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Full text of "Dictionnaire de chirurgie : contenant la description anatomique des parties du corps humain, le méchanisme de leurs fonctions, le manuel des opérations chirurgicales, avec les usages des différens instrumens & médicamens employés dans maladies & la chirurgie. A l'usage des etudians en médecine & en chirurgie. Le toute d'après l'exposition & les préceptes, tant écrits que nonécrits, des meilleurs maîtres en médecine & en chirurgie, anciens & modernes"





m THE CU5T0DY Or TliE 

BOSTON PUBLIC LIBRÀRY. 




5HELF N° 




;\ 




0^ 



^ 



DICTIONNAIRE 

DE 

CHIRURGIE. 

TOME SECOND. 



Digitized by the Internet Archive 
in 2010 



http://www.archive.org/details/dictionnairedech02leva 



DICTIONNAIRE 

DE 

C H IR URGI E, 

CONTENANT 

La defcrîptlon anatomique des parties du corps hirm^m» 
le méchanifme de leurs fon£^ions , le manuel des Opé- 
rations Chirurgicales , avec les ufages des différens 
inftrumens & médicaînens employés dans les îaaladies 
& la Chirurgie. 

A l'ufage des Étudîans en Médecine & en Chirurgie, 

î,e tout d'après l'expofition & les pxéceptes , tant écrits quQ noa 
écrits , des meilleurs Maîtres en Médecine & en Chiriirgia» 
anciens & modernes. 

Tar Mrs. le F*^. Af^**. & de ta Af**\ 

NOU'VELLE ÉdITIONj, 
Reviu , corrigée & augmmtce. 

TOME SECOND. 

''^%^^^^'' 

A P J R I S ^ 

£hez L A C G M B E , Libraire , quai de Contiv 



M. D C C. L X X V L 

Avec. Approbation & Privilège ^du RqL 



vr,X 




DICTIONNAIRE 

DE CHIRURGIE- 



H 



H. 



JÎ^MATOCELE. FaufTe hernie du fcrotum quicon. 
fîile en un amas de liqueur fanguinolente dans cette par- 
tie. Elle figure l'hydrocéle , mais elle en dilrérej non feu- 
lement par la matière qui forme la tumeur , mais encore 
par les fignes qui la caradérifent. Le fcrotum eft àla vérité 
gros, tendu, tuméfié, comme dans l'hydrocéle, mais 
quand on place une chandelle allumée à un côté , tandis 
qu'on regarde par l'autre, onne voitpointdeeranfparence ; 
la tumeur eft obfcure & tire fur le noir. Quand on la 
perce avec le trois-quart, au lieu d'eau & de férofîté, l'on 
du fang , ou une matière fanguinolente. 

Cette maladie efl caufée pour l'ordinaire par quelque 
coup violent qui contond & déchire les parties renfermées 
dans le fcrotum , & le fang venant à s'extravafer, croupie 
& féjourne dans ce fac , où il acquiert par la chaleur du 
lieu , différentes qualités & couleurs fuivant qu'il y refte 
plus ou moins. Il peut gâter le tefticule ou corrompre les 
vaiffeaux fpermatiques i d'où il fuit qu'il faut au plutôt- 
donner iffue à cette matière au dehors. Mais il ne faut 
pas comme dans l'hydrocéle, s'en tenir à une fimple ponc» 
îionpar letrois-quart, il convient de fendre aveclebiftouri 
le fcrotum, fuivant toute la longueur du tefticule i & fi 

D.deCh. Tome IL A 



a H A E 

l'on trouve que le tefticule n'eil point encore altéré, ou 
qu'il le foit peu, après avoir donné par cette incifion , 
iuue à la matière épanchée , on nettoie la plaie & oa 
la traite avec les baumes, comme il eft dit à l'article du 
farcocèle. Mais fi le tellicule étoit gâté, & entièrement 
corrompu, il faudroit l'amputer fans retarder davantage, 
& fe comporter comme il eft dit aux articles SareoceLe (> 
.Cajlrazion. 

HANCHES^ (os des) On donne ce nom à Tos des 
îles , parce que la faillie que fa partie fupérieure fait en 
>dehors, forme les hanches. 

HARMONIE, aorte d'engrainure par laquelle deux 
furfaces s'unillént aumoyen de dents qui font reçuesdans 
autant de cavités. Telle eft la manière dont les os du pa- 
lais font îoints entr'eux 

HEDRA. Simple incifion qui rompt la continuité des 
os plats. Ce terme fignihc vejîige. 

HELIX. On donne ce nom au grand bord de l'oreille 
externe ■■> lequel eft replié & fait le contour de la grande 
portion de l'oreille. 

HEMii'PHERE du cerveau» Les Anatomiftes don- 
nent ce nom aux deux lobes dont le cerveau eftcompofé, 
parce qu'étant conlidérés féparément,ils repréfentent cha- 
cun la moitié d'un globe. Voyez Cerveau, 

HEMORRHAGIE. Quoiqu'on puille dire que toute 
perte de fang foit unehémorrhagie, cependant on adonné 
ce nom particulièrement à une évacuation de fang (i con- 
(idérable, qu'il en réfultc de grands changemens dans l'oe- 
conomie de l'homme. La caufe immédiate des hémor- 
îhagies , c'efi toujours une folution de continuité dans les 
vailTeaux fanguins. Or ceux-ci font plus ou moins confi. 
dérables, font artériels ou veineux. L'ouverture des petits 
vailTeaux ne caufe pas pour l'ordinaire de grandes & de 
dangereufes hcmorrhagies , d moins qu'ils ne foient arté- 
riels & fitués dans les parties ofteufes , de manière à ne 
pouvoir nîfe boucher d'eux-mêmes, ni par les fecours de 
l'Art. Car quand ils font en liberté , ils fe contradent , 
fe retirent dans les chairs & s'obturent d'eux-mêmes. 
Les petites veinçs ne caufcnt jamais d'hémorrhagies pre- 



HEM ^ 3 

judiciables , â moins que leur quantité n'en compenfe la 
grofleur. Les veines confidérabics peuvent par leur ouver- 
ture laiiier échapper allez de Tang pour piivcr de la vie , 
mais alFez généralement , elles le bouchent d'elles-mêmes , 
ou par le moyen des caillots &c des chairs voiiines,dans le 
tems de défaillance qui arrive condamment aux bleifés. 
Les hémorrhagies les plus ptrilleufes font donc celles des 
grolFes artères; & en effet elles font communément mor- 
telles, Cl l'on n'y remédie promptement. Orlesfecour. de 
l'Art font diiïerens, fuivant les occaFions. Dans le. am- 
putations on fait la ligature, ou une forte compre .on. 
Dans d'autres cas il fufïît de cautérifer un peu la petite 
artère , quoi qu'il vaille encore mieux employer la com- 
preffion, s'il ell poffible. C'eft dans les grandes plaies qu'il 
ell fouvent plus difficile d'arrêter l'écouhment de fang. 
Et c'eft là aufTi qu'il faut toujours confidérer s'il eft avan- 
tageux de l'arrêter, ou de le laiiTer couler ; de counoitre 
auparavant quels vaiffeaux font ouverts , &l de quelle con- 
féquence il eft d'en entreprendre la ligature, oud'en pro- 
curer la réunion par de (impies comprenions. Comme l'on 
ne peut rien donner de général fur une maladie dont la 
cure dépend toute des circonftances particulières , c'eft au 
Chirurgien inftruir à décider fuivant les cas , de ce qu'il 
doit faire, s'il faut ufer des cautères , des compreffions , 
ou de la ligature, &c. Voyez Cautère , cQmpreJJlon , /i- 
gature ^ plaie» 

HEMORRHOIDALE externe , ou Ifchio- 
caverneufe, ( artère & veine ) C'eft un rameau , le 
premier des trois , que la féconde branche de l'artère 
honteufc interne fournit, & qui palTe parlagrandeéchan- 
çrure fciatique, fe gliffe derrière l'épine de l'ifchion , &: 
vient gagner la face interne de la tubérofité de cet os , où 
elle jette l'artère hémorrho'dale externe qui va le diftri- 
buecaufphinélerde l'anus. On l'appelle aufli if chia-c a-ver- 
neufe , parce qu'elle envoie un rameau dans la cavité des 
corps caverneux. 

C'eft cette artère qu'on rifque de couper dans l'opéra- 
|ion de la lithotomire , quand on la pratique à l'appareil 
latéral , fi finftrument lithotom-e approcheun peu trop 
de la tubei-ofité de l'os ifchion. A ij 



4 HEP 

Les veines hémorrhoïdales exteùies reçoivent le fang 
de l'artère de même nom & vont fe décharger dans les 
veines iliaques internes , ou hypogaftriqucs. 

HémorrhoïdaU interne ou Reéiicale» (artère & veine) 
C'eft le troifîeme rameau & le dernier que fournit l'ar- 
tère mefentérique inférieure. On l'appelle ainfi parce 
qu'elle fe diftribue à l'inteftin redum. 

La veine hémorrhoïdale interne naît comme toutes le; 
veines , de l'extrémité de l'artère , monte vers ta veine 
fplenique, reçoit vers fa jondion avec la veine porte, un 
rameau veineux qui vient du duodénum , & va fe perdre 
entièrement dans la fplenique qui en tranfmet le fang à 
la veine porte. 

Le nom d'hémorrhoïdale a été donné à cette veine & â 
cette artère, parce que c'eft-là la veine qui fe tuméfie 5c 
forme les hémorrhoides. 

HEPATIQUE. Se dit de toutes les parties qui con- 
cernent le foie, appelle en latin Hepar. 

Hépatique. ( artère & veine) Cette artère naît im- 
médiatement de la cœliaque. G'eft la branche droite 
qui produit d'abord la pylorique, puis les gafl:riques,puis 
l'inteftinale, après quoi le tronc hépatique fe partage com- 
munément en deux ou trois branches principales, lefquelles 
vont en fe fubdivifant , gagner la grande fciiîure du foie ^ 
pénétrent ce vifcére , & s'y répandent en accompagnant 
les ramifications de la veine porte. 

Les veines hépatiques naifTent au nombre de deux: , 
trois, quatre , des extiémités de l'artère difperfée dans le 
foie. Ces branches font plus ou moins confidérables fui- 
vantleur petit ou leur plus grand nombre, & vont fe dé- 
charger dans le tronc de la veine 'cave afcendante ou infé- 
rieure. 

Les anciens donnoient aufïï le nom à' hépatique à la 
veine bafilique du bras droit, par l'opinion où ils étoient 
que cette veine débarraffoit le foie fpécialement, quand 
on en faifoit l'ouverture pour en tirer du fang. 

Hépatique, (conduit) Il concourt à former le canal 
cholédoque. Voyez fa defcription à ravticlc Choléj:- 
doque% 



H E R $ 

Hépatique. ( plexus) Il eft formé par les rameaux 
au ganglion femilunaire , droit & ceux du plexus cœlia- 
que unis avec quelques autres filets du llomachique. Ce 
plexus fe porte au foie, en embrafTant comme une cfpece 
de gaine articulaire l'artère^héçatique & la veine porte , 
fuit la diftribution de ces vaiifeaux & fe perd avec-cux 
dans la fubftance de ce vifcere. Il fournit des filets à la vé- 
iicule du fiel, aux conduits biliaires , au duodénum, au 
pancréas & aux capfules atrabilaires. 

Hépatiques. ( glandes ) Corps glanduleux de dif- 
férente grofTeur , qui fe trouvent à la partie concave du 
foie, vers le iinus de la veine porte. On les regarde comme 
lymphatiques , & du refte on ignore leur ufage. 

HEP ATOCy STIQUES. ( tuyaux ) Bianchi^ProfelTeur 
en Anatomie à Turin, s'imagina qu'il devoir y avoir des 
Vaifieaux qui portailent la bile du foie dans la véfîcule du 
fiel, & d'autres qui la communiquaflent de la véficule au 
canal hépatique. Fondé là-defl*us , il reconnoît des vaif- 
feaux hépatocyftiques qui font le premier office, & des 
conduits cyfl-hépatiques qui font le dernier. Mais après 
un long & mur examen , M, Petit l'Anatomille allure 
qu'il n'a jamais pu les découvrir, malgré même que M. 
"Winflow , par l'autorité qu'il donne à fes afiertions en 
Anatomie, les lui ait fait obferver de plus près. Voyez, 
Cyjl-hépatiques, 

HERMAPHRODITE. Animal qui a la puiiî'ance 
d'engendrer en entier & de concevoir en lui même. Les 
exemples d'hommes vraiment hermaphrodites font très- 
ïares. La plupart de ceux qu'on a pris jufqu'ici pour her- 
maphrodites n'en avoient que les apparences , & ces ap- 
parences même n'ont pas été très-exades. L'on a vu avec 
les parties génitales externes du fexe féminin , la refiem- 
blance du membre viril , dans quelques-uns : un ou deux 
tellicules, fans verge , mais avec le clitoris dans d'autres î 
& l'on a conclu que l'on avoir vu des hermaphrodites. 
Mais un long & mur examen a fait reconnoître dans beau- 
coup de fujets que la prérendue verge dans les uns, n'étant 
point percée, n'étoit rien autre chofequele clitoris d'une 
k-mmcj lequel éîoit plus gros & plus grand que naturelle- 



s H E R 

ment il ne devoit Têtrei que ces faux tefticules ne fépa- 
roienr point de femence dans les autres, & que la con- 
ception en eux étoit impoilible. 

Le Padement de Paris vient de condamner à porter les 
habits d.. fexe féminin, un prétendu hermaphrodite, le- 
quel fuivant le rapport fait à la Cour, n'eft ni homme ni 
femme. Avec une verge non percée , il a l'urethre fore 
court , un tcflicule «Si une grande fente ; il ne peut ni en- 
gendrer ^ ni concevoir, ians baibe, il a la voix un peu fé- 
minine ; mais les cuiiTes & les jambes font garnies de 
forts poils. En un mot c'eft une femme manquée, &;j,uii 
homme non achevé. Comment cela s'eft-il fait? Celui-là 
feul le fçait , qui a pofé les loix luivant lefquelles tout 
s'ordonne & s'accomplit. 

Cependant on dillingue quatre fortes d'hermaphrodites, 
ï''. Ceux qui font véritablement hommes, ayant les par- 
ties de l'homme pariaites , & celles de la femme impar- 
faites. iP. Ceux qui au contraire font femmes en effet, 
& ne font hommes qu'imparfaitement. 3°. Ceux qui ne 
fo.it ni hommes ni femmes, les deux fexes n'étant point 
dans leur perfedion , tels que celui dont nous venons de 
parler. 4*^. Enfin ceux qui font efFedivement hommes SC 
femmes, & qui peuvent fe fervir également des parties 
génitales des deux fexes. 

HERNIAiPvE (bandage) Voyez B andage-herniaire. 
Ce mot fe dit auifi d'un Chirurgien qui s'adonne particu- 
lièrement à la cure des hernies. Il s'applique encore an 
biftouri qui fert dans l'opération des hernies. 

HERNIE eu HERGNE. En générale c'eft une tu- 
meur contre-nature caufëe par le déplacement de quel- 
que partie molle. Comme la plupart des parties conte- 
nues dans le bas-ventre font flottantes dans cette cavité i 
comme d'ailleurs le bas-ventre efl: des trois grandes cavi- 
tés du corps humain , celle qui eft le moins exadement 
fermée , tandis qu'elle elt trés-fujette aux comprelîioiis 
& aux efforts, il arrive prefque t(5ujours que la hernie fe 
forme au bas-ventre. Les intcflins, l'eftomach, l'épiploon 
font les parties qui fe déplacent le plus ordinairement & 
font hernies. Parmi celles-là même, les inteilins & Fo- 



H E R 7 

«nentum font le plus fujettes à fortir de leur place natu- 
relle. Ce n'eft pas qu'il foi: extrêmement rare de voir des 
hernies de la veiFieurinaire, ou du ventricule 3 l'on en a va 
déformées par le foie & par la rate; mais ces dernières 
font très-peu fréquentes; ainfl nous nous en tiendrons au 
traitement des hernies ordinaires connues fous les noms 
d'cntcrocèle, d'épiplocèle, d'entero-epiplocèle, &c. 

Quand la tumeur eft formée véritablement par la prc- 
fence d'une partie molle déplacée , la hernie s'appelle 
hémie-vraie ; mais quand différentes humeurs fànguino- 
lentes , purulentes ou aqueufes amaflees en forme d'a^ 
poftème, la conftituent, cette tumeur alors prend le nom 
^t faujfe-hernie , ou ^hernie-humorale : telles font l'hy- 
drocéle, la pneumatocèle ^ la farcocèle , la Cyrfocèle, 
&c. 

Les hernies font communément Tcffet de quelque^grand 
effort , comme on le voit arriver aux enfans qu'on laiffè 
trop crier , & aux adultes qui font un exercice trop vio- 
lent, tels que les crocheteurs , les charretiers , &c. les in- 
tellins dans les cas d'une adion trop forte de la part des 
mufcles du bas-ventre font preffés, refoulés, ils cherchent 
â s'échapper par des endroits moins réiiilans, les produc- 
tions du péritoine fe prêtent, fe relâchent, les pailagesfc 
dilatent , & petit à petit , ou par une rupture fubite , laif- 
fent échapper les parties qui font efforts pour palier. La 
conftitution lâche des enfans , des femmes , de certains 
hommes , facilite beaucoup la fortie des vifceres ; aufît 
voit-on ces fujets-là beaucoup plus fréquemment incom- 
modés de hernies que les perfounes robuftes, dont les 
fibres font durcies par le travail & rendues plus élaftiqucs 
par l'adion. 

Les anciens Chirurgiens ontdoimé des noms particuliers 
aux hernieSjfelon les lieux qu' elles occupoientide-làr^jco/71-. 
phale ou la hernie ombilicale, la heroie inguinale ou bubo"- 
nocele^ la hernie crurale, la hernie ventrale, &g. & fui- 
vant que la hernie étoit formée par Tinteftin , ou par l'é- 
piploon, féparément ou conjointement, ilsluidonnoient 
les noms èi enterocele ^ d^épiplocele , d' enteromphale , d'c* 
piplomphale t d* entera ^ épiplockle ^ dtentero - epiplom»^ 

A iv 



H EK 

phale , &c. puis quand la partie déplacée defcendoit auflS 
bas qu'il étoit poflîble , comme fî l'inteflin fortant par 
l'amieaudumuicle externe, tomboit jufques dans le fcro- 
tum, ou les grandes lèvres, la hernie félon eux étoit, & 
elle eft encore aujourd'hui , dillinguée par le terme de 
compUzte. Elle étoit incompktte quand la partie déplacée 
ne defcendoit pas aulli bas qu'elle pouvoir deicendre. 
Tous ces noms différencient encore aujourd'hui les her- 
nies. 

On diftingue encore toutes ces hernies^ en hernie avec 
étranglement de la partie déplacée , & en hernie fans 
étranglement j ou bien avec adhérence , ou fans adhé-? 
rence. 

L'on connoît l'exiftence d'une hernie par la préfencc 
d'une tumeur contre nature , dans un endroit où il y a 
palTage du dedans au dehors du corps; par une'douleur 
permanente , & quelquefois vive, accompagnée ou fuivie 
de vomilîément plus ou moins fréquent , par une fièvre 
fymptomatique qui fuit la formation de la tumeur 5 par la 
connoiflance des caufes qui peuvent produire une def- 
centei enfin par le rapport du m.alade qui confellé être 
fujet aux defcentes, avoir fait un violent effort, ou porté 
quelque fardeau trop pefant, &c. 

. Pour le prognoftic , le Chirurgien aura égard à l'âge 
^u malade, & à la nature de la defcente. Si on tente la 
ïédudion à une perfonne jeune, & qu'elle réuflllfe, on 
peut promettre la guérifon , en fe fervant de bons ban- 
dages 5 mais fi le malade pafTe vingt-cinq ans, le bandage 
fert plutôt à fupporter la maladie qu'à la guérir radicale- 
ment. Si la defcente eft formée parl'inteilin feul, la ma- 
iadie eft plus ou moins dangereufe, fuivant le degré d'é- 
tranglement. Les hernies ventrales font moins périlleufes 
que les autres 5 mais quand l'inteftin eft gangrené , la 
hernie eft mortelle i c'eft ce qu'il convient d'examiner 
avec foin d'après les fignes qui annoncent la grangrènc. 
Voyez Gangrené. 

Quant à la curation des hernies , le Chirurgien doit 
toujours tenter les remèdes les plus doux & les plus efn- 
caces avant d'en venir à une opération. Il tentera donc 



H O M y 

d'abord de réduire la partie déplacée en faignant fon ma- 
lade plus ou moins fréquemment ôc abondament, fuivanc 
fes forces & le degré d'inflammation de la hernie , en ap- 
pliquant fur la tumeur des cataplafmes fortifians , réfolu- 
tifs &: aftringens ; en aidant enfuite des mains la rentrée 
des parties qui font hernies. On place pour cela le ma- 
lade fur la partie oppofée diamétralement à la defcenre -, 
fi la hernie ell inguinale , par exemple, on le fait coucher 
fur le dos , la tête un peu plus balle que le corps , les 
cuifles & les genoux à demi repliés i puis avec les cinq 
doigts d'une main on faifit & embraiTe la tumeurs puis 
par une douce comprelTion on fait rentrer les parties dé- 
placées. Quand cela réuflit, le Chirurgien le connoît paï 
un léger cliquetis que l'inteilin fait en rentrant à fa place. 
Il ne faut rien précipiter , & trés^fouventil erf plus à pro- 
pos d'employer quelque tems à repoufTer ces parties que 
de les meurtrir , en fe hâtant trop de les réduire. Aulïi- 
tôt que le replacement eft fait, le malade ne fent plus de 
douleur; cependant il ne fuffit pas au Chirurgien de l'a- 
voir fait , il doit encore empêcher la rechute." Pour cela 
il applique & fait porter long-tems des bandages. Voyez 
Inguinal. 

Souvent ces fecours fuffifent , fur^tout vis-à-^vis des en- 
fans & desperfonnes dont les hernies rentrent aifement. 
Quand les enfans fontàlamammelle & non encore nets , 
il faut les changer tous les jours de bandages. Quant à 
ceux qui font plus âgés , qui courent & agiifent, il con- 
vient de leur en faire porter de plus fermes. A leur égard 
on ufera de brayers. Voyez B rayer. 

Mais fi le taxis ou fimplc réduâ:ion ne fe fait pas au 
gré du Chirurgien , fi la maladie menace gangrène , & 
qu'enfin tout autre fecours lent foit périlleux , il faut 
alors fe déterminer à couper les tégumens, & à lever les 
obftacles qui s'oppofent à la rentrée des parties déplacées, 
Vo-^tz BuboncieU^Exomplale ^Scc. 

HERNIEUX. Qui tient de la nature des hernies, 
ou qui eft fujet aux hernies. 

HOMME. L'homme eft une créature douée de rai- 
fon^ compofée d'uQ corps organifé, ac d'une fubftance fpi- 



10 H O M 

rituelle qu'on appelle ame. Le corps fait proprement l'ob- 
jet de la Médecine U. de la Chirurgie. Tout ce qui fc 
pafTedans le corps de l'animal , vivant , fain ou malade, 
doit être conna de celui qui entreprend de le conferver. 
L'homme difféie de tout autre animal , non-feulement 
par refprit , mais encore par la ftrudure de fon corps. 

11 a faim & foif, épiouve des fenfations & des pallions 
phyfiques comme eux , mais il réfléchit & penfe , & fon 
ame influe beaucoup fur la condition de fon corps. Il 
marche fur la terre , pofé fur deux pieds, la tête élevée , 
regardant en haut , & diffère en cela feul de tout autre 
animal. 

Comme il fe repaît d'alimens moins cruds & moins 
grofllers , que certains animaux , & qu'il ne les avale 
pas entiers , comme d'autres , il n'a pas befoin de gé- 
iier , ou de pluficurs eflomachs pour les diriger. Le de- 
dans de fon ellomach eft tout plein de glandes , lefquelles 
par fon mouvement continuel , verfenr un lue , qui dé- 
trempant les viandes , en tire une teinture qu'on ap- 
pelle cAj/^. Les alimens ainfi préparés, font portés par 
la contraclion du ventricule dans les inteftins , doués 
d'un mouvement -vermiculaire , qui les porte à leur ex- 
trémité. Cependant , les alimens fouffrent plufleurs 
changemens : car ils femblent déjà fe décharger au tra- 
vers de feilomach d'une humeur aqueufe, laquelle tom- 
bant dans la cavité de Vaddomen , entre dans la veific 
d'une manière inconnue: enfuite ces alimens fe mêlent 
dans les intellins , avec la bile , & le lue pancréatique , 
& s'y déchargent dans toute la longueur des inteftins , 
du chyle , au travers des inteftins , où aboutiilént les 
veines ladécs , lefquelles le portent dans le réfervoir de 
Pecquet^ & de là par le conduit thorachique ^Itlon^ 
des vertèbres , dans la veine fouclavieie gauche , 
par où, il entre dans la veine ca-vs , & circule avec le 

L'urine , cft de deux fortes 5 la première , que l'on 
tend peu après avoir bû , cft claire , & a fouvent l'odeur 
de ce qu'on a mangé ou bû ; par fon propre poids elle 
traverfe les pores du ventricule, & torhhe dans l'abdo- 



H O M II 

men , d'où die pénétue les p^ores de la vefTîe ; l'autre 
d'une couleur plus foncée , & chargé de fel , & d'au- 
tres exciémens du fang , étant portée dans les reins avec 
le fang , par les artères émulgei/ites , s'y fépare du fang, 
& eil portée par les uretères au fond de la vefTie , dans 
laquelle elle entre par des conduits connus , & s'é- 
coule avec le relie de l'urine par Vurethre. 

Le cœur eft compofé de deux mufcles , l'un inté- 
rieur & l'autre extérieur ^ dont les fibres vont directe- 
ment de la bafe du cœur à fa pointe -, & l'autre , donc 
les fibres , qui vont aufl^i de la balè du cœur à fa pointe , 
font une fpirale autour du cœur. Ces deux mufcles font 
propres à produire deux mouvemens contraires ; l'un 
par lequel le cœur s'accourcifiant , & s'élargifiant, re- 
çcic le fang , pendant que par l'autre mouvement , s'al- 
longeant & fe rétréciffant , il rejette le fang dehors. 

Le cœur des Quadrupèdes , & des Oifeaux , eft aufîî 
compofé de deux ventricules ; le droit reçoit par la 
A'eine cave , le fang qui vient des extrémités du corps , 
& le renvoie par le canal artériel dans les paumons ; le 
gauche reçoit par le canal veineux , le fang qui vient 
des poumons, & le renvoiepartout le corps par l'aorte ^ 
non pas par la feule force des vibrations , mais parce 
que les artères , qui n'en font qu'un prolongement, 
fe dilatant , & ic relTerrant continuellement , chaffent 
le fang jufques aux extrémités du corps : mais dans les 
animaux qui n'ont point encore refpiré , &, dit-on, 
dans quelques amphibies , quand ils plongent , le fang 
ne circule pas par les poumons , mais paite , en partie , 
diredement du ventricule droit au ventricule gauche , 
par le trou ovale , & en partie par le canal de commu- 
nication de l'artïre pulmonaire , dans le tronc afcen- 
dant de l'aorte: mais ces palTages , aurti bien que !'<?«- 
raque ^ fe ferment, & fe deiTéchent aulli-tôt que les 
animaux font nés , & ont refpiré. 

Puifque dans les animaux, que l'on nomme parfaits ^ 
Je fang circule tout par les poumons , leur mouvement 
ne fçauroit ceifer , fans que la circulation du fang ne 
CQffc auffi j ce qui eft un des ufages de la refpiracion. 



IX H O M 

l*on pourroit même conjedurer de là , que la refpira- 
tion eft la caufe de la circulation du fang , mais dans 
ceux , dont le fang fe mène lentement , comme les 
tortues , les grenouilles , les vipères , les poiflbns , qui 
tranfpirent peu , qui vivent long-temps fans manger , &c 
qui ne refpirent que fort lentement j il n'y a qu^une 
partie de leur fang qui palîe par leurs poumons. 

Les glandes de différentes figures , & de différentes 
couleurs^ pleines de veines & d'artères , fervent à filtrer 
ou à féparer du fang certains fucs j non pas tant à caufe 
de la figure de leurs pores , que fuivant la nature des 
fucs , dont ct^ glandes ont été premièrement imprégnées. 
Le cerveau fert à filtrer le fuc nerveux , ou les efprits 
animaux , que l'on ne connoît que par raifonnement i 
& par conféquent , toute obilrudion des nerfs, n'of- 
fenfe point la partie , qui eil; entre l'obftrudion & le 
cerveau , mais bien celle qui eft au-delTous de Tobf- 
tru^tion. De la rate , il fort par le conduit appelle yas 
kreve , un fuc qui fe décharge dans l'eftomach , & qui 
tù. peut-être de quelque ufage pour la digeflion. Du 
foie , il fort la bile , qui fe décharge dans la vèficule du 
fiel ^ & delà par deux conduits différens , une partie re-^ 
tourne dans le foie 5 & l'autre , entre dans l'inteftin 
jéjunum. Vu pancréas , fort un fuc qui fe décharge dans 
le duodénum , & les reins fervent à filtrer Turine. 

L'eflomach efltout plein de glandes, qui fe déchargent 
d'un fuc qui fert à la digeflion j les glandes parotides , 
diflillent la falive , & dans le Pivert , qui vit de mou- 
cherons , qu'il prend avec fa langue, ces glandes diftil- 
lent- un fuc vifqueux , comme de la glue. Il y a 
des glandes proche de toutes les jointures des os , d'oii 
il fort une limphe qui en facilite le frottement ; il y 
en a au coin des yeux , qui donnent une humeur qui 
les humede , & qui eft la matière des larmes: la peau 
en cft toute pleine , & le fang fe décharge de fes iero- 
Ctés par la fueur. Quelques animaux ne fuent point , 
comme le chien & la plupart des reptiles & des poif- 
fons i d'autres tranfpirent fort peu , d'où vient qu'ils 
ifonfumcnt peu de leur fubftancc , ^ peuvent jeûner 



H O N 13 

long-temps ; au lieu que les hommes , dont la peau ell 
moins compade , uendenc plus de la moitié de leur nour- 
riture par la tranfpiration , ôc font de tous les ani- 
maux ceux qui peuvent le moias jeûner. 

Tous les vifcères ont une tunique particulière, qui 
les enveloppe , laquelle en fe relFerrant , & fe dilatant, 
par une efpéce de fyflole & de diaftole , fait fortir de 
ces vifcères une humeur. Le pancréas , le foie & la rate, 
qui en rendent peu , ne font enveloppés que d'une tu- 
nique fort mince , au lieu que les reins , qui rendent 
une grande quantité d'urine , font enveloppés d'une tu- 
nique double & épaiffe. Le cerveau efl; enveloppé de la 
dure-mere , qui envoie par fa contra6lion des efprits ani- 
maux par tout le corps. 

Les nerfs font les organes des fens , & V attouchement 
qui eft le fens le plus général , & auquel on peut rap- 
porter tous les autres , n'eft autre chofe que l'extrémité 
des nerfs répandus par tout le corps , laquelle étant 
ébranlée , par quelque objet extérieur , li le nerf eft re- 
lâché , foit faute d'efprits, comme dans le fommeil , ou 
à caufe de quelque obftrudion , qui empêche que les ef- 
prits , qui partent du cerveau , ne viennent le remplir ^ 
comme dans les paralytiques j alors ce mouvement ne 
paiTe pas plus loin , & l'ame n'a aucune perception de 
l'objet 5 mais /i le nerf eft tendu par les efprits qui le 
rempliiTent , alors ce mouvement fe communique aq. 
cerveau , qui eft le fiége du fens commun , & fait quç 
l'ame apperçoit l'objet , & le lieu où l'objet , agit d'une 
manière inconnue , fans appercevoir le mouvement des 
nerfs, par le moïen defquels elle n'apperçoit les objets , 
ni ce qui fe palfe dans ces nerfs , quand elle veut pro- 
duire quelque mouvement. 

HONTEUSES. ( artères & veines) Il 7 a trois artères 
de ce nom. La honteufe interne , la grande , & la pe* 
îite honteuse externes, 

La honteufe interne eft la quatrième des branches 
quinaiflent de l'iliaque interne ou hypogaftrique. Eilefc 
partage en deux , près de fon origine. La première bran- 
che fournit des rameaux aux véficules féminalcs , aus 



14 H O R 

proftatcs, Se [on du baflîn, au deiTous de la fymphife des 
os pubis , pouu fe diftribueu à la verge le long des corps 
caverneux dans l'homme , à la matrice & aux parties voi- 
fines du vagin dans la femme , & fe nomme la grande 
honteufe externe. La féconde branche fort du baffm, par 
la grande échancrure fciatique , gliife derrière l'épine 
de l'ifchium , vient gagner la face interne de la tubé- 
roiîté de cet os , & fournit pour l'ordinaire trois ra- 
meaux , dont le premier ell l'hémorrhoïdale externe. 
Les autres vont le perdre dans le tilfu fpongieux de 
l'urethre, & dans la cavité des corps caverneux. 

La petite honteufe externe naît de l'artère crurale. 
C'eft le premier des trois rameaux que cette artère jette 
dès fa fortie du bas-veiitre. La petite honteufe commu- 
nique avec la grande externe, & fe perd avec elle dans 
les parties deihnées à la génération. 

Il y a deux veines honteufcs 5 l'une interne, l'autre 
externe , qui naillent où finiiient les artères , & vont 
en montant , comme celles-ci defcendent , fe jetter , 
l'interne immédiatement , & l'externe par le moien de 
l'interne , dans les iliaques internes. 

HONTEUX. Se dit des parties qui concernent les 
organes de la génération, que l'on a allez bifarremeiit 
appellées honteufcs , en même tems que nobles. Voyez 
Génitales. 

HOQUET. Lorfque les m.atieres acres, arrêtées à 
l'orifice fupérieur de feilomach , le picotent & l'irri- 
tent, cela caufe dans les nerfs des mouvemens convul- 
lifs ; ces mouvemens paiTent dans le diaphragme voifin, 
ce mufcle agité , challe l'air du poumon , l'air chaffc 
ibrtant rapidem.ent par la glotte , heurte contre l'épi- 
glotte, & produit le fon qui fait le hoQuet. 

HORDEIFORMES ( Ganglions ) M. Vieuffens a 
donné ce nom à de petits ganglions que forme le nerf 
intercoftal entre chacune des vertèbres dans tout fon 
trajet. Apparemment parce qu'il a cru trouver dans ces 
petites parties quelqu'image d'un grain d'orge. 

HORS DE RANG. Nom quel' on donne au qua- 
trième os de la première rangée du carpe , parce qu'il 



HUM ij 

n'eft pas placé dans la même diredion que les autres, 
mais fur le cunéiforme, fur lequel il fait une émincnce 
que l'on apperçoit à la partie interne du carpe qui ré- 
pond au petit doigt. Voyez Pijiforme. 

HOUPPE DU MENTON. M. Lieutaud eft l'inven- 
teur de ce nom , & il l'a donné à toute cette maffe 
mufculaire qui recouvre le menton , & que les Anato- 
miftes qui l'ont précédé , connoiflbient fous le nom de 
mufcle mentonnier ou quarré. Il eft le premier qui ait 
bien développé fa ftrudure. Cette maife forme deux 
mufcles féparés par le ligament de la lèvre inférieure, 
qui monte tout le long de la fymphife. Le mufcle de 
chaque côté prend naiffance des inégalités de la foife du 
menton au-deifous des gencives , entre la failiie que fait 
l'alvéole de la dent canine , & la ligne d'union. Dt-là 
Tes fibres fc répandent en tout fens comme autant de 
raïons. Celles du milieu font les plus courtes , & vont 
direâ:ement à la peau du menton. Celles qui font à la 
circonférence , font inclinées à proportion de leur éloi- 
gnement du centre. Les fupérieures vont le rendre a 
toute la lèvre inférieure. Suivant M. Petit l'Anatomif- 
le , les fibres de ce mufcle qui vont fe rendre à la peau 
pénétrent entre celles du mufcle quarré. 

Lorfque la houppe du menton fe contraéle, elle tend 
à élever la lèvre inférieure , & on voit pendant cette 
Contraidlion , fur la peau du menton, une grande quan- 
tité de petits enfoncemens qui font faits par les iibres 
de la houppe qui s'y terminent. 

Houppes rieiveufes. Voyez Mammdons d$ la peaiu 

HUMBLE. On donne ce nom au mufcle abbailieur 
de l'œil , parce qu'il fait regarder la terre , ce que Toa 
prend pour une marque d'humilité. Voyez Abbaijfeur. 

HUMER ALE (Artère). Cette artère naît de i'artére 
brachiale, immédiatement au-deifous de la thorachiquç 
inférieure. Elle embralTc le corps de l'humérus, & fe 
porte de dedans en dehors , en donnant quelques ra-^ 
xneaux aux parties voilines , & vient fe diil|:ibuçi" au 
4ekoïde en fe glifTant foij-s ce mu(cle. 



î6 HUM 

HUMÉRUS. Nom que l'on donne à Vos qui forme 
le bras. 

Ceft le premier & le plus grand des os de lextré-* 

mité fupérieure. Il eft irrégulièrement cilindrique , &c 
placé entre l'omoplate & l'avant-bras. On le divife en 
corps & en extrémités. 

L'extrémité fupérieure fe termine par une émincncé 
arrondie, recouverte d'un cartilage trés-poli. On lui donne 
îe nom de tére : au-delfous , fos eft étranglé , & on ap- 
pelle cet étranglement le col de l'humeruu 

Au-deifous de la tête , on trouve deux tubérofités 
confidérables, La plus grolfe eft en devant elle fembic 
fe continuer fur la furface de l'os par une ligne qui deH 
cend jufqu'à fa partie moïenne. Cette tuberofité porte 
pluiieurs empreintes mufculaires, 

La féconde eft plus faiilante, quoique plus petite , 
& placée plus en dedans. Elle r.e porte qu'une empreinte 
jnufculaire^ & paroît auiii le continuer par une ligne 
qui defcend lur la furface de l'os , mais beaucoup moins 
loin que la précédente. 

Ces deux tubérofités font féparées l'une de l'autre par 
une linuofîté qui porte le nom de bicipitaU ^ parce 
qu'elle livre paifage à un des tendons du mufcle bi- 
ceps. Elle fe continue le long de l'os jufqu'à environ 
la quatrième partie de fa longueur , & fe termine pat 
une empreinte mufculaire alfez confidérable , & plus 
ou moins raboteufe. Les deux bords de cette iinuofité 
font formés par le prolongement des deux tubérofités 
dont nous venons de parler. On remarque dans les 
lieux où ils fe terminent , pluiieurs empreintes mufcu- 
Jaires. 

Le corps de l'os eft cilindrique. Vers fon milieu on 
voit une empreinte mufculaire raboteufe , & comme 
fourchue. Une dépréftion oblique qui eft tout auprès, 
& un peu en dehors, fait paroître cette partie comme 
lorfe. 

L'extrémité inférieure eft large , applatie , & un peà 
courbée en devant. On y remarque deux apophyfes 

qui 



HUM ' • if 

qui portent le nom ^e condiles \ l'une efl; interne 5^ 
l'autre externe. Le condile interne eft inégal , court , 
fort faillant , & répond précifément au milieu de la tête 
de l'os. Le condile externe a la forme d'une crae oblon- 
gue , raboteufe , & répond à la grojOTe tubérofité de 
l'extrémité fupérieure. 

Entre les deux condiles deftines à l'infertion des muf« 
clés , on remarque trois autres éminences deftinées a 
l'articulation du bras avec l'avant-bras. Il y en a deux 
qui font féparées l'une de l'autre par une petite cavité, 
ce qui repréfente aiTez bien une poulie ordinaire. Ces 
deux éminences reçoivent le cubitus. La troifîéme eft 
un peu arrondie en forme de tête 3 elle eil un peu ap- 
puyée fur le condile externe , & s'articule avec le ra-« 
dius. 

On remarque encore à l'extiémité inférieure trois 
cavités, dont deux font antérieures, & une poftérieure. 
Des deux premières, l'une eft au-defTus de la poulie, 
& l'autre au-deiTus de la petite tête, La troifiéme eft 
beaucoup plus conlîdérable. 

Cet os eft formé , à fes extrémités, dé fubftance fpon- 
gieufe , recouverte d'une petite lame de fubftance corn- 
paéle qui livre pafTage à un grand nombre de petits vaif- 
féaux. Le corps de l'os eft formé de fubftance compacte 
fort épaiffe ; il eft creux dans cette partie , & on re- 
marque dans fa cavité, de la fubftance réticulaire pour 
foutenir la moelle. 

Dans l'enfant les deux extrémités font épipbyfes. 

L'os du bras eft articulé par fa partie fupérieure avec 
l'omoplate. Cette articulation eft environnée d'un fort 
ligament capfulaire , qui s'attache par une de fes ex- 
trémités , tout autour du bord de la cavité de l'omo- 
plate , & par l'autre au col de l'humérus. Ce ligament 
eft percé dans l'endroit qui répond à la finuofité bici- 
pitale , pour laiifer palfer le tendon de la longue por- 
tion du biceps qui pafTe dans l'articulation , & fort par 
cet endroit. On remarque fur le ligament capfulaire d*au- 
très bandes ligamenteufes très-fortes ^ qui y font adhé« 

D.deCh. Tome IL B 



t% H T D 

rentes, &.femWent y avoir été ajoutées pomr en aug4 
menter la force. 

Son extrémité inférieure s'articule avec l'avant- bras, 
& cette articulation eft fortifiée par un ligament cap- 
fulaire , & par deux tiouireaux de filets ligamenteux 
ramalTés enfemble à leur extrémité qui s'attache ai» 
condile. 

M. Winflow eft le premier qui ait fait connoîtrc 
la véritable pofîtion de cet os , ce qu'il eft abfolument 
iTécellalre de bien retenir pour en pouvoir réduire les 
fraéhires. Lorsqu'on le confidere dans fa fituation na- 
turelle , c'eft-à-diie, couché le long du corps, la pau- 
me de la main en dedans . la tête eft tournée en ar- 
rière & en dedans , la grofTe tubérofîté en dehors &: en 
devant , le condile externe eft tourné autant en devant 
qu'en dehors , ôc l'interne eft autant en arrière qu'en 
dedans. 

HYDATÏS. Tumeur qui fe forme à la paupière fupé- 
tieure. G' eft un îtilte rempli de ^raiile Ou de matière 
graiiTeufe femblable à du fuif; d'où il refulte une efpécc 
de ftréatome qui paroit d'avantage quand l'ccil eft fermé, 
que quand il eft ouvert. Cette tumeur eft ronde éc 
plate ; elle approche beaucoup de la nature des loupes. 

Au refte , la méthode curative eft la même. On tenre 
de la fondre en appliquant defTus pendant long-temps un 
emplâtre de diabotanum.Souvent ce feifl remède léulTitj 
cependant s'il étoit infufîifant, filamatie:e au lieu àc Ce 
iondre , devenoit de plus en plus épaifîe, fi la tumeur 
groiTifToit, il faudroit en venir à l'opération, & l'em- 
porter avec fon Kifte, comme on feroit une loupe. On 
tient la paupière ferme, Toit ayec le fpecuium oculi , 
Ibit avec le:> doigts; on fait une incilion à la peau liii- 
vant la rectitude des fibres, er prenant garde de ne pas 
ouvrir "le fac qui contient l'humeur i on tire le tout en- 
femble, ce qui fe pratique avec affez de facilité ; car la 
tumeur étant découverre , pour peu qu'on la preiîe par 
les côtés, elle fe manifefte au.dchors,& avec une airigne 
0ii la fait Tortii: toute entière? on traite çnfuitc la £laie. 



H Y D T^ 

3e la manière qu'on foigne celles qui ont lieu après l'ex- 
tirpation des loupes. Voyez Loupe- 

HYDRENTEROCELE. Hernie du fcrotum cauféc 
par la chute de l'inteftin & la préfence d'eaux qui s'y 
ti-ouvent aufli renfermées. Elle Te guérit à la manière des 
autres hernies j paiticuUérement comme Tenterocèle 5c 
rhydrocèle. Voyez Entérocele Se Hydrocele. 

HYDROCELE. Tumeur du fcrotum produite par 
un amas de férofîté dans Tes membranes. C'eil une fauil'e 
hernie qui fe traite comme les hydropiiies dont elle forme 
une efpéce. 

Quand les remèdes internes & externes ont été infuffi- 
fans pour évacuer les eaux contenues dans. le fcrotum, il 
iaut en venir à la cure Chirurgicale, c'efl-à-dire à l'opé- 
ration. Il s'agit de donner ilTue aux eaux par l'ouverture 
du fac. Or cette ouverture fe faifoit autrefois avec une 
lancette, ou par un féton, ou par des caulliqucsi aujour- 
d'hui l'on préfère, le trocar. Cet inftrument relfeniDlc 
au trocar dont, on fait ufage dans la paracenrhèie de 
de l'abdomen , excepté qu'il eft un peu plus petits du 
refte on f emploie de la même manière. Voyez Trocar. 

Après avoir relevé le fcrotum avec la main gauche, 
le Chirurgien le prefle un peu de haut en bas, alla quç 
les eaux pouffent vers la partie inférieure où il va faire 
fapondion. Quand la peau eft affez remplie & tendue, 
il enfonce tout d'un coup fon trocar , & laiifant la ca- 
nule dans la plaie , il retire le fer de l'inftrument, &: 
iailfe évacuer les eaux fuivant les régies prefcrites à l'ar- 
ticle paracenthèfej c'cft-à-dire, petit à petit , & d'inter- 
valle en intervalle, ayant foin , pour cet effet, de bou- 
cher la canule avec un petit tampon de charpie. Lorfque 
l'eau s'cft entièrement écoulée , l'on met pour tout appa- 
reil une emplâtre de cérufe fur l'ouverture faite par l'inf- 
trument. Cette opération n'eft que palliative & n'em- 
pêche point les eaux de s'amaffer de nouveau. Pour gué- 
rir radicalement, il faudroit fe fervir des cauiliques. 
Après avoir préparé le malade par les remèdes généraux, 
on applique une traînée de cautères potentiels le long 
de la tumeur , 6c qviajid les cautères ont fait leur effet , ij 



%ù H Y D 

faut fur Tefcarre ouvrir la tumeur dans toute fa longueur, 
& jufqu'au fond du fcrotum , afin qu'il ne refle point de 
fac. On emplit la plaie de plumaceaux, on procure la 
fuppuration qui entraîne les efcarres & les membranes 
altérées par le féjour des eaux. Il faut dans cette opéra- 
tion fe donner de garde de toucher aux tuniques pro- 
pres du tefticule. 

Quand toutes ces parties ont fuffifamment fuppuré , 
que la plaie eft bien mondifiée, on travaille à procurer 
une bonne cicatrice qui fe fait par l'union du tefticule 
au fcrotum & aux membranes , lefquels fe joignent tel- 
lement enfemble, qu'il ne refte plus de vuide entre ces 
parties. 

Cette méthode eft, félon M. Dionis, la meilleure & 
la plus sûre ; elle feroit auffi à préférer , fi elle n'étoit 
pas la plus longue & la pfus douloureufe. Les Chirur- 
giens fouvent la propofent inutilement, & font obligés 
«l'en revenir au Trocar. 

HYDROCEPHALE. Hydropifie de la tête. Cette 
maladie eft prefque incurable fi elle ne i'eft pas tout-à- 
fait. Quand les médicamens internes recommandés dans 
l'hydropifie en général n'ont pas réulïi, il faut recourir 
au trépan. Voyez rr^^«. 

HYDROENTEROMPHALE. Hernie mixte de l'om- 
bilic, dans laquelle l'inteftin qui fait tumeur fe trouve 
accompagné d'un amas de férofité. Elle fe guérit comme 
l'enteromphale & l'hydromphale. 

HYI ROEPIPLOMPHALE. Hernie mixte de l'om^ 
bilic formée par un amas de férofité & par le déplace- 
ment de l'épiploon. Elle fe traite comme l'hydromphale 
Si. l'épiplomphale. 

HYDROMPHALE. FaufiTe hernie de l'ombilic occa- 
fionnée par la préfence d'une certaine quantité d'eau 
épanchée. C'eft une hydropifie de l'ombilic. Elle peut 
fe difllper par des remèdes réfolutifs , principalement 
quand elle eft petite. On met fur la tumeur une éponge 
imbibée d'un vin dans lequel on aura fait bouillir des 
fémences de cumin & de lupin, des fleurs de fureau, de 
camomille & de rofeSj de l'écorce de grenade^ des bayes 



H Y G SX 

Se laurier &-da fel commun. Quand ces réfolutifs ne 
réuPiiTent point, il faut faire la pondion à Tombilic. 

L'on fe fert pour cette opération d'un trocar long de 
trois doigts, auffi menu qu un petit tuïau de plume, &: 
«^arni de fa canule ; on le plonge dans le milieu de la 
tumeur, puis on pouffe la canule de façon qu'elle entre 
dans l'ouverture , & ayant retiré l'inflrument qui rem. 
plit la canule, on laiffe écouler l'eau en différentes repri» 
fes, dans la crainte de produire un affaiffement fubit, 
qui nuiroit au malade î puis on met fur la petite plaie 
une emplâtre de cérufe &c l'on applique le bandage du 
corps avec le fcapulaire. 

HYDROPHYSOCELE. Fauffe hernie du fcrotum 
caufée par des eaux & de l'air. Elle fe traite comme l'hy- 
drocèle. 

HYDROPNEUMOSARQUE. Tumeur 'formée paC 
la préfence d'eaux , d'air & de chairs. 

HYDROSARQUE. Tumeur aqueufe & charnue. On 
emploie pour la cure de ces tumeurs les moïens qui font 
d'ufage pour celle des hydropilies & des loupes. Voyez 
HydromphaU ^ Sarcomphale ^ Loupe. 

HYGROCIRSOCELE. Fauffe hernie du fcrotum. 
Hydrocèle variqueufe ; cette tumeur éll caufée par un 
épauchement d'eau dans le fcrotum, & des varices aux 
vaiffeaux fpermatiques. \oyç.z Hydrocèle &> Cirfocele. 

HYGROPHTALMEQUES. On donne ce nom aux 
conduits excréteurs de la glande lacrymale. Il y en a fepc 
ou huit dans l'homme. lis gliffent entre la tunique in- 
terne de la paupière fupéiieure &le tendon de fonmufcle 
releveur. Us percent cette tunique le long 'des tarfes & 
dépofent en ce lieu une humeur claire, déterfîve, péné* 
trante, un peu falée, dontl'ufage eft de lubréfier la fur- 
face du globe de l'œil, & d'empêcher que les fi-otemens 
de la paupière ne foient douloureux. Cette humeur eft. 
la matière des larmes : elle s'épaiffit quelquefois au point 
qu'on l'a vue former de petites pierres. Ces conduits 
font extrêmement fins & difficiles à trouver dans l'hom- 
me, ce qui fait qu'on fe fert communément pour les dé- 
montrer d'yiuï de bœuf, dans lefquels ils font très-vili- 

B iij 



ai H Y M 

blés. Pour les découvrir dans l'homme , il faut laîflejf 
tremper la paupière quelques momens dans Teau froide^ 
&: après avoir ôté Peau fans i'eiruïer, on fouifle d'efpace 
en e/pace avec un petit tuiiiu fur^la furface de la mem- 
brane. Il faut que le fiphon foit bien proche fans ta tou- 
cher, afin que le vent feul découvre les orifices de ces 
tuïaux & les rende vifibles en les rempliifant. Cette mé- 
thode eil celle de M Winflow. M. Lieutaud confeille 
d'emporter la globe de l'oeil avec la glande lacrymale ôc 
les paupières , & dit qu'après une ou deux heures de ma- 
cération ces vai/Teaux paroiiîent très-bien, 

HYMEN. Les Anatomiftes ont donné, ce nom à une 
membrane qui eft placée à l'orifice du vagin dont elle ré- 
trécit l'entrée. C'eft un rebord membraneux plilfé dans 
fon contour , fa forme varie beaucoup & cependant eft 
communément circulaire. On a beaucoup difputé fuc 
Texifcence de cette membrane. Un grand nombre d'Ana- 
tomiftes célèbres l'ont admife, & d'autres l'ont rcjett^e. 
L'opinion la plus reçue aujourd'hui ell qu'elle exifte ea 
effet fous une forme très-variée dans les dilférens fujets, 
& elle fe trouve dans les filles dont le vagin n'a point été 
attaqué de m.aladie, &z qui n'y ont permis Fintroduétioii. 
c'ï'aucun corps étranger. Elle fe déchire dans les premiè- 
res approches j & c'eft ce déchirement qui donne ie fang 
que les femmes rendent ordinairement en cette occa- 
iion. Les débris qui en réfultent forment les caroncules 
lîiyrtiformes. On a vu des perfonnes qui ont conçu fans 
que cette membrane fe foit rompue , ce qui eft facile à 
comprendre R on fuppoi^e que l'orifice ait été afFez large 
pour permettre l'introdudion du membre viril d'un, 
homme- en qui cette partie étoit plus grêle qu'elle ne 
l'eft ordinairement. On efl obligé en pareil cas de faire 
une ou plufieurs incifions pour faciliter la fortie de l'en- 
fant lors de l'accouchement. 

Hymen - houxhé. C'eft une grande incommodité , 
^ qui exige une opération auffi preifante , que la clô- 
ture entière de la vulve. Quand une fille vient au 
jnonde, il ne faut jairiais oublier de vifiter fi elle eft 
fendue , & fi l'hymen eft percé. Quand k$ livres fons 



' trnîes enfemble, il faut les féparcr, & quand l'hymen eft 
bouché tout-à-fait, il faut le percer. Pour ces (ieux opé- 
rations on fe Tert du biftouri. On coupe fuivant la trace 
naturellement indiquée par la fente des lèvres, & pour 
l'hymen on pratique une petite incifion, qu^^il vaut pour- 
tant mieux faire plus grande que plus petite, mais qu'on 
exige communément petite. On empêche les parties de 
fe réunir, en interpofant des bourdonnets fecs , & en 
féchant les bords divifés. On ne peut abfotument fe dif- 
penfer de fépar.er les grandes lèvres , quand elles font 
unies ainfî contre nature i pour Thymen il pourroit exiÇ» 
ter bouché fans inconvénient jufqu'au tems dés régies » 
îiuquel tems il faudroit de ncceflité l'ouvrir j mais il eft 
plus raifonnabîe de le percer dans l'enfance , que d'at- 
tendre à la faifon de l'adolefcence , où la pudeur gêne 
les filles, & leur caufe fouvent de très-facheux acci- 
dens. 

HYO-EPIGLOTTIQUES. Petites fibres mufculaires 
qui vont de l'os hyoïde à l'épiglotte, 

HYOGLOSSES: petits mufcles qui vontdè l'os hyoïde 
à la langue. îls s'attachent no-n-feulement à, la bafe de 
Tos hyoïde , mais encore à une portion dé fes cornes ^ 
& même aux petits cartilages qui s'élèvent fui: la jonc- 
tion des cornes avec la bafe. Ces attaches ont donné 
lieu à des Anatomiffes d'en faire trois- paires de mud 
des , auxquels ils ont donné les noms de BaJio-g/o(feSy 
Cêrazo-glojfes & Chondio-glojfes. L'ufage de ces muf» 
clés eft de tirer l'os hyoi'de en enhaut vers la lanc^ue ^ 
ou bien d'abbailTer la langue , & de l'approcher de l'os 
hyoïde. 

hyoïde (Os) ou os de la tangue. Nom d'un pe- 
tit os en forme de croïiTant , fitué antérieurement âlîl 
bafe de la langue, entre les deux angles de la mâchoire- 
inférieure. Les Anciens le nommoient î/;//ozV^, par- 
ce qu'ils le comparoient , pour là forme , à une lettre 
grecque, £7, nommée Up^lon , & que nous ço.nnoiirons 
fous le nom d'I Grec. 

L'os hyoïde elt divifé en cinq pièces. La principato. 

B if . 



.5-4 H Y O 

s'appelle U Bafe, Les quatre autres s'appellent les cor- 
nes. II y en a deux grandes & deux petites. 

La bafe de l'os hyoïde eft fa partie la plus çonfidé- 
lable î elle eft pofée tianfverralement , & on la fent 
fous le doigt au-deilus de la pomme d'Adam. Elle eft 
courbe , un peu convexe en dehors, & concave en de^ 
dans. La face convexe ou antérieure porte dans fon mi- 
lieu une petite éminence perpendiculaire , quife termine 
fupérieuiement par un petit tubercule pointu, de cha-. 
que côté duquel on remarque une petite facette muf- 
culaire. Inférieurement on obferve aulTi deux facettes 
femblables , mais plus grandes. La face interne eft con- 
cave & polie. Le bord fupérieur & l'inférieur font ar- 
rondis. X-QS deux extiémités fe terminent par de peti- 
tes facettes cartilagineufes , ovales, pour leur articula^^* 
tion avec les corne?. 

Il y a deux grandes cornes , une de chaque côté. Elles 
font attachées aux extrémités de la bafe par de petits 
cartilages qui s'effacent prefqu' entièrement dans le grand 
âge en s'offifiant. On diftingue ces cornes en racine , 
en pointe ôc en portion moïenne» La racine eft cette 
partie de la corne qui s'articule avec la bafe j elle eft 
un peu plus épailîé & plus large que le refte. La 
pointe fe termine par une petite tête arrondie èç carti-? 
lagineufe. La partie moi'enne eft un peu élargie & cour- 
bée en bas. La diredion des deux cornes eft telle, qu'elles 
fe portent obliquement en arrière vers le fond de labou=. 
che , en s'écartant l'une de l'autre. 

Les petites cornes font deux petites pièces cartilagî=. 
neufes qui ne s'olTifient fouvent que fort tard. Elles font 
placées fur l'union des grandes avec la bafe , & inclinées 
un peu en arrière & en dehors. Leur volume varie > on 
trouve quelquefois à leur extrémité fupérieure de petits 
grains de la même matière , attachés les uns aux autres, 
par un petit ligament plus ou moins cartilagineux, qui 
va s'attacher à l'apophyfe ftiloide. On croit que la fou-^ 
pleiTe des petites cornes peut contribuer à la délicaceffe dil 
çhanî ; fentimen: qui ne paroît gueres probable. 



H Y P a$ 

L'os hyoïde efl attaché aux parties voifîncs par plu- 
fieurs ligamens. Outre les deux qui vont des petites cor* 
nés aux apophyfes ftiloïdes , il y en a deux autres dont 
une extiémité "s'attache à la pointe cartilagineufe de 
la grande corne , & l'autre à l'apophyfe fupérieuie du 
cartilage thyroïde. Ces ligamens font courts, forts, & 
on trouve fouvent au milieu un petit grain olTeux. 

La langue ell appuyée fur l'os byoide qui lui fertde 
bafe &. dont elle partage les mouvemens qui fe fout par 
le moïen de cinq paires de mufcles , trois defquelles 
font placées au-delfus de cet os , & deux au-delFous. 
Ces mufcles font : le Géni-hyoïdien , le Milo-kyoïdien, 
le Stilû-hyoidien \ le CoracO'hyoïdien , le Stdrnu-hyoï" 
d'un. 

Chacun de ces mufcles, en fe contraclant féparément, 
tire Tos hyoïde vers fon principe i mais s'ils fe contrac- 
tent tous à la fois, ils abbaillent la mâchoire inférieure, 
& ouvrent la bouche. Il faut dans ce cas les conlidérer 
comme un feul mufcle , dont une des extrémités feroit 
attachée à la poitrine, &: l'autre à la mâchoire , & dont 
la diredion feroit changée par une poulie dont l'os 
hyoïde tient la place. 

HYO-PHARYNGIENS. Petits mufcles qui vont 
de l'os hyoïde, & des parties qui en dépendent, au pha- 
rynx. On en diilingue trois paires, les Bafio. pharyngiens, 
les grands & les petits Cérato-pharyngiens. 

HYO-TOYROIDIE^'S , ou TYRO-H YOIDIENS. 
Nom de la féconde paire des mufcles communs du la- 
rynx. Ils font plats & courts 5 ils s'attachent par leur ex- 
trémité fupérieure , en partie à la bafe , & en partie à 
la corne de l'os hyoïde , d'où ils fe portent à la face 
latérale du cartilage thyroïde à laquelle ils s'attachent, 
immédiatement au-delTus du fterno-thyroïdien. L'ufage 
de ces mufcles eft de relever le cartilage thyroïde, & 
le larynx, & de le porter en haut vers l'os hyoïde, ou 
de tirer cet os en bas vers le larynx. 

HYPERO-PHARYNGIENS. Nom d'une paire de 
petits mufcles , qui s'attachent par une de leurs extrémi- 
tés çmrc h luette & l'apophyfe ptcrigoïde de i'os 



a6 H Y P 

Iphénoïde, & par l'autre à la partie latérale & poftc«» 
rieuue du pharynx. Ils ne le trouvent pas toujours, & font 
les mêmes que les péûjlaphilo-pharyngiens , & les 
palato-ph aryngieris . 

HYPERSARCOi'E- Voyez Excrefcence, 

HYPOCHONDRES. Ce font les deux régions latc- 
taies de la région épigaftrique , l'efpace contenu foas^ 
les fauiFes côtes de chaque côtés. L'hypochondre droit 
loge le foie en entier , le pylore & une partie de l'arc 
du colon i l'hypochondre gauche loge la grofTe extrémité 
de l'eftomaCjla rate, & une portion de lare à\x colon, 
avec une partie du rein gauche. On leur donne aulG 
le nom de Régions hypocondriaques. 'W o^ti. Abdomen, 

HYPOCHONDRIAQUE. (région) Il y en a deux 
de ce nom que l'on appelle limplement Hypochondres» 
Voyez Hypochondres. 

On donne aufli le nom êi hypocondriaque ^ t\ fait <îe 
maladie, â ceux qui ont les vifcéres contenus ' ns les 
hypochondres , obftrués au gâtés s & par analogie aux 
perfonnes triftes , réveufes , mélancoliques , parce que 
ceux qui ont ces parties mal faines, font fujets à ia 
triftelTe , au chagrin & aux inquiétudes. 

HYPOCHYMA. Voyez CataraEie. 
■ HYPOGASTRE. Nom fpécial que porte la région 
hypogadrique. Il eft fîtué immédiatemanc au-delTus du 
pubis, & a à fes côtés^ les îles ou flancs. Voyez Hypo- 
gafiriquc. 

HYPOGASTRIQUE. Se dit des parties qui con- 
cernent Fhypogaftre. 

Hypogajîrique. (artère & veine) On a donné ce 
nom à l'artère & à la veine iliaque interne. Voyez Ilia" 
ques. 

Hypcgajlrique. (plexus) Ce plexus efl formé par les 
trouiTeaux de nerfs qui defcendent du plexus méfenteri- 
que inférieur, unis avec plufieurs filets de Tun & l'autre 
intercoftal poftérieur. On le trouve (itué vis-à-vis i'a 
dernière vertèbre des lombes j il fe partage en deur 
ganglions applatis dont il fe détache quantité de filets., 
qui fe- diftribuent à toutes les parties renfermées- dans 



H Y P . ^J 

îe baffin de Thypogaftre ; fçavoir à l'inteftin reétum , aux 
véiicules féminales , aux proftates , à la vefTie , &: à la 
matrice chez les femmes. 

Hypogajlrique. (région) C'eft celle qui fe trouve 
immédiatement au-delFous de l'ombilic , &: au-delTus da 
pubis > elle fe divife en trois comme les autres régions 
du bas-ventre. Celle du milieu garde le nom de région 
hypogajlrique ou fimplement èihypogajîre. Les deux 
latérales prennent celui àtfiancs ^ ou de régions iliaques, 
ou fimplement à!iles 

HYPOGLOSSES, (nerfs grands) M. AVinlloW donne 
ce nom aux nerfs de la neuvième paire cérébrale. Ils 
nailfent entre les éminences pyramidales, & leséminen- 
ces olivaires, par plufieurs petits filets, qui fe collent 
enfemble pour former chacun deux troncs de nerfs, qui 
percent la dure mère par deux trous féparés , s''uniflent 
aufîi-tôt après en un feul cordon , qui de chaque côté 
fort du crâne par le trou condilcïdien antérieur de Tog 
occipital. A leur fortie du crâne chacun d'eux adhère à 
la paire vague & à la dixième paire j de-là ils palTenc 
devant le gros ganglion de l'intercoftal , fe jettent entre 
la jugulaire interne , & l'artère carotide , s avancent % 
côté du muicle digailrique, & vont gagner la langue. 

En paffant entre la jugulaire & la carotide , chaque 
cordon jette en bas un rameau qui fe diflribue aux 
glandes jugulaires , aumufcle peaucier& aux autres parties 
environnantes. Il en jette un autre derrière le ganglion 
de l'intercoftal qui defcend , & s'unît avec la huitième 
paire, puis un peu après, un autre , qui va au mufcle 
omo-hyoïdicn , & au flerno-hyoïdien ; puis un ""troifiemc 
qui fe diflribue aux mufclcs du larinx. Chaque cordon 
fe courbe enfuite vers l'angle de la m.achoire inférieure, 
& s'avance fur le devant entre le mufcle cerato-bafîo- 
glolîè , & le mylo-hyoïdien , fous le gènio-glofTe. Il 
donne des filets à tous ces mufcles , & après cela fe 
perd dans la langue, en communiquant avec les filets du 
rameau lingual & avec ceux du Imgual de la huitième 
paire. 

Mais avant que.de fe courber vers l'angle de la mâ< 



a8 H Y P 

cho'iïc inférieure , un peu au-de/Tous de rapophyfe ftiîoide 
de l'os des tempes , il communique avec la premieie 
paire cervicale i puis il jette un petit rameau au larinx, 
& un autre plus confidérable , qui defcend derrière le 
mufcle fterno-maftoïdien , fur les mufcles antérieurs du 
cou 5 & communique avec la première & la féconde 
paire vertébrale. Ce dernier rameau a auiïi communi- 
cation avec la portion dure du nerf auditif, & même, 
alTure M. Winf]ow,avec les paires vertébrales fuivan- 
tesî après cela il fe term.ine dans les mufcles fterno*. 
hyoïdien & fterno-tyroïdien, 

HYPOPHORE. Ulcère ouvert, profond & fiftuleux. 
On le traite comme les fiftulcs. Voyez Fiftule 6c 
Ulcère. 

HYPOPHTALMIE. Inflammation du globede l'œil, 
£tuce principalem-ent fur le derrière de l'organe. 

HYPOPYON. Abcès de l'œil , fitué dans l'épailTeur 
de la cornée trarfparente , fur le derrière. Il couvre 
quelquefois toute la prunelle & intercepte la vue. L'opé- 
ration que l'on peut y pratiquer, c'eft de l'ouvrir adroite- 
jccent avec une lancette. Voyez Ongle. 

HYPOSPADIAS. On voit quelquefois des hommes 
qui n'ont pas le gland percé dans l'endroit ordinaire, 
mais au-deilous, ou proche le filet. Cette incommo- 
dité oblige de lever la verge en haut pour uriner , 5c 
s^'appelle Hypofpadias , de deux mots grecs qui figni- 
fient percé en-dejfous. Ce vice vient fouvent de ce 
qu'un enfant étant né fans avoir le gland percé , & 
fans que les parents s'en foieijt apperçus , l'urine qui 
cherchoit à fortir s'eft fraïé un chemin proche le filet, qui 
cil l'endroit de l'urètre le plus mince. Ceux qui ont 
cette incom.modité ne peuvent engendrer , parce que la 
femence ne pouvant pénétrer dans la matrice , ne peut 
y former de conception , elle fe répand aux côtés du 
vagin , d'où vient la néceflîté d'une opération. Voici en 
quoi elle confifte : on prend un biftouri, & l'on perce 
le gland dans l'endroit où doit être l'ouverture natu- 
relle i l'on coupe jufqu'à ce que Ton foit dans la cavité 
du canal minaire,apr€i cela on met une petite canule 



H Y P ±y 

ce plomb , aflez longue pour allei: au-delà de rouvertuie 
inférieure , afin que l'urine puille enfiler la route de la 
canule , & non l'ancienne ouverture : on travaille en- 
fuite à refermer celle-ci, & pour cela, on rafraîchit les 
bords par de petites incifîons , & on en procure la 
cicatrice. On laifle la canule dans l'urètre , en la te* 
nant attachée & liée autour de la verge avec un cor- 
donnet ou un ruban de foie , jufqu'à la parfaite guéri- 
fon , afin que l'urine ne fortant plus par la première 
ouverture , n'en empêche pas la réunion. Si on ne 
pouvoir pas faire refermer ce trou , il faudroit pour lors 
couper le delTous du gland, depuis la première ouverture, 
jufqu'à la féconde , en le taillant comme une plume 
à écrire avec un petit biftouri bien tranchant; de cette 
manière l'urine & la femence fortiront à plein canal. Se 
iront à leur dellination. 

HYPOSPATISME. Efpece d^entamure diftinguée 
& pratiquée par les anciens. Cette opération fe faifoit 
au front pour détourner les fluxions qui fe jettoieat 
fur les yeux ; elle confiftoit en trois incifions en long 
qui pénétroient jufqu'au péricrâne, elles avoient à pea 
près deux travers de doigt de longueur ; quand les inci- 
lions étoient faites , on palToit une fpatule entre le péri- 
crâne & la chair des mufcles fronteaux , pour couper 
tous les vaifTeaux qui s'y trouvoient. Le mot vient du 
grec ^ & fignifie Spatuls en-dejfous. Mais l'opératioa 
n'eft plus en ufage. 

HYPOTHEÎ^AR. La plupart des Anatomiftes don- 
nent ce nom à une maffe charnue qui fe trouve le long 
de la plante du pied en dehors, & qu'ils regardent comme 
un feul mufcle. Lorfqu'on la confidére attentivement, on 
trouve qu'elle fe partage en trois mufcles, auxquels M. 
WinfloW a donné les noms de Métatarjlen , de grand 
& àt petit F arathenar . ^ 

Hypothenar. (le grand) On a donné ce nom à ua 
jnufcle du carpeplus connu fous le nom de Métacarpien; 
on la nommé le grand pour le diftinguer d'un plus petit 
qui porte aufïï le nom êi Hypothenar ^ & avec lequel il 
n'a aucune communication, quoique quelques Anïito- 



§0 ^ J A M 

jniftcs aïent prétendu le contraire. Voyez Métacarpien: 

Hypothenar. (le petit) On donne ce nom à un 
mufcle , placé le long de la partie pollérieure , & un 
peu interne, du quatiieme os du métarcarpe. Il eft atta- 
ché par une de Iqs extrémités à l'os oibiculaire ou pi- 
fiforme du carpe, & au ligament annulaire i il fe ter- 
inine à l'autre extrémité , par un tendon court un peu 
applati , qui s'attache à la bafe de la première phalange 
«lu petit doigt. Ce mufcle n'eft que la plus petite partie 
cle celui que les Anatomiftes appellent ordinairement 
Hypothenar. M, WinfloW fait un mufcle particulier de 
l'autre portion , qu'il appelle le grand Hypothenar ou 
le Métacarpien. L'ufage du petit hypothenar eit d'écarter 
le petit doigt des autres, 

HYPOCRITE. On donne ce nom au mufcle abaif- 
feur de l'œil , parce qu'il fait regarder la terre : mou- 
vement commun à l'humilité £c à l'hypocrifie. Voyez 
^hbaijfeur. 

HYP^ILOIDE. Voyez Ypfdoïde & Hyoïde. 

HYSTEROTOMIE. Ce mot fignifie proprement 
ieûion de l'utérus. Il y a des Auteurs qui confondent 
cette opération avec l'opération céfarienne , & en ce 
fens on peut voir l'article céfarienne j d'autres la regar- 
dent comme une opération fim.plement anatomique , 
pour la diiîedion de l'utérus. 

HYSTEROTOMOTOCIE. Opération par laquelle 
on coupe la matrice. Voyez Césarienne, 



J. 

AMBE. Partie du corps, qui s'étend depuis le ge- 
nou jufqu'aux chevilles du pied. On y ûiitiugue la 

partie antéiieure qui fait le devant , & la partie pofté- 

rieure , qu'on nomme le gras ou le mollet. Tout le 

inonde fait quel e(l l'ufage des jam.bes. 

Jambes de bois. Il y a diHér entes manières de faire 

Jes jambes de bois, pour fubflituer aux jambes qui ont 



7 A M 1% 

itè emportées , ou par le boulet , ou par une ampu- 
tation. Les unes font faites en forme de quille mince, 
par en bas , & fourchée à fa partie fnpérieure , où elle 
cft plus épaifle, & accomm^odee de manière à recevoir 
le eenou , comme tout le monde fait. D'autres s'en 
font tailler par des Sculpteurs de la même manière 
que leur jambe naturelle , de façon qu'avec un bas , ôc' 
un foulier , à l'exception de la foupleile , il ne leut 
manque rien pour cacher cette fubltitution , & en im- 
pofent quelquefois, quand l'imitation eft bonne. Quoi- 
qu'il en foit , il faut toujours que le Chirurgien piéîide 
à la façon de ces faux membres & qu'il en connoiifeles 
proportions. 

La jambe de bois doit toujours être de la même gran- 
deur que la faine. Sa partie fupéri'eure doit être creufée 
pour recevoir le bas de la cuiife ou le genou. Il doit j 
avoiï des rubans pour la lier & l'aifurer avec la cuiiTe ^ 
& un couflinet pour le placer fous le genou , de crainte 
d'exciter une contufîon au moignon, en le faifant porter à 
nud fur le bois. Il faut auffi pour la fureté du bleifé , que 
le bois foit ferme & liant. Du relie, céft l'endroit oà 
l'amputation a été faite , qui détermine la façon de la. 
jambe de bois. Il eft néceflaiie qu elle foit bien faite: 
& le moins incommode qu'il eft po'iTible. On reconnoit 
qu'elle eft telle, quand le blefle s'en fert fans gêne. Dans 
les cammencemens , il eft vrai , Vétran^eté fe faic; 
plus fentir j mais dans la fuite on s'y habitue , & il n'y 3, 
<ju'un défaut à la jambe artificielle qui puilfp incom-, 
jnoder. M. Dionis rapporte à ce fujet la plaifaiiterie d'uo. 
Officier , qui étoit tellement fait à une jam.be d^ bois, 
qu'il montoit à cheval avec , & fe trouvoit dans toutes; 
les occafions les plus périUeufes. Ayant reçu un jour mit 
coup de mioufquet dans fa jambe de bois, il s'écria à 
l'ennemi, qu'i/ étoit pris pour dupe ^ parce qu^iL em^ 
avait une autre dans fa vaîife. 

Jambes de la moelle allongée. Ce font deux faifceaux 
médullaires très-confidérables , dont les extrémités anf^- 
lieures s'écartent l'une de l'autre ,& les extrémités pofté- 
lâewres s'uuiiTent ^ dç forte que les deux faifceaux re- 



p. J A M 

préfentent un V romain. Ils font plats , beaucoup plus 
larges en devant qu'en arrière , compofés dans leur fur- 
face de plufieuis fibres médullaires , longitudinales , dif- 
tindement faillantes. Leurs extrémités antérieures pa- 
roilfent fe perdre au bas à^^ corps canelés , & c'eft pour 
cela qu'on leur a donné le nom à^ pêduncuUs du grand 
cerveau. On les appelle aufli cuijfes de la moelle allons 
gée , hras , grojfes branches , branches antérieures de la 
moelle allongée , ainfi tous ces mots font fynonimes. 

Telles font les jambes antérieures. Les jambes pofté- 
neures font des productions latérales de la protubérance 
annulaire , dans laquelle- le quatrième ventricule du cer- 
veau eft creufé. Elles forment de côté & d'autre dans 
les lobes du cervelet , les expanfîons médullaires , dont 
la coupe verticale fait paroître les ramifications , qu'on 
appelle arbre de vie. Ces jambes poftérieures de la 
liioëlle allongée , s'appellent auffi pèduncules du cerve^ 
Ut , branches pojlérieures ^ petites branches de la moelle 
allongée. Voyez Bras de la moelle allongée. 

Jambes du clitoris. Voyez Branches. 

JAMBIER ANTÉRIEUR. C'eft un mufcîe placé fur 
le devant de la jambe , entre le tibia & le muicle exten- 
feur commun des orteils^ Il s'attache par fon extrémité 
fupérieure , le long de la partie fupérieure de la lèvre 
externe de la crête du tibia , & au ligament inter-oiTeux 
qui lie cet os au péroné i de-là il croife fur le tibia en fe 
portant de dedans en dehors , defcendlelong de la jambe 
& après avoir paiTé fous un ligament annulaire particu- 
lier. Son extrémité inférieure fe termine a la partie la- 
térale externe du premier os cunéiforme , & à la partie 
poftérieure du premier os du métatarfe. 

Ce mufcle fert à fléchir le pied , en approchant fa pointe 
vers la jambe. Il fléchit encore la jambe fur le pied , & 
tourne la plante d'un pied de dehors en dedans. 

Jambier grejle ou plantaire. C'eft un petit mufcle 
fort grefle &z très-long ; fon corps n'a guéres que deux 
pouces de longueur. Il eft attaché par fon extrémité 
fupérieure , au-deiTus du bord externe du condile ex- 
terne du fémur , & paiTe foiis le jarret, Son tendon , qui 

eft 



J A R 3^ 

tH: fort long & grêle , fe continue vers la partie interne 
de la jambe , entre les deux jumeaux &k ioléaire , def- 
cend tout le long du tendon d'Achilie , & y contrac- 
te de très-legéres adhérences : à la partie inférieure 
de la jambe , il s'en détache des fibres aponévrotiques , 
qui vont vers l'autre côtéfe perdre dans les ligamens cap- 
fulaires de l'articulation : environ un pouce au-deiîous 
de cette diviiion , il fe termine à la partie poflérieure 
& latérale interne du calcaneum , à côté du tendon dW- 
chille. Il ne contradte aucune adhérence avec l'aponé- 
vrofs plantaire dontonlui avoit cependant d ,nné lenoro., 
parce qu'on l'y croyoit attaché. Celui de Jamhicr gre/le 
qu'on y a fubftitué paroît mieux lui convenir. Il manque 
quelquefois , & quelquefois aufli fon extrémité fupé- 
l'ieure s'attache plus bas. L'ufage de ce mufcle eft Jufqu'à 
préfent fort incertam. Quelques-unes des fibres de fon 
extrémité fupérieure fe portent au ligament capfulaire de 
l'articulation de la cuifie avec la jambe , peut-être em- 
pêche-t-il ce ligament d'être pincé dans les mouvemens 
du genou. 

Jamhier pojîêrieur. On donne ce nom à un mufcle 
cxtenfeur du pied , (itué derrière le tibia , entre cet os , 
& le péroné. Son extrémxité fupérieure s'attache à la par- 
tie fupérieure & interne du tibia , & continue à être 
ainfi attaché tout le long, & jufqu'au milieu du ligament 
iater-olfeux & du péroné. Son tendon palfe derrière la 
malléole interne , où il efl reçu dans une gaine liga- 
menteufe particulière , qui le conduit ainli jufqu'à la 
partie inférieure de l'os fcaphoïde du tarfe , où il fe ter~ 
mine. Ce mufcle dans toute fa partie fupérieure eftpen- 
niforme , & communique quelques fois avec le long ex- 
tenfeur comimun des orteils , qui le recouvre. Quelque- 
fois aufïl fon extrémité inférieure a un fécond tendon , 
qui s'attache à l'os cuboide. Quand le jambier pofté- 
rieur agit feul, il étend le pied obliquemienr en dedans, 
JARRET. Nom que l'on donne à la partie poilé-. 
rieure de l'articulation de- la cuilfe avec la jambe. 

JARRETIER , on poplité. Petit mufcle placé fous 
ie jarret d'où il tire fon nom. Il s'attache par une de 
D. de Ch. Tome IL C 



34 _ J E J 

les extrémités, qui eftaponéviotiquc, au bord extérieur du 
condile externe du fémur , d'où il fe porte obliquement 
vers k partie interne de la jambe , en s'élargilTant de 
plus en plus , s'attache au ligament capfulaire de Tar-^ 
îiculation , & fe termine pac fon extrémité inféiieure , 
à la partie latérale interne & un peu poftérieure da 
tibia , environ deux pouces au-defTous de fa tête. 

On regarde ce niufcle comme un des fléchilTeurs delà 
cuiiTe , mais il ne borne pas là Ion ufage Lorfquc la 
jambe eft fîéchie , il la tourne de dedans en dehors , de 
forte que la pointe du pied rentre en dedans. Son atta- 
che au ligament capfulaire de l'articulation peut empê- 
cher cette membrane d'être pincée entre l'osde la cuiife, 
Se ceux des jambes dans leurs m-ouvcmens. 

JARRETIERES. ( artères & veines ) Voyez Po- 
pillées. 

JECORAIRE j fynonim.e d'hépatique. Il iè dit de§ 
parties qui concernent le foie , appelle en Latin Jecur. 

JEJUî^UM. On donne ce nom au fécond des intef. 
tins grêles , parce qu'on le trouve plusfouvent vuide que 
les autres , ce qui vient de la multitude des vailTeaux 
la^és dont il eft fourni , lefquels enlèvent prompte-» 
ment la partie la plus fluide du chyle qui y eft contenu. 
Il eft beaucoup plus long que le duodénum , & moins 
que l'ileum. Il eft d'une couleur rougeâtre , ce qui lui 
vient de la multitude des vaiiTeaux fanguins qui s'j 
diftribuent. 

Cet inteftin fait plufieurs circonvolutions au-deflus 
du nombril ; il n'eft pas pofTible de marquer le lieu 
précis où il donne nailfance à l'ileum. M. "Winflow veut 
ijuel'on divife toute la longueur de ces deux intcftins 
en cinq portions égales , deux defquelles feront le jé- 
junum , & les trois autres , ou un peu plus , pour l'i- 
îeum. 

Oeft le jéjunum qui fait la hernie de l'ombilic , dans 
lequel il s'engage ordinairement avec i'épiploon. Cet 
inteftin contient un très-grand nombre de valvules con- 
niventes qui font fort confidérables. On trouve dans le 
Klouté de cet entcftia tt» grand nombre de petites 



JVG 31 

glandes plus ou moins fenfibles clans les différens fujets. 
Elles font ramalTées par petits pelotons en manière de 
grappes oblongues & plattes. On les appelle giandes , ou 
plexus glanduleux de Peyer. 

JOUES. Les joues font les parties de la face fituées 
immédiatement au-delïbus des yeux , & aux côtés du 
nez. Elles font formées par les os de la pomette , & par 
les mufcles moteurs des lèvres. Elles s'étendent depuis 
l'orbite jufqu'à la marge du menton en hauteur , & en 
largeur depuis le lobe de l'oreille jufqu'aux aîles du nez. 
La peau des joues eft très-fine , c'eft pour cela que fou- 
vent elles font rouges, les vailléaux languins paroiffant 
d'autant plus aifément. Elles font le fîége de la timi-. 
dite & de la pudeur. 

JUGAL. ( nerf) C'eft un rameau de nerf qui fe dé- 
tache de la portion dure du nerf auditif, & appelle 
communément .r^//2^/2if fupéricur. Il communique avec 
pluiîeurs filets du nerf frontal , & par-là commence à 
établir une fympathie entre le nerf de la cinquième 
paire & le nerf de la feptiéme cérébrale. Voyez Au-* 
dinf.{Nerf) 

JUGULAIRES, (glandes) Corps glanduleux de dif- 
férent volume , mais communément de la grolfeur d'un 
aricot , qui entourent la gorge & le cou. Les fupérieures 
font les plus molles , les mférieures ont plus de fermeté. 
On en compte quelquefois jufqu'à quatorze & plus. 
Comme les conduits excréteurs de ces glandes ne font 
point encore découverts , on ne fçauroit afïigner leur 
ufage. Néanmoins on les regarde comme lymphatiques, 
& on croit qu'elles mêlent leur humeur dans le fang qui 
coule par les veines du cou. 

Jugulaires. ( veines. ) L'on donne ce nom aux veines 
dont le tronc fe rencontre dans le cou. On les diflingue 
en interne & externe de chaque côté, La veine interne a 
fes racines dans le cerveau &: dans les finus de la dure- 
mere ; elle ramaffe tout le fang des parties contenues 
dans le crâne , & fort de cette cavité par le trou dé- 
chiré , fe groiïit déplus en plus par les différentes veines 

C ij 



^36 J U M 

• qui viennent des parties environnantes , & accompagne 
en defcendant i'aLtére carotide dans Ton trajet le long 
de la trachée-artère , & vafejetter dans la fouclaviere 
de chaque côté, La jugulaiie externe, après avoir ra- 
maiTé tout le fang des parties externes de la tête pardil- 

* férentes vénules qui groliiifent de plus en plus , & qui 
portent des noms tirés de celui des parties dont elles re- 
.^oivent le fang, communique avec la jugulaire interne , 

jnoyennant de gros rameaux , qui vont de l'une à l'autre, 
,6c fe divifc en jugulaire externe antérieure , & çn jugu- 
laire externe polUrieure. L'antérieure reçoit le fang du 
vifage ^ de la gorge , la poftérieure celui du derrière de 
la têre. Elles viennent eniUite fe décharger dans un tronc 
commun , qui deicend le long de la partie latérale du 
cou, fous le mufcle peauifier , & vont fe perdre dans 
la fouclaviere de chaque côté, comme l'interne, &: 
quelquefois dans chaque axiilaire, comme l'interne auffi 
quelquefois. 

JLMEâL^X. On a donné ce nom a deux petits muf- 
-cles plats & étroits , fitués prefque tranfverfalement fous 
le piriforme , l'un au-delfus de l'autre , entre la tubé- 
'rofité de i'ifchion , & le grand trochanter. Ils font unis 
l'un à l'autre par une membrane particulière qui forme 
'Une gaîne où fc trouve logé le tendon du mulcle obtu- 
.jrateur interne. C'eil par cette raifon que M. Lieutaud a 
■confideré ces deax-mufcles , comme n'en faifant qu'un , 
& lui a donné le nom de canelé.M.. Petit l'Anatomifte, 
■quilesconfidere fous le même rapport , appelle le mufcle 
refultant de leur union acce^oire de l'obturateur in- 
terne. Le jumeau fupérieur , ou la partie fupérieurc du 
canelé , s'attache par une de fes extrémités à l'épine de 
i'os ifchîum , &: par l'autre à la partie fupérieure & in- 
■terne du grand trochanter s !e jumeau inférieur fe ter- 
mine de même après avoir pris naiirance du bord pofté- 
ric-ar de la tubérolité de l'ifchium. Ces mufcles font par- 
tie des quadri-jumeaux. Leur ufage eft d'écarter la cuiife, 
îorfqu'on €ft dgboiU , & d'aider à ia rotation quand on 
cil aîfiS, 



lumeaux ( les grands ) ou gaftrocnêmiens. Ce font 
deux miifclcs placés à côté l'un de l'autre à la partie 
poftéiieure de la jambe. Le premier de ces deux noms 
leur a été donné , parce qu'ils fe reilemblent , & ils 
portent le fécond, parce qu'ils forment en grande partie 
le ventre de la jambe , . qu'on appelle auffi le gras de le 
mollet. On nomme interne celui de ces miifclcs qui eft 
du côté du tibia , & externe celui qui eft du côté du 
péroné. Ils font attachés chacun derrière la tubérofité 
de chaque condile du fémur , & leur tendon en palfant 
fur l'articulation de cet os avec la jambe , fe colle à fes 
ligamens poftérieurs. Cesmufcles en defcendant forment 
par leur ventre,cette mafle charnue plus ou moins greffe, 
connue fous le nom àt gras de la jambe. Le jumeau ex- 
terne eft plus large & plus grand que l'interne , & tous 
les deux fe réuniiïent en un tendon commun très-fort Se 
très-large , qui va s'attacher a l'extrémité poftérieure du 
calcaneum. On le connoît fous le nom de tendon d^A- 
chille ^ parce que les Poètes difent qu'Achille reçut à 
cette partie la bleifure dont il mourut : on l'appelle auiîi 
corde d'Hyppocrate. Il n'eft pas formé parla feule réunion 
de ces deux mufcles , mais encore par celle du tendon du. 
mufcle folaire. L'union de ces trois tendons a déterminé 
des Anatomiftes à donner aux mufcles auxquels ils ap- 
partiennent le nom de triceps du pied. Les deux tendons 
fupérieurs des deux jumeaux au-deflbusde leurs attaches, 
s'endurcilfent beaucoup avec l'âge , & fouvent au point , 
que les poitions endurcies relfemblent à des os féfa- 
moïdes. 

Ces mufcles font très-forts, de même que le folaire j 
leur ufage eft d'étendre le pied , en tirant le talon vers 
le jarret, & on voit combien leur adion eft fréquente 
& confidérable , puifque c'eft par leur moyen qu'on mar- 
che , qu'on court , qu'on faute. Ils peuvent aufîi dans 
quelques cas approcher la jambe du pied j &même fléchir 
la jambe fur la cuiffe. 



C iij 



ï I E 



I. 



IATRALEPTE. Nom que l'on donnoit autrefois I 
un Médecin qui piétendoit guérir les maladies par 
les fridions , les fomentations & les applications d'on- 
guens. 

I ATRALEPTIQUE. Partie de la Chirurgie qui traite 
des fridions , de l'application des linimens & des on- 
guens, 

ICHEUR. Sanie acre , ou pus féreux qui découle des 
ulcères , particulièrement de ceux qui attaquent les ar-« 
ticles , les ligamens , les tendons & les nerfs. 

ICHOR- C'eft la même chofe qu'Icheur. Lé mot La* 
tin s'eftconfervé en François. 

ICflOREUX , qui tient de la nature d'une fanie fé-» 
rcufe & acre que l'on appelle Icheur ou Içhor, 

ILES. Ce font les deux régions inférieures & latérales 
du bas-ventre : elles font fîtuées au-delfus des aines , & 
ont entr'elles la région hypograftique proprement dite, 
.Voyez Abdomen. 

lles.{ os des ) C'efl ainfî qu'on appelle le premier des 
os du baffin , parce qu'il foutient une partie de l'intef- 
îin ileuin. , ou bien parce qu'on peut le eonfidérer comme 
la bafe des parties , que les Anciens nommoient les, 
îles ou les flancs. C'eft lui qui forme les parties qui por« 
tent ce nom. 

Ce n'eft que dans l'enfant que cet os eft féparé des 
deux autres , car les cartilages intermédiaires qui les dil- 
îinguent les uns des autres , s'offilient de bonne heure , 
è^ les trois os qui font le baiïïn , ne font formés que 
d'une piçce d^ns l'adulte , défîgnée fous le nom d'os 
^ririominé. 

Cet os eft le plus grand des trois qui forment le baffui. 
XI eft placé au-deffus de l'os pubis & de l'ifchion. 11 eil 
plat , plus épais à fa circonférence que dans fon mi~ 
jiieu 3 c^ui eft très-minçc. Sa figure eft irréguliere^ I| faut 



ÎLE 5^ 

^marquer dans cet os, fes faces , fes bords , & fa bafe. 

La face externe eft convexe antérieurement & iné^ 
gaiement concave poftérieurement. Dans le milieu de 
cette face , on voit un trou qui pénétre de haut en 
bas dans la fubftance de l'os , & donnepalîage àdes vaif^ 
féaux fanguins. O^ y obferve une ligne femi-eiiculaire , 
un peu faillante , qui s'étend depuis l'épine antérieure & 
fupérieure , jufqu'à la grande échancrure fciatique. On 
remarque encore plusieurs autres traces mufculaires fui: 
cette face. 

La face interne eft aifez polie , &. également con-- 
cave. Elle porte en arrière une face articulaire , & car- 
tilagineufe, au moyen de laquelle cet os s'articule avec 
l'os facrum. Depuis la partie fupérieure de cette articu- 
lation, jusqu'au pubis ^ on trouve un rebord faillant 
plus arrondi dans les femmes que dans les hommes. C'eft 
cette Ugne qui diftingue le grand baffm du, petit., & on 
la nomme le détroit dans les femmes. 

Le boî:d fupérieur de L'os des îles eft. épais ., arrondi en 
forme d'arcade. La portion antérieure fe jette un peu en 
dehors , & la poftérieure en dedans. Toute l'étendue 
«le ce bord eft épiphyfe dans le jeune âge , & refte long- 
temps, en cet état. On l'appelle la crite de l'os des îles , 
& on y diftingue deux lévi-es , une interrie , & l'autre ex- 
terne. 

On remarque au bord antérieur deux tubercules confi- 
dérables quiportent.le nomd'^^i«^. L'une eft fupérieure, 
& l'autre inférieure,. La première eft placée dans le lieu 
où la crête fe termine en devant. C'eft où s'attache le 
mufcle couturier. La. féconde que l'on appelle antérieure 
inférieure ^ eft- un peu plus. bas. L'intervalle qui les fé-, 
pare eft marqué par une échancrure peu profonde. Sur 
lafurface interne de l'épine inférieure , un peu au-def- 
fus de la. cavité cotyloïde , &: auprès de l'union du pubis- 
avec l'os^ des îles , on trouve une fînuoiité qui eft recou-» . 
verte dans le frais , d'uii cartilage pour le paiîàge de» 
mu fcles pfoas & iliaque. 

Le bord poftérieur eft plus court & plus épais que 
i'ftntçrieiu". On y rem.arque auiii d.eux épines : la fupé-^ 



^40 ï L È 

heure eft fort gl'o/Te , Se appartient à la crête. Entre ce^ 
deux épincSjOn voit une cchancrûre , dont la profondeur ôc 
rétendue font fort médiocres. Au-delTous de l'épine infé- 
rieure , on voit une autre échancrure fout grande , ter- 
minée infétieutement par l'os ifchium. On lui donne le 
nom ào. fciatique fupêrieure ^ ou de grande échancrure 
fdatique. ta partie inférieure efl la plus étroite & la 
plus cpaifTe ■■> elle forme poftérieurement prefquc tonte 
îa grande échancrure fciatique , & antérieurement une 
partie de la cavité cotyloïde. 

L'os des îles eft fpongieux : par faréunion avec l'os pu- 
bis & rifehium ; il aide à former une cavité alTez profon- 
de que l'on appelle cavité cotyloïde ou acètabule , dans 
laquelle la tête du fémur fe trouve articulée. Pat fon 
miion avec rifehium , il forme la grande échancrure que 
l'on appelle fciatique ou ifchiatique , du mot ifchium , 
q'uoique ce dernier os n'en forme qu'une très«petite por- 
tion. On l'appelle ï échancrure fciatique fupérieure , ou 
la grande échancrure , po.ur la diftinguer d'une autre , 
qui eft entre l'épine & la tubérofîté de l'ifchium, Se qui 
fe nomme ^t-^irf ou inférieure. 

ILEUM. On nomme ainfi le troifiéme & le plus long 
des inteftins grêles ^ parce qu'il efl iîtué en partie fur 
les os des îles. Il ell: placé pour la plus grande partie 
au-delTous du nombril , & fait un grand nombre de cir- 
convolutions dans ce lieu. Les circonvolutions latérales 
font foutenues à droite & à gauche par les os des han- 
ches ou os des îles. Cet inteftin fe termine au colon avec 
lequel il communique d'une manière particulière. 

On rernarque dans fa cavité un grand nombre de c^s 
replis , auxquels les Anatomiftes ont donné le nom de 
valvules conniventes. Il y en a cependant moins que 
dans le jéjunum 3 leur étendue eft aufti moins confidé- 
rable , & leur diredion eft fort ditférente. Dans le jé- 
junum , & au commencement de l'ileum , ces valvules 
font circulaires, & à mefurc qu'elles fe portent vers 
les gros inteftins, leur diredion change, & elles de- 
viennent infenfiblement longitudinales. On trouve a ufli 
dans cet inteftin de petits amas glanduleux , & ap- 



1 t î 4ï 

pîatis , auxquels on a donné le nom de glandes on plexus 
glanduleux de Pcycr de celui qui en a fait la découverte. 
On voit entr'antves un de ces pelotons qui eft fort con- 
-fidétable , & placé à l'extiémité du jéjunum où il a en- 
viron deux travers de doigt de Ions;. 

ILIAQUE. Se dit des parties qui concernent les os 
des îles ou les flancs. 

Iliaque fa:ff/-//f, quelques Anatomiftes ont donné ce 
nom au mufcle moïen feflier , parce qu'il occupe en 
dehors à_peu-prés la même étendue que l'iliaque occupe 
en dedans. 

Iliaque. ( Mufcle) Ce mufcle s*auache à toute la face 
interne de l'os "des iles. Il rencontre le pfoas avant fa 
fortie du bas-ventre, & fe confond avec lui, ces deux 
mufcles ainfi unis palTent fous le ligament de FaJlopc & 
glilîent enfemble dans une échancrure qui fe trouve entre 
l'épine antérieure inférieure de l'os des îles & l'éminence 
ilio-pedinée, dans une capfjle ligamenteufe fort polie.' 
Son extrémité inférieure fe termine par un tendon plat, 
& va fe rendre au petit trochanter , & dans fon voilinage , 
après avoir recouvert la tête du fémur. Ce m.ufcle eft 
congénère du pfoas, & comme lui fléchit la cuille vers le 
baflin , ou le balîin vers la cuille. 

Iliaques. ( artères 6* veines ) Quand Taorte defcen- 
dante eft parvenue du cœur , vis-à-vis la dernière vertè- 
bre des lombes , quelquefois un peu moins bas , elle fe 
bifurque en deux grolfes branches artérielles dont l'une 
va à droite, & l'autre à gauche &c qui portent le nom 
èi artères iliaques. 

Il faut remarquer que cette bifurcation de l'aorte fe 
fait en devant , & à gauche de la bifurcation de la veine 
cave afcendante , ou intérieure. 

Mais chacune de ces groiles branches après avoir fait 
environ trois travers de doigt de chemin, fe partage en 
deux autres branches, dont l'une, qui dans les adultes eft 
la plus petite, fe nomme Iliaque interne ^ ou artère hypo. 
gajirique^ t< l'autre qui demeure plus conhdérablc s'ap- 
pelle Iliaque externe , ou limplement Iliaque. 



42- I L î 

Ceft à~r endroit de cette divifîon que l'an voitquel^ 

«gneiais fortir dans le fœtus les artères ombilicales, 
. Uarcère hypogailiique ou iliaque interne fournit en- 
fiiite quatre ou cinq branches principales. L'une & la pre« 
îOîere s'appelle j?^rz>^ Iliaque fupêrieure ^ la féconde eft 
iûLj^JTiere^. la troifieme eft la fciatique , la quatrième eft 
Is honteuje interne ou commune. 

Les veines iliaques naiilent de divifions veioeufes fem» 
Mables aux divifions auérielles des artères iliaques, & fc 
leEiniirent en un feul confluent , d'où réfulte la veiue 
cave afcendante. On les diftingue comme les artères en 
iliaque interne, &; en iliaque externe. 

Iliaques. ( Glandes ) Corps glanduleux de différent 
volume , qui fe trouvent vers la divifion des vaifleaux 
iliaques. On y remarque quantité de vaiifeaux lymphati-t 
ques qui vont fe décharger dans le refervoir du chile. 
Elles fervent inconteftablement à donner une prépara-, 
tîon au chile. Elles fadouciifent & Taffimilent à notre 
Cubftance, par le moïen de la limphe qu'elles y envoient. 

Iliaques. ( Régions) Ce font les deux régions latéra- 
les de l'hypogailrique. Elles contiennent la plus grande 
partie àts inteftins grêles, & de finteftin colon. Elles 
font immédiatement au-delfus des aines. Voyez Hypo" 
gi^Jlrique. 

ILION. Voyez Ilium. 

ÎLIO-PECTINE'E ou fimplement Périnée. On donne 
ce nom à une échancrure qui fe trouve le long de la 
crête du pubis, entre fepine & la tubérolité de cet os». 
Elle donne paifage aux tendons des mufcles pfoas &illia. 
que. Voyez Pubis ( os. ) 

ILIO-SACRO-SCIATIQUE. ( Ligament) W eft fort 
& très-gros , & s'attache d'une part à la face externe de 
îa tubérofité de la crête de l'os des îles, dontil couvre les. 
deux épines poftérieures, Seaux lèvres externes des faulîes 
apophyfes tranfveifes de l'os facrum jpuis il defcend obli- 
quement en fe retréciifant vers la tubérofité de l'os ifchium ^ 
& s'attache d'autre part au-deifous de féchancrure qui 
cft entre la tubérofité , & l'éçhancrare feiatique ^ & tovLt 



ï " ^ . . ., . ,43 

fe long de la lèvre interne de la portion inférieure de l'os 
iichiuni, de la lèvre interne de la branche du même os, 
& eniin de la lèvre incerne de la ponion inférieure de la 
branche voiiîne de l'os pubis. 

llio-Sciatique. ( Ligament ) C'elt le même que le 
précédent. Voyez Ilzo^Sacro-Sciatique^ 
YLOS. Voyez Proptojîs. 

IMAGINATION. Faculté de l'ame par laquelle 
l'homme fe formie les images des objets qui font impref- 
fion fur les organes de fes fens, foit qu'il fe rappelle par 
reminifcence ou les anciennes imprefîions , foit qu'en 
vertu principalement de cette faculté , il en compoie de 
nouvelles en combinant les anciennes. 

Imagination fe dit aufii en Chirurgie pour exprimer 
l'état de la catarade nailTante, dans lequel la perfonne 
malade croit voir des mouches, ou d'autres lignes grot- 
tefques qui ne font point en eii^t. Yo'f^xCataratie. 

IMPAIR. Nom générique qui fe donne à la plupart 
des parties du corps qui n'ont point de pareilles , quand 
dans tout le reil:e du corps leurs femblables en ont. Voyez 
4\ygos, 

IMPERFORATION. Vice de conformation qui 
confifte en ce que àcs parties qui naturellement doivent 
être ouvertes, fe trouvent fermées de manière à exiger 
une opération. Cette opératiod eft quelquefois la {impie 
dilatation d'un canal trop étroit, quelquefois il faut une 
incilion entière. Ce vice arrive ordinairement à la verge 
de l'homme, à la vulve & au canal de l'urèthre chez les 
femmes, à fanus. Voyez Hymen ^ Hypofpadias , Anus. 

Il faut toujours divifer les parties unies contre nature ^ 
fuivant la direélion naturelle, 6c fe fervir dans les dilata- 
tions plutôt de biftouri que d'épongés ou d'autres dilata» 
teurs, conllamment trop lents â: trop douloureux. 

INCARNATIF. Remède doux , ondueux, balfami- 
que qui fait regénérer les chairs dans les plaies & les 
ulcères.Tels font la farcocolle , l'encens, la térébenthine, 
les baumes naturels, le baume d'Arcéus & femblables. 
Incarnatif. ( Bandage ) Voyez UniÇfant. 
INCARNATIVE, ( Suture ) Vo/ez Suture, 



44 ï N C 

INCARNER. Régénérer les chairs dans une plaie êc 
un ulcère. 

INCICATRISABLE. Qui ne peut fe cicatrifer. 

INCISIFS. On donne ce nom à plufîeurs mufcles des 
lèvres , parce qu'ils fe terminentparune de leurs extré- 
mités dans le voifinage des dents incifives. Tels font les 
fuivans : 

J^^Les Incijîfs inférieurs de Cowper^ qu'on appelle 
"SiM^i petits incififs inférieurs, & qui font deux petits 
mufcles de la lèvre inférieure attachés par une de leurs 
extrémités, fur la racine des dents incilives latérales de la 
mâchoire inférieure i & par l'autre au mufcle demi-orbi- 
culaire de la lèvre inférieure, après s'être approchés l'un 
defaiitre. Lorfque ces mufcles fe contradent , ils pref- 
fent la lèvre inférieure contre la gencive. 

2°. Uincifif Inttral , mufcle des lèvres que l'on peut 
regarder comme un biceps, parce qu'il eft compofé en 
haut de deux portions , qui fe réunifient infèrieurement. 
Sa portion la plus longue s'attache à l'os maxillaire, 
proche le mufcle orbiculaire des paupières avec lequel 
quelques-unes de fes fibres communiquent^ de-là elle 
defcend vers la joue, & donne quelques fibres aux nari- 
nes & un peu au-deffous , s'unit à la féconde portion. 
Celle-ci ell attachée fous l'orbite à l'os maxillaire, & à 
celui de la pomette, & communique quelquefois avec le 
mufcle orbiculaire des paupières. Elle defcend enfuite 
vers le nés, & fe réunit à la première portion. Les fibres 
qui rèfultent de cette réunion palTent fous la partie fupé- 
neure du mufcle demi-orbiculaire fupérieur , & vont 
s'attacher aux lèvres far les dents incilives. Quelquefois 
ce mufcle dans fon extrémité inférieure jette un paquet 
des.fibues au canin, que l'on pourroit regarder comme 
un mufcle féparé & i-\oïnn\t\: petit canin. 

Le mufcle incifif latéral tire les lèvres fupérieures en 
haut. 

\^. Les incififs mitoïens , qui s'appellent encoi-ç petits 
incifif <; de Coivper: petits incijîfs (upêrieurs ^'(ont àcux 
petits mufcles très-courts placés à côté l'un de l'autre ^ 
au-dclfous de la cloifon du nés. Une de leurs extrémités 



IN G 4^ 

s'attache au-deifas des alvéoles des premières dents inci- 
fîves, & l'autre à la lèvre llipérieure contre les narines, 
Dansleui contradionils approchent la lèvre des gencives. 
INCISIF. ( Trou ) Voyez Falanri antérieur. 
INCISION. Opération de Chirurgie & d'Anatomic 
par laquelle on coupe, on divife , on ouvre les chairs, 
pour aggrandir les plaies, les ulcètes, les fiflules , afin de 
taire fortir le pus renfermé, d'extraire les corps étran- 
gers, de remettre les vilcéres en leur place, de retrancher 
quelque membre , de féparer ce qui elt uni contre nature , 
oupourfairedesdiiFedions Anatomiques. En Chiiurgie il 
faut toujours faire ces inciiions fuivant le trajet des fibres 
de la partie que l'on coupe. La peau fe cicatrile plus 
aifément & d'une plus belle cicatrice, 

INCISIVES, Nom que l'on donne aux quatre dents 
antérieures de chaque m.âchoirc , d'un mot Latin qui 
fignijSe trancher i parce qu'en effet elles font tranchan- 
tes. Voyez Dents. 

INDEX, ou INDICE, ou INDICATEUR. Noms 
-que l'on donne au fécond doigt de la main. 
. INDICATEUR. ( MuCde ) On donne ce nom au 
îTiufcle extenfeur propre de l'index. Il s'attache par fon 
extrémité fupéricure à la partie moïenne inférieure & 
«xrterne du cubitus , fe glilfe fous l'extenfeur commun 
^àts doigts & va fe rendre au doigt index, dont il fait 
l'excenfion. 

INFERIEUR du nei : petit mufcle que l'on oppelle 
auffi tr/infverfal du ne^ & mirtiforine : il s'attache par 
une de fes extrémités au-deflus de l'aivéole de la dent 
canine , ôc par l'autre aux cartilages du nez. 

INFUNDIBULUM. Mot Latin qui fignifie Enton^ 
noir^ on l'a confervé en François pour figniiîer la même 
chofe. Voyez Entonnoir. 

INGUINAL. Se dit de tout ce qui concerne les aines, 
app.eliées en Latin Ingaina. 

Inguinal. En Cbirurgie,c'eft un bandage qu'on emploie 
pou.r la hernie de l'aine , après l'avoir réduite. Il eftiimple 
oa double. Le ilmplc eft pour une feule de-fccnte; le dou^ 



46 I N J 

ble pour deux. Le premier s'applique fur l'aine malads 
avec une bande roulée à un chef, dont on fait pluiieurs 
tours autour du corps, autour de la cuille & de l'aine. 
Le fécond efc un bandage fort long , fait avec une 
bande roulée à deux chefs , qu'on applique par le milieu 
au bas de l'épine du dos ; enfuite on rabat chacun des 
chefs fur les aines, & on fait plufieuis tours tant autour 
(du corps, qu'autour des cuiiles & des aines. 

Inguinal'. (^Ligament) ligament de F allope , de Voit' 
part ^ de Cowper: c'ell un repli des fibres aponévrotiques 
du mufcle oblique externe, auxquelles font jointes des 
iihits ài\x fafcia lata. Elles s'étendent depuis l'épine fu- 
périeure & antérieure de l'os des îles, julqu à fépine du 
pubis, & forment le bord fupérieur de l'anneau des muf-< 
clés du bas-ventre. Covvper ^ Fallope & Poupart ^ i*ont 
décrit exadement & en ont iait un lic;ament particulier, 
auquel ils ont donné leur nom. C'ell M. "Winfiow qui 
lui a donné celui è^ inguinal. 

INGUINALES, {glandes ) Ces glandes font en un 
paquet fituées dans l'aine t<. vers le pli de faine , enve- 
loppées dans la CTraiile qui recouvre le pubis 5 elles s'en- 
fiamment , s'ablcédent aifément , comme les axillaires. 
On ne fçait point leur ufage. 

INJECTE'. Se dit des vaifTeaux remplis de liqueur 
par injedion. 

INJECTER. En Anatomie, c'ell faire uninjediondans 
îesvaitfeaux fanguins d'un cadavre, pour en connoitre les 
Vivifions, fous-divirions& toutes les com.munications dif- 
férentes i & en Chirurgie c'eft mondiiier quelque fiftule,. 
quelque plaie ou ulcère par le m^oïen des injeélions , ou 
bien remplir une cavité de quelque liqueur par le moïeu 
de la feringue. 

INJECTION. Aftion par laquelle on fait entrer , 
avec une feringue, quelque liqueur dans le corps, dans les 
inte(lins,le vagin, la matrice, l'urethre, la vefïie j dans 
les plaies , les ulcères ^ les fillules, les artères & les vei- 
nes. On donne aufli le nom à'InjeBion à la liqueur qu'on 
iajedte dans les parties dont on vient de parler. On l'em- 



IN J 47 

ploie en Chirurgie ordinairement pour détcrger , deffe- 
cher , ou conglutiner. Voici la compofîtion d'une ia- 
jeâion vulnéraire qui eft très-propre pour ces diftéieas 
filages , èc pour réfifter à la gangrène. 

Prenez: 
tft racine d^arijloloche , une eues. 

Faites-la bouillir dans dix onces de vin blanc, jus- 
qu'à la diminution du tiers. On coule la décodion, en 
«sprimant le marc i & on ajoute à la colature : 



Teinture d'Aloes^ 
de Mirrhe 



V dediaqueune demi'Oms. 



On en féringue dans les plaies , & on en imbibe des 
lentes, des plumaceaux , des compreiles qu'on applique 
defTus, & fur les fcarifications qu'on a pratiquées aux 
parties gangrenées. On emploie auffi en injeclion^ l'eau 
d'arquebufade, l'eau de chaux, l'eau phagédénique , &c. 

On fait aulTi des injedions en Anatomie pour remplir 
les vaiileaux artériels & veineux de manière à pouvoir 
en découvrir la ilrudure & le trajet. Depuis l'inventioa 
de cet art merveilleux , l'Anatomie a fait des progrès 
confîdérables , ^ les lumières fur l'économie animale fe 
font beaucoup étendues. Pluheurs grands hommes ont 
«mploié cette voie avec fuccès, mais perfonne n'a fçu. 
mieux injeder que Ruifch. Cependant la méthode a été 
iong-tems cachée, &: ce n'efl que d'après Rieger qu'on 
croit en donner la véritable. 

On ouvre l'hypogallre par une incifion en T, on en 
feit deux de la longueur d'un pouce ou un peu plus au 
tronc defcendant de l'aorte & a la veine cave inférieure ^ 
de façon qu'on puilîe enfuite y appliquer deux tuïaux. 
On met le fui et dans l'eau froide & l'on en fait fortir le 
iàng par les deux incifions. Cette opération dure ua ou 
deux jours. Il faut enfuite verfer de l'eau chaude fur le 
fujet pendant quatre , cinq ou (ix heures , félon que ce 
fera un enfant on un adulte. Tandis que le fujet eit ainS 
é^ns l'eau çjhaude , on prépare la matière de rinjecdon. 



48 I N J 

Cette matière n'eft autre chofe que du fuif colore par. 
une fufiirante quantité de cinabre. On le fait fondre dans 
un vailleau de terre qui contient un peu d'eau com- 
mune i on remue bien jufqu'à ce que les fubllances 
foient bien incorporées. En Hiver cela iuffit, mais en Eté 
il convient d'ajouter un peu de cire biaaciie à la compo- 
fîtion. 

Il y a des gens qui fe fervent de cire , de térébenthine, 
de réiine ôc d'huile de térébenthine i d'autres fubftituent 
à ces fubllances l'efprit de via imprégné de cinnabre, Se 
lorfqu'ils ont rempli les vaiifcaux de ce mélange , ils les 
ferment avec la cire fondue, pour empêcher que la ma- 
tière ne forte j mais en fuivant leurs méthodes, on ne 
fçauroit féparer du cadavre les vailléaux injedés , comme 
on fait, en faivant celle eue nous venons d'affisner aupa- 

3 1 pi 

lavant. 

Après avoir tenu le cadavre dans fcau chaude pen- 
dant quatue, cinq ou hx heures, on l'en 'tire ôc on le 
place fur une table. Eniuite on introduit deux tuïaux 
dans l'artère, de façon que l'un foit dirigé vers les par- 
ties fupérieures , & l'autre vers les inférieures. On aura 
foin de bien fixer les tuïaux, dans les vaiiFeaux , & de 
fermer en même tems le tronc inférieur de la veine cave 
que l'on avoir ouvert. On fe fervira pour cria d'un fil 
retors Se allez fort. Cela fait, il faut réplonger le cada- 
vre dans l'eau chaude ; on l'y retient cucore un quart 
d'heure , &: à mefure que l'eau fe refroidit , oh la fait 
fortir pour lui en fubftituer de nouvelle chaude comme 
la première , afin de conlervcr le m.ême degré de cha- 
leur. Eniuite on applique au tuïau une fcringue qu'on 
doit avoir fait chauler fur des charbons ardens. 

On applique d'abord la feringus au tuïau dirigé vers 
les parties fupérieures , puis à celui qui eft dirigé vers 
les inférieures , comprimant doucement avec le pifton 
la matière contenue dans le cilindre , à l'un, comme à 
l'autre tuïau, jufqu'à ce qu'il y en ait une quantité fuiîi- 
fante d'injectée. Si la matière contenue dans la fcringue 
ii'eft pas fufhfante pour fournir à rinjcction, on la rem- 
plit de rechef & on contiisue l'opération. 

Quand 



Çuarisâ les vaîflcaux font pleins , on ferme leur ori- 
fice, & Ton met le fujet injedé dans l'eau froide, de 
peur que le einnabre , qui eil: plus pefant que le rcftc 
de la matière, ne fe précipite, & que les vailfeaux par- 
la ne foient blancs d'un côté , & rouges de l'autre. Quand 
le cadavre ell froid , ou on le diiîéque , ou on le con-. 
ferve injcdé. Dans ce dernier cas , on le met dans un 
vaiffeau de terre rempli d'efprit de vin ou de drêche,, 
auquel ou ajoute dans la diftiUation une poignée de 
poivre blanc , afin que cet efprit puiffe pénétrer plus 
facilement les parties mufculeufcs , & défendre mieux 
le tout de la corruption. Quand on voudra expofer le 
cadavre à la vue de quelques perfonnes, on le tirera 
«ie refprit de vin , & on l'eiTuiera doucement. 

Quand tout eft bien rempli, pour conferver plus su» 
ïcment le fujet , il eft bon de le couvrir de quelque 
vernis, tel que la préparation de gomme copal avee 
l'huile d'afpic. Quand on fe propofe de rendre les plus 
petits vaifleaux fenfibles à la vue , on commence pac 
hflmeder le cadavre injedé, avec l'huile d'afpic ok 
celle de t -rébenthine. Se après l'avoir examiné avec urt 
bon microfcope , on le place dans un endroit oii rien 
n'empêche le fujet d'être parfaitement éclairé des raïons 
du foleil. 

INNOMÎNF. { nerf) Voyez lacrymal. 

INNOMINE'E. ( glande ) Voyez • Lacrymale. 

INNOMINE'S (os) Voyez Os des Iles, à rarticîe 
lies. 

INSERTION, (lieu d') Ceft l'endroit ou un liga« 
ment,unmufcle s'attache & s'implante, celai où un nerf^ 
wne artère , une veine fe perd & fe diftribue» 

IN5TRUMENS. Ce font les différens uftenfiles que 
le Chirurgien employé pour faire les opérations de fou 
Art : on les appelle ainfi par la raifon que le Chirur» 
gien doit toujours en être muni. Les uns font naturels 
& les autres artificiels. 

Les inftrumens naturels, font toutes les parties du 
Chirurgien qui font emploïées dans l'opération , & prin- 
cipalement les mains. Lêg arûfiçieis font toutes les 

ï>AtQk. Tom€lL D 



iO ^ I N s 

Chofes étrangères au Chirurgien , qui peuvent lui aîcîer 
à opérer. Il eft très-avantageux au Chirurgien d'être 
muni principalement de ceux qui s'appellent naturels , 
&de les avoir avec les qualités néceiFaircs. 

Les qualités qu'on exige lingulierement de la main 
iVun Chirurgien, font la propreté, lafouplelie, la fer- 
meté , la force , l'adrelfe , le poignet libre , le tad fin 
& délicat ,• que la main gauche puilfe faire les fondions 
de la droite, & que l'exercice fur les cadavres faile que 
fur le vivant on n'apperçoive point le défaut d'expé- 
rience 5 c'ell pourquoi un Chirurgien doit s'abftenir de 
tous les ouvrages qui peuvent altérer en lui ces qua- 
lités de la main , comme ceux qui la rendroient trem- 
blante & mal alfurée , qui en diminueroient l'adrelîc , 
rendroient l'épiderme épais , Se conféquemment alfoi-, 
bliroicnt la dclicateiîe du toucher, 6cc, L'ou doit comp- 
ter auili les yeux au nombre des inilrumens naturels en 
Chirurgie , Se il n'eil pas moins ejlentiel qu'ils aïent les 
qualités que l'on en requière. Les yeux doivent être 
fams , clair-voïans , tels qu'ils découvrent aifément les 
fymptômcs caradériiliques des maladies , les accidcns 
des maladies , ^ lâchent fi bien fixer un lieu , qu'ils 
puilfent le retrouver, même après des intermillions lon- 
gues & capables de dérouter des yeux vulgaires. 

Quand les mains ne iufîifent pas au Chirurgien pour 
opérer , il a recours aux inllrumens artificiels. On les 
divife en ceux qui fervent à préparer les appareils, ceux 
qui fervent au panfemcnt , ceux qui fervent aux opéra- 
tions , ceux enfin qui fervent à la diifecliion. Ce qui 
feit quatre claifes auxquelles fe rapportent tous les diiïé- 
tens inllrumens de Chirurgie. 

Ceux qui fervent aux appareils font les aiguilles , le 
fil , les cifeaux , la fpatulc , Szc. 

Ceux qui fervent aux panièmens fe fubdivifent en 
deux efpeces", ceux qui font deilinés pour le panfement 
extérieur de la plaie , & ceux qui font réfervés au pan^ 
feincnt intérieur. Dans le premier rang font le rafoir , 
la. feuille de mirthe , les cifeaux , & les bandages , 
&c. Dans le fécond foat la fonde , les pincettes à an- 



I N S 51 

ficaux , la canule , la feiingue , les cîfeaux , &c. 

Ceux qui fcivent aux opérations fe fubdivifent aufll, 
en communs & en pioprcs. Les communs font ceux 
qui s'cmplaïent dans toutes ou dans prefque toutes les 
opérations , tels font les cifcaux à incilioii , le biflouri, 
le rafoir, les lancettes, les ftikts, &c. Les propres fonc 
ceux qui s'emploient pour une feule opération , tels font 
le lithotome qui ne fert que dans l'opération de la 
taille, le trépan qui ne fert qu'a trouer le crâne, le 
billouii cactie, le pharingotomc , les trocarts , l'aiguille 
à catarade , &c. 

Ceux qui fervent à la diffcclion j font les fcalpels,les 
érines, les flilets, les ilphons, les cifeaux, les feringues, 
les pincettes, &c. Ces derniers appartiennent au Chirur- 
gien autant qu'à l'AnatomiPce , non-feulement parce 
qu'il doit favoir l'Anatomic , Se conféquemment la 
diflcction , mais encore & plus particulièrement , parce 
que ces inllrumens lui font indifpenfables dans plulieurs 
opérations, telles que l'amputation desmammelles can- 
cereufes , des fquirihes , des tumeurs enkiftées , &c. le 
bubonocele , la dénudation du cr ne , la cataiacle, &c. 

La matière des infirumens artificiels font le linge , 
les draps de laine , les cuirs , le bois , & tous les métaux. 
Avec le linge & le drap on fait les laqs , les bandes, 
&:c. Avec le cuir on fait les repaffoirs, les lanières , les 
courroies , &c. Avec le bois on fait des machines. Et 
avec les métaux on fait la plus grande partie des inflru- 
mens d'autre nature. Le fer & l'acieu fourniifent la 
majeure partie de ces derniers; l'or, l'argent, le cuivre, 
le plomb fournilTent le refte. 

Il y a des inilrumens qui doivent néceflairement être 
',faits avec l'acier Se lefer, ou avec les deux enfemble, tels 
,font ceux qui doivent couper, & éprouver beaucoup de 
réfiftancei comme les couteaux , les cîfeaux , les aiguilles , 
.'les élevatoircs , &c. Il y en a qui doivent être fabriqués 
avec l'argent , tels font ceux qui doivent être plians , 
xornmc les algalics , les canules & certains (iphons qui 
,Lont d'une fiuelîc aifez conhdérable. En général il fufHt 
;àes inilnmiens d'acier & de fer > il n'y a 2,uéres quç 



pi- ^ ^ î 'N T' 

r envie de bL'illei' pat une certaine opulence qui faiTé' 

préférer les inftiumens d'oi- & d'argent. 

^ L'on a aufli placé au rang des inftrumens de Chirur- 
gie , les lits j les couffins , les bancs , &c. & ce n'eft pas 
iàns raifon ni fondement. Ces chofes qui font pour 
l'ufage de la vie , favorifent fouvent le fuccés des opéra- 
tions , $c elles ne doivent nullement être négligées ^ 
comme on peut le voir dans le détail des opérations, 

INTEGUMEMT. Ceft la même chofe que tégument. 
Voyez Tegumens, 

IKTER-ARTICULAIRE. ( cartilage ) Il y a plu« 
iieurs articles où l'en trouve de pareils cartilages i tel 
■çft celui de la mâchoire inférieure avec l'os des tempes i 
tel efi auffi l'articulation de genou ^ où l'on voit les 
cartilages femi-lunaires , &c. 

INTER^-CLAVICULAIRE. Nom que Ton donne à 
un ligament, qui s'étend d'une clavicule -à l'autre ^ en 
pafîant par derrière la partie fupérieure du fternum. 

INTERCOSTAL ( nerf) ou grand Sympathique de 
M. Winflow. Cordon nerveux affez grêle , qui fe remar* 
que fmgulierement dans la poitrine, tout le long des 
parties latérales des corps de toutes les vertèbres , im- 
médiatement fur la racine de leurs apophyfes tranfver-» 
ïts. Il y en a deux , un à droite , l'autre à gauche. Ils 
fe continuent tous les deux jufqu'à la partie inférieure 
ide l'os facrum où ils fe terminent & s'unilfent enfem.^ 
ble par en bas, & montent en haut jufque dans la ca- 
vité du crâne où ils s'uniiTent avec les nerfs de la cinquiem» 
& lixieme paire de nerfs cérébraux. 

L'on a iong-tems difputê fur l'origine de ces nerfs. 
Xes anciens Anatomifles à la tête defquels on doit mettre 
,Willis & Vicuifens , penfoient qu'ils prennoient naiifan» 
ce de la cinquième & de la iixieme paire cérébrales i 
mais M. Petit, ancien Dodeur en Médecine, dans un 
Mémoire particulier fur cet article , a démontré en 
1727 à MM. de l'Académie des Sciences, que ce nerf 
n'étoit point une produétion de ces auties cérébraux i 
ôc M. ^inlîow , dont l'autorité eftli grande en Anato- 
snie j a confirmé Fallerdoîi de M. Petit. Ainû i'oQ doiç 



I N T n 

ïf garder avec ces derniers, les nerfs intcrcoft aux, comme 
naiffans des ganglions que Ton difoit être formés par 
eux. Ces ganglions fe rencontrent dans tout leur trajet,' 
& par ce moïen ils communiquent avec ceux de la moëll» 
épiniere en arrière , par des filets fort courts & fournif- 
fent eux antérieurement tous les rameaux particuliers 
qui fe diftribuent dans le voifinage. 

Ces ganglions font répandus des deux côtés d'efpace 
en efpace , & fingulierement à la fortie de chaque 
tronc de nerfs que produit la moelle épiniere. Leur 
fubftance ell formée d'un entrelacement de fibres ner- 
veufes , de petites artères , & de petites veines, que I2 
dure & la pie-mere enveloppent. Dans quelques-uns on. 
découvre quelque trace de fibres charnues , à en juger 
par la couleur & par la confiftance. 

Le nerf intercoftal fait fa route de haut en bas fan^ 
autre interruption que celle-là , & jette dans fon trajet 
des filets de chaque côté , qui entrent dans la compofi- 
tion des plexus. Il eft dans la poitrine couché latéra- 
lement fur les corps des vertèbres du dos, joignant \cs 
condiles des côtes , en formant à chaque entre deux des 
côtes un ganglion qui reçoit des filets de chaque nerf 
doifal j l'un de ces filets paroît venir du nerf dorfal , 
pour fe rendre au ganglion , & l'autre partir du ganglion 
pour fe joindre au nerf dorfal. Quand le grand Sym- 
pathique eft parvenu vers la fixieme vertèbre du dos , 
il jette en defcendant , pour l'ordinaire cinq branches, 
qui fe portent obliquement fur le devant , où elles fe 
réunilTent & forment par cette réunion un feul cordon 
. que l'on nomme Intercojlat antérieur^ pour le diftin- 
guer du vrai tronc de l'intercoftal , qui continue fa. 
route le long des vertèbres du dos & des lombes, pour 
fe rendre à l'os facrum , & s'appelle Intercojlal pojîé- 
rieur. 

L'intercoftal antérieur traverfe le diaphragme vers fa 
partie poftérieure , en communiquant dans ce paiîagç 
avec le nerf diaphragmatique, puis il entre dans le ven- 
tre où il forme les différens plexus , par le mofen def- 
queis il communique avec prefaue tous les nerf$ de î.ît 



f}4 I N T 

machine } il continue eniuite fa route fur le côté Jcs 

corps des vertèbres des lombes Se fur celui de la face 
antérieure de l'os facrum, en s'avançant jufqu'à l'extré- 
mité de cet os. C'efl là qu'il fe termine en commu- 
niquant par un cordon tranfverfal avec fintercoftal du 
côté oppofe ; ce cordon qui établit communication entre 
les deux intercoilaux , jette coujointem.ent avec les deux 
derniers nerfs facrés , des filets à l'inteilin redum & aux 
parties voiiînes. 

Enfin il faut remarquer que la paire des nerfs inter- 
coftaux ou grands fympathiques , depuis la première 
vertèbre du coUj jufqu'à fextremitédel'osfacrum, reçoit 
des filets de communication de tous les ganglions des 
nerfs de la moelle de l'épine. 

INTERCOSTALES, (artères & veines) On diilin- 
gue ces artères en fupérieures 8c en inférieures. Les 
lupérieares naiffent de coté & d'autre de la paitie infé- 
rieure de3 fouclavieres , les deux , trois, ou quatre pre- 
• mieres fortent de fartere fouclaviere par une feule 
branche i les autres viennent de l'aorte defcendante, li 
arrive néanmoins allez fouvent que toutes les fupérieures 
viennent auffi du tronc de l'aorte &" non des fouclavieresy 
elles viennent encore quelquefois des cervicales. Tout 
cela varie beaucoup. Les inférieures califent au nombre 
de fept , huit , ê'ix^ de chaque côté, par paire, de la par- 
tie pollérieure de faorte defcendante ; elks fe portent 
jurqu'au diaphragme , & fe jettent tranfverfalement fur 
le corps des vertèbres. 

Il arrive quelquefois que les artères intercollales fu- 
périeures nailTent deux ou trois, par un feul tronc com- 
mun , qui monte obliquement en faifant un angle fart 
.ouveit , avec l'artère qui lui donne naiilance ^ tandis que 
les autres viennent à angles droits defaorùe j ces artères 
fe portent avec le nerf dans le fillon que Ton voit à 
la partie interne du bord inférieur de chaque côte, Se 
fe dî'lribuent aux mufcles intcrcolîaux & aux parties qui 
les couvrent. 

Les anciens Chirurgiens fe trouvant fort embarraifés 
d'arrêter i'hémorrhagie^quand ces artères étoient coupées 



ï N T _^ '^f 

Sans quelque blefluire, M. Goulai'c^ , Chirurgien â Mont- 
pellier , a inventé une aiguille fort commode pour ea 
taire la ligature. Voyez Aiguille, 

Quant aux veines, on les dillingue comme les artères 
en lupérieures & en inférieures , qui toutes naiifent des 
extrémités des artères à l'ordinaire des veines ^ mais va-» 
rient pour leur infertion.' Les veines inférieures au nom- 
bre de huit viennent fe rendre dans la veine azygos. 
Elles communiquent avec les thorachiques , & la mam- 
maire interne par plufieurs anallomofes. Les fupérieures 
fe réuniiTent en un feul tronc, après avoir communiqué 
avec les inférieures , lequel va fe décharger du côté 
gauche dans la fouclaviere du même côté j & celles du 
côté droit vont fe jetter dans l'azygos ou dans la veine 
cave^ Se quelquefois dans la fouclaviere du même côté; 
elles accompagnent les artères dans le iillon du bard des 
côtes. 

INTERCOSTAUX. On donne ce nom à de petits 
mufcles charnus, fort minces , qui remplirent les inter- 
valles de toutes les côtes. Ils font compofés de deux 
plans , qui ne font féparés que par une membrane très- 
mince , faite de tiffu cellulaire h un de ces plans eft in« 
terne, & l'autre eft externe; leurs libres fe croifent en 
fautoir. On compte ordinairement autant d'intercoftaux 
de chaque efpece , qu'il y a d'interftices de côtes , c'eft»^ 
à-dire onze externes , & onze internes de chaque côté. 
Il y a eu des Anatomiftes qui ont regardé tous les inter- 
coftaux externes d'un côté comme un feul mufcle , & ont 
jugé de même des internes. 

Les fibres des intercoftaux externes descendent obîi* 
quement de derrière en devant , de forte que leurs atta- 
ches fupérieures font 'plus voilînes des vertèbres , que les. 
inférieures ; les fibres des intercoftaux internes au con* 
traire , defcendent obliquement de devant en arrière ^ 
de manière que leurs attaches inférieuresfont plus proches 
des vertèbres , que les fupérieures. 

Les intercoftaux externes commencent poftérieure- 
ment aux vçrtébres , s'étendent en devant jufqu'à rex«. 
trémité antérieure des côtes , & dcviemient enfuite aponé^ 



'$5 ÎNT 

yrotiques; les internes au contraire s'étendent antériciir^ 
jnent jufqu'au fternum, mais ils finirent poftérieuremenc 
à l'angle de chaque côte; ainfi depuis l'angle des côtes, 
jufqu'aux venébresj il n'y a que les intercoftaux externes i 
il n'y a que les internes au contraire , entre les intervalles 
écs cartilages. 

On a difpuîé long-tems & vivement fur Tufage de 
ces mufcles. Il y a eu des Anatomiftes qui ont préten- 
du que les intercoftaux externes fervoient à dilater la 
poitrine , en relevant les côtes dans i'infpiration ; & que 
les internes au contraire la reiferroient en abailTant les 
côtes dans l'expiration. Ce fentiment eft avec raifon 
prefque univerfellement rejette aujourd'hui j & il eft 
peu d*Anatomiftes qui ne conviennent que l'ufage des 
internes & des externes eft le même , & qu'ils iervent 
également à dilater la poitrine dans le tems de l'infpira* 
tion en élevant les côtes. 

La caufe qui oblige les mufcles intercoftaux à dilater 
la poitrine dans l'in^iration eft des plus intérelTantes I 
découvrir. Voici de quelle manière ce mouvement s'opère t 
dès qu'un enfant eft: né , dit un Auteur , î°. l'air qui 
entre dans la bouche & dans le nez le fait d'abord 
éternuer, il met en jeu par cet éternuement le diaphrag- 
me .& hs nerfs intercoftaux j i°. le fang qui pafle abon- 
damment dans l'aorte , agit avec force fur les mufcles 
intercoftaux qui étant deftitués d'antagoniftes , fe con- 
tradent davantage.,,,. Ces deux caufes contribuent a 
.«lilater la capacité du thorax , Se par conféqucnt à faire 
entrer l'air qui gonfle alors hs poumons i mais quand 
î'air eft entré , le fang qui diftend les vaifleaux ne coule 
pas aifément dans les veines , parce qu'il n'eft pas prelfé 
dans les poumons. Il arrive donc i°. que les mufcles 
intercoftaux ne reçoivent plus tant de fang , car il en 
paffe moins dans le ventricule gauche quandlcs poumons 
font gonflés. 2.°. Il ne coule plus tant de fang dans le 
cerveau , par conféquent les nerfs ne font plus ft tendus i 
les caufes qui contradent les mufcles intercoftaux ve- 
nant donc à diminuer , ces mufcles fe relâchent j par 
leur relâchement les côtes tombent j car les tôtesavoicnt 



I N T 57 

-été élevées , cette élévation avoir fléchi & forc^ les car- 
tilages qui les attachent au fternum 5 en même-tems le 
fternum étoit pouiTé en avant i or quand les mufclcs 
intercoilaux n'agiiTent plus , les cartilages forcés repren- 
nent leur état naturel , 8c ramènent les côtes , & en 
même-tems le fternum fe baifTe. Voilà ce qui fait le 
reiTerrement du thorax ,c'e{l-à-dire l'expiration i or les 
côtes étant abaifTées , le fang eft exprimé des poumons 
dans le ventricule gauche. Alors les caufes qui tenoienc 
les mufcles intercoilaux en contradion , recommencent , 
car le fang fe jette en grande quantité dans le cerveau , Se 
dans les mufcles intercoilaux. 

Remarquez qu'il y a des hommes qui ayant une en- 
clume fur la poitrine, foufFreac qu'on caile fur cette 
enclume une barre de fer à grands coups de marteau j 
la raifon en eft affez fenfible : foit un marteau pefant 
un quart de livre , & ayant un degré de vîtelTe } foit 
une enclume qui péfe fix cens livres i l'enclume frappée 
aura quatre cens fois moins de vîtelTe que le marteau. 
On voit par-là que le coup de marteau peur-être alTez 
violent fans que l'enclume parcoure plus d'une ligne > 
or la poitrine en s'applatilfant & en diminuant d'une 
ligne , fon petit diamètre ne fouffrira pas beaucoup, La 
réponfe à la queftion fuivante va donner à ceci un plus 
grand éclair ciifement. 

Si l'on demande comment la poitrine pourra foute» 
nir un poids aufTi énorme que celui d'une enclume ^ 8c 
comment les côtes qui font des demi-cercles très-foibles 
ne fe rompent pas. Il eft aifé de répondre qu'une 
veffie gonflée 8c qui s'ouvre par un tuyau fort étroit , 
foutient un poids fort pefant , lorfqu'une force infini- 
ment plus petite que la pefanteur du poids , comprime 
le tuyau i les poumons doivent-être regardés dans le 
cas , dont il s'agit , comme une veflie gonflée d'air , & 
ia glotte repréfente le petit tuyau , une force très-petite 
qui refferrera la glotte ^ retiendra l'air dans les pou- 
mons , & l'air étant retenu dans la poitrine , elle pourra 
ioutcnii- des corps très-pefants ? de-là viçat que ceux 



5^ I N T 

qsi font cette rode épreuve , ne parlent point durant tout 

k rems qu'ils font chargés de renclume. 

ÎKTER-ÉPINEUX du dos. On donne ce nom a 
<3e petits mufclcs qui vont de l'extrémité de l'apophyfc 
épineufe d'une des vertèbres du dos , à celle de la fui- 
V£nte: on les nom.me îiui^i petits épineux du dos. Leur 
ufage eil d'étendre le dos. 

îuter-epineux du col. On donne ce nom à de petitsmuf- 
cle-s qui font placés entre toutes les épines des fix vertèbres 
^Œ col , & entre la dernière du col, & la première du 
àf^%. Ceux d'un côté font féparés de ceux du côté op- 
pofé , par le ligament cervical podérieur ou épineux.. 
Ce font les mêmes que M. \Vinllow nomme petits 
éphieux du col. Leur ufage eft d'étendre cette partie. 

îriter-épineux. (ligament) Nom que l'on a donné à un 
ÎFgsment en forme de membrane , qui prend depuis le mi- 
lieu delà bafe de chaque apophyfe épineufe, monte jufqu'à 
I2 pointe j & s'étend d'une de fes apophyfes , à celle 
de la vertèbre voiiine. Cette membrane ligamenteufe 
Jsonte ainfï d'épiue en épine , tout le long du dos , ce 
qui fait qu'on peut la regarder comme ne faifant qu'un 
fcEii ligament. 

INTERMEDIAIRE. ( Cartilage ) L'on donne ce 
nom aux fubftances cartilagineufes qui unilTent les ver- 
tèbres entr'elles , & a ceux qui fe trouvent dans les os 
Erticuîés. 

INTERMUSCULAIRE. ( Tiifu ) C'eft un vrai tilTa 
cellulaire qui partage les faifceaux mufculaires dont un 
mufcle eft compofé. 

INTERMUS'CULAIRES. (Ligamens) Il y a qua- 
tre ligamens de ce nom i deux à chacun des bras. Ce 
font deux bandes ligamenteufes, placées fur les deux cô- 
tés de l'os humérus, entre les mufcles qui font à la 
partie antérieure , & ceux qui font à la partie pofté- 
rieurc du bras. L'un de ces ligamens eft externe, l'au- 
tre eft interne. Le premier eft attaché à la crête de 
î'humerus, improprement appelle condyle externe.^ dans 
toute fa longueur , & va jufques par-delà le milieu de 
Fos s'inférer au corps même de l'os. Le ligament in- 



I N T 59» 

termufculairc interne eft placé întéiieurement de la mê- 
me manieie que l'autre TeO: à l'extéLieur. Il tient par 
un bout au condyle interne, &c s'attache tout le long 
de la partie interne de l'os , jufques par-delà fon mi- 
lieu. Les ligamens font cpmpofés de pluiieurs bande- 
lettes , entre lefquelles il y a foavcnt quelqu'elpace ; 
ils font flexibles jufqu'à certain point. Quant à leur ufa- 
ge , c'eft de fervir d'attaches aux fibres des mufcles en- 
tre lefquels ils font placés. 

INTERNE. Il fe dit de toute partie latérale àvL 
corps qui fe trouve être plus proche d'une ligne ver- 
ticale qu'on fuppofe couper le corps en deux parties 
égales. 

IN TER-OSSEUX. On donne ce nom à de petits 
mufcles qui occupent les intervalles que lallfent entre 
eux les quatre os du métacarpe. On en compte Cix; trois 
d'entr'eux qui font tournés vers la paume , s'appellent 
internes, & trois qui regardent le dos de la main, fe 
nomment externes. 

Les mufcles inter-olTenx externes, plus forts que les 
internes, font compofés de deux portions, une deiquel- 
les eft à la furface du dos de la main , l'autre eft dcC 
fous ; le premier de ces mufcles s'attache le long de 
Tos du m.étacarpe qui foutient le doigt index , le long 
de celui qui porte le doigt du m.ilieu, & enfuite il va 
fe terminer à la partie fupérieure & antérieure de ce 
doigt. Le fécond s'attache le long de l'os du métacarpe 
qui foutient le doigt du milieu , & de celui fur le- 
quel le doigt annulaire eft porté , & ilfe termine or- 
dinairement cl la partie poftérieure & fupérieure de la 
première phalange du doigt du milieu. Le troifiéme 
s'attache le long des deux derniers- os du métacarpe , 
qui s'articulent avec le petit doigt , & le doigt annu- 
laire , & va fe terminer le long de la partie fupérieure 
de ce dernier. 

Les mufcles inter-ofleux internes font fitués plus fu- 
petficiellement que les externes , & quelquefois ils 
paroiiient doubles comme eux. Le premier s'attache. 



par une de fes extrémités , à Tos «îu métacâfpe qui 
loutient le doigt du milieu , à celui qui porte le doigE 
index, & fe termine par l'autre à la part'e fupérieure 
de la première phalange de ce doigt. Le fécond s'atta- 
che à l'os qui foutient le doigt du milieu, à celui qui 
foutient le doigt annulaire & fe termine à la première 
phalange de ce doigt. Le troiùéme s'attache à l'os du 
métacarpe qui foutient le doigt annulaire, àceiui qui fou* 
tient le petit doigt , êc fe termine à ce dernier. 

On voit par-là que le doigt dii milieu a deux inter* 
oficux externes, que l'annulaire en a un , & que l'in- 
dex & le petit doigt n'en ont pas s qu'ils ont, au con- 
traire chacun un des inter-offeux internes , ainfi que 
Fannulaire, & que le doigt du milieu n'en a pas. 

Ces mufcies en général fervent à ferrer les doigts les 
uns contre les autres > on peut aufli les regarder com- 
me auxiliaires de l'cxtenfeur commun. Si on les conii- 
dere léparément , on trouvera que le premier des in- 
ter-olTeux externes, avec le fécond, tirent alternative- 
ment le doigt du milieu d'un côté & de l'autre j le troi- 
fïérae porte l'annulaire vers le petit doigt. Le premier 
des internes porte le doigt index vers celui du milieu^ 
le fécond tire l'annulaire vers le même doigt du mi-, 
lieu, & le troifiéme fait faire le même mouvement au 
doigt auriculaire. 

Inter-ôjfeux du pied. Ce font fept petits mufcies qui 
rempliifent les intervalles des os du métatarfe ^ il y en 
a quatre fupérieurs & trois inférieurs. Quelques Anato- 
milles en com.ptent auiTi quatre de ces derniers. On ne 
peut pas les divifer en internes & en externes, comme 
â la main , à caufe de la pofîtion du pied. 

Le premier des inter-orfeux fupérieurs s'attache par 
une de fes extrémités le long de la face interne du pre- 
mier & du fécond os du métatarfe , & par l'autre à la 
première phalange du fécond orteil. Les trois autres in» 
ter-oifeux fupérieurs s'attachent de même par une de 
leurs extrémités , aux os fuivans du métatarfe, & pat 
l'autre 3 aux premières phalanges des orteils qui fuiveat 



î N T. éi 

îc fécond. Le premier de ces mufcies approche îc fé- 
cond orteil du pouce du pied. Les trois autres en écar-« 
cent ceux auxquels ils font attachés. 

Le premier des mufcies inter-offeux inférieurs fe ter- 
mine au côté interne de la première phalange du troi-> 
(îéme orteil , & le porte vers le pouce j il en eft de mê- 
me des deux autres inter-olfeux du pied , par rapport 
aux deux orteils fuivans , auxquels ils s'attachent , §c 
. qu'ils tirent aufîi vers le pied. 

INTERTRANSVERSAIRE. Nom que l'on a donné 
a un ligament membraneux qui monte de chaque côté 
(des vertèbres , & s'étend , de chaque apophyfe tranfver- 
& , à celle de la vertèbre voifine. Il monte ainfi tout 
îç long de la colonne vertébrale, en s'attachant à toutes 
|«s apophyfes tranfverfes» 

IntertranCverfaires du coL On donne ce nom à .de 
petits mufcies fort courts , qui vont de l'apophyfe tranlL 
Ycrfe d'une des vertèbres du col , à celle qui eft at2== 
dcifus. M. WinfloW les z.'^'^zVi^z.M^x petits tranfverfai-^ 
r£s du col ^ lorfque ceux dun côté agiifent feuls, ils ri- 
îent le col de ce côtés s'ils agifTënt conjointement , ils 
tiennent le col droit & TaffermiiTent dans cette pofî^ 
«ion, 

INTERVERTEBRAL, qui eft placé entre les deux 
Tertebres, On donne ce nom à un cartilage qui fe trouve 
entre les vertèbres. II eft d'une nature particulière , & 
jie reffemble aux autres cartilages que par fa couleur (Se 
fon élafticité. Il couvre tout le corps des vertèbres en- 
tre lefquelles il eft placé. Il eft compofé de petites la- 
mes arrangées circulairement les unes autour des autres. 
Ces lames prifes chacune en particulier, n'offrent pres- 
que pas de réfiftance, mais leur réunion les rend beau- 
coup plus fermes. Le milieu qui répond au centre 
de chaque vertèbre eft d'une confiftancc plus molle 
-& pulpeufe. L'efpace qui fe trouve entre \t% petites 
lames circulaires eft rempli d'une humeur ondueu- 
fe , qui entretient leur foupleife. L'épailfeur de ce carti- 
lage n'eft pas la même entre toutes les vertèbres. Il eft 
beattçoup plus épais entre celles qui. fout capables d'un 



■6a ï N T 

grand mouvement, qu'entre celles qui n'en ont qu^ua 
trcs-borné. Par cette raifon , entre les vertèbres lom- 
baires il eft très-confidérable , & fon épailleur eft plus 
grande en devant qu'en arrierre. La même chofe a lieui 
dans les vertèbres du cou. Comme les veitebres dor- 
fales., au contraiie , ont peu de mouvement , celui qui 
le trouve entr'elles eft allez mince , & il ell plus épais 
poftérieurement qu'en devant. Dans la flexion du corps 
les vertèbres fe rapprochent antérieurement, & preilent 
ces cartilages qui débordent alors en devant , & un peu 
fur les cctési lorique le cotps fe redreile , la compref- 
iion eft uniforme fur toute la furiace du cartilage , & 
elle devient beaucoup plus confidérablc. C'eil pour 
cette raifon que l'on eft plus petit le foir , quand on; 
fe couche, fur-tout fi on a porté quelque fardeau pen- 
dant la journée, que le matin lorlou'on le levé, Lorf- 
que le corps eft couché , l'élaiticité de ces parties leur 
fait reprendre l'étendue que la comprcflion leur avoit 
fait perdre lorfqu'il étoit debout. 

INTESTiNAL. (Suc) Le fuc inteftinal eft fort ana- 
logue au Cac gaftrique 5 il eft clait , limpide, très-fpi- 
ritueux, deftiné aux mêm.es ufages que le fuc gaftrique. 
Si Ton confidere l'énorme étendue des intcftins , la fé- 
crétion en eft beaucoup plus grandes elle eft plus abon- 
dante dans le duodénum que dans le refte du canal in- 
teftinal , elle eft mêmie très-petite dans le colum & le 
leélum ; ce fuc a donc pour ufage de divifer , fondre , 
diffoudre de plus en plus les particules du chymas qui 
ne font point encore atténuées. Les matières qui font 
dans les gros inteftins font plus épaiifes que celles qui 
font dans les inteftins grêles, parce que leur partie la 
plus fluide a été abforbéc par les veines lacl:ées, S'il ne 
le fépare aucune liqueur dans les inteftins, quoique l'on 
boive beaucoup , les matières font féches ; mais elles font 
fluides , lorfque les glandes & les tuïaux des inteftins 
fourniifent un liquide qui les détrem.pe , 8: qui leur rend 
en partie ce que ks veines ladées leur ont enlevé. De- 
là vient que, lorfque fhumeur inteftinale manque, on 
cil conftipé. Les matières fontdures , & à caufe de leur féi* 



î N T 65 

cbereiTe, elles ne peuvent céder au mouvement périâal- 
tique Quoiqu'en général, plus on boit, plus les matières 
font liquides, cependant cela n'eft pas ienfiblc ; leur li- 
quidité vient principalement du lue inteilinal qui les 
délaie. Le flux de ventre , où les matières font trop 
délaiées, n'eft autre chofe qu'une abondante fécréîioa 
de l'humeur inteilinale , occaiionnée par l'impreilioa 
que font les matières fur les inteftins , Se qui eil celle 
des purgatifs^ car, comme ces médicamens , le iiux de 
ventre delleche le fang, & vuide les eaux des hydro- 
piques. 

INTESTINS. On donne ce nom à un canal qui 
commence à l'oiifîce inférieur de l'eftomach, & fe ter- 
mine à l'anus , après avoir fait un grand nombre de cir- 
convolutions dans le bas-ventre. 

Ce canal eft attaché dans toute fon étendue a une 
membrane particulière formée par un repli du péritoine, 
3c connue îbus le nom de méfentere. Il eil; fort long & 
a pour l'ordinaire fept ou huit fois la longueur au 
corps du fujet. Il ne paroît pas fi long, tant qu'il c(i ea 
place , parce qu'il y a fur fà furface des bandelettes liga- 
menteufes qui lui font faire un grand nombre de plis i 
mais lorfqu'on détruit ces tuniques, il s'allonge au point 
que nous venons de dire. Sa largeur n'eft pas à beaucoup 
près la même dans toute fon étendue, & c' eft cette diiic- 
rence qui l'a fait divifcr en inteftins grêles & en gros in- 
teftins. 

Les inteftins grêles ont beaucoup plus de longueur que 
les gros; mais ils ont bien moins de capacité. Leurs tuni- 
ques font beaucoup plus minces &plus déliées^ ils reçoi- 
vent le chyle à fa fortie de l'eftomach &: donnent nail- 
fance à la plus grande partie des vailfeaux ladés. Ce- 
pendant on en trouve aulfi quelques-uns dans les gros 
inteftins. Les inteftins giêles font trois en nombre : le 
duodénum, le jéjunum & fileun ; cette divifion que les 
Anatomiftes ont faite, ne leur a pas été indiquée par la 
nature des parties; car le tanal qui compofe les inteftins 
grêles eft lemblable dans toute la longueuu. Les gros in- 
leftins font pai,'eilleineut au aombre de trois : le cœcum, 



é4 î N T 

Je colun êc îc rcâumXette divi/ion n'eft guéres mïeui: 
fondée que la précédente. Leur canal eft plus large &c 
leurs tuniques plus fermes i ils contiennent les excré- 
mens grofliers , qui font refiés après que la partie la plus 
âuide du chyle a été pompée par les vaiiTeaux ladés. 

Le nombre des tuniques qui entrent dans la compofî- 
tion des intellins, eft le même dans les grêles dedans les 
grosj elles ne différent que par la fermeté de leur tiifu. 
Les Anatomiftes ne s'accordent pas fur le nombre des 
tuniques des inteftins. Les uns n'en admettent que qua- 
tre 5 &c d'autres en comptent jufqu'à fix. 

La première, qui eft la plus externe, porte le nom de 
commune ^ parce qu'en effet elle eft commune non-feule- 
ment aux inteftins entr'eux, mais encore à tous les vifcè- 
tes du bas-ventre. Elle eft fournie par le péritoine, & eft 
«ne continuation du méfentere. Sous cette première 
membrane on trouve du tiffu cellulaire. M, Ruyfch & 
4'autres Anatomiftes en font une membrane particu- 
lière , qu'ils appellent cellulaire. 

La féconde tunique eft charnue ou mufculaire. Elle eft 
compofée de deux plans de fibres, dont la diredion eft à 
€0ûtre»fens. Le plan externe eft feit de fibres longitudi- 
nales qui fuivent la même diredion que les inteftins. Le 
clan interne eft compofé de fibres circulaires: de forte 
que le plan externe en fe contrariant, diminue la lon- 
gueur du canal, &rinterne rétrécit fa capacité. Ondonnc 
£ ce mouvement le nom de vermiculaire ou de périf- 
zahique , dont on a nié mal-à-propos l'exiftence. Les 
fibres circulaires ne font pas tout le tour de l'inteftin ^ 
on ne doit au contraire les confidérec que comme 
des fegmens de cercle qui font attachés irrégulièrement 
sout autour du canal iiiteftinal. 

La troifieme tunique s'appelle nerveufe^ à caufe de îa 
grande fenfîbilité qu^on lui attribue, & qui lui vient ^ 
dit"On, de la multitude des filets nerveux qui s*y diftd- 
buent & forment fon tiffu. Elle foutient un réfeau vafcu» 
laire formé par de petites artères & de petites veines , qui 
communiquent avec les méfentériques. Quelques Ana* 
soîjiiftes confidérent ce séfeau comme une moique paL- 



I R I 

tîculiere, à laquelle ils donnent le nom de vafeulaîrc. 

Cette troKieme tunique a plus d'étendue que les précé- 
dentes , ce qui fait qu'elle forme des plis^'au-dedans des 
inteilins conjointement avec le velouté ; les Anatomilles 
ont donné à. ces plis le nom de valvules comiiveims. On 
voit aufli dans cette tunique quelques grains glanduleux 
que l'on découvre au-dtdaiis des inteftins. 

La dernière tunique, ou la plus interne, effc formée 
par de petits poils très-iins qui reilemblent à ceux du ve- 
lours , ce qui lui a fait donner le nom de veloutée. .Elle 
eft très-molle & très-lâche. Elle entre comme la précé- 
dente dans la compoiition des valvules conniventes. 

Si les inteftins euiîent été moins longs , fi leur èX~ 
reélion eût été droite de haut en bas , & leur fuifacc 
intérieure unie , les alimens feroient parvenus en un 
inftant de l'eftomach à l'extrémité inférieure de ce ca- 
nal. Le chyle n'auroit point eu le tems d'être travaillé 
ni de fe féparer des matières alimentaires , & le corps 
ûuroit cté privé d'une paitie de la nourriture qui lui eft 
nécelfaire pour fubfifter. Mais la longeur , les circon- 
volutions des inteftins, l'inégalité de leur furface interne 
donnent lieu à un plus long féjour des alimens dans 
leur capacité , à leur féparation d'avec les matières fé- 
cales , & le corps reçoit une quantité de fiics nourriciers , 
proportionnée à fes befoins. 

IRIS. C'eft cette membrane circulaire que l'on voit 
au travers de, la cornée tranfparcnte. Elle eft large & 
ciiargée de couleurs différentes : on è^ii que les yeux font 
d'une couleur, par exemple, bleue, noire, fuivant que 
cette couleur domine fur l'iris. Cette membrane flotte 
dans l'humeur aqueufe, & eft plus près de l'humeur vitrée 
que de la cornée tranfparente. Il y a même des Anato- 
iniftes qui prétendent qu'elle tient au criftaliin , & qu'il 
n'y a aucun efpace entr'eux. Ceux qui y en admettent un, 
le défîgnent fous le nom de la chambre poftirieure &c 
donnent celui de chambre antérieure à fefpace qui eft 
entre l'iris & la cornée. Dans fon milieu on voit un trou 
ordinairement noir & rond , on le nomme X'S.pruneds ou 
Va pupille. Dans la plupart des animaux, au contraire j il 

D. de Ch. Tome IL E 



66 ï S C 

cft oblongj & quelquefois d'une autre couleur que le 
noir. 

Il y a des Anatomiftes qui regardent l'iris comme une 
expanfion de la membrane choroïde. Sa ftrudure n'eft 
pas développée d'une manière à ne laiiïer aucun doute. 
On la croit corapofée de deux fortes de fibres que quel- 
ques Anatomiiles difent être mufculaires.La plus grande 
partie de ces fibres eil difpofée en forme de raïons. On 
peut les confidérer comme autant de petits m.ufcles , qui 
partent de la grande circonférence de la choroïde d'où ils 
s'avancent vers la prunelle y & là aboutid'ent à d'autres 
fibrilles, qui- par leur arrangement forment un petit 
muicle circulaire autour de la prunelle. M. Duveiney dit, 
aucontraiie, que l'iris eft compofée de deux plans de 
fibres motrices, dont les extérieures paroiifent circulaires 
& les intérieures longitudinales. Locfque les objets expo- 
fés à la vue frappent l'œil trop fortement, foit par leur 
proximité ou par la vivacité de la lumière qui les éclaire, 
les fibres circulaires fe contractent , & la prunelle dimi- 
nue ifon étendue augmente, au contraire, par la con- 
traction des fibres difpofées en raïons, fi la lumière eft 
foible , ou l'objet éloigné. 

- ISCHÎADIQUE. Synonime d'Ifchiatique. 
ISCHIATIQUE , ou SCIATIQUE. Se dit de tout 

ce qui appartient à l'osifchium. 

ISCHIO-CAVERNEUSE. ( artère ) Voyez Hémor- 
rhoidale externe. 

ISCHîO-COCCIGIEN , ou Cocclgien antirieur: c'eft 
le nom d'un petit mufcle qui s'attache par une de fes ex- 
trémités à un petit ligamient, qui eft au-defTus du trou 
ovalaire , & par l'autre au bas du coccix. 

Ifchio-Caverneux du clitoris : M. Winflow a donné 
ce iiom à deux mufcles que l'on appelloit auparavant 
éredeurs du clitoris : ils font attachés par une de leurs 
extrémités à la tubérofité de l'os ifchium , & par fautre à 
la partie latérale des corps caverneux du clitoris. Ils relè- 
vent le clitoris & le tiennent tendu, lorfqu'ilsfe contrac- 
tent. 

- ÏSCHIUM , ou ISCHION. Os fitué à la partie pofté- 



I s C é; 

-lieurc & inférieure de l'os des îles. Ceft la féconde pièce 
de l'os innominé. On le diftingue en corps Se en bran- 
ches. 

Le corps de cet os eft en arriére , & fa partie fupérieure 
forme la portion inférieure & îa plus grande de la cavité 
cotyloïde qui efl achevée par l'os pubis Ôc l'os des îles. La 
partie fupérieure du corps de l'os eft jointe à la partie 
inférieure de l'os des îles. Il fe termine inférieurement 
par une grolTe tubéroiité, fur laquelle le corps eft fou* 
tenu, quand on eft affis, ce qui a fait que quelques Ana- 
tomiites ont donné à Vosifchium le nom à.ç, p dentaire , 
qui repréfente aifez mal l'idée qu'ils ont voulu expri- 
mer. 

Cettf*, tubérofité eft fort épailfe , inégalé , s'étend de 
devant en arriére, & donne attache à pluiieurs mufcless 
elle refte iong-tems épiphyfe. Au-delfus de la tubé- 
rofité , on en voit une autre en arriére, pointue & fort 
faillante. On l'appelle épine fcianque. L'efpace qui eft 
entïe cette épine & la tubérofité, eft échancré, & porté 
le nom ^ éch.ancrure f:iatique inférieure ou de petite 
échancrure fciatique. On lui donne aufti le nom de iînuo- 
fitéi elle feit de poulie au tendon du mufcle obturateur 
interne. Au-deffus de l^épine, on voit une partie de 1'*?- 
chancrure fciatique Jupèrieure ou de la grande échan^ 
' crure fciatique ^ dont le refte eft pratiqué dans l'os des 
lies. 

La branche de rifchium eft plate, & monte delà tu^ 
bérolité, vers l'os pubis. L'efpace qui eft entre cette 
bra.îche ce le corps de l'ifchrani , eft confidérable, & 
forme une échancrure que l'union de l'ifchium avec le 
pubis change en trou que fa figure a fait appeller ovale 
ou ovalaire. Ce trou eft plus large en haut qu'en bas* 
Dans le cadavre il eft fermé par une bande ligameiui 
teufe qui s'attache à fa circonférence. Ceft à cette bande 
que s'attachent les deux mufcles obturateurs, lun en-de-^ 
dans qui pour cette raifon s'appelle obturateur interne j 
l'autre en-dehors, & c'eft V obturateur externe. La bande 
^Egamenteufe lailîe un petit intervalle du côté du pubis, 

Eij 



6B KIR 

^ans lequel paflent les vallFeaux qu*on appelle ordinaûc* 
jnent obturateurs. 

ITHMOIDE. Voyez £M;«c>i'^^. 



K 



KIASTRE.Efpécede bandage pour la rotule fraâ:urée 
en travers. Pour le faire, on met d'abord fur le ge- 
nou une comprefTe en long, fendue dans le milieu, & 
coupée par les deux bouts en fronde à quatre chefs. On a 
foin d'approcher les deux pièces de la rotule l'une auprès 
de l'autre. On place au-deffus & au-delTous un rouleau 
"^^de linge, fait en croilTant pour les contenir. On adapte 
-par-deilous le janet de faux fanons faits avec une fer- 
viette roulée par les deux bouts, de manière que les 
rouleaux foient appliqués aux parties latérales du genou. 
•jEnfuite on prend une bande longue de fept aunes, large 
de deux travers de doigt , roulée à deux chefs égaux. On 
i'applique par le milieu fur le croiiTant fupérieur , on 
conduit les chefs par-deifus les fanons fous le jarret, où 
on croife pour venir par-deiTus la partie inférieure des 
fanons fur le croilTant inférieur en changeant les chefs de 
main. Après les avoir croifés, on defcend obliquement 
fous le jarret, pour revenir fur le premier tour au-dclîus 
de la rotule i & l'on continue ainfi jufqu'à la fin de la 
bande. On met fur le genou une comprefle trempée dans 
un défenfif , & l'on relevé les quatre chefs de la pre- 
mière com-preife fur la rotule, en les croifant oblique- 
ment , pour rapprocher exadement les deux pièces, ôc 
-foutenir le bandage. Enfin l'on pofe la partie dans un 
carton garni d'une ferviette , pour entretenir toujours 
ia jambe tendue. 

KIRSOTOMlE. Opération par laquelle on dégorge 
Jes veines variqueufes. Elle confifte en une fimple ou- 
verture des veines par le moïen de la lancette ; ainfi 
c'efl une efpece de phlebotomic. Il faut ouvrir dans les 
endroits le plus gonflé^ de fang , ou tire une quantité 



K I s 6f 

îuffifante de cette humeur, & on applique des bandes 
en forme de doloire^ pour procurer la réunion des par-»-' 
ties divifées , & faciliter le mouvement du fang dans. 
les veines eno-orgées. On confeilloit autrefois d autres 
opérations , mais qui étoient barbares , & ne fe rédui- 
foient au fonds qu'à ouvrir les vaiiTeaux, La limple in- 
cifion par la lanceite fatisfait aux indications , éc n'eft 
pas plus effiaiante qu'une faignée. 

KISTE. Membrane en forme de veilîe , qui fait une 
tumeur remplie de matières liquides , ou épaifïies, adi-» 
peufes, charnues, ou d'une autre nature. Telle eft i'en-^ 
veloppe membraneufe de l'athérome , du méliceriSj da 
ftcatome , & de toutes les tumeurs qui s'engendrent dans 
les glandes , dont la membrane externe fait le kifte^ 
Voyez Loupe» 
KISTIQUE. Qui tient de la nature du Kiftc. 
KLSTITQMIE. Opération par laquelle on ouvre la 
veflie urinaire pour en tirer l'urine. Quand on la prati- 
quoit au périnée , on lui donnoit le nom de ponéiion 
au périnée. 

11 n'eft pas toujours au pouvoir du Chirurgien de ti- 
rer l'urine par le moyen de la fonde. Il y a fouvent des 
obftacles àl'introdudion de cet inftrument dans laveflie, 
Quelqu'adreffe qu'ait l'Opérateur , il ne peut quelque- 
fois venir à bout de le faire entrer dans ce vifcère. Les 
Lithotomiftes même , qui font dans la pratique jour- 
nalière de fonder ^ y ont renoncé à de certains fuie ts , 
par des empêchemens infurmontables qu'ils y trouvoient» 
Ces empêchemens font une infiammation-^au col de la 
veflie , &; aux proftates ,^ dans laquelle ces glandes fc 
trouvent tellement gonflées , qu'il eft impoiîible d'in- 
troduire rien dans l'urethre j des callofités le long du 
conduit urinaire caufées par des cicatrices d'ulcères qui 
le rétréciiTent de manière que la fonde ne peut pafTer , 
quelqu effort qu'on faffe pour la pouffer ; ou enfin des. 
tumeurs , ou quelques productions membraneufes qui 
bouchent l'urethre , comme il arrive à quelques vieil» 
lards, chez qui le canal fe pliffe & le racornit defaçon-. 
c^ue ai l'uiine ^ ni la fonde ne peuvent abfolument s'y o« 

E iij 



70 . K I S 

vrit de pafTage. Il ne faut cependant pas îailTer mônrïr 
le malade , & il n'y a que l'opération quipuiiTe le fau- 
ver i il faut qu'il pille ou qu'il meure. Le Chiiurgien 
doit en averdr les païens ou les amis du malade , & faire 
foii prognoftic , fuivant l'état ce la m.aiadie. On failoic 
jadis la poncftïon au périnée , &: voici en cuoi elle con-- 
fiftoit. ^ ' 

1°. I.es inftrumens qui fervoient . étoient un fcaipel à 
lancette , une fonde droite , une canule d'argent, lon- 
gue de quatre pouces, ayant deux anneaux à fa tête pour 
paifer un ruban d'une aune & demie de long j une pe- 
tite tente de linge , pour boucher l'ouverture de la ca- 
nule. 

1°. Ayant difpofé fon. appareil , le Chirurgien pla^ 
çoit le malade fur le bord du lit , & le couchoit à la 
renverfe , les deux cuiHes écartées, & les jambes ployées 
de façon que les talons touchoient les felîes 3 & il fe-- 
foit tenir les jambes en cet état par deux ferviteurs , 
dont l'un rclevoit d'une main les bourfes & les tclti- 
cuies en-haut. L'Operateur prenoit enfuite fon fcalpeî , 
êc le plongeoit droit dans laveffie, en comxmençant la 
pondion à coté du raphé , au miême endroit où fe faifoit 
î'incihon dans la lithotomie : il connoilloit qu'il avoit 
pénétré dans la capacité du vifcére , par féco-ulement de 
l'urine , qui fortoit le long de l'inftrument. Avant que 
<îe retirer le biftouri , il introduifoit la fonde , & la con- 
duifoit de la main gauche , tandis que de la droite il re- 
tiroir l'inftrument , pour prendre enfuite la canule d'é- 
crite ; ilpalfoit le bout poftérieur de la fonde dans l'in- 
térieur de la canule, pour ia^conduire dans la vefîie j 
car fi on retiroit f inftrument qui avoir fait la pondion 
avant que d'avoir introduit la fonde , on fe mettoit en 
ïifque de ne pas retrouver fou chem.in en voulant y 
introduire la canule. C'cft pourquoi la précaution de 
la fonde étoit une précaution indifpenfable. Après que 
l'urine étoit fortie pa»: le moyen de la canule , on en bou- 
çhoit Fouverture extérieure avec la petite tente, & on 
la laiflbit dans la plaie. Le ruban pafle dans les deux an- 
neaux fervoit à l'attacher à une ceinture j afin qu'elle 



K I S 71 

ne fortît point de la playe. Toutes les fois que le ma- 
l&de vouloit piirer , on ôtoit la petite tente , & amfi on 
vtiidoit la vellîe autant de fois qu'elle fe remplilloit. 

Voilà la maniete dont on ufoit pour faire la ponclion 
au périnée s mais celle que nous a apporté Frère Jac- 
ques , pour tirer la pierre de la veflie , a fait pratiquer 
cccce poadion plus fûremènt a l'endroit de la veflie où 
il faiioit l'incilion pour la pierre , dans le corps même 
de la veille proche Ion col ; de iorte qu'il ne faut pas 
plonger le (calpel dans l'urethre , & le faire palfer dans 
le cjl de la veîlie , qui dans une inflammation eft iî tu- 
mctié que rien n'en peut fortir , & qu'on eft en dan- 
ger d'entaraei ce col avec l'inftrument pour lui frayer 
.un partage ^ ce qui peut redoubler les accidens & frui- 
tier le malade du fruit qu il a lieu d'attendre de l'ope- 
ration. 

L'on enfçnce donc i'inftrumentià un doigt du périnée 
& on perce la vciTie dans fon corps près de fon col. Les 
mêmes inftrumens qui ont été employés dans l'ancienne 
opération font tous néceifaires dans celle-ci. On s'en 
fert dans l'ordre & de la manière qu'il vient d'être dit. 
On lailfe auln la canule, tandis qu'on effaye d'ôter les 
empèchemens qui s'oppofent à récoulemenc de l'urine 
par le canal ordinaire. Les plaies de la veïïie que l'on 
croyoit morcelles autrefois, faifjient pratiquer laponc* 
tion au périnée i mais aujourd'hui que l'on fait qu'elles 
ne le (ont point, pourvu qu'elles n'ayent pas une grande 
étendue , cett^ opération au périnée s'eft abolie , & l'on 
coupe la vejlie dans l'endroit indiqué avec tout le fuccés 
que l'on peutefpérer. 

De trois accidens qui donnent lieu à cette opération , 
il n'y a que l'inflammation qui foit guérilTable j mais 
quaad des callodtés dans le conduit de Furethre , ou 
un aifaifiement caule par la vieilleiTe , ont obligé de 
faire cette opération , il faut fe refoudre à porter toute 
fa vie la canule. Alors au lieu d'une tente de linge 
on iefervira pour boucher la canule , d'un bouchon d'ar- 
gent à vis , qui la fermera h exactement , que l'urine 
ne fuintera point , & le malade pourra vaquer à fes g,f-=.. 
faires. ' E iv 



1% LAC 



LABIALES, (glandes ) Corps glancîuîeux, qui tapî^ 
fent la partie interne des lèvres. Ces glandes font fa- 
livales, & de la même natuie que toutes les buccales. 

LABYRIî^THE. Pai-tie de l'oreille interne qui eft 
la plus intérieure. On lui a donné ce nom à raifon des 
différentes cavités qu'elle renferme, & qui communi- 
quent entr'elles en façon de vrai labyrinthe. On y re- 
marque trois cavités : la conque ou vejlibule , la coquille^ \ 
& les lYo'is ainaux demi-circulaires. Voyez la defcriptioîi 
de chacune de ces parties à leur article. 

Xa cavité du labyrinthe contient un air inné, qui circule 
dans toutes les cavités qui le compofent. Les Anciens l'onc 
appelle ^ir intérieur. Il eft abfolument nécelTaire , car 
fans lui la vibration des raïons fonores, ne fe feroit point 
fentir. Le labyrinthe eft le lieu où fe fait la fenfation de 
l'ouie, 

LACIS. Sorte d'entrelacement de différens vaiiTeauï , 
d'où il réfulte comme un rézeau. Quand ce lacis fe 
compafe de filets nerveux , il porte le nom de plexus^ 
Quand il fe fait de vaiifeaux faiiguins , il conferve le nom 
de lacis , ou de rét admirable, 

LACQ , ou mieux LAQ. Sorte de noeud coulant que 
Ton fait avec une bande plus ou moins longue , plus ou 
moins forte fuivant le befoin , qui fert à faifir des par- 
ties qu'il faut tirer. Ce nœud fe ierre d'autant que l'on 
tire. On l'employé dans \q.s> extenfions & contre- exten- 
fions , dans les accouchemens, &c. 

LACRYMAL. Se dit de tout ce qui a rapport aux 
larmes. 

Lacrymal. ( cariai. ) C'eft un conduit pratiqué pou? 
la plus grande partie , dans l'os maxillaire fupérieur. H 
commence derrière fon apophyfe nazale , au côté interne 
de l'échancrure orbitaire , de(cend en fe portant un 
peu obliquemens en arrière ^ ^ s'ouvre aii-deifous dii 



LAC 7^ 

cornet inférieiu* clii nez , dans la fofle nazale. La partie 
fupérieare <^e ce canal , cil plus large que l'infédeure : 
elle eft tapllFée par une membrane qui paroît être une 
continuation de la membrane pituitaire. On donne le 
nom de f^c lacrymal à fa partie fupérieure. L'ufage dtf 
fac & dû canal eil de recevoir le fuperâu des larmes qui 
arrofent les yeux , & de le porter vers les arriéres nar- 
rines. Il arrive quelquefois que le fac fe trouve engorgé 
par robil:rudion du canal ; les larmes ne pouvant plus 
palfer par cette route , s'ébappent par-deiTus la paupière 
inférieure , & tombent fur les joues \ c'eft ce que l'on ap- 
pelle larmoyement. On y remédie en introduifant une 
fonde par l'orifice inférieur du canal : ce qui demande 
une connoiifance exade de fa diredion. Communément 
il n'y a que la moitié du canal creufé dans l'os maxillaire, 
le refte eft formé par l'os unguis & le cornet infé^ 
rieur. 

Lacrymal ( nerf) C'ell la troinéme des branches que 
le nerf ophtalmique de AVillis jette à fon entrée dans 
l'orbite. On lui a donné ce nom parce qu'il fe diftribue 
à la glande lacrymale Voyez Ophtalmique de /Jaillis. 

Lacrymal. [Jac) Poche longuette & membraneufe , 
qui eft une fuite du conduit naîal , lequel, quand il eft 
parvenu derrière la jondion des paupières , s'élargit con- 
fîdérablement. Il y a des Auteurs qui lui donnent aufïl 
le nom à' entonnoir , parce qu il fe rétrécit en defcendant. 
Ce fac eft iitué immédiatement derrière le tendon du 
mufcle ferme ur des paupières , dans le grand angle de 
l'œil. Il devient peu à peu plus étroit , dans fon cxtiémité 
inférieure , où il fe réduit en un p.tit tuyau qui s'ouvre 
dans la cavité du nez au-delTous de la voûte du palais. 

Lacrymale [glande^ow innomiuée. C'eft une glande con- 
glomérée , blanchâtre & applatie. Elle eft fituée entre la 
paroi fupérieure & externe de l'orbite, & le globe de l'œil , 
& s'étend en fe divifant en deux parties,vers le grand angle, 
après avoir commencé proche le petit. Elle filtre conti- 
nuellement une humeur qui lubréfie la furface de l'œil, 
& empêche que le frottement de la paupière ne foit dou- 
loureux j cette humeur eft U matièrç des larmes. La 



74 LAC 

glande lacrymale s'en décharge par plufieurs petits con- 
duits , que l'on appelle vaijfeaux hygrophtalmiques , & 
qui fuivent le long des taries , en percent la membrane 
qui tapilfe la paupière fupérieure. Ils font fort diliî- 
ciles à découvrir dans l'homme . ce qui fait qu'on fe fert 
plus volontiers po,ur les démontrer d'yeux de bœuf chez 
qui ils font beaucoup plus coniîdérables. Voyez Hy^ro- 
phtalmiques. 

LACRYMAUX. ( os ) Nom que portent les un- 
guis. Voyez Unguis. 

Lacrymaux. ( points ) Voyez Point lacryma \ 

LACTE'ES. ( veines) Ce font de petits vailFeaux blancs, 
traniparens , formés par une membrane fine &; délicate , 
^-: qui font deftinés à recevoir le chyle des inteftins pour 
le charier enfuite au réfervoir de Pecquet. Afeilius les 
découvrit en 1622 \ quoiqu'il y ait des Auteurs qui pré- 
tendent qu'un des plus Anciens Anatomi{les,Eraiiftrate, 
les avoit apperçus dans les chèvres , & qu'il les ayoic pris 
pour des artères remplies de lait. 

Pluneurs petites branches qui partent de la furface in- 
térieure de la tunique nerveufe , ou même de la mem- 
brane intérieure des intellins , forment la naiiîance des 
veines lacées. Ces vailTeaux le réuniilant enfuite , pro- 
duifent de plus gros rameaux , qui s'apperçoivent en 
afTez grande quantité à la furface externe des inteftins j 
tand'fS qu'ils font imperceptibles à leur furface interne. 

Dans le chien , les veines ladées , qui ont le plus de 
volume , nalifent ainfi des premières petites branches, ^ 
& s'uniffant en plulieurs endroits du méfentere, elles fe 
-rendent à une grolfe glande , nommée pancréas d'Afe^. 
lias ; elles l'embraifenr par clalieurs tuyaux: puis d'autres 
conduits partent de ce ç^ros corps glanduleux , & cha- 
-tient le chyle au réfervoir. Or on appelle veines lattêes 
premières ^ celles qui vont des inteftins à la glande , & 
veines lacîées fecondoires , celles qui vont de la grolie 
glande au réfervoir. Il n'en ç\k. pas tout-a-fait ainfi dans 
le corps de Thomme. 1°. Cette glande ne s'y rencontre, 
pas ; a^. toutes les veines laélées vont fe rendre aux 
glaiiîdes cjui fqnt <iifperfées d^ns le méfçnteie 3 ^ delà^ 



LAC 7^ 

su réfervoir. Cependant ;, on ne laiile pas d'admettre 
chez riiomme des veines laùîées premières ^ & des fecon- 
daires , en s' expliquant d'une autre manière. Celles qui 
vont des intellins, aux glandes duméfentere , font nom- 
mées /;rÉV/2zV/-^j , & celles qui vont des glandes du méfen- 
tere au réiervoir , font appellées y^^row^Wré-j. Ces der- 
nières font moins nombreufes que les premières , mais 
elles font plus grolTes. 

M, Heiiter , célèbre Anatom.ille & Chirurgien , re- 
çonnoît que les gros inteftins produifent aufTi des vaif- 
feauxladés, mais que cela eftiare. Bartholin a prétendu 
qu'il y en avoir \ mais d'autres ont cru qu'il avoit pris 
pour vaideaux ladés des vailfeauxlymphaEiques. M. "Winf 
low a démontré l'exiftence des veines ladees fur le cse- 
cum & le colun , &: M. Petit l'Anatomifte , en a trouvé 
pîuiieurs fois quipartoientde reCiomachj & fe rendoient 
aux "landes du méfentcre. 

Quant à l'ufage des veines lacléés , quelques-uns 
croient qu'elles ne font autre chefs que des va^fTeaux 
-lymphatiques qui pailent par le mérçiitere , avec cette 
difîerence , que ceux qui font deilinés à charier ic chyle, 
commencent par de petites branches qui partent de la 
fjrface interne des intellins , dans laquelle ils font ou- 
verts , pour recevoir ce chyle , & que d'autres viennent 
des membranes des mêmes intefiins , pour enlever la 
lymphe , de forte que quand il ne paife pas de chyle par 
ces vailTeaux , la lymphe y palTe toujouis. Les veines lac- 
tées fervent donc à recevoir des inteftins, les parties dii 
chyle les plus liquides & les plus épurées ; puis palfant par 
le méfentere , elles vont s'en décharger dans le réfeivoir. 
Les veines laélées ne font point eireniiellemçnt dilféren-, 
tes des vailTeaux lymphatiques, & elles font la fbnélion 
de ces derniers ; enforte qu'on ne doit point admettre 
dans le méfentere de vaiiFeaux lymphatiques dilférens des 
veines iaélées. Quand le chyle ne pailé point dans ces 
veines , elles fe rcmplilfent de lymphe, 

LiVCUNES. On donne ce nom à deux petits trous ^ 
placés un de chaque côté de l'orifice externe du vagin. 
Ç'eil i'onficç dç deux petits tuyaux excrétoires c^ui tivenç 



7^ . . L A G 

leur origine de deux petits corps folléculcux , (îtucs dan? 
rcpailîcuï interne des <;randcs lèvres de la vulve. On les 
rcgaide comme les petites prodates de Thomme, Elles 
donnent une humeur vilqueule quand onlesprclle. Voyez 

LiXcunes de turethre. Ce font des ouvertures ovales que 
Ton découvre à l'intérieur du canal de l'uretlire : elles 
font en plus ou en moins grande quantité, & commu- 
niqnent avec une forte de petits canaux , qui font quel- 
que chemin entre lesmembranesde l'urethre.Cesconduits 
font remplis d'une humeur qui a la couleur & la confiltancc 
du blanc d'œuf. Les Anatomiltcs ne font pas d'accord 
lur leur origine. Les uns difent qu'ils viennent de petites 
«landes placées dans le tillu fpongieux de Turethre , & 
qu'ils n'en font que les conduits excréteurs i les autres 
nient Texillence de ces glandes. Suivant ]\I. Duverney, 
rhumcur qu'ils fournillent , leur elt apportée par plulieurs 
petits trous d'où elle découle. 

LAGOPHTALMIE. Maladie dans laquelle la pau- 
pière luperieure ell tellement retirée , que ne pou- 
vant pas couvrir l'œil , il cil oblige de demeurer ou- 
vert quand le malade dort, comme aux lièvres , quand 
ils dorment. 

Cette indifpohtion peut venir de nailVance ou par ac- 
cident , à la iuite d'une plaie, d'un ulcère, ou d'une 
biûlure. On en tente la guérifon par les remèdes topi- 
ques, émolliens&: reldchans , ou par d'autres analogues, 
fuivant la caufe qui l'a produite j mais quand ces remèdes 
font infurtifans , on emploie l'opération. 

On place le malade dans une fituation commode 5^ 
cxpofé au jour : on lui couvre l'a-il fain avec un ban- 
deau , & on alTujettit l'œil malade ou avec le ipecur- 
lum oculi , ou avec deux doiets de la main libre , ea 
tenant la paupière fort abbailîèe ; puis avec un billouri 
de l'autre main , on fait à cette paupière une incilioa 
en croillant, félon la direéHon des tîbres du mufcle conù 
tridteur des paupières : les pointes du croillant regar- 
dant en en-bas , & approchent des coin^ de l'œil. L'ii>— 
cilion faite , on écarte le plus que l'on peu.t les bords de- 



t AX 77 

la plaie , & on la garnit de plumaccanx en forme de 
noyaux d'olive , pour les entretenir écartées & procurer 
par là une génération de nouvelle iubilancc , qui aUon<.»e 
la paupière, iii le rctirement de la paupière étoit fi inajid , 
qu'une incifion ncfuflit pas, on en fcroit deux de lamcme 
ligure , & diftante l'une de l'autre de l'épaiiTeur d'uQ 
écu, 

L^gophtnlmie vient de deux mots c^recs , dont Vnn fi- 
^nifie Lièvre , & l'autre veut dire œil. 

LAIT. Le lait n'ell autre chofc qu'un véritable chylc, 
cependant moins féreux , qui vient immédiatement du 
fang. Le fang rempli de chyle eft porté dans les artères 
mammaires. 

Le lait vient aux femmes après l'accouchement. Poux 
en bien comprendre la caufe , il faut favoir que les vaif- 
leaux de ïuterus font extrêmement dilatés durant la 
grolTeire j que \' utérus fe rétrécit après l'accouchement-, 
<|ue la matière laiteufe pafToit en affez. grande quantité 
■dans le fœtus. ^ 

D'où il fuit qu'après l'accouchement il ne s'em- 
ploye plus une fi grande quantité de ce fan^ qui entre 
clans l'aorte defcendante 5 par conféquent l'aorte afcen- 
^antcen recevra d'avantage : ainfi les artères qui viennent 
<les fouclavier-es & des axillaires dans les mammelies , fe- 
ront plus gonflées. J3'un autre côté , le fang qui entre 
^ans l'aorte defcendante , ne pouvant palier dans Vuzerus 
€n fi grande quantité , remiplira davantage les artères épi- 
gaftriques , qui communiquent avec les mam.maires : 
■ainfi les mammelies feront plus gonflées après l'accou- 
■chemcnî. D'ailleurs le chyle qui pafioit de i'uteruspour 
la nourriture du fœtus , fe partage aux autres vailléaux, 
fe porte aux mammelies , s'accumule dans les follicules 
^ produit le lait. 

i'i l'enfant attire le lait dans fa bouche , deux caufes 
concourent à cet efîét. 

I^. Comme les mam melons font parfemés d'une in- 
finité de^fibres nerveufes , qui forment des houppes à 
Qttii^ partie , l'adlon de la bouche de l'enfant irrite ces 
papilles i çellçs-ci çétrécilTent les vaiUcaux papillaircs , 



7» L A M 

qui reprennent le fang <lu tilFu Ipongieax ; le fang tou- 
jours pouirè par les aitcres > s'y accumule, & prclVe les 
tuyaux laiteux , qui , par cette preliion , vericnt le 
lait. 

2.*^. L'enfant ne fucc qu'en pompant Tair , c\4l-.î- 
dire , que dans rialpiration la bouche n'admettant point 
d'air extérieur , elle reile vuide, & produit fur les mara- 
melons le même effet que les ventoufes font iur les en- 
droits de la peau ou on les applique. 

On remarque diveries propriétés dans le lait. i^. Le 
lait devient jaune , falé , acre , par le mouvement , par 
le travail du corps , ix par le jeûne. Cela vient de ce que 
les fcuides des corps aaimés , tendent à s'alkalifer, à de- 
venir acres , s'ils ne font renouvelles par un nouveau 
chvle , & slls font fort agités par le mouvement des 
vailfeaux. l*^. Le lait s'aigrit , ce qui n'arrive pas aux 
autres liqueurs qui iortent du fang. Cette aigreur ne 
peut verdir que de ce que les acides le fepaienc de leur 
huile , ce qui n'arrive pas aux autres liqueurs , parce 
que la chaleur qui a uni plus fortement leurs principes 
les a plutôt difpofés à f alkali , qu à l'acide. 3°. Le iaic 
a la vertu . le goût , lodeur des alimens , parce que les 
fiics des matières dont nous nî)us nourriiîons , palfenc 
dans le fang fans fe décompofer , & entrent dans les 
mammcUcs, fans avoir fou^ert prefqu aucun change- 
ment ( félon l'expérience de Louver ), Ainii , h. l'aliment 
eft bon , le lait fera bon. S'il eft mauvais , le lait aura 
de même de mauvaiies qualités. Mais le chyle eft en di- 
vers temps plus ou moins propre à donner ce bon lait. 
Par exemple, quelques heures après le repas le lait eil 
bien meilleur j car , comme alors il a fcut^ert diveries 
circulations , il aura perdu , du moins en partie , les mau- 
vaifes qualités que pouir oient avoir les alimens qui l'ont 
produit , ou il en aura pris de meilleures. S'il etoit trop 
acide , la chaleur l'aura alors changé , & il fera plus 
dilpofé à s'alkaliicr. S'il etoit trop alkalcfcent, la partie 
alsaline fe précipitera par les urines , eu fera changée par 
le méianee d'autres matières. 
LAZ^IBDOIDE. Xom que l'on a donné 2 la futaie qui 



L A M 79 

unit les pariétaux à l'occipital , parce qu'on a trouvé 
qu'elle repréfentoit par fa direction la figure d'une 
lettre que les Grecs appelloient Lamda, On trouve 
quclquesfois deux & mêmes trois futures iaîr.boides , 
l'clquclles font formées par les os vormiens , qui fe ren- 
contrent entre les pariétaux & i'occipical. 11 faut bien 
prendre garde de prendre ces futures pour des fractures 
au crâne , dans la pratique de Chirurgie. 

LAMBEâU. ( amputation a) Manière d'amputer un 
membre , eu laillant un morceau de chair pour couvrir 
le moignon. Plufieurs Chirurgiens l'ont pratiquée & 
confeilléc pour la jambe, enti'autres , Verduin & 6a- 
bourin , l'un Holiandois, l'autre Genevois. Maism^l2ré 
les avantages qui paroiiîoient en devoir réfuker , ces 
Auteurs même ont été oblisés de l'abandonner , les Tue- 
ces n'ayant pas été aufli favoiables qu'ils fe Is promct- 
toient auparavant. 

Cette opération confifte en ceci : le malade étant ai5s 
fur une chaife au milieu de foa appartement , ou cou- 
ché fur le dos dans Ton lit , on place des aides Chi/urgien-, , 
comme il eft dit a l'article Amputation i enfuite on ap- 
plique le tourniquet au-dellous du genou , & les artère* 
ctant-ainfi corn pâmées , l'Opérateur enfonce un couteau 
droit, bien tranchant dans le gras de la jambe, com- 
mençant iramxédiatement a l'endroit , où il doit icier hs 
os , le traverfe entre les mufcles 6c les os , le conduit 
enfuite des deux mains , en coupant jufqu'au taljn \ il 
relevé enfuite le long de la caille le morceau , le coupe 
par ea-bas : & après avoir coupé Tentre-deux des os , 
ratille le périofte , il fait fa première fedion à la peau , 
la fait rchaujrer , découvre les os , diiTéque le perioile , 
& applique la fcie, en commençant toujours par le pé- 
roné , & avec les précautions neceiîàircs dans une ampu- 
tation. Cela fait, le Chirurgien lave le lambeau avec du 
vin chaud, le taille fuivant le diamètre du moignon, o'iî- 
fervaut de le faire un peu plus large i après quoi il le 
renverfe & le colle exaclemenc fur le moignon , Fanu- 
jettit par des compreiles , des emplarres , & quelquefois 



ta -LAN 

par un ou deux points de future , & r.cheve le panfemcnt 

«omme il ell dit à l'article Amputation. 

Les avantages que l'on fe promettoit dans cette opé- 
ration , étoient ceux-ci : i°. Sans ligature , ni cautéri- 
fation des artères , lars même aucun abforbant ni charpie, 
l'hémorrhagie fe prévcnoit. x"^. Les os recouverts par ce 
lambeau ne le trouvoient point expoiés à la carie , com- 
me dans l'amputation ordinaire. 3'^. Les chairs des bords 
du moiunon , ck celles du lambeau s'unilTant enfcmible à 
laide de quelque vulnéraire commun, acceléroient la2;ué- 
iifbn , &: tormoient un coufîin naturel , plus mollet & 
préférable à tout autre i enfin l'on y voyoit tant d'avan- 
tages réels , que les Chirurgiens étoient fortement folli- 
cités à la pratiquer toutes les fois que l'occafion fe pré- 
fentoit d'amputer une jambe , ou un bras. Mai; les ex- 
périences ayant pour la plupart mal réuilî , ils ont été 
obligés d'abandonner cette méthode , Se d'en revenir à 
l'ancienne. 

On la faifoit au bras comme à la jambe , en palTant le 
couteau droit entre le mufcle triceps - brachial & l'os 
humérus , on coupoit un lambeau jufqu'au coude i puis 
on le tailloit , fuivant le diamettre du moignon , &: l'on 
fcconduifoit au relie comme il vient d'être dit au fujet 
de la jambe. Voyez Amputation de Couteau, 

LAME. Partie oifeufe , mince , qui , fuivant quel- 
ques Auteurs , compofe les os , & réiulte elle-même de 
plufieurs couches de période , appliquées les unes fur les 
autres , & ofiifiées dans cet état. 

C'eft aulFi la partie des Inilrumens tranchans de Chi- 
rurgie, qui elt deflinée à couper , & ordinairement faite 
d'acier trempé. 

LÂ^CE. Inflrument qui a la figure d'une lance de 
Soilfe 5 &c qui fert en Chirurgie à difrérens ufages. Il y 
en a de deux erpéces , dont l'une fert dans l'opération 
de la fiftule lacrymale ; l'autre pour ouvrir la tête du 
fœtus mort, & arrêté au pafiage. Celle-ci s'appelle lance 
il e Maurice au. La première eil une lance d'acier, lon- 
gue de cinq pouces, taillée à pans , avec ime petite pom- 
me 



LAN_ 8x 

fût âans fon milieu , pour la tenir plus facilement ; l'une 
de fes extrémités eft terminée en fer de lance ou pique , 
tranchant par fes côtés ; l'autre eft mouffe & tranchante. 
Avec l'extrémité pointue , on fait une incifion conve- 
nable à la tumeur de la fiftule lacrymale. Avec celle qui 
cft moufle , on coupe & on découvre le refte de Tabrces. 

La lance ou pique de Mauriceau eft faite comme le 
couteau à crochet , dont nous avons parlé en fon lieu , 
excepté que fon manche n'a point de bec i fon extré- 
mité eft un âs de pique fait en cœur , long d'un pouce 
& demi , fort aigu , pointu , & tranchant fur Çqs côtés. 
On introduit cette lance dans le vagin , à la faveur de 
la main gauche , & l'on perce la tête de l'enfant entre 
les pariétaux , s'il eft pofiible , pour donner entrée à un 
autre inftrument appelle tire-tête. 

LANCETIER. Etuit à mettre les Lancettes. C'cft un 
petit cilindre à huit pans, de chacun deux lignes ou deux 
lignes & demie , dans lequel on a pratiqué (ix cellules 
larges & étroites iuivant la largeur & l'épaiifeur des lan- 
cettes. Le couvercle eft à peu près la cinquième partie 
de l'étuit. Il tient au corps par une charnière , fe Ferme 
par le moyen d'un petit rellort , qu'un bouton placé fur 
le devant du corps ouvre à volonté , & qui fe referme de 
lui-même. On le couvre de peau de chagrui noir com- 
munément. Il y en a d'argent , de peau de chien-de- 
nier , &g. 

, Il fert à ferrer les lancettes. Dans la faignée du bras 
le Chirurgien le dorme fort fouvent à tenir au malade 
dans la main du bras qui a été percé , & le lui fait tour- 
ner durant le temps de la faignée , afin que parlemou- 
Vement des rnufcles , du poignet , & des doigts , le fang 
veineux mionte plus aifément vers la ligature qui le re- 
tient & le fait mieux couler par l'ouverture de la lan- 
cette. 

LANCETTE. Petit couteau , dont la lame taillée 
çn lance , eft extrêmement pointue , coupante fur les 
deux côtés , & fixée fur un chalfe dont les aîles font vo- 
lantes, c'eft-à-dire , qui ne font unies entr' elles que par 
le clou qui les joint à la lame, Cet inftrument eft parti- 

P. de Cia. Tome II, E 



Si LAN 

culierement deftiné à la faignée ; c'cft rinftrument du 
Cbii:urgien qu'il mec le plus en uface ; celui , par con- 
fequeiit , dont il doic le moinb Je pairer. On y diîHngue 
la lame & la chaiie. La lame doir être faite d'excellent 
acier , bien trempé , bien tranchant & extraordinaire, 
ment poli. Elle reprélentela figure d'une pyramide dont 
la pointe efl très aiguë. 6on extrémité poîtéricure qui 
porte le nom de ta/on, e(l la plus large , & n'eil nulle- 
ment tranchante. C'eft l'endroit le plus épais de la lan- 
cette , &: il eft percé d'un trou allez grand pour que la 
lame puille tourner aifément autour du clou qui l'unit 
avec la chaiTe. Le corps ou milieu de la lancette ell un 
peu moins épais , Se diminue en largeur. Sa couleur eft 
aufli différente , & n'eft pas non plus la même que celle 
de la pointe, qui eil moins blanchâtre. On a donné à cette 
partie le nom de mat ou àt fraïè de la lancette. Il ne 
doit point couper fur les côtés , ir.ais doit pourtant s'a- 
iTiincir à méfuie qu'il avance vers la pointe, tandis que 
le m'iieu relie; toujours plus épais. L'extrémité antérieure^ 
qui forme la pointe , coniêr^ye toujours un peu d'épaif- 
feur dans Ton milieu , mais lès côtés diminuent conlidé- 
rablement &: forment deux tranchans très- fins , & une 
pointe fort aiguë. Cette extrémité paroît brune encom- 
paraifon du corps ; ôc c'ed pour cette raifon qu'on l'ap- 
p Jle le èruni de la lancette. 

La féconde partie des lancettes , c'eft la chafTe. Elle 
eft faite de deux petites lames d'écaillé alfez mince, lon- 
gues de deux pouces, environ , & larges de quatre li- 
gnes. A leur partie fupérieure elles font percées d'un 
trouquirépond de Tune à l'autre. On paffe le talon de la 
lame entre eile> deux , de façon que les trous de ces 
trois parties form.ent un conduit droit , dans lequel on 
pafTe un clou , que l'on rive avec des rofettes de cuivre 
ou d'argent , fur la face extérieure des deux ai'lfjs du 
manche. La Gliair<î n'eil point unie par l'extrémité infé- 
rieure , afin que le-s ailes foient volantes & plus faciles 
à nettoïer. Le clou d'union eft de fil de l:ton , parce 
qu'il eft plus doux que le fer , mioius fujet à la rouille 



L A N^ - 83 

La lame des lancettes doit êcre au plus d'un pouce, 
fix lig es de lonsueui: , y compris le talon , fur quatre 
liinics de largeur a leur bafe : le mat , doit avoir Te pt li- 
gnes de long, & le poli & la pointe n'en doivent pas 
avoir davantage enfemble. 

Il y a des ditférences dads lés lancettes , qui viennent 
principalement de leur grandeur totale , & de la figure 
particulière de la lame , ce qui leur a fait donner diifé- 
rens noms tels que ceux-ci : Lancette a ^rain d^orge ^ 
lancette à grain d'avoine , lancette en piramide ou en 
langue de ferpent , lancette à abjces , &c, La Ijancette à 
grain d'orge eft de toutes les lancettes celle' dciii; la 
lame eft la plus large , & le fer nei:ommence à perdre 
fa largeur que fort près de la pointe. Elle eft par con- 
féquent capable défaire une large ouverture. C'eft la 
lancette des Commençans •■> ils doivent la préférer à tou- 
tes les autres , parce qu'elle ne demande prefque que 
la pondion. Elle convient .aux vaiiTeauxfuperficiels & 
gros , furtout à ceux qui ne font pas une faillie ex- 
trême au-dehors , mais qui font avoiiînés d'un peu de 
graille & recouverts d'une pbâu fine & délicate. Dans la 
lancette à grain d'avoine , la pointe eft plus allongée Se 
"plus étroite que celle de la lancette à grain d'orge , mais 
elle eft plus large & moins allongée que celle de la 
langue de ferpent. Ceft la lancette la plus commode 
de toutes, & celle qui eft le plus en ufage. Elle con- 
vient à toute forte de valifeaux. Cependant elle eft par- 
ticulièrement propre pour l'ouverture de ceux qui font 
un peu profonds , ou même qui le font beaucoup. Dans- 
la lancette en pyramide ou à langue de feipent , la lamé 
commence dés fa bafe à perdre de fa largeur ; elle va 
toujours en diminuant julques à fa pointe qui eft très- 
déliée. Elle convient pour les vaiiTeaux les plus enfon- 
cés , &: ne doit jamais tomber entre les mains des ap- 
prentifs, ni des Chirurgiens qui n'ont pas la main ablo- 
lument affûtée. 

La lancette à abfcès , ne diffère des autres lancettes que 
par fes dimenfions , qui font plus grandes, parce qu'elle 
^oit fervir dans des endroits profonds & plus rékftaiis, 

Fij 



1S4 £' A N 

Sa largeur n'excedc la largeur des autres que de dcù^ 
lignes; fabafen'a que f^x lignés de large j la longueur 
"çft de deux pouces & demi. Le mat a environ dix lignes, 
prélènte deux furfaces aflez inégales , faites à la limes , & 
(implement'ùn peu adoucies par la polifToire. Le poli 
commence àdiniinuer infenfiblement depuis le mat, pour 
former une pointe en grain d'avoine j les furfaces font 
plus bombées & plus arrondies pour laiiTer plus de force 
à .la lame. Au refte la pointe n'en doit pas être aulli fine 
que celle des autres lancettes , parce qu'elle s'émouiTe- 
roit trop facilement. Quand on s'en lert , il faut alfu- 
jcttir la lame avec le manche par le moyen d'une bande 
forte , & faire enforte qu'elle ne {léchiire p^s dans l'opé- 
ration. On lui donne le nom de lancette à abfçès j parce 
qu'elle fert principalement dans l'ouverture des abfcès 
profondément cachés fous les mufcles & dans les grandes 
cavités du corps. 

LANGUE. Mufcle trè^-agile qui remplit la capacité 
de la bouche , & qui ell Pôrgane propre & immçdiae 
de la parole & des faveurs. H eft d'une longueur , lar- 
geur & épaifTeur confidérables j mais il eft beaucoup 
plus épais à fa bafe que vers f^ pointe. Il réfulte de 
raflemblage de différens mufcles qui le reiidenjc trçi-» 
mobile en tout fens. . ' « 

Ce mufcle a différentes att^ch<?s 5 la pjamff podérieurp 
tient à l'os hyoïde i en bas il eft annexé^ la mâ- 
choire inférieure, par deux de ies mufcles, & par ua 
J^igament qui- lui eft particulier , & que Ton appelle hi 
frein ou le filet. Sa lubllance eft un tilTu de fibres char- 
nues entre-mélées de glandes, de papilles nerveufes, de 
yeines , d'artères & de nerfs i les fibres mufculeufes font 
'diyerfemcDt dirigées , & fuivant que çhacuiies fe racour- 
ciflent , la langue peut fe replier en divers fens. On 
y obferve trois fortes de fibres longitudinales qui vont 
de la bafe à la pointe j les unes pour y arriver pafient 
par le milieu <îefon corps; celle-ci en fe racourciiîant 
attirent /'la pointe vers la bafe; les autres font du côté 
droit, & en fe racourcifiant elles tirent la pointe du 
ÇÔjcé drpii j les troifiemes font du côté gauche, 6c en fç 



Weoûi-Cîlfant tWci tirent la pointe du cStc gauche. Pa*. 
fcilleiiient la langue eft coupée par des fibres tranfver*^ 
fâles qui vx>nt d'un côté à l'autre > celle-ci font perpen* 
diculaifei aux longitudinales & s'entrelacent avec 
elles , de forte que quand elles fe racourcilFent , ellest 
allongent éç arirondiffent là langue , en la rendant plug 
^paifîe & itioins àpplatie. L'on remarque outre ces der- 
nières, d'autres fibres obliques, qui coupent les longitU=* 
dinales & les tranfverfales à angles aigus 5 en fe con- 
tratîïant elles diminuent la longueur de la langue. On. 
en reconnoit enfin qui Vont perpendiculairement de 
haut en bas félon fon épailleur. Ces dernières en fé 
racourciffant , approchent la furface fupérieure de la 
langue , de l'inférieure , c'eft-â-dire , qu'elles la rendent 
plus mince êc plus àpplatie. 

La langue a plufiéuts membranes : îa première oit 
telle de deftôus eft tendineufe ; elle eft Une produdioti 
des tendons des fibres charnues , & il s'élève fur cette 
membrane de petites papilles en forme de .cornes de 
limaçon , ou de petits champignons. Il s'en trouve à 
l'extréniité beaucoup plus qu'ailleurs , êa entr^elles il y 
ett a une infinité en forme d'arc , & d'autres qui font, 
pointues ;^ 3c qui fe recourbent vers le derrière ; on ea 
reriiàrqUe encore de grandes , mais en petit nombre , 
vers la bâfe , qui font en forme d'ombilic. Ces papilles 
font logées dans les cavités de là féconde membrane , 
que l'on appelle ■vêficulalre , & font revêtues d^unc 
membrane diifércnte , très-déliée & qui fert comme^ 
d'épjderme 2 là longue. Ce font ces mamrtielohs qui 
font les inftrumens immédiats du goût. On trouve aux 
environs de ces papilles de petites glandes , qui ne font 
pas plus volumineufes que des grains de moutarde , vers 
la partie: antérieure , mais qui augmentent en grolfeur, 
à mefàre qu^elles fe trouvent plus près de la poftérieure i 
la face inférieure de la langue n a ni papilles , ni tilfiî. 
feticulàire, & n'a par cofiféquent aucune part.âux.fénfa« 
tions de^ faveurs.. 

La langue à plufieufs paires de^ mufcles rlâ première 
fsm; les ^éni&'glojfes ^ la féconde ïts J>ajiô^gfùjfis i htf 



I 

$6 t A R 

nrdi/ïemc font les cèrato-glojfes > la quatirieme Icsflytâ-j, 
^/oj(^.î , auxquelles quelques Auteurs ajoutenrpour cin- 
quième le chondroglojfe & le myloglojfe. C'eft au moïen 
âe ces différens mufcles que la langue exécute fes divers 
mouvemens. 

Les ufages de la langue font i°. d'aider à la mafti- 
cation en tournant les alimens dans la bouche , & en 
fourniiTant par fes glandes un fuc falival propre à les 
dilîoudie : 2°. de fervir à la déglutition par le moïejii 
de it% mufcles qui rapprochent fa bafe & la collent au 
palais, 3^. Elle eft l'organe fpécial du goût ; 4°. elle 
concouLt pour la meilleure partie à l'articulation de la ^ 
voix; 5;°. elle nétoïe les dents & toute la bouche des 
reftes d''alimens qui y caufent de l'incommodité , &c. 

LANGUE DE SERPENT. Petit inftrument dont | 
on fe fert pour ratilTer & nétoiet les denrs de la ma-'* 
choire infétieure. Il efl fait comme les rugines , excepté 
que fa partie antérieure efl une lame pointue , taillée 
en langue de ferpent, plane d'un côté, relevée de deux 
bifaux de l'autre, tranchante par les côtés. 

Langue de Serpent, (lancette à) Lancette dont la 
plane forme une piramide très-étroite ,& qui finit par 
une pointe nès-fine & très-déliée. Voyez Lancette. 

LARGE DU DOS. (le très) On donne ce nojn 
au mufcle grand dorfal , parce qu*il efl le plus large 
& le plus étrndu de tout le cOips. Voyez DorfaL 

LARINGOTOMIE. L'on a donné ce nom à l'opé- 
ration par laquelle on ouvre la trachée artère pour 
faire que l'air puilTe gonfler les poumons , quand il y 
a au larinx quelque obflacle à la rcfpiration ; c'efl im- 
proprement tout à fait, parce que dans cette opératioii 
l'on ne touche nullement au larinx. Le nom propre i 
cette opération c'eft celui de Broncotcmie. 

LARINGE'E Supérieure. C'efl la ptemieue branche 
artérielle qui naît de la carotide externe. Elle prend 
jiaifîance du côté interne de la carotide , fait d'abord 
un petit contour , & donne des ramifications aux glan- 
des jugulaires voifines , à la . gtaifTe & à la peau , aux 
|haiinx & aux mufcles hyoïdiens ; elle fe perd enfuitc 



L A R g/ 

'5ans les glandes thyroïdiennes , dans les mufcles & autres 
parties du larinx , d'où lui eft venu le nom de Larin- 

LARINX. Nom que l'on donne à la tête ou e-xtrémité 
fjipèdeure de la trachée artère; c'efl: cette éminence 
que l'on appelle ordinairement le nœud de la gorge ^ le 
morceau ou la pomme d'Adam. 

Il eft compofé de cinq cartilages qui font , le thyroïde ^ 
le cricoïde , deux arythenoides , & Yépiglotte qui recou- 
vre une fente , que l'on nomme la glottQ. 

Le larinx a deux fartes de mufcles ; les uns lui font 
propres , &. les autres communs ; les mufcles communs 
font ceux qui meuvent tout le corps du larinx , '6c iont 
attachés à une autre partie par une de leurs extrémités j 
les mufcles propres font ceux qui ne s'attachent qu'au 
larinx , dont ils font mouvoir fépaiément les cartilages. 

On ne compte que deux paires de mufcles communs 5 
ceux de la première s'appellent jlerno-tkyroidiens ou 
bronchiques , ou bien encore Jlerno-clino-brGncho-crico- 
thyroïdiens , des parties où ils s'attachent, oC des lieux 
fur lefquels ils pailent j la féconde porte le nom 
èihyo-thyroidiens OU thyro-hyoidiens . 

Les mufcles propres du larinx ont été fort multipliés 
par différens Anatomiftes. M. \('^in{îow qui n'en a pas 
dimiiuué le nom.bre les rapporte aux fuivants 5 les crico- 
thyroidiens , les crico-arythenoidiens latéraux , les 
crico-arithenoïdienspojlérieurs , les thyro-arythenoïdiens, 
les arythenoïdiens ,\zs thyr.-épiglottiques y lç.s arytheno- 
épiglottiques y\ts hyo-épighttiques. 

Les autres Anatomiftes ont parlé de pluîicurs de ces 
mufcles fous des noms différent i mais on doit les rap- 
porter à quelqu'un de ceux que nous venons de citer ; 
tels font 5 les crico-arythenoïdiens fupèrieurs & les 
arythenoïdiens croifês ^ qui font les mêmes que les 
arithenoïdiens ; il y en a encore un autre dont nous 
avons parlé au mot ary-arythenoïdiens , que quelques- 
uns ont nommé arythenoidien tranfverfal ou vrai 
arythenoïdien. 

Il y a de plus d'autres mufcles que M. Winflow 

F Vf 



es L A T 

appelle collatéraux , dont une portion eft attachée aià 
laiinx , & qui ne paroifTent contribuer en rien au mouve- 
ment du larinx \ tels font les crico-' pharyngiens ^ le'a 
thyrO'P h aryngiens . 

LARMES. Les larmes lie font autre chofe qu^ùnc 
îjmphe j ou une humeur aqueufe , fubtile , limpide , 
ilouce , ou légèrement falée , féparée du fang artériel 
dans la glande lacrymale , & dans les petits grains 
glanduleux , dont l'intérieur des paupières eft parfeme. 
Cette humeur fert à humeder & déterger les yeux & 
les paupières ; enfuite fc portant par fa fluidité natu* 
relie , & par le mouvement fréquent des yeux & des 
paupières vers l'angle interne , elle eft reprife par les 
points lacrymaux, & conduite au fac lacrymal qui la 
f erfe dans le nez par le canal nazai i dans l'état natu- 
rel la lymphe lacrymale s'écoule entièrement par cette 
voie ; mais fi les yeux , la glande lacrymale & les grains 
glanduleux des paupières font irrités par quelques corps 
étrangers qui y feront entrés , comme de la poufîiere , 
de la moutarde , du poivre , îa vapeur de l'oignon , la 
fumée , ou autie chofe femblable , ou par les larmeâ, 
mêmes devenues acres , ou par de violentes paffions de 
l'ame , comme la douleur , le chagrin , la trifteffe , la 
jyitié , la joie; alors ces organes fécrétoires, comprimés 
à dillerentes reprifes , verferont une plus grande quan- 
tité de larmes que les points lacrymaux n'en pourront 
abforber ; une bonne partie à la vérité y paifera, mais 
le refte s'échappera par defTus la paupière inférieure, 6ç 
coulera en gouttes fur les joues, La même chofe arri-. 
Vera , Ci les points lacrymaux , Ou le fac nazal font obftrués; 
eu comprimés. 

Les enfanSj les vieillards & lès femmes pleurent plus 
facilement que les hommes d'un âge viril , parce qu'ils, 
réfîftent moins que ceux-ci aux paffions , & que leuE- 
tempérament humide , rend la fource des larmes plus 
abondante. 

LATERAL DU NEZ. On donne ce nom à un mufeîe 
îrès-mince placé le long du piramidal. Il s'attache ea 
h%m à i'apopbyfe aazale de i'os maxillaire ^^ inférieiîrç=» 



L E N' S^ 

Ihcnt à lYile An Atz qu'il relé^ datls Ton zÛloû : on 
lui xionné auili le nà'ta à'&bïiqà'è. 

LATÉRAUX. ( fini] s) Ces fiiius font ^eux cavités 

qui forment comme deux groïTés blanches du finus 
longitudinal fupérieur \ l'un ëft à droite &: l'autre iefï 
à gauche j ils vont le long de là grande circonférence 
de la tente du cervelet ,& s'étendent jufqù'en h bafc 
de Tapophyfe pierreufe des os des tempes i dc-là ils 
vont en defceudant faire un gtand contour , puis un 
plus petit , & s'attacher dans les giandes gôutieres laté- 
rales de la bafe du crâne , dont ils fuivent la route 
jufqu'aux trous déchirés, & aux foflettcs des veines ju- 
gulaires. La bifurcation qui leur donne nailTancc , n'eft 
pas tonjours égale. Dans quelques fujets l'un des finus 
latéraux pàroit être la continuation du finus longitudi^ 
liai fupérieut , & l'autre en être une branche. Chez 
quelques-uns cette variété fé trouve à droite ■■> chez d'au- 
tres elle fe trouve à gauche i enfin l'un de ces finus eft 
quelquefois plus haut ou plus bas , & quelquefois plus 
grand ou plus petit que l'autre. 

La capacité dés finus latéraux èft triangulaire comme 
celle du finus longitudinal fupérieur , & garnie d'une 
membrane propres on 7 obferve auiTi des embouchures 
veineufes comme dans la plupart dés autres finus de la 
dure mère. La face pôftérieùré ou externe eft formée 
par la lame externe de la duré rtiére, & les deux autres 
faces jîiar la lame interne 5 les deux finus en fortant par 
la portion poftérieure des ouvertures de la bafe du crâne , 
sppellées trôtis déchirés , fe dilatent te forment une 
efpece d'ampouUe , proportionncment aux foïTettes dèS 
veinés jus^ulairés , où ils aboutillent dan5 ces veines, 
tENTICUL AIRE, (couteau) Y o^-cz Couteau, 
Lenticulaire. ( ganglion ) C'eft le premier ganglioft 
qui fe remarque en fuivant la dill'edion du cerveau dans 
la defcription des nerfs. Il eft formé par la troifieinc 
paire cérébrale ou par un petit nerf de la branche op- 
thalmilque de la cinquième paire? on l'a appelle l'en^ 
Smldirë à caufe de fa formé s il produit plufieiirs filets 



^0 L E V 

qui fe jettent tout autour du nerf optique , percent U 
membrane fclérotique & fe gliifcnt enfhite entre cette 
membiane & la choroïde julqu'à l'iris, où ils fe diftri- 
buent par des ramifications très-fines. Voyez moteurs 
des yeux , OU moteurs internes. 

Lenticulaire de V oreille. ( os ) Ceft le quatrième 
oiFelet qui fe trouve dans la caiiTe du tambour. Il a 
la figure ronde & plate , & eft le plus petit de tous. 
Il y a des Anatomiftes qui ne le regardent pas comme 
un os particulier , mais comme une épiphyfe de la plus 
longue apophyfe de l'enclume , avec laquelle il eft 
articulé. 

Lenticulaire, (os) L'on donne ce nom au quatrième 
os de la première rangée du caipe , à caufe de fa figure 
qui approche de celle d'une lentille. Voyez Fififorme, 

LENTILLE. Tache de roulTeur qui vient au vifagc , 
à la gorge , aux mains , aux bras \ quelquefois il y en 
vient plufieurs. Ces petites tumeurs prennent leur 'nom 
de leur couleur & de leur figure qui reifemblent à 
celles èit^ lentilles j comme elles ne gênent point , on 
ne cherche point à s'en défaire , & d'ailleurs il n'y auroit 
que la fedion fimple à emploïer pour en débaïrafier 
ceux qui en feroient incommodés & voudroient s'en 
défaire. Voyez f^errue. 

LEVRES. Ce font les parties qui forment le cercle 
de la bouche. Elles font glanduleufes & mufculeufes : 
on les divife en fupérieure & en inférieure ; leur beauté 
confifte en ce qu'elles foient d'une couleur vermeille , 
médiocrement éminentes , peu épaifies , ou point trop 
lenverfées. 

Lèvres des parties génitales du Jexe on de la vulve. 
Ce font deux replis membraneux qui s'étendent tout 
au tour de la vulve & en forment les bords ; elles font 
couvertes de poils dont la couleur , la forme & la quantité 
varient fuivant l'âge & le tempérament j leur épaifieur 
eft augmentée par la grailTe qui s'y trouve en afîez 
grande quantité , fur tout à leur partie fupérieure j elles 
deviennent plus minces à mefure qu'elles defcendent vers 



LÏ'G 9T 

^'anus. La peau s'amincit en fe portant vers fintèneur, 
'& les poils difpaioiirent : cet endroit eft garni d^un grand 
nombre de petites glandes, qui filtrent une humeur, 
qui dans l'état naturel, fert à lubréfier ces parties : dans . 
les peribnnes qui ont beaucoup d'embonpoint, cette 
humeur eft quelques fois blanchâtre & en grande quan- 
tité , ce qu'il faut obferver pour ne pas la confondre 
avec celle qui coule dans lesgonorrhées. Les lèvres fe réu- 
nilfent en haut & en bas ^ & on donne à cette réunion le 
aom de commzjfure. La commilTure imérieure fe fait 
proche le périné, par une peau ligamenteufe , que l'on 
appelle le frein des lèvres ou Id. fourchette. M, W infloW 
donne le nom. à' ailes aux lèvres de la vulve d'après les 
anciens Anatomiftes , & celui èl extrémités ou Sangles 
du fiTius à leurs commiixures, 

LEUCOMA. Taie dans l'œil ou tache blanche qui 
fe forme à la cornée par une limphe vifqueufe engagée 
dans' cette' membrane , ou par une cicatrice eu confé- 
quence d'une plaie , d'un ulcère, d'une puftulè, comme 
il arrive Couvent dans la petite vérole. Voyez Taie. 

LIEU D'ELECTION. Ceft telui que le Chirurgiea 
choifit pour faire une opération fur quelque raifon qu'il 
foit fondé. Voyez Opération, 

LIEU DE NECESSITE'. C'eft l'endroit où le 
Chirurgien eft aftreint à faire une opération. Voye:£ 
Opération. 

LIGAMENT. Le ligament eft une fubftance blan- 
châtre , fibreufe , ferrée , compaéle , plus fouple que le 
cartilage , & pliante , difficile à rompre ou à déchirer, 
& qui ne prête prefque point, ou ne prête que très- 
difficilement quand on la tire. Voilà la defcription que 
M Winflow fait du ligament en général. 

Les ligamens font compofés de fibres très-déliées & 
très-fortes , &: fervent à maintenir en fituation les os 
articulés ; il y en a qui ont une formie ronde ; d'autres 
une plus plate i les uns font des bandes larges ; les autres 
des cordons étroits. En fixant les articulations , ils affer- 
mifieat auffi la plupart des parties molles qui s'atta- 
chent à eux. Ils portent diffcrens noms fuivant leur 



^t. 1 1 (? 

dii*érent€s fîgùïreâ & félon ieurs ufages oa leurs divérrcj 
înfêrtioiis. 

Ligament deCo^^rper, de Fallope, de Poupart,. "Voyez 
Inguinal, 

Ligament. SufpenJ'eur ou fufpenjoir de la verge ^ li'» 
gamsnt à rejfort. C'eft un ligament fort & élaitiquc, 
deftiné à fufpendre la verge & à rempêeher de tomber 
fur le fcrotum i il s'attache par une de fes extrémités 
2 la racine de la verge , il lepanouit énfuite fur les 
corps caverneux , jufqu'au gland , & par l'autre , à la 
iVmphyfe des os pubis , & remonte quelques fois jus- 
qu'à la ligne blanche; ce ligament jette des deux côtés 
^es expanfîons ligamenteuTes qui s'étendent jufqu'à 
Tenus, 

LIGAMENTEUSE, (s'ymphyfe) Yo)tzSynevrofi. 

LIGATURE. Inftrument de drap dont on fe fert 
pour la faignée , pour faire gonfler les vailfeaux. Il doit 
être de drap, parce qiïe c'eft la matière qui unit le mieux 
la force avec la fouplcffe. C'eil une bande large de deux 
doigts , fur une aune de long i de couleur ordinaire-. 
ment rouge. Voici la manière de s'en fervir : par, exem- 
ple dans la faignée du bras. 

On prend la ligature, déroulée, par le milieu , avec 
îcs deux mains , de façon que les deux pouces foient. 
couchés en long fur la même face en-delîus , & les qua-. 
trc autres doigts de Tune & l'autre main touchent l'au-- 
trè face en-deifous. On pofe enfuite la li2;aturc , en ea 
appliquant le milieu, environ trois ou quatre traversa 
de doigt , au-delTus de l'endroit où l'on veut piquer.. 
Puis giiffant les deux chefs de la ligature fous le bras 
parallèlement l'un à l'autre 5 on y fait im renverfé avec 
le chef inférieur , que l'on conduit fur le premier tour 
jûfqu'à la partie externe du bras. Là il eft arrêté avec 
l'autre par un nœud en boucle , pour pouvoir ferrer &, 
ddîerrer à volonté. 

Ligature. ( Opération ) Cette opération confifte à liée 
lés gros vaiifeaux , après une amputation. Autrefois oiv 
mettoit plus en ufagc les cauftiques. On brûloir l'ex-- 
îtémité des artères^ ou avec uu fer rouge , ou avec le' 



L î G 91 

f itriol ; il fe faifoit une efcarre qui arrêtoit le fang l, 
pau la fuite cette rfcarrc fe levoit, & l'hémorragie reco m- 
mençoit. Aujourd'hui on lie les vailTeaux, & voici çarn-, 
meiu cela fe tait : les uns, anciens parrni les modernes , 
fe fervent àc petites tenailles, par le moïen defquciics 
ils tirent l'extrémité des artères -& des veines ^ & les 
font déborder le moignon. Ils faifîffent aufli-tôt un petit 
ruban de fil ciré , avec lequel ils lient les vailfeaux. Mais 
ce tiraillement des vaiifeaux ne plaît point aux nou- 
.ycaux,& ceux-ci fe fervent dune petite aiguille cour- 
be , enfilée d'un fil doublé en quatre, & bien ciré, 
qu'ils paifent un peu dans les chairs, autour du vaifleau, 
& ramènent à eux pour en nouer les deux extrémités. 
Par-là le vaiifeau étant lié avec les parties folides, en- 
vironnantes , ne court point les rifques de fe couper à 
l'endroit où le filefl appliqué, ouïes parois ont au moins 
un tems fuffifant pour fe coller Se s'unir enfemble , de 
façon à réfiller à l'impulfion des fluides, ce qui cft le 
but qu'on fe propofe dans cette opération. Voyez Am-^ 
putation. 

Les amputations ne font pas les feuls cas ou l'on fafTç 
l'opération de la ligature. On la pratique encore dans 
ranévrifme faux , dans les grandes plaies où les vaiffcaux 
font ouverts , & les hémorragies conlidérables. 

Gn fait encore la ligature avec un cordon de fil ou 
de foie autour du pédicule d'une loupe , d'un polype , 
iJ'une verrue j d'une excroiffance charnue , dont la bafe 
cft étroite , afin de comprimer les vaifTeaux qui s'y diC- 
tribuent, d'intercepter le cours des liquides, & défaire 
détacher la tumeur par mortification. On a foin de ferre? 
le fil tous les jours, de peur qu'il ne fe lâche. Voyez 
JLcupe. 

La même opération fe pratique encore dans l'accou- 
chement , au cordon ombilical. Auffi-tôt que l'enfanç 
l?ft forti du ventre de fa mère , on prend un fil doublé 
en deux ou trois , &: ciré , on commence par lier le 
cordon à deux doigts de diftancc de l'ombilic du fœ- 
tus , & cette première ligature étant faite, on prend un 
fécond fti de mêraç^ ngt^re q,ue l'autre ^ & l'on lie i. 



94 L I M 

un çîoigt de diftance de la première ligature, le cordoa 
que l'on coupe enfuite entre les deux. On fait ces deux 
ligatures , afin d'éviter les hémorragies qui arriveroient 
& du côté de la mère & du côté de l'enfant. Voyez 
Accouchement. 

LIGNE BLANCHE. Ceft une forte de croifement 
de fibres qui fe remarque fur le ventre, depuis le car- 
tilage xiphoïde , jufqu au pubis. Dans les hommes cette 
partie ell fouvent garnie de poil Elle réfulte vraiment 
de la jondion des fibres tendineufes des mufcles du bas- 
ventre, lefquelles fc croifent & lailTent la trace de leur 
croifement dans tout ce trajet. Il faut dans les opéra- 
tions de Chirurgie qui fe pratiquent fur le ventre ^ mé- 
nager cette ligne autant qu'il ell pofîible. On lui donne 
outre le nom de blanche^ celui de médiane , parce 
qu'elle partage verticalement le bas-ventre en deux par- 
ties égales. 

Ligne médiane. Autre ligne qui fe remarque à la 
furface de la langue. On lui donne ee nom, paice qu'elle 
femble la couper longitudinalement en deux parties 



égales. 



LIMAÇON. Cornet fpiral à double conduit, creufé 
dans la partie antérieure du rocher , à peu pies comme 
la coquille d'un limaçon. On lui donne à cet effet plus 
communément le nom de Coquille. Voyez Coquille. 

LIME. Inflrument de Chirurgie , qui fert particuliè- 
rement pour les dents. Il y en a de plufieurs forces, & 
en général elles varient par leur longueur, leur largeur, 
& leur figure. Les unes font plates & liment des deux 
côtés i les autres ne mordent que d'un côté, &; l'autre 
efl liffe & poli , afin que la lime , pafiant entre deux 
dents , n'en ronge qu'une leule. Il y en a dont l'une des 
furtaces eft plane & l'autre arrondie, & elles ne liment 
que par le côté arrondi. Enfin l'on en fait qui ont comme 
une efpece de vive-arrête le long de leurs furfaccs , & 
quatre bifeaux qui forment deux tranchans , dont cha- 
cun mord des deux côtés. 

Il faut que les limes foieiu d'un bon acier , bien trem- 
pées j que les plus grandes n'ayent pas plus de trois 



L I M 95 

pouces de long. Il y en a qui n'ont pas plus dedeux lignes 
Se large i 'd'autres en ont trois , & les plus larges ne 
doivent pas excéder quatre lignes & demie. Les Chirur- 
giens qui veulent avoir ces infttumens ne doivent point 
les commander aux Couteliers j celles qu'ils font à l'ex- 
trémité de 1 étuit de certains inftrumens , ne valent rien , 
&: ne mordent point. Comme il en feut une douzaine , 
M. Garengeot leur confeille de s'en fournil; chez les 
Clinquaillers. 

Là manière de fe fervir de ces petites limes eft au- 
tant différente , que les dents veulent être différemment 
limées. Par exemple , les dents qui ne touchent pas de 
niveau celles qui leur font oppofées , en fe formant , 
& qui n'ont aucunes bornes pour limiter leur crue de- 
venant plus grandes que les autres, ont befoin d'être li- 
mées par le tranchant de la lime , afin de les égalifer 
avec leur compa2;nes. Dans ce cas on prend une lime 
plate, ^ qui mord des deux côtés i on la tient par 
fa queue, ou par fon manche, avec le pouce, le doigt 
index & celui du milieu de la main droite, obfervant 
que les doigts foient en-delfous, & le pouce en-deflus, 
puis portant le pouce de la main gauche fur la furface 
antérieure de la dent qu'on veut limer, afin de la fou- 
tenir , on lime doucement de dehors en dedans , & de 
dedans en dehors. Quand les dents font trop prelfées les 
unes contre les autres , on les fépare ; ce qui fe fait avec 
les limes. Pour y parvenir, on prend d'abord une lime 
qui ait une côte dans fon milieu , & par conféquent 
quatre furfaces qui forment deux tranchans. On tient 
cette lime de même que la précédente •■> à la différence 
qu'un tranchant efl en-deffus, & fautre en-defTous. On 
porte enfuite le pouce de la main gauche fur la fur- 
face antérieure des deux dents qu'on veut féparer, & on 
lime. Lorfqu'on a fait un peu de voie , on prend une 
lime plate , & à mefure qu'on avance , on change de 
lime. Si l'on veut ménager plus une dent que l'autre, 
on fe fert de limes qui ne mordent que d'un côté. 

L'ufage des limes pour arranger les dents, n'eft pas 
cxemt d'inçonvéûicns j if. on ne peut limer ces parties 



ç§ L ï M 

fans les ébranler confidémblement : oi*, toute <3ent ébran- 
lée par plufieurs feçoufTcs , frçqueipment réi'terées, nç 
tient point avec affez de fertneté dans Ton alvéole , Se 
iLombe dans la fuite j %°. la lime en mordant fur la 
dent, ufe l'émail , ou l'amincit tellement ^ que ne pou- 
vant pas aiTez garantir les petits filets nerveux, les dents 
deviennent douloureufes , la carie s'en fuit , & la dent 
tombe. 

L'ufage des limes eft donc de fcrvir à féparer les dents 
trop prefTées , de diminuer légèrement celles qui font 
trop longues , d'abbattre de petites pointes qui accro- 
chant la langue , ou les gencives , donnent nailfance à 
des ulcères carcinomateux. Mais il ne faut les empîoier 
que le moins poffible, &c avec beaucoup d'adrefle &c de 
précaution. 

LIMER. Faire une entamûre aux os , par le moien 
d'une lime. On pratique cette opération pour égaliier 
les dents , & en emporter la carie , &c. 

LIMPHATIQUE. Se dit de tout ce qui concerne 
la limphe, foit vailTeau , foit glande. On diflingue deux 
fortes de vaiileaux limphatiques : les artères & les vei- 
neinesj mais on ne fçait pas encoie, d'une manière bien 
précife , comment les vailfeaux de cette nature pren- 
nent origine dans les vilceres , & aux extrémités. Ori 
fçait feulement que ceux que l'on démontre pour l'oi> 
dinaire, accompagnent les veines fanguines , & fout eux-- 
mêmes veineux , parce qu'ils rapportent la limphe en 
commun dans le canal thorachique. M. Ferrein a donné 
à l'Académie des Sciences la delcriptiption de nouveaux 
vaiffeaux limphatiques , qu'il regarde comme premiers, 
& donnant naiifance à ceux de Bartho.lin. Ce fçavant 
Anatomifte les a expofés dans une féance publique de 
FAcadémie , en 1741 , & alTure qu'ils font artériels &ç 
veineux. Il les démontre , toutes les années , fur des 
yeux humains , dans fes cours particuliers d'Anatomiç 
& de Phyfiologic. 

LIMPHE. Humeur fecondaire qui dans le corps hu- 
main femble fervir de véhicule au iang. Elle eft blanche, 
limpide , vifqueufè & gélatineufe, à-peu-près Icmblable 

à 



L î M 97 

Il 4e Teau , mais pluâ épailîe & moins tranfpai'ente. Elle 
furnage à la partie rouge du Tang, dont elle fe fépare 
apiès la faignée. Le cours de la limphe s'explique de la 
manière fuivante. Tout le fang , ou plutôt tout le liquide 
.que les artères conduifeiit aux différentes parties, aux- 
quelles elles fe diftribuent , ne palfe pas des artères 
dans les veines fanguines. Une portion de ce liquide fe 
lepare de la maile pour diftéreas ufages. Lorfque les 
artères fanguines ont fouiîert un nombre prodigieux de 
divisons &c de fubdivifions , & qu'elles Ibiit répandues 
en une infinité de ramifications fur les parties où elles 
fc rendent j il part des côtés de ces artères capillaires, 
,dcs vaiiîéaux d'un diamètre encore plus petit, qui don- 
nent entrée à une partie de la lymphe , tandis que le 
refte du fang prend la route des veines avec kfquclles les 
artères fanguines font anallomofées , ou abouchées. Ces 
petits vaiileaux qu'on appelle aitères lymphatiques, fe 
ramifient fur toutes les parties, pour y porter une lym- 
phe qui fert à la nourriture de tout le corps, & pour 
fournir difiérentes humeurs, dont les unes doivent être 
rejettées hors du corps, & les autres rentrer dans les 
ïoutes de la circulation. Ce qui refte de la lymphe après 
qu'elle a fervi aux ufages auxquels elle eft deilinée, efl: 
reporté par des vaiffeaux, qu'on appelle veines lympha- 
tiques. Ces veines qui font extrêmement fines dans leurs 
principes, ou à leur origine, fe réuniilènt plufieurs en- 
femble en avançant, forment des vaiiTeaux un peu plus 
gros , & portent la lympne dans des glandes qui font pla« 
cées de diftance en diftance, comme des entrepôts. 

La lymphe qui revient des extrémités inférieures ; 
traverfe des glandes qui font fituées aux environs des 
articulations, comme à la racine des orteils, ou doigts 
des pieds, autour des chevilles, ou malléoles, aux ge- 
noux , aux aines. Cette lymphe qui revient des jambes 8c 
des cuilfes , aufli bien que celle qui revient de tous les 
vifcères du bas-ventre, fe rend dans les glandes du méfen-i 
tere, & enfuiteau réfervoir de Pecquet , d'où elle prend 
la route du canal thorachique qui la conduit dans 1^ 

D. de Ch. Tom. II. G 



98 L I M 

veine foaclaviei-c gauche, où elle fe mêle de iiouvea!| 
avec le fang. 

Lalymphe des extrémités fupérieures a de pareils entre- 
pôts aux articulations des doigts ,aux poignets,aux coudes , 
aux ailTeiles ; & elle va comme celle qui revient de la tête 
&de la poitrine, fe rendre aufli dans la fouclaviere gauche. 
Les vaiifeaux lymphatiques font formés de membranes 
trés-minces, & qui par eonféquent ont peu de reilbrt 8c 
de force, pour chaifer le liquide qui les parcourt. Il fc 
rencontre dans les veines lymphatiques de petites valvu- 
les fort fréquentes, qui permettent n la lymphe de s'a- 
vancer vers le cœur , & qui l'empêchent de retourner en 
un fens contraire. Le mouvement de la lymphe eft en- 
tretenu par le mouvement du fang qui la poulfe , & par 
le battement des artères fanguines , qui font répandues 
dans toutes les parties du corps. Ces artères ne peuvent 
battre fans comprimer les petits vaiiîeaux qui les envi- 
ïonnent. La compreirion force la lymphe à couler, Se 
comme les valvules & une nouvelle lymphe qui afflue 
continuellement , s'oppofent à fon retour , elle doit né-, 
cellairement avancer , pour aller fe rendre au cœur. 

LINGUAL on prononce Lingoual. ( nerf petit ) C'eft 
un rameau qui fe détache du nerf maxillaire inférieur 
dans le paiTage de ce dernier entre les deux muklespte- 
ri2;oïdiens , & quelquefois un peu auparavant. Il ell aifez 
confidérable , approche fouvent de la grolfeur du tronc 
d'où il part, & qu'il accompagne entre ces deux mufcles, , 
jufqu'à un peu au-delTus du canal de la mâchoire infé- - 
ricure, où il quitte le tronc, & s'avance fur le mufcle 
ptédgoïdien interne , auquel il jette un ou deux filets. 
Un peu après fa naiiîance il communique avec le tronc 
par un rameau collatéral très-court & quelquefois plexi- | 
forme. Il porte enfuite au même endroit un rameau par- ! 
ticulier , qui fuivant fopinion commune en naît , & va- 
auffitôt gagner l'oreille interne. La plupart des Anato- 
-miftes le regardent auffi comme un nerf récurrent, parce 
qu'il remonte en arriére. Aiant traverfé la caiife du tam- 
-bour de l'oreille , il va communiquer avec la portion 



LIT 99 

Eure du ncif auditif. Mais l'angle qu^l fait avec le petit 
nerf lingual fon tronc , eft fort aigu & tourné en devant 
de façon qu'il paroît plutôt venir de l'oreille pour s'unir 
avec lui , que d'en tirer origine. 

Le petit lingual s'infinue enfuite fous la partie laté- 
rale de la langue, & par-deiTous la glande fublinguale , 
en donnant des filets aux parties voifines, c*eft-à-dire^ 
aux mufcles de la langue , aux hyoïdiens & aux pharin- 
gicns. Après quoi il fe perd dans la langue & fe termine 
vers fa pointe, après avoir communiqué par pluiieurs 
•filets avec les extrémités du nerf de la neuvième paire. 

Il y a d'autres nerfs qui fe diftribûent à la langue^por- 
tent aufli le nom de Iwguaux j on en peut voir la ài^ï^ 
cription à l'article Guflatif.s & Hyppoglojfes, 

LINGUALES ( glandes ) grains glanduleux qui ta- 
piifent la face exteine de la langue , & concourent avec 
les autres glandes buccales, à la fécretion de l'humeuc 
falivale 

LINIMENT. Remède topiqu>e , onélueux de confif- 
tance moienne entre l'huile & l'onguent , compofé de 
cire, de graiiîe , d'huile, d'onguens j de pulpes, de fucs, 
d'efprits, de iels volatils, deftiné pour adoucir, ramollir, 
réfoudre , calmer, pour difTiper les humeurs & fortifier 
ies nerfs. 

LIPOME. Loupe grailTeufe, ou efpéce de tumeur en- 
Kyftèe formée par une graiHe épaifîie dans quelque cel- 
Iule de la membrane adipeufe. Il en vient quelquefois 
Vie fort giroiTcs entre les deux épaules. Voyez Loupe. 

LIPPITUDE. Maladie des yeux dans laquelle uiffe, 
humeur vifqueufe, èpailfe & acre fuinte des paupières 5£ 
les enflamme. On a aufïi donné ce nom à l'inflammation 
de l'œil , à l' ophtalmie , mais mal-à-propos. 

LISEUR. On donne ce nom au mufcle addudeur de 
l'œil , parce que quand on lit, il tourne l'œil en-dedaiis 
vers le livre. Voyez Addudeur. 

^*'-LIT DE MISERE. Lit que l'on prépare exprès pour 
accoucher une femme. C'eft une couchette couverte d'une 
paillaiïe. Le mattelas ^n cft plié en deux & n'occupe que 
la moitié du lit. Il y a un traverfin en tête, La femme eft 

Cij 



aoo LIT 

placée dciTus de façon que les pieds portent a pîat fur ÎJI 
paillaiTe, les felîes fur le bord du matrelas doublé , taiidig 
que le corps cft élevé fur le tuavcrfin. Dans cette pofture 
la femme eft fituéc avantageufement pour accoucher. Il 
faut que l'Accoucheur ou la Sage-femme ait foin que 
ce lit foit toujours placé près du feu, dans quelque fai- 
èbn que ce foit, & le garniffe d'une nappe ou d'un drap 

flié en trois & de long pour le mettre en travers fur les 
ords du martelas plié , diredement où il faut que la 
«iialade ait les reins pofés, afin que ce linge ferve à la 
Soulever dans le tems que l'enfant vient à fortir du vagin, 
.Voyez Accouchement. 

LITAIASIE. Voyez Lithiafis. 

LITHIASIS. Maladie calculeufê. Ceft la même chofe 
que calcul. On dit d'un fujet qui a la pierre , particulier 
tement dans la veiïie urinaire , qu'il a le calcul ou is 
lithiafis. 

Ce mot fe dit aulTi d'une maladie des paupières qui 
tionfifte dans un ou pluficurs petites tumeurs dures & pé- 
trifiées, engendrées fur leurs bords. On les nomme autre- 
«nent ^ravelles : elles font caufées par une lymphe 
cpaiife, endurcie &: convertie en petites pierres ou fables 3, 
-dans quelques grains glanduleux, ou en-dedans de quelque 
^aiifeau limphatique, ce qui les rend enKyitées. Dans 
.«c cas on guérit par l'opération, qui confilte à faire une 
incifion fur ces petites tumeurs , à les découvrir & à les 
«xtirper. On pratique fur ces duretés pierreufes ^ les unes 
après les autres , de petites incifions longitudinales avec 
•une lancette pour les découvrir i puis avec une airigne, 
on retient la dureté pour la difîequer & la féparer avec 
une efpéce de petite feuille de mirthe tranchante , fans 
trien emporter de la membrane des paupières. On met 
.<)ar-deirùs ces petites ouvertures un emplâtre ag-g-lunatif 
pour en faire la reunion, puis une compreiie trempée 
dans un collyre aftringent ;puis on applique un petit ban* 
-dage qui maintient tout l'appareil. Il y en a qui veulent 
que (i ces grains paroilTent plus au-dedans de la paupière 
qu'au dehors, on y falfe les incifions par dedans, cela fe- 
4:0k en effet plus avantageux ^ §'U ne falloit pas rct^viraq^. 



LIT îfflii 

la paiipierc , ce qui eft beaucoup plus incomiViode que 
tt travaille!.- en dehors, manière d'opérer que M. Dionis 
préfère, 

LITHONTRIPTIQU E. Médicament que l'on croit 
propie à brifcr la pierre dans les reins & dans la veflie. 
Tels fonc la faxifrage , le lithofpermum , le houblon , la 
pariétaire, les racines d'arrete-bceuf, de chardonroUand, 
de brufcus, d'afperges, &:c. l'efprit de fel, detérében* 
Chine i &c. mais l'on n'a pjoint encore un lithontriptiquc 
aifez efficace ; ceux quel'on vient de nommer ,& tous les 
autres de même efpéçe , ne font que de forts diureti« 
ques, 

LITHOTOME. Inftrument tranchant avec lequel ou 
ouvre la veffie , pour en tirer les pierres. Ceft un grand' 
billouri dont la lame à environ un pouce de large fur 
trois de long. Elle eft tranchante fur les deux côtés; de 
l'un fuivaiit toute fa longueur; del'autre jufques au trois 
quartsde fa longue;ur.Lereftedecebordformeledos.Les 
^eux tranchansfont féparés par une vive arrête qui régne 
depuis le talon jufq^i'à la pointe de la lame. 

La challe eft compofce de deux lames d'écaillé qui 
font mobiles autour d'un clou qui les unit avec la lame , 
comme la. chaife des lancettes. 

PQur fervir de cet inftrument, il faut l'ouvrir & le 
fixer avec une bande dont on l'entoure j le Chirurgien le 
faifit enfeite de façon que le demi-tranchant eft fupév 
rieur; le pouce appuie fur une des rofettes de la chaffc, 
le doigt du milieu fur l'autre rofette, & le doigt index 
fur le dos ; lerefte delà cbaffe pofe dans le creux de la 
main & fur les mufcles thenar & antithenar. 

LITHOTOMIE. Opération par laquelle on tire les 
pierres contenues dans la vefTie urinaire ; quoique fout 
lcnom.de pierre, on comprend généralement toutes 
fortes de corps étrangers , comme des grumaux de fang , 
^es membranes , des chairs endurcies, qui par leur 
malfe , leur volume & leur confiftance , empêchent le 
cours de l'urine, & obligent d'en venir à la inême ope* 
ration , pour en débarrafTer la veflie. 

A-vant que d'e&treprendrc cette opération , ilefttosé. 

G iij 



lOX LIT 

jours de la dernière conféquencc de s'aiîurcr de Pexifl ' 
tence de ces corps , & particulièrement de la pierre; 
Voici les fignes qui inftruiront le Lithotomifte : le ma- 
lade refT^nt dans la région de la velîîe une douleur 
continuelle , qui s'augmente lorfqu'ii veut uriner. Les 
urines font quelquefois blanches, ternies & crues , quel- 
quefois troubles , bourbeufes & fanglantes. Quand oîi 
ieslaiiîe repofer , on voit au fond du vafe un fédiment 
blanc femblable à du pus , avec de la mucofité & du fa- 
von. Le malade reffent encore des douleurs au périné , 
& une forte de péfanteur , il porte fouvent la main s 
la verge , il la tire pour fe foulager. Il lui furvient des 
érédions involontaires , & il éprouve un piquottement 
qui répond au bout de la verge , fouvent fon urine ne 
fort que goutte à goutte 5 fouvent elle fe fupprime en. 
tiérement , & augmente confidérablement les douleurs. 

Quoique tous ces fymptômes dénotent ordinairement 
l'exiilence des pierres dans la vefùe , cependant ils ne 
{ont pas tels qu'on puilïe établir deifus un jugement 
infaillible. Parce qu'ils conviennent aufli aux inflamma- 
tions & aux ulcères de la veflie & de Turethre, on doit 
donc recourir à d'autres encore qui foienr moins équi- 
voques 5 les doigs & la fonde font les plus certains. 

Pour fonder avec les doigs , le Chirurgien aura foia 
d'avoir les ongles rognés i 6c de frotter le doigt indice 
ou celui du milieu , dont il devra fe fervir , de quel- 
que corps gras &c ondueux , tels que l'huile d'olive , le 
beurre hais , &c. Il fait enfuite coucher fon malade à la, 
renverfe en travers du lit , & fur le bord , les felfes en- 
dehors , les çuilTes hautes & écartées , puis il lui intis* 
duit dans Tanus, le plus avant qu'il peut , le doigt oint 
d'huile, &n'y ayant alors que répaiifeur du redum &de 
la vefEe entre fon doigt & la pierre , il lui eft aifé de 
s'aiTùver deTexiftence & de la fituation de ce corps étran- 
ger j furtout jlprs qu'appuyant de fon autre main contre 
la région hypogaftique du malade ,. il pouife vers le rec-» 
tum la pierre engagée dans la veflie. Chez les femmes ^ la 
matrice étant placée entre la vefîie & le boïau reâam , 
l^ Lithotamiftç nQpo.uri:oit pas kiuk h. pierre 5 coiBnj.c? 



HT ^ 105 

thcz les hommes , s'il agiffoit de la même façon ; c'eft 
pourquoi , pour fondtr une femme avec le doigt ; il faut 
rinfinuer dans le vagin , au lieu de le faire dans l'intet. 
tin. Quant aux filles , il faut abfolum^nt abandonner 
cette efpéce de fonde , & recourir néceifairement au 
cathéters. 

Il n'eft pas aulji aifé de fonder un homme avec Taïga- 
îie , qu'une femme. La longueur & la figure courbe de 
l'urethre chez l'homme , font la caufe de cette difficulté. 
Il faut de l'adrelTe & de l'habitude pour y réuflir. On 
prend une fonde de la longueur de dix à onze pouces ^ 
^ de la grolfeur d'un petit tuyau de plume à écrire, 
faite d'argent pour l'ordinaire , ayant dans la moitié de 
fa longueur la figure d'un croiffant , tandis que l'autre 
moitié etl droite. Le bout de cette première moitié tant 
foit peu plus menu que l'autre eft moulfe , &c l'extré- 
mité de celle qui eft droite , eft garnie de deux an- 
neaux qui fervent à la tenir plus ferme. On graille toute 
la fonde avec de f huile , & Ion fe difpofe à l'introduire 
dans la veflie. Voyez Algatie. 

Il y a deux manières de fonder, C'eft au Chirurgien à 
choifir celle qui lui paroîtra la plus sûre & la plus fimple. 
L'une confifte à prendre la verge du malade avec deux 
doigts de la main gauche , le pouce & l'index , tandis 
qu'il tient des mêmes doigts de l'autre main la fonde. 
Puis , élevant la verge , il porte à l'orifice de l'urethre 
le bout de la fonde , obfervant que fa courbure reponde 
à la convexité du ventre du malade ; alors ayant intro- 
duit doucement le bout de la fonde dans le canal uri- 
naire , il le pouffe jufqu'à ce qu'il foit parvenu à la ra- 
cine de la verge , qu'il baiffe au même inftant , afin que 
la pointe de falgalie montant en-haut , elle puiife palier 
par-deffous les os pubis , & pénétrer dans l'intérieur de 
la veffie. L'autre manière diftere de la précédente , en 
ce que le dos de falgalie regarde le ventre du fujet, 
& que l'ayant poulfé jufqu'à la racine de la verge , oa 
fait faire à f inftrument un demi tour , en le penchant 
conjointement avec la verge vers l'aine droite , & le 
bâiiïant enlujte. Par ce, moyen , la pointe de lafond^ 

G iv 



Ï04 LIT 

recevant une légère impulfion , entrera facilement daîiy 
la veflie. C'eft de cette dernière façon que fondent, ptef^ 
que tous les Litholomittes , qui Tafiedent , pour taire 
adroitement ce taur, qui porte le titre à^ç. tour du Maures 
mais ce n'eft pas la plus fimple , ni la plus fûie ; car la 
fonde étant près d'entrer dans la veflle , Ton fent quel- 
que fois un obftacle qu'il ne faut pas farcer. Cet obf- 
t?icle pouvant être caule par le verumontanum,. Ainli l'on 
rifque dans, cette manière de fonder , d'endommager 
cette valvule , plus que dans l'autre , qui, coaféquem-^ 
, ment , ell préférable , fur tout pour ceux qui ne font pas, 
habitués à fonder. 

Quant aux femmes., c'eft autre chofe. L'urethre de la 
femme étant cou: te & droite , on n'a pas beaucoup de 
peine à y introduire une fonde , qui, pour cette raifon j^ 
n'eft nullement auffi longue ni aufu courbe que le ca- 
théter pour les hommes. Cette fonde eft droite , &■ 
lonj^^ue de fix à fept pouces. On la graille d'huile, puis 
ayant couché la malade à la renverfe , on lui écarte les- 
nimphes, delamaingauche,ondécouvreroriiicede l'ure- 
thre , puis de la main droite , oninfmue doucement l'al- 
galie dans la veâie. La fonde introduite chez les hommes^ 
comme chez les femmes , on la tourne à- droite & à: 
gauche , & quand il y a des pierres, ou quelque autrc^^ 
corps étranger , on en recomioît bien vite l'exiftence ôc 
lafituation. 

Quand les doigts ou la fonde ont alTuré le Chirur- 
gien qu'il y a une pierre dans la veille , il en faut né- 
ceifairement venir à l'opération , & choifîr k temps 
pour la pratiquer. Les Anciens remettoient toujours 
cette opération à faire au printemps , o.u à l'auromne 
mais la mort de plufieurs perfonnes , qui ont péri en at- 
tendant ces temps , a fait réfléchir les Chirurgiens mo- 
dernes , qui la pratiquent heureufemenî en tout temps 
de l'année . en obfervant feulement que leurs malades 
n'éprouvent ni le froid ni le chaud , au point d'en être 
affcdés & mal difpofés à l'opération. L"'ne précaution né- 
celTairc avant l'opération, c'eft de préparer fon malad< 
jÛii ie fai^ne une fois ou deux 5 fuivant fes forces , orilu^ 



LIT T05 

iîonne plufieurs iavcmcns , & on le purge fuivant que 
l'indication s'en piéfente. La réuflite de l'opération dé- 
pend beaucoup & quelquefois entièrement de la prépa- 
ration. Mais le Chirurgien ne doit jamais opérer ni le 
jour , ni le lendemain d'une médecine. Au reftc, il y a 
quatre manières d'op:rer, à l'une dcfquelles il faijt avant 
tout, que le Chirurgien fé détermine.. 11 doit choilir du 
haut, du grand , du petit appareil, ou de l'opération la- 
térale i voici la manière d'opérer dans tous les cas. 

Opération au petit appareil, 

La taille au petit appareil cft ainli nommée parce qu'il 
faut peu d'inftrumens pour la faire. Avant Jean Roma- 
nis, Médecin de Crémone, qui fut le premier qui in- 
venta la taille au grand appareil, & qui la pi'atiqua à 
Rome en 152.O, on tailloit toujours par le petit appa- 
reil. Aujourd'hui Ton emploie l'une 6c l'autre , & plus, 
fréquemment le grand appareil, le petit n'ayant guères 
lieu que pour les enfans. 

Les inilrumens nécelfaires au Chirurgien dans ce cas 
font 1°. deux aides i 1°. un lithotome j 3*. un crochet i 
4°. une tenette. Il doit avoir pour le panfement l°. une 
bande nommée collier; 2.°. le bandage en T double ; 
3°. des plumaceaux couverts d'un baume 54*^. un emplâtre 
a queue > 5°. une comprelîe taillée de même j 6'^. de 
riiuile rofat dans un petit plat ; 7*^. une comprelTe longi- 
tudinale nommée rroz^J^; 8°. une autre compreile appel- 
lée ventrière', 9°. une petite terrine remplie d'oxycratj 
10®. une petite bande nommée jarretière h 11°. Enfin 
une traverfine.La fonde dont nous avons parlé nefervant 
que pour s'aflurer de l'exiftence de la pierre ne doit point 
être comptée au nomli-re des inftrumens qui fervent à 
l'opération; néanmoins il en faut avoir une au moins 
propre à fonder les enfans. 

Après avoir difpofé Tes inftrumens & tout fon appa- 
reil, le Chirurgien met la main à l'œuvre. Il emploie un 
de fes ferviteurs à tenir l'enfant , & l'autre à relever la 
ferge & le fciotum.Le premier doit être un homme fort.^ 



10$ t I T 

qui s'érant affis far une chaife aiTez haute , met un oreîU 
lei- fur lui , & par-deiTus, un dvap qui pend jufqu'â terre, 
èç peur qu'il n'ait les jambes enfanglantées. Il prend l'en- 
lanc fur fes genoux , & ayant paifé fes mains par-deilous 
les petits jarrets, il lui empoigne les deux bras, qu'il 
écarte de manière que l'enfant elt retenu dans la fîtuation 
la plus commode pour être taillé. Le fécond Aiderelevejlar 
¥erge & les bourfes avec fes deux mains, enfuite l'Opé- 
rateur ayant frotté d'huile les doigts index & du milieu. 
ie fa main gaache , il les introduit doucement dans l'anus 
$c les poulfe le plus avant qu'il peut, La paume de l;i 
main étant tournée en enhaut. Il fent alors la pierre qui 
cft dans la veilie , & il famèiie avec fes deux doigts pro-«. 
che le col de ce fac, & la poulTant le plus qu'il lui eil 
poiTible, il fait que la pierre produit une tumeur appa- 
rente , fur laquelle il fait avec fon biftouri lithotome une 
înciiion proportionnée au volume de la pierre. Il ne faut 
pas appréhender d^appuier trop le tranchant de rinftru- 
înenr fur la pierre, quoiqu'il puifles'en trouver émouifé. 
îl faut fendre exactement tout ce qui fc préfente à cou-», 
per avant la pierre , fans épargner même le col d& la. 
vefiie , afin qu'il ne ref le aucun filament qui puiiTe y re= 
tenir ce corps. L'incifion faite , le Chirurgien rend le 
billouri à fun des aides & de la même main, il faifit le 
crochet qu'il coule derrière la pierre pour la pouffer en» 
«lehors, à quoi il eil aidé par les deux doigts qu'il tient 
conftamment dans le fondement. La pierre étant fortie, 
il faut examiner s*il n'y en a" point d'autre, ou il elle eil 
entière. Que s'il y avoir plulieurs pierres, oq plufieurs 
morceaux de la même pierre, ilfaudroit les. tirer de la 
même façon ou avec les tenettes. 

Quoique cette opération foit aflex aifée à pratiquer ^ 
elle n'en eft pas pour cela plus approuvée des lithoto-. 
miftes. Ils trouvent qu'elle eil le plus fouvent accompa- 
gnée d'accidens fâcheux y comme , fi la pierre eft grave- 
leufé, inégale, angulaire, on caufe des douleurs horri- 
bles aux malades, en la faifant approcher du périnée. Les 
pointes & les inégalités piquent la velTieSc peuvent quel- 
quefois la déchirer, ce qui eil très-fenfible &; très-dangé»» 



LIT 107 

îéux. De plus, ils difent qu'étant raboteufe on ne peut 
que difiicilement faiie une incifion exade & unie, ni 
ailez orande pour qu'elle puilFe foutir librement, &pouE 
ces ralfons plufieurs Chirurgiens préfèrent le grand appa- 
reil. 

Quand l'opération ell achevée , il faut faire le panfe- 
ment. On commence par porter le malade dans (on lit, 
en tenant l'ouverture couverte d'une compreiTe , pouL* 
empêcher que l'air n'entre dans la vejfTic. Le lit doit aufïi 
être garni de draps en plufieurs doubles, afin que le fang 
ou l'urine qui s'échappent les premiers jours , ne gattent 
point le matelas. Si l'on n'a pas avant l'opération mis le 
collier autour du cou, ni attaché le bandage en T, on les 
met au malade avant que de le panfer , puis ayant appro- 
ché l'appareil du panfement, on levé la compieile, on 
met les plumaceaux fur la plaie , couverts d'aftringens ou 
de vulnéraires , tels que les baumes^ on applique enfuite 
l'emplâtre à queue i puis la greffe comprefle par-deilus, 
puis on fait une embrocation avec l'huile rofat tiède , fur 
le fcrotum, à la verge & fur la région du pubis. On relevé 
les bourfes avec une compreffe longitudinale & l'on appli- 
que la ventrière. L'on doit avoir foin de tremper toutes 
ces compreiles dans l'oxicrat^ & on les arrête enfin pai* 
l'application du bandage T, dont les deux branches vien- 
nent fe croiferfur la plaie & remontent par les aines pour 
s'attacher au circulaire qui tourne autour du corps. Après 
tout cela on lie avec la jarretière les jambes du malade 
afin qu'elles ne puiifent s'éloigner que foiblement l'une 
de l'autre , &: ne point rouvrir la plaie, puis on met en 
travers fous les jarrets la traverfine qui tient les genoux 
un peu élevés, on finit par donner quelque reftaurans 
au malade, ou quelque liqueur qui puijle rappeller un 
peu fes forces abattues. 

Opération au ^rand. appareiU 

La taille au grand appareil s'appelle ainfi , parce que 
pour la faire, on a befoin d'un plus grand nombre d'inf- 
UUiîicns, C'eil celle qui eft le plus en pratique, & a été 



ib? ^ LIT 

jugée lameilkure.Mais dans cette Opération iî faut rvoîS 
beaucoup plus d'aides que dans l'autre & beaucoup plus 
ct'inftrtimens. Ce qu'il y a de particulier à cette opéra- 
tion, c'eft qu'au lieu d'étaler fur une table les inftru- 
mens dont on a befoin, il convient que l'Opérateur les 
porte dans une gibecière devant lui p-our en cacher la 
vue au malade, & pouvoir les prendre avec facilité* 
Ayant donc pris un tablier avec fa gibecière, le lithoto- 
Biilf e garnit fcs bras de deux manches de toile , & fait 
iituer fon malade. Dans les hôpitaux on a une chaife 
^aite exprès, mais dans les maifons particulières , on fc 
fert d'une table que l'ondrefTe à une certaine hauteur^ 
afin que l'Opérateur ne foit point ob-ligé de fe bailfer 
pour agir, & foit dans une parfaite aifance. On garnit 
cette table d'un matelas, qui porte furie dos d^une chaife 
en plan incliné , parce qu'il faut que le malade y foie 
appuie en arrière. Enfuite on met le malade fur le bord 
de la table. Mais il faut auparavant choifir fes inftru- 
mens., s'en munir , & former fappareil du panfement. 

Lesinftrumèns font i°. cinq fervitcurs i l^. deux échar- 
pes longues de cinq ou fix aunes chacune; 3'*. une fonde 
canelée; 40, fous la table un vaifleau rempli d'eau tiédes; 
5^. une afîiette pleine d'huile d^olivesi 6*. un lithotome 
préparé; 7". ks conduéleurs mâle & femelle, ou à leuï 
place un gorgeret j 8°. deux tenettes , l'une courbe & 
l'autre droite; ^^ un bouton à curette; lo^. une canule j 
ÎI^*. un cordon ou ceinture. L'appareil du panfement eil 
le même que pour la taille au petit appareil. 

Le lithotomifte étant donc muni de tous les inftru- 
mens dont il peut avoir befoin, 8c les ayant préparés 
comme on les a décrits chacun à leur article , il met 
alors le malade fur le bord de la table ainii qu'il a été 
^it , il le lie enfuite avec les deux écharpes de manière 
qu'il ne puifle interrompre l'opération par aucun mou- 
vement. Deux aides prennent ces écharpes , ils les pliene, 
en deux, mettent le milieu derrière le cou du rpalade, 
6c defcendant en faifant quelques lofanges autour de 
chaque bras, les cuiiTes étant pliées contre le ventre, les 
îaloi^s approchés contre les feiTcs, on lie tellemetir ca- 



1 î T îo^ 

/«mbîc îe bras, îa cuîiTc, la jambe de chaque côté, qu'il 
cit îinpoïfible au malade de faire le moindre mouve- 
ment. Des cinq ferviteurs , deux tiennent à droite & à 
gauche , les jambes & les cuiiTes du malade , & les écar- 
tent l'une de l'autre le plus qu'ils peuventi le troiiiéme 
monte fur la table derrière le malade & appuie les deux 
mains fur fes cpaulesj le quatriém.e eft fitué du côté droit 
du malade pour lui relever le fcrotum d'une main , & de 
l'autre tenir la fonde engagée dans le canal & la veflic 
«rinaire, pendant qu'on fait l'incilioni le cinquième eft 
chargé de préfenter le biilouri au lithotomifle , de le 
reprendre & de donner enfuite tout l'appareil du panfe- 
jnent dans l'ordre prcfcrît. 

Le malade étant donc fîtué, & tout arrangé pour Topé- 
îation, le Chirurgien prend fa fonde crénelée fur le dos 
de fa courbure , & d'une grolfeur convenable pour le 
lujct, & après l'avoir trempée dans l'huile , il l'introduis 
dans la verge &: la vefïïe. Il s'afTure de nouveau de fexif- 
tancc & de la ûtuation de la pierre, avant de faire foa 
înciiion, car il ne feroit pas impolïïble qu'il fe fut trompé 
à la première fois qu^il auroit fondé , 3c s'il ne la trou- 
voit point à cette féconde reprife , il ne devroit pas aller 
plus loin j mais s'il la fent au moien de cette fonde, un 
aide fe faifit de cet inftrument & le retient dans la vefîie 
en le pouffant de façon que la convexité faife bomber le 
périné, & préfente plus aifément à l'Opérateur l'eudroic 
où il doit couper. C'eft le même aide qui de l'autre main 
foutient le fcrotum. Alors le Chirurgien , du pouce & du 
iioigt index de la main gauche fait bander la peau ,dii 
périné, puis il prend de la droite le bidouri que lui pré- 
fente le ferviteur qui en eft chargé. Ce ferviteur doic 
être au côté droit de l'Opérateur & lui préfenter le li- 
ihotome par le manche. Le Chirurgien fait enfuite fou 
incifion au périné à côté du raphé, ouvre les tégumens & 
rurétre fuivant la canelure de la fonde que lui préfente 
l'aide qui la tient engagée dans la vefïie. Cette incifioii 
doit avoir depuis deux , jufqu^à quatre travers de doigt 
<de longueur , félon le volume du corps à extraire. Il y a 
<|e5 Hchotoiniftcs qui tieiioçiu ewx-jjiêi^açs }a fg^de eui^a- 



tïo LIT 

gée dans la vcflîe d'une main , tandis que de l'aune il fonb 
leur inciiîon, & cette méthode paroît plus sûre. L'inciiion 
faite, on rend le biftouri à l'aide qui l'a préfenté. 

II s'agit aduellement de tirer la pierre par la tenette. 
Des lithotomiftes fe fervent pour l'introduire, des con- 
dudeurs mâle & femelle, & ils fe comportent alors de 
la manière dite à l'article Conduéïeur. D'autres rejettent 
les conducteurs & ufent du gorgeret, comme on l'a dit 
encore à l'article Gorgeret. Mais Toit que l'on fe ferve 
des conducteurs , foit que l'on emploie le g-oreeret , il 
taut introdune doucement la tenette dans la vellie, reti- 
rer la fonde, & après l'immiflion de la tenette , les con- 
ducteurs ou le gorgeret. Le Chirurgien doit introduire 
la tenette fermée , & auflitôt qu^elle eft dans la veiîie , il 
y cherche la pierre de tous côtes , fans ouvrir ni refermer 
la tenette pendant cette perquiiition, parce qu'en l'ou- 
vrant fouvent, il rifqueroit de meurtrir la veiFie, ou de 
la pincer en la refermant. Lorfque la pierre fe fait fentit: 
au bout de la tenette, l'Opérateur met les deux mains à I 
l'indrumcnt, il Couvre doucement , & tâche d'y charger 1 
la pierre. Si ce corps lui paroît trop gros & trop volumi- 
neux pour paffer par l'incifion} ce qu'il connoîtra facile- 
ment par la diftance qu'il y aura d'un anneau de la te- 
nette à l'autre , il tourne la pierre déjà chargée & r'ou- 
vrant fa tenette il la lâche pour la recharger d'une autre 
manière. Car fouvent il arrive qu'une pierre n'eft pas 
parfaitement ronde ni régulière, & qu'on la faiiît de 
manière qu'il fe préfente quelque grand diamètre au 
paifage; ainfi il faut tâcher de la prendre de différentes 
manières & eifaier de la tirer d'une façon plus aifée. 

Il eft encore des pierres tendres & graveleuies qui fc 
fendent & fe biifent entièrement fous la tenette. Quand 
cela arrive, il en faut tirer les morceaux du mieux qu'il 
eft poffible d'abord avec la tenette, puis avec la curette. 
Mais il y en a de (î grolfes , qu'il eft abfolument impolli- 
ble de les extraire, alors il vaut mieux les laiiler, que 
d'expofer le malade à une mort certaine i & c'eft pour 
cette raifon là qu'il ne faut pas attendre a le connoître, 
que l'incifion foit faite. Quand il y en a deux, ce que 



LIT 3ÎÏ 

Ton contioît avec le bouton^ on les charge Tiine apiès 
l'autre dans la tenette & on les tire comme plufieurs 
morceaux de la même pierre. Quand la pierre cil: logéç 
à droite ou à gauche dans un des côtés de la veille , & 
qu'on ne peut pas y toucher par le moïen de la tenette 
droite, on fe lert de la tenette courbe qui fe charge 
aifément du corps étranger dans quelqu'endroit de la 
veflîe qu'il foit cantonné. Quand les pierres font petites 
& en très-grand nombre , qu'elles font graveleufes èc 
s'éparpillent fous la tenette , il n'eft pas toujours polli- 
ble d'en vuider entièrement la vefUe , même avec la cu- 
rette, alors, l'opération ne pouvant être parfaite lorfquil 
relie quelque chofe d'étranger^ après avoir nettoie la 
veille autant bien qu'ell poiTible , on prend une canule 
dont on trempe le bout dans l'huile rofat, & on l'intro- 
duit doucement dans la plaie , pour l'y laiilèr pendant 
quelque tem.ps félon la néceifité, on l'attache à une cein- 
ture que l'on met pour lors au malade, & qui paiTe par 
deux anneaux pratiqués exprés à la tête de la canule ^ 
afin de la fixer dans la plaie. Après que la canule ejft 
engagée & aifurée , on met fur la plaie une compreile 
quarrée qu'on y fait tenir par un aide jufqu'à ce qu'on 
vienne à panfer le malade , que l'on délie & que l'on 
porte dans fon lit. Tout le panfement ell abfolument le 
même que pour le petit appareil^ & on s'y comporte de 
ia même manière. 

Opération au haut appareil. 

L'on a donné le nom d'opération au haut appareil â 
l'extraélion de ia pierre par le fond de la vefîîe, en fai- 
sant une incifion au-deffus du pubis. Les Auteurs la pré- 
féreroient unanimement à la taille au grand & au petit 
appareil, fi dans celle dont il s'agit, il n'arrivoit pas fi 
fouvent d'ouvrir le péritoine , & par conféquenc 
de faire périr bien des opérés. Pour entendre cela 
û faut fçavoir que le péritoine après avoir couvert 
tous les vifcères du bas-ventre, étant parvenu dans U 
xégion hy^ogaftr jque , fe replie en dedans du ventre par- 



îia L I T 

ddlus le fond de la veffic uiiiiaire dont il couvre â-peis^ 
près la nïoitiéi Fautrc moitié qui eil celle qui forme le 
coi de cet organe n^eil nullement recouverte par le péri- 
toine , d'où il fuit qu'en ouvrant la vellîc dans cette par- 
tic , on n'ouvre de nulle façon la capacité du bas-ventre. 
Il feroit donc très-avantageux de faire l'incifion dans cet 
endroit, n'y ayant d'ailleurs aucune partie d'une grande 
conféqucnce à divifer. Mais dans l'adulte , cette partie de 
la vellie eft prefque entièrement enfoncée & cachée fous 
les os pubis , de façon que le repli du péritoine fe fait 
prefque de niveau avec le bord fupérieur du pubis. D'où 
il arrive qu'il ell, fînon impoflible toujours, du moins ttès. 
dillicile pour l'ordinaire de pratiquer la taille du haut 
appareil. 

Dans les enfans la chofe n'eft pas tout-à-fàit de même. 
Plus on rapproche de la nailfance moins la velTie fe trouve 
recouverte par le pubis-, dans l'enfant nouveau né, même 
la veflTie eft abfolument à vue, Se préfente une très-large 
furface à l'incifion au haut appareil, de forte que beau- 
coup d'habiles lithotomes refervent cette efpéce de 
taille pour la feule enfance , & pour ceux dont les os 
pubis font très-abbaiilés. Cependant la taille au haut appa- 
reil feroit de toutes les manières de tailler la meilleure 
à tous égards, ainii nous allons décrire la manière dont 
on l'a pratiquée, & dont on peut la pratiquer, fuivant 
M. Dionis. 

Les inllrumens qui fervent dans cette opération font: 
I''. une fonde creufe; a'', une féringue*, 3°. une petite 
bande large d'un doigt i 4*^. un fcalpel droit j 5°. une 
groHe lancette armée de linge , ou un fcalpel pyramidal 5 
6°. un crochet \ 7°. une tenette. 

L'appareil du panfement conlifte en un plumaceau 
couvert de baume 5 2°. une emplâtre quarrce i 3''. une 
compreiîe de mêmei 4*^. le bandage circulaire ; 5°. enfin 
le fcapulaire. Si l'on étoit obligé de faire quelque point 
de future, il faudroit fe pourvoir d'une aiguille courte, 
enfilée d'un fil ciré , comme il eft marqué à l'article 
Qajlror^phie. 

Ppur pratiquer cette opération , l'on confeille d'intro- 
duire 



LIT tt^ 

2uîrc dans la veflie une fonde dont l'entonnoir ou pa- 
villon puijie admettre le bouc de la canuled'une féringue, 
afin d'injeder de l'eau tiède dans la veilie^ & la remplir 
de liquide , jufqu'à ce qu'elle Ibit bien gonflée & bien 
tendue. On fait à la verge une ligature avec la petite 
bande ; on retire la fonde, & on ferre le canal de l'urètre 
de façon que l'eau ne puilTe s'écouler. L'on fait enfuite 
^lifeoir le malade fur un plan un peu incliné , & à la ren- 
verfe j puis on fait une inciiion à la peau , & entre les muf« 
clés droits & pyramideaux , ou même à travers l'un de 
ces derniers mufcles , jufques à la veffie ; api:és quoi en 
appuiant du doigt fur le fond de la veiîie , on fènt la 
fîuduation de l'eau dont elle eil: remplie , puis l'on faic 
une incifion avec la lancette , ou le fcalpel pyramidal, 
&c auffitôt avec le crochet on cherche à faire venir la 
pierre , ou on la tire avec la tenette. Après avoir exa- 
miné (i elle eft feule , ou s'il y en a plulieurs , ou on les 
tire, ou s'il n'y en a point, on délie la verge i on laiile 
écouler l'eau ôc on panfe la plaie à l'ordinaire. 

Opération latérale. 

Cette opération , dont le frère Jacques eft l'inventeur; 
aétéfuiyie & perfedionnée par quantité d'illuftres Chi- 
rurgiens, tant en France, qu'en Hollande, en Allema- 
gne & en Angleterre. M. Marefchal en France eft le pre- 
mier qui ait profité de la manière d'opérer , téméraire & 
maulTade du frère Hermite. M. Rau en Hollande l'a 
perfectionnée de façon à la faire adopter généralement. 

Ceft d'apris'fa méthode que MM. Heifter, Chefel- 
den, Morand , Senff, &:c. ont tiré des pierres de la veille y 
& c'eft de lui que l'opération a été appellée Vopératioa 
de Rau. Voici la manière dont frère Jacques la pratiqua 
d'abord, après quoi nous verrons les changemens que 
Rau y a faits & qui ont été fuivis. Il plaçoit le malade 
fur une table, à la renverfe, & fans l'attacher , & de la. 
manière qu'il a été dit, il introduifoit dans la veiTie un 
cathéter de fer, rond, &poli fanscanelure. A l'aide de cet 
iûftrum.ent il abbailToit la vefTie vers la gauche du periné. 

D. de Ch. Tome IL H 



Tî4 LIT 

Enfuite avec un Hthotome particulier , plus long qiî«* 
l'ordinaire, il faifoit à côté du périné une plaie un peu 
différente de l'incifion commune. Il enfonçoit fon fcalpel 
dans la partie la plus proche de l'anus, & le conduifoit 
vers la fupérieure en ligne à-peu-prés direde, mais un 
peu de dedans en dehors , jufqu'à environ le milieu du 
périné. Il coupoit tout ce qui fe trouvoit entre la peau & 
le cathéter, à-peu-près comme dans le petit appareil, 
le corps & le col de la vefTie , fans pourtant offen- 
fer le canal de l'urètre. Puis il pailoit le doigt dans 
la veffie & cherchoit la fîtuation de la pierre. Cela 
fait, il palToit par la plaie un inflrument de ferfemblable 
à une cuiller allongée qui lui tenoit lieu de condudeur, 
à l'aide duquel il infînuoit une tenette affez fembla-. 
ble aux tenettes communes, après quoi il retiroit fon 
conduéleur. Enfin il faififfoit le calcul avec cette tenette ^ 
puis retirant fon cathéter, il extraïoit en même temps 
par l'ouverture qu'il avoit faite , la tenette & la pierre. 
Mais l'ouverture de cadavres qui avoient été taillés de fa 
main fit voir que cette opération étoit très-mal faite. On 
trouva qu'à quelques-uns le col de la vefiie étoit coupé 
en travers, de forte qu'elle étoit tout-à-fait féparée de 
l'urètre, à d'autres que la veffie étoit percée de part en 
part, & de plufieurs côtés, ce qui prouvoit bien que le 
frère étoit mal allure , dans l'opération, & fait voir pour- 
quoi il ne vouloir point tailler de fujets qui euffent de 
petites pierres. 

M.Rau après avoir vu travailler frère Jacques, vit que 
l'on pouvôit tirer avantage de cette méthode , & s'appli- 
qua à la perfedionner. Voici comment il l'a pratiquée : 
1°. il préparoit fon malade, choifiiîoit un tems &un lieu 
commodes , plaçoit & fixoitle fujet comme dans les opé- 
rations décrites , avec cependant un appareil moins ter- 
rible i 2°. quand il étoit fur le point de faire fon incifion, 
il pafToit dans la vefîie un cathéter cannelé un peu plus 
gros que le cathéter ordinaire, & de la main gauche il 
appuïoit fur le manche, & preffoit la veffie vers la partie 
gauche du périné ; puis mettant le genou droit en terre , 
après avoir cherché la bofTe de i'algalie j il faifoit fon 



L I T îïj 

fûcifîon Hc haut èii bas obliquement de dehors en dedans, 
puis paflant les deux condudeurs mâle & femelle , il ti- 
ïoit au moien de la tenette , les pierres de la veflie avec 
une facilité communément très-heureufe, & panfoit U 
plaie à l'ordinaire. M, Chefelden en Angleterre l'a en- 
core perfectionnée, & nous la lailTée telle qu'on la pta» 
tique aujourd'hui dans certaines rencontres. Car elle a 
des inconvéniens, & n'eft pas praticable en toute occa- 
iîon : l^. elle laiffe des fiftules au périné j a°. la fituation 
rranfverfale d'une grolîe pierre qui auroit pu être tirée 
par le haut ou le petit appareil, empêche fouvent qu'on 
ne la tire par cette opération j 3F. elle eft impraticable 
fur les femmes , &c. 

Opération de la Taille pour les Femmes. 

Les femmes font fujettes à la pierre , ainfi que Ie§ 
hommes 5 elles les rendent cependant plus aifément qu'eux, 
quand elles en ont de petites : mais il faut les débar- 
laifer , comme eux , des grofles , par l'opération. Cette 
opération fe fait chez elles de deux manières, au grand^ 
ou bien au petit appareil. Dans le petit appareil, outre 
qu'on y emploie peu d'inftrumens , on ne fait aucune 
incifîon. Voici tout l'appareil. 

Les inllrumens font , lo. une fonde caneléej 2.0. un 
petit vafe rempli d'huile ; 30. un dilatatoire j 40. ua 
crochet j & comme il n'y a point de panferaent à faire ^ 
on n'a aufli nul befoin d'autre appareil. 

Avant de commencer l'opération , on place la femme 
dans une chaife haute , panchée en arrière , les cuiiTes 
écartées & élevées , & le Chirurgien la commence pac 
i'introdudion de la fonde droite & canclée qu'il trempe 
auparavant dans l'huile. Cet inftrument , une fois in- 
troduit dans l'urètre , on l'avance dans la velîie , & l'on 
cherche la pierre. Après cela , le Chirurgien , au moïen 
de la cannelure de la fonde , introduit fon dilatatoire , 
& retire fa fonde. Il élargit l'urètre qui peut prêter con« 
fidérablement. La dilatation faite, il retire l'inflrumentj 
^ après avoir huilé les deux doigts de la main gauche^ 

H ij 



fl6 LIT 

index & mtdius\ il les introduit dans k vagin , cm dan§ 
Tanus ( aux filles ) & appuiant de la main droite , aa- 
dellus du pubis , il tâche par cette preflion & contre- 
. prefTion , de faire avancer la pierre vers l'orifice de l'u- 
retre. Quand la pierre eft à vue, il ôte fa main de def- 
fus le ventre, & y fubftitue celle d'un aide, puis pre- 
nant le crochet , il le fait couler derrière la pierre qu'il 
fait fortir dehors , comme aux enfans qu'on taille au 
petit appareil. 

Ceux des Lithotomiftes qui croient le petit appareil 
plus douloureux que le grand, préfèrent celui-ci , & 
alors ils font fituer la femme fur la chaife , comme dans 
le petit appareil i lui mettent les écharpes , comme aux 
hommes , la font tenir par des aides , puis ils gliifent 
dans l'urètre une fonde telle que celle que l'on a em- 
ployée dans le petit appareil , pour guider leur dilata- 
toire qui eft une efpéce de pince , dont les branches al- 
longées & de moïenne groileur , peuvent entrer dans 
Turetre , ils les ouvrent , & de droit , &, de gauche, ils 
font , avec un biftouri à lame étroite, une incifion lé- 
gère au canal de l'urine , plus ou moins grande ,. au refte , 
fuivant que la pierre eft plus ou moins confidérable, 
L'incifion faite , ils pafTeni: _, à l'aide du gorgeret , les 
tenettes & tirent la pierre. Le moins d'inftrumens dont 
on peut fe fervir eft toujours le meilleur , ainfi ceux qui 
■font eifentiels dans ce cas , font , lo. la fonde , ou le 
gorgeret \ 2.0. un dilatatoire à rellort , ou fans reffort ; 
9° un biftouri étroit 5 40. des tenettes droites ou cour- 
bes. Il n'y a p'oint non plus de panfement à faire , il 
faut cependant avoir foin de graiffer d'huile les inftru-» 
mens qu'on emploie, toutes les fois qu'on les fait en- 
trer des le canal urinaire. Mais on a beau prendre fes 
précautions , on ne fçauroit empêcher que les trois quarts 
des femmes , qui ont fubi l'opération de la taille , ne 
foient incommodées d'une incontinence d'urine. Cela 
vient de ce que les fibres mufculaires du fphinder de 
l'urètre, trop diftendues par le dilacatoire, n'ont pu re- 
prendre leur ton & leur reffort naturel. Il feioit infi- 
jûxneotplus avantageux de faire la taille au haut appareil, 



E ri ^^ 

^xim^ion de la Tiens engagée dans turetre._ 

Quoique les pierres fe forment communément dans 
le rein & dans la vellîe , quelles y grofliiTent auflî plus 
aifément , toutefois , il n'ell pas rare de voir des calculs 
de moienne groffeur , enfiler le canal urinaire , & s'jf 
attacher de façon à y croître afTeZjpour ne pouvoir avan- 
cer , ni reculer. Il faut alors une opération. 

Les inftrumens qui fervent à la faire font , 1°. unç 
bandelette i 20. une petite feringue i 30. un peu d'huile 
d'olive i 40. une petite curette i 50. un bifto.uri, ou ua. 
(icalpel. 

L'appareil confîfle, 10. en une emplâtre de cérufe.s^ 
2.0. une compreiTes 3°. une bande. Cependant il faut 
confidérer , avant que d'en venir à l'opération , efTaïerjS'il 
cfl poffible, qu'en dilattant le canal, la pierre glifl'e&: forte 
hors de l'urètre. L'on épargne quelquefois i'opératioa 
par-là , & voici comme il faut s'y prendre : première- 
ment , il eft très-aifé de connoître l'endroit où la pierre 
eft arrêtées le malade le montre, & l'on fent une du- 
reté qui la fait diflinguer le plus facilement du mondes 
«n fécond lieu , le Chirurgien ne rifque jamais rien de 
tenter les moïens les plus doux. Le premier e^Tai con- 
fîfle à preffer la pierre de haut en bas avec les deux 
doigts ^quelquefois aidée par le cours de l'urin-c , elle 
gliflé & fort de l'urètre; mais lorfqu'ii ne peut la faire 
avancer fans de grandes douleurs , il faut, avecune ban- 
delette , lier la verge au-deffus du corps étranger, de 
injeder dans l'urètre de l'huile d'olive, avec. une petite 
feringue i la ligature empêche que l'injeélion ne repouffe 
la pierre, & quelle ne retourne fur fes pas.- L'Opéra- 
teur effaie une féconde fois de faire avancer, la piçrrc 
en-dehors , ce qui s'exécute avec beaucoup rnoins . de 
douleur. Quand on s'apperçoit qu'il y a encore quelque 
difficulté , on prend une curette longue de, quatre à cinq 
pouces , il la trempe dans fhuile, pour l'introduire dans 
la verge, & en pouffer le bout à côté & au-delà de 1^ 
pierre ., afia de ia tirer au-dçhors par ce moïen. Ce.&^ 



îiB t I T 

expédient réulTit fouvent aufli ; mais quand il manque, 
c'eft une abfolue nécelïité d'en venir à l'opération , qui 
confifte en ceci : 

Le Lithotomifte ôte la ligature , afin de pouvoir re- 
fouler la peau le plus qu'il peut vers la racine de la 
verge j il la remet enfuite au-deilus de la pierre , puis 
tournant la verge de la main gauche vers le pubis pour 
mettre le canal de l'urètre à fa portée & en en-haut, 
îl aiTujettit la pierre avec les deux doigts de la main 
gauche, puis écartant la peau , il fait, avec le biftouri, 
une incifion au canal , proportionnée à la grofTeur de 
la pierre. Il obferve cependant de couper les tégumens 
& Turetre dans la diredion longitudinale. Il prend en- 
fuite une curette, qu'il coule fous la pierre, & par ce 
moien il la fait fortir de l'urètre. La raifon pour laquelle 
pn refoule la peau vers la partie fupérieure de la verge , 
c'eft afin que les plaies des tégumens & de Turetre ne 
fe trouvent pas vis-à-vis l'une de l'autre. L'opération 
faite on panfe la plaie , à l'ordinaire , avec l'emplâtre 
de cérufe, la comprelTe & le bandage circulaire , ac- 
commodés à la figure de la plaie & de la partie à 
bander. 

Variations de Vopèration de la Taille. 

Le Frère Jacques aïant ,apporté en France une nou- 
'velle méthode de tailler, dift'érente de celle qui fe pra=» 
tiquoit au grand , au petit, & au haut appareil , les 
Chirurgiens François chez qui il fit ios épreuves , en 
condamnant ce qu'il y avoit de défedueux dans fon 
opération , s'étudièrent à en tirer profit , pour le bien 
de l'humanité , & la gloire de leur art. M. Marefchal , 
premier Chirurgien de Louis XIV, la mit le premier, en 
pratique , après l'avoir redifiée , & tandis que le Frcre ^ 
déferteur du Royaume , étoit allé en Hollande exercer 
fa lithotomie ,M. Rau, Médecin d'Amfterdam , y cher- 
cha & en tira de nouveaux avantages. M. Heifter, Mé- 
decin à Altorf , la pratiqua , fuivant la méthode de 
M, Rau^&n'aguères encorejM.Chefelden, en Angleterre, 



LIT ^ lî9 

-â employé toute fon application à la rendre aufli par- 
faite qu'elle peut l'être. C'eft fur-tout dans la taille au 
côté "du périné î qu'il a corrigé plufieurs chofes que M. 
Rau, ni les autres, n'avoient pas cru défedueufes.lo. M. 
Chefelden a voulu que fes malades fuiTent placés fur 
une table quarrée , de trois pieds de haut , fur trois 
& demi de long , & deux& demi ou environ de large. Le 
bout où doivent porter les fefTes eft plus élevé que l'au- 
tre , il a placé enfuite des oreillers fous la tête & des 
couffins fous les feffes, de façon que le fujet à tailler 
a la tête & les fefTes plus élevées que le ventre. Le Chi- 
rurgien ne lie point le malade , mais le fait tenir ferme 
par des ferviteurs. 2°. M. Chefelden iniinue une algalie 
creufe & canelée , au moïen de laquelle il remplit d'eau 
la veffie , y retient le cathéter , au moïen d'un cordon 
de flanelle , qu'il noue autour de la verge, puis s'aifeiant 
fur un une chaife à moitié de hauteur de la table , il 
fait fon incifîon à la manière de M. Rau, hormis qu'il 
coupe d'une feule incifion, la peau, la graiife, les muf- 
cles & la veffie, ce que ne faifoit pas M. Rau. Ayant 
ouvert la veffie de cette façon, il paflé fon doigt index 
gauche dans la veffie , pour chercher la pierre , & fans 
autre condudeur , il introduit la tenette en le retirant, 8c 
ayant faifi la pierre , il la tire hors de la veffie. Certe 
opération, quelque heureufe qu'elle ait été, avoit en- 
core des inconvéniens que l'Auteur a corrigés en deux 
autres tems difPérens. M. Morand l'a pratiquée enfuite 
en France , de la même manière , avec fuccés. M. Fou- 
bert a auffi changé à cette méthode , & en donne une 
qu'il a décrite lui-même dans les Mémoires de l'Acadé- 
mie de Chirurgie , mais qui jufqu'ici n'a pas été mife 
avantageufement en ufage. 

Toutes ces méthodes de tirer la pierre de la vefTie,"' 
ont leurs avantages & leurs difficultés. Elles font tou- 
tes applicables , fuivant les difTérens cas , & il n'y en a 
point de préférable à l'autre , quand l'occafion fe pré- 
fente d'en faire une en particulier. Mais elles exigent 
toutes une connoiffance anatomique parfaite des par- 



tio L O M 

lies que l'on doit ouvrir , de leur fituation relative , 8î 

une adielfe loncrtems exercée. 

LITj^CTOAllSTE. Nom que l'on donne aux Chi- 
ruroiens qui pratiquent particulièrement l'opération de 
la Taille , dite autrement JLzthotojnie. 

LOBE. Partie intégrante de quelque vifcere confi- 
dérabic , & qui , par la coUedion 6c l'enfemble de fes 
fibres , approche en quelque lorte , de la figure d'un 
peloton de fiL Tels font les lobes du cerveau, du pou- 
mon , du foie , &c. Voyez chacun de ces articles, 

Zohe de l'oreille. On donne ce nom à ce petit ap- 
pendice cutané , que les Dames, chez nous , ornent de 
pendans d'oreilles. Voyez Bulbe, 

LOBULE. Diminutif de Lobe , pdtit Lobe. Tel eft 
îe Lobe de l'oreille. 

Lobule de fpigel. Voyez Foye, 

LOÇKIES. Vuidanges. Evacuation de fang & d'hu- 
iiieurs qui fortent par la matrice^ immédiatement après 
l'accouchement , C'eft-à-dire , après la fortie de l'en- 
fant & du placenta. Cet écoulement dure huit , dix , 
quinze & quelquefois pius de dix-huit jours , en oimi— 
îiuant infenfiblement. Les premiers jours il eft teinr d-e 
fang , mais à mefure que les vailîeaux fe reilerrent , 
il devient pâle & lim.phatique. Quand il y a des déran- 
gemens dans cette forte d'évacuation , il naît des ma- 
ladies très-dangéreufes, qui ne font pas du relfort de La 
Chirurgie. 

LOMBAIRE Se dit de tout ce qui a rapport aux 
lombes , ou reins. 

Lombaire externe. On a donné ce nom à un mufclc 
«l'une figure à peu près quarrée, placé le long des ver- 
tèbres lombaires, entre la dernière des faulTes côtes §c 
la crête de l'as des îles. : on l'a aulîi appelle quarré & 
triangulaire des lombes. Voyez Quarré des lombes. 

Lomh dre interne. C'efl: le nom que l'on donne à ua 
mufcle fiéchiiTeur de la cuilTe , plus connu fous le nom 
de pjoas. Son extrémité iupéricure s'attache aux par- 
ilies latérales dix corps de la dernière vertèbre du dqs 



L M îiT 

2k ^es vertèbres lombaires, & rinférieme au petit tro- 
chanter. 

Lombaire ( Région ) Voyez Lomhes & Région. 

Lombaires, (^artères O veines) Rameaux artériels; 
au nombre de cinq ou fix , qui Torrent de la partie 
poftérieure & inférieure du tronc de l'aorte defcendan- 
te , & qui vont Te diitribuer à la moelle de Tépine , & 
aux muîcles qui couvrent les lombes. On peut les dif- 
tinguer en fupérieurs te en inférieurs. Les fupérieurs 
donnent de petits rameaax aux parties voilines du 
diaphragme & des mufcles intercoftaux. Les inférieurs 
'fourniilent du fang aux mufcles pfoas , aux quarrés ou 
triangulaires , aux tranfverfes & aux obliques du bas- 
ventre , aux vertébraux & aux corps des vertèbres. Ils 
les entrent dans le canal de l'épine , où ils fournif- 
fent a la moelle épiniere , & quelques artérieles aux 
- perfs. 

Les veines lombaires prennent le fang des parties 

auxquelles les artères l'ont apporté , 6< le vont verfer 

. dans le tronc delà veine cave afcendante. Elles fe rendent 

par paire dans cette groile veine , à peu près comme les 

altères naillent de l'aorte. 

Lombaires, {ganglions) Ce font les ganglions hor- 
Seiformes que le nerf intercollal forme dans les régions 
lombaires. Voyez Hordéiformes ôc Intercojlal. 

Lombaires (^ glandes^ Corps glanduleux de différente 
groffeur qui fe rencontrent , dans l'abdomen , auprès 
^QS lombes i elles font de la nature des limphatiques , 
comme les iliaques & les autres qui les avoiiinent. 

Lombaires [nerfs) On compte cinq paires de nerfs 
lombaires , qui ont toutes cela de commun , qu'elles 
jettent en arrière des filets pour les mufcles vertébraux, 
qu'elles communiquent enfemble , avec le grand fym- 
parhique de chaque côté , ^c qu'elles font recouvertes 
par les mufcles pfoas. Leurs branches de communica- 
tion avec les grands fympatiques font longues , parce 
que ces nerfs s'avancent beaucoup vers le devant de,s 
içorps des vertèbres lombaires. Elles fe comptent eniin^ 



X22 L O M 

comme les vertèbres fous lefquelles eîîes pafTcnt. Voyez 
Paires de nerfs. 

Lombaires, ( f^ertebres ) Il y a cinq vertèbres de ce 
nom. Ce font les plus volumineufes & les plus folides 
de toute la colonne epiniere. Elles font fituées entre les 
dorfales &^ l'os facrum. Voyez Fertebres, 

LOMBES. Ce font les deux régions latérales de l'om- 
bilic. Ils font fitués au-delFous des hypochondres & au- 
deiïus des régions iliaques. Voyez Ombilicale. 

LOMBO-COSTAL. M. WinQow propofe ce nom 
pour le fubftituer à celui de facro-lombaire que l'on 
donne à un mufcle fort long , donc la partie inférieure 
s'étend depuis l'os facrum jufqu'aux côtes. Voyez Sacro^ 
lombaire. 

LOMBRICAUX. On donne ce nom a quatre petits 
mufcles grêles, placés dans le fond de la main, à caufc 
de la relîemblance qu'on leur a trouvée avec des vers de 
terre, qui portent en Latin un nom dont celui-ci eft 
dérivé. C'eft la même raifon qui les a fait nommer Fer- 
miculaires. Ils nailTent dans la paume de la main , des 
tendons du mufcle profond , au-delTous du ligament annu- 
laire, & accompagnait les tendons du même mufcle , 
jufqu'à la bafe de la première phalange des quatre doigts 
à laquelle ils fe terminent du côté du pouce. Ils font fu- 
jets à quelques variétés dans leurs attaches 5 ils s'uniiTent 
ordinairement en partie avec les inter-olfeux & avec 
î'extenfeur commun. Ils font auxiliaires de ces mufcles 
& peuvent auflTi aider un peu à la flexion. 

Lombricaux des Orteils : on donne ce nom àplufieurs 
petits mufcles du pied, par la raifon qui l'a fait donner 
aux mufcles précédens , comme c'eil encore par la même 
raifon qu'on les nomme aufli vermiculaires. Ils font au 
nombre de quatre: ils prennent naiffance des tendons 
du mufcle longfléchiffeur , & vont fe terminer par au- 
tant de tendons aux prem.ieres phalanges des quatre der- 
niers orteils du pied. Ils aident à fléchir les orteils & â 
les approcher les uns des autres. 

LONG du col^ on donne ce nom a un mufcle fiéchif^ 



L O N 123 

fcur du cou , que Ton divife ordinairement en deux por- 
tions , fuivant la diredion de plufieurs petits muîcles 
dont il eil compofé. La portion Supérieure s'attache aux 
apophyfes tranfverfes des cinq vertèbres inférieures du 
col, d'où elle fe porte obliquement au corps de la féconde, 
de la troifiéme & de la quatrième pour s'y terminer. La 
portion inférieure s'attache à la partie latérale du corps 
de la dernière vertèbre du col, ^ des trois premières du 
dos, & montant un peu obliquement en dehors, elle va fe 
terminer à la racine des apophyfes tranfverfes de toutes 
les vertèbres du col, fi on en excepte la première & la 
dernière. Ces mufcl^es fervent aux mouvemens du col , 
dont ils font les plus puilTans fléchiffeurs. 

LONG du dos ou Long dorfal: on donne ce nom a un 
mufcle long & étroit, placé entre les apophyfes épineu- 
fes des vertèbres & le mufcle facro-lombaire avec lequel 
il fe confond inférieur ement , & dont il n'eft féparé dans 
le refte de fa route que par une membrane très-fine de 
liffu cellulaire. 11 s'attache inférieurement par une apo- 
névrofe qui lui eft commune avec le facro-lombaire à la 
partie poilérieure & fupérieure de l'os des îles , & à l'os 
facrum , & par une portion charnue à la partie pofté- 
rieure & interne du même os des îles : il s'attache aufli 
aux épines des quatre ou cinq dernières vertèbres àzs 
lombes par autant de bandes tendineufes, & aux apophy- 
fes tranfverfes & obliques des mêmes vertèbres, par plu- 
fieurs portions charnues. Il fe termine fupérieurement 
par plufieurs bandes prefque toutes tendineufcs , qui 
s'attachent aux extrémités des apophyfes tranfverfes des 
fept vertèbres fupérieures du dos, & par plufieurs por- 
tions charnues à la partie inférieure & externe des fauifes 
côtes auprès de leurs angles. On trouve à la partie in- 
terne de ce mufcle fîx ou fept bandes mufculaires fem- 
blables à celles que l'on remarque 2m facro-lombaire. 
Leur diredion eft aufïï de haut en bas , & elles croifent 
les autres fibres du mufcle. Leur nombre & leur arran- 
gement varient beaucoup. 

.On pourroit en faire un mufcle particulier. Ces ban« 



îi4 tôt; 

des mufculaircs font attachées fupérîeureînéat aux apo^ 
phyfes tranfverfes des quatre premières vertèbres da 
dos , & s'attachent à celles des inférieures. 

Le très-long du dos fert à étendre les vertèbres aux- 
quelles il s'attache & à modérer tous les mouvemens de 
l'épine. 

LONGITUDINAL. ( fmus ) Canal veineux qui fe 
trouve le long de la faulx de la dure-mere j il y en a 
deux j l'un fupérîeur , l'autre inférieur. Le fupérieur 
€11: formé par l'efpace triangulaire que lailfent entr'elles 
les deux lames de la faulx , en s'adolTant l'une contre 
l'autre , & en s'attachant aux bords de la gouttière of- 
feufe qui fe trouve pratiquée à la face interne du co- 
ronal , & le long de toute la future fagittale. Il s'at- 
tache d'une part au trou qui eft devant l'apophyrc 
crijla-galli y & monte en fe dilatant peu à peu , pour 
fe terminer de l'autre part à l'endroit, où la dure-merc 
forme la tente du cervelet. L'inférieur eft fitué à la par- 
tie inférieure de la faulx , prés du corps calleux , & va 
s'ouvrir dans le quatrième iinus , ou celui qui reçoit le 
fînus longitudinal fupérieur. On remarque beaucoup de 
brides tendineufes, & de glandes de Pachioni dans ce 
premier. 

LOUCHE. Qui regarde habituellem.ent de travers. 
Les enfans font fujets à loucher i cela vient de ce que 
les nourrices n'ont pas le foin de les tourner du coté 
du jour, quand elles les couchent. Les enfans en s'é- 
veillant cherchent le jour, qui leur venant de biais leur 
fait tourner la vue de ce côte-là , & fait contrader aux 
yeux cette habitude vicieufe de regarder mal les objets. 
Voyez Strabifme & Beficles. 

LOUP. Ulcère malin, virulent , chancreux , qui vienj: 
aux jambes , ronge & confume les chairs voifmes, com- 
jne un loup affamé , d'où il a pris fon nom. Voyez 
i/Uere, 

LOUPE. Tumeur, fouvenc enKyftée, & pour l'or- 
dinaire, ronde ou ovale, plus ou moins confiftante , 
fiiivant la matière dont elle eft formée, quelquefois 
grqlfe , quelquefois petite , fans douleur , faus inflaîu» 



L O U 11^ 

jmation , & fans changement de couleur â la peau. 11 
y a bien des fortes de loupes , à raifon du lieu où elles 
font Htuées , & de la matière qu'elles contiennent. Celle 
qui eft faite de chair , retient proprement le nom de 
Loupe , Loupe charnue ; celle de la gorge s'appelle 
souetre i celle qui eft remplie de graifTe épaffie , /i- 
pome ; quand la matière renfermée dans le Kifte eft 
dure, femblable à du fuif, la loupe fe nomme _/?e^f(9- 
me; Vatherome contient une matière reffemblante à de 
la bouillie i le Meliceris en contient une qui a la cou- 
leur & la confiftance du miel. Le fiege de ces tumeurs 
font les glandes febacées du cuir. Les tuiaux excré- 
teurs de ces organes venant à s'obftruer , ou à s'effa- 
cer , la matière, qui y abonde toujours , diftend le fol- 
licule petit à petit , & par continuation de tems , le gon- 
fle jufqu'à un volume quelquefois très-confidérablei mais 
ces fortes de tumeurs ne font point de douleur parce que 
la matière qu'elles renferment eft douce i elles gênent 
plus par la compreffion des vaiffeaux voiiins, quand elles 
ont acquis un certain volume , & fouvent l'incommo- 
dité qu'elles procurent , par-là , oblige à les làiie 
emporter. 

La Chirurgie emploie quatre moïens pour guérir les 
Joupes , 1°. la réfolution 3 2°. la fuppuration en les 
ouvrant} 3*^. la ligature, quand la bafe en eft étroites 
4°. enfin l'extirpation. 

L'on tente donc , premièrement , de réfoudre ces tu- 
meurs , en appliquant deifus des cataplafmes & des fo- 
mentations émollientes & réfolutives , faites avec la gui- 
mauve , l'abfînthe , l'armoife , la fauge & la graine de 
genièvre. Si la tumeur eft fort dure , on y fera des li- 
nimens avec de l'huile de lys , de camomille , de lin, 
de limaçon , de vers de terre ou de fureau 5 on y ap- 
liquera des emplâtres de ciguë , de diabotanum , ce- 
ui de favon , de grenouilles , avec le mercure , &c. 
on les preffe enfuite entre les doigts avec force , & en 
pétriffant à plufieurs reprifes , jufqu'à ce que le fac foit 
crevé 5 alors on met deffas des réfolutifs , & l'humeur 
ycijajit à fc xeforber^ le dilupe, avec la maffe , parles 



l 



316 t O U 

voies naturelles , ce que l'on facilite par îeS purgatîon§: 

La fuppuration ne fe fait jamais aufli bien , & le pus 
«3ans ces fortes de tumeurs, n'eft jamais aufli louable, 
que dans les phlegmons qui fuppurent ; l'on ouvre la 
tumeur avec un biftouri, on laiiTe écouler l'humeur, 
puis on applique des fuppuratifs qui emportent le fac. Ces 
fuppuratifs doivent nécelTairement le faire tomber, fans 
quoi il n'y a point de guérifon à attendre , & fouvenc 
ils font infufnfans. Dans ce cas, au lieu de fuppuratifs, 
on fe fert de remèdes cauftiques. On emplit le fac de 
charpie, garnie d'ongent rongeant, que l'on renouvelle 
tous les jours , jufqu'à ce que le KÎfte foit entièrement 
longé , & tombe fans beaucoup de difficulté , ou même 
de lui-même. 

Quand la loupe a la bafe étroite , & qu'il y a appa- 
rence qu'elle tombera, l'on en fait la ligature i on prend 
un crin de cheval , ou un fil de lin ou de foie , dont 
on entoure le pédicule de la loupe , on le ferre de plus 
en plus, la tige fe coupe, & la loupe tombe : il feroit 
plus court de l'emporter d'un coup de biftouri , mais 
les malades préfèrent fouvent la voie la plus longue. 

Le quatrième moyen de guérir les loupes , c'eft de 

-, les extirper. On l'emploie quand les émolliens & les 

réfolutifs ont été impuiffans, ôc fur-tout quand la bafe 

de la tumeur eft large, & qu'elle efl, comme dit Dio- 

nis , enclavée , ou enfoncée dans les chairs. 

Les inftruments qui fervent à faire cette opération ; 
font le fcalpel , une tenette , la feuille de mirthe qui 
a un déchanifoir à une de Ces extrémités > l'appareii 
confiile en un ou plufîeurs plumaceaux , en une em- 
plâtre , une comprelTe &: un bandage appropriés. On 
fait une incifion longitudinale ou cruciale, fuivant que 
la loupe eft petite , ou grofTe , & ronde , à la peau qui 
couvre la tumeur , on écarte les lèvres de la peau , 
pour empoigner la tumeur avec la tenette, afin de la 
iéparer aifément & de la difléquer avec la feuille de 
mirthe; que il les filamensqui attachent la tumeur étoient 
a/Tez durs pour que la feuille de mirthe. ne fuffife'pas 
à leur difTe^^ion , on couperoit avec le fcalpel , en pre« 



L U N _ 127 

t^ant garde cependant d'ouvrir le Kiflic. La loupe étant 
ôtée , on met fur la plaie un plumaceau. On le couvre 
de l'emplâtre & de la comprelte , qu'on doit avoir pré- 
parées , & on aflure le tout par un bandage. Toute 
l'adrefTe du Chirurgien confifte à emporter toute la tu- 
meur & la matière contenue dans cette poche i ainii , 
après la diiTedion de la loupe , il ne doit rien reftcr 
du fac. Cependant fi , malgré l'attention de l'opérateur, 
il en demeuroit quelque chofe, on le confumeroit par le 
moyen des cauftiques , comme on la vu , ci-deiFus , dans 
le fécond moïen. 

LUETTE. Petit grain glanduleux qui n'a pas plus 
de volume que l'extrémité du petit doigt d'un enfant , 
lequel pend dans la bouche , du milieu de la cloifon 
du palais , à laquelle il tient , au moïen de membra- 
branes communes. On le nomme en grec Jlaphyle , & 
en latin uvula , noms qui fignifient grain de raijïn^ à 
raifon de fa figure. On lui conferve auiïi en françois 
ie nom à!uvule. La luette peut avoir beaucoup d'u- 
fages : elle diminue le mouvement àts alimens dans la 
déglution , & change leur direélion en faifant couleî 
par les côtés la portion qui fe porte en droite ligne vers la 
glotte. Elle fert à la voix, qu'elle modifie , & verfe dans 
la bouche , une liqueur propre à difToudre les alimens, 
& par- là facilite la digeftion. 

LUNAIRE. On a donné ce nom au fécond os de 
la première rangée du carpe , parce qu'une de {ts fa- 
cettes eft taillée en croilfant. M. Lieutaud l'appelle 
petit radial , & M. WinfloW , femilunaire. La face de 
cet os , qui répond au raïon , eft convexe, & s'articule 
avec lui , celle qui lui eft oppofée eft cave , & loge une 
partie de la tête du grand os. Il y en a une troifiéme 
qui eft fémilunaire , & reçoit le bord du &'caphoïde. 
Celle cpi eft oppofée eft plate , à peu près triangulaire 
&: reçoit l'os cunéiforme. Les faces externes & internes 
font petites & raboteufes. 

LUNAIRES. ( Cartilages ) Ce font deux demi cer- 
cles cartilagineux qui fe trouvent daws l'articulation du 



ïi8 LUX 

genou. Ils augmentent les cavités glénoïdes du tibîa , cfcs 
façon que les conJyles du fémur foient mieux emboi- 
tés j mais ils font mobiles, pour faciliter le mouve- 
ment du fémur iur le tibia. 

LUXATION. Déplacement d'un ou de plufieurs os 
de l'endroit du contad où ils font naturellement. Pour 
traiter les luxations , il faut avoir une idée parfaite de la 
ftrudure des parties léfées dans cette maladie, connoîtrc 
la duTérence de ces maladies, leurs caufes, leurs figues, 
leurs eftets & enfin les moiens d'y remédier. L'Anato- 
mie donne 1^ première connoilîance. Pour les différen- 
ces des luxations , elles fe tirent de la difierente articu- 
lation des os, du lieu que l'os occupe étant luxé, des 
caufes capables de le luxer i du tems qu'il y a qu'il eil 
luxé, &c enfin des maladies & accidens qui accompa- 
gnent la luxation. Les unes arrivent aux os joints par ge- 
nou i d'autres aux os joints par cbarniere,& àcette efpéce 
de luxation on ajoute les écartemens des futures , le dé- 
placement des dents , Se la féparation des os joints par 
cartilage. Suivant le lieu que l'os occupe j la luxation efl 
comp/ettey quand l'os efi tout-à-fait lorti de fa cavité 5 
elle eft incomplette ^ lorfqu'il eft encore fur le hord, ou 
bien s'il y a plufieurs têtes & cavités, que l'une des têtes 
fe loge dans la cavité voifme; elle ell interne quand un 
os fe luxe en dedans, externe Q^2iwà il fe jette en dehors i 
fupérieure quand il fe déplace en haut, inférieurs quand 
il tombe en bas. 

Quant aux caufes, les unes font internes, les autres 
font externes. Les luxations de caufe interne arrivent ou 
par la convulhon des mufcles, le relâchement des liga- 
iTiCnsi ou par la paralifîe aidée de la pefanteur du corps 
ou du membre feulement j ou par les férolités qui afFoi- 
blilîent les ligamensj ou par la finovie qui chaile la tête 
de l'os hors de fa cavité i ou par le gonflement de l'os 
même, ainfi qu'on le voit arriver aux rachitiques, dans 
ceux qui habitent les marécages , & dans ceux qui tra- 
vaillent fur le plomb ou fur le mercure. Relativement 
aux maladies & accidens qui accompagnent les luxations, 

elles 



LUX 11^ 

elles font fimphs , quand elles ne font accompagnées 
d'aucune maladie fâcheufe, ni d'aucun accidents compo-^ 
fées, quand il y a plufieurs os luxés s compliquées, quand 
elles font accompagnées d'apofthêmes , defraduie , d'ul- 
cère, de plaie, de fièvre, d'infomnie, de convulfions, de 
paralifie, &c. Les caufes externes, font les efforts, les 
coups, les chutes, &c. 

Toutes les luxations ne font pas également dange» 
reufes. Celles des charnières le font plus que celles des 
ocnouxi la eomplette plus que l'incomplettei celle qui 
arrive de caufe interne fe guérit plus difficilement que 
celle de caufe externe; les vieilles font plus difficiles à 
réduire que les récentes, & celles qui font accompagnées 
de fradure, d'anchilofe, d'apoftème, de plaie, d'ulcère, 
font plus dangereufes que toutes les autres, parce que 
chacune de ces indifpofitions demande une cure particu- 
lière, laquelle eft elle-même rendue difficile par la luxa- 
tion qu'elle accompagne. 

La cure des luxations indique trois chofes : l°. réduire 
la luxation j a**, la maintenir dans la rédu^ion ; 3^. cor- 
riger les accidens préfens & prévenir ceux qui peuvent 
arriver. 

La réduélion comprend l'extenfion, la contre-exten- 
fîon & la conduite de l'os dans fa cavité. Vojqz Exten^ 
fion <S* Contre-Extenjîoii. 

Il y a des circonftances que l'on doit obferver en fai- 
fant les extenlions & contre -extenfions : i«, il faut que le 
corps foit retenu j tiré ou pouffé, vers le haut, par des 
forces égales à celles avec lefquelles le membre fera tiré 
vers le bas, fans quoi la plus foible céderoit à la plus 
forte , & fextenfion feroit imparfaite; %^. il faut autanc 
qu'il eft poffible, que les forces qui tiient pour faire l'ex* 
tenlion & la contre-extenfion , foient appliquées aux 
parties les plus éloignées de celles qui font luxées , fanç 
quoi elles font inutiles & fouvent nuifibles ; par exemple, 
il Ton veut faire la rédudion de la luxation du bras ,il faut 
tirer la main& non pas le bras; repoufler ou retenir lecorps 
&; non pas l'épaule ; autrement on feroit des extenfions 
violentes, qui intérelferoient les ligamens. Les mufcle» 

i3«acCh. Tome IL I 



îjo L U X 

de ces parties s'oppofent trop fortement à ce qu'on les 
applique fur les parties mêmes luxées de la manière que 
les anciens le pratiquoient. Cette méthode a déjà été 
expofée dans le traitement des fraduresi 3°. les unes & 
les autres forces doivent être proportionnées à l'éloigné- 
ment de la tête de l'os, & à la force des mufcles qui les 
retiennent , car il faut moins de force pour tirer un os 
"vers fa cavité , quand il eft au bord , que lorfqu'il s'en eft 
•éloigné de trois ou quatre travers de doigt. Il faut auffi 
tirer avec moins de force , lorfqu'il s'agit de réduire le 
bras que quand il faut réduire la cuilTei parce que les 
mufcles de la cuilfe font plus forts que ceux du bras. 
4^. îl faut que la partie foit tellement fituée , que les 
mufcles fe trouvent égakment tendus, fans quoi ceux 
qui feroient le plus en contra^ion, feroient trop de ré- 
fîltance ôc dim.inueroient la force de l'extenfîon , outre 
•qu'ils pourroient fe déchirer; 5'=*. l'extenfion doit fe faire 
peu-à-peu Se par degré, de peur de rompre ks mufcles 
par une extéiiiion trop forte ôc trop promptes ô"". on doit 
préferver les parties fur lefquelies on applique les iaqs ou 
machines qui tirent ou qui pouifent , pour éviter les con- 
tufions, l'excoriation, les cicatrices , les cautères de ceux 
qui en ont-, 7*', on doit placer les Iaqs le plus prés des 
condyles, ou aurtres é-miinences caoables de les retenir en 
leur donnant de la prife, parce qu'ils glilïiroient & ne 
feroient d'aucun effet fi on les placoit ailleurs; 8°. on les 
liera plus fort à ceux qui font gras, pour s'approcher de 
'plus près du folide du membre, fans quoi la graiffe feroit 
obftacleâ la sûreté du laq. 

Quand les Iaqs qui tirent à contre-fens fe font fufîi- 
famment éloignés les uns des autres, c'eft un ligne que 
les extenfions font fufFifantes; &:co-mme, lorfqu'une par- 
tie luxée eft en fituation liée Se attachée, prête à être 
étendue, les mnfcles paroiifent, fe o;onfient & fcmblent 
fe préparer à tirer pour s'oppofer à Feffort auquel le 
malade s'attend de la part du Chirurgi'en ou des machi- 
nes dont il fe fert, c'eit encore un figne que les exten- 
fions fiifîifent, quand dans TefForide l'extenfion les ânuf- 
cles s'affaiffent & s'allonoenr. 



L U X îjf 

Loi-fque l'on reconnu it que les murdcs font fuififam- 
ment allongés, on conduit i'os dans fa boète ou cavité, 
avec les mains ou les machines, en failant lâcher douce- 
ment ceux qui tuent , afin que l'os fe replace, il fauE 
piendre (;aide dans cette conduite à ne pas abandonner- 
l'os à toute Tadion des mufcles. S'il y a un rebord carti- 
la^^ineux à la cavité , il peut fe renverier quand on lâche 
tout-à-coup les laqs, ce qui peut caufer une anchilofe. 
Quand même la vîteffe du retour de l'os ne romproit pas 
le rebord, la tête de l'os pourroit faire une grande con- 
tusion aux cartilages tant de la tête de cet os même que 
du fonds de fa cavité. Il eft donc nécelfaire de conduire 
l'os doucement, au moins jufqu'à ce que l'on foit aifuré 
qu'il prend bien la route de fa cavité. 

Lorfque l'os eft rentré dans la place on l'y maintient 
par des machines , ou des bandages, qui doivent s'appro- 
prier à chaque elpéce de luxation, ik l'on prévient les 
accidens à venit , où l'on combat ceux qui font préfeiis 
par des faignées , la diette, les émolliens en cgtapiafmes, 
fomentations , linimens , ôcc. L'on remue de tems en 
tems le membre replacé afin d'obvier àl'anchylofe , &de 
diicuter les lïuides qui pourroient être épanchés dans la 
cavité ou aux environs de l'os. Il faut aulîi avoir grand 
foin que le membre, dans la lituation du mialade, nç 
foit ni trop plié ni trop tendu , qu'il foit également 
appuie, & que la pente n'empêche pas le retour des li- 
queurs, autrement il arriveroit gonhement, tenfion, dé- 
pôt & abfcès, qu'il foit afiuré par la fo lidité du lit, ou la 
régularité de l'écharpe. 

Luxation de la tête. 

Il eft prefque impoffible que la tête fe luxe d'avec îa 
première vei-tebre. La deuxième , la rroifiéme & les au- 
tres vertèbres fe luxent plus facilement ; non qu'elles 
fuient moins attachées , m.ais parce qu'elles font plus 
éloignées de la tête, & qu'il eft clair que les vertèbres fc 
-luxent plus aifément, félon qu'elles font plus éloignées 
de la jointure de la tête ou des os des hanches. C'eft po&£ 

I ij 



îj^ ^ LUX 

cette raifon que celles des lombes fe luxent avec plus de 
facilité que les autres. Cependant celararrive quelquefois, 
dans les fufpenfions & autres caufes violentes qui peu- 
vent déplacer la tête dans le tems que les ligamens qui 
la retiennent en fituation font relâchés. 

Les figues de cette luxation font apparens & funeftes j 
ils ne durent pas long-tems parce que le malade meuit 
par la compreiTion , ou le déchirement du tronc de la 
moelle épiniere , fi on ne la réduit pas promptement. 
M. Petit le Chirurgien propofe la manière fuivante de 
faire la réduélion en quellion. On a deux forts laqs fen- 
dus par le milieu de leur anfe comme deux fcapulaires : 
on les pafTe tous les deux dans le cou, fcLif2.n1 entrer ]^ 
tète dans les fentes. L'un eft plus long que l'autre & le 
plus court doit fe mettre le dernier. On les tourne de fa- 
çon que les côtés de la fente du dernier appliqué appuient 
i'unfous le menton, & l'autre fur l'occiput, on relevé les- 
chefs le long des oreilles & on les noue fur le fommet de 
la tête. Les deux côtés de la fente du deuxième laq ap- 
puient fur les deux épaules de la même manière que le 
fcapulaire & on noue les deux chefs qui tombent l'un eu 
devant, l'autre en arrière, entre les deux jambes de fa- 
tçon que dans l'homme les parties génitales ne foient 
point en danger d'être meurtries. On couche le malade 
par terre fur le dos, & on fixe le fécond laq à un point 
imm-obile ; tandis qu'on confie l'autre, à un ferviteur in- 
telligent & fort. Lorfque tout eft près le Chirurgien fait 
faire l'extenfîon en ordonnant au ferviteur de tirer fon 
laq, &lui, pendant ce tems-là, il conforme les os dépla- 
cés. 

L'appareil confifte en une comprefTe couverte d'un 
défenfif figurée en croix dont la partie fupérieure de l'ar- 
bre eft arondie & les deux bras plus longs un peu que 
l'arbre même. On l'applique par le milieu fur la nuquel 
Les deux bras font le tour du cou. La partie inférieure 
defcend le long des vertèbres du col jufqu'au dos, la 
partie fupérieure s'étend fur l'occipital : le tout ell con- 
tenu avec une fronde à quatre chefs. Deux font le tour 
à\x col, & les deux autres fe réunilTant au front font, le 



LUX 13^ 

tour de la tête. Le ccntic de la fronde eft placé à la nu- 
que. On fait coucher le malade fur le dos, la tête fort 
haute, appuiée fur un coufTui creux dans fon milieu, 8c 
relevé de bords fur les côtés, pour fervir d'appui aux 
côtés de la tcte , en guife de fanons. 

Luxation de la mâchoire inférieure» 

La mâchoire inférieure fe luxe en avant , d'un ou des 
deux côtés i elle ne peut fe luxer en arrière diredement 
de gauche à droite, ni de même de'droite à gauche. Quand 
la luxation eft des deux côtés en devant , la bouche eft 
ouverte , & le malade ne peut mâcher , les joues font 
applaties i lorfqu'on ouvre la bouche au malade i il 
fouifre de grandes douleurs , il ne fçauroit articuler ni 
parler diftindement, la falive lui coule en abondance > 
& fort de la bouche quoiqu'il falTe pour la retenir 5 dans 
ce cas , qui eft le plus fâcheux , la déglutition ne fc 
peut faire , & le fond du gofier refte à Çzc, Quand 
ta mâchoire n'eft luxée que d'un côté, la bouche n'eft 
pas fi ouverte j le menton eft tourné du côté oppofé 
à la luxation , les dents ne fe rencontrent point vis-à-vis 
de celles de la mâchoire fupérieure, le gonflement des 
mufcles n'eft que d'un côté , & tous les autres fignes s'y 
rencontrent. Hyppocratc dit que fi l'on ne remet promp- 
tement la mâchoire, il arrive une groffe fièvre, afïou- 
piilément, inflammation, convulflon , vomilTemens de 
matières bilieufes , & la mort même le dixième jour. 

Pour faire la réduélion on aflied le malade delà même 
manière qu'il a été dit à l'article fraélure. Un ferviteur 
appuie le derrière de la tête du malade contre fa poitrine 
laquelle doit être garnie d'un petit oreiller. Il retient la 
tête avec fes deux mains, qui pour cet effet font mutuel- 
lement jointes par l'entrelacement des doigts & forte- 
ment appuiées fur le front du malade, cette manœuvra 
forme la cQntre-exten(ion. Cela étant fait, M. Petit le 
Chirurgien propofe le manuel fuivant : le Chirurgien 
après avoir garni de linge fes deux pouces, pour ne fc 
point bleiler contre les dents, il les introduit dans la 

liii 



134 LUX 

bouche i l'un à dmite & l'autre à gauche, il les appuie 
fur hs dernières dents molaires, le plus proche qu'il eil 
poiïïble de l'articulation. Il poulie en bas & en arrière i 
en bas pour allonger les muicles , & en arrière pour pla- 
cer les condyles : il relevé le devant de la mâchoire , en 
même -tems qu'il jette fes pouces dans les joues le plus 
promptement qu'il eft pofTible, pour n'être point mordu, 
ce qui arriveroit par la fubite contradion des mufcles 
qui pour lors ferment aullitôt la mâchoire. 

Lorfque la luxation n'ell que d'un côtéj on ne fair 
l'exteniion & les autres mouvcmens, que du côté luxe j 
cette luxation efl plus difficile à réduire que la complettc 
des deux condyles, pour deux raifons ; la première, c'eft 
que les mufcles ont confervé plus de force , & font par 
conféquent plus de réiîilance i la féconde, c'eft que la 
mâchoire efl moins ouverte, ce qui ôte le pouvoir de 
porter le pouce aulfi prés de l'articulation, qu'il le faut 
pour vaincre la réfiftance des mufcles, ce qui eft le con- 
traire dans la luxation des deux côté;. 

Tout l'appareil confifte en un fimple défenfif, une 
comprelTe à quatre chefs croifés qui s'attachent au bon- 
net. Voyez i'raUure de la mâchoire inférieure , à l'article 
Fra^ure. 

Luxation de la clavicule. 

La clavicule peut fe luxer dans {^s articulations. La 
luxation la plus facile, eft celle de l'articulation du fter- 
lîum, parce qu elle eft plus mobile que l'autre, & que fa 
tête eft plus groffe que la cavité qui la reçoit n'eft pro- 
fonde. Elle fe déplace en arrière ou en devant : quand 
elle fe jette en arrière la clavicule s'approche de la trac- 
chée artère] quand elle fe luxe en devant elle déhorde & 
furpaiTe le fternum. La première eft rare, celle-ci fe.faic 
beaucoup plus fréquemment. On les reconnoît l'une 5c 
l'autre avec facilité i la première fe décèle par l'enfonce^ 
ment qui fe remarque alors au lieu d'où la clavicule eft- 
partie; & la féconde par l'éminence qui paroît en dehors, 
tes accideas de la preaiieie font fâcheux, quand elle eft. 



LUX. ^ ï.3^ 

Complette, parce que la clavicule comprime la trachée, 
l'cfophage, la carotide & la jugulaire, ce qui la rend 
auffi plus difficile à léduire que l'autre. 

La clavicule fe remet plus aifément en place qu'elle 
ne s'y contient. Pour la réduire, on place le malade de la 
même façon qu'il eft dit à l'article FraBure , rextenfion 
& contre-exteniion fe font de même aufli, par le moieii 
d'un ferviteur qui retire les épaules en arrière , tandis 
que l'Opérateur fait en devant la conformation. 

Cette luxation eft une de celles de caufe externe qui a 
plus befoin de bandage pour la contenir , parce que la 
tête de la clavicule eft plus grande que la cavité du fter- 
iium n'eft profonde; & que d'ailleurs cette cavité n'a 
point de rebord cartilagineux pour la retenir. Dans la 
luxation en arrière , il faut faire le huit en chiffre décrit 
% l'article Fraéîure , lequel tire les épaules en arrière, ce 
qui fait avancer le bout de la clavicule en devant. Ce 
bandage ne doit avoir que trois ou quatre tours , & doiç 
étrefait de manière que lapartie malade foit àdécouvert. 
C'eft l'Aide du Chirurgien qui doit l'appliquer, tandis quç 
l'Opérateur le dirige & maintient en fituation l'os qu'il 
a réduit. Il garnit enfuite l'enfoncem-ent qui eft derrière 
la tête de la clavicule, avec des comprelfes graduées, ou 
ce qui revient au même avec de la charpie trempée dans 
du blanc d'oeuf battu avec de l'alun. On en remplit toute 
lafaliere , & quand tout eft au niveau du fternum, & de 
la clavicule. On applique trois compreiFes, deux croifées, 
&: unequiles recouvre toutes deux. On fait par-deJTus, le 
bandage appelle /^i^-^ defcendanz^ dont les doloires & la 
plupart des croiies pa lient fur la partie malade, pour ig. 
maintenir dans fon lieu. 

Quand la clavicule fe luxe fous l'acromion , après avoir 
fait la rédudion, on applique une comprefTe épaiiTe au« 
ddlous du bout de la clavicule; une féconde, de même 
épailleur fur l'acromion, & une troifiéme qui enveloppe 
les deux premières & le moignon de l'épaules puis avee 
une bande de cinq aunes de long fur deux ou trois doigts 
de large , comme dans la luxation précédente , o\\ fait le 
fpica afcêiidant de même que dans la luxation du bras. 



13^» LUX 

Dans tous ies cas on met le bras en éçharpe pour le fou* 
tenir , & pour maintenir la clavicule dans l'état d'immo- 
bilité où on vient de la mettre par le moïen du ban- 



dage 



ILuxazion des vertèbres. 



Il eft bien difficile, pour ne pas dire impoiTibie qu^ii 
arrive luxation complecte aux vertèbres , que le malade 
ne meure fur le champ ou très-peu detems après5 les lu- 
xations qui fe rencontrent quelquefois font prefque tou-.i 
jours incomplettes. On appelle luxation complette des 
vertèbres celle dans laquelle l'os luxé ne touche plus à. 
i'os auquel il étoit joint par les endroits qui faifoient fa 
jondion. Comme dans les luxations ordinaires les vertè- 
bres fe touchent toujours par la plus grande partie de: 
leur corps , de manière qu'elles ne (ë luxent entièrement 
que par leurs apophyfes obliques, ces luxations font tou- 
jours incomplettes. On voit même tous les jours que les 
deux apophyfes obliques ne fe luxent pas toujours en- 
femble également , une feule peut fortir de fon lieu , 
pendant que l'autre relie prefque toujours dans fa place. 

Quand on dit qu'il y a luxation d'une, de deux, de' 
trois vertèbres, cela doit être entendu d'une certaine ma-' 
niere : fi, par exem.ple , la première vertèbre des lombes; 
eft luxée d'avec la dernière du dos, & que la dernière 
des lombes le foit d'avec la première de l'os facrum, on 
ne doit point dire que les cinq vertèbres des lombes font, 
luxées, com.me s'exprime le commun des hommics fans 
raifonjles trois vertèbres qui fe trouvent entre la pre- 
mière & la cinquième , ne font point luxées. Il n'y a que 
la première & la dernière. Une vertèbre peut encore 
être luxée par en haut feulement , ou bien par en bas, 
ou par les deux enfemble. Mais cette dernière luxation 
cil rare. 

^es fignes de la luxation des vertèbres font la figure 
contrefaite de tout le corps, la diiiiculté &: quelquefois 
rimpoffibilité de marcher, rengouidiifement dans les 
parties qui font au-deiîbus de la luxation , d'où il s'enfuit 
fur k çhampj ou quelque tems après paralifie ^ux ex|rçï= 



LUX 137 

.,^ités inférieures j le ventre devient parefTeux, les urines 
font retenues dans les premiers jours, & fortent involon- 
tairement dans la fuites alors la gangrène furvient, & la 
mort n'efl pas éloignée. La gangrène attaque première- 
ment l'endroit qui répond aux apophyfes épineufes, les 
épines des os des hanches, la peau qui recouvre le grand 
throcanter; le coccyx, la pointe des felFes, & tous ceux 
fur lefquels le malade s'appuie quelque tems. Quand l'a- 
pophyfe oblique du côté droit eft luxée , l'épine fe plie a 
gauche, le malade fent de grandes douleurs, fi on plie le 
corps du côté qu^il panchei & il eft foulage, fi on le 

■pouife du côté de la luxation. Quand au contraire c'eft 

Tapophyfedu côté gauche qui eft luxée, le corps panche à 
droite, foufFre quand on le plie du côté qu'il incline, & 

■fe fent foulage fi on le poulfe du côté oppofé. 

• Les luxations des vertèbres du col & du dos font plus 
dangereufes que celle des vertèbres des lombcsj parce qu'il 

-éaut un plus grand effort pour les luxer , & que quand elles 
font déplacées, elles compriment une grande étendue 

-de moelle épiniere, ce qui eft le contraire dans la luxa- 
tion des vertèbres des lombes. Ainfi dans le déplacement 
des vertèbres du cou, il y a plus de parties paralytiques, 
que dans celui des fuivantes. La luxation de deux ou 
trois de ces os eft plus fâcheufe que celle d'un feul , parce 
que la moelle fe trouve comprimée en plus d'endroits, 
DU dans une plus grande étendue. Il eft plus aifé de ré- 
duire celle de deux apophyfes obliques que celle où il 
n'y en a qu'une de luxée, è^ fi l'on ne réduit point la lu- 
xation des vertèbres en général, le malade meurt infail- 
liblement j quoique il ne laiiTe pas de paier tribut à la na- 
ture même après qu'on l'a réduite , lorfqu'on a trop tardé 
à le faire, parce qu'il s*eft fait des dépôts, & que la 
moelle a été trop long-tems comprimée: quelque difficile 
que foit à réduire la luxation incomplette, elle eft toute, 
fois moins dangereufe que la complette, puiique dans 
l'une la moelle eft moins comprimée que dans l'autre. 

Pour réduire les vertèbres luxées, il faut coucher le 
malade fur le ventre en travers fur un lit de trois pieds 
dç large , que Ton aura garni d'un gros drap roulé en 



138 LUX 

forme de ti'averfin ; ce drap fera placé feion la longueur 
du lit) fur le drap on appuieia le ventre du malade vis-à- 
vis la vertèbre démife, deux aides appuieront, l'un fui 
la partie fupéuieure de l'épine , près la racine du cou. , 
l'autre fur l'os facrum, poui faire plier l'épine , 1 Opéra- 
teur enfuite preilera fur la vertèbre luxée , c'eft-à-dire , 
fui: celle qui eft immédiatement au-deUbus du lieu le 
plus éminent de la tumeur qui paroît : il faut en même 
tems relever la partie du tronc qui eft du côté de la 
tête, 8c la vertèbre fe réduit. 

Cette méthode eft iimple & eft de M. Petit le Chi- 
rurgien qui blâme & condamne entièrement toutes les 
méthodes où l'on emploie les traélions, les leviers, les 
rouleaux, les prefToirs, qui font félon lui pour le moins 
inutiles. Les Chirurgiens modernes récommandent de fe 
fervit d'un tonneau au lieu de lit , ou du cul d'un chau- 
dron fur lequel on couche le malade en travers, deux 
aides appuians fur le deux bouts du corps comme dans la 
méthode de M. Petit , tandis que l'Opérateur eifaie de 
conformer les os démis, ce qui réudît de même & peut 
par conféquent être mis en uiage. 

Quand la luxation eft" réduite, il faut appliquer fur 
toute l'épine de grandes comprelfes trempées dans l'eau- 
de-vie aromatique, ou dans l'efprit-de-vini on fera fur 
le ventre & aux endroits où il y aura paralyfie & engour- 
diffement des friélions légères , on y appliquera des lin- 
ges chauds, fouvent renouvelles. On retient les com- 
preiTes par le bandage du corps foutenu du fcapulaire^ 
Le malade fera couché fut le âos, dans un lit égal. Oa 
le faignera & on lui fera obferver un régime exad. 

Luxation du coccyx. 

Le coccyx fe luxe en dehors & en dedans. La luxation 
en dehors n'arrive que dans les accouchemens laborieux, 
où l'enfant refte long-tems au paifage. Dans ce cas Içs 
cartilages & les ligamens qui joignent le coccyx perdent 
leur reilbrt par la longue diftradion que la tête de l'en- 
fant forme fur cet os, & la matrice venant enfin à fe 



LUX 139 

contrader avec plus de force ainfî que le diaphragme & 
les mufcles du bas-ventre, il fe trouve jette en dehors 
fans pouvoir revenir fur lui-même & ie remettre en 
place, La luxation en dedans arrive par des efforts con- 
traires. Des chutes, des coups, desprellionsfur cette par- 
tie l'occafîonnent. On reconnoît Tune & l'autre elpéce 
aux accidens qui l'accompagnent. Une pefanteur au fon- 
dement, une douleur confîdérable qui fe fait particuliè- 
rement fentir quand le malade urine, quand il remue 
les cuilîes, & qu'il va à la felle , quand il touffe , crache, 
mouche ou éternue , font les fignes de cette luxation. 

Dans cette maladie la douleur fubiîilie long-tems, mais 
fans danger , à moins que le fujet ne foit cacochyme , de 
que les mauvaifes qualités des humeurs ne caulent des 
défordres que la feule luxation ne peut produire. 

Pour réduire le coccyx luxé en dehors , il ne faut 
que le pouffer en dedans avec le pouce , & le tenir en 
fituation avec des comprelfes graduées, que l'on con- 
tient, au moïen du bandage en T, qu'il faut placer 
de manière que le malade puiiTe aller à la felle, & 
uriner fans lever l'appareil. Les médicamens fpiritueux 
font très-convenables , l'eaii-de-vie camphrée , l'efprit 
de vin & les eaux diflillées de lavande , de romarin , 
&c. Les décodions de ces plantes font préférables , & 
il faut éviter les huiles que quelques-uns emploient , 
lefquelles font naître des démangeaifons & fouvent l'è- 
réfipele. Pour réduire la luxation en dedans , on trempe 
le doigt index dans un corps gras fondu , tel que l'huile 
ou le beurre frais, & on l'introduit dans l'anus, aufîî 
avant qu'il eft nécelfaire , pour paffer au-delà du bout du 
coccyx, afin de le relever. On applique les mêmes 
remèdes ( mais on ne fait qu'un fimple contentif lâche, 
de peur d'exciter la comprefTion fur la partie malade. 
Le blelfé garde le lit fur un bourlet , pendant toute la 
curation ; ou s'il fe levé, il faut qu'il ibit affis fur une 
chaife percée , de façon que rien ne porte fur le coc- 
cyx; car cela cauferoit douleur , & peut-être un nouveau 
Replacement, 



140 LUX 

Luxation des coUs, 

La luxation des côtes eft tiès-rare , & quand elle ar- 
rive , elle fe fait principalement en dedans. La plèvre 
alors & le poumon font gênés. Les douleurs font aiguës , 
les parties s'enflamment. Le malade a une difficulté de 
refpirer , comme dans la pleuréfie, il touife , & la forme 
extérieure des côtes ell changée. Il faut , pour les ré- 
duire, fe comporter à peu prés de la manière qu'on a 
agi dans la fradure de ces mêmes parties, i'i les douces 
tentives ne réu'riilbient point, il faudroit couper la peau 
& les chairs vis^à-vis les os démis , les découvrir , & 
avec les doigts ou des pincettes , les remettre à leur 
place ; c'eft le confeil que donne M. Heifler en pareil 
cas. On faigne au refte îe malade plus ou moins félon 
le befoin , & on applique fur l'endroit de la luxation 
Ls comprelfes ordinaires qui fe foutienncnt au moïea 
du bandage du corps & du fcapulaire. 

Luxation du hras» 

Le bras fe luxe fous l'ailTelle , en devant , direéle- 
tement en bas , en dehors ■■> mais il ne peut jamais fe 
luxer diredement en haut , fans qu'il y ait fradure de 
l'acromion & de la clavicule. Quand l'os fort par la 
partie externe, il fe loge fous l'épine de l'omoplate à 
la racine de l'acromion. Quand il fort par dedans , il 
fe place ou fous le pedoral , entre l'apophyfe coracoïde 
& la clavicule , ce qui arrive difficilement i ou bien fous 
raiiTelle , ce qui arrive beaucoup plus fréquemment. 
Le bras, d'ailleurs, ne fe luxe jamais que quand il eil 
écarté de la poitrine , & c'eft ce qui arrive toujours , 
quand on fait quelque mouvement pour fe retenir dans 
les chutes. 

On connoît que l'humérus eft luxé direélement en 
bas , fur la côte inférieure de l'omoplate , lorfque le 
bras eft plus long i que Favant-bras ell étendu, & que 
tout le bras eft un peu élevé. Le malade fent de la dou- 



LUX Î4Ï 

leur quand on lui baiiîe le bras , & il eft' foulage 
quand on le levé un peui il en leflent de même, quand 
on lui plie l'avant-bras , & on le foulage quand on i'é- 
tcnd. Les fignes qui annoncent que la luxation cil en- 
dehors , font ceux-ci : le bras ell approché de la poi- 
trine , parce que le mufcle coracoi'dien & le pedoral 
font' tendus. Le malade fouffre quand il éloigne le bras 
de la poitrine i quelquefois le bras eft plus long , quel- 
quefois il eft plus court , ce qui varie , félon que l'os 
s'éloigne plus ou moins de la cavité glenoide de To- 
moplate. Quand le bras eft luxé en-dedans , fous i*aii^ 
Telle , on trouve une cavité au-deiîous de Facromion , 
& cette partie de l'omoplate paroît plus éminente. ii 
y a une grolfeur fous raiifelle , le bras eft un peu élevé 
& écarté du corps, le coude eft un peu fléchi & s*e- 
tend avec douleur i le malade fouiFre beaucoup quand 
on approche le bras de la poitrine : quelquefois cette 
partie eft plus longue , mais fouvent elle eft plus courte. 
Lors enfin que la tête de l'humérus s'eft jettée en de- 
vant, elle fe trouve placée fous le grand pedorai , & 
fur le grand dentelé, dans fefpace qui eft entre Fapo- 
phyfe coracoïde & la clavicule. Le bras n'eft pas beau- 
coup plus court ; l'avant-bras eft peu fléchi i le coîice 
eft un peu plus écarté de la poitrine que dans la lu- 
xation en-de/Tous ; le bras eft moins relevé : ii y a une 
éminence fous le pedoral , entre la clavicule & Fapo- 
phyfe coracoïde. Cette apophyfe eft effacée , «felî:- 
à-dire , ne peut être apperçue au toucher, même 
dans les fujets maigres. L'enfoncement de dcifous 
Facromion eft moins fenfible que dans la luxadon est 
deffous , l'acromion faillit moins en dehors ; quand oa 
approche le coude de la poitrine , le malade foiiâre. Se 
il eft foulage quand on l'en éloigne un pc-u. 

Pour réduire l'os du bras , en quelque lieu qae le 
foit logée fa tête , il faut faire affeoir le malade fur une 
chaife un peu haute de fîége , afin que le bras malade 
foit à portée , pouï qu'on y puiiîe faire l'exteniioîi & 
ia contre-extenïîon. Il y a plufieurs moïens de faire ces 
ieux opérations ? mais nous n'allgus décrire que ceus 



141 LUX 

qui font en ufage & le plus univeirellcmcnt adoptés , 
faifant connoitre le bon ëc le mauvais que kb meiU 
IcuLS Auteurs y ont trouvé. 

La première méthode , fuivant laquelle on faifoit 
rexteniîon & la concre-extcnlion . eft celle qui n'em- 
ployoit que les mains : on plaçoic un aide qui tiroir le 
bras au-deilus cies deux condylcs du poignet , en tenant 
fermement l'avant-bras ; un autre aide retenoit le corps 
& le retiroit , pour qu'il ne fuivît point ceux qui tirent 
le bras i cela faifoit l'extenfion & la contre-exteniion. 
Le Chirurgien , pla:é en dehors du bras , avoit une fer- 
viette nouée à fon cou, dans l'anfe de laquelle le bras 
du malade étoit pafîé, jufqu'au-deifus de la partie moïen- 
ne , & fcs deux mains appliquées à la partie fupérieure 
du bras , prés de l'épaule , alin qu'étant attentif à ob- 
ferver la quantité de l'extenfion , il pût avec fes mains & 
la ferviette qu'il relevoit avec fon cou, conduire la tête 
de l'os dans fa cavité , lorfque l'extenfion étoit fulîi- 
fante. 

Cette méthode eft des meilleures qu'il y ait, & rien 
n'y eft contiaire aux régies , Imon la manière de iaire 
l'extenfion & la contre-extenfion. Dans ce cas on doit 
fuivre la méthode nouvelle de MM. Fabre & Dupouy , 
fixer le corps & étendre favant-bras , ce qui rend le 
replacement beaucoup plus aifé. La force , n'eft pas 
toujours fuffifante, à moins que ce ne foit dans les 
jeunes gens , ou dans quelqu'autre fujet foible & dé- 
bile .Cette méthode doncfufnt, &il convient toujours de 
l'emploïer préferablcment à toute autre. 

Il y en a qui , fuivant une féconde méthode , aifujet- 
tiifent le corps en un lieu fixe , puis palfant le bras 
liixé entre leurs jambes, le font tirer par quelque fer- 
viteur robufte,'& quand l'extenfion eft fulrifante , ils 
embraflent la partie fupérieure du bras , prés de Taif- 
fcUe , pour le relever & le placer en fon lieu naturel. 
Cette méthode , avec le défaut de la première , en a un 
bien plus grand encore, qui eft que le bras étant paffé 
entre les jambes, il eft bailTé , & les m.ufcles xeleveuis 
iont par conféquent tendus , ce qui fait un obftacle à 



LUX 143 

k rédudlion , & canfe de la douleiu" au malade. Cette 
remaïquc cft de M. Petit le ChiiiuLricn. 

La tL-oificmc méthode emploie réchcUe & la porte: 
ceux qui la mettent en ufagc garni/Ient , avec un drap 
pilé en douze ou quinze doubles, le bâton de l'échelle 
ou le deilus de la porte qui doit fervir de point d'ap- 
pui au bras fous l'aiiTclle. On fait monter le malade 
fur une chaifc , ou tabouret convenable, pour que ion. 
aiilellc (oit à la hauteur de la porte ou de l'ccheloii 
garni du drap , pour lors le Chirurgien monte fur quel- 
que chofc qui loit ftable , de plus exhaulî'ée que le ta- 
bouret , fur lequel ell monté le malade , afin d'être à 
portée de fe fcrvir utilement de fcs mains. Il fait paiîcr 
le bras démis par-dcfliis la porte ou l'échelon, il le lait 
tenir ferme par deux ou trois pcrfonnes qui le tirent 
€n approchant de la porte , enfjite il met fes mains fur 
la partie malade , pour obferver & être attentif à ce 
qui s'y palfe. Il fait retirer le tabouret de delîbus les 
pieds du malade , &c le corps abandonné à fon propre 
poids , fait la contre-extmlion , pendant que ceux qui 
urcnt le bras de fautre côté de la porte font fextcn- 
Con. Ceux qui fuivent cette miéthodc diicnt que la ré- 
duâion cft faite , quand le bras , la porte & le corps 
forment trois lignes parallèles s mais fuivant les bons 
Praticiens, elle efl pernicieufe. M. Petit, le Chirur- 
gien , la condamne fur-tout, & raconte qu'il a été té- 
moin de maints fâcheux accidens dépcndans de cette ma- 
nœuvre , tels que des contufions profondes fur les co- 
tes & fous l'aiilelle , le tronc de l'artère brachiale ou- 
vert , qu'il a vu caufer une tumeur anevrifm.alc tres- 
grofïe , dont le malade mourut s d'autrefois il a vu caf^ 
fer l'os du bras près de fc;n cou par les efforts que fi- 
r-ent ceux qui vouloient faire la rédudion avec l'é- 
chelle. 

, Hyppocrate , dans cette efpcce de luxation , cm- 
ploioit fon ambi , mais on peut voii: les défau'.s de 
cette iTiachine à l'article Amfi. M. Petit , pour parer 
aux inconvénicns de ces méthodes, inventa la machine 
eue nous avons décrite fous le uom cî Ambi de M. 



Î44 LUX 

Petits lïiîiîs ces machines font embaraflantes , & ne 
font pas non plus fans inconveniens. Il paioît plus fage 
de s'en tenir à la première manière ^ jufqu'à ce qu'on 
ait trouvé un nouveau moïen plus aifé & qui ait au 
moins les mêmes avantages. 

Après la rédudion du bras, on applique l'appareil, 
tandis qu'un aide contient , de fes mains , la partie qui 
a foufFert luxatidn. On commence par appliquer une 
compreffe longue, trempée dans l'eau vulnéraire, fon 
milieu fous l'aiiTelle ,. & les deux chefs viennent fe croi- 
fer & fe réunir fur le haut de l'acromion pour enve- 
lopper l'épaule 5 on en met une féconde , coupée en 
demi-croix de malche, laquelle recouvre le tout ; on 
en place une troifiéme fous l'aiifelle, &i on forme avec 
une bande de trois aunes ou trois aunes & demie de 
long , fur deux doigts de large , une elpece de fpica 
autour de l'épaule. On pofe enfuit^ une comprefle en 
fronde au-delfous du bandage , pour envelopper le bras 
& le coude , & on la retient par une bande de lon- 
gueur fuffifante pour faire des doloires autour du bras, 
& un huit de chiffre paifant du bras à l'avant-bras , puis 
de l'avant-bras au bras. On mettra dans la main du ma- 
lade une pelotte. On peut tremper tout l'appareil avant^ 
de l'appliquer , dans l'eau vulnéraire , ou dans l'eau-de- 
vie alumineufe , ou l'en imbiber après. On enveloppe 
& on foutient la main , l'avant-bras & le bras par une 
une écharpe , laquelle fera faite avec une fervictte fine 
qui aura au moins deux tiers de long & deux tiers de lar- 
ge ; elle fera pliée d'un angle à l'autre par une diago- 
nale , qui laiiTera à cette ferviette la figure d'un trian- 
gle i on palfera cette ferviette, ainfi pliée, entre le 
bras & la poitrine du malade , de manière que l'an- 
gle droit fe trouve fous le coude, & le grand côté du 
triangle fous la main. Des deux angles aigus , l'un fera 
paffé fur l'épaule droite , & l'autre en remontant, & 
recouvrant l'avant-bras , paflera fur l'épaule gauche , , 
pour aller joindre celui que l'on a fait palTer fur l'é- 
paule droite. On les coud enfemble, pour les arrêter,- 
a la hauteur convenable , enfuitc on prendra à l'endroic 

da 



LUX 145 

ia coïKie , les deux angles de la feiviette, on les fé- 
pîircra en tirant l'angle externe en devant , au côté de 
la main, & en tirant l'angle interne par derrière, de forte 
■que le s!;ros de l'avant-bras ie trouve prcfqae au cen- 
tre de la fervictte > alors on repliera ces deux angles , 
l'un qui ell en devant, par-deiîous la main, & Tautrc 
qui eiî derrière par-defiJUS le bras, on les attachera en- 
femble , & avec le corps de l'écharpe, par le moïen 
d'une forte épingle. Cette écharpe efl: la plus conve- 
nable , parce qu'elle enveloppe tout le membre , depuis 
l'épaule jufqu'au bout des doigts i par-là on ne rifque 
point que le malade agiile imprudemment , ni qu'il 
dérange fon appareil , comme cela n'arrive que trop 
louvent. 

Luxation de V avant-bras d'avec l'humérus. 

L'avant-bras fe luxe en devant , en arrière & fur les 
tôtés i très-rarement il fe luxe en devant , & fi cette 
luxation a lieu , il faut que le bras foit étendu. Quand 
il eft liîxé en arrière , l'apophyfe antérieure du cubitus 
eft logée dans ta cavité polVerieure.de i'humerus , & 
Tavant-bras eft un peu fléchi. Si cette luxation eft in- 
eomplette , t'éminence antérieure du cubitus fe trouve 
au centre de l'efpece de poulie que fait l'os du bras j 
pour lors l'avant-bras eft un peu moins fléchi j la doub- 
leur eft violente , quand on étend le coude, & le ma^ 
kde eft foulage quand on le plie. Si la luxation eft 
compîette en dedans, les vaiileaux foufFrent confidé- 
rablement & quelquefois ils font fi décliirés qu'ils font 
des tumeurs anevrifmales , ou des thrombus, que l'on 
eft fouvent obligé d'ouvrir & de faire fuppurer. Quand 
celle-ci eft incomplette , la cavité interne femilunaire 
du cubitus reçoit l'éminénce interne de l'humérus , & 
comme cette éminence eft un peu plus élevée que celle 
qui reçoit la cavité externe du cubitus, l'avant-bras eft 
un peu tourné en dehors, ie raïon fe trouve fur Fémi« 
nence moïenne de l'humérus, la partie interne du bras 
eft moins élevée que dans la luxation compleÉce & le^ 
D. de Gh, Jçiiiè ÎL K 



Ï46 . ^ ^ ^ 

vai/Teaux font aufTi gênés. Quand la luxation eft com- 
piette en dehors , les vaiiTeaux font feulement un peu 
allongés , mais foufFient moins que dans la luxation in- 
terne. Il y a une grande élévation en dehors du côté 
de l'avant-bras, & une confïdéiablc en dedans , du coté 
du bras. La luxation incomplette de cette efpece peut 
arriver de deux manières : la première fe tait en de- 
hors j & dans ce cas le raïon eft luxé entièrement & 
ne reçoit plus Téminence du coiidile externe de l'hu- 
mérus i la cavité externe du cubitus reçoit le condile 
externe, & la cavité interne du cubitus reçoit l'éminence 
que la cavité externe du cubitus recevoit. La féconde 
fe fait en dedans i le radius ne touche plus au condiIe 
externe de l'humérus, il reçoit l'éminence moïenne, de 
la cavité interne du cubitus ne touche plus l'éminence 
interne de l'humérus. 

La manière de réduire ces luxations eft différente, 
fuivant les efpeces. 11 faut cependant aux unes Se aux 
autres faire l'exteniion, la contre-extenhon , & repouifer 
les os dans leurs places. Si l'olécrane eft dans la cavité 
du cubitus i pour replacer les os, le Chirurgien met 
fon coude dans le pli du bras , il joint la paume de la 
main du malade avec le dos de la fienne , qu'il tient 
toutes deux fortement avec fon autre main , puis il 
plie de toute fa force fon bras & celui du malade , ce 
qui fait en même tems l'extenlion & la contre-ex- 
tendon. 

M. Petit , le Chirurgien , n'approuve point cette mé- 
thode, non plus que celle de la quenouille de lit que 
quelques Praticiens mettent en ufage. 11 vaut mieux lui- 
vre les régies générales, &; ne remettre les os luxés en 
Situation, qu'après avoir fait des extenfions fufiifantes. 
•Quand l'apophyfe coronoïde du cubitus fe trouve préci- 
fément furie milieu de la poulie de l'os du bras, on ne 
peut jamais réduire cette luxation, fans avoir fait aupa- 
ravant les exténhons à l'ordinaire. Quand elles feront 
faites, on appuiera une main au pli du bras, & avec l'autrç 
on prendra l'avant bras près du poignet , pour faire la 
iiexion dans le moment qu'on s'apperçoit que les exten- 



LUX 147 

iîons font fuffifantes. Ou bien fi l'on veut, on pouffera 
Tolécrane ck derrière en devant, & la partie inférieure 
du bras de devant en arrière, ce qui fait à peu près la 
même chofe , mais avec moins de forces. 

Quand l'apophyfe coronoïde eft dans la cavité pofté- 
rieure de rhumeru§,on fait des extenfîons plus fortes, ôc 
on les continue , jufqu'à ce que Tolécrane rentre dans fa 
place > puis on plie l'avant-bras , & la rédudion fe fait. 
Lorfque la luxation eft en devant , on fait auffi de fortes 
extenfîons , & on plie Tavant-bras , quand le membre eft 
fuififamment allongé. Si la luxation eft en dehors, pen- 
dant qu'on fait faire les extenfîons 8c ]contre-exten{ions , 
on applique les deux mains, l'une en dedans, fur la par- 
tie de l'articulation formée par l'humérus, & l'autre eiï 
dehors , fur la partie de l'articulation formée par le raïon 
& le cubitus, & en approchant les deux mains, l'une de 
l'autre avec force, on fait larédudion. Quand la luxation 
eft en dedans, en faifant faire les extenfions, on applique 
une main dans la partie interne, fur la portion de l'arti- 
culation formée par les os de l'avant-bras , & l'autre en 
<Jehors fur la portion de l'articulation que forme l'hume- 
rus, on les approche fortement l'une de l'autre, & la ré- 
dudion fe fait. Toutes ces différentes manœuvres font de 
M. Petit , le Chirurgien. 

Dans toutes les efpeces de luxations, quand on a fait 
la réduélion, on applique des compreiTes trempées dans 
l'eau-de-vie cam.phrée , lefquelles couvrent toute l'articu- 
lation, le bras, & l'avant-bras i on les contient par un 
bandage en fpica , qui laiffe l'articulation pliée i après 
quoi on applique l'écharpe à l'ordinaire avec la pelote 
dans le creux de la main , & les remèdes généraux in-. 
diqués. 

Luxntioa du poignet. 

Le poignet peut fe luxer en devant , en arrière , c'eft-à- 
dire , du côté qu'il fe fléchit , & du côté qu'il s'étend i en 
dedans & en dehors, c'eft-à-dire,du côté du -pouce & du 
côté du petit doigt. Les luxations en avant & en arrière 
fonî: allez ordinaires ^ les autres font très-rares. Quand le 

K il 



I4B tV X 

poignet e'ft luxé an côté du pouce , on trouve mie émU 
nencc du côté du radius, la main eîl tournée en dehors 
<lu côté du cubitus , les doigts ne peuvent fe fléchir ni s'é- 
tendre fans de grandes douleurs j le malade en relTenc 
quand on lui tourne le poignet en dehors, & il eft fou- 
lage (î l'on approche la main du coté du cubitus. Quand 
la luxation eft en dehors, le bout de la main eft tourné 
du côté du pouce , & la tête des os du poignet regarde le 
petit doigt» Les doigts ne peuvent fc fléchir ni s'^étendre 
fans douleur, & le malade en éprouve une vive quand on 
lui tourne la main du côté du pouce , au lieu qu'il fe trou- 
ve foulage quand on la lui dirige du côté du petit doigt. 
Si le poignet eft luxé du côté de l'extenfion, il fe trouve 
une éminence du côté de 1 a flexion, & une cavité du côté de 
l'extenfion. Lepoigmet eft jette du côté de la flexion-, & le 
bout de la main du côté de l'extenfion j les doigts font plies 
& on ne peut les étendre i on caufe une grande douleur , 
quand on plie le poignet , & la pronation comme la fu« 
pination, font encore plus difficiles &plus douloureufes, 
que dans la luxation précédente. , 

Les fignes que la luxation du poignet eft du côté de la 
flexion, font qu'il y a éminence du côté de l'extenfion ^ 
& cavité du côté de la flexion, quoique l'une & l'autre pa- 
l'oiflTent moins que dans la luxation précédente. Les doigts 
font étendus, & on ne fçauroit les plier fans douleurs quand 
on veut étendre le poignet, on caufe une grande douleur 
au malade, & il y a la même difficulté de faire lapronatioa 
& la fupination, que dans la luxation précédente. 

Cette luxation eft une des plus fâcheufes, par la dou- 
lear extraordinaire, par la difficulté de la réduire, par 
l'inflammation qui y furvient,parlegonflementde la par- 
tie, à l'occaiionde l'inflammation, par les dépôts &lesaUf- 
cès des matières o;laireufes; enfin parce qu'elle eft long- 
tems â guérir , &c qu'il refte fouvent une douleur périodi- 
que, une diflBculté de mouvement, & quelquefois anchilofe 
àl'occafion des glaires qui s'épanchent & s'épaifliifent dans 
rarticulation , dans les gaines des tendons, & autres parties 
an voifinage. 

Les extenfions & contre-extenfiOHS font ^Skz faciles , 



LUX T49 

parce qu'il y a de la prife du côté de la main , pour faire l'une, 
& du côté du bras , pour faire l'autre. On placera quel- 
qu'un de robulte du côté de l'avant-bras , pour l'embrafTeu 
avec les deux mains i à trois ou quatre travers de doigt 
de l'article, en fuivant la nouvelle méthode. Un autre 
encore plus fort embralleraie métacarpe & les doigts. Le 
Chirurgien le fera tirer d'abord avec douceur , puis en 
augmentant par degrés, jufqu'à ce que i'extenfion foit fuf. 
fifànte. Alors le poignet fe réduit quelquefois fans autre 
cérémonie \ d'autres fois, il ell nécefiaire de faire mou- 
voir la perfonne qui tire la main, & d'agir foi-même, 
pour guider la tête de l'os dans fa cavité, de manière que 
il l'os eft luxé du côté de la flexion, on ordonnera à celui 
qui tire la main , de la pouifer du côté de la flexion, pen- 
dant qu'avec les deux mains, on favorile le moiivement 
en déterminant le poignet à fe rejetter du ÇQté de l'ex- 
tenfion. 

Si le pQÎgnet eft luxé du côté de l'extenfion, on fera 
faire un mouvement oppofé, après l'extenfion & la con-f 
tre-extenfion faites , & par une manœuvre oppofée^ la 
première, on repouiîera le poignet du côté de la flexion. 
Si la luxation eft du côté du pouce, les extenfions étant 
faites , celui qui tire la main , la tournera dv^ côté du 
pouce , & le Chirurgien déterminera le poignet à rentrée 
dans fa cavité, en le tournant du côté du petit doigt. Enfin 
fi la luxation eft du côté du petit doigt , la perfonne qui 
tient la m.ain, la tournera de ce côté, pendant que Iç 
Chirurgien déterminera les os du poignet à fe tourner du 
côté du pouce, 

La rédudion étant faite, on applique une comprefle 
longitudinale fur l'articulation, occupant la partie infé- 
rieure de l'avant-bras j & une grande partie de la maia 
par-deffus. En commençant à l'appliquer, on paflera le 
pouce dans un trou pratiqué à un de fes chefs ^ puis ori 
circulera le refte autour du poignet. On mettra par-deffus 
une autre comprefTe , & on fera le bandage avec une ban-» 
de de deux aunes & demie de long, fur deux trave-rs de 
doigt de largeurs elle s'emploiera en décrivant un huit de 
♦hi'ffl'ç, dont le crgifé en fpica fe trouvera toujours, où 



î^o LUX 

étoit Tos quand il a été déplacé : lerefte de la bande s'em- 
ploie en circulaires, les uns au-defTusderarticulation, les 
autres au-defTius. On met une pelotte dans la main , on 
l'y retient par une comprefTe^ & le tout par une dernière 
bande , laquelle n'a qu'une aune & demie de long , & 
deux grands tiavers de doigt de large. Toutes les compref- 
fes, bandes &pelottes feront trempées dans de bonne eau- 
de-vie aromatique ou camphrée. On finit par mettre le 
bras en écharpe. 

'Luxation du pouce Cf des autres doigts. 

Le pouce & les autres doigts peuvent fe luxer du côté 
de la flexion, de celui de l'extenfion , en dedans & en de- 
hors. La luxation fe fait plus aifément du côté de la fle- 
xion , que du côté de l'extenfion. Les deux luxations de 
côte font beaucoup plus difficiles. Quand la première pha. 
lange du pouce eft luxée du côté de la flexion, le pouce 
eft étendu , & les tendons extenfeurs font faillie en de- 
hors. Quand elle eft du côté de Textenfion, le pouce eft 
fléchi , & il Daroît une éminence en dehors : cette émi- 
nence fe fait appercevoir fur les côtés, lorfque cette pha- 
lange eft luxée en dedans ou en dehors. La féconde pha- 
lange démife donne à peu près les mêmes fignes ; mais 
comme fon articulation eft moins couverte de mufcles , il 
eft facile de la connoître au toucher, & perfonne ne peut 
s'y tromper- 
La luxation des premières phalanges des autres doigts , 
eft à peu près femblable à celle de la féconde du pouce. 
Celles qui arrivent aux phalanges jointes par charnière , 
fe connoilTent fi facilement à la vue & au toucher, qu'il, 
eft inutile d'en donner les fignes. Au refte, les premières 
phalanges fe luxent & fe remettent plus facilement que les 
autres, la première du pouce a cependant fa difficulté par 
rapport à ce qu'elle a d'aflez forts mufcles , dont il faut 
vaincre la réfiftance pour faire les exteniions néceflai- 
res. Les dernières étant luxées , on les replace diffici- 
lement , parce qu'elles ne donnent point de prife. 
Cependant quand on a réduit ces luxatiom.^ on ap- 



LUX îjî 

pliqae fur Farticulation deux comprciïes qui fe croifent 
aux deux côtés du doigt , après les avoir trempées dans 
l'eau-de-vie i puis on fait un bandage à peu prés comme 
dans la fraélure des os de ces petits membres i un fpica 
pour le pouce , & un circulaire pour les autres pha- 
langes , on met la pelotte dans la main & le bras en 
écharpe. 

Luxation de la Cuijfe. 

Quand la cuifle fe luxe; ce qui eft extrêmement rare, 
elle ne fe déplace ^uères qu'en bas & en dedans. La 
cavité cotyloïde de 1 os des hanches eft fi profonde , & 
la tête du fémur y eft fi fortement attachée & retenue 
qu'il n'y a que les plus grands efforts qui foicnt capa- 
bles de la déplacer. 

Les fignes qui annoncent cette luxation , font ceux-ci; 
}a tête du fémur eft fur le trou ovalaire , la cuilîe malade 
eft plus longue que la faine , le bout du pied & le genou 
font tournés en dehors; la cuifle ne peut fe porter en de- 
dans fans douleur ; il paroît une cavité à la feffe, ou du 
moins la felTe eft applatie -, il y a une élévation au-deftbus 
de l'aine; le pli de la feffe eft plus bas du côté malade 
que du côté fain ; quand on fait mettre le malade fur les 
pieds , les talons & le bout des deux pieds étant fur les 
mêmes lignes , la jambe faine étant droite, on remar- 
quera que la jambe malade fera pliée à l'endroit du ge- 
nou ; le malade marche en fauchant; c'eft-à-dire, que la 
çuiffe , la jambe & le pied décrivent un demi-cercle ; le 
jîialade appuie la plante du pied toute à la fois & en 
même tems, depuis les orteils, jufqu'au talon. 

Cette luxation n'eft pas extrêmement fâcheufe , car 
foit qu on la réduife ou non , elle n'a pas toujours un 
danger certain à fa fuite; quelquefois quoique on ne 
puilTe pas réduire l'os , le malade ne lailTe pas de fe fervir 
de fa cuilîe pour marcher. La tête de l'os s'accommode fi 
bien au trou ovalaire , que par fucceiïion de tems, on s'y 
meut prefque avec autant de facilité, qu'elle fe mouvoit 
dans la cavité de l'ifchion t M. Petit, le Chirurgien, pré- 
tend qu'on en a vu même où il s'étoit formé des rebords 

K ir 



1^2, LUX 

aufTi foits que ceux de rifchion, & les makides en étoicnt 
quittes fimplement pour boiter. 

Le même Auteur remarque c^ue qirand la luxation de 
la cuiiTe ne fe réduit pas dans les vingt-quan-e heures , 
on court rifque que Tes rellorte de fa cavité peu de tems 
après qu'il a été replacé. Mats qu'il eft toujours bon de 
tenter la rédudion , quoiqu'il y ait long-tems que l'os 
foit luxé, pourvu que la caufe foit externe, & que cette 
caufe n'ait pas produit de tumeur dans la cavité ; car 
quand cela arrive, ou que la caufe eft interne, ce qui 
revient au même , on ne réuflit point dans Ton entre- 
prife. 

Pour faire la rédudion de l'os demis, il faut emploi'er 
des forces conlîdérables à l'cxtenfion & à la contre-exten- 
fion, parce que les mufcles de la cuiffe font les plus vir 
goureux de toute la machine. On emploie pour cela force 
mains, les laqs , le banc d'Hippocrate, & les moufles. 
Les mains font moins fuffifantes là qu'ailleurs, non-feu- 
lement parce que les mufcles oppofent plus de réfiftance ^ 
mais encore parce que les parties font beaucoup plus 
groifes, & qu'elles ne peuvent que difficilement être em- 
.'.poignées par les aides. Les laqs font en ufage , & plus 
commodes que toute autre machine. On les applique fur 
les malléoles par en bas, & on entretient le corps ferme 
par le milieu , pour faire la contre-extenfîon , ou bien 
on palfe entre les cuilTes une fervictte , comme dans la 
fradure de la cuiiTe. 

Il faut obferver que le malade foit couché fur le côté 
oppofé , & que la hanche malade foit tournée vers le ciel , 
que la jambe ne foit pas roidie par les mufcles, & que 
ie Chirurgien foit toujours attentif a ce qui fe palfe de 
la part des extenlîons, afin de donner a propos les tours 
de mains néceifaires. Dans la luxation , dont il s'agit, les 
extenlîons ne doivent pas être violentes, & pendant que 
les ferviteurs de l'Opérateur ies font, lui , aiant comme 
dans la luxation du bras, une ferviette autour du cou, 
laquelle porte le membre dans fon anfe , il tire la cuilfe 
au moien de cette machine avec le cou, tandis que de la 
^ainil refoule l'os femui: dans fa cavité. Quoiqu'ici i'ex? 



LUX 153 

tenûon foit difficile, elle ne doit pas pour cela être forte, 
mais il faut qu'elle dure jufqu'à ce que l'os foit replacé. 

Quand la rédudion eft faite ^ on applique une large 
compreire en huit doubles & en demi croix de makhe , 
fur toute l'articulation , Se on fait un fpica avec une bande 
qui doit avoir quatre travers de doigts de large & cinq 
aunes de long ; on recouvre l'endroit où ont appuie les 
laqs avec une compreffe longitudinale, fendue jufqu' au 
de-là de la moitié de fon corps, & on la foutient par une 
autre bande , d'une longueur & d'une largeur convena- 
bles. Le malade garde le lit, & fe tient tranquille, on 
le faigne plus ou moins fuivant le befoin , &c. 

Luxation de la Rotule. 

La rotule fe luxe en haut, en bas, & fur les côtés. Les 
deux premières ne peuvent arriver fans que les ligamens, 
c'efl-à-dire , les tendons qui la fixent par en haut & par 
en bas ne fe calîent 5 mais elle fe luxe aifément fur les 
côtés , & beaucoup plus facilement du côté interne que 
du côté externe , à caufe de la hauteur du condile externe 
du fém.ur qui la rend très-ditïiciie. Du refte , cette mala- 
die eft très-aifée à connoitre, ainfi que fon efpece,les ac- 
cidens peuvent être confidérables , & il faut la réduire 
promptement à caufe de la tradion des parties auxquel- 
les elle eft attachée. Il n'y a point à tirer la jambe ni la 
cuiffei il faut au contraire étendre la jambe fi fort que 
les mufcles extenfeurs foient relâchés le plus pollible, Se 
.en preflant la rotule avec la main , ou à l'aide de quel- 
que levier approprié, on la remet en place. On applique 
gu refte le bandage qui convient dans la luxation de la 
jambe tel qu'il va être décrit. 

Luxation de la Jamhe, 

Plufieurs obftacles s'oppofent à la luxation de la jam- 
be : fon articulation par charnière ; les ligamens croifés 
qui la lient avec le fémur i les furfaces larges par lefquel- 
les le tibia & le fémur fe touchent , enfin la multiplicité 
4çs têtes qui compoCenc rarciculation par xharnicrç. 



1^4^ LUX 

D'où il fuit que la luxation complette de cette partie cft 

trçs-difficile , Se que la luxation, quand elle arrive, n'eil 
gueies qu'incomplecte. Or , quand elle arrive , foit en 
avant, foit en airieLe, en dedans ou en dehors, la jambe 
le tourne toujouis du coté oppofé à la luxation, ce qui 
n'eil pas de même dans la luxation complette. Mais cela 
n'empêche pas que cellè-ci ne foit facile à connoitre , 
parce que les os luxés font une ii grande dilTormité, qu'il 
ne faut pas d'autre témoignage que leur déplacement: 
d'ailleurs l'os cil tourné du même coté de la luxation , 
comme il vient d'être dit. 

Si l'on ne fait promptement la rédudion, il arrive une 
anchiloie, parce que les ligamens fe trouvent prefque 
tous rompus , ce qui fait que leurs fucs nourriciers s'é- 
panchent & le congèlent avec la fynovie de l'articula- 
tion. Cela arriveroit encore, quand même on réduiroit 
la luxation complette, félon M, Petit, le Chirurgien, 
parce qu'il fulUt que les liens foient rompus , que les 
fucs de l'aiticulation ne foient plus contenus, pour qu'ils 
s'épanchent & forment une anchilofe , fi l'on ne prend 
point les précautions nécelfaires pour l'éviter, 

La jambe fe réduit par une extenfion & une contre- 
cxtenhon en ligne droite , de quelque, côté qu'elle foit 
luxée , & on réuifit , pourvu que , quand les extenfions 
font faites, on foit attentif à replacer l'os en fon lieu^ 
On fait tenir le tronc ferme depuis le haut de la cuilfe , 
on applique de fortes mains ou des laqs au-delfus des 
malléoles, & tandis que l'extenflon & la contre-exten- 
fion ie font, le Chirurgien conforme les parties luxées, de 
la même manière qu'il fe pratique dans les fradures. 

Quand on a fait la rédutlion, on applique une large & 
longue compreire en forme de fronde , laquelle aura huit 
doubles d'épailTeur , puis avec une bande de deux aunes 
de long fur trois doigts de lar^ejOn fera des circonvolutions 
fur la partie, en décrivant afternativement des circulaires 
& des hait de chiffre , iufqu'à ce que la bande foit em- 
ploiée. Ce bandage fert aufù pour la rotule. La com- 
preiîe doit être trempée en fun &: l'autre cas dans le dé- 
fenfif ordinaire qui a été emploie dans les luxations pré- 



LUX isi 

cédentes. Le résime & les remèdes G;cnéiaux ne doivent 
point être oublies. 

Luxation du pied. 

Le pied fe luxe en dedans , en dehors, en devant & en 
ai-riere. Quand la tête de Taftragal eft luxée en dedans , 
la plante du pied eft tournée en dehors i quand elle efl 
luxée en d^^hors, la plante du pied eft toun^iée en dedans. 
Lorfqu elle eft luxée en devant le talon eft fort court, 
le devant dupiedparoît long.-lorfque le pied eft luxé en 8c 
arrière, le talon eft fort long, & le pied paroît fort court. 
Il y a une luxation particulière que l'on a prife quel- 
quefois pour une luxation totale du pied i c'eft celle de 
l'aftragal & du calcaneum d'avec le fcaphoïde & le cuboïde. 
M. Petit, le Chirurgien, affure l'avoir vue deux fois , & 
toutes les deux fois, cette luxation avoit été caufée par 
l'engagement du pied dans quelque entrave, comme fous 
la barre de fer qui fait le pont du ruiiîéau des portes co- 
cheres, ou quelque chofe de femblable. 

Dans la rédudion de ces différentes luxations, on ob-.- 
fervera les quatre manœuvres fuivantes , qui font de M. 
Petit, le Chirurgien. Si le pied eft luxé en dehors, on 
fixe le haut de la jambe par le moien d'un aide qui fait 
la contre- extenfion 3 le Chirurgien embrafTant douce- 
ment le bas de la jambe près des chevilles avec la m.ain 
gauche , le pouce au-defîus de la malléole externe^ faifit 
de la droite la plante du pied, vis-à-vis de la jambp, fait 
l'extenfion , & tourne la plante du côté externe, dans le 
'mémie rems qu'il poufte le bas de la jambe du côté inter- 
ne. Si la luxation eft en dedans , on le comporte de la 
même façon, à l'exception qu'on tourne la plante du 
pied du côté interne, & qu'on pouiTe le bas de la jambe 
du coté externe. Si la luxation eft en devant, l'aide tai- 
fant toujours un point d'appui , le Chirurgien , avec une 
main, em.braiTe le bas de la jambe par-dcffous à deux 
doigts près du talon ; puis, avec l'autre m?Lin,^on prend 
le pied près de la jointure & on poufTe dans le m.ême- 
tems le pied en arrière, & le bas de la jambe en devant. 
Enfin fi le pied eft luxé en arrière , les extenfions fe 



t$S LUX 

faifant, comme il a été dit, on empoigne le bas de la 
jambe pardevant près de la jointure , & avec l'autre main 
on faifit le talon , puis dans les mêmes inftans, on poulie 
le bas de la jambe du côté du talon ^ & le talon du côté 
du bout de la jambe. 

L'appareil pour ces quatre efpéces de luxations, con- 
iifte en une compreHe longitudinale, en quatre doubles, 
laquelle s'applique en étrier , traverfant la plante du 
pied, & portant Tes deux bouts l'un en dedans, &c l'autre 
en dehors de la jambe jûfqu'au milieu, puis une autre 
compreile longuette , en huit doubles , fera un huit de 
chiii're , en pafTant fous la plante du pied , & fe croifant 
fur le devant de l'articulation; puis enveloppant les deux 
malléoles en circulant de l'une à l'autre, pour contenir 
le tout 3 on prend une bande roulée à un chef, lonG;ue 
de deux aunes & large de deux doigts, avec laquelle on 
décrit un huit de chiffre , en pafTant du deffus du pied 
fous la plante , & de la planre fur le deffus du pied ; on 
couvre une malléole, on palTe derrière le pied au-deiTus 
du talon, puis on couvre l'autre malléole; on revient fur 
Je pied croifer la bande; de-là à la plante du pied, puis 
on fait un circulaire fur le tarfe & métatacfe , & on re- 
commence les tours de bande jufqu'à ce que l'on ait em- 
ploie toute la bande. On place le pied du malade dans 
le creux d'un oreiller mollet; on foutient la couverture 
avec un archet , comme dans la fradure de la jambe , & 
on fait obferver le régime. 

La luxation complette, quand il y a rupture des ten- 
dons, des ligamens & même de la peau, eft une maladie 
très-fâcheufe & toujours mortelle. Le feul moien de con, 
ferver la vie au malade, c'cfl de lui couper la jambe. On 
peut cependant éprouver de la conferver, mais (i dans 
les vingt-quatre heures, on ne voit point une difpofition 
à la guéiifon , il ne faut point différer l'amputation , car 
plus tard^il n'eft plus tems. 

LUXÉ. .Se dit d'un ou de plufîeurs os , dont une ou 
pîufieurs têtes font forties de leur cavité, de façon que 
hs mouvemens & f aélion naturelle des parties fe tro^-? 
vent abolies ou gênées.. 



MAC 157 

LUXER. Faire fortir la tête d'un os de dedans fa ca- 
vité, de façon à G;êner les mouvemens & fadioa naturelle 
des parties, 

LYRE. Ceft la furface inférieure du plancher trian- 
gulaire de la voûte à trois pilici s i cette furface qui elt 
comprife entre les arceaux que forment les piliers de 
la voûte, ell remplie de lignes médullaires, plus grolles 
ôc plus laillantes , qui font pla.cées rranlverfalement êc 
d'une manière fymmétrlque. Les anciens comparoient 
cet arangement de fibres, à celui des cordes d'un pfaké- 
rion } c'eft pourquoi il lui ont donné le nom de -Lyre ^ 
de Fjnlttrion , de Pfalloïdes, 



M, 



MACHELIERES. On a dom^é ce nom aux dents 
molaires , foit parce qu'elles fervent à mâcher les 
âlimens , foit parce qu'elles font le principal ornemens 
des mâchoires. Voyez Dents, 

MACHOIRE INFERIEURE. Nom que Ton donne 
au dernier os de la face , dont il forme la partie infé- 
rieure. 

Cet os eft le feul de la tête qui foit mobile. Les Anato- 
miftes lui trouvent de la relfemblance avec un fer à cheval. 
Dans les enfans il eft compofé de deux pièces, qui fe 
fondent fi parfaitement avec î âge, qu'il n'eft plus poilible 
de les féparer. Cette réunion fe fait à la partie moienne 
du menton qui , pour cette raifon , porte le nom de 
fymphyfe d'un mot grec qui fignifie union. 

On peut divifer la mâchoire inférieure en corps & en 
branches. Le corps occupe la partie antérieure ; il faut 
y conlidérer deux faces : une externe , l'autre interne , & 
deux bords, un fupérieur & un inférieur. 

La face externe eft convexe , & préfente à fa partie 
moienne un prolongement confidérable , plus ou moins 
applati.C'eftcequel'on appelle lementon.On y remarque 
aine ligne perpendiculaire qui n'eit pas également fàil- 



158 MAC 

lante dans tous lesfiijets : elle eft formée par roflificatioiî 
tlacartilage intermédiaire, qui féparoit en deux parties le 
corps de cet os i c'eft ce qu'on appelle la fyifiphyfe. On 
trouve deux imprellions mufculaires de chaque cote de 
cette ligne , l'une elt en haut , & l'autre en bas, A envi- 
ron un pouce de chaque côté du menton, on trouve un 
trou , auquel on a donné le nom de mentûmùer. C'eft 
l'iduë d'un canal qui commence à la face interne des 
branches du même os. 

La lace interne eft concave : à la partie qui répond à 
la fymphyfe , on obferve un tubercule confidérable , au- 
quel on remarque aulTi plufieurs afpérités, qui ont allez 
d'étendue : on y voit outie cela des imprelhons mul'cu- 
lairessj on apperçoit de chaque côté , au-dellous du bord 
alvéolaire , une ligne un peu oblique , qui femble partir 
de la branche antérieure de la mâchoire , & eft d'autant 
plus Taillante , qu'elle en eft plus proche. On en remar- 
que à la face externe , une qui n'en diffère que parce 
qu'elle eft un peu oblique, & mioins (aillante. 

Le bord fupérieur eft celui dans lequel les alvéoles font 
creufées j c'eft ce qui l'a fait nommer alvéolaire. 

Le bord inférieur porte le nom de baje. Il y a ce- 
pendant des Anatomiftes qui ne le donnent qu'à la partie 
qui répond au menton. On le divife en deux lèvres , dont 
Tune eft externe , & l'autre interne. On y remarque fur- 
tout à la partie fituée fous le menton des inégalités fort 
marquées , qui donnent attache à des mufcles. 

La partie poftérieure de la mâchoire eft recourbée, & 
relevée fupérieur ementi elle eft plus large & plus applatie 
que le corps de l'os; c'eft ce qu'on appelle ces branches. 
On peut les coniidérer comme un quarré irrégulier , un 
peu allongé & oblique. 

La face externe des branches eft inégale & raboteufe, 
fur-tout à la partie poftérieure cc inférieure , auprès de 
l'angle où on remarque des empreintes mufculaires. 

La face interne eft aufù raboteufe , & on y remarque 
de même des em^preintes mufculaires auprès de l'angle. 
On y obferve Ae. plus vers fon milieu ^ un trou qui eft 
l'orifice du canal que nous avons déjà dit aller fe rendre. 



MAC Ï59 

au trou mtntoniei*. Ce canal ell aiîez large & applatiâ fa 
naiiîanct ; il fe lecourbe peu après , & fuit la diredion 
^u corps de l'os i il donne palFage à des vaiileaux & à des 
nerfs qui fe dillribuent dans l'os maxillaire , & laifient 
échapper à la racine des dents les filets qui y entretien- 
nent le fentiment & la vie. 

On remarque à la partie fupérieure des branches deux 
apophyfesi on a donné à celle qui eft antérieure, le nom 
de coronè ou de coronoïde , parce qu'on lui a trouvé de la 
reiTemblance avec des éminences pointues qui furmon- 
toient autrefois les couronnes des roix , & en faifoient 
un des principaux ornements: cette apophyfe eft applatie^ 
pointue & fort faillante. 

Celle qui occupe la partie poftérieure , Vappelle le 
condile , ou l'apophyje condiloide. Elle fe termine par 
une tête oblongue , arrondie , pofée prefque tranfverfa- 
lement & un peu obliquement fur une efpece de col. 
Cette direction répond à celle de i'éminence tranfverfaie 
&de la cavité articulaire de l'os des tempes avec leiquelles 
la mâchoire s'articule , au moïen du condile tlonr nous 
parlons. Ce condile déborde beaucoup plus vers la face 
interne des branches que vers l'externe. On remarque 
au-deflbus une empreinte mufculaire , qui donne attache 
au mufcle ptérigoïdien externe. 

Entre l'apophyfe coronoïde & la condiloïde , il y a 
une échancrure confidétable , dont le bord eft fort ap- 
plati & tranchant. C'eft une continuation de l'apophyfe 
coronoïde. Oa donne le nom de Sigmcide à cette échran^ 
crure. 

La partie inférieure de la mâchoire ne préjente qu'un 
angle fitué poftérieurement ) car pour celui qu'on fup- 
pofe antérieurement , en confidérant les branches comme 
unquarré, il eft continu au corps de l'os , & n'en eft 
ifulleinent diitingué. Cet angle poftérieur eft ce qu'on 
appelle proprement l'angle de la mâchoire. Il eft un peu 
arrondi, & on remarque à fa face interne & à fa lace 
externe des inégalités. 

Le bord poiterieur n'offre rien de remarquable. Il eft 
un peu échancré 3 le bord inférieur eft une conçinti^tioii 



l6ô _ MAC 

de celui du corps de Tos ^ & n'a rien qui l'en diiïingné : 

on lui donne auHi le nom de bafe. 

Les lames extérieures de cet os font Faites de fubftancc 
compades elks renferment beaucoup de diploé. 

La mâchoire du têtus diftere de celle de l'adulte , en ce 
qu'elle eft compofcîc de deux pièces ; que les dents dont 
on voit le germe dans les alvéoles n'en fjot pas encore 
foities , & que les branches font avec le corps de l'oî un 
angle beaucoup plus obtus que dans l'adulte. 

La mâchoire lert à la mallication & à la parole. Le 
condiLe de la mâchoire s'articule avec l'éminence tranf- 
verfale de l'os des tempes; elle eft attachée à cette partie 
par un ligam.ent capfulaire , renforcé par deux fortes ban- 
des ligamenteufes qui en occupent les côtés. Entre le 
condile & l'éminence, on trouve dans l'articulation un 
cartilage mobile , qui eft concave de deux côtés d^ns fon 
milieu, au point qu'il s'y trouve quelquefois un trou, 
tant il eft aminci à cette partie , pour s'adapter à l'émi- 
nence tranfverfale du temporal , & au condile de la mâ- 
choire ; il eft épais dans toute fa circonférence. Lapofîtion 
de ces ligamens & de cecartilage eft telle , qu'ils permet- 
tent & même facilitent les mouvemensde la mâchoire de 
devant en arrière^ & fur les côtés. Dans l'état naturel , 
c'eft-à-dire, lorfque la mâchoire inférieure eft appliquée 
contre la fupérieure , le condile eft pofé fur l'éminence 
tranfverfale i les anciens & quelques Anatomiftes mo- 
dernes ont cru qu'il s'articuloit avec la cavité tranfverfale 
du temporal, qui eft fîtuée derrière l'éminence, & qu'ils 
nommoient articulaire , à caufe de l'ufage qu'ils lui at- 
tribuoient. Le premier fentiment eft le plus fuivi. 

Dans l'état de repos , la mâchoire inférieure rentre eii 
dedans de la mâchoire fupérieure qui déborde, parce que 
i^ran^iée de dents dont fon bord eft garni , forme un 
demi cercle dont l'étendue eft plus confidérable. Alors le 
condile fe porte vers la folfe tranfverfale , & s'appuie fur 
le bord de l'éminence. Il fe porte en devant fur l'émi- 
nence , & s'éloigne de la foffe, à proportion que Ton porte 
antérieurement la mâthoiie inférieure en allongeant lc:| 
memon. i 

«Lorfqu'on 



MAL i5t 

ï.drfqu'on ouvre fortement la bouche , par éx<MiipIe 
quand on baille , il arrive quelquefois que le coniiilc fe 
^orte trop en devant àes éiurnenccs traiflivejrfales , ce qui 
luxe la mâchoire, Klle peut n'éu-e hïxée qme d'un côté , 
ou de tous les deax en même tems. La réduûion s'en faic 
facilement en mettant le pouce fiar les dents liiolaiies , 
appuiant les autres doigts ious la bafe xie la mâchoà.e , & 
abai/Tant ainh en repouiraiit doucciiinent en arriae. Voyez. 
Luxation. 

On a vil des crânes dans lefquels le con-dile d'un côfté 
étoit foudé avec l'os temporal , & la mâchoire par cqjî- 
féquent immobile. 

MAIN.Ceft cette partie organique quicft attachée au 
bout <ie Tavant-bras , & qui fert i l'appiéh-enâon. On y 
diftingue le dos , la paume d: les doigts. Le dos , c'eft le 
deiTus formé par les os dumetacarpe revêtu des teg!umens> 
la paume ou le creux , c'eil ie dedans j il eft con,vexe & 
tevêtu d'une peau ferrée, & commiuiément icnforcée de 
cal. Elle eft compofée de beaucoup d'os , & cette multi- 
plicité là étoit nécelTaire , pour ;la facilité des diâerens 
mouvemens que nous voulons exécuter. Si chaque doigt 
n'étoit fait qUe d'un (eul os au lieu de tarois , nous ne 
pourrions les fléchir ni les mouvoir pow faifu: & pren- 
dre ce que nous voulons. Il y a jufqu'â '%'] os dans chaque 
ftiain. 

MAL D'AVENTURE. Voyez Panaris. 

Mal des ardens. On a donné ce nam à l'éréiipelle , ou 
à une fièvre éréfipellateufe , accompagnée d'une chaleuif 
ardente. Cette maladie a donné lieu autrefois aux miracles 
de faintc Geneviève des ardens , vers Ta» ÎSJ© ^ fous Ifc 
règne de Louis VIL 

MALLEOLES. Chevilles dupied. Hoît» qtiel'ondonBd 
à deux éminences placées à ia partie inféd^urc de la. jambe, 
des deux côtés de fon articulaiion avec îe pied : l'une e^ 
formée par un prolongement Av. tibia, & eft inteiinê % 
l'autre eft externe, & faite par le péroné. Leur ufàge ell 
de borner les mouvemens du |)ied fur les côtés, & d'eil 
empêcher la luxation. Voyez Tibia O Péroné. 

MALTHE. ( croix de) Vmez Cvmpregè ^ EmpUtri. 

D.deCh. Tome IL L 



î62 M A M 

MAMMAIRE. Se dit des parties qui concernent les 
mammelles , foit artères ou veines &c. 

Mammaires. ( artères & veines ) Elles naifTeni de la 
partie antérieure des artères fouclavieres , & jettent en 
defcendant quelques branches aux parties extérieures j 
dans les femmes ces branches vont principalement aux 
manimelles. Quand enfuite elles font parvenues au carti- 
lage xiphoide , elles fe glilfent le long des cartilages qui 
aboutilfent au llernum , & donnent des ramaux au thi- 
mus , au mediaftin , au péricarde , à la plèvre , aux te- 
gumens, &c. après quoi elles fortent de la poitrine, & fe 
perdent dans lesmulcles droits du bas-ventre, unpeuau- 
delTousde leur partie fupérieurej elles communiquent en 
cet endroit parplufieurs anaftomofes avec les artères épi- 
gaftriques , & donnent en palfant è,ts> rameaux au péri- 
toine & aux mufcles obliques, aiiifi qu'aux tranfvcrfcs du 
bas-ventre. Les mammaires externes nailTent des axil- 
laires, & portent le nom dethorachiques fupérieuresj elles 
defcendent fur les parties latérales du thorax , en ferpen- 
tant & fe croifant avec les cotes \ elles donnent des ra- 
meaux -aux deux mufcles pedoraux de chaque côté , & 
aux mammelles , aii fouclavier , au grand dentelé ^ au 
-grand dorfal , &c. 

Les veines fe diftinguent comme les artères, en internes 
ta en externes : les veines mammaires internes accompa- 
gnent les artèresdans leur dirtribution5& après avoir reçu du 
fang des épigaflriques avec lefquelles elles s'anaflomofent, 
& des vénales des mufcles du bas-ventre , elles fe gliilenc 
fous les cartilages des dernières vraies côtes , prennent le 
fang de quelques rameaux qui viennent des côtes & des 
tegumens , montent enfuite & reçoivent quelques pe- 
tites branches du mediaftin & du diaphragme , puis vont 
fejetter, la droite dans la veine cave fupérieure , & la 
gauche dans la fouclaviere du même côté. Les veinesmam. 
maires externes amaifent. des parties externes & latérales 
de la poitrine , le fang qu'y ont dillribué les artères , &: le 
xeportent par un tronc unique de chaque côté dans les 
Ibuclavieres. On les appelle aufli veines thorachiques. 

MAMMELLE. Partie du corps élevée au- delFus i\i 



M A M 163 

niveau tîe la peau , qui ie remaïque fur les deux côtés de 
iaDoitrine, Ce font deux émineiices en forme de demi- 
c;lobe , qui font plus confidérabies chez les femmes que 
chez les hommes, & deftinées à la fécrétioii du lait : aiufi 
elles n'ont guère d'ufage que chez les femmes. 

Naturellement les femmes n'ont que dcuxmammellesj 
cependant plufieurs Auteurs alîurent avoir vu des femmes 
qui en avoient davantage. Blafms en a remarqué trois 
dans une , Wal^us, Borrichius , ont fait la même obfer- 
vation j Bartholin rapporte que Cabrolius en a trouvé 
quatre à un aune , & Faber autant encore à une autre. 
On diftingue dans les mammelles leur fubftance & leurs 
parties. La fubftance eft une maife glanduleufe à l'inté- 
rieur , recouverte à l'extérieur par la graifle, 6c une peau 
plus fine que par-tout ailleurs. 

Les glandes des mammelles font d'une grofTeur inégale, 
& compofées d'un grand nombre de toute forte de vaif- 
féaux j elles font blanchâtres dans les perfonnes qui font 
â la fleur de l'âge , & jaunâtres dans les vieilles ■ elles 
font aufli plus fermes dans les jeunes filles , plus molles 
dans les femmes ,& flétries dans les vieilles ; elles onc 
des vaifTeaux fanguins des foufclavieres , & qui portent 
"le nom de mammaires. Ces vaifTeaux font fortifiés pac 
quelques branches des vaifTeaux intercoftaux , des thora- 
chiques & des épigaftriques. Les neufs viennent des ver- 
tèbres du dos , principalement de la cinquième paire ; 
mais outre ces vaifTeaux communs à toutes les parties du 
corps , on remarque dans les mammelles d'autres fortes 
de vaifTeaux. On leur a donné le nom de conduits lai-* 
teux , à caufe de leur ufage. Voyez Conduit Laiteux, 

On diftingue à l'extérieur des mammelles le mamme" 
Ion , h. papille & Variole : ces parties font fituées à Ten- 
droit le plus élevé de la mammelle , dans fon milieu. 
Voyez Mammelon , Papille , Aréole. 

L' ufage des mammelles eft de féparer de la maiîe du 
fang le lait deftiné à la nourriture de l'enfant- Cette fe- 
cretion eft de la dernière importance pour les femmes , 
& la fource de maux très-dangereux pour elles , quand 
elles ne fuivent pas en, allaitant, l'inftitution delà nature. 



164 M A M 

Les femmes qui nourrillent refTentent ordinairement erj 
allaitant un certain chatouillement dans le mammelon , 
qui les flatte, & les engage à donner le tetton à l'enfant, 
& celles qui , malgré ce penchant naturel , s'y refufent ^ 
font très-fouvent fujettes à des dépôts laiteux , qu'il faut 
ouvrir , ou qui fe durciflent en fquirres , ou dégénèrent 
en cancers , foit que ces dépôts ne puifTent fe difliper 
d^eux-mêraes , foit qu'ils aient été maltraités & irrites pac 
des remèdes contraires. 

MAMMELON. Petite éminence placée dans le mi- 
lieu de la partie la plus élevée de la mammelle i elle eil 
rouge & petite chez les jeunes filles, livide & plus groffe 
chez les nourrices & chez les femmes qui ont pafTé l'âge 
d'avoir desenfans. Le mammelon eftd'un fentiment trés- 
délicat & très-vif, à caufe de la quantité de nerfs qui 
s''y rendent- C'eft de-là que l'enfant caufe en le fuçant 
un doux chatouillement qui fait plaifir à la mère, & aug*- 
inente fa tendrefle pour lui. 

Il eft percé de plufîeurs trous , & ces trous font les 
extrémités des tuïaui laiteux qui partent des glandes des 
mammelles ■> on en voit fept , huit ou dix aux nourrices. 
Hollier dit avoir vu un double mammelon en une feule 
mammelle , & il afTure qu'il découloit du lait de tous les 
deux. C'eft donc au mammelon qu'aboutiifent tous les 
conduits laineux , qui reçoivent le lait féparé de la mafle 
du fâng par la fabrique des glandes delà mammelle: cette 
partie ell beaucoup fujette à fe durcir & à s'uIcerer 
après les coups , & les congeilions de la matière laiteufe» 
. Le tiffu du mammelon eft fpongieux & élaftique i il fe 
gonfle comme le corps caverneux de la verge & du clitoris, 
à l'occafîon du toucher & des penfées amoureufes i il QÏi 
fujet à des changemensde confiftance,fuivant les différentes 
circonftances. 11 paroît principalement compofé de plu- 
fîeurs faifceaux ligamenteux, dont les extrémités forment 
la bafe & la fommité du mammelon i ils paroiiTent être 
pliiTés dans toute la longueur de leurs fibres , de forte 
qu'en les tirant & en les allongeant , on en efface les 
plilTures qui reviennent auffi-tôt qu'on ceflé de tirer. C'efl 
entre le* tuïaux fpongieiHc & élaltiques que fe trouvcnî 



M A M ^ i6| 

les OLÎfîces àcs tuïaux laiteux qui fourniflent le lait à 
l'enfant. Le coups du mammelon eft enveloppé d'une 
piodudion cutanée extrêmement mince , & de l'épidei:-. 
me. Sa fuiface externe elt rendue fort inégale par quan- 
tité de petites émineiices & rugofités irrégulieres , dose 
celles du contour & de la circonférence du mammelon 
fe trouvent en quelques fujets avoir un arrangement tranf- 
verfal ou annulaire , quoique interrompu & entrecoupé. 

L^on ne fait à quelle tondion la nature a deftiné le 
mammelon & les mammelles dans les hommes ; elle eft 
évidente dans les femmes. On en a quelquefois vu fortir 
du lait dans Tenfance des fujets de l'un & l'autre fexe , 
& M. Winflow affure que cela eft arrivé à un de fes 
frères , à l'âge de deux ans. 

Mammelons de In peau. Petites pyramides netveufes, 
qui fe trouvent en grande quantité dans la peau \ ils ne 
font autre chofe que les extrémités des petits nerfs qui fc 
teimiaent à la peau , lefquelles en fe repliant difterem- 
ment, forment les petites houpes, ou corps papillaires. 
Ces petites éminences s'engagent dans les replis de la 
membrane réticulaire , & après l'avoir traverfée, ils s'é- 
tendent jufqu'à l'épiderme , & fe diftribuent dcflôus pair 
une infinité de fibres très-déliées. Ces mammelons foat 
proprement dans la peau l'organe immédiat du toucher , 
& aux endroits où ils font en plus grand nombre , le taél 
eft plus fin & plus exquis, comme à la plaftte du pied , 
à la paume de la main, & aux extrémités des doigts, de 
l'une & de l'autre des extrémités du corps ; & aux en* 
droits où il y en a moins , le toucher y eft moins vif. On 
leur donne aufii le nom. de houpes & de papilles ner-*. 
veufes. 

Mamelons Médullaires. Ce font des tubercules mam«^ 
millaires qui fe trouvent dans la moelle allongée im* 
;aédiatement aupiès du bec de l'entonnoir. Ils ont été 
pris pour des glandes, apparemment à caufe delâfub- 
ftance grife qu'on a trouvée dans leur épaiifèur , la- 
quelle ne paroît cepetidant pas différer de celle qui 
iormç le dedaiis de plufieuis autres éminences de la moelk 



î66 ^ MAS 

allongée. M. "Winflow, par cette raifon, aime mieux les 
appeller Tubercules mammillaires. 

Ils paroilTent avoir en pautie quelque rapport avec les 
deux pieds du pilier antérieur de la voûte à trois piliers, 
de forte qu'on pourroit les nommer , avec Santorini , 
oionons ou bulbes des racines du pilier de la voûte, quoi, 
qu'ils paioilTent en partie être la continuation d'autres 
portions d'un tiflu particulier de la fubftance cendrée & 
de la fubftance médullaire. 

MAMMILLAIRE. Qui a la figure d'un mammelon. 
Ceft la même chofe que Mnfloîde. 

MARISCA. Petite excroifïance charnue , molle, fon- 
gueufe, indolente qui vient au fondement, au périné, 
& a la partie fupérîeure des cuilfes dans les femmes. Ceft 
une efpéce de fie , & fouvent un fymptôme de vérole. 
Voyez Figue. 

MARTEAU. Ceft un desofTelets de l'oreille inter- 
ne. Il fe préfente le premier dans la caifîe du tambour. 
Il eft ainfi nommé, parce qu'il a une de fes extiémités 
plus groife que l'autre. On appelle cette guoffe extrémité 
du nom de tête. Le refte de l'os eft long & menu, c'eft 
pourquoi on nomme cette partie le manche. Cet oifelet, 
en. tout, eft long & ne forme pas une ligne droite : on 
obferve qu'il fe recourbe vers la cête. Il s'articule avec 
l'enclume, & fe meut au moïen de petits mufeles. Le 
manche a deux apophyfes pointues , qui font Tune à côté 
de l'autre, près de la tête. L'une eft plus longue que 
l'autre, & s'appelle appophyfe de Rau , du nom de l'A- 
li atomifte qui l'a découverte, 

MASSEÏER. Ceft un mufcle très-fort, placé à la 
partie poftérieure de la joue. On le divife ordinairement 
en deux portions: M. Winflow y en diftingue trois, mais 
la troifiéme eft peu féparée de la féconde, la première 
portion eft la plus grande: elle eftCtuée extérieurement, 
s'attache , par une de fes extrémités, au bas de l'os de la 
pommette, & un peu aux parties voifines de l'os maxil- 
laire & de celles^de l'apophyle Zygomatique de l'os des 
tempes : elle f^ por;e enfuite un peu obliquemciu ds 



MAS 167 

devant en arrière, & va s'attacher par fon autre extré- 
mité à ranole de la mâchoire inférieure , & à la partie 
de la bafe qui en eil voiline. Cette portion , en fe con- 
traiflant, tire la mâchoire en haut , & un peu en de- 
vant, 

La féconde portion s'attache par fon extrémité fupé- 
rieure à l'arcade zygomatique qu'elle embraffe : quel- 
ques-unes de fes fibres s'attachent aufli à l'os de la pom- 
mette : elle eft recouverte par la portion antérieure , ôc 
leurs fibres fe croifent : elle s'attache inférieurement 3 
la face externe de la branche de la mâchoire inférieure ; 
& fe confond avec les attaches de la première portion. 
Cette féconde portion tire la mâchoire en haut & un peu 
en arrière, 

Majféttr interne : on donne ce nom au mufcle grand 
ptirigoidienOM pt!rigoïdien interne, parce qu'il s'atta- 
che par fon extrémité antérieure aux mêmes endraits- 
I d€- la mâchoire inférieure que le mufcle maiféter, 
[ MASTICATION. Mot formé du verbe grec,qui figni- 
I Ç^ç^ exprimer le jus dequelque cAc/^.C'eft un termedePhy- 
I fiologie, par lequel on entend le broiement des alimens 
folides, par le moïen des dents , pour en procurer la divi- 
j fîon , &; les rendre plus faciles à digérer. Ce broiement 
I fe fait par le mouvemement de la mâchoire inférieure 
I fur la fupérieurc. Les alimens paflent d'abord fous les 
i dents incifives, qui les coupent en petits morceaux , les 
! molaires les broyent entièrement. Celles-ci, étant pla- 
\ cées près des points d'appui, elles ont une force confi- 
; dérabie ; en effet elles ont une furface plate., & ont 
\ beloin de plus de force pour broicr les alimens, que les 
1 canines , qui font pointues, que les incifives. qui font 
I tranchantes. La mâchoire inférieure étant capable de 
I mouvement en tous fens, & iafupérieure étant fixe, elle. 
; fe meut fur elle comme une meule mobile, fur une autre. 
j meule qui ne l'eft pas: mais pour que les alimens entreiiE 
\ dans la bouche , il faut que la mâchoire inférieure fc 
I, baiffe. Cette abailîement s'opère par le mufcle Mitohyoè'-- 
dien ^ Cojiohyoidien ^ Geniohyoidien, Sternùhyoidiers ^ 
P-eaiicier-^ & le D i^ajlfique. 



l68 MAS 

Les alimens entrés dans la bouche, elle fe feymc pasr 
l'ai^ion du mufcle orbiculaire des lèvres. La mâchoire s'é* 
levé & vient en devant par la contradion des temporaux , 
êitsptérigoidiens , & d'une portion du majpter i çlle eft 
ramenée en airicrepar l'autre portion du majfét^r èL^at 
\c ptérigaïdien cxttîne.. 

Les mufcles des lèvres agilTent pendant la maftication. 
Car quand les alimens ont pailé fous les dents, ils tom- 
bent entre la gencive, & les lèvres, & comme ils ne 
font point encore bien broyçs, ils font remis dellbus par 
l'aèlion du triangulaire ^ dn qunrrè ^ du buccinateur. La 
langue de fon côté ramafle auiTi les alimens non broyés ^ 
^ les ramené fouslesdents; le -^i^omatique^ç. triangulaire^ 
3^ le canin fervent à les ramaller du fond Si. des côtés de 
la bouche, pour être mâchés & divifés de nouveau. Le 
mélange delà falive entre aulH, pour beaucoup, dans la 
raaflieation. Car les alimçns, outre le broiement qu'ils 
Ibuifrent, par le moïen des dents ,font ramollis par cette 
liqueur , qui eft fomnie par les glandes labiales, bucca-. 
ies^ Us parotides , les maxillaires ^ &L dans les animaux, 
par la glande de Nuk. Voyez Salive. 

MASTOLDEouMASTOIDIEN.Quialaformed'un 
Tnammelon. On dpnne çç nom à toutes les apophy- 
fes qui y relTemblent. La principale eft celle que Ton ob- 
ferve à la Ipafe du çr^ne dans l'os temporal. Voyez Tem^. 
poral- 

MASTOII^IEN POSTERIEUR ou SUPERIEUR. 
{trou) Nom que l'on donne à un trou pratiqué dans le 
voifinage de l'apophyle maftoldç de l'os temporal. Il 
laiife pailer des veines qui rapportent le fang de i'exté-t 
rieur du crâne dans le iiuus latéral. Quelquefois il n'y a 
de trou mailo'idien que dans un temporal , d'autres fois, 
on n'en trouve point du tout : cela arrive ordinairement; 
lorfque les nous condiloïdiens poftérieurs de l'occipital, 
qui ont le même ufage, font fort ouverts i & lorfque 
ceux-ci manquent , les mailoïdiens y fuppléent & font 
plus grands. 

Majlûidiens. ( mufcles) On dpnne ce nom à plufieurs 
mufcles qui s'attachent par une de ieui: cxtrémiçés à I'^t 



MAT 169 

pophyre maftoïde de l'os des tempes. La plupart des 
Auteurs ne donnent ce nom qu'aux mufcles fterno-maf- 
toïdiens que quelques autres appellent maftoïdiens an-^- 
tèrieurs ^ parce qu'ils nomment les fplénius, majloïdiens 
pojlérieurs. On trouve aulîi un mafioïdien latéral y dé- 
crit fous le nom à& petit complexus. Voyez Sternomajlou 
dUn & Splenius. 

MATRICE. {Utérus) On donne ce nom à un vifcere 
particulier à la femme^ fitué entre la veflîe & le redum, 
&■ deitiné à renferm^er le fétus pendant la grofleile. 

Ce vifcere efl. triangulaire & a la figure d^une poire 
applatie. Sa partie la plus large, qu'on nomme le fond y 
cil placée en haut & un peu en arrière > la plus étroite 
au contraire, eft tournée en bas & en devant, & on l'ap-^ 
pelle /^ col , nom que les Anatomilles donnent aulîi au 
vagin. Ils ont aufîi donné deux orifices à la matrice , un 
^xterneo^s. n'eil autre chofe que l'entrée du vagin, placée 
àlapartie inférieure de la vulve; celui qu'ils appellent in^ 
urne y eft l'entrée du col de la matrice qui regarde le 
vagin, & s'ouvre dedans par une extrémité moulîe, divi^ 
fée par une fente tranfverfale , qui lui a fait donner le 
nom de mufeau de chien y ou de tanche. Il y a même eu 
des Anatomiftes qui ont divifé cet orifice en interne & 
çxterne j l'interne regarde la cavité de la matrice , & l'ex- 
terne, le vagin. La grandeur de la matrice n'eilpas tou^ 
pm*s la même ; elle varie fuivant l'âge , le tempérament 
& l'état des femmes & des filles. Dans les filles adultes , 
elle a, pour l'ordinaire, trois travers de doigts de Ion-? 
gueur, un d'épaifleur , deux de large à fon fond, & beau-, 
coup moins à fon col. Elle eft plus groiTe dans les fem- 
mes qui ont accouché : & beaucoup plus petite dans les 
iilies qui n'ont pas atteint l'âge de pubetté ; dans celles 
qui font vieilles, & qui ont ga'rdé une exade continence, 
elle eft aufli fort petite, & comme retirée en elle-même. 
Elle eft plus grofTe au contraire , plus nourrie & moins 
fenfible dans celles qui font abondamment réglées, qui 
ont eu un çommeice fréquent avec les hommes; ou qui 
ont fait fur elles des attouchemens honteux , que la ra^-^ 
Ion condamne , §4 qui (ont contre la iiatiire. 



Tjo M A T 

La matrice efl; crciife, & la forme de fa cavité répond 
à fa confoimation extérieure. Elle eft triangulaire : le 
fommet du triangle eft tourné en bas, & fe termine par 
une cavité qui perce le col de ce vifcere, & s'ouvre dans 
le vagin. Cette ouverture eft affez grande pour laiiTer 
pafFer un ftilet d'une grofleur médiocre. Les deux autres 
angles, que Ton voit au fond, l'un à droite, l'autre à gau- 
che, font aufïi ouverts par un petit canal fort étroit, qui 
admet à peine une foie de porc. C'eft l'arifice des trom- 
pes de Falloppe. 

La cavité de la matrice eft tapiffée par une tunique 
molle & fpongieufe , garnie d'un petit duvet très-fin , 
compofé de petits tuiaux creux , qui font comme au- 
. tant de petits poils. On les apperçoit en foufBant dans 
une branche des artères, ou des veines de la- matrice. On 
trouve du fang dans ces petits tuiaux dans les femmes 
mortes pendant le tems de leurs régies. Cette membrane- 
eft affez égale au fond de la matrice , mais elle eft fort 
ridée à fon col. On trouve en grande quantité de petites- 
glandes qui fourniffent unfucgluaiK qui bouche l'orifice 
interne de la matrice pendant la groifeiîe. Un Anato- 
mifte , nommé Naboth, les a pris pour des œufs , ce qui 
les a fait appeller œufs de Naboth. 

La fubftance propre de la matrice eft compoféc- d'un- 
tifTu fpongieax , dont la nature a été peu développée. If 
eft ferré , fort élaftique, & cependant très-fiexiblé & ca- 
pable d'une grande extenfion ; on y trouve une grande 
quantité de vailleaux : fa couleur eft d'un rouge clair. 
M. Petit, l'Anatomifte, prétend que les fibres qui eom- 
pofent ce tiiîu font charnues ; & fon fentiment paroît 
îondé. Dans les filles & les femmes, qui ne font ni encein- 
tes ni accouchées, ce tilTu eft fort compaéle ,& acquiert de 
la mollelfe dans l'état de î^rofTelfe. 

Les parois de la matrice augmentent-ils en épaifTeur 
a mefure que ce vifcere augmente en étendue pendant 
la groifeire? Cette queftion , fouvent propofée, eft en- 
core indécife. Les fentimens des plus habiles Anatomif- 
tes ont été partagés fur ce fujet : il paroît que l'infpsc- 
tion, qui fufHt pour décider la queftion, eft favorable à- 



MAT 17X 

«eux qui font pour l'épaiireur: ceux qui foutiennent i'a- 
mincHrement dans les derniers mois de la grofîefTe, refon- 
dent fur la facilité de fentir l'enfant en appliquant la main 
fut le ventre de la femme , ou en touchant l'orifice interne 
de la matrice : la première de ces deux raifons prouve 
peu de chofe , & la féconde ne prouve rien , car ceux 
mêmes qui foutiennent que le corps de la matrice aug- 
mente en épailTeur , conviennent que fon col s'amincit 
jufqu'au tems de l'accouchement , ce qui fe fait par le 
développement fucceUif des rides qui font à cette partie. 
Jl fe fervent aufTi, pour prouver l'amincilTement des pa- 
rois de la matrice, de la rupture qui arrive quelquetois 
a ce vifcere dans les derniers tems de la grofleife, par le 
trépignement de l'enfant , ou dans l'accouchement par 
les doigts de la Sage-femme mai adroite 3 mais on peut 
également en rapporter la caufe à la moUelTe du tillii 
fpongieux qui a été abieuvé de férofités pendant tout le 
tems de la groilelle. 

M. Ruyfch a donné la defcription d'un mufcle qu'il 
dit être fitué au fond de la matrice , Se fgrvir à la con- 
tradion de ce vifcere dans le tems de l'accouchement : 
les Anatomiiles qui l'ont fuivi n'ont pu l'obferver, 

La matrice eft retenue en place par deux ligamens de 
chaque côté, que l'on divife en larges & en ronds. Les 
ligamens larges font produits par un prolongement du 
péritoine , qui forme une duplicature , dans laquelle 
s'étendent Se fe ramifient un grand nombre de vailieaux 
de toute efpéce ; ils s'attachent chacun de leur côté à 
la partie latérale de la matrice, & à la partie furpérieurc 
du vagin. On a auili donné à ces ligamens le nom d'ailes 
de chauve^fouris : ils fervent d'appui aux ovaires, & aux 
trompes de Fallope. 

Les ligamens ronds font allongés, grêles : ils s'atta- 
chent aux côtés du fond de la matrice ^ proche l'endroit 
où les trompes de Falloppe aboutiilent i de-là ils def- 
cendent obliquemement de chaque côté, paiîent par l'an- 
neau àzs mufcles du bas-ventre} Se vont s'épanouir en 
forme de patte d'oie auprès , & un peu au-deifous du 
•clitoris, aux grandes lèvres & aux parties voifines. M.- 



I7i ^ M A X 

WinlIoW donne à ces ligamens le nom de cordons vaf- 
culaires, parce qu'il font compofés d'un amas confidé- 
râbles de vailTeaux. 

M. Petit , l'Anatomifte, en a découvert deux autres , 
qu'il nomme ligamens ronds poftérieurs j ils font épais, 
& vont de la matrice au haut du facrum. 

MATRONE. Voyez Sage-Femme, 

Mx\TUP ATIF. Voyez Peptique & ABfces. 
■ MATURATION. Etat d'un abfcès phlegmoneax,où 
la matière du pus fe travaille fe mûrit. 

MAXILLAIRE INFERIEUR. ( nerf) Ceft la ttoi- 
fîeme & dernière des principales branches des nerfs tiiju- 
maux de M. Winilow , ou nerfs de la cinquième paiie 
cérébrale. C'cil: d'abord la plus grolle àç.s trois , jufqu'au 
trou ovale de l'os fphénoïde , par lequel il fort du crâne. 
Ce nerf, à fa fortie de la cavité du crâne , àtktnd entre 
lesdeux mufcles ptérigoïdiens , au-deifous de la grande 
échancrure de la mâchoire inférieure , pom entrer danslç 
canal oîfeux de la même mâchoire. Il jette aufli immédia- 
tement après quatre ram.eaux principaux , & avant fon 
entrée dans le canal de la mâchoire inférieure , il en lance 
un autre pour la langue. Voyez Lingual, {petit^ 

Le premier de ces rameaux monte au mufcie crota- 
phite , & fe diftribue à fa face interne tout entier. Le fé- 
cond fe jette derrière le condylede la mâchoire inféiieure, 
où il fe divife en deux filets qui vont de dedans en de- 
hors , & communiquent avec un rameau voifin de la por- 
tion du nerf auditif , derrière le côté externe du condyle. 
A la naiifance de ces deux rameaux ^ il jette un petit fi- 
let qui monte vers la tempe à l'oreille externe , & donne 
en paifant quelques communications avec les parties vot- 
fines de la conque de l'oreille. Le noifieme rameau palîe 
entre les deux apophyfes de la mâchoire inférieure , pour 
la partie inférieure du mufcie crotaphite , & lui donne 
des filets en paffantj puis il fe courbe en bas vers le maf- 
féter ^ auquel il difhibue des filets comme aux tegumens 
voifins 5 & communique avec la portion dure du nerf aur 
dîtif , à côté de l'os de la pomette ; il fe termine par plu^ 
fieurs filets au mufcie buccinateur , à ceux de la lèvre ia* 



MAX Ï73 

féiîeure, & aux tegumens voi/îns. Le quatrième n^eft foa-^ 
vent que la bilurcation du rameau piès de fanaiirances 
il palle par-dellus le pcerigoïdien externe , lui donne en 
paflant quelques filets , puis il fe diilribue au pterigoi- 
dien inteiiie , à la portion voifine du muicle crotaphite , 
au mufcle buccinateur , aux glandes buccales, & aux 
mufcles voifins des lèvres ; quelquefois il s'en détache 
encore un filet qui monte fur la conque de Torcilie ex- 
terne. 

] Outre ces quatre ramaux principaux , le nerf maxil- 
laire inférieur jette encore d'autres filets de côté & d'au- 
tre, dont un en particulier va gagner le trou ptérigoi- 
dien, oii il fe joint avec un filet du nerf maxillaire fa- 
périeur, & continue fa route, pour fe perdre dans la 
membrane qui couvre l'os vomer, & les parties voiii nés 
des narines internes. Enfin , avant que d'entrer dans le 
canal de la mâchoire inférieure , il diftribue des filets 
aux portions voifines du mufcle ptétigoïdien interne, da 
digaftrique : il en jette encore un ou deux le long du 
période, qui vont au mufcle mylohyoïdien & à la glande 
! lublinguate. Dès la naiffance de ces filets, il en paroît 
ifouvent des traces dans l'os même î & quelquefois il 
ipafle par un petit canal oflcux entier , mais très-fubtil, 
I & creufé fuperficiellement dans la face interne de l'os, 
' Etant entré dans le canal de l'os de la mâchoire icfé- 
tieure , le nerf maxillaire s'y glilfe tout le long, fous les 
alvéoles , jette des filets à toutes les dents, jufqu'au trou 
mentonnier , où il lance encore en avant, dans le diploë, 
un petit rameau qui fe diftribue aux dents fuivantes, juC 
qu'à la fymphife du menton. 

Maxillaire Cuptrieuu ( nerf) C'eft la féconde àz^ 
! branches principales du nerf de la cinquième paire , qui 
: s'infinue par le trou rond du (phénoïdc, & fediflrîbae â 
I la mâchoire fupérieure. Si-tôt qu'il eil paUe Tos œaxil- 
I iaire, il jette fur le côté externe de l'orbite un rameaa 
I qui perce l'os de la pomette, fe partage aux environs , 
' communique avec la portion dure du nerf, & lance par-ci 
par-là des filets à la grailTe qui remplit l'orbite. li fe di- 
^•ifc après en crois rameaux , dont Tua fe glilTe «feus ic. 



174 MAX 

canal Je la portion intérieiue de ToL-bite, fort par le trou 
fous orbitake, jette en bas des filets qui pénétrent dans 
le finus maxillaire , fe diftribue à la membrane qui les 
tapiiïe, au tiiTu des os, aux dents canines & aux incifives 
du même côté , quelquefois aux dents molaires pofté- 
rieures,& à la voûte du palais jufques vers l'union des 
deux os maxillaires. Un de ces rameaux étant forti du 
canal ofTeux par le trou fous orbitaire antérieur fe diftri- 
bue aux mufcles orbi:ulaires des paupières , voifins du 
nez & des lèvres , aux tégumens,^: communique avec 
un rameau de la portion dure du ntïï auditif. M. \Vinf- 
low donne à cette première branche le nom de ntïi fous 
orbitaire. La féconde branche, qu'il appelle nt\.ï pnU' 
tin., defcend par-devant les apophyfes ptérigoïdes, dans 
le canal formé par l'os maxillaire & l'os du palais, elle 
fort enfuite de ce canal par le trou palatin poftérieur , & 
fe diftribue par pluiieurs filets à la tunique glanduleufe 
du palais, à la cloifon, &: aux mulcles de la cloifon. Les 
derniers de ces filets vont jufqu'au trou palatin antérieur 
ou trou incilif. En dcfcendant dans le canal, le nerf fe 
courbe d'abord un peu, puis jette des filets au mufcle 
pterigoïdien externe, aux périftaphylins, &: à la voûte du 
pharinx. D'autres rameaux percent encore la partie pof- 
térieure de l'os maxillaire, & vont aux dents molaires 
poftérieures. 

La troifième des branches du nerf maxillaire fupérieur 
nommée par M. WinlloW, xïqiÎ Jpheno-palatin ^ paffe par 
le trou du même nom , fe diftribue au mufcle pterigoï- 
dien interne, aux parties poftérieures des narines, au 
finus fphénoïdal, & à la trompe à'EuJîache. Elle jette 
auiTi, par le trou pterigoïdien , un filet qui perce la ra- 
cine de l'apophyfe ptérigoïde de derrière en devant , èC 
va fe rencontrer avec le nerf maxillaire antérieur. Voyez 
Maxillaire inférieur. 

Maxillaires, (artères & veines) Il y a trois artères de 
ce nom, qui toutes viennent de la carotide externe. La 
première, qui porte le nom de maxillaire inférieure , eft 
la troifième des branches que la carotide externe jette 
depuis l'oreille externe jufqu'à la tempe. Elle va à la glande 



MAX 175 

maxillaire ; & fournit du. lang aux mufcles ftyloïdiens, 
au maftoïdien , à la parotide, aux glandes fubiinguales , 
aux mufcles du pharinx & aux tiéchiireuis de la tëce. La 
féconde , qui s'appelle maxillaire externe , va au men- 
ton fous le nom d'aitère mentonnière ^ & fournit la co- 
ronaire des livres .^ & s'avançant toujours vers l'œil, elle 
fe diftribue aux environs fous le nom d'artère angulaire^ 
La tioifiéme , qui s'appelle maxillaire interne^ naît 
comme les deux précédentes de la carotide externe, & 
c'cft la cinquième des branches qu'en total produit cette 
artère : elle naît vis-à-vis le condyle de la mâchoire in- 
férieure , paife derrière , jette un petit ram.eau entre les 
mulclesptérigoïdiens, & fe partage enfuite en trois prin- 
cipales blanches , qui font l'artère fpheno- maxillaire , 
l'alvéolaire y qui fe glilfe dans le canal de la mâchoire in- 
férieure, & fournit du fang aux alvéoles & aux dents 
fort par le trou inentonnier, & va fe perdre dans les 
■mufcles voifins , en communiquant avec les ramaux de 
la maxillaire externe. Le troifiéme rameau de la maxil- 
laire interne fe nomme 2.\tkx^ jpheno-èpineufe. 

Maxillaires, (os) Ils font au nombre de deux, & for- 
ment la mâchoire fupérieure. On y diftingue deux faces, une 
externe, & l'autre interne. Lans la première , on com- 
prend tout ce qui paroît à l'extérieur , & dans la féconde, 
ce qui regarde la cavité des narines & la voûte du pa- 
lais. 

La figure de ces os eft allez irréguliere : ils occupent 
la partie moïenne de la face. 

On obferve plusieurs éminences à la face externe : la 
première, qui eft d'une étendue affez confidérable , fe 
nomme apophyfe natale , parce qu'elle forme la plus 
grande partie du nez. Elle eft longue , applatie , &: den* 
lelée à fon extrémité. 

• La féconde, qui eft à la partie externe de l'os, eft 
^roife, un peu faillante, foutient l'os de la pomette, & 
fait une portion de la joue, ce qui l'a fait appeller apo" 
phyfe malaire. • 

Oa donne le nora à' apophyfe palatine ^ïh. partie dç 



\jfy MAX 

chacun de ces os , dont la connexion forttie , en grande 

partie , la voûte du palais. 

On appelle apophyfe al\'èolnire\ le bord inférieur de 
ces os , dans lequel les dents font reçues. Ce bord efi: 
demi-circulaire. A l'extrémité pollérieure de chaque 
côté, on remarque un tubercule , auquel on donne le 
pom de tubéîofîté maxillaire. 

Chacun des deux os maxillaires porte à fa partie anté- 
rieure, un peu au-delfus du bord alvéolaire, une petite 
éminence , qui étant jointe avec celle du côté oppofé , 
forme une tubérofité, que l'on appelle épine natale» 

On trouve à la face externe un grand nombre d'échan. 
crures & de cavités. Entre les apophyfes nazalcs & ma-* 
lajres, on voit une échancrure confidérable, que l'on ap- 
pelle orbitaire^ parce qu'elle forme la portion inférieure 
de l'orbite. Sa partie antérieure fait partie du bord de 
l'orbite, & la poftérieurede la fente orbitaire inférieure^ 
ou fpheno-maxillaire y & même elle s'articule avec les 
os du palais qui remontent jufques dans l*orbire. On y re-f 
marque auiïï une petite échancrure , par laquelle elle 
«'articule avec les os unguis, & avec la portion de Peth- 
moïde, connue fous le nom d'os planum. 

A l'union de cet os avec l'os unguis, on remarque l'ou- 
verture fupérieure du canal lacrymal , qui donne infé- 
rieurement dans la cavité des narines, & fous les cornets 
inférieurs du nez. 

Le canal o\x la marche orbitaire , qui commence vers 
le milieu de la fente fpheno-maxillaire s'avance de devant 
en arrière, & vient s^ouvrir en dehors , au-deiîous du 
bord orbitaire, par un trou , que l'on nomme orbitaire e\ 
antérieur ou inférieur ^i^omï. le diftinguer de celui par ' 
lequel ce canal commence dans le bord qui forme la 
fente fpheno-maxillaire, & qu'on appelle trou orbitaire 
fupérieur ou pojlérieur. Ce canal donne palTage à unftt 
branche de la cinquième paire , & qu'on nomme maxil" 
laïre fupérieur. 

Les foffes temporales & zygomatiques font en partie 
formées par les os maxillaires. 

^ U 



M A 3C _ ^ Ï77 

La partie antéiieiU'e des os maxillaires forme au-dei- 
fus de l'épine nafale , une échancrure confidérable que 
l'on nomme aullî nafale, parce qu'elle reçoit les carti- 
lages du nez, & qu'elle forme l'extrémité antérieure de 
l'ouverture des narines. 

A la partie pollérieure de cette portion des os maxil- 
laires qui forme la voûte du palais, eft une large échan- 
crure qui s'articule avec les os du palais , ce qui la faic 
nommer palatine. 

Derrière les dents incidves , efl un trou pratiqué dans 
la future qui unit les deux os maxillaires entr'eux. On le 
nomme palatin antérieur ^ parce qu'il eft à la partie an- 
térieure du palais , &: inciff^ à caufe de fon voilinage des 
dents incilives. A ce trou fe terminent deux petits ca- 
naux, qui s'ouvrent dans le fquelette , à côté de la crête 
des os maxillaires. Ce trou tÇi bouché dans le cadavre 
par les membranes du palais & àç.% narines. L'ufage eu 
dl inconnu. Les Anciens, & encore quelques Moder- 
nes, ont cru qu'il lailîoit couler dans la bouche une par« 
tie des larmes, qui revient des yeux dans la ca/ité des 
narines par le conduit lacrymal. 

On remarque encore deux autres trous i\om.m.is pala-^ 

tins pojlirieurs. Il y en a un de chaque côté contre le 

I bord alvéolaire , proche la dernière dent molaire. Ils 

I font formés conjointement par les os maxillaires & ceux 

I du palais. , 

I * Les alvéoles _, dont tout le bord antérieur inférieur 
\ des os maxillaires eft s;arni , égalent le nombre des dents. 
j On y en compte ordinairement feize ; quelquefois il n'y 
\ en n'a que quatorze. Le fond de ces cavités fe trouve 
\ diftingué dans celles qui reçoivent les dents molaires en 
\ autant de petites ïo'^ç.s que ces dents ont de racines. 
\ Quelquefois il arrive que la fubftance de l'os maxillaire 
I qui forme le fond de ces alvéoles fe trouve détruite, lorf 
j qu'on arrache la dent , ce qui établit une communication 
i entre les fmus maxillaires, avec les alvéoles, & eft fuivi de 
ji îîftules fort défagjéabks & incurables. 
I La face interne eft creufe , & forme la plus grande pat- 
D. de Ch. Tom. II. M 



.Ï78 MAX 

tic des foiTes nafales. On y remarque une apophyfe que 
Ton nomme la crête; elle eft placée derrière l'épine na- 
fale , dont elle eft la continuation. 6'a partie antédeuieeft 
haute & courte , & la poftérieure eft balTe & longue. La 
crête d'un de ces os , étant jointe à celle du côté oppofé, 
forme une petite rainure qui reçoit l'extuémité inférieure 
de la cloifon des narines. 

A la partie poftérieur^ de cette face, on trouve une 
goutiere qui, fe rencontrant avec une pareille pratiquée 
dans l'os du palais , forme un canal nommé par cette 
ïaiion maxiUo--palatLn , lequel va fe rendre au trou pa- 
latin poftéïieur. Il laifTe pailer un nerf qui s'épanouit fur 
le palais. 

Les os maxillaires font creufés par une grande foife 
que l'on appelle 7?«/ij maxillaire. Il y en a un dans l'é- 
paiiTeur de chaque os. Son ouverture paroît fort grande 
dans le fquelette, lorfqu'on examine l'os maxillaire hors 
de fa place; mais elle eft petite dans le cadavre , beau- 
coup plus élevée que le fond , & eft placée derrière le con- 
duit lacrymal, entre les deux cornets inférieurs du nez. 
Ce fuius eft rarement divifé en cellules : il eft tapiflé par 
la membrane pituitaire. 

Les os maxillaires font prefqu'entiérement compofés 
de fubftance compade ■■, on ne trouve de diploé qu'au 
jb>ord alvéolaire, à latubéroiîté maxillaire, aux apophyies 
nafale & m.alaire. 

Dans le fœtus les finus maxillaires ne font pas formési=. 
îorfqu'on regarde du côté du palais la portion de l'os 
qui foutientles deux dents incifives, elle paroît épiphyfe 
& féparée du refte de l'os. 

Les os maxillaires font articulés avec le coronal, l'eth-i 
inoïde,le fphénoide,lesos propres du nez, les cornets in-- 
férieursi les os de la pomette , les os unguis, ceux du pa- 
lais, le vomer , enfin entre eux & avec les dents fupérieur es. 

Maxillaires, (glandes) Ce font deux corps glandu-. 
leux, fitués chacun de chaquç côté des mâchoires , ver^i 
îe cbtk interne de l'angle de la mâchoire inférieure. Elle» 
fontfalivales, & verfenc dans la bouche l'humeui: q^u'el- 



MED 17^ 

4<;sont filtrée, par un canal qui s'ouvre par une, deux, 
^u même trois embouchures, fous la langue, dans les 
environs de la racine du filet. 

Maxillaires, {finus) Voyez Os Maxillaires. 
MAXiLLOPALATIW. i^canal) Il réfulte de l'union 
jde l'os du palais avec l'os de la mâchoire fupérieure , aa 
moïen de la légère gouttière de la partie po'fterieure du 
premier, laquelle s'unilfant avec celle de l'os maxillaire , 
le forme en entier. Il aboutit au trou palatin poftérieur» 
.Voyez Os du palais & maxillaire. 

MÉCONIUM. Humeur excrémentitielle , jaune op. 
noirâtre qui fe ramaJTe dans les inteftins du fœtus pen- 
dant le tems qu'il vit dans le ventre de fa mère, & qu'il 
rend par l'anus un peu après qu'il eft né. Cette hurneur 
eil un produit des glandes , & des différens vifçères 
du bas -ventre j elle s'etl amaitée à la longue dans le 
canal inteftinal, y a çontradé, par fon féjour, la couleur 
qu'elle a en fortant, & venant enfin à s'aigrir^ |irrife le 
fondement & s'échappe au-dehors. 

MEDECINE. Art de guérir les maladies du corps 
humain , & de p onferver la fanté. C'ell une fcience fi 
Utile , qu'on a été obligé de la cultiver dès les premiers 
: îems; ainfi on peut dire qu'elle eft aufff ancienne que le 
monde. On regarde cependant Efcufepe, fils d'Apollon, 
\ comme le premier qui fe foit particulièrement appliqué 
I à la perfedionner. Ceux qui fe {()nt diftingués dans cette 
j fcience, ont dû être fort confidérés dans la fociété^pan 
\ i,a néceiîité où l'on.étoitd'y recourir, La Médecine tomba 
ï dans la fuite entrîe les mains des Philofophés, parmi lef 
j quels Pythagore,'Empedocle ^ plufieuis autres fe diii 
I ringuèrent j mais la Philofophie & la ?tlédecine s'étanE 
i étendues par les connoiJfances qu'on a acquife enfuite 
I dans ces deux fciences, on fut obligé de les feparer, Hip» 
j pocrate,qui parut fur la fin de la quatre-vingtième olym- 
I piade ^«, entreprit ce partage. Ce grand homme a telle- 
irnent perfe(5tionné l? Médecine, en joignant un raifon« 
liiiement folide à une expérience confommée, qu'il eft Iç 
premier <^ui a vraiment mérité le nom de Mtde,cin^ &c i| 



* Vers l'an 3^03, 



Mîi 



îËô MED 

a laifTé des ouvrages qui feront toujours admirés de îa 
poftéiité. La plupart de fes fucceileuis ne travaillèrent 
que pour commenter, & la doclrine d'Hippocrate répan- 
due dans leurs éciits, en fait le principal mérite. Envi- 
ron deux cens ans après , Eraffirate & Hèrophile , fe 
rendirent célèbres par les progrès qu'ils firent en Ana- 
tomie. Jufques4a les Médecins avoient exercé par eux- 
mêmes tout ce qui avoit rappout à la profeflion, où ils 
employoient leurs ferviteurs & leurs efclaves, & quel- 
quefoisleurs difciples, à la préparation des médicamens , 
téc aux différentes opérations de la main. Mais il arriva 
dans la fuite que ces derniers s'ingérèrent de faire feuls 
ce qu'ils ne faifoient d'abord que fous la conduite d'au- 
trui i -ce qui a donné naiffance à la Pharmaceutique & à 
la Chirurgie^ telles que nous les voyons aujourd'hui. 
Enfin dans le fîécle dernier , Harvée , Médecin Anglois^' 
s'eft immortalifé en découvrant la circulation du fang, 
qui a fervi de fondement folide à une nouvelle théorie 
de la Médecine; cette fcience approche encore plus de fa 
peifedion , par la multitude des découvertes que l'on fait 
ide nos jours en Anatomie, en Chirurgie, en Chymie, en 
Botanique , «n Phy{ique&: dans l'Hiftoire naturelle , &c. 
' La Médecine a pour but la confervation de la fanté Se 
fon rétabliiTement, lorfqu'elle' eft perdue. On la divife 
en cinq pariics. La première , qu'on appelle P hyfiolo* 
^zV .coniifte dans la connoilTance de toutes les parties du 
corps humain, de l'aiSlion des fluides t:. des folides, & 
des effets qui en réililtent ; enfin de toute l'oeconomJe 
animale. La féconde , fçavoir la Pathologie enfeigne à i 
connoître les différentes maladies qui aifexTtent le corps 
humain, leurs caufes & leurs fymptômes. La troiiiéme, , 
fçavoir V Hygiène ^ apprend fart de conferver la fanté, & 
de rendre la vie longue. La quatrième , appellée Théra- 
peutique^ donne les moïens de guérir les maladies, foit t 
par la diète, foit par les médicamens, ou enfin par l'o- 
pération de la main. Enfin la cinquième , qui eft la 5/- 
miotique ^ fait connoître l'état de fanté & celui de mala- - 
die par rexpo^tion des lignes qui caradlérifeiAt l'un&.i 
l'autre dans Thonime. 



MED ï8ï 

MEDIAN. (/2f//) Ceft le cinquième cordon des nerfs 
brachiaux. Il accompagne l'artère brachiale le long du 
bras , pafTe avec elle fous l'aponévrofe du mufcle biceps , 
defcend le long de l'avant-bras , entre le mufcle fublime 
& le pL-ofond, auxquels il donne des rameaux j & larfqu'il 
eft parvenu au poignet , il paiTe fous le ligament annu- 
laire commun, & entre dans la paume de la main, où 
il fe partage en neuf rameaux. Deux de ces rameaux vont 
au mufcle thénar & anti-thénar; iix fe terminent au pou- 
ce , au doigt indice & à celui du milieu, fçavoir, deux 
à chacun de ces doigts, en fe diftribuant le long de leurs 
parties latérales inteinesi & le neuvième fe perd dans la, 
partie latérale interne & antérieure du doigt annulaire i 
après avoir communiqué avec un autre rameau qui vient 
du nerf cubital. Le nerf Médian donne encore un peu 
au-delTous du pli du bias, un gros nerf qui accompagne 
l'artère intéroifeufe dans toutes fes ramifications. 
, . MEDIANE, [veine) GroiTe branche veineufe, qui, 
formée par les veines afcendantes de l'avant-bras, com- 
munique d'une part avec la bafilique, & de l'autre avec 
la céphalique. Cette veine palTe par-deiTous le tendon 
' du mufcle biceps. Ceft pourquoiles Chirurgiens , en ou- 
vrant la veine, doivent prendre garde de piquer le tendon, 
M. WinfloW donne encore le nom de Médianes à deux 
i petites vaines qui communiquent avec la céphalique & 
avec la bafilique. Il appelle Tune Médiane céphalique^ 
& l'autre Médiane bajilique , parce qu'elles établilfent 
I communication entre la médiane &: les deux gros troncs, 
\ MED I ASTI N, Ceft une duplicature des plèvres 
;qui tapilfent toute la capacité de la poitrine.^ la-? 
.quelle partage cette cavité en deux parties oblongues 
&: inégales, pour loger les deux lobes du poumon. Par 
conféquentil eft compoféde deux lames , lefquelks font 
tiès-étroitement unies enfemble du côté du fternum 
& des vertèbres 5 elles font un peu écartées l'une de 
l'autre dans le milieu, &; un peu vers le devant juf- 
qu'en bas , par le péricarde & par le cœur. Un peu plus 
en arrière , elles fervent de tunique à l'oefophage , U, 

Miij 



i8i M È D , , , - 

coût en arrîetè elles forment depuis îè haut jufqu^eî:^ 
bas une efpacc triangulaire, qui loge principalement 
l'aorte i mais les lames du médialtin en devant font très-- 
étroitement collées enfcmble & attachées au fternum. 
C'étoit une erreur de croire qu'elles étoient attachées à 
cet os à diitance l'une de l'aurre, & conféquemment dé 
confeiller le trépan du fterndm dans les hydropifies du 
médiaftin, comme le recommandoient les Anciens. Gafi 
pard Bartholin a démontré le premier que cet efpacè 
qu'on voyoit entre les lames du médiaftin en devant 
dans les cadavïres & dans les planches anatomiques , ve- 
iioit de la manière d'enlever le fternum. 

Au refte , le médiaftin fépare la poitrine en deux ca- 
vités inégales, comme l'a le premier obfervé l'illuftrè ■ 
M. Winflow. Il fert d'appui aux lobes du poumon , 
quand on eft couché fur l'un ou l'autre côté. L'œfophage 
êc l'aorte , le jpoumon & le péricarde , en reçoivent une 
tunique : la furface qui regarde les cavités de la poi- 
trine eft perpétuellement arrofée d'une humeur limpha- 
tique qui fert à la lubréfier , pour faciliter & adoucir 
les frottemens du poumon contre ces parois. On a cru 
«qu'en conféquence cette furface étoit parfemée de glan- 
dules deftinées à filtrer l'humeur en queftion ; mais il I 
^ a déjà long-tems que l'on eft revenu de cette pré- 
tendue néceffitc de glandes , pour faire de pareilles fe- 
crétions. M. Garangeot a donné une figure du médiaftin 
foufflé , mais ce n'eft pas comme cela qu'il faut le re- 
préfentei:. 

, Médiajtin du cerveau. M. "Winflo"^ donné ce nom 
à un repli de la lame interne de la dure -mère qui fé- 
pare le cerveau en deux portions ou lobes, un droit & 
tin gauche. Il eft plus connu fous le nom de fauLx. Le 
même Anatornifte lui donne encore les noms de cloifoh , 
!fàgïttale ^ & de cioifon -verticale:. Voyez F aulx de là 
idùre-merê. 

MEDIASTINES. {artefes O veines) Il y â plufieurs 
ài'téres de ce nom, parce qu'il y en a plufieurs qui fe àiï^ 
lïibuent aii médiaftin. Elle naillent des artères foucia- 



M E i:^ ig^ 

iSères , tantôt fépiarément , tantôt pât de petits troncs 
communs. Quelquefois ce font des rameaux de la mam- 
maire interne. 

Les vaines da même nom reprennent îe fang artériel; 
& le reportent , la droite , dans la veine caverupérieure, 
accompagnée de l'aLtère du même côté ?& la gauche ^ dans 
la fouelaviere du même côté aufli accompagnée de fon 
artère. 

MEDULLAIRE du cerveau, (Subftance) On donnece 

nom à la fubftance blanche qui forme la plus grande partie 

I du cerveau & en occupe le centre. Elle eft plus ferme que 

|! celle qui eft à la (urface , & qu'on appelle corticaU , 

: parce qu'elle l'environne comme une écoree, ou cendrée^ 

parce qu'elle eft d'une couleur grifâtre. On regarde la 

( fubftance' médullaire comme un amas de petits canaux 

' qui reçoivent les efprits animaux dont la fécrétioa fe faie 

i dans la fubftance corticale. Les nerfs ne font rien autre 

; chofe qu'une expanfîonde la fubftance médullaire revêtue 

de membranes. Voyez Cerveau. 

MELANCHOLIQUE. {le tempérament) Dépend 
dune tenfion trop forte, d'une vibratilité trop eonfidéra- 
ble dans les fibres &dans les nerfs. Ce qu'il y a de particu- 
lier, c'eft que les fibres des mélancoliques font d'une 
ténuité fans égale : au lieu que dans les bilietix , les fibres 
fontgroifes; la fibre étant vibratile, lacontradion eft fou- 
te j &les vaifTeaux agilléntvivement fur lesiiuides. Le fanp' 
èits mélancholiques circule avec une rapidité étonnante, 
j II y a une union fi forte entre fes principes, que la féro- 
i fité eft prefque toute enlevée. De façon que le fang eft 
noirâtre, épais, 'izz^ calciné, pour ainfi dire, de-là une 
I très-grande chaleur. Les mélancholiques ont le pouls 
ferré, fec, vif, à caufe de la vibration des tuniques de 
) l'artère. Il eft ferré , parce qu'il y entre peu de fang. 
I Les mélancholiques font d^une médiocre ftature. If 
i s'en trouve pourtant d'afTez grands. Car quoique la fibre 
I foit très-tendue , elle ne laifTe pas d'être forte, & peut 
i* s'étendre plus que celle des bilieux , qui eft grofle. I^ts 
i mélancholiques ont la peau féche, maigre , brûlante, les 
cheveux noirs, foncés, Ils font ordinairement laids dq 

M iv 



l^ M E M 

vifage, quoiqu'ils aient étç beaux dans leur enfance. îls?> 
ont les yeux vifs, pétillans, un peu farouches, le nez auflî ' 
grand que la bouche , le poil noir. 

Les melancholiques font d'une ardeur extrême pour 
ce qu'on leur préfente. Us embralfent avec courage les 
travaux pénibles; mais la force ne répond pas chez eux 
au courage, parce que leurs fibres font délicates, fines 
& tenues, & ne foutiennent pas la fatigue, comme celles 
des bilieux. Ils ont toujours faim, ils digèrent mal & dif. 
ficilementi parce que les fibres font trop tenues, Se que 
les fucs digeftits font en petite quantité ; ils vont diffi- 
cilement à la felle, à cauie de l'évaporation à\ijerum, 
aufli leurs excrémens font-ils trës-^durs , & ils ne les ren-^ 
dent que les deux ou trois jours. Ce qui leur caufe des 
nuages , des chaleurs à la tête , & un air fombre ; ils font 
très-iacifs, les fem.mes ainfi que les hommes. 

Les melancholiques ont beaucoup d'efprit, une imagi- 
nationtrès-féconde.Usfont propres pour les arts,les fciences 
fublimes. Ils font fatyriques, ils excellent dans la tragé-? 
die noire , la poefie , la peinture. Dans tout cela ils 
prennent Teifor , & choidlfent les morceaux élevés. Les 
enfans ont très- rarement ce tempérament : il fe mani- 
fefle ordinairement à vingt ou trente ans. Les melan- 
choliques ne vivent guèresplus de cinquante ans. 

MELA6\ Tache de la peau fuperficielle , noire, ou 
de terre om.brée. 

MELICERLS. Tumeur enkyflée, qui contient une 
humeur femblable à du miel par fa couleur. Voyez 
Zçupe, 

MELON. Voyez Proptojîs. 

MEMBRANE. Partie du corps qui réfulte de ralTem. 
blage d'un nombre de fibres rangées en large, comme 
une efpèce de toile. Les membranes font fouples & ont 
du refibrt félon la nacure des fibres qui les eompofent. 
Celles qui fonttiifues de fibres tendmeufesou aponévro- 
tiques, font plus éla'liques que celles qui le font de fibres 
ligamenteufes , ou d'autre nature. Elles font, félon les 
lieux, plus rninces ou plus épaiifes, plus lâches ou plus 
Ifndiies^ ou plus ou moins feniibks. 



M E M i^$ 

Les membranes font naturellement blanches, & leur 
tranfparence a du plus ou du moins , félon qu'elles font 
parfemées de plus ou moins de vailTeaux fanguins. Elles 
ont au refte pour ufages, I^. de couviir 5c défendre les 
autres parties . comme la dure & la. pze~mere ^ qui cou- 
vrent le cerveau : 2°. elles forment tous les conduits qui 
fe diftribuent dans toute l'étendue de la machine , & beau- 
coup d'autres parties qui font toutes membraneufes, telles 
que i'eftomac, les inteftins, la veflie, &c. 3'^. elles fer- 
vent à lier & à retenir en fituation des parties, qui, fans 
elles, fe déplaceroient toujours, comme le mefentere , 
Vépiploon y &c. 4''. à modifier les fenfations & les vives 
iniprelTions des objets extérieurs fur nos fens , comme 
Vépiderme pour le toucher , la membrane qui tapilfe le 
nez, celle des oreilles, &c. & enfin à beaucoup d'autres 
ufages. 

MEMBRANEUX. Se dit des parties qui tiennent de 
la nature des membranes. On appelle auifi de ce nom le 
inufcle fafcia-lata. 

MEMBRE. L'on donne ce nom en général à toutesles 
parties principales du corps, 6c fpécialement aux extré- 
mités fupérieures & inférieures. 

MEMOIRE. (/^) Eft cette faculté de l'ame, par la- 
quelle l'homme fe rappelle des idées qu'il a perçues au- 
trefois. La mémoire diflére de l'imagination, en ce que 
celle-ci eft pour les chofes préfentes , & la mémoire ell 
pour les chofes palfces. La nature du mécanifme de cette 
faculté n'eft pas aulTi évidente , que fon exiftence. Voici 
l'hypothèfe la plus vraifemblable , & adoptée de prefque 
tous les Phyfiologiftes de nos jours. Ce font les plis 5c 
leplis de petites membranes du cerveau. Pour rendre 
cette alTertion plus plauiible, & donner la railon de la 
différence de la mémoire qui fe rencontre dans chaque 
âge, ils apportent la comparaifon d'un parchemin. Si, 
difent-ils, le parchemin eft m.ouillé, il fe plie facilement; 
mais, fi l'on vient à l'étendre, il ne garde aucune trace 
des plisprécédens; tels fommes-nous dans l'enfance, nous 
apprenons facilem.ent & nous oublions de même. Au 
contraire , fi le parchemin a acquis un certain degré de 



%m ^ M E N 

lédîereiîe , on le plie plus difficilement, maïs H confetve 
lempreinte des plis. De même dans Fâge viril l'on ap- 
prend difficilement, & Ton retient bien, qiiand on a ap* 
pris. Enfin, fi le parchemin efl devenu dur & extrême- 
ment i'ec y à peine pouira-t-on le pliiTer, & fi l'on en 
■çient a. bout, on ne pouna plus effacer les plis qu'il aura 
contraûés. Telle ell la vieiUelîê: à peine dans cet âge 
peut-on apprendrez cependant, fi à force d'exercice, l'on 
retient quelque chofe, on ne l'oubliera jamais. 

Quelques-uns ont penfé que la mémoire étoit un pur 
c^on de la nature, mais il eft confiant qu'elle s'augmente 
avec le foin, comme les autres dons que nous tenons 
d'elle: au contraire , la mémoire eft de tous celui qui s'ac- 
croît davantage par le foin, & qui tombe le plus par la 
négligence. 

Le moyen le plus sûr , & l'unique, pour augmienterla 
mémoire, eft l'exercice & le travail. 

MEKINGE. Mot dérivé du Grec, qui fignifie mère. 
On a donné ce nom à deux membranes qui enveloppent 
tout le cerveau, parce qu'on les a regardées comme le 
principe de toutes les membranes du corps. Voyez Dure^ 
mere^ Pie-mere & Cerveau. 

MENINGOPHYLAX. Inftrument dont le Chirur- 
gien fe fert dans le panfement du trépan. Il refiemble au 
couteau lenticulaire. Sa tige eft cependant cylindrique ^ 
exadement ronde, & n'a point de tranchant. Il porte une 
lentille à Ion extrémité. Cette lentille doit être très-polie 
pour ne pas ofFenfer les méninges. L'ufage de cet inftru- 
ment eft d'enfoncer un peu avec la lentille^ladure-mere, 
qui , dans fes m.ouvemens , s'éleveroit dans le trou du 
trépan, le boucheroit & pourroit fe meurtrir contre les 
bords du trou. Par le moïen de cette compreffion , on 
laitfortir le fang ou le pus épanché fous le crâne. Il eft 
appelle meningophylax , parce que la lentille de fon 
extrémité empêche que l'on ne bleilê la dure-mere ou 
méninge , tandis qu'on la prefTe pour faire fortir l'humeur 
épanchée. Voyez Trépan. 

MENSTRUEL, [le Flux) Eft un écoulement de fang 
par ie vagin , qui vient périodiquement de 2,0 en ^o , de 



M Ë N ^ 187 

k^ en à^ , de 30 en 30 jours, plus oii moins. Le flux 
nienftruel commence tantôt plutôt , tantôt plus tard. 
Dans les pays chauds, il commence plutôt, par exemple ^ 
à 14 ans dans le Languedoc i en Efpagne , encore plutôt} 
àj ou 8 ans à Batavia, félon M. Heiflerj mais dans lespays 
froids, il commence plus tard. A Paris , qui eft un pays 
tempéré , il commence à 15 , ou î6 ans. L'âge, où vien- 
nent les régies, s^Rp^elle ugé i^û puBerté. Ce flux finit a 
45 , ou 50 ans, quelquefois plutôt, quèlquefoisplustard. 
S'il finit à 30, ou 35 ans, cela eft contre nature. Quand 
l'écoulement eft bien réglé, une fille fe porte bien. La 
période des régies eft ordinairement de 30 jours ; elles 
avancent ou retardent : la durée de cet écoulement eft 
ordinairement de 3 , 5 , 6, 7 , 8 jours, S: quelquefois aufïi 
il n'en dure que deux. 

Des Auteurs ont admis , pour caiife dtl flux 
liienftruel , un ferment particulier, qui, en fe raréfiant 
dans les glandes, les gonfloiti ce qui occafionnoit la rup 



rup- 



ture des vaiiTeaux par la prellion. Ce fentiment a perdu 
fon crédit : tout le monde fuit à préfent le fentiment de 
Galien, qui a été bien développé par M. Freind. En effet, 
il vaut incomparablement mieux. Il eft certain que le 
fàng, que les femmes perdent tous les mois, eft un fang 
furabondant, qui, étant retenu, les incommodebeaucoup. 
Tous les effets prouve qu'il y a pléthore générale , & fur- 
tout particulière. Cela pofé , les caufes du flux menftruel 
font deux , la première qui eft en quelque façon antécé- 
dente ., la féconde, qui eft déterminante, le peu de ré- 
fiftance de la part des vaifl^eaux de la matrice , & l'etForE 
du fang contre les parois de fes vaiiTeaux. 

Quant à la première caufe, il eft certain qu'il y a plé- 
thore avant fécoulement des régies, & qu'elle augmente 
pendant ce tems. De-là vient que, lorfqu'elles font fup- 
primées , on eft obligé de faigner, pour éviter plufieurs 
maladies qu'elles occafionnent. Cette pléthore eft une 
plénitude des vaiiTeaux qui fe trouvent dilatés par TefFort 
que fait le fang contre leurs parois. C'eil ce qui fait 
'qu'elle caufe fouvent des faignemens de nez, des hémor- 
îàgies, des hémorroïdes. Quant à la féconde caufe , 1°. la 



tM m E N 

téiiilance des vaiiîeaux de la matrice eft moindre. Cat 
fes vaiiFeaux étant fort tendus & fort fuperficiels , ils 
doivent aifément fe dilater,, & céder à l'eirort du fang , 
qni^ après y être entré, palfe eniuite dans les tuyaux ex- 
cietoires. 2°. L'effort du fang augmente dans la matrice, 
pliîs qa*ailleurs. i". A railon de la quantité plus grande 
qui s'y porte. Car il paroît, comme le dit Pitcarn, que 
les vaiifeaux qui vont à cette partie, ont plus de diamé* 
tre ëc de longueur, que ceux des autres parties, ainfî 
l'efibrt du fang doit y être plus grand. %o, A raifon de la 
réfillance qu'il trouve, pour revenir : or cette réfiflancc 
eft augmentée dans la matrice , pour plufieurs caufes, & 
fur-tout par la longueur des veines : quoiqu'elles ne pa« 
roiiTent pas y avoir un long chemin , depuis leur tronc 
jufqu'à la matrices cependant à caufe des contours pro- 
«iigieux qu'elles font , le chemin que le fang a à y par- 
courir, eft très-longi aufti la réiiftance étant multipliée, 
l'eftbrt du fang doit être plus grand. 

Le fang des régies des femmes eft naturel , ver- 
meil , & n'a point cette marque de malignité , que lui 
ont prêté certains Naturaliftes. Il reifemble au fang vei- 
Cependant dans les derniers jours il devient fereux, 
entièrement ou en partie. Il diftille goutte à goutte 
Sa quantité eft plus ou moins grande. Elle va ordinai- 
rement à l'équivalent de deux faignées ,c'eft-à-dire , de 
«iix-liuit à vingt onces. On a été partagé fur les vaif- 
fèaux qui le fournillent. Les uns ont dit qu'il venoit des 
vaiiîeaux de la matrice, d'autres ont dit qu'il venoit du 
Tagin. En comparant les obfervations que l'on a faites â 
ce fujetjil a femblé aux Phyfiologiftes modernes, qu'il 
Tenoit de la matrice. Mais, quelquefois il vient aulÉda 
vagin, fur-tout dans laerofTelfe, où l'écoulement ceiTe 
de fe faire par la matrice. Car alors il fe détourne, dans;. 
les parties voifines. Il y a même des femmes qui vo- 
mifTent le fang, qui le rendent par le nez, par le bout-, 
des doigts, par les hémorrhoïdes , & cela périodique-, 
ment. Cela vient de ce que le fang , ne pouvant fç 
feire jour par la matrice, il fe détourne ailleurs. Ces hér 
monhagies tiennent à ces femmes au lieu de régies. Mais 



M E N Î89 

îl s'agit d'expliquer comment le fang fort. Eîl-ce par 
rupture des vaifTeaux I Non^ fans doute. Il eft même croya- 
ble qu'on ne peut le prouver fur l'ouverture des cada- 
vres : plufieurs Phyfiologiftes penfent que c'eft une fim- 
pie percoiation5&: ont remarqué dans la matrice un duvet 
blanchâtre , qui étoit plus ou moins épais dans différen- 
tes femmes. Ils ont auffi obfervé qu'il étoit compofé d'ar- 
tères & de veines lymphatiques , ramifiées à la façon des 
artères. Le célèbre M. Ferrein a examiné ce duvet dans 
les femmes mortes à la fin de leurs régies , ou dans le tems 
même des régies, alors il l'a trouvé rouge , au lieu qu'il eft 
naturellement blanc j cela prouve que le fang paiTedans les 
vaiifeaux lymphatiques, qui, dansletemsdesrégles, étant 
dilatés, au lieu de charrier l'humeur qu'ils déchargent 
dans la matrice dans l'état ordinaire par des tuyaux ex- 
crétoires , donnent palTage au fang , qui s'y décharge de 
même. 

Les régies viennent à l'âge de puberté. Parce 
que dans ce tems les organes fe fortifient & réfiftent 
davantage à l'impulfion des fucs qui fourniffent à Tac- 
■croiifement. De façon qu'une partie eft alors employée 
par le flux menftruel. Car la quantité eft toujours la 
même. Mais comme la nutrition eft moindre, & que les 
parties n'ont pas befoin de tant de fuc , il y a alors du fu- 
perfiu, qui s'en va par l'écoulement des régies. Dans 
l'homme, il y a de mêmeidu fuperflu à l'âge de puberté, 
mais il fe diffipe par la tranfpiration , ou quelque autre 
évacuation connue, au lieu que dans la femme il fort par 
la matrice. Comme les organes ne fe fortifient que peu 
à peu , & qu'ils ne demandent moins de fucs, que par dé- 
grés pour leur accroiifement , il arrive que la furabon- 
dance du fang n'ett pas d'abord capable de procurer les 
régies j aulïï eft-ce pourquoi les filles ont de la peine à fe 
régler. 

1. L'écoulement des régies ceffe a quarante -cinq ou 
cinquante ans, parce que, la diseftion fe f!é ange, & qu'en 
conféquence, les alimens fournllfent moins de fucs. Ce 
qui fait que la pléthore n'a pas lieu, & devient moindre â 



ïc^o M E N 

3. Dans le tems de l'écoulement, le fang fe diftille peu 

à peu, parce que fans cela, il feferoit tout-à-coup un vuide 
dans les vaifl'eaux , dont les parois s'appliqueroient bien- 
tôt l'une à l'autre , & les femmes tomberoient dans un 
accablement coniidérable. 

4. L'écoulement des régies étant une fois cefle, ne re- 
vient qu'au bout d'un certain temsj parcç que le fuperflu 
cfl alors ôté. C'eft pourquoi il faut que le fang fe ramaffe 
peu à peu , les vailîeaux lymphatiques étant alors refTer- 
rés, ne donnent plus entrée au fang. 

5. Il y a des femmes qui perdent beaucoup plus de 
fang les unes que les autres. Ce font celles qui font d'un 
tempérament (anguin , rouges de vifage, qui boivent Se 
mangent beaucoup. 

6. Dans la groflelle les régies ceffent , parce que le 
fang qui doit fortir , eft employé à nourir le fœtus. Ce- 
pendant elles fubfîftent quelquefois jufqu'à quatre & cinq 
mois de la groiTeifei quelquefois même jufqu'à fix, huit. 
Mais cela ell très-rare, 

MENSTi^vUES. Voyez MenfirueL 

MENTON. Eminence (ituée au milieu du bord in- 
férieur de la face. Il eft formé par la convexité de l'os 
de la mâchoire inférieure , que recouvrent les mufcles 
triangulaires, quarrés ^ houpe du menton. La peau , qui 
leur !ert d'intégument commun, eft garnie , dans les hom- 
mes, de quantité de poils qui portent le nom de barbe. 

MENtONNIER. On a donné ce nom au mufcie 
quarré du menton, & au trou qui fe remarque à la face 
interne & m-oîenne de fos de la mâchoire inférieure. 
Voyez Mâchoire inférieure. 

MENTONNIERE, {artère) Cette artère , qui s'ap- 
pelle auffi maxillaire externe^ eft la quatrième branche 
que fournit la carotide externe dans l'efpace qu'elle par- 
court depuis l'oreille jufqu'à la tempe. Elle pafle fur 1^ 
face antérieure du majfeter ^ & fur le milieu de la mâ- 
choire inférieure à côté du menton, d'où elle a tiré for; 
nom. Elle fe glilTe enfuite fous la pointe du mufcle trian». 
gulaire des lèvres, & lui fournit, auffi bien qu'au mufcl^ 
huccinateur,^ & au quarré du menton. Elle jette a|)rè| 



MER Ï91 

cela un rameau fort tortueux qui fe diyife à îa çommii- 
fure des lèvres, & qui fe joignant avec le femblabîc ra- 
meau qui vient de l'autre côté , forme l'artère coronairs 
des lèvres. Enfuite elle monte à côté des narines, jette 
des filets aux parties voifines Se va fe terminer au grand 
antrle de l'oeil par plufieurs ramifications, & fous le nora 
d'unèïe angu/aire. Elle eft dans fon trajet accompagnée 
de plusieurs veines^ qui vont fe perdre dans la jugulairç 
externe. 

Mentonnière. Fronde pour le menton, C'eft un ban- 
dage qui fert dans la fraélure & les plaies de la mâchoire; 
inlerieure. On le fait avec une bande large de quatre 
doigts^ félon la groffeur du menton , & longue d'environ 
trois quarts d'aune. On la fend, fuivant fa longueur, par 
chacune des deux extrémités , pour former quatre chef5. 
On porte avant les fedions , & on ne laiffe au corps de 
îa bande qu'un efpace d'environ quatre travers de doigt, 
dans lequel on pratique une légère ouverture en long ^ 
pour que le menton foit mieux embraile. 

Dans l'application de ce bandage ,il faut placer îe corps 
fur le menton, conduire les deux chefs inférieurs obli- 
quement jufques fur le haut de la tête & les y attacher s 
faire enfuite paffer deflus eux , les chefs fupérieurs que 
Ton noue fur la nuque, au bas de l'occiput. L'on doic 
prendre garde que le bord fupérieur du corps du bandage 
ne déborde la lèvre inférieure , ce qui feroit incom- 
mode à la bouche. L'on évite aifément cet inconvé- 
nient, ou en rétréciflant le bandage, ou en repliant ie 
bord fur le menton où il eft aiféde le fixer. Voyez Frac-- 
ture, 

MENTULE. Nom que l'on donne à la verge de l'hom- 
me & au clitoris de la femme , du m^ot Latin mentula. 

MERE. Les Anatomiftes ont donné ce nom à deux 
membranes qui enveloppent tout ie cerveau, parce qu'oa 
les a regardées comme le principe èHoù. toutes les mem- 
branes du corps tiroient leur origine. On leur a auffi don- 
né le nom de méninges .^ dérivé d'un mot Grec quifigni- 
£e auffi mère. On donne le nom de dure-mere , à la plus 
cxreïne des deux qui tapilTe ie dedans du crâne, & lui fert 



î9^ _ MES 

<îe périofte : fon nom lui vient de répaifTetir &cle îa force 
xle les membranes. Celle qui recouvre immédiatement le 
cerveau, eil trés-fine & porte le nom êit pie-inere. Voyez 
Dure-mere & Pie-mere. 

MESARAIQUES. {veines ^Yil^s appartiennent au 
mérentere,& on les diftingue en fupérieure & en inférieure» 
La fupérieure accompagne l'artère méfentérique fupé-* 
rieure, reçoit le fang de plulieurs autres veines , & va fe 
décharger dans la veine porte. Il en eft de même de la 
méfaraïque inférieure , qui communique avec la fupé- 
rieure,^ y décharge le fang qu'elle a reçu àts autres veines 
qui s'anaftomofent avec elle. 

MESENTERE. Toile membraneufe, fîtuée au centre 
du canal inteftinal, à laquelle les inteftins grêles font at- 
tachés. On y remarque deux membranes, des vaiffèaux 
fanguins , limphatiques & ladées , des glandes & des 
nerfs. 

Le méfentere a fon centre attaché au corps des trois 
premières vertèbres des lombes , par le tiilu cellulaire 
du péritoine. Il eft compofé de deux membranes unies 
cnfemble par le tilfu cellulaire, & taillées en demi-cer- 
cle i c'eft par leur bord que les inteftins grêles font re- 
tenus en fitutation, à peu prés comme le poignet d'une 
chemife , autour duquel les branches de la chemife le ra- 
maifent & fe plient. Il eft iitué au milieu du bas-ventre, 
& quoiqu'il foit unique , les Anatomâftes n'ont pas laiifé 
de le divifer en deux parties, dont ils ont nommé l'une 
méjarêon ^ & l'autre méjocolon. 

C'eft une efpéce d'écharpe dans le fond de laquelle les 
inteftins grêles font foutenus , & qui fournit une large 
gaine, aux vailTeaux de toute eipéce, (Seaux glandes qu'elle 
renferme. Les vaiffeaux qui s'y répandent ne fe font pas 
plutôtglilfés danslac^uplicature de ces membranes, -qu'ils 
fe divifent en une infinité de rameaux , lefquels avant 
de parvenir aux inteftins, s'unilfent & forment plulieurs 
arcs, d'où partent quantité de branches qui vont fe dif- 
tribuer à ces conduits. 

Les glandes du méfentere font m-ollaffes & friables, 
jîilanchâtres dans les jeunes fujetSj & d'une couleur brune 

dans 



MES , 193 

^ans les vieillards : elles fe tiouvent épaifes ça ^ là, & 
couvertes de graifle. Leur nombre n'eft point déterminé 
& leur volume eft diiFéreut II y en a peu néanmoins qui 
foient plus grofTes qu'une fève ou haricot, &les plus pe- 
tites n'ont pas plus de groiîeut qu'une lentille. Elles ne 
font éloit^nées des inteftins que de la largeur d'un pouce. 
On les regarde comme du genre des limphatiques, & elles 
ont à l'intérieur une cavité, ou follicule à travers lequel 
paiîe le chyle qui va au réfervoir de Pecqutt. 

Les ufagesdu méfentere font, l''. d'alFembler les in* 
teftins, & de les fixer dans le ventre i 1°. de fervir de fou- 
lien aux vaifleaux fanguins , nerveux , limphatiques Se 
ladées qui vont aux inteftins , ou qui viennent des in« 
ceftins. 

Ses nerfs lui viennent des ftomachiquès & des inter- 
coftaux. Le méfentere peut, comme l'épiploon, fe char- 
ger de beaucoup de graifle. 

ME5ENTERIQUE. 6'e dit de tout ce qui appartient 
au méfentere* 

Mefenîriquè. (^plexus ) Il y à deux plexus de ce 
130111, l'un eft fupérieur , l'autre eft inférieur. Le ple-^ 
sus méfentérique fupérieur eft formé par plûfieurs ra* 
meaux, fournis par les ganglions fémiluftaires à l'endrôic 
de leur union. Les filets de Ce piéxus forrnent comme une 
gaîne réticulaire qui embraffe l'artère méfentérique fu- 
' périeure dès fa naifTanCe, & l'accompagne dans toutes fes 
ciftributions jufqu'autour des inteftins. 

Le plexus méfentérique inférieur eft formé par plû- 
fieurs filets que le fupérieur jette en bas dès fa naiiTance, 
le long de l'aorte Ces filets s'entrelacent difTéremment, 
forment aufîî une forte de gaîne nerveufe , qui embiraïle 
l'artère méfentérique inférieure , & l'accompagne dans 
toutes fes diftributions jufques dans les inteftins. Les faif- 
ceaux nerveux qui defcendent le lon^ de l'aorte entre les 
deux artères méfentériques , aiant formé le plexus mé- 
fentérique inférieur, jettent encore en deffous d'autres 
trouffeaux , qui defcendent fur l'exrrémité de l'aorte , 
étant fortement attachés aux portions voifines du péri- 
toine , & forment , conjointement avec des filets qu§ 
P, de Ch. Toms lU N 



#94 ^ £ S 

fournît l'un & TâUtre incercoftal poftérieur , le plex«s 
hypogaftrique. 

Mefentcriquef, ( arttns ) Il y a deux artères de ce 
nom; l'une eftfupéricure, l'autre inférieure. La fupérieurc 
cft le fécond gros tronc que fournit l'aorte defcendante : 
elle en naît de la partie antérieure, quand elle a palîé le 
diaphragme , & qu'elle eft arrivé dansle ventre. Cette ar- 
tère fe porte vers le centre du méfentere , fe ^liflc entre 
les deux lames dont il eft compofé , & fe divife en plu- 
sieurs branches , qui forment des arcs d'où partent quan* 
tité de petits rameaux qui fe diftribuent aux inteftins. En 
fe gîiflant entre les deux lames, elles font un arc , dont la 
convexité fe porte à gauche & regarde en bas, & c'eft ai 
cette convexité que fortent la plupart des rameaux. On 
en compte pour l'ordinaire feize, dix-huit ou vingt. Les 
premiers, ou les fupérieurs, font afTez courts, & com- 
muniquent avec l'artère duodénalc: les derniers, ou ceux 
qui naiffent le plus près de l'extrémité de Tartère, font 
encore bien plus courts. Mais ceux qui naiffent entre les 
«ns &: les autres, font plus gros & plus longs. Tous ces 
rameaux s'anaftomofant les uns avec les autres, font des ; 
arcades plus petites, defquelles naiifent des rameaux qui i 
s'anaflomofent aufli, en formant des arcades plus petites, . 
îefquelles en produifent d'autres difpofécs de même, qui i 
fourniffent enfin des rameaux à l'intellin, lefquels l'em- 
braffent comme une ccharpc. 

Il naît ordinairement de la concavité de l'arcade que 
Corme b méfentériquc fupérieure , trois branches a/îcz 
confidérables , avec l'une defquelles l'extrémité de l'ar- 
cade s'anaftomofc près de l'mteftin cœcum. 

La méfentérique inférieure naît auflî du tronc de l'aor- 
te defcendante, environ un pouce au-deilous des fperman 
tiques. Elle fe divife en trois branches qui prennent un 
nom propre aux parties auxquelles elles fe diftribuent. 
Voyez Coliques 

Les veines du méfentere fe nomment mèpiraïquesl\ 
Voyez l'article. 

'Méfenténques ( glandes ) Corps glanduleux qui fe \ 
trouYcni épais çà& là dans les membranes du mefcn-.- 



MET ï9^ 

tctc. Elles varient beaucoup en volume & en figure. Or* 
dinairement elles font molafTes , blanchâtres dans les jeu- 
nes fujets , brunes dans les vieillards , & couvertes de 
graille. Il y en a peu qui foient plus grofTes qu'une fève , 
de refte, elles ne paiFent guères la groifeur d'une lentille. 
KUes ne font éloignées des inteftins que de la largeur 
: d'un pouce, comme il a été dit à l'article du méfentere. 
ji Dans les cadavres de ceux qui font morts des écrouelles, 
! dontils étoient attaqués aux parties extérieures, on trouve 
j au méfentere des glandes fort tuméfiées , & afTez fouvenc 
I du volume des plus grofTes noix. La même chofe fc 
ji rencontre chez ceux qui périfîent du fcorbut. 
il Ces glandes font du genre des lymphatiques, Elles oiiE 
â l'intérieur une cavité , au travers de laquelle paife le 
1 chyle, pour gagner le réfervoir de Pecquet. Là le chyle 
f reçoit une préparation nouvelle au moïen du fuc qui efl 
\ filtré , & devient d'autant plus analogue à notre fub- 
ftance. 

MESO-COLON. Les Anatomiftes ont donné ce nom 

a la continuation du méfentere, à laquelle le colon efl 

i attaché : il eft formé par une duplicature du péritoine , 

comme le méfentere , &n'en diffère en rien. Voyez Color» 

& Méfentere. 

MEiO-REdîUM. Quelques Anatomiftes ont donné 

ce nom à une membrane formée par une duplicature du 

péritoine , qui retient l'inteftin redum en place , & 

: eft une continuation du méfentere. Voyez Reâum ôcAlé-^ 

fentere. 

MESOTHENAR. M. 'VTinlîow a donné ce nom à un 

mufcle,que la plupart des autres Anatomiftes connoiffenc 

fous le nom è! Anti-thenar : il approche le pouce de la 

paume de la main & en augmente la cavité. Voyez An'- 

il ti-thenar. 

I METACARPE. Nom que l'on donne à la féconde 

1 partie de la main , fituée entre le carpe & les doigts. 

I II eft compofé de quatre os couchés longitudinalemenc 

les uns auprès des autres. Les anciens Anatomiftes en 

! comptoient cinq , parce qu'ils ajoutoient la première 

phalange du pouce qui , en effet , relfemble beaucoup 

N ij 



f 96 MET 

aux os ^u métacarpe L'arrangement de tous ces oc 
forme une convexité en dehors que l'on nomme le dos 
de ta main , & wrxt cavité en dedans qui s'appelle 1% 
paume de la main. Voyez Main, 

Ces os font inégaux en longueur : le premier cft le 
Çlus long de tous , & les autres le deviennent moins à 
mefure qu'ils s'en éloignent. Quelquefois cependant , 
mais rarement , le fécond eft aufïi long que le premier. 

On les divife en portion moi'enne ou corps , & en ex- 
trémités. L'extrémité qui^'articule avec les os du carpe, 
fc nomme la hafe ou l'extrémité carpienne , & celle qui 
foutientles doigts s'appelle la tétc^ qvlI^ extrémité di-* 
^itale. 

La bafe de chacun de Ces os eft à peu près triangu- 
laire , de même que le corps de l'os & le fommet du 
iriangle eft tourné vers la paume de la main. Sur les 
(deux côtés de cette extrémité , on trouve une facetta 
articulaire pour fon arciculatiou avec les deux os voi- 
lins. La bafe eft aufli terminée par une facette articu- 
laire pour fon articulation avec les os du carpe. 

L'extrémité digitale eft un peu arrondie en forme de 
tête i elle eft applatie fur les côtés , pour fon articula- 
tion avec les deux os voifins. Ces dépréiîions latérales 
ifont inégaies : la tête s'élargit & s'avance vers la paume 
Ide la main , & fc termine de ce côté par deux pointes 
snoulTes , recouvertes d'un cartilage. 

Le corps de ces os eft iong , rétréci & triangulaire. 
Une de fes faces , que l'on peut regarder comme la bafe 
tlu triangle , -eft un peu convexe & tournée vers le dos 
de la main. \^^ deux autres font un peu caves , regar- 
dent dedans , 4c font féparées par une ligne prelquc 
traiichant^ que l'on peut confidérer comme le fommet 
du triangle. On voit par cette difpofîtion que les inter- 
valles ^ue ces os laiilcnt entre eux dans le milieu , font 
plus confidérables à la paume de la main qu'a fon 
dos. Ces intervalles font remplis par des mufclcs inter- 
ofTeux, 

Le premier os du métacarpe eft le plus confidérable: 
£a iêtc foutism le doigt indicé ^ & fa baie s'articule avec 



MET 'X^ 

trois des QS à\i carpe , fçavoir : le piramidal , te tfapezç: 
^ le giand os^ . 

Lerecond eft quelq^uefois aufîî gros & aaiTi long qu& 
le premier , & jamais il ne l'eft beaucoup moins. lî 
porte le doigt long ou honteux i ils^articule par la facette 
qui eft au bout de fa baf€ avec le grand os , & par fes 
facettes latéiales, avec les facettes latérales du pîxmicE 
^ du troifîeme os du métacarpe. 

Le troifîeme os eft à tous égards pfus petit que les 
deux précédents. IL foutient le doigt annulaire , & fa 
bafe s*articule avec la première facette articulaire de l'oa, 
crochu , & fes facettes latérales avec celles du fécond &L 
^u quatrième os. 

Le quatrième os eft le plus petit de tous î il foutient 
le petit doigt. Sa bafe s'articule avec la féconde demi- 
facette de l'os crochu , & par une facette latérale avec la 
bafe du troifiemc os. Le bord oppofé de cette facette 
latérale eft terminé par un petit tubercule : la facette 
qui termine l'extrémité de la bafe , & s'articule avec l'os- 
crochu , n'eft pas triangulaire comme celles des autres 
os du métacarpe j mais au contraire elle eft ronde , 
large , légèrement convexe en partie , & en partie légè- 
rement concave , & pofée un peu obliquement î ce qui 
favorifè beaucoup les mouvemens dç cette articulation ^ 
& les rend beaucoup plus îp^rqués que ceux des autres, 
©s du métacarpe. 

Les os du métacarpe , - aihfi que tous Tes autres osr 
longs, fon; creux dans leur partie moïenne , qui eftcom- 
pofée de fubftance compare. Les extrémités font fpon- 
gieufes & recouvertes d*ane lame compare. 

Les bafes de ces os font épiphyfesdansle jeuneâgcy 
ainfi que les têtes qui reftent plus Ipng-tems en cçc 
état. 

METACARPIEN , ou grand hypojtheunr. On donne 
ces noms à un petit mufcle trés-charnu., placé oblique-, 
\ ment entre le ligament, annulaire du carpe duquel il, 
femble naître , ^ toute la face interne du quatrième o 
4u métacarpe , à laquelle il s'attache jufqu*à fon artf- 
jtuUtioii avec le petit doigt» Ce rmïfclc eft aufïï attacha 



^98 MET 

par un petit tendon â Pos crochu ou cunéiforme du poignetj 
Son ufage eft de rendre le dos de la main plus con* 
vexe , & la cavité de la paume de la main plus pro- 
fonde , ce qu'on appelley^i/-^ le gobelet de Dio^ene , ou 
des Joldats de Gédéon. 

METATARSE. Nom que l'on donné à la féconde par- 
tie du pied , fîtuée entre le tarfe &les orteils. Il reflem- 
ble au métacarpe à quelques égaids , & a aufli des dif- 
férences parciculieres. 

Il eil compofé de cinq os , au lieu que l'on n'en 
compte que quatre au métacarpe j ils font rangés tous 
les uns à côté des autres, & forment une efpèce de gril- 
lage un peu convexe en delTus , & concave en deffous i 
ils font inclmés de dedans en dehors du pied. On les di- 
vife en portion moienne & en extrémités. 

L'extrémité antérieure fe termine en tête , & porte 
un des orteils. On l'appelle la tête , & elle eft beaucoup 
moins groife que l'extrémité qui répond au tarfe , & 
qu'on nomme la bafe. Le corps de ces os eft triangu- 
laire , & l'angle inférieur eft tourné très-obliquement 
en dehors. 

Le premier os du métatarfè eft le plus court de tous, 
6c fort gros. Sa bafe eft large, femilunaire , & s'arti- 
cule avec le premier des os cunéiformes : la circonfé- 
lence de cette bafe eft un peu (aillante. Une des extré- 
mités de la facette femilunaire regarde en haut , & l'au-i 
' îre en bas, A cette pointe inférieure , on trouve une 
empreinte à laquelle vient s'attacher le tendon du muf- 
cle long péronier. 

Le corps de l'os eft fort gros , & préfente u^n triangle 
irrégulier. Un de fes angles eft en haut , & les deux autres 
en bas. 

La tête eft grolTe , convexe , cartilagineufe : la con- 
vexité eft (impie en devant, mais en deffous elle a I2 
forme d'une double poulie, fur laquelle font appliqués 
deux os fefamoïdes , qui ont chacun une furfacç plate 
& convexe en dehors. C'eft fur la tête de cet os que lai 
première phalange du gros orteil eft portée. 

Le fécond os du métacarpe eft le plus long de toà^ ,5 



MET ^ X^ 

è: îct trms autres diminuent en longueui: , à proportioa 
qu*ils s*en éloignent. 

La bafc de cet os cft terminée par une facette > qttî 
s* articule avec le fécond des os cunéiformes : fur les 
deux côtés , on voit deux facettes par lefquelles ces os 
sVticulent avec le premier & le troifieme de cesmêmes 
os cunéiformes. Un peu au-deffus; àc ces facettes ^ on 
en voit deux autres qui font aufli latérales j & ferv^t 
à Tarticulation avec le premier & le troifieme des os 
da métatarfe. Ainfi la bafe de cet os fe trouve articulée 
avec cinq os diiférens. 

La tête eft applatie fur les côtés , pourfon articula- 
tion avec le premier & le troifieme du métatarfe : elle 
fc termine en deflbus par deux pointes mouffes. recou- 
vertes d'un cartilage : elle porte rorteil le plus voifîn 
du pouce. 

Le corps de cet os , de même que celui dts trois au* 
très, eft obliquement triangulaire, convexe en deiFus, 
concave vers la plante du pied , & l'angle qui répond â 
cette dernière partie eft fort tournée en dehors. 

Le troifieme & le quatrième os du métatarfe Te reffeih* 
blent beaucoup > leur longueur eft à peu près la même.. 
La bafe du troifieme eft étroite & profonde , pour foa 
articulation avec le troifieme os cunéiforme : elle a 
deux facettes latérales, de même que celle du quatrième 
pour leur articulation avec les os du métatarfe , qui leur 
font voifins. La bafe du quatrième eft plus courte, un 
peu plus large , & s'articule avec une àcs facettes de 
l'os cuboïde : les têtes de ces deux os: fe couchent la- 
téralement y & portent le troifieme & le quatrième de* 
orteils. 
i' Le cinquième a fa bafe aflez grofle , & elle a plus d'éten- 
d»jc-en travers , que de haut en bas.j elle s'articule avec 
îa féconde facette de l'os- cuboïde, Sa face latérale in- 
terne s' articule avec le quatrième os. du métatarfe. L'ex- 
tjerne porte une tubérofité à, laquelle s'attache le ten* 
don du mufcle moïcn - pé|9iiier.. Cette^ tu bérofité- porte- 
à terre dans Tatitude naturelle d'uahommçcde-bput : 
1^ tctc As. cet os perte le petit orteil > elle n'a qu'im© 



iOO M I ti 

facette îateraîe pout fôn articulation avec le quatrième 
os du mécatarfe. 

X.C corps de ces os eft creux j & fait de fubflance' 
compade. Ses extrémités font recouvertes d^une îamc 
fort mince de la même fubflançe , & formées de fubftancc 
fpongieufe. 

METATARSIEN. Mufcle fitué fous ta plante du piedj 
il s'attache par une de fes extrémités à la partie anté* 
ïieure , inférieure du çalcaneum , d'où il fe porte un peu 
vers la partie externe de la plante du pied j il s'y ter- 
mine par un fort tendon à la partie poftérîeure & ex« 
terne dn dernier os du raétatarfe. Ce mufcle diminue ta 
largeur de la plante du pied ^ & la rend plus voûtée. 

METRENCHYTE- Sorte de feringue avec laquelle 
on fait des injed:ions dans la matrice. Voyez Seringue, 

Il fe prend auffi pour la matière même des injedions 
deftinées à la matrice. 

MEULE. Les anciens Anatomiftes donnaient ce nom 
^ la rotule qui eft un peu applatie , & â laquelle ils 
trouvoient de la reiTeniblançe avec une meule. Voye^ 
Rotule. 

MEUR, Se dit d'une tumeur phlegmon eufe qui abf-. 
cède j & dont le pus eft parfaitement formé , ou tel 
<qu il convient pour lui donner iffuë par une ouverture.^ 

MEURIR. Se dit d'un abfçès dont la matière fc 
forme , ^ devient propre a être évacuée par l'in- 
cifîon. 

MICROCOSME. Mot compofé de deux termes^ 
grecs , qui fîgnifient petit monde. Les anciens. Anato- 
miftes , tout pleins des idées fauiFes de la chiro- 
mancie & de l'aftronomie judiciaire , donnoient ce nom 
au corps humain , & comparoient d'une manière affec* 
tée toutes Tes parties avec les différens corps céleftes. 
Le copur étoit le Soleil , le foie la Lune , h rate Mer- 
<:ure , les génitales Venus , &c, 

MILI AIRES, (glandes) Petits corps glanduleux , de 
figure ov?le , qui fe trouve au-deflbus de chaque pore 
dans la peau , & d'où fort un vaifTeau excrétoire , qui 
fç tçrmine à la furface de la peau : eUes font pourvue* 



MIL aot 

a'une artère, d'une veine , & d'un petit nerf. Leur ufage, 
fuivant Stenon & Maîpighi , eft de féparer de la mafTc 
du fang la Tueur , & la matière de l'infenfible tranfpi- 
ration , comme l'humeur ondueufe , qui empêche en 
humcdant les mammelons , qu'ils ne fe delFechent pac 
rimpreflion de l'air extérieur. Il y a des Auteurs qui 
difent qu'on a de la peine à démontrer ces glandes , 
que même celles qu'on montre , ne font qu'en petit 
nombre , & que de petites artères repliées peuvent Faire 
tout ce qu'on attribue à ces corps glanduleux. Voyez 
Feau. 

MILO - GLOSSES. Nom d'une paire de petits muf- 
cles plats , qui fe portent tranfverfalement de la foile 
que l'on voit à la face interne de la mâchoire inférieure , 
au-deiTous du bord alvéolaire , à la bafe de la langue » 
& s'y perdent à côté des glolfo-pharyngiens. Ces mufcles 
manquent fouvent î & quand ils exiftent , ils tirent la 
langue fur le côté, 
MlLO-HYOIEN. Mufcle large & plat , qui vient d'une 
foflè que l'on remarque à la face interne de l'os maxil- 
laire , au-deflous du bord alvéolaire , & fe termine à la 
partie latérale & fupérieure de l'os hyoïde. Les fibres 
xnufculaires du mufcle d'un côté vontfe terminer pour 
la plus grande partie à une ligne tendineufe , qui va 
depuis la fymphyfe du menton , où fe rendent égale- 
ment une partie des fibres du côté oppofé : ce qui a fait 
que plufieurs Anatomiftes l'ont confidéré comme un 
mufcle penniforme. On peut , par la même raifon , le 
confîdérer comme un mufcle digaftrique. Quelques-uns 
cependant en font deux mufcles qu'ils regardent comme 
la première paire de l'os hyoïde : les fibres les plus voi- 
fines du menton font les plus courtes , parce qu'elles 
vont obliquement s'attacher à la ligne ligamenteufe dont 
nous avons parlé j il n'y a que les fibres poftérieures 
qui forment environ un quart de mufcle de chaque côté^ 
qui vont s'attacher à la bafe de l'os hyoi'de. 

Ce mufcle forme le fond de la bouche ; lorfqu'il fe 
contrade , dans le tems que les abaiffeurs de l'os hyoïde 
fe relâchent , il porte cet os en haut. S'il n'y a qu'un 



101 M O E 

de Tes côtés qui fc contradc , il tire Tos hyoïde de côtcj 
mais , fi les abaiiTeurs de l'os hyoïde fe contia6lent dans 
le même tems que lui , il tire en bas la mâchoire infé» 
rieure , & fait ouvrir la bouche 

MILO-PHARYNGIENS. Nom d'une pake de pe- 
tits mufcles qui s'attachent par une de leurs extrémités 
a la fofTe que l'on remarque à la face interne de lama» 
choire inférieure , au-dciTus du bord alvéolaire , & par 
l'autre au pharynx, C'eft M. Douglas qui a parlé de ces 
mufcles que M, Winflow avoue n'avoir jamais vu dif- 
dnûcment. 

MIROIR. Voyez Dziatateur.Lc nom de miroir a été 
donné à ces fortes d'inftrumens , par la raifon qu'ils font 
voir les maladies cachées des parties qu'ils dilatent , 
comme un miroir repréfente un objet. 

MIRTE. (feuille de) YoyzzteuilU de Mirée, 

MIRTIFORME. Tranfverfal du nés, inférieur da 
nés. On donne ces noms à un petit mufclc , qui s'atta- 
che , par une de fes extrémités , à l'os maxillaire , au* 
delTus de l'alvéole de la dent canine , & fe porte vers 
le nés où il rencontre l'oblique defcendant » & fe ter* 
mine avec lui aux cartilages du nés. M. lieutaud a re- 
gardé les petits incilifs fupéiieurs, ou incififs de CowpeE|L 
comme une portion du mirtiforme. 

MITRALES. (valvules) Voyez Triglàchines. 

MOELLE. Subftance grafle , jaunâtre, douée, êê 
d*une certaine confiftance qui remplit la cavité des grands 
os : elle diffère du fuc médullaire , en ce que le fuc 
médullaire eft une fubftance plus molle , & qui remplit 
les petites cavités qu'on obferve dans les extrémités des 
osi mais il eft vraifemblable que ces fubftances font les 
mêmes , & que le fuc médullaire n'eft que plus fluide 
pour pouvoir pénétrer dans les plus petites c^elluks, ou, 
cavités des os. 

La moelle n'a pas le même degré de confiftance àm^. 
tous les os longs : on la trouve mollalTe dans quelques* 
uns. Elle femble à la première vue une malfe informe- 
& fans organifation ; mais en la confidérant de puis près,. 
on conuoît aifémenc qu'elle réfulted'un amas de veiicule& 



M O E ao3 

itiembraneufcs , très-nombreufes & très-délicates , qui 
communiquent les unes dans les autres , Se qui font 
gonflées d'un fuc graiifeux. Ce fuc eft analogue à la 
giaiire du refte du corps ; il a une faveur douce , & qui 
n'eft point défagréable j il eft , dit-on , tuès-nourrifTant» 
Une membrane très-fine enveloppe en commun toutes 
ces cellules , &c on trouve qu'elle eft adhérente à la fur- 
face des grandes cavités internes des os , à qui elle fert 
de périofte : elle eft fort fenfible par un grand nombre 
de nerfs qui s'y diftribuent avec les vailTeaux fanguins. 
Ceft de CCS vaifleaux que tranfude le fuc graiifeux qui 
s'accumule dans les vefîcules , par le même méchanifme 
que la grailTe dans les cellules du tiilu adipeux. 

Cette maiïe , dans les grandes cavités des os , eft 
foutenue de façon à s'afFaiiïer fur elle-même par un tiftu. 
particulier , nommé tijfu réticulaire , lequel eft fait de 
plufieurs filamens ofleux , qui traverfent la moelle , & 
vont s'attacher d'un côté de la cavité à l'autre i ils font 
couverts , comme d'un périofte , par des productions de 
la membrane qui environne la moelle. Le fuc qui rem- 
plit les cellules des extrémités des os longs , & celles 
du tifiu fpongieux des os plats , eft de même nature ; 
il eft cependant plus liquide que la moelle i il paroît 
auflii plus rouge , parce que les membranes qui le ren- 
ferment & qui tapiffent les cellules ofTeufes , font par 
proportion parfemées d'un bien plus grand nombre de 
vailTeaux fanguins. Selon le langage ordinaire , on ap- 
pelle moelle , la malfe du fuc huileux contenu dans les 
cellules qui le renferment. 

La moelle fert lo. à remplir le dedans des grands 
os qui dévoient être creux , pour être moins péfants. 2P, 
Elle donne de la foupplefle aux parties qu'elle arrofe 5 
elle les rend moins caftantes 5 elle en favorife l'accroif- 
fementi chez les vieillards , la moelle n'a pas autant de 
conlîftance ni d'onduofité , elle n'eft plus qu'une mafle 
fluide & féreufe, incapable de produire les effets qu'elle 
produit dans les jeunes gens. Auffi ces os font-ils beaucoup 
- plus caftans chez les premiers. 3°. La moelle nourrit les 
osj cqmmeia graifte nourrit les autres parties; elle dimi- 



ao4 M O E 

nue dans les maladies, comme la graifle, & dans de vi«4 
lens exercices, de même qu elle. 

Il y a des ciiconllances où Ton ne trouve point, ou 
piçfque point de moelle dans les animaux. Les Anciens 
& le vulgaire de nos jours attribuent cet effet à la Lune. 
Mais les peifonnes inflruites font bien revenues de ces 
rêveries. Il eft naturel de penfer que cette diminution 
de la moelle, dépend des mêmes caufes qui produifent 
l'amaigrifTement. Le travail, la vieiilefîe, les maladies, 
les afFcdions particulières, les chagrins, les mauvais tiaiw 
temens. 

Moelle Allongée. Subfiance médullaire , qui occupe la 
partie moienne de la bafe du crâne, entre le cerveau &lc 
cervelet, au-defliis du grand trou occipital, par lequel elle 
fe prolonge & fort du crâne. Elle tient du cerveau & da 
cervelet, dont elle femble être une continuation com- 
mune. Les Anatomiftes qui veulent en faire une démonf- 
tration exade aux yeux , font obligés de la préfenter dans 
un cerveau tout-à-fait renverfé, parce qu'elle efl extrê- 
mement enfoncée dans les parties ofTeuf es, & recouvertes 
d'un trop grand volume de cervelle, qu'on ne peut cou- 
per & emporter fans endommager les paities à démon- 
trer. Alors les parties, que dans la démonflration Ton ap- 
pelleyZ^^eV/ear^.f, doivent être cenfées inférieures dans le 
fujet , G'-i^ke versa. Ceft une note de M. Winflaw, qu'il 
cft effentiel de retenir. 

A la face inférieure de la moelle allongée , vue cîe cette 
manieiej on voit plufieurs productions médullaires, des 
troncs de nerfs , & des vaiffeaux fanguins. Les produdion& 
médullaires font les jambes antérieures de la moelle al- 
longée} la protubérance annulaire} les jambes poftéri eu- 
resila queue de la moelle allongée; les corps olivaires; 
les corps pyramidaux j le bec de l'entonnoir & de^x mam* 
mêlions médullaires. 

il faut obferver que de ces différentes éminencesv 
celles qui font médullaires extérieurement , font en de- 
dans corticales en entier , ou en partie corticales , & 
en partie médullaires , ou formées par un mélange Vhê 
farrc de ces deux fubftanees. 



M O È 20$ 

C^cft àc cette portion commune du cerveau & <îu cer- 
velet , que naillent prefque tous les nerfs qui fortenc 
du crâne. Ceft elle qui produit la moelle de Tépine , 
qui n'eft qu'une continuation , d'où il fuit que la moelle 
allongée efl véritablement la fource de tous les nerfs du 
corps humain. 

Moelie épiniefe^ La moelle de Tépiné eft une conti- 
nuation de la moelle allongée, & par conféquent un pro- 
longement de la fubftance du cerveau & du cervelet. La 
jnoelle allongée étant parvenue au grand trou de l'os oc- 
cipital, change fon nom , & s'engage dans tout le canal 
des vertèbres fous celui de moelle de l'épine. Elle s'étend 
depuis l'occiput jufqu'à l'os facrum^ Sa fubftance reiTem- 
ble à celle de la moelle allongée, & à celle du corps cal- 
leux , fi ce n'eft qu'elle eft un peu plus ferme & plus fi- 
hreufeversfa partie inférieure, fçavoir, depuis la dernière 
ycrtebre du dos jufqu'à la fin de l'os facré. 

}îl y a cependant une différence totale dans la fituation 
^efpedlvedes deuxfubftances : la corticale , qui, dans l'un 
-&rautre.cerv€au, eft la première & extérieure, fe trouve 
à l'intérieur dans la moelle épinief e, & la médullaire en 
dehors, tandis qu'dlg forme l'intérieur' dans le eerVeau & 
lie cervelet. 

Elle eft revêtue de cinq membranes. Lapi'êttiîere efl: très- 
•forte & produite par les ligamens quî lienHe^ vertèbres 
«ntr'clies i la féconde -eft 'cellulaire ou adipeufi , ^i"^ 
îiommée parce que dans les corps gras on y reiicoi'^^^'^ ^^ 
ia graiffe. Latroiftéme eft^la dure-mere; la quatriéa'e Ta» 
lachnoïde, & la pie-mer^ forme la cinquième. La mot^^^^ 
au refte n'eft pas par-tout d'égale épaifteur. Sa figure e.'^ 
ronde & oblongue; la pie-mere la fépare en fon milieiî, 
félon fa longueur en partie droite & en partie gauche ., 
mais cette fëparation ne s'étend pas de devant en arrière 
abfolument , elle va à une ligne ou deux de profondeur , 
tant en devant qU'en arrière j & c'eft au moten de cette 
membrane que les artères & les veines font foutenues & 
ie diftcibuenrparune infinité de rameaux dans iafubftancc 
-glanduleufe & médullaire , par toute i'éreudue du anal 
«e 1 epiae. 



ft06 M O E 

La moelle de l'épine fournit les nerf qui fe diftribuent 
à toutes les parties extérieures du eorps qui font fituécs 
au-deilous de la tête, & même à quelques parties inté- 
rieures. Elle eft d'une (i grande néceflité , que toutes fes 
plaies font mortelles , ce qui n'eft pas du cerveau , ni 
même du cervelet. Les commotions de cette partie font 
aufli très-dangereufes & fouvent très-funeftes. Gar elles 
font ordinairement fuivies de la paralyfie & de la priva- 
tion de fentiment dans les parties inférieures i le malade 
a de la peine à uriner & à rendre les gros excrémens , ou 
bien il s'en décharge involontairement , & tous ces acci- 
dens font plus ou moins confidérables , fuivant que la 
comprefïîon ou commotion l'eft aufli davantage. 

MOELLEUX. Qui tient de la nature de la moelle. 
Voyez Moelle. 

MOIGNON. C'eft la partie d'un membre ampute , 
qui reile après l'opération. 

Moignon de l'épaule. C'eft cette éminence arrondie 
qui fait toute la partie fupérieure du bras i elle eft foi 
mée par le mufcle deltoïde principalement. Voy( 
Epaule. 

MOIS. On donne ce nom au flux menftruel que U 
femmes éprouvent tous les mois. Voyez Menjlrues 
Menjlruel. 

MOLAIRES. C'eft le nom que l'on a donné ai _ 
dents qui font à la partie latérale & poftérieure de 1^ 
mâchoire , parce qu'elles fervent à moudre les alimens. 
Il y en a dix à chaque mâchoire , cinq de chaque côté. 
Les deux antérieures fe nomment /^frir^^ molaires : les 
deux fuivantes groffes molaires , & la dernière dent de 
fagejfe. On les appelle ^nzoïo, mâchelieres maxillaires ^ 
& dents des joues. Vo^^t Dents. 

Molaires. ( cryptes^ Follicules glanduleux qui fe ren- 
contrent dans les environs des dents molaires j ils font 
de la même nature que les cryptes de l'œfophage & des 
amygdales. L'humeur qu'ils féparent & verfent dans la 
bouche , eft tenace & gluante , propre à lubréfîer le go- 
fier , & à pénétrer les alimens. 

MOLE. MafTe informe qui occupe la matrice aprèf 



M O \N 107 

me prétendue faufle conception , & que l*on rend dans 
ks fauffes couches. L'on a véritablement cru aux moles , 
& les Auteurs en font beaucoup mention. Mais ces pré- 
tendues maflesinformesne l'ont pas moinSj au jugement de 
M. Petit l'Anatomifte, un fœtus aufïi uni à fon placenta, 
que s'il y avoit eu véritable conception, La nature ne fait 
point de moles : dès l'inftant que la conception a lieu , il 
le forme dans la matrice un être organifé , fcmblable à 
celui qui l'a produit : feulement la confufion qui règne 
entre toutes les parties, empêche alors de les diftinguer» 

MOLECULE. Ce mot eft tiré du latin moUs , qui 
/îgnifie majfe. Il en eft un diminutif , & fignitie petite 
majfe. On l'emploie pour exprimer les parties compo- 
fantes d'un fluide , du fang, par exemple , & l'on en dif- 
tingue de plufiears fortes. Les molécules limphatiques , 
les féreufes & les fanguines ou rouges. Ces dernières font 
compofées de fix limphatiques i les limphatiques de 
fix féreufes , s'il faut ajouter foi aux obfervations de 
LeuvrenocK , qui eft le premier Phyficien qui ait établi 
cette théorie du fang. Elles font toutes fphériques , & 
s'uni/Tent intimement en pafTant dans^les vaiffeaux capil- 
laires , artériels , où elles foufFrent une grande preflion. 
Voyez Sang, 

MOLIERES. ( dents) Ce font les mêmes que les mo- 
laires ou machelieres. 

MOLLET, On nomme ainfi le gras de la jambe. V, 
gras de la jambe 

MONDIFICATIF. Médicament que l'on emploie 
pour nettoïer les plaies & les ulcères. On le fait ordinai- 
rement avec une décodion d'orge & de miel fimple ou 
compofé , comme le rofat , &c. Voyez Déferff, 6» i«- 
jeéfion. 

MONDIFIER. Nettoïer une plaie ou un ulcère des 
humeurs acres qui rongent le fond de la plaie , & em- 
pêchent la cicarrice. 

MONOCULE. Bandage qui fert dans la fîftule la- 
crymale &dans les plaies des joues. On le fait avec une 
bande longue de trois aunes , & large de trois doigts, 
Qû roule 1% bande en un chef, & voici comme on Tap- 



ao8 MON 

plique : on fixe d*uae main fur la commiiTure des lenei 
l'extrémité libre du bandage , qu'on laifTe pendre juf* 
ques fur la poitrine. On conduit le rouleau un peu obli« 
quement le lonâ de la joue & du nez du côté malade j 
on continue obliquement jufques fur le haut du pariétal 
du côté oppofé , & de»là l'on defcend jufques à la nu- 
que. Uon ramené enfuite le peloton de derrière en de- 
vant j en faifant un circulaire autour du cou , par-delTus 
le bout pendant : ce circulaire achevé , Ton relevé la 
bande , & on l'applique le long de la joue malade : on 
remonte de devant en arrière , depuis l'angle de la mâ- 
choire inférieure le long de la joue , par-defTus le bout 
rehauiTc : on croife à la racine du nez , &: Ton finit pat 
des circulaires autour de la tête- 

Monocule eft compofé de deux mots': l'un grec , qui 
veut àiitfeut^ & l'autre latin, qui fîgnifîe œil. Il y a 
des perfonnes qui , pour cela , confondent ce bandage 
avec l'œil fimple. M. Heifter eft de ce nombre , & il 
pourroit être employé dans les cas où l'on fe fert de 
l'oeil fimple i mais , quoiqu'il en foit , ces deux bandages 
font diftérens , & doivent être décris en particulier, 
y oyez Œil. 

MONT DE VENUS. Les anciens Aftrologues qui 
faifoient métier de dire la bonne aventure à l'infpeûion 
de la paume de la main, donnoient ce nom à une groilc 
éminence que l'on trouve fur le bord de la main , for- 
mée par le mufcle thenar , au-deflbus du pouce. 

Mont de f^enus. Le pènil , la motte , te puhis : OU 
donne ces noms à une éminence placée au-delFus de la 
commifTure fupérieure des grandes lèvres j & qui fur- 
monte les parties génitales externes du fexe. Cette émi- 
nence eft formée par la graiffe & recouverte par la peau: 
elle fe couvre à l'âge de puberté de poils , qui reffem- 
blent à ceux des aiflelles. Leur ufage paroît indéterminé: 
il eft probable qu'ils font là pour empêcher que les frot- 
temens ne fufTent douloureux dans le tems des appro- 
ches : c'eft aufïi l'ufage que l'on doit fuppofer à la graiffe 
qui forme cette éminence. 

" MORCEAU 13;ADAM, Nom que Ton donne au 
■ nœud 



M Ô s. ^0^ 

Vitcud de la gorge formé pat le cartilage tKyfoidc. Aboyez 
Pomme d' Adam. 

Mprceau fran^L Les Anatomiftes donnent ce nom à 
l'exiLémité de la trompe de Fallope , qui flotte dans le 
bas-ventre , parce qu'elle eft remplie de découpures qui 
leifemblent A autant de franges. On lui a aiilTi donné le 
x\Qm àQ pavillon de la trompe. Quelques autres y ont 
ajouté celui de morfus diaholi , que d'autres ont fort 
mal-à-pi'opos traduit par morceau du diable. 

MGilT. La mort eft la celfation du mouvement du 
cœur , qui entraîne avec elle celle de toutes fondions 
dans le corps d'un animal. 

. -ArORTIFICATION. Privation de îa vie ou du mou- 
vement circul-aire dans une partie. Ce terme fe dit aufîi 
d'un membre qui , fans être gangrené , a perdu le fenti- 
inenî & le mouvement. 

MORVE. La morve , ou mùcofité du nez, eft une hu- 
meur pituiteufe , vifqueufe , glaireufe , épaiife , blan- 
châtre ou verdâtre , ordinairement douce , féparée du 
fang artériel par les glandes parfemées dans la membrane 
appellée pituitaire -, ou muqueuje , qui revêt non fculc- 
jnent les narines , les cellules de Pos ethmoïde , &: les os 
Spongieux ou lames iniérieures du nez , mais aufti les 
fmus frontaux , fphénoïdaux & maxillaires. Le nez n'eft 
iionc pas la feule Iburce de cette mucoïité j elle coule 
auiïi des fîx finus , dont on vient de parler , qui commu- 
niquent avec les narines. Cette humeur fert à humeder 
ies nerfs clfaéloires qui s'épanouiflent fur la membrane, 
pituitaire du nez , principalement fur cette portion qui 
lecouvre les cellules de l'os ethmoïde, & à les empêcher 
d'être deflechés par Tàir qui y palTe continu eÙeînentî ce 
qui oiTenfcroit l'odorat. Si elle étoit trop abondante , 
ou trop épaiife , & qu'elle relâchât , ou qu'elle couvrît 
irop les mammelons nerveux , l'odOrat en feroit pa- 
jOeiUement émouilé \ les particules volatiles qui émanent 
des corps odoriférents ne fauroient les ébranler. Son 
ufage eft encore de retenir les corpufeules des corps odo- 
riférents , afin qu'ils puiifent faire leurs impreftions fur 
l'organe de l'odorat : elle arrêté âufti dâiis l'infoiiatios 
.. P.dêGh* Tome îh • G 



âïO M O R 

les vapeurs & les exhalaifons acres qui feroient nuifibldï ' 
aux poumons ; mais en même tems elle met à cou- 
vert , par fa vifcolité , les nerfs olfadifs contte leur acri<« 
monie. 

La mucofité coule en grande quantité quand on eft 
tnrhumé , parce que l'orlqu'on cil failî de froid , les 
vailfeaux qui fe répandent au-dehors de la tcte , font fort 
ïeiTerrés. La tianfpiration y ceffc : ainfi la matière qui 
coule dans les vaiffeaux qui vont à la tête , eft obligée 
Je fe porter en plus grande quantité vers le nez Alors 
il arrive une petite inflammation à la membrane pitui- • 
taire : la quantité de fang , le gonflement des vaif- 
Xéaux , font que l'humeur fe filtre en plus grande quan* 
tité. 

Lorfqu'on atiire par le nez des poudres fternutatoi- 
res j ou quelque chofe d'acre, cette humeur coule auiTi 
plus abondamment par l'initatijn que fouffre la mem^ • 
brane pituitaire. Quand on s'expofe à un air froid , ou ii 
un vent de nord en hiver , les glandes de cette mem- . 
brane fe trouvant comprimées , verfent allez copieufe-.. 
ment la mucofité qu'elles filtrent \ mais comme leurs s 
tuyaux excrétoires font relferrés par le froicl , cette hu- • 
ir.eur ne peut être qu'aqueufe , fubtilc , limpide. C'eft 
ce qu'on appelle la roupie qui coule goutte à goutte de 
l'extrémité du nez. 

La chaleur exceffive caufe un écoulement dans le nez,' 
parce que, les parties externes de la tête ayant été fort 
raréfiées par la chaleur , le fâng s'y porte plus abon- - 
damment , & engorge les vaiifeaux. Cet engorgement 
forme un obftacle au fang qui fuit , & qui fe trouve 
alors obligé de fe jetter en plus grande quantité dans les , 
artères de la membrane p'tuitaire ; mais il faut remar^*- 
quer que cet écoulement arrive , fur-tout fi l'on fe dé-- 
couvre la tête dans un lieu froid, quand on a chaud,.; 
Alors le reiferrement fubit qui fur vient dans les vaiffeaux ! 
pleins , les engorge davantage , & le fang arrêté d'un 
côté fe jette plus abondamment dans un autre. 

Eès que l'écoulement celle , on ne peut fe mouchèc-i 
qu'avec difficulté. Cela vient de ce que les membranes 



MOT h.tt 

^m fe font fort gonflées durant cet écoulement, retien-, 
nent dans leurs détours la mucofité , lorfqu'elle ne coule 
plus en (î grande quantité. Durant ce tems-là , la partie 
aqueufe s'en exhale , & il refte une matière épailTe quî 
bouche le nez quand elle defcend. 

Quand nous érernuons , il coule plus de mucofité 
de la membrane pituitaire : il faut d'abord attribuer cela 
à la caufe dont nous venons de parler. Enfuite il faut 
remarquer que les nerfs qui fervent à l'infpiration , ayant 
été agités , ils agitent à leur tour tous ceux qui les 
avoient agités , c'efl-à-dire, ceux qui fe répandent dans la 
membrane pituitaire, & avec lefquels ils comm^uniquent. 
Cette agitation étrangle lesvaifTeaux de cette membra- 
ne , ôc en exprime la mucofité. Enfin fhumeur exprimée 
étant defcendue , l'air qui fort avec impétuofité dans 
l'expiration , enlevé ce qu'il en rencontre dans foa 
I chemin. 

f On fait d'ailleurs que l'éternuement eft un mouve- 
; ment fubit & convulfif des mufdes qui fervent à l'expi- 
I ration , dans lequel l'air , après une grande infpiration 
I commencée & un peu fufpendue , eft chaffé tout d'un 
, coup & avec violence par le nez & par la bouche. La 
ï caufe de l'éternuement eft une irritation faite fur la mem- 
* brane pituitaire , & communiquée au diaphragme & aux 
autres miufcles de la refpiration par le moyen du nerf in^ 
tercoftal. 

î MOTEURS DES YEUX , OU MOTEURS INTER- 
NES, (les nerfs) Ce font ces nerfs qui form.ent la troi- 
sième paire des nerfs cérébraux i ils prennent leur ori- 
•gine immédiatement devant le bord antérieur de la pro- 
'■tuberance annulaire. Chacun d'eux perce la dure-mere , 
[derrière fapophyfe poftéxieure de la felle du Turc , pafïe 
I enfuite le long des finus caverneux, à côté de la cour- 
jbure de la carotide , & va gagner la fente orbitaire fu- 
:périeure , par laquelle il s'infînue dans l'orbite. Là il fe 
l^divife en quatre branches : une fupérieure , qui fe jette 
dans le raufcle droit fupérieur du globe de l'œil. Se 
donne un rameau pour le mufcle releveur de la pau« 
ipiere fupéiieure : lîûç interne^ qui va au mufcle addue-^^ 
\ O ij 



^la MOT 

teur de Tccli : une inférieure , qui eft la troificme, s'civ 
gage dans le mufclc abbaill'eur de l'œil : Se la quatrième 
plus longue fc diipcrfe dans le mufcle oblique , infé- 
rieur de i'ccil : outre ces quatre branches, il y en a une 
petite , très-courte , qui nait le plus fouvent du com- 
jnen;:ement de la branche du mufcle oblique, inférieur : 
elle forme d'abord un petit ganglion , qui porte le nom 
de lenticukire , Se jette pluheuus filets très-delies autour 
du nerf optique^ 

Les filets du ganglion percent la fclérotique , fc glif- 
fent entre elle & la membrane choroïde jufqu'à l'iris, 
& là ilsfe diftribuent par des ramifications trcs-fines. Le 
petit ganglion lenticulaire produit outre cela quantité 
d'autres petits fils nerveux , qui ont communication avec 
le rameau nafal du nerf orbitaire. 

Moteurs externes, (ncrh) Ces nerfs forment lafîxieme 
paire cérébrale. M ^Vinflo^v leur a donné le nom de 
moteurs externes , à caufe de leur ufage ; ils font me- 
nus , mais cependant un peu plus gros que ceux de la 
quatrième paiie ; ils nailTent de la partie inférieure de 
Téminence annulaire ; ils s'avancent enfuite , & s'enga- 
gent dans la dure-mere , derrière la fymphyfe de l'os 
occipital un peu latéralement , Se à côté de l'artère caro- 
tide, vers le fond de la felle fphénoïdale , adhérent à 
l'artère , Se communiquent avec la cinquième paire par 
un ou deux rameaux très-courts. Immédiatement après 
cette communication , la fixieme paire donne naiilanceà. 
un filet nerveux qu'on regarde communément pour l'ori- 
gine du nerf intercoftal. La fixieme paire va enfuite 
palfer par la fente fphénoïdale , pour fe diflribuer au 
mufcle abdudeur du globe de l'œil. M. Winflow af-. 
fure avoir vu le nerf en queflion réellement double & 
fendu en deux avant fon engagement dans la dure-mere. 
Se M. Rhuifch dit avoir vu la fixieme paire fortir du côte 
droit du crâne par deux endroits différens. 

MOTTE. On donne ce nom à une éminence que l'on 
remarque fur la fymphyfe du pubis dans les femmes , au- 
delfas de la commilTare fupérieure des grandes lèvres 
des parties génitales externes. Dans les hommes , on l«i 
donne le nom de peni/. Voyez Mont ds f^énus. 



MUS . 111 

MOUCHETURES. Scarifications légères, qui ne pal: 
fent pas le tilfu de la peau. Voyez Scarifiaitiou. 

MO L'SSE. Bandage , moulTe ou obtus. Y. Bandage, 
MOUSTACHE, t'cll cette petite foiFette verticale , 
qui fe remarque au-dellbus delà cl.jîfoii du nez, au. 
deilus de la lèvre fupérieure : elle fe termine par en bas. 
ordinairement par un tçttin qui pare la ievre fupérieure: 
elle donne de la grâce à la bouche , & fert à détourner 
la morve qui , fans elle , tomberoic plus aifément dans 
la bouche. 

MOUVEMENT. On diilingue dans f homme deux 
fortes de mouvemens : l'un (cH libre & volontaire , 
l'autre efl tonique , & ne dépend nullement de la vo- 
lonté. Le premier convient aux dinerens aiufcles . Se aux 
membres que l'ame meut à fop sré :1c f- :. jnd ell p' :-,c à 
toutes les parties animées. Tels font ks mouvem> s du 
cœur & des artères j celui de contraftion , à i'occai'ioii 
de quelque irritations le tonique qui llbfifte toujours. 
On peut encore raiigerdans cette dernire claife de mou- 
vement, le machinal ou automatique , par lequel l'hom- 
me porte la main à l'endroit où il lent du mal , 6c 
grate le lieu qui lui démange , &c, 
[ MUCÎLAGINEUSES. ( glandes ), Corps glanduleux , 
iquî fe trouvent par paquet dans les cavités des articu- 
lations & dans leurs environs i elles hltrent la fynovie , 
■qui ell une humeur muciiagineufe , d'où elles ont tiré 
!leur nom. 

I MUCOSITE', Subftance vifqueufe , gluante & douce , 
,qui file quand elle tombe , & le durcit à l'évaporation. 
Voyez Mucus & Morve. 

MUSCLE. Le mufcle eft une partie organique, com- 
pofée principalementde fibres charnues , & que la nature 
a deftinée à exécuter les mouvemens diitcrens du corps.. 
; Les Anciens comparoient un mufcle à un rat ?corché, 
!& le terme que les Grecs emploient pour fignifiec cette 
iparcie , veut dire petit rat. On a coniervé la mém^e fig- 
|nification en latin & en françois ; c^eft pourquoi on àiC 
|,tingue dans le mufcle, la tête, le rentre ^ C^laqueue^ 
[L^ tête étoit la païûe fupérieure ^ qui ell ordinairement 
[■ Oiq 



aT4 ^ M TT s 

aponévrotîque'ou teiidineufe : le ventre faifoît la partie 
moïenne , & eft toute charnue : la queue croit i'infé- 
rieute, qui forme communément un tendon ou une apo- 
hévrofe. Chez les modernes Anatomiltes , on trouve 
ditférens noms , qui expriment la même chofe que ceux 
que nous venons c'e citer. Par exemple , on donne à 
la tête du mufcle le nom de point fixe , d'origine , dç 
principe y & très-mal- à-propos de point d'appui', à 1| i 
queue, ctwx d' infertion , de point mobile ^ de fin ^ di| i 
mufcle. Mais il n'eft pas raifonnable qu'un mufcle étanç : 
attaché également à deux os , l'on appelle infertion ^ 
point mobile , Sec. plutôt une extrémité que l'autre. 
D'ailleurs le^ points d'attaches étant tou ours également 
tirés l'un vers l'autre , il eft abfurde de déterminer pout 
mobile l'un plutôt que l'autre. Les Sphinéîers font tel- • 
lement conftruits , qu'on ne peut diftinguer en eux le* 
point d'infertion , ni le ventre , ni les extrémités : ce- 
pendant il eft clair que le fphinder de l'anus , par exem- 
ple , meut & rapproche toutes les parties auxquelles il 
eft attaché. 

Les mufcles s'attachent à différentes parties du corps. 
En général', les os leur fervent de point fixe ; mais cela 
n'empêche pas que lesligamens , les capfules articulaires, 
les aponévrofes des autres mufcles , &c. ne fixent beau- 
coup de ces parties. Il y en a qui fe fixent mutuel- 
lem^ent. 

En général , on divife les m.ufcles en fimples & en 
compofés. Les mufcles fimples font ceux qui n'ont qu'un 
ventre , dont les fibres font régulièrement dilpofées dans ^ 
un même ordre , & aboutilFent par chaque bouta un 
f'eul tendon : les mufcles compofés font ceux qui réful* 
tent de l'afTemblage de pîuheurs mufcles fimples , ou,^ 
c€ qui revient à-peu-près au même , ce font ceux dont 
la portion charnue a pluiieurs rangs de fibres , difpofées 
dans des fens diffère ns , & qui fe terminent par des ten- 
dons diftingués. Tels font les penniformes , les biventres 
ou dif aftriques , Sec : mais les fimples , comme les com- 
pofés , prennent difFérens noms par rapport à leur fi- 
cure , à leurs ufages , & à quelques autres circonftances. 
Pe-là ceux que l'on nomme triangulaires, quarrés, 



M y s lîf 

fcalènes , rhomboïdes , grands , petits , fupéneurs , in- 
férieurs , Sec. les releveurs , les abbailleurs , &c. il y a 
de plus des mufcles qui modèrent le mouvement , & il 
y en a qui le dirigent. 

Le mufcle à l'intérieur eft compofé de fîbïes ramaffées 

par petits paquets , qui font unis entre eux par un tiiTa 

, cellulaire , très- fin, dans lequel on voit pénétrer les 

. nerfs & les vaifrcauxfan:juins du mufcle. Ces fibres elles- 

, mêmes font l'ées enfemble par un tilfu cellulaire, en- 

i cors plus fin que le premier : elles font , comme le 

mufcle entier , charnues dans le milieu , & tendineufes 

à leurs extrémités : or , l'aifemblage de tous ces paquets 

I eft enveloppé d'un tilfu cellulaire , qui communique 

avec celui qui unit & les faifceaux de fibres , & les fi- 

^ bres elles-mêmes. Ce tilfu eft connu fjus le nom de 

i membrane propre du mufcle : ce tiifu s'étend d'un muf- 

cle à l'autre , & forme véritablement comme une mem- 

' brane commune , dans laquelle font placés les mufcles, 

& même les fibres qui compofent les mufcles. 

Quant à la ftruélure propre de la fibre mufculaire , 

i il n'eft pas aifé de la déterminer au jufte. Ce qu'il y a 

j de certain à cet égard , c'eft l°. que chaque fibie rouge 

peut encore être divifee en pluiieurs petits filamens d'une 

( excelîive finefle : iP. que fi l'on examine au microfcopc 

[ la fibre rouge , & la fibre tendineufe , toutes deux pa- 

roilfent torfes i mais la dernière , bien moins que la 

, première : 3*^. enfin M. Rhuifch a démontré par fes in-i 

. jcdions , an réfeau de vaiflcaux artériels qui , non-feu- 

\ iement fe répand à la furface de la fibre , mais encore la 

pénétre , & s'y perd. 

Tout ce qu'on a avancé de plus que cela paroît con- 
j jeéture , & de ces conjedures les Anciens ont propofe 
j ia plus probable. Ils penfoient que la fibre mufculaire a 
l'intérieur étoit unefubftancc tomenteufe , plusoumoins 
imb'bée de fang : les Modernes ont fubftitué à cette fubf 
tance des véGcuIes , qui communiquent les unes dans les 
autres , d'une manière qui n'eft perceptible que par les 
effets. Mais ce qu'il y a encore de furprenant & de 
vrai , c'eft que quand , après avoir injedé les artères 

Oiv 



%jê. MUS 

d'un mufçle , on s'obftine à en fuivre avec attention ; 
Jufqu'aux moindres ramifications , il femble que le muC-, 
clen'eft qu'ui^ compofé de vaiircaiix aitériels : quand , 
d'un autre coté , on dilléque un ncif , & que l'on s'atta- 
che à c'éveloppçr toute fa difhibution , on trouve que 
la ma/Te muiculaire n'efl autre çhofe que le nerf" divifé- 
& fuhdivifé à l'infini. 

L'adion d'un mufcle s'appelle contradion , & ççttc 
contradion n'a lieu que dans la partie charnue , ou, 
ventre du mufçle. Déplus, à l'occafion de l'adion des 
niufcles , on fait plulieurs queftions diftérentes , qui peun 
«vent fç réduire à celles-ci. 

Ofl demande l". dans quel état un mufcle eit- 
îl ordinaiiçmçnt ? Pluiieurs prétendent qu'il cil dansi 
^îne contraélion continuelle , &: difent qu'un mufcle 
coupe tranfverfalem.çnt fe retire ; que dans la paralyfie , 
par exçm.ple, où un des mufcles de la bouche-ell /?<2- 
Xalytique , les antagonijîes n'ayant plus rien qui les re- 
tienne j fe contradent & fe retirent ; mais on répond 
que cela n'arrive que par la force élalHque , 3c non par 
l'aclion mufculaîre y^m^o^uç. , après la mort où cette 
adion mufculairç n'a plus lieu , ii on coupe un murfcle 
•tranfverfalement , les parties du mufcle ne manquent ja» 
qtnais. àt ^^ retirer , & de fe contraéler. 

On demander", de combien un mufcle peut- il fe 
xaççQurcir en fe contraelant ? On répond qu'en général 
pn mufcle fç cqntrade plus ou moins , fuivant que ces 
iîbres charnues font plus qu moins longues. Ce qu'il y 
a de certain , c'eft qu'un mufcle , en fe contradant forr- 
îement , raccourcit un peu plus d'un quart de la longueur 
de fes fibrçs charnues ; mais cela ne va pas au tiers , 
conjime quelques Auteurs le yeuleiit. Il n'en eft pas de 
même pour juger de fa force ; car elle n^augmente pas. 
fuivant la longueur , mais feulement fuivant la quantité 
des fibres. Çn effet , il eft démontré qu'un fil élaftiquç 
d'un pouce de long , ne foutieiidra pas. un poids moins, 
çonfidé^-able , qu'un fil dont la longueur eft d'un pied. 

On dem;ande 3°. la force élafliquç peut - elle conr 
trader un ^nyfclc d'une quantité plus confidérable que. 
l%4^ion mnfculairê \ On répond qu'un mufcle l"q con^ 



MUS 117 

.^ladle beaucoup plus par l'adtion mufculaîrc que par la 
force élallique. Car fi , après avoir coupé un mufcle , il 
fe contrade de deux pouces par l'aâion élailique , & 
que je falVe agir la force muiculaire , ce que l'on fait 
en pinçant cette partie contradée , alors le mufcle fe 
çontradera encore d'un pouce de plus qu'il ne l'étoit , 
par la fimple élallicitc de ce mufcle y donc la force muf-. 
çulnire çontrade davantage un mufcle , que fa force 
élaftiqu« j ou , ce qui revient au même , un mufcle 
porté au dernier degré de contradion mufculaire , eft 
beaucoup plus court qu'un mufcle porté au dernier de-!- 
gré de con^-adion élaflique. 

On demande 40. fur quoi doit -on régler la force 
d'un mufcle , & quelle proportion fuit cette même 
force I On répond qu'elle fe règle fur difterens chefs. 
Premièrement , elle eft proportionnée à la groiîeur & à 
la quantité, ou au nombre des fibres charnues, de 
façon que deux mufcles placés parallèlement , &dont les 
fibres font égales en grolfeur & en quantité , font de 
force égale. Si , au contraire , de deux mufcles , les fibres 
dç l'un font une fois moins grofles , ou en une quantité 
une fois moindre que les fibres de l'autre , alors ce der- 
nier fera une fois plus fort que le premier. En efret , 
l'expérience uous prouve qu'une corde , dont la groiïeu.i: 
cft double d'une autre , porte un poids double. 

Secondement , la force dçs mufcles eft proportionnée 
i la tenfion des fibres charnues. Par exemple , de deux 
. .perfonnes qui feront, l'une d'une conftitution fanguine, 
^ l'autre d'une conftitution mollç 3 alors la force du 
. mufcle efl plus confidérabie dans la première que dans 
la féconde perfonne , parce que les parties font plus ten- 
dues que dans l'autre. 

Troifiéraement , la force des mufcles eft déterminée 

, par l'intenfité de la caufe déterminante , puifque tout 

homme peut augmenter la force contraB:ile des fléchif- 

leurs,^ ou des extenfeurs de fon bras à fa volonté , qui 

en eft la c^ufe déterminante. 

Quatrièmement, enfin.elle eft relative à la conftitution 
générale des fibres , comme à la quantité d'efpric rz/ii- 
i?,^/ qui legne dans le corps. 



2.18 M U S 

On (îemande 50. avec quelle force un mufcle peut-il 
fe contiadler , ou , ce qui revient au mcme , quelle ert 
la force abfolue d'un mufcle? 

Pour répondre à cette quertion , il efl bon de dire 
auparavant que la force ce la piuilance fe tire de la lon- 
gueur du levier de la réfiftance , comparée avec la lon- 
gueur du levier de la puifiance , de façon que li le bras 
du levier de la réfiftance eft égal à celui du levier de 
la puillance , le tout fera équilibre : par exemple , (î 
je veux favoir avec quelle force agit une corde qui tient 
en équilibre un poids de dix livres, re dis que le levier 
de la puiifance étant égal à celui de la léiiftance , la 
puifTance eft de dix livres. Il en ell de même de la 
force du mufcle. 

On demande 6°. dans un mufcle large , une partie 
de ce mufcle peut-elle agir fans l'autre ? 

On répond affirmativement : par exemple , dans le 
deltoïde la partie antérieure de ce mufcle peut fe con- 
trader quand une perfonne porte fon bras en avant , 
tandis que la partie poftérieure eft relâchée. 

MUSCULAIRE. Se dit de tout ce qui concerne les 
mufcles , foit mouvement , foit artère ou veine , foit 
nerf. 

Mufculaire. (mouvement) Quelle eft la caufe & le 
principe de ce mouvement ? Ceft ce qu'on ne peut ex- 
pliquer que très-difficilement. 

On peut admettre deux caufes : les unes font efficien- 
tes , les autres déterminantes. Les caufes efficientes ont 
donné lieu à plufieurs hypothèfes : ce qu'il y a de cei;- 
tain , c'eft que les caufes émanent du cerveau & du 
cervelet, & fe tranfmettent aux mufcles par le moyen 
des nerfs. Si on lie , ou fi on coupe le nerf qui va 
dans une partie , & qu'il foit feul ,' Padion tonique & 
Tadion mufculaire y ceiîent fur le champ ; mais fi le 
nerf n'eft pas feul , il n'y a qu'une fimple diminution de 
mouvement , ou qu'un engourdiilement. 

Plufieuis Phyfiologiftes ont expliqué de quelle façon 
s'exécute fadion mufculaire à l'aide des efprits ani- 
maux. La principale preuve que l'on donne de l'exif- 



MUS 219 

tence des efprits , eft l'expérience de Borellî. Si on lie 
le nerf diaphragmatiqiie , auflltôt le mouvement du dia- 
phraG;me celle. Si vous voulez le rétablir , il faut prelTe»: 
le nerf encre les deux doigts , depuis la ligature juiqu'au 
diaphragme , d'où l'on conclud avec aiTez de vraiiem- 
blance , que les efprits animaux exiftent , & qu'ils fonc 
un liquide trés-fubtil , reiifermé dans le nert , que Bo- 
relli regarde comme compofé d'une infinité de petits 
canaux. 

Plufleurs prétendent encore que le fang a aufTi parc 
dans la produdion du mouvement mufculaire. On rap- 
porte , pour le prouver, l'expérience deStenon. Ouvrez. 
un animal j liez-lui l'aorte au-defTus des émulgentes ^ 
alors les extrémités inférieures deviennent ^.^r-^/yri^;/^^. 
De-là on conclud que le fang eft néceffaire dans une 
partie pour le mouvement mufculaire. 

La caufe déterminante eft celle qui détermine le fluide 
nerveux à couler dans les nerfs , pour produire le mou- 
vement mufculaire. L'influx du liquide animal dépend , 
félon M. Freind , des vibrations 5 c'eft ce qui arrive à 
l'air dans le fon , qui fuppofe un mouvement de vibra- 
tion dans les folides , qui pouife l'air : ainii l'influx du 
liquide animal eft un mouvement emprunté , puifqu'il 
dépend de celui des folides. Pour le prouver , dit M. 
Freind, j'ai fait plufieurs expériences , par lefquelles j'ai 
toujours remarqué que l'ébranlement des folides eft tou- 
jours néceffairement le mouvement du liquide animal. 

Si on confulte tous les phénomènes de la nature , qui 
tendent à produire des convulfîons , on remarque que 
cela n'arrive que par le moyen des vibrations & des irri- 
tations dans les nerfs : fans les vibrations on ne peut ex- 
pliquer une infinité de phénomènes , qu'on remarque 
dans plufieurs m.aladies. 

Dans toutes les opérations du corps , il y a ordinai- 
rement une fuccefTion de caufes : la première eft l'ébran- 
lement des nerfs : la féconde éft l'ondulation du li- 
quide animal : la troifieme eft l'infiux de ce liquide ani- 
mal dans les nerfs. 

Pour expliquer la contrario» des mufcles , plufieurs 



aïo MUS 

ont prétendu que les fibres étoieiit compofées de véfi- 
c\i\qs rhomhoidales , dont le grand diamètre étoit au 
fçns de la longueur , & le petit au fens de la largeur j 
de façon que s'il furvient quelque caufe qui , en éten- 
dant le côté , change les diagonales , le raufcle fera 
obligé de fe contradler , ou de fe raccourcir. D'autres 
ont dit que les véhicules étoient ovalaires. Cela pofë , 
comme l'on fait que la contradion des mufcles vient de 
l'mfiux du liquide animal , qui coule dans les véficules, 
les nerfs étant fuppofés s'y ouvrir , la caufe qui porte le 
liquide a entrer , l'oblige a agir fur toute la circon- 
férence des parois des véficules, & à éloigner les côtés 
du centre en changeant les diamètres , comme on le 
voit dans une vcffie que l'on dillend par le vent. LeWe- 
iioecK a vu des efpaces dans les fibres , & Cowper al^ 
fure y avoir poulTé du Mercure : ainfi la conttadion des 
mufcles vient du raccourçilïement des cellules rhom" 
boidales. 

En général , il eft vrai de dire qu'on ne peut gueres 
expliquer l'adion des mufcles , fans admettre la trufiou 
des clpdts animaux dans les véficules 5 par le moyen 
des nerfs , & par l'écartement des parois de ces mêmes 
véficules , pour la contraélion des fibres. Cette opinion 
çft la plus luivie & la plus fimple. Cependant il eft dif- 
ficile de prouver que la feule force trufive puiife pro- 
duire d'aulîi fortes contradions que celle des mufcles; 
c'eft pourquoi on peut admettre avec la trufion , l'ex- 
plofion èiÇ.^ efprits animaux , caufée par la chaleur de 
la circulation. 

Dans le mouvement mufculaire , l®. les fibres char- 
nues font plus bandées & plus tendues. 2.0. Le mufcle 
durcit , & fes fibres fe ferrent les unes contre les au- 
tres. 3*?. Le mufcle pâlit en fe contradant. 4*^. On voit 
dans la contradion que le volume du mufcle change r 
les uns piétendent qu'il diminue , les ^uties qu'il aug- 
mente. Ceux qui veulent qu'il diminue , fe fondent fur 
l'expérience de Gliflbn qui , ayant mis fon bras dans un 
vailteau plein d'eau , obferva que , pendant qu'il y eut 
les mufcles j i'çau diminua pendant la contradion , d*0\i 



MUS aai 

il conclud que le volume dumufcle diminuoit pendant 
la contiadion. Boyle conclud que l'expérience de Glif^ 
fon prottve bien que le volume du bras diminue dans la 
contradioû , mais non pas que le volume du mufcie di- 
minue. 

Ceux qui prétendent que le volume du mufcie 
augmente dans la contra(^ion , fc fondent fur ce que 
les mufcles contradcs font beaucoup plus durs & plus 
fermes au toucher 5 & qu'après avoir lié une partie , on 
fent bien mieux la ligature dans la contradion , que 
dans le relâchement. 

Ceux qui prétendent que le volume du mufcie aug- 
mente dans la contradion , difenr avec Borelli que le 
cœur garde dans le tems d'e fa contraction fon même vo- 
lume extérieur , & qu'il ne peut cfaaiTer le fang dans 
les artères, qu'autant que fes parois augmentent d'une 
quantité égale à celle que le fang occupe dans fes ven- 
tricules. 

Il paroît certain que dans la contradion des mufcles j 
la longueur diminue , fans que la grolïeur augmente, 
au moins fenfiblement , & qu'il y a plufieurs circonf- 
tances , où le mufcie perdant plus par fà grandeur qu'il 
n'augmente par ià groffeur , perd fenfiblement de fon 
volume. 

Mu fculaires. {artères) Ce font deux branches confi- 
ner ables j qui partent de l'artère crurale dans le trajet 
de la c\ii{iQ , principalement à fa partie fupérieurc. De 
ces deux branches , l'une qui efl affez remarquable ^ 
& femble un petit tronc , s'appelle mufculaire externe : 
elle fe porte à la partie externe de la cuifle , & fe par- 
tage en bas en deux rameaux , dont l'un s'incline vers 
le tronc de la crurale , l'autre continue fon chemin plus 
bas , & ils fe divifent tous deux vers le genou en plu- 
fieurs rameaux. La féconde branche s'appelle mufcu- 
iaire interne : elle forme proprement le tronc , & fc 
porte tout le long de la partie interne de la cuiife : 
l'on a donné le nom de mufculaires à ces artères , parce 
qu'elles diftribuent le fang aux mufcles qui fetrouvens 
dans leur vqifinage. 



%ix M Y O 

Les artères qui fc diftribucnt de même aux miKclcs 
du bras , fe nomment aulli mufculaires. Voyez Scapu. 
iaires. 

Les veines fe diftinCTuent comme les artères en interne 
& en externe. En mufculaires du bras 6c en m.ufculai- 
res de la cuiiie , les mufculaires du bias iontjhpé.zeures 
ou inférieures i celles-ci naiflent des endroits où les ar- 
tères ont été fe diftribuer , & rapportent le fang qu'elles 
en ont reçu dans le lit des fouclavieres i celles de la 
cuiflè vont fe jetter dans la veine crurale. 

MUSCULE. Ce mot lignilie petit mufcle. 

MUvSCULEUX. Ce mot s'entend de deux façons : il 
fc -donne en général ^ en anatomie aux parties qui 
concernent les mufcles , qui tiennent de la nature des 
.mufcles > mais il s'empl jie auffi pour lignifier une conf- 
titution charnue , forte & robufte. 

MUSCULO- CUTANE'. Voyez Cutané externe à 
l'article Cutané. 

MUSEAU DE TANCHE. L'on donne ce nom à 
l'orifice antérieur du col de la matrice, par la relfem- 
blance que l'on a cru trouver entre cette ouverture & 
le bec d'une tanche. Voyez Matrice, 

MUTILATION. Ce mot convient également aux 
oreilles , aux narines & aux lèvres lorfqu'il y manque 
quelque chofe. Le bec de lièvre , par exemple , eft une 
mutilation : on l'applique plus particulièrement à la fec- 
tion &: à l'amputation des parties génitales de l'homme. 
MYLRIASE. Indifpoiîtion de l'œil , qui confifte 
clans une trop grande dilatation de la prunelle par fon 
ïeHchement j ce qui rend la vue obfcure , parce qu'il 
entre trop de rayons de lumière dans l'œil : elle fe gué- 
rit aifément par Fapplication lente & graduée des coUy-. 
ïcs afliingens. 

MYLÔ. Ce terme fignifie marge : on donne ce nom 
aux mufcles de la mâchoire inférieure ,de la langue & de 
i'os hyoïde . qui s'attachent au bord inférieur de l'os de 
cette mâchoire : de - là les mylogloifes , les mylohyoï- 
diens , &c, 

MYOCEPHALON. Efpècede tumeur ds l'œil , qui 



M y R 213 

tepréfentc la tête d'une mouche. Ccft une efpéce de 
proptofis. Voyez 'ProptQjîs. 

MYOLOGIE. Farcie de la phyfiologie , qui traite des 
mulcles : après avoir examiné en général les propdétés 
des mufcles, d'après linfpeélion anatomique , la caufe 
de leur mouvement : elle entre dans le particulier de 
chaque mufcle eu corps , auquel elle ailigne fon vrai 
lïfage , & fa force fpéciale. 

MYOPE. Qui a la vue fort courte , qui ne voit les 
objets que de fort près , & qui ne peut appercevoir ceux 
qui font éloignés , quoique tort gros , à moins qu'il ne 
fe ferve de lunettes concaves. 

MYOPIE. Courte vue , comme celle des Myopes : la 
caufe de la myopie eft la trop grande convexité du 
cryïlallin , qui fait que les raïons vifuels font trop con- 
vcrgens , c'efl-à-dire , qu'ils fe réuniiTent ^ fe railem- 
blent , avant que de tomber fur la rétine. 

MYOTOMIE. Partie de l'Anatomie , qui a pour 
objet la diiîeétion méthodique des mufcles du corps : 
elle en examine la texture , l'arrangement des fibres, 
leur direélion , leurs attaches , &c. pour en tirer des 
confequences juiles fur les fonélions , la vie , la fanté & 
les maladies. 

MYRMECIE. Efpéce de verrue , peu élevée, dont 
labafe eft large : elle naît le plus fouvent dans la pau- 
me de la main , & fous la plante des pieds : elle fe 
guérit comme les cors. Voyez Cor. Quand on la coupe, 
on reifent une douleur femblable à celle que caufe une 
morfure de fourmi ; & c'eft de-ià que lui vient le nom 
de myrmecle y ce qui Çi^nï^t fourmi. 



N. 

NACELLE. Petite cavité figurée en efpéce de petit 
bateau, laquelle fe trouve à l'extrémité du canal 
de l'urètre. On l'appelle aulTi folle naviculaiie. Voyei 
Urhre Se Fojfe naviculaire. 



a24 N A T 

NAPLES. (mal de) L'on a donné ce nom à la ma- 
ladie vénérienne , dans l'opinion où l'on étoit que les 
François Tavoient apportée de Naples , quand ils firent 
la conquête de ce Royaume, vers l'an 1494, fous 
Charles VIII. 

NARII''>lES. Ce font les deiix cavités dit nez que fé- 
parent la cloifon du vomer: elles font tapifl'écsdcla mem- 
brane pituitaiie , & fort fenfibles. On reniarque à leur 
partie miérieure un cercle de poils , pour empêcher la 
pouffiere de monter dans le foufds du nez , auiïi bien 
que les infeéles qui pourroient fe préfenter ^ & y 
entrer. 

NASAL. Se dit des parties qui appartiennent au neZj 
dit en, latjn nafus. 

NASALE, (tbiîe) G'efi: la cavité intérieure du nez r 
elle ell: faite par les apophytes nafales des os maxillai- 
-res , par les os propres du nez , par les os du palais , 
& pa: fethmoïde. C'çftelle qui eompofe le nez interne, 
êc c'eil fur les parois qu eft attachée la membrane pi- 
tuitaire , ort^ane fpécial de l'odorat. Voyez Maxillai^ 
res , Etkmoide , & Os propres du ne^. 

/v'.j/^i/. (nerf) C'eft la féconde branche que lé nerf 
oplitalmique jette à fon entrée dans l'orbite^ Voyez C^A* 
tûlmique de jaillis. 

NASCALIES. Sorte de médicament litériii , qui fe 
eompofe de la même matière que les pefFaires , mais 
qui s'applique difFéiemment. On reçoit les ingrédiens 
dans du coton , ou du fin lin , & on les met en guife 
de cataplafme à l'orifice du vagin. Les nafcalies convien- 
nent fur-tout aux filles auxqueiles on interdit l'ufage 
des pefiaires. Voyez Pejfaires-. 

INATES. Mot latin , qui veut àiït fejfes. Ce font 
deux petites éminences du cerveau qui avoifinent les 
corps cannelés & les couches des nerfs optiques. M« 
Winilow a changé le nom de ces tubercules, ainfi que 
celui de deux autres que l'on appelle tejles. Voyez tejlés ^ 
& Cérve/ifi. 

NATTA. ÇrolTc tumeur chamue, ou excroiiTalicc 
à& charir fembiabie à celles des felTes , appellées en larift I 

nates i /! 



N E P ^ iif 

haies î d'où rient fon nom. C'cft une cfpcce de broii-. 
chocele , quoiqu'il y en ait qui prennent le natta pour 
une gLolFe loupe , qui vient fouvent au dos & aux épau- 
les. Voyez Lou,pe. 

NATURE. IJ y a peu de mots dont on fàlfe Un ufagé 
aufii fréquent que celui-ci , & que l'on entende aufli 
peu. Tantôt , on le prend pour fignifier le monde > 
tantôt pour l'auteur du monde , tantôt pour exprimer 
le tempérament phyfique , tantôt pour la conilitutioii 
morale , &c. il feroit donc très-avantageux d'en fixer 
l'idée j mais comment faire ? Nous penibns qu'il faut 
fe rapprocher le plus poffible de fon étymologie : or , 
nature vient de naître '■> par conféquent ce mot doit pro« 
prement fîgnifier ce que nous jommesi Dans la phyfi- 
que , le mot nature exprime donc ce qu'eft notre conf^ 
titution corporelle , indépendamment de tout accident,, 
telle que l'Etre Suprême, l'a voulu fabriquer ; & dans 
le moral , la conftitution fpirituelle , telle qu'elle a été 
< ordonnée par le même Etre ^ indépendamment de touc 
I accident. 

I NATURELLES, {parties) On donne ce nom aux 
i parties génitales de l'un & l'autre fexe. Voyez Géni^ 
' taies, 

! NAVICULAIRË. Qui a la forme d'un navire : on 
i donne ce nom à un des os du carpe , & à un de ceux 
I du tarfe , parce qu'on a trouvé qu'ils reiîembloient à 
!; un navire. Voyez Scaphoïde-. 

li . NECROSE. Voyez Sphacele. Ce mot tiré du grec 
il fignifîe mortification. La partie fphacelée éft dite Etre 
I en nécrofe , parce qu'elle eft corrompue & privée de 
; la vie. 

i NEPHRETIQUES. Remedespropres pourlésmaladies 
j desreins. Il y en a de deux foites : les uns font émollieiis&: 
adoucilfans , comme les racines ^ feuilles & fleurs de 
mauve , de guimauve j de confoude , les femences froi-t 
4cs, celle de graine de lin ^ de pavot blanc, les tifan^ 
nés, les émulfions & les fyrops qu'on en prépare, l'eaa 
de poulet , l'huile d'amandes douces , &:c. les autres 
fijnt apéritifs , attenuans & iràtans, Tels font les cinq 
D. de Ch. Tom-. IL P 



^i6 N E R 

racines apéritives : la pariétaire , Tononis , la verge do* 
rée, la racine de calcitrape , le bois néphrétique , iefel 
de Glauber , l'arcanum dupiicatum , le nître , la tére«. 
benthine , l'oignon , le vin blanc , & autres remèdes 
échaulTans , qui ne doivent point fe donner quand les 
reins font attaqués de phlogore , ou d'inilammation- 

NEPHROTOMIE. ^'edion du rein. Opération par 
laquelle on fait une ouverture au rein , pour en tirer 
une matière étrangère. L'on a cru pendant long-rems 
que cette opération étoit impraticable , vu que les plaies 
des reins étoient cenfées toutes mortelles. La perfuaiion 
où l'on étoit , en a fait beaucoup négliger la pratiquer 
il y a cependant quelques obfervations de cette opéra- 
tion pratiquée avec luccés. M. Heifter en rapporte la 
plupart , & confeille fortement de la faire dans les 
occalions où la nature l'indique: par exemple, dans un 
calcul où la pierre feroit une tumeur au-dehors i dans 
un cas d'abfcès , où l'on reconnoîtroit de même , tu- 
meur au-dehors. Il a guéri une plaie faite au rein , par 
derrière , en moins de quatre femaines i d'où il conclud 
avec raifon que toutes les plaies de cette partie , ne 
font pas moitelles , comme on l'avoit cru , du moins 
celles qui étoient faites par derrière. Si on la faifoit , 
il faudroit fe fervir d'un biftouri qui eut une lame un 
peu longue , parce qu'il faut couper beaucoup de rauf- 
cles , avant que de parvenir au rein , & l'on feroit la 
fedion fuivant le trajet que la tumeur ofFriroit , & néan- 
moins feîon la diredion des fibres du rein , & fe donnant 
bien de garde de le porter dans la cavité du bas-ventre. 
La fedion étant ainii faite méthodiquement , l'on ef- 
faicroit avec les doigts , ou des tenettes de tirer le cal- 
cul ■■> ou , dans l'autre cas , le pus flueroit , & on pan- 
feroit la plaie comme à l'ordinaire , c'eft-à-dire ^ fui- 
vant la m.éthode que l'on em.ploie dans le traitemenÉ 
des plaies pénétiantcs du bas-ventre ; Et par ce moyen 
on pourroit fauver la vie à fon malade. Voyez Playe, 

î^iEF^F, Partie du corps humain , qui repréfente un 
cordon blanc, rond, quelquefois- pkt, fibreux ou membra- 
iieux, & qui tiie fon origine médiatemcnt ou immé- 



N E R 11J 

diatement du cerveau ; car tous les nerfs qui compofenE 
la machine, viennent ou du cerveau, ou du cervelet, 
moiennant la moelle allongée , ou de la moelle épiniere^ 
qui en eft une continuation 3 ils en fortent en manière 
de faifceaux trés-iîmmétriquement arrangés par paires , 
& comme autant de troncs féparés qui fe divifent en- 
fuite en branches , en rameaux & en filamens. Ceux 
de la moelle allongée percent pour la plupart la bafc 
du crâne j ceux de la moelle épiniere paiGTent par les 
ouvertures latérales de toutes les vertèbres , & par les 
grands trous antérieurs de l'os facrum. 

On compte ordinairement dix paires de ceux qui naii^ 
fentde la moelle allongée, & trente de ceux qui fortent 
de la moelle épiniere. L'on appelle les premiers nerfs 
ccrèbraux , ou paires cérib^ales , & les derniers nerfs 
vertébraux , on paires vertébrales. Celles-ci fe lubdivi- 
fent en cervicales . en dorjales , en lombaires 8c ea 
facrèes : il y a fept paires cervicales , douze doriàles , 
cinq lombaires & cinq ou iix facrées. M. HeiCcer , & 
d'autres Anaromides ne reconnoiilent que neuf paires 
cérébrales , & comptent huit cervicales , mettant la 
dixième cérébrale au nombre des vertébrales- Les An- 
ciens n'en admettoient que fept de nerfs cérébraux : la- 
voir , la deuxième , ou nerfs optiques j la troiiieme , 
ou moteurs internes ; la cinquième , ou nerfs trijumaux; 
la fîxieme , ou nerfs moteurs externes i la feptieme , oil 
nerfs auditifs , la huitième , ou paire vague j & la neu- 
vième des modernes ; car ils ne regardoient pas les ol- 
fadifs comme des nerfs , & croioient que la dixième 
paire appartenoit à la moelle de l'épine. La quatrième, 
: qui ell petite , étoit incjnnue à la plupart , ou prife 
par d'autres pour des branches d'autres paires. 

Le tronc primitilde chaque nerf vertébral a ordinai- 
' rement pour origine deux paquets plats de plufieursiî- 
i lets miédullaires , un antérieur & un pollerieur. Ces 
I deux difrérens faifceaux de chaque coté s'approchent l'un 
I de l'autre , & percent latéralement la produdion de la 
[ dure-m.ere -, ils s'unilTent aufR-tot après enfermant une 
' cipéce de nœud appelle ganglion , qui produit enfin le 



1128 N E R 

tronc : au reftc , il n'y a poia: dans le coips animé de 
partie plus intérefTance que le nerf ; c'eft une fource de 
phénomènes d'autant plus admirables , qu'il paioît 
moins fufceptible d'adion. C'ell des nerfs que dépend, 
ia vie , & toute l'harmonie de la machine : de-là les fens 
& les idées , de-là les connoillances & les voluptés. 

L'ufage des nerfs eft différent , fuivant la différence 
de leur origine, de leurs divifions & de leur terminai- 
fon. En général , ceux qui partent du cerveau 3c abou- 
tiffent aux mufcles , portent dans ces organes avec la 
vie , la faculté de le contrader , & par conféquent , 
femblent dellinés aux fonctions animales : ceux qui 
prennent naillance du cervelet, paiolilent plus particu- 
lièrement deftinés aux fondions vitales : ceux de la 
moelle épiniere fe diftribuent aux mufcles des parties 
mufculeufesdes extrémités. D'ailleurs on regarde les nerfs 
comme des tuïaux dellmés à voiturer les efprits dans les 
organes auxquels ils fe dilhibuent , & à rapporter au 
cerveau les imprelfions des objets extérieurs fur ces or- 
ganes. 

Si on lie un nerf, la fonélion de la partie qui en dépend fe 
trouble, ou cc'Je à inftant i il y naît un engourdiiîément 
& une pefanteur , qui font bientôt fuivis de la paraly- 
{ie. Dans ce cas , le m.ouvement eft anéanti ; quelque- 
-fois de la compreffion ou de l'obftrudion d'un nerf, il 
réfulte une infenfibilité partielle ou totale , & toujours 
les membres dont les nerfs font malades tremblent , fe 
delTéchent , & s'atrophient:-, mais ces accidens difPérens 
ne s'accompagnent pas alTiduemcnt. Souvent ils exiilent 
l'un fans l'autre i c'eft pourquoi beaucoup de Médecins 
& de Philofophes fe font crus obligés d'admettre dans un 
même nerf les trois propriétés différentes de nourrir les 
patries , de leur donner la faculté de fe mouvoir , & la 
fenfibilité ; mais d'autres ne fâchant trop concilier ces 
qualités dans une même partie , ont penfé mieux faire 
de reconnoître trois efpéces de nerfs, dont les uns por- 
îeroient la vie dans les parties , les autres la fenlîbilité , 
& les autres le mouvement. Cependant , s^il n'eft pas 
facile de démx)ntrer pollibles dans un mêrae nerf les trois 



N E R aa^ 

propriétés Aont il s'agit , il n'ell pas plus aîfé âc démon- 
trer la différente entité des trois fortes de nerfs. On 
les trouve tous d'une texture femblable i par -tout ce 
font des filets homogènes , collés , pour ainfi dire , les 
uns contre les autres , & enveloppés d'une gaine com- 
mune. On ignore l'ufage des^ ganglions , & l'on ne fait 
ce qui fe palte dans les plexus. 

Un autre phénomène difficile à expliquer , eft l'hé- 
miplégie au côté oppofé à l'origine des nerfs malades : 
le croisement des nerfs d'un côté , avec ceux de l'autre 
qui fe remarque conftamment à l'origine des paires cé- 
rébrales , dans la fubftance médullaire , a paru à quel- 
ques-uns fuffire pour l'explication de ce phénomène ; 
mais, dans d'autres fujets , il ell arrivé que , malgré ce 
croifement , l'hémiplégie s'eft rencontrée du même côté 
que les nerfs affedés : voici d'autres phénomènes qui 
diépendent des nerfs , & qu'on peut expliquer. 

Quand les nerfs font coupés à demi , la douleur eft 
plus confidérable que celle qu'on éprouve , quand ils 
font coupés en entier. Cette différence vient de ce que 
la douleur étant produite par le tiraillement des filets 
nerveux lorfqu'on coupe à demi un nerf, la partie cou- 
pée (c retire , & ne fauroit fe retirer qu'elle ne tire 
beaucoup les fibres nerveufes , auxquelles elle tient en- 
core : elle produira donc un déchnement continuel. 
Ajoutez à tout cela que tout le nerf qui foutenoît au- 
paravant l'effort des parties auxquelles il s'attache, ne 
foutient plus cet eilort que par quelques filets. La tcn- 
fion,& le déchirement doivent encore s'augmenter par- 
là, & voilà la caufe de cette grande douleur qu'on ref- 
fcnt alors. 

Un nerf coupé à demi , produit l'inflammation & les 
convulfions. Lorfquc le nerf a été coupé à demi , les 
fibres reliantes font plus tirées : or , elles ne fauroient 
être plus tirées que les tuïaux qu'elles forment , & les 
v^iffeaux fanguins qui les accompagnent , ne foient com- 
primés. Durant cette compreffion , le fuc nerveux s'ac- 
cumalera au-delTus de la partie déchirée : ce fuc ner- 
Ycux accumulé fera poulie fortement dans les mufdcs , 

P iij 



5,30 N Ë R 

pas: l'adion des petites artères des nerfs qui , étant com- 
primées 3 battent plus foitement. L'infian\mation fera 
d'abord caufée par l'adion de ces petites artères, parce 
que la dure mère (membrane qui enveloppe tout le cer- 
veau) revêt les nerfs : cette inflammation pourra fe con- 
tinuer jufqu'au cerveau , où elle ira caufer le délire i 
enfin la comprefiion que les nerfs foufiriront dans fin- 
flammation , deviendra extraordinaire : la vie manquera 
aux parties , & la gangrené furviendra. Cette inflam- 
mation , au lefte , s^écend , à caufe des nerfs qui com- 
muniquent avec celui qui eft déchiré i & par les tirail. 
Icmens de ces nerh , il arrive qu'un grand nombue mê- 
me de gros vaifleaux s'engorgent , ce qui augmente l'in- 
flammation. 

Une grande inflammation agite extraordinairement 
les nerfs. Certe forte agitation iait que le fuc nerveux 
y coule plus fortement & plus inégalement qu'aupara- 
vant ; ainfi les mufcles qui recevront leur adion de ces 
iï«rfs , doivent entrer en convuHion : s'il fe forme à la 
tête un anéviifme , les battemcns violens de l'artère , 
en comprimant le cerveau alternativement, envole- 
ront avec plus de force le fuc nerveux dans les nerfs 
qui font auprès de cette artère gonflée. Ceux-ci le dif- 
tribueront aux mufcles , qui , alors entreront en con- 
traction. 

NERVEUX. Qui a beaucoup de nerfs, qui tient de 
la nature des nerts. Ce mot fe prend auiîi dans le lan- 
gage ordinaire pour mufculeux & fort , &c dans le fi- 
guré pour l'énergie & la roideur. 

Nerveux, (fuc) Fluide très-adif, très-fubtil , & pro. 
bablement tres-élaftique , qui eft filtré par le cerveau , 
le cervelet , la moelle allongée & la moelle épiniere , 
pour être envoyé par le moyen des neris , dans toutes 
les parties du corps , & y porter la nourriture & là^^. 
force. Dans les mufcles , il produit le mouvement vo-- 
lontaire & involontaire. Voyez A4ufcie , Nerfs O Ef- 
prits animnux. 

NERVIN. Qui efl bon pour les nerfs, qui eflprô-^' 
pre à les fortifier. 



NEZ 2,31 

NEVROLOGIE. Partie de l'Anatomie qui traite des 
nerfs. Après avoir donné la defcripcion des nerfs en 
général , elle entre dans le particulier de leurs divifîons, 
& affigne à chacun leur nom , leur origine , leur fin & 
leur ulàge. Voyez Neurographie. 
, NEUROGPv-APHIE. Ce mot eft compofé de deux 
termes grecs, dont l'un iignifie nerf^ & l'autre def- 
cription : on le confond avec nevrologie ; cependant , à 
parler rtridement , il y a cette différence que la ne- 
vrologie fignifiant difcours fui: les nerfs , ce mot ex- 
piime une partie delà Phyfiologie , tandis que l'autre fig- 
nifiant dcfcription des nerfs , exprime eircntiellement 
-Une partie d'Anatomie. Nous penfons que cette dernière 
acception convient mieux , & que l'on doit réferver le 
terme de nevrologie pour la Phyfiologie des nerfs , & ce- 
lui de neurographie pour leur ûefcription. Telle efl 
l'excellente neurogiaphie de M. Vieuffcns , intitulée 
en latip Neurographia univerjalis, 
: NEUROTOMIE. Partie de l'Anatomie qui traite de 
de la difledion des nerfs. Pour faire une bonne néuro- 
.tomie j il faut fe procurer des enfans ; les plus jeunes 
fujets font les meilleurs , parce que les nerfs font plus 
.gros chez eux, & plus aifés à difféquer. 

NEZ. Ceft la partie la plus faillante du vifage. 11 efl 
>fitué entre les deux yeux au-deffus de la bouche : oa 
y diflingue la racine , le dos ^ le bout Se les aîtes. La 
racine commence au bas du ftont entre les fourcils. Le 
.dos eft la partie antérieure , & eft formé par l'union 
des os propres du nez , & les apophifes montantes des 
os de lapomette: le bout eft cartilagineux & mobile ; 
les ailes peuvent fe dilater & fe rétrécir. Ce font les 
parties latérales de cet organe , &: elles couvrent les nari- 
nes : elles font formées par deux cartilages ronds ^ ou à 
peu près ronds , qui , s'adolîant mxUtuellement dans le 
milieu de la cavité du nez , forment la cloifon qui pa- 
loît en dehors , quand on regarde en haut. 

Ne-^. ( os propres du) C'eft le nom que l'on donne 
à deux os , dont la réunion forme la partie principale 
A% nez : fa racjnç ^ jTon dos. 



*i.^% N (B U 

Leur figure eft celle d'un quarré allongé : leur partttf 
fupérieure eft épaiiTe , & cette cpailleur diminue peu à 
peu jufqu'au bord inféuieur qui eft fort mince , inégal, 
$c reçoit les cartilages qui forment le refte du nez. La 
face eïtçine ou antérieure eft alîez égale , & eft con~ 
vexe : on y obferve ordinairement un petit trou , qu'on 
appelle r/aja^ j il eft louvent vers fon bord interne j 
quelquefois il y en a plulieurs : la face externe de ces 
os eft un peu déprimée dans fon milieu , de forte que 
leurs extrémités lont relevées. La face interne ou pof- 
térieure eft inégale fur-tout à fa partie fupérieure , & 
vm peu concave : ces deux os lont articulés eufemblc 
fuivant leur longueur , & tout le long de leur articula- 
tion on obferve une petite ciénelure, qui reçoit la lame 
dçfcendante de l'os ethmoïde , pour former la cloifoa 
des narines : cette crénelure eft formée par un petit re- 
bord , qui fe trouve tout le long de chacun de ces os , 
^ la partie qui doit s'articuler avec l'os du côté oppofé ; 
ils s'articulent par leur bord fupérieur avec l'apophyfc 
îiafale de l'os coxonal , latéralement avec les apophyfes 
rafales des os maxillaires , & comme nous l'avons déjà 
dit , avec la lame defcendante de l'ethmoïde. 

Dans les chutes , ou les coups violents fur le nez , fî 
ces os ne fe fra^urent pas , ils peuvent , en portant fur 
Vosi ethmoïde toute rimpreflioii qu'ils ont reçue , eau- 
fer au cerveau une commotion toujours dangeteufe , Se. 
Jfouv^nt funefte. Voyez Fradare, 

JsIODU^'. Tumeur dure & indolente, qui vient au]^ 
joinçures , aux ligamens , aux tendons. C'eft fouvent un, 
fuîiptûme de vérole ou de goutte ; mais on prend corn- 
jçiriunément pour nodus de petites exoftofes , ou des tiv- 
mçurs en forme de petits nœuds , qui s'élèvent fur la., 
jfuperêcie des os , & la rendent inégale :- tumeurs alfez 
çrdinaires aux véroles & aux goutteux. Voyez Exojlofe,^ 

>i(SULl. Sorte de Eum.eur naturelle, qui fe ren-«. 
^Qnue dans plufieurs. parties du corps , & qui reilembLe 
^ laii r^çEud \ telles font les groffeurs qui fc reacontrenC: 
4|ë^. toute la iongueur di coiidon ombilical^ dans tau.çç: 



N O Y ajl 

celle des cheveux & des poils. Tels font les ganglions 
des nerfs , &c. 

Nœud. Tumeur. Voyez Nodus, 
Nœud du chirurgien, C'eft un noeud qu'on fait en 
pa/Tant deux fois le lil dans la même anfc > il ferre 
très-fonei-ncnt , & ne fe relâche point , ce qui le rend 
très -propre aux vues que l'on fe propofe en rem- 
ployant. 

Nœud de la gcrge. Eminence que Ton voit à la gor- 
ge : elle eft très-faillante dans les perfonnes maigres , 
& beaucoup plus dans les hommes que dans les femmes» 
C'efl ce qu'on appelle le morceau , ou Iz pomme d*Adami 
çUe eil formée par le caitila^c thyroïde. 

NOLIME TANGERE. termes latins qui fignifîcnt 
ue me touche pas. C'eft le nom qu'on donne aux cancers 
du vifage , ou aux ulcères chancreux qui viennent au 
nez , à la bouche , au menton , &c, qui font malins & 
rongeans , qui s'^irritent par les remèdes , & avancent 
la mort du malade. Voyez Cancer. 

NOMBRIL. Nom que l'on donne à cette partie da 
ventre qui refte après la feâion du cordon ombilical s 
ç'eft une efpéce de trou borgne , au fond duquel on 
trouve la cicatrice du cordon : on lui donne auffi le 
nom d'ombilic. On l'appelle nombril ^m mot nombre , par- 
ce qu'il eft la fuite du cordon ombilical , qui eft tout 
noueux , & dont les noeuds , fuivant l'opinion des bon- 
nes femmes, défigne le nombre d'enfans que doit avoir 
la mcre. 

NOUET. Petit morceau de linge dans lequel on en* 
ferme quelque médicament , pour le contenir dans l'eau 
dans laquelle on le fait bouillir ou infufer. On forme 
une petite poche qu'on lie avec un peu de fil , pour 
en fermer l^'ouverture , ^c on la met tremper dans la- 
liqueur deftinée au mcdicament- 

NOURRICIER. (fuc) Lymphe mucilagineufe , tirée 
des alimens , qui fert à réparer les pertes habituelles da 
corps animé. Voyez Nutrition. 
Ko Y AU MEDULLAIRE , OU CENTRE OV^. 



i 



a34 N U T 

LE DE VIEUSSENS. Voyez Foute médullaire , ou 

Cerveau. 

NUQUE. La nuque du cou ; c'eft la partie poftérieurc 
de la gorge , qui elt recouverte par ia fomme des che- 
veux. Voyez Cou. 

_ NUTRITION. Mot tiré du latin , qui fignifie l'ac- 
tion de nourrir. : on donne ce nom en phyiique , au 
changement qui fe fait de l'aliment en la (ubftance du 
corps nourri. Les difFérentes parties qui entrent dans la 
compolition du corps , tant folides que liquides , ne 
peuvent être dans un mouvem-ent continuel , fans qu'il 
s'en détache de petites particules qui fe diiTipent & s'é- 
vaporent , pour ainfi dire , à chaque infrant. On verra 
en lifant l'article de la tranfpiration , combien les per- 
tes que nous faifons par cette voie, font confidérables. 
Ce ne font pas feulement les liquides qjH fe diffipent : 
les parties folides s'ufent auffi infenfiblement , foit en 
s'étencant ^fereiTerrant continuellement, foit en éprou- 
vant le frottement des liquides qui les arrofent : il faut 
donc qu'il fe fafle une réparation proportionnée aux 
pertes que nous faifons j fans cela le corps dépérit né- 
ceiTairement , comme on le voit daiTS les perfonnes qui 
portent le jeûne trop loin. Il ell aifé de comprendre 
comment le nouveau chyle formé des alimens que nous 
prenons tous les jours , venant à palTer dans le fang , 
& devenant fan^ lui-même, répare la perte de nos li- 
queurs ; mais , comment la perte des parties folides 
peut-elle fe réparer ? Pour cela , il fuffit qu'il y ait dans 
le fang , ou dans la lymphe , une matière propre a rem- 
plir les petits vuides que laillent les particules qui 
fe détachent & s'envolent , que cette matière prenne 
la couleur & la conhflance de celle qui a été empor- 
tée , & qu'elle s'attache , comme elle , aux parties voi- 
fines. Or la partie gluante & gelatineufe de ia lymphe 
eft propre à cti ufage : les vaiifeaux lymphatiques qui 
font répandus dans tout le corps , laiiTent échapper une 
humeur , qui , par fa fluidité ed capable de s'infinucr 
dans les plus petits vuides ; & par la. qualité vifqueufe, 
eft propre à s'attacher aux parties auxquelles elle tou* 



N U T '23^ 

che. Le féjour de cette humeur lymphatique , Joint au 
mouvement & à la chaleur des parties environnantes ^ 
donne lieu à la difiipation de ce qu'il y a de plus féreux , 
cnforte que ce qui refte , acquiert une conlîftance foli- 
de. Mais comment , dira-t-on peut-être , la lymphe au- 
ra-t-elle allez de force pour foulever les parties , entre 
lefqueiles elle eft obligée de s'infinuer ? Et , fuppofé 
qu'elle s'y infmue , comment prendra-t-elle la nature 
!& la couleur de celles qu'elle doit remplacer ? 

Quant à la première difficulté , nous répondions que 
le mouvement qui eft imprimé â la lymphe parla force 
d'& cœur & des artères , la met en état de s'infinuer 
dans les vuidcs que laiiTent les parties qui s'envolent : 
(à fluidité feule la rend propre à cet ufage. Pour en 
faire mieux fentir la poffibilité , il fuffirade rapporter 
quelques expériences analogues à ce méchanifme , & 

! qui préfentent des phénomènes bien plus extraordi- 

I naires. 
; Si on fufpend un poids de deux ou trois cens livres à 
une corde bien féche , & qu'on laiife cette: corde expo- 
fée à un air humide , l'eau qui eft répandue dans l'air , 
s'infmue par fa feule fluidité entre les fils , dont la corde 
eft compofée : elle gonfle la corde', &c en la gonllant 
la raccourcit , & par-là fouleve le poids qu'on y a fuf- 
pendu. 

, Qu'on enfonce un coin de bois fec dans la fente d'ua 
rocher , & qu'enfuite on l'humede en l'arrofant 5 l'eau 
entre dans les pores du bois , le gonfle , & le diftend au 
■point d'enlever une maife énorme de rocher. Tout le 
inonde fent facilement que la lymphe n'a pas de fem- 
blables rédftances à vaincie , pour s'infinuer davis les 
Tuides & les interftices des parties qu'elle doit nourrir. 
' A l'égard de la féconde difficulté , elle fe réfoiît ai- 
fément , en faifant réflexion que toutes les parties fo- 
ndes de notre corps ne font dans l'embriou qu'une ef- 
péce de gelée , qui peu à peu acquiert le degré de con- 
fiftance que nous leur voyons dans le corps plus avancé 
en âge , & que ces mêmes parties , c'eft-à-dire , les os 
-les cartilages, ks ligamens , les mufcles , les vaifleaux» 



a3<5 N U T 

fc réduifent en une matière gélatineufc par la diiToIu- 
tion. La couleuu différente qu'on remarque dans les dif- 
férentes parties folides du corps , vient uniquement de 
la quantité différente du fang qui remplit les vaiiTeaux 
qui les arrofent : les chairs qui font rouges , deviennent 
blanches , quand on a enlevé le fang par des lotions réi- 
terées. 

Ainfi , tout paroît concourir à prouver que la lym- 
phe feule eft le fuc nourricier qui entretient toutes les 
parties : d'ailleurs cette idée s'accorde parfaitement avec 
la {implicite que nous remarquons dans tous les ouvra- 
ges de l'auteur de la nature qui , des principes les plus 
{impies j fait en former des chofes très - compofées , & 
qui paroiffent très-différentes à nos yeux. L'expérience 
de Vanhelmont nous prouve que Peau de pluie feule 
contient des principes fufHfans pour fournir à la nour- 
riture des différentes parties d'un arbre : je veux dire 
fes racines , fon écorce , fon bois , les feuilles , 8cc. qui 
femblent pourtant être affez hétérogènes entre elles. Ce 
Phyficien planta une branche de faule dans une caiiTc 
remplie de terre : la caiife étoit fermée par un couver- 
cle de fer percé de plufîeurs trous : cette branche de 
faule qui , lorfqu'elle avoit été plantée , ne pefoit que 
cinq livres , devint en cinq ans de tems un arbre par- 
fait, de la péfanteur de plus de cent foixantc livres , 
quoique la terre de la caille n'eût perdu que quelques 
onces de fon poids , &: qu'on ne l'eût arrofée que de 
Teau de pluie. 

Tout le monde connoît la manière de faire pouffer 
des plantes Se des fleurs dans des caraffes remplies d'eau , 
qu'ion met fur la cheminée pendant l'hyver. L'eau de 
pluie , ou le fuc de la terre fufHt non-feulement pour 
nourrir une plante , mais même une infinité de plantes 
différentes dans leurs efpéces. Pourquoi donc ne pour- 
roit-il pas fe trouver dans la lymphe feule , tout ce qui 
cft néceffaire pour former & entretenir toutes les parties 
du corps ? 

Si nous réparons plus que nous ne perdons , le corps 
reçoit de l'accroiffemeut. Cela arrive dans l'enfance & 



N U T ^ - 237 

a^ans la j.cuncfle , parce que le fuc nourricier efl: alors 
fort abondant , & que les fibres molles & fouples font 
fufceptibles d'exteniîon & d'allongement. Tant que la 
réparation n'égale que la perte , il le fait ce qu'on peut 
appeller nutrition /Impie. Nous ne croiifons , ni dé- 
croiifonsi c'eft ce qui s'obfervc dans les adultes, en qui 
les fibres ont acquis par la durée , & par les ofcillations 
réitérées , un degré de confiftance & de roideur , qui 
ne leur permet plus de s'étendre & de s'agrandir. Mais 
s'il arrive que nous perdions plus que nousneréparons, 
le corps décroît néceifairement : c ell ce qu'éprouvent 
les vieillards 3 les fibres en eux font plus deiféchées j el- 
les ont perdu leur première foupplelfe. Les petits vaif- 
feaux fe relferrent , ils deviennent moins perméables : 
il y en a même qui s'oblitèrent , ou dont la cavité fc 
détruit i c'eft alors qu'on remarque des rides qui vien- 
nent de la fécherelTe & du reflerrement des fibres. Les 
lys & \ts rofes difparoifiTent , parce que le fang & la 
lymphe qui les produifoient , ne peuvent plus parvenir 
jufques aux extrémités des vaifTeaux capillaires de la 
peau, C'eft par une fuite de ce même endurciflemenc 
de toutes les parties , que la vivacité des fenfauons eft 
extrêmement diminuée dans la vieillelle. Les vieillards 
n'entendent plus de fi loin , & les fons bas font entiè- 
rement perdus pour eux : leurs yeux n'apperçoivent plus 
les objets fins & déliés , leur goût eft émouifé ; les ali» 
mens ne font plus qu'une impreiîion légère fur leur 
langue , & fur leur palais. Les odeurs n'en font pas 
plus fur l'organe de l'odorat : le tad eft affbibli i ils 
ne diftinguent qu'avec peine les inégalités d'un corps ^ 
parce que les fibres nerveufes font endurcies , & qu'il 
leur faut des imprefiTions un peu fortes pour les ébran- 
ler. Ceux qui ont les fibres lâches , deviennent fort gras , 
parce que ces fibres n'ayant pas la force de pou/Ter 
beaucoup de matière pour la tranfpiration , la matière 
huileufc ne doit pas rentrer facilement dans les vaif- 
Icaux , & fon amas formera la grailfe. 

Mais , fi les fibres font ibrtes , leur grand mouve- 
ment pouiTeïîi beaucoup de fluides au-debors, & ra- 



2.^8 N Y R 

mènera la graiffe dans les grandes routes de la cîrcu» 
lation. Dans les maladies aiguës , il fument dans peu 
de tems une maigreur extraordinaire: outre que la nour- 
riture qu'on prend eft peu abondante ^ & qu'il fe fait 
une grande perte par les faignées & par les évacuations, 
le grand mouvement & la chaleur qui accompagnent ces 
maladies , rendent les fels Se les huiles acres. Alors la 
matière nourrillante , trop divifée ôc mêlée avec l'eau , 
ne peut point s'appliquer : la gralife même fe liquéfie, 
& s'échappe par divers couloirs. Les engorgemens des 
gros vaiâeaux bouchent les tuiaux capillaires qui por- 
tent la nourriture aux parties , où ils fe rendent. Pour 
l'acrêté des fels & des huiles , elle eft prouvée par l'â- 
crété qui furvient à l'urine & à la falive , quand on 
jeûne. 

Les phthifiques font maigres , parce que les poumons 
qui préparent la lymphe pour nourrir les parties , ne 
font plus leurs fondions : au contraire ils y mêlent une 
matière purulente qui la déprave entièrement. 

Quand on maigrit , il doit paroître des rides fur le 
corps , parce que quand les parties charnues diminuent 
de volume , la peau n'eft plus tendue : ainfi , par la for- 
ce de l'atmolphére , les parties de la peau for.t pouf- 
fées les unes contre les autres , & en divers enfonce- 
m.ens : de tout cela, il doit néceilairement réfulter des 
rides. 

NYCTALOPIE. Maladie des yeux , dans laquelle 
on voit mieux la nuit que le jour. Il y en a qui donnent 
ce nom à la difficulté que l'on a de voir la nuit , ou 
lorfque le foleil eft couché & que la lumière diminue, 
ou à la myopie ; mais ce feotiment ne répond point à 
rétimologie , & eft contraire à l'ufaee reçu. 

NYMPHES. On les appelle quelquefois les ailes , ou 
lèvres internes ou petites de la vulve , parce qu'elles font 
fous les grandes. M. "Winilow les appelle crêtes du cli~ 
taris. -On donne ce nom à deux membranes fort épaifi 
fes , placées aux deux bords de la partie fupérieure d© : 
la vulve , fous les grandes lèvres. Leur nom leur vient 



N Y M ^ „ . . '^39 

de ce qu'on a penfé que leur ufage ctoic de diriger Fu- 
ïine dans fon cours , & que l'on a comparé cette fonc- 
tion à celle que les Poètes donnoient autrefois aux nym- 
phes de prélider aux eaux : elles font compofées d'une 
fublbnce fpongieufe , recouverte par la peau interne des 
grandes lèvres ; on remarque dans cette fubftance un 
gi-'and nombre de grains glanduleux qui entrent dans 
leur compofition : elles ont la forme d'une crête de coq: 
elles s'étendent depuis le prépuce du clitoris, jufqu'aux 
parties latérales du vagin : elles font beaucoup plus 
{aillantes à leur partie fupérieure , où elles reprcfentenc 
une efpéce de pointe : elles s'écartent en defcendanc 
pour fe rapprocher un peu de leur partie inférieure. La 
couleur des nymphes efî: d'un rouge vermeil dans les jeu- 
nes filles j l'âge change cette couleur , 8c elles devien- 
nent ilafques fur-tout dans les perfonnes, qui ont eu. 
des enfans. 

Leur grandeur varie : Tune eft quelquefois plus grande 
que l'autre : communément elles font recouvertes pair 
les grandes lèvres , mais il y a des perfonnes en qui el- 
les paiîent , au point que l'on eft obligé de les couper 
pour prévenir la diiTormité & l'obilacle qu'elles appor- 
tent à Tufaçe du maria2;c. Cette incommodité eil fort 
commune ea Affrique, au point qu'il y a des hommes 
qui n'ont d'autre métier que de retrancher le fuperHu 
de ces parties , & qui vont criant dans les rues , ^ui ejl 
celle qui veut être coupée ? Il y a des Auteurs qui pré- 
tendent que ceci doit s'entendre du clitoris. Mauriceau, 
qui avoir fait cette opération , avertit de bien prendre 
is^s précautions pour prévenir l'hémorragie qui eft con- 
iidérable , & qui pourroit avoir des fuites fâcheufes. 

Elles reçoivent le fang des artères &: ê.Q.s veines hon- 
teufes , & leurs nerfs viennent des intercoftaux. 

Leur ufage eft d'em-pécher l'air d'entrer dans le vagin 
& dans l'urètre , & de diriger l'urine qui fort en fiflant 
dans les jeunes perfonnes en qui ces parties font fer=. 
mes. 

NYMPHOTOMIE. Opération par laquelle on 
reiranchs des nymphes , ce qui s'y trouve de fuperilu. 



a40 O B L 

On place la femme fur un lit à la renverfé i & tenant 
les grandes lèvres écartées, on prend une des nymphes, 
<lont on coupe avec des cifeaux ce qui excède la gran^ 
<leur ordinaire , ayant égard de preller labafe fermement 
avec les doigts , ou de petites pinces i puis on en fait au- 
tant à l'autre , obfervant de ne les pas couper trop près 
de leurs racines , & de n'en pas plus ôier de l'une que 
de l'autre. L'ufage des nymphes étant de donner par leur 
extenfîon moïen à l'orifice externe de s'élargir dans les 
accouchemens , il ne pourroit pas avoir lieu , fi ces par- 
ties étoient entièrement coupées; les cicatrices d'ailleurs 
qui feroientà leur place , ne fauroient prêter. On cou- 
vie après la fedion , ces parties d'un défenfif fur des plu- 
maceaux , & on en procure la cicatrice. Les compreiîes 
fénêtrées & le bandage en T , accommodé de façon à 
lae point gêner l'écoulement de l'urine , ni la fortie des 
cxcrémens , font mis en ufage dans le panfement. 



O* 

OBLIQUE externe oU defcendant du bàs-^ventre ; 
ou grund oblique, C'eft le premier & le plus grand 
de tous les m.ufcles du bas-ventre : on Rappelle exter^ 
ne , parce qu'il recouvre tous les autres : on l'appelle 
oblique deîcendant , à caufe de la diredion de fes fi- 
bres , qui fe portent obliquement de haut en bas , 6c 
de derrière en devant. Ce rriufcle s'attache fupéiieure- 
ment au bord inférieur & externe des trois dernières 
vraies côtes , & de toutes les fauffes par autant de pe»- 
îites bandelettes mufculaires , auxquelles on donne le 
nom de dizitations , parce qu'elles en rencontrent de 
femblables qui appartiennent au mufcle dentelé anté- 
rieur , & au grand dorfal avec lefquelles elles s'entre- 
lacent , comme les doigts des deux m.ains jointes fe 
croifent les uns avec les autres. Ces digitations ne font ' 
pas toutes également larges : celles du milieu le font 
plus que les fupérieutes & ics iaférieureso 

Ce 



fi L 14* 

Ce mufcîc eft attaché inférieurement à ïa lèvre ex- 
terne de la crête de l'os des îles , depuis la partie pof-^ 
térieure de fa tubérofité , jafqu'à fon épine antérieure 
& fupérieure, depuis cette épine jufqu'au pubis , ce muf- 
cle ert aponévrotique , & les fibres de fon bord inférieur 
fe ramaflent pour former un ligament tendineux, connu 
fous le nom de ligament inguinal. Il eft renforcé par 
des fibres aponévrotiques du fafcia^ata. L'aponévrofe du 
mufcle oblique externe fe fend , & fe divife en deux 
portions pioche l'épine du pubis. C'eft à cet écartement 
que l'on donne le nom Panneau des mufdes du bas" 
•ventre : cette dénomination eft impropre, puifqu'il n'efè 
formé que par Paponévrofe du leul oblique externe % 
les autres mufcles ne dcfcendent pas fi bas , & leur 
bord inférieur fe termine à la partie fupérieure de l'an- 
neau. Les deux bandes te.ndineufes du mufcle oblique 
externe s'appellent les piliers de l'anneau. , parce qu'elles 

\ forment les deux bords de cette ouverture; elles fe det 
féchent & s'endurciiTent avec l'âge , ce qui rend les her- 
nies plus dan^ereufes dans les vieillards. Ces deux bân« 

: <!es fe ramailent au-delfous de l'anneau ; leurs fibres ,, 

\ ainfi ramalTées, fe portent en-dedans , traverfent la fym- 
phyfe du pubis pardevant , & vont s'attacher au bas de 
la partie large de cet os , du côté oppofé. En paftant 
ainfi devant la fymphyfe , elles rencontrent celles dit 
côté oppofé , avec lefquclles elles fe croifent oblique- 
ment , & leurs fibres s'entrelacent : celles du pilier ex-, 
térieur de l'anneau ne s'avancent pas fizr la fymphyfe , 
autant que celles du pilier antérieur, mais elles com- 
mencent à s'attacher dés la partie moïenne de cet os. 
Toute la partie antérieure du mufcle oblique exter- 
; ne eft aponévrotique , & fe termine à la ligne blanche» 
Dans cet endroit, l'aponévrofe d'un côté fe croife , 8c 
s'entrelace avec celle du côté oppofé , & c'eft cet en- 
trelacement qui forme la ligne blanche. Tous les mufl. 

' des du bas-ventre contribuent à fa formation par ua 
jiemblable entrelacement. La partie poftérieure^ moïenne 

^ ilde ce mufcle regarde les vertèbres lombaires , & n'y eft; 

■ point attachée. 

D.deCh. r>7mslL Q 



i 



]^4^ QBE, 

L^ufage de ce mufde , ainfî que de tous ceux du bas« 
ventre , eft de contenir tous les vifcéres qu'il renferme ^ 
d'aider à la flexion du corps en tirant la poitrine vers le 
baflin > il peut auflTi , en certains cas , tirer le baflin vers 
la poitrine : un ufage qui lui eft propre , cft de formes 
l'anneau du bas-ventre. 

Oblique du ne^ , Oblique dejcendant du «<?{, Latéral 
4ii «^{- On donne cesnoms à unmufcle très-mince, pla^ 
(é le long du piramidal , avec lequel la plupart des Ana- 
tomiftes le confondent. Son extrémité i'upérjeure s'atta- 
che à l'apophyfe nafale de l'os maxillaire , au-deiTou^ 
de fa connexion avec l'os frontal : de-là il fe porte vers 
le cartilage mobile , qui forme l'aîle externe du nez , 
& s'y termine par une large aponévrofe : il relevé l'aîlç 
idu nez. 

Oblique interne y ou afcendant du bas-ventre , ou 
petit oblique. C'eft un muklc large & mince , lîtué fous 
l'oblique externe , & fur le tranfverfe : il a à peu près 
les mêmes attaches & la même étendue. Sa portioi\ 
charnue eft antérieure , & répond à la portion aponé-, 
vronque de l'oblique externe qui la recDUvre, & ai*, 
contraire fa portion aponévrotique eft recouverte pac 
la partie charnue du grand oblique, ce qui donne aux^ 
parties externes du bas-ventre une épaifleur à peuprè^' 
^é^ale. On a donné à ce mufcle le x^o?!\à\oblique inter^ 
ne , parce qu'il eft recouvert par le grand oblique j &j 
celui d'oblique afcendant , parce que fes fibres charnues^ 
inférieures montent un peu obliquement de derrière en, 
devant. La partie intérieure de ce mufcle eft attachée àc; 
l'extrémité antérieure de la crête de l'os des îles , à foi)| j 
épine antérieure & fupérieure ,, & au ligament de Fal-- ■ 
lope , le long duquel ile^s fibres fe continuent jufqu'à 
l'épine du pubis , & à la partie fupérieure de la fyra- 
phyfe de cet os. La partie fupérieure eft attachée par 
autant de digitations au boid inférieur des cartilages de 
toutes les faufles côtes , & à ceux des deux dernicres 
vraies , jufqu'i l'extrémité du cartilage xiphoïde. 

La portion antérieure de ce mufcle forme une aponé- 
vrofe compofee de deux lames qui s'ecarteat l'une de 



Vautre , pour former une gaine dans laquelle Icsmufcles 
«Iroits font logés fuivant toute leur longueur. La lame 
externe eft très-adhérente à l'aponévrofe de l'oblique 
externe , & aux interférions tendineufes que l'on re^ 
marque à la furface des mufcles droits : la lame interne 
au contraire efl fortement, collée aux mufcles tranfverfes 
qui font deifous. Lorfque cette aponévrofe ell parvenue 
à la ligne blanche , fes libres fe croifent & s'entrelacenÉ 
avec celles des mufcles obliques du côté oppofé , & fè 
continuent fans interruption avec celles de l'oblique ex- 
terne de l'autre côté ; de forte que , fuivant M. WiniloW 
qui a fait le premier cette remarque , l'oblique interne 
d'un côté , avec l'oblique externe du coté oppofé , peu- 
Vent être confidérés comme un fcul m.ul'cle digaftrique ^ 
puifque leurs fibres ne foufFrent aucune interruption eil 
paiîant par la ligne blanche. La partie poftérieure & 
moïenne s'attache aux apophyfes tranfverfes des vertèbréî 
lombaires , avec le mufclc tranfvevfe du bas-ventre^ Ce 
niufcle a les mêmes ufages que l'oblique externe , &c les 
autres mufcles du bas-ventre. 

Oblique épineux. M. Lieutaud a donné ce nom auî^ 
ihufcles épineux du col é£ du dos qu'il a conûdéré avec 
raifon comme un feul mufcle. Voyez Epineux, 

Obliques de l'œil. On donne ce nom à deux mufcles 
du globe de l'oeil , à caufc de leur direction. L'un s'appelle 
ïc grand ou le (upérieur, parce qu'il eft plus grand que 
l'autre, au-de'iîus duquel il eft placé. On l'appelle âuffi 
îrochlèateur ^ d'un mot latin qui lignifie poulie^ parce? 
qu'il eft reçu dans un petit anneau cartilagineux qui en 
1 fait l'office. 

I Le mufcle grand oblique s'attache par une de fes éx^ 
j trêmités au fond de l'orbite à côté du nerf optique , d'où 
1 il fe porte vers le grand angle, à la partie fupérieure du- 
'quel fon tendon , qui eft grêle, pafle dans un petit aà^ 
. neau lec|uel eft cartilagineux à fon bord, membraneux à 
] fon origine , & eft placé dans une petite foifette qui fe 
ijVpit à la partie interne de l'apophyfe orbitaire interne è.€ 
||rôs frontal. Cet anneau fournit une gaine membraneufô: 
sa ce tendon qui fe réfléchit & va s'épanouir à la parti® 



144 O B L 

fupérîeuie & un peu poftérieure du globe, proche Iciele- 
veur de l'œil. 

Le petit oblique ou oblique inféiicur, s'attache par 
une de fcs extrémités au bord inférieur de l'orbite , à 
côté du grand angle, au-delTous de l'ouverture lacrymale; 
de-là il le porte vers le petit angle, & ion tendon s'épa- 
nouit fur la face latérale externe du globe de i'œil, à 
côté du mufcle grand oblique. 

Les Anatomiftes ont été partagés fur Tufagc de ces 
mufcles. Les uns ont dit que ces mufcles en ïe contrac- 
tant prelTent l'œil, & lui font faire faillie. Il paroît que 
cet effet doit plutôt être attribué à la façon dont ils font 
attachés. Comme ces mufcles ont leurs attaches à contre- 
fens des mufcles droits , ils paroiffcnt faits principalement 
pour contrebalancer leur aétion , & fervir de point d'ap- 
pui au globe de l'œil, dans les mouvemcns que les muf- 
cles droits lui font faire ^ ce qui fuppofe que les deux 
mufcle; obliques agifîent enfemble; fi au contraire ils 
agilTent féparément , ils tirent le globe de l'œil , vers le 
lieu où ils ont leur point fixe. Le point fixe du grand 
'oblique n'ell pas à fon infertion au fond de l'orbite, 
mais à la poulie qui lui donne une nouvelle diredion. 

Obliques inférieurs ou grands obliques. Petits muf- 
cles qui s'attachent par une de leurs extrémités à une des 
branches de l'apophyfe épineufe de la féconde vertèbre - 
du col, & vont fe terminer aux apophyfestranfverfes de la • 
première; & quelquefois à l'apophyfe maftoïde de l'os 
des tempes. Leur direélion efl à contre-fens de celle des i 
obliques fupérieurs. Ces mufcles peuvent aider à l'cxten- ' 
fion de la tête, s'ils agiir<"nt tous les deux enfcmble j s'ils ( 
agiffent féparément, ils fervent à faire la rotation. 

Obliques fupérieurs ou petits obliques. Petits muf- 
cles de la tête qui s'attachent par une de leurs extré- 
mités au bout de l'aphophife tranfverfé de Fatlas ou pre- 
mière vertèbre du col , & par l'autre au bas de la ligne 
tranfvcrfale de l'os occipital entre le grand droit & le 
petit complexus. Ces mufcles peuvent aider à faire l'eXf 
tenfion de la tête , mais ils paroiiTeiu deftinés fur-tout 
aux mouvemcns de rotation. 



O B T â4$ 

OBTURATEUR. Ce mot qui eft aérivé <3u latin , 
fignifîe qui [en à boucher. On Ta donné aux mùfclcs & 
aux autres paities qui bouchent le trou ovalaire de Tos 
innominé. Quelques Anatomiiles l'ont donné fort mal 
à propos au trou même. Voyez Ifchion. 

Obturateur du palais. Sorte de contentif que M. 
Didier, Me, en Chirurgie à Paris, a inventé pour main- 
tenir en (îtuation les médicamens qui s^appliquent dans 
les maladies du palais. C'eft une petite plaque d'or tail- 
lée fuivant le contour du palais, & convexe comme la 
concavité de. cette voûte. Les deux portions qui la com- 
pofent font unies enlemble par une charnière tranfver- 
fale , laquelle fe fixe au moien d'une efpece de petit ve- 
rouil qui avance ou recule à volonté dans deux petites 
douilles appliquées à la portion poftérieure de la plaque 
qui doit être immobile. Quand ce petit verouil fe recule,., 
la portion antéri-eure tombe coiTHne le couvercle d'une 
tabatière à charnière qui s'ouvre de lui-même, & quand 
:. on tire en devant le même verouil , il foutient élevée la 
portion mobile dont il s'agit. La portion poftérieure eit 
î garnie dans fes deux côtés de fils que Ton palîe dans les 
^ interflices des dents, & qui par-là fixent la petite plaque 
\ contre la voûte du palais. 

1 Dans les caries des os du palais, il eft aifé d'appliquer 
j des remèdes & de les contenir au moien de cet inftru- 
inient. Quand on veut panfer le mal, il n'eft pas nécef^ 
Ifaire de le retirer en entier: on pouffe en arrière le petit 
i;,vciouil , la portion antérieure bai/Te, & lailfe tomber la 
jmatiere de l'ancien appareil y &: quand on Ta renouvelle 
, en relevant cette portion, & tirant le petit verouil, le 
^nouveau fe trouve foutenu comme le premier. Cette 
[invention eft très-ingénieufe , très-utile, & faitbeau- 
Icoup d'honneur à fon inventeur. 

Obturateur (ligament ) : Il occupe le grand trou ova- 
piaire de l'ifchium, excepté l'échancrure oblique de fa 
jpartie fupérieure. Il eft attaché précifément au bord de 
lia circonférence du trou ovalaire, depuis la partie anté- 
itdeure de fon échancrure oblique ou fupérieure, jufqu'à 
la fymphyfe de l'os pubis avec l'os ifchium. De là jufqu'à 



2146 O B T 

îa partie podérîeurc deréchancrure inférieure cîe ce troy; 
il eft attaché à la lèvre interne du bord de la circonfé- 
rence, de forte qu'il fait dans fon trajet une petite gou- 
tieie avec la lèvre interne de ce bord, enfuiteils'attachç 
précifément au bord commun du trou ovalaire & de Té- 
çhai^rure cotyloïdienne. 

Obturateur externe . Mufele qui s'attache par une dç 
fes extrémités à la face externe de l'os pubis, à la bran- 
che antérieure de l'os ifchium, & à la membrane qui 
bouche le trou ovalaire connue fous le nom de ligament 
obturateur. Ses fibres fe ramalTent enfuite & fe portent 
en arrière, pafTent par la iinuofité creufée au de/Tus de la 
tubérofîté ds l'ifchium, & defcendant un peu de dedans 
en dehors , il palle derrière le col du fémur, &; va fe ter-, 
miner à la cavité du grand trochanter. 

Ce mufele ainfi que les quadri-jumeaux & l'obtura- 
teur interne , fert à faire la rotation de la cuilTe lorf- 
qu'elk efl étendue, & à l'écarter quand elle eft fléchie. 

Obturateur interne. Mufde qui s'attache par une de 
fes extrémités à prefque toute la circonférence interne dtx 
trou ovalaire, & à une grande partie du ligament obtu- 
rateur; cette extrémité paroît compoiée de quatre par- 
ties, féparées par autant de tendons qui fe réuniifent en un 
feul , pour paffer fur une échançrure creufée entre l'épi-» 
ne & la tubéro(ité de l'os ifchium. Le teridon de ce muf- 
ele par fon paffage dans cette échançrure change de di- 
leélion, en faifant un coude, & fe porte un peu dç bas 
en haut & de derrière en devant: depuis fa fortie de l'é- 
chançrure , il efl reçu dans une gaine particulière formée 
par la membrane qui unit les deux jumeaux, & il va fe 
terrniner à la partie fupérieure de la cavité du grand tro- 
chanter. Il eft étroitement collé au ligament orbiculaire 
de la tête du fémur , & uni avec les tendons du petit fef-* 
(îer ^ du piramidal. 

L'ufage de ce mufele eft le même que celui àt^^ qua- 
dri-jumeaux & de l'obturateur externe, c'eft-à-dire de 
faire la rotation de la cuilTe étendue, & de l'écarter 
quand elle eft fîéchie. 

Obturateur {^"d^iï). Le nerf obturateiir eft formé par 



O C C 147 

la fecondcjpar un rameau de la troifiéme, & un autre de la 
quatrième paire lombaire. H va tout le long de la partie 
latérale du mufcle pfoas, defcend dans le baflin & vient 
gagner la partie fupérieure du trou ovalaire , par lequel 
il fort. Il fe diftribue dans fon pafTage aux raufcles obtu- 
rateurs d'où il a tiré fon nom, & au mufcle pedinéus. 
Enfuite il jette trois ptincipales branches qui fe ramifient 
aux trois côtés du mufcle triceps. 

OBTURATRICES (artère & veine). L'artère vient 
de l'hypogaftrique. Elle perce les mufcles obturateurs, 
d'oii elle a tiré fon nom , & fort du baffm par la partie 
fupérieure du ligament qui occupe le grand trou ovalaire 
de f os innominé. Avant que de fortir , elle jette un petit 
rameau qui paffe par deflus la fymphife de l'os des îles 
avec l'os pubis, pour aller aux glandes inguinales & aux 
tégumens. 

La veine de même nom , naît des extrémités. de l'artè-» 
re, l'accompagne en remontant, & va fe jctter dans la 
veine hypogaftrique. 

OBTOS. Bandage obtus ou mouffe. Y o^ç.% Bandage^ 

OCCIPITAL. Ôs du crâne que l'on a nommé ainS^ 
parce qu'il forme la partie poftérieure de la tête, qui 
s'appelle V occiput^ on lui donne aufli le nom Ôlos de la 
mémoire, parce qu*il loge le cervelet qui en eft le fiége. 

Cet os eft impair, comme le coronal. Il y a des Ana«, 
tomiftes qui trouvent que fa forme appro.cke d'un lofan-. 
ge ; d'autre le comparent à un turbot. 

On y diftingue deux faces, une externe & une interne»- 
, ." La face externe eft convexe & raboteufe i elle préfente 
atconfidérer des éminences & des cavités. 

La première éminence eft grofîc, raboteufes on rap- 
pelle la tubero/itê pojlérieure de L' occipital. Dans les jeu-" 
nés fujets on la diftingue à peine, elle augmente avec 
l'âge, & fait enfuite beaucoup de faillie: on trouve des 
crânes danslefquels elle eft très-confidérable 3ç pointue. 
L'os occipital eft plus épais en cet endroit, ce qui ne, 
paioît pas avoir été fait faijs un deifein particulier de la 
• nature. Eh effet c'eft là le lieu le plus expofé dans les 
chutes qui fe font çii arrière 3 & il étoit d'une grande. aé? 

Q iv 



a48 O C C 

ceflité de bien munir cet os contre lesaccidens étrangers 
à caufe de l'importance du vifcere qu'il contient. Il paît 
de cette tuberofité deux lignes Taillantes qui s'étendent 
latéralement à droite & à gauche : on les nomme gran- 
des Lignes Çem' -circulaires ou lignes fupérieures y pour les 
diftinguer de deax autres plus petites qui fuivent la mê- 
me diredion , font placées deux travers de doigt au-def- 
fous, & portent le nom àç, petites lignes fcmi-circulaires 
ou lignes inférieures :, les unes & les autres lerventà l'in- 
fcrtion des mufcles extenfeurs de la tête. Il part encore 
de la tubérofité une troiiiéme ligne plus ou moins Tail- 
lante, qui s'étend de haut eli bas jufqu'au trou occipital^ 
On la nomme épine externe. 

Sur les bords du trou occipital, on trouve deux émi- 
ncnces ovales auxquelles on donne le nom de condiles 
de Vos occipital. Elles s'étendent en arrière en s'écar- 
tant l'une de l'autre, (ont reçues dans deux cavités de la 
première vertèbre du col, ^ fervent à la flexion & à l'ex- 
îenfîon de la tête. 

Il faut enfin conTdérer dans cet os fon apophyfe anté- 
rieure qui eft trés-confidérable. On lui donne les noms de 
cunéiforme y parce qu'on la compare à un coin > de bafi" 
laircy parce qu'elle eft placée à la bafe du crâne; & de 
fphénoïdale , parce que fa partie antérieure fe foudc 
quelquefois avec le fphenoïde, au point de ne faire qu'un 
os avec lui, ce qui fe fait par l'oflification du cartilage 
intermédiaire au moien duquel ces deux os font articulés. 
Les côtés de cette apophyfe touchent, fuperficiellement 
les bords du rocher , & ne contradent avec eux qu'une 
tr-ès'legere adhérence. Les cavités lui font communes 
avec la face interne. 

Lorfqu'on coniidçre la face interne de l'os occipital,, 
la première chofe qu'on y remarque eft une grolTe tubé- 
rofité que fon nomme interne ^ & qui répond à celle qu^t 
eft à Textérieur. De cette tubérofité il part quatre bran- 
ches çn forme de croix , ce qui leur a fait donner le noni^ 
Hémi/ience. cruciale. Ces, trois branches fupérienres font 
im peu creufées en forme de goutiere, & donnent palTa- 
gç au ûîius longitudinal, & aux deux latéraux. La braii« 



O C C 0.49 

chc fupérieure eft moins profonde que les deux latérales. 
Ces deux dernières ne font pas non plus égales en largeur, 
car il cil d'obfervation que dans le plus grand nombre de 
fujets, le finus droit eft beaucoup plus grand que le gau- 
che, d'où il fuit que les faignées que l'on fait à la jugu- 
laire doivent être plus efficaces du côté droit. La qua- 
trième branche qui vient gagner le trou occipital, loin 
d'être creufée en goutiere comme les autres , eft au con- 
traire pointue & Taillante, & porte le nom à' épine occi'. 
pitaU interne. Elle répond à celle qu'on remarque à l'ex- 
térieur. Quelquefois cependant , mais rarement ou y 
remarque aulli une petite goutiere. 

Les quatre branches de l'éminence cruciale partagent 
l'occipital en quatre parties qui font concaves, & qu'on 
appelle yôj^j de J^occipitaL Les deux fupérieures logent 
les deux lobes poftérieurs du cerveau & les deux infé- 
rieures ceux du cervelet. 

On remarque plufieurs trous à cet os. Le plus confi- 
dérable de tous, eft le grand trou occipital', il eft placé 
au bas de l'épine occipitale. Son ufage eft de lailFer paf- 
fer la moelle allongée: il eft fait un peu en forme d'en- 
tonnoir, de forte que fon entrée à la face interne de 
l'occipital, eft plus grande que fa iortie. Dans les jeunes 
fujets il eft rond, & plus grand que dans les vieillards^ 
chez qui il prend une forme ovale. 

On obferve encore quatre autres trous auxquels on 
donne le nom de condiloidicns , à caufe de leur lituatioa 
auprès des condiles de l'occipital. Les deux premiers fe 
nomment condiloidiens antérieurs : ils s'ouvrent à côté 
du trou occipital au-delfus de la partie antérieure du 
condile de chaque côté, fur la bafe de l'apophyfe cunéi- 
forme. Ils font quelquefois doubles à leur entrée dans 
le crâne, mais ils n'ont qu'une ilTue en dehors. Ils livrent 
palfage à la neuvième paire de nerfs. 

Derrière les deux condiles on trouve deux foiTes quW 
nomme conditoïdiennes ^ à caufe de leur pofition. On 
remarque dans te fond un trou qui porte le nom de con-^ 
dHoidien pojîérieur : il eft fujet à de grandes variétés. 
Quelquefois il manque d'un côté, d'autres fois il man^ 



3-50 O C C 

<!ue des c^eux, Lorfqne cela anivc, il y en a un autre 
pratiqué dans le temporal, & que l'on appelle majî&i- 
dien Jupérieur^ qui eft foit ouverti & réciproquement 
lorfque le maftoïdien manque, les condiloïdiens pofté- 
rieurs y fuppléent. L'ufage de ces trous eft de laiiTer paf^ 
fer des veines qui rapportent le fang de l'extérieur du 
crâne dans les fmus latéraux. 

A la partie latérale &: poftérieure de l'os occipital , oa 
trouve une échancrure dentelée & femi-cii-culairc , elle fc 
joint à une femblable , qui fe rencontre à la partie du 
temporal qui y répond , & leur réunion forme un trou 
que l'on nomme déchiré poftérieur. Ce trou qui eft al- 
longé eft ordinairement féparé en deux portions inégales, 
par une petite éminence oiTeufe qui le traverfe- Par la 
plus grande pafTe l'extrémité du (inus latéral ^ qui va fc 
rendre dans les veines jugulaires? & l'autre livre paflagc 
au nerf de la huitième paire & à l'acceftoiie de Willis. 

L'os occipital eft très-mince &; même tranfparent à fa 
partie poftérieure qui recouvre le cervelet : ce qui aug- 
mente le danger des plaies qui pourroient être faites à 
cette partie avec un inftrument pointu. Elle eft recou- 
verte par beaucoup de mufcles. 

Il ne faut pas appliquer le trépan fur la tubérafîté oc» 
cipitale, ni fur les branches de l'éminence cruciale de 
peur d'ouvrir lesfinus qui y répondent. Il faut ufer d'une 
grande circonfpedion lorfqu*on fait cette opération fur 
la partie qui répond au cervelet , tant à caufe du peu. 
d'épaiiTeur de l'os en cet endroit, qu^à caufe de l'impor- 
tance du vifcere qui y eft contenu. 

Dans le fétus, ctt os eft compofé de quatre parties 
dont la réunion fe fait par l'oftifiçation des cartilages m- 
termédiaires qui les féparoient. La portion la plus con- 
fîdérable eft la fuperieure, qui s'étend jufqu*au trou occi« 
pital. Deux autres portions qui forment les parties laté- 
raies de ce trou , s'avancent jufqu'à l'apophyfe bafilaire ^ 
qui fait la quatrième. Ces trois portions fe fondent eijtre 
elles bien plus promptemenc qu'^avee la fapérieure. 

Occipital (grand uou]^. Voyez /r2 defcripdon d^l'cs 
de mime nQm% 



O C U ift 

OCCîiPITALES (artères & veines). L'artère occipir 
taie e(l de chaque côté la première branche que jette en 
arrière la carotide externe: elle pafic obliquement devant 
la veine jugulaire interne, & ayant donné aux mufcles 
ftilohyoïdien , ftiloglofTe & digaftrique , elle fe glifle 
entre l'apophyfe fi:iloïde&: l'apophife maftoïde le long dç 
la rainure maftoïdienne, & va aux mufcles & aux tégu- 
mens de l'occiput, en montant en arrière par plufieurs 
tours en forme dé fînus tortueux. Elle communique avec 
la vertébrale & la cervicale , avec les branches poftérieu- 
res de la temporale , & fournit un rameau au trou 
maftoïdien. 

Les veines occipitales accompagnent les artères de mê« 
me nom & en reportent le fang dans la veine jugulaire 
externe. 

OCCIPITAUX. On donne ce nom à deux petits 
plans charnus très-minces , courts & larges , qui font atta- 
chés par une de leurs extrémités à la ligne olTeufe de 
l'occipital, & par l'autre à la calotte aponévrotique. Ces 
4eux plans mufculaires font la partie poftérieure du muff 
clc grand furcilier. M. Duvernci les regarde comme le 
pannicule charnu. Voiez Epicrane ù> Calotte aponevro" 

OCCIPUT. Partie poftérieure de la tête. Il eft recou-. 
vert par une quantité prodigieufc de cheveux. VoyeZé. 

OCULAIRE. Se dit de tout ce qui concerne l'œil, 
«tppellé en latin oculus. 

Oculaires communs ( nerfs ). M. Winflow donne ce 
nom aux nerfs de la troifîeme paire cérébrale. Voyez 
Moteurs des yeux. 

OCULISTE. Chirurgien qui fe donne particulière-» 
ment aux opérations qui fe pratiquent aux yeux. vS'es 
qualités font une bonne vue, une main fûre éc délicate 
indépendamment de la connoiilance des maladies qu'il a 
à traiter, & de cellç qui eil en général nécelfaire à tpsuc 
Chirurgien. 

OCULO-MUSCUL AIRES EXTERNES {nerfs). 
C? font Jes mêmes (^ue ceux de la troifiéme paire de la 



aji O D O 

moelle allongée. Voyez Moteurs communs ^ ou Moteurs 
des yeux. 

ODEUR, fenfation que l'ame perçoit par le moieii de 
Torgane du nez. Il fe dit aufïï de la qualité odorante 
d'un corps, & dans ce fens les odeurs confîftent dans des 
particules iubtiles qui s'exhalent de certains corps, & 
viennent frapper les nerfs du nez, ' 

Les corps odoriférens fortifient ceux qui font dans la 
langueur, & cela vient de ce que leurs parties, en agi- 
tant les nerfs olfactifs , agitent ceux qui communiquent 
avec eux, & y font couler le fuc nerveux. D'ailleurs elles 
entrent peur-être dans hs vaiifeaux fanguins fur lefquels 
elles agiffent, & dans lefquels par conféquent elles font 
couler les liqueurs plus rapidement. C'eft pour cela 
qu'elles nous font revenir des foiblelîes, qui ne conlillent 
que dans une cefîation de mouvement. Mais fi cette 
agitation caufée par les corps odoriférens étoit extraor- 
dinaire , elle pourroic porter les convulfions dans les 
les parties dont les nerfs communiquent avec ceux du 
nez. Ces convulfions trop violentes peuv^ens enfin caufer 
la morti & c'ell ce qui eft arrivé quelquefois par Fodeur 
du fafran. 

ODONTALGIE. Douleur de dents. Elle eft quel- 
quefois accompagnée de fièvre & d'inflammation , & 
Ibuvent eft très-cruelle. On la guérit par des topiques ou 
par l'opération, c'eft-à-dire, par l'arrachement de la dent 
malade. Cependant il y a beaucoup d'odontalgies qui 
viennent des premières voies qui font farcies de crudi- 
tés , & beaucoup fur-tout chez les femmes, & quand 
elles font groffes , qui n'ont pour caufe que le rapport 
fympathique des dents avec la matrice. Dans les deux 
derniers cas , \? douleur de dents n'eft que fymptomati- 
que , alors il faut vuider les premières voies par des 
purgatifs j & dans le fécond par des remèdes propres aux 
femmes groffes , chez lefquelles les doux purgatifs & 
les caïmans font très-bien. 

ODONTALGIQUE. Remède topique , qui appaife 
la douleur des dents. Tels font les huiles de gayac , de 
buis, de gérofle , de camphre, de canellej les gouttfs» 
anodynes , les purgatifs , les caïmans , &c. 



O D O 2,53 

ODONTECHNIE. Chirurgie des dents : elle coniiitc 
a pratiquer fur ces parties , toutes les opérations qui 
conviennent. ,0n en compte ordinairement fept : la pre- 
mière eit d'ouvrir ou d'écarter les dents , quand elles 
font trop ferrées : la féconde de les nettoier quand elles 
font faks : la troifieme d'empêcher qu elles ne fe gâtent: 
la quatrième de boucher les trous qui s'y font faits : la 
cinquième de les limer quand elles font trop longues & 
inégales : la fixieme de les arracher quand elles font 
gâtées : lafeptieme enfin d'en fubftituer d'artificielles, à 
la place des naturelles. 

Rejferrement des dents. 

Il cft des maladies où les deux mâchoires fe ferrent 
tellement l'une contre l'autre , qu'il eft impollible de 
les ouvrir , pour prendre de la nourriture. Cet accident 
peut arriver à la fuite d'une plaie ou d'un abfcés aux 
parotides , dont on aura laiifé former la cicatrice , fans 
s'être précautionné contre le refierrement des dents qui 
a toujours lieu dans ces circonftances. Les convulfions 
des mufcles crotaphites, & mafieters produifent aufli ce 
même effet ; mais il n'eft pas d'ordinaire beaucoup du- 
rable. Cependant il eft fouvent néceifaire que dans ces 
cas & femblables , le malade prenne des alimens & des 
médicamens , & pour cela il fa.ut qu'on lui ouvre la 
bouche. Le Chirurgien s'efforcera donc de féparer les 
mâchoires , en entremettant un élévatoire qu'il fera 
agir comme coin & comme levier ; après cela il inférera 
un dilatoire modéré par une vis , & quand il fera parvenu 
à ouvrir la bouche du malade , que celui-ci aura pris fa 
nourriture, il inférera un bâillon dans la bouche pour la 
retenir ouverte. S'ilétoit impoffible dede/lerrer les dents, 
il faudroit en calTer quelqu'une , pour y faire entrer le 
bout d'un cornet deftiné à faire prendre des bouillons 
dans de femblables circonftances , parce qu'il vaut mieux 
qu'un homme perde quelques dentsque la vie , faute de 
nourriture. 



254 O D O 

"Nettoiement des dents» 

Chacun fe lave & nettoie la bouche , fur- tout apfc^ 
les repas \ mais cela n'empêche pas qu'à la longue il ne 
fe forme dellus des croûtes de tartre fi dures , qu'il n'y 
à que le Chirurgien qui puiiFe les ôter par le moïen 
^es inftrumens. Son adreife même n'eft pas moins re- 
quife ici que dans bien d'autres opérations : ceux qui 
ont la bouche délicate , & particulièrement les dames , 
ne fauroient foufTrir qu'on y aille avec rudelle : elles 
veulent des manières douces & de la propreté. Le Chi- 
rurgien doit donc prendre encore fes précautions, pour 
que l'on ne trouve rien à redire a fa conduite. La main 
gauche qui leur baifle la lèvre inférieure , ou qui leur 
levé la fupé rieur e , doit être garnie d'un linge fin & 
blanc , & fi l'inftrument dont il va fe lervir eft de fer , 
il convient aufîi de le garnir de linge : enfuite il place 
la perfonne , de façon que le vifage foit tourné au jour, 
& quand elle eft arrangée fur un fiége , il fe met à fon 
côté un peu en devant. Puis ayant pofé un genou en 
terre , pour travailler plus commodément , il examine 
toutes les dents les unes après les autres , & les nettoie 
alternativement avec difFérens inftrumens , félon le def- 
fein qu'il a. Il doit éviter , autant qu'il peut , de faire 
fâigner les gencives. Quand il croit avoir enlevé toutes 
ks croûtes, il fe fett d'un dentifrice pour raffermir les 
gencives , puis il fait laver incontinent la bouche avec 
de l'eau , à plufieurs reprifes , & fon ouvrage eft fini. 
Les inftrumens deftinés à cette opération, fe renier- 
itient tous dans un étui , parce qu'ils font petits 5 6s 
comme il y en a beaucoup , on les monte à vis fur un 
même manche , à mefure qu'on a befoin de s'en fervir.; 
Il y en a de plufieurs figures. Voyez Dechauffoir , Ci- 
feauy Rugine : ils font ordinairement d'acier, quoiqu'oiïf 
foit le maître de les emmancher de quelque métal plus 
précieux j à volonté. 



O D O 5L|y 

Ce qu'il faut faire pour confervâr Us dtnts. 

Ce n'eft pas une petite afFaiie que d'entreprendre de 
conferver toujours les denrs laines , & d'y réufiir. Le 
Chirurgien qui promettroit de le faire , auroit fouvenc 
de la peine à tenir fa parole. Il coule fouvent le long 
des filamens qui font à la racine de la dent , une fero- 
fitc corrodve , comme de l'eau force , qui la mine peu à 
peu , & qui ne la quitte quelquefois point qu'elle ne 
l'aie fait tomber par morceaux. 11 eft vrai que fi on pou- 
voir faire prendre une autre route à cette férofité, les 
dents fe conferveroient faines toute la vie. Mais cela 
lî'eil pas pofiible , & tout ce qu'on peut faire , c'efl: 
d'empêcher , quand elles com.mencent à fe gâter , que 
la carie n'augmente , & ne falTe de plus grands pro- 
grès. Quand la carie n' eft qu'apparente , on la ratifie 
avec une rugine , & fi elle eft entre deux dents, on y 
palTe une lime pour effacer la noirceur j mais fi le trou 
eft dans la tablette des dents , il faut la cautérifer avec 
de l'huile de foufPre ^ ou de vitriol. On en porte une 
petite goutte dans la dent gâtée , -avec un de ces petits 
pinceaux dont on fe fert pour les miniatures i & fi la 
carie augmentoit , on ellaieroit de l'arrêter avec le cau- 
tère adluel : l'on a un petit bouton de feu fait exprès , 
avec lequel on toucheroit toute la cavité de la dent > 
que fi la dent fe gâtoit de plus en plus , il faudroit 
l'arracher. 

Manière de boucher les trous des dents. 

Quand , par un dépôt , ou par quelque caufe que ce 
foit , il arrive qu'une dent fe perce , elle devient la 
1 fource de pl^fieurs défagrémens. Car , quoique la plû- 
I part de ces trous ne foient point douloureux , ils font 
I tous néanmoins très-incommodes ; toutes les fois qu'on 
I mange , ils s'emplilTentd'aîimens, qu'il faut retirer aprè^ 
jle repas , & il eft mal âife d'en venir à bout , quand ils '■ 
'foht fitués dans des endroits inacceflibks au curedeiit^ 



a5^ O D O 

Il y a des gens qui ne peuvent boire froid , par la raifoa 
que fi quelque goutte de liquide vient à entrer dans U 
cavité de la dent , elle leur caufe une douleur très-vive. 
Il y en a d'autres à qui une dent cariée emporte la bou- 
che , & dont l'odeur fait fuir au loin ceux qui tentent 
de s'en approcher. 

Pour boucher le trou de pareilles dents , & remédier 
à toutes ces incommodités , les uns fe fervent de feuilles 
d'or , d'argent ; d'autres en ufent de plomb , & d'autres 
ic feivent de cire : il vaut mieux emploier le plomb que 
toute autre matière , parce qu'il eft plus (impie , plus 
maniable , & remplit exadement les trous , ce qui eft 
i'obiet du Chirurgien. On l'enfonce par le moien d'un 
petit inllrument courbe , dont la pointe ell mouiTe , & 
faite exprés. 

Mnniere de limer tes dents* 

On lime les dents pour les féparer , quand elles avan-. 
cent les unes fur les autres } pour les mettre de niveau; 
quand il y en a qui font trop longues i pour les égalifer 
ii. les polir , quand il y en a qui ont des pointes , foit 
en dedans , & qui blelTent la langue , foit en dehors, & 
qui piquent les joues. On fe fert , pour faire ces opéra-^ 
tions , d'une petite lime qui eft emmanchée, & douce : 
le manche fert à la faire tenir plus ferme i & quoiqu'on 
n'avance pas fi vite avec une lime douce qu'avec une li-; 
me rude, il vaut mieux cependant employer la première/ 
& plus de tems. Dans ce cas , l'Opérateur appuie avec 
un ou deux dé fcs doigts la dent fur laquelle il travaille, 
de crainte qu'elle ne fe calTe & n'éclate en la limant. 
Quand il s'agit de féparer les dents de devant , il faut 
obferver de n'en pas limer une plus que l'autre , afin 
que les efpaces qu'on fait entre elles , foient tous égaux. 
Il eit inutile de limer une dent trop longue , quand 
celle qui lui eft oppofée manque , à moins qu'on ne 
veuille recommencer de tems en tems , parce qu'elle 
repoufiera toujours , étant certain , dit Dionis , que les; 
dents croiilént pour réparer ce qui s'en ufe par les frot-- 

terne us 



O D O a^7 

tcmcns de la maftication. Il y a quelquefois des dents 
molaires qui ont des pointes , foit que leur fubftancc 
xefte encore faine & entière , foit qu'elles viennent à fc 
<7ater , ou qu'il s'en foit détaché quelque éclat. Quand 
ces pointes gênent la joue ou la langue , il faut les li- 
mer , & ôter par ce moïen toutes les afpérités j mais il 
faut l'exécuter avec la douceur & le ménagement ordi- 
naires , & néceffaires à ceux qui fe mêlent de ces opcrii'^. 
lions. Voyez Lime. 



Extra^ion des dents^ 

Quoique chacun crie que c'efi: le plutôt fait & le 
plus sûr , ce n'eft pourtant pas toujours le plus raifonna- 
ble de courir à farracheur de dents. Il arrive piufieurs 
fois que la douleur ne vient pas d'un défaut de la dent j 
que la plénitude fanguine ou humorale la produifent ^ 
de façon qu'en vuidant les vaiiTeaux par la faignée, & 
les premières voies par la purgation , vous guériffez les 
1 douleurs des dents. Cependant , quand la dent eft telle- 

I inent gâtée , qu'on ne peut absolument plus la fauver , 
! ou quand la douleur eft fi vive , fi continue , fi infup- 
' portable , que le malade en perd le repos &: le fommeil, 

; irfaut en venir à l'opération. Il y a entr'autres fîx cas^ 

II où il eft impofïible de fe refufer à l'opération : i^. les 
i enfans lorfque leurs premières dents, appelléesV^/zfj' de 
j lait , vacillent & fe difpofent à tomber, font dans cette 
• nécefïité. Alors on attache a la dent un brin de fil 
I qu'on tire , ou qu'on leur donne à eux-mêmes à tirer y 
|la dent tombe au moindre effort : il eft avantageux de 

I tirer promptement ces dents , parce que celles qui pouf- 
fent defTous , font quelquefois gênées par l'ancienne, &c 
peuvent fe ranger mal , fi on laifTe celle-ci : 2«. quand 
les dents branlent fortement d'elles-mêmes , fans qu'el- 
les aient été fecouées par aucun effort , il faut encore 
les arracher. On les raffermiroit au contraire, fi leur 
Ijébranlement venoit de quelque fecouffe étrangère , avec 
|Ies doigts , & un vin aftringent dont on arroferoit les 
[gencives & les alvéoles : on imbiberoit une petite éponsg 
f D;de Ch. TomsIL Ë. 



t^^ O D O 

de cette liqueur , on la tiendioit fur la gencive , 8c oit 
la renouvelleroit fouvent ; défendant en même tems de 
mâcher de ce côté là , jufqu'à ce que la dent foit par- 
faitement ralFeimie. On l'arrache , en un mot , quand il 
ji'y a plus d'efpérance de pouvoir la conferver 5 pour cela 
on la iaiiit avec deux doicts , & elle cède très-aifement : 
il n'eft pas même befoin d'inftrument. Cela arrive com- 
munément aux perfonnes vieilles. 

30. Quand la dent eft gâtée à tel point , que la ta- 
blette en eft prefque tout-à-fait rongée ; fi l'on difPéroit 
à l'arracher , Se qu'on attendit qu'elle fût prefque con- 
fumée , n'y aiant alors plus de prifc pour l'inftrument , 
il feroit trés-diiîicile de dégager fes relies. 11 fera donc 
du devoir du Chirurgien de la tirer dans ce cas : or, pour 
déloger une dent qui tient fortement dans fon alvéole, 
il faut des inih'umens appropriés aux différentes circonf- • 
tances. Tels font les daviers , les pélicans , les pieds de 
biche , les déchaulToirs , &c, 4^. Il faut arracher la dent 
quand , après avoir été découronnée , il refte des racines ^ 
qui font douleur & des chicots qui pourroient commu- • 
niquer la carie aux dents voifincs. C'eft dans ces ren-- 
contres que le Dentifte fait paroître fon habileté , &. 
c'eft 'ici auffi qu'il feroit ridicule de promettre de nccj 
point faire de douleur. L'inftrument qui fert dans cette 
occafion , eft le pouftbir ou le pied de biche. 5°. Quand 
les dents s'avancent en dehors ou en dedans , il faut les 
, extirper. Une dent qui fort ainfî de fon rang , incom- 
mode beaucoup celui à qui ce mal arrive , & elle caufe 
une difformité qui choque tous ceux qui le regardent : 
fi elle n'excédoit pas notablement les autres dents , il 
fufHroit de la limer ; mais , quand elle eft tout-à-fait 
hors de rang , il n'y a pas d'autre chofe à faire que de 
l'emporter : on fe fert dans ce cas de l'inftruir.ent qui 
paroît le plus commode, 6°. Il n'eft pas rare de trouver 
des dents vraiment furnuméraires , qui pouiîent & croif- 
fent en dedans ou en dehors de la bouche, entièrement 
hors du rang des aunes , & qui par-là fonr^cnr un fé- 
cond rang d'alvéoles à Tune ou l'autre mâchoire, & quel- 
quefois à toutes deux j ce qui rend la bouche extraordi- 



O D O 3,5^ 

paîrement difforme. Quoique les difetirs de bonne aven- 
ture f>rofitent même de cette diffoumité pour tirer leurs 
horofcopes , il ne faut pas lai/Ter de les extraire toutes» 
ôc pour cela les mêmes inflrumens fervent encore , cha« 
cun fuivant fa deftination. 

Dans l'extiaélion des dents , il ne fufEt pas de favofi! 
employer les inftrumens ; il faut encore s'en fervir à 
propos , & faire l'opération félon les régies. On fait af- 
feoirla perfonne fur une chaifebalTe : l'Opérateur fe mee 
derrière elle , ou en général dans une fituation commo- 
de •} il appuie la tête du patient contre fon ventre , puis 
après lui avoir ouvert la bouche , il remarque la dent 
qu'il faut enlever , & la manière de la prendre; enfuitc 
il la déchaulfe , puis il prend l'inflrument qui lui paroîc 
■ convenable , &: emporte la dent en lui faiîant faire la 
' bafcule. Quand on ne l'a pas manquée , le malade en 
[ fe panchant crache fa dent avec le fang qui fort de la 
f gencive. On laiile couler quelques cueillerées de fang 
[ pour dégorger la gencive , puis on gargarife la plaie & 
i toute la bouche avec un peu d'eau & de vinaigre. On 
I pince enfuite avec deux doigts la gencive d'où la dent a 
^été tirée, afin d'en rapprocher les parties écartées, Sg 
' on continue de fe laver la bouche avec de Foxycrat, ou 
du vin tiède, pendant la journée. 

' Cette opération ne confifte que dans un effort qu'il 
' faut que le poignet faife pour emporter la dent i oii 
^redouble cet efibrt quand la dent réfifte , & on ne 
f quitte point prife que la dent ne foit arrachée : cet ef- 
ifort répété plufieurs fois pourroit appéfantir la main » 
lainfi il n'eft pas à propos qu'un Chirurgien, fur-tout un 
|Phlebotomifte , s'occupe beaucoup à tirer des dents, de 
[crainte que ces tours de poignet ne lui rendent la main 
jitremblante. Ces opérations conviennent encore moins 
faux Chirurgiens Oculiftes ; c'eft pourquoi ils doivent y^ 
^renoncer les uns & les autres. 

Remplacement des dents perdues, 

L* feptieme & dernière opération qui fe pratiqua 

Pvii 



a6o O D O 

fur les dents ] c^eft de remplacer par des artificielles; 
celles qui ont été perdues , par une fimple chute natu» 
relie , ou par extiadion. On donne deux raifons pour au- 
toiifer cette pratique : la première , c'eft que les dents 
fervant beaucoup à l'ornement & à la beauté de la fa- 
ce, une bouche fans râtelier devient hideufe & dégoû- 
tante: la deuxième . c'eft que ces parties concourant 
à l'articulation desfons , la voix perd, quand elles man- 
quent , plufîeurs de fes agrémens , comme il fc remar- 
que chez les perfonnes qui en font privées. Pour obvier 
à ces deux inconvéniéns , on commande des dents d'i- 
voire , à peu près de la grandeur de celles auxquelles 
on les fubftitue. On les perce pour y paiTer un ou deux 
iils d'or , avec lefquels on les attache aux dents voifinesr 
ce fil tourne autour de celles-ci , & retient les dents ar- 
tificielles aulîi fermes que fi elles étoient naturellement 
placées. On en fait fabriquer autant qu'il en manque, 
deux j trois , quatre , &c. &c on les place entre les dents 
naturelles qui reftent , de la manière qu'il vient d'être 
dit. 

L'ivoire jaunit en peu de tems dans la bouche ; c'eft' 
ce qui fait confeiller à Fabrice d'Aquapendente , de les 
fabriquer avec l'os du jarret d'un bœufi & pourquoi 
Guillemeau faifoit une certaine pâte compofée de cire 
blanche & de gomme élémi , auxquelles il ajoutoit des 
poudres de maftic, de corail blanc & de perles , qu'il 
faconnoit enfuite en forme de dents artificielles. Il pré- 
tendoit que cette matière ne jauniilbit jamais , &: qu'elle 
étoit très-propre à remplir les trous des dents creufesj 
mais , quoiqu'il en ait été , il y a apparence que cette 
compofition n'étoit pas bonne , & elle eft abfolument 
tombée horsd'ufage. 

Il y a une autre manière de remplacer les dents arra- 
chées , par d'autres non-artificielles. Quand on a tiré une 
dent , & que cette dent n'eft pas gâtée alfez pour ne plus 
pouvoir durer ni fervir, on ranétoïe& on la replace auflî- 
£3t dans fon alvéole où on la laiffe, fans que dans la fuite 
elle falfe aucune douleur , & refufe le fervice comme 
iiiiparavalàt j oubienfi , après en avoir tiré une à un fujet 



G D O l(yt. 

îâîn , il fe trouve qu'elle léponde bien à l'alvéole , vous 
l'inférez dans la bouche de votic malade , elle reprend 
& ne caufe plus de douleur j même on peut la façonnée 
& l'accommoder à l'alvéole étrangère , fans que pouï 
cela elle reprenne moins , ni n'en falîe moins fon ufa- 
ge. Cependant dans ces cas, après l'opération faite, on 
a coutume de faigner une ou deux fois , pour prévenir 
l'engorgement & l'inflammation qui arrivent prefque 
toujoursà la fuite. Du refte, la d^nt demeure tranc^uille, 
& fert comme auparavant. Il faut , dans ce cas , appli- 
quer la dent dans i'inftant qu'elle vient d'être tirée , &: 
qu'elle eft encore bien fraîche , parce qu'autrement elle 
ne reprendroit point racine. 

ODONTOIDE. {dendforme) Qui eft fait en forme 
'dt dent. On donne ce nom à une apophyfe placée fun 
la partie antérieure du corps de la féconde vertèbre , 
parce qu'elle reffemble affez bien à une dent canine. La 
première vertèbre cervicale tourne tout au tour comme 
june roué fur fon axe. 

1 ODORAT. Seus par le moien duquel l'ame perçoit 
I la fenfation des odeurs. Le nez eft l'organe de l'odorat: 
j les odeurs prifes du côté des corps odorans , font des 
1 molécules ou des écoulemens fubftantiels, d'une peti- 
\ tefte prodigieufe que l'agitation de l'air enlevé des corps 
! iàns diminution fenlîble de leur poids , & qu'il porte 
ïdans les cavités du nez tapiifées d'une membrane fpon- 
. gieufe , dont la furface offre un velouté très - raz j le 
1 zijfu fpongieux eft fait d'un lacis de vailTeaux, de nerfs, 
!!& d'une grande quantité de glandes i le -velouté eft com- 
ipoféde fextrémité de ces vaiiTeaux , c'eft-a-dire , des 
petits mammelons nerveux qui font l'organe de l'odo» 
rat. 

La plupart des chiens ont cet organe merveilleuXo 
(Quelques Philofophes prétendent qu'un chien pénétré des 
korpufcules émanés de fon maître misa mort, & de ceux 
jdu meurtrier , peut fe jetter fur ce dernier dès qu'il le 
livoit , & indiquer ainfi l'homicide. S'caliger dit que ce 
sfait eft arrivé à Montargis , &; que Charles V. en fa 

Riij 



a6a O D o 

ïenouveller la peinture , qui s'y voit encore aujour- 
d'hui. 

Les odeurs flattent ou déplaifent i quelquefois elles re- 
lèvent les forces abattues en aiguillonnant les nerfs , en 
y rappellar.t les efpritsj quelquefois elles confternent ces 
mêmes nerfs , les mettent en convulfion , donnent des 
vapeurs, des fyncopes, iorfque l'impreiTion cft trop for-» 
te, ou déiagréable. 

Les éçoulemens volatils odorans paroiiîent être d'une 
nature faline , fulphureufe , inflamm.able j le fei paroît 
être l'agent ou l'inftrument , & l'aisiuillon de la lenfa- 
tion ; les vapeurs de diftérens genres dillolvent, charientj 
& modifient l'impreflion des ïels , & concourent ainii à 
varier les odeurs. 

Pourquoi les perfonnes qui n'ufent pas de tabac , ou 
de parfums ont-elles fouvent l'odorat plus délicat que 
celles qui en ufent ? C'eft que dans ces dernières ^ les 
odeurs fortes , & leur fréquent ufage endurciifent, pour 
ainfi dire , les petites houppes nerveufes , auxquelles el- 
les s'appliquent , & leur font perdre ce fentiment déli- 
cat , dont jouilTent ordinairement les perfonnes qui n'u- 
fent point de tabac , &c. 

Un rhume de cerveau ôte pour un tems l'ufage de l'o- 
dorat , parce qu'alors une humeur furabondante , ou 
trop épaiffie , au lieu d'abreuver l'organe , autant qu'il 1 
convient feulement pour entretenir fa fouppleile & f3 J 
feniîhilité , engorge &: gonfle toute fa fubilance •■> car 
alors non-feulement il n'eft point dans fan état natu-^ 
rel , & difpofé à bien faire fes fonctions , mais l'air qui 
paiTe avec peine , n'y porte pas la même quantité d'o-r 
deur , pour toucher les fibres, & avertir l'ame. 

Les. fleurs flattent moins l'odorat après les gran<!es 
chaleurs , que dans le tems d'une chaleur modérée , par- 
ce que dans les grandes chaleurs , une évaporation ex- 
ceffive épuîle enfin les écoulernens des corpufçules odo- 
yiférents. 

Le matin, à peine la rofe même a- 1- elle quelque 
odeur, Ç'çfl qu'alors, le froid empêche l'évaporation* 



<E I L 0.63 

^'ailleurs , les nerfs olfadoircs font moins libres Je ma- 
tin , ou plus embarrailes d'humeurs. 

(ECONOMIE ANIMALE. Conftitution naturelle 
de toutes les paiiies , tant folides que fluides , qui com- 
pofent le coups humam : arrangement dans tous les rap- 
ports de ces parties entre elles , & dans tous les phéno- 
mènes qui en réfultent. 

(EDEMATEUX. Qui tient de la nature de l'CE* 
de me. 

(EDEME. Tumeur molle qui retient l'impreffion du 
doigt j lâche , blanche, quelquefois fans douleur , & or- 
dinairement fans inflammation. Elle eft communément 
l'effet d'une férofité arrêtée & infiltrée dans les cellules 
du corps graifleux , ou dans les vailTcaux lymphatiques, 
dilatés & devenus variqueux : quelquefois l'œdème elt 
accompagné de phlegmon , ou d'un éréfypéle à la peau. 
Il eft ou général , ou particulier. 
j (EIL. C'eft cet or2,ane en forme de globe , qui occu- 
i pe la cavité de l'orbite, au-defTous des fourcils. Il y en a 
deux : l'un à droite , l'autre à gauche. Quoique l'on 
j compte ordinairement pour parties de l'œil , les cils , 
j les paupières & les fourcils , nous ne comprendrons 
i cependant dans la defcription de l'œil que le globe 
I qui forme l'œil fpécialement : or , le globe de i'œi! 
:l a une ligure à peu près fphérique. On y diftingue 
j fa bafe & fa pointe : celle-ci eft en dedans ^ celle-là eft 
en dehors. Sa partie antérieure, eft claire &tranfparentei 
on la nomme cornée tranfparente» La poftérieure efb 
blanche , un peu cendrée, &: tient le nert optique. 

On confidere dans l'œil deux fortes de parties, dont 
les unes font intérieures , & les autres extérieure^. Les 
premières font le globe lui-même , & tout ce qu'il con- 
tient, qui fait proprement l'organe de la vue. Les autres 
font celles que nous avons nommées, & de plus la graille 
qui tapiife la cavité de l'orbite , & les membranes envi- 
ronnantes. 

Les membranes ou tuniques de l'œil fe diftinguent en 
communes & en propres ; les communes font nonfeu- 
lement celle qui joint le globe de l'œil aux paupières 

R iy 



a64 (EïL 

h. qu'ion appelle conjon^ive , celle qui eft formée pat 
les tendons des mufcles droits , & qui fe nomme albu-= 
ginée , mais encore celles qui enveloppent toutes les hu- 
rneurs ; & Ton donne le nom de propres à celles qui né 
renferment qu'une feule humeur , comme l'arachnoïde 
& la vitrée. On diilingue cinq tuniques communes : la 
eonjonéiive y ValbuginU ou innominêeyld. cornée^ \!uvéeO\i 
choroïde , & la rétine. 

Trois humeurs entrent dans la compofîtion de l'œil \ 
l'humeur aqueufe , la criftalline , & la vitrée. L'humeur 
àqueufe efl entre la cornée tranfparente , àc la face an- 
térieure du cryllallin : elle ne peut point dans l'homme 
fe glilTer dans le fonds de l'œil , parce qu'il eft tout rem- 
pli de l'humeur vitrée» 

Au refte , tout le monde connoît les ufages de l'œiL 
Ç'eft un des organes des plus nécelTaires à l'homme ^ 
fans les yeux , faute de lumière , il ne pourroit 
fe prémunir contre lés chocs des êtres mouvansqui l'en- 
vironnent, ni chercher fa nourriture. C'eft un organe de 
plaifir, & fans lui la vie n'a guéres d'attraits qui tou- 
chent : on eft mort tout vivant , quand on eft privé de 
la vue. 

On voit mourir quelquefois fur le champ les perfon- 
nés qui reçoivent un coup d épéé dans l'œil. Ce n'eft pas 
parce que l'œil eft endom.magé , mais c'éft que l'os fron- 
tal eft très-mince dans les endroits où il fe joint avec leâ 
temporaux. Il n'y a point là de diploé ; il eft encore 
plus mince dans la partie de l'orbite qui avoifine le nez: 
ainfi l'épée pénétré l'os dans cet endroit foible , perce 
jjufqu'à la baie du cerveau , coupe des nerfs à leur ori- 
gine j ou bien ouvre quelques vaifl'eaux fanguins , & iî 
arrive un épanchement de fang qui eft bientôt fuivi de 
la mort.' 

ŒilartificieL Quand un homme a perdu un œil pa* 
quelque accident "que" ce foit , on en fait faire de cryfl 
tal, de même figure que l'œil qui refte, & mêm.e uii 
peuplas grand ■■, car il doit être enclavé fous les paupiè- 
res, pour y pouvoir tenir. Il doit être peint de la mê- 
Hie couleur que "le naturel : on fait caire ces fortes 



^ I L %6^ 

a'yeux au fourneau , comme le verre peint des Eglifes*. 
' Quand l'oeil de verre eil bien placé , il paioît comme 
rautre , excepté qu'il ne peut pas ie mouvoir , fi ce 
n'ell quand le corps de l'œil aveugle n'érant pa^ i ^rt atro- 
phié & relTcrré , le verre peut s'ajufter délias. Alors on 
lui voit quelque mouvement qui dépend de celui du glo- 
be de l'oeil fur lequel il ell placé. Ceux qui s'en fer- 
vent font obligés d'f n avoir plufieurs de referve , parce 
qu'ils peuvent tomber & fe cailer. 

Au moien de ces yeux artificiels , on corrige une dif- 
formité choquante i & de la manière qu'on les fait au- 
jourd'hui, il faut regarder de prés pour s'appercevoir 
■que c'eft l'art qui a réparé le défaut de la nature- 

(Si/. {bandage) Ce bandage s'emploie fpécialementpour 
la vue. Il eft fimple ou double : l'œil fimple elt celui qui 
ne fert que pour un œil : le double fert pour les deux 
yeux. On le fait avec une bande la^ge de trois doigts ^ 
& longue d'environ trois aunes 5 on la roule en un chef. 
L'application s'en faitainfi : on comm.ence par fixer d'une 
main fur la partie de l'occipital , qui eft du côté de l'œil 
malade l'extrémité de la bande qui n'eft point roulée ; 
on conduit de lautre, le peloton par derrière l'oreille uii 
peu obliquement , pour venir en devant couvrir l'œil 
malade. L'on continue obliquement jufques furie haut 
du pariétal du côté oppofé 3 l'on defcend fur l'occipital i 
on paiTe par-delfus l'extrémité du bandage que l'on avoit 
retenue d'une main , & qu'on abandonS|; on revient en 
devant fur l'œil une féconde & une tro-dieme fois , juf- 
qu'à ce que le bandage foit entiéréraenremployé : on 
l'attache avec une épingle. Ce bandage , comme l'on 
voit, ne confifte que dans deux ou trois circulaires au- 
tour de la tête , que l'on dirige de façon à couvrir un 

xil , tandis qu'on laiiïe l'autre en liberté. Pour faire ce 
bandage , on peut encore fefervir d'un mouchoir ou d'un 
imge quarré , de la même grandeur, que l'on plie en 
triangle , comme dans le petit couvre - chef : alors on 
l'applique obliquement , de façon que l'œil fe trouve 
couvert , fans que celui qui eft fain en foit incommo-- 



\ 



266 <ïï. S O 

L'œil double couvre les deux yeux. C'eft une bande 
de la même longueur $c de la même largeur que l'œil 
fimple ; il n'en diffère que par l'application. On rouie 
la bande en deux chefs : cela tait , oa applique le corps 
du bandage au haut & fur le derrière de la tête , puis 
de l'une & l'autre m.ain on amené les deux chefs en de- 
vant , Ôc après avoir fait un croifé fur le nez , on con- 
duit les rouleaux derrière pour achever le tour , en 
faire un fécond femblable au premier , & dans le troi- 
fieme les ramener en devant , où on les attache. Le mou- 
choir en triangle peut fervir tout aulfi commodément , 
il peut également couvrir les deux yeux , qui eft le 
but qu'on fe propofe dans l'application de rœil dou- 
ble. 

Œî/ de Chèvre. Voyez Œgylops. 

(EU de Lièvre. Voyez Lagophtalmie, 

(SILLERES. Nom que l'on a donné aux dents ca- 
nines de la mâchoire fupérieure, parce qu'elles font pla- 
cées fous les yeux. Voyez Dents. 

dNELEUM. Mélange de vin & d'huile. On s'en ferc 
pour faire des embrocaiions fur les parties dans les frac- 
tures , les luxations & les inflammations. On y emploie 
ordinairement le gros vin rouge & l'huile rofat , ou 
quelqu'autre huile réfolutive. 

(ŒSOPHAGE. Canal membraneux qui s'étend depuis 
îe fond du gofier , jufqu'à l'eilomac. Il eft litué der- 
rière la trachcÉjfartére , le long de fa portion membra- 
neufe, & appu5 fur les vertèbres du cou & du dos, juf- 
qu'à la cinquic'iie. Là il s'écarte un peu du côté droit î 
mais vers la neuvième vertèbre , il revient vers le coih 
gauche. Quand il eft parvenu jufqu'à l'onzième vertè- 
bre , il perce le diaphragme , &: fe termine à l'orifice 
lupérieur du ventricule , qui eft au côté gauche. Il eft t 
compofé de fcpt tuniques : la première extérieure eft \ 
membraneufe , &: eft une continuation de la plèvre ^ 
jufqu'à ce que l'œfophage ait pénétré dans le bas-ventre > 
car alors le péritoine fournit cette première tunique: la 
féconde eft mufcuîeufe , fort épaiife , & compofée de 
fibres iongitudinales & de circulaires , au moyen def-* 



(E U F 167 

quelles rœfophage peut fe raccourcir & fe rétrécir. 

Veriheyen a remarqué entre la mufculeure & la ner/eufc 
les tuniques vafculeure&: glanduleufe i l'une eft chargée 
de vaille aux , & l'autre de point glanduleux. La tunique 
intérieure , nommée nerveufe , tapilTe la face intérieure, 
& elle ert regardée comme une continuité de celle qui 
revêt le pharinx , la bouche & les lèvres. La celluleufe 
de M. Heifter vient enfuite , & unit cette nerveufe avec 
lîi dernière de toutes , que le même Auteur appelle 
croûte fihreufe , que d'autres Anatomiftes nomment 
veloutée, laquelle eft enduite d'une humeur vifqueufe, 
& fe trouve (emblable à celle qui revêt à l'intérieur l'ef- 
tomac & les inteftins. 

L'œfopbage a la figure d'un entonnoir , plus évafé à 
fa partie fupérieurc que dans fon corps , & à fon extré- 
mité inférieure : quand il fe contraéle, il pouffe aifément 
les alim^ns dans le ventricule i ce qui fait tout fon 
ufage. 

CSSOPHAGIEISINES'. (artères) Il y a deux , trois, 

& quelquefois il n'y a qu'une feule artère de ce nom : 

elles naiffent de la partie antérieure de l'aorte defceii- 

dante , à diilani&eà' peu près égale l'une de l'autre, Se 

vont fe diftribuer à l'œfophage. M. WinfloW les regarde 

1 comme des média flines poflérieures. 

! Les veines de même nom reçoivent le fang des par- 

' ties auxquelles les artères l'ont diilribué , m.ontent en. 

fuivant les artères, varient en nombre comme elles, Se 

j vont fe jetter dans la veine arygos, 

j ŒSOPHAGIENS. Nom d'une paire de mufcles qui 

I s'attachent par une Az leurs extrémités à la face eiterne 

I du cartilage thyroïde , & par l'autre au cartilage cby- 

\ toïde du côté oppofé : ce font les mêmes que Ton ap- 

{■ pelle aufïi thyro-crico-pharyngiens. On peut confidérer 

ces mufcles comme un mufcle impair , placé à TentreJe 

de rœfophage , &: comme un fphinéler dont il fait rofnce„ 

Voyez Conjiriéîeur de l'œfophage. 

(iUFS. Les Phyfiologilles ont donné ce nom à de pe- 
tits nœuds qui fe rencontrent dans les ovaires des fem- 
mes , dans la perfuafion que ces grains étoieac de véiita-^ 



U^ O L F 

blcs œufs. Mais un examen attentif fait voir que cc^ 
nœuds font des follicules glanduleux , lefquels fe gon- 
flent fouvent d'eau dans les maladies des femmes , & 
fpécialemenc dans les affedions des ovaires, dans l'hydro- 
pifîe. Il paroît plus vrai que ces follicules fervent à fil- 
trer le fperme féminin. 

(Su/s de Naboth. Ce font de petites véficules qui fe 
rencontrent en grande quantité à l'orifice interne de la 
matrice , & dans le vagm aux femmes enceintes & aux 
nouvelles accouchées , & que Naboth , Anatomifte a 
pris mal-à-propos pour des œufs qui pouvoient fe fécon- 
ider. Aï. Heifler penfe que ce ne font autre chofe que 
•des véficules , dont on ignore l'ufage i mais qu'elles ne 
font ni œufs, ni glandes, comme d'autres avoient jugé 
à propos de les appeller. Vovez Matrice. 

OIGNON DE L'URETHRE. Voyez Bulbe de 
l'urethre , 6* Urethre. 

Oignons des poils. Voyez Poils. 

OLECRANE. Apophyfe qui fait le coude. Voyez 
Cubitus, 

OLFACTIFS, (nerfs) La première paire des nerfs 
du cerveau fe nomme nerfs olfadifs , ou olfaàoires , ja- 
dis produiiions mammillaires.'Ou. les découvre dès que 
Ton a tant foit peu levé les lobes antérieurs du cerveau. 
ïls partent de la bafe à^s corps cannelés , par une fibre 
mo'éleufe , plus grofîe auprès des nerfs optiques qu'ail- 
leurs : elle fe divife en plufieurs petites branches recou- 
vertes par la pie-mere , lefquellcs s'enfoncent dans les 
trous de l'os cibleux, accompagnées de deux petites ar- 
tères qui naiiîentdes carotides. Dans les moutons & dans 
les veaux, cç.s productions mammillaires font creufes, 6ç 
forment une efpécede culdefac du côté de l'oscribleux » 
mais, dans l'homme , ces cavités ne font pas fenfibles , 
quoique Riolan di'e les avoir trouvées dans les cerveaux 
fermes & fecs des vieillards. Quand ces filets nerveux 
font entrés dans la cavité du nez , ils fe difperfent dans 
la membrane pituitaire , où ils reçoivent les impreffions 
àzs corps odorans , ô: font naître dans l'ame la fenfatioij 
à^s odeurs. 



O M B ^6^ 

OLIV AIRES (ganglions) On donne ce nom aux 

sanglions que forme le nerf iritercoftal dans l'entre- 

ieux de chaque côte. Voyez Hordeïformes 6* Inter^ 

coJînL 

Olivaires {os) Ce font les os féfamoïdes de l'articu- 
lation du gros orteil avec' le métatarfe. Voyez Sèfa-- 
moïdes. 

OMBILIC. Ce mot eft tiré du latin , qui fignific 
nombril. On donne ce nom à la région du ventre , qui 
eft entre l'épigaftre , l'hypogaftre &: les lombes. Voyez 
Ombilicale. 

OMBILICAL (cordon) Il eft compofé de trois vai/^ 
féaux , de deux artères & d'une veine 5 il naît du fond 
du placenta , & fe termine au nombril de l'enfant. Il eft: 
de différente grofléur &: confîftance : les plus grêles fonc 
ordinairement les plus forts , & les plus gros caffenc 
alTez fréquemment, quand on les tiraille dans les ac- 
couchemens où le placenta eft un peu trop adhérent 
à la matrice. Alors il faut agir avec ménagement, 

OMBILICALE. ( région) C'eft la région du ventre qui 
eft entre l'épigaftrique & Thypogaftrique : elle a à peM 
près fept à huit travers de doigt, plus ou moins , fuivant 
la groffeur & la taille du fujet, en hauteur, & s'étecd 
en largeur depuis un rein jufqu'à l'autre. Elle fe foudivife 
en trois autres régions , comme l'épigaftrique i en deux 
latérales & une moïenne. Celle-ci conferve le nom de 
région ombilicale proprement dite , ou fimplemenc 
d'ombilic ; les deux latéraiesportent celuide lombaires , 
ou (implement de lombes , du mot latin lumbi , qui {i« 
gnifie les reins. Voyez Abdomen. 

Ombilicales, {artères 6* veines) Il y a deux artères de 
ce nom, qui ont leur principal ufage dans le fœtus. Quel- 
quefois on les voit naître de la divifîon de l'artère ilia- 
que en iliaque interne, & en iliaque externe } mais elles 
font ordinairement une produdion , ou plutôt une con« 
tinuation des artères hypogaftriques. Dans le fœtus 
elles vont fe irendre au cordon ombilical , & rapportent 
le fang de l'enfant à la mère i mais dans l'adulte , elles 
deviennent ligamenteufes. Cependant leftir commence» 



iyô O M o 

ment conferve la nature de vaiffeau artériel , & fournît 
même des ramifications à la vefiie urinaire. 

Il n'y a qu'une veine ombilicale , qui n'a d'ufage que 
âans le fœtus : elle naît du nombril , 6l va en montant 
veis le foie s'inférer dans le finus de la veine porpe. Elle 
apporte dans le fœtus le lang de la mcre au foie de 
l'enfant. Dans l'adulte , fon canal eft bouché , & elle 
ne préfente plus à. Tinlpeftion qu'une efpéce de liga- 
ment, 

OMENTUM. Nom que les Latins ont donné à l'épi- 
ploon j & qui s'eft conferve chez les François, pour fig. 
iiifiei: la même chofc. Voyez Epiploon. 

OMO-CLAVICULAIKE. Nom d'un ligament court, 
gros & très-fort , qui attache l'apophyfe coracoide de 
l'om.oplate avec la clavicule. On le nomme aulTi coraco^ 
^laviculaire. 

OMO-HYOIDIEN. Mufcle qui s'attache à la côte 
fuperieure de l'omoplate, & à l'os hyoïde. C'eil celui 
que nous avons décrit fous le nom de Coraco - Hyoi-* 
dlen, 

OMOPLATE, Os mince , plat & triangulaire , fîtué 
à la partie fuperieure & poilérieure du thorax , qu'il re- 
couvre en partie. 

Cet os eft allez large ,• & s'étend depuis la première 
des vraies côtes jufqu'à la feptieme ; il y en a un de 
chaque côté. 11 a la forme d'un triangle , dont la bafe 
cft en haut , & le fommet en bas. On y diftingue deux 
faces , trois angles & trois bords. 

La face interne de l'omoplate eft un peu concave , 
&: on y remarque quelques lignes faillantes en forme 
de raïons , qui fervent à l'infertion du mufcle fous- 
fcapulaire. 

La face externe eft inégalement convexe : elle eft fé- 
parée en deux portions , par une grande éminence obli- 
quement tranfverfale , qui s'étend depuis le bord pof- 
térieur , jufques dans le voifinage de l'angle antérieur. 
On donne à cette éminence le nom à^èpine : elle eft 
peu faillanteà fon origine, vers le bord poftérieur de 
l'os j où elle commence par une petite facette triangu- 



O M O 171 

laïre , recouverte d'une fubftance qui approche de la 

nature du cartilage. 6a faillie , au-defTus de la furface 

de l'os , augmente à mefure qu'elle monte , & elle fe 

. termine enfin par une apophyre applatie , inégale, qu'on 

appelle acromion. Cette apophyfe eft féparée par une 

I large échancrure de langle fupérieur , antérieur. On voit 

i^ au bord interne de cette éminence une facette articu- 

I laire pour farticulation de la clavicule. Au - deffus de 

l'épine , on remarque une foife qui porte le nom àcfur- 

épineufe , & on donne celui de fous-épineuje à toute 

la portion de la face externe , qui fe trouve au - deli 

fous. 

Le bord poftérieur de l'omoplate s'appelle la hafe ^ 
<8c on donne le nom de cotes aux deux autres , dont l'un 
cft fupérieur , & l'auDre inférieur. 

La bafe de l'omoplate eft le plus grand de fes trois 

I bords. Elle eft épaillë , & on y diftingue deux lèvres , 

\ une interne , & une externe : elle eft placée un peu 

I obliquement à côté de l'épine du dos : elle en eft plus 

i proche par en haut que par en bas. La côte fupérieure 

j; cft le plus petit & le plus mince des trois bords 5 il s^é- 

tend entre la pointe fupérieure de la bafe , & le col de 

l'omoplate. La côte inférieure ou antérieure s'étend très- 

I obliquement depuis le col de l'omoplate , jufqu'à la 

; pointe inférieure de fa bafe i elle eft fort épaiHè , 6c 

fes deux lèvres font féparées par une petite caneiurc. 

L'angle inférieur eft moufte , épais , â: un peu rabo- 
: îeux. L'angle poftérieur n'a rien de remarquables il n'eiï' 
; eft pas de même de celui qui eft fupérieur & antérieur» 
\ Il fe termine par une efpéce de tête foutenue fur un 
I étranglement que l'on appelle le col de C omoplate. La. 
\ tête eft creufée par une petite cavité glénoïde , qui a 
I beaucoup moins d'étendue dans les fquelettes que dans 
les fujets frais, à caufe des cartilages qui augmentent 
beaucoup cette cavité , & font détruits dans les os fecs. 
C'eft dans cette cavité que s'articule la tête de fhume- 
rus : on remarque à fa partie fupérieure un petit tu- 
bercule , auquel s'attache la longue portion du biceps. 
Au-delfu§ de cette cavité , on trouve une groife apophyfe 



a;^ O M O 

qui fait une avance confidéLable en forme de bec de cou-* 
beau , ce qui lui a fait donner le nom de coracoïde. 

Entre la racine de l'apophyfe coracoïde , & l'origine 
de la Cote (uperieure , on trouve une echancrure fermée 
dans le vivant par un ligament qui laifi'e palier des vait- 
féaux. M. Duverney l'a vu olTilié. Il y a encore deux' 
autres échancrures , une petite entre l'épine & le col , " 
& une autre entre i'apophyfe coracoïde , &: la cavité glé- 
noïde 

Dans l'enfant , la bafe & les angles de Fomoplate font 
incrutlés d'un cartilage qui s'offifie dans l'adulte : l'angle 
inférieur , l'acromion , la tête , l'apophyfe coracoïde ,' 
qui font auffr épiphyi es dans le premier âge, changent 
de même dans la luite , -& deviennent apophyfes : tou- 
tes ces parties font compofées de fubftance fpongieufe.' 
Le rcfte de fos ell forme de fubftance compade i il eft 
tranfpareut dans Ion milieu , à caufe de fon peu d'épaif- 
feur dans cette partie. 

L'omoplate eft articulée par la cavité glénoïde que 
l'on trouve fur fa tête , avec l'humérus. Le peu de pro- 
fondeur de cette cavité favorife beaucoup les mouve- 
ments du bras. La pofition defacromion, & fur -tout 
celle de l'apophyfe coracoïde, empêchent que l'humérus 
fe luxe en haut. Le ligament orbiculaire de cette arti- 
culation eft très-fort. 

Il y a encore deux autres ligamens à obferver : le pre- 
mier eft court , fort gros , & très-fort ; il s'attache par 
une de fes extrémités à la bafe de l'apophyfe coracoïde , 
&: par l'autre à la face- inférieure de l'extrémxité hume- 
raie de la clavicule. M. Petit , l'Anatomifte, le nomme. 
coraco , ou omo-daviculaire , à caufe de fés attaches : le c 
fécond a la forme d'une bande large , qui s'étend de l'a- 
pophyfe coracoïde à Tacromion , c^ fous laquelle palTe le 
mufcle furépineux. 

OMOPLATO -HYOÏDIEN. Mufcle qui s'attache 
par une de fes extrémités à la côte fupérieure de l'omo- 
plate, & par l'autre à l'os hyoïde. Nous l'avons décrit 
fous le nom de coraco-hyoïdien, 

OMPHALOCELE 



ONG 47J 

OMPHALOCELE. Hernie ombilicale. Voyez Èxorft'^ 
phale. 

ONCOTOMIE. Ouverture d'un abfcés. Ceft une ef- 
péce d'cntamure fuivant les Anciens. Ce mot vient de 
deux expreffions grecques , dont l'une iignifîe tumeur^ 
C< WMU^fedïort , ou incijton. Cette opération ne fe bor- 
ne pas aux feuls abfcës : voûte tumeur , de quelque na- 
ture qu'elle (oit, s'ouvre par cette elpéce d'entamurci 
Voyez Abfces & Loupa. 

ÔNCTiON. Efpéce de fridion humide , faite avec 
un liniment gras , ou huileux. On fait des ondions avec 
des baumes , des huiles , des graiiîes , des onguens , 
&c. 

ONCTUEUX. Qui èft gras , qui tient de la nature 
des grailles. 

ONCTUOSITÉ. Qualité qui tient de la nature des 
grailles animales. 

ONGLE, (maladie) Colledion de pus dei-riere la cornée^ 
qui provient ordinaiiemenc d'un épanchement de fang 
qui s'y efl: fait , foit par la plénitude des vailleaux , foit 
par quelque coup ou chute : avant que le fang foit touf- 
, ré en pus, il caufe à^z élancemens très-vifs & trés- 
.douloureux ; mais des qu'il efl: pus , les douleurs 
' font moins fortes , & le pus épanché & raifemblé fous 
,Ja cornée , repréfente la figure d'un ongle , d'où lui eft 
5 venu fon nom. 

\ Pour la cure , on tentera de difîîper la matière , fi 
[elle fe trouve en petite quantité lous la cornée , ufans 
ipour cela de fomentations & de collyres rofolutifs, faits 
^vec le fénugrcc & le fenouil , après quoi on en vient d 
ji'opération , dans laquelle il s'agit de iaire une ouver- 
jture à la cornée avec une lancette. On l'infinue au plus 
jbas lieu ^ pour donner au pus une iifue commode : il ne- 
faut pas s'étonner, quand on voit s'écouler par l'ouver» 
xure l'humeur aqueufe avec le pus :• cette humeur fe ré- 
[pare aifément ; mais la cicatrice qui fe fait à la cornée, 
lïll fouvent un obftacle confidérable à la vifion. Après 
'ouverture , on fe feit de remèdes repeicuffifs & ano-. 
ims. Sur la fin de la cure , on emploie Its- collyres & 

D. de Ch. Tome II, S 



^74 , . ^ ? ^' 

les poudres dé terfives & dcfiicatives. Galien raconte que; 
de ion tems , un Médecin Oculiile guériiToit l'ongle en 
branlant & fecouant la tête au malade d'une certaine 
façon. Ce remède ne coûte pas beaucoup à éprouver. 

Les Auteurs donnent encore le nom d'ongle à une 
autre maladie des yeux. Pans celle-ci , c'ell une excrel^ 
cence membraneufe, qui s'élève fur la conjondive. Elle 
prend fon origine vers le grand canthus de l'œil , en 
manière d'ongle , ou de croifiant blanchâtre j puis elle 
s'étend peu à peu fur la prunelle , quelquefois la cou- 
vre j & fait perdre la vue. Voyez Drapeau & Ptêri- 
^Lum, 

Ongles. Tout le monde fait que les ongles font ces 
parties reifemblantes à de la corne , qui recouvrent la 
partie fupérieure de l'extrémité des doigts , des pieds & 
des mains. Ces corps font pour la plupart tranlparens , 
convexes en dehprs , & concaves en deifous , de figure 
ovale , & d'une confiftance ailez ferme. 

Les Anatomiftes ne conviennent pas unanimement , 
de la manière dont les ongles fe form.ent & végètent. 
Les uns les regardent comme une produdion des mam- 
melons nerveux de la peau , & les autres , comme une 
continuité de i'épidermc. La macération femble prouver 
ce dernier fentiment ; car , par fon moïen , on peut 
adroitement tirer de la main & du pied , leur épider- 
me tout entier comme un gand , & comme une chauf- 
fette î les ongles alors fe détachent des mammelons, fui- 
vent la cuticule , & y demeurent unis comme s'ils en 
ctoient une appendice. INéanmoins la fondation des 
oncles diffère de la formation de i'épiderme. Malpighi, 
Boerhaave , Heifter , & plufieurs autres célèbres Ana- 
tomxiftes & Phylioiogiftes , prérendent que les ongles 
font formés par les ip.ammelons de la peau , que ces 
mammelons couchés longicudinalement à l'extrémité des 
doigts .s'allongent paiallellenient, s'uniifent étroitement 
enfemble , & s^endurciifent avec des vaiifeaux de la peau 
qui fe fondent , & que la furpeau fe joignant avec cqs 
mammelons à la racine de l'onile , leur fournit une forte 
d'enveloppe. Selon ces Auteurs , il réfulte de^là un amas 



ONG %y$ 

âe fibres très-fines , qui fe collent îes unes aux autres, 
à mefure qu elles s'avancent de toute la partie de la peau 
qu'elles touchent. Etant ainfi unies , elles forment plu- 
iîeius couches qui s'appliquent les unes fur les autres , & 
Je joi<7nent tiés-étroitcment enfemble. Ces lames n'ont 
bas la même longueur , &. font arrangées par degrés , de 
façon que les extérieures font les plus longues , & ie$ 
intérieures les plus courtes 5 & voilà comment l'ongle fe 
forme j fuivant ce fyftême. Ces couches ou lames fe font 
aifément appercevoir dans les ongles des oifeaux , les 
griffes des lions , des ours , &c. & elles fe féparent faci- 
lement les unes des autres par la macération, 

A l'aide de ce fyftême , on explique pluiieurs phéno- 
mènes au fujct des ongles. Comme les maminelons fonc 
encore tendres à la racine de l'ongle , il s'enfuit qu'il 
doit être fenfible en cet endroit j au contraire l' extré- 
mité des mammelons, en s'éloignant de la racine , fe 
durcit 5 ainfi l'on peut couper le bout des ongles , fans 
caufer aucun fentiment de douleur. Les mammelons Se 
les vaiiTeaux foudés qui forment l'ongle , venant de la 
peau par étages, tant à la racine qu'à la partie infé- 
rieure , les ongles font plus épais, plus durs & plus forts 
en s' avançant vers l'extrémité i de plus , comime ils naif- 
fent de toute la partie de la peau qu'ils touchent , les 
mammelons augmentent en nombre de plus en plus , 
&vont fe réunir au bout des ongles. C'eil: aufîi par le 
moïen de ces mammelons que les ongles tiennent à la peau 
qui eil au-delTous fi fortement, qu on ne peut aifément 
les en féparer dans les cadavres , que par le moïen de 
; la maeératioui 

ï La nourriture & raccroillement des ongles s'expliquent 

comme les autres phénomènes. Les mamm^eions des on- 

I gles ont de même que les autres mammelons de la peau 

I des vaiiTeaux qui leur appoirent la nourriture. Ils font à 

■ leur racine , & produifsnt les fibres qui s'allongent , fe 

collent enfemble , & fe durcifient : de cette manière , 

I les ongles fe nourriilent & croilTent couche fur couche, 

-*! On fait que les ani^les Croillént tou ours j c'eft pourquoi 

on les rogne à mefure qu'ils furpallenc l'er-tréraité des 



I 



Sij 



^76 O N Y 

doigts i mais il cft faux qu'ils cioiflcnt après la mort» 

Quelquefois on appeixoit une tache à la racine de 
Tonifie , Se l'on remarque au(ii qu'elle s'en éloigne à me- 
fuie que l'ongle croit , & qu'on le coupe^ Cela airivi 
ainiî , parce que la couche qui contient la tache , ccauE 
poulTée vers l'extrémiié par le fuc nourricier qu'elle re- 
çoit 5 la tache doit l'être de même. Quand un ongle eft 
tombé, à l'occafion de quelque accident, on obferve 
que le nouvel ongle fe forme de. toute la fuperficie delà 
peau , à caufc que les petites fibres qui viennent des 
mammelons , & qui fe collent enfemble , s'accroiffenc 
toutes en même tems. La grande douleur qu'on reffent , 
quand il y a quelque corps folide enfoncé entre l'ongle 
& la peau , ou quand on arrache les ongles avec vio- 
lence, arrive, à caufe que leur racine eft tendre & adhé* 
rente , aux mammelons de la peau qui font , comme on 
le fait , tiès-fenlibles. 

Au refte, les ongles ©nt pour ufage I^. de défendre 
le bout des doigts , tant des pieds que des mains : -1°. de 
les affermir : 3^^. de laciliter l'ambulation & la ilatioii 
aux pieds ; Se l'appréhenfion , aux mains. 

Quelquefois il lé forme des abfcès fous les ongles , à 
leur racine j l'ongle fe levé avec beaucoup de douleur» 
Quand la matière eft mûre , il faut trépaner l'ongle , 
c'cft-à-dire , avec un biftouri , pratiquer une fedion de- 
mi-circulaire , par laquelle le pus puilîe s'échapper au- 
cehors. Pour cela , on le ratiilé pour l'amincir , au* 
tant qu'il cil pollible , & la fedion en devient plus air 
iée. 

ONGUENT. Médicament externe, ondueux, de con- 
fiftence moïenne entre le Uniment Se l'em-plâtre , com- 
pofé d'huiles , de grailles, de cire , de fuif , de mucila* 
ges , Sic. auxquelles matières on ajoute fouvent des plan- 
tes , des animaux & des minéraux. Les onguens font fort 
en ufage pour les tumeurs , les plaies , les ulcères , Se 
pour oindre les parties dans plufieurs maladies externes. 
On leur a donné différens noms , fuivant leur veitu ^ leur 
bafe , leur couleur , ou leurs Auteurs, 

ONYX. Voyez OngU. 



P P E %p 

OPERATEUR. Nom que l'on donne particulière- 
jmènt au Chirurgien qui pratique les opérations defon arc, 
.Voyez Chirurgien. 

OPERATION. Ce mot vient du latin , & fignifïc 
proprement rr^v^i/, ou manœuvre.. Toute la Chirurgie 
pratique ne conhfte que dans les opérations j toute œu- 
vre chirurgicale eft vraiment une opération. Cependant 
rurag;e a palfé que l'on ne donnât le nom d'opération ^ 
qu'à des travaux plus conlidérables , & l'on a défini l'o,- 
pération , une adion méthodique , ou une application 
méthodique de la main du Chirurgien ^ fur l'homme vi* 
tant & malade , pour lui rendre la fanté. Suivant ctizs. 
définition qui pauticularife les difFérens exercices de Chi- 
rurgie , les opérations le réduifent aux quatre claiFes 
générales, connues fous les termes franc.iîés du grec : 
JOiérefe , Synthefe , Exérefe & Prothefe. Dans la pre- 
mière dclquelles , on com.prend toutes les opérations où 
il faut divifer les parties du corps humain j dans la fé- 
conde , toutes celles qui tendent à les réunir y quand 
elles font divifées contre nature ; dans la troifieme , cel- 
les qui confident dans l'extradion des corps étrangers ou 
nuifîbles , qui bl client i'aélion de nos parties , & les 
fondions î & dans la quatrième enfin , celles quiontpoui' 
but de fuppiéer par ait au défaut des parties naturelle- 
ment néceilaires. 

Bans le fens de cette définition , l'amputation à\\w 
membre , le trépan , l'empyéme , la gailroiaphie , font 
des opérations proprement dites , & le panfement , ou la 
fimple application des ligatures- ou des bandages n'en eft 
point , quoique fouvent cette application doive êtrefaiçe 
méthodiquement , & par la main d'un Chirurgien. Mais 
cette différence eft relative à l'objet. La conféquence de 
l'adion , & la difficulté de la pratique la font en entier j 
& de-là vient que , pour tendre une œuvre de Chirurgie 
par le mot opératian , il faut qu'il y ait de la difiicultc , 
& on but que la maladie rende confidérable , autrement 
la fedion d'un ongle , & l'abi'afion des poils feroient dçs 
opérations , & ce n'eft pas ainfi qu'on l'entend. 

Il y a dans toute opération quatre chofcs qui doiveni 

5iii 



être férupuîeufement obfervées : i^. le tems de TopcEa» 
tion : 2^. la préparation de tout ce qui eft néçeiraire à 
Topération : 3°. la manière de faire l'opération ; 4°. en- 
fin'les rnénagemens qu'il faut prendre après l'opéL-ation. 
Toute la théorie des opérations en général dépend de ces 
quatre points eflentiels. 

Avant l'opération toutes les attentions que le Chirurgien 
doit avoir , ont rapport a reiFentiel de l'opération même. 
Suivant cet article , il doit favoir s'il eft néceiïaire qu'il la 
faiTe, s'iljpeut la faire, quand il doit la faire, Se ii elle doit être 
svantageufe. Les circonftances de la maladie , la gravité 
<des fymptômeSj le peu de fuccés des autres remèdes, les 
progrès du mal , le danger de la perte de vie , feront alFez 
<onnoître au Chirurgien qui faura les apprécier, ii l'opéra* 
îion eft néceifaire , ou fi elle eft inutile : elles le met- 
tront de même dans la facilité de juger quand il faudra 
qu'il la faile. Quelquefois il faut fe déterminer fur le 
champ -, dans d'autres conjondures l'on peut différer, 
Siouvent il ne faut rien précipiter , fouvent il faut fe hâ- 
ter : ainfi c'eft aux circonftances particulières à détermi- 
ner le tems précis oii il faut oph-erj mais il n'appartient 
qu'à un homme qui çonnoit parfaitem.ent l'anatomie 8c 
fes propres talens , de déterminer s'il peut pratiquer l'o» 
pération , ou fi elle eft impraticable. Il n'y a qu'un hom- 
ïne inftruit , qui façhe décider fi l'opération pratiquée- 
aura un heureux fuccés , & dans quels cas il doit la 
faire , ou au contraire s'en abftenir , parce qu'il pré« 
voit qu'elle fera inutile ou funefte. Ordinairement les Mé- 
decins font confultés pour cette affaire , & alors le Chi- 
ïurgkn eft en partie débaralfé ; m.ais il a tout à faire 
dans la préparation nécelfaire pour le manuel de Topé-?, 
sation , & dans l'opération. 

Cette préparation coadfte à fe munir de tous les inf- 
trumens nécelTaires , 3c que la différence de l'opéL-atioa 
différencie & fpécifîe , fuppofé que l'opération doive être 
faite; mais les inftrum.ens ne font pas, la feule chofe né- 
ceiïaire; les bandages 6^ les médicamens doivent auffi fe 
U'ouver prêtas , de façon qu'on n'ait rien à chercher daps. 



■ O P E ^ TJ^ 

le tems de ropération. Le Chirurgien choifira donc foi- 
gneufement ceux de {ç.^ inftrumens qui lui feront nécef- 
faires j il les placera fur fa tablette , ou dans fa troulTe , 
de façon qu'il puifle les prendre à fa commodité. Il tien- 
dra prêts les remèdes^ & les linges à panfement , & il 
ca garnira fa tablette dans Tordre qu'exigent les diiFé- 
rens tems des opérations. Ici enfin l'Opérateur doit pren- 
dre toutes fes précautions , pour que l'opération fe faile 
promptement & furement. 

* Quant à la manière de faire l'opération , le Chirur- 
gien doit fentir s'il peut l'entreprendre feul > ou s'il a 
befoin d'aides , comme il eft d'ordinaire dans toutes les 
grandes opérations , foit pour avoir des témoins éclairés 
& Juges , foit que leurs forces doivent fuppléer au défaut 
de celles de l'Opérateur. Les particularités de la mala- 
die , fon fiége , la différence des inftrum.ens dont on eil 
obligé de fe fervir , ne peuvent fe détailler que dans les 
circonllances propres, il n'y a rien de général , il faut 
voir chaque opération en particulier. 

Il en eft de même des ménagemens qu'il faut emploi'er 
après l'opération. Comme les accidens varient à l'infini , 
que chaque opération a les fiens particuliers , & qu'il eil 
impoifible de les généralifer , il faut confulter cet article 
dans le détail de chaque opération. 

Mais , pour le tems & les lieux où l'opération doit fe 
faire , l'on diftingue quelque chofe , & l'on donne des 
préceptes généraux. Par rapport aux tems , on en dif- 
tingue deux : l'un d'éledion , & l'autre de nécellité. Le 
tems d'éleâion eft celui que le Chirurgien choifit , ou 
comme plus commode , ou comme à peu près très- in-, 
diftérent. Par exemple , pour tirer une dent , le Chirur- 
gien pourra prendre fon tems , s'il n'y a rien qui preile ; 
pour l'opération de la taille, le Chirurgien choilît le 
) printems ou l'automne , &c. mais le tems de nécellité 
i exige que l'opération fe falTe fans retardement , par la 
\ raifon que le malade eft en danger évident. Tel eft le 
\ tems où il faut faire le trépan , l'empyéme , & les aa- 
j très opérations que l'on ne peut abfolument pas du- 
férer. 

Siv 



m o p K 

On choi/ït aulïi le lieu où l'on veut pratiquer Tapc^' 
cation , ou l'on eft contraint de la faire dans un en- 
droit , plutêt que dans un autre. Par exemple, le lieu oi 
il y a abfcès , eft le lieu où il faut ouvrir de nécefllté , 
parce qùil fau^ toujours donner aux rnatieres amaflees. 
llTue dans l'endroit où elles font , au lieu que dans ÏOr. 
pération de la taille , poux autre exemple , le Chirur- 
gien choifit quelquefois , & fe détermine fuivant f^ 
volonté, plutôt pour un endroit que pour un autre. 

Il efl encore de la dernière conféquence pour un Chi- 
rurgien , de favoir faire goûter aux malades les raifons. 
qui robUgent à faire les opérations. Il doit difpofer leur 
çfprit de loin en leur faifanç envifager la néce/lité & les, 
avantages des opérations , & particulièrement de celle 
qu'il va entreprendre i prelTer par toute forte de motifs 
de conf ance celui qui eft timide , & entretenir par les 
promeifes les mieux fondées celui qui s'y détermine. 
Cette difpofîtion des efprits n'eft quelquefois pas moins, 
néceiTaire que celle des corps , & fouvent du concoure 
de çe^ deux préparations refultent les meilleurs effets , 
&. les plus grands avantages des opérations. En confé-^ 
quence de ces préceptes , le Chirurgien cachera le plus 
loigneufement qu'il lui fera polTible , & fans affectation, 
tout ce qui feroit capable d'eifraïer , ou de renouveller 
les fraïeurs du malade à opérer : il doit arranger en 
conféquence fes inftrumens , de manière qu'ils ne puif-^. 
fcnt en être apperçus , $c lui ôter fon courage. 

Il y a encore des précautions à prendre relativem.ent, 
à la lumière dont on doit fe fervir pour faire les opéra- 
tions. Les unes , comme la lithoromie , la cataracle j^ 
doivent fe pratiquer à la lumière du foleil , que l'on 
îiomme lumière naturelle ; d'autres , telles que le bubo - 
nocèle , le trépan , &c, ne fe font bien qui la lueur du 
flambeau , que l'on appelle lumière artificielle. Dans les 
opérations où l'on ufe de celle-ci , l'on préfère la chan- 
^^lle à la bougie, & à la chandelle, la bougie de S. 
Çofme , parce qu'elle ne coule point , & qu'elle éclaire 
^ieux. 

Quand on obferve exaflement, 5c relativement auj. 



O P H il^f 

tîrconftances îoutes les règles âe précaunon que nous 
Venons d'indiquer , l'on a rempli les trois tonditions 
tant vantées pour les opérations , qui font de les faire 
Bromptemer.[ ^furementy & avec agrément. En eftet, c'eft 
ai^ir avec promptitude , que de bien faire , &: de faire 
fans perte de tems i comme c'eft agir furcment , que 
de ne pratiquer les opérations qu'après l'examen mûr & 
circonftancie de toutes les chofes que nous avons détail- 
lées , & agréablement que de favoir amener à une opé- 
ration toujours révoltante des efprits fouvent des plus 
opiniâtres & des plus, entêtés. 

OPERE'. Sujet à qui l'o^ a fait quelque opération 
chirurgicale. 

OPERER. Faire une opération de Chirurgie , & gé- 
néralement toute œuvre chirurgicale. 

OPHTALMIE. Inflammation de la membrane con* 
jondive, accompagnée de rougeur, de chaleur & de dou- 
leur , avec ou fans écoulement de larmes i d'oii vient 
la divifion d'ophtalmie, en ophtalmie humide^ & en ophtal- 
mie feche. 

Quand l'inflammation fe communique aux autres pau- 
lies de l'œil , qu'il s'attache de la chaffie aux paupières 
qui les colle enfemble , cette efpece d'ophtalmie s'ap- 
pelle lippitude i & quand les paupières ne peuvent 
s'ouvrir , c'eft un phymo{îs. Voyez Phymo(ïs. 

OPHTALMIQUE DE WILLIS. (nerf) Cefl la 
première des trois principales branches du nerf de la 
cinquième paire cérébrale, ou- nerfs trijumeaux de M. 
[Winllow , qui l'appelle nerforhitaire. 

Dès fon entrée dans l'orbite par la fente fphénoïdalc, 
ce nerf fe divife en trois rameaux , un fupérieur qui 
s*étend fur le front , un interne qui s'avance vers le nez, 
& un externe qui fe porte à la glande lacrymale. Là 
il communique par un ou deux filets avec le nerf de 
la fîxieme paixe ^ & avec l'intercoftal. Le premier des 
rameaux , qui eft le plus confidérable de tous , va ic 
long de la partie fupérieure de l'orbite , collé à la mem- 
brane qui la tapilTe, &^ donne des filets à la graifl^ 



5lH2 O P T 

<im envii'onnc le globe de l'œil , aux membrarncs vou 
fines , &c au mulcle releveuL- de la paupière. Il monte 
cnfuite fur le front par le trou furcilier , & fe diftribuc 
aux mufcles frontal , foufcilier & orbiculaire , aux té- 
gumens, & communique avec un rameau voifïn, qui 
vient de la pOLtion dure du nerf auditif. 

Le rameau interne , appelle rmfil , va du côté du 
Bcz, jette en naiiTant un petit filet qui communique 
avec le ganglion lenticulaire des moteurs externes ; il 
paife d'abord obliquement fur le nerf optique , par-def- 
fous les deux mufclts releveurs, au plus proche defquels 
îl donne des filets j puis il glilfe entre l'addudleur & le 
giand oblique de l'œil , le long des parois internes de 
îorbite , jette chemin faifant un filet de côté, quipailé 
par le trou orbitaire interne ; puis il gagne le grand 
angle de l'œil, & fe diftribue à la caroncule lacrymale^ 
aa fac lacrymal , aux portions voifines du mufcie orbi* 
culaire, du fourcilier , du pyramidal du nez , & aux 
tégumens. Le filet latéral qu'il a jette dans le trou or- 
bitaire rentte dans le crâne , va s'unir aux fil^r-es du 
nerf olfadif , & fe plonge avec elles par les trous les 
plus aatérieuis de la lame cribleufe de l'os ethmoïde , 
pour les accompagner dans la cavité du nez. 

Quant à la branche externe du nerf ophtalmique ^. 
elle fe diftribue principalement à la glande lacrymale 5 
mais avant que de gagner la glande i elle jette un petit 
rameau à la partie latérale, externe de l'orbite, qui fc 
perd quelquefois dans le diploë , & quelquefois perce 
la partie voifîne , ou de l'os frontal , ou de l'os de la 
pomette ; elle jette enfuite des filets à quelques portions 
du crotaphite , du mufcie orbiculaire des paupières , 
du malfeter & des tégumens , & à la niem'Drane con-ï^ 
jonélive de l'œil. 

OPHTALMOGRAPHIE. Mot'compoféde deux ter.' 
mes grecs, dont l'un fignifie œi/ , & l'autre defcrip^ 
ZLOîi i c'eft par conféquent defcription anatom.ique do 
l'œil. 

OPTIQUES. ( les~nerfs ) Ces nerfs forment la fé- 
conde paire des nerfs cérébraux 3 ils fortent de la parue 



OR B 2,8j 

itiédullan-e , appelle e couches des nerfs optiques , & eu 
partie de rexûémité des corps canelés. Dans leur trajet, 
ils s'approchent peu à peu l'un de l'autre , & s'uniilent 
immédiatement vis-à-vis de l'entonnoir , après quoi ils 
fe partagent de nouveau en deux cordons , qui font fim- 
plement enveloppés de la pie-mere , & vont chacun fe 
terminer à l'œil du cote d'où ils fortent. Ils font en- 
tourés de petits rameaux des fhoteurs des yeux , autre- 
ment nerfs de la troifieme paire. Quelques Anatomiftes 
ont cru que l'union des deux neris optiques établiifoit 
une continuation véritable de forgane & du nerf, de 
façon que le nerf optique droit étoit deftiné pour l'œii 
gauche , & le nerf gauche pour l'œil droit j mais ils 
vont chacun à l'œil du côté d'où ils fortent , & cela efl 
confirmé par l'obfervation de Vefale , fur une femme 
dont l'œil droit étoit atrophié depuis fon enfance , & le 
gauche très - fain. Cet habile Anatomifte trouva dans 
l'ouverture du cadavre de cette femme le nerf optique 
de l'œil atrophié beaucoup plus petit que celui de l'œil 
fain , depuis le globe de cet œil jufqu^à l'origine du 
nerfs au côté droit de cette union. Cela démontre que 
l'union des nerfs optiques ne confifte que dans le (impie 
attouchement de leur fubftance médullaire , fans fe con-^ 
fondre ni fe croifer. Vefale dit encore avoir remarqué 
des cadavres chez qui les nerfs optiques naiiîoient (é- 
parément , & fe continuoient féparément , fans que les 
fujets en euilent jamais fenti la moindre incommodité 
pour la vue. 

ORBICULAIRE. Nom que M. WinfloW donne au 
quatrième os de la première rangée du carpe , â caufe d© 
fa figure. Voyez Pififorme. 

Orbiculaire des Lèvres. On donne ce nom à un muf- 
cle qui embraffe & forme les deux lèvres. Il eft compofé 
de deux plans de fibres , un fupérieur & un inférieur , qui 
fe rencontrent $c fe croifentà la coramilTure des lèvres. M. 
"WiniloW en a fait deux mufcles diftingués , qu'il ap- 
pelle demi-orhiculaires , dont un efl fupérieur , & l'autre 
inférieur : il dit qu'il fçroit plus à propos de les nom« 
jEïier demUoyalaïres v parce que les fibres de ces mufçles, 



iS4 O R B 

ont en effet une dircdion ovale , larfquc la boucKe e(% 
fermée. Mais cette diiedion change lorfqu'on l'ouvre : fi 
elle eft fort ouverte , le grand diamètre de l'ovale eft 
de haut en bas , au lieu qu'il etl piacs tranfverfalement 
lorfqu'elle eft fermée. L'ulage de ce mufcle eft de fermer 
les lèvres : ilpeut aulli les tirer en devant & faire ce qu'on 
appelle la moue. 

Qrbiculaïres des paupières. Nom que Ton donne à 
une bande mufculeufe très-large , dont les fibres font 
pour la plupart orbiculaires & relferrent les paupières ea 
forme de fphinder. L'ufage de ce mufcle l'a fait appellet 
abbaj(feur OMfermsur des paupières , quoiqu'il n'abbaifte 
que la paupière fupérieure. 

Entre l'angle incerne de l'œil , & l'apohyfe nafaîe di 
l'os maxillaire eft un tendon commun ligamenteux, trés- 
fort , qui a (on attache à l'os , &: qui diminue à mefurc 
qu'il s'en éloigne , pour s'approcher des extrémités des 
tarfes auxquels il fe termine. La plupart des fibres char-. 
nues de ce mufcle s'y attachent , ce qui eft beaucoup plus 
fenfible , li on les examine du côté du globe de l'œil, 
que fi on les confidere extérieurement. Elles fe portent 
de là en haut & en bas, font le tour des paupières, & fe 
rencontrent au petit angle où elles forment un en- 
trelacement difficile à développer. On y découvre à la 
face irxterne des paupières une petite bande tendineufe 
très -mince , qui s'étend depuis l'union des deux tar. 
{qs ^ jufques fur le bord temporal de l'orbite. Elle n'eft 
pas également fenfible dans tous les fujets. Nous divife- 
rons ce mufcle en quatre portions comme a fait M. 
tWinfloW. 

La piemiere qui eft la plus externe, environne l'orbite. 
Sa partie fupérieure eft placée entre les fourcils , & le bas 
du mufcle frontal auquel elle eft fort adhérente , de 
même qu'avec les furçiLiers. L'inférieure a auili une forte 
adhérence avec les mufcles inciiif & zygomatique. La 
partie fupérieure n'eft pas f-parée de l'inférieure vers les 
tempes , parce qu'elle palle au-delà du petit tendon mi- 
toïen, 

La féconde portion eft placée en haut, entre le bord. 



O R B clB^ 

fie i'brbite, auquel elle eft attachée en partie, & le globe 
<îe l'œili en bas, elle couvre le bord de l'orbite. Riolan en 
a fait deux mufcles diftingués, parce qu'ilaoblervé qu'ils 
pouvoient agir l'un fans l'autre , & que leurs nerfs ne 
font pas les mêmes. Cette féconde portion ell adhérente 
comme la première aux mufcles furciliers , frontal , 
incifif & zygomatique. 

La troiiiéme portion appartient aux paupières d'une 
manière plus fpéciale. Elle a beaucoup plus d'étendue à 
la paupière fupérieure qu'à l'inférieure. Ses fibres fe ren- 
contrent aux deux angles , & s'attachent aux petits ten- 
dons mitoiens , ce qui ell plus fenlible du côté des yeux 
à l'extérieur. 

La quatrième portion ell la plus interne. Ses fibres 
forment de petites arcades qui ne s'étendent pas jufqu'aux 
angles des paupières , ce qui fait que la partie fupérieure 
de cette portion eft réellement dillinguee de l'inférieure 
Leurs fibres s'attachent par les deux extrémités aux tarfes 
des deux paupières. Riolan a fait an mufcle particu- 
lier de cette portion ,& l'a appelle ciliaire. 

Toutes ces différentes portions font recouvertes par 
la peau fur laquelle elles font plufieurs plis qui fuivent 
la diredion des fibres. 

Ce mufcle en fe contradant , rapproche les deux pau- 
pières l'une de l'autre. L'inférieure a très-peu de mou- 
vement , fi on le comipare à celui delà fupérieure. La 
rapidité de ce mouvement répond à celle du mufcle re- 
Icveur & tout le monde connoît la célérité avec laqijelle 
fe fait le clin d'œil, qui ell le réfultat de l'aélion fuccef- 
iîve de ces deux mufcles. 

Lorfqu'on fait quelqu incifion aux paupières , on fuit 
la diredion des fibres du mufcle orbiculaire. Il faut bien 
prendre garde d'intéreffer celles du mufcle releveur pro- 
pre de la ppupiere fupérieure qui fe croifent avec celles 
de l'orbiculaire. 

Orbiculaire de Cutsrus.^yciMÏd^) Voyez Conftri^eut 
de la vulve. 

Orbiculaire. ( ligament) Ce nom a été donné aux li- 
gamens capfulaires , parce qu'ils entourent l'ardcle corn- 



â86 O R è 

me un cercle. Il ne faut pas les confondre avec les Hga* 
mens articulaires. 

ORBITAIRE. Se dit de tout ce qui a rapport à l'or^ 
bice & des difiérentes parties qui entrent dans fa compo- 
iition. 

Orhitaire ( canal) ou marche orhitnîre. C'eft un con- 
duit pratiqué dans ia partie des os maxillaires fupérieurs, 
& qui entre dans la compofîtion de l'orbite. 6a direc- 
tion eft d'arrière en devant. Il commence vers le milieu 
de la fente fphéno-maxillaire , par un trou que l'on 
nommé orbitaire jupèrieiir ou poflérieur , & il le ter-a 
mine en dehors , au-dclîous du bord de l'oibite , à la 
partie fupérieure & un peu interne de l'os de la pometté 
par un trou qu'on appelle orbitaire antérieur ou infè' 
rieur. Ce canal laiiîe palTer le nerf maxillaire fupérieur , 
qui eft une branche de la cinquième paire. 

On donne aufli le xiom. à' orbitaire à une échancrurede 
l'os maxillaire qui forme la partie inférieure de l'orbite ; 
elle eil placée entre l'apophyfe nafale & l'apophyfe ma- 
laire. 

Orbitaire.' (^nerf) M. "Winllow donne ce nom à la pre« 
miere des branches des nerfs trijumeaux , & à laquelle 
l'Vi^ilis avoit donné celui d'ophtalmique. V. ophtabnique. 
ORBITE. Cavité qui contient les yeux : elle eft for- 
mée par la réunion de plufieurs portions d'os qui font 
fournies par l'os coronal , le maxillaire , celui de la 
pomette , l'os unguis , l'os fphenoïde , fethmoïdé , & 
les os du palais. On remarque dans l'orbite les cavités 
fuivantes : le trou orbitaire fupérieur ou furcilier , qui 
n'eft quelquefois qu'une échancrure : le trou orbitaire 
inférieur, qui eft feutrée d'un canal qui s'étend de der- 
rière en devant , & porte le nom de marche orbitaire'. 
l'ouverture du conduit lacrymal : le trou interne , qui 
eft quelquefois double : le trou optique Se deux fentes 
orbitaires , dont une eft fupérieure , & l'autre infé- 
rieure. 

La cavité de l'orbite eft fort profonde , parce qu'où- -ii 
trc le globe de l'ail & les mufcles qui le font mouvoir , j 
il y a beaucoup de graille fur laquelle il eft appuis ; l'or- 



O R Ë ^ ^^ aS7 

bite eft allongée à fa partie antérieure , & s'étend tranl- 
veifalement. 6es bords font forts , & les os par lefquels 
ils font formés , font en cet endroit d'une fi4>ftance dure 
& compade , & défendent mieux par ce moïen l'œii des 
corps étrangers. 

ORDINAIRES. Nom qui fe donne aux évacuations 
périodiques du fexe , à caufe qu'elles reviennent habi- 
tuellement & d'ordre tous les mois. Voyez menJîrueL 
OREILLE. Organe de fouie : il y en a deux , une 
de chaque côté de la tête. Les Anatomiftes divifent l'o- 
reille en interne & en externe. Par l'oreille externe, ils 
entendent tout ce qui eft hors du fond du trou auditif 
externe de Fos des tempes : par l'oreille interne , ils 
comprennent tout ce qui eft renfermé dans la cavité de 
cet os , & ce qui y a quelque rapports L'externe eft 
pour la plus grande partie formée d'uii cartilage très- 
ample & trés-façonné , qui eft comme la bafe de toutes 
les autres parties dont l'oTeille externe eft compofée. 
L'interne eft principalement faite de différentes pièces 
olleufes , fabriquées en partie dans Tépaiffeur de fos des 
I tempes , & fur-tout dans celle de fon apophyfe pierreu^ 
fe , en partie dans une cavité particulière de cet os , où. 
i elles font contenues féparément. 

L'oreille externe a en quelque façon la figure d'une 
coquille , dont la grofte extrémité feroit tournée en haut, 
la petite en bas , la convexité du côté de la tête , & la 
cavité en dehors , & un peu en devant. On y diftingue 
, deux portions principales , une grande & ferme , qui eft 
! la fupérieure , une petite & molle que Ton nomme lohe 
\ ou lobule. La face antérieure eft divifée en éminences 
& en cavités : on y compte quatre éminences : l'hélix, 
, l'anthélix , le tragus & l'antitragus. On y compte aufîi 
quatre cavités : favoir , le creux du grand pli , appelle 
hélix , la foUétte de l'extrémité fupérieure de fanthe- 
iix , la conque & le conduit auditif, qui eft au bas 
de la conque. La face poftérieure ne préfente qu'une 
; éminence confidérable , qui eft une partie de la con- 
1 vexité de la conque , Pautre partie *eft cachée par f at- 
tache de l'oreille externe à l'os des rem.Dcs. Cette a;- 



i 



iSB O R È 

tache empêche aufli de voir le creux clc îa crête qui di* 
vife le fond de la conque en fupérieur & en inférieuti 

Prefque toute l'oreille externe eil Ibrmée d'un carti- 
lage particuher qui n'eft revêtu que de la peau foitifiéê 
de quelques libres ligamenteufes , mufculeufes , & tra- 
verfée de vailicaux fanguins & de glandes febacées Se 
cerumincuies Ce cartilage ne fe trouve point dans le 
lobe , mais il forme tout le refte de l'oreille externe, 
laquelle efl fixée à l'os des tempes, au moïén de liga-» 
mens particuliers , fitués fur le devant & en arrière de 
■'cette partie cartilagineufe.- 

L'oreille interne eil beaucoup plus compliquée que 
l'oreille externe. Il faut couper l'os temporal en ditte* 
rentes ferions pour l'examiner. On y remarque la mem- 
brane du tambour , autrement dit timpan,. Le périoile 
<ie la caiiTe , celui des ollelets , du labyrinthe , & de 
toutes fes cavités : la membrane malloïdienne interne, 
les mufcles des ollelets , & les parties qui achèvent la 
trompe d'Euftache , la caiile du tambour , & toutes fes 
cavités. Il faut voir les unes & les autres de ces parties, 
chacune à leur article particulier. 

Tout le monde connaît les ufages de l'oreille. G^efl 
celui de tous les organes dont il efl: le plus difficile de 
démêler le mécbanifme quoi qu'il foit facile d^en démon- 
trer commodément les parties compofantes : elle eft l'or- 
gane de l'orne. L'oreille externe ramalîe les raions fo* 
nores , les retient & les modifie dans fes diiFérens re- 
plis , les tranfmet enfuite au canal auditif, qui les rend 
à fon tour à l'oreille interne , dans laquelle ils font 
mille circuits qui les modifient encore. La fenfation qui 
réfulte de l'im-prefiion de ces raiors fonores fur les dif- 
férentes parties de l'organe s'appelle Vouie , du vieux» 
mot françois ouïr , qui fignifie la mêm-e chofe o^xii'enten* 
lire plus ufité. 

OREILLETTES DU C(EUR. Sacs mufculeux, fi-- 
tués au nombre de deux à la bafe du cœur , l'un en de- 
vant , l'autre en arrière , au-deifus des ventricules. Une 
cloifon mitoïçnne' interne j & des fibres communes â 

l'extérieur 



O R E ^89» 

rcxtéiîeur les uniiTent à-peu-prés comme les ventricules* 
Ces cavités font tr^s-ine^.alcs en dedans; eiles fontplus 
unie-, en dehors , èc terminées par un bord enoit , au-- 
quel ou remarque une dentelure qui reprelente la crête 
d'une DOuL , ou une efpece d'oieil e de chien. Ln célè- 
bre Anatomiftede Leide voulut autrefois donner le noni 
particulier d'oreillette à cette partie , & conferver le 
nom ce fac i ià cavité. Les oreilltttes s'abouchent avec 
les ventricules , & leur embouchuie eft tei>dineuie com- 
me celle des venriicules. 

L'oreillette di oite a plus de capacité que l'oreillette gau. 
che ; elle s'ouvre dans le ventricule du même côté , Se 
lui tranlmet le lang qu'elle reçoit de la veine cave. Sa. 
dentelure le termine obliquement par ui.e forte de pointe 
moulfe, qui reiiembie à un petit ail jugement particu- 
lier du çrand lac , & qui eit t .urnée vers le milieu de 
la bafe du coeur. La furiace interne de cette même oreil-^ 
lettc ^ eft toute inégale & traverfee de lis^nes iaillantes^ 
charnues , fort nombreufes , qui en traverfent les pa- 
rois , & qui communiquent entre elles par d'autres plus 
petites coljmnes dilpofées très-obliquement dans leurs 
intervalles. Les premières de ces lignes font comme des 
trous , & le', autres comme de petites branches pofées à 
! contre fens les unes des autres. 

L'oreillette gauche fembk un tronc commun des qua- 
tre veines pulmonaires : elle eit mufcuîeufe , médiocre- 
I ment épailTe & moms confidérabl,; que la droite ; elle 
I a comme la précédente , un prolongement , dont la 
j conformation diffère toutefois de celle de l'oreillette 
même. Extérieurement , elle eft comime un petit fd^c 
\ longuet , courbé & recourbé par fa largeur , & dentelé 
; par le contour entier de les bords. Intérieurement , elle 
I refTemible à l'intérieur de l'oieillette droite. 
j OREILLONS. Tumeurs des parotides. O^i les ap- 
[pelle de ce nom , parce que les glandes parotid.iS qui 
[ibnt leur iiéïe , font (ituécs derrière les oreiîiei. Ils fe 
J traitent comme les différentes tmneurs qui viennent 
jdans les différentes parties du corps , fuivant leur carac- 
D. de Ch. Tome If. T 



190 O R T 

tere propre. Voyez Bubon , Phlegmon , Tumeur , Ahf» 
ces. 

ORGANE. Ce mot fignifie la même chofe qu'inrtru- 
ment : il convient en général à toute partie capable de 
quelque fondion , foit que cette partie ioit plus com- 
pofée j foit qu'elle le foit moins. Par exemple , l'organe 
de la vue , les organes de la refpiration , &c. 
' ORGELET. Voyez Cri/^. 

ORGUEILLEUX Voyez Crire. 

ORIFICE. Ouverture qui conduit dans la cavité de 
quelque organe. 

ORTEIL. Nom que l'on donne à chacun des doigts 
du pied. Leur nombre eft de cinq à chaque pied : on 
les divife , comme les doigts de la main , en phalanges : 
chacun en a trois, excepté le pouce ou gros orteil , 
qui n'en a que deux , & qui diffère en cela du pouce 
de la main qui en a trois. 11 eft vrai en récompenfe que 
le métatarfe a cinq os , au lieu que le métacarpe n'en 
a que quatre, parce que la première phalange du pouce 
de la main eft formée par la cinquième. 

On donne au pouce le nom de gros orteil , parce que 
fon volume a beaucoup plus d'étendue que celui des 
autres orteils. Sa première phalange eft fort groife , & 
reflemble à la féconde du pouce de la main. Sa bafe 
eft portée fur le premier os du métatarfe , eft fort cave , 
& fa tête qui porte la féconde phalange, eft en forme 
de poulie & très-large. 

La féconde phalange qui eft aufîi la dernière , eft 
applatie comme à la main , mais beaucoup plus groife. 
Sa furface qui regarde vers la terre eft garnie d'un re- 
bord qui repréfente un fer à cheval. 

Les quatre autres orteils font très-petits relativement 
au pouce. Les premières phalanges font arrondies , me- 
nues & étranglées dans leur milieu : elles font portées 
fur les os du métatarfe , & foutiennent les fécondes pha- 
langes. Les fécondes & les troifiemes font très-courtes, 
& faites à peu près comme celles des doigts de la main. 
On trouve louvcnt les deux dernières phalanges ankilo« 



os a9t 

jféesdans les deux derniers orteils ^ te qui paroît venir , 
fuivant la remarque de M. WinfloW , de la compreflioil 
que les chauiTures font fur ces patries , & de i'inaétioil 
dans laquelle elles les retiennent. Voyez Phalages, 

OS. Ceft la partie du corps la plus folide , & celle 
qui fert de bafe à toutes les autres. La blancheur eit la 
couleur naturelle des os i mais il y en a fur qui cette 
couleur eft moins marquée. Tels font ceux qui font 
fort fpongicux , qui font couverts d'une lame oiîeufè , 
fort mince; & qui ont beaucoup de vaifleaux fanguins, 
comme les côtes & les extrémités des grands os , qui 
font d'un blanc obfcur , tirant un peu fur le rouge , aii 
lieu (que ceux dont la ftrudure ell plus ferrée , comme 
le corps àQS os de la cuiife ou du bras , ont plus de blan- 
cheur. 

On voit tranfuder une forte d'huile des os qu*ôn â 
féparés du cadavre, La membrane qui entoure la moelle 
fert com.me de période aux os intérieurement : elle eft 
adhérente à ceux-ci : 1°. par de petits vailîcaux , 2,°. 
pra- les petits prolongemens qii'elle envoie dans les po- 
res olfeux : le fuc moelleux coule dans la fubftance de 
l'os par ces prolongèmens , & fe manifefte au dehors. 
Clopton Havers a remarqué de petits conduits qui por- 
toient l'huile moëlleule dans les ôintures i ce qui doit 
faciliter le mouvement des os. Les os font plus ndm. 
I, breux dans les jeunes gens que dans les vieillards. 

. Les extrémités des os font plus grolfes & plus éten- 
I éufes-que le corps de l'os. Nous allons en donner la rai- 
> fon : cette étendue a pluiieurs avantages , tant par rap- 
! port a la rermete des os mêmes , que par rapport aux 
1 mouvem-ens que ces os doivent exécuter. Car , par rap- 
; port aux os , cette étendue affermit leur affiette les uns 
r par rapport aux autres , & prévient par conféquent les 
i dangers de diflocation : elle donne de la grandeur à 
i l'arc du cercle qu'ils peuvent décrire dans leurs mouvez 
I mens , & augmente la baie par laquelle peut paiîerlà 
ligne de diredion par rapport auîi mouvemens des osj 
: ces têtes plus larges éloignent l'infertion des mufcles , 
du centre de mouvement ^ & par conféquent donnent 



^'^i o s 

plus d'efficacité a leurs efforts. Si la partie moïenne de 
r.os efl moins valle , ce qui auroit beaucoup nui aux; 
agrémens du corps , elle eft en récompenfe bien plus 
folide. En effet , c'eft vers cette partie de l'os que fe 
concentre tout l'effort de l'adion des parties fupérieu- 
res , & de la réadion des parties inférieures. Il faut 
remarquer ici que les cavités des os longs , indépen- 
damment des ufages de la moelle qu'ils contiennent , 
fervent auffi à rendre l'os moins fragile , en rendant le 
levier qui fe forme néceffairement pour caffer l'os moins 
forti car cette cavité éloigne néceiiairement la force 
du point d'appui. 

La nutrition des os fe fait de la manière fuivante : 
les vaiileaux fanguins entrent dans la fubftance des os 
pour les nourrir. On peut fuivre certains rameaux dans 
les parties les plus dures i ils fe gliffent entre les la- 
mes offeufcs. Les veines n'accompagnent pas les artères, 
comme dans les autres parties du corps j elles fuivent 
d'autres routes pour rapporter le fang : ces vaiileaux 
fervent à nourrir les os. On a prétendu que les os ne 
fe nourriffent que par le fuc plâtreux que ces artères 
dépofent dans les cellules qui font entre les iames of- 
feufes y ce fuc prcffé continuellement par les artères , 
îo. étend les fibres offeufcs, & par conféquent allonge 
les os , & leur donne de l'épaiffeur i 2°. par la preffioar 
des fibres , & par le battement des artères , la partie 
liquide du fuc plâtreux fe diffipe , & le relie fe durcit: 
ainfi les os doivent par-là devenir plus durs 3 fi cette 
matière venoit à fe diffoudre , & que le fang gonflât fi 
fort les vaiffeaux qu'il s'épanchât dans les cellules, les 
osparoîcroient rougeàtres , & pour ainfi dire , char- 
nus. 

Un Académicien a démontré que les fibres du pé- 
liofte (membrane qui couvre les os) s'implantent entre 
les fibres oifeufes , & devenant offeufes elles-mêmes , 
elles produifcnt de nouvelles couches d'os , fuivant le 
méchanifme par lequel les lames de l'écorce des arbres 
fervent à la nourriture du bois des arbres en devenant 
elles-mêmes lîsnc nies. Comme ces couches font formées 



os ^ 2^^ 

:'i3ans les arbres par le fecours de la fève , de même les 
couclies du périoftc fe forment & fe renouvellent comme 
toutes les autres parties du corps humain , par le moïen 
de la circulation. Il a pouflé fes expériences plus loin'*^ 
& a démontré la formation fuccefîive de ces lampes e^ 
nourriffant les animaux de garance i cette plante a la 
propriété de teindie les os en rouge. Par ce mo^yett ^ 
la lame qui avoir été form.ée dans i'cfpace de tem.s -^ 
pendant lequel l'animal avoic été nourri de garance ^ 
étoit abfolament rouge , (Si celle qui s'étoit formiée dans 
le tems où l'on avoir interrom.pu l'ufage de cette raci'- 
ne , avoir la couleur naturelle des os. 

Un Auteur ne croit pas ces raifons fuiiirantes pour 
nous conduire à nier l'exiftence d'un fuc plâtreux qui 
réellement fe trouve dans les os ., 8c qu'on démontre 
fur-tout dans la formation des calus , hc dans certaines 
efpéces d'exollofesj car , quoique cet Académicien , & 
même avant lui Antoine de Heyde nous ait démontré 
la part qu'a le périofte dans la formation des calus , 
cependant on y découvre toujours un fuc plâtreux qui , à 
la vérité , ne forme pas des parties organifées , mais 
qui fuint pour réunir & pour fouder les parties féparées. 

l Quoiqu'il en foit , ce fuc plâtreux n'auroit-il pas l'air 

\ de fyflême ? & ne pourroit-on pas dire que les os ont 
la même nourriture que les autres parties ? La lym- 

; phe nourricière en s'épaiffilïant dans 1 intérieur des os , 

I ne pourroit-elle pas les nourrir , & produire leur accroif- 

tfement? 

f Os de la langue. L'on donne ce nom à l'os hyoïde, 
'Voyez Hyoïde. 

Os planum. Les Anciens regardoient comme un os 
iféparé cette porrion de l'ethmoide qui fait la paroi in- 
[terne de l'oibite , & lui avoient en conféquence donné 
le nom particulier dont il ell quelHon ; mais les Ana- 
to milles Modernes ont vu que les os planum de chaque 
jcôté ne font que- les parties latérales de l'os ethmoïde , 
îcfqu elles font applaties , minces & quarrées. Elles con^ 
tiibuent fouvent à former les trous orbitaires internes ; 



I 



194 O S S 

au f efle , Tos planum s'articule avec Tos unguis de chaque 
côté. Voyez Ethmoide. 

OSiiPHEOCELE. Hernie complette, qui ço-nfifte 
en ce que l'inteftin feul , ou avec Tépiploon defcend 
j^fques dans le fcrotum. Voyez Hernie. 

OSSELETS. Petits os qui fe rencontrent dans la ca- 
vité de Foreille interne. On en compte quatre rfçavoir, 
le marteau , l'ençIume , l*étrier, & l'os lenticulaire. 
Ils font articulés les uns avec les autres de la façon fui- 
vante : le marteau depuis la pointe de fon manche juf- 
qu'à l'endroit où il fe recourbe, eil attaché le long de 
la membrane du tambour , à peu près depuis fon centre, 
jufqu'à fa circonférence, & fitué de manière qu'il paioît 
un demi diamètre de fon cercle. Cet oiîelet fe recour- 
bant enfuite , fe termine fous un rebord que fait Fos 
qui forme la cavité du tambour , & par le côté, de f^ 
tête, qui a deux petites éminençes & une cavité, il fe 
joint à la partie la plus éminente du corps del'enclurae, 
de forte que les deux éminençes de la tête du marteau 
entrent dans la double cavité qui ell au fo.mmet du 
corps de l'enclume i & réminence de l'enclume , quifé- 
pare la double cavité , entre dans la cavité que for- 
ment les deux petites éminençes de la tête du marteau. 
La plus courte & la plus groile apophyfe de l'enclume, 
ell reçue dans une petite cavité qui eft au derrière de 
la caiué du tambour , à la partie fupérieure , & y eft atta- 
chée par une membrane très-déliée. L'autre apophyfe 
(de l'enclume eft jointe à la pointe de l'étrier , par le 
moyen de l'ollelet lenticulaire , qui entre d'un côté , 
dans fa cavité' qui fe trouve à la pointe d^ l'étrier, & 
de l'autre côté, dans celle qui eft à l'extrémité de cettç 
apophyfe , & eft attaché à ces deux cavités. La bafe de 
rétrier j qui eft un peu convexe à fa partie extérieure 
eft appuyée fur la fenêtre ovale , qu'elle b.ouche par le 
moyen d'une membrane. Taus ces ofTclets font revêtus, 
du p.-rio/le , 6c parfemés comme lui de vaiileaux fan- 
gui. ns. 
^ 11 faut remarquer au refte , que ces oiîelets, de. 



O s T , ^9$ 

même que le limaçon & les canaux demi circulaires font 
4ans les enfans prefque auffi grands que dans les adultes 5 
& qu'ils y ont aufTi la même dureté , tandis que les au- 
tres os de la machine font entièrement imparfaits dans 
le premier âge. 

OSSEMENS. Amas confus d'os décharnés , Se pré- 
parés pour faire un fquelette. 

OSSEUX. Qui tient de la nature des os , qui en a 
la couleur Se la confillance. 

OSSIFICATION, Adion par laquelle les parties du 
corps , & principalement les os deviennent os. Les Au- 
teurs ne font nullement d'accord fur la manière dont 
les os acquièrent la folidité qu'ils ont depuis l'inftant de 
la conception jufqu'au tsmps le plus reculé de la vie. Les 
Anciens prétendoient l'expliquer au moyen d'une faculté 
formatrice. M. duHamel, célèbre Académicien prétend 
que les 05 fe forment par l'applicarion fuccefïive des 
lames du périofte les unes fur les autres , d'où réfultent 
les différentes tables qui compofent la fubftance com- 
pare des os. M. Haller de nos jours rejette cette opinion 
& croit qu'en admettant un fuc olfeux originaire, le 
battement des artères dans cette fubrtance , fuffit pour 
1© condenfer & le rendre compade au degré o-ù Ton 
fi voit les os. L'ofïifîcation commence par le centre dans 
i; les os longs , & s'étend de plus en pîus à mefure que 
f le cœur acquiert plus de force avec l'âge. Err général il 
[ eft très- difficile , pour ne pas dire impolïible d'arracher 
i de pareils fecrets à la nature. Cependant s'il faut adhé- 
rer à quelque fentiment , celui de M. Haller paroît le 
plus vraifemblable. 

OSSIFIE'. Qui a atteint la confiftance d'un os , qui 
1 cil devenu os. 

OSSIFIER ( s' ). Se dit des parties molles qui con- 
I tradent une dureté olfeufe. Telles font la plupart des- 
parties dans la décrépitude. 

OSTEOCOPE. Douleur aiguë & profonde , avec un 

fentiment de lafTitude , dans' laquelle les mufcles qui 

font leis plus ptès des os , les tendons & le périolle 

' même foufFr.ent fi confuiérablemcnt 3 qu'il femble qu'on 

Tiv 



açô o V A 

a les parties dolentes biifecs. C'eft une maladie aiïez 
commune da s la groile veroic , &. le fcorbut invétéré. 
Elle le L uerit en levant la cii^ie qui la pr'^duit. 

CSTEOl-OGIL Parue de l'Anatoiiie qui traite àos 
os. Le fquelet lait l'objet de l'Oltéoiogic. On la divile 
en Oiléoiogie lèche 6c en Ofl:eoh>gie fraie e. Da> s la 
première on examine les os tels qu'iU iont dans le ique^ 
let fec. Dans la féconde un oblerve la couleur, les liai- 
Ions naturelles des os entre eux i les cartilav^'es , les li- 
eamens , le périolte , la moelle , la fynovie &. les glandes 
lynoviales , &c. Voyez S-^ueUt, 

OTALGiE, Douleur n'oieille^ particulièrement celle 
qui le fait lentir dans le fond du .uéat auditif, 

OTALGIQUE. Remède propre aux maladies de 
l'oreille. 

OTENCHYTE. Efp^ce de feringue , avec laquelle 
on fait des inedtions dans le fond de l'oreille. 

Il feprend aulfi pour la matière mem.ede cesin)eâ:ions, 

OVAIKES ouTESTICULE.V des femmes. Ce font 
deux corps blanchâtres un peu ovales & applatis , fîtués 
un de chaque côté de la matrice. 

Leur grandeur varie fuivant les âges , & eft plus con- 
sidérable chez les jeunes filles , que dans les perfonnes 
d'un âge a- ancé.. Pour l'o dinaiie cependant elle n'ex- 
cède pas celle d'un petit œuf de pigeon. Us font cou- 
verts de deux membranes. L'externe cft fournie par le 
péritoine, &. l'interne reilerr.ble alTez par fa folidité à 
la membrane propre du tefticule de l'homme. Ces mem- 
branes form.ent des, rides dans les perfonnes qui font 
âgées, & faitout dans Ci.lles qui ont eu des enfans , au 
}iea qu'elles font liffes & polies da. s les jeunes filles. 

Le tillu des ovaiies ell formé de deux fortes de fubf- 
tances, dont l'une eft une forte de ti 11 u fpongieux , & 
l'autre un amas de petites véficules fort claires , aux- 
quelles on a donné le nom c '.-?«/>,& qui font encha(rée5 
dans le tilui fponoieux. 11 ne faut pas confondre ces pe- 
tites véhcules avec d'autres à peu près femblables qui 
fe trouvent aifez fouvent dans le même lieu , & qui font 
à.zs hydâtides,lefquelksdouneut quelques, fois naiifanc-e 



OUÏ an7 

a une hydiopifie particulière. Lorfqu'on fait cuire un 
ovaiie les petits (xuts Te durciffent comme le blanc des 
œufs des volatiles , & ont la même couleur , ôc le m^rac 
goût i au lieu que leshydatides ne Te durcilTencpas. 

Les ceuis difiérent en grofTeur , même dans le même 
ovaire. Les plus gros ne le font ordinairement pas plus 
qu'un pois Ils font plus petits dans les jeunes animaux 
que dans ceux qui font âgés , & on les trouve dans 
tous. Leur nombre eft indéterminé. On en trouve quel- 
quefois une vingtaine dans chaque ovaire : ils font logés 
chacun dans une petite cellule, à laquelle fe termine 
un erand nombre de ramifications de veines ou d'ar-. 



tères 



Les ovaires font placés dans le repli poftérieur des 
lif.amens larges , & com.me fufpendus aux vaiiîeaux fper- 
matiques. Ils font attachés à la matrice par les li^amens 
larijeSj & par un autre ligament très-fort qui n ell pas 
creux , cjmme les anciens Anatomiftes le croyoient, & 
auquel ils avoient donné par cette raifon le nom de ca- 
nal détérent. Ils y font aufli attachés , & y communiquent 
par le moyen des trompes de Fallope. 

OVALAIRE ou OVALE. Nom que l'on donne à 
un trou du baffai . dont la figure ell à peu-prés ovale. Il 
cft forme par les os ifchium & pubis. 

OVILUCS. M. Duverney donne ce nom aux trom- 
pes de Fallope , parce que dans le fyrtême des Ovariiles 
ces tuyaux conduifent l'œuf fécondé de l'ovaire dans la 
inatrice 

' ouïe. Sens par le moyen duquel nous percevons les 
fons. Ce doit être le plus cher à Thomm^e : c'eft lu| 
qui eft l'ame de la fociété. 

- M. de Buffbn pcnfe que l'impreffion immédiate du fon 
fe fait fur la petite lame membraneufe , qui tapille la 
tampe olleufe , qui divife le limaçon en deux loges dif- 
féientcs. Car, dit il, c'eft de toutes les parties de l'o- 
reille h plus vibratile & fufceptible d'irritation. Cette 
membrane , ajouie-t-il , dans l'jéiat naturel, iouit d'un 
fentiment exquis^ Mais, (i par quelque accident elle 
durcit jS'o-fTifie , elk per^rap^cmte fon adioi. n'étant plus 



^98 O U V 

vibratilc , &: la fuidiié furviendra. Or , comme elle fc 
durcit tacilement chez les vieillaids , il explique pour- 
quoi il y en a qui font attaqués de ce^te infîtmite. M. 
de Buftbn nous patoît avoir le mieux connu le prmcipal 
or2;ane de Fouie, 

Le Ion ell propagé & fe répand comme d'un centre à 
la circonférence d'un cercle i les vibrations empioyent 
un certain temps à fe communiquer de proche en pro- 
che à l'air éloigné du corps fonore , comme fait ell 
^lallique & poreux , celui qui environne le corps fo- 
nore ccâe d la preffion de ce corps ; cet air s^élargit à 
fon tour , Se il rend à la couche voiiine Pimprellion de la 
comprellion qu'il a reçue, celui-ci à ion tour relfcrrc^puis 
élargi , en fait autant à la couche fuivante , 5c cette- 
fuite de prenions «5c d'élargiilemens demande un temps. 
Yo'ilà pourquoi le bruit d'un coup de fufil vient à l'o^ 
reille long-temps après que les yeux ont apperçu le 
feu lorfqu'on le voit tirer de loin. 

OURAQUE. C'eit un petit cordon blanc qui part de 
la veille dans le fjetus^ &: va entre les deux artères ilia- 
ques fe perdre dans le cordon ombilical. On ne fait quel 
ufage lui attribuer. On le trouve allez conftamment 
bouché dans le foetus humain , tandis que dans le fœtus 
àes brutes c'eft évidemment un canal , qui lert à vuider 
la vellie dans la membrane allantoïde. Peyer , & quel- 
ques autres Anatoraiftes , foutiennenc cependant qu'il 
€i\ néceiîaire quefOuraque foit un canal dans le fœtus. 
Mais quoiqu'il en foit , il fe bouche très-promptement 
après la naiifance , & dans fiiomme il ell: impofiible d'y 
découvrir la m^oinc^re trace d'une caviré, 

OUVERTURE COMMUNE J3U CERVEAU. 
M. Winilow donne le nom d'ouverture commune an- 
térieure à la vulve du cerveau , <S: celui d'ouverture com- 
mune poitérieure à l'anus du même organe. Ces ex- 
prelîions ne font pas plus claires 5: ne ietventqifà mul- 
tiplier les mots. Voyez Arzus & Fulve. 

Ouverture d'un Cadavre. Pluiieurs raifons obligent 
d'ouvrir un corps après la mor:» Ou l'on veut découvrir 
la caufe de la mort, ou l'on défîre coixnoître lesetîets 



O U V 199 

d'une malaelie, ou pour cent autre caufes & motifs oa 
engage le Chiiurgien à en faire l'ouverture. Il doit donc 
être inftruit de la manière de la pratiquer. Le temps 
déterminé pour faire une ouverture de cadavre eft or- 
dinairemenif vingt-quatre heures après h mort. Les Or- 
donnances le portent ainfî , & on ne doit point l'en- 
treprendre que le vingt-quatre heures ne foient accom- 
plies , quoiqu'on eut des (ignés certains de la mort. 
Ceft pour éviter les reproches du public qui accuferoit 
le Chirurgien de trop de précipitation. 

Les inltrumens néceilaires pour cette opération font , 
une Ccie , des fcalpels de plufieurs grandeurs , des cifeaux, 
ûcs élévatoires, des aiguilles,, du cordonnet , des épon- 
ges, quelques paquets d'étoupes, & enfin un marteau, 
& d'autres inflrumens dont on croit devoir avoir befoin: 
on les arrange fur un baflin ou fur une table à part , 
& on en dreiîe une autre au milieu de l'apparcem-ent , 
qui doit être d'une grandeur fuffifante pour la longueur 
du cadavre. 

On étend un drap fur cette table , on y place en- 
fuite le cadavre à qui l'on a foin de voiler le> parties 
naturelles avec une ferviette pliée en trois ou quatre 
feuillets , principalement lorfque c'eft une femme j en- 
fuite on coupe les cheveux , & on lui rafe la tète dans 
toute fon étendue. On met par-dellus un autre drap qui 
couvre tout le corps , en attendant que ceux qui doi- 
vent être préfens à l'ouverture foient alfembles. L'heure 
venue , &: tout le mon^de arrivé , l'Opérateur découvre 
le corps en commençant par la tête , que l'on doit ou- 
-Vrir la première , fi l'on a dcllein de viliter toutes les 
cavités. Si au contraire il y avoit une plaie au ventre ou 
a la poitrine , il faudroit commencer par celle des cavités 
quiferoit attaquée. 

Le Chirurgien prendra donc un fcalpel droit , fait en 
couteau , pour faire aux tegumens de la tête une inci- 
fîon qui commencera à la racine du nez , & finira à ia 
nuque. On en fera une féconde qui cro'fera celle-là en 
la tirant depuis une oreille jufqu'à l'autre. L'incifion 
cruciale faite , en diffeque les quatre coins , &: on les 



300 ^ O U V 

fépare à\i crâne dans toute leur étendue. Cela fait , oïl 
fait aiîurer la tête par un fervitcur , & on prend la fcie 
pour fcier l'os coronal s on fcie enluite les temporaux 
l'un après l'autre , pour revenir enfuite iur l'occipital. 
Quand toute la calotte eft entièrement fciee , on fe iert 
de Télévatoire , on en enfonce un des bouts dans la voie 
de la Icie , pour faire éciatter quelques éminences qui 
excédent au dedans l'epaiireiir du crâne , &; que la fcie 
n'aura point entièrement coupées. On le conduit en- 
fuite tout autour en élevant , pour féparer en entier la 
calotte d'avec la dure-mere. Le crâne étant levé , on le 
place à côte de la tête , pour recevoir les morceaux 
de cerveau à mefure qu'on le dillequera pour l'exa- 
men. 

Lorfqu'on a vu dans la tête ce que l'on avoit à con- 
fidérer , l'on defcend à la poitrine & au bas-ventre : on 
retourne fur le dos le cadavre que l'on avoit mis fur 
le ventre pour fcier l'occiput i & ayant mis une ferviette 
fur le vifage pour le cacher aux fpeélateurs , on fait avec 
le biftouri , ou le fcalpel , un.e grande incifion longi- 
tudinale depuis le cou jufques au pubis. On coupecelle-ci 
d'une autre incifion tranfverfale qui fe fait de la partie 
lombaire gauche. A la partie lombaire droite , on cou- 
pe par ces incifions , les tégumens en entier j on difféque 
enfuite les lambeaux fupérieurs pour découvrir le fter- 
num , après quoi on levé cet os après l'avoir feparé , 
par le mxoïen d'un fort fcalpel , d'avec les clavicules & 
les côtes. On le levé enfaite , & l'on fait la vifite des 
vifcères contenus dans la poitrine, pour venir à celle 
des vifcères du bas-ventre. Quand on a fini fon exa- 
men j on arrange les parties que l'on peut avoir dépla- 
cées , & en appliquant exadement les pièces levées , 
fuivant qu'elles doivent fêtce , on recout la peau par la 
future du Pelletier. 

Les étoupes fervent à remplir les cavités , & a abfor- 
ber le fang & les humeurs qui pourroient couler. Si 
l'on tire les intefkins hors du ventre . il ne faut pas ou- 
blier d'y faire double ligature , une à l'intelHn redum , 
& l'autre proche le pilore , afin que les matières coi>* 



P A ï 30X 

tenues dans leur cavité ne s'échappent pas i ce qui pour- 
roic infeder les aflirtaiis , répandre un mauvais air , 5c 
femer la maladie. 

Le tout fait , on recouvre le cadavre du drap de def- 
fus , & on le lailic enfevelir, 

OXYa RHOPIN. Sorte de liniment fait avec deuî& 
parties d'huile rofat , &: une partie de vinaigre rofat , 
mêlés & agités enfemble On en frotte les parties ma- 
lades ,. pour calmer les douleurs , ôc les inflammations, 
&c. 



P^DARTROCACE. Voyez Spinaventofa. 
PAIRE VAGUE. Nom que les Anatomiftes don- 
nent à la huitième paire des nerfs cérébraux , vu fon 
extrême étendue, depuis la tête jufques dans le bas-ventre, 
vu fes dififérens plexus , & ïç.^ circuits variés dans tous 
les vif cèr es du bas-ventre. Y Q-^tz Sympathiques moyens „ 
Paires de nerfs. Comme les nerfs fortent du lieu où ils 
prennent leur origine , conftamment deux à deux , ou par 
couple , pour fe dillribuer à chacun des côtés du corps, 
on leur donne le nom de paires , &; on les diftingue 
en cérébrales 8c en vertébrales. L'on compte ordinaire- 
ment dix paires cérébrales , & trente vertébrales. Celles- 
ci fe fubaivifent en fept cervicales ^ douze dorjales , cinCj 
lombaires Se fix Jacrées» 

Paires cérébrales. 

Pour la première. Voyez Olfa^ifs, 
i ', Pour la féconde. Voyez Optiques, 
■ Pour la troifieme. Voyez Moteurs des yeux. 
. Pour la quatrième. Voyez Trochleateurs, 

Pour la cinquième. Voyez Trljumaux , Ophtalmique 
de ^illis j Maxillaire fupérieur , Q> Aîaxillaire in-^ 
férié ur. 



3oi P A I 

Pour la fixieme. Voyez Moteurs externes 
Pour la feptieme. Voyez Auditif. 
Pour la huitième. Voyez Sympatiques moyens. 
Pour la neuvième. 'Voyez Hypoglojfes. 
Pour la dixième. Voyez Sous-occipitaux. 

Paires cervicales,, 



La première pafTe entre la première & la féconde 
vertèbre du cou i elle efl plus en arrière que les pai- 
res fuivantes ; elle a des ganglions plus gros. Cette 
paire à fa forrie de la colonne épiniere , jette en devant 
un petit rameau : ce rameau monte devant l'apophyfe 
tranfverfe de la première vertèbre , & fait une arcade 
de communication avec un petit rameau du nerf fous- 
occipital voifin , & par ce moyen communique avec le 
nerf intercoftal. Elle jette en arrière une branche con- 
fîderable , laquelle reçoit un rameau de communica- 
tion avec la féconde paire ; elle communique avec le 
rameau du nerf fous -occipital , & par conféquent avec 
l'intercoftal ; puis elle palle entre le mufcle complexus, 
& le droit poftérieur de la tête , fe tourne en arrière j 
& fe dillribue aux petits mufcLs poflérieurs de la tête, 
au mulcle (p'énius , au complexus & au trapèze. Ce 
tronc de nerf traverfe ces mufcles , & fe ramifie fur 
l'occiput en devant , en arriére , en haut , au mufcle 
occipital , 6- au crotaphite. Le même tronc de la pre- 
mière paire cervicale jette encore un filet qui fe bifur- 
que , & dont une portion monte fur le mulcle fierno- 
maftoidien , rutour du nerf accefloire de la paire va- 
gue , & fe tliffe derrière ce muicle pour aller fe per- 
ére dans le iplenius. L'autre portion de ce filet defcend 
en bas , forme un contour particulier , par lequel il 
communique avec la féconde cervicale , & avec le grand 
fimpathique ; puis il fournit des filamens aux mufcles 
snrérieurs du cou , au fcerno-maftoïdien , & au fplé- 
^lius. Un de ces filamens communique avec la neuvie*»- 



P A î 303 

me paire cciébrale , & va au mufcîe fterno-hyoïdieii , 
& aux olandes tyroïdes, 

"" II. 

La féconde paire des nerfs cérébraux , après avoir pa/Té 
entre la féconde & la troifieme vertèbre du cou , jette 
trois branches principales , qui fe diftribuent particu- 
lièrement à la peau qui recouvre la partie antérieure du 
cou , le derrière de la tête , & Toreille externe : elle 
fournit de plus deux filets aux mufcles extenfeurs de la 
tête & à ceux du cou : elle communique, outre cela, 
avec le ganglion cervical fupérieur du nerf intercoftal 
de chaque côté , avec la première & la troifieme des 
paires cervicales , avec la portion dure du nerf auditif, 
& avec la neuvième paire des nerfs cérébraux, 

I I I. 

La troifieme paiTe entre la troifieme & la quatrième 
des vertèbres du cou , fe diftribue par un grand nombre 
de filets, tant aux glandes jugulaires, quà la peau qui 
couvre la partie latérale & inférieure du cou , la clavi- 
cule & le haut du bras ; puis elle fournit des rameaux 
au mufcle trapèze , au furépineux , & donne une bran- 
che pardcvant qui , fortifiée par un rameau de la féconde 
paire cervicale , fe joint au-deilous avec un autre de la 
\ quatrième paire , & concourt ainfi à la formation d'un 
[ cordon particulier , & allez grêle qui defcend des deux 
côtés au diaphragme , comme il elt dit à farticle Dia- 
1 phra^matique. Cette troifieme paire communique en 
j haut avec la féconde paire ^ en bas avec la quatrième 
J cervicale , en devant avec rmtercoftal , & avec un filet 
! de la neuvième paire cérébrale , puis par un autre filer 
avec le nerf acceiroire de la paire vague. 

I V. 

La quatrième paire des nerfs cervicaux paiTe entre la 
quatrième & la cinquième des vertèbres du cou i ells 



304 P A I 

donne d'abord des rameaux au mufcle fcalène , au re- 
levcur propre de l'omoplate , au trapèze , Sec. elle jette 
enfuite un rameau conlidérable , qui paile par Téchan- 
cruie de l'omoplate , & fc diftribLie aux mufcles iurépi- 
neux , fjus-épineux & petit rond : elle communique 
avec la troifîeme & la cinquième cervicale , & avec le 
grand fymphatique. 



La cinquième ayant pafTé entre la cinquième & la 
fixieme des vertèbres du cou , fournit fur le devant un 
rameau qui fe joint avec un filet de la fixieme paire 
c-ervivale , & va fe diftribaer au mufcle grand pedoral, 
& aux tégumens voifins. Un fécond rameau qui com- 
munique de même avec la fixieme paire , fe gliife fous 
les mufcles grand & le petit pedloial , entre le grand 
dentelé & le fous-fcapulaire , & va (e perdre dans le 
grand dorfal & dans les tégumens voifins. La cinquième 
paire cervicale commmunique avec la fixieme cervicale 
& avec la quatrième, puis avec le grand fympathique. 

VI. 

La fixieme palTe entre la fixieme & la feptîeme des 
vertèbres cervicales , fournit des troncs pour la formai 
tion des nerfs brachiaux , & fe diflribue en pluiieurs 
petits rameaux aux mufcles voifins , & aux tégumens» 
Elle communique auifi , moïennant ces filets, avec les 
paires fupérieures , & la feptieme des cervicales. 

V î l. 

La feptieme palle entre la feptieme vertèbre du cou 
& la première du dos, fournit des troncs aux nerfs bra- 
chiaux , comme les trois dernières fupéiieures , commu- 
nique avec elles . & fe diflribue comme la précédente 
aux parties qui l'avoifinent. 

Paires 



? ht '$0$ 

Paires dorfaleSo 

î. 

La .première des paires' de nerfs dorfaux en:re dans 
îa compoiicion des nerfs brachiaux, & jette conjointe- 
mcnc avec la féconde paire , des rameaux thorachiqueSo 

II. I I L ï V. V. V I. & VIL 

Ces fept premières paires fupérieiires fuivent en def^ 
fous le trajet des vraies côtes jufqu'au {lernam , four- 
iiillent de nerfs les mufcles intercoftaux > elles les per- 
cent en dehors & en dedans , pour gagner les grands 
dentelés , les mufcles pcûoraux , & les tégumèns com- 
muns de toute la poitrine. 

Laîepticme ctant arrivée à la portion cartilagineufe 
de la feptieme côte , defcend , &: fe diftribue entré Iss 
mufcles larges du bas-ventre. 

V I I I. I X. X. X I. & X I î. 

Les cinq dernières paires quittent les extrémités des 
! fauifes côtes , pour fe diilribuer aux mufcles du bas- 
I ventre. L'onzième donne auffi quelques filets au dia-i 
j phragmc , & fe glilfe en fuite entre le mufclé tranfverfâ 
I & 'le péritoine. Et la douzième , c'eil-à-d're , la der- 
I niere de toutes fe partage aux mulcies tranfverfcs 6c 
' obliques internes. 

Vaires lombaires». 



Après avoir paifé entre la première & la féconde 
|venèbredes lombes, la piemiere paire des nerfs lom- 
;feaires communique avec la douzième paire dorfale , la 
D. de Ch. Tome IL V 



305 ? A I 

Icconde lombaire , Se avec le nerf intcrcoflal. Les bran-, 
ches fe partagent enfuite en trois rameaux principaux: 
un poftérieur &: deux antérieurs. De ces deux der- 
niers , l'un eft externe, & le plus confidérable, & l'au- 
tre eft interne. Le rameau poftérieur perce le mufcle 
quarré des lombes , & fe répand dans les mufcles du 
bas-ventre ; il va même plus loin , & fournit à la peau 
qui couvre la hanche. Le rameau antérieur externe per- 
ce l'extrémité fupérieure du mulcle pibas , & le quairé 
des lombes ; puis il fe glilfe le long de la crête des îles ^ 
s'avance jufqu'à Tépine antérieure &: fupérieure du mê- 
me os , & diftribue plufieurs filamens aux mufcles du 
bas-ventre, au- fafcia-lata , aux glandes inguinales ëc 
aux tégumens voilîns. La branche antérieure interne 
traverfe de même le mufcle pfoas , s'avance fur le muf- 
cle iliaque , & rencontrant là l'autre branche antérieure 
& exteine , fe joint avec elle pour former enfemble uu 
nerf particulier ; ce nerf va gagner le ligament de Fal- 
iope , puis il fe glilfe le long de l'aponévrofe du muf- 
cle oblique externe , fort enfuite par l'anneau de ce 
mufcle , & fe diftribue dans l'homme aux cordons des 
vaiiTeaux fpermatiques , aux tefticules , 8c à. la peau qui 
recouvre les parties de la génération ; dans la femme il 
fe répand dans les ligamcns ronds , au clitoris , aux 
nymphes 8c aux grandes lèvres. Enfin le tronc de la pre- 
mière paire lombaire concourt à Ja formation du neif 
crural qui eft un des plus gros nerfs de la machine, 

I I. 

La féconde paire lombaire fort du canal àçs vertè- 
bres , entre dans la deuxième & la troi(ieme vertèbre 
lombaire. Après avoir comm.uniqué avec celle qu'on 
vient de décrire , & avec le grand fympathique , elle 
jette quelques petits rameaux aux parties voifînes du 
mufcle pfoas ; puis en arrière elle fournit un rameau 
confidérable , qui perce le mufcle quairé des lombes pour 
aller- fe perdre dans les mufcles lombaires 8c dans les 



vertébraux voiHns. La même paire jette encore un autre 
filet qui fe joint avec un rameau defcendant du tronc 
de la première paire , traverfe la partie fupérieure du 
niufcle pfoas , ie gliiTe enfuite le long de ce mufclc, 
êc va fordr par l'anneau de l'oblique externe , pour fe 
diRribucr aux' glandes de l'aine & aux bourfes dans les 
hommes j à ces glandes, & aux grandes léyrcs dans les 
femmes. Elle fe termine en concourant , comme la pre- 
mière , la troifieme ôc la quatrième paire des lombes , à 
former le nerf crural antérieur, S'étant jointe enfin à 
un rameau de la troifieme , puis à un autre de la qua.^ 
"ttieme , elle contribue à la nailTance du nerf obturateur» 

I ï I. & I y. 

Ta troifieme & la quatrième paire des nerfs des îom^ 
bes , après être forties l'une d'entre la troifieme & la 
quatrième vertèbre lombaire , fautrc d'entre la quatriè- 
me & la cinquième de ces vertèbres , font différentes 
communications comme les précédentes , & jettent cha- 
eune podérieurem.ent des rameaux aux mufcles verte* 
braux & aux mufcles voifins , puis çlhs concourent â 
la formation du nerf obturateur } mais la plus grande 
partie eft employée à former le nerf crural antérieur,, 

V. 

La dernière des paires lombaires fort e^tre là cin- 
t^uieme vertèbre àcs lombes & l'os facrum , & commu* 
nique avec la quatrième paire lombaire , avec l'inter- 
coftal , fournit en arrière comme les paires fupérieurcs 
des filets aux m.ufcles vertébraux & aux mufcles voifins, 
puis elle jette un rameau qui fe joint avec le nerf cru- 
ral. Chaque tronc de cette paire defcend enfuite , entre 
dans le baffin , & avec le rameau qu'il a reçii de la 
quatrième paire des lombes , il va fe joindre aux quatre 
premières paires facrées j pour former enfem.ble ie gros 
i nerf fciatiqus. 



30^ PAL 

Paires- Tacrées. 

h II. III. IV. V. & V î. 

Les fit paires de nerfs facrés fortent toutes de Tos fa-» 
crum par les trous antérieurs & poftérieurs de cet os. 
Les quatre premières, qui font les plus confidérables, 
fortent par les grands trous antérieurs 5 elles jettent quel- 
ques iilets qui paifent par les trous pofléricurs du mê- 
me os j pour fe rendre aux parties voifines. Ces quatre 
premières paires facrées , quand elles font forties des 
trous antérieurs , s'unilfent d'abord , entrelacent leurs 
ramifications,, pour former avec la cinquième paire lom- 
baire le gros nerf fciatique , comme il vient d'être dit. 
Les troncs de la féconde & de la troifieme paire , après 
cette jonction , jettent de plus un grand nombre de 
rameaux , qui vont fe diftribuer aux parties contenues 
dans le baflin : favoir , dans l'homme , â la velfie uri- 
naire, au boïau redum , aux véficules féminales, aux 
proftates & à la verge ; dans la femm.e à la matrice ,aux 
trompes de Fallope & au clitoris. La quatrième donne 
auffi des filets à l'anus , au périnée , au fcrotum , & aux 
lîiufcles éredeurs de la verge. 

La cinquième & la fixieme font moins confidérables 
que les quatre autres. La cinquième paffe de derrière 
en devant de chaque côté entre l'extrémité de Po5 fa- 
cr.um & le ligament du coccyx , & fe diftribue parti- 
culièrement aux mufcles de l'anus, La fixieme ou der- 
nière paire facrée defcend prefque en droite ligne de 
l'extrémité du canal de l'os facrum , & fe ramifie prin- 
cipalement au coccyx , & à la peau qui le recouvre. 

PALAIS. C'efl cette voûte plus ou moins ridée , qui 
forme le haut de ia bouche : il eft formé par la face 
(ioncave des os delà mâchoire fupérieure & des os du 
palais , laquelle eil recouverte par la peau du palais. 
L'on y remarque quantité de glandes de la nature des 
buccales. 



PAL 309 

Palais, (os du) C'eft le nom que Ton a donné à 
3eux os. dont l'extiémité infédeure achevé de former ]sl 
youte du palais. 

Ces os ont une forme trés-irréguliere. Les anciens 
Ahatomillesles ont décrits comme quarrés , parce qu'ils 
n'en connoiflbient que la portion inférieure , qui a à 
peu près cette figure. M. Wiuflow ell le premier qui 
en ait donné une defcription exacte : ils font enchiairés 
entre les os maxillaires & le fphénoïde , & s'étendent 
depuis la voûte du palais jufques dans l'orbite. 

Nous diviferons cet os en trois parties, en lupérieure, 
moïenne &: inférieure, 

La partie inférieuie porte le nom de Palatine ^ parce 
qu'elle forme la partie poftérieure de la voutc du pa- 
lais , dont la portion antérieure , qui ell la plus con- 
fidérabie , efl faisc par les os maxillaires. La face fupé- 
iieure de cette partie palatine achevé de former les fof^ 
les nafa'es , & on remarque à fa partie m.oi'ennc un re- 
bord creufé en goutiere , qui efl une continuation de 
celui qui efl formé par les os maxillaires, & qui reçoit 
Li partie inférieure de la cloifon des narines. La partie 
latérale externe ell enchaffée entre la tubérofité maxil- 
laire des os maxillaires fupérieurs , & l'apophyfe pté- 
rigoïde du fphénoïde. Il y a des Auteurs qui lui don- 
nent le nom de fphênoidaleBc Àq cunéiforme: on y trouve 
une échanciure qui aide à faire le trou palatin pofté- 
îicur. 

La partie moïenne qu'on nomme/;^y^/^, parce qu'el,le 
fait une partie des folles nafalcs, eil large & trés-mince. 
&'a face interne , qui regarde les narines, porte une pe- 
tite éminence tianfverlale , i laquelle le cornet infé- 
lieur s'attache en partie : fa face externe regarde le fi- 
iius maxillaire , &: en fait une portion i c'eft à la partie 
poftérieure de cette face que fe trouve une goutiere , 
dont la réunion avec une femblable qui fe trouve à l'os 
maxillaire , forme le canal m^axillo- palatin , qui laifle 
palTer une branche de nerf, & va aboutir au trou palatin 
poilérieur. 

La partie fupéricure va gagner l'orbite , & en fait 

V n] 



jiô P A E 

une partie en fe joignant à î'os maxillaire : elle pa^ 
roît dans cette cavité , fous la forme d'un petit triangle. 
On remarque encore à cette partie fupérieure plufieurs 
petites facettes allez lujcttes à varier. 11 y en a une qui 
achevé la fente fphéno-maxillaire , ou orbitaire infé- 
rieure : une^ autre latérale interne & poftérieure , qui 
communique avec les cellules de rethinoide & le finus 
fphénoïdal , & un autre enfin qui recouvre la partie pof-. 
téricure &c fupérieure du finus raaxillaiie. 

Cet os eft prefqu'entierement fait de fubllance com^ 
pade : ou ne trouve de diploé que dans l'apophyfe 
palatine & dans l'orbitaire , dans iefquelles il ci\ en pe-^ 
lite quantité. 

Les deux os du palais font unis entre eux par une 
petite future , 3c avec la çloifon des narines par la 
rénure que l'on trouve à la face fupérieure de leur por- 
tion palatine avec les os maxillaires fuperieiirs , par plu^ 
fieurs endroits ; 8c enfin avec le i'phénoide , l'ethmoïde , 
& les cornets inférieurs, 

PALATIN Se dit de tout ce qui a rapport au 
palais. 

Falatinanîèrieur ^ incijif ovl gufiatlf. (trou) Noms 
que l'on donne à un trou placé à la partie antérieure de la 
voûte du palais derrière les dents incifives. Il ell prati- 
qué dans l'engrènure qui unit enfemble les deux os 
maxillaires. Ce trou eil bouclié dans l'étar naturel par 
des membranes , & fon ufage eil inconnu. 

'palatins pojlêrieurs. Nom de deux trous pratiqués 
à la voûte du palais en partie dans, les os du palais, & 
en partie dans les os m-axiilaires. Ils font places contre 
le bord alvéolaire , un de chaque côté , proclie la der- 
nière dent molaire. C'eil l'oriiice inférieur d'un conduit 
que l'on nomme ma xillo -palatin \ il donne paîfage à 
un nerf qui s'épanouit fur le palais. 

PALATINE, ( échancrurc ) Elle fe remarque à l'a- 
pophyfe ptérigoïde de l'os fphénoïde. C'efl: l'endroit où 
çerte aile s'unit avec les os du palais. Voyez Sphénoïde 
&( os du palais., 

Faladnss, {glandes) Coips glaridukax de la natu:^ 



T A t . 3îï 

f es glandes buccales , & qui fe trouvent dans la mem- 
brane qui tapille le palais. Elles filtrent ur.e humeur 
analogue à la falive , comme les labiales. 

PAI.ATO-PHARYNGIENS. Nom d'une paire de 
petits mufcles qui s'attachent par une de leurs extrémi- 
tés entre la luette & rapophyfe ptérigoïde de l'os fphé- 
noïde , & par l'autre à la partie latérale & poftérieure 
du pharynx. Ils ne fe trouvent pas toujours , 6z font 
les mêmes que les perijiaphilo-pharyngiens , & les Aj- 
péro-ph (iryn^i en s . 

PALATO-STAPHYLIN. (mufcle) Il naît par un 
principe alfez large de la jointure des os du palais, uni 
avec fon congénère ; puis il defcend & fe rétrécit un 
peu en forme de trianek 5 il s'attache à la partie fu.- 
périrure de la luette : ion ufage eîl de tirer cette par- 
tie en haut & en devant. 

PALETTE. Voyez Poëlette, 

Palette du genou. Nom que les anciens Anatomîftes 
donnoient A la rotule. Il efl encore en ufage parmi, le 
peuple. Voyez Rotule. 

PALMAIRE ( aponévrofe ). C'eft une toile tendineufe 
qui occupe toute la paume de la main. Elle s'attache à 
toute les parties voiiines , ^ jette de fibres très-folides qui 
ç^ttachent fortement aux os du métacarpe entre les ten- 
dons des mufcles tiéchiiîeursdes doigts. Cette aponévrofe 
a le double ufage de brider ces mufcles dans leur 
adion , & de féparer les tendons de chaque doi;2,t de 
ceux du doigt voifin : elle n'ell pas formée, comme on 
l'a prétendu pendant long-temps, par l'expanfion des 
fibres tendineufes du mufcle long palmaire , puifqu il 
manque allez fouvent, &que l'aponévrofe fe trouve tou- 
jours. 

Palmaire cutané. Court (^ petit palmaire, (mufcle) On 
donne ce nom à un petit plan fart mince de fibres mufcu- 
laires placées tranfverfalement , & un peu obliquement 
fur le bord de la paume de la main , qui elloppofé aupou- 
zt , entre le carpe & le petit doigt. Les fibres de ce mufcle 
s'infèrent à l'aponévrofe palmaire , & font recouvertes 
^ar la peau. Elles font quelquesfois û menues ,&fi pâles ^ 

V iv 



31^ P A K 

qu'on a de la peine à lesappercevoir ;' d'autrefois îe pïaîî 
qu'elles formeot paroit feparée eii plufieuis. L'ufage de 
ce petit mufcle efl de rider la peau du bord de la paume 
de la main , & d'ea au^,menter la profondeur : ce qu'on 
appelle faire le gobelet de i^iogène , ou des foklats de 
Gedeon. 

Palmaire ( le grand ou le long) Petit mufcle placé le 
long de la partie interne de l'avant bras , immédiate- 
ment fous la peau : Ion coips eft petit 6c gi^efie , & fon 
tendon plat & très • long : il ne fe trouve pas toujours 
& ne paroic être quelquestois qu'un détachement du muf- 
cle cubital interne. Il s'attacha par fon extrémité fupé- 
rieure au condile interne de l'os du bras , s'avance vers 
Tavant-bras au miliea duquel il dégénère en un tendon 
2;relle , qui s'avance julqu'au ligament annuUaire interne 
du carpe , à la furiace duquel fes fibres s'épanouifFent. 
On a dit que le tendon de ce miufcle formoit par fon 
épanouillement l'aponevrofe palmaire : on en doute 
beaucoup prefentement ,^ ce doute paroît fondé , puif- 
cuc le mulcle long palmaire manque allez fouvent ^ & 
que l'aponevrofe le trouve toumurs. Ce muicle eft fujet 
à beaucoup de variétés. M. Lieutaud l'a trouvé tout 
charnu. M. Winfiow dit qu'il a vu fon tendon attaché 
a l'os fcaphoïde du carpe , fans qu'il eût com.muniqué 
svec le ligament annulaire. 

On n'a donné à ce mufcle le nom de long Palmaire , 
que parce qu'on a crû que l'aponevrofe palmaire étoit 
formée par l'expanfion de fes fibres tendineufes ; mais il 
ji'eft pas probable , comme nous l'avons vu , qu'il ait cet 
nfa^e , & le nom de cubital greile que M. W^iniloW a 
ilibflitué au premier , paroît lui convenir mieux. 

Ce mufcle femble aider au cubital & au radial interne 
à fîéc ir le poignet. Il peut aufli aider au mouvement 
de prQ:!ation. 

PiVMPlINIFORME , qui a la forme de Pampre. On 
donne ce nom au plexus veineux , que les veines ipcr- 
inatiques forment en remontant du fcrotum & des teili^- 
cales dans les veines émulgen tes. 

PANAPJS. Tum-eur infiammatoire qui naît à l'extro- 



P A N ^ ^ p^ 

mité des doigts, à h racine, ou aux côtés des ongles. Elle 
e'ft dure & peu douloureufe au commencements mais 
enfuite elle s'échauffe , s'enflamme , devient ordi:-aiie- 
ment rouge. Il s'excite après cela une douleur pulfa- 
tive trés-aigue , & il arrive fuppuration. On dillingue 
tiois efpèce de panaris. Le premier ell le plus léger. On 
l'appelle vulgairement mal d^ aventure. Il n'occupe que 
les tégumens. Le fécond a fon fiége dans la gaine des 
tendons. Le troifiéme eil entre le période & l'os. 

Dans cette tumeur, comme dans les autres inflam- 
matoires , fi la réfolution ne fe fait pas au moyen des 
cataplàmes , des faignés &: des rafraîchiifans , on fait 
une opération de Chirurgie. On prend une lancette un 
peu plus grande que celle dont on fe fert dai-JS la faignée> 
on fait rme inciiion longitudinale à la partie latérale du 
doigt , pour ne pas rifquer de piquer le tendon '■> ce qui 
pourroit arriver fi on la faifoit à la partie moyenne, (^uoi- 
qu'il arrive qu'après cette ouverture , il ne forte que de 
la férofité & du fang , cela ne laiiîe pas de foulager le 
malade , ainfi il ne faut pas craindre d'avoir ouvert trop 
IQI l'abfcès. 

L'on fe fert enfuite de maturatifj on met fur l'inci- 
fion un plumaceau , couvett'd'onguent balilicum , & par 
defius un petit emplatte de diachilon gommé , fait en 
croix de Malthe. On pofe une compreffe de même figure, 
& on aiîujettic le tout par le moyen d'une petite bande 
que l'on attache en forme de fpica. 

Le lendemain il ne faut pas s'étonner de trouver que 

1 la chair fe foit bourfoufflée par fuicifion ; elle fe 

fond par la fuppuration. Que fi cela n'airivoit pas , on la 

couperoit avec des cifeaux , ou on la brûleroit par le 

i çauftique. 

Si par malheur la matièie avoit rongé le période , il 
faudroit que l'os de la dernière phalange s'exfoliât ; & 
comme il eft petit , fouvent dans ce cas il fort tout en- 
tier. Or comme cela ne peut pas fe faire que le bout 
j du tendon qui s'y attache ne foit altéré &: corrompu , il 
fe,ut , dans la réparation qui doit fe faire de ces deux par* 



'314 PAN 

ties, aider la nature par l'application des balfamiques & 
des fpiritueux. L'on ne fe l'ert plus alors de diachilon. 
Selan Dionis , l'onguent divin y eft excellent & conduit 
la maladie à parfaite guéiifon. Voyez thlegmon , Tu^ 
meur , Abcès , Gangrené. 

PANCREAS. C'eft une maffe glanduleufe, compofée 
de quantité d'autres glander, dont chacune a fa membrane 
propre. Il eft litué vers la première vertèbre des lombes 
fous l'eftomac. Il a à peu près la figure d'une langue de 
chien, mais il eft un peu plus long, car quelquefois 
on lui trouve huit ou dix travers de doigt de long , & 
deux & demi de large i il a prefquc un travers de doigt 
d'épailfeur & pefe à peu-près quatre ou cinq onces. Sa 
couleur eft d'un rouge pâle. Il tient au méfentère , & 
par fa partie la plus lai-ge &: la plus épailTe à l'inteftin 
duodénum. De-là il s'étend vers la rate , fans néanmoins 
adhérer à ce vifcère. 

Le Pancréas a pour ufage de féparer de la maffe du 
fang un fuc particulier , dont on va donner la defcrip- 
îion , lequel eft très-propre à la digeftion , & qui pour 
cela eft charié dans l'inteftin duodénum. Riolan rapporte 
qu'à l'ouverture qu'il fit d'un cadavre , il trouva que le 
Pancréas avoir acquis la groffeur & la péfanteur ordinaire 
du foie. 

La couleur , la confiftance & la ftrudure de cetre 
glande approchent beaucoup de celles àts glandes fali- 
vales ; c'eft pourquoi le fuc qui s'y filtre eft très-peu 
différent de la falive. 

PANCREATIQUE. Se dit de tout ce qui concerne 
le Pancréas, foit canal,, ou fuc , foit artères , veines oa 
îierfs. 

Pancréatique ( canal). Conduit excréteur duPancréasj 
il s'étend félon toute la longueur de la glande , mais 
il va toujours en diminuant du côté de la rate. Ses bran- 
ches latérales font difperfées dans toute fa fubftance& 
dîm.muent à mefure qu'elles approchenr de fes extiémités. 
Ce canal fe décharge dans le duodénum environ quatre 
ou cinq travers de doigts au-dejTous du pilore, & bieii 



PAN 315 

fouvent au même endroit que le conduit clioîédoque.- 
Çeft Wiriangus qui l'a découvert en 1641. 

Pancréatique (fuc). Il eft féparè de la mafTe du fang 
par le Pancréas. Il coule en tout temps , mais plus abon- 
damment pendant la digeftion, parce que la chaleur &l le 
mouvement du fang font augmentés; il eft analogue à la 
fàlive. 

Il s'eft levé deux opinions fameufes contre la nature 
de ce fuc , les uns le croyent acide , les autres doux. 

Verrheyen , eîl un des plus fameux pour la première 
opinion; il dit avoir trouvé un goût acide au fiic pan- 
créatique dans les cadavres des fujets morts à l'inftant ; 
Silvius, Graaf , ont ajouté de petites bouteilles au canal 
cholédoque de diftérens chiens pour en recevoir le fuc 
pancréatique. Après plufieurs expériences répétées , ils 
ont trouve que le fuc pancréatique mêlé avec la bile ne 
la faifoit point fermenter, qu'il avoit cependant un goût 
[ acide. Mais cela ne prouve rien du tout , parce qu'il n'y 
; a aucune humeur dans notre corps qui (oit acide. D'ail- 
I leurs examiné au goût le fuc pancréatique ne préfente 
i pas la même faveur que lui trouve Verrheyen. Il n'a au- 
I cune propriété des acides. Enfin la glande qui le filtre , 
i clï en tout femblable aux gland .s falivaires , & il ne dif- 
! féxe de la falive , qu'en ce qu'il eft plus chargé d'ef^ 
i prits , parce qu'il fe trouve dans un lieu plus ctiaud & 
plus rempli de nerfs. 

Le fuc pancréatique délaie la bile , l'étend , l'adoucit, 
la rend plus fluide. Il pénétre &c diifout aufli la matière 
chymeufe. C'eft lui qui achevé la digeftion , qui donne 
la bonté & la perfcélion au Chyle. Le chymus ayant 
été imprégné Se dilfout fuccefîlvement par la falive , les 
I iiics gaftriques, inteilinal, pancréatique, & la bile , palTb 
<ians cet état dans le jéjunum, C'eltià qu'il fe trouve une 
multitude innombrable de petits vailfeaux qui ranipent 
àlafurfacedecet inteftin , & que Ton nomme vaîjfiaux 
laEiès. Ces tuyaux pompent, abforbent , le portent dans 
le réfervoir de Pecquet. Cette m.atière pour lors chapge 
«ienom : elle s'appelle chyle ^ & Tadion ou le mécha- 



S}^ PAN 

Bifme par lequel ceci s'opère , fe nomme chylifcatioriî 

Voyez Chylification. 

PANICULE. Voyez Phygethlon. 

Pannicule. Voyez Drapeau. 

Vannicule charnu. Tégument mufculeux qui fc trouva 
dans les animaux quadrupèdes?, au moyen duquel ils font 
mouvoir leur peau. L'homme n'a point ce tégument 3 
quoiqu'il y ait eu des Anatomiftes quil'ayent admis. 

PANNUS. Voyez Drapeau. 

PANi'E. Terme vulgaire quifigniiie l'eftomac &:tout 
^e bas-venrre. 

PANSE'. Se dit des maux externes , des plaies , àts 
ulcères , à^s contufions , des fradures , des luxations , 
occ. fur lefquels on a appliqué des remèdes & des ban- 
dages. Il fe ditauiïi du fujet bieifedont on a panféle mal. 

PANSEMENT. Application méthodique de remèdes 
topiques fur un niai acceiîible aux mains du Chirurgien, 
il faut dirtinguer plufieurs tempsdans le panfement. Dans 
le premier, on prépare l'appareil nécelTaireau panfementj 
dans le fécond , on nettoie la partie malade , de toutes les 
ordures qui peuvent en arrêter la guérifonidans le troifié- 
me , on applique les remèdes ; dans le quatrième enfin, on 
fait la deligation, c'eft-à-dire , on applique les bandages. 

Les panfemens font difTérens à raifon de la différence 
des maladies , & il ne faut pas part-tout les multiplier, 
Tii les renouveller auffi fréquemmient, C'eft une chofe 
de grande conféquence dans la pratique de la Chi- 
rurgie , de régler les panfemens, & de les renouveller 
fuivant que la maladie l^exige. En général , dans les 
plaies les panfemens font plus fréquens 5 dans les frac- 
sures & les luxations ils le font peu 5 dans les mala- 
dies fîmples ils doivent être rares 3 dans les compofées 
ils font plus répétés. 

Le détail curatif des maladies aiïigne toutes précau- 
tions nécelTaires dans le panfement de chacune d'elles} 
ainfi nous ne nous arrêterons pas à les répéter ici- 

PANSER. Appliquer des remèdes topiquesfar un raal 
extérieur. Voyez Panfement. 

PANTOUFLE DE M. PETIT. Sorte de bandage 



PAR -^vj 

inventé par M. Petit le Chirurgien , pour la ruptuie 
du tendon d'Achilles. Ceft une machine fort fiiTiple : 
elle eft conipoiée d'une pantoufle de la grandeur du pied 
dumalade. Au milieu du quartier de derrière, il y a 
de fixe une courroie de la. longueur de la jambe. Une 
aune courroie longue de fept à huit pouces en porte 
deux autres tranfverfales , une à chacune de i^s extré- 
mités. De ces deux courroies croifées avec la troifieme, 
l'une eft fupérieure & entoure circulairement le haut 
du genou, ou le bas delacuilTe: la féconde, qui eft l'infé- 
rieure , ferre le bas du jarret au-deifus du grasde la jambe: 
la troifieme courroie qui foutient ces deux ci , eft ap- 
pliquée le long du jarret , & eft terminée par une 
boucle qui doit recevoir la courroie de la pantoufle. 

Pour fefervir de cette machine , on appliqué la pièce fii- 
péiieure : on attache les courroies tr anfverfales qui fe bou- 
clent fune ^l'autre , & fe ferrent conféquemment à volon- 
té. Cela fait , on met la pantoufle dans le pied malade, oa 
pafle la courroie de derrière dans la boucle qui eft à 
l'extrémité de la courroie longitudinale , qui delcend 
derrière le jarret j on ferre de façon que le talon eft 
tiré en haut, & que par conféquent les extrémités da 
tendon rompu font rapprochées dans un contad mutuel. 
On lailTe le pied dans cette fituation plus ou moins, 

, fuivant que la rupture eft plus ou.moins complette ou 
compliquée , & on arrofe l'endroit de médicamens ap- 

• propriés à la maladie. 

PANUS. Tumeur mflammatoire éryfipélateufe, gar- 
nie de petites puftules, qui la font reilembler à du pain, 

,■ d'oii vieni fon nom. Voyez Phygethlon. 

\ PAPILLAÎRE. Qui tient de la nature des papilles ; 

i ou expanfions nerveufes. 

PAPILLE. Ceft la même chofe que mammelon. V* 
M.ammdon. 

Papilles nerveufes. Voyez Maînmelons de la peau. 
PARACENTESE. Opération par laquelle on tire 
de quelque grande cavité du corps unt^ matière épan- 
chée , au moïen d'une ouverture que l'on y pratique. 
Voilà l'idée générale de la paracenthèfe i mais ce terme 



lignifie particulièrement l'ouverture que l'on fait ail 
ventre des hydropiques , par le moyen du trocar. Pour 
bien Faire cette o|)ération , il faut confidérer plufieurs 
chofes : i*^. on met au malade un fcapulaire , & une fer- 
victte piiées en trois doubles fous les reins; on fait chauf- 
fer un peu de vin , ou d'eau-de-vie mêlée d'un peu d'eau, 
& on fe prépare deux ou trois comprelles quarrés. 2°. Il 
faut (ituer le malade ; il doit être fur le bord de fon. 
ht du côté & près de fOpérareuri & on commande à un 
aide d'appuier fur les côtés du ventre, pendant qu'on en tire 
la peau un peu en haut ou en bas , à l'endroit que l'on a àeC- 
feui de percer , & c^t endroit doit toujours être dans la 
partie la plus déclive , à fept ou huit travers de doigt 
aa-dellous, &c à côté du nombril : 3'. on enfonce le 
trocar de la manière qu'il eft dit à l'article Troicar. V. 
Troicar. 

40, On met un baffm au bas du lit pour recevoir 
l'eau qui fort , & qu'on lailîe couler à difcretion. 
Quand on voit qu'il s'en eft alfez écoulé , on tire 
le trocar , puis on met fur l'endroit de la pondion ua 
emplâtre de cérufe , de la grandeur d'une pièce de vingt- 
quatre fols i & s'il eft befoin de retirer de l'eau , on 
fait des ponélions nouvelles alternativement des deux 
côtés , autant de fois qu'on le juçe néceilaire , afin que 
l'un ne foit pas plus maltraité que l'autre ; l'on fait en- 
forte que les pondions d'un même cbzk foient diftantes 
entre elles d'environ deux doigts. Il eft plus court de 
faire cette opération avec le trocar , comme il vient 
d'être expliqué , qu'à la m^aniere des Anciens , avec une' 
lancette- L'appareil eft moins grand, moins effraïant , 
& auftl sûr. 

TARAPHYMOSIS. Maladie dans laquelle l.e pré- 
puce eft fi renverfé & fi gonflé , qu'on ne peut le ra- 
battre pour couvrii le gland. C'eft quelquefDis un fym.p- 
tome de la giofTe vérole \ mais il y en a d'accidentels 
qui viennent d'une autre caufe. Les ^eunes mariés , &: 
ceux dont le gland n'a jamais été dépouillé que difti- 
tilemcnt du prépuce, y font aifément pris , quand aux 
approches de leur jeune époufe la verge fait trop de 
violence pour entrer dans le vagin , & qu'après le coit 



PAR 3Î9 

Ta verge refte gonflée lans êîre recouverte du prépuce. 
Il eft dangereux de lailîer ainii cette partie étranglée, 
& l'on ne Tauroit y apporter trop tôt remède. Toute 
l'opération confitle à laire defcendre le prépuce fur le 
gland pour le recouvrir. Pour le faire , on commence 
par baigner la verge dans l'eau froide , afin qu'elle puiUe 
le dégonfler ; puis, en la prenant entre les deux doigts 
index^, & celui du milieu , des deux mains , dont les dos 
re2;ardent le ventre du malade , on amené le prépuce 
fur le gland qu'on repouile en même tems avec les deux 
pouces , tâchant de le faire rentrer dans fa bourfe. Quand 
il n'y a pas long-tems que le mal exifte, cette méthode 
fuffit ; mais il arrive fouvent que l'on attend , & qu'il 
eft impoflfible de dégonfler le membre par le moïen de 
l'eau , ni de faire revenir le prépuce, La verge efh très- 
enflée , il y a des bourrelets au prépuce remplis d'une 
eau rouiritie , qui le tuméfient extraordinairement ; 
fouvent même il fe fait des crévades circulaites , qui fé- 
parent en partie le gland de la verge. Alors on eft obli- 
gé de faire avec la pointe d'une lancette de petites in- 
citons 3. la membrane interne du prépuce , pour débri- 
der l'endroit par où il ferre trop le gland. On fait au- 
tant de petites inciiions qu'il en faut , pour laiifer au 
prépuce la liberté de defcendre par-delTus le gland , &c 
l'on. prend , pour y réuffir , la verge de la manière qui 
vient d'être expofée. 

Quand le gland eft recouvert de fa tocque , l'opéra- 
tion eft finie. On prépare. fon appareil : on fait une em- 
brocation fur le ventre , qu'on couvre d'une compreiTe 
trempée dans l'oxycrat : on en met une autre fur les 
bourfes , on laigne le malade quelques heures après l'o- 
pération , on lui tient le ventre libre par des lavemens 
rafraîchilTans , 5c on lui fait obferver un bon régime. 
Au bout de quelques jours , il eft à propos de faire des 
' injcdions déterfîves fous le prépuce , pour mondifier les 
plaies , & nettoïer les parties des ordures quipourroient 
retarder la cicatrice des petites incifions. 

L'appareil convenal^le à cette maladie eft celui d4 



310 B T 

phymofis , (îont elle eft la maladie contraire. Voyc!!, 
Fhymojîs. 

PARASTATES. On donne ce nom aux épididymes. 
Voyez Epididymes. 

PARATHENAR. (le grand) Ccft un mufcle Ion-, 
guet , qui eft placé au bord externe de la plante d.\i 
pied. On l'appelle communément, mais mal-à-propos, 
hypothênar : ce mufcle s'attache par une de les extré^ 
micés , le long de la partie inférieure & externe du 
calcaneum , depuis la petite tubéroiïté poftérieure ex- 
terne , jufqu'à l'antérieure ; il fe confond enfuite au 
métatadien , fe gliife le long du dernier os du meta- 
tarie , & va fè terminer par ion extrém.ité antérieure, 
,à la partie poftérieure & externe du petit orteil. L'u- 
, fage de ce muicle eft d'écaiter le petit doigt du pied des 
-autres doigts, 

Farathenar. ( le petit ) C'eft un petit mufcle charnu , 
.qui s'attache par une de fes extrémités , le long de la 
partie inférieure , & un peu externe du deinier os du 
métatarfe ; & par l'autre à la partie inférieure , & un 
.peu externe de la bafe de la première phalange du petit 
orteil , qu'il fléchit dans fon adion : il fert aufTi à vou- 
ter la plante du pied. 

PARENCHYME, Subftance vafculcufe , qui forme 
la bafe de quelque vifcére. 

PARIETAL. Nom que Ton donne à un os de la 

. tête , paice qu'il forme une pairie conddérable des côtés 

.du crâne. Il y en a deux , un dtoit & un gauche : ils 

forment la partie fupéricure ', moïen'ne &: latérale de la 

tête 

On y diftingue deux faces , une interne , & l'autre 
externe. 

La face externe eft convexe & fort unie j il n'y a rien 
à remarquer, fi ce n'eft une grande ligne demi -cir- 
culaire , qui marque l'attache du mufcle crotaphyte. 

La face interne eft concave & alfez inégale. Outre les 

imoreftions digitales , on y voit un grand nombtc de 

•iillons , donc ralTgLiiblage porte le nom àz feuille de 

fguier, 



PAR 3IÎ 

f.guier , à caufe de la rcriemblancc que Ton y trouve 
avec \(t'i feuilles de cet arbre. Toutes les ramifications 
nailTent d'une routière profonde , & quelquefois même 
d'un canal creufé à l'angle antérieur & inférieur de 
cet os, qui loi^e l'artère épineufe dont les battemens 
forment ces {illons. Il faut éviter d'appliquer le trépari 
en cet endroit , parce que l'ouverture de cette artère 
pourroit caufer une hémorragie dont les fuites feroienc 
funeftes. 

Les pariétaux font quarrés , & ont par conféquent 
quatre angles cc quatre bords. 

Le bord antérieur eft taillé à onglet , de manière 
qu'à fa partie fupérieure , c'eft la lame interne qui dé- 
borde , au lieu qu'à la partie inférieure , c'eft la lame 
externe. 

Le bord inférieur eft échancré & taillé à onglet , de 
manière que la lame interne déborde beaucoup. Cette 
ftruélure eft propre à favorifer l'articulation de cet 
os avec le temporal , au moïen de la future fquam- 
meufe. 

On remarque tout le long de la face interne du bord 
fupérieur , une demi gouttière qui , fe trouvant unie à 
celle du parierai oppole , en forme une entière, qui 
loge le finus longitudinal fupérieur de la dure -mère. 
Le long de ce bord , on apperçoit un petit trou par 
lequel paffent de petites veines qui rapportent le fang 
de l'extérieur du crâne dans le fmus dont nous venons 
de parler. Ce trou manque quelquefois : d'autrefois il 
n'y en a qu'un , qui alors eft commun aux deux pa- 
\ riétaux , & eft pratiqué dans la future même. 

Le bord poftérieur n'a rien de remarquable. Il eft un 
1 peu plus épais , & fes dentelures font un peu plus Ion- 
! gués que celles des autres bords. 

A l'angle antérieur inférieur, on remarque le canal 

, qui loge rartèrc épineufe dont nous avons parlé. On 

[ trouve quelquefois à la face interne de l'angle pofte- 

' rieur inférieur , un fiUon large & fort court , qui loge 

une partie des linus latéraux. 

Dans le fétus , la feuille de figuier n'eft pas formée ^ 

D.deCh. Tome IL X 



■^ùX PAR 

& le défaut d'oflification de l'angle antérieur & fupé- 
riéur fait (ur-tout la fontanelle , qui ne i-'odifie quel- 
quefois que dans un âge fort avancé , ce qui mérite at- 
tention. 

Les deux pariétaux font unis enfemble par la futuiei 
fagittale i ils s'articulent avec l'os coronal , par la fu- 
ture coronale \ avec les temporaux & l'extrémité de la 
grande aile du fphénoide , par la future fquammeufe , 
&: enfin par la lambdoïde avec l'occipital. 

Dans l'enfant nouveau né , on trouve une efpéce de 
fontanelle entre 1 angle antérieur & inférieur des parié- 
taux , & la grande aile du fphénoïde. Dans l'adulte , 
on y découvre fouvent un petit os quarré , lemblable à 
celui qui fe forme quelquefois à la fontanelle du fom- 
mct de la tête. 

PAROI. Surface interne des vaiffeaux fanguins & lym- 
phatiques : il fe dit aulli de la furface interne de toutes 
les cavités du corps , de quelque efpéce qu'elles foient. 

PAROTIDES, (c^landes) On les appelle amfi, parce 
qu'elles font fituées derrière les oreilles , une de chaque 
côté. Elles font falivales & les plus confidérables de 
toutes. Elles occupent la partie antérieure & inférieure 
des oreilles , derrière l'angle de la mâchoire inférieure 
& s'étendent fur les joues dont elles occupent une par- 
tie. Elles font vraiement conglomérées , pKr> larges à 
leur partie fupérieure , mais plus épaiifespar en-bas. Elles 
ont un canal excréteur fort conficlérable , qui porte le 
nom de Canal de Stenon , de celui qui l'a décrit le pre- 
mier. Ce canal fort du paquet glanduleux par plufieurs 
branches , qui s'étant ralfemblées forment un tuyau qui 
paiTe par-delfus le malîcter un peu obliquement, peice 
le buccinateur entre les glandes buccales & la troifieme 
tient molaire au-dedans de la bouche, par une allez 
grande ouverture , & s'y décharge de l'humeur falivale. 
ÎI a été découvert en 1660 , par M. Sténon , qui Ta 
nommé conduit faliv al fupérieur. 

PAROULIS ou PARULIE. Maladie des gencives. 
dans laquelle ces parties font attaquées d'une véritable»; 
inâamm.stion . laquelle rend foiiyent à la fuppuration. 



PAR 5a| 

Elle eft trcs-fouvent occafionnée par une dent gâtée , 
qui actire une humeur fur cette partie. Les liqueurs y 
étant amafTées , elles fe cuifent Ôc abcèdent aifément tant 
par la chaleur de la bouche , qu'à caufe de la délica- 
tciTe des fibres de la gencive. JL)ans ces fluxions la joue 
& les lèvres font enflées , & font beaucoup de douleur 
avant que d'abcèder. On favorife la codion en faifanî 
tenir dans la bouche du lait tiède , Se en mettant fur la 
gencive la moitié d'une figue gralfe rôtie fur des char- 
bons. Lorfqu'avec le doigt l'on fentira de la fiuduation , 
il faudra ouvrir la tumeur dans la crainte que la matière 
par fon féjour n'alteie fos de la mâchoire, Ainfi , avec 
une lancette à faigner , qu'on entortille d'une bandelette 
pour la fixer mieux dans fa châffe , le Chirurgien ayant 
écarté avec les deux mains les lèvres du malade, pour 
leconnoître l'endroit de la tumeur , plonge & fait une 
incilion proportionnée à la groifeur de la tumeur dans 
le milieu de l'éminence que fait la matière contenue, 
& auflTî-tct que finftrument efl retiré, il prefle un peu 
la tumeur pour la faire vuider , & donne du vin tiède 
au malade pour fe rincer la bouche. Il n'y a point de 
panfement à faire j on recommande fimplement au ma- 
lade de fe laver la bouche avec du vin tiède , comme 
il vient d'être dit , de temps en temps pendant deux ou 
trois jours. 

Lorfque ces petits abcès viennent aux gencives fupé- 

rieures , ils fe guériifent mieux. La plaie qu'on y tait 

donne lieu à la matière de fortir , ôc fon poids l'entraîne 

à mefure qu'il s'en forme de nouvelle , enforte qu'elle 

ne peut caufer nul défordre. Mais quand ils font aux 

gencives inférieures , la faniey reftc comme dans unfac, 

& par fon féjour elle peut corrompre l'os de la mâchoire 

d'en-bas. On évitera cet accident , en ouvrant fabfcés 

de bonne heure , le prefïant dans la fuite , pouffant le 

pus de bas en haut pour le faire fortir par l'ouverture, 

I & mettant par dehors fur le vuide de l'abfcès une corn-* 

! preile & un bandage , qui reiferrant cet endroit , empè- 

|che la matière de s'y accumuler. Que fi malgré toutes 

ces piécautioiis l'os ie trouvoit découvert - altéré ^ oa 



3^4 PAU 

auroit de la peine à en procurer l'exfoliation autrement 

que par le bouton de feu , dont il ne faut cependant 

fe fèrvir qu'après que les auties moyens n'auront pu 

réuffir. 

PâTTE-D'OIE. Les Anatomiftes donnent ce nom 
à des expanfions nerveules , ou certains plexus dont les 
rameaux imitent l'expanfion des pattes d'une oie. Tel elt 
fpécialement le plexus que forme la branche maxil- 
laire du neuf de la cinquième paire cérébrale ^ au-delfous 
de Porbite. 

PATHETIQUES. L'on a donné ce nom aux nerfs 
de la quatiiemc paire cérébrale , parce qu'ils vont fe 
diftribucr au mufcle trochleateur , qui exprime par ce 
mouvement qu'il fait faire au globe de l'œil , une affec- 
tion douce , 6c un fentiment tendre Se paflionné. Voyez 
Troc'u'e.-2?ei/r. 

PATIEWCE. (mufcle de ) On donne ce nom au mufcle 
nn^ulaire ou releveur de l'cmcplate , parce qu'en faifant 
hauller les épaules , il fait faire un mouvement familier 
à ceux dont ki patience fe trouve exercée. 

PAVILLON DE LA TPvOMPE. On donne ce nom 
à l'extrémité des trompes de Eallope qui flotte dans le 
bas-ventre : cette partie eft découpée à fa circonférence , 
& repréfente une efpece de fiange , ce qui lui a fait aufïi 
donner le nom de morceau frangé.. 

PAUME. Mot qui lignifie particulièrement le dedans 
de la main. 

PAUPIERES. Nom que l'on donne aux voiles mem- 
braneux qui couvrent leglobe de foeil. Il y a deuxpaupieresi 
l'une eil fupérieure , & l'autre inférieure : elles font com- 
pofées de l'epiderme de la peau , du tilfu cellulaire , de 
cartilages , de mufcles , d'une membrane interne , de 
glandes, des points ciliaires , des points lacrymaux, de 
la caroncule , de la glande lacrymale , & des ligamens 
des tarfes. L'epiderme & la peau de cette partie n'ont 
i'ien de particulier. Le tiiîu cellulaire eft d'une nature 
femblable à celui du fcrotuni , il ne loge pas de grailFe. 
Les cartilages font petits, minces , placés au bord de 
chaque paupière, & portent le nom de tarfes. Ils donnent 
naiffance à de petits poils que l'on appelle cils ; on re* 



P E A ^%i 

marque dans leur épaiiTcur un grand nombre de petites 
glandes qui s'appelkrt ciliaires du lieu où elles fjnt. 
La membrane qui tapille les paupières , fe nomme co^.- 
jonéîive , parce qu'elle les joint au globe de l'œil. 

La paupière iupérieure a plus d'étendue que l'infé- 
rieure, &c Tes mouvemens font beaucoup plus confidé- 
rables Se très-rapides. Elle cil: abaillec par le mufcle 
orbiculaire qui rapproche les deux paupières l'une de 
l'autre. Elle a un releveur propre , qui eft antagoniite 
de celui-ci. M. Hciller admet un abailleur de la pau- 
pière inférieure qui eft ditrerent de l'orbiculaire. 

L'ufage des paupières eft de voiler les yeux , 8c de les 
mettre à couvert des corps étrangers pendant le fommeil 
furtout. En tout temps elles répandent également fur 
toute la partie antérieure du globe de l'œil l'humeur 
filtrée par la glande lacrymale qui humede la cornée y 
& la rend polie & tranfparente. 

Quelques fois les enfans viennent au monde avec les 
deux paupières collées l'une à l'autre. On remédie faci- 
lement à C-: vice de conformation. Si l'aglutination ne 
fe continue pas jufqu'au grand angle , & que l'on ap- 
j' perçoive à l'endroit de la jonélion une ligne qui marque 
\ où devroit être la féparation des deux paupières. Onin- 
jj troduit une fonde canelée par l'efpace où les paupières 
ne font pas collées , & on coupe enfuite peu à peu avec 
un biftouri la membrane qui retient les deux paupières 
collées. iSi les deux tarfes font collés enfemble ce qui 
peut aufîi arriver par maladie , à la fuite de l'érofion de 
la pellicule qui les recouvre i il eft beaucoup plus diffi- 
cile d'y remédier, furtout fi l'aglutination fe continue 
depuis le grand angle jufqu'au petit. 

PEAU. Enveloppe univerfelle , qui recouvre le corps 
en entier , contient tous les organes & fî2;ure toutes les 
parties à l'extérieur. Elle pofe immédiatem.ent fur le 

• pannicule graifleux ou tiifu cellulaire , & eft compofee 

■ de deux parties principales , qu'on appelle du nom de 
derme ôc è^ èpiderme. L'épiderme couvre le derme ou la 

( peau proprement dite. Voyez Epiderme , Surpeau ^cu^ 

\ ticule^ 



X iij 



ji^ P E A 

La peau s'appelle cuir , derme par les différcns Au- 
teuLS. Elle eft fort excenfîble & ti'ès-élaftique , ce qui 
fait juger à quelques Anatomifles, qu'elle eft faite de 
fibres ligamenteufes entrelacées les unes dans les autres , 
d'une manière inexplicable. Elle eft auiîi fufceptible d'un 
fentiment très-vif , ce qui vient de la quantité prodi- 
gieufe de nerfs qui entrent dans fa compofition. De mê- 
me on ne fçauroit la piquer en un feul point , qu'il n'en 
forte du fang , ce qui fait voir dans fa texture une infi- 
nité d'artères fanguines. Son épailfcur varie dans les dif- 
férentes parties du corps i par exemple , la peau eft fort 
épaiffe à la tête , à la nuque , & à la plante du pied j 
elle l'eft moins à la paume de la main , excepté chez 
les perfonnes auxquelles de rudes travaux épaifTilIent l'é- 
pidcrme , & le rendent calleux. Elle eft très-fine au vi- 
fage , & très-mince aux lèvres. Il eft bon d'obferver que 
dans les endroits où elle a le plus d'épaifleur , commu- 
nément fon tiifu eft alfez lâche , & réfifte médiocre- 
ment à l'inftrument tranchant, au lieu que dans les en- 
droits où elle eft plus mince , comme au ventre , par 
exemple , elle eft aufli plus ferrée , & fe coupe pluâ 
difficilement : elle eft plus molle aux enfans & aux fem- 
mes , qu'aux adultes & aux hommes i & dans l'homme 
en général , on lui trouve plus de raollelfe au vifage, 
a la verge , & au Icrotum , qu'aux autres parties du 
corps. 

La peau eft attachée dans toute Ton étendue , par toute 
forte de vailTeaux , & par quelques fibres très -déliées 
aux parties qu'elle touche i mais on la fépare aifément 
s la poitrine , au bas-ventre , au bras & aux jambes : 
on la trouve un peu plus fortement rélîftante à la ligne 
blanche, fort adhérente au front & à tout le vifage, 
ainfi qu'aux oreilles, aux lèvres , à la paume des mains, 
a la plante des pieds. Les femmes groffes , les hydropi- 
ques , les emphyfémes prouvent que la peau peut s'é- 
tendre d'une manière prodigicufe , & Van MeeK'ren , 
ancien Chirurgien de l'Hôpital d'Amfterdam , rapporte 
dans fes obfervatious chirurgicales , qu'un Efpagnol, âgé 
de vingt-trois ans , en préfence de Meilieurs Vanhorme 



PÉ A 3^7 

& Sylvius , prît fa peau de la partie droite de répaulc 
& de la poitrine , la mit par-deilus fa tête , en couvrit 
fes yeux tellement, qu'il étoit impoiïible de les voir j 
& quand il la quitta, elle fe remit d'aboi:d en fa place. 
ïl tirade même manière la peau de fon genou droit , 
à la hauteur d'une demi-aune , ce qu'il ne pouyoit pas 
faire a celle de fon genou gauche. 

On remarque à la peau quantité de pores ou trous, 
qui lailfent perpétuellement exhaler des vapeurs fubri- 
les , mais on y en remarque aufli de plus grands- Ce font 
ceux des narines , des yeux , de la bouche , de la verge , 
de l'anus , &c. elle eft parfemée de glandules, que l'on 
nomme miliaire.s , & d'autres qui portent le nom de 
febacées. On voit celles-ci particulièrement aux oreilles, 
au nez , aux paupières , au cercle des mammelles , à 
l'anus &: aux parties naturelles, On voit aulîl à la fur- 
face de la peau plufieurs lignes qui , s'entrecoupant avec 
d'autres _, forment de petits quarrés irréguliers , & félon 
qu'elles font plus ou moins profondes , plus ou moins 
étendues , la peau fe trouve plus ou moins dure , ou. 
mollette, Tarraneement de ces lignes diffère aulli félon 
les endroits où elles fe trouvent. Dans l'efpacc des lignes , 
on remarque plufîeuis petites houppes nerveufes , lef- 
quelles houppes font beaucoup plus feniibles fur la lan» 
gue , & au bout des doigts de l'une & l'autre extrémité» 
C'eft en vertu de ces papilles nerveufes , que la peau efl 
l'organe immédiat du toucher , & que les pieds comme 
les mains , mais particulièrement les mains , font celui 
de l'attouchement. 

Les ufages de la peau font l°, de couvrir & envelop- 
per toutes les parties du corps : 20. d'être l'organe du 
toucher : 3°. de donner iflue aux fueurs , & à l'infenfi- 
ble tranfpiration. Voyez Ab forbans , Sueur , 6* Tranf- 
pirntion, 

PEAUCIER, ou CUTANE'. Mufcle très -mince, 
fortement attaché à la peau , & qui couvre tout le de- 
vant du col, depuis les clavicules jufqu'au menton : il 
s'attache- par fon extrémité inférieure à la membrane, 
qui couvre les mufcles grand pedoral , deltoïde Z<. 

X iv 



3iS PEC 

tiapeze , & montant obliquement en haut fc termine 
par Ton extrémité fupéieure en partie au menton, & 
en partie à la comm.ilîure des lèvres. Les fibres de ce 
muicle fe perdent fupérieurement avec celles de plu- 
lieurs mufcles voiiins ^ (Se celles d'un côté rencontrent 
celles du côté oppofé avec leTquelles elles fcmblent s'en- 
trelacer. On regarde ce muicle comme abailleur de la 
mâchoire intérieure. On le perce dans la faignée de la 
jugulaire. Voyez Saignée. 

PECTEISj (os du) Quelques Anatomiftes ont donné 
ce nom à l'os pubis. Voyez Pubis. 

PECTIKE'.'Petk mufclc fléchiileur de la cuilfe , plat, 
Se plus large en haut qu'en bas. 11 eil quelquefois dou- 
ble : il s'attache lupérieurement à la partie fupérieure 
de Tes pubis j le long de l'écbancrure qui eil entre l'é- 
pine antérieure de cet os , & la tubérolité qui marque 
ion union avec celui des îles ; de-là il defcend oblique- 
ment vers le petit trochanter , au-delTous duquel il s'at- 
tache un peu obliquement , par un tendon plat , en fe 
confondant avec la féconde partie du triceps. On a aufli 
donné à ce m.ufcle. le nom de Riolanifie de celui de 
Rio Lan ^ célèbre Anatomifte qui , le premier , l'a exac- 
tement décrit. L'ufage de ce mufcle ell de tirer la cuilfe 
en devant vers le baîlin , ou le bafîln vers la cuiile. 

PECTINE'E , ou ILIO-PECTINE'E. C'eft le nom 
que l'on donne à une échancrure qui fe trouve le long 
de la crête du pubis , entre l'épine & la tubérofîté de 
cet os. Elle donne palîage aux tendons des mufcles pfoas 
& iliaque. Voyez Pubis. 

PECTORAL. ( le grand) Mufcle qui couvre prefque 
toute la partie antérieure de la poitrine. Il eft attaché 
anterieurem-ent à la moitié flernale de la clavicule , au 
fternum , & à la partie cartilagineufe de toutes les vraies 
côtes 5 poftérieurement il s'attache , par un tendon fort 
$c plat , à la partie fupérieure & interne de l'os , au 
bord de la iinuoiité. Ce muicle couvre en partie le petit 
'pcftoral & le grand dentelé : c'e(l fon tendon qui forme 
le bord antérieur du creux de railTelle ^ le poftérieur 
çtant formé par le grand dorfaU 



Le grand pcdoral eft naiurellement féparé en dcuX 
portions : une fapeneurc, qui eft plus petite que l'au- 
tre , & fe nomme claviculaire , paice qu'elle s'attache 
à la moitié de la clavicule du cote du fternum. De-ià 
elle fe porte vers l'aillelle , le long du mufcle deltoïde, 
dont elle n'eft ieparéc que par une ligne de tifTu cellu- 
laire , & par la veine cephalique. 

La portion inférieure eft beaucoup plus grande. On 
l'appelle thorachique , parce qu'elle s'attache aux parties 
du tborax que nous avons indiquées. Les attaches au 
fternum font laites par autant de petits tendons qui s'a- 
vancent , & s'entrecroifent avec ceux du grand pcdoral 
du côté oppofé. Les attaches inférieures font autfi des 
dentelures qui s'entrelacent avec celles qui font for- 
mée'; par le mufcle droit , & le grand oblique du bas- 
ventre. 

A mefure que les fibres charnues de la portion tho- 
rachique montent vers le bras , elles fe contournent les 
unes fous les autres : par ce moien , le tendon qu'el- 
les forment , eft reploïé fur lui-même , & fes fibres fe 
croifentde forte que les libres fupérieures font en def- 
fous j & appartiennent à la portion inférieure , au lieu 
que les inférieures font en deifus , &: produites par la 
portion claviculaire du mufcle. 

Le grand pedoral porte le bras en devant fur la poi- 
trine." Si fa portion fupérieure fe contrade feule , elle 
kve le bras en devant : la portion inférieure en fe con- 
tradant abaiife le bras & l'épaule , & les tient en cet 
état. 

PeEioral. ( le petit ) ou le petit dentelé antérieur. 
Ceft un mulcle triangulaire , qui s'attache par une de 
fes extrémités , à la partie antérieure de la féconde , 
troifieme , quatrième & cinquième des vraies côtes , par 
autant de digitations ou dentelures. Toutes ces portions 
fe réuniifent en montant obliquement vers l'épaule , 
& forment uir tendon qui s'attache à la partie fupé- 
rieure de l'apophyfe coracoïde de l'omoplate. 

Ce mui'cle eft couché fur les intercoftau:-: externes , 
auxquels il «ft comme collé i il eft recouvert par le 



330 VEn 

t?iand pe£loral. Son ufage eft de tirer l'omoplate ea 
devant. 

PEDIEUX. Petit mufcle placé fur le dos du pie^. 
Il s'attache à la partie antérieure & fupérieure du cal- 
caneum , & fe divife en quatre tendons qui fe terminent 
au gros orteil & aux trois fuivants. Il étend les doigts du 
pied auxquels il s'attache. Voyez Extenfeur commun des 
orteils. ( le court) 

PEDUNCULES DU GPvAND CERVEAU. Voyez 
Jambes de la moelle allongte, 

Peduncules du cervelet. Voyez Jambes de la moelle 
allongée. 

PELICAN. Inftrument dont le Chirurgien fe fert 
pour arracher les dents : il eft fait comme des pincettes 
en pivot. On y remarque deux branches d'acier , qui 
font arrêtées par un écrou. L'une qui fert de manche, & 
eft terminée par une demi-roue , dont la face antérieure 
cft une cavité fcmi-lunaire. L'autre branche a à fon ex. 
trémité antérieure un crochet de cinq lignes de long , 
lequel elt terminé par deux petites dents garnies en de- 
dans d'inégalités tranfverfales , pour mieux s'appliquer 
contre la dent qu'on veut arracher- Cette branche tourne 
autour d'un pivot fixé fur l'autre , par le moyen d'un 
écrou. 

Pour fe fervir de cet inftrument , on embraffc la 
dent par dedans avec le crochet , on appuie la cavité de 
la demi- roue fur les deux dents voifînes , & en tirant. 
le pélican en dehors , on arrache la dent. Le nom de 
cet inftrument lui vient de la figure de fon crochet re^i 
courbé en forme de bec de pélican. 

PELLICULE. Petite peau , du mot latin rsllis , qui 
veut dire peau. 

PENIL. ( os du) Nom que quelques Anatomifles ont 
donné à l'os pubis. Voyez Pubis. 

Penil. On donne ce nom à une éminence formée par 
une quantité plus ou moins grande de graille recouverte 
de la peau , placée fur la f^^mphyfe de l'os pubis. Cette 
partie fc couvre de poil à Tage de puberté. Le mot de 
pénil cft commun aux deux lexes : on fe fert aulli quel- 



P E R 33* 

qucfoîs (3e celui Se pubis pour fignifier la même chofe: 
chez les femmes , il porte plus iouvent les noms de Motte 
& de Mont de Véi.us. 

PENIS. Nom que l'on donne à la verge de 
l'homme. 

PENNIFORME. On donne ce nom aux mufcles 
compofés par la réunion de deux mufcles (impies en un 
feul tendon , & dont les troufieaux compofans font ran- 
gés en forme de barbes de plume. Leurs tendons s'en- 
foncent ordinairement dans leur ventre , & vont tou- 
jours en diminuant comme la côte , qui partage les deux 
barbes delà plume i d'autrefois les tendons fe fendent, 
pour embralTer l'extrémité de la portion charnue. 
PEPASTIQUE. Voyez Pepnque. 
PEPTIQL È. Médicament qui a la vertu de cuire les 
Jiumcurs , de les digérer , les mûrir & les dffpofer â 
'une bonne fuppuratioa. Tels font la mauve , la gui- 
anauve , l'oignon de lys, les feuilles d'ofeilles, les oi- 
gnons , la fémence de fénugrec , l'ongent bafilic. Les 
médicamens qui facilitent la digeftion des alimens dans 
l'eftomac , portent aufli le nom de peptiques. Voyez 
Abfces, 

:' PERCE' ou PERFORE' DE CAS\SERIUS. On a 
ffonné ce nom au mufcle coraco-brachial , parce qu'il 
îft percé dans fon milieu pour laiiTer paiTer un nerf affez 
confidérable , & dont Cafferius a donné le premier une 
figure particulière. 

PERFORANT. On a donné ce nom à un mufcle 
confidérable , qui va fe terminer par quatre tendons , à 
, la troifieme phalange des doigts de la main. Ces ten- 
1 dons paffent par un écartement formé par les tendons 
\ d'un autre mufcle ivômrvÀ perforé^ & femblent les per- 
; cer pour leur palfage. On nomme aulTi ce mufcle ^ro- 
i fond ^ parce qu'il cft placé fous le même mufcle /7<?r- 
! foré , qui porte aulTi le nom de fublime. Voyez tro^ 
'{fond. 

f Verfornnt du pied. Quelques Anatomiftes ont donné 
ce nom au mufcle long fléchilTeur commun des or- 
teils , parce qu'il fem.ble percer par fes tendons , ceux 



332. P E R 

du mufcle fléchiiTeur court des on cils , qui fe fendent 
pour lui donner paiTage , ce dernier porte, pour cette rai- 
Ton, le nom ào. perforé. Voyez Flèchijfeur commun des 
orteils. ( le long ) 

PERFORE'. On a donné ce nom a un mufcle con- 
iidérabie , qui va Te terminer par quatre tendons qui 
s'attachent à la féconde phalange de chacun des doigts 
de la main : ces tendons à leur infcrtion (ont fendue , 
ce qui a fait donner à ce mufcle le nom de perforé. Il 
porte auHi celui de fublime , parce qu'il eil placé à' la 
furface de l'avant-bras , & fur un autre mufcle que l'on 
appelle ^rcj/owc-/ , par la raifon contraire , ^ perforant ^ 
parce que fes tendons patient dans l'écaitement des ten- 
dons du perforé. Voyez Sublime. 

Perforé du pied. On donne ce nom au mufcle court 
fiéchiifeur commun des orteils , parce que l'extrémité 
de fes tendons eft fendue en deux, pour lailler paflef 
dans ces écartemens ceux du mufcle perforant , ou flé- 
cbifîeur court. V^oycz Flèchijfeur commun des orteils*. 
(/<? court) 

PERFORER. Entamer les parties dures. Voyez 
Trouer-. 

PERICARDE. Membrane épaiffe & ferrée , en for- 
me de fac , qui environne le cœur dont elle aftede la i 
figure. Quand on a enlevé le flernum , on voit le pé- - 
ricarde dans le milieu de la poitrine , un peu fur le côté 
gauche du cadavre , & confequemment à la droite de 
l'infpeéleur. Il a la figure conique comme le cœur , & 
on y remarque la bafe &; la pointe. Il tient par fa 
partie fupérieure aux gros vailfeaux du cœur , & il eft 
percé dans ce même endroit , pour leur donner pafTage. 
Par fa partie inférieure , qui fe termine en pointe , & 
par fa partie voifine de cette pointe du côté droit , il 
eft tellement uni avec le centie nerveux du diaphragme^ 
qu'on ne peut les féparer l'un de l'autre , fans les déchi- 
rer. Il n'y eft point attaché dans les quadrupèdes i cette 
fîtuation eft particulière a l'homme. 

Quoique le péricarde foit un peu plus ample que le 
eœur n'eft gros , il eft cependant à peu piès de la même 



P E R ^ 333 

grandeur que ce vifcère , Se u'eft éloigné de lai dans 
tout fon contour , qu'autant qu'il eft necefïaire , pour 
ne pas l'incommoder dans fes mouvemens. La cavité 
qu'il forme eft piramidale : la bafe ell attachée au dia- 
phragme , & la pointe embralie les gros vailleaux. Cette 
pointe ell: tronquée, & a un allongement particulier en 
forme de chapiteau , qui embraife amplement les gros 
vailleaux. 

Le péricarde e(l compofe de trois membranes , félon 
M. WiniloW. La moïenne , qui eft. la principale , eft 
d'un tiifu fort ferré de filamens tendineux très - déliés 
& difréremment croifés. La lame interne paroît être la 
continuation de la tunique externe du cœur , de celle 
des oreillettes & des gros vailleaux. L'externe , ou la 
commune ell formée par la duplicature du médiaftin. 
D'autres Anatomiiles prétendent que le péricarde n'ell; 
compofé que de deux lames, dont la première, qui eft 
externe, vient de la pleure ou du m.édiaftin s & la fé- 
conde eft propre au péricarde , celle qui forme fpéciale- 
ment ce fac. La furîace interne de cette membrane eft 
HiFe & polie •, elle lailTe fuinter continuellement une 
rofée qui adoucit les frottemens du cœur contre elle. 
\ Cette rofée fe réforbe dans fétat nathrel , & ne vient 
pas plus de glandes que l'humeur analogue à celle-ci 
. que filtrent le péritoine & la pleure. Cependant les Au- 
: teurs ont été quelque tems partagés fur cet article : les 
; uns ayant ouvert des cadavres , où le péricarde étoit tout- 
i à-fait rempli d'eau , les autres en ayant diflequé chez 
[lefquelson n'en avoit pas trouvé une feule goutte. Mais 
la difpute eft enfin terminée, 8c l'on fait certainement 
que l'eau qui fe trouve dans le péricarde après la mort, 
eft l'effet de la maladie & de la mort même ; car il faut 
Ipour cela que l'homme ait été quelque tems malade, 
puifque l'on n'en trouve nullement dans le cadavre de 
ceux qui périlTeuc de mort violente , comme les pendus , 

L'ufage du péricarde eft de fervir d'enveloppe au 
cœur, d'empêcher que les poumons en fe gonflant d'air, 
ne ptefTent fur lui , & n'en étounent le mouvement, U 



334 P E R 

fert encore à fournir dans fa propre cavité , la liqueur 
dont nous avons parlé , pour faciliter les mouvemens 
continuels de cet organe. 

M. Malpishi a obfervé dans un cadavre , que le pé- 
ricarde avoit i'épailleur d'un travers de doigt vers la bafc 
du cœur ^ & d'un demi travers de doigt vers fa pointe. 
On trouve fouvent du pus épanché dans le péricarde, de 
l'eau accumulée , des vers : tout cela eft abfolument contre 
nature. Lower dit avoir ouvert le cadavre d'une femme, 
dont le péricarde étoit par-tout tellement adhérent au 
cœur 3 qu'on ne pouvoir prefquc pas l'en féparer avec 
les doigts. Colombns rapporte n'avoir trouvé dans le 
corps d'un de fes difciples , nul veftige de cette partie , 
ôc Bartholin raconte qu'un particulier ayant été bleffé 
d'un coup d'épée pénétrant le péricarde , il en fut iiuéri. 
Cette dernière anecdote prouveroit que les plaies du 
péricarde ne font pas abfolument mortelles , fi elle étcit 
bien véritables & il paroît qu'elle l'eft^ parce que l'Au- 
teur dit qu'à chaque battement eu cœur , l'eau du péri- 
carde s'échappoit au dehors de la plaie. Cependant , 
comme c'eft un fait très-rare, & peut-être un peu exa- 
géré , l'on n'ofe pas encore établir rien d'abfolum.en: 
pofitif & folide , pour la guérifon de ces fortes de 
plaies. 

PERICARDINES. (artères & veines) les artères ac 
les veines péricardines ne font pas fort coniidérables >. 
elles naiflent àes fouclavieres. Les veines reprennent! 
le fang diilribué par les artères & le portent, la droite 
dans ia veine cave fupérieure , & la gauche , dans la 
fouclaviere du même côté. Mais celle du côté droit pa- 
roît fouvent fe rendre à la veine fouclaviere du même 
côté , plutôt qu'au tronc de la veine cave , & cela varie 
beaucoup. Celle du côté gauche même ne va pas tou- 
jours fe rendre à la veine fouclaviere gauche j elle va 
quelquefois fe perdre dans la mammaire interne , & 
d'autrefois dans la diaphragmatique. 

PERICARPE. Voyez Epicarpe. 

PERICRANE. C'eft une membrane formée de plu- 
fieurs lames , qui recouvre le crâne. C'eil kpçriQfte de 



P E R 335 

cette partie : comme on le peut féparer en plufieuis 
lames, il y a eu des Anatomiftes qui ont diftingué la 
lame externe , qu'ils ont nommée péricrdne , de la lame 
interne , qu'ils appellent le périojie. Sun les parties la- 
térales de la tête ,' ces deux lames fe féparent , & lo- 
gent dans leur écartcment le mufcle crotaphyte : la lame 
externe fe joint enfuite avec la coëfFe aponévrotique , 
pour communiquer enfem-ble avec les expanfions aponé- 
vrotiqu^s des mufcles voifins. 

Le périciâne communiqufï avec \fû dure-mere par les 
futtires , ce qui fait que l'inflammation d'une de ces 
membranes fe communique facilement à l'autre. 

PERIERESE. Efpece d'entamure diftinguée par les 
Anciens. Ceft une forte d'incifîon qu'ils faifoient au- 
tour des grands abfcès. Ce mot ell grec : on pratique 
cette opération dans l'ablation des légers fquirrhes & des 
autres tumeurs , par le raoïen du fcaîpel & de la dilTec- 
tion. Voyez Squirrhe & Loupe. 

PERINE' , ou PERINE'E. Ceft l'efpace que l'on re- 
marque au bas du ventre , au_deflbus à^ tefticules chez 
les hommes , de grandes lèvres chez les femmes , & qui 
s'étend jufqu'à l'anus. Cet efpace eft plus long dans 
l'homme que dans la femme , n'y ayant dans la femme 
que répailfeur de la paroi inférieure du vagin , & l'é- 
pailTeur de la paroi fupérieure de l'inteftin redum , unies 
enfemble , qui la compofent. Ceft dans cette partie que 
l'on fait la lithotomie aux hommes , & l'opération de la 
fboatonnierc. 

,j PERIOSIS. Voyez Lithyafis. 

i PERIOSTE. Membrane qui revêt la plupart des os 
là r extérieur & à l'intérieur , d'où vient qu'on la diftin- 
llgue en interne & en externe. On a attribué au périofte 
;|un fentiment très-exquis , mais il n'eft fenfible que 
!*ians la maladie , & après de longues irritations. 
j[ Les dents ne font point recouvertes par cette mem-* 
prane ; & fur les os de la tête , elle porte le nom de 
jbéricrâne. Les fibres qui la compofent , ne font point 
l'entrelacées j mais elles font pofécs les unes furies au- 
;.v||res : elle eft pclis à Textéiieurj & raboteufe à fa fur^ 



33<5 P E R ^ 

Face interne , par laquelle elle adhère à l'os. Quand le 
vnus vénérien attaque cette membrane , les malades 
fouFirent les plus cruelles douleurs , fur-tout pendantla 
nuit. 

PERISCÏTHISME. Incifion circulaire que les An- 
ciens pratiquoient depuis une tempe jufqu'a l'autre , & 
qui pénétroit jufqu'à l'os. C'ell une efpecc d'entamure 
éc de diérèfe , qui n'ell plus en ufage aujourd'hui. Le 
mot eft grec. 

• PERISTALTIQUE. ( tnouvementpénjîalnque ) C'ell: 
un mouvement propre aux intelHns : il cil vermicu- 
laire , fuivant la fignification du mot grec , & lert à 
poulfer les excrémens dehors. Ce miouvcment le fait 
par contraélion , &; la caufe de cette contraélion eft la 
même que celle du mouvement des mufcles , c'eft-à- 
dire , qu'elle dépend de l'infiux du liquide animal , qui 
coule d'abord dans les points fupérieurs , & ainii de 
fuite. On pourroit demander qu'eft-ce qui empêche les 
parties inférieures de fe contrader en même tems que 
les fupéricures. C'eft que la contraction de celles-ci em- 
pêche le liquide anim.al de couler dans les parties in- 
férieures du canal inteftinal , en bouchant &: en com- 
primant les nerfs. 

Les effets du mouvem.ent périftalrique font 1°, de 
faire defcendre les matières de la manière fuivante. Les 
pointes fupérieures des fibres charnues fe contradent 
d'abord , & enfuite les autres , com.me par ordre ; amfî, 
fi les fibres circulaires fe contraétent , finteitm iorme 
une efpece d'entonnoir , dont l'endroit évafé eft en bas, 
êc l'endroit étranglé eft en haut. Dès-lors les matières 
qui y font , doivent couler vers le bas , par la preiîion 
qu'elles fouffrent , puifqu'il y a moins de réiiftance que 
vers le haut. Car c'eft une règle conftante , qu'un corps 
poulfé fe porte vers l'endroit, où il trouve moins de 
réiiftance. 

2°. Le mouvement périftalrique fert à faiîer , bou- 
ieverfer , retourner les matières qui font dans les intef- 
tins , & peut-être même à les broier davantage. Mais , 
par le feul bouleverfement , le chyle peut être exprimé 

des 



PËR 33> 

^es allmens digérés , &c être oblige de pafTer dans ks 
veines ladées. Car , pour qu'il y entre , il faut qu'il y 
ait quelque caufe motrice : or , c'eil ce que l'iiiceilin 
fait en fe contradant , 8c en prefïant les alimens. De 
plus , comme les matières ne peuvent couler fans offrir 
de la réfiftance à fadion de fintclliin , cela facilite 
encore le palfage du chyle dans les veines ladées , parce 
qu'alors il eft obligé de le contrader davantage , à 
caufe de fimpreilion plus vive qu'elles y font ; car on 
fait. que l'adion & la réadion font en raifoii récipro- 
que. Lorfqu'il y a quelque poif)a dans les inteftins , 
ils fe contradent avec tant de force & de violence _, 
que les orifices des veines ladées font refTerrés , bou- 
chés , & com.me elfacés ; ce qui fait que les particules 
^e ce poifon ne pénétrent pas dans la maiTe du fang. V«, 
Jnte/iins. 

PERI&TAPHYLINS. (mufdes) Ces mufcles fe dif- 
tinguent en interne & en externe de chaque côté : leur 
route cù. bien diflérente. Le mufcle periilaphylin in- 
terne , que la plupart des Anatomiftes nomment /?,?^-r(?- 
falpingo-jîaphylin , & d'autres , avec Albinus , rele^ 
veur du voile du palais , eft le plus confidérable des 
mufcles de la luette , & plus en arrière que tous les 
autres. Il eft attaché par fon extrémité fupérieure , an 
rocher de l'os temporal , prés de la trompe d'Euftache , 
1 à laquelle il tient aufli en partie. De-là il fé porte de 
I haut en bas , couvert feulement de la membrane de la 
jcloifon à une ligne que l'on regarde comme aponévro- 
! tique , & va fe terminer à la cloifon du palais. Sa dî-= 
redion l'a tait encore appeller pèrijlaphylin droit. 

Le périftaphylin externe nait de même que le précé- 
jdent de la partie pétreufe du rocher , de la trompe 
t'd'Euftache , & de plus de la lame externe de l'apophyfe 
prérigoidc. Il fe contourne vers la bafe du cro:het de 
cziit lame , & fon tendon s'y rétrécit : il defcend de 
haut en bas , couché fur cette aile , en fuivant fon bord 
tpoftéiieur , puis il fe termine à la cloifon , en s'épa- 
bouilTant en manière d'aponévrofe. 

PERÎSTAPHILO-PHARYNGIENS. Nom d'une 
D. de Ch. Tome IL Y 



53^ FER 

paire de petits mufcles , qui font attachés par une de 
leurs extrémités entre la luette & l'apophyfe ptérigoi- 
de , & par l'autre , à la partie poftérieure & latérale 
du pharynx. Ces mufcles répondent à ceux que d'autres 
Anatomillies ont appelles hypèro -pharyngiens , ou pa- 
lato-pharyngiens. Ils tirent le pharynx en haut & eu 
arrière. 

PERISYTOLE. Repos qui eft entre la fyftole & la 
diaflole \ c'eft-à-dire , entre la contradion & la dilaci- 
tion des artères. Il pourroit fe remarquer au pouls , 
mais quelques-uns le nient : il n'eft pas fenfible dans 
les perfonnes enfanté, Eaitholin afTare qu'il ell manifefle 
dans les moiibonds. 

PERITOINE. Membrane qui recouvre immédiate- 
ment tous les vircéres du bas ventre en général , &: la 
plupart d'eux en particulier. Elle eft fituee fous les muf- 
clés du bas-ventre. Elle a la m^éme figure & la même 
étendue que le bas-ventre, & elle s'allonge aulTi à pro- 
portion des autres tégum.ens dans la grolIelTe & dans 
l'hydropifie. Sa fuiface intérieure ell polie & enduite 
d'une humeur orî^lueut'c qui s'exhale des extréniités des 
vailTeaux dont le tillu de cette membrane eft compo- 
lé j pour lubrefier les parties qui fe trouvent au-deifous, 
& m.odifier les frotterTiens qui ont lieu entre elles & le 
péritoine. Sa face externe eft fibreui'e & inégale , parce 
qu'elle adhère fortement aux mufcles. 

Il y a des Auteurs qui prétendent avoir obfervé dans 
le péritoine , de petits corps* fphériques , qu'ils ont pris 
pour des glandes, & ils leur attribuent la fondion de 
féparer de la maiTe du fang la limphe onélueufe qui fe 
filtre dans le péritoine. Mais ces obfervations ayant été 
faites fur des fujets mtal affedés , on ne fauroit en rien 
conclure pour l'état de fanté. On n'en voit pas en eifet 
dans les cadavres de gens morts de m.ort violente , ou 
de maladie étrangère au péritoine. Ainfi il eft plus pro- 
bable que CQS prétendues c.landes font des produdiions de 
fucs altérés ou viciés par la maladie. C'eft le fentiment 
de" plufieurs habiles Anatomiftes , & entr'autrcs de MM. 
Morcafnv , Heifter , Petit rAnaton:iifte. Ils oiu ob- 



P E R 339 

fei-vé que très-fouveiit des trous fc trouvent obftrués pai: 
une liqueur qui s'y épaifllr , & qu'il eft aifé de fe trom- 
per fur la nature de ces petites conerétions 5 par la r^{^ 
lemblance qu^elles ont avec de petits corps ronds de 
blanchâtres. M. Littre cependant & d'autres font du 
fentiment contraire. Mais cela ne doit pas empêcher 
de liijetter ces prétendues glandes , parce qu'il ell im- 
poiîibie de les démontrer dans les fujets morts de ma- 
ladie aiguc & fubite. 

Le péritoine tient aux mufcles abdominaux , parde- 
vant , au diaphragme par en haut , par en bas aux os 

■ ifchium & pubis , fur les côtés aux os des îles , & par 
derrière à l'os facrum & aux vertèbres des lombes. Tou- 

> tes ces attaches fe font au moyen d'un tilîu cellulaire , 

■ qui n'eil pas par-tout également fetré. Cette membrane 
eft percée j par fa partie fupérieure, à l'endroit où elle 

■ adhère au diaphragme , de pluiîeurs trous. L'cefophage , 

■ la veine cave , 8c la huitième paire de nerfs cérébraux 
! les occupent. Par en bas , le péritoine donne illlie aux 
'. gros excrémens qui fortent par l'anus ; il s'ouvre aulli 
' à l'endroit du vaccin , de Purèthre & des vailleaux , qui 

■ \'ont aux cmifes. Dans le fétus , il eft ouvert en dedans, 
1 pour donner paifage aux vaiifeaux ombilicaux ; mais 
' toutes ces ouvertures doivent s'entendre de fa tunique 

■ extérieure , &-non de l'intérieure. 

.1 -^ "L'on pourroit confidérer le péritoine , comme 
*|«ompofé d'une feule tunique ou lame membraneufe , 
; qui feroit l'interne ; car , quant à l'externe , ce n'eft 
qu'un tilfu cellulaire, & une continuation de la mem- 
'brane cellulaire , répandue dans tous lesinteiftices de nos 
• organes. Cependant c'eft entre les deux prétendues mem- 
tbranes, dont on croit le péritoine compofé , que font- 
[contenus tous les vifcères & tous les vaiifeaux du bas- 
.jiventre, que recouvre la membrane interne. Dans le 
'fétus , à l'endroit du nombril , la membrane externe ac- 
compagne les vaiifeaux ombilicaux qui paifent dans fa 
iduplicature , & la membrane interne palTe par-delfus 
[en couvrant ces vailleaux , pour former la paroi interne 
du péritoine , com.rae par toute la capacité du bas* 

Yij 



340 P E R 

ventre- Lorfqu'après la naiirance du fétus , le cordon de 
l'ombilic eft lié & féparé , la réunion des vaiiFeaux om- 
biiic.-ux le fait avec la membrane externe à l'endroit 
du nombril. Ces vaiifeaux le deliéchcnt enfuite , & dé- 
génèrent en Heam^ens , pendant que la membrane in- 
terne refte fimple en cet endroit. C'eft dans ces lieux 
ouverts , que fefont les hernies vraies, par la raifon qu'ils 
-font.plus foibles , & qu'ils cèdent plus ailémcnt aux diffé- 
rens efforts. 

La mem.brane qui couvre le péritoine à l'extérieur ; 
& que l'on a pris mal-.î-propos pour une lame de cette 
membrane, fournit deux allongemicns vers l'aine, qui 
conduifent dans l'homme les vailfeaux fpermatiques aux 
îeflicules , & dans les femmes les ligamens ronds de îa 
iriatiice. Quand les allongemens font parvenus aux tef- 
ticules , ils s'elargiilent pour les envelopper , &i for- 
îpent ainfi leur membrane propre , qui porte le nom de 

On trouve ces allongemens ouverts dans les chiens ; 
jufques dans la capacité du ventre , tellement qu'oa 
peut y introduire nn ftilet allez gros ; mais dans l'hom- 
ine , on n'y trouve pas le moindre jour. Comme les 
vaiffeaux fpermatiques gliffent dans le tilfu cellulaire du 
péritoine , ces aU;)ngemens qui enveloppent les vailleaux 
îpeimatiques avec les tellicules dans l'homme , & les 
ligamens ronds de la matrice dans la femme , font for- 
més de -ce même tiflu , pendant que la vraie lame du pé- 
ritoine ferme les ouvertures de ces allongemens j ce qui 
fait que le péritoine y refte fimple , 8c par confequent 
plus ioible , comme nous l'avons dit ci-d-evant à l'occa- 
ion de l'ombilic : & comme les mufcles abliques du 
baF-ventre font aulTi percés dans ces endroits , pour le 
pallage des allongemens du péritoine , Se <les vailfeaux 
rpeimatiques aux hommes , & des ligamens ronds delà 
matrice aux femmes , c\rt par cette raifon qu'à l'occa- 
iion de quelque caufe externe & violente, la membrane 
interne du péritoine éta'^t moins appuiée dans cet en- 
droit , eft enfon-cée & allongée pa-; Timpulfion de fin- 
teftin Se de l'épiploon , dans le cas de hernie ^ conjoin- 



fcment ou feparément, vers les anneaux des mufcles , 
lesquels alors font obligés de fe dilater II le forme donc 
un lac qui s'allonge plus ou moins , félon que Timput- 
iion des parties eft plus ou moins forte , d'où il réfultc 
une hernie incompLtte ou complette , félon que les par- 
ties defcendent dans l'aine feulement, ou jufques dans 
le fciotum. Mais dans le cas d'un effort violent ^lubit, 
il arrive quelquefois que ces allongemens crèvent : alors 
la hernie eft fans fac , & fe termine à l'aine- 

Les ufages du péritoine font de contenir les parties 
que renferme le bas-ventre , de les humedet de la rofée 
qu'il exhale , Se peut être d'aid&r la digeftion. Il cou- 
vre & tapille les mufcles à leur partie interne , & pro- 
duit des alloiigemens qui enveloppent la plupart des 
vifcères en particulier, il fournit des attaches à ces vit 
ccres , & fert de foutien aux vaifTeaux fanguins qui s'y 
diftribuent. 

PERONE' C'ell le plus petit des deux os de la iam- 

; be. Il eft placé le long du tibia à fa partie externe, 8t 

f un peu poftérieKre : il cft long , grêle & triangulairci 
On le xlivife en corps ou portion moïenne , & en ex- 

j trémités. 

I 'L'extrémité fupérieure reffemble i une petite tête 
applatie obliquement ; elle fe termine en arrière pan 
une pointe courte &c moulTe : elle porte une facette ar- 
ticulaire Sç cartilagineufe pour fon articulation avec la 

; facette que l'on remarque fous le condile externe da 

-^tibia. 

[ Le corps de l'os eft long , menu, & irrégulièrement 

Ijtortueux & trianeulaire : il fe rétrécit vers les extrémités, 

'^Quelquefois il eft courbé en dedans dans fon milieu. M, 

pj^inflow penfe que cela peut venir de la manière d'em- 

ffîailloter les enfans. Il eft d'autant plus vraifemblablc 

[que cette courbure n'eft pas naturelle au péroné , que 

l'on trouve de ces os qui font aifez droits. On Y re-. 

marque trois races & trois angles : ces trois faces fe con- 

:ournent à mefure qu'elles defcendert le long de ^'os , 

le manière que celle qui eft externe dans fa partie fu-»- 

. j?é£ie.uj:e., devient poftérkure inférieurement : la poftén- 



342 P E R 

rleure devient interne par en bas ," & l'interne^ anté* 
rieure. Des rrois angles , celui qui elt interne répond à 
l'angle externe du tibia , & fert à l'attache du ligament 
interoJleux , qui eft commun à ces deux os. Les deux 
autres an2,les n'ont rien de remarquable , û on en ex- 
cepte l'antérieur , qui eft quelquefois aiTez Taillant , & 
fe termine intérieurement par une petite face triangu- 
laire. 

L'extrémité inférieure eft allongée Se applatie : elle 
déborde le tibia , & ce prolongement forme la malléole 
externe. Sa furface externe eft inégale , & fe jette un 
peu en dehors. Sa face interne a une petite face plate , 
& recouverte d'un cartilage i elle eft reçue dans la ca- 
vité du tibia qui y répond. On rem.arque en arrière une 
follette oblonguc , qui loge une glande mucilagineufci 
on y voit aufli une facette qui eft l'attache d'un ligament 
annulaire. 

Cet os eft creux dans la partie moïenne , qui eft faite 
de fubftance compacle. Les extrém.ités font épiphyfes 
dans l'enfant , s"'oftifient avec l'âge , & font formées de 
fubftance fpongieufe , recouverte d'une lame afe mince 
de ubftance compade. 

PERONIEK., (ie grand) On l'appelle auffi le ;;//-a- 
nier long ^ & le pofièrieiir. Ceft un mufcle long , iitué 
le Ions; de l'os péroné j fon corps charnu paroît quel- 
quefois fe confondre avec celui du moi'en péroné. Ce 
mufcle s'attache par fon extrémité ftipérieure ^ à la par- 
tie fupérienre , antérieure, externe du péroné , & à une 
partie voiline du tibia j il continue a s'attacher jufqu'au 
delîous de la partie moïenne du péroné , ainii qu'à l'a- 
ponévrofe qui le fépare de l'extenfeur du grand orteil. 
Il fe porte enfuite un peu en arrière , où fon tendon 
paiTe derrière la malléole externe , dans une forte gai- 
ne , qui lui eft commune avec ie tendon du péronier ; 
il s'avance, toujours reçu dans la gaine annulaire, vers 
le côté externe de la partie antérieure du calcaneum , 
palîe obliquement par la goutière que l'on voit à la face 
inférieure de l'os cuboïde , & fe termine enfin à la 
bafe du premier os du métatarfe , & du grand oi eu- 
r.çiraïrne. 



^ _ P E R 543 

Ce mufcle fert à étendre le pied , en le partant eu 
dehors, 

Péronier moïen , ou péronzer antérieur de M. Winf- 
low. M. Lieutaudle nommt péronier pojlêrieur court i 
c'eft un petit mufcle attaché par fa partie fupérieure à 
la pattie moienne & inférieure du péroné , & à i'apo- 
névrofe qui couvre les nmfcles de la jambe. Le tendon 
de fa partie inféuieure pafTe deniere la malléole externe 
dans une forte gaine , qui lui eft commune avec I2 ten- 
don du péronier poTtérieur , & va fe terminer à la tu- 
bérofîté fupérieure & poftérieurc du dernier os du mé- 
tataife. Ce mufcle fert à iléchir le pied en le portant 
un peu en dehors. 

Péronier. {le petit) M. Lieutaud le nomme phonier 
antérieur. C'ed un petit mufcle que l'on a pris fouvent 
pour une portion du long extenleur commun des or- 
teils , quoiqu'il en foit fcparé , & qu'il ait um autre 
I ufage. L'extrémité fupérieure de ce mufcle eft attachée 
1 prefque à la moitié inférieure de la face interne du pé^ 
': roné , à côté duquel il defcend , & avec lequel il paiTe 
' dans une gaine ligamenteufe , fouririeparle ligament an- 
; nulaire. Son tendon fe porte enfuice vers la partie ex- 
[ terne du pied , & s'attache à l'extrémité poftérieure des 
îdeux derniers os du mératarfe. L'ufage de ce mufcle eil 
[de fléchir le pied. 

i Péronier. ( nerf ) Ce nerf eft une branche du nerf 
[plopité , & par conféquent une fuite du gros wzii fcia- 
\tique. Ce nerf commence à la tête du péroné , après 
[avoir jette deux branches vers le genou , qui fe perdent 
[dans la peau. Il fe partage enfuire en piulîeurs autres 
[branches , dont quatre font plus remarquables que les 
[autres. La première traverfe le mufcle long péronier , 
[vers fa partie m.oienne , fe porte obliquement en de- 
jvant , & defcend le long de la partie inférieure de la 

! 'jambe , où il n'eft couvert d'aucun mufcle •■> puis il fe 
continue fur le pied en jettant plufieurs filets. Quelques- 
unes de ces ramifications avancent jufqu'aux orteils , les 
.autres fe diftribuent à la peau. La féconde branche prin- 
cipale aiant percé le mufcle long extenfeur des orteils 

Y iv 



344 P E S 

Jans fa partie fupérîeui-e , va gagner Tartèré tibiaîe an* 
térieure , puis defcend avec cette artère , côtoie le li- 
gament interofleux , vient palier avec elle fous le liga- 
ment annulaire commun j & aiant fourni un ou deux 
filamiens au court extenleur des orteils , il fe termine 
par plufieuis diilributions , le long des parties latérales 
externes des quatre premiers orteils.. Les deux autres 
branches confiderables du nerf péronier fe perdent dans 
la partie fupérieure de la jambe ^ en fe ramifiant au, 
jambier antérieut , & au. long extenfeur des orteils. 

PEROKIERE ou SURALE. ( artère & veine ) Ccft 
la plus petite des deux branches qui réfultent de la di- 
vifion de l'artère tibiaîe pollérieure : elle porte le fang 
aux parties qui entourent le péroné , & au péroné lui- 
mém.e ; & après avoir produit les différens rameaux né- 
ceifaires à cela , elle fe divife en deux autres branches 
qui femblent difparoître infenfiblement , avant qu'elles; 
arrivent au pied. 

Quant à la veine , il n'y a que quelques Auteurs 
qui donnent ce nom , & celui de grande fciatique , aii 
îamiCau poftérieur de la tibiaîe. Voyez Tibiales. 

PESiAlFvE. Remède folide , qu'on introduit dans 
les parties naturelles des femm^es , pour provoquer les 
mois, ou arrêter les perces, pour empêcher la chute du. 
va^in , ou d'autres incommodités de ces parties. Il y e» 
a de plufieurs fortes : on en fait avec un petit morceart 
^e linge ou de taffetas , de figure piramidale , de la 
groHeur &: de la longueur du doigt , rempli de poudres 
convenables , incorporées dans de la cire, de l'huile pro- 
pre à la maladie , & de la laine ou du coton. De ces 
fortes de peifaires , les uns font emmenagogues , les au^ 
très aftringens , d'autres hillériques. On en fait auffi avec- 
un liège, en manière d'anneau rond ou ovale ^ enduit 
de cire fondue , qu'on lailfe toujours dans la partie pour 
les chutes du vagin ou de la matrice. Enfin l'on en fa- 
brique d'argent* en forme de tuiau , dont la partie lupé-i 
rieure ell terminéepar un petit godet percé, pour foutenip 
l'orifice de la matrice, Tous les peifaires longs 4oiveut. 



P H A ^ ^ ?4f . 

être attachés par le bout d'en bas à un petit ruban ^ pour 
pouvoir les retirer cians le befoin. 

PETREUX. ( os ) On donne ce nom a Pos des tem-» 
pes , à caufe de fon apophyfe pétreufe , qui figure un 
rocher. Voyez Teruporal. 

PETRO -PHARYNGIENS. Nom d'une paire de 
petits mulcles , dont une des extrémités cil attachée à 
l'os pétreux , & l'autre â une ligne tendineufe j qui ré- 
pare le pharynx en deux portions , dont l'une eft à 
droite , & l'autre à gauche. 

PETRO-SALPINGO-STAPHYLÎN. (mufcle) On 
donne ce nom au mufcle périiiaphylin interne. Voyez 
Périftaphylins, 

PHCENYGME. Remède qui excire de la rougeur, 
& fait élever des veffies fur les parties du corps , où il 
a été appliqué. Tels font les véficatoires , l'euphorbe , 
la moutarde , le poivre la pyrèthre , la clématite , 
&c. 

PHAGEDENIQUE. Epithete qu'on donne à des 
ulcères malins , qui mangent & rongent les chairs voi- 
fines. On appelle eau phagèdénlque , une eau de chaux, 
dans laquelle on a mêlé du fublimé corrofif , &: qui elî 
propre à guérir les ulcères phagédéniques , à les déter- 
ger , à confumer les chairs baveufes 5c fuperflues. V» 
Ulcère , & Eau, 

PHALANGES. Os qui compofent les doigts de la 
main & du pied. Il y en a trois à chacun des doigts , 
çxcepté aux pouces , dont la première forme un os du 
métacarpe & du métatarfe. La première dans chaque 
doigt ell plus groffe que les autres , & la féconde plus 
forte que la troifieme. Les phalanges des quatre doigts 
qui fuivent le pouce , ont beaucoup de reifemblance , 
quant à leur ftrudure , 6c ne différent qu'jn volume. 

Les premières phalanges font plates , longuettes , ont 
la partie moi'enne convexe &: arondie en dehors , 6c la 
face interne applatie & concave. Leur bord a une ligne 
raboteufe , & les bafes en font aflèz groifes. On y re- 
marque une cavité recouverte d'un cartilage : ces cavités 
font comme toutes les cavités articulaires , plus grandes 



^4^ P H L 

dans le cadavre que dans le fquelette : elles s'uniiTent 
aux os du métacarpe. L'extrémité oppofée eft aufll re- 
couverte d'un cartilage , 5: reprélente une forte de pou- 
lie : on obferve fur les côtés deux fae>,ettes ligamenteu- 
fcs. Les fécondes phalanges ont aiTez de relfemblance 
avec les premières : elles font plus grêles, & leurs ba- 
fes ont deux cavités légères , au milieu defquelles ou 
voit une petite éminence. Elles font incruftées de carti- 
lages , & s'unilfent avec la poulie de la première pha- 
lange. L'autre extrémité elt formée en manière de pou- 
lie , comme celle de la première phalange. 

La bafe des troifiemes phalanges eil en tout fembla- 
ble à celle des fécondes. On apperçoit fur les côtés de 
cette bafe deux petits tubercules , comme fur celles 
des premières Se des fécondes ; mais elle n'eft pas ter- 
minée comme ces dernières. Ces os fe terminent par 
une extrémité raboteufe , qui a la forme d'une tubéro- 
fné : cette éminence fe continue fur la face interne , 
de façon à repréfenter une efpece de demi -couronne, 
ou de fer à cheval , à l'extrémité de ces phalanges. 

Quant au pouce , il mérite quelques remarques par- 
ticulières. La première de fes phalanges forme un des 
os du métacarpe : elle approche un peu de leur ftruc- 
ture , eft applatie dans fon milieu , a à fa bafe une 
face articulaire gonflée dans fon milieu , & déprimée 
fur les côtés , pour s'accommoder à la poulie du tra- 
pèze , & elle fe termine du côté interne par une pointe 
dont rextrémxité eft arrondie. Sa tête approche un peu 
de celle des os du métacarpe. La féconde phalange ap- 
proche beaucoup , par la difpofition de fes extrémités , 
des premières phalanges des autres doigts , & elle n'en 
dilFere que par un corps plus court & plus applati à l'ex- 
térieur. La troifieme ne préfente ^rien de fingulier i elle 
re/Temble à la troifieme des autres doigts. 

Les phalanges font articulées enfemble par une articu- 
lation de Ginglime. Des ligamens les retiennent en ii- 
tuation : il y en a de latéraux & d'orbiculaires. On y 
trouve des glandes fynoviales & de la fynovie. Les ten- 
ions qui les fléchilTent font logés dans leur face conca- 



P H A •547 

Ve , & ceux qui les étendent font collés uir leur face 
convexe. Les phalanges font des os longs , qui contien- 
nent de la moelle. 

PHALANGOSIS. Maladie des paupières , dans la- 
quelle les cils font hériiTés contre l'œil, comme des dards 
pointés contre l'ennemi. Deux caufes peuvent la pro- 
duire , ouïe relâchement exceffifde la peau de la pau- 
pière fupérieure , or le raccourcilfement de la mem- 
brane interne de la même paupière. Car alors le tarfe 
étant retiré en devant , il force les cils à tourner leuc 
pointe contre l'œil, au lieu de f avoir en dehors. Le Chi- 
rurgien doit examiner d'abord à laquelle des deux caufes 
la maladie doitfon origine. S'il voit que la peau l'externe 
foit relâchée par quelque humidité , il faut y appliquer 
des remèdes qui la deiléchent , & qui la fortifient ; puis 
en attendant cet effet , il mettra comme aux futures 
féches , deux petits morceaux de cuir chargés d'un on- 
guent emplaftique , l'un fur la paupière malade , & l'au- 
tre fur le front , au-deifus des fourcils j puis par trois 
petits fils attachés aux bords oppofésdes deux emplâtres, 
il les unira enfemble en levant les fils , de manière 
qu'en ferrant modérément , la paupière fe levé 3c fe fou- 
tienne dans fon état naturel. Si le mal venoit de la 
membrane interne qui feroit trop retirée , il faudroit , 
après avoir d'une main retourné la paupière, y faire avec 
un fcalpel une petite incifion longitudinale pour la dé- 
brider, & lui faciliter les moiens de s'allonger. De cette 
façon , les cils reprendront leur place, & l'œil n'en fe- 
ra plus incommodé : ce qui elt le but qu'on fe pro- 
pofe. 

PHARINGOTOME. Inftrument qui fert à ouvrir 
le pharinx , à fcarifier les amygdales & les parties de 
l'arriére bouche , où il fe forme des apoilcmes. C'ell 
une lancette cachée dans une canule , laquelle eft lé- 
gèrement courbée , longue , plate , & de différente ma- 
tière d'argent , de cuivre , de fer. Pour opérer avec cet 
inftrument , on fait fortir la lancette par l'extrémité de 
la canule , au moien d'un relfort à montre qui eft ren- 
fermé dans le manche , & qu'on pouife. Le manche eft 



^4S P H A 

une efpcce de canonnicie , dont la figure imite celle 
d'une petite feringue à injedions. La lancette eft à grain 
d'orge , foiH^ée à un petit ftilct d'argent qui traverfe 
tout rinftrument , & qui fort parle bout du manche, 
où il ell l'arni d'un petit bouton en forme de pommette, 
fur laquelle on appuie le pouce pour pouiFer ce ftilet 
dans la gaine , & faire foitir la lancette. Il y a au mi- 
iieu de la canonnière un anneau foudé fur le côte pa- 
rallèle au tianchant de la lancette , dans lequel on palle 
le doigt du milieu l)r qu'on tient l'inflLument. 

PHÀRINGO-PALATIN. (mufck) Voyez Palato^ 
pharyngien. 

PHaRINGO-STAPHYLïN- ( mufcle ) Il naît des 
deux côtés de pharinx , (5c fe teimine à la luette : il la 
tire de côté. 

PHARINGO - thyroïdiens. ( mufcles ) Ce 
font les mêmes que les Thyro-pharingiens. Voyez Thyro* 
pharingien. 

PHARINX. On donne ce nom à la partie fupérieure 
de l'œfuphage. Ceft une efpece de fac en forme d'en- 
tonnoir , dont la fu:tace externe eft coUée à toute la 
fuiface de l'intétieui- de la bouche derrière la voûte du 
palais , & derrière le larinx , depuis la grande apjphyfa 
de l'os occipital, jufqu'à l'œfophage qui en eft une con- 
tinuation. Cet efpace eft en arrière terminé par les muf- 
cles qui recouvrent les corps des premières vertèbres du 
cou, & fur les côtés , par la portion fupérieure des 
deux veines jugulaires internes, par celle des deux ca- 
rotides internes , par les apophyfes épinew.fes de l'os fphé- 
noide , par l'extrémité des os pierreux , par l'os fphé-^ 
iioïde immédiatement au dellus de l'aile interne de l'a- 
pophyfe ptérigoïde , & par les portions voifmes de l'uji 
& de l'aucre mufcle ptérigoïdien de chaque côté. 

Le pharinx eft comme le pavillon de l'œfophage. 0\\ 
y diftmgue la voûte , le corps, & le détroit. La voutc 
en eft la portion la plus large : elle fe termine de cha- 
que côté par une pointe qui s'attache vers les follettes, 
jugulaires de la bafe du crâne. La grande cavité devient 
enfuite un peu retrecie entre les côtés 3 (ans dimiauei:: 



ïes autres dîmenfions. Elle s'élargît de nouveau de côté 
& d'auti-e dertieie le larinx , en lailîant néanmoins nés- 
peu d'intervalle entre elle & le cartilage cricoïde. L'ex- 
trémité de la portion inférieure efl fort étroite , & em- 
bralle la bafe du même cartilage cricoïde. Au relie , le 
phatinx- ell compofé en partie de plufieurs bandes char- 
nues , qui en forment la capacité , 3c que l'on regarde 
comme autant de mufcles , & en partie d'une mem- 
brane qui tapilTe intérieurement cette cavité dans toute 
fon étendue. Cette membrane contient beaucoup de 
cryptes glanduleux, blanchâtres , qui paro'iîent comme 
•de petits abfcès , & qui ont pour ufage de filtrer une 
humeur muqueufe , qui lubréfie le pharinx, & convient 
A la diffolution des alimens. 

PHLAii'IS. Contulîon d'un os plat , qui ne confifte 
que dans un fimple enfoncement. C'eft un nom qu'Hyp- 
pocrate a donné à une eipece de fradure des os plats , 
Gii cet accident a lieu. Galien l'a nommée thlajls , ou 
îhlafma. 

PHLAiS'MA. C'eft la même chofe que phlafîs , & ce 
nom vient, ainfi que l'autre, d'Hyppocrate. 

PHLELOTOMiE Opération de la faignée. Ce mot 

! eft compofé de deux termes grecs , dont le premier fî- 

gnifie veine , & l'autre feàion, C'eft une efpece d'enta- 

mure aux parties molles, qui n'a lieu que fur les veines» 

yoy>ez Saignée. 

PHLEBÔTOMISE'. 5ujet à qui l'on a ouvert une 
veine, à qui on a fait une laignée. 
PHEEBOTOMISER. Voyez Saigner, 
PHLEBOTOMLSTE. Chirurgi^^n qui s'applique par- 
ûculierement , ou qui réuilit fingulierement à faire l'o- 
pération de la fai2;néc. 

PHLEGMATIQUE. fie tempérament) eft celui , où 
les fibres font excelîivement relâchées, n'ont pas de ton, 
: par conlequeiit peu de contradilité & d'adion fur les 
, fluides : d'où il fuit que les principes conftitutifs du 
I fang ne font que mal unis , fe fëparent aifëment. En 
' leoiiiidcrant le plus haut degré du tempérament phieg* 



Ë 



350 P H A * 

matique , la férofitc furabonde léellcment , relativement 
aux autres principes. 

Les phlegmatiques font ordinairement fort grands , 
élancés. Ils ont la peau blanche , molle , douce au tou- 
cher. Ils font grands , parce que la fibie abreuvée d'eau 
prête, & s'étend facilement La peau eft molle, à caufe 
du peu de tenfion de la fibre : elle eft blanche , bla- 
farde , parce que les principes du fang étant mal unis, 
ce fiuide eft d'un rouge délayé. Il y a un grand nombre 
de tuïaux qui n'admettent que la féiofïté- De-là le tiifu 
vafculaiie de la peau fe tiouve relâché , blanc Se doux 
au toucher. Ils ont ordinairement les cheveux demi-* 
blonds , clairs; car la couleur plus ou mioins foncée des 
cheveux dépend de la quantité des molécules fanguines 
qui s'y engagent : or , la férofité abondant chez les 
phlegmatiques , il y aura peu de molécules fanguines 
engagées dans les cheveux. 

Les phlegmatiques font peu forts ; ils ne fupportent 
pas les travaux fatiguans. Ils ne font ni bons fbldats , 
ni bons laboureurs , parce que leurs fibres humedées ne 
peuvent avoiu le degré de rigidité , qui fait la force des 
autres hommes. Ils ont les yeux doucereux , la figure 
aimable , l'air tcndie. Ils mangent peu , ils ont peu 
d'appétit , ils digèrent affez aifément ; car , comme les 
enfans , ils abondent en fuc gaftrique & inteftinal , ce 
qui délaie leurs excrémens , qu'ils rendent deux ou trois 
fois par jom- fort aifément. Les phlegmatiques font peu 
enclins à f amour : ils font fort tranquilles fm" cet ar- 
ticle. __ 

Les femmes font plus phlegmatiques que les hom- 
=^s , à caufe de la m.olelTe dans leurs fibres. Dans les 
villes , on voit plus de phlegmatiques que dans les cam- 
pagnes. 

^PHLEGMON. C'eft en général , comme le porte 
fon nom , une inflammation , & l'on entend par là une 
chaleur immodérée & contre nature , foit univerfslle , 
foit particulière , avec tumeur , ou fans tumeur. j 

1-.^ phlegmon en particulier fe définit une tumeur in- ,' 

i 



P H Y 3^î 

ilammatoke , de différente iigure , fouvent ronde , ten- 
due , feume , accompagnée de rougeur, de douleur 8c 
3'e pulfation. Cette maladie provient ordinairement 
d'une abondance de fang arrêté , & accumulé par fluxion 
dans une partie , qui occupe non-feulement les tégu- 
mens, mais aufTi les mufcies , & qui conferve une den- 
fité contre nature. 

On dillingue le phlegmon en vrai ou lègiùms^ , dans 
lequel la portion rouge du fang domine fur les autres 
humeurs , & en faux , &: en bâtard , qui recoiinoit 
pour caufe un fang bilieux , pituiteux , ou mélancholi- 
que , ce qui fait qu'il participe de l'éréf/pèie , de i'œ- 
déme ou du fquirrhe. 

Le phlegmon fe termiine par réfolution , par fappu- 
ration , par gangrène , par le fphacèle , par le fquirrhe , 
par le cancer. Pour en procurer la réfolution, on fai- 
gne plus ou moins le malade , fuivant fes forces : on 
applique des cataplâmes émolliens fur la tumeur, on 
.i'arrofe de liqueurs anodyncs & réfolutives , on em- 
ploie tou3 les rafiaîchiifans le plus promptement qu'il 
f fe peut , pour fe prémunir contre les autres fuites de 
I l'inflammaiion , qui font toutes beaucoup plus facheu- 
1 fes. Que ii la réfolution ne le fait point , on traite le 
I phlegmon qui abfcede , ou fc fphacèle , ou fe durcit , 
• comme il eit dit aux articles Abkès , Gangrène , Spha* 
cèle , Squirrhe , Cancer. 

PHLEGMONEUX. Qui tient de la nature du phle-: 
: gmon. 

i PHLYCTENE. Pullule ou petite véficule, qui ^k.^ 
\ levé quelquefois en quantité prcdigieule fur la fuper- 
\ ficie de la peau : ces petites tumeurs contiennent ordi- 
nairement une férohté acre , ou fanie féreufe , jaunâtre, 
■''lanchâtre , ou fanguinolente. Telles font les velïïes qui 
^viennent à la gangrène &: aux brûlures. 
PHRENIQUE. Synonyme de diaphragmatique : on 
donne ce nom aux parties qui concernent le diaphrag- 
xne , appelle en grec phren, 

PHYGETHLON. Tumeur inflammatoire , créfipé- 
lareule , dure , tendue, large, peu élevée, garnie à^ 



5^2. P H Y 

petites puftulcs , accompagnée d'une douleur & d^uné 
chaleur brûlante , qui a Ton fiege dans les glandes , par. 
ticulierement dans celles qui font au dellbus de la peau, 
êi qui ne vient jamais, ou prelque jamais à fuppuration. 
Cette tumeur doit toujours fe diffiper par vélblunon i 
on la traite comme le phlegmon & réréfipele. On dif- 
tingue le phygethlon en fimple ou bénin , & en malin 
ou peJîiUntiel. Voyez Phlegmon. 

PHYME- Tumeur inflammatoire , qui s'élève fur la 
peau fans caufe externe- Elle efl plus petite , plus mol. 
le , moins élevée , moins rouge , & moins douloureufe 
que le phlegmoH. Elle a ion iiege dans les glandes, elle 
croit & fuppure très-promptement. On la traite comme 
les abfces. Voyez Abfces, 

PHYMO^li»'. Maladie du prépuce , qui confifte dans 
un reflerrement fi confidérable , qu'il ne peut fe ren- 
verfer pour découvrir le gland. C'elt un vice oppofé au 
paraphymolis. On le diflineue en naturel & en acciden- 
tel. Le naturel vient de naillance , & n'eft point ordi- 
nairement dangereux , à moins que par l'acrimonie de 
l'urine il n'y fiirvienne une infiammation ; car , fi elle 
fejourne long-tems entre le prépuce & le gland, elle a 
xoutume de fe décompofer &; de devenir fort acre. L'ac- 
cidentel eft bénin ou malin. Le premier vient de quel- 
.que caufe externe , qui irrite le prépuce , y attire in- 
flammation , gonflement , & le fait tellement reiferrer , 
c<^u'il le forme à fon extrémité un bourrelet circulaire, 
qui f empêche de fe renverfer & de découvrir le gland. 
ie phymofis malin lui eft femblable , mais il connoît 
pour caufe le virus vénérien. Il furvient fouvent à la 
xhaude-pilfs , aux chancres , & à d'autres maladies vé- 
nériennes qui attaquent la verge. 

Quand il eft indifpenfablem.ent néceffaire de faire l'o- 
pération du phymofiS , voici comme on s'y prend : oa 
fait alleoir le malade dans un fauteuil ; il a le corps un 
peu panché en arrière , & le Chirurgien tenant de fa 
main droite un biftouri , garni par fa pointe d'un pe- 
tit bouton de cire , le paffe entre lê prépuce & le gland , 
le poulie jufqu'à la couronne , ie tranchant étant dirigé 

vers 



P H Y 'j55 

vers le côté gauche j puis prenant de la maùi çyauchf la 
verge qu'il aiFermit , il enfonce la pointe Je foci bif- 
touri au travers du prépuce, puis tirant à lai ioninf- 
trument , il le fend en entier. La plaie faigne , on la 
lailîe dégorger , enfuite on fait le paniémcuc. On com- 
mence par appliquer unplumaceau couvert d'un afiiin- 
gent , puis Un emplâtre en croix de maîthe , pcucé dans 
fon milieu, pour lai^fcr palTage à l'urine, pais ùac corn- 
prell'e de même façon que i'emplfitre , tieiiipcc daiisde 
Toxycrat , & on iinit par appliquer une petite bande 
en forme de ipica , autour de la verge. Le punieineiiu 
étant terminé , on met la verge dans une peciLC écliarpc 
qui s'attache à une bande que le malade porccia au- 
tour de fen ventre en forme de ceinture., alin que la 
verge ne pende point , & que la fluxion n'y ioit pas dé- 
terminée. Cette opération eft abibîument néceiraire.aux 
véroles qui ont des chancres recouverts fur le gland „ 
par le prépuce malade du phymofs , parce que pour 
guérir ces maux, il faut les panfer , ce qu'on ne peut 
faire fans découvrir le gland. 

PHYSIOLOGIE. Mot 2rcc compofé , qui fignifie 

dlfcours fur la nature : on donne ce nom à la partie 

delà médecine , qui conddére la nature de l'homme ^ 

par rapport à là guérifon de toutes les maladies , 2c 

qui traite de l'ccconomie animale. 

I La phyfiologie confidére les choi'cs naturelles , 6c les 

P fondions du corps humain dans l'état de fanté. On ap- 

1 pelle choes naturelles, celles qui font elieiitiellement 

i néceffaires au corps 3c fans IclqucUes il ne peut fub« 

fifter. 

La phyfiplogie eft le fondement de la médecine i car 
cette Icience étant l'art de remédier aux vices des fonc- 
tions animales , il faut lavoir quelles font ces fonctions 
dans l'état de fanté. C'eft ce qu'apprend la phyfiologie: 
on compte parmi les plus célèbres Phyliol )giil:es, Hoif- 
man , Boerhaave , M. Senac & M. Hallcr." 

L'Anatomie eft-très-néceifaire pour l'étude de la phî- 
fiologie II faut connoitre les loix de la péfanteur , du 
mouvement , avoir des idées de méchanique , fur-tout 
D. de Ch. To;u£ IL Z 



554 P I ï^ . 

de ftatîque & d'hydraulique. Les principes de chymic 
& de phyfique font audi néceliaires. Voyez les diffé^ 
rents articles de phyfiologie répandus dans ce Dic^ 
tionnaire. 

PHYSOCELE. Hernie venteufe du fcrotum- Voyez 
Vnèumatocele. 

PIED ou PIE'. C'eft cette partie du corps qui ter- 
mine la jambe , &: fert d'allîette à toute la machine. Il 
y en a deux qui font l'organe immédiat de la ftation & 
de l'ambulation : leur ulage eft digne d'ac^miration , 
comme leur Ihuclure. On y remarque le delfus , le dcf- 
fous. & les orteils. Le delFus du pied porte le nom de 
c.u-du-pied j & c'ell le tarfe & le métatarfe ; le def- 
fous s'appelle plante du pied i c'eft la partie inférieure 
du tarfe & du metatarle. Enfin les orteils répondent aux 
doigts delà main , & n'en différent guéres que par la lon- 
gueur , la groileur & l'arrangement. 

PIE-MERE On donne ce nom à la féconde tunique 
du cerveau , qui enveloppe immédiatement ce vifcére. 
Elle eft compofée de deux lames qui font jointes en- 
femble par un tiifu cellulaire. La lame externe couvre 
toute la maffe du cerveau : elle eft d'une grande fineilc, 
ce qui lui a fait donner le nom à' Arachnoïde , par des 
Anatomiftes qui la comparoient à une toile d'araignée, 
& la regardoient commue une membrane diftinéle & in- 
dépendante de la pie-mere. La féconde lame, ou lame 
interne fuit tous les filions du cerveau , & pénétre dans 
toutes fes circonvolutions ; elle eft fort adhérente à la 
fubftance même du cerveau. On trouve dans le tiflii 
cellulaire , qui fepare les deux lames de la pie -mère, 
une grande quantité de petits vaiiïeaux fanguins , qui 
communiquent enfemble par de fréquentes anaftomofes, 
& que l'on ne découvre bien , que quand ces parties 
font enflammées , ou qu'on y a fait pénétrer une injec- 
tion tres-fine< 

PIERRE. Voyez Calcul. 

PIERREUX. ( os ) Synonime de pétreux. Voyez 
Temporal. 

PILIERS DU DIAPHRAGME. Ce font deux co- 



PIN ^^f 

tonnes charnues tenant aux mufcles du diaphragme , 
dont elles font parties , qui s'attachent fur les vertèbres 
dernières dorfales , & premières lombaires , lelquelles fe 
partagent pour le paflagede l'aorte deicendante , du 
canal thorachique , & de la veine azygos. Voyez Dia-^ 
vhragme. 

PINCEAU. On donne ce nom à un mufcle de la lè- 
vre inférieure , plus connu fous le nom de houpe du 
menton. Voyez Quarré du menton. 

PINCETTE. Inftrument d'Anatomie & de Chirur- 
gie , qui fert à pincer les choies dont la ténuité & la 
délicatefTe échappent à la prife des doigts : il y en a de 
plufieurs efpeces. Les unes lont fondées par une de leurs 
extrémités , & leurs branches fe tiennent ouvertes par 
leur propre reiTort , & par un léger écartcment qu'on 
leur donne dans cette vue. Les autres font unies de ma- 
nière 5 qu'une des branches pafîé dans l'autre , & por- 
tent le nom de pincettes à jondion pajfêe. D'autres ont 
leurs branches appliquées l'une fur l'autre , par le moïen 
de deux entablures qui fe reçoivent mutuellement , & 
s'appellent pincettes par entablure. D'autres ont leurs 
branches unies par des avances qui donnent réciproque- 
ment l'une dans l'autre , & fe nomment pincettes par 
charnière. D'autres enfin ont une branche unie avec l'au- 
tre 3 par un clou rivé à l'une d'elles , &: s'appellent pin, 
cettes en pivot , ou par écrou. 

De toutes ces efpeces de pincettes , il n'y a que la 
^première qui foit d'ufage dans la dilfedion : toutes les 
i'iutres font refervées pour la pratique de Chirurgie. On 
iy remarque la tête , les branches , & la manière de s'en 
fervir. Comme cet inftrument n'eft autre chofe qu'une 
hme d'acier pliée en deux , la tête eft l'endroit du pli 
que l'on a arrondi & prelTé pour la façon , de manière 
?^u'il ne pût plus s'écarter ni fe refferrer. Les branches 
ont la lame unique pliée en deux , lillee & polie par 
■'ouvrier. Elles finilTent en pointe moulle , & ont quel- 
quefois de petites crénélures en dedans , pour mieux 
aifir les petites parties qui échapperoient fans cela. Cet 
jfaftlHUTient doit nvoir quatre pouces de long fur cinq^ 



3|5 iP I N 

lignes ^.e large à leur ventre , qui ell: la partie la plus 

îjmple de ces pincettes. Voici comment on les tient : 
on les faiiit avec la main gauche , à peu prés de la mê- 
me manière qu'on tient une plume à écrire. Le pouce 
cil appuie fur le plat d'une des branches , vers fa partie 
inférieure , penciaiit que les doigts indice & du milieu , 
ie font fur le plat de f autre branche , Se le petit doigt 
porte fur le bas de la même branche , & empêche que 
la main ne fe lalTe & ne tremble. 

Des autres elpéces de pincettes qui peuvent fervir en 
Chirurgie, il n'y a que les pincettes à anneaux , & celles 
de dilledion , qui méritent d'être décrites. 

Les pincettes à anneaux font compofécs de deux bran- 
ches , & lé divifent en trois parties : en corps & en ex- 
trémités. Le corps eft formé par la jont5tion , ou l'en* 
droit de reunion des deux branches. Celles-ci ne font 
point femblablcs. L'une eft fendue dans fon corps , de 
manière que fautre paifee dans cette fente , & fixée par 
un clou autour duquel elle puilfe tourner , s'ouvre & 
fe ferme â volonté. La branche fendue s'appelle branche 
femelle , la branche qui palIe dans cette fente s'appelle 
hranche mâle. C'eft cette efpece de jondion que l'on 
appelle jond^ion p'ijf^e. Il y a au corps de la branche 
mâle deux entablures , qui ne lailfent d'épailfeur à la 
branche , que ce qu'il en faut pour remplir la fente de 
la branche femelle. Du refte , l'une des extrémités de cha- 
cune eft garnie d'un annean oblong , comme aux ci- 
îeaux , & l'autre , qui porte le nom è^ extrémité anté» 
rieure & de bec , commence à la jonftion , a de long à 
jeu près neuf pouces , quatre ou cinq lignes , & fe ter- 
mine par un bord moufte & alTez étroit. L'extérieur des 
branches qui forment le bec eft arrondi & poli , l'inté- 
rieur eft poli & applati , l'une & l'autre doivent être tio 
peu courbées vers le milieu du bec , afin que l'inftru- 
ment puiiTe pincer plus exadement , & être plus par- 
fait. 

Toutes les pincettes doivent avoir intérieurement des j 
înéa;alités, des cavités , ou des ouvertures à l'extrémité j 
dii iciir bec , fiùvant les ufaces de chacune d'elles. Les 



i>încettes qui doivent fervir a porter quelque cnole dans 
une plaie & à l'en retirer, ont pour l'ordinaire leurs 
inéi^alités obliques , & qui le coupent comme celles des 
Ji ;nes. On a encore coutume de les faire tranlverfales , 
«k d'obferver qu elles foient parallèles- Les pincettes qui 
étoient refervées pour la fature des tendons , avoient 
leurs inégalités longitudinales, afin de fuivre la redi- 
tude des fibres i Scelles qui fervent à Textradion des 
corps étrangers, doivent encore les avoir différentes : 
ce font pour la plupart du tems des cavités garnies de 
dents. 

Les pincettes fervent au panfementdes plaies, des 
ulcères , des fiftules , aux opérations. On les tient en 
mettant le pouce dans un des anneaux , & le doigt an- 
nulaire dans l'autre , & l'on appuie fur la branche in- 
férieure le doigt indice , & celui du milieu , (i Ton en a 
befoin pour pincer plus fortement. 

PINEALE. ( glande ) Petit corps glanduleux , que 
Ton apperçoit dans la difTcéiion du cerveau , auprès de 
l'orifice du conduit qui va de devant en arrière au 
quatrième ventricule. Elle eft revêtue de lapie-mere, 
ic parfemée de vaiifeaux fanguins , qui viennent du plexus 
choroïde , auquel elle c[i attachée. Outre cette atta- 
che , la glande pinéale tient de chaque côté aux protu- 
bérances oibiculaires majeures , par deux petits cordons 
que Warthon a remarqué , & qu'il a pris pour un nerf 
de cette glande. Ces cordons médullaires font ce qu'on 
, appelle pédicules de la glande. Ils font produits par deux: 
liâmes delà mxoelle du cerveau : ils nailfent du pilier 
j antérieur de la voûte à trois piliers. Il eft rare que 
\ cette glande manque de petites. pierres , ou grains fablo- 
jneux , dont on ignore abfolument l'ufage. Le nom de 
\pinéale lui a été donné à raifon de fa figure , qui a quel- 
Ique rapport a celle d'une pomme de pin. Le fylléms 
ide Defcartes, qui faifoit réfider l'ame humaine dans ce 
grain glanduleux , l'a rendu à jamais fameux, 

PIQUE. Voyez Lance. 

PIQUURE. Diviiion des parties molles par un inftru- 
:nent piquant. On donne ce nom a l'opération que l on 

Ziij 



I 



35» ^ P I R 

pratique dans les ëpanchcmens dVaux , ou d'autres li- 
queurs dans le ventre , quand on plonge le troifcart. 
Telle eft encore la divifion que l'on failoit à l'œil avec 
une aiguille pour abattre le cryftallin , lorfquil étoit 
devenu opaque. C'étoit une ancienne divifion de diérèfe. 

Fiquure. Etl; encore pris fous un autre afpeâ; en Chi- 
ïurgie, Loriqu'aprés une divifion ou une folution de con- 
tinuité dans les parties molles , par un inftrument pi- 
quant il furvient une léfion réelle des fondions qui dé- 
pendent de la parfaite intégrité des parties, en un mot, une 
véritable maladie. L'on a befoin deslecours de Tart pour 
s'en débarralTer. Telle ell la piquure des tendons , des 
aponévio.es , du périofte , des gros nerfs , &c. fouvent 
les accidens de ces piquures font terribles , & occafion- 
iient de fi violentes inflammations , & des irritations fi 
confidérables , que Ton a vu la gangrène fe mettre à 
ces parties avec une rapidité extraordinaire , & d'autres 
perfonnes tomber dans les plus univerfelles & les plus 
afFreufes convulfions. Les moïens de guérir alors font 
les faignres, les bolifons antiphlogilUques, les émoUiens, 
& les fcarifications , &c. 

PIRAMTDAL. Nom que Ton a donné au fécond os 
de la féconde rangée du carpe , parce qu'il relfemble à 
une piramide tronquée. On lui a donné aufîi le nom de 
trapè-^oïde ^ parce qu'on le confidéroit comme un quarrc 
allongé. S'a bafe eil tournée en dehors , & fait partie du 
dos de la main. Sa pointe regarde en dedans. Cet os a 
plufieurs facettes : il y en a une qui fe termine en ma- 
nière de poulie : on V ^"^i^qWç. métacarpienne ^ parce qu'elle 
s'articule avec la baie du premier os du métacarpe. Une 
autre qui eft oppofée à celle-ci , porte le nom de bra- 
chiale , & s'articule avec fos fcaphoide. Il y en a encore 
deux autres, dont la première tournée vers le radius, 
porte par cette raifon le nom de radiale , & s'unit au 
trapèze. La féconde regarde vers le cubitus , fe nomme 



cubitale , & s'unit au grand os. 



Piramidal antérieur ^ ou triangulaire. On donne ces 
noms à un des mufcles du nez. Il s'attache par fon ex- 
uémité fupérieure à i'articulatioa de l'os frontal ^ avec 



l'os propre du nez : fes fibres font mêlées dans ce lieu 
avec celles du mufcle furcilier , dont il paroit être une 
continuation. Ce mufcle ell très-mince , il s'élargit à 
mefure qu'il defcend. Son extrémité inféuieure deve- 
nue aponévrotique , s'attache au cartilage mobile , qui 
forme l'aile delà narine. Il la relevé. 

Piramidal ^ ou V informe. Petit mufcle longuet , qui 

re/Tembie à une poire applatie. Il eft recouvert & caché 

par les deux premiers mufcles feiïiers : il s'attache par 

une de its extrémités à la partie latérale & inférieure 

de l'os facrum , proche fa jondion à l'os des îles, pafTe 

fous l'échancrure fciatique , à laquelle il s'attache aufîi , 

& fe termine par fon autre extrémité à la partie fupé- 

! rieure & interne du grand trochanter. Quelquefois ce 

mufcle eft double & féparé en deux par le nerf fciati- 

i que. Ceft un des quadri-iumeaux. Lorfqu'on ell aflis , 

1 ils écartent la cuiife , & quand on eft debout , ils fer- 

i vent à la rotation, 

I Pirumidal du bas-ventre. On donne ce nom à un 
\ petit mufcle du bas-ventre , fuxt à de grande^ variétés. 
Quelquefois il n'y en a qu'un : le plus fouvent on en 
') trouve deux , un de chaque côté : d'autrefois on en 
I trouve trois & même quatre. Fallope les nommoit/2/c- 
f centuriateurs des mufcles droits du bas-y entre. Cette 
\ féconde dénomination leur vient de l'ufage qu'il leur at- 
! tribuoit , d'aider les mufcles droits dans leur adion: la 
\ première leur a été donnée de leur figure , qui relfem- 
1 bie à une piranlide. Ces mufcles ( quand il y en a deux ) 
l font fitués fur la ligne blanche du bas-ventre , un de 
chaque côté. Leur extrémité inférieure eft attachée an 
bord fupérieur de l'os pubis , devant l'attache des muf- 
cles droits : leur largeur & leur épaiffeur diminuent à 
niefure qu'ils s'étendent de bas en haut' , & enfin ils 
le terminent en pointe au-deifous du nombril, à une 
diftance plus ou moins grande. Ces muicles font logés 
en partie dans la gaine aponévrotique des mufcles 
droits. 



On les regarde comme auxiliaires des mufcles droits, 

Z iv 



I 



3/Sa . P I T 

& quelques AnatotTi 'des leur donnent aufli pour ufarc 
de comprimer la vefîîe. 

PTRAMIDE. Pente éminencc inégulicre , fitnce dans. 
le fond -de la caille du lambour , au-deifus de la tubé- 
rofité qui s'y remarque , & un peu en arrière. Sa. pointe 
eft percée d'un petit trou , & à côté de fabafc fc trouvent; , 
très-fouvent deux petits filets olfeux , parallèles , & très- 
aiïes à caller , à caule de leur finelie. 

PISIFORME, Nom que Ton donne au quatrième 
QS de la prcmicLc rangée du carpe, à caufe de fa. ref- 
femblance avec un pois. Il n'a qu'une petite facette car- 
tilagineulc , au moicn de laquelle il s'articule avec l'os 
cunéiforme fur lequel il eil pofé , ce qui Ta fait appel- 
îer .hors de rang. Il fait une des cminençes.que l'on rc- 
iiiarquc à la face interne du carpe. C'eft celle qui ré- 
pond au petit doigt. On remarque un étranglement 
rout autour de fa facette articulaire. Le refte de cec 
os piéfente une furface raboteufe. Sa forme lui a fait 
donner auffi les noms èioi-biailaire & de lenticulaire. 

PITUITAIRE. (folle) Ccft la cavité qui fe remar- 
que entre ks quatre apophyfcs clinoïdes de l'os fphé- 
npïde , & que l'on nomme autrement y^//e à cheval ^ 
ou [elle du turc. On l'appelle foffc pituitaire , parce 
qu'elle loge la glande du mcme nom. Voyez Sphé-^ 
noïde. 

Pituitaire. {glavAe), Petit corps fpongieux & gîan-. 
dukux , qui eft logé- danaia relie du Iphcnoide , entre 
jes replis fpliéno;daux de la dure-mere. On y remarque 
tinr fub.Oance particulière , qui ne paroît ni abfolument 
jv,éc]ullaiue , ni ablblnment glanduleufe. Elle efl. àl'ex- 
térieur en partie grisritie , & en partie rougeâtre : elle 
elt blancbpue a rintériein , fa ligure eft oval.e. On la 
trouve dans quelques fujets partagée par en bas, par 
une petite échancrure qui y forme deux lobes , à peu 
près comme un petit rein. La pie - mère la recouvre 
comme une bourîe dont l'ouverture eft formée par fex- 
trémité de l'entonnoir. Les finus circulaires l'entourent, 
& la font communiquer de côté & d'autre avec les. fi- 



P L A 361 

HVS caverneux. On lui donnoit la fondlion de filtrer 
rh^umeur pituitaire , mais fans fondement : on ignore 
Ion ufage. 

PIVOT, (mouvement de) Ceft cçlui qui a lieu (fui-r 
vant les Anatomiftes modernes) lorrqu'uii os tourne fur 
fon axe. 

PLACENTA. Ceft une mafTe charnue , qui fert d'or- 
gane médiateur enue la mère & le fétus dans le tems 
de la grofTeife. Les anciens l'appelloicnt foie de C uté- 
rus , & les Modernes lui donnent encore le nom dV^r- 
riere-faix , de délivre , èç. J'ccondines. 

L'adhérence de l'arrieLe-iaix à la matrice eft très-re- 
Jtnarquable. L'ccuf eft compofé de deux membranes , 
qui font comme deux velf es enfermées Tune dans fau- 
tre , dans lefquelles fe trouve le férus. L'une efl inter- 
ne , 1 autre externe. L'externe fe nomrne chorion , l'in- 
terne ûmnlos. Celle-ci e(l remplie d'une liqueur com- 
me laiteufe , dans laquelle nage le fétus. Ces membra- 
jîcs fe rendent; adi érentes à h. matrice , & alors on voie 
pouffer à leur furlace extérieure une fubftance rouge, 
pulpeufe , qui reiîemble à un g::iteau } c'eft le placenta 
qui répond au fond de X'uterus. Il a environ un pouce 
d'épaiifeur , fur huit ou neuf de diam.ètre. Il ell con- 
cave du côté du fétus , ql convexe du côté de la ma- 
trice. Ce font les artères & les veines ombilicales qui 
le forment. Car le cordon ombilical , qui eft formé de 
deux artères & d'une veine , part du placenta^ pénétre 
les deux membranes , entre dans le fétus , & fe ter- 
mine à la veine porte. Par fon moien , non feulement 
le iétus fe trouve lié avec fereuveloppes , m.ais encore 
le fang eft porté par les artères dans le placenta ^ d'où 
il revient par fa veine. Le placenta eft exaâement adhé- 
rent au fond de la matrice , & les membranes font at- 
tachées dans le refte de fa circonférence. Mais , com- 
ment fe fait cette adhérence ? Chacun l'explique à fa 
façon , félon le fyftême qu'il admet fur la manière dont 
fe nourrit le fétus. Il eil attaché très-intimémcnt dans 
les femmes , & allez lâche dans les animaux -, par exem- 
l'iple, dans les truies, dans les jumens , cette attache e(^. 



36a P L a: 

îi lâche , qu'elle fe détruit facilement lorfqu'ellcs met- 
tent bas. 

Le nombre des placenta repond dans les femmes aa 
nombre des iécus , de manière cependant que dans les 
jumeaux, les deux arriere-faix font fouvent joints en- 
femble. Mais quoique réunis, les placenta ne communi- 
quent point l'un avec l'autre, & quand on en injede un, 
la liqueur ne palFe point dans l'autre. Son attache à la 
matrice varie aulfi beaucoup ; mais pour l'ordinaire , il 
s'attache à la partie fupédeure de cet organe , & qui elt 
la plus large , c'ell-à-dire , à fon fonds, 

PLAIE. Solution de continuité récente , faite aux 
parties molles , par un inftrument piquant , tranchant 
ou contondant. Les plaies fe font par coup , chute , 
morfure , piquure , ou autre accident , & on les diftin- 
gue en Jimples , en compoj'ées ^ ôc en compliqué es. l^ts 
plaies (impies font celles qui ne font accompagnées 
d'aucune autre maladie ; les compofées font accompa- 
gnées de quelque autre accident , mais qui fe guérit 
par le même traitement : les compliquées ont lieu quand 
ïa maladie qui s'y joint, exige un traitement particu- 
lier. On les divife encore en dangereufes , & en moins 
périlleufes. Les premières font mortelles certainement, 
ou ne le font pas , li l'on y apporte du foin. Les plaies 
qui ne font point de confequence , ne font accompa- 
gnées d'aucune infortune , & la fimple folution fe ci- 
catrife d'elle-même. Des plaies mortelles , les unes cau- 
fent une mort inévitable , les autres abandonnées à la 
{impie nature la caufent aufli ; mais elles peuvent fe 
guérir quand les fecours de la Chirurgie font employés 
à propos. Celles qui caufent une mort certaine , font 
celles du cœur , du cervelet , du cerveau , de la moelle 
allonuée , & de la moelle épiniere j prefque toujours 
celles du foie , du diaphragme , de l'eflomac , des in- 
teftins , des reins , du mefentère , de la vefiie , a/Tez 
fouvent celles du médiaftin , des poumons , de fépi- 
ploon , de la ratte , des teftlcules 3 très - fréquemment 
celles des gros troncs artériels & veineux , &c. celles 
qui 5 fecourues à propos , font moins dangereufes^ mais. 



P L A 363 

qui deviennent mortelles par la négligence ou par l'er- 
reur des Artiftes , font une grande partie de ces der- 
nières i celles des vaiffeaux artériels & veineux moins 
confidérables , celles des grandes cavités du corps , foit 
qu elles pénétrent , foit qu'elles ne pénétrent pas; celles 
des gros nerfs , des aponévrofes , des tendons. La fi- 
gure des plaies , l'inftrument qui les a produites , leur 
font donner auffi pluiieurs noms différens : de - là les 
piquures , les coupures , les taillades , les fciures , 
&c. 

Pour bien connoître les différens tems d'une plaie, 
il faut favoir ce qui arrive dans un corps fain & ro- 
bufte , bleffé dans un endroit viiible , où il n'y a ni ar- 
tère conlidérable , ni tendons, ni nerf, ni aponévrofe 
de conféquence d'endommagés. Or , voici l'ordre fui- 
vant lequel les chofes fe pailent : lo, les parties divi- 
fées s'éloignent infenliblement , & de plus en plus, les 
unes des autres , quoique l'inllrument, caufe de la plaie, 
foit enlevé : 1^. Le fang fort d'abord avec impétuofité , 
& s'arrête enfuite infenfiblement : 3°. il s'élève une 
croûte de fang au fond de la plaie , & il ne fort plus 
qu'une féroiite tenue , rougeatre de délaiée : 4'?. les lè- 
vres de la plaie commencent à rougir , à s'échauffer j 
elles font douloureufes , gonflées & renverfées , tandis 
que le fond même fe groliit Se s'élève , &c que la mem- 
brane adipeufe fait fur-tout faillie dans l'ouverture de 
la plaie , où elle ne tarde pas à dégénérer en chair fon- 
gueufe : 5°. dans ces momens , il naît une petite fièvre 
avec de la chaleur ôc de la foif ; puis letroifieme ou le 
quatrième jour , plutôt ou plus tard , on voit dans la 
plaie une liqueur tenace , blanche , graife , égale , 
qui porte le nom de pus : 6". tandis que le pus coule, 
la rougeur , la dpuleur , la tuméfaction , la retorfion 
des lèvres , la fièvre , ceflent ou diminuent , puis petit 
à petit là cavité de la plaie fe remplit d'une matière 
nouvelle, rouge & vivante, que l'on appelle nouvelle 
chair : 7*^. enfin la plaie fe féche , & fe cicatrife. 

Pour traiter méthodiquement une plaie quelcon- 
que , il faut 1°. la purifier de toute efpéce de corps 



364 p L a: 

étiangei'S , qui peuvent en empêcher la cicatrice. Tels 
que les morceaux de métal , de pierre , de bois , de 
verre ; les caillots de fang , les chaiis moites , les efquil- 
les d'os fradurés , à moins que Ton ne craigne quelque 
çhofe de plus funelle en enlevant cqs parties. 2,0 Pro- 
curer la régénération delà fubllance perdue, ce qui le 
fait en maintenant le coips dans un état tranquille , 3c 
en modérant les cours du fang , de façon qu'il ne cir- 
cule ni trop , ni trop peu. Ainfi il faut prefcrire un ré- 
gime de vie , qui procure un chyle doux , & de facile 
codion : les décodions farineufes & fermentées , le? 
émul'îons , le lait , les bouillons , pourvu qu'on les don- 
ne fouvent & 3. petite dofe , font la nourriture la meil- 
leure & la plus lalmaire. Quand on craint l'inflamma- 
tion , on faigne avec égard aux forces du malade , on 
entretient le ventre libre par des lavemens émoiliens , 
& l'on examine tous les jours l'état de la plaie. Il con- 
vient d'empêcher le contadl de fair , & de fomenter la 
plaie en entier par des baUamiques & de doux vulné- 
raires , l'emplir de charpie garnie de medicamens amis 
des nerfs , qu'on retient dellus par des emplâtres & des 
bandages. 

Les liqueurs qui abordent à la plaie , & fe répandent 
au dedans , les fibres gangrenées , les canaux obilrués 
&: tuméfiés, forment le pus , l'icheur , & les chairs 
fpongieufes. Ces chofes nuiiioles à la cicatrice , fe difîi- 
pent par rapplication des remèdes déceriifs , corrodans , 
defiicatifs , & par les comprelfions , moiens , que l'on 
emploie jufqu'à ce que l'on voie paroitre un pus blanc, 
doux , vilqueux , léger , égal & fans odeur i après quoi 
Ton applique les incarnatifs. 

Quant à la vue d'une plaie que l'on a bien nétoiée ,- 
l'on reconnoit qu'il n'y a point perte de fubftance , il 
faut unir fimplement les bords de la divifion , & cela fc 
fait par les emplâtres aggliitinatifs ,-les bandages & les 
futures , en obfervant toujours que la partie lefée foit 
dans un. état tranquille, Cihn que le remède ne gâte pas 
i.a fituation naturelle des parties , pai: une agglutination 
difforme. On couvre indépendamment de cela la plai^ 



P L A ^ 36s 

léunic de quelque médicament bairamique& vulnéraire, 
pui-. on applique ion bandage. Au reite , voici quel- 
mi:s piéceptes généraux pour le panfement , qui pour- 
ront beaucoup lèrvir au Chirurgien. Ils font de M. Ga- 
rangcoc , que l'on fait avoir été très-bon Praticien dans 
l'art de la Chirurgie. 

V. II faut éviter de fonder les plaies trop fouvent , 
de faire en fondant de faulTeâ routes, & de détruire à 
coups de fonde les extrémités des petits tuiaux rcnaif- 
fants. 

a°. Le Chirurgien doit ménager autant qu'il peut les 
douleurs au malade , 6c ne pas faire fans néceillté de 
grandes incifions. Les cas qui en exigent , font les grands 
abcès , les corps étrangers engagés profondément _, ou 
d'une figure bilàrre qui leur permet bien d'entrer, mais 
pon pas de fortir fans caufer des déchiremens i les frag- 
mens d'os fradurés ou caifés , les iinus profonds , les 
clapiers. 

3®. Il faut panfer mollement & fans douleur, s'abf* 
tenir d'introduire dans les plaies, des tentes, des boui* 
donnets, & d'autres dilatans , qui bouchent les petits 
tuiaux , & occafionnent des inflammations. 

4°. Les panfemens doivent être prompts , afin d'éviter 
les imprefTions de l'air , qui cil toujours nuifible aux 
plaies. 

5°. Il faut panfer rarement les plaies qui ne doivent 
pas beaucoup fappurer , afin de donner le temps aux 
nouvelles chairs de fe former i mais il faut panfer au 
^moins deux fois le jour celles qui fuppurent beaucoup ^ 
particulièrement en été, pour éviter la corruption & la 
gangrène. 

60. Il convient d'efluier la plaie légèrement , de peur 
d'emporter le tomentum, qui doit fairela nouvellechair , 
& remplacer la perte de fubftance. 

70. Il ne faut point ufer d'onguents pourrifTants , au- 
tant qu'on le peut , ou les fupprimer aufTitôt qu'ils au- 
ront produit leur effet , parce que leur ufage fait per- 
dre le ton aux lolides , & attire les fluides, d'où il ré- 
Aiite mille fâcheux accidents. 



366 P L A 

8°. Il faut ccaiter des plaies enflammées , & des éié- 
fypéles j les médicamens gras & huileux , parce qu'en 
bouchant les pores , ils empêchent la tranfpiration , & 
augmentent la maladie. Il faut au contraire panfer ces 
fortes de plaies avec les balfamiques & les doux fuppu- 
ratifs quelquefois animés de fpiritueux, mais les dehors 
doivent toujours être couverts par les émoUiens , afin 
de relâcher la tenlîon , de prévenir & de dilîiper l'éré- 
lypèle. 

9°. Les fpiritueux doivent être exclus dans le com- 
mencement des plaies faites par des fragmens de verre, 
ou par des inftrumens qui fcient , rongent , déchirent , 
&contondent, & dans celles qui fuppurent beaucoup , 
quand la fuppuration efl en bon train. Il faut au lieu 
de cela, fe fervir dans ces occafions, de remèdes doux 
& balfamiques , tels que font les baumes de fioraventi, 
de copahu , la térébenthine , &c. 

I^. Il ne faut point fe fervir d'injedions , fî ce n^eft 
dans les ulcères profonds , où il y a des finus dans lef- 
quels on ne peut porter les médicamens i & quand on 
les emploie , il faut auffitôt les pomper ; c eft pourquoi 
on pofe une canule terminée en mammelon , capable 
de s'appliquer exadement fur la plaie , adaptant au pavil- 
lon de la canuUe une feringue , & l'on pompe par le moien 
de fon piilon tous les fucs qui fe trouvent extravafés dans 
la plaie. 

11°. Il faut prévenir ou détruire la callofité qui ferme 
l'extrémité dts tuiaux renaiffants , Se leur ôte le moien 
de répandre leur fuc nourricier pour faire la régénération 
de la fubftance perdue, 

12". On doit fe fervir de fêtons , quand la plaie tra- 
verfe une partie de part en part , afin de porter le re- 
mède au dedans de la plaie , & d'empêcher que les bords 
ne fe remplilfent avant le fond. Mais, aufTitot que la fup- 
puration efl confidérablement diminuée, qu'elle eft liée, 
épaiffe & fort blanche , il faut ôter le féton , paffer à 
chaque panfement pendant quelques jours une légère nu 
îedion, & panfer la plaie avec deux fimples plumaceauXj, 
un fur chaque ouverture. 



P L A 367 

Î30. Il faut imbiber les compre/Tesdc quelque liqueuc 

chaude , comme le vin , ou queiqu'autre confortatif , 

quand on veut lever l'appareil , pour ne point tiraillei: 

les fibres , quand il tient aux parties. 

1^0. On ne doit point , autant qu'on le peut , fe fer- 
vir d'emplâtres , qui ne font que boucher les bords de la 
plaie , &: empêcher la tianfpiration. 

15''. Enfin il ne faut point bander les plaies trop 
fortement , fur-tout quand le bandage n'efl concentif 
que des remèdes , car la compi.eflion empêche la circu- 
lation. 

Quand les plaies font faites par un inftrument bien 

tranchant , le meilleur remède que l'on puifTe emploier 

dans le premier appareil, c'eft la charpie feche. Elle eft 

un abforbant qui tarit parfaitement bien l'hémorragie 

ordinaire. Le fécond appareil doit être différent. Si les 

parties divifées ne font ni contufes , ni déchirées, & que 

les lèvres puilTent être réunies , on empLie les médica- 

ttiens fpiritueux & balfamiques , tels que ceux dont oa 

a parlé ci-delTus j mais fi la folutioii a été faite par un 

inftrument contondant, qui ait déchiié & meurtri, alors 

il faut fe fervir de baumes adouciffants , & un peu fiip- 

puratifs. Le baume d'arc^us , l'huile d'hypericum , & 

: la térébenthine , mêlés ou féparés , fuivant que le Chi~ 

j riirgien le juge à propos , le bafilicum , font trés-conve- 

i nables, M. Heifter vante la térébenthine m.êleée avec 

un jaune d'oeuf , & c'eft avec raifon : on en cou- 

; vre un plumaceau de la figure de la plaie , & après 

I l'avoir recouvert de comprefîes , imbibées d'eau vulné- 

i raire , on contient le tout par un bandage approprié. 

I On continue les fuppuratifs jufqu'à ce que le pus com- 

I mcnce à tarir, & qu'en même tems il pouffe au fond 

I de la plaie une chair de la nature que nous avons dit ci- 

j deffus fe régénérer dans un corps euchyme : après quoi 

i \ on procure la cicatrice. Voyez Bafilicum &> Suppu-* 

\\ La charpie féche raclée , la cérufe , la tuthie , l'em- 

l'iplâtrede Minium, de Nuremberg, la Colophone , & 

i autres femblables , appliqués fur les plaies , font tnès- 



5-68 ^ P L A 

propres à les clcatrifer. Ces rcmct^.cs en aifermilTant Icf 
chairs , & abforbant les humidités féreulcs , procureatr 
avec avantage la croûte qui doit faire place à la cicatrice. 
Voyez Cicatrijant Epulotique , O Cicaf^ice. 

Les plaies font fouvent accoropaLinées de fymptômes 
qui exigent des tiaitemens particuliers , tels font une 
hémorragie conlidérable , des douleurs vives , des infoni- 
nies, des convullions , une inl-Jammation violente, que 
fuit fouvent la gangrèi.e de la partie. Ces accidents n'ar- 
rivent guéies qu'aux grandes plaies , & à cclleii qui fout 
mal traitées. Alors il faut obvier aux inconveaiens qui 
en réfultent. 

L'hémorragie venant de l'ouverture de quelques tos 
vailîeaux, on y remédie par les trois mjieas décrits à i'ar» 
tic le Hémorragie. 

La douleur provient des fibres nerveufes , qui font 
proches de la rupture. Quand l ouverture de la plaie eft 
trop petite , qu'il y a quelques corps engagés , qui irri- 
tent & provoquent la douleur , ou que la plaie a lieu 
dans les parties tendineufes & aponévvotiques , le pre- 
mier moien que Ton doit emploier , c'eft d'aggrandir & 
de fcarifier. On emploie en même tems à l'intérieu;- Its 
boilFons délaïantes , adouciffantes , & propres à calmer la 
fougue & l'irrégularité des efprits : tels font les tifannes, 
de guimauve , de mauve , de bouillon blanc , de fleurs de- 
tilleul édulcorées , avec le firop de diacode , &c. Les' 
cataplâmes émolliens , les fomentations adouciilantes j' 
font mis en ufage. Voyez Douleur. 

L'inflammation qui précède , accompagne & fuit la 
folution de continuité , fe prévient & fe guérit par les 
faignées plus ou moins répétées , fuivant les degrés de fa 
violence , & les forces du malade. Si la gangrène fur- 
vient , ce qui eft rare quand on n'a point négligé cç.% 
premiers fecours , on fe conduit , comme il efl dit , à ^ 
l'article Gangrené. 

Les convulfions cèdent aux faignées , aux calmants , • 
aux narcotiques; en un mot , aux remèdes qui viennent i 
d'être indiqués pour les accidents, dont elles ne font or-" 
dinairement que la fuite,. Voyez Cotivulfion, ■ '"^ 

TlaiiiX 



Finies de îêts, 

' tes plaies àç. tête font de toutes les plaies ceiles qui 
inéLiteut le plus d'attention 5 fouvent on s'y trompe , 
& le danger croît d'autant que l'on ibupçonne moins de 
ravaee. Le voifïnage des mufcles , des tendons , des fu- 
tures , du péricrâne , du crâne lui - même , du cerveau , 
les rend c onftamment dangereufes , fur-tout quand à la 
plaie , il fe joint une contufion. Au reile , fans prétend- 
dre plus que Xç.'i chofes ne le permettent , les plaies de 
tête font d'autant plus périlleufes , que les parties con- 
tenues dans le crâne, font plus offenfées. Car , s'il n'y a 
que les tégumens d'endommagés , le panfement d'une 
plaie limple fuffit ; mais s'il n'y a qu'une petite ouver- 
ture au dehors , tandis qu'en dellbus il y a quelque col- 
ledion de matière étrangère , & capable de s'altérer > 
alors il faut dilater la plaie avec le biRouri ^ nétoier & 
panfer. Que fi le péiicrâné étoit découvert , ilfaudroit, 
pour éviter l'exfoliation de l'os , pratiquer le demi-tré-^ 
pan , c'efl-à-dire , faite avec une petite vrille , des trous 
au crâne dans différens endroits , & voifins les uns des au^ 
ires , obiervant de ne les faire que jufqu'à la moitié du 
dip.loë. On applique enfuite delfus des plumaceaux im-i 
bibés d'efprit de vin maftiqué. Les panfemens doivent 
être rares , & fe faire promptement 5 on en détourne le 
pus , la fanie , les giaiffes , les aqueux & l'air. Si le crâne 
eft fendu , fraduré , contus ou dépiimé , la cure de la 
plaie devient plus compliquée. Alors, après que l'on a 
j fait les chofes générales requifes au traitement des plaies, 
I quand il y a épanchement dans la tête^ on pratique l'ope- 
; ration du trépan. Voyez Trépan^ Fraéiure ^ l'ijfure ^^ 
Contufion , DépreJTion. 

plaies de la poitrine. 

Les plaie-s de la poitrine font aufTi d'autant plusdange« 
reufes , qu'elles pénètrent dans la capacité , & y eau- 
fent plus de ravage. On connoît qu'elles font pénéu'an- 

D, de Ch. Tçme II, A % 



370 P L A 

tes par la vue, le ftilct , rinjedion d'eau tiède , qui cfl 
repoulTée , ou qui entre dans la poitrine. 

Si la plaie ell pénétrante , & qu'il y ait épanchcment 
■'de fang dans la capacité , il faut le tirer iur le champ 
par une fituation convenable j par la fudion avec utic 
îeringue , s'ileft pollible ; par des injedions délaiantes, 
déterlives , réfolutives ; par l'opération de rcmpyeme. V. 
£mpyème. 

Si la plaie n'eft point pénétrante, on la traite comme 
une plaie fimple , Se luivant les régies données plus haut. 

Plaies du has-rentre» 

Il en cft des plaies du bas-ventre , comme de celles 
des autres grandes cavités. Leur danger croit comme le 
nombre des parties lélees , & la nécelTité de leur fonc- 
tion. Elles font aulli pénétrantes , ou non pénétrante?. 
On eonnpît celles qui pénétrer, t parles mêmes moiens* 
que l'on emploie pour connoitre celles de la tête & dec 
la poitrine , c'eft-à-dire , par la vue, le ftilet, l'injedion, , 
la connoilTance de l'inftrument , la nature de la plaie , 
la fortie des matières. 

Si les plaies pénétrent , & qu'il y ait épanchemcnt , il 
faut faire fortir ou reforber la liqueur épanchée, parla 
fituation du corps , la fudion, la contr'ouverture. Voyez 
Controuyerture, 

Si les plaies, ne pénétrent point , elles fe traitent com- 
me la plaie fimple. 

En général , les plaies des trois ventres font très pé- 
ïilleufes , mais elles le font d'autant plus que les inftru- 
jnens ont plus pénétré , ou endommagé les vifcères quel- 
les contiennent. Dans toutes ces maladies , il faut répéter 
les faignées , emploier force rafraichilTants de toutes les 
manières poffibles , en lavemens , en linimens , en em- 
brocations , &c. il faut recommander le repos, la diète, 
la tranquillité d'ame , &: fur-tout avertir du danger fuigu- 
lier, que peut caufer l'ufage.des plaifirs de l'amour. V. 
Gajb:oraphze. 

PLAîsXHER DU CERVEAU, M. Winllow donni 

\ 



^ t A' ^ 57i 

tt nom â un repli que la membrane interne cle la <îiire«â 
mère fait entre le cerveau & le cervelet qu'elle fépare 
l'un de l'autre , en le portant horifontalement entre 
deux. Il le nomme aulTi diaphragme du arveau : on le 
connoît davantage fous le nom de tente du cervelet. V, 
Tente du cervelet, 

PLAI^] TAIRE, On a donné ce nom à un mufcle très* 
menu & trés-bng , qui s'attache par fon extrémité fu- 
périeuie à la partie externe du condile externe du fé- 
mur, paife fous le jar.et, devient tendineux prefqu'auflî-^ 
tôt , & va fe terminer à la partie poll:érieure interne du 
calcaneum, à côté du tendon d'Achille. On lui a donné 
le nom àt plantaire , parce qu'on le croyoit attaché à 
l'aponévrofe , qui porte ce nom i mais cela n'eft pas , & 
le nom de jambier grêle qu'on lui a fubrdtué , paroît 
lui convenir mieux. 1l.^s ufages de ce mufcle font incer* 
tains. 

Plantaires, (^nerfs) Ces nerfs font deux branches du 
nerftibial , & par conféquent une fuite dugros nerf fcia-* 
tique. Le nerftibial arrivé au calcaneum , pafTe dans la 
grande échanciure de cet os , & fe partage en deux bran-» 
che-s , qui font les nerfs dont il eil queftion. L'une de 
ces branches eft interne & plus groife , l'autre eit exter«^ 
\ lie & moins confidérable. Le nerf plantaire interne jetts 
' des filets au mufcle thénar , & au court fléchiifeur des 
1 orteils 5 en fuite il fe partage en quatre rameaux , qui fc 
ï diftribuent aux parties latérales internes des orteils , de-- 
\ f)uis le premier jufqu'au quatrième. Le nerf plantaire 
externe donne en palTant des filets au mufcle court flé- 
chiifeur des orteils, aux interolfeux , & à l'hypothénai* 
du petit doigt. Après cela , il fe partage en deux ra^ 
^meaux, dont l'un va gagner l'interftice du Quatrième 
& du cinquième orteil , & fe ramifie aux parties latérales 
inférieures de ces deux orteils : le fécond fe porte à 1% 
partie latérale inférieure externe du petit doigt , & s'y 
diUribue. 

PLANTE DU PIED. C'efl proprement le defH^us du 
pied, la partie convexe du tarfe & du métatarfe. La peau 
elt uès-duie dans cet endroit ^ & recouverte d'une grande 

A a ij 



572- P L E 

quantité de cal. Elle efl néanmoins fort fenfible, & quan^ 
on la chatouille , on excite des tioubles dans toute la 
machine , qui vont quelquefois jufqu'aux convulfions , 
& peuvent occafîonner la mort. Voyez Pied, 

PLATISMA-MYOIDES. Nom du mufele peaucier 
du cou. voyez Peaucier. 

PLEUR.E ou PLEVRE. Membrane qui revêt tout 
l'intérieur du thorax , & la fur face extérieure des vifcèrcs 
contenus dans la poitrine. On obferve qu'elle eft fort 
adhérente à la furface interne des côtes , à celle du ft^r- 
num , des mufcles intercoftaux , des foucoftaux , de& 
fterno-coftaux , & de la face convexe du diaphragme r 
elle eft d'i^n tilîu fort ferré , arrofé de beaucoup de vaif- 
feaux fanguins, & parfemé de beaucoup de nerfs. Ce tiiTu 
eil: à peu près femblable à celui du péritoine. Comme lui 
cette membrane eil compofée d'une lame fine & déliée,, 
qui en forme la concavité , & d'un tiifu cellulaire qui ea 
fait la convexité. Ce tiflu eft aufTi une produdion de la la- 
me i il fait tout le tour de la furface interne 5 mais la por- 
tion membraneufe eft autrement difpofée. Chaque côté 
de la poitrine, dit M. WinfloW , a fa pleure particu- 
lière. Ces deux pleures font entièrement diftindes , Se 
comme deux grolîes vetîies qu'on auroit mifes à côté l'uns 
de l'autre , dans la cavité de la poitrine ; de forte que ^ 
par leur adolTement au fternum & aux vertèbres , il fe 
forme une duplicature en manière de cloifon , qui fc 
trouve perpendiculairement pofée fur le diaphragme. Sa 
furface intérieure eft lifte le polie , & l'extérieure eft 
inégale. On a cru que cette membrane tapiflbit immé- 
diatement par-tout les côtes & les mufcles intercoftaux; 
mais M. Ruifch a montré entre la pleure & le périoftc 
des côtes , une autre membrane , qui eft la celluleufe , 
dans laquelle on rencontre quelquefois de la graiffe aux 
endroits de cette partie qui couvre les mufcles. Dans ceux 
qui touchent aux côtes , la pleure eft fort adhérente , & 
femble , à caufe de cela , former le périofte des côtes a 
l'intérieur de la poitrine i mais c'eft mal-à-propos qu'on a 
cru la chofe ainfi j de même que de regarder la pleure c» • 



P L E _ 375 

fentîcr , comme une produaion des méninges ^ ou du 
péïitoine. 

Il y a à la pleure des ouveitutes fort feniîbles. Celles 
cjui font inférieures, répondent àcelles dupéritoinepouE 
le pallage de rœfophage , de la veine cave inférieure ^ 
■& des nerfs de la huitième paire du cerveau. Son ufage 
cft de rendre la furface interne de la cavité de la poitrine, 
lilFe & polie , au moien de quoi le poumon fe meut plus 
facilement , cette furface étant d'ailleurs humedée d'une 
férofité qui la lubrèfie continuellement. Elle fert encore 
cl'appui aux mufcles intercoftaux , & à la membrane cel- 
luleufe. Enfin cette membrane eft le liège de la maladie 
nommée pieurejie , qui eu eft une véritable inflamma== 
îion. 

Quoique cette membrane foit unique , cela n'empêché 
pas qu'on ne dife les pleures , comme on dit les pou- 
mons , pour faire connoître que chaque cavité de la 
poitrine eft revêtue intérieurement d'une pleure , qui fe 
réuniiTent au médiaftin. Voyez Mèdiajîin. 

PLEUPvO-H YOIDIEN. Quelques Anatomiftes ont 
donné ce nom au mufcle que nous avons décrit fous le 
nom de Coraco-hyoïdien , parce qu'ils fe font imaginés 
fans fondement, qu'il avoitune de fes attaches à la pleure, 
iVoyez Coraco-hyoidien. 

PLEXIFORME. Entrelacement de nerfs en forme de 
p ^ iplexus. 

' PLEXUS, Les Anatomiftes appellent de ce nom ua 
i -entrelacement de vaifTeaux quelconques , mais particu- 
[ lierement de nerfs. La huitième paire des nerfs cérébraux 
1 par {t% ramifications multipliées, conjointement avec 
: celles du grand fympathique, en forme une grande quan- 
. ticé. 

, Plexus glanduleux de Peyer. On donne ce nom a 
des amas de petits grains glanduleux , applatis , ficués ça 
! & là à rintérieur des inteftins, & fur tout de l'inteftin- 
jejunum. Voyez Intefiins ù> Jéjunum. 

Plexus retiforme de la vulve. On donne ce nom à 
un entrelacement de vaifTeaux fanguins placé au bord de 
h vulve , au-delfous des jambes du^clitoris , & rccouverc 

Aaiij 



I 



374 PLU 

par les mufcles conftiideurs de la vulve : il fe gonfle en 
même tems que les corps caverneux du clitoris , quoi- 
qu'il n'y ait pas de communication entre eux ; c'eft une 
continuation de la fubftance fpongieufe de l'urethre , qui 
environne le vagin en forme d'anneau. 

i'iexus renfonne , ou Lacis choroïde. Voyez Cho- 
roïde. 

PLINTHE, ouPLINTHIUM. Machine dont on fe 
fervoit jadis , pour réduire les luxations &: les fradures. 
Elle tbrmoit une forte de cadre de bois fort , qui avoit 
quatre palmes de longueur fur une de largeur. Il étoit 
traverfé dans le milieu d'un aillieu , que l'on tournoit au 
moien d'un manche ou d'une manivelle , & il avoir à fes 
cxtrém.ités deux roues garnies de crans , & deux arrêts. 
pour fixer fermement l'ailTieu , quand on l'avoit fuitifam- 
ment touiné. Il y avoit à chaque bout du cadre un trou 
par où paiToient des laqs. On attachoit le plinthe à une 
échelle drellée pour les luxations , avec quatre courroies 
paifées dans autant d'anneaux qui étoient aux côtés longs 
du cadre. Si l'on vouloit réduire l'humérus luxé en def- 
fous , on faifoit monter le malade fur un tabouret , on 
lui paffoit le bras par-dellus le dernier degré de l'échelle^ 
ie creux de l'aiifeiie fur une éminence ga. nie d'étofie. On 
mettoit un laq autour du coude , on faifoit palier les 
deux chefs du laq par le trou fupérieur du plinthe} on 
les attachoit à l'ailîieu qui, en tournant , faiioit étendre 
le bras , autant qu'il étoit néceifaire , pour faire la re- 
dudion. Cette machine avjit été inventée par Nileus , 
mais elle n'eft plus d ufage comme les autres miachines. 
Voyez Luxation du bras à l' article Luxation. 

PLUMACEAU. Moiceau de charpie arrangé & pré* 
paré pour couvrir une plaie. Le plum.aceau a un double 
ufage : l'*. celui de porter quelque médicament fur les 
^iaies : 2,°. celui de les défendre des impreffions de l'aie 
&:dq. froid. Avant la charpie , les Anciens fe fervoienç 
de plumes coufues entre deux linges , principalement 
pour remplir cette dernière vue. C'efl de-là qu'eft venu''» 
le nom de plumaceau , que l'on a confervé à ces mor- 
.ceauxdç charpie dilpofée dans les mêmes intentions. L'oo 



P N E 57^ 

ticcommode les plumaceaux à la figure des plaies 5 ainfî 
il y en a relativement à la figure , de tout autant d'efpé-. 
ces , qu'il y a de dilférence dans la figure des plaies. 

PLUME A ECRIRE. Voyez Calamus fcriptorius t 
qui font des termes latins, lefquels fignifient la même 
/--diofe. 
V PNEUMATOCELE.FaulTe hernie dufcrotum, eau- 
fée par un amas d'air qui le gonfle. Il y en a de deux 
fortes : dans l'une , l'air eft répandu dans l'intervalle des 
fibres èizs membranes communes du fcfotum , ou des 
grandes lèvres , & alors ces parties foni: dans un bour- 
fouflement femblable à celui qu'on voit aux chairs des 
animaux , quand les bouchers les ont foufHées immédia- 
tement après les avoir tués i dans l'autre les vents font 
renfermés dans la cavité du dartos. Comme les eaux 
dans l'hydropifie , de même l'air n'occupe quelquefois 
qu'un des deux côtés , & d'autrefois il remplit les deux 
cavités de cette membrane. On diftingue ces deux for- 
tes de pneumatocéle par le toucher. Quand c'eft un 
bourfouflement , on fent \x^ emphyfème , & la tumeur 
obéit au doigt ; mais, quand les vents font dans la cavité 
du dartos , la tumeur réiifte , & le fcrotum eft tendu 
comme un balon. 

La pneumatocéle caufée par un bourfouflement , fc 
guérit au moien de remèdes chauds & réfolutifs , & ces 
remèdes fe prennent à l'intérieur en mêmetems qu^on 
en applique à l'extérieur. On fait des cataplâmes farti- 
fians & carminatifs , des fomentations avec du vin , dans 
\ lequel on aura fait bouillit des rofes , du cumin , de la 
Vamomille, ou d'autres plantes aromatiques, comme le 
thim , la fauge , la marjolaine , &c. 

Quand les vents font dans la capacité du fcrotum , il 
faut y faire de petites pondions avec une aiguille , & il 
' les ouvertures étoient trop petites , on auroit recours au 
troifcar , comme dans l'hydrocèle. L'air étant forti , par 
le moien de la petite canule , on y fait les mêmes fo- 
mentations que ci-delîus \ on y met une comprefle trem- 
pée dans le même vin , le plus chaud qu'il fe peut fouf« 

A a iv 



37^ P o ï 

frir , & îc fuipenfoir qui elt d'une grande utilité ^an^ 
cette maladie là. 

PNEUMATOMPHALE. FaulTe hernie du nombril 
caufée par des vents. Elle Te traite de la mçme manière 
que la pneumatocèle. Voyez Pneumatoçele, 

POCHE'. Se dit d'un œil contus. La contufionde cette 
partie efl de conféquence , & mérite d'être foignée très- 
afliduemxCnt. On faigne le malade plus ou moins, fui- 
vant Ton tempérament , & on applique à l'extérieur des 
collyres ratTraichiiTans & réfolutifs , pour prévenir la 
gangrène , & réfoudre l'humeur épanchée. Voyez (To^- 
tufion. 

P Q D E X. Nom que l'on donne à l'anus. Voyez 
Anus. ^ 

POELETTE. Petit vafe d'étain façonné en forme d'é- 
cuelle 3 qui n'a qu'une oreille , dediné à recevoir le fang 
dans la faignée du bras. Elle doit contenir trois onces de 
l'ang. Dans les faignées ordinaires on en emplit com- 
munément trois ; mais il convient d'en avoir plus que 
moins , pour les cas où l'on auroit befoin de tirer plus 
de fang que neuf onces. Quand un Médecin ordonne une 
faignée du bras , fans fpécifier la quantité de fang qu'il 
faut tirer , le Chirurgien doit en tirer trois poelcttes 
on n enfonces, 
. POIGNET. Voyez Carps. 

POILS. Tout le monde connoît les poils qui croif-. 
Tent fiir la furfaccde notre corps. Ce que les Anatomiilcs 
en onr détaillé , peut fe voir à l'article cheveux. Nous 
nous contenterons ici d'aiïigner les dihérences des poils, 
fuivant les différentes parties où ils croiifent , fans répé- 
ter ce qui a été dit de leur nailTance & de leur confor- 
mation. Les poils de la tête fe nomment cheveux , ceux 
du menton barbe , ceux qui bordent les tarfes è.cs yeux 
cils ^ ceux d'au deifus des yeux fourciù , les autres n'ont 
point de nom particulier. Les femmes n'ont ordinaire- 
ment point de barbe, ôcks poils flir tout le reile du cox^s. 
font plus foibles que ceux de l'homme. 
. Les parties qui ^ dans les deux it^cs j font couvertes 



P O I ^ 377 

de poils , font 1®. la tète , 2°. les fourcils , 3^. les pau- 
pières j.ar leur, bords, 4^. les ailFelles , 5". les aines & 
les parties génitales . 6". plufieurs autres endroits du 
corps , mais moins fenfiblement. Dans l'homme , la poi- 
trine & la liçne blanche s en couvrent (ouvent , & c'efl 
un de^ lîiçnes qui annoncent un fort tempérament. 11 eft 
très-difficile d'affigner l'ufage de tous les poils. On ne fait 
là-delUis que conjedurer qu'ils fervent 10. à défendre la 
peau de l'imprciTion du froid , 2p. à empêcher que les 
corpufcules du dehors ne bouchent les pores expirateurs 
^e l'habitude du corps , 3°. à faciliter ia fortie de la 
fueur , & à la diriger au dehors ■■> âP. à empêcher que 
les plis de la peau ne la coupent _, comme il arrive aux 
enfans i 5°. à faciliter les f'rottemens ^ & à tenir chau- 
des les parties où ils fe trouvent. 

Quant à la couleur qui varie , on ne peut pas plus » 
il eil encore plus difficile de fatisfaire fur l'explication de 
fon origine. On ignore abfolument d'où elle peut prove- 
nir. Au refte , la conféquence d'une pareille explication, 
influe peu fur la pratique de Médecine & de Chirurgie , 
èi. l'on né perd pas beaucoup à ignorer tout cela. 

POING. C'efl la main même quand tous les doigts 
font fermés. Le poing eft dans l'homme une vraie arme , 
svec laquelle il attaque & fe défend. C'eft une forte de 
malfue emmanchée d'un levier fort long, qui lui donne 
beaucoup de force. Uétat de ftation habituel où l'hom- 
me fe trouve, lui donne un avantage très- conddérable 
fur tout autre animal. Milon de Crotone tuoit un bœuf 
d'un feul coup de poin^, 

POINT-DORÉ^ Opération qui avoit été tentée an- 
ciennem.ent pour empêcher la rechute des hernies ingui- 
nales , mais qui eft abfolument anéantie aujourd'hui , 
■vu fon inutilité. Elle confiftoit à lier avec un iil d'or , 
4e plomb , ou de chanvre , la gaine des vaiftéaux fper- 
matiques , fans en gêner la circulation oc les fondions , 
afin d'obvier par-là à ce que les inteftins fe gliffaffent dans 
cette gaine. 

Points ciliaires. On donne ce nom à de petits trous, 
Gu'on cbferye dans la face interne des paupières , vers 



37^, ^ P O I ) 

leur bord. Ils paroiiîenrêtre la fource de cette humeur 

liuileufe , qui efl iî gluante dans certains fujets, qu'elle 
coie les bords à^ts paupières. Ces trous ne font autre 
chofe que les orifices à.ÇiS petits conduits excréteurs des 
glandes ciliaires , qui filtrent la chalTie. 

Points lacrymaux. On donne ce nom à une petite 
élévation en forme de mammelon percée fur les bords 
des paupières , par un petit trou obliquement. On en 
trouve une à chaque paupière , &: elle eir placée à quel. 
que dîftance du grand angle , dans le lieu même où le 
bord de la paupière ceiTe d^étre applati , pour devenir 
rond. Ces petits rrous font les orifices des petits conduits 
qui vont aboutir au fac lacrymal. Ils font ronds & carti- 
lagineux , ce qui fait qu'ils font toujours ouverts pour 
recevoir le fuperfiu At% larn^es , lefcjuelles font portées 
de-là dans le fac lacrymal , par les petits conduits dont 
nous venons de parier. Ces conduits font membraneux 
& plus larges que les orifices dans lefquels cependant on 
peut introduire un petit (lilet. 

POIREAU. Voyez Ferme. 

POITRINE. La poitrine efl une ^ç.^ grandes cavités 
du corpsi c'efi; le venire moien. Elle s'étend depuis les cla- 
vicules jufqu'au fcrobicule en devant , & depuis la ver- 
tèbre prominente , jufqu'au bas des vraies côtes en ar- 
rière. La partie antérieure conferve fpécialement le nom 
^^ poitrine , la poflérieure celui de dos. La peau qui 
C(|)uvre la poitrine efl ordinairement garnie d'une quan- 
tité plus -ou moins confidérable de poils chez les homm.es, 
5c on remarque fur les deux côtés en devant deux émi- 
nences , qui font plus volumineufes chez les ferrâmes que 
chez les hommes, ce font les mammelles. 

Les parties qui compofent cette cavité , fe diilinguent 
en parties contenantes, & en parties contenues. Les par- 
ties contenantes font le flernum &: les côtes en devant , 
les côtes feules fur les côtés , les côtes & îé^s douze ver- 
tèbres dorfales par den-iere , toutes parties revêtues à l'in. 
térieur par la pleure , & recouvertes en dehors par les 
mufcles , les mammelles & la peau , c'eft-à-dire , de la 
graille , la peauproprenient dite, & l'épiderme. Les par- 



L 
VOL ^\ 379 

tîcs contenues font le médiaftin , le péricarde , le cœur, 
les poumons ,- les gros vaiffcaux fanguins , le canal tho- 
rachique , une partie de rcelbphage & de la tranchée ar- 
tèie. Le diaphragme à fa partie inférieure , fépare la poi- 
trine , d'avec le bas-ventre. 

La cavité de la poitrine ell d'une figure à peu près 
ovale , à caufe de la fituation du diaphragme , qui eft 
fur un plan obl'.que , c'eft-à-dire , plus bas par derrière 
que par devant. Elle ell divifée en partie droite , & en 
partie gauche, par le moien d'une cloifon membraneufe, 
appellée médiafiin, C'eft dans ces parties que font con- 
tenus les lobes du poumon , qui les remplirent exade- 
ment , de forte qu'il n'y a pas une feule bulle d'air dans 
cette cavité, La partie gauche efl plus étroite que la par- 
tie droite , à caufe du cœur & du péricarde , qui la re- 
trèciffent par une inciinaifon plus marquée de ce côté 
là. 

POLYPE. Excroifiancede chair , qui tient de la na- 
ture des loupes , & qui naît ordinairement à la furface 
des cavités du corps , qui font expofees à l'air. Elle a été 
appellée polype , du nom d'un poillon marin , qui a 
quantité de pieds. On a cru que cette croiffance avoit 
beaucoup de pédicules, & c efl en conféquence qu'on lui 
adonné le nom de polype; mais M. Levret a trop ju- 
dicieufcment fait remarquer que cette forte d'hypefarcofe 
n'avoit ordinairement qu'un pied, tandis que trés-fouvent 
elle fe divifoit en plufieurs appendices à l'extérieur. Cette 
chair fe forme & s'accroît le plus fouvent dans les nari- 
nes , où elle incommode la refpiration : on en trouve 
aulTi ordinairement d'attachées à l'os éthmoiide , & fou- 
vent aux lames oiTeufes du nez. Les polypes alors fuccé- 
dent communément aux ozènes & aux ulcères du nez , 
caufés par £uxions d'humeurs acres, qui corrodent la 
membrane pituitaire , répaiiTilTent , & la font dégénérer 
en cette efpéce de fongus. Souvent ils s'étendent jufques 
dans le gcfier , & ceux qui nailîent au fond de la gorge 
fe produifent fouvent dans les narines. Il n'efl pas rare 
d'çn reiicojitier au lond du vagin , à la matrice , & aux 



3Ho P O L 

parois du vagin. On donne à ceux-ci le nom de polypes 

utérins. 

On remarque cinq efpéces de polypes. La première eft 
comme unemembranefongueufe &mollaire, reilemblant 
à la luette relâchée : elle s'attache au cartilage du miliea 
du nez , & fe remplit d'une humeur tenace &c pituiteufei 
La féconde eft une chair blanchâtre , éminente , ronde 
èc molle au toucher 3 elle s'accroît inlenfiblement jufqu'à 
occuper toute la cavité d'une narine , & quelquefois celle 
de toutes deux. La troifiem.e eft une chair plus dure , de 
couleur brune , & un peu douloureufe. La quatrième eft 
une tumeur dure , femblable à de la c'nair deiTéchée à la 
fumée 5 quand on la touche , elle fait du bruit comme 
lî on fiappoit fur un corps folide ; elle eft infenfible , & 
on peut la mettre au rang des fquirrhes confirmés. La 
cinquième eft une ou plulieurs tumeurs cancereufes , 
attachées au cartilage du nez 3 elles font douloureufes 
& rongeantes. Mais de toutes ces efpéces , les unes font 
fans ulcération , quoiqu'elles rendent une humidité fa- 
nieufe &c vifqueufe ; les autres font ulcérées , & il en 
découle fans celle une fanie fétide , d'un horrible puan- 
teur. 

L'on connoît le polype . par la vue & par les fymptô- 
mes. Pour le découvrir à l'oeil , on fait pancher la tête 
^u malade à l'encontie du jour. En découvrant le fond 
de la narine , on voit une tumeur qui la remplit , monte 
& defcend félon les mouvemens de la refpiration. S'iZ 
étoit mal-aifé de le faire paroitre de cette manière , il 
faudroit fe fervir Aw fpeculum najî ^ pour dilater la na- 
rine , afin de découvrir jufqu'au fond. Le nez devient un 
feu plus gros qu'il ne Peft naturellement , le malade ne 
ieipire qu'avec peine , il refpire même comme s'il ron- 
fioit , & a toujours la bouche ouverte en dormant. 

Les polypes carcinomateux & chancreux font incura- 
bles , ils rongent Se s'étendent toujours à la manière des 
cancers. On les reconnoit à leur dureté , à leur lividité , 
& à leiir puanteur. Leur couleur eft plombée , & ils 
«dhérent aux lames olieufes du nez. Il ne faut poin; y 



P O L ^Et 

«ôucher. Pour ceux qui font fans douleui- , fiafques &c 
blancs, ou rougeâtres , ils fe peuvent guérir. Cetl fur 
ceux-là fcuis que l'on doit entreprendre l'opération. 

Tl eft toujours nécelTaire de préparer le fujet par 
quelques faignées & purgations accompagnées d'un régi- 
me modéré. Quand les polypes font petits , & à bafe 
étroite , on en fait la ligature avec un fil de foie , que 
l'on ferre de plus en plus juiqu'à ce qu'il tombe de lui- 
même. Quand il ell petit & à vue , on peut le cauté- 
lifer avec le bouton de feu , ou les caulHques en on-^ 
guens & €n emplâtres. Mais, quand il eft gros, & au 
fond du nez , Dionis dit qu'il faut en faire l'extirpation. 
Pabrice d'Aquapendente fe glorifie d'avoir inventé cette 
opération ; mais que cela foit vrai ou non , il faut lui 
favoir gré de l'avoir mife en ufage le premier. 

Les inftrumens qui fervent dans l'extirpation d'un po« 
îype , font un fpeculum najî , un bec de canne , une 
tenette proportionnée à la cavité de la narine , & de la 
charpie. Il convient pour ce befoin d'avoir une petite 
feringuc , & une petite canule» 

Pour le panfement , il faut fe préparer du vin tiède , 
de la charpie ^ des onguens corroiifs , & des poudre^ 
rongeantes , très-fubtilement broïé^s , comme le tabac 
d'Eipagne , avec des eaux vulnéraires & de(îicatives„ 
Le tout étant préparé , on fait affeoir le malade dauf 
une chaife un peu panchée en arrière , & lui ayant tour-* 
fié le vifage du côté du jour , on peut dilater la narine 
avec le fpeculum naji , pour y apporter le bec de canne 
avec lequel on pince le polype . le plus haut & le plus 
prés de la bafe qu'on peut i on le tourne enfuite un touii 
ou deuxj puis en tirant doucement, on l'arrache avec 
fes racines. A'^ès cela , on laifrc^ faigner la plaie un peu 
de temSj pour en dégorger les vailfeaux , & défemplir 
la partie. Quand le même polyoe s'avanceroit jufques 
derrière la luette , cette produdion a coutume de fuivre 
la branche quife trouve dans le nez^ parce qu'elles font 
continues l'une à l'autie. Mais , fi celle qui fe montre 
derrière la luette étoit longue & grofle , il feroit plus a 
propos d'arracheï Iç p'^^yp^ P^J-" ^^ bguçhe que par le 



3^1 P O L 

nez, ce qui s'exécute aifémeat avec une tenette courbe/ 
qu'on peut pouller dans les fautes nafales , qui font plus 
grandes que les cavités du nez , obfervantde ne pas pin- 
cer la luette qui eft placée au devant du polype. Il faut 
avoir grand foin de l'extirper en entier , fans quoi , fi 
vous lailîez quelque racine , vous le verrez revenir an 
bout d'un certain tems. Ainfi donc fi , après que le po- 
lype eft arraché , le malade fent encore quelque chofe 
dans le nez qui rembarralfe , ôc qu'en y regardant on 
y apperçoive quelque petit morceau qui foit attaché au 
fond du nez , il faudra avec des efpéces de pinces faites 
en forme de cifeaux , qui ne coupent que par le bout , 
enlever ce réfidu , autant qu'on le peut. 

Enfuite de l'opération , on fait refpirer & tirer par le 
nez du vin tiède, qui lave bien toi-tcs ces humidités fa- 
nieufes , dont le polype avoit rempli les cavités des na- 
l'ines. Quoiqu'il n'eft pas abfolument be/oin d'attirer ainfî 
fortement le vin , ni de le faire tomber dans la gorge , 
pour s'aifurer que le paffage eft ouvert. Les malades 
s'apperçoivent auifitôt qu'il eft libre , par la facilité qu'ils 
éprouvent à refpirer la bouche fermée , ce qu'ils ne 
pouvoient pas faire auparavant. C'eft de toutes les opé^ 
nations de Chirurgie , celle dont on reffent plus promp- 
tement l'utilité , & qui fait le plus de plaiiîr au malade, 
parce que dans le moment même, il eft débarrafTé d'une 
incommodité infupportable , & qu'il éprouve une liberté 
pleine de douceur, en infpirant aifément l'air, qu'il ne 
pouvoit puifer qu'à peine auparavant. 

Quand le fang ne coule que peu , il faut le laifler 
fortir pour dégorger la partie : mais , s'il y avoit une 
liémorrhagie , on l'arrêteroit en pouffant dans le nez 
avec une feringue quelque liqueur aftringente , ou bien 
en rempliffant de charpie la narine , après l'avoir imbi- 
bée d'une eau ftiptique. On panfe enfuite la partie avec 
UO- onguent légèrement corroiif , pour conlumer plus 
fûrement toutes les racines , & que l'on anime au be- 
foin , par des poudres cauftiques , plus ou moins fortes , 
fuivant la néceïTité. Pour cela, on fe fert d'une petite 
canule, qu'on remplit de ces poudres rongeantes ,& oa 



P O M 3S3 

rinfére dans le nez. L'infpiration de l'aii- les fait monter, 
Se les applique dans toute la capacité de la narine. Sur 
la fin de la cure , on injede des eaux vulnéraires & deffi- 
catives , pour tarir les humidités qui abondent perpé- 
tuellement dans ces endroits. 

Au refte , le polype eft une des maladies pour la cure, 
defquelles on doit employer le plus de précautions ilir 
le régime univerfel. Il ne fuffit pas d'avoir, avant l'o- 
pération , préparé Icjmkd^-f^^ la faignée , les purga- 
tions & la diète ^j^nTinême d'avoî^ cxadement fait ceztQ 
opération , d'hoir pendant la cure contenu le malade 
dans les bornes que l'art prefcrit, & de l'avoir bien gué- 
ri ; il faut encore enfuite de cette guérifon , le traiter 
de la même manière que il on étoit fur qu'il dut re- 
naître un autre polype. Pour cette raifon , on appli- 
quera un cautère au bras , ou au derrière de la tête ; ou 
purgera fréquemment , & on fera ufer de tifannes fudo- 
rifiques , compofées avec les bois deliinés à cet ufage, 
la fquine , la falfepareille & le gayac , ou le failafras. 

L'extirpation des polypes, au jugement des habiles 
Chirurgiens de nos jours, n'ell pas l'opération préférée. 
Depuis que l'on a connu que ces excroifTances n'avoient 
jamais qu'un pédicule , on^^ft appliqué à chercher des 
znoiens de faire par-tout la ligature. MM. Lecat & Le- 
vret ont pour cela inventé chacun une pince , au moieiii 
et laquelle on peut porter au fond du nez ou du vagin 
un nœud , & le ferrer fortement. On peut voir la fi- 
are de l'une & de l'autre fidelem.ent repréfentée dans 
es ouvrage s du dernier. L'on y trouvera de même la 
manière des'enfervir , les avantages des deux inftrumens 
détaillés , & les précautions néçeiTaires à prendre dans 
leur ufage. 

POLYPEUX , qui tient de la nature duPoIype. 

POMME. DADAM. Eminence que l'on trouve fur le- 
(devant de la gorge. Eileefl; forméepar le cartilage thyroï- 
de , & beaucoup plus faillante chez les hommes que chez 
les femmes. Son nom lui vient de ce qu'il y a eu des gens, 
qui ont eu la fîmplicité de croire, quclaPomm,e qu'Adam 
mangea dans le Paradis terreftre s'etoit arrêtée en ce 



f. 



384 ^ P O M 

lieu , & Y avok formée cette éminencé que l'on appelle 
aufii le nœud dt la gorge. 

POMME DE LA JOUE. Ceft cette partie de la 
joue qui eil; au bas de l'orbite , ordinairement coloré 
furtout dans les jeunes gens. Elle en; formée par les os 
<ie la Pommette , & eil par confc^uent la plus élevée de 
la joue 

POMMETTE. ( os de la), C'ell le nom que l'on 
donne à un os de la face , lequel forme l'eminence de 
la joue, qui eft placée fous l'orbite. Il y en a un de 
chaque côté. On appelle cette éminencé la pommette ^ 
parce que dans beaucoup de perfonnes , furtout par- 
mis celles qui font jeunes, & qui ont le teint frais? 
cette partie ell chargée d'une couleur vive, allez fem- 
blable à celles de certaines pom.mes ■-, elle eft d'ailleurs 
arrondie comme elles. C'eft parla même raifon qu'on 
dit aulïi M os malaire , du mot malum , qui lignifie une 
pomme. On lui donne encore le nom èJos ■^ygomatique ^ 
du mot ligoma, qui lignifie joug ^ parce qu'on a cra 
trouver de la refiemblance entre une arcade que forme 
une apophyie de cet os, jointe à une apophyfe du tem- 
poral , avec le joug des Anciens. C'eft par la miême 
raifon qu'on l'appelle Vos jugal. 

Cet os reprefenteune efpece de lofange ou de quar* 
té, dont la ficrure eil fort irrés.uliere. 

On peut y coniidérer deux faces, une interne & une 
externe. On remarque à la face interne , une grande 
échancrure , qui forme pour la plus grande partie l'ar-^ 
cade zygomatique. On trouve à cette face une apo- 
phyfe epailTe , dont le bord efl arrondi & dentelles on 
la nomme fphenoldale , parce qu'elle s'unit à la partis 
voiline de l'os fphenoïde. 

La face externe eft affez égale , & un peu convexe. 

Le bord fupérieur de l'os de la Pommette fe termine 
en angle, ce qui lui a fait donner le nom à'apophyjk 
éingulaire : on l'appelle aulîi apophyje orbitaire externe 
fupérieiire , parce que par fa réunion avec l'angle anté- 
rieur inférieur de l'os coronal, elle forme la partie ex-« 
terne & fuperieure de l'orbite, 

yangl^ 



P O î^ 3% 

l'aliglé Inférieur n'a rien de remarquable II eft fort 
court. 

L'anale antérieur prend le nom èiapophyfe orhitaire 
inférieure externe, parce qu'il forme cette partie de 
l'orbite j on l'appelle aufTi apophyfe maxillaire , parce 
qu'il s'unit à l'apophyfe orbitaire de l'os maxillaire fu- 
périeui'. 

L'anale poflérieur eft formé par une apophyfe fort 
applatie , échancrée a fon extrémité, pour fon articu- 
lation avec rapophyfe zygomatique de l'os temporal* 
La réunion de ces deux os forme la voûte connue fouâ 
le nom èi arcade temporale ou :Qfgomatique^ 

lafubftanec de cet os eft formée d'une aflez grande 
quantité de diploé , recouverte de deux lames de fubA 
tance eompaéle* 

Cet os eft articulé avec le coronal , par fon apophy-» 
fe orbitaire ; avec le fphénoide , par l'apophyfe fphénoï- 
daie ; avec Fos des tempes , par l'apophyfe zigomatique^ 
& enfin avec l'os maxillaire par l'apophyfe que nous 
avons nommée maxillaire par cette raifon. 

PONCTION. Voyez Paracenthefe , pour celle qui 
fe fait au ventre des hydropiques j Hydrocele , pou? 
celle qui fe pratique au fcrotum. 

PONCTION AU PERINE'E. Voyez Kiflitomie. 

PONT DE VAROLE. Voyez Protubérance annula 
taire. 

POPLITAIRE. Qui appartient au jarret , dit en La- 
tin poples. Il fe donne aux parties qui concernent le 
jarret, foit artère ou veine, foit nerf, foit mufck<» 
Voyez Voplité. Ce il la même chofe, 

POPLITE' ou JARRETIER. On donne ce nom à 
un petit mufcle , placé fous le jarret , & qui tire la jambe 
en dehors , de forte que la pointe du pied rentre en de- 
,.dans. Vo^Q-L Jarre tier. 

Poplité{nerf)i Ce nerf n'eft autre chofe que la con- 
tinuation du gros nerf fciatique , lequel change de nom 
quand il eft arrivé au jarret. Là, il fe partage en deuîs 
troncs fubalterne-s , dont l'un eft interne ôc fort gros h 
l'autre eft externe & moins fort. Ils vont tous les dti*^ 

D. de Ch. Tome II ïi b 



3Hé P O R 

fe diftnbuer à la jambe. Le plus confidéi-able fous le 
nom de Poplité interne ou de bïznchc Jciatique crurale 
mterne y o\x jciatique îibiale ^ ou iîmplement àz nerf 
îibial ^ defccnd , comme il clt dit d l'article Tïbial^ 
le long du tibia poar fe rendre à la plante du pied. 
• Le fccond tronc fous le nom de Jciatique crurale ex- 
terne , ou ào. fcintique péronier ou fimplement de nerf 
péronier , fe diilribue comme il ell marqué au mot Pé- 
r-onier. 

. PopHtées ( artères 6* veines ). Quand l'artère crurale 
cft arrivée au jarret , elle donne deux rameaux qui font 
les artères en queftion. Elles fe diltribuewx aux parties 
voifines ; c'eft-à-dire , au mufcle poplité , à la peau & â 
la graille , aux ligamens de l'articulation , &c. 

Les veines de ce nom reçoivent le fang des veines fi- 
îùces au deilous d'elles, par deux grolfes branches qui 
fe réunilîent en un feul confuant , dont il réfulte la 
veine crurale. 

PORCELAINE. Voyez EJferes. 

PORES. Trous imperceptibles aux fens qui fe trou- 
vent en une quantité prodigieufc dans le tillude la peau, 
Ll y en a d'abforbaas 3c d'exhalans. N Q'jz-l -Ab forbans (^ 
Exhalans. 

POREUX. Se dit de toute partie qui a beaucoup de 
pores , beaucoup de volume , & peu de denf té. 

POREAU. W^^z-LFerrue. 

PORTE ( veine ). Cell une des plus gfoffes reines 
du corps \ & unique en fon efpéce. Elle réfulte de toutes 
les ramiiications veineufes qui partent du foie , de la 
rate, du pancréas , de l'eilomac , de f epiploon , dii 
méfentère & des inteftins , lefqueiles fe réunilîent en un 
gros tronc qui porte le fang au foie pour la fécrétion 
de la bile. Cette veine ainfi , fait l'office d'une artère, 
fans avoir de pulfation comme les artères. Onlui donne 
le nom de Porte , ou de veine des Pertes , parce qu'elle 
entre dans le foie au milieu de quatre éminences , à qui 
les Anciens ont donnélenom de Portes. Son entrée dans 
■le vifeère fe nomme Sinus de la veine Porte. Elle s'in- 
ÏÇ;^^. dans le foie avec la capfi^lc de Giilfon , accompa- 



POU p^ 

gnce de l'artêrc hépatique, par la grande fciiîure ^ ôc 
s'y dillribue dans toute fa fubilance de la même ma- 
nière. Sa ftruclure ne diffère point en apparence de celle 
des autres veines. On la trouve iltuée à la face inférieure 
du foie. 

PORTE-AIGUILLE. Inftrument qui tient fon nom 
de fon ufage. L'on s'en fert en Chirurgie , quand les ai» 
guilles font fi fines Se fi petites , que Ton ne peut pas les 
faifir commodément avec les doigts- C'efl une tige d'a- 
cier ou d'argent, longue environ de deii»|>ouces & demi, 
fendue en deux branches, fuivant fa longueur prcfquc 
en entier. Ces deux branches font légèrement cannelées 
en long. Cette rainure fert à loger les aiguilles , dont on 
veut fe fervir. Les branches de l'inftrument fe tiennent 
écartées par leur propre relfort , & elles fe ferment par 
le moyen d'un anneau coulant. La partie de rinllrumenë 
qui fert de manche , cfl une petite tête creufe , garnie 
en dedans de trous propres â recevoir la tête des aiguilles 
comme ceux d'un dé à coudre. 

PORTE-BOUGIE. Inftrument dont on fe fert en 
Chirurgie, pour conduire les bougies dans le canal dé 
Furethre , pour en procurer la dilatation. C'ell une ca- 
nule d'argent , femblable à celle du troifcars , &qui n'en 
diffère que par fi longueur , qui eftplus confidérable. 

PORTE - FEUILLE. Plufieurs Anatomiftes one 
donné ce nom au mufcle fous-fcapulaire , parce que , 
fuivant eux , il fait ferrer le bras contre les côtés. La 
plupart des Anatomilles modernes lui refufent cee 
iilage. 

PORTE-PIÈRRE INFERNALE. Cet inftrumenè 
eft abfolument femblable à un porte crai'on. Celui-ci eft 
trop connu pour en faire ici la defcription. 

PORTE DE VIRGINITE'. Voyez Hymen. 

PORTES. Les Anciens Anatomilles ont donné eé 
nom à quatre éminences qui fe trouvent à la partie con- 
cave du foie. Voyez Foie. 

POUCE. Nom que l'on donne au premier doi^tdela 
main & ê.n pied. Celui-ci s'appelle autrement gros orteil^ 
& Fufage eonfaere le nom de pouce pour exprimer fintr^i-ï 

B b ii ^ ■ 



^388 POU 

lieiement le premier des doigts de la maîii. II eftcompo* 

fe de deux phalanges groires & courtes, & iitué delà 
manière la plus commode pour aider l'appréhcnfion. II n'eft 
pas dansle même rang que les autres doigts, comme celui 
du pied , «Se cela étoit ncceilairc pour que l'homme put 
plus aiiement failir , comme la polition du gros orteil, 
luivant le même rang des autres orteils etoit indifpen- 
iable pour faciliter la flation ^J'afiibulation. 

POUCIER. Sorte de doigtier propre au pouce. On 
en fait de différente matière , avec du linge ^ du cuir , du 
fer blanc, &c. fuivant l'exigeance des maladies. C'elèune 
efpéce d'écharpe pour foutenir cette partie quand elle elt 
malade. 

POULAIN. Bubon malin produit parle virus véné- 
rien, il fe fond comme les autres cngorgemens vénériens 
par l'adion du mercure , ou bien il abfcéde , & alors on 
ie traite comme un abfcès fimple, en obfervant toujours 
d'employer en même temps Ifs rem.èdes contraires à la 
caufe. Voyez Abcès , Bubon. 

POULET (la théorie de la formation &dclanaif- 
fance du ) ne peut que jetter des lumières fur la fécon- 
dation des œurs dans la femme , fuivant le fyftême des 
Ovaiilles. î?our fçavoir comment fe forme le Poulet , il 
faut fe rappeller ce qu'on remarque dans l'œuf fous la 
coque. On y apperçoit deux membranes qui revêtent 
l'œuf; l'externe ell attachée par toutes les parties de la 
furface à la coque : l'interne ell: plus délicate , & fert 
d'enveloppe au blanc qui y eft adhérant. 

Le bUmc efr toute cette malle blanche , qui refîémble 
à une humeur glaireufe. Le blanc eft organifé, c'eil-à- 
dire-, compofe de vaillcaux tranfparens qui renferment 
une matière £uide , aufll tranfparente. 
lien eft de même du /\7/y/7e d'œuf. 
Le blanc &: le jaune rellemblent aifez aux humeurs de 
l'œil, lefquelles circulent continuellement par des vaif- 
féaux tranfparens. 

Il y a une membrane qui revêt le jaune : on trouve 
dcifous, vers le gros bout de l'œuf, une tache blanche 



qui en renferme uae autre de couleur cendrée ; & vers 



ij 



POU .3^? 

îc centre de cette dernière , il y a un corps blanchâtre qui 
paroit flottant dans cette liqueur. La tache blanche eft 
environnée de plufieurs cercles, dont les uns font jaunes , 
& les autres grisâtres. 

Aux deux côtés , qui font à l'onpoiite du jaune on 
trouve deux lieamens , qu'on nedoit pas appeller^c'r;;zfj-. 
Ils naillent de^ia membrane qui enveloppe le jaune i ce 
font des efpèces è^ç. placenta qui portent dans le jaune là 
liqueur du blanc qu'ils reçoivent dans des follicules iùi-,- 
niés par leur épanouilTcment, 

Yii'^ qu'un œuf fécondé par le coq , a été éçhaufFc 
quelque temps fous la poule , la membrane qui re- 
vêt le blanc immédiatement , fe fépare de la mem- 
brane externe vers le gros bout; les deux ligamens qui 
étoient dans des endroits diamétralement oppofés , chan- 
gent de iîtuacion. Ils s'approchent peu à peu du petit 
bout de l'œuf. Le blanc devient plus liquide, La fur- 
face du jaune s'applatit , la membrane qui couvre la 
tache blanche , commence à s'"élever. Cette tache blanche 
qu'on a nommée cicatrice , paroît s'allonger , de même 
que le petit corps blanchâtre qui eft vers le centre , & qui 
eft \q fœtus. Le cercle qui entoure la tache , prend la for, 
me d'un vaifleau fanguin , & renferme de petits points 
rougeâtres. Les autres cercles fe multiplient de plus en 
plus , & prennent plus d'étendue. Tous ces développe- 
mens deviennent de plus en plus fenfi^bles i & après àeux 
jours , ces points rouges commencent à faire apperçe- 
voir des vailFeaux fanguins , qui viennent du cercle le 
plus petit, qui tendent ver& la cicatrice , & qui s'en- 
foncent vçrsla tache cendrée. Les vaiffeaux deviennent de 
plus en plus rouges , de même que le cercle. 

C'eft dans ce temps qu'on apperçoit des points qui 
çompofçnt le coeur de l'Embryon. Ces points ont un mou-- 
vement fenfibl.e , & s'uniilént à des vaiileaux après cin- 
quante heures , ces points paroifTent comme quatre vé- 
(icules qui fe meuvent fucceffivement d'un mouvemcnî: 
très rapide 5 ce font les oreillettes , & les ventricules du 
««.ur^ 6il'on vient à refroidir l'oeuf , tous ces mouvement 

Bbiii 



390 POU 

cefTent , mai-; une nouvelle chaleor , une nouvelle inçu- 
bation , les fait renaître. 

Le Poulet étant bien formé, & IcsvaifTeaux ombilicaux 
étant defleches par la coniprefïion des parties folides, la 
circulation fe fait dans tout fon corps ; mais le défaut d'air 
Se d'efpace qui ne permettent pas au Poulet de refpirer , 
doivent caufer en lui unfentiment d'inquiétude , qui fait 
qu'il ^'agite continuellement. Dans cette agitation , le 
Poulet rompt la membrane Se la coque par des coups de 
bec : alors il commence à refpirer , & le fang coule libre- 
ment dans les poumons. 

POULIE. Petit anneau prefque cartilagineux qui fç 
rencontre à la partie interne du nex dans le grand angle 
de l'œil, & par lequel pail'e le mufcle grand oblique de 
l'œil, quiporte à caufe décela hnom àc mufc/e àpoulie ^ 
ou de Throcleateilr. 

POULS. Battement des artères. C'eft dans la dilata- 
tion des artères que le Pouls confiile. C'eft alors qu'elles 
font fentir leurs pulfations aux doigts qui les touchent. 
La dilatation eftoppofée à la conlhidion , &on dit mal- 
à-proposle mouvement de diaftole , car on ne doit point 
appeller mouvement un état paflif, tel qu'eft celui de 
pulfation de la part des artères. La caufe de ce mouve- 
ment en elles , n'eft que l'irapulfion du fang qui eft cha/Té 
avec violence dans l'aorte par le ventricule «.auche du 
cœur , & de là dans toutes les branches qui s'en féparentc. 
Le fang ainfi envoyé d'un cfpace large dans des canaux 
qui vont pour la plupart en diminuant, fait effort contre 
leurs parois & les dilate. Un des endroits les plus com- 
modes pour tater le pouls eft au poignet , où palIe l'ar- 
tère radiale , qui eft plus fenfible que les autres. 

Les Anciens ont établi pluiieurs différences de pouls, 
iqui peuvent fe rapporter à un pouls/orr oufoibU , grand 
on petit ^ dur o\imollet , fréquent ou rare , égal ou 
inégal ^ vite ou lent. Le pouls fort eft celui où les pul- 
fations font fermes & vigourcufes. Le foible eft le con- 
traire. Le grand a its pulfations étendues , ce qui eft op- 
pQfé aupetitcLespulfatio.ns, dudur reiïçmblent aux batte- 



POU 39Ï 

«îens d'une corde , celle du mollet font douces &: lâches. 
Le fréquent bat fouvent , le rare peu fréquemment. Le 
pouls \hc dilate promptement l'artère , le tardif eil plus 
lent à la diftendre. Le pouls égal eil toujours tembhible 
6i égal dans fes pulfations,, ce qui eftle contraire en l'iiré- 
gal : or celui-ci renferme auffi plufieurs diifcrcnces : s'il 
va infenfiblement en diminuant , il s'appelle myurus. Si 
ies pulfations manquent par intervalle, il t'à.vitermittant. 
Lorfq n'entre deux pulfations réglées, il s'en fait une qu'on 
n'attendoit pas , il eft intercurrant ^ interjcendant ^ entre- 
coupé i ou dicrote Se récurrant. On l'appelle capriÇant. 
Quand il va en fautillant comme les chèvres \ ferfatitc 
quand il eft dur & inégalement diftendu. Suivant la lon- 
gueur de l'artère ; ondoyant ^ quand il a une pulfation 
forte & vougoureufe, enfuite une foible & lâche , à la- 
quelle il en fuccéde encore une pleine & vigoureufe , &: 
toujours de même. Le pouls vermicnlaire , femblable au 
mouvement ondoyant des vers qui rampent , ne diffère 
de l'ondoyant qu^en ce qu'il eft plus foible. Le pouls/br- 
micarit eft auiïi un pouls vcrmiculaire très-languilîant 
très-petit, & très fréquent. Le pouls convuljîf c'a. l'effet 
d'une artère tendue, ferrée & inégale dans fes battemens. 
L^age , le fexe , le tem.péramment , le climat, la manière 
de vivre, le mouvement &les paiîionschangent.beaucoup 
le pouls. 

Le "çouh fiévreux eft celui qui eft plus fréquent qu'à 
l'ordinaire. 

POUMON ou POUMONS. Vifcére contenu dans b 
capacité de la poitrine , deftiné à la refpiration. Il eft 
d'un volume très-confidérabile , & avec le cœur il rem- 
plit prefque totalement la cavité. Si on le regarde par fa 
partie poftérieure , il reftemble allez bien à un pied de 
bœuf Car elle eft convexe & élevée du côté des côtes , & 
concave en dedans: cette figure faitauffi qu'il embraffele 
cœur plus exactement. Sa fubftance eft regardée comme 
un amas de petites cellules membraneu Tes entaffées les unes, 
far les autres, qui font forniées par les extrémités des tu- 
niques qui tapiiiènt la trachée-artère. 

Pour le former une idée claire de la fubftance prop:s: 

B b iv 



59i P O U^ 

5u poumon , on peut l'envifager â peu-près comme unô 
grappe de laifin , qui feroit enveloppée dans une toile : 
Tes prepiers lobules que Malpighi a découvert dans le 
poumon, teiremblent en effet allez bien aux ^grappillons 
qui coippofent la grappe. Comme d'aillevirs ces grapil- 
lons renferment des grains de même , chaque lobule pri- 
mitif contient de féconds petits lobules. \^illis donne à 
ces féconds petits lobes le nom de lobules intérieurs. Ils fç 
terminent par une infinité de petite véficules , qui com- 
muniquent toutes entr*blles 5 & les bronches de la trachée- 
artère , quilvont aboutir à chaque petit lobule fccondaire, 
reffemblentfort bien auiïi aux petites branches de lagiap- 
pe quifourniffent les grains. Ainfi ce iVell: pas tout à fait 
à tort que les Anatomifles regardent chaque premier lo- 
bule comme un petit poumon , de la même manière que 
Ton peut dire qu'un grapillon eft une petite grappe. Les 
premiers lobules dont le corps du poumon réfulte , font 
levêtus chacun d'une membrane propre , ^ font feparés 
l'un de l'autre : car quandon fouffle dans un rameau de la 
trachée-artère, qui va à un de ces lobules , non-feulemerit 
ce lobule fe gonfle, mais encore il marque diftinûement 
fa capacité & fon étendue fans qu'aucun autre lobule du 
voifînage fe fouleve , ainfi il y a toujours un chemin 
ouvert , du rameau aux petits lobules fecondaires, &des 
lobules fecondaires au rameau de la trachée-artère. Mal- 
pighi a obfervé des interftices entre ces lobules , qui ne font 
pas de fimples cavités , mais des véficules membraneufe-s. 
Ils ont la figure d'un parallelipipede , d'un cube, ou de 
quelqu'autre figure irréguliere qu'on remarque. Ils com- 
muniquent tous entre eux par des trous, & l'on en trouve 
mi gr^nd nombre derrière la membrane extérieure du 
poumon. Ils font remplis d'un lacis de veines & d'artères. 
Ces véficules membraneufes de Malpighi ne font autre 
çhofe quç ce que M. "WinfloW a appelle depuis du nom 
de tifju interlohulaïre , & ce tiilu lui-même n'cll qu'un 
prolongement du tilTu cellulaire qui accompagne & envi- 
ronne partout les vaiffeaiix fanguins. Au relie , il eft àre^ 
marquer que ce tilIu paroit être le fiége de plufieurs m^-^. 
jadjes dçs plus opiniâtres du poumon. 



POU 393 

., Les poumons n'ont pas dans tons les temps mie cou- 
leur conftante, Dans l'enfance ils font rougeatres , grifâ- 
tresdans l'âge moyen, & bleuâtres dans ia vieilleile. Ils 
font logés dans la capacité de la poitrine de manière à en 
occuper prefque les deux cavités. On lesdiilingue en pou- 
mon droit &: en poumon gauche , bien que ces deux ne 
faflent qu'un feul & même organe i mjiis comme il eil du 
vifé en deux gros lobes principaux qui rempUirent chacun 
une des cavités de la poitrine , l'ufage eft venu de dire les 
poumons. Chacun de ces lobes efl divifé en d'autres lobes 
principaux, le droit en trois, & le gauche en deux qui 
pour l'ordinaire eft plus pet't que le droit , de même que 
la cavité qu'il occupe laquelle eil rétréci e par le cœur , le 
péricarde & le médiallin, Le poumon gauche a encore 
cela de particulier , qu'au bas du bord antérieur , il y a une 
grande échancrure dentelée , vis-à-vis la pointe du cœur, 
de forte qu'il ne couvre jamais cette pointe , même dans la 
plus forte infpiration. Ainfi la pointe du cœur avec le pé-? 
iicarde,peut toujours frapper immédiatement contre les 
ÇQtes , &le poumon n'enveloppe paslecçcur de la manière 
qu'on le dit vulgairement, Cette remarque eil due à M, 
.WinfloW. 

Lesmembranes dupoumoiine font que des continua* 
tions de la plèvre, & non point fimplement un épanouif-^ 
fement de filets nerveux, comme on l'a cru, Lamembranç 
extérieure de la plèvre fe continuant ^ forme la membrane 
intérieure du poumon , êc l'intérieur de cet organe eft un 
prolongement de l'extérieure de la plèvre, qui touche à la 
celluleufe , ouplutôt qui n'eft que la celluleufe elle-même. 
Il faut çonfidérei qu'elle eft plus fine & plus déliée que la 
membrane extérieure du poumon , qu'elle fe partage néan. 
moins, & qu'elle forme une gaine particulière aux artères 
& veines pulmonaires, Cette gaine renferme , outre les 
vailfeaux fanguins , quantité de cellules qui réfultent dq 
membranes très-fines &très-déliées qui s'entrecoupent 6ç 
s'attachent a ces vailfeaux, 

Le poumon a deux fortes d'artères & de veines : les unes 
(ont communes , les antres propres. On appelle veines 5c 
artères communes celles qui ont au poumon le même ufagQ 



394 POU 

que partout ailleurs 5 & Ton entend par les propres celles 
qui font particulièrement deflinées à Tufage du poumon. 
Les communes font l'artère &l la veine pulmonaire; les 
vaifleaux propres au poumon , font l'artère bronchiale , 
la trachée-artère , & les bronches. L'artère pulmonaire eiî 
le gros vaifVeau qui fort du ventricule droit du cœur , & 
qui porte au poumon , à chaque fyftole, lefangquiétoit 
contenu dans cette cavité , lequel fang après avoir reçu 
une préparation par l'air du poumon , revient par la veine 
|)ulmonaire au ventricule gauche du cœur , d'où il efl dif-* 
tribué au moyen de l'aorte , à toutes les parties du corps. 
C'eft àRuifchquel'ondoitla découverte de l'artère bron- 
chiale. Elle naît de la partie antérieure de la grande artère j 
defcendante , par defTusiabafedu cœur. Là elle fe courbe M 
vers le côté droit , embiaile la trachée-artère , & après avoir 
fourni quelques branches à rœfophac;e , elle accom.pagne 
les rameaux de la trachée - artère jufqu'a leurs extrémités. 
Elle fe trouve afl'ez fouvent double, & quelquefois triple.. 
Outre ce , les vaiifeaux qui compofent la fubftance du 
poumon fe diilinguent en aériens, fhnginns, limphntiquesï 
êc nerveux. Les vaifj eaux aériens en forment la principale^ 
partie & fe nomment bronches. Ces tuyaux font coniques,! 
compofés d'une infinité de fegmens cartilagineux, qui re- 
préfentent des fragmens irrégulièrement circulaires , liés 
enfemblepar une membrane ligamenteaG-" ùl élaflique J 
difpofés de manière que les inférieurs s'infinuent & s'en- 
gagent facilement dans les fupérieurs. Ils font garnis en- 
dedans d'une membtane fine , d'où il fuinte continuelle- 
ment une férofité mucilagineufe , qui acquiert fuivant 1( 
féjour qu'elle fait, plus ou moins de folidité , & formel 
la matière des crachats dans les maladies du poumon. Oa] 
découvre dans l'épailfeur de cette membrane une multi- 
tude innombrable de vaiffeaux fanguins , & fur fa con- 
vexité beaucoup de lignes longitudinales fort faillantes , 
qui paroiffent en partie charnues , & en partie d'un tidu 
claftique. Au rcfte , les bronches fe divifent par une infî-^ 
ité de ramifications depuis la fin de la traché-e - artère 
jufques aux extrémités des poumons , elles s'étendent: 
îuivant tous les fens , toujours en diminuant de cali- 



POU 395 

brc. Elles perdent peu à peu la ftrudnrc de leurs cartila- 
ges , & deviennent membianeufes à mefure qu'elles de- 
viennent capillaires. Outre les extrémités fines de la fuite 
immenfe de ces ramifications bronchiques , on obrerve 
encore que tous les troncs fubalternes jufqu'aax plus pe* 
tits , jettent immédiatement de tous cotés une infinité de 
pareils tuyaux capillaires fort courts. Chacun d'eux s'élar- 
git par ion extrémité & forme une petite cellule mem- 
braneufe que nous avons appellée véjïcule. Ces cellules 
fe collent par paquets, èc ces paquets fjnt ce que nous 
avons nommé lobules. Le tiifu qui les unit ell le tilfu i/z- 
terlobulaire. 

Dans la furface du poumon de l'homme , entre la tuni- 
nlque interne , & la tunique cellulaire , on découvre des 
traces femblablcs à celles des vaijfeaux limphatiques ,mais 
il ne faut pas fc méprendre en voyant paroître fur la fur- 
face du poumon un raifeau tranfparent ^ après qu'on a for- 
tement foufflé dans un lobe ; car c'eft l'air qui a paifé au 
travers des cellules bronchiales dans les interlobulaircs, a 
fait un écartement de plufieurs petits lobules , & s'eft logé 
dans les interlHces. Les vrais vaiifeaux limphatiques du 
poumon font plus vifibles dans les animaux. M. "W'iniloW, 
a vu dans un cheval un vrai vaiifeau lim.phatique ramper 
tout le long d'une grande portion ^ m\ des bords du pou- 
mon Quant aux nerfs, les poumons en ont beaucoup qui 
s'y diflribuent par filameas , accompagnent toutes les ra- 
mifications des bronches de même que des vaiifeaux fan- 
guins , & fe répandent furies membranes des véficules , aux 
tuniques, & à toutes les parties membraneufes des pou- 
mons. Les nerfs fympathiques moyens & les grands fympa- 
thiques communément appelles nerfs de la huitième p aire ^ 
& nerfs intercojlaux , forment enfemble derrière chaque 
poumon un entrelacement particulier nommé plexus pul^ 
monaire ^ d'où partent des filamens nerveux , qui enpaf- 
faut , communiquent a^ec le plexus cardiaque , & le ple- 
xus llomachique. 

Le poumon eft attaché au cou par le moyen de la tra- 
chée-artère , laquelle fe ramifie dans ce vifcère ainfi qu'il 
a été dit. Il tient au coeur par l'artère ôcla veine pulmo- 



39^ PRE 

naircs, au flcrniiitj & lUx vertèbres du dos par le mécîiaftm 5 
il (c trouve quelquefois adhérant au diaphragme par des.lû 
gamcns fibreux & à la plèvre par des iiaifoiis ordinaire- 
ment contre nature.Ileftrorganedelarefpirarion. Voyez 
refpiraîLQn, 

' POUSSOIR. înitrument de Dentifte, dont le bout eft 
fendu en pied de biche. Il a un manche pour être mieux 
empoigné. Il Icrt à tirer les dents incifives & canines qui 
n'ont qu'une racine , & que l'on pouffe hors de leur al- _ 
véole , iliertauiripour arracher les chicots qui ne laiflent 
ïiucune priie aux autres inftrumens, 

PREPARATE( veine). Nom que les Anciens ont 
donné à la veine frontale. Elle eft fituée au milieu du j 
front, & paroît furtout quand on rit, ou que l'on fait 1 
quelqu'effort violent qui empêche le fang de revenir de la 
tête. Elle va fe décharger dans la veine temporale , & delà 
dans la jugulaire externe. 

PREPUCE. On donne ce nom à un prolongement des 
tégumens de la verge qui couvre le gland , en forme de ca« -M 
puchon. La membrane interne communique avec cellç 'ik 
qui recouvre le gland : elle efl très-fine , & garnie de pe* 
rites glandes qui filtrent une humeur dcftinée à lubrefier 
le prépuce ^ 6r qui fert à découvrir le gland ^vec plus de 
facilité. 

Quelquefois l'extrémité du prépuce fait un étrangle^p. 
ment fur le bout du gland , ce qui arrive par un \'\.c<t de 
conformation ou par m^aladie , & ell allez fréquent à la 
fuite des ulcères vénériens qui ont attaqué le prépuce 6c 
le gland. On donne le i\om^.z phlmofis a cette maladie & 
elle demande le fecoursde la Chirurgie , foit qu'elle vien* 
ne denailTance , ou qu'elle foit produite par des ulcères 
vénériens, Il y a des cas dans lefquels le prépuce fortement 
retiré fur la verge , la comprime , ce qui produit une ma- 
ladie toute contraire , qui porte le nom èi^paraphimojls. 
L'application des topiques extérieurs fouvent ne fuiiiti' 
pas , & on ell obligé de débrider la peau qui caufe l'é^ 
tranglement. Voyez Phymojls ô* Paraphymofis. 

Il s'amafTe fouvent une certaine quantité d'humeur fé» 
hacçe entre le prépuce ^ & la couronne du gland , qui^ 



P R O 397 

ycn&nt à s'échaufFer , produit de petits ulcères en cette 
partie. Le même remède qui peut prévenir cette maladie, 
peut auffi la guérir : il fuffit pour cela de fe laver rouvenc 
dans de l'eau fraîche. 

Il y a des hommes qui. ont naturellement le prépuce 
fort court, de forte qu'ils ontprefque toujours le o;iand 
découvert. D'autres au contraire , l'ont fort allongé, ce 
qui eft commun à tous les habitans des pays chauds, & 
c'eft peut -être ce qui a donné naiifance à la circon- 
ciiion chez les peuples de l'Orient. Voyez Circoaci-' 

JtOTl. 

PiRESSOIR D'KEROPHILE. C'eft le confluant des 
quatre finus de la dure-mere , qui font le finus longitu- 
dinal fupérieur , l'inférieur , &: les deux latéraux. Vovez 
Sinus. 

PRESURE. Voyez Caillette, 

PRIAPE. Nom que l'on donne à la verge de l'honi^.. 
me-. Les anciens Poètes du paganifme en font un Dieu, qui 
avoit pour antagonifte , l'hymen. Ils lui avoient donné 
la commilTion de préfider aux jardins. 

PRIMITIVES. Signifie la même chofe que capitales. 
Ce nom fe donne aux artères qui partent immédiatement 
de l'aorte , & qui fe diftribuent cnfuite aux différentes" 
parties du corps. Voyez Capitales. 

PROCESSUS. Terme latin, qui HgniRepro longe m enr. 
On l'a confetvé en Anatomie , pour lignifier la même 
chofe. 

Procejfus ou Produ^ions cilîaires. Ce font de petites"^ 
fibres en forme de feuillets , que l'on trouve derrière le 
plexus ciliaire. On découvre entre elles de petits vaif~= 
féaux en forme de raifeau ) quelques Anatomiftes ont 
cru même y appercevoir des fibrilles mufculaires. M. 
\t^inflow les nomme plis , ou procès cïliaires. 

PROFOND ou LE PERFORANT. On a donné ces 
deux noms à un mufcle fléchiiFeur de la main : le pre- 
mier , parce qu'il eft placé fous un autre mufcle , que 
Ton a 2L^ptl\é fuèlime : le fécond , parce que fes tendons 
pa/Tent dans un écartemeut j qui femble fait exprès 



398 P R O 

dans restrémité des tendons du mnfcle fublime , qui , 
pour cette raifon, porte le nom à.t perforé. 

Le raufcle profond eft fîtiié fous le fublime , tout le 
long de la partie interne de l'avant-bras. Il s'attache par 
fon exuémité fupérieure , tout le long de la partie moïen- 
ne & lupérieure du cubitus , & du ligament interoileux^ 
qui ell entre cet os & le radius. Il elt compofé de qua- 
tre mufcles plus petits , qui font unis enfemble , pouLv 
faire le corps du mufcle , & s'en fépaient bientôt en- 
fuite pour dégénérer peu à prés en quatre tendons , qui 
font reçus dans une gaine commune , palTent enfemble 
fous le ligament annulaire ou tranfveiial du carpe , ils 
fe fcparcnt enfuite dans la paume de la main , & fe 
portent vers les quatre doigts qui fuivent le pouce , cha- 
cun à celui qui lui répond , enveloppés dans une gaine 
paiticulicre , fournie par celle qui leut eft commune. 
Lorfqu'ils font arrivés à la première phalange de chaque 
<îoî2t , ils fe glilîent dans la fente des tendons du mul- 
cle fublime , & fe continuent dans cette pofition jufqu'à 
la troiiieme phalange , à laquelle ils fe terminent. Ce 
mufcle eil un des fiéchilTeurs des doigts. Voyez Fléchip- 
feur. 

Profond du pied. Quelques Anatomiftes ont donné ec 
nom au mufcle long fléchiiîéur commun des orteils ^ 
parce qu'il eft placé fous le fîéchilîeur couit , auquel ils 
ont donné le nom de fublime, allez mal-à-propos ^ puiU 
que c'eft le plus inférieur de tous les mufcics corAmuns 
des orteils. Voyez, Fléckijfeur commun des orteils (le 
long). 

Profondes ( veines'). Il y a deux veines de ce nom y 
Vuns profonde de V avant-bras ^ V ■ii.mxz profonde du braSi 
La première naît des mufcles profonds & fublimes, com- 
munique avec les autres veines du bras, & va fe jettet 
dans les veines médiane cèphalique ^ & médiane bafiliquCy 
vis-â-vis le ligament interolfeux. La féconde nait de deux 
branches qui viennent principalement du pouce & du doigt 
index, vers le milieu de .l'avâut-bras, & vafejetter dans 
ia veine bafiliqueo 



P R O 39^ 

PROLIFIQUE. Se dit de la femence qui pent pro - 
duire le fétus. On regarde comme telle celle qui eli: fil- 
trée par les tefticulcs dans l'homme , & par les ovaires 
dans la femme , qui a fejourné quelque cems dans fcs 
lefervoirs , & qui n'a point été altérée par quelque ma- 
ladie. On regarde comme non prolifique , celle qui eft 
filtrée par les glandes proftates & les dittérens follicules , 
qui (e rencontrent dans l'urethre chez l'homme , Scdans 
le vagin chez la femme. 

PIIOMINENTE. Nom que l'on donne à la dernière 
vertèbre cervicale , parce qu elle elt plus grande quelles 
autres , 3c les déborde. 

PHONATEUR OBLIQUE. ( mufcle ) Ceft le même 
que le pronateur rond. 

Fronateur qiiarrè. Suivant M. ^^'inlloW , il faudroit 
, l'appeller pronateur inférieur , on pronateur tranfverfe. 
Ceft un petit mufcle allez mince , d'une forme quarrée, 
pofé tranfverlalement fur la face interne de favant-bras , 
proche le poignet. Il s'attache par une de fes extrémités, 
à la partie inférieure & interne de l'os du coude, & par 
l'autre , à la partie inférieure & interne de l'os du raïon. 
Les fibres de ce mufcle font un peu obliques. Il eft re- 
couvert par les tendons des mufcles fléchilfeurs du carpe 
.& des doigts. Ce mufcle fett à la pronation. 

Pronateur rond ^ o\x pronateur oblique de M. ^inÇ- 
Iqvv. Le même Auteur le nomme aufTi pronateur fupè- 
rieur. Ceft un petit mufcle allez mince & large , placé 
obliquement fur le pli du coude. Il s'sttache par une de 
fes extrémités au condile interne de l'os du bras, d'où il 
va en paifant fur le tendon du brachial , fe terminer à la 
partie externe & moienne du radius. L'aponévrofe da 
mufcle biceps paife fur ce mufcle , & recouvre la plus 
grande partie de fon corps. Il fert principalement à faire 
le mouvement de pronation, & aide aufli à fléchir l'avanj- 
bras. 

Pronateur tranfverfe. [mufcle) Cèft le même que le 
pronateur quarré. 

, PRONATION. On donne ce nom à l'attitude dans 
laquelle la paume de la main eft tournée en dedans , & 



40Ô P R O 

reiaide la terre. Pour faire lemouvementqui met la malti 
dans cette attitude ^ de même que pour celui qui fait la 
fupination , laquelle forme l'attitude oppofée j les extré- 
mités des os du coude & du raïon gliflent les unes fur 
les autres. Lorfque le bias ell fiéchi , & qu'on le met en 
pronation , l'os du coude le porte en dehors, il fe rap- 
proche au contraire dans la fupination. J)ans ces deux 
niouvemens , l'extrémité d'un de ces os trace comme un 
demi cercle , en tournant autour de l'autre , qui tourne 
auifi j mais à contre-fens du premier. 

PROPTOSIS. Ce nom qu'on pourroit donner à tou- 
tes fortes de parties qui s'avancent hors de leur place , eft 
attribué en particulier à fccil , lorfqu'il s'avance au de- 
hors , ou qu'il déborde de (on orbite par le relâchement 
ou la rupture de la cornée. La tumeur eft faite par Tuvée; 
elle a différens noms ; fuivant qu'elle eft plus ou moins 
coniidérable , & félon la figure qu'elle repréfente. Il y 
en a de cinq efpeces. Dans la première , la tumeur eft 
plus petite i elle s'appelle myocéphalon 5 dans la féconde, 
(laphyloftie : elle a la figure &'. la groifeur d'un pépin de 
raitin. Dans la troiiieme , ragoïdi.s : l'uvée fort par l'en- 
tamure de la cornée , & fait une tumeur ronde & noire , 
femblable i un grain de raifin mûr. Dans la quatrième, 
la tumeur eft appelléé melon: fuvée foitant en plus grande, 
quantité , forme une tumeur plus groife , qui a la figure 
d'une pomme» Dans la cinquième , ilos , c eft-à-dire , 
clou ; l'uvée poulTée hors des paupières , s'endurcit , éc 
la cornée devenant caileufe , la comprime , de manière 
qu'elle repréfente la tête d'un clou. Ces maladies cau- 
fent deux grandes incommodités, la perte de la vue, & la 
diîïormité du vifage. Quant à la première, il n'y a mal- 
heureufem^ent point de remèdes mais pour la féconde, 
on y remédie de deux façons , par les médicamens , ou 
par l'opération. Quand le ftaphylôme eft nouveau, & 
qu'il eft produit par une iuiiammation qui fouleve la. 
cornée , il faut tâcher de digérer la matière , & de la 
léfoudre. Pour cela on applique deffusdes mucilagineux,. 
tels que les femenees de thynl & de fénugrec , avec un 
peu de miel î mais fi la matière ne fe réfolvoit point , il • 

faudroit 



P K Ô 4Qt 

fau«^roit lui donner ifTue au dehors par l'opération , c'eiU- 
à- dire, avec la pointe de la lancette. Toutefois, fi ié 
ftaphylome n'étoit point malin, & qu'il eut la bafe étroi* 
te, il feroit plus convenable de l'extirper par la ligature, 
ce qu on exécute en deux manières- La tête du maladô 
étant appuiée lur les genoux du Chirurgien qiii fera aiïis, 
on met un nœud coulant étendu par les branches d'une 
pincettemouire, dont on embralïela tumeur , &au moien 
de laquelle on fait gliiîer le nœud qui entoure la tn^ 
meur ; on le ferre tous les jours de plus en plus » jufqu'à 
ce que le flaphylome tombe , ou bien on paife une ai- 
guille courbe enfilée de deux fils de différente couleur, 
par le milieu de la racine de la tumeur , en tendant du 
grand coin de l'œil, vers le petit. Les fils étant pafFés, on 
ôcera l'aiguille , puis prenant les deux fils de la même 
couleur , on les nouera enfemble d'un côté , àc on en fera 
autant de l'autre côté , avec les deux bouts de l'autre fil. 
L'on aura foin de les ferrer de plus en plus tous les jours, 
jufqu'à ce que la tumeur tombe. Il faut tenir l'œil ou- 
vert , ou avec des aides , ou avec le fpecu/um ocuU , pen- 
dant cette opération. On appliquera enfuite les remèdes 
prop es à diminuer la douleur, ayant foin en penfant le 
malade , de ne point tirer les fils qui font fouvent adhé- 
rens & delFéchés avec les remèdes, Lorfqu'ils font tombés 
d'eux-mêmes , on pourra fe férvir d'un petit emplâtre § 
on modifiera l'ulcère , on l'incarnera , & on consolidera 
autant qu'il fera pofTible i car cela n'eft pas toujours 
aifé. 

PROSTATE. On dit auffi îes projiates. Ceft une 
glande blanchâtre , qui eft groflê ordinairement comme 
Une noix , & qui a la forme d'un cœur , dont la bafe efl 
tournée du côté de la veflie. Cette glande embrafle le col 
de la veflie , & le commencement de l'urethre. Elle ell 
placée par conféquent entre le rcdum & le fymphyfe du 
pubis : elle n'eft pas également groffe dans tous les 
hommes : elle diminue beaucoup dans les vieillards y ôc 
dans ceux qui vivent dans une exade continence. Elle fe 
flétrit auffi dans les eunuques. La fubftance intérieure de 
cette glande cft coitipofée d'un grand nombre de folié* 
D.deCh, Tom^ IL Cç ' 



401 P H. O 

culcs ron(3s tréî-fîns , qui en Forment un tifTu fpong'eux. 
Tous ces folkcules qui compofent la glande , font divifés 
en huit ou dix portions , qui ont cliacune leur conduit 
-excréteur , qui leur eft propre i de forte qu'en foufflant 
par un de ces conduits , on ne gonfe que la portion de 
cette glande formée pa^. les foUéculcs , auxquels le con- 
duit que l'on fouffic répond. Tous les conduits de cette 
glande s'ouvrent obliquement dans l'urethre auprès de 
la caroncule , après avoir fait quelque chemin entre les 
membranes de ce canal. La partie fupérieure & poflé- 
jrieure de la proltate eft percée pour livrer paflage aux 
<leux vailTeaux cjaculateurs , qui , dans le tems des ap- 
proches^ portent l'humeur féminale des véficules qui la 
contienent , dans l'urethre. Pluheurs Anatomiftes admet* 
tent une membrane charnue, qui recouvre cette glande, 
& aide par fa contradion , à la lortie de l'humeur qui y 
eft contenue. 

Les fentimens ont été partagés fur l'ufage de la prof- 
tate : le plus reçu eft qu'elle prépare une humeur , dont 
l'ejaculation dans le tems des approches fcrt à lubrèfîer le 
canal de l'urethre , & à préparer le chemin à la fortie de. 
l'humeur féminale. 

Profiates inférieures. M. Duverney donne ce nom à 
deux glandes lituées entre la naiifance des mufcles érec- 
lerateurs : elles font plus connues fous le nom de glandes 
deCowpper, parce que cet Anatomifte enteurs&accé 
a publié la découverte le premier. On les nomme aulïi 
les nouvelles & les petites proftatcs. 

PROSTATIQUE^' INFERIEUPvS. Ce font de petits 
plans tranfverfes, qui vont de la partie inférieure de la 
lymphyfe du pubis aux proftates , auxquelles ils fe col- 
lent j & fervent comme de fafpenfoire , ou de fan- 
gle. 

Projlatiques fupêrieurs. Ce font deux petits plans 
charnus , très-minces , qui s'attachent par une de leurs 
extrémités à la partie fupérieure de la face interne des 
petites branches de l'os pubis , à côté des obturateurs in. 
ternes ; & par l'autre aux proftates , fur Igfquelles ils 
vont fe répandre & s'attacher. 



, P R O 4oi 

M, Vinilow dit qu'on peut appeUer ces mufcks 
r'anfverfaux , en donnant aux inférieurs l'épitétlie de 
petits ou d'internes ^ & aux iupérieurs , celle de grands 
ou d'externes > mais il paroît que le mot de grand don- 
lieroit une fauiîe idée du volume de ces mufcles qui (onc 
trés-peu coniidérables. 

PROTHESE. Opération par le moyen de laquelle ori 
ajopte au corps quelque partie aitificielle , pour flip- 
pléer au défaut des parties naturelles. C'eft une claife 
d'opérations, à laquelle fe rapportent toutes celles quâ 
ont pour but de corriger quelque vice par l'addition de 
quelquepartie aitificielle. Telle eft, par exemple, l'opéra- 
tion par laquelle on ajoute une jaml3e de bois après l'am- 
putation de ce membre ; telle eft aulTi l'application d'une 
lame de métal fur la plaie du crâne , après l'opération 
du trépan. Telle eft l'addition de dents artificielles, ou 
d'un œil de cryilal , &c. d'où il fuit que la prothèfe fe 
fait pour diminuer les difTormités , pour rétablir ou fa« 
ciliter les fondions. Les machines , telles que les corps 
& les bottines qu'on emploie communément pour redref- 
fer les rachitiques , fe rapportent auffi à cette claiïe d'o- 
pérations. 

PROTUBERANCE. Éminence inégale, qui s'élève 
au delFus du niveau d'une furface quelconque j elle diffère 
de la tubérofîté en ce que celle-ci n'a lieu que dans les 
parties olTeufes , ^ celle - là même dans les parties 
molles. 

. Protubérance annulaire ou tranJverfale.Q'z^ une por= 
tlon médullaire . qui paroit d'abord embraiîer les extré- 
mités poftérieures des jambes antérieures de la moelle 
allongée. Mais la fubftance médullaire de cette protu- 
bérance fe confond entièrement avec celle des grofTes 
branches. Varole , ancien Auteur Italien, regardant ces 
parties dans la fituation renverfée , comparoît les grolles 
branches ou jambes antérieures à deux rivières , & la 
protubérance à un pont fous lequel paiToit le confluanè 
àçs deux rivières, C'efl ce qui a fait nommer cette pro- 
tubérance^(9/2^ de Farole : elle efttranfverfalem.ent raiée 
dans fa furfaee ^ & elle eft difUnguée en deux parties laa 

C cij 



404 P S O 

téuales , par un enfoncement longitudinal fort étroit , Se 
qui ne pénétre pas dans l'épailleur. 

PRUNELLE ou PUPILLE. On donne ces noms à un 
trou, qui fe voit au milieu du cercle formé par la mem- 
brane iris. Ce trou ell rond dans l'homme , & oblon*' 
dans la plupart des animaux. Il ell plus ou moins grand , 
fuivant que les fibres de l'iris fe dilatent , ou fe rellerrent 
davantage. 

PSALTERIUM ou PSALLOIDES. C'eft la même 
chofe que lyre. Voyez Lyre. 

PSILOTHRE. Voyez Dépilatoire. 

VSOAS , LOMBAIRE INTERNE. On donne ce 
nom à un mufcle confidcrable placé fur les vertèbres des 
lombes : il s'attache par une de fes extrémités à la partie 
latérale du corps de la derniers vertèbre du dos, & de tou- 
tes celles des lombes , à la racine de leurs apophifes ttanf- 
verfes. Ce mufcle avant de fortir du bas-ventre s'unit â 
l'iliaque , pafTe enfuite Tous le ligament de Falloppe , en- 
tre l'épine antérieure inférieure de l'os des îles , & l'émi- 
nence ilio-pedinée : par fon extrémité inférieure il couvre 
la tête du fémur , & fe termine au petit trochanter. Ce 
mufcle formeparfa partie fupérieure un plan continu avec 
le diaphragme. Ses ufages font de fléchir la cuiffe en de- 
dans fur le baflin ; & le tronc vers les cuiffes. Il em.pêche 
auffi le tronc de tomber en arrière , lorfqu'étant afïïs on 
fe panche en arrière les pieds arrêtés en bas par uncpuif- 
fance étrangère. 

Pfoas (^le petit). Mufcle grêle, allez long, fitué le 
long du grand pfoas. Il ne fe trouve pas toujours. Il s'at- 
tache par fon extrémité fupérieure à l'apophyfe tranfverfe 
de la première vertèbre des lombes , ou à celle de la der- 
nière du dos , & fe termine à fon extrémité inférieure , par 
un tendon applati , en forme d'aponevrofe , qui s'attache 
à la crête du pubis , à l'endroit de fon union avec l'os des 
îles. M. WinfioW dit en avoir encore trouvé tout auprès, 
un petit oui a la même diredion. Ce mufcle peut fervir à 
mouvoir le bafHn , & à l'élever , & à ployer la colomne 
épiniere en devant. 
PSORIQUE. Se dit d'un mal qui excite des deman- 



P T E 401 

geairons. La gale , la gratelle , &c. font des maladies pfo= 
tiques , du mot latin r/om, qui veut dire gale. 

PSOROPHTALMIE. Sorte d'opthalmie , accompa. 
gnée de gale aux paupières , & d'une demangeaifon confî. 
dérablc. Elle fetiaite comme l'ophtalmie & la gale. 

PTERIGIUM. Maladie des tuniques de l'œil , ou ex- 
croifTance membraneufe qui prend ordinairement fon 
origine du grand coin de l'œil , rarement du petit , s'étend 
fur la eonjondive , & va quelquefois jufques fur la cor- 
née. Elle couvre l'œil &c otfufque la vue. On en diftingue 
de trois efpèces. Le premier eft membraneux. Le fécond 
aâip ux , il reflemble à une humeur congelée femblablc 
à UgraiiTejil fe rompt d'abord qu'on le touche pour le 
féparer , il a le même principe & les mêmes fimptômes 
que le précédent. Le troifiéme fe nomme panniculus ea 
latin , & en françois drapeaupara^ qu'il paroît comme un 
morceau de linge fur la cornée. Celui-ci eft plus malin 
que les autres \ il eft entrelacé de vailTeaux gros & routes, 
qui y caufent inflammation & ulcère j il eft aufli plus^iffi. 
cile à guérir. Toutes cestrois efpèces ne font pas toujours 
adhérentes à la conjondive , ni adhérentes en toutes leurs 
parties; elles y tiennent feulement par leurs extrémités. 
Ceft pour cela qu'on peut quelquefois palfer une aiguille 
courbe & moulfe entre la conjondive &le ptérigium. 

LaChirurgie a deux moyens d'en procurer la guérifon, les 
cauftiques & l'extirpation. Les poudres cauftiques, telles 
que le verdet , le vitriol , l'alun brûlé , &:c. quand il eft 
récent & petit , fuftifent pour le confumer & le détruire. 
Mais quand il eft vieux , grand & dur , il faut en faire 
l'extirpation. Ce dernier moyen n'eft cependant pas tou= 
jours praticable , car quand le ptérigium eft gros & ren- 
verfé , carcinomateux,& qu'il fait fentir une vive douleuc 
il ne faut point y toucher. Ainfi dans le cas où le Chi- 
rurgien entreprend cette extirpation, il doit fe comporter 
de la façon fuivante : d'abord il prépare fon fujet par les 
remèdes généraux ; il le place commodément pour l'opé- 
ration i puis il fait renverfe une des paupières de l'œil par 
un feiviteur , & renverfer l'autre lui-même pour décou- 
vrir entièrement le globe. Il palTe çnfuite une aiguille 

C c iij 



'4d^ P T E 

courbe, môuffe & enfilée d'un fil par de/TousIepterigLum, 
& avec les deux bouts du fil , il le levé & le tire à Joi , 
pour le féparer de fes adhérences avec le biftouri , pre- 
Bant bien garde de bleffer la cornée. Il vaut mieux laiiler 
yne portiondu pterigiunij que d'endommagercette partie, 
fauf à lui à emporter par le cauftique, ce qu il aura laiffé. 
Le reftedela cure s'achève par des collyres & des poudres 
defficatives s on panfe le malade trois ou quatre fois le 
jour, lui faifant ouvrir l'œil à chaque fois, de crainte que 
les paupières ne fe collent à la conjondive, 

PTERIGOIDE ( apophyfe & foffe), L'apophyfe pte- 
rigoïde eft double & compofée de deux lames qui laif^ 
fent entre elles une cavité qui porte le nom dcfijfe. Vo- 
yez Sphénoïde, 

PTERIGOIDIEN ( le grand ) ou PTEPJGOIDIEN 
INTERNE. Nom d'un mufcle , qui s'attache par une de 
fes extrémités , dans lafolfe ptérigoide , furtout à la face 
interne de faîle externe de Papophyfe-ptérigoïde , &par 
l'autre à la face interne de la mâchoire inférieure , a 
la bafe de laquelle il fe termine. On a donné à ce mufcle 
le nomào. m^jfé ter interne ^ parce qu'il s'attache antérieu- 
remuent aux mêmes endroits que le mufcle malTéter. 

Il relève la mâchoire inférieure en la tirant en ar- 
rière. 

Ptérigoïdisn ( le petit) ou Vtérigoidien externe. Petit 
mufcle oblong , qui s'attache par une de Tes extrémités , â 
la face externe de l'apophyfe ptérigoide, & par l'autre à 
rapophyfe condil'oïde de la mâchoire , dans une petite 
foifette que l'on voit imanédiatement au-deffous de l'an^ 
'gle interne du condile. Ce mufcle eft placé- horizontale- 
ment , & tire la mâchoire en arrière. 

PTERIGO -PHARYNGIENS. Nom d'une petite 
paire de mufcles , qui vont de la face interne de l'apo- 
phvfe ptéi'i^oïde de l'os fphénoide, au pharynx. 

PTERIGO-SALPINGO-STAPHYLIN (mufcle ), 
M. Albinus l'appelle circonflexe , & M. Lieutaud contour- 
né. C'eft proprement le périftaphylin externe. On lui 
donne ces difFérensnoms , de ce qu'il fe contourne vers la_ 
bafe du crochet de la g^etke laine ptérigoide , &: que foi\ 



I 



PUB 407 

tendon s'y l'étrécit. Voyez Férijîaphylin. On lui donne 
aufîi le nom èiZ ptrigo-ftaphylin. 

PT05IS. Rabattement des cils dans l'œil. Ceft un 
renverfement de la paupière fupéiieure en-dedans , de 
forte que le tarie où les cils font plantés étant recourbé , 
ils entrent dans l'œil & le fatiguent beaucoup. Ce mal 
arrive par une humidité fuperflue, qui ramollit tk, relâche 
la paupière fupérieure , qui s'allonge tellement que l'œil 
en eit incommodé , & ne peut demeurer ouvert. Les 
Anciens propofoient une opération qui conlilloit à 
faire à la paupière fupérieure deux incifions en forme de 
croilfans dont les pointes fe joignoient enfemble. Ces in- 
cifions étant diftantes l'une de l'autre de la quantité donc 
on croyoit que la paupière étoit relâchée. On écorchoit 
cnfuite & on enlevoit la peau qui étoit entr'elles , puis 
on coufoit la plaie , & on ne la ferroit qu'autant qu'il étoit 
nécelîaire à la partie pour couvrir l'aMl, Mais outre que 
cette opération d elle-même eft longue & cruelle , c'ell 
qu'après même qu elle eft faite , elle a deux grands in- 
çonvéniens. L'un eil que h l'on n'avoit pas alFez ôté de 
la peau, on auroit tiavaillé infiudueufement , & l'autre 
que 11 on enlevoit trop , l'œil ne pourroit plus fe cou- 
vrir. C'eft pourquoi Ton a abandonné cette opération ,"&: 
l'on a recours à la future feche , décrite au phalangohs , 
&pendant le traitement on empbyedescjmprelîes trem- 
pées dans ies remèdes allringens & confortatiis, fur la par 
tie relâchée, que l'on renouvelle fouvent , & que Ton 
contient parun bandage convenable. 

PTYALISME. Voyez Salivation^ 

PUBERTE'. Etat des Pubères , c'eft-à-dire , è^z^ gar- 
çons , qui ont atteint l'âge de quatorze ans , & des filles 
qui en ont douze. L'âge de la puberté eft le tems de la 
gaieté i le tempérament des pubères eft fanguin , rare- 
ment bilieux. Ils font fujets à l'inHammation & à la con. 
geftion ; les aigres ne dominent plus., auffi ils ne font 
plus fujets aux maladies des enfans. 

Chez les femmes , la puberté s'annonce ordinairement 
à douze ans, quelquefois plutôt. Alors le fein s'élève^ 
les laffitudes , les eng-ourdiffemens fe font fentir, un feu 

Lciy 



4oS PUB 

fecrct s'annonce & fe gUiîe dans les veines. On fent^cs 
démangeaifons au clitoris , aux nymphes. Le flux menf- 
truel paroît. Tune mulier çfi apta viro. Voyez Maïf^ 
zrueL 

PUBIS. Les Anatomiftes donnent ce nom à une émi. 
iience que l'on trouve à la partie moienne & inférieure 
du bas-ventre. Elle fait la portion moïenne de la région 
hypogaftrique. Cette éminence eft faite par la fymphyfe 
des os pubis. Elle eft formée en partie par la graiife qui 
eft plus ou moins abondante. A l'âge de pubeité, c'eft- 
à-dire , vers l'âge de quatorze ans, chez lesoarçons, & 
de douze ans chez les filles , elle fe couvre de poils dont 
la couleur , la quantité & la groffeur varient fuivant les 
tempéramens. On lui donne aufTi le nom de pénil , & 
chez les femmes elle porte ceux de Motte , & de Mont 
4e P'énus. 

PUBIS. ( os) C'eft le nom que l'on donne au troi- 
fieme os du baflin , dont il forme la partie antérieure 
conjointement avec le Pubis du côté oppofé. Ç'eft le plus 
petit des trois. 

Son nom lui vient de ce que la peau qui le couvre , 
fe garnit de poil à l'âge de puberté. On l'appelle aufti l'os 
harré , ou l'os des barres , parce qu'il y a des perfonnes 
en qui la fymphyfe qui unit les os Pubis en devant , fe 
prolonge inférieurement ; & lorfqu'on examine ces par^ 
ties , on fent fous le doigt une efpece de barre. Ce vice 
de conformation eft de conféquence chez les femmes , 
parce qu'il fait obftacle à l'accouchement, ^ on dit que 
celles en qui il fe trouve , font Barrées. On lui donne 
encore les noms d'os du pénil Se du peBen , parce qu'on 
appelle jC7^(??^;2 &c pénil ^ une éminence qui fe trouve fur la 
fymphyfe des os Pubis , qui eft formée par la graiife & la 
peau, & couverte de poils à fâge de puberté. L'os pu-f 
bis eft encore appelle par quelques-uns os bertrand. 

L'os pubis eft placé à la partie inférieure du bas.ven-» 
tre.Il eft compofé de deux pièces principales, dont l'une 
s'appelle le corps , 6c l'autre la branche. 

Le corps du pubis eft fa portion fupérieure. Il eft fi-r 
|«é ua.nfverfalemçnt devant la parçie inférieure de i'os 



PUB ^ 409 

^cs îles. Le bord fupérieur s'appelle la crête du pubis : 
elle porte en arrière une tubérofîté dont 1^ volume dï 
confiderable. On trouve une çchancrure en dehors le 
lont), de cette crête. On remarque le long du fupérieur 
en dedans , une ligne Taillante , qui va gagner celle de 
l'os des îles, & fépare le grand balHn du petit. On donne 
à toute cette ligne le nom de détroit. Le bord inférieur 
cft féparé de la branche , par une large échancrure , qui 
forme la partie fupérieure du trou ovalaire. Son extré- 
mité poftérieure , en s'articulant avec l'os des îles, aide 
à former la cavité cotyloi'de, dans laquelle la tête du fé- 
mur eft reçue. Le corps du pubis porte en devant une 
face cartilagineufe , fort ample , par laquelle cet os s'u- 
nit avec l'os voifin : on donne à cette union le nom de 
fymphyÇe du pubis : elle forme une efpece de bourrelet' 
en dedans & en dehors. Sur la partie fupérieure de cette 
fymphyfe , on voit un tubercule oblong , irrégulier , & 
un peu faillant , qu'on appelle V épine du pubis. Entre 
cette épine , & l'extrémité poftérieure du corps de l'os 
pubis, eft une échancrure dont nous avons déjà parlé, 
& que l'on appelle ^f^i/zf'^ ou ilio-peHinée^ dans laquelle 
pallént les tendons du mufcle pfoas , & de l'iliaque. 

La branche de l'os pubis defcend en fe portant de de- 
vant en arrière , pour aller gagner la branche de l'os if- 
çhium , avec laquelle elle achevé de former le trou ova- 
laire. Lorfque les pièces qui compofent le ballîn , font 
alfemblées, & que les deux os pubis font joints enfemble, 
on remarque que dans le lieu où les deux branches pren- 
nent naiffance , au delîous de la fymphyfe , elles forment 
un angle prefqu'obtus dans les hommes : au lieu que cet 
efpace eft évafé dans les femmes , & l'angle eft prefque 
obtus. Chez elles , la fymphyfe du pubis ne s'étend pas fî 
bas. 

La fymphyfe du pubis eft , comme nous l'avons déjà 
dit , l'union d'un des os pubis d'un côté , avec celui à\x 
côté oppofé. Elle fe fait au moien d'un cartilage intermé* 
diaire, qui s'offifie avec l'âge , mais plus promptement 
dans les hommes que dans les femmes Chez celles-ci, ce 
cartilage eft abreuvé pat les férofités qui s'écoulent à la fii\ 



410 P U L 

de la grofleiïe , & il fe relâche & prête dans le temps de 
racccouchcment , au point qu'il y a des femmes en qui 
les deux os pubis paioilïent fépaiés. Cet écartemenc des 
os pubis penchant raccouchement , a donné lieu dans tous 
les tems à des dilputes. Un giand nombre d'Anatomilles 
en ont nie la réalité , parc qu'ils n'en concevoient pas 
la poffibilité : d'autres concluoient avec plus de jurtelle, 
que la chofe étoit pofiible , puifque de. obfcrvations réi- 
térées prouvoient qu'elle avoir réellement lieu. Les ob- 
fcrvations que des Accoucheurs ont faites dans cesderni- 
ersrems, prouvent la véive de^l'écartement , qui n'eif pas 
le même à beaucoup près dans toutes les femmes , & on 
en fent facilement la raifon. Dans les perfonnes en qui 
le cartilage tend à l'ofiification , le gonflement de ce mê- 
me cartilage ell plus difficile , & moins confidérable que 
dans celles chez qui il eil d'une confiftance plus molle. 
Ainfi d:ins les jeunes femmes , le gonflement du cartila- 
ge , &L l'écarrement des os pubis , doit être plus marque 
que dans celles cjui font plus âgées. 

PUCELAGE. Voyez Hymen. 

PUCELLE. Fille qui a encore l'hymen entier. Voyez 
Hymen. 

PUDENDUM. L'on donne quelquefois ce nom aux 
parties génitales de l'un i>c de l'autre lexe. Il eft latin _, & 
iienifîe horiteux. Voyez Honteufes. 

^PULMONAIRES, (artère & veine) L'artère pulmo- 
naire fort du ventricule antérieur du cœur. Son tronc 
monte direâ:emcnt en haut , & fe divife vers la courbure 
de l'aorte, en deux branches latérales, l'une à droite, 
l'autre à gauche , & qui portent le nom d'artère pulmo- 
naire droite , & d'artère pulmonaire gauche. La droite 
paffe fous la courbure de faoïte , ce qui tait qu'elle eft 
lus longue que la gauche. Toutes les deux s'avancent vers 
es poumons , s'y infuiuert , & fe répandent par des rami- 
iîcations prefque femblables à celles des bronches , dont 
elles fuivent les routes. 

Il y a aufTi deux veines pulmonaires, qui réfultent des 
diitérentes ramifications veineufes , qui naillent dans la 
fubflaace du poumoii , lerquellcs s'ouvrent latéralement 



f< 



PUT 4 

dans l'oieillctte cauche , ou poftédeiirc du cœur. 

Pulmonaire, (plexus') Ce plexus eft compofé des ra-. 
mifications des troncs des nert^ de la huitième paire , qui 
s'entrelacent enfemblc , & avec celles des nerfs intercof- 
taux : il eft fîcué derrière le poumon. Les filets qui en 
fortent fe répandent en partie au defîus , mais pour la 
plupart , audeiibus des bronches, & fuivent leur rouie en 
le diftribuant dans toute la fubftance du poumon. Ceft 
le premier plexus que la huitième paire forme après le 
plexus cardiaque ; & comme elle a deux branches, il y a 
auflî deux plexus pulmonaires. Or ces diux plexus fournif- 
fent deux branches confidérablesde nerfs, qui fc joignent 
avec les branches du tronc gauche de la paire vague , & 
qui , quand elles font parvenues, à la partie moïenne de 
la poitrine , fe réuniilent , & ne forment que deux cor- 
dons particuliers , un antérieur , & l'autre poftérieur , 
auxquels on donne le nom de nerfs Jiomachiques , parce 
qu'ils pafTent avec i'extrciriiié de rœfophage fous le dia- 
phragme , èç vont fe diilribuer à l'eftomac. 

PUPILLE ou PRUNELLE. Nom que fon donne à 
un trou qui fe voit au milieu de l'iris : ii eft rond , ordi- 
nairement noir dans l'homme. Sa graiideur répond au de- 
gré de dilatation de l'iris. 

PURGATIONS. On donne ce nom au flux menrciuel 
du fexe. Voyez Menflruel. 
. PURULENT. Qui tient de la nature du pua. 

PUS. Humeu': blanche, épaiile & vifqucufe , pro- 
duite par la féparation des humeurs & des paities foiides. 
altérées dans une plaie, ou détruites par laiorce d'une in^ 
flammation. Voyez, F laie Se Abfces. 

PUSTULE. On donne ce nom à toutes faites de tu- 
meurs qui s'élèvent fur la peau , fuit qu'elles foient uU 
çérées ou non. Telles font les puftulcs delà petite vérolCj 
de la rougeole , de la gale , du pourpre , &x. 

PUTREFACTION. Diflolution des humeurs ou des 
parties folides de notre corps , qui , en développant les, 
fels, & en altérant les huiles, leur fait exhaler une cdeiii: 
fétide & trés-défagréable Voyez Gan-^raie. 

PUTRIDE. Pourri, dilTous, puaîit. 



4Ti P Y R 

PYLORE. Nom que l'on a donné à Forifîce inrérlciiiK 
de rellomac. Ceft un rebord circulaire , épais & large , 
qui laifTe dans fon milieu une ouverture plus ou moins 
arrondie , qui eft formée par un repli des tuniques inter- 
nes de l'eftomac. Le pylore n'eft en partie qu'un paquet 
ciiculaiie de fibres charnues , enchallées dans une dupli- 
cature nerveufe , &c diftinguée non feulement des autres 
fibres charnues de l'extrémité de l'eRomac , mais encore 
de celles du canal inteftinal. Cette dirtindion ie fait par 
un cercle blanchâtre , délié , qui s'apperçoit à tiaveis la 
tunique exteune , autour de l'union de ces deux parties. 

Le pylore a la figure d'un anneau applati en travers. 
Son bord interne , qui ell du côte du centre , eft un peu 
enfoncé , & s'avance dans le canal inteftinal en manière 
d'entonnoir large & tronqué. On obferve qu'il eft natu- 
rellement plus ou moins pHifé vers ce bordmternej à peu 
près , dit M. Winflow , comme l'ouverture d'une bourfc 
à jettons , un peu ferrée. C'eft enfin une forte de fphinc- 
ter , dont l'aélion rétrécit l'orifice inférieur de l'eftomac, 
fans paroître pouvoir le fermer entièrement. Voyez Efi 
tomac, 

PYLORIQUES. (artère & veine) C'eft un rameau de 
l'artère hépatique, laquelle, dès fa fortie de lacœliaque, 
monte vers la partie fupérieure du pylore, accompagne 
la veine porte, en jettant deux rameaux particuliers, dont 
l'un eft l'artère dont il s'agit. Celle-ci eft la plus petite 
des deux branches > elle fe ramifie fur le pylore. Ses ra- 
meaux fe répandent aux parties voifines de l'eftomac , & 
communiquent avec ceux de la gaftrique droite. Elle fe 
termine en s' abouchant fur le pylore , avec la coronaire 
ftomachique. 

La veine pylorique naît des extrémités de Tartcre , 
paffe fur le pylore avec elle en venant de la petite cour- 
bure de l'eftomac , & va fc jctter dans la veine gaftriquc 
droite. 

PYOULQUE. Ce mot eft grec , & fignifie Tire^ 
pus. 

PYROTIQUE. Qui a la vertu de brûler. Ccftlamê. 
Ric çhofe que cauftique, & efcharotiquc. 



Q U A 413 



Q- 



QUADRIGA. Soite de bandage qui imite les rênes 
des chevaux d'un carrolTe , par les difiérens croifés 
qu'il forme. Voyez Cataphra^e. 

QUADKIJUMEAUX. On donne ce nom à quatre 
mufcics de la cuiiîc , que l'on confidére comme dépen- 
dants les uns des autres. Ces mufcles font les deux ju- 
meaux , le piriforme , ou piramidal , & le quarré, M. 
Lieutaud&M. Petit l'Anatomifte , regardent les deux 
jumeaux comme nefaifant qu'un feulmufcle, que le pre- 
mier appelle canelê^ &le fécond accejfoire de l'obturateur 
interne^ Il faudra alors appeller ces mufcles trijumeaux , 
puilqu'il n'y en aura plus que trois, 

Quadrijumeaux (^tubercules'). M. WinfloW donne ce 
nom aux éminences de la moelle allongée , que les An- 
ciens appelloient nates O tejles. 

QUARRÉ DE LA CUISSE. Petit mufcle plat, qui a 
la figure d'un mufcle oblong, lorfqu'on l'examine par fa 
partie poftérieure, parce que les tendons deplufieurs muf- 
cles cachent (a pointe. Il a plutôt la forme d'une piramidc 
fîtuée tranfverfalement. Il s'attache par une de fes extré^ 
mités , à la partie latérale externe de la tubérofité de l'os 
ifchion , d'où fes fibres fe portent prefque tranfverfale- 
ment à la partie poftérieure du fémur, entre le grand 
& le petit trochanter. Ce mufcle eft un de ceux qu'on 
appelle quadrijumeaux» Il écarte la cuiife quand on 
eft debout , & quand on eft affis , il aide à en faire la ro- 
tation. 

Quarré des lombes . lombaire externe , ou triangulaire 
des lombes. On a donné ces difFérens noms à un mufcle 
d'une figure à peu prés quarrée , placé le long des verte- 
I bres lombaires , entre la dernière des faufles côtes, & l'os 
' des Iles. Ce mufcle s'attache inférieurement , depuis le 
j milieu de la lèvre interne de l'os des îles , jufqu'à 1 os fa* 
i «um, d'gU jlI monte Je long des apophyfes tranfyeiks 



4i4 QUE 

d:c3 vertèbres des lonlbes , aux extrémités defqueîles il 
s'attache par autant de tendons obliques , & fe termine à 
la face interne de la dernière fauife côte. Lorfque les 
partie ; de ce inufcle entrent en contradion féparément , 
elles peuvent fléchir les lombes ducôté qui entre en aélion : 
fi toutes les deux agilTent en même tems , elles tiennent 
les lombaires droites & fermes. 

Qnarrêdu menton , mèntonnier. Preique tous les Ana- 
tomiiles ont donné ce nom à toute la mafle charnue ^ 
qui recouvre le menton, Ilsétoient fort embarrailés pour 
déterminer la diredion de fes fibres. M. Lieutaud qui Ta 
découverte , a rejette le nom de quatre, & y afiibiLitué 
celui de houppe du menton. M. Petit rAnatoraifce ad- 
met un mufcle quarré en confervant le nom de houppe 
à la maiTe mufculaire , qui recouvre le menton. - 

.Suivant ce fçavant Anatomifie , le mufcle quarré efl 
Une petite bande charnue , fort mince , placée fous la 
peau du menton : elle s'attache inférieurement à labafe 
de la mâchoire inférieure , & fupérieurement elle fe ter- 
mine en montant obliquement de dehors en dedans , à 
la lèvre inférieure. Ce mufcle en fe contraélant abaifTe 
la levie inférieure. 

Quarré du pied ^ ouïe tranfverfal des orteils. C'elî 
un petit mufcle couché tranfverfalement fous la racine 
des premières phalanges des orteils. Voyez Tranfverjal 
des orteils-. 

QUEUE DE CHEVAL. C'eft Texti-émité inférieure 
de la moelle de l'épine. Les Anciens lui ont donné ce nom, 
paice qu'elle fe termine en plu(ieurs filamens nerveux , 
qui , en effet n'imitent pas mal la queue de cheval. Elle 
commence à la première ou féconde vertèbre des lom= 
bes. 

Queue de la moelle allongée. C'eft une continuation 
de la mx.oelIe allongASc : elle fe porte en arrière , & en 
fe retreciflant jufqu'au bord antérieur du grand trou oc- 
cipital , où elle fe termine par la naiifance de la moelle 
épiniere. Il fe préfente plufieurs chofes à examiner dans 
la queue de la moelle allongée. On y voit d'abord les deux" 
corps olivaires , êc les deux corps pyramidaux j eiifuitê; 



R A C 41$ 

elle fe Fend en deux portions latérales, par deux l-ainUies 
étroites /dont Tune le trouve en delfu^, & l'autre endef* 
fous. Ces rainures s'avancent dansTepailTeur de la nnoeUe^ 
comme entie deux cilindres applatis chacun par un coté ^ 
& unis enfemble par leurs cotes applatis. L'on écarte lé- 
gèrement ces filions, on découvre une forte de croifé fait 
par plulîeurs petites cordes médullaires , qui paffent obli- 
quement de l'épailleur d'une portion latérale dansl'épaiC- 
feur de l'autre : ainfi que M. Petit , Dodeur en Méde^ 
cine,&de l'Académie Royale des Sciences, l'a découvert j 
& fait remarquer le premier 

QUYST. Ce mot efl: tiré du grec , & fignifie la mém? 
choie que Kylle , c'eft-à-dir e , un iac. Voyez Âljîe, 



R 



RABLE, Ce mot ne convient guéres à l'homme : il 
exprime dans les animaux ce que l'on appelle dans 
l'homme du nom de lombes , qui font en dehors la partie 
poftérieure du bas-ventre , laquelle répond aux reins, 6c 
efl lituée au deffous des dernières faudes côtes. 

RACINE PITUITAIRE. Voyez Entonnoir, c'eft lâ 
même chofe. On a donné ce nom à cette partie d'après 
les Anciens , dont l'opinion étoit que la pituite formée 
dans les ventricules du cerveau ^ defcendoit dans Tenton- 
noir, pour fe fondre enfuite dans la glande pituitaire , Se 
couler par le nez , ou par les inteflins. 

RACLÉ. Se dit d'un os entamé par le moïen des rugî^ 
nés. Voyez Ruginâé 

y RACLER. Faire une entamure à un os, par le moien 
de la rugine. On racle la fuperfîcie des os corrompus ^ 
pour rendre plus prompt l'effet des remèdes. On pratique 
encore cette opération pour découvrir les fradures. Voyez 
Fraéîure , Amputation , Rugine. 

RACOSSIS. Relâchement dufctotum. Dans cette in- 
firmité , le fcrotum eft fi mince , fi pendant , fi allongé ^ 
qu'il rcirerable à du linge ufé & mouillé. On remédie à 



4î6 R A C 

cette incommodité par un fufpenfoir que la pcrConnexloie 
porter affiduement lans en être fatigué , & qui ne rem- 
pêche point de faire tous les exercices nécciiaires à la 
vie. Cette relaxation provenant d'une abondance d'humi- 
dités qui abreuvent cette partie , elles la font s'étendre 
plus qu'elle ne doit , comme il arrive à une peau que 
î'humidité rend capable d'une extenfîon beaucoup plus 
grande que celle qu'elle a quand elleellféche; les remèdes 
deflicacits &c albingens conviennent à fa guérifon. On 
cmploira donc l'eau de chaux , le vin dans lequel on 
aura fait bouillir de l'abfmthe , de la noix de salle & du 
cumin. Ces lemédes doivent être préférés àl'opéiation , 
qu'on va détailler en faveur de ceux qui veulent en gué- 
rir plus prcmpteiTicnt , & qui malgré tout ce qu'on leur 
peut dire , font détcrmiinés à la fouffrir , & tourmenteiiE 
le Chirurgien jufqu à ce qu'il l'a leur ait faite. 

Avant de la faire , il faut difpofer fon appareil. Il con- 
fifte en une paire de cifcaux , une aiguille enfilée d'un fil 
ciré , quelques plumaceaux plats couverts d'un aftrin- 
gent , un emplâtre de cérufe , une comprelTe & un fuf- 
penfoir. S'étant ainfi muni de tout le néctifaire , le Chi- 
rurgien fera relever les tefticules par un lerviteur , puis 
tirant le fcrotum en enbas , il coupera ce qu'il jugera de 
fuperiiu avec les cifeaux, de la même façon qu'on coupe 
un morceau de drap. Il unira enfuite les bords de la fcC" 
tion par une future du pelletier , & les couvrira de plu- 
maceaux. On applique par delfus l'emplâtre & la corn- 
prefle , 6c on retient le tout par le moyen du fufpenfoir. 
Après l'opération , on porte le malade dans le lit : on le 
lui fait garder pendant quelque temps. On panle la plaie 
comime une piaie fmple , àc quand on croira que la réu- 
nion fera faite , on ôtera le fil , & après la parfaite guérifon 
on lui fera porterie fufpenfoir encore pendant quelques 
ftiois. 

Cette opération eft peu pratiquée , & a toutefois fon 
milité. Quand on l'a faite , le malade eil quitte d'une 
grande incommodité. Les tefticules foutenus ne pendenc 
plus i ils ne tirent plus les vaiiïeaux fpermatiques comme 
ils faifoient auparavant , ils ne caufent far conféquent 

plus 



R A D 417 

^ius les inquiétudes chagrinantes qui défolent ordinaire- 
ment ceux qui ont cette incommodité. 

RADIAL EXTERME. On donne ce nom à un muf- 
cle placé tout le long de la face externe du radius. Son 
tendon qui pafTe par le poignet eft toujours double , & 
fon corps même eft divifé en deux portions diftindes 
dans beaucoup de fujets î ce qui a donné lieu de divifer 
ce mufcle en deux , dont le premier s'appelle le long ^^ 
& le fécond le court radiaL 

Le premier radial externe , ou le long , s'attache par 
une de fes extrémités le long de la partie inférieure de la 
crête j qui répond au condile externe de l'humérus 
àu-deiTous de l'attache du mufcle long-fupinateur : il fe 
colle enfuite , en defcendant , au court radial , fur lequel 
il fe continue , & leurs tendons ayant pafTé par un liga- 
ment annulaire commun qui les reçoit tous deux , ils fe 
partagent , & celui du long radial va fe terminer à la par- 
tie fupérieure & externe du premier os du métacarpe 
qui foutient le doigt index. 

Le fécond radial externe ou le court , s'attache par fon 
extrémité fupérieure au condile externe de l'humérus, & 
après avoir accompagné , comme nous l'avons dit, le 
iong radial , jufqu' après fon palfage par le ligament an- 
nullaire , fon tendon fe fépare & va fe terminer à la 
partie fupérieure & externe du fécond os du métacarpe, 
qui porte le doigt du milieu. 

Les Anciens donnoient à ce mufcle le nom de hicornis 
ou n:\ufcle à deux cornes , àcaufe de la bifurcation de fon 
tendon. Quelques fois le tendon de la première portion 
fe bifurque lui - même. M. Winllow a donné a la longue 
portion de ce mufcle , le nom ait premier radial externe , 
parce que fon tendon s'attache au premier os du méta- 
carpe i & celui de fécond radial externe , à la portion 
courte, parce qu'elle fe termine au fécond os de la même 
partie. L'ufage de ces mufcles eft d'étendre le poignet. 

Radial interne. C'eft un mufcle placé tjut le long de 
la face interne de l'os du rayon. Il s'attache par une de fes 
extrémités au condile interne de l'humérus , entre le 
long palmaire & le rond pronateur , & fe porte obliquc- 

D. de Ch, 7ome IL D d 



'4îB R A D 

ment vers l'os du rayon . qu'il accompagne dans toute fif 
longueur. Son tendon pafle fous un ligament annulaiife 
particulier , puis dans une {inuo(ité que l'on voit à l'os 
du carpe , nommé trapèze , qui foutient le pouce , & va 
enfin fe terminer à la partie iupérieure & interne de l'os 
du métacarpe , qui foutient le do:gt indicateur. 

Ce mufcle fert^fléchir le poignet. 

Radia/ [nerf). C'eft le quatrième cordon des nerfs 
brachiaux. Il va de la partie interne du bras à l'externe, 
en pallant entre l'os du bras& le mufcle triceps brachiah 
cnfuite il vient gagner la partie fupérieure du rayon , 
étant couché entre les deuxmufcles fupinateurs , qui font 
le long & le court auxquels il donne des rameaux. Là , il 
fe partage en deux branches , dont la plus confidérable 
fournit des rameaux à prefque tous les mufcles exten- 
feurs du poignet & des doigts. La plus petite de ces deux 
branches coule le long du rayon & va le perdre aux par- 
ties externes du pouce , du doigt indicateur, du doigt du 
milieu & de Tannulaire. 

Radial { os). Voyez Radius ou os du rayon. 

RADIALES ( artère & veines ). L'artère brachiale 
étant parvenue au plis du bras , fe divife en deux branches 
confidèrables i l'une tend vers la partie inférieure , c'eft 
l'artère cubitale \ l'autre fe porte à la fupérieure, c'eft 
la radiale. Elle fe continue le long du rayon vers le carpe 
en fettant de côté & d'autre des filets aux mufcles & 
aux parties voifincs. C'ell cette artère que le Médecin 
tâte dans l'exploration du pouls. Quand cette artère a 
pafTé le pouls , elle donne de petits rameaux aux mufcles 
du pouce ; l'un de ces rameaux eft interne , & l'autre 
eft externe. Ce qui refte de cette branche fe diftribuc 
entre le pouce & le doigt indice vers la paume de la 
main , & donne en pafiant un rameau au pouce , & un 
au doigt indicateur. Le refte du tronc continue vers le 
carpe , & par un grand nombre d'anaftomofes , fe joint 
avec les ramifications de l'artère cubitale. 

Il y a deux veines appellées radiales. L'une eft inter- 
ne, l'autre eft externe. Celle-ci a fa naifTance qui eft 
vers la partie inférieure du rayon , reçoit du fang de 



À 41^ 

communication de pluiîeurs bi-anches qui fc partagent 
entie elle & la veine hafilique , puis elle monte le long 
du rayon entre les mufcles Se les tégumens & va fe jettet 
dans la veine céphalique vers le pli du bras. La radiale 
inteine naît à peu prés comme l'externe i l'accompagne 
ifuivant une ligne parallèle &c va fe perdre dans la médiane 
céphalique* 

RADIAUX. M. Lieutaud appelle ainfi les deux pre- 
miers os de la première rangée du carpe , plus connus 
fous les noms dcfcaphoiJeScà^ lunaire. Il appelle le pre- 
mier grand radial. Se le fécond , ^e'rir radiai. Voyez 
Scaphoide & Lunaire i 

RADIUS. C'eil ainfi que Ton appelle le petit des deux 
os qui forment l'avant-bras. Il ell litué le long de la fàcë 
externe du cubitus^ Sa reifemblance avec le rayon d'une 
roue , lui a fait donner le nom d^os du rayon. 

Cet os eft plus gros à fa partie inférieure , qu'à la fii- 
périeure. On le divife en corps ou partie moyenne, & en 
extrémités. 

Le corps de l'os eft un peu courbé en-dedans. On peuÊ 
y confidérer trois faces : celle qui ell placée fur la con- 
vexité de la courbure eft arrondie. Les deux autres font 
un peu concaves. On peut aufli y remarquer trois angles , 
deux defquels font mouffes , Sl diftinguent la face con- 
vexe d'avec les deux concaves , qui font elles-mêmes fé- 
parées l'une de fauire par un angle fort faillant & traii- 
chant , auquel on donne le nom èi^ épine. Il répond à un 
femblable qui fe trouve au cubitus , & il donne attache 
!. à un ligament interoffeux , qui va de l'un à l'autre» 
i, L'extrémité fupérîeure du rayon eft terminée par uiie 
\ tête fort applatie , arrondie , Sl creuiee par une cavité 
• glénoïde , qui reçoit une portion de l'humérus. La ca* 
' vite & tout fon contour font revêtus d'un cartilage très^- 
i poli , & plus épais dans le quart de fa circonférence , que 
: dans tout le refte de fon étendue. Cette tête eft pofée fur 
un col long , étroit & un peu oblique, Au-deftous du 
col , on trouve une tubérofité pour l'attaché du biceps. 
On remarque auiïi à la partis latérale inié'r.e une petit® 

Ddij 



410 "R A N 

éminencc recouverte d'un cartilage qui s'articule avec la 

petite cavité (igmoïde du cubitus. 

L^extrémité intérieure eft beaucoup plus confidérable 
que la précédente. Elle ell un peu applatie : on y conr 
fidére deux faces principales. Celle qui fe préfente anté- 
rieurement ell polie , plate , & même un peu concave î 
la face oppolée eft convexe & un peu inégale j on y 
trouve des éminences qui y forment plufieurs goutieres 
longitudinales , plus fenfibles dans les os frais , que dans 
le fquelette. Il y paiîe des tendons de plufieurs mufcles. 
On trouve entre ces deux faces du coté interne , une 
échancrure fémilunaire , recouverte d'un cartilage poli. 
Elle reçoit l'extrémité du cubitus. Au-delfus de cette 
échancrure on voit une grande cavité glénoide , partagée 
dans ion milieu en deux portions à peu près égales, par 
une petite ligne (aillante , recouverte d'un cartilage ainfî 
que les deux poriiions de la cavité. Elle reçoit les os 
du tarfe. 

Le bord externe de l'os fe termine par un prolonge- 
ment qui fait faillie au-delfous de la cavité 5 on lui donne 
aifez mal à propos le nom à' apophyfe Jïiloïde, Elle eft 
oppolée à celle du cubitus qui lui répond. 

La partie moyenne de cet os eft creufe , & compofée 
de fubftance compaéle. Ses extrémités font fpongieufes 
& revêtues d'une lame compade. 

RAGOIDIS. Voyez Proptofis, 

RAIλ^'URE. Petite cavité longuette & légère , quifc 
trouve creufée dans quelques os du corps humain , pour 
loger quelque vailfeaux , ou quelque nerf. 

RAISEAU ou RESEAU. Se dit d'un lacis de vail- 
feaux ,qui IjHlTent entre eux des efpaces, à peu près com- 
me les mailles d'un filet. 

' RAMEAU. Branche de quelque gros tronc de nerfs 
ou de vailleaux fanguins. Il eft pris, figurément, de la 
diftribution des arbres. 

RAMOLISSANT. Remède qui relâche les fibres fo-= 
iides du corps , & les parties endurcies contre nature. 

RANINES ( artère & veine). Voyez Sublinguale. 

RANULE. Tumeur qui vient quelquefois fous la 1 



R A P 4%t 

ïangoe ] proche les veines ranules , & que l'on appelle 
communément grenouillettes> Ces tumeurs , car il y en a 
ordinairement plufîeurs , tiennent un peu de la nature des 
loupes , & font remplies d'une humeur glaireufe , dont 
elles fe gorgent de plus en plus, à mefure qu'elles vieil* 
lillent , & fouvent même en très-peu de temps , de façon 
que quelques-unes parvjendroient fans faute à une grof. 
feur dangereufe , fi l'on n'y apportoit remède. L'humeui' 
étant prefque toujours dans un kifte. On employé le 
même traitement que pour les tumeurs enkiftées , ou les 
loupes. Voyez Loupe. 

Cependant comme les cauftiques violens & le fer ne 
paroiifent pas pouvoir être maniés dans la bouche aufli 
commodément que far les autres parties du corps , il 
faut fe contenter de les employer de la manière la plus 
commode & la plus utile. Voici l'opération qu'il con- 
vient de faire fur les grenouillettes. La bouche étant 
ouverte , & la langue élevée , on fait une incifion dans le 
milieu de la tumeur. La matière fort auflitôt , & le fae 
n'eft pas plutôt vuide , qu'on en déterge le fond avec du. 
miel rofat , & un peu d'efprit de vitriol ; on trempe dans 
ce miel un linge attaché au bout d'un brin de balay , puis 
on frotte rudement le dedans du kifte, pour le confumer. 
On continue le même traitement pendant quelques jours. 
Cela faitjOn recommande de laver fouvent la bouche avec 
de l'oximel, & enfuite avec un vin auftère, dans lequel 
il y aura un peu d'alun. Il faut néceffairement ufer de ces 
cauftiques de la manière prefcrite , par la raifon que ft 
l'on ne faifoit que vuider le fac , la tumeur manqueroit 
i rarement de revenir. La même opération fe fait fur tou- 
\ tes les autres grenouillettes. 

; RAPHANEDON. Fradure tranfverfale d'un os long; 
i qui fe fait fans efquille , & dont les bouts fradurés font 
unis par une cafllire nette , ainft qu^il arrive à celle d'une 
lave. Voyez Fra^ure, 
; RAPHE'. On donne ce nom à une ligne qui fépare le 
j périné en deux parties. Elle commence à l'anus , & fe 
"1 termine à la fourchette dans les femmes. Dans les hom- 
mes , elle a beaucoup plus d'étendue , elle communique 

Ddiij 



%%i RAS 

suffi à l'anus , fe continue fur le pcriné, 5c s'avance fui? 
îa partie moïeune du fcrotum , pour fe terminer à l'en- 
droit de fon union avec la partie inférieure de la verge. 
RAPHE'. Efpèce de fynthèfe de continuité pour les 
parties molles. Les Anciens appelloicnt de ce nom la réu- 
nion des plaies , par le moyen de quelques points de fu- 
ture, qui font de petites divifions Cette fynthèfe eft op- 
pofée à l'épagogue , & fignifie la même chofe que future. 
^Voyez. Suture. 

RAPPORT. Jugement par écrit de gens experts, 
nommés d'office , ou par convention, fur l'état d'un ma- 
lade, d'un blelfé , d'une femme grolTe, d'une fille violée, 
d'un cadavre , pour inftruire les Juges de la qualité & dii 
danger de la maladie , ou des bleffiires , de leurs caufes, 
ou du tem.s qu'il faut pour les guérir , de la certitude 
d'une grolfelTe ou d'un viol , & de la véritable caufe de 
la mort d'un homme. Voyez Ouverture d'un cadavre. 

RASOIR. Efpèce de couteau emmanché de façon que 
îa lame fe ferme exadement en devant avec le manche , 
& fe renverfe en*arriere confidérablement. C'efl un véri- 
table inllrument de Chirurgie , d'un ufage très-fréquent 
& très-commode. 

On y remarque la lame &; le manche. Dans la lame^ 
on coniîdére fes extrémités, fa largeur-, fon épailfeur , & 
Tes bords. L'extrémité antérieure eil beaucoup plus large 
que l'extrémité poilérieure , & repréfente un coin dans 
fon épailTeur. La féconde extrémité beaucoup, moins large 
que l'antérieure , eft aufîi beaucoup moins épaifîè. De- 
puis cette extrérriité jufqu'à environ fon tiers , la lame- 
lie coupe point , & cet efpace s'appelle le talon. Dans le 
relie de la lame , on diftingue trois chofes principales , 
un bifeau , un évuidé , & un tranchant. Le bifeau com-^ , 
mence à la partie fupérieurc du talon \ & dans cet en- 
droit, il a un peu plus d'une ligne de large , il va le long 
du dos jufqu^à l'extrémité antérieure de la lame , & danis 
ce trajet il augmente infenfiblement en largeur, de forte 
que fa fin préfenie une furface qui a depuis une ligne & 
demie jufqu'à deux lignes de diamètre, félon la grandeui: 
ds rinftrumenî. 



RAT 423 

''' L'efpacc compris depuis le bifeau jufqu'au tranchant , 
tft un peu cave , & s'appelle l'évuidé. Il règne depuis le 
talon jufqu à l'extrémité antérieure de la lame. 

Le tranchant eft très -fin , & fait un d s bords de la 
lame. C'eft une fuite des deux évuidés quife trouvent fur 
l'une & l'autre face de la lame. Vers l'extrémité anté- 
rieure , on remarque une courbure qu'il eft abfolument 
néceifaire de ménager , fi l'on veut avoir un inftrumenr 
convenable. L'autre bord de la lame forme le dos qui 
doit être arrondi &: bien poli. On remarque au talon , 
qu'il efl partagé en deux bifeaux fuivant fa longueur , &: 
qu'à fon extrémité il y a un trou alTez grand, pour que la 
lame tourne facilement autour du clou qui l'unit avecfori 
manche. 

Le manche s'appelle plus ordinairement la chajp , par 
la raifon qu'il enchafTe une bonne partie de la lame : elle 
€ft: fabriquée de différentes matières. Tantôt elle eft de 
corne , tantôt d'écaillé, tantôt de baleine. Elle a fix 
pouces de long fur huit lignes de large, à fa plus large 
extrémité, & cinq à fa plus étroite, & eft fendue avec 
une fcie depuis celle-ci jufqu'à fix ou fept lignes de l'au- 
tre, pour recevoir la lame. La chalfe eft donc compoféc 
de deux lames qui font percées à leur petite extrémité , 
pour recevoir le clou qui fixe la lame d'acier dans le mi- 
lieu d'elles. Ce clou eft rivé des deux côtés fur deux ro- 
fettes de cuivre ou d'argent , de façon que la lame ainfi 
retenue dans le manche, peut pourtant fe ploier aifément 
çn devant & en arrière. 

Cet inftrument fert fur-tout dans la préparation des 
opérations, pour nétoïer des poils les parties fur lefquel- 
les on doit opérer. Il fertauiîi à faire quelques opérations, 
telles que l'encopé d'un doigt, & même l'amputation d'une 
mammelle , &c. 

RATE, Un des vifcères du bas-ventre. Il eft mou , 
fpongieux , d'une couleur brune , & quelquefois livide ^ 
placé au fond de l'hypocondre gauche, entre l'eftomac & 
les fauiles côtes. Cette fituation s'eft trouvée quelquefois 
changée. On a trouvé la rate au côté droit , & alors le 
foie occupoit le côté gauche : ordinairement aufïi il ri'y 

Ddiv 



4^4 K A T 

a qu'une rate , & cependant il y a des Auteurs qui en onS 

vu deux, & même trois dans un même fujet. 

La rate eft a peu près femblable à une langue humai- 
ne : elle eft convexe du côté des côtes , concave du côté 
dereltomac. Onydiftingue la grandeur, deux faces, deux 
bords,, & deux extrémités. Des deux faces, Tune eft in- 
terne, qui regarde leftom.ac , l'autre eft externe, & celle- 
ci regarde les côtes. C'eft à la face interne que la rate re- 
çoit Tes vaiffeaux de la cœliaque & de l'eftomac. On y 
rencontre aufli diverfes filTures , mais il n'y en a d'ordi- 
naire qu'une , qui fert pour le palTage des vaifTeaux fan- 
guins. Riolan alFure avoir vu une rate quarrée à l'ouver- 
ture d'un cadavre. 

La grandeur de la rate varie félon la différence des fu-= 
jets , mais elle a communément cinq ou iix travers de 
doigt de longueur fur trois à quatre de largeur , & un & 
demi d'épailieur. Elle tient par fa partie convexe au dia- 
phragme , par fa partie concave à l'épiploon , & par en 
bas à la membrane adipeufe du rein gauche, le tout par- 
le moyen des membranes , & au ventricule par les vaif- 
feaux courts. Des deux extrémités, l'inférieure eft appla- 
tie par l'endroit où le ventiicule appuie •■, l'autre eft ar- 
rondie & polie. Mais il faut remarquer d'après M. Winf- 
îoW , que l'extrémité de la rate qui poitoir chez les An- 
ciens le nom de fupérieure , eft réellement poftérieure , 
& que l'inférieure mérite de s'appeller antérieure. Cette 
çrreur des Anciens vient de ce qu'ils ne connoilToient pas 
la vraie lîtuationdu vifcère enqueftion. Ils le regardoient 
comme pofé verticalement, ce qui eft faux. Il eft démontré 
que la rate eft prefque tranfverfale: elle tient au diaphra- 
gme par une petite duplicature du péritoine , que l'on 
nomme le ligament de la rate , & qui fe trouve vers fon 
extrémité poftérieure , attaché à une partie de fa face ex- 
terne. ' ■' ' 

' La rate dans l'homme n'a qu'une membrane qui lui 
vient du péritoine, i'a Subftance eft toute membraneufe, 
& partagée en une infinité de petites cellules , qui font 
logées entre les ramifications de la veine & fon tronc, 
ÈlTes coîiimuniquent toutes entre elles , & fe déchargent 



RAT 4i| 

îâu ^ng qu'elles contiennent, non feulement dans les ra^ 
meaux , mais encoie dans le tronc du conduit veineux^ 
Vznèïic fptènique fournit le fanf^ à la rate, èc la veine de 
même nom le reporte à la veine porte ; le plexus de 
nerfs , qui s'appelle de même encore , y fournit les nerfs. 

Onneconnoît point encore d'une manière fatisfaifante 
l'ufage de la rate. Prefque tous les Phyfiologiifes penfent 
aujourd'hui qu'elle n'a d'autre fond:ionque celle de don- 
ner au fang qui doit fervir à la fécretion de la bile , une 
première préparation ; & cela paroît aiîez vraifemblable, 
puifque le fang de la rate fe porte au foie tout en- 
tier j par le moïen de la veine fplénique. Pour ce qui efl 
de l'elpèce de piéparation que le fang y reçoit , c'eft ce 
qu'il n eft pas aifé de déterminer. Il eft probable pour- 
tant que le fang rallenti conlidérablement dans les cellu- 
les de ce vifcère , perd de fon mouvement , & qu'en con» 
féquence les molécules qui le compofent , font bien plus 
difpofées à fe féparer de la maffe , ce qui favoiife (inon 
la lecrétion de la bile , du moins une fecrétion quelcon- 
que. Mais ce qu'on doit obferver fcrupuleufement avec 
M. Lieutaud , c'eft que dans l'état naturel la rate n'a pas 
toujoursle même volume. Dans les cadavres qui meurent 
après avoir long-tems obfervé une diète auftère , la rate 
a beaucoup de volume, & elle en a bien moins chez ceux 
qui meurent fubitement, fur-tout après avoir rempliieur 
cllomac d'aiimens. Les expériences faites fur plufieurs 
animaux font voir que la rate groifit beaucoup à ceux 
qu'on fait jeûner long-tems, & qu'elle eft fort petite dans 
le tems que l'eftomaC eft gonflé de beaucoup d'alimens : 
or , fi on fe rappelle lafituation desvifcères , on trouvera 
aifément la raifon de ces phénomènes. 

En effet, quand feftomac eft long-tems vuide , la rate 
n'eft point comprimée i elle eft à l'aife dans l'hypocondre, 
le fang qui y aborde & s'y répand , ne rencontrant qu'une 
foibie rélîftance de la part des cloifons des cellules qui 
compofent le vifcère , il les diftend , s'accumule dans ces 
cellules , & grolTit la rate. Au contraire , quand l'efto- 
mac vient à fc dilater par les alimens qu'on a pris , il 



426 RAY 

pielFe fur la rate , la met à l'étroit d'autant plus qu'il eft 
plus rempli . l'ecrafe , pour ainfi dire , entre fon îbnd & 
les côtes voiiines , & exprime par la veine fplénique le 
iang qui s'y étoit accumulé. A mefure que le fang fort , 
il eft évident que le vifcère doit décroître , & il y a lieu 
de penfer que la nature s'ell: ménagée par là un moyen 
de faire couler vers le foie une plus grande quantité de 
fang dans le tems de la digeuion , tems auquel il cft be- 
foin que la bile fe fépare plus abondamment : or le fang 
qui a féjourné dans les cellules de la rate , eft d'ailleurs 
bien dilpofé ^c bien prépaie pour cette fecrètion ; il vient 
au foie en plus grande abondance , ce qui doit favorifer 
une plus abondante fccrerion de la bile. Cette remarque 
fur la différence de volume dans la rate, lors des différens 
tems&desdifférentesautres circonilances naturelles , peut 
être utile dans la pratique de Médecine & de Chirurgie , 
par rapport aux maladies de ce vifcère, 

Quand on court , la rate fe gonfle fouvent , au point 
de caufer de la douleur. Pourquoi ? La rate étant d'une 
fubftance qui la rend fufceptible d'un gonflement confi- 
dérable , cela peut venir de ce que le fang chaifé plus for. 
îcment qu'a l'ordinaire des cuiifes & des jambes , par 
îa contradion des mufcles, fe porte en plus grande quan-» 
tiré dans cette partie , qui lui fait peu de rcfftance. 

C'efî: apparemment cette douleur qu'on reifcnt àla rate 
«n courant , qui a donné lieu à l'opinion du peuple , qui 
s'imiaginei3^ue les coureurs n'ont point de rate: d'où vient 
le proverbe : il court comme un dératé. Mais la véritable 
raifon qui fait que les coureurs courent mieux que les 
autres , c'eft qu'ils ont contradé l'habitude par l'exercice^ 
& qu'ils foutiennent les vifcères fîottans du bas - ventre j 
tels que la rate & le foie , à l'aide d'une ceinture. 

RATi^SOlRE. Voyez Rugine, 

RAYE. C'eft une efpècede goutière fituée dans l'hom- 
me à la partie inférieure de la colonne épiniere. Elle 
commence au bas du facrum , & fe continue jufqii'à 
Vanus. 

RAYON. Os qui conjointement avec celui du coude. 



R E C 4'if 

Forme l'avant-bras (lans le fquelette. Voyez Radius. 

RECTALE. ( artère ) Voyez HèmorrhoLdaU in-> 
ieme. 

RECTUM. On a donné ce nom qui fignifîe droite au 
dernier des gros inreilins , à caufe de fa lituation qui fe 
porte dircdement de haut en bas. Il commence à la par- 
tie Tupéiieure de l'os facrum , & defcend tout le long de 
cet os en fe portant un peu en arrière vers le coccix i en- 
fuite il s'avance un peu en devant , & fe termine à l'anus. 
Les bandes que l'on voit fur les autres inteilins s'éten- 
dent beaucoup davantage fur celui-ci, au point de fe join- 
dre tout au tour , & d'augmenter confidérablement la 
force de fes fibres longitudinales mufculaires. Loifque ctz 
inteflin eft rempli , il efl rond , mais au contrairç il ell 
spplati lorfqu'il efl vuide. Dans ce dernier cas , on remar- 
que àfon intérieur plulieurs rides confidérables , formées 
par des replis de fes membranes internes j elles s'efïacent 
à mefure que l'inteflin fe gonfle. Son tiffu cellulaire fe 
remplit de beaucoup de graille , ce qui lui a fait donner 
dans les animiaux le nom de boyau gras. On lem.arque à 
fa face interne un affez grand nombre de glandes foliécu- 
leufes , qui dépofent une humeur propre à lubréfier fes 
parois , & qui par là font couler plus vite les exciémens, 
& préviennent l'impte^ion douloureufe qu'ils feroient fur 
les membranes de l'inteflin. Il efl fort adhérent au col de 
ia veiTie dans les hommes , & au vagin dans les femmes. 
Quelques Anatomifles ont donné le noi;ti impropre de 
mefo-reclum à la duplicature du péritoine qui fait l'ofH- 
ce de mefentère , & retient cet inteftin en place, 

RECURREMT. (nerf) Nom que l'on donne à tout 
tierf qui femble rebroufler chemin , en formant avec la 
branche dont il part un angle obtus au lieu d'un aigu , que 
fait naturellement toute divifion de vaiffeau , & particu- 
lièrement a une branche de la huitième paire des nerfs 
cérébrau^c. Il y en a un de chaque côté, mais ils ne font 
pas femblables. Le récurrent du côté droit part du tronci 
lorfqu'il paife devant l'autre fouclaviere , il fe contourne 
en arrière fous cette artère , & remonte le long & a côté 
4e la trachée-artère en lui donnant des filets ^ & à l'oefo- 



4i8 RED 

phagc , jufqu'à la partie poftéricure du larinx. lî diftribua 
âes filets aux mufcles de cette partie , au pharinx , & a 
la glanJe tyroïde ; enfuite il s'infinue derrière les cornes 
du cartilage tyroïde , où il rencontre l'extrémité de la 
îroifieme branche du tronc de la huitième paire , & y 
communique avec elle. 

Le nerf récurrent du coté gauche part aufîi du tronc 
de la huitième paire , mais plus bas que celui du côté 
droit , pafle par delTous la courbure de l'aorte , fe gliiTe 
derrière le canal artériel , & remonte enfuite le long & à 
côté de la trachée-artère jufqu^au larinx, auquel il le dif- 
tribue comme le récurrent du côté droit. 

RECUTILI, Opération que les Anciens faifoient à la 
verge lorfque le gland étoit trop découvert. Ils la prati- 
quoient en deux manières , l'une en faifanr une incifion 
circulaire à la ptau de la verge vers fa racine , & tirant 
cette peau jufqu'à ce que le gland fut recouvert i & l'au- 
tre , après avoir rehaurfe le prépuce fur la verge , ils inci- 
foient en rond la peau du prépuce proche le gland ; puis. 
à Tune & à l'autre de ces manières, ils lioient le bout du 
prépuce fur une petite canule de plomb , pour laiffer for- 
tir l'urine , & procuroient une cicatrice entre les deux 
lèvres de l'incilion. Il faifoient cette opération à ceux 
qui ayant toujours le gland découvert, fe fentoient in- 
commodés par le frottement continuel de la chemife , 
& qui vouloient , à quelque prix que ce fût, l'avoir re- 
couvert. 

REDRESSEUR DE L'EPINE. Machine nouvelle- 
ment inventée par M. Levacher , M^. en Chirurgie à Pa- 
ris , qui l'a préfentée à la feance publique de l'Acadé- 
mie royale de Chirurgie en I764 , Se dont elle a été ac- 
cueillie avec beaucoup d'applaudilTemens , pour la cura- 
tion de la courbure de l'épine dans les perfonnes rachiti- 
ques. Cette machine réfulte de quatre pièces principales: 
fâvoir , à' m\z plaque , d'une tige ou arbre fufpenfoire y 
d'une vis modératrice , & d'un tour de tête. 

\.2l plaque eft de cuivre poli, épaille d'une ligue, tail- 
lée en forme d'une croix , dont deux bras font fupérieurs, 
& deux inférieurs , ayant dans la plus grande étendue du 



RED 455? 

bms , cnvii'on trois pouces , dans Fintervalle des deux 
bras , deux pouces , & de hauteur à peu près cinq. L'ex- 
trémité de chacun des bras efl: percée d'un trou en écrou^ 
qui a une ligne de diamètre. La face poftéricure qui doit 
toucher au corps de baleine dont les enfans ufent d'habi- 
tude, eft un tant foit peu concave ; l'antérieure très-légé- 
rement convexe eft garnie faivant une ligne verticale , 
qui la partageroiten deux portions égales, de trois douil- 
les pofées à diftance à peu près égale l'une de l'autre , & 
dont les deux fupérieuues font quarrées , deftinées à re- 
cevoir la partie inférieure de l'arbre fufpenfoire , & ia 
troifieme eft en forme d'écroudeftiné à recevoir la vis mo- 
dératrice. Les trous des quatre branches répondent cha« 
cun à un trou proportionné à leur diamètre , qui fe trou- 
ve dans l'épailteur du corps de baleine , dont l'enfant ra- 
chitique doit être m.uni , & qui n'a rien de particulier 
que ces quatre trous , lefquels feront placés aux deux cô- 
tés poftérieurs du corps , & partagés par la commilîure 
du lacet. On place la plaque de manière que les trous de 
l'un répondent exadement aux trous de l'autre i &c avec 
une vis d'un diamètre égal à celui des écrous , on la fixe 
fur le milieu du corps de baleine , de la même manière 
qu'une platine de fulil fur le côté du fus de finâmment. 
La tête des vis doit être en dedans du corps des ba- 
leines. 

La tige j ou arbre fufpenfoire eft de fer trempé , bien 
poli, fait en forme de faucille, dont le manche quadran- 
gulaire ayant fix lignes de large fur deux d'épaiffeur , efl 
haut de huit à dix pouces , plus ou moins , fuivant que 
l'efpace compris depuis le milieu du dos jufqu'à la nuque, 
eft plus ou moins confidérable dans le fujet. Toute la par- 
tie courbe de cette ti2,e commence vers lafolTette du cou, 
par une courbure arrondie , & fa concavité fe moule a la 
convexité de la tête. Elle a dans toute fon étendue fix 
lignes de large , & deux d'épaiffeur. Sa pointe qui vient 
en devant menace le front , & eft furmontée par un petit 
ftilet de deux lignes de haut , qui doit fervir de pivot de 
ia manière qu'il va être dit. Ainfi le manche de la ticc 
eft plat fur le devant & fur le derrière , & la courbe l'eil 



43Ô k E D 

fur les côtés. La tige glifTe libiement dans les deux douiU 
les fupérieures de la plaque , & s^appuie fur la douille en 
écrou. 

Le tour de tête eft une bande de cuir , de ruban , ou 
d'autie matière fouple & rélillante , de deux doigts de 
large , qui s'applique autour de la tête , comme les Da- 
mes font leurs fbntanges. A la partie antérieure , au lieu 
d'un nœud , il y a une forte de plaquette en huit de chif- 
fre 3 dont les deux bandes font triangulaires de la largeur 
de la bande , garnies d'un double aiguillon. On la pofe 
fur le haut du coronal en travers , de manière qu'en paf- 
fant les deux chefs de la bande dansfanfe qui lui répond , 
& en abaillant les aiguillons , le ferre-tcte fe trouve fixé 
comme par une double boucle. A la face inférieure de 
ce huit de chiffre , ou double boucle , dans le milieu , il y 
a une petite éminence en forme de mammelon ^ laquelle 
cfl percée dans fon milieu d'un trou borgne , pour rece- 
voir le petit flilet qui furmonte l'extrémité antérieure , 
ou bec de l'arbre fufpenfoire. 

La vis modératrice eft faite de fer , gro/Te comme une 
plume d'oie , & longue d'environ quatre à cinq travers 
de doigt. La partie inférieure eftquarrée , ou applatie en 
manière de trède , fuivant qu'on veut la monter , par le 
moyen de la main feulement , ou avec une clef. On la 
pafTe en tournant de gauche à droite dans le trou de la 
douille en écrou, par forifice inférieur ; <k comme le pied 
de la tige appuie fur l'orifice fupérieur , la vis en avan- 
çant levé de néceffité l'arbre fufpenfoire. On lui donne le 
nom de vis modératrice , parce que c'eft elle qui modère 
l'attradion de la tête en haut ; fuivant qu'on la fait avan- 
cer , la tête fe levé ; fuivant qu'elle monte moins , la tête 
baille. Voici la manière d'appliquer la machine. 

Premièrement , on fixe la plaque fur le corps de ba- 
leine , accommodé comme il vient d'être dit. On paifc 
enfuite la ùge dans les douilles fupérieures , après avoir 
garni la tête d'un bonnet de laine , de coton , ou de ve- 
lours. On ferre le tour de la tête , & on levé l'a plaquette 
en haut , pour faire paiTer par-delTous le bec de T arbre fuf- 
penjoire , & mettre Itjîilei dans le trou borgne de ceice- 



R Ë I 4^t 

plaquette en forme de double Boude. Cela Fait , la tëtc 
fe trouve fufpendue au bec de l'arbre. Or, pour la tenir 
dans cet état , & la lever davantage , on engage la -vis 
■modératrice dans fon écrou , & on la fait avancer jufqu'à 
ce que la tête foit iuffifamment tirée. 

On peut garL'-tir les oreilles du tour de tête , en cou- 
fant aux endroits de cette pièce de la machine qui por- 
tent deiTus j deux petites plaques de cuivre ou de fer 
blanc , concaves , qui s'étabiilTent au delîus & au dellous 
des oieilles. 

Les avantages de cette machine font clairs & fenfibles. 
M. Lcvacher , qui en eft l'inventeur , l'a déjà emploiée 
vis-à-vis de plu(ieurs jeunes perfonnes de l'un & l'autre 
fexe , avec le fuccès qu'il en attëndoit. Mais quelque fuf- 
lifante qu'elle foit pour le préfent , il la corrige tous les 
jouis , & la rend de plus en plus commode & fimple. 

REDUCTION. Opération par laquelle on remet dans 
leur place naturelle les parties qui en font forties. Elle a 
lieu dans les luxations & dans les fractures , dans les 
hernies , les chutes de fanus , de la matrice , & du 
vagin. 

REDUIRE. Faire l'opération de la rédudion. Voyez 
RêduéHon- 

REDUIT. Se dit des os luxés ou fradurés, & en géné- 
ral de toute partie du corps déplacée, que l'on arem.ife en 
Situation naturelle. 

REGION. L'on défigne en Anatomie fous ce nom ; 
certains lieux cjui ont quelque étendue , ^ qui renferment 
pluÇeurs parties dilTércntes. Ainfi Ton dit la région du 
cœur, pour exprimer l'efpace oii le cœur fe trouve avec 
fes appartenances. La région de l'eftomac , pour marquer 
les environs de l'eftomac , &c. Cette exprelîion de région 
vient de l'idée où les Anciens étoient , que le corps hu-> 
main étoit un petit monde : car , comme le grand monde 
fe divife en parties principales , & chacune d'elles en ré- 
gions ou pays , ils ont de même partagé le corps en cavi- 
tés , & ces cavités en régions. Voyez Abdomen, 

REINS. Vifcères au nombre de deux , qui ont une 
>COuleur d'un rouge obfcur , une fubftance plus folidc que 



432. R E I 

celledu foie & de la rate , au delTous defquels ils fe ttou- 
vent, de côté & d'autre , & deftines à la fecrétion de 
l'urine. Velale dit que fouvent il n'a trouvé qu'un rein 
en dilTéquant , & Charles-Etienne rapporte qu'il en à 
trouvé deux de chaque côté , 3c que chacun avoit la veine 
cmulgente. 

Les reins font fîtués dans la région lombaire fur les 
deux dernières faufTes côtes , & couchés fur les mufcles 
pfoas , derrière le péritoine. Le tiifu cellulaire qui les at- 
tache aux parties eft ici fort conhdérable. On le trouve 
chargé de beaucoup de grailTe dans les perfonnes qui ont 
de l'embonpoint. L'un des reins eft à droite , fous le foie, 
& l'autre à gauche fous la rate j à trois ciavers de doigt 
de diftance des troncs de la veine cave , & de l'aorte dcf- 
cendante : le droit eft placé communément plus bas que 
le gauche. Riolan dit les avoir trouvés fouvent tous deux 
dans une fituation égale , 8c même quelquefois le droit 
plus élevé que le gauche» Leur volume eft médiocre , ils 
ont de longueur ordinaire quatre à cinq travers de doigt , 
trois de laigeur , & à peu prés deux d'épaifTeur, Leur fur- 
face eft lille & polie , fur-tout du côté des tégumens du 
bas-ventre, mais concave en fon milieu du coté des vaif. 
féaux. Leur couleur eft d'un rouge bleuâtre , & leur far- 
face eft moins égale dans le fétus que dans les adultes. Ils 
paroilfent alors entrecoupés par dilTérens filions, & com- 
pofés de plufieurs pièces : leur figure dans les adultes ap. 
proche ajfez de celle d'un gros aricot : la furface qui re- 
garde les vaiiTeaux eft concave . & celle qui regarde les 
côtes eft convexe. 

On donne le nom dcfczjfure de rein à la concavité de 
ce vifcère ; elle livre palfage aux vaiiTeaux qui le péné- 
trent. On remarque d'autrefois quelques petites fciiTurcs. 
légères , vers le bord convexe du rein , & que Ion extré- 
mité fupérieure eft un peu plus large que l'intérieure. Les 
vieux Ânatomiftes regardoient le tilTu cellulaire du pé- 
ïitoinc , dans lequel le rein eft placé, comme la première 
membrane de ce vifcère , & ils l'appelloient la tunique. 
ad:peufe. Mais les Modernes rejettent cette prétendue 
tunique , &: n'admettent que celle qu'on nommoit autre- 
fois 



i 



R E 1 '433 

ïs la féconde mimhmiie^ ou tunique propre du rein. Elle 
cft très-délicate 5 mais quoiqu'elle enveloppe immédia- 
tement le rein , on peut néanmoins la leparer aifément , 
fans endommager fa iubflance , & il eft aifé aulfi de la 
divifer en deux, ce qui facilite la connoiiTance d'une fubfo 
tance cellulaire qu'on peut gonfler , laquelle fe trouve 
dans fcs iuterilices. 

Les reins tiennent aux lombes , au moïen du tiilu cel- 
lulaire , à la veine cave & à l'aorte , par les vaiiiéaux fan- 
guins émulgens, à la vefTie par les uretères. Le rein droit 
touche, & lient au csecum & au colon ; le gauche tient 
de même à une autre partie du colon , & quelquefois à 
la rate. Ils font compoféstous les deux, fur^tout vers leur 
partie externe ou convexe, d'une infinité de petites glan- 
des, félon Malpighi, qui font environ l'épaiiTeur d'un 
demi travers de doigt, defquelles partent autant de pe- 
tits tuïaux urinaires , qui font proprement les vaiiîeaux 
excrétoires des reins ; mais Ruilch prétend que les glan- 
des des reins ne font autre chofe qu'un tiifu de vaif- 
feaux. 

Les petites2;iandes qui compofent la fubflance desreins ," 
font attachées à autant de rameaux d'artèresi Ces artères 
leur apportent le fang chargé de la matière de l'urine , 
& leur fondion eft de la féparer de fa maffe , & de la dé- 
charger par les conduits urinaires dans le ballinet du rein» 
Ces petits conduits urinaires portent donc des petites 
glandes , qui font à la partie convexe des reins , & fe ra- 
mafTent enfaice en une efpece defaifceau i puis ils vont 
fe terminer à des mammelons que forment leurs extré- 
mités , & qui fe trouvent d'ordinaire jufqu'à dix ou douze 
dans chaque rein : il y en a même quelquefois davantage. 
Chaque caroncule femblable ell reçue dans un petit al- 
longement du baflinet en forme de goutière , appelle ca-^ 
lïce , dont l'ufage eft de recevoir l'urine qui dégoûte de 
ces caroncules , & qui tombe enfuite dans le baffmet. 

Quand on coupe le rein fuivant fa longueur fur le côte 
externe , on voit deux fubftances manifefl-ement diffé- 
rentes. Les Anatomiftes donnent le nom de fubftance 
tonicaleoi la première. C'eft elle qui opère la fecrérioiï 
D;deCh. lomeîL Ee 



434 ,I^^E L 

de l'uiinc : elle eft placée à l'exténeur du rein , & le cou* 
vre comme une écorce. Toutefois cette fubftance ne le 
borne pas par-tout à l'extérieur ; il s'en trouve des por-i 
tioi.s qui s'enfoncent dans la fubftance propre du rein , 
& pénétrent jufques dans la filîure. Ces portions laifTenc 
entre elles des vuides demi-fphéiiques, femblables à l'in- 
térieur d'un dôme. C'eil dans ces cavités qu'eft logée la 
féconde fubftance du rein , qui porte le nom de fubllance 
raïonnée. Les fibres de cette fubftance font toutes difpo- 
fées en manière, de raïons : ce ne (ont rien autre chofc 
que lestuiaux excréteurs des reins. On les voit partir cha- 
cun des points de la face concave des voûtes dont nous 
venons de parler , & fe rapprochant les uns des autres , 
ils vont fe terminer à un centre commun , qui fait en 
s'élevant une petite éminence allez femblable à un mam- 
melon , qui pour cela porte le nom è^ç. papille. 

L'ufage des reins eft de féparer de la malFe du fang l'u* 
rine , qui eft une des plus importantes fecrétions de l'œ- 
conomie animale. 

Reins fuccenturinux. On donne ce nom aux capfules 
atrabilaires , parce qu'elles font fituées au haut des reins, 
qu'elles couionnent en partie. 

RELEVEUR. Nom que l'on donne en général aux 
mufcles qui ont pour ufagc de porter une partie ou un 
membre en haut. Ils font l°. le releveur de la paupière , 
qui eft un mufcle très-mince , fitué dans forbite , & cou- 
ché fur le mufcle releveur du globe de l'œil, ou fuperbe. 
Son attache fixe eft au fond de l'orbite , proche le trou 
optique , entre le mufcle releveur du globe , & le tro- 
chléateur. Ses fibres montent & s'épanouiftent , & vont 
fe terminer par un large tendon au tarfe de la paupière 
fupérieure. 

L'ufage de ce mufcle eft de découvrir l'ceil en relevant 
la paupière fupérieure , &i fécartant de l'inférieure. Le 
mufcle orbiculaire eft fon antagonifte , &: tout le mon- 
de fait qu'elle eft la célérité de leur adlion réciproque , 
que l'on déiîgne communémient par le nom de clin 
d'œil 

Dans les incîlions que Ton fait à la paupière fupéxieure, 



R E t 43j 

il faut bien prendre garde de couper les fibres du releveur 
qui fe croifent avec celles de i'orbiculaire. 

KeUvciir de l'anus. ( mufck^ Atraclié d'une part à la 
partie intéri ure latérale & interne de l'os ikhion i puis 
ilefccndant de côté &: d'ailtie pour embrafTer l'extiémité 
<iu redlum , il tire l'anus en haut , & concourt à fermer 
cette ouverture. On a regardé ce mufcle comme double, 
mais c eft mal à propos. M. Lieutaud en a développé la 
flrudure , avec beaucoup d'avantage , & à propreiTient 
parler , ce inuicle eft un dit;aflrique , qdf embralTe toute 
la partie inférieure de l'inteftin , & a pour tendon 
mitoyen une petite ligne tendineufe , qui va du bout du 
coccyx à l'anus • c'eft à cette ligne que fe rendent la plu- 
part des fibres de en mufcle , & celles-là ne peuvent fer- 
vir à relever l'inteftin ^ mais elles contribuent beaucoup à 
déterminer les excrémens à fortir , en les prefTant forte- 
ment par la contraélion. Les autres fibres qui font plus 
longues & plus obliques , vont fe terminer en arrière , & 
fur les côtés de la circonférence du fondement , par leur 
extrémité fupérieure : ces fibres s'attachent à la face in- 
terne des ligamens facro-fciatiques , des os ifchium , des 
os pubis , au*.defrus de l'infertion d£S mufcles obturateurs 
'internes. C'ell ce mufcle releveur de l'anus , qui fait le 
fond du petit baffin. 

La foiblelTe, ou la paralyfie de ce mufcle, ou l'excef- 
five abondance d'humidités qui mouillent fes fibres , oc- 
cafionnent la chute de l'anus: cet accident arrive auiîi à 
ceux qui ont une pierre dans la vefiie , à caufe des fré- 
quens efforts qu'ils font pour rendre leur urine. Il fort 
auffi fort fouvent pendant l'opération de la lithotomie , 
& fe retourne comme onretourneroitle doigt d'un gant, 
à caufe des douleurs que (ouf&e le malade dans cette opé- 
ration. 

Releveur de l'œil. Petit mufcle qui a fon attache fixe 
au fond de l'orbite , dans le voifinage du trou optique , 
& vient fe terminer par un tendon fort large & délié , à 
la partie fupérieure de l'œil , proche la cornée tranfpa- 
rente. Son ufage eft de tirer l'oeil en haut i & comme ce 

E c i j 



43^ R E N 

mouvement efl: naturel à l'orgueil , on a donné à ce muf^ 

cle le nom à^ fuperbe. 

Keleveur de l'omoplate ^ ou mujcle de patience. Muf- 
cle qui relevé l'omoplate : il a fes attaches fupérieures 
aux apophyfes tranlverfes des quatre vertèbres fupérieu- 
res du cou , & fe termine à l'angle de l'omoplate , ce qui 
l'a fait auiïi nommer angulaire. Le nom è^ç. mujcle de pU' 
tieace lui a été donné , parce qu'il fait hauller l'épaule, 
mouvement familier à ceux dont la patience efl exer- 

Releveurs dë^.<^tes^ de Stênon. Ce font de petits muf- 
cîes, dont le nombre eft égal à celui des côtes, & qui fer- 
vent à les relever dans la refpiration. On les appelle plus 
fouvent furcofiaux. Voyez Surcofiaux. 

REMORA. Voyez Arrêt. 

REMPANT. Bandage remuant. Voyez Bandage, 

RENAL. Se dit de tout ce qui concerne les reins ap-" 
pelles en latin renés. 

RENAL, (plexus) Efl celui qui va aux reins. Il ç.Qt, 
formé par les filets des ganglions femilunaires , qui faur- 
nifTent chacun de leur partie convexe des rameaux nom- 
breux , qui s'unifient avec aux filets des premiers gan- 
glions lom.b aires. Il embraffe l'artère émulgente , & la 
fuit dans toutes fes diflributions dans le rein. Il donne 
aufTi des filets à la capfule atrabilaire , & en jette un ou 
deux qui accompagnent les vaiileaux fpermatiques. Le 
plexus rénal du côté droit communique par quelques fi- 
lets avec le pleifus hépatique , & celui du côté gauche , 
avec le plexus fplénique , & l'un & l'autre concourent à 
la formation du plexus méfenterique fupérieur , & com- 
muniquent par plufieurs filets avec le plexus coronaire flo- 
machique. 

RENALES, (altères &: veines) 'Voyez Emulgentes, 

B.enales {glandes). L'on donne ce nom aux capfules 
atrabilaires. Voyez Atrabilaire. 

Rénales ( vertèbres ). Voyez J^ertebres lombaires. 

RENVERSE'. Voyez Bandage. ' 

RENVERSEMENT DE LA MATRICE. Cette ma. 



R E P 473 

ïadie eft U'ès-mreî & quand elle exîfte, on la connoît en 
voyant entre les cuifTes une efpece de fciotum fanguino- 
lant , qui repréfentc le dedans de la matrice. Dans ce 
cas , il faut agir promptement. 

Quand le Chirurgien efl arrivé afTez tôt pour remédier 
à cet accident , il commence par faire uriner la femme , 
& lui donner un lavement, s'il y a long-tems qu'elle n'a 
été à la felle. Elle doit être couchée à la renverfe , les 
fefles plus élevées que la tête j puis il fomente avec du 
vin Se de l'eau tiède , tout ce qui eft fortl , & le repoulîe 
doucem^ent dans le lieu qui lui eft delliné. Si le fond fai- 
foittrop de réfiftance, on y feroitune embrocation d'iiuilc 
d'amandes douces , ce qui en aidera la réduction en ren- 
dant les fibres de cet organe plus mollaffes & plus exten- 
fibles ; après quoi on tente de la faire rentrer en entier. 
Voyez d'ailleurs Chute du vagin, 

REPOUSSOIR. Inftrument qui fert à faire fortir des 
alvéoles les chicots des dents que l'on n'a pu tirer avec 
d'autres inftrumens. C'ell une branche d'acier de deux 
pouces ou environ de long , cimentée dans un manche 
d^ébéne ou d'ivoire , fait en poire pour appuier fur la 
paume de la main. Il fe termine par fon extrémité anté- 
rieure 5 ou par une goutière oblique , longue de huit 
lignes , 6: qui finit par deux petites dents , ou par deux 
crochets tournés à contre-fens , qui finiiîent par deux 
courtes dents garnies de légères inégalités. Cela form.c 
deux efpeces de repoulToir : avec le premiier , on fait fau- 
ter le chicot en en appliquant les deux dents delTus , le 
plus bas qu'il eft polîible , & avec l'autre on peut ou le 
repoulTer comme avec le premier , ou l'attirer à foi , ce 
qui eft Un avantage de plus. • 

Repoujfoir d'arrêtés. Inftrument qui fert à faire def- 
cendre dans l'eftomac , les arrêtes , os, ou autres corps 
qui s'accrochent dans le trajet de l'œfophage. C'eft une 
canule longue à peu près de fept pouces , compofée d'un 
fil d'argent entortillé en fpirale, & par conféquent flexi-. 
ble. A fon extrémité eft fondée une autre petite canule 
percée par fes côtés : à cette canule , on adapte une pe- 
tite éponge taillée en forme de poire , & l'on l'y affujetti.x. 

Eeiij 



438 R E S 

par le moyen d'un lien. A la partie antérieure de la ca-i 
nule flexible , eft foudée une autre canule piramidale d'un 
pouce & demi de long, & fon pavillon a trois lignes de 
diamètre. On ajufte à ce pavillon un manche de baleine, 
par le moyen de deux petites éminences , qui s'engagent 
dans deux anfes qui tiennent aux bords du pavillon. Ce 
manche a environ cinq pouces & demi de long : il porte 
aufîi une foie de baleine , figurant une queue de rat , 
qui lui eft continue , & eft proportionnée au diamètre 
de la canule entière. Elle la parcourt dans toute fa lon- 
gueur , & lui feit de mandiin 5 elle n'empêche point la 
flexibilité de la canule , parce qu'elle même eft tiexible. 
Avant de fe leuvir de cet inftrument , il faut a/oir foin 
d'imbiber l'éponge de quelque liqueur adoucilfante , qui 
la rendra plus fouple , & moins capable d'irriter violem- 
ment les parois de l'œfophage. Cet inftrument ne fert pas 
feulement à faire defcendre dans l'eftomac les arrêtes & 
petitsos demeurés dans lepalfage de l'œfophage, on l'em- 
ploie encore pour y faire enner les bouillons & autres 
alimens liquides. 

RESERVOIR DE PEQUET. Vanhornerappelle/?c 
laiteux y & d'autres citerne lombaire, C'eft un petit fac 
formé d'une membrane très - mince. ïl eft reflerré par 
quelques lieUs qui l'entourent j & félon que ces liens 
font plus ou moins relîerrés ou relâchés, il a aufîi plus ou- 
moins de capacité. On ne peut pas déterminer au jufte 
la grandeur & la figure de ce refervoir. Il eft intérieu- 
rement véficulaire. La membrane qui en forme l'enceinte 
eft fi déliée , qu'elle paroît luffante , & quand il eft gon- 
flé de chyle , il paroît blanc ; mais il arrive auffi de là 
que , lorfqu'il eft vuide & affaiffé fur lui-même , on ne le 
peut appercevoir que très-difîicilement. 

On le trouve à la partie droite du corps des vertèbres 
fupérieures des lombes, fur lefquelles il eft immédiate- 
ment couché. L'appendice mufculeufe droite du diaphra- 
gme y eil en partie appuiée , & en partie couchée. A 
gauche , le tronc de l'aorte monte par-defî'us i il a fur le 
devant l'artère émulgente droite, qui part de l'aorte , & 
Ta par-defTas lui à la fciifure du rein droit. Sa partie in^ 



R E s 43^ 

l^rieurc fe trouve fous la veine émulgente gauche , entre 
le tronc de la veine cave inférieure , & celui de l'aorce 
defcendante , ainfi que Cowper l'a fort bien-repré- 
fenté. Tout ce qui eil dit ici du refeivoir du chyle, peut 
aifement fe démontrer dans toutes fortes de cadavres , 
pourvu que Ton ait pris garde en enlevant la maife desin- 
te{Hns qui l'embarralle, à ne rien endommager de ce qui 
eft dansfétat naturel. 

Les glandes lombaires entourent le refervoir , & les 
veines ladées fecondaireî s'infèrent dans fa cavité, de 
même que prefque toutes les veines lymphatiques des 
parties intérieures. Il donne nailTance au canal thorachi- 
que. Pecquet, Médecin de Dieppe l'a découvert , & en 
a donné la première defcription en 165 1. 

RESPIPvATION. c'eftl'adionpar laquelle nous rece. 
vons & nous rendons l'air. L'on y diftingue deux mouve- 
ttiens, l'infpiration & l'expiration. Vinfpiratzou efl le 
tems où nous tirons de Tair ; ^expiration eit celui où 
nous le rendons. 

Les caufes de la refpiration font de deux fortes , les 
unes excitantes , & les autres efficientes. Nous ne parle- 
rons ici que de ces dernières. 

Les Auteurs font partagés fur cette matière. Les An- 
ciens expliquoient la première refpiration par le mou- 
vement du cœur j mais il faudroit pour cela que l'adlioii 
du thorax fut conforme à celle du cœur , ce qui ell con- 
traire à l'expérience. Ainfi l'hypotèfe des Anciens ell: in- 
foutenable. Pithcarn & Bellini prétendent que les mufcles 
infpirateurs n'ont point d'antagoniftes ; ils doivent donc 
fe rétrécir , & par leur contradion , élever les côtes au- 
delà du point de l'équilibre. Il fe fera donc un tiraille- 
ment du thorax , qui doit à fon tour fe rétablir , & fe 
rabaiiTer au-deilbus du point de l'équilibre , par confé- 
quent , caufer une violente contraélion dans les mufcles 
infpirateurs. Ceux-ci forcés tirailleront à leur tour le tho- 
rax , & élèveront une féconde fois les côtes au-delà du 
point de l'équilibre. Voilà donc un mouvement alterna- 
tif d'elcvation & de dépreiTion du thorax , d'infpiratiou 
&d'e:piuation, E e iv 



'440 R E T 

Les loix (îu mécbanirme renvei-fent entièrement cette 
hyporhèfe , & jamais les Auteurs ne l'euirent avancée , 
s'ils eufl^ent lait attention que les forces oppofées doivent 
enfin faite équilibre : voici l'idée du Commenteurd'Heif- 
ter ; elle paroi t la plus raifonnable. 

Dès qu'un enfant efi: né , l'air entre dans la bouche & 
dans le nez. Il doit donc par fon acrimonie , itriter les 
fibrilles délicates des petits nerfs qui font répandus dans 
ces parties. Il fe doit faire une fternutation. Le thorax 
& le diaphragme doivent entrer en contradion. Le fang 
plus preilé doit agir avec force fur les mufcles intercof- 
taux j & les obliger de fe contraéïer : le thorax doit donc 
fe dilater. Or, pendant cette dilatation , il y aura moins 
de réîiftance dans l'intérieur de la poitrine , & pour lors 
l'air extérieur entreta avec yiolence dans la trachée 
srtère. 11 doit donc fe faire un gonflement dans les pou- 
mons , & le fang ne coulera plus auiTi facilement dans 
les veines, dans tes mufcles inrercofcaux. Il en coulera 
moins auili dans le cerveau : les nerfs ne feront donc plus 
fi tendus : ainfi les m.ufcles fe relâcheront, & les côtes 
en s'affailfant retomberont fur elles - m^êmes : vcilà 
l'expiration. Les côtes étant ainfi rabailTées , le fang doit 
s'exprimer dans les poumons j les mufclcG intercoftaux 
entreront mie féconde fois en contraélion, ainfi le thorax 
fe dilatera : voilà donc une féconde infpiration. Il en 
eft de m-ême clss infpirations , & des expirations fui- 
vantes, 

RFT-ADMIRABLE. Plexus devailîeaux & de fibres 
membraneufes , qui repréfentent un raifeau lort beau , 
lequel elt fitué fous la dure-m,ere aux deux côtés de la 
glande pituitaire. H eit plus grand dans le veau que dans 
l'homme, & l'on ignore fon ufage. Plufieurs Auteurs 
nient fon exiilence ch ez i'hommie , & E.uifch qui l'avoit 
indiqué verbalement & en figure , l'a enfuite rejette com- 
me fabuleux. Mais Varole, Morgagny &; Heuler le re- 
connoilfent unanimement. 

RETICULAIRE. IN^om qui fe donne à toutes les partie^ 
du corps humain , qui ont quelque reflemblance avecua 
refeau* Telle eft dans les os cette fub/lance filamemeufe,» 



R E U 44-È 

qui tient aux parois internes des os. Voyez Os. Telle eil 
aulîi plus fpécialemeDt la membrane de Malpjghi que 
nous allons décrire. 

Membrane reticulaire. C'efl; , félon M. Malpighi qui 
l'a découveite , un refeau vafculaire , fitué entre l'épi- 
derme & la peau, lequel eft trés-leniible dans la langue, 
mais qui fe fait appercevoir difficilement dans les autres 
parties du corps. Il y a eu beaucoup de controverfes par- 
mi les Anatomiftes , au fujet de ce tiifu. Les uns préten- 
dent que cette partie exifte réellement , qu'elle foutient 
les hoiipes nerveufes de la peau dans la couleur blanche 
ou noire , & efl très-diiiinguée de la peau & de l' épi- 
derme. Les autres au contraire nient fon exillence , âà^ 
fent que cette prétendue membrane n'eft qu'un appen- 
dice de l'épiderme , ou plutôt la furlace interne de l'épi- 
derme lui-même , fur ir.quelle on voit une p.rodigieufe 
quantité de petites lignes iaillanteSj qui font un fortbe'au 
refeau dans les m.ailles duquel les papilles nerveufes font 
comme enchaiîees. On lui donne auffi le nom de tiilti 
leticuîaire de Malpighi. 

RETINE. C'eft le nom que l'on donne à la membrane 
la plus interne de l'œil. Elle tapiffe le fond de l'œil , & 
efl étendue fur la choroïde, fur laquelle elle s'avance juf- 
qu'auligament ciliaire, autour duquel elle eil fortement 
collée. Son. épaifTeur eft con(idérable au fond de l'œil , 
& diminue à mefure qu^elle approche du ligam.ont ci- 
liaire. On peut la confidérer commie une efpece de pulpe 
mollalTc , étendue far une toile reticulaire extrémem.ent 
fine. Elle eft parfemée d'un très-grand nombre de vaif- 
feaux. Prefque tous les Anatomiftes la regardent comme 
une expanfion de la fubftance médullaire du nerf opti- 
que. Il y a des Auteurs qui lui refufent cette origine , 
fondés fur ce qu'on voit manifeftement cette fubftance 
médullaire fe terminer à fon entrée dans le globe , par un 
petit bouton blanchâtre. 

REUNI. Se dit des bords d'une foîution de continuité, 
quife font unis par le moyen des remèdes & des bandages, 
comme ils l'étoient avant leur defunion. 
., REUNION. Opération p«r laquelle, en rapprochant 



44t. î> H Y 

des parties divifées contre nature, on procure ane nou- 
velle union , Se le rétablifïement de la fbndion léfée par 
la défunion. Voyez Synthefe. 

REUNIR Procurer par des remèdes ou des banda- 
ges , la réunion de quelque partie divifée contre na- 
ture. 

RHAGADES\ Fentes & crevafles ulcérées , qui fc 
font aux lèvres, aux mains, au fondement , au prépuce, 
aux parties naturelles des femmes , aux mammelons , 
accompagnées fouvent d'une rugofité & d'une contradion 
de la peau, qui les rend fort douloureufes & fort incom- 
modes. On les guérit en détruifant les callofités, par le 
biftouri & les cauftiques , après quoi Ton applique deiîus 
les vulnéraires comme dans les fimples plaies. 

RHEXIS, Rupture de veine , d'abfcès , de tubercule. 
En terme d'Oculille , c'eft aufli la rupture de la cor- 
née. 

RHOGME'. Fraélure fuperfîcielle , droite , étroite , 
longue , & une efpece de fraélure du crâne , qui conlifte 
dans une fente fuperficiclle , ou même profonde , pour- 
vu que les pièces d'os ne foient point déplacées. Voyez 
traEture, 

rhomboïde. Mufcle de l'omoplate , qui a ordi- 
nairement deux portions diftinguées. Son nom lui vient 
de fa figure qui repréfente un loiange. La portion fupéri» 
€ure elï attaché e au ligament cervical poil:érieur, &aux 
apophyfes épineufes à^^ deux ou trois dernières vertèbres 
cervicales i l'inférieure qui eft beaucoup plus large, s'atta- 
che par un plan tendineux aux apophyfes épineufes àz'i 
quatre vertèbres fupérieures du dos : ces deux portions 
vontfe terminer à la bafe de l'omoplate, & tirent cet os 
vers l'épine du dos. 

Ce mufcle eft recouvert par le trapèze , & ilrecouvrc 
lui-m-ême le dentelé poftérieur & fupérieur. 

PHYAS. Diminution confidérable , ou même con- 
fomption totale de la caroncule lacrymale , fituée dans 
l'angle interne de l'œil , d'où réfulte un larmoiement 
continuel par le défaut de cette caroncule , qui ne peut 
plus diriger les larmes dans les points lacrymaux. Cette 



R I S 44} 

ïrialac^ie eft oppofée à l'encaiiithis ; elle efi; fouvent l'effet 
des corroiifs appliqués imprudemment dans l'œil, ou d'une 
féronte acre , qui fe jette fur cette partie : elle fuit ordi- 
nairement , ou elle accompagne la fiftule lacrymale. 

RIANTES ou RIEUSES. Les anciens Anatomiftes 
appelloient ainfi les dents incifives , parce que ce font 
celles qui fe découvrent lorfqu'on rit. Voyez Dents. 

RIDES. Eminences longuettes en forme de plis & re- 
plis , qui fe irouver.t dans plufieurs cavités du corps. Dans 
î'eftomac , par exemple, au palais , dans le vagin , dans 
les inteilins , &c. Voyez Palais^ Fagin ^ Vieille Jfe. 

Pv.IOLANISTE. On donne ce nom à un mufcle flé- 
chiifeur de la cuiife , parce que Riolan , célèbre Anato- 
mifte de Paris efl le premier qui en a donné une bonne 
defcription. Il eft plus connu fous le nom de pediné. II 
s'attache par fon extrémité fupérieure à la partie fupe- 
rieure de l'os pubis , & par l'inférieure , au-deffous du 
petit trochnnter. 

RIS. Modification desmufcles du vifage , qui annonce 
la joie & le plaiiir de l'ame. L'Anatomie découvre des 
nerfs qui viennent du cerveau fe répandre dans le vifage, 
<& dont quelques-uns vont s'inférer dans le nerf du dia- 
phragme. Apparemment les efprits animaux déterminés 
par un fentiment de joie fubit & vif, à couler rapide- 
jnent par ces nerfs dans le diaphragme , en gonflent les 
•vaifleaux tout-à-coup. Le diaphragme s'élève , fe baiffe 
alternativement. Cette alternative de fecoulîes frappe al- 
ternativement & prelTement le poumon. L'air forcé par 
ces fecoulfes réitérées de fortir du poumon, & de s'échap- 
per par la glotte à différentes reprifes , produit ces fons, 
ces éclats entrecoupés , qui font le ris. 

Le fang que le poumon comprime , pouffe vite par le 
côté gauche du cœur jufqu'au vifage , les efprits animaux 
qui remplilfent mille petits nerfs , mille petits tuïaux du 
vifage , &: preifent les conduits du fang ; de là les efforts 
que fon fait en riant ; tout cela dilate, épanouit le vi- 
. fige , force le fang de fe filtrer prefque fur la furface , & 
c'eft un nouveau coloris. La contention fait couler des ef- 
!, pries animaux dans les yeux i la cornée s'étend , & reflé- 



^4_4 R O N 

chic la lumière plus vivement , & les yeux en font plus 
brillants. Dans les eriorts, les vailTeaux qui portent les 
larmeSj reçoivent-ils trop de liqueur? ou bienfe trouvent- 
ils trop reiîerrés ? La liqueur s'échappe i ce font des lar- 
mes , & l'on pleure à force de rire. 

RISOEJU^. IMom que l'on donne au mufcle canin , 
parce qu'il tire les lèvres de côté&: en hautj& qu'il exerce 
Ion adion quand on rit. 

RIZAGRAN. Inftrument de dentifte , dont le nom 
fi2,nïtiQ tire- racine, c'eft une efpece de tenaille , dont les 
bouts font prefque pointus pour entrer dans l'alvéole , 
Se pincer les relies d'une racine qui y eft demeurée. Il eft 
fort nécefîaire aux Arracheurs de dents. Le pouifoir eil 
toutefois fouvent plus nécefîaire , & fert mieux dans plus 
d'occafions, ^ 

ROCHER , LA ROCHE. Os pétreux ou pierreux. 
Nom que l'on donne à une partie de l'os temporal , à 
caufe de fa grande dureté. C'eil dans l'intérieur de cet os 
que l'oreilie interne eft placée. Sa furface préfente beau- 
coup d'autres chofes à remarquer. Voyez Temporal. 

ROGNONS. On donne vulgairement ce nom aux 
reins. Il y en a qui lesconfondent avec les tefticules, mais ■ 
c'en: mal à propos. Voyez Reins- 

ROND, (le grand) On donne ce nom a un mufcle du y 
bras , quoiqu'il ait plus de largeur que d'épaiifeur, parce • 
qu'il approche de la figure ronde. Ce mufcle a une de • 
fes attaches à toute la face externe de l'angle inférieur de ' 
l'omoplate; l'autre extrémité eft attachée à la partie fu-- 
périeure & interne de l'os du bras, au bas de la ligne of- • 
feufe de lapetite tubérofité, un peu plus bas que le grand \ 
dorfal. Les tendons de ces deux m.ufclesne font pas con- • 
fondus , comme ils le paroiiTent d'abord au premier coup - 
4'œil ; ils fe croifen.t un peu l'.un fur l'autre par leuïs . 
bords. La portion antérieure du grand rond eftcachécpar 
Je deltoïde. 1 

L'ufage de ce mufcle eft de tourner le bras , & de le • 
tirer en arrière. On voit par là qu'on peut le confidérer 
comme auxiliaire du grand pecloial. 

Rond, {le petit) Mufole fort charnu , qui s'attache paj: 



ROT ^ 44f 

tonc de fes extrémités , à toute la côte inférieure de l'o- 
moplate , & va fe terminer par Ton autre extrémité à la 
partie intérieure de la groile tubérofité de l'humérus, au- 
deifous de l'attache du lous-épmeux. Le petit rond eft re- 
couvert par le dclroïde , &.psii's lui-même fur l'origine 
de la longue tête du triceps brachial! Le tendon de ce 
mufcle en pailant fur le ligament capfulairc du bras , y 
contrade une adhérence qui augmente la force de ce li- 
gament , & l'empêche d'être pincé dans les mouvemens 
du bras. Ce tendon eft collé avec celui du fDus-épineux , 
ce qui a fait que les anciens Anatomiftes ont confondu 
ces deux mufcles enfemble^ 

Ce mufcle peut aider à tirer le bras en arrière , & luî 
faire faire la rotation. 

ROTATEURS. ( mufcics ) On donne ce nom aux 
mufcles obturateurs, parce qu'ils font tourner la cuiife, 
iVoyez Obturateurs, 

ROTATIO^\ (mouvement de) Il a lieu, fuivant M. 
Lieutaud, lorfqu'un os percé reçoit dans fon trou une apo- 
phyfe , fur laquelle il tourne comme une roue fur fou 
effieu. Telle eft la première vertèbre du col, qui tourne 
fur l'apophyfe odontoïde de la féconde. On l'a appelle aufli 
Zrochoide. 

î ROTULE. TsJom d'un os placé fur le devant de l'artî» 
jculation de la cuiiïe avec la jambe , & qui forme le ge- 
nou. Les anciens Anatomiftes lui ont donné ce nom , 
parce qu'ils l'ont coniidéré comme un os rond. Ils lui don- 
jnoîent encore le nom de meute , ào. palette du genou , de 
\houdier , èH os fcutiforme : la figure de cet os approche de 
jcelle d'un cœur applati , dont la baie eft en haut , &: la 
ipoiiîte en bas. On y remarque deux l^czs^ une externe ou 
[antérieure , une interne ou poftérieure. 
I On voit à la bafe de cet os une empreinte mufculairc 
[fort large. Sa pointe eft mouife , & fert d'attache à un 
[fort ligament. Ses bords font moins épais que le mi- 
liieu. 

1 La face antérieure ou externe eft un peu convexe, lé- 
: [gérement inégale & fiUonnée. La face poftérieure ou in- 
t [;eme regarde l'articulation i elle eft recouverte d'un eai*^ 



446 R U G 

tiiage , & divifée en deux par une élévation fort confidé- 
rahle, qui s'étend depuis la baie julqu'à la pointe, & 
s'ajufte avec la poulie que l'on remarque à la partie an- 
térieure & inférieure du fémur. 

Cet os elf long-tems cartilagineux dans le jeune âge ; 
dans les adultes, il eit ipongieux , & recouveit d'une lame 
très-mince , de matière compaéte. 

M. Winflow la coniidcre comme une pièce qui ap- 
partient au tibia , & qui doit être regardée coir.me un 
olecrâne mobile. Elle ell attachée pat un fort ligament , 
qui va de fa pointe à la tubérofité du tibia. Il y a encore 
deux bandes lisamenteufes , qui vont des bords de la ro- 
tule à la partie fupérieure du tibia. D'ailleuts le ligament 
capfulaire de cette aiticulation s'attache tout autour delà 
rotule , en forte que cet os fait coip.me une partie de la 
capfule qui environne farticulation. 

La rotule peut être luxée fur les côtés, & affez fujette 
aux fiaélures en travers. 

ROUSi*EUR!^ . Taches brunes, plus ou moins nombrcu. 
fes, qui paroiifent fur la peau en général & pârticulieie- 
mentfurle vifages. Voyez Lentille, 

RUCHE. ISIom que l'on a donné à la conque de l'o- 
reille externe. Voyez Conque. 

RUGÎavE. Inltrum.ent qui fert à racler les os. Il y en 
a qui l'emploient pour nétoier les dents , leur ôter le tuf 
&; le tartre , dont elles fe couvrent. Avec d'autres , on 
ratiile & découvre les os altérés. Les rugines à dents ont 
tout au plus quatre pouces & demi de long , y com- 
pris un manche d'ebène ou d'ivoire qu'elles ont , lequel 
eft taillé à pans. Leur tige eft d'un acier poli , de figure 
pyramidale: elle a environ deux pouces deux lignes de 
long , eft terminée par une petite lame horifontalement 
lituée fur fon extrémité , plane en deifous, compofée en 
deiTus de pluiieurs bifeaux , qui forment un tranchant 
tout autour de cette laine , qu'on doit regarder comme 
la rugine proprement dite. L'inllrument en queftion a 
différentes figures. Il y en a de triangulaires , de pointus 
d'un côté, arrondis & tranchants de l'autre j il y en a d'o- 
livaires , & fans faillie du côté oppofé à la pointe. Ces dif-i 



SAC 447 

^rentes rugînes fervent à nétoïer & ratiiTei: les dents de 
la mâchoire fupérieure. On fe fert des premières pour les 
dents de devant , des fécondes pour celles des côtés , & 
des troifiemes pour celles de derrière. 

Les rugines qui s'emploient pour découvrir les os , les 
ratilTer , &c en ôter la carie , font longues au moins de 
cinq pouces & demi , leur lame tranchante tout autour, 
& taillée aufl.1 en bifeaux , efl plus grande que celle des 
précédentes : elle a un pouce quatre lignes de longueur ^ 
fur fept lignes , ou environ de largeur. Il y en a de quar- 
rées, de pointues par un bout , & arrondies par l'autre , 
de triangulaires , ou d'autre figure convenable aux os , 
fur lefquels on les emploie- Voyez Trépan , amputation ^ 
Carie 6* Exoflofe. 

RUGINE'. Se dit des os qui ont été entamés par le 
moyen de la rugine. 

RUGINER. Racler un os avec une rugine , pour ea 
découvrir les maladies , & y porter des remèdes, 

RUPTOIRE. On a donné ce nom au cautère poten* 
tiel. 



S. DU COLON. On donne ce nom à la dernière cour*, 
bure que fait l'inteftin colon en fe portant en forme 
•d'S romaine de l'os des îles , où fe termine la grande 
icourbure , à la partie fupérieure de fos facrum , où il 
lionne naiffance au redum. 

f SAC. Enveloppe qui contient la matière d'une tumeur 
fenkiftée. C'eft la même chofe que kifte. Le fac eft fou^ 
j/ent un foUécule glanduleux , qui prête &: s'élargit à 
[nefure qu'il retient plus de matière. Voyez Kijie 6*. 
Loupe, 

SACHET. Médicament topique , compofé d'herbes , 
e feuilles, de racines , de gommes, de drogues de pilées , 
[u on renferme dans un petit fac de toile , de cuir ou de 



^S SAC 

foie , Se que Ton applique fuivaut les indications , fur 

difieientes parties. 

5ACRE'. On donne quelquefois ce nom a un mufcle 
des lombes , qui porte aufîi ceux de demi-épineux , & de 
tranfverfaire épineux. Voyez Tranjverfaire épineux 
des lombes. 

SACllE'ES. ( artères & veines) De la partie poflé- 
rieure de l'extrémité de l'aorte defcendaiite, de fa bifur- 
cation même , on voit naître ordinairement une , deux, 
trois , quatre artères , qui tendent vers l'os facrum. Ce 
font ces artères , qui portent le nom àz facrées. Souvent 
elles fortent de l'aorte plus haut, des lombaires , & quel- 
quefois plus bas , des iliaques. Elles fe ramifient au relte 
iur l'os facrum , & aux parties voisines, au redum , & 
aux autres parties environnantes. Mais elles fe dillri- 
buent principalement aux neris qui font dans le canal de 
i'os facrum. 

Il n'y a pas toujours deux veines facrées. Souvent mê- 
me il n'^y en a qu'une qui naît des extrémités des artères 
de même nom , fe conforme aux plis des artères^ monte 
delà manière que celles-ci defcendent , & va fe jetter 
dans une veine iliaque , ou plus fouvent dans le milieu 
de l'angle de la bifurcation de la veine cave , ou pour 
parler plus juife dans le confluant de deux iliaques. 

Sacrées, (^glandes ) Elles fe trouvent dans le bas-ven- 
tre fur l'os facrum. Leur volume varie comm.e leur nom- 
bre. On les regarde comme limphatiques, & de la nature 
des lombaires j & des hépatiques. 

Sacrés, {ganglions') Les Anatomiftes donnent ce nom 
aux ganglions hordéiformes , que l'intercoftal jette fuc 
l'os facrum. Voyez Hordéiformes 6* Interco\lal. 

Sacrés, [nerfs) \' oy ex Paires de nerfs. 

SACRO-COCCIGIEN , ou COCCIGIEN POSTE- 
RIEUR. C'eft un petit mufcle qui s'attache à l'épine de 
l'os ifchium , au facrum , & au coceix. 

SACRO-LOMBAIRE. Mufcle couché fur toutes les 
vertèbres, fur Irfquellesil s'étenddepuis la tête , jufqu'à* 
l'os facrum. Il eft mince , &: plus lar^e inférieurement ,- 

qu^ 



SAC' 44^ 

fa partie fupérieure. Il Te trouve étroitement accompagné 
duIon2^ dorfal, dont il n'ell feparé que pai: une membia- 
ne celtulaiie fort étroite. M. Winilow voudroit qu'où 
Tappellat lornho-cofîal , ou djrjal moïen. 

Ce mufcle s'attache inférieurement à la partie fupé- 
rieure & externe de l'os facrum , & de la partie poflé- 
rieure de l'os des îles , par une aponévrofe tendiaeufe , 
lar'2;e & mince , qui recouvre aufli le 1 Jng dorfal , & y 
cft'^iort adhérente. La partie poftéiieuie de ce mufcle, 
en montant obliquement produit plufieuis gros paquets 
mufculaires , qui vont s'attacher auxapophyfes tranfverfes 
desveLtébres lomibaires. Ce mufcle monte enluite le long 
de tous les côtes, & va fe terminer ordinairement aux 
apophyfes tianfverfes des deux ou trois dernières vertè- 
bres du col 5 quelquefois plus haut , Ôc d'autrefois il ne 
paile pas la première vertèbre du dos. Le côté de ce muf- 
cle qui regarde les côtes, eft divifé en plufieurs petits 
mufcles , qui vont s'attacher aux côtes. On y remarque 
deux plans , dont les fibres fe croifent, & ont une direc- 
tion contraire. Les petits mufcles qui partent du plan ex-» 
térieur , fourniffent dans leur chemin des tendons , qui fe 
terminent obliquement de bas en haut aux angles des cô- 
tes. La direélion, au contraire, de ceux du plan intérieur, 
eft de haut en bas ; ils fe croifent avec ceux du plan ex- 
térieur , & fe terminent obliquement par autant de ten- 
ions aux angles des huit ou neuf côtes inférieures. Il y a 
des Anaiomilles qui en font un mufcle particulier, au- 
quel ils ont donné difïérens noms. Les uns le nomment 
accejfoire du facro- lombaire de S tenon : d'autres , cervi- 
cal dejcendant de Diemerhroeck , quelques - uns petic 
Zranfver faire du col , ou le collatéral , & enfin M. Winf- 
low l'appelle tranfverfaire grêle du col. 

L'ufage du facro-lombaire eft de redrefTer l'épine , &: 
de la tenir étendue. Quelques Anatoir.iftes ont prétendu 
qu'il fervoit à la refpiration, que fa portion qui fe porte 
obliquement de bas en haut , abaiiTe les côtes dans l'expi- 
ration , & que la portion fupérieure les relevé dans le 
tems de l'infpiration. Ce fentiment paroîr peu fondé. 
SACRO-SCIATIQUE. ( ligament ) 11 tient d'une 
D. de Ch. Tome II, F f 



4^0 SAC 

paît à îa fkcc interne (îe la portion poftérieurc <îu liga« 
îBcnt ilio-fciatique , intérieurement au bord de la partie 
inférieure de la quatrième fauiVe apophyfe traniverfe de 
Vos iacrum , à celui de la cinquieaie , & tout de fuite jul- 
qu'à la partie lupérieure du coccix. De-là il monte un 
peu obliquemer.t en fe cioifantavec le liLament ilio-lacro- 
îciatique , & en adhéiant t:)rtement à la face interne , 
pouL aller earnerrepine de rifchion, fans diminuer beau- 
coup de fa largeur. Il s'attache de cette autre part aa 
tranciant de la pointe de cette cpine , 6l à celui de la. 
partie fupéricuie. 

SACRUM. Nom d'un grand os trianculaire , placé à 
îa baie de la colomne vertébrale , ^ lur lequel elle eft 
appuiée. 

L'origine de fon nom cft fort incertairc : les uns ont 
prétendu qu'elle vient de ce qu'il fouticnt les parties gé- 
nitales que l'on a re£ar;'écs cumme l'aciées , 6l comme 
honteufcs : (car le mot latin (acrum fgnifie Tun & l'au- 
tre) d'autres loutiennent qu'il vient de fa grandeur, parce 
que les Anciens donnoient le nom de iacre à tout ce qui 
étoit d'une grandeur deméfurée j bc en confiderant l'os 
facrum comme une vertèbre , c'eil la plus grande de 
toutes. 

Cet os dans les enfans eflcompofé de cinq ou lix pièces 
ue l'on 2i^^t\\QfauJfes verithres , parce qu elles ont la 
gure des vertèbres iir.parfaites ; elles font feparées par 
^es cartilages qui s'endurciffeut & s'ollilient avec l'âge , 
au point de ne plus faire qu'un feul os. Ces différentes 
pièces ainfî reunies préfentent un triangle dont la bafe ré- 
pond à la dernière vertèbre des lombes, & le fommet , 
qui e/r un peu tronqué, au coccix. La baie du triangle 
cfl plus large que celle de la dernière vertèbre lom- 
baire. 

On remarque deux faces à cette vertèbre , une anté- 
rieure , & une pollerieure j oa une externe , ^ une in« 
terne. 

La face antérieure ou interne cft concave , afTez égale. 
On y voir une rangée de quatre ou cinq grands trous de 
chaque côté , par Icfqueh paiicnt de très-gros nerfs , que 



l 



SAC 45r 

■l'on nomme pi&és. Ces uous paroifient faits par la reu- 
nion des échaiicrurcs des vertèbres , doi.t k lacrum etoit 
rompoiedaiisTeuiraiit. il y a quatie trou, de cnaque coté , 
lorique dans l'emance le lacrum éco't compuie de cinq 
pièces , 5»: il y en auroit cinq , s'il eu t fa t de lix pièces, 
*ce QUI arrive quelquefois. £1 tre ccs di.erens crous , on 
trouve des li nés plus ou moins maïquces qui s'éten- 
dent en travers d'un côté à l'autre. Elles (ont ia'tes par 
l'oiufication descarcilav^es qui, dans l'enfance^ fepaioienc 
les diiriérentes pièces du lacrum. 

La face potlerieuie ou externe eft convexe, & fort iné- 
gale. On y voit autant de trous qu'à la face lùterne, & 
ils communiquent enlemble. Ceux d. la face exterrie lonc 
plus petits , & prefqu'entlerement bouches par des ii^a- 
mens dans le cadavre , &: il n'y pafle que de très- pecics 
filets de nerts , qui percent à travers les merabrane^^ , ÔC 
vont fe difiribuer aux parties vo^lines. On remarque les 
mêmes lignes tranfverlales que l'on voit à la face interne, 
& qui lont formées par rofiiiîcation du cartilage inter- 
médiaire , qui feparoit ces vertèbres impanaites dans 
l'enfant. Entre les deux rangées de trous on trouve fur 
le milieu de l'os plufieurs apopbyfes qui s'étendent de 
haut en bas. Ce font les apophyies cpmeufes des faulTes 
vertèbresdont le lacrum eif compofé ; les deux inférieures 
en ont de très-petites. Souvent elles font un peu four- 
chues , ce qui forme une efpece de c:outiere plus ou moins 
Tïiarquée. Elles font plus conhdéiables & rnieux mar- 
quées à la partie fuperieure du lacrum , & dim nuent en 
elefcendant. On trouve au bas deux petites émine ces, 
qui portent le nom de cornes , & qui font attachées nac 
des ligamens à deux femblables du coccix. A la partie 
fupérieure de la même face , on trouve deux apjp yfcs 
articulaires , qui font femolabîe. aux aiifes an )phyfes ar- 
ticulaires des vertèbres lombaires : celles du facrum re- 
çoivent lesapophyfes articulai es inférieure-, de h de niere 
vertèbre des lombes , aveclefquelles elles s'a "ciculent. A 
côté de chacune de ces deux apophyfes, on remarque une 
échanciure qui a le même ufage qae celle des vertëb'es 
c*ell-a-dire , de hiiler paifer les nerfs qui partent de la 



'4^% SAC 

moelle épiniere , Se vont fe rendre à diverfcs parties an 
corps. Il y a deux petites échancrures à la partie infé- 
rieure &;lateraledu iacrum ,qui (e rencontrant avec deux 
femblables du coccix qui y répondent , donnent auffi paC- 
fage à de petits nerfs. 

Le bord fupérieur de Tos eft épais , fort large , beau- 
coup moins cependant que la face inférieure de la der- 
nière veTtèbre des lombes qui y répond , parce que le car- 
tilage intermédiaire qui les fepare , eft très-épais , & dcC^ 
cend en fe retjécillant à mcfure qu'il approche de l'os fà- 
crum. Cette face eft fort inclinée de devant en arrière , 
de forte que la hauteur de la face antérieure eft plcscon- 
fidérable que celle de la face poftéricurej ce qui s'obferve 
aufli dans la dernière vertèbre des lombes. 

C'eft à cette face fupérieure du facrum , que l'on re- 
marque un grand trou laige , un peu triangulaire, & fore 
applati : c'eft la continuation du canal vertébral. A me- 
fure qu'il deicead dans l'os , il diminue & communique 
avec les deux rangées de trous , dont nous avons parlé. 

On trouve à la partie fupérieure des deux bords laté- 
raux une face articulaire plus longue que large. On lui a 
donné le nom Aq Jïgmni/e ^ à cs.u'lq de la reiremblance 
qu'on a cru lui trouver avec le figma des Grecs. On l'ap- 
pelle <!L\i&. femlluTîàire. C'eft par ces faces que le facrum 
s'unit avec les os des hanches, au moyen d'un cartilage in* 
termédiaire allez mince. 

L'angle inférieur porte une petite facette articulaire 
pour fon articulation avec le coccix 

Le facrum eft compofé de fubftance fpongimfe , revê- 
tue d'une lame trés-mince de (ubftance compade. Cette 
lame compaéle elle-même eft percée pofterieuiement 
d'une infinité de petits trous qui donnent palfage à des 
vaiiTeaux fanguins, qui vont à l'intérieur de l'os 

Le facrum eft articulé fupérieurement avec la dcniere 
vertèbre des lombes , parle moyen d'un cartilage inter- 
médiaire, comme le font toutes les vertèbres entre elles., 
înférieurement avec le coccix, & latéralement avec les 
os des îles. Ces deux dernières articulations deviennent 
immobiles dans le grand âge. Ordinairement celle du coc- 



s AH ^ 45^ 

cix eft un peu mobile , & celle des os innominés permet 
un léger écartement de ces os dans l'accouchement. 

La'quantité de neifs dont la cavité du facium eft rem- 
plie , tend les fiadlures de cet os aufTi dangerealcs que 
celles des vertèbres mêmes: elles font fuivies des mêmes 
fymptômes. La fubftance fpongieufe dont il eft formé , 
eft caufe que la carie y fait en peu de tcms de grands 
progrès. 

SAGE-FEMME , Accoucheufe Les qualités d'une 
bonne Sage-femme font d'être parfaitement inftruite de 
tout ce qui concerne l'ait des accouchemens , d'être de- 
probité & de bonne f ji , attentive à prévenir ce qui peut 
incommoder les femmes en couche , d'être propre &com=.. 
plaifante , de ne rien entreprendre pai- rapport aux mères 
& aux enfans nouveaux nés, rien dont elles ne foienc 
sûres , & furtout<^e favoir fe conformer de point en point 
aux ordonnances des Médecins éclairés , ou des Ac- 
coucheurs habiles. 

Il eft très- avantageux que les Sages-femmes foient par- 
faitement inftruites de tout ce qui concerne l'art des ac- 
couchemens. La confiance que leur donne une infinité de 
Hieies l'exige. Aufïi , bien loin de les écarter des lits des 
femmes grolTes , les Accoucheurs rendroient plus de fer- 
vice à l'humanité en leur communiquant leurs luiTiieres. 

Les Athéniens avoient une loi qui défendoit auxfem». 
mes de pratiquer les accouchemens. Agnodice , jeune 
fille d'Athènes s'habilla en homme , fut prendre les le* 
^ons de Hierophilc , & fe perfedionna à l'école de cet 
habile Médecin. Ayant fait part de fon fecret aux Dames 
de la Ville, elle s'attira leur confiance , & en même tems 
la jal-^ufie des Médecins qui l'accuferent d'abulet de fon 
état pour carrompre les femmes; mais elle difTipa bientôt 
la calomnie en faifant connotti-e fon fexe aux /iiges, & 
fe loi fut abrogée. 

• SAGITTALE. Nom que l'on donne à une future qui 
unit enfemble les deux pariétaux -, elle s'étend de la fu-. 
t-ure coronale à la lambdoïde : elle eft fort droite, & c'eft; 
de là que lui vient fon nom. Elle s'efface, dans le grandit 
âge,, 3ç furtou^t àrintérieut du crâne, 

F £iij 



454 , S A î 

à'AÎGNFE. Opération qui confiée à tirer d'un vaîf- 
feau fani^uin une p Jit'on de la mail e du fang pour la ué- 
rifuu d'une maladie Ce irot le prend aufTi poui l'évacua- 
tion même du lang , par l'ouvertuif faite a i vaiileau. On 
«^iftingue deux iortes de iai'juée quant aux vail'feaux que 
l'on ouvre : la première , & la plus hequente qui le fait 
aux veines , le nomme proprem-entyL.'/î/^^6'^o7;2/<? : la fé- 
conde qui fe pratique aux artères , s'appelle anerio^ 
tomie. 

La faignée relativement aux parties dont on ouvre les 
vaiileaux . porte encore diueren^ noms i de-là la fai née 
du bias , celle du pied , celle de la ugulaiie , celle de la 
tempo aie , ^c. mais fi l'on confidere les effets qu'elle 
produit j on la diliingue en revuljive , en dèrivati-ve , 6c 
en éyacuative. Celle-ci caadérile toute faignée , n'y en 
ayant aucune qui ne d minue la maife du farg. Quant à 
la faignée rcyutfiye , c'eft celle qui fe pratique pour dé-- 
îourwcr une partie le fang qui y aborde en trop grande 
quantité . & avec trop d'impétuofité. La dtrivati-ve efl 
celle qu' fe fait en quelque paitie du corps , à deffein d'y 
faire c)ulr le fang avec plus de célérité , de manière qu'ii 
emporte comme un torrent tous les embarras qui s'y font 
formés. 

L'ancienne Mé^ecire vantoit beaucoup la revulfion &; 
la d rivarion ; 6t. la théorie que les Auteurs des fiecles 
paifes ont d'>nnc;e fur l'article a l nig - tems fait la rè- 
gle , ck: fourni l'explication è^f^-, phénomènes de la pra-^ 
tique. C'eft fonde iur c^tte théorie , que tou? les Méde-» 
cins choifîfioient . n'a gueres encore avec un fcnipule 
étonnant les veines pour la faignée , qu'ils attribunient 
des ve'ncs di opres à chaque partie , & croyoient que c'é- 
toit un crime de ne les pas ouvrir toutes les fois que ces 
parties étoient attaquées de maladies. Ainfi il falloitou- 
viir la veine interne du coude, nommée bafiiique quand 
les parties qui font fous les clavicules étoient afFedées j 
& h veine externe , nommée céphalique ^ 1 nfque les par- 
ties qui f)nt au-deffus de la gorge , favoir , la face , le 
goliei , les yeux , la tête , étoient alHigces; enfin la mé- 
diane quieil commune aux unes & aijx autres, quand il pa- 



5 A I 4^1 

roi/foît ncccfTaîre c^e tirer du fang cïes parties fupérieures 
& infcrieuies travaillées de maladie en même tems. Mais 
plus éclairés de nos jours par les lumières de la faine Phy- 
sique , les Médecins ont abandonné ces pratiques, qui ne 
font fondées ni fur l'expérience , ni fur la raifon , mais 
uniquement fur les préjugés. Car aujourd'hui que la cir- 
culation eft découverte, il ell clair que toutes les veines 
ont communication avec le cœur , qui elt le refeivoir 
univerfel du faiig , & de-là avec toutes les autres pairies 
du corps , & que par confequent la quantité du fang eft 
diminuée égalementdans toute l'habitude du corps; quel- 
que veine que Ton ouvre dans la laignée , & le (àng fu« 
perflu évacué c-_^alement par-tout. 

Cependant, quoiqu'il foit de la revulfion 8c de la dé- 
rivation, toujours n'eft-il lien moins qu'indifiétent dans 
bien des cas de pratiquer la faii^née au b; as , au pied , à 
la gorge , à la tempe, v^x c'eft ce qu'il convient qu'un Mé« 
dccin prudent & habile deteimiDe auparavant. Il y a fur-> 
tout des précautions à prendre avant la faignée , qu'un 
Chirurgien fouventanp*.lle le premier, ne doit nullmentr 
ignorer. Voici des règles générales que l'ufage & la rai- 
fon ont approuvées , é^ q^u'il doit tres-foigneufement re-* 
tenir. 

1°. Gn ne doit tiier du fang que loin du repas , 8c 
quand l'elliomac eft vuide , de façon qu'il ne fourniiie plus 
de chile au fang , & que celui qui lui a déjà été fourni , 
ne conferve plus fa forme. L'on s'apperçoit après la fai- 
gnée qu'elle a été faite trop tôt apiès le repas , quand 
une liqucui- femblable à du lait , fumage le fang qui a 
été tiré. C'eft pour cela qu'il eft d'ufage de faigner le 
matin à jeun , ou quatre à cinq heures après le dîner, 
Néanmoins, fi la maladie étoit pielTance, te'le qu'une 
grande inflammation , une apoplexie , une fuflocation 
coniîdérable, une chute grave , une forte cortufion ; â 
quelque heure du our que ce foit , il eft néceifaire d'ou- 
vrir la veine fans aucun délai, a''. Il convient de faire pré- 
céder la faignée p^ar un lavement , afin que la circulation 
du fang dans le bas- ventre devenant plus lib^e, la revul- 
fion & révacuationfe fallçnt plus commodément , &qu,c 



456 S A 1 

les maticL'cs viciées Gontenues dans les premières voîes^ 
ne palfent pas dans le lang , pour y remplir la place d^ 
fang évacué. 30. il iaut bien fe donner de garoe de lai- 
gner dan^ le îiiilon , qui eil d'ordinaire le prélude d'un 
accès de fièvre. La circulation alors quoique fiéquente ^ 
eil trop foible > mais litôt qu'il y a grande chaleur , on 
ouvre la veine en toute sûreié , même dans le fort de l'ac- 
cès , ce qui fe pratiq.ue aiTe- communément aujourd'hui, 
& avec u.icc:s, ,^. Il ne faut point faigner les femmes 
^ans le tems des relies , £i ce n'eft qu'aune maladie gra^ 
ve , comme l'apoplexie , la pteurelie ou la futfocation , 
&:c. n'y oblige'; t de nécefiité encore alors i"audroit-il ou- 
vrir une veine du pied. 5^. La .aignée eft en général fi 
utile aux femmes enceintes-, qu'il en etl peu à qui elle ne 
convienne , fbit pour empêcher qu'elles ne fe blelfent , 
foit pour les guérir de plufîeurs incammodités qui leur, 
arrivent dans cetems-là. Comme elles n'ontpoint de menl^ 
îiues , leuis vailleaux font plus remplis de fang , & ne fe 
contradent par conféquent que foiblement. La circula-3 
tion y eft lente , prmcipalement dans les panies internes^ 
où il s'accumule en plus grande quantité , & cela arrive- 
Surtout dans les femmes qui font jeunes , qui on bonap= 
petit, & font d'un tempérament fanguin. De cette grande 
plénitude de lang , viennent les dilatations des vaiffeaux, 
3çnême fur la peau , la pefanteur de la tête , les laifitudes 
fpontanées , la difficulté de fe mouvoir , le faignementl 
du nez qui leur arrive ii fléquemnrient. Or tous ces fimp-j 
îôm.es ne peuvent céder qu'à la faionée i & dans ces cas, 
c'eft la faignée du bras qui n'eft , com-me chacun le fent 
que purement évacuative. On faiene vers le troifîeme 01 
quatrième mois de la jrrolTeire , parce que c'eft alors qu( 
la pléthore eft plus notable, & nécelfairement cxiftante. 
par la fuppieflion des règles, & le peu de volume de l'em^ 
brion , qui n'a pas encore alTez de groiîeur 5c d'étendue, 
pour abforber toute la nourriture faperflue à la mère 
par cette fuppreflion. On faigne enfuite vers le huit 01 
neuvième mois, parce qu'alors les vaiiîeaux accoutumée 
è être gonflés , fe goigent très-aifément de fang , ce qui 
fouvent après l'accouchement pro.cure des pertes confidé-^ 



s A 1 457 

râbles & funeftes. La faignée avant le terme de l'accQu- 
chcment prévient puiiîammect ces eftets dangereux 5 ainû 
c'eft en général très-bien agir , que de faigner dans ces 
circonllances5 & de même qu au quatrième mois., encore 
plus exadlement qu'alors , il faut laigner du bras , jamais 
du pied , fi ce n'cil dans un danger évident de k vie , 
qu'il neferoit pas polTible d*écarter partout autre moïen. 

Il n eft pas, je penfe, non plus hors de propos de 
remarquer ici que les faignées aux femmes groHés doi- 
vent être petites , & plutôt fouvent répétées , que trop 
copieufes. Si l'on faifoit une trop grande & trop fubite 
évacuation , les vaifieaux s'afFaiiîéroient trop prompte- 
ment & généralement, de fa çon que ceux de la matrice 
qui s'abouchent avec ceux du placenta , venant à éprou- 
ver le même affaiifement fubit, pourroient fe féparer 
& procurer par leur défunion la chute du placenta & 
l'avortement. C'eft pour éviter cette trop grande révo- 
lution, qu'en certains pays, lorfqu'il s'agit de faigner les 
femmes enceintes , l'ulage eft d'ouvrir les plus groftes 
branches qui rampent fur l'avant-bras, fur le poignet, 
ou le deifus de la main , & qu'on ouvre rarem.ent les 
veines qui fe préfentent au pli du bras. 

On ne doit pas oublier qu'il faut également faire de 
petites faignées dans les maladies des femmes grolTes , 
qui en demandent de fréquentes, telles que font la pleu- 
réfie , la péripneum.onie &c. car les faignées trop fortes, 
leur font fouvent plus pernicieufes que favorables. 
• Il a été reconnu par des obfervations fûres & répé- 
tées, que l'on peut faigner en fureté dans les fièvres 
malignes, quand même il paroîtroit des taches pour- 
prées fur la peau, fi la grandeur de la fièvre & la vio- 
lence des accidens le demandent , & que les forces du ma- 
lade le permettent ; ce qui eft d'ailleurs conforme à la 
raifouj puifque les taches pourprées & toutes les érup^ 
tions de la peau qui s'obfervent dans les fièvres malignes, 
font autant de légers embarras du fang dans le tilïu de 
la peau, lefquels femblent indiquer la faignée, afin d'en 
rendre la circulation plus libre. Il faut remarquer cepen- 
dant que ces éruptions ne fonç trés-fouvent qu'un fympo 



4^8 S A I 

tome de l'efLomac embarralie & charg-é (?e mauvais le-* 
vains de digcllions malfaues , & que tî;es-louvent elles 
d'/patoiTient auffitct apiès i'adion d\n vomit-f ou d'un 
pargatifi ce qui ne confume pas la néceflite conl\antc 
delà faîgnée dans ces cas, & doit au contiaire la taire 
farpendie en bien des rencontres. En fixiéme lieu , il 
faut toujours tirer du fang d'une grolle veine & par une 
large ouverture _, non pas parce que l'on tire un fang 
phii; pur d'une petite veine, comme s'imagine fans rai- 
ion le vulgaire ignorant , mais parce que le fang fort 
avec plus d'impetuofité d'une grolle veine , & par une 
large incifion i ce qui procure une révolution plus grande, 
plus prompte & plus efi cace. 

Si le malade appréhende la faignée ou qu'il foie foible 
de complexion, & qu'ainfi il foit en danger de tomber 
en fyncope , on a coucum.e de le faigner couché dans 
fon lit. parce que dans cette ftuation le fang cucilc 
plus aifément , & par conféquent la défaillance eft plus 
rare. Il fera encore très-utile d'appliquer dans le moment 
une comprelfe avec ila bande fur l'ouverture de la veme, 
& de différer un peu la faignée, jufqu'à ce que l'efprit^ 
du m.alade fo:t un peu raifuré. Quand le fang coule trop- 
lentement , on pourra en accélérer le mouvement en 
faifant toulfer, éternuer le malade , en lui faifant tour- 
ner dans la main fécuit à lancettes. Il efl même expé- 
dient de tremper le bras dans l'eau chaude, parce que 
2a chaleur de l'eau enra:éiàant& dilatant le tiilu de la 
partie , attire un flux plus rapide du fang , comme il l 
arrive à la faignée du pied. Au commencement des mala- 
dies, on doit faire les faignées plus copieufes, les forces 
étant encore entière; mais dans la fuite, il faut tirer 
du fang avec plus de ménagemient , les forces étant déjà ; 
sbbatues par la longueur de la maladie , par une dicte - 
plus exade & par les faignées précédentes. Mais il ne 
faut jaiTiais aller à plus de quatre palettes , ou d'une 
livre de fang , dans la crainte de caufer par une trop 
grande évacuation , une défaillance confidérablc , qui 
îi'eft jamais fans danger. Enfin, il eft permis au malade 
de s'endormir après la faignée & de jouir du doux calme 



s A I 459 

que lui a procuré cet excellent remède. Rien ne rénou- 
velle plus pLomptcment les forces que le fommeil. Les 
anciens Médecins, à la vérité, étoient contraires à ce 
fentiment , mais nous croyons que faite avec les ména- 
gemens prefcrits , la .'aignée procurant un fommeil paili- 
bie, il eil très-avantageux de s'y abandonner. 

Au refte , li la faignée eil un des plus puijfans remèdes 
de la Médecine , elle eft de l'aveu de tous les Chirur- 
giens , fouvent la plus délicate & la plus difficile de tou- 
tes les opérations de la Chirurgie. ïl n'y en a point , 
quelques grandes & quelques pénibles qu'elles paroiifent, 
qu'ils n'aimaifent mieux faire, que certaines faignées , 
où après avoir cherché long-tems & pris toutes les pré- 
cautions nécefTaires Dour tirer du fang , la veine glilîc 
& s'échappe à la pointe de la lancette. Il faut donc pren- 
dre beaucoup de précautions pour la faire (ans encourir 
quelques reproches. Nous allons, comme dans toutes 
les autres opérations , détailler ce qu'il faut faire avantg 
pendant ^ après la faignée. 

Saignée du hras, 

1°. Les inflrumens qui fervent dans cette opération 
font , une ligature de drap rouge , Voyez ligature : 
une Lancette , un lancetier j l'appareil confifte en une 
bande, une comprelfe quariée, un verre d'eau ou de vi- 
naigre, ou de quelque eau (piritueufe , comme l'eau de 
la Reine de Hongrie , feau-de-vie de lavande, &:c. La 
bande doit être de toile qui ne foit ni trop neuve , ni 
trop ufée, fans liiiere ni ourlets , afm que la compref- 
fion ne foit pas plus forte fur les bords , qu'au milieu 5 
ainli un ruban de fil ne convient point. Elle doit avoir 
une aune & demie de longueur & un pouce de largeur. 
La comprelfe feia faite d'un linge fin , blanc de leilive, 
plié en quarré & en plufieurs doubles. Une feule fuffit 
pour l'ordinaire; mais quand on a affaire à un bras bien 
gras , on a foin d'en avoir deux , dont l'une foit un peu 
plus grande que l'autre, afin que la comprelfion foit plus 
iarc & plus exadlc. 



4^o SA! ^ 

2^^. Il faut avoir des poëlettes pour recevoir le fang^ 
& (e régler fur la quantité que l'on doit en tirer. 30. Si 
îa lumière du jour n'éclaiie pas fuftifamment , on fait al- 
îomer une chandelle ou une bougie. (Celle de S. Cômc 
efl la meilleure, ) 

Après ces préparatifs, le Chirurgien doit mettre (on 
malade dans une fituation commode. Si c'eft une faignéc 
èc précaution 5 il peut le faire alTeoir dans un fauteuili 
mais s*il a peine à (outenir la faignée , il fera plus fûre-. 
lîient de plus commodément dans fon lit , foit fur fon 
féant y loii couché hoiifontalement- Lorfque le Chirur- 
gien a bien fitué fon malade , il lui découvre le bras, 
jufqu'à environ quatre travers du doigt ar-^'ellus du cou-- 
de, obfervant que le poignet de la chemilé ou de la 
camifoUe ne le ferre pas trop , ce qui teroit une contre- 
ligature qui géneroic le cours du fang. Il fait enfuite 
étendre le bras du malade , dont la main dV) i être 
ouverte & la paume appliquée fur la poitrine , afin ue 
les mufcles n'étant pas gonflés, ne falle;it pas changer 
la fituation des veines; ir.ais peu de tems après , il fait 
empoigner le pouce ou le lancetier ^ de engage le ma-, 
iade à ferrer , afin que les veines païoiifent d'avan-. 
tage. Il examine les veines enfuite , & fi elles ne fe 
découvrent pas d'abord à la vue ni au toucher , il les rend 
fenhbles en ferrant davantage la ligature. 

Il y a quatre veines que l'on peut ouvrir, favoir, la 
céphaljque, la miédiane, la bafilique & la cubitale. Mais. 
avant de placer la b'gature fur ces veines & de la ferrer, 
il faut s'aifurer de leur fituation relative à l'artère & au 
tendon du mufcle biceps, afin d'éviter ces deux dernières 
parties. Il y a des bras où l'artère efl aufû fuperncielle 
que les veines , de manière qu'on pourroit s'y tiom- 
peu, fur tout après la ligature, qu'il ne paroît plus de 
pulfation. Quand le Chirurgien efl: ailiiré de la fitua- 
tion de l'arrère & du tendon, il s'allure de la veine qu'il 
doit ouvrir, après avoir appliqué la ligature. On ne ferre- 
d'abord qu'autant qu'il eft befoin pour cornprtmer la 
veine , fans ferrer l'artère. Si la veine qu'on fe propofe 
«i'ouvrir efl fuperfîcieiie, on rapproche un peu plus la 



s A I 46Î 

ligature-, fi au contraire elle eft profonde, on l'éloignc 
davantage , pouu lui donner un peu plus de faillie. La 
ligatuie miie , on fait fur favant-bias quelques fiiâ-ions 
avec le doigt indice & celui du milieu, en montant du 
poignet veis le pli du co.ude & on déteimine la veine 
que l'on doit ouvrir. On plie enluite le bras & on le 
remet dans le lit pour donner aux vaiifeaux le tems de 
fe gond et , & choifir dans fon étuit une lancette conve- 
nable. Voyez Lancette. Quand on l'a choifie, on l'ouvre 
à angle moulTe & on la porte à la bouche, de manière 
que la pointe de la lame foit tournée du côté du bras 
que Ton va faigner j enfuite le Chirurgien reprend le 
bras de fon malade, il le fait étendre & appuier fur fa 
poitrine comme auparavant , en lui faifant fermer la 
main , le pouce ou fon lancetier entre les doigts , afin 
que les muicles pouffent les veines en dehors & les aifu- 
jettiifent -, il reilerre la ligature s'il eft nécelîaire , & 
(détermine l'endroit qu'il veut piquer. Il fait enfuite quel- 
ques fridions fur l'avant-bras de bas en haut pour faire 
gonfler fon vaiifeau , puis appuiant fortement du pouce 
furie vaiifeau, il l'alTajettit & la peau en même tems. 
Il touche après cela fendroit marqué , pour connoître 
fi par les mouvemens qu'il vient de faire , il n'a poinc 
dérangé le vaiifeau. S'il retrouve la veine dans le même 
état, il défigne exadement des yeux ou avec le bout 
de fon ongle , fendroit de la veine qu'il va piquer , 
puis prenant la lancette avec le pouce & le doigt indice, 
il fait fon ouverture. 

Dans l'ouverture on diftingue trois tems, l'inftant de 
la ponélion , celui de l'inciiion & celui de félévation. La 
ponclion commence l'incifion , l'élévation l'achevé. Le 
tems de la ponélion eft celui qu'il faut pour faire le 
chemin de dehors en dedans, & celui de Télévacion eft 
le tems qu'il faut pour faire le chemin de dedans en de- 
hors. Quand la lancette entre, elle coupe par fes deux 
tranchans, m.ais quand elle iort , elle ne coupe que par 
le tranchant fupérieur qu'on retire en l'élevant un peu. 
De plus on peut faire fouverturs de trois façons , ou 
jn long ou en travers , ou de biais. C'ell la der- 



46a S A 1 

niere qu'on doit préférer aux autres, tant parce qu'elle 
eil: plus commode pour l'opérateur , qu'à cauie qu'elle eft 
la meilleuie pout le malade, l'ouverture ell plus grande 
&: facilite mieux la fortie du fang. Pour bien ouvrir la 
veine, il n'y a que les deux doigts qui tiennent la lan- 
cette qui doivent agir, ils (ont ployes quand ils portent 
la lancette dans la veine , & la maintenant alors appuiee 
par les autres doigts qui font foutenus par le bras du ma- 
lade , la lancette entre par le fcul allongement du pouce 
& de l'indicateur , & le retire de même. Si le Chirur- 
gien fe feivoit de toute la main pour faire une auili 
légère ouverture , ce feroit avec raifon que fouvent on 
diroit de lui qu'il auroit la main péfante. 

Le fang jaillit dès qu'on retire la lancette. La per- 
fonne chargée de la poelette la préfente i on recom- 
mande au malade de tourner le lancettier dans fa main , 
afin que le mouvement des mufcles fafe palier plus 
vite le fang des veines internes dans les externes. Pen- 
dant que le fang fort , le Chirurgien foutient avec fâ 
main l'avant-bras du malade. Si le fang ne fait point 
i'arcade , on lâche un peu la ligature quand elle eft trop 
ferrée, afin qu'il coule plus librement par l'artère : fi 
au contraire la ligature étoit trop lâche ,& qu'elle ne 
comprimât pas alfez la veine , on la leiîerreroit un peu; 
mais il faut toujours avoir attention de mettre l'ouver- 
ture des tégumens vis-à-vis de celle de la veine, quand 
on veut que le fang forte d'un plein jet, de que la fai- 
gnée ne foit pas baveufe. 

Quand on a tiré allez de fang , on ôte la ligature , 
êc on fait plier l'avant-bras i après quoi on pofe le doigt 
indice & celui du m.ilieu de la main qui n'a point fait 
la faignée , à côté de l'ouverture , & avec ces deux 
doigts , on fait faire à la peau un petit mouvement 
demi-circulaire , afin de couvrir l'ouverture de la veine , 
Se d'empêcher le fang de fortir. On prend de l'aune 
main une compreiie fans la mouiller, & avant que de 
la pofer on relâche l'ouverture; on fait au delTus S: au 
dcilous une le:; ère friélion pour dégorger le vaifleau ; on 
repalTs enfuite ks deu^; doigts à côté de l'ouverture & 



s A I 463 

011 arrêttc le fang 5 on nettoyé les endroits du bras que 
le fang a tachés, avec la compieire , ou pour plus de pro- 
preté, avec le coin d'une lervietce mouillée. On mec 
cnfuite la compicllé fur l'ouverture que l'on aiTa^ettit 
avec le doigt indicateur , apt:s quoi l'on pofe fai- la com- 
prefle une bande, dont on laiile pcndie un demi-pied 
derrière l'avant-bras ; on la conduit au-delîus du-coude , 
d'où repaflaat fur la laignee, on fait un circulaire au 
haut de l'avant-bras , Se l'on continue ainli en croifant 
toujours fur la compreiTe autant de fois que la bande 
le permet. On noue les deux bouts fur le derrière de 
l'avant-bras , Se on recommande au malade de le tenir 
à demi iicchi , appuie fur ion eftomac fans le remuer , 
afin que le fang ne s'échappe pas. 

Si le vaiifeau qu'on fe propofe d'ouvrir eft fitué, com- 
me quelquefois la m diane, diredemenr fous le tendon 
du. mufcie biceps, qui fait faillie dans certains fujets , 
pour éviter de le piquer, on fait mettre le bras du ma- 
lade en pronation , &c ce tendon qui a foa attache der- 
riere la petite apophyfe du Radius , fe cache pour ainfi 
dire & s'enfonce , ou bien ce qui vaut mieux encore , 
on fait un peu liéchir l'avant-bras pour éloicrner le vaif- 
feau du tendon; cela n'eil pas la feule chofe a remarquer 
dans la faignée. Quand on a mis la ligature, le vaiiltau 
n'eft pas tJUjours bien apparent. Alors on met le doigt 
indice ou le pouce d'une main fur la veine , & l'on 
fait de fautre main avec le doigt du milieu Se l'indice , 
; plufîeurs fridions le lonc^ de l'a/ant-bras : le Chirurgien 
; renvoie par ce moten la colonne de fang vers fon pouce 1 
I le vailfeau devient plus feniible & fait connoitre s'il four- 
i nit aifez de fang , s'il ell bien ntoncé ; le lieu où il rcH 
j moins , ell: celui où il faut faire fouvcrture. 
I II ne faut iarnais piquer à moins que le vaiiTeau ne 
Ifoit fen' ble au tacl, quand même quelques cicatrices i'in- 
Idiqueroicnt, car on ne pourroit piquer qu'au Lazard, ce 
:.qui feroit imprudent. Il y a c'es vaiifeauxquine fe font pas 
ifentir auilitot que la ligature ell: faite , mais feulement 
; quelques momens après. Aîais s'il y a du danger d'ouvrir 
,}les vaiiieauxaupli du bras , à caufe de leur petiteile jointe 



•464 s A l 

à la proximité de Tai-tère ou du tendon , il faut faigner 1 
l'avant-bras ou au paignet 5 & quand les vailleaux font il 
enfoncés qu'on ne les dillingue pas au pli du coude , ni 
même à l'avant-bias , on fait mettre Tarant - bias dans 
l'eau chaude , qui en raréfiant le fangfait gonfler les vei- 
nes. Les perfonnes grades ont ordinairement les vailleaux 
fort enfoncés , Se entourés de beaucoup de graille ; ainii 
il n'y a pas tant à craindre de piquer l'artère, ou le ten- 
don , ou l'aponévrofe , que dans les perfonnes maigres ôc 
âgées , qui ont les vailfeaux fort appaiens, & quelqueibis 
collés fur l'artère , le tendon , ou l'aponévrofe. 11 faut 
dans ce cas là porter la pointe de la lancette prefque ho- 
rifontalement , afin d'éviter de piquer ces parties. 

En général , il faut toujours ouvrir la veine où elle pa- 
roît le miieux , au-deifous des cicatrices des faignées pré- 
cédentes ; car fi l'on ouvroit fur les cicatrices mêmes , 
le fanc^ ne fortiroit pas (ibien , à caufe que ces cicatrices 
auroient retrcci le diamètre du vaiifeau. Ainfi un Chi- 
lureicn qui veut ménager un bras qu'il aura fouvent à 
faigner , commence d'ouvrir la veine le plus haut qu'il 
peut 5 puis en allant toujours en defcendant , il place les 
ouvertures proche les unes des autres , pour fe conferver 
un terrein qu'il trouvera en tems & lieu. C'ell une iTiau- 
vaife méthode de mouiller la compreife , parce qu'en fe 
féchant elle fe durcit , 6c peut meurtrir le bras. Si l'on i 
prévoit que l'on fera obligé de répéter la faignée dans la . 
fournée , on met fur la compreffe quelques gouttes de 
fuif ou d'huile , pour empêcher la plaie de fe fermer fi- - 
tôt , & qu'on puiife retirer du fang par la même ouver- ^ 
îure- Mais , quand le malade ne craint pas la piquurc i 
de la lancette , il eft plus à propos d'en faire une nou- ' 
yelle. 

Saignée du pied. 

On fait alTeoir le malade dans un fauteuil , ou fur le '' 
bord de fonlits l'on a une compreffe quarrée comme dans 
la faignée du bras , une lancette , & une bands plus lon- 
gue que celle qui fert au bras , roulée en un chef, une 
ligature , un chaudron ou «n fceau de fayance ^ prefque 

plein 



s À î . '4% 

plein d'eau d'une chaleur fuppoitable j dans laquelle on 
met'les deux pieds pour faire raréfier le fang , & gonfler 
les vaiiîcaux : je dis les deux pieds , parce que quoique 
Ton n'ouvre la veine que d'un feul , il eft cependant né- 
ceilaire de le faire , autant pour la commodité du mala- 
de , que pour déterminer une plus grande quantité de 
fang vers les extrémités inférieures , & pour que le Chi- 
rurgien puifTe fans perdre de tems , choiiir le pied où les 
vaiileaux feront les plus apparens. 

Quand les pieds ont refté dans l'eau affez de tems pour 
donner aux vaiileaux celui de fe gonfler , le Chirurgien 
prend le pied qu'il veut faigner , le porte fur fon genou ^ 
puis il l'effuie avec la fervictte qu'il a fur lui •■> il pofe la 
ligature au delTus des malléoles, a environ deux travers de 
doigt , & ne la ferre que médiocrement > il la noue d'un 
nœud coulant vers la malléole externe ; puis ayant exa- 
miné avec fon doigt fi les veines répondent , il remet lé 
pied dans l'eau pendant qu'il tire fon étui , & choifit une 
lancette. Quand le Chiruri^ien l'a choiiie , il l'ouvre en 
angle moulfe , & la porte à fa bouche , la pointe tour- 
née du côté du pied qu'il va faigner. Il tire enfuite le pied 
de l'eau , & en applique la plante fur fon ^enou , afin 
de comprimer les veines intérieures. Il rerfeire la liga- 
ture , pout mieux aflujettir la peau & les veines i il efTuié 
le pied, & iaprès avoir afTujetti le vaifieau comme dans 
la faignée du bras , avec le pouce de la main qui faifit le 
pied , il en fait l'ouverture. On ne craint point ainfi de 
piquer d' arrête ni de tendon ^ à moins qu'on ne faignât 
quelqu'une des veines qui rampent fur le cou du pied. 
Mais quand on faigne à la malléole , il n'eft pas rare de 
piquer une petite branche du nerf tibial d'où il réfulte un 
I lé^cr engourdifiement , qui eft fans eonléquence , & ne 
doit nullement efFraier. 

Dès que la veine eft ouverte , on remet le pied dans 
l'eau ^ & fi la ligature eft trop ferrée , on la lâche tanE 
j foît peu. Comme on ne fe fert pas de poëlettes pour cette 
: faignée , on eftime la quantité de fang que l'on tire, pat 
: latlurée de la faignée, la grandeur de l'ouverture , & 
„j: la teinte de l'eau relativement à fa quantité. ce que l'oit 
t; D. de Ch, Tome Jh - G g 



4^6 ^ ^ S A I 

connoît à h vue , ou en trempant dedans le coin d'une 
f^rvietre. Quand on a tiré quantité fuffifante de fang , oix 
défait la ligature fans tirer le pied hors de l'eau ; on l'y 
laliFe même encore un inllant , pour donner au vaifTeau 
le tems de fe dégorger. Enfuite on retire le pied de l'eau, 
on le porte fur Ion genou , on l'eiruic , on tire un peu 
la peau avec le doigt indice , & celui du milieu, comme 
dans la laignée du bras : on met , pour recouvrir la veine , 
une comprelTe un peu épailTc fur l'ouverture , & on faic 
le bandage appelle ètrier. Voyez Etrier. On efTuie en- 
iuite l'autre pied , & on remet le malade au lit. 

Il arrive quelquefois à la faignée du pied , quoiqu'elle 
foit bien faite , que le fang s'arrête tout à coup après 
avoir coulé pendantquelque tems. Il peut yen avoir deux 
caufes. La première , c'eft un fang trop gluant & trop 
épais , qui s'applique fur l'ouverture , & en colle les lè- 
vres. Cet accident eft plus ordinaire aux femmes graifes. 
Pour l'éviter , le Chirurgien doit donner fes foins à ce 
que le fang forte en arcade , & toujours à la furface de 
l'eau •■> pour cela , il placera fa main , ou une ferviette 
fous la plante du pied, afin de le foulever , & qu'en com. 
primant la veine intérieure , le fang refoule dans les ex- 
térieures. La féconde caufe de l'arrêt du fang , c'eft lorf- 
que le vailleau eft fort petit , & que le pied eft par trop 
enfoncé dans l'eau. La colonne d'eau qui pefe fur l'ouver- 
ture , empêche le fang de fortir, & le fait grumeler. On 
y remédie en paffant un linge fur fouverture , pour en 
détacher les grumeaux , & en foutenant le pied à fleur 
de TeaUo 

Saignée de la gorge. 

On fait afTeoir le malade fur le bord de fon lit , ou 
'âans un fauteuil. On garnit l'épaule & la poitrine d'une 
ferviette en plulieurs doubles , &; on applique la ligature 
de la manière fuivante. On met fur les clavicules , & fur 
la veine que l'on a delfein de piquerune comprellc épaiffe; 
on fait deux tours autour du cou avec une ligature ordi- 
naire, mais plus étroite , de manière qu'elle porte fur la 
coropreiTe ; on la ferre également , & on la noue vers la 



uaque du cou â deux nœuds , l'un fimple, & Tautre eii 
rofctte i on y palle up ruban ou une bandelette , dont 
les deux bouts tombent pardevant, & vis-à-vis la trachée- 
artère. Un ferviteur tire les deux bouts dii ruban , afin 
que la ligature circulaire ne comprime pas la trachée- 
artère , & qu'elle ne faife effort que fur les veines jugu- 
laires externes, & principalement fur celle oiieft la com- 
preile : ou bien on met fur les clavicules & fur les veines 
jugulaires, une compreffe épailïe ; on applique fur la nu-? 
que du cou une ligature ordinaire , dont on fait palTer 
les chefs en devant , de manière qu'ils portent fur les 
compreffes. On noue ces chefs fur le fternum , & un fer- 
viteur , ou même le malade , tire le noeud en bas , afin 
que la ligature fa/Te effort fur les compreffes , & gonfle 
les jugulaires. Cela fait , on tire une lancette , & on la 
porte à la bouche , la pointe tournée du côté de la veine 
que l'on veut ouyrir ; on applique le pouce fur la com- 
preffe , & le doigt index au-dellus, pouraffujettir le vaif^ 
leau , & tendre la peau. On ouvre la veine entre les deux 
doigts , on fait fon ouverture longitudinale , fuivant 
la direâion des fibres du mufcle peaucier , & un peu plus 
grande qu'aux faignées du bras , parce que les jugulaires 
font plus groffes. 

Pour faciliter la foitie du fang , on fait mâcher au rila- 

îade un morceau de papier , ou un bâton de regliffe , Se 

s'il coule le long de la peau , on fe fert d'une carte piiée 

en goutiere, qui s'applique au deffous de l'ouverture par 

, un bout , & par l'autre conduit le fang dans lapoëlctte. 

; Pour fermer le vaiifeau , on ôte. la ligature , on met une 

compreffe fur l'ouverture , & pardeflus un bandage cir- 

jCulaire médiocrement ferre. Souvent même il fuffit de 

imettre une mouche de taffetas gommé , ou un petit enj- 

jplàtre agglutinatif , parce que le fang tombant à plomb ^ 

jtrouve moins de réfiftance à fuivre la diredion de la 

iyeine , lorfque la ligature eft ôtée , qu'à fortir par l'ou- 

t^erture. 

11 y a des Auteurs qui propofent de faire la ligature 
avec une cravatte , ou un mouchoir roulé en boudip, doni: 
ds appliquent le milieu à la nuque du cou, & font pefTer 



§68 s A t 

€11 «levant les cleux clefs qui croifent en haut au. ftcrnuîtâj 
Ils donnent ces deux chefs à tenir à un feiviteur , quiferrô " 
autant qu'il eft néceilaire , pour faiie goniler les veines^ 
fans gcner la refpiration. D'autres fe fervent d'une liga- 
ture aulfi roulée en boudin ^ dont ils appliquent le milieu " 
fur le côté du cou , où ils ont deffein de laigner , & ils 
font revenir les deux chefs fous l'aiiTelle oppolée. 

Cette dernière manière de faire la ligature eft préfé- 
rable à la précédente. Ceft même celle que l'on doit em. 
ployer lorfque lesvailfeaux de la gorge font confidérable- 
ment gonflés , parce que la compreflion ne fe faifant que 
d'un fcul côté , le retour du fang n'eft point gêné dans 
la jugulaire oppofée , & on a moins à craindre la fLiflb- 
cation- 

Quand les jugulaires font tellement enfoncées, qu*oa 
ne peut les rendre bien apparentes , on faigne deux de 
leurs rameaux, qui font fitués plus antérieurement , s'ils 
fe trouvent alfez confidéiables. 

Soignée à la tempe* 

On fait aiTeoir le malade dans un fauteuil , ou fur îô 
bord de fon lit. On met une ligature au deiîus de l'en-* 
droit que l'on veut ouvrir , afin d'alfujettir le vailTeau , 
& de le faire gonfler , ce que l'on obtient encore mieux 
en mettant une comprelTe fous la ligature , comme quel- 
ques-uns le font pour la faignée du col. La ligature doit 
être étroite , & mifc de biais , afin qu'elle ait plus de 
prife. M. Dionis propofe de faire cette faignée fans liga- 
ture i & en effet quand l'artère eft pleine & b