coup de pied jusque-là, je vais 
courir jusque-là. — Ne pas se don- 
ner de coups de pied, se vanter. 

— Etre mis à pied, être congé- 
dié ou avoir son service suspendu. 

— Pied bleu, conscrit. — Nez en 
pied de marmite, nez retroussé. 

— Pied plat, pleutre. — En avoir 
son pied, en avoir assez. — Avoir 
les pieds attachés, être dans Tim- 
possibililé de faire une chose. — 
Avoir lespiedsdanslarape, [le dos.) 
être poursuivi, recherché par la po- 
lice, — Avoir les pieds nattés, être 
forcé à rimmobilité. — Oit qu'tu 
mets tes pieds? de quoi te mêles- 
tu? — Mettre les pieds dans le plat, 
agir délibérément, hardiment. — 
Se tirer des pieds, s'en aller, s'en- 
fuir. — Avoir bon pied, bon œil, 
être solide, d'aplomb. — % Mon 
pied ou je casse tout, ma part, ou 
je vous dénonce. — Avoir mangé 
ses pieds, avoir mauvaise ha- 
leine. 

Pier v.a. Boire. 

Pier de la plus gourde pie. 

( COQIIILLART.) 

— Pier de la lance, boire de l'eau. 

— Il a pic un corpault de pivois, 



il a bu un pot de vin. — Du gr. 
TT'S'.v, boire. 

Pierre s.f. (F. -M.) Pierre brute, 
pain. — (arg. des bouchers) 
Pierre à affûter, pain. — 
Pierre de touche, confrontation. 

Pierreuse s.f. Prostituée qui 
exerce dans les chantiers, au mi- 
lieu des tas de pierres. 

Pierrot O s.m. || 1. Verre de 
vin blanc. — Asphyxier un pier- 
rot, boire un verre de vin blanc. 
Il 2. Imbécile, nigaud. — Individu 
quelconque = Gogo. «< Un drôle 
de pierrot. Qu'est-ce que cest que 
ce pierrot-là? » 

Piétiner \.n. Piétiner sur le cadavre 
de quelqu'un, déblatérer sur le 
compte d'un défunt. — Piétiner 
sur place, ne pas avancer, perdre 
son temps à des riens. 

Piètre % s.m. || 1. Faux estropié. 
Il 2. Compère du tireur de cartes. 

Pieu s.m. Lit. — Aller au pieu. 
aller se coucher. — Se coller dans 
le pieu, se mettre au lit. — Etre 
eu route pour le pieu, s'endormir. 

— Rivé au pieu, être très amou- 
raché. — # Pieu de la venterne, 
châssis de fenêtre. 

Pieuvre O s.f. Femme galante 
qui vide la bourse et la cervelle 
de ses adorateurs. — Femme exi- 
geante et insatiable. 

Pif0#s.m. lll.Nez. — [j 2.Vin.- 

— Par j.d.m. sur pie, boisson. || 
3. Etre dans le pif comme un grin- 
cAe, être connu comme voleur. 

Piflfard s.m. Individu qui a un 
grand nez. 

Piffer0v.n. Bouder. — Etre en co 
1ère. = renâcler. — Sepiffer,\.pr. 
s'enivrer ; pour paffer, boire. 

Pige s.f. # =r Plombe. \\i. Heure* 
Il 2. Année |1 3. Prison. (Ceux qui 
y sont se trouvent pigés.) \] 4. Por- 
tefeuille. Il ^. Faire la pige, aller 
plus vite ou faire mieux. 



PIGE. 



— 216 — 



PIMPER. 



Pigé a. Arrêté. Voy. Pigon. 

Pigeon Q s. m. [| 1. Dupe, crédule 
qui se laisse circonvenir, (plumer 
comme un pigeon.) — Elever des 
pigeons^ faire des dupes au jeu. 

— Avoir son pigeon, avoir q.q. à 
duper. 112. Acompte. || 3. # Faire 
des pigeons, acheter ou gagner 
au jeu la portion de ses codéte- 
nus. Il 4. Pigeon voyageur, prosti- 
tuée qui cherche des clients en 
chemin de fer. 

Pigeonner Q v.a. Berner. — Du- 
per. — Tromper. 

Pigeonnier Q s. m. Boudoir de 
femme galante. 

Piger v.a' || 1. Mesurer. || 2. Regar- 
der. — Admirer. — (typ.) Piger la 
vignette, regarder avec intérêt, 
avec plaisir. || 3. Prendre. — At- 
traper. — Voler. Voy. Pigon. 
<c Piger un rhume de cerveau. » 

- — Se faire piger, se faire pren- 
dre. Il 4. Se piger, se battre. 
Il 5. = Faire la pige, v.c.m. 

Pigler % v.n. Sauter. 

Piget % s. m. Château. 

Pignard s. m . Derrière. [Larchey.] 

— Du vx m. pigné. 
Pignocher (se) 0v.pr. Se battre. 

— Var. de se peigner, v.c.m. 
Pignouf s.m. || \. Apprenti cor- 
donnier. Il 2. Individu grossier, 
mal élevé. 1| 3. Avare. 

Pignouflard s. m. Voy. Pi- 
gnouf [2). 

Pigoche (écol.) s.f. Jeu de quilles. 

Pigon (V) % s.m. Pour pigeon, de- 
venu pige. Prisonnier. 

Pigut (écol.) s.m. Lieux d'aisances. 

Piguter v.n. Faire ses besoins. 

Pihouais (B) s.m. Vin. 

Pilche # s.m. Etui. 

Pile O s.f. Il 1. Raclée. — Correc- 
tion. — (( Recevoir ou ^che une 
pile. » — De piler, battre, broyer. 
Il 2. Cent francs. 

Piler v.a. Piler quelqu'un, le 



battre. — Piler du poivre. 
Il 1. Avoir le séant endolori par 
l'équitation. || 2. Marcher em 
ayant les pieds meurtris. || 3. At- 
tendre avec impatience en allant 
et venant, ou en se remuant sur 
son siège. 1 1 4. Dire du mal de quel- 
qu'un. || 5. (mil) Monter la garde. 
— Faire piler du poivre à quelqu'un, 
le jeter à terre à plusieurs re- 
prises. — Piler le bitume = Po- 
lir Vasphalte, se promener sur le- 
trottoir en allant et venant. — Se 
livrer au raccrochage. 

Pilier O s.m. || 1. Habitué d'un lieu. 
Il 2. Patron de maison publique. 
« Pilier du creux ou de la boîte. » 
— Pilier de cour d'assises, repris 
de justice; récidiviste. — # Pi- 
lier de boutanche, commis de ma- 
gasin. 

Pillard s.m. Mauvais compa- 
gnon qui vole ses camarades. 

Piller (typ.) v.a. Prendre des ca- 
ractères dans la casse d'un autre^ 

Pillerot s.m. Voleur. 

Pilleur (typ.) s.m. Pilleur de boîtes y 
celui qui pille. Vov. Piller. 

Piloche (B) # s.f. Dent. 

Piloir s.m. Voy. Pilon (2). 

Pilois-vain (B) s.m. Juge de vil- 
lage. 

Pilon O s.m. || 4. Partie inférieure- 
de la cuisse de volaille. || 2. # 
Doigt. — Pouce. Il 3. Vagabond. 

Pilonner v.n. Vagabonder. — 
Flâner. — Mendier ;' le pouce en 
arg. s'appelle le pilon, et l'on 
dit d'un flâneur qu'il a la mala- 
die du pouce, d'où pilonner pour 
flâner. 

Pilote s.m. Indicateur de voleur. 

Pilule s.f. Avaler la pilule, croire- 
à un mensonge. 

Pimpelotter (se) v.pr. Se réga- 
ler. — Boire. 

Pimper v.a. Pimper des pru- 
nelles, regarder effrontément; dé- 



PIMPIONS. 



217 



PIONNE. 



I 



visagcr. — Ang. to peep, m. s. 

Pimpions s. m. pi. Argent mon- 
nayé. — Pour pépin, pépite. 

Pinard s. m. Père Pinard, 
adroit, rusé. 

Pinçants # s. m. pi. Ciseaux. 

Pinçard Q s. m. Bon cavalier. 

Pince s.f. Poigne. 

Fort des flûtes et de la pince. 
Il était respect*^, Navet. 

{Chans. des Gueux.) 

— Chaud de la pince, vaillant en 
amour. (Avec une lettre en moins, 
le mot devient obscène.) 

Pinceau s. m. || 1. Pied. — Dé- 
tacher un coup de pinceau à quel- 
qu'un, donner un coup de pied. 
112. Balai. 

Pince-cul s. m. Bal public de 
dernier ordre. — Bastringue. 

Pince-dur s. m. Adjudant. 

Pince-loque % s. m. Aiguille. 

Pincer Q v.a. et v.n. Pren- 
dre. — Exécuter. — Arrêter. — 
Se faire pincer, se faire arrêter. 

— Je te la pince, je te serre la 
main. — Il en pince = Il en tient, 
il en a le désir, cela lui plaît. — 
Pincer un chahut, exécuter une 
danse échevelée. — Pincer de la 
harpe, être en prison. (Allus. aux 
barreaux des fenêtres.) 

Pince-sans-rire # s. m. Agent 
de police. [Rigaud.] 

Pincettes s.f. pi. Se tirer les 
pincettes, s'enfuir. — Tricoter des 
pincettes, courir. 

Pincez-moi-ça O s. m. = Suivez- 
moi, jeune homme, très gros nœud 
de ruban, que les dames portent 
dans le dos. 

Pinchard (litt.) |I 1. a. Vulgaire. — 
Commun. || 2. s. m. Siège pliant 

Pine s.f. Membre viril. 

Pinet # s. m. = Pino. Denier. 

Pingaud Q a. Gentil, mignon. 

Pingouin (arg. des bateleurs) s.m. 
Public. — Pingouin maigre, public 



peu nombreux. — Pingouin graSf. 
public nombreux. 

Pingre s.m. 1| 1. Propriétaire. 
Il 2. Avare. (De pince). 

Pingrerie s.f. Avarice. 

Pino # s.m. Voy. Pinet. 

Pioche O s.m. Travail. — Se 
mettre à la pioche, se mettre au 
travail. — Temps de pioche, der- 
niers jours avant l'examen. — 
Etre pioche, être stupide. — Vo- 
leur à la tire. [Rigaud.] 

Piocher Q v.a. || i. Travailler. — 
Piocher son examen, préparer avec 
ardeur son examen. || 2. # Voler 
à la tire. || 3. Battre. |I 4. Piocher 
les larmes, plaider avec attendris- 
sement. 

Piocheur Q s.m. Travailleur cou- 
rageux. 

Piole = Piolle # s.f. = Piaule. 
Cabaret. 

Pioler v.n. = Piauler. Boire. — 
S'enivrer. 

Piolet # s.m. Gobelet ; (où Ton^ 
verse la pie, v.c.m.) 

Pioleur s.m. Voy. Piauleur. 

Piolier, ière # s. Cabaretier. 

— Tavernier; (qui vend la pie, 
v.c.m.) 

Pion s.m. Il 1. # Ivre. Voy. Pier. 
Il 2. O Maître d'études. 

Pionçage s.m. = Pionce s.f. 
Sommeil. 

Pioneer v.n. Dormir. — De 
pipu, lit. — Syn. de ronfler, rou- 
piller. Pioneer énonce le souffle- 
ànpif, ronfler et roupiller celui 
du gosier. [TIMMERMA^'S.] 

Pionceur s.m. Dormeur. 

Piot s.m.. Vin (de pie, boisson.) 

Leur voyant de piot la cervelle échauffée. 
(iVlat. Régnier, sat. X.) 

— Se trouve aussi dans Rabelais 
avec ce sens. 

Pionne Q s.f. Sous-maîtresse. [Ri- 
gaud. 1 



PIOTE. 



— 218 — 



PIRENALLE. 



I»iote (mil.) s. m. Fantassin. — Ital. 
pedone, soldat à pied, var. de pié- 
ton. [TiMMERMANS.] 

Pioupion Q s. m. Fantassin. — Du 
gr. TTO'jç, pied, et du skt. pi, aller. 

[BURNOUF.] 

Pipe s.f. Casser sa pipe, mourir. 
— Moule à pipes, individu dont le 
visage est grotesque. — # Pipe 
à Thomas, jeu de hasard. 

Pipelet, lette Q s. Portier. — 
Concierge. 

Piper II {[ v.n. Fumer la pipe. — 
Piper comme un Turc , fumer 
beaucoup. || 2. # v.a. Arrêter. — 
Prendre. — Découvrir. — Piper 
un pègre, arrêter un voleur. — 
Pipé sur le tas, pris en flagrant 
délit. Il 3. Il n'a pas pipé, il n'a 
pas soufflé mot, il n'a pas bron- 
ché. 

Piperie Q s.f. Tromperie. — Ce 
mot est fr. dans le sens de trom- 
perie au jeu. 

Pipeur#s.m.=:Pïpow. Trompeur. 
Vx. 

J'avais un jour un valet de Gascogne, 
Pipeur, larron, jureur, blasphémateur. 
(Cl. Marot.) 

Pipit s. m. Alouette huppée. 

(Nom qui énonce son cri.) 
Pipo O s. m. Polytechnicien. 
Pipon s. m. Voy. Pipeur. 
Piquage s. m. F aire un piquage, 

percer des fûts et en voler le con- 
tenu. 
Piquante # s.f. || 1. Epingle. 

Il 2. Fourchette. 
Piquantine # s.f. Puce. 
Pique-à-terre s. m. Volaille. 
Pique-chien (polyt.) Concierge de 

TEcole polytechnique. 
Pique-escouanes % s.f. Boucle 

d'oreilles. 
Piquelard s. m. Charcutier. 
Pique-pou =z Pique-prune 

s. m. Tailleur. 
Piquer v.a. et v.n. O Faire. — 



Avoir. — Etre. — Ce nest pas pi- 
qué des vers, c'est soigné, c'est 
bien appliqué. — Piquer le banc, 
attendre une bonne fortune sur 
un banc dans un endroit public. 

— Piquer une carte, la marquer 
d'un signe pour tricher. — Piquer 
un cinabre = Piquer son fard, 
un soleiU rougir. — Se piquer le 
nez, s'enivrer. — Piquer sonchien, 
dormir. — Dans une pièce inti- 
tulée : r Aveugle de Montmorency, 
le personnage qui joue l'aveugle 
tient à ne pas s'endormir, et pour 
cela il a mis des pointes de fer au 
bout du bâton sur lequel il 
s'appuie : lorsque le sommeil le 
gagne, son corps oscille et le bâ- 
ton \a piquer le chien, qui grogne 
et réveille l'aveugle : celui-ci 
comprend qu'il allait s'endormir, 
car il a piqué son chien. — Piquer 
un renard, vomir. — Piquer une 
romance, dormir. — (êcol.) Piquer 
une sèche = Piquer une merde, 
faire une bévue; rester court, ou 
avoir la note dans un examen. 

— Piquer une huître, ne pas sa- 
voir répondre aux questions pré- 
paratoires à un examen. — Piquer 
sur quatre, à l'écarté, c'est n'avoir 
pas un point quand l'adversaire 
en a quatre. — Piquer une muette, 
se taire. — Piquer sa plaque, dor- 
mir le jour. — Piquer l'étrangère, 
être distrait. 

Piquet s. m. l^ivre de messe. 

— Juge de paix. 
Piqueton s. m. Voy. Picton. 
Piquette # s.f. Fourchette; (elle 

pique.) 

Piqueuse0s.f. Plqueuse de trains, 
prostituée qui cherche fortune 
dans les gares de chemin de 
fer. 

Pirenalle (V) s.f. La poire d'an- 
goisse. — Ang. pea)', poire, et 
nail, pointe. 



PIS. 



— 219 



PI WASTE. 



Pis s. m. Sein. 

Pissat s. m. =: Pissin. Pissat 
(Veine = Pissat de vache , mauvaise 
boisson. 

Pisse-froid s.m. Homme froid, 
glacial. (( Pisse-froid dans la cani- 
cule. » 

Pisse-huile (ccol.)s.m. Lampiste. 

Pissenlit Q s.m. Manger le pissen- 
lit par la racine, être inhumé. 

Pisser v.a. et v,n. Pisser sa cô- 
telette ou des os, accoucher. — 
Pisser des enfants, avoir beau- 
coup d'enfants. — Pisser à l'an- 
glaise, s'en aller clandestinement. 
— Pisser au cul de quelqu'un, le 
mépriser, dédaigner. — Pisser du 
vinaigre, être sévère dans le ser- 
vice. — C'est comme si tu pissais 
dans un violon ou une clarinette, 
c'est comme si tu ne faisais rien ; 
c'est inutile. — Pisser des yeux, 
pleurer. — Envoyez pisser, en- 
voyer promener. — Quand les 
poules pisseront, jamais. — Lais- 
ser pisser le mouton, le mérinos, 
attendre, ne pas se presser. — 
Pisser dessus, mépriser. — Pisser 
des lames de canif, avoir la go- 
norrhée. — Faire pisser des lames 
de rasoir en travers, agacer q.q. 
au point de le faire souffrir. — 
Pisser contre un mur pour le dé- 
molir, se donner une peine inu- 
tile. 

Pisse-trois-gouttes Q s.m. Pisse 
t7'ois gouttes dans quatre assiettes, 
individu qui se croit très malin 
et se vante de faire l'impossible. 

Pisseur s.m. Pisseur de copie, 
écrivain qui produit beaucoup. 

Pisseuse s.f. Jeune lille; fille 
ou femme. 

Pisse-verglas s.m. Homme 
froid, glacial. 

Pissin s.m. Voy. Pissat. 

Pissottière s.f! Urinoir. 

Pistache Q s.f. Ivresse. — Se 



flanquer une pistache, se griser. 

Pisteur Q s.m. Individu qui suit 
les femmes. 

Pistole s.f. III. Dix francs. 
Il 2. Petite pistole, pièce de dix 
sous. Il 3. Cellule particulière 
donnée à des détenus qui peu- 
vent la payer; le détenu à la pis* 
tôle jouit de certaines faveurs, en- 
tre autres celle de recevoir sa 
nourriture du dehors. 

Pistolet O s.m. Individu quel- 
conque. « Drôle de pistolet. » 

Pistolette0 s.f. Cinquante centi- 
mes. 

Pistolier % s.m. Détenu à la pts- 
tole, v.c.m. 

Piston O s.m. j| 1. Recommanda- 
lion. — Protection. — Avoir du 
piston, avoir des protections. || 2. 
Celui qui a des protections. || 3. 
Préparateur d'un cours de physi- 
que. Il 4. Importun. 

PistonnageQs.m. Recommanda- 
tions. — Protection. 

Pistonner Q v.a. I]!. Recom- 
mander. — Protéger. — Piston- 
ner un potache, recommander un 
élève pour ses examens. |1 2. En- 
nuyer. — Importuner. 

Pitancher v.n. Boire. — Man- 
ger. — A rapprocher du fr. pi- 
tance, ce qui est nécessaire à la 
subsistance. 

Pitancheur, cheuse s. Indi- 
vidu qui aime la bombance. 

Piton s.m. = Pif. Nez rond. 

Pitre O s.m. Bouffon de foire. — 
Pitre de comm..., voyageur de 
commerce. 

Pitroux % s.m. = Pétouze. Pisto- 
let. 

Pituiter v.n. Déblatérer. — Mé- 
dire = Cracher son venin. 

Pi vase s.m. Pif. Grand nez. 

Pivaste % s.m. Petit enfant. — 
Bébé à la mamelle, nom inspiré 
par piuc=: boisson. [TiMMERMANS.] 



PIVE. 



— 220 



PLANCHER. 



Pive = Pivois # s.m. = Pivre. 
Vin. — Pivois de rougemont^ym 
rouge. — Pivois savonné ou de 
blanchemont, vin blanc. — Il a 
pié un corpault de pivois^ il a bu 
un pot de vin. — Pivois citron, 
vinaigre. 

Pivert # s. m. Ressort dentelé ser- 
vant de scie aux prisonniers. (Le 
pivert troue Técorce des arbres 
avec son bec.) 

Pivoiner v.n. Rougir; (devenir 
rouge comme une pivoine.) 

Pivois # s. m. Voy. Pive. 

Pivot O • s. m. Plume ; (pour 

- écrire.) — (mil.) Pivot de conver- 
sion, soldat qui marque le pas 
pendant que l'aile droite ou l'aile 
gauche d'une section fait un 
changement de direction. 

Pivoter 0v.n. Travailler. — Faire 
pivoter quelqu'un^ le forcer à 
obéir. 

Pivre # s. m. = Pivois. Voy. Pive. 

Placard s.m. Emplâtre. — Faire 
un placard, faire un emplâtre. 

Placarde s.f. Place publique. 

— Bonir sur la placarde, faire le 
boniment sur la place. 

Place O s.f. Place d'armes, esto- 
mac. — Poitrine. 

Placé (sport) a. Elre placé, arriver 
second ou troisième dans une 
course. 

Plafond O s.m. |1 1. Front. — 
Etre bas de plafond, avoir le 
front étroit. [| 2. Crâne, cerveau. 

— Avoir une araignée dans le 
plafond, être toqué. |1 3. (thé.) 
Plafond d'air , frise imitant le 
ciel. 

Plaider Q v. n. Plaider la ficelle, 
éluder la question en plaidant. 

Plaine s.f. La plaine rouge, la 
place de la Roquette, où Ton exé- 
cute les condamnés à mort. 

Plamousse s.f. Coup. — La 
paume {palma) sur la mar- 



mouse ou museau. [Timmermans.] 
Plan 0s.m. || 1. Le mont-de-piété. 
Mettre au plan=: Mettre au clou; 
planquer. \\ 2. Abandon. — Inter- 
ruption. — Etre en plan, être 
interrompu, être en suspens. — 
Laisser quelqu'un en plan, l'aban- 
donner. — Rester en plan, rester 
comme répondant d'une dépense 
impayée ; (planté là). — Laisser 
tout en plan, tout abandonner. 
Il 3. Moyen. — Il y a ou II n'y a 
pas plan, il y a ou il n'y a pas 
moyen. ||4. *# Prison. — Tom- 
ber au plan, aller en prison. — 
Plan de couillé, prison préven- 
tive, ou prison subie pour un au- 
tre. {Couillé pour couillon.) \\ 5. 
Plandecouillet, hospice d'e»fants 
trouvés. Il 6. Plan, étui de voleur. 
Planche O s.f. 1| 1. Femme plate 
et froide. <( Une planche au phy- 
sique et une buse au moral. » 
Il 2. (mil.). Sabre = Latte 1)3. 
(écol.) Tal3leau noir. — Aller à la 
planche, aller au tableau. || 4. 
Lit. — Planche à boudin, pros- 
tituée. — Faire sa planche, être 
raide, affecté. — Planche à 
pain, tribunal; banc des accusés. 

— Planche à sapement, tribunal 
correctionnel. — Planche à gri- 
maces, autel. — Planche à lave- 
ment. Planche au chiquage, con- 
fessionnal. — Avoir fait les plan- 
ches, avoir été ouvrier tailleur. — 
Avoir été sur les planches, avoir 
joué sur un théâtre. — Brûler les 
planches^ jouer un rôle avec en- 
train. 

Plancher # v.a. || 1. Condamner. 

— Il eH planché, il est condamné. 
Il 2. Quitter = Laisser en plan. 
I 3. Se moquer. || 4. Ne pas 

plancher, tenir sa promesse. 
Plancher Q s.m. Débarrasser le 
plancher, s'en aller. — Fusiller le 
plancher, marcher vite. 



PLANCHERIE. 



— 221 



PLEIN. 



Plancherie s.f. Moquerie. — 

Plaisanterie. 
Plancheur, cheuse s. Farceur. 

— Mauvais plaisant. 
Planque # s.f. Lieu. — Endroit. 

— Maison. — Enquillez à la plan- 
que, cachez-vous. — Etre en plan- 
que, en observation. — Planque 
à corbeaux, couvent. — Planque 
à fafiots, bibliothèque, archives. 

— Planque des g ouapeur s, \io] on. 
Planque à larbins, bureau de pla- 
cement. — Planque à plombes, 
pendule. — Planque à suif, tri- 
pot. — Planque à sergots, poste 
de police. — Planque à tortorer, 
restaurant. — Planque aux atigés, 
hôpital. 

Planquer v.a. et v.pr. || 1. 
Abandonner. || 2. Poser. — Met- 
Ire. — Placer. — Poster. |1 3. 
Cacher. — Se planquer, se garer, 
se mettre à couvert. — Planquer 
le marmot, cacher le produit d'un 
vol. — Planquer ses frusques, 
mettre ses vêtement au mont-de- 
piété. 

Plant (V) s. m. Confrérie des 
Gueux. 

Planter (thé.) v.a. Planter un acte, 
le mettre en scène. — Planter la 
décoration, poser un décor. — 
(mar.) Planter le harpon, dire son 
intention. — Planter un chou 
à quelqu'un, se tromper. — Plan- 
ter son poireau, ou simplement, 
Planter, (V) (obsc.) coïter. 

Allez ailleurs planter vos marques. 

(y. de l'Arg. réf.) 

Planteur (V) (obsc.) s. m. — Pail- 
lard. — Libertin. — Vaillant en 
amour. 

Prince planteur quand vous sauldrez la liye. 
(Villon, bail. IX). 

Plaque (la). La Morgue. 
Plaque 0s.f. Pièce de cent francs. 
— Etre en plaque, avoir une mé- 



11 



daille de commissionnaire pu- 
blic. 
Plaquer (V) Q v.a. || 1. Abattre. 
— Rembarrer. — Confondre. 

Pour riflcr 
Et placquer 
Les augcls de mal tous ronx. 

(Villon.) 

(I 2. Abandonner, u 11 m'embê- 
tait, je V ai plaqué, n \\ 3. Se pla- 
quer, tomber. 

Oui, mais moi, v'ià que j'me plaque 
C'est pas rigolo l'hiver. 

{Chans. des Gueux.] 

C'est donc mariol', c'est donc rupin 
De s'plaquer dans la limonade 

{La Muse à Bibi.) 

4. Plaquer sa viande sous Vè- 
Iredon, se coucher. 

Plaquette Q s.f. Petite brochure. 

Plastron Q s.f. Celui qui sert de 
cible aux plaisanteries. 

PlastronneurOs.m. Elégant ridi- 
cule qui fait étalage d'un énorme 
plastron de chemise. 

Plat s. m. Plat à barbe. || l. 
Hausse-col d'officier. || 2. Grande 
oreille. — Faire du plat, cour- 
tiser, flatter = Filer le plato 
v.c.n. 

Platée s.f. Quantité. 

Platine s.f. Bavard. — Quelle 
platine! quel bavard ! — Dans le 
blesche, le mot langue se tradui- 
sait par platue. 

Plato s. m. Abrév. de platoni- 
que. — Filer le plato, aimer plato- 
niquement. Voy. Plat. 

Plâtre O s. m. Argent. — Etre au 
plâtre, avoir de 1 argent. — L'ar- 
gent est blanc comme le plâtre et 
sert à plâtrer (réparer) bien des 
misères. 

Platue (B) # s.f. \\i. Langue. 
Voy. Platine. \\ 2. Galette. — On 
dit': Plat comme une galette. 

Plein a. et s. m. Ivre. — Etre 
plein comme un œuf, comme un 



PLEINE. 



222 — 



PLUMET. 



boudin^ être ivre. — Avoir son 
plein f être repu. — Un gros plein 
de soupe, individu épais et gau- 
che. 

Pleine s.f. Enceinte, grosse. 

Plette # s.f. Peau. 

Pleurant s. m. Oignon. 

Pleurer # v.n. Faire pleurer, vo- 
ler. — Faire pleurer son aveu- 
gle, pisser. 

Pleuvoir Q v.n. Comme sHl en 
pleuvait, il y en avait beaucoup. 
— Il pleut ! (négation). — // pleut ! 
silence ! attention ! - 

Pli s. m. Çit ne fera pas un pli, 
ça ira très bien. — Des plis! né- 
gation. 

Pliant # s. m. Couteau de poche. 
(Il se plie.) 

Plomb s. m. j] 1. Orifice du 
tuyau par où Ton déverse les 
eaux sales à chaque étage d'une 
maison. |I 2. Gosier. (Par allus. au 
sens précédent). — Jeter dans le 
plomb, avaler. || 3. Mal vénérien. 
Il 4. Gaz délétère et foudroyant 
qui se dégage des fosses d'aisan- 
ces. 11 Manger du plomb, être tué 
d'un coup de feu. 

Plombage s. m. |1 I. Couleur bla- 
farde. Il 2. Mal vénérien. 

Plombe # s.f. = Pige. Heure. — 
Année. 

Plomber v.n. 1|4. Donner la 
syphilis. (Littré.) — Etre plombé. 
— Avoir la syphilis. — Etre 
ivre. Il 2. Puer, sentir mauvais. 
Plomber de la gargoine ou du 
goulot, avoir mauvaise haleine. 
Il 3. Sonner. — La guimbarde ne 
plombe plus, l'horloge ne sonne 
plus. 

Plommeur (V) s.m. Pour Plom- 
beur. Soudeur. 

Plongeon s.m. Faire le plon- 
geon, tomber dans la misère. 

Plongeur s.m. || 1. Laveur de 
vaisselle dans les restaurants et 



les cafés, 1| 2. Malheureux, misé 
rable. (Il plonge dans la misère. 

Plotte # s.f. Bourse. {Pour pelote. ) 

Pieuse # s.f. Paille. 

Ployant = Ployé # s.m. Porte- 
feuille. — Paire le ployant, payer 
avec de mauvaise valeurs. 

Plue (V) # s.m. Pitance. — Ra- 
tion. — Butin. (F. Michel.) — Le 
holl. a plukken, piller, plumer, 
cueillir. [Tijimermans.] 

Plumade # s.f. Paillasse. — Ma- 
telas. 

Plumard (mil.) s.m. Lit. 

Plumarde # s.f. Paillasse. 

Plumarder (mil.) v.n. Rester cou- 
ché. 

Plume # s.f. II 1. Pince à effrac- 
tion. 11 2. O Plumes s.f.pl., che- 
veux. — Perdre ses plumes = Se 
déplumer. — Paumer ses plumes 
ou Se faire des plumes = Se faire 
des cheveux, s'ennuyer. H 3. # 
Plume de Beauce, paille. || 4. 
{ohsc. )Tailler une plume, \at. fel- 
lare. || d. Passer à la plume = 
Passer à tabac, v.c.m. 

Plumeau s.m. Se faire donner 
un coup de plumeau par quel- 
qu'un, coucher avec q.q. 

Plumée O s.f. Tromperie. — Vol 
au jeu. 

Plume-nigaud Q s.m. Voy. Pick- 
pocket. 

Plumepatte (mil.) s.m. Envoyer à 
plume-patte, envoyer au diable. 

Plumer O v.a. 1| 1. Dépouiller. 
— Plumer Voie du .narché, tricher, 
duper. Il 2. Plumer un perroquet 
■= Etouffer un poroquet, boire 
une absinthe. |1 3. Se coucher. 
« Puis, vers deux heures du 
matin, on allait se plumer en 
chœur. » 

Plumet O s.m. 1| 1. Toupet. — 
Faux plumet, perruque. ||2. 
Ivresse. — Avoir son plumet, être 
ivre. Voy. Panache, Pompon, 



PLUMEUSE. 



— 223 — 



POIGNET. 



Plumeuse O s.t'. Femme qui ex- 
ploite ses am«inls. 

Plure s.f. Yoy. Pelure. 

Plus adv. N'en faut plus, en 
voilà assez ; supprimez ! Des bor- 
geois,n en faut plus ! » — Plus que 
ça de chic! quel chic! — Plus sou- 
vent ! jamais! — Plus de réjouis- 
sance que de viande, se dit d'une 
personne maigre. 

Plus-fine s.f. Excréments. 

Pneu O s. m. Abrév. de Pneuma- 
tique, v.c.m. 

Pneumatique O s. m. Bandage en 
caoutchouc pour roues de véloci- 
pèdes. « Le pneumatique X... est 
vraiment sans pareil. Hier, notre 
confrère D..., de Paris-Vélo,2i es- 
sayé de faire éclater un de ces 
pneus, il n'a pu réussir. » 

Poca # s.f. Jeu de hasard. 

Pochard s. m. == Poche. Ivro- 
gne. — Rempli comme une po- 
che. (LiTTRÉ.) — Le signe de la 
croix despochards se fait ainsi : En 
touchant le front, on dit : Mont- 
parno, l'estomac : Bagnolet; Té- 
paule gauche : La Courtille ; Fé- 
paule droite : Ménilmuche. Le mea 
culpa se fait en se frappant trois 
fois la poitrine et en disant : 
Lapin sauté, lapin sauté, etc. — 
Du saxon poch, sac ; on appelle 
aussi l'ivrogne sac-à-vin en arg. ; 
en fr. le mot poc/té signifie gonilé. 

Pocharder v.a. etv.pr. Enivrer. 

Pocharderie s.f. Ivrognerie. 

Poche s.f. Yoy. Pochard. 

Poche-œil s'm. Pochon. Con- 
tusion sous l'œil = (EU au 
beurre noir. 

Pocheté s. m. Bête. Niais. 

Pochetée s.f. || 1. Bêtise. ||2. 
Quantité, beaucoup. — En avoir 
une pochetée, signifie m. à m. en 
avoir beaucoup, être ivre, être 
très bête, etc., etc. 

Pochette # s.f. Porte-monnaie. 



Pochon s. m. = Poche-œil. Coujv 
de poing. — Lâcher en pochon,. 
donner un coup de poing. 

Pochonner v.a. Donner un coup 
de poing. Voy. Pochon. 

Pocker Q s. m. Jeu de cartes du 
même genre que la bouillotte, 
importe d'Amérique. 

Poêle s.f. Poêle à châtaignes ou 
à mairons, visage grêlé. — Tenir 
la queue de lapoêlc, être puissant, 
être chargé du soin principal 
d'une affaire. 

Pogne s.f. z= Poigne. |] 1. Avoir 
de la pogne ou une bonne pogne, 
avoir une main solide, un bon 
poignet qui empoigne bien. ||2. 
Voleur (il empoigne et est lui- 
même souvent empoigné.) || 3. A 
poignCy énergique, fort, dur, sé- 
vère. <( Un gouvernement à poi- 
gne. Un homme à poigne. » 

Pogne-main s. m. Ferme, so- 
lide, dur. — Lourd. 

Pognon s. m. = Poignon. Ar- 
gent. 

Pogois (V) s.m. = Pougois. Caba- 
ret. — Taverne. — Bouge. 

Spelicans Spoliateurs 

Qui en tous temps Qui en tous temps 

Avancez dedans le pogois Buvez dedans le bouge 

Gourde piarde. Bonne boisson. 

(Villon, bail. III). 

Pogonat (écol.) s.m. Constantin 
Pogonat, homme barbu. — Gr. 
;:ojYtov, poil. 

Poignard s.m. Retouche; (arg. 
des confectionneurs et des tail- 
leurs). 

Poignarder v.a. Poignarder l& 
ciel, se dit en parlant des che- 
veux hérissés. 

Poigne s.f. Voyez Pogne. 

Poignée s.f. Fiche une poignée 
de viande ou une poignée de sal- 
sifis, volée de coups. 

Poignet s.m. Epouser la veuve- 
poignet, se livrer à l'onanisme. 



POIGNON. 



224 — 



POISSON. 



Poignon s. m. Yoy. Pognon. 
Poigre s.m. r= Poique. Poète. 

— Homme de lettres. — Ecri- 
vain. 

Poil O s.m. Il 1. Réprimande. 
u Recevoir ou foutre un poil. » 
Il 2. Force. — Courage. — Va- 
leur. — Etre à poil. f| 1. Avoir du 
talent. ||2. Etre déterminé. — 
Avoir du poil au cul, être brave. 

— Bougre à poils, homme éner- 
gique. Il 3. A poils, nu. — Se 
mettre à poils, se mettre nu. [| 5. 
Avoir un poil dans la main, être 
paresseux. ||5. Tomber sur le 
poil à quelqu'un, battre pren- 
<lre aux cheveux. j|6. Ne pas 
avoir un poil de sec, avoir peur ; 
(m. à m., être en sueur par suite 
de la peur.) 1| 7. Faire le poil à 

' quelqu'un, surpasser (m. à m. 
le raser.) || 8. Monter à poils, 
monter un cheval sans selle. 

Poincelet s.m. Clé, instrument 
d'effraction. 

Point. O s.m. Pièce d'un franc. — 
(polyt.) Point gamma, époque des 
examens de fin d'année. — Jus- 
qu'^au point M, jusqu'à une cer- 
taine mesure. — Point de côté. 
i. Agent des mœurs. (Rigaud.) 
2. Créanciers. ||3. Importun. 
4. Maître chanteur, (allus. à 
la gêne qu'ils causent.) — Q 

• Point de Judas, le nombre treize. 

— O Point d'orgue, temps d'arrêt, 
suspension. 

Pointe O s.f. Ivresse légère. — 
Etre pointe ou Avoir sa pointe, 
être légèrement ivre. — Syn. de 
plumet. 

Pointé O a. Etre pointé, être gris. 

Pointeau s.m. Pointeur. '(Qui 
pointe le temps des ouvriers à 
l'atelier.) 

Pointu s.m. Hargneux. 

Poique s.m. Voy. Poigre. 

Poire s.f. || 1. Tête. — Figure. 



— Tambouriner la poire à quel- 
qu'un, lui donner des coups sur 
la tête. — Faire sa poire = Faire 
sa tête, se donner de grands airs, 
faire le dédaigneux. 1 1 2. Imbécile. 
« Quelle poire! » 

Poireau s.m. =: Poreau.\\i. 
Sergent de ville de planton. — 
Faire le poireau, attendre. (Etre 
planté comme un poireau.) || 2. 
Piquer ou planter son poireau. 
Voy. Planter. || 3. Tête.(De poire.) 
Il 4. (St-C.) Surnom donné au 
général commandant l'Ecole. || o. 
Etre comme les poireaux, être vert 
et vigoureux avec les cheveux 
blancs. « Il est de la nature des 
pourreaux esquels nous voyons 
la teste blanche et la queue verte, 
droite et vigoureuse. » (Rabelais, 
Pantagruel.) \\ 6. Ordre du Poi- 
reau, décoration du Mérite agri- 
cole. 

Poireauter v.a. Attendre. Voy. 
Poireau. 

Poirette % s.f. Visage. — Laver la 
poirette, embrasser. 

Pois s.m. Vol. Voy. Poisser (1), 
Poix, etc. — Coucher dans le lit 
aux pois verts, coucher en plein 
air. 

Poison s.m. =Drogue. Mauvais. 
« Quel poison! » 

Poisse s.m. || 1. Crapule. — Vo- 
leur. Voy. Pois. (I 2. s.f. La police 
de sûreté. 

Poisser v.a. et v.pr. || 1. Voler. 

— Du lat. pix, poix; allus. à 1b 
poix dont les voleurs s'enduisaient 
les mains pour mieux saisir les 
objets. Il 2. Arrêter. — Poisser sur 
le tas, arrêter en flagrant délit. 
Voy. Pois, Poix, etc. || 3. Se pois- 
ser, s'enivrer. 

Poisseur s.m. Voleur. — Trom- 
peur. 
Poisseux, euse s. Voyou. 
Poisson s.m. il 1. Souteneur, jl 



POITOU. 



225 — 



POLLICEUR. 



2. Verre d'cau-de-vie. — Changer 
non poisson cC eau, ViV'mav. — (obsc.) 
Faire le poisson souffleur = Tail- 
ler une plume, fellare. 

Poitou # s. m. Il 1. Rien. — Non. 
112. Précaution. — Epargner le 
poitou, prendre des précautions ; 
taire attention. |[3. Public. 

Poitrine (mil.) s.f. Poitrine d'acier, 
cuirassier. — Poitrine de velours, 
soldat du f^cnie. 

Poivrade s.f. Mal vénérien. 

Poivre s. m. || 1. Eau-de-vie. — 
Mine ou boîte à poivre, établisse- 
ment de liquoriste. 1| 2. Poison. 

— Mal vénérien. 

Je Irouvay la poudre à la lôte, 
iMais le poivre <5lait vers le bas. 

(M. Kbgmeu, stances). 

Il 3. Ivre. Voy. ci-dessus [i) = 
Poivreau. \\ 4. Voy. Piler. \\ 5. 
Chier du poivie, s'enfuir. || 6. Poi- 
vre et stl, grisonnant. 

Poivreau Q s. u\. =: Poivrot. Ivro- 
gne. (L'eau-de-vie brûle comme le 
poivre.) 

Poivrement s.m. ||1. Ivresse. 
|: 2, Payement. 

Poivrer v.a. |1 1. Griser. — Etre 
poivré, être soûl. ||2. = Saler, 
vendre cher, jj 3. Empoisonner. 

— Donner la syphilis. 
Poivreur % s.m Payeur. 
Poivrier s.m. || 1. Individu 

ivre. Il 2. Voleur qui dévalise les 
ivrognes. — Faire le poivrier, 
dévaliser les ivrognes. — Vol au 
poivrier, vol dans les poches des 
ivrognes qui cuvent leur vin. H 3. 
Débit de mauvaise eau-de-vie. 
Voy. Poivre (1). 

Poivrière # s.f. 1| 1. Route. 
(Elle est poussiéreuse, poudreuse, 
comme couverte de poivre.) || 2. 
Ivrognesse. || 3. Femme atteinte 
du mal vénérien. || 4. Le Palais de 
Justice. 

Poivrot s.m. Vov. Poivreau. 



Poivrotter (se)0 v.pr. S'enivrer. 
Poix (V) s.m. Voleur. 

Antonnez poix et marques six à six. 

(Villon). 

— S.f. Affarer la poix, se faire 
arrêter. Voy. Pois. 

Pokapiquer v.n. Sauter. 

Police s.f. Se mettre à la police 
= être en carte {\.c.m.) 

Polichinelle s.m. || L Individu 
qui n'est pas sérieux. — Faire une 
vie de polichinelle, mener une vie 
désordonnée. — Faire saluer le 
polichinelle, réussir, avoir du suc- 
cès. Il 2. Nouveau-né. — Avoir un 
polichinelle dans le tiroir, être en- 
ceinte. Il 4. Grand verre d'eau-de- 
vie. — Demi-litre [chopine) en 
deux verres. Il ,'). Hostie. — Ava- 
ler le polichinelle, communier. 

— De pulcinello, un des person- 
nages de la comédie italienne; ce 
nom vient d'un certain paysan 
de Sorrente , contrefait et' de 
bonne humeur qui, au xvii° siècle, 
égayait le marché de Naples par 
ses saillies. 

Polir O v.a. Polir V asphalte, le bi- 
tume = Faire le trottoir. \\ i. 
Raccrocher. !| 2. Aller et venir, 
attendre sur le trottoir. 

Polisseuse (obsc.) s.f. Polisseuse 
de mâts de Cocagne en chambre, 
lat. fellatrix. 

Polisson O s.m. |1 1, Tournure, 
faux derrière. Il 2. Mot d'amitié. 
il 3. Malheureux qui va pres- 
que nu. 

Polissonne % s.f. Langue. 

Politesse s. f. {ohso,.) Faire une po- 
litesse à une femme = Faire la 
chosette (v.c.m.) 

Polka s.f. Marchand d'objets 
obscènes, photographies, cartes 
transparentes, etc. O Faire danser 
la polka à quelqu'un, le battre. 

Polliceur (V) s.m. Voleur. — Du 
vx fr. pol, pouce, doigt. 



POLLIR. 



— 226 — 



POMPONETTE. 



Pollir (V) v.a. Voler. 

Polochon # s.m. Traversin. 

Polonais s.m. Domestique de 
maison publique qui met les ta- 
pageurs à la porte. 

Poluer (V) v.a. Corrompre. — Pi- 
per. 

Polyte s.m. Abrév. deHippolyte. 
Nom populaire du voyou : « Ohé! 
Polyte y lidor, à moi les amun- 
ches! » 

Pomaquer # v.a. || 1. Prendre. 

Si j'ai pas rond, mon surin bouge. 
Or, quand la pouffiace a Iruqué, 
Chez moi son beurre est pomaqué. 
Mieux vaut bouffer du blanc qu'du rouge. 
(Chans. des Gueux.) 

Il 2. Perdre au jeu. — Le pre- 
mier sens repond à empaumer, le 
deuxième à recevoir une pla- 
mousse, un coup asséné avec la 
paume. [Timmermans.] 
Pommade s.f. || 1. Misère. — 
Besoin. — Etre dans la pommade, 
être dans la misère. || 2. Douceur. 

— Jeter de la pommade = Passer 
à la pommade, flatter, féliciter, 
encenser. || 3. Pommade de cochon, 
saindoux. 

Pommader v.a. et v.pr. Flat- 
ter. — Encenser. — Féliciter. — 
Se pommader, s'enivrer. 

Pommadeur s.m. ||1. Encen- 
seur. — Cajoleur. -— Flatteur. — 
Flagorneur. || 2. Brocanteur qui 
masque les défauts des meubles 
avec de la cire ou de la gomme 
laque. 

Pommadier s.m. Coiffeur. 

Pommadin s.m. || 1. Garçon 
coiffeur. \\ 2. Elégant. H 3. Ivro- 
gne. 

Pommard s.m. Bière. 

Pomme s.f. Tête. — Tête en 
pomme de canne, vilaine figure. 

— C'est comme des pommes, non. 
= Il n'y a rien de fait. — Aux 
pommes! soigné, très bien. 



Pommé Q Si.=z Bath aux pommes. 
Soigné. — Réussi. — Il a reçu un 
atout pommé, il a reçu un coup 
bien appliqué. 

Pommer # v.a. Arrêter. — Em- 
prisonner. 

Enfin quéqu' fois quand on m'pomme, 
J'coucbe au post ! C'est cliouett', c'est chaud, 
Et c'est la qu'on trouve en somme, 
Les gens les plus comme il faut. 

(Ch. des Gueux.) 

Pommeux s.m. Déchargeur des 
bateaux de pommes. 

Pommier s.m. Pommier en 
fleurs, seins d'une jeune fille. — 
Pommier stérile, poitrine plate. 

Pompage s.m. Noce. 

Pompe O s.f. Il l.(St-C.)Travail.— 
Corps de pompe, état-major de 
l'Ecole. Il 2. (typ.) Avoir de la 
pompe, avoir du travail. I| 3.0 Ate- 
lier de tailleur. || 4. Pompe aspi- 
rante, semelle trouée, jj 5. (obsc.) 
Pompe funèbre = Polisseuse, 
fellatrix. j| 6. % Faire les pompes 
au prix courant, voler les chaus- 
sures aux étalages. 

Pomper v n. et v.a. |[ 1. (St-C.) 
Travailler ferme et vite. || 2. 
Boire beaucoup. (Comme une 
pompe qui absorbe.) 

Pompette Q a. Ivre. (Petite pompe, 
de pomper (2), v.c.m.) 

Pompier Q s.m. || 1. Ouvrier tail- 
leur à la journée. || 2. Ivrogne, [j 
3. (St-G.) Travailleur assidu. || 4. 
Mouchoir. || ^.Piquer un pompier, 
faire du tapage . 

Pompon (mil.fO s.m. Tête. — Dé- 
visser le pompon à quelqu'un, lui 
casser la tête. — Avoir le pompon, 
avoir le premier rang, la supério- 
rité. — Avoir son pompon, être 
gris. — Boire se dit en arg. pom- 
per, pompette, petite pompe qui a 
bu, d'où pompon et parcorr. plu- 
met qui conduit à panache. 

Pomponette s.f. Chanson à 



PONANTE. 



— 221 



POPOTE. 



boire. «< Chanter la pomponette. » 

Peniiant qu'il filera 

Chantons la pomponnette 

Qu'il niel... 

Ponante # s.f. = Ponife, etc. 
Prostituée. (Le ponant est l'occi- 
dent, le couchant.) 

Poncer O v.a. et v.pr. Battre. — 
Corriger. - Se poncer le créateur ^ 
se livrer à l'onanisme. 

Poncif O ^' s. m. Banal et préten- 
tieux. .< Sfyle poncif. » 

Pondant (écol.) s. m. Pour « Cor- 
respondant,» personne chargée de 
faire sortir un pensionnaire d'une 
maison d'institution. 

Pondeuse O s.f. Femme qui a 
souvent des enfants. — Bonne 
pondeui^Cy femme féconde. 

Et puis tous les ans c'est un gosse; 
Que pondeuse! Kii v'ia d'un négoce, 
C'est épatant ! A pond '. a pond ! 

[La Muse à Dibi.) 

Pondre v.a. et v.n. Accoucher. 
— Pondre dans le même nid, cou- 
cher avec la femme d'un autre. 

Poney s. m. Billet de cinq cents 
francs. (Arg. des courses.) 

Ponife = Ponisse # s.f. = Po- 
nante. Jeune prostituée. 

Et si la p'til' pouif triclje 

Su' Icompt' des rouleaux. 
Gare au bi>aillon d'Ia guiclic ! 

C'est nous qu'est les dos. 

{Chansun des Gueux.) 

Ponifler % v.a. Courtiser une Po- 
/ ife, v.c.m. 

Pont O © s. m. II 1. Trois-pont, 
casquette de soie haute. — Ces 
messieurs à trois-ponts, soute- 
neurs. (Ils portaientdes casquettes 
dites trois ponts.) || 2. Carte cin- 
trée, en forme de pont. — # 
Donner un pont à faucher. || 1. 
Faire couper un jeu de cartes à 
l'endroit où la carte est cintrée. 
Il 2. Tendre un piège. 



Pontanion (mar.) s. m. Prison des 
marins. 

Ponte Os.m.=Pontenr. j | i .Joueur. 
Il 2. Individu qui dépense de l'ar- 
gent. Il 3. s.f. La ponte, réunion 
de ponteurs. — Ponte pour Vvf, 
réunion de voleurs, de grecs. 

PonterO v.n. Payer.— Jouer contre 
la banque, au baccarat. — Ponter 
(iM?\ jouer gros jeu. — Ponter sec, 
jouer de grosses sommes par in- 
tervalles. 

Ponteur Os. m .=Ponfe. Joueur. — 
Bailleur de fonds. 

Pontife s. m. |1 1. Cordonnier. 
— Souverain pontife, patron cor- 
donnier. Il 2. Homme qui fait l'im- 
portant. 

PontifierOv.n. Se donner des airs 
importants. Poser pour essayer 
d'en imposer. « Plus ils pontifient, 
plus le comique s'accentue, invin- 
cible, sacerdotal oserais-je dire, 
tant le contraste est grand entre 
l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes 
et l'idée qu'ils en donnent aux 
autres. » [Séverine.] 

Pont-Neuf n.pr.m. Officier du 
Pont-Neuf, voleur, bandit. 

Pontoise n.pr.f. Revenir de Pan- 
toise, être étonné. — En J7o3, le 
parlement de Paris fut envoyé à 
Pontoise ; à leur retour, les ma- 
gistrats avaient perdu le courant 
(les affaires parisiennes et ne 
comprenaient plus rien à ce qui 
se passait en revenant de Pon- 
toise. 

Pontonnier Q s. m. Grec. Voy.Poni 

(2)- 

Pontonnière s.f. Prostituée. 
(Qui exerce sous les ponts.) 

Popote O s.f. Cuisine. — Table 
d'hôte. — Faire la popote, faire 
la cuisine. — Se mettre en popote, 
former un groupe pour lequel on 
fait la cuisine. — « Les officiers 
se mettent en pnpotte. » 



POPOTER. 



— 228 — 



POSSÉDER. 



Popoter O v.n. = Faire la popote, 
v.c.m. 

Populo O s. m. Le populo, le peu- 
ple, les travailleurs. « Que les 
bénédictions des mamans soient 
avec vous ! Marche à travers la 
ville, cavalcade joyeuse, sancti- 
fiée par le but ; ébaubis les mou- 
lards, réjouis le populo. n (Séve- 
rine.) 

Porc-épic # s.m. Saint-sacre- 
ment. 

Poreau s.m. Voy. Poireau. 

Pornographe O s-m. Qui écrit des 
obscénités. 

Pornographie O s.f. Publications 
obscènes. 

Pornographique O a. Obscène. 

Port O s.m. Laisser quelqu'un au 
port d'armes, faire attendre q.q. 
et ne pas revenir. 

Portanche # s. m. Portière. (m. déf.) 

Portant (B) s.m. 1| 1. Bras. H 2. 
(thé.) Supports de coulisses. 

Porte O s.f. Porte de prison, indi- 
vidu maussade, désagréable. 
« Gracieux comme une porte de 
prison, )> 

Porte-aumuche ou aumusse 
s.m. Patron cordonnier. 

Porte-balle s.m. Bossu. 

Porte-chance s.m. Excrément. 

Porte-crème s.m. Vidangeur. 

Portée # s.f. Paquet de cartes 
préparées pour tricher au jeu de 
baccarat. 

Portefeuille s.m. Lit. — Se 
fourrer dans le portefeuille, se 
mettre au lit. 

Porte-luque ^ s.m. Portefeuille. 

Porte-maillot Q s.2g. Figurante 
de théâtre. — Danseuse. — Acro- 
bate. 

Porte-mince # s.m. Portefeuille. 

Porte-mornif O s.m. Porte-mon- 
naie. 

Porte-pipe s.m. Bouche. — Se 
rincer le porte-pipe, boire. 



s.m. Visage. —Endom- 



Porte-poigne s.m. Gant. 

Porter0O v.a., v.n., v.pr. Porter 
des cornes, être cocu ; En faire 
porter, faire cocu. — Porter à la 
peau, éveiller le désir charnel. — 
Use porte bien, il est gris. — Rece- 
voir un atout qui se porte bien, 
recevoir un coup violent. 

Porte-trèfle # s.m. Culotte. 

Porteur s.m. Porteur de ca- 
moufle, souteneur. 

Porteuse # s.f. Main. 

Porte- veine Q s.m. Cochon. 

Portier, ère Q s. Cancanier. — 
Bavard. « Quelle portière 1 » 

Portion (mil.) s.f. Prostituée. — 
Tomber sur la portion, aller avec 
une prostituée. 

Portrait r 

mager le portrait à quelqu'un, 
lui endommager le visage. 

Pose O s.f. Affectation. — Etre à 
la pose ou La faire à la pose, avoir 
des manières affectées, être pré- 
tentieux. — Faire des poses, 
avoir des attitudes prétentieuses. 
— A moi la pose, à mon 
tour. 

Poser v.a. Attendre. — Poser sa 
chique, se taire. — Poser culotte, 
faire ses besoins. — Paire poser, 
mystifier. — Poser un lapin à 
quelqu'un. || 1. Donner un rendez- 
vous et ne pas y aller. || 2. Ne pas 
payer une tille galante. — Foser 
pour le torse, faire valoir ses 
formes. — # Poser un gluau, arrê- 
ter, emprisonner. 

Poseur O s.m. Poseur de lapins, 
individu qui manque de pa- 
role, etc. Voy. Poser un lapin. 

Position # s.f. Malle. (Rigaud.) — 
Position intéressante, état de gros- 
sesse. 

Possante (B) s.f. Arquebuse.. 

Possédé s.m. Eau-de-vie. (Mi- 
chel.) 

Posséder v.a. Posséder son em- 



POSTICHE. 



— 229 — 



POTIN. 



I 



bouchurc, avoir bonne langue; 
s'exprimer facilement. 
Postiche s.2g. Ild. Mensonge. 

— Plaisanterie. || 2. # Rassem- 
blement sur la voie publique = 
Postige. \\ Les chanteurs des rues, 
ambulants et irréguliers, qui 
exercent leur métier en marge de 
la police, travaillent à la postige, 
ils vont généralement par trois : 
l'un chante et vend les chansons, 
l'autre accompagne sur un instru- 
ment quelconque, guitare, man- 
doline, violon, accordéon. Quant 
au troisième, qui fait le guet à 
droite et à gauche, il fait enten- 
dre un léger sifflement dès qu'un 
sergent de ville apparaît au loin, 
et le chanteur, le musicien et le 
liaffeur disparaissent, plantant là, 
au beau milieu d'un couplet, la 
foule qui les entoure. || 3. Boni- 
ment de camelot ou de saltim- 
banque. — Foire la poslichc \\ i. 
(typ.) Faire des reproches. || 2. # 
Rassembler la foule sur la voie 
publique r^ Postiger. 

Posticheur s. m. Trompeur. — 
Menteur. Voy. Postiche. 

Postier O s. m. Employé des 
postes. 

Postige # s.f. Voy. Postiche (2). 

Postiger v.n. Vov. Faire lapos- 
liche{2). 

Postille # s.f. Rot. 

PostillonOs.ni. Boulette de pain 
renfermant un billet adressé à un 
détenu. Postillon demi chaude, 
infirmier, mécanicien de locomo- 
tive. — Q Envoyer des postillons, 
projeter de la salive en parlant. 

— Faire postillon, faire une allu- 
sion indiscrète. 

Postillonner Q v.n. Projeter de 
la salive en parlant; elle est lan- 
cée en avant comme le postillon. 

Pot s. m. Avoir laissé le pot de 
chambre dans la commode, avoir 



mauvaise haleine. — Femme an pe- 
tit pot, concubine. — Q Aller ou 
fouillerait pot, prendre des domi- 
nos quand on n'a pas le point joué. 

— # Vol au pot = Vol à Vamc- 
ricainc. v.c.m. — Cuiller àpot,ç,d.- 
briolet. — Pot à colle, menuisier, 
ébéniste. — O ^^t)^ à tabac, per- 
sonnage gros et court. 

Potache Q s. m. = Potasse. Collé- 
gien, lycéen. Voy. Potasser. 

Potager s. m. Maison publique. 

Potard O s. m. Pharmacien. — 
Elève pharmacien. 

Potasse O s.f. Voy. Potache. — 
Faire de la potasse, attendre. 

PotasserQ v.n. et v.a. || i. Travail- 
ler. — Etudier. — Potasser sa 
colle, préparer son examen. — 
Potasser des x, faire des mathé- 
matiques. Il 2. S'impatienter. 

Pot-au-feu s. m. || i. Ménagère. 

— Cuisinière, j] 2. Individu sé- 
dentaire, ignorant l'actualité. 
Il 3.#Creuset ou marmite de faux 

monnayeur. 

Pot-bouille s.f. Cuisine. — Faire 
la pot-bouille, faire la cuisine. — 
Un ou une pot-bouille, personne 
qui ne s'occupe que des petits 
détails du ménage ; de «pot» et 
«bouillir.» 

Pot-de-vin Q s. m. Gratification. 
« Des personnages intègres, des 
hommes désintéressés et absolu- 
ment incapables d'accepter un 
pot -de-vin. » (Fr. Coppée.) 

Poteau s. m. [] 1. Ami très in- 
time. (Il soutient.) || 2. Avoir son 
poteau, être ivre. || 3. Jambe 
forte. 

Potée s.f. Litre de vin. — Enfi- 
ler sapotée, boire son litre. 

Potet a. et s. m. Radoteur. 

Potin 0©s.m. || 1. Bavardage.— 
Cancan. — Commérage. — Faire 
des potins, cancaner. || 2. Bruit, 
tapage, protestation, scandale. — 



POTIN ER. 



— 230 — 



POUPOULE. 



Faire du potin, protester, faire 
du bruit. — Formé d'un débris de 
ympoler, pour bavarder, babiller. 

. [TiMMERMANS.] — Du skt. pUt, 

parler. 

Potiner O v.n. Cancaner. — Ba- 
varder. — Médire. 

Potineur = Potinier Q s. m. In- 
dividu qui fait des potins, v.c.m. 

Potiron s. m. Derrière. 9 Po- 
tiron roulant, cabriolet. 

Potot # s. m. Pédéraste. 

Poubelle Q s.f. Baquet à ordures. 
— Se vider des poubelles sur la 
tête, s'injurier, — Du nom d'un 
préfet de la Seine qui les imposa 
aux Parisiens par mesure de sa- 
lubrité. 

Pouce O © s. m. Et le pouce! da- 
vantage ! — Avoir le pouce rond, 
être habile à voler. — Donner le 
coup de pouce \\ l.Q Faire pencher 
la balance avant que le poids 
exact ne s'y trouve. || 2. Etran- 
gler. — Maladie du pouce, pa- 
resse. 

Poucer 9 v. a. = Donner le coup 
de pouce (2), v.c.m. 

Poucette s.f. Poussette. Triche- 
rie des grecs, qui pour ce genre 
de filouterie s'appellent cousins. 
(L'argent s'avance avec le pouce.) 

Pouchon % s. m. Bourse. (De po- 
che.) 

Poudre (F. M) s.f. Publicité don- 
née à une affaire. — N'avoir pas 
inventé la poudre, être bête. 

Poudrer O v.a. Poudrer quelqu'un 
à blanc, se moquer. 

Pouf0s.m. =Pm^*. Il «.Annonce, 
réclame exagérée. || 2. Ruine. — 
Désastre. — Escroquerie. — Ban- 
queroute. — Faire pouf, quitter 
son logement sans payer. — Fai- 
seur de poufs, escroc, individu 
qui fait des dupes. — Dans le sens 
de réclame, pouf marque la bour- 
souflure des termes : dans celui 



de ruines, etc. pow/'énoncele bruit , 
d'une arme à feu et suggère l'idée i 
de coup, de craquement. [Tim- ! 

MKRMANS.] 

Pouf fi ace = Pouffiasse s.f. 
Prostituée répugnante. 

PougDon s. m. = Poignon. Ar- 
gent. 

Pougois (V) s. m. Voy. Pogois. 

Pouic # s. m. Peu. — Rien. 

Pouifife # s.f. Voy. Ponife. — Ar- 
gent. 

Pouillard s. m. Dernier venu 
d'une couvée de perdreaux ou 
d'une nichée de lièvres. 

Pouilleux O s. m. || 4. Misérable. 
Il 2. Avare. 

Pouillis s. m. Mauvaise auberge. 

Poulailler s. m. = Paradis. — 
Dernière galerie d'un théâtre. 

Poulain s. m. Bubon. — Faire un 
poulain, tomber de cheval. 

Poulaine # s.f. Lieux d'aisances. 

Poulainte s.f. Escroquerie à 
l'échange. 

Poularde Q s.f. Jeune femme 
dodue. 

Poule s.f. Poule d'eau, blan- 
chisseuse. 

Poulet s. m. Poulet de carême, 
hareng saur. — Poulet d'Inde, 
cheval. 

Poulette O s.f. Jeune femme 
étourdie. 

Poupard # s.m. = Poupon. Vol 
organisé. — Nourrir un poupard, 
préparer un vol. 

Poupée # s.f. Il 1. Instrument 
pour prendre les empreintes de 
serrure, jl 2. Prostituée. — On dit 
dans certains patois une catau 
pour une poupée; à rapprocher 
de catin. || 3. Soldat. (Il fait des 
mouvements automatiques.) 

Poupon # s.m. Voy. Poupard. 

Poupouille s.f. Voy. Popote. 

Poupoule O s.f. Mot 'd'amitié. — 
Ma poupoule = Ma cocotte. 



POUR. 



— 231 — 



PRATIQUE. 



Pour prép. 7/ est là pour un 
coup, il est là pour quelque chose. 
(C'est-à-dire pour être utile, pour 
donner un coup de main.) 

Pourfendeur O s. m. Pourfendeur 
de Zi'phir, hâbleur, fanfaron qui 
s'escrime dans le vide. 

Pourlécher (se) O v.pr. Se réga- 
ler. — Se pourldcher les babines ; 
(Théophile Gautier, Capitaine 
Fracasse,) se régaler jusqu'à s'en 
lécher les lèvres. 

Pourri Q a. \\i. Rempli. — Il en 
est pourri, il en est rempli. — 
Etre pourri de chic, être très 
chic. Il 2. (fig.) Corrompu. « Il 
est pourri jusqu'à la moelle. » 

Pousquin Q s. m. Voy. Pousse- 
caillou. 

Pousse (la) % s.f. La police. — 
La gendarmerie. — Ce qui se 
pousse, argent monnayé. — Don- 
ner une pousse, battre. — Pousse 
au vice, canlharide. 

Pousse-Café O s. m. Petit verre 
d'eau-de-vie après le café. 

Pousse-Caillou O s.m. = Pous- 
quin. Fantassin . « Messieurs 
de la Sabretache. Je vous remer- 
cie de vous être souvenus d'un 
vieux fantassin, pousquin, pousse- 
caillou. — tout ce que vous vou- 
drez. » (H. d'Orléans, duc d'Au- 
maie, 28janv. 1894.) 

Pousse-Cul s. m. || 1. Bourreau. 
112. Petit individu. 

Poussée O s.f. = Coup de feu. — 
Travail pressé, précipité. — Af- 
tluence. — Il y a de la poussée, 
il y a beaucoup à faire, aftluence 
de clients. — (iro.) Via une belle 
poussée, voilà un beau résultat. — 
Foutre une poussée, battre, bous- 
culer, réprimander. 

Pousse-Moulin 9 s. m. Eau. 

Pousse-Pousse s. m. Petite voi- 
ture réclame traînée par un 
homme et l'homme lui-même. 



Ce nom date de l'Exposition de 
1889, où il y avait des Annamites 
qui traînaient les visiteurs dans 
de petites voitures légères sur 
l'esplanade des Invalides ; on les 
appelait pousse-pousses, les véhi- 
cules et ceux qui les traînaient. 

Pousser v.a. Se pousser de l'air, 
s'en aller. — Se pousser du col, 
se rengorger, se vanter. — S'en 
pousser dans le battant, avaler, 
boire ou manger. — Se pousser 
vn excellent, manger l'ordinaire 
de la i)rison. — Q Pousser une 
blaçjue, lancer un bon mot, une 
plaisanterie . — Pousser la goua- 
lante, chanter une chanson. — 
Pousser son glaire, parler. 

Poussette # s.f. Voy. Poucette. 

Poussier s.m. || 1.* Poudre. — 
Tabac à priser. (Pour poussière.) 
Il 2. Lit. (Pour pucier.) || 3. Mon- 
naie. {Ce qui se pousse.) 

Poussière O s.f. Eau-de-vie. (Elle 
gratte le gosier.) — Faire de la 
poussière, faire des embarras ; 
éclabousser. 

Poussin s.m. Avaler son pous- 
sin, être congédié. 

Poussinière s.f. Séminaire. 

Pouvoir O s.m. Canne en spirale 
des incroyables. 

Pou-volant s.m. Carreau des 
chiffons et de la ferraille au Tem- 
ple. 

Prandion Q v.a. Déjeuner. — Lat. 
prandium m. s. 

Prat s.f. Prostituée. 

Praticable (thé.) s.m. Planche ou 
toile peinte pour décor en éléva- 
tion sur la scène. 

Pratique s.f. I| 1. Mauvais su- 
jet. — Vaurien. « C est une fa- 
meuse pratique / » || 2. Instrument 
formé de deux lamelles de fer- 
blanc qu'on se met dans la bou- 
che pour faire le cri de Polichi- 
nelle. 



PRE. 



— 232 — 



PROPRE. 



Pre s. m. Premier, (abrév.) 

Pré # s. m. Bagne. — Aller au 
pré, aller au bagne. — Pré au 
dab, Mazas. — Pré des fagots^ 
Cayennc. — Pré salé, la mer. 

Prélectance s.f . Préfecture de 
police. 

Préfectancier # s.m. Employé 
de la préfecture. 

Première Q s.f. Il 1. Première re- 
présentation. (( Etes-vous allé à la 
première des Français ?» || 2. 
Directrice de rayon dans les ma- 
gasins de nouveautés. 

Premier-Paris O s.m. Article de 
fond dans un journal. 

Prendre v.a. (thé.). Prendre au 
souffleur, attendre sa réplique du 
souffleur. — Q Prendre la vache 
et le veau, épouser une femme 
enceinte des œuvres d'un autre. 
— Se "prendre aux cheveux, se 
battre. — Prendre sur son honnct, 
prendre sous sa responsabilité, 
se porter garant. 

Prépondérance (mil.) s.f. Prépon- 
dérance à la culasse, derrière 
proéminent. 

Presse Q s.f. Avoir une bonne 
presse, avoir une opinion favora- 
ble àe la presse sur une œuvre 
artistique ou littéraire. 

Mais c'qui n'devra pas l'étonner, 
Ça s'ra de se voir malmener 
Par ceux qu'il chine avec ivresse, 
Car s'il croit avoir un' bomi' presse. 

Ah ! ah ! ah ! oui vraiment ! 
Monsieur Bruu'tiôre est bon enfant ! 

(EscoPBTTE Gaulois, 1894). 

(obsc.) Etre sous presse, être en 
conversation intime. — Mettre 
sous presse, engager au mont-de- 
piété. — Il n'y à pas de presse, 
inutile de se presser. 

Prêt s.m. Paye. — Argent qu'une 
fille donne à son souteneur. 

Prêter v.a. Prêter Voche, écou- 
ter; (m. à m. prêter Toreille.) 

Prêtre # s.m. Acteur. 



Preu a. et s.m. r=r Pre, premier. 

(abrév.) — Faire le preu, faire le 

premier. 
Prévôt # s.m. Clief de chambrée. 

(de prison). — Domestique de 

prison. 
Priant % s.m. Chapelet. 
Priante % s.f. Eglise. — Messe. 

— Prière. 

Prie-Dieu % s.m. Code. (Il est di- 
visé en alinéas comme les livres 
de prières.) 

Primeur Q s.f. Virginité. 

Prin (écol.i s.m. Principal, provi- 
seur, chef d'institution. (abrév.) 

Prince Q s.m. Prince russe \\i. 
Homme riche. ||2. Enlreteneur. 

Prise s.f. Odeur. — Prendre 
une prise, respirer une mauvaise 
odeur. — Prise de bec, discussion, 
dispute. 

Prison Q s.f. Etre dans la prison 
de saint Crépin, avoir des sou- 
liers trop petits. 

Proais (B) s.m. Derrière. Voy. 
Prouas, etc. 

Problème (écol.) s.m. Chaîne gile- 
tière. 

Probloque % s.m. Propriétaire. 

ProcureuseO s.f. Proxénète. 

Produisante # s.f. La terre. 

Profane (F. M) s.m. Non initié. 

Profonde O s.f. Hl. Poche. ||2. 
Cave. 

Proie s.f. Part. — Kcot. 

Prolo s.m. Prolétaire, (abrév.) 

— Homme du peuple. 
Prolonge s.f. Prolongation. 

(abrév.) 

Prometteux a. Prometteur. 

Promoncerie # s.f. Procédure. 

Promont # s.m. Procès, (m. déf.) 

Promontoire (litt.) s.m. Promon- 
toire nasal, nez. 

Pronier s.m. Pronière s.f. # 



Père. 



Mère. 



Propre O a. (iro.)f/ estpropre, 
il est dégoù tant. — Le voilà propre. 



PlIOPRIO. 



— 233 



PUDIBARD. 



il est dans une fâcheuse position. 

— Cest du propre, c'est vilain, 
c'est dégoûtant. — 9 Etre propre, 
<*tro on prison. 

Proprio s. m. Propriétaire, 
(abrév.) 

Prose s.f. Derrière. 

ProsodienQ s. m. Versificateur. 

'Prospectus ^s.m. Lancer sonpros- 
pcctus.z::^ Faire de rœil. (v.c.m.) 

Prote (typ.) s. m. Prote à tablier, 
l)role qui travaille comme un ou- 
vrier. — Prote aux gosses^ le pre- 
mier des apprentis. 

Protecteur Q s. m. Entreteneur. 

— Amant sérieux. 

Protéger Q v.a. Protéger nnc 
femme, l'cnlrelenir. 

Prouas s. m. Proue s.f. = 
}'r"iiis^= Prnye, etc. Derrière. 

Prout O i"t. Voy. Zut. —Pet. 

Proute # s.f. Plainte. — Alerte. 

Prouter v.a. et v n. Se plain- 
dre. — Grogner. — Renauder. 

Prouteur, euse s. Grognon. 

— Renaudeur. 

Proye = Proys (V) s. m. 
= Prouas, etc. Derrière. « Forcst 
du proys. » (Richepin.) 

PrudhommeOnp''- "ï* = Joseph 
Prudkomme = Monsieur Pru- 
dhomme, bourgeois banal et sen 
tencieux. Ce type de Joseph Pru- 
dhomme a été créé par Henri 
Monnier, qui lui faisait dire des 
phrases comme celles-ci : « Si 
cela peut faire votre bonheur, 
soyez-le.» — «Ce sabre est le plus 
beau jour de ma vie ; il me ser- 
vira à défendre nos institutions, 
et au besoin à les combattre. » 

— Moraliste exagéré. «Nous vou- 
lons un carnaval. Les censeurs 
morosesnousle refusaient. Ah ! les 
Joseph Prudhomme, comme si le 
rire était jamais malsain ! Comme 
si la gaîté n'était point bonne 
conseillière. » {Eclair.) 



Prudhommesque Q a. Banale- 
ment prétentieux, sans consis- 
tance; à la façon de Joseph Pru- 
dhomme, v.c.m. 

Prune O s.f. Balle. — Projec- 
tile. — Gober la prune = Avaler 
la pilule, v.c.m. — Prune de mon- 
sieur, évêque. — Avoir sa prune^ 
être gris. 

Pruneau s. m. = Prune, v.c.m. 
(i) ||1. Chique. || 2. Poser son 
pruneau, faire ses besoins. (| 3. 
Œ'û. — Boucher ses pruneaux, 
dormir. (De prunelle.) 

Prussien s. m. Derrière. — 
Exhiber son prussien, tourner le 
:los, fuir. 

Pschutt O s. m. = Pchutt. Elé- 
gant. — Le monde pschutt, le 
monde élégant. — C'est bon, 
beau. On le hume avec un bruit 
qu'on a cherché à rendre par 
le phonème pschutt. [Timmer- 

MANS.] 

Pschutteux = Pschuttard Q 

s. m. Elégant ridicule. 

Puant a. et s. m. \\ \. Pédant. 
(Individu qu'on ne peut sentir.) 
Il 2. Bouc. 

Puce 0©s.f. Puce d'hôpital, pou. — 
Secouer les puces à quelqu'un, 
le gourmander, le réprimander. 
— Secouer ses puces, se lever du 
lit. — Chercher des puces à quel- 
qu'un, chercher à le trouver en 
défaut, chicaner, ergoter = C/ter- 
cher lapetite bête. — (obsc.) Puce 
travailleuse, fellatrix, tribade. — 
Puce à Voreille, créancier. 

Puceau O ^' Innocent. — Naïf. 

Pucelage O s. m. Avoir encore son 
pucelage, n'avoir pas encore 
étrenné. 

Pucier s. m. Lit. 

Pudeur Q s.f.Père la Pudeur, 
homme dont la morale s'effarou- 
che facilement. 

Pudibard O a. Faux pudibond. 



PUDIBARDERIE. 



234 



QUARTIER. 



Pudibarderie Q s.t. Pudibonde- 
rie exagérée. 

Puer v.n. Sentir. — Puer bon, 
sentir bon. — Cela me pue au 
nez, cela me dégoûte, me répu- 
gne. 

Puff s.m. Voy. Pouf. 

Puffisme O s.m. Réclame élion- 
tée. Voy. Pouf. 

Puffiste s.m. Charlatan. Vov. 
Pouf. 

Puits O s.m. (thé.) Parler du 
puits, parler de projets irréalisa- 
bles. — Puits de Venise, prisons 
au-dessous du niveau des eaux. 

Pulvériser v.n. Se la pulvéri- 
ser, fuir. (Prendre de la poudre 
d'escampette). 

Punaise s.f. I| 1. Lentille. || 2. 
Fille publique. — Punaise dans le 
beurre, prostituée qui se fait ac- 
trice. 

Pupitrard (litt.)s.m. Député. — Al- 
lus. au tapage que font parfois 
les députés avec leur pupitre 
pour témoigner leur impatience. 

Pur O s.m. Homme qui met ses 



actes d'accord avec ses principes. 

Purée s.f. Misère. — Purée de 
Corinthe, vin de raisin sec. — 
Purée de pois ou Une purée, ab- 
sinthe. — Faire de la purée de 
marrons, contusionner la figure. 

Purette s.f. En purette, nu, 
(Corr. de : en pur être.) 

Pureuse s.f. Détenue qui rend 
des services à l'administration 
pénitentiaire. 

Purgation % s.f. Plaidoyer. 

Purger v.a. Battre. — Purger la 
vaisselle, allonger les sauces. 

Purotin # s.iîi. Malheureux. — 
Misérable. 

Pur-sang O s.m. Cheval de race. 

Put O s.f. Putain, (abrév.) 

Putain s.f. et a. Avoir la main 
putain, serrer la main au premier 
venu. 

Putipharder Q v.a. Violer. — 
Prendre de force. 

Pyer (V) v.a. Voy. ,PiVr. 

Pyramidal O ^- Énorme. — Co- 
lossal. 



Quai O s.m. Avoir Vair quai Jem- 
mapes, avoir l'air bête. 

Quand est-ce 9= Quantés (typ.) 
s.m. Payer son quantès, payer sa 
bienvenue. 

Quarante O a.n. Les quarante, 
les académiciens. 

Quart s.m. Quart d'œil, com- 
missaire de police. — Allus. à 
l'ancienne robe noire des com- 
missaires, dite cardeuil. [F. Mi- 
chel. ]—OQimr< d'agent de change, 
propriétaire du quart de la valeur 
d'une charge d'agent de change. 
^- O Quart de monde, catégoVie 



de femmes calantes dont la posi- 
tion est moins brillante que celle 
du demi-monde, v.c.m. — 
Quart de marquet, semaine. — 
Faire le quart =z Faire le trot- 
toir, v.c.m. — Battre son quart, 
être à l'agonie. — Quart des 
dégommés , commissaire des 
morts. 
Quartier s.m. = Quartier latin^ 
le boulevard Saint-Michel et les 
rues avoisinantes, le quartier de 
la jeunesse des écoles. — Femme 
du quartier, femme galante du 
quartier latin. 



QUASIMODO. 



— 235 ^- QUINQUET. 



QuasimodoOnpi'*!^* Homme bos- 
su ou contref«iit. 

Quasi-mort a. Etre quasi-mort, 
Olre au secret. 

Quatorzième Q a.n. Celui qu'on 
invile à dîner pour ne pas être 
treize à table. (Il est là comme 
figurant.) — (thé.) Quatorzième 
écrevisse, figurante. 

Quatre-arpents # s. m. Le ci- 
metière. 

Quatre-coins # s. m. Mouchoir. 

Quatre z'yeux s. m. Dire une 
chose entre quatre z'yeux, en par- 
ticulier, tête à-tête. 

Quatrième (mil.) a.n. Quatrième 
cantine, salle de police. 

Quelpoique adv. Rien. — Pour 
Quel pou ic! v.c.m. 

Quelque part || 1. Cabinets 
d'aisances. « Aller quelque part. » 
Il 2. Derrière. — Avoir quelqu'un 
quelque part = En avoir plein 
le... dos. 

Queniente # adv. Que nenni ; (né- 
gation.) 

Quenottier s. m. Dentiste. — 
Du fr. quenotte, dent d'enfant. — 
Holl. koon, joue, mâchoire. [Tim- 

MERMANS.] 

Qu'ès-aco ? O inter. Qu'est-ce ? 

(prov.) 

Question Q s f . Devinette. — Jeu de 
casse-tête : La question romaine. 
« Demandez la nouvelle ques- 
tion du jour! » — Ces devinettes 
sont généralement vendues sur 
les boulevards au prix de dix 
centimes, pendant la période des 
fêtes de la Noël et du jour de l'an. 

Queue O s.f. Couper la queue à 
son chien, se faire remarquer par 
une excentricité. — # Queue de 
cervelas, promenade à la file dans 
lepréaudesprisons. — QQueuede 
morue =z Queue de pie, habit noir 
à queue. « Il était correct, queue 
de pie et cravate blanche. » — 



Queue de rat, tabatière de bois 
dont on tire le couvercle au 
moyen d'un petit cordon de cuir 
qui* ressemble à la queue du rat. 

— Finir en queue de poisson, finir 
mal, ou tristement. — Faire la 
queue. Il 1. Tromper; du skt. 
kuta, tromperie. (Blunouf.) || 2. 
Faire une infidélité, u Faire une 
queue à sa femme.»— Queue de re- 
nard = Fusée, vomissement qui 
laisse une longue traînée. — (thé.) 
Queue-rouge, emploi de comique 
portant perruque, par cxt.de gweiie- 
rouge, paillasse de foire qui s'affu- 
ble d'une perruque généralement 
rousse, dont la queue est nouée 
par un ruban rouge. — Je n'en ai 
pasvu la queue d'un, JG n'en ai pas 
vu le moindre vestige. — Tenir 
la queue de la poêle, avoir la di- 
rection d'une affaire ; être in- 
fluent, bien placé. 

•c J'boulolt'rais bien, j'aurais d'Ia moelle, 
Si j'pouvais l'nir la queu' d'Ia poôle. » 

Queuter v.a. Faire la queue, se 
mettre à la file. 

Quibus O s.m. Argent. — Mon- 
naie. 

Je suis conducteur d'omnibus, 
Messieurs, passez-moi votr' quibus, 

Quif-quif Voy. Kif-kif. 

Quige proys (la) (B) s.f. Testi- 
cules. 

Quiger v.a. = Aquiger. 

Quille (B) s.f. Jambe. « Gare 
les quilles! » u Poussez de la 
quille et brouez. » (Villon.) « Plus 
que ça de quilles! » (Gavarni.) 

Quiller v.n. et v.a. Quitter à 
Voie, lancer sa canne après q.q. 

Quimper # v.n. et v.a. Tomber. 

— Quimper la lance, uriner. 
Quinquet s.m. CÉil. par ext. 

du mot quinquet, appareil qui 
donne la lumière. — Allumer 



QUINTE. 



236 



RÂRIBOCIIER. 



ses qiiinquets, regarder altenlive- 
ment, curieusemeut. — Eteindre 
les quinquets. \\ 1. Aveugler. 
1 1 2. Dormir, — Quinquets de verre 
= Faux quinquets, lunettes, lor- 
gnon. 

Quinte s.f. Avoir quinte et qua- 
torze, avoir la syphilis. 

Quinze a.n. % Quinze broquilles, 
quart d'heure; (m. à m. quinze 
minutes.) 

Quinze-centimes s. m. pi. An- 
ciens cabinets d'aisances. Aujour- 
d'hui les chalets de nécessité 
sont les cinq-centimes : c'est au 
rabais. 

Quinze- vingts s. m. Aveugle. 
— Allus. à l'établissement de ce 
nom où l'on soigne les maladies 
des yeux et qui fut fondé pour 
trois cents chevaliers à qui les 
Sarrasins avaient crevé les yeux. 

Quipe s. m. Homme d'équipe. 
(abrév.) [Rigaud.] 

Quiqui s. m. jl d . Cou. — Pomme 
d'Adam. — Couper le quiqui, 
guillotiner, [j 2. Os et restes de 



viande ramassés dans les restau- 
rants pour en faire du bouillon. 

Quocter v.a. Tromper. 

Quoi O Pï"- Avoir de quoi, être 
dans une position aisée, avoir de 
quoi vivre. 

Quoi 9 s. m. Masque. 

Quoquante # s.f. Armoire. — 
La coque, le coco ou boîte crâ- 
nienne, le holl. koker, étui, etc., 
marquent une enveloppe diverse- 
ment ménagée. [Timmermans.] 

Quoquard # s. m. Arbre. — Il 
cache, il protège ; il sert aussi à 
faire les quoquantes, v.c.m. [Tim- 

MERMANS.l 

Quoque 9 a. Tu quoque, loi aussi, 
(latinisme.; 

Quoqueret #s.m. Rideau; (il ca- 
che.) Voy. Quoquante. 

Quoquille # s. m. Pour Coquille. 
Bêle = Huître = Moule. 

Quorum Q s. m. Nombre des mem- 
bres d'une assemblée nécessaire 
pour délibérer, par abrév. de : 
Quorum numerus suf'ficit. « At- 
teindre le quorum. » 



R 



Rabat O s. m. Manteau (xv« siècle). 

Rabateux # s. m. Rabateux <le 
sorque, voleur de nuit (pour ra- 
batteur, chasseur). 

Rabatteuse 0s.f. Entremetlcuse. 
— Proxénète. 

Rabattre v.n. Aller en rabat- 
tant, décliner, vieillir. 

Rabiage # s. m. Rente. 

Rabiau0 s.m.=: Rabiot. \\ 1. Con- 
valescent qui rend des services à 
ses compagnons d'hôpital. |I 2. Ex- 
cédent, supplément. — (mil.) Pro- 
longation du service militaire, 
pour inconduite. — Faire du ra- 



biau, faire du supplément. 
Il 3. Avoir du rabiau, avoir un 
bénéfice illicite. || 4. Restes, re- 
liefs. — Ce qui reste dans le vase 
avec lequel on a fait la distribu- 
tion aux matelots. — Assonnance 
à raboter, râper, gratter, racler 
ce qui reste aufond. [Timmermans.] 

Rabiauter (mil.) v.n. = Rabio- 
ter. Faire du rabiau, v.c.m. 

Rabibochage O s. m. Raccom- 
modement. — Réconciliation. 

Rabibocher O '^'•^- = Rabobiner. 
Réparer. — Raccommoder. — 
Se rabibocher, se réconcilier. — 



RABIOT. 



237 — 



RAFALER. 



Var. de rtbectcr, échanger le 
baiser de la paix. [Timmermans.] 

Rabiot s. m. Voy. Rabiau. 

Rabioter v.n. Yoy. Rabiauter. 

Ràble O s.m. Dos. — Se mettre 
quelqu'un sur le rable = Se 
mettre q.q. à dos, se faire un en- 
nemi. — Se mettre sur le rdble, 
prendre la responsabilité. 

Rabobiner v.a. Voy. Rabibo- 
cher, 

RHboin r=: Rabouin s. m. Le 
Diable. 

Raboter v.a. Voler. — Filouter. 
— Dépouiller. 

Raboteux a. Faire chanter un 
Te Dcum raboteux, battre. 

Rabouler v.n. Revenir. 

Raccord Q (thé.) s. m. Giiange- 
ment fait à la mise en scène 
d'une pièce après une ou plusieurs 
rcjirésentations. 

Raccorder # v.a. Aviser. — Rap 
peler. — Prévenir. 

Raccourci s. m. Chemin de 
traverse. 

Raccourcir v.a. Guillotiner. 

Raccrochage s. m. Racolage. 

Rachevage s. m. Homme sale, 
répugnant. — Pédéraste. — Faire 
son rachevage, nettoyer la fosse 
d'aisances. (M.à m. achever le 
nettoyage). 

Racine Q s.f. Racine de buis. 
Il \. Bossu. Il 2. Dent jaune. 

Raclée O s.f. Correction. — Volée 
de coups. 

Racler O v.n. et v.a. || \. Respirer 
bruyamment. \\ 2. Prendre. — Je 
lui ai raclé son poc/non^ je lui ai 
pris son argent, jl 3. Racler du 
violon, jouer du violon. 

Raclette # s.f. || 1. Violon. |I 2. Ra- 
moneur. Il 3. Agent de police. — 
La police. I| 4. a. Mauvais. 

Raclure s.f. Raclure d'auber- 
gine, ruban académique; (allus. de 
couleur). 



Racontar Q s. m. Cancan. « Au- 
tant de racontars, autant de men- 
songes. » 

Rade # s. m. jj 1. Tiroir où Ton 
met de l'argent. — Faire le ra'le, 
voler Targent dans le tiroir d'un 
comptoir. (De radis, monnaie]. 
Il 2. Boutique. 

Radicon # s. m. Prêtre. (Pour m- 
ticlion,) 

Radicrep v.a. = Radurer. Re- 
passer, aiguiser. 

Radicreur ^ s. m. = Radureur. 
Rémouleur. 

Radin % s. m. j| 1. Cousset. — 
Friser le radin, dévaliser le gous- 
set. — Radin fleuri, gousset bien 
garni. || 2. Argent monnayé, (De la 
racine rad, rond.) 

Radiner % v.n. Aller. — Arriver. 

Via les fanaud's qui raffinent, 

{Chanson des Gueux). 

— Radiner à la condition, rentrer 
chez soi. 

Radis s. m. N'avoir pas un radis 
= Pas un rond, n'avoir ])as d'ar- 
gent. (De la racine rad, rond.) — 
Radis noir, prêtre. 

Radouber # v.a. Raccommoder. 

— Réparer. 

Radurer # v.a. Voy. Radicrer. 

Radureur s. m. Voy. Radicreur. 

Rafalaud s. m. i3anquier de 
tripot. 

Rafale Q s-1- Misère. — La rafale 
souffle dur, la misère est grande. 
Voy. Rafale, etc. 

Rafale Q a. et s. m. Misérable. 
(Pour affalé, abaissé.) — A rap- 
procher de rafle, v.c.m. Voy. Ra- 
fale. 

Rafalement s. m. Humiliation. — 
Misère dégradante. Voy. Rafale. 

Rafaler v.a. et v.pr.'^Humilier. 

— Dégrader. — Se rafaler, tom- 
ber dans la misère dégradante. 
Voy. Rafale. 



RAFFE. 



238 



RALLIE-PAPER. 



Raffe s.f. Voy. Rafle. 

Raffarer % \.a. Regagner. 

Raflfut s.m. Bruit. — Griail- 
lerie. 

Rafiau0 s.m. Inftnnier. — Garde- 
malade. 

Railler # v.a. Donner. 

Rafistoler O v.a. et v.pr. Rac- 
commoder. — Remettre à neuf. 

— Se rafistoler, se nettoyer, 
réparer le désordre de sa toi- 
lette. 

Rafîstoleur Q s.m. Raccommo- 
deur. — Celui qui remet à neuf. 

— Rafistoleur de pommes de terre, 
celui qui, par une manipulation 
habile, donne aux vieilles pommes 
de terre l'aspect des pommes de 
terre nouvelles. 

Rafle s.f. = Raffe. Prise. — 
Butin. 

Raflé a. et s.m. Ruiné. — Dé- 
valisé. Voy. Rafale. 

Rafler v'.a. = Rifler. Voler. — 
Du lat. rapere, voler, piller. Ra- 
pere aliquid privatim ac publiée. 
[Salluste.] 

Pour rifler 

Et placquer 

Les Angels de mal tous ronz. 

(ViLLOiN). 

Rafleur s.m. Tenancier d'un jeu 
de roulette. 

Rafraîchirv.a.etv.pr. Q Se faire 
va fraîchir , se faire tailler la barbe 
et les cheveux. — (mil.) Se rafraî- 
chir d'un coup de sabre, se battre 
en duel au sabre. 

Rage s.f. Rage de dents, appé- 
tit vorace. 

Ragonner v.n. Murmurer. — 
Gronder. — Grogner. — Grom- 
meler. — Var. de ronchonner. 

Ragot s.m. Billevesée. — Ba- 
vardage. — Cancans. — Faire du 
ragot pu des ragots, faire des 
cancans. — Congénère de argot 
et de ragonner. Dans bavardage 



ce sont les lèvres qu'an enlend 
agir, dans le ragot c'est la gorge. 

[TiMMERMANS.] 

Ragougnasse s.f. Mauvais ra- 
goût. 

Ragoût 0s. m. Crainte. —Inquié- 
tude. — Appréhension. — Re- 
mords. — Avoir du ragoût de poi- 
trine sur Vestomac, avoir des seins 
rebondis. — % Faire du ragoût 
sur quelqu'un, faire soupçonner 
q.q. 

Raide0s.m. a. et adv. || 1. Radi- 
calement. — Brusquement. — Q 
Raide comme balle, rapidement. 
Il 2. Eau-de-vie. — Ivre. — 
Raide comme la justice^ être 
ivre sans vouloir le paraître. [[^. 
C'est raide, c'est difficile a croire, 
à supporter, à subir. || 4.0 Faux 
rouleaux d'or dont se servent les 
voleurs à l'américaine. 

Raideur s.f. La faire à la rai- 
deur, être orgueilleux, pédant. 

Raidir a et v.n. Raidir l'ergot 
ou les ergots, mourir. 

Raie s.f. Gueule de raie, vi- 
sage repoussant. 

Raiguisé a. || Trompé. || 2. 
Dépouillé, ruiné, perdu. 

Raille % s. 2g. La police. — Agent 
de police. — Baron de la Raille, 
préfet de police. 

Raisin =r Raisiné s.f. Raisiné 
%. s.m. Sang. — Pompe à rai- 
siné, cœur. — Faire du raisiné. 
Il 1. Saigner du nez. || 2. Répan- 
dre le sang. 

Râler Q v.n. Tromper. — 
Par j.d.m. pour rac/er, tromper, 
voler. 

Râleur, euse Q s. || 1. Individu 
qui marchande. — Acheteur dif- 
ficile. Il 2. Femme du Temple 
qui raccole les passants, [j 3. 
Trompeur. — Menteur. 

Rallie-paperQ s.m. Voy. Paper- 
hunt. 



RAMA. 



— 239 — 



RAMPEAU. 



Rama s. m. Mettre au rama, en- 
chaîner. 

Ramamichagre s. m. = Rami- 
chage. Réconciliation. (M. à m. 
redevenir ami.) 

Ramamicher v.a. et v.pr. =: 
Ramicher, etc. — Se ramamicher, 
se réconcilier. Voy. Ramami- 
chage. 

Ramasse-crotin0(mil.) s.m. Ca- 
valier. 

Ramassé # a. Condamné. 

Ramassée s.f. Voy. Houleuse. 

Ramasser v.a. et v.pr. ]| 4. Ré- 
primander. — Gronder. || 2. Ar- 
rêter. — Prendre. — Saisir. — 
liamasser ses outils. ||4. S'en 
aller. || 2. Mourir. — Se ramas- 
ser, tomber. — Ramasser une 
pelle. \\ 1. Tomber. || 2. Echouer. 
— # Ramasser un bidon, s'éva- 
der, s'échapper. — (obsc.) Ra- 
masser des épingles ou des mar- 
rons, se livrer à la pédérastie. 

Ramasseur s.m. Ramasseur de 
mégots, celui qui ramasse des 
bouts de cigares. — Ramasseur 
de marrons, pédéraste. 

Ramastic # s.f. Vol à la ra- 
mastic, vol qui consiste à ramas- 
ser un bijou faux ou sans valeur 
perdu par un compère et à le 
vendre à un passant beaucoup 
plus cher qu'il ne vaut. 

Ramastiquer v.a. Ramasser. 
Voy. Ramastic. 

Ram'astiqueur0 s. m. Ramasseur. 
Voy. Ramastic. — Ramastiqueur 
d^ orphelins, ramasseur de bouts de 
cigares. 

Rambiner v.a. Raccommoder. 

Rambuteau Q s.m. Urinoir pu- 
blic. — Du nom d'un préfet qui 
en a décidé 1 installation. 

Rame0 s. f.Plume (d'oiseau). — Les 
rames sont des ailes qui font mar- 
cher le canot et elles ont la forme 
d'une plume. 



Ramenage Q s.m. Action de ra- 
mener (v.c.m.) ses cheveux. 

Ramener Q v.a. Rassembler ses 
cheveux sur les tempes ou sur la 
tête pour dissimuler la calvitie. 

Rameneur O s.m. Voy. Ramener. 
Racoleur. 

Rameneuse s.f. Raccrocheuse. 
— Prostituée qui racole. 

Ramichage s.m. Voy. Ramami- 
chage. 

Ramicher = Ramiter v.a. 
et v.pr. Voy. Ramamicher. 

Ramolli a. et s.m. Imbécile. — 
Gâteux. (Atteintde ramollissement 
du cerveau.) 

Ramollot Q s.m. Type de mili- 
taire brutal et imbécile: créé par 
Charles Leroy. {Le Colonel Ramol- 
lot.) 

Ramon s.m. Balai. — Vx. fr. 
ruim, rameau; fr. ramoner, ba- 
layer. 

Ramona s.m. Petit ramoneur. 

Ramonage O s.m. ||1. Grogne- 
ment. — Réprimande. 1| 2. Con- 
fession. 

Ramoner O v.a. Ramoner la che- 
minée, se purger. — Ramoner ses 
tuyaux. \\i. Se laver les pieds. 
Il 2. Se fourrer les doigts dans le 
nez. — Se faire ramoner la con- 
science, se confesser. 

Ramonitschel Q n.pr.Voy. Roma- 
nichel. 

Ramor (arg. des juifs) s.m. Imbé- 
cile. — Ane. — Orthographe vi- 
cieuse pour chamor, mot hébreu 
qui veut dire âne. Le ch se pro- 
nonce gutturalement. De là la 
substitution de r à ch. [Timmer- 

MANS.] 

Rampe (thé.) s.f. Princesse de la 

rampe, actrice renommée. Voy. 

Vedette. — Lâcher la rampe, 

mourir. 
Kaïnpeau= Rampo Q s.m. Etre 

à i)oints égaux au jeu, le coup est 



RAMPONEAU. 



2i0 



RASOI». 



nul. « Cest rampo . — Faire 
rampo. — Etre rampo. » 

Ramponeau0s.m.Jouetenmoelle 
de sureau. 

Rancart O s. m. Mettre au rancart, 
mettre au rebut. 

Rantequé a.n. Quarante. (M. 
déf.). 

Ranger v.a. et v.pr. O ^^ ranger 
des voitures, régler sa conduite. 

Rapapillotage s. m. Réconci- 
liation. 

Rapapilloter v.a. Réconcilier. 

— Par j. d. m. pour rabibocher. 

[ÏIMMEUMANS.] 

Rapapilloteur, euse s. Récon- 
ciliateur. 
Bapatu # s. m. Pou. 
Râpe # s.f. Il 1. Avare. |I 2. Dos. 

— Râpe d'Oreint, diamant. 
Râpé O ^- ^^ s. m. Voy. Panm^.. — 

Râpé comme la hollande = Dans 
la purée. 

Râpée s.f. (obsc.) Tirer une 
râpée, rapports sexuels. 

Râper v.a. Chanter mal. — 
Enonce une voix rude et guttu- 
rale comme ragonner, racler pour 
ronfler, ronchonner, etc. 

Rapetisser v.a. Battre. 

Râpeur s. m. Individu qui vit 
d'expédients. Voy. Rasta. 

Rapiat a. et s.m. || 1. Q Avare, ra- 
pace. Il 2. Auvergnat. — Sa- 
voyard. 

Rapiau ^ s.m. = Rapiot \\\. La 
fouille. Il 2. Raccommodage, ré- 
paration. 

Rapide Q s.m. Train rapide. 

Rapiole s.f. Prostituée. 

Rapiot # s.m. Voy. Rapiau. 

Rapioter0 v.a. Réparer. — Rac- 
commoder. — Ravauder. 

Rapioteur, euse s. Raccommo- 
deur. — Ravaudeur. 

Rapiquer v.n. Voy. Rappli- 
quer. 

Rapointi s.m. ni. Pédéraste. 



Il 2. Vaurien. — Rapointi de fer- 
raille, homme de rien, (Rroclie 
faite avec le déchet du fer). [Lar- 

CHEY.] 

Rappel O s.m. Rappel de Water- 
loo = Petit Groucliy, v.c.m. 

Rappliquer v.n. = Rapi- 
quer. Rentrer. — Revenir. — Re- 
venir. — Retourner. — Rappli- 
quer à la taule ou à la piaule, ren- 
trer à la maison ; (chez soi). 

Rapport (mil.) s.m. Siqner le rap- 
port = Copier L'ordre, faire la 
corvée du balayage. 

Rapporteuse ^ s.f. La police. 

Raquette s.f. Bavardage. — 
Du skt ragq, parler. 

Rasant Q ^- Ennuyeux. 

Rascal s.m. Vaurien. — Mot 
ang., de racaille, chose de rebut. 

Rase0 s.m. Bord. 

Du cidre il faut 
Jusqu'au rase, 
l)u cidre il faut 
Jusqu'en haut. 

{Chanson des Gueux). 

Raser v.a. et v.n. !| d. Impor- 
tuner. — Ennuyer, j] 2. Dépouil- 

; 1er. — Rafler. — Ruiner. — Etre 

i rasé, être sans le sou, ruiné, dé- 
pouillé. 

I Raseur Q s.m. Importun. — 
M. Dormeuil, directeur du théà- 

j tre du Palais-Royal, était aux pri- 
ses avec un visiteur importun. Gil 
Pérès entra et dit : « Voici le 
blaireau, » en posant cet objet 
sur le bureau ; le raseur ne com- 
prit pas et persista. Cinq minu- 
tes après : « Voici le savon, » et 
ainsi de suite jusqu'à ce qu'il eût 
encombré le bureau d'objets pour 
faire la barbe, et alors saluant : 
« Monsieur, c'est à vous ». — 
« Vive Jeanne d'Arc, qui délivra 
la France ! A bas les raseurs qui 
l'asservissent ! » [Séverine.] 
Rasoir Q s.m. Chose ennuyeuse, 



RASSEMBLER. 



241 — 



RATICHE. 



fastidieuse, usée. « Une consulta- 
tion, dit M. de Vogué, vous ne le 
voudriez pas. Ce rasoir est ébré- 
clié; il a trop servi. » — Faire ra- 
soir, ratler, dépouiller, raser. 
Rasoir à Deibler = Rasoir de la 
Cigogne = Rasoir national , la 
guillotine. — Passe)' sous le ra- 
soir national, être guillotiné. 

Rassembler fniil.) v.a. Se faire 
rassembler, s'attirer une répri- 
mande. 

Rassis s. m. Se coller uni^assis, 
onanisme. 

Rasta = Rastaquouère Q s. m. 
Aventurier = Chevalier d'indus- 
trie. — Individu cosmopolite qui 
se donne des airs de grand sei- 
gneur étranger et n'est qu'un vul- 
gaire filou. — C'est un râpé et un 
rdpeur ; des mots espagnols ras- 
tar, ratisser, racler et cwero, cuir, 

peau. [TiMMERMANS.] 

Rastaquouërisme O s. m. Ce qui 
sous des dehors pompeux cache 
la honte ou la misère. Voy. 
Rasta, etc. 

Rat O s. m. II 1. Elève danseuse 
à l'Opéra. || 2. Avare (abrév. de 
rapiat). \\ 3. Voleur qui fouille 
les poches la nuit dans les cham- 
brées (en se faufilante — Voleur 
de pain. — Jeune voleur qui se 
cache dans les boutiques pour 
ouvrir à des complices. — || 4. 
Mèche enveloppée de cire, en- 
roulée sur elle-même, dont on se 
sert pour s'éclairer un instant. 
Il 5. Rat de cave, employé des 
contributions indirectes, obligé, 
par sa profession, à descendre 
dans les caves. || 6. Caprice. 
« Avoir des rats dans la tête. » — 
O Avoir un rat dans la trompe, 
être grognon, furieux. — (polyt.) 
Rat de ponts, élève de l'Ecole po- 
lytechnique qui à sa sortie n'est 
pas admis dans les ponts et 



chaussées. — Rat de soupe, élève 
qui arrive en retard à table. 
Rat d'égout, égoulier. — Mon 
rat, mot d'amitié. — Prendre des 
rats par la queue, voler des porte- 
monnaie et des montres. — 
Rat de prison, avocat. 

Rata s. m. Ordinaire du soldat. 
« Rata aux pommes. » — Abrév. 
de Ratatouille. 

Ratafia O s. m. Ratafia de gre- 
nouilles, eau. 

Ratapiaule = Ratapiole s.f. 
Raclée. — Volée de coups. — 
Après avoir reçu une raclée on a 
la peau ratissée, striée des mar- 
ques de la correction. 

Ratapoil Q s. m. Vieux bonapar- 
tiste. 

Ratatouille s.f. || i. Mauvaise 
nourriture. || 2. Volée de coups. 

Ratatout Q s. m. Atout de nou- 
veau. — Jouer atout et ratatout, 
jouer atout coup sur coup. 

Rate s.f. Ne pas se fouler larate. 
II 1. Aller doucement. |j 2. Tra- 
vailler avec nonchalance. 

Raté s. m. Individu qui n'a pas 
réussi dans la carrière qu'il avait 
entreprise et qui ne réussit en 
rien. 

Râteau s. m. Gendarme. — Agent 

de police. — Il racle, il ramasse, 

var. de raclette, agent de police. 

Il 2. Prêtre, pour ratichon,^. cm. 

Râtelier s. m. Restauraut. — 
Pension alimentaire. 

Ratiboisé Q a. Ruiné. Voy. Raser 
(2). — Mort. 

Ratiboiser Q v.n. Ramasser. — 
Détruire. — Ratler. — Dévaliser. 
— Ruiner. — Dépouiller. — Se 
faire ratiboiser, se faire dépouil- 
ler. — Var. de raboter (le bois), 
pour ratisser, racler, etc., etc. 

Ratiche # s.f. Eglise. — Rlaireau 
de ratiche, goupillon. Voy. Rati- 
ckon. 

16 



RATICHOiN. 



— 242 



HEBECTER. 



Ratichon 0s. m. |1 1. Peigne (petit 
râteau). |i 2. Prêtre (ila la figure 
et une partie de la tête rasées, 
ratissées). 

Ratichonner v.a. Peigner. 

Ratichonnière ^ s.f. Sémi- 
naire. — Collège tenu par des re- 
ligieux. — Couvent. — Eglise. 

Ratier s. m. || 1. Individu qui a 
des caprices, des 7mts (2), v.c.m. 
Il 2. Ouvrier tailleur qui emporte 
les pièces chez lui pour les finir 
la nuit. 

Ratière (la) s.f. Jeu de hasard. 
— Sur une table sont peintes 
trois couleurs ; dans une boîte 
dite ratière, sont trois boules 
creuses et dans chacune d'elles 
est une bille de couleur corres- 
pondant à Tune de celles repré- 
sentées sur la table. On fait sortir 
par un petit trou de la ratière 
une boule, et si elle contient la 
bille de la couleur sur laquelle le 
joueur a misé, celui-ci a gagné le 
double de la mise. — Ce jeu se- 
rait loyal si souvent le teneur ne 
corrigeait le hasard parla renâcle 
(v.c.m.), truc qui consiste en un 
double fond pratiqué dans la ra- 
tière, et dans ce double fond se 
trouvent aussi trois boules de la 
même couleur, que le teneur fait 
sortir à sa volonté. 

Ratisser O v.a. Prendre. — Es- 
croquer. — Gagner tout l'argent 
au jeu. — Ruiner. — Raser'. — 
Se faire ratisser la hure, se faire 
raser ou coiffer. — // est ratissé, il 
est perdu. 
Ratisseuse s.f. Ratisseuse de 

calabres, guillotine. 
Raton s. m. Jeune voleur. Voy. 

Rat{^), 
Rattrapage O s. m. Compensa- 
tion. — (typ.) Signe qui marque la 
suite du texte quand on distribue 
la copie à différents compositeurs. 



Ravage # s. m. Ferraille. 

Ravager v.n. |li. Voler du 
linge dans les bateaux-lavoirs. 
Il 2. Recueillir les épaves de la 
Seine. 

Ravageur s. m. || 1. Voleur de 
linge dans les bateaux-lavoirs. 
Il 2. Individu qui recueille les 
épaves de la Seine. « L'île des Ra- 
vageurs. » 

Ravaudage # s. m. Faire du ra- 
vaudage, chercher une bonne for- 
tune dans un bal public. 

Ravault (V) s. m. Perche. — Bâ- 
ton. 

Raverta (arg. des juifs), s. m. Do- 
mestique. — Valet de chambre. 

— Il ne faut pas dabérer devant les 
ravertas, il ne faut pas causer de- 
vant les domestiques. 

Ravignole % s.f. Récidive. 

Ravigote s.f. A la ravigote, à la 
sauce piquante. 

Ravine s.f. Blessure. — Cica- 
trice. 

Rayon s. m. Rayon sur Vœil, 
œil poché. — Rayon de miel, 
dentelle. 

Raze=: Razi s. m. :=Ratichon, 
v.c.m. Raze pour Caf, acteur (Ri- 
gaud) (il se rase pour la frime). 

Razibus n.pr.f. Voy. Veuve. 

Razis (B) s.m. Prêtre (il est rasé). 

Réac s.m. pour Réactionnaire. 
Partisan de la monarchie. 

Réafifurer #v.a. Regagner. 

Rebabillarder v.a. Récrire. 

Rebâtir # v.a. Tuer. 

Hehecca O n.pr.f. Faire sa Rebecca, 
faire sa prude = Faire sa Sophie. 

— Pour bouder, faire la moue, 
donner au bec Texpression dn 
mécontentement inarticulé. 

Rebectage # s.m. = Rabibo- 
chnge. \\ 1. Recours en cassation. 
Il 2. Entente. — Réconciliation. 
Il 3. Médicament. 

Rebecter # v.n. et v. pr. Se pour- 



REBECTEUR. 



243 — 



RECHIGNER. 



voir en cassation. — Se rebecter. 
Il i.Se réconcilier. || 2. Se récon- 
forter. — M. à m., se refaire. 

Rebecteur s. m. Médecin. 

Rebëquer (se) (V) v.n. Se mé- 
fier. — Se détendre. — Se ven- 
ger. 

Rebecquez-vous de la Montjoye. 
(Méfiez-vous du gibel). 

(Villon.) 

Rebiflfe # s.f. JI 1. Révolte. — 
Analogue à re.héque)\ formé de 
pif. [TiMMKRMANs] — Rebiffe au 
tvuCy récidive. || 2. A la rebiffe, à 
la rescousse. 

Rebiffer v.a. et v.pr. Répéter. 

— Recommencer. — Regimber. 

— Venir k la rescousse. — Se 
rebiffer, se défendre ; se révolter. 

— kebi/fer au truc, récidiver. 
Rebigner (V) v.a. Chasser. — 

Repousser. 

Rebondir v.a. Envoyer rebondir, 
envoyer promener. 

Rebonnetage # s. m. Réconcilia- 
lion. — Flatterie. 

Rebonneter # v.a. et v.pr. Flat- 
ter. — Confesser. — Confier. — 
Se rebonneter, se réconcilier; se 
confier; se confesser. — Rebon- 
neter pour Vaf, tlatter q.q. pour 
se moquer de lui. (Abrév. depour 
la frime). 

Rebonneteur # s. m. Confident. 

— Confesseur. 

Rebonnir # v.a. Redire. — Con- 
fier. 

Reboucler # v.a. Refermer. 

Rebouis % a. et s. m. Cadavre. 

Rebouiser # v.a. || 1. Tuer. || 2. 
Regarder. — Remarquer. || 3. 
Réparer. — Raccommoder. — En 
fr. rebouiser signitie battre un 
chapeau et lui donner un nouveau 
lustre. Voy. Rebouiseur. 

Rebouiseur s. m. Raccommo- 
deur. — Celui qui répare, qui 
remet à neuf. Vov. Rebouiser. — 



Qui donne un nouvel aspect, une 
apparence du neuf à un objet. 

Rebours s. m. Déménagement 
clandestin. — Un individu, in- 
connu du concierge de la maison, 
se charge sur le dos la malle 
que Ton veut emporter et descend 
l'escalier à rebours, en faisant 
beaucoup de bruit. Le concierge 
Tinlerpelle et, croyant qu il 
monte, lui demande où il va : 
« (3hez M. A..., » répond l'homme 
(naturellement A... est inconnu 
comme locataire). « Ce n'est pas 
ici! » L'individu fait demi-tour et 
s'en va avec la malle. 

Rebouter v.a. Raccommoder. 

— Réparer. — Remettre un mem- 
bre cassé ou foulé. 

Rebouteux s. m. pour Rebou- 
teur. — Celui qui remettes mem- 
bres foulés ou cassés. 

Rebucher0v.a. etv.n. Renvoyer. 

Rebuter % v.a. et v.n. Excuser. 

Récalcitrant s. m. Coffre-fort. 

Recaler v.a. et v.pr. Refuser. 

— Améliorer. — Se faire recaler, 
être refusé à un examen. — Se 
recaler, se réconforter ; se refaire 
une position. 

Recalure s.f. Bon repas. — 
I Rombance. 

^ Recarrer (se) v.pr. Se redres- 
ser. — Faire l'important. 
Rechasser v.a. Apercevoir. — 
Regarder. — Remarquer. (De 
chasses, yeux). 
Rechauder0v.a. et v.n. Tromper. 
Réchauffante s.f. Perruque. 

— (mil.) Capote de garde. 
Réchauffé s. m. Du réchauffé, 

ce n'est pas nouveau, ça n'a plus 

la saveur de la nouveauté. 
Réchauffer # v.a. Ennuyer. 
Rêche s. m. Sou. — Un reng, 

v.c.m., = un rond. 
Rechigner v.a. Refuser. (Par 

ext. de rechigner, faire une chose 



RECiïU. 



— 244 



REFAIRE. 



de mauvaise grâce). — Syn. de 
renâcler, se refuser h faire une 
chose. 

Réchu a. et s. m. Bourru. 

Récidiviste Q s. m. Peintre qui 
traite toujours les mêmes sujets. 

Reçoit-tout s. m. Vase de nuit. 

Recollardé # a. Réintégré en 
prison. 

Recoller (se) 0v.pr. Se remettre, 
être convalescent. 

Reconduire (thé.) v.a. Se faire re- 
conduire, être sifflé. 

Reconobrer # v.a. Reconnaître, 
(m. déf.) 

Recoquer v.a. etv.pr. Rendre. 
— Se recoquer \\i. Se remettre; 
reprendre des forces. || 2. S'ha- 
biller de neuf. 

Recoqueur# s. m. Délateur. Voy. 
Coqueur. 

Record Q s. m. !| 1. Concours. Dé- 
tenir un record, établir un record, 
être proclamé le plus fort, le plus 
habile dans un sport quelconque, 
et par ext., avoir la suprématie 
dans toute autre chose. <( Le re- 
cord des hommes gras ou mai- 
gres, des mangeurs, des jeûneurs, 
des buveurs/ des fumeurs, des 
marcheurs, etc., etc. ». || 2. Ac- 
tion extraordinaire. « Pendant un 
bal l'autre jour, à New-York, un 
jeune homme ayant été présente à 
une jeune fille qu'il trouvait à son 
goût n'a pas hésité, la valse finie, 
à lui demander sa main. Séance 
tenante, miss X... acceptait, et 
comme le maître de la maison 
était pasteur protestant, le mariage 
put se faire aussitôt en présence de 
tous les invités, une demi-heure 
juste après la demande ! Le soir 
même, à la fin du bal, les nou- 
veaux mariés partaient en voyage 
de noces. Tout le monde parle de 
ce record vraiment extraordinaire, 
même pour l'Amérique. » 



Recorder v.a. et v.pr. I| 1. Préve- 
nir. — Q Recorder quelqu'un, lui 
donner des instructions. H 2. 
Se recorder, s'entendre; se récon- 
cilier. Il 3. # Tuer. — Comploter. 

Recordman Q s. m. au fém. Re- 
cordwoman. Celui ou celle qui 
détient un record, ce mot est ang. 
et s'écrit au pi. recnrdmen, c'est 
l'équivalent du m. fr. champion. 

Recourir Q v.n. Recourir à l'émé- 
tique, escompter de faux billets. 
(Fr. Michel) (Faire cracher de 
l'argent). 

Recta O ^dv. Net. — Payer recta, 
payer net, sans tergiverser. 

Récurer v.a. et v.pr. Se récurer, 
se confesser. — Récurer sa casse- 
role, se purger. — Se faire récu- 
rer, se faire' soigner pour la sy- 
philis. 

Récureuse s.f. Table de toi- 
lette. 

Redam # s.f. Grâce; (de rédemp- 
tion.) 

Redin % s. m. Voy. Radin. 

Redoublement # s. m. Redou- 
blement de fièvre, réquisitoire du 
ministère public. 

Redoubler Q v.a. Cela redouble, 
cela s'aggrave. 

Redouiller v.a. Riposter. 

Redoute Q s.f. Bal. « Samedi, 
grande redoute masquée à l'Olym- 
pia. » 

Redresse % s.f. Ruse. — Malice. 
— Etre à la redresse, être malin, 
rusé. Chevalier de la redresse, 
aventurier, intrigant. 

Réduit s. m. Bourse. 

Réemballer v.a. Réintégrer en 
prison. 

Refaire v.a. et v.pr. Tromper. — 
Duper. — Refaire au mcmp, ren- 
dre la pareille après avoir été 
joué. — O Se refaire, manger et 
boire. — O Se refaire le torse. 

Refaite 9 s.f. Repas. — Refaite 



I 



REFAITE. 



— 245 — 



RÉJOUISSANCE. 



du matois, déjeuner. — Refaite de 
sorgue, dîner, souper. — Refaite 
de coni, exlrênie-onclion. — Re- 
faite du séchoir, repas sommaire 
fait chez le marchand de vin en 
sortant du cimetière. Yoy. Sé- 
choir. 

Refaiter # v.n. Prendre sa nour- 
riture. 

Refaitier s. m. Restaurateur. 

Réfect O s. m. Réfectoire (abrév.). 

Reffoler v.a. Voler par sur- 
prise. 

Reûlé s.m. Aller au refilé \\i. 
Vomir. Il 2. # Payer. — ;Vc' pas 
aller au refilé, nier. 

Refiler v.a. jj 1. Rendre. —Res- 
tituer. — Donner. — Refder des 
beitjnes, donner des coups. || 2. 
Céder. — Passer. — Refiler la pâ- 
tée, mourir. — Refiler un biffeton, 
envoyer une lettre, j] 3. Suivre. 

— Surveiller. — Rechercher. — 
Refiler son asticot, se dit du sou- 
teneur qui surveille, qui suit sa 
femme. || 4. Repasser. — Je lui ai 
refilé les coyisommations, je lui ai 
repassé les consommations que 
j'avais prises ou déjà perdues. 

Refondante # s.f. Allumette. 

Refouler v.n. Refuser. — Re- 
culer. — Refouler au turbin, re- 
fuser de travailler, avoir peur du 
travail. 

Réfractaire Q s.m. Homme de 
talent qui se néglige. 

Réfréjon a. Bourru. 

Refroidi s.m. Décédé. — Asr 
sassiné. — Cadavre. — Le Musée 
des refroidis, la Morgue. 

Refroidir # v.a. Assassiner. — 
Tuer. 

Refroidisseur # s.m. Meurtrier. 

— Assassin. 

Régaler v.a. Régaler ses amis, 
se purger. — Régaler son cochon, 
se régaler. — Régaler son suisse, 
payer sa part après une partie. 



Regatte s.f. Viande, (arg. des 
chiffonniers) (Rigaud) 

Regatter v.a. Manger. Voy. Re- 
gatte. 

Régence Q a. Cest régence! c'est 
distingué, de bon ton. — Mœurs 
régence, mœurs dissolues (comme 
sous la régence de Philippe, duc 
d'Orléans, pendant la minorité de 
Louis XV, 1715-23). — Souper 
régence, souper galant. 

Régiment (mil.) s.m. S'engager 
dans le régiment des cocus, se ma- 
rier, 

Reginglade # s.f. Jouer à la re- 
ginglade = Regingler, v.c.m. 

Reginglard Q s.m. Petit vin ai- 
grelet. 

Regingler Q (enf.) v.n. Pousser 
devant soi celui qui vous précède 
au jeu de la glissade. 

Registre Q (typ.) s.m. Faire le re- 
gistre, partager un titre égale- 
ment. 

Règle de trois Q s.f. Le mari, la 
femme et Famant. 

Réglette Q (typ.) s.f. Arroser la 
réglette, repas offert à ses collè- 
gues par un compositeur passé 
metteur en pa^es. 

Réglisse s.t. Jus de réglisse, , 
nègre. 

Regon # s.m. Dette. 

RegODser v.a. ||1. Suivre. — 
Regonser quelqu'un, le suivre. |j 
2. Avoir des dettes. 

Regout # s.m. Voy. Ragoût. — 
Faire du regout, être arrêté. 

Réguisé a. Perdu. — Battu. — 
Dévalisé. — Ruiné. — Evincé. — 
Condamné à mort. 

Réguiser v.a. Dévaliser. — Rui- 
ner. — Evincer. — Condamner à 
mort. 

Rejacquer # v.n. Crier. 

Rejacter # v.a. Redire. 

Réjouissance O s.f. Os ajoutés 
à la viande par les bouchers. — 



RELANCEUR. 



246 — 



REMPLUMER. 



« Elle a plus de réjouissance que 
de mande, » se dit^ d'une femme 
maigre. .-, ^... 

Relanceur s. m. Relanceur de 

pleins, tricheur. 
Relevante s.f. Moutarde. 
Relève s.f. Etre à la relève = 

Relever, v.c.m. 
Relever v.n. et v.a. La relever 
ou Relever le chandelier, se faire 
entretenir par une fille. 
Releveur # s. m. Releveur de fu- 
meuse, souteneur. — Releveur de 
pésoche, garçon de recettes. 
Relicher v.a. et v.pr. Embras- 
ser. — Se relicher la frimousse, 
s'embrasser. 
Relié a. Vêtu, habillé, (c II était 

élégamment relié. » 
Religieuse s.f. Nombril de reli- 
gieuse, as de cartes. 
Reluire v.n. Heluire dans le 

ventre, éveiller l'appétit. 
Reluit # s. m. |1 1. Jour. — Chenu 
reluit, bonjour. || 2. CEil. — 
Chasser des reluits, pleurer. 
Reluquer v.a. Regarder atten- 
tivement. — E;iaminer. — Ang. 
to look, voir. 
Reluqueur s. m. Badaud. — 
Individu qui dévisage les femmes. 
Reluqueuse s.f. Lorgnette. 
Remaquiller # v.a. Refaire. 
Remballer Q ^'■^- ^oy- I^ecaler. 
Renvoyer. — Envoyer promener. 
Rembasle 9 s. m. Rentier. 
Rembiner v.a. Rétracter une 

calomnie. 
Rembrocable # a. Reconnaissa- 

ble. 
Rembrocage # s. m. Rembrocage 

de parrain, confrontation. 
Rembroquant % s. m. Miroir. 
Rembroquer # v.a. Regarder. — 
Examiner. — Reconnaître. — 
Apercevoir. 
Rême s. m. Abrév. de Durême, 



Remède s. m. Remède d'amour, 
visage repoussant. 

Remercier v.a. Remercier son 
boucher ou .son boulanger, mourir. 

Remettre Q v.a. Remettre quel- 
qu'un à sa place, réprimander. 1 

Remiser v.a. Mettre en prison. ^ 

— Remiser son fiacre, mourir. — 
Remiser quelqu'un, le remettre à 
sa place, le rembarrer. — Se faire 
remiser, se faire rembarrer. 

Remisier s. m. Courtier à la 
Bourse. 

Remone s.f. Faire de la remone, 
faire des embarras. 

Remonencq s. m. Marchand 
d'habits. 

Remontée s.f. Après-midi. 

Remonter v.n. Remonter sur sa 
bête, être convalescent. — Remon- 
ter sa pendule, battre sa femme. 

— Remonter le tournebroche , rap- 
peler à l'ordre. 

Remorque s.f. Queue. 

Remorqueur % s. m. Joueur. 

Remouchage % s. m. Vengeance. 

Remoucher v.a. =Remouquer. 
11 \. Venger. |1 2. Reconnaître. — 
Remarquer. — Admirer. — Ob- 
server. — Par j.d.m. sur mucus, 
de museau, var. de la racine de 
maure, marçfoulette, mulet (pois- 
son aux grosses lèvres), mandole, 
coup sur le museau, mufle, etc. 

[TiMMERMANS]. 

Remouleur s. m. Rémouleur de 
buffet, joueur d'orgue. 

Remouquer v.a. Voy. Remou- 
cher. 

Rempardeuse s f . Prostituée 
qui fréquente les fortifications, 
les remparts. 

Remplie a.f. Enceinte. 

Remplissage Q s. m. Longueurs 
dans un ouvrage littéraire. — 
Chose inutile, encombrante. 

Remplumer (se) v.pr. Etre 
convalescent, reprendre des for- 



REMPORTER. 



247 — RENGRACIEMENT. 



ces, de rcmbonpoint. — Refaire 
une situation perdue. 

Remporter v.a. Voy. Veste. 

Remue-pouce s. m. Argent 
monnayé. 

Remuer v.a. Remuer la casse- 
role, appartenir à la police. 

Renache # s.f. Police. — Var. 
de renifle, formé de nase^ nez. 

Renaché % s. m. Fromage ; (Rigaud) 
(Son odeur monte au nez). 

Renâclant % s. m. Nez. 

Renâcle % s.f. Truc employé pour 
tricher au jeu. Voy. Ratière. 

Renâcler v.n. et v.a = Renifler. 
Reculer. — Avoir peur. — Hési- 
ter. — O Renâcler à quelque 
chose, faire une chose de mauvaise 

fjràce. — Renâcler quelque c/tose, 
a désirer. — Aspirer après. Voy. 
Renauder. 

Renâcleur s. m. Poltron. — 
Grognon. — Mécontent. 

Renaissance s.f. Vieilles loques 
mises do côté. 

Renard s. m. || 1. Vomissement. 
« Faire un renard. » — Ecorcher le 
renard, vomir ou dégobiller, qui a 
suggéré goupil, vx fr. renard, 
goupillon, queue de renard ser- 
vant d'aspersoir.[TiMMERMANs] Il 2. 
Mélange de vin dans le bouillon. 
Il 3. Second degré du compa- 
gnonnage. (Larchey) Il 4. Espion 
au bagne. 

Renarder0 v.n. || 1. Vomir. Voy. 
Rejiard (1). H 2. Trahir (allus. à la 
ruse du renard). 

Renaré Q a. et s. Rusé. 

Renaud # s. m. Chercher du re- 
naud, chercher noise, chicaner, 
quereller. — Elre à renaud, être 
grognon, en colère. — Faire du 
renaud, faire du bruit. 

Renauder Q v.n. r= Reniquer. Se 
plaindre. — Grogner. 

Renaudeur % s. m. Grognon. — 
Mécontent. 



Renchoir v.n. Récidiver. 

Rencontre s.f. Vol à la ren- 
contre, bousculer un passant et lui 
enlever prestement son porte- 
feuille ou sa montre en passant 
l'objet à un comjjlice, le voleur 
s'excuse et s'il est pris on ne 
trouve rien sur lui. — Faire à la 
rencontre, donner un coup de tête 
dans l'estomac. 

Rende = Rendëmi # s. m. Vol 
au rendémi. Voy. Rendez-moi. — 
Voy. Pièce. 

Rendève = Rendez s. m. Ren- 
dez-vous (abrév.). 

Rendez-moi # s. m. := Rendémi. 
Le vol au rendez-moi, c'est le 
vol à la pièce forcée. Voy. Pièce. 

Rendoublé # a. Plein. — Rempli. 

Rendre v.a. Rendre ses comptes, 
vomir. — Rendre une fève pour un 
pois, rendre plus de coups qu'on 
n'en a reçu. — Rendre le tablier, 
se dit du domestique qui donne 
congé. — (arg. des tailleurs) Ren- 
dre sa bûche, rapporter au maga- 
sin un vêtement terminé. 

Rendu s. m. (Arg. des employés de 
commerce) Faire un rendu, crédi- 
ter un client pour une marchan- 
dise rendue. 

Rêne Q s.f. La troisième rêne, la 
crinière d'un cheval. — La qua- 
trième rêne, la queue d'un cheval. 

Renfoncement s. m. Coup vio- 
lent. 

Renfrusquiner v.a. et v.pr. Se 
renfrusquiner, s'habiller à neuf. 
— Renfrusquiner pour la sèche, 
ensevelir. 

Reng # s. m. et a.n. Cent. 

Rengainer v.a. Rentrer. — 
Rengaiiier son compliment, ne pas 
dire ce qu'on voulait. — Rengai- 
ner son chiffon, se taire. 

Rengracié % a. Converti. 

Rengraciement % s. m. Conver- 
sion. — Retour au bien. 



REiNGRACIER. 



— 248 



REPONSE. 



Rengracier # v.n. || 1. S'arrêter, 
ne rien dire. || 2. Renoncer au 
vol. Il 3. Se défier. — Rcngraciez! 
attention, prenez garde ! 

Reniffe (la) s.f. La police. 

Reniflant s. m. Nez. 

Reniflante s.f. Chaussure per- 
cée. 

Renifler 0v. a. || 1. Boire. « Rem- 
uer un litron. » || 2. Pressentir. — 
Deviner. — Espionner. « Renifler 
une bonne affaire. » || 3. Reculer. 

— Hésiter. — Refuser. — Renifler 
au turbin, travailler mollement. — 
Forme de renâcler. 

Reniflette # s.f. La police de sû- 
reté. — Le père la Reniflettej le 
chef du service de la sûreté. 

Renifleur s. m. [j i . Agent de la 
police de sûreté. — % Le père des 
renifleurs, le préfet de police. || 2. 
Renifleur de camelotte, voleur aux 
étalages. || 3. Pédéraste (qui re- 
cherche les latrines publiques). 

Renifloir s. m. Le nez. — Se 
fourrer du poussier de mottes 
dans le renifloir, priser. 

Reniquer v.n. Voy. Renauder. 

Renoblance s.f.' Reconnais- 
sance de mont-de-piété. 

Renobler v.a. Reconnaître. 

Renquiller v.a. et v.pr. =zRe- 
quiller, etc. Rentrer. =: Renquil- 
ler son compliment. Voy. Rengai- 
ner. — Renquiller au truc, renou- 
veler, recommencer = Repiquer. 

— Se renquiller, se rétablir. — 
Se renquiller ou Etre renquillè, se 
remettre, se refaire, se réhabiliter. 

Renseignement s. m. Prendre 
un ^^enseignement, prendre un 
verre sur le comptoir. 

Rentier s. m. Ouvrier sans tra- 
vail (iron.). — Rentier à tartines, 
bourgeois peu aisé. 

Rentiffer v.n. Rentrer. 

Rentoiler (se) v.pr. Se remet- 



Rentré a. Etre rentré, être sans 
argent. 

Rentrée Q s.f. Faire une rentrée^ 
revenir en scène avec éclat. 

Rentrer O 0v.n. Voy. Rredouille. 

Renversant Q a. Etonnant. 

Renverser v.a. Q Renverser la 
marmite, supprimer ses invita- 
tions à dîner. 

Repagnioter (se) v.pr. Se re- 
coucher. 

Répandre (se) v.pr. Tomber. 

— Mourir. 

Repas s. m. Faire le repas de 
Vâne, boire seulement à la fin du 
repas. 

Repasser v.a. || i: Battre. « Re- 
passer le cuir. Repasser la che- 
mise de sa femme. » || 2. Voler, dé- 
pouiller. — Repasser quelqu'un, 
extorquer de Targent. 

Repaumer v.a. Reprendre. — 
Rattraper. 

Repérer # v. Regarder. 

Repérir # v.a. Retrouver. 

Repésigner # v.a. Repaumer. 

Repiger = Repincer v.a. 
Rattraper. — Retrouver. — Pren- 
dre sa revanche. — « Je te repi- 
gerai ou Je saurai lien te repin- 
cer. » 

Repionceuse % s.f. Paillasse. — 
Matelas. 

Repiquage s. m. Relèvement. 

— Renouvellement. 
Repiquer v.n. et v.a. |I 1. Re- 
prendre l'avantage. || 2. Se ren- 
dormir. — Repiquer sur quatre, 
n'avoir pas un point à l'écarté 
quand l'adversaire en a quatre et 
arriver ex œquo. — Repiquer au 
truc, revenir à la charge, recom- 
mencer. 

Réponse (Bourse) s.f. Réponse des 
primes, à chaque liquidation, les 
acheteurs à prime déclarent s'ils 
abandonnent la prime, ou s'ils 
maintiennent leur marché ; cela 



REPORT. 



— 249 — 



RESTITUER. 



s'appelle donner sa réponse. 

Report (Bourse) s. m. Si vous êtes 
acheteur de rente et si la rente 
baisse, vous pouvez continuer 
votre opération en vous faisant 
reporter. On ajoute alors au cours 
le j)rix du report plus un nouveau 
courtage. 

Reportage Q s. m. = Reporté- 
rimne. Informations. — Service 
des informations dans un journal. 

Reporter Q s. m. Informateur. — 
Journaliste chargé des informa- 
tions, des faits-divers. Voy. Inter- 
vieiver. 

Reporter Q v.a. Voy. Jieport. — 
h^'porter son fusil, entrer dans la 
cinquantaine. 

Reportérisme s. m. = Reportage, 
v.c.m. 

Reportéromanie O s.f. Manie 
d'informations à outrance. 

Reporteur (Bourse) s. m. Capita- 
liste (qui prête à ceux qui se font 
reporter). Voy. Report. 

Reposante # s.f. Chaise. 

Reposoir s. m. Hôtel garni. 

Repoussant s. m. Fusil (autre- 
fois le fusil faisait faire un mou- 
vement de recul à l'épaule). 

Repoussante # s.f. Poudre à 
canon. 

Repousser v.n. Repousser du 
corridor, du couloir, du fusil, du 
goulot ou du tiroir, avoir mau- 
vaise haleine. 

Repoussoir Q s. m. Femme laide 
à côté d'une autre qui est jolie 
(elle repousse les galants). 

Reptile s. m. Journaliste payé sur 
les fonds du gouvernement prus- 
sien (il lance son venin comme la 
vipère). 

Requiem Q s.m. Pension bour- 
geoise à bon marché. 

Requiller Q v.a. = Retoquer = 
Renquiller. Remettre d'aplomb 
(m. à m sur ses quilles). 



Requin s.m. Hounnior. — Requin 
de terre, huissier (qui touche le 
droit requérable). 

Requinquage Q s.m. Ijl. Con- 
valescence. Il 2. Renouvellement. 

— Rénovation, — Rétablisse- 
ment. — Remise à neuf. 

Requinquer Q v.a. Voy. Relu- 
quer. — De requinquer, v.pr. || 
i. Se remettre. — Se refaire. — 
Etre convalescent. ||2. S'habiller 
à neuf, redonner de l'œil, de l'ap- 
parence, de l'éclat. 

Rerififer Q v.a. Rallumer. — De 
riffer. 

Resaute # s.f. Flancher à la re- 
saute, jouer à la balle. 

Réservoir s.m. Réserviste, (mot 
déf.) 

Resolir v.a. Revendre. 

Respecter v. a. Respecter ses 
fleurs, conserver son innocence. 

Ressembler v. n. Se ressembler 
comme dense gouttes d'eau, être 
absolument semblable. 

Respirante ^ s.f. Bouche. 

Ressort s.m. Poivre. — Le 
grand ressort, le cœur ; Ténergie, 
la volonté. — Casser le grand res- 
sort, se décourager. — Les res- 
sorts, la nature de la femme. 

— Crucifix à ressorts, revol- 
ver. 

Ressource s.f. Madame la Res- 
source, brocanteuse, marchande 
d'habits. 

Restant s.m. Voilà le restant 
de mes êcus ! se dit en voyant ar- 
river q.q. lorsqu'on est en train 
d'offrir des consommations (m. à 
m., il ne manquait plus que lui 
pour me faire dépenser ce qui me 
reste d'argent). 

Restaurant s.m. Restaurant à 
Venvers, chalet de nécessité, 
latrines publiques. 

Restituer v.a. Vomir. — Resti- 
tuer sa doublure, mourir. 



RESUCE. 



— 250 



REVUE. 



Resucé Q 'à- Rabâché, ressassé, 
usé, flétri, fané. 

Resucée O s.f. Chose qui a déjà 
servi. — Cest de la troisième re- 
sucée, c'est la troisième fois que 
ça sert. 

Résurrection s. t. La résurrec- 
tion, la prison de Saint-Lazare 
(allus. à la résurrection de 
Lazare). 

Retape # s.f. Raccrochage. — 
Racolage. — Aller à la retape, 
aller s'embusquer sur la grand' 
route pour dévaliser les passants. 
— Fai7'e la retape = Faire le 
trottoir, racoler les passants 
(prost.). 

Retapé a. Refait. — Remis à 
neuf. — Convalescent. 

Retaper v.a. Se faire retaper 
les dominos, se faire arranger les 
dents. 

Retapeuse s.f. Prostituée qui 
racole. 

Retenir v.a. Je te retiens, je ne 
t'oublierai pas, je me souviendrai 
de toi. — Je te retiens pour la 
prochaine contredanse, je ne te 
perds pas de vue pour te battre 
à la prochaine occasion. 

Retiration (typ.) s.f. Impression 
au verso des feuilles. — Etre en 
retiration, entrer dans la cin- 
quantaine. 

Retirette s.f. Retirer son argent 
subrepticement quand on voit que 
la chance est contraire (arg. des 
joueurs). 

Retiro s. m. Endroit retiré. — 
Buen-retiro, cabinet d'aisances. 

Rétorquer v.a. Voy. Recalhr. 

Retourne s.f. Chevalier de la 
retourne, joueur passionné. 

Retourner Retourner sa veste 
on son paletot \\i. Changer d'o- 
pinion. Il 2. Faire faillite. || 3. 
Mourir. — v.pr. Savoir se retour- 
ner, savoir se tirer d'atFaires. — 



S'en retourner, devenir vieux. — '* 
v.imp. Savoir de quoi il retourne, 
être fixé sur une chose, au cou- 
rant de la situation. — De quoi 
retourne-t-it ? qu'y a-l-il de nou- 
veau ? 

Rétréci a. et s. m. Avare. 

Retrousser v. Recevoir. 

Retrousseur s. m. Souteneur. 

Réussi a. Beau. — Brillant. 
(( C'était une brillante soirée, une 
fête tout à fait réussie. » 

Rêve s. m. || j. C'est un rêve, 
c'est idéal, extraordinaire ; c'est 
exquis ; c'est délicieux. || 2. Cela 
n'existe pas ou ne se fera pas. 
(( La direction des ballons, c'est 
un rêve ». 

Révéleur % s. m. Empreinte en 
cire pour fabriquer les fausses clés. 

Révendre v.a. Dévoiler. — 

Réverbère s. m. Cerveau. 

Revers s. m. Le revers de la 
médaille, derrière. — Faire un 
revers, passer la main après avoir 
préparé les cartes pour un com- 
père (arg. des grecs). 

Revidage s. m. Voy. Revision. 

Revider v.a. Voy. Réviser. 

Reviser v.a. = Revider. Faire la 
revision, v.c.m. 

Revision s.f. = Revidaqe. Il 
existe des associations de bro- 
canteurs qui s'entendent pour 
faire adjuger les objets à l'un 
d'eux au-dessous de leur valeur, 
puis il font la revision de la vente 
en se réunissant et en procédant 
à de nouvelles enchères entre 
eux. Les complices touchent une 
prime. 

Revoir v.a. Revoir la carte, 
vomir. 

Revoyance =:Revoyure =Re- 
vure s.f. A la revoyure ! au 
revoir ! 

Revue (mil.) s.f. Revue de détail, 
revue d'habillement. — (caval.) 



RHUME. 



— 251 



RIFLARD. 



Revue de feiirure, cheval qui 
tombe (les quatre fers en Fair). 

— Remie de pistolet de poche, 
revue sanitaire. 

Rhume s. m. Gonorrhée. 

Ribis s. m. Voy. Hibouis. 

Ribleur s. m. Vaurien. — Bat- 
teur de |)avé. 

Ribouis s. ni. = Ribis = Re- 
bouiseur, \.c.m. || \. Savetier. — 
Fripier. || 2. Soulier réparé (par 
ext.\ 

Ribouit © s.m. H 1. (Eil. 112. 
Anus. 

Ribouler v.n. Ribouler des ca- 
lots, regarder curieusement. 

Rie à rie adv. Peu à peu. — 
Petit à petit. — Payer rie à rie, 
payer par acomptes. 

Riche O ^- Beau, bon. — Cest 
une riche nature, c'est une bonne 
ou une belle personne. — Ce 
n'est pas riche ! cela ne vaut pas 
grand'clîose. — Etre riche en 
ivoire, avoir de jolies dents. — 
Riche en peinture, qui donne l'il- 
lusion du beau, de la richesse. 

Riehement O ^^tlv. Beaucoup. — 
Extrêmement. — Très. — Fort. 

— C'est richement ennuyeux, c'est 
excessivement ennuyeux ! 

Riehelieu Q i^-P''-"!- Fo,^'^'^ son Ri- 
chelieu, être galant avec les fem- 
mes. 

Riehonner 9 v.n. Rire. 

Rideau s.m. Grande blouse. 

Avec un rideau sur la croupe, 
Un grimpant et des ripatons. 

(C'/i. des Gueux). 

Ridicule O s.m. Sac que les fem- 
mes portent à la main. — On a 
dit d'abord réticule. — (mil.) 
Endosser le ridicule, se mettre en 
tenue. 

Rien adv. H 1. Très. — Beau- 
coup. — Extrêmement. — C'est 
rien bath ! c'est très beau. |1 2. 
# s.m. Garde-chiourme. 



Rif = Rife = Riflf # s.m. = 
Riffe= Riflard (2) = Rifle. Voy. 
Rif'f'auder, Rufe, etc. H 1. Feu. — 
Flamme. — Coquer le rif, mettre 
le feu. Il 2. adv. De riff, violem- 
ment. — Y aller de riff, faire une 
chose avec ardeur. — Prendre de 
riff, prendre de force. 

Riffaudant % s.m. Cigare. 

Riffaudante % s.f. || 1. Flamme. 
Il 2. C-igarette. — Pipe. 

RifTaudat # s.m. Incendie. 

Riffauder # v.a. =z Rifftr = Riffo- 
der. Voy. Rif, Rufer, etc. || 1. 
Allumer. — Incendier. — Mettre 
le feu. — Brûler. — Chauffer. |1 
2. Cuire. — Faire riffauder la 
criolle. faire cuire la viande. || 3. 
Se riffauder, se chauffer. || 4. 
Riffauder un cheval, le fouetter. 

Riflfaudeur # s.m. =: Riffeur. Al- 
lumeur. — Incendiaire. — Riffau- 
deur à perpète, diable. 

Riffault s.m. Radis (patois du Poi- 
tou, signifie âpre). Voy. Riffort. 
— (V) Pot-au-feu. — De riffau- 
der, v.c.m. 

Riflfe # s.m. Voy. Rif. 

Riffer # v.a. VoV. Riffauder. 

Rififeur s.m. Vov. Riffaudeur, 

Riffle # s.m. Voy.' Rif. 

Riffler % v.n. Éiffler du gousset, 
sentir des aisselles. 

Riffoder # v.a. Voy. Riffauder. 

Rififort s.m. Radis. — Riffage 
signifie àpreté dans le centre de la 
France, aujourd'hui raifort, rave 
(LiTTRÉ). Voy. Riffault. 

Riflard s.m. || 1. Parapluie. — 
Dans une pièce de Picard, la Pe- 
tite Ville, l'acteur chargé du rôle 
de Riflard portait un énorme pa- 
rapluie. (Scheler) 112. Le feu. — 
La criolle est sur le riflard, la 
viande est sur le feu. Voy. Rif. 
113. Vieux soulier. 114. "^ Bour- 
geois imbécile. — Dupe. — Celui 
qui est volé. 



RIFLARDISE. — 252 — 



RIPATliN. 



Hiflardise s.f. Suffisance. — 
Bêtise. 

Hifle s. m. Voy. Rif. Coup de 
rifle ^= Coup de feu. — Avoir son 
coup de rifle, être gris. 

Rifler v.a. Frôler. — Saisir avec 
dextérité. — Dérober adroite- 
ment. — Yoler. — Pour rafler, 
v.c.m. 

Rifolard O ^- ^o\. Rigolo (1). 

Rigadin = Rigodon s. m. 
Soulier. 

Rigolade # s.f. = Rigolbochade 
= Riole{\). Il 1. Joie. — Plaisir. 

— Etre à la rigolade, être tout à 
la joie. — Coup de rigolade, par- 
tie de plaisir. |12. Plaisanterie. 

— C'est pour la rigolade, c'est 
pour rire. 

Rigolard O ^- ^oy- Rigolo (4). 

Rigolbochade s.f. Voy. Rigo- 
lade. 

Rigolboche |ll. s.f. Danseuse 
de bal public (surnom d'une fille 
galante renommée dans les bals 
)3ublics). Il 2. a. Voy. Rigolo (1). 

Rigolbocher v.n. 1| 1. Danser. 
Il 2. = Rigoler. 

Rigole # s.f. Bonne nourriture. 

Rigoler v.n. || 1. S'amuser. 
Il 2. Rire. « Et frère Jean de ri- 
gouller, jamais bomme ne feut 
tant courtois ny gracieux. » (Ra- 
belais) 

Rigolette s.f. Jeune fille qui aime 
le plaisir. — Ce mot a le même 
sens que gigolette, grisette qui 
fréquente les bals publics. 

Rigoleur s. m. Joyeux compa- 
gnon. ^ 

Rigollot s. m. et a. Sinapisme 
(du nom d'un fabricant de ce 
genre d'emplâtre). 



Rigolo =r Rigolot, otte 



1. 



a. Amusant. — Drôle = Rifolard- 
=^ Rigolard = Rigolboche a. = 
Robignol, — Etre rien rigolo, être 
très drôle. || 2.0 s. m. Fausse I 



clé. — Pince d'effraction. I| 3. # 
Attaque nocturne. — La victime. 

— Faire un rigolo, attaquer un 
passant la nuit, ij 4. Revolver. 

Rigri s. m. Avare. 

Ri^ue s.f. Abrév. de rigueur, 

sévérité. 
Rincé O a. Ruiné. — Dépouillé. 

— Rincé comme un verre à bière 
= Nettoyé. 

Rince-crochets (mil.), s. m. Ra- 
tion d'extra. — Café. 

Rince-pif (mar.). s.m. Moucboir. 

Rincée Q s.f. ||1. Correction, 
raclée. || 2. Pluie torrentielle. 

Rincer 0v.a. et v.pr. || 1. Battre. 
Il 2. Dépouiller. — Se rincer Va- 
valoir, le bec, le bocal, la corne, 
la cornemuse, le cornet, la dalle, 
la dent, le fusil, la gargarousse, 
lit gargoine, le sifflet, la trente- 
deuxième, boire. — Sh faire rin- 
cer la dalle, se faire payer à boire. 

— Se rincer VœU, admirer, con- 
templer. — Se faire rincer, se 
faire mouiller par la pluie. — Se 
rincer, se purger, se laver. — 
Rincer quelqu un, le réprimander. 

Rincette Q s.f. Eau-de-vie versée 
dans la tasse où l'on a pris le 
café (elle la rince). 

Rincleux a. Avare. 

Ring (sport) s.m. Ensemble des 
l)arieurs contre aux courses {Bict. 
des courses). 

Ringre % s.m. Pain. 

Riole s.f. Voy. Rigolade. \\ i. 
Etre en riole, être gai. — Faire 
riole, ou Se mettru en riole, s'a- 
muser ; se débaucher. || 2. % 
Ruisseau. — Rivière. ■ 

Ripa^ s.m. Voy. Ripeur. ■ 

Ripatin = Ripaton s.m ■ 
Chaussure. Soulier rapiécé. — 
Jouer des ripatons, s'enfuir. — Le 
morceau est désigné ici comme 
))lat, ce qui rend ce mot congé- 
nère de i)atalin patène, poêle 



niPATONNEH. 



— 253 — 



ROMAGNOL. 



{putella), skt. pata, morceau, 
ang. patch, clc. plat comme la 
plante du pied. Timmerma>s.] 

Ripatonner Q v.a. Refaire. — 
Uéparer. — Ueslaurer. — ■ Rac- 
commoder. Yoy. Uipatin. 

Ripatonneur s. m. Réparateur 
maladroit. 

Ripaudier (B) s. m. (Gouverneur. 

— llipaudicr de la Vcrgnc, gou- 
verneur de la ville. — llipaudicr 
de ht Viroiine, gouverneur de la 
province. 

Ripault (B) s.m. (jentilhomme. 

Ripe (B) s.f. Dame. 

Riper v.a. Embrasser. 

Ripeur s.m. = Ripa || 1. Li- 
bertin. Il 2. Ecumeur de la Seine. 
(Rigald.) 

Ripiouleinent # s.m. Chambre. 

Ripiouler # v.n. Dormir. 

Ripois (B) s.m. Prince. 

Ripopée s.f. Mauvaise boisson. 

— Toute chose mauvaise ou sans 
valeur. — Enonce comme pie, 
papette, potion, boisson, Tacle 
de boire ÎTimmkrmans]. 

Riquiqui0s.m. et a. Eau-de-vie. 

— Chose mauvaise. Avoir Vair 
riquiqui, être mal habillé, ridicule 

= RoCOCn. 

Risette O s.f. Sourire. — Faire 
une risette à quelqu'un, lui sou- 
rire. 

Viv' la gait»';! J'ai pas d'cliausseUes, 
Mes rirjadins font des risettes. 
(Mes souliers sont déchirés, m. à m., sourient 
aux pavés). 

{Ch. des Gueux). 

Ristorne # s.f. Restitution. — Du 
lat. ritornarc, rendre. 

Rite s.m. Voy. Collège. 

Rivancher % v.a. Voy. River. 

Rivard (B) s.m. Paillard. — Li- 
bertin. 

Rivarde (B) ^ s.f. Prostituée. 

River (B)v.a. Coïter. 

Rivet # s.m. Pédéraste. 



Rivette # s.f. Jeune prostituée. 

Riz-pain-sel (mil.) Q s.m. Soldat 
emj)loyé aux subsistances. 

Roastrè (V)s.m. Voy. Rouart. 

Robau s.m. Gendarme. 

Rober v.a. Dérober, (vx. fr.) 

Robert-Macaire Q n.pr.m. Es- 
croc. — Trompeur. 

Robignol a. r= Rigolo (1) l'm. 
déf.). 

Robignole 9 s.f. Voy. Roubiç/nole. 

Robignoleur # s.m. Voy. Roubi- 
gnolcur. 

Robin # s.m. Taureau pour la re- 
production. 

Robinson Q s.m. Parapluie. 

Rocambole Q s.f. Vaine pro- 
messe. — Gasconnade — Cest de 
la rocambole, ça ne vaut rien. 

Rocantin Q s.m. Vieux rocantin, 
vieux libertin. 

Rochet s.m. Chanoine. — Evê- 
que. — Ils portent Taube courte 
ou rochet. 

Rococo O ^- i"^'- = Pompadour. 
Vieux. — Suranné. — Ridicule. 

Rogate s.f. Rogatons. 

Rogne s.f. jj 1. Mauvaise hu- 
meur. — Piquer la vraie rogne, 
se fâcher. |1 2. Querelle. — Chei'- 
cher rogne à quelqu'un, lui cher- 
cher querelle. 

Rogner # jj 1. v.n. Abrév. de 
RoLiJionner,\.c.m. || 2. v.a. Guil- 
lotiner. 

Rogneur (mil.) s.m. Fourrier (il 
rogne les portions). 

Rognon s.m. Testicule. 

Rognonner v.n. == Rogner (1). 
Grogner. — Var. de ronchonner. 

Rogomme m. s. Eau-de-vie ou 
autre liqueur forte. — En grat- 
tant le gosier elle excite un bruit 
rauque. Gomme est là par anti- 
phrase. [TiMMERMANS.] — Voix de 
rogomme voix rauque et rude. 

Romagnol =Romagnon # s.m. 
Trésor enfoui. 



ROMAIN. 



254 — 



UONDELET. 



Romain. Os.ni. Claqueur. — L'o- 
rigine de la claque remonte à. Né- 
ron qui forçait des esclaves à 
l'applaudir ; d'où le nom de 
romains, qu'on donnait aux cla- 
queurs. 

Romaine s.f. || d. Coup. — 
Claque. Voy. Romain \\ 2. Mé- 
lange de rhum et d'orgeat. 

Romkmichel O "• P^- voy. Roma- 
nichel. 

Romance s.f. Piquer une ro- 
mance, dormir. 

Romancier, cière Q s. Qui 
chante la romance. 

Romanichel = Romanitschel 
= Romanigo ,n.p. Q Bohémien 
voleur, qui exploite les paysans 
et les badauds de toutes lès fa- 
çons ; il y en a dans toutes les 
fêtes foraines. « Les Romanichels 
étrangers sont ces bohémiens par- 
courant la province en roulotte, 
traînant toute une marmaille mo- 
ricaude, exerçant diverses indus- 
tries, mais vivant surtout de ra- 
pines. Les romanichels français, 
sont plusieurs milliers opérant 
dans les départements, il y en a 
qui sont propriétaires de jolies 
maisons en province. Toujours 
bien mis, mais sans recherche, se 
donnant plutôt l'air d'honnêtes 
rentiers ou de paysans cossus, 
pour mieux prendre leurs dupes 
que trop de luxe effarouche- 
rait, ils courent les fêtes, les 
foires, les marchés, les hippo- 
dromes, etc. Ils pratiquent le vol 
à Vesbrouffe, le vol à la tire, dit 
aussi à là fourchette ; ils tirent, au 
char, voy. charriage, pratiquent 
« l'épinglette », etc. 

Les femmes exercent le chinage, 
c'est-à-dire le colportage, et par- 
courent la province avec des pa- 
cotilles ou des bijoux de peu de 
valeur , marchandises achetées, 



facturées, payées. C'est ce qu'on 
appelle la parade. Le colportage 
sert à étudier les maisons, les 
types à duper, cela se dit encore 
chercher la poire. Si la gendar- 
merie intervient, on le prend de 
haut : on joue des factures, on est 
d'honnêtes commerçants et on se 
retire brûlé, il est vrai, mais in- 
demne. 

Lorsqu'un romanichel est puni, 
un autre donne l'éveil et tous dé- 
campent, car ils n'opèrent jamais 
seuls. [Eclair, J8^3.) 

En Germania ou arg. esp. ra- 
mani. signifie « bohémien ». 

Rombière s.f. Femme. 

Romboiné % s. m. Sou marqué. 

Rome n.pr.f. Aller ou passer 
à Rome, se faire battre. — Se 
faire réprimander. — Chou s. m. 

Romil?.y0n.pr m. Insurgé de Ro- 
milly, étron. 

Rompre (mil.) v.n. Partir. — Al- 
lez, rompez! allez-vous-en ! 

Romsteck O s. m. Morceau de cu- 
lotte de bœuf. — Ang. rumpsteak, 
m. s. 

Romture % s.f. Voy. Rousture. 

Ronchon s. m. Grognon. 

Ronchonner v.n. Grogner. — 
Murmurer. — Comme rogner, 
grogner, gronder, un bruit gut- 
tural qui énonce la colère. [Tim- 

MERMANS.] 

Ronchonneur, euse. s. (Jro- 
gnon. — Mécontent. 

Rond(B) 0s.m. eta. |I 1. Sol ou 
sou = Roîit. — Tourner rond, 
ne plus avoir le sou. || 2. Faire 
rond, faire flou. |i 3. Etre ronde 
bosse, avoir du relief. || 4. Ivre. 
Il 5. O Rond de cuir, employé 
de bureau. — S'endormir sur son 
rond de cuir, ne pas avoir d'avan- 
cement. 

Rondache # s. f. Bague. 

Rondelet # s. m. Sein. 



RONDIER. 



255 — 



ROUBLARDER. 



Rondier s. m. Surveillant du 
bagne (il fait la ronde). 

Rondin #0 s. m. || 1. Pièce de 
monnaie. — Rondin jaune, pièce 
d'or. Il 2. Etron. || 3. Raton. 

Rondine # s.f. || 1. Bague, jj 
2. Canne. 

Rondiner v.a. et v.n. [j 1. Bat- 
tre à coups de bâton. || 2. Ron- 
diner des yeux, faire de ^ros 
yeux. Il 3. Faire ses besoins. 
Il 4 Boutonner (F. Michel). 

Rondinet0 s.ni. Bague. 

Ronflant a. et s.m. Bien mis. 
— Cest ronflant, c'est très bien. 

Ronflant s.m. Poêle (foyer). 

Ronfle # s.f. Femme. — Prosti- 
tuée. 

Ronfler Q v.n. Faire ronfler le 
bourrelet ou Faire ronfler Thomas, 
faire ses besoins. — % Ronfler 
à cri, feindre de dormir. 

Rongeur Q s.m. Voyez Ver. 

Ronronner Q v.n. Cajoler (faire 
des chatteries). 

Ront (V) s.m. Voy. Rond (1). 

Roquet O s-ï"- Individu petit et 
méchant. 

Rose s.f. Rose des vents, derrière. 

Rosette s.f. Chevalier de la ro- 
sette, pédéraste. 

Rosière s.f. Rosière de Saint- 
Lago, prostituée. 

Rossaille Q s.f. Rosse. 

Rossard, sarde O ^' ^t s. Fai- 
néant. — , Lâche. 

Rosse s.f. et a. Méchant. — Ca- 
naille. — Il est rien rosse, il est 
très méchant. 

Rossée O s.f. Raclée. 

Rossignante # s.f. Flûte. 

Rossignol s.m. || \. Hautbois. 
Il 2. # Fausse clé. || 3. O Mar- 
chandise qui reste longtemps en 
magasin. — Article démodé. 

Rossignoler # v.a. jj 1. Ouvrir 
avec un rossignol, v.c.m. (2). || 
2. Chanter. 



Rosto (l^olyt.) s.m. Bec à gaz. (du 
nom du général Rostolan). 

Roter v.n. J'en rote, j'en suis 
stupéfait. 

Rôti s.m. S'endormir sur le rôti, 
faire une chose avec nonchalence. 
— Il ne s'endort pas sur le rôti, 
il ne i)erd pas de temps. 

Rotin s.m. jl 1. Sou. — Ça ne 
vaut pas un rotin ! — ça ne vaut 
pas un sou. || 2. La corde. 

Rouart s.m. = Roaslre. Bourreau 
(qui met sur la roue, ou garuche). 

Rouâtre # s.m. Lard. 

Rouàtrë # a. Lardé. 

Roubignole # s. t. = Robignole 
Il 1. Boule de liège servant au 
jeu de cocanges. \\ 2. Jeu de ha- 
sard comme le jeu des huit cou- 
leurs ou des huit villes. Sur un 
carton est tracé un rond divisé en 
liuit cases, chacune des cases a 
une couleur différente ou porte le 
nom d'une ville ; au centre se 
trouve une flèche montée sur un 
pivot. Le joueur gagne lorsque la 
pointe de la flèche s'arrête sur la 
couleur qu'il a choisie. C'est 
quand la flèche est remplacée 
par une roue que ce jeu prend le 
nom de roubignole. || 3. Tes- 
ticule. 

Roubignoleur # s.m. = RobignO' 
leur. Celui qui tient un jeu de 
roubignole, v.c.m., ou un jeu de 
cocanges = Ronneteur. 

Roubion s.m. Prostituée laide. 

Roublage % m. s. Témoignage. — 
Roublage à la manque, faux té- 
moignage. 

Roublard s.m. et a. || 1. Ma- 
lin. — Rusé. — Agent de police 
(du vx. fr. ribleux, aventurier). 
Il 2. Laid. - Corrompu. || 3. Ri- 
che. — Heureux (qui possède des 
roubles). 

Roublarder v.n. Ruser. — Etre 
malin, adroit. 



ROUBLARDERIE. 



256 



ROULOTTIER. 



Roublarderie = Roublardise 

s.f. Adresse. — Huse. — Ma- 
lice. — Finesse. 

Roubler # v.n. Se plaindre, — 
Témoigner. — Roubler à la man- 
que, faire une fausse déclaration. 

Roubleur # s. m. Témoin. —Rou- 
bleur à hi manque^ faux témoin. 

Rouchi, ie s. Laid. — Répu- 
gnant, dégoûtant. 

Roucoucou s. m. Lapin mort- 
né. 

Roue s.f. Roue de derrière, 
pièce de cinq francs en argent. — 
Roue de devant, pièce de deux 
francs. 

Roué s. m. Juge d'instruction. 

Rouen % s. et' n.pr. Officier de 

, gendarmerie. — Envoyer à Rouen, 
ruiner. — (Arg. des emp. de 
comm.) Faire un rouen, manquer 
une vente ; J.d.m. sur ruine. 

Rouffion, ionne Os. = Roupion. 
Apprenti commis de nouveauté. 

Rouflaquette s.f. = Accroche- 
cœura. Mèche de cheveux collée 
sur la tempe en forme d'accent, 
V. c. m. 

Roufie # s.f. Coup. 

Rouflée # s.f. Raclée. 

Rouge a. Faire rouge, verser le 
sang. — C'est rouge de boudin, 
ça va mal. 

Rougemont # n.pr. m. Pive ou 
pivois de Rougemont, vin rouge. 

Rouget s. m. 1| 1.0 Cuivre rouge. 
Il 2. Individu aux cheveux 
roux. 

Rougoule # s.f. Vol au rendez- 
moi, v.c.m. 

Rouillarde = Rouille. s.f. 
Il 1. Bouteille de vin vieux. 

Gy, niarpaux, gy, nous remouchons 
Tes rouillardes et la criole 
Qui parfume ta cambriole. 

{Ch. des Gueux). 

112. Blouse. 
Rouiller (se) O v.pr. Vieillir. 



Roulance (typ.). s.f. Roulement gé- 
néral que font les ouvriers typo- 
graphes à coups de composteurs 
sur leurs casses, à la rentrée d'un 
confrère qu'ils viennent de mys- 
tifier. 

Roulant s. m. || 1. Voilure. — 
Fiacre. — Roulant vif, chemin 
de fer. || 2. Tambour. || 3. # 
Roulants (pi.), petits pois. |1 4. 
Voy. Chineur. 

Roulante s.f. H 1. Voiture. — 
. Petite roulante, cabriolet. \\ 2. 
Tambour. I| 3. Prostituée. 

Rouleau s. m. Testicule. Q ^^^'^ 
au bout de son rouleau, avoir 
épuisé ses ressources. 

Roulée s.f. Raclée. 

Roulement s. m. Ardeur au 
travail. — (mil.) Roulement de la 
gueule, sonnerie pour le repas. 

— # Roulement de tambour, aboie- 
ment. 

Rouler O v.a. et v.n. I| 1. Battre. 
Il 2. Tromper. — Mystifier. — 
Se faire rouler, être trompé. |I 3. 
Marcher. — Aller. — Voyager. 

— Ça roule, ça va bien. — Rou- 
ler sa bosse, changer de place, 
aller et venir, [j 4. Se rouler = 
Se tordre, rire aux éclats. 

Rouleur s. m. || 1. Trompeur. 

— Escroc. Il 2. Chiffonnier. 
Rouleuse s.f. || 1. Prostituée. 

Il 2. Lettre. 

Roulis (mar.) m. s. Avoir du roulis, 
être ivre. 

Roulotage # m. s. Vol au roulo- 
tage, vol dans les voitures. 

Roulotin # s. m. Boulier. — 
Charretier. 

Roulotte # s.f. Voiture. — Grin- 
chir une roulotte en salade, voler 
sur une voiture. [Michel.] — Rou- 
lotte à trèpe, omnibus. — Rou- 
lotte du grand trimar, chemin de 
fer. 

Roulottier # s. m. Voleur qui 



ROLILUKE. 



2o7 — 



ROUSTISSURE. 



vole les voilures ou qui les déva- 
lise. — Houlottier en cambroiiae, 
voleur de campagne. 

Roulure s.f. Prostituée. 

Roumard # s. m. Libertin. — 
Débauché. 

Roumi (mil.) s. m. Soldat nouvel- 
lement débarque dans l'armée 
d'Afrique. — Le mot Roumi en 
ar. al., signifie chrétien, Euro- 
péen. 

Roumie s.f. (arg. des chiff.) 
Vieille croûte de pain. 

Roupané a. Ruiné. 

Roupie s.f. Punaise (allus. do 
forme et de couleur à la roupie 
du priseur). — Roupie de singe, 
mauvais café; rien; chose sans 
valeur. 

Roupillade s.f. Battre la rou- 
pillade, faire semblant de dormir. 

Roupiller v.n. Dormir. — Rou- 
piller dans le grand, être mort. 

— Var. de rontler et d'autres 
bruits gutturaux énonçant des 
actes et des sens divers. [Timmer- 

MANS.] 

Roupilleur, euse. = Roupillon 

s. m. Dormeur. — Chatouiller 
un roupillon, dévaliser un indi- 
vidu endormi. 

Roupiner % v.a. Voler (pour ra- 
piner). 

RoupionO s. m. Voy. Rouffion. 

Roupiou s. m. Etudiant en mé- 
decine. 

Roupis s. m. Vieillard qui prise 

1 il a la roupie). 

Rouquin, ine. s. et a. Rouge. 

— Roux. — Individu aux che- 
veux roux. 

Rouscaillante # s.f. Langue. — 
Formé du lat. riiscus, rouge. 
L'arg. ang. dit de même, red rag, 
loque rouge. [Timmermans.] 

Rouscailler # v. n. |1 i. Dire. 

— Parler. — Rouscailler bigorne, 
parler argot. |1 2. Coïter. 



Rouscailleur, euse. % s.f. Dé- 
bauché. — Libertin. — Prosti- 
tuée. 

Rouspant (obsc). s. m. =: Rous- . 
pont. Souteneur du pédéraste : il 
se fait passer pour agent des 
mœurs pour faire chanter ces li- 
bertins ignobles. 

Rouspétance s.f. || 1. Résis- 
tance. — Mauvaise humeur. — 
Faire de la rouspétance, répugner 
à faire une chose; être de mau- 
vaise humeur. || 2 ^= Agent des 
mœurs. 

Rouspéter v.n. Rechigner. — 
Résister. — Ne pan rouspéter, ne 
pas répliquer, ne rien dire. 

Rouspettau % s. m. Bruit. 

Rouspont s. m. Voy. Rouspant. 

Rousse s.f. La Rousse, la po- 
lice. — Rousse à Carnachey police 
de sûreté. 

Roussi s. m. et a. Mouchard. 
Voy. Mouton. — Etre roussi, être 
découvert, perdu; (m. à m. pris par 
la Rousse, v.c.m.) 

Roussin s.m. Agent de police 
(de la Rousse). 

Roussiner v.n. et v.a. Faire le 
jeu de la police (de la Rousse). — 
Faire arrêter. 

Roustamponne =:Roustempoi- 
gne. s.f. La police, et, par 
déduction, tout ce qui ne vaut 
rien. « C'est de la roustamponne. » 

— J.d.m. La Rousse f empoigne 
ou tamponne (frappe). 

Rousti a. Pris. — Perdu. — 
Usé. — Dévalisé. — Trompé. — 
Coup rousti, coup manqué. 

Roustir v.a. Dérober. — Trom- 
per. — Escroquer. 

Roustisseur, euse. # s. Vo- 
leur. — Trompeur. — Mendiant. 

— Parasite. — Emprunteur qui 
ne rend jamais. 

Roustissure O s.f. Chose sans 
valeur. 

17 



ROUSTO. 



— 258 — 



RUTIÈRE. 



Rousto s. m. Dénonciateur. 
Roustons s. m. pi. Testicules. 
Rousture # s.f. = Romture. 

Individu en surveillance. 
Routier Q s. m. Coureur véloci- 

pédiste qui court sur route. 
Routière s.f. Prostituée de bas 

étage. Voy. Rutière. 
Routonner # v.n. Yoler les colis 

sur les voitures (en route). 
Routonnier # s. m. Voleur de co- 
lis sur les voitures. Voy. Rou- 

tonner. 
Roveau % s. m. Gendarme. 
Royaume Q s. m. Aller dans le 

royaume des taupes, mourir. 
Ru # s. m. Ruisseau. 
Rub # s. m. Rub de rif Ruban 

de feu, le chemin de fer. (Grison.) 
Ruban O s. m. Voy. Rub. — Ruban 

de queue, la grand'route. 

La grand'route comme un ruban 
Doucement se déroule. 

{Chanson du Boulier.) 

— Faire le ruban = Fawe la queue, 
tromper. 

Rubis s. m. Rubis sur pieu, argent 
comptant. — Faire une chose rubis 
sur Vongle, faire une chose com- 
plètement et avec ponctualité. — 
Cette expression vient de Tusage 
populaire qui consiste à vider un 
verre de vin et à en verser la 
dernière goutte, offrant l'appa- 
rence d'un rubis, sur l'ongle de 
son pouce : cela s'appelle faire 
rubis sur Vongle. 

Rude O ^' Fameux. — Remarqua- 
ble, (c C'est un rude artiste. » — 
S'emploie souvent ironiquement. 

Rudement O adv. Beaucoup. — 
Très. — Cest rudement chouette! 
c'est très beau. 



Rue O s.f. Rue barrée = Rue ou 
Von pave, rue où l'on craint de 
passer, parce qu'on y a un créan- 
cier. — Rue du bec, bouche. — 
Se faire repaver la rue du bec, se 
faire mettre de fausses dents. — 
Rue au pain, gosier. — Rue de Ri- 
voli, six de jeu de cartes. — (Thé.) 
Espace libre entre deux coulisses. 

Ruelle s.f. Ruelle aux vesses, 
anus. 

Ruer v.n. Ruer à la botte, être 
susceptible. 

Ruette s.f. Gosier. 

Ruf # s. m. Geôlier. j 

Rufe (B) s.m. Feu. Voy. Rif, etc. ] 

Rufer # v.n. Brûler. Voy. Riffau- ' 
der, etc. 

Ruffant # a. Chaud. — Abbaye 
ruffante, four chaud. — Lat. ru- 
fare, roussir. Voy. Riffauder, etc. 

Ruffle (V) s.m. Vent d'orage. 

Ruisselant Q a- C"es^ ruisselant 
Winouïsme, c'est inimaginable. 

Ruolz O s. m. Dm ruolz, faux. — Pro- 
cédé Ruolz, procédé qui consiste à 
donner à une chose une appa- 
rence de valeur. — Q Prince en 
ruolz, faux prince. 

Rup = Rupart = Rupin, ine 
:=Rupinskof a. et s.m. Elé- 
gant. 

RÙpioIe (B) s.f. Demoiselle. 

Rural O s.m. Député de province. 

Rusquin (B) # s.m. Ecu. 

Rusquiner v.n. Gagner de l'ar- 
gent. — Voler au jeu. 

Rustique s.m. |j l.(Thé.) Décor de 
campagne. || 2. # Greffier. 

Rustu s.m. Greffe (du tribunal). 

Rutière # s.f. Prostituée (qui 
raccroche dans la rue). Voy. Rou-^ 
Itère. 



SABÀGHE. 



259 — 



SAC. 



S s. m. O IM- Faire des S, faire des 
zigzags, comme lorsqu'on a trop 
bu (allus. à la forme de cette 
lettre). || 2. S désigne le trèfle 
dans l'argot des grecs. 

Sabache # a. Simple. (Larchey) 
(pour saboche, v.c.m.) 

Sabir (mil.), s. m. Sorte d'argot 
arabe employé par nos soldats 
d'Afrique, en rapports constants 
avec les indigènes. « Parler 
sabir. « Ex. : — Di dou VArbi qui 
f'ech un ta maboul? — Macache 
maboul! — Dis donc, l'Arabesque 
fais-tu? es-tu fou? — Je ne suis 
pas fou ! 

Sable # s. m. Sucre. — Boisàbrùler. 

— Estomac. — Q 11 a du sable 
dans les yeux. = Le marchand de 
sable a p'issé, il a sommeil. — 
F. M. Sable blanc, sel. — Sable 
jaune, poivre. - Etre sur le 
sable, être dans la misère; (se dit 
d'un souteneur sans femme) = 
Etre à la côte = Etre à sec. — 
pi. Sables, cellules de prison. 

Sablenant s. m. Voy. Sabrenas. 

Sabler v.a. Sabler quelqu'un, 
l'assommer avec une peau d'an- 
guille remplie de sable. 

Sablon s.m. Cassonade. 

Saboche s.f. Voy. Sabache. In- 
dividu déplaisant. — Imbécile. 

— Mauvais ouvrier, voy. sabot. 
Sabord (mar.) s.m. Jeter un coup 

de sabord, donner le coup d'œil 
du maître, vérifier l'ouvrage. 
Sabot s.m. \\i. Ce qui est mau- 
vais en général. — Mauvais ou- 
vrier. — Mauvais piano, violon, 
billard, etc. — Jouer comme un 
sabot, mal jouer. — Quel sabot! 



quel maladroit! Le sabot est une 
cliaussure grossière. || 2. Voi- 
ture. — Bateau. || 3. Elle a cassé 
son sabot, elle a perdu son inno- 
cence. 

Saboter v.a. Mal travailler. 

Saboteur s.m. Mauvais ouvrier. 

Sabouler v.a. |j ^. Maltraiter. [| 
2. Laver. — Décrotter. (| 3. Crier. 

Sabouleur s.m. Décrotteur. 

Sabouleux, euse s.f. Individu 
qui simule l'épilepsie. 

Sabourin s.m. Maladroit. 

Sabre s.m. Bâton. — Avoir un 
sabre, être ivre. — Coup de sablée, 
grande boucbe. — Truîneur de 
sabre, militaire fanfaron. 

Sabrenas = Sabrenot s.m. 
= Sablenaut. Cordonnier, save- 
tier, et, par ext., mauvais ou- 
vrier; (allus. au tranchet du cor- 
donnier.) 

Sabrenauder v.n, et v.a Tra- 
vailler grossièrement. 

Sabrer v.a. Travailler vite et 
grossièrement. 

Sabreur Q s.m. || 1. Celui qui fait 
du travail vivement et sans soins. 
Il 2. Militaire fanfaron. 

Sabri # s.m. Bois. — Forêt. — 
On s'abrite à son ombre. (Lar- 
chey.) 

Sabrieux # s.m. Voleur de bois. 

SacO0s.m.At;oiV le sac on être au 
sac, avoir de l'argent. — Homme 
au sac, capitaliste. — Avoir les ac 
plein, être ivre. — En avoir plein 
son sac, être enceinte; avoir bien 
mangé. — Sac à vin, ivrogne. — 
N'avoir rien dans son sac, n'avoir 
ni esprit, ni talent. — Avoir une 
mauvaise pierre dans son sac^ avoir 



SACANIÉ. 



260 



SAINT-€RÉPIN. 



une maladie dangereuse. — N'être 
pas dans son sac, ne pas être bien 
dans ses affaires, ou être malade. 

— Donner ou Recevoir son sac, son 
congé. Voy. Sacquer. — Vaffaire 
est dans le sac, l'affaire est con- 
clue. — Quel sac! quelle verve! 
(Larchey.) — Cracher ou Eternuer 
dans le sac, être guillotiné. — Ça 
n'est pas dans un sac, ça se voit, 
c'est clair. — En avoir son sac = 
En avoir plein le dos, en avoir 
assez. 

J'en ai mon sac, moi, d'mon épouse. 

{La Muse à Bibi.) 

— Sac au lard, chemise. — Sac à 
os = Sacdos, individu maigre, 
décharné. 

Sacanié ^ s. m. Sacoche. — Cou- 
teau très affilé dont se servent les 
voleurs pour couper la courroie 
des sacoches. — M. à. m., sac à 
niais. 

Sac à papier O i"t. Juron fami- 
lier. 

Sacard a. et s. m. Personne 
riche; (qui a le sac. v.c.m.) 

Sacdos s. m. Voy. Sac à os. 

Sachet s. m. Chaussette. 

Sacquer v.a. Renvoyer. — Con- 
gédier. — Le singe Va sacqué, le 
patron Ta renvoyé. — (Arg. des 
tailleurs) Sacquer un bœuf, ren- 
voyer un ouvrier. — M. à. m., don- 
ner son sac ou son paquet à q.q. 
pour qu'il s'en aille. 

Sacre # s. m. || 1. Argent. I| 2. 
Agent de police. |J 3. 'Celui qui 
s'approprie tout ce qu'il peut. 

Sacré O^^* Sacré chien, eau-de-vie. 

— Sacré mâtin. Sacré nom, Sacré 
tonnerre, jurons familiers. 

Sacrebleu i= Sacredieu = Sa- 
crelotte Q = Sacristi. Jurons 
qui se disent à propos de tout et 
de rien. 

Sacremeût s. m. 



Offrir le sacrement, demander en 
mariage. 

Sacrer v.a. Affirmer. 

Sacristain s. m. Mari d'une 
femme qui tient une maison pu- 
blique. 

Sacristi int. Voy. Sacrebleu. 

Sacristie # s.f. Cabinet d'aisan- 
ces. 

Sadique a. et s. m.- Un sadique, 
écrivain ou libertin pour qui la 
volupté n'existe, ne se comprend 
et ne s'éprouve que mêlée à la 
cruauté la plus atroce. — Elucu- 
bration sadique, théorie et apolo- 
gie de la luxure sanguinaire. 

Sadisme Q s. m. Forme de dépra- 
vation particulière et stupéfiante 
dont était atteint le marquis de 
Sade, qui a écrit sur la luxure 
sanguinaire et qui a laissé son 
noni à ce genre de débauche in- 
fâme. 

Saffre s. m. Gourmand. — Le 
son énonce une var. de l'acte de 
humer : sf. Il siffle verre sur 
verre, et du bon ! [ïimmermans.] 

Safran Os. m. Jaunisse. — Accom- 
moder quelqu'un au safran, le faire 
cocu. — Aller au safran, dissiper 
son bien. 

Saignement % s. m. Saignement de 
nez, interrogatoire. 

Saigner v.a. et v.n. Assassiner. 
— Tuer avec une arme tranchante. 
Faire saigner du nez, interroger. 
— Faire saigner, faire de la peme. 

Saindom s. m. Tabac. — Refiler 
un saindom = Passer à tabac, 
v.c.m. — Pistolet à saindom, cro- 
chet du ramasseur de mégots, 
v.c.m. — Abrév.de Saint-Domingue 
en Haïti, pays qui produit beau- 
coup de tabac. 

Saint-ciboire s. m. Cœur. 

Saint-Grépin s. m. et n.pr. =: 
Saint-frusquin = Saint-jean. Ce 
qu'on possède. — Argent, outils, 



SAINTE-ESPÉRANCE. — 261 



SAISISSEMENT. 



meubles, etc. « Il est parti en 
emportant tout son saint-crépin ». 
— Prendre la voiture de saint Gré- 
pin, marcher; (saint Crépin est le 
patron des cordonniers). 

Sainte-Espérance O s.f. La 
veille de la Sainte-Touche, \. cm. 

Sainte-Longie s.f. Femme pa- 
resseuse et nonchalante. 

Sainte-Mousseline O s.t". Simple 
robe en mousseline blanche. « Les 
jeunes filles du Conservatoire de 
musique ont abandonné la sainte- 
mousseline, pour la distribution 
des prix. » 

Sainte-Nitouche s.f. Jeune fille 
qui fait l'innocente et ne veut pas 
goûter des distractions mondai- 
nes (elle n'y touche pas). 

Saint Etienne n.pr.m. Miche 
de saint Etienne, pierre ; (allus. à 
la lapidation de saint Etienne). 

Sainte-Touche O s.f. Le jour de 
la paye. 

Saint-Frusquin s. m. = Saint- 
Jean. Voy. Saint-Crépin. 

Saint-Georges O s. m. Brillant 
escrimeur et cavalier de premier 
ordre. 

Saint Hubert O n.pr.m. Médaille 
de saint Hubert, pièce de cinq 
francs en argent. 

Saint-Jacques O (^yP-) n.pr. et 
s. m. Aller à Saint-Jacques, faire 
une coquille; (allus. à la coquille 
de ce nom). — Prendre son saint- 
Jacques ou son saint -Jean, quitter 
l'atelier. 

Saint-Jean (typ.) s. et n.p.m. Ou- 
tillage d'un compositeur. — Pren- 
dre son saint -Jean = Prendre soji 
saint- Jacques, v.c.m. — Ca nest 
que de la saint-Jean, ça n'est rien, 
(allus. à la nudité de saint Jean- 
Baptiste).  Vous êtes bien de la 
saint Jean, vous êtes bien naïf, 
innocent. — Saint-Jean le rond, 
derrière. — % Faire le saint Jean, 



faire un signal qui consiste à 
lever l'index et le médius, pour 
avertir un complice. — Tout son 
saint-Jean = Tout son saint-Frus- 
quin. Voy. Saint-Crépin. — Faire 
son petit saint-Jean, faire lïnno- 
cent. — Saint- Jean- Baptiste, limo- 
nadier qui baptise le vin. — 
Jour de la Saint-Jean-Baptiste, 
jour d'une exécution capitale 
(allus. à la décapitation de saint 
Jean). — O Saint- Jean Bouche 
d'Or, bavard indiscret. 

Saint-Lâche O s. m. Paresseux. — 
Béciter la pinère de saint-Lâche^ 
dormir. 

Saint-Lago = Saint-Laze = 
Saint-Lazo s. m. Prison de 
Saint-Lazare, spécialement aifec- 
tée aux prostituées. — La confré- 
rie de Saint-Laze, le monde de la 
prostitution. 

Saint-Longin s. m. Individu 
nonchalant. 

Saint-Lundi s.f. Fêter la saint- 
Lundi, se reposer ou s'amuser le 
lundi (beaucoup d'ouvriers tra- 
vaillent le dimanche et se repo- 
sent le lundi). 

Saint-Père s. m. =Semper. Ta- 
bac. — Traduction de saindom, 
v.c.m., Saint-Domingue, Sanctus 
Dominus. 

Saint-Pierre s. m. Abbaye de 
Saint-Pierre (cinq pierres), l'em- 
placement de la guillotine (il est 
indiqué sur la place de la Ro- 
quette par cinq grosses pierres, 
intercalées dans les pavés devant 
la porte de la prison). 

Saint-Pierre aux Bœufs O^^P''- 
m. Paroissien de Saint-Pierre aux 
Bœufs, homme grossier. 

Saint-Pris s. m. '@ Entrer dans la 
confrérie de saint-Pris, se marier. 

Saisissement s. m. Cordes qui 
servent à ligoter les condamnés 
à mort. 



SALADE. 



— 262 — 



SANG. 



Salade s.f. H 1. Mélange. — 
Pêle-méie. — Rixe. — Mêlée. — 
Donner la salade à quelqu'un, le 
battre, le fouetter. — Panier à 
salade, voiture cellulaire. — Met- 
tre en salade, enfouir; cacher. || 2. 
Réponse. — J.d. m. sur raiponce, 
plante dont on mange en salade 
les racines et les jeunes feuilles. 

Salader (mil.) v.a. Salader les go- 
dillots, mélanger les chaussures 
des nouveaux venus au régiment. 

Saladeur s. m. Joueur qui bat les 
cartes pour contrarier les triche- 
ries des grecs (arg. des joueurs). 

Saladier s. m. Vin chaud servi 
dans un saladier. 

Salaire # s. m. Soulier. 

Salamalecs O s. m. pi. Salutations. 
— De Tar. Salam aleik, salut sur toi ! 

Salbin s. m. Serment. 

Salbiner v.n. Prêter serment. 

Salbinet (polyt.) inter. Ce mot 
signifie : Rendez-vous au cabinet 
de Tofficier de service pour pren- 
dre communication d'un ordre du 
commandant de TEcole. 

Salbrenaud # s. m. Voy. Sabre- 
nas. 

Sale a. Sale coup pour la fan- 
fare, mauvaise affaire. 

Salé (Typ.) s. m. Travail payé d'a- 
vance '(pour salaire). — Demander 
du salé à labanque, demander de 
l'argent d'avance. Petit salé = 
Morceau de salé, enfant nouveau- 
né. — (Mar.) Le grand salé,YO- 
céan. 

Saler O v.a. [j 1. Réprimander. — 
Saler quelqu'un, le gronder. || 2. 
Faire payer trop cher. — Saler 
une note, exagérer les prix. || 3. 
Donner le mal vénérien. — Se 
faire saler, attraper la syphilis. 

Salière Q s.f. Seins. — Montrer 
ses salières, se décolleter. — Elle 
a deux salières et cinq plats, se 
dit d'unefemme maigre. — Répan- 



dre la salière dessus = Saler 
v.c.m. (2). 

Salin a. Jaune. 

Salir (se) v.pr. Se salir le nez, 
s'enivrer. 

Salive Q s.f. Dépenser sa salive, 
parler. — Perdre sa salive, parler 
en vain. 

Salivergne # s.f. [j 1. Ecuelle. I| 
2. Salade. 

Salle s.f. Salle à manger, bou- 
che. — N'avoir plus de tabourets 
dans la salle à manger, manquer 
de dents. — Sa salle à manger se 
démeuble, il perd ses dents. — 
(thé.) Salle de papier, salle de 
théâtre remplie grâce aux billets 
de faveur. — Salle de danse, der- 
rière. (RiGAUD.) 

Salonnier O s. m. Critique des 
expositions artistiques dites Sa- 
lons. 

Salop s. m. Pour salaud. 

Saloper v.a. Travailler mal. 
(m. à m. salement). 

Salopëte s.f. Petite veste de 
toile que mettent les ouvriers pour 
leur travail. 

Salopiat==Salopiaud0s.m. Sa- 
laud. 

Salsifis s. m. Doigts. 

Saltimbe s. m. Abrév. de sal- 
timbanque. 

Saluer v.a. et v.n. Baisser la 
tête en entendant siffler les balles. 
— Saluer le public, mourir. 

Salutation s.f. Salutations à cul 
ouvert, plates courbettes. 

SandAvich Qs. m. Homme-sandwich 
individu qui se promène sur la 
voie publique avec une affiche sur 
le dos et une sur la poitrine, il est 
comme la tranche de jambon dans 
un sandwich. 

Sang s. m. Avoir quelqu'un dans 
le sang, avoir pour lui de l'estime, 
de l'amitié ou de l'affection. — 
Se faire du mauvais sang, se 



SANGLER. 



— 263 — 



SAPIN. 



tourmenter. — Se manger les 
sangSy sMmpalienter. — Bon sang 
de bon Dieu! juron familier. — 
Sang de bœuf, saladier de vin 
chaud. #0Sa/i^ depoisson, huile. 

Sangler O v.a. et v.pr. Sangler 
quelqu'un, le réprimander verte- 
ment. — Se sangler, se priver; 
(m. à m., se serrer le ventre). — 
Etre sanglé= Elreserré^ être sans 
le sou. 

Sanglier0s.m. || l.Prêtre(j.d.m.: 
sent-glier ; le glier est le Diable, 
le prêtre sent et reconnaît l'in- 
fluence du Diable), il 2. Individu 
brave et vigoureux. j| 3. Individu 
solitaire. 

Sangsue (typ.) s.f. Celui qui lire 
de l'argent par cupidité. — Voser 
une stingsue, faire la correction à 
la place d'un collègue absent. 

Sans-beurre s. m. Chiffonnier 
en gros, celui qui ne porte pas le 
berri (la hotte). 

Sans-bout # s. m. Cerceau. 

Sans-camelotte # s. m. Escroc. 
— Qui vend une marchandise 
qu'il n'a pas et ne livre jamais 
après s'être fait donner des 
acomptes. 

Sans-chagrin # s. m. Woy.Saboii- 
leux. 

Sans-châ,sses # s. m. Aveugle. 

Sans-cœur Q s. m. Usurier. 

Sans-condé adv. Sans permis- 
sion. — Clandestinement. 

Sans-dabe s. m. Orphelin. 

Sans-dos s. m. Tabouret. 

Sans-fade #0 Celui qui n'a pas 
eu sa part. 

Sans-feuille s. m. Le gibet. 

Sans-le-sou O s-"^- Misérable. 

Sans-loches a. Sourd. — De 
oche, oreille. 

Sans-mirettes a. et s. m. Aveu- 
gle. 

Sansonnet s. m. || 1. Gendarme. 
Il 2. Membre viril. 



Santache s.f. =:Santu. La santé 

(m. déf.). 

Santaille s.f. Prison de la Santé. 
(m. déf.) 

Santarelle (arg. des joueurs) s.f. 
Faire une santarelle, donner les 
cartes de façon à les regarder 
en dessous pour connaître le jeu 
de son adversaire. 

Santu s.f. voy. Santache. 

Saoulle s.f. Vaurien. — Mot in- 
jurieux en usage dans les pri- 
sons. 

Sap s. m. Cercueil de sapin. — 
Taper dans le sap, être mis en 
bière. 

Sapajou s. m. Vieux sapajou, 
vieux libertin. 

Sape O s.f. Abrév. de sapeur. — 
Soldat du génie. 

Sapement s. m. Condamnation. 

— Sapement à cinq longes de dure, 
condamnation à cinq ans de tra- 
vaux forcés. 

Saper#v.a Arrêter. — Condamner. 

— Saper au glaive, condamner à 
mort. 

Saperlipopette! O inL Juron fa- 
milier. 

Sapeur0s.m. || I. Juge. Voy. saper. 
Il 2. Cigare déjà fumé et plus 
grand que le mégot, v.c.m. || 3. 
Une histoire qui a une barbe de 
sapeur, histoire très vieille et très 
connue. || 4. La nature de la 
femme. 

Sapin s. m. || 1. Fiacre. (Ce mot 
se trouve déjà avec ce sens dans le 
glossaire du Vice puni de Grand- 
val.) Il 2. Cercueil; (généralement 
en sapin). — Sentir le sapin, 
être en danger de mort. — Redin- 
gote desapin, cercueil. || 3. Plan- 
cher. — Planche. — Sapin des 
cornants = Plancher des vaches, 
la terre. || 4. Soldat. (Larchey.) 
Gendarme II o. Grenier. — Sa- 
pin de muron, grenier au sel. 



SAPINIÈRE. 



— 264 — SAUTE-RUISSEAU. 



Sapinière s. f. Fosse commune. 
Voy. Sapin (2). 

Saquer (typ.) v.a. voy. Sacquer. — 
a. Etre sacqué, être riche; (avoir 
le sac, v.c.m.) 

Saquet s. m. Coup. — Choc. 

Sardine (mil.) s.f. || 1. Galon de 
sous-officier. || 2. Doigt. — QSer- 
rer les cinq sa/'rfines, serrer la main. 

Sardiné(mil.) s. m. Gradé. Voy. Sar- 
dine (1). 

Sarrasin (typ.) s. m. Ouvrier typo- 
graphe non syndiqué. 

Satin s.f. =zXesbienne. voy. Gou- 
gnotte. 

Satisfaire (Se) v.fr. Q. Faire ses 
besoins. 

Satisfait Q s. m. Bourgeois qui 
trouve que tout est pour le mieux. 

Saton s. m. Matériel de saltim- 
banque. (Larchey.) 

Satonnade s.f. Bastonnade; (de 
satou, bâton). 

Satou s. m. = Satte. Bois. — 
Forêt. — Bois (matière). — B«1ton. 

Satousier s. m. Menuisier. 

Satte # s.f. Voy. Satou. 

Sauce O s.f. |f 1. Réprimande. 
« Donner, recevoir une sauce. ->-> 
— Accommoder à la sauce piquan te . 
i. Battre. — 2. Se moquer avec 
esprit. — Sauce poivrade, verte 
correction. || 2. Association. — 
Bande. — « Faire partie de la 
sauce, pour Vassoce. » |1 3. Forte 
pluie. — Gare à la sauce! = Il va 
tomber de la sauce! il va pleuvoir. 

— Gober la sauce, payer les pots 
cassés. — Sauce tomate, mens- 
trues. 

Saucé O part. p. Etre saucé, être 

mouillé par la pluie. 
Saucée s.f. || 1. Averse |1 2. 

Correction. 
Saucisse O s.f- Prostituée; (elle fait 

partie de ïassoce). Voy. Sauce (2). 

— <( Moi saucisse, » moi aussi, 
(m.déf.). 



Saucisson Q s. m. Saucisson de 
Bologne = Saucisson à pattes, 
personne grosse et replète. 

Saumon s. m. Personne riche 
décédée, (arg. des croque-morts). 

Saumurien Q s. m. Elève de l'Ecole 
de cavalerie de Saumur. 

Saupicquets (V) s. m. pi. Gens 
subtils. 

Saut s.m. O Faire lesaut=^Snuter 
(v.c.m.) le pas. Faire le saut, 
voy. Sauter (3). 

Saut-de-lit O s. m. Veston d'appar- 
tement. 

Sauter Q v.n. et v.a. || 1. Suspen- 
dre ses payements. <c Sauter à la 
Bourse. >y « Le gros Chipmann pré- 
tend que lorsqu'il saute à la Bourse, 
ça ne lui cause aucune émotion. » 
{La Petite Comédie, A. Capus.) 
jl 2. Puer. |i 3. Dérober, cacher 
une part de vol pour se l'appro- 
prier. =: Faire le saut. — Sauter 
à la capahut, assassiner un com- 
plice pour prendre sa part de vol. 

— Sauter dessus, assaillir. — 
Faire sauter la banque, forcer une 
banque de jeu à cesser faute de 
fonds. — Sauter le pas, mourir ; 
faire faillite; perdre son inno- 
cence, etc., etc. =z Faire le saut. 

— Sauter à la perche, être misé- 
rable, mourir de faim. — Faire 
sauter, faire éclater ; filouter. — 
Faire sauter la coupe, faire passer 
la carte qui se trouve au-dessous, 
dans le milieu du jeu. — Se faire 
sauter la cervelle, onanisme. — 
(mil.) Sauter le bas-flanc, passer 
par-dessus le mur de la caserne 
pour aller passer la nuit dehors. 

Sauterelle s.f. Puce. — Exé- 
cuter une sauterelle, se débarrasser 
d'une cliente ennuyeuse. 

Sauterie s.f. Petit bal intime. 

Sauteron = Sauterondolles # 
s.m. Banquier. 

Saute-ruisseau O s.m. Apprenti 



SAUTEIIU. 



— 2G5 — 



SCHPROUM. 



qui fait les courses, dans le com- 
merce ou les bureaux. 

Sauteur Q s. m. Individu qui n'offre 
aucune garantie morale, qui n'est 
pas sérieux. 

Sauteuse O s. f. Il 1. Danseuse de 
théâtre. || 2. Puce. 

Sauvage Q s. m. Habillé en sau- 
vage, tout à fait nu. 

Sauver Q v.a. Sauver la caisse, 
emporter la caisse. — Sauver la 
mise à quelqu'un, le tirer d'un 
mauvais pas. 

Sauvette s.f. || 1. Monnaie. 
Il 2. Petite hotte j] '^.{enï.). Jouer 
d la sauvette, jouer à courir Tun 
après l'autre. 

Savate s.f. Ouvrage mal fait. — 
Individu bon à rien. — Maladroit. 

— Syn. de saboté et de sabache, 
avec lesquels il est congénère. — 
Jouer comme une savate, mB.\']Ouer. 

— Traîner la savate, être dans la 
misère. — La savate, correction 
infligée par les soldats à celui qui 
commet une indélicatesse. — 
Tirer la savate, c'est la boxe fran 
çaise qui consiste à savoir se 
servir de ses pieds soit pour se 
défendre, soit pour attaquer. 

Savater =: Saveter v. a. Gâter 
un ouvrage en le faisant ou en le 
raccommodant. 

Savetier s. m. Mauvais ouvrier. 

Savoir v.a. O Je ne veux rien savoir, 
je ne veux pas m'occuper de cela. 

— # Savoir Ure= Etre à la coule, 
être rusé, malin; habile à voler. 

Savon O s. m. || 1. Réprimande. 

— Attraper un savon = Se faire 
laver la tête, être réprimandé. 

Il 2. # Honoraires de l'avocat 
(il sert à se faire blanchir). 
Savonnera. Blanc (pour blanchi). 

— Artie savonné, pain blanc. — 
Pivois savonné, vin blanc. 

Savonner Q v.a. || 1. Répri- 
mander. Il 2. # Voler. — Sa- 



vonner une cambuse, dévaliser un 
logement; (pour laver, nettoyer). 

Savoyard Q s. m. Individu gros- 
sier. 

•Savoyarde s.f. Malle. 

Saxophone (St.-G.) s.m. Surveil- 
lant de l'Ecole. 

Sbire O sm. Agent de police. 

Scarabombe s.f. Elonnement. 

Scarabomber # v.a. Etonner. 

Schako (mil.) s.m. Tête. — Se 
fourrer une idée dans le shako, se 
mettre une idée en tête. 

Schelinguer v.n. Voy. Chelin- 
ijuer. 

Schiague s.f. Correction. — 
Coups. 

Schlaguer v.a. Battre. 

Schlingoter = Schlinguer 
v.n. Schelinguer =: Chelinguer, 
v.c.m. 

SchloffQs.m. Lit. « Allerausc/ifo/f.» 
— De l'ail, schlafen, dormir. 

Schloflfer Q v.n. Dormir. — D'une 
racine formée de l'ail. Luft, air., 
respiration, au moyen de s, mar- 
que du sifflement.* Il est congé- 
nère de roupiller par sa forme gut- 
turale. [TlMMERMANS] 

SchnappsQ s.m. = Schnick. Eau- 
de-vie. 

Schness # s.m. Physionomie. — 
Corr. de l'ail. Schnauze, mufle, 
groin. (Larchey) — Schnauze est 
formé de Nase, et de s, marque 
du sifflement. [Timmkrmans.] 

Schnick O s.m. Voy. Schnapps. 

Schniquer v.n.. Boire du schnick, 
v.c.m. 

Schniqueur s.m. Buveur de 
schnik, v.c.m. 

Schpill a. Bien fait, réussi. 

Schpiler v.n. Réussir. 

Schpromme s.m. Résistance. 

Schproum s.m. Pousser des 
schproums, s'ébrouer ; manifester 
son admiration. — Onomatopée 
énonçant l'éclat d'un rire qui 



SCHPUSER. 



— 266 



SELECT. 



gonfle les joues outre mesure. 

[TiMMERMANS.J 

Schpuser v.n. Puer, 

Schtard # s. m. Voy. Jettard. 
Schtard des poivrots, violon. — 
Schtard aux frusques, mont-de- 
piété. — Schtard des lascars, pri- 
son de la Roquette. 

Schtardier % s. m. Prisonnier. 
Voy. Schtard. 

Schtoser (Se) # v.pr. S'enivrer. 

Sciant a. Ennuyeux. 

ScieO s.f. Rengaine. — Ennui. — 
Cest une scie, c'est une chose 
ennuyeuse. — Monter une scie 
contre quelqu'un, mystifier. — 
Porter sa scie, sortir avec sa 
femme. 

Scier O v.a. Ennuyer. — Fatiguer. 
— Scier des boyaux de chat avec 
une queue de cheval, jouer du 
violon. — Scier du bois, jouer du 
violoncelle. — Scier le dos à quel- 
qu'un, Fennuyer. 

Scieur Q s.m. Scieur de bois, vio- 
loncelliste. 

Scion s. m. Couteau ou toute 
autre arme tranchante, canif, 
tranchet, etc. — # Coup de scion, 
coup de couteau. 

Scionner 00 v.a. Tuer avec un 
scion, v.c.m. 

Scionneur s. m. Meurtrier. — 
Assassin. — Celui qui tue avec un 
scion v.c.m. 

Scrupule Q s. m. Un scrupule = 
Une idée = Un soupçon, un peu. 

Scrutin Q s. m. Assister au scrutin 
de ballottage, plonger ses regards 
dans le corsage d'une femme dé- 
colletée. 

Séant s. m. Derrière. 

Seau s. m. — Etre dans le seau, 
être dans l'embarras. — Coup dans 
le seau, coup manqué. 

Sec0Oa.ets.m. || iMoTï.— ïlfait 
sec, il y a du danger || 2. Net. — 
En cinq sec, en cinq points net. 



— (mil.}£^re sec de, être privé de. 

— Fruit sec, individu qui, après 
avoir fait des études, ne réussit 
en rien de ce qu'il entreprend. 

— Etre à sec, ne plus avoir d'ar- 
gent; n'avoir rien à boire. 

Seccot s. m. Voy. Sécot. 

Sèche s.f. |1 1. Cigarette. || 2. 
# La sèche, la mort. || 3. 
Voy. Piquer. 

Sécher O v.a. |I 1 Boire. « Séc/ter 
un litre, une absinthe, etc. » || 2. 
Etre en prison. — Sécher quel- 
qu'un, l'importuner. — Sécher un 
devoir, ne pas le faire. — Sécher 
V école, ne pas y aller. — Sécher 
un élève, le refuser à l'examen. 

— Etre séché \\ 1. Echouer dans 
un examen = Piquer (v.c.m.) wne 
sèche. Il 2. Etre dégrisé, m. à. m., 
ne plus être mouillé. \\ 3. Subir 
une punition. 

Séchoir s. m. Cimetière. Vov. 
Sec (1) et Sèche (2). 

Sécot s.m = Seccot. Maigre. 

Secouer 0v.a. Arrêter. — O Se- 
couer quelqu'un, le réprimander; 
le maltraiter ; le battre. — Secouer 
la commode, jouer de l'orgue de 
Barbarie. — Secouer le petit 
homme, onanisme. — ^ Voler. 

Secousse s.f. La faire à la se- 
cousse, faire vite et mal. — Don- 
ner une secousse, mettre de l'ar- 
deur au travail. — // ncn a pas 
foutu une secousse, il n'a rien fait. 

— Prendre sa secousse, mourir. 
(Michel) 

Secrète # s.f. Lettre. 

Seigneur s.m. Seigiieur à mu- 
sique, assassin. — J.d.m. sur 
saigner. 

Seize O ^-n. Souliers seize, souliers 
trèsétroits. — J.d.m. 13et3 = 46. 

— Sur seize ! attention ! 
Select O a- ("choisi. — Distingué. 

— Le monde sélect, le grand 
monde. (Anglomanie.) 






I 



SEMAINE. 



— 267 — 



SERINETTE. 



Semaine s.f. Je ne suis pas de 
semaine = Je ne marche pas =^ Je 
ne veux rien savoir, refus de faire 
une chose. — La semaine des 
quatre jeudis, jamais. 

Semainier (thé.) s. m. Artiste du 
Théâtrc-Françaîs qui est chargé 
delà régie pendant, une semaine. 

Semelle s.f. Battre la semelle, 
vagabonder. — Chevaux à double 
semelle, jambes. 

Semer v.a. — Jeter à terre. — 
Terrasser. — Semer quelqu'un, se 
débarrasser de lui. « C'est un ra- 
seur, sème-le. » 

Séminaire # s. m. || 1. Bagne. 
Il 2. Gage à poulets. — Du lai. 
semen, seminis, graine : on met 
au bagne \a mauvaise graine {^\g.) , 
et le grain dans la cage à poulets. 

Semper = Semperlot (mil.) — 

s. m. Voy. Saint-Père. 

Sénaqui # s. m. Pièce d'or; (déf. 
du mot sequin). 

Sénat s. m. Cabaret de bas 
étage. 

Sénateur s. m. Se dit par ironie 
d'un bourgeois bien mis ou d'un 
pauvre déguenillé. Il existe un 
marchand de vin, faubourg du 
Temple, qu'on appelle le Sénat : 
c'est le rendez-vous des sénateurs, 
mendiants, faux estropiés, etc., 
etc. A proximité se trouve un éta- 
blissement du même genre appelé 
la Chambre des députés (1894). 

Sens s. m. Sens devant dimanche, 
sens dessus-dessous. 

Sensiblerie O s. f. Sensibilité mal 
placée. 

Sentinelle O s.f. Etron. = Senti- 
nelle perdue := Factionnaire. — 
Poser une sentinelle, faire ses be- 
soins en plein air. — (typ.) pi. 
Sentinelles, caractères tornbés de 
la forme qui restent debout. 

Sentir v.a,. et v.n. Q Ne pas pou- 
voir sentir quelqun, le détester. 



— Sentir le coude à gauche, 
s'entendre ; être en communion 
d'idées ; marcher d'accord. — Se 
sentir les coudes, se soutenir mu- 
tuellement, s'appuyer, s'ent'rai- 
der. — Ne plus te sentir, être 
gâteux. 

Sept O s. m. Crochet de chiffon- 
nior (allus. de forme). 

Sept-à-neuf Q s. m. Vêlement du 
malin pour la promenade à che- 
val. 

Séquence s.f. Cartes disposées dans 
un certain ordre pour faire gagner 
le banquier (arg. des joueurs). 

Séquencer v.n. Préparer les sé- 
quences, v.c.m 

Séquencier s. m. Tricheur. Voy. 
Séquence. 

Ser # s. m. = Sert. Signal entre 
voleurs et tricheurs. — Faire le 
ser, faire le guet; cligner de 
l'œil. 

Séraphins (St.-C.) s. m. pi. Elèves 
malades. 

Serard (B) s. m. Notaire. 

Serge s. m. Voy. Sergot. 

Sergent s. m. Sergent d'hiver^ 
soldat de !''« classe. — Sergent- 
major d'hiver, caporal. (Ils por- 
tent des galons de laine.) — Ser- 
gent de vieux, surveillant d'hô- 
pital. — Sergent de crottin, sous- 
officier de cavalerie. 

Sergolle 9 s.f. Ceinture. 

Sergot s. m. = Serge. Sergent 
de ville (abrév.). 

Sérieux 9 s. m. Médecin. 

Serin O s. m. || 1. Gendarme, jj 2. 
Niais. — Imbécile. 

Seriner v.a. # Divulguer. — Q Se- 
riner quelqu'un Il i. L'ennuyer de 
paroles. || 2. Le faire cocu== Se- 
riniser. 

Serinette # s.f. =: Chanteur, 
v.c.m. Enfant qui a plus de mé- 
moire que d'intelligence (Lar- 
chey) (il récite comme une seri- 



SERINGUE. 



268 — 



SEZIS. 



nette fait entendre un air quand 
on la met en mouvement). 

Seringue s.f. Machine à va- 
peur. — Seringue à rallonges, té- 
lescope. — Chanter comme une 
seringue^ chanter faux. 

Seringuinos s. m. Apothicaire. 

Serinisep Q v.a. Seriniser quel- 
qu'un, le faire cocu = Seriner. 

Serpent s. m. (écol.) || i. Faire un 
serpent, courir les uns derrière les 
autres et évoluer en une longue 
file qui serpente. ||2. Sergent 
dans les lycées (m. déf.), U 3. Cra- 
chat. (Michel) 

Serpentins % s. m. I| 1. Matelas. 
Il 2. O Bande de papier enroulée 
sur elle-même, qui se fait en 
couleurs variées et se lance dans 
la rue pendant les fêtes du car- 
naval (4 893). Voy. Confetti. « Pour 
que le gras carnaval, avec sa pan- 
tagruélique bedaine, réapparaisse 
aux yeux enchantés de ses sujets, 
il a suffi de la chaîne légère des 
souples serpentins. Ce sont les 
rênes qu'il tient en ses mains 
puissantes.. , ». Enkur, 3 mars 94.) 

Serpette (mil.) s.f. Jambe courte 
et arquée. 

Serpillière s.f. Robe commune. 

— Serpillière àratichon, soutane. 
La serpillière est une sorte de 
toile d'emballage. 

Serrante # s.f. || 1. Serrure. 

Il 2. Armoire. || 3. Ceinture. 
Serre # s.f. Prison. 
Serré O a. || d. Avare, j] 2. Gêne. | 

— Pauvre. 

Serrepogne s. m. Bracelet. — [ 
Menottes. 

Serrer # v.a. || 1. Voler. [] 2. Met- 
tre en prison. — O ^^ serrer == 
Serrer le brancard, la cuiller, les 
phalanges, la pince, etc., donner 
la main. — Serrer la croupière, 

■ surveiller, tenir sévèrement. — 
Serrer les fesses, avoir peur. — 



Serrer le nœud, se marier. — Ser- 
rer la vis, la gargamelle ou le 
quiqui, étrangler. — Se seirer la 
vis, se pendre, se restreindre ; se 
priver. 

Serrure O s.f. Avoir la serrure 
brouillée, avoir Félocution con- 
fuse. — Laisser la clef à la ser- 
rure, avoir un enfant par surpri- 
se. — Mettre un cadenas à la 
serrure, s'abstenir de l'amour. 

Sert % s. m. Voy Ser. 

Servatoire Q n.pr. La petite Ser- 
vatoire est fille de concierge ; 
elle a de la voix et de l'ambition ; 
elle pianote dans la loge et finit 
par pénétrer au Conservatoire ; 
elle devient maniérée, préten- 
tieuse ; elle sait tout, elle connaît 
tout, arrive à ses examens à peine 
dégrossie, empoche un prix ou 
un accessit si elle a des qualités 
naturelles ; et un tiers d'entre 
elles se fiche de Fart pour se lan- 
cer dans la galanterie. (Guillaume 

LiVET.) 

Serviette O s.f. || 1. Portefeuille 

Il 2. # Canne en jonc. 
Servir 0v.n. || 1. Arrêter. — Saisir. 

Il 2. Dénoncer. — Trahir. — 

Servir de belle, dénoncer à faux. 

Il 3. Servir le trépe, faire ranger 

la foule. Il 4. Frapper. — Tuer. 

— Servir un pante à la dure, tuer 

un bourgeois. 
Sésière=: Sésigue pron. pers. 

Voy. Sezis. Lui. — Elle. 
Seuf (écol.) a. Faire le seul homme 

= Monôme, v.c.m. 
Sévère # s. m. Propriétaire — Q 

adj. En voilà une sévère! c'est ini- 
maginable. 
Sèvres n.pr. m. Passera Sèvres,. 

ne rien recevoir; (être sevré). 
Sexe s. m. Individu du troisième 

sexe, pédéraste. 
Sezis (B) pron. pers. Voy. Sésière. 

Lui. 



i 



SHAMPOOING. — 269 



SIROTEUR. 



Shampooing Q s. m. Lavage et 
friction de la tête. 

Shocking Q a. Cest shockmg ! 
c'est clioquant, révoltant. 

Shockiner (se) v.pr. \o\.Shocking. 
Se révolter. — Se froisser. — Se 
formaliser. 

Shooter (sport) s.m. Membre 
d'une société de tir aux pigeons. 

Shooting (sport) s.m. Tir aux pi- 
geons. 

Siam s.m. Boutiquier. 

Siamois (les) # s.m. pi. Les tes- 
ticules. 

Siante # s.f. Chaise. 

Sibiche:=rSibigeoise= Sibije0 
s.f. Cigarette. 

Siester Q v.n. Faire la sieste. 

Sieurs (V) s.m. pi. || 1. Seigneurs. 
Il 2. Les pendus (iron.). 

Siffle # s.f. Voy. Si/flet. 

Siffler v.n. et v.a. Siffler au 
disque, jjl. Demander de Tar- 
gent. Il 2. Faire un appel. — Tu 
peux siffler î = Tu peux te fouil- 
ler, v.c.m. — Siffler un verr^, 
boire un verre (l'envoyer dans le 
sifflet, v.c.m.). voy. Disque. 

Sifflet s.m. Gorge = Siffle. — 
S'affûter ou se rincer le sifflet, 
boire. — Couper le sifflet à quel- 
qu'un, lui couper la gorge. — O 
Sifflet d'ébène, habit noir de cé- 
rémonie (allus. de forme). 

Sigle = SigoUe == Sigue % s.m. 
Pour Cigale, pièce de vingt 
francs. 

Silence s.m. Huissier audien- 
cier. (Il crie : Silence !) 

Silo (mil.) s.m. Mettre au silo, 
punition barbare, autrefois en 
usage dans l'armée d'Afrique. 
Elle consistait à enterrer le pa- 
tient jusqu'au cou en laissant la 
tête exposée aux ardeurs du so- 
leil. 

Sime s.f. La patrouille. 

Simonner v.n. Tromper. — Es- 



croquer. — Mendier. (Allus. à 
Simon, l'usuiier de l'évangile.) • 

Simonneur # s.m. Trompeur. — 
Escroc. — Mendiant. 

Simper s.m. voy. Saint-Fère. 

Simple # s.m. Voy. Sinve. 

Sinade # s.f. Ta&ac à priser. — 
Siner est un son nasal, congénère 
de celui de sentir. On aspire le 
tabac, acte semblable h celui de 
respirer un parfum. [TimmermansJ 

Sindom # s.m. voy. Saindom. 

Singe, esse s.m. || 1. Chef. — 
Maître. — Patron. — Mari. — 
Prolecteur d'une femme entre- 
tenue. — Le grand singe, le chef 
de l'Etat. Singe à rabat, prêtre. 
— # Singe de la rousse, chef de 
la police. |j 2. Compositeur d'im- 
primerie. — Faire le singe, at- 
tendre en allant et venant. — Q 
Singe botté, farceur, individu 
drôle, amusant. — Paijer enmon- 
naie de singe, promettre de payer, 
avec des paroles et des gestes 
persuasifs. 

Sinve s.m. Simple. — Naïf. — - 
Niais. — Innocent. — Bon à voler. 
— A/franchir un sinve, déniaiser; 
mettre au courant du métier de 
voleur. — Faire le sinvCy avoir 
peur; faire l'innocent. 

Sinverie =^- Sinvinerie s. t. 
Niaiserie. — Bêtise. 

Sinvine s.f. Niaise. — Bête. 

Sionnerv.a. Yo\. Scionjier. 

Sire (V) s.m. Seigneur. 

Sirop s.m. Avoir un coup de 
sirop, être légèrement ivre. — 
Sirop de Vaiguière, de grenouille, 
eau. — Sirop de baromètre, mer- 
cure. — Sirop de crapule, eau- 
de-vie. 

Siroter Q v.a. H 1. Savourer « Si- 
roter le bonheur. » || 2. Boire. — 
On va siroter une négresse, on va 
boire une bouteille de vin. 

Siroteur, euse s. Buveur. 



SISYPHE. 



2-0 



SŒUR. 



s.f. Araignée 



qui 



Sisyphe 

met dans les corniches, 

Sit nomen s. m. Argent mon- 
nayé. — Abrév. de Sit nomen Do- 
mini benedictum, inscription qui 
se trouvait sur les écus à Teffigie 
de Louis XV et de Louis XVL 

Sitrin a. Noir (Michel). 

Sitron # a. Sur, acide. (Pour 
citron.) 

Situation Q s.f. Situation ou posi- 
tion intéressante, état de gros- 
sesse. 

Sivage s. m. Voleur au sivage= 
Siveur, dévaliseur de poulaillers, 
(voleur de sives. v.c.m.) 

Sive # s.f. Poulet. — Volaille. 
— Pour cive; en holl. kip, vo- 
laille, poule, à proprement par- 
ler, chapon, dont cive est une 
var. En holl. on dit kipper et 
kappen, couper. [Timmermans] 

Siveur # s. m. Voy. Sivage. 

Six O ^■^- Six et trois font neuf = 
Cinq et trois font huit, boiteux. — 
A la six-quatre-deux, sans soins, 
mal fait. 

Six francs s. m. Passe-carreau. 
(arg. des tailleurs.) 

Sixième s. m. Haute' casquette 
de soie noire dite à ponts. 

Skatinage Q s. m. Patinage à rou- 
lettes. 

Skatineur, euse s. Q Patineur à 
roulettes. 

Skating = Skating rings. O"^- 
Enceinte pour le patinage. — 
Mots ang., skate, patin, et ring, 
cercle. 

Slasse # a. et s.f. Ivre = Slassi- 
que. — Ivresse. — Pour soûlasse, 
de soûl. 

Slasser v.a. Voy. Slassiquer. 
Soûler (abrév. de" soulasser). 

Slassique % a. Voy. Slasse. 

Slassiquer # v.nl Voy. Slasser. 
S'enivrer. 

Smalah Q s.f. Famille. — Il a dé- 



barqué chez moi avec toute sa 
smalah, il est arrivé chez moi 
avec toute sa famille. 

Snob s. m. || 1. Individu van- 
tard et arrogant qui se croit une 
valeur qu'il n'a pas. — Celui qui 
s'illusionne et dont les idées sont 
étroites. || 2. a. Excellent = Sno- 
boye, v.c.m. « Pas un snob — oh ! 
non î — mais tout de même un 
bonzig!» (Séverine.) || 3. Elé- 
gant excentrique ou ridicule. 
« Cela ne peut manquer de réjouir 
nos snobs, instinctivement fanati- 
tiques des modes et coutumes 
importées d'outre-Manche. » 

Snobisme s. m. Voy. Snob (1). 
Etroitesse d'esprit. 

Snoboye0a. €hocnosoff=Snob{2) 
Excellent. — Du skt snih, ai- 
mer. 

Soc s. m. Voy. Démoc. Abrév. 
de socialiste. 

Soce s.f. Abrév. de société. 

Sociale (la) s.f. La République 
socialiste. 

Société O s.f. Etre de la Société 
du doigt dans l'œil, s'illusionner 
sur sa valeur personnelle. — So- 
ciété d'admiration mutuelle, cote- 
rie littéraire ou artistique. 

Sœur s.f. Maîtresse. — Sœur de 
maîtresse d'un homme marié (elle 
est la sœur de lit de sa femme). 

— Sœurs (B) pi. Cuisses, fesses. 

— % Sœurs blanches. Dents. — 
Sœur de charité, voleuse qui quête 
à domicile pour de fausses bon- 
nes œuvres. — Et ta sœur? Cette 
phrase a d'abord été une réponse 
à une grossièreté populaire qui 
se disait même sans intention 
malveillante. « Bougre d'enfant de 
garce ! » — Et ta sœur ? et le dia- 
logue continuait sur ce ton pour 
dégénérer quelquefois en rixe. 
Peu à peu cette réponse : Et ta 
sœur ? s'est faite à propos de tout 



SOIE. 



271 



SON. 



et de rien et n'a plus aujourd'hui 
qu'un sens banal. 

Soie s.f. Habillé de soie, co- 
chon. — Fil de soie^ voleur. 

Soif s.f. Il fait soif, nous avons 
soif. — Boire jusqu'à plus soif, 
boire à discrétion. 

Soiffard, arde0s. Voy. Soiffeur. 

Soiffer v.n. Boire beaucoup. 

Soiffeur, euse s. ^ Soiffard. 
Buveur, (en ail. Sàiifer, m. s. Ce 
mot semble plutôt dériver de 
soif). 

Soigné O ^' ^" soigné, bien fait ; 
bien appliqué. — Tu vas payer 
une tournée soignée, tu vas réga- 
ler sérieusement. 

Soigner Q v.a. Soigner quel- 
qu'un, le battre, le corriger. — 
(thé.) Soigner un acteur, se dit 
en parlant de la claque qui l'ap- 
plaudit. — Soigner les entrées, 
applaudir à l'entrée en scène. — 
Soigner Venfant, applaudir une 
pièce nouvelle. 

Soir eux Q s.m. voy. Cercleux. 

Soiriste O s. m. Celui qui fait les 
comptes rendus des soirées théâ- 
trales. 

Soissonnais s. m. Haricot. 

Soixante-neuf Q Double contre- 
sens qu'a omis de signaler Dorât 
dans son poème des Baisers. (Ri- 
gaud) 

Soldat s, m. Soldat du pape, 
mauvais soldat. — # Des soldats, 
de l'argent. — Faire soldat, as- 
sister au partage d'un vol sans y 
participer. « Le Rouquin voulait 
me faire soldat, mais comme il 
sait que j'en connais long sur lui, 
il m'a donné un vêtement qu'il 
venait d'acheter et cinq francs. » 
(Le crime de Maisons-Laffitte, 
1893. Interrogatoire du Petit- 
Chariot.) 
Solde O s. m. Marchandise démo- 
dée, hors de saison, avariée. — 



Chose de peu de valeur ou de 
mauvaise qualité. 

Solder Q v.a. Acheter ou vendre 
au rabais. 

Soldeur Os. m. Individu qui ach^fe 
les soldes (v.c.m.) et revend au 
rabais. 

Soleil O s. m. Avoir un coup de 
sdeil, être gris. — Receooir un 
coup de soleil, devenir subite- 
ment amoureux. — Piquer un so- 
leil, rougir. 

Soliçage s. m. Vente. 

Solicer # v.a. || i. Vendre. || 2. 
Voler. 

Soliceur, euse # s. Marchand. — 
Soliceur au trimard, marchand 
ambulant. — Soliceur à la poqne, 
marchand qui vend des objets 
qu'il tient dans la main, anneaux 
bf-isés, lacets, boulons, papier à 
lettres, cirage, etc., etc., à deux 
sous la poignée. — Soliceur à la 
goure, marchand qui trompe. — 
Soliceur de zif, escroc qui se fait 
donner un acompte sur une mar- 
chandise fictive qu'il ne livre ja- 
mais. — Soliceur de pognon, ban- 
quier. — Soliceur de lacets, gen- 
darme. — Soliceur de lofitudes, 
journaliste. 

Solir # v.a. Vendre. — Solir 
sur le verbe, vendre à crédit. 

Solitaire Q (thé.) s.m. Claqueur 
isolé. 

Sombre (la) s.f. La préfecture 
de police. 

Sombriole s.f. Nuit très som- 
bre. 

Sommeil s.m. Marchand de 
sommeil, logeur à la nuit. 

Sommier 0^s.m. Sommier de ca- 
serne, prostituée qui fréquente 
les soldats. 

Somno s.m. Chambre à cou- 
cher. 

Son s.m. Boule de son, visage 
couvert de taches de rousseur. — 



SONDE. 



— 272 ~ 



iOHTlU, 



Eternuer dans le son, être guil- 
lotiné. 

Sonde s.f. Médecin. — Etre à 
la sonde, être rusé, malin. 

Sonder 0v. a. Fouiller. — Obser- 
ver. — Espionner. 

Sondeur O a. s.m. 1| 1. Ob- 
servateur. — Chercheur. — Agir 
en sondeur, aller aux rensei- 
gnements; faire une chose avec 
prudence ; s'enquérir. — Père 
sondeur, juge d'instruction. — 
Avocat sondeur, procureur de 
la République. — Les sondeurs, 
les agents de la police de sûreté. 
Il 2. Employé d'octroi (il sonde 
les voitures et les tonneaux). 

Sonne (la) # s.f. La police. 

Où qu'vous ni'cmm'ncz, messieurs d'ia sonne 
Quoi ? vrai \ vous allez m'ramasser ? 

[Chans. des Gueux.) 

Sonner % v.n. v. a. et v. pr. As- 
sommer. — Cogner la tête contre 
le mur ou les pavé§ (la tête fait 
alors comme le battant d'une clo- 
che). — Mendier — $e la sonner, 
bien manger. 

Sonnette s.f. || 1. Argent mon- 
nayé (il sonne). |12. Gardienne 
de Saint-Lazare. || 3 (typ.) Ca- 
ractères tombés de la forme el 
qui restent debout. 

Sonniaire # pron. pers. Lui. — 
Cest pour son niaire, c'est pour 
lui. 

Sophie O n.d.b.f. Faire sa Sophie, 
faire la prude. — Voir Sophie, 
avoir ses menstrues. — Sophie de 
carton, femme qui pose à tort 
pour la vertu. 

Soque s.m. Ouvrier qui devient 
chiffonnier par nécessité. 

Sorbonne 0# s.f. Tête. — Cer- 
veau. 

Sorbonner # v.n. Penser. — Rai- 
sonner. 

Sorgabon % irit. Bonsoir (déform. 
de bonne sorgue, v.c.m.). 



Sorgue # s.f. La nuit. — Le soir. 

— La brune. — Refaire de sor- 
gue, souper. — On écrivait sor- 
gue au moyen âge et l'on pro- 
nonçait sorne (v.c.m.) qui se 
trouve dans le dict. de Nicot : Le 
vrai thrésor de la langue fran- 
çoise (Paris, 1606, in-fol. B.N.\ 

— Du préfixe privatif s et du skt. 
arka, soleil (Burnouf). 

Sorguer # v.n. || i. Dormir. |1 2. 
Passerla nuit, veiller, jj 3. Sorguer 
à la paire, coucher dans un hôtel 
garni et s'en aller sans payer. 

Sorgueur s.m. Voleur de nuit. 

Sorio (polyt.) s.m. Pot de chambre. 

Sorlot # s.m. Soulier. — Sorlet, 
m. s. en patois du Nord. 

Sorne # (V) s.f. = Sorgue, v.c.m. 
Il 1. La nuit. — Le soir. — La 
brune. 

Sur la sorgue que sires sont rassis. 

(VlLLO.X.) 

Il 2. Noir (par cxt. du sens pré- 
cédent). — Nous avons en fr. le 
mot sai^r, brun, sombre ; cheval 
saur, cheval brun; hareng saur, 
harengfumé qu'on appelle sauret 
dans le patois du Nord. Enfin le 
mot sournois désigne un individu 
qui agit dans l'ombre. 

SornilTer (V) v.n. Voler la nuit. 

Sort O s.m. Faire un sort, em- 
ployer, utiliser ; prendre, saisir. 
« Tu joues la manille de carreau ? 

— Je lui fais un sort, je coupe. » 
Sorti O a- Etre sorti, être distrait 

(la pensée est absente). 

Sortie Q© s.f. Faire une sortie, 
diatribe, critique amère, ré- 
ponse violente. (( Il nia fait une 
sortie dont je me souviendrai. » — 
Sortie de guinche, canapé, divan 
(on va sur les divans en sortant 
du bal). 

Sortir v.n. II est à CMpital, il 
n'en sortira que les pieds devant, il 



SOUCHE. 



273 — 



SOUPÇON. 



n'échappera pas à la mort, il sor- 
tira dans un cercueil. — Je sors 
iVen prendre, j'ai déjà vu cela, 
j'en ai assez ; j'en ai essayé. 

Souche s.f. Fumer une souche, 
être enterré. 

Soudard (mil.) s. m. Vieux sou- 
dard, vieux soldat. 

Soudrillard # a. et s. m. Libertin. 

Soudrille (mil.), s.f. Soldat libertin 
ou fripon. 

Soue (V) s.f. Etablc à porcs. 

Dans la soue aux cochons 
Il m'a tant bousculée. 

{Chans. du Maine.) 

Soufûant # s.m. Hl. Pistolet. 
11 2. Cor de chasse. 

Soufflante # s.f. Trompette. 

Souffler v.a. etv.n. O Souffler des 
pois, faire l'important (se gonfler 
d'orgueil et en lancer des bouf- 
fées). — Souffler dans des vessies 
trouées, se donner beaucoup de 
peine inutilement. — Souffler sa 
veilleuse, mourir. — Souffler son 
copeau, travailler. — Souffler 
quelqu'un, l'arrêter, l'enfermer. 
a La police Va soufflé, » — (Obsc.) 
Souffler dans le poireau, lat. 
fellare. — # Souffler mal, avoir 
de mauvaises intentions. 

Soufflet Derrière. — Donner 
un soufflet a sa pelure, retourner 
son vêtement. 

Souffleur s.m. (thé.) Prendre au 
souffleur, attendre sa réplique du 
souffleur. — Souffleur de bou- 
din, individu qui a le visage 
rouge et bouffi. — Souffleur de 
poireau, musicien. 

Souffrante s.f. Allumette chi- 
mique (elle est soufrée). =: Souf- 
frante perlée. 

Souflard (B) s.m. Maréchal. 

Souillarde # s.t. Blouse de tra- 
vail (que l'on souille). 

Souillon O s. 2g, = Sousouille. 
Individu malpropre. 



Soûl O^^- Soûl comme un Polonais, 
complètement ivre. — AUus. au 
goût d'un roi de Pologne, Au- 
guste III, pour les liqueurs fortes : 

Quaud Auguste avait bu la Pologne était ivre. 

— Compartiment des femmes soû- 
les, soûles est ici employé pour 
seules (iro.). 

Soulager # v.a. Débarrasser. • 
Dévaliser. — Soulager quelqu'un 
de son porte-monnaie, lui voler 
son porte-monnaie. 

Soûlasse # s.f. ||1. La grande 
soûlasse, assassinat. — Maquiller 
la grande soûlasse sur le tnmar, 
assassiner sur la grand'route. jl 2. 
Filou. — Tricheur. (| 3. Traître. 

Soulever v.a. Dérober. 

Soulier s. m. Soulier seize, soulier 
très étroit(j.d.m. : 13 et 3 = 16). 

— Soulier vingt-cinq, soulier 
neuf et très étroit (j.d.m. : 9 et 13 
et 3=25. 

Souligner O v.a. Faire remarquer. 

— (thé) Souligner un effet, ac- 
centuer une phrase, un mot avec 
l'intention de le faire remar- 
quer. 

Soulographe s.m. = Soulot- 
teur. Ivrogne. Celui qui a l'habi- 
tude de s'enivrer. 

Soulographie s.f. Orgie. — 
Ivrognerie. 

Soulographier (se) v.pr. Se 
griser, s'adonner à la boisson. 

Souloir # s.m. Verre. — Souloir 
des ratichons, calice. 

Soulouque O s.m. Cinq-six au jeu 
de dominos (il est très noir, 
comme l'empereur nègre de ce 
nom). 

Soulotteur s.m. Voy. Soulo- 
graphe. 

Soupape s.f. Serrer la soupœpe, 
chercher à étrangler. -- Faire 
cracher ses soupapes, s'enivrer. 

Soupçon O s.m. \oy.Strupule. 

18 



SOUPE. 



— 274 



SOUVEiNT. 



Soupe 00 s.f. Soupe au lait, in- 
dividu qui s'emporte facilement. 
Soupe de perroquet, pain trempé 
dans le vin. — Faire manger à 
quelqu'un la soupe au poireau, le 
faire attendre. Voy. Poireauter. — | 
Manger une soupe aux herbes, 
dormir sur Therbe. — Tremper 
une soupe à quelqu'un, le battre. 
— La soupe et le bœuf, bourgeoi- 
sement, modestement. — Fin 
de la soupe, exécution capitale. 

Soupe adv. Assez ! — J'en ai 
soupe, j'en ai assez. — J'ai soupe 
de ta fiole, de ta tronche, j'ai 
assez de ta figure, je t'ai assez vu 
(le souper est le dernier repas du 
jour). ' 

Soupente s.f. Ventre. — Vieille 
soupente, vieille prostituée. 

Soupe - sept - heures s.m. 
Homme régulier dans ses habi- 
tudes. — Maniaque. 

Soupeser Q)\.a. Se faire soupeser, 
se faire réprimander. 

Soupir O s.m. Soupir de Bacchus, 
rot, hoquet. 

Soupirer O v.n. Laisser échapper 
un vent. 

Souple # a. Bleu. 

Souquer. v.a. Battre. — Se- 
couer. 

Sourde s.f. Prison. 

Sourdelle % s.f. La potence. 

Sourdine s.f. En sourdine, à la 

sourdine, en cachette. — # Voler 

• à la sourdine, endormir la victime 

à l'aide d'un narcotique avant de 

i- la dévaliser. 

Sourdoche s.f. Lanterne. 

Souricière O s.f. I| 1. Endroit sur- 
veillé parla police, qui y tend des 
- pièges aux malfaiteurs, y établit 
des' souricières. \\ 2. Dépôt de la 
préfecture de police. 

Souris s.f. Baiser sur l'œil. — 
Faire la souris, voler adroitement 
dans les poches. — Faire la souris 



le long de la jambe = Voy. Pe- 
loter. 

Sous-dern (écol.) s.m. Avant-der- 
nier. 

Sous-lieutenant s.m. Faux der- 
rière, tournure. 

Sous-maîtresse s.f. Surveil- 
lante de maison publique. 

Sous-marin Q â. Gentilhomme sous- 
marin, souteneur. 

Sous-merde s.m. Individu ou 
chose au-dessous de tout. 

Sous-off (mil.) s.m. Abrév. de 
sous-officier. 

Sous-officier O s.m. Tournure, 
faux derrière. 

Sous-pied s.m. Morceau de 
viande dur comme du cuir. 

Soussouille a. et s 2 g. = Souil- 
lon, v.c.m. (m. à. m., sous-souil- 
lon. 

Sous-ventrière s.f. Ceinture. 
— Echarpe. — Tu t'en ferais péter 
la sous-ventrière =: Tu fen ferais 
craquer la ceinture, tu rirais trop, 
tu serais trop content. 

Sous-verge (caval .) s.m. En 
sous-verge, en sous-ordre ; com- 
mander en second. 

Soutados # s.m. z= S outellas. Ci- 
gare d'un sou (iro.). 

Soute s.f. Soute au pain, esto- 
mac. 

Soutellas s.m. ^ Voy. Souta- 
dos. 

Soutenante # s.f. || 1. Canne. {| 2. 
Bretelle. 

Souteneur O s.m. Celui qui vit 
aux dépens des prostituées, et 
qu'on appelle ainsi parce qu'il est 
censé les soutenir quand elles sont 
insultées. 

Soutirantes s.f.pl. Bottes. , 

Soutirer O v.a. Extorquer. — 
Soutirer au caramel, extorquer de 
l'argent par des moyens douce- 
reux. 

Souvent adv. Plus souvent, ja- 



SOYEUX. 



— 275 



SUAGE. 



mais (expression de refus). — 
Plus souvent que je casquerais, je 
ne veux pas payer. 
Soyeux Q s. m. Employé à la vente 
de la soierie. — Chef soyeux, chef 
du rayon de soieries. 
Spade O s.f. Epée (vx mot qui a fait 
s})adassin, ferrailleur, traîneur 
d'épée). 
Speck # s. m. Lard (ail. m. s.). 
Spectre Q s. m. Spectre de banco, 
joueur ruiné (j. d. m. sur banco). 
Speech Q s. m. Allocution, discours 

(mot ang.). 
Spélicans( V)s. m. pi. Spoliateurs. — 
Du lat. spilucare, éplucher, tour- 
menter. 
Sper s. m. Fer à repasser encore 

chaud, (arff. des tailleurs). 
Spickel (polyt.) s.m. Epée de salon. 
Spirite O a- et s. 2 g. Adepte du ' 
spiritisme, v.c.m. « Doctrine spi- 
rite. Revue spirite. » 
Spiritisme Q s.m. Le spiritisme 
est la doctrine fondée sur Texis- 
lence, les manifestations et ren- 
seignement des Esprits. 
Spispouf s.m. Polisson (de l'ail. 

Spitzbube, m. s.). 
Spleen Q s.m. Ennui. — Mélan- 
colie. — Mot ang. qui signifie 
rate, bile, haine, dégoût; du gr. 
-XtjV ; les anciens croyaient que 
la rate était le siège de la bile 
noire ou mélancolie. 
Sport O s.m. Le sport a d'abord 
désigné en France l'ensemble des 
opérations concernant les courses 
de chevaux, puis ce mot a désigne 
tous les genres d'exercices physi- 
ques, canotage, vélocipcdie, 
chasse, etc. 
Sportif O a. Journal ou courrier 
sportif, qui s'occupe de sport, 
v.c.m. 
Sportsman Q s.m. Individu qui 

s'occupe de sport, v.c.m. 
Square Q s.m. Jardin public. — 



De l'ang. square, place carrée. 
Stafer v.a. Dire. 
Stalie (thé.) s.f. Fauteuil. — Place. 
Stand O s.m. Champ de tir. — De 

Tall. Stand, place. 
Staricles (V) s. m. pi. Gens de jus- 
tice. 
Starter (sport) s.m. Celui qui 
donne le signal pour le départ des 
chevaux. 
Statufier Q v.a. Elever une statue. 
Steamer Q s.m. Bateau à vapeur 

(mot. angl., de steam, vapeur). 
Steppage (sport) s.m. Dressage 

d'un cheval de courses. 
StepperQs.m. Cheval de courses. 
Sterling a. De premier ordre. 

— Excellent. 
Stick O s.m. Canne très mince. 
Stock O s.m. Fonds considérable 
de marchandises. — Provision 
(mot ang. m. s.). 
Stoper O v.n. Arrêter. 
Store O s.m. Paupière. — Baisser 

les stores, baisser les yeux. 
Strapontin Q s.m. = Polisson. 

Tournure, faux derrière. 
Stroc # s.m. Setier. = Demi-stroc, 

demi-setier. 
Stropiat s.m. Estropie.— Men- 
diant estropié. 
Stuc # s.m. Part de vol. 
Stucquer va. et vn. Renseigner. 
— Commenter. — Documenter. 
Stuquer v.a. Partager. 
Style s.m. Argent. — Avoir du 
style, être bien mis, avoir de la 
distinction. 
Stylé O a. Bien habillé. 
Styliste Q s.m. Ecrivain qui ne 

s'occupe que de la forme. 
Suage s.m. Assassinat. — Ma- 
quiller un suage, assassiner, — 
Le suage ou chauffage était une 
torture qui consistait à brûler les 
pieds du patient. Les Chauffeurs 
étaient des bandits de grand che- 
min qui employaient ce supplice 



SUAGEUR. 



276 — SUIVEZ-MOI. 



pour faire dire à leurs victimes où 
était leur argent. 
Suageur # s. m. Assassin. Voy. 

Suage. 
Sublime s. m. Ivrogne fieffe. — 
Allus. à la sublimation, sorte de 
distillation, (iro.) 
Sublimer Qy.n. et v.pr. Travailler 
la nuit. — Se sublimer, s'élever 
au plus haut degré dans l'avilis- 
sement. 
Sublimeur O s. m. Elève studieux. 
Subtil # a. Dur. 
Subtiliser v.a. Dérober. — 
Subtiliser une femme, la séduire. 
Suce-larbin % s. m. Bureau de 

placement. 
Sucer v.a. et v.pr. Sucer wi 
verre, boire un verre, — Se sucer 
le caillou, la pomme ou le trognon, 
s'embrasser. 
Sucre 0O s. m. Cest un sucre, 
c'est bon. — (thé.) Manger du 
sucre =: Boire du lait, être 
applaudi, avoir du succès. — 
.Sucre! int., merde! — Casser du 
sucre, dénoncer; dire du mal. — 
Sucre à cochon, sel. — # Sucre 
de pomme, pince à effraction. 
Sucrée Q s. f. Faire la sucrée , 
femme qui montre de l'affectation. 
Sucrer Q v.a. |1 1. Maltraiter. || 2. 
Donner de l'argent. — Mettre de 
l'argent au jeu. 
Suée0s.f. Réprimande. — Donner 
/a SMée, corriger. — Suée de monde, 
foule de monde. 
Suer v.n. et v.a. # Tuer. — Faire 
suer un chêne, tuer un homme ri- 
che. — Du skt. sud, tuer. — JSn 
suer une, (s. ent. valse, polka, etc.) 
. en danser une. — O Faire suer 
quelqu'un, l'importuner, l'en- 
nuyer. — Tu me fais suer! tu 
m'ennuies. — Faire suer, faire 
donner de l'argent; se faire donner 
sa part d'un vol. — Faire suer sur 
le grand trimar,. voler sur la 



grand'route. — Q Faire suer son 
argent, iprèter à un taux usuraire. 
— Faire suer le bonhomme, souti- 
rer de l'argent à un naïf. — (thé.) 
Faire suer le lustre, jouer très 
mal un rôle. — Faire suer Thémia, 
donner de la peine aux gens de 
justice. 
Suerie (V) s.f. 1| 1. Action de tuer. 
Voy. Suer. 

A l'assaut ! tost, sans suerie. 
Sans effusion de sang. 

(Villon.) 

Il 2. Action de suer. « J'ai achevé 
ma douche et ma suerie. » 

(M™e DE Sévigné, 1676.) 

Suffisance s.f. Avoir sa suffi- 
sance, avoir le nécessaire. 

Suie s.f. Jean de la Suie, ramo- 
neur. 

Suif s.m. ||1. Réprimande. — 
Gober son suif, être réprimandé. 
Il 2. Etre tout en suif, être très 
gras. Il 3. Argent. || 4. Faire en 
suif, tricher au jeu. || 5. Le suif, 
la Grèce, le monde des grecs 
(tricheurs) (j. d. m. sur graisse = 
suif). Il 6. Distingue. 

Suififard=:Suiffé a. et s.m. 
Il 1. Distingué, élégant. — Femme 
suiffée, femme élégante. || 2. Grec, 
tricheur. 

Suiffée s.f. Raclée. 

SuifTerie s.f. Tripot rempli de 
grecs; (par j.d.m. sur Grèce, 
graisse). 

Suisse O s.m. Faire suisse, boire 
seul. — Dans le corps des Cent- 
Suisses au service des rois de; 
France chacun mangeait isolé- 
ment. 

Suissesse0 s.f. Absinthe mélangée 
avec de l'anisette. 

Suiveur s.m. Individu qui suit 
les femmes sur la voie publique, 
souvent il les précède; on le 
nomme mieux pisfewr. 

Suivez-moi,jeune homme Q s.m. 



SULTAN, 



— -277 — 



TABAC. 



Longs rubans pendants sur le dos 
des dames. 

Sultan (thé.) s. m. Le public. 

Superlificoquentieux =1 Super- 
lificoquentiel O ^- Superlalive- 
mentbeau. — On trouve dans Ra- 
belais le moi supercoquelicantieux. 

Supin # s. m. Soldat. (Michel) 

Sur O s.f. Voy. Surse. 

Surbin s. in. Surveillant. — Ins- 
pecteur. 

Surbine # s.f. Recherche. — Sur- 
veillance. — Etre en surbine, être 
en surveillance. 

Surbiner # v.n. Surveiller. 

Surclouer v.a. Renouveler une 
reconnaissance du mont-de-piété. 

Surcroît s. m. Avoir un surcroît 
de bagage, être enceinte. « Il Va. 
lâchée avec tes bâtards... et tu en 
as fait crever trois autres parce 
que tu ne voulais pas de surcroît 
de 6«(7fl(7e pour venir. » (E. Zol.\.) 

Sûreté # s.f. Police de sûreté. 

Surette # s.f. Pomme. 

Surfine # s.f. z^So-mî* de charité, 
v.c.m. 

Surgerbement # s. m. Condam- 
nation en appel. 

Surgerber # v.a. Condamner en 
appel. 

Surin # s. m. Couteau. 

Si j'ai pas Trond, mon surin bouge. 

{Chanson des Gueux.) 

— Double surin, couteau catalan. 

— Swin muet, coup-de-poing, 
casse- tête. Yov. Suriner. 



Suriner % v.a. Tuer à coups de 
couteau. — Du skt. curi, couteau ; 
cur, frapper. (Burnouf) 

Surineur s. m. Assassin. Voy. 
suriner. 

Surmouleur Q s. m. Mauvais écri- 
vain ; (qui imite les défauts des 
autres en les exagérant). 

Surrincette Q s.f. Verre de li- 
queur après la rincette, v.c.m. 

Surse O s.f. ^ Sur. Faire la surse, 
faire le guet. — Abrév. de sur 
seize! attention! 

Surtaille (la) # s.f. La police. 

Sydonie s.f. Tête de bois pour 
mettre les perruques. 

Sylphider (se) v.pr. S'échapper 
vivement et sans bruit. 

Symbole Os.m. || l.Tête. H 2. Cha- 
peau. Il 3. (typ.) Crédit (allus. au 
symbole des apôtres ou credo pour 
crédit). 

Synagogue Q a. Analogue. — Sy- 
nonyme. — Semblable. — Cest 
synagogue, c'est la même chose. 

Syntax Q n.pr.m. Docteur Syntax, 
professeur, (arg. ang.) 

Système s.m. (St-G.) Père Sys- 
tème, le premier de la promotion. 

— Agacer le système (s.-ent., ner- 
veux), ennuyer, énerver. — Ça 
me tape sur k système, (^d. m'énerve. 

— Se faire sauter le système, se 
tirer une balle dans la tête. — 
S''en faire péter le système, se 
fatiguer, s'énerver pour une 
chose. 



Tabac s.m. Passer à tabac, bour- 
rer, repousser brutalement, mal- 
traiter. {Bourrer une pipe, la 
remplir de tabac : de là l'expres- 



sion qui signifie être bourré de 
coups comme une pipe bourrée 
de tabac. D'après A.Timmermans, 
cette expression dériverait par 



TABAR. 



278 



TALBINÉ. 



j.d.m. de chiquer, frapper, chican, 
marteau, avec chiquer, mâcher 
du tabac. — Tomber dans le ta- 
bac, être dans la détresse. (J.d.m. 
il est à bas.) — Avoir du tabac = 
Avoir dwcofow, causer de la peine, 
susciter des embarras ; (c'est l'é- 
quivalent de Texpression acadé- 
mique : avoir du fil à retordre.) 
— Donner du tabac à quelqu'un, 
le battre. — Fourrer dans le tabac, 
mettre dans Tembarras. 

Tabar = Tabarin s. m. Man- 
teau. — Anagramme de rabat, 
manteau du xv« siècle. 

Tabatière s. t. Derrière — Ou- 
vrir sa tabatière, lâcher un vent ; 
(offrir une prise.) (iro.) 

Table # s.f. Se mettre à table. := 
Mettre les pieds sous la table. \\ 
1. Avouer. |j 2. Dénoncer. = 

• Manger le morceau. — Mettre 
quelqu'un à table, lui donner sa 
part. 

Tableau O s. m. Quel tabkau l 
quelle situation ! — Tableau ! 
(s. — ent. quel.) 

Tu frais pas tant l'étroite à c'fheure 
Si j'taurais laissé' t'fout' dans l'eau. 

Allons! bon, c'est ma femni' ! Tableau! 
{La Muse à Bibi.) 

— Vieux tableau, personne vieille 
et fardée. 

Tableautin Q s. m. Petit tableau 
sans valeur. 

Tablette % s.f. Brique. (Michel) 

Tablier Q s. m. Rendre son tablier, 
se démettre. — Droit de tablier, 
bienvenue offerte par les appren- 

' tis. — Tablier de cuir, cabriolet. 
— Le tablier lève, se dit d'une 
femme enceinte. — Lever le ta- 
blier, se laisser séduire, rendre 
enceinte. 

Tac # s. m. Habileté ; (pour tact). 

Tache Q s.f. Tache d'huile, calom- 
nie, bruit, qui, se colportant, va 



toujours grandissant comme la 
tache d'huile. 

Taconnet s. m. (mil). Toque de 
chasseur d'Afrique. 

Taf. s. m. Peur. — Pour taffetas, 
mot onomatopéique formé du 
bruit que fait cette étoffe, sorte 
de frou-frou, de frisson, qui a 
faitlemot/row.sse, m. s. — Avoir le 
taf, avoir peur = Taffer. — Co- 
quer le taf, faire peur. 

Ah ! ouiche ! Et Vtaf des tribunaux ? 

{Chanson des Gueux.) 

Taffer v.n. = Avoir le taf, 
v.c.m. 

Taffeur, euse # s. Peureux.— 
Poltron. 

Taffouilleux s. m. Chiffonnier 
des bords de la Seine. (Rigaud) 
(m.-àm. qui fouille dans les tas). 

Tailbin # s.m. Voy. Talbin. 

Taillage s.m. S'absenter de 
l'atelier, de l'école, faire une fu- 
gue. Voy. Tailler. 

Taille O s.f. Fournir les tailles de 
bavettes, faire naître les prétextes 
pour bavarder. Voy. Taiiler. 

Tailler v.a. Tailler le collège ou 
Vécole, faire une fugue, un tail- 
lage, v.c.m. — Tailler une ba- 
vette, causer, bavarder. Voy. 
Taille. 

Tailleuse s.f. (obc.) Tailleuse 
de plumes, lat. Fellatrix. 

Taillis s.m. Voy. Happer. 

Tal s.m. Derrière. — (obsc.) 
Taper dans le tal, pédérastie. 

Talbin # s.m. Tailbin \\ 1. Billet 
à ordre. — Billet de banque. || 
2. Huissier. || 3. Portefeuille. — 
Talbin d'altèque ou de la carre, 
billet de banque. — (thé.) Talbin 
d'encarade, billet d'entrée. — 
Talbin de la sèche, faire-part de 
décès. 

Talbine # s.f. Halle. 

Talbiné % a. Riche. 



TALBINER. 



— 279 — 



TAPANCE. 



Talbiner v.a. Assigner. 

Talbinier s. m. Marchand de la 
halle. 

Talent s. m. Talents de société, 
raffinements de volupté. 

Talentueux Q a. Qui a du ta- 
lent. 

.Talmouse s.î. Coup. 

Talmouser v.a. Battre. 

Talocher v.a. Donner un coup, 
une taloche. 

Talon O s. m. Avoir les talons trop 
courts, ne pas savoir résister à la 
séduction. — Talon rouge, dis- 
tingué. — On appelait autrefois ia- 
lon rouge le seigneur de la cour 
qui portait des talons rouges, ce 
qui était un signe de noblesse. 

— Etre talon rouge, èire débauché, 
libertin; (allus. aux mœurs de la 
régence pendant la minorité de 
Louis XV.) — (mil.) Gros talon = 
Gros lolo, cavalier de réserve. 

Tambouille s.f. Ragoût. — 
Faille sa tambouille, faire sa cui- 
sine. 

Tambour % s. m. Chien. — Rou- 
lement de tambour, aboiement. 

— Battre du tambour, aboyer. 

Tambouriner Q v.a. Battre. 

Tamis 0s. m. Faire le tamis, opé- 
ration qui consiste à verser dans 
un tamis minuscule dont le fond 
est en crin, quelques gouttes 
d'eau et à tirer un horoscope de 
la façon dont les gouttes traver- 
sent les mailles serrées de Tins- 
trument cabalistique. 

Tampon Q s. m. Poing. — Foutre 
un coup de tampon, donner un 
coup de. poing. — Se foutre un 
coup de tampon, se battre. — S'en 
fiche comme d<' Colin-Tampon, être 
indifférent à une chose, s'en mo- 
quer. 

Tamponner v.a. et v.pr. Frap- 
per à coup de tampon v.c.m. — Se 
tamponner le coquillard, le ■ co- 



quard.= S'en battre Vœil, se mo- 
quer, se fiche. 

Tamtam Q s. m. Bruit. — Publi- 
cité. — Ça fera du tam-tam, ça 
fera du bruit. 

Tandem Q s. m. Vélocipède sur le- 
quel montent deux ou plusieurs 
personnesles unesderriôre les au- 
tres. — Bi-tandem, tandem h deux 
places. — Conduire en tandem, 
monter à cheval en en conduisant 
un autre devant soi. — Atteler en 
tandem, atteler deux chevaux 
l'un devant Tautre. 

Tangente O f- IM- Epée. (Polyt.) 
Tangente au point Q épée. 
Il i. Sun^eillant de collège. \\ 3. 
Prendre la tangente, se détourner. 
S'échapper par la tangente, trou- 
ver un faux-fuyant. 

Tannant a. Ennuyeux. 

Tanner Q v.a et v.pr. Ennuyer. 
— Assommer. — Tanner quel- 
qu'un, rimportuner. — Tanner la 
basane, le cuir ou le caaaquin à 
quelqu'un, le battre, le frapper. — 
Se tanner les pognes, applaudir. 

Tante s.f. Pédéraste. — Dénon- 
ciateur. — Individu qui fait du 
chantage avec les pédérastes. — 
O ^IcL tante, le mont- de-piété. 
Cette expression se trouve avec 
le même sens dans le glossaire du 
Vice puni (de Grandval, mort 
en 1784). Le mont-de-piété de 
Paris n'a été établi que le d^"" jan- 
vier 1778. 

Tap s. m. = Toppe. Exposition 
des criminels — Le pilori. — 
Faire la parade au tap, être mis 
au pilori. 

Tapable a. Naïf. — Dupe. — 
Facile à taper, v. c. m. 

Tapage Q s.m. Emprunt. Voy. 
Taper. 

Tapamort0 s. m. Tambour, (celui 
qui en bat). 

Tapance0 s.f. Epouse. — Amante 



TAPE. 



— 280 — TAQUINER. 



— Tapance du meg, femme du 
patron, patronne. — Elle tape 
souvent à la caisse 

Tapé O a- Kéussi. — C'est bien tapé, 
c'est réussi. — Tapé à Vas = 
Eéussi au n'^ i, on ne peut mieux 
réussi. 

Tape-à-l'œil s. m. Borgne. 

Tape-cul (mil.) s. m. Exercice qui 
consiste à monter un cheval nu. 

Tape-dur 9 s. m. Serrurier. 

Tapée s.f. Foule. — Quantité. 
Beaucoup. — Il y en avait une ta- 
pée, il y en avait beaucoup. 

Taper Ô ^•^- ^'•^- ^^ \.\^r. Em- 
prunter. — Demander de l'argent. 

— Taper quelqu'un, lui emprun- 
ter de l'argent. — Taper à la 
caisse, demander de l'argent. — 
S'en taper. — Se taper de quel- 
que chose , s'en passer. — Tu 
peux te taper — te fouiller, c'est 
inutile, non. — Taper sur la hous- 
tifaille, manger et boire copieu- 
sement. Taper de Vœil, dormir. 

— Taper sur la boule, enivrer. 
Taper dans le mille. = Mettre 
dans le mille, réussir. — Taper 
un môme, se faire avorter, com- 
mettre un infanticide. — Taper 
dans Cœil, plaire à quelqu'un ; 
séduire. — Taper dans le tas, 
frapper ou prendre au hasard, 
dans le tas. — Se taper sur la co- 
lonne, onanisme. 

Tapette s. t. |j 1. Langue. — Ba- 
vard (par ext.). — Quelle tapette I 
quelle langue ! Quel bavard! \\ 
2. Pédéraste. = Tata. 

Tapeur s. m. Emprunteur. — 
Individu toujours en quête d'une 
dupe. « La plus pénible des an- 
goisses étrangle, dans la gorge 
les paroles prêtes à crever en 
sanglots de celui qui tablant sur 
d'aftectueux souvenirs fait appel 
à un familier. J'excepte, bien en- 
tendu, de ce cas, les a tapeurs » 



— ces mendigos de la Haute! 
Chaque situation, comme chaque 
profession, a ses tares... et se« 
exploiteurs ! » (Séverine). 

Tapeuse s.f. Tapeuse du talj 
prostituée qui sait se retourner. 

Tapin Qs-ï"- Tambour ; (celui qui 
en bat). 

Tapiner = Tapiquer v.n. Se 
cacher. — Se mettre à l'abri. 

Tapis # s. m. |1 1. Cabaret. — 
Taverne. — |I 2. Table de jeu. — 
O Tapis franc, bouge. — Le ta- 
pis brûle ! il attend les mises 
(arg. des joueurs). — Etre au ta- 
pis, rester spectateur du jeu après 
avoir tout perdu. — Tapis vert. 
Il 1. Table de jeu. || 2. Pré, 
prairie, pelouse, gazon. — Jardi- 
ner sur le tapis vert, jouer. — 
Tapis bleu, ciel. — Tapis de 
pied, flatteur, flagorneur. — Ta- 
pis de dégelés, la Morgue. — Ta- 
pis d'endossé, châle, fichu. — Ta- 
pis de grives, cantine. — Tapis de 
malades, cantine de prisonniers. 

— Tapis de refaite, restaurant, 
table d'hôte. 

Tapisserie Q s. t. Faire tapisserie, 
se dit des personnes qui dans un 
bal se contentent de regarder 
danser les autres. 

Tapissier, iére. # s. Cabaretier. 
Voy. Tapis (1). 

Tapoteur, euse Q s. Celui qui 
tapote du piano, qui en joue mal. 

Tapotoir s. m. Mauvais piano. 

Tappe # s.f. Voy Tap. 

Taq a. Haut. 

Taquer # v.a. Hausser. — Elever. 

Taqueté (chor.). s. m. || 4. Viva- 
cité. — Agilité. Il 2. Petits mou- 
vements exécutés sur la pointe 
des pieds. 

Taquine # a. et s.f. Haute. — 
Hauteur. 

Taquiner v.a. Taquiner la dame 
de pique, jouer aux cartes. — 



TARASQUE. 



281 



ÏATOUILLE. 



Taquiner les dents d'éléphants, 
jouer du piano. 

Tarasque O "•P''- cl s.f. Monstre 
qui fut enchaîné par sainte Marthe 
àTarascon. — La machine qui la 
représente. (Du grec téi^as, té- 
ratosj monstre.) 

Tarauder v.a.v.n. etv.pr. Bat- 
tre. — Tarabuster. — Tourmen- 
ter. — Se tarauder, se disputer. 

Tarde (V). s.f. La nuit. 

Et sur la tarde 
Dcsboursoz les pauvres nyois, 

(Villon.) 

— Sur le tard veut dire la nuit. 
Cette expression française était 
déjà usitée au xiv^ siècle. 

Taroque % s.f. Marque ; (de tarots, 
marques sur les cartes k jouer). 

Taroquer % v.a. Marquer. 

Tarre # s.f. Voy. Tire. 

Tartare Q s. m. Apprenti tailleur. 
(Delvau) 

Tarte s.f. Faux. — Mauvais. — 
Mornifleur tarte, fauxmonnayeur. 
Tarte bourbonnaise, bourbier. 

Tartempion Q ^' P^^- ^' Individu 
quelconque. « C'est M. de X..., un 
rupin ; s'il s'appelait seulement 
Tartempion on le foutrait de- 
dans. » 

Tarter v.n. = Tartir, faire ses 
besoins. 

Les ronfleurs, ça m'fait tarter. 

{Ch. des Gueux.) 

Tartier % s, m. Faux monnayeur. 

Voy. Tarte. 
Tartine Q s.f. Article de journal. 

— Il y en a une vraie tartine, il 
y en a long. — Quelle tartine l 
mes enfants! que c'est long! — 
# pi. Tartines, souliers (les se- 
melles ont la forme d'une tar- 
tine). 

Tartiner O v.n. et v.a. Ecrire en 
allongeant son sujet pour que 



l'article payé à la ligne rapporte 
davantage à son auteur. 

Tartinier Q s. m. Ecrivain qui a 
l'habitude de tartiner, v.c.m. 

Tartir v.n. Voy. Tarter. 

Tartouse s.f.' Menotte, (pour 
tortouse, v.c.m.). 

Tartuferie O s.f. Mensonge. — 
Fausseté. — Lâcheté. — Hypo- 
crisie. 

Tas s. m. Individu nonchalant. 
— Prendre sur le tas, prendre sur 
le fait, en llagrant délit. — f'aire 
son tas ou rester en tas, s'accrou- 
pir, se ramasser sur soi-même, 
se reposer. « Elle demandait son 
plaisir, rester en tas, tourner ses 
pouces, » (E. Zola.) — Tas de 
piérides, Paris, — Prison. Voy. 
Taper. 

Tasse Q (lyp.). s.f. La grande 
lasse, la mer, grande étendue 
d'eau. — Boire à la grande tasse, 
se noyer. 

Tasseau s. m. Le nez. — Se 
sécher le tasseau, se moucher. — 
Se piquer le tasseau = Se piquer 
le nez. 

Tassement O s. m. Faire un tasse- 
ment, prendre un verre de cognac 
entre deux plats. 

Tata s.f. Abrév. de tapette. 
v.c.m. (2) — O Madame Tata, 
mijaurée. — Faire sa tata, faire 
l'importante. 

Tâte-minette s.f. Sage-femme. 

Tâte-poule O s. m. Homme qui 
s'occupe de ce qui regarde ordi- 
nairement les femmes. 

Tàter Q v.a. et v.n. Voy. Peloter. 

Tâteur O s. m. Voy.*^ Peloteur 

Tâteuse # s. f. Fausse clé. 

Tâ,tez-y s. m. Petit bijou que les 
jeunes filles portent sur la gorge. 

Tatouille s.f. Raclée; (pour ra- 
tatouille, bouillie). — Flanquer 
une tatouille^ battre, mettre en 
bouillie. 



TATOUlLLliU. 



282 



TENIR. 



Tatouiller v.a. Battre. 
Taude=::Taudion s. m. Taudis. 

— Bouge. 

Taule # s. m. || 1. Maison. || 

2. Bourreau. 
Taupage # s. m. Egoïsme. 
Taupe O s.f. Prostituée. 

Malheur aux joanfres de province 
Qui flouaient la taupe à Navet. 

RicHEPiN [Ch. des Gueux.) 

Voy. Royaume — (mil.). Taupes 
de rempart, soldats du génie. 
Tauper v.n. et v.a. Travailler. 

— Tauper dessus, battre. 
Taupier s. m. Égoïste. 
Taupière # s.f. Séminaire. — 

Couvent. 

Taupin O s. m. Aspirant à TEcole 
polytechnique. — Taupin bizut, 
carré, cube, soldat du génie. — 
Taupin vaut marotte := Tau- 
pin vaut taupine, cela se vaut. — 

^oir comme les c à Taupin, 

très noir. 

Taupiner # v.a. Assassiner. 

Taupinier O s.m. Casanier. 

Taupinière Q s.f. Cours ou école 
préparatoire à TEcole polytechni- 
que. 

Taz=:Tazas n.pr.m. Mazas, 
prison cellulaire. 

Tchink O ^- inv. et adv. Chic. — 
Suprême élégance. 

Te Deum s.m. Faire chanter un 
Te Deum raboteux, battre q.q. à 
le faire crier. 

Teigne s.f. Méchant. — Mé- 
chante teigne = Mauvaise gale, 
méchant grognon. — Etre teigne, 
être hargneux. 

Teint Q s.m. C'est bon teint, c'est 
authentique. — Mauvais teint, 
faux. 

Teint-de-bois ^ s. m. Vagabond. 

Teinté a. Etre teinté, 'légère- 
ment ivre. 

Teinturier Q s.m. || 1. Marchand 
de vin, qui falsifie sa marchan- 



dise. Il 2. Individu qui prépare ou 
corrige le travail qu'un autre 
s'attribue. || 3. Avocat; (il peint 
son client sous des couleurs qui 
l'avantagent). 

Télégraphe s.m. Q Télégraphe 
sous-marin = Faire de l'œil avec 
les pieds, signaux amoureux ha- 
sardés sous' les tables par les 
pieds d'une ou de deux person- 
nes. (Rigaud) — Faire le télégra- 
phe, faire des signes convention- 
nels entre voleurs, tricheurs, etc. 

Téléphone s.m. Cabinet d'ai- 
sances. 

Téléphoner v.n. Aller au cabi- 
net d'aisances. 

Tempérament Q s.m. Acheter à 
tempérament, acheter à crédit. 

Temple (V) s.m. |1 1. Manteau. 
11 2. Objet acheté au Temple. 
— Temple de V amour, parties 
sexuelles. 

Temps O s.m. Voir le coup de 
temps, voir venir une chose, la 
prévoir. — En deux temps, vive- 
ment. — (thé.) Prendre des temps, 
faire des gestes pour accentuer 
ce que l'on a à dire. — Temps 
froid, instant où les artistes en 
scène ne disent rien, où l'atten- 
tion du public n'est pas occupée. 

Tenailler Q v.a. Importuner. — 
Obséder. 

Tenante s.f. Chopine. 

Tendeur s.m. Ardent en amour. 

Tendeuse s.f. Araignée ; (elle 
tend sa toile). 

Tendre Q v.a. Tendre la perche, 
venir en aide, secourir. 

Tendresse O s.f. || 1. Fille galante. 
Courtisane. || 2. Artichaut : « la 
tendresse et la ver dur esse ! » 

Tenir v.a. v.n. et v.pr. (thé.) Tenir 
l'affiche, avoir du succès avec 
une pièce : elle est longtemps 
affichée. — Q Tenir la chandelle 
= Marquer les points, favoriser 



TENOR. 



— 283 



TETUE. 



l 



les amours des autres, en être le 
témoin. — Tenir la corde, être 
au premier rang, en bonne place 
pour arriver au but. — En tenir, 
aimer, désirer. — Tenir à Vœil, 
guetter, observer, ne pas perdre 
de vue. — Se tenir =Se tenir sur 
ses pieds, c'est bien fait, bien 
d'aplomb. — Se tenir à quatre, 
se retenir, se réserver. — Se te- : 
nir, être correct. — (mar.) Tenir j 
bien sur ses ancres, être en bonne | 
santé. — # Tenir quelqu'un sur 
les fonts, Témoigner contre q.q. 

Ténor O s. m. Journaliste qui fait 
les articles de fond. 

Tenue (F. -M.) s.f. Réunion maçon- 
nique. — Tenue dHnstallation, 
moment où on apporte la lumière. 

— Tenue d'obligation, jour fixé 
pour les réunions maçonniques. 

— % En petite tenue de dragon, 
en chemise. 

Terme Q s. m. Le dieu Terme, 
échéance du terme. 

Terrant (V) s. m. Pays ; (de terrer, 
habiter). 

Terrasse Q s.f. Partie de Iroltoir 
occupée par les consommateurs 
d'un café ou d'un restaurant. 

Terreau s. m. Tabac à pri- 
ser. 

Terre-Neuve s. m. Sauveteur. 

— Celui qui aide à sortir d'em- 
barras. — Le banc de Terre- 
Neuve, les boulevards Montmartre 
et des Italiens; (allus. aux mornes 
qui les fréquentent). — Aller au 
banc de Teire-Neuve, se livrer au 
racolage des passants sur les bou- 
levards. 

Terrer # v.a. et v.n. ||1. Tuer 
(m.àm.) mettre à terre). || 2. Ha- 
biter. 

Terreur s.f. Bandit, souteneur 
renommé dans son quartier 
comme dangereux. « La Terreur 
de Belleville, de Vincennes. n 



Terrière # s. t. Prostituée qui fré- 
quente les terrains vagues. 
Tésiére = Tésigo =Tésigue 9 

pr. per. Tézig = Tézis. Toi . 

Tesson s. m. Tête. 

Testouin (B) s. m. Téton. 

Tétais (enf.) s. m. pi. Seins. 

Têtard s. m. ||1. Homme de 
lettres. |12. Opiniâtre, entêté. 

Tétassière s.f. Femme qui a 
la poitrine pendante. 

Tète O0 s.f. Bonne tête, niais ; 
facile à tromper; imbécile. Tête 
de buis -= Tête de veau, crâne 
chauve. — Tête carrée = Tête de 
boche, Allemand. — Tête à x, 
mathématicien ; ingénieur ; poly- 
technicien. — (mil.) Tête à cor- 
vées, imbécile. — Tête mobile, 
officier de tir. — (thé.) Tête à 
Vhuile, chef de figuration. — Tête 
de patère, souteneur. — Tête de 
jotpe, visage laid, comique. — Tète 
de Turc, souffre-douleur ; celui 
sur lequel on frappe (allus. à la 
tête de turc sur laq^uelle on essaye 

1 sa force dans les têtes foraines). 

— Faire sa tête, faire le difficile, 
faire des embarras. — Faire une 
tête, être ahuri, étonné. — Se 
faire une tête, se grimer pour 
jouer tel ou tel personnage. 

— (lyp.) Tête de clous, caractère 
usé. — Avoir une tête \\ 1. Avoir 
une physionomie originale. || 2. 
Etre intelligent. — C'est une tête, 
c'est un homme capable de di- 
riger, d'être à la tête. 

Téter v.n. Boire. 

Téton O s. m. N'avoir rien sous le 

téton gauche, manquer de cœur, 

de courage. 
Tétonnière s.f. Femme de forte 

poitrine. 
Tettes s.f. pi. Papilles, bouts des 

seins. — Enonce le bruit de la 

langue qui suce. [Timmeilmans] 
Têtue # s.f. Epingle. 



TEXTE. 



28* — 



TIRE. 



Texte s. m. Collalionncr les textes, 
coïter (unification). 

Tézig # = Tézis (B) pr. pers. 
Voy. Tésière. 

Thapsia s. m. Voy. Emplâtre. 

Thomain (thé.) s. m. Rôle insigni- 
fiant. 

Thomas n.pr.m. Tinette. — 
Pot de nuit. — La mère ou la 
veuve Thomas, chaise percée. — 
Avoir avalé Thomas, avoir mau- 
vaise haleine. — Passer la jambe à 
Thomas, vider la tinette aux ex- 
créments ou le pot de nuit. 

Thune s.f. Pièce d'argent. — 
Thune de cinq balles, pièce de 
cinq francs en argent. — De la 
thune, de l'argent. — Fader les 
thunes, partager l'argent. 

Tiche # s.f. Bénéfice. — Profit. 

— Aubaine. 

Ticket O s. m. Petit morceau de 
carton, donnant le droit d'entrée 
ou à recevoir un payement « Ti- 
cket de courses, de chemin de fer, 
d'exposition, etc., etc. » — Ce 
mot est ang.,nous dirions en fr. : 
billet ou carte. 

Tierce s.f. Classe. — Bande. — 
Société. — Tierces des pèQres, 
bande de voleurs. — Pour tiers, 
le tiers état, le peuple. — Il y a 
de la tierce, la police est en nom- 
bre. (Rigaud) 

Tiflfes s.f. pi. Cheveux. 

Tignasse Q s.f. Chevelure touf- 
fue et en désordre. 

Tigne % s.f. La foule, le monde. 

— S'ébattre dans la tigue, voler 
dans la foule. — Multitude com- 
pacte. Suédois tung, serré, ang. 
tight, ail. dicht. m. s. [Timmermans]. 

Tigner # v.n. Tigner d'esbrouffe, 
voler dans la foule. 

Tigre O s. m. ||1. Danseuse du 
corps de ballet supérieure au rat 
v.c.m. Il 2. = Groom, jeune valet. 

Timbale Q s.f. Décrocher la tim- 



bale, arriver le premier; rempor- 
ter le prix. 

Tinette s.f. Chevalier de la ti- 
nette, vidangeur. — Fermer sa « 
tinette, se taire. — 0pl. Tinettes, I 
bottes. ^ 

Tinteur % (obsc.) s. m. Pédéraste. 

Tintillement Q s. m. Bruit de la j 
monnaie qui sonne. 1 

TintillerQ v.n. Sonner, pour tin- ■ 
ter, m. s. 

Tintinnabulant Q a- Qui sonne. 
« Il m'a payé en bonnes es- 
pèces sonnantes et tintinnabu- 
lantes. » 

Tintouin % s. m. Tintouin du re- 
naud, dispute. 

Tintouiner (se) Q v.pr. Se tour- 
menter. 

Tipster (sport.) s. m. Individu qui 
donne avantlacourseles gagnants 
probables. 

Tiquante # s.f. = Têtue. Epin- 
gle. 

Tique # s.f. La tique, la terre. — 
Soûl comme une tique, complète- 
ment ivre ; (la tique boit le sang 
des animaux). 

Tiquer 0# v.n. || 1. Faire un 
signe de tôle. — Hocher la tête. 
Il 2. Voler à la care, v.c.m. 

Tirades % s.f. Travaux forcés. — 
pi. Tirades, fers de forçat. 

Tirage s. m. Difficulté. — Il y 
aura du tirage, ce sera long, pé- 
nible, difficile. 

Tiraillon s. m. Apprenti voleur. 

Tiranger^v.a. Tiranger la brème, 
tirer les cartes. 

Tirangeur, euse # s. Tirangeur 
de brèmes, cartomancien. 

Tirant s. m. j] 1. Fil. — Lacet. 
Il 2. Bas. — Tirants de fllsange, 
bas de soie écrus. — Tirants ra- 
doucis ou doux, bas de soie. — 
Tirants de irimilets, bas de coton. 

Tirante # s.f. Jarretière. 

Tire # s.f. =: Tarre. Faire la tire 



TIRE-BOGUES. — 285 — 



TIRER. 



== Voler à la tire, voler dans les 
poches. — Voleur àla tire=:Pick- 
fiockct. — Grande tire, gramV roule. 

Tire-bogues s. m. Voleur de 
montres. 

Tire-fiacre m. Viande coriace ; 
(comme la viande de cheval). 

Tire-gosse s. m. = Tire-môme, 
accoucheuse. — Sage-femme. 

Tire-jus s. m. = Tire-moelle. 
Mouchoir. 

Tirejuter (se) v.pr. Se mou- 
cher. 

Tire-liard s. m. = Grippe-sou. 

— Avare qui fait de petits gains 
sordides. 

Tireligne s. m. Architecte. — 

Commis d'architecte. 
Tirelire s.f. || 1. Tête. — Avoir 
un cafard dana la tirelire, être to- 
qué. Il 2. Derrière (par antithèse). 

Il 3. L'estomac. — Se coller un li- 
tron dans la tirelire, boire un litre. 

Il 4. Le ventre. — Avoir un petit 
salé dans la tirelire, être enceinte. 

Il 5. Prison. 

Mais faut croir'quc ça doit pas s'dire 
Puisque, pour s'êlr'fait mon écho, 
On l'a fourré flans la tir'lire 
Avec les pègres d l'élago. 

(Chanson des Gueux.) 

Tire-ro&il Q s. m. Objet voyant qui 
attire l'attention, le regard. 

Tire-moelle s. m. Voy. Tire-jus. 

Tire-môme s. m. Voy. Tire- 
gosse. 

Tiremonde Q n.pr. f. Madame Ti- 
remonde, sage-femme. 

Tire-point s. m. Pour tiers-point, 
alêne de cordonnier. 

Tire-poire s. m. Photographe. 

— Allus. à la poire en caoutchouc 
sur laquelle il appuie pour décou- 
vrir l'objectif. 

Tirer0v.n.,v.a. etv.pr. || i. Voler 
à la tire. || 2. Faire. — fai tiré 
deux berges à la bonde, j'ai fait 
deux ans à la prison centrale. 



Tirer du plan = Tirer un ger be- 
rnent ou un sapement, purger une 
condamnation. — Se tirer =iSe la 
tirer = Se tirer des flûtes, des pieds ^ 
des pattes, etc. := Tirer le chaus- 
son, SCS guêtres, s'enfuir. — A pré- 
sent on peut tirer Véchelle, c'est 
fini. — Tirer au cul, faire son pos- 
sible pour éviter le travail. — Ti- 
rer une dent, a^tYoqwQTAQViivgQni. 
(Michel) — (obsc.) Tirer son coup 
=: Tirer une râpée, coïter. — Tirer 
sa coupe, nager, et par cxt., se 

f)romencr. — Tirer aux grenadiers, 
aisser faire aux autres leS corvées 
et le travail pénible. Les grena- 
diers étaient autrefois exempts de 
certaines corvées. (Larchey) — Ti- 
rer la langue, attendre vainement ; 
souffrir dans l'attente d'une chose. 

— (litt.) Tirera la ligne, allonger 
un récit, une chronique, un feuil- 
leton, dans le seul but de gagner 
plus d'argent, le travail étant payé 
à la ligne. — Tirer sa longe, traî- 
ner la jambe. — Tirer aumur, tra- 
vailler sans résultat. — Tirer une 
chose de longueur, aller la cher- 
cher très loin, employer des 
moyens détournés pour 'la faire 
réussir. — Tirer Vœil, attirer l'at- 
tention. — Tirer des poires, faire 
des contorsions. (Larchey) — 
Tirer une coupe sur le grand fleuche 
aller à la Nouvelle-Calédonie, — 
Tirer des plans, faire des projets. 

— Tirer des plans sur la comète, 
avoir des projets irréalisables. — 
Tirer une carotte, mentir. — Se 
tirer d'épaisseur, diminuer. — Le 
travail se tire d'épaisseur, il est 
bientôt terminé. — Tirer la ficelle 
= Baisser- le rideau, terminer une 
chose. — (obsc.) Se la tirer, ona- 
nisme. — Tirer ail flanc, manquer 
de parole = Carotter le service. 

— Tirer un gosse, accoucher une 
femme. — Tirer à boulets rouges 



TIRETAINE. 



286 — 



TOMBER. 



sur quelqu'un, le poursuivre de- 
vant les tribunaux. — Tirer à soi 
= Tirer toute la couverture, ac- 
caparer. 

Tiretaine s. m. Voleur de cam- 
pagne. — J.d.m. sur tirer, voler, 
et sur tiretaine, étoife grossière 
autrefois portée par les campa- 
gnards. (Larchey) 

Tireur s. m. Voleur klâtire, v.c.m. 

Tirnoles(B) s.f.pl. Les triqueliou- 
zes ou guêtres de drap. 

Tiroir s. m. Voy. Polichinelle. — 
Filouterie de jeu ; elle consiste 
en Tenlèvement des trois as. 
(Larchey) 

Tiron # s. m. Route, chemin. 

Tisanier Q s. m. Garde-malade- 
Infirmier. 

Titi O s. m. = Gavroche. \\{. Ga- 
min de Paris. || 2. Tvpographe. |1 
3. Volaille. 

Titine s.f. Bottine. 

Toast O s. m. = Tosie Proposition, 
action de boire à quelque inten- 
tion particulière . « Porter un 
toast. » 

Toaster Q\.n. = Tester. Proposer, 
exécuter un toast, v.c.m. 

Toc 0s. m. eta.=Toquasse=Toque. 
Il 1. Faux. — Faux bijoux, faux 
diamants. — Cest du toc, c'est du 
faux. Il 2. Laid. — Affreux. — Elle 
est rien toc, elle est très laide. || 
3. Absurde, bête, stupide.- Cest 
toc, c'est absurde. || 4. Bour- 
reau de bagne. 

Tocandin, ine O s. Vieux libertin. 

— Vieille femme galante et co- 
quette. 

Tocard, arde O a. Laid. — Vieux. 

— Usé. — Absurde. — Devenir 
tocard, devenir vieux. 

Tocasse # a.f. Laide, ridicule. 
Tocasserie # s.f. Méchanceté. 
Tocasson s. m. Laid. — Vilain. 

— Quel tocasson! quelle repous- 
soir! 



Toccange # s.f. Voy. Cocange. 

Toccante s.f. = Toquante. Mon- 
tre. 

Toc-toc a. et s. m. Abrév. de to- 
qué, v.c.m. 

Togne # a. Malin. 

Toile O s.f. (thé). Faire de la 
toile, improviser un passage de 
son rôle quand on a oublié le texte. 
— Les toiles se touchent, plus d'ar- 
gent, plus rien dans les poches. — 
Etre dans la toile, être en prison. 

Toilette O s.f. Làtoilette pour les 
condamnés à mort consiste dans la 
coupe des cheveux et Téchancrure 
du col de la chemise. 

Toiser Q v.a. Toiser quelqu'un, le 
dévisager. — Regarder des pieds 
à la tête. — Il est^toisé, il est jugé. 

Toison s.f. Chevelure abondante. 

Toiture s.f. Chapeau. 

Tôle # s.f. z= Taule, v.c.m. Der- 
rière. — (mar.) Grosse tôle, pri- 
son. 

Tolède Qn-Pi*- f- De Tolède, de pre- 
mière force, de première qualité. 
« Prends ta bonne plume de Tolède 
et réponds-lui vertement. » (Allus. 
à la renommée des lames de To- 
lède). 

Tollard # s. m. || 1. Bourreau. |[ 
2. Lit de camp des forçats. 

Tomate s.f. Faire la sauce to- 
mate := Écraser des tomates, avoir 
ses menstrues. — O Rester co'ume 
une tomate, rester ébahi ; (en deve- 
nir rouge comme une tomate). 

Tombage Q s. m. Action de dé- 
pouiller ou de mettre dans l'infé- 
riorité. 

Tombeau s. m. Cest le tombeau 
des secrets, c'est une personne dis- 
crète. 

Tomber Q v.n. Vaincre. — Tom- 
ber en litharge, être au secret 
(pour léthargie, sommeil prolon- 
gé). — Tomber dans le bœuf, dans 
la débine, dans la limonade, deve- 



TOMBEUR. 



— 287 — 



TORCHE. 



nir misérable. — Tomber sur un 
coup de poing, recevoir un coup 
de poing. — Tomber sous la coupe 
de quelqu'un, devenir dépendant 
de quelqu'un. — Tomber sur quel- 
qu'un, le battre, Téreinter, le mal- 
mener. — Tomber dessus, saisir, 
empoigner. — Tomber sur le dos 
et se casser le nez, ne réussir en 
rien. — Tomber sur le dos et se 
faire une bosse au ventre, perdre 
sa virginité et devenir enceinte — 
Tomber en frime, se rencontrer 
face à face. — Tomber à pic, arri- 
ver à point. — Tomber pile, tom- 
ber sur le dos. — # Tomber ma- 
lade, être arrêté. — (thé.). Tomber 
en figure, entrer en scène. — 
Qv.a. Tomber quelqu'un, le met- 
tre en état d'infériorité. 
Tombeur Q s. m. || 1. Celui qui dé- 
truit une renommée ou une repu 
talion soit par sa supériorité, sou 
par ses critiques violentes. Il 2. Un 
tombeur de femmes, séducteur. || 
3. Mauvais acteur. 
Tombô (mill.) s. m. Fausse poche 
qui orne la veste des zouaves et 
des tirailleurs algériens ; la cou- 
leur du tombô varie selon le régi- 
ment. 
TondeurQs.m. Tondeur de nappes, 
pique-assiette. — Tondeur d'œufs, 
avare. 
Tondre O v.a. || 1. Au jeu de car- 
tes, tondre se dit pour prendre. 
<c Je joue carreau. — Et moi, je le 
tonds. » Il 2. Exploiter un naïf. — 
Il se laisse tondre la laine sur le 
dos, il se laisse exploiter. 
Tondu s. m. Le petit tondu=:Le 

petit caporal. Napoléon I". 
Tonneau s. m. Acabit (bon ou 
mauvais). — Composition. —Etre 
d'un bon tonneau, être d'un bon 
acabit, de bonne composition. — 
C'est du même tçnneau, de môme 
composition, c'est la même chose. 



— Etre d'un fort tonneau, être 
très bête. 

Tonnerre Qs.m. Tonnerre de poche, 
pet. 

Tonnitruant Q a. m. Bruyant. — 
Retentissant; — 17 avait une voix 
tonnitruante, il avait une voix re- 
tentissante (m. à m., comme le 
bruit du tonnerre). 

Tonton (enf.) s. m. Oncle. 

Topard (mil.) s. m. Voy. Topo. 

Toper v.n. Se frapper dans la 
main en signe de reconnaissance 
entre compagnons ; (pour taper). 
<( Tope-là, t'es un frère. » 

Topiser va. Dévisager. — Re- 
connaître. 

Topo (mil., écol.) s. m. = Topard. 
Il 1. Officier d'état-major (il s'oc- 
cupe de topographie). Il 2. Com- 
munication aux élèves, qu'on fait 
circuler dans les salles d'étude. 

Toquade Q s.f. || 1. Caprice « C'est 
une toquade, ça passera. » || 2. Ma- 
nie. — Avoir la toquade des bibe- 
lots, avoir la manie du bric-à-brac. 

Toquante s.f. Voy. Toccante. 

Toquasse s. m. et a. Voy. Toc. 

Toque s. m. et a. Voy. Toc. 

Toqué =3 Toquemann Q a. et s. m. 
= Toc-toc. Un peu fou. — Touché, 
frappé dans un sens fig., qui a le 
cerveau dérangé. « C'est un to- 
qué. » 

Toquer Q v.pr. et v.n. || 4. Tou- 
cher; frapper (vx. fr.}. — Se to- 
quer de quelqu'un, de quelque 
chose, se frapper; s'engouer. || 2. 
(typ.). Remplacer un compositeur 
dans une partie de son travail. 

Toquet s. m. En avoir dans le 
toquet, être ivre. 

Toqueur (typ.) s. m. Compositeur 
employé parunautrepour le rem- 
placer. 

Torché O P^i**- ^' Fait. « Bien ou 
mal torché. » 

Torche-cul O s. m. Ecrit ou 



TORCHEE. 



288 — 



TOUCHE. 



imprimé sans valeur. (Rigaud) 

Torcnée s.f. Raclée. — Correc- 
tion. 

Torcher v.a. et v.pr. Faire. — O 
Torcher le couplet, faire des chan- 
sonnettes. — ^Torcher la gueule, 
•battre; frapper au visage. — Se 
torcher, se battre. — Il peut s'en 
torcher le nez, le bec, il s'en pas- 
sera. — Torcher un plat, vider un 
plat. — (mar.) Torcher de la toile, 
se hâter, 

Torchette Q s. t. iSet comme tor- 
chette, propre, clair; limpide; 
soigne. 

Torchon s. m. Fille malpropre. 

— Prostituée de bas étage.— (mil). 
,Coup de torchon, coup de sabre. 

— Se donner un coup de torchon, 
se battre. — Le torchon brûle, la 
discorde est dans le ménage. 

Torchonner v.a. Battre. 
Tordant a. Voy. Gondolant. 
Tord-boyaux s. m. Mauvaise 

eau-de-vie. 
Tordre v.a, et v.pr. Tordre le 

cou à un lapin, manger un lapin. 

— Tordre le cou à une négresse, 
boire une bouteille de vin. — 
Tordre la vis. Voy. Tortiller (6). 

— Se tordre Q v.pr. Voy. Se gon- 
doler. 

Tordu O a. m. Volé au jeu. « Lepi- 
geo7î est d'abord tordu, ensuite il 
est plumé. » 

Torgnole s.f. Coup. — Gifle. 

— Correction. — Allonger une 
torgnole, donner un coup. — 

Torniquet s. m. Voy. Tourni- 
quet (1). 

Torpiaude s.f. Prostituée. 

Torpille Q s.f. Femme galante ; 
(très nerveuse). 

Torse O s. m. Le corps humain. — 
L'estomac. — Poser pour le torse, 
poser pour la carrure, la taille. 

— Se garnir le torse, manger et 
boire. 



Torseur s. m. Celui qui pose 
pour le torse, v.c.m. 

Tortillade # s.f. Nourriture. 

Tortillante % s.f. Vigne. 

Tortillard # s.m. || 1. Fil de fer 
ou de laiton. Il 2. (St-C.) Canon. 
Il 3.0Boiteux. — Bancal. —Con- 
trefait. 

Tortillé s.m. et a. Mort. 

Tortiller Q v.a. etv.n. || 1. Man- 
gent Tortiller du bec. \\ 2. Avouer 
= Manger le morceau. \\ 3. Tortil- 
ler le carton, jouer aux cartes. || 
4. Tergiverser. — // n'y a pas à 
tortiller, il n'y a pas à prendre de 
détours. Il 5. Tortiller de Vœil, 
mourir. || 6. # Tortiller la vis à 
quelqu'un = Tordre, tourner la 
vis, étrangler. 

Tortillon Q s.m. Gâteau en forme 
de couronne. — Du prov. tortillo, 
m. s. 

Tortorage s.m. Aliments. — 
Nourriture. 

Tortore # s.f. Nourriture. — Pas- 
ser à la tortore, manger. 

Tortorer v.a. et v.n. Manger. 

Que qu' j'y foutrai dans la trompette, 
A c'iancier-là, s'il vient vivant ? 
A moins qu'il sorte un jour que j'pète 
Et qu'il veuille tortorer du vent. 

{Ch. des Gueux). 

— Tortorer le pain à cacheter, com- 
munier. 

Tortouse s.f. A'oy. Tourtouse. 

Tortu # s.m- et a. Vin. — Bois 
tortu, ^igne. 

Tortue # s.f. Prostituée. — 
Faire la tortue, jeûner. 

Toste O-S.m. Voy. Toast. 

Toster Q v.n. Voy. Toaster. 

Toto (enf.) s.m. Sein. 

Touche s.f. Allure. — Tournure. 
Attitude. — Mine. — Mise. — Avoir 
une bonne touche, une drôle de 
touche, être mal mis . (iro.) — 
Touches de piano, dents. — Gare 
la touche ! gare aux coups 1 



I 



TOUCHÉ. 



289 — 



TOURNER. 



Touché O a- Bien fait. — Ct'st tou- 
che, c'est bien fait. — Se dit d'un 
tableau, d'un article de journal, 
d'un discours bien faits. — Il est 
touché, il est sérieusement atteint. 

Toucher O v.a. et v.n. Frapper 
fort, (iro.) [Larchey] — Toucher 
la cuillère, donner la main (id). 
Toucher son prêt = Aller aux épi- 
nards, se dit du souteneur qui 
prend l'argent de sa maîtresse. — 
Toucher à la marchandise = Pelo- 
ter, v.c.m. — v.pr. Se toucher, 
pratiquer l'onanisme. 

Touillaud a. et s. m. || 1. Gai. — 
Gaillard. || 2. Franc luron. 

Touiller v.a. et v.n. Mêler. — 
Touiller les dominos, les cartes, les 
mêler. 

Toulabre = Toulmuche 9 n.pr. 
Toulon. 

Touloire (V) s.f. Voy. Couloire. 

Toupet s. m. Audace. — Effron- 
terie. — Se foutre dans le toupet, 
se mettre en tête. — Toupet de 
commissaire ^= Toupet bœuf, au- 
dace excessive. — Payer de toupet, 
payer d'audace. — Faux toupet, 
individu arriéré. 

Toupie s.f. Il 1. Tête. || 2. Terme 
de mépris à l'adresse d'une femme. 

— Faire ronfler sa toupie, se dit 
du souteneur qui fait marcher sa 
maîtresse. 

Toupin % s. m. Boisseau. 
Toupiner % v.a. Mesurer au bois- 
seau. 
Tour s.f. Le Palais de Justice. 

— Le Dépôt de la préfecture de 
police =: Tour pointue. 

Tour O s. m. A son tour de bête, 
avancer à l'ancienneté. — Con- 
naître le tour, connaître la ma- 
nière de faire. — Faire voir le tour, 
tromper. — # Se donner un tour 
de clef, se reposer, rester chez 
soi. — Donner un tour de cravate, 
étrangler. 



Tourbe s.f. Ennui. — Misère. 
Etre dans la tourbe, être dans la 
misère. 

Tourier s. m. Aide-pâtissier. 

Tourloure s. m. Voy. Tourlou 
rou. 

Tourlourer v.a. Pour Fourlou- 
rer. Tuer. 

Tourlourou s. m. =: Tourloure. 
Fantassin. — Du vx mot turelureau, 
soldat de garnison; au xiv° siècle, 
la turelure était une sorte de châ- 
teau flanqué de tourelles. (Larchey) 

Tourmente # s.f. Colique. 

Tourmort s m. Faire towmort 
et demi-clé sur lepertuis aux légu- 
mes, étrangler. 

Tournant s. m. Tournant de por- 
celaine, jeu de tourniquet, où les 
lots sont généralement des objets 
de porcelaine. — Ces jeux sont 
souvent truqués; le tenancier re- 
pousse les piquants enrubannés 
de rouge des gros lots, si bien que 
la lame d'acier ne peut s'y arrêter. 

Tournante s.f. || 1.' Montre. 
Il 2. Clé. 

Tourné # a. Mou. 

Tourne- à-gauche s.m.=SaM- 
teur. Hurluberlu. — Etourdi. — 
Celui qui change aisément de 
parti. 

Tourne-autour s. m. Tonne- 
lier. 

Tourne-broche O s.m. Remonter le 
tourne-broche, rappeler à Tordre. 

Tourne-de-l'œil n.pr.f. Sophie 
Tourne-de-Vœil, la Mort. 

Tournée s.f. || 1. Tournée pas- 
torale, faire la noce, aller de ca- 
baret en cabaret, etc. — Offrir 
ou payer une tournée, offrir ou 
payer à boire (à son tour). Tour- 
née d'arrosage, celle que Ton boit 
sur le comptoir. || 2. Raclée. — 
Payer une tournée, battre. — Re- 
cevoir une tournée, être battu. 

Tourner v.a. et v.n. Tourner 

19 



TOURNEVIS. 



290 — TRAINE-PAILLASSE. 



d'un gueuleton, oifrir un repas. — 
Faire tourner en bourrique, abru- 
tir. — (obsc.) Tourner le feuillet, 
pédérastie. — Tourner de Vœil. 
Il 1. Dormir. || 2. Se pâmer. || 
3. Mourir. — Tourner au vinaigre, 
devenir misérable. — Tourner la 
vis. Voy. Tortiller (6). 

Tournevis s. m. || 1. Chapeau 
à cornes; (ailus. à la forme). || 2. 
Gendarme ; (il porte le chapeau à 
cornes). 

Tourniquet # s. m. j] 1. Mou- 
lin = Torniquet. \\ 2. Chirur- 
gien de marine. [Delvau] 

Tourte s.f. || 1. Imbécile. — 
Avoir une écrevisse dans la tourte, 
avoir le cerveau détraqué. || 2. 
Vieille coquette. 

Tourtouse # s.f. = Tartouse = 
Tortouse. Corde. — Gamhilleurde 
tourtouse \\ 1. Danseur de corde. 
Il 2. Autrefois, le bourreau qui 
pendait. 

Tourtouser v.a. Attacher. — 
Lier. — Garrotter. 

Tourtouserie # s.f. Corderie. 

Tourtousier # s. m. Cordier. 

Tourtousine ^ s.f. Ficelle. — 
Liens. — Menottes. 

Touser v.n. Faire ses besoins. 

Tousser v.n. Cest que je tousse, 
formule ironique pour dire : Ce 
n'est pas vrai, en réponse à une 
question négative. Ex. — Vous 
n'aimez pas le Bourgogne ? — 
^on, c'est que je tousse. — Faire 
tousser, soutirer de l'argent. 

Tout adv. Tout de' ce, très 
bien. 

Tout (sport.) s.m.pron. Taout. In- 
dividu fréquentant les champs 
d'entraînement pour renseigner 
sur les chances probables des 
meilleurs chevaux de courses. 
[Parent] 

Toute-la-lyre Q s.m. Transport, 
, enthousiasme, toute la lyre, c'est- 



à-dire emporter l'imagination dans 
des sphères supérieures. 

Toutime a. Tout. 

Tout-Paris s.m. Le Tout-Paris des 
premières, Q le monde élégant, les 
personnalités littéraires, ou artis- 
tiques, enfin tous ceux qui ont 
quelque notoriété et que l'on ren- 
contre dans toutes les réunions 
mondaines. 

Trac O s.m. Crainte. — Peur. — 
Avoir le trac = Traquer, avoir 
peur, (c J'étais certes très émue 
en entrant en scène, j'avais, 
comme la plupart des artistes à 
leur début, un trac énorme. » — 
Flanquer le trac, faire peur. — 
Pour Dreck, mot ail. qui veut 
dire excrément. 

Tractis # a. Doux. — Suave. 

Train Q s.m. Grand bruit. — 
Etre dans le train, être dans le 
goût du jour = Etre dans le mou- 
vement. — Etre en train, avoir de 
l'entrain (j.d.m.) — Etre en train 
de, être occupé à..., exécuter. — 
Manquer le train, manquer une 
occasion, arriver trop tard. — 
Du train! vivement. — Coup de 
pied dans le train, coup de pied 
dans le derrière. — Train blanc, 
train express entre Nice et Monte- 
Carlo. — Train jaune = Train 
des maris, train que prennent les 
négociants mariés qui vont re- 
trouver leurs femmes aux bains 
de mer. 

Traine-la-patte O s.m. Miséra- 
ble. « Les malheureux mangeaient 
la soupe; en reprenaient; mais 
quand, pour dessert, les discours 
commençaient, ils filaient. Je l'ai 
vu ! Seuls demeuraient les traîne- 
la-patte, trop las, ou le cuir en- 
tamé. » (Séverine) 

Traînée s.f. Prostituée. 

Traîne-paillasse O (mil.) s.m. 
Fourrier. 



TRAINER. 



291 



TRAVIOLE. 



Traîner v.a. Traîner le cheval 
mort, avoir touché son salaire à 
l'avance. — Traîner ses guêtres 
= Trimballer, errer. — Traîner 
la savate, vivre misérablement. 

Tralneur s. m. Traineur de sa- 
hre, fier-à-bras, brctteur, ferrail- 
leur. 

Traineuse % s.f. Robe longue. 

Trainglot Q (n^il-) s. m. = Trin- 
glo = Trinçjlot. Soldat du train 
des équipages. 

Train-train Q s. m. Aller son 
train-train, son petit train-train 
= Aller son petit bonhomme de 
chemin, aller tranquillement, tout 
doucement. 

Traisse (arg. des juifs) a. Etre 
traisse, être pris en flagrant délit. 

Trait Q s. m. Faire des traits à sa 
femme, lui faire des infidélités. 

Tralala s. m. Grand tralala, 
grande toilette, grand apparat. — 
Se mettre sur son grand tralala, 
faire grand étalage de ce que 
l'on a. 

Tram s. m. abrév. de tramway, 
v.c.m. 

Tramway Os.m. = Tram, Omni- 
bus sur rail, (mot ang.) — Dans le 
Nord de la France on l'appelle car. 

Tranche s.f. Tête. — Visage. — 
J'ai soupe de ta tranche, j\ii assez 
de toi. — En avoir une tranche, 
être sot. 

Tranche-ardent O s. m. Mou- 
chettes. 

Tranche-fromage (mil.) s. m. Sa- 
bre. — Sabre-baïonnette. 

Trancheur % s. m. Voleur. — Il 
coupe une vitre, passe la main et 
ouvre l'espagnolette en retenant 

»le carreau avec une boule de poix 
ou de mastic. [Larchey] 
Tranquille Q ^- Tranquille comme 

Baptiste, calme, lent. 
Transparent s. m. Personne 
délicate et mince. 



Transversale Q (joueurs) s.f. 
Jouer la transversale, jouer sur 
trois numéros à la roulette. 

Trappillon(thé.)s. m. Petite trappe. 

Traquer v.n. Avoir le trac, 
v.c.m. 

Traqueur 0s.m. Poltron. — Peu- 
reux. 

Travail # s.m. =zTurbin. Pour le 
malfaiteur le travail c'est le vol, 
l'assassinat, l'effraction. — Pour 
le grec, c'est la tricherie. — Pour 
la prostituée, c'est le racolage. 

— C'est, pour chacun, ce qui le 
fait vivre. 

Travailler # v.n. et v.a. || 1. Voler. 

— Assassiner. « Vous me deman- 
dez ce que nous avons fait à 
Maisons-Laffitte, je vous assure 
que je n'ai pas travaillé avec le 
Rouquin et le Zouave. » (Le crime 
de Maisons-Laffitte, 1893. Interr. 
du Petit-Chariot.) || 2. Exercer 
la prostitution ou gagner sa vie 
par tout autre moyen inavouable. 

— Travailler pour la gloire le roi 
de Prusse, le grand Turc, gratis pro 
Deo, à Vœil, travailler pour rien. 

— Travailler les côtes, le casa- 
quin, battre. — Travailler des 
mâchoires, manger. 

Travailleur, euse s. j] 1. Vo- 
leur. Il 2. Prostituée. 
Traverse # s.f. Travaux forcés. 

— En traverse à perte de vue, aux 
travaux forcés à perpétuité. 

Traversin s. m. Fantassin. (Ri- 
gaud) — Se fiche un coup de tra- 
versin, dormir. 

S'rait pas trop lot que j'pionce ua bria : 
C'que j'vas m'fout un coup d'traversiiil 
{La Muae à Bibi). 

Travesti (thé.) S. m. Rôle de femme 
travesti en homme ou d'homme 
travesti en femme. « Les Ren- 
dez-vous bourgeois est une pièce 
qui se joue en travestis. » 

Traviole # s.f. Avoir des tra- 



TREBUCHET. — 292 — 



TRICHER. 



violes, avoir des contrariétés; (des 
obstacles se mettent en travers). 
— adv. De traviole, de travers. 

Trébuchet # s. m. Guillotine. 

Tref # s. m. Abrév. de Trèfle, 
v.c.m. 

Trèfle # s.m. 1| 1. Tabac = 
Tri fois. — Passer au trèfle = Pas- 
ser à tabac, v.c.m. [j 2. Argent. 
Il 3. Anus. 

Tréflière = Tréfouine # s.f. 
Tabatière. 

Tremblant s.m. Lit. 

Tremblante # s. t. Fièvre. 

Tremblement (mil.) s.m. || 1. 
Amas, rassemblement. — Tout 
le tremblement, l'ensemble. || 2. 
La bataille, l'engagement géné- 
ral, la mêlée. — Var. de turbin, 
travail, trouble, et de tourbe dans 
le sens argotique, J.d.m. sur trem- 
blement,^ trépidation. [Timmer- 

MA>'S.] 

Trembleuse Q s.f. Sonnerie élec- 
trique. 

Trempage Q (typ.) s.m. Empoi- 
gner un fort trempage, être ivre. 

Trempe = Trempée s.f. Cor- 
rection. — Raclée. — Foutre une 
trempe, battre. 

Tremper v.a. et v.n. Tremper 
une soupe, battre. — (mil.) Trem- 
per son pied dans V encre, être aux 
arrêts. 

Trempette O s.f. Faire la trem- 
pette , tremper un biscuit ou 
du pain dans un verre de vin. 

Tremplin (thé.) s.m. || 1. La 
scène. — Se faire un tremplin 
d'une chose, s'en servir pour se 
mettre en évidence. || 2. Endroit 
où les prostituées racolent. 

Trente-et-un s.m. Se mettre 
sur son trente-et-un, s'habiller en 
grande toilette. 

Trente-six Q a.n. c. Tous les 
trente-six du mois, jamais. — # 
Les trente-six carreaux, salle 



d'attente des détenus au Palais 
de Justice, avant l'instruction. 

Trente-six clous (mil.) s.m. Fan- 
tassin. 

Trente-sixième a.n.o. Q Tomber 
dans le trente- sixième dessous, 
être ruiné, misérable. 

Trépan % s.m. Bague creuse qui 
contientde l'encre etsertauxgrccs 
pour marquer les cartes. 

Trépe # s. 2 g. Le peuple. — 
Foule. — Rassemblement. 

Trépeligour s.m. Vagabond. 

Trépignard 9 s.m. Voleur qui 
opère dans la foule, celui qui pro- 
voque un rassemblement pour 
voler avec ses complices. Voy. 
Trèpe. 

Trépignée s.f. Raclée. — Cor- 
rection. 

Trépigner v.a. Battre. 

Tresse # s.m. Cœur, (il tressaille). 

Tresser v.a. Tresser des chaus- 
sons de lisière, être détenu dans 
une maison centrale; (où beau- 
coup de prisonniers sont em- 
ployés à ce travail). 

Treton # s.m. Rat. (m. déf.) 

Triangle s.m. Clapoter du trian- 
gle, avoir mauvaise haleine. 

Tribu (mil.) s.f. Se mettre en tribu. 
=: Faire la popote, v.c.m. 

Tribun Q s.m. Celui qui fait les 
factures dans les maisons de com- 
merce (il est généralement placé 
dans une tribune). 

Trie (typ.) s.m. Signe quel'on fait 
pour quitter l'atelier et aller chez 
le marchand de vin. — Faire le 
trie, se rassembler. 

Tricard % s.m. Individu sous la 
surveillance de la police, qui a 
rompu son ban : Il a cassé sa 
canne {sa trique), v.c.m. (4). 

Trichard s.m. Tricheur. — 
Trompeur. % Receleur. 

Tricher Q v.n. Eviter de pro- 
créer. 



TRICHEUSE. 



293 



TRINGLO. 



Tricheuse O s.f. Femme qui évite 

la maternité. 
Trichine Q s.f. Prostituée malade. 

— Avoir une trichine dans le 
jambonneau, être toqué. 

Tricorne s. m. Gendarme. 

Tricoter v.a. et v.n. Tricoter 
les côtes, battre. — Tricoter des 
jambes ou des pincettes. || 1. Dan- 
ser. Il 2. S'enfuir. 

Tricoteuses O s.f. pi. Femmes 
qui jouent à la Bourse et se tien- 
nent assises dans les environs. 

Tric-trac s. m. Crime. 

Tricycle O s. m. Vélocipède à trois 
roues. 

Triflfonnière Q s.f. Tabatière. 

Trifouiller Q v.n. et v.a. Fouiller. 

— Chercher. 

Trifois # s. m. Voy. Trèfle. —Ta- 
bac. 

Trifoisiére s.f. Tabatière. 

Trifouilleur Q s. m. Individu 
brouillon. 

Trigo O (écol.) s.f. Pour trigono- 
métrie. 

Trimancher # v.n. Marcher. — 
Errer. 

Trimar = Trimard s. m. = 
Trime, etc. [j 1. Route. — Che- 
min. — Rue. — Aller sur le tri- 
mar, voyager. — Grand trimar, 
grand'route. || 2. Eventaire. — 
Balle. [Rigaud] — Aller au tri- 
mar, voler. — Travailler sur le 
grand trimar, dévaliser sur la 
grand'route. — Faire son ou pa- 
tiner le trimar, racoler les pas- 
sants. — Du fr. trimer, marcher 
vite et avec fatigue, (Acad.) — 
Congénère de trimelet, .fil, en 
ang. thrum fil, toile ou chanvre 
tordus. Il est syn. de ruban, che- 
min. [TiMMERMANS.] 

Trimardant % s. m Voyageur. 
Trimarde % s.f. Rue. — Chaus- 
sée. 
Trimarder % v.n. Marcher. — 



Courir les grand'routes. — Voya- 
ger. Voy. Trimar. 

Trimardeur # s. m. Individu no- 
made. — Voyageur. — Qui va 
sur le trimar v.c.m. 

Trimballage O s. m. = Trimballe- 
ment. — Transport. — Char- 
riage. — Transfèrement. 

Trimballée s.f. Quantité. — Une 
tnmballée d'enfants = Tripotée. 

Trimballement # Voy. Trimbal- 
lage. 

Trimballer # v.a. v.n. Trans- 
porter. — Transférer. — Char- 
rier. — Conduire. — Trimballer 
son cadavre = Se trimballer, al- 
ler se promener. — Trimballer 
soncrampon, promener sa femme. 
— Trimballer un pante, promener 
un provincial. 

Trimballeur # s. m. Trimbal- 
leur de carne pour la sèche = 
Trimballeur de machabées, dé re- 
froidis ou de conis, cocher de 
corbillard, croque-mort. — Trim- 
balleur d'indigents, cocher d'om- 
nibus. — Trimballeur de piliers de 
boutanche, voleur qui exploite les 
garçons de magasin. — Trimbal- 
leur derouchies, souteneur. 

Trime s.f. = Trimar, v.c.m. = 
Trimin. Voy. Solliceur. Rue. — 
Chemin. 

Trimelé = Trimelet # s. m . = 
Trimilet. Fil. 

Trimer # v.n. || 1. Travailler. — 
Peiner. — Faire trimer, donner 
de la peine. — Faire trimer les 
battoirs, applaudir. — Faire tri- 
mer les mathurins, manger. || 2. 
Racoler les passants. 

Trimé-Razis (B) s. m. Gordelier. 

Trimilet s. m. Voy. Trimelé. 

Trimin # s. m. Voy. Trime. 

Trimoires # s.f. pi. Les jambes. 

Tringle adv. Rien. 

Tringlo =: Tringlot Q (mil.) s. m. 
Voy. Trainglot. 



TRINGUELLE. — 294 



TROLER. 



Tringuelle Q s. f. Pourboire. De 
Va\\.trinken,ho\reetgueld,ar§^eTït. 

Trinkhalle Q s. m. Buvette. 

Trinquer v.n. Recevoir des 
coups. — Etre arrêté, condamné. 

— Faire trinquer, battre, faire 
payer au jeu. — J'airienfait trin- 
quer le gonse, il a écopé, c'est lui 
la victime. 

Tripasse s.f. Grosse femme 
vieille et laide. 

Tripatouillage O I M • Intrigue. — 
Tripotage. « Les tripatouillages 
du Panama (1892). » || 2. Rema- 
niement. 

Triper v.a. Donner le sein. 

Tripes s.f. pi. Seins tombants. 

— Secouer les tripes, battre. 
Tripette s.f. Cela ne vaut pas 

tripette, cela ne vaut rien. 

Tripière s.f. Femme dont la 
poitrine est tombante. 

Tripoli s. m. Mauvaise eau-de- 
vie (comparée à l'eau dont on se 
sert pour nettoyer les cuivres 
avec letripoli). 

Tripot s. m. Garde municipal. 

Tripotée s.f. |1 1. Correction. 

— Raclée. — Se fiche une tripotée, 
se battre. || 2. Quantité. — Beau- 
coup. — Foule. = Trimballée. — 
Il y in a une tripotée, il y en a 
beaucoup. — Une tripotée de 
gens, une foule de gens. 

Tripoteur Q s. m. Agioteur véreux 
qui fait des tripotages à la Bourse 
:= Capitaine-, v.c.m. 

Tripotier, ière s. Celui qui 
tient un tripot; (maison de jeu 
clandestine). 

Triquage s. m. Triage de chif- 
fonnier. (Rigaud) 

Trique s.f. (mil.) |] 1. Trique à 
gueule, cuiller. || 2. 9 Trique à 
larder, canne à épée. |1 3. Ra- 
clée. — Correction. — Foutre une 
trique, battre. ||4. % Etre en tri- 
que, être sous la surveillance de 



la police. — Casser sa trique, rom- 
pre son ban. Yov. Tricard. \\ 5. 
# Dent. Il 6. # Cabriolet. 

Triquer v.a. || 1. Battre. ||2. 
Trier des chiffons. || 3. Condam- 
ner à la surveillance de la police. 

Triquet s. m. Mouchard. 

Triqueur, euse s. Chiffonnier 
en gros qui fait le triage. 

Trisser Q v.a. Demander qu'une 
chose soit répétée trois fois. 

Triturer v.a. Triturer une ha- 
billarde, écrire une lettre. 

Trognon s. m. Visage. — Joli 
petit trognon, jolie petite fille^ — 
Mon petit trognon! mot d'amitié. 

— Dévisser le trognon, étrangler. 

— Delà même famille que trompe 
trombine, ang. trunk, trompe, 
syn. de figure, visage. [Timmer- 

MANS] 

Trois-Étoiles Q s. m. sing. Mon- 
sieur ou Madame Trois-Étoiles = 
Monsieur ou Madame X, personne 
dont on ne veut pas citer le nom. 

Troisième a.n.v. O Troisième 
rêne, crinière du cheval. — Troi- 
sième sexe, les pédérastes. — Troi- 
sième larron, personne qui sur- 
vient au moment où deux autres 
se partagent une chose, et qui 
réclame sa part. — Tomber dans 
le troisième dessous, être ruiné 
misérable^ 

Trois-mâts (mil.) s. m. Soldat qui 
a trois chevrons. 

Trois-ponts0s.m. || 1. Casquette 
de soie très haute, adoptée par les 
souteneurs. ||2. Le souteneur. 

Trois-six s. m. Eau-de-vie. 

Trôle s.f. Ouvriers Za^rd/e, celu 
qui fabrique des meubles et les 
colporte pour les vendre, (de l'ail 
trollen, rouler). 

Trôler v.a. et v.n. || 1. Prome- 
ner un objet pour le vendre 
M L'ouvrier du faubourg Saint- 
Antoine, après avoir fabriqué un 



TROLEUR. 



— 293 



TROTTINE. 



meuble, le trôle^ c'est-à-dire le pro- 
mène pourle vendre». Il 2.0 Por- 
ter. Il 3. Rôder. (RiGAUD)Voy. Trd/t'. 

Trôleur s. m. || 1. Ouvrier qui 
fait la trôle, v.c.m. |1 2. Marchand 
de peaux de lapins. (Delvau) || 3. 
Commissionnaire. (Rigaud) || 4. 
Vagabond. (Id.) — De trôler, en 
ail. sich trolleriy trotter, en ang. 
to stroU vagabonder. [Timmermans] 

Trombif # s. m. Médecin. 

Trombille # s.f. Bête. (Delvau) 

— Pour trompille, trompe, organe 
du souffle vital. C'est une méto- 
nymie pour anima, animal, dont 
le sens primitif est: être qui res- 
pire. On a mis la trompe ou le 
nez à la place de l'être qui res- 
pire, qui vit. [TiMMERMANSj 

Trombine s.f. Tête. — Trom- 
bine en dèche, figure désagréable. 

— A rapprocher des mots Tron- 
che et Binette. 

Tromblon0aet. s. m. || 1. Gosier. 
Il 2. Chapeau évasé. — Allus. au 
tromblon, fusil court cà canon 
évasé. 

Tromboller # v.a. Aimer. 

Trombone (mil.) s.f. Faire trom- 
bone, mettre la main à la poche 
comme pour payer et ne pas l'en 
sortir ; (allus. au mouvement de 
va-et-vient du bras comme lors- 
qu'on joue du trombone à cou- 
lisses). 

Trompe s.f. || 1. Nez. j] 2. Avo- 
cat. 

Trompe-châsses s. m. Tableau. 

Trompe-l'œil # s.m. Décoration, 
(ordre). 

Trompette O s.f. j] 1. Visage. — 
Nez. — Jouer de la trompette, se 
moucher. — Nez en trompette, nez 
retroussé. |i 2. Bavard, jj 3. Bou- 
che. 

Que qu'j'y foutrai dans la trompette. 
Â. c"lancier là, s'il vient vivant ? 

{Ch. des Gueux.) 



Trompeur 0s.m. Melon. 
Trompion (mil.) s.m. = Tronfiorii 

— Clairon. — Trompette. 
Tronche (B) s.f. = Tronque. 

Ce mot signifie simplement tête, 
et non pas comme on l'a dit tête 
tranchée : on le trouve bien anté- 
rieurement à la peine de la déca- 
pitation. — Péchon de Ruby en 
1596 dit : « Les sujets du Grand 
Coesre s'approchèrent de leur 
souverain tronche nue. — Tron- 
che à la manque, sergent de ville. 

Troncher % v.a. Embrasser. 

Tronchinette s.f. Jeune fille 
accorle. 

Trône s.m. Siège des cabinets 
d'aisances. 

Tronfion (mil.) s.m. Pour trom- 
pion, v.c.m. 

Tronque s. t. Pour tronche, 
v.c.m. 

Troquet s.m. Abrév. de mas- 
troquet, v.c.m. 

Trot O s.m. Au trotl vivement! 

— Aller au trot = Faire le trot- 
toir, v.c.m. 

Trottant s.m. Rat. 

Trottante s.f. Souris. 

Trotter (se) v.pr. S'en aller. — 
Partir. — S'enfuir. — Se dépê- 
cher. 

Trotte-sec (mil.) s.m. Fantassin. 

Trotteur # s.m. Ecuyer. 

Trotteuse s.f. Prostituée qui 
racole. 

Trottignole s.f. Pied. 

Nous somm's rien bath ! Nous épatons 
Du cabochard aux trottignolles. 

[Ch. des Gueux.) 

Trottin s.m. || 1. (B) Pied || 2. 
Cheval. || 3. Apprenti qui fait les 
courses. — Jeune fille qui fait les 
réassortiments dans les maisons 
de modes, couture, etc. 

Trottine s.f. Bottine. — Trot- 
tines feuilletées, bottines dont les 
semelles sont usées. 



TROTTINET. 



296 



TRUFFER. 



Trottinet0 s. m. Soulier. 

Trottoir O s. m. Faire le trottoir, 
racoler. — Femme de trottoir, 
prostituée qui racole. — (thé.) 
Grand trottoir, le grand réper- 
toire, c'est-à-dire les pièces clas- 
siques. — Petit trottoir, le réper- 
toire de drame, comédie, vaude- 
ville, etc. 

Trou 00 s. m. Faire son trou, 
faire sa position. — être dans le 
trou, être enterré, ou être en 
prison. — Faire un trou, boire un 
verre de cognac entre deux plats. 
Ily a des trous, il y a des lacu- 
nes. — Avoir un trou sous le nez, 
aimer à boire. — Se démancher 
le trou du cul, se donner de la 

. peine. — Trou du souffleur = 
Trou de balle = Trou d'Aix = 
Trou de bise, anus. — Trou d'o- 
gre, bureau de placement. 

Troubade = Troubadour s. m. 
Fantassin. 

Trou-du-cul s. m. Imbécile. 

Trouée # s.f. Dentelle ; (elle est à 
jours). 

Troufignard = Troufignon 
s. m. Anus. — fvais fenlever le 
troufig7îon, ie\ais te battre (m.àm. 

. te faire sauter). 

Trouillarde s.f. Pour souil- 
larde. Prostituée. — Souillon. 

Trouille s.f. Peur. — Lâcheté. 
— Poltronerie. « Tu n'as pas la 
trouille de me proposer ce pier- 
rot-là. » 

Trouiller v.a. et v.n. Voy. 
Touiller. 

Trouillotter v.n. Puer. — 

. Trouillotter du corridor ^ avoir 
mauvaise haleine. 

Trousse % s.f. Anus. 

Troussequin0 s. m. Derrière. 

Trouvé O a. Cest trouvé, c'est 
nouveau, original. 

Trouver v.a. et v.pr. Se trouver 
mal sur quelque chose, expression 



ironique qui signifie qu'on s'ap- 
proprie, qu'on accapare cette 
chose. — Trouver buisson creux, 
visage de 6ois, ne trouver personne. 

Troys (V) = Zut! Interjection 
pour exprimer que l'on se moque 
d'une chose. 

Truc s. m. ||1. Manière. — Avoir 
ou connaître le truc, la manière, 
le moyen. ||2. Métier. — Avoir 
du truc, avoir l'expérience de son 
métier. || 3. Ruse, tromperie. — 
Débiner le truc, dévoiler une 
ruse, un secret. — Maquiller son 
truc, exercer son talent pour faire 
le mal. — Faire le truc = Tru- 
quarder, racoler. — (thé.) Fièce à 
trucs, féerie, pièce ou la machi- 
nerie est compliquée. — # Grand 
truc, assassinat. — # Boidotter le 
truc, oublier la consigne = Man- 
ger la consigne. — Donner le truc, 
donner la manière de faire. — Re- 
piquer au truc, revenir à la 
charge. 

Trucage s. m. Voy. Truquage. 

Trucageur s.m*^. Individu qui 
fabrique des objets pour les ven- 
dre comme antiquités. 

Trucard s. m. Habile. —Adroit. 
— Malin. 

Truche # s.f. La mendicité. — 
La faire à la truche, mendier. 

Trucher % v.n. Mendier. 

Trucheur, euse # s. Mendiant. 

Trucsin % s. m. Prostituée. 

Truculent Q «. Peint de vives et 
chaudes couleurs. (Larchey) 

Truelle O s.f. Cuillère. — Manier 
la truelle, manger. — (typ.) Les 
truelle>i, équerre. 

Truffard s. m. Vieux soldat. 

Truffe s.f. Nez tuberculeux. — 
Truffe de savetier, marron. — Aux 
truffes^ Aux petits oignons, soi- 
gné, bien fait. 

Truffer v.a. Bourrer. — Rem- 
plir. — Truffé de chic, de galbe, 



TRUFFERIE. 



-- 297 



TURF. 



bourré, rempli d'élégance ; (com- 
me une oie bourrée de truffes). 

Trufiferie s.f. Tromperie. 

Truffeur, euse s. Trompeur. 

Truisme O s. m. Lieu commun. 

Trumeau Q s. m. Prostituée. — 
Vieux trumeau, vieille câlin. 

Trune0 s.f. = Thune, v.c.m. 

Truquage 0O s. m. = Trucage, 
Ruse. — Tromperie. — Fabri- 
cation (le fausses antiquités. 

Truquarder v.n. = Faire le 
truc, v.c.m. 

Truquer O • v.n. Faire ducom - 
merce. — Tromper. — Ruser. — 
Racoler. — Truquer de la pogne, 
tendre la main, mendier. Voy. 
Truc. 

Truqueur s. m. || 1. Commer- 
çant. Il 2. Contrefacteur || 3. 
Trompeur, malin. || 4. Camelot. 

Truqueuse s.f. Prostituée. 

Truquigé # s. m. Jeu truquigé, 
jeu préparé pour tricher. [Lar- 
chey] 

Tuant O ^' Assommant. — En- 
nuyeux. 

Tub'O s. m. Prononcez teuh. Bas- 
sin pour prendre des douches, 
(motang.) 

Tube0s.m. ||1, Chapeau haut de 
forme. ||2. Gosier. —Se coller 
quelque chose dans le tube, man- 
ger ou boire. — Se rincer le tube, 
boire. || 3. Nez. — Se piquer le 

- tube, se griser, jj 4. Fusil. 

Tuber v.a. Fumer la pipe. 

Tubercule O s. m. Nez difforme. 

Tubéreuse s.f. Lâcher une tu- 
béreuse, vesser; (allus. à l'odeur 
asphyxiante de la fleur de ce 
nomj. 

Tucker s. m. Les tuckers de la 
Morgue, les dalles de la Morgue 
(allus. aux sommiers élastiques 
Tucker, nom du fabricant). 

Tué O ^' Etre tué, être stupéfait. 

Tuer ffiO v.a. Tuer les mouches 



a quinze pas, avoir 



au vol ou 

mauvaise haleine. — Tuer le ver, 
on prend un verre à jeun pour 
tuer lever, vieil usage populaire. 
Tuer le colimaçon, faire taire 
sa conscience. — Etre boji à tuer, 
être très gras; (comparaison avec 
ranimai de bouclierie). 

TuflTre # s. m. Tabac. 

Tuile s.f. Il 1. Accident. —Obs- 
tacle imprévu. 1| 2. Coiffure. || 3. 
Carte cintrée (voy. Couper). ||4. 
Assiette. 

Tuileau0 s. m. Casquette. 

Tuiler v.a. et v.pr. Toiser. — 
Dévisager. — Observer en se mé- 
iiant. — Se tuiler, s'enivrer. 

Tuileur (F.-M.) s. m. Frère tuileur, 
franc-maçon qui fait subir l'exa- 
men au néophvte. 

Tuite s.f. Yoy. Cuite. 

Tulipe s.f. Danser le pas de la 
tulipe or ag euse = Chahuter\. cm. 

Tumer v.a. Ennuyer. — Tu me 
la tûmes, tu m'ennuies. 

Tune # s.f. Voy. Thune. \\ 1. Pri- 
son de Nanterre où se trouve le 
dépôt de mendicité. || 2. Bagne. 

Tuneçon 9 s. m. Prison. — Violon. 

Tuner # v.n. Mendier. 

Tuneur s. m. Mendiant à domi- 
cile. 

Tunnel Q s. m. Anus. 

Turbin s. m. Travail. — Occu- 
pation. — Emploi. Voy. Travail. 

— Aller au turbin, se dit d'une 
prostituée qui va racoler les pas- 
sants. 

Turbiner 00 (typ.) v.n. Travail- 
ler. — Gagner sa vie par tous les 
moyens. 

Turbineur #0(typ.) s. m. Ouvrier. 

— Travailleur. 

Turc #0 s. m. Tourangeau. 
Turcan % n.pr.m. Tours. 
Turellement adv. Pour natu- 
rellement. 
Turf O s. m. Champ de courses. 



URFISTE. 



298 



USINER. 



Sportsman 



Turfiste s.m. et a. 

(ang.). 

Turin s.m. Pot de terre. 

Turlupiner Q v.a. Se moquer, 
taquiner. — De Turlupin, surnom 
de Tacteur Legrand dans la farce. 

Turlurette s.f. = Gigolette. 
Femme gaie, aimant le plaisir. 

Turlutaine Q s.f. Poutade. — 
Tocade. 

Turlutine s.f. Nourriture du 
soldat en campagne. 

Turne s. t. Maison mal tenue. 
— Chambre. — Du lat. turj^is pi- 
geonnier. 

Turquie # n.pr.f. Touraine. 

Turturie (V) s.f. Le gibet, la po- 
tence. — Altér 
rapprocher de 
v.c.m. 

Tutoyer v.a. Fréquenter. — 
Tutoyer quelque chosCy s'en em- 
parer. 

Tutu O s.m. Petit jupon court 
faufilé entre les jambes des dan- 
seuses de façon à former une es- 
pèce de caleçon. 

Tuyau O s.m. |1 d. Information 



de torture. — A 
l'argot tortousc 



confidentielle concernant les 
chances de gain à la Bourse, aux 
courses, etc. — Avoir un bon 
tuyau, avoir un bon renseigne- 
ment pour réussir. || 2. Botte. — 
Soulier percé. |13. Tuyau de 
poêle, chapeau haut de forme. 
I! 4. Gosier. — Se rincer le tuyau, 
boire. |1 5. liamoner ses tuyaux. 
se mettre les doigts dans le nez. 
Il 6. Jambe. (Delvau) 

Type s.m. || 1. Individu. — Les 
filles galantes emploient fréquem- 
ment ce mot pour désigner leur 
amant : Tvais trouver mon type. 
je vais rejoindre mon amant. — 
U7i bon type, un bon garçon. — 
Un rude type, un farceur. 112. 
Excentrique. — Original. 

Typesse s.f. Femme quelcon- 
que. 

Typo O s.m. Ouvrier typographe 
(abrév.). 

Typote O s.f. Ouvrière typogra- 
phe. 

Tyran O s.m. || 1. Roi. 1|2. Roi 
de cartes. 



I 



U 



UlsterOs m.Sorte de houppelande 
à la mode vers 1876. 

Un a. ind. Q Unpeu, oui, certaine- 
ment = Un peu, mon neveu. 
«Irons-nous passer la journée de 
dimanche à la compagne? — Un 
peu, mon neveu ! » 

Universelle O s. f. Prostituée. 

Urf a. Voy. Chic. « Ça, vois-tu, 
c'est épatant, c'est urf. — Son 
que produit dans la bouche le li- 
quide qu'on hume avec délices. 

Voy. liup. [TIMMERMANS] 

Urle # s.m. Parloir de prison. 



s.f. Tête. — Avoir 
dans Vurne, être 



un 
en- 



Urne ^ 
député 
ceinte. 

Urpino a. Pour rupino = Ru- 
pin. Beau, bien, bon.« C est ur- 
pino aux pommes. » — Métathèses 

de urf. [TlMMERMANS] 

User v.a. User ses bottes, se don- 
ner de la peine pour rien. — 
(mil.) User son matricule, faire 
son service militaire. — User la 
pierre ponce, subir la peine des 
travaux forcés. 

Usiner Q v.a. Usiner un peintrey 



USTENSILE. 



299 — 



VADROUILLER. 



exploiter commercialement un ar- 
tiste peintre. 

Ustensile s. m. Voy. Marmite. 

Ustensilier (thé.) s. m. Chef d'ac- 
cessoires. 

Ustoches # s. m. pi. Ciseaux. — 
De eustache, couteau. 



Usure O s.f. Usure aux fines her- 
bes, saisie des enjeux dans une 
maison de jeu clandestine. 

Ut O (tyP-) int- ^ ^^ santé. 

Utilité O s.f. Artiste qui ne joue 
que de petits rôles. 



V s. m. Désigne le carreau dans 
Targot des grecs. Voy. I. 

Vachard0(St.-G.)s.m. Paresseux. 

Vache s.f. Mot injurieux et mé- 
prisant : Prostituée. Délateur. 
Hypocrite. Individu lâche ou pa- 
resseux. — Agent de police. « A 
bas les vaches ! » — Vache à lait, 
prostituée exploitée par un sou- 
teneur ; expression fr. pour dé- 
signer une personne ou une 
chose dont on tire un profit con- 
tinuel. — Manger de la vache en- 
ragée, souffrir, endurer la misère. 
— Il pleut comme vache qui pisse, 
il pleut très fort. — Tirer la va- 
che, faire marchcrle soufflet ; (à la 
forge). — Epouser la vache et le 
veau, épouser une fille enceinte 
de l'œuvre d'un autre. 

Vachemoutter (St.-G.) v.a. Des- 
siner. 

Vacher v.n. Paresser. 

Vacherie O0 s. t. || 1. Lâcheté. ~ 
Bestialité. || 2. Etablissement pu- 
blic fréquenté par les filles ga- 
lantes, qui racolent les clients. 

Vacquerie %s.ï.= Vaquerie. Aller 
en vacquerie = Aller au vague, 
= Etre dans le vaque, v. ces m. 

Vade s.f. Foule. — Rassemble- 
ment. (De va, impér. du verbe 
aller). 

Va-de-la-gueule s. m. Goulu, 
gourmand. 



Va-de-la-lance s. m. Individu 

répugnant. 
Vadrouillant = Vadrouinard0 

O a. et s. m. = Vadrouilleur || 
Vadrouilleux . Qui vadrouille. 
Voy. Vadrouiller. <c En tête mar- 
che un superbe héraut d'armes 
qui porte haut la bannière du 
quartier où, à côté d'une vivante 
allégorie, se lisent ces mots : Va- 
drouillor improbus omniavincit. » 

— En holl. vod, loque. Le son de 
ce mot est formé du bruit ft que 
fait un objet qui traverse l'air ra- 
pidement. La traduction holl. de 
vadrouille est zwabber, mot com- 
poséd'àpeu prèslemême son que 
l'ang. to sivecp ou to whipe, biffer, 
de celui des mots ail. wischer et 
fegen, effacer, der Schwiemel. 
lu vadrouille, etc. [Timmermans]. . 

Vadrouille s.f. Prostituée qui 
traîne la rue et fréquente les bou- 
ges. — La vadrouille, réunion 
d'hommes et de femmes qui vont 
de bouge en bouge. — Piquer 
une vadrouille, faire la noce, 
courir les bouges. — La vadrouille 
ou le faubert^est un balai fait de 
vieux cordages, qui sert à net- 
toyer le pont des navires (il va 
et vient dans l'ordure). 

Vadrouiller v.n. Aller flânant. 

— Traîner dans les bouges. Voy. 
Vadrouille. 



VADROUILLEUR. 



300 



VAUTOUR. 



Vadrouilleur = Vadrouilleux 

00 a- et s. m. Voy. Vadrouillant. 

Vagabonde s.f. Araignée. 

Vague O s. m. Flânerie/ — Aller 
au vague =. Aller en vacquerie, 
rôder en cherchant à voler. Voy. 

— Vaque (prost.) Aller au vague 
= Faire le trottoir, v.c.m. — Se 
lâcher du vague y vagabonder. — 
Coup de vague, vol au hasard, 
dans la première maison venue. 

— Du vague, non ; rien. 
Vaguer v.n. C'est l'équivalent 

du fr. vaquer à, s'occuper de, ou 
de vagabonder. Voy. Vague, Va- 
que. 

Vain a. Mauvais. — (B) Vain 
guelier, mauvais lieu.(B) Lavaine 
louchante, la lune. 

Vaisselle s.f. Décorations. — 
Croix. — Mettre sa vaisselle à 
Vair, mettre toutes ses décora- 
tions. — Vaisselle de poche, ar- 
gent, monnaie. 

Valade # s.f. = Vandale. Poche 
de derrière d'un vêtement. — 
Bourse. 

Valant # s. m. Pince à effraction. 

Valence Q s.f. Orange. « La va- 
lence, la belle valence ! ». 

Valet s. m. Valet de cœur, amant 
de cœur. 

Valoir O v.n. Valoir son pesant de 
moutarde, ne rien valoir du tout. 

Valser v.n. Voy. Vaner (1). — 
Faire valser quelqu'un, le battre. 

— Valser du bec, sentir mauvais 
delà bouche. 

Valtreuse0 s.f. Valise, (m. déf.) 
Valtreusier s. m. Voleur de 

valtreuses, v.c.m. 
Vandale s.f. Déformation de 

valade, v.c.m. 
Vane 9 s.m. ||1. Aveu. || 2. A 

droite î (Indication du bonneteur 

à son compère : Cri! signifie à 

gauche !) 
Vaner v.n. Il 1. S'en aller. — 



Partir. — Fuir = Valser. H 2. # 
Avouer. 

Vaneur # s.m. [] 1. Poltron. 1| 2. 
Celui qui avoue un délit ou un 
crime. || 3. Complice = Vanne. 

Vannage s.m. Embûche. — 
Piège. — Maquiller un vannage, 
dresser un piège ; attirer dans une 
embûche. 

Vanne # s.m. Voy. Vaneur {3}. 

Vanné a. || 1. Fatigué. — Ha- 
rassé. !I 2. Ruiné. — Perdu. 

Vanneaux s. m. pi. Articles ven- 
dus au rabais ou à perte. 

Vanterne # s.f. = Venterne \\ i. 
Lanterne, (m. déf.) — Vanterne 
sans loches, lanterne sourde. — 
Doubles vanternes, binocle. |1 2. 
Fenêtre. Voy. Ventouse. 

Vanternier # s.m.=: Venternier. 
Voleur qui s'introduit par les 
vanternes, v.c.m. (2). 

Vaque # s.m. Pour vague, v.c.m. 
Etre dans le vaque, chercher un 
coup à faire. 

Vaquerie # s.f. Voy. Vacquerie. 

Vase s.m. Eau (de î'all. Wasser). 
— O ^«se nocturne, pot de nuit. 

Vaser v. impers. Pleuvoir. 

Vaseux s.m. Paysan. 

Vasoter v. impers. Pleuvoir. 

Vasistas s.m. Monocle. 

Va-te-laver s.m. Coup de re- 
vers de main dans la figure. « Je 
lui ai décroché un va-te-laver. » 

Vatrine # s.f. Grinchir à la va- 
trine, voler dans un restaurant. 

Va-trop % s.m. Domestique. 

Vautour Q s.m. || 1. Individu 
avare et méchant. — Usurier sans 
scrupule. — Monsieur Vautour, 
propriétaire; (par ext.) ||2. # 
Grec. Il 3. Maliaiteur. — Les vau- 
tours sont des voleurs nomades 
tels que les grecs, les escrocs, les 
faussaires, les voleurs du grand 
monde ; ils sont cosmopolites et 
constituent la haute pègre, v.c.m. 



VAUXHALL. 



— 301 — 



VENDENGEUR. 



Vauxhall n.pr.m. Tivoli- Vauxhall, 
salle de bal et lieu de réunion, à 
Paris, rue de la Douane. Le Vaux- 
hall était un jardin public de Lon- 
dres établi en 1830 par un Fran- 
çais nommé Vaux ou Devaux, de 
là : Vaux, et ang. hallj salle, lieu 
de réunion. 

Veau s. m. |I 1. Jeune prostituée 
(future vache, v.c.m.) || 2. (St.-G.) 
Imbécile. — Larder son veau, 
faire un boniment pour amasser 
la foule; (quand on larde un mor- 
ceau de veau, on le prépare, puis 
ensuite on l'accommode. — On 
dirait du veau, expression en 
usage constant en 1885, qui ne 
signifie rien, que l'on disait à 
propos de tout et de rien. C'était 
le mot à la mode. — Veau mort- 
né, femme ivre. 

Vécu O P-pas. et a. || 1. Une per- 
sonne quia vécu est une personne 
qui a de l'expérience, du savoir. 
Il 2. Une œuvre vécue, un roman 
vécu, c'est une œuvre vraie qui 
dépeint les scènes et les mœurs 
dans toute leur réalité contem- 
poraine. 

Vécule s. m. Pour véhicule. 
Voiture. (Larchey) 

Vedette Q s.f. La vedette est le 
privilège accordé à certains artis- 
tes, d'avoir leur nom imprimé 
sur les afliches ou programmes, 
en caractères beaucoup plus forts 
que ceux des autres. Cette faveur 
est tellement recherchée que cer- 
tains directeurs ont été obligés 
de disposer les noms en cercle 
pour ne pas être en but aux ré- 
clamations de chacun. « Etre en 
vedette. — Avoir son nom en ve- 
dette. » 

Végéter Ov.n.Exister(LARCHEY). — 
Ce motestfr.comme vivoter, dans 
le sens de vivre médiocrement, 
misérablement. 



Veiller O ^'-n- Veiller au grain^ 
faire attention, surveiller. 

Veilleuse O s.f. || 1. Estomac. 
(Rigaud) — Veilleuse à sec, esto- 
mac affamé. ||2. Pièce d'un 
franc; (elle éc'/aire médiocrement). 
Voy. Bougie. 

Veinard Q s. m. Individu qui a de 
la veine, v.c.m. (i). 

Veine Q s.f. || 1. Chance, bon- 
heur. — Veine de cocu, chance 
extraordinaire. — Veine! quelle 
chance! quel bonheur! — ||2. 
Trace, marque (m.fr.). — # Veine 
couchante, coucher du soleil ; (le 
soleil veine le ciel de taches rou- 
ges quand il se couche). 

Veinne # s.f. Vieille femme. 

Vêler v.n. Accoucher. 

Velin s. m. Femme. (Rigaud) 

Vélos.m. Il 1. # Postillon. Voy. y^- 
oze. Il 2. O Vélocipède (abrév.). 

Véloceman O s. m. Celui qui s'a- 
donne au sport vélocipédique. 
Vélocemenau pi. 

Vélodrome O s. m. Champ , de 
courses vélocipédiques. — Éta- 
blissement où l'on apprend à 
monter le vélocipède et où ont 
lieu les courses. 

Velours Os-m. Cuir. — Jouer sur 
le velours, jouer en ne risquant 
que ce qu'on a déjà gagné. — 
C'est un velours, c'est bon, c'est 
doux. 

Véloze # s.f. Poste aux chevaux. 
Voy. Vélo (1). 

Velu O a. C'est velu = C'est chic, 
v.c.m. (Larchey). 

Vendange s.f. = Vendange (V) 
s. m. Récolte. — Butin. 

Vendanger = Vendenger (V) 
v.a. Récolter. — Butiner. — Ar- 
rêter. — Pendre. 

Vendengeur (V) s.m. Récolteur. 
— Voleur. — Maraudeur. 

...Vendangeurs des ances circoncis. (Villon.) 
^ Voleurs aux oreilles coupées). 



VENDOME. 



— 302 



VÉROLE. 



Vendôme # s. m. Jeu de cartes, 
qu'on joue dans les prisons. 

Vendre v.a. Trahir. — Vendre 
la mèchej ébruiter un secret. — 
Vendre des guignes, loucher. 

Venelle # s.f. Petite rue. — Enfiler 
la venelle, s'enfuir. 

Venne s.f. Honte. — Var. de 
vent, vesse, et paraphrase de : 
honteux comme un pet. [Timmer- 

MANS.] 

Vent O s. m. Du vent = Du flan, 
v.c.m. — Vent et mousse, rien. 
— Il y a du vent dans les voiles, 
il est gris, il titube. 

Vente s.f. Voy. Abattage (6). 

Venteme s.f. Voy. Vanterne. 

Venternier % s. m. Voy. Vanter- 
uier. 

Ventouse % s.f. Fenêtre (par où 
vient le vent). Voy. Vanterne (2). 

Ventre s. m. C'est le ventre de 
ma mère, cela n'arrivera ; (je n'y 
retournerai pas). — Ventre d'o"^ 
sier, ivrogne. — Avoir quelque 
chose dans le ventre, avoir des ca- 
pacités, du savoir, du talent. 

Ventrée s.f. Abondance de 
nourriture. — S'administrer une 
ventrée, manger abondamment. 

Ventridolent Q s. m. et a. Voy. 
Ventripotent. 

Ventriloque s. m. Péteur. 

Ventripotent s. m. et a. = Ven- 
tridolent = Ventrouillard. Ven- 
tru (qui a un gros ventre). Voy. 
Ventru, 

Ventrouillard s. m. et a. Voy. 
Ventripotent. 

Ventrouiller v.n. Peter. 

Ventru Q s. m. Homme de gouver- 
nement. « Les centriers, les ven- 
trus et les satisfaits, c'est-à-dire 
cette espèce ruminante qui vit en 
tout temps à l'auge du budget. » 
(A. Dumas.) Voy. Ventripotent, etc. 

Ver O s.m. Ver rongeur, cocher 
pris à l'heure ; (il ronge la bourse 



du client pendant qu'il l'attend à 
ne rien faire). 

Verbe # s. m. Attriquer sur leverbe, 
acheter à crédit; (sur parole). 

Ver-coquin s. m. Avoir le ver- 
coquin, être capricieux, fantasque. 
(Le ver-coquin est le vertige des 
moutons causé par un ver d'ans le 
cerveau.) 

Verdet s. m. Le vent. 

Verdouse = Verdouze s.f. j] 
1 . Prairie. — Gazon. — Verdure. — 
Légumes verts. |] 2. Pomme. 

Verdousier=:Verdouzier s. m. 
I| 1. Jardin. — Jardinier. — Frui- 
tier. I) 2. Pommier. || 3. Voleur de 
légumes dans les jardins. 

Véreux O • a. Sous la surveil- 
lance de la police. 

Vergue p (V) (B) s.f. ||1. Lieu 
de réunion des gueux. || 2. Ville. 
— La grande vergne, Paris. — Ver- 
gne de miséricorde, ville où le vol 
est d'un mauvais rapport. — Une 
ville est généralement entourée 
d'un mur, d'une défense, en holl. 
u'eer, de weren, défendre. [Tim- 

MERMANS] 

Vergogne s.f. Colère. 

Vermeil s.m. = Ver mois. Sang. 

Vermicelle # s.m. Les veines. 

Vermillon s.m. Anglais; (les 
soldats anglais sont habillés de 
rouge). 

Verminard = VermineuxQ s.m . 
Individu mal mis, sale, s'occupant 
d'affaires véreuses. 

Vermine # s.f. Avocat. 

Vermois s.m. Voy. Vermeil. 

Vermoisé # a. Rouge. 

Verneaux = Vernots s. m. pi. 
Souliers vernis. 

Vernissage Q s.m. La journée du 
vernissage, c'est la veille de l'ou- 
verture du Salon, solennité artis- 
tique où le public est admis par 
invitation. 

Vérole # s.f. Vérole noire =Fièvre 



VÉRONIQUE. 



— 303 



VIANDE. 



cérébrale, accusation entraînant la 
peine de mort. 
Véronique0s.f. Lanterne. (Rigaud) 

— J.d.m. sur verre. 
Verrasse s.f. Petit verre. 
Verre s. m. Boire un verre, boire 

, un verre de vin, etc. (le conte- 
nant pour le contenu). — Casser 
le verre de sa montre, tomber sur 
le derrière. — Se monter le verre 
en fleurs, s'illusionner. — Faire le 
verre en fleurs = Voler à Vaméri- 
caine . 

Verser v.n. = Verver. Pleurer. 

Verseur, euse Q s. Garçon qui 
verse le café dans les établisse- 
ments publics ; (la verseuse est le 
récipient en métal blanc qui con- 
tient le café). — Verseuse, ser- 
vante de brasserie. 

Versigot ^n.pr.m. Versailles. 

Vert O î^- 6t s. m. Se mettre au 
vert, aller à la campagne se sou- 
mettre à un régime rafraîchissant. 

— Se mettre au vert, jouer ; (ailus. 
au tapis vert). (Rigaud) — Nymphe 
verte, voy. Verte (4). 

Vert-de-gris s. m. || 1. Com- 
mandant de place. — Officier sé- 
vère dans le service. || 2. Huissier. 
Il 3. Verre d'absinthe, (j.d.m. et 
ailus. de couleur). 

Verte Q s.f. || 1. Absinthe = Nym- 
phe verte « Une verte » — Heure 
de la verte, heure à laquelle on a 
Thabitude de prendre Tabsinthe. 
Il 2. Gonorrhée, (Rigaud) 

Verver v.n. Voy. Verser. 

Vespasienne s.f. Urinoir public, 
(par ext.) — « La vespasienne était 
une chaise percée couverte et am- 
bulante. On s'en servait dans les 
rues de Paris vers 1840 «.(Larghey) 

Vesquer v.a. Pour vexer. 

Vessard s. m. Poltron. — Lâche. 

Vesse 0s. f. Voy. Vestige. \\ 1. Peur 

— Avoir la vehe, avoir peur. (| 2. 
Vesse ! les écoliers emploient ce. 



mot pour s'avertir de l'arrivée d'un 

surveillant. 
Vesser0 v.n. Vesser du bec^ avoir 

mauvaise haleine. 
Vessie Q s.f. Femme éhontée. 

— Vessies dessoufflées, seins flas- 
ques et pendants. 

Vestale s.f. Prostituée. 

Veste s.f. = Four. Echec. — 
Fiasco. — Remporter ou Ramasser 
sa veste, échouer piteusement. — 
Retourner sa veste, changer d'opi- 
nion, de manière de voir. 

Vestiaire O s. m. Laisser au ves- 
tiaire, manquer de ; omettre ; ne 
pas faire ; ne pas dire. 

Vestige # s. m. Voy. Vesto^ 
Vestos. Il 1. Vivacité. (Rigaud) || 
2. Peur. — Coquer le vestige, avoir 
peur; être dans des transes mor- 
telles. — Var. par j.d.m. de vesse, 
peur. [TiMMERMANs] Il 3. Lentilles. 

— Pois, (ils produisent la vesse, 
j.d.m.) 

Vesto 0# s. m. Lentille. — Vesto 
de la cuisine, agent de la sûreté. 
(Rigaud.) 

Vestos s. m. pi. = Vestiges. Lé- 
gumes secs. (Larchey)— Haricots, 
flageolets et autres flatulents. 

Vésuve O s.m. Faire son Vésuve, 
faire des embarras. 

Veulerie Q s.f. Procédés douteux, 
qui manquent de franchise. — Le 
holl. vuil veut dire malpropre, 
qui sent la corruption. [Timmer- 

MANS] 

Veuve s.f. La veuve Chapelle, dame 
de pique au jeu du baccarat. — 
Fréquenter la veuve Poignet, se 
livrer à l'onanisme. — La veuve = 
La veuve Rasibus, guillotine. — 
Epouser la veuve, être guillotiné. 
Vezouiller0v.n.Puer; (de vesser.) 
Viande s.f. Le corps humain. — 
La chair. — Montrer sa viande, se 
décolleter. — Etre en viande, être 
râblé, bien bâti, bien musclé. — 



VIATIQUE. 



— 304 — 



VINAIGRETTE. 



Se collet' laviande dans le torchon, 
se coucher. — Ramasser sa viande, 
tomber. — Basse viande, femme 
avachie. — Viande de morgue, 
homme imprudent. — Vagabond. 

— Viande à canon, militaire. 
Viatique Q s. m. Indemnité de re- 
tour accordée aux joueurs décavés 
par Tadministralion des jeux de 
Monte-Carlo. 

Viauper # v.n. Pleurer, (comme un 

veau). (Rigaud) 
Vibrion s. m. Ecrivain sans valeur. 

— (Dumas, V Etrangère.) Du lat. vi- 
ôrare, s'agiler. 

Vice s. m. La luxure. — Aller au 
vice, aller voir les filles. — Avoir 
du vice, être astucieux. 

Vice-race # s. m. Vicaire. — Race 
pour rasé ; ratiche, ratichon ont 
été formés de la même racine. 

[TiMMERMANS] 

Vidange # s.f. Largue en vidange, 
temme en couches. 

Vide-bouteille s. m. Petite 
maison avec jardin près de la 
ville. 

Vider Q v.a. et v.pr. Etre vidé, être 
affaibli, ne plus avoir d'idées; de- 
venir crétin. — Vider un homme, 
l'affaiblir au moral et au physique. 

— Vider ses poches, iouer du plâno. 
(Larchey) — Vider le plancher, 
s'en aller. — # Vider quelqu'un, 
le tuer pour le dévaliser. 

Vie O s.f' Faire lavie, se débaucher. 

— Mener une vie de Polichinelle, 
de patachon, mener une vie désor- 
donnée. 

Viedaser 0v.n. Traîner dans son 
travail. 

Vieille O s.f. Ma vieille = Ma 
vieille branche, mots d'amitié. — 
Un vieux de la vieille, un vieux 
soldat de la vieille garde ; par ext. , 
un vieillard, un invalide. — 
yieiZ/e, pour: vieille eau-de-vie. — 
Vieille barbe, vieillard; individu 



qui n'est plus au niveau du pro- 
grès. — Vieille garde,\ïe'û\e femme 
galante. 

Vieillisseur O s. m. Ouvrier qui 
donne un aspect ancien à un objet. 

Vieillisseuse s.f. Femme qui 
attife les jeunes filles mineures de 
. façon aies faire paraître plus âgées 
par crainte de la police. 

Vieillot s. m. Fauteuil, (siège de 
vieillard) 

Vieux O a- et s. m. Se faire vieux, 
se tourmenter; attendre long- 
temps ; m. à m. vieillir en atten- 
dant. — C'est vieux jeu, c'est connu, 
rabâché, usé. — . Mon vieux, mot 
d'amitié qui se dit très bien à un 
jeune homme. — Avoir son vieux, 
avoir un entreteneur âgé. (arg. des 
filles). — Vieux beau, vieillard élé- 
gant ridicule. — Vieux pompon, 
vieil imbécile. — (mil.) Un vieux 
de la vieille, v.c.m. 

Vif-argent # s. m. Argent comp- 
tant. 

Vigie # s.f. Voleur à la vigie, vo- 
leur de bagages sur les voitures 
publiques. 

Vigne # sS. Etre dans les vignes = 
Etre dans les vignes du Seigneur, 
être ivre. — Jean de la Vigne, vi- 
gneron. 

Vignette (typ.) s.f. Piquer la vi- 
gnette, être distrait. 

Vigoureuse s.f. Locomotive. 

Vigoter # v.n. Vivre. 

Vigousse s.f. Vigueur. — Viva- 
cité. — Fougue. 

Villois s. m. Village. 

Vinaigre Q s. m. Vinaigre des 
quatre négociants = Vinaigre des 
quatre (ou des quarante) voleurs, 
mauvais vinaigre. — # Crier au 
vinaigre, crier au secours, se fâ- 
cher. — # Tourner au vinaigre, 
devenir malheureux. — Du vinai- 
gre! vite! 

vinaigrette # s.f. || 1 . Voiture cel- 



VINASSE. 



305 — 



VOIR. 



I 



lulaire = Panier à salade. — La 
vinaigrette , qui existait encore 
dans le nord de la France en 1869, 
était une chaise à porteurs montée 
sur roues et traînée par un hom- 
me. Il 2. Correction vigoureuse. 

Vinasse s.f. De la vinassCy du 
vin. — Quelle vinasse! quel mau- 
vais vin! 

Vingt-deux int. || 1 . Attention ! 
^=llpleut! Il 2. Couteau-poignard. 

Vingt-huit Q a.n. Un vingt-huit 
Jours, réserviste qui fait une pé- 
riode de vingt-huit jours. 

Vinoche s. t. Vin. 

Vioc = Viocque# a.ets.m. Vieux. 

— Age. Voy. Viorjue. 
Viochard # s. m. Fauteuil, (siège 

de vieillard). 
Violette s.f. La violette! cri pour 

annoncer la vente des éperlans. 
Violon # s. m. Prison provisoire. 

— Sentir le violony devenir misé- 
rable. — Jouer du violon^ scier ses 
fers avec un ressort de montre ou 
un cheveu trempé dans Tacide ni- 
trique. (Larchey) 

Violonné # a. Misérable. (Michel) 

Vioque # s.f. = Visque, la Vie. 
Voy. Vioc. 

Virgule s.f. Cicatrice. 

Viro s. m. Etre viro, être ivre, 
(anagramme de ivrOj abrév. d'i- 
vrogne). 

Vironne (la) (B) s.f. La province. 

Vis s.f. Cou, gorge. — Serrer la 
vis, étrangler. — On dit aussi ser- 
rer la vis à quelqu'un pour le trai- 
ter sévèrement, lui refuser des 
avances d'argent, le serrer de près. 

Visage O s. m. Trouver visage de 
bois, netrouverpersonne; (se trou- 
ver devant une porte fermée). — 
Visage de constipé, figure pâle ou 
jaune. — Visage de campagne, 
derrière. 

Viscope s.f. Visière, et par ext., 
casquette. 



Vise-au-trèfle s. m. Infirmier 

Visque # s.f. Voy. Vioque. 

Visqueux. s.m^ Souteneur. 

Vit s. m. Membre viril. 

Vitelotte s.f. Nez rouge comme 
la pomme de terre de' ce nom. 
(Lahchey) 

Vitre s.f. Monocle. — Carreaux 
de vitres, verres de lorgnon ou de 
lunettes. 

Vitrier s. m. Chasseur de Vin- 
cennes. — Les vitriers, les carreaux 
au jeu de cartes. — Quiyite man- 
geuse dans les vitriers, quinte ma- 
jeure à carreau. 

Vitriol s. m. Eau-de-vie. 

Vitrioler Q v.a. Asperger de vi- 
triol. 

Vitrioleur, euse. Q s. Qui jette du 
vitriol, pour aveugler ou défigurer 
par vengeance. 

Vivoter Qw.n. Vivre péniblement. 

Vlan O a. inv. Chic = Copurchic = 
Pschutt. Néologismes pour dési- 
gnerlecomblederélégance(1867). 
Vlan semble venir de Tint, vlan! 
frapper. 

— C'est très vlan ! se dit d'une 
chose qui frappe par sa beauté. 
Syn. de l'expression : C'est tapé. 

[TlMMERMANS.J 

Voie s.f. Foutre une voie de 
bois à quelqu'un, le battre. 

Voile (F. -M.) s.m. Nappe. 

VoirO© v.av.n. et \.pr. En faire 
voir à quelqu'un, l'agacer, le 
tourmenter. = Voir en dedans, 
dormir. — Voir la lune, perdre sa 
virginité. — Voir une femme, 
avoir des relations sexuelles. — 
Voir rouge, avoir des idées san- 
guinaires. — En voir la farce, 
s'en passer la fantaisie. — Voir 
Sophie, avoir ses menstrues. — 

— Voir trente-six chandelles, être 
ébloui, avoirdes étourdissements. 

— # Se faire voir, se faire attra- 
per; se faire duper. 

20 



VOIRIE. 



— 30Ô 



WALLACER. 



Voirie Individu méprisable. 

Voite s.f. Voilure, (abrév.) 

Voiture s.f. Voiture à talons, 
jambes. 

Volaille 0O s.f. || 4. Aspirant à 
TEcole militaire de Saint-Cyr. || 
2. Prostituée voleuse, (j.d.m.) 

Volailler Q v.n. Voler ma- 
ladroitement. 

Volaillon s. m. Voleur mala- 
droit. 

Volant (V) (B) # s.m. \\ 4. Man- 
teau. Il 2. Volaille. — Oiseau. 

Volante # s.f. H 1. Plume. || 2. 
Dépêche. — Télégramme. || 3. La 
Police. 

Volapuk O s.m. Langue univer- 
selle. 

Vol-au-vent s.m. Plume. — 
Girouette. — Q Avoir une écre- 
visse dans le vol-au-vent, dans la 
tourte, être toqué. 

Volé a. Etre volé, être déçu, 
désappointé. 

Volige s.f. Personne maigre et 
plate comme une latte. — Du fr. 
volige, latte à ardoises. 

Voltigeante s.f. [j 1. Pous- 
sière. Il 2. Plume (à écrire). 

Voltigeur0s.m. Apprenti maçon. 

Vouer v.a. Etre voué au blanc, 
être paresseux. — Voué au jaune, 
être cocu. 

Voulu O a. Substitution de la vo- 
lonté de Tartiste ou de l'écrivain 
à Tobservation de la nature ou 



des caractères. (Larchey) « C'est 
voulu, ce n'est pas sincère. » 
(V. Sardou). 

Vouzaille = Vouzigaud % pr. 
pers. = Vozière=Voziyue, Vous. 

Voyage # s.m. Voyage au long 
cours, la déportation. 

Voyante Q s.f. Femme qui vend 
des pronostics à la maison de 
jeu de Monte-Carlo. 

Voyla prcp. Voyla rage, éton- 
nant, surprenant. 

. . . . Ho! 7}oyla rar/e. 
Elle commence de bonne lieure. 
(Cl. Marot, Dialogue de deux amoureux). 

Voyou, ouse, oute. Q s. Gamin 

qui traîne sur la voie' publique. 

— Individu qui se conduit crapu- 

leusement. 
Voyoucrate Qs.m. Quise conduit 

comme un voyou (v.c.m.) et en 

fréquente d'autres. 
Voyoucratie Q s.f. Réunion de 

voyous, de voyoucrates, v.c.m. 
Voyoutados s.m. Cigare d'un 

sou. 
Vozière = Vozigue # pr. pers. 

Vô . Vouzaille. 
Vrai O s.m. Un vrai, un homme 

honnête, franc et loyal. 
Vrignole % s.f. Pour crignole. 

iande. 
Vrille s. t. Lesbienne =i Gou- 

gnotte, v.c.m. 
Vu % a. Etre vu, être dupé. 



^Sf 



"Wagon s.m. ^ Fourneau || 1. 

Imbécile. H 2. Prostituée. || 3. 

Grand verre de vin. (Larchey) 
"Wallace s.f. Eau des fontaines 

publiques. — Du nom de sir Ri- 



chard Wallace, qui fit don d'un 
grand nombre de ces fontaines à 
la ville de Paris. 
Wallacer v.n. Boire de l'eau 
de la wallace, v.c.m. 



WATERLOO. 



307 — 



ZINC. 



Waterloo O n.pr. m. Derrière. 
— Uîi cercle qui a son Waterloo, 



cercle où les grecs ont été surpris 
trichant. 



X O s. m. Inconnu. — Anonyme. — 
Polytechnicien. — Fort en X, fort 



en mathématiques — Tête à X^ 
tête de mathématicien. 



Yachting O s. m. Sport nautique. 

— Pêche. — Régates. — Natation, 

etc. 
Yachtsman Q s. m. Individu qui 

s'adonne au yachting, v.c.m. 
Yeux s. m. pi. Voy. Œil. 
Youdi=:Yeute = Youtreffis.m. 



Juif. — De 
Youtrerie ^ 

Youdi. 
Ys s. m. Huis, porte 



rhébreu Jehudhith, 
s.f. Ladrerie. Voy. 



phe ancienne est uis. 

Et babigiiez toujours aux 



L'orthogra- 



(VlLtON). 



Zanzibar O s. m. Jeu de dés chez 
le marchand de vin. 

Zeph s.m. Vent (abrév. de zé- 
pliir). 

Zéphir(mil.) s.m. Infanterie légère 
d'Afrique. 

Zeruart (B) s.m. Prédicateur. 

Zeruinois (B) s. m. pi. Procu- 
reurs. 

Zeruinois-gourd(B) s.m. Avocat. 

Zerver0v.a. Pleurer (pour verse?*). 

\Ze-ze s.m. Individu qui zézaie. 

LZichinetta 0s.f. Pron. squinetta. 
Jeu de hasard où le donneur fait 
sauter la coupe. — Se joue dans 
les quartiers habités par les 
Italiens, cela s'appelle « rouler 
de bonnes pâtes d'Italie. » 

Zif s.m. Marchandise imaginaire. 



— Solliceur de zif, individu qui se 
fait donner de l'argent sur des 
marchandises qui n'existent pas. 

Zig=:Zigue s.m. Camarade. — 
Compagnon. — Homme franc et 
gai. — Bon zig, bon ami. — Zig 
d'attaque, ami sur lequel on peut 
compter. — Zig à la rebiffe, réci- 
diviste. — Du nom de zing^mi qu'on 
donne aux Bohémiens. 

Zigzag s.m. Q Bancal — 
Boiteux. 

Zigzaguer v.n. Faire des zig- 
zags en marchant. 

Zinc -= Zingue s.m. || 1. = 
Chic,\.c.m. — Avoir du zinc, avoir 
de l'élégance. — C'est aussi avoir 
une voix bien timbrée. || 2. Ar- 
gent, monnaie. Il 3. Comptoir de 



ZINGUER. 



308 — 



ZUTISTE. 



marchand de vin. « Prendre un 

verre sur le zinc. » || 4. Zinc des 

ratichons, maître-autel. 
Zinguer v.n. Boire sur le zinCj 

v.c.m. (3). 
Zingueur s. m. Buveur habitué 

des zincs^ v.c.m. (3). 
Zingot O s.m. Marchand de vin. 

Voy. Zinc (3). 
Zona s. f. Prostituée (arg. des juifs). 
Zouzou s. m. Zouave. 
Zoze a. Boucle zoze, pain bis. 
Zozotte s.f. Argent. — Mettre 

le doigt sur la zozotte, découvrir 

où se trouve l'argent qu'on veut 



voler. — La zozotte à la Louis, 
l'argent d'une prostituée. — 
Formé de la forme abrégée de 
pezotte pour pesce, pèse, pèze, le 
pognon. [Timmermans.] 

Zut Interjection pour exprimer 
que l'on se moque d'une chose. 
— Signifie aussi non. « Ah! zut 
alors! » Néologisme, du skt suth 
dédaigner, action de faire sût, 
sorte d'interjection exprimant im- 
patience ou aversion (Burnouf 
page 726, col. a). = Troys! (V). 

Zutiste0 s.m. = Menfoutiste ;Vov. 
Zut. 



FIN DU DICTIONNAIRE ARGOT-FRANÇAIS. 



DICTIONNAIRE 



FRANÇAIS-ARGOT 



Abaissement =r Bassesse. Humi- 
liation. Humilité. Aplatissement. 

Abaisser = S'humilier. Ramper. 
Se ravaler. Voy. S'aplatir. 

Abandon =: Désistement. Renon- 
ciation. Isolage. Ldchage. 

Abandonné = Délaissé. Lâché. 
Voy. CiiAMPi. 

Abandonner =: Délaisser. Quit- 
ter, Renoncer. Voy. S'enfuir, S'en 
aller. Balancer. Bloquer. Décar- 
rer. Gameler. Isoler. Lâcher. 
Laisser en plan, en panne. Pla- 
quer. Poser un lapin. Bendcler. 
Se débarquer. Voy. Cran, Gamelle, 
Lâcheur. 

Abasourdi. Abafointê. Abalobê. 
Voy. Baba. 

Abasourdir = Assourdir. Étour- 
dir. Casser la tête, les oreilles. 
Aplomber. Basourdir. 

Abat-jour. Abat-reluit. 

Abattements Accablement. Ané- 
antissement. Découragement. 
Affalement. Avachissement. 

Abattre = Renverser. Plaquer. 



Abattu = Accablé. Anéanti. A/- 
falé. Assommé. Avachi. (Met.) 
Avoir la mort dans l'âme. Les 
bras m'en tombent. 

Abbaye. Voy. Couvent, 

Abbé. Voy. Prêtre. Goussé-Razis. 

Abbesse. La mère. Mère abbesse. 

Abdomen. Voy. Ventre. 

Abeille. Fille galante. 

Aberration. Voy. Folie. 

Abêtir. Voy. Abrutir. 

Abhorrer.' Voy. Détester. 

Abîme. Esquinte. 

Abject. Voy. Méprisable. 

Aboiement. Jaspinement. Roule- 
ment de tambour. 

Abolir. Voy. Détruire. 

Abolition. Voy. Destruction. 

Abominable. Voy. Laid, Mauvais. 

Abondamment "= Amplement. 
Considérablement. Copieuse- 
ment. Largement. A bouche que- 
veux-tu. A foison. A bauge. A 
gogo. Sourdement. 

Abondance = Aftluence. Aisance. 
Opulence. Quantité. Richesse. 



ABONDANT. 



— 310 — 



ACCUOITRE. 



Aboutage. Gourderie. Voy. As- 
siette, Gras. 

Abondante Opulent. Voy. Beau- 
coup. Crespinière. A chicr }.ar- 
tout. 

Aborder =1 Accoster. Approcher. 
Joindre. Accrocher. Agrafer. 
Amarrer. Raccrocher. Taper. 

Aboutir. Accoucher. 

Aboyer = Glabauder. Jaspincr. 

Abri (Être à 1'). Etre blindé, cui- 
rassé. 

Abruti. Voy. Bête. 

Abrutir = Abêtir. Ahurir. Etour- 
dir. Stupéfier. Asinver. Crélini- 
ser. Endormir. Huîtrifier. Juhar- 
der. (Met.) Faire tourner en bour- 
rique. 

Abrutissement. Voy. Bêtise. 

Absence de = Manque de. Nib 
de... 

Absinthe (plante). Herbe sainte. 

Absinthe (liqueur). V. c. m. au Dict. 
Arg. Fr. Abs. Bavaroise aux choux. 
Bleue. Bureau arabe. Correspon- 
dance pour Charenton. Douanier. 
Eau de moule. Eau de savon. Fée 
aux yeux verts. Génépi. Groseille 
de zouave. Hussarde. Pernod. 
Perroquet. Pure. Suissesse. Verte. 

Absoudre. Voy. Acquitter. 

Absurde. Voyl! Bête. 

Absurdité. Voy. Bêtise. 

Abus de confiance. Voy. Escro- 
querie. 

Abuser de = Exploiter. Echau- 
der. Ecorcher. 

Abuser (S') = S'illusionner. Voy. 
Se tromper. (Met.) Se dorer la 
pilule. Croire que c'est arrivé. Se 
fourrer le doigt dans l'œil. Se 
monter le bonrrichon, le job. Se 
monter le coup, le verre en fleur. 

Académicien = Immortel. Les 
Quarante (pL). CJnjbre. Coupo- 
lard. Fossile. 

Acariâtre Voy. Grognon. 

Accablé. Avoir plein le dos. 



Accablement = Anéantissement. 
Découragement. Voy. Abatte- 
ment. 

Accabler — Agonir. Voy. Abattu. 
Ennuyer. Voy. Agomser. 

Accaparer. Voy. Tirer. 

Accident. Voy. Malheur. 

Acclimater. Apascliner. 

Accommodant. Voy. Bois. 

Accommoder (S'). Accœrer. 

Accord (D'). Pareil. 

Accorder (S'). Voy. S'entendre. 
Corder. Marcher avec. 

Accoster. Voy. Aborder. 

Accouchée. Largue en vidange. 
Pondeuse. 

Accouchement z= Enfantement. 
Aboulement. Débâcle. 

Accoucher = Enfanter. Engen- 
drer. Abouler. Casser so7i œuf. 
Débouler. Mômir. Pisser des os. 
Pisser sa côtelette. Pondre. Vê- 
ler. — Faire accoucher : i)é6ac/fr. 
Décrocher. Dépoter. 

Accoucheuse = Sage-femme. Dé- 
bâcleuse. Déballeuse de petits-sa- 
lés. Guette-au-irou . Madame Ma- 
nicon. Mômeuse. Mômière. Tire- 
môme. Tire-monde. 

Accouplement. Voy. Coït. 

Accoupler (S'). Voy. Coïter. 

Accourir. Abouler. 

Accoutrement. Voy. Vêtement. 
Carnaval. 

Accoutrer (S'). Voy. S'habiller. 

Accréditer. Voy. Recommander. 

Accroc. Voy. Difficulté. 

Accroché. Voy. Pendu. Grup. 
Gruppé. 

Accrocher. Voy. Pendre. Agrafer. 
Brancher. Graffer. Grupper. 

Accroire (Faire). (Met.) Faire 
avaler la pilule. Faire couper, 
couper dans le pont. Faire gober. 

Accroissement. Voy. Augmenta- 
tion. 

Accroître. Voy. Agrandir, Aug- 
menter, Economiser. 



ACCROUPIR. 



311 — 



AFFIRMER. 



Accroupir (S'). S'accoiifler. S'ac- 
couver. S'accrouer. Se mettre à 
crou-crou, à croupetons, en chien 
de fusil. 

Acculer. Coller. Coller sous bande. 

Accumuler. Voy. Augmenter, 
Economiser. 

Accusation. Fargue. Voy. Dévi- 
DAGK. Fièvre.. 

Accusé = Inculpé. Ecorné. 

Acharnement. Obstination. Voy. 

ACHAR. 

Achat. Voy. Margoulinage. 

Acheminer. Voy. Arranger, Pré- 
parer. 

Acheter. Abloqucr. Abloquir. 
Abroquer. Attriquer. Biblutcr. 
Bloquir. Cameloter. 

Acheteur =: Acquéreur. Ablo- 
queur. Attriqucur. Bibloteur. Voy. 
Margoulin. 

Achever. Voy. Finir. Cheirir. 

Acolyte. Voy. Associé, Compa- 
gnon, Compère, Complice. 

Acompte. Arrosage. Voy. Arroser. 

Acquéreur. Voy. Acheteur. 

Acquiescer. Voy. Approuver. 

Acquit. Voy. Quittance. 

Acquitté. Béard. béf argué. Dévoyé. 

Acquittement. Décarrade. Dé- 
carre. Décarrement. 

Acquitter = Absoudre. Gracier. 
Pardonner. Défarguer. Dévoyer. 
Engracier. 

Acquitter (S'). Se dcssahr. 

Acrobate. Voy. Saltimbanque. 

Acte. Voy. Accusation. 

Acteur = Comédien. Cab. Cabo. 
Cabot. Cabotin. Misloqueur. Mis- 
loquier. Voy. Bouche-trou, Clou, 
Créateur, Doublure, Egyptien, 
Etoile, Figurant, Figuration, 
Rognure, Sabot, Tombeur, Ve- 
dette. 

Actif. D'attaque. 

Actions Fait. Exploit. Voy. Geste. 

Activer = Presser. Chauffer. (Met.) 
Donner un coup de collier. Donner 



les coups de poing de la fin. Etre 
à la cravache. 

Actrice = Comédienne. Voy. Ac- 
teur. Cabotine. Misloqueuse. Mis- 
loquière. 

Addition r= Adjonction. Voy. Bé- 

QUET. 

Adjoint. Voy. Condé. 

Adjonction.^ Voy. Addition. 

Adjudant. Chien de régiment. 

Administrer = Donner rexlrême- 
ne lion. Graisser les bottes. 

Admirable. Voy. Beau. Catapul- 
tueux. Mirobolant. 

Admis à (Être) Engrainer. 

Admonester = Réprimander. 
Voy. Gronder. 

Adorer. Voy. Aimer. 

Adresse. Voy. Habileté, Ruse. 

Adresser. Voy. Envoyer. 

Adroit = Habile. Rusé. Voy. Malin. 
(Met.). Avoir le pouce rond. 

Adultère. Voy. Cocu. (Met.), Con- 
versation criminelle. Chasser sur 
les terres d'autrui. Donner dos 
coups de canit" dans le contrat. 
Infortune conjugale. 

Adversité. Voy." Malheur. 

Affable. Voy. Aimable, Bienveil- 
lant. 

Affaibli. Voy. Aile, Lampe. 

Afifaire. Aff'. Balle. Blot Chopin. 
Flambeau. Flanche. Voy. Cocantin, 
Fonts, Lanceur, Margouliner. 

Affamé (Etre). Caner la Pêgrcnne. 

Affectation = Pédanterie. Préten- 
tion. Voy. Bégueule, Poser, 
Poseur. Pose. 

Affecter. Voy. Poser. 

Affection. Voy. Amitié, Amour. 

Affectueusement. Amicablcment. 

Affiche. Menteuse. 

Affilié. Voy. Associé, Compère, 
Complice.^ Voy. Franc (8). 

Affiquets = Ajustements. Affu- 
tiaux. Agios. 

Affirmation. Voy. Approbation. 

Affirmer = Assurer. Certifier 



AFFLICTION. 



312 — 



AIMER. 



Bonir. Voy. Billet, Prendre. 
(Met.) Mettre sa main au feu. 

Affliction. Yoy. Chagrin, Ennui, 
Souffrance. 

Affligé. Yoy. Chagriné, Ennuyé. 

Affliger. Voy. Chagriner, Ennuyer. 

Affluence. Voy. Abondance. 

Affluer. Ahouîer. 

Affoler (S') = Perdre la tramon- 
tane, le nord. Perdre la boule, 
la boussole, la carte. 

Affreux. Voy. Laid. 

Affront. Voy. Honte, Injure. 
Voy. Mettre. 

Affubler (S'). Voy. S'habiller. 
S'encarnavaler. 

Africain. Voy. Nègre. Arbico. 
Arbi. 

Agaçant. Voy. Ennuyeux, Impor- 
tun. 

Agacé. Voy. Ennuyé. 

Agacer = Harceler. Irriter. Voy. 
Ennuyer, Exciter. Asticoter. As- 
tiquer. Baunoter. Emboucaner. 
Emmerder. Faire mal. Faire pisser 
des lames de rasoir en travers. 
Scier. 

Agé. Longé. 

Agence. Voy. Bureau. 

Agencer. Voy. Ensecréter. 

Agent. Voy. Àmge, Cocantin, Mer- 
cadet, Sauterolle, Sauterond. — 
Agent de police. Voy. Mouchard, 
Police, Sergent de ville. Sû- 
reté. 

Aggraver. Voy. Augmenter. 

Agile. Voy. Alerte. 

Agioter. Capitainer. 

Agioteur. Capitaine. En fonceur. 
Tripoteur. 

Agir. Voy. Faire. (Met.) Y aller 
gaiement. 

Agitateur. Agent provocateur. 
Allumeur. Diable. 

Agiter (S') = Se débattre. Se dé- 
mener. Se donner du mal. Se 
remuer. Voy. S'évertuer. Se dé- 
carcasser. Se dégrimoner. Se dé- 



mancher. Se démantibuler. SV- 
mouver. Se grouiller. 

Agneau. Voy. Mouton. 

Agonie. Voy. Moribond. Canage. 
Crevaison. Fine pégrenne. Voy. 
Malle. 

Agonir. Voy. Accabler. 

Agoniser. Voy. Malade, Mourir. 
Voy. Article, Dédire, Lampe. 

Agrandir. Voy. Augmenter. 

Agréable =: Charmant. Plaisant. 
Voy. Beau, Galant. 

Agrément. Voy. Bonheur, Plaisir. 

Agresseur. Voy. Assassin. Butteur. 

Agriculteur. Voy. Paysan. 

Agripper. Voy. Saisir. 

Aguerri = Solide. Intrépide. 
Voy. Brave. Dur à cuire. Bougre à 
poils. 

Aguerrir. Culotter. Dégourdir. 
Détaffer. 

Aguets (Etre aux). Voy. Guetter 

Ahuri = Hébété. Voy. Bétfc> 
Etonné. Ahuri de ChaiUot. 

Ahurir. Voy. Abrutir. 

Aide. Voy.^ Complice, Soutien. 
Voy. Aide-cargot, Mécamcien. 

Aider = Secourir. (Met.) Donner 
un coup de main. 

Aïeul. Voy. Grand-père. 

Aiguille. Barre. Chassue. Clé. Pin- 
celoque. 

Aiguillettes. Mettes. 

Ail. Apic. Truffe de Marseille. 

Ailleurs. Au diable. Au diable 
Vauvert. 

Aimable = Affable. Cordial. 
Charmant. Voy. Galant. Amiteux. 
Amour. Girofle. 

Aimé (Etre) = Etre la coqueluche 
de. Etre à la bonne. 

Aimer = Adorer. S'éprendre. 
Raffoler. (Met.) Aimer comme la 
prunelle de ses yeux. Aimer 
comme ses petits boyaux. Se coif- 
fer de. Faire son Dieu de. S'enti- 
cher de. En tenir. Voir d'un bon 
œil. Avoir à la bonne. Avoir dans 



AIMER. 



— 313 — 



AMANT. 



le sang. Avoir un béguin. Engan- 
ter. Gober. Etre toqué de. Sentir. 
Se toquer. Voy. Filer, Gâteau. 

Aimer (en parlant des choses). 
Ne pas cracher dessus. 

Ainsi = Sic. Comme aco. 

Air. Voy. Allure. 

Air (élément). Voy. Fragrance, 
Halle. 

Aisance. Voy. ÂbondaDce. 

Aisances. Voy. Lieux. 

Aisé Voy. Riche. Etre dans le grain. 

Ajustements = Affiquels. Affa- 
tiaiix. Agios. 

Alarme. Voy. Exclamation. Voy. 
Arçonner. 

Alarmiste = Pessimiste. (Met.) 
Docteur Tant Pis. Oiseau de 
mauvais augure. Prophète de 
malheur. 

Alcoolique. Voy. Ivre, Ivrogne. 

Alêne. Lance de saint Créfin. 

Alentour. Alentoir. 

Alerte. Voy. Exclamations, Signal. 

Alerte (acîj.). A{çilc. Allègre. Dis- 
pos. Léger. Leste. Prompt. Vif. 
Démon. Diable. 

Algarade. Voy. Aventure. 

Alibi. Parade. Parapluie. Voy. Se 
parer. 

Aliéné. Voy. Fou. 

Aligner (S'). Se poi'tcr sur la base. 

Alimentation. Voy. Nourriture. 

Aliments. Voy. Nourriture. 

Alité. Sur le flanc. 

Allécher = Amadouer. Voy. Atti- 
rer, Séduire. Voy. Acoquiner. 
Vannage. 

Allègre. Voy. Alerte. 

Allemand. Alboche. Boche. Bosch, 
Choucroutman. Mangeur de chou- 
croute. Prusco. Prussien. Tête de 
boche. 

Aller = Marcher. Voy. Va-et- 
vient. Bier. Brouer. Voy. Aller. 

Aller (S'en) = S'échapper. S'es- 
quiver. Se retirer. Voy. Aban- 
donner, S'enfuir, Fuir", Partir. 



Se bairer. Se la briser. Se carapa- 
ter. Se cavaler. Se criquer. Se dé- 
biner. Se dévisser. Se la donner. 
Se donner de Vair. S" écarbouiller . 
S'csbigner. Se sylphider. Se trot- 
ter. Voy. Fourneaux. 

Allez-vous-en = Aller vous pro- 
mener. Allez vous asseoir. Allez 
vous faire foutre. Allez vous faire 
lanlaire. Aller vous laver. Houste! 
Hnuste à la paille ! 

Alliance. Voy. Association, Ba- 
gue, Mariage. 

Allié = Aide. Voy. Complice. 

Allonger. Voy. Long. (Met.) Pren- 
dre le chemin des écoliers. 

Allumer. Voy. Enflammer, In- 
cendier. Coquer le rifle. 

Allumette. Bûche. Faibloche. Plom- 
bante. Souffrante perlée. Voy. 

j FiDIBUS. 

Allumeur. Voy. Lantiméciie. 

Allure = Air. Attitude. Mine. Mise. 
Tournure. Chic. Fion. Touche. 
Voy. Cheveu, Figurant, Marquer. 

Altercation =. Querelle. Voy. Dis- 
pute. Empoignade. 

Altéré. Voy. Soif. Assoiffé. Bec 
salé. 

Alternative (Etre dans!'). fMét.) 
' Avoir le cul entre deux selles. 

Amabilité = Gentillesse. Gracieu- 
seté. Giroflerie. 

Amadou. Basane. Bois pourri. 

Amadouer =: Allécher. Voy. At- 
tirer, Séduire. 

Amalgame. Voy. Mélange. 

Amande. Cassante. Princesse. Sul- 
tane. Voy. Flippe, Paden, Phi- 
lippe. 

Amant (payant) = Entreteneur. 
Ami. Banquier. Bête à pain. Des- 
sus. Éclair eur . Époux. Milord. 
Mon homme. Monsieur. Monsieur 
un Tel. Mon vieux. Nabnb. Négo- 
ciant. Ponteur. Prince. Protecteur. 
Singe. Type. Voy. Effectif, Miche. 

Amant (de cœur) = Céladon. 



AMANTE. 



314 — 



AMUSEMENT. 



Arthur. Caprice. Dessous. Gigolo. 
Paillasson. Petit. Poète. Voy. 
Amoureux, Desgrieux, Greluchon, 
Illégitime, Tourtereaux. — Pour 
la catégorie des amants qui vi- 
vent de la prostitution, Voy. Sou- 
teneur. 

Amante. Voy. Maîtresse. 

Amarre. Voy. Cable. 

Amas = Bloc. Voy. Farragot, 
Magot, Mont-joie, Pâté, Pile. 

Amasser. Voy. Augmenter, Eco- 
nomiser. 

Ame=: Esprit. Vie. Afl'e. 

Amélioration. Lessive. 

Améliorer. (Met.) Mettre du beurre 
dans ses épinards. 

Amende. Calange. Calenge. Voy. 
EcROu, Pergée. 

Amender [S"). Acheter une con- 
duite. 

Amener. Voy. Attirer. 

Américain. Frère Jonathan, Yan- 
kee. 

Ameublement. Voy. Mobilier. 

Ami. Voy. Amitié, Camarade, 
Compagnon. Achate. Amache. 
Amar, Amarre, Aminche, Amun- 
che, Bisot. Copain. Copin. Fanan- 
de. Fanandel. Farnandel. Fran- 
gin. Frère. Gosselin. Maire. Ma- 
telot. Mignon. Minon. Mion. Mo- 
nant. Poteau. Zig. ligue. Voy. 
Ami. 

Amical. Amiteux. Girofle. 

Amicalement, Amicablement. 

Amie. Voy. Maîtresse. Monante. 
Sœur. 

Amitié (Mots d') à l'adresse d'un 
camarade. Aiicien. Branche. Bri- 
gand. Canard, Canasson. Cher ou 
Excellent bon. Chinois. Colon. Co- 
quin. Gueusard. Gueux. Ma 
vieille. Mon bon. Mon bonhomme. 
Mon fiston. Mon matelot. Mon pe- 
tit. Mon vieux Polisson. Voy. 

LOUF-LOUF. 

Amitié (Mots d') à l'adresse d'une 



femme. Bébé. Blbiche. Bichette. 
Bobonne. Coquine. Gueuse. Ma 
bonne. Ma cocotte. Ma mie. Ma 
petite. Mon ange. Nichette. Ni- 
chon. Nini. Polissonne. Poupoule. 

Amitié (mots d') à l'adresse d'un 
enfant. Bébé. Bichon. Chat. Cha- 
ton. Chérubin. Chien. Chienchien. 
Chou. Chouchou. Coco. Gueux- 
gueux. Loulou. Mon amour, ange, 
trésor. 

Amnistie = Grâce. Redam. 

Amoindrir = Diminuer. Mitiger. 

Amollir (S'). S'aveulir. 

Amonceler. Voy. Augmenter. 

Amorce = Appât. Graine de niais. 
Voy. GoBBE. 

Amour =: Affection. Gobage. To- 
quade sérieuse. Plat. Plato. 

Amour (L') (mythologie). Le Dar- 
dant. Le petit Dardant. La Fée. 

Amouraché. Encoqueluchonné. 

Amourette. Béguin. Toquade. 

Amoureuse. Voy. Amante, Maî- 
tresse. Caille ^coiffée. Féesante. 
Moureuse. 

Amoureux = Entiché. Féru. Voy. 
Amant, Aimer, S'éprendre, Li- 
bertin, Vaillant. Chauffeur, Fée- 
sant. Fou. Moureux. Toqué. 

Amphithéâtre. Amphi. Voy. Pa- 
radis, POUILAILLER. 

Amplement. Voy. Abondamment. 

Amplifier. Voy. Exagérer. 

Ampoule =z Cloche. Cloque. 

Amputation 

Amputer. Voy. Couper. Charcuter. 

Amulette = Fétiche. Corde de 
pendu. Gris-gris. Manitou. Mas- 
cotte. Porte-bonheur. Porte-veine. 

Amusant = Cocasse. Comique. 
Divertissant. Drôle. Voy. Bizarre. 
Crevant. Drolichon.' Farce. Foli- 
chon. Gondolant. Rigolard. Rigol- 
boche. Rigolo. Rigomllard. Tor- 
dant. Voy. Encadrer. 

Amusement =: Divertissement. 
Réjouissance. Gobichonnade . Go- 



AMUSER. 



— 31o — 



APPOINTEMENTS. 



bichonnage. Godaille. Godaillerie. 
Rigolade. Riole. Riolle. 

Amuser =: Divertir. Flamber. 

Amuser (S' j = Se divertir. Folâtrer. 
Folichoniier. Se réjouir. Voy. 
Nocer, Rire. S'embrochiner. Faire 
la fêle. Gaudrioler. Gobichonner. 
Godailler. Se gondoler. Rigol- 
bâcher. Rigoler. Rigouiller. Se 
tordre. Voy. Bombe, Bordke, 
Jeune. — Pour S'amuser aux 
dépens de quelqu'un. Voy. Se 
moquer. 

An = Année. Berge. Rrisqiie. Lon- 
gue. Pige. Voy. Feuille, Gerbe, 
Longe. 

Analogue. Voy. Semblable. Sij7ia- 
gogue. 

Anarchiste. Anarcho. Compagnon. 
Dynamiteur. Parlageux. 

Ancien = Suranné. Voy. Vétéran, 
Vieillard, Vieux. Aile de pigeon. 
Chevronné. Fossile. Longé. 

Ane = Aliboron. Baudet. Grison. 
Ignorant. Rossignol ou Uoussin 
d'Arcadic. Aurillard. Auzard. 
Aze. Rranque. Jérusalem -poney. 
Martin. Oreillard. 

Anéantir. Voy. Abattu, Détruire. 

Anéantissement = Accablement. 
Découragement. Voy. Abatte- 
ment. 

Anecdote. Apologue. Bourde. Fou- 
taise. Potin. Racontar. 

Anerie. Voy. Bêtise, Maladresse. 

Anges (Les). Les franches volantes. 

Anglais. English. Englishman. Fils 
d'Albion. Goddam. Goddem. Habit 
rouge. Ingliche. Inglichmann. Voy. 
John Bull. 

Angoisse. Voy. Chagrin, Ennui, 
Souffrance. 

Anicroche. Voy. Difficulté, Em- 
barras. 

Animal. Bébête. 

Anneau. Voy. Bague. Voy.ARGANAU, 
Chaussette, Manille. 

Année. Vov. An. 



Annonce (verbale). Boniment. Pal- 
las. 

Annoncer. Faire Pallas. 

Annuaire. Buttin. 

Antécédents. Avoir payé (avoir 
été condamné). Voy. Biffeton. 

Anthropométrie (salle de V). 
Bureau des pieds. 

Antipathique. Voy. Individu. 
Drôle de paroissien. Drôle de coco. 

Anus. As. As de pique. Cyclope. 
Entrée des artistes. Fignard. Figne. 
Fignedé. Le Borgne. Le petit. 
Lorgne. Pièce de dix sous. Trèfle. 
Trou. Trou du cul. Trou de balle. 
Trou d\Aix. Trou de la fine. Trou- 
fignard. Troufignon. 

Anxieux = Inquiet. A cran. 

Apathie. Voy. Nonchalance, Pa- 
resse. 

Apathique. Voy. Nonchalant, Pa- 
resseux. 

Apercevoir z= Découvrir. Dégotter. 
Gaffer. Rembroquer. 

Apéritif. Absinthe. 

Apitoyer = Attendrir. Toucher. 

Aplatir (S'). Se plaquer. Voy. Li- 
mande. 

Aplomb. Du chien. Du chien dans 
le ventre. Du vice. Toupet. 

Apostropher. Arçonncr. 

Apothicaire. Voy. Pharmacien. 
Diafoirus. Fleurant. Flûtement. 
Disinuant. Potard. Purgon. Serin- 
guinos. Vise au trèfle. 

Appartement. Voy. Chambre, 
Domicile, Logement, Maison. 

Appât. Voy. Amorce. 

Appeler. Voy. Hisser. 

Appétit. Voy. Faim. Voy. Four- 
chette. 

Applaudir = Claquer. Chauffer. 
Voy. Boire, Entrée. Manger. 

Applaudisseur. Voy. Claqueur. 

Appliquer. Voy. Mettre. Voy. Dé- 
moucheté. 

Appointements = Paye. Galette. 
Sainte-Touche. 



APPORTER. 



— 316 



ARME. 



Apporter. Ahouler. 

Apposer. Voy. Mettre. 

Apprécié = Avoir Toreille du 
public. Avoir à la bonne. Gobé. 
Mouillé. 

Apprendre. Entraver. 

Apprenti =z Elève. Novice. Saute- 
ruisseau. Apprentif. Arpèie. Ar- 
pette. Attrape-science. Bec-jaune. 
Bé jaune. Conscrit. Crapaud. Gali- 
fard. Lofât. Loffe. Loffiat. Mou- 
nin. Yoy. Bistot, Geiétif, Lapin, 
Marcassin, PoTARD, Rapin, Renard, 

RiCOCHON. 

Apprentie. Groulasse. Groule. 
Trottin. Voy. Main. 

Apprentissage. Voy. Entravage. 

Approbation = Affirmation. At- 
testation, Bien. Bravo. Certaine- 
ment. Voy. Oui. Gigot. Girole. 
Got. Jaspin. Je marche. Si fait. Si 
Ouiche. (iron.). 

Approcher, Voy. Aborder. 

Approfondir (fig.) = Creuser. Se 
creuser la cervelle. Creuser une 
idée. 

Approprier (S'), Voy. Esgard. 

Approuver = Acquiescer. Con- 
sentir, (Met,) Opiner du bonnet. 

Approvisionnement, Voy, Pro- 
vision, 

Appui. Voy. Soutien. 

Arabe. Arôi Arbico. Bachi-Bou- 
souk. Voy, Sabir. 

Araignée! Maçonne. Sisyphe. Ten- 
deuse. Vagabonde. 

Arbitraire, Féodec. 

Arbre, Porte-feuille. Quoquard. 

Archevêque, Archipointu. Gourd- 
Razis. 

Architecte. Tire-ligne. 

Arctitude. Voy. Barré. 

Ardent, Voy, Brave. 

Ardeur = Chaleur. Zèle. Graisse 
d'abattage. 

Argent (métal). Blanc. Ce. 

Argent (monnaie) = Nerf de la 
guerre. Pécune. Quibus. Voy. 



Pièces. Achetoir. Achetoire. Ache- 
toirs (pi.). Auber. Aubert. Bâte. 
Bath. Batte. Bagafe. Beurre. Bis- 
cuit. Blanquette. Braise. Caire. 
Carie. Carme. Ce. Ce qui se pousse. 
Du blé. Du chènevis. De la clin- 
quaille. Croix. Date. Dalle. 
Douille. Etoffes. Face. Gaitte. 
Galette. GaÙetausse. Galtouse. 
Gibe. Grain. Graisse. Grisbis. 
Huile. Mazille. Menouille. Me- 
nuaille. Métal. Miche de pro- 
fonde. Michon. Momifie. Moules 
de bouton. Nerf. Noyaux. On- 
guent. Os. Oseille. Pèse. Pèze. 
Picaillons (pL). Pimpions (pi.). Du 
plâtre. Pognon. Poignon. Point, 
Pouiffe. Poussier. Radin. Radis. 
Ragots (pi.). Rond. Rondins (pi,). 
Ce {\)\.). Roulants deCé.Sitnomen. 
De la tune. Vaisselle de poche. Zinc. 
— Donnerde l'argent. Voy. Payer. 
Manquer d'argent. Voy, Malheu- 
reux, Ruiné! Voy. Èxtorquer- 
Voy. Arche, Casquette, Eclai- 
rage, Eléments, Estomac, Fourbi, 
Gras, Magot, Masse. 

Argenter. Blanqueter. 

A-rgenterie. Blanc. Blanquette. Ce. 

Argot. Arguche. Artis. Bigorne. 
Jar. Jars. Langue verte. Lar- 
gonji. Latin. — Argot allemand. 
Hothwalsch. Argot anglais, Cant. 
Slang. Argot arabe, Arabe Sabir. 
Argot espagnol, Germania. Argot 
hollandais, Dieventaal. Bargœnsch. 
Argot italien. Gergo. Voy. Ar go- 
ter, Argoteur, Argotier, Chi- 
NOiSER, Enterver, Jarguer, Java- 
^AIS, 

Argotique. Bigorne. 

Aristocrate = Ci-devant. Noble, 
ïalon rouge. Aristo. Blasonné. 
Réac. Régence. 

Aristocratie = Noblesse. La 
haute. Faubourg -Germain. ^^-^ 

Arme = Porte-respect. (Voir les 
noms des différentes armes.) 



ARMÉE. 



— 317 — 



ASSIETTE. 



Armée. Versaillais (1871). 
Armoire rrz Bahut. Garante. Quo- 
quante. Serrante. Voy. Bara- 

OUE (4), DOLBLE-FACE. 

Arpajon (S.-et-O.). Arpagar. 

Arquebuse. Passante. 

Arracher. Voy. Baume. 

Arranger = Acheminer. Combi- 
ner. Maquignonncr. Mijoter. Ra- 
fistoler. Voy. Préparer. Accœrer. 
Afif^loler. Camoufler. Maquiller. 
Rafuter. Ripatonner. 

Arranger (S') = Se débrouiller. 

Arrestation. Voy. Emprisonne- 
ment. Ballonnement. Bouclage. 
Levée. Voy. Enfilade, Enfilage. 

Arrêt := Suspension. Voy. Brisure. 

Arrêté. Ballonné. Bouclé. Coltigé. 
Enferré. Englué. Fabriqué. Faire 
du regoùt. Fait. Ferré. Grimé. 
Incommodé. Levé. Pigé. Pincé. 
Pipé. Poissé. Ramassé. Roussi. 
Rousti. Soufflé. Tombé malade. 
Voy. Fabrication, Linge. 

Arrêter = Capturer. Voy. Empri- 
sonner, Flagrant délit. Saisir. 
Agrafer. Agricher. Agriffer. Arc- 
pincer. Attrimer. Ballonner. Cho- 
per. Coltiger. Cueillir. Enchetiber. 
Enfiler. Enfourailler. Engerber. 
Engluer. Engrailler. F aire. Gra/fer. 
Grappiner. Grouper. Harponner. 
Lever. Mettre le grappin dessus. 
Paulmer. Piger. Pincer. Piper. 
Poisser. Poser un gluau. Rafler. 
Ramasser. — Se faire arrêter. Se 
faire cuire. Faire arrêter. Voy. 
Dénoncer. 
Arrêter = Suspendre. Airêter les 

frais. Poser un gluau. 
Arriéré = En retard. Rétrograde. 
Antique. Bonnet de coton. Bour- 
geois. Boutiquiei\ Croûte. 4830. 
Pot-au-feu. Vieux jeu. 
Arriver. Abouler. Abrouer. Dé- 
bouler. Emplanquer. Engrainer. 
(Met.) Arriver comme marée en 
carême. Tomber à pic. 



Arrogant. Voy. Fanfaron, Or- 
gueilleux. 

Arrosage. Lansquinage. 

Arroseur. Cribleur de lance. Lan- 
cequineur. Lansquincur. Voy. 
Lancier. 

Arrosoir. Mille-pertuis. 

Arsenic. Arsenal. 

Artichaut. Voy. Tendresse. 

Article = Chronique. Voy. Chien, 
Grouchy, Pièce, Premier-Paris, 
Tartine. 

Artifice = Combinaison. Ficelle. 
Mensonge. Ruse. Truc. Voy. Trom- 
perie. Carottage. Carotte. 

Artificier=Pétardier. Voy. Coupe- 
ficelle. 

Artillerie. Bronze. 

Artilleur. Voy. Cavalier, Soldat. 
Bronze. Voy. Court a pattes, Flam- 
bant, Hussard. 

Artisan. Voy. Ouvrier. 

Artiste. Voy. Acteur, Peintre. 

Voy. FORMISTE. 

As (carte). Borgne. Lorgne. Nom- 
bril. Voy. Manillon. 

Assaillir. Voy. Attaquer. 

Assassin. Batteur. Chounneur. 
Escape. Escapouche. Escapouchon. 
Fourloureur. Frianche. Saigneur 
à musique. Scionneur. Sionneur. 
Surineur. 

Assassinat. = Meurtre. Dégrin- 
golade. Dégringolage. Grand jeu. 
Grande soûlasse. Suage. 

Assassiner = Assommer. Voy. 
Tuer. 

Assemblée =i Batelée. Meeting. 
Réunion. Voy. Foule, Parlement. 
Fourmillante. Frémillante. 

Assembler. Lairrer. 

Asseoir. Voy Asseoir. 

Asservir. Ésclavager. 

Assez. r= Ça suffit. Arrêtez les frais. 
Asseyez-vous dessus. Barca.Barka. 
Basta. Marre. Marez. Voy. Glaque- 

COMPTE. 

Assiette. Coquille. Crolle. Crosle. 



ASSIGNATION. 



318 — 



ATTENDRIR. 



Ecuelle. Limonade. Morfiante. Sa- 
livergne. Tuile. Voy. Plâtrée. 

Assignation. Chiffarde. 

Assis. Aponiché. 

Assises (Cour d'). La Bourrache. 
La Juste. La Ligore. Flanque de 
gerbes. 

Association = Réunion. Société. 
Flotte. Voy. Bande (4), Chapelle, 
Patron-minette. 

Associé = Acolyte. Complice. 
Voy. Compagnon. Aminche d'aff. 
Assoce. Contre. 

Assommant. Voy. Ennuyeux. En- 
dormant. 

Assommer. Voy. Battre, Tuer. 
Envoyer dormir. 

Assommoir. Coup de poing. Per- 
mission de minuit. Sortie de bal. 

Assoupir (S'). Somnoler. Tourner 
de Vœil. 

Assurer = Certifier. Voy. Affir- 
mer. 

Astuce. Voy. Ruse. 

Astucieux. Voy. Rusé. 

Atelier. Boile. Cage. Echoppe. Tur- 
bine. Voy. HiRONDEAU, Pompe. 

Attaché. Voy. Lier. Voy. Abraqué. 

Attachement = Attache. Voy. 
Amitié, Amour. 

Attacher. Voy. Lier. 

Attacher (S'j. Voy. Aimer. Se 
chafrioler. Se toquer. 

Attaque. Voy. Attentat, Crime. 
Voy. Camisade. 

Attaquer = Assaillir. Harponner. 
Tomber sur la bosse, le poil. Voy. 

ESTOURBIR. 

Atteindre. Aveindre. 

Atteint (Être) = Recevoir. Tou- 
ché. Voy Aganter, Ecoper, En- 
caisser, Etrenner. 

Attendre == Espérer. Droguer. 
Languir. Lanterner. Lantiponer. 
Naqneter. Poireauter. Poser. Voy. 
Laisser. (Met.) Compter les clous 
de la porte. Croquer le marmot. 
Etre le bec dans Teau. Etre sur 



des charbons, sur le gril. Faire le 
pied de grue. Faire queue. Faire 
sentinelle. Garder le mulet. Faire 
le poireau. Monter la garde. Tenir 
au filet. 

Attendrir. Voy. Apitoyer. 

Attentat. Voy. Attaque, Crime. 

Attente. Voy. Colillf:t. 

Attentif (être). Voy. Chaud. 

Attention (faire) = Dresser l'o- 
reille. Voy. Exclamation. Luer 
au bec. Ouvrir Vœil. Voy. Deux. 

Attestation. Voy. Approbation, 
Oui. 

Attirer = Allécher. Amadouer. 
Amener. Captiver. Séduire. Aga- 
ter. Aguicher. Appachonner. En- 
grainer. Voy. Aimant. Fenêtre, 
Lancer, Loucher, Œil. 

Attitude. Voy. Allure. 

Attouchement. Voy. Caresse. 

Attraction. Clou. Grcat attraction. 

Attrait. Le clou. Great attraction. 

Attraits. Voy. Seins. 

Attraper. Voy. Saisir, Tromper. 

Attroupement. Voy. Foule. 

Attrouper = Faire foule. Ras- 
sembler. Faire nonne. 

Aubaine = Profit. Bénéfice. Voy. 
Bonheur. Chopin. Oncle d'Amé- 
rique. Tuile. 

Auberge. Voy. Cabaret. Alberge. 
Cosne. Coste. Voy. Pouillis. 

Aubergiste = Gargotier. Taver- 
nier. Voy. Abéqueuse, Mère. 

Aucun. Voy. Négation. 

Audacieux = Téméraire. Voy. 
Brave. Voy. Toupet. 

Audiencier. Voy. Tailbin. 

Auge. Voy. Gamelle. 
Augmentation = Accroissement. 
Redoublement. (Met.) Compte 
d'apothicaire. Voy. Augmenter. 
Martingale . Majoration. 
Augmenter = Accroître. Accumu- 
ler. Aggraver. Agrandir.. Amas- 
ser. Amonceler. Arrondir. Com- 
pléter. Entasser. Etendre. Monter. 



AUMONE. 



— 319 — 



AVOUER. 



Redoubler. Renforcer. Fortifier. 
Corser. Majorer. Martuigalcr. 
(Met.) Allongerla sauce, la licelle. 
De plus fort en plus fort comme 
chez Nicolet. Faire la boule de 
neige. Faire un compte d'apothi- 
caire. Monter une affaire sur un 
grand pied, sur une grande 
éclielle. 
Aumône =: Secours. Voy. Mendi- 
cité, Mendier. Caristade. Voy. 

PaSSADF-, ÏHl.NE. 

Auprès. Jiixtn 

Aussi = Idem. Itou. Quoqiic. 

Automate. Voy. Marionnette. 

Automne. Impôt. 

Autoriser r= Permettre. Débrider. 

Autoritaire (Etre). Faire de 
Vautor. 

Autorité (d'). lïautor. 

Auvergnat. Arvernien. Auverpin. 
Bougn. Charabia. Foiichtra. Ga- 
vache. 

Auxiliaire = Bouche-trou. Dou- 
blure. Extra. 

Avaler = Absorber. S'empiffrer. 
Engloutir. Voy. Boire, Manger. 
Effacer. Estouff'er. Etouffer. Voy. 
Angouléme. 

Avance. Voy. Bijouterie, Salé. 

Avancer Voy. Coup, Jambe. 

Avare = Arabe. Cancre. Chiche. 
Corsaire. Cupide. Grigou. Grippe- 
sou. Harpagon. Juif. Ladre. Lési- 
neur. Pingre. Voy. Usurier. 
Arco. Cagou. Caquedenier. Chic- 
graisse. Chien. Cochon. Grappil- 
leur. Grec. Loupel. Pleutre. Râpe. 
Rapia. Rapiat. Rat. Richard. 
Tire-liard. Vampire. M. Vautour. 
Voy. Chienner, Ganter, Gobseck, 
Large. 

Avarice = Cupidité. Ladrerie. 



Lésinerie. Chiennerie. Cochonne- 
rie. Maladie du pouce. 

Aventure =: Algarade. Intrigue. 
Scandale. Avaro. Avatar. His- 
toire. Scène. 

Aventurier = Chevalier d'indus- 
trie. Faiseur. Intrigant. Ficelle. 
Rasta. Rasiaquouère. Trucqueur. 

Averse. Voy. Pluie. 

Avertir. Arçonner. Bonir. 

Avertissement. Bonissement. 

Aveu. Voy. Avouer. Credo. Vane. 

Aveugle =: Quinze-Vingt. Berlu. 
Sans chasses. 

Aveuglé, Voy. Feu. 

Avidement. Gicrement. Gitrement. 

Aviné. Voy. Ivre, Ivrogne. 

Avocat = Conseil. Défenseur. 
Blanchisseur. Bavard. Cuisinier. 
Enjuponnc. Lessiveur. Médecin. 
Médecine. Parrain. Puisatier. Rat 
de prison. Robin. Vermi7ie. Zérui- 

. nois-gourd. Voy. Grosseur. Ger- 

BIER. 

Avoine r=: Aveine. Bègue. Civade. 
Coup de fouet. Grelu. Grenu. 
Grenuche. 

Avoir (verbe) = Posséder. Itrer. 

Avorter. Voy. Décrocher, Fai- 
seuse. 

Avorton = Chétif. Gringalet. Mai- 
gre. Malingre. Astec. Chenille. 
Chenillon. Fabriqué au compte- 
gouttes. Fausse-couche. Foutriot. 
Foutriqiiet. Microbe. 

Avoué (officier ministériel). Epong-e 
d'or. 

Avouer. Accoucher. Casser. Cra- 
cher. Se déboutonner. Découvrir 
la peau. Dégorger. Dévider. Far- 
guer. Goualer. Se laver. Se mettre 
à table. Tortiller. Voy. Cuisiner, 
Jardiner, Jardineur, Manger. 



BABILLER. 



— 320 



BANC. 



Babiller = Bavarder. Caqueter. 
. Causer. Babigner. Babillangier. 
Babiner. 

Baccalauréat. Bac. Bachot. Voy. 
Baciiotier. 

Baccarat. Bac. 

Bacchanal = Bruit. Tapage. 
Boucan. Chabannais. 

Badaud= Curieux. Flâneur. Niais. 
Oisif. Cockney. Fétrousquin. Voy. 
Asphaltais, Gobeur. 

Badauderie. Jobarderie. 

Badinage = Badinerie. Plaisan- 
terie. Voy. Flirt. 

Badine. Slick. 

Badinerie. Voy. Badinage, Bouf- 
fonnerie. 

Bafouer. Voy. Mépriser. Se mo- 
quer. 

Bagage =z Bataclan. Malle. Balu- 
chon. Boutique. Tout le tremble- 
ment. 

Bagarre = Embarras. Encombre- 
ment. Voy. Bruit, Désordre, 
Foule. Margoulis. 

Bagatelle =: Brimborions. Affu- 
tiaux. Foutaise. 

Bagne = Galères. Travaux forcés. 
Là-bas. La Grotte. La Nouvelle. 
Le Dur. Le Pré. Perpète. Petite 
marine. Traverse. Voy. Bain, 
Château, Pair, Voyage. 

Bague = Alliance. Anneau. Bijoux. 
Joyaux. Brobuante. Brocante. 
Brocquans. Broquille. Cercle. Di- 
gelette. Jonc. Rondache. Rundlne. 
Rondinot. 

Baguenauder. Voy. Flâner. 

Baigner. Voy. Dessaller. Mariner. 

Baigneur. Voy. Grenouillard. 

Baignoire. Dessaloir. 

Bailler = Donner. Fouquer. 



Bâiller. Déficher. 

Bailleur de fonds. Coqueur de 
bille. Homme à sac. Ponteur. 

Bain. Flotte. Voy. Grenouillère. 

Baïonnette. Coupe-choux. Paille 
de fer. Coup de baïonnette. 
Bouillon pointu. 

Baisement. Voy. Embrassades. 

Baiser (s. m.). Baise. Bécot. Voy. 
Souris. 

Baiser. Voy. Embrasser. 

Baiseur = Embrasseur. Bécotteur. 

Baisser. Voy. Chauvir. 

Bal = Bastringue. Redoute. Casse- 
gueule. Court Vheure. Guinche. 
Musette. Pince-cul. Voy. Bal. 
Flottant. 

Balafre. Estafe. Estaffion. 

Balai. Pinceau. Ramon. 

Balance. 

Balayeur. Artiste. Boueux. Bous- 
cailleur. Lancier. Lancier du 
préfet. 

Balcon. 

Baliverne. Voy. Conte, Mensonge. 

Balle (jeu). Resaute. Voy. Flancher. 

Balle :=. Ballot. Colis. Balandrin. 
Carge. Fardis. Fargue. La ho- 
quette. Voy. Caniche. 

Balle = Projectile. Dragée. Prune. 
Pruneau. 

Ballet :=: Danse. Balle. 

Ballot. Voy. Balle. 

Balourdise = Erreur. Sottise. 
Stupidité. Voy. Bêtise. 

Bambin. Voy. Enfant. 

Bambocher. Voy. Nocer. 

Ban. Voy. Canne. Surbine. 

Banal == Commun. Suranné. Tri- 
vial. Cliché. Poncif. 

Banc (des accusés). La planche 
au pain. 



BANCAL. 



321 — 



BATTRE. 



Bancal = Bancrochc. Difforme. 

Banban. Voy. Italiques, Jambe. 
Bande = Réunion. Voy. Gance, 

Orphelins, Tierce. 
Bandes de billard. Fortifications. 
Bandit =: Brigand. Voleur. Atri- 

mois ambiant. Bérard. Ferlam- 

pier. Ferlandier. Frelampier. 

Gnudiîîs. Godin. Voy. Mate. 
Banlieue. La Cambrouse. 
Banni. Agualuro. 
Banque. Voy. Boulange, Carre, 

Débanquer. Enfoncier. 
Banqueroute = Faillite. Binelle. 

pu/r. 

Banqueroutier = Failli. Binel- 
lier. Puffiste. 

Baaquet = Festin. Gala .Repas. 
Balthazar. Boulottage. Gueuleton. 
Lucullus. 

Banqueter. Voy. Nocer. Boulotter. 
Gueule tonner. 

Banquier = Changeur. Banque- 
zingue. Bewrier. Fafioteur. Sau- 
terolle. Sauteron. Sauter ondolle. 

Banquiste. Dragueur. Dragueur. 

Baptiser. Nommer. 

Baquet. Bowrier. Poubelle. Voy. 
Baulet. 

Baragouiner. Jargouiller. 

Baraque = Bicoque. Cambuse. 
Voy. Entresort. 

Barbe. Filée. Marmouse. Voy. Bac- 
chante. Bouquine, Fer, Lmpériale. 

Barbier = Coiffeur. Barberot. 
Gratte-couenne. Merlan. Bâtisseur 
de hures. 

Barbifier = Raser. Gratter la 
couenne. Batisser la hure. 

Barboter z=z Farfouiller. Far- 
fouiller. 

Barbouillage. Gribouillage. 

Barbouiller. Gribouiller. 

Barbu. Sapeur. Voy. Pogonat. 

Barre. Voy. Barreaux. 

Barreaux de fenêtres = Gril- 
lage. Grille. Arpes. Balançoirs. 
* Gaules de jettard. Harpes. 



Bas. Bar de tire. Sachet. Tirant. 
Voy. Lice. 

Bas,'Basse (adj.). F/anc. Franche, 

Bascule. 

Basse-cour. Oiniière. 

Bastonnade. Satonnade. 

Bas-ventre = Membre. Nature. 
Temple pour Tcmpp. 

Bataillera Batterie. Combat. Lutte. 
Rixe. Bûcherie. Chahut. Chambard. 
Chambardement. Ci^épage. Fou- 
treau. Peigm'e Tremblement. 

Bataillon (de discipline). Biribi. 

Bâtard. Coup de hasard. Enfant 
de Vamour. 

Bateau = Steamer. Carvel. Co- 
quille de noix. Passe-lance. Voy. 
Marie. 

Bateleur z= Acrobate. Saltim- 
banque. Banquiste. 

Batelier. Amiral d'eau douce. Ca- 
rapata. 

Bâtir =: Construire. 

Bâton =r Gourdin. Houssine. Voy. 
Canne. Cadouille. Éventail à bour- 
rique. Jean de VHoussine. Juge de 
paix. Bavault. Sabre. Saton. 

Bâtonnet. Bistoquet. 

Batterie (cuisine). Voy. Les Cui- 
vres. 

Battoir. Batelier. 

Battre =: Bourrer. Étriller. Frap- 
per. Maltraiter. Rouler. Sabouler. 
Voy. Raclée. Amodier. Aquiger. 
Astiquer. Botter. Botter le cul. 
Bouchonner. Bouler. Brosser. Bû- 
cher. Chiquer. Crever. Daudiner. 
Décarcasser. Démolir. Désosser. 
Ereinter. Esquinter. Estuquer. 
Flauper. Flopper. Fracasser. Gau- 
ler. Gratter. Maquiller. Moucher. 
Piocher. Rincer. Trépigner. (Met.) 
Accentuer ses gestes. Accommoder 
au beurre noir. Casser la gueule. 
Enlever le cul, le ballon. Faire 
chanter un Te Deum raboteux. 
Faire danser le cotillon, la malai- 
sée. Faire jouer les Danaïdes. 

21 



BATTRE (SE). 



322 



BENEFICE. 



Faire trinquer, danser. Foutre une 
danse, une peignée, une volée. 
Payer la goutte. Raboter V endosse. 
Tanner le cuir, le casaquin. Tom- 
ber dessus. Tomber sur le poil. 
Tricoter les côtes. Tremper une 
soupe, une gamelle à q.q. Voy. Jus. 
— Battre à coups de poings. Tam- 
ponner. Foutre un coup de tampon. 
Battre les cartes. Aquiger les 
brèmes. Battre quelqu'un au jeu. 
Brosser. Battre à coups de bâton. 
Rondiner. 

Battre (se) = Se prendre aux che- 
veux. S'amocher la gueule. Se bû- 
cher. Se chiquer. Se crêper le 
chignon. Se crocher. Se donner 
un coup de torchon. Fumer, Se 
harpigner. Se manger le nez. Se 
peigner.Sepignocher. Se torcher. — 
Se battre en ànQ\. S' aligner. Aller 
sur le terrain. En découdre. Se ra- 
fraîchir d'un coup de sabre ou 
d'épée. 

Battu être. Voy. Battre. Voy. 
EcoPER. EcoPEUR. Matraque. 

Baudet. Voy. Ane. 

Bavard = Babillard. Causeur. 
Voy. Importun. Bagoulard. Ba- 
veux. Bonisseur. Chambert. Cla- 
quette. Crachoir. Dévideur. Dro- 
gueur. Gazette. Grand Jacquot. 
Jacasse. Jacasseur. Jacteur. Jas- 
pineur. Javotte. Laveteur. Lavette. 
Mille-langues. Platine. Voy. Avoir, 
Filet. 

Bavardage =: Babil. Caquetage. 
Bagoult. Bave. Dabérage. Dévi- 
dage. Jactage. Jactance. Jappe. 
Jaspin. Jaspinage. Potin. Ra- 
quette. 

Bavarder = Causer. Discourir. 
Jacasser. Voy. Parler. Bagouler. 
Bajoter. Baver. Bouffeter.Dabérer. 
Dévider. Jaspiner. Javotter. Lan- 
tiponer. (Met.) Dévider son peloton. 
Pousser sa glaire. Radouber la 
lanterne. Vov. Jappe. Laveter. 



Bazar. 

Beau (bel, belle) = Admirable. 
Agréable. Bien. Bon. Brillant. 
Charmant. Eblouissant. Eclatant. 
Elégant. Gentil. Gracieux. Joli. 
Magnifique. Merveilleux. Mignon. 
Parfait. Plaisant. Ravissant. Sé- 
duisant. Splendide. Superbe. 
Altèque. Bâte. Bath. Batif. Ba- 
tiffonne. Bative. Chenastre. Che- 
nâtre. Chenu. Chocno^io. Chocno- 
sof. Chocnosogue. Chocnosophe. 
Chouettard. Chouettaud. Chouette. 
Choquotte. Délirant. Fignole. Fis- 
cal. Flambant. Flambard. Gal- 
beux. Girolle. Girond. Gironde. 
Jiroble. Pharamineux. Rupart. 
Rupe. Ruper. Rupin. Rupiner. 
Schpill. Snoboye. Sui/fer. Truffé 
de galbe. Voy. Chic. 

Beaucaire. Bocari. 

Beaucoup =r Abondamment. Bien. 
Copieusement. A foison. Voy. 
Excessivement. Besef. Bezef. Bi- 
grement. Bougrement . Une bosse. 
Une charretée. Comme s'il en pleu- 
vait. Crespinière. Une flopée. Des 
flottes. Gourdement. Hugrement. 
Mince. 

Beau-frère. Frangin d'atlèque. 

Beauté. Voy. Beau, Bellâtre. 
Joliesse. 

Bébé. Gluant. Petit salé. 

Bedaine = Ventre. 

Bedeau = Sacristain. Rat d'église. 

Béer. Lire aux astres. 

Bégayer = Balbutier. Bafouiller. 

Bégueule = Mijaurée. Pimbêche. 
Poseur. Prude. Étroite. Gillette. 
Mme Honesta. Joséphine. Pecque. 
Faire sa patagueule. 

Bellêitre. Arthur. Miroir à putains. J 

Bénéfice = Gain. Profit. Bénef. 1 
Rabiot. Bénéfice réalisé à la 
Bourse dans la même journée. 
Agrément de banque. Bénéfice il- 
licite. Affur. Affurage. Barbo- 
tage. Fricotage. Frigousse. Gratis. 



BENET. 



— 323 — 



BIFTEK. 



Jubile. Tripotage. Tripatouillage. 
Vov. Frlgk, Gants, Guelte. 

Benêt = Bêle. Niais. Voy. Béte. 
Renard. 

Bénir. 

Béquille. Gambette de satou. 

Berceau = Lit. 

Berge. 

Berger = Pasteur. Pâtre. Marmier. 
Mornier . 

Bergerie. Mornante. 

Berner. Voy. Se moquer, Souffre- 
douleur. Balancer Couyonner. 

Besace = Bissac. Sac. Fusil de 
toile. Gueularde. Milliard. 

Besogne = Occupation. Travail. 
Turbin. 

Besoin = Indigence. Misère. Pau- 
vreté. 

Besoins. Voy. Garde-robe. 

Bestiaux. 

Bête = Abruti. Absurde. Benêt. 
Crédule. Crétin. Idiot. Imbécile. 
Inintelligent. Naif. Nigaud. Sot. 
Stupide. Voy. Maladroit, Niais. 
Ahuri de Chaillot. Arguche. Balu- 
chon. Bas de plafond. Bénard. 
Béotien. Béribono. Bête comme 
chou. Bige. Bigeois. Bigeot. Bi- 
gois. Bouché. Bourriche. Bourri- 
que. Branque. Busard. Buse, Bu- 
son. C... Cafouilleux. Câlin. Can- 
taloup. Cerveau barré. Claude. 
Comte. Comtois. Con. Coneau. Un 
coin sans i. c-o-n. Coquard. Co- 
quillard. Cornichon. Couenne. 
Couillé. Couillon. Croûte. Croûton. 
Cruche. Cruchon. Cucurbitacé. 
Cul. Daim. Dépendeur d'andowl- 
les. Dinde. Dindon. Empaillé. 
Emplâtre. Fourneau. Gaga. Galet- 
te. Gâteux. Glaudc. Gnan-Gnan. 
Gnole. Gobe-mouche. Godiche. 
Godichon. Gogo. Goitreux Gonze. 
Gourde. Gourde. Gourdiflot. Goye. 
Huître. Jean- Jean. Job. Jobard. 
Jocrisse. Loffiat. Luc. Melon. Mé- 
tier e. Miche. Mollusque. Moule. 



Pantre. Pantre argoté. Paquet, 
Pas fort. Philistin. Ramolli. Ra- 
mollot. Serin. Si?ive. Tourte. 
Voy. Couche, Dose, Fil, Jeune, 
PociiETÉE, Poudre. 

Bêtise = Abrutissement. Absur- 
dité. Ancrie. Crétinisme. Erreur. 
Idiotie. Idiotisme. Ignorance. Im- 
bécilité. Naïveté. Niaiserie. Sot- 
tise. Stupidité. Voy. Maladresse. 
Conerie. Couyonnade. Fichaise. 
Foutaise. Gaffe. Gâtisme. Gruerie. 
Impair. Jobarderie. Joberie. Mou- 
lerie. Pochetée. 

Beurre. Fondant. 

Bévue ^= Méprise. Voy. Mala- 
dresse. Gaffe. Impair. Lou. Loup. 

Biais. Flanche. 

Biaiser. Flancher. 

Bibelots. Brocquans. 

Bibliothèque. Babilleuse. Bibli, 
Tendeuse. Voy. Enfer. 

Bicêtre (prison de). Bibi. Biscaye, 

Bicêtre (asile de). Tune boye. 

Bien = Parfait. Voy. Beau, Bon, 
Ben. Bono. Chenument. — Bienfait. 
Chiqué. Chiquement. Gourdement. 
Torché. Touché. Pas déjeté. Bien 
faite. Gironde. Bien faire. Chiquer. 
Très bien. Tout de ce. Il est bien 
fait. Il a du torse. C'est bien. Ce 
n'est pas piqué des vers, des han- 
netons. C'est bien dit. Ça vaut un 
os, un os à moelle. C'est envoyé, 
Cest ça. Etre bien. Etre calé. 

Bienfaisant. Voy. Charitable. 

Bienveillante Affable. Voy. Bon. 
Amiteux. 

Bienvenue. Voy. Régaler. — Payer 
sa bienvenue. Arroser. Graisser 
la marmite, les ripatons. Payer 
son article quatre. 

Bière (boisson). Blonde. Cercueil. 
Moussante. Pommard. — Mau- 
vaise bière. Pissat d'âne. 

Bière (cercueil). Boîte aux domi- 
nos. 

Biftek. Voy. Horse-steak. 



BIGOT. 



324 — 



BOIRE. 



Bigot ■=. Gagot. Dévot. Bondieu- 
sard. Cafard. Calotin. Jésuite. 
Mangeur de bon Dieu. 

Bijouterie. Voy. Bijoux. Bijoute- 
rie en doublé. Ferraille doran- 
chée. 

Bijoux = Joyaux. Brocquans. Dé- 
cors. 

Billard. Les houlettes. Fretin. 
Frottin. Gibboque. Prairie. Voy. 
Baraque, Gasin. ' 

Bille. Boulette. Voy. Bloquette, 
Irlande. 

Billet = Gontremarque. Lettre. 
Babillard. Biffeton. Billemont. 
Fafiot. Billet prolesté. Papier à 
douleur, Billet de théâtre. Tailbin 
d'encarade. Billet de claque. La- 
vabe. Billet de complaisance. 
Tailbin. Billet mortuaire. Tailbin 
de la sèche. 

Billet de banque. Bleuet. De la 
dentelle. Faffe. Fafiot garaté. Fa- 
fiot mâle (iOOOj. Fafiot femelle 
(500). Fafiot en bas âge (1 00 ou 50) 
Talbin ou Tailbin d'altèque ou de 
lacarre. — Fauxbillet. Fafiot lof. 

Bisbille. Voy. Brouille. 

Biscuit. Cassant (marine). Voy. Dé- 
jeuner DE perroquet. 

Biseauter (les cartes). Aiguiller 
la brome. 

Bissac. Voy. Besace. 

Bistouri, Baume d'acier. 

Bitter (apéritif). Amer. 

Bitume. 

Bizarre. Drôle. Etrange. Extraor- 
dinaire. Impayable. Impossible. 
Original. Saugrenu. Voy. Dif- 
forme. Iroquois. Tortue (dif- 
forme). 

Blafard = Blême. Pâle. Trompe- 
la-mort. 

Blague (à tabac). Bulga (bourse de 
cuir). 

Blâme = Reproche. Affre. 

Blâmer = Désapprouver. Répri- 
mander. 



Blanc. Landier. Savonné. — Pain 
blanc. Larton savonné. Vin blanc. 
Pivois savonné. Blanc au jeu de 
dominos. Albinos. Blanchinet. 
Pâle. Pâlichon. 

Blanchisseur. Papillon. Savon- 
nier. 

Blanchisseuse. Baquet insolent. 
Branleuse de gendarme. Poule 
d'eau. Savonnière. Voy. Graillon- 

NEUSE. 

Blasé (être). Marer. 

Blé. Grelu. Grenu. Grenuche. 

Blême = Blafard. Pâle. 

Blesser = Battre. Meurtrir. Affo- 
ler. Amocher. Aquiger. Attiger. 
Crever. Moucher. Voy. Larder. 

LiNGRER. LiNGUER. MaRGOULETTE. 

Blessure = Gontusion. Goup. 
Fracture. Plaie. Atout. Bouton- 
nière. Corbuche, Décompte. Paing. 
— Blessure saignante. Abreuvoir 
à mouches. 

Bleu. Souple. 

Blond. Filasse. 

Blouse. Fourreau. Bideau. — Blouse 
de routier. Bouillarde. Blouse de 
travail que l'on souille. Souil- 
larde. 

Bocage = Bosquet. Buisson. 

Bœuf = Taureau. Cornant. Cor- 
neaud. Fourchu. Voy. Ghateau. 
Ghateaubriand . GoBET . Gras- 
bœuf. Ordinaire. 

Bohémiens Vagabond. Bomami- 
chel. Bomanitchel. 
Boire. Voy. Avaler, Bouche, Go- 
sier, Gorge. S'arroser S'arroser 
Vavaloir, le bec, etc. Bidonner. 
Chopiner. Churluper. Écoper. En- 
fler. Entonner. Eslrangouiller . 
Étrangler. Fioler. Flûter. Se gar- 
gariser. S'imbiber. Lamper. Li- 
cher. Lipper. Picter. Pictonner. 
Fier. Pitancher. Pomper. Se rin- 
cer. Se rincer le cornet, le fusil, 
etc. Voy. Bouche, Gosier, Gorge. 
Siffler. Siroter. Voy. Affûter, 



BOIS. 



325 — 



BOUCHE. 



Arrosoir, Asphyxier, Barres, 
Battant, Bockkr, Caler, Carrous- 
SE, Chasser, Chaiffer, Cingler,^ 
Coude, Croquer, Dessaler, Dou- 
leur, Ecraser, Effacer. Enfla- 
NELLER, Entonner, Grenouiller, 
(lOULOT, Gueule, Guindal. Hu- 
mecter, Jambe, Laver. A la réga- 
lade, Faire suisse, Tuer le ver. 

Bois. Boes. Cuir de brouette. Sabir. 
Satou. Voy. Gremes, Grume. 

Bois = Forôt. 

Boisson z= Breuvage. Guable. 
Piarde. Pie. Pience. Pye. Voy. 
Lavasse. 

Boîte. Boîte tréchanlillons. Mar- 
motte. Boite à. vers (pêche). Cu- 
lottée. Boîte d'un jeu de dominos. 
Bière. Voy. Marmottier. 

Boiter= Clocher. Béc/uiller. Faire 
cinq et trois font huit. Voy. Lou- 
cher. 

Boiteux. Banban. Béquillart. Bé- 
quillcur. Cinq et trois font huit. 
Tortillard. 

Boiteuse. Vov. Boiteux. Gambil- 
lolte. ' ' 

Bombance (faire). Etre en liche. 
Partir en bombe. 

Bombe = Boulet. Obus. Pruneau. 

Bon =: Bien. Cordial. Excellent. 
Généreux. Juste. Loyal. Parfait. 
Voy. Beau. Altèque.^ Bono. Che- 
nàtre. Chenu. De la choquotte. 
Gourd. Gours. Snoboye. — Bonne 
personne. Bêteaubon Dieu. Ami- 
teux, se. Etre bon. Aux pommes. 
Aux truffes. Aux petits oignons. 

Bonapartiste. Badingatmx. Ba- 
duiQoiiin. Badingueusard. Badin- 
gi liste. 

Bonheur =: Agrément. Aubaine. 
Chance. Contentement. Félicité. 
Fortune. Prospérité. Succès. 
Veine. — Avoirdu bonheur. Avoir 
de l'atout. Etre de la batte. Etre 
bidard. 

Boni. Rabiau. Babiot. 



Bonjour. Chenu reluit. Vol au 

bonjour. Voy. Vol. 
^onne (servante). Bobonne. 
Bonneteau (jeu de). V. c. m. A. 

Voy. Linge. 
Bonnet. Aubion. Béguin. Loubion. 

— Bonnetà poil. Oi<rson. Bonnet de 
nuit). Casque à mèche. Éteignoir. 

Bonnetier. Bonnet de coton. Bon- 
neton. Loubionnier. 

Bonsoir. Chenu sorgue. 

Borborygmes (avoir des). Gar- 
gouiller. 

Bordel = Bouge. Lupanar. Maison 
publique, de tolérance ou de so- 
ciété Abbaye des s'offre à tous. 
Bazar. Boc. Bocard. Hoccard. Boc- 
son. Boxon. Boite à pantcs. Bou- 
can. Bouis-bouis. Carreaux brouil- 
lés. Claque. Claquebosse. Cloque- 
dent. Chez ces dames. Gauldnuse. 
Laure. Maison Bancale. On disait 
autrefois : Bourdeau. Bordcau. 
Bordeaux. Voy. Bousin, Bousin- 
GOT, Magasin, Maison. 

Borgne. Caliborgne. Calorgne. Gui- 
gne à gauche ou à droite. Lorgne. 

Bosquet = Bocage. Buisson. 

Bosse. Armoire à glace. Bombe. 
Caillou. Durillon. Grain de beauté. 

— Bosse à la tête. Cabochon. 
Bossu. Bubosse. Bombé. Boscot. 

Bossemar. Boulendos. Gob. Gobin. 
Lagardère. Mayeux. Quasimodo. 
Triboulet. Voy. Loucher. 

Bossuer. Crabosscr. 

Botte = Faisceau. — Botte de 
paille. Edredon de trois pieds. 

Botte= Chaussure. Bobelins. Chti- 
bes. Houssette. Pompes. Trottines. 

Bottines. Bobelins. Trottines. Trot- 
tinettes. 

Bouche. Voy. Gosier. Affamée. 
Angoulême. Bavarde. Bec. Bécot. 
Boquabelle. Caisse d'épargne. Cas- 
solette. La Dalle du cou. Egout. 
Gargoulette. Goinfrette. Goule. 
Goulot. Groin. Gueule. Margou- 



BOUCHÉE. 



— 326 - 



BOURSE. 



lette. Marmouse. Molette. Mor~ 
née. Mornos. Mouloir. Pantière 
à miettes. Porte-pipe. Respirante. 
Voy. Babouiîse. 

Bouchée. Marnée. 

Boucher. Chevillard. Crignolier. 
Criollier. Fraudeur. Loucherbem. 
Liichebem. Mercandier. Voy. Gar- 

GOT. 

Bouchon. Gadin. Voy. Galoche. 

Boucle. Attache. Boucle d'oreille. 
Broquille. Gourde. Mirzale. Pen- 
dante. 

Bouder. Bisquer. Faire sa tête, sa 
gueule, son nez. Faire son aqui- 
lin. Marronner. — Bouder aux do- 
minos, Avoir des dents de moins. 

Boudin. 

Boudoir. Foutoir. 

Boue. Bouscaille. Déflaque. 

Boueur. Boueux. Bouscailleur. 

Bouffi. Individu bouffi, Bouffe la 
balle. 

Bouffon (subs. m.) z=z Clown. His- 
trion. Pitre. Arlequin. Bobèche. 
Garguille. Gauthier. Paillasse. 
Pierrot. Polichinelle. Scapin. 
Scaramouche. Tabarin. Triboulet. 
Turlupin. — Bouffon de caserne, 
Loustic. Bouffon genre niais, 
Gilles. Gillotins. Jeannot. Jcnn- 
notin. Jocrisse. Jodelot. Bouffon 
poète. Gringoire. Bouffon de co- 
médie, Pantalon. Bouffons dif- 
formes, Morions (pi.)- 

Bouffonnerie = Badinerie. Voy. 
Charge, Farce. Cascade. Coion- 
nerie. Gaudriole. Singerie. Turlu- 
pinade. 

Bouge = Galetas. Voy. Taudis. 
Assommoir. Bagnole. Baraque. 
Bastringue. Bouchon. Bouis-bouis. 
Bousingot. Cagnard. Chenil. 
Franc. Garou. Pougois. Tapis- 
franc. Vain guelier. 
Bougie. L'Allemande. Ardente. 
Calbombe. Camoufle. Canne d'a- 
veugle. Luisante. 



Bouillir. Marmouser. 

Bouillon. Mauvais bouillon. Bouil- 
lon aveugle. Voy. Gras-boeuf, Or- 
dinaire. 

Bouillonner. Marmouser. 

Boulanger Jocho. Lartonnier, 
Voy. Brigadier, Gringue. 

Boulangerie. Boulange. 

Bouledogue. Voy. Chien. Boule, 

Boulet = Bombe. Obus. Pruneau. 

Boulevard. Banc de Terre-Neuve. 
Estrade. 

Bouleversement. Voy. Bruit. 
Chambard. Chambardement. 

Bouleverser. Chahuter. Cham- 
barder. Cbamberder. 

Bouquet. Fleurant. 

Bourdon (abeille). Fille galante. 

Bourgeois = Individu. Homme. 
Voy. Individu. Habit noir. Pante. 
Pantre. — Bourgeois riche, Daim 
huppé. Bourgeois imbécile. Béo- 
tien. Philistin. Cockney. Bour- 
geois banal et sentencieux, 
Prudhomme. Joseph Prudhomme. 
M. Prudhomme. Bourgeois dans 
l'argot des troupiers, Amateur. 
Biffard. Particulier. Pékin. Pê- 
trouaquin. 

Bourgeoise. Voy. Maîtresse, 
Patronne. Dabuche. 

Bourrade. Renfoncement. 

Bourré. Gavé. Gaviolé. Gavot. 
Gonflé. Pétri. 

Bourreau. Voy. Guillotine, Pen- 
daison, Roue. Accordeur de la 
camarde. Aricoteur. Béquillavd. 
Béquilleur. Brimard. VEmbon- 
reiix. Haricotteur. Marieux. Boas- 
ire. Toile. Tollard. — Guillotine. 
Bingre. Bingue. Butteur. Chariot. 
Faucheur. Voy. Boye, Mec, Mé- 
canicien, Toc. 
Bourrer. Voy. Empaffer, Truffer. 
Bourse (palais de la). Filoche 
du trèpe. Fourmilion au beurre. 
Voy. Battre le beurre. Boursi- 
coter, Boursicoteur, Boursier, 



i 



BOURSE. 



— 327 — 



BROUILLER. 



Exécuter, Exécution, Marché. 

Bourse ^ Sac. Voy. Poche. Bou- 
chon. Bovgelte. Bouline. Fouille. 
Fouili'usc. Hane. Pelote. Pochon. 
Pouchnn. liadin. Voy. Crapaud, 
Gréimnk, Fkuille, Filoche. 

Bousculade. Voy. Encombre- 
ment, Foule. 

Bousculer. Cfialovper. 

Bout. Voy. Extinction, Mégo, Mé- 

GOTTIER.* 

Boute-en-train. Chauffeur. Foli- 
chonneur. 

Bouteille. Chandelle. Damehlnnchc. 
Goulotte. Fille. Flatteuse. Lam- 
pion. Néçjres^e. — Roiileille de vin 
blanc, Blonde. Bouteille de vin 
vieux, Bouillarde. Bouille. Bou- 
teille de vin cachetée, Bouchon. 
Bouteille vide. Cadavre. Bouteille 
pleine, Demoiselle. 

Boutique. Boucard. Boutanche. 
Boulange. Bouloche'. Bouto>jue. 
Voy. Landiére. 

Boutiquier. Boiicardier (c'est aussi 
le voleur qui opère dans les bou- 
tiques), Siam. 

Bouton. = Bourgeon. Voy. Babouin. 

Bouton. Voy. Loques. 

Bouvier. 

Boyau. 

Bracelet. 

Braconnier. 

Braguette = Brayette. 

Braillard — Voy. Fanfaron. 
Fort-en-gueule. 

Brailler. Cribhr. Gueuler. 

Brancard. 

Branche. 

Branle-bas = Bouleversement. 
Chahut. Chanihard. Chambarde- 
ment. 

Bras. Abatis. Les ailerons. Les 
ailes. Ayise. Les ballants. Les 
brancards. Demi-aune. Liant. 

Brasserie. 

Brave = Aguerri. Ardent. Coura- 
geux. Crâne. Hardi. Intrépide. 



Téméraire. Vaillant. Voy. Au- 
dacieux. Altèque. Bon cheval de 
trompette. Bougre à poils. Dur à 
cuire. Franc du collier. Impavide. 
Avoir du cœur au ventre. Voy. 
Chien, Cou i lue. Froid, Lapin. 

Braver. Voy. Se moquer. Faire le 
crâne. Crâner. 

Bredouillement. Bafouillage. 

Bredouiller = S'embrouiller, fia- 
fouiller. S'embarboter. S'embar- 
bouiller. 

Bredou illeur. Bafouillcur. 

Bretagne. Brutus. 

Bretelle. Soutenante. 

Breton. 

Brigand. Voy. Bandit. 

Brillant. Vov. Admirable, Beau. 

Briller. Faire florf's. Flamber. 

Brigadier. Brigadier de prison. 
GrifflfAtr. 

Brimade. Séance des cotes. 

Brimborion. Bricole. Broquille. 
Rous tissure. 

Brio = Entrain. Cassure (débit 
accentué). 

Briquette. Macédoine. 

Bris = Effraction. Esquinte. Es- 
quintement. 

Brisé. Voy. Cassé. 

Briser. Voy. Casser. Déformer. 
Es'juintcr. Mettre en bringues. 

Broc (de vin). Commissaire. Mo- 
ricaud. 

Brocantage. Brocante. 

Brocanteur. Pommadeur. 

Brochure. Voy. Publication. 

Broder. Brodancher. 

Broncher. Mouffeter. 

Brosse. Couenne de lard. 

Brouette. Choucarde. 

Brouillamini. Voy. Désordre. 

Brouillard. Abrouart. 

Brouille = Bisbille. Fâcherie. 
Grabuge. Rupture. 

Brouiller (se). Casser l'agrafe. 

Brouiller = Mêler. Voy. Mé- 
langer. 



BROUSSAILLES. 



328 — 



CACA. 



Broussailles. Voy. Maquis. 

Bruit = Clameur. Scandale. Son. 
Tapage. Tumulte. Vacarme. Bou- 
can. Bousin. Brisacque^Chabancm. 
Chahut. Chambard. Charivari. 
Criblage. Criblement. Pet. Pétard. 
Potin. — Grand bruit, Train. Faire 
du bruit, Bahuter. Bousiner. Cha- 
huter. Chambarder. Foire du foin. 
Voy. Froufrouter, Frou-frou. 

Bruit (son) . Bruit sec de corps 
qui se brise ou qui se choque, 
Crac. Cric-crac. Pan. Pif. Paf. 
Pouf. Cela fait croc sous la dent, 
Croc. Son de cloche, Din-don. 
Drelin-drelin . Bruit du fouet, 
Flic-fîac. Bruit d'une robe bouf- 
fante. Flou-flou. Bruit des vêle- 
ments et des feuilles en se 
frottant, Frou-frou. Bruit d'un 
liquide qu'on verse d'une bou- 
teille; Glouglou. Bruit des choses 
qui tombent avec fracas. Patatras. 
Bruit du chat qui se trouve bien 
quelque part, on dit alors qu'il 
pe.Bonron. Bruit d'une pendule, 
Tt/cfac. Bruit d'un moulin, Tictac. 
Bruit qu'on fait en frappant, Toc. 

Brûler =: Incendier. Riffauder. 
Biffer. Voy. Crémer, Déménager 

PAR LA cheminée. 

Brune (la). La Sorne. 



Brunir. Sorniller. 
Brusquement =: Brutalement. 

Carrément. Franchement. Promp- 

tement. Rondement. Baide comme 

balle. 
Brutal. — Brusque. Huluberlu. 

Cheval. Cosaque. 
Brutalement. Voy. Brusquement. 
Bruyant. A tout casser. 
Bubon. Poulain. J 

Buffet. 1 

Bureau (de placement) . Enfon- 

çoir. Êtouffoir. Suce-larbins. Trou 

d'ogre. 
Bureau (table). Burlin. Burlingiie. 

Care à fafiots. 
Bureau (lieu de travail) . Boîte. 
Bureaucrate. Buveur d'encre. 

Chieur d'encre. Cul de plomb. 

Rond de cuir. 
Butin. Gaing. Vendenge (récolte). 
Butiner. Vendenger. 
Butor. Voy. Grossier. 
Buvette. Bar. Bibine. 
Buveur. Voy. Ivrogne. Adroit du 

coude. Bibard. Bibassier. Cam- 
phrier. Cheniqueur. Cheulard. 

Entonneur. Entonnoir. Etouffeur. 

Fioleur. Lichard. Licheur. Pion. 

Siroteur. Soiffard. Soiffeur. Voy. 

(jRENOUILLARD. 



Cabane = Habitation. Maison. 

Cays. Turne. 
Cabanon. Voy. Cellule. 
Cabaret = Gourtille. Guinguette. 

Taverne. Voy. Auberge, Bouge. 

Assommoir. Abreuvoir. Bibine. 

Bouzin. Bouzingot. Cabermont. 

Cabermuche. Caboulot. Coys. s. m. 

Musico. Piault. Piaule. Piolle. Ta- 
pis. Tapis franc. 



Cabaretier. Maltais. 

Cabas. Voy. Panier. 

Cabine. 

Cabinets d'aisances. Buen-retiro. 

Chiottes. Désert. Garde-manger. 

Goguenaus. Goguenots. Téléphone. 

Trône, (siège). Water-closet. 
Caboche ='Tôte. 
Cabriole. Voy. Saut. 
Caca = Ordure. Vov. Excréments. 



CACHE-CACHE. 



329 — 



CANCAN. 



Cache-Cache. Coucou. 

Cacher = Couvrir. Dissimuler. 
Voiler. Carrer. Mettre à la carre. 
Mucher. Planquer. Voy. Esquil- 
le r. 

Cacher (se). Aller à cachan. Se 
btiiitinguer. Se carrer. Se f arguer. 
Se mucher. 

Cachette. Carante. Care. Carre. 
Musse. Planque. 

Cachot. Voy. Cabanon, Cellule, 
Cul-de-basse-fosse, Prison. Ca- 
chcniiir. Cacfiemite. Cabjatlc. Je- 
tant. Mitre. Voy. Abattoir, Cof- 

FRES-MASSIS. 

Cachotterie. Parler bas à l'o- 
reille, Dire une messe basse. 

Cadavre. Voy. Mort, Moribond. 
Artiste. Palourde eny ourdie. Ma- 
chabéc. 

Cadeau=:Don. Présent. Bouquet. 
m. (pop.). 

CadcLas. Crapaud. 

Cadet. Benjamin. 

Caen (vol). Candie. 

Cafard. Voy. Hypocrite. 

Cafarder, liattre Cantiffle. 

Café (établissement). Cabaret, Ta- 
verne. Beuglant (café concert). 
Bac. Bocard. Rocard panne (pe- 
tit café). Bouisbouis (café -con- 
cert de dernier ordre). Voy. Eta- 
gère. 

Café (boisson). Cafiot. Cahua. 
Kaoudji. Demi-deuil. Moka. Noir. 
Petit noir. Café sans cognac. 
Grand deuil. Café avec cognac. 
Maza, mazagran. Café servi dans 
un verre. Roupie de singe. Mau- 
vais café. Voy. Jus. (3). 

Cafetier. Chinois. 

Cage. 

Cagnard= Paresseux. Poltron. 

Cagneux = Difforme. Tortillard. 

Cagoti= Cafard. Bigot. 

Cagoterie s.f. 

Cagotisme s. m. 

Cahoter = Secouer. Chahuter. 



Cahute = Habitation. Hutte. Mai- 
son. Voy. Cabane. 

Cailleter. Voy. Babiller. 

Caillette s.f.*^ Femme frivole et 
bavarde. 

Caillou. Caillasse. Miche de Saint- 
Etienne. 

Caisse. Grenouille (où Ton met 
l'argent). Quantum (où l'on met 
l'argent). 

Caissier. 

Cajoler. Voy. Choyer, Flat- 
ter. 

Caleçon. Braillande. Braillarde. 
Cancçon, Dalzar. Voy. Tutu. 

Caler. RequiUer. 

Calice == Ciboire. Baignoire à bon 
Dieu. Gobbe. Gobelot. 

Calme, subs. Tranquillité. 

Calme = Paisible. Tranquille. 
Béard. 

Calmer. 

Calomniateur. Voy. Médisant. 

Calomnie. Voy. Médisance. 

Calomnier. Vov. Médire. 

Calotte. Voy. Gifle. 

Calotter. Voy. Gifler. 

Calvitie. Voy. Chauve. 

Camarade.' Voy. Ami, Compa- 
gnon. Camarluche. Camerluche. 
Camaro. Fagot. Faisant. Risot. 
Voy. Branche, Lame, Mec 

Camelot. Araignée de trottoir. 
Goualeur. Truqueur. 

Camelote = Marchandise. 

Camisole de force. Ligotte ri/lar- 
de. Ligottante de rifle. 

Camouflet. Voy. Affront. 

Campagnard. Voy. Paysan. 

Campagne. Cambrouse. Campe. 
Lampagne du cam. Verdet. 

Camper (se). Voy. Hancher. 

Canaille. Voy. Malfaiteur, Vau- 
rien. 

Canapé. Barbottier. Sortie de 
guinche. 

Canard. Rarbot. 

Cancan. Voy. Danse. Chahut. 



CANCAN. 



330 — 



CASSER. 



Cancan = Commérage. Voy. Men- 
songe. Polin. 

Cancaner. Patiner. 

Cancanier. Potinier. 

Candide = Innocent. Naïf. Pur. 
Cest un bon jeune homme. 

Caniche. Lexicon. 

Canif. Lmgriot. 

Canne = Gourdin. Voy. Bâton. 
Bougie. Contenante. Voy. Bambou, 

FOUATAISON, FOURGAINE, JeT, StICK. 

Canon. Brutal. Flûte. Tortillard. 

Canot =^ Barque. Bateau. 

Canotage. 

Canoter. 

Canotier. Flamhard. 

Cantatrice. Diva. DivetlP. 

Cantine == Buvette. Cambuse. Ta- 
pis de malades, cantine de pri- 
sonniers. Tapis de grives, canti- 
ne de soldats. 

Cantinier. Cargot. Gargot. Tapis- 
sier. Voy. FOURGONMEH. 

Capables Apte. Droit. Voy. Avoir, 

Boule. 
Capable (de) = Susceptible de. 

Voy. Fichu, Foutu. 
Capacité. Voy. Talent. 
Capitaine. Capiston. Franc-foi- 

gnart. 
Capitaliste = Commanditaire. 

Voy. COQUEUR. 

Capon. Voy. Lâche, Poltron. 

Caporal. Cabot. Martyr. 

Capote. Voy. Berri. 

Caprice. Béguin. Fantasia. To- 
quade. 

Capricieux Batier. 

Capron = Fraise. 

Capter. Voy. Prendre, Séduire, 
S'éprendre. 

Captif. Voy. Prisonnier. 

Captiver. Voy. Attirer. 

Captivité. Voy. Détention. 

Capturer. Voy. Arrêter, Saisir. 

Capucin. Barbichon. Cornet d'épi- 
ces. 

Caquetage. Voy. Bavardage. 



Caractère = Acabit. Humeur. 
Tempérament. 

Caractère (d'imprimerie). Tête de 
clou (typ.), caractère usé. 

Carême-prenant. Chienlit. 

Caressant = Doux. Voy. Aima- 
ble. Amiteux. 

Caresse. Mamours. 

Caresser = Cajoler. Flatter. Blan- 
dir. Fourrager. Mignoter. Peloter» 
Voy. Genou, Miciielet. 

Caricature := Charge. 

Carillon. Branlezine. 

Carotte. 

Carpe. Camuse. 

Carré. Palier. Par on. 

Carreau (du Temple). Foret-Noire. 

Carreaux (vitres). Glacis. 

Carrefour = Place. Empavé. 
Voy. Carreau, La patte d'oie. 
Fourche. 

Carrer (se). Se gourer. 

Carte. Brème, v. c. m. Voy. Carte- 
Encarter. 

Carte à, payer. Addition. Carte. 
Douloureuse. 

Cartes à jouer. Voy. Jeu, Tri- 
cher. Brèmes. Voy. "^Aiguille (3), 
Bergère, Bœuf, Brème, Brèmer, 
Brèmeur, Brêmier, Carton, Car- 
tonner, Cartonneur, Cheval, 
Courtiser, Deux, Egalier, Egout, 
Emplâtre (4), Herbe, Juge, Vi- 
triers. 

Cartomancie. Voy. Jeu. 

Carton. Voy. Chemise. 

Caser. Voyl! Mettre. 

Caserne. Manufacture de tabacs. 

Casier judiciaire. Grimoire mou- 
chique. 

Casquette. Bûche. Biscop. Cin- 
tième. Couvrante. Defou. Des faux. 
Patente. Soupape. 

Cassation. Voy. Carrée. 

Casse. Voy. Bardeau. 

Cassé = Brisé. Echlé. Fouillomé. 

Casser = Rompre. Briser. Défor- 
mer. Frangir. Mettre en bringues. 



CATÉGORIQUE. 



— 331 — CHAMBRIÈRE. 



Catégorique = Clair. Net. Précis. 
Net comme toixhette. 

Gatin. Voy. Prostituée. Catau. 
Catiche. 

Cause = Motif. Le hic. 

Causer = Bavarder. Discourir. 
Voy. Parler. Jaspiner. Voy. 
Flirter. 

Causerie. Voy. Flirter, Flirt, 
Flirtation. 

Causeur. Voy. Bavard. Jactcur. 
Voy. Flirter, Flirteur. 

Caution = Garant. Cayon. 

Cavalerie. Gagerie. 

Cavalier (mil.). Voy. Soldat. 
Fourche à faner. Groa frères. Ta- 
lons. Lolos. Voy. Sabreur, Trai- 

NELR DE SABRE. 

Cave. Parfonde. Profonde. Rincer 

la profonde. Vider une cave. La 

fraîche. 
Céder. Passer la main. Céder sa 

l)lace. Défarguer. 
Ceinture. Anguille. Bezouill*'. 

Estregnante. Ficeleuse. Sergolle. 

Tournante, celle qu'on enroule 

autour du corps. 
Célibataire. Bibon. Coiffer Sainte- 
Catherine, (se dit d'une femme). 
Cellier. Coys. s. m. 
Cellule. Voy. Cabanon, Cachot. 

Voy. Abattoir, Condice, Hurme, 

La forme. 
Celui. Cti. 
Cendres. Lusquines. 
Censé = Métairie. Voy. Ferme. 
Censier = Métayer. Voy. Fermier. 
Censure (la). Anastasfe. 
Cent. Rcng. Pile. Cent francs. 
Centième. Broque. Brobèche. Bre- 

doche. 
Centime. Bredoche. Broc. Valnin. 

Fenin. 
Cercle. Voy. Claquedent, Mess (1). 
Cercueil. Etui. Boîte aux dommo<^. 

Boite à viande. Robe de chambre. 

Voy. Sap. 
Cerise. Montmorency. 



Cerné. Embarbé. 

Certainement, fie croiSy Ttêcoute. 

Certes. Mince. 

Certificat. Babillard. Fafiot à 
parer. Voy. Li'Qi;es. 

Certifier. Voy. Affirmer. 

Cerveau. Boussole. Luire. Sor~ 
bonne. 

Cesser. Fermer boutique. 

Chafouin = Petit. Maigre. Ma- 
lingre. 

Chagrin =r Angoisse. Affliclion. 
Peine. Tristesse. Ennui. Douleur. 
Souci. Désolation. Tourment. 
Voy. Ennui. Crève-cœur. Cheveu. 
Haire. Morasse. Ver rongeur^ 
chagrin secret, S'épitonner. Avoir 
du chagrin. Battre morasse, id. 

Chagriné. Voy. Ennuyé. Affligé. 
Peiné. Triste. Désolé. Morne. 
Battre morasse. Etre chagriné. 
Mécanisé. B lus té. 

Chagriner. Voy. Ennuyer. Blustcr. 
Mécaniser. Faire saigner. 

Chaîne =■ Fers. Bride. Cadèiie. 
Voy. Chapelet, Décadener, Guir- 
lande. 

Chaîne de montre. Bridanldl. 
Cadelle. Cordelette. Giletière. Jar- 
retière. Niais. Pendante. 

Chair = Viande. Crie. Crigne. 

Chaire = Tribune. Egrugeoir. 

Chaise. Dossière de satte. Dossière. 
Séante. Voy. Flâneuse, Eudoxie, 
Fumeuse. 

Châle. Blavard. Blard. Ternaux. 

Chaleur. Voy. Etouffoir. 

Chamailler. Haricauder. 

Chambre = Voy. Atelier, Domi- 
cile, Garni. Cabriole. Cambriole. 
Cambriotte. Cambuse. Canfouine. 
Carée. Carré. Carrée. Colbasse. 
Condition. Planque. Taule. 

Chambre correctionnelle. Car- 
rée des petites gerbes. 

Chambre des Députés. Aqua- 
rium . 

Chambrière. Millogère. 



CHAMP. 



— 332 — 



CHASSER. 



Champ = Campagne. 

Champagne (vin). Coco épilep- 
tique. 

Chance = Succès. Voy. Bonheur. 
Veine. Voy. As, Assiette, Atout, 
BiDARD, Main, Marcher. 

Chanceler. Cascader. Locher. 

Chandelier. Camouflet. 

Chandelle. Ardente. Dornette. Bou- 
gie grasse. Cabande. Camoufle. 
Flambarde. 

Changement = Rénovation. Les- 
sive. 

Changer = Troquer. Biguer. Voy. 
Rosse, Casser, Fusil, Girouette, 
Glissade. 

Changeur =i Ranquier. Balanceur 
de braise. Sauterelle. Sauteron. 

Chanson. • Flon-flons. Goualante. 

Chansons. Voy. Mensonge. 

Chantages Extorsion. Charriage. 
Serinette. Voy. Fileuse. 

Chanter (faire). Voy. Extorquer. 
Charrier. Manger. 

Chanter. Beugler. Canter. Dé- 
guiser. Déyosiller. Goualer. Goiia- 
Leren danse. Galouser. Gazouiller. 
Rossignoler. Voy. Gargariser, 
Gueule, Hurler. 

Chanteur. Goualeur. Voy. Brail- 
lard, POSTIGE. 

Chanteuse. Cigale. Goualeuse. 

Voy. DiVETTE. 

Chantre. Goinfre. 

Chaos = Fouillis. Voy. Embarras, 
Imbroglio. 

Chanvre. Nivet. 

Chapeau. Album. Blockhaus. Bois- 
seau. Boston. Bolivar. Bloum. 
Bosselard. Cylindre. Capsule. Ca- 
dratin. Tube. Tuyau de poêle. 
Tromblon. Décalitre. Chapeau 
haut de forme. Lampion. Loupion. 
Etre en fumiste. Galure, Galurin. 
Cabochard. Capet. Caloquet. Cam- 
brion. Carbeluche galicé. Êtei- 
gnoir. Combre. Combrieu. Com- 
ble. Corniche. Toiture. Epicéphale. 



Boite à cornes. Gibe. Morillo, 
Chapeau à petits bords. Melon, 
Chapeau rond. Pnnama, Chapeau 
de paille. Frégate (mar.), Cha- 
peau bicorne. Accordéon. Gibus, 
Chapeau de soirée. Voy. Accor- 
déon, Gadin, Niolle. 

Chapeaux (de femme). Bonnichon. 
Baigneuse. Bibi. Cabas. Cabasson. 
Cabriolet. Caloquet. Casquette. 
Décrochez-moi ça, Chapeau d'oc- 
casion. 

Chapelet. 

Chapelier. Combrier. Castorin. 
Couvreur. Voy. Gnoleur. 

Chapon. Castroz. Catrot. Esta f on. 
Ornioys. Ornion. 

Charbon. Lusquin. 

Charbonnier. Manival. Boulanger. 
Fouchtra. 

Charcutier. Graoïidjem. 

Charge. Voy. Fardeau. 

Charge == Mystification. Voy. 
Bouffonnerie. Balançoire. Fumis- 
terie. Escarpolette. Blague. 

Charger. Farguer. 

Chargeur. Fargueur. 

Charitable = Rienfaisant. Petit 
manteau bleu, personne charita- 
ble. 

Charité = Secours. Caristade. 

Charnel (acte). Voy. Coïter. 

Charlatan. Marchand de mort su- 
bite. Charrieur. Mangin. 

Charger. Farguer. 

Charmes. Voy. Seins. 

Charogne. Carne. Machabêe. 

Charpente. Carcasse. 

Charpentier. Voy. Gacheux, Car- 

CASSIER. 

Charretier. Roulottin. Roulottier. 

Trimballeur. m. (vol). 
Charrette. Balladeuse pour les. 

marchands des quatre saisons. 

Boulotte. 
Chasse. Muette. Maison de chasse^ 

où Ton conservait les mues. 
Chasser ^=Giboyer. Canarder. 



CHASSER. 



— 333 — 



CHEVAL. 



Chasser ^= Congédier. Expulser. 
Repousser. Mellrc à porte. Voy. 
Renvoyer. Foutre la pelle au cul. 
Déporter. Voy. Faire la conduite. 

Chasseur. Voy. Soldat, Cavalier. 
Chassemar. Fusil. 

Chasseur à pied (de Vincennes). 
Vitrier. 

Chasseur d'Afrique. Chass d'Af. 

Chassie. Mite. Cire à Vœil. 

Chassieux. Cireux. Miteux. 

Chaste = Innocent. Puceau. Pu- 
celle. Voy. Vierge. Coquebin. 
Blanc comme neige. Joseph. 

Cbasublier. Bondieusard. 

Chat. Estaffier. Estaffion. Gat. 
Gaspard. Gibelotte de gouttière. 
Greffier. Griffard. Grippard. La- 
pin. Lièvre. Minet. Minou. Minon. 
Mistigii. Mistriquc. 

Châtaigne. Moussue. 

Château. Piget. Pipet. m. (vol). 

Chatouillement. Pattes d'arai- 
gnée. 

Chatouiller. Faire des chatouilles, 
des pattes d^araignée. 

Châtrer = Mutiler. Abélardiser 
(pop). Affranchir. Couper. Dé- 
satiller. 

Chaud (avoir). Cuire dans son jus. 

Chaudron. Voy. Marmitte. Coque- 
mari. (Patois lyonnais, petite 
bouillotte). 

Chaudronnier. Jalo. 

ChaufiFer. Riffauder. Biffer. 

Chaufifer (se). Se riffauder. Se dé- 
figer. 

Chaufferette. Gueux. 

Chaussette. Sachet, m. (vol). 

Chaussure. Voy. Bottes, Bottines, 
Sabots, Souliers. 

Chauve = Calvitie. Déplumé. Se 
déplumer. Se dégazonner. Ne plus 
avoir de paille sur le tabouret, 
de fil sur la bobine, de chapelure 
sur le jambonneau, de persil sur 
la tête de veau, de gazon sur la 
terrasse, de cresson sur la fon- 



taine, de mousse sur le caillou. De- 
venir chauve. Avoir le front dans 
le cou. Etre chauve. Avoir des vers 
dans son manchon. Avoir le crâne 

I dénudé par places. Acajou. Bille 

j de billard. Caillou déplumé. Ge- 
nou. Skating à mouches. Crâne 
chauve. 

Chef. Voy. Maître. Mec. Meck. Meg, 
Meq. Singe. Coesre. Coire. Can. 
Dab. Duc. Voy. Kébir, Leader, 
Mégard. 

Chemin = Route. Sentier. Pelé. 
Pelle. Trimard. Trimar. Tiron. 
Estrade. Antif. 

Chemin de fer. Roulant vif. Le 
Dur. Le Dur mort. 

Cheminée. Commode. Bouffardière . 

Cheminer. Rouler sa bosse. Tri- 
mar der. 

Chemise. Lime. Limace. Limasse. 
Epiploon. Liquette. Sac. Victoire. 
Voy. Bannière, Chemise. 

Chemisette. Dimasine. 

Chemisier. Limacier. 

Cher = Coûteux. Chaud. Epicé, 
Salé. Chérot. 

Chercher. Balader. Busquer. Bus- 
quer fortune. Cafouiller. Dégoter. 
Fouiner. Fouinarder. Farfouiller. 
Sonder. Balader. Charrier, Cher- 
cher à savoir. Aller à l'arche, 
chercher de l'argent. Trouver 
des puces, chercher querelle. 
Endroguer. Arracher du chien- 
dent. Chercher un coup à faire, 
une dupe. 

Chercheur. Sondeur. Fouinard. 
Farfouillard. Farfouilleur. 

Chère (bonne). Chérance. 

Chéri. Voy. Aimé. 

Chétif= Maigre. Petit. Voy. Ma- 
lingre. Astec. Astèque. Aztique. 
Fausse-couche Fait au compte- 
gouttes. 

Cheval == Monture. Voy. Rosse, 
Jument. Cagne. Gail. Gaille. Gaye. 
Gayard. Gaillard. Gailler. Gail- 



CHEVELU. 



334 — 



CIGARE. 



Ion. Galier. Gallier. Gaget. Grès. 
Coco. Bucéphale. Pégase. Poulet 
dinde. Canard. Hanois. Voy. Co- 
TiER, Darkiiorse. Gheval inconnu. 
DuFFER. Cheval de course engagé 
et retiré après bénéfice. Favori, 
Ficelle, Forme, Hunter, Pur sang. 
Cheval de race. 

Chevelu. Ahsalon. 

Chevelure. Douillure. Filasse. Che- 
velure blanche ou blonde, Tigne. 
Tignasse. Chevelure en désor- 
dre. 

Cheveux. Brigeants. Brigands. 
Filets. Guiches. Gazon. Douil- 
lards. Tiffes. Tifs. Crins. Alfa. 
Plumes. Voy. Crépon, Douilles, 
Manchon, Marguerites. 

Chèvre = Cabri. 

Chevron. Baraque. Brisque. 

Chic adj. et s. m. = Elégant. Voy. 
ce mot au Dict. Arg.-Fr. Galbeux. 
Galbe. Ha ! Pschutt ! Urf ! Hurf. 
Vlan. 

Chicane = Discussion. Dispute. 
Difficulté. Avocasserie. 

Chicaner ^= Epiloguer. Avocasser. 
Chipoter. Disputailler. Ergoter. 
Faire des histoires. 

Chicaner (se). Avoir des mots. 

Chicanier = Processif. Ergoteur. 
Taquin. Mauvais coucheur. Chi- 
poteur. Logomachiste. 

Chiche =: Avare. Maigre. Petit. 

Chien. Azor. Cab. Cabe. Cabja. 
Cabo. Cabot. Cador. Cleb. Rabin. 
Happin. Rabin. Jaspineur. Tou- 
tou. Voy. Alarmiste, Boule (3), 
Guette, Havane, Tambour. 

Chienne. Cagne. Rappine. 

Chier. Voy. Garde-robe. 

ChiflFon = Loque. Biffe. Chiffe. Fer- 
loques. 

Chiffonner. Déglinguer. 

Chiffonnier. Graffln. Ogre. Biffln. 
Cupidon. Amour. Chevalier du 
crochet. Philosophe, Rotteriau. 
Chifferton. 



Chiffonnage. La biffe, travail du 
chiffonnier. La chiffe, métier du 
chiffonnier. Zig de la chiffe. Voy. 
Grafigner. 

Chiffonnière. Chocaillon. 

Chignon (faux). Catogan. Kilo. 

Chiper =: Prendre. Voy. Voler. 
Chaparder. Chapper. Chopper. 

Chique = Tabac. Pruneau. 

Chiquer. 

Chirurgien. Charcutier. Boucher. 
Voy. Major. 

Choc. Carambolage. 

Chocolat. 

Choisir. Balader. 

Chômage. Ballot. Calance. Calence. 

Chômer. Ballotter. Barrer le boulon. 
Caler. Envoyer à la comédie, faire 
chômer. 

Chopine. Cholette. Tenante. Demi- 
kilo. 

Chose = Peu. Voy. Peu de chose. 
Pas grand'chose. Voy. Fifrelin 
(id.). 

Chou. Rome. 

Choyer = Dorloter. Voy. Flatter. 
Chouchouter. 

Chrétien. Voy. Goi, Goye, Goym. 

Christ (le). Rariadan-Barberousse. 

Chuchottement. Messe basse. 

Chuchotter. Farfouiller dans le 
tympan. 

Chuchotteur. Farfouillard. Far- 
fouilleur. 

Chut ! = Silence. Acre! 

Chute = Echec. Faute. Loup. 
Veste. Four. Fiasco. Glissade. 
Tape. 

Chute =r Culbute. Carambolage. 

Ciboire. Voy. Calice. 

Cicatrice. Apostrophe. Virgule. 

Cidre. Pie fantoche. Gaulé. Purée. 

Ciel. Le Plafond. Le ciel plumant 
ses poules (nuageux). 

Cierge. Ardent. 

Cigare. Crapules. Voyoutellas. 
Madras. Morceau de bois. Gen- 
darme. Infectados, Cigare d'un 



CIGARETTE. 



335 — 



COITER. 



sou. Voy. Havane, Inséparables, 
Mégot, Mégottier. 

Cigarette. Sibicfie. Cibige. Cibi- 
che. Sèche. Cibigeoise. Grillante. 
Voy. Mégot, Mégottier. 

Cimetière. Caycnne. Champ de 
navets. Jardin des claqués. 

Cinq. Linquec. 

Circoncire. Guinaliser, Baptiser 
an st'cateur. 

Circonvenir. Accaparer quel- 
qu'un. Entortiller. 

Ciseaux. Fauchants. Faucheux. 

Citron. 

Citrouille. Voy. Potiron. 

Civière. Voy. Comète. 

Clair = Limpide. Guif/". 

Clairon := Trompette. Corne. 

Clameur. Voy. Bruit. 

Clandestinement. Sans Condé, 
sans permission. 

Claque. Les Romains. Lavabe, bil- 
let de claque. 

Claquer des dents. Battre la gé- 
nérale. 

Ciaqueur = Applaudisseur. Ro- 
main. Chevalier du Lustre. Intime. 

Clé. Aiguille. Crochette. Tournante. 
Débridoir. Penne. Carouble. Bibi. 
Fausse clé, Luctrème. 

Clerc =: Commis de bureau. Grat- 
te-papier. Cul de plomb. 

Clergé. La calotte. 

Client. Voy. Margoulin, Electeur, 
Figaro. 

Cligner. Bicler. 

Clique. Cance La gouape. 

Clitoris. Voy, Nature. 

Cloaque. Fo)'ét de Mont-Rubin. 

Cloche = Sonnette. Carillon. Gre- 
lot. Dandille. Brandillante. Bran- 
lante. Brandilleuse. Battante. 
Dandillon. 

Cloître = Abbaye. Couvent. Mo- 
nastère. 

Cloîtrer. Voy. Enfermer. 

Gloserie. Voy. Ferme. 

Clôture. 



Clou. Clavin. Diamant. 

Clown. Voy. Bouffon. Galipeteur. 

Clystére. Voy. Lavement. 

Cocasse. Voy. Drôle. 

Cocher. Cochemar. Cochemuche. 
Collignon. Trimballeur. Trimbal- 
leur de carne pour la sèche. 
Trimballeur de conis^ de macha- 
bées. Trimbaleur de refroidis, 
cocher de corbillard. Voy. Ma- 
rauder, Maraudeur, Marron. 

Cochon z= Pourceau. Porc. Gro- 
haut. Bacon. Baccon. Bouant. 

Cocu. Voy. Adultère. Bélier. Bouc. 
Cornard. Cornette. Boisé. Bonjean. 
Chauffe la Couche. Coucou. Joseph. 
Voy. CocuFiER, Coiffer, Croissant, 
Encornailler, Etre Jaune, Jon- 
quille, Malheureux, Porter. 

Gode pénal. Bowreur de pègres. 
Grimoire. 

Cœur. Palpitant. Battant. Frap- 
pant. Chouan. Brûlant. Grand- 
ressort. Fressure. 

Cofifre. Voy. Malle. Bauge. Arche. 

Cofifre-fort. Arque. Arche. Diable. 
Impénétrable. Grasse. Récalci- 
trant. Indompté. 

Cognac. Voy. Eau-de-vie. Cogngi. 

Cogner. Passer à tabac. 

Coiffer. Merlander. 

Coiflfeur = Perruquier. Merlan. 
Echellier. 

GoifFure = Couvre-chef. Boîte à 
cornes. Couvre-amour, Marquin. 

Coït = (acte charnel). Accouple- 
ment. Devoir conjugal. Carambo- 
lage. Crampe. Desduit. La Baga- 
telle. La chosette. Cricon-Cri- 
quette. 

Coïter = S'accoupler. Forniquer. 
Engendrer. Procréer. Baiser. 
Cramper. Enterrer. Bitter. River. 
Bistoquer. Bourriquer. Décroter. 
Le faire. Fournir. Fourniller. 
Foutre. Bricoller. Enconner. Hor- 
nangier. Cogner une femme. Hyer. 
Mettre la cheville dans le trou. 



COITEUR. 



336 



COMPLAISANCE. 



Abremier le courtaud. Donner l'au- 
bade. Dérouiller son braquemard. 
Dire bonjour à sa moitié. Faire 
la cabriole. S'escrimer du derrière. 
Caramboler. Faire la bagatelle. 
Faire ça. Frotter la couenne. 
Plajiter. Connaître un homme, ou 
une femme. Faire la chosette. Jouer 
de la croupe. Dégorger sa sang- 
sue. Jouer de la croupe. Faire la 
Cricon-Criquette. Manger de la 
chair crue. Mettre au chaud. Se 
jucher au crud.Hornangier. Hyer. 
Rouscailler. Abreuver le cour- 
taud. Tirer sa crampe, son coup, 
sa chique. Faire Vamour. Voir la 
feuille à l'envers. Yenser. Voy. 
Jambe, Limer. 

Coïteur. Planteur. 

Colère. Voy. S'emporter. Colère 
bleue, Grande colère. Fumer, 
Etre en colère. Être dans tous ses 
états. Avoir son bœuf, (id.) Etre 
emballé. Encharibotté. Dérayer, 
Cesser d'être en colère. Faire 
mettre en colère. Voy. Exciter. 

Colifichet. Chinfreniau. S'Encoli- 
flucheter, mettre des colifichets. 

Colique. Voy. Diarrhée. 

Collaborateur. Collabo. 

Collation. Lunch. Voy. Luncher. 

Collecte. Bouline. 

Collectionner. Bibeloter. 

Collectionneur. Bibeloteur. Bri- 
cabracologue. 

Collège. Voy. Ecole. Maldine. . 

Collégien. Potache. 

Collier. 

Colloquer. Voy. Mettre. 

Colon. Voy. Marécageux. 

Colonel. Colo. Kibir. Artif. Mec des 
mecs (par extens.). 

Colporteur. Boucardier gambil- 
leur. 

Combat. Voy. Bataille. 

Combinaison. Voy. Artifice. 

Combiner. Voy. Arranger, Pré- 
parer. 



Combustible. Macédoine. 

Comédie (Jouer la). Cabotiner. 
Flamber. Fluber. Voy. Enlever, 
Essayer, Lâcher. 

Comédien. Voy. Acteur. Actrice. 

Comique. Voy. Drôle. 

Commandant. Mêquard. 

Commander. Mequer. 

Commanditaire. Voy. Capita- 
liste. 

Comme. Kif-kif (arabe, algérien). 

Commencer. 

Commérage. Daberage. 

Commerce. Voy. Affaire. Fourbis. 
Voy. Gros. 

Commis. Voy. Employé, Voya- 
geur. 

Commissaire. Quart d'œil, com- 
missaire de police. Curieux, (id.) 
Eo-là. (\A.) Ferblantier y commis- 
saire de la marine. 

Commissariat (de police). Bur- 
lingeu du quart. 

Commissionnaire public. Pouch- 
tra. Galifard. 

Commode (meuble). Tireuse. Ca- 
reuse. Comine. 

Commuer. Gracier. Défarguer. 
Dévoyer. 

Communier. Avaler le luron, V Au- 
vergnat ou le polichinelle. Faire 
Sun bonjour. Voy. Manger. 

Compagnie. Voy. Gance. 

Compagnon =: Acolyte. Asso- 
cié. Complice. Compère. Insépa- 
rables. Voy. Ami, Camarade. 
Aller ego. Compaing. Contre. Co- 
pain. Frère. Gaveau. Gavot. Mi- 
gnon. Orphelins (pi.), réunion de 
voleurs. St Roch et son chien 
(inséparables). St Antoine et son 
cochon (id.) 

Comparaître. 

Compère. Battre comtois. Voy. 
Complice. Voy. Allumeur, Eclai- 
REUR, faire le compère. Chic, 
Chocolat, Emécheur, Enquilleur. 

Complaisance. Comblance. 



COMPLETER. 



331.r 



CONSIDÉRER. 



Compléter. Yoy. Augmenter. 
Corser. 

Complice. Voy. Associé, Compa- 
gnon, Compère. Aminche d\iff. 
Aumgnot. Fanunde. Fanandel. 
Faire nonne, être complice. 

Complicité. Voy. Mèche. 

Complimenter. Voy. Féliciter. 

Complot. Voy, Intrigue. La traînée. 

Composer (typographie). Voy. 
Levkr. 

Compositeur. Voy. Typographe. 
Canardier, qui compose les jour- 
naux. 

Compositeur (musicien). Voy. 
Makstrooiet. 

Comprendre. Enterver. Entraver. 
Enterver bigorne, comprendre 
l'argot. 

Comprimer. 

Compromettre (se). Se galvauder. 

Comptant. Voy. Main. 

Compter. Comherger. 

Comptoir. Rad. Radin. Radeau. Le 
zinc. 

Comte. 

Concert. 

Concierge. Voy. Portier. Pipelet. 
Cloporte. Huissier. Lourdier. 

Conciergerie. 

Concubinage. Mariage à Van- 
glaise. S'acoquiner, vivre en con- 
cubinage. 

Condamnation. Sapement. Gerbe- 
ment. Voy. Faitré. Fleur. Jeter. 

Condamné. Cuit. Frit. Fricassé. 
Gerbe. Incurable. Sapé. Voy. Sur- 
GERÉ, condamné àmort.FRiAUCiiE. 
EcoPER, être condamné. Malade. 

Conducteur d'omnibus, Gaule ou 
echalas d'omnicroche. 

Condamner. Enflaquer. Saper. 
Voy. Etamer. Gerber. Jeter. 

Condisciple. Voy. Camarade. 
Cocon. Faisant. Voy. Labadens. 

Conduire = Diriger. Voy. Mener. 
Remiser, conduire en prison. 

Confesser (se). Bonir au ralichon. 



Aller à comberge. Comberger. 
Ecurer le chaudron. Se laver^^ 

Confesseur. Babillard. 

Confession. Comberge. Comber- 
geante. Aller à comberge, se con- 
fesser. 

Confessionnal. Combergo. Dépo- 
toir. Guérite à calotin. Lavoir. 

Conûdence. Jarvillage. 

Confier. Jarviller. 

Confiture. 

Confondre =: Gonfuler. Réfuter. 
Aplatir. 

Confrérie. Le Plant, confrérie des 
gueux. Les enfants de la Mate. 

Confrontation. Rembrocage de par- 
rains. Passer à la musique. Pie7Te 
de touche. Frimage. 

Confronté (être). Frimager. 

Congé == Destitution. Dégommade, 
Dégommage. 

Congé = Vacance. Campas. 

Congédier. Voy. Renvoyer, En- 
voyer. 

Connaître. Conobrer. Savoir lire, 
connaître toutes les ruses. Con- 
naître le numéro, connaître la va- 
leur. E7rc calé en histoire, en 
chimie, etc., bien connaître This- 
toire, etc. 

Connu. Colombe. 

Conquête = Séduction. Caprice. 
Faire un homme. Faire une 
femme. 

Conscience. La muette. 

Conscrit =: Recrue. Bleu. Pierrot, 
Blaireau. GaUipoteur. Godillot.. 

Conseil. Voy. Avocat. 

Conseillers. Minsus pilois. 

Consentir. Voy. Approuver. 

Conservé (être bien). N'être pas 
décati, déchiré, déjeté. Avoir des 
cheveux, de l'œil et de la dent, 
(se dit d'une femme). 

Conserver. Voy. Garder. 

Considérablement. Voy. Abon- 
damment. 

Considérer. Voy. Regarder. 

22 



CONSIGNER. 



338 



CORPS. 



Consigner. Agraffer. Agriffer. 
Bloquer. Boucler. 

Consoler. 

Consommation. Consomm. 

Constipé. Faire des cordes, être 
constipé. 

Conte = Baliverne. Goquecigrue. 
Voy. Mensonge. Godan. 

Contenu = Renfermer. Litrer. 

Content. = Heureux. Satisfait. 
Contentement. Voy. Plaisir, Bon- 
heur. 

Contraindre. Mettre au pas. Faire 
marcher au pas. Contraindre à 
obéir. Voy. Esclavager. 

Contrarier (se). Se /"mVe de labile.Se 
chiffonner. Marronner. Voy. Lou- 
cher. 

Contrariété. Voy. Ennui, 

Contravention. Marron, en con- 
travention. 

Contre = Près. Jouste. Juxte. 

Contrebande. Maltouse. 

Contrebandier. Maltousier. Mar- 
souin. 

Contrebasse (à cordes). Armoire à 
pétard. 

Contrefaire. 

Contrefait. Lophe. 

Contremaître = Chef de chan- 
tier. Contre-coup. Gâcheur. 

Contremarque. Biffeton. La- 
vabe. Tailhin. Peau de Inpin. 
Marchand de contremarques. 

Contretemps. Voy. Malheur. 
Escare. 

Contrevenir. Manger la consigne. 

Contumace. 

Contusion. Voy. Coup, Blessure. 
Atout. Pochonl 

Convalescent. 

Convenable. A la couleur. 

Convenir. Voy. Plaire, Bien aller. 
Voy. Ganter' 

Convenu. Voy. Entendre. 

Convertir. 

Conversation = Entretien. Jarvil- 
lage. 



Convenir. Ça me hotte, ça me 
convient. Ça me chausse, ça me 
convient. 

Convertir. 

Copieusement. Voy. Abondam- 
ment . 

Copieux =: Plantureux. Corsé. 

Coq. Becquant. Clairon. Ornie. 
Lorloge. 

Goquecigrue. Voy. Conte. Men- 
songe. 

Coquet = Mignon. Charmant. Voy. 
Beau. Pompadour. 

Coquette. Brancard, vieille co- 
quette. Vieux bas de buffet, vieille 
coquette. 

Coquetterie. Frusquin. 

Coquille. Cocange. Calot. Callot. 

Coquin = Malfaiteur. Voy. Bandit, 
Brigand, Escroc, Filou, Fripon, 
Trompeur, Voleur. Carne. Jean- 
fesse. Jean-foutre. Foiitriot. Fou- 
triquet. Pendard. 

Cor (au pied). 

Cor (de chasse). Bistourné. 

Corbeau. Croasseur. 

Corbillard. Omnibus à conis. Gi- 
verneiir de refroidis. Mannequin 
à machabées. 

Corde. Tourtouse. La Torse. Li- 
gnotte. Ligotte. Ligottante. Voy. 
Baldrousse, Hitz, Salade de 
Gascon. 

Cordial = Agréable. Charmant. 
Voy. Aimable, Bon. 

Cordier. Tourtousier. 

Cordon. Voy. Corde. 

Cordonnier. Voy. Savetier. Ber- 
loquin. Beurlot. Biiif. Ambassa- 
deur. Choumaque. Chausseur. Cré- 
pin. Passifleur. Voy. Pontife, 
Gnaf, Gniaffe, Goret, Pignouf, 
Galifard. 

Cornichon. 

Corps de garde. Corps de grive. 

Corps humain. Buffet. Cadavre. 
Carcasse. Cosaque. Casaquin. 
Coffre. Fusil, Flingot. 



CORRECT. 



— 339 — 



COURTISANE. 



Correct. Académique. 

Correction. Voy. Raclée. 

Correctionnelle (police). Moulin 
à café. 

Corriger. 

Corrompre. Affranchir. Coquer la 
houcanade. Boucaner. 

Corrompu. Affranchi. 

Corrupteur. Affranchisseur . 

Corruption. Boucanade, corrup- 
tion d'un témoin. 

Corset. 

Costume = Vêtement. Costo. Pe- 
lure. Fringue. 

Costumer. Voy. Habiller. 

Costumier. Fringueur. 

Corvée. 

Côté. Biard. 

Coterie =3 Réunion. Chapelle. 

Cou. Kique. Kiki. Couper le kiki, 
couper le cou. Collier. Colas. 
Colabre. Colin. Vis. Serrer la vis, 
étrangler. Interrompu. Cravaté. 
Ficelé. La Mortaise. 

Couche. Aboulée, femme en cou- 
ches. 

Couché r= Eboulé. 

Coucher. Voy. Epolsseter. 

Coucher (se) . Voy. Lit. Se Piaucer. 
Se bourser. Se bâcher. Pagnotter. 
Percher. Se mettre dans la bâche, 
le dodo. S'affaler sur le pieu. Se 
fourrer dans la filasse. S'esbigner 
dans saboîteàpuces. Yoy.FEmLLE, 
Lézard. 

Coudre. 

Couler. Dégouliner. 

Couleur. Déjeu