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Full text of "Dictionnaire de l'Académie française"

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L'ACADÉMIE FRANÇAISE, 



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SIXIEME ÉDITION 



TOME PREMIER. 




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1835. 



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PRÉFACE 



L'ACADÉMIE fait aujourd'hui paraître la sixième édition d'un Dictionnaire commencé il 
y a deux siècles , et devenu le dépôt des formes durables et des variations de notre langue, 
]>endant l'intervalle où elle a été le mieux parlée , et où elle a pris un empire presque 
universel en Europe. Le génie littéraire avait commencé et illustré cet empire; la puissance 
des armes l'a, de nos jours, rendu pour un moment plus rapide et plus absolu : mais 
il se maintient surtout par l'influence sociale de la France, et reste lié à toutes les idées 
généreuses dont sa littérature et ses lois ont reçu l'empreinte. £n ce sens, on peut 
dire que si la langue latine, imposée par l'invasion et la force (i), a été l'idiome de la 
religion qui succédait à l'ancien monde, la langue française, propagée par la politique 
et les lettres , est et doit demeurer l'idiome principal de la civilisation qui réunit le 
monde moderne. 

Ce point de vue suffit sans doute pour attacher un haut intérêt au vocabulaire et à l'his- 
toire contemporaine de cette langue que parlaient, depuis plus d'un siècle, toutes les cours 
de l'Europe, que savent maintenant tous les peuples , et dont l'action subsiste et se re- 
nouvelle sans cesse. On peut la considérer sous des aspects bien divers, depuis les 
curiosités du grammairien, les finesses de l'homme de goût, jusqu'aux inductions 
spéculatives du philosophe : mais elle ne saurait être désormais étrangère à aucun homme 
civilisé. 

L'inventaire actuel de notre langue la saisit à son point de dernière maturité , gardant 
presque tous les types de deux siècles voisins et opposés , enrichie d'une grande variété de 
formes, par la diversité des opinions et des mœurs qu'elle a vues passer, et rassemblant , 
pour ainsi dire, sous la même date, l'expression que l'usage entretient ou que le besoin 
fait naître, et celle que le cachet du génie nous a laissée toujours vivante et neuve. 



^^i^^^mm^mm^mmmmi^mmÊtmmm^ammm^mmmmmmmmmimmmmmfmmmtm^'i^mirmmmmmm^m'^mmmmm^mmi^^^^^^^^mmr'immmmm^f'mmi^fmmmimm^m 



{t) «Op«n <lsta «9t tit imp c r i o fl a txnUa^ non sf^àm jngum, Termn etiam ï i p giia m sitam domttis genitbiis 
c imponeret, per qiiam non deesset, iokb et abundaret ÎDterprettun copia.» (S. Augustki, De çwitaU Dei, 
Ub.XlX.) V 

h. 



vm PRÉFACE. 

Depuis deux siècles, en effet , la langue française est la même, c'est-à-dire également 
intelligible , quoiqu'elle ait beaucoup changé pour l'imagination et le goût. C'est ainsi seu- 
lement qu'une langue est fixée. Jusqu'aux premières années du règne de Louis XIV, la 
nôtre ne l'avait jamais été : car, de siècle en siècle, les mêmes choses avaient besoin d'être 
récrites dans le français nouveau, qui devenait bien vite vieux et chenu. En recopiant un 
manuscrit de notre langue, souvent on le traduisait à demi. Le texte primitif de Joinville 
fut longtemps représenté par la dernière de ces versions posthumes, devenue bientôt 
surannée au point d'être prise pour l'original. Les règles du rapport des mots étaient 
changeantes, et promptement oubliées. Villon, au quinzième siècle, ayant voulu, par un 
jeu de talent, composer une ballade en vieil langage françois y y laissait échapper, par désué- 
tude et par ignorance, nombre de fautes qu'a découvertes (i) l'érudition moderne. Et quand 
Marot, né soixante ans plus tard, faisait réimprimer les œuvres de Villon, si par respect 
il ne touchait pas a V antiquité de son parler, il se croyait obligé du moins d'expliquer, par 
annotations à la marge, ce qui lui semblait le plus dur a entendre. Notre idiome, poussé 
en tous sens par les modes étrangères de la cour, le travail des savants, la libre confusion 
des dialectes populaires, était tantôt italianisé^ tantôt latinisé, et tantôt gasconnait (2). 
Cette inconstance, cette mutabilité de la langue allait diminuant: mais elle durait encore 
à une époque avancée de notre histoire; et, vers i65o, Pellisson disait en propres termes : 
« Nos auteurs les plus élégants et les plus polis deviennent barbares en peu d'années. » 

Ces brusques et fréquentes variations de notre ancien langage seraient la matière d'un 
livre. On pourrait y suivre à la trace , y chercher utilementjle rapport souvent obscur et 
effacé entre les mots et les idées, entre les idées et l'état social d'un peuple. On pourrait 
expliquer comment la diversité, la résistance, la lente soumission des éléments nombreux 
qui devaient former l'unité française a dû suspendre, changer, détourner dans son cours 
le travail de l'unité de notre langue. D'autres causes de retard et de formation laborieuse 
naîtraient encore du caractère de cette langue, qui, sans être moins issue de la souche 
latine que les langues du Midi, s'en éloigne davantage, et a dans ses formes, ses tours et 
son harmonie, une physionomie plus distincte et plus libre. Enfin, l'état même de la 
civilisation française, qui semble avoir marché par secousses, faisant effort, puis retom- 
bant, essayant une voie nouvelle, puis reculant, tour à tour active et découragée, 
prospère et malheureuse , l'état de cette civilisation semblerait se reproduire dans les 
phases diverses et courtes de l'idiome de nos pères. 

A ces causes particulières se joindraient les causes générales, qui, chez toutes les 
nations, ont amené une sensible différence entre la changeante rapidité des époques de 
formation et de débrouillement, et la durée de l'époque dernière, oii une langue, qui 
semble fixée, se développe encore, sans s'altérer, et acquiert, sans rien perdre. 



(i) M. Raynouard, Observations sur le roman de Rou, pages 3a, 33, 34, 35. 
(2) « Malherbe n'étoit pas encore venu dégasconner la cour.» (Balzac.) 



PRÉFACE. i^ 

La durée, la stabilité relative de cette dernière époque, indique assez que tout n*est 
pas accidentel et fortuit dans le langage, qu'il y a là, comme ailleurs, un point de vérité, 
auquel on se tient longtemps , quand on Ta trouvé. Le talent supérieur de 1 écrivain ne 
peut, à lui seul, hâter cette époque, et devancer le progrès général. L'incomparable 
imagination de Montaigne n'a pas fait que les formes de sa langue fussent encore dans 
r^isage, cinquante ans après lui. La langue de Balzac et dePellisson, inférieurs à Montaigne, 
mais venus à propos, est encore la nôtre. Saisir et embrasser, parmi les âges successifs 
d'une langue, ce dernier âge de formation régulière et fixe, reproduire fidèlement ce 
dernier cadre, dont les divisions et l'ordre ne changent plus, quoiqu'il s'y place encore 
des termes nouveaux, c'est donc un travail utile et vrai, qui n'a rien d'arbitraire, bien 
qu'il reconnaisse la souveraineté de l'usage : car l'usage même , comme le hasard, obéit à une 
loi cachée. Ou, pour mieux dire , il n'y a pas plus de caprice dans l'esprit humain qu'il n'y 
a de hasard dans la nature. L'une et l'autre expression est également le nom vague 
d'une cause que nous n'avons pas su découvrir. 

Or, nul doute qu'il ne se rencontre une époque où l'usage, en fait de langue, exprime 
un état des esprits plus sain, plus vigoureux, plus élevé, ou plus délicat, plus subtil, 
plus ingénieusement corrompu. C'est entre ces deux points que se trouvera la belle 
époque d'une langue; et si les écrivains de génie ont abondé dans le même temps, s'ils 
ont agité toutes les questions religieuses et civiles dont l'intelligence humaine s'occupe, 
sous peine de dégénérer, cette époque ne cessera pas d'agir sur les époques suivantes. Sa 
langue, lors même qu'elle ne sera plus complètement usuelle, demeurera classique; et on 
ne pourra, sans emprunter quelque chose à cette langue, se rendre familiers les sujets 
qu'elle a traités, et qui sont incorporés à ses expressions. Qu elle soit ensuite calquée 
par des imitateurs sans génie, ou forcée, exagérée par des novateurs sans goiit, elle n'en 
reste pas moins un type de perfection relative. Ce sera le grec d'Athènes, depuis Eschyle 
jusqu'à Ménandre, le latin de Rome, depuis Térence, César, Cicéron, jusqu'à Tacite, 
et notre français, depuis Descartes et Corneille. 

De grandes variétés, non-seulement individuelles, mais générales, seront comprises 
encore dans ces divisions. Chaque époque ainsi étendue renferme plusieurs époques oii se 
marquent tous les caractères et comme tous les essais de la décadence, en face des types 
heureux et purs qui se renouvellent encore. Le savant, l'homme de goût pourra choisir, 
dans ce long intervalle, un âge d'or, dont il bornera plus ou moins les limites; il pourra 
noter, avant et après ces époques, bien d'autres beautés de langage : mais il n'en est pas 
moins vrai que lorsqu'un idiome , longtemps parlé , longtemps écrit , a épuisé les 
combinaisons les plus naturelles de l'art de s'exprimer, une corruption du langage est 
4névi table. 

Tout amène ce changement, l'inertie sociale, comme les révolutions, les idées nouvelles, 
comme le défaut d'idées. Car une langue, c'est la forme apparente et visible de l'esprit d'un 
peuple ; el lorsque trop d'idées étrangères à ce peuple entrent à la fois dans cette forme , 



X PRÉFACE. 

elles la brisent et la décomposent; et, à la place d'une physionomie nationale et caracté- 
risée, vous avez quelque chose d'indécis et de cosmopolite. 

Ce résultat n'est pas toujours sensible pour les contemporains, pour ceux qui l'opèrent 
et l'éprouvent; mais, à distance, et au point de vue de l'histoire, on peut remarquer a 
quelle époque un peuple perd l'originalité de sou caractère et la pureté de sa langue. 
Cela ne nous échappe pas dans l'étude des langues anciennes. Tout en les sachant moins 
bien que la nôtre , comme nous les savons par comparaison et non par habitude , nous y 
discernons nettement les âges divers de la perfection et de la décadence. Nous y recon- 
naissons le secours qu^un idiome dans son âge adulte prête à la pensée , et comment , à 
mesure qull vieillit ou s'altère par des mélanges , la pensée devient plus subtile et 
plus laborieuse. Rien n'arrête tout à fait ce déclin de l'éloquence dans un dialecte usé , 
ni la supériorité de l'écrivain , ni la grandeur ou la nouveauté des intérêts qu'il défend- 
Saint Augustin avait autant d'esprit et de verve oratoire que Gicéron; Tertullien 
n'avait pas naturellement l'imagination moins nerveuse et moins colorée que Tacite : 
et cependant, par l'influence dune langue gâtée comme la littérature de leur temps, 
Augustin et Tertullien ne paraissent souvent que des génies sans goût, et d'éloquents 
barbares. 

Mais serait-il vrai que ce déclin des idiomes , certainement inévitable , soit toujours 
également rapide, que rien ne puisse retarder la décadence , et qu'elle n'ait pas des stations 
et des retours ? Comment se concilierait une pareille idée avec l'espoir du progrès de 
l'esprit humain ."^ et n'est-elle pas démentie par les faits mêmes? Après les grands siècles 
des lettres , n'a-t-on pas vu , plusieurs fois, à une époque de faux goût et d'insipidité 
succéder un temps meilleur? L'Italie, après la précoce maturité de son quatorzième 
siècle , n'a-t-elle pas retrouvé un second âge de langue classique et de génie , et retombée 
de nouveau , ne s'est-elle pas de nouveau rdevée?.Un certain terme passée y a-t-il , dans 
la durée seule du temps, un principe de décadence ? ne serait-il pas contradictoire de le 
supposer, quand la civilisation , loin de s'arrêter, se développe encore, quand un plus 
grand nombre d'esppits est appelé à ses bienfaits, et que le talent se prélève non dans 
un cercle restreint , mais sur un peuple entier qui s'éclaire ? 

Nous ne contredisons aucune de ces espérances. On a dit de l'esprit humain, dans 

* 

son ensemble , qu^il avançait en spirale. Cette voie est assez semblable à la pente iné- 
gale par laquelle marchent et déclinent les idiomes vivants, qui ne sont que l'esprit 
particulier de chaque nation. Parvenus à leur perfection , c'est-à-dire au degré de déve- 
loppement qui maintient et fait valoir leur identité première , oes idiomes ne se précipitent 
pas d*un seul coup vers la décadence. Ils changent sans cesse sur quelques points. Car, 
comme l'a dit Varrôn , en fait de langue , l'usage est toujours en route : omni$ consul 
tudo loquendi in motu est. Mais ce mouvement parfois remonte, ou se détourne d'une 
fausse route, pour en chercher une autre. Parfois, c'est l'innovation vicieuse qui est 
changée; c'est au goût du naturel et du vrai qu'on essaye de ramener le langage, sauf 



PRÉFACE. XI 

une condition seulement, qui se remarque aussi dans les arts du dessin, et qui ne permet 
pas que le retour à Técole antique soit jamais simple et gracieux comme elle. 

De même, pcwir la propriété, le goût, l'harmonie, cette arrière-saison des langues 
ne vaudra jamais leur jeunesse et leur maturité ; et quoi qu'en ait dit Horace , dans sa 
riante comparaison : 

Ut silvae foliis pronos mutantur in an nos, 
Prima cadunt : ita verborum vêtus interit œtas. 

si le feuillage change et renaît , la tige à la longue se dessèche et s'appauvrit. Ainsi , au 
milieu de ces alternatives, de ces flux et reflux de l'usage, le déclin, ou, si l'on veut, la 
décomposition des idiomes, de temps en temps suspendue, reprend son cours et s'achève. 
Ils deviennent tout autres qu'ils n'étaient. On comprend encore leurs anciennes formes ; 
mais on ne sait plus les égaler, ni les reproduire. Cette altération du langage s'est 
rencontrée même sans les causes qui hâtent la barbarie et le déclin social. Lies 
idiomes cessent de vibrer pour l'imagination et le goût, lorsqu'ils servent encore à la 
civilisation et à la vie. Ils meurent enfin, comme les hommes, ils meurent avant l'ex- 
tinction même des races qui les ont parlés. Ou quelquefois, comme nous l'avons vu pour 
la langue grecque, à demi conservés par un reste de peuple, abaissés comme lui, et 
devenus le patois de son esclavage , ils lui tiennent lieu de patrie , et le font vivre encore 
jusqu'à sa délivrance, sauf à changer avec lui, s'il redevient un peuple heureux et libre. 
Ce n est pas tout. L'érudition moderne nous atteste que, dans une contrée de l'immo- 
bile Orient, où nulle invasion n'a pénétré, où nulle barbarie n'a prévalu, une langue 
parvenue à sa perfection s'est déconstruite (i) et altérée d'elle-même, par la seule loi de 
changement, naturelle à l'esprit humain. 

Mais l'idée d'une telle décadence ne se présente pas à l'esprit des nations, dans les 
premiers beaux jours de leur éclat littéraire, lorsqu'après une barbarie plus ou moins 
longue , elles commencent à goûter vivement le charme des beaux-arts, à s'enivrer 
de poésie et d'éloquence. Un siècle semblable rêve pour ses usages , pour ses mœurs, 
pour sa langue, la durée qui n'appartiendra qu'au génie particulier de ses grands écrivains, 
souvent confondus d'abord avec ceux qui leur ressemblent le moins. Richelieu chargeait 
FAcadémie de fixer la langue ; et il ne savait pas que Descartes et Corneille venaient de la 
créer, aidés par une seule chose , après eux-mêmes , par ce mouvement vers l'unité qui 
partait de sa main puissante. 

Toutefois, si le génie seul pousse en avant les esprits, il ne faut pas méconnaître ce 
qu'il y a d'utile dans un concert d'efforts dirigés vers le même but. Les premiers Aca* 



(i) Schlegel, Observations sur la tangue et ta littérature proi^ençales. 



XII PRÉFACE. 

démieiens avaient un singulier et naif enthousiasme, quand ils s'appelaient eux-mêmes 
« des ouvriers en paroles, travaillant à Texaltation de la France, » ou quand, sous.LouisXIV, 
ils promettaient de « rendre immortels tous les mots et toutes les syllabes consacrés à la 
4!c gloire de leur auguste protecteur. » Mais , sous ce zèle de candeur ou de flatterie , il y 
avait un grand amour des lettres, une étude, un culte de la langue, qui ne fut pas sans 
fruit. Le savoir judicieux et l'élégance correcte s'effacent pour la postérité , attentive seu- 
lement aux grands noms. Mais ces premiers critiques qui épurèrent notre langue , Patru , 
Vaugelas, Régnier Desmarais, étaient des esprits justes et fins, qu'on n'a pas surpassés 
dans la même œuvre. Ils firent peu et lentement. Ils avaient raison : ils attendaient le 
travail du génie, pour aider au leur. En effet, lorsque Richelieu , avec cette précipitation 
impérieuse qui veut tout mûrir en un moment, avait commandé le Dictionnaire de la 
langue, on ne savait encore où prendre cette langue. Elle n'était plus dans l'inculte 
liberté et la confusion hétérogène du seizième siècle , on ne la voyait pas encore dans les 
génies rares et contestés des commencements du dix-septième. 

En 1687, l'Académie avait discuté longtemps sur la méthode à suivre pour adresser 
« un Dictionnaire qui fût comme le trésor et le magasin des termes simples et des phrases 
« reçues. » Puis, elle s'était occupée du choix des auteurs qui avaient écrit le plus pure- 
ment notre langue, et dont les passages seraient insérés dans le Dictionnaire. C'étaient, 
pour la prose, Amyoty Montaigne , du Vair, Desportes y Charron y Bertaut, Marion, de 
la Guesle, Arnauld, Despeisses, le conseiller Pibrac, les auteurs de la Satire Ménippée, 
la reine Marguerite dans ses Mémoires, S. François de Sales, le cardinal du Perron, 
Duplessis-Mornay, le cardinal d'Ossat, de Dampmartin, de la Noue, de Refuge, 
Audiguier, Coejfeteau, et deux Académiciens , MM. Bardin et du Chastelet qui , morts 
depuis peu, devenaient pour la langue autorités souveraines, comme les empereurs 
romains devenaient dieux. 

Cette liste était, ce semble, incomplète et peu raisonnée. En admettant qu'elle ne dût 
pas remonter jusqu'à Froissart, notre Hérodote, et si habile écrivain, en supposant 
Rabelais trop libre pour y être admis, on s'étonne de ny pas voir la Boè'tie à côté de 
Montaigne; on y cherche tant de mémoires naifs et éloquents du seizième siècle, ceux 
du bon serviteur de Bayard, ceux de Montluc, de Tavannes, les histoires de Brantôme et 
du véhément d'Aubigné, les discours de l'Hôpital. Parmi les écrivains qui dénouèrent 
la langue, on regrette de ne pas rencontrer le docte Henri Estienne, et Calvin , le méthodique 
et précis Calvin , auquel Bossuet accorde cette louange , d'as^oir excellé dans sa langue mater- 
nelle, et aussi bien écrit qu* homme de son siècle. Enfin , l'Académie, pour se rapprocher 
par degrés de l'état nouveau de la langue, aurait dû joindre à Coeffeteau d'autres écrivains 
placés sur la limite des deux siècles, l'intègre et éloquent Talon , et Mathieu, énergique 
historien de liOuis XI. Mais quand la liste eût été mieux faite, elle devait toujours offrir 
un grand défaut dans le plan de l'Académie. C'eût été le trésor d'une langue qui avait 
en partie cessé, au moment oîi il s'agissait de la recueillir et de la proposer pour modèle. 



PRÉFACE. xiii 

La liste des autorités pour la langue poétique n était pas moins surannée. Hormis Mal- 
herbe et Régnier, il ne s'y rencontrait pas un nom qui pût faire date pour cette poésie 
sage, ornée, naturelle, où devait atteindre notre langue. Ronsard et duBartas y figu- 
raient avec Mo'^ot et Sainte Gelais ; Desportes avec le cardinal du Perron; et on y lisait 
les noms bien oubliés , de Motin, de Touvant et de Monfuron. 

Quand ces listes furent dressées, on vit bien qu'on ne pouvait s'en servir; et on résolut 
de revenir à l'usage , et de composer le Dictionnaire , non des auteurs , mais de la langue. 
Cette méthode était alors la meilleure , ou même la seule possible : mais l'exécution en 
devait être difficile et lente. L'Académie enregistrait ou effaçait les mots , sous la dictée 
du public , tout en se promettant de lui donner des lois. Plusieurs années se passèrent 
Si ns qu'elle eût rien ajouté aux excellentes remarques de Vaugelas, qui, mort en 1649, 
sept années avant les premières Provinciales , avait pressenti, par la justesse d'esprit et le 
goût , la prose française dont Pascal allait créer le modèle. 

De la censure minutieuse et délicate de Vaugelas , le travail de l'Académie passa dans 
la main rude et encore un peu gauloise de Mézeray, qui , le meilleur de nos vieux histo- 
riens, pour la liberté du jugement, la vigueur du récit, et parfois l'éloquence, se trouva 
chargé de recueillir dans l'usage la belle langue française, qu'il n^adoptait qu'à demi- 
H s'occupa trente ans de cette tâche plus paisible que celle d'écrire l'histoire. Nous 
avons même, touchant son travail et le progrès du Dictionnaire, une date précise, 
et une anecdote qui se rapporte au séjour de Christine en France. 

Cette princesse, lorsqu'elle était encore sur le trône et qu'elle y recueillait les homma- 
ges de tous les savants de l'Europe, avait envoyé son portrait à l'Académie française, 
très-célèbre dans le Nord. Ayant reçu en retour une magnifique épître, telle qu'on en 
écrivait alors pour les grandes et les petites choses, Christine y fit en français une 
réponse datée d'Upsal, où elle annonce déjà le dessein d'abdiquer la couronne pour 
cultiver les lettres en repos, se promettant bien, dit-elle, que la langue française sera la 
principale langue de son désert. 

Venue en France quelques années après, elle traversa d'abord Paris si vite qu'elle 
n'eut que le temps de recevoir quelques érudits célèbres, et d'être haranguée dans son 
palais, par Patru, au nom de l'Académie. Mais, à son second voyage, en i658, elle voulut 
à son tour visiter l'Académie, et la surprendre au milieu d'une séance ordinaire : elle 
arriva presque sans appareil dans la salle, où le chancelier Seguier, averti le matin, avait 
fait placer quelques ornements à la hâte, en n'oubliant, par malheur, que le portrait de 
la princesse. Il y eut d'abord quelque difficulté pour savoir si l'Académie serait assise ou 
debout devant elle. Mais quelqu'un se souvint que, dans les assemblées de gens de lettres 
et de beaux esprits qui se tenaient du temps de Charles IX, et où ce prince alla plusieurs 
fois, tout le monde était assis et couvert devant le roi. On s'assit donc, et après quelques 
compliments, comme Chapelain était absent, l'abbé Cotin lut des vers qui furent trouvés 
fort beaux. C'était une traduction de deux passages de Lucrèce contre la Providence, et 



XIV PRÉFACE. 

sur la formation du monde par les atomes ; puis vinrent quelques sonnets , deux ou trois 
madrigaux, recités par de Boisrobert, et une traduction élégante des vers de Catulle, 
amemus, mea Lesbia, que lut Pellisson, et qui plut fort à la reine. 

Ensuite, pour donner une idée des travaux sérieux de F Académie , « Le directeur dît à 
a la reine , raconte l'académicien Patru , que, si Sa Majesté l'avait pour agréable, on lui 
c lirait un cahier du Dictionnaire. — Fort volontiers, dit-elle. — M. de Mézeray lut donc 
a le mot Jeu, où, entre autres façons de parler proverbiales, il y avait jeux de priitces, 
c qui ne plaisent qu'à ceux qui les font ; pour dire une malignité, une violence, faite par 
c quelqu'un qui est en puissance : elle se mit à rire. On acheva le mot qui était au net , o^ 
« pourtant il y avait bien des choses à dire (i).» Suivant un autre récit, plus authentique, 
la reine de Suède, en écoutant la définition de Mézeray, rougit et parut émue; mais 
voyant qu'on avait les yeux sur elle , elle s'efforça de rire , plutôt d'un rire die dépit que 
de joie. Le Dictionnaire venait de lui rappeler ce que, trois mois auparavant, elle avait 
fait à Fontainebleau , et quel sanglant jeu de prince elle y laissa sur son passage. 

Du reste, pour cette femme d'un esprit si ferme, et viril jusqu'au crime, pour cette 
reine savante et sceptique , accoutumée dans ses entretiens aux controverses de Saumaise 
et de Bochart, aux découvertes de Meibomius, à la philosophie* de Descartes, il ne 
devait y avoir qu'un intérêt médiocre dans une académie exclusivement occupée de la 
langue* La reine, plus choquée du manque d'érudition que du défaut de goût, s'étonna 
seulement de ne pas voir à FAcadémie le docte Ménage. 

On se plaignait dès lors, en effet, que l'Académie avait conçu le plan de son Diction- 
naire sous une forme trop frivole et trop peu savante ; qu'elle n'y mettait que la langue 
de la conversation et du bel esprit, et nullement celle des sciences. C'était une idée 
d^Ëncyclopédie qui tourmentait déjà quelques esprits, mais pour laquelle ni la langue ni 
l'Académie n'étaient préparées. On en était au siècle de l'imagination, de l'éloquence, de 
cette parole expressive et heureuse , qui , dans la chaire chrétienne , dans les entretiens , 
dans les livres, au théâtre, donnait alors aux hommes les premiers et vifs plaisirs de 
l'esprit et du goût. Les chefs-d'oeuvre de Corneille avaient élevé la pensée française. Tout 
ce qui savait lire et s'occupait de religion avait dévoré les Provinciales. Les savants 
solitaires de Port-Royal communiquaient aux esprits quelque chose de la gravité de 
leur conscience et de leurs études. Bientôt Bossuet, le plus éloquent des hommes, parla 
sur un ton à la fois sublime et populaire, qui n'appartient qu'à lui. Molière, Boileau, 
Racine, la Fontaine trouvèrent la langue poétique. Avant qu'on eût rassemblé les pierres 
de construction , les temples étaient debout. 

Le Dictionnaire avait vieilli , pendant qu'on y travaillait. On revint sur ce qu'on avait 



(i) Patni, OEupres ttAferses, e. If, p. 5^2. 



PRÉFACE. xY 

fait. Après bien des années, on n'en était encore qu'à la révision de la lettre A. Le 
vigilant Golbert, qui s'étonnait d'un travail si lent, était un jour venu assister à la séance. 
On y lisait le mot ^m£. Mais la définition précise en fut si contestée , on discuta si bien sur 
le point xle savoir si , dans l'usage , ce mot indiquait seulement une obligation du monde 
ou un rapport du cœur, s'il supposait une affection partagée , et s'il ne se disait pas sans 
cesse d'un empressement qui n'avait rien de sincère , ou d'un zèle qui n'obtenait aucun 
rétour, enfin on vit tant de questions dans une seule, que le ministre, dont tant de gens 
à la cour se disaient les amisy convint, en se retirant, qu'il ne s'étonnait plus de la 
lenteur et de la difficulté du Dictionnaire. 

Un Dictionnaire , en effet , où tous les mots des sciences et de la vie d'un peuple 
se trouveraient exactement définis , analysés dans leurs éléments , suivis chronolo'- 
giquement et expliqués dans toutes leurs acceptions , un tel Dictionnaire serait la plus 
lente des œuvres difficiles; et, à une époque même, cette œuvre deviendrait impossible 
par l'extension presque infinie des notions qu'elle suppose. En se bornant à la langue 
oratoire et à la langue usuelle, et en les cherchant tout à la fois dans la logique et dans 
l'usage, l'Académie avait encore assez à faire; et elle pouvait, par la date même de son 
travail, laisser un monument précieux. Car la politesse du siècle de Louis le Grand, 
comme on disait alors , n'était pas toute dans les livres, n'en venait pas , ne s'y rapportait 
pas exclusivement. 

Il y a des temps où l'on peut dire que tout l'esprit qui se consomme se met dans les 
livres, que tout qe qui se pense s'imprime. Là, peu d'originalité, peu de différence pro- 
fonde entre les hommes, peu de variété de langage. Une même idée passe en un moment, 
et sans effort d'étude, à tous les lecteurs, et les met en communauté sur quelques points. 
Les conversations ressemblent aux écrits; et les écrits ne sont souvent que des conver- 
sations. La fin du dix-huitième siècle tendait vers ce niveau des esprits. Nous nous en 
sommes encore plus rapprochés : c'est la civilisation. 

Il n'en était pas ainsi dans un temps où la société , encore séparée en classes et en prp^ 
fessions très-distinctes , ingénieuse et forte au sommet, était pleine de diversités de mœurs, 
de coutumes et de langage. Écrire pour le public était alors un soin sérieux qu'on rem« 
plissait quelquefois par devoir de profession , ou une ambition extraordinaire à laquelle i 
avec ou sans talent, on se préparait par de grandes études. Puis, en dehors de ces 
hommes éloquents et graves, ou de ces studieux lettrés, il y avait une foule d'es^ 
prits cultivés et polis, qui, sans rien écrire, animaient les entretiens de la ville et de la 
cour. Au dix-huitième siècle, l'aristocratie de l'intelligence fut toute dans les écrivains; mais 
dans l'âge précédent , tel que nous l'a décrit Yokaire , tel qu'on le surprend mieux encore 
dans les Mémoires ^ la cour de Louis XIY et tout ce qui venait s'y réunir, attiré par l'éclat 
da prince 9 offrait au plus haut degré ce charme et cette puissance de l'esprit qui mar« 
quaient en même temps le soudain progrès des lettres. 

Ce n'était pas une illusion de flatterie que la supériorité et la grâce attribuées à ces ^l« 

c. 



XVI PRÉFACE. 

tfetiens de Versailles, où Louis XIV portait la noble précision de ses paroles, oîi tant de 
femmes si belles étaient admirées pour leur esprit, où Tauteur des Maximes, le philo-* 
sophe de la Fronde, la Rochefoucauld paraissait quelquefois, où Molière était de service, 
où Grammont causait comme écrit Hamilton, où Bossuet, Fleury, la Bruyère, conver- 
sant à part dans \ Allée des philosophes, étaient rejoints par Condé , où Fénélon était 
maître de Foreille et du cœur de tous ceux qui l'écoutaient, et où, sous la physionomie 
attentive d'un duc, assidu courtisan, se cachait, avec ses Mémoires longtemps inédits, 
l'incorrect mais unique rival de Tacite et de Bossuet. 

On conçoit sans peine que cette cour, qui semblait avoir transformé en élégance et en 
bon goût toute la vigueur des grandes familles du seizième siècle , eût beaucoup d'in- 
fluence sur l'esprit de la nation , et qu'on se piquât d'en imiter les usages. De là cette 
déférence des critiques du temps pour ce qu*ils appellent le langage de la cour. Nous 
savons bien qu'on a depuis accusé ce langage d'être pauvre , dédaigneux, courtisanesque , 
et d'avoir nui au génie même de nos écrivains, bien que nous ne concevions pas comment 
Sévigné aurait pu être plus spirituelle et plus vive. Racine plus éloquent, Bossuet plus 
original et plus sublime. Mais enfin la plainte a été faite; et on doit avouer que le goût de 
Versailles était celui d'une élite d'esprits nobles et cultivés, mais qu'il y manquait le 
battement de cœur d'un grand peuple. 

Peut-être même cette autorité souveraine du goût et du langage de la cour eût été 
moins heureuse pour les arts, si elle n'avait été mélangée et combattue par une autre 
influence , qui tenait à l'esprit du même temps , celle des controverses religieuses. 
Ce fut là, pour l'esprit de la nation, une plus sévère école, d'où sortaient le sérieux, 
la simplicité, la liberté du langage. Après la cour, après les conversations et les fêtes 
ingénieuses de Versailles, il y avait les solides entretiens de Port-Royal, l'apostolat 
perpétuel de ses solitaires , leurs liaisons fréquentes avec la magistrature , et avec le peu 
de libres consciences qui , sans se séparer de l'ancienne foi , n'étaient pas toutes sou- 
mises au roi et au pape. Port-Royal était une secte, dans le sens le plus honorable 
du mot. Par là, il eut et garda, pendant le dix-septième siècle, une grande influence 
sur les mœurs, les écrits, la langue. L'action isolée d'un homme de génie n'a pas ce 
pouvoir : il fait quelques bons ou quelques mauvais imitateurs; mais, pour modifier 
l'usage , pour mettre une empreinte nouvelle sur l'esprit d'un peuple , il faut l'in- 
fluence d'une opûnion qui a de nombreux organes, et qui tour à tour agit, parle, 
écrit, et intéresse par ses combats et ses souffrances. Ce fut le sort et le privilège de 
Port-RoyaL 

£n rappelant sur quelques points les esprits au libre examen , en mêlant la philosophie 
à la religion, et toutes deux aux lettres, Port-Royal donna le goût d'une diction sérieuse 
et nourrie, qui rapprochait la langue française des sources antiques d'où elle est sortie. 
Par une controverse assidue sur des questions de métaphysique, ces pienx solitaires 
firent entrer dans l'usage du monde une foule d'expressions qui tendaient à spiritualiser 



PRÉFACE. xMi 

notre idiome, et à le rendre plus exact et plus précis. Quand on voit, dans les témoir 
gnages du temps , la réputation du grand Arnauld, et qu'on la cherche dans ses œuvres , 
on sent qye cet homme fut nécessairement supérieur à ce qu'il a laissé , et qu'il 
domina surtout par l'action de ses entretiens et de ses disciples, et par la rapidité et 
l'à-propos de ses écrits. De là venait la grande part que les critiques donnaient à Port- 
Royal dans le perfectionnement du langage. 

Amauld et ses amis aidaient plus sensiblement encore à ce progrès par leurs travaux 
sur la grammaire générale et sur l'analyse comparée des langues. Pour la première fois, 
depuis la renaissance, la méthode philosophique dirigeait la philologie; et tout l'artifice 
de la pensée était cherché dans l'artifice du langage. Un caractère essentiel de la langue 
frr'nçaise, celui qui la rend si propre aux sciences, aux affaires et à la vie , celui qu'elle 
ne peut perdre sans changer tout à fait, la clarté, instinct de notre esprit, devenait 
de plus en plus une loi de notre littérature. Elle se marquait par l'ordre direct du langage, 
la Ibmière des expressions , et cette netteté précise , où l'on reconnaît à quelques égards 
l'influence de la géométrie, de cette science judicieuse qui avait formé Descartes , et dont 
Pascal et ses amis mêlèrent l'inflexible justesse à l'ardeur même de l'éloquence. Les ad- 
mirables Discours sur la logique étaient, pour Port-Royal, le fondement de toutes 
les études de langue et de goût. Tout, dans l'art d'écrire, y était ramené à Y art de penser^ 
mais avec cette vive intelligence de la passion et du beau , qui distingue les vues de Pascal 
sur l'éloquence des critiques de Condillac sur le style. 

Enfin, les écrits corrects et savants de Port-Royal excitaient dans le parti contraire, 
jusque-là tout empreint de barbarie scolastique , une émulation de délicatesse , uit 
soin scrupuleux de la diction, qui fut, après les ouvrages de génie, le secours le plus 
utile à la pureté de la langue. En s'occupant , vingt années encore après les Provinciales, 
à chicaner subtilement le style de Pascal , les jésuites apprenaient à bien écrire. En 
relevant avec ironie la gravité un peu uniforme, les longues périodes et les expresr 
sions parfois inusitées des autres écrivains de Port-Royal , ils s'essayaient eux-mêmes 
à un style plus facile et plus libre , sans être moins correct. La langue commune s'en- 
richissait de toutes parts, et prenait tous les tons. C'était une monnaie courante, dont 
les types réguliers et nets se multipliaient à l'infini pour suffire au commerce croissant 
des idées , indépendamment de ces médailles à part que frappe le génie , et qu'il se 
réserve. De bons ouvrages de critique , un peu minutieux , de subtiles analyses de la 
langue et de la diction servaient à fixer le goût public, que les écrits des grands hommes 
avaient vivement saisi , et d'abord enlevé à ces fausses admirations que fait naître Tinex* 
périence de l'art ou la satiété du vrai beau. 

Il s'était donc formé, pour la langue et le style, cette sorte d'unité, qui se concilie très- 
bien avec la différence des génies, mais qui leur laisse à tous, dans leur libre physio- 
nomie, un air de famille et une parenté naturelle. Cette ressemblance dominait toutes 
les diversités d'opinion et de parti. Pour l'exactitude, la force et la gravité du langage^ 



XTiii PREFACE. 

le jésuite Bourdaloue paraissait un élève accompli de Port-RoyaL Quiuault, dédaigné par 
Racine, avait dans la mélodie de s^es paroles quelques accents de la même voix; et il n'était 
pas jusqu'à Perrault, l'ennemi des anciens, qui ne fut classique pour la langue ^ et n'eût, 
en prose du moins, beaucoup de naturel et de simplicité. 

Ainsi , noble politesse des mœurs , plaisirs délicats de l'esprit dans la pompe d'une 
cour, sérieuses études , rendues presque populaires par la passion religieuse, controverses 
assidues, qui ne laissaient pas s'énerver la vigueur de la pensée, rencontre de tant de 
génies divers, façonnant sous leurs mains la rudesse encore flexible du langage, tout 
s'accorda , tout se réunit pour porter notre idiome à cette perfection qui se sent elle- 
même , et n'est autre chose que le plus grand degré de justesse et de force heureusement 
réunies. 

L'Académie avait eu sa part dans ce travail de la société française. Pendant que tout 
s'élevait autour de Louis XIV, elle s'était en grande partie renouvelée. Aux fausses illus- 
trations du siècle commençant, elle avait fait succéder les vrais et durables génies, qui 
devaient le marquer de leurs noms; et il était juste de dire que nulle part la langue 
de notre pays n'était mieux parlée , et son esprit représenté avec plus d'éclat. Ajoutons 
seulement que, d'après les habitudes du temps, on se faisait, du. pouvoir académique, 
une idée peut-être excessive. 

A Rome,yarron trouvait que ^ pour le langage, comme pour le reste, le peuple ne 
dépendait que de soi-même, et que chacun dépendait du peuple: Populus in sudpotestate, 
singuli in illius. Mais, dans la France de Louis XIY, Bossuet, tout en confessant que 
l'usage est le père des langues , et que le droit de les établir, aussi bien que de les régler, 
n'a jamais été disputé à la multitude, aimait à voir dans l'Académie «un Conseil souve- 
c rain et perpétuel, dont le crédit, établi sur l'approbation publique, peut réprimer les 
ce bizarreries de l'usage , et tempérer les dérèglements de cet empire trop populaire. » 
Cette même idée , dans le siècle suivant et dans un autre pays , faisait souhaiter à un espnt 
moins grave que Bossuet , au capricieux Swift , l'établissement d'une académie qui pût 
contenir et fixer la langue anglaise, écarter beaucoup de termes , en corriger d'autres, en 
raviver quelques-uns. Il faut , disait^l , a. qu'aucun des mots auquel cette sodMé aura donné 
« sa sanction , ne puisse, dans la suite, vieillir et être rejeté (i).» Bossuet et Swift oubliaient 
seulement que le conseil suprême de censure grammaticale changerait , comme le pubhc , 
et qu'à la longue les modérateurs de l'usage y céderaient eux-mêmes. 

Quoi qu'il en soit, l'Académie française continua d'exeroet avec une assez grande 
réserve son pouvoir constituant ; et le Dictionnaire, fait et recommencé pendant qu^e tout 
le monde faisait la langue, fut enfin publié, avant le terme du dix^^septième siècle. 



{!) A Proposai /or correeting, improving^ and aseertaining the ongUsh longue^ in a Leiter W the Lord 
bigh Treasurer. 



PRÉFACE. xix 

Sans étymologies étrangères , et avec la seule indication des termes anciens de notre 
langue qui ont péri en laissant leurs dérivés; cette édition de 16949 où les mots sont 
rangés par ordre de racines, comme dans le lexique grec d'Henri Estienne , doit paraître 
incomplète et peu commode. Elle n'en est pas moins un témoignage unique pour l'his- 
toire de notre langue, et le supplément nécessaire des bons livres à qui veut bien con- 
naître son génie. On n'y retrouve pas les hardiesses d'expressions et de tours , les beautés 
de langage que créaient nos grands écrivains; mais on y voit le fond commun sur lequel 
ils travaillaient de génie, le bloc oii ils taillaient leurs statues grecques. 

Cette langue , prise dans toute son étendue , entre l'usage de la cour et les proverbes 
populaires , atteste au plus haut degré une nation vive, ingénieuse, ayant plus de justesse 
qc. j d'imagination , sociable, mais sans vie publique, très-occupée de religion , de guerre, 
de philosophie , de belles-lettres , mais médiocrement touchée des arts , et n'ayant encore 
que peu cultivé les sciences physiques. 

Sur ce dernier point, en effet, son vocabulaire usuel est pauvre et restreint. Sans 
doute , il eût été facile de le grossir beaucoup par les nomenclatures techniques et les 
classifications de chaque science, telles qu'elles existaient alors : on sait que cette idée 
même fut l'occasion du schisme et des critiques de Furetière, qui en profitant du travail 
de l'Académie, l'ensevelit dans un Dictionnaire universel des sciences et des arts. Un 
écrivain de nos jours (i), savant philologue et brillant coloriste, a parfaitement justifié 
l'Académie de n'avoir pas compris dans son recueil de la langue cette foule de termes 
techniques, dont Borel et Thomas Corneille firent alors des lexiques, maintenant oubliés. 
Ces nomenclatures, en effet, qui sont autant de langues particulières , changent de fond 
en comble, parle progrès même des sciences , et n'offriraient souvent aujourd'hui que la 
date inutile d'une erreur détruite , ou d'une ignorance qu'on n'a plus. La nomenclature 
médicale ou chimique du dix-septième siècle serait tout à fait dénuée pour nous de sens 
et d'usage, tandis que la langue littéraire de là même ^oque est un type immortel. Mais , 
à part cette question, l'Académie, moins hardie que nos grands écrivains, ou, si l'on 
veut, plus timide en masse que dans chacun de ses membres, n'avait-elle pas trop 
restreint les richesses de notre langue , trop ébranché le vieux chêne gaulois ? 

On lit, dans les Factums satiriques de Furetière contre ses anciens confrères (st), que 
la Fontaine était fort assidu aux séances de l'Académie et à la discussion du Diction- 
naire; mais qu'il ne pouvait y faire admettre, par les plus sages de l'Académie, les mots 
de sa cormcUssance , ceux qu'il avait appris dans Marot et Rabelais. En faisant un par^ 
tage de ces mots, et en concevant le scrupule qui en excluait quelques-uns, on peut re- 



(i) M. Nodier. 

(a) Faretière, second Factum, -p. ai. 



XX PRÉFACE, 

gretter que la Fontaine n'ait pas eu plus de crédit à FAcadémie, et que plusieurs 
façons de parler expressives j empruntées au vieux français , ne soient pas restées dans le 
Dictionnaire. Heureusement, la Fontaine les a mises dans ses ouvrages , où elles sont 
encore mieux, et où elles revivent. 

La Bruyère et Fénélon paraissent croire que la langue de leur temps s'était trop 
épurée , avait rejeté trop d'anciens mots expressifs ; et l'Académie a été chargée de ce 
tort. Il ne faut pas oublier cependant que les mots qu'on regrette n'ont souvent d'autre 
grâce que la désuétude, que presque toujours ils ont été remplacés, et que surtout les réunir 
aujourd'hui pêle-mêle avec ceux qui les remplacent, ce serait ne parler la langue d'aucune 
époque, et chercher le natureldans Y archaïsme. L'édition de 1694, d'ailleurs, renfermait 
des mots et des tours qui, vieillis même au seizième siècle (1), avaient reparu dans l'usage 
du siècle suivant , et se conservent dans le nôtre. Elle en accréditait aussi quelques-uns 
que la critique contemporaine relève comme inusités (a); par exemple, affectueux, 
amphibologique, et jusqu'à l'expression imita tive de vent qui cingle. 

On sait, au reste, que rien n'est plus trompeur que la date apparente des mots. 
Quelques-uns, dont il semble qu'on n'a jamais dû se passer, sont d'invention assez 
récente; et quelques autres, dont l'idée, pour ainsi dire, n'existait pas dans les mœurs, 
ont reçu des écrivains une existence anticipée. Désintéressement, exactitude, sagacité, 
bravoure, ne furent rétablis ou introduits qu'assez tard dans le dix-septième siècle. 
Savoir-faire, selon le P. Bouhours , est un terme tout nouveau , a qui ne durera pas 
a et est peut-être déjà passé t>; et au mot effervescence, madame de Sévigné se récrie: 
«c Gomment dites-vous cela , ma fille ? voilà un mot dont je n'avais jamais oui parler. » 
D'autre part, démxigogue, terme peu nécessaire sous Louis XIV, était hasardé par 
Bossuet , et resta longtemps sans usage. 

On peut trouver aussi que l'Académie, en prodiguant les proverbes, a trop épargné 
certains termes usités des artisans , et qui sont des images ou peuvent en fournir. Il y a 
là souvent une invention populaire, qui fait partie de la langue, et qui ne change pas, 
comme les dénominations imposées par jes savants. Furetière avait raison de regretter 
le nom énergique di orgueil, employé par les ouvriers pour désigner l'appui qui fait 
dresser la tête du levier, et que les savants appelaient du beau mot A'hypomocUon. Ces 
emprunts faits, pour un besoin matériel, à la langue morale, ces expressions intelli- 
gentes sont précieuses à recueillir. Shakspeare en est rempli dans sa langue poétique 
et populaire. 

Si l'Académie était trop dédaigneuse à cet égard, en revanche elle avait beaucoup mul- 
tiplié les termes de blason et de chasse. C'était un caractère du temps et des mœurs , 



(i) Du Bellay, Défense et illustration de la langue françoise. Voy. les mots ajourner, assener. 
(a) Bibliothèque universelle et historique de J. le Clerc, t. III, p. 5a8. 



PRÉFACE. ^ XXI 

qui s'est affaibli peu à peu dans les éditions suivantes du Dictionnaire , mais qui a laissé 
tlans notre langue beaucoup d'expressions durables. Car il en est de certains usages 
effacés, comme de ces étymologies lointaines, qu*on ne sait plus mais qui agissent en- 
core sur le sens et la portée des mots. 

Ce premier travail de l'Académie était donc excellent pour le but qu'elle se proposait, 
et , à quelques égards , impossible à remplacer. Il constatait l'époque la plus heureuse 
de la langue. Le vocabulaire n'en était pas très-étendu ; mais plus tard les langues 
s'appauvrissent par leur abondance. Car toute expression nouvelle qui n'est pas le 
nom propre d'un objet nouveau, est une surcharge plutôt qu'une richesse; et quand 
une langue est bien faite, les nuances infinies des sentiments et des idées peuvent 
s'y traduire par la seule combinaison des termes qu'elle possède. C'est par ce travail 
même qu'est souvent excité l'art de l'écrivain; et les plus belles productions de l'esprit 
humain ont été composées avant cette excroissance de termes synonymes et cette végé- 
tation stérile qui couronne les vieux idiomes. 

Mais, indépendamment des mots nouveaux, l'emploi nouveau des termes connus, les 
changements , les variantes d'acception , et tout cet ingénieux mécanisme qui transforme 
et étend les expressions par leur rapprochement, offrent une autre richesse de langage 
bien autrement difficile à discerner et à recueillir. Le premier travail de l'Académie 
était fort loin de l'avoir épuisée. Mais ce travail avait deux caractères, empruntés à l'ex- 
cellent goût du temps : l'analogie dans la composition et dans le rapport des mots, 
l'abondance des idiotismes , de ces tours particuliers , qui sont la physionomie nationale 
d*une langue, et lui donnent l'originalité, comme l'analogie lui donne la justesse. 

L'ouvrage en deux livres que Jules César avait écrit sur Vanalogie, en l'adressant à 
Cicéron, est perdu, sauf quelques mots. Mais pour que ce grand homme ait été tenté 
par un pareil sujet, on doit croire qu'il y avait vu ce que ce sujet renferme, et qu'il ne 
supposait pas, comme Quintilien , a l'analogie fondée, non sur la raison, mais sur 
« l'exemple, et n'ayant d'autre origine que l'usage (i). » Recueillir cet usage, souvent con- 
tradictoire, eût été un pauvre soin pour César. Mais l'analogie est autre chose : ce n'est 
pas seulement une règle qui, dans les langues complexes et à désinences variées, soumet 
en général les mots de même forme à des modifications semblables. C'est aussi la pro- 
portion des termes entre eux, l'accord des images. En ce sens elle donne la raison de 
l'usage, ou le corrige; elle est la partie la plus fine de la philosophie même du langage (2), 



(i)«Non ratione nitîtiir, setl exemplo; nec est les loquendl, sed obseiratio, ut ipsam analogîam nulla 
è res alia fécerit quàm consuetudo. » (Quintil. lib. I, c. vi.) 

(2) «C. Caesar de analogiâ libros edidit, sciens sine eâ neque ad philosophiam , in quà peritissiraus erat, 
«neque ad eloquentiam , in quà potentissimus, posse quempiam pervenire.» f Joann. Sarisb. Metalogico. 
lib. I, c. a.) 

d 



xxu • PREFACE. 

et le plus sûr moyen de le faire servir à la plus complète intelligence de la pensée. Ri 
ne devait mieux que l'exacte observation de l'analogie prévenir la nuance d'i 
et d'obscurité à laqudle les langues anciennes étaient parfois exposées, par la li 
même de leur savante construction. 

Ce que l'esprit si net et si élevé de César étudiait surtout et perfectionnait dans la 
langue latine, était, au dix-septième siècle, la qualité dominante de la nôtre; et c'est, en 
grande partie, la cause du plaisir qu'on trouve à la lecture des bons livres de cette époque, 
de ceux même qui n'ont pas le caractère éminent du génie, et qm ne peuvent nous pré- 
occuper par la nouveauté des. idées et des connaissances. Nous y sentons dans le style, 
dans l'accord des pensées, des expressions, des images, une justesse qui satisfait l'esprit. 
Quand un mérite semblable cessa d'appartenir à la langue latine, quand les mots effacés 
et comme usés par le long usage y perdirent leur sens propre, et que l'oubli de leur sens 
figuré détruisit toute analogie dans leurs rapports, on peut voir, par les auteurs de la 
décadence, combien cette langue devint obscure et parfois inintelligible. L'avenir 
saura ce que le même défaut de justesse et de goût peut faire de notre langue française, 
autrefois si précise , si juste et si claire. 

L'analogie, qui fortifiait en elle ce caractère, n'était pas l'uniformité systématique des 
règles du langage. On sait combien notre langue, au dix-septième siècle surtout, avait 
de liberté hardie dans les tours , soit par un reste des vieux dialectes parisien on 
picard , soit par l'imitation des formes antiques. On sait aussi combien elle gagnait de 
vivacité à l'abondance de ces idiotismes, indigènes ou importés. Dès le seizième siècle, 
le plus profond de nos philologues, Henri Estienne , avait marqué, dans un grand nombre 
d'expressions composées et de tournures, la conformité de notre langue avec la grecque, 
et il en avait conclu qu'elle « tenoit le second lieu entre tous les langages qui ont jaQiais 
ce esté, et le premier entre ceux qui sont aujourd'hui. » Ce n'était encore que remarque 
de grammairien, juste et profonde, mais ne portant que sur quelques procédés de la parole 
Racine fit pénétrer cette ressemblance plus avant, et jusqu'à 1 ame de la poésie. Mais ce que 
prouvent diversement Henri Estienne et Racine, c'est combien certaines ellipses, certaines 
formes, certaines substitutions de temps dans les verbes, sans être justifiées par 
l'analyse, ont de grâce et d'énergie dans le style. En se corrigeant sur ce point, le 
langage s'affaiblit. Le nôtre est devenu plus grammatical, et moins français. On ne peut 
donc garder avec trop de soin ces tours nerveux et libres, liés aux origines d'une langue, 
et qui font d'elle une musique savante, variée, pleine de souvenirs, au lieu d'un chiffre 
de convention. 

C'était beaucoup de bien conserver, dans la sèche nomenclature d'un dictionnaire, 
ce caractère précieux de la langue du dix-septième siècle. C'est là surtout le mérite du 
premier travail de l'Académie. Du reste on n'y trouve pas toutes les conditions d'un 
ouvrage approfondi sur la langue ; et on pourrait difficilement les introduire dans le 
plan que l'Académie s'était proposé. 



PRÉFACE xxiii 

Définitions y étymologies, citations textuelles, Toilà ce qu'on demande au glossaire 
complet d'une langue. Mais sur le premier point, la tâche est impossible ; el c'est pour 
cda quelle <St dlordinaire si mal remplie. Il y a beaucoup de mots qu'on ne saurait 
définir, parce qu'on ne peut les interpréter par une idée plus claire que celle qu'ils 
portent avec eux^ Ce sont ces mots que Pascal 9ippéïle primitifs, et qu'il compare aux 
premières choses sur lesquelles opère la géométrie, et qu'elle n'explique pas, espace, 
temps, momfsMient, etc. De même pour une £bule d'autres mots qui tiennent à la 
racine même de nos connaissances, et qui nous sont intelligibles par la lumière naturelle : 
nous pouvons les traduire, les sous-interpréter , les décrire en quelque sorte; mais 
' nous ne les définissons pas; ou nous risquons de tomber dans une classification arbitraire 
qui changera , ou dans une dénomination vague qui ne dit rien* Pascal se moque de 
cwx qui , de son temps , avaient d^ni la Lumiève , un moupement luminaire des corps 
bunineux. L'Académie ne seraitrcUe pas tombée dans un défaut à peu près semblable , 
quand elle a défini I'Ame , ce qui est le principe de la vie dans tous les Ares vii^ants, 
et qu'ensuite elle a défini la Vie, rétat des êtres animés, retombant ainsi d'une première 
impuissance de dâinir dans une seconde , et les cachant l'une par l'autre ? 

Toutefois^ après ces termes fondamentaux , à l'égard desquels la définition ne peut 
être qu'une assertion scientifique ou une glose assez grossière, il est une (ovXe d'autres 
mots , exprimant des complications ou des nuances que la définition analyse et démêle. 
Le soin apporté à ce travail est la partie la plus difficile d'un dictionnaire* Dans les 
meilleurs ouvrages de ce genre, on se borne presque toujours à traduire un mot par un 
autre, cest-àrdire à en faussa le sens; car il n'y a pas, dans la même langue, deux 
expressions qui aient exactement la même valeur, et qui puissant être de tous points 
substituées l'une à l'autre. Les .bons écrivain^ savent cette vérité, encore plus que les 
grammairiens. Dans le travail de l'Académie, ces interprétations insuffisantes sont 
souvent précédées d'une définition bien faite. Ce caractère, marqué dès la première 
édition, a dû se perfectionner dans les suivantes : Dubos, Duclos, d'Alembert, esprits 
pénétrants et précis , s'en sont tour à tour occupés , et avaient encore laissé beaucoup à 
faire , même pour les tenneis de l'usage habituel et de l'ordre moraL 

Mais une autre partie importante de l'histoire de la langue, letymologie, a continué 
de manquer complètement au Dictionnaire firançais , comme à celui de la Crusea. On a 
dit, à cet égard, que la science étymologique n'était pas faite à l'qpoque où l'Académie 
commença son travail.; qu'à toutes les époques c'est une science fort douteuse, et qu'en 
définitive elle n'est pas nécessaire pour la pçirfaite intelligence d'une langue arrivée à son 
état de perfection; tant cette perfection même éloigne les mots de leur origine! Le 
premier de ces motifs prendra plus de force, si l'on songe que, jusqu'au grand travail 
de M. Raynouard, l'anneau qui Ue sur tant de points notre langue à la langue latine était 
presque ignoré, et qu ainsi sa généalogie eût été toujours interrompue au degré le plus 
proche. Ajoutons ce qull y avait alors dlncomplet ou d'inaccessible dans les notions 

d. 



l 



XXIV PRÉFACE. 

qu on avait en France des langues du Nord et de TOrient, et l'ignorance où Ton était de 
la principale source des langues grecque et latine; et on comprendra sans peine que 
l'Académie, malgré les reproches de Furetière et l'exemple de Ménage, n'ait point tenté 
ce travail , qu'il ne faut pas essayer à demi. 

En effet, la science étymologique est, selon le caractère des recherches, ou une 
curiosité tantôt facile, tantôt paradoxale, ou une étude féconde, qui d'un côté tient à 
la partie la plus obscure de l'histoire, de l'autre à l'analyse de l'esprit humain, à l'in- 
vention des langues, et à la perfection de la parole. Pour nos langues de filiation latine 
en particulier, indiquer, à côté du terme moderne, le mot latin d'où il dérive, c'est 
faire peu de chose, et parfois se tromper : car parfois le terme latin avait lui-même une 
racine septentrionale, à laquelle touchaient, avant la conquête romaine, les anciens habi- 
tants de notre sol , qu'on appelle nos pères. De plus, lors même que la dérivation du latin 
vers nous est évidente , souvent le mot, expressif à son origine, est devenu pour nous 
sans couleur. Le dictionnaire qui , au mot rival, ajoutera pour racine le mot latin rivalis, 
ne m'apprend rien, s'il ne m^explique comment les laboureurs latins et les jurisconsultes 
romains appelaient rivales les deux riverains qui se partageaient, et souvent se disputaient 
un ruisseau, pour arroser leurs prés, et comment ce mot a pris de là un sens moral, éloigné 
du terme primitif ( i). Il en est de même de presque tous les mots. Dire que désirer vient 
de desiderare, et considérer de considerare, calamité de calamitas, admirer de mirari, 
c'est presque ne rien dire; c'est traduire im chiffre par un autre chiffre, à moins d'entrer 
dans l'explication même du terme étranger importé par nous. 

Ainsi, l'étymologie immédiate serait souvent peu significative : l'étymologie complète et 
analytique serait l'histoire des autres langues pour arriver à la nôtre. De là , sans doute, il ne 
faut pas conclure que la science étymologique est vaine et fausse, mais qu'elle est immense, 
eX qu'étant surtout une science de comparaison, elle n'est possible que par la tardive 
réunion de tous les éléments qui servent à l'éclairer. Faute de ce moyen, on ne peut voir 
qu'à côté de soi, et peu de chose, ou s'égarer ingénieusement. 

On sait combien les peuples lettrés de l'antiquité, qui ne connaissaient que leurs 
langues , tombaient , à cet égard, dans de singulières erreurs. Celles du savant Varron 
nous étonnent ; et Quintilien en relève d'autres non moins bizarres. Jamais les étymolo- 
gies qui parfois ont fait rire du docte Ménage, n'approchèrent, pour l'incertitude 
et la subtilité, de celles que Platon a multipliées dans un dialogue tout exprès. C'est 
que Platon voulait, sauf quelques exceptions, tirer toute la langue grecque d'elle-même, 
par un préjugé semblable à celui des Athéniens se croyant nés de la terre qui les portait. 
De là, dans le CroJtyle, sur les noms des êtres et des choses, sur les mots essentiels 



(i) «Si inter rivales ^ id est qui per eumdem rivum aquam ducunt, sit contentio de aquœ usu, etc.» 
(^Ulpian. leg. i.) 



PRÉFACE. XXV 

de la langue grecque, tant d'explications arbitraires ou fausses, maïs fausses avec la 
grâce de l'imagination antique. C'est ainsi que Platon vous donnera l'étymologie du mot 
■nptoç, héros, demi-dieu. câpa>c, fait-il dire par Socrate , vient du mot Jfpwç, amour, parce 
« que les héros étaient tous nés de l'amour d'un dieu pour une mortelle, ou d'un mortel 
« pour une déesse, etc.; ou bien encore, <5p«ç peut venir de «pw, eïpeiv, dire, parler, parce que 
« les héros avaient le don de l'éloquence. » Cette raison est bien athénienne. Platon 
vous dira encore, par la bouche de Socrate, que « <r«jjia, le corps, vient de <riî(jLa, tombeau, 
a parce que le corps est le tombeau de l'âme; ou qu'il peut venir aussi de tm^kOLViiù ^ faire 
€ des signes, faire connaître, parce que le corps fait des signes à l'esprit. » Ainsi , pour 
une foule d'autres mots , expliqués avec la même finesse métaphysique , et dont l'origine 
réelle a été reportée à la langue hébraïque, ou se retrouve aujourd'hui dans la langue 
sanscrite ignorée des Grecs, qui cependant lui devaient en partie la leur. Car l'érudition 
moderne est venue, après trois mille ans, renouer entre des peuples anéantis le lien 
qu'ils n'avaient pas aperçu eux-mêmes , durant leur passage sur la terre. 

Mais ce dialogue de Platon , tout semé des jeux de l'esprit grec , n'en renferme pas 
moins une vérité fine et profonde, qui se retrouve dans toutes les langues, qui peut 
s'appliquer à la nôtre , et qui touche en même temps aux éléments primitifs du langage 
et à la perfection de l'art : cette vérité, c'est que les mots, dans l'origine, ne sont pas 
imposés arbitrairement (i), mais déterminés par un secret rapport avec la chose qu'ils 
expriment. C'est pour cela que le peuple fait les langues, sous l'action d'une loi commune, 
modifiée par les climats et les races ; et , par cette même cause, une langue se gâte lorsque 
les mots conventionnels et sans liaison avec le caractère des choses se multiplient à l'excès, 
et qu'un faux art couvre et altère ce fonds d'expressions musicales et vraies données par 
la nature. 

Un savant italien (2) a soutenu, dans un livre, que le premier homme parlait grec; 
car son premier cri, à la vue de l'univers , avait dû être l'a» admiratif du grec, et les autres 
voyelles de la même langue, a, 6, i, 0, u, ses premières exclamations de douleur et de 
joie. Ce savant oubliait que les voyelles , précisément parce qu'elles sont les plus faciles 
émissions de la voix, appartiennent à toutes les langues, même à celles qui n'ont pas de 
lettres pour les exprimer. Mais, quelle qu'ait été la langue originelle, divinement transmise, 
ou formée parla raison que Dieu donne à l'homnie, le caractère primitif des langues 
est de faire entendre, autant qu'il se peut, l'objet et l'idée par le son; et ce caractère leur 
est si essentiel qu'il persiste à toutes leurs époques. Évidemment, la parole a d'abord été 



(i) « Suum à naturâ rébus inesse nomen.... quamdam nominum proprietatem cfx rébus ipsis innaUm 
« esse. • ( Plat, in Cratylo.) 
(a) Joann. Pet. Ericus. 



lOYi PRÉFACE. 

figurative, comme plus tard l'écriture. Mais la rqurésentation de chaque objet par ledessia 
était un mode presque impraticable, auquel ont du succéder bientôt Tesquisse tronquée, 
puis les traits de convention, aussi nombreux que les mots, puis enfin la sublime invention 
de FalphabeL La langue figurative , au contraire , celle qui peint par le son , est restée 
la force et la vie de tout langage humain ; et l'esprit de l'homme n'y renonce jamais. 

Ce rapport du son à l'objet n'est point borné à quelques cas, où il nous frappe par une 
forte onomatopée. On le retrouve partout, dans les mots composés de notre langue, 
comme dans les dérivés des langues étrangères, pour l'expression des idées, comme 
pour celle des choses. Il est, à quelques égards, k première étjnnoiogie des mots. Ce 
n'est pas seulement par imitation du grec pp^sit, ou du \9L%\n fremere , que nous avons 
fait le mot Jrémir; c'est par le rapport du son avec l'émotion exprimée. Horreur, ter- 
reur, doux, suas^, rugir , soupirer, pesant , léger, ne viennait pas seulement pour 
nous du latin, mais du sens intime qui les a reconnus et adoptés, comme analogues à 
l'impression de l'objet. On peut assurer qu'une affinité du même genre se produit partout 
à divers degrés, et que, sauf quelques variétés profondes de la constitution humaine et 
du climat, un certain ordre d'articulations est, en général , affecté aux mêmes sensations. 
Voilà ce que Platon avait entrevu dans le Cratyle, par 4'analyse des éléments mêmes du 
son et des touches de la voix(i). Avec les seuls exemples des mots grecs, il indiquait, 
comme naturelle et nécessaire , une analogie retrouvée depuis dans tant d'idiomes qu'il 
ignorait, ou qui n existaient pas encore. 

Ce résultat de notre nature , modiâée diversement , était surtout sensible dans les 
langues musicales de l'antiquité. Un philosophe romain , ami de Cic^on et de Pompée , 
avança, comme les Grecs, ce qu'a répété depuis le savant et ingénieux président des 
Brosses , que les mots n'étaient pas institués par convention (2) , mais conformes à la 
nature des choses; et il entra sur ce point dans de minutieux détails, qui rappellent quel- 
quefois la leçon de philosophie de IVL Jourdain. <l Lorsque nous disons vous (3) , écrit-ril , 
« nous faisons un mouvement de la bouche, assorti au caractère du mot ; nous écartons 
^c doucement le bout des lèvres, et nous semblons envoyer le souffie et la voix vers ceux 
ce à qui nous parlons^TAu contraire, lorsque nous disons nous, nous n'enflons ni ne pro* 
«jetons la voix, nous n'avançons pas les lèvres; mais, en quelque sorte, nous retirons. 



(1) « Littera R videtur omnis motûs quasi organum esse. » (Plat, in Craty'lo.) 
(a) « Yerba esse naturalia magls quàm arbitraria. > (I^gîdîus, ap. AuL GelL iib. X, cap. iv.) 
(3) tiVos CQm dicimus, motu quodam oris conveniente cum ipsîus verbi demonstratione utimur, et labias 
«aenslm primorcs emoveinsfr, ac spîritu» atque aaimam porro- versimi et ad eos, quibuscum sermocinamur, 
« intendimus. Ât contra cùm dicimus nos^ neque profuso intentoque flatu vocis, neque projectb labris pro« 
« nunciamus j sed et spiritum et labias quasi intra nosmetipsos coercemus. » (Nigid. ap, ÀuL GetL ibid.) 



PRÉFACE. xxTii 

« nous concentrons en nous-mêmes le souffle de la parole et le mouvement des lèvres. » 

Cela paraîtra subtil peut-être; mais, dans une foule de mots, l'accord du son et de 
ridée n'est pas douteux. Ou y sent, en quelque sorte, comme dit encore ce philosophe 
romain, d'après le caractère des choses , un geste naturel de la boudbe et de la voix : 
quasi gestms quidam oris et spiritûs naturalis est: Plus une langue cultivée conserve 
cette richesse des langues primitives, plus elle est énergique et juste. l*a nôtre l'était 
beaucoup. C'est en ce sens que Boileau disait : « La langue française est riche en beaux 
«mots; mais elle veut être extrêmement travaillée.» Rien n'est si commun, quand les 
langues vieillissent , que de voir ce premier rapport détruit , et l'introduction de mots 
abstraits, lourds, décolorés, en place ou à coté des expressions naturelles et vives. 

Mais l'imitation par le son est bien loin de suffire à tous les besoins du langage. 
Sans doute, elle peut, par analogie, s'appliquer à d'autres perceptions que celles de 
l'ouie , à peu près comme l'aveugle Saundersoh , pour définir la couleur écarlate , 
la comparait au brait du clairon. Elle peut même reproduire, par écho , beaucoup de 
sentiments et d'impressions intérieures de l'âme. Mais comment peut-elle s'appliquer aux 
abstractions, aux généralités, ou même aux objets qui n'éveillent aucune sensation précise et 
distincte .^ A côté des signes naturels , il y aura donc beaucoup de signes de convention , 
quelques-uns arbitraires, indifférents, d'autres créés par un ingénieux rapport, et comme 
autant d'hiéroglyphes intellectuels. C'est l'étymologie par les idées , au lieu de Tétymologie 
par les sons et les lettres radicales. Il n'en est pas qui , bien connue , puisse prévenir davan- 
tage les faux sens et les barbarismes d'acception. Mais cette étymologie est suppléée par 
la définition , quand la définition est bien faîte. Que le verbe qui exprime l'acte continu 
de rintelligence soit dérivé de l'idée d'association ou de l'idée de comparaison, que l'on 
dise cogitare de cogère, rassembler, ou penser de pensare, peser, ce sont deux rapports 
également justes, qui se retrouveront dans l'explication complète du mot. 

Pour la connaissance de la langue, pour l'art et le goût, ce qui importe surtout, 
c'est donc le choix des termes, et, tout à la fois, la précision et l'étendue des sens 
qu'on leur assigne. Cette dernière question ramène celle des citations textuelles. 
L'Académie fut opiniâtre à les rejeter. «Le Dictionnaire, disait -elle en 1694, a été 
« commencé et achevé dans le siècle le plus florissant de la langue française; et c'est 
« pour cela quMl ne cite point, parce que plusieurs de nos plus célèbres orateurs et de nos 
« grands poètes y ont travaillé, et qu'on a cru devoir s'en tenir à leurs sentiments. » Le 
même argument se renouvela sans doute avec les changements de l'Académie, et servit 
pour les éditions suivantes. Tl n'est besoin de dire les objections qu'on y a faites : insuffi- 
sance d*un dictionnaire ainsi conçu, sécheresse des exemples formés de phrases com- 
munes ou proverbiales , manque presque absolu des acceptions oratoires et poétiques. 

Bien que ces défauts aient été, en grande partie, prévenus ou corrigés, et que toutes 
les formes essentielles du langage aient successivement passé dans le Dictionnaire, on ne 
peut nier que l'autre méthode ne soit plus instructive , plus curieuse , plus agréable aux 



xxvin PRÉFACE. 

lecteurs, s'il y a des lecteurs de dictionnaires. Mais elle n'est pas, dans Tapplication , 
aussi sûre et aussi simple qu'on le croit. Il y aura toujours une extrême difficulté à poser 
la limite entre l'emploi, même le plus étendu, des ressources de la langue, et les saillies 
particulières de la passion et du génie des écrivains. L'idée d'un tel recueil, sous la forme 
de lexique ou d^ index, se retrouve au déclin de toutes les langues; et elle n'est propre 
souvent qu'à favoriser le retour à Xarchcusme, qui est une des phases et une des formes 
de ce déclin. 

Loin de fixer et de retenir l'usage, un dictionnaire ainsi conçu, excellent pour 
l'histoire de la langue, en rend, pour le goût, les applications indécises et illimitées. Car 
si , comme le remarque Cicéron , il n'est rien de si absurde qui n'ait été dit par quelque 
philosophe^ il n'est rien , en fait de langage , de si étrange, qui ne se trouve dans quelque 
écrivain même estimé. Ce n'est pas tout : les beautés d'expression les plus rares ont été 
faites pour la place; elles sont scellées à la pensée : les arracher, les découper, les en- 
tasser dans les pages d'un lexique, c'est toujours en altérer le sens et le caractère, et 
souvent tromper le lecteur. Si le goût d'une pareille étude prévalait trop, notre langue 
serait traitée bientôt en langue morte, qu'on écrit trop souvent avec un mélange de 
vieilles phrases qui sont copiées , et de tours nouveaux qui sont barbares. 

L'Académie ne devait pas songer à un tel recueil , dans la pleine et riche fécondité 
de notre idiome , après le dix-septième siècle. La langue classique se conservait par tra- 
dition , par habitude. Le goût avait fléchi; le caractère des idées était moins naturel , plus 
raffiné, plus subtil : Fontenelle avait écrit. Le génie de l'antiquité, dont l'empreinte 
s'était si profondément marquée sur notre langue, dominait moins la littérature; et 
d'autres idées entraient dans les esprits. Mais l'innovation était à peine sensible dans le 
langage. Un pénétrant et judicieux écrivain, l'abbé Dubos, qui déjà s'était occupé de 
recherches politiques et de théories étrangères au siècle précédent, écrivait en 1720 : 
c Notre langue me paraît parvenue, depuis soixante et dix ans, à son point de perfection. » 
Et il en concluait que les écrivains dont la gloire s'était maintenue, à cette époque 
de consistance et de durée pour la langue , seraient immortels sans vieillir. 

Alors même. Voltaire et Montesquieu s'élevaient pour vérifier cette prédiction, et s'y 
trouver compris : Voltaire qui a tout renouvelé, excepté la langue , dont il fut un admi- 
rable et presque timide gardien ; Montesquieu qui , sachant si bien les vives allures de 
cette langue et les mouvements inaccoutumés que lui avait appris son compatriote Mon- 
taigne, l'appliquait, avec tant de force et de précision , à des sujets nouveaux. 

La longue vie de Voltaire et la continuelle activité de son génie , est un des événements de 
l'histoire de notre langue. Il en retardait la décadence par les qualités mêmes de son style, 
il ajoute, pour ainsi dire, à la nature de cette langue celle de son esprit, si net, si juste, 
si facile, si rapide, si brillant de clarté. D'autres écrivains ont été plus éloquents; aucun plus 
français et plus cosmopolite à la fois. Aucun n'a servi davantage à la popularité de notre 
langue, et à cette convention tacite qui fait que, presque partout, deux hommes d'esprit, 



PRÉFACE. XXIX 

de nation diverse , qui se rencontrent, s'accordent à parler français. Cette influence dé 
soixante années de verve et de gloire , cette parole toujours naturelle et vive, quoi qu'elle 
dit , ce goût moqueur, toujours armé contre 1 affectation et l'enflure , n'empêchèrent pas 
cependant le cours inévitable des choses. Si la langue s'enrichit encore de combinaisons 
et de formes heureuses, si la prose surtout se dégagea parfois de quelques lenteurs, 
si l'étude plus générale des sciences introduisit dans l'usage plusieurs termes nouveaux 
et nécessaires, le naturel et la pureté du style s'affaiblirent. Voltaire lui-même, s'il 
ménageait avec un goût exquis le caractère de notre idiome, et ne le surchargeait 
d'aucun faux ornement, en émonda parfois le jet vigoureux, et n'en retint pas toutes les 
richesses. Sa langue, si correcte et si facile, a moins de nerf et de physionomie que celle 
du siècle précédent. 

De plus , malgré son exemple , les défauts attachés au second âge d'une littérature 
se produisaient de toutes parts , à travers l'éclat du génie et l'infinie variété des talents. 
Voltaire lui-même portait quelques-uns de ces défauts dans les genres les plus élevés de la 
poésie. D'autres altérations du goût venaient du vice même de la société et de la mollesse 
des mœurs. La diction se gâtait avant la langue. La recherche, la subtilité, les raffinements 
de Féléganpe se multipliaient. La poésie surtout, cette source vive où s'entretient le 
langage, semblait s'épuiser; et l'éloqueiice, soutenue si haut de Bossuet à Massillon, ne 
se faisait plus entendre dans la chaire chrétienne, et n'était pas reipplacée par une 
autre parole. 

Cependant, quoiqu'on abusât parfois de la langue, comme on abusait de J'esprit, le 
caractère général en était conservé dans Tusage et dans les bons écrits. Les expressions 
fausses et maniérées prenaient faveur; mais elles passaient de mode assez promptement, 
A Rome, Séuèque, dont la naissance remonte à l'empire d'Auguste, se plaignait déjà que 
son siècle ne parlait plus latin (i); et il le prouve par de nombreux exemples d'autrui, 
auxquels il aurait pu mêler parfois les siens. Chez nous, la décadence a été bien moins 
hâtive et moins sensible. C'est sur ses vieux jours seulement que Voltaire laisse échapper 
la même plainte que Sénèque, et dit anathème au mauvais langage français de son 
temps. 

Dans la perpétuelle occupation littéraire du dix-huitième siècle, la langue, en effet, 
après avoir gagné en abondance, en variété, en aptitude encyclopédique, devait perdre 
pour le goût, la vérité, l'expression des sentiments, les choses enfin qui tiennent non 
à la science , mais à l'art. L'esprit philosophique l'avait sans doute encore heureusement 
travaillée. La prose française gardait, sous le burin de Montesquieu, la précision, la 



(i) « Quod nunc vulgô breviarium dîcîtur, oUiu, quùm latine loqueremur, sumniariam vocabatur. » (Senec 
Epis t. xxxH.) ^ 



xx% PRÉFACE. 

vigueur, k pureté du trait et rëclat des images de Pascal ; elle s'eleTart a^vec BufFon à 
cette magn^cence de paroles qvà est Féloquencè sans la passion ; die était , dans Roi»* 
s^au , toor à tour iséTère et didaetiqpxe , ou véhémente et colorée. Diderot la pliait avec 
iftiaginsCtiôn et jœtesse à Texpression du détail des arts ; Condillac la rappelait sans cesse , 
par logique et par système, à cette clarté que Voltaire avait d'instinct et par génie ; Du^ 
marsais la décomposait avec la sagacité des grammairiens de Port-Rojal. 

Mais y au-dessous de ces grands travaux, la manie philosopliique gâtait ia langue par 
ràfïectation et l'emphase; et cette décadence, aggravée par l'inévitable exagération dea 
imitateurs, se reconnaissait même sous la main des maîtres. C'est aizx écrits de Rousseau 
que Voltaire dépité emprunte quelques exemples de maavais langage^ qui ont bien dis- 
paru pour nous dans la diction si savante de l'orateur genevois. Mais l'art même de ce 
beau style ne s'éloignait -il pas du caractère de notre langue ."^ Un des hommes de 
notre siècle qui savait le mieux le français et le grec, et , bien plus, un écrivain de rarç ta- 
lent, Courier, a dit quelque part : «Pour la langue, il n'est femmelette do dix-septième 
a siècle qui n'en remontrât aux Buffon et aux Rousseau. » En ôtant de ce mot l'hyperbc^e 
du caprice et de l'humeur, il y reste quelque chose de vnrai sur l'altération qu'avait éprouvée 
le génie simple et libre de notre langue. 

Le Dictionnaire ) tel que l'avait conçu l'Académie, n'est, à cet égard, qu'on insaffisant 
témoin, par la sécheresse de sa forme, et sa méthode de constater l'usage, et non le 
caprice ou le talent des écrivains. Les éditions qu'on en donna jusqu'en 174O) faites 
dans un ordre nouveau, augmentées de quelques détails de grammaire, et appauvries 
de quelques gallicismes, ne marquaient presque aucun changement dans la langue , 
quoique les mœurs et l'état des esprits eussent déjà beaucoup changé. L'édition de 
1762 est seule importante pour l'histoire de notre idiome, qu'elle reprend à un 
^ècle de distance des premières créations du génie classique, et qu'elle suit dans une 
époque de création nouvelle. Cette édition , en général retouchée avec soin , et , dans 
quelques parties, par la main habile de Duclos, prêterait à plus d'une induction curieuse 
sur le travail des opinions et le mouvement des esprits. Du reste, dans sa nomenclature 
étendue et correcte , elle montre bien qu'une langue fixée par le temps et le génie n a 
pas besoin de se dénaturer pour traiter tous le» sujets , suffire à toutes les idées. Les 
expressions scientifiques y sont plus nombreuses, les définitions plus précises, les 
exemples mieux choisis et plus souvent empruntés au style des livres, les idiotismes 
familiers plus rares. Il y manque ce que l'époque déjà avancée de la langue commençait 
à rendre plus utile, l'histoire de son origine et ses variations. 

Quand Voltaire vint à Paris, en 1778, pour donner encore une tragédie au public, 
voir le siècle qu'il avait fait , et mourir, son infatigable activité d'esprit le fit songer 
même au Dictionnaire de l'Académie; et il entreprit de le recommencer sur ce plan phi- 
lologique qui convient aux langues vieillies. U voulait « recueillir, pour chaque mot, 
«l'étymologie reconnue ou probable, les acceptions diverses, avec les exemples tirés 



PaJÉFACE. 

méùR auteiMrB les pk» approuTéft, et ÊûreMrtvre toutes les expressions pittoresques et 
m àiergiques de Moataigne, d'Amyot, deCharron^ qu a perdues notre langue.» Voltaire (i) 
«irèBa kÔHnéme le projet, se efaar^a d'ine lettre, et avait hâte de mettre toute 
à rommge. Mais cette dernière volonté de son testament littéraire se perdit après 
et la rëvîston du travail de 1762 fut continuée dans la même forme* 

A b vérité, de bien phis graves intérêts allaient préœcuper les esprits. Il s'agissait 
alors pour la société d'rnie bien autre réforme que celle de la langue : et ii eût été 
puéril de n^rder par oe petit coté le spodaele de la France en réwlutioGu Mais , 
Imgilemps après l'éruption du voiean, lorsqu'elle a brûlé et fécondé la terre , viennent 
des cm-ieux <{« ramassent quelques scories, et qni les analysent. G'^est ainsi que l'on 
pourrait aujoard'inii rechercher les traces que t'en.tlK)usîttsme de 1789 , et les se* 
eousses qui suivirent, ont la âsoécs dans notre langue. Gomme jamais société n'avait été 
plus violeimneid: dissoute et mêlée, comme il y eut à la ibis des passions terribles et des 
changements profonds ^ l'eQvpreiiite en a dû rester daias les expressions, ainsi que dans 
tes mœurs. Si, par l'influence même des discussions spéeuktives qui avaient 
marqué les dernières années littéraires du dix-huitième siede, quelque chose de singu- 
lièrement vague et déclamatoire se mêla souvent aux plus formidables réalités de la révo- 
latioB, les imaginations n'en reprirent pas moins, dans cette épreuve, une vigueur 
qui passait au langage. De cette ardente et hétérogène fusion sortirent quelques lames 
^fairain , où sont gravés éloquemment d'immortels prioicipea. £t quand le aol ait 
ndfermi, ^ la violence calmée, sans que la passion fût éteinte^ notre idione, ënenvé 
pmr FalTeeitatioii et la mollesse dans les derniers temps de l'ancienne monarchie , se 
retrouva plus capable de sérieux et d*éloqueiice. 

Les premièpes maximes de la résolution avaient élevé les âmes : ses excès reportèrent 
beaucoup d'esprits éclairés vers l'étude d'un autre siècle, ou la pompe d'un ordve 
social glorieux et respecté s'était réfléchie dans le génie de grands écrivains que la sis- 
eérité de leurs cro3rances maintasait libres. Ge retour ne fut pas sans action sKir le 
caractère et sur les Ibrmes de notre langue^ aux premières années du duMeu^vième 
siècle. De là quelques souvenirs d'une pureté dasaique se mêlèrent heureuaomaat ii 
toutes les hardiesses de l'imagination afffîranéhie. 

'Depuis longtemps l'égalité des droits était acquise à la France; le débat politique lui 
ftfC caffin restitué, à ta tribmie, et par la presse., cette âme des états modernes légalement 
gouvernés. GeS'deuK iiiAiienees de la liberté dans les institutions, et de la démoorofiie dans 
fes mœurs ont du se marquer sur le langage;; et elles Jui rendent bien :fAm ea forue vive et 
'tm mcwv e m e iit mrturel qu'elles ne lui ôteut de pureté. 



(i) Regist. de l'Académie, séance du jeudi 7 mai 1778. 



xxxM PRÉFACE. 

Ce n'est pas ici le lieu de retracer les espérances actuelles de notre belle langue^ dont 
cette édition renferme le dernier classement et le froid inventaire. Dans l'édition 
publiée en 1798, sans l'Académie qui n'existait plus, mais sous les auspices d'un de ses 
membres, on annonçait la régénération de l'idiome, des mœurs et de l'esprit français. De 
telles promesses ont peu de vérité; et les choses humaines ne marchent pas ainsi. Il 
nous suffît que la langue , instrument de la pensée française, ne soit jusqu'à ce jour 
ni impuissante ni faussée, et que la magnificence, la mélodie, la précision, la gravité 
qu'elle peut encore atteindre, soient attestées par des exemples que citera l'avenir. 

Mais ce qui peut augmenter la gloire de la littérature ajoute rarement au vocabulaire; 
et les changements , les accroissements que le besoin et l'usage ont consacrés dans notre 
langue depuis quarante ans, ne sont pas, à tout prendre, fort nombreux. Ce n'est pas 
à les constater et à les réunir que se borne la révision aujourd'hui publiée par l'Académie. 
Les hommes qui ont tour à tour dirigé cette œuvre de patience et d'analyse ont porté plus 
loin leurs recherches , et recommencé pour le passé l'examen attentif de la langue. Rien 
n'a été négligé pour en épurer et en compléter le recueil. Les mots ont été expliqués avec 
plus d'étendue, dans toutes les variétés de leur sens; les exemples de locutions et de 
phrases multipliés avec choix, et empruntés à toutes les nuances du langage écrit. 

Les termes de sciences et d'ai:;ts étaient entrés en plus grand nombre dans l'usage. Au 
caractère précis et méthodique des définitions qui s'y rapportent, on reconnaîtra souvent 
le soin qu'ont bien voulu donner à cette portion du travail de l'Académie plusieurs 
membres des autres classes de l'Institut, et quelques artistes célèbres. Des avis de tout 
genre ont été recueillis pour une tâche pénible, qui embrasse indirectement tant de con- 
naissances diverses, et où tant d'erreurs sont faciles. 

Le célèbre Johnson , au moment de publier son Dictionnaire si estimé, désespérait du 
succès, dans la pçnsée qu'il était impossible qu'un ouvrage semblable ne renfermât pas 
« quelques fautes graves, et quelques choquantes méprises, dont il serait aisé de rire. » 
Nulle attention scrupuleuse, nul concours de lumières ne peut assurer tout à fait contre 
ce danger. Ce qui importe, c'est qu'on ait approché de la grande exactitude, si néces- 
saire dans un tel travail , et qui en est la perfection relative. 

D'autres études sont à faire sur la langue française. Sans confondre l'usage ttV archaïsme, 
sans prétendre renouveler la langue en la vieillissant, on peut en rechercher l'histoire, 
dans un travail qui, profitant des notions nouvelles acquises à la science étymologique, 
marquerait la filiation graduelle, les transformations de chaque terme, et le suivrait 
dans toutes les nuances d'acception , en les justifiant par des exemples empruntés aux 
diverses époques, et à toutes les autorités du langage littéraire. Le premier essai de .quelque 
partie d'un tel recueil pourra seul en montrer tout le piquant intérêt et l'utile nouveauté. 



TABLE DES PRINCIPALES ABEÉVIATIONS. 



t 

a. 


actif. 


absol. 


absolument. 


ad. 


adjectif. 


ad ecti?. 
A( ministr. 


adiectÎTement 
A< minixtration. 


adv. 


adverbe ou adverbial. 


adT. ou adverbial. 


ad^vbîalement. 


Agricult 


Agriculture. 


Anat 


Anatomie. 


anc 


ancien. 


Antiq. 


Antiquité ou Antiquités. 


Antiq. rom. 


Antiquité romaine. 


Aichit. 


Architecture. 


Arithm. 


Arithmétique. 


Asiron. 


Astronomie. 


bass. 


bassement. 


Bot ou Botan. 


Botanique. 


can. 


canon ou canonique. 


cathol. 


catholique. 


Charpent. 


Ghaq^lerie. 


Chim. 


Chimie. 


Chir. ou Chirur. 


Chirurgie. 


GhronoL 


Chronologie. 


coll. ou oollcct. 


collectif. 


conjoncL 


conjonction. 


• 

cniii. 


criminel. 


didact. 


didactique. 


ecclés. ou ecdésiast. 


ecclésiastique. 


elliptiq. 


elliptiquement. 


ezagér. 


exagération. 


exteiu. 


extension. 


fam.' 


fiimilier ou fEunilièrement. 


Faucon. 


Fauconnerie. 


f. ou fém. 


féminin. 


féod. 


féodal. 


^' . 


figurément. 


ForUlic 


'ForliGcation. 


Géogr. 


Géographie. 


Géoin. 


Géoméirie. 


Gram. 


Grammaire. 



Hist. 


Hbtoire. 


Hist. Bat. 


Histoire naturelle. 


hyperibotiq. 


hyperboliquement. 


Impr. ou Imprim. 


Imprimerie. 


invar. 


invariable. 


ironiq. 


ironiquement. 


Jurbpr. 


Jurisprudence. 


Lit. 


Liturgie. 


loc. 


locution. 


m. ou masc. 


suasculin. 


Mar. 


Marine. 


Manufact. 


Manufacture. 


Mathém. 


Mathématique. 


Mécan. 


Mécanique. 


Méd. ou Médec. 


Médecine. 


milit. 


militaire. 


Musiq. 


Musique. 


n. ou neut. 


neutre. 


part. 


participe. 


Feint. 


Peinture. 


pers. ou person. 


personnel. 


Pharm. 


Pharmacie. 


Phys. 


Physique. 


pi. ou plur. 


pluriel. 


P°P- 


populairement. 


poet. ou poetiq. 


poctiquemenL 


prép. 


préposition. 


Prauq. 


Pratique. 


Procéd. 


Proccdiu^ 


pron. 


pronom ou pronominal 


prov. 


proverbialement. 


Sculpt. 


Sculpture. 


s. ou subst 


substantif. 


mibstantiv. 


substantivement 


T. 


terme. 


Théol 


Théologie. 


v. 


verbe. 


V. ou voy. 


voyez. 


vétérin. 


vétérinaire. 


vulg. ou Tulgair. 


vulgairement 



SESE 



DICTIONNAIRE 



DE 



L'ACADÉMIE FRANÇAISE 



A 



A . s. m. La première lettre de notre alpha- 
bet, et la première des voyelles. La lettre A. 
Vn grand A. Un petit a. Un A nutjuscuU, Un 
a nmaim. Un a italique. Des a mal Jormés, 
La vcyéle A. A est long dans Blâme. A est 
hrrf dans Glace. A, dans les mots Casuel, 
basilique y larroD, etc., a un son intermé" 
diaire. A ne se prononce pas dans quelques 
BWtSf tels queAoiki, taon, etc. 

Une panse tfa , La première partie d'un 
petit a, dans récriture ordinaire. 

Prov.y N'a%*oir pas Jait une panse </a, 
K*avoir rien écrit, rien copié, ae ce qu'on 
derait écrire, copier; et, ugurément, N'a* 
rotr rien composé, n'être point auteur. 
Depuis deux jours, mon copiste n'a pas fait 
une panse da. Cet homme nafaitaesa vie 
ane panse «Ta. 

Prov. et fig. , // n'en a pas fait, il /ira 
pas fait une panse d'à , se dit De quelqu un 
qui veut composer un ouvrage, mais qui 
ii*y a pas encore travaillé, ou qui n'a au- 
cune part à un ouvrage d'esprit qu'il s'at- 
iribne ou qu'on lui attribue. Il laisse croire 
que cet ouvrage est de lui; mais il nen a pas 
fait une panse dAp il ny a pas fait une 
panse cTa. 

Fam., Ne savoir ni Àni B, Ne savoir pas 
lire; et, figurément, Être fort ignorant. 

Fam., A Vil être qu'à Vjé b c; renvoyer 
quelqu'un à VAhe; etc. Voyez Abc. 

A . préposition. U se place devant différen- 
tct parties du discours, et sert proprement 
à ' marquer Tendance on direction vers un 
lien, vers an terme ou un objet quelconque. 
( Lorsqu'il précède l'article masculin suivi 
o une consonne, on le contracte en au, 
poar à k; et lorsqu'il précède l'article plu- 
riel des deux genres, on le contracte en 
Toint /. 



A 



aux, pour à les.) Aller à Rome, à V église, 
à l'armée. Marcher à l'autel. Arriver à bord. 
Il vient à nous. Envoyer à l'école. Tourner à 
droite, à gauche. Retourner à la ville, Ren^ 
trer au logis. Voyage à Naples, à la cam* 
pagne, La route de Paris à Versailles. Mon» 
ter à cheval. Mettre pied à terre. S'élancer 
au plus fort de la mmée. Revenir à la charge. 
Se mêler à la foule. Conduire un homme au 
supplice, à la mort. Attacher à la muraille. 
Atteler à la charrue. Tendre les mains au 
ciel. Se prosterner aux genoux de quelqu'un. 
Jeter au feu. Tirer au blanc. Atteinare au 
but. Quelquefois on l'unit à la préposition 
jusque, qui marque plus précisément le 
terme ou le but. Tirai jusqu'à tel endroit. 

Il s'emploie, par extension, devant les 
mots qui indiquent Le terme, ou le but, la 
fin d'une action quelconque. —> Devant les 
substantifs : Écrire à son ami. Parler à son 
père. Obéir aux lois. L'obéissance, la soumis- 
sion aux lois. Renvoyer une affaire au lendc' 
main. Remettre une cause à huitaine. Tra- 
vailler aux mines. Atteindre à la perfection. 
En venir à des injures, à des reproches. 
Condamner à une peine. Pousser à bout. Ré- 
duire au tiers, au quart, à la moitié. Servir 
à tel usage. Tirer à sa fin. Tourner à la 
louange, à la honte, à l'avantage de quel- 
qu'un. Toutes nos actions doivent tendre 
a la gloire de Dieu, à la plus grande gloire 
de Dieu. Boire à la santé de quelqu'un, — 
Devant les infinitifs : // demande à sortir. 
Il aime à lire et à écrire. Il vise, il tend à 
vous supplanter. Il aspire à vous plaire. Je 
pannns a le persuader. Quel empressement 
à le servir! Il s'est abaissé à le pner, jusqu'à 
le prier. Elle s'est emportée à lui dire, jus- 
qu'à lui dire que... Tous s'accordent à le 
huer. Je me décidai à partir. Répugner à 



faire une chose, ^aviserai à le faire. Invitera 
dîner. Obliger à payer, à fuir, etc. (Nous avons 
rejeté a la fin de cet article quelques em- 
plois particuliers de l'infinitif avec la pré- 
position }k,) 

Il s'emploie particulièrement devant le 
régime ou complément indirect des ver- 
bes transitifs, pour marquer de même 
Le terme , la fin de l'action que le verbe 
exprime. Donner une bague à quelqu'un. J'ai 
prêté ce livre à mon frère. Enseigner la géo- 
graphie à un enfant. Dire un mot, faire un 
salut à quelqu'un. S'appliquer, s'adonner à 
l'étude. Adnssez-vous a mi. 
- C'est pour cela que des verbes qui sem- 
blent désigner un rapport tout opposé à 
celui de tendance, de direction vers un but, 
qui expriment au contraire extraction , sé- 
paration, sont cependant suivis de la pré- 
position Xy qui précède leur régime ou 
complément indirect. Arracher une dent à 
quelqu'un. Ôter à quelqu'un ses vêtements. 
Se soustraire au danger, au châtiment. Etc. 

Dans certaines phrases elliptiques, la pré- 
position J^ marque Consécration , dédicace, 
envoi à une personne, ji Dieu très-bon et 
très-grand. Aux dieux lares. Au Dieu in- 
connu. Aux grands hommes la patrie recon- 
naissante. Un tel à un tel, salut. Hymne 
à Vénus. Épitre de Boileau à Molière, à Ra- 
cine. 

On doit rapporter à cet emploi de la 
préposition ïk La suscription ou l'adresse 
ordmaire des lettres missives : ji Monsieur 
N.; À Madame,. , 

Dans quelques autres phrases elliptiques, 
analogues aux précédentes, la même pré- 
position marque Une louange ou un bidme, 
une sorte de vœu pour ou contre quelqu'un 
ou quelque chose. Honneur aux braves! 



A 



A 



Gloire à Dieu dans le eiel, et paix sur la terre\ front. Ils se parlaient à Vortille. Us se pri' 
aux hommes qui veulent le bieni Malheur\ rent aux cheveux, ji chaque arbre il cueillait 
aux vaincus I Haine à la tyrannie l Honte 



à la bassesse, à la lâcheté I 

Quelques verbeç se construisent, devant 
rinfinitif , tantôt avec la préposition ji, tan- 
tôt avec la préposition De; mais dans des 
sens un peu difTérents. 

Commencer à, désigne une action qui aura 
du prosrèsy de l'accroissement. Le jour corn* 
mence a luire. Il commence à pleuvoir. Cet 
enfant commence à parler. 

Commencer tle, désigne une action qui 
aura d« la durée. Larsque cet orateur com^ 
mença de parler, S s'dleva dans V auditoire un 
murmure favorable. Quand le tonnerre corn- 
mence de gronder, il faut s'attendre à un 
orage. 

Continuer à, suppose une action commen- 
cée, et que Ton continue. Je vais continuer 
à écrire ma lettre, Nous allons continuer à 
jouer. 

Continuer de, désigne une action répétée 
par intervalles, et qu'on a rhabîtude de 
faire. Afon frère continue déjouer. Je ne con- 
tinuerai jxis longtemps de voir cet homme4à. 

Nous nous cornerons à ces exemples. 
Cest aux grammaires d'indiquer, plus en 
détail, avec quels verbes on emploie tantôt 
A et tantôt De, et comment Tune ou l'au- 
tre de ces prépositions détermine le sens du 
verbe. 

La préposition \ est encore susceptible 
de beaucoup d'autres emplois, où sa valeur 
primitive est trèa-di versement .modifiée, et 
quelquefois même assez altérée pour qu'il 
soit diflicile de la reconnaître. Nous expo- 
serons les plus vemarauables. 

A 9 s'emploie lorsqu on veut marquer Di- 
staace, intervalle. De Paris à Genève il y a 
tant de lieues. Être vêtu de noir de la tête 
aux pieds, TravaUler du matin au soir. Ce 
changement s*opéra du jour au lendemain, 
ji trois jours Je là je le rencontrai de mw- 
l'eau, Â deux mois de date, À dix jours de 
vue. 

Il s'emploie aussi lorsqu*on veut marquer 
Belation entre les personnes ou les choses. 
De marchand à marchand il n'y a que la 
main. De vous à moi. De nation à nation. 
Un est à deux comme deux est à quatre. Du 
tout au tout, Fivre de ptùr à compagnon. 
Traiter quelqu'un de Turc à More. Fendre de 
gré à gré. 

A y sert en outre à marquer Situation ou 
position relative, c'est-à-dire, à déterminer 
Le lieu, l'endroit où est quelque chose, où 
a'exécute une action. Sa maison est au fau- 
bourg Saint'Germain, Nous étions à la portée 
du canon. Se tenir à Centrée du bois, au bord 
de la rivière. Être à sa place. Demeurer à 
Paris. Vivre au fond des forêts. Au sein des 
villes. Manger à l'auberge. Il y aivit beaU' 
coup de momie à ce bal, à cette fête. Elle a 
passé la matinée à l'église. Prendre un bain 
à la ri\ière. Être au M, au jeu, à la parade, 
etc. Les pièces de terre qui bornent cet héri- 
tage au couchant, au levant ^ etc. Être OÊMées- 
sus, au'dessous, au bas, au haut, ete. Bes* 
test à ses côtés, à oêté d'elle, il est à nos 
trousses. L'argent à la main, L'épée au eâté, 
JLes larmes aux yeux. Le diadème a» froid. 
Sentir une douleur au eâté. Avoir une bleS' 
4ure à féjtaule, à la cuisse. Masquer au 



un fruit. S'arrêter à chaque pas. Sejprendre 
au piège. Être consigné a la porte, souvent 
à Vlàie de Sitnatioa est joiate celle d1n« 
terwlle, comme dans ces phrases : Sa mai* 
son est à deux lieues d'ici. Il était à dix pas 
de nous, à dix pas, 

EUiptiq., Un tel, notaire à Paris, fabricant 
à Lyon, etc.. Établi odC demeurant à Paris, 
à Lyon , etc. 

Au jeu, àVescrimè, etc, signifient sou- 
vent, En termes de jeu, d'escrime, etc.; 
ou Lorsott'il s*agit de jeu , etc. 

ji Ai face, à kt vue de l'ennemi. En pré* 
sence môme de l'ennemi. On dit en des sens 
analogues : // fat immolé aux yeux de son 
père, La chose s'est faite au vu de tout le 
monde, ^A son nez et à sa barbe. Au grand 
jour, A la face du soleil. Coucher à la belle 
étoile. Le vaisseau était à vue de terre* 

ïk y s'emploie dans quelques locutions el- 
liptiques servant à désigner L'enseigne d'une 
hôtellerie, d'un magasin, etc. Au Che%'al 
blanc. Au Veau qui tette. À la Boule d'or. 
 l'y grfic. Au Gagne'petit. Etc, 

Il sert Quelquefois a désigner L'institu- 
tion, l'étaolissement auquel une personne 
est attachée. Conseiller à la cour de cassation. 
Avocat à la cour royale de Paris, Commis au 
ministère de la guerre, Etc, 

\y s'emploie aussi lorsqu'on veut indi- 

auer Le temps, l'époque, la circonstance 
e temps. Au commencement de l'été, A la 
fin du mois. Au jour indiqué, A l'aube du 
jour. Au matin. Au soir. Au coucher du SO" 
led. Se Ui'cr à six heures. Déjeuner à midL 
Rentrer à heure indue. Nous arrivâmes à la 
même heure. Je l'attends à tout moment, à 
toute heure, Â t heure qu'il est. Tout à l'heure, 
À présent. Au temps ou nous sommes. Il 
mourut à tdge de quatorze ans, à quatorze 
ans. Il fut tué au siège de telle place. Je le 
ferai à mon premier loisir. On l'accueillit 
fort bien à son arrii*ée, À VinstœH où j'allais 
sortir, il vint chez moi. On dit ^eUiptique- 
ment, dans un sens analogue, A une per- 
sonne que l'on quitte, J demain, à ce soir, 
à dimanche, etc.. Nous nous reverrons de- 
main , ce soir, dimanche, etc. 

Il se dît particulièrement D'une circon- 
stance, d'un événement, etc., qui détermine 
immédiatement quelque action, ji ma mort, 
il liêritera de cette maison. Au premier coup 
de canon, la viUe capitula. A la troisième 
sommation , ils se retirèrent. Partir au premier 
signaL On accourut à ses cris. Au moindre 
geste, vous êtes mort, À ces mots, d rougit, 
J cette nouvelle, il parut déconcerté, A la pro- 
position que je lui fis, je vis sa colère s é%H»r 
nouir, À cette occasion, je rapjsellerai que,.. 

Il sert encore, dans quelques locutions, à 
marquer Un espace de temps, une durée. 
Payer au mois. Louer à l'année. Travailler à 
la journée. Pension à vie. Rente à perpétuité, 
^jamais, ^ la vie et à la mort. À la longue, 
tout s'use. 

\j manpie souvent Appartenance, pos- 
session. Ce livre est à ma soeur. Cette ferme 
apjuartient à mon père. Avoir une maison à 
soi. Bendez à César ce qui est à César. Il a 
un style, une manière à lui. C'est un homme 
de niérite, un ami à moi, que je vous recom- 
momie vivement. Pop.» La barque à Coron, 1 



Quelquefois il forme avec son réaime une 
sorte de pléonasme qui marque plus éner« 
giquement l'idée d'Appartenance. Cest mom 
opinion, à moi. Sa manie, à lui, c'est de croire 
^«... Fotre devoir, à tous, est de lui obéir. 

Dans quelques phrases, il sert à rapporter 
à son complément l'action exprimée par un 
verbe qui le précède. Faire prendre les armes 
à une troupe. Cest bien fait, bien dit, bien 
pensé à vous. Cest à faire à lui. J'ai ouï dire 
à votre frère que , . « On dit de même, Cest 
modestie à vous, c'est folie à eux, de croire,, . 

Cest à vous de parler, Cest à vous qu'il 
anpartient, qu'il convient de parler^ et, 
fest à vous m palier, Votve tour déparier 
est venu. 

Je trouve à votre seeur Pair un peu triste. 
Votre sœur me parait éprouver quelque 
tristesse. 

X, s'emploie de même quelquefois pour 
déterminer son régime ou complément par 
rapport au nombre. Avoir, louer une maison 
à deux, à trois, À moi seul je le ferai, A 
dix que nous étions, pas un ne refusa, 

À, sert en outre, avec son complément, 
à indiquer L'espèce, la qualité. Canne à 
sucre. Fâche à lait. Pays à pâturages. 
Homme à systèmes, à projets. Femme à va^ 
peurs. Or a vingt^deux carats. Felours à 
trois poils. Bas à quatre fils. Manchettes à 
dentelle. Soupe aux herbes. Glace à la vanille. 

Il indique particulièrement : 

1* La forme, la stnicture , ou l'accessoire 
d'une chose. Clou à crochet. Table à tiroir. 
Lit à adonnes. Couteau à ressort,' à gaine, o 
manche d'ivoire. Bague à diamants. Canne à 
épée. Chandelier à branches. Chapeau à 
grands bords. Boite à double fond. Bâton à 
tieux bouts. Chaise à bras. Maison à porte 
cochère. Instrumenta cordes. Montre à répê» 
titiiM. Foiture à deux roues. Les animaux à 
quatre pieds. Les oiseaux à bec fin, Jjes plaoi» 
tes à fleurs labiées. 

a* La destination, l'usage. — Avec un 
substantif: Terre à blé. Marché à la volaille. 
Moulin à farine, àjfoudre, à papier. Cuiller 
à pot, à soupe, à café. Pot à l'eau. Bouteille 
à t encre. Botte à thé. Sac à ouvrage. Plat à 
barbe. Pierre à fusU. Selle à tous che%»aux. 
Foiture à six places. -^ Avec un infinitif : 
Fille à marier. Maître à danser, à chanter. 
Bois à brûler. Tabac à fumer. Maison o veU'» 
tire, à louer. Ferre à boire. Table à jouer. 
Chambre à coucher. Fer à repasser. Pierre à 
aiguiser. On peut rapporter à cette acception 
les phrases telles que : Prendre quelqu un à 
témoin. Invoquer son témoignage; Prendre 
à tâche. S'attacher à faire une chose, ne 

rrdre aucune occasion de la faire; Tenir 
honneur, à injure. Regarder comme un 
honneur , comme une injure ; Etc. 

3* Ce qui sert tt>écialement, ce qui est 
nécessaire à l'emploi d'une machine, d'un 
instrument,. etc. Arme à feu. FksUà vent. 
Bateau, machine à vapeur. Moulin à eau, à 
vent, à bras. Chaise a porteurs. Instrument 
à vent. 

}l y sert en outre à former une infinité de 
locutions qui marquent La manière d'agir, 
la manière d'être des personnes ou des 
efaoses, les circonstances qui accompa- 
gnent un faiL ^ genoux. A pi^ joints. A 
mains jointes. A bras ouverts. A quatre jpaê' 
tes. J la mage. J tâtons. A reculons. A re^ 



A 

lours» ^Jn rent*erse. À califourchon. A nu. 
J cru.^A la débandade. Au plus vite.^ À la 
kdte, À Vimpro^ùste, A double carillon. A mer- 
veille. J la diable. J Ut légère, J la volée. A 
la houle vue. À vue de pays. A tête reposée. 
J bâtons rompus. À toute farce. A toutes 
mains. Â mam armée. À hnik^pourpoint. A^ 
bout portant. Ajuste titre. A oon droit. A 
droit. A tort. A peine* A gran^ peine. A 
propos. Bire à gorge déployée. Répondre à 
demi-mot. Crier à tue4éie. Parler a haute et 
intelligible voix. S'habiller à la française. 
Chanter à f italienne. Marcher à petit bruit. 
Brûler à petit feu. S'e/fair à toutes /atftbes. 
S^mYincer à grands pas. Aller à petites 
journées* S'éloigner à tire-d^aile. S*éUver 
à ballon perdu. Aller à voiles et à ra- 
mes. Fcyager à pied et à chex^aL Galoper à 
bride abattue^ ventre à terre. Se coucher à 
plat ventre. Se jeter à corps perdu. Se battre 
à outrance. Boire à Fexcès. Jl pleut à verse. 
L'eau s'échappait à gros bouillons. Obtenir à 
force de prières 9 de démarches» d'importani- 
tés. S'amuser aux dépens de quelqu'un. Frap- 
per à bras raccourci. Poursuivre à coups de 
pierres f à coups de fusil. Renverser à coups 
de canon. Passer ou fi àt Vépée* Fouler aux 
pieds» Toucher au doigt. Fermer mu verrou. 
Carder à vue. Entrer à la lueur desflumbeaux^ 
au son des cloches. S'éloigner à lajaveur des 
ténibnSnMettretouiàfeuetàsang. Onieshêttit 
à plate couture* Battre du fer à froid. Boire à 
in glace. Traiter un sujet à fond. Être à jeun^ 
à sec. Prendre au dépourvu. Cest au mieux. 
Être à billes égales. Un canon chargé à mi- 
tnUUe. Un mur bâti à chaux et à sable. Pi- 
geon à la entpaudine* Veau à la bouijgeoise. 
Anguilk à la tartare. Être à couvert^ à Va- 
bri, à découvert* Se tenir à Vécurt^ Des rochers 
àfieurdotau 

D*a«tre» locutioost analoguM aux pré- 
cèdentet» iadHpieni: 

1* L'instrument dont on se 9fèst pour 
fiûre <|iiel^«e ckcMe. Pêcher à la Ugnt. Jouer 
à la pomme* Se battre à Vépée, au pistolet, 
ikmtrer à taume, au mètre* Dessiner à lu 
plume* Tracer au crayon, au compas. Tr^ 
eadier à famille. On dit de mâme» par el- 
l^se, Des bas à faiguillef au métier » eêc* 

a* La mesure, le poids» la quantité, ^en* 
dre du viu à pot et k pinte* Femlre à la £- 
are. Acheter au cent, a kt éouxmme. Donner 
à brassées, à poignées ^ à pêtmeê mainSy etc. 
— Les pbrascs déjà citées, jtfMwicer^à grands 
pmSt v a jïig er à petétoe journées f boire à Vex» 
ois, et quelques anttea, semiMiles, ont 
beaucoup d*analogite avec celles de ce para* 
(raphc- 

3* Le prix, k valenr. Louer un caériolet 
à dounefnmes par jour* Mènera trois francs 
par téie. Mumumtor à groe intérêts. Piaeer 
sesjonds à ctna pour mmt* Lesfàame sont h 
six francs. Acheter du drap à v^gt francs 
l^mume. FeuAre à ban v o mptt. Dtmner une 
uuu^chtftêmse h vH ptitt, m hou marché, eêc* 
Vôrre à peu ékfrm^ 

*,4* La dîtpMitsofi inorala, llfileBlion. 
A phieér* A regret* A dksseim* A tour oU'» 
mrt* A mntm'OetuK Prendre mite ajpnre à 
attÊÊT. A bonne, h i m a m ^ m sa fytêetuieei, 
■ s* La cavse. 5lr ruinermufeu, à jouer. Se 
meer à iraoaMkr* Moutir à la peine, Bââkr à 
eu e tw t w wW m Um momvms ouvrage, jrfenare 

plaisir à quelfÊO ifhoet» S^^auhrmir au mur» 



mure des eaux. S'éi-eiller au bruit de la tem^ 
péte. Frémir à V aspect du danger. 

6* L'cfTet, le résultat. Vendie à perte* 
Blesser à mort. Courir à perdre haleine. Dan- 
sera ravir. Cela eut lieu au grand étonnement 
de toute la ville, aux applaudissements de 
tous. Au^ péril de sa vie. Au risque de tout 
perdre. A peine (tamende. A peine de la vie. 
On dît plus ordinairenient, Sous peine d'à' 
mende, de la vie, etc. (Voyez ci-après un 
emploi particulier de la préposition ïk. pla* 
cée entre un infinitif et un substantif. ) 

Dans plusieurs locutions, la préposition 
A se trouve précédée et suivie du même 
moL Alors elle marque : 

1** Succession, gradation; ordre, arran- 
gement. Goutte à goutte. Un à un. Brin à 
brin. Feuille à feuille. Démonter une pendule 
pièce à pièce. Compter sou à sou. Augmenter 
petit à petit, peu a peu. Ils se placèrent deux 
à deux, trois à trois, quatte à quatre. Met- 
tez-les deux à deux, près à près. 

2° Correspondance exacte. Traduire utot 
à mot. Suivre quelqu'un pas à pas* Jouer but 
à but, 

3° Jonction, proximité, reucontre, ou 
Oppositian. Bout à bout* Dos à dos, Céfe à 
cote. Pied à pied. Tête à tête. Nez à net. Bec 
à bec* Corps à corps* Seul à seul. Face à face. 
Fis-â-vis. 

A, se dit souvent, au Jeu , lorsqu'on leut 
indiquer les points respectiis des joueurs. 
Quand nous quittâmes le jeu, nous étions 
quatre à six* A cette partie de trictrac, 
nous étions six trous à douze* 

Af placé entre deux nombres, en laisse 
supposer uu qui est inCeratédialre. l^^ingt à 
trente personnes* Quinze à vingt francs* MÊiHe 
à douze cents Jrancs. 

Il se plaça aussi entre deux nombres con» 
aécutiis , lorsqu'ils se rapportent à des cho- 
ses qui peuvettt se diviser par fractions. 
Deux à trois Iwrtsde sucre* Gnq à six lieues. 
On dit, Cinq ou six personnes, amte ou éoa*e 
chevuux, etc*, et non. Cinq à six personnes, 
onze à douze eéeiiertur, etc. 

À 9 maraue aussi Conformité, conve- 
nance ; et alors il se prend pour Selon , sut- 
yani, A mon gré* A sa fantaisie* A sa ma- 
nière, A mon choix. A votre avis, A ma 
guise. A leur jugement. Chapeau à la mode. 
Habit à mu tiùif^ Parier à son tour* BÊàrcher 
à son rang,^ A la rigueur j il faudrait le cen- 
damner* A votre compte, je serais votre 
débiteur. A ce qstsje crois, vous voulez par- 
tir* Boire à sa soif. Manger à sa faim. Dieu 
fit V homme à son image. Il voulut, à l'exem» 
pie de son père*.. A V instar de la capitale* 
On dit dans un sens analogue, A la vérité, 
à plus forte raison, etc. 

Il indique particulièrement Ce qui four- 
nit une induction, une conjecture, etc. A 
Cesuvre on oonnatt t ouvrier. A ses manières 
on reeonnatt un homme du monde. Je w's, 
à su contenauee, qu'il était peu rassuré. 
A son air triste nous pressentîmes k mat" 
heur qui lui était arri%*i, 

ky suivi d'un infinitif, équivaut très- 
souvent au participe du même verbe pré- 
cédé de la préposition en, A le voir, on juge 
de son état, En (e voyant, etc. A ne consi" 
dérer que telle chose. En ne considérant que 
telle chose. A le bien prendre, A toutoren' 
éht, A voir hs choses iè san g ^fivid* Atom-- 



pterde ce jour. A partir de telle époque* Eté* 

A Cen croire, à V entendre, etc*, S*il faut 
l'en croira, etc. 

A dire la vérité, à vnd dire, à parier frun- 
chement, tè ne rien dissimuler, ete,^ Pour 
dire la vérité, etc. 

À, placé entre un substantif et ua înfi- 
ortîfy sert fréquemment à indiquer Ce qu'il 
est nécessaire ou convenable de faire, l'opi- 
nion qu*on a d'une personne ou d'une chose. 
Cest un ouvrage à recommencer, Cest un avis 
à suivre. Cest une partie à remettre. Cest une 
ajjf'aire à accommoder* Cest une occasion à 
ne pas laisser échapper* Cest un cheval à 
garder. Cest un homme à récompenser, lien 
est plus à craindre, Jl n'en est que plus à es» 
timer. Cest un homme à pendre, à noyer. 
Cest un lit*re nonseukmentàlire, mais à re- 
lire souvent. On dit dans un sens analo- 
gue, Fous n'avez qu'à parief, qu'à ordonner, 
qu'à vouloir, etc* 

Il désigne aussi Ce qui peut être l'eUet ou 
la suite d'un événement, ce à quoi une 
chose peut servir, ou de quoi une personne 
est capable. Cest une affaire à vous perdre, 
Cest un procès à ne jamms finir. C'est une 
entreprise à vous fodre honneur. Cest un 
conte à dormir debout (à fetre dormir debout). 
C'est un homme à réussir dam tout ee qu il 
entreprendra. Il est homme à se fâcher, à vous 
jouer Un mauvais tour, 

X J devant un infinitif , peut q uel que f o i s 
s'expliquer par De quoi. Ferser à boire, It 
n'a pas à manger* Jl ne trouve pas à s'occu' 
per* Foi à vous entretenir, Jl y aurait à ermn» 
dre. Trouver à redire. Jl n'y a pas à batan- 
œr. On dit dans un sens analogue c E^ temps 
que fui à vivre, Pteduit la^nel je dois 
vivre. L'mgent que j'ai à dépenser. Que je 
pois ou que je dois d^ieoser. Jf avoir rien 
u réplkfuer, ne trouver rien à répondre, NV- 
voîr rien que Ton puiise répbquer ou ré- 
pondre. Eté* 

II. se place encore devMii Pinfioltif des 
verbes, dans divers autres sens. Ainsi on dit : 
Se suis ici à l'attendre. Je l'attends. Je suis 
encore à savoir comment.., * Je n'ai pu en- 
core savoir comment...«i?/c. 

Quelquefois A, devant le relatif çruf, sert 
à former des loctititms elHptiques qui ex- 
priment Une sorte de rivalité, de concur- 
rence. Us dansaient à qui mieux mieux. C'est 
à qui ne partira point. Tirons à qui fera, à 

? m jouera le premier, îls -s'empressaient à qui 
ui pkarait aavantage. Disputer à qui obtien* 
dra une faveur, 

}ky se met après beaucoup d*adjectîfs, 
pour en déterminer ou en restreindre la 
signification. — Avec un infinitif : Habile à 
suaire. Fou à lier. Facile à dire. Bon à mon" 
ger. Curieux à voir. Triste à penser. Prompt 
à s'irriter. Prêt à combattre. Lent à venir. — 
Avec un substantif, un pronom , etc. : /m- 
pénétrable à l'eau. Prompt à la repartie. In» 
dulgent à tous, Sét'êre à lui-même. Propre à 
tel usage. Utile aux hommes. On dit, par 
inversion : A qm sait vivre de peu, les richesses 
sont inutiles. A de tels hommes rien ne saurait 
être impossible. Eté* 

X ) sert également à changer, à modifier 
la signification de plusieurs verbes. Ainsi 
on dit : Prétendre la première place, LVxi- 
ger comme un droit, comme une préro- 
gative qui nous appartient; et Pritesdtt é 



4 ÂBA 

la première piace, Vaspîrer, travailler à l'ob 
tenir. Toucher sesrex^enus. Les recevoir; et 
Toucher à $e$ revenus, En employer, en 
dépenser une partie. Suppléer quelque chose. 
L'ajouter, le fournir forsquil manque : 
Pour faire cette acquisition, il lui manquait 
six mille francs; son père les a supplées; et 
Suppléer à quelque chose, Le remplacer, en 
réparer Taosence, le défaut : Dans des 
temps de disette, on a suppléé au pain par le 
riz et par les pommes de terre. Etc. 

X, s emploie dans certaines phrases ellip- 
tiques exprimant Un appel , un avertisse- 
ment brei, une imprécation, un souhait, 
etc. À moil A nous! Au feu! Au voleur! 
À V assassin! Au secours! A la garde! Aux 
armes! À bas, à bas! À l'eau! Au diable! 
A d'autres! A votre santé, A votre aise. Au 
nom du ciel! 

A , placé à la suite de quelques adverbes 
ou de certains autres mots, forme des locu- 
tions prépositives. Conformément à tusage. 
Quant à moi. Sauf à y ra'enir. Par rapport 
à lui. Etc. 

Pour toutes les autres locutions, telles 
que. Au moins, au plus, à peu près, à 
cela près, à mesure, au reste, au surplus, à 
l'égard de, etc, et pour les diverses phrases 
qu'on n'a pu rapporter ici , telles que , A 
trompeur trompeur et demi; à bon chat bon 
rat; Cest à sa%*oir; c'est-à-dire; qu'est-ce à 
dire? etc., voyez aux dilTérents articles des 
mots qui servent à les former. 

La particule relative Y remplace très-sou- 
vent la préposition JL et son régime. Voyez 
l'article Y. 

Ïl^ dans la composition des mots, mar- 
que également Tendance, rapprochement, 
addition, etc. Apporter. Amener. Attirer. 
Aborder. Appauvrir. Accoupler. Accroitre. 
Etc. On voit qu'alors il perd ou plutôt ne 
reçoit point l'accent, et que souvent il dé- 
termine le redoublement de la consonne 
par laquelle commence le mot simple. 

ABA 

ABAISSE. S. f. Pâte qui fait la croûte de 
dessous dans plusieurs pièces de pâtisserie. 
L abaisse de ce pâté est urâlée. 

ABAISSEBIENT. s. m. Action d'abaisser 
ou de s'abaisser, et Le résultat de cette 
action. L'edfaissement d'un mur. L'abais- 
sement des eaux. L'abaissement du mercure 
dans le baromètre. L'abaissement de la voix. 
Faire l'opération de la cataracte par abaisse- 
ment» 

Abaissucbjtt, est plus en usage au figuré , 
et il signifie. Diminution, affaiblissement. 
Abaissement de fortune. Abaissement de cou- 
rage» Louis XI travailla beaucoup à l'abais- 
sement de la maison de Bourgogne. Après 
l'abaissement des Carthaginois, Rome ne garda 
plus l'austérité de ses mmurs. 

11 s'emploie quelquefois absolument, et 
signifie. Humiliation volontaire, état dans 
lequel on se met quand on s'abaisse vo- 
lontairement Se tenw dans l'abaissement de- 
vant Dieu. Un parfait chrétien doit se plaire 
dans rabaissement. 

Il signifie aussi, Humiliation forcée, état 
de bassesse où l'on est mis malgré soi. Cet 
esprit altier se réi'olte contre un si grand 



ABA 

■ 

abaissement. Cette famille est rétluite à vivre 
dans l'abaissement. 

ABAISSEE. V. a. Faire aller en bas , faire 
descendre. Abaisser un store. Abaisser une 
lanterne. Abaissez votre chapeau sur vos yeux. 
Abaissez vos regards sur cette plaine. 

En termes de Chihir. , Abaisser la cata- 
racte. Faire descendre le cristallin devenu 
opaque au fond de l'œil , afin de rendre la 
vue a un malade affecté de la cataracte. 

Abaisser , signifie quelquefois, Diminuer 
la hauteur d'une chose. Abaisser une mu- 
raille. Abaisser le terrain, la route. Abaisser 
une table. 

Abaisser la voix, abaisser le ton de la voix, 
Parler plus bas. 

En Géom., Abaisser une perpendiculaire 
sur une ligne, Mener une perpendiculaire 
à une ligne, d'un point pris hors de cette 
ligne. 

En Algèbre, Abaisser une équation. Ré- 
duire a un moindre degré une équation 
d'un degré supérieur. 

En termes de Pâtissier , Abaisser de la 
pdte, La rendre aussi mince qu'on le désire, 
en l'étendant avec le rouleau. 

Abaisser, s'emploie figurément, et signi- 
fie. Déprimer, humilier, ravaler. Dieu abaisse 
les superbes. Iljaut abaisser ces esprits altiers. 
Je n'abaisserai point ma dignité, mon caractère 
à me commettre, Jusqu'à me commettre avec 
lui. Cet historien étranger affecte d'abaisser 
nos grands hommes. 

Abaisser, s'emploie avec le pronom per- 
sonnel, et signifie, Devenir plus bas, moins 
élevé. Le terrain s'abaisse insensiblement à 
mesure qu'on avance vers la mer. Le soleil 
s'abaissait sur Vhorizon. Sa voix, son ton 
s'abaisse à mesure que son esprit se calme. 

Il s'emploie de même au sens moral, et 
signifie. S'avilir, se dégrader. Je ne m'a- 
baisserai point à me justifier, à feindre. H 
s'abaisse à des démarches indignes de lui. Il 
descend au style naXf sans jamais s'abaisser, 

Il signifie particulièrement, S'humilier, 
se soumettre. S'abaisser devant la majesté 
de VÊtre suprême. S* abaisser sous la volonté 
de Dieu, sous la main de Dieu. 

Abaissa , be. participe. 

ABAISSBUB. adj. m. T. d'Anat. Il se dit 
De différents muscles dont la fonction est 
d'abaisser les parties auxquelles ils sont 
attachés. Muscle abaisseur. 

Il s'emploie aussi substantivement. L'a- 
baisseur de l'œil, de la lèvre, 

ABAJOUE, s. f. Espèce de poche située 
dans l'épaisseur des joues de certains ani- 
maux , qui s'en servent pour y placer leurs 
aliments, et les y conserver quelque temps. 

ABANDON, s. m. Étal d*une personne, 
d'une chose abandonnée. Ce vieillaixi est dans 
le plus affreux abandon. Il mourut dans l'a- 
bandon, dans un abandon absolu. Il vit dans 
un abandon général. Il laisse sa maison dans 
un abandon, dans un état d'abandon qui en 
augmente tous les jours la dégradation, Hest 
dans l'abandon de Dieu, dans l'abandon de 
tous ses amis. 

Il a quelquefois une signification active. 
Son absence et Vabandon de sa maison, de sa 
terre, ont achevé de le ruiner. L'abandon de 
ses amis l'a consterné. 

Il s'emploie de même activement au sens 
moral y et signifie quelquefois, Oubli blâ*| 



ABA 

mable de soi , de ses intérêts, oubli de ses 
devoirs. Pourouoi cet abandon de vous-même f 
Cet abandon Je tous soins, cet abandon de vos 
intérêts nous désole. D'autres fois, il signifie, 
Désistement, renoncement, sacrifice, rés»" 
gnation. // a fait sans hésiter Vabandon de sa 
fortune et même de sa vie. Il consent à Va- 
bandon de ses droits. Le chrétien vit dans un 
parfait abandon à la providence , à la volonté 
de Dieu. 

Il se dit particulièrement, en Juris- 
prudence, d'un acte judiciaire ou con- 
ventionnel par lequel un débiteur délaisse 
ses biens à ses créanciers. // a fait à ses 
créanciers Vabandon de sa terre. Il a signé 
Vabandon de tousses biens. On dit plus onli- 
nairement. Cession de biens. 

Ababdok, se dit aussi en parlant Des 
manières, des discours, des ouvrages d'es- 
prit et des productions des arts, pour ex« 
E rimer Une sorte de facilité, de négligence 
eureuse qui exclut toute recherche, toute 
affectation, et ne laisse jamais sentir Tef* 
fort, ni le travail. Cette femme a dans ses 
manières un abandon séduisant. Le maintien, 
les gestes de cette actrice ont un gracieux 
abandon, un doux abandon. Il a dans la 
com*ersation le plus aimable abandon. On 
trouve dans cet ouvrage, dans Vexécutiom 
de ce tableau un heureux abandon. 

Il se prend ouelquefois dans la signifi- 
cation de Confiance entière. H m'a parlé 
m*ec abandon, avec un entier abandon, H 
m'a touché par Vabandon qu'il a mis dans 
ses ^discours, dans ses confidences. 

A l'ababdof. loc. adv. Sans soin, sans 
précaution, avec négligence. Aller à l'aban-> 
don. Laissera Vabandon. Tout est à Vabandon. 

ABANDONNEHENT» s. m. Action d'aban- 
donner, de délaisser entièrement. Il a fait 
un abandonnement général de tous ses biens. 
Il a eu tort de consentira VtUiandonnement de 
ses droits. 

Il signifie aussi. État d'une personne en- 
tièrement abandonnée, délaissée. Plaignez- 
le, dans V abandonnement où il est de tous 
ses parents et de tous ses amis. 

Il s'emploie quelquefois au sens moral, et 
signifie. Action de s'abandonner, de se lais- 
ser aller, de se livrer avec trop de facilité, 
sans aucune réserve. // avait pour elle une 
tendresse qui allait jusqu'à Vaoandonnemeni 
de toute volonté. Les fautes de ce prince 
résultèrent de son entier abandonnement à 
d'indignes favoris. Ifavez-vous pas honte de 
votre abandonnement à une passion si mé» 
prisaUe ? 

Ababdobvbkbbt, employé absolument» 
signifie. Dérèglement excessif dans la con« 
duite, dans les mœurs. Abandonnement in- 
fâme. Ficre dans V abandonnement, dans le 
dernier abandonnement. 

ABANDONNER, v. a. Quitter, délaisser 
entièrement. Les gens de guerre le contrai- 
gnirent iVabandonnersa maison. Il abandonna 
le pays. Abandonner un chemin pour en prem^ 
dre un autre. Un soldat ne doit jamais aban» 
donner son drapeau. Cétaii un crime eken 
les Grecs que aabandonner son bouclier, La 
mer a abandonné une partie de cette côte. 
Abandonner une place, une province conquise* 
Abandonner sa femme et ses enfants. Déem 
n'abandonne pas les siens. Vous m'avest aban» 
donné dans le besoin, au besoin. 



ABA 

Ce ptrt a uianéotmé son fils , Va entière* \ 
mem abandonné^ II ne prend pins aacun 
soin à% lui 9 il n« t'en met plus en peine. 

Les médecins ont nbandonné ce mahde, 
lU ont cessé de le voir, ou Ils ne lui ordon- 
nent plus rien, parce qu*ib désespèrent de 
ta guérison. 

Abahdouhbr, signifie quelquefois, Lais- 
ser échapper, ne pas retenir. Tenez ferme, 
n abandonnez DOS cette corde. Ifabandonnez 
pas les rênes Je ce cheval. N'abandonnez pas 
•votre cAevaL On dit dans un sens analogue, 
jtbandonner les étriers. Retirer les pieds de 
dedans les étriers, et quelquefois, Perdre 
les étriers. 

ÀBAVDOjiirBa, s'emploie figurément, et 
signifie. Renoncer à une chose, s'en désis- 
ter. Abandonner la poursuite d^une affaire. 
Abandonner une cause. Abandonner un pro» 
jet, un dessein, une entreprise. Abandonner 
une succession. Abandonner ses prétentions, 
ses droits. Abandonner un ouvrage. Aban» 
donner la vertu, le vice. N'abandonnez pas 
Cétude de cette science. 

Il se dit aussi Des facultés , des qualités 
physiques ou morales, lorsqu'elles viennent 
a nous manquer. Mes forces m'abandonnent. 
Son courage, sa pruaence, sa présence des» 
prit fabandonna dans cette circonstance. 
L'appétit, le sommeil m'abandonne. 

Abavdojtvbb, signifie encore, Laisser en 
proie, exposer, livrer; et, dans ce sens, il 
est toujours suivi de la préposition à. Aban- 
donner une ville au pillage, a lafiireur des soU 
dats. Abandonner un vaisseau à Forage, au 
vent. Abandonner à la merci de, à la discré* 
tion de, ete. Abandonner quelqu'un à son ca- 
raetèrcp à ses penchants, à son mauvais sort. 
. Abandonner un ecclésiastique au bras se' 
adier, c'était Le renvoyer au juge laïque, 
afin qu'il le punit selon les lois. 

Fig. et iam. , Abandonner au bras sécu* 
lier, se dit en parlant De ce dont on ne se 
soucie plus , et dont on ne veut pas profiter. 
Les restes du dîner furent^ abandonnés au 
bras séculier, c'est-à-dire, furent laissés aux 
domestiques. 

Dans le langage de l'Écriture, IHeu aban* 
donne souvent les méchants à leur sens ré» 
prouvé, 11 les laisse s'endurcir dans leur 
péché. 

Abandonner une chose, une personne à 

Sudqu'un, Lui permettre d'en faire, d'en 
ire ce qu'il lui plaira , lui en laisser l'entière 
dispositioo, lui laisser une entière liberté à 
son égard. Abandonner tous ses biens à ses 
créanciers» Je vous abandonne les fruits de 
mon Jardin. Fous vous plaignez de cet 
homme: dites-en ce qu'il vous plaira, je vous 
Vabamdonste. 

Je vous abandonne ce point. Je yous l'ac* 
corde, je vous le concède, je renonce à le 
soutenir, à m'en prévaloir. 

Abâjidobbbb , signifie quelquefois , Con- 
fier, remettre. // a abandonné son fils, le 
soin de son fils à la conduite d'un sage gou» 
vemeur. J'ai abandonné le soin de mes affai" 
res à un homme intelligent et probe. 

Il s'emploie souvent avec le pronom per- 
sonnel , et signifie» Se laisser aller, se li- 
vrer à quelque chose» à quelqu'un, sans 
aucune retenue, sans aucune réserve. S'a» 
handonmerà la débauche, au vice. S'abandon» 
mer osa passions* S'abandantter aux femmes* 



ABA 

S'abandonner à la douleur, à la tristesse, 
aux pleurs. S'abandonner à la joie. Je m'a- 
banaonneà vous, à vos sages avis. - 

S'abandonnera la Pnundence, Se remettre 
entièrement entre les mains de la Provi- 
dence. S'abandonner à la fortune. Laisser 
aller les choses au hasard. 

Cest une femme qui s'abandonne à tout le 
monde, se dit D'une femme qui se prostitue. 
En ce sens, il s'emploie aussi absolument. 
Les mauvais exemples dune mère portent 
quelquefois une fille à s'abandonner. 

ÀBABDoifiiBByavec le pronom personnel, 
s'emploie de même absolument pour signi- 
fier. N'avoir plus confiance en soi, perdre 
courage. Si infortune vous abandonne, ne 
vous abandonnez pas. Fous êtes perdu, si 
vous vous abandonnez. 

11 signifie aussi. Se négliger dans son 
maintien , dans son habillement. Il s'aban» 
donne trop. Il ne faut pas s'abandonner ainsi, 
lorsqu'on veut plaire. 

Il signifie encore, Se laisser aller à des 
mouvements naturels. 7» vous roidissez 
pas, abandonnez^vous. Cet acteur ne s'aban» 
donne pas assez. 

ÂBABDOBBB, BB. naiticipe. Abandonné de 
Dieu, de ses amis, du métfedn. 

Prov. , Il faut être 'bien abandonné de Dieu 
et des hommes pour faire telle chose, se dit 
D'une personne qui prend le plus mauvais 
parti, le plus contraire à ses intérêts, à ses 
goûts; qui fait une chose honteuse ou dont 
les suites doivent être pour elle très-fàcheu- 
ses, très-nuisibles. 

17a enfant abandonné. Un enfant qui se 
trouve sans secours, loin de ses parents. 

Ababdovbb, est aussi substantif; et alors 
il se dit d'Un homme perdu de libertinage 
et de débauche, et d Une femme qui se 
prostitue. Cest un abandonné. Cest une 
abandonnée. Il est plus usité en parlant Des 
femmes. 

ABAQUE, s. m. T. d'Archit. La partie su- 
périeure du chapiteau des colonnes, sur la- 
quelle porte l'architrave. On la nomme au- 
trement Tailloir. 

ABASOCRDIR. v. a. Étourdir, assourdir 
par un grand bruit. Ce coup de tonnerre m'a 
abasourdi. 

11 s'emploie plus ordinairement au figuré, 
et signifie, Consterner, accabler. Il a été 
abasourdi de sa disgrâce, de la perte de son 
procès. Cette nouvelle l'a abasourdi, l'a tout 
abasourdi. Il est familier dans les deux sens. 

Abasourdi, ib. participe. 

ABAT ACE. s. m. Action d'abattre les bois 

2 lui sont sur pied, de les couper; ou Les 
rais que ce travail nécessite. On ne com» 
mencera Vabatage de ces bois qu'au mois de 
novembre. C'est à Vacheteuràpayer Vabatage. 

Il signifie aussi, en termes de Marine, 
L'action d'abattre un navire. 

Il signifie encore. L'action de tuer, de 
mettre à mort les chevaux, les bestiaux, 
etc. Vabatage est prescrit parles rèffements, 
dans le cas de maladie contagieuu, 

ABÂTARDIR. ▼. a. Faire déchoir une 
chose de son état naturel, ia faire dégéné- 
rer, l'altérer. Le défaut de soins a tout à fait 
abâtardi cette race d'animaux. La mauvaise 
culture abâtardira ces plants, 

U s'emploie aussi figurément. Une longue 
servitude abâtardit le courage. 



ABA 5 

Il s'emploie, au propre et au figuré, avec 
le pronom personnel. Cette race s'est abâf 
tardie. Ce plant de vigne s'abâtardit dejout 
en jour. Les jeunes gens s'abâtardissent dans 
l'oisii'eté, dans les délices. Les plus heurtust 
talents s'abâtardissent dans l'oisiveté. 

Abâtardi, ib. participe. Une race abâ^ 
tardie. Talent , courage abâtardi. 

ABÂTARDISSEMENT. S. m. Altération 
d'une chose, déchet, diminution. Il se dit 
au propre et au figuré. L'abâtardissement 
d'une race d'animaux. L' abâtardissement d un 
plant de vigne. L'abâtardissement des esprits^ 

ABATÉE. s. f. T. de Idarine. Mouvement 
horizontal de rotation par lequel l'avant 
d'un navire en panne ou à la cape s'écarte 
jusqu'à un certain point de la ligne du vent, 
soit d'un côté, soit de l'autre, pour y rêve* 
nir ensuite. Le navwe est dans son abatée, a 
fait son abatée, 

ABATIS. s. m. Quantité, amas de choses 
abattues, brisées, démolies, telles que bois, 
arbres, pierres, maisons. Les ennemis em- 
barrassèrent les chemins par de grands abatis 
d'arbres. Abatis de siège. Abatis défensifs. 
Cette rue est bouchée par un abatis de mai» 
sons. On a fait un grand abatis de chênes 
dans cette forêt. « 

Faire un abatis, un grand abatis de gibier. 
En tuer beaucoup. 

Abatis, signifie aussi. Les pattes, la tête, 
le cou, les ailerons, le foie et le gésier d'une 
volaille. Un abatis doie, de dindon, etc. On 
dit dans le même sens au pluriel : Des abatis 
en ragoât. Servir des abatts. 

ABAT- JOUR. s. m. Sorte de fenêtre dont 
l'appui est en talus, renversé en forme de 
trémie, afin que le jour qui vient d'en haut 
se communique plus verticalement dans le 
lieu où elle est pratiquée. Les marchands 
ont des abat-jour dans leurs magasins pour 
faire paraître leurs marchandises plus atlles. 
Ordinairement les fenêtres des églises sont 
taillées en abat-iour. Les croisées de cette prison 
sont 'garnies d abat-jour. Il ne prend point 
d'S au pluriel. 

ABATTEMENT. S. m. Affaiblissement, 
diminution de forces, ou de courage, d'é» 
oergie. Ce malade est bien mal, je le troui'e 
dans un grand abattement. L'abattement des 
forces est un des caractères de cette maladie. 
L'abattement des esprits. Il y a dans les es* 
prits un grand abattement, beaucoup dabat» 
tement. Cette maui*aise nouivlle l'a mis, l'a 
jeté dans un étrange abattement. Il était dans 
l'abattement du désespoir. Il est tombé dans 
l'abattement. Il resta plongé dans l'abattement, 
L'tdfattement de son âme est extrême. Son 
âme est dans l'abattement. Sortez de cet abat- 
tement. 

ABATTEUR. S. m. Celui oui abaL U ne 
se dit guère absolument. Ce bàcheron est un 
grand abatteur de bois. 

Cest un grand abatteur de quilles, se dit 
D'un homme fort adroit au jeu de quilles. 
Il se dit, fieurément et familièrement. D'un 
homme qui a fait des choses difficiles, ex- 
traordinaires; mais plus ordinairement, par 
ironie, D'un homme qui se vante de proues- 
ses qu'il n'a pas faites. 

ABATTOIB. s. m. Bâtiment où l'on tue 
les bestiaux pour les boucheries. Cet abat* 
toirest vaste, bien aéré. Les abattoirs de Parié 
sont situés près des barrières* 



6 ABA 

- ABATTftB* v« a. Hl se conjiigne comme 
Smttre,) Mettre à bas, renveriier à terre, 
faire tomber, jihattre des maâoms, des mer- 
wmUUs* jibttttre des mrùns» Ahattre par k pied, 
•Les grands venis abattirent biem des ckénes 
dans la forêt. U afeUî iéattre, H a abattu 
J0it bois de haute fiUaie, Il le prit rudement 
au collet f et l'abattit sous lui. Il lui abattit 
Af téie de dessus les épaules, U lui abattit 
te bras d'un coup de sabre. Ce cbet'al est 
^oujpieux, on est contraint de l'abattre pour 
ie ferrer. Ces moissonneurs abattent tant d'ar- 
pents de blé en au Jour, jibattre des quiUes. 
£a pluie abat la poussière, 

fin termes de Marine, ^^/i>« un nm*ire, 
Rabattre en carène. Le mettre sur le côté, 
|K>ur travailler à la carène, ou à quelque 
autre partie qai est ordioatrenent submer- 

Au Jeu de trictrac , Abattre du boist Jouer 
lieauooap de dames de la pile , afin de caser 
iplas aisément. Il se dit aussi au Jeu de 
quilles, et signifie, Abattre bien des qnilles. 

Fia. et fam. , Abattre bien du bois. Expé- 
dier beaucoup d'affaires en peu de temps. 
On dit de même , Abattre de la besogne, 

Aax Jeua de cartes. Abattre son jeu. Le 
mettre sur la lable pour ie montrer. On 
dit quelquefois absolument. Abattre, 

Prov. , Petite pluie abat grand vent, Or- 
dinairement^ quand il vient à pleuvoir, le 
vent s'apaise. Cette phraie signifie figuré- 
ment, Peu de chose suffit quelquefois pour 
calmer une grande querelle. 

Abattre, signifie quelquefois, Assommer, 
taer. Ce boucher abat bien des beutfs. Ce chaS' 
aeur abat bien \lu gibier, 

AMàxrmMf signifie figurément. Affaiblir, 
«Bminuer, abaisser, faire perdre les forces , 
le courage. Unefierre continue abat bien un 
homme. Cette meuadieabien abattu ses forces. 
Cette perte Imt abattit le courage, abattit 
son courage t m fierté, La moindre affliction 
{'abat. Bien nabat comme une souffrance con- 
tinuelle. Ne vous laissez pas abattre par la 
douleur. 

. Abatths, s'emploie avec le pronom per- 
sonnel. La violenoe du choc fut telle que l'ar- 
bre, que le mât s'abattit. Ces deux maisons, 
ces deuxjmissaHces sont ennemies, elles font 
leurs efforts pour s'abattre l'une l'autre. 

• Il se dit particulièrement D'un che- 
val à qui les pieds manquent , et qui tombe 

,Cout d'un coup. En galopant, son cheval 
test ébattu sous lui. Le terrain est glissant i 
si vous poussez votre cheval, il s'abattra. 

Il se dit aussi D'un oiseau qai fond, qui 
descend avec rapidité sur quelque chose. 
Vépervier s'abattit sur sa proie. Une volée de 

figeons s'abattit sur mon champ. On dil daus 
e même sens, Un orage ter rude vu s'abattre 
sur nous. 

Le vent s'abat, s'est abattu, est abattu, 
n s'apabe , il s'est apaisé , il est apaisé. 

Abattu, va. participe^ Aller, courir à 
bride tdmttue. Voyez fiaroa. 

Fig. , Un visage abattu , Un visage on se 
peint l'abattement. 

• ABATTURBS^ S. f. pi. T. de Cbasse. Fou- 
lures qu'un cerf laisse dans les broussailles 
•ù il a passé. 

• ABAT^VBUT. s. m. Assemblage de petits 
auvents incKnés et parallèles, uni garantit 
du vent , de la neige et <ie la p/uie les ou- 



A6B 

vertures d'une maison, d'ua clocher, etc., 
sans empêcher la circulation de l'air : les 
abat-vent des beffrois et des clochers servent 
en outre à rabattre le son des cloches, à le 
diriger en bas. Un abat-^vent couvert de plomb, 
d'ardoise. Les abat-vent d'un beffroi, d un clo- 
cher. Les fenêtres de ce séchoir, de ce maga- 
sin sont garnies d^abat-vent. Les persiennes 
sont des espèces d'abat^vent. Il ne prend pas 
d'S au plurid. 

A BAT- VOIX. s. m. Le dessus d'une chaire 
à prêcher, lequel sert à rabattre vers l'au- 
ditoire la voix du prédicateur. Cette chaire 
n'a pas d'abat-o)oix , aussi on emtend mal le 
préaioateur. 



ABBATIAL y ALE. adj. ( T se prononce 
comme G. ) Appartenant à l'abbé ou à l'ab- 
hesse, ou bien à l'abbaje. Palais abbatial. 
Maison abbatiale. Les droits abbatiaux. Fonc^ 
tions abbatiales. Dignité abbeOiak, Mense ab- 
batiale. 

ABBATE. S. f. (On prononce Abéie.) Mo- 
nastère d'hommes, qui a pour supérieur 
un abbé, ou de filles, qui a pour supérieure 
une abbesse. Abbaye royale, ou de fondation 
royale. Abbaye sécula^sée. Une abbaye fort 
riche. Abbaye de l'ordre de Saint^Benoit, de 
r ordre. de uteaux, de l'ordre de Prémontré. 

XI se dit quelquefois Du béoéSce attaché 
au titre d'abbé. Le roi lui donna une abbaye, 
une richeabbaye.tiavait, il possédait jusqu'à 
trois abbayes. 

Abbaye en règle, Celle à laquelle on ne 



pent nominer qu'un xvligîeux. Abbaye en que les chrétiens nomment Moines. 



commende, CeUe à laquelle on peut nom 
mer un ecdésèastîque séculier. 

Abbate, se dit quelquefois Des bâtiments 
du monastère. Une abbaye bien bâtie. Une 
abbaye qui tombe en ruine, 

Prov. et fig. , Pour un moine Fabbaye ne 
faut pas. Quand plusieurs personnes ont fait 
quelque partie ensemble, et qu'une d'elles 
manque a s'y trouver, on ne laisse pas de 
faire ce qui avait été résolu. 

ABBÉ. s. m. Celui qui possède une ab- 
baye. Abbé de l'ordre de Saint-Benoit. Abbé^ 
régulier. Abbé crosse et mitre. Élire an «dtbé. 
Bénir un abbé. Abbé triennal. Abbé oommen- 
dataire. 

Pi*ov. et fig. , Pour un moine on ne laisse 
pas défaire un abbé. Si un homme manque 
a une assemblée, à une partie de plaisir 
où il devait se -trouver, ou ne laisse pas 
de délibérer, de s'amuser sans lui , de faire 
en son absence ce qu'on avait résolu. 

Prov. et fig. , Nous l'attendroms comme les 
moines font l'abbé. S'il n'arrive pas à l'heare 
du diner, nous nous mettrons à table sans 
lui. 

Prov. et fig. , Le moine répond conmte €edAé 
chante, Ordinaîi^ement les inférieurs pren- 
nent quelque chose du ton, des habitudes 
de leurs supérieurs. 

Jouer à l'abbé. Jouer à uoe sorte de jeu , 
où Ton est obligé 4ie faire tout ce oue fait 
celui qu'on a pris pour être ie conancteur 
du jeu , et auquel on donne le nom d'Abbé. 

AsBé, se dit, dans un sens général, de 
Tout homme qui poi*te uo habit ecclésias- 
tique. Un Jetme abbé. Un petit abbé. Un abbé 
de cour. 



ABD 

ABBESSE. s. f. Supérieure d'un monas- 
tère de filles, qui a droit de porter la crosse. 
Abbesse triennale. Abbesse perpétueUe. Nom' 
mer, éHre, bâtir une abbesse. 

ABC 

A B C. s. m. (On prononce Abécé.) Petit 
livret contenant l'alphabet et la combinai- 
son des lettres, pour enseigner à lire aux 
enfants. Acheter un A b c pour un enfant. 

Il signifie figurément et familièrement. 
Le commencement d'un art, d'une science, 
d'une aflaire. Ce n'est là que VA b c des ma- 
thématiques. Cette maxime est l'A b c de la 
politique. 

N'en être qu'à TAh c éTune science, d'un 
art. N'en avoir que Tes premières notions» 

Prov. et fig. , Renvoyer quelqu'un à VA b c. 
Le traiter d'ignorant; et, Remettre quelqu'un 
à l'A b c, Le ramener aux éléments, aux 
premiei*s principes d'un art, d'une science , 
etc. 

ABC^DER. V. n. T. de Chirur. Se termi- 
ner par abcès. Cette tumeur abcédera. 

ABCES, s. m. Apostème, amas de pus 
dans quelque partie du corps. Avoir un 
abcès au poumon, au foie. Vider un abcès. 
L'abcès a percé, a craé. H s'est formé un 
abcès dans sa poitrine. 

ABCISSE. s. f. Foyez Absgissb. 

ABU 

ABBALAS. S. 1B. pi. Nom général que les 
Persans donnent aux religieux , aux hom- 
mes que les Turcs appellent Derviches, et 



ABDICATION, s. f. Action par laquelle 
on renonce volontairement à une dignité 
souvieraine dont on est revêtu. Il se dît en 
parlant De celui qui abdique, et De la chose 
abdiqoée. L'abdication de Diodétien. L'abdi- 
cation de Christine, reine de Suède. Charles* 
Quint fit abdication à Bruxelles. L'abdica* 
tion d'une couronne, d'un empire est quelque^ 
fais suitiie de regrets. 

ABurcATioir, signifiait aussi, dans notns 
asdenoe Jurisprudence, L*acte par leq«iel 
un père privait son fib des droitsque celui-ci 
avait, à ce titre, dans sa suoctssion. L'ab^ 
dication était une exhérédation prononcé^ 
pendant la ine, et susceptible de révocation. 

ABBIQCTRB. v. a. Abandonner ia posses- 
sion d'une dignité souveraine, et y renon- 
cer entièrement. Abdiquer la royauté, Mtdt^ 
quer ta couronne. Abdiquer l'empire. 

Il se tlit aussi eu parlant Dés magistrats 
de Tancienne Roma. Abdiquer la dictature. 
Abdiquer le eonsmht. Abdiquer les honneurs. 

Il se dit, par extension» Des principaux 
emplois et des places éminenles. Ce général 
d'ordre a abdiquée. 

Il s'emploie aussi absolument^ Ce primée 
a abdiqtie, on l'a forcé d'abdiquer, 

ABniqlué, éa. participe. 

ABDOfliBN. s. m. ( On fait sentir l'N. ) 
T. d'Anat. , emprunté du tatin, qei signifia 
Le ventre. Les mnseks de tabdomen. 

Il se 4it, en Bntomolo|;ie, de La partie 
postérianne du corps des insectes. 

ABBOWIML, AfcR. a<»j. T. d'Anat Qui 
«ppaitient à t'abdomen. Bdgion trbdominak 
Membres abdominaus. 

AsmrcTEVB. adj. m. T*4'Aiiat;Ilae dR 



ABH 

De diflereots muscles dont la fonction est 
d'écarter de Taxe da corps les parties aux- 
(pelles ils sont attachés. Muscle ahduC' 
Ênr. 

n s'emploie aussi substantivement. L'aB^ 
îucieur Je tcat, de la cuisse, 

ABDUCTION, s. f. T. d'Anat. Action des 
muscles abdacteors. 

ABB 

• . 

Ab£c]ÊBAIBB« adj. des deux genrea. Qui 
coBceme Talphabet. Ordre Mcééairt, 

Ignorance abécédaire. Ignorance com- 
dèie, celle d'un homme qui n*a encore 
lait aucime élude. 

^ AucÂBAMB, est aussi substantif mascu- 
lin, et se dit d'Un A b c , d'un livre dans le- 
quel on apprend à lire. Acheter un aèécé- 
mire, 

ABEGQUEB ou ABÉQUÉB. V. a. Donner 
la becquée à un jeune oiseau. Il est familier. 

Abkcqub ou Abéqux, se. participe. 

ABÉB. s. f. Ouverture par laquelle coule 
Feau qui fait moudre un moulin. 

ABEILLE, s. f. Insecte ailé, sorte de 
mouche qui produit la cire et le miel. 
Jbeilies sauw^es. Abeilles domesnques. Mère 
abeille, ou Abeille mère. Abeille ouvrière, 
L'aigudlon d'une abeille. Essaim, d'abeilles. 
Mueke d'abeilles, 

ABBBBATiON. s. f. T. d'AstFMi. Mouve- 
ment apparent ofasenré dans les astres, et 
qui résulte du mouvement de la lumière 
combiné avec celui de la terre. L'abemtion 
des éutiks fixes, 

ABuuBtxioB , en termes d'Optique , Dîs- 
uerttoo c|ui s'opère entre les divers ravons 
lamîneiix émanés d'un même point, tors- 
qn'ib rencontrent des surfaces courbes qui 
les réfléchissent ou les réfractent, de sorte 
qn'iis ne peuvent plus ensuite être concen- 
trés e3UM:tement en un même fover. Aber- 
Toikm, de sphéricité. Aberration Je réfrangi- 
bdîté. 

ABBBaATioVy signifie, au sens moral, 
Écart cf imagination y erreur de jugement. 
Les aberraiions de V esprit humain. L'aberra-^ 
tim de jer idées est étrange. Les aberrations 
de cet éanmim sont singulières. On dit de 
même. L'aberration des sens, 

ABETIR. V. a. Rendrç stupide. Fous abê- 
tirez cet enfani. 

Il est aussi neutre, et signifie, Devenir 
bêle. // abêtit tous les jours. Il est familier. 

AbAxi, is. participe. // est tout abêti, 

ABH 

AB nOC ET AB hAc (On fait sènUr le 
T d'Ex.) loc. adv. et fam. empruntée du la- 
tin. Confusément, sans ordre, sans raison. 
// ne 9aU ce au il dit; il parle, il raisonne 
ab hoc et ab ndc, 

ABHOBBEB. v. a. Avoir en horreur. Les 
honnêtes ans abhorrent les fripons. Il abhorre 
Us remèdes, L'Église abhorre le sang, 

H s'emploie, quelquefois, avec le pronom 
pmonneL Depuis son crime, il s abhorre 
lui-même, 

AsBOBBx, ia. participe. Un homme ab- 
horré de tout le monde. Une race abhorrée. 
Un crime abhorré. Une époque abhorrée* 



ABl 



ABI 

AB16ÉAT. s. m. T. d'ancien Droit cri- 
minel. Délit de celui qui s'approprie les 
troupeaux d'autnii, en les détournant dans 
les champs, dans les prairies. 

AbIme. s. m. GoutTre très-profond. Af- 
freux abîme. Abùne effroyable. Par un trem- 
blement de terre, ilsestjait là un abfme. Un 
alflme s'ouvrit dans cette plaine. Sonder la 
profondeur d'un abîme. Ne vous baignez pas 
en tel endroit de la rivière, il y a un abîme. 
Tomber dans un abîme. Il fut précipité dans 
l'abîme. 

Poétiq. et en style soutenu, Les abîmes de 
la mer, de la ten-e, Les immenses profon- 
deurs de la mer, de la terre. La mer ouvrit 
ses abîmes, et eng/outit toute la /lotte, La terre 
s'ouvrit Jusqu'au fond de ses abîmes. 

Prov. et fîg. , Un abîme appelle un autre 
abîme. Un excès conduit à un autre excès, 
un crime amène un autre crime. 

Fîg. , Un abl/ne de malheur, un abîme de 
misère. Un extrême malheur, une extrême 
misère. // est tombé dans un abime de mal- 
heur, d(ms un abîme de misère. 

Fig. , Être sur le bord de l'abîme, Être près 
de sa ruine, de sa perte. Creuser un abîme 
sous les pas de quelqu'un. Travailler à le 
perdre. 

Abîmb, se dit figurément Des choses qui 
entraînent à une excessive dépense, et qui 
sont capables de ruiner. Le jeu, les pro- 
cès , les bâtiments sont des abîmes. 

AâisiB, se dit aussi figurément Des choses 

3ui sont impénétrables à la raison, ou qui 
emandent une ti^ès-grande étude , qui sont 
très-difficiles à connaître. L'infini est un 
abîme pour l'esprit humain. La métaphysique 
est un abîme. Le cœur de l'homme est un 
abîme. 

Il se dît , particulièrement , Des secrets et 
des jugements de Dieu. Les jugements de 
Dieu sont des abîmes. Les abîmes de la sa- 
gesse, de la miséricorde de Dieu, 

Fîg., Cest un abîme de science, Cest 
un homme extrêmement savant. 

AbImx, dans le langage de l'Écriture, si- 
gnifie quelauefois absolument. L'enfer. 
Les anges rebelles ont été précipités dans l'a- 
blme. Les puits de Vablme, 

ABiMËB. V. a. Renverser, précipiter dans 
un abime. Les cinq villes que Dieu abîma. 
Un tremblement de terre vient d'abîmer plu- 
sieurs villages dans cette partie de la Calabre, 

Il signifie figurément, Perdre, ruiner en- 
tièrement. Cet homme est puissant et vindi- 
catif, il vous abîmera. Cette affaire l'a abîmé. 
Des dépenses excessives l'ont abîmé. 

Il signifie aussi figuréfloent, et par exagé* 
ration. Gâter, endommager beaucoup. La 
pluie a abîmé mon chapeau. Prenez garde à 
cette porte an on vient de peindre, elle abî- 
mera votre habit. L'ouragan abîma les Ués, 
Ces longues pluies oui abîmé les chemins. 
Ce sent est familier. 

AbIjebb, est quèlquefob neutre; et alors 
il signifie, Tomber soudainement en état 
de destruction , en ruine totale. Cette mai* 
son abfma tout à coiyiw 

Il signifie figurément. Périr. CeSt un 
méchant homme, il abîmera avec tout son 
bien. Toute sa fortune abîment quelque jour. 



ABI , 

Dans cette acception et dans celle qui nré- 
cède, il a vieiMi. 

AbIbieb , s'emploie aussi avec Te pronom 
personnel, et signifie. Tomber dans un ablmc^ 
s'engloutir. Cette montagne s'est abîmée tout 
à coup. La barque s'entrouvrit et s'abîma. 

Il si|^nîfie au figuré. S'abandonner telle- 
ment a quelaue chose, qu'on ne songe a 
aucun autre objet. S'abîmer dans sespenséesu 
S'abîmer dans la contemplation des merveilles 
de Dieu. S'abîmer dans fétude. S'abîmer dans 
sa douleur. S'abîmer da/ts la débauche, dans 
les plaisirs. 

IV signifie encore. Se ruiner, se perdre. 
Il s'est abîmé par son luxe, par ses débau* 
dits. 

Il signifie, par exagération et familière- 
ment. Se gâljer, s'endommager. Cette rob^ 
s'abîme à la poussière. Fous aces un habit 
propre, n'allez pas vous abîmer, 

AbImb , BB. participe. Une ville abîmée par 
un tremblement de terre. Un navire aolmf 
dans la mer, dans lesfiots. Une femme abî- 
mée dans sa douleur. Un homme abîmé de 
dettes. Ce meuble est abîmé de taches, 

AB IKTESTAT. Locution latine, usitée 
en Jurisprudence. Hériter ab intestat. Hé*- 
riter d'une personne qui n'a point fait de 
testament. On dit dans un sens analogue» 
Héritier ab intestat,, succession ab intestate 
Voyez Ibtestat. 

AB IBATO. Locution latine qui signifie. 
Par un homme en colère. Une satire écrite 
abirato. Testament ab irato, 

1 

ABJ 

ABJECT, ECTE. adî. Méprisable, bas, 
vil, dont on ne fait nulle estime. Un homme 
vil et abject. Une dme abjecte. Un esprit ab* 
ject. Une créature abjecte. Une physionomie 
abjecte. Des emplois abjects. Des mœurs ab- 
jectes. Des sentiments abjects. Un langage 
abject, 

ABJECTIOIV. s. f. Abaissement, état de 
mépris où est une personne. // est tombé 
dans une telle abjection, que... Vivre dans 
l'abjection. Il s'est relei'é de l'abjection, de 
l'état eTabjeetion où il était tombé. 

Il se dit également De choses basset et 
méprisables. L'abjection de ses sentiments et 
de ses mœurs. L'abjection de sa conduite, de 
son langage. 

Il signifie, Bebut, dans cette phrase de 
l'Écriture sainte: L'opprobre des hommes, ef 
l'abjection du peuple. 

ABJUBATION. S. f. Action par laquelle 
on renonce à une religion, à une doctrine, 
à des principes dont on reconnaît la faus- 
seté. Il se dit en parlant Decelui qui abjure, 
et De la chose qu'il abjure. Abjuration pu* 
blique, solermelle. Il fit son abjuratiou, il 
fit abjuration entre les mains de l évéque, Ab* 
jumtion de ! hérésie. Recevoir l'abjuration de 
quelqu'un. Il a fait abjuration de ses ernsa/v. 
Depuis son abjuration. Cette abjuration de 
ses anciens principes lui a fisii beaucoup 
d'ennemis, ^ 

ABJUBEB. V. a. Renoncer, par serment 
et acte public, il une religion ou à une doc- 
trine regardée comme fausse. Abjurer le 
judcâune. Abjurer son erreur, 

U s'eMploîe qnaliiuefeii abtohunent. S 



8 



ABO 



abjura dans Végfise de Notre-Dame. Après 
qu'il eut abjuré entre les mains de teléi'&jue. 

Il s'emploie aussi fi(;uréinent, et signifie 
•implement alors, Renoncer à. Abjurer une 
opirUon, un sentiment. J'abjure mes soupçons, 
ties craintes injurieuses. Elle ai*ait abjuré 
toute pudeur, tout principe d^ honneur et de 
vertu. Abjurer A ristote, Descartes, Abjurer 
la doctrine d'Aristote^ de Descartes. 

ABJvai, is. participe. 

ABL 

ABLATIF. S. m. T. de Grani. Le sixième 
cas des déclinaisons latines. Ablatif singu- 
lier. Ablatif pluriel. Cette préposition régit 
. FaMatif, L'alSatif absolu rend la langue la- 
fine très-propre au style des inscriptions, 

ABLATION, s. f. T. de Chirur. Action 
de retrancher une partie quelconque du 
corps. L'ablation d'un membre, d^une tu- 
meur, etc, 

ABLATIYO. Terme adverbial et popu- 
laire, qui ne s'emploie que dans cette 
phrase, Ablativo tout en un tas, Tout en- 
semble, avec confusion et désordre. // a 
mis cela ablativo tout en un tas, 

ABLE s. in., ou ABLETTE, s. f. Petit pois- 
son dont les écailles servent à faire l'essence 
d'Orîent, employée à la fabrication des 
fausses perles. 

ABLEGAT. S. m. Vicaire d'un légat 

ABLERET. S. m. T. de Pêche. Espèce de 
filet carré attaché au bout d'une perche , 
avec lequel on pèche des ables et d'autres 
petits poissons. 

ABLUER. V. a. Laver. Il est vieux en ce 
sens. Il signifie ordinairement, Passer légè- 
rement une liqueur préparée avec de la noix 
de galle sur du parchemin ou du papier, 
pour faire revivre l'écriture. 

AsLui, BB. participe. 

ABLUTION, s. f. Action d'abluer, de la- 
ver. Ce mot est particulièrement consacré 
aux cérémonies de la messe, et il désigne. 
Le vin que le prêtre prend après la com- 
munion, ainsi que le vin et l'eau qu'on 
verse sur ses doigts et dans le calice après 
Cju'il a communié. Avant Vablution, Après 
l ablution. Quand le prêtre prend l'ablution. 

Il se dit aussi d'Une pratique comman- 
dée par quelques religions, et qui consiste 
à se laver diverses parties du corps, à des 
heures déterminées. Les musulmans font 
plusieurs ablutions par jour. Les Indous font 
ieurs ablutions dans le Gange, 

ABN 

ABNÉGATION, s. f. T^erme de dévotion 
qui n'est usité que dans cette phrase , L'ab- 
négation de soi-même. Le renoncement à 
soi-même, et le détachement de tout ce 
qui n'a point rapport à Dieu. 

Il s'emploie quelquefois dans le langage 
ordinaire, et signifie, Renoncement, sacri- 
fice. Je fais abnégation de mon intérêt propre, 
de ma volonté. Je fais ici abnégation de tout 
sentiment personnel, 

ABO 

ABOI. s. m. Bruit que fait le chien en 
aboyant. Z'<?M de ce chien est fort importun. 



ABO 

En ce sens, il est moins usité qu*Aboie-' 
ment. 

Abois, au pluriel, se dit proprement de 
L'extrémité où le cerf est réduit quand il 
est sur ses fins. Le cerf est aux abois, tient 
les abois. 

Fig. , Être aux abois, se dit D'une per« 
sonne cmi est près de sa fin, près de mou- 
rir, ou D'une personne qui a épuisé toutes 
ses ressources , qui est réduite a la dernière 
extrémité. Il n'a plus le sou, il est aux abois. 
On dit aussi. Cette place, cette citadelle est 
aux abois. Elle ne peut plus se défendre. 
On dit encore, 'Sa vertu est aux abois. Elle 
est bien près de succomber. 

ABOIEMENT ou ABoImENT. s. m. Aboi , 
cri du chien. L'aboiement d'un chien. De 
longs aboiements, 

ABOLIE. V. a. Annuler, mettre hors d'u- 
sage, mettre à néant, l^s nouvelles coutumes 
ont aboli les anciennes. Cette loi fut abolie par 
le Jait, sans être formellement révoquée, 
Louis XI F fit des édits pour abolir les duels. 
Le culte des faux dieux fut aboli. Plus d'une 
fois les Romains firent des lois pour abolir les 
dettes. 

En termes d'ancien Droit criminel. Abolir 
un crime. En arrêter ou en interdire la 
poursuite judiciaire par un acte d'autorité 
souveraine. 

Abolib , s'emploie avec le pronom per- 
sonnel, et signinc, Cesser d'être en usage. 
Cette loi trop séi'ère, cette coutume bizarre 
s'est abolie d'elle-même, Cétait une ancienne 
pratique, qui s'est abolie, 

Tùut crime s'abolit au bout d'un certain 
nombre d'années. Il est couvert par la pres- 
cription , et ne peut plus être poursuivi. 

Aboli, ie. participe. Loi abolie. Usage 
aboli. Crime aboli, 

jkBOLISSEMENT. s. m. Action d'abolir. 
L'abolissement des anciens usages, 

ABOLITION, s. f. Anéantissement, ex- 
tinction opérée par un acte de la volonté 
législative, ou par la longue désuétude. Il 
se dit principalement en parlant Des lois, 
des coutumes, et des institutions. L'aboli- 
tion des cérémonies de l'ancienne loi. Abolition 
d'une loi. Abolition d'un culte superstitieux. 
L'entière abolition de l'ordre des templiers. 
L'abolition des cours préi'âtales, 

Abolitiob , signifie aussi , Le pardon que 
le prince accordait d'autorité absolue, pour 
un crime qui, par les ordonnances, n était 
pas rémissible. Lettres d'abolition. Abolition 
générale. Prendre, obtenir une abolition. H 
a eu son abolition. Le parlement a entériné 
son abolition. On aj^pélati Porteurd'abolition , 
Celui qui avait obtenu une abolition. 

ABOMINABLE, adj. des deux genres. 
Exécrable, détestable, qui est en horreur, 
qui mérite d'être en horreur. Crime abomi- 
nable. Un homme abominable. Action abomi- 
nable. Cest une abominable calomnie. De par 
reils écrits sont abominables. 

Il se dit , par exagération , De tout ce qui 
est très-mauvais en son genre. Cette comédie, 
cette musique est abominable. Cela a un goût 
abominable. Une odeur abominable. Il fait un 
temps abominable. 

jkBOMiNABLEMENT. adv. D'une ma- 
nière abominable. // se conduit abominable- 
ment. 

Il se dit aussi par exagération. // chante, 



ABO 

x7 écrit abominablement, abominablgment mal/ 

ABOMINATION, s. f. DétesUtion, exé- 
cration. Avoir en abomination. Il est en abo* 
mination à tous les gens de bien, 

n se dit aussi De ce qui est l'objet de 
l'abomination. Ce méchant homme est Fabo- 
mination de tout le monde. 

Il signifie encore, Action abominable; 
et, dans ce sens, il peut s'employer au plu- 
riel. Cest une abomination. Ce crime est une 
des plus grandes abominations qu'on puisse 
imaginer. Commettre des abominations. Les 
abominations des gentils. Le culte Idolâtre 
des gentils. 

L'abomination delà désolation. Phrase tirée 
de l'Écriture sainte • et dont on se sert pour 
exprimer Les plus grands excès de Tlmpiété, 
la plus grande profanation. 

ABONDAMMENT, adv. En abondance. 
Cette source fournit de leau abondamment,- 
Ses larmes coulaient abondamment. Il ne 
doit plus souhaiter de biens, il en a tdfon* 
damment. 

Il signifie quelquefois , Amplement. Cela 
est abondamment expliqué, abondamment 
démontré dans plusieurs livres. Ses vcutx 
sont abondamment satisfaits. Il y a dans ce 
sujet de quoi remplir abondamment un poème 
entier, 

ABONDANCE, s. f. Grande quantité. 
Abondance de tout. Abondance de biens. Ses 
larmes coulaient en abondance, en grande 
abondance, a%'ec abondance, Aî^oir abondance 
de toutes choses. Une grande abondance de 
pensées, de paroles, de citations. 

Il s*emploie absolument en parlant Des 
biens de la terre et des choses nécessaires 
à la vie. Ce fleuve répand l'abondance dans 
les contrées qu'd parcourt. Pays d'abondance. 
Année d'abondance. Il vit dans l'abondance. 
L'abondance a remplacé la disette. 

Parler d'abondance de cœur. Parler avec 
épanchement, avec une pleine confiance. 
Parler d'abondance, Parler sans prépara- 
tion , ou Parier sans réciter de mémoire ; 
et, Parier avec abondance, Parler avec faci- 
lité, sans sécheresse! **Q^ chercher ses pa- 
roles. 

Corne d'abondance. Corne remplie de 
fruits et de fleurs, qui est le symbole de 
l'abondance. Selon quelques mythologues, la 
corne d'abondance est la corne de la chèvre 
Amalthée, qui ai'ait nourri Jupiter, 

Abovdabcb, dans les collèges et les pen- 
sions, se dit d'Un mélange de peu de vin 
et de beaucoup d'eau, servant de boisson 
aux écoliers. 

ABONDANT, ANTE. adj. Qui abonde. 
Pays abondant en toutes sortes de biens. Âfai- 
son abondante en richesses. Il est abondant 
en paroles, en comparaisons, 

il s'emploie aussi absolument, et signifie. 
Copieux, ample, riche. Une récolte abon- 
dante. Une nourriture abondante. Une pluie 
abondante. Une langue abondante. Une ma- 
tière abondante, 

D'abobdaitt. loc. adv. De plus, outre 
cela. Je vous ai dit telle et telle raison, j'ajou- 
terai d^abondant. Il a vieilli. 

ABONDER. V. n. Avoir en grande quan- 
tité. Abonder en richesses. Abonder en toutes 
choses. Cette maison abonde en biens. Cette 
province abonde en blés, en vins, en soldats ^ 
en gens d'esprits 



ABU 

Il sicpDifie aussi, Être en grande quantité. 
Le bien abonde dans cette maison. Toutes 
doses y tendent. Les marchands abondent 
àcettejoirem 

En Jurispr.» Ce qui abonde ne vicie pas, 
ou ne nuit pas. Une rabon ou un droit de 
plus ne peut nuire dans une affaire^ ou 
bien encore, L'observation d'une formalité 
non prescrite, mais non défendue, n'em* 
pêche pas une procédure d'être valide. 

Fig., jéèonder dans son sens, Être fort atta- 
ché à son opinion. Abonder dans le sens de 
quelqu'un,^ Parler d'une manière tout à fait 
conforme à l'opinion de quelqu'un. 

▲BOKNEBIEBIT. s. m. Convention ou 
marché qui se fait à un prix déterminé, 
inférieur au prix ordinaire, et qu'on paye 
souvent d'avance, pour recevoir des jour- 
naux, pour assister à des spectacles, à 
des fêtes, pour prendre des repas, des 
bains, etc. Faire un abonnement. Obtenir un 
abonnement avantageux. Payer par aUmne» 
ment. Proposer un journtd par abonnement. 
Établir un concert public par abonnement, Re* 
cei'oir des abonnements a un spectacle. 

Les abonnements sont suspendus, se dit 
Lorsque les personnes abonnées à un spec- 
tacle sont obligées de payer leurs places 
comme celles qui n'ont point d'abonne- 
ment. 

ABorasmuTT, se dit aussi d'Une conven- 
tion à prix fixe pour l'acquittement d'une 
taxe, cTune redevance. Certains impôts s' aC" 
quittent par abonnement, 

ABONNER. V. a. Ck>ntracter au nom d'un 
autre, et pour lui, l'engagement qu'on ap- 
pelle Abonnement. Je vous ai abonné aujour* 
nal, au spectacle, au concert, 

11 s'emploie plus ordinairement avec le 
pronom personnel, et signifie. Faire un 
abonnement pour son propre compte. 5 a- 
bonner à un journal, à un spectacle, à un 
concert. Je me suis abonné à cette nouvelle 
fiuiUe. 

U signifie aussi , Composer à un prix cer- 
tain d'une taxe, d'une redevance casuelle. 
H y a des villes où les marchands de vin ont 
Ui faculté de s'abonner avec la régie, pour s' (^^ 
franchir de V exercice. On s'abonnait jadis 
avec les curés pour les dîmes. On a dit de 
même autrefois, sans le pronom personnel , 
Abonner une pro\*ince à telle somme, etc, 

Amomme, bb. participe. 

U s'emploie aussi substantivement. Ce 
Journal a beaucoup d'abonnés. Je suis un des 
abonnés de ce théâtre, 

ABONNIR* V. a. Rendre bon, rendre 
meilleur. Jjes caves fraîches abonnissent le 



Il est aussi neutre, et signifie, Devenir 
meilleur. Cest un vieux pécheur, il n abonnit 
point en vieillissani. Ce sens est familier. 

Il est encore pronominal. Ce vin s'abou" 
nira dans la cave avec le temps. Cet emploi 
et le précédent vieillissent. 

Anont, u. participe. 

ABORD, s. m. Accès. Les abords «Tune 
phee de guerre. 

Il se dit particulièrement Des lieux où les 
navires peuvent mouiller. Ce port est de 
faeâe abord, de difficile abord. L'abord de 
cette céte est difficite. 

Il se dit aussi de L'action d'aborder à une 
côte, dans un port. Nousawiis tenté l'abord 
Tome /. 



ABO 

inutilement, J notre abord dans l'ffe, nous 
fûmes attaqués. 

Il se dit figurément en parlant Des per- 
sonnes dont on s'approche, par rapport 
à l'accueil qu'elles font. L'abora de cette per^ 
sonne est fort difficile. Cette personne a Va» 
bord facile, gracieux, est d'un abord facile, 
gracieux. Cet homme a V abord rude, fâcheux. 
Craindre V abord de qudqu'un, Abord doux, 
engageant, Jjeur abord fut très-froid. Il me 
parta froid à l'abord, mais bientôt je le trou* 
vai très'honnéte, 

Ajbobd , signifie encore , Aflfluence de per» 
sonnes ou de choses qui arrivent ou que l'on 
apporte en quelque lieu. Il y a un grand 
abord de monde dans cette maison, dans cette 
ville. Il y a un abord de toutes sortes de mar^ 
chandises et de denrées. Ce sens est vieux. 

D'abobd, tout d'abobd, au pbbmibb 

ABORD, DB PBIMX ABOBD, DÈS I.'aBOBD. loc. 

adverbiales et figurées. Dès le premier in- 
stant, sur-le-champ, au commencement, 
premièrement. D'abord il semble que cela soit 
vrai. Prenez d'abord les voies de la douceur. 
D'abord, écrivez4ui; ensuite, je lui parlerai. 
Je dois vous dire d'abord que,.. J'ai compris 
tout d'abord qu'il voulait me flatter. Au 
premier abord, déprime abord, cette question 
parait facile à résoudre. Il est franc et me 
parut tel du premier abord. Dès l'abord, j'ai 
senti que je ae%*ais me tenir sur mes gardes 
avec fui. 

Je lui ai dit cela dès Vabord, En l'abor- 
dant, avant toute chose. 

ABORDABLE, adj. des deux genres. 
Qu'on peut aborder. Cette côte n'est pas 
tdfordable, à cause des écueils. 

Fig., Cet homme est très-abordablé, n'est 
pas abordable. Il est de très-facile, de très- 
difficile accès. 

ABORDAGE. S. m. Action d'aborder un 
vaisseau. U se dit ordinaii-ement en parlant 
Des combats de mer. Aller à l'abordage. 
Prendre un vaisseau par abordage, à Sabor- 
dage, Tenter, manquer l'abordage, La nou" 
velU construction des vaisseaux a rendu Va* 
bordage presque impossible. 

1\ se ait aussi en parlant De deux bâti- 
ments qui viennent a s'entre-choquer. Dans 
les tempêtes il n'y a rien de plus à craindre 
que Vaoordage, Les vaisseaux portent des feux 
la nuit pour éviter les abordages, 

ABORDER. V. n. Arriver à bord, prendre 
terre. Le vent était si fort, que nous ne pu' 
mes aborder. Aborder à la côte. Aborder au 
rivage, Abordtr dans une lie. Nous ai*ons 
abordé. Nous somafes abordés. On dit dans 
un sens analogue, en termes de Marine, 
Aborder à un bâtiment, Diriger une embar- 
cation de manière qu'elle arrive à toucher 
un bâtiment sans le heurter. 

U signifie encore simplement , Approcher; 
et alors il se construit avec la préposition 
De. On ne saurait aborder de cette église, 
tant la foule s'y presse. Ce sens vieillit. 

Abobdbb, est aussi verbe actif, et signi- 
fie. Approcher, joindre. La mer était jort 
grosse, et la chaloupe qu'on avait envoyée ne 
put aborder notre vaisseau. 

Aborder un vaisseau ennemi, Y monter 
par force dans un combat. 

Abobdbb, se dit quelquefois en parlant 
D'un choc accidentel entre deux navires , 
enU'e deux embarcations. Notre navire 



ABO 9 

aborda malheureusement la frégate qui fes» 
cortait, 

Abobdbb, signifie encore figurément. Ac- 
coster quelqu'un, approcher de quelqu'un 
pour lui parler. Aborder quelqu'un dans la 
rue, La foule était si grande près du minis* 
tre, que je n'ai pu l'aborder, 

Fig. , Aborder une question, une difficulté, 
etc. Commencer à la discuter, à s'en occu- 
per. // n'a pas mém^ abordé la question, la 
difficulté. 

Ce sujet est difficile à aborda': je n'ose 
aborder ce point. Ce sujet, ce point est dé- 
licat. 

Abobdbb, s'emploie avec le pronom per- 
sonnel. Dans l'obscurité, les deux vaisseaux 
s'abortlèrent. Nous nous sommes abordés 
dans la rue, 

Abobdb, bb. participe. 

ABORIGÈNES. S. m. pi. Les premiers ha- 
bitants, les naturels d'un pays, par oppo- 
sition à Ceux qui sont venus s y établir. 
Au Mexique, les Européens sont presque aussi 
nombreux que les aborigènes. 

ABORNEMENT. S. m. Action d'aborner, 
ou Le résultat de cette action. Il a vieilli : 
on dit, Bornage, 

ABORNER. V. a. Mettre des bornes à un 
terrain. Aborner un champ. Il a vieilli : on 
dit. Borner, 

■Abobb^, bb. participe. 

ABORTIF , IVE. adj. T. didactique. Avor- 
té, qui est venu avant terme, qui n'a pu 
acquérir son entier développement. Enfant 
abortif. Fruit abortif Graines abortives, 

ABOUCHEMENT, s. m. Entrevue, confé- 
rence de deux ou de plusieurs personnes. 
On m'ait ménagé un abouchement entre eux. 
L'abouchement des deux princes n'eut pas le 
succès qu'on en attendait. Il vieillit. 

Abouchbmbbt, en termes d'Anatoroie, 
L'union, la jonction de deux vaisseaux. Il 
est moins usité qu'Anastomose, On dit éga- 
lement, dans les Arts, L'abouchement de deux 
tubes, de deux tuyaux. 

ABOUCHER. V. a. Faire trouver deux ou 
plusieurs personnes dans un lieu, pour 
qu'elles confèrent ensemble. Il faut les abou- 
cher ensemble. 

Il s'emploie aussi avec le pronom person- 
nel. S'aboucher avec quelqu'un. Nous devons 
nous aboucher au premier jour. Ils se sont 
abouchés. 

Il se dit, en termes d'Anatoroie, De deux 
vaisseaux qui se réunissent et se commu- 
niquent. 

Abouchx, bb. participe. 

Deux tubes, deux tuyaux abouchés l'un à 
Foutre, Appliqués l'un à l'autre par leurs 
ouvertures. 

ABOUT. s. m. L'extrémité par laquelle 
un morceau de bois de chai^nte ou de 
menuiserie est assemblé avec un autre ; Le 
bout par lequel une trmgle ou un tirant de 
fer se joint, se fixe à quelque chose. 

ABOUTIB. V. n. Toucher par un bout. 
Un arpent de terre qui d'un côté aboutit au 
grand chemin, et de l'autre au champ d'un 
tel. Ce champ aboutit à un marais. 

Aboutib, se dit figurément D'une affaire, 
d'un raisonnement, 4*une entreprise, et 
signifie, Tendi*e, se terminer, avoir pour 
résultat. Tous ses desseins aboutissent à cela, 
J quoi aboutissent tous Us raisonnements que 



fn 



ABR 



nfous faites ?^ Cda ne peut abeuitr à rien, Ceh 
n aboutira qu'à le perdre. 

Aboutih, se dit aussi Des apostèmes, des 
lAMcèSy loi«qu*ils Tiennent à crever, el que 
h pas en sorh Fku're aboutir un apMtème, 
un abcès. Un dùu, un abcès qui €iboutit, 

Aboutt, ib. participe. 

ABOVTISSART , AlffTE. adj. Qui aboutit 
Un arpent aboutissant à ia/orét. Une pièce 
de terre aboutissante à„. 

Il s'emploie au pluriel comme substantif. 
Les tenants et aboutissants dtune pièce de 
terre, d'un héritage. Les héritages ou pièces 
de terre, etc., qui y sont acÇacents, qui 
2e boiment de divers côtés. En matière 
réelle ou mixte, les exploits doivent énoncer 
deux au moins des tenants et aboutissants de 
Vhéritage litigieux. 

Fig;. y Savoir tous les tenants et aboutissants 
d^une affaire. En bien connaître toutes les 
circonstances el tous les détails. 

ABOUTISSEMENT. S. m. Action d'abou- 
tir. Il ne se dit guère que D*nn abcès qui 
vient à crever. L'aboutissement d'un abâs, 
II vieillit. 

AB OVO. loc. adv. empruntée du latin. 
Dès Torigine , dès le commencement. Pren^ 
dre un fait, un récit ab over, 

ABOYANT, ABTTE. adj. Qui aboie. Des 
chiens aboyants. Meute aboyante. 

ABOYER, v. n. (Il se conjugue comme 
Employer. ) Japper. Il ne se dît au propre 
que D'un chien. Un chien qui aboie a la 
aine. Un chien qui aboie aux voleurs. Un 
chien qui aboie contre tous les passants. Un 
chien qui aboie après tout le monde. - 

Prov. et fig. , Tous les chiens qui aboient ne 
mordent pas. Les gens oui menacent ne 
sont pas toujours fort redoutables. 

Prov. et ûç. , Cest aboyer à fa lune, se 
dît en parlant O^un homme qui crie inuti- 
lement contre un plus puissant que lui. 

Fig. et fam. , Aboyer après quelque chose. 
Le désirer, le poursuivre ardemment. Us 
sont trois ou quatre qui aboient après cet 
emploi. Aboyer après une succession. Cette 
manière de parler vieillit. 

Aboter, au figuré, signifie aussi. Crier 
après quelcju'un, le presser, le poursuivre 
aune manière importune; dire du mal, 
avec acharnement, d'une personne ou d'une 
chose. Tous ses créanciers aboient après ht/. 
Tous les Journaux, tous les critiques aboient 
après cet auteur, après ta pièce nouvelle. 

ABOTi, BB. participe. Il n'est guère en 
usage qu'au figuré. Un débiteur aboyé de 
tous ses créanciers. 

ABOTEUR. s. m. T. de Chasse. Chien qui 
aboie à la vue du sanglier, sans en approcher. 

Il s'emploie au fiauré, et signifie. Celui qui 
désira, qui poursuit ardemment une chose. 
Un abiyyettr d'emplois, de bénéfices. Ce sens 
a vieilli. 

Il signifie plus ordinairement, Celui qui 
fatigue par des criailleries importunes, par 
des injures. Ce créancier est an dangereux 
aboyeur. Ce critique n'est qu'un aboyeur. Un 
méchant aboyeur. Un aboyeur fatigant. Il est 
familier dans les deux acceptions. 

ABB 

AbeacADABEA. s. m. Mot auquel on at- 
tribuait anciennement des vertus magiques; 



ABR 

et qui» cBsaitKm, guérissait la fièvre, lors- 
qu'on le portait autour du cou, écrit dans 
une certaine forme. 

ABBAXAS. s. m. Pierre précieuse sur la- 
quelle étaient gravé» des caraetères hiéro- 
glyphiques » et qu'on porlMt eomne un 
amulette. 

ABEÉG^. st m. Écrit, discours dans le- 
quel on rend d'une manière courte, suc- 
cincte, ce qui est ou ce qui pourrait être 
plus étendu, plus développé. Bfézerayafait 
lui-même un abrégé de sa grande Histoire 
de France. Le préddent ffénauit a donné un 
Abrégé chronologique de l'histoire de France. 
H a réduit toute cette science en abrégé. lien 
a font un edirégé. L'abrégé de l'histoire ro- 
maine. Un abrogé de physique. Indiquez-mot 
un bon abrégé d'astronomie* Domnez^moi un 
abrégé A7)otre affaire. FoiàVabrégédesavie. 

Par analogie, L'homme est un abrégé des 
merveSles de ï'unii>ers; c'est un mande abrégé. 
L'homme réunit en lui touteasortesde dons, 
de facultés admirables. 

£b ABBiui. loc. adv. Sommairement , en 
peu de paroles. Contez^moi la chose en 
abrégé. 

U signifie aussi , Par abréviation. Écrivez 
ce mot en abrégé. 

ABEltOER. V. a. Rendre plus court Ses 
débauches abrégèrent sa vie. Les chagrins 
ont eérégé ses jours. La méthode qu'il a pour 
enseigner le latin, abrège de beaucoup le temps 
des études. Abréger une narration. Abrégez 
votre discours. Abréger un délai. Tckrégereà 
les dSms, 

n s'emploie quelquefois absolument. Fous 
êtes trop long, abrégez. Il faut abréger. LatS" 
sons ce point pour abréger. Prenez ce che- 
mm, il abrège. 

AsaiGBR, signifie quelquefois, Faire pa- 
raître moins' long. La conversation abrège le 
chemin. Mien n'abrège le temps comme le tro" 
vail, la variété des occupations. 

ABR^oift, ÉM. participe. 

ABREIJTEE. v. a. Faire boire. Dans ce 
sens , il ne se dit proprement qu'en parlant 
Des bétes, et particulièrement Des chevaux. 
Abreuves ces chevaux. 

Il se dît quelquefois en parlant Des per- 
sonnes, et ordinairement par plaisanterie. 
Fous nous avez bien abreuvés. Toi abreuvé 
toute la troupe. 

Fig. , La pluie a bien abreuvé les terres, 
Elle les a bien pénétrées, bien humectées. 
On dit aussi, Ces prairies, ces plantes ont 
besoin d'être abreuvées. Il faut qu'on les ar- 
rose. 

Fig., Abreuver quelqu'un de chagrins, de 
dégoûts, Lui donner beaucoup de chagrins, 
de dégoûts. On dit aussi , Aoreuver de dou" 
leurs, d'ennuis, d'humiliations, eTamerfame. 

Abreuver des tonneaux, des cuves. Les 
remplir d'eau pour s'assurer qu'ils ne cou- 
lent point. On a dit de même, en termes 
de Marine, Abreuver un vaisseau. 

Abrbuvbb , en termes d'Arts, Mettre sur 
un fond poreux une couche d'huile, d'en- 
collage, ae couleur ou de vernis, pour en 
boucher les pores et en. rendre la surface 
unie. 

ABBBirvBB, s'emploie avec le pronom 
personnel, tant au propre qu'au figuré. 
Cest dans cette mare que les bestiaux du I 
vHhtge s'abreuvent. Il s'abreuit d'excellent \ 



ABR 

Tfin, Sabreuver de larmes, Piem^er oeau- 
coup. S*abrem*er dtfiel, Nourtir des senti* 
ment» haineux; 

Abrbuv^, iR. participe. Un ceeur abreuvé 
de fid et de haine, Un nomme haînewc et 
médiBant. 

ABEEE^ioai. a. mi Lieu', ordinairement 
revêtu de piem, et pavé au fond, où l'on 
mène les chevaux et les iMstiaii» boire eC 
se baigner. L'abreutHur eu à Centrée du 
viBsige. Un grand abreuvoir. Un bel abrtU' 
voir. Mener les dlsiWKr à l'abrem*oir, 

Prov. et pop., Abreupoù* à mouches , 
Grande plaie à la tsêle ou an visage. // lui 
a fait un abreuvoir à mouches avec son sabre, 

ABRÉVIATBIJR*. S. m. Auteur qui abrège 
l'ouvrage d'un autre, /uetin est l'abréviateur 
de Troguo'Pompée^ 

ASEBTIATIOlf . s. f. Retranchement de 
lettres dans n» mot, pour écrire plus vite, 
ou en moins d'espace. Les écritures de la 
cour de Morne sont pleines d^abréviations. On 
écrit, par edfréviaiion. M», M"», M^io, au 
lieu de Monsieur, Madame, Mademoiselle; 
S. M., S. A. R. , au lieu de Sa Majesté, Son 
Altesse Royale; ete. 

Il se dit également de Certains signes 
destinés à représenter des mots. Les mé» 
eledns emploient, dans leurs formules, di'» 
verses abréviations pour indiquer les poids^ 
les mesures, le mode de préparation, etc., 
telles que % pour Once, % pour Livre, etc, 
1*, 2*, 3% etc. , pour Premièrement, secon- 
dement, etc., sont des abréviations, 

ABEI. s. m. Lien où l'on peut se meRre 
à couvert du vent, de la pluie, de l'ardeur 
du soleU , et des diverses incommodités d« 
temps. Un bon abri. Chercher, trouver un 
abri, de l'eéri. Se faire un abri. Un abri 
contre la tmnpéte. C'est un Heu extrêmement 
découvert, ou H n'y a point d'abri. 

Cette rade, cette plage est un bon abri, IjCS 
vaisseaux y sont en sâraté contre le vent, 
contre la tempête. ' 

Abri , se dit également, en Agriculture , 
de Tout ce qui sert à garantir, soit de l'ac- 
tion désastreuse des vents du nord, soit 
de kl trop grande ardeur du soleil. Les 
abris sont ou naturels, comme les montagnes, 
les forêts, les plantations en lignes, et les 
haies; ou artipciels, connue les murs et les 
paillassons. 

Il se dit pareillemenC, en termes de 
Guerre , de Tout ce qui met une troupe 
à couvert des projectiles de l'ennemî. 

Abri, se dit figurément de Quelque lieu 
que ce soit où Ton est en sûreîé, et géné- 
ralement de Tout ce qui nous préserve 
d'un danger. La solitude est un abri contre 
les embarras du monde. La médioerité est un 
abri contre les coups de la fortune* Il trou* 
vera dans la maison ttun tel protecteur ttn 
abri contre les violences dé ses ennemis. Il a 
trouvé un abri sûr auprès de ce prince. 

À i.'abri. )oc. fMrépositive, et quelquefois 
adverbiale. A couvert. Se meitre à tabri de 
ht pluie, du vent, du mauvais temps, de la 
tempête. U tombait une plaie aoondantek 
nous nous mimes à tabri. Être à l'abri pen- 
dant une tempête. Être à tabri sous un han' 
gar, sous un arbre, derrière une muraille, 
derrière une haie. Fig., Se mettre à tabri dk 
la persécution, delà vexation. Dans ces phra- 
ses, ^ a la signification de Contre, 



À i.*jjnu , se dit aussi De .ce qu! sert à 
mettre à couvert. Être à raàri d'un bois, à 
tabri tTune muroUk. Flg. , Jgir à l'abri de 
bi faiseur» Dans cette phrase, De «ignifie 
Sons* 

En termes et Marine , Èm à Vabri d^une 
terre; se meêtre m fmbri sous le vent d'une 
fie; eie. 

ABBIOUT. s. m. Sorte de Trait à no^u , 
diMit la csilair et la peau tirent sur le jaune. 
Jbricois en espalier. Mrieots «a plein vent. 
Compote d^abricots. Mie d'abricots. Marine^ 
Inde d'abricots, jibrieots confits. 

Mn'eot'pécke, Espèce d*abricot dont le 
goût se rapprocîie de celui de la pèche. 

ABRICOTIEB. S. m. Arhre de la famiNe 
des Rosacées 9 qui porte les abricots. Abri^ 
eotier em espalier. Aifricatier en pMm vent, 

ABRITES. Y. a. Mettre à l'abri. jÊbriter 
f r. Cette tuaison est tAritée par une 



un esi 



Il s'emploie avec le pronom personnel. 
S^obtiter derrière un mur. ^oici l'orage, abri- 
tons-nous. Dans les sièges, on fait des fossés, 
des épituiements, pour s'abriter contre le ca^ 



Aaarri , ûm. participe. 

ABBOGATlOfC. s. f. AmuiktioD, sup- 
pvessioD d'une lor, d'uae coutume» d'un 
usage, d'un rite, d'une cérémonie. L'abro- 
gation d'une loi. L'abrogation de cette loijut 
une suite nécessaire des ckangensettts survenus 
dans tes meeurs de ia nation* 

ABBOOBB. V. a. Rendre nui, abolir, 
mettre borsd^uaage. Il se dit principalement 
en parlant De lois, de coutumes, de céré- 
monies. Abroger une loi, une ordonmmce, 
une ceuiame. 

Il sVmploîe avec le pronom personnel. 
Cette loi s'est abrogée aetl e ^ mém e, par dé» 
suétuée, par le Ittps de temps. 

ABAOfiB, MM. participe. 

ABBODTl, IB. adj. T. d^EauK â Fatéls. 
n se dit Des boia dont les premières poua- 
fes ont été broutées , mandées par le bétail , 
et qni sont mal vonos. 

ABRUrr, VPTE. adj. Il se dit Des fesr- 
raina et des rocliers binrrement coiqpés, 
et eomme s'ils araîent été rompos. 

Il se dit figorément IVun discours, d'un 
stjle rompu, sans liaison. Styie abrupt. Il 
est peu usilé. 

ABBUPTO (EX). Locution empruntée 
dn latin , qu'on emploie quelquefois pour 
dire. Brusquement, sans préparation, sans 
préambule. Parier ex abrupto. 

Bxordeex-abruDta, Exorde vif, ^^i a du 
asoavement,-de la passioi). 

ABMJTIB* v. a. Aeodae stupide eomme 
une bète brute. Le vin pris^wee excès ukm- 
tit les kestunas, abrutit t esprit. 

U s'cmploîe avec le pronom- personnel, et 
signifie. Devenir eomme une bete brute. Cet 

Annmri, le. participe. 
ABRirEMSAMT, AUVB. adj. Qui abrutit» 
qui est propre à abrutir. Un gemse de vie 
.mbrutistnut. Du plaisirs abrutissants. Cette 
est éÊbrutiêtame* 

\ a. m. L'iétat d'une 
abrutie. Cet komme est tombé dans 
Jm grand abrutissement* La débauche Va 
plongé dans l'abrutissement. 



ABS 



AB« 



ABSQIsmE. s. F. T. de Mathém. L'une des 
deux coordonnées rectilienes par lesquelles 
on définit la position de chaque point d'une 
courbe plane; l'autre Rappelle Ordonnée. 

Awe des abscisses, axe des ordonnées. 
Droites indéfinies sur lesquelles les ab- 
scisses et les ordonnées se mesurent à par- 
tir d'une commune origine, qui est leur 
point d'hitereectioo. 

ABBBBCE. s. f. Éloignemeot d'nne per- 
sonne qoi n'est point dans le lieu de sa rési- 
dence ordinaire. Longue absetwe. Courte ab- 
sence. En mon absence. Les peines de Fab- 
sence* Il fait de frémseutes menées. 

U se dit particulièrement, .en Jurispru- 
dence, de L'absence d*une peieonoe dont 
on n'a point reçu de nouvelles depuis une 
certaine époque, et dont la résidence ac- 
tuelle n'est point connue. Tant que tab- 
sence n'a pas été déclarée par un jugement, 
elle n'est que présumée. Présomption dab- 
sence. Les effets de l*absenee. 

Abs»cb, se dit anmi Du définit de pré- 
sepce à une assignation donnée, a une rén- 
nioo où Ton devait se tronver. Jl fui, or- 
donné qu'on procéderait tant en présence 
qu'en absence. On a fait constater son ab- 
sence. On n'a pas hissé de se dieertir en 
votre abeenœ» 

Jl s'emploie figurément, au sens moral. 
il y a dans cet omframe urne absenee totale 
tTemit, de goAt, de kgioue. 

Fig. , Absence dt esprit. Distraction , man- 
que d'attentieii. CTeH urne absenee éTesprit 
qui n'est pas excusable. U est sujet à dès ab- 
sences acquit. On l'emploie qnelquefois 
absoluasent, aa pluriel. Jl a souvent des 
absences. 

ABBiOfT, EBTB. adj. Qui est éloigné de 
sa demeure « de sa résidence ordinaire. 
Fous avez été longtemps absent. Être absent 
de Paris, de la cour. On religieux absent de 
son couvent, il touche ses appointements tant 
absent que présent. Absettt par congé. 

U se dit quelquefois , dans une acception 
plus étendue. De quiconque ne se trouve 
pas où il devrait étie, où il pourrait être. 
J'étais absent au moment de l'appel. Lorsque 
je suis allé pour le voir, il était absent. 

U signifie figurément. Distrait, inattentif. 
Son esprit est quelqurfois absent. 

Il est quelquefois substantif. Tant les ab- 
sents que les présents. Ou oublie aisément les 
absents, 

Fam., Les absents ont tort. On néglige 
souvent les intérêts, les droits des absents. 

Aassa^, se dit particulièrement, en Ju- 
risprudence, Des personnes absentes dont 
on n*a point reçu de nouvelles depuis un 
certain temps, et dont la résidence actuelle 
n'est point connue. J^es personnes présumées 
absentes. La loi règle les effets de V absenee 
relativement aux biens que l'absent possédait 
au jour de sa disparition, relatii*emeat au 
mariage, etc. 

Dans le même langage, La prescription 
inunobiliere est de vingt ans entre absents. 
Voyez PassBAT. 

ABSENTEE (S*\. v. pron. S'éloigner de 
quelque lieu ou l'on est habituellement, 
où la professUm, les fonctions qu'où exerce 



ÀB& li 

Tenlent que Ton demeure, etc. Je nCeAsen» 
terai durant trois mois. S'absenter d'un Heu, 
d'un pays. Ce soldat s'est absenté du poste 
sans ta permission de son chef. On le cher» 
cke pour le prendre, il faut qu'à s'absente: 
Jl s est absenté pour se dérober à leurs pour^ 
suites. Tirai passer la soirée avec vous; mais 
vous me permettrez de m'absenter une demi* 
heure. 

AB8I0B. s. f. T. d'Archh. Voûte, arche, 
niche , partie circulsire. 

Il désigne particulièrement, Le sanctuaire 
d'une église , cette partie du chœur où le 
clergé se rangeait autrefois en cercle à 
droite et à gauche de l'évêqne. Il est peu 
usité, surtout dans le premier sens. 

ABSIIITBB. s. f. Plante à fleurs com- 
posées, qrui est très-amère et aromatique. 
Cela est plus amer que de Fabsinthe. Fin, triw 
tare d'absinthe. 

Il se dit aussi d'Une liqueur de table qu'on 
prépare en faisant infuser des feuilk» d'ab- 
sintne dans de l'eau-de^ie. Prendre un verre 
d'absinthe, 

ABSOLU, ne. adj. Indépendant, souve- 
rain, sans contrôle. Pouvoir absolu. Auto^ 
rite absolue. Monarchie absolue. Comnumde» 
ment absolu. On dit de même. Souverain 
absolu, maître absolu. 

U signifie quelquefois. Impérieux. Cet 
homme est absolu dans tout ce qu'il veut. 
Parier d'un ton absolu. .On camctëre absolu* 

Cef homme est absolu dans sa famille, dans 
sa compagnie f II y fait tout ce qu'il veut, 
personne ne lui résiste. 

A^^n^ signifie quelquefois , Total , com- 
plet/ sans restriction, une impossibilité ab" 
sdue. Il y a peu de vérités tAèotues, 

Sens absolu. Sens qui n'admet point de 
restriction. Fous prenez ce que je dis dans 
un sens trop absolu. 

AasoLV, se dit, en termes de Métaphy- 
sique et de Grammaire, par opposition à 
Relatif. Homme est un terme absolu f Père 
est un terme relatif. 

£n termes de Gram. latine, Ablatif ab» 
solu. Ablatif qui n'est régi par aucune par- 
tie d'oraison qui soit exprimée. On dit de 
même, en tonnes de Grammaire grecque, 
Génitif absolu. 

Absolu , s'emploie comme substantif, en 
termes de Mélapnysique, et signifie. Ce qui 
existe indépendamment de toute condition* 
L'absolu. 

ABSOLVMBIIT. adv. D'une maniera ab- 
solue, sans restriction, sans bonies, sans 
partaze. Cet homme dispose absolument de 
tout dans la tnaison. 

Il signifie aussi, Déterminément, malgré 
toute opposition et toute raraontrance. On 
eut beau lui dire qu'il ne devait pas partir, û 
le voulut absolument. Je n'en Jerm absolU" 
ment rien. 

U signifie quelquefois, Indispensable- 
ment. Jlfaut aosolument que vous partiez. 

Il signifie encora, Tout à fait, entière- 
ment. Je ne suis pas absolument décidé à 
poursuivre cette qfjaire, Jl nia absolument k 
fait. Tout le monde absolument fut de cet 
avis, Jl ne fait absolument rien. Ce mets n'est 
pas absolument mauvais. 

Absolument pariant, À juger de la chose 
en général, et sans entrer dans aucun détaiL 
Absolument parlant, cet ouvrage est àçn. 



1% 



AfiS 



0//tf raison nest pas mauvaise absolument 
pariant, Ji y a des beautés dans cet ouvrage; 
mais, absolument pariant, il n'est pas bon. 

£o Gram.» Prendre, employer un mot 
absolument, Employer sans complément un 
mot auquel il est plus ordinaire d'en don- 
ner un, ou qui est susceptible d'en avoir 
un. Tel verbe se prend, se met, s'emploie 
quelquefois absolument. Dans cette phrase. 
Espérer, c'est jouir, les verbes espérer et 
jouir sont pris absolument. Dans celle-ci. 
Vivre dans l'abondance, le mot abondance 
est employé absolument, pour dire, Vabon" 
dance des choses nécessaires et agréables à la 
vie. Il signifie quelquefois, Employer ellipti- 
quement une expression en supprimant le 
mot ou les mots qui la régissent ordinaire- 
ment. Dans cette phrase de commandement, 
Pied à terre, où le mot mettez est sous^en* 
tendu , Pied à terre est pris absolument, 

ABSOLUTION. 8. f. T. de Droit criminel. 
Jugement qui renvoie de l'accusation un 
accusé déclaré coupable, parce que le crime 
ou le délit n'est puni par aucune loi. 

Il se dit aussi, mais improprement, de 
L'acquittement d'un innocent. Les jurés 
balancèrent entre l'absolution et la condam- 
nation* 

ÀBSOLUTToir, signifie aussi. L'action par 
laquelle le prêtre remet les péchés en vertu 
des paroles sacramentelles qu'il prononce. 
Donner l'absolution. Refuser l'absolution^ 
Différer V absolution, jibsolutiom sacn^n- 
telle. Il est mort un moment après avoir reçu 
rftbsolution. 

JkBSOLUTOIRE. adj. des deux|Knres. 
Qui porte absolution. Bref abs&mt^nA 

ABSORBANT, ANTE. adj. T. de Médec. 
et de Pharm. Il se dit Des substances et de^ 
préparations médicinales ayant la propriété 
d'absorber les acides qui se développent 
spontanément dans l'estomac. Substance, 
terre, poudre absorbante. 

H a emploie plus ordinairement comme 
substantif. On lui a donné des absorbants. 

En termes d'Anat., Système absorbant, 
L'ensemble des vaisseaux et des glandes qui 
concourent à l'absorption. Faisseaux absor- 
bants ou lymphatiques, ou simplement, 
Absorbants, Vabseaux qui font partie de ce 
système. 

ABSORBES. V. a. Engloutir. Les sables, 
les terres sèches et légères absorbent les eaux 
de la pluie en un moment. Le Rhin, à la fin 
de son cours, se perd dans des sables qui Vab- 
sorbent. Le Rhône tombe dans un gouffre qui 
Tabsorbe, 

Il se dit dans un sens analogue en par- 
lant Des couleurs, des sons, des odeurs, 
des saveurs. Le noir absorbe la lumière. Une 
voix faible est absorbée dans un grand chœur 
de musique. L'odeur de la tubéreuse absorbe 
l'odeur de la plupart des autres fleurs. Le goût 
de Vail absorbe celui des autres assaisonne* 
ments. 

Il se dit aussi Des corps qui ont la fa- 
culté de pomper les fluides placés à leur 
portée. Les branches gourmandes absorbent 
la nourriture destinée au reste de farbre. Les 
fluides absorbés par les veusseaux lymphati» 
ques, La membrane muqueuse du poumon 
absorbe l'oxygène de Pair, dans Vacte de ta 
respiration. L'éponge absorbe l'eau. 

AbsorbbR; signifie figurément, Consumer 



ABS 

[entièrement; et, en ce sens, il se dit prin- 
cipalement en parlant Des biens, des ri- 
chesses, de l'argent. Les procès ont absorbé 
tout son bien. Les frais du scellé ont absorbé 
la meilleure partie de la succession. Les con- 
t'entions matrimoniales absorberont tout le 
bien du mari. Cela absorbera trop de temps. 

Il signifie aussi. Attirer à soi en entier. 
Cet orateur avait tellement absorbé l'atten* 
tion , qu'il n'y en eut plus pour les autres. 
Cette scène absorbe tout l'intérêt de la pièce. 
Ses nouvelles fbnctions l'absorbent tout entier. 

Absorbsr, est aussi verbe pronominal. 
Les pluies s'absorbent dans les sables. Tout 
passe, et s'absorbe dans Vétemité. 

Absorbe , re. participe. 

Il se dit quelquefois D'une personne pro- 
fondément appliquée à quelque chose. Il est 
absorbé, entièrement absorbé dans l'étude des 
mathématiques. Il était absorbé dans ses ré* 
flexions. 

Être tout absorbé en Dieu, Être dans une 
méditation continuelle des choses de Dieu. 

ABSORPTION, s. f. Action d'absorber. Il 
se dit principalement , en Physiologie , de 
Cette fonction par laquelle les êtres orga- 
nisés attirent à eux et pompent les fluides 
qui les environnent ou qui sont exhalés inté- 
rieurement. L'absorption est très^active chez 
les enfants. L'absorption du chyle se fait à 
la surface des intestins, 

ABSOUDRE. V. a. T. de Droit criminel. 
(J'absous, tu absous, il absout; nous absol» 
vons, vous absolvez , ils absolvent. J'absolvais, 
Tai absous. J'absoudrai. J'absoudrais, Absous, 
qu'il absolve; absolvez. Que f absolve. Absol' 
vant.) Renvoyer de l'accusation une personne 
reconnue coupable, mais dont le crime ou 
le délit n'est pas qualifié punissable par la 
loi. Il signifie aussi, mais improprement. 
Déclarer un accusé innocent du crime ou 
du délit qui lui était imputé, l'aocpiitter. f /z 
absolvant cet homme, on n'a pas fait justice. 
Il y a eu cinq voix pour condamner l accusé, 
et sept pour l'absoudre. On l'a absous malgré 
le crédit de ses ennemis. Il s'est fait absoudre 
du crime dont on l'accusait. Elle fut absoute 
à pur et à plein j^ 

Il s'emploie figurément dans le langage 
ordinaire. Jevous absous de votre négligence, 
en faveur de votre repentir. Rien ne pourra 
l'absoudre d'une si grande faute. 

Absoudre, signifie aussi, Remettre les 
péchés dans le tribunal de la pénitence. 
Tout prêtre a pouvoir d'absoudre en cas de 
mort. Il a le pouvoir d'absoudre des cas ré* 
serves. Absoudre un pénitent. Absoudre en 
confession. 

Absous, oute. participe. 

ABSOUTE, s. t. T. de Liturgie cathol. 
Absolution publique et solennelle qui se 
donne en général au peuple, et dont la 
cérémonie se fait le jeudi saint au matin, 
ou le mercredi au soir dans les cathédrales. 
Vévéque a fait la cérémonie de Vabsoute. On 
fait l absoute dans les paroisses aux grandes 
messes le jour de Pâques, 

ABSTÈME. s. des deux genres. Celui ou 
celle qui ne boit point de vin. L'Église dis* 
pensait du calice lesabstèmes. Il est peu usité. 

ABSTENIR ( S' ). V. pron. ( Il se conju- 
gue comme Se tenir,) Sempécuer de faire 
quelque chose, se priver de l'usage de quel- 
que chose. S'abstenir de .boire et de manger. 



ABS 

S'abstenir de Jurer, Quand on a pris l'habi' 
tude défaire quelque chose, il est bien mai" 
aisé de s'en abstenir. S'abstenir de vin. Je 
m'abstiendrai de tout ce qui peut nuire à la 
santé. Il s'est abstenu de toutes sortes deplai* 
sirs. Il s'abstient même de lire, its'en abstint 
cejour^là. Elle s'en est abstenue. Abstenez» 
vous de Citfé, de liqueurs. 

Il s'emploie quelquefois absolument, /f 
est plus aisé de s abstenir auede se contenir. 
Dans le doute, abstêens-toi. 

En termes de Jurispr. , Ce Juge s'abstient 
d'opiner, déjuger, ou absolument, Il s'abs* 
tient. Il se n§cuse lui-même; et, Cet héritier 
s'est abstenu de la succession. Il n'a point 
fait acte d'héritier. 

ABSTENTION, s. f. T. de Procéd. Acte 
par lequel un juge s'abstient, se récuse lui* 
même. 

ABSTERQENT , ENTE. adj. T. de Médee. 
Il se dit Des remèdes extérieurs qui servent 
à nettoyer les plaies, les ulcères. 

Il s'emploie aussi comme substantif. Un 
bon abstergent. 

Il se disait autrefois Des remèdes qu'on 
croyait propres à dissoudre certaines du* 
retés, certains épaississements. 

ABSTER6BR. v. a. T. de Cliirur. Net- 
toyer. Il se dit en parlant Des plaies, des 
ulcères. 

Abstbbgé , RE. participe. 

ABSTERSIF, IVE. adj. T. de Chirur. 
Propre à nettoyer. Foyez AwntKGBxr , qui 
est plus usité. 

ABSTERSION. 8. f. T. de Chirur. Action 
d'absterger. 

ABSTINENCE. 8. f. Action de s'abstenir. 
Abstinence de vin, Fivre dans l'abstinence de 
tous les plaisirs. L'Église catholique enjoint 
C abstinence des femmes aux prêtres, 

U s'emploie absolument, et se dit alors 
en parlant Du boire et du manger. L'absti' 
nence e^ utile au corps et à fàme. On lui a 
ordonné une grande abstinence. On lui faisait 
faire abstinence malgré lui. 

Il s'emploie quelquefois, en ce sens, au 
pluriel. Les abstinences prescrites par l'É- 
glise. Exténué de jeûnes et d'abstinences. 

Chez les Catholiques, Jours d'abstinence. 
Ceux où l'on doit s'abstenir de manger de 
la viande, sans être obligé de jeûner. // 
n'est pas jeûne aujourd'hui, il n'est quejottr 
d'abstinence. 

ABSTINENT, ENTE. adj. Qui est mo- 
déré dans le boire et le manger. Il est peu 
usité. 

ABSTRACTION, s. f. T. didactique. Opé- 
ration par laquelle l'esprit considère sé- 
parément des choses qui sont réellement 
unies. Considérer une des qualités d'un sujet 
prise à part, et en faisant abstraction de 
toutes les autres. Quand je dis la blancheur 
en général et sans l'appliquer à un objet, je 
parie par abstraction. En faisant abstraction 
de la qualité des personnes, vous jugerez que, 
etc. Abstraction faite du style, qui estfadde, 
cet ouvrage a quelque mérite. 

ÀBSTRACTioir , se dit aussi Des idées ^é* 
nérales, des propriétés, des qualités sép»- 
rées par l'esprit des snjets auxquels elles 
sont unies, ^ifumi/i^, raison, vertu, savoir, 
blancheur, pesanteur, etc., sont des abs* 
tractions. 

Il se dit, dans un sens défavorable» De» 



ABS 

idées trop métaphysiques, des idées théo- 
riques auxquelles on s*abandonne, sans 
égard aux difficultés que peut rencontrer 
leur application. Cest un esprit chimérique 
qui se perd dans les abstractions. 

U signifie encore , au pluriel , Préoccupa- 
tion, rév«rie qui empêche un homme de 
penser aux choses dont on lui parle , ou 
qu'il a sous les yeux. Cet homme est dans des 
abstractions continuelles, 

JkBSTBACTlYBMENT. adv. Par abstrac- 
tion, d*une manière abstraite. Onpeutcon" 
sidérer abstractivement les qualités des corps, 
Jbstracti%*ement parlant, 

ABSTRAIRE. T. a. (Il se conjugue comme 
Traire, ) T. didactique. Faire abstraction , 
considérer séparément des choses qui sont 
réellement et nécessairement unies. Jbstraire 
Faccident du sujet, de la substance. En algè^ 
bre, on abstrait la quantité, le nombre de 
toutes sortes de sujets. 

Abstrait, âitb. participe. 

Il est aussi adjectif. Ainsi on appelle. 

En Logique, Terme abstrait. Un terme 
qui désigne une qualité considérée toute 
seule, et séparée du sujet; par opposition 
à Terme concret Rondeur, btaneheur, bonté, 
sont des termes abstraits; et, Rond, blanc, 
bon, unis à des noms de substances, comme 
Pain rond, vin blanc, bon prince, sont des 
termes concrets. On dit dans un sens analo- 
gue. Une idée abstraite; et substantivement, 
L'abstrait et le concret. 

En Mathém., Nombre abstrait, Tout 
nombre que l'on considère seulement 
comme une collection d*unités, quelles aue 
soient ces unités, et en faisant abstraction 
de leur nature; par oj^KMÎlion à Nombre 
concret. 

AssnuiT, adjectif, signifie aussi , Très- 
mélaphysiqne, très-difficile à saisir, à péné- 
trer. Ce discours est abstrait. Cette question 
est bien (Astraite, On dit dans le même sens , 
Vn écrivain, un philosophe abstrait. 

Il signifie encore. Plongé dans la médita- 
tion ou dans la rêverie , n'ayant de pensée 
et d'attention que pour Tobjet intérieur qui 
occupe. On est abstrait pour être trop appli' 
que à une seule chose, et distrait par inappli' 
cation ou légèreté. 

ABSTRUS > USB. adj. Qui est difficile à 
entendre, qui demande une extrême appli- 
cation pour être bien conçu. Il ne se dit 
que Des sciences et du raisonnement. Scien- 
ces abstruses. Raisonnements abstrus, QueS' 
tkm abstruse. Sens abstrus. 

Il se dit quelquefois Des écrivains, dans 
QD sens défavorable. Ce philosophe m'a paru 
fort abstrus. 

ABSURDE, adj. des deux genres. Qui est 
évidemment contre la raison, contre le 
sens commun. Cela est absurde, Foilà un 
ndsonmement absurde. Dire des choses ab- 
surdes. Proposition absurde. Conséquence alh 
surde. Conduite tdtsurde„ 

n se dit aussi De la personne qui parle ou 
agît absurdement. Vn raisonneur absurde, 
Cest unhommeabsurde.Ilnyapasd'homme 
phu absurde dans le monde, 

Absubdb, s'emploie aussi comme sub- 
stantif masculin, et signifie, Absurdité. Tont- 
ber dans tabsurde. 

Réduire «n homme, son homme à l'absurde. 
Le forcer, dans la discussion, à se rendre 



ABU 

OU à déraisonner. Réduire une opinion, un 
raisonnement à l'absurde. Montrer, prouver 
que le principe ou la conséquence en est 
absurde. 

ABSURDBHENT. adv. D'une manière ab- 
surde. Raisonner, parler absurdement, 

ABSURDITÉ, s. f. Vice de ce qui est ab- 
surde. L'absurdité d* un discours. N'étes-vous 
pas choqué de l'absurdité de ce raisonnement, 
de cette assertion? 

Il se dit aussi de La chose même qui est 
absurde. Jl s'ensuivrait de là une grande ab- 
surdité. Il nous a d^nté mille absurdités. 

Il se dit, par extension, en parlant Des 
personnes. Cet homme est d'une absurdité 
rare, 

ABU 

ABUS. S. m. Usage mauvais, excessif ou 
injuste de quelque chose. L'abus quUafait 
de ses richesses, de ses forces, de sa santé, 
de son autorité. Abus de pouvoir. Abus de 
confiance. U ne faut pas confondre l'abus 
avec V usage. 

Il se dit absolument pour signifier. Dés- 
ordre, usage pernicieux. Abus manifeste, 
notoire. Réformer, corriger, retrancher les 
abus. Il s'esè disse dii'ers abus dans la justice, 
dans cette administration. Il faut distinguer 
entre un usage reçu, et un abus qui s'est in- 
troduit. Les exemptions trop fréquentes dégé- 
nèrent en abus* 

AppelcommecTabus, Appel interjeté d'une 
sentence rendue par un juge ou supérieur 
ecclésiastique, quon prétend avoir excédé 
son pouvoir, ou avoir contrevenu aux lois du 
royaume. Interjeter appel comme d'abus. On 
dit de même. Le conseil d'État a jugé qu'il 
y avait abus. Il a jugé que l'appel comme 
d'abus a été bien interjeté. 

Abus, signifie aussi , Erreur. Foilà un 
étrange abus. Cest un abus de croire que cela 
puisse réussir. Fous comptez sur la justice des 
hommes: abus, 

Prov. , Le monde n'est qu'abus et vanité, 

ABUSER. V. a. Tromper. // vous promet 
cela, il vous abuse. Abuser les esprits faibles. 
Il abuse les peuples. Fous m'avez abusé par 
de fausses promesses. Son imagination, sa 
passion l'abuse. 

Abuser une fille, La séduire, la suborner. 
// a abusé cette pauvre fille sous promesse 
de mariage. 

Abusbb, s'emploie aussi avec le pronom 
personnel, et signifie, Se tromper. Ils se sont 
abusés. On s'abuse souvent soi-même. Je comj>- 
tais sur votre amitié, ie vois que je me suis 
cruellement abusé. Il s abuse jusques à croire 
qu'il parviendra à supplanter son rival, 

Abusba, est aussi verbe neutre, et signi- 
fie. User mal, user autrement au'on ne 
doit. // a abusé de votre bonté, Aouser des 
sacrements. Il abuse des grâces que Dieu lui 
fait. Si vous lui accordez cette liberté, il n'en 
abusera pas. Il abuse de son loisir, de son 
tempsp de son crédit, de son autorité. On 
abuse des meilleures choses, Cest un homme 
qui ne se ménage jxùnt, et qui abuse de sa 
santé. Fous abusez de nui patience, H abu- 
sait de la confiance que faisais en lui. Il abuse 
de votre amitié. Cest abuser de la permission. 
Ce j)oète abuse de sa Jacilité. 

Abuser d'une fille, En jouir sans l'avoir 



ACÀ 



i3 



épousée. Cest une fille dont il a longtemps 
abusé. 

Abusbb, en termes de Droit, se prend 
pour Consommer, détruire. La propriété 
consiste dans le droit d'user et. .d'abuser, 

Abusb, àb. participe. 

ABUSBUR. s. m. Celui qui abuse, (|nt 
trompe. Un grand abuseur. Il est famibcr 
et peu usité. 

ABUSIF, IVE.adj. Qui est contraire aux 
règles, aux lois. Usage abusif. Procédure 
abusive. Ce mot est employé dans un sens 
abusif, 

ABUSIVEMENT, adv. D'une manière 
abusive. Mot employé abusivement. Cet homme 
a été abusii'cment emprisonné. 

ABT 

ABTME. s. m. Fo)'ez ÂBtxK. 
ABYMER. V. a. Foyez AbIheb. 

A€A 

ACABIT. S. m. Qualité bonne ou mau- 
vaise de certaines choses. Il se dit princi- 
palement Des fruits et des légumes. Des 
poires d'un bon acabit. Des haricots, des na* 
vêts d'un bon, d'un maui*ais acabit. 

Il se dit quelquefois, figurément et fami- 
lièrement, en parlant Des personnes. Cet 
homme est d'un bon acabit, tTun mauvais 
acabits Ce sont gens de même acabit. Fous ne 
le corrigerez pas de sa défiance, c'est son 
acabit, il est de cet acabit. 

ACACIA, s. m. Nom de deux espèces de 
mimosa, qui croissent l'une en Egypte, 
l'autre au Sénégal, et qui fournissent la 
gomme arabique et la gomme du Sénégal. 
Suc d'acacia. 

Faux acacia, ou Acacia blanc, ou simple* 
ment. Acacia, Arbre d'agrément, espèce 
de robinier à rameaux épineux, et à fleurs 
blanches et odorantes disposées par bon* 
quets. L'acacia est originaire d'Amérique, Un 
bel acacia. Planter des acacias. On appelle 
de même improprement Acacias, Quelques 
autres espèces de robiniers cultivés, tels 
que le Robinier à fleurs roses et le Robi- 
nier visqueux. i 

ACADÉMiaÉN. s. m. Philosophe de la 
secte de l'Académie. Les académiciens et les 
péripatéticiens étaient opposés sur plusieurs 
points. 

Il signifie aussi. Celui qui fait partie 
d'une compagnie de gens de lettres, de 
savants ou d^rlistes, nommée Académie. 
Un académicien de Marseille, de Toulouse, 
Les académiciens de la Crusca, Les quarante 
académiciens de t Académie française. Il a 
quelquefois un féminin. Z'^ca<^/iiî« depein* 
tare a nommé quelques femmes académicien» 
nés. Il y a en Italie des académiciennes. 

ACADÉMIE, s. f. Jardin près d'Athènes, 
où s'assemblaient quelques philosophes qui 
prirent de là le nom d'Académiciens. Les 
philosophes de P Académie et ceux du Lycée 
étaient d accord sur ce point, 

n se dit aussi de La secte même de ces 
philosophes. L'Académie prétendait que, ete, 

AC4DBMIB, se dit, par extension, d'Une 
compagnie de personnes qui se réunissent 
pour s'occuper de belles-lettres, de sciences 
ou de beaux -arts. L'Académie de h Crusca, 



lA 



ACA 



Les aeaéémiesd'Htdk, L'académie française, 
L'Jcadémie des inscriptions et beileslettres, 
VAeadime des sciences. V Académie royale 
dé médecine. L'Académie de MÊarseiHe, de 
Besançon, de Càen, des Jeux Jhnsax, eic. 
Les membres d'une académie. 

Il se dît quelquefois absolument de L'A- 
cadémie (hmçaise. Un discours de réception 
à l'Académie. Le Dictionnaire de V Académie. 

Académie royale de musique. Le tbéACre 
de rOpéra à Paris, ainsi dénommé dans les 
lettres patentes de son établissement. 

AcADixiBy se dit aussi d'Un lieu où les 
jeunes gens apprennent Téquitation, et 
d'autres exercices du corps. lia mis son fils 
à l'académie. Il est en pension à l'académie 
dun tel. Au sortir de l'académie, il partit 
pour l'armée. Cette acception a vieilli. 

n se disait également Des écoliers mêmes 
qui fréquentaient une académie. Ce jour4à 
tel écuyer fit monter toute son académie à 
cheval. 

Paire son académie. Faire ses exercices à 
Tacadémie. Tenir académie, Avoir des éco- 
liers pour leur enseigner Féquitation €t 
divers autres exercices du corps. Ces locu* 
tiens ont vieilli. 

AcADBxim* se dit encore d'Un lieu où 
l'on donne à jouer au public. Tenir acadé' 
mie. Il a perdu son argeni dans une acadé- 
mie. Il faut faire piger ce coup à l'académie. 
Lee académies dejeuss sont souvent des coupe- 
gorge. Il j a un liwe intitulé l'Académie 
des Jeux, qui dowse ici rMes des jeux en 
usage. Ce sens tieillit; on oit plus ordinai- 
i;ement» Maison de jeu. 

Ao4Diun, se dît encore Bet dii9sioi»4e 
l'université de France, dont chacune est 
dirigée par un recteur. Il y a autemi <taea* 
démies que de eeum raytdes. Vmcaàimkde 
Paris, de Menkaux, de Poitiers, esc. Le née- 
ieur d'une acadénue. 

Il a égalemem, dans quelques pajra, le 
même sens qu'Université. 

AoAniMi», en termes de Peinture, se dit 
d'Une figure entière, oui est peinte ou des- 
sinée d'après un modèle nu, et qui n'est 
pas destinée à entrer dans la composition 
d'un tableau. 

ACADBMlQlfE. ad), desdeux genres. Qui 
appartient ou qui convient à des académi- 
ciens, à un Corps de gens de lettres. Confé- 
rences, questions académiques. Séances aca- 
démiques. 

11 s'emploie, particulièrement, en par- 
lant De 1 Académie française. Discours aca- 
démique. Le fauteuil académique. Vn talent 
académique. Ouvrage acoéUmique. Style aca- 
démique. 

Il se dit quelquefois Des personnes. Cest 
an sujet acadétmqut, Cest un homme qui, 
par ses talents, par ses ouvrases, mérite 
d'être élu membre de TAcadémie. 

ACADÉMIQUBMENT. adv. D'une ma- 
nière académique. // a traité son sujet aca- 
démiquement. 

ACAB^ilMSTS, s. m. Celui qui, dans «ne 
académie, apprend ses exercices, et surtout 
à monter à cheval. Un aeadémiste gui est 
bien à cheval 

Il se dit aussi de Celui qui tient une aca- 
déjnie» fui enseigne l'équitation et d'autres 
exercices. Cest un des premiers académistes 



ACC 

de Paris, pour ks armes, pour Véquitation. 
Il a -vieilli dans les deux sens. 

A€*6MAIU>BII. V. a. Accoutumer quel- 
qu'un à mener une vie obscure et fainéante. 
La mautmise compagnie tm amignmrdé. U est 
familier* 

Il s'emploie le plus souvent nvec le pro- 
nom personnel, ^aeagnarder dans sa terre. 
S'aeagnarder auprès tTane femme, auprès du 
feu, dans un fauteuil. 

AoAOHAUiK , BB. partioipe. 

AGAJOtJ. s. m. Arbre d Amérique, dont 
le bois est blanc, et qui porte une noix en 
forme de rein, contenant une amande 
émulsive et sarouveose. La noix d'acajou 
s'emploie dans la teinture en noir. 

Bois cTacajou, ou simplement. Acajou, 
Sorte de bois rougefttre et susceptible a'un 
beau poli, qu'on emploie dans Tébéniste- 
rie, la tabletterie, etc.-, et qui est flbtnmi 
par un arbre de l'Amériqve méridionale 
appelé en BolâBioue Mtmogen. MeMeeTa^ 
cajou. Secrétaire Jracajou. PoMe peinSe en 
couleur d^ acajou, en aoajeu. 

ACANTHB. s. f. Plante à fleur kbiée, 
dont l'espèce commune, vulgairement nom- 
mée Branche' ursine, est remarqvBbk par 
ses belles feuflics découpées , dont l'extré- 
mité se recourbe naturellement La JeuiUe 
d'acanthe a servi de modèle peur V ornement 
du chapiteau corinthien. 

Il se dit aussi de X/omement d'arèhitec- 
turc imité de la feuille d'acanthe. 

ACAMÂTlffi. adj. des deux genres. Qui 
est d'une humeur fâcheuse, aigre et criarde. 
// est acariâtre. Une femme acariâtre. Un 
enfant acariâtre. Bile est ttune humeuraea» 
rùttre. Cest un esprit acariâtre. 

▲CATALEPSIE. S. f. Il se disait de La 
doctrine de quelques philosophes anciens, 
qui n'admettaient aucune certitude dans les 
connaissances humaines. 

ACATALBPTIQUE. adj. desdeox genres. 
Il se dit Des partisans de la doctrine philo- 
sophique appelée Acatalepsie, et De cette 
doctrine même, de ses principes. 

ACACIIE. adj. T. de Botan. 11 se dit Des 
plantes dont la tige est tellement courte ou 
rabougrie, qu'elles semblent en être dé- 
pourvues. La mandragore, U cyclamen, sont 
des plantes acaules. 

ACC 

ACCABLAKT, AHTE. adj. Qui aroahie, 
ou qui peut accabler. Un poids aeeakiant. 

Il se dit plus ordinairement, au figuré, 
Des choses qui sont considérées comme un 
poids difficile à porter, sous lequel on sue- 
combe. Affaires accablantes. C est un mal- 
heur accablant pour un père que cT apprendre 
la mort de son fils. C*est une nouvelle acca- 
blante. Cette charge est accablante. Foiïà un 
reproche accablant. Une déposition, «ne 
preuve accablante. Un tànoignage accablant. 

Il signifie aussi, Importun, incommode. 
Un homme accablant. Une femme accablante. 
Des wsites accablantes. 

ACCABLEBIBirr* s. m. État d'une per- 
sonne accablée par la maladie ou par Vaf- 
fliction. Accablement de corps. Accablement 
d'esprit. Sa maladie Va mis aans un si grand 
accablement, qu'il a peine à se soutenir. De» 



AC<3 

pÊtislamartdeJonfils, ilestdansk 
accablement. 

H se dit aussi d'Une grande surcham 
d'alTaires. M est dans un accablement ^af- 
faires, de travail, qui lui laijse à peine le 
temj^ de respirer* 

ACCAJUiEE. v.a. Abattrefar lapesanteort 
faire «uooomber sous le poids. La maison, 
en tombant, accabla tous ceux qui s'y trou" 
valent. Ilfut accablé sous les ruines. Ils fu^ 
rent aceaUés de la chute, par la chute d'une 
murmUe, On dit à peu près dA| le méoie 
sens. Être accablé par le nombre, par la 
multitude des ennemis. Ne pouvoir résister 
au nombae, à la multitude dei ennemia. 

Il sianifie, par extension, Surcharger, en- 
céder les foioea. // portait un fanuau qui 
Faecablait, dont il était accablé. 

U se dit, figurément, De la, plupart des 
ehoees eonsidéiées comme un poids oui ao 
cable. Le travail, les qffaires laccabunt. Je 
suis accablé de fatigue. Ne vous laissée point 
accabler à la douleur, à la tristesse;, et plus 
ordinairement, nor la douleur, par la tris» 
tasse. Ilest accablé de dettes, de misère.Il est 
aeeabié de cette nouvelle. Û est accablé de 
visites. Le sommeil Vaoeable* Il m'accabk de 
questions. 

Accablerquelqu'un de reproches, d^injures. 
Lui faire de grands reproches, lui 4lire beau- 
coup d'injures. 

Accabler quelau'un de biens, de grâces, de 
bienfaits, de présents. Le combler de biens, 
de grâces, etc. Ilfut trahi mar im homme 
qu'il avait aectM de biens. On dit dans un 
sens analogue. Accabler quelqu'un de eeraa» 
ses, de louanges, Aepolitessu, etc. 

AocABiiBn, s'emploie quelquefois avec le 
pronom personnel. Il ne faut pas s'accMer 
de travail. 

AcQàBLé, en. participe. 

AGGAPABEimiT. s. m. Action d'acoa^ 
parer, ou Le résultat de cette action. Faire 
des aca^mremeuts. Un accaparement ek blé, 
de blés, de /urines* 

ACCAPAEBE. v. a. Acheter on arrher non 
quantité considérable d'une denrée, d'une 
marchandise, pour la randre plus chère en 
la rendant plus rose, et se £ure ninsi seul 
le maître de la vente et dn prix. Om faeeu- 
saitd^axwir accaparé tous les blés de lapro» 
vince. Accapmer des hmiks, des lainas, ete. 

Fig. et (àm. , Acsajpamr les voix, les ssif' 
frages. Se les aasnrer perdes eollicttationa, 
par la brigue, elo. 

Accapara, ix. participe. 

ACCiff AHEUB I BOOB. a. Cehii, celle qui 
accapare. Ceir un acoeqmeur, une mseapu- 
reuse. H fut dénoncé comme un n u apariÊtr 
de blés. 

AGcéBEE. V. n. Entrer dans ka engage- 
ments contractés déjà par d'autees. Les 
puissances du Nord ont accédé à ce truite^ à 
cette convention . •faecède aux stqsulatious que 
mes cohéritiers ont co nsenties . 

Accéder à eme peoposition, T adhérer, 
Faceepter. 

ACCI&LéBATBURy TBICB. «y. Qui ac- 
célère. Muscles emeél énu eu rs* Forée -aoeék' 
ratrice. 

ACisàvàtMnMI. a. f. Au gm ent at ion .de 
vitesse. L'accélération du mouvement dans ia 
chute des corps grares. L'uecé Ut ution sic la 
martme. 



^H stgttifie fi^iutéoienr, Prompte expédS- 
êaOf prompte exécttlioo. It faut empltfyer 
tel moyen pour CaccétêMtion de cHteaJfaire, 
éÊ ee/ugemeiit^ Vm€C^émihm dès travaux, 

ACcAl.nm. f* a. Hâter, ao^eiiter to 
filBsse y prMRF. La granité d'un earns qui 
Êomie en aoeéière h iniMMwmefii: Jlfcmérer la 
OÊoreke tFuite armée. Il faut amélérer ce tra- 
.9aâ* jiœélirer ht décision d^uno affaire^, 

AccéMiàmàf im, participe. Béiun'ement iw- 
eéléré. Pas aieéiéré, f^oitureê accélérées. Bou- 
tade tÊCCOrora 

ACCBHSCS. s. m. pi. T. d'Antfq. Ofl- 
cien publics à Rome, qui avertissaient le 
pesple de s'assembler, introdoisaient à l'ao- 
dienee da prôtemr, et marehaieiit devant le 
consul lorsqu'il n'avait point de faisceaux. 
Lafonetkm des accenms rendait à celle de 



ACCBHT. s; m. T. de Graok Élévation 
ou abaissement de la voix sur certaines syl- 
labes, modification de la voix dans la durée 
ou dans le ton des syllabes et des mots» 

Accent grammatical ou prosodique. Celui 
dont la grammaire, dont* la prosodie fixe 
ks règles. Lorsqu'il s'agit seulement de L'é- 
lévatioD de la voix sur une des syllabes du 
mot, on le nomme Accent tonique, 

jêccent oratoire ou pathétique, Celui qui 
convient à un orateur pour exprimer et e>- 
cileT les aflectious de l'âme. 

AccKBT, se dit absolument de L'accent 
tonique, et Des syllabes mêmes sur les- 
ouelles porte cet accent. En grec, en Ha* 
hen, etc,, la connaissance des accents, de 
ïaeeeni est extrêmement imporêante, Dépla" 
ser faecent. 

Aocxer, se dit quelquefois Du langage 
même. Les accents de la douleur, de la pi" 
Ué^ de la tendresse^ etc. Il a Faccent de la 
véritét de la coniiotian. Poétiq. : Les me* 
cents de sa voix. Tristes accents* Accents 
pLmntiJs, 

AccwT» se dît aussi Des infiaxions de 
voix partîeuiières à une nation, aux ha- 
bitants de certaines provinces, ou aux per- 
sonnes du peuple. Accent natkmaL Accent 
angtatSp itciien. Accent gascon. Accent nor* 
moMuL On connaît à son accent de quelle 
proivnee il est. L'accent des gens du peuple à 
Paris est un peu tndnanL 

U se dit, particulièrement et absolument, 
de La prononciation des personnes de pro- 
viace, par opposition à CeUe de» gens in- 
struits de la capitale. Pour Hen paner, il ne 
faut ptUnt avoir d'accent. Il a encore de V ac- 
cent. U a perdu, cotuervé son accent. 

Aocnirx, signifie ausM , Une petite maroue 
qui se met sur une syllabe, sur une voyelle, 
soit pour indiquer l'accent tonique, soit 
pour laire connaître la prononciation de 
la voyelle, soit enfin pour distingiier le sens 
d'un uu>t d'avec celui d'un autre mot qui 
iTécrit de oiêaie. Nous avons en français trois 
aocenla : faccent a^ (/), Vaccent grave (\), 
a Vaccemt àrcanfiexe (a). On met Vacaent 
aig^ sur un é, pour marquer que c'est «a é 
fermé, et qu'il dott être prononcé comme 
du» cas mots 9 SatUé, charité. On met Vac- 
cent grave sur un è, pour marquer que 
cTcst ua è ouvert, oomaM dans Procès, suc* 
eis: on le met aussi sur à, préposition, 
pour le distinguer de a, troisième personne 
da singulier du présent de l'indleatii du 



ACC 

v^e AiHKr: on le met également sur Ut, 
adverbe, pour le dislinguei* de la, article, et 
sur ott, adverbe, pour le distinguer de ou, 
conjonction. On met un accent circonflexe 
snr les voyelles longues oà il indique la 
suppressiond'une voyelle, comme dans Age, 
réle ( A^ge, r&tdh), ou celle d'une s, comme 
dans Tête, gke, côte, flâte ( Teste, giste, 
coste, fluste). 

A€€ElVTirATi0fV. s. f. Manière d'accen- 
tuer. Les règles de ^accentuation française. 
Les règles de raccentuation grecque, Rnten" 
dre èien raccentuation, Cette accentuation 
est Vicieuse, Faute cTàccentuation^ 

ACCElVTfTEIt. V. a. Marquer d'un accent. 
On accentue ce mot, ce mot s'accentue, doit 
être accentué de telle manière. Vous avez bien 
accentué, mal accentué ce mot grec. Il faut 
accentuer cet e. On f emploie quelquefois 
absolument. H ne sait pas accentuer. 

Il signifie aussi. Prononcer suivant les 
véritables règles de Tacoenf tonique, de 
la prosodie; ou Augmenter les infiexions 
et les tons convenus de la voix , pour don- 
ner plus de force à son langage. Cet acteur 
accentue parfaitement, Hfaut accentuer du" 
vantage ce mot, cette phrase, 

ÂjtcxMvfrk, in. participe. Vh é accentué, 

SyUaèe accentuée, La syllabe d'un mot 
sur laquelle porte l'accent tonique. 

Cette langue est fart accentuée. L'accent 
tonique y est très-senèible et très-varié. 

A€CBFTABLE. adj. des deux genres. Qui 
peut , qui doit être aceepté. Ces offres sont 
acceptables. Une pareille propos^en n'est pas 
acceptable, 

A€GEPTATI#Br. s. f. Action par laquelle 
on reçoit volontairement ce qui est proposé , 
offert, ou donné. Aeceptationd'une donation, 

£n termes de Banque, Acceptation d'une 
lettre de change, Promesse cfe la payer à 
son échéance. L'acceptation, une fois don^ 
nés, ne peut plus être révoquée. Voyez Ac- 



ÂCC 



i5 



ACGEVTBA. v. a. Agréer ce qui est offert 
Accepter une donation, une offre, une coU" 
diiion, un parti. Accepter un emploi, une 
charge, Taccepte ce que vous m'offrez. Les 
ennemis ont accepté la trêve. Accepter une 
tutelle. Le prince a accepté la dédicace de ce 
livre. Je ne veux rien accepter de cethommc' 
là. H Va accepté peur gendre. 

En termes de Banque , Accepter une ht" 
tre de change. Prendre l'engagement de la 
payer à l'échéance, en mettant son nom 
au. bas ou en travers du corps de l'écriture , 
avec le mot Aceepté, 

Accepter un défi. S'engager à faire quel- 
<]ue chose dont on a été défié; et, particu- 
lièrement, Promettre de se battre en duel 
avec celui par qui l'on a été défié. 

Accepter le combat. Témoigner par des 
paroles, par des gestes, par sa contenance 
et ses dispositions, que l^m est prêt à 
soutenir l'attaque d'un ennemi ou des en- 



fen accepté raugurc,Je souhaite que cela 
arrive comme on me le bit espérer. 

AoGBVTBm, s^emploie aussi absolument. H 
vistU dêtre nomme à cette place, on ne sait 
s'A acceptereu 

Accxni, BB. partlcnie. 

AGCEPTBUE. S. m. T. de Banque. Celui 
qui accepte. L'accepteur ttune lettre dechange 



devient personnellement d^iteur de ta somme, 

ACCEPTION, s. f. Égard, préférence. Il 
n'est guère usité que dans cette locution , 
Acception de personnes. Égard , préférence 
q(ù'on a pour certaines personnes plutôt que 
pour d'autres. // n'y a point acception dé 
personnes dettint Dieu, Rendre la Justice sans 
acception de personnes. La Justice ne fait 
acception de personne, 

AcGBrrion, en termes de Grammaire, 
Signification, sens dans lequel un mot «e 
prend. Ce mot a plusieurs acceptions, Cest 
l'acception ordinaire, commune de ce mot. Ce 
mot, dans son acception la plus naturelle, dans 
son acception la plus étendue, dans son ac* 
ception rigoureuse, signifie, etc. Ce mot est 
mis, est employé ici dans une acception dé^ 
tournée. Acception propre. Acception figurée. 

A€€ès. s. m. Abord. Il n'est guère uslté^ 
que dans les phrases où le lieu dont on 
parlé est considéré comme étant de facile 
ou de dtfiictle abord. Place de facile accès, 
de dijficilt accès, La place n'est pas fortifiée, 
mais t accès en est eUfficile, L accès en est 
aisé: Lesfartijkations qui en défendent Fac^ 
ces. Cette côte, cette He est dé dijficile accès. 

Avoir accès, avoir un libre accès auprès de 
quelqu'un. Avoir la facilité de lui paner, de 
l'entretenir. On dit, dans un sens analogue. 
Cet homme est de facile accès, de difficile 
accès, 

Accis, se dit en parlant De ce qui se 
pratique an conclave, lorsque dans le scru- 
tin aucun cardinal n'ayant en le nombre 
de voix requises pour être élu pape, on 
fait un ballottage entre ceux qui ont été 
proposés au scrutin. Les ôillets du scrutin, 
et les billets de C accès. Après le scrutin , on 
alla à taccès. Ttl cardinal a eu tant de voix 
à taccès. Il fat fait pape à V accès, 

AooÉs, se dit, en Médecine, de Certain» 
phénomènes morbides qui se montrent à 
des intervalles ordinairement réguliers, 
et spécialement de Ceux qui caractérisent 
les nèvres intermittentes. Les accès présen^ 
tent toujours; au milieu de symptômes varia" 
bks, un frisson suitH de chaleur et de sueur. 
Avoir un accès de fièvre, un accès violent. Il 
en a été qïtitte pour un petit accès. Le pre» 
mier accès. Le second accès. Son accès n'a 
duré que deux heures. Un accès avec des r^ 
doublements. L'accès est sur sa fit. L'accès^ 
avance, retarde, diminue. 

Il se dit aussi , mais moins exactement. 
Des attaques de certaines maladies oui ont 
ordinairement des retours et des redouble-^ 
ments, comme U rage, la folie, la goutte, 
le mal caduc. Il est sujet à des accès de folie 
en de certains temps, Jn a un accès de goutte. 

Accfts, se dit figurément, au sens moral: 
il signifie alors, Mouvement intérieur et 
passager en conséquence duquel on agit. // 
a des accès de dévotion, des accès de libéra^ 
liée. Avoir des accès de colère, de rage, /T' 
fimt prendre garde à ses accès. Il est avare 
ou généreux par accès, 

ACCESSIBLE, adj. des deux genres. Qui 
peut être abordé, dont on peut approcher. 
Il se dit Des lieux et des personnes. Un Heu 
qui n'est pas accessible. Cette plttce, ce poste 
n'est pas accessible, Cest un homme qui est 
accessible à toute heure, H est accessible à tout 
le monde, 

ACCBSSIOir. s. f. Coasentement par le* - 



t6 



ACC 



quel une puissance entre dans un enga- 
gement déjà contracté par d'autres, jicte 
a accession. Les puissances du Nord ont pro' 
mis leur accession à ce traité. 

Il se dit en général de L'action par la- 
quelle on adhère à une chose , à un acte , à 
un contrat quelconque. Il y a eu accession 
du père au contrat de mariage du fils. Ce sens 
est peu usité. 

AcGBssioiTy est aussi terme de Jurispru- 
dence, et se dit en parlant Du droit que le 
propriétaire d*uiie chose , mobilière ou im- 
mobilière, a sur ce qu'elle produit ou sur ce 
3ui s*y unit et s'y incorpore comme dépen- 
ance, comme accessoire, soit naturelle- 
ment, soit ai'tificiellement. On le dit quel- 
quefois Des choses mêmes sur lesquelles 
ce droit est exercé. Les fruits de là terre, 
les fruits civils , le croit des anipiaux, appar- 
tiennent au propriétaire par droit ^accession. 
Les atterrissements insensibles, les arbres 
quon plante sur un terrain, les constructions 
qu'on y fait, sont des accessions, appartieU' 
nent au propriétaire par droit d'accession. 

ACCESSIT, s. m. ( Le T se prononce au 
singulier et au pluriel.^ Mot emprunté du 
latin. Il se dit d'Une aistinction accordée 
dans les écoles, dans les collèges, et dans 
les académies, à celui ou à ceux qui ont le 
plus approché du prix. Obtenir l'accessit, un 
accessit. Il a eu un prix et deux accessit. Il 
a eu le second accessit de version grecque. H 
obtint un accessit à l'jicadémie Jrançaise. 
Quelques-uns écrivent au pluriel, Des ac' 
çessits. 

ACCESSOIRE, adj. des deux genres.' Qui 
n'est regardé que comme la suite, l'accom- 
pagnement on la dépendance de quelque 
chose de principal. Cela n'est qu'accessoire. 
Une idée accessoire» Une clause accessoire. 
Les parties accessoires d'une composition. 

Il s'emploie substantivement, au mascu- 
lin, et signiOe, Ce qui suit ou accompagne 
le principal. Le principal et l'accessoire. L'aC' 
cessoire suit le principal. 

Il se dit, dans les Arts, Des parties qui 
ne sont pas essentielles à la composition. 
Les accessoires, dans ce tableau, sont parfai- 
tement traités. Neiger les accessoires. Cet 
accessoire nuit à l'effet du tableau. Les cos* 
tûmes, les décorations sont des accessoires 
dans un ouvrage dramatique. 

Il se dit particulièrement, au Théâtre , de 
Certains objets qui peuvent être nécessaires 
à la représentation , tels que lettre, bourse 
d'argent, écritoîre, etc. Le garçon de théâtre 
a ouhlié d'apporter les accessoires. 

En Anat. , Les accessoires. Certains nerfs 
ou muscles dont l'action fortifie ou corrige 
celle d'autres nerfs ou muscles qu'ils accom- 
pagnent. 

ACCESSOIREMENT. 9.dv. D'une manière 
accessoire, par suite. // ajouta accessoirement 
bien d'autres choses. J'insisterai sur cette 
preuve, je ne donnerai les autres qu'acceS" 
soirement, 

ACCIDENT, s. m. Cas fortuit, ce qui ar- 
rive par hasard. Il se prend toujours en mal. 
Quand il n'est accompagné cl'aucune épi- 



ddent impréi'u, jéccident étrange. Jccident 
funeste. Accident fâcheux, La vie humaine 
est surette à tant Jr accidents. Il est arrivé un 
gtxtnd accident. On répond <U saguérison, s'il 



ACC 

ne survient point d'accident. Accident favo- 
rable. Heureux accident. 

AcciDBirT , en termes de Philosophie , si- 
gnifie, Ce qui est dans un sujet, mais qui 
pourrait n'y p^ être sans que le sujet lut 
détruit, comme la blancheur ou la noirceur 
dans une muraille, la rondeur ou quelque 
autre figure dans une table. La substance 
soutient les accidents. 

En termes de Théologie, et en parlant 
Du saint sacrement de l'eucharistie, il se 
dit de La figure, de la couleur, de la sa- 
veur, etc., qui restent après la consécra- 
tion. Tous les accidents qui étaient dans les 
espèces avant la consécration, subsistent en- 
core après. 

Accidents de terrain. Certains mouve- 
ments du sol , élévations ou abaissements 
de terrain dont on peut tirer parti, soit 
pour l'utilité, soit pour l'agrément 

En termes de Peinture , Accidents de lu' 
mière. Effets de lumière partiels que pro- 
duit le soleil, dans un paysage, lorsque des 
nuages s'interposent entre cet astre et la 
terre. Cette locution s'emploie également 
en parlant Desintérieurs^ lorsque, par une 
combinaison ingénieuse des ombres et des 
lumières, celles-ci se reproduisent dans cer- 
tains endroits d'une manière inattendue, 
mais vraie, et indépendamment de la lu- 
mière générale. // y a, dans ce tableau des 
accidents de lumière fort piqtiants, 

Pa& ÀCciDBiiT. loc. adv. Par cas fortuit, 
par hasard. C'est par accident que cela est 
arri%*é. Cela ne s'est fait que par accident, 

ACCIDENTÉ, lÊE. adj. Il se dit D'un 
terrain inégal, raboteux, d'aspects variés; 
et on l'emploie suitout en termes de Stra- 
tégie. 

ACaDENTEL, ELLE. adj. Qui arrive 
par accident, par hasard. Cette circonstance 
est purement accidentelle. 

En termes de Musiq. , Lignes acciden» 
telles. Lignes ou traits qu'on ajoute au- 
dessus ou au-dessous de la portée, pour y 
placer les notes qui excèdent son étendue. 

AcciDBHTEL, cst aussi terme de Philoso- 
phie, et signiQe, Qui n'est dans un sujet 
que par accident, et qui pourrait n'y être 
pas. sans que le sujet fût détruit Telle ou 
telle couleur est accidentelle au papier, 

ACCIDENTELLEMENT, adv. Par acci- 
dent, par hasard. Il n'est qu'accidentellement 
impliqué dans cette affaire. Je ne suis ici 
qu 'accidentellement, 

II se dit en Philosophie par opposition 
à Essentiellement. La blancheur, la rondeur, 
etc, , ne sont qu'accidentellement dans les su- 
jets ou elles se trouvent, 

ACCISE, s. f. Nom d'une taxe qui se lève 
sur les boissons, et autres objets de consom- 
mation, en Angleterre et dans d*aatres 
pays. 

ACCLAMATION, s. f. Il se dit Des cris 
par lesquels un nombre plus ou moins grand 
de personnes marquent la joie qu'elles ont 
de quelque chose, ou la haute estime 
u'elles ont pour quelqu'un, ji son arrii'ée, 

se fit une acclamation générale. Le sénat 



3 



thète qui en détermine le sens en bien. Ac- faisait des acclamations aux fu>uveaux em- 

^U^m.* :.^^..J.... > :j « jm^ ^^-« »-_. ^ r^'. J-- t ..I » /^ ^^ 



pereurs. On fait des acclamations à la fin 
des conciles. Il fut reçu avec de grandes aC' 
clatnations. De longues acclamations. Il fut 
salué par les acclamations de la multitude. 



ACC 

Tout retentissait de leurs acdamâtioms. Les 
acclamations des péages. Les applaudisse» 
ments et les acclamations, 

Pae AGGI.AMATIOV. loG. adv. Manière dont 
une assemblée donne son suffrage , Ion- 
qu'une personne est élue, une loi votée » 
une proposition adoptée, etc., tout d'une 
voix et sans qu'il soit besoin d'aller au 
scrutin. Il fut élu, nommé par acclamation. 
La loi passa, fut votée par acclamation, La 
proposition fut adoptée par acclamation, 

ACCLIMATER, v. a. Accoutumera là tem- 
pérature et à l'influence d'un nouveau cli- 
mat. Ce n'est qu'à force de soins qu'on aecli" 
mate dans le nord de l'Europe les races de 
brebis espagnoles. Il faut du temps pour aC'- 
climater une plante étrangère. 

Il s'emploie aussi avec le pronom person- 
nel, et signifie, Se faire à un nouveau cU- 
mat Les habitants de l'Europe s'acclimatent 
difficilement dans les Antilles. Cette plante a 
peine à s'acclimater dans nos provinces, 

AccLUiATB, Isa, participe. 

ACCOINTANCE. s. f. Habitude, familia- 
rité, communication. Il se dit surtout 
d'Une liaison entre deux personnes de sexe 
différent, s'e ne veux point d'accointante avec 
lui. Il a eu accointance ai*ec cette femme. Elle 
a eu des accointances avec lui. Il est fami- 
lier. 

ACCOINTER (S*), v. pron. Se lier intime* 
ment, se familiariser avec quelqu'un. Il s'est 
accointé d'un homme de fort maui*aise com" 
pagnie. U est familier. 

AccoiVTB, is. participe. 

ACCOLADE, s. f. Embrassement. Degran^ 
des accolades. Donner l'accolade à un officie 
après t avoir fait reconnaître. Accolade fra- 
ternelle. 

Il se dit aussi d'Une des principales céré- 
monies anciennement observées dans la ré- 
ception d'un chevalier, et qui consistait or- 
dinairement à donner trois coups du plat de 
l'épée sur l'épaule ou sur le cou de celui 
qu on armait chevalier, après quoi on l'em- 
brassait. Donner, recevoir Caccolade, 

AccoLADB , se cUt en outre d'Une sorte de 
trait en fonne de crochet brisé à son milieu 
(' '^ » ■- ) , qui sert , dans l'écriture et dans 
l'impression , à embrasser plusleun objets, 
soit pour en former un tout, soit pour 
montrer ce qu'ils ont de commun ou d'a- 
nalogue entre eux. L'accolade s'emploie 
souvent dans les comptes, dans la formation 
des tableaux, etc., et se place, suivant le 
besoin, horizontalement ou perpendiculaire* 
ment. Réunir plusieurs articles ^ plusieurs co» 
lonnes par une accolade. On toint par une 
accolade les portées de toutes les différentes 
parties d^une pièce de musique. 

En termes de Cuisine, Accolade de lape- 
reaux. Deux lapereaux servis ensemble. On 
nous sennt une accolade de lapereaux, 

ACCOLER, v. a. Jeter les bras au cou d 
quelqu'un en signe d'affection. // me vint 
accoler. On l'emploie aussi c^mme verbe 
réciproque. Ils s'accolèrent avec grande ami* 
tié. il est familier et peu usité. 

Accoler la cuisse, accoler la botte à quel- 
qu'un. Lui embrasser la cuisse, la botte; 
ce qui était une mai*que de grande sou- 
mission et d'infériorité. 

Accoler la vigne , La relever et la lier a 
l'échalas. 



A ce 

Fîg. 9 Accder deux ou plusieurs articles 
Jans un compte. Les réunir par une acco- 
lade; ou bien Comprendre sous une seule 
narque, aous une seule somme deux ou 
plusieurs articles de compte. 

Fi$* et fam., jiccoler deux personnes, 
deux noms dans un même discours. Les y 

Eésentcr, les y faire figurer à coté Tun de 
utre. Je ne suis point content de me voir 
aeeoU dans votre récit mvc un tel, 

Accou» is. participe. 

Il est aussi adjectif, et se dit, en termes 
de Blason , De deux choses attenantes et 
jointes ensemble. Les écus de France et de 
Nui'urre étaient ordinairement accolés, 

ACCOMHODABLE. adj. des deux genres. 
Qui se peut accommoder. Il ne se dit guère 
qu'en matière de difl*érend et de querelle. 
Cette affaire^ cette guerelle est accommoda* 
lie, n'est pas accommodable, n'est accommo» 
daile çue par ce moyen^là. 

ACCOMBIODA6E. s. m. L'apprêt que les 
cuisiniers ou les rôtisseurs donnent aux 
viandes. Payer raccommodage des viandes. 
Il faut tant pour Vaccommodage, 

Il se dit aussi Du travail de ceux qui ar- 
rangent les cheveux. // </oii/itf tant pour Vac^ 
commodage de sa perruque. Ce perruquier 
prend tant pour Vaccommodage d'un mois. Ce 
aens vieillit. 

ACGOHBIODANT , ANTE. adj. Qui est 
complaisant, d'un commerce aisé, avec qui 
Ton peut traiter aisément. Cest un homme 
accommodant, d'un esprit fort accommodant. 
Une humeur, une personne accommodante. 
Ce marchand est Jort accommodant, 

ACCOMMODEMENT, s. m. L'accord que 
l'on fait d'un différend, d'une querelle en- 
tre des personnes, jéccommodement à /'a- 
miMe, Un mauvais accommodement vaut 
mieux qu'un bon procès. Faire un accom- 
modement. S'entremettre d'accommodement, 
d'un accommodement. On lui propose un aO' 
commodément. Nous sommes en voie, en ter- 
mes d accommodement. Voilà un bon moyen 
Raccommodement. Travaillez à cet accommo' 
dément. Je les ai disposés, je les ai portés à 
cet accommodement. On traite un accommode» 
meni, d'un accommodement. Entendre à un 
accommodement. Il ne veut point d'accom- 
modement. Il ne veut entendre à aucun ac» 
ûommodement. H refuse tout accommodement. 
Il n'est pas éloigné d'un accommodement, 
d'entrer en accommodement. Rompre un ac- 
commodement. 

lise dit aussi Des moyens, des expédients 
qu'on trouve pour concilier les esprits, ter- 
miner les affaires. H y aurait pour^cette afi 
faire un accommodement, s'ils étaient rai» 
sonnables, Ty ai trouvé un accommodement. 
Il est ai*ee lui desaccommodements. 

Cest un homme d accommodement, defa^ 
eile accommodement, Il est aisé de s'enten- 
en, de s'accorder avec lui. 

^ AcGomtoDMKxirT , se dit quelquefois Des 
ajnstemenU, arnneements, embellisse- 
ments que l'on fait dans une -maison pour 
la rendre plus agréable. Il faudra bien des 
accommodements dans cette maison. Je ne 
louerai point votre maison que vous n'y ayez 
/ait tel et tel accommodement. Ce sens a vieilli. 

ACCOMMODEE, v. a. Donner, procurer 
de la commoàiXé, H lui faudrait cela pour rac- 
commoder. Cela ne m'accommode pas. Cette 
Tome I, 



ACC 

pièce de terre raccommoderait bien, accom-\ 
modérait fort son parc. Cette place l'accom» 
modérait parfaitement. 

Il signifie aussi, Ranger, agencer, ajuster, 
mettre dans un état convenable. // a bien 
accommodé sa maison, son jardin, ce canal, 
cette allée, cette fontaine, etc. Vous avf€ bien 
accommodévotre cabinet, Accommoder le feu, 

jiccommoder ses affaires. Mettre ses af- 
faires en meilleur état. 

AccoMMODSB, signifie encore, Apprêter 
à manger. Que voulez-vous qu'on vous ac- 
commode pour votre dîner? Comment accom- 
modera-t-on cette viande? à quelle sauce 
Vaccommodera-t-on?' Ce cuisinier accommode 
fort bien le poisson. 

Il signifie aussi , Coiffer, arranger des che- 
veux. Accommoder des chei'eux, une perru- 
que. Accommoder quelqu'un. 

Cet aubergiste , ce traiteur accommode bien 
ses hôtes, on est bien accommodé chez lui. 
On y est bien logé, bien traité, bien servi. 
Cette manière de parler a vieilli. 

Ironiq. et fam. , // l'a bien accommodé; je 
raccommoderai comme il faut, Il l'a mal- 
traité; je le traitei'ai durement comme il le 
mérite. On dit dans le même sens. Accom- 
moder quelqu'un de toutes pièces, l'accom- 
moder d'importance. 

Fam., il est étrangement accommodé, se 
dit D'un homme qui est en mauvais état et 
en désordre. On dit de même : Vous voilà 
accommodé dune étrange manière. Il est tout 
couvert de boue, le voilà bien accommodé. Qui 
l'a accommodé de la sorte? 

AccoMMODSB, se dit encore en parlant 
Des affaires qu'on termine à TamiaDle, et 
Des personnes que l'on met d'accord. // 
faut accommoder cette affaire, ce différend, 
cette querelle. Ils étaient près de se battre, on 
les a accommodés. Dans cette acception , il 
est quelquefois employé comme verbe réci- 
proque. S'ils ne s'accommodent jxu, ils se 
ruineront en procès. 

Il se dit aussi en parlant De certaines 
choses dont on convient, dont on traite en- 
semble dans le commerce de la vie. Fous 
avez un beau che%'al, voulez-vous m'en accom- 
moder? Je vous accommoderai de ma maison, 
si vous voulez l'acheter. On l'emploie éga- 
lement, dans ce sens, comme verbe récipro- 
que. Fous avez un bois près de mon domaine, 
j ai un pré qui tient au vôtre, nous nous ac- 
commoderons si vous voulez. 

Accommoder son goàt, son humeur, ses 
discours à, etc, , Conformer son goût, son 
humeur, ses discours à , etc. Les courtisans 
savent accommoder leur goàt, leur humeur, 
leurs discours à ce qui fiait au prince. 

AccoKMODXR , avec le pronom personnel , 
signifie quelquefois. Prendre ses commodi- 
tâ, ses aises. // entend bien à s'accommo- 
der. Fo^-ez comme il s'accommode. 

Il signifie aussi, familièrement, Accom- 
moder ses affaires. // devient riche , il s'est 
accommodé. Je l'ai r« pauvre, mais il s'est 
bien accommodé. Ce sens vieillit. 

Prov. et par raillerie, S'accommoder, s'ac- 
commoder comme il faut. Prendre trop de 
vin, en prendre jusau'à l'excès. Quand il 
trouve de bon vin, il s accommode comme il 
faut. Il fut l'autre four en débauche, et 
s'accommoda dimportance. • 

Accommodée, avec le pronom person- 



ACC 



»7 



nel , signifie encore, Se conformer, ae prêter 
à quelque chose. Il faut s'accommoder à 
l'usage. S'accommoder au temps. Il n'est jms 
difficile, il est complaisant, il s'accommode à 
tout. 

S'accommoder de tout. Être d'un facile 
accommodement, d'un commerce aisé dans 
toutes les choses de la vie. Il n'est point dif- 
ficile, point délicat, il s'accommode de tout. 
On dit dans le sens contraire^ // ne s'accom- 
mode de rien. 

S'accommoder d'une chose. S'en arranger, 
consentir à l'acheter, à la recevoir en échan- 
ge. Donnez-moi pour l'argent que vous me 
devez, ce c/td'al, ce fusil, je m'en accommo* 
derai. 

S'accommoder dune chose, signifie quel- 

auefois, dans le langage familier, Se servir 
'une chose, sans y avoir droit, comme si 
l'on en était le propriétaire. // s'accommode 
de tout ce qu'il trouve sous sa main. On dit 
aussi, Je m'accommoderais bien de cela, en 
parlant D'une chose que l'on trouve à son 
goût, à sa convenance. 

AccoMMooi, SE. participe. 

Fam. , Être peu accommodé des biens de la 
fortune, N'éti^ pas riche, n'être pas à son 
aise. 

Être mal accommodé, Être mal coiffé, 
mal frisé. Cette phrase vieillit. 

ACCOMPAGNATEUR, TRICE. s. T. de 
Musiq. Celui, celle qui accompagne, avec la 
voix ou avec quelque instrument, la partie 
principale d'un morceau de musique, exé- 
cutée par une voix ou par un instrument. 
Cest un bon , un savant accompagnateur. 

ACCOMPAGNEMENT. S. m. Action d'ac- 
compagner dans certaines cérémonies. On 
porta ce souverain au tombeau de ses ancê- 
tres, et [Aitsieurs princes furent désignés pour 
l'accompagnement du corps. Le maréchal de 
France qui était nommé jxmr l'accompagne* 
ment de Cambassadeur, etc. 

AccoMPA6EEMEirT,en termes de Musicjue, 
se dit Des mélodies ou parties secondaires 
qui servent à accompagner la mélodie prin- 
cipale ou sujet d'un morceau de musique, 
exécuté par une voix ou par un instrument. 
L'accompagnement soutient la voix. Accom* 
pagnement de flâte, de violon. Sonate pour 
le piano avec accompagnement de basse, de 
violon etdalto. AccomjHtgnement obligé. Cet 
accompagnement est bien écrit, est brillant, 
trop chargé, sans effet, insignifiant. Cet ac» 
compagnetnent est trop bruyant, il ne laisse 
pas entendre le chant. Ces accompagnements 
sont faits avec esprit, avec art, sont dune 
riche facture, sont d'une grande pauvreté. 

Accompagnement de quatuor, c'est-à-dire^ 
Des seuls instruments à cordes, violons, 
altos, basses et contre-basses. Accompagne* 
ment d'harmonie, c'est-à-dire, Des seuls 
instruments à vent. Accomjfagnement à 
grand orchestre, c'est-à-dire. Auquel con- 
courent tous les instruments. 

AccoMPAGVEMBST, se dit aussi de Ce 
qu'on regarde comme un accessoire néces- 
saire de certaines choses, soit pour la com- 
modité, soit pour l'ornement. Cette chambre 
à coucher est belle; mais elle manque des oc* 
compagnements nécessaires. La figure princi* 
pale de ce tableau aurait besoin de quelques 
accompagnements. 

Il se dit particulièrement, en termes de 



!«• 



ACG 



Blason , de Toat ce qaî est hors de Vécu , 
comme les supports, le cimiir, les lambre- 
quins, etc. Porter des armoiries sans aucun 
accompagnement. 

ACCOAIPAGXEB. v. a. Aller de compa- 
gnie avec quelqu'un. Je vous accompagnerai 
jusquc'là. Il m accompagna dans ce voyage. 

Fig. , Le bonheur, la fortune i accompagne, 
Il est heureux. On dit de même, Le malheur 
l'accompagne, 

AcGOMPAGHBR, Signifie aussî , Suîvre pat 
honneur. La plus grande partie de la no- 
blesse accompagnait U goui'erneur de la pro- 
iince. Ce prince est toujours accompagné 
d'une suite nombreuse. Tous ceux gui se 
trouvèrent là accompagnèrent le saint sacre- 
ment. 

Il signifie encore, Conduire en cérémo- 
nie. Cest lut qui a la charge d'accompagner 
l'ambassadeur à l'audience. 

Il signifie de même , Reconduire par hon- 
neur une personne dont on a reçu visite. 
Quand il s en alla, on l'accompagna Jusqu'à 
sa voiture. 

Il signifie également. Escorter. /eiioifi</aii« 
nerai des gens pour vous accompagner» Il se 
fait toujours lien accompagiKr, il ne sort 
que bien accompagné, parce qu'il a des en- 
nemis, 

AccoMPAOVBB, signifie aussi » Assortir, 
convenir à; et alors il ne s'emploie guère 
qu'avec l'adverbe Bien, Cette garniture ac- 
compagne bien la robe. Cette tapisserie accom* 
pagne bien vos meubles. Ces potnllons accom- 
pagnent bien le corps de logis. Sa coiffure 
accompagne bien son visage, La flûte accom* 
pagne bien la voix, * 

Accompagner une chose d'une autre, Join- 
dre, ajouter une chose à une autre. // ac» 
compagna son présent d'une lettre fort polie. 
Il accompagna ses remontrances de menaces. 
Tout ce qu'il disait, il l'accompagnait d'un 
geste, d'une action qui marquait bien, etc. 
Tout ce qu'il fait, tout ce qu'a dit, il l'accom- 
pagne de tant de grâce, etc, 

AccoMPAGHBB, cu tcrmcs de Musique, 
signifie. Jouer sur un ou plusieurs inslru- 
ments, ou chanter, les parties accessoires 
d'une pièce de musique, pendant qu'une 
ou plusieurs voix chantent, ou qu'un ou plu- 
sieurs instruments jouent la partie principale 
ou sujet. Si vous voulez chanter, je vous ac- 
compagnerai ai'ec le violon, avec le piano, sur 
lepumo. Il chante bien, et s'accompagne lui- 
même avec la guitare. £n ce sens, il s'em- 
ploie absolument* Accompagner avec le pia- 
no, avec la harpe, etc. Il accompagne lien. 
Il accompagne mal. Il accompagne à livre 
ouvert. U s emploie également avec le pro- 
nom personnel , en parlant De celui ou de 
celle qui chante. S'accompagner avec le vio- 
lon, avec la guitare, etc, 

Acooif PAavBB , a%*ec le pronom person- 
nel, signifie aussi, Mener quelques gens «vec 
soi pour quelque dessein ; et il se prend le 
plus souvent en mauvaise part. // s'accom- 
pagne toujours de méchants garnements. Il 
s'accompagna de gens de main pour fiiirtce 
coup. Ce sens vieillit. 

AocoarpAGvi, ix. participe. 

ACCOMPLIR. V. a. Achever entièrement. 
Accomplir le temps de son apprentissage, de 
son noviciat, de son bannissement, 

U signifie aussi; Effectuer, mettre à exé- 



ACC 

cation, réaliser complètement. Accomplir 
sa promesse. Accomplir son vau. Accomplir 
un dessein. Accomplir un traité. Accomplir 
un mariage qui ai»ait été résolu. J'espère que 
Dieu accomplira vos désirs, Jésus-Christ a 
accompli les prophéties. 

Accomplirai loi, Faire ce que la loi exige. 
Accomplir ses obligations. Satisfaire à ses 
engagements , remplir ses devoirs. 

Accomplir, est aussi pronominal, et si- 
gnifie. S'effectuer, s'exécuter, se réaliser 
complètement. Le traité qu'ils avaient fatt n'a 
pu s accomplir. Si ce mariage s'accomplit. Si 
vos désirs s'accomplissent. Que vos vcaix 
et les nôtres s'accomplissent! Cela arrliv de 
la sorte, afin que l'Écriture s'accomplit. Tou- 
tes les prophéties s'accomplirent. 

AcGOMPU, IB. participe. Son temps est 
accompli. Il a trente ans accomplis. 

Il est aussi adjectif, et signifie, Qui est 
parfait en son genre. C'est un homme ac- 
compli, accompli en tout point. Un courti- 
san accompli. Une beauté accomplie. Un ou- 
vrage accompli, 

ACCOMPLISSEMENT. S. m. Achèvement, 
exécution entière, réalisation complète. 
L'accomplissement d'un dessein, d'un ouvrage. 
L'accomplissement d'une promesse, d'un vœu, 
d'un serment. L'accomplissement d'un traité. 
L'accomplissement de nos veaux, de nos dé- 
sirs, de nos espérances. L'accomplissement des 
prophéties, 

ACCON. s. m. T. de Marine. Bateau à 
fond plat qui cale fort peu d'eau , et qui 
sert principalement, dans les Antilles, au 
chargement des navires de commerce. 

ACCOQUINANT, ACCOQUINEE. Foyez 

AcOQVrHABT, ACOQUINBR. 

ACCOBD. s. m Convention, accommo- 
dement que Ton fait pour terminer un dif- 
férend. Fcare un accord. Passer un accord. 
Je me tiens à l'accord qui a été fait. 

Il se dit au pluriel pour signifier, Les 
conventions préuminaires d'un mariage. On 
a terminé, signé les accords. Ce sens vieillit. 

Accord, signifie aussi, Consentement 
mutuel, union d'esprit, conformité de vo- 
lontés, de sentiments , etc. Ils ont toujours 
vécu dans une grande liaison, dans un accord 
parfait. L'accord qui régnait entre eux. 

Il s'emploie, en ce sens, avec la préposition 
De. Mettre des gens d^ accord. Ils sont d'ac- 
cord. Ils en sont convenus d'un commun ac* 
cord. Ils en sont tombés d'accord. J'en demeure 
d'accord. 

Par ellipse, on dit abeolument. D'accord, 
J'y consens, j'en conviens. 

Fam., Être de tous bons accords. Être 
d'une humeur aisée, et consentir à tout ce 
que les autres veulent Cette manière de 
parier a vieiUi. 

Accord, signifie aussi , Convenance, pro- 
portion , juste rapport de plusieui's choses 
ensemble. Il y a un merveiikux accord entre 
toutes les parties de l'univers, entre les par- 
ties du corps humain. Il faut de raccord en- 
tre les gestes et les paroles. L'accord des voix 
et des instruments. Il n'y a point d'accord 
entre vos actions et les principes que vous 
professez. 

Il se «lit , parUeulièrement , de L'ensemble 
avec, lequel deux ou plusieurs personnes 
exécutent certains mouvements. Ara beau- 
coup d'accord, U n'y a point d'accord dans 



a 



ACG 

leurs motivements. Fous ne ramez point dtac* 
cord. 

Il exprime, en Peinture, Le b<Hi effet 
ui résulte de l'harmonie des couleurs et 
e celle des lumières et des ombres. Il r a 
un bel accord dans ce tableau. Ce tableau 
manque d'accord. 

Accord, en Musique, signifie. L'union 
de plusieurs sons entendus à U fois, et for* 
mant harmonie. Bel accord. Accord parfait. 
Accords consonnants. Accords dissonants. 
Il y a de beaux accords dans cette pièce de 
musique. Frapper un accord. Les accords du- 
sonants font un bon effet, quand ils sont 
bien préparés et bien sauvés. 

Poétiq., />if accords de la lyre, Les vers^ 
la poésie , et principalement La poésie lyri- 
que. On dit de même. De doux accords, de 
sublimes accords, etc. 

Accord, se dit aussi de L'état d'un in- 
strument de musique dont les cordes sont 
montées juste au ton où elles doivent être. 
Ce violon est d'accord, n'est pas d'accord. 
Mettez votre violon d'accord. Cette harpe ne 
tient pas l'accord, Les cordes de cette harpe 
ne demeurent pas au ton où on les a mises. 

Accord , en termes de Grammaire, se dit 
Du rapport des mots entre eux, exprimé 
par le gem^e et le nombre, et aussi par le 
cas dans certaines langues. L'accord ek l'ad- 
jectif avec le substantif. L'accord du verbe 
aivec son sujet ou nominatif, La syntaxe d'ac* 
cord, 

ACCORDABLB. adj. des deux genres. 
Qui peut s'accorder, qu'on peut accorder. 
Il se prend dans les différentes acceptions 
du verbe Accorder, Cette grâce est accorda- 
ble. Ce vieux piano n'est plus accordable. Ces 
plaideurs ne sont pas accordables. 

ACCOEBAILLES. S. f. pi. Réunion qui 
se fait pour signer les artides ou le contrat 
d'un mariage. // se trompa peu de parents 
aux accordailles. Il est populaire. 

ACCORDANT 9 AMTE. adj. T. de Musiq. 
Qui s'accorde bien. Ut ^^ sol sont des tons 
accordants entre eux. Ut et si ne sont pas 
des tons accordants entre eux; ils sont discor- 
dants, 

ACCO&DÉ. s. m., ACCORDÉE, s. f. Celui 
et celle qui sont réciproquement engagés 
pour le mariage par oes articles signés de 
part et d'autre. Où est l'accordée Foici l'ac» 
cordée. Les accordés seront mariés dans peu 
de Jours, 

ACCORDER. V. a. Mettre d'accord, re- 
mettre en bonne intelligence. Accorder les 
esprits. Accorder les cœurs. Ces deux hommes' 
étaient en procès, en quereUe, on vient de 
les accorder, 

AoGORDXR, en parlant De doctrine, d'o« 
pi nions, de lots, etc., signifie, Concilier, 
ôter l'apparenee de contrariété, de contra- 
diction. Accorder Us Écritures, il n'est pas 
facile d^ accorder ces deux textes, ces deuj^ 
passages. Comment accorder toutes ces lois^ 

Agcordrr, en Grammaire, signifie, Met* 
tre entre les mois d'une même phrase l'ordre 
et la coocordanoe oue présent la syntaxe. 
Suivant les règles Je la grammairel il faut 
accorder l'adjecttfavee sou substantif en genre 
et en nombre, et, quand les langues ont des 
cas, les accorder aussi en eus. On dît plus 
ordinairement, Paire accorder : voycs plus 
bas. 



ACC 

£d Muaio^t Jccorder sa voix ai'ec un in^ 
jtmmenf. Chanter de manière que la voix 
et rinstrumeot fassent des accords agréa- 
bles et réguliers. Elle accordait parfaitement 
sa voix avec le piano. Cette phrase a vieilli. 

Accorder un violon, une basse, une harpe, 
un piano, etc.. En mettre les cordes juste 
an ton où elles doivent éb'e entre ell^. Ce 
musicien a été longtemps à accorder son violon. 

Accorder des instruments les uns avec les 
autres. Les mettre tous au même ton. Ac- 
corder des violons et des basses au ton du 
piano. 

Prov. et Gg. , Accordez vos fiâtes. Conve- 
nez de ce que vous voulez (aîra , convenez 
des moyens de faire réussir votre dessein. 

AccoKJosa, signifie aussi, Octroyer, con- 
céder. Accorder un privilège, une grâce, une 
faveur. Le pape accorda tant d^ années d'in- 
dulgence pour, etc. Dieu ne lui a pas accordé 
de vivre assez longtemps pour voir ses enfants 
établis. Je lui accorde tout ce qu'il demande. 

Accorder une demande, En accorder Tob- 
jeL 

Accorder une file en mariage, La pro* 
mettre verbalement ou par écrit à celui qui 
la demande pour Tépouser. 

Accorder du temps à un débiteur. Consen- 
tir à retarder Tépoque où il doit s'acquit- 
ter, 

AccoADSR, signifie aussi, Beconnaltre 
pour vrai, demeurer d'accord d'une chose. 
Je vous accorde cette proposition. Cest une 
vérité de fait qu'il faut que vous m'accordiez. 
J'accorde qu il a eu raison de refuser; mais 
il ne devait pas accompagner son refus de 
duretés, 

AccoEnsB, s*emp1oie avec le pronom per- 
sonnel, et signifie, Être d'accord, d'intelli- 
gence, de concert. J^'ous tâcherons de nous 
accorder. Accordez-vous avec vous-même. 
Je m'accorde avec ih)Us en ce point, sur ce 
point. Ib s'accordent tous pour me tromper, 
pour me perdre. 

H se dit aussi en parlant De la confor- 
mité des esprits, des caractères, des hu- 
meurs. Ils sont de même humeur, ils s'ac- 
corderont bien ensemble. Ces deux esprits 
n'auront pas de peine à s'accorder, ifs ne 
pourront jamais s accorder, leurs caractères 
sont trop différents. 

Prov., Ces gens s'accordent comme chiens 
et chats. Ils ne peuvent s'accorder, ils ne 
sauraient vivre ensemble. 

H se dit aussi, généralement, De toutes les 
choses qui ont entre elles de la convenance, 
delà ressemblance, de la conformité, du 
rapport, en quelque manière que ce soit. Ces 
voix s'accordent parfaitement. Ces deux cou- 
leurs s'accordent m'en . Ce que vous me dites au- 
jourd'hui ne s'accorde pas avec ce que vous 
me dites hier. Ces deux passages ne s'accor- 
dent pas. Le verbe s'accorde, doit s'accorder 
en nombre et en personne ai>ec son sujet. On 
dît avec ellipse du pronom. Faire accorder. 
n faut faire accorder le verhe avec son sujet. 

AccoBoi, ix. participe. 

ACGORDEI7R. s. m. Celui qui fait métier 
d*accorder certains instruments de musique. 
Accordeur Morgues, de pianos. Faire venir 
faccordeur. 

A€OORlNIIB. s. m. Sorte d'outil qui sert 
i accorder certains instruments de musique. 

ACCORE. s. m. T. de Marine. Pièce de 



ACC 

bois qu*on dresse presque verticalement, 
pour élayer un objet, pour le maintenir en 
place. Ixs accores qui soutiennent un navire 
échoué ou sur le chantier. 

ACCORER. V. a. T. de Marine. Étayer, 
soutenir avec des accores un objet quelcon- 
que. Accorer un navire échoué. 

Accoai , BK. participe. 

ACCORT , ORTE. aaj. Qui est complai- 
sant, qui s'accommode à l'humeur des au- 
tres. Cet homme est très-accort, est dune hu- 
meur accorte. 

ACCORTISE. s. f. Humeur complaisante, 
accommodante. Il est familier. 

ACCOSTABLE. adj. des deux genres. Qui 
est facile à aborder, qu'on peut aborder. 
C'est tm homme peu accostable. Il est devenu 
plus accostable. Cet homme est si soui^ent de 
mauvaise humeur, qu'il n'est pas accostable. 
Il est familier et peu usité. 

ACCOSTER, v. a. Aborder quelqu'un 
qu'on rencontre, pour lui parler. Il me vint 
accoster. Il m'accosta lorsque je n'y pensais 
pas. Il est familier. 

Il s'emploie avec le pronom personnel, et 
se construit avec la préposition De, pour 
signifier, Hanter, fréquenter quelqu'un, 
avoir habitude avec quelqu'un. Je ne sais 
de quelles gens vous vous accostez. Il s'ac- 
costadun mauvais garnement. U est familier, 
et ne se dit guère qu'en mauvaise part. 

Accoster , en termes de Marine , se dît 
D'un bâtiment, d'une embarcation qui vient 
se placer le long et à coté d'un objet. Ac- 
coster un vaisseau. Accoster un quai. On leur 
cria d'accoster. 

AccosTB, SB. participe. 

ACCOTER. V. a. Appuyer de côté. Accoter 
sa tête. Il faut accoter ce coquemar, de peur 
qu'il ne tombe. 

Il s'emploie avec le pronom personnel. 
S'accoter sur une chaise , contre une chaise. 
S'accoter contre une muraille. Il est familier 
et peu usité. 

AccoTB, BB. participe. 

ACCOTOIR, s. m. Ce qui sert à s'appuyer 
de côté, ce qui est fait pour qu'on s y ac- 
cole. Les accotoirs d'un carrosse, d'un fau- 
teuil, d'un confessionnal. Cela vous servira 
d'accotoir. 

ACCOUCHI^E. s. f. Femme qui vient de 
mettre un enfant au monde. Aller voir une 
accouchée. Quand l'accouchée relèi'era-t-elle? 

Elle est parée comme une accouchée, se 
dit D'une lemme qui est fort parée dans 
son lit. 

Prov., Le caquet de F accouchée, La con- 
versation, ordinaii*eroent frivole, qui se fait 
dans les visites qu'on rend aux femmes en 
couche. 

ACCOUCHEMENT. S. m. Enfantement, 
action d'accoucher. Heureux accouchement. 
Accouchement difficile, pénible, laborieux. 
Doidoureux accouchement. 

Il se dit aussi de L'action d^aider une 
femme à accouclier. Faire un accouchement. 
Ce chirurgien connaît bien la bonne méthode 
des accouchements. Faire un cours d'accou- 
chements. 

ACCOUCHER. V. n. Enfanter. Accoucher 
heureusement. Elle est accouchée d'un enfant 
mâle, d'un garçon, d'une fille, de deux ju- 
meaux. Quand accouchera-t-elle ? Elle est ac- 
couchée. Qutmd elle fut accouchée. Elle est 



ACC 



»9 



accouchée en tel endroit. Je suis bien aise que 
vous soyez accouchée. Accoucher à terme, 
avant terme. Accoucher d'un enfiint mort. 
J'ai accouché avec de cruelles douleurs. Eéle 
a accoudé très-courageusement. 

AccoucMBB, se dit figurément en parlant 
De l'esprit et des conceptions de 1 esprit. 
J'ai eu bien de la peine à accoucher de cet 
ouvrage. Accoucher d'un projet, d'un tlessein, 
dune idée. Socrate disait qu'il faisait l'office 
de sage-femme, qu'il faisait accoucher les es^ 
prits. 

Accoucher, est aussi açUf, et signifie. 
Aider une femme à accoucher, vest ce 
chirurgien, c'est cette sage femme qui a ac- 
couché ma belle-sœur. Il ou elle accouche bien. 

Accouché , àm. participe. 

ACCOUCHEUR, EUSE. s. Celui, celle 
dont la profession est de faire des accou- 
chements. Bon accoucheur. Il est r accoucheur 
de cette dame. Habile accoucheuse. Au lieu 
d'^ccoucAri/^, on dit plus communément, 
Sage-femme. 

ACCOUDER (S*). V. pron. S'appuyer du 
coude. S^accouder sur la table. S'accouder 
sur une balustrade. 

AccouDB, BB. participe. // étmt accoudé 
sur son chevet. Un homme accoudé sur son 
cheval. 

ACCOUDOIR, s. m. Ce qui est fait pour 
qu'on s'y accoude. Avoir un accoudoir sous 
le bras. L'accoudoir d'un prie-Dieu. Avoir les 
bras sur un accoudoir. 

ACCOUPLE, s. f. T. de Vénerie. Lien avec 
lequel on attache les chiens ensemble. 

ACCOUPLEMENT. S. m. Assemblage par 
couples. Il se dit principalement en parlant 
Des animaux. Accouplement de bxufs pour 
la charrue. 

En Archit., Accùuplement de colonnes. 
Arrangement de colonnes disposées deux 
à deux; ce qui produit alternativement 
un petit et un grand entre-colonnement , 
comme au péristyle du Louvre. 

ACC0UPI.BKBVZ, signifie aussi, La con- 
jonction du mâle et de la femelle pour ia 
génération; et il ne se dit proprement que 
Des animaux. L'accouplement d'un chien et 
d'une chienne. Le mulet vient de C accouple- 
ment dun éUte et d'unt jument. 

ACCOUPLER, V. a. Joindre deux choses 
ensemble. Ces deux personnes sont mai ao- 
couplées. Fous accouplez deux mots qui vont 
mal ensemble. Ce serait vouloir accoupler le 
loup et la brebis. 

Accoupler des bœufs, Les mettre ensemble 
âous le joug. 

Accoupler du linge, accoupler des serviettes. 
En faire des paquets, en attacher plusieurs 
ensemble pour les mettre à la lessive. 

Au Trictrac, Accoupler ses dames. Les 
mettre deux à deux sur les flèches. 

ACCCUPI.BB , en parlant De quelques ani- 
maux , signifie. Apparier ensemble le mâle 
et la femelle pour qu'ils fassent des petits. 
Accoupler des pigeons, des tourterelles, des . 
serins. 

U se dit également, avec le pronom per- 
sonnel, Des animaux qui s'unissent pour 
la génération. Ces deux serins, ces deux pi' 
geons s'accouplent. 

AccoupLB , ÉB. participe. JA mâle et la 
femelîe sont accouplés. 

En Archit., Colonnes accouplées, Colonnw 

3. 



ao ACC 

disposées deux à deux. Voyez Accouple- 
VEUT. 

ACCOURGIR. V. a. Rendre plus court, re- 
ti'ancher de la longueur. Jccourcir une robe, 
un manteau. Accourcir un bâton. Accourcir 
dun doigt, d'un pied. Jccourcir un ouvrage, 
une scène, un discours. Si cela est trop long, 
il faut V accourcir» 

Accourcir son chemin. Prendre quelque 
route de traverse qui rende le chemin plus 
court Si vous allez par là, vous accourcirez 
votre chemin. On le dit également De la 
traverse même. La chaussée qu'on a faite en 
tel endroit aècourcit le chemin d'une grande 
lieue. Absolument y Prenez le bois, vous ac" 
courcirez, 

AccouRCTB , s'emploie avec le pronom per- 
sonnel, et signifie, Devenir plus court. Les 
jours commençaient alors à s accourcir. Cette 
robe s* est acconrcie au blanchissage, 

AccouBCT, iB. participe. 

AGCOURGISSEHENT. s. m. Diminution 
d'étendue ou de durée. Il n'est çuère usité 
qu'en parlant D'un chemin et des jours. Cette 
allée de traverse sert beaucoup à raccour- 
cissement du chemin, Vaccourcissement des 
jours est déjà très-sensible dans le mois de 
septembre, 

ACCOURIR. ▼. n. (Il se conjugue comme 
Courir, excepté qu'il reçoit également l'un 
ou l'autre des verbes auxiliaires : J'ai ac- 
couru. Je suis accouru.) Courir, venir 
promptement en un lieu où quelque chose 
nous attire, nous appelle. Accourir en di- 
ligence, en grande hkte. Accourir au besoin. 
Accourir en foule. Il est accouru au bruit. 
Je suis accouru pour la fête, etc. Ses amis 
ont accouru pour le féliciter de son succès. 
Dès qu'on sut qu'il y ai*ait un spectacle en tel 
endroit, la foule y accourut. On y accourut 
de tous côtés. Accourir au secours de quel- 
qu'un, à l'aide de quelqu'un. Il accourut 
a moi. Vous m'appelez, j'accours, 

AccovBu, UE. participe. 

ACCOUTREMENT, s. m. Habillement. // 
avait ses beaux accoutrements. Il est vieux 
en ce sens. On le prend plus ordinairement 
en mauvaise part. Accoutrement ridicule, 

ACCOUTRER, v. a. Parer d'habits. £n ce 
sens, il est vieux. On ne le dit guère que 
dans le langage familier, et par une sorte 
de moquerie. On Va plaisamment accoutré. 
Fous voilà bien accoutré. 

Il s'emploie avec le pronom personnel. 
Elle s'est accoutrée (Tune manière bien ridi- 
cule, 

Prov. et fig. , Cet homme est bien accoutré, 
accoutré de toutes pièces. Il a été fort mal- 
traité, ou L'on a dit beaucoup de mal de lui. 

AccoxTTRB, ÉE. participe. 

ACCOUTUMANCE. S. f. Habitude, cou- 
tume que l'on prend de faire ou de souf- 
frir quelque chose. Mauvaise accoutumance. 
L'accoutumance rend tout facile et familier. 
Il est vieux. 

ACCOUTUMER, v. a. Faire prendre une 




mats on Cy a accoutumé. Il faut accoutumer 
de bonne heure les enfants au travail, à la fa- 
tigue. Accoutumer un cheval à galoper sur le 
bon pied. Il est accoutumé à se lever de bonne 
heure 9 à te promener le matin* 



ACC 

11 se joint avec le pronom personnel et 
signifie. Contracter une habitude. // faut 
bien vous accoutumer à cela. Je m'accoutume 
au froid, au chaud, etc. Il s'est accoutumé 
à la fatigue. On s'accoutume à tout. 

Il est aussi neutre, et alors il sisnifie. 
Avoir coutume. // avait accoutumé aaller, 
de faire, etc. Faites comme vous avez accou- 
tumé. 

Il se dit quelquefois Des choses inani- 
mées. Ces terres, ces arbres avaient accou- 
tumé de produire beaucoup. L'automne n'a 
pas accoutumé d'être si pluvieux, 

AccouTUMi, ÂM. participe. Accoutumé à 
la fatigue. À sa manière accoutumée. Tout 
rentra dans l'ordre accoutumé, ^ 

A l'accoutumée, loc. adv. A l'ordinaire, 
comme on a accoutumé. // en a usé à F ac- 
coutumée. Il est familier. 

ACCRÉDITER, v. a. Mettre en crédit, en 
réputation. Sa bonne foi l'eut bientôt accré- 
dité parmi les marchands. L'exactitude à 
payer est ce qui accrédite le plus les com- 
merçants. Sa bonne conduite l a fort accré- 
dité dans sa compagnie. 

Accréditer un ministre auprès d'une cour 
étrangère, L'y faire reconnaître. 

AccBÉDrrxB, se dit au figuré en parlant 
De certaines choses, et signifie. Donner 
cours, autoriser, rendre plus vraisemblable. 
Accréditer une nouvelle, un bruit, une ca- 
lomnie. 

Il s'emploie avec le pronom personnel, 
au propre et au figuré. Ce marchand com- 
mence a s'accréditer. Cette nouvelle ne s'ac- 
crédite pas, 

AccBÉDiTÉ, SE. participe. Un marchand 
bien accrédité. Il est accrédité par sa cour. 

ACCROC, s. m. (On ne prononce pas 

le C.) Déchirure que fait ce qui accrocne. 

Il y a un grand accroc, un vilain accroc à 

votre robe, à votre manteau. Qu'est-ce qui a 

fait cet accroc à votre habit? 

Il se dit figuréinent et familièrement 
d'Une difficulté, d'un embarras qui ap- 
porte du retard dans une affaire. // est sur- 
venu un accroc qui retarde leur accommode- 
ment. Il y a un accroc dans cette affaire. Je 
ne prévo)'ais pas tous ces accrocs, 

ACCROCHEMENT. s. m. Action d'accro- 
cher. L'accrochement de deux voitures. Il est 
peu usité. 

ACCROCHER. V. a. Attacher, suspendre 
quelque chose à un clou, à un crochet. Ac- 
crocher une gravure. Accrocher sa montre. 

Il signifie aussi. Arrêter en perçant, en 
déchirant. Prenez garde que l'on n'accroche 
votre habit. Je demeurai accrochée par ma 
robe. 

En termes de Marine , Accrocher un vais- 
seau. Jeter des grappins et des crocs d'un 
vaisseau à un autre , pour venir à l'abordage. 
// accrocha l'amiral des ennemis, 

AccBocHEB, se dit aussi D'une voiture 
qui, passant trop près d'une autre, la 
heurte ou l'arrête avec l'extrémité de son 
moyeu. Prenez garde à cette grosse charrette, 
elle accrochera votre voiture. On l'emploie 
quelquefois absolument. Ce cocher est mal- 
adroit, il accroche soui'ent, 

AccBocHEB, signifie figurément et fami- 
lièrement, Retarder, arrêter. On a accroché 
cette affaire. Cette négociation est accrochée. 
Ce procès est accroché depuis longtemps. 



ACC 

Il signifie aussi, figurément et familière- 
ment. Attirer à soi, gagner, obtenir quel* 
que chose. Cette fille aura bien de la peint 
a accrocher un mari. A force de sollicita» 
tions, il a accroché une bonne place. 

AccBOCHER , s'emploie aussi avec le pro* 
nom personnel, et signifie. Être retenu p^r 
quelque chose de crochu ou de pointu, ou 
S'attacher, s'arrêter à quelque chose que 
ce soit. Sa robe s'accrocha à des ronces. Les 
semences du grateron s'accrochent aux i^éte» 
ments. Les deux vaisseaux s'accrochèrent l'un 
l'autre. Les deux voitures se sont accrochées. 
Quand on se noie, on s'accroche où l'on peut, 

Fig. et fam. , S'accrocher à tout, s'accro» 
cher à ce qu'on peut. Employer toutes ses 
ressources, ses dernières ressources pour 
se sauver, pour se tirer d'aflaire. 

Fig. et fam.. S'accrocher à quelqu'un. 
S'attacher à la fortune de quelqu'un , pour 
en être secouru dans le mauvais état de 
ses affaires. // ne savait où donner de la 
tête, il s'est accroché à ce grand seigneur^ 
On dit de même , Ne sai*oir où s'accrocher. 

Accroché, bb. participe. 

Fig. et fam. , Cet homme est accroché à 
moi, se dit D'un importun dont on ne peut 
se débarrasser. 

ACCROIRE, v. a. Il n'est usité qu'à l'infi- 
nitif avec le verbe Faire; et il signifie. Faire 
croire ce qui n'est pas. F'ous voudriez nous 
faire accroire que, etc. Fous voudriez nous 
en faire accroire. Ce n'est pas un homme à 
qui Ion puisse en faire accroire. 

S'en faire accroire, Présumer trop de soi- 
même, tirer vanité d'un mérite qu'on n'a 
pas, pour imposer aux autres. Depuis qu'il 
a cette place, il est devenu glorieux, il s'en 
fait accroire, lia quelque mérite, mais il s'en 
fait accroire, 

ACCROISSEMENT, s. m. Augmentation, 
agrandissement. Grand accroissement, Ac* 
croissement notable, considérable, soudain. 
L'accroissement des rivières. L'accroissement 
du corps humain, d'une plante, etc. L'ac» 
croissement d'un État. Accroissement de 
biens, d'honneurs, de fortune, etc. L'accrois^ 
sèment de la religion chrétienne dans les Indes, 

AccBoissBHRirT| Signifie aussi, Le droit 
par lequel une chose, une valeur, un fonds 
territorial accroît au profit du possesseur. 
Cela lui est venu par droit d'accroissement. 
Un accroissement à la tontine. Les terres que 
l'atterrissement ajoute à un rivage, à une fie, 
appartiennent au propriétaire par droit d'oc» 
croissement. 

ACCRoItrE. v. a. Augmenter, rendre 
plus grand, plus étendu. Accroître son bien, 
son revenu. Accroître un parc, un jardin; 
l'accroître de beaucoup, de la moitié. Accroi* 
tre sa puissance, sa gloire, sa réputation^ 
son autorité, 

AccBoiTBB, est aussi verbe neutre, et si- 
gnifie. Aller en augmentant, devenir plus 
grand. Son bien, son rei*enu accroît tous les 
jours. 

Il se dit, en termes de Droit, D'une chose 
qui revient au profit de quelqu'un par la 
mort ou par l'absence d'une autre personne , 
ou par quelque autre événement. Entre colé- 
gataires, la portion de l'un accroît à Vautre, 
Parmi les chanoines, la part des absents ae^ 
croit aux présents. On dit à peu près dana 
le même sens. Cette portion ae terre est ac» 



ACC 

thie à son champ, à son héritage par allu' | 
fion, par atternssement, I 

AccRotTAx, s'emploie aussi avec le pro- 
nom personnel. Cette ville s*est fort accrue 
par son commerce. Sa fortune, son bien s'ac- 
croit tous les jours. Il ai>ait une propriété 
assez bornée, il s'est accru. 

Accru, ue. participe. 

ACCROUPIR (S*). V. pron. Se tenir dans 
une posture oii, la plante des pieds posant 
À teri-e, le derrière touche presque aux ta- 
lons. S'accroupir auprès du feu. Les nègres 
s'accroupissent pour manger. 

Accroupi, ie. participe. 

ACCROUPISSEMENT. s. m. État d'une 
personne accroupie. 

ACCRUE, s. f. T. de Droit. Augmentation 
c|ue reçoit un terrain par la retraite insen- 
sible des eaux ou par atterrissement. 

Accrue de bois, Augmentation de reten- 
due d'un bois, qui se fait naturellement, 
sans qu'on ait planté ni semé. 

ACCUEIL, s. m. Traitement, réception 
que Ton fait à quelqu'un qui arrive, a une 
personne par qui l'on est abordé. Bon ac- 
cueil. Mauvais accueil, Accueil froid. Accueil 
civil, favorable, obligeant, gracieux. Faire un 
bon, un mau%*ais accueil. Faire bon accueil, 
mauvais accueH, Aiw'r taccueil bienveillant, 

Ahsol.f Faire accueil, se prend toujours 
en bonne part, et signifie, Faire une récep- 
tion civile et honnête. Ce prince fait accueil 
à tous ceux qui vont chez lui, 

ACCUEILLIR, v. a. (Il se conjugue comme 
Cueillir,) Recevoir quelqu'un qui vient à 
nous, qui se présente chez nous. // nous a 
aecueilùs de ta manière du monde la plus 
honnête. Il nous accueillit très-froidement. 

Il se dit quelquefois figurément, en par- 
lant Des choses. // accueillit fort mal cette 
proposition, cette demande. 

Il se dit aussi, figurément, De tous les acci- 
dents fâcheux qui arrivent à quelau'un. La 
tempête, le vent les accueillit. Ils furent ac- 
caeillis de l'orage. Le détachement, en appro» 
chant du bois, fut accueilli par une décharge 
de coups de fusil, La misère, la pauvreté, tous 
Ses malheurs du monde Vont accueilli. Dans 
cette dernière phrase , on dit plus ordinai- 
rement. Assailli, 

AccuBiixi, TB. participe. 

ACCUL. s. m. ( On prononce FL. ) Lîeu 
qui n'a point d'issue, où l'on est acculé. 
Ceux qui poursuiiw'ent les voleurs, les pous» 
sèrent dans un accul, où on les prit, 

11 se dit, particulièrement, Du fond du 
terrier où les chiens poussent les renards , 
les blaireaux et autres animaux qui se ter- 
rent. Quand on voit que le renard est à PaC' 
cul. Avant que de lâcher les bassets, il faut 
savoir où sont les acculs. 

Accux. , se d i t , en termes de Marine , d'Une 
fietite anse, d'une espèce de crique trop 
petite pour de grands bâtiments. 

Il se dit, en termes d'Artillerie, Des pi- 
quels qu'on enfonce en terre pour empêcher 
le recul du canon. 

ACCULER, v. a. Pousser quelqu'un , et le 
réduire dans un coin , dans un endroit où 
il ne puisse plus reculer. // le poursuivit /V- 
pée à la main, et l'accula contre la muraille, 
Notre armée avait acculé celle des ennemis 
contre la montagne. 

Il se dît aussi en parlant Dés sangliers , 



l 



ACC 

des loups, des renards et autres bêtes. Les 
chiens aiment acculé le sanglier, le loup, le 
renard. Le blaireau était acculé dans son 
terrier. 

Il s'emploie avec le pronom personnel, 
et signifie , Se ranger, se retirer dans un 
coin, contre une muraille, pour se défen- 
dre , et pour n'être pas pris par derrière. Se 
voyant poursuivi par quatre nommes, il s'ac- 
cula contre la muraille, et se défendit long* 
temps, 

' En termes de Manège , Le cheval s'accule, 
Il ne va pas assez en avant à chacune des 
vol tes. 

AccuLià, ÂB. participe. 

ACCUMULATEUR , TRICE. S. Celui, celle 
ui accumule. Un grand accumulateurd*écus, 
^e vivres, etc. Il est peu usité. 

ACCUMULATION, s. f. Entassement, 
amas de plusieurs choses ajoutées les unes 
aux autres. Il se dit Des choses physiques 
et Des choses morales. Accumulation de ma- 
tériaux, de marchandises, de denrées. Accu- 
mulation de biens, d'honneurs. Accumulation 
de preuves. Accumulation d'intérêts. Ce dis- 
cours n'est qu'une accumulation de mots 
sonores, d'images disparates, de phrases vides 
de sens. 

Il se dit particulièrement, en Rhétori- 

3ue, d'Une figure qui consiste à rassembler 
ans une période, sous une même forme 
et dans le même mouvement oratoire, un 
grand nombre de détails qui développent 
l'idée principale. 

En Jurispr. , Accumulation de droit, Aug- 
mentation de droit sur quelque chose. 

ACCUMULER, v. a. Amasser et mettre en- 
semble, accumuler des marchandises. Accu- 
muler des biens, des trésors. Accumuler sou 
à sou, 

Absol. , H ne songe qu'à accumuler. Qu'à 
thésauriser. 

Accumuler, s'emploie figurément, au 
sens moral. Accumuler crime sur crime. Ac- 
cumuler les preuves. Accumuler les honneurs 
sur sa tête. 

Accumuler, est aussi verbe pronominal. 
Les denrées s'accumulent dans ce magasin. 
Les années s'accumulent. Les preui*es s'accu» 
mulent contre lui. Les arrérages de cette rente 
s'accumulent tous les jours. 

Accumula, se. participe. 

ACCUSARLE. adj. des deux genres. Qui 
peut être accusé. 

ACCUSATEUR, TRICE. s. Celui, celle 
qui accuse quelqu'un en justice. iSe rendre 
accusateur. Se porter, se constituer accusa- 
teur. Elle s'est rendue accusatrice. Dans le 
droit criminel actuel, le procureur du roi 
a seul qualité pour se porter accusateurs les 
particuliers ne peuvent que se porter dénon- 
ciateurs, ou parties plaignantes. 

ACCUSATIF, s. m. T. de Gram. Il se dit, 
dans les langues où les noms se déclinent , 
Du cas qui sert principalement à indiquer 
le régime direct des verbes actifs ou tran- 
sitifs. La désinence de V accusatif. Accusatif 
singulier, Accuitatif pluriel. Ce verbe régit 
l'accusatif. Il y a des prépositions qui veulent 
leur complément à l'accusatif. 

ACCUSATION, s. f. Action en justice, par 
laquelle on accuse quelqu'un. Accusation 
capitale. Il y' a plusieurs chefs d'accusation 
contre lui. Former, intenter, susciter une a€* 



ACC 



ai 



I cusation. Il a été mis en accusation. Lire au 
prévenu son acte d'accusation. 

Il se dit aussi généralement de Tout re- 
proche, de toute imputation qu'on fait à 
une personne de quelque faute , de quelque 
défaut que ce soit. Fous l'accusez de paresse, 
de peu d'exactitude, c'est une accusation mal 
fondée. On l'accuse de beaucoup de désordres, 
mais ce sont des accusations calomnieuses. 
Des accusations graves, légères, vagues. 

ACCUSER. V. a. Imputer un crime à quel- 
qu'un, déférer quelqu'un à la justice pour 
un crime. Dans le Droit criminel actuel, 
il signifie proprement. Poursuivre, en vertu 
d'un arrêt de la chambre des mises en ac- 
cusation, une personne devant la cour d'as« 
sises , pour la faire déclarer coupable du 
•pime qu'on lui impute, et pour obtenir 
sa condamnation. Accuser un homme de 
vol, (Tassassinat. On l'accusa d'avoir eu des 
intelligences avec les ennemis. Le crime dont 
on l'accuse. Avec le pronom personnel, 
S'accuser soi-même, Avouer un crime en jus- 
tice. 

Accuser un acte faux. Soutenir qu'un 
acte est faux. Cette phrase a vieilli : on dit, 
Arguer de faux. 

Accuser, signifie aussi, généralement , 
Imputer, reprocher quelque laute, quelque 
défaut à quelqu'un. Je l'accuse de négligence. 
Accuser une personne à tort. On l'accuse d'u' 
voir fait cette satire. On accuse cette nation 
de légèreté. On dit de même , «S'a conscience 
l'accuse. 

Il signifie quelquefois simplement, sur* 
tout dans le style élevé , Gourmander, blâ- 
mer, reprendre. Accuser le sort. J'accusais 
sa lenteur, sa paresse. 

Accuser, se dit quelquefois Des choses , 
et signifie , Servir dejireuve , ou au moins 
d'indice contre quelqu'un. Ce fait vous ac' 
cuse. Toutes les apparences accusent sa mau^ 
vaise intention. 

S'accuser en confession, accuser ses péchés. 
Déclarer ses péchés au prêtre dans le tribu- 
nal de la confession. // faut s'accuser de 
tous ses péchés, ^accuser d'avoir offensé 
Dieu. , 

À certains Jeux de cartes. Accuser sou 
jeu. En faire connaître ce que les règles 
veulent qu'on déclare. Accusez votre point. 
Accusez juste. Fous accusez faux. 

Cet homme accuse juste, accuse faux. Il 
est exact dans son récit, ou il ne l'est pas. 
On dit, dans un sens analogue, en Médc« 
cine. Le malade accuse telle douleur, telle 
sensation dans telle jmrtie. Il dit qu'il res- 
sent telle douleur, etc. 

Accuser la réception d'une lettre, d'un pa* 
quel, etc. Marquer, donner avis qu'on l'a 
reçu. Accusez-moi réception de ma lettre 9 
ou absolument, Accusez-moi réception. 

Accuser, en termes de Peinture, Indi- 

3uer, faire sentir certaines parties ou formes 
es corps recouvertes par quelque enve* 
loppe. Accuser les os, les muscles sous la peau. 
Accuser le nu par le pli des drajxries, 

Accusi, SB. participe. Accusé de meurtre, 
été vd. 
Il est aussi substantif, et signifie , Celui 

?ui est accusé en justice. L'accusateur et 
accusé. Plus exactement, on nomme Ac* 
cusé. Celui qui est renvoyé devant les tribu* 
naux criminels pour éti*e jugé; jusque-là» 



sa ACE 

Il n*est que prévenu. Amenez Vaccusé^ roc- 
Cttsée, 

jéccusé de réception , Mot d*écrit par le- 
quel celui à qui on adretse une lettre , un 
paquet, reconnaît qu'il Ta reçu. 

ACB 

ACENS. s. m. T. d'anciennes Coutumes. 
Terre ou héritage quelconaue tenu à cens. 

ÀCENSEMEMY. S. m. T. d'anciennes Cou- 
tumes. Action de donner à cens. L'acense- 
ment de cet héritage, de cette maison. 

ACENSER. V. a. T. d'anciennes Coutumes. 
Donnera cens un fonds de terre, une mai- 
•on, c'est-àKiii'e y sous la redevance d'une 
rente. Ce seigneur eamt acensé vingt arpents 
de terre, à raison de dix livres de rente, 

AcsHsé, SE. participe. 

ACEPHALE, adj. des deux genres. T. di- 
dactique. Qui n'a point de lé te. Mollusques 
acéphales. Fœtus, monstre acéphale. Statue 
acéphale. 

Il signifie au figuré, Qui n'a point ou ne 
reconnaît point de chef. Concile acéphale. 
Secte acéphale. Hérétiques acéphales. 

Il s'emploie subslantÎYement, au mascu- 
lin , surtout en Histoire naturelle. Zes hui' 
très, les moules sont des ac^hales. 

ACERBE, adj. des deux genres. Qui est 
d'un goût ftpre. Des fruits acerbes. Du vin 
d'un goût acerbe. 

Il s'emploie quelquefois au figuré, et si- 
gnifie. Sévère, dur, amer. Des paroles 
acerbes. Un ton acerbe. 

ACERBITÉ. s. f. Qualité de ce qui est 
acerbe. Ce fruit est ^une acerbité insuppor' 
table. Il est peu usité. 

Ac£rER. V. a. Joindre, appliquer, souder 
de l'acier à la pointe ou au tranchant d'un 
outil, d'un instrument de fer, pour le ren- 
dre susceptible d être trempé et de devenir 
ainsi plus propre à percer ou à couper, ^c^» 
rer un couteau, un burin, etc. 

Acias, ia. participe. 

Il est aussi adjectif, et se dit en parlant 
Du fer, lorsqu'on l'a garni d'acier; ce qui 
permet d'en rendre le tranchant plus afuié 
ou la pointe plus aigué. Lame acérée. Pointe 
acérée. Flèches acéiées. Des traits bien acérés, 

Fig. , Des traits acérés. Des traits de satire 
qui doivent blesser profondément. On dit 
aussi. Les traits acérés de la calomnie. Les 
traits déchirants de la calomnie. On dit 
encore dans le même sens : Un st)ie acéré; 
une plume acérée ; une langue acérée, 

ACESCENCE. S. f. T. didactique. Dispo- 
sition à s'aigrir, à devenir légèrement acide. 
JL'acescence des humeurs, d'un liquide. 

ACESCENT, ENTE. adj. T. didactique. 
Qui s'aigrit, qui commence à devenir acide. 
Liqneiir acescente. 

ACÉTATE, s. m. T. de Chimie. Il se dit 
Des sels produits par la combinaison de l'a- 
cide acétique avec différentes bases. Acétate 
d'ammoniaque, de cuivre, de mercure, de tnor' 
phine, de plomb, de potasse, de soude, etc. 

ACÉTEUX , ECSE. adj. Qui a le goût du 
vinaigre. Plante acéieuse. Il est peu usité. 

ACETIQUE, adj. m. T. de Chimie. Il se 
dit De l'acide qui fait la base du vinaigre, 
dans lequel il est étendu d'eau , et mêlé à 
beaucoup d'autres substances. On obtient de 



ACH 

l'acide acétique en distdlant le vinaigre ordi' 
naire, 

ACH 

ACHALANDER. v. a. Procurer des cha- 
lands. La bonne marchandise et le bon mar» 
ché achalandent une boutique, un magasin. 
Ce marchand esi fort achalandé. 

U est aussi pronominal. Cette boutique 
commence à s'acnalander. Si vous voulez vous 
achalander, logez '-vous élans un meiileur 
quartier, 

AcHALAimi, BE. participe. 

ACHARNEIUENT. s. m. Action d'un ani- 
mal qui s'attache opiniâtrement à sa proie. 
L'acluirnement d'un loup, dun animal car- 
nassier. 

II se dit aussi de La fureur opiniâtre avec 
laquelle des animaux, et même des hom- 
mes, se battent les uns contre les autres. 
L'acharnement de deux dogues l'un contre 
l'autre. Ces deux animaux, ces deux hommes 
se sont battus avec acharnement. On se battit 
avec acharnement durant tout le tour. 

Il se dit, figurément, de L'animosité opi- 
niâtre qu'on a contre quelqu'un. Vachar^ 
nement de ces deux plaideurs est inconcevable. 
Critiquer, censurer a%*ec acharnement, il le 
poursuit ai*ec acharnement. Cest de l'achar' 
nement. Us y mtutent de facharnement. 

ACHARNER, v.a. Il signifie proprement, 
Donner aux chiens, aux oiseaux de proie 
le goût, l'appétit de la chair. 

11 signifie plus ordinairement, Exciter, 
animer, irriter un animal, un homme con- 
tre un autre. On avait acharné les chiens 
contre le taureau. Je ne sais qui peut les avoir 
ainsi ucîutrnés les uns contre Us autres. Ils 
sont acharnés au combat. 

Il s'emploie aussi avec le pronom person- 
nel, et signifie , S'attacher avec fureur, avec 
opiniâtreté. £e/o//y9 s'acharne sur sa proie. Ces 
deux tigres s'acharnent l'un contre l'autre. 
Il s'admrne de plus en plus sur, moi, contre 
moi. 

Il signifie aussi. S'attacher, s'appliquer 
à quelque chose avec excès. // s'est acharné 
au jeu, à l'étude, 

Acu4RHB,BB. participe. Un animal acharné 
sur sa proie. Un homme acharné contre un 
autre. Un homme acliamé au jeu, 

Fig. , Un combat acharné. Où l'on se bat 
avec acharoeraent. 

ACHAT, s. m. Emplette, acquisition faite 
à prix d'argent. Un bon achat. Un mawais 
achat. Faire achat de marchandises. Je rc" 
nonce à faire des achats cette année. 

Il signifie aussi, La chose achetée. /s t;e«^ 
vous faire wnr mon achat, 

ACDE. s. f Herbe d'un beau vert, plante 
ombellifere qui ressemble au persil. Dans 
certains jeux de la Grèce, on donnait une 
couronne d'ache au vainqueur. Fert comme 
de Vache, comme ache, 

ACUEIMI.\£31£NT. s. m. Ce oui est pro- 
pre à faire parvenir au but quon se pro- 
pose; disposition, préparation. Cest un 
grand acheminement à fa paix. Pour achemi' 
nement au traité, on résolut, etc, 

ACHEMINER, v. a. Il ne dit eu parlant 
D'affaires, d'entreprises, et signifie. Mettre 
en état de pouvoir réussir. Cet événement 
peut aclteminer la paix* Ce sens vieillit. 



ACH 

En termes de Manège , Acheminer un che^ 
val. Habituer un jeune cheval à marcher 
droit devant lui. 

AoHBXuiBR, s'emploie plus ordinaire* 
ment avec le pronom personnel, et signifie» 
Se mettre en chemin. JVous nous acheminâ- 
mes vers tel endroit. 

Fig. , Cette affaire s'a^mine. Elle esl en 
bon train, elle avance. 

AcuBMiBB, BB. participe. 

Adjectiv., en termes de Manège, Un che» 
val acheminé. Dégourdi , presque dressé. 

ACHÉRON. S. m. T. de Mythol. Fleuve 
des enfers. Les poètes le prennent pour 
L'enfer même, ou pour La mort. Ze triste 
Achéron, L'avare Achéron, 

ACHETER. V. a. {Tacheté. J'achetais. Ta- 
chèterai.) Acquérir quelque chose à prix 
éCarmeal.' Acheter des étoffes, des provisions, 
des livres, une maison, une terre^ Acheter 
argent comptant, au comptant, comptant. 
Acheter à crédit. Acheter à bon marché. 
Acheter cher. Acheter à vil prix. Acheter au 
poids de l'or. Acheter au double. Acheter en 
gros, en détail. J'ai acheté ek lui cette maison, 
cette montre, cechevaL 

Prov., Qui bon l'achète, bon le boit, se dit 
en parlant De vin ou de nuelque autre li- 
queur. Par extension, il s applique À tou- 
tes les denrées qu'on achète. 

Acheter des bans. Obtenir à prix d'argent 
dispense de faire publier des oans de ma- 
riage, à l'église. 

Acheter un homme. Lui payer une somme 
convenue pour qu'il remplace ua autre 
homme dans le service militaire. 

Acheter des voix, des suffrages. Se les 
procurer à prix d'argent, ou au moyen de 
ouelques avantages, de quelques faveurs. 
On ait dans un sens analogue, Acheter U 
silence de quelqu'un. 

Acheter une chose à quelqu'un, signifie 
quelquefois, L'acheter de lui. Je lui ai 
acheté un volume qu'il m'a fait payer cher. 
Fous ne sortirez pas de ma boutique sans 
m' acheter quelque chose. H signifie aussi. 
Acheter pour quelqu'un. Tai acheté une 
montre à mon fds pour ses étrennes, 

AcHETBB, signifie figurément, Obtenir 
quelque chose avec beaucoup de peine et 
ae difficulté. J'ai bien couru peur obtenir 
cette grâce, on nu l'a bien fait acheter, Cest 
une dignité qu'il a achetée au prix de son sang. 
C'est acheter cher un repentir, que de se rui* 
ner pour satisfaire ses passions. Fous me 
faites acheter bien cher la grâce que vous 
m'accordez, 

AcHBTB, BB. participe. 

ACHETEUR. S. m. Celui qui achète. JA 
vendeur et l'acheteur. 

Il signifie aussi. Celui qui a l'habitude 
et la passion d'acheter. C'est un grand aelie» 
teur. On lui donne quelquefois, en ce sens, 
un féminin. Cest une grande acheteuse, 

ACHÈVEMENT, s. m. Fin, exécution en- 
tière, accomplissement d'une chose. // ne 
manque plus qu'un portail pour l'achèvement 
de cette église. L'achèvement de son travail 
dépendra de sa santé. L'achèvement du Jjow* 
vre. 

Il se dit, figurément, de La perfection dont 
un ouvrage est susceptible. Il n'a pas pris 
le temps et les soins nécessaires pour facki» 
t'émeut de 4on owrage» 



ACl 

ACHETES, y. a. Finir une chose corn» 
mencée. Ils tmi achevé leur entreprise, Ji a 
fmi ackever sa galerie. On achèvera cela plus 
iard. Il itwmUk à achever sa tragédie, Jehe- 
ver un portrait. Cette aventure achè\'e sa 
ruine, sa honte, son malheur. Il achève de 
se ruiner, de se perdre, 

Jehever ses jours, ta carrière. Terminer 
ses jovrSy ta carrière. Il acheva ses Jours 
dans la retraite* Cet homme achève paisilde- 
nunt sa carrière. On dit de même, Adtever 
de vivre. 

AcHBTsa, signifie aussi, Porter le coup 
Bortei à quelqu'un qui est déjà blessé. Ce 
passant avait été blessé par des tfoleurs, il en 
est Tsènu dîaulres ^ui font achevé. 

Fig. et fam.y Fodà de quoi l'achever. 
Voilà de quoi consommer sa ruine, sa 
perte, son malheur. On dît dans le même 
sens, // ne lui fallait plus que cela pour ta- 
chever, pour Cacha^er de peindre; c'est pour 
tachever de peindre. 

AcBsva, ia. participe. 

11 est aussi adjectif; et alors il signifie, 
Accompli , parfait, qui a toutes les bonnes 
qualités de son genre. Un ouvrage achevé. 
Une beauté achevée. 

Il se dit également De ce qui eat extrê- 
mement mauvais dans son genre. Cest un 
fou achevé. Un sot achevé. Un scélérat achevé, 

ACHIIXÉB. s. f. T. de Botan. Genre de 
plantes à fleurs radiées et disposées en co- 
rymfae. La mUle^feuille est une espèce d'à- 
chiUée. 

ACHIT. s. m. T. de Botan. Espèce de vi- 
gne sauvage qui croit dans File de Kada- 
giscar. 

ACHOPPEMBHT* s. m. Il ne se dit guère 
que dans cette locution, Pierre i achoppe* 
ment, Occasion de faillir, de tomber dans 
rcrreor. La rencontre de cette femme a été 
une pierre ^achoppement pour lui, pour sa 
sagesse. De pansues propositions ^ont des 
pierres d'achoppement pour les faibles. 

Pierre dacnoppement, se dit aussi quel- 
quefois d'Un obstacle imprévu. L'affaire sera 
bientôt temu'née, si nous ne rencontrons pas 
quelque pierre d'achoppement. 

ACHOBES. s. m. pL T. de Médec. Nom 
donné par les anciens auteurs tantôt aux 
croûtes de lait, tantôt a des ulcérations su- 
perficielles qu'on observe à la tête et aux 
joncs , principalement chez les enfants. 

ACHKOHATIQUE. adj. des deux genres. 
T. d'Optique. Il se dit Des instruments qui 
font voir les images des objets colorées exac- 
tement comme lies objets mêmes, sans mé- 
lange de couleurs étrangères. Lunettes 
achromatiques. 

ACHROMATISME, s. m. T. d'Optique. 
Propriété ou effet des lunettes achromati- 
ques. 

AdlROHKHJE. adj. Foyez Acbojitqijs. 

A€I 

AGIBE. s. m. Substance solide, liquide » 
•o gazeuse, qui imprime sur la langue une 
saveur plus ou moins analogue à celle du 
vinaigre, et qui fait passer au rouge les 
coaleiirs bleues des ^égélBux. Jade végétal. 
Acide animal. Acide minénd. Acide acétique^ 
bonetqtu, nitrique, sulfttrique, carbonique, 



ACO 

ACn^E. adj. des deux genrea. Qui a Une 
saveur aigre. Fruit acide. Ces pommes sont 
bien acides. 

Il se dit , en Chimie, De ce qui jouit dea 
propriétés physiaues ou chimiques des aci- 
des. Liqueur aciae. Sel acide. 

AUJHTÉ. s. f. Qualité de ce qui est 
acide. L'acidité de V oseille, du verjus. 

ACIJ>ULE. adj. des deux genres. Qui est 
légèrement acide. Eaux minérales acidulés. 
Liqueur acidulé. 

ACiDULEft. V. a. Rendre une substance 
légèrement acide, lui communiquer une 
saveur aigrelette au moyen d'une petite 
quantité de quelque acide. Il faut acidider 
tes tisanes de ce malade. 

AciDui-B, ÉB. participe. Une boisson légè" 
rement acidulée. 

ACIER, s. ra. Nom que l'on donne au 
fer combiné avec le ctiarbon, et devenu 
susceptible d'acquérir, par certains procé- 
dés de l'art, un grand degré de aureté. 
Tremper de l'acier, Le faire rougir au feu , 
et le plonger dans de l'eau froide , pour le 
rendre plus dur. Acier bien trempé. Acier 
de bonne trempe. Acier de Damas, Lame d'a- 
cier. Ressort d'acier. De l'acier ctusant, élas- 
tique. On détrempe l'acier en le faisant rou- 
gir au feu. 

ACIÉRER. V. a. T. d'Arts. Convertir du 
fer en acier. Aciérer le fer. On l'emploie aussi 
avec le pronom personnel. Du fer qui com- 
mence à s'aciérer. 

AcrÉRÉ, ES. participe. 

ACIÉRIE, s. I. Usine où Ton fabrique Ta- 
cler. 

ACO 

ACOtiTTE. s. m. Clerc promu à l'un des 

3uatre ordres mineurs, et dont l'office est 
e porter les cierges, de préparer le feu, 
l'encensoir, le vin et l'eau, et de scmr à 
l'autel le prêtre, le diacre et le sous-diacre. 
Faire les fonctions d'acolyte à une grand 
messe. 

Il se dit familièrement, et en plaisantant, 
d'Une personne qui en accompagne une 
autre. 

AGOMAS ou ACOMAT. s. m. T. de Botan. 
Arbre des Antilles dont le bois est propre à 
la menuiserie et aux constructions navales. 

ACONIT, s. m. (On prononce Aeonite,) 
T. de Botan. Plante fort vénéneuse. 

ACOQUINANT, ANTE. adj. Qui aco- 
quine. Le feu est acoquinant. Une vie acoqui" 
tuinte. Il est familier. 

ACOQUINER. V. a. Attirer, attacher , 
retenir, faira contracter une habitude. Le 
métier de mendiant acoquine ceux qui Vont 
fait une fois. L'oisiveté acoquine. En mver^ le 
feu acoquine* IX est familier. 

Il s'emploie aussi avec le pronom persoi^ 
nel, ci signifie. S'attacher trop, s'adonner 
trop* Il s est acoquiné à ce pays4à. S'aco» 
quineraujeu. 

Il se dit également De quelques aninuittx 
domestiques. // ne faut pas qu'un chien de 
chasse s'acoquine à la cuisine. 

AcoQDiaa, za. participe. 

ACOTTLEDONE. adj. des deux genres. 
T. de Botan. Il se dit Des plantes dans les 
semences desquelles on n a point encore 
découvert de lobes ou cotylédons. Les cham» 



ACQ 



a3 



^pignons, les mousses, les fougères sont du 
plantes acotylédones. 

Il s'emploie quelquefois substantivement, 
au féminm. La classe des acotylédones. 

l-COUP. s. m. invariable. Mouvement 
saccadé, temps d'arrêt brusque. Il se dit 
en parlant Des mouvements de ce genre r 
et des temps d'arrêt qui nuisent à la préci- 
sion, à la régularité dans les cKercicea 
d'équîtation , et dans les manœuvres d'une 
troupe. Agir, marcher, trotter par à^oup. 
Si le guide dun peloton ne marche pas éga» 
lement, il occasionne des à^coup, 

ACOUSTIQUE, s. f. Science qui traite des 
sons et de leurs diverses qualités. Traitéd'u" 
coustique. 

AoMJSTiQva, est aussi adjectif des deux 
^res, et se dit De ce qui sert à produire,, 
a modifier, ou à percevoir les sons. Instru» 
ment acoustique. F'oitte acoustique. Cornet 
acoustique. En termes d'Anat., Conduit acou^ 
tique, nerf acoustique. 

ACQ 

ACQUIÎREUR. a. m. Celui qui acquiert. 
Il ne se dit guère que de Celui qui acquiert 
des biens immeubles. Acquéreur de oonne 
foi. Se rendre acquéreur d'une chose, L'acqué*. 
reur sera tenu de... Nouvel acquéreur. Tiers 
acquéreur, 

Prov. f Ilya plus de fous acquéreurs que 
de fous vendeurs, 

ACQUÉRIR. V. a. (J'acquiers, tu acquiers, 
il acquiert; nous acquérons, THrtts acquérez,.. 
ils acquièrent. J'acquérais. J'ai acquis. Tac» 
quis. J'acquerrai. Tacquerrais. Acquiers, 
Que f acquière. Que j'acquisse. Acq ué ran t , ) 
Devenir propriétaire d'une chose par achat 
ou par échange. Il se dit, particuhèrement, 
en parlant D'immeubles et d'autres choses 
qui procurent des profits ou des avantages 
constants. Acquérir une terre, une maison, 
un pré, une rente. Acquérir de ses deniers, 
des deniers dautrui. Acquérir du bien légiti^ 
mement. Acquérir du bien par de bonnes, par 
de maui'aises voies. Acquérir quelque chose 
en son nom , au nom a autrui, sous le nom 
d'un autre. Il a beaucoup acquis depuis quel' 
que temps. Il acquiert tous les jours. Il est 
eit état a acquérir. Acquérir les aroits de quel* 
qu'un. Acquérir un nouveau droit sur quelque 
chose. 

AcQuÉRiB , se dit figuréroent , en parlant 
De toutes les choses qui peuvent être mises 
au nombre des biens et des avantages réels. 
Acquérir de l'iuinneur, de la réputation, du 
crédit, de C autorité, de la science, du savoir. 
Il s'est acquis quantité d'aoïis. Il s'est acquis 
les bonnes grâces de son supérieur. Fous avez 
acquis de la gloire dans cette occasion. Ac- 
quérir des droits à l'estime publique. 

Il se dit également De certames choses 
qui augmentent en bonté, eu valeur. Ctfvm 
acquiert de la force. Ce domaine acquiert de 
la valeur. On dit absolument. Ce vin ac' 
quiert. 

Acquis, iSB. participe. Du bkn malacquis. 
Il y a des qualités naturelles et des qualités 
acquises» 

Ce droit m'est acquis, Il m'appartient in- 
cooteslablement, il ne peut m être disputé. 

Je vous suis acquis, Vous êtes assuré de 
mon attachement, de mon zèle à vous servir* 



a4 



ACQ 



On dit de mèmei Cet homme m'est acquis. 

Acquis , est aussi substantif, et se dit Des 
connaissances acquises. Cet avocat, ce méde- 
cin a de V acquis t beaucoup d'acquis» 

ACQUÊT, s. m. T. de Jurispr. Chose ac- 
quise, ce que l*on a acquis. Il ajait un bei 
acquêt. Dans ce sens, il est peu usité. 

Il se dit plus ordinairement, surtout au 
pluriel. Des biens acquis pendant le mariage 

Ear Tun ou l'autre des époux, et qui tom- 
ent dans la communauté; par opposition 
à Propres, Ceux qui restent la propriété 
exclusive de l'un des époux. Les acquêts 
et les propres. Il lui est permis de disposer 
de ses acquêts, Acqiiéts et conquéts. 

Prov., 7/ n'y a si bel acquêt que le don, 
Il n*y a point de bien plus agréablement et 
plus aisément acquis que celui qui nous est 
donné. 

AcQuâr, signifie aussi, familièrement, 
Avantage, profit, gain. Il n'y a pas grand 
acquêt à vendre cette marchandise-là. Fous 
aurez plus d^acquêt de le payer que de plai- 
der. Ce sens a vieilli. 

ACQUÊTER. V. a. T. de Jurispr. Acquérir 
un immeuble par un acte quelconque. Il 
est vieux. 

AcQuiTÉ , SB. participe. 

ACQUIESCEMENT. S. m. Action par la- 
quelle on défère, on se soumet à quelque 
chose, on se conforme aux volontés, aux 
sentiments d^autrui. Un entier acquiescement 
aux volontés de quelqu'un. Acquiescement à 
la sentence, à la demande. Acquiescement à la 
ifûlontê de Dieu. On ne peut rejuser son ac- 
quiescement à une proposition si bien démon* 
trêe, 

ACQUIESCER, v. n. Déférer, céder, se 
soumettre. Ils acquiescèrent à ce qu'on sou* 
haitait d'eux. Acquiescer aux sentiments, 
aux volontés d'autrui. Acquiescer à une de- 
mande, à une sentence. 

ACQUISITION, s. f. Action d'acquérir. 
Faire un contrat <t acquisition. Faire une ac- 
quisition. Il a jait acquisition, l'acquisition 
d'une belle terre. 

Il signifie aussi , La chose acquise. Bonne 
acquisition. Il lui a cédé son acquisition. Ve- 
nez voir ma nouvelle acquisition, 

ACQUIT. S. m. T. de Finance. Quittance, 
décharge. J'en ai un bon acquit. Je fournirai 
des acquits bons et iHilaUes. Mettez votre ac- 
quit au bas de ce billet. En i*ecevant le mon- 
tant d'un billet, d'un mémoire, etc., on 
écrit au bas. Pour acquit, et l'on signe. 

Acquit de douane. Reçu constatant qu'on 
a payé les droits d'entrée ou de sortie de 
certaines marchandises. 

Payer une chose à l'acquit ou en l'acquit 
d'un autre, La payer à la décharge a un 
autre. J'ai payé cela en l'acquit de la succes- 
sion. On ait de même, Cela va à l'acquit 
d'un tel, des mineurs, etc. 

Fig. et fam.. Faire quelque chose à Vacqnit 
de sa conscience, pour f acquit de sa con- 
science. Pour n'en avoir pas la conscience 
chargée. 

Au Jeu, Jouera Vacquit, se dit Lorsque, 
dans une partie de plusieurs personnes, 
ceux qui ont perdu jouent entre eux à qui 
payera le tout. 

Fam. , Faire quelque chose par manière 
d'acquit, Négligemment, et seulement parce 
qn'on ne peut s'en dispenser. 



ACQ 

Acquit, au Jeu de billard, se dit Du 

Eremier coup où l'on ne fait que placer sa 
ille, sur laquelle l'adversaire doit jouer. 
Donner un bon acquit, un mauvais acquit. 
Donnez votre acquit. 

ACQUIT-1-CAUTION. 8. m. Autorisation 
que les employés d'une administration fis- 
cale délivrent sur papier timbré, pour que 
telle marchandise qui n'a point encore payé 
les droits de consommation , puisse libre- 
ment circuler d'un entrepôt à un autre, 
sous la garantie qu'elle parviendra à sa des- 
tination. 

ACQUIT-PATENT. S. m. Vof^-ez Vatkscs. 

ACQUITTEMENT, s. m. Il se dit de L'ac- 
tion d'acquitter, en parlant De dettes ou 
d'obligations pécuniaires. L'acquittement, 
l'entier acquittement des dettes d'une succes- 
sion. 

Il signifie, en Droit criminel, Le ren- 
voi d'un individu déclaré non coupable. L'ac- 
quittement des accusés a été prononcé. 

ACQUITTER, v.a. Rendre quitte, libérer 
de dettes. Il se dit en parlant Des personnes 
et des choses. // a acquitté son ami, son pa- 
rent, sa famille. Il a acquitté la succession. 
Il s'est obligé de m* acquit ter et indemniser. 
J'ai acquitté entièrement cette propriété. Il de- 
\*ait sur sa charge, mais il l'a tout à fait ac- 
quittée. On l'emploie souvent avec le pro- 
nom personnel. // s'est bien acquitté depuis 
tel temps. Il s'est acquitté de vingt mille francs 
depuis peu. 

Prov., Qui s'acquitte, s'enrichit. 

Acquitter une lettre de change, un billet à 
ordre, un mémoire. Constater, en y appo- 
sant sa signature au bas des mots Pour ac- 
quit, que le montant en a été payé. 

Fig. , Acquitter sa promesse, sa parole. 
Remplir la promesse qu'on a faite. 

Fig., Acquitter sa conscience. Faire ce 
qu'on croit être obligé de faire en con- 
science. 

AcQuiTTBB , signifie aussi. Payer. // a ac- 
quitté toutes les dettes de sa famille. 

Acquitter un contrat, une obligation. Payer 
les sommes portées par ce contrat, -par 
cette obligation. 

AcQuiTTBR, en Matière criminelle, signi- 
fie, Renvoyer absous d'une accusation. Ses 
juges viennent de l'acquitter. Il n'a été ac- 
quitté que d'une voix, 

AcQpiTTKB , s'emploie figurément avec le 
pronom personnel, dans la signification de 
Satisfaire à un devoir, le remplir. S'acquit- 
ter d'un devoir, d'une obligation; s'en acquit- 
ter bien, s'en acquitter mal. S'acquittera une 
commission. Il s acquitte bien de sa charge, 
de ses fonctions. H s'acquitte bien de tout ce 
qu'il fait. Il s'acquitte bien de cet emploi. H 
s'en acquitte dignement. Elle s'en est fort bien 
acquittée. « 

S'acquitter des obligations qu'on a à quel- 
u'un. Les reconnaître par ses services. On 
it dans le même sens, S'acquitter envers 
quelqu'un. 

Acquitter, avec le pronom personnel, 
signifie également, aux difTérents Jeux, Re- 
gagner ce qu'on a perdu et rester quitte à 
quitte, f ai joué contre lui jusqu'à ce qu'il se 
fût acquitté. 

Il signifie, au Jeu de billard. Jouer le pre- 
mier coup pour placer la bille sur laquelle 



l 



ACT 

l'adversaire doit jouer. On dit plus ordi* 
nairement, Donner son acquit. 

AcQuiTTi , BB. participe. Un compte ac« 
quitté. Une lettre de change acquittée. 

ACR 

ACRE. S. f. (La première syllabe est 
brève. ) Mesure de terre employée en di* 
vers pays, et d'une étendue différente selon 
les localités. Cent acres de terre, de pré. 

Acre. adî. des deux genres. Qui a quel- 
que chose de piquant, de mordicant, de 
corrosif, etc. Une bile dcre. Des humeurs 
acres. Le suc de cette plante est acre. Cela 
est dcre au goât, est a un goût dcre. La sa- 
veur dcre se fait sentir au fond de la gorge. 

Il se dit quelquefois au figuré. Son hu* 
meur est dcre. Il y a toujours quelque chose 
(Tdcre dans ses discours. Un ton acre. Une 
critique très-acre. 

ACRETli. s. f. Qualité de ce qui est acre. 
L'dcreté du sel. L'âcreté de la bile. 

Il se dit aussi figurément. Ax^oir de l'â- 
creté dans r humeur. 

ACRIMONIE, s. f. Acreté. L'acrinwnie du 
sel. Les médecins ont disputé longtemps sur 
l'acrimonie des humeurs. 

Il se dit aussi figurément. // y a de Vacri- 
monie dans son caractère, dans ses discours. 

ACRIMONIEUX , EUSE. adj. Qui a de 
l'acrimonie. Ces sels sont acrimonieux. 

Il s'emploie aussi figurément. Caractère, 
discours acrimonieux. 

ACROBATE. S. des deux genres. Danseur, 
danseuse de corde. 

ACRONTQUE. adj. des deux genres. T. 
d'Astron. On ^ypi^Xe Lever acronyque. Celui 
d'un astre qui se lève lorsque le soleil se 
couche ; et Coucher acronyque. Celui d'un 
astre qui se couche lorsque le soleil se lève. 
Quelques-uns écrivent, Achronique. 

ACROSTICHE, s. m. Ouvrage composé 
d'autant de vers qu'il y a de lettres dans le 
nom qu'on a pris pour sujet, et dont cha- 
que vers commence par une des lettres de 
ce nom prises de suite. Un acrostiche ingé* 
nieux. Un sonnet par acrostiche. 

Il est aussi aajectif des deux genres. 
Sonnets acrostiches. Vers acrostiches. 

ACROTÈRE. s. m. T. d'Archît. Il se 
dit de Ces espèces de piédestaux que l'on 
met d'espace en espace clans les balustrades^ 
de maniera que les baluslres répondent sur 
le vide, et les acrotères sur le plein. 

Il s'applique également Aux piédestaux 
des figures que les anciens plaçaient sur 
les extrémité rampantes et au sommet des 
frontons des temples. 

ACT 

ACTE. S. m. Action d'un agent, opéra* 
tion. La création du monde est un acte de la 
puissance de Dieu. Acte de l'entendement. 
Acte volontaire, instinctif, etc. Les mêmes 
actes plusieurs fois répétés forment l'habitude. 

Il se dit, en Logique, par opposition à ce 
qu'on appelle Puissance, c'est-a-dire, Capa* 
cité d'agir qui n'agit pas encore. Réduire ta 
puissance à Vacte. La conséquence est bonnt 
de l'acte à la puissance, 

AcTK, en termes de Morale, se dît géné« 
ralement de Toute sorte d'actions bonaea 



ACT 

on mau¥»Î8es. Acte de vertu, de piété, de 
géaérosité, de justice, de modération, degrart" 
deur d'âme, de prudence, de courage, etc. 
Jcte de scélératesse, de perfidie, tTingrati' 
tude, de perversité, etc. 

U se ait également Des diverses actions 
considérées par rapport à leurs consé(]uen- 
ces, à leurs résultats avantageux ou nuisibles. 
Cest taete le plus important de votre vie. 
Réfléchissez bien à Vacte que vous allex faire. 
Consommer un acte. Fous êtes responsable 
de ses actes. Cet acte irréfléchi le compromet 
beaucoup» Les actes de son administration, de 
sa gestion. 

Acte de folie, de démence, etc., Action 
par laquelle la folie* la démence, etc., se 
manifeste. On le dit le plus souvent par 
exagération. En prenant ce parti, il a fait 
un acte de foUe. 

kxrsn, se dit plus particulièrement Des 
mouvemenis vertueux que l'âme produit au 
dedans d'elle-même , et principalement de 
Tout ce oui regarde la religion. Acte de 
foi. Acte Je cofitrition. Acte d'humilité. En 
ce sens, il se dit aussi de Certaines for- 
mules où ces divers sentiments religieux 
sont exprimés. Fous trouverez dans ce livre 
Je prières les actes de foi, de contrition, etc. 

Acte d'autorité. Action par laquelle on 
ose de son autorité, de son pouvoir. Il se 
dit le plus souvent en parlant Du gouver- 
nement , et il se prend quelquefois en mau- 
vaise part. Cet acte d'autorité ré%*olta tout 
le monde. Il fallait un acte d'autorité pour 
étouffer la rébellion. 

Acte arbitraire. Acte d'autorité qui n'est 
fondé sur aucune loi. 

Acte hostile, acte d'hostilité. Acte d'a- 
gression par lequel un gouvernement, un 
parti se met en état de guerre contre un 
autre. 

Acte de soumission, Action par laquelle 
on témoigne se novaneiite.FMreacte de sou- 
mission. 

Acte d^ présence. Action de se présenter 
un moment en quelque endroit , pour satis- 
faire à qpelque devoir, ou par pure civilité. 
Après avoir jait acte de présence, il se retira. 

Acte de complaisance. Action, démarche 
à laauelle on n'est point obligé, et dont on 
ne s acquitte que par bonté de caractère 
ou par facilité d'humeur. En vous rendant 
ù mon invitation, vous avez fait acte de com^ 
plaisance. Cest un acte dépure complaistuice. 
Il na jamais fait un acte de complaisance. 

Acte de bonne volonté. Action , démarche 
que l'on fait sans en espérer de succès, 
uniquement pour prouver l'intérêt que l'on 
prend à quelqu'un. Je n'obtiendrai pas ce 
^ud me prie de solliciter pour lui; mais, je 
veux faire acte de bonne volonté. 

En Jurispr., Faire acte d'héritier. Faire 
OD acte ou des actes qui supposent que Ton 
a dessein de se porter héritier. On ait dans 
une signification analogue, Faire acte de 
possession. 

AciK, en termes de Jurisprudence, se dit 
AUSSI de Tout ce qui se fait entre particu- 
liers, avec ou sans le ministère d'un officier 
de justice, soit en jugement, soit hors du 
jugement Acte judiciaire. Acte extrajudi- 
€iaire. Acte passé par-devant notaires. Pas- 
ser un acte. Signer un acte. Prendre un 
acte au greffe, un acte de soumission. Acte 
Tome I. 



ACT 

conservatoire. L'audience sera poursuivie sur 
un simple acte d'avoué à avoué. La formule 
d'un acte. Acte faux. Acte nul. 

Il se dit également en parlant Des décla- 
rations faites devant un tribunal , soit spon- 
tanément, soit d'après l'ordre de la justice, 
et dont on a constaté l'existence. Demander 
acte. Prendre acte de sa comparution. On lui 
a donné acte de sa plainte. Acte de désaveu. 
J'en ai l'acte à la main. On dit quelquefois 
dans le langage ordinaire , Prendre acte de la 
déclaration, de l'ai'eu de quelqu'un. Déclarer 

3u'on se prévaudra , dans l'occasion , de la 
êclaration, de l'aveu qu'il vient de faire. 

Prov. et fig. , Je prends acte de ma dili- 
gence, de mon exactitude, se dit Lorsqu'on 
arrive des premiers à un rendez-vous. 

Acte de dernière volonté, se dit quelque- 
fois d'Un testament. 

Acte sous seing privé. Acte fait entre par- 
ticuliers et signé par eux, sans l'intervention 
d'un officier public. 

Acte double. Acte public ou privé, dont 
on fait deux originaux semblables. 

Actes publics, solennels, authentiques. 
Ceux qui émanent d'officiers publics, ou 
dans lesquels interviennent des officiers 

Ï oublies agissant dans l'exercice de leurs 
onctions. 

Actes de l'état civil. Ceux par lesquels 
des officiers publics constatent les nais- 
sances, les décès, les mariages, etc. Acte de 
naissance, de décès, de mariage. L'extrait 
d'un acte de l'état civil. On dit dans un sens 
analogue. Acte de notoriété. 

Acte d'accusation, L'exposé des faits qui 
sont imputés à un accusé. 

AcTB, se dit en outre, surtout au plu- 
riel. Des décisions de l'autorité publique. 
Les actes de l'autorité. Les actes du sénat. Le 
sénat cassa les actes de Néron. Acte admi- 
nistratif. Censurer les actes du gouvernement.- 
Acte d'amnistie. 

Acte capitulaire. Délibération prise dans 
un chapitre de chanoines ou de religieux. 

Actes, au pluriel, se dit aussi Des re- 
gistres, des recueils où sont réunies les dé- 
cisions de l'autorité. Les actes du parlement 
d'Angleterre. Les actes des conciles. Cela est 
extrait des actes publics. 

Il se dit encore Des journaux ou mé- 
moires faits par certaines sociétés de savants 
ou d'hommes de lettres, l^es Actes de la 
société de Leipsick. 

Les Actes des apôtres. Livre canonique 
écrit par saint Luc, et contenant une partie 
de l'histoire des apôtres. 

Acte, en termes d'École, se dit d'Une 
dispute publique où l'on soutient des thè- 
ses. Faire un acte. Soutenir un acte. Présider 
à un acte. Assister à un acte. Un acte de phi- 
losophie. Un acte de théologie. Un acte en 
Soroonne, Un acte aux écoles de droit, de 
médecine. 

Acte, dans l'Art dramatique, se dit de 
Chacune des parties principales dont une 
pièce de théâtre est composée, et entre les- 
quelles il y a un intervalle. Une pièce de 
trois actes, de cinq actes, ou mieux, en trois 
actes, en cinq actes. Tous les actes de cette 
tragédie ne sont pas de la même force. Les 
actes se divisent en scènes. 

Pièce d'un acte, en un acte. Pièce de 
théâtre dont toute l'action est reufei'mée 



ACT 



a5 



dans un seul acte. Les Précieuses ridicules 
de Molière sont une pièce en un acte. On dit 
quelquefois absolument, Un acte, pour si- 
gnifier. Une pièce en un acte. // vient de 
donner un joli acte à la Comédie française. 

ACTEUR y TRICE. s. Celui , celle (jui re- 
présente un personnage dans une pièce de 
théâtre. Les acteurs sont prêts, on va com- 
mencer. Il faut cinq acteurs pour représenter 
cette pièce. On applaudit l acteur, mais on 
siffla la pièce. 

Il signifie aussi, Celui, celle qui exerce 
la profession de comédien, de comédienne. 
Se faire acteur, actrice. Bon acteur. Grand 
acteur. Mauvais acteur. Excellente actrice. 
Former un acteur. 

Il se dit, figurément, de Celui qui a une 
part active dans la conduite, dans l'exécu- 
tion d'une affaire. // a été un des principaux 
acteurs dans cette négociation. Il fut un des 
acteurs de la scène qu'on joua pour trom- 
per cette personne. On dit de même , Être 
acteur dans un éi'énement, dans une aventure, 
l'un des acteurs d'une aventure, etc. 

Il se dit familièrement, dans le même 
sens, en parlant Des parties de jeu, des 
parties de plaisir. // nous manque un acteur, 

ACTIF, IVE. adj. Qui agit, ou qui a la 
vertu d'agir. Il se dit par opposition à Pas- 
sif. Qualités actives. Principe actif. L'esprit 
est actif, la matière est passive. 

Dettes actives. Les sommes dont on est 
créancier; par opposition à Dettes passives , 
Celles dont on est débiteur. On dit substan- 
tivement dans le même sens. L'actif et le 
passif. Son actif s'élève à trente mille francs p 
et son passif à dix mille» 

En parlant D'élections , Ainnr voix active 
et passive. Avoir droit d'élire et d'être élu. 
Les électeurs payant cinq cents francs de 
contribution ont voix active et passive. 

Prendre une part active dans une affaire, 
Y concourir de son action, de son in- 
fluence. Je laisserai faire, et ne prendrai 
point de part active à tout cela. 

Actif, signifie aussi, Qui agit avec 
promptitude, avec force, avec énergie. Ce 
remède , ce poison est très-actif, 

U signifie, encore, Qui est agissant, dili- 
gent, laborieux. Cest un homme actif, extrê- 
mement actif. Un esprit actif. 

En matière de Dévotion , Fie active. Celle 
qui consiste dans les actions extérieures de 
piété; par opposition à Fie contemplatii*e. 
Celle qui consiste dans les sentiments et les 
aHections de l'âme. 

Dans l'Administr. militaire , Service actif. 
Le temps durant lequel un militaii*e est sous 
les drapeaux. La durée du service actif est 
bornée a trente ans. 

Actif, en termes de Grammaire, ae dit 
Des verbes et des participes oui expriment 
une action dont l'objet imméaiat est énoncé 
ou sous-entendu. Ainsi, dans ces phrases, 
Aimer Dieu, servir son ami, bâtir une mai^ 
son, etc., les verbes Aimer, servir et bdtir 
sont des verbes actifs; et dans celles-ci. Ai* 
mant Dieu, servant son ami, etc., les parti- 
cipes Ainuxnt et sentant sont des participes 
actifs. Voyez Pabticifs. 

U se dit également De ce qui a rapport» 
de ce qui est propre à ces verbes et a ces 
participes. La voix actii'e et la voix passive. 
Signification active. Sens actif * 



a6 



ACT 




x'if» Conjuguer Vacitf d un 
passif. 

ACTIOIf. 8. f. L'opération d'un agent 
quelconque, physique, chimique, méca- 
nique , immatériel. L'action du feu sur le 
bois, sur les métaux. L'action du soleil , de 
la lumière sur les plantes. L'action du levier 
sur une masse. Une action rapide, forte, 
vive , soudaine , , instantanée , momentanée, 
• L'action et la réaction des corps les uns sur 
les autres. L'action de Véme sur le corps, de 
la pensée sur les actes, de Dieu sur toute la 
nature. 

Il se dit particulièrement Des actes de 
l'homme, tant physiques qu'intellectuels. 
jtctionvitaie , naturelle, mécanique. L'action 
de marcher, de courir. L'action de penser ^ 
de r^Uchir, de se soui'enir. 

Il s'emploie souvent par rapport à la 
morale, et se dit généralement de Tout ce 
qu'on fait. Bonne action. Matnwse action. 
Filaine action, jiciion noire, lâche. Action 
généreuse. Faire de belles actions. S'illustrer 
par de grandes actions. Cet officier a fait plw 
sieurs actions d'éclat. 

Il se dit quelquefois de Ce qu'on fait, 
par opposition à Ce qu'on dit. Ses actions 
ne répondent pas à ses discours. Il faut des 
actions et non pas des paroles. Il nous faut 
des hommes a action, et non des discou" 
reurs. 

Action de grâces, Remerclment, témoi- 
gnage de reoonnaissanee. Bendre mille ac» 
iions de grâces. Le Te Deum htt chanté en 
action de grâces. On lui rendit de très4kumâles 
actions de grâces. 

AonoK, se dit auasi , dans une acception 
générique, d'Un combat , d'un engagement 
entre de^ troupes. Les deux armées étaient 
si près l'une de l'autre, qu'elles ne pouvaient 
se séparer sans qu'il y eût quelque action. 
Cest un officier tulmirable pour un jour d'ac- 
tion. Engager une action. L'action est devenue 
générale. 

Il se dit plus particulièrement d'Une 
petite bataille. L'action de Bléneaufut une 
traire décisive. On ne ponm^ît pas dire, 
L action de Zama, de Fontenoy, d'Auster» 
Utz, etc. 

Entrer en action , se dit Des troopes qui 
commencent à agir. Les armées entrèrent 
tard en action. Cette locution a vieilli. 

AcTiov, signifie aussi, La véhémence, 
la chaleur à dire ou à faire quelque chose. 
Parier avec action. Parler d^ action. Ce qu'il 
fait, il le fait avec action. Mettre de l'action 
dans tout ce qu'on fait. 

Être en action, Être en mouvement, se 
remuer, s'agiter souvent. Cest un homme 
jui est toujours en action. Ce cheval est tou- 
pmrs en action, Il s'agite continuellement. 

AcTiov, se dit encore de La contenance, 
dn maintien , dn geste d'une personne. 
Cest son action ordinaire de hausser les 
épaules, de pencha la tête. Il se tmt long- 
temps devant lui en action de suppliant. Ce 
«ens est peu usité. 

Il se dit plus particttlièrement de Tout 
OB qui regarde la contenance , le mouve- 
ment du corps, les gestes de l'orateur, de 
l'acteur. Ce prédicateur n'a point exaction. 
Il a l'action belle, noble, libre, aisée. Cet 



ACT 

acteur a l'action froide, cùntntinte. Action 
oratoire. Action théâtrale. 

Langage d'action. Signes naturels ou ar- 
tificiels au moyen desquels on supplée à la 
parole. 

AcTiov, se dit aussi d'Un discours pu- 
blic» tel qu'un sermon, une harangue, un 
plaidoyer. Une action publique. Ce sens a 
vieilli. 

AcnoN , en parlant De quelques anciens 
conciles, désigne. Ce que, dans les der- 
niers conciles , on a appelé Session. Dans 
la première action, dans la seconde action 
du concile, il fut délibéré. 

Acnoir, se dit en outre d'Une demande , 
d'une poursuite en justice. Action crimi- 
nelle. Adion civile. Action au civil, au cri. 
minel. Action personnelle. Action réelle. Ac- 
tion mixte. Action de rapt. Intenter action 
en justice. Action principale. Action en ga- 
rantie. 

Il signifie aussi. Le droit qu'on a de for- 
mer une demande en justice. Avoir action 
contre quelqu'un. Le mari exerce les actions 
de la femme, et le tuieur celles du mineur. 
Il l'a subrogé en tous ses droits , noms et ac- 
tions. 

AcTioH, se dit encore Du principal évé- 
nement qui fait le sujet d'une pièce de 
théâtre ou d*un poème épique. Il faut dans 
un poème dramatique qu il ^' ait unité d'ac- 
tion. Cet épisode n'a point de rapport à la 
principak action du poème. Une pièce régu- 
lière ne doit point avoir duplicité exaction. 
Action simple. Action compiiquée. L'action 
est bien ménagée, est conduite at'ec art. 

Il y a beaucoup d action dans cette tra- 
gédie, dans cette comédie, La plupart des 
événements s'y passent en action , et non en 
récit; ils y sont nombreux, variés, impor- 
tants, et bien enchaînés entre eux. On dit 
dans un sens contraire, Cette tragédie, cette 
comédie manque daction. 

AcnoMf se dit aussi de La part qu'on a 
dans les bénéfices d'une compagnie de 
commerce, on de quelque autre société 
utile. Il se dit aussi Du titre qui constitue 
cette part. Action de la compagnie des In- 
des, ae la banque de France. Avoir une ac- 
tion à la tontine. Une action de mille francs. 
Créer, proposer des actions. Prenare une 
action. Action naminatt%*e. Action au porteur. 
Fendre, acheter, négocier des actions. Les 
actions ont haussé, ont baissé. 

Fig. et fam.. Ses actions haussent, ses 
actions baissent, se dît De quelqu'un dont 
la réputation, dont le crédit s'accroit ou 
diminue 

ACTIONNAIRE. 8. des deux genres. T. 
de Finance et de Commerce. Celui ou celle 
qui a une ou plusieurs actions dans une 
compagnie de finance ou de commerce. Les 
actionnaires de la banque de France. Nous 
sommes actionnaires dans l'entreprise d'un 
chemin de fer, d^un canal. Un actionnaire 
du théâtre du Faudanlle. 

.ACTIONNER, v. a. T. de Droit. Agir 
contre quelqu'un en justice, intenter ac- 
tion contre lui. ^7/ ne paye pas, il faudra 
le faire actionner, l'actionner. 

Acnonnà , is. participe. 

ACTIVEMENT, adv. D'une manière ac- 
tive. Cela n'a pas été conduit assez active- 
ment. Une s'est pas conduit activement dans 



JLCU 

ce procès , Il n'a point patu agir » concourir 
k 1 action. 

Ce mot est d'un fréquent usage en Gram« 
maire. On dit, pu* exemple. D'un verbe 
neutre, // s'emploie quelquefois activement. 
Il s'emploie quelquerois dans une significa- 
tion active. Ainsi , Parler, qui est un verbe , 
neutre, s'emploie activement dans cette 
phrase, Cest un homme qui parle bien sa 
tangue. 

ACTIViré. s. f. Faculté active, puissance 
d'agir. L'activité du feu. L'activité des esprits. 
L'activité de l'âme. 

En Physiq. , Sphère d'activité, L'espace 
dans lequel la iaculté dagir d'un agent 
naturel est renfermée, et hors duquel il 
n'a point d*action appréciable. 

Fig. , Sphère d'activité, se dit quelquefois 
Du cercle, de l'étendue des entreprises , 
des travaux, des projets dont un homme 
s'occupe, et pour lesquels il dirige et fait 
agir avec lui un certain nombre de per- 
sonnes. Malheur à ceux qui se trouvent 
placés dans sa sphère d'activité. Us n'ont 
aucun repos. Sa sphère d'activité n'est pas 
fort étenaue. 

Agtivitb, signifie figurément, Diligence, 

{Promptitude, vivacité dans l'action, dans 
e travail, f admire l'activité de cet homme. 
Il est d'une grande activité. Il a de l'activité , 
beaucoup d'activité. On poursuit ces travaux 
avec beaucoup d'activité. Donner de lactivité 
à des tnn*aux. Mettre de l'activité dans une 
affaire. 

Être en activité de service, en activité. 
Servir actuellement , exercer actuellement 
les fonctions de sa place, de son grade , 
etc. H est nommé depuis un an, mais il n'y 
a que six mois qu'il est en activité de ser- 
vice, en activité. On dit souvent, par op- 
position, dans l'Administration militaire, 
rfon^ictivité. 

ACTUEL, ELLE. adj. Eirectif, rM.Paye^ 
ment actuel. 

Il signifie aussi, Présent, qui a Heu, ou 
qui a cours , qui est usité dans le moment 
présent. Le moment actuel, La stuson aC' 
tuelle. L'état actuel. Les mœurs actuelles. La 
monnaie actneUe. Le langage actueL 

il s'emploie dans plusieurs phrases dn ' 
langage didactique, par opposition à di- 
verses qualifications. Ainsi, rolonté actuelle, 
se dit par opposition à Folonté potentielle; 
Intention actuelle, par opposition à Inten- 
tion virtuelle; Grâce actuelle, par opposi- 
tion à Grâce habituelle ; et , Péché actud , 
par opposition à Péché origtnei. On dit 
aussi, Cautère actuel: voyez Caut^eb. 

ACTDELLEHENT. adv. Présentement, 
au moment où l'on parle. On juge actuel- 
lement mon procès. Il demeure actuellement 
en tel endroit. 

Acr 

ACCMINÉy iB. adj. T. de BoUn. II se 
dit Des feuilles, des bractées, des divi- 
sions du calice, etc., lorsque leur extré- 
mité offre une pointe allongée et très-aigu^. 
Les feuilles du cornouiller mâle sont acu» 
minées. 

ACUPONCTURE, s. f. Opération chirur- 
gicale fort usitée chez les Chinois, les Ja- 
ponais et les peuples de llnde, laquelle 



amsfele à piquer une ptrlie saine ou iim* 
Ude arec une aiguille a*or ou d'argent. 

ACI7TA1V6LB. adj. T. de Géom. Il se dit 
D'un triangle dont les trois angles sont aigus. 

ADA 

ADAGE, s. m. Proiverbe, seotenoe popu- 
laire. Cesi um vieii adage. On dit en commun 



Ne parier que par adages, Affecter un 
ton sentendeux. , 

Les jidages d'Érasme, Recueil qu^Érasme 
a Aât des proTerbes de la langue grecque et 
«le la langue latine. 

ADAGIO, adv. T. de Musique, emprunté 
de Pitalien, et qui veut dire, À l'aise, sans 
se presser» lentement. H se met à la tête 
d*un air, pour marquer que cet air doit être 
joué d'un mouTcment lent, mais moins 
\ra/i que le mouvement indiqué par Largo. 
Ce morceau doit Are joué adagio. 

Il se dit aussi, substantivement, de L*air 
même. Vn hd adagio, 

ADAFTATI09. s. f. Action d'adapter. 
Il est peu usité. 

ADAPTES. ▼. a. Appliquer, ajuster une 
diose à une autre. Aéapier un récipient au 
tkapiê e uu d'urne cormse, 

U se dit aussi De l'appKcation qu'on Ikit 
dTan mot, <Pun passage à une personne, à 
un sujet. Ce prédicateur a cité ptasieurs pas» 
sages de i'Écriiure qu'ii a très-iien adaptés à 



n s'emploie avec le pronom personnel. Ce 
e o mv ertk s'adapte bien à son vase. Cette épi^ 
gmphe s'adapte tèen mm sujet de votre oU" 

ADAPri, ^s. participe. Couverde mai 
adapté à sa Mte. Comparaison mal adapta. 
Fers 6kn adapté. Passage bien adapté. 

ADATIS. s. m. Mcfussenne des Incles orien- 
tales. Les adatis les plus estimés se font au 



ADD 

A^Dmoir. s. f. (On pnMiooee les deux 
D. ) Ce qm\M ajoute, ce qui est ajouté à 
qoelcpBeoboae» Amv des tmdttions, de nom' 
ireuMS, de tangues additions. Un livre avec 
dea corre ct ions et desaddahms. 

En termes d'ancienne Pratique, Informer' 
ptsr addition p Ajouter une neuvelle infor- 
mation à la première. 

AnvRio», se dit aussi de La première 
règle d'arithmétique, qui etnelcne^ qui sert 
il tfoufer la somme totale de plusieurs 
nombres ajoutés l'un à l'autre. // no sait 
esemore qme Cmdditionm 

Faire une mMMuiy Pratiquer oe que la 
rhff/o d^addition eaneigne. On dit de même : 
~ ia pretsre d'wm addition. CetÊtaddition 
nme^ 'ist eatatte. Sêc. 

Aninnev, en termesdlmpr{nMBrie,se dit 
' lias, des dlaliona» des petites notes 
plne<ts en marge d'un teste, hors de la 
j^tlfimion. 

AMMTMIflfM., DU», aéj. Qui dett 
étie ^outé, qui eM ajouté. Cotte disposition 
ajrmmt été omémée dain tatoi^ omtn Jera Tué- 
/et d^un mrtieie additi o nme i é Cimuse addUiom^ 



ADA 

additionnel. Partie allquote d'un impôt, qui 
s'y ajoute, et qu'on fait payer en sus par les 
contribuables. Principal et centimes addi- 
tionnels. 

ADDITIONNCRé v. a. Ajouter plusieurs 
nombres l'un à l'autre, pour en trouver le 
total. Il faut additionner toutes ces sommes. 

AnniTioiiirB, in. participe. 

ADDUCTEUR, adj. m. T. d'Anat. Il se 
dit De différents muscles dont la fonction 
est de rapprocher de l'axe du corps les 
parties auxquelles ils sont attachés. MuS' 
des adducteurs. 

Il s'emploie aussi substantivement Les 
adducteurs de la cuisse. L'adducteur du 
pouce, du petit doigt. 

ADDUGTlOir. s. f. T. d'Anat. Action des 
muscles adducteurs. 

ADB 

ADEMPTION. s. f. T. de Jurispr. Révo- 
cation d*un legs, d'une donation. II est peu 
usité. 

ADEPTE, s. m. n s'est dit proprement de 
Ceux qui croyaient être parvenus au grand 
œuvre. 

Il signifie, par extension, Celui qui est 
initié dans les mystères d'une secte ou dans 
les secrets d'une science. Cela passe mes 
connaissances! je ne suis pas un adepte. En 
ce sens, il prend aussi le féminin. Une jeune 
adepte. 

ADÉQUAT, ATE. adj. (U se prononce 
OU.) T. de Philosophie. Entier, total, d'une 
étendue, d'une compréhension égale. L'ob- 
jet adéquat d'une science. L'idée adéquate 
dune chose. Une bonne définition doit être 
adéquate, c'est-à-dire qu'eue doit convenir à 
Cobjet défini tout entier, et ne convenir qu'à 
lui seuL 

ADH 

ADBtftBircS* s. f. Union , jonction > état 
d'une chose qui tient à une autre. L'^bé^ 
renée dethuxcorps entre eux. il y avait adké- 
remee dupoumum aux côtes. L'adhérente de la 
pierre à la vessie. 

U si^ifie figurément, Attachement à un 
mauvais parti, à une mauvaise opinion. On 
l'accusait et adhérence au parti des rebelles, 
aux opinions des hérétiques. Ce sens vieillit. 

ADhAbbNT, BlfTB.adj. Qui estattaché, 
joint à quelque chose, qui y ttent. Une pierre 
adhérente à la vessie* Âoott U poumon adhé" 
rent aux câtes* 

AoHBRBHT, s'emploie aussi comme sub* 
stantif,et signifie, Celui qui est du sentiment, 
du parti de quelqu'un. Dans ce sens, il ne 
se ait guère qu'en mauvaise part, et on 
l'emploie plus ordinairement au pluriel. // 
fut condamné avec ses adhérents. Ses fauteurs 
et adhérents. 

ADBéDm* y. n. Être atUcfaé, tenir à 
quelque chose. En l'ouvramt, on trouva que 
son paemnon adhérait amx côtes, mte la pierre 
adiirmtt à ia vessie, L'éeoree de cet arbre 
adhère jortememi au bois» 

Il signifie figurément , Être du sentiment 
ou du parti de quelqu'un. // adhère à tout 
ce que vous dites. Adhérer aux fantaisies, 
aux opinions dautrui. Tous ceux qui ont 



ADI 



a; 



— adhère à ce partêdà. Adhérer à une doctrine, 

Sa matière d*Impmition, Jim, centime *à des musâmes^ Hc. 



AnuiiiBa, se dit aussi en termes d'an- 
cienne Pratique, et signifie. Confirmer on 
approuver un premier acte par un acte 
suoséquenL Interjeter une nouvdle appeRa^ 
tion en adhérant à là première. La cour, adhé- 
rant aux conclusions du procureur général... 

ADHÉSION, s. f. Union, jonction. Ces 
deux corps ontlensemble une adhésion qui les- 
rend difficiles à séparer. Une forte adhésion* 

Il signifie aussi, L'action d'adhérer; et, en 
ce sens, il se dit principalement d'Un acte 
par lequel une puissance adhère à un traité 
qui lui est proposé. Par son adhésion au 
traité. Acte d'adhésion. Donner, rrfuser son 
adhésion. 

AD HONOBES. ( On prononce Honorèsse.) 
Expression empruntée du latin, dont on se 
sert en français, dans le langage familier, 
en parlant D'un titre sans fonction et sans 
émoluments. C'est une place, un titre ad ho» 
nores. 

ADI 

ADIANTB. S. f. T. de Botan. Genre de 
plantes de la famille des Fougères, dont 
deux espèces sont employées en médecine, 
sous le nom de Capillaires. 

ADIEU. Terme de civilité et d'amitié 
dont on se sert^ en prenant congé de 
quelqu'un. Adieu, monsieur. Adieu, je m'en 
vais. Adieu, jusqu'au revoir. Je ne veux 
vous dire que bonjour et adieu. Dire adieu. 
Il ne lui a seulement pas dit adieu. Il y eut 
bien des larmes répandues quand lis se dirent 
adieu. 

Dire adieu, signifie quelquefois, Prendre- 
congé. // est allé dire adieu à un tel. Il ne 
dit jamais adieu à ses ttmis. 

ram.. Je ne vous dis pas adieu, ou Sans 
adieu, se dit À une personne qu'on ne quitte 

3ue pour peu d'instants, qu on se propose 
e revoir bientôt. 

Adieu vous dis. Façon de parler fami- 
lière, qui a vieilli. 

Adieu, en voilà assez. Locution familière 
dont on se sert quand on veut congédier 
un importun, finir un entretien qui en« 
nuie. , 

Fig. , Dire adieu à quelque chose, Y re- 
noncer. // a dit adieu au monde. Il a dit 
adieu au palais. Dire adieu aux plaisirs, aux 
muses. 

Adibu, se dit quelquefois, figurément et 
familièrement, en pariant D'une personne 
qui est dans un périlévtdent , ou d'une chose 
qui court un grand risque, ^ir IqJSèt're vient 
a redoubler, adieu le mtdade. Si vous touchez 
à ce plateau, adieu mes poredaines. Adieu 
mes bouteiUes. Adieu mon argent. 

Prov. , Adieu panier, vendanges sont fair 
tes, se dit Lorsque les vendanges sont pas- 
sé», ou qu'il est arrivé malheur aux vignes* 
Il se dit figurément De toutes les affaires 
manquées sans ressource, et quelquefois 
De celles qui sont entièrement terminées* 

AniBir, est aussi substantif masculin. Un 
étemel adieu. Un dernier adieu. Un triste 
adieu. Les adieux furent longs et tendres. 
Les adieux d'Hector et d Andromaque.. 

ADIPEUX , EUSE. adj. T. d'Anat. II se 
dit De certaines parties du corps de l'homme 
ou de l'animal qui sont de nature grais* 
seuse, ou qui admettent la graisse dam 

4. 



a8 



ADJ 



leur composition» Membrane adipeuse. Tissu 
adipeux. JVagtoire adipeuse, 

Vaisseaux adipeux, Vaisseaux qui se dis- 
tribuent dans la graisse. 

ADIPOCIRE. s. f. Substance particulière, 
qui tient de la graisse et de la cire, et qui 
se produit, en certaines circonstances, 
par Valtération spontanée des matières ani- 
males enfouies dans la terre ou plongées 
dans Teau. 

ADIRER. V. a. Perdre, égarer. Il n*est 
guère usité qu'en termes de Jurisprudence, 
et au participe. 

Adibb, éb. participe. TY/zv adiré'. Pièce 
adirée. 

ADITION. s. f. T. de Droit. Il n'est 
usité que dans cette locution, Adition dhé' 
redite. Acceptation d'une succession. 

ADJ 

ADJACENT, ENTE. adj. Qui est situé 
auprès, qui est aux environs. Il ne^se dit 

Suere au en parlant De pays, de terres, 
'îles, de maisons, de rues. Pays adjacent. 
Tout le pays adjacent. Lieux adjacents, lies 
adjacentes. Les maisons adjacentes. Les rues 
adjacentes. 

£n Géom., Angles adjacents. Angles 
immédiatement contigus 1 un à l'autre, de 
manière à avoir un côté commun. 

ADJECTIF, adj. m. T. de Gram. II se dit 
Des noms que Ton joint aux substantifs, 
pour les qualifier ou les modifier. Ainsi, 
Blanc, noir, Jroid, chaud, heureux, malheu' 
reux, grand, petit, etc., sont des noms ad- 
jectifs. 

Il s'emploie aussi substantivement. Un ad- 
jectif verbal. L'adjectif doit s* accorder avec le 
substantif en genre et en nombre. Un adjectif 
masculin. Un adjectif féminin. 

ADJECTIVEMENT, ad V. En manièred'ad- 
jectif. Ce mot s'emploie quelquefois adjectife- 
ment, 

^ ADJOINDRE. V. a. Joindre une ou plu- 
sieurs personnes à une autre personne ou 
à plusieurs, pour l'exercice d'une fonction, 
pour un travail, pour le soin d'une affaire. 
// ne pouvait suffire seul à un emploi si fa- 
tigant, on fut oblige' de lui adjoindre quel' 
qu'un. Il s'est adjoint un tel. 

Adjoivt, oibtb. participe. Professeur 
adjoint. 

Il est aussi substantif. C'est mon adjoint. 
On lui a donné un adjoint, des adjoints. Il 
aura un tel pour adjoint. Il ne veut point 
d'adjoint, il veut être seul. Ce professeur 
s'est fait remplacer par son adjoint. 

Adjoiht, substantif, est particulièrement 
Le titre d'une personne établie pour aider 
un principal oiucier ou fonctionnaire dans 
les travaux de sa charge, et pour la rem- 
plir en son absence. Le maire et ses adjoints. 
Il est adjoint du maire de cette ville, 

ADJONCTION, s. f. Jonction d'une per- 
sonne à une autre. Il s'employait surtout 
autrefois en termes de Palais. L'adjonction 
de ces deux commissaires fait bien espérer de 
son affaire. Il faut prononcer une aajonction 
de commissaires. 

ADJUDANT, s. m. OfEcier ou sous-offi- 
cier d'état- major destiné à seconder les 
cjiefs dans le commandement. Adjudant* 



ADM 

maior. Adjudant souS'officier. On a dit aussi ^ 
Adjudant général, adjudant commandant, 

ADJUDICATAIRE, s. des deux genres. 
Celui ou celle à qui on adjuge quelque 
chose en vente puolique ou faite sous la 
sanction de l'autorité. Il est adjudicataire 
de cette maison, de cette terre. Elle s'est 
rendue adjudicataire. Adjudicataire au rabais 
de la fourniture des vivres. 

ADJUDICATIF, IVE. adj. T. de Jurispr. 
Qui adjuge. Jugement adjudicatif. Sentence 
adjudicative. Il est peu usité. 

ADJUDICATION, s. f. Acte par lequel 
on adjuge une chose. Adjudication publi- 
que, L adjudication en fut faite publiquement. 
Un bail par adjudication, Fente et adjudico' 
tion sur soumissions cachetées. L'adjudication 
d'une fourniture, 

ADJUGER. V. a. T. de Pratiq. Déclarer 
en jugement qu'une chose contestée entre 
deux parties, appartient de droit à l'une 
d'elles. L'arrêt lui a adjugé le legs qui lui 
était contesté. Adjuger la récréance, les fruits. 
On dit dans un sens analogue, Adjuger les 
dépens. 

Adjuger au demandeur ses conclusions. 
Rendre un jugement conforme aux préten- 
tions du demandeur. 

Adjuger, signifie plus ordinairement. 
Déclarer par autorité de justice qu'une per- 
sonne devient propriétaire d'un oien meu- 
ble ou immeuble mis à l'enchère. Personne 
n'ayant surenchéri, on lui adjugea ces meu- 
bles. Adjuger un domaine à f enchère. Cette 
maison lui fut adjugée à tant. 

Il se dit, dans un sens analogue, en par- 
lant Des fournitures, des travaux qui sont 
proposés au rabais. On vi^nt de lui adju- 
ger l'éclairage des rues de Paris. 

Il se dit, par extension, en parlant De 
certaines choses qui sont accordées à un 
de ceux qui pouvaient y prétendre. On lui 
adjugea le prix tout d'une voix. En ce sens , 
on dit plus ordinairement. Donner ou Dé" 
cerner. 

Adjugé, be. participe. On dit par ellipse, 
dans les encans. Adjugé, pour, La chose est 
adjugée. 

ADJURATION, s. f. Formule dont l'Église 
catholique se sert dans les exorcismes. Les 
adjurations que l'on fait dans les exorcismes. 
Après plusieurs adjurations, 

ADJURER, v. a. Commander an nom de 
Dieu de (kire ou de dire quelque chose. Il 
s'emploie particulièrement dans les exorcis- 
mes. Je t'adjure de dire la vérité. Je t'adjure 
par le Dieu vivant. 

Il s'emploie quelquefois dans le style ora- 
toire. Je vous adjure au nom de la patrie. 

Adjuré, éb. participe. 

ADL 

AD LIRITUM. (On prononce tome.) Ex- 
pression latine qui signifie, A volonté, et 
dont on se sert quelquefois dans notre lan- 
gue, pour indiquer qu'il est indifférent de 
faire une chose de telle façon ou de telle 
autre. 

ADH 

ADMETTRE, v. a. (Il se conjugue comme 
Mettre,'^ Recevoir une personne à la partiel* 



ADM 

pation de qaelque avantage. Admettre quel» 
qu'un dans une société, dans une compagnie, 
a sa table. Admettre quelqu'un au rang, 
au nombie de ses amis. Admettre aux ordres 
sacrés. Admettre à la stunte table. Admettre à 
la communion de l'Élise, Admettre aux sa* 
crements, à la participation des sacrements* 
Il fut admis à l'audience du prince. 

Admettre quelqu'un à se justifier. Per- 
mettre qu'il expose ce oui peut le justifier» 
consentir qu'il se Justine dans les formes. 
On a dit de même, Admettre quelqu'un à 
ses preui*es justificatii-es , à ses faits justifi» 
catifs. On dit aussi, dans le même sens. 
Admettre quelqu'un à faire preuve, et mteuji 
à prouver. 

Admettre les raisons, les excuses de quel- 

Îfu'un, Les recevoir pour bonnes, pour va- 
ablea. On dit à peu près dans le même sens. 
Admettre une requête. 

Admettre, se dit quelquefois figurément, 
en parlant Des choses. Cette affaire n'admet 
point de retard. Ne doit souiTrtr aucun re- 
tard. Cette substance admet dans sa compo^ 
sition tel élément. Il entre tel élément dans 
sa composition. 

Admettre, signifie aussi. Reconnaître 
pour véritable. Les philosophes admettent 
pour principe que,,. Les philosophes n'admet' 
tent plus les qualités occultes, Fous admettez 
que.,, Cest un fait que je n'admets pas, que 
je ne puis admettre. 

Admis, isb, participe. 

ADUINICULE. s. m. T. de Jiirispr. Ce 
qui ne forme pas une preuve complète, 
mais qui contribue à faire preuve, dans une 
affaire civile ou criminelle. H n'r a pas de 
preui^s formelles , il n'y a que des adnùni» 
cules, Cest un grand adminicule. 

ADMINISTRATEUR, TRICE. s. Celui, 
celle qui régit les biens, les affaires d'une 
communauté, d'un hôpital, d'un grand 
établissement. // est administrateur de tel 
hôpital. Les administrateurs de fHétel'Dieiu 
Cette abbesse fut une bonne adininistratrice. 

Admihistrateur, se dit aussi d'Un homme 
chaîné de quelque partie du gouvernement. 
C'est un mauvais administrateur, un excet' 
lent, un grand, un sage administrateur.' 

Il se dit quelquefois, absolument, de Ce« 
lui qui sait bien administrer. Ce préfet n'est 
point administrtUeur. Cest un administro'^ 
feur. 

ADMINISTRATIF, IVE. adj. Qui appar- 
tient, qui a rapport à l'administration. Il y 
a quelquefois conflit entre l'autorité adminiS" 
trati\*e et' Cautorité judiciaire. Fonctions ad* 
ministratii'es. Décision administrative. TVi- 
lents administratifs. 

ADMINISTRATION. S. f. Gouvernement, 
direction , conduite des affaires publiques ou 
particulières. L'administration du royaume 
lui était confiée. Il a eu longtemps l'admims» 
tration des finances. Il avait l'administration 
des principales affaires. Pendant son adminis* 
tration. Sous son administration. Les actes de 
son administration. Cet homme n'entend rien 
à l'administration, il ne sait rien en adminis- 
tration. Conseil dadministration. Comme tu^ 
teur, il a l'administration des biens de ces mi- 
neurs. L'administration de vos bieAs est fort 
mal dans les mains de cet intendant. 

Il se dit également d'Un corps d'admi- 
nistrateurs et d'employés, chargés col- 



ÂDM 

[ectlvemoit de quelque partie de Tadmi- 
oistration publique. Il est attaché à telle ad' 
WÊÙiistration. liy a beaucoup d'employés dans 
cette administration. Il est en procès ai'ec 
telle administration, ou absolument» a^^ec 
radministration. L'administration des do^ 
moines, des douanes, de la loterie, des vi- 
vres, des postes, des hospices, etc. Les 
administrations publiques. L'administration 
centrale* Les bureaux, les registres tTune 
administration» 

L'administration de la justice. L'exercice 
de la justice avec autorité publique. Il ne 
faut ai'oir aucun égard aux personnes dans 
ladministration de la justice. Les abus qui 
se commettent dans l administration de la 
justice* 

L'administration des sacrements. L'action 
de conférer les sacrements. Dans l'adminis- 
tration des sacrements, il Jaut prendre garde 
que,,, 

ADMINISTRER. V. a. Gouverner, régir 
les aflairef publiques pu particulières. Su' 
ger administra le royaume avec gloire. Ad- 
ministrer l'État, un État. Cest un homme 
qui a toujours sagement administré les af- 
faires. On Vaccusait d'ax'oir mal administré 
les affaires, d^avoir mal administré les finan- 
ees, les re%*enus de l'État, H a sagement ad- 
ministré les biens de son pupille* Il administre 
lui-même son bien. 

Administrer Ut justice. Rendre la justice. 

Administrer les sacrements, Conférer les 
sacrements; et. Administrer un malade. Lui 
donner le viatique et rextréme-onction. On 
Cadministra une heure m'ont sa mort. 

AnsfuiisTAaB, s'emploie aussi dans la si- 
gnification de Donner. Administrer un re- 
mède. Pop. , Administrer des férules, des 
coups de bâton. 

En termes de Pratique, Administrer des 
témoins, des preui*es, des titres. Fournir 
des témoins, des titres, des preuves. // ad- 
ministra les témoins nécessaires pour vérifier 
la dénonciation qu'il avait fuite. 

AnaK»i8TRZ, BB. participe. 

Il s'emploie substantivement, surtout au 
pluriel, et se dit Des citoyens par rapport 
aux administrateurs. Ce maire, ce magistrat 
est chéri de ses administrés, 

ADMIRABLE, adj. des deux genres. Qui 
mérite, qui attire l'admiration. Dieu est 
admirable dans ses ceuvres. Cet homme est ad- 
mirable par sa vertu, dans sa conduite. Il a 
tenu, dans cette occasion, une conduite ad- 
mirable. Ce peintre est admirable pour son co- 
loris. Cet éixir a des vertus admirables, 

Fam. et ironiq. , Cet homme est admira- 
ble, ce qu'il fait est admirable, se dit Pour 
marquer quon est surpris ou choqué de 
ce Qu'il dit, de ce qu'il fait. Fous êtes admi- 
nbte de venir ici nous contrôler, 

ADMIRABLEMENT, adv. D'une manière 
admirable. Cet ouvrage est admirablement 
écrit. Il peint, il chante, il danse admirable- 
ment bien, admirablement, 

ADMIRATEUR, TRICE. s. Celui, celle 
qui admire, ou qui a coutume d'admirer. 
Cest un admirateur de Vantiquité, Il est de 
vos admirateurs, Cest un admirateur perpé- 
tuel. Elle est grande admiratrice de tout ce 
qui est nouveau, 

ADMIRAIIF, IVE. adj. Qui exprime 
radmiralion. Il s'emploie surtout eu Gran^ 



ADM 

maire. Point admiratif. Signe de ponctua- 
tion qui se marque ainsi !, et qui sert à 
faire connaître qu'il y a admiration ou ex- 
clamation dans la phrase. Particule admiin- 
tii'e. Particule qu on emploie aussi pour 
marquer l'admiration. An est quelquefois 
particule admiratii'e. 

Il se dit aussi Du ton, des gestes. H prend 
toujours le ton admiratif. Ils témoignèrent 
leur satisfaction par des gestes admiratif s. 

Par extension. Génie admiratif, se dit 
en parlant Des ouvrages de poésie et d'élo- 
quence qui ont plus particulièrement pour 
objet d'exciter l'admiration. Corneille est 
supérieur dans le genre admiratif, 

ADMIRATION, s. f. Sentiment de celui 
qui regarde une chose comme belle, comme 
merveilleuse dans son genre. Quand il voit 
un beau tableau, il est en admiration, il est 
ravi en admiration. Je suis dans l'admiration 
de ses vertus, de ses talents. A\*oir de l'admi- 
ration. Étresaisi d'admiration. Causer de V ad- 
miration. Donner de l'admiration. S'attirer 
l'admiration de tout le monde. Mouvement 
d'admiration. Transport d'admiration, Cest 
un sujet d*admiration, Cest une chose digne 
d'admiration. 

Il se dit quelquefois de L'objet même 
qu'on admire. On tient à ses vieilles admi- 
rations. 

ADMIRER» V. a.Considérer avec un éton- 
nement mêlé de plaisir; ce qui parait beau, 
ce qui parait merveilleux. Admirer la na- 
ture. Admirer l'immensité du ciel. Admirer 
la beauté d'une femme. Admirer les talents, 
les ouvrages d'un écrivain, d'un artiste. J'ad- 
mire sa sagesse, sa valeur, sa magnificence. 
On l'emploie quelquefois avec le pronom 
personnel. Il s admire lui-même. 

Il se dit aussi , par critique ou par iro- 
nie, en parlant De ce qui parait extrême, 
étrange, excessif dans son genre. J'admire 
la folie des hommes. Je vous admire de vou- 
loir qu'on suive aveuglément vos conseils, 
Tadmire comment on a pu prendre un sem- 
blable parti. 

Admibb, is. participe. 

ADMISSIBLE, adj. des deux genres. Va- 
lable, recevable, qui peut être admis. Ses 
moyens de requête civile ont été jugés admis» 
sibles. Ses moyens de faux ont été déclarés 
pertinents et admissibles. Cette excuse est ad* 
missible. Cette raison est admissible, n'est pas 
admissible, 

ADMISSION, s. f. Action par laquelle on 
est admis. Depuis son admission aux ordres 
sacrés, il a toujours vécu en bon ecclésiasti- 
que. Depuis son admission dans la compa- 
gnie, il n'y a pris séance qu'une fois, 

ADMONIÉTER. v. a. T. de Jurispr. dont 
on se servait autrefbis Lorsqu'un particu- 
lier ayant commis une faute qui ne méri- 
tait pas une grande punition, le juge le 
mandait pour lui faire quelque remontrance 
à buis clos, avec défense de récidiver. La 
cour ordonna qu'il serait mandé et admonété. 
On Va admonété. Plusieurs disent et écri- 
vent. Admonester, 

AoMoiTBTÉ, BB. participe. 

Il est quelquefois substantif, et signifie. 
Action d'admonéter. L' admonété n'emportait 
point d'interdiction, 

ADMONITION, s. f. Action d'admonéter, 
avertissement. Après plusieurs admonitions. 



ADO 



ADO 



«9 



a 



ADOLESCENCE, s. f. L'âge qui suit la 
puberté jusqu'à l'âçe viril, c'est-à-dire, de- 
puis quatorze ans jusqu'à vingt-cinq. Il ne 
se dit guère qu'en parlant Des garçons. 
Au commencement de l'adolescence. Il est 
encore dans l'adolescence, La fleur de l'ado- 
lescence, 

ADOLESCENT, ENTE. s. Celui, celle 
uî est dans l'âge de l'adolescence. On ne le 
it guère que d'Un jeune homme, et le plus 
ordinairement en plaisantant. Un jeune 
adolescent. 

Il s'emploie quelquefois adjectivement. 
Un jeune homme encore adolescent, 

ADONIEN ou ADONIQUE. adj. et s. m. Il 
se dit D'un vers composé d'un dactyle et 
d'un spondée. Il y a un rhythme d'ode, en 
grec et en latin, qui se compose de trois vers 
saphiques et d^un vers adonien, ou de trois 
saphiques et d'un adonien, 

ADONIS, s. m. ( Qn fait sentir l'S. ) T. de 
Mythol. Nom d'un jeune homme célèbre 
par sa beauté, et qui fut aimé de Vénus. On 
l'applique, par antonomase et en plaisan* 
tant, à Un jeune homme qui fait le beau , 
qui est très-soigneux de sa parure. Cest un 
Adonis. 

Adovis, en Botanique, se dit d'Une 
plante à ûeurs rouges ou citrines, qui appro- 
che de la renoncule, et qui vient dans les 
blés. 

ADONISER. V. a. Parer avec un extrême 
soin , avec une grande recherche. Cette mère 
gâte son fils, elle se plaît à l'adoniser. Il est 
familier. 

Il s'emploie plus ordinairement avec le 
pronom personnel ; et alors on le dit surtout 
Du trop grand soin que prend un homme 
de s'ajuster pour paraître plus jeune ou 
plus beau. // aime à s'adoniser, 

AuoNisÉ, ia. participe. 

ADONNER {S'), V. pron. Se plaire par- 
ticulièrement a quelque chose, s'y appli- 
quer avec chaleur, s'y livrer habituellement. 
Il s'adonne à l'étude, aux plaisirs, à la 
chasse. Il s'est adonné à boire. 

S'adonner à un lieu, à une société, à une 
personne, Fréquenter habituellement un 
lieu, une société , voir fréquemment, fami- 
lièrement une personne. 

Ce chien s'est adonné à moi, M'avant 
rencontré par hasard, il s'est attaché a me 
suivre. Ce chien s'adonne à la cuisine, Il y 
est habituellement. 

Je vous prie de passer chez moi, si votre 
chemin s'y adonne. Si c'est votre chemin d'y 
passer en allant ailleurs. Cette phrase vieillit. 

Adohhé, BB. participe. Un homme adonné 
à l'étude. Une femme adonnée au jeu. Être 
adonné aux femmes. 

ADOPTANT, s. m. T. de Droit Celui qui 
adopte quelqu'un. L'adoptant et l'adopté. 

ADOPTER. V. a. Choisir quelqu'un pour 
fils ou pour fille, et lui en donner les droits 
civils, en remplissant certaines conditions 
prescrites par la loi. Auguste adopta Tibère, 
Chez les Romains, ceux qu'on avait adoptés 
passaient dans la famille et sous la puissance 
de celui qui les a\*ait adoptés. Il vient d'à» 
dopter ce jeune homme, fi'ayant pas d'en- 
Jants, ils adoptèrent un orphelin. 



3o 



ADO 



Il se dit, par extension, De toute per- 
sonne qui, sans formes légales, prend soin 
d'un enfant comme si c'était son fils ou sa 
[iUe. H m'adopta et me setv/t de père, 

ADOPTBft, signifie figurément, Considé* 
Ter et regarder comme sien un sentiment, 
nn avis, un projet. Tadoptevos ^sentiments. 
Je n'adopterai jcmiais une pareille opmon. 
J'adopte cet avis , ce projet. 

Il signifie aussi. Choisir de préférence 
tu genre de travail , une manière de faire 
quelque choses Après açoir essayé des diffé- 
rents genres de pemture, il adopta le paysage. 
Cet écrivain a adopté depuis peu une mau" 
vaise manière. Le plan que vous avez adopté 
me parait vicieux. 

Adopté, is. participe. 

U s'emploie quelquefois substantivement. 
L'adoptant et V adopté, 

AimPTf F , IVE. adj. Qui est, qoi a été 
adopté. Enfants adoptas. Fils adoptif, Pilie 
adoptive, 

Û signifie aussi. Qui a adopté. Père adoptif, 

ADOPTION . s. f. Action d'adopter.-* Ti- 
bère n'était fis d'Auguste que par adoption. 
Déterminer les former et les effets de l adap' 
tion. L'adoption confère le nom de l'adoptant 
à t adopté. 

ADORABLE, adj. des deux genres. Digne 
d'être adoré. Dieu seul est adorable. Les myS' 
tères de la religion sont adorables, La provi- 
dence de Dieu est adorable en toutes- choses. 

Il se dit, par exagération. De ce que l'on 
estime ou que l'on aime extrêmement. Cette 
/imme est adorable. Cet homme est d'un ca- 
ractère adorable. Une bonté adorable, 

ADORATEUR, s. m. Celui qui adore. Les 
adorateurs du vrai Dieu, Les vrais adora- 
teurs. Les Guèbres ou adorateurs du feu. 

Par exagérât., // est adorateur de cet 
homme t II est pi^'enu d'une estime extra» 
ordinaire pour lui , il l'admire en tout ce 
qu'il fait. // est adorateur de cette femme, il 
est au nombre de ses adorateurs, Il l'aime 
passionnément. On dit dans un sens ana- 
logue, Cette femme a beaucoup d'adorateurs.^ 

ADORATION, s. f. Action par laquelle 
on adore. L'adoration proprement dite n'est 
due qu'à Dieu seul. L'adoration de la croix 
est une des cérémonies de l'Église, dans la se- 
maine sainte. Aller à l'adoration de la croix, 

AnoRATioir , se dit aussi de La cérémonie 
qui se pratique à l'égard d'un pape nouvel* 
lement élu , lorsqu'il est mis sur l'autel 
après son élection, et que les cardinaux lui 
vont rendre honneur. Aller à l'adoration 
du pape, 

Uans la même acception. Ce pape a été 
fait par voie d'adoration. Tous les cardinaux 
sont allés le reconnaître pour pape, sans 
avoir fait de scrutin aupanwant. 

Adokation, signifie, par exagération. 
Amour, attachement extrême. Son amour 
pour cette femme va jusqu'à l'adoration. 
Cette femme a de t adoration pour son mari, 
est en adoration devant son mari, 

ADORER, y. a. Kendre à la Divinité te 
enite qui lui est dA. // ne faut adorer que 
Dieu, Adorer le vrai Dieu en esprit et en 
vérité. Adorer Jssus-Chkist dans Veucha* 
ristie, 

Adorsr la croix, se dit, par extension et 
(Ar relation à Jasus-CiiaisT , en parlant 
D'une des cérémonies du culte catholique. 



Â.DO 

C'était le vmdredi sainte à thetfn aà les 
fidèles vont adorer la croix. 

Adorer les faux dieux, les idoles, etc,. 
Rendre à de fauK dieux , à des idoles ^ etc., 
le culte dû À la Divinité. Les Israélites adO" 
rèrent le veau d'or. Ce peuple adorait le soleil, 

Prov. et fig., Adorer te veau d'or, Faire 
la cour à un homme de peu de mérite, à 
cause de ses richesses , de son crédit. 

AnoMBB, s'emploie quehpiefois sans ré* 
gime. Les Juifs adoraient à Jérusalem, et les 
Samaritains à Samarie, Ijs peuple d^ Israël 
allait adorer sur les montagnes. 

Adorsa, signifie aussi quelquefois, Ren* 
dre des respects extraordinaires en se pro* 
siemant. La reine Bsther adora le rot Assué- 
rus. Les rois de Perse se faisaient adorer, 

Adorvb, signifie encore, par exagération. 
Aimer avec une passion excessire. // ne 
Paimejpas, il Vadore, Cette mère est foHe de 
son fils, elle l'adore. Ce pédant adore Varui» 
quité sans discernement, 
I Aooas, es. nnticipe. 

ADOS. s. m. T. de Labourage et de Jar- 
dinage. Terre qu'on élève en talus, ordi- 
nairement le long d'un nrar bien exposé, 
pour y semer quelque chose qu'on vent 
fatre venir plus tôt qu'on ne ie pourrait en 
pleine terre. 

ADOSSER. V. a. Mettre, appuyer le dos 
contre quelque chose. Adosser un enfant • 
contre la muraille pour l'empêcher de tomber. 
On l'emploie avec le pronom penonnd. 
Attaqué par trois hommes, il s'adossa con- 
tre la muraille, et se défendit. 

Il signifie aussi, figurément. Placer une 
chose contre une autre qui lui sert d'appui 
ou d'abri. Adosser un bâtiment contre une 
montagne, contre un rocher. Adosser un ap-' 
pentis contre un bâtiment, contre une mai- 
son. On dit dans un sens analogue, Adosser 
une troupe, une armée. 

Adossé, é«. participe. 

Il se dit, en termes de Blason, De deux 
pièces d'armoiries, comme deux lions, deux 
poissons, mis dos à dos. H porte de gueules 
a deux lions adossés. 

En termes de Dessin et d'Antiquités, 
Têtes adossées. Deux têtes mises sur une 
même ligne en sens opposé. 

ADOUBER. V. n. Il n'est guère usité qu'au 
Trictrac et aux Échecs, dans cette locution, 
Tadovbe, par laquelle^ on indique qu'on 
touche une pièce pour l'arranger, non 
pour la jouer. 

ADOI7GIR. V. a. Rendre donx; tempérer 
l'àcreté de quelque chose d'aigre, de pi- 

2uant, de salé. Adoucir l'adde du citron avec 
> sucre. Adoucir une sauce trop salée en y 
ajoutant de Peau. On dit dans un sens ana- 
logue, en Médecine, Adoucir Vâcreté des 
humeurs, Vâcreté du sang. 

La pluie adoucit le temps. Elle le rend 
moins froid. 

Adoucir sa voix. Parier d'un ton moins 
aigre ou moins élevé. 

Anotrcra, signifie aussi. Polir, ôter les 
aspérités. On adoucit le bois avec la prêle. On 
adoucit les glaces avec rémeri. 

Il signifie figurément. Rendre moins fâ- 
cheux, plus supportable. Cela adoucira un 
peu votre mal. Si quelque chose pouvait ado»' 
cir ma peim. Adoucir l'ennui, V amertume, 
le chagrin, etc. On dit dam le même sens, 



ADP 

Adoudr thumeur, le c«maeràrv,RflodrePhil* 
nieur,le caractère plus traitable. 

Adoucir les traits, adoucir l'air du visage. 
Les rendre moins rades. La manière de se 
coiffer adoucit Voir du visage, ou le rend 
plus rude. 

Adoucir une expresùon, La corriger, la 
tempérer par une autre moins dure. On dit 
dans le même sens : Cette critique" est trop 
sévère, il faut l'adoucir, Atùntdr des repro* 
ches, des remontrances, un refus, etc. 

En Peinture et en «Sculpture, Adoucir les 
formes, les contours, Diminuer ce qu'ils ont 
de trop prononcé, de trop ressenti. On (fit 
de même. Adoucir les traits tt une figure. 
Les rendre plus délicats. On dit^ aussi, en 
Peinture, Adoucir les teintes d'un teMeau, 
Graduer avec plus de déHeatesse le passage 
de l'une à l'autre. 

Anoncra, signifie encore, Apaiser. Adou* 
cir la colère de quelqu'un. Adoucir un esprit 
irrité» 

Il s'emploie avec le nronom personnel, 
et signifie. Devenir plus Aoux. Le temps corn» 
mence à s'adoucir. Son humeur s'est adoucie. 
Tous les maux s'adoucissent avec le temps. 
Sa voix s'adoucit, 

Anouci, Tst. participe. 

ADOVC18SANT, ANTE. adj. T. de Médec. 
U se dit De toutes les substances médica- 
menteuses ou alimentaires capables de di- 
minuer la douleur ou l'irritation. Élixir 
adoucissant. Tisane adoucissante. Le lait dâ^ 
nesse est adoucissant. 

Il s'emploie très-sonvent comme substan- 
tif, au masculin. Donnez'laides adoucissants, 

ADOVClSSEnENT. S. m. Action par la- 
quelle une chose est adoucie; État d'une 
chose adoucie. On l'emploie surtout au fi- 
guré. L'adoucissement de fhumeur, du ca- 
ractère. Sa critique est tempérée par quelques 
adoucissements. Il a rendu son tableau beau» 
coup plus agréable par radoucissement du 
coloris, des contours. 

Il signifie plus particulièrement, Soulage^ 
ment, diminution de peine, de douleur. Ce 
fut un bien faible adoucissement au sort du 
prisonnier. Il y a qu^ue adoucissement dans 
ses maux. Rien ne peut apporter le moindre 
adoucissement à sa douleur. 

Il y a quelque adoucissement dans le temps. 
Le temps n'est plus si rude, si f&cbeux, il 
ne fait plus si froid. 

Adoucissekxvt, se dit de même en par* 
lant Des choses morales, des affaires; et il 
signifie, Accommodement, tempérament» 
restriction, expédient propre à concilier. 
Ne saurait-on trouver d^adouassement à cela? 
On tnntve des adoucissements à toutes choses. 
Leur querelle s'est fort aigrie; on y chercha 
quelque adoucissement. Cette proposition, 
quoique vraie en elle-même, demande quelque 
adoucissement, 

AnotjctssxKsirï, en Architecture, se dh 
Du procédé par lequel on rattache un ot^ 
nement saillant et angnlenx an nu du nrar. 
On le dit également de La moulore même 
emplovée à cet effet. 

ADOCé . ÈE, adj. T. de Cliasoe. Aocov 
plé, apparié. Les perdrix sont adouées. 

ADP 

AD PAItHtS. (On prononoe Patrèsse, ) 
Locution latine, qui s'emploie daaa q«el* 



ÂÛK 

q«es pbiMes fanilières. Aller md patrts, \ 
Mourir; EmMiyer ad paires. Faire mourir. 
Cei homme est ailé ad paires. Il a ans un 
médecin qui Va emmyé ad pains, Ji est ad 
patres, 

ADE 

ADRA6ANT 0U AUAQANTB. adj. Nom 
d'one sorte de gomme qu'on tire de plu- 
sieurs arbrisseaux du genre des Astragales. 
Comme adragant ou adragante. On a dit 
sussi t Gomaœ dadragant. Voyei TaA0Â- 



AD aSM. Locution latine qui sigaifie, 
k la chose , et qu*on emploie dans cette 
phrase familière. Répondre ad rem, Répon- 
dre catégoriquement» convenablement. 

ADRESSE. S. f. Indication, désignation, 
soit de la personne à qui il faut s'adresser, 
soit du lieu où il faut aller ou .envoyer. 
Donner une adresse pour faire tenir des lettres, 
pour /aire remettre un paquet. Une bonne 
adresse. Une adresse sâre. Une fausse adresse. 
Je vous donnerai, je vous laisserai mon 
adresse. Mettre l'adresse sur une lettre. Cette 
adresse est indéchiffrable. Snvqyer une lettre 
à son adresse. 

Faire tenir des lettres à leur adresse, à leurs 
adresses. Envoyer des lettres à ceux à qui 
elles sont adressées. 

Fig. et fam. , Cela va à F adresse, est à 
Vadresse d'un tel, se dît D'un trait malin 
lancé contre quelqu'un qu'on ne nomme 
pas, mais qu'on désigne. Le trait, le paquet 
vrivera à son adresse. Le trait sera compris, 
scta senti. 

Bureau dt adresse. Lieu, établissement 
où Ton s'adresse pour obtenir certains ren- 
seîgncnients. 

Fig. et fam., C est un vrai bureau d'adresse, 
se dit D'une maison où l'on débite ordinai- 
rement beaucoup de nouvelles; et quelque- 
fois D'une personne qui aime à savoir et à 
lépandre les nouvelles. // m'a pris pour son 
bureau d'adresse, se dit D'un homme qui 
demande des renseignements avec in^por- 
tunité. 

AnaassB, se dit aussi d'Un écrit ayant 
pour objet une demande, une adhésion, 
une félicitation, etc., présenté par un corps 
constitué, par une réunion de citoyens, soit 
an <:hef de l'État , soit à auelaue autre au- 
torité. L'adresse de la chamore des pairs, 
des députés, en répanse au discours du trône. 
La rédgiction de Vadresse. Projet d'adresse. 
Adresse de félicitation. Adresse du conseil 
manicipalde telle vilk. 

APRESSB* S. f. Dextérité, soit pour les 
exercices du corps, soit pour les actes de 
TinteUigence. Grande adresse. Jlfàit tout avec 
adresse* U a beaucoup ^adresse dans tous 
les exercices du corps. Son adresse à manier 
unfusiL Adresse a esprit. H faut traiter, il 
fiui manier cette affaire avec adresse, lia tiré 
cela de lui par adresse. Il eut l'adresse de lui 
persuader cela, 

TourifadressepTouT de subtilité de main. 

Cest un homme qui sait, qui Jait des tours 

dadresatm II signifie aussi, familièrement, 

Un tour de finesse d'esprit. // lui a joué un 

iaur d'adresse. 

Adresses de strie. Certaines tournures fi- 
nes et délicates dans la manière d'écrire. Ce 
sont des adresses de style. 



AI>D 

En Peinture, Adresse de pinceau, se dit 
d'Une manière de peindre généralement 
précise, facile et spirituelle. Au pluriel, 
Adresses de pinceau. Certaines touches, ou 
c<Mtps de pinceau , qui expriment la forme 
avec prédaîon et facilité. 

ADRESSER. V. a. Envoyer directement à 
quelque personne, en quelque lieu. Adres- 
ser une lettre, un paquet à quelqu'un. Fous 
navez qu'à me l'adresser à tel endroit. Fous 
adresserez vos lettres à un tel, pour qu'il me 
les fasse tenir. Fous m'avex adressé un homme 
qui n'a pu me rendre raison de rien. H m'a 
adressé à un excellent ouvrier. 

Adresser la parole à quelqu'un. Parler di- 
rectement à quelqu'un. On dit aussi : Adres* 
ser des vœux, une question, une demande. 
Adresser des prières. 

Adresser ses pas, Tourner ses pas vers 
quelque endroit, aller vers quelque lieu. 

Adrbssbb, s'emploie souvent avec le pro- 
nom personnel, et signifie. Aller trouver 
directement quelqu'un, avoir recours à lui. 
Il faut s'adressera un tel pour cette affaire. 
le m'adresse à vous oomme à la seule per» 
sonne de qui je puis attendre quelque secours. 
On dit, Fous vous adresses mal, pour Vous 
vous niéprenez; soit au'on ne puisse accor- 
der la chose demandée, soit qu'on ne le 
veuille pas : ce qui est encore plus marqué 
dans ces phrases, ji qui vous adressesrvùus? 
à qui pensez-^vous vous adresser? 

S'adresser à quelqu'un, signifie quelque- 
fois, Adresser la parole à quelqu un. On 
dit de même. C'est à vous que ce discours 
s'adresse, etc. 

Cette lettre s'adresse à lui, La suscription 
de la lettre fait voir que c'est à lui qu'elle 
doit être rendue. Le paquet s'adresse à 
vous; mais il doit s'y tromper une lettre pour 
moi. 

Cela s'adresse à vous, se dit D'une chose 
oui concerne quelqu'un, qui le désigne 
dans un discours, dans un compliment in- 
direct , dans une critique où même il n'est 
pas nommé. 

Adbbssbb , est aussi verbe neutre , et si- 
gnifie. Toucher droit où l'on vise. Adresser 
au but.. Fous ave» bien adressé, vous ai'ez 
mal adressé. Cet emploi est rare. 

AoBBssB, is. participe. 

ADROIT, OITE. adj. Qui a de l'adresse, 
de la dextérité. Il se dit Du corps et de l'es- 
prit. // est adroit à ses exercices. Adroit à 
tirer de Varc. Adroit comme un singe. Être 
adroit à manier les esprits, Cest un esprit 
adroit. 

ADROITEBISNT. adv. D'une manière 
adroite, avec adresse. Il manie cela fort 
adroitement. Il Jait adroitement des armes. Il 
a conduit cette qffaire Jort adroitement. Il 
s'est tiré adroitement d'qff'aire, 

ADV 

ADULATECIi. TRICE. S. Flatteur, flat- 
teuse; celui, celle qui par bassesse et par 
intérêt donne de grandes louanges à une 
personne qui n'en mérite pas. Lâche, vil 
adulateur. Les adulateurs ont perdu ce prince. 
Cest un perpétuel adidateur, Cest une grande 
adulatrice, 

II s'emploie quelquefois ac^ectivement , 



ADV 



3i 



dans là poésie et dans le style soutenu. 
Langage adulateur. Fers adulateur, 

ADUtAT109f . s. f. Flatterie basse. // y 
a trop «Tadulation à cela, Cest une adulation 
honteuse. 

ADULER. V. a. Flatter bassement Aduler 
la puissance. On adule ce prince. 

AujsLif is. participe. 

ADULTE, adj. des deux genres. Qui est 
parvenu à l'adolescence, à l'âge de raison, 
bans le langage médical , il se dit propre- 
ment en pariant De toute cette période de 
la vie qui est comprise entre l'adolescence et 
la vieillesse. // n état pas encore adulte. Une 
personne adulte. On dit aussi, V âge adulte. 

Il est souvent employé comme substantif. 
Le baptême des adultes. Cette maladie attU" 
que rarement les adultes. École pour les adulâ- 
tes. École (tadultes. 

ADULTERATION, s. f. T. de Jurispr. Ac- 
tion de gâter et de dépraver ce qui est pur. 
L'adultération des monnaies est un cnme ca* 
pital. Il est peu usité. 

En Pharmacie, L'adultération des médi' 
caments, L'action de les adultérer, ou Le 
résultat de cette action. 

ADULTÈRE, adj. des deux genres. Qui 
viole la foi conjugale. Époux adultère. Corn» 
merce adultère. Amour adultère. Femine 
adultère. 

Il se dit quelquefois, par extension , dans 
le style oratoire ou poétique, Des choses 
qui offrent un mélange vicieux. Mélange 
adultère. Assenddage adultère. 

U s'emploie aussi comme substantif; et 
alors il se dit de Celui ou de celle qui viole 
la foi conjugale. Aï les fomicateurs ni les 
adultères ne posséderont le royaume des deux, 

ADULTÈRE. S. ra. Violement de la foi 
conjugale. Commettre un adultère. On les 
surprit en adultère. 

Double adultère, L'adultère qu'un homme 
marié et une femme mariée commettent 
ensemble. £nfant né d'un double adultère, 

ADULT1&RER. v. a. T. de Pharmacie. Al- 
térer, falsifier, frelater les médicaments^ 
de manière qu'ils semblent être de bonne 
qualité, sans avoir l'efficacité des médica- 
ments purs. // est de l'intérêt des malades 
qu'on n'adultère pas les médicaments, 

Aovi.TéRé, ia. participe. 

ADULTJÊRIN, INE. ai(j. Qui est né d'a- 
dultàre. Des ei^nts adultérins. 

Il s'emploie aussi comme substantif. Les 
adultérins ne peuvent jamais être reconnus, 

ADUSTE. adj. des deux genres. T. de 
Médec. Qui est comme brûlé. U se disait 
aiitrefob en parlant De certaines altérationa 
supposées des humeurs du coips humain. 
Humeur aduste. Sang aduste. Bile aduste, 

ADUSTIOM. 8. f. T. de Médec Action du 
feu, brûlure ou cautérisation. Il est peu 
uatté. 

ADV 

ADTEKIR. V. n. FoycM Avbbib. 

ADVENTICE, adj. des deux genres. T. di- 
dactique. Qui n'eA pas naturellement dans 
une cnose , qui y survient de dehors. Idées 
adventices, par opposition à Idées innées, 

ADVBNTIF, IVE. tid}. Il se dit, en Droit 
romain , D'une sorte de pécule concédé aux 
fils de famille, en nue propriété. Cette ck^ 



3a ADY 

pression ii*est point usitée dans le droit 
français. 

ADVERBE, s. m. T. de Gram. Partie in- 
variable du discours, qui se joint avec 
les verbes et avec les adjectifs , et qui 
les modifie de diverses manières. Adverbe 
de lieu. Adi'erbe de temps, Adverbe dérivé 
d'un verbe. Adverbe dérivé d'un adjectif. 
Ici et là sont des adverbes de lieu. Aujour- 
d'hui» demain, bientôt, tantôt, sont des 
adveties de temps. Beaucoup et peu sont des 
adverbes de quantité. Doucement et forte- 
ment sont des adverbes de qualité et de 
manière, 

ADVERBIAL, ALE. adj. T. de Gram. 
Qui tient de Tad verbe. Il se dit De deux ou 
de plusieurs mots qui, étant joints ensem-, 
ble, ont force et signification d'adverbe. A 
contre»temps , sens dessus dessous, sont des 
façons déparier adverbiales, des phrases ad' 
verbiales, des locutions adverbiales. 

ADVERBIALEMENT, adv. T. de Gram. 
D'une manière adverbiale. Dans cette phrase, 
Cha nter j uste , V adjectif ] uste est pris adver^ 
bialement. 

ADVERBIALITIÊ. S. f. T. de Gram. Qua- 
lité d'un mot qui est considéré comme ad- 
verbe. Il y a des mots dont Vadverbialité est 
accidentelle. Il est peu usité. 

ADVERSAIRE. S. m. Celui qui est op- 

I>osé, et sur lequel on veut remporter 
'avantage. Il se dit en parlant De combats 
réels ou simulés, de disputes, de procès, 
de contestations. Fmncre son adi'ersaire, ses 
adversaires. Désarmer son adi'ersaire. Mena' 
ger, écraser son adi'ersaire. Faible adversaire. 
Adversaire puissant, généreux. Il est mon 
adversaire. J'ai pour adversaire un homme 
fort habile. 

Il se dit quelquefois d'Une femme, sans 
prendre le genre féminin. Cette femme est 
un dangereux adversaire. 

ADVERSATIF, IVE. adj. T. de Gram. Il 
ne s'emploie guère que dans cette locution. 
Conjonction, particule adversatii»e , Particule 
qui marque quelque opposition , quelque dif- 
férence entre ce qui la précède et ce qui la 
suit. Mais est une conjonction adversative, 
une particule adversatii*e. 

ADVERSE, adj. des deux genres. Con- 
traire , opposé. Il n'est usité que dans ces 
locutions : Fortune ads^erse. Fortune con- 
traire, défavorable. En style de Palais, La 
partie adi*erse, La personne contre qui l'on 
plaide; et, L'avocat adverse, L'avocat qui 
plaide pour U partie adverse. 

ADVERSITÉ. s. f. État, situation de celui 
aui éprouve les rigueurs du sort. Être dans 
l adversité. Tomber dans l'adversité. Être cou' 
stant dans l*adi*ersité. Succomber à Vadver- 
site. Sa vie a été mêlée d^adversîté et de 
prospérité. 

Il se dit aussi d'Un malheur, d'une infor- 
tune, d'un accident fôcheux; et, dans ce 
sens, il s'emploie plus ordinairement au 
pluriel. Les adversités que Dieu nous em'oie. 
fia soutenu de grandes adversités. Il a eu de 
grandes adversités à essuyer. 

ADT 

ADTNAMIE. S. f.T. deMédec. État mor- 
bide, principalement caractérisé par rabat- 
tement de la physionomie, la flaccidité des 



AFF 

chairs, la difficulté du mouvement ou son 
impossibilité, raiTaiblissement des sensa- 
tions, etc. 

ADVlfAMIQUE. adj. des deux genres. 
T. de Médec. Qui appartient à l'adynamie. 
État adynamique. Fièvre adynamique. 

AER 

AÉRER. V. a. Donner de l'air, chasser le 
mauvais air. Aérer une chambre, une salle 
de spectacle, l'intérieur d'un vaisseau, 

Aiai, iB. participe. 

Il s'emploie aussi adjectivement , et se dit 
D'un bâtiment qui est en bel air, en grand 
air. Une maison bien aérée, 

AÉRIEN, lENNE. adj. Qui est d'air, qui 
appartient à l'air, qui est un effet de l'air, 
ou qui se passe dans l'air. Un corps aérien. 
Les démons, les esprits aériens. Un phéno» 
mène aérien. La perspective aérienne» 

En termes d'Anat. , Voies aériennes, con' 
duits aériens, L'ensemble des conduits des- 
tinés à porter l'air dans les poumons, c'est- 
à-dire, le larynx, la trachée-artère, et les 
bronches avec leui*s ramifications. On dit 
plus exactement, Foies, conduits aérifires. 

En Ichthyologie, Fesiculeaérienne,y oyez 

VXSICULB. 

AÉRIFÈRE. adj. des deux genres. T. d'A- 
nat. Voyez AsRTBir. 

AÉRIFORME. adj. des deux genres. Il se 
dit Des fluides qui, différant de l'air atmos- 
phérique par leur nature propre, lui res- 
semblent par leur constitution physique, 
étant transparents, élastiques, compressi- 
bles, etc. Le gaz hydrogène est une suistance 
aériforme, 

AÉROGRAPHIE, s. f. Description , théo- 
rie de l'air. 

AÉROLITHE. s. m. Pierre tombée du ciel. 
On a trouvé dans ce champ un aérolithe qui 
pèse au moins vingt livres. 

AÉROLOGIE. s. f. Traité sur l'air et sur 
ses différentes propriétés. 

AÉROMANCIE. s. f. Art prétendu de de- 
viner par le moyen de l'air et des phéno- 
mènes aériens. 

AÉROMÉTRIE. s. f. Science qui a pour 
objet la constitution physique de Tair, et 
qui en mesure et en calcule les effets méca- 
niques. Éléments d'aérométrie, 

AÉRONACTE. s. des deux gepres. Celui, 
celle^qui parcourt les airs dans un aérostat 

AÉROSTAT, s. m. Espèce de ballon rem- 
pli d'un fluide plus léger que l'air, au moyen 
duquel on peut s'élever oans l'atmosphère. 

AÉROSTATION, s. f. Art de faire des 
aérostats et de les employer. 

AÉROSTATIQUE, adj. des deux genres. 
Qui a rapport à l'aérostation. Ballon aérosta» 
tique. Machine aérostatique, 

AET 

AÉTITE. s. f. Espèce de pierre, nommée 
aussi Pierre d'Aigle, parce qu'on a prétendu 
qu'elle se trouvait dans le nid des aigles. 

AFP 

AFFABILITÉ. 8. f. Qualité de celui qui 
reçoit et qui écoute avec bonté et douceur 
ceux qui ont affaire à lui. Il se dit princi- 



AFF 

paiement en parlant De la manière dont on 
reçoit ses inférieurs. Hecei*oir avec affabilité. 
Il a beaucoup tTajfabilité, L'ajfabilité de ce 
prince lui gagnait tous les ceeurs. 

AFFABLE, adj. des deux genres. Qui a 
de l'affabilité. Cest un homme extrêmement 
affahie. Il est d'un caractère doux et affable. 
On dit aussi. Des manières affables. 

AFFABLEMENT. adv. Avec affflbilité. Il 
est peu usité. 

AFFABULATION. S. f. T. didactique. 
Partie d'une fable, d'un apologue, qui en 
explique le sens moral. 

AFFADIR. V. a. Rendre fade. Ajfadir une 
sauce, un ragoût, en y mêlant quelque chose 
de trop doux. 

Il se dit figurément, en parlant Des ou- 
vrages d'esprit Ajfadir un discours par des 
pensées et par des expressions affectées et 
doucereuses. 

Affadir , signifie aussi , Causer une sen- 
sation désagréable au palais, à l'estomac 
par quelque chose de fade. Une sauce qui 
affadit le cœur^ qui affadit. 

Il s'emploie ngurément, dans le même 
sens. Des louanges outrées affadissent le 
ccair. 

Affadi , ib. participe. 

AFFADISSEMENT. S. m. Effet que pro- 
duit la fadeur. Affadissement de ccuir. 

Il s'emploie figurément. Louer jusqu'à 
r affadissement. 

AFFAIBLIR, v. ». Rendre faible. On a 
trop raboté cette planche, on l'a affaiblie. 
Les dé6auches affaiblissent le corps. Le vin 
pris avec excès aJfaibUt les nerfs, affaiblit le 
cerveau, affaiblit la vue. Affaiblir un parti, 
affaiblir une armée. Affaiblir la puissance 
de son ennemi. L'âge affaiblit l'esprit, affai" 
blit la mémoire. On l'emploie souvent avec 
le pronom personnel. H s affaiblit. Son esprit 
s'affaiblit. 

Affaiblir les monnaies, les espèces d'or et 
d'argent. En diminuer le poids ou le titre. 

Affaibli, ib. participe. 

AFFAIBLISSANT y ANTE. adj. Qui affai- 
blit. Il y a des remèdes fortifiants , il y en a 
d'affaiblissants. 

AFFAIBUSSEBIEirr. S. m. Débilîtation , 
diminution de forces. Il se dit Des forces du 
corps, de celles de l'esprit, de celles d'un 
État, d'un parti, etc. L'affaiblissement du 
corps. L'affaiblissement de la vue. L'affài» 
bassement de la voix. L'affaiblissement d'une 
armée. L'affaiblissement des forces ennemies. 

AFFAIRE, s. f. Oe qui est le sujet de 
quelque occupation. Affaire agréable. Affaire 
importante. Je suis à présent de loisir, je n'ai 
aucune affaire. Il n'a d'autre affaire que de 
se divertir. Il est fort occupé, il a bien des 
affaires, il a mille affaires. Je suis accablé 
d'affaires. Il a affaire. Il est en affaires. 
Toutes affaires cessantes. Toute affaire ces» 
santé. L'affaire du salut est la plus grande 
d'un chrétien. 

J'en fais mon affaire, Je m*en charge, je 
réponds du succès. Dites^moi la place que 
vous désirez, f en fais mon affaire. 

Fam. , Cest mon affaire, se dit À une per* 
sonne qui veut nous détourner de quelque 
dessein, en nous faisant voir le danger, les 
inconvénients qui sont à craindre; et sir 
gnifie, Cela ne regarde que moi, ne peut 
compromettre, léser ou exposer que moi 



AFF 

teol/On dit dans un sens analogue, Cest 
jM affaire, c'est leur affaire. 

ProT.y Dieu nous game tTun homme qui 
ma au une affaire, se dit Pour donner à en- 
tenare qu'ordinairement un homme qui n'a 
qu'une seule chose à faire, en est si occupé, 
qu'il en fatigue tout le monde. 

Affjlibs , se dit particulièrement Des pro- 
cès , et de tout ce qui se traite en quefaue 
juridiction que ce soit, tant en matière 
cirile qu'en matière criminelle. Il y a une 
grande cffcàre au conseii tTÉtat, à la cour 
royale. Cet avocat est chargé tTune belle af^ 
r, dune affaire et éclat, Cest une affaire 



de conséquence, une affaire de rien. Il n'y 
a point Je petites affaires. Cest une affaire de 
grandeuiiscussion, de longue discussion. Une 
affaire embrouillée, épineuse, embarrassée, 
enveloppée. Une affaire malheureuse, extra» 
ordinaire. Les affaires civiles. Les affaires cri- 
minelles. Son affaire se rapportera, se videra 
bientôt. Il a un rapporteur qui expédie bien 
des affaires. Ce juge entend mal mon affaire. 
Le point, le secret, le fin de t affaire. Cest 
imi qui mène ses affaires. Poursuivre une 
affaxre. 

II se dit aussi de Toutes les choses qu'on 
a à discuter, à démêler avec quelqu'un 
dans le commerce de la vie. Cest une af- 
Ûdre dtintérét. Cest une affaire d'honneur. 
Sortir d'une affaire avec honneur. Se bien tirer 
dune affaire. Foilà le nœud de l'affaire. Son- 
tir dqffbire avec quelqu'un. S'entremettre 
dune affaire. Se charger d'une défaire. Je 
vous rendrai bon compte de votre affaire. En- 
tendre bien une affaire. Comprendre, concevoir 
une affaire. Il dérouille bien, il démêle bien 
uneaffiâre. 

affaire dhonneur, signifie quelquefois, 
Dael y combat singulier. Dans ce sens , on 
dit de même simplement, Une affaire. 

Jffaire de cœur, Commerce de galanterie. 

Fam. et ironiq., Fotre cffaire est faite. 
Elle est manquée, vous ne devez plus rien 
espérer, vous n'avez plus rien à prétendre. 
5011 affaire est faite, se dit aussi D'un homme 
dangereusement malade, et qui n'en peut 
relever. 

Cette maison est mon affaire. Elle me 
convient, il faut que je l'achète, que je la 
loue. On dit de même : Cest justement mon 
^faire. Ce serait bien mon affaire. Cela ferait 
hèen mon affaire. Etc. 

Ironiq. , Son affaire est bonne, se dit De 
quelqu'un qui ne peut éviter la punition 
qu'il mérite. 

AwAïas', signifie encore, Soin, peine, em- 

liarras, difficulté, querelle, danger. Il a bien 

des affaires sur les bras, sur le dos. Il a une 

fâcheuse, une mauvaise affaire sur le corps. Il 

vous donnera bien des affaires. Il était bien 

embarrassé, mais U s'est tiré daffaire. Ses 

amis Vont tiré daffaire. Susciter des affaires 

à queiauun. lia si bien fait, qu'il s'est mis 

ikî» daffaire. Il ne veut point daffaire. H se 

fmt une affaire de la moindre chose. Si vous 

vous Muillex avec cet homme»là, vous vous 

Jerez, vous vous attirerez des affaires. Cela 

lui a fait une affaire. Vider une affaire. Les 

suites, les conséquences dune affaire. Des 

amts communs ont ussoupi f affaire. 

Cest une affaire, se dit D'une chose qu'on 
regarde comme pénible ou malaisée; et, Ce 
n'est pas uneaffatre, se dit D'une chose facile. 
Tome L 



AFF 

n s'est tiré daffaire, signifie quelquefois, 
Il a su, par son mtelligence, par sa bonne 
conduite , se procurer une fortune honnête, 
une position honorable. 

Ce malade est hors deffaire, Il ne court 
plus aucun danger. 

ApFArBB, se dit particulièrement Des ac- 
tions de guerre. Cest un homme qui a vu 
bien des affcàres. Il s'est toujours tien con- 
duit dans toutes les affaires où il s'est ren- 
contré. Il fit des men*eilles dans la dernière 
affaire. L'affaire fut quelque temps disputée. 
L'affaire a étévi**e, a été chaude. 

Apfaiab, signifie encore particulièrement, 
Convention, marché, traité, transaction 
commerciale, entreprise d'industrie, spé- 
culation financière. J'ai fait affaire avec lui. 
Nous avons fait affaire ensemble. Nous avons 
fait beaucoup daffaires ensemble. Cette ville 
fait quelques affaires avec Londres, U pro- 
pose une affaire qui parait bonne. Cest une 
affaire dans laquelle il y a beaucoup à gagner, 
beaucoup à perdre. Il entreprena trop daf- 
faires. Cette (ffairepeut réussir. Les faiseurs 
daffaires. Les gens d'affaires. L'affaire est 
conclue. L'affaire est numquée. 

Il se disait particulièrement autrefois Des 
opérations des traitants, de ce qui concer- 
nait la levée des deniers publics. // est in- 
téressé dans les affaires, dans les affaires du 
roi. Il a commencé par une petite recette, et 
maintenant il est élans les grandes affaires. 
Il a bien tiré de l'argent des affaires qu'il a 
faites. Les fermiers généraux ont traité de 
cette affaire-là. 

Ironiq. , // a fait une belle affaire, se dit 
D'un homme qui a fait quelque chose mal 
à propos. 

Atfairb, se dit quelquefois, au pluriel, 
de La profession de commerçant. // s'est 
mis dans les affaires. Il a quitté les affai- 
res, n n'est plus dans les affaires. Il s'est 
retiré des affaires, 

Affairb , est aussi un terme général qui 
s'emploie pour exprimer bien des choses 
différentes, et que Ton substitue souvent à 
des termes propres et particuliers. Ainsi, 
en parlant D'une victoire, on dit, Cest 
une grande affaire, une affaire glorieuse; 
en parlant D'un mauvais succès , Cest une 
affaire fâcheuse; D'une entreprise quelcon- 
que, Cest une affaire aisée, difficile. On dît 
aussi : Fous me contez là une étrange affaire. 
Le bon de V affaire est... Ce que vous dites 
là est une autre affaire. Etc. Ces dernières 
phrases et leurs analogues sont la plupart 
ciu langage familier. 

Appairbs, au pluriel, se dit généralement 
de Toutes leschoses qui concernent la for^ 
tune et les intérêts du public et des parti- 
culiers, affaires publiques. Affaires a État. 
Ce ministre est chargé de toute la conduite 
des affaires du royaume. Les affaires étran- 
gères. Les affaires ecclésiastiques. Affaires 
temporelles. Affaires spirituelles. Le train, le 
courant des affaires. Pour les affaires urgen- 
tes. Les affaires d'une ville, dune commu- 
nauté. Les affaires particulières et privées. 
Les affaires d'une succession. Un homme dont 
les affaires sont en bon état, en mauvais 
état. Les affaires de son commerce. Ses qffai- 
res vont bien, vont mal. Il est bien, il est 
mal dans ses affaires. Il est, au-dessous, au- 
dessus de ses affaires. Il a bien fait ses qf- 



AFF 



33 



faires. Ses affaires sont nettes, claires, soni 
délabrées, embarrassées, embrouillées, en 
désordre. Donner ordre, mettre ordre à ses 
affaires. Affaires domestiques. Chacun a ses 
affaires, doit savoir ses affaires. Il a soin de 
ses affaires. Il a donné la conduite, le ma- 
niement de ses affaires à un habile homme. 
Il est habile en affaires. Ha le génie, l'esprit 
des affaires. Il entend bien les affaires. Il 
est propre aux affaires,' Il d un homme d'af- 
faires fort négligent. On est souvent trompé 
par ses gens daffaires. Un tel est son 
homme d'affaires. Ce ne sont pas là mes 
affaires. Pourquoi en pariez-vous fsont-ce là 
vos affaires? mêlez-vous de vos affaires. 

Les affaires du temps. Les événements 
publics dont les esprits ont été ou sont oc* 
cupés à telle ou telle époque. Op dit dans 
un sens analogue : L'état des affaires. La 
face des affaires est changée. Les affaires 
ont pris une direction toute nouvelle, un tour 
favorable. Etc. 

Fam. , Je n'entends pas les affaires. Je ne 
veux point entrer en discussion , et je pré* 
tends que l'affaire se fasse comme je l'ai 
décidé. 

Fam., Faire ses affaires, aller à ses affaim 
res, signifie Quelquefois, Satisfaire ses be- 
soins naturels. On appelait, chez le «roi y 
Chaise daffaires, La chaise percée, et , Bre- 
vet d'affaires , Le privilège d'entrer dans le 
lieu où le roi est sur sa chaise d'affaires. 

Cette femme a ses affaires. Elle a ses rè- 
gles. 

Fam. , Avoir affaire de, Avoir besoin de. 
// a affaire d argent. Tai affaire de vous, 
ne sortez pas. Dans ce sens, on dit par iro- 
nie , J*ai bien affaire de cet homme-là. Je 
ne me soucie guère de lui; et dans une ac« 
ception pareille : J'ai bien affaire dé tout cela» 
Qu'ai-je affaire de toutes ces querelles? Etc, 

Avoir affaire à quelqu'un, avec quelqu'un. 
Avoir à lui parler, avoir à traiter, a négocier 
avec lui de quelque chose. J'ai affaire à lui, 
il faut que j'aille le voir. Il faut les laisser, 
ils ont affmre l'un à Vautre, ils ont affaire 
ensemble. J'ai affaire à des gens difficiles. 
Un marchand a affaire à toutes sortes de 
personnes. On dit aussi, i^Orv en affaire avec 
quelqu'un. 

Aifùr affaire à quelqu'un. Avoir quelque 
contestation, quelque démêlé avec lui. Dans 
ce sens, on dit proverbialement : Avoir af» 
fçire à la veuve et aux héritiers, Ai*oir af* 
faire à forte partie. 

Il faut prendre garde à qui on a affaire, 
se dit dans le même sens et par manière 
d'avertissement, de réprimande. Lorsqu'un 
homme a manqué en quelque chose envers 
une personne qu'il ne connaissait pas. Par 
manière de menace , // verra à qui il a tf* 
faire. Il verra que je saurai bien lui tenir 
tête. On dit aussi, // aura affaire à moi. Si 
on vous attaque, on aura affaire à moi. Si 
vous ne changez de conduite, vous aurez af^ 
faire à moi. 

Il a eu cffaire avec cette femme, ou Elle 
a eu affaire avec cet homme, se dit en par- 
lant D'un commerce de galanterie qu'un 
homme a eu avec une femme, ou une femme 
avec un homme. 

Point n'AFFAiBB. loc. adv. Nullement, en 
aucune manière. Des conseils tant qu'il vous 
plaira t mais de I argent point daffaire, 

5 



H 



AFP 



• JkPPAialy iM. aiy. Qui a bSea «les af- 
Iftires. // est >si affaiiné, fu'il ua pas une 
heure à M. Il fait l'affairé. Avoir tou/ours 
Voir affairé. II est familier. 

AFFAISSEIIBIIT. S. m. £lat de ce qui est 
afTalsfié. L'affaissement des t^ms. J'ai trouvé 
ce malade dans un grand affaissement. L'a/" 
Jaissemtnt de Vespfit est quelquefois V^et 
tiun long chagrin. 

. AFFAISSER. V. a. Faire que des choses 
Mi sont Tune sur l'autre, s'abaiaseiit, se 
KiuleDt, et tiennent moins d'espace en hau- 
leur. Les plides affaissent les terres. 

Il signifie également, Faire ployer, faire 
courber sous le faix. Une trop grande charge 
de blé a affaissé le plancher de ee grenier. 

Il s'emploie aussi figurément. Le grand 
4ge n'a point affaissé son esprit. La douleur 
affaisse trop son âme. 

Il est souvent pronominal dans les deux 
aeceptions. Un terrain ^ui s'affaive. Les 
terres rapportées sont sujettes à s'affaisser. 
Ce monceau de foin s'est affaissé de tant de 
pieds. Un plancher qui s'affaisse, qui eom* 
punee à s'qffaisser. Fig. , Un esprit qui s'aj' 
fuisse. 

Il se dit, figurément, D'un vieillard qui se 
courbe. // s'tiffaisse, .il commence à s'affais* 
^r sous le poids des années. 
. Affaisss, i^ participe. 

AFFAITBR. V. a. T. de Fauconnerie. Ap- 
privoiser un oiseau de proie. 
. AvFAxrB , ia. participe. 

AFFALER, v. a. T. cle Marine. Abaisser, 
descendre; ou plus exactement, Manier, 
soulager un cordage pour l'aider à courir 
dans sa poulie ou dans son conduit, et à 
descendre plus facilement. Affakr une ma^ 
suuivre. 

. Il se dit aussi Du vent qui pousse un bâti* 
jnent vers la côte et le met en danger d'é- 
phouer. Le vent nous avait affalés sur la 
ifôte, nous avait affalés. 

Il s'emploie, dans ce dernier sens, avec le 
pronom (lersonnel. Jje navire va s'affaler, 
0'il ne change pas de manœuvre. 
. Il signifie aussi , avec le pronom person- 
nel. Se laisser glisser le long d'un cordage, 
«te. ) pour descendre plus vite. Ce matelot 
s'est affalé le long de tel cordage. 

Av«Ai.i , àz. participe. 

Le navire est affàU, Il est arrêté sur la 
côte par le défaut de vent ou par les cou- 
a*ants. 

AFFAMER, v. a. ôter, i^etranober les vi- 
yi'es, causer la (aim. Affirmer une ville, une 
place, une province, tout un pays. Fous ne 
faites que l'affamer en lui dotwant si peu à 
fnanger. 

Fig. et iam., // affame toute une talde, 
ae dit D'un grand mangeur. 

Affamé, ia. participe. Un homme affamé. 
Vn loup qffamé. On dit quelquefois sub- 
atantivement, dans le laugage familier, 
Cest un affamé; il mange Aiomme un affamé. 

Prov. et fig.. Feutre affamé n'a point d'<h 
leilles. Un nomme qui a faim n'écoute 
l^uère ce qu'on (ui dit, les repséseiita lions 
du'on lui fait. 

. Affamé j adjectif, aigoifie £g«rément. 
Qui a de l'avidité pour quelque chose, qui 
aoubaite quelque cnose-avecardeur. £tre uj^ 
lamé de gloire, affamé d'honneurs, affamé 
de nouvelles. Jf suis qffamé de le voir. 



AFP 

AFFiAfififlUBRT* s. an. Action dHiflfiéa- 

AFFEAGER. V. a. T. d'anciennes Coutu- 
mes. Aliéner une partie de son fief à tenir 
en arrière*'fief 4ku en roture. 

Apfz4GÉ, £b. particijae. 

AFFECTATION, s. f. Certaine manière 
de parler oud'agir, qui s'éloigne du naturel, 
et qui a pour but dfe se faire attribuer des 
qualités qu'on n'a pas. Affectation de sensi" 
ùilité, de générosité, de modestie, etc. Jlya 
de l'affectation dans tout ce qu'il fait, dans 
tout ce qu'il dit. Affectation marquée. AffeC' 
tationde langage, dans le langage, dans le ton, 
dans le geste, dans les manières. Il n'y a rien 
de naturel en elle, elle est pleine d'affectation. 
On ne saurait la corriger de ses affectations. 
Une de ses affectations est de dire... Toutes 
ces affectations me déplaisent. 

APFECTIER. V. a. Marquer une espèce de 
prédilection et d'attachement pour de oar- 
taines choses, ou pour de certaines per- 
sonnes. Au spectacle, il. affecte toujours Ja 
même place. Chaque acteur affecte particu' 
liÀrement certains rôles. Je prendrm le rap^ 
porteur qu'on voudra, je n'en affecte aucun. 

Il signifie aussi , Faire un usage fréquent , 
et même vicieux, de certaines choses. Affec- 
ter certains mois, certaines façons déparier, 
certains airs, certains gestes. Il affecte les 
usages anglais. 

Il signifie également. Chercher à montrer 
des qualités qu'on n'a pas. Il affecte de pU' 
raitre savant. Il affecte une grande humilité, 
une grande modestie. 

U signifie encore, Prendre quelque chose 
a tâche, faire quelcjue chose de dessein 
formé. // affecte toujours de dire des choses 
flatteuses. Il affecte de dire en grand secret 
des choses insignifiantes. Il affecte l'air dis- 
trait. Il affecte de grands airs. Cest une chose 
dont U affecte de ne point parler. 

Il signifie quelcjnefois , Rechercher une 
chose avec ambition, y aspirer, s'y por- 
ter avec ardeur; mais il ne se dit guère que 
dans le style soutenu, en parlant Des 
grandes dignités. Affecter le pouvoir supré^ 
me. Affecter le premier rang, les premières 
places. 

AwMKcntBB , signifie en outre , Deatiner et 
appliquer une chose a un certain usage. Il 
ne se dit guère qu'en parlant Des fonds de 
terre, des héritages, des rentes. Jlffeeter un 
fonds de terre pour l'entretien^ à l'entretien 
d'une école. Affecter et hypothéquer. une Jem 
au pavement d'un douaire. j(ffe€ter,uae rente 
pour le payement d'une dette. 

AvraoTsa, se dit figurément Pour expri- 
mer la disposition que certaines aubelan- 
ces ont à prendre certaines figures. LCiSel 
marin affecte dans sa cristatiimtûm la figure 
cubique. 

Affbgtxr, est aussi un terme .de Méde- 
cine , qui «ignifie.. Faire une impression £1- 
cheuse, rendre malade. // €St à icraindre 
aue le trop long asage de ce s^cmède, n'affecte 
la poitrine. 

Aiwao3Uia« signifie aussi, figni*émeDt« 
Toucher, émouvoir, faire impression, Jtf<- 
(Ijger. Cette pièce est daus Us règles, mais 
elle n'affecte point les spectateurs. Cet M^ 
nement l'a beaucoup affecté, ne laissera pas 
de l'affficter. 

Jl 8'ei|^oîe.,d«iisunaens analogue^ avec 



AFF 

k pvonott jpersûand. Cest ma iottmiê fti 
s'affecte aisément, qui ae s'tgffecte de rien, 

AarjEcpÉ , as. participe. Un fonds de terre 
qffecté à l'entretien de... Une maison affeciéa 
au payement d^ une dette.. Cest aue place qui 
lui est affectée. H est à craindre qu'il ne se 
forme un dépàt daus la partie affectée. H m 
été vivememi affecté de cette uauireUe* AMtàt 
très-affecté de son mamtois procédé. 

Il est aussi acljectif, et signifie , Qui a de 
l'affectation, où il y a de l'affeclation. Ce 
comédien est affecté dans stm jeu. Cetéeri^ 
vain est tffecté dans son ^tflC' Langage qf* 
fecte. Geste effecté. BumiUté, mudsstie af* 
fectée. 

AFFBGTIF, IVE. adj. Qui inspire, qui 
est propre à inspirer de ralfectîon. U n est 
guère usité qu'en parlant Des choses de 
piété. // parle des choses de Dieu d^wse ma» 
nière très^ffective. Saint Bernard est un des 
Pères de l'É^ les plus affec^s. On m 
imprimé des Hures sous le titn de Théologia 
affective. 

AFFECTION, a. f.Sentiafteiitqni faiiqu'o» 
aime, qn'on préfère quelquepenonne» qu'oia 
se plait à quelque chose, qu'on s'y porte 
avec ardeur. Tendre qffeetiaB..Affèotion paiera 
nelle. Affection maternelk. Sentiment aaffeo» 
tum. Témoignage d'4iffèction. Faire une choaa 
par affection pour quelqu'un. Avoir ek VtJ^ 
fection pour quelqu'un. Porter de 



à quelqu'un. Mettre son affection àaaeper^ 
sonne, aune chose. Cest le cadet qid est Toh>^ 
Jet des affections de la mère. Il n'a d'affèctiem 
pour rien. Il n'a tffection à tien. Il a pris Im 
peintdre en qffection. H a son art en tffec^ 
tion. Il se porte à cette étude par qffecticsu 
Il s'y livre avec affection. Il en parie dqffec^ 
tion. Chaque jour on se détache de quelqu'une 
de ses Affections. 

Il se dit, dans une JBOoeption génécale^ 
pour désigner BJvecs mouvements de Tâme. 
Les affectums de rame. Affectûms humaines, 
naturelles. Toutes ses sffections stmt dauaeOm 
Affections déréglées. 

AMSMCxiQMf en ternes de Médecine» eiK 
synonyme de Mahuiie. Affecâiaa nerveuse* 
Affection hystérique. Affection aigui^ chtom 
nique. 

AJPFECTIOSKEK. -v. a. Aimer, «voir de 
l'afiection pour quelqu'un ou pour quel* 
que chose. Cest une oersonne que jiffeo^ 
tienne. Cest un genre a étude ^u'âqffictionme 
beaucoup. 

jfffKliùaner ^quelque jchûse,£\gtk\&t quel* 
quefois , S'y intéresser avec afTectîoa» a^'ec 
chaleur. Cest C affaire du mtmdeque ftffee» 
tionne le plus. 

AmczxQirMBa» est aussi pronomineL 
Ainsi on dit» S'tdhctiimaerà une .chose» 5*j 
attacher^ s'y appuquer avec afiectioo. 

AFffaariQKxSt sa. particqpe. 

C'est aussi un terme de civilité employé 
quelouefois dansia souscription des lettre^ 
aue l'on termine par certaines fonnutee 
d'usage, lesquelles vArifint suivant les reht- 
tiow 4e Upecsoone qsii écrit ia lettre avec 
celle à «qui elle l'adresse. Fotre très^humUe 
et irès^ffectionné sénateur. Fotre affèetuma^ 
ser%'itear. Fotre affedionné. Fotre affectumné 
à vous senvr. Fotre tffectioÊUié à mous rendre 
senùce. Cas 4euj: dernières formules ont 
vieiui. 

AWCCTUEFREMCNT. edv. D'une 



ÀFF 



AFF 



AFF 



35 



oient aflbctueiue. H lui parla irès-^Jfectueu^ 
iemenl. 

ArPBCnfBinC , BUSE. ad^'. Qui' montre 
oaquî iDArque beaucoup cfafrectioo. Cest un 
homme très-affèctueux* Um orateur pathéti- 
sme et affectueux. Sentiments onctueux. Dis- 
cours aJJ^ctuâtx, Tbutts ses paroles étaient 
êtffèetueuses. Mouvenunts affectueux. Manié- 
ses affectueuses. 

On ne l'emploie guère qu'au féminin, et 
^buis cène loendou, Portion, part afférente ^ 
La part qui revient à chacun des intéressés 
dans ou objet îiidm» ou dans un partage. 

AFFBram. V. a. Donner à ferme. Ce 
frofriétmbre lAent ^affermer sa terre. Dans 
pbssieurs pays, le gouvernement afferme la 
perception dtt impôts. 

U signifie aussi, Prendre à ferme. Tous 
txux qm ont t^rmé cette terre y ont bien 
Mûl leurs affaires. 

JawKMxk, ÉK. participe. 

AFVEnnE. Y. a. Reiûlre ferme et stable. 
JffirmirunemuraiUe, Affermir un plancher. 
De Copiât qui tffermii les dents. 

Il signiTO aussi , Rendre ferme et consis- 
tant ce qui était mou.. La geiée affermit les 
èàemins. L'esprit^de^vin affermit les gencii*es. 
Le vin affermît le poisson. Dans ce sens> on 
<iit plus souvent , Raffermir. 

U signifie figuiément, Rendre plus assu- 
wéf phis difficile à ébranler. Affermir le 

ange. Affermir tékne. Affermir quelqu'un 
une résolution t dans une cnyance, dans 
opinion, dans lu M. Affermir Vautorité, 
affermir le sceptre dans ta main d^un roL 
Cette victoire l affermit sur son trône, lui af- 
ikmût la eoumnnejur la tête. Cela vous doit 
effemdr encore plut dans votre sentiment, 
dans wftre résolution.. Les beaux jours achè" 
oertmf ifaffinnir sa santé. Affermir le repos 
de F État. Affermir le crélii public. Affermir 
4r traaquiSité puÊ^ue, Affermir les peuples 
daau Se devoir, jtfftrmir us volontés chance^ 



H s^mploie «la^ avea fe pronom per»» 
■met, au propre et au figuré. Les chemins 
s'afffhmiront bientôt. Ce poisson s'est'afferm 
en cuisant. Sa santé s'affermira ai*ec le 
iemps. S^affermir contre les coups du. sort. 
Sk affermir dans uae résolution, dïans un 



iK. participe. 

JàFVEUnsSBBBinr. s. nr. Actimi par 
laquelle une cbose est affermie; État d'une 
chose aiTermie. Vaffermissement des gen- 
cives. 1\ n'est guère uaité au propre. 

Il signifie figurément, Action craméliorer 
jxn état qui commence à être satis&isant, 
4|ui est déjà satisfaisant La belle saison cou* 
tribuera à raffermissement de sa santé. L^aJ^ 
Jersnissement de l'État, du trône, des lois, de 
la religion, du crédit oubHc. Ce prinee dut à 
r amour des peuples raffermissement de son 



xrwirrt^ÈtL. adj. Qui est pfèîb d'afftc- 
ition dans son air, dans ses manières , dms 
I langage. Ce jeune homme est aff&é dans 
moMÛhes, dans ses discours. Elfe ne serait 
fttt désagréable, si elle était moins affétée. 
Il se dît aussi Des choses qui marquent 
raflectation. Mine affétée. Discours affété. 

M affétées. Paroles affecées. 
AFFÉTCRrE. s. f. Manière affétée de 



parler ou d'agir. Ilja trop d'afféterie dans 
fout ce qu'elle fait. Les afféteries d*une co- 
quette, d'une précieuse. L'afféterie du st^'le. 

APFETTUOSO. T. de Musique, em« 
priinté de Titalien, dont on se sert pour 
avertir qu'un morceau doit être rendu avec 
une expression tendre. 

AFFICHE, s. f. Placard, feuille écrite ou 

imprimée que l'on applique contre les mors 

adj. T. dé lurispr. [dans les rues, dans les carrefours, pour 

avertir ie public de quelque cbose. Une 
grande, une petite affcke. Affiche de comédie. 
Les affiches de spectacle. Affiche pour la vente 
d'une propriété, dune maison. Une muraille 
couverte, tapissée ^affiches. 

Petites Affiches, Feuille périodique dans 
laquelle on annonce les terres, les* maisons, 
les meubles à vendre, les appartements à 
louer, les effets perdus ou trouvés, etc. 

AFFICHER. V. a. Attacher, appliquer aux 
murs un placard pour avertir le public de 
quelque chose; Afficher une loi, une ordon* 
nanoe de police, une trente publique. Afficher 
le spectacle. Le tribunal a ordonné que son 
jugement serait affiché à cent exemplaires. 

Non-seulement je le dirai, mais je Vaffi' 
eherai partout, se dit, par eaLagération , en 
parlant D^une chose qu'on voudrait faire 
savoir à tout le monde. 

Flg*» Afficher le bel esprit. Se donner 
pour bel esprit, vouloir passer pour bel 
esprit. Afficher Cîrréligion,. Affecter de se 
montrer irréligieux. Etc. 

Afficher sa honte. Publier soi-même une 
action déshonorante qu'on a faite, ou avouer 
tout haut des sentiments abjects et mépri- 
sables. 

Afficher une femme. Rendre public le 
commerce de galanterie qu'on a ou qu'on 
veut passer pour avoir avec elle. 

AnricHXR, s'emploie aussi avec le pro- 
nom personnel. S afficher pour bel esprit, 
pour savant, etc. Dans ce sens, il ne se 
prend guère qu'en mauvaise part. On le dit 
de même* absolument Un homme sensé ne 
s'affiche point. Cette femme s'affiche. Elle 
met le punlic dans la confidence do ses dés» 
ordres. 

Afficha, ia. pailicipe. 

AFFICHEÛE. s. m. Celui qui affiche des 
placards dans les rues. Afficheur de la co- 
médie. Payer V afficheur. 

ArFlDé 9 £e. adj. À qui on se fie. JB>t- 
voyer un Itomme affidé. Il lui fit dire par une 
personne affidée. 

Il s'emploie aussi comme substanti£ Ului 
fit dire par un de ses affidés. 

AFFILER. V. a. Aiguiser le tranchant 
émoussé ou ébréché d un instrument, lui 
donner le fil. Affiler le tranchant d*un rasoir, 
d'un couteau, d'un coutelas, d'un sabre. 

ArpiLB, ia. participe. 

Fig. et fam.. Avoir la langue bien effilée, 
se dit De quelqu'un qui parle facilement 
et beaucoup, qui a du babiL Cette femme 
a la langue bien affilée. 

AFFILIATION, s. f. Association à une 
compagnie, à une corporation , à une com- 
munauté. Il y avait fffiiiatton entre t Académie 
française et celle deifarseille. ïlra affiliation 
entre ces deux communautés religieuses, entre 
plusieurs loges de francs-maçons. 

AFFILIEE. V. a. Adopter, associer à toi. 
Il ne se dit que Des corporations » des com- 



munautés, de certaines sociétés. VAcadê^, 
mie française s'était affilié quelques acadéi 
mies de province. Affilier plusieurs sociétés à 
une société centrale. « 

Il s'emploie aussi avec le pronom peraon* 
nel. S'i^ier à une congrégation^ à une so^ 
ciété. 

AFrnué, in. pailicine. 

n s'emploie quelquetbis substantivement 
Cette corporation a des affiliés. 

AFFIEAGE. s. m. T. d'Arts. Action pat 
laquelle on débarrasse certaines choses» no^ 
tamment les métaux et le sucre, de matières 
étnmgères qui s'y trouvent mêlées. L'effi^ 
nage de for. Cet or est déchu de tant dei 
grains à l'affinage. L'affinage du sucre» 

AFFINER. V. a. T. d'Arts. Purifier par UV 
moyen quelconque. Affiner l'or et Cargent^ 
Affiner du fer, de l'étain. 

Affiner du sucre^ Le rendre plus^ pur» 
plus fin. 

Affiner le lin, le chanvre, Le vendra phtt 
fin , plus déliA. 

Le temps, la cave affine le fromage, hu 
temps, la cave lui donne un goût plua ûn% 
plus relevé. Cette acception vieillit 

Arnirsa, s'emploie avec le pronom per^ 
sonnelv L'or t'affine en paseant à la coupelle. 
Ce fromage s'affinera avec le temps. 

I\ se dît figurément, et signifie. Devenir 
plus fin , plus délié. L'esprit s'affine par Im 
conversation.' 

ApFiHBa , signifie aussi , User de ruse en" 
vers quelqu'un , le tromper par quelque ar» 
tifice. Ce sens a vieilli. 

Affihs, ia. participe. 

AFFINHRIE. s. f. Lieu où l'on affiner 
Porter le fer à raffinerie. 

AFFINEI7R. 8. m. Celui qui affine l'or el 
l'argent. Maître affineur. 

AFFINITÉ, s. f. Alliance , degré de proxi*. 
mité que le mariage fait acquérir à un 
homme avec les parents de sa femme, et 4 
une femme avec ceux de son mari. U a 
épousé ma sœur, il y a affinité entre lui et. 
moi. Les dii'crs degrés daffinité. 

Affinité spirituelle. Celle qui se contracte,* 
dans la cérémonie du baptême, entre left 

Sarrains et les marraines, et les personnes 
ont ils ont tenu les enfants; et encore, 
enti*e les parrains et les marraines,. et leurs, 
filleuls ou filleules. 

AFFinixi, se dit aussi de La conformité,, 
de la convenance, du rapport qui est entre 
diverses choses. Ces deux mots ont beaucoup 
d'affinité. La géométrie et la physique ont, 
une grande affinité. Il y a de l'affinité entre 
la poésie et ta peinture. Affinité entre les ca». 
ractères. L'affinité des caractères. 

Affkkitb, se dit encore de La liaison que 
des personnes oui ensemble, à raison de 
quelques rapports entre leurs caractères,^ 
leurs goûts, leurs opinions. H y m'ait une 
grande affinité entre eux. 

Afpisitb, en termes de Chimie, signifie,, 
La tendance que les parties constituantea 
d'une substance , ou de substances de na*' 
ture diflérente, ont à s'unir ensemble. 

AFFINOIE. s. m. Instrument au travers, 
duquel on fait passer le lin ou le clianvre 
pour l'affiner. 

AFFIQIJET. s. m. Parure, ajustement. U 

ne se dit guère qu'au pluriel, et par raiU* 

llerie,. en parlant Des petits ajusteiueais» 

5. 



3G 



AFF 



d*iine femme. Js'ec tous ses affquets, elle 
se croit jolie. Il est familier. 

Apfiquxt, se dit encore d*Un j^etit bâton 
d'eux qui sert aux femmes qui tricotent 
pour soutenir TaiguîHe sur laquelle elles 

Ï>rennent la maille faite, lorsqu'elles veu- 
ent en faire une nouvelle. 

AFFIRHATIF, IVE. adj. Qui affirme, 
qtti soutient une chose pour vraie. Discours 
affirmatif. Geste affirmatif. Air affirmatif. 
Il ni en a parlé aune manière affirmative, 
Cest un homme fort affirmatif. En cela il 
est un peu trop affirmatif. Parler eTun ton 
affirmatif. Il a le ton affirmatif, Il a habi- 
tuellement un ton trop affirmatif. 

En Logique , Proposition affirmative , 
Toute proposition par laquelle on affirme 
une chose. 

Affirmàtitb, se dit, substantivement et 
absolument, de Toute proposition par la- 
quelle on affirme. Ils sont toujours d'avis 
différents ; jamais l'un ne nie une chose que 
Vautre ne prenne l'affirmative. Sur l'expédient 
qu'on proposa, les uns furent pour l'affirma- 
tive, les autres pour la négative. Il y eut tant de 
voix pour l'affirmative. Ceux qui soutenaient 
Vaffirmative, 

AFFIRMATIOir. s. f. Action d'affirmer, 
proposition par laquelle on assure qu'une 
chose est vraie. J'm*ais besoin de votre affur^ 
mation pour croire ce fait. 

Affirmation y en termes de Logique, 
L^expression par laquelle une proposition 
est affirmative. L'affirmation est opposée à 
la négation, 

Affirbcatiov, en termes de Procédure, 
Assurance avec serment et dans les fonnes 
juridiques. Prendre un acte d'affirmation. 
Je m'en rapporte à votre affirmation, Jffir- 
mation de compte. Le juge a pris leur affir^ 
mation. Le greffe des affirmations, 

AFFIRMATIVEMENT, adv. D'une ma- 
nière affirmative. Parler affirmativement. Il 
en parle aussi affirmativement que s'il l'avait 
vu, 

AFFIRMER, v. a. Assurer, soutenir qu'une 
chose est vraie. Je l'ai vu, je vous l'affirme, 
Oseriez'vous affirmer cela? 

Il se dit, en Logique, D'une ^proposition , 
et signifie simplement. Exprimer qu'une 
chose est. Toute proposition affirme ou nie, 

Afftembb, en termes de Palais, Jurer, 
assurer avec serment. 

ApFiRxi, is. participe. 

AFFLEURER, v. a. Réduire deux corps 
contigus, soit verticaux, soit horizontaux , 
à une même surface, sans saillie de l'un 
sur l'autre. Affleurer les battants d'une ar- 
moire, Affkurer une trappe au niveau du plan-» 
cher. 

Il se dit aussi neutralement De ce qui 
est affieuré. Ces pièces de bois affleurent bien, 

Affleub^, is. participe. 

AFFLICTIF9 IVE. adj. II n'est guère 
usité qu'au féminin et dans ces locutions, 
Peine afflictive , peine afflictive et infamante, 
qui appartiennent à la Jurisprudence cri- 
minelle. Les peines affiictives sont Les peines 
corporelles et physiques qui frappent di- 
rectement la personne du condamné; les 
peines infamantes sont Celles qui ont un 
effet moral, qui déshonorent et flétrissent 
le condamné dans l'opinion publique. Les 
travaux forcés sont une peine afflictive et in* 1 



AFF 

famante, La dégradation civique est une peine 
infamante, mais non affiictive, 

AFFLICTION, s. f. Chagrin, état de tris- 
tesse et d'abattement d'esprit où nous jette 
un événement malheureux. Grande, extrême 
affiiction. Cela lui causa une affliction mor- 
telle. Il est dans l'affliction, dans l'affliction 
la plus profonde. Les consolations indiscrètes 
ne font qu aigrir les grandes afflictions. 

Il se dit quelquefois Des accidents, des 
malheurs mêmes qui sont une cause d'af- 
fliction. Les afflictions qu'il plaît à Dieu de 
nous envoyer, 

AFFLIGEANT , ANTE. adj. Qui afflige. 
Cela est bien affligeant. Une nouvelle bien 
affligeante, 

AFFLIGER. V. a. Causer de l'affliction. 
Son malheur m'afflige. Cette nouvelle l'a pro- 
fondément affligé. 

Il signifie aussi , Mortifier son corps , le 
faire souffrir. Affliger son corps par des jeû- 
nes, par des macérations. 

Il se dit encore Des calamités qui déso- 
lent, qui dévastent, qui ruinent un pays. 
La famine affligeait la ville, La peste affligeait 
le rojnume. On dit à peu près dans ce sens: 
Dieu a voulu affliger son peuple. Job fut af- 
fligé en son corps et en ses biens, 

Affligbb, s'emploie aussi avec le pro- 
nom personnel, et signifie, Sentir du dé- 
plaisir, de la peine, se faii^ du chagrin de 
quelque chose. F'ous vous affligez sans sujet. 
Il s'afflige d'une chose dont il devrait se ré- 
jouir. 

Affligé, ée. participe. 

Il se dit quelquefois, en plaisantant et 
par antiphrase. // est affligé de cent mille 
livres de rente. Elle est affligée de seize ans. 

Il se dit aussi D'une partie du corps qui 
est affectée de quelque mal. Appliquer un 
remède, une fomentation sur la partie affligée. 
Ce sens n'est point usité en Médecine. 

Il s'emploie aussi substantivement, en par- 
lant Des personnes. Consoler les affligés. H 
voulut consoler la pauvre affligée, 

AFFLUENCE. s. f. Concours et chute 
d'eaux, d'humeurs, etc. L'affluencedes eaux 



qui proi'enaient de la fonte des neiges fit dé- 
ooraer la rivière, L'affluence des humeurs vers 
une partie détermine souvent des accidents 
graves. 

Il se dit figurément d'Une grande abon- 
dance de choses, d'un grand concours de 
monde. Affluence de toutes sortes de biens. 
Grande affluence de peuple, ou simplement, 
Grande affluence. Cette pièce attire une 
grande affluence de spectateurs, une grande 
affluence. Il y a cette année affluence de 
marchandises à la foire, affluence de vais- 
seaux dans le port, 

AFFLCENT, ENTE. adj. Il se dit Des 
rivières qui se jettent dans une autre. Le 
Rhin et les rivières affluentes, 

II s'emploie aussi substantivement, au 
masculin. La Seine et ses affluents. La Marne 
est un des affluents de la Seine. 

AFFi.uBHT, se dit, en Médecine, Des hu- 
meurs qui affluent , qui se portent en abon- 
dance vers quelque partie. Sang affluent. La 
sérosité, la salive affluente. 

Il se dit, en Physique, d'Un fluide qui 
se porte dans un sens déterminé. La ma- 
tière affluente. 

AFFLUER* ▼. n. Couler vers. Il se dit 



\ 



AFF 

proprement Des eaux qui se rendent dans 
un même canal , et dont la chute a lieu dans 
un même endroit. Plusieurs ruisseaux et 
plusieurs rivières affluent dans la Seine, dans 
le Rhâne. 

Il se dit aussi Des humeurs, dans un sens 
analogue. Il faut empêcher le sang d'affluer 
vers telle partie. 

Il signifie figurément, Abonder, arriver 
en abondance. Toutes sortes de biens affluent 
dans cette maison. Les vivres affluaient dans 
le camp. 

Il signifie encore figurément. Survenir en 
grand nombre. Les étrangers affluent à Paris* 

AFFLUX, s. m. (On prononce Afflu,) T. 
de Médec. Action d'aiuuer, concours des 
liquides vers une partie. L'afflux du sang 
vers la tête, 

AFFOLER. V. a. Rendre excessivement 
passionné. Il n'est guère usité que dans le 
langage familier et auparticipe. // est affcli 
de sa femme. Il est affolé de sa maison. 

Il s'emploie quelquefois avec le pronoin 
personnel. S'affoler de quelqu'un, de quei" 
que chose, 

AFFoi.i, ÉB. participe. 

En termes de Marine, Aiguille a/folée, se 
dit de L'aiguille d'une boussole lorsqu'elle 
est dérangée de sa direction naturelle vers le 
nord, soit par le voisinage du fer, soit par 
un orage violent, etc. On est quelquefois 
obligé d'aimanter de nouveau une aiguille q^- 
folée. 

AFFORAGE. s. m. T. de Féodalité. Droit 
uî se payait à un seigneur pour la vente ' 
u vin. 

AFFOUAGE, s. m. T. d'Eaux et Forêts. 
Droit de prendre du bois dans une forêt 
pour se chauffer. , 

AFFOURCHE. s. f. T. de Marine. On ne 
l'emploie que dans ces dénominations, ^it- 
cre d'affourche, câble d'affourche. Ancre» 
câble qui servent à affourcher un bâtiment. 

AFFOURCHER. V. a. T. de Marine. Dis- 
poser deux ancres en les jetant à la mer , 
de manière que leurs câbles forment une 
ejspèce de fourche. Affourcher un bâtiment, 

11 s'emploie aussi comme verbe prono^ 
minai et comme veii>e neutre. Un vaisseau 
qui s'affourche ou qid affourche. 

Affoubchb, bb. participe. Vaisseau af^ 
fourché sur ses ancres» ou simplement, Vais^ 
seau affourche. Nous sommes affourchés. 

Affoubchb, se dit aussi, familièrement» 
D'un homme qui est è califourchon sur 
quelque chose , sur quelque bête de mon- 
ture. Un paysan affourche sur son dne. 

AFFRANCHIR, v. a. Rendre libre, dé* 
clarer libre. Affranchir un esclave. 

Il signifie aussi. Décharger, exempter. 
Affranchir d^ impôts. Ils s'étaient fait qffran^ 
chir de la taille. Affranchir une ville de cer* 
laines charges. 

Affranchir une lettre, un paquet. En payer 
le port au bureau d'où on les fait partir. 

Affbabchib, signifie figurément. Tirer 
d'une sujétion, d'une dépendance. Le ma^ 
riage affranchit de la puissance paternelle. 
Affranchir un peuple de la senntude, de ia 
tyrannie, de la domination étrangère. 

Il signifie aussi. Délivrer de quelque mal ^ 

de quelque peine. La mort nous affranchira 

des misères ae ce monde, Votre présence m'a f^ 

\ franchit de toute crainte, de toute inquiétude. 



AFF 

Il s'emploie souvent avec le pronom per- 
sonnel . li s 'est affranchi du despotisme qu'on 
exerçait sur lai, de la dépendance oà il 
était. Il s'est affranchi de toute crainte, de 
toute gène, de tout detw'r. Ils se sontuffraU' 
ckis de tous les préjugés. 

En termes de Féodalité, Jjjranchlr un 
héritage. Libérer un héritage de quelque 
servitude» de quelque diarge. 

Afpbâichi y jB. participe. 

Il est aussi substantif, et signifie, Un es- 
rbive à qui on a donné la liberté. La con» 
djion d'affranchi. Les affranchis d^ Auguste, 
Acte, affranchie de Néron. 

AFFEANGHISSKHElfT. s. m. L'action 
par laquelle on aflranGhit un esclave, ainsi 
que L*état de la personne affranchie. L'af' 
franchissement a un esciui'e. Les formalités 
de Caffranchissement. Ildewiitson affranchis^ 
sèment à la bonté de son maître. J'obtins 
raffranchissement de oe nègre. 

Il signifie aussi. Exemption, décharge soit 
d*un impôt , soit de quelque droit onéreux. 
L'affranchissement d'une terre. L'affranchis^ 
semeni dune ville. Lettres d'ajfranchisse' 
ment. 

Il sipiifie quelquefois. Délivrance de- la 
tyrannie, cessation d'un pouvoir oppressif. 
L'affranchissement éCun peuple. Ils célèbrent 
tamniversairt de leur affianchissement. 

Il signifie encore, L'action d'affranchir 
ime lettre, un paquet. Affranchissement 
Ubre. Affranchissement forcé. Payer tant 
pour f affranchissement étune lettre. 

AFFBB. s. f. (L'A est long. ) Grande peur, 
CYtréme frayeur. Il n'est guère d'usage qu'au 
pluriel, et dans cette locution, Les affres 
de la mort. 

AFFHBTEMBIIT. S. m. T. dé Marine. 
Action d'affréter, convention pour le louage 
d'un bâtiment 

AFFméTER. V. a. T. de Bfiarine. Prendre 
vu bâtiment à louage, en totalité ou en 
partie. Affréter un navire à tant par tou' 
sêeaup par mois ou par voyage. Dans la Mé- 
diterranée, on dit, JMiser. 

Arrairi, n. participe. 

AFFEérEUR. s. m. T. de Marine. Celui 
qui prend un bâtiment à louage. 

AFPEEVSEMEET. adv. Effroyablement, 
éponvantablement, d'une manière affreuse. 
// criait affreusement. U est affreusement 



AFFEEUX, EITSE. adi. Qui cause ou qui 
est propre à causer de la frayeur, de l'ef- 
froi. Un spectacle affreux. Une image af- 
freuse. Jeter des cris affreux. Cest une per- 
sonne affreuse. 

Il se dit souvent an sens moral. Leur sort 
est affreux. Cest une ingratitude affreuse, 
une affreuse calomnie. Il est affreux de ca- 
lomnier cet homme. Cest une chose affreuse, 
il était dans une affreuse misère. 

Cest un homme affreux, se dit, non-seu- 
lement D'un homme extrêmement laid, 
nais encore, au figuré, D'un homme fort 
dépravé, capable des actions les plus noi- 
res, les plus viles. 

AFFEIAEDEE. v. a. Rendre friand. Fous 
Tavex affriandé par la bonne chère que vous 
lui avez faite. 

Il signifie aussi , Attirerpar quelque chose 
d'agréable au goût. On affrianae les poissons, 
les oiseaux mtc de Vappdt* 



AFF 

Il signifie, figurément et familièrement, 
Attirer par quelque chose d'utile, ou plu- 
tôt d'agréable. Le gain Pavait affriandé. 

Affriahdb, iM. participe. 

AFFEIOLER. v. a. Attirer par quelque 
chose d'agréable au goût Fous l'avez affriolé 
par votre bonne chère. 

n signifie figurément, Attirer par quel- 
que chose d*utile ou d'agréable. Les pré- 
sents l'ont affriolé. Il est familier dans les 
deux sens. 

AFPaioi.i, ia. participe. 

AFPBONT. s. m. Injure, outrage, soit de 
parole, soit de fait. Cruel affront Sanglant 
affront. Sensible affront. Affront public, écla- 
tant, signalé. On lui a fait un affront. U a 
reçu un grand affront. Endurer un affront. 
Venger un affront'. 

Essuyer un affront. Recevoir un affront. 
BfHre un affront, avaler un affront, déi>orer 
un qffront, Souffrir patiemment un aifront. 
Ne pouvoir digérer un affront. Avoir tou- 
jours sur le cœur un affront qu'on a reçu. 
// ne saurait digérer cet affront. 

APFaovT, signifie aussi. Déshonneur, 
honte. // fait affront à ses parents. Fous 
pouvez répondre hardiment de lui, il est hon- 
nête homme, H ne vous fera point d'affront. 
Les armes de ce prince reçurent un affront 
devant cette place. Si vous entreprenez cette 
affaire, l'affront vous en demeurera, vous en 
restera. 

Sa mémoire lui a fait un affront, se dit 
D'un orateur, d'un acteur à qui la mémoire 
a manqué au milieu de son discours, de 
son rôle. 

AFFEOETEB. v. a. Attaquer avec har- 
diesse, avec intrépidité. Affronter les enne- 
mis jusque dans leur camp. 

Fig. , Affronter la mort, les hasards, les 
périls, les dangers, etc., S'exposer hardi- 
ment à la mort, aux périls, aux dangers, 
etc. • • 

Apfrovtsb , signifie aussi , Tromper. Cest 
un coquin qui affronte tout le momie. Il m'a 
vilainement affronté. Ce sens vieillit. 

ApFBosTi, Ar. participe. Après tant de 
périls affrontés. Bien des gens, affrontés par 
ce marchand, se plaignaient de lui. 

Approktb, en termes de Blason, se dit De 
deux animaux qui se regardent. Deux lions 
affrontés. 

AFFEONTEEIE. S. f. Action d'affronter. 
Il est peu usité. 

AFFEONTEUE , EUSE. S. Celui, celle qui 
affronte, qui trompe. Cest un affronteur, 
une affronteuse. Je hais les affronteurs. 

AFFIJBLEMENT. s. m. Voile, habillement, 
ce qui couvre la tête, le visage, le corps. 
Il est peu usité. 

AFFUBLEE* v. a. Couvrir, envelopper la 
tête, le visage, le corps de quelque habille- 
ment, de quelque voile. On l'affubla dun 
long crêpe, d'une longue robe. Il est familier. 

Il s'emploie aussi avec le pronom person- 
nel, ^affubler ^un manteau. Elle s affubla 
d'une longue mante, 

AppuBLi, BB. participe. Un moine affublé 
de son froc. 

Comme le voilà affublé; il est plaisamment 
affublé. Comme le voilà vêtu; ilest vêtu 
d'une manière bizarre, ridicule. 

Fig. et fam. , Être affublé de ridicules, 
Être couvert de ridicules. 



AGÂ 37 

AFfAt. s. m. Machine de bois ou de mé- 
tal servant à supporter ou à transporter 
une pièce d'artillerie. // y a des affûts non 
mobUes, des affâts roulants, des affâts glis* 
sants. Affût de canon. Affût de campagne. 
Affût de place. Affût de batterie de côte. 
Mettre une pièce de canon sur son affût. 

App^t, en termes de Chasse, L'endroit 
où l'on se poste pour attendre le gibier 
à la sortie du bois ou à la rentrée. Tirer un 
lièi're à l'affût. Attendre un loup, un sau- 
cier à l'affût. Sortir de son affat. Choisit: 
un bon affût. 




guet. // y a longtemps que Je suis à l'affût 



de cette place, que ie suis ici à t affût. Il est 
toujours à raffut des nouvelles. 

AFFi^TAGE. s. m. Action d'affûter un 
canon. On donna tant pour l'affûtage. Dans 
ce sens, il n'est plus usité. 

AppèTAGB, en termes d'Arts et Métiers , 
Action d'aiguiser, d'affûter des outils. 

Il se dit aussi d'Un assortiment de tout 
les outils nécessaires à un ouvrier. 

Il se dit encore de La façon que le cha- 
pelier donne à un vieux chapeau. 

AFFlfrTEE. V. a. Disposer le canon pour 
tirer. Affûter un canon. Les canons étaient 
affûtés et tout prêts à tirer. Dans ce sens , 
il est vieux; on dit maintenant, Mettre une 
pièce en batterie. 

Afpûtbb, en termes d'Arts et Métiers , 
Aiguise» un outil pour le rendre plus per- 
çant ou plus coupant. Affûter ses outils » 
son ciseau, son burin. 

Affûter un crayon, En refaire la pointe* 

AppÛTi, ia. participe. 

AFFÛTIAU. s. m. Bagatelle, brimborion, 
affiquet. Il est populaire. 



AFI 



-\t 






AFIN. Conjonctiota qui sert à marquer > 
La fin pour laquelle on fait quelque chose. 
Elle reçoit pour complément la préposition.. 
de avec un infinitif, ou que avec le sub- . 
jonctif. Afin de pouvoir dire que je n'ai rien 
à nu reprocher. Afin d'obtenir cette grâce, . 
Afin que vous le sachiez, que vous ne T/- ' 
gnoriez pas. Ce livre est toujours sur le bU' . 
reau, afin qu'on puisse le consulter, f ai pris . 
ce livre afin de le consulter. 

AGA 

AGA. s. m. Titre que les Turcs donnent, 
en général, aux commandants, ou chefs mi- 
litaires. Aga des janissaires. 

AGAÇANT, ANTE. adj. .Qui agace, qui 
excite. Des regards, des prooos agaçants. Des 
manières agaçantes. Une fille agaçante. 

AGACE, s! f. Oiseau qu'on nomme plut 
communément Pie. Quelques-uns écrivent, 

Agasse, 

AGACEMENT. 8. m. Il ne s'emploie que ' 
dans ces locutions : Agacement aes dents. 
Sensation désagréable due, en général, à 
l'impression des acides sur les dents. Aga* 
cément des nerfs, Légère irritation dans . 
tout l'intérieur du corps. 

AGACEE, V. a. Causer aux dents une 



as- 



A&A 



1 

d 



sorte de sensatloiv désagréable, incommode, 
telle qu*e8t U sensation produite par les 
fruits verts et acides» quand on les mange. 
En ce sens, il ne se dit qa*avec le mot 
Dents. Le verjus agace les dents. Cette pomme 
'dette m'a agacé les dents, 

H signifie fîgurément, Picoler, provoquer 
p;ir des paroles , par des gestes. // V agace 
toujours. Si vous l agacez, H sejâchera.jiga- 
cer un enjant. Agacer un chien. 

Agacer les nerfs, se dit De ce qui cause 
une irritation légère dans tout 1 intérieur 
du corps. Ce vent, ce bruit agace les nerfs. 

Agacer, signifie aussi fi^urément. Ani- 
mer, exciter à prendre part à la conversa- 
tion, à y mettre une certaine vivacité. // 
était pensif et distrait; on ta agace', il est 
dei'enu fort aimable. 

Il se dit encore figurément D'une femme 
ui cherche à plaire par des regards, par 
es manières attrayantes. Cest une coquette 
qui agace tout le monde. 

A&Acà, BB. participe. Avoir les dents agn* 
des. Des nerfs agaces. Cest un homme froid 
qui n'a ^esprit que quand il est agacé, 

AGACERIE, s. f. Tei*me par lequel on 
exprime Les petites choses que dit ou que 
fait une femme, et les petites manières dont 
elle se sert pour s'attirer Tattenlion de 
quelqu'un qui ne lui déplaît pas. U parait 
qu'elle a quelque dessein sur lui, eUe UU fait 
diu agaceries continuelles. Il est familier. 

AGAHE. adj. des deux genres. T. de 
Botan; Il se dit Des plantes auxquelles on 
ne connaît point d'organes sexuels j telles 
que les champignons et les algues. Plantes 
a^mes. 

AGAMI. 8. m. T. d'Hîst. nat. Oiseaa de 
l'Amérique méridionale, qui appartient à 
la classe des Gallinacés, et qui est très«fa- 
cile à apprivoiser. Lej agamis sont aussi 
fidèles à leur maître' que les chiens. 

AGAPE. s. f. Nom des repas que les 

Sremiers chrétiens fiiîsaient en commun 
ans les églises. Les agapes des anciens chré- 
tiens. 

AGAPkTBll. s. f. pt. Nom qu'on donnait, 
dans la primitive Église, à des filles qui vi- 
vatofit en communauté sans faire dé vceux. 

A<GARIC. 8. m. T. de Botan. Genre de 
champignons qui comprend un grand nom- 
bre irespèees, dont le caractère principal 
est d'avoir le dessous du chapeau garni de 
lames. Plusieurs espèces d'affinés sont co- 
mestibles, d'autres au contraire sont très- 
nuisibles. Les champignons de couche, les 
oronges, les mousserons, sont des agarics. 
On nomme abusivement ^^<7/yc de chêne, 
Une espèce de bolet très-coriace, qai croit 
sur les vieilles souches, et dmit on fait 
l'amadou. 

AGASSE, Sw f. Foy^x Agacb. 

AGATE. 8. f. Pierre fort dure qui prend 

{)arfaitement le poK, donne des étincelles 
oraqu'on la frappe avec de l'acier, et varie 
pour les couleurs, les veines et les accidents 
qui s'y trouvent. Agate d'Orient. Agate 
onientalf. Agati'onvx.' Agate conumute. Agate 
de, Bohême. Une belle agate. Vase dagate. 
Cachet d'agate. Agate bien gravée. Agate très- 
cuneuse. Une tête d'Alexandre d'agate. Une 
téH de César sur une agate. 

Agates arborisées on heréonsées. Celles 
dans lesquelles en remarque des acctdei»ts | 



AGB 

semblables i des arbrisseaitty-des iMMSona, 
ou des rameaux. 

Agatb, se dit aussi de Toute aorte d'o»- 
vrages d'agate représentant quelque chose 
que ce soiL Les agates du roi. Un beau ca- 
binet ^agates. La plus belle agate conmue est 
dans le cabinet du roi : elle représente V apo- 
théose d^ Auguste, et sa hauteur est de près 
d'un pied. 

Une agate d'Alexandre, une agate dAu- 
gtisie, etc.. Une représentation de la tête 
d'Alexandre, de la téta d'Auguste en agate. 

A&axb, se dit encore d'Un instrument 
dans lequel est enchâssée unq agate, et qui 
sert à brnnir L'or. 

AGAVE, s. m. T. de Botan. Bel arbre de 
la faitttlle âoê Ananas , qui est originaiFe 
d'Amérique, et que l'on cultive depuis long- 
tenuis en Europe : ses feuilles contiennent 
un ni dont on fait des cordes et de la gresae 
toile. £u Suisse, tagaué sert à former du 
haies impénétrables^ 

AGB 

Age* s. m. La durée ordinaire de la vie. 
L'dge de l'homme ne passe pas oommunément 
quatre-vingts ans^ L'âge des chevaux m'est 
guère que de trente ans. 

jige d homme. L'âge viriL Quand cet en-- 
fant sera parrenu à Idge d homme. Il signi- 
fie éealementt La durée commune de la vie 
de l'homme. // n'a pas vécu âge dhomme. 
Les anciens ont dit que la earneiUe vit trois 
âges d homme. 

Âgb» se dit aussi de Tous lea différents 
degrés de la vie de l'homme. Mas dge. Âge 
tendre. Jeune âge. Jgs de^raison. Âge de dis- 
crétion* Âge nubile. Age mûr. Âge viril. Âge 
avancé. Long âge. Grand Âge, Âge caduc. 
Âge décrépit. J la fleur de l'dge. Sur le dé^ 
eun, sur le penchant, sur le retour de l'âge, 
Aifoir atteint un certain dge% certain dge. 
Une femme hors ddge dauoir des enfimts, La 
vigueur de l'dge, Lacadudtéda Cége, Chaque 
dge a ses pUusirs, 

Chemises, souliers du premier âge. Che- 
mises , souliers qu'on donne aux petits en» 
ftmts. 

Le bel âge, Vdge des plaisirs, La jeunesse. 

Cest un bel âge, se dit quelquefois D'un 
âge très-avancé; et. C'est le bel âge pour 
faire telle chose, se dit De l'âge qui estpro* 
pre , qui convient à celle chose. 

Âge critique, Âge où les femmes cessent 
communément d'avoir leurs règles. 

Être dâge à. Avoir un âge qui permet 
de. // est dâge à juger ce qui iSU confient. 
Cet enfant est dâge à comprendre ce qu'on 
lui dit. Je ne suis plus dâge à profiter de ces 
conseils. Elle est dâge encore à se nmari^. 

ÀOB, signifie souvent, Le ten^ qu'il y a 
qu'on est en vie. Il est de mon âge. Nous 
sommes du même âge, de même âge. Quel âge 
avez-vous.^ À Vâge de trente ans. 

Il ne parait pas son âge, U ne parait pas 
avoir Tàge qu'il a eu effet; et, Sa figure 
n a point d âge, Elle n'indique point Tâge 
qu'il a. 

Àgr, se dit particulièrement de L'âge 
requis par les lois, pour ceitains actes, 
pour certaines fonctions de la société civile. 
Ainsi on dit D'une fille qui n'est pas nu* 



AGE 

hSXà^ Ette ne peut pae se marier , parût qtTék 
n'est pas en âge; eC D'un jeune nomme qui- 
ne peut dispMer de son bien, parce an'il 
n'est pas asajeur, U n'est pas en âge, un'm 
pas encore l'âge, il n'a pas atteint l'âge. 

Lettres de bénéfice dâge, de dispenee ddge, 
Lettves par Icaquelles le prince accordait à 
Quelqu'un le privilège de posséder ci 
d'exercer une €Bai|}eY avant l'âge prescrit 
par les lois. 

Président d'âge, Oêm qui, au moment 
où une assemblée se farme, U pvésidc parce 
qu'il est le plus âgé. 

Âgb, signifie aussi. Avancement dans la 
vie, progrè» de la vie. On se earrige aeee 
l'âge. La raison vient asfeo téfge. L'âge et 
calmé ses passions. 

Il signine également, Vieiilesae, âge fort 
avancé. C'est un Aonnne dâge. Éwe sur €âge. 
Le poids de l'âge. L'âge ralentit ses pas. 

Être dun certain âge. N'être plua jeune; 
et. Être entre deux âges. N'être ni jeune 
ni vieux. 

Ann, dans la signification Djt toasps et 
du cours de la vie, se dit aussi en parlant 
Des animaux. Quel âge a ce chien P Quel âge 
a ce ehetfal? 

Ce cheval est hors dé^. Il n'a plua les 
marquas par lesquelles on connaît rage dea 
chevaux. Ce ohepol est de bon âge, li est dans 
sa IStMt», il n'est ni trop jeune ni trop vieuac 

Prov., fig» et basa.. L'âge n'est fait que 
pour les chevaux, H y a de Tindiacrétion à 
parler d'â^ devant dea personnes qui nu 
sont pluaieunes. Calaaî^fieeneom, Peu 
importe l'âge qu'on a , pourvu qn^eo jawiiit ■ 
d'une bonne santé. 

Âgb, se dit également Des années d'un 
arbre, d'une niante, de Peapm de temps 
qui s'est écoulé depuis qu'un bais a été 
coupé. On connaît Vâge dun arbn-uu non^ 
bre des cercles ocncentriques que présente sa 
tige coupée transverstdâneiU, Quel est l'âge 
de ce bois, de ce taiiUs? 

£n Astron. , L'âge de kt lune,. he> tempe 
qui s'est écoulé depuis que la lune est re^ 
nouvelée. Par l'épaete cm evnnak Vâge de la 
lune, 

Âgb , se dit aussi Du temps auquel l6» 
choses dont on parle, sont on ont été; et 
en ee sens , il ne s'emploie qu'avee un ad- 
jectif possessif. Les merveilles de notre âge. 
Il fut l'ornement de son âge. 

Âgb, en termes âé Chronologîe, signifie. 
Un' certain nombre de siècles. La durée du 
monde est divisée en plusieurs âges. Le pre* 
mier âge du monde est depuis la création,jtts^ 
qu'au déluge; et le second, depuis le déluge 
ptsqu'à la vocation d' Abraham. Les différents 
âges de la monarehie, 

L'dge du monde, La durée du monde, le 
bemps qui s'est écoulé depuis que le monde 
est créé. Le déluge arriva en telle année sic 
tâge du monde. 

Suivant les poète», Les quatre âges du 
monde. Quatre différents espaces de tempa, 
dont le premier est appelé L'4fe d'or, le 
second L âge d argent, le troisième L'âge 
d airain, et te quàUnèine L'âge de /er;pumr 
exprimer L'état de bonheur ou de misère^ 
d'innocence ou de dépravation dana lequel 
on suppose que les hommes ont vécu pea* 
daot ces dlfféi-ents âges. 
; Fig. , L'âge (for. Un temps kenvens; et^ 



ÂGE 

X'4f ^ fft,^Sîà ^m^émrt «n taanpt de | 
tgoen», decabuniiitev.^^ ermifli. 

Mown dge. Le temps €|iii «'«tt éccmléda- 
pats la chute de Tempire romaiii , en 475 , 
luaqu'à la prise de tlcMMtaDtinopie par Ma- 
nometlly en 1453. Les auteÊgfS, T histoire 

D'âgx wê las. lac adv. Smcewîiw—Biit , 

-^ aiède «o aiède, de §éiiénlîoB en féné- 

-WÊÊkom» C^ faits aoas oui été tnmsmis a âge 

en âge. Son nom int dàge en âge à la der» 

mère postérité. 

Agé 9 £b. adj. Qui a un certain âge, un 

certain nombre d^années. Un homme âgé de 

tmenêe «as. ikK fdht âgée de Dmgt ans. Il 

m'esijms si âgé que vous. EUe est plus âgée 

■^me tuL Cest un homme fort âgé. 

Auét employé absokiment, signifie. Qui 
a iMMifioup d'âge. // y a longtemps que je 
r, ë estâgé* Cest une femme d^ 




s. i. Bmploî, charge d'agent ; 
Administration dirigés par un ou plusieurs 
// miait éêé nommé à fngenee du 
i, BmsmU le temps de son agenee, ou 
mt sou ugenoe, Jtumuu 4ie V agenee du 
trésor public. Agence générale. 

AfiBHCmBHT. s. m. Action d^agenoer ; 
jftlat ck ce qiû est agencé. L'agenoemeni 
SsÉLwtdoÊP'iBS^tites choies. Vageneement des 
ma eut une chose admirable. Les ag^noements 
«ircr caèimsij ée cette chambre, de oetappar^ 
MstmtU sont èienamendms. il est iamîher. 

H aigmfie panîcvlièremeBt , en Fetntuve , 
I/arrangement et la combinatton des gron- 
das jdams aae cumposition, des figures d*un 
même groupe, oa des parties d'une même 
fiçnrr; Tajuslmiient des draperies, la dis- 
^liiion diaa aeocMetrei» «t en génénd de 
flous les «bjela «piientRml dans k cMpo- 



n ae dit, sbma «n aeos andogoe» en par- 
lant De certains ornements d'aKUtoeture. 



V. a.Ajnst«r, aeoommader, 
iOVirmmbitaMHt plusieurs 
ou les parties d'une même dMise. // 
y entend à jigencer de petOes-ohoses^ Il mmt 



Il aignifie cpitlynfoij f .^— ■ ■ p 
'.agencer la mariée. Fous aven bien agencé 
VtÊtse emkinet. CteemmMk. 

Il si g n i fi e p a rë c a Mèiem ent , en termes de 
JBaintere» Arraagcr et combiner les gronpes 
4l*nne composition, les figures d*un même 
^mipCLy «u les parties dfuntf ^même fi^re; 
ajttstef les doperica, disposer ks aecjcjsoî 
», d en génfaai leiia ks objeli qàk eatoent 
ma k compsaîtioa. 

n se dit, dans ua aans SDalogae, en pai^ 

ils d'architecUiKe empmm- 

anz pkales et à d'aulivs ofaîets,. sur* 

loEMpmkar disposilioB nfire ^quelfue 







il se dît MMsi, famsttèsnwnt, Des pébw 
— mm; nt s i g aifie, Aj aslé^ pâté» Comme il 
est agencé! Fous êtes b ien 'm al agencé. 

( GS3X se pMBonce 
k pttoière e^iaba de ^Geindae.) 



tit li^vet destiné pour y éerire les cbéses 
qu'on seproposede kÎK. Jcheterunagenda. 
Un agenda gamid'or, reUé élégamment. 3Êetteu 
eelut écrivez cela sur imtre agenda. 

AUBEMVfljLBIl^*}. V. pron. Se mettre 
à genemL. S^t^enouiUer à tégUse. EHe s'est 
agenomlÊée dei'OMt tautel. Les chameaux et 
les ^phemis s'agenouiUent. Avec ellipse du 
pww o m , On fit aagenowAlertoui h monde. 

AomKponxK, as. paittcipe. Qui est à ge- 
noux. // était agenoudlé. 

AtuaSMOWUMHL. s. «« Petit escabeau 
sur lequel on s'agenofuiHe. L'agenomHoir 
d'un prie'Dieu. 

MGKSn, s. m. Terme dont on se sert, en 
Pbiiosc^hie, pour exprimer Tbut ce qui 
agit , tout ce qui opère. Agent naturel. Agent 
surnaturel. Le feu est le plus puissant ée tous 
les agents naturels. Agent chimique. 

Il s'emploie aussi par opposition à Patient. 
Ainsi on dit, L'agent et le patient, La cause 
qui opère , et le sujet sur kquel «Ile opère. 

AoBST, se dit aussi de Celui oui fait les 
affaires d'autrui 9 qui est chargé d'une fonc- 
tion, d'une mission, sott par un gouveme- 
ment ou par une administration, soit par un 
ou plusieurs particuliers. Ce ministre sut-ani" 
mer d'un même esprit tous les agents du gou' 
%*ememenL AgentspoUHquestmdiphmatiques. 
Agents commerciaux. Agents forestiers. Les 
agentsde Cadministration des domaines. Agent 
comptable. Agents de police. Agent secret. 
Ces hommes si riches sont souvent trompés, 
wiés par leurs agents. Pour faire prospérer 
cette entreprise, choisissez des agents labo' 
rieux, intelligents, intègres. Fous aurez dans 
cette fimme un très^'bon agent. Agent eTiniri* 
gués. M postule vivement cette place, et il a 
des agents très^aetifs. Lorsque ce mot est 
pris en mauvaise part, on lui donne quel- 
quefois un féminin. SUe est leur agente. le 
découvris que, dans cette intrigue , elle était 
laprincqMtle agente. 

Agents du clergé, se disait autrefois de 
Deux ecclésiastiques du second ordre choi- 
sis, pour avoir soin des affidres du clergé, 
fiur les deux provinces ecclésiastiques qui 
•étaient en droit de les nommer. Les deux 
agents du clergé. Le dergéfut averti par ses 
agonis. 

Agent de -change, GeUii qui «st dûment 
antprisé à s'entremettre entre les négociants 
et banquiers, pour faciliter le eoihmeree 
de Fargent et des lettres de change, et 
•par l'intermédiaire duquel doit s'opérer k 
négocklion des effets publics. Une charge 
d'agent de change. Syndft des agents de 
change. Carnet d'agent de change. 

Agent d'affaires. Celui qui se charge, 
moyennant une rétribution , de diriger et 
de suivre les affairas d'intérêt des parttcur 
liers qui veulent les lui confier. Le bureau 
d^un ugènt dte^foxres. 

Jf^ageÊSts d'une fttiltéte, heu gérants pro- 
visoires d'une fafllke, qui raSlministrent 
pendant -quime jours, et quelquefois jus«> 
qu'à k nominafîoB des syndies prorisouvs. 

A«6 



A«6LOlllâtATiOH* S. f. AoCimi d'agslo- 
; Èm de sa qui est aggloméré. />W 



dft klÎD, qui Aésigae Un pe» j glomération des neiges, des saNes^ Une gnmde 



AGI '89 

a^lhmératiûn d'hommes sur un territoire peu 
etenau. 

AmiiOMbmu V. a. Assembler f réimir, 
entasser. La richesse du sol aggloméra hts 
hommes dans cette contrée. 

Il s'emploie surtout avec k pronom pet» 
sonnel. Ijes sables se sont agglomérés de mo' 
nière à former des masses solides. 

AoGfjOSféné, en. participe. Unepopula* 
tion agglomérée. 

AOQCimilAHT , AITTE. adj. T. de Mê- 
dec. li se dit Des remèdes que l'on a crus 
propres à recoller les parties divisées, aies 
agglutiner. Remède, topique ag^utinant. 

Il est aussi sidistantii. La guimauve est 
un agglutinant. 

ACHHUUTtHAnr, 1TB. adj. T. de Hé- 
dec. Il se dit Des emplâtres qui s'attachent 
fortement à la peau. Emplâtre aggjbuùuaif. 
Bandelettes aggfutinatii'es. 

AeGUmBlATlOll. S. f. T. de lllédec. 
Action d*agglutiner« de s'agglutiner. 

A«aLtJnVER. V. a. T. de Médec. R^ 
coller, rejoindre ks parties du corps divi- 
sées par quelque accident. On remploie 
surtout avec le pronom personnel. S'agglu" 
tiner. 

Ao^Lurnii , ÙL. participe. 

A€GEAYAIIT, ANTE. adj. (^ni rend 
phs çrave, plus grieC II n'est guère usité 
qu'en termes de Droit criminel et dans cette 
locution, Circonstance aggravante. 
' AQGBAVATtOlf .s. f. Il ne s'emploie qu'en 
termes de Droit criminel et dans cette locu- 
tion « Aggravation dejpàne. Augmentation 
de peine, ce qu'on ajoute à un châtiment 
pour le rendre plus rigoureux. 

A4Z€EAyE» s. f. La seconde fulminatioti 
solennelle d*un monitoire à chandelles 
éteintes, après trois publications du même 
monitoire, pour avou* révélation de qud- 
que cas, avec menace de fulminer les der- 
nières censures de l'Église sur ceux qui , 
sachant quelque chose, ne voudraient rien 
révéler. Paire Julminer une aggrave. 

AGGBAYBli* T. a. Rendre plus grave, 
plus grief. Les dreonstances aggravent le 
crime, le péché, la faute. Cela aggrave 
votre tort» Fos reproches aggravent mon 
malheur. Fous ne devez pas aggraver la peine 
prononcée par la loi* 

Il s'emploie aussi avec k pronom per- 
sonnel, et signifie. Devenir plus grave. Le 
Hud s'aggrave de jour en jour. 

AGOSATi, ix. participe. 

AGGRl^GAT, AGGRiGATIGH ^ AGGRB- 
GBft. Foyez Aorxoat^ AoaâoATiov, Aoai- 
Gxa, 

AGI 

AtffLB. adj. des deux genres. Léger et dis- 
pos, qui a une grande facilité à agir, à se 
nM)uvoir. Un homme extrêmement agile. Le 
tigre, le singe, le ch^, sont des animaux 
fort agHes. 

AGILEMBHT. adv. Avec agilité. ItmotitÊ 
à cheval et voltige fort agilement. Sauter ap» 
lement. 

MtlVITé. s. f. Légèreté, grande facilité 
à se mouvoir. Sauter avec agilité. 

AGfO» s. m. T. de Change et de Banque. 
Bénéfieequi résuhede f échange d'une mon^ 
naie contre une autre, ou de l'échange de 



.4o 



•AGI 



fargent contre les efTeU de commerce. Va^o 
est indépendant du taux de Vintérét ou de l'es» 
compte, en matière de négociât hn. L'agio est 
nul, si l'argent abonde sur une place; il s*é' 
lèi'e, au contraire, en raison de la rareté du 
numéraire. 

AGIOTAGE, s. m. Trafic qu'on fait des 
eflets publics, en les achetant ou les ven- 
dant suivant l'opinion qu'on a qu'ib bais- 
seront ou hausseront de valeur. On a fait 
de grandes fortunes par l'agiotage. Il s^est 
ruiné à l'agiotage. U se prend en mauvaise 
part. 

11 se dit également Des manœuvres clan- 
destines emplovées soit pour faire hausser 
ou baisser les ionds publics, suivant qu'on 
joue à la hausse ou à la baisse, soit pour 
faire varier, suivant son intérêt pai*ticulier 
et secret, le prix de telle denrée, de telle 
marchandise sur laquelle on spécule. 

AGIOTER. V. n. Faire l'agiotage. // s'est 
enrichi à agioter. 

•AGIOTEUR, s. m. Celui qui fait l'agio- 
tage. Cest un agioteur bien connu. 

AGIR. V. n. Faire quelque chose, prendre 
du mouvement // n'est jamais sans agir. Cet 
homme est trop sédentaire, il aurait besoin 
a agir. 

Il se dit souvent par opposition Aux pa- 
roles, aux discours, etc. , et signifie, Pro- 
céder à l'exécution de quelque chose. Cest 
trop délibérer, il faut agir, agissons, il est 
temps d'agir, etc. Il sait mieux agir que parler. 

Agir, signifie aussi. Opérer, produire 
quelque effet , faire quelque impression. Ce 
ressort agit de telle manière. Faire agir une 
machine, un ressort. Cest un remède qui agit 
puissamment. Le Jeu agit sur fous les métaux. 
Ces corps célestes agissent les uns sur les 
autres. L'éloquence agit sur les esprits. 
L'exemple des supérieurs agit fortement sur 
ks inférieurs. La foi agit en nous d'une 
manière mystérieuse et inexplicable. 

Aoia, signifie encore, Négocier, s'em- 
ployer en quelque affaire. Il agissait au- 
près du ministre pour les intérêts de ses corn- 
mettants. Il a tout pouvoir étagir. Je vous 
prie cT agir pour moi. Agir au nom de quel- 
qu'un. N'agissez pas contre moi. Jgir aau» 
torité. jégir d^qffice. Faire agir quelqu'un dans 
une affaire. 

Il signifie particulièrement, Poursuivre 
en justice. Jgir criminellement. Jgir civile- 
ment. Il a été obligé tVagir contre son tuteur. 

Il signifie aussi , Se conduire, se compor- 
ter. Jgir en homme d'honneur. Jgir en 
homme d'esprit. Manière ou façon dtagir. 
C'est mal agir. Ce n'est pas bien agir. Il a 
bien 'agi ai'ec moi, envers moi, à mon égard. 
J'agirai séi*èrement à leur égard. Jgir contre 
ses intérêts, contre son opinion, etc. 

Agia, avec le pronom Se, s'emploie 
impersonnellement; et alors il sert à mar- 
quer de quoi il est question. // s'agit de sa- 
voir... Il s'agissait de choisir fun ou l'autre. 
Quand il s'agira de votre sen'ice. Il ne s'agit 
pas de cela. Il s'agit de bien autre chose. De 
quoi s'agit-il? Il s'agit du salut de VÉtat. Il 
s'est agi de cette affaire dans le conseil. 

AGISSANT, ANTE. adj: Qui agit, qui se 
donne beaucoup de mouvement. Un homme 
extrêmement agissant. Une femme fort agis- 
sante. On dit dans un sens analogue, Une 
vie agissante. 



AGI 

Il signifie aussi. Qui agît, qui opère avec 
force, avec efficacité. Pour rendre ce remède 
plus agissant... L'eau forte et Veau régale sont 
bien plus agissantes quand elles sont innées 
ensemble, que lorsqu elles sont séparées. 

Médecine agissante, Système Je médecine 
qui emploie des remèdes énergiques et plus 
ou moins nombreux; par opposition à 
Médecine expectante, Celle qui laisse faire 
beaucoup à la nature, et qui emploie des 
moyens peu actifs. 

AGITATEUR. s.^m. Celui qui excite du 
trouble, de la fermentation dans le public 
ou dans une assemblée. 

AGITATION, s. f. Ébranlement prolongé, 
mouvement eu sens opposés. L'agitation du 
navire était violente. Il ne peut supporter 
l'agitation du cheval. L'agitation de la voiture 
lui fait mal. L'agitation de la nur. L'agitation 
des flots. L'agitation des nerfs. 

Il se dit particulièrement, en Médecine, 
d'Un mouvement continuel et fatigant du 
corps, occasionné par un grand malaise, 
par une grande inquiétude d'esprit. L'agi- 
tation prolongée de ce malade est un spnptôme 
fâcheux. 

Il se dit figurément Du trouble , de i'in- 

3uiétude pénible que les passions causent 
ans l'âme. Être dans une grande agitation 
d'esprit. L'amour, la haine, le désir, la crainte, 
causent différentes agitations dans l'dme. Il 
y a une grande agitation, grafide agitation 
dans les esprits. Calmer l'agitation des esprits. 
Il se dit également Du trouble qui règne 
dans une assemblée, parmi le peuple, etc., 
et qui se manifeste par des mouvements in- 

2uiets. Il y avait de l'agitation dans l'assem- 
lée. L'agitation était à son comble, ffy a de 
l'agitation parmi lepeuple, 

AGITER. V. a. Ébranler, secouer, remuer 
en divers sens. Les vents agitent la mer. Les 
vagues agitent le vaisseau. Le vent agitait à 
peine lesjeuilles des arbres. Jgiter son mou- 
choir en fair pour donner un signal. Jgiter 
ses bras, ses jambes. 

U s'emploie aussi avec le pronom person- 
nel. Ainsi on dit : Ce malade s'agite continuel- 
lement, II est. dans un mouvement continuel, 
il se tourmente sans cesse ; Ce cheval s'agite. 
Il se remue avec trop d'ardeur; La mer 
s'agite, les flots s'agitent, La mer se met en 
mouvement, les vagues deviennent plus 
grosses et plus violentes. 

Agitbr, se dit figurément Des différentes 
passions qui causent dans l'âme un trouble, 
une inquiétude pénible. Les passions qui 
agitent l'homme. Le désir et la crainte sont les 
passions qui nous agitent le plus. La colère 
l'agite. Cela lui agite sans cesse l'esprit, 

Jgiter le peuple. Chercher à exciter ses 
passions, le porter à quelque mouvement 
de violence. 

Agttrb, se dit encore figurément en par- 
lant Des différentes questions qu'on pro- 
pose à examiner, et signifie. Discuter de 
part et d'autre. Jgiter une question. On agita 
longtemps la question, mais on ne décida rien. 

U s'emploie aussi figurément avec le pro- 
nom personnel, et signifie. Être discuté de 
part et d'autre. L'assembla dura longtemps, 
et il s'agita une question importante. Les 
questions qui s'y agitèrent. 

AGni, j&B. partici^* Une mer agitée. Jvtnr 
l'esprit agité. 



AGN 

IxL nuit, sa niUt a été fort agitée, té dit 
D'un malade qui a passé la nuit dans une 
grande agitation. 

AGL 
AGLOM^RATION , AGLOlIliRSR. Foyn 

AGGIX>MiaATIOV , AGGI.O>fXRBa. 

AGLUTINANT, AGLUTINATIF, AGLU- 
TINATION, AGLUTINEH. Foyez Agglu- 

TIVAIT, AgGLUTIITATIV, ETC. 

AGN 

AGNAT. 8. m. (Dans ce mot et dans les 
deux suivants, on prononce le G dur.) Il dé* 
signait, dans le Droit romain. Un membrs 
d'une famille; et» comme la famille se com- 
posait en général d'individus liés entre eux 
par une parenté masculine, on a donnée 
dans l'ancien Droit, le nom âiJgnats aux 
Collatéraux descendant par mâles d'une 
même souche masculine. 

AGNATION. s. f. Qualité des agnals. 

AGNATIQUE. adj. des deux genres. Qui 
appartient aux agnata. Ugne agnatique. Il 
est peu usité. 

AGNEAU, s. m« ( Le G se prononce mouillé 
ici et dans les six articles suivants.) Le petit 
d'une brebis. Jgneau de lait. Jgneau tard^,, 

Il se dit, particulièrement. Des agneaux 
tués oue l'on vend à la boucherie, ainsi 
que oe La chair d'agneau. Tête d'agneau. 
Quartier d'agneau. Cet agneau est fort tendre. 
Manger de l'agneau. 

L'agneau pascal. L'agneau que les Jtti& 
mangeaient a la fête de Pâques* 

Être doux comme un agneau, se dit D'une 
personne d'humeur fort douce. Il se dit 
même De quelques animaux, comme da 
chien , du chevaL Ce cheval est doux comme 
un agneau. On dit dans le même sens, Cest 
un agneau. 

En langage mystique, L' Jgneau sans 
tache, Jisus*CHaisT considéré comme vic- 
time des péchés des hommes. On dit dans 
le même sens et absolument, L' Jgneau qui 
efface les péchés du monde. 

AGNEL. s. m. Espèce de monnaie d'or 
qui a eu cours en France sous plusieurs 
rois, et dont le type ordinaire était un 
agneau pascaL II y avait des agnels de dif/e* 
rentes valeurs. 

AGNELER. v. n. Il se dit De la brebis qui 
met bas. Une brebis prête à agneler. 

AGNELET* S. m. Diminutif. Petit agneaa. 
U est vieux. 

AGNELINB. adj. f . H se dit De la laine 
qui vient des agneaux. Laine agneline. 

AGNàs. s. f. (On prononce l'S. ) Jeune 
fille très-innocente. C'est une Jgnès. Elle 
fait V Jgnès, U est familier. 

AQNUS. s. m. ( Prononcez l'S finale. ) 
On appelle ainsi Une cire bénite par le 

Sape, sur laquelle est imprimée la figure 
'un agneau. On donne aussi le même nom 
à de Petites images de piété ornées- de bro- 
derie, et faites pour les enfants. Un bel 
agnus. Les religieuses donnent des agnus 
aux petites pensionnaires qui disent bien leur 
leçon. 

' AGNUS-GASTUS. s. m. (On prononce le 
G dur, et les S finales. ) T. de Botan. Es- 
pèce de gattilier, arbrisseau dont les bran- 



AGR 

ches sont pliantes comme celles de Fosier, 
•t qu'on nomme aussi fit€X. 

AGO 

AGONIE, s. f. La dernière lutte de la 
nature contre la mort. Il ne se dit qu'en 

^int De rhomme. Être à i'agome. Une 
te agonie. Une agonie douloureuse. Pen- 
dant une longue agonie il conserva toujours 
m tête, 

n se dit figurément pour signifier, Une 
extrême angoisse , une grande peine d'es- 
prit. Depuis quesonprotÀs est sur le bureau, 
a est dans de continuelles agonies. 

L'agonie de Pi otre- Seigneur au jardin des 
Olives, L'eut douloureux oùNotre-Seigncur 
se trouva au jardin des Olives. 

AGONISANT y ANTE. adj. Qui est à l'a- 
gonie. Je Vai laissé agonisant. 

Il est aussi substantif. Dire les prières des 
agonisants. 

AGONISER. ▼. n. Être à l'agonie. Il ago- 
nise. On Va laissé qui agonisait. 

AGONISTIQUE.'S. f. Partie de la gymnas- 
tique» chez les anciens, qui avait rapport 
aux combats, et où les athlètes luttaient 
tout armés. 

AGONOmkTE. s. m. T. d'Andq. Offi- 
cier qui présidait, chez les Grecs , aux ieux 
sacrés. Le tribunal des agonothètes distribuait 
ies couronnes aux vainqueurs. 

AGOUTI. S. m. T. aHist. nat. Quadru- 
pède de Tordre des Rongeurs, qui a la 
physionomie et les habitudes du lapin. L'a* 
gouti se trou\*e en Amérique. 



AGR 

AGRAFE, s. f. Sorte de ci'ochet qui passe 
dans un anneau appelé Porte, et qui sert à 
attacher ensemble dilTérentes Q\k09e^.Jgrafe 
tfor. Agrttfe d'argent. 

La porte de l'agnfe. L'espèce de petit an- 
neau dans lequel on passe le crochet d'une 
agrafe. 

Agrafe de diamants. Agrafe enrichie de 
diamants. 

Agmape, en termes d'Architecture, Cram- 
pon de fer, qui sert à retenir des pierres, 
des marbres y à empêcher qu'ils ne se dés- 
unissent. 

Il se dit aussi d'Un ornement sculpté, 
placé à la tête des arcs, qui semble unir 
entre elles, par une console ou un masca- 
ron, les moulures de Tarchivolte avec la 
clef de l'arc. 

AGRAFER, v. a. Attacher avec une agrafe. 
agrafer un chapeau, un manteau. 

AGa*FX, ÉB. participe. 

AGRAIRE, adj. des deux genres. Nom que 
la jurisprudence et Fhistoire romaine don- 
nent aux lois qui avaient pour objet la 
distribution des terres conquises entre les 
citoyens ou les soldats. Lois agraires* 

AGRANDIR, v. a. Accroître, rendre plus 
grand, plus étendu. Agrandir une maison, 
ssM jardin* Il a agrandi son parc de tant d'ar- 
pents. Cette ouverture est trop petite, il faut 
(mgrandir. Ce prince a fort agrandi ses États. 

Il signifie fi^gurément, Rendre plus grand 
CD puissance, en biens, en dignité, en for- 
Ciiae, en vertu. Ce prince a bien agrandi sa 
Tome J. 



AGR 

nation. La faveur atmt seule agrandi cette 
famille. Le malheur avait agrandi son dme. 

Il signifie aussi , Faire paraître plus grand. 
Ce vêtement agrandit la taille. Une distribua 
tion bien entendue agrandit en apparence un 
yjardin. 

Il signifie encore , Donner un caractère de 
grandeur à ce qu'on dit, à ce qu'on écrit, à 
ce qu'on fait Cet écrivain agrandit les sujets 
qu'a traite. Il a su agrandir son héros sans 
qu'il en coûtât rien à la vérité. 

Il se dit quelquefois dans un sens critique, 
et signifie alora. Exagérer. Cet homme est un 
peu sujet à agrandir le récit. Il agrandit vo- 
lontiers. Ce sens est familier. 

Agrandir ses prétentions, Porter son am- 
bition, ses désira plus haut, plus loin. 

AoaAirniH, s'emploie avec le pronom per- 
sonnel. Cette ouverture s'est trop agrandie. 
Une dme qui s'agrandit au milieu des res'ers. 

Il se dit particulièrement De celui qui 
augmente sa terre, son héritage, sa maison , 
qui lui donne plus d'étendue. // s'est bien 
agrandi du côté de la rivière. Il était logé trop 
étroitement, il a trouvé moyen de s'agrandir, 

AGR.arDi, iB. participe. 

AGRANDISSEMENT, s. m. Accroisse- 
ment, augmentation. L'agrandissement de 
son parc est de deux cents arpents. On abattit 
plusieurs maisons pour V agrandissement de 
la place. 

il se dit figurément de L'augmentation et 
de Taccroissement en biens, en fortune, en 
dignités. // travaille pour V agrandissement 
de sa famille, pour l agrandissement de ses 
enfants. Cette famille devw't son agrandisse' 
ment à tel prince. ' 

AGRAVANT, AGRATATION, AGRATER. 
FoyeZ AgG&AVAJIT, ÀGOEAVATIoa , AOGRA- 

Tsa. 

AGREABLE, adj. Qui plaît, qui agrée. Une 
personne agréable. Conversation agréable. Mu- 
sique agréable. Maison agréable. Demeure, 
jardin fort agréable. Campagne agréable. Si 
cela vous est agréable. Il a l'abord agréable, la 
physionomie agréable, des manières agréables. 
C'est un hommCtrès-agréable en société» Il 
est agréable de vivre avec ses amis. 

Avoir pour agréable, Agréer, trouver bon. 
A)'ez pour agréable que je vous amène cette 
personne. 

AGaXÂBLx, s'emploie quelquefois substan- 
tivement, au masculin. Il ne faut pas sacri- 
fier l'utile à l'agréable. 

Cet homme fait Vagréable, c'est un agréa^ 
ble. Il croit être agréable, et il affecte de 
passer pour tel. Il/ait l'agréable auprès de 
cette femme, Il s'attache à lui faire la cour, 
il cherche à lui plaire. 

AGREABLEMENT, adv. D'une manière 
agréable. // reçut cela fort agréablement. Il 
parle agréablement. Il est agréablement à la 
cour. Il est agréablement logé. H écrit, il 
plaisante agréablement. 

AGRéÉ. s. m. Défenseur admis à plaider 
habituellement devant un tribunal de com- 
merce. Agréé près le tribunal de commerce 
de Paris, de Bordeaux, etc. 

AGRÉER, v. a. Recevoir favorablement. 
Dieu agrée nos offrandes, nos prières. Agréer 
le service de quelqu'un. Ils ont agréé la pro- 
position Que je leur ai faite. Sa proposition 
fut agréée. 

Agréez mes civilités, agréez mes hommages. 



AGR 



4t 



agréez mes respects, etc. Formules de polî* 
tesse qu*on emploie en écrivant à quel- 
qu'un. 

Agrxbr , signifie aussi , Trouver bon , sp* 
prouver, ratifier. Agréez que je vous dise» 
Je lui ai fait agréer mes motifs. Le roi voulut 
bien agréer sa démission. JLe roi n'a point 
OJ^'é sa nomination. On disait, en parlant 
D'un officier qui avait traité d'une charge 
dans la maison du roi, dans les troupes, 
ou dans la robe : Le roi l'a agréé, ne l'a 
pas agréé. H n'a pu se faire agréer. 

Prov. , Quand on doit, il faut payer, ou 
agréer. Il faut donner à son créancier de 
l'argent , ou du moins de bonnes paroles. 

Agrébr, est aussi neutre, et signifie, 
Plaire, être au gré. Cela ne m'agrée pas. 
Le sen'ice, la personne de ce domestique n'a» 
gréait pas à son maître. Une belle personne 
n'agrée pas toujours. 

Acasé, XB. participe. 

AGRÉER. V. a. T. de Marine. Il se disait 
autrefois dans le même sens que Gréer. 

AGBéé, ÉB. participe. 

AGRÉEUR. s. m. T. de Marine. Celui qui 
prépare, qui fournit les agrès d'un bâti- 
ment. 

AGRÉGAT, s. m. T. didactique. Assem- 
blage. Il se dit proprement, en Chimie, 
d'Un corps solide dont les molécules adhè- 
rent entre elles. Un morceau de soufre est 
un agrégat. On dit aussi quelquefois, Un 

ogrég^', 

AGREGATION, s. f. Association , admis- 
sion dans un corps, dans une compagnie. 
Lettres ^agrégation. On s'est opposé à son 
agrégation. 

Il se dit particulièrement et absolument, 
dans l'Université, en parlant Du grade, du 
titre d'agrégé. Concours public pour Vagré* 
gation. 

Agbbgatiov, en termes de PhTStque, 
Assemblage d'un certain nombre ae par- 
ties homogènes ou hétérogènes qui tien- 
nent assez fortement les unes aux autres, 
pour opposer un certain obstacle à leur 
séparation. 

AGRÉGER. V. a. Associer quelqu'un à un 
corps, à une compagnie, pour le faire jouir 
des mêmes honneurs, des mêmes préroga- 
tives que ceux qui en sont. // n'était pas 
du corps, mais on l'y a agrégé. On a dit de 
même : La faculté de droit l'a agrégé. La 
faculté de médecine a voulu agréger un tel à 
son corps. Etc. 

Agrbgb, ia. participe. 

Il sVst dit substantivement d'Un docteur 
en droit dont la principale fonction était 
d'assister aux thèses et aux examens do 
droit. Les agrégés en droit, ou simplement 
Les agrégés. On dit encore dans un sens 
analogue, Agrégé à la faculté de médecine. 
Il n'y a aujourd'hui, clans les Facultés de 
droit, que des Professeurs suppléants. 

Il se dit également de Certains gradués de 
l'université qui aspirent au professorat dans 
les collèges, et qui sont quelquefois char* 
gés de suppléer les professeurs en titre. Se 
faire rere%'oir agrégé. Il a le titre d'agrégé. 
Agrégé pour les classes de grammaire, pour 
les hautes classes. Le traitement d'agrégé. 

AGKÛGà, se dit adjectivement, en.Bota* 
nique. Des parties d'une plante qui nais- 
sent plusieurs ensemble d un même point, 

6 



4^ 



AGIl 



«t qui sont rassemblées en paquet, lesfieun 
de la scabieuse sont agrégées. 

Aatiiaàf substantif, est aussi un terme 
de Chimie. Foyez ÂGHiGAT. 

AGRÉMENT, s. m. Approbation , conseo- 
lement. // ne saurait disposer de cette maison 
qu'avec mon agrément. Il ne veut rien faire 
sans l'agrément de sa compagnie. La mère a 
donné son agrément pour ce mariage, H ob^ 
tint l'agrément du roi pour cette charge. 

Il si^ifie aussi , Qualité par laquelle on 
plat t. Cette femme n'est pas belle, mais elle 
a beaucoup a agrément. Cette maison n'est pas 
régulièrement bâtie, mais elle a de grands 
agréments. La solitude a ses agréments. Il n'y 
a nul agrément dans cette pièce ^ dans cet 
ouvrage. Cette femme est belle, mais elle n'a 
nul agrément. Les agréments de la figure, de 
l'esprit. 

Il signifie encore. Avantage, plaisir, sujet 
de satisfaction. Cette personne a raison de 
demeurer à Paris, elle r a de très*grands 
agréments, elle y trouve ae grands agréments. 
Cet homme trouve de grands agréments dans 
ta famille, dans sa profession, dans sa' 
place, dans la compagnie dont il est. Il ne 
trouve aucun agrément dans sa province. Il 
est estimé dans l'armée, et il y sert avec 
agrément. 

Il se dit au pluriel de Certains ornements 
qu'on met aux vêtements et aux meubles. 
Ce sopha est trop uni, il aurait besoin d'a^ 
gréments, de quelques agréments. 

Il s'est dit aussi de Certains divertisse- 
ments de musique ou de danse joints à des 
pièces de théâtre. Cette pièce n'a réussi que 
par les agréments. On a donné le Bourgeois 
Gentilhomme avec tous ses agréments. Ce 
sens vieilliL 

H se dit encore, dans là Musique, soit vo- 
cale, soit instrumentale, Des sons accessoi- 
res ajoutés au chaut pour le rendre plus 
agréable. Ce chanteur fait trop d^ agréments. 
Il fait trop de fioritures. 

Jrts d agrément. Voyez Art. 

AGRÈS. 8. m. pi. T. de Marine. Il se dit 
de Tous les objets qui tiennent à la mâture 
d'uji bâtiment, qui servent à la garnir, tels 
que. vergues, voiles, cordages, etc. Le vats^ 
seau a tous ses agrès. 

Les agrès et apparaux. Tout ce qui est 
nécessaire pour mettre un bâtiment en état 
de naviguer. 

AGRESSEUR, s. m. Celui qui attaque le 
premier. L'agresseur a toujours tort. Il faut 
savoir lequel des deux est l agresseur. 

AGRESSION, s. f. Action de celui qui est 
le premier à attaquer. Il y a preuve dagres' 
sion de sa part. Il a fait, il s'est permis un 
acte d'agression. Cette mtique est une véri" 
table agression. Une injuste agression. 

AGRESTE, adj. desdeux ge&res. Rustique, 
sauvage, champêtre^ Plantes agrestes. Site, 
lieu agreste* 

Il se dit figurément Des choses morales. 
Bumeur agreste. Mcturs agrestes. 

Manières agrestes. Manières qui indiquent 
qu'on a peu d'usage du monde, de la so- 
ciété. 

AGRICOLE, adj. des deux genres. Qui 
s'adonne à ragricolture. Il est presque tou- 
jours joint à un nom collectif. Un peuple, 
une nation, un royaume, un pays agricole. 

Il signifie aussi, Qui a rapport, qui ap- 



AH 

partient à l'agriculture. L'industrie agrictde. 
Les travaux agricoles. Les produits agricoles. 
Les ressources agricoles d'tm perfs. 

AGRICULTEUR, t. m. Celui qui cultive 
la terre. Un bon agriculteur, 

AGRICULTURE, s. f. L*art de cultiver la 
terre. Cet homme mime l'agriculture, entend 
bien l'agriculture. Encourager, faivoHser l'a- 
gnculn^re. Les traxrmx de l'agriculture. Traité 
d'agriculture^ Société d'agriculture^ École 
d'agriculture. 

AGREE, s. f. T. de Médec. Nom donné 
par quelques auteurs à là dartre rongeante. 

AGRIPFER (S*). V. proD. S'attacher avec 
les griffes. Le chat sa griffa à la tapisserie. 

Agrifvb, sm. participe. 

AGRIPAUME. s. f. T. de Botan. Plante 
labiée à fieurs pourpres ou blanches , pour- 
vues de bractées épineuses, et à feuiUes la- 
ciniées : elle passait autrefois pour tonique, 
vermifuge et cardiaque. 

AGRIPPER. V. a. Prendre, saisir avide- 
ment Elle agrippe tout ce qutHe voit. Il est 
populaire. 

AuRippB, an. participe. 

AGRONOME, s. m. Celui qui est versé dans 
la théorie de l'agricullure. L'Jn^eterre a 
produit tThabiles agronomes. 

AGRONOMIE, s. f. Théorie de l'agrioul- 
ture. S'appliquer à l'agronomie. La dUmie a 
contribué a perfectionner l'agronomie. 

AGRONOMIQUE, adj. des deux genres. 
Qui appartient, qui a rapport à l'agrono- 
mie. Dans ée siècle dernier, on a appelé cer^ 
tains traités d'agriaUture, des romans agro- 
nomiques. 

AGU 

AGUERRIR. V. a. Accoutamer à la guerre, 
aux fatigues , aux fonctions de la guerre. Ce 
général sut aguerrir promptement ses troupes. 
Depuis ce siéjge, les troupes étaient tout à fait 
aguerries. 

Il signifie figurément. Accoutumer une 

Sersonne à quelque chose qui parait pénible 
ans le commencement. // a peine à s'aC" 
coutumer à la raillerie, il faut Vy aguerrir. 
Il s'emploie aussi avec le pronom |>erson- 
nel , au propre et au figuré. Ces troupes se 
sont aguerries. Il n'est pas fait au grand 
monde, il s'y aguerrira. 
Agubkrt, ib. participe. 
AGUETS, s. m. pi. Il n'est usité que dans 
les phrases suivantes : Être aux aguets, se 
tenir aux agiiets. Épier, observer le temps, 
l'occasion; être aux écoutes, soit pour sur- 
prendre quelqu'un, soit pour éviter d'être 
surpris. // était aux aguets pour prendre ses 
avantages. Dans le même sens. Mettre aux 
aguets. On mit des gens aux aguets pour se 
saisir du voleur. 

AM 

AH. Interjection qiai sert à marquer la 
joie , la douleur, l'admiration , l'amovr, etc. , 
suivant la diiîéreace des sujets. Ah l que je 
suis aise de vous voir! Ahl que vous me 
Jaites plaisir I Ahl vous me faites mail Ahl 
que cela est beau! 

Il ne sert quelquefois qu'à rendre la pbnse 
plus expressive, plus animée. Ahl madame, 
gardez^iHJus de le croire. 
1 Use redouble quelquefois pour exprimer 



kiù 

plus fortement la surprise ou l'ironie. AAl 
ah ! vous arriver enfin. Ak ! ah ! vous nous lu 
donnez belle. 

AHA 

AU AN. 8. m. Peine decorps , grand efïbrt , 
tel que celui d'un homme qui fend du bols 
ou qui lève quelque pesant fardeau. H eât 
populaire et ne s'emîmoie que dans cette 

Sbrase, 5ixer d^altan. Faire quelque chose 
e ti'ès-pénibte. 

AHARER. V. II. Avoir bien de la peine 
en faisant quelque chose, if a bien ahané 
Uiwnt de venir A -bout de ûe travail, de cette 
affaire. Il est populaire et peu usité. 

AHB 

AHEURTEMENT. s. m. Obstination , at- 
tachement opiniâtre à un sentiment, à ua 
avis. C'est un étrange aheurtement que le 
sien. 

AREURTER (S'). 'v. prou. S'opînîàtrer, 
s'obstiner. S'aheurter à un sentiment, à une 
opinion. Il s'aheurte à cela contre /Vrtv> de 
tous ses parents. S'aheurter à faire quelque 
chose. Cest un homme qui s'aheurte tellement 
à ce qu'il s'est mis une fois dans la tête, qu'om. 
ne^ le fait jamais revenir. 

'Ahbiirtb, iB. participe. Cest un homme 
aheurté à son opinion. 

AMI 

ABI. Sorte d'interjection qvi exprime la 
douleur. On dit avssi, A9b : royw oe mot. 

ABU 

AHURIR. V. a. Jeter dans le trouble, in- 
terdire, étonner, rendre stupéfait. Fous 
l'avez ahurie force de questions. N'ukuriêse^ 
pas cet enfant. Il est (amilier. 

Ahvbi, ib. participe, interdit, atupélkit. 
// est tout ahuri. 

Il s'e«i|4oie quelquefois MibstaiMÎTcment. 
Cest un ahuri. 

AI 

Al. s. m. T. d'Hist. nat Quadrupède qui 
se meut avec une extrême lenteur, et qui 
diffère de Vunau en ce qu'il est pouna 
d*une queue. 

AID 

AIRS* s. f. Secours, assistance. AieÊe 
prompte. Aide assurée. Il faut tout attendre du 
l'aide de Dieu. Mon Dieu, venez à mon aide. 
Donner uéde^ Donner aide et ftti*ur, mde et 
protection. Prêter aide et ussis tance. Die^ 
mander, implorer de laide. Crier à l'aide, 
Afmeler à -son uide. invoquer laide de quel» 
quun. 

EUiptiq., A Faide, Tenes à mon aeconn. 
J l'aide ton m'ussussmel 

Prow., Un peu dUiidefait grand bien. Un 
petit secours ne laisse nas d'être quelquefois 
trèa-utile; et. Mon droit a ifemùn d'aide^ 
Qttdqve bonne que soH une affaire, qndk 
que t4tre qnVm ait peurvbteoir une place, 
une récompense, H ne fant «as négliger de 
se faireappuyer, recomoianâerpar desamîa. 

Dieu vous soit en aide. Fa^oti de parlet 
dont on se sert quand quelqu'un étenrar^ 



AID 

OU quand on nV pta de quoi doDuer Tau- 
mône à un pauvre qui la d^awade^ £]U a 
YÎeilU. 

On dûak autrefois, aprè» av»ir (ait une 
l»roinca9e solennelkt ap-èt avoir prononcé 
UA aennent : ^tHsi Dieu nu joit tu aide. 
Que Dieu oi'acoorde son aide, aulani que 
^e tiendrai ma promeHe, que je serai fidèle 
a mon serment. 

Ainx, se dit aussî Du secours, de futi- 
lité, de Favantage q^i'oa tire de certaines 
cboses. On a fait de grandes découvertes à 
laide du télescope ^ du microscope. Il u 'eût 
pas réussi sans Taide de telle macAine» 

▲iBB, se dit encore, tant de Celui dont 
QO reçoit du secours, que de La chose dont 
on ^ tire. Dieusad est majorée et otoit aide, 
youM êtes toute son aide, tout sou secours» 
Ji n'a point eu en cela d'autre aide fue les 
mémoires qu'où lui a communiqués. 

Aide, en Matière ecclésiastique, se dit 
d'Une église , d*uAe cbanelle bâtie pour être 
la succursale d'une église paroissiale dont 
les liahitants sent trop éloignés. Sainte- 
Marguerite dans le faubourg Samt» Antoine 
était une aide de la uaroisse de Saïut^Paul. 

Aides, au plurieT, se dÎMit autrefois Des 
impôts levés sur les denrées et marchan- 
dises qui se vendaient et se transportaient 
dans toute l'étendue du royaume. Les fer* 
murs des aides. Les aides rapportaieiU tant. 
Il était employé dans les aides^ 

Cour des aides^ Cour souveraine dans la- 
quelle les affaires contentieuses , relatives 
à tous les genres de coolributiona et d'im- 
pôts , étaient jugées en dernier rewort. Pre*' 
mier président de la cour des aides» Conseiller 
à la cour des aides. 

Au», en termes de Manège, se dit, sur- 
tout au pluriel^ de Tous les moyens que le 
cavalier emploie pour bien manier un che^ 
▼al , et plus particulièrçment Des mains et 
des jambes dans leur aotion sur le cheval. 
Les aides de la voix, de la langue. Les aides de 
la main. Les aides du genou, des jambes. Les 
etides des talons, de l'éperon. Ce cheval con* 
malt les aides, répond aux aides, est sensible 
mux aides, est confirmé d4tns les aides. 

Donner les aides extrêmement fines, Ma- 
nier le cheval à propos, «t lui faire mar- 
quer avec beaucoup de justesse ses temps 
•t ses mouvements. On dît aussi qu'7//i 
chevalales aides.fineSt lorsqu*il est très-^en- 
cîble aux aides. 

Aides, en Architecture , se dit Des petites 
pièces ménagées près des grandes pièces 
d'apparat ou de i^eipiïcu qui oui besoin de 
dégagemeoL 

AIHE. s. des deux genres. U «e dit Des 
personnes oui soait auprès de quelqu'un 
pour tnrvailler , opérer ou servir coiux>in^ 
cernent avec lui et soQS'lui../ai i&^^oiM d'un 
mide. L'aide ouïes aides d'au chirurgien. Cette 
gagê-fimme est l'une de ses aides. 

jiidt des cérémonifiSp Officier dont la 
fonction est de servir eous le gsand. m^tre 



^ides de cuisine, aides d'office^ Gens qui 
ncat aeos un chef de cuisine ou d'office. 
Md^'OÊOfon, MaoceuvjRe qui sert, et aide 

ItJDnaçon, qui bat et gâcbe Je plâtre, et 

.MÛefpcirle les nalériaMx. On disait autce- 

isîs» jâide à mafon, 

. Aide de ioamp, Qlfieier .attaché particiji- 



Ali) 

Uèrement à un chef militaire, à un général , 
et chargé surtout de porter ses ordres. Jlide 
de camp du rei. Les aides de camp du général. 
Aide de camp d'uu lieutenant général, d'un 
maréchal de camp. 

ÀidcmaiQr, Olficier qui servait avec le 
major, sous son autorité, et le remplaçait 
dans toutes ses fonctions en son absence. 
Jide-nutjdF des gardes, L'aide-major d'une 
place de guerre, 

Aides^mafors généraux. Voyez Maiga. 

Aide-^m^forité, La place, la fonction des 
aides-majors. Cette locution a vieilli. 

Aide^hinugieu, ou Aide^major, Chirur- 
gien adjoint au chii^urgien -major d'im ré* 
giment. 

Sous-aide, Celui qui est subordonné à 
Taide dans les mêmes fonctions. 

jUIMUI. v, a. Donner plus ou moios de 
secours , prêter plus ou moins d'assistance, 
seconder» servir. Aider quelqu'un dans ses 
besoins. Aider (es pauvres. Aider quelqu'un 
de son bien^ de son crédit. Je l'ai aUlé toutes 
les fois qu'il a eu recours à moi. Il l'a con- 
stamment aidé lions toutes ses entreprises. 
Je vous aiderai pour ce tmvaiL Se faire aider 
par quelqu'un^ 

Il se dit aussi Des choses. Le télescope a 
beaucoup aidé les astronomes, dans les dé^ 
couvertes qu'Us ont faites. Cette méthode aide 
la mémoire. 

Il s'emploie avec le pronom perspnnel. 
Il faut s'aider les uns les auti'es, 

Prov., Aide-toi, le ciel t'aident, II faut 
agir, quand on veut venir à bout de quel- 
que chose. 

Fig., Aidez'^vaus, i^ssex» donnez^ vous 
le mouvement nécessaire. Fous ne vous 
aidez pas, Vous restez ioactif, vous ne vous 
donnez pas le mouvement nécessaire. 

Dieu aidant. Avec l'aide de Dieu. 

On disait autrefois, après une promesse 
solennelle, après un serment : Ainsi Dieu 
m'aide. J'implore l'aide de Dieu, à condi- 
tion que je tiendrai ma promesse, que je 
serai hdèle à mon serment. 

Aides, suivi de la préposition à et d'un 
nom ou d'un infinitit, signifie, Contribuer 
À la fin , à l'action exprimée par le nom ou 
par le veii>e. Aider au succès d'une qffaire, 
a la réussite d'une entreprise. Aider à de 
méchants projets. H a beaucoup aidé à ce 
marché, à cette négociation. Cet élixir aide à 
la digestion. Aidez-le à descendre, à nmt^ 
cher. Aider quelqu'un à payer ses dettes. 

Aider à quelqu'un, signifie, l*ui prêter 
une assistance momentanée, pour un ob>|et 
déterminé, et. le plus souvent pour un trar 
vail qui demande des eObrts pnysiques. Ai- 
dez à cet lujmme quipUe sous la charge qu'il 
porte. Cette locution prend elle-même pour 
complément la préposition à suivie d'un 
infinitif. Aidezrlui à soidever ee fardeau. 

Aider à/a lettre , Suppléer à ce qui man- 
que dans une phrase, dans un passage ob- 
scur eu défectueux. 

Fig., Aidera la lettre, Entrer dans Vin- 
tep^en de celui qui écrit ou qui parle, en 
expliquant ce qAi*ùa dit on. écrit «l'une ma- 
oiere obscure.. xi se dit aussi D'une personne 
q^t,aUèro un- peu U vérité, soit pour am^- 
ser, soit fiour tromper ceux qui i'écoutent. 

AiASR » employé avec Je pronom person- 
nel, et joiot avec le préposition de, si&oi- 1 



AIG 



4S 



fie, Se servir d'une chose, en faire usage. 
On s'aide de ce qu'on a. S'aider bien d'une 
épée. S'aider bien d'un cheval. Il ne s'aide pas 
du brae droit. 

Aidé, ix. participé. 

AIB 

aIb. interjection. Hxdamation de dou- 
leur. Afel que je stu^ffre'l ASe! vous mu 
blessez ! 

XI s'emploie plus firéouemment seul, lors« 
qu'on éprouve une oouleur inattendue: 
Ate. 

aXeul. s. m. Grsadffière. Aïeul paternel» 
Ateui maternel. Au pluriel, on dit Aïeuls, 
quand on veut désigner précisément Le 
grand-père paternel et le grand-père mater- 
nel. Ses deux ateu(s assistaient à son mariage^ 

On dit Ateux, et non Akuls, pour dési- 
gner, 1** Ceux qui ont vécu dans les siècles 
passés : Cétmi la mode chez nos ai(eux; 
et 9*^ Les personnes dont on descend : Ce 
droit lui vient de ses aïeux. 

Le mot A^ Aïeul n'a point de composé au 
delà de oeux de Bisaïeul et de Trisaïeul f et 
quand on parle des degrés plus éloignés, on 
dit, Quatrième aïeul, cinquième aïeul, etc. 

Al£Ui<B. s. f. Grand mère. Aïeule pu' 
ternelle. Aïeule maternelle. Cela était bon du 
temps de nosiâeuJes^ 

AI.« 

AI6LE. s. m. Très-grand et très-fort oii> 
seau de proie. Aigle noir. Aigle royal. Aigle 
roux- Grand aigle. Le vol de Faigie. L'aire 
d'un aigle. Aigle mâle. Aigle femelle, 

Fig., Cest un aigle, se dit D'un homme 
de génie , d'un homme qui a un esprit, un 
talent supérieur. Il se dit aussi oans un 
sens relatif. Cet homme-là est un aigle au 
prix de ceux dont vous parlez, Cest l'aigle 
de leur société, 

Fig., Cet homme a des yeux d aigle. Il a 
les yeux vifs et perçants ; et , au sens moral , 
// a un œil d aigle, le regard de l'aigle. Il a 
une grande pénétration d'espriL 

Prov. , Crier comme un aigle, Çrler d'une 
voix aiguë et perçante. 

AïoLB, en termes d'Armoiries et de De- 
vises, est féminin. Il porte sur le tout 
d'azur, à l'aigle éployée a argent. Les armes 
de l'empire français étaient une aigle tenant 
un foudre dans ses serres, 

Absol., L'aigle impériale, Les armes do 
l'empire d'Autriche, qui sont une aigle à 
deux têtes. 

L'aigle romaine, les aigles romaines, I^es 
enseignes des légions romaines, ainsi appe- 
lées parce qu elles étaient surmontées de la 
figure d'un aigle. Plusieurs aigles Jurent 
prises par les Germains, après la défaite d^ 
Far us, sous U règne d^ Auguste, 

Aigle, se dit aussi de La représentation 
en cuivre d'un aigle ayant les ailes éten- 
dues, pour servir de pupitre au milieu du 
chœur d'une église. Chanter à Taigle, Dans 
cette acception , Ai^e est masculin. 

Grand ai^, désigne Lie papier du plus 
grand format. Du papier grand aigfe, ou 
simplement. Du grand aigie. 

Aigle , est aussi le nom d'Une constell|ir 
Vion de l'hémisphèi^e septentrional. 

e. 



44 



Aia 



AIGLFTTE. 8. f. T. de Blason. ray€z\ 
Ai.BHioir. 

AIGLON, s. m. Le petit de l'aigle. Un 
aigle avec ses aiglons dans son aire. Un jeune 
aiglon, 

AIGLON, s. m. T. de Blason. f^q)'.Ai.fiRiO]r. 

AIGRE, adj. des deux genres. Acide, pi- 
quant au goût Le vin, le lait, deviennent 
aigres quand ils se gâtent. Des fruits qui 
sont (tun goût aigre, qui ont un goàt aigre, 
qui sont aigres au goût. 

Fîg., L'air, le vent est aigre , Il n'est pas 
doux I il a quelque chose de piquant. 

Aigre, se dit aussi De quelques odeurs 
désagréables, qui sortent de certaines sub- 
stances altérées. Une odeur aigre qui fait mal 
au cour. 

Aigre, se dit encore Des sons aigus et 
rudes en même temps, d'un bruit, d'iui 
son trop aigu et perçant. Avoir ht voix aigre, 
une voix aigre et désagréable. Une cloche qui 
rend un son aigre. Un son de voix aigre. 

En Peinture, Couleurs aigres, Celles qui 
ne sont pas liées par des passages qui les 
accordent. 

Atgre, se dit aussi Des métaux qui ne 
sont pas ductiles et malléables, dont les 
parties ne sont pas liées et se séparent fa- 
cilement les unes des autres. Un fer extrê- 
mement aigre. Du cuivre fort aigre. Ce fer est 
si aigre, qu'on ne saurait le forger. 

Aigre, se dit figurément De l'esprit, de 
l'humeur, etc., et signifie. Rude, tacheux. 
Avoir l'esprit aigre, l'humeur aigre. Dire des 
paroles aigres. Il lui a écrit d'un st)ie fort 
aigre. Il lui fit une réprimande aigre et sévère. 
Il lui parla cTune manière fort aigre, (Tun 
ton aigre. 

Il se dit aussi figurément Des personnes 
mêmes qui ont cette sorte d'esprit et d'hu- 
meur. Cest une personne bien aigre, une 
femme bien aigre, Cest un esprit aigre, Cest 
l'humeur du monde la plus aigre. 

Aigre, s'emploie substantivement, au 
masculin, en parlant Du goût et de l'odeur 
aigre. Cela sent l'aigre, tire sur l'aigre. On 
dit de même. Un goût, une odeitr d'aigre, 

Fig. , Il Y a encore de l'aigre dans l'air, 
Le temps n est pas encore tout à fait adouci. 

Aigre de cèdre , de limon, de bigarade. 
Sorte de liaueur qui se fait avec du jus de 
cédrat, de limon, ou de bigarade, et avec 
du sucre,' et qui, mêlée ensuite avec de l'eau, 
donne une boisson agréable. 

AIGRE-DOUX , OUCE. adj. Qui a un goût 
mêlé d'aigre et de doux. Il ne se dit guère 
au propre que Des fruits. Un fruit aigre- 
doux. Des oranges aigres-douces. 

Il se dit figurément Du ton de la voix, 
et Des paroles, du style, et signifie, Dont 
l'aigreur se fait sentir sous une apparence 
de douceur. Un ton de voix aigre-doux. Un 
style aigre-doux. Des paroles aigres-douces, 

AIGREFIN, s. m. T. de mépris. Homme 
qui vit d'industrie. Cardez-vous de cet ai' 
grefin. Il est familier. 

AIGRELET , ETTE. adj> Diminutif. Un 
peu aigre. Le fruit de Vépine-vinette a un 
petit goât aigrelet. Une sauce aigrelette. 

Il se dit figurément Du ton, des discours, 
etc. Un ton aigrelet. Ce sens est familier. 

AIGREMENT, adv. D'une manière aigre. 
Il n*est guère usité qu'en parlant De la ma- 
nière aigre dont on parle ou dont on écrit. 



AIG 

Parler aigrement à quelqu'un. Répondre ai" 
grement. Il lui écrivit fort aigrement, 

AIGREMOINE. s. f. T. de BoUn. Plante 
de la famille des Rosacées, à fleurs jaunes 
disposées en épis, et à feuilles ailées. On 
emploie l'aigremoine en gargarisme contre les 
maux de gorge. 

AIGREMORE. s. m. Espèce de charbon 
pulvérisé propre aux feux d'artifice. 

AIGRET, ETTE. adj. Diminutif. Un peu 
aigre. Cefruit-là est un peu aigret. Cette bois- 
son a un goât aigret qui n'est pas désagréa- 
ble. Une sauce qui est un peu aigrette, 

AIGRETTE, s. f. Faisceau de plumes ef- 
filées et droites qui orne la tête de quel- 
ques oiseaux. L'aigrette d'un paon. 

Il se dit également d'Un bouquet de plu- 
mes effilées et droites qui sert d'ornement 
de tête pour les hommes et pour les che- 
vaux , et dont on décore aussi les dais et 
les lits de parade. Un casque surmonté 
dune aigrette. Quelquefois l'aigrette est en- 
tourée de plumes flottantes. Voyez Pauacue. 

Il se dit, par extension, d'Une sorte de 
pompon de crin en forme d'aigrette, qui 
sert d'ornement à une coiffure militaire. 
L'aigrette d'un shako. Aigrette faune, rouge. 

Il se dit aussi d'Un bouquet de diamants, 
de perles, etc. , disposés en forme d'aigrette. 

Aigrette de verre, Sorte d'ornement com- 
posé de fils de verre droits et fins. 

Aigrette d'eau. Petit jet d'eau divergent 
qui affecte la forme d'une aigrette. 

En Physîq. , Aigrettes lumineuses. Fais- 
ceaux de rayons lumineux, divergents entre 
eux , qu'on aperçoit aux pointes et aux ex- 
trémités anguleuses des corps électrisés. 

Aigrette, en termes de Botanique, Es- 
pèce de pinceau de poils ou filets déliés qui 
surmonte les graines de certaines plantes, 
telles que le pissenlit , \e séneçon , etc. Ai- 
grette pédiculée. Aigrette sessile. Aigrette 
plumeuse. Aigrette simple. 

Aigrette , est aussi le nom d'Une espèce 
de héron blanc qui porte une aigrette. 

AIGRETTE, ÉE. adj. T. de Botan. Pourvu 
d'une aigrette. Semences aigrettées, 

AIGREUR, s. f. Qualité de ce qui est ai- 
gre. Des fruits qui ont de l'aigreur, qui ont 
une petite aigreur. Ce vin a de T aigreur. 

Aigreur , se dit aussi Des rapports que 
causent quelquefois les aliments mal digé- 
rés; et, dans ce sens, on l'emploie plus or- 
dinairement au pluriel qu'au singulier. Cela 
donne des aigreurs, cause des aigreurs. 

Aigreur , se dit figurément d'Une cer- 
taine disposition d'esprit et d'humeur , oui 
porte à offenser les autres par des paroles 
piquantes. Cest un homme qui a beaucoup 
d'aigreur dans Fesprit, dans l humeur. Parler 
avec aigreur. Répondre at'ec aigreur. Il y a 
toujours de l'aigreur dans ses discours, dans 
ses paroles. Une réprimande pleine d'aigreur. 

Il Y a de Vaigreur, quelque aigreur, un 
peu d'aigreur entre ces deux personnes. Il y 
a entre elles un commencement de brouil- 
lerie. 

Aigreurs, en Gravure, se dit Des tailles 
où l'eau-forte a trop mordu. 

AIGRIR, v. a. Rendre aigre, faire devenir 
aigre. Le tonnerre aigrit le vin. La chaleur 
aigrit le lait. Le levain aigrit lapdte. 

Il se dit figurément, et signifie. Irriter, 
mettre dans une disposition ou dans une 



AIG 

situation plus fêlcheuse. C^la ne fait qu'aigrir 
son mal, qu'aigrir sa douleur. La mauvaise 
fortune lui a aigri l'esprit, le caractère. Son 
discours a fort aigri les esprits. Cela ne ser» 
vira qu'à aigrir les affaires. 

Aigrir, s'emploie aussi avec le pronom 
personnel. Des viandes qui s'aigrissent sur 
l'estomac. Du vin qui s'aigrit, qui commence 
à s'aigrir. 

Il se dit de même figurément. Son mal 
s'aigrit de jour en jour. Son caractère s'est 
aigri. Les esprits commençaient à s'aigrir^ 
Les affaires s'aigrissent de plus en plus. 

Aigri, ie. participe. 

AIGU, UË. adj. Qui se termine en pointe 
ou eu tranchant, et qui est propre à percer 
ou à fendre. Un javelot aigu, lin fer aigu. 
'Un bâton aigu. Des coins de fer très-aigus. 
Des ongles aigus. 

En termes de Gram., Accent aigti. Petit 
accent qui va de droite à gauche (/), et qui 
se met sur Vé fermé, comme dans Régénéré. 
On dit quelquefois de même, Un é aigu. 

En termes de Géom., Angle aigu. Angle 
qui est moins ouvert que l'angle droit. 

En termes de Botan., Feuilles aiguës. 
Feuilles qui se terminent en pointe, en an- 
gle très-aigu. 

Aigu, se dit figurément Des sons clairs 
et perçants. Un son aigu. Une voix aiguës 
Il passe facilement des tons les plus graves 
aux plus aigus. Nous entendîmes des cris ai* 
gus. On dit quelquefois substantivement , 
dans ce sens. L'aigu et le grave. 

Il se dit aussi figurément D'une douleur 
vive et piquante. Une douleur aiguë. Une 
colique aiguë. 

En Médec., Affection, maladie aiguë, Af- 
fection , maladie grave dont la marche est 
rapide, qui se termine en peu de temps 
par la mort ou la guérison. // est atta* 
que d'une maladie aiguë. Pneumonie aiguë, 
Ophthalmie aiguë. Traité des maladies aiguës. 
Voyez Ghrokiqus. 

AIGUADE. s. f. ( Ge mot et les cinq sui- 
vants se prononcent comme s'il n'y avait 
pas d'U.) T. de Marine. Provision d'eau 
douce que l'on va prendre sur le rivage de 
la mer pour les bâtiments, lorsqu'ils en man- 
quent uans le cours de leur voyage. Faire a^ 
guade. Cest un lieu oà il y a bonne aiguade. 

Il se dit également d'Un endroit où l'on 
peut faire aiguade. Les marine au long cours 
doivent s'appliquer à connaître les meilleures 
aiguades. 

AIGUAIL. 8. m. T. de Chasse. Rosée» 

λetites gouttes d'eau qui demeurent sur les 
éuilles des herbes et des arbres. 

AIGUATER. V. a. (Il se conjugue comme 
Payer.) Baigner, laver dans l'eau. Aiguaytr 
un cheval. Le faire entrer dans la rivière 
jusqu'au ventre, et l'y promener pour le 
laver et le rafraîchir. Aiguayer du linge, L« 
laver et le remuer quelque temps dans l'eau 
avant que de le tordre. 

kiGVkTk, ÉB. participe. 

AIGUË-MARINE. S. i, Pierre précieuse 
du même genre que l'émeraude, mais d'une 
couleur bleuâtre presaue semblable à celle 
de l'eau de mer. Une oelle aigue-marine, 

AIGUIÈRE, s. f. Sorte de vase fort 0D« 
vert, qui a une anse et un bec, et dansl^ 
quel on met de l'eau pour le service ordî* 
naire de la table« et pour d'autres usages. 



klG 

jiigmère d^étain.jiigttièrt éCatgtnt^ devermeilf 
de crisùi/, de porcelaine, de faïence. Un 
bassin et une^aiguière. Une aiguière couverte, 

AI6UIÉEÉE. s. f. Ce que contient une ai- 
guière pleine. Une aiguiérée d'eau* Il lui a 
jeté une aiguiérée deau sur /o? tête. Il est peu 
osité. 

AI6UILLADE. s. f. (UI est diphthongue.) 
Gaule dont les laboureurs et les voiturîers 
se servent pour piquer leurs bœufs. 

AIGUILLAT, s. m. T. d'Hist. nat. Espèce 
de chien de mer, ainsi nommé parce qu'il 
a une pointe ou épine cornée au devant 
des nageoires dorsales. La peau de l'aiguillât 
sert aux tourneurs jpour pdir leurs ouvrages. 

AIGUILLE. 8. t. ( Dans ce mot et dans 
ses dérivés, UI est diphthongue.) Petite verge 
de fer ou d'autre métal, pointue par un 
bout, et percée par l'autre, pour y passer 
do fil» de la soie, de la laine, et dont on 
se sert pour coudre, pour broder, pour 
£aire de la tapisserie, etc. Aiguille fine, Ji- 
gudle bien pointue, La pointe dune aiguille, 
La tête d^une aiguille. Le chas, le trou d'une 
aiguille. Enfiler une aiguille, Aiguille à coU' 
art, Aiguilieà travailler en tapisserie. Aiguille 
d'emballeur. Aiguille à voile. 

Aiguille à passer, Grande aiguille dont 
les femmes se servent pour passer un lacet, 
un cordonnet dans des œiUets, dans nne 
coulisse. 

Prov. et ûf^, , Disputer sur la pointe d'une 
aiguille, faire un procès sur la pointe d'une 
mguitk. Élever une contestation sur un 
tre»4é§^r sujet, i 

Prov. et fig. , De fil en aiguille. De propos 
en propos, en passant d'une chose à une au- 
tre. Il nous a raconté toute V histoire de fil en 
aiguille. Defd en aiguille, ils en vinrent jus- 
qu'à se quereller, jusqu'à se dire des injures. 

Prov. et %%. , Ùest chercher une aiguille 
dans une botte de foin, se dit en parlant 
D'une chose que l'on cherche, mais qui est 
trèfr<liflîcile à trouver parmi beaucoup 
d'antres, à cause de sa petitesse. 

AiGUiiXB, se dit aussi de Différentes 
sortes de petites verges de fer ou d'autre 
métal qui servent à différents usages. Ai' 
gîtHle à tricoter des bas, à tricoter. Des bas 
faits à t aiguille. Aiguille de chirurgien. Aiguille 
à cataracte. Aiguilles à ligature. Aiguille à 
séton; etc. Aiguille d'horloge, de montre, qui 
sert à marquer les heures, les minutes sur le 
cadran, L aiguille des heures, ou La petite 
aiguille. L'aiguille des minutes, ou La grande 
aiguille. L'aiguille aimantée, ou L'aiguille de 
la boussole dont on se sert sur les bâtiments 
pour reconnaître le nord. Aiguille de balance. 

At«uizxb, se dit encore d'Une espèce de 
clochers en pyramide, extrêmement poin- 
tas , qu'on appelle autrement Flèches, L'ai' 
gudle de la sainte Chapelle de Paris n'existe 
plus. 

Il se dit aussi d*Un obélisque antique. 
L'aigudlede Saint^Pierre de Rome, 

n se dit également Des ornements de 
pierre en forme de petits obélisques, qui 
surmontent diverses parties des édifices go- 
thiques. 

Aigutllb, se dit encore de Plusieurs es- 
pèces de poissons de mer, qui sont longs 
et menus, et qui ont la tête pointue. 

AIGUILLÉE, s. f. Certaine étendue de fil , 
de soie, ou de laine, coupée de la longueur 



l 



AIG 

u'il faut pour travailler à Faiguille. Aiguil- 
lée de fil, de soie, de laine. Faire des aiguil- 
lées. Apprêter des aiguillées. Couper de lon- 
gues aiguillées. 

AIGUILLER. V. a. T. d'Oculiste. Abaisser 
la cataracte de l'œil. Il est vieux. 

AiGuizxx, SE. participe. 

AIGUILLETAGE. s. m. T. de Marine. Ac- 
tion d'aigu illeter, ou Le i*ésuUat de cette 
action. Faire un aiguilletage. 

AIGUILLETER. v. a. Attacher ses chaus- 
ses à son pourpoint avec des aiguillettes. 
On l'emploie surtout avec le pronom per- 
sonnel. La mode de s'aigiiilleter a duré long- 
temps. 

Aiguilleter des lacets , Les ferrer. 

AiGuiixBTxa, en termes de Marine, Join- 
dre, lier ensemble, au moyen d'un petit 
cordage, deux objets qui ne se croisent 
pas, et qui quelquefois même restent éloi- 
gnés l'un de Vautre. Aiguilleter une poulie à 
un piton, Aiguilleter la volée d'un canon à 
la muraille du vaisseau. 

AxGuiixBTX, éa. participe. 

AIGUILLETTE, s. f. Cordon, ruban, 
tissu, etc., ferré par les deux bouts, pour 
servir à attacher, mais qui ne sert quelque- 
fois que d'ornement. Aiguillette de fit. Ai- 
guillette de soie. Aiguillette de cuir. Aiguillette 
plate. Aiguillette ronde, Unferret daiguillette. 
Ferrer des aiguillettes. Des aigudlettes ferrées 
dargent. Les chausses étaient attachées au 
pourpoint par dfs aiguillettes. Les cai*aliers 
de certains corps portent une aiguillette à l'é- 
paule droite. Les laquais, quand ils sont en 
deuil, portent des aiguillettes aux couleurs 
de leur maître, 

Fam., Lâcher l'aiguillette, Se décharger 
le ventre. Il a vieilli. 

Fig. , Nouer l'aiguillette. Faire un prétendu 
maléfice auquel le peuple attribue le pou- 
voir d'empêcher la consommation du ma- 
riage. 

AiGuiLLBTTB, sc dit figurémcnt Des mor- 
ceaux de la peau ou de la chair, arrachés 
ou coupés en long. Couper un canard, un 
oiseau de rivière par aiguillettes. Ces barbares 
lui arrachèrent toute la peau du dos par ai- 
guillettes. 

AiGuiLLBTTB , cu tcrmcs de Manne , Pe- 
tit cordage d'une certaine longueur, ser- 
vant à aiguilleter. Aiguillettes de bouée. Ai- 
guillettes d'amarrage. Aiguillettes de culasse, 
Etc, 

AIGUILLETTIER. s. m. Artisan dont le 
métier est de ferrer les aiguillettes et les 
lacets. 

AIGUILLIER. s. m. Petit étui où Ton met 
des aiguilles. Un aiguillier dargent. Un ai- 
guillier de chagrin. Il a vieilli. 

AIGUILLON, s. m. (Dans ce mot et dans 
ses dérivés, UI est diphthongue.) Il se dit 
proprement d'Une pointe de fer qui est au 
oout d'un grand bâton , et dont on se sert 
pour piquer les bœufs. L'aiguillon d'un bou- 
vier. On pique les bœufs avec un aiguillon 
pour les faire aller, 

A1GV11.LOF, se dit aussi d'Un petit dard 
que les mouches à miel, les guêpes, les fre- 
lons et autres insectes portent à l'extrémité 
de l'abdomen. Les abeilles laissent ordinaire- 
ment leur aiguillon dans la piaûre. Une pi- 
qâre daiguHlon, La guêpe luiaonna un coup 
aaiguillon. 



AIL 



45 



AiGDiLLov, se dit figurément de Tout ce 
qui incite à quelque chose. La gloire est un 
aiguillon, un puissant aiguillon. V intérêt 
est le seul aiguillon qui puisse le faire agir^ 
Dans le langage de l'Écriture, L'aiguillon 
de la chair. Les tentations de la chair. 

A1GUIX.LOH, en Botanique, se dit Des pi* 
quants qui adhèrent seulement à l'écorccy 
tels que ceux de l'Acacia, du rosier, de la 
ronce, etc.; par opposition à Épine, lequel 
se dit proprement Des piquants qui iont 
corps avec les parties ou ils naissent, tels 
que ceux du houx, de l'épine-vinette, des 
écailles de l'artichaut, etc. Aiguillons droits, 
crochus, simples, ramifiés, etc, 

AIGUILLONNER, v. a. Piquer un bœuf 
avec l'aiguillon pour le faire aller. 

Il s'emploie plusoidinairement au figuré, 
et signifie. Inciter par quelque chose. Cest 
un homme lent et paresseux, il faut un peu 
r aiguillonner pour le faire a§^r, 

AiGuxi.i.o2f HÉ , ÉB. participe. 

AIGUISEMENT, s. m. (Dans ce mot et 
dans le suivant, UI est diphthongue.) Action 
d'aiguiser. L'aiguisement d'un canif. Il est 
peu usité. 

AIGUISER. V. a. Rendre aigu, rendre plus 
pointu, plus tranchant, ^i^tt/ie/* le fer aune 
Itmce, Aiguiser la pointe d'un couteau, le 
tranchant dun sabre. Aiguiser un sabre, un 
couteau, des ciseaux. Aiguiser des coins de 
fer. Pierre à aiguiser. 

Prov. et fig.. Aiguiser ses couteaux, Se 
préparer au combat. 

Fig. , Aiguiser une épigramme. En rendre 
le trait plus piquant, plus perçant. 

Fig., Aiguiser l'appétit. Donner plus 
d'appétit, rendre l'appétit plus vif. Aiguiser 
l'esprit. Rendre l'esprit plus prompt , plus 
pénétrant. Un tra%*ail modéré aiguise l'esprit. 
La nécessité aiguise l'esprit. 

Aiguisa, bb. participe. 

AIL 

AIL. s. m. (On prononce l'A et on mouille 
l'L. ) Espèce d'oignon d'une odeur et d'un 
goût très -forts, composé de plusieurs 
petites gousses réunies sous une enve- 
loppe commune. Une tête d'ail. Une goussfi 
dail. Un gigot de mouton à Cail, Frotter son 
pain dail. Sentir l'ail. Il y a des aulx cultivés 
et des aulx saui'ages, Lei botanistes disent 
également Ails, au pluriel. // cultii'e des ails 
de plusieurs espèces. 

AILE. s. f. Partie du corps des oiseaux, 
de quelques mammifères et du plus grand 
nombre des insectes , qui leur sert à voler 
et à se soutenir en l'air. Les ailes des oiseaux 
sont revêtues déplumes. Les ailes des chauvtS' 
souris sont membraneuses. Les ailes de cer- 
tains insectes sont si déliées, qu'elles en sont 
transparentes. Un oiseau qui étend les ailes, 
qui déploie ses ailes. Un oiseau qui vole à 
tire-d'aile. Un oiseau qui tire de faile. Les 
pigeons ont faile forte, faile roide. Un moi" 
neau qui bat des ailes, qui trémousse des 
ailes. Un oiseau blessé qui ne bat que dune 
aile. Une poule qui rassemble ses poussins 
sous ses ailes. Les ailes dun moucheron. Les 
ailes d'un papillon. On peint ordinairement 
les anges atec des ailes. Les cnciens donnaient 
des ailes à la Fictoirt, à la Renommée , à 
f Amour, au ehetxtl Pégase. Les peintres et ks 



46 



AIL 



poètes ttomtêfttéesaUtsawt Fents^ a» Tetàps, 
ùmx Heures, à Biercure, etc. P<oétiquenieDt : 
Sur tes mies, sur fuite des vents, de^téphyr». 
Sur ies aUes du temps. Eté, 

Ptov. et fig. , La peur dorme dès mies , 
Elle précipite la marche, la coum. Le mal 
» des ailes. Il arrive promptement. 

Prov. et ^%. f Ne battre pats que dtune aile, 
êkvwr beaucoup perdu dosa vigueur, de son 
crédit, de sa considératioD. Depuis samaladie, 
il ne bat plus que d'une aile. Sa disgrâce fait 
qu'il ne bat plus que d^urte aile, 

Prov. et fig. y II en a dans faile, se dit 
D'un homme à oui il est survenu qnehfue 
altération grave dans ta santé ou quelque 
disgrâce. Cela se dit aussi D'un homme 
qui est devenu amoureux. 

P^v. et fig., Tirer une plume de Paile à 
quelqu'un , Attraper quelque chose à cruel* 
qu'un , tirer de I argent de lui. Arracher à 
quelqu'un une plume de Caile, une belle plume 
de laile. Lui oter ouelque chose de consi- 
^iérabte, le priver ae quelque emploi. 

Prov. et ng. , Bogner les ailes à quelqu'un, 
l.ui retrancher de son autorité, de son cré- 
dit, de ses profits. 

Prov. et itg., Vouloir voler sans aifoir des 
ailes, Entreprendre une chose au-dessus de 
ses forces; et, JP^der de ses propres ailes. Être 
en état de se passer du secours d*autrui. 

Prov. et fig.. Tirer pied ou aile d'une 
chose. En tirer quelque profit de manière 
ou d'autre. 

Prov. et fig.. Cette JUk est encore sëusVaile 
de sa mère. Elle est encore sous la conduite 
et la surveil auce de sa mère. 

Dans le langage de TÉcriture, L'aiie, les 
sdhs du Seigneur, La protection de Dieu. 
Seigneur, eouvreumoi de vos aOes. Je ne 
craindrai rien à Cambre de vos ailes. 

AiLB , se dit aussi de Celte partie charnue 
d'un oiseau , qui prend depuis le haut de 
restomac jusque sous les cuisses; et, en ce- 
sens , il ne se dit que Des oiseaux préparés 
pour être mangés. Sennr une aile de perdrix, 
une aile de chapon , une aile de bécasse. Le 
haut de taile, le bas, le bout de l'aile. Mies 
d'oies confites. 

En parlant De plumes à écrire , Bouts 
d'aile. Les plumes du bout de l'aile des oies. 

Atlv , désigne par analogie Diverses au- 
tres choses. Ainsi on dit : 

Les aites d'an moulin à vent, Les grands 
châssis garnis de toile qui sont mis en mou- 
vement par le vent , et qui font tourner la 
tneufe. 

Ias aiks d'un édifice. Les deux parties 
d'un édifice qui sont jointes de chaque côté 
au principal corps de bâtiment Les deux 
ailés d'an bâtiment. Un bâtiment qui n'a 
qti'une aile. JHe en retour. — - îa» anciens 
appelaient JHes d'un temple. Les murs la- 
térnuk d'un temple, avec ou sans péristyle; 
ce qui a fait donner, par quelques auteurs 
modernes , le nom d'^r/eiainc Bas côtés ou 
ne^s latérales d'une église. Les cèles d'une 
église. 

Les ailes d'une armée, d'une tr&upe. Les 
deux extrémités d'une armée, d'une troupe 
rangée en ordre de bataille. L'aile droite, 
taêfe gauche d'une armée, d'un batadion. 
L'aile droite de la première Hgne, L'aiie gau- 
che de la seconde ligne. La cavalerie qui vol- 
igeait sur les ailes. L'ask droite étmi appuyée 



l 



AIL 

h un bois, à un village. Le général r^àsa son 
aHe tiroite, ou sîmpWment, sa droite. L'aile 
droite enfiiofa les ennemis, mais taile gauche 
plia au premier choc. Le générai N. comman" 
doit l'atle droite. On dit de même , L'aile 
gauche, tarie droite d'une armée navale; etc. 

£n Horlogerie, Les ailes €f un p^on. Les 
dents d'en pignon. 

Dans les Gorderiea , Les a^s d'un touret. 
Les deux planchettes en croix qui servent 
à retenir le fil sur le touret , lorsqu'il est 
près d'être rempli. 

En Anat. , Les ailes du net. Les denx par» 
ties du nez qui forment le côté extérieur des 
narines. 

En Bofan., Les ailes d^ une fieurpapiUona- 
cée. Les deux pétales latéraux* 

En Archit. , Jiles de moucha. Les ancres 
emplovées aux angles des coffres de chean- 
nées de brique. 

AILE. s. f. Mot emprunté de l'anglais ^/r» 
u'on prononce Èle. Espèce de bière qui se 
ait sans houblon. Boire de l'aiie. 

AILÉ , ÉE. adj. Qui a des ailes. Il ne se 
dit guère que De certains animaux k qui il 
n'est pas ordinaire d'avoir des aUes, Des 
poissons ailés. Des Jourmis ailées. Suivant 
les poètes , Pégase est un chevai ailé. Les an*- 
dens croyaient à Cexistence de serpents ailés. 

En Iconologie, Un fioudre ailé, est Le 
symbole de la puissance et de la vitesse. 

En fiotan.. Tige ailée, pétiole ailé^ Tige, 
pétiole garni d'une expansion de même 
nature aue les feuilles ou les folioles. Péri- 
carpe mlé, Péricarpe garni d'appendices 
membraneux, comme celui du tréne, de 
l'érable. Feuilles ailées. Feuilles dont le 
pétiole porte de chaque côté plusieurs fo- 
lioles. Feuille ailée avec impaire , ou sans im- 
pains, c'est-à-dire. Avec ou sans une foliole 
terminale. Les feuilles du noyer sont ailées. 

AILERON, s. m. L'extrémité del'aîle d'un 
oiseau, à laquelle tiennent les grandes plu- 
mes de l'aile. Un oiseau qui a l'aHemn rompu. 
Un ragoût, une fricassée d'ailerons, filerons 
de dindon aux navets. 

Il se dit aussi Des nageoires de quelques 
poissons. Les ailerons d une carpe. 

AiLBRoir , se dît, par analogie , de Petites 
planches, de petits ais qui garnissent les 
roiies des moulins à eau , et qui servent à 
les faire tourner, en recevant le choc de l'eau. 

AILLADB. s. f. Sauce faite avec de l'ail. 
Faire tme aillade. 

AILLEURS, adv. de lieu. En un antre 
lieu. On souffre cela ici, meus edlleurs on ne 
le souffrirait pas. SU ne se troui'c pis bien 
oà il est, que ne voi^-ilailieurs? Qu iladle se 
pourvoir ailleurs. F'ous chercherez inutilement 
ailleurs. Fous ne sauriez trouver cela ailleurs 
que chez Un. Je tâcherai de l'avoir d'aiileurs. 
Je le ferai venir d'ailleurs. La voie dont vous 
vous servez pour vos lettres n'est pas sAre, 
il faut les faire tenir par ailleurs. 

Aiixauns, en parlant D'un livre, d'un 
auteur, signifie. Dans un autre passage. 
Nous avons dit ailleurs.... ailleurs il dit.,.. 
jiiUeurs encore. On dit de même, Cette ex- 
pression , cette locution se trouve dans tel 
écrivain, et ailleurs. Et dans les ouvrages 
d'antres écrivains. 

D'ailleubs, signifie aussi, D'un autre 
principe , d'une autre cause , par un autre 
motif. Fous lui attribuez mal à propos votre 



ÀIM 

Ssgféke, eMe vient d'oMsurs. S^ii le querA 
sur un si mince sujet, c'est qu'il lui en veut 
d'ailleurs. 

li signifie encore, De plus, outre cela. 
Je vous dirai d'ailleurs... D'ailleurs, il fiai 
considérer que... 

AIH 

AIMABLE, adj. des dcRx genres. Qui est 
digne d'être aimé, qui mérite d'être aimé. 
La vertu est ainuéle. Un objet aimable. Un 
caractère aimable. Des manières aimables, 
Aimez tout ce qui est aimable. 

Il se dit pMticnlicrtmcnt, daaa le langage 
de la société, Des personnes qui plaisent 
par leurs agréments. Cest unefmtme très» 
aimable. C'est un aimable homme. CeeH 
l'homme du monde le plus amusbie. On dît 
quelquefois, par une sorte de plaisanterie 
ironique. Faire l'aimable. 

Par forme de vemcpclnwnt, Fous êtes 
bien aimable de me venir voir, de vous m« 
téresser à mon afflaire, etc 

AIMAHT. s. m. Minéral qui a la propriété 
d'attirer le 1er, et dont imaqtie masse on 
chaque fragment, étant suspendu à «n fil 
sans torsion, possède la propriété de se 
tourner toujours anivanl? une même direo* 
tion , dans le lien où on l'observe. Pterre 
d'aimant. L'aimant communique sa vertu at- 
tractive au fer et à l'ader. Àimani naturel, 
jtimant artificiel, jéig^dle frottée d'aimant 
La déclinaison de l'ainumt, Vojpex Bovssous 

Les deux pâles de l'aimant ^ Les deux por* 
tiens de la surface d'un aimant où ses fa- 
cultés attractives ae manifestent avec le plus 
d'intensité. 

Armer un aimant. L'envelopper d'une 
plaque de (<sr doux qui dirige les résultan* 
tes de ses forces attractives de manière à 
en rendre plus énergique reffort simultané. 

AiMAVT, se dit quelquefois figurément 
de Ce qui attircet attache. La modestie, la 
douceur est un aimani qui attire les cours, 

AINAMT , ANTB. adj. Porté à aimer. R 
est et un caractère aimant. Elle a une âme 
naturellement eùmanis. 

AIHANTBR, v. a. Communiquer la pro» 
priété de l'aimant à un autre corps, ce qui 
s'opère en général par frottemenL Jinumter 
rmgttiUe d'une boussole, en la frottant sur 
un aimant naturel ou artificiel, 

Aiuurràf im, participe. Qui possède les 
vertus attractives et répulsives de l'aimant. 
Aiguille aimantée. Barre aimantée, 

▲IMAHTINylNB* a<y. Qui apparUent à 
l'aimant, qui est propre a l'aimant. Fertm 
aimantine. Il est vieuK : on dit, Magnétique,. 

AIMBB. V. a. Avoir un sentiment plus oit 
moins vif, plus ou moins profond cl'afTec*> 
tion , d'attachemenL On le dit en pariant 
De la Divinité et des personnes. Il/autai^ 
mer Dieu paréessus toutes choses , Aimer son 
prochain comme soi-même. Aimer son père et 
sa mère. Aimer ses enfants, sa famille. Alimer 
quelqu'un d'amitié, de bonne amitié Aimer 
une femme. Aimer d^ un amour honnête. Ai-- 
mer tendrement. Aimer quelqu'un plus que 
ses yeux ; t ai mer plus que sa vie , plus que ta 
Jour, plus au on ne peut dire ; l'aimer à lafo^ 
lie, jusquà laJoUe, Aimer constamment^ 
fidèlement, ardemment, éperdument, passiou'- 
n éme n t , jÉimer Jusquà la mort. Aimer de totu 



cœur. On le dit aussi «n parlant Des 
anûnauz. Jimer son ekien, mu chevtd. Cette 
femme uime beaucoup son penuquet. On le 
dit également en panant Des clK>ses physi- 
ques on morales, ^imerson pays, supatm. 
jtimer sa maison de campagne, ses livres, eêc. 
jiimer tétude, k trm'oâ. Jimcr son devoir, 
jéimer la vertu. Aimer Ut gloire. 

AiMBB , absolument et sans régime, se dit 
particulièrement De la passion de l'amour. // 
est doux d'aimer. Il est dangereux d'aimer. 

Prov., Qui bienuime, bien châtie. C'est 
aimer véritablement quelqu^UDy que de le 
reprendre de ses fautes. 

Prov.y Qui m'aime^ me suive. Ceux qui 
nous aiment doivent prendre nos intérêts, 
doivent nous imiter, suivre notre exemple. 

Prov. et fig. , Qui m'aime, aime mon duen , 
Quand on aime une personne, on aime tout 
ce qui lui appartient. 

AivBB, est souvent verbe pronominal ré« 
ciproque. Deux personnes qui s'ornent teu" 
drm nen t. Us s'aimeni comme Jrères. Jimez- 
vous les uns les autres. 

Il est aussi quelouefois pronominal réflé** 
dû. // devrait stjfire de s'aimer soi-même 
pour éinter tout excès. Cet homme s'aime trop 
pour aimer les autres. 

Cette petite uersonne s'aime beaucoup^ Elle 
a beaucoup a'amour-propre, eUe s'occupe 
bcniicoup d'elleHnéme. 

S'aimer dans un Heu, S'v plaire, prendre 
plaisir à y élre. // s'aime a ut cœnoagne* Je 
m'aimerais infiniment chez vous, aans voire 



Saimerdans un lieu, se dit auasi Des ani> 
maux et des plantes, pour signifier qu'Us y 
profitent, qu ils y r^ueissent mieux qu'ail- 
leurs. Les pigeons s'aiment ois il y a de l'eau. 
Les oliviers s'amtent 'dans les lieux sablon- 



Aorsa, signifie aussi , Avoir un goàt vif 
pour certaines personnes, ou pour certains 
animaux , pour certaines choses. Jimer les 
femmes. Aimer les ei^auts. Aimer Us oiseaux, 
les chevaux, les chiens. Aimer les tableaux, 
les livres. Aimer la musique. Aimer le luxe, 
les plaisirs, la chasse, le jeu, la bonne chère, 
la débauche. On le dit roone , dans ce sens , 
CB parlant De certaines choses qui sont or- 
diaaireaient désagréables ou fâcheuses. Ai' 
mer le scandale. Aimer les querelles, les pnh 
ces. Etc. 

Il se dit encore, simplement, en parlant 
De ce qu'on trouve agréable, de oe qui plait. 
Aimes^vêus l'odeur de ceête planée? S'aime 
b eifurou p ce tableau, f aime la musique de ce 
causpositeur. J'aime assez la parure de cette 
femme, faimece procédé, il vous/mit honneur. 
J'aime ce ton de franchise, cette fiwnchise. 

Il ae dit nartîculièrement, dana le même 
aeos, en pariant Des aliments^ des boissons, 
etc. Aimer les fruits. Aimer le kùt. Il n'aime 
pas k veau, le mouton. Elle n'aime pas la 
bàèse. Cet homme n'est pas difficile à nourrir^ 
d mime tout. 

Aiif xa , peut également avoir pour siget 
iTanimal ou déplante. Ce chien aime 
p son maêtre.<kt animal aime beau- 
safemeUe. les chk*res aiment Us Ueux 
rpés. Cet animal aime lachair. CespUmtes 
fombrt et U frais. 

AiMsa , ae joint «ouvent avec la peéposi- 
> à, devant l'infinitif des verbes ; et alors 




AI» 

il signifie, Prendre plaisir à quelque obossu 
Aimer à jouer^ à chasser, à se promener. Ai- 
mer à lire, à travadUr. J'aime à voir comoH 
vous vous conduisez avec lui. Il aime à être 
flatté, caressé. On dit de même : Cet animal 
aime à courir. Cet arbuste aime à être arrosé. 
Etc. 

Il se joint aussi avec la conjonction que, 
suivie d'un verbe au subjonctif , pour signi* 
fier, TixHiver bon , avoir pour ai^^bie. Ai" 
mez qu'on vous conseille, il aime qu'on U pré- 
vienne. Il n'aime pas qu'on U flatte. 

AiMxa, se joint également avec l'adverbe 
Mieux; et alors il signifie, Préféi^r, aimer 
une chose par préférence à une autre. EUe 
a mieux aimé rester fllU, que eh faire le 
mariage qu'on lui proposait, s aimerais mieux 
mourir, que defrdre une si maui'oise action. 
Taime mieux qu'il vienne. Aimer mieux fé* 
tude que le jeu. On dit quelquefois dans le 
langage fiiittilier, ou en sivie de palais, Si 
mieux n'aimez; si mieux n aime Uait sieur... 

Aiuà, ix. participe^ 

AIX 

AINE. s. f. La partie du «orps humain qui 
est entre le haut de la cuisse et le bas-ventre. 
Il fut bUssé dans l'aine. Avoir une excroiS'' 
sanoe dans l'aine, un bubon dans Vaine. Jfa* 
ladies de l'aine. 

hinif lÎB. adj. Le pra»i«>né des en£uils 
du même père et de la même mère, ou de 
l'un des deux seulement. Son fils aine, sa 
fiOe aînée. Fotre frère atné.Fotre saur aînée. 
Il est rainé de tous. Il est l'alnédesa branche. 

La branche ainée dune maison. Celle qui 
a un aîné pour tige, qui descend de l'alné. 

Le FiU mné de l'Église. Qualification don- 
née au roi de France. 

La FiUe aînée des rois de France. Titre 
que prenait l'université de Paris. 

AtirÉ , est aussi substantif. Mon aîné. Vo* 
tre aîné. Le cadet vaut bien l'alné. 

Il se dit également d'Un second enfant a 
l'égard d'un troisième, et ainsi des autKs. 
// est mon aîné, et je suis le vôtre. 

U se dit, par extension, de Toute per-. 
sonne plus âgée qu'une antre. // est plus 
vieux que moi, U est mon aîné de cinq ans, 
de six ans, etc. 

▲IjKESfi^B. s. f. PrimogémUure, priorité 
d'Âge entre frèm et soeurs. 11 n'est guère 
usité que dans cette locution , Droit d'au 
nesse. ÉsaÛ vendit son droit d^ aînesse à Ja- 
oob pour un plat de lenOlUs. 

AiNS. conjonction adversative. Itfais. Ains 
au contraire. Il est vieux. 

AINSI, adv. £n cette manière, de celle 
ùif^.^ L'orateur parla ainsi. La chose est 
ainsi, se passa ainsi. Les choses étant ainsi, 
je n'ai plus rien à dire. Cela n'ira pas ainsi. Il 
n'en ira pas ainsi. Le sort U veut ainsi. Ainsi 
l'a «NMifo sa destinée. Ainsi va U monde. Je 
suis ainsi fait. 

ENiptiq., Ainsi Acs autres choses, ainsi 
du reste, 11 en est ainsi des autres choses, 
il en est ainsi dm reele. 

Aixsi, signifie quelquefois, Par ronsé- 
quent; et est aion une xxmjonction. Ainsi 
je conclus que. Ainsi vous refusez. 

Ainsi , dans la première signification , sert 
aussi à faire l'application du premier mem- 
bre d'une comparaison au second. Comme 



AIR 4j 

U soUil chasse Us ténèbres, ainsi, la science 
chasse V erreur. 

li sert encore à marquer un souhait ^«nW 
U ciel vous sait propice. Ainsi Dieu me sai$ 
en aide. 

Ainsi sdt'iL Façon de parler dont on se 
sert pour demander l'accomplissement de oe 
que l'on souhaita. Cette locution se place 
ordinairement à la fin des prières qu'on Eût 
à Dieu. 

Comme ainsi soit. Façon de parler qui si* 
gnifie, Vii que, attendu que cela est ainsi^ 
cela étant ainsi. Comme ainsi soit que... 

S'il est ainsi, puisqu ainsi est, jMÛsqu'aimsi 
va. Autres iaçons ne parier qui ont à peu 
près le même sens que Coaune ainsi soit. 

Ainsi QUK. loc. conjonctive. De même 
qne. On l'amnlote qnelqnefois dans le eom» 
mencement des compannaoïis. Ainsi que U 
soleil dissipe Us nuages, ainsi la vérité... On 
l'emploie aussi dans le discours ordinaire. 
Les plaisirs ainsi que les peines troublent 
rame. Je me plains de vous ainsi que de lui. 

Ainsi ijou, «iflnifie aussi, Comme, de la 
manièi'e que, de la fiiçon que. Cela s'est passé 
ainsi que je vous l'ai dit. 

S'il est ainsi que, S'il est vrai que. S'il est 
ainsi que nosts ne soyons créés que pour ser» 
vir Dieu. Cette manière de paner vimlliL 

AIR 



AJE. S. m. Fluide élastique, «pesant, dont 
la masse totale forme l'atmospnère qui en* 
veloppe la terre de toutes parts. AiratmoS' 
phérique. L'air est un composé d^oxygène et 
d'azote. L'air est plus léger que feau. L» 
basse, la haute, la moyenne région de fuir* 
Une colonne éTair. La pesanteur de Vair, 
La drculaticn de fair. Lmr se dilate, se nt^ 
réfU. L'eûr se condense, se comprune. Le res^ 
sort de fair. L'air fiât ressort. Tout est pUin 
d'air. Toute l'étendue de l'air. La masse de 
fair. Nous lespirons Voir. Poétiquement : Les 
flmnes de l'mr. Le iiogue des airs. Dans Us 
airs. Au plus haut des airs. Voyez , à la fin 
de l'article , la locution adverbiale £ir l'aju. 

Il se dit souvent ftir rapport à bi teasp^ 
rature et à la qualité .de l'air. Air sain, mal' 
sain. Bon air. Bel air. Grand air. Mauvais 
air. Air vtf. Air frais. Air doux. Air tem^ 
péré. Air subtil. Air pur. Air grossier. Air 
étouffé, retienne, corrompu, tncié. Air cou' 
tagieux, infecté. Air infret. Air brûlante Air 
respirMe. L'air du seir est humide. L'air Ae 
ce ptefs est excellent. 

Cela est dans fair, se dit De certaine» 
qualités physiques ou morales qu'on croit 
provenir delà température particulière d'un 
pays. 

AlUr prendre Fair, Aller se promener, al» 
1er au grand air; et simplement. Prendre 
l'air. Respirer l'air, être dans un lieu on 
l'on respire un air plus pur, plus léger. 
Changer dtair. Changer de séjour, afin da 
respirer un autre air. 

Mettre, exposer quelque Âihose à l'air 
Le placer dehors, en un lien où il soit 
exposé à l'action de l'air. On dit de mêmot 
Se tenir à tair. On dît aussi. En plein air. 
Dans un lieu où l'action de l'air se fait 
sentir de tous les côtés, où rien ne garantit 
de l'action de l'air. 

Donner de l'air à une chambre, En ouvrir 
les fenêtres, afin que l'air entre et sorte pins 



48 



AIR 



librement. On dît dans un sens analogue, 
Renouveler Pair (Tune chambre, d'une salle. 

Donner fie l'air à un muid de vin. En 
dter le bondon , de peur que le vin ne fasse 
éclater les douves. 

En termes de Peinture, // ny a pas d'air 
dans ce tableau, Les figures n'y sont pas 
assez détachées du fond, et les plans se 
confondent. 

Prov. et fig. , Ne faire que battre Vair, Se 
donner inutilement de la peine pour quel- 
que chose. 

Fendre fair, se dit D'un oiseau qui vole 
rapidement, D'un cheval lancé à la course, 
D une personne qui court très-vite. 

Vulgairement, Porter le mauvais air en 
quelque endroit, Y porter la contagion ; et, 
Prendre le mouvoir air, Être atteint de la 
contagion , gagner le mal contagieux. 

Fig. , Vair du monde est contagieux, La 
fréquentation du monde peut faire con- 
tracter des vices. 

Jir natal. L'air du pays où l'on est né. 
Prendre Vair natal. Aller respirer l'air natal. 

Prendre Vair du feu, un ait de feu. S'ap- 
procher du feu y afin de se chauffer comme 
en passant. 

AiB, se dit quelquefois, par extension, 
de Tout fluide élastique et invisible. Dans 
cette accei^tion, il est synonyme de Gaz. 
Air fixe, ou Gaz acide carbonique. Air in- 
flamtnable, ou Gaz hydrogène. Air vital, on 
Gaz oxygène. Etc. 

Aia, se dit aussi de L'air en mouvement, 
du vent. // ne fait point d'air. Il y a ici de 
Vair, beaucoup d'air. Il n'y a point du tout 
(Vair, pas unorin d'air, pas un souffle d'air. 
Il ne j/àut pas se tenir entre deux airs. Ces 
deux portes ouvertes en face Vune de Vautre 
établissent un courant iair dont il faut se 
défier. Il vient de Voir par cette fenêtre, par 
cette porte, par cette fente. 

Coup d'air. Fluxion ou douleur qui vient 
de ce qu'on s'est exposé li un courant d'air. 

Fig. et fam., L'air du bureau. Ce qui pa- 
rait en bien ou en mal des sentiments, des 
dispositions de ceux qui doivent juger un 
procès , décider une affaire. L'air du bu- 
reau lui est favorable^ L'air du bureau n*est 
pas pour lui. J'allai prendre Vair du bureau, 
et je m'aperçus qu'il m'était contraire. 

En termes de Marine, Air de vent. Voyez 
Aias. 

Fam. , Etre libre comme (''air, N'avoir au- 
cune sujétion , pouvoir disposer de tous ses 
moments. Depuis que /ai donné ma démis- 
sion, je suis libre comme Vair. 

Atr, signifie encore. Manière, façon : 
il se dit de La manière de parler, d'agir, de 
marcher, de se tenir, de s'habiller, de se 
conduire dans le monde; et généralement 
de Tout ce qui regarde le maintien, la con- 
tenance, la mine, le port, la grâce, et 
toutes les façons de faire. Marcher de bon 
air, de mauvais air. Se tenir, s'habiller, se 
mettre rfp bon air, de mauvais air, d'un air ri- 
dicule. A Vair dont il marche, dont il se met, 
dont il entre, on voit qu'il est plein d'orgueil. 
De Vair dont il parle, dont il agit, dont il se 
conduit, on peut juger que,,. De Vair dont 
il s'y prend, il aura de la peine à réussir. 
L'air qu'il prend avec ces gens^là ne lui réus- 
sira pas. Dire les choses d'un certain air. Il a 
un certain air de dire les choses qui fait 



AIR 

qu'on ne s'en fâche point. On juge, on voit 
a son air que... Avoir bon air, mauvais air. 
Avoir Vair noble, Vair grand, grand air, l'air 
du monde, Vair de la cour, Vair guerrier, 
Vair martial, Vair d'un homme de qualité, 
Vair d'un honnête homme. Avoir Vair d'un 
fripon. Avoir l'air agréable , l'air aisé, Vair 
gracieux, l'air enfantin , l'air enjoué, l'air 
badin. Avoir Vair bas , Vair shnple , Vair niais , 
Vair ridicule, Vair provincial , Vair bourgeois, 
Vair écolier, Vair a un écolier, Vair d'un vau- 
rien, Vair engoncé, Vair renfrogné, Vair som- 
bre, Vair triste. Cette femme a l'air chagrin , 
Vair méprisant, Vair luiutain. Ils ont tous deux 
l'air prévetutnt, Vair spirituel, Vair railleur, etc. 

Il se dit quelquefois pour exprimer La 
simple apparence. Ai'oir un air ae grandeur, 
de noblesse, de supériorité. Affecter un air de 
maître, un air de capacité. Avoir un air de 
malignité. Il y a un air de magnificence dans 
cette maison. Se donner un air de bel esprit, 
un air d'opulence. Prendre un air boudeur. 
Se donner un air affairé. 

Un homme du grand air. Qui vit à la ma- 
nière des grands; et. Une chose qui a un 
grand air, qui a grand air, Qui a une belle et 
grande apparence. 

Fam. , Tout dans cette maison va du bel 
air, du grand air. Tout s'y passe avec ma- 
gnificence. Cette manière de parler a vieilli. 

Les gens du bel air, les gens du grand air, 
se dit ordinairement, en raillerie, de Ceux 
qui veulent se distinguer des autres par des 
manières plus recherchées. 

Fam., Prendre des airs, se donner des 
airs, se donner de grands airs. Affecter, pren- 
dre un ton, des manières au-dessus de son 
état, de sa condition, de sa ÎOTiUDe. Prendre 
des airs, se donner des airs de maître, de sa- 
vant, de bel esprit. Vouloir s'attribuer sans 
raison une autorité de maître, affecter de 
passer pour savant, pour bel esprit, quoi- 
qu'on ne le soit pas. 

Fam. , Avoir des airs penchés, prendre des 
airs penchés* Affecter certains mouvements 
de la tète et du corps, pour chercher à plaire. 

Fig. et fam., Avoir Vair à la danse. Avoir 
j'air vif, éveillé, et annoncer des dispositions 
pour réussir dans ce qu'on fait. Par exten- 
sion , Paraître disposé à faire ce dont il s'dgit. 

Cet homme, cette femme a Vair bon, Vair 
méchant, A la mine d'un bon homme, d'une 
bonne femme, ou d'un méchant homme, 
d'une méchante femme. 

Avoir Vair, signifie aussi , Sembler, parai* 
tre ; et alors, quand le mot Air est immé- 
diatement suivi d'un adjectif, si cet adjectif 
se rapporte au sujet de la proposition, il 
doit s'accorder avec le sujet ; s'il se rapporte 
seulement au mot Air, il doit être \fn% au 
masculin. On ne dirait pas d'une femme. 
Elle a Vair enceint, elle a Vair mal fait; il fau- 
drait dire, Elle a Vair encemte, elle a Vair mal 
faite, et mieux. Elle a Vair détre enceinte, 
d'être mal faite. — Elle a l'air contente de ce 
ou on vient de lui dire. Elle a l'air toute trou- 
bla. Elles aiwent l'air fort embarrassées. Ils 
ont Vair fâchés de ce au ils viennent d'appren- 
dre. Cette viande a Vair d'être fraîche. Cette 
pièce de moruutie a Vair détre fausse. Ces légu- 
mes n'ont pas Vair détre cuits. Cette anecdote 
a l'air détre un conte, a Vair, a tout Vair d'un 
conte. Cette maladie a Vair détre sérieuse. Il a 
Vair détre au fait, Vair au fait. Il a Vair de 



AIR 

savoir son métier. lia bien Vair de nous faire 
attendre. lia bien Vair de ne pas venir, de nous 
cacher quelque chose, de se moquer de nous, 

Aia, se dit aussi d'Une certaine ressem- 
blance qui résulte de toute la personne» et 
particulièrement des traits du visage. Avoir 
de Vair, un faux air de quelqu'un. Avoir quel- 
aue ressemblance avec lui. Ils ont bien de 
tair, beaucoup d'air Vun de Vautre II a beaw 
coup de votre air. Un peintre qui prend bien, 
qui attrape bien Vair du visage. On voit tous 
Us traits de son visage dans ce portrait, mais 
la physionomie, Vair n'y est pas. 

Avoir un air de famille. Avoir cette con- 
foinnité de traits, de physionomie, qui 
existe ou qu'on croit reconnaître entre les 
personnes d'une même famille. 

En termes de Peinture et de Sculpture, 
Un air de tête, des airs de tête. L'attitude 
d'une tête , la manière dont une tête est des- 
sinée. De beaux airs de tête. De grands airs 
de tête. De vilains airs de tête. 

A», en termes de Manège, se dit Des 
allures d'un cheval. Airs bas. Ceux où le 
cheval manie près de terre. Airs relevés p 
Ceux où le cheval s'enlève davantage en 
maniant. Ce cheval va à tous airs. On le 
manie comme on veut. 

Air, en tennes de Musioue, se dit d'Une 
suite de tons, de notes qui composent un 
chant, suivant les règles de l'art. Air gai. 
Air triste. Air nouveau. Air ancien. Air 
vieux. Un bel air. Un grand air. Un petit air. 
Un air noté. Un air connu. Un air à la mode. 
Un air de violon, de flûte. Un air de ballet. 
Un air de vaudeville. Un air de danse. Com^ 
poser un. air. Apprendre un air. Chanter un 
air. Faire un air sur des paroles. Faire despa» 
rôles sur un air. L'air va bien aux paroles. 

N'être pfis dans Tn/r/Ne pas chanter exac- 
tement un air, détonner. 

Prov. et fig. , Je connais des paroles sur cet 
air-là, J'ai entendu en pareille occasion 1^ 
mêmes choses que vous venez de dii*e pour 
vous excuser, pour soutenir cette opinion. 

Air, se dit quelquefois Du chant et des 
paroles tout ensemble. Un air à boire. Un 
livre cVairs. Apprendre un air nouveau. 

Es x.'air. Ioc. adv. qui s'emploie dans plu- 
sieurs sens. Tirer en Vair, tirer un coup en 
l'air. Tirer un coup de fusil , de pistolet sans 
le diriger vers aucun but; et, figurément 
et familièrement, Faire une démarche inu- 
tile, qui ne conduit point au but. 

Avoir toujours le pied en l'air, un pied en 
Vair, Être toujours prêt à partir, à courir, 
à sauter, à danser. On dit dans le même sens, 
Cet homme, cet enfant est toujours en Vair. 

Fig. et fam. , Tout le monde est en Vair, toute 
la vUle est en Vair, Tout le monde, toute la 
ville s'agite, est en mouvement Quand on 
apprit leur arrivée, toute la ville fut en Vair, 

Être en Vair, tout en Vair, se dit aussi 
D'une chose qui ne parait presque soute- 
nue par rien. Un cabinet en tair. Un esadier 
qui est tout en Vair, Un bâtiment qui parais 
tout en Vair. 

Fig. et fam. , Toute sa fortune est en Vair, 
Sa fortune ne porte sur rien de solide. 

Ev i.'air, se dit figurément et au sens 
moral Des choses qui sont sans réalité, sans 
vérité, sans fondement. Des contes en l'air. 
Des paroles en Vair, Des menaces en Vair, 
Des projets en Vair, Des craintes en tair. Un 



Aïs 

misountmeni en tair. Cest pour une Iris en 
fair qu'il Jait des vers amoureux. On dit de 
méine» Parier, raisonner en fair. Fous dites 
ceia en tair, 

AIRAIN. A. m. Méul composé en grande 
{Mrtie de cuivre jaune, mêlé avec du zinc, 
oe rétaîn, et une petite quantité d'anti- 
moine. L'airain sert principalemeni à faire 
les cloches. Statue d'airain. Chaudière d'ai- 
rain, Traiwller en airain, Grm'ersur l'airain. 
Plaque d'airain, 

Sielon la Fable , Le siècle d'airain , Vdge 
ttairain. Le temps qu'on suppose avoir existé 
•entre le siècle d'argent et le siècle de fer. 

Fig.y Vn siècle d'airain f Un temps mal- 
beureuz et dur. 

Fig., Un cid d^ airain. Un temps sec et 
aride, pendant lequel il ne tombe ni pluie 
ni rosée. 

Fig., Un front d'airain. Une extrême im- 
fiadence. Cet homme a un front d'airain. Il 
jfaut avoir un front d'airain pour oser sou* 
tenir une pareille fausseté, 

Fig. , j^ivir un cœur d'airain, Être dur et 
impitoyable. 

Frov. et fig. , Les injures s'ecnvent sur 
taîrain , et les bienfaits sur le sable. On ou- 
blie aisément les bienfaits, et on se souvient 
longtemps des injures. 

AIA£. s. f. Place qu'on a unie et prépa- 
rée pour y battre les grains. L'aire d'une 
grange. Aire à battre les grains. 

Il se dit quelquefois, principalement en 
Architecture, de Toute surface plane. L'aire 
iCun plancher. L'enduit de maçonnerie sur 
lequel on pose le parquet ou le carrelage. 
L'aire ttun bassin , Le massif de ciment ou 
de terre glaise dont on fait le fond d'un 
bassin. L'aire ttun pont, La partie supé- 
rieure sur laquelle on marche. L'aire dune 
maison. L'espace compris entre les murs 
d'une maison. 

Aiax, en termes de Géométrie, L'espace 
superficiel embrassé par une figure plane 
rentrante sur elle-même. L'aire d'un Irian- 
gfe. L'aire dun duré. L'aire dim cercle, 
^ Ans, se dit aussi Du nid des oiseaux de 
proie, parce qu'ils nichent ordinairement 
sur un espace plat et découvert. Les aigles 
'Sont toujours leur aire au même endroit. L'aire 
ttun vautour. Un faucon de bonne aire. 

En termes de Marine, Aire de vent, se 
dît de Toute direction selon laquelle souffle 
le vent. On distingue trente-deux aires de vent 
princioales. Beaucoup de marins font ce 
mot au nuisculin , et l'écrivent ordinaire- 
ment sans e, Foilà un air de vent qui nous 
remettra en route, 

AIRES. S. f. La quantité de gerbes qu'on 
met en une fois sur l'aire. Une airée de fro- 
ment, de seigle, etc, 

' AIRELLE, s. f. T. de BoUn. Sous-arbris- 
seau à fleurs rougeàtres, qui porte une pe- 
tite baie bleue et légèrement acide, dont on 
fait usage en médecine et dans la teinture. 

AIRER. V. n. Faire son nid , en pariant 
De certains oiseaux de proie. 

. Aïs 

Aïs. s. m. Planche de bois. Ais de chêne, 
efr hêtre, de sapin, Ais de six pieds, de neuf 
pkdt, de douze pieds. Faire des ais. Scier des 
Tome /. 



AIS 

ais. Scieur «tais. Cloison d'ais. Il commence 
à vieillir. 

Ais de bateau, Ais qui ont servi à la 
construction d'un bateau. Cloison d'ais de 
bateau. 

Au Jeu de paume. Un coup dais. Le 
coup que la balle donne de volée dans un 
ais qui est du côté du service. Foilà un beau 
coup dais. 

AISANCE, s. f. Facilité. Porter avec ai* 
sance un pesant fardeau. 

Il signifie particulièrement, Liberté d'es- 
prit et de corps dans le ti*avail, dans les 
mouvements, dans les manières, dans le 
commerce de la vie. Faire tout avec aisance , 
avec une grande aisance , avec beaucoup d'ai- 
sance^ L'aisance as'ec laquelle il traite les 
affaires les plus difficiles. L'aisance qu'il a 
dans ses manières. Il se présente, il parle, il 
s'exprime a\*ec aisance, 

AiSAircB , signifie aussi , État de fortune 
suffisant pour se procurer les commodités 
de la vie. // vit dans l'aisance. Il est dans 
faisance. Il a de l'aisance. Il Jouit d'une 
honnête aisance. Il doit son aisance à son 
trm'ail. 

AisAHCBs, au pluriel, se dit d'Un lieu 
pratiqué dans une maison pour y satisfaire 
les besoins naturels. Les aisances dune mai" 
son. Cabinet d'aisances. Fasse d aisances. On 
dit de même , Lieux d'aisances, 

AISE. s. f. Contentement, sentiment de 
joie, de plaisir, émotion douce et agréable, 
causée par la présence, par la possession 
d'un bien. Tressaillir daise. Être transporté 
daise. Être ravi daise. Il ne se sent pas 
daise. 

Aise, signifie aussi, Commodité, état 
commode et agréable. Être à son aise, bien 
à son aise. Fous êtes là bien à votre aise. 
Se mettre à son aise. Mettre à l'aise. Travail- 
ler à son aise. Je ferai cela à mon aise. 

Par ellipse, A votre aise, À votre com- 
modité, quand vous voudrez. 

Être à son aise, vivre à son aise, être fort 
à l'aise. Être dans l'abondance selon sa 
condition. Prov., // n'est malade que de 
trop daise, se dit D'un homme riche qui a 
de fréquentes incommodités. 

Fig., Mettre quelqu'un à son aise. L'en- 
courager, empêcher qu'il n'ait de la timi- 
dité ou de l'embarras, faire au'il soit dans 
un état de liberté et de familiarité. Mettre 
les gens à leur aise. Je le craignais , mais it 
m'a mis promptementà mon aise par la /ran- 
ch/se de ses discours. Je n'osais vous parler 
de cela, mais vous me mettez à mon aise en 
m'en parlant le premier. On dit de même , 
Cest un homme agréable et commode, avec 
qui on est toujours à son aise, 

Fam. , Se mettre à son aise, signifie quel- 
quefois. Manquer aux convenances, en 
user avec trop de liberté , de familiarité. 

Fam., N'en prendre qu'à son aise, Ne 
faire que ce qui plaît, sans se gêner, sans 
se fatiguer. 

Fam. , Fous en parlez bien à votre aise, 
se dit A un homme qui donne quelque con- 
seil difficile à pratiquer, et qu'il n est pas 
obligé de suivre, ou qui parle avec sans- 
froid des misères et des douleurs qu il 
n'éprouve pas. 

Prov., Paix et aise. Doucement, paisi- 
blement, commodément. H n'a pas un grand 



AIS 49 

bien, mais il vit chez lui paix et aise. Je ne 
demande aue paix et aise. Je ne demande 
qu'une vie tranquille, sans contrainte et 
sans soins. Le premier de ces exemples a 
vieilli. 

Aise, se dit au pluriel pour signifier. 
Les commodités de la vie; alors on ne 
l'emploie guère aue dans ces pfirases : Ai' 
mer ses aises. Chercher ses aises. Prendre 
ses aises. On n'a pas toutes ses aises en ce 
monde. 

A l'aise, loc. adv. Commodément , faci- 
lement, sans peine. On est fort à l'aise 
dans ce fauteuil. Une porte qui s'ouvre à 
taise. Il tient six personnes à taise dans cette 
voiture. Cette ville n'est pas fort éloignée , on 
y va à l'aise dans un jour. Un che\»al qui 
porte à taise, qui va à taise. 



AISE. adj. des deux genres. Qui a de la 
joie, qui est content. Que je suis aise de 
vous avoir rencontré! Je suis bien aise de 
vous voir en bonne santé. J'en suis très^dse, 
extrêmement aise, infiniment aise, on ne peut 
pas /dus aise. J'en suis aise au dernier point. 
Il ne se sent pas, tant il est aise. Que je suis 
aise de cette nouvelle! Nous en sommes bien 
(uses.* Elle en est fort aise. Elle est tout aise 
et tout heureuse d'avoir trompé ce mari-là, 

AlSli , l^E. adj. Facile. Cela est aisé, bien 
aisé. C'est une chose aisée. Il n'y a rien de 
si aisé. Des moyens courts et aisés. Foilà le 
chemin le jdus aisé. Une chose aisée à faire. 
Cela est aisé à faire. Cela n'était pas aisé à 
trouver. Cet enfant est aisé à gouverner. Une 
lettre qui n'est jtas qisée à lire. Il n'est pas 
aisé de bien écrire. Il est aisé de voir que cela 
le contrarie. 

Cela vous est bien aisé à dire. Manière de 
parler qu'on emploie familièrement lors- 
qu'un homme donne quelque conseil difîQ- 
cile à pratiquer, et qu'il n'est pas obligé 
de suivre. 

Cet homme est aisé à vivre, H est d'un 
commerce facile et doux. 

Aise, signifie aussi, Commode. Une voi- 
ture aisée. Un cheval qui a des allures aisées. 

Un habit aisé, des souliers aisés. Un ha- 
bit, des souliers qu'on met facilement, où 
Ton est à l'aise. Ces souliers sont trop aisés. 
Ils sont trop larges, ils ne serrent pas assez 
le pied. 

Une morale, une dévotion aisée. Une mo- 
rale, une dévotion relâchée. 

Avoir les manières aisées. Avoir des ma* 
nières d'agir faciles, où il n'y a rien dé 
contraint, rien de %êaé. Avoir' la conversa* 
tion aisée. Avoir une conversation facile et 
agréable. Ai'oir tesprit aisé. Imaginer, con- 
cevoir, s'expliquer facilement. Avoir un style 
aisé. Écrire d'une manière naturelle, claire, 
qui semble n'avoir point donné de peine. 
Des vers aisés. Des vers qui paraissent faits 
sans peine, qui ne sentent point le travail. 
On dit plus ordinairement, Des versfaedes. 

Une taille aisée. Une taille libre, dégagée. 
On dit dans le même sens , Un air aisé. 

Aise, signifie encore. Qui est a son aise, 
qui est riche dans une condition médiocre. 
Un bourgeois aisé, Cest un homme aisé, fort 
aisé, > 

Il est aussi substantif, dans le même sens. 
La taxe des aisés. On ta mis sur le rôle des 
I aisés. Cet emploi est vieux. 
I AISEMENT, s. m. Commodité. Il est 

7 



5d 



AJO 



vienxt et ne M dît plm qoe dam cette 
phrase proverbiale, maîntenent peu usi- 
tée « ^ son point 0/ aisément, à ses Ihms 
points et aisements, A tos aise, à «on loisir, 
a sa commodité. 

▲IséMEHT. adv. FaoîleaMnt. J'en vien- 
drai aisément à itout. Je veux des souliers 
qu/e jepuisêe mettre aisément, Traxmlier ai- 
sément. Faim aisément des vers. H change 
aisément drains. 

Il signifie aussi , Commodément. Ainsi on 
«Ut, Ce cheval va aisément , Il a les allures 
douces , commodes et aisées. 

AISSELLE, s. f. Le dessous du bras à 
Tendroit où il se joint à Tépanle. Laisselte 
droite. Vaisseiie gauche, Porter-quelque chose 
sous ses aisselles. 

Il se dit par analogie, en Botanique, de 
L'angle plus ou moins aigu que forme avec 
la tige un rameau ou une feuille. Les fleurs 
de certaines fiantes naissent dans les aisselles 
desfeuilles. 

AMSIEC. S. m. Foyex Essnu. 

AIT 

AITIOLOGIC. S. f. Fâiyex Énoxiocix. 

AlO 

AiUlIC. S. m. Arbuile fort épineux , à 
fleurs légumineuses et jaunes, et à feuilles 
petites , qui croit dans les lieux incultes et 
stériles, et qui est employé à divers usages 
économioues. Faire des fagots d'ajonc pour 
ehaujjer te four. Les jeunes pousses de l'ajonc 
servent à nourrir les bestiaux, 

AJOURNEMENT, s. m. T. de Pratique. 
Assignation, ou avertissement qu'on fait 
4oiuier, par officier public, à une personne, 
|K>nr qu'elle se présente devant la justice à 
un jour désigné. Exploit d'ajournement. 
Ajournement fait à domicile, fait à personne. 
Le délai des ajournements. 

En termes d'ancâenne Procédure erimi- 
Belle, Ajournement personnel. Assignation 
donnée a quelqu'un, en vertu d'une ordon- 
nance ou d'un décret du juge, pour com- 
naraitre en personne, et répondre sur les 
nits dont il es^ accusé. Décerner un ajour- 
stement personnel. Déonéter d'ajournement 
personnel. Décret d'ajournement personnel. 
^ A^ouaaxifsiiv, en matiève de délibéra- 
tion, Renvoi d'une affaire à un antre jour 
fixe on indéterminé. On a demandé l'f^ur- 
netnent de la délibéraiion. Consentir à un 
ajournement. Ajournement indéfim. Ajourne- 
ment à quinzaine, 

AJOimurm. t. a. Assigner quelqu'un a 
certain jour en justice. Ajourner par exploit. 
Ajourner à eomparattre devant, etc. Faire 
ajourner. Ajourner des témoins. Ajourner 
Quelqu'un pour dire ses causes d'opposition. 
On a dit autrefou : Ajourner devant k lieu- 
Senant civil, etc. Ajourner à son de trompe. 
Ajourner à trois hriefs jours, 

11 signifie aussi, en matière de délibéra- 
«Hon , Renvoyer à un certain jour on à un 
temps indétermltié. Ajourner une affaire, 
'une question, une discussion. La séance fut 
ajournée au lundi de la semaine suivante. 

Il s'emploie quelquefois dans le langage 
de la conversation. Ajournons ce projet, 
cette partie de plaisir. 

AiouasB, en, participe. 



AJU 

AJtVJTAGE. S. m. T. d'Aits fnécaniqi 
Chose ajoutée à une autre. 

AJOUTER. Y. a. Mettre quelque -cbose 
de plus; Joindre use chose à une «utre; 
Faik« addition d'un nombre. Ce passage a 
été ajouté à ce liire. Il a ajouté de nouveaux 
legs à son testament, À toutes ces raisans 
ajoutez que,.. Ajoutez à cela que.,. Je n'a- 
jouterai plus qu'un mot. Cette compagnie 
n'était que de cinquante soldats, on en a 
ajouté aix. 

Ajouter au conte, ajouter à la lettre. Am- 
plifier un conte par des circonstances in- 
ventées. 

Ajouter foi à quelqu'un, ajouter foi à qud- 
que chose, Croire ce que quelau'un dit, 
croire quelque chose. On peut ud ajouter 
foi. Il ne faut pas lui ajouter foi trop légère'^ 
ment. Ajoutex^oous foi à ces chosesnàP Fous 
pouvez ajouter foi à tout ce qu'il vous dira. 
Je n'y ajoute aucune foi. 

Ajouts, bb. participe. 

AJOUTOIR. s. m. rayez AstrtkGiL 

AJU 

AJUWMîE. s. m. T. de Monnayeur. 
Action d'ajuster, de donner à une pièce le 
poids légal. 

A9USTEBIISNT. s. m. Action par laquelle 
on ajuste quelque chose. L'ajustement d'un 
poids , d'une mesure, d'une machine. 

Il signifie aussi , Accommodement. Cher» 
cher, trouver dos a/ustements dans quelque 
affaire. Chercher, trouver quelque voie, 
quelque moyen, quelque expédient,* quel- 
que tempérament, pour concilier Aeftxper^ 
sonnes, pour acc^ommoder quelque affaira. 

Il se dit encore de La disposition, de 
l'arrangement d'une chdse, de manière que 
ses diverses parties formen^ù tout régu- 
lier, agréable. L'ajustemealÊt^sa maison, 
de son jardin annonce qu'il a du'goùt. 

Il signifie également, Parure. £lle n'est 
pas belle, elle a besoin d'ajustement. Un peu 
d'ajustement lui sied bien. Elle est si jeune 
et si belle, qu'il ne lui faut pas un grand 
ajustement. 

Il se dit aussi Des parties de l'Iiabille- 
ment qui servent à parer. Des ajustements 
de femme, 

AJUSTER. V. a. Rendre un poids ou une 
mesure juste, conforme à l'étalon. Ajuster 
un poids, une mesure sur l'étalon. Jtjuster 
un boisseau, un litre sur CéttHon. On dit de 
même. Ajuster une pièce de monnaie. Faire 
Qu'elle ait exactement le poids légal; et 
oans un sens analogue , Ajuster une balance. 

Il signifie aussi , Accommoder une chose , 
en sorte qu'elle convienne à une autre, et 
qu'elle s'y adapte bien. Ajuster un ehdssis 
a une fenêtre, un couvercle à une boite. Ajuster 
une vis à un écrou, une clef à une serrure. 
On dit, dans un sens analogue, -avec le 
pronom personnel, qu'Une chose s'ajuste 
bien, ne s'ajuste pas bien à une autre, avec 
une autre; que £>eux choses s'ajustent bien 
ensemble; etc. 

Prov. et û^.f Ajustez vos flûtes, se dit 
soit en parlant À un homme qui ne parait 
pas bien d'accord avec lui-même dans ce 
qu'il dit; soit en parlant À plusieurs per- 
sonnes qui ne conviennent pas des moyens 
de faire réussir quelque chose. 



A.JU 



Fig. , Ajuster deux personnes. Les cooc^ 
Uer, laire qu'elles sotent d^ccord touctiant 
quelque t:hMe. ^est diffieilede les ajuster C un 
avec i autre. Il n'y a que vous qui puissiez les 
•ajuster. On «dit île inéaK, avec le protiom 
personoei : Ils se sont ajustés ensenàde pour 
oela. Ils se eeiit ooncertés, ns sont convie* 
nus entre eux des moyens à enpUiyer pour 
faire réussir cette ftf%îire. ils ne sauront ja^ 
mais s'ajuster. Us tie -aattroBt jamais s'aè- 
corder, s'entendre. 

Ajuster un différend. Le terminer à l'a- 
miaole. 

Fig., Ajuster des passages wi paraisseM 
opposés. Les concilier enambie, faife voir 
qu*ils n'ont qu'un même sens, ikn nm e n t 
ajusterez-vous ces passages opposés ? 

Fig. et fam., Cela s'ajuste mal eut dessein 
que vous avez. Cela ne s'y accommode paa^ 
n'y convient pas. 

Fig. , S'ajuster au temps. S'y a ccoimnodér. 

Ajvstbb, signifie encore, Mettfe une 
chose en état de bien ftûre son effet. Ajus» 
ter un ressort. Ajuster une machine. Ajuster 
son fusil pour tirer. 

Ajuster son coup, Faireoe qu*ll faut pour 
frapper juste, pour atteindre au but. // 
ajusta son coup, et blessa le sanglier. Il a 
ajusté son coup, et a mis bas roiseau. Ou 
dit de même. Ajuster un Héire, une per* 
drix, etc. On dit encore , absolument , .«^^icf- 
ter, Viser juste. Le gibier est parti trop vite, 
je n'ai pas eu le temps d'ajuster. 

Ajuster toutes chines pour quelque dessein , 
Prendre des mesures pour nire réussir un 
dessein. 

En termes de Manège, Ajuster un cheval ^ 
Lui enseigner ses exercices. // a ajusté son 
cheval sur les voltes, H l'a ajusté à toutes 
sortes d airs de manège, 

Ajustbe, signifie également, avec le pro- 
nom personnel. Se préparer à faire quelque 
chose, se mettre en état, en posture de 
faire quekjue chose. S'ajuster nour tirer à» 
Uanc, S'ajuster pour courre m bague. Les 
joueurs de mail sont longtemps à s'ajuster 
pour frapper la boule. * 

• AjusTsa, signifie aussi , Embellir par des 
ajustements, ua bien ajusté sa maison, Vo9à 
une chambre bien ajustée. Fous avez bien 
ajusté votre cabinet, votre jardin. 

Il s'emploie de même en parlant De la 
parure dans l'habiHement; et alors il s'ap* 
pliqne principalement Aux femmes. Sesfent' 
mes de chambre ne peuvent jamais venir à 
bout de l'ajuster à son gré. On l'emploie 
souvent, dans cette acception, avec le pro- 
nom personnel. Cette femme est deta heures 
à s'ajuster. 

Il s'emploie queloiiefots ironiouement et 
familièremenL Foila votre habit bien ajusté, 
vous voilà bien ajusté, se dit À un homme 
qui a été éclaboussé, et dont l'habit est 
couvert de boue. On fa bien ajusté, on l'a 
ajusté de toutes pièces , se dit D'un homme 

aui a perdu son procès, qui a été 000- 
amné aux dépens. Si je vais là, je vous 
ajusterai comme il faut, se dit A un inférieur 
qu'on menace de quelque mauvais traite- 
ment. 
A'usTx, SB. participe. 
AJUSTEUR, s. m. T. de Monoayeur. Ce» 
lui qui ajuste les flans et les met au polàz 
que doivent avoir les espèces. 



ALA 

AJTSTOIR. t. m. Petite balance où Ton 
pèse et ajuste \g% monnaies avant de les 
marquer. Il n'est plus usité : on dit, Tt^- 
hochet, 

AJL'TAGB ou JLIUTOIA OU AJOUTOIR. 
S. ro. (Le premier est le plus usité.) Tuyau 
de métal que Ton soude à rextirémUé du 
tuyau d*ufl« fontaine, d'un jet d*eau, pour 
«n former le jet gros ou menu, ou divei*se- 
meut con[]|;uré, seloR le diamètre ou la 
forme qu'on donne à son ouverture. Gros 
<ljutagfi. Petit ajutage, Jljutagg à tête fTar- 
rasoir. Il faut mettre un plus gros, un plus 
jfetiâ ajutage, à. cette fimtaine» L'ajuXoUf est 
tffop petii^ 

ALA 

AI.AMB1C. s. nk Sorte de vaisseau d'une 
constructian plus ou moins compliquée, 
de formes très^variées, oui sert à distiller, 
«t dont les pièces essentielles sont une cu- 
curbite et un chapiteau, jélamlnc de verre. 
4iambic de cuistre, Jtmmbic de terre. Le bec 
Xim. alnmNc, Le col cTun alambic. It faut 
mettre c^a à l'alambic. Tirer à l'alambic. Ti- 
rer par Valambic. Passer par l'alambie. Rc" 
passer par Falambio, 

Fîg. , Cette affaire a passé par Falambic, 
Elle a été examinée avec un grand soîa, avec 
une grande exactitude , elle a été discutée 
et approfondie. 

ALAMBIQUER. v. a. 11 ne sVmploie qu'au 
figuré, et dans ces phrases, Alatnbiauer l'es- 
prit, s'alambiquer Tesprit, la cervelle, Fati- 
guer l'esprit, se fatiguer l'esprit, épuiser 
son. esprit par une trop grande application 
à des choses abstraites. Ces questions ne 
servent ^uà alambiquer l'esprit. Cela n'a 
servi qu'a lai abunèiquer tesprit. S'alambiquer 
tesprit mal à propos sur des questions i^- 
neuses, difficiles, inutiles. N* allez pas vous 
oiambiquer tesprit inutilement. 

H s emploie quelquefois d'une manière 
afasolne, et signifie*. Raffiner, subtiliser. 
Dans, ces sortes de matières ^ il ne s'agit pas 
^aùmUfifuer. Jllez au fait, sans alambi- 
^uerplus longtemps. On soua««ntend., le su- 
jet, la pensée. 

Ala JULBIQUB , ]6b. participe. Il ne se dît que 
Des questions, des pensées, de» réflexions 
trop subtiles et trop raffinées. Discours alam^ 
bique. 

ALAHCCIR. V. a. Rendre langntssanL U 
est peu. usité. 

Alajigui, ts. participe. 

ALABGCER. ▼. n. Se mettre au large , s'é- 
loigner de la cote ou de quelque vaisseau. 
Il a vieilli. 

Aluigub, éb. participe. 

ALABMAST, AKTE. adj. Qui alarme. 
NouveUe alarmante. Situation alarmante. 
^ AXABJHE» s. f. Cri , signal pour faire cou- 
rir aux armes. Chaude alarme. Fausse alarme. 
Sonner t alarme. Canon d^ alarme. Cloche d^a- 
hrme. 

Il se dit aoasi d'Une émotion causée dans 
un can«p, clans une place de guerre, à Tap* 
ipiocbe ou sur le bruit de l'approche des 
enscmis. Donner taUtrme. L'alarme est au 
fuartier,. est au camp. Les ennemis nous 
donnaient de fréquentes alarmes. 

Il se dit figurément de Toute sorte de 
ûajeur et d'épouvante subite. lia pris ta» 



ALB 

larme bien légèrement. Fous nous ai*ez donné 
une alarme bien chaude, bien des alarmes. Par 
cette nou%*eUe, il a porté t alarme dans toute 
la famille. 

Fig., Une fausse alarme, Une vaine crainte, 
une peur sans sujet. 

Pi-ov. et fig. , V alarme est au camp, se dit 
en parlant De quelque chose qui met tout 
d'un coup plusieurs personnes dans une 
grande inquiétude. 

Alarme, se dit aussi pour Inquiétude, 
souci, chagrin; et, en ce sens, il s'emploie 
souvent au pluriel. Il est toujours en alarme, 
La présence de cet homme dans la ville la tient 
en alarme. Il est dans de grandes alarmes, 
dans de terribles tdarmes, dans de conti- 
nuelles alarmes. Il n'est pas encore revenu 
de ses alarmes. Cela lui donne des alarmes 
secrètes. On vivait alors au milieu des alarmes. 
Nourri dans les alarmes, Au milieu des com- 
bats, élevé dans les dangers de la guerre. 

ALARMER, v. a. Donner l'alarme , causer 
de l'émotion, de l'épouvante, de l'inquiétude. 
Cela va alarmer tout le camp. Il ne faut pas 
que cela votu alarme. Il fut fort alarme- de 
cette nouvelle. Sa nudadie nous a bien alarmés. 

Il s'emploie aussi avec le pronom person* 
nel, et signifie, S'inquiéter, s'effrayer, être 
ému. // s'alarme sans cesse. On croirait qu'il 
aime à s'alarmer. Je ne m'alarme pas, du 
bruit. Ne vous alarmez pas de tous ces faux 
bruits, 

A1.AJLKB, EB. participe. 

ALARMISTE, s. des deux genres. Celui , 
celle qui se plaît à répandre des bruits 
alarmants. 

ALATERNE. s. m. T. de Botan. Arbris- 
seau, espèce de nerprun dont les feuilles 
sont rangées alternativement le long des 
tiges. 

AL» 

ALBÂTRE, s. m.. Pierre d'une pâte ho- 
mogène, d'un grain fin, demi-transparente, 
susceptible d'un beau poli , et qui souvent 
est remplie . de veines colorées. Jllbdtre 
oriental. Vase d'albâtre. Blanc comme l'al- 
bâtre. Albâtre naturel. Albâtre ariificieL 

Fig., Un sein d'albâtre. Un sein extrême- 
ment blanc. On dit de même, L'albâtre de 
son sein. 

ALBATROS. S. m. rOn fait sentir l'S.) 
T. d'Hist. nat. Genre d oiseaux palmipèdes, 
qui habitent les mers australes, et qui sont 
très-voraces. L'albatros est le plus grand des 
oiseaux aquatiques. 

ALBERGE. s. f. Sorte de pêche ou d'a- 
bricot, 'd'un goût trèa-agréable. Un panier 
(talberges. 

ALBERGIER. s. m. Arbre qui porte des 
al berges. 

ALBINOS, s. m. (On fait sentir l'S.) 
Homme qui<a la peau blaftirde, les cheveux 
et le poil presque blancs, et les yeux d'un 
gi'is pâle ou rougeâtre. Les albinos ont les 
yeux tellement sensibles , qu'il leur estimpos» 
sible de supporter la lumière du jour. 

ALBRAlV.^s. m. Foyez Haxabab. 

ALBRENÉ. adj. Fo'S'ez Hauirbvx. 

ALBOGINÉ) ÉE. adj. T. d'Anat II se dit 
De certaines membranes, de certains tissus 
dont la couleur est blanche. Tunique albu- 
ginée. Fibre albugrnée, La membrane albugi* 



ALC 



5i 



née des testicules. La membrane albuginée de. 
tieil. 

ALBVGINEIJX, ECSE. adj. T. d'Anal» 
Qui est formé par la fibre albuginée. 

ALBUGO. s. f. T. de Médec. Tache bien* 
che qui se forme à l'œil , et qui est causée 
par le dépôt d'une matière nlanche dans 
les lames de la cornée. 

ALBI7M. s. m. (On prononce Albome.) 
Mot emprunté du latin. Il se dit d^Un ca- 
hier que portent les voyageurs, et sur le» 
quel ils engagent les personnes célèbres à 
écrire leur nom, auquel elles joignent quel- 
quefois une sentence. Ce jeune Allemand vous 
prie d'inscrire votre nom sur son albtinu 

Il se dit aussi Des cahiers sur lesquels 
certaines personnes invitent des gens de 
lettres et des artistes à écrire de la prose 
ou des vers, à (aire quelque dessin, ou à 
noter quelque air de musique. 

ALBUMINE, s. f. T. de Chimie. Il se dit 
Du blanc d'aMif,et d'une substance de même 
nature qu'on trouve dans diverses matières 
végétales et animales^ Albumine animale, vé- 
gétale. 

ALBUMINEUX , EUSE. adj. Qui contient 
de l'albumine. Liquide albumineux. Sub- 
stance albumineuse. 

ALG 

ALCAIML. s. m. Mot emprunté de l'arabe. 
Nom qu'on donne, en Espagne, à certains 
juges ou magistrats : leur attribut distinc- 
tif est une longue baguette blanche. 

ALCAÏQCE. adj. des deux génies. Il se dit 
D'une sorte de vers ou mètre grée inventé 
par Alcée* et adopté par les Latins. Un 
vers alcaique. Dans ce sens , il est quelque* 
fois substantif masculin. Un alcaique. 

Il se dit aussi D'une espèce d'ode grecque 
ou. latine dans chaque strophe de laquelle 
entre un nombre déterminé de vers alcat* 
ques. 

ALCALESCENCE. s. f. T. de Chimie^ État 
d'un corps alcalescent. 

ALCALESCE.\T, ENTE. adj. T. de Chi- 
mie. Il se dit D'une substance dans laquelle 
les propriétés alcalines commencent à se 
développer, ou même prédominent déjà. 

ALCALI, s. m. Nom donné primitive'^ 
ment à la plante marine qui roumit La 
soude du commerce, et ensuite au produit 
salin de l'incinération de ce végétal. 

II s'applique, par extension, a Toutes les 
substances qui ont des propriétés chimi- 
ques analogues à celles de la soude , c'est- 
à-dire>une saveur acre et la faculté de ver- 
dir les couleurs bleues des végétaux. Les 
anciens chimistes ne connaissaient aue trois 
alcalis, t ammoniaque, la potasse et la soude: 
ils nommaient le premier Alcali iwlatil, et les 
deux autres Alcalis fixes. Les alcalis ont la 
plus grande tendance à s'unir avec les acides* 

ALCALIN , INE. adj. T. de Chimie. Qui 
a rapport aux alcal'is. Caractère alcalin* Pro-^ 
priété^ réaction alcaline. 

Il signifie aussi , Qui appartient à la classe 
des alcalis; et, plus généralement, Qui jouit 
des propriétés alcalines, qui se rapproche 
des alcalis par ses propriétés. Substance aU 
cali'ae. Sel alcalin. Terres alr^lines. 

ALGALISER. v. a. T. de Chimie. Faire dé* 
velopper dans une substance les propriétés 



5a 



ALC 



alcalines qui y étaient masquées par une 
autre substance, ou Rendre alcaline une 
substance en y ajoutant un alcali. 

ALGAI.I8B, is. participe. 
. ALGANTARA. S. m. Ordre militaire d*£s* 
pagne, institué en 1170. On nommait art' 
ciennement les chevaHers- tTjdlcantara, Che- 
valiers du Poirier. 

ALCARAZAS. s. m. (On fait sentir TS. ) 
Mot tiré de Fespagno). Il se dit d*Un vase 
que l'espèce de terre dont il est fait rend 
très-poreux, et dans lequel Veau se rafraî- 
chit, lorsqu'il est exposé à un courant d'air. 

ALCÉE. s. f. T.. de Botan. Genre de 
plantes de la famille des Malvacées, qui 
comprend trois espèces: TAIcéerose, appe- 
lée aussi Rose trémière et Passe^rose ; l'Alcée 
à feuilles de figuier, et l'Alcée de la Chine. 
Valcée rose est très^répandue dans les jardins 
d'agrément. 

ALCHIBf lE. s. f. Art chimérique qui con- 
sistait dans la recherche d'un remède uni- 
versel, et d'un moyen propre à opérer la 
transmutation des métaux. 

ALCHI MILLE. 6. f. Voyez Pied-de-Uon, 
dans l'article Pibd. 

ALCHIMIQUE, adj. de deux genres. Qui 
a rapport, qui appartient à l'alchimie. IJvrt 
alchimique. Trai^aux alchimiques. Rêveries al- 
chimiques. 

ALCHIMISTE. S. m. Celui qui s'occupe 
d'alchimie. Les alchimistes passaient leur vie 
à chercher ce qu'ils appelaient la Pierre 
philosophaie ou le Grand œuvrer c'est-à-dire, 
un moyeÀ d'opérer la transmutation des mé" 
taux. 

ALCOOL, s. m. T. de Chimie, emprunté 
de l'arabe. Liquide léger et volatil qui est 
le principal résultat de la fermentation du 
sucre, et que, par des manipulations di- 
verses , on dégage des substances étrangères , 
de l'eau surtout, avec lesquelles il est mêlé: 
c'est l'esprit-de-vin dégagé de la plus grande 
partie ou de la totalité de l'eau qu'il con- 
tenait. 

ALCOOLIQUE, adj. des deux genres. Qui 
contient de l'alcool. Liqueur alcoolique. 
> ALCOOLISEE, v. a. T. de Chimie. Déga- 
ger l'esprit-de-vin de sa partie aqueuse ; ou 
Mêler de l'alcool à un autre liquide. Il est 
peu usité y surtout dans la première ac- 
ception. 

AxcooLisi, BB. participe. 

ALCORAN. s. m. Le livre qui contient la 
loi de Mahomet. Urel'jilcoran. On dit aussi 
et mieux, Le Coran. 

n signifie également, La loi de Maho- 
met contenue dans l'Alcoran. Abjurer l'Ai- 
coran. 

Fam.,'/e n y entends pas plus qu'à FAl- 
coran, se dit en parlant D'une chose à 
laquelle on n'entend rien. 

ALCÔVE, s. f. Enfoncement pratiqué dans 
une chambre pour y placer un lit. Alcéve 
carrée. Alcdi'e cintrée. Une belle alcâi'e. Une 
alc&ve magnifique. Une chambre à alcôve. 

ALCYON, s. m. Oiseau de mer de l'ordre 
de Passereaux. Les poètes ont feint que les 
alcyons rendaient la mer calme pendant qu'ils 
faisaient leurs petits. Le martin-pécheur est 
itne espèce dalcyon. 

ALCYONIEN. adj. m. Appartenant à 
l'alcyon. 11 n'est usité que dans cette lo- 
cution, Les jours alcyoniens . qui sont Sept 



ÂLE 

jours avant le solstice d'iiiver, et sept Jours 
après, pendant lesquels on dit que raicyon 
fait son nid, et que la mer est ordinaire- 
ment calme. 

ALD 

ALDÉBARAN. s. m. Terme d'Astron. , em- 
prunté de l'arabe. Nom d'une étoile fixe 
de la première grandeur, qui est dans l'oeil 
du Taureau. 

ALDÉE. s. f. T. de Géogr. , qui est une 
^corruption du mot espagnol et portugais 
Aldea. Il sert à désigner Les bourgs et les 
villages des possessions européennes, en 
Afrique et dans les Indes. Les aidées de la 
côte de Coromandel. 

ALDERMAN. s. m. Nom qu'on donne, en 
Angleterre, à certains officiers municipaux, 
chargés de la police. Les aldermans de 
Londres. 

ALE 

ALJ&ATOIRE. adj. des deux genres. T. de 
Droit. Il se dit D'une convention dont les 
effets , quant aux avantages et aux pertes , 
soit pour toutes les parties, soit pour l'une 
ou plusieurs d'entre elles, dépendent d'un 
événement incertain. Contrat aléatoire. Les 
assurances, les prêts à la grosse aventure, sont 
des contrats aléatoires. Un pécheur qui vend 
d'avance son coup de Jilet, fait une vente 
aléatoire. 

ALJkCRE. adj. Voyez AixioRB. 

ALÉGREHENT. adv. Vo^ez AixÉGRB- 

AL^GRESSE. s. f. Voyez Alx,bgrbs8B. 

ALIÉGRETTO. adv. Voyez Allkgrbtto. 

ALEGRO. adv. Voyez Allbgro. 

ALÊNE, s. f. Espèce de poinçon de fer, 
qui est emmanché dans un morceau de bois 
rond, et dont on se sert pour percer le cuir et 
pour le coudre. Alêne plate, ronde, carrée. 
Manche d'alêne. Les cordonniers, les bourre^ 
liers, etc., se sentent d^alênes. La pointe 
d'une alêne. 

En Botan. I Feuilles en alêne. Voyez Su- 

BULB. 

ALÉNIER. 5. m. Celui qui fait et vend 
des alênes. 

ALÉNOIS. adj. m. Il ne s'emploie que 
dans cette dénomination. Cresson alénois , 
Plante crucifère qui a, comme le cresson, 
une saveur piquante, et qu'on met dans 
les salades de laitue ou de chicorée, pour 
en relever le goût. Cultiver du cresson alé- 
nois. 

ALENTOUR, adv. Aux environs. Tourner, 
rôder alentour. Les échos d'alentour. Les bois 
d'alentour. Quand il n'est pas précédé de la 
préposition de, quelques-uns écrivent, À 
l'entour. 

La locution A l'entour s'employait autre- 
fois, comme préposition, en y ajoutant de, 
et l'on disait, À l'entour de la table, à l'en- 
tour du bois; mais cet emploi a vieilli : on 
dit aujourd'hui , Autour de. 

ALENTOURS, s. m. pi. Les lieux ctrcon- 
voisins. Les alentours de ce château sont 
magnifiques. 

Il se dit aussi Des gens qui vivent familiè- 
rement avec quelqu'un , qui sont en liaison 
avec lui. Si vous voulez réussir auprès de ce 



ÂLE 

ministre, assurez-vous de ses alentours. Ce 
fut par ses alentours que ton pénétra son 
secret, 

ALIÊRION. s. m. T. de BUson. Petit ai- 
glon qu'on représente avec les ailes étendues, 
et sans bec ni pieds. 

ALERTE, adv. Debout, soyez sur vos 
gardes, prenez garde à vous. Alerte, alerte, 
soldats. 

II s'emploie aussi substantivement, et 
alors il est féminin. Donner une vive alerte. 
Nous avons eu cette nuit trois ou quatre 
alertes. 

ALERTE, adj. des deux genres. Qui est 
vigilant, et qui se tient sur ses gardes. On 
ne le surprendra pas aisément, il est toujours 
alerte. » 

Il signifie aussi , Habile à voir et prompt 
à saisir ce qui peut lui être utile , avanta* 
geux. Un homme plus alerte que lui avait ob- 
tenu la place. Il est alerte à saisir les occa^ 
sions de gagner de l'argent. Il est fort alerte 
pour tout ce qui convient à ses intérêts. 

Il signifie encore, Gai, vif, agile; et il se 
dit D'un jeune garçon ou d'une jeune fille. 
Un jeune garçon alerte. Une jeune fille alerte. 

ALETIN. s. m. Menu poisson qui sert à 
peupler les étangs. U faut jeter de C alevin 
dans cet étang. 

ALETINAGE. s. m. Menu poisson que les 
pécheurs rejettent dans l'eau. 

ALEVINER. V. a. Jeter de l'alevin dans 
un étang. Alei'iner un étang. 

Albviitb, ia. participe. 

ALEXANDRIN, adj. m. Il n'est usité que 
dans cette locution, Vers alexandrin, y tn 
français de douze syllabes quand la rime 
est masculine, et de treize syllabes quand 
elle est féminine. Les tragédies, les poèmes épi» 
ques sont çrdinairement écrits en vers alexan» 
drins. La césure, le repos du vers alexandrin 
doit être immédiatement après la sixième syi* 
labe. Les vers alexandrins sont aussi appelés 
Vers héroïques. 

Il s'emploie quelquefois substantivement. 
Un alexandrin. On dit absolument et col* 
lectivement. L'alexandrin, pour Les vers 
alexandrins. Employer V alexandrin dans un 
poème. 

ALEXIPHARHAQUE. adi. des deux |;en- 
res. T. de Médec. Il s*est dit Des remèdes 
que l'on croyait propres à expulser du 
corps les principes morbifiaues, ou à pré- 
venir l'effet des poisons pns à l'intérieur. 

Il s'employait aussi comme substantif 
masculin. Un bon alexipharmaque. 

ALEXITÈRE. adj. des deux genres. T. 
de Médec. Il s'est dit Des médicaments 
qu'on employait pour prévenir l'effet des 
poisons, des venins mis en contact avec 
l'extérieur du corps. Eau alexitère. Trochis^ 
que alexitère. 

Il s'employait aussi comme substantif 
masculin. Un bon alexitère. 

ALEZAN , ANE. adj. De couleur fauve» 
tirant sur le roux. Il ne se dit qu'en parlant 
De chevaux. Un chei'al de poil alezan. Un 
cheval alezan. Une jument alezane. Un che» 
t'ai alezan brûlé, alezan moreau, alezan doré. 

ALBZA.R , est aussi substantif, et signifie» 
Un cheval de poil tAezRn. il était monté sus 
un alezan. 

ALÈZB. s. f. T. de Médec. Dran ou lé de 
toile, plié en plusieurs doubles, dont on se 



ALI 

Mit' pour soulever les malades et les tenir 
propres. Lts aièzes sont ordinairement de 
vkux linge, Souiet'er, em'elopper un malade 
avec une alèze. Mettre une aieze autour d'un 
malade. 

ALO 

ALGALIE. s. r. T. de Chirur. Mot d'ori- 
gine arabe, qui signifie, Une sonde creuse. 

ALGANOM • s. m. Chaîne qu*on met aux 
galériens. 

ALGABADB.S. f. Sortie contre quelqu'un, 
insulte faite brusquement, avec un certain 
éclat, sans sujet, ou pour un sujet très- 
léger. Faire une algarade. Il lui a fait mille 
édgarades. Il vint nous faire une algarade. 
Ce mot est familier. 

ALGEBRE, s. f. Partie des mathématl- 
qoes qui, considérant les grandeurs d'une 
même nature sous la seule acception abs- 
ti'aile de leur inégalité, les exprime par des 
caractères communs à toutes leui*s valeurs 
particulières, et développe ainsi leurs rela- 
tions de Quantité les plus générales. Appren- 
dre Valgeore. Sai*oir f algèbre. 

Il se dit aussi d'Un traité d'algèbre: l^Al" 
gebre de Bezout. 

Fig. et fam.. C'est de Valgèbre pour lui, 
se dit on parlant D'un homme qui n'entend 
rien du tout à la chose dont il est question. 

ALGÉBRIQUE, adj. des deux genres. Qui 

Sppartient à l'algèbre. Calcul algébrique, 
'ormttie algébrique. Opérations algébriques. 
ALGiSbrisTE. s. m. Celui qui sait l'al- 
gèbre, qui fait des opérations d'algèbre. 
Cest un bon algébriste. 

ALGIDB. adj. des deux genres. T. de 
llédec Qui fait éprouver ou dans lequel 
on éprouve une sensation de froid glacial. 
Fièvre algide. La période algide du choléra^ 

morbusm 

ALGUAZIL. s. m. (On prononce Algoua- 
v'I.) Mot qui a passé de l'arabe dans l'espa- 
gnol , et qui se dit par plaisanterie ou par 
mépris, en français. Des gens que la police 
ou la justice charge de faire des arresta- 
tions. Idfut arrêté par des alguazils. 

ALGUE, s. f. Sorte d'herbe qui croit dans 
la mer , et qu'elle jette quelquefois sur ses 
borda. L'aiguë et le sable sentent à faire des 
digues. Il croit beaucoup d'algues sur les ri- 
vages de la Méditerranée. Les algues forment 
unefamUie de plantes cryptogames. 

ALI 

AUBI. S. m. T. de Jurispr. criminelle. 
Présence d'une personne dans un lieu autre 

3ue celui où a été commis le crime ou le 
élit dont on l'accuse. Il ne prend pas d'S 
au pluriel. On l'accusait d'un meurtre com^ 
mis à Charenton; mais il a promue son alibi, 
fi il a été acquitté. La fausseté de cette pièce 
a âé prout'ée par un alibi. Prouver lalibi. 
Promvtr son alibi. Les alibi sont fréquents en 
matière criminelle. 

ALIBIFORAIir. s. m. Propos qui n'a point 
de rapport à la chose dont il est question. 
// ne m'a donné que de mauvaises excuses, 
de mawaises défaites, des alibiforains. Il est 
fiimilier et peu usité. 

ALIBI LE. adj. des deux genres. T. de 
llédec. Qui est propre à nourrir. 



ALt 

ALIBOROV. 8. m. Il ne s'emploie que 
dans cette locution 'familière. Maître alibo- 
ron. Homme ignorant, stupide, ridicule. 
C'est un maître aliboron. 

ALIDADE, s. f. Règle mobile qui tourne 
sur le centre d'un instrument avec lequel 
on prend la mesure des angles. Diriger l'a- 
lidade i^rs un objet. 

ALIÉNABLE, adj. des deux genres. Qui 
se peut aliéner. On l'emploie surtout en 
termes de Jurisprudence. // )' a des biens 
qui ne sont pas aliénables. Les terres substi' 
tuées ne sont pas aliénables. 

ALIÉNATION, s. f. Transport de la pro- 
priété d'un fonds , ou de ce qui tient lieu 
de fonds. On l'emploie surtout en termes 
de Jurisprudence. Aliénation d'un domaine, 
itune terre. Aliénation volontaire. Aliénation 
forcée. 

Aliénation des volontés, des esprits, Éloi- 
gnement que des personnes ont les unes 
pour les autres. 

AliéneCtion d'esprit, ou Aliénation mentale, 
Égarement d'esprit, folie. 

ALIÉNER. V. a. Transférer à un autre la 
propriété d'un fonds, ou de ce qui lient lieu 
de fonds. On l'emploie surtout en termes 
de Jurisprudence. Aliéner une rente. Aliéner 
une terre, un domaine. Aliéner des meubles 
précieux. Il y a des biens qui ne peus,*ent pas 
s'aliéner. Cest aliéner son argent que ae le 
placer par contrat de constitution. 

Fï^. f aliéner les affections, les coairs, les 
esprits. Faire perdre la bienveillance, l'affec- 
tion , l'estime. Cela lui aliéna le cœur des peu- 
ples. Il a des manières hautes qui aliènent les 
esprits. Il a aliéné les esprits, il s'est aliéné, 
il s'aliénera les esprits par ses manières hau- 
taines. Les esprits étaient aliénés. 

Aliéner l'esprit. Faire perdre l'esprit, ren- 
dre fou , faire devenir tou. Sa dernière ma- 
ladie lui a aliéné l'esprit. 

Alishb, SB. participe. Domaine aliéné. 
Terre aliénée. Cœurs aliénés. Esprits aliénés. 
Aliéné d'esprit. Avoir V esprit aliéné. 

Il s'emploie substantivement et absolu- 
ment, pour désigner Ceux qui sont fous, 
qui ont perdu I esprit. La médecine a des 
traitements pour les aliénés. Un hospice pour 
les aliénés. 

ALIGNEMENT. S. m. Ligne qu'on tire, 
afin qu'une muraille, qu'une rue, qu'une 
allée, qu'un chemin, soient dirigés en ligne 
droite. On a pris l'alignement de la rue qu'on 
veut bâtir. Prendre des alignements. Il a mal 
pris ses alignements. Cet ouvrage de maçon- 
nerie n'est pas d'alignement. N'est pas en li- 
gne droite. 

Il se dit, particulièrement, de La ligne in- 
diquée par la voirie pour la direction d'une 
rue, ligne qui n'est pas toujours entière- 
ment droite. Donner f alignement, un aligne- 
ment. Stdvant l'alignement qui en a été 
donné. Cette maison est, n'est pas sur l'ali- 
gnement. Cette rue est, n'est pas dans l'ali- 
gnement. 

Aliovxkskt, se dit aussi de L'action 
d'aligner ou de s'aligner, et s'emploie sur- 
tout en parlant D'une troupe. Après chaque 
mouvement, on rectifie l'alignement. Un bon 
alignement. Un alignement défectueux. Se 
Jeter en dehors de l'alignement. Rentrer dans 
t alignement. On commande, A droite ou 
à gauche p alignement ^ Alignez «vous en 



ÀLI 



53 



regardant à votre droite, à votre gauche ; 
et de même, Sur le centre, alignement. 

ALIGNER. V. a. Ranger, di-esser sur une 
même ligne droite. Il se dit ordinairement 
Des bâtiments et des jardins. On n'a pas 
bien aligné cette muraille, cette allée. Cette 
nouvelle rue est bien alignée. 

Aligner une troupe, des soldats. Les ranger, 
les disposer exactement en ligne droite. 
Aligner le premier rang. Il s'emploie aussi 
avec le pronom personnel. S'aligner. AU" 
gnez-vous. Le bataillon s'est aligné en un clin 
d'teiL 

Fig., Aligner ses phrases, aligner ses mots. 
Soigner jusqu'à l'affectation ce qu'on écrit 
ou ce qu'on dit. 

Alighb, SB. partidpe. 

ALIMENT, s. m. Nourriture, ce qui se 
mange, se digère, et entretient la vie. Le 
pain est un bon aliment. Les aliments les plus 
simples sont les plus sains. Des aliments lé- 
gers, substantiels, lourds. 

Il signifie quelquefois. L'action de nour» 
rir. Des biens destinés pour l'aliment des pau- 
vres. Ce sens est peu usité. 

Aliubkts, au pluriel, se dit générale- 
ment de Tout ce qu'il faut pour nourrir et 
entretenir une personne; et s'emploie sur- 
tout en Jurisprudence. Les enfants doivent 
des aliments à leurs père et mère et autres as- 
cendants qui sont dans le besoin. On lui ad- 
jugea une pension pour ses aliments. 

Aliment, se dit souvent au figuré. Le 
bois est l'aliment du feu. Les sciences sont 
l'aliment de l'esprit. Cest un esprit vif, il 
faut lui donner de l'aliment. L'aliment des 
passions. L'aliment des factions. 

ALIMENTAIRE, adj. des deux genres. 
Qui est propre à servir d'aliment. Les 
substances alimentaires. Plantes alimentaires.- 

£n Médec, Régime alimentaire. Régime 
que l'on suit à l'égard des aliments. 

En Jurispr., Pension alimentaire. Pension 
réglée par autorité de justice, ou par con- 
vention entre les parties; et. Provision ali- 
mentaire. Somme accordée par provision à 
l'une des parties pour vivre, en attendant 
le jugement du fond de l'affaire. 

ALIMENTATION, s. f. Action de nour- 
rir, de se nourrir. Il ne s'emploie guère 
qu'en termes d'Hygiène. Substituer un mode 
d'alimentation à un autre. 

ALIMENTER, v. a. Nourrir, fournir les 
aliments nécessaires. Le marché ne fournit 
pas de quoi alimenter la ville. Ces provinces 
edimentaient la capitale de l'empire. 

Il s'emploie aussi figurément. Ces matières 
alimentaient l'incendie. Cette nouvelle alimente 
les comTrsations , les journaux. Alimenter 
la haine , la sédition. 

Alimenté, âe. participe. 

ALIMENTEUX , EUSE. adj. T. de Mé- 
dec. Qui nourrit. Remèdes alimenteux. Sucs 
alimenteux. 

ALINÉA. Loc. adv., empruntée du latin » 
et qui signifie, À la ligne. Quand on dicte 
à quelquun, on dit Alinéa, c'est-à-dire. 
Quittez la ligne où vous en êtes, et com- 
mencez-en une autre au-dessous. 

Il s'emploie plus ordinairement comme 
substantif masculin. Usez jusqu'au premier 
alinéa. Observez les alinéa. 

Il se dit souvent, par extension, d'Un 
passage, d'un paragraphe compris entr« 



M 



ALL 



deax alinéa. Le premier ah'nea de ce chapitre 
* est fort long. Un petit alinéa. Un alinéa 
très-court, 

ALIQUANTB. adj. des deux genres. T. de 
Hatkéin. Il se dit Des parties qui ne sont 
ipa» exactement contenues dans un tout; 
par opposition Aux parties aliquotes, qui 
y sont contenues exactement. Le nombre 
'trois est une partie aUqaote de neuf, et le 
nombre deux en est une partie aliqutmte. 

AUQUOTE. aidy* f- U n*est usité que dans 
^cette locution ^ Partie aliquote. Partie con- 
tenue un certain nombre de fois juste dans 
un tout. Tivis est partie aliquote de douze, 
'Le pouce est une partie aliquote du pied, 

U se prend quelquefois subslantivemenL 
Deux est une aliquote de six, 

ALITER. V. a. Foi-cer à se mettre au lit, 
à garder le lit. Cette blessure l'a alité pen- 
dant trois mois, 

n s'emploier plna ordinairement avec le 
pronom personnel» et signifie, Se mettre, 
se tenir au lit peur cause de maladie. // y 
avait longtemps qu'il tratnait, enfin il a été 
contraint de s aliter, 

kSéakf uu participe. ElU est alitée depuis 
liier, 

ALIZE, s. £. Sorte de firuil aigrelet, de la 
grosseur d'une petite cerise. Manger des 
alizés. 

ALIZli. ad|. m. T.. de Marine. Il se dit 
De certains vents rég.uliers, spécialement 
de ceux qui régnent entre les deux tropi- 
ques, et nui souflQent de l'est à l'ouest. Les 
vents alizés, 

ALIZIEB* s. m. Arbre de la famille des 
Rosacées, qui porte des alizés, et oui croit 
naturellement dans Icsboia» On cultive nlu- 
sieurs espèces d'aUsUers, Alizier blanc, jlizi/sr 
de FontainebkoML; etc, 

ALK 

ALKALI 9 et dérivée, Foyez Axmjo,! , btc. 

ALKÉKSNGS. & m. T. de BoUm. Plante 
de la farotiledesSolanéea, qui ciH>il dans les 
baie&el dans les vignes, et dont le fruit est 
u» baie légèrement aigrelette, renfermée 
dans une vésictile rougeâti'e* En Suisse et 
eni Espagnoton sert sur leê tables le fruit de 
VMéKenge, 

ALKERB^S. adj. des deux genres. T. de 

Pharmacie, emprunté de l'arabe. Nom 

donné à diverses préparations dans les- 

Quelles il entre du suc de kermès. Con^ 

jaction alkermès. 

Il se prend aussi substantivement. Boire 
de la b'queur d'alàermés, ou simplement, de 
Valkermès* 

ALL 

ALLAH, s. m. ( On fait sentir les deux 
L. ) Nom que les mahométans donnent à 
Dieu, et qui est leur exclamation ordinaire 
de joie,- de surprise, de crainte, etc. Invo- 
quer Allah. Le puissant Allah, Ils crièrent, 
Allah! et fondirent sur nous. 

ALLAITEMENT, s. m. Action d'allaiter. 
La santé de la nourrice a forcé d'abréger le 
temps de tallailement, 

ALLAITEE, v. a. Nourrir de son lait. 
La nourrice qui Va allaité. Une mère qui allaite 
son enfant, 

lise dit également en parlant Des femelles 



ALL 

des animaux. Une chienne qui allaite ses pe- 
tits, La loui'e qui allaita Bémus et Romulus. 

AjLLjkiTÉ, SE. participe. 

ALLANT, s. m. Celui qnî va. Il n'est guère 
d'usage qu'an pluriel, et joint au mot te- 
nants. Les allants et les venants, A tous al- 
lants et venants. Cette maison est ouverte aux 
allants et venants, 

ALLANT , ANTE. adj. Qui aime à aller, 
à courir. C'est un homme allant. Une femme 
fort (dlante. Il est encore fort allant, malgré 
son âge, pour son âge. 

ALLANTOlDE. s. f. T. d'Anat. L'une des 
membranes qui appartiennent au fœtus de 
certains animaux. 

ALLÈCHBMEKT. s. m. Moyen par lequel 
on allèche. Les allèchements de la faveur. 
Présenter des allèchements à des gens qu'on 
veut séduire. 

ALLÉCHER. v. a. {J'allèche. J'allécherai,) 
Attii*er par quelque appât. On allèche les 
souris avec du lard^ avec des noix. 

Il est plus eu usage au figuré; et alors il 
signifie. Attirer par le plaisir, par l'espé- 
rance, par la séduction, etc. On l'an'oit al- 
léché par la promesse d'une grande place. 

Alléché, ée. participe. 

ALLÉE, s. f. Passage entre deux murs 
parallèles, qui conduit de l'entrée d'une 
maison dans l'intérieur. Longue allée. Allée 
obscure. Allée étroite. Il ne faut pas embar- 
rasser l'allée, La porte , l'issue a une allée. 
Onpréfire les maisons à porte cochère , aux 
maisons à allée. 

Il se dit aussi d'Un lieu propre à se pro- 
mener, qui s'étend en longueur, et qui est 
bordé d'arbres ou de verdure. Ce bois 
planté en allées est fort agréable. Il se 
promène dans la grande allée du jardin, Lou' 
gués allées. Belles allées. Allée double. Allée 
droite. Allée tortueuse. Allée à perte de vue. 
Allée couverte. AlléesaMée. Planter des allées 
d'ormes^ de tilleuls ^ de noyers y etc. 

Allées et venues. Action d'aller et de ve» 
nir plusieurs fois; et particulièrement, Les 
pas, les démarches que l'on fait pour une 
affaire. Faire des allées et vernies. Après plw' 
sieurs allées et venues, il fut conclu que,.. Il 
a perdu son temps en allées et venues. 

ALLÉGATION, s. f. Citation d'une auto- 
rité, d'un passage, d'un fait, etc. L'alléga' 
tion d'un passage, d^une loi. 

Il se dit aussi de La simple proposition 
d'une chose qu'on met en avant. // répondit 
fort habilement aux allégations de son adver^ 
saire. Justifier une allégation, 

ALL£tiE.s. f.T. de Marine. Embarcation 
ui sert à alléger un bâtiment, aie décharger 
e ce qu'il y a de ti'op, ainsi qu'à le char- 
ger. L'allège d'un bâtiment. Il y a des allèges 
assez grandes pour pouvoir naviguer le long 
des côtes. 

Allège, en termes d'Architecture, Mur 
d'appui d'une fenêtre, moins épais que 
i*enibra$ui*e. 

ALLÉGEANCE, s. f. Soulagement, adou- 
cissement. Donner quelque allégeance à des 
tourments. Il est vieux» 

En Angleterre, Serment d'allégeance, Acte 
de soumission et d'obéissance au roi , qui 
regardait uniq^iiement la souveraineté tem- 
porelle du monai^que, et son indépendance. 
3 regard du pape. Le serment d'allégeance 
'ut ordonné par Jacques 1""^ en. 160i>. 



3 



l/. 



ALL 

ALLÉGEjMENT. s. m. Soulagemeot Zton- 
ner allégement à un plancher, à un bateau» 
Recevoir allégement, de l'allégement. 

Il se dit aussi fîgurément. Ce sera pour kê 
contribuables un petit allégement. Ne sente»' 
vous /Mint d'allégement à votre mal? 

ALLÉGER. V. a; ( J'allège. Tallégerm, ) 
Soulager d'une partie d'un fardeau la per- 
sonne on la chose qui le porte. Alléger queU 
quun de son fardeau. Alléger un bateaiu Le 
plancher est trop chargé, il faut l'alléger, 

11 signifie aussi, Diminuer un poids, on 
fardeau, le rendre plus léger. Alléger le 
fardeau de quelqu'un. Alléger la charge d'un 
clievid. 

Il s'emploie figurément dans les deux ao* 
ceptions. Alléger les contribuables, AMéger 
les charges publiques. 

Il signifie uarticuUèreraent, Cafaner Tin- 
quiétjude, diminuer le mal, Udonieur. Ce 
aue vous lui m-ez dit l'a fort allégé. Alléger 
la douleur de quelqu'un. 

Il s'emploie quelquefois avec le pronom 
personnel. S'alléger pour marcher avec plus 
de facilité. Ma douleur s'est un peu allégée. 

Allégé, ée. participe. 

ALLEGIIL v. a. T. d Arta et Métiers. Di- 
minuer en tous sens le volume, l'épaisseur 
d'un corps. AlUgir une poutre, une plaseche, 

Ajllégi, le. participe. 

ALLÉGORIE, s. f. (On prononça la 
deux L dans ce mot et les suivants jasmi'à 
Alléguer, ) Espèce de fiction dont l'artifictt 
consiste a présenter un objet à l'esprii dn 
manière à lui donner l'idée d'un autre. Le 
bandeau, les ailes, et fen/ance de Cupidon^ 
sont une allégorie qui représente le canwièra 
et les effets de la passion de l'amour* L'an^ 
cienne mythologie est le plus souvent uae a£» 
légorie. Les mystères des Grecs et des Égrp^ 
tiens étaient remplis d'allégories. Ce taHeast 
est tn)p chargé ttallégories. Les allégories e» 
peinture sont généralement froides. 

Il se dit également, en Rhétorique , d'Un» 
figure, qui n'est autre chose qa uœ meta» 
phore prolongée. 

Il se dit aussi, particulièrement, d'Un 
ouvrage dont le fond est cette espèce dn* 
fiction oà l'on représente un objet pour 
donner l'idée d'un autre. Les allégories de 
J. B. Rousseau. L'apologue et La. parabola 
sont des espèces d'allégories, 

ALLEGORIQUE, adj. des deux genreiL 
Qui tient de l'allégorie, qui appartient à 
l'allégorie. Discours allégoriques. Termes al* 
légoriques. Sens allégorique. Explication al» 
légorique. Tableau allégorique. Style allégo» 
rique. Personnage allégorique. Le merveillatx 
allégorique eU employé dans la Hènriade, 

ALLÉGORM^UEMKNT. adv. D'une ma* 
nière allégorique. Cela doit s'entendre allé» 
goriquement, et non littéralement. Les pro^ 
phètes pfirlent quelquefois allégorifuement„ 

ALLÉGORII^KR. v. a. Expliquer selon Ift 
sens allégorique, donner un sens allégo* 
rique. Les Pères de l'Église ont aUégorité 
presque tout l'Ancien Testament* 

Allégoaisé, Ex.. pai'ticipe. 

ALL£G<l&iSEi;R« S. m. Celui qui allé- 
gorise. 11 ne se dit guère qu'en mauvais» 
part, en parlant d'Un homme qui s'attacha 
a chercher dans tout un sens allégorique^ 
C'est an allégoriseur perpétuel. 

ALLÉGOaiSTE. S. m. Celui qui expliqi 



ILL 

fltt Intt, un nutenir dans va seM ^iégo- 
ci^iw. 6!nirm« c<f' ma ^/vm^^ alliigoriête, 

AIXMBS. iw|j. deB «ieox genres. Qui est 
dispos, agile, gai. // est toujours ailègre, Jl 
êtt sain et aliègn, U «1 iamt4ier. 

JkLLGGREBlEKT. adv. D'iiae manière al- 
lègi'e. Marcher aUégremeiU, Mmu^ nus 
mmis, allègrement. Il vieillit. 

AI.LBCMESSB. s. f. Joie qui éclate an de- 
hors. U reçut cette ttoui'elU «fac urne grande 
ailégrcue. 

Il se dit plos ordinairement d^Une joie 
pabl^iie. Cris tTallégresse, L'allégresse de 
son armée lui promettait la victoire* L'allé- 
greue publique. Des transports iTallégresse. 

Les sept JUégresses, Certaines prières à 
la Vierge, dans lesquelles on exprime les 
sept diilerenis sujets de joie qu'elle a eus 
duFMit sa vie. 

ALLB«itETTO. adv. T. de Musique. Di- 
miBatif lïjéll^gro, 

AIXÉ6AO. adv. T. de Biuaique, emprunté 
de ritalieu. On le met an commencement 
d*un air, pour indiquer qoe oet air doit 
être joué viveaaeot et gaiement. 

Il se dit substantivement de L'air même. 
JoÊÊer un allégro, 

AJXfiGVEa. V. a. Citer «me «ntorilé, un 
fiassage, un lait, etc. jilléguer un passage, 
un tejcte, Jllégmo'des auteurs, AUéguerfaux. 
Cest un tel qui m'a dit cette nouifelle, je vous 
mUègue mon auteur. On dit mieux, Je vous 
dte mon mueur. 

Il signifie aussi, Mettre en avant, avancer. 
jâUéguer des raisons* Alléguer des excuses, IL 
aBegua pour ses raisons, pour raison que.,. 
Les juges sont obligés de juger selon ce qui 
est allégué et prouvé, Alléguerez-vous que»,, 

AîiFcu», as. participe. 

AIXELDIA. s. m. (On prononce .<d^ffe/if)ti.) 
T. emprunté de Thébreu , qui signifie. Louez 
le Seigneur, et que TÉglise chante au temps 
de Pâques, à la fin des traits ou versets. 

AXLEI.UI4, se dit aussi d'Une petite plante 
qui fleurit vers le temps de Pâques, dont 
lies feuilles ont un goût aigrelet, et qui 
fournit le sel appelé dans le commerce Sel 
éToseiUe, 

▲LLEHAlf]». s. m. Ce mot n'est placé 
ici que parce qu'il se trouve dans quelques 
plirsises proverbiales. Une querelle d^Alle- 
mandt Une querelle suscitée sans sujet. 
H est venu me faire une querelle d* Allemand. 
Cesi du àaut allemand pour lui, Il n'y com- 
prend rien. 

ALLEMANDE. S. f. Espèce de danse vive 
ci gaie, dont l'oa^e a pas^ de l'Allema- 
pie dans d'autres pajs. Danser l'aUemande, 
SÊM€ aliemande. 

U se dit aussi Des airs aur lesquels on 
•exécute cette sorte de danse. Jouer une al" 
iemétnde sur le piano. HecneU d'allemantks, 

ALLES. V. n. {Je vais ou/e vas, tu vas, 
il va; nous allons, vous allez, ds 7Jont, J'ai-- 
lots. Je suis allé, rallai. Tirai, rirais. J^a, 
Qisa j'aille. Que j'allasse. Allant, Allé. L'ex- 
pceasioo Je vas ne s'emploie que rarement, 
et clans le Uuogage familier. On dit quel- 
qoefois, Je fus, j'ai été, j'avaisété, f aurais 
été, pour J'allai, je suis allé, j'étais allé, je 
jKrais allé : vojez le verbe Être,) Se mou- 
voir, se transporter, ou être mû , transporté 
d'an lieu à un autre. Il s'applique Aux per- 
'-"^nea et aux choses^ et s emploie de di- 



âLL 

verses manières, selon les divers rapports 
sous lesquels on considère l'action qu'il 
exprime. Ainsi on dit, 

1° Sous le seul rapport du mouvement : 
Ne faire qu'aller et venir. Marchez, allez donc. 
Ce pauvre homme ne peut plus aller, tant il 
est fatigué. lAs planètes vont eontinuelletnent. 

2* Relativement au 4enne, au but où 
Icnd le mouvement : Aller à Rome, en Ha- 
lie, au Japon 9 aux Indes. Aller à la ville, à 
la campagne. Aller au mareké, à la fon^ 
taine, à l'église, au cabaret, au cafL Aller 
d!un lieu à un autre. Aller de ville en ville, 
de porte en porte. Y va^l? Fas^, Les 
fleuves vont a la mer. 

Ce chien va àCeau, Il s'y jette volontiers, 
quand on le lui oommanoe. 

3° Relativement à l'espace que l'on par- 
court : Aller près. Aller loin. Aller à trois 
lieues. Je vais à deux pas. 

A^ Relativement à la nature du mouve- 
ment, à sa rapidité ou à sa lenteur : Aller 
vite. Aller doucement, lentement, tranquille' 
ment. Aller comme le vent. Aller en courant. 
Aller à grands pas, à petits aas. Ce cheval 
va au trot, au galop; il va le pas, Vamàle, 
le grand galop; il va bon train. Aller terre à 
terre. Le vaisseau allait à pleines voiles, 

5^ Relativement à la direction du mou- 
vement : Aller en aidant, en arrière, à recu- 
lons, de côté, tout droit. AUer devant soi, 
droit datant soi. Les nuages vont ce matin du 
levant au couchant. Aller contre le courant 
de l'eau. Aller contre tient et marée. 

6^ Relativement à l'endroit où se fait le 
mouvement : Aller sur la terre, sur le pavé, 
sur la chaussée. Aller sur l'eau, dans Veau. 
Aller sur une planche. Aller par monts et par 
vaux, 

7^ Relativement à la voie, au cbemin qui 
mène vers un but: Aller par terre, par eau, 
par mer. Aller oar le chemin le plus court, 
par un chemin ae trm*erse. Aller par la grande 
route, par un sentier. Aller a ^raivers les 
bois, à travers champs. 

Aller bien. Être dans le bon diemin. iTa/- 
lerpas bien. N'être pas dans le bon cbemin. 

8* Relativement au moyen de trans- 
port : Aller à pied, à cheval, en voiture, 
en bateau, par la diligenm. Aller en poste. 
Aller sur un pied. 

9* Relativement à la cause qui fait mou- 
voir : Ces bâtiments vont à voue et à rame. 
Les girouettes vont selon le vent, AUer par 
force. Aller de bon ceeur* 

10^ Relativeraeat à Tordre qu'ont ou que 
doivent avoir entre elles les personnes ou 
les choses : Aller ensemble. J'irai à Ihiris 
a\»ec vous, Fous irez è Marne après moi. 
Aller à la fie les uns tks autres. AUer les 
uns après les autres. Aller de compagnie. 
Aller en troupe. Alhr par troupes. 

Aller de pair. Être égal , être pareil. Il va 
de pair, pour la dépense, aivec les gens les plus 
ricmes. Cioéron ?ja de pair avec Démostntme, 
Ces deux iwoeats vont de pair, 

AI.LRB, est souvent suivi d'une pcéposi' 
tîon et de son complément qui mchque Le 
motif eu la fin de l'action. Aller à la 
messe, au sermon. Aller à la promenade, au 
bal, au spectacle, au jeu. Aller au bain, AI' 
1er à la guerre, à Vannée, à un siège. Aller 
à la olkosse, à la pèche, en vendange* Aller 
en ambassade, en pèlerinage» Aller è la mart^ 



JkLL 



S& 



au supplice, à sa perte, AUer au'devant de 
fuelqu un, à la rencontre de quelqu'un. Aller 
aux nmtvelles. Aller à la découverte. 

Aller au combat. S'avancer pour eoo^ 
battre. AUer à l'ennemi, aux ennemis. S'a» 
vancer vers les ennemis pour les combattre^ 
pour les charger : cela ne se dit propre 
ment que quand les armées sont a portée 
l'une de l'autre, ou en présence. Aller au 
feu, S'expeaer au feu des ennemis, s'expo^ 
ser à essuyer leur feu. Ce soldai va au fim 
gaiement et sans crainte. 

AUer au bois, à Veau, etc.. Aller en quel* 

Sue endroîl pour s'y po«irvoir de boia, 
'eau, eto. On dit de méme^^lkrd la pro- 
vision. 

Ce vase va au feu. Il résiste à Tac^n du 
leu, on y peut mettre cuire ou chauffer 
qu^que chose sans craindre qu'il se casse, 
qu'il éclate. On dit dans on sens analogue | 
Cette étoffe va à la lessive, etc. 

Aller au roi, au minisêre, à l'évéaue, etc.. 
S'adresser au roi, an ministre, à l'évéqne^ 
etc. Pour cela H vous faut aller au ministre. 
On a dit aussi» Aller au 'devin, Ailer le 
consulter. 

Cette affaire s'en va au eUabk, à tous les 
diables, se dit D'une affaire qui tourne mal^ 
qu'on regarde comme manquée, comme 
perdue. Allez au diable, À tous les diabks^ 
est une expression d'impatience, de colère, 
une sorte d'imprécation. 

Aller aux opinions, aux voix. Recueillir 
les opinions, les voix. On a dit de même. 
Aller aux avis. 

Aller aux informations, aux renseigne" 
ments sur quelqu'un. S'adresser a ceux qnî 
peuvent - donnw des renseignements sur 
quelqu'un. 

Aller au plus pressé. S'occuper d'dbpitl 
de l'affaire qui souffrirait le plus d'un re» 
tardement. 

Aluir, est quelquefois suivi d'un mfint^ 
tif exprimant aussi Le motif ou la fin de 
l'action. Aller se promener. Aller travaillets. 
Aller étudier. Aller savoir des nouveUes de 
quelqu'un. Allez le tmmi'er. J'irai lui parler^ 
Va t'en Informer, ror en satHtir des nou^ 
l'eues, AUez me chercher cela. 

Allez vous promener, qu'il adle se prome^ 
mer, se dit Lorsqu'on s'iiiipatîente, lorsqu'on 
se met en oolère contre quelqu'un. 

AI.LBB , suivi d'un infinitif, sert aussi à 
marouer qu'Une chose est sur le point d'ê- 
tre laite, d'avoir lieu. Nous allons voir et 
qu'il dira. Ils vont partir. Je vais y aller. 
Elle va ehimBer, danser. Allez-vons reoont» 
meneer vos doléances? Le jour va finir* Un 
homme qui va mourir. Le sermon va t»m«- 
mencer. On va se mettre à tMf. J'allais ma 
coucher quand il est venu. La coatêstation 
aUait finir hrsque vous éêes parti, H jugea 
que Ve0aire anait se terminer heareusemênn 

Ax^aa, se joint quelquefois au pan> 
ticîpe présent, pour exprimer, avec l'idée 
d'un mouvement, celle d'une pvolengatîen^ 
d'une «rtame durée de l'action que le 
participe indique. Un ruisseau qui va jerv 
pentant. Il allait criant par ia vHle, 

Fig. , Le wud, Viaqmétude, etc, va croisa 
sont, va tot^ours croissant. Croit de phis en 
plus. On dit aumi, Aller en augmeniant, tn 
diminuant, en déclinant, etc, 

Auxa, se dit aussi en parlant Du 



56 



ALL 



-femcnt particulier de certaines choses qui 
'appartiennent aux arts. Une montre qui va 
trente heures. Cette horloge va bien, va mal. 
Ce ressort, cette machine ne va plus. Faire 
aller un moulin. Il y a quelque chose qui em- 
pêche la roue d'aller. On dit dans uii sens 
analogue, «Son pouls va bien. Le mouvement 
de son pouls est bien réglé. 

Il se dit pour marquer L'écoulement du 
temps, et la durée du temps qui a été em- 
ployé à quelque chose. Le temps va toujours. 
Jiien ne va plus vite que le temps. Son dis* 
cours n'ira qu'à une demi-heure. Ces ouvriers 
vont bien lentement. Ce bdtiment-là est allé 
fort vite. Ce chei»al va sur qtuUre ans. Il 
aura bientôt quatre ans. 

Il se dit aussi pour marquer L*étendue de 
certaines choses. La forêt va depuis le vil- 
lage jusqu'à la rivière. Cette montagne va 
jusqu'aux nues. Ses che\*eux lui vont jusqu'à 
la ceinture. Son manteau va jusqu'à terre. 

Il sert également à marquer Où mène 
un chemin , où il aboutit. Ce sentier va à la 
fontaine. Ce chemin va droit à la ville. 

Il sert de même à indiquer. La manière 
dont une chose est située ou figurée. Cette 
allée va en pente, va en montant, va en ser- 
pentant. Cette pièce de terre va en pointe. 
Cela va en rond. Cette étoffe va de biais. Elle 
est taillée de biais. 

Il se dit quelquefois pour indiquer À quoi 
se montent des nombres, des sommes, des 
supputations. Ce calcul va bien haut. Les 
nouvelles levées vont à trente mille hommes. 
La dépense ira plus loin qu'on ne croit. 

Allkh, sert aussi à marquer, tant au 
propre qu'au figuré. Le progrès, en bien 
ou en mal, des personnes et des choses. 
Cela va. Cela ira. Vous n allez pas. Cet éco- 
lier a bien de la peine à aller. Il n'y a point 
eThomme dont i esprit aille jusque-là. Son 
imagination va si loin, qu'elle se perd. Le 
raisonnement des plus habiles ne va pas bien 
avant. Cette vengeance est allée trop loin. Son 
amour va jusqu'à l'excès, va jusqu'à la fo- 
lie. C'est un homme qui ira bien loin dans les 
arts, dans les sciences Cette traire ira plus 
loin qu'on ne pense. Cela va de mal en pis. 
Sa santé va de mieux en mieux. Ce malade va 
plus mal. Une maison qui va en décadence. 

Cette chose va de suite, elle doit aller de 
suite. Elle est la conséquence naturelle, 
nécessaire de telle autre chose. 

AxxBR, sert particulièrement à désigner 
La fin , le résultat de quelque chose. Tous 
ses vœux vont à la paix, vont au bien 
de VÉtat, Toute son entreprise est allée en 
fumée, est allée à rien. Cette affaire va là. 
Cette traire peut aller à vous perdre. Cela 
va à vous déshonorer. 

Cela va trop loin, cela pourrait aller trop 
loin, se dit Lorsque des personnes qui dis- 
cutent ensemble commencent à s'écnaufler 
un peu trop. On dit aussi , C'est aller trop 
loin que de,., (Test faire ou dire trop, c'est 
passer les bornes raisonnables, que de... 

Aller, se dit également en parlant De 
Pétât bon ou mauvais de certaines choses. 
Comment va votre santé? Comment vous en 
va? Tout va bien. Le commerce ne va pas, 
ne va plus. Ses affaires vont bien, vont mal, 
ne vont pas trop bien. Sa digestion va bien, 
va mal. Le feu va, Il brûle convenabie- 
menL 



ALL 

// ne peut plus aller, ou H va encore, se 
dit D'un homme âgé ou infirme. 

ArxsB, se dit encore pour signifier La 
manière dont on agit, dont on se comporte 
en de certaines choses; et, dans cette ac- 
ception , on l'emploie souvent avec la par- 
ticule y. Aller vite en besogne. Il ne faut 
pas reprendre avec aigreur, il faut y aller 
doucement. Il n'y faut pas aller si rudement, 
La chose est bonne en elle-même, mais il faut 
y aller ai*ec de grandes précautions, H y va 
de bonne foi, H y va à la bonne foi, tout à la 
bonne foi, Aller contre la volonté, contre les 
intentions, les ordres de quelqu^un. Aller à 
la fortune par des voies honorables, par de 
fnau\*aises voies. Aller aux grands emplois 
par la faiseur. Aller d'abord aux grands des- 
seins. C'est un homme qui va droit en tout. 
Il va au fait. Aller droit au fait. 

C'est un homme fiât pour aller à tout. 
C'est un homme qui, par son mérite, par 
ses talents, est fait pour arriver aux plus 
grandes places. 

Allbb , sert en outre à marquer La ma- 
nière dont une chose est faite, est mise, 
est disposée; et alors il se dît surtout De 
ce qui regarde l'habillement. Un collet qui 
va mal, Ce^ manteau ne va pas bien. Votre 
bonnet va mal. 

Cela va bien, cela va mal, se disent très- 
souvent , dans un sens analogue, De ce qui 
sied bien ou mal à quelqu'un. Cet habit vous 
va bien, Im couleur feudle-morte ne va pas 
bien aux brunes. Sa perruque lui va mal. 

Ces choses vont bien ensemble, vont bien 
l'une avec l'autre. Elles conviennent bien 
ensemble. Le bleu et le rose vont bien en- 
semble. Ces deux couleurs vont bien l'une avec 
l'autre. Cette couleur va bien avec telle autre. 

Cette chose va bien à telle autre, sur telle 
autre. Mise, appliquée sur telle autre, elle 
y produit un eflet agréable. Cette garniture 
va bien à cette robe. Ce ruban va bien à votre 
chapeau. Cette broderie va très-bien sur ce 
fond-là. 

Cette chose va à telle autre, signifie aussi, 
Elle s'y adapte, elle s'y ajuste bien. Cette 
clef va, ne va pas à cette serrure. On dit de 
même : Ces bottes me vont, ne me vont pas. 
Ce chapeau est trop grand, trop petit, il ne 
peut m' aller, Etc, 

Ces choses vont ensemble, se di t De certaines 
choses qui sont appariées , et qui ne se ven- 
dent pomt, qui ne s'emploient pas séparé- 
ment. Ces deux gants-là vont ensemble. Ces 
deux bas vont l'un a%*ec l'autre. Ces quatre 
estampes vont ensemble. 

Cela va par-dessus le marché, se dit D'une 
chose donnée gratuitement, en considéra- 
tion d'un marciié conclu, d'une vente faîte. 

Allbb , mis à l'impératif, sert également 
à faire des souhaits, des exhortations ou 
des menaces, et à marquer de l'indignation. 
Allez en paix. Allons, enfants, courage. Va, 
malheureux. Va, misérable. Allez, n'a\*ez- 
vous point de honte? Allez, vous me faites 
horreur! 

U sert quelquefois à affirmer avec plus de 
force. Ainsi on dit : Allez, nous eA viendrons 
à bout. Il fera votre affaire, allez. N'allez 
pas vous imaginer, n'allez pas croire. Ne vous 
imaginez pas, ne croyez pas. 

Ajllbb, se dit, à quelques Jeux de cartes, 
comme le brelan et les autres jeux de renvii 



ALL 

eu parlant De ce que l'on hasarde au jeu. 
De combien allez-vous? J'y vais de cinq 
francs. Il y va de son reste. Va mon reste. 
Va tout. 

Quelle bête va? se dit, à certains Jeux de 
cartes, lorsqu'il y a plusieurs liêtes, pour 
savoir quelle est la bête sur laquelle on joue. 

Allbb, joint à la particule y, et em- 
ployé comme veribe impersonnel, sert a 
marquer De quoi il s'agit, de quelle impo^ 
tance est la cnose dont on parle. Quand il 
devrait y aller de tout mon bien. Songez qu'il 
y va de votre Jortune. Cest une affaire où û 
y va de tintérêt public. Dans cette tffwre 
il n'y allait pas moins que de son honneur ti 
de sa vie. Souvenez-vous qu'il y va du salut 
éternel. Lorsque, dans cette signification. 
Ton se sert du temps Irait, on supprime, 
pour l'euphonie, la particule r. Quand il 
irait de tout mon bien, quand il irait de ma 
vie; et, en céoéral, dans tous les sens du 
verbe Aller, la particule y se supprime de- 
vant les temps Irais et irai. Ax^ez-vousétéà 
Paris? Tirai. Ira-t-ilà Rome? Il ira. 

Alleb , s'emploie aussi comme imperson- 
nel, étant précédé de la particule en. Ainsi 
on dit : // en va de cette ajf aire-là comme de 
l'autre. Il en est de cette affaire-là comme 
de l'autre. 77 n'en ira pas de cela comme 
vous pensez. Il n'en sera pas de cela comme 
vous pensez. 

Allbb, signifie quelquefois , Faire ses né- 
cessités naturelles. Le remède qu'il a pris /a 
fait aller cinq ou six fois. 

Aller par haut. Vomir. Un remède qui 
fait aller par haut et par bas, , 

Allbb , précédé du verbe Laisser, forme 
une locution qui signifie. Ne pas empéchrr 
d'aller, ou simplement. Ne plus retenir, 
lâcher. Je le laisse aller où H veut. On a 
laissé aller le prisonnier. Je vais crier, si vous 
ne me laissez aller. Laissez-la donc aller. On 
les a toutes laissées aller. Laissez aller cette 
corde. 

Laisser tout aller sous soi, Ne pouvoir re- 
tenir ses excréments. Ce malade, cet enfant 
laisse tout aller sous lui, 

Fig. et fam.. Laisser tout aller. Négliger 
entièrement ses affaires, ou la gestion, 
l'administration dont on est chargé. 

Se laisser aller. Ne pas faire la résistance 
qu'on pourrait ou quon devrait faire, s'a- 
bandonner. Se laisser aller au torrent de la 
coutume. Se laisser aller au torrent. Se lais* 
ser aller à la tentation,^ Se laisser aller aux 
mauvais exemples. Se laisser aller à la doub- 
leur, à la tristesse, au désespoir. Je me suis 
laissé aller à .tes prières, à ses sollicitations. 
Se laisser aller à la fm*eur, aux présents. 
Elle s'est laissée aller à sa passion, 
^ Absol., Cet homme se laisse aller, Cest 
un homme facile, et on fait de lui to'ut ce 
qu'on veut. Gela se dit aussi D'un homme 
qui se néglige, qui ne prend aucun soin de 
sa personne. 

Allbb, joint avec le pronom personnel 
et la particule en, sienme, Parur, sortir 
d'un lieu. // s'en va. Ils s'en iront bientôt. Il 
s'en est allé. Elles s'en sont allées. Il faut 
que tout le monde s'en aille. Allez-vous-en, 
Allons-nous-en (fici. Va-t'en. Va-t'en porter 
ma lettre. 

Il s'emploie aussi en parlant Des choses , 
et signifie, S'écouler, se dissiper, s'évaporer. 



ALL 

Ce tonmeau de vin s'en tw, Le vîn qui est 
dans ce tonneau s'écoule , s*eofuît. Tout le 
w'n s'en ira par là, si on n'y prend garde. 
La fumée s'en va par la chambre. Si ton ne 
bouche bien cette fiole, tout l'esprit'de-vin 
t'en ira. 

Il se dît |MreiUenient De tout ce qui cesse 
d'être dans un sujet, ou qui commence à 
se passer, à s'effacer. On ne croit pas que 
sa fièvre s'en aille sitôt. Son mal s'en va peu 
à peu. Son rhumatisme s'en est allé par les 
sueurs. Sa beauté s'en va. L'éclat de son teint 
commence à s'en (dler. 

Il se dit également De tout ce qui se dis- 
sipe, se consume, s'use en quelque manière 
que ce soit. Tout son argent s'en va en pro^ 
ces. Tout son temps s'en est allé à cette af* 
fmre. Fodà un htiit qui s'en va. 

Il se dit de même en parlant Du déclin de 
la vie, des approches de la mort. Les Jeunes 
gens viennent, et les vieillards s'en vont. Cet 
homme est bien nud, il s'en va,' â s'en ira 
avec les feuilles. Ce malade s'en va. On dît 
dans le même sens. Cet homme s'en va 
mourir, s'en va mourant. 

Fam., Faire en aller (avec ellipse du pro* 
nom personnel) y Faire que quelqu'un ou 
quelque chose s'en aille. Faire en aller tout 
& monde. Un secret pour jaire en aller les 
punaises. Us rousseurs, la fièvre. Une pierre 
pour Jaire en aller les taches. * 

Fam. , Cette chose s'en va faite. Elle est 
sur le point d'être achevée. La messe s'en 
va dite. Le carême s'en va fini. 

Il s'en va onze heures, il s'en va midi, etc. , 
n est bien près de onze heures y de midi, 
etc. 

Aux Jeux de cartes, S'en aller ttune carte, 
Se défaire d'une carte, la jouer, ^llez' 
vous^n de votre carreau. Je m en suis allé de 
mon roi de pique. S^en aller des plus hautes 
cartes. 

' Au Jeu de trictrac, S^en aller, Annoncer 
que le coup est fini , et qu'on va en corn, 
mencer un autre. 

AixBBy s'emploie dans diverses phrases 
proverbiales et familières. 

Cest un las d'aller, se dit D'un homme 
mou , paresseux et lâche. 

Fig., jéUer son chemin. Poursuivre son 
entreprise, ne se pas détourner de la con- 
duite qu'on a commencé à tenir, ^ller son 
petit bonhomme de chemin. Vaquer à ses 
aflaires, poursuivre ses entreprises tout 
doucement et sans éclat, ^ller son grand 
chemin. N'entendre point de finesse à ce 
qu'on ûJt, à ce qu'on dit. JUlerle droit che^ 
min. Procéder avec sincérité, sans nulle 
tromperie. 

Fig., n ne faut pas aller par quatre che» 
mins. Il faut s'expliquer francnement, il 
ne faut pas chercher tant de détours. 

Jlller vite en besogne. Agir avec précipi- 
tation. N'allez pas si vite en besogne. 

Fig., jéUer aux nues. Avoir un succès 
éclatant. Cette tragédie^ cette comédie est 
edlée^ aux nues. 

A force de mal aller, tout ira bien. Il faut 
espérer qu'après beaucoup de malheurs et 
de disgrâces, il arrivera quelque change- 
ment heureux. 

Fig.y On va bien loin depuis qu'on est las, 
n ne faut pas se rebuter, se décourager 
dans les affaires. 
Tome L 



ALL 

Fig., Tant va la cruche à Veau qu'enfin 
elle se casse. Une action hasardeuse, sou- 
vent répétée, finit par devenir funeste. 

Tous chemins vont à Rome, Divers che- 
mins mènent au même endroit; et, figu- 
rément. Divers moyens conduisent à la 
même fin. 

Fig. , Les premiers vont det'ant. Les plus 
diligents ont toujours de l'avantage. 

Fig. , Il va comme on le mène, Il n'est pas 
capable de prendre une résolution de lui- 
même. On Fa bien hdté d'aller. On lui a fait 
une rude réprimande. 

Fig. , // s'en est allé comme il est venu, Il 
n'a rien fait de ce qu'il voulait ou devait 
faire. 

Cela va tout seul,'Là chose est aisée, elle 
n'offre point, elle ne souffre point de dif- 
ficulté. Cela va comme il plaît à Dieu, C'est 
une affaire négUgée, mal menée, dont on 
ne prend aucun soin. Tout va à la déban* 
daae. Tout va en désordre. 

Cela va sans dire. C'est une chose telle- 
ment certaine, incontestable, ou' tellement 
claire, naturelle, qu'il est inutile d'en par- 
ler, de la dire, de l'expliquer. On dit, aans 
le même sens, // va sans dire que... 

Fig., Tout s'en est allé en fumée. On n'a 
pas réussi. 

Fig., Tout y va, la'padle et le blé. On 
n'y a rien épargné. 

TVy pas aller de main morte. Frapper 
rudement; et, au figuré. Mettre de la ru- 
desse, de la violence dans une discussion 
verbale ou par écrit. 

Y aller rondement, y aller de franc jeu. 
Parler, agir sans détour, franchement, 
loyalement. 

Aller, se prend substantivement dans 
craelques locutions, jéu long aller petit far^ 
aeaupèse. Il n'y a point de charge si légère 
qui ne devienne pénible à la lotigue. Cet 
homme a eu l'aller pour le venir. Il n'a rien 
fait de ce qu'il prétendait faire où il est 
allé, il a fait un voyage iniûile. 

Le pis aller. Le pis qu'il puisse arriver, 
le moindre avantage qu'on puisse avoir. 
S'Hue réussit pas dans sa noui-elle carrière, 
son pis aller sera de rentrer dans celle qu'il 
a quittée. Si vous ne trouvez mieux, je serai 
votre pis aller, ^ppelez^vous cela un pis 
aller? Fous ne risquez rien, vous ax^z un 
bon pis aller. 

Au [Hs aller, se dit adverbialement Du 
plus grand mal ou du moindre avantage 
qui puisse résulter de quelque chose. Au 
pis aller, il en sera quitte pour une amende. 

Aixi, i.E. participe. 

ALLEU, s. m. T. de Jurispr. féodale. Il 
n'est guère usité que dans la locution, 
Franc-idleu, Fonds de terre, soit noble, 
soit roturier, qui est exempt de tous droits 
seigneuriaux. Toutes ces terres étaient des 
francsHilleux. On dit de même, Tenir, possé' 
der une terre en frane-atteu. 

ALLIAGE y i£b. adj. Qui tient de l'ail. 
Une odeur alliacée. 

ALLIAGE, s. m. Combinaison d'un métal 
avec un on plusieurs autres métaux. Les 
monnayeurs doivent faire talliage selon les 
lois et règlements. Faire un alliage. Le bronze, 
le tombac, le cuivre Jaune, sont des alliages. 

Il se dit, quelquefois. Des métaux mêmes 
que Ton combine avec un métal plus pré* 



ALL 57 

cieux. L'argent et le cuivre servent d'alliage 
à l'or. De l'or sans alliage. 

Il s'emploie aussi figurément. Il y a peu 
de vertus humaines sans quelque alliage. 

ALLIAIRE. s. f. T. de fiotan. Plante de 
la famille des Crucifères, qui a une odenr 
d'ail, et qui croît par toute la France dans 
les lieux ombragés. 

ALLIANCE, s. f. Union par mariage. Ha 
fait une grande alliance, une alliance hono* 
rableen mariant sa fille à un tel. Ces deux fit» 
milles sont unies par plusieurs alliances. 

Il se dit également de L'union , de la con- 
fédération qui se fait entre deux ou plu- 
sieurs États pour leurs intérêts communs. 
Ce peuple avait une ancienne edliance ui-ec la 
France. Acte d^ alliance. Traité d'alliance. 
Alliance offensive et défensive. Faire alliance 
aivc un peuple. Contracter, conclure une al- 
liance. L'alliance qui existe entre ces deux, 
souverains. Ils ont formé une alliance redou- 
table. Renouveler une alliance. Rompre une 
alliance. Briguer Falliance et un prince, d'une, 
nation. On dit de même que Deux partis 
font alliance , ont contracté une alliance, etc. 

Alltâkcb, se dit aussi d'Une afSnité spi* 
rituelle. Foyez Appikttb. 

Ancienne alliance. L'alliance que Dieu 
contracta avec Abraham et ses descendants ; 
et, Nouvelle alliance. L'alliance que Dieu a 
contractée, par la rédemption, avec tous 
ceux qui croiraient en Jisus-CHRXST. L'an» 
cienne alliance a duré depuis la vocation 
d'Abraham Jusqu'à la venue du Messie. La 
nouvelle alliance dure depuis la venue du 
Messie, et durera jusqu'à la consommation 
des siècles. 

Arche d'alliance. Voyez Aachs. 

AxLiurcB, se dit encore figurément de 
L'union et du mélange de plusieurs choses 
différentes, opposées , disparates. Faire une 
alliance du sacré et du profane, du vice et 
de la vertu. Une alliance de mots. L'hémisti" 
che^ Il aspire à descendre , offre une heU' 
reuse alliance de mots. 

AZ.LIAKCB, se dit laussi d'Une bague d'or 
ou d'argent composée de deux cercles réu- 
nis. Une alliance de mariage. Acheter une 
alliance. Porter au ^dgt une alliance. 

ALLIER, v. a. Mêler, combiner, incor- 

{>orer ensemble. Allier for ai'ec Vatgent. On 
e joint quelquefois avec le pronom per- 
sonnel. Ces deux métaux ne s allient point, 
ne peuvent s'allier ensemble. 

Il s'emploie fizurément, et signifie , Unir, 
joindre ensemble des choses différentes, 
opposées, disparates. Allier la force à la pru- 
dence. Allier les plaisirs avec les devoirs. Il 
sait allier l'esprit du monde avec celui de la 
religion. Ce poète a Fart d'allier les mots qui 
semblent le moins faits pour être unis. Avec 
le pronom personnel : Ces deux qualités ne 
peuvent s'allier, ne s'allient que difficilement. 
Ces mots ne s'allient pas tun ai*ec l'autre. 

Etc. 

Il signifie particulièrement, Joindre par 
mariage. Allier une maison , une famille à une 
autre. Dans cette acception , il est plus ordi- 
nairement employé avec le pronom per- 
sonnel. // s'est allié en bon lieu. Il veut se 
bien allier. S'allier à tme bonne famille, ai*ec 
une bonne fianille. Ces deux familles se sont 
alliés. 

Il se dit aussi en parlant Des princes, 



^4 



53 ALL 

des États, des partis qui se liguent ensemble 
pour leurs communs intérêts. Cest l* intérêt 
du commerce qui allie ces deux Étais, Avec 
le pronom personnel : Ces deux républiques 
s'allièrent ensemble, Etc, 

Âfj.ii, il. participe. 

Il est aussi substantif; et alors il signi6e, 
Celui qui est joint à un autre par ainnité. 
Cet homme-là esi mon allié. Nos parents et 
nos alliés. Nous ne sommes pas parents, nous 
ne sommes qu alliés. 

Il signifie également, Celui qui est con- 
fédéré, ligué avec un autre. Ce monarque a 
toujours eu soin de secourir et d'assister ses 
alliés. Ce prince est allié à la couronne. Cette 
république est notre alliée. L'armée des alliés 
fût battue, ou Les alliés furent battus. 

ALLIKR. s. m. ( Ce mot n*est que de deux 
syllabes. ) T. de Chasse. Sorte de filet à 
prendre des perdrix, I| est plus usité au 
plunel qu'au singulier. N^ous ax'ons pris tant 
de perdrix avec des ailiers, 

iLUTéflATION, s. f. (On fait sentir les 
deux L.) T. de Rhétorique. Figure de mots 

3ui consiste dans la répétition recherchée 
es mêmes lettres ou aes mêmes syllabes. 
Plusieurs proverbes offrent des exemples 
d*aUitéraUoa : Qui terre a, guerre a. Qui 
rrfuse, muse. Etc. 

ALLOBROGE. 8. m. ( On fait sentir les 
deux L.p Ce nom d*un peuple ancien n*est 
placé ici que parce qu'il sert qiielquefois , 
dans le langage familier, à désigner Un 
homme grossier, un rustre, ou Un homme 
qui a le sens de travers. Cest un franc aUo- 
oroge. Traiter quelqu'un d'allobroge. 

ALLOCATION, s. f. (On fait sentir les 
deux L.) Action d'allouer. Il n'a pu obtenir 
l'allocation de cette somme. On na pas oc- 
CQrdé l'allocation demandée, 

ALLOCUTION, s. f. (On fait sentir les 
deux L.) Terme d'Antiquité, par lequel on 
désigne Les harfingues que les généraux et 
les empereurs romains faisaient à leurs 
troupes. 

Il se dit , par extension , Des médailles au 
revers desquelles ces généraux sont repré* 
sentes sur un gradin, parlant à des sol- 
dats. Une allocution de Trajan bien con^ 
servée, 

n s'emploie quelquefois en parlant Des 
modernes, et se dit d'Un discours adressé 
par un chef à ceux au'il commande. Jprès 
cette courte et vive allocution, il les conJuisU 
à l'ennemU 

ALLODIAL, ALE. a^j. (Dans ce mot et 
dans le suivant, on fait sentir les deux L.) 
T. de Jurispn féodale. Qui est tenu en 
franc-alleu. Terre aUodiale, Biens ^hdiaux. 

ALLOPIAUTÉ. s. f. Qualité de ce qui 
est allodial. Vallodialité eTune terre. 

ALLONGE* s. f. Ce qu'on ajoute à un vê- 
tement, à un meuble pour l'ailonger. Mettre 
une allonge à une jupe. Il faut mettre une 
allonge à ces rideaux. Une allonge de. table. 
On dit aiyeurd'hui plus ordloairement, 
Bmqnge^ 

ALLONGEVENT* S, m, AaffmeotaUon de 
longueur, ce qui est aJQulé a la longueur 
d^ quelque chose, l'allongement d'un oan^ 
^un jardin, d'une ullée, d^un$ «iv/me. 

se dit, figurémeat, Pes lenteure ailkcfées 
et recherchées que certaines gens mettent 
dans le^ alTaires. Cest «n hmmfi qui cher- 1 



ALL 

che, qui trouiv toujours des allongentemts 
dans tes affaires. Ce ne sont qu'allongements. 
Ce sens est peu usité. 

ALLONGER, v. a. Augmenter la longueur 
d'une chose, la rendre plus longue. Allon^ 
ger une table, allonger une galène, jillonger 
un habit, une jupe. Allonger des étriers. Les 
additions que l'auteur a faites, ont trop al- 
longé ce chapitre. 

Allonger le pas. Hâter S9 marche en fai- 
sant de plus grands pas. 

Fig. et faro., Allonger le parchemin, Faire 
de longues écritures dans le dessein d'en 
tirer plus de profit; Tirer un nrocèa en lon- 
gueur par des formalités et aes chicanes. 

Fig. et fam. , Allonger la courroie, Tii'cr 

Earti d'une somme modique, d'un revenu 
orné, en mettant une grande économie 
dans sa dépense. // a peu de rei'enu et beuH* 
coup de cluirges : il faut qu'il allonge bien fa 
courroie pour se tirer a affaire. Il signifie 
aussi , Porter les profils d une charge, d'un 
emploi plus loin qu'ils ne devraient aller 
légitimement. Sm place ne lui vaudrait pas 
tant, s'il n'allongeait la courroie, 

ALLOUosa, signifie quelquefois. Dé- 
ployer, étendre; et, dans ce sena. on -lie le 
dit guère qu'en parlant Des membres, de 
certaines parties du corps de l'homme ou 
des animaux. Allonger le bras. Allonger les 
jambes. Allonger le cou. Un éUpkemf 9t¥ W- 
longe sa trompe. 

Allonger un coup d'épée, une botte. Porter 
un coup d'épée „ une Votte, en allôu^eant 
le bras. 

AixQVOBs, signifie çocorç, Augmenter 
la durée d^Mue chose, la fairf durer davan- 
taee. Allonger le temps. Allonger um pra^, 
AUQuger une offaire. Allonger le tr^mi, Al- 
longer utœ procédure, 

Allo«gjui, s'emploie aus^ avec le pi^n 
nom personnel , surtout dans les deux pre- 
miers sena. Cette torde s'est çUongée^ Lu 
bras peuvent s'allouger et se replier en ph^ 
sieurs sens. Un serpent qui s\iKong9 Mr 
l'herbe. 

Al'Losoi, ia, nartioipe. 

Fam., Avoir te visage allonge ^ la mime 
allongée, Avoir un air qui dénote le déplai- 
sir Qu'on éprouve de quelque disgrâce, de 
quelque contri^riété imprévue. 

AixojigA, se dit quelquefois adjective- 
ment, surtout dans les Scienoea natu- 
relles, De ce qui est long» par opposition 
Aux choses de même espèce qui ont une 
forme plus ramassée. Ce poéssm • une téie 
allongée. Un fruit de forme allongé^^ 

En Anat. , La moelle allongée, La moelle 

3ui remplit la qavité ck toutea ba vertèbres 
epuis le cerveau jusqu'à l'oa sacrum. 

ALLOUABLE, a^j. des deux cenrea. Qui 
se peut allouer, aeoorder« CHte oépetUÊneet 
pas allouable. Il «st peu usité. 

ALLOUER. V. a. Approuver, passer one 
dépense employée dans un onmpte. Om lui 
a alloué un mrticlà d9 deux nulle fiâmes pour 
les faux frais. Il avait bien peur qu'un me lui 
aUoudt pus cette dépetim. 

Allouer un êtaitement à quelqu'un. Lui 
donner, lui accorder un traitement, et en 
déterminer le montant. Le tntitmmemt que 
le budget idiouù à ces fonctionnaires. 

AïkiiOus, Ab. participe. 

Al4Li;CHON. s. m. T. de Mécanicien. 



Pointe on dent placéa à la circonfércnet 
d'une roue et qui sert à communiquer )e 
mouvement à une autre roue. 

ALLUMEE, v. a. Mettre le feu à quekfue 
chose de combustible. Allumer un fagH^ 
Allumer une jaivlle. Allumer une allumette 
Allumer les bougies. Allumer de la chandelle. 
Allumer un flambeau. Allumer les cierge^^ 
Allumer la lampe. Allumer (u mèche. 

AUuinerlefeu, allumer eh feu. Allumer 
le bois qui agi daiM Ufojrert Atire du feu. 
Allumer sa pipe. Mettre |« feu au tabac 
qui est dans une pipe. Allumer un bougeoir. 
Allumer la bougie ou la cbaiidelle qui est 
dans un bougeoir ; on dit dans le même 
sens, A^^umer un r^ffbère, une lanterne, 
unfunal. 

Fig. , Allumer In guerre, £lre eause de la 
guerre. Afàkmer une nnâsi^, Exciter une 
passion. Allumer la omrî, fisieiier la colère : 
on dit dans le mém«' sens , Alhumer la Ac&r, 
On dit aussi : Une trop grmnde métUtm^ 
tion, une trop gremde uppUcatùm, unetmm 
grande contentwn allunèe les esprits, £1m 
les met dans un tron grand nMuvenent» 
dana une trop gramaa agitation; et, Cela 
allume le sang. Cela irrite ou' anime exoea* 
sivemenl. CeHt èeçtwm, ne féoit lui nUumait 
ksang^ 

Au-vJMn f eal aussi pronominal , au pro* 
pre 01 au figuré. Une knnpe qui a bien de In 
peine à t'uUimcr. Lnguerre s'aUuma de toutes 
parts, H est à nrnimdre que sa bde ne s'ed-* 
lume. 

Auutmàf As. participe. Une ehnndeile, 
une kmpe nihmét, 

Fig. , Un teint allumé. Un teint rouge, 
échauffé. 

ALLUJIBTTB* «. f. Brin de bois ou de 
chanvre, soufré par lea deux bouts, et aer^ 
vant d'ordinaire a allumer des chandeHea, 
des bougies, etc. Fendeur, marchand d'ed^ 
lutnettee. Paquet etalluaÊettes. 

Ce bois brâie comme des allumettes. Ce 
bois brûle trop facilement, trop vite. 

ALLUMBIHI. s. m. Celui qui est chargé 
d'allumer régulièrement des chandelles» 
dea bmpaa, dea réverbérée. Les aUnmemrs 
de reveroères. L'allumeur ttun théàtm. 

ALUDRB. s. 1 Démarehe, façon de mar- 
cher. L'aUure d'ume personme, m'um onimaL 
CotUr^kùre son allure. Je ie reconnue à son 
aUure. Une allure vive. Lorsaa'il a*agit Des. 
personnes, oe sena est lanilier. 

Il se dit plus apécialenent en parlant Dit 
cheval; ot alors il peut s'employer au pin* 
riel. Ce cheval n une oBurt fort douce. Oe 
cheval m he allures belles, de beUee aUuree. 
Allures naturelles. Allures artifioieUes. M/ee* 
allures nmturelks Ai cheval sont Ik pne, le 
trot et le gulop. L'amble est erdinairement une 
allure artifleteUe. 

Il se dit figurémeot, et en mauvaise part, 
de La manière dont quelqu'un se conduit 
dana une aflair», on de La tournure que 

nd une affaire. J'm reconnu ses aOuree» 
mdra bien qu'il change tTalture. Cette 
e^^edre prend une mentvaiseatktre, urne allure 
inquiétante. 

rig. et film.. Ce jeune homme a des edlu* 
res,\\% quelque commerce secret de galan- 
terie. Cette manière de parler vieiNit 

ALLUSION. S.W f. ( On pronÂiice les deux' 
L. ) Figure de rhétorique par laquelle em 



ALO 

dlil une cb«sê qui â in rapport avec une 
mitt dont ou ne parle pas, maïs à laqtfelle 
oo Tcut faire penser. jittHS^cn ingénietiêe, 
^BuMûn forcée, JUuMon Jroide et iMipide, 

Jttâr nHuâhn atut mœurs tfe éon temps. Le 
parttrrt a êùisi tontêâ feM aihtsiùns que />«• 
teur m'Oie em dessein dtfitiH, 

ALLirvioir, i. f. (On prononce les deux 
L.) Accroissement de terralo qui se fait in- 
sensiklemeuC k Piin des bords «Tone rivière, 
ou qni a lien lorsque la rivière s'en retire , 
et qu'elle prend son cours d'un autre côté. 
Droit d'tdfmioH, Cette terre i'est accrue par 
aUuviùn, En Géologie, Terrtdns d'aiiuvion, 

àhm 

ALHJltfBSTB. S. a». ColleelUM d'obser- 
vations astronomiques. L'Jlmttgeste de Pto* 
lémée, de RksekH, 

ALMAMAOR. S. t». (On nronOlM« Al- 
muma,) Calendrier qui contient tous les 
jours de l'année, l«ft fête»| les Itinatoons, 
les édlpscs, le» signes dans lesquels lé so- 
leil entre, et qnelqnefofo de prétendus pro^ 
aodtics du beau et du mauvais temps, ^f* 
manach nouveau, jilmanach pour tannée, etc. 
Foyez dans l'a/manach. Paire des almanachs. 
Composer des almanachs. Almanach perpè* 
tuet. Almanach de poche, Almanach de ca^ 
enter. 

Il se dît particulièrement de Certéfes li^ 
vres qui sont publiés annuellement , et qui 
contiennent, outre Talmanach , une foulé 
d'antres indicatiofiB d'un intérêt général, 
telles que le tableau des diverses Mmlnrs*' 
tratîons et la liste des personnes qui y sont 
attachées , des documents statistiques , des 
notions sor les motmafear, sur les poids et 
mesures, etc. V Almanach roraL L'Aima-' 
mÊch de France. VAhmmâch Jes ifdles et des 
ctunp^gnes. Etc. 

Fig., Faire des tdmanttehs, composer des 
abmanachs. S'amuser k faire des pronostics 
en farr , se remplir Fesprît d^idée» qui peu- 
vent ne se réaliser jamais. Un faiseur d'aï' 
aumacAs, Ub faomme qui se mêle Je fttire de 
pareils pronostics. 

Prov. et fig. , Une antre fois, je prendrai 
de ses almanaehs, se dit D^un nomme qui 
Btnit prédit ce qiii devaft arriver dans nm» 
allkire. Ou dît dhns le sens contraire, Je 
ife Prendrai pàis de ses atmamachs. 

rhïv. et iig. , CeiSt ttn ahnttnach de tan 
peasé, se âti [/une chose qiir n^a^ pfus cTu- 
faité, plus d'fnférér. 

ALtf 

ALUès. s. m. (On prononce fortement 
rS.) Fiante de l'Afrique et de PAsie, dont 
on tire nne résine fort amère qui est em- 
plûjée en médechie comme tonique et pur- 
gative. Snc d^atàès, ov simplement, Ahès. 
PilmUs éCaUÀs. Extraii d'aioès. Amer comme 
de faioès. 

Aix>is, se dk aussi d'tfnr arbre d^ Tndes , 
dont le bois est odoriférant. Dit Sois d'a^ 
hès. Brûler de t encens et de takès. 

ALoériQUE* adj. des deux genres. T. de 
Aarm. Il se dit Des préparations dont le 
snc d'aloès est on des principaux ingré- 
dients. Pilules aioéfifues. 



ALO 

ALOI. 8. m. Le titre que l'or et l'argent 
doivent avoir, selon les lois et les règle- 
ments. De l'or, de l'argent de bon idai, Qui 
est au titre des ordonnancés^ et, De tor^ 
de FafgeM de bas ahi, Qui n'est pas à ce 
titre. On disait antreifois, en abrégeant, 
Loi; mais aujourd'hui le mot Titre remplace 
ceux ^AlU et de Loi. 

t'\%. , Un homme dé bas aloi, QvA est de 
basse condition, d'une profession vile, ou 
oui est anféprisabie par )uî*^méme. Marchan' 
aises de mauvais aloi, Marchandises qui ne 
sont pas de la qualité requise par les règle- 
ments, par les ordonnances ^ etc. On dit de 
même, en plaisantant. Fers de mauvais 
aloi, de bas aloi. Vers mal faits , qni pè- 
ebent contre le sens, ou qui manquent 
d'élégance. 

A LONGE 9 ALOUGEHENT, ALOUGER. 
Foyez Allonge, Allokgekekt, Alloitgbr* 

AUmiciE. s. f. T. de Médec. Chute des 
cheveux, et quelquefois dêa sourcils, de la 
barbe, etc., avec dénuda tlon de la peau. 
C'est ce qu'on nomme autrement Pelade. 

ALORS, adv. de tempe. Eu ce temps-là. 
Alors on vit paraître. Alors je lui dès. Oà 
éHez-vous alofs f Nous étions alors chez un 
tél. 

Prov., Alors comme aloréf Quand on sera 
dtu» Oé tempe-là, dans cette eonjoneture-là, 
on avisera âi ce du'it faudra faire. Fous me 
dites que, dans deux ans, les affaires sertmé 
fort changées .* eh bien, ahrs comme alors. 

C'étaient les manières d'alors, la mode 
ttahrs. On en usah alors dé la sorte , c'é- 
tait alors la mode: On dit quelquefois de 
même. Les hommes d'alors, » 

Alors que, pour Lors^e, ne s'empioie 
pas dans la prose ordinaire, mais il est reçu 
dans le style élevé, et en poésie. Alors que 
kt trompette se Jk entendre, tbmt s'ébranla, 
ete* 

lastfu'âtors, ^usqeTà ce temps-Ift , jusqu'à 
ce moment-là. Il exprime un temps passé 
antérieurement à un antre temps. Ses ai' 
foires se sont dérangées depuis un an ; elles 
avaient été très^nmaes jusqu'alors, 

ALOSE. S. f. l^oisson de mer qui remonte 
ordinairement an printemps dans les ri- 
vières. La pèche des doses. Une eiose bien 
fraîche, bien grasse, 

ALOUETTE, s. f. Petit oiseau dont le 
chant est agréable , oui vit de grain , et qui 
feit son nra à terre clans les campaenes. Le 
ehant de talottette. Tendre aux mouettes. 
Prenâfe de^ témtettes Ou miroir. Une doo' 
zaine d'alouettes. Manger des ahtteftes. 

Alouette happée, Sorte d'akxietté qu'on 
nomme aotremeut Cochevis, 

Des terres à ahnettes, se (fit communé- 
ment Des terres sablonneuses. 

PVov. , Si le ciel tombait, il y aurait bien 
des ahueftes prises, se d^t Pour se mooruer 
d'une supposition absurde, en y répondant 
par une autre encore plus absurde. 

Prov. , Il attiefid aûe ks alouettes lui tom» 
bent toutes rêéies tmns k bec, lui tombent 
toutes rôties, se dit lynu' paresseux qui vou- 
drait avoir les choses sans peine. 

Prov. , S'éi'eiHbr, se kver au chant de ta^ 
lowetfe, S'éveiller, se lever de très-grand 
matin. 

AtomUMU. v. a. Rendre lourd, appe- 
santir. Ce temps m'alourdit. Cela m'a tout 



âlt 59 

alourdi. Les années ont alourdi sa marche. 
On remploie aussi avec le pronom person* 
nel. Ma tête s'alourdit. Il est familier. 

ALOvani, te. participe, /é suis tout 
alourdi. J'ai la tête alouraie, 

ALOYAU. S. m. T. de Boucher et de OA" 
sinier. Pièce de bceuf coupée le long du dot. 
Aloyau de la oremièrê pièce, de la seconde 
pièce. Gros anyau. Aloyau i^ti. 

ALP 

ALPAOA. s. m. Grosse étoffe de laine. 

ALPESTRE, adj. des deux genres. Qui 
a rapport aux Alpes , ou qui est propre , qui 
appartient aux Alpes. Mœurs alpestres. Plan' 
tes alpesti'es. 

ALPHA, s. m. La première lettre de Tal- 
phûbet grec , dont le nom s'emploie figa- 
rément dans cette locution, Vmnhaet To 
méga. Le commencement et la nn. 

ALPHABET, s. m. Réum'on de toutes les 
lettres d'une langue, rangées dans l'ordre 
établi pour cette langue. Alphabet hébreu, 
Alphalbet anée. Alphabet grec. Alphfd>et la* 
tin. L'alphabet français. Les alphabets eurà' 
péens. 

Fîg. et fam. , H n'est encore qu'à t alpha» 
bet, se dit D*un homme qui n'a encore que 
les premiers éommencements d'une science. 
fl/atit le renvoyer à talphabet, se dit D'un 
homme qui n'a pas les premiers principes 
de la chose dont on parie. 

Alphabet, se dit aussi d'Un petit livre 
qui contient les lettres de Talphabët, et les 
premières leçons qu'on donne lorsqu'on 
enseigne à lîi'è. Acheter un alphcdfCt peur un 
enfant. 

ALPIIABl£Tf<{UE. adj. des deux genres. 
Qui est selon Pordre de l'aTphabet. Une 
table alphabétique. Un index alphabétiaue. 

Ordre (dphabétique , L'ordre selon tenuel 
les lettres sont rangées dans l'alphabet. < 
L'ordre alphabétique est employé dans tous 
les vocabulait^s. Manger des noms par ordre 
alphabétique. 

Écriture alphabétique. L'écriture au moyeU 
des lettres it Tatohabet, par opposition à 
Écriture hiéroglyphique. 

ALPRAB^IQUElUBNT. adv. Dans For- 
dre alphabétique. 

ALPINE, adj. f. T. de Botan. H se dit Des 
plantes qu'on ne trouve que sur le sommet 
des hautes montagnes. Plantes alpines. 

ALPISTE. s. m. 1*. de Botan. On nomme 
ainsi Plusieurs plantes graminées dont les 
graines peuvent servir à la nourriture des 
petits oiseaux, particulièrement des serins. 

ALS 

ALSlltB. s. f. Plante. Foyez MoaaittnrB. 

ALt 

ALTB. S. f. Foyez Halte. 

ALTI&RABLE. adj. des deux genres. Qui 
peut être altéré. Parnù les métaux, il y en 
a de plus ou de moins altérables, 

ALTéilAlfT, ANTE.adi. Qui altère, qut 
cause de la soif. Un ragoàt altérant. 

Il se dit substUntivement, en Médecine, 
de Certains remèdes ou médicaments aux- 
quels on attribue la propriété de produire, 

8. 



6o 



ALT 



k la longue et d'une manière insensible , 
Quelque changement avantageux dans Tétat 
aes solides et des liquides. 

ALTÉRATION. 8. f. Changement dans 
Tétat d'une chose. En ce sens , 11 n'est guère 
usité que dans les sciences physiques. 
L'altération des qualités dans les corps. Val" 
tération d'un sel, d'une couleur, d'une liqueur, 
jtltération subite, lente, graduelle, 

Altsbatioh, dans l'usage ordinaire, si* 
gnifie, Changement de bien en mal dans 
Tétat d'une chose. L'altération des couleurs 
de cette étoffe, de ce tableau. Tous les excès 
causent de l'altération dans la santé. L'alté- 
ration des organes. L'altération du scmg, de 
la lymphe. L'altération du texte est manifeste 
dans ce passage. L'altération de son caractère, 
de son humeur vient de ses longs chagrins. 
M n'y aura jamais (faltéraiion dans mes sen^ 
timents, dans mon amitié pour lui. Ces éi'é- 
nements ont causé une cdtération sensible 
dans les mœurs, dans les usages de la nation. 
La forme du gouvernement a éprouvé de gran- 
des altérations. Son tempérament a subi une 
profonde altération. L'altération de ses traits, 
de son visage annonce combien il a souffert. 
L'altération de sa voix vient d'une longue 
maladie. 

Il signifie aussi , Agitation intérieure qui 
se manifeste par l'air du visage ou le son de 
la voix. L'altération de sa voix annonçait 
une émotion profonde. Il dit cela avec quelque 
altération, il n'entendit pas ces paroles sans 
une altération visible, 

Ai.Txa4TioVy en parlant Des monnaies, 
signifie, La falsification des monnaies par 
Texcès de l'alliage. L'altération de la monnaie 
est un crime capital, 

Ai.TsaATioH , signifie encore, Grande soif. 
Cela lui a causé une grande altération. Il a 
une altération continuelle, 

ALTERCAS. s. m. Il signifie la même 
chose f{v^ Altercation. Il a vieilli. 

ALTERCATlOir. s. f. Débat, contestation 
entre deux ou plusieurs personnes. Usé- 
lei'a une grande altercation entre eux, lisant 
ensemble de fréquentes altercations. Ils ont 
des altercations perpétuelles. Cette altercation 
doit enfin cesser. 

ALTÉRER. V. a. Changer l'état d'une 
chose. En ce sens, il n'est guère usité que 
dans le langas;e didactique. Tout ce qui altère 
les qualités d'un corps, 

Altàreb, dans l'usase ordinaire, signifie. 
Changer l'état d'une chose de bien en mal. 
l-e soleil altère les couleurs. Le grand chaud 
altère les liqueurs. Cela altère ïes humeurs, 
altère le sang. Cela lui a altéré le tempéra^ 
ment. Ses malheurs ont altéré son caractère, 
son humeur, son jugement. Sa santé en est 
fort altérée. La souffrance avait altéré ses 
traits, son visage. L'émotion altère sa voix. 
Le défaut de cor^fiance altère l'amitié, L'exem" 
pie du vice altère les mœurs. Cette disgrâce 
altère son repos, son bonheur. 

Altérer un discours. Le rapporter autre- 
ment q^'il n'a été prononcé ou écrit. Alté- 
rer un texte, Y faire des changements qui 
en corrompent la pureté. Altérer le sens 
dun passage. Détourner ce passage de son 
véritable sens. Altérer la vérité. S'écarter 
de la vérité en parlant, en écrivant. 

Altérer les monnaies i Les falsifier par un 
alliage illégal, excessif. 



ALT 

Altérer , signifie aussi , Causer de la soif. 
La chaleur et la poussière m'ont fort altéré. 

Ax.TSRXR, s'emploie avec leprouom per- 
sonnel, et se dit en parlant Des choses, 
soit physiques, soit morales, qui sont sus- 
ceptioles de changement. Le vin s'altère à 
l'air. Les bonnes coutumes s'altèrent peu à 
peu. 

Altéré , ée. participe. Un visage altéré. 
Des traits altérés. Parler d'une voix altérée. 

Il paraissait fort altéré. Fort agité, fort 
ému. 

Être toujours altéré, Avoir toujours soif; 
et, par plaisanterie. Être toujours disposé 
à boire, aimer à "boire. 

Fig., // est altéré de sang, c'est un tigre 
altéré de sang, Cest un homme cruel, qui se 
plait à répandre le sang. 

ALTERNAT, s. m. Action ou droit d'al- 
terner. 

ALTERNATIF, IVB. adj. Il se dit pro- 
prement De deux choses qui agissent con- 
tinuellement et tour à tour. La systole et 
la diastole du cœur sont deux mou%*ements 
alternatifs. Deux pièces d'une machine qui ont 
un mowement alternatif. 

En Logique, Proposition alternative , Pro- 
position qui contient deux parties oppo- 
sées, dont l'une doit nécessairement être 
admise. Il faut ou payer la maison que vous 
avez achetée, ou en subir la vente à votre 
foUe enchère, 

kLTv.tMKmf se dit aussi Des charges, 
des offices qui sont exercés successivement 
par deux personnes qui entrent en exercice 
tour à tour. Un office alternatif Une charge 
alternati%»e. Il ai*ait acheté les deux offices, 
l'ancien et l'alternatif, 

ALTERNATIVE, s. f. L'option entre deux 
propositions, entre deux cnoses. On lui a 
proposé ou départir secrètement ou de se ca- 
cher; il est embarrassé sur Valternati%*e. Je vous 
offre l'alternative. On lui a donné Valternatii^e. 
Il n'y a pas d^ alternative. 

Il se oit aussi de La succession de deux 
choses qui reviennent tour à tour. La vie 
est une altematii'e de peine et de plaisir. 
On combattit avec une alternative presque 
égale de succès et de revers, 

ALTERNATIVEMENT, adv. Tour à tour, 
et l'un après l'autre. Commander alternati- 
vement. 

ALTERNE, adj. des deux genres. T. di- 
dactique. Il se dit, en Géométrie, Des 
angles formés par deux droites parallèles, 
avec les côtés opposés d'une même sécante. 
Angles alternes* 

Il se dit, en Botanique, Des feuilles oui 
croissent des deux côtés de la tige et des 
branches, et qui ne sont pas en face les 
unes des autres; à la différence des feuilles 
qu'on appelle Opposées, et qui naissent de 
points correspondants. Les feuilles de l'é- 
rable sont opposées, celles de forme sont 
alternes, 

ALTERNER, v. H. H se dit De deux per- 
sonnes^ qui font successivement et tour à 
tour une même chose. Ces deux fonction- 
naires alternent tous les mois. Ils exercent 
alternativement de mois en mois. 

Il se dit également D'objets qui se succè- 
dent tour à tour, et avec régularité. Les 
métopes alternent ai*ec les triglyphes. On a 
disposé les arbres de cette ailée de manière 



ALU 

§ 

que les ormeaux alternent m«e les tilleuls. 
Dans beaucoup de fleurs les pétales alternent 
avec les étamines* 

Il signifie, en Agriculture, Faire pro- 
duire alternativement à un champ des blés . 
et des fourrages. On alterne chaque année, 
ou après plusieurs années. Dans ce sens, il 
est quelquefois aetif. Alterner un champ* 

Alterré, se. participe. 

Il se dit adjectivement, dans le filasoo. 
Des pièces qui se correspondent. 

ALTESSE. 8. f. Titre d'honneur qui se 
donne à différents princes, en parlant et en 
écrivant. Altesse royale. Altesse séréntssime. 
Altesse électorale. Traiter d^altesse. Donner 
de l'altesse, donner f altesse à quelqu'un. Son 
altesse, ou par abréviation. S, A, le prince 
de,,, 

ALTHJBA. s. m. Plante, espèce de gui- 
mauve. Sirop d'althasa. Pastilles dalthnea, 

ALTIER y IÈRE. adj. Superbe , qui a de 
la fierté, ou qui marque de la fierté. Esprit 
altier. Humeur altière. Caractère altier. Mine 
altière. Sa démarche altière, 

ALTO. 3. m. T. de Musique. Sorte de 
violon plus grand qu'un violon ordinaire, et 
monté a une quinte au-dessous. Jouer de 
l'alto. Des altos. 

ALU 

ALUDE. s. f. Basane colorée dont on cou- 
vre les livres. 

ALUDEL. s. m. T. de Chimie. Il se dit 
d'Une espèce de nots ou de chapiteaux qui 
sont ouverts par leurs parties supérieure et 
inférieure, et qui peuvent s'emboîter les uns 
dans les autres, de manière à former un 
tuyau plus ou moins long. 

ALU M ELLE. s. f. Lame de couteau, on 
Lame d'épée longue et mince. Il est vieux. 

Il se dit, en termes de Marine, de La- 
mes ou petites plaques de fer dont on 
garnit intérieurement la mortaise du gou- 
vernail , d'un cabestan , etc. , pour empêcher 
qu'elle ne soit usée ou déformée par le jeu 
et la pression de la barre. 

ALUMINE, s. f. T. de Chimie. Sorte de 
terre, ainsi appelée parce qu'elle fait la 
base de Talun, et qui, sans usage à l'état de 
pureté, est la plus utile de toutes les terres, 

2uand elle se trouve unie à des acides ou à 
e la silice. L'alumine sert à la fabrication 
des poteries, des faïences et des porcelaines, 

ALUHINEUX y EUSB. adj. T. de Chimie. 
Qui contient de l'alun, ou qui est impré- 
gné d'alun. Eau alumineuse. Terre alumi» 
neuse. 

ALUN. s. m. Sel de saveur austère et 
astringente, qui est de la plus grande uti- 
lité dans les arts. Alun de roche. Alun de 
Naples, de Rome, etc. Alun calciné. Poudre 
dalun. Eau d'alun. Voyez Alurer. 

Alun de plume. Alun naturel, mais im- 
pur, en petits filaments réunis et blan- 
châtres. 

ALUNAGE. s. m. T. de Teinturier. Opé- 
ration qui consiste à tremper une étoffe 
dans une dissolution d'alun, afin que les 
couleurs dans lesquelles on la plonge en- 
suite, puissent s'y fixer. 

ALUNATION. s. f. T. de Chimie. Opé- 
ration par laquelle on forme Talun. 

ALUNER. v. a. Tremper dans une dissa- 



AMA 

hiUoD d^'aluoy imprégoer d'aluo. On aîune 
te papier pour Fempécher de boire. On aîune 
ks étoffes pour mit les matières colorantes s'y 
fixent ensuite aune manière solide. 

Ai.ujiK.KB. participe. 

ALUNIERE. I. f. Lieu d'où T 
l'aluD. 

ALV 



'on tire de 



ALTJOLAIRB. adj. des deux ^nres. T. 
dTAnat. Qaî i^partieot aux alvéoles. I^s 
nerfs alvéolaires. Les artères aU*éolaires. 

ALVÉOLE, s. m. Chaque petite cellule où 
les abeilles déposent leurs œufs et leur miel. 
Chaque abeille a son petit alvéole. 

Il se dit aussi Des cavités de l'os maxil- 
laire d£ns lesquelles les dents sont enchâs- 
sées. L'alvéole dune dent. 

ALYIir, INE. adj. T. de Médec. Qui a 
rapport au bas-ventre. On l'emploie surtout 
au féminin, et dans ces locutions. Évacua^ 
tions alvines, déjections alvines* 

AMA 

AMABILITÉ. S. f. Caractère d'une per- 
sonne aimable. Cette personne a beaucoup 
tTamabilitéf est d'une grande amabilité, 

AMADIS. s. m. Il se dit d'Une sorte de 
manche de chemise, dérobe, ou d'autre vê- 
tement, qui s'applique exactement sur le 
bras, et se boutonne sur le poignet, sans 
boufier ni faire de plis. Ces amadis sont 
trop courts. Une manche en amadis, 

AHADOIJ. s. m. Mèche qui est faite d'une 
espèce de champignon , et qui s'embrase ai- 
sément, lorsquon fait tomber dessus une 
étincelle de feu , au moyen d'un briquet et 
d'un caillou. Cet amadou serait meilleur s'il 
était plus sec. Un morceau d'amadou. Cela 
prenafeu comme de Vamadou. Voy. Agakic. 

AMADOUER. ▼. a. Flatter, caresser quel- 
qu'un pour le disposer à ce qu'on désire de 
loi. Amadouer les enfants. Amadouer le peU" 
pie. H tamadoua par de belles paroles, il est 
familier. 

AvâDoui, ia. participe. 

AMAIGRIE. V. a. Rendre maigre. Lejeàne 
amaigrit. L'usage fréquent de certains ali^ 
ments dessèche et amaigrit. Le travail l'a 
beaucoup amaigri. 

Il est aussi neutre, et signifie, Devenir 
maigre. // amaigrit tous les jours. Les bœufs 
amaigrissaient dans ces pâturages, au lieu 
d'engraisser. 

Il s'emploie aussi avec le pronom person- 
nel , dans le même sens, ^amaigrir par le 
tnr**ail, par un excès tTabstinence. 

En termes de Sculpt. , Cette figure s'est 
amaigrie, se dit D'une figure de terre glaise 
qaî s'est réduite en séchant. 

£n termes d'Archit , Amaigrir une pierre, 
une pièce de charpente, En diminuer répais- 
seur, pour l'ajuster à la plaoe qu'elle doit 
occuper. Dans ce sens, on dit aussi, Dé- 
maigrir. 

Amaigsi, ib. participe. 

AMAIGRISSEMENT, s. m. État d'une 
personne qui passe de l'embonpoint à la 
maigreur. L'amaigrissement est un mauvais 
présage dans les personnes âgées. 

AMALGAMATION, s. f. Opération méUl- 
lursiqu® !"> consiste à extraire l'or et l'ar- 



AMA 

gent de leurs gangues, par le moyen du 
mercure. 

AMALGAME. S. m. T. de Chimie. Com- 
binaison , union du mercure avec un autre 
métal. Faire un amalgame, Amalgame é^or, 
d'argent, de bismuth, etc. Le tain des glaces 
est un amalgame d'étain. 

Amâlgamb, se dit, figurément et fami- 
lièrement, d'Un mélange de personnes ou 
de choses qui ne sont pas ordinairement 
unies. Cette société offre un étrange amal- 
game de tous les rangs et de toutes les opi- 
nions. Son caractère est un singulier amal- 
game de bassesse et (f insolence, 

AMALGAMER, v. a. T. de Chimie. Com- 
biner, unir le mercure avec un autre métal. 

Amalgamer, signifie, figurément et fami- 
lièrement. Rapprocher et unir des choses 
difTérentes. Amalgamer des idées nouvelles 
avec des idées anciennes. 

Il s'emploie avec le pronom personnel. 
Ces deux caractères auront de la peine à 
s'amalgamer. 

Amalgamé, àe. participe. 

AMANDE, s. f. Fruit que donne l'aman- 
dier, et qui est d'une substance blanche et 
compacte, d'une saveur douce ou amère, 
selon la nature de l'arbre, et d'une forme 
oblongue : ce fruit est enfermé dans une 
coque recouverte d'une écale verte. Amande 
douce. Amande amère, La coque d'une amande. 
Huile d^ amande douce. Du lait d'amande, Pdte 
tTamandes. Un gâteau d'amandes. Biscuit 
d'amandes amères» 

A mandes lissées. Dragées faites d'amandes 
couvertes de sucre. Amandes à la praline, 
amandes pralinées, ou Pralines, Amandes 
cuites dans du sucre brûlant. 

ÂJCAiiDB, se dit aussi de Toute graine 
contenue dans un noyau. Casser un noyau 
de pèche pour en avoir l'amande. Les aman- 
des tTabncots sont amères. 

AMANDE, s. m. Lait d'amande, sorte de 
boisson faite avec du lait et des amandes 
broyées et passées. Prendre un amande. 

AMANDIER. S. m. Arbre qui porte les 
amandes: il appartient à la famille des Ro- 
sacées. Les amandiers fleurissent de bonne 
heure. Les amandiers sont sujets à geler. 
Greffer des fruits à nojau sur un amandier, 

AMANT y ANTB. 8. Celui, celle qui a de 
l'amour pour une personne d'un autre sexe. 
Amant ^èk. Amant heureux. Amante infor- 
tunée. Une femme qui a beaucoup diamants. 
Les poètes ont été souvent appelés les amants 
des muses, 

Fig., Un amant de la liberté, de la gloire. 
Un homme qui aime la liberté, la gloire avec 
passion. . 

Amavts, au pluriel, se dit souvent de 
Deux personnes de différent sexe, qui s'ai- 
ment. Le mariage entre ces deux amants est 
résolu. 

AMARANTE. 8. f. Fleur d'automne, qui 
est ordinairement d'un rouge de pourpre 
velouté. L'amarante est le symbole de l'im- 
mortalité. De la graine d'amarante. Oa la 
nomme autrement Passe-velours. 

n se dît, en Botanique, Du genre de 

Slantes auquel appartient l'amarante, et 
ont les différentes espèces portent des 
fleurs disposées en forme de panache, ou 
en grappes. La blette est une espèce d'ama- 
rante, est du genre des amarantes. 



AMA 



6i 



ÂJCABAVTB, est aussi adjectif des deux 
genres, et il se dit Des choses qui sont de 
couleur d'amarante. Un velours, un satin , 
un drap amarante. De la soie amarante. Un 
carrosse amarante. 

AMARINAGE. s. m. T. de Marine. Action 
d'amariner un bâtiment pris sur l'ennemi. 

AMARINER. v. a. T. de Marine. Envoyer 
des gens pour remplacer l'équipage d un 
bâtiment pris sur l'ennemi. 

Amabibeb, signifie aussi, Accoutumer, 
habituer a la mer. Ce vaisseau de guerre a 
mis en mer pour amariner son équipage, qui 
est en grande partie composé de matelots 
novices. 

ÀMAHiiri, ÉE. participe. Un vaisseau amth 
riné. 

Un matelot amariné. Qui n'éprouve plus 
le mal de mer , et qui a le pied marin. 

AMARRAGE, s. m. T. de Marine. Action 
d'amarrer un bâtiment. 

Il signifie aussi , L'union , la ionction 
de deux cordages par un autre plus petit 
qui fait plusieurs tours symétriques. Faire 
un amarrage, des amarrages. On appelle 
Ligne d^amarrage, et non Amarre, Le cor* 
dage qui sert à faire cette espèce de liai- 
son. 

AMARRE, s. f. T. de Marine. Cordage 
servant à arrêter un bâtiment à terre ou 
à l'attacher à un autre bâtiment; et en gé- 
néral , Tout cordage qu'on emploie à atta- 
cher divers objets dans un navire. Les 
amarres d^un vaisseau. Jeter une amarre à 
une embarcation, à un canot qui aborde au 
bâtiment. Retenir les canons avec des amarres. 
Lier une table avec une amarre. 

Ce bâtiment est sur ses amarres. Il est à 
Tancre. Ce bâtiment a sanci sous ses amar* 
res. Il a sanci étant à l'ancre. 

AMARRER, v. a. T. de Marine. Lier, 
attacher avec une amarre. Amarrer un bâ- 
timent dans le port. Amarrer un navire aux 
anneaux du port, une chaloupe au rivage. 
Amarrer les canons dans un vaisseau, pour 
qu'ils ne roulent pas. 

Amarrb, ia. participe. 

AMARYLLIS, s. f. (On prononce PS.) 
T. de Botan. Plante de la famille des Nar- 
cisses, qui sert à l'ornement des jardins. 

AMAS. s. m. Assemblage de plusieurs 
choses réunies, accumulées, comme en 
une seule masse. Amas de sable. Amas de 
pierres. Amas d'argent. Avant que de com- 
mencer à bâtir, il faut faire amas des maté- 
riaux nécessaires. Faire de grands amas de 
blé. Faire amas de toutes sortes de prwisions. 

Il se dit, dans un sens analogue, en par'> 
lant De certaines choses liquides. Un grand 
amas d^ eaux pluviales. Un amas d^ humeurs, 
de pus, de sérosité, de sang. 

Il se dit figurément en parlant De choses 
morales, et 11 se prend ordinairement en 
mauvaise part. Ce livre n'est qu'un amas de 
citations, un amas d'erreurs, un amas de 
paroles dénuées de sens, un amas confus de 
vérités et de mensonges. Sa vie est un amas 
d'horreurs, de crimes. 

Il se dit aussi de L'assemblage, du con- 
cours de beaucoup de personnes. Lorsqu'ils 
virent un si grand amas de peuple. Un amas 
de toutes sortes de gens, 

AMASSER. V. a. Faire amas, faire un 
amas, mettre ensemble. Amasser des ma» 



62 



âMB 



r. JmasMT de Vargeni, Amasser de 
grtuufs biens. Amasser sou sur sou. Amasser 
• ies eaux pluviaks, dans des citernes. 

Il s'emploie quelquefois sans régime; 
alors il s'entend toujours De Targcnt, et si* 
gnifie f Thésauriser. Cei homme ne fait qu'a* 
masser. Au lieu de dépenser, il amasse. 

Il s*emplote aussi fignrément, au sens 
moral. Amasser des matériaux pour un ou- 
vrage. Amasser des preuves pour une ajfaire. 
il mvii amassé beaucoup de connaissances. 

AvAssBR, signifie encore. Réunir, assem- 
Mer beaucoup de personnes. Il amassa aussi* 
tôt ce qu'a put trouver d'amis. Amasser des 
troupes de tous côtés. 

ÀMASssft , s'emploie aussi avec le pronom 
personnel. // s'est amassé beaucoup de sable 
^ui encombre le port. Les eaux pluviales 
s'amassent dans cette eiterne. Des humeurs 
^fm s'amassent. Le peuple s'amassait autour 
Ae lai. 

Ahassbb , signifie Quelquefois , Relever de 
<erre ce qui est tombé. Amasser ses gants. 
Amasser un papier. Dans cette acception, 
«1 a vieilli ; on dit, Ramasser. 

AxAssé, BB. participe. 

AHATELOTA6E. s. m. T. de Marine. 
Action d'amateloter. 

AHATBLOTER. V. a. T. de Marine. Met- 
tre, classer deux à deux tous les hommes 
d'un équipage, pour qulb s'aident ou se 
remplacent mutueNement dans k même 
service, dans le même emploi. 

Akàtblotb, xb. participe. 

AHATBUE. s. m. Celui qui a beaucoup 
d'attachement, de goût pour uuelque chose. 
Amateur de la vertu, de la gloire. Amateur 
de huanges. Amateur de la nouveauté. Ama- 
teur eks beaux-arts. Amateur de lapàuture, 
de la sculpture, de la musique. 

Il se dit absolunfent de Celui qui aime les 
beaux-arts sans les exercer ou sans en faire 
profession. // n*est pas artiste, il n'est qu'a- 
mateur. Cest un talent d^ amateur, un ouvrage 
d'amateur. 

AMATIR. V. a. T. dX>rfi§vTe. Rendre mat 
l'or ou Targcnt, en leur ôtant le poli. 

Amâtt, rx. participe. 

AHACROSB. s. f. t. de Médec. Affection 
caractérisée par la perte complète ou in- 
complète de la vue, sans ahération appi*é- 
ciabtc des parties constituantes du globe 
de rceit. L'amaurose est due à la parmrsie, 
soit idiopathique, soit sympathique. Je la 
rétine. On la nomme vul^îrement Goutte 
sereine. 

AMAZ^SIB. s. f. Femme d'un courage 
mâle et guerrier. Cest une amazone. Cette 
significBlion vient de ce que les anciens ont 
prétendu qoll y avait en Asie un pays habité 
par des femmes toutes guerrières, appelées 
Amazones. 

Habit (tamazjone, ou absolument, Ama^ 
9one, Robe ordinairement de drap, que les 
ftmmes portent jpour monter à cheval. On 
dit de même. Être vêtue en amazone* 



I. s. f. pi. Cfrcaît et embarras 

de paroles. // ne parte jamais que par am- 

èâges. De longues amhuges. îl est peu usité. 

ASBASRABB. s. f L'emplor, la fonction 



AMB 

d'un homme envoyé par un prince ou par 
un État souverain, à un autre prince ou 
État souverain, avec le caractère de re- 
présentant. Ambassade honorable. Envoyer 
auelqu'un en ambassade, En qualité d'am- 
bassadeur. Envoyer un habile diplomate en 
ambassade. On Vem*oya en ambassade à 
Rome. Il alla en ambassade à Constantino^ 
pie. L'ambassade de Rome. 

Il se dit, quelquefois, dTTne députation 
envoyée à un prince, à un État souverain. 
Us allèrent en ambassade vers ce prince. 
L'ambassade partit. Envoyer une ambassade. 
Rece%*oir une ambassade. 

Il se dit aussi, collectivement, de L'am- 
bassadeur et des couseillers, des secrétaires 
employés sous hii. Les bureaux, thâtel de 
Vambassade russe. Il appartient à Fambas- 
sade. Il est attaché à Vambasstule. 

L'ambassade est maenifique, La suite de 
Fambassadeur est nombreuse et magni floue. 

AsrBâSSâDB, se dit encore de L^iôtel et 
des bureaux d'un ambassadeur. Je vais à 
telle ambassade. Il est logé à l'ambassade. 

Ambassadb, dans le langage familier, se 
dit de Certains messages entre particuliers. 
Faire une ambassade, s'acquitter dune am- 
bassade auprès de quelqu'un. Se charger 
d'une ambassade. Je ne me charge point 
d'une pareille ambassade. 

Fam. , // a fait une belle ambassade, se 
dit, par plaisanterie. De quelqu'un qui a 
mal conooit une affaire, et qui n*y a pas 
réussi. 

AnBASSADETR. s. m. Celui qui est en- 
voyé en ambassade par un prince ou par un 
État souverain , à un autre prince ou État 
souverain, avec le caractère de représentant 
Ambassadeitr ordinaire. Ambassadeur extra- 
ordinaire. L'ambassadeur de France à Rome. 
L'ambassadeur étEspagne en France. L'am- 
bassadeur anglais, russe, etc. La qualité, 
le titre étanéassadeur. Nommer un ambas- 
sadeur. Eni'Oj'er un ambassadeur à un prince. 
Rappeler un ambassadeur. Recevoir un am- 
bassadeur. L'introducteur des ambassadeurs. 

Il se dit quelquefois Des membres d'une 
députation. Dans ce sens, on ne l'emploie 
guère qn^en parlant Des anciens, ou de 
peuples éloignés dont les relations politi- 
ques sont moins régulières nue celles des 
nations européennes. Les ambassadeurs que 
les Scythes envoyèrent à Darius. Les ambas- 
sadeurs revinrent sans (u*oir pu rien obtenir. 

Ambâssadbitb, se dit aussi, figuréinent 
et familièrement» de Toute personne que 
Ton emploie à faire quelque message. Fous 
ne pouviez envoyer un plus habile ambassa- 
deur. 

AVBASSAimtCB. s. f. La f^mme d'un 
ambassadeur. Madame l'ambassadrice. 

AMBàssA.DHrcB, se dit aussi, figurément 
et familièrement, dfUne femme chargée de 
quelque message. Fbus m'avez em'oyé une 
joUe ambassadrice. 

aubb. s. m. Combinaison de deux nu- 
méros pris ensemble è h loterie, et sortis 
ensemble de la roue de fortune. Avoir un 
ambe. Gagner un amÔe. It est sorti un ambe. 

n signifie également, au Loto, La sortie 
de deux numéros placés sur la même ligne 
horizontale, on de la même couleur, dans 
le tableau que le joueur a devant lui et 
sur lequel il marque. 



AMB 

AMBBSAS. s. m. (On fait sentir l'S finale.) 
T. du Jeu de trictrac. Deux as amenés nar 
le joueur. Amener ambesas. On dit plas 
communément, Beset, 

AMBlAJîT, ANTB. adj. T. do Physique. 
Qui entonne, qui enveloppe, qui circuk 
autour. Un fluide ambiant. L'air ambiant. 

AMBIDEXTRE, adj. des deux genres. Qui 
se sert des deux mains avec une égale fa- 
cilité. Un homme ambidextre. Um femme 
ambidextre. 

Il peut s'employer comme substantif. 
Cest un ambidextre. 

AMBIGU y UË. adj. Qui peut être pris en 
deux sens, qui présente deux sens. Répanse 
ambiguë. Paroles ambiguës. Parler en termes 
ambigus. Des signes ambigus. Des preuves tfm- 
biguës. Les oracles étaient souvent ambigus. 

AMBIGU, s. m. Repas où Ton sert a la 
fois les viandes et le oessert. Un déjeuner, 
un dîner, un souper servi en ambigu. Les 
grands repas de corps se servent ordinaire-- 
ment en ambigu. Une coHaHon se sert tou- 
jours en ambigu. On servit un ambigu magni- 
fique. 

Ambigu, se dit figurément d'Un mélange 
de choses différentes, de qualités opposées. 
Cette femme est un ambigu de prumt et de 
coquette. 

AMBIGUMBHT. adv. D'une manière am- 
biguë, éouivoque. Il parle, il r^nd tou" 
jours amoigument. 

AMBIGUltli. s. f. Défaut d'un discours 
équivoque et susceptible de recevoir diffé- 
rents sens. Parlez net et sans ambiguïté. Il y 
a de rambigulté dans tout ce qu'il dit. 

AMBITIEUSEMENT, adv. Avec ambition. 
Rechercher ambitieusement les honneurs. 

AMBITIEUX, EUSB. a^i. Qui a de fam- 
bition. Un homme ambitieux. Une fenune 
ambitieuse, tt est plus ambitieux de Javeur 
que de ^oire. Il est plus ambitieux de servit 
sonprince que de lui plaire. 

Il se dit aussi De tout ce qui renferme ou 
marque de Fambition. Désirs ambitieux, 
Fœux, souhaits ambitieux. Prétentions ane^ 
bitieuses. 

En parlant D'un discours , Ornements ant^ 
bitieux. Ornements recherchés, alTectéa. 
On dît de même, St)ie ambitieux, phrase 
ambitieuse, expression ambitieuse. 

Ambitibux, est aussi substantif, et si- 
gnifie , Celui qui a de l'ambition. L'ambitieuse 
sacrifie tout a sa passion. Les ambitieux sa 
permettent tout pour parvenir à leurs fins» 

AMBITION, s. f. Désir immodéré d'hon- 
neur, de gloire, d'élévation, de distinction. 
Grande ambition. Ambition déréglée, Awhi^ 
tion démesurée.^ Ambition sans bornes, Amèh 
tion insatiable. Avoir de tambition: Être dé* 
voré eTimibition, If est sans ambition, 

Ambitiob, se prend aussi en bonne part; 
mais alors il ftiut en détourner le sens par 
une épilhèle , ou par queTq,ue chose dTéqui . 
valent. Nbbk ambition. Ambition huiâde, 
honnête. Une sainte ambition. Ce prince n'a 
d'autre ambition que de rendre ses peuples 
heureux. Toute son ambition se borne à remplir 
ses devoirs. 

AMBITIOimER. V. a. Reehet*cher avec a»« 
deur, avec empressement. Ambitionner Hts 
honneurs, les mgnités,. tes premières ptace9„ 

Il se dit , par exagération , dans certaioos 
formules de civilité. Ce que f ambitionne le 



AMB 

pius, c'est Thonneur t/e vous sennr, c'est de 
pouvoir vous retvire quelque service, 

AMBiTioxai, n. participe. 

iWBLE. s, m. Sorte d^allure cl*iin cberal, 
dans laquelle il avance à la fois et alterna* 
tivement lea deux jambei d'un même côté. 
V amble est onUuatnmeut une uUurs urttfi- 
aelie. Grand amUt. JaUtle doujt, jimole 
rude. Un ehevoi qui va Vamble, Mettre «a 
cheval à Vamble^ Une haquenés franche d'am- 
ble m qui se met dede^mme à. VamhU, Oq le 
dit Clément en parlant Dea ânes et dea 
mulets. 

AMEf.KB, Y, n* Aller Famble. Uns ha- 
fueaét qui omble biso^ Il tkillit. 

AMBRE, s.^. On distingue deux aortes 
4* Ambre, VJmbre jauns et VJmbregriSn 

^mbf jaune, ou Suocin^ Substance so* 
lide plus ou moina transparente» d*une cou- 
leur jaunâtre plus ou moins foncée, et 
avaceptiUe d'un beau poli, t'ambre jaune 
s'éleçtrise par le frottement. L'ambre jaune 
sa recuedle sur les bords de la mer Baltique, 
Um eolker, un chapelet d'ambre* 

jimhregris. Substance molle, d\iBe cou* 
leur cendrée» et d*une odeur très -forte. 
Usk moremu iamkrs #m. Sentir ramhrs, k 
musc et /'«odtK. Esssact d'ataère^ 

JVav. et fig« » // car jCa «aaïai^ l'ambre, se 
dit D'un bomme trèa-péuéirant , fort délié. 

jLliBBBit, v« a« Parfumer aveo de l'ambre 
gris, timbrer dts gants, 

Aj(»ai. s», psiXik^^DurossoksamhrL 
Des pastilles qmhréss^ 

Adjectîv. , Couleur ambrée. Couleur sem- 
blable à celle de l'ambre jaune* Odeur am» 
àsde. Odeur auafefuo à cette de l'ambre 



AMBEETTE* a. t Plante dont les grains 
ont une odeur dVimbre» el serfaknt autre- 
Ibia pnncîpaleaient à par£ni»er k poudre 
pour les cneveux. Graines d'ambretTc 

Poire d'embretto, £sp^ de poire qui a 
quelquefois une odeur d'ambre on de muse. 
Un panier de poires d'amÊbntto^ 

ABIBBOSIE^ et plus commumémeot ABfr* 
BEOiSiB» s^ t Sumnt la Fabk» Nourri- 
ture d*UB foÀt et d'un fArfmn délicieux 
qui était destinée aux divinités de l'Olympe, 
et qui donnait l'immortalité à ceuK qui en 
goûtaient. Le nectar et l'ambroisie, 

AMBBMtBKy IB1IN& adii. II n'est guère 
unité que dans ces looutioas : ChaaSambro» 
sien, Qmnt de Toffiee diWn, qui est attrt^ 
hué à saint Ambraisa; .^^^Messe amèro- 
sienne. Messe selon le rit de i'Égfise de 
B&lan • dont saint Ambrcùse fut évéqne. 
- AMBOJLABCB. a. £ Sorte d'hôpilaf mi&i* 
taire qui suit une armée, ou un coqpa d'ar^ 
méa, pour en recueillir les malades et les 
yceséa. Ummkuhsme peut être établie doits 
mm bétimsmt peàs dm champ de hataiUe, ou 
sous mme êtmto, ou utémaem pleins ea m pagms, 
dtmàst ko mmgs do tmsmi. ehanois d^aat^ 
Mamce. JlUr à Vambulance. Portes des 
hksséa 4 tamhnkmet^ Chintrgiem éTamhu' 



ÂM£ 

cber, se promener. U eit opposé à Fixe, 
sédentaire. Hôpital ambulant. Hôpital qui 
suit l'armée. Commis ambulant, Celui qui est 
obligé, par son emploi d'aller de coté et 
d'autre. Comédiens ambitlants. Ceux qui 
vont de ville en ville jouer la comédie. 
Marchands ambulants ^ Ceux qui parcourent 
la ville en criant leur nurcbandise, ou qui 
vont de ville en ville, de village en village. 
On dit, dana un sen^ analogue. Musiciens 
ambulants, chanteurs ambulants, eto. 

En Médec., ^résipèle ambulant, dartre 
ambulants, ete„ Éréaipèle, dartre, etc., qui 
abandonna une partie pour ae porter sur 
une autre. 

Cest un homme fort ambulant, qui mène 
une vie fort ambulante, Cest un bomme 
qui est toujours par voie et par cbemin. 

AMBULATOIBB. adj. des cleux genres. Il 
se disait autrefois D*une juridiction dont 
le siège n'était pas fixe, et qui se tenait tan- 
tôt dans un endi'oit, tantôt dans un autre. 
Le parlement, à son origine, était ambulaioire, 

Prov. , /a volonté de l'homme est ambu' 
latoire. Elle est sujette à cbanger. 

AME 

jLaiB* s. f. Le principe de b >»ie dans tous 
les êtres vivants. JmeraisotmMe, Celle qui 
est le principe de la vie , de U pensée et 
des mouvements volontaires, dans rbomme. 
j/m# semsiti\*e. Celle qui ftiit cintre, mou- 
voir et sentir les aBÎBaaux.-^iite v^tative, 
Oelb qui fait croître les phuates. 

Suivant les philosophes anciens, L'dmt 
dm monde. L'esprit universel qu'ii^ suppo- 
saient répandu dana toutes k» parties île 
l'uni vera. 

kwUf se dit prlneipalemeiit de L'ame 
raisonnable y de l'àme de l'homme. L'âne 
est indivisible, spirituelle, iaumortelle. Les 
fatBukés de tome. Ixs puissances de l'ékne. 
Les foncions, les opérations de rdme. Les 
passions, tes mouveaunts de rdme. Armer 
Dieu de toute son dme. 

J'en sttis ému jusqu'à tdme, jusqu'au f&nd 
lie l'dmep J'en sais vivement ému, profon- 
dément touché. J'en ai Pébne navrée, J'en 
éprouve une peine sensible, une peîno sol- 
treme» 

Aiia^ se dxt souvent par rapport à nos 
bonnes ou mauvaises qualités morales, jfme 
noble, généreuse, éhvée, héroïque. Une Belle 
dme. Une grande dme. Une âme hiem met. 
Jma JuiUe, Jms bassa, Àmo bkhe, mté^ 
rossée. Amse do bosse . jlmm vémaês. Anso imer^ 



AM£ 



63 



ide GontribatioBa 
«ndirada» eC de domaînea» signifie, L'em* 
ploi cTun comaûa qui est obUgéd'aUer de 
o&lé aCd'autrsw JUeitimSume tmiulameeésns 
fit AmiinMiif 

AHBQliART. ANTB. adj. qui vic^ éa 
fâawi KKii Jasimler^ signifiant, AUer, mar- 



Pam. , Cest iom beeufe dme, se dit D'an» 
personne sans malice, d^uu bon caractère. 

Akb, se dit aussi par rapport à la reli- 
gion. Une dme régénérée par le baptême. Un», 
âme nsshetée par le samg' de Jxsvs-Cnaiar. 
jfmesametifiie, iUwsttnéepar la gréât, Cest 
urne sainte dme, une homme dme. Les dmes 
dévoSss, Les dmes ehrétiemteo, Ifous avons 
mme mmo m sauver, B éméfieo à charge dTdmes, 
avos càa^ d'émes. 

Il se dk encore de L'Ame considérée 
comme sé pa r é e du covps. Les dmes des tré- 
passés, JJéem veuiëe mfoir son dme, Det*ant 
Dieu sois somdme. Pries Dieu pour son ibne, 
pour le repos de somdme. Son dme est dettrrrti 



Dieu, Les dmes qui sont en put^toire. Les 
dmes bienheureuses. Les dmes damnées. 

Fig. et iauk. , Cest son dme damnée, se dit 
D'un homme entièrement dévoué à un aor 
tre, et qui exécute aveuglément toutes aes 
volontés, quelque injustes ou odieuses 
qu'elles soient. 

Àks , se dit quelquefois de La pensée in- 
time, et de La conscience. Je voudrais biem 
savoir ce qu'il a dans tdme. Les yeux sont lo 
miroir de l'dme. Il a tdme bourrelée. Il sait 
bien dans son dme que,,. Il jure en son dmo 
et conseieaoe que ta chose est ainsi, 

Absol. , Cet homme n'a poùtt d'dme, est 
sans dme. Il n'a ni cœur m sentiment On 
dit aussi , Il a de l'dme. Il est fiieilement 
ému par ce qui est juste, généreux, digne 
d'intérêt. 

Amb, signifie, dans certains cas. Une 
personne, soit homme, feaMne, ou enfant. 
H n'y avait dmo vivante dans cette maison. 
Fous ny trouverez pas une dme. Il y a cent 
mille dsMS dans cette ville, Cest dans ee sens 
que les prédicateurs appeNent quelquefois 
leurs auditeurs, ^mes ckrétismus. 

Axa , se dit qndquefois pour La vie. /? 
a rendu tdme, H est mort. A a tdme sur les 
lèvres, Il est près d'expirer. Cest dans ce 
sens qu'où dît £imilièrement, Parler à un 
avare de vdus aider de son argent, c'est fut 
arracher l'dme. 

Par forme de serment, d'affirmation, Sut 
mon dme, Sur ma vie, sur mon honneur. 

Ava, se dit figurément de OAni qui est le 
prtncipai moteur, te principel agent d\ine 
entreprise. # e// tdmedel'enfeprise, H était 
l'dme du complot. 

Il se dil aussi figurément dUne chose qui 
est le principal fondement d'une autre, qui* 
la maintient , quî la lait principalement sub- 
sister ou agir, ta discipline nàataire est tdtne 
d'urne armée. La bonne foi est tdme du com" 
mores, 

Fig. , Donner de tdme à un ouvrage, mettre 
de tdme dans un ouvrage. Exprimer vive- 
ment ce qu'on y représente, y mettre beau- 
coup de feu , de sentiment : cela se dît 
soit en parlant Des orateurs et des poètes, 
soit en parlant Dca peintres, des scnl]9- 
teurs et des musiciens. 

Fig. , La sculpture dbnrte de tdme au mar* 
bre, £tte anime, eNe fidt vivre en quelque, 
sorte le marbre. 

Pig. f H ya ek tdme, itn^ya point et dme 
dkms son chant, dans sa déclamation , Il 
chante, il dèchme arec une chaleur, avec 
une senstàîf ité qui émeut, ou d'une manière 
(W)idle et hmguissante. On dit de même, Il 
déclame, Henante, mredhre, sans dme. On 
dît aussf. Ce chanteur, cet acteur a de tdme, 
n'a point d'dme. 

Prov. et fig. , Cest un corps sans dme, se 
dilE^une compagnie, d\in parti , d'une ar- 
mée sans chef, ou dont le chef n'est pas 
capable de l'être. 

Ftg. et fam. , Cette étoffe n'a que tdme„ 
Bile manque de corps, de consistance, de 
force. 

Ajiu, se -dît encore, figurément. Des pa- 
roles quî servent i expliquer fa figure re- 
présentée dans te corps d'une devise. La de- 
vise avait pour corps un arbre abattu , entouré 
(tun lierre, et pour dme ces paroles: Je meurs 
oit je m'attache. 



64 



AME 



Âmb » 8*einploie par extension, et par une 
sorte d*analogie, pour désigner Certaines 
choses physiques. Ainsi on dit : 

L'âme a une contrebasse, dune basse, éTun 
TÂolon, tCun alto. Le petit morceau de bois 
qu'on met dans le corps de instrument, 
sous le chevalet, pour soutenir la table. 

Vâme (tune figure, d'une statue. L'espèce 
de massif, de noyau sur lequel on applique 
le stuc, le plâtre, etc., dont on forme une 
figure, une statue. Les statues etor et éfi' 
i'oire des anciens Grecs avaient une dme ou 
noyau de cèdre, sur lequel s'appliquait par 
compartiments le revêtement de la sculpture. 
Il se dit également Du noyau sur leqnuel on 
«ouïe une figure, une statue, et qiron en 
retire après l'opération de la fonte. Foyez 

NOTJLU. 

Pop. , L'âme d^ un fagot. Le menu bois, 
les menues branches qui sont au milieu 
d'un fagot Jllumer le feu avec l'âme d^un 
fagot 

L'âme d'un canon. Le creux où Ton met 
la poudre et le boulet. 

L'âme d'un soufflet, La soupape de cuir 
qui laisse entrer l'air dans un soufflet en 
se levant, ^et qui l'y retient en s'abaissant. 
- AJHE, ÉE. adj. Aimé. Vieux mot qui a 
été longtemps usité en style de Chancelle- 
rie , dans les lettres et dans les ordonnances 
du roi. Nos amés et féaux les gens tenant 
notre cour de parlement. Notre très^cher et 
irès-amé frère. Notre amé et féal. 

AMÉLIORATION, s. f. Changement en 
mieux ; progrès vers le bien ; meilleur étaL 
Ce bien est délabré, mais il est susceptible d'a- 
mélioration. Il X a une grande améliorafion 
dans tétat de ce malade. Il s'opéra dans les 
mœurs une amélioration remarquable, sensi- 
ble. De lentes améliorations. 

Il se dit, particulièrement, de Ce qu'on fait 
dans un fonds de terre ou dans une maison 
pour les mettre en meilleur état et pour 
en augmenter le revenu. On est obligé de 
payer les améliorations à un possesseur de 
bonne foi que l'on dépossède. Il a fait une 
amélioration considéraùle dans sa terre. Amé- 
liorations utiles. Améliorations eTagrément. 

En termes de Droit, Améliorations vo- 
luptuaireSf Améliorations d'agrément. 

AMELIORER, v. a. Rendre une chose 
meilleure. Le régime a fort amélioré sa santé. 
Ces travaux ont amélioré le sol. Cet événement 
a bien amélioré sa fortune, ses affaires. Il a 
recouvré des titres aui ont amélioré son droit. 

Il se dit particulièrement en parlant Des 
réparations qu'on fait à un bâtiment, des 
augmentations qui se font à un héritage. // 
a fort amélioré cette métairie, en faisant ré- 
tablir les bâtiments qui tombaient en ruine, et 
en faisant fumer les terres. 

Il s'emploie aussi avec le pronom per- 
sonnel. Sa santé s'améliore de jour en jour. 
Les mœurs se sont améliorées. 

Améliora, se. participe. 

AHEH. (On prononce Vn.) T. emprunté 
de la langue hébraïque, qui signifie, Ainsi 




cousent a une chose. // dit amen à toutes les 

propositions qu'on lui fait. Il dit amen à tout, 

^ Il s'emploie aussi, familièrement, pour 

lignifier, La fin d'un discours, d'une pro- 



AME 

position, d'un récit Attendez jusqu'à amen. 
Il m'a tout conté depuis Paier j'umu à amen. 

AMÉNAGEMENT, s. m. T. d'Ëaux et Fo- 
rêts. Action d'aménager, et Le résultai de 
cette action. 

AMÉNAGER. ▼. a. T. d'Eaux et Forêts. 
Régler les coupes, le repeuplement et la ré- 
serve d*un bois, d'une forêt Aménager un 
bois, une forêt. 

Aménager un arbre, Le débiter en bois 
de charpente ou autrement. 

AflfxvAGi, is. participe. 

AMENDABLE. adj. des deux genres. Qui 
est susceptible d'amélioration. Une terre, 
un sol amendable. 

Il signifiait autrefois, en termes de Palais , 
Qui est sujet à l'amende. 

AMENDE, s. f. Peine pécuniaire imposée 
par la justice. Amende ordinaire. Amende 
arbitraire. L'amende de fol appel. Payer l'a- 
mende. Être condamné à f amende, à de 
grosses, à de fortes amendes. Une faible, 
une légère amende. Une amende de cinquante 
francs, de cinq cents francs, de mille francs. 
Fous serez mis à l amende. Receveur des 
amendes, 

Prov. , Cest la coutume de Lom's, les bat- 
tus payent r amende; ou simplement et plus 
ordinairement. Les battus payent l amende, 
se dit en parlant D'un homme qui est con- 
damné, tandis qu'il devait être dédommagé. 

Amende honorable. Sorte de peine inia- 
mante qui était ordonnée par justice, et 
qui consistait à reconnaître publiquement 
son crime, et à en demander pardon. Faire 
amende honorable, la torche au pwig et la 
corde au cou, 

Fig. etfam. , Faire amende honorable d'une 
chose. En demanderpardon. Fous at»^ man- 
qué aux égards qui lui sont dus, ilfiâut que 
vous en fassiez amende honorable. 

AMENDEMENT, s. m. Changement en 
mieux. Amendement dans les symptômes 
d'une maladie. Il n'y a point dt amendement 
à sa santé. On remarque dans sa conduite un 
grand amendement. L'amendement d'un sol, 
d'une terre. 

Il se dit aussi, en Agriculture, de Tout 
ce qui contribue à rendre un tefrain meil- 
leur et plus fertile. Les amendements natU" 
rels sont l'air, l'eau, la lumière, la chaleur, 
etc. Les labours, les sarclages, le mMange 
des terres, les engrais, etc. , sont des amende- 
ments artificiels. 

Il se dit encore d'Une modification faite 
à un. projet de loi , d'arrêté , pour changer 
quelqu'une de ses dispositions, ou seulement 
pour lui donner plus de clarté, plus de pré- 
cision. Proposer, discuter, mettre aux voix, 
adopter, rejeter un amendement. On a fait à 
cette loi plusieurs amendements, La loi a jhms» 
se sans amendement, 

AMENDER, v. a. Corriger, rendre meil- 
leur. Les bons conseUs etles bons exemjdes 
ont amendé ce jeune homme. Il faut qu'il 
amende son ouvrage. Cette place a bien 
amendé la position de votre frère. On amende 
les terres avec du fumier, de la marne; on les 
amende aussi par les labours, le sarclage, ete. 

Amender un projet de loi, d'arrêté, Y faire 
des changements, des modifications. 

Akxvdbb , s'emploie aussi avec le pronom 
personnel. Il faut esj)érer qu'il s'amendera. 
Cette terre s'amendera àjorce de fumier. 



AM£, 

ProY., Bfal vit qui ne s'amende, Cest 
faire un mauvais usage de la vie que de ne 
point se corriger. 

Prov. et fig. , Cela n'amendera pas votre 
marché. Cela ne fera pas que vous en soyez 
quitte à meilleur compte , cela ne rendra 
pas votre condition meilleure. 

Ajcbvdxb, sienifiait autrefois, en termes 
de Palais , Condamner à l'amende. 

Ambvdbb, est aussi verbe neutre, et si- 
gnifie. Faire des progrès vers un meilleur 
état Ce malade n'a point amendé dejntis la 
saignée. 

Il signifie aussi. Baisser de prix , devenir 
moins cher. Le blé est bien amendé. Cela fit 
amender le vin. Ce sens vieillît. 

Prov., Jamais chei*al ni méchant homme 
n'amenda pour aller à Rome, On ne se cor- 
rige pas ae ses vices en voyageant. 

AMBKDi, iE. participe. 

AMENER. V. a. Mener, conduire en quel- 
que endroit, ou vers quelqu'un. H m'a amené 
ici. Si vous venez nous voir, amenez votre 
frère. Il a amené du secours, des troupes. 
Amenez-le-moi, Il le fit amener devant lui. Je 
vous t amènerai Dar le collet, par la main. Il 
lui amena son fis. Nous avons amené d'An-' 
gleterre jtlusieurs chevaux. Amenez-moi mon 
cheiHd, mon cabriolet. Ces boulangers nous 
amènent du pain. Ces charretiers nous amè» 
nent du vin, du bois, etc. Amener des mar- 
chandises par charroi, par bateau, à dos de 
mulet. Ces marchandises nous sont amenées 
par la Seine, par ce canal, etc, 

Fam., Quel sujet, quel bon vent vous 
amène? Quel sujet vous fait venir ici? -— 
Par impatience, on dit D'une personne qui 
déplaît. Qui m'a amené cet homme, cet rm- 
portun, cet ennuyeux personnage? 

EnJurispr. crim., âfandat d'amener. Or- 
dre de faire comparaître quelqu'un devant 
le juge. 

Fig. et fam. , Je Fai amené oà je voulais , 
Je l'ai fait condescendre à oe que je désirais. 

Fig.» Amener quelqu'un à une opinion, à 
un sentiment, etc,. Parvenir à lui faire 
adopter une opinion, etc. // me fut im/>os* 
sible de les amener à mon sentiment. Elle 
s'efforçait de l'amènera sa croyance. On dit de 
même : A mener quelqu'un A faire une chose. 
Amener à composition, 

Ajcbhbb, signifie aussi, Tirer à soi. La 
barque est poussée en avant lorsqu'on amène 
la rame à soi. Il amène à lui tout le tapis, 
toute la couverfure, U amène à lui tout û 
profit de t affaire. 

Il signifie, en termes de Marine, Abais- 
ser, faire descendre. Amener les basses ver^ 
gués. Amener les Toiles, 

Amener son pavillon, ou absolument. 
Amener, Baisser son pavillon pour marquer 
qu'on se rend à l'ennemi. Le vaisseau fut 
obligé d'amener son pavillon, fut obligé tta» 
mener. Crier à un bâtiment. Amène l amène 
ton pavillon t 

Ambbbb, signifie encore figurément, In* 
troduire, faire adopter. Ce sont les jeunes 
gens, les femmes qui amènent les modes, Cesi 
lui qui a amené ce jeu, Cest ce médecin qui 
a amené rasage de td remède^ 

Amener un sujet de conversation, amener 
la eonivrsation sur un sujet, Faire que U 
conversation tombe sur tel ou tel sujet. 

£n Littérature, Amener bien, amener mai 



AME 

lui madent, une reconnaissance, un dénoà- 
mentp eie,, Les préparer, les faire venir avec 
ou sans art, avec ou sans adresse. 

En matière de discussion > Cette preuve 
est amenée de lien loin , Elle est bien re- 
cherchée, elle n'est guère naturelle. On dit 
quelquefois de même , Cette comparaison est 
amenée de bien loin , de trop loin. 

AjfmvxB , se dit aussi Des choses qui sont 
immédiatement suivies d'une autre , ou qui 
ont tel ou tel résultat, telle ou telle con- 
séquence. Ce veni nous amènera de la pluie. 
Un malheur en amène un autre. Cela pour- 
raii amener des querelles , une guerre, etc. 
Cet éiénement allait amener une réforme im» 
portante. La politesse des mcours amène celle 
da langage. 

Au Jeu de dés, jimener sonnez, beset, 
douUe-deux, etc., se dit Lorsque les deux 
dés, après avoir été jetés, présentent son- 
nez, beset, etc. 

AirxjrB, ia. participe. 

En termes d'ancienne Jorispr. criminelle, 
%JJn amené sans scandale. Un ordre d'ame- 
ner quelau'un devant le juge, sans bruit, 
sans lui faire affront. Dans cette locution, 
Amené est pris substantivement. 

ÊMkstVn. s. f. Agrément, ce qui fait 
qu'une chose est agrâible. Il se dit parti- 
culièrement D'un lieu, d'une situation 
agréable , d'un air doux et agréablement 
tempéré. L'aménité d^un lieu. L'aménité de 
Fair, 

S s'emploie plus ordinairement au figuré, 
et signifie , Une douceur accompaniée de 
politesse et degrice. Cet homme a de Vamé" 
niié, beaucoup a aménité. Il n*a nulle aménité 
^ dans ie caractère, V aménité du caractère. 
* Urne grande aménité de mœurs. On dît dans 
un sens analogue. Un style ^ein d'aménité, 
taménité du style, etc. 

AMBNTÂGBES. s. f. pi. T. de Botan. Fa- 
mille de plantes à sexes séparés, dont les 
fleurs mâles naissent autour d'un axe ou 
filet appelé Chaton, en latin Jmentum, Le 
woisetier est de la famille des amentaeées. 

AHEHUISBB. v. a. Rendre plus menu, 
Rodre moins épais. Jimenuiser un béton, 
mne ekevâle, une planche. 

Airuroisi, itf. participe. 

Am, iBB. ad). ( L'R finale â^jimerse 
{HTonoDce.) Qui a une saveur rude et ordi- 
nairement désagréable, telle que celle de l'ab- 
sinthe ou de Faloès. Ce vin est amer, devient 
atner. Amer comme suie, comme de la suie, 
comme chicotin. Des herbes amères. Un sue 
otner. Cela est d'un goût amer. Presque tous 
tes médicaments amers sont toniques, 

ProT. , Ce qui est amer à la bouche est doux 
au coeur, 

Avwr la bouche amère. Sentir un goût 
amer à la bouche; et. Cela rend la bouche 
eunère. Cela laisse un goût amer à la bouche. 

Kmuu, s'emploie figurément, et signifie. 
Triste, pénible , douloureux. Regrets amers. 
Souvenirs amers. Chiens amers, D'amères 
infortunes. Perte, privation amère. Sacrifice 
amer, il est bien amer à un père de voir ses 
tuants ne pas répondre à ses soins, 
' Douleur amère , Douleur vive et profonde ; 
et, Larmes amères. Larmes que fait verser 
une profonde douleur. 

Aanm, signifie aussi figurément, Aigre, 
dnr, piquant, mordant , o(Tensant. Plaintes 
Tome L 



AME 

amères. Reproches . amers. Critique amère. 
Propos amer. Ris amer. Trait amer. Répri- 
mande amère. Raillerie amère. Ironie amère. 

Fam., Jl est d'une bêtise amère, Il est 
extrêmement sot. 

, Auxa, s'emploie quelquefois substanti- 
vement. L'amer et le doux sont deux qualités 
contraires. 

En Médec, Prendre des amers. Prendre 
des infusions ou des jus d'herbes amères. 

Ambb, se dit encore, substantivement. 
Du fiel de quelques animaux, et principa- 
lement des poissons. Un amer de bautf. Cre^ 
ver l'amer d une carpe, d'un brochet, 

AHÈRBMBNT. adv. Avec amertume. Il 
ne se dit qu'au firaré. Se plaindre amère^ 
ment. Pleurer amèrement. On Ca critiqué 
amèrement. Il m'en a padé fort amèrement, 

AMERS, s. m. pi. T. de Marine. Marques 
très-apparentes sur les eûtes, telles que 
moulins, clochers, tours, etc., propres à 
guider les navigateurs qui sont à vue de 
terre, à leur indiouer l'entrée d'une rade , 
d'un port ou d'un fleuve. Prendre ses amers. 

AMERTUME, s. f. La qualité, la saveur 
de ce qui est amer. L'amertume de Valoès et 
de la coloquinte. 

Il signifie figurément , Affliction , déplai- 
sir, peine d'esprit. Avoir le cœur plein d'a- 
mertume. Je vous en parle dans ramertume 
de mon cœur. On Va abreuvé dt amertume. 
Cela servit à adoucir l'amertume de sa dou- 
leur. Les douceurs et lesamertumes de la vie. 
Les plaisirs du monde sont toujours mêlés 
d'amertume. 

Il se dit aussi de Ce qu'il y a de piquant, 
de mordant, d'ofTensant dans des écrits ou 
des discours. Il y a bien de l'amertume dans 
cette critique, dans cette défense. Ses propos 
sont pleins d'amertume. Il m'a parlé de lui 
a%*ec amertume, 

AH^HTSTE. s. f. Pierre précieuse, de 
couleur violette. Tailler une améthyste. Une 
améthyste bien mise en œuvre. 

AMEUBLEMENT, s. m. La quantité et 
l'assortiment des meubles nécessaires pour 
garnir tine chambre , un cabinet, etc. Ache- 
ter un bel atneublement. Un riche ameubk' 
ment. Un ameublement de velours. Un ameu- 
blement de damas. 

AMEUBLIR. V. a. T. de Jurispr. Faire 
entrer dans la communauté conjugale tout 
ou partie des immeubles des époux, par une 
convention formelle, comme les meubles 

L entrent par l'efTet de la loi. Ameublir un 
h'tage, un domaine pour teille somme, jus- 
qu'à concurrence de telle somme. 

Ameublir, se dit aussi en parlant Des 
terres qu'on rend plus meubles, plus lé- 
gères. Cette terre est trop compacte, il faut 
Vameublir. 

AvBUBLi, iB. participe. 

AMEUBLISSEMENT. s. m. Action d'a- 
meublir, et Ce oui est ameubli. En Juris- 
prudence : Le père, en mariant sa fille, n'a 
consenti à Vameublissement que pour telle 
somme. Vameublissement montait à tant. 
Ameublissement général, particulier, Ameu* 
blissement déterminé, indéterminé. Clause 
d* ameublissement. En Agriculture : // en coû- 
terait beaucoup pour Vameublissement de ce 
terrain. 

AMEUTER. V. a. Mettre des chiens en 
état de bien chasser ensemble. // faut du 



AMI 



m 



temps pour ameuter des chiens qui n'ont pas 
accoutumé de chasser ensemble. 

Il signifie figurément. Attrouper et ani- 
mer plusieurs personnes pour les faire agir 
de concert. // ameuta les oisifs du quar- 
tier. Quand il eut tuneuté tous ses amis pour 
faire passer cette délibération. 

Il s'emploie quelquefois avec le pronom 
personnel. Le peuple s'était ameuté sur la 
principale place de la ville. Us s'ameutèrent 
contre lui, 

Ambutb , ix. participe. Des chiens qui ne 
sont pas encore ameutes. Des gens ameutés. 

AMI 

AMI, IE. s. Celui , celle avec qui on est lié 
d'une affection réciproque. Ami fidèle. Ami 
constant. And sincère. And solide. Ami cor» 
dial. Ami sûr. Ami éprouvé. Ami généreux. 
Ami intime. Frai ami, Féritable ami. Ami 
chaud. Cest son bon ami, son meilleur ami. 
Cest tami du cœur. Il est son ami depuis 
longtemps. Il a été son ami dans tous les 
temps, de tout temps. Être ami dans la bonne 
et aans la mauvaise fortune. Être ami à toute 
épreuve. Être ami jusqu'à la mort. Avoir des 
amis. Se faire des amis. Acquérir des amis. 
Entretenir, ménager, cultiver, conserver ses 
amis. Se brouiller avec ses amis. Perdre ses 
amifi. Servir ses amis, Employer ses amis. 
Traiter en ami. Parler en ami. Agir en ami. 
Cela n'est pas d'un ami, d'un bon ami. Cela 
est tTun mauvais ami, iunfaux ami. Il ne 
faut point de cérémonie entre amis. Tout est 
commun entre amis. Cela vaut tant entre deux 
amis. Deux femmes qui sont bonnes amies. 
Elle est fort son amie. Cest une de ses amies, 
une de ses bonnes amies. Il était autrtfois de 
mes amis. Je serai toujours son ami, quoi- 
qu'il ne soit pas le mien, 

Prov. , Les bons comptes font les bons 
amis. Quand on a des mtérêts opposés, il 
faut s'entendre et se faire justice récipro- 
quement, si l'on veut rester amis. 

Ami lecteur. Formule qu'on employait 
jadis dans les préfaces, les avant-propos, 
etc. y mais qui n'est usitée aujourd'hui que 
dans le style badin et familier. 

Ami d'enfance, ami de collège, etc. , Ami 
avec lequel on est lié depuis renfance, ca- 
marade de coUége avec lequel on a contracté 
amitié, etc. 

Ami de tout le monde, ami du genre hu* 
main. Celui qui parait avoir de raflection 
pour tout le monde, et qu'à cause de cela 
on soupçonne de n*en avoir véritablement 
pour personne. 

Ami jusqu'aux autels. Ami à tout faire» 
excepté ce qui est contraire à la religion. 
Ami jusqu'à la bourse. Ami à rendre toutes 
sortes de services, excepté d'aider de son 
argent. 

Ami de table, ami de bouteille, ami de 
débauche. Ami avec qui on n'a d'autre liai- 
son que celle qui est fondée sur le plaisir 
*de la table, de la débauche. 

Ami de cour. Celui qui n'a que de fausses 
apparences d'amitié. 

Ptov., Ami au prêter, ennemi au rendre, 
Quand on redemande à quelqu'un l'argent 
qu'on lui a prêté, on s'en fait souvent un 
ennemi. ' 

1 Prov. et fig., Ami à pendre et à dépendre. 



ea 



AMI 



on à vêntin et à cftâpcncfir y. Absolûmes t dé- 
voué. Dépendre, aai» ceUe deinière loca* 
tioD , esl ni» pour Dépenser, 

Boa ami, àotme anUe, aa disent quek|ue- 
fok faoïUièremeot pour Amant, maîtresse» 
JEiJe a un bon ami. U va voir sa lionne 
amie, 

Amx» signifie aussi» Celui qui a beaucoup 
d^stUchemeni pour ud« chose, qui en a le 
goût, la passion. Cet homme est ami de h 
vérité, de la raison, de la justice. Ami des 
sciences, ilesarts^ des Uttres, Cest un ami 
de lu ùouteiUe. 

Ami de la faveur, ami de la fortune , Celui 
qui ne rend des soîos, qui ne s'attache 
qu'aux personnes en £aveur, ou dans l'o- 
pulence. 

L'ami de la maison. Celui qui fréquente 
le plus souvent une famille, et qui vit dans 
rintimiié de ceux qui la composent. 

Aki , se dit encore De» pcrsonnea qui 
sont liées entre eiles par quelque intérêt de 
parti, de coterie. Nous vous soutiendrons, 
mai et mes €ums. 

U se dit également Des nations , des puis- 
saoees» de» maisons qui sont unies entre 
elles par des traités, par des alliances. 
Dans cette guerre, la France tira peu de 
secours de ses amis. Adjectivement : Peuples 
amis, Nations amies. Maisons amies* Etc, 

Ake, est souvent Un terme de familia- 
rité dont on se sert en parlant À des per- 
sonnes fort inférieure». Travaillez, mes 
amis, vous serez bien payés. Tiens, mon ami, 
mon bon ami, voilà /ôur ta peine. L'ami, /è- 
ras-tu bien un message pour moi? 

Il est aussi quelquefois Un terme de haur 
teur et de mépris. Mon petit anù, Je veux 
çue vous sachiez que.„ 

Ami , se dit en outre Des animaux qui 
ont de l'affection pour les hommes. Ily a 
des animaux fui sont amis de t homme. Le 
chien est ami de l'homme,, 

Il se dit également De certaines choses 
qui paraissent avoir quelque sympathie les 
unes avec les autres. L'ormeau est ami de la 
•vigne. 

Des couleurs amies. Des couleur» qui 
s'accordent bien ensemble, dont l'union 
produit un agréable effet. 
. Aki, se dit pareillement De certaine» li- 
queurs, de certaines odeurs, de certaine» 
couleurs qui confortent, qui réjouissent. 
Le vin est ami du ccutr^ Il y a des odeurs qui 
sont amies du cerveau. Il y a des couleurs 

?ui sont amies des yeux. Le vert est ami de 
œil. 

Ami, signifie quelquefois, Propice, favo- 
rable : cette acception n'est guère usitée 
qu'en poésie. Les destins amis. La fortune 
amie. 11 se prend aussi pour Bienveillant, 
obligeant, il m'a montré un visage ami. Fous 
me parliez autrefois un langage ami. Dans 
ces phrases, il est employé adjectivement. 

Ajkib , substantif féminin, s'est dit autre- 
fois pour signifier, Une maîtresse, une per- 
sonne avec qui on est en commerce de galan- 
terie. Cette signification s'est conservée dans 
les généalogies , où , en parlant de bâtardise , 
on dit , Un tel eut d'une telle son amie; et 
dans quelques phrases pi*overbiales, comme. 
Jamais honteux n'eut belle amie. En amour 
il fniit être entreprenant. On disait figu- 
rément d'après l'ancienne Chevalerie, Nous 



AMI 

verrons oui aura belle amie. Nous verrons 
à qui la fortune sera favorable. 

M'aku^ abrévialioa de MoKomie, est Un 
terme dont quelque» maris se servent en 
parlant à leurs femmes, et dont on se sert 
aussi quelauefoi» en parlant à de» femmes 
d'une conoition fort uiférieure. 

Mis, abréviation ai Amie, souvent em- 
ployée dans le vieux langage pour Maîtresse. 
J' aune mieux ma mie. Sa douce mie. Les en- 
(ants donnent quelquefois ce nom à leur 
gouvernante. Aimez^vous bien voire mie? Il» 
disent plus ordinairement. Ma bonne, 

AMIABJ;.E. adj. des deux genres. Doux, 
gracieux. Accueil amiaUe. Paroles amiables. 

Amiable compositeur. Celui qui est chargé 
d'accommoder un différend, un procès, 
par les voies de la douceur et de la. con- 
ciliation , sans être tenv de prendre la loi 
pour base de sa décision*. 

À i^èMikBiM^ loc. adv. Par voie de dou- 
cenr et de conciliation , sans procès. Noms 
en conviendrons à l'amiable. Traiter Us choses 
a l'amiable^ Vider un différend à Camkdde. 

Fente à famiable, Vente faite de gré à 
gré; à la difTérenoe des Vente» faite» par 
autorité de justice ou par U voie des en- 
chères» 

AMIABLKMKNT. adv. D'une manière 
amiable. // lui a parlé fort amiablemeni. Ter- 
miner une affaire amiablement. 

AHIANTE, s. m. £spèoe de pierre fila- 
menteuse dont on fait de la toile et des 
miches incombustibles. Les anciens brûlaient 
les corps dans de la toile d'amiante. 

AMIGAJL, ALE. adj. Qui part de l'amitié, 
qui annonce Tamitié; Conseil amiad. Exkor^ 
tatùm amicale* Paroles amicales. Ton amical. 
Air amical. Des offresamicaks. Il n'est point 
d'usage au pluriel masculin. 

ABIICALEMENT. adv. D'une mamèie 
amicale. // fa traité amicalemmÊt. ils vwent 
ensemble fort amicalement.. Causer tmèkale* 
ment, 

AtlICT. s. m. (Le C ni le T nese pronon- 
cent.) Sorte de linge bénit, que la prêtre 
catbciique met sur sa tête, ou sur sefrépau- 
le», quand il s'habille pour dire la messe. 
Cest par Vamict que le prêtre commence à 
s'habiller pour tù're la messe. 

AMIDON, s. m. Eflpèee de lecole qu'on 
retire particulièrement du blé, et qu'on fait 
sécher, pour l'employer à différenl» usa- 
ges. Une livre d'amidon. L'amidon le plus fat 
est la poudre à poudrer. On délaye l amidon 
pour/aire de l'empois. 

AMIDONNIEE. S. m. Faiseur et marchand 
d'amidon. 

ARIIGDALE. 8. f. Foyez Amt^daiji. 

A-MI-LA. Terme de Musique, par lequel 
on désigne La note la. Le ton i/'a-mi-la. Cet 
air est en a-mi-la. Prendre /'a-mi-la de TO- 
péra, d'un concert, ete. Il a vietUil 

AMINCIR. V. a. Rendre plus mince^ AmiO' 
cir une pièce de bois. Les corsets amincissent 
la taille. 

U s'emploie aussi avec le pronom person- 
nel. Cette laate s'est amincie en passant au 
laminoir, 

Aicurci, u. participe. 

AMINCISSEBiSNT. s. m. Action d'amin- 
cir; État de ce qui est aminci. 

AMIEAL. s. m. Chef suprême de» forces 
navales d'un. État. Grand amiral, amiral de 



AMI. 

Fmacci, la charge d'amiral de France éteuê 
une des grandes charges de la couronne., Am^ 
rai d'Angleterre, Le titre à* Amiral, <huis le 
sens dont il s'agit, n'existe plus en Fiance* 

Il s'est dit aussi de L'officier qui com- 
mandait une armée navale, une escadre», 
une flotte, quoiqu'il n'eÀt point la charge 
d'amiral. // était amiral de cette flotte. 

A Ml a AI., est aujourd'hui Le titre du grade 
le plus élevé dans la marine militaire. L'a^ 
mirai ua tel. Il fut fait amiraL Nommer des 
amiraux. Voyez Vxca-AaiiaÂjL et CoaTJLB^ 



Le vaisseau amiral, ou simplement, Z'a* 
mirai. Le vaisseau monté par un amiral p 
ou le principal vaisseau d'une escadre,, 
d'une flotte, lia servi toute la campagne sur 
l'amind. C'est aussi , dans les ports militai- 
res, la dénomination Du vaisseau disposa 
pour servir de corps de garde principal , et 
sur lequel ont Heu les revue» des omcier» 
entretenus par TÉlat, les exéeutions de» 
conseils de guerre, etc. L ' amiral a tiré le oott^ 
de cauon de retraite. 

Ajimu., eu Histoire naturelle, est le noia 
d'Un joli coquillage univalve qui se trouve 
sur les c6tes de la mer des Indes. 

AMIEAUTÉ. s. f.ÉUt et office d'amiral, 
de grand amiral. L'atnirauté de France. Les- 
droits de l'amirauté, 

U se disait aussi de La juridictioo, di» 
tribunal qui connaissait de toutes les afiaî« 
res contentieuses relatives à la marine et • 
la navigation. Le siège de l'amirauté. LieitSe^ 
nant de l'anUrauté. Faire juger une prise par 
l'amirauté. 

AMiaAUxi, en Angleterre, en Hollande, 
en Russie, en Amérique, etc. , désigne fst^ 
prement L'administration supérieure de ift. 
marine. L'amirauté anglaise, russe, etCm Lord 
de l'amirauté. Les bureaux de F amirauté. Il' 
y a de même, en France, un Conseil d'ami' 
routé, présidé par le ministre de la merinei. 

ABIITI^ s. f. Affection que l'on a pour- 
quelqu'un, et qui d'ordinaire est mutuelle. 
Ancienne amitié. Étroite amitié. Ferme, coÊê*- 
étante amitié., Grande amitié, Bonmo mmtié* 
Amitié réciproque. Amitié sainte, sacrée, ia»^ 
violable, véritable, tendre, sincère, conliaU^ 
Amitié apparente. Amitié feinte, sémuléèp 
trompeuse, fausse, intéressée. Amitié hemaie. 
Les nœuds, les liens deramitié. Les lois, les 
devoirs. Us engagements de l'amitàé, Lsspkù^ 
sirSf les douceurs, les tendresses de l'amitié» 
Les sentiments de l'amitié. Contracter amitié».. 
Faire amitié Oi'ec quelqu'un. Entretenir l'amie 
tié, Benoncer à l'amiùé. Manquer à l'amitié. 
Rompre Viunitié. Renouer amitié. Répondre à 
l'amitié. Promettre, Jurer amitiés Lier amitié* 
Cultiver l'amitié, Fivre en amitié. Ils sont em 
grande amitié. Ils vivent dans uns grande 
amitié. Faire quelque chose par amitié, par 
bonne amitié, par fmre amitié. Demander à 
quelqu'un son amitié. Recevoir quelqu'un dans 
son amitié. Prendre en amitié. Il n'y a guère 
de véritable amitié qu'entre égaux. L'anuiié 
qui nous lie, qui nous unit. J'ai toujours em 
de l'amitié pour lui, et il n'en a jaams ets 
pour moi. Le prince f honore de son amitiém 
Il y a peu tP amitiés qui puissent résister à 
cette éprewfe^ On dit de même, H y a paix et. 
amitié entre ces deux nations» entre ces deutt- 
puissances, ete, 

H signifie queiquefo», dans le lasgaf«i 



AMN 

Cuùliery Boo office, plaiiir. FaUts-moi Vm- 
miiié ek parltr de mon traire à mes juges, 
FmitS'moi tiumtié iTaûer jusqite4à, de venir 
chez mou FmieS'moi cette amitié. 

ProY., Les petits présents etUrettennent 
Vamitié. 

kmmi, le dit aussi de UaffecUon que 
certains aoîmaux ont pour les hommes. Ce 
chien a de ramitiénour son nudtre. 

n se dît quelauelois fi^urémeut^eo parlant 
De certaines onoses qui sympathisent. Il y 
a de Fiunitié entre le fer et i aimant. 

Amitixb, au pluriel, signifie ordînaire- 
meoty Caresses, ou paroles obligeantes, qui 
marquent de rafTection. // m'a/ait des ami- 
tiés. H m'a fait mille amitiés. Faites^lui mes 
amitiés. On dit quelquefois atec le singu- 
lier , dans la même acception, Faire amitié 
et quelqu'un. B m'afeu't amitié en cette occa- 
sion. 

AMMAir. s. m. Titre de dignité au*0D 
donne, en Suisse, aux chefs de quelques 
cantons. 

AMHILIBIEA. S. 'm. Titre qu'on donne 
mnx écherins de plusieurs villes d'Allema- 
foe. 

AMJn. s. m. T. de Botan. Genre de 
filantes omhenîfères, dont quelques espèces 
ont des semences d'une odeur aromatique, 
^*on emploie en médecine. 

AMHOjr. Fàyes ÂMMomn. 

JmOHIAG, AQTB. adj. T. de Chimie. 
On ne l'emploie que dans les locutions sui- 
vantes: 

Sel ammoniac. Sel produit par la combi- 
oaison de f acide du sel marin avec ralcali 
▼olatll. 

Gax ammoniac. Alcali Tolatil à Pétat de 



Comme ammoniaque, Gomme-résine d'une 
odenr fétide, prodatte par une plante qui 
«roitt en Afrique. Emplâtre de gomme ammo^ 
miaque. 

AVnoiirACAL, ALE. adj. T. de Chimie. 
Qui a rapport & fammoniaque, qui en con- 
tient, qui en a l'odeur ou les propriétés. 
Sel ammoniacal. &»«« ammoniacal. Ode^r 
^OÊunoniaeale. tapeur ammoniacale, 

AVMONIAQITE* S. f. Kom chimique de 
Falcali volatil. Sulfate d'ammoniaque. Quel* 
^cs-nns le font masculin. Cet ammoniaque 
^st tris-fort. 

AMMOiriTB. s. f. T. d*Hist. nat. Genre 
de coquilles fossiles qui ressemblent à des 
cornes de bélier; ce qui les a fait nommer 
Aussi Cornes d*Ainmon. On trouve beaucoup 
^ammonites dans ks terrains calcaires et 
0€Âi$teux. 

AM9 

AJmiOS. s. m. ( On prononce PS. ) T. 
d'Août. Une des envelop^ du foetus. Les 
^ÊitLx de Famnios. 

AMHISTIK. s. f. Pardon que le souverain 
neeorde , principalement pour crime de ré* 
bcMion et de désertion. /> roi accorda une 
amnistie générale, jicte, hi d\unnistie. On 
psMa Vamsûstie, Jceepter t'amnistie. H fut 
compris dans tamnistie. Ceux qui furent ex* 
cepiés de Vamnistie. 



. AMO 

^ AMNISTIBB. V. a. Comprendre dans l'am- 
nistie. Il fut amnistié. 

AMKisni, RB. participe. On l'emploie 
quelauefob substaotivemenL Lss amnistiés 
rentrèrent dans le pays, 

AMO 

AHODIATSITR. s. m. Qui prend une terre 
à ferme. U n'est guère usité que dans qnel- 

3ues provinces. H s'est rendu amodiateur 
e tdle terre. 

AMODIATIOir. s. f. Bail à ferme d'une 
terre, eo denrées ou en argent. Faire tamo- 
diation dTune terre. 

AMODIER. V. a. Affermer une terre en 
denrées ou en argent. Amodier sa terre à 
tant de blé, à tant d'argent. 

AaroDii, is. participe. 

AMOINDRIR. V. a. Diminuer, rendre 
moindre. Cela amoindrira votpe revenu. Cela 
a beaucoup amoindri ses forces. 

Il est aussi neutre, et signifie. Devenir 
moindre. Son revenu en amtOndrira considé- 
rablement. 

U s'emploie, dans le même sens, avec le 
pronom personnel Son revenu s'amoindrit 
tous les jours, 

Amoivobi, xb. participe. Son reveau est 
amoindri. 

AMOINDRlSSEMEirr. s. m. Diminution. 
L'amoindrissement de sa fortune. L'amoin- 
drissement de sa puissance^ de ses moyens. 

AMOLLIR. V. a. Rendre mou et mania- 
ble. La chaleur amollit la cire. Mettre du cuir 
dans Veau pour VamoHir. 

n signifie figurément , Rendre mou et ef- 
féminé. La volupté amollit le courage. Lare- 
traite fortifie la vertu, la vie dissipée V amollit. 

Amqxxie, s'enaploie avec le pronom per- 
sonnel, et signifie. Devenir mou. La terre 
commence à s'amollir. 

Il signifie au figuré, S'aflaibtir, devenir 
efféminé. Son courage s'amoUit. Il s'est 
amolli dans les voluptés. 

Amoxxx , iB. participe. I>e la dre amollie. 
Un peuple amolli. 

AMOLLISSEMENT, s. m. Action d'amol- 
lir. L'amollissement de la cire. 

n se dit aussi figurément. L'amollissement 
du courage. 

AMOMB. s. m. T. de Botan. Genre de 
plantes presque toutes originaires des con- 
trées chaudes de F Asie, à peu près sembla- 
bles à nos roseaux , et douées en général 
d*une saveur piquante et aromatique. Le 
gingembre est une espèce (Tamome, 

AMONCELLEMENT. S. m. Action d'amon- 
celer, ou Le résultat de cette action. L'a» 
monceUement des terres, des sables. L'amon» 
cdlement des capitaux dans les mêmes mains 
est nuisible à la prospérité publique. 

AMONCELER, v. a. ( Tamoncelle^Tamon- 
celais. J'amoncellerai.) Entasser, mettre plu- 
sieurs choses en un monceau. Amonceler 
des gerbes. Le vent amoncelle les sables. 
Amonceler plusieurs choses les unes sur les 
autres. Amonceler des éctts. 

U s'emploie quelquefois figurément, au 
sens moral. Je pourrais amonceler les preU" 
ves, je me borne à celle-ci. Il amoncelle les 
citations sans nécessité. 

Il s'emploie, au propre et au figuré, avec 
le pronom personnel. Les livres s'amoncel- 



AMO €7 

ient chex moi. Les nuages s'amoncellent. Les 
preuves s'amoncellent contre lui. 

Amovcblb, ia. participe. Des sables 
amoncelés. 

AMONT, adv. Terme nsité parmi les mis 
de rivière, pour sianifier, La côté d'où vient 
]n rivière. Il est 1 opposé d'Aval^ et s'em- 
ploie surtout avec la préposition De. Le 
pajrs d'amont. Ces bateaux, ces marchandises 
viennent d'amont , du pays d'amont. Le vent 
est d'amont, vient ^ amont. On dit aussi, 
Bn amont de la ville, du pont, etc., pour 
désigner Le côté de la rivière, du fleuve, 

aui est au-dessus de la ville, du pont, etc., 
ont on parle. roye% Avai.. 

Fent a amont, se dit, sur les côtes, de 
Tout vent qui souffle de l'un des points 
compris entre le nord-est et le sud-est, pas- 
sant par l'est, surtout qu|ind la terre est 
au levant. 

AMORCE, s. f. Appât pour prendre des 
poissons, des oiseaux, etc. Prendre despoiS' 
sons avec de Vamorce. Mettre, attacher Va- 
morce à C hameçon. De Vamorce pour prendre 
des oiseaux. 

Il se dit, figurément, de Tout ce qui attire 
la volonté en flattant les sens ou l'esprit. 
Les amorees de la volupté. Douce amorce. 
Ikmgereusc amorce. Trompeuse amorce. Il 
n'y a point de plus grande amorce pour les 
dmes lasses que T intérêt. La gfoire a depuis^ 
santés, amorces pour les grandes âmes. Ne 
vous laissez pas prendre à cette amorce. 

Amobcb, se dit aussi de La poudre k ca- 
non , du pulvérin qu'on met dans le bassi- 
net d'un fusil, d'un pistolet, ou sur la lu- 
mière d'une bouche à feu, ou à des fusées, 
à des pétards, etc., pour 7 faire prendre 
feu. L amorce est bien sèche. Vamorce est 
mouillée. L'amorce ne prend pas. L'amorce 
seule a brûlé. Corne dtamorce, 

II se dit pareillement Du grain de poudre 
fulminante qui sert à faire partir une arme 
à piston, ou même une pièce d'artillerie, 
en détonant par la percussion. 

Us ont pris la ville sans brûler une amorce. 
Sans tirer un seul coup de fusil. 

AMORCER. V. a. Garnir d'amorce, met- 
tre l'amorce. Amorcer un pistolet, un fusil, 
un canon, une fusée. Amorcer itn hameçon, 
Y mettre un ver, ou un autre appât, pour 
attirer le poisson. 

Il signine aussi , Attirer avec de l'amoroe. 
Amorcer des poissons , des oiseaux. 

Il signifie encore, figurément. Attirer par 
des choses qui flattent l'esprit ou les sens. 
Se laisser amorcer au gain. Être amorce par 
le gain. Cest une femme adroite et dange» 
reuse, qui sait les moyens d'amorcer les gens. 
Se laisser amorcer par une apparence de ^oire. 

Amorce , ék. participe. 

AMORÇOIR. s. m. T. d*Arts mécaniques. 
Outil dont l'artisan qui travaille en bois se 
sert pour commencer les trous qu'il achève 
ensuite avec des outils plus gros. On dit 
plus communément , Ébauchoir. 

AMORTIR. V. a. Rendre moins ardent, 
moins irre, moins violent. Ce feu est trop 
ardent, il faut y jeter de teau pour l'amor- 
tir. Amortir le feu, la chaleur d'un érésrpile 
par des lotions émollientes. 

Il signifie aussi , Faire perdre de la force 
à un coup, en affaiblir lerTet. S(*n chapeau 
amortit le coup de sabre. Il reçut un coup de 

9. 



68 



ÀMO 



piatoiet de fort près, mais son hiijflt amortit I 
un peu le coup. Il est tombé sur un matelas 1 
gui a heureusement amorti sa chute. 

Il se dit quelquefois en parlant Des her- 
bes, et signifie, Leur faire perdre de leur 
force, de leur âcreté, de leur amertume. 
Dans cette acception, il s'emploie plus or- 
dinairement comme neutre. Faire amortir 
des herbes dans de Veau bouillante. Faire 
amortir du cerfeuil sur une pelle rouge. 

n se dit également en parlant Des cou- 
leurs » et signifie, En affaiblir la vivacité, 
l'éclat, par des couleurs sombres, ou au- 
trement. Ces couleurs sont un peu trop vives 
et trop dures, iljaut les amortir par des nuan- 
ces plus douces. Amortir t éclat trop vif des 
couleurs. Le temps amortit les couleurs, et 
rend la peinture plus harmonieuse. On dit 
dans un sens analogue, Amortir le son, les 
sons. 

Il se dit fiçurément en parlant Des pas- 
sions, et signifie, Les rendre moins vives, 
moins ardentes. Amortir les feux, les ardeurs 
de la jeunesse. Le temps amortit le feu de la 
jeunesse. Amortir les passions. Cette découverte 
amortit son amour. 

Il s'emploie avec le pronom personnel , 
tant au propre qu'au figuré. Le coup s'est 
amorti contre la buffleterie. Le feu de cette 
plaie s'amortit. Ces couleurs se sont amorties 
ai'ec le temps. Son amour commence à s'a» 
mortir, 

Akortib , se dit en matière de rentes , de 
pensions, de redevances de tout genre, et 
signifie. Les éteindre, les faire cesser, en 
remboursant le capital , en désintéressant le 
créancier. Amortir une dette, une rente, une 
pension. Amortir une redevance. 

Amorti, ts. participe. 

AMORTISSABLE, adj. des deux f;enre8. 
Qui peut être amorti. Il ne se dit guère que 
Des rentes. Cette rente n'est pas amortis» 
sable, 

AMORTISSEMENT. 8. m. T. de Finance. 
Le rachat, l'extinction d'une pension, d'une 
rente, d'une redevance. Faire l'eunortissC' 
ment d'une rente, d'une pension. L'amortis- 
sèment de la dette publique. 

Fonds d^ amortissement. Somme destinée 
à l'extinction d'une rente. 

Caisse d'amortissement , Caisse établie 
pour l'amortissement graduel de la dette 
publique. 

Amortissxbixst, s'est dit aussi en parlant 
D'un domaine, d'une terre, d'un héritage 
qui tombait en mainmorte ; et il signifiait, 
La faculté donnée par le roi pour faire que 
des gens de mainmorte pussent-devenir pro- 
priétaires, à charge de ne pouvoir vendre le 
londs amorti. Ces religieux ont payé tant pour 
Vanwrtissement de telle terre. Ils ont payé les 
droits d'amortissement, 

Amortissekkiit , en termes d'Architec- 
ture, signifie, Ce qui termine, ce qui 
finit et surmonte le comble d'un bâti- 
ment. On a mis pour amortissement à ce pa- 
Villon un vase de fleurs. Mettre des figures, 
des vases, des trophées au-dessus ^une cor- 
niche pour servir d'amortissement. Mettre un 
vase, mettre une figure en amortissement. 

Il se dit, par extension, de Tous les or- 
nements qui terminent des ouvrages d'archi- 
tecture. On nomme encore Amortissements, 
Les cavets renversés qui couvrent les corni- 



ÀMO 

chcs des croisées et des portes extérieures, 
pour les garantir de la pluie. 

AMOUR, s. m. Sentiment par lequel le 
cœur se porte vers ce qui lui parait aima- 
ble, et en fait l'objet de ses affections, de 
ses désirs. Amour extrême. Amour ardent. 
Amour violent. Amour honnête. Amour Ugi* 
time. Amour naissant. Amour divin. Amour 
céleste. Amour terrestre. Amour charnel. 
Amour désordonné. Amour sensuel. Amour 
conjugal. Amour paternel. Amour filial. 
Amour réciproque. Amour mutuel. 

Il se joint souvent à un autre mot par 
la préposition De. Alors le complément in- 
dique : 

1* De quelle nature est l'amour dont on 
parle. Amour de bienveillance, amour de cha- 
rité, amour de concupiscence, amour d^in* 
térét, Amour qui procède d'un sentiment 
de bienveillance, de charité, d'intérêt, 
etc. • 

2* L'objet vers lequel l'amour se porte. 
L'amour de Dieu, l'amour du prochain, l'a- 
mour des créatures, famour de la liberté, 
de la patrie, de la gloire, de la vertu, Va- 
mour des richesses, des plaisirs, Vamour des 
femmes. L'amour qu'on a pour Dieu, pour 
le prochain, pour les créatures, etc. 

3* Le sujet dans lequel l'amour réside. 
L'amour des pères, Vamour des mères, Va- 
mour des peuples, etc., L'amour qu'ont les 
pères et les mères, l'amour qu'ont les peu- 
ples, etc. 

Dans le sens absolu et philosophique. 
Amour-propre, on Amour de soi, Le senti- 
ment légitime et nécessaii*e qui attache cha- 
que homme à son existence et lui fait re- 
chercher son bien-être. L'amour^propre bien 
entendu est le fondement de plusieurs de nos 
vertus, est le mobile de beaucoup de bonnes 
actions. L'amour de soi a été donné à chacun 
pour veiller à sa conservation. L'amour de 
soi devient vicieux par l'excès, et alors il 
s'appelle égoUsme. 

bans le sens le plus ordinaire. Amour- 
propre, signifie. Le trop grand attachement 
d'un homme à ce qui lui est personnel, 
l'opinion trop avantageuse qu'il a de lui- 
même. L'amour-propre est le mobile de tou- 
tes ses actions. Cet homme a bien de Vamour- 
propre. Il est pétri d'amour-propre. Il n'agit 
ainsi que par amour-propre. Il y a bien de 
Vamour-propre dans cette prétention, dans ce 
langage, dans cette réponse. 

Prov., Tout par amour, et rien par force. 
On réussit mieux par la douceur que par 
les moyens rigoureux et violents. 

Pour Vamour de Dieu, Dans la seule vue 
de plaire à Dieu. Faire quelque chose pour 
Vamour de Dieu, Cette locution signifie quel- 
quefois, dans le discoun familier. Sans aucun 
intérêt. On lui a donné cela pour Vamour de 
Dieu, C'est aussi une locution familièi^ aux 
mendiants, qui demandent qu'on leur fasse 
l'aumône pour Vamour de Dieu, On dit quel- 

3uefois ironiquement, Comme pour Vamour 
'e Dieu, pour exprimer qu'Une chose est 
faite ou donnée a contre-cœur, ou au'un 
don est fait avec lésinerie. On lui en a aonné 
comme pour Vamour de Dieu. 

Pour l'amour de quelqu'un. Par la con- 
sidération, par l'estime, par l'affection qu'on 
a pour quelqu'un. C'est une chose que je 
vous prie de faire pour Vamour de moi. Je 



ÂMO 

voudrais pour Vamour de vous que cela mt 
fût possible. 

Amoub, se dit particulièrement de La 
passion d'un sexe pour l'autre; et, en ce 
sens, il s'emploie presque toujours absolu* 
ment. Avoir de Vamour. Donner de l'amour» 
Inspirer de Vamour. Être transporté d'amour» 
Brûler, languir, mourir d amour. Il n'a plus 
d'amour pour elle. H lui parlait d^ amour, H 
s'est marié par amour. 

Faire Vamour, Se livrer à la galanterie. li 
passe sa vie à faire Vamour. Ufait Vamour 
à toutes les femmes. 

Filer le parfait amour. Avoir un amour 
respectueux et timide; s'aimer longtemps 
et constamment avec une chaste réserve. 

Prov. et fig. , Cest un vrai remède (Ta* 
mour, se dit D'une femme très-laide. 

Être en amour, se dit Des femelles des ani- 
maux , et signifie. Être en chaleur. Une chatte 
qui est en amour. Quand les biches sont eis 
amour. Quand les oiseaux sont en amour. Au 
printemps, toute la terre est en amour, 

Fig. , en termes de Laboureur, de Jardi- 
nier, La terre est en amour. Elle est dans un 
état de fermentation propre à la végétation. 
On dit aussi. Cette terre n'a pomt a amour, 
est sans amour. 

Dans le langage des Arts, Cet ouvrage est 
fait ai'ec amour. L'artiste s'est complu à le 
faire I il l'a fait avec plaisir, il l'a fini avec 
soin. 

Amour , quand il signifie , La passion d'na 
sexe pour tautre, est quelquefois féminin 
au singulier en poésie, et presque toujotu» 
féminin au pluriel, même en prose. De 
nouvelles amours. D'ardentes amours. De 
folles amours. Les premières amours. Cest 
l'objet de ses amours. Favorber, traverser, 
troubler deux personnes dans leurs amours* 

Prov. , Froiaes mains, chaudes amours, La 
fraîcheur des mains annonce d'ordinaire un 
tempérament ardent. 

Amour, se dit quelquefois de L'objet 
qu'on aime avec passion. Ce prmce est 
Vamour des peuples. Titus était Vamour de 
Vunivers. Mon cher pays, mon premier amour. 

Mon amour. Terme dont les maris ou \e% 
amants se servent quelquefois en parlant à 
leurs femmes ou a leurs maîtresses. On 
disait de même anciennement, M amour. 

Amour, se dit pareillement au pluriel, 
pour signifier, La personne que l'on aime 
passionnément. Être avec ses amours. Quit^ 
ter ses amours, 

Prov. , H n'y a point de belles prisons ni de 
laides amours. 

Amour', se dit encore, au pluriel, Des 
choses qu'on aime passionnément. Les ta* 
bleaux, les médailles, les livres, sont ses 
amours. 

Amour , est aussi Le nom de la divinité 
fabuleuse à qui les anciens païens attri- 
buaient le pouvoir de faire aimer. On peint 
ordinairement V Amour avec un bandeau, un 
arc et des flèches, La mère de V Amour, ht 
bandeau de V Amour. Les traits de l'Amour, 
Le flambeau de V Amour, Les ailes de VA mour. 
Sur les marùres antiques, t Amour est sou* 
vent représenté adolescent. Psyché et VAmour* 
H est beau comme V Amour. Les anciens ont 
donné plusieurs frères à V Amour; et c'eal 
dans cette acception qu'on dit : Les Jeux, 
les His et les Jtnours. Peindre, sculpter des 



AMO 

JwÊomrSf et petits Amours. Fénus est la mère 
des Amours. Etc. 

Fi^. et fam. , Cest un Amour, se dit D'une 
{ettoe fille ou d'une jeune femme trè»-jolîe, 
d*nn enfant très-joli. U se dit aussi D'une 
choie que l'on veut extrêmement louer. . 

AHOURACBBR. v. a. Engager dans de 
IbUes amours. Je ne sois qui a pu Vamoura' 
eker de cette sotte. 

Il s'emploie le plus souvent avec le pro- 
nom personnel , et signifie , Prendre une pas- 
sion foUei U est sujet à s'amouracher, // 
/eff amouraché des sciences occultes. Dans 
Ton et l'autre sens, il est familier. 

AMounAcna^ is. participe. 

AMODRBTTB. s. t. Diminutif. Amour de 
pur amusement) sans véritable passion. 
Cest un homme qui a toujours quelque amoU'^ 
rttte. Ses amourettes lui /ont tort dans le 
monde. Il est familier. 

Se marier par amourette. Se marier par 
amour : ordinairement cela ne se dit qu'en 
parlant D'un mariage inégal, et qui n'est pas 
approuvé. 

Amoubbttss, au pluriel, signifie aussi, 
La moelle qui se trouve dans les reins du 
veaa ou du mouton, quand elle est cuite, 
et qu'elle peut être détachée des os. On lui 
servit les amourettes. 

AMOOSKUSEMBHT. adv. Avec amour. 
Soupirer amoureusement. Regarder amoureu' 
sèment, 

U se dit, dans les Beaux-arts, De ce qui 
est exécuté avec affection, avec grâce. Cet 
air rxut être joué amoureusement. Ce petit 
t a bleau est amoureusement peint. 

AMOUREUX j EUSB. adj. Qui aime par 
amonr. Être amoureux, éperdument amou' 
reux, passionnément amoureux. Devenir, 
amoureux. Il est amoureux de cette Jemme, 
et effe est amoureuse de lui. 

Il signifie aussi , Enclin à l'amour. Être 
d'un tempérament amoureux, de complexiôn 
amoureuse. 

Prov.f 77 est amoureux des onze mille 
vier^ges, il serait amoureux d'une c/ièi're coif' 
fie, se dit D'un homme qui s'éprend de 
toutes les femmes ^u'il voit. 

Amovbxux, signifie aussi, Qui exprime, 
qui marque de famour, qui est plein de 
sentiments d'amour, ou qui tend, qui est 
propre à inspirer de l'amour. Soupirs amou- 
reux* Regaras amoureux. Transports amou' 
eux. Lettres amoureuses. Style. amoureux. 

Amoubeitx, signifie encore, Qui a une 
grande passion pour quelque chose. Être 
amoureux de la gloire, de la liberté. Il est 
amoureux de la peinture. Il est amoureux de 
tableaux, Tl est amoureux de ses ouvrages, 
de ses pensées, de ses sentiments, de ses opi' 
nions, H en est entêté. 

Eo termes de Peinture, Pinceau amoU" 
reux» Pinceau dont la touche est moelleuse, 
douce, légère et délicate. 

AjiouBWX , est aussi substantif, et alors 
3 signifie. Amant. Un amoureux transi. 
L'atnoaueux des anse mille vierges. Pop., 
Cette JUle a un amoureux. 

An Théâtre, Jouer les râles d^ amoureux, 
jouer les amoureux, Jouer les'rôles d'amants, 
dama la comédie. On dit dans ce sens : 
VempUd des amoureux; et de même, en par- 
lant Des actrices : Jouer les amoureuses, La 
première, la seconde amoureuse. 



AMP 

AMOTIBIUT^. S. f. Qualité de ce qui 
est amovible. L'amovibilià des membres du 
conseil dtÉtat. L'amovibilité de cette place en 
diminue bien le prix. 

AMOVIELB. adj. des deux genres. Qui 
peut être placé ou déplacé à volonté. // ne 
jaut pas que les juges soient amovibles. Dans 
les cours de justice, les gens du roi sont seuls 
amovibles. On dit aussi, Emploi amovible, 
place amovible, 

AMP 

AMPHIBIE, adj. des deux genres. Qui 
vit sur la terre et dans l'eau. Les veaux 
marins, les loutres, les castors, les croco- 
diles, les rats deau, etc., sont des animaux 
amphibies. 

Il se dit aussi De certaines plantes qui 
peuvent croître également dans 1 eau et hors 
de l'eau. 

Il s'emploie substantivement en parlant 
Des animaux. Cest un amphibie. Les am* 
phibies, 

Ftg. et fam., Cest un amphibie, se dit 
D'un homme qui exerce deux professions 
disparates; et quelquefois D'un homme qui, 
par intérêt personnel , ménage deux partis 
opposés, aaopte alternativement deux opi- 
nions contraires. 

AMPHIBOLOGIE, s. f. Double sens; vice 
du discours qui le rend ambigu, qui peut 
le faire interpréter en deux sens différents 
et même contraires. H y omit souvent de 
l'amphibologie dans les oracles. Cet homme ne 
parle que par amphibologie. Il y a dans cette 
phrase une amphibologie, 

AMPHIBOLOGIQUE, adj. des deux gen- 
res. Ambigu, obscur, ayant double sens. 
Phrase amphibologique. Discours amphiboto" 
gique. Oracle amphibologique. Réponse am^ 
pnibologique, 

AMPHIBOLOGIQUEMENT. adv. D'une 
manière amphibologique. Parier, écrire am» 
phibologiquement. 

AMPHICTTOEIDE. adj. f. Il se dit Des 
villes de la Grèce qui avaient le droit d'am- 
phictyonie. Fille amphictronide. 

AMPHICTTONIE. s. f. T. d'Hist. grec- 
que. Il se dit Du droit que les principales 
villes de la Grèce avaient d'envoyer un 
député au conseil des amphictyons. Droit 
damphictyonie, 

AHPHICTYONIQUE. adj. des deux aen- 
res. Qui a rapport au conseil des amphic- 
tyons. Suffrage amphictyonique. Décision 
amphietyonique. Lu Itgue amphictyonique. 

AMPHICTTOKS. s. m. pi. Nom que les 
Grecs donnaient aux représentants des villes 
qui avaient droit de suffrage dans le con« 
seil ou tribunal des nations helléniques. Le 
conseil des amphictyons. Les amphictyons s'as- 
semblaient à Delphes et aux Thermopyies, 

AMPHIGOURI, s. m. Discours, écrit bur- 
lesque et inintelligible , fait à dessein. Un 
amphigouri composé sur un air dopera. 

Il se dit aussi d'Un écrit ou d'un dis- 
cours dont les phrases, contre l'intention 
de l'auteur, ne présentent que des idées 
sans suite , et n'ont aucun sens raisonnable. 
Je n'ai rien compris à ce discours, c'est un 
amphigouri dun bout à Vautre, Il est fami- 
lier dans les deux sens. 

AMPHIGOURIQUE, adj. des deux genres. 



AMP 69 

Qui a le caractère de l'amphisourî. Un styk 
amphigourique. Des vers amphigouriques, 

AMPHISCIENS. adj. m. pi. T. de Géogv. 
astronomique. Il se dit Des habitants de lu 
zone torride, qui ont leur ombre dirigée 
tantôt vers le midi, tantôt vers le nord 9 
suivant que le soleil est au nord 00 au 
midi de I équateur. 

AMPHITHÉÂTRE. S. m. Chez les an- 
ciens Romains, Grand édifice de forme 
ronde ou ovale, dont le milieu était une 
arène destinée aux combats de gladiateurs 
ou de bêtes féroces, et dont la circonfé- 
rence était formée de plusieurs rangs de 
gradins. Grand, vaste amphithéâtre. Amphi' 
théâtre spacieux. L'amphithéâtre de Nîmes, 
L'amphithéâtre de Vespasien, à Rome, s'ap» 
pelle aujourdhui le Colisée. 

AuraiTHslTAB , désigne, parm î n ous, Un 
lieu élevé par degrés vis-à-vis de la scène, 
au-dessus du parterre et au-dessous dea 
loges. L'amphithéâtre était plein de monde. 
Un billet d amphithéâtre. 

AMPHiTHilTaa, se dit aussi d'Un lieu 
garni de gradins, où un professeur d'ana- 
tomie, de chimie, etc., fait ses démonstra- 
tions, donne ses leçons. L'amphithéâtre de 
rÉcoU de médecine, du Jardin des plantes. 

Ce terrain va en amphithéâtre, s'élèi'e en 
amphithéâtre. Il va en s'élevant graduelle* 
ment. 

AMPHITRTOir. s. m. Nom d'un prince 
thébain , employé dans le langage familier, 

{)our signifier. Le maître d'une maison où 
'on dîne, celui qui donne à dîner, par allu- 
sion à un vers de Y Amphitryon de Molière. 
Foilà Vamphitryon, Notre amphitryon nous a 
bien régalés. 

AMPHORE, s. f. T. d'Antiq. romaine» 
Vase à deux anses dans lequel on mettait le 
vin pour le garder. 

Il se disait aussi d'Une mesure décapa- 
cité pour les liquides, qui contenait envi* 
ron quarante de nos pintes. 

AMPLE, adj. des Jeux genres. Qui est 
étendu en longueur et en largeur au delà de 
la mesure orainaire et commune. Ample 
étendue. Une robe bien ample. Un manteau 
fort ample. Ce rideau est trop ample. 

U se dit figurément De plusieurs choses, 
par rapport a l'étendue, et quelquefois par 
rapport à la durée. Arnpie repas. Ample dé» 
jeûner. Ample provision. Ample discours. Am' 
pie récit. Ample sujet. Une ample matière. 
Une relation bien ample. Un ample traité. 
Un champ bien ample pour discourir. Ample 
pouvoir. Permission très-ample. Privilèges bien 
amples. Il ne demandait qu'un congé dun 
mois, on lui en a accordé un bien plus ample. 
Cela demande un plus ample examen. Un plus 
ample ii^ormé, 

AMPLEMENT, adv. D'une manière ample. 
Je lui ai écrit ampUment, bien amplement. Je 
vous en entretiendrai [dus amplement. Il m'a 
amplement satisfait. Il leur donna amplemeni 
à alner. Un plus amplement informe. 

AMPLEUR, s. f. Étendue de ce qui esl 
ample. Il ne se dit guère qu'en parlant D'ha- 
bits et de meubles. Un manteau qui a trop 
d'ampleur. Un rideau qui n'a pas assez dam^ 
pleur, 

AMPLIATIF, IVE. adj. Qui augmente, 
qui ajoute. Il ne se dit guère qu'en parlant 
Des brefs et bulles^ et autres lettres apoito- 



7' 



AMP 



.tiqucis, ffui ^Ottlent ouiBloue cbose Aux pré- 
cédealei. U hrefummiulO^^ CéémentlX. la 
buUe ampiiative de Pmd IJl, 

▲MPUATION* s. f. T. «ie Fiotnce et 
d*AdmiaUtraXîoci. Le douille , k oopie d'une 
quitUDceou <f un entre «de, que I on gerde 
pour le produiie au besoin. L'ampliaiion 
sTunt quittance. On écrit ordinairement au 
bas de ce* sortea de copies » Four amfflia' 
lion, et on lee revêt d'une signature qui lait 
Au. 

En termes d'ancienne PraUqœ, Lettres 
.dampiintion, Lettnes en chancellerie, pour 
cipliquer les moyens qu'on aTatt omis dans 
une requête civile. 

AMPUFICATEUB. S. m. Celui qui am- 
. plHie. C'est un grand amjÀifiûcueuir, Il ne se 
dit qu'en mauvaise part. 

AMPUFiCATtCNî. s. L T. de Rhétorique. 
Discours par lequel on étend k sujet qu'on 
traite. jimpl^caHon omêoire, Jl y a trop 
d'amplification dans ce discours. Une longue, 
une lourde amplification. Ce nesiqu'uMie ani' 
pUficatiom de ee fue Vautre avait déjà dit. 
Son discours, plan d idées rebattues, n'était 
qu'une mauvaise amplificatioa^ n'dtait qu'une 
ampl^fieatùm* 

h se dit, «Uns Jes collèges , Du discours 
aue les écoliers font sur un sujet qu'on leur 
■uonDe à défelopper. Cet écolier réussit élans 
les amplifications. Il a eu le prix d' ampli fiou' 
tian latine, dan^plification/ranfaûe : on dit 
plus ordisairemeni aujourd'hui, de discours 
Min, de discours Jkmçqis. 

AHPLIPIlUt. V. «.ilteodoe, augMmtrr 
par ie discours. Amplifier une nouvelle. Il 
aanpUfie toufours les chosea* U amplifie tout 
ce qu'il dit. Absolumen t , // amplifie ùmjours. 

JùÊFisnà^ ÉM. paiticjjpe. 

AMPiLkSftlIlB. superlatif des deux ^u- 
res. Très-ample. Il est fàm£Uer et peu «ailé. 

4ifyusinis> était aussi Un titre d'hon- 
neur donné au vecteur de runiiieniié de 
Paris. 

JkMSBhVrUMM. s. f. T. de Géom. la Uçae 
droite comprise entro les deux extrémités 
de l'arc d'une payabole* L'amplitude de l'arc 
dtune aamàole. On dît de même , en termes 
d'Arliiierie^ L'ampkÈude du jet, La ligne 
dieite comprise eotse le point d'où part 
uae bombe, et celui où elfe Ta tomber. 

AMVLrTUOJB, en Astronomie, se dit de 
•L'arc CQflspris, sur la sphère céleste, entre 
ie Boînt est ou fe point ouest de l'horizon , 
et te point du même cercle dans lequel un 
«stre se lcv« ou se couche à jour donné. 
Amplitude arienttde ou arrive. du soleil. Amr 
pUtude oecideÊUale ouaeease. 

AMPOUIiE. s. f. Fiole, petite houlettle. 
£n ce sens, il ne se dit que de La sainte 
ampoule. Fiole où l'on conKrvait IInmIc 

3ui servait à l'onction des rois de Anmce , 
ans la cérémonie éa Acre. 
Ahpouia, se dit aussi de Ces petites 
Humeurs formées fiar une certaine quantité 
de sérosité accumulée JOua l'épiderme, et 
qui Burvienneni le plus souvent aux mains 
et aux pieds. // iui est venu uneampouèe à 
Ja main. Il a des ampoules, de grosses oec- 
poules aux mains, sous les pieds. 

AMPOUL1Ê, I^B. adj. Enflé. U ne se dit 
guère qu'au figuré, et seulement en nariant 
De prote ou devers. Discours ampoulé. Style 
ampoulé. Fers ampotdé. 



AMI] 

AMPUTATIOR. i. f. T. de Ohinir. Qpé- 
lutîon par laquelfe on calèTe« k l'aide d in- 
struments tranchants, un mâobre ou une 
partie saillante du corps. Ampuiation dtan 
aras. U n'a été samaé que par tampeuation 
de sa famée» Les chirurgiens fitited d^optg de 
ramptUattom, 

AMPUTER. ▼. a.T.deGhtmr. Pake une 
amputation, pratiquer ranpttation. Am- 
puter un membre. Amputer un blessé. 

Airpuri, ix. participe. Membre amputé. 
Il a été amputé. On Im a fait une ampu- 
tation. Suostantivement, Un tunputé. Un 
homme qui a été amputé, qui a subi une 
amputation. 

ABI0 

AMULETTE, s. m. U se dît Des figuves , 
des caractères, et de tout autre objet por- 
tatif auquel on attache une confiance eu- 
perstitieuse. Porter un amulette sur soi pour 
se préserver de la mort, des dangers, etc. 

AMURE» a. L T. de Marine. Manœuvre, 
cordage servant à fixer le coin d'une basse 
voile opposé à celui qui est attaché à la 
vei^ue, du c6té du vent Ai»oir les tunures 
à tribord, è bâbord, se dit Quand la voilure 
est disposée pour Tecevoir fe vent par la 
droite ou |iar k ^uche. On dit de même, 
Prendre les amures à tribord, à bâbord; 
changer d'amures, 

AMUSER. V. a. T. de Marine. Tendre, 
raidir plus ou moins l'amure d'une voile , 
afin de présenter celle-d eehm l'angfe qu'elle 
doit former avec fe veut. Asuurer urne voile. 

Axuné, ÛM, participe. 

AMUSABLE. ac^. des deux {genres. Qui 
peut être «rnueé. Cet honumo^ n'ost plus 
amusabk. Il est peu usité. 

AMUSANT, ARTB. adj. Qui «muse 
Agi^abfement, qui divertit. C'est un esprit 
amusant. Cest ta personne du mon d e la plus 
amusante, Cest un hommo ttusm aosu ^s a" 
tian amusante, 

AMUSEMEIVT. 8. m. Ce cpii amuse agréa- 
blement « ce qui divertit. Doua aamse^ 
ment. Agréable amusement. Amusement in- 
nocent. Son tmIou fait tout son amusement. 
La musique est pour lui un amusem en t, et 
non pas une oecupatian. Cest son amusement. 
On iui a procure êouêes sortes d'amusements. 
Il nefimUpasfouerpar avidité du gain, mais 
on peut Jouer par amusement, 

Û signifie quèlquefoia. Perte de temps, 
retardement. Pas tant danmsement, mlez 
vite oà Je vous ai dit, 

AKUSBsnurr, ai^fie aussi, Tromperie, 
promesses trompeuses. Tout ce que vous 
ma dites là n'est qu'un amusement. Je suis 
las de tant daasusements. Ce sens vieillit. 

AMUSER, v. a. Arrêter inutilement^ faire 
peidre le temps. Amuser qudquun. Il ne 
faut rien, il ne fieut qu'une mtmche pour 
l'amuser. Aasuoer Vennemi. 

Il signifie aussi. Divertir par des choses 
agréables. £n attendant le souper, on amusa 
la société par un concert. Cest un homme 
qui a Fart d'amuser agréablement ceux qui 
vont chez lui. Amuser des enfants, 

Aicusna , signifie aussi , Repaitre de vaines 
espérances. // vous amuse pour vous tromper. 
Il l'amuse de belles paroles, U y a trois ans 
qu'il l'amuse de la sorte, 

Prov. et fig.9 Amuser le Êa/fis, Parier de 



vaines et vngueà« pour Uire ^ 

le temps. // sait amuser le tapis. Con pour 
amuser le tapis. Cette looutinu sPiemploie 
nuaai en pariant D'un homme qui dit Imiu- 
ooup de pandea, dans une affufe, ean« 
arriver an SêêL Pettdant mu heure, U n'a 
fait quanutser ie tapis, 

AanisBn, s'empkùe avec fe piuMro per- 
sonnel , et signifie. S'occuper par aîo^ile di- 
vertissement, «t pour ne pas a'enuuyer. H 
s'amuse depuis qaelfÊte temme à faire des 
expérionoes de physique. Cest perdre son 
temps qmeeles'amuserâjaireduvers, qtumd 
on napàmJt de talent pour la poésie. 

Fam. , J qsmi vousamasez-vous déparier, 
à un foaf Efe quoi vous Aviae»-vous, etc.? 
On dit aussi, Ncvoêês amusonpoêà lepled- 
sanier, il n entend pas saiUerie. 

Prov. et fam.t S'amiuer à la moutarde. 
S'arrêter à des bagatettcs, à des choses inn- 



S'anuuerde quelqu'un, fie moquer de kd. 

S'amuser de peu de chose. Trouver fiici- 
lement à se divertir, à se distraire. 

Absohunent, ^umu^cr. Perdre fe temps. 
Nevouê aOÊUsea pas, on vœu attetsd. Ûsest 
amusé en route. 

Ajiusé, SB. participe. 

AMUSETTE. s. f. Petit «nuaement. Lu 
poupées sont des amtuettes d'enfitnts, U /v- 
garde eela oomme des amusetêes* Ce n'est 
pour lui qu'une amusette. Il est familier. 

AMUSEUR, s. m. Celui qui amuse. Cet 
éeriveûn est um sumaUe amuseur. Il eat peu 
usité. 

AMUSOIRS. S. f. Mojua d'^miuaer^ dans 
le scnè de Distraire. Ceut n'est pas oérieux, 
ee n'est qu'âne ionusoire. H est bmilicr et 
Irèâ^u usité. 

AMT 

ABnrGOALE. s. f. T. d'Anat. Chacune des 
deux glandes en forme d'amande, qui sont 
aux deux côtés de la gorge, sous la luette. 
Ai'oir les amygdales enflées. 

AMTGDALOlDE. s. f.T. de Minéralogie. 
Pierre qui , au milieu d'une pâte quelcon- 

Î|ue, renferme d'antres parties ayant la 
orme d'une amande. 

AMYLACÉ, ÉE. adj. T. didactique. Qui 
a quelque rapport avec l'amidon, qui res- 
semble à l'amidon. Pécule amylatée, 

AR 

AN.a.m. Le temps que fe soleil met a 
parcourir fe zodiaque, et qni comprend 
douze esois. An commencé. Après un an en- 
fier. Après un an révolu* Au bout de tan il 
arriva que... L'an étant expiré. Le premiBr 
jour de tan. Le nouvel an. L'an passé. L'an, 
prochain. Il y a deux ans, trois ans, etc. Au 
boutde cinquante ans. Il n'a pas encore ving^ 
cinq ans accomplis. Il a dix ans de service. 

liés ses Jeunes ans. Dès sa première jeu- 
nesse. Dans ses vieux ans , sur ses vieur ans. 
Dans sa vieillesse. On dit quèlquefoia ab- 
solument, Les ans, L'âçe en général. La 
fieur des ans. Le poids, kjardtsaiu des ansr 
L'inJÊsre, loutrofte des ans. 

SeriHoe du bout de fan, ou simplemeul« 
Bout de fan. Le service qu'on fait dans une 
église pom* une personne, un an «pràa an 
mort. 



A.NA 

r Jm UsâexiiL Yùjtz AjMée iùsexiik. 

Vmm duL monde; tan de grâce ^ Van du 
jofaf y Fmn de Noirt*Seigneur\ l'an de Fin" 
eanutiion, Fonnules dont on m sert», soî- 
¥Uit qu*oa wypntr les tem^ par rapport. 
à h création on Boade» on a la naissance 
de Jâsvs^^MUSsr. 

jin premier^ an demx^ «» trois^ etc., se 
disait particnlièrement pour indiqaer Les 
année» de l'ère républicaine des Français, 
commencée le 22 septemlnre 1792. La con^ 
stùnHanderanlJI, de fan FIIL U 16^ 
natmirovkderanlF. 

Le jour de tan^ L« premier jour de Tan. 

Bom jour et bnm. an. Façon de parler pro- 
verbiale et populaire » employée pour saluer 
les personnes la première fois ip/on les voit» 
dans 1rs premiers joursde chaque année. 

Bon an, mal an, Compensation faite des 
nmavaîses années avec les bonnes. Bon an, 
mmdan, ce pré loi rapparU tant de foin. Bon 
em, mal an, sa terre Im vaut dix nulle firmes 
dn rente. 

Par an. Chaque année. Sa terre lui rap- 
porte tant par an. 

En termes de Jurî^.» An etionr. L'an- 
née révolue y et un jour pur delà. Prescrip- 
iiou de Van et lotir. Voyez Ajijisa* 

AXA» s. m. Terminaison ajoutée au nom 
d'un auteur pour indiauer Un recueil de 
ses pensées détachées, oe ses observations, 
de aea bons mots» ou des pensées, des 
anecdotes qu'il a recueillies. JLe Ménagiana, 
Lt Carpentérianm^ Le Faretériantu 

U a emploie souvent isolé, pour dési- 
gner Un recueil de ce genre. Cest un ana, 
Défies^mms des faiseurs d'ana. Cela traîne 
mu tous les ana, 

Ama , est aussi un mot employé dans les 
ordonnances des médecins, pour si^^ifier 
que les drogues qu'on mêle ensemble sont 
en égale quantité. 

AHABAPTISTE. 8. et adjL des deux gen- 
res. Nom d'une secte de chrétiens- qui sou- 
tlcBDent qtt'on ne doit pas baptiser les en- 
fants avant Tâge de raison, on qu'à cet âge 
il faut les rebaptiser. 

AHACABDE. s. m. Fnik en forme de 
coenr, dont Famande est bonne à manger* 

▲ft4GABDlEB.s. m. T. de Botan. Arbre 
des Indes orientales, qui produit les ana- 



AHACHORim. s» m. (On prononce j4na>- 
korèêe,) Ermite, religieux qui vît seul dans 
on déserL U se dit par opposition Auxre- 
ligîeiix qui vivent en commun, et qu'on 
appelle autrement Cénobites. Les anachorètes 
Jeta Théôiàde, Une vie d^ anachorète. Un saint 
tekorète, 

AHACHBOiriSME,. s. m. ( CH se nro- 
comme K.) Faute contre la cnro- 
aologpe. n se dit principalement de La 
date qui consiste à placer un (ait, un 
avant- sa date» Fir^U s est 
un anachronisme en supposant Énée 
€OMêemponttn de Didon^ L'erreur contraire 
aTappefle Parachronisme : ce dernier mot 
cal de pen d'usage , et l'on donne au prev 
Mer la plus grande généralité. 

Il se oit, par extension, de Toute erreur 
«i consiste à attribuer des usages, dès 
wécsy etc. 9 aux hommes d'une époque où 



ANA 

cet idées, ces usages n'étaient pas encore 
caonBB, Les peintres italiens ont fait beaucoup 
d'anachronismes dans le costume, Cest un 
véritable anachronisme que de prêter des 
discours chevaleresques a un Jthenien, à un 
Romain, 

ANACOLUTHE, s. f. T. de Grammaire. 
Sorte d'ellipse, par laquelle on omet, dans 
une phrase, le mot, le terme qui est le cor- 
rélatif oi^dinaire de l'un des mots, des 
termes exprimés. U ne s'emploie guère 
qu'en parlant De phrases grecoues ou la- 
tines. En latin, la suppression de tôt devant 
quot est une anacoluthe, 

ANAGRéoRTIQUB. adj. desdenx genres. 
Qui est dans le genre, dans le goût des odes 
d'Anacréon. Fers anaeréontiques. Ode ana^ 
créontique. Poésies anaeréontiques. Pièce ano^ 
créontique. Genre anacréontique, 

ANAGALUS. S. m. ^<n«s Mouaojr^ 

ANAGNOSTE. S. m. T. d'Antiq., emprunté 
du grec. Nom que les Romains donnaient à 
celui de leurs esclaves qui faisait la lecture 
pendant les rep^s. 

AN AGOGIQCE. adj. des deux genres. T. de 
Théol. Il ne se dit guère que dans cette 
locution. Interprétation analogique, Lnter- 

Î^rétation qu'on tire d'un sens naturel et 
ittéral , pour s'élever à un sens spirituel et 
mystique. 

Alf AGRAMMATISER. v. n. S'occuper de 
l'anagramme des mots. Il est peu usité. 

AlfAGRAMBIATISTE.s. m. Celui qui fait 
des anagrammes. Il est peu usité. 

ANAGBAMME. S. f. Transposition et 
nouvel arrangement des lettres qui conv> 
posent un mot , un nom, disposées de telle 
sorte, qu'elles forment un ou plusieurs au- 
tres mots ayant un autre sens. Faire une 
anagjhimme. Les mots écran, nacre, rance,tfr 
cràne^ sont des anagrammesles uns des autres. 

ANAGTRIS. s. m. ( On prononce l'S. ) 
T. de Botan. Arbrisseau de la famille des 
légumineuses , dont les feuilles purgent vio- 
lemment, et dont l'écorce et le bois sont 
très-fétides L'anagyris croit dans les pays 
chauds. On le nomme aussi Bois puante 

ANALECTES. S. m. pL T. de Philologie; 
fragments choisis d'un auteur ou de plu- 
sieurs. Les AnaUctes de Brunch, 

ANALàjUB. s. m. T. de Géogr. astrono- 
mique. Projection orthographique de tous 
les cercles de la sphère sur les colures des 
solstices. 

ANALEPTIQUE, adj. des deux genres. 
T. de Médec. Il se dit Des remèdes ou des 
aliments propres à rendre les forces aux 
convalescents. Chocolat analeptique, 

U s'emploie aussi comme substantif mas- 
culin. Le salep, les gelées, etc., sont des anu" 
leptiques. Un bon analeptique, 

ANALOGIE, s. f. Il se dit dUne sorte de 
rapport , de ressemblance, de similitude qui 
existe à certains égards entre deux ou plu- 
sieurs choses différentes. Il y a de V analogie 
entre f homme et l'animal, parce que tous 
deux ont le mouvement et la vie. Il y a beau* 
coup plus d analogie entre l'homme et le singe, 
qu entre l'homme et le cheval. La partie basse 
d'une tnontagne s'appelle le pied de la mon- 
tagpe, par analogie avec le ^ed de l'homme. 
Analogie frappante, remarquable, ét'idente. 
Faible OFialogle, Indiquer les analogies et les 
différences. 



ANA 



7« 



U s'emploie dans le même sens en parlant 
De choses intellectueRes ou morales. Cette 
langue a beaucoup d'analogie avec telle autre* 
L'analogie qËÙ unit entre ellesles diverses accep' 
tiens d'un mot. Il y a de Fanalogie entre le 
substantif Mme et radjeciif profond, parce 
que l'idée d'abîme comprend celle de prof on" 
deur, etc. Il y a entre ces deux rédts des anu' 
logies de temps et de circonstances, qui font 
soupçonner que c'est le mémefm't diversement ' 
raconté. Ces deux hommes se sont liés par tar 
nalogie de leur caractère et de leurs goûts. 

Raisonner par analogie. Former un rai-^ 
sonnement fondé sur les ressemblances ou 
les rapports d'une chose avec une autre. Oa 
dit de même : Conclure, Juger par analogie. 
Être guidé peir l'analogie. L'analogie estsou^ 
vent trompeuse* Leûl de l'analogie, Etc, 

AvALOGiB, se dit particulièrement, en 
Grammaire, Du rapport qu'ont entre elles 
les consonnes qui se prononcent avec la- 
même partie de l'organe vocal. Il y a de 
l'analogie entre le B et le P, consonnes là* 
biales, le Dette T, consonnes dentales, etc. 

Il se dit aussi pour marquer Le rapport 
que divers mots d'une langue ont ou doi- 
vent avoir ensemble pour leur formation. 
Le mot passionné est formé de passion, par 
la même analogie qu'Mecixoniké est forme 
«faffection. Les mots nouveaux ne peuvent 
guère s'introduire qu'à l'aide de l'analogie. 
Consulter l'analogie* Les lois de ranaU^îe, . 
Fioler l'analogie, 

Axàlogix, s'est dit également, en Mathé* 
matique, pour Rapport, proportion. // y a 
la même analogie entre deux et trois qu'entr» 
six et neuf 

ANALOGIQUE, adj. des deux genres. Qui 
a de l'analogie. Termes analogiques, 

ANALOGIQUEMENT, adv. D'une ma- 
nière analogique. Le mot </e pied se ditana* 
logiquement du bas d'une montagne, 

ANALOGUE, adj. des deux genres. Qui 
a de l'analogie avec une autre chose. Corn- 
parer les êtres, les faits analogues. Ces deux 
idiomes sont analogues. Des formes analo* 
guts. Cest un cas tout à fait analogue à tel 
autre. Le pied de l'homme et le pied d'une 
montagne sont des termes analogues. Cette 
acception est analogue à telle autre. Le B et 
le P, le D et le T, etc,, sont des lettres, des 
consonnes analogues. 

Il s'emploie substantivement, au mascu- 
lin. Plusieurs terrains de noire continent ren- 
ferment des animaux fossiles et des végétaux 
pétrifiés auxquels on ne connaît point tCana" 
logues vivants, ou dont les analogues nexis* 
tent que dans d'autres parties du globe. Les 
analogues. Ce sont deux analogues. Ce terme 
n'a point d'analogue en fiançais. Cette locu* 
tion et ses analogues ne s'emploient que dans 
tel style, 

ANALYSE, s. f. T. didactique. Résolu- 
tion d'un tout en ses parties. Faire l'ana- 
lyse d'une fleur. L'analyse tTun mot composé* 
On le dit plus particulièrement, en Chimie, 
de L'opéra don qui consiste à décomposer 
les corps et à séparer leurs éléments. Ana^ 
iyse chimique. L'analyse de teau, du sang, 
du lait. L'analyse dune plante, 

U se dit aussi Des choses morales. L'anor 
Iyse de nosjacultés. L'analyse du cœur hu' 
main, des sentiments, des passions. 

Il se dit, en Logique, de I^ méthode de 



7» ANA 

résolution , de décomposition qui remonte 
des conséquences aux principes , des efTels 
aut causes, des propositions générales aux 
faits dont elles sont déduites. Faire f analyse 
iTun raisonnement L'analyse est opposée à 
la synthèse. Procéder par voie d'analyse. Ap- 
pliquer l'analyse à l'étude des sciences natu- 
relles. Analyse savante. Les règles de l'analyse, 
jti'oir l'esprit d'analrse. 

En Gram., Analyse grammaticale, Dé- 
composition d'une phrase en ses éléments 
grammaticaux , tels que le nom , l'article , le 
pronom, le verbe, etc. Analyse logique. Dé- 
composition d'une proposition en ses par- 
ties , telles que le sujet, le verbe , rattribut. 

ANALYSE, en termes de Mathématique, 
Méthode de résoudre les problèmes en re- 
présentant les quantités inconnues par des 
signes généraux dont on détermine les va- 
leurs par la condition de satisfaire aux 
données que chaaue question impose. 

Avàltsx, signine aussi, L'extrait, le pré- 
cis raisonné d*un ouvrage d*espri t. Z'a/ia/y^tf 
d'un discours, d'un poème, d'une pièce de 
théâtre, d'un roman. Ce journal donne J'ana» 
iyse de presque tous les ouvrages nouveaux. 
Analyse incomplète. Une courte, une sèche anu' 
irse. Analyse rapide. On dit de même. Faire 
l'analyse d'un aossier, l'analyse des tras*aux 
d'une société savante, etc, 

£v DSBjriÀBx AKALTSS. loc. adv. En der- 
nier résultat. Je ne vois pas, en dernière 
analyse, quelle utilité si grande on peut tirer 
de cette aécouverte, 

ANALYSER. V. a. Faire une analyse; 
Procéder par voie d'analyse. Analyser une 
fUur, Analyser une substance , des eaux mi' 
nérales, un végétal, etc. Analyser et compa- 
rer. Analyser un raisonnement, une période, 
un discours, une phrase. Analyser un roman, 
une tragédie, etc, 

AiTALTsé, ss. participe. 

ANALYSTE, s. m. Celui qui est versé 
dans l'analyse. On ne le dit guère qu'en 
Mathématique. Habile analyste. 

ANALYTIQUE, adj. des deux genres. Qui 

Ïirocède par voie d'analyse, qui tient de 
'analyse, ou Qui contient une analyse* 
Méthode analytique. Examen analytique. Ta- 
bles analytiques. Résumé analytique. 

Avoir l'esprit analytique, Posséder le genre 
de faculté qui fait que l'on procède facile- 
ment par la voie de l'analyse. On dit figu- 
rément De l'homme qui a cette faculté, 
Ccst un esprit analytique. 

ANALYTIQUEMENT. adv. Par analyse, 
par voie d'analyse. Procéder anahtiquement. 

ANAMORPHOSE, s. f. Dessm, tableau 
fait de manière à ne présenter l'image régu- 
lière d'un objet qu'autant qu'on le regarde 
d'une certaine distance, ou dans un miroir, 
etc., et qui n'offre, vu autrement, qu'une 
représentation monstrueuse ou bizarre. 

11 se dit aussi de L'art de faire ces sortes 
de dessins, de tableaux. 

ANANAS, s. m. Plante originaire des 
Indes, qu'on élève en Europe dans des serres 
chaudes, et dont le fruit, appelé de même 
Ananas, ^est très-estimé pour sa saveur. 

ANAPESTE, s. m. Sorte de pied , dans la 
poésie grecque et dans la poésie latine, com- 
posé de deux brèves et une longue. 

ANAPESTIQUE. adj. Il se dit D'une sorte 
dcvvers dans lequel peut entrer l'anapeste, 



AÏ(A 

mais qui admet également le dactyle et le 
spondée à tous les pieds. Fers anapestique. 
Mètre anapestique, 

ANAPHORE. s. f. Figure de rhétorique 
qui consiste à répéter le même mot an com- 
mencement de plusieurs phrases ou des 
divers membres d'une période. 

ANAPHRODITE. adj. des deux genres. 
T. de Médec. Insensible à l'amour, impro- 
pre à la génération. 

ANARCHIE, s. f. État d'un peuple qui 
n'a plus ni chef, ni autorité à laquelle on 
obéisse, ni lois auxquelles on soit soumis. 
Tomber dans l'anarchie. Sortir de l'anar- 
chie. Un État en proie à l'anarchie. Réprimer, 
dompter l'anarchie. L'anarchie féodale, La 
démocratie pure dégénère facilement en anar- 
chie. Fauteur d'anarchie, 

ANARGHIQUE. adj. des deux genres. Qui 
tient de l'anarchie. Un État anarchique. 

Il signifie aussi , Favorable à l'anarchie. 
Opinion anarchique. Principes anarchiques. 
Système anarchique. 

ANARCHISTE, s. des deux genres. Par- 
tisan de l'anarchie, fauteur de troubles. 

ANASARQUE. s. f. T. de Médec. Infiltra- 
tion séreuse de tout le tissu cellulaire, 
principalement du tissu cellulaire sous- 
cutané. 

ANASTOMOSE, s. f. T. d'Anat. L'abou- 
chement d'un vaisseau dans un autre. Les 
anastomoses servent à la circulation du sang. 
L'anastomose des veines, des artères, des 
vaisseaux lymphatiques, 

ANASTOMOSER (S'), v. pron. T. d'A- 
nat. Se joindre par anastomose, s'embou- 
cher l'un dans l'autre. Les artères s'anasto- 
mosent fréquemment entre elles. Un vaisseau 
qui s'anastomose avec un autre, 

AvASTOMOsi, l&B. participe. 

ANASTROPHE. s. f. T. de Gram. Ren- 
versement de la construction naturelle ou 
ordinaire. En latin, Mecum, vobiscum, 
sont des anastrophes , pour Cum me, cum 
vobis. 

ANATIIEMATISER. v. a. Frapper d'ana- 
thème, excommunier. Anathématiser les hé' 
rétiaues, Anathématiser l'hérésie. 

Il s'emploie quelquefois au figuré, sur- 
tout dans le style soutenu, et signifie, 
Blâmer avec force, vouer à l'exécration. 
/anathématiser une opinion, une doctrine. Ces 
r^ormateurs anathématisaient les plaisirs in- 
nocents et les arts. 

AiTATBBMATXsi, il. participe. 

ANATHÈME, s. m. Excommunication; 
retranchement de la communion de l'É- 
glise. Lancer anathème. Frapper tfanathème. 
Prononcer anathème. Fulminer anathème. 
Dire anathème à quelqu'un. Totis les Pères 
du concile dÉphèse crièrent anathème à 
Nestorius, Lever un anathème. De terribles 
anathèmes, Sf exposer aux anatlièmes de 
l'ÉgUse» 

II se dit quelquefois, au figuré, surtout 
dans le style soutenu, pour Réprobation, 
blâme solennel, /e ne viens point ici pro* 
noncer des anathèmes contre les granaeurs 
humaines, 

AKATuiKK, est aussi adjectif des deux 
genres, et signifie alors. Excommunié, re- 
tranché de la communion des fidèles. Qui- 
conque dira.,; qu'il soit anathème. 
I ANATIFE. 8. m. T. d'Hîst. nat. Nom d'un 



:àNA 

genre de coquillage multivalve, vulgaire* 
ment appelé Pousse-pieds, et dont on a cm 
longtemps qu'il pouvait naître des canards. 

ANATOMIB. s. f. L'action ou l'art de 
disséquer un corps humain , un animal , ou 
un végétal, pour connaître le nombre, la 
forme, la situation, les rapports, les con- 
nexions et la structure des parties dont il 
est composé. Faire Fanatanue du corps hu- 
main, a un sujet humain. Faire Vanatomie 
d un chien, d'un oiseau, d un poisson, dune 
plante, Anatomie humaine. Anatomie animale, 
Anatomie végétale. L'action de disséquer se 
nomme plus ordinairement Dissection, 

Il signifie aussi, L'ensemble des connais- 
sances que Ton acquiert par la dissection; 
et plus particulièrement, La science auî 
s*occupe de la structure du corps humain. 
Étudier Vanatomie, Cours, traite danatomfe. 
Ce chirurgien, ce peintre sait bien tanatomie, 

Anatomie chirurgicale. Science qui n'étii* 
die les diverses parties du corps humain nue 
pour y reconnaître les routes qu'il est le plus 
avantageux de fAire parcourir aux instm» 
ments, dans les opérations chimrgicales. 

Anatomie pathologique. Science oui fait 
connaître les altérations auxquelles les 
maladies donnent lieu dans les diverses par- 
ties du corps humain. 

Anatomie générale. Science qui recherche 
les rapports et les différences des tissus dont 
les parties da corps des animaux et des vé» 
gétaux sont composées. 

Anatomie comparée, Science qui établit 
les rapports et les différences qu'on décou- 
vre entre la structure de l'homme et celle 
des animaux. 

AvATOMiz, se dit, par extension, d'Un 
corps disséqué , ou de quelqu'une de ses 
parties, lorsqu'on les a préparés de ma- 
nière à pouvoir les conserver. Il se dit éga- 
lement de L'imitation ou'on en fait en plâ- 
tre, en cire, ou en quelque autre matière. 
Une belle anatomie. On dit dans le mémo 
sens , Une pièce danatomie. 

Cabinet danatomie. Lieu oh l'on con- 
serve une collection de pièces d'anatomie. 

Amphithéâtre danatomie. Lieu destiné 
pour y faire des dissections et des démon- 
strations anatomiques. On disait autrefois » 
Théâtre analomiaue, 

AvATOMiB, se ait aussi, figurément, d'Une 
analyse méthodique et exacte , en quelque 
matière que ce soit. Faire Vanatomie a un 
discours. Faire Vanatomie dun lii're* Cette 
acception vieillit. 

AN ATOMIQUE, adj. des deux genres. Qui 
appartient à l'anatomie. Observations, re- 
cherches, travaux anatomiques. Préparations, 
démonstrations anatomiques. Sujet anatomi» 
que. 

ANATOMIQUEMENT. adv. D'une ma- 
nière anatomique. Un historien, un poète ne 
doit pas décrire anatomiquement les blessures 
de ses héros, 

AN ATOMISER. T. a. Faire l'anatomie, 
la dissection. Anatomiser un corps. On dit 
plus ordinairement. Disséquer, 

Fig., Anatomiser un livre, un discours, 
etc. En examiner toutes les parties en 
détail. 

AiTATOHisi, is. participe. 

ANATOMISTE. s. m. Celui qui s*occupe 
d'anatomie , qui est savant dans l'anatomie* 



ANC 

Çnmd amaiomisie. Un méeiêcfn doit être ana^ 
iomistt. Le scalpel de l'anatomijte, 

ANC 

ANCÊTRES. S. m. pi. Les aïeux, ceux 
Ae qui on descend. Il ne se dit guère que 
de Ceux qui sont au-dessus du degré de 
£raDd-pèi*e, et qu'en parlant Des maisons 
illustres. Dégénérer de la vertu de ses an- 
cêtres. Le tombeau de ses ancêtres. Tous ses 
ancêtres se sont rendus recommandables. Il 
marche sur les traces de ses ancêtres. 

Il se dit aussi de Tous ceux qui nous ont 
devancés, encore que nous ne soyons pas 
de leur race. Nos ancêtres nous ont laissé 
de grands exemples. C'était la coutume de 
nos ancêtres. 

ANCHE, s. r. Petit bec plat, formé de 
deux lames communément faites de roseau 
aminci , par lequel on soufQe dans les haut- 
bois, les bassons, les clarinettes. Vanche 
iTun hautbois, d'un basson, d'une clarinette. 

Anche d^ orgue. Demi-tuyau de cuivre qui 
se met dans les tuyaux d'orgue. 

Ahchb, se dit aussi d*Un petit conduit 
par lequel la farine coule dans la huche du 
moulin. 

ANCHILOPS. s. m. ( On prononce Anki- 
lops,) T. de Médec. Tumeur, ordinaire- 
ment inflammatoire, qui est située à l'angle 
interne de l'œil, et qui dégénère assez sou- 
vent en abcès. Quand cet abcès s'ouvre, il 
prend le nom à^Égilops. 

ANCHOIS, s. m. Petit poisson de mer, 
que l'on sale après en avoir enlevé la tétc, 
et que l'on mange ordinairement cru. De 
bons anchois. Une salade d'anchois. Un baril 
eTanchois, 

ANCIEN, lENNE. adj. (Il est tantôt de 
deux et tantôt de trois syllabes en vers; 
mais autrefois on ne lui en donnait que 
deux.) Qui est depuis longtemps. Cette loi 
esi fort ancienne, Cest une ancienne cou" 
tume. Un bâtiment fort ancien. Des meubles 
bien anciens. Anciens titres. Anciens manu» 
scriis. Une ancieime amitié. Cette famille est 
ancienne, 

U se dit particulièrement, dans l'Adminis- 
tration forestière, Des arbres réservés qui 
ont plus de trois fois l'âge du taillis dans 
lequel ils se trouvent, c'est-à-dire, qui ont 
atteint ou passé cent ans; par opposition 
à Moderne, qui se dit Des arbres de deux 
ou trois âges seulement. Marquer en réserve 
Us arbres anciens, les modernes, et les jeunes 
en baleineaux de l'âge du taillis, 
• AacHBjr, signifie aussi. Qui a existé, et qui 
n'existe plus. Vusage ancien. Les mœurs an' 
tiennes. Les anciens gouvernements. Une fa- 
mille ancienne qui s'est éteinte. Les anciens 
Grecs, Un philosophe ancien. Un ancien 
poète. Les anciens Égyptiens, Étudier les 
langues anciennes, 

il se dit, en ce sens, par opposition à 
Nouveau et à Moderne. L ancien et le Nou- 
veau Testament. La loi ancienne et la loi nou' 
veUe, L'ancienne et la nouvelle loi. L'ancienne 
et la nouvelle Rome. L'ancienne Grèce et la 
Grèce moderne, 

Aaciav, se dit également Des personnes 

3tti ne sont plus en charge , qui ont cessé 
.'exercer, une profession, etc. Un ancien 
tmagistrat. L'ancien préfet. L'ancien maire. 
Tome /. 



ANC 

L'ancien évêque de notre ville. Un ancien 
avocat. Une ancienne institutrice, 

AsciRV, s'emploie substantivement en 
parlant de Ceux qui ont vécu dans des 
temps fort éloignés de nous, et particulière- 
ment de Ceux qui ont laissé des écrits. Les 
anciens avaient pour coutume... Chez les an- 
ciens, on avait pour habitude.,. Un ancien 
disait. Les anciens ont porté fort loin les arts 
et les sciences. On a beaucoup écrit sur la 
prééminence des anciens ou des modernes. Il 
appuie son opinion de F autorité d'un ancien. 
La poésie des anciens. Les ouvrages des an- 
ciens. Lire, étudier les anciens. 

En termes de l'Écriture sainte, L'Ancien 
des jours. Dieu. 

AnciKii, est aussi Un terme de dignité, 
parce qu'originairement on choisissait les 
vieillards pour remplir les premières places, 
les fonctions les plus importantes. Les an- 
ciens du peuple d Israël. 

Conseil des Anciens, désignait, sous la 
constitution de l'an III , Celle des deux sec- 
tions du corps législatif à laquelle apparte- 
nait exclusivement le droit d approuver ou 
de rejeter les résolutions du conseil des 
Cinq-Cents, qui formait l'autre section. Le 
conseil des Anciens était composé de deux cent 
cinqntmte membres. 

Akgibk, se dit encore, tant adjective- 
ment que substantivement, De celui qui a 
été reçu avant un autre dans une «charge, 
dans une compagnie, dans un corps. Dans 
Varmée, à grade égal, le plus ancien com- 
mande. Cest le plus ancien ojficier du régi- 
ment, Cest au plus ancien en charge à porter 
la parole. Il est votre ancien dans la compa- 
gnie, quoique plus jeune que vous. Tous les 
anciens de la compagnie furent de cet mis. 
On dit quelquefois à un vieillard, Mon an- 
cien. Salut, mon ancien. Il est familier dans 
cette phrase. 

ANCIENNEMENT, adv. Autrefois, dans 
les siècles passés. Anciennement on fusait 
telle chose. Anciennement on vivait d'une 
autre manière, 

ANCIENNET1Ê. s. f. Qualité de ce qui est 
ancien. Des choses vénérables par leur an- 
cienneté. L'ancienneté dune loi, d'une cou- 
tume, d^un titre. 

V ancienneté dune maison, dune famille. 
L'antiquité plus ou moins reculée de son 
origine. 

AircTBVHBTi, se dit aussi de La priorité 
de réception dans une compagnie, dans un 
corps. Ils marchent par rang d'ancienneté. 
Ils ont rang selon leur ancienneté, selon l'an- 
cienneté. Ancienneté de réception. Il doit son 
avancement à Vandenneté et non point à la 
faveur. 

Dx TonTX AHCTKSHBTB. loc. adv. Dcpuis 
très-longtemps , depuis un temps immémo- 
rial. Cela s'est fait de toute ancienneté. 

ANCILE. s. m. T. d'Antio. romaine. 
Nom d'un bouclier sacré (}ue les Romains 
croyaient être tombé du ciel, et qu'ils re- 
gardaient comme un gage de la durée de 
leur empire. Numa, pour rendre plus dif- 
ficile l'enlèvement de ce bouclier, en fit 
faire onze autres, qu'on ne pouvait distin- 
guer du véritable. La garde des anciles était 
confiée aux prêtres saliens. 

ANCOLIE. s. f. T. de Botan. Plante cul- 
tivée dans les jardins , à cause de la beauté 



AND 73 

de sa fleur, qui est garnie de cinq nectaires 
en forme de cornets recourbés et alternant 
avec les pétales. Les semences de l'ancdic 
entrent clans quelques gargarismes. 

ANCRAGE, s. m. T. de Marine. Lieu 
propre et commode pour ancrer. // ^' a bon 
ancrage sur cette côte. Ce mot a vieilli; on 
dit aujourd'hui Mouillage, excepté dans la 
locution suivante : 

Droit d'ancrage, Droit qu'on paye pour 
avoir la faculté de mouiller dans un port, 
dans une rade, d'y jeter l'ancre. Pa^-er le 
droit d'ancrage. 

ANCBE. s. f. Instrument de fer, qui a un 
de ses bouts terminé par un anneau, et 
l'autre par deux branches formant une es- 

I)èce d'arc ou d'angle très-ouvert, et qu'on 
aîsse tomber, à l'aide d'un câble, au fond 
de l'eau, où il s'enfonce et s'accroche de 
manière à retenir le bâtiment. L'anneau ou 
organeau, la verge, les bras d'une ancre. Im. 
grande ancre. La maltresse ancre. Jeter T ancre, 
mouiller l'ancre, ou simplement, Mouiller. 
Se tenir, demeurer, être à l'ancre. Lever l'an- 
cre. Un vaisseau qui a perdu toutes ses an- 
cres, qui chasse sur ses ancres. L'ancre est 
le symbole de Pespérance. 

Ancre de miséricorde, se disait autrefois 
de La maîtresse ancre. 

Fig. , Cest notre ancre de salut, Cest la 
seule chose qui puisse nous sauver, c'est la 
plus sûre ou l'unique ressouree que nous 
ayons. 

Akcrx, en termes d'Architecture et de 
Serrurerie, Grosse barre de fer qu'on fait 
pisser dans l'oeil d'un tirant, pour empê- 
cher, soit l'écartement des murs, soit la 
poussée des voûtes , ou pour maintenir des 
tuyaux de cheminée qui sont fort élevés. Il 
faut mettre une ancre à cette muraille. Il y a 
des ancres de plusieurs formes, 

ANCEER. V. n. Jeter l'ancre. Ils trou- 
vèrent que le mouillage était bon en cet en- 
droit, ils y ancrèrent. Ce mot n'est plus usité 
parmi les marins : ils disent, Mouiller. 

Il s'emploie figurément, avec le pronom 
pei-sonnel, et signifie, S'éublir, s'affermir 
dans quelque situation, dans quelque em- 
ploi, n cherche à s'ancrer auprès de ce prince. 
Il s'est ancré dans cette maison. Ce sens est 
familier. 

AvcBB, BB. participe. 

Il s'emploie adjectivement, et se dit D'un 
vaisseau retenu par des ancres. Un vaisseau 
bien ancré. 

Il s'emploie figurément , et signifie , Bien 
établi , bien affermi. H est bien ancré dans 
cette maison. La vanité est bien tmcrée dans 
la tête de cet homme. 

AND 

ANDABATE. s. m. T. d'Antio. Gladiateur 
qui combattait avec un bandeau sur les 
yeux. 

ANDAIN. s. m. L'étendue de pré qu'un 
faucheur peut faucher à chaque pas qu'il 
avance. 

ANDANTÉ. adv. ( Quelques personnes 
prononcent TÉ final comme un E muet, et 
disent, Andante.)T. de Musique, emprunté 
de l'italien. Il se met à la tète d*un air, pour 
marquer que cet air doit être joué d'un 
mouvement modéré , ni trop vite, ni trop 

10 



74 ANE 

tentemenL Ce morceau doit éire joué andante'. 
Il s'emploie aussi comme su uslantif mas- 
culin, en pariant de L*aîr même qui doit 
être joué de ce mouvement. Jouer un on- 
danté. Un bel andanté. 
ANDRLLE. f7>>«s Bois. 
ANDOUILLE. s. f. Boyau de porc, rem- 

Eli, farci d'autres boyaux, ou deja chair 
achée du même animal. Andouilles fumées. 
Grosses andouilles, JndouiUes de chair de 
porc. 

Prov. et fig. , Cela s'en est allé en brouet 
d'andouille, se dit D'une chose qui promet^ 
tait beaucoup et qui n'a abouti à nen. 

ANDOUILLER. s. m. T. de Véoerie. Es- 
pèce de petite corne qui vient au bois du 
cerf, du daim et du chevreuil. Les un» 
douillers d'un cerf. Le premier , le second an» 
douàler. Un chasseur messe d'un coup d'an- 
douiller, 

ANDOUILLETTS. s. f. Chair de veau 
hachée et pressée en forme de petite «n- 
dooille. 

ANDEOGYNE. s. m. Hermaphrodite, 
personne qui réunit les deux sexes , qui est 
mâle et femelle tout ensemble. La fable de 
Vj4ndrogyne dans les Dialogues de Platon, 

Il se dit adjectivement, en Botanique, 
D'une plante qui a des fleurs miles et des 
fleurs femelles sur le même réceptacle, sur- 
tout lorsque ces fleurs sont entremêlées, 
comme dans les épis de quelques carex. 

ANDROIde. s. m. Automate à figure 
humaine, qui, par le moyen de ressorts, 
exécute en apparence quelques«unes des 
fonctions et des actions particulières *à 
l'homme. Le flâteur de Faucanson et son 
joueur d'échecs étaient des androkles. 

ANDROMÈDE, s. f. T. d'Astron. ConsUl- 
lation cte l'hémisphère septeotrional. 



ANE 



AHB 

ÂNE. s. m. Bête de somme qui a de 
longues oreilles. Un âne oui brait, Jne sau- 
vage, Jne domestique. Le bdt d'un dne. Bâter 
un dne. Mler sur un dne. Monter sur un dne. 
Transporter à dos d'âne. 

En dos tTâne, se dit en parlant De cer- 
taines choses qui sont ou qui semblent for- 
mées de deux parties réunies ensemble de 
manière à présenter une pente, un talus de 
chaque côté. La couverture de cette maison, 
le dessus de ce coffre va en dos d'âne, est en 
dos (Tâne. 

Prov. et fig. , Vâne du commun est tou- 
jours le plus mal bâté. Les affaires d'une 
communauté, d'une société sont souvent 
négligées, aucun membre ne voulant pren- 
dre la peine de les soigner comme si elles 
étaient les siennes propres. 

Prov. et fig. , ^ laver la télé d'an dne on 
perd sa lessive. C'est perdre ses soins et ses 
peines que de vouloir instruire et corriger 
une personne stupide et incon*igible. 

Prov. et fig. , On ne saurait /aire boire un 
âne s'il n'a soif, un âne qui n'a pas soif. 
On ne saurait obliger une personne entêtée 
il faire ce qu'elle n'a pas tarvie de faire. 

Prov. et fig. , // cherche son dne, et il est 



que votre âne n'est qu'une béte. Pour vous 
faire voir que vous vous trompez. 

Prov., Pour un point, ou Faute d'un 
point, Martin perdit son âne, se dit Lorsqu'il 
a manqué fort peu de chose à quelqu'un 
pour gagner une partie de jeu, on pour 
réussir dan^ une affaii^. 

Têtu comme un âne, se dit D'un homme 
entêté, opiniâtre; Méchant comme un dne 
rouge. D'un homme fort malicieux ; et. Sé- 
rieux comme un âne qu'on étoile. D'un 
homme qui aflecte d'être grave. 

Fig. et fam., Cest un âne bâté, se dit 
D'un homme fort ignorant Cest un âne 
débâté, se dit D'un liomme trop adonné 
aux femmes. 

Prov. et fig., Cest le pont aux ânes. C'est 
une chose si triviale, si commune, que 
personne ne peut l'ignorer; ou Cela est si 
facile, que tout le monde peut y réussir. 

Contes de Peau d'âne, par allusion à un 
vieux conte dont l'héroïne s'appelle Peau 
d'âne, se dit de Petits contes inventés pour 
l'amusement des enfants. 

Oreilles d'âne. Cornets de papier imitant 
à peu près la forme d'une oreille d'âne, 
qu on attache des deux côtés de la tête d'un 
enlant, pour le punir d'une faute d'igno- 
rance. 

AvB , se dit, figurément et très-familière- 
ment, d'Un esprit lourd et grossier, d'un 
homme très-ignorant. Cest un âne. Il ne 
sera Jamais qu'un âne. Quel ânel 

ANJ&ANTIR. V. a. Réduire au néant. Dieu 
seul peut anéantir les êtres qu'il a créés. 

Il se dit par exagération en parlant De 
diverses choses, et signifie, Détruire abso- 
lument. // n'y a point de fortune si élevée, 
qu'un revers ne puisse anéantir. Les barbares 
ont anéand l'empire romain, jiméantir une 
coutume. 

AiféàiiTiR, avec le pronom personnel, 
signifie , Se dissiper, devenir à rien ou pres- 
qu'à rien. Cet hionme ai»ait amassé de grands 
biens, et réuni de grands honneurs dims jn 
famille : tout cela s'est anéanti. Que d'em- 
pires se sont anéantis! Cette objection s'a- 
néantit d'elle-même. 

En termes de jyév^ûon. S'anéantir devant 
Dieu, S'abaisser et s'humilier devnni Dieu, 
par la connaissance qu'tm a de son Béant. 
Selon l'Écriture, JB8os-CHaurj'cssr«Meii/i 
de lui-même. Il a renoncé à sa nature divine 
en se faisant homme. 

AvxAjiTi , ix. partioqBe. 

Par exagér. , Je suis anéanti. Je suis ex- 
cédé de fatigue; et, dans un autre sens, 
>Je suis stupéfait, oonfendu. 

ANÉANTISSEMBKT. S. m. RédnctfOQ au 
néant. L'anéantissement des créatures dépend 
de Dieu seul 



Il se dit au figuré de L'abaissement d'une 
fortune élevée, du renversement, de la des- 
truction d'un empire, d'une monarcbie, 
d'une famUle. Cette famille est tombée dans 
l'anéantissement. La chute et Vanéantissement 
de cette monarchie. Depuis l'anéantissement 
de sa fortune, d est tombé dans le dernier mé- 
pris. 

Il signifie, en termes de Dévotion , L'a- 
baissement dans lequel on se met devant 



dessus, se dit D'un homme qui cherche ce I Dieu. Être dans un continuel anéantissement 
qu'il a entre les mains. 1 devant Dieu. 

Prov. , fig. et pop. , Pour vous montrer ! Il se dit encore figurément, et par exagé> 



. ANE 

ration, d'Un étet d'abaHemeiit ci dé^^U 
blesse extrême, dans leouél Texereice de 
toutes les facultés semble être suspendu. 
Le malade est tombé dans un état d'anéantis- 
sement qui fait tout craindre. 

ANECDOTE, s. f. Particularité secrète 
d'histoire, qui avait été omise ou suppri m é e 
par les historiens précédents, anecdote cu^ 
rieuse, scandaleuse. Les anecdotes sont ordi- 
nairement satiriques. 

Il se dit en général Du récit, ordinaire^ 
ment court, de quelque trait ou fait parti- 
culier, plus oo moins remarquable. heeueU 
d'anecdotes. Baeonter une anecdote. 

Il s'emploie aussi adjectivement, dans 
le premier sens. L'Histoire anecdote de Pro- 
eope. Ce sens vieillit : voyex AuKcnoTiQinB. 

ANE€DOTlER. s. m. Celui qui a l'habi- 
tude de recueillir et de raconter des anec- 
dotes, et le plus souvent des anecdote» 
lauases. Cest un aneahtier. Il est Carailier. 

▲NECDOTIQUB. adj. des deux genres. 
Qui tient de l'anecdote, qui a rapport aux 
anecdotes, qui contient des anecooles. Faii 
anecdotique. Histoire aneedotique. 

Pièce anecdoeiqae. Pièce de théâtre dont 
ooe anecdote a fouivi le anjet 

ÂN^E. s. f. La charge d'un âne. 

ANÉHttllàTRE. s. m. Instrument qui 
sert à mesurer la force du veat. 

ANÉMONE, s. f. Plante priManière dont 
la tige est «ne hampe droite, garnie ordi- 
nairement de trois DeuîNes formant «ne 
sorte de collerette : sa fleur, qui porte le 
même nom, est inodore, mais remaîrattable 
par TécUt et la variété de ses couleurs» 
dans les espèces cultivées. Planche eCané'- 
mones. Carré d'anémones. Anémone simple^ 



jinémone double. Anémone blanche. Anémona 
rouge. 

Griffe oo peMe d'anémone, \jk racine de 
l'anémone, ainsi sommée parce qu'elle a 
quelque ressemblance avec la patte d'un 
animal. Les griffes ou paites d'anémo ne peu» 
veM être divisées, et servir ainsi À ia multf- 
plication de ia plamte. 

ÂHERiE. s. f. Gsnode ignoraBce de ce 

Su'oo devrait savoir. Quelle ânerie à an mé^ 
tdn de ne connattre pas (es weatèdes qu'il 
adonne f 

Il se dit anmi Des fautes commises par 
l'eiTet de cette ignorance. Ce tivre est ptetse 
d'daeries. Faire unednerie, 

Anesse. s. f. La femeUfrde l'âne. Lait 
d'ânesee. 

ANETB. a. m. T. de Botan. Plante om- 
bellifère dont la semence est employée tm 
médecine oomme tonique, excitante et car- 
minative. Le fenaaU est une sorte d'anotJk. 
Haiie d'anèth. 

ANévRISMAL, ALB. adj. T. de Médee. 
Qui tient de l'anévrisme, qui a rapport à 
l'anévrtsme. Paùsitatàms anévrismales. TVi- 
meur anévrismaie. 

ANÉtRISMB. s. m. ( Qucl(|ue»-uns , se 
oonformantà l'étymoiogie, écrivent, Ané" 
vrysme.) T. de Médee. U se dit proprement 
d'Une tumenr contre nature, causée par la 
dilatation d'une artère; nais on a étenda 
ce nom à Diverses lésions des veines et des 
artères, ainsi qu'aux dilatations morbides 
chi cœur. Anévrisme interne. Anévrisme «r«> 
terne. Mourir d'un anévrisme, Anévrisenesbe 
cœar. 



ANG 

ANF 

ASIFRACnrUEUX, EUSS. adj. Plein de 
déCoors et d'inégalilés. Chetni'n anfmctuemx, 

AXmACIVttMTS^ t. f. n «'emploie snr^ 
tout an pluriel y et aigntfie, Détoar»ct iné- 
galités, caviiésy enftwicfiaetif» Ce chemin 
eU piam tTajtfimeiuomiàu Les anftaduosités 
ées rochers, 

11 stgnifie, en termea d'Ânaloime, Le& 
cBRriiés Mi«^lea ffoSt se Itomaiil à la aof face 
de cerlaÎDs ea. Oo dii dana ub sena anah>- 
f^e. Les anfractuosUés céréètmks. Les eu- 
loBoeaaenU ainaenx qui séparsot les cir* 
ooAvoInlioiia du fserveait. 

ANC 

J^SfiAR. S. m. Vcyes UA»«dLa. 

AJHiiS. s. m. Créatuie poteiaent spiri» 
feoelley qu ttn reprèsenfe soiia la figure hur 
■Muttie, avec des allesk Bote an^ Uauvms 
amge. ^mge de iumière, Ange fk ténèbeos, La 
ekm^ des anges. Les emges reèeiles. Lssweges 
déchus. L'ange exterminateur. L'ange de ia 
«iorf . Vamge tmêéUdre, Ange çntUàmm 

Ammu^y employé sans épkhele y se dit g^ 
néraleaicRi de Tous les esprits bteeèeureux 
qui composeai la kiéraraiie céftesle. les 
atfffes eatwwineni le tréne de Dieu. Les unges 
soMi les OHmsiÊBes des voioutés de Die%L Saiae 
Michel est lamge toâékùre de la Frunee, Les 
oùuf ckmurs des anges. 

11 se dity particttlièremeat eftpropiement» 
Dta angea f|ui sont da denûer cheBur. Les 
anges sont mt^essous des archanges* 

Ajtob, se d*t figBréfaeal pour signifia*, 
Uoe persoBNe d'une, piété estraerdiDaire, 
d'une gvande vcetai, d'une eatréme dou^ 
ceur. Ce sont des anges fue ses sœurs de 
chitrité. Cette femme est un ange, Un.ange de 
fêêié, de vertu, de dûoeear, de bonté. 

L'Ange de Cécole. Surnom donné à saint 
.Thomas d'Aquio » peiroe qa!il excella entre 
lea seolastiques. 

Fig. et fam., Foir des anges violets, Aroir 
des visions creuses. Celle phffaaa a vieilli. 

Fig. et fam., Être aux ize^vif^ Être dans 
un ta transpevt de joie,, qu'on en parait 
extasié. Eire aux amgsst. se dii dans le même 
sens ; il se dit aussi 0e ceux qui rient aenls, 
niaisement» et sans sujet conna* 

Comme un ange, Foet bien, parfaitemenL 
// éerii, il parle, H ehantt oomena um ange. 
£iie Aanse comme um aage, 

An«a, en tenues d'ArtiUerie, Sorte de 
projectile fcNnné d'un bonkt eanpé en 
deos, trois ou qualre parliea eneludttées 
ensemUe, dont on se sesvail autrefois , sur 
nser, pour rompre les meta et lea eottkges 
des vaisseaux ennemis^ 

£n Hist nac, Ange dé mer,. Poisson du 
^psun des Squales, dont la peau seri à po- 
lir les ouvrages de boia ou d'ivoire. 

AKCéuKiUB. ad> dfes deux genrm. Qui 
appartient à l'ange, qui est propre à l'ange. 
Air naiure angéliftte. Les esprits angéliqms. 
Les ckmurs oàsgéUques. Les^perfecÊimhs ange" 
Bqaes. 

La Stduêation angélique^ Les paroles, que 
range dit à la sainte Vierge, en lui annon- 
^pwt %u*elle seraii mère de Notre-Seignenr ; 
et La prière pbia oedinairement appelée 
' iiana, pareeiqu'elle commence par cas 
mots. 



AN G 

AncixiQUB, se dit figurément pour ex- 
primer Une perfection extraordinaire, une 
qualité excellente. Un esprit ange'lique. Une 
beauté angélique. Une voix angélique. Une 
âme angélique. Pureté angélique. Douceur, 
résignation angélique. Mener une vie ange- 
lique. Sami Thomas est appelé le Docteur 
angéaque, 

Prov., Une chère angélique. Une chère 
tcès i 4K W Min et trèa<léllcate. 

AlMiéuQirB. s. f. Phmte ombellifère odo- 
riférante, dont on confit dans le sacre les 
tiges encore vertes , et qui fait aussi hi base 
de plusieurs préparations Uquidea. Z'oa- 
^lique parfume la bouche et fortifie C estomac. 
Un béton, un morceau d* angélique confite. 
Eau d' angélique rBaume, extrait éTangéuque. 

AU «éLIQUlSlIENT. adv. DVme manière 
angélique. 11 est peu usité. 

AMCSLOT. s. m. Sorte de petit fromage 
qui se iàtt en I<forraandie. Une douzaine d'an» 
gelots. 

AvGXLor, est aussi le nom d'Une e s pèc e 
tle monnaie qtri avait com*8 en Franee sous 
Philippe de Valois, et dont le type était 
un ange tenant Foriikimme. 

ANGELUS, s^ m. (On prononce TS. ) T. 
de Liturgie cathol. Prière qui commence 
par le mot Angélus ^ en l'honneur du mys- 
tère de rincamalion, et qui se fait trois 
fois le jour, le malin, a midi, et le soir, 
au son de la- cloche des égliaes, qui en 
avertit les fidèles en timant. Dire V Angélus. 
Entendre sonner l' Angélus: 

AKfilSE. s. L T. de Médec., par lequel 
oa désignait autrefois, Toute dîmeullé d'a- 
valer ou de- respirer. Il a maintenant une 
signiAcatioo un peu moins étendue, et s'a|^ 
plique plus spécialement à LIoflamBkatîon 
des amygdales, de la membrane muqueuse 
du voile du palais, et du pharynx. 

AM&I JfWX , BUSH. adj. T. de Médec. 
Qui est accompagaé d'angine. 

ASSIOGEAPIIIE.. s. f. Desciîption des 
vaisseaux du coi*pa humain. 

AJf«10L0«iB. s. f. Partie de l'anatomie 
•qui traite des vaisseaux du corna humain , 
c'est^-dire, des veines, des artères, et des 
vaisseaux lymphatiques. 

AN«M6P£BMB. adj. des deux genres. T. 
de Botan. Il se dît Des plantes à fleurs per- 
sonnées , dont les semences sont contenues 
dana une envelo|^ ou capsule bien dis^ 
tincta Plante angiosperme. Le mufie^Rf-veau 
est angiosperme. 

AH«l«SPEBMiE. s. f. T. de Botan. Nom 
donné, dans le système de Linné, au second 
ordre de la quatorzième classe ou dîdyna- 
msé; ordre qui comprend lea plantes an- 
giospermes.. 

ANGLAISE, sw P. Espèce de danse d'un 
mouvement tcèa-^if. Danser tanglaise, mne 



Il se dît aussi Des aies sur lesqueb on exé* 
cute cette danse» Jouer une anglaise, 

ASUI.AISB, se dit encore de Grosgalons.de 
fil dont les tapissiers ser servent pour bor- 
der les étoffes qu'ils emploient en meubles. 

ANCULAlfi£B»v. a. Couper la queue d'un 
cheval à l'anglaise. 

AuXOLAiss, XX. participe. Un cheval nn- 
^firar. 

ANGLE, s. m. Ouverture de deux lignes 
qui se rencontrant en un points degré d'in- 



ANG 75 

dinaison qu'elles ont Tune a l'égard de 
l'autre. Angle droit. Angle aigu. Angle obtus, 
An^e de qaaranie^nq degrés. Angle de cent 
degrés. Angle saillant. Angle rentrant. Angle 
rectiligne, aavdigne. Une figure à plusieurs 
angles. Angle optique. Angle de réflexion. 
Angle d'incidence. 

Angle facial, Angle formé par la réunion 
de deux lignes, l'une verticale que l'on 
suppose passer par les dents incisives su* 
périeures et par le point le plus saillant 
du front, l'autre horizontale qiron suppose 
tirée du conduit de l'oreille aux mêmes dents 
incisives. On a cherché à déterminer le degré 
etintelàgenee des indioidus d'après le degré 
d'ouverture de l'angle facial. Chez les ani* 
maux Vimglefackd est moins owfsrt, est plus 
aigu que chez thommci 

Les angles d'un bataillon. Les ooins d'un 
bataillon formé en carré. Garnir, dégarnir 
les angles d'un bataillon carré, d'un carré. 

AJISLBT. a. m. T. d'Archit. Petite cavité 
en angle droit, oui sépare les bossages, 
et dont le profil oUre la figure d'un V cou- 
ché (>). 

ANGLBUX, BUSE. adj. 11 ne se dit guère 
que Des noix dont la substance est tellement 
renfermée «en de certains petits angles ou 
coins, qu'il est dilHcllede l'eu tirer. Une noix 
tmgkuse^ La plupart de ces. noix sont an» 
gleuses. 

A»«UCAK , ANS. adi. Il ne se dit que De 
ce qui a rapport à la religion dominante en 
Angleterre. Le rit anglican* L'Église angli» 
cane. Le clergé anglican. Il est angUean. 

11 est aussi substantif, en parlant Des per* 
sonn^ Ce ministre eU un anglkan. Les 
ttngiicans. 

AN4IU€:UWB. s. m. Façon de parler par- 
tieulîère è la langue anglaise. 

11 se dit aussi Des façona de parler em> 
pruntées à la langue anglaise, et feranspor* 
cées dans une autre langue. Les traducteurs 
d'ouvrages anglais se garantissent d{fficiU» 
ment des anglicismes. 

AHGLGMANB. adj. des deux genres, sou- 
vent emnloyé comme substantif. Imitateur 
ou admirateur outi*é des cootwnes, des 
manières, des modes anglaises. 

ANQLOHANiEi, s. f. Enthousiasme qui 
fait admirer ou imiter, avec un exeèaridi» 
cule, tout ce qui appartient à l'Anglelerre. 

AKG019SJB. s. f. Anxiété exlrème, ac- 
compagnée d'un serrement douloureux à 
L'épipstre, d'<^pccssion et de pahùtation : 
on l^serve dans pluaiears mabdies, sur- 
tout dans les aifectioas nerveuses. 

Il signifie plus ordinairement,. Grande 
aHOiction d'esprit, mêlée d'une vive inquié- 
tude. Être en angoisse. Être dans d'extrAnes 
angoisses, dansdes angoisses mortMes, dans 
les dernièms angoisses. 

Poire d^angoisse, Soate de poire si âpre et 
ai revéche au goAt, qu'on a peine à l'avaler. 

Fig. et fam. , Avaler dès poires d'angoisse^ 
Avoir de çuncfe déplaisirs, éprouver quel- 
que mortîfication sensible. // lui a bien fait 
avaler des poires d'angoisse. 

Poire d^angoisse, se dit aussi d'Un certain 
instrument de fer en forme de poire, et à 
ressort, que des voleurs metuienl par force 
dans la bouche des personnes, pour les em« 
pécher de crier. 

ANGON. s. m. Javalol, demi-pique a Tu- 

10. 



76 



ANG 



saçe des Francs, dont le fer, semblable à 
celui d*une lance, était accompagné de 
deux crocs acérés. On lançait Vangon, ou 
Von s'en senmt pour combattre de près, 

II signifie aussi, Une espèce de crochet 
emmanché au bout d'un bâton, qui sert aux 
pêcheurs pour tirer les crustacés d'entre 
les rochers. 

ANGORA, adj. des deux genres. H se dit 
De certaines races d'animaux, tels que chats , 
lapins et chèvres, qui sont originaires d'An- 
gora dans l'Asie Mmeure, et qui se distin- 
guent par leurs poils longs et soyeux. Un 
chat angora. Une chèvre angora. 

Il s'emploie substantivement en parlant 
Du chat. Un bel angora, 

ANGUILLADE. s. f. Coup au'on donne à 
quelqu'un avec une peau d anguille, un 
fouet , un mouchoir tortillé , ou autre chose 
semblable. Donner des anguillades à quel" 
qu'un. Il est familier. 

ANGUILLE, s. f. Poisson d'eau douce de 
la forme d'un serpent, et couvert d'une 
peau glissante. Pécher des anguilles. Ecor^ 
cher une anguille, Jnguilles de Melun. An- 
guille de mer, de rivière. Tronçon d'anguille. 
Pdté d'anguilles, jinguille à la tartare, 

Prov. et fîg. f II y a quelque anguille sous 
roc/ie. Il y a dans cette affaire quelque 
chose de caché. Il se prend ordinaii^ment 
en mauvaise part. 

Prov. et hg., Écorcher Vangidlle par la 
queue t Commencer par l'endroit le plus 
difficile, et par où il faudrait finir. 

Prov. et ng., // ressemble aux anguilles 
de Melun, il crie avant au on l'écorche, Il a 
peur sans sujet; ou. Il se plaint avant de 
sentir le mal. 

Prov. et fig. , Échapper comme une an- 
guille, se dit , au sens moral , D'une per- 
sonne qui trouve moyen d'échapper lors- 
qu'on croit la tenir. J'avais traite' avec lui, Je 
croyais en être à la conclusion,' il m'a échappé 
comme une anguille, 

ANGULAIRE, adj. des deux genres. Qui 
a un ou plusieurs angles. Figure angulaire. 
Corps angulaire. On dit plus ordinairement. 
Corps anguleux. 

Il se dit, en Architecture, De ce qui est 
à l'angle, a l'encoignure d'un édifice. Pier- 
res angulaires. Poteau angulaire. Colonne an- 
gulaire. Pilastre angulaire, 

Pierre angulaire, désigne quelquefois, plus 
particulièrement, La première pierre fon- 
damentale qui fait l'angle d'un bâtiment. 
C'est dans ce sens que Jésus-Christ est ap- 
pelé figurément, dans l'Écriture, La pierre 
angulaire. 

En termes d'Anat. , Dents angulaires. Les 
dents canines, ainsi nommées parce qu'elles 
sont placées vers l'angle des lèvres. Artère 
angulaire. Artère qui passe au grand angle 
de l'œil. Veine angulaire. Veine qui, de 
l'angle interne dé l'œil, vient aboutir à là 
jugulaire externe. Rtc, 

ANGULEUX , EUSE. adj. Dont la surface 
a plusieurs angles. Un corps trèsHznguleux, 
La tige de cette plante est anguleuse, 

ANGUSTICLAVE. s. m. T. d'Antiq. rom. 
Tunique que portaient les chevaliers ro- 
mains, et qui était ornée de bandes de 
pourpre étroites; tandis que les bandes du 
taticlave, tunique des sénateurs et des ma- 
gistrats, étaient fort larges. 



ANI 

ANGUSTlé, ÛE, adj. Étroit, serré. Il ne 
se dit que D'un chemin , et il est vieux. 

ANI 

ANICROGHE. s. f. Difliculté, embarras. // 
y a quelque anicroche dans cette affaire, 
Nous avons rencontré des anicroches qui nous 
retardent. 

Il se dit aussi de Mauvaises difficultés 
qu'on fait naître à dessein. Cest un chieu" 
neur qui vous fera mille anicroches. Il est 
familier dans les deux sens. 

AnieR, IÈeIS. s. Celui, celle qui con- 
duit des ânes. 

^ ANIL. s. m. T. de Botan. Plante dont on 
tire l'indigo. Foyez Indigo. 

ANIMADVERSION. s. f. Improbation, 
censure, blâme, correction en paroles seu- 
lement. Ce procédé mérite Vanimadversion pU' 
blique. Cet écrit lui a attiré tanimadversion 
de tous les honnêtes gens. Encourir l'animad' 
version d^ une personne, d^une famille, 

ANIMAL, s. m. Etre organisé et doué de 
sensibilité. Animal sauvage. Animal dômes- 
tique. Animal carnassier. Animaux ntUsibles, 
Animal terrestre. Animal aquatique. Ani- 
mal amphibie. Animal frugivore , carniiipre, 
etc. Animal à quatre pieds ou quadrupède. 
Un traité de la nature des animaux. L'empire 
de l'homme sur les animaux. Dieu, après av<Àr 
créé les animaux, créa l'homme. L'homme 
est un animal raisonnable. 

Il se dit figurément, familièrement et par 
mépris, d'Une personne stupide ou grossière. 
C'est un animal. Ce nest quun animal, un 
grand animal. Cest un vrai animal. Celui 
qui vous a dit cela est un animal, un franc 
aninwl, un sot animal. 

ANIIMAL, ALE. adj. Qui appartient, qui 
est propre à l'animal. L'économie animale. 
Fie animale. Les facultés animales. Les fonc- 
tions animales. Les esprits animaux. 

Il se dit quelquetois De l'être matériel 
ou physique, par opposition à l'être intelli- 
gent, à Tàme. La partie animale de l'homme 
influe souvent sur la partie raisonnable. 

En termes d'Hist. nat., Règne animal. 
L'ensemble de tous les animaux connus. 

Matière, substance animale. Toute ma- 
tière ou substance qui entre dans la consti- 
tution de l'animal, ou qui proWent des 
animaux. Huiles animales, acides animaux. 
Les hililes, les acides qu'on extrait des ma- 
tières animales. 

Chimie animale. Celle qui s'occupe de 
l'analyse des matières animales. 

AniMAL , dans le langage de l'Écriture 
sainte, signifie. Sensuel, charnel, et est op- 
posé à Spirituel. L'homme animal ne com- 
prend pas ce qui est de Dieu, 

ANIMALCULE. S. m. T. didactique. Petit 
animal. Il ne se dit guère que Des animaux 
qu'on ne peut voir qu'à 1 aide du micro- 
scope dans certains liquides. Les animalcules 
spermojtiques. Les animalcules infusoires, - 

ANIMALISATION. s. f. T. didactique. 
Transformation des aliments en la propre 
substance de l'animal qui s'en nourrit. 

ANIMALISER (S*), v. pron. T. didacti- 
que. Acquérir les qualités des substances 
animales; s'assimiler à la propre substance 
de l'animal. 

AhimilisBi be, participe. 



ANI 

ANIMALITE. 8. f. T. didactique. L'en- 
semble des attributs et des facultés qui 
distinguent l'animal, qui lui sont propres. 

ANIMATION, s. f. T. didactique. Action 
d'animer. Il se dit particulièrement de L'u- 
nion de l'âme au corps, dans l'embryoD 
humain. L'animation d/u fœtus, 

ANIMEE. Y. a. Mettre l'âme , le principe 
de la vie dans un corps organisé. Il y a dans 
les corps vivants un principe qui les anime. 
Qui est-ce qui euUme les corps f La Fable dii 
que Prométhée anima la statue d'argile qu'ii 
venait déformer. 

Animer quelqu'un de son esprit. Faire pas- 
ser ses idées et ses sentiments dans son 
âme. 

Akiker, signifie aussi, Encourager, ex- 
citer. Animer les soldats au combat, les ani» 
mer par son exemple. Il animait les troupes 
du geste et de la voix. On dit , à peu près 
dans le même sens : Le zèle de Dieu anime 
cet homme. Ce missionnaire est animé d'un 
saint zèle. L'ardeur, le dévouement qui l'anime, 
Etc, 

Il signifie également, Donner de la viva- 
cité, de l'action. Cest un homme indolent que 
rien ne peut animer, que rien n'anime, 

n signifie encore. Irriter, mettre en co- 
lère. On a pris plaisir à les animer les^ uns 
contre les autres. On lui a fait des rapports 
qui Vont fort animé contre vous. 

Animer, signifie figurément, Donner de 
ta force et de la chaleur à un ouvrage d'es- 
prit, à un discours, soit par les traits vifs 
et brillants que l'on y jette, soit par la ma- 
nière vive dont on le lit, dont on le piio- 
nonce. Il y a dans cet ouvrage quelques en- 
droits qu'il faudrait animer, Cest un orateur 
qui n'a point d'action, il n'anime point ce 
qu'il dit. 

Animer la conversation, La rendre plus 
vive, plus intéressante. . 

Animer le teint, Donner plus de vivacité 
aux couleurs du teint. Animer les yeux, les 
regards. Leur donner plus d'éclat, de viva- 
cité. Cet exercice anime le teint. Le dépit ant" 
mait ses regards, 

AiriMBB, se dit aussi pour marquer La 
force et l'air de vie aue les sculpteurs et les 
peintres donnent à leurs figures. Cest un 
sculpteur qui anime toutes ses figures. Les ta- 
bleaux de ce peintre sont animés, 

AviHBB, s'emploie avec le pronom per- 
sonnel, et se dit Des personnes et des 
choses. La statue de la déesse lui parut s'a- 
nimer et se mouvoir. Il commençait à s'ani'- 
mer, quand la dispute cessa. Cet acteur s'a~ 
nime. Son jeu s'anime lorsqu'il est applaudi. 
Le cheval de bataille s'anime au bruit de la 
trompette, À la chasse, les chiens s'animent 
les uns les autres. La conversation s'animait. 
Son teint, son cùl s'anime en parlant. Je vis, 
à ce récit, son teint s'animer, 

kviui, ils. participe. Un être animé. Une 
créature animée. Ils sont tous animés du 
même esprit. Un air, un ton animé. Un teint 
animé. Des yeux animés. Une figure animée. 

Cette femme est belle, mais c est^ une beauté 
qui n'est point animée. Il lui manque de la 
vivacité, de l'expression. 

ANIMOSITÉ. s. f. Mouvement de dépit, de 
haine par lequel on est porté à nuire a une 
personne de qui on a reçu ou cru recevoir 
quelque offense. Avoir une grande animosUé 



ANN 

contre quelqu'un» Être porté J'animosité eon^ 
tre quelqu'un. Agir par animosité, par pure 
animosité, avec animosité, sans animosité. 
Les animosités se perpétuent quelquefois dans 
hs familles* 

Il se dît aussi d'Une chaleur excessive , 
d'une certaine violence dans un débat, dans 
une discussion Terbale, dans une querelle 
de plume. Cet at'ocat a mis de Vanimosité 
dans sa réplique. Il y avait de part et dTaU' 
tre, dans ce débat, trop d* animosité, 

ANIS. s. m. Plante ombellifère et odori- 
férante qui porte une graine de même nom , 
dont on se sert en médecine, et dont on fait 
aussi de petites dragées, de l'anîsette, etc. 
Vanis vient dans les terres chaudes et légères. 
Manger de Vanis. L'anis est carminatif, diu- 
rétiaue, ete* Cette liqueur sent l'anis. 

Il se dit aussi de L'espèce de dragées que 
l'on fait avec de l'anis. Anis de Ferdun. 
Anis commun. 

ANlSER. V. a. Donner à une chose le goût 
de l'anis en la parsemant de cette graine, 
ou en y mêlant quelque extrait d*anis. Ani^ 
ser an gâteau. Aniser une liqueur, 

AjrisB, àm. participe. 

AHISBTTE. s. f. Liqueur spiritueuse, 
composée avec de l'essence d'anis. Anisette 
de Bordeaux. Anisette de Hollande. Une bou- 
teille d^anisette. Boire de Vanisette, 

> 

ANK 

AnKTLOSE. S. f. T. de Médec. Privation 
complète ou incomplète du mouvement dans 
les articulations , dans les jointures. 

ANN 

ANNAL, ALE. adj. (Dans ce mot et dans 
les trois suivants , on fait sentir les deux N.) 
T. de Jurispr. Qui ne dure qu'un an, qui 
n'est valable que pendant un an. // ne lui 
donna qu'une procuration annale. 

Possession annale, Possession paisible, 
publique, non interrompue, et à titre non 
précaire, pendant an et jour. 

ANNALES, s. f. pi. Histoire qui rapporte 
les événements année par année. Les Annales 
de Tacite. Les annales de France. Annales 
poiitiques. Annales ecclésiastiques. Annales 
litiérairts. Faire, écrire des annales. J'ai lu 
dans les annales... Les annales descendent 
dans de plus grands détails que l'histoire. 

H a auelquefois, dans le style soutenu, 
la signincation d'Histoire. Nous lisons dans 
nos annales. Parcourez les annales de tous les 
peuples, et vous vous convaincrez... 

ANNALISTE. S. m. Historien qui écrit 
des annales. Les annalistes de France. 

ANNATE. s. f. Revenu d'une année que 
crux qui ont obtenu des bénéfices payent 
à la chambre apostolique, en retirant leurs 
buUes. Droit aannate. Payer Vcnnate. Les 
annotes furent supprimées par V Assemblée 
nationale le 4 août 1789. 

ANNEAU, s. m. Cercle mii est fait d'une 
matière dure, et qui sert a attacher quel- 
que chose. Un anneau de fer, de cuivre, 
a argent, de corne. Les emneaux d'un rideau. 
Les anneaux d'une chaîne. L'anneau (tune 
montre. Passer une corde, un ruban dans un 
anneau. Le gros anneau d'une ancre. 

Il se dit, particulièrement, de Certaines 



ANN 

bagues. Anneau d'or. Anneau épiscopal. An- 
neau nuptial. Il lui mit un anneau au doigt. 

Il se dit, figurément. Des boucles formées 
par la frisure des cheveux. Être frisé par 
anneaux. 

En termes d'Astron. , Anneau de Saturne, 
Corps lumineux en forme de cercle, qui en- 
vironne la planète de Saturne, et qui en est 
à une certaine distance. 

Anneau astronomique. Instrument propre 
à mesurer la hauteur des astres aont la 
lumière est capable de faire ombre sur la 
terre. Anneau solaire ou Itoraire, Espèce de 
petit cadran portatif. 

L'anneau du pécheur, Le sceau qui est 
apposé à certaines expéditions de la coui* 
de Rome. Les brefs donnés sous l'anneau du 
pécheur. 

AirirsAU, se dit également, surtout dans 
les Sciences naturelles , d*Une saillie , d'une 
marque ou d'une rangée circulaire. Les sco- 
lopendres ont des pattes à tous les anneaux 
de leur corps. Le mâle de la tourterelle a 
une sorte a anneau ou de collier noir autour 
du cou. Les feuilles du grateron forment au^ 
tour de la tige des anneaux ou verticilles. 

Il se dit aussi, en termes d'Anatomie, Des 
ouvertures circulaires qui servent princi- 
palement au passage de quelque partie. 
L'anneau ombilical. L'anneau diaphragmati^ 
que. Etc. 

ANNÉE, s. f. Employé sans qualifica- 
tion , ce mot exprime Le temps que la terre 
met à faire une révolution entièi*e dans 
son orbite , et pendant lequel le soleil nous 
semble parcourir les douze signes du zo- 
diaque. L'année passée. L'année précédente. 
L'année qui vient. L'année prochaine. Cette 
année. La présente année. Le budget de l'an- 
née. Le cours des années. En cette année'là. 
Ce fut l'année du grand hiver.^ D'année en 
année. D'une année à l'autre. Les années 
passent vite. La suite des années. Le com- 
mencement, le milieu , la fin de l'année. Le 
bout de l'année. Les quatre saisons de l'année. 
Notre année commence au premier Janvier, 
et finit au trente et un décembre. Les astro- 
nomes joignent souvent au mot Année l'épi- 
thète de solaire, pour distinguer la révolu- 
tion de la terre aes révolutions périodiques 
des autres planètes, lesquelles s'expriment 
aussi quelquefois par le même substantif. 
Année solaire. L'année de Saturne est de 
trente années solaires. 

Il se dit aussi d'Une durée de douze 
mois , sans égard à l'époaue où elle com- 
mence ni à l'époque ou elle finit. Il y a bien 
des années que je ne vous ai vu. Après une 
année passée en province, il est rei*enu à Pa» 
ris. Il gagne tant par année. 

Année lunaire , Espace de douze et quel- 

3uefoîs de treize mois lunaires, c'est-à-dire, 
e douze ou treize révolutions de la lune 
autour de la terre. L'année lunaire est celle 
des Arabes et des Turcs. 

Année sidérale, année tropique. Voyez 
SinéRAL et Tbopiqub. 

Année astronomique, La durée exacte de 
la révolution de la terre autour du soleil, 
telle qu'on l'obtient par les obser>'ations 
astronomiques ; et, Année civile, La durée 
de cette même révolution bornée à un nom- 
bre entier de jours , pour en faciliter l'ap- 
plication aux usages civils, sans s'écarter 



ANN 



7? 



jamais sensiblement du cours du soleîf. 
L'année civile est de trois cent soixante^cinq 
fours; et Vannée astronomique, de trois cent 
soixante-cinq Jours , cinq heures, quarante* 
neuf minutes. 

Année bissextile. Celle qui, dans notre 
calendrier, contient trois cent soixante-six 
jours ; tandis que les Années communes n'ont 

2ue trois cent soixante-cinq jours. Dans- 
'S années bissextiles, le mois de /écrier a 
vingt-'Ueuf Jours. 

Année républicaine. Celle qui avait été 
adoptée sous la république française, et 
qui commençait à l'équinoxe d'automne. 

Année scolastique ou scolaire , Le temps 
qui s'écoule depuis la rentrée des classes 
jusqu'aux vacances. 

Année théâtrale. Le temps qui s'écoule 
depuis la rentrée de Pâques jusqu'à la clô- 
ture de la semaine sainte. 

Année d'exercice. Celle oh. l'on exerce 
actuellement une charge que plusieurs of- 
ficiers ont droit d'exercer 1 un après l'autre. 
Cest son année d'exercice; ou aosolument, 
Cest son année, il est en année, il est 
d'année. 

Année de probation. Celle pendant laquelle 
un religieux ou une religieuse fait son 
noviciat. 

Année de deuil, Durée d'une année pen- 
dant laquelle on est obligé de porter un 
deuil. Une veuve qui se remarie dans l'année 
de son deuil. 

Souhaiter la bonne année à quelqu'un. Lui 
témoigner, au commencement de Tannée, 
qu'on souhaite qu'il la passe heureuse- 
ment. On dit de même. Souhaits de bonne 
année, compliment de bonne année. 

Ajrjrix, se dit souvent par rapport à la 
température. Année pluvieuse. Année sèche. 
Année froide. Année chaude. Année ora* 
geuse. 

U se dit aussi par rapport aux produits 
delà terre, à la récolte en blés, en vins, etc. 
Année fertile, abondante. Année d'abondance. 
Année stérile. L'année a été bonne, a été mau» 
vaise, a été médiocre. 

Cette terre vaut tant, année commune, an- 
née moyenne. En faisant compensation des 
mauvaises années avec les bonnes. 

Demi'onnée, Celle où la récolte n'est que 
la moitié de ce qu'elle doit être année com- 
mune. 

Akhàx, se dit encore de Ce qu'on doit 
recevoir ou payer par année. Son fermier lui 
doit deux années. Il a touché d'avance une 
année de ses gages. Il a payé d'avance une 
année de la pension de son fils. 

AmiiE, se dit, au pluriel, de L'âge, des 
différents âges de la vie. Dans ses premières 
années. Dans ses dernières emnées. Les belles 
années de la vie. Les ieunes années. Le poids 
des années. Le progrès des années. 

ANNELEB. v. a. Former en anneaux. Il 
n'est guère usité qu'en parlant Des cheveux 
qu'on frise, et qu'on tourne en boudes. 
Anneler des cheveux. 

AHHELi, ix. participe. Des cheveux an- 

nelés. 

Il se dit adjectivement, dans les Sciences 
naturelles, et signifie. Qui a un anneau, 
des anneaux , qui est entouré d'un ou d« 
plusieurs anneaux. Pédicule annelé. Le corps 
des scolopendres est annelé. Le corps de plu* 



78 ANN AWN 

K€urs serpenis est annelé dt brun ou de spectacle, Vannonce des pièces qu'on devait 



faune 

AMIIRLET. s. m. Petit anneau. Il n'est 
guère usité qu'en termes d'Architecture, et 
n se dit de Petits listels ou filets qui sont 
AU chapiteau dorique. 

ANNéLIDES. s. m. pi. T. d'Hist. natNom 
d'une classe d'animaux qui comprend les 
▼ers à san£ rouge, dont le corps est annelé 
transversalement. 

ANNELURE. S. f. Frisure de cheveux par 
boucles ou anneaux. Il est peu usité. 

ANNEXE, s. r. ( On fait sentir les denx 
N. ) T. de Jurispr. féodale. U se disait Des 
terres ou domaines attachés à une seigneu- 
rie, dont ils n'étaient pas mouvants ou dé- 
pendants. Les annexes d'une seigneurie, d'une 
terre. 

Assxxx, se dit aussi d'Une succursale, 
d'une église où l'on fait lea fonctions parois* 
siales, et qui relève d'une cure. L'église de 
ASainte-JUarguerile était une annexe de la pa* 
roisse de Saint»Paul, 

AxxBXEy désigne quelquefois, surtout 
dans le langage didactique. Ce qui est uni 
à une chose principale. Ainsi on dit, en 
termes d'Anatomie, Les annexes de Vad, 
Les paupières, les sourcils, etc.; Les an^ 
nexes de l'utérus, Les trompes, les ovaires, 
etc. On dit de même. Le cenreau et ses an- 
nexes, etc. 

ANNEXER. V. a. Joindre, attacher. £n 
termes de Pratique et d'Administration, 
Annexer wm pièc€ à une autre pièce, à un 
dossier. 

Il se dit spécialement en parlant D'une 
terre, d'un droit, d'une prérogative qu'on 
joint à une terre, à un bénéfice, aune 
charge. La Bretagtiefiu annexée au n^-aume 
de France par le mariage de l'héritière de 
cette province oi'ec Charles VUL Annexer 
un fief à une terre. Annexer un prieuré à une 
aèêaye, à un évéehé» U anwt annexé ce droit 
à sa terre, 

AvKnxi, BE. participe. 

ANNIHILATION, s. f. ( Dans ce mot et 
dans le suivant, on faU sentir les deux N.) 
T. didactique. Anéantissement. 

ANNIHILER, v. a. T. didactique. Anéan- 
tir. £n JnrUwr.p Annihiler un acte, un testa- 
ment, une donation. 

Afs«hilb, Ab. participe^ 

ANNIVERSAIRE, adj. des deux genres. 
Il ^ dit D*uoe 4^>oque ou d'une cérémonie 
qui ramène le souvenir d'un événement 
arrivé à pareil jour une ou pbisîeurs années 
auparavant. Jmr anniversaire* Fête anni- 
versaire. 

Il s'emploie dVNNfiaaire eooune substan- 
tif maseulî». Cest aujourd'hui ranniversmre 
de sa naissance, de son mariage. Noms fêtons, 
nous cêiéàtons aujourd'hui ^anniversaire de 
cette grande Tnetoire, 

U se dii pavticulièrement Du service que 
l'oo fait poor un mort, au retour annuel du 
jour de son décès. Fontler un anniversai/'e* 

AN NON AIRE* adj. Voy. Loi annonaire. 

ANNONCE, a f. Avis par lequel on fait 
savoir quelque chose au public, verbale- 
roent ou par écrit. Faire une annonce au 
prouê. Annonce de livres à vendre. Mettre 
une annonce dans les journaux. Feuille d'an- 
nanees. Frais d annonce, U était tTusage au^ 
tritfois qu'un comédien fit, m'ant la fin du 



jouer le lendemain. 

Il se dit aussi Des publications de mariage 
qui se font dans la religion protestante, et 
que les catholiques appellent Bans, Il se 
tnariera bientât, on a /ait la première an^ 
nonce. On a fait toutes les annonces, 

ANNONCER, v. a. Faire savoir une non* 
velle à quelqu'un. Annoncer une bonne nou- 
velle, une mauvaise nouvelle. Il n'annonce 
jamais que des choses désagréables. Il nous 
est venu annoncer k mariage de son frère* Je 
vous annonce une chose qui vous surprendra. 
Il nous annonça que la paix venait d'être si' 
gnée. 

Annoncer quelqu'un. Annoncer son arri- 
vée, sa venue. Il se dit, particulièrement. 
D'un domestique qui prévient son maître 
de l'arrivée d'une personne qui demande à 
le voir, ou qui va entrer. Le domestique an» 
nonça monsieur un tel. Se faire annoncer. Il 
fut trèS'étonné lorsqu'on m'annonça, 

AimoiiGaB , sigmfie aussi, Faire connaître 
au public, par une annonce, quelque chose 
qui l'intéresse. Annoncer une fête, une ré- 
jouissance publique. Les journaux annoncent 
une nomwU éruption du Vésuve, Annoncer 
une vente. On a annoncé la paix dans tous 
les spectacles. 

Il signifie également, Donner avis, aver- 
tir qu'une chose , d'ailleura réglée et con- 
nue, arrivera. Le curé annonce au préne les 
fêtes et les jeûnes. 

Annoncer la parole de Dieu, annoncer 
l'ÉvangUe, Planer, exhorter les fidèles. Il 
se dit aussi Des missionnaires qui psêchent 
la foi à ceux qui ne l'ont point encore reçue. 

AirsoKCBB, signifie encore. Prédire, as- 
surer qu'une chose arrivera. Les prophètes 
ont annoncé la venue du Messie, Un ange 
annonça à la Vierge le mystère de Vincar* 
nation. 

Il se dit pareillement Des choses, et si- 
gnifie, Faire connaître d'avance, faire pres- 
sentir ce qui doit arriver. Le baromètre 
annonce le beau temps. La seconde scène de 
cette comédie en annonce le dénoâment. 

Il signifie encore , Être le signe, la mar- 
que de. Cette action annonce un mauvais 
comr. Les manières de ce jeune homme annon" 
cent une bonne éducation , Les deux annoncent 
la, gloire de Dieu, 

Il signifie aussi, Être le précurseur, le 
présage, le symptôme. L'aurore annonce le 
soleil. Les fleurs annoncent Us fruits. L'hi- 
rondelle annonce le retour du printemps. Des 
convulsions annoncèrent sa mort. 

Il signifie également. Promettre, faire 
espérer. Tout semblait annoncer le succès de 
cette entreprise. Cela ne nous annonce rien 
de bon. 

ÀBjroBCBB^ s'emploie avec le pronom 
personnel , et signifie , Se faire connaî- 
tre d'u<ie manière pai*ticiilièi*e , se présenter 
bien ou mal. Ce jeune Immme s'est bien an- 
noncé en entrant dans le monde. Cet intrigant 
s'était annoncé par des maniérée polies et in- 
sinuantes. Cette entreprise s'annonçait bien, 
elle a mal tourné. ' 

Abbobcb, bb. participe. 

ANNONCEUR, s. m. il se disait autrefois 
Du comédien qui venait, vers la fin du spee^ 
tade V faire l'annonce des pièces qu'on de* 
vait jouer le lendemain. 



ANN 

ANNONCIADE. s. f. Nom de cerUîns or- 
dres religieux , qui rappelle l'annoncialioo 
de l'ange Gabriel à la Vierge. Rdifpcux, re- 
ligieuse de l'ordre dé VAnnondade* 

Une annonciade. Une religieuse d'uo 
couvent de Tannonciade. 

ANK0MC1AT10N« s. f. On i^lle ainsi 
Le message de l'ange Gabriel à la Viec^, 
pour lui annoncer le mystère de l'incarna*- 
tion; et on anoeUe aussi de même Le jour 
ou l'Église célèbre ce mystère. L'annonci^ 
tion de l'ange Gabriel à la Vierge, L'annoncieh 
tion de la Vierge, Le jour de tAnnondatiomm 
La fête de l'Annoneiatsom. 

ANNOTATEUR, a. m. Celui qui Ciit des 
annotations , des remarquea sur un texte. 

ANNOTATION, s. f. Il se dit Dea notea, 
des remarques faites sur un texte, pour en 
éclaircir divers passages. Ce philologue a fait 
iCexcelientes annotations sur Hontère, sur 
Virgile, sur Aristùte, etc. 

Il signifiait, dans la Pratique ancienne , 
L'état et inventaire des biens saisis, par ai^ 
torité de justice, sur un criminel ou sur 
un accusé. On fit l'annotation de tous ses 
biens. 

ANNOTER, v. a. Faire des notes, des re- 
marques sur un texte. U a annoté Us ow 
vrages de Pline,, de Tacite. Annoter un code 
de lois. 

Il signifiait, dans la Pratique ancienne. 
Dresser l'état et inventaire des biens sais» , 
par autorité de justice, sur un criminel ou 
sur un accusé. On a saisi et annoté ses 
biens, 

Ajtjioté, be. participe. Un Vtrgile an^ 
noté. Code civil annoté, 

ANNUAIRE, s. m. Sorte d'ouvrage que 
l'on publie chaque année, et qui contient 
le résumé des événements de 1 année pré- 
cédente, on des renseignements sur Finaus^ 
trie et la statistique , le résultat des obsec^ 
vations astronomiques ou météorologiques , 
etc. Annuaire historique, L'Annuaire du com- 
merce maritime. L'Annuaire du Bureau des 
longitudes, 

ANNUEL , ELLE. adj. Qui dure un an» 
Le consulat à Rome était annuel, Vexercice 
de cette charge est annuel. Magistrature au* 
nueUe, 

Il se dit aussi De certaines choses qui 
arrivent, qui se font tous les ans. Fête an<- 
nuelle. Renouvellement onnueL Le vote annuel 
de r impôt. 

Il se dit particulièrement De ce qu'on 
touche ou qu'on perçoit , de ce qu'on paye 
ou qu'on acquitte chaque année. Ramena 
annuel. Rente annuelle et perpétuelle, Presta* 
tion , redevance annuelle. Droit annuel. 

Plantes annuelles. Celles ^ui ne vivent 

Sue l'espace d'un an , qui naissent, fruetr- 
ent et meurent dans le cours d'une année. 

En termes d'Astron. , Le mouvement tut" 
nuel du soleil, La révolution apparente du 
soleil, d'un point du zodiaque au même 
point. 

ANNUEL. Sb m. Messe que l'on fait dire 
tous les jours pendant une année, pour une 
personne défunte, en commençant à comp- 
ter du jour de sa mort. // a ordonné un 
annuel après sa mort. On a chargé tel prêtre 
de cet annuel. Faire dire un annuel. 

ANNUELLEMENT, adv. Par chaque ao- 
née. Il tire annuelUment <Ux mille francs de 



ANO 

r« de tcUe terre. On lui paye annuelle^ 
' milie éeus pour ee travaiL Uneftte ^ui 
ammeiiement. Ce comité, cette as- 
MtMèe te renoui'elie rnmueOememt. 

AsmiJTé. s. f. Sorte d'empnint par le- 
quel le déliilcBr s'engage à faire annoelle- 
meDt , pendant un nombre d^années déter- 
mitÈét un pajonent qui coanprend les înté- 
rèts de la anoune prèlée, et le rembourse- 
flKDt d'une partie de cette somme; en aorte 
mi*au terme mdîqaé, le débiteur est entîè- 
nBCDi Ubéré. 

ASNCLAIftE. adj. des deux genres. Qui 
est propre à recevoir un anneau, ou Qui 
ressemble à un SDueau. Il est principale- 
■eot usité dans les kicutions suivantes : 
Doigt aimdbfiv, Le quatrième doigt , ainsi 
appelé, parée sue cfest eelui où Ton met 
ardinaireaMot lanneau dans certaîoç cé- 
rémonies. £n Astron., Éclipse anmtuaire, 
Éclîiise du soleil pendant laquelle il reste 
sur les bords do disque de cet astre on cercle 
ou anneau bunincux. 

ÂMHVhÂTiON. s. L Action d'annuler. 
L'aiiKoIation tTuM acte, eTun marcAé, 

AHMVVBR* V. a. Rendre nuL La cour 
rojnak a ammdéce êesùnneta, a atmuié toutes 
ces prooédmres. Awaakr an contrat, an acte, 
une lettre de change, jiunidermn marché, 

AmmitiÂf is. participe. 

ASO 

' AMOBLBt. V. a. Faire noble, donner à 

2aelqu'un le titre et les droits de noblesse. 
e roi Cavait anoUi. Cette famille fut anoàlie 
far Henri IF, Il y avait autrefois dos charges 

En ce pays, le ventre anoùlit, se dît D'un 
pn^oà la noblcaae peut se transmettre par 
laa femmes, et où Ton est réputé noble, 
poajva qu'on soit né d'uae stère noble. 

AaoBU, «.participe. 

n est anasisubstanlif ; et alors il signifie, 
Celui qui a été fait noble depuis peu de 
tcnaps. Les anoblis, les aoanfeaux anaUis 
êomi qaelqaefHs plus fiers fue les anciens 



▲NOBUSSEMElfT. s. m. RécoiApense, 
iavcur du prince, par laquelle on est ano- 
bli. Lettres dasMisseaunt, 

iOIOAUl, IHK. ad^. T. de Médec II 
se dit Des remèdes qui ont la propriété 
de calmer les douleurs, et quelqueféis de 
les faire cesser complélement. Les prépara" 
ikmj de dgui, d'epium, ete,^ soai des re- 
ss Mes a no d i ns . On l'emploie aussi, mais 
plaiararaBent, comme suostantif masculin. 
AnVv oêoge des anadms. 

Fig. et par moquerm , Des ver» anodins, 
des ooankts anodins. Des vers, des couplets 
MBS sel, fasblea et presque insignifiants. 

JkKOmAhf AMM. adi. T. di£u;Uq«e. Ir- 
récnlier, qui sTécatte de la règle. Il se dit, 
en Grammaire, Des verbes oui ne suivent 
pan dans leur conjugaison la règle ordi- 
naire des autres verbes. Ua verbe anomal. 
Des verbes anomaux. Aller est un verbe 



ANS 

En Botan., FUars anomales , se dit de 
Certaines fleurs polypétales et de forme ir- 
régulière et indéterminée : telles sont les 
fleurs de la violette, du réséda, de la bal- 
samine, etc. 

AMOMAUB. s. f. T. didactique. Irrégu- 
larité. Il y a bien de V anomalie danseeveAe, 
dans ee nom. Les anomalœs du langage. Les 
anomalies des maladies. Les anomalies du 
r^ne végétal. 

AiroMAUx, en termes d'Astronomie, La 
distance du lieu vrai ou moyen d'une pla- 
nète à l'aphélie ou à l'apogée, jinomalie 
vraie. Anomalie moyenne. 

AirOMALISTIQUE. adj. f. T. d'Astron. 
Il n'est usité que dans cette locution, An- 
née anodialistffue , Le temps que la terre 
emploie à revenir d'un point de son orbite 
au même point. 

Suivant d'autres, Année anotnatistique, 
signifie, Le temps qui s'écoule entre rin- 
stant où la lerre est aphélie, et celui où 
elle redevient aphélie l'année suivante; 
temps plus long oue l'année sidérale, €>u 
que X Année anomaiistiqae, en prenant cette 
locution dans le premier sens. 

AHOMIC. s. f. T. d'Hist. nat. Genre de 
coquillages dont plusieurs espèces sont or- 
nées de vives couleurs, et dont quelques- 
unes servent à la nourriture de rbomme. 

An#1I. s. m. Le petit d'un âne. L'ânesse 
et idnon. 

An ONNBM1SNT. s. m. Action d'ânonner. 
Un ànonnement insupportable. 

llfONlIBR* V. n.ne lire oÉ ne réciter, 
ne répondre qu'avec peine, qu'en hésitant. 
Il y a deux ans que oet enfant va à V école, 
et il ne fait encore qu'dnonner, Anonner en 
réàtant sa leçon. Quand il soutint sa thèse, 
il ne faisait qu'dnonner. Il est familier. 

Il s^emploie quelquefois activement. Cet 
écolier ne fait qu'dnonner sa leçon. 

Axovsi, àm. participe. 

AHOUYMB. adj. des deux genres. Qui est 
sans nom. Il ne se dit que Des auteurs dont 
on ne sait point le nom, et Des écrits dont 
on ne connaît point l'auteur. Autour ano- 
nyme. ^L'auteur de ce poème est resté ano- 
nyme. Ouvrage anonyme. Livre anonyme. 
Lettre anonyme. 

Il s'emploie quelquefois substantivement, 
en parlant Des personnes. L'anonyme qui 
a tnuié cette matière dit que,.. Ce vaudeviUe, 
cette brochure est d'un anonyme. 

Il se dit encore substantivement Du se- 
cret que fait de son nom l'auteur d^un ou- 
vrage d'esprit. // a voulu garder tanonyme. 
il a publié une brochure sous k voile de Va- 
nonyme. 

Ans 



ANT 



79 



JËn Médcc., Maladies anomales, CeHaa 

3 ni ne suivent point une marche régulière 
ans ■ leurs pénodea. U se dit aussi I^ ma- 
ladies ^'on ne peut rapporter à aucune 
espèce connue. 



AHSB. s. f. La partie de certains vases , de 
certains ustensiles, par laquelle on lesprend 
pour s'en servir, et qui est ordinairement 
courbée en arc. L'anse eTun seau, tTun 
pot, d',un chaudron, d'utte mannite, d'un 
panier. Pot à deux anses. Prendre un pot 
par fanse. On dit de mésne , Las anses tTmne 
pièce d'artillerie. 

Prov. et fig. , Faire danser Temoe du pa- 
nier, ae dît ETune cmsinière qui fait paver 
à ses maîtres ce qu'elle achète plus «ner 
qu'on ne le lui a vendu. On dit dans ie 



même sens, L'anse du panier vaut beaucoup 
à cette cuisinière. 

Prov. , Faire le pot à deux anses. Mettre 
les mains sur les hanches en arrondissant 
las coudes. 

AirsB, signifie aussi, Une très-petite baie 
qui s'enfonce peu dans les terres. Il y a là 
une anse où nous mouiUdmes. Il y a plu- 
sieurs anses dans cette baie. 

ANSE. s. f. Ligue, yoyez Hauss. 

AliSÉATIQIJE.adj. f. ^^0/. II&vsxATiQUB. 

ANSPIfiGT. s. m. T. de Marine, fiarre de 
bois, eu fonne de pince, qui sert à re- 
muer des fardeaux. Il se dit particulière- 
ment Du levier de ce genre qui sert à la 
manœuvre des canons. 

A1ISPES6ADE. s. m. Il se disait autrefois 
d'Un bas-officier d'infanterie subordonné 
au caporal. 

AKT 

ANTAdONISME. s. m. T. d'Anat. Action 
des muscles qui agissent en sens inverse 
l'un de l'autre. 

AKTAG(HÎ18TE. s. m. Celui qui fait des 
efforts, qui soutient une lutte pour faire 
prévaloir ses prétentions, ses sentiments, 
ses opinions. Les partisans de Jansém'us 
étaient les antagonistes des disciples de Mh 
lina. Il est mon antagoniste. Fous avez en 
lui, en elle un dangereux antagoniste. 

En termes d'Anat., Muscles antagonistes, 
Les muscles qui sont attachés à la même 
partie, et qui la tirent en sens inverse l'un 
de l'autre, bans cette dénomination , Anta- 
goniste est adjectif. On dit de même sub- 
stantivement, Chaque muscle a son antago- 
niste. 

AHTAN. s. m. L'année qui précède celle 
qui court. Il est vieux , et ne se dit guère 
que dans cette phi^ne proverbiale, Je ne 
m'en soucie non plus que des neiges d'antan, 

ABtTANACLASB. s. f. T. de Rhétorique. 
Répétition d'un même mot pris en diifé« 
venta sens. 

AHTAECTIQUE. adj. des deux genres. T. 
de Géogr. et d'Astron. Qu> ^^ opposé au 
p61e arctique ou septentrional. Pâle antare- 
tique» Les terres antarctiques. Cetvle po- 
laire antarctique. 

AKTÉC^DBHMEIfT. adv. Antérieure^ 
ment, avant dans l'ordre du temps. U est 
peu usité. 

AXTicBUBlIT , BNTB. adj.-Qui est au- 
paravant, qui précède dans l'ordre du 
temps. Les actes antécédents. Les procédures 
antécédentes, 

AirrécélMElIT. s. m. Il se dit d*Un fait 
passé ou*on rappelle à propos d'un fait ac-' 
tuel , u'une circonstance présente. Je vou- 
drais bien méfiera lui, mais les antécédents 
ne sont pas en sa famur* Pour décider cette 
question, nous avons des antécédents. 

AaricBourT, en termes de Grammaire, 
se dit Des noms et des pronoms, quand ils 
précèdent et régissent le relatif ^w\ Ainsi , 
dans ces deux phrases, Dieu qut peut tout, 
celui qui vous a dit telle chose. Dieu et eelut 
sont* les antécédents, et qui est le relatif. • 

AvTBcxDVST, en termes de Logique, se' 
dît de La prenûère partie d'un argumeot 
qu'on «»peUe Enthrmème, et qui ne con-^ 
sisle qu en une seule proposition , dimt en' 



8o 



ANT 



tire une conséc^uence. Je vous accorde Van' 
iécédent; mais je vous nie la conséquence. 
Aktécédsitt, en termes de Mathémati- 

aue, se dit Du premier des deux termes 
*un rapport , par opposition à Conséquent, 
qui désigne Le second. L'antécédent et le 
conséquent, 

ANTJÊCESSECR. s. m. Il se disait autre- 
fois d*Un professeur en droit dans une 
université. 

ANTECHRIST, s, m. (L*S ne se prononce 
pas.) Celui qui est opposé à Jésus-Curist, 
qui est l'ennemi de Jesus-Curist. // est dit 
dans t Écriture que, dès le temps des apôtres, 
il y avait plusieurs antechrists. 

Il se dit, particulièrement, d'Un imposteur 
qui cherchera à établir une religion oppo- 
sée à celle de Jssus-Chbist, et qui, suivant 
l'opinion commune, viendra dans les der- 
niers temps. Le temps de la venue de Vjin- 
techrist est incertain, 

ANTÉDILUVIEN, lENNE. adj. Qui a 
existé avant le déluge, jinimaux antédilu» 
l'iens. Histoire antédiluvienne. 

ANTENNE, s. f. T. de Marine. Longue 
pièce de bois, sorte de vergue longue et 
Uexible qui s'attache à une poulie vers le 
milieu ou vers le haut du mât, pour sou- 
tenir la voile triangulaire de certains bâti- 
ments en usage sur la Méditerranée. Le vent 
rompit tes antennes. 

AxTJLSTtm, se dit, en Entomologie, de Fi- 
laments mobiles et articulés que les insec- 
tes portent sur la tête, et que l'on croit 
être pour eux l'organe principal du tact. 
Les antennes, les deux antennes d'un papil^ 
ion, d'une abei/le, etc. 

ANTÉPÉNULTIÈME, adj. des deux gen- 
res. Qui précède immédiatement la pénul- 
tième. L antépénultième vers de cette page. 
Dans Vantépênultième ligne. LantépénuU 
tième syllabe d^un mot. 

Il s'emploie aussi comme substantif fé- 
minin, pour signifier. L'antépénultième syl- 
labe d'un mot. Dans ce mot, l'accent est sur 
r antépénultième. 

ANTÉRIEUR, EURE. adj. Qui est avant, 
qui précède. Il se dit par rapport, au lieu et 
au temps. La partie antérieure d'un vaisseau. 
Les parties antérieures d'un corps. Une époque 
antérieure. Un fait antérieur. Une découverte 
antérieure. Ce contrat est antérieur à Vautre. 
Ma dette est antérieure à la sienne. Je dois 
être colloque le premier en ordre, car je suis 
antérieur en hypothèque. L'ét'énement dont Je 
parle est antérieur a celui dont vous parlez; 
U lui est antérieur de plus de six mois, d'un 
an, de plus dune année. 

En drammaire , Prétérit antérieur , Temps 
du verbe qui exprime une action passée, 
faite avant une autre également passée. 
Quand j'eus fait cela, je partis. On dit dans 
un sens analogue, Futur antérieur : voyez 
Futur. 

ANTÉRIEUREMENT, adv. Précédem- 
ment. Ma demande a été faite antérieurement 
à la vôtre. Ce qui s'est passé antérieurement. 

ANTÉRIORITÉ, s. f. Priorité de temps. 
antériorité d'hypothèque. Jntériorité de date, 
jintén'orité de droit, de titre. L'antériorité 
d'une demande, d'une découverte. 

ANTHÈRE. 8. f. T. de Botan. Petit sac 
membraneux c|ui constitue la partie essen- 
tielle de l'étaminei et qui est ordinairement 



ANT 

placé à l'extrémité d'un filet. Cest Vanthère 
qui renferme la poussière fécondante des vé- 
gétaux pours'us d'organes sexuels. Anthères 
arrondies, oblongues, fourchues, etc. 

ANTHOLOGIE, s. f. Il signifie propre- 
ment, Collection ou choix de fleurs; et il 
se dit figurément d'Un recueil de petites 
pièces de poésie choisies. L'Anthologie greC" 
que. 

ANTHRAX, s. m. T. de Médec. Inflam- 
mation circonscrite , et essentiellement gan- 
greneuse, du tissu cellulaire sous-cutané. 
On le nomme aussi Charbon. 

ANTHROPOLOGIE, s. f. T. didactique. 
Histoire naturelle de l'homme; étude de 
l'homme considéré principalement sous le 
point de vue physique. L'anthropologie s'ap- 
plique à déterminer et à classer les diverses 
races humaines, 

AirTHROPOLOGix , se dit aussi d'Une figure 
de réthorique, par laquelle on attribue à 
Dieu des actions, des affections humaines. 

ANTHROPOMORPHISME, s. m. Doctrine 
ou opinion de ceux qui attribuent à Dieu 
une figure humaine. 

ANTHROPOMORPHITE. S. des deux gen- 
res. Celui ou celle qui attribue à Dieu une 
figure humaine. 

ANTHROPOPHAGE, adj. des deux genres. 
Il ne se dit que Des hommes qui mangent 
de la chair humaine. Une nation anthropo^ 
phage. Les peuples anthropophages. 

Il est aussi substantif, cfest un anthropo" 
phage. 

ANTHROPOPHAGIE, s. f. Habitude de 
manger de la chair humaine. 

ANTI. Préposition empruntée du grec, et 
qui s'emploie en français dans plusieurs 
mots composés, pour marquer Opposition, 
contrariété. Ainsi l'on dit. Antiscorbutique, 
Antiseptique, en parlant Des remèdes contre 
le scorbut, contre la gangrène. On trouve 
dans le Dictionnaire ceux de ces mots com- 
posés qui sont le plus en usage : il serait 
mutile de rapporter tous ceux que le be- 
soin ou le caprice peut faire imaginer. 

Akti, se joint encore à plusieurs mots 
français dans le sens de la préposition Antè 
des Latins, pour, marquer Antériorité de 
temps ou de lieu : telle est sa valeur dans 
les mots composés Antidate et Anticham- 
bre. On trouvera dans le Dictionnaire tous 
ceux des mots ainsi formés que l'usage a 
autorisés. 

ANTIAPOPLECTIQUE, adj. des deux 
genres. T. de Médec. Il se dit Des remèdes 
contre l'apoplexie. Eau antiapoplectique, 

ANTICHAMBRE, s. f. Celle des pièces 
d'un appartement qui est immédiatement 
avant la chambre. Il y a dans cet apparte- 
ment antichambre, chiamùre et cabinet. At- 
tendre dans une antichambre. La première 
antichambre, La seconde antichambre. 

Fam. , Propos d'antichambre. Propos de 
valets. 

Fam. , Faire antichambre. Attendre dans 
une antichambre le moment d'être introduit 
auprès du maître de la maison. Il se dit or- 
dinairement en mauvaise part et en parlant 
des gens qui sollicitent. 

ANTIGHRÈSE. o. f. T. de Droit. Con- 
vention par laquelle un débiteur remet en 
nantissement à son créancier un immeuble 
dont les revenus doivent servir à l'acquitte- 



ANT 

ment de la dette. On peut convenir aussi 
que les revenus se compenseront avec les 
intérêts de la créance. Remettre, tenir un 
immeuble en antichrèse, 

ANTICHRÉTIEN, lENNE. adj. Il se dit 
De ce qui est opposé à la religion chrétienne. 
Maximes antichrétiennes. 

ANTICIPATION, S. f. Action par laquelle 
on anticipe. Anticipation de payement. Jl m'a 
payé par anticipation. Jl s'en est empoté par 
anticipation. Cette anticipation sur les epo^ 
quA jette de la coi^fusion et de l'obscurité 
dans le récit, 

Jjettres d'anticipation. Lettres qu'on pre- 
nait en chancellerie, pour anticiper un appel. 

AirriciPikTiov , se dit particulièrement 
de L'action de dépenser un revenu avant 
qu'il soit échu. Dans V ancienne administra- 
tion financière, on avait souvent recours aux 
anticipations, Jl dépense son revenu par an* 
tici Dation. 

Il se dit également, en termes de Com- 
merce, d'Une avance de fonds sur une 
consignation de marchandises. Tirer, accep" 
ter une traite par anticipation. 

AaricTpÀTioR, signifie encore, Usurpa- 
tion, empiétement sur le bien ou sur les 
droits d'autrui. Cest une anticipation sur mes 
droits, sur ma terre. 

Articipàtior , est aussi le nom d'Une 
figure de rhétorique par laquelle l'orateur 
réfute d'avance les objections qui pourront 
lui être faites. 

ANTICIPER, v. a. Prévenir, devancer. Il 
ne se dit que Du temps, et, par ellipse. 
Des choses dont on prévient le temps. An" 
tidper le temps, le jour, Ja terme n'était pas 
échu, U a anticipé le payement, il Va anticipé 
de huit jours. 

En termes de Pratlq. ancienne, Anticiper 
un appel. Faire assigner devant le juge su- 
périeur l'appelant qui différait de relever 
son appel. 

Ahtictpbr , s'emploie aussi comme verbe 
neutre avec la préposition Sur, et signifie. 
Usurper, empiéter. Anticiper sur les droits 
de quelqu'un. Anticiper sur son voisin. Fous 
anticipez sur ma terre, sur ma charge, sur 
mes droits. 

Anticiper sur ses revenus. Les dépenser 
par avance. Anticiper sur les temps, sur les 
faits. Raconter l'histoire d'un événement 
avant son époque. Antici^r sur ce que Von 
doit dire, sur ce qui doit suivre. En dire 
d'avance quelque chose. 

AjTTicrpi, Bs. participe. 

Il se dit adjectivement, au sens moral. 
De ce qui est prématuré , de ce qui devance 
le moment convenable. Une joie, une espé- 
rance anticipée. Une douleur, une crainte an- 
ticipée. Des regrets anticipés. Une connaissance 
anticipée de ce que Von devrait encore ignorer, 

ANTIDARTREUX , EU8B. adj. T. de 
Médec. Il se dit Des remèdes contre les 
dartres. 

ANTIDATE, s. f. Fausse date, antérieure 
à la Tériuble. On a prouvé l'antidate de cet 
acte, 

ANTIDATER. Y. a. Mettre a un acte, a 
une lettre, à un effet de commerce, etc. , 
une fausse date, antérieure à la véritables 
Antidater un contrat, un acte, une lettre, 

Akttdàtx, éb. participe. Acte antidata. 
Lettre antidatée. 



I 



ANT 

ANTIDOTE. 8. m. Contrepoison ; médi- 
cament auquel on attribue la propriété de 
prévenir ou de combattre les efiets d'un 
poison, d'un Tenîn, d'une maladie conta- 
gieuse. Bon, puissant, grand, excellent an» 
tû/ote. 

' Il s'emploie quelquefois figurémen t. // n 'y 
a pas de meilleur antidote contre l'ennui que 
ie trm*ail, 

ANTIENNE, s. f. T. de Liturgie cathol. 
Sorte de verset que le chantre dit, en tout 
ou en partie, dans TofBce de l'église , avant 
un psaume ou un cantique , et qui se ré- 
pèle après tout entier, annoncer une an» 
tienne, étonner une antienne. 

Fig. et fam.. Chanter toujours la même an» 
tienne. Dire, répéter toujours la même 
chose. 

Fig. et fam. , jinnoncer une triste, une fâ- 
cheuse antienne. Annoncer une triste, une 
fâcheuse nouvelle. 

ANTIFEBRILE. adj. des deux genres. T. 
de Médec. Foyez Fsbrifugx. 

ANTILAITBCX , EUSE. adj. T. de Mé- 
dec. Il se dit Des remèdes qu'on a crus 
Eropres à faire passer le lait, et à guérir 
!S maladies qu'on lui attribue. 
' ANTILOGIE. s. f. T. didactique. Contra- 
diction entre quelques idées d'un même 
discours. 

ANTILOPE, s. f. T. d'Hist. nat. Genre 
de mammîieres de la famille des rumiiiants. 
Les gazelles appartiennent au genre des o/f/i- 
hpes. 

ANTIMOINE, s. m. Métal dont on fait 
différentes préparations dans la pharmacie, 
telles que Témétique, etc. Il est très-fragile, 
brillant, d'un blanc bleuâtre, et d'une tex- 
ture lamelleuse. L'usage de l'antimoine a 
trouvé de grands adx'ersaires. Sulfure d'anti- 
moine, ou Antimoine cru. Verre d^ antimoine. 
Teinture d'antimoine. 

ANTIHONIAL, ALE, OU ANTIHONIÉ , 
ÉE. adj. T. de Pharm. Qui appartient à 
Tantimoine, qui en contient Préparations 
emtimoniaies. Remèdes antimoniaux. Tartrate 
de potasse antimonié ( tartre stibié). 

ANTINOMIE, s. f. Contradiction réelle 
on apparente entre deux lois. Cette antino- 
tmie embarrasse tous les jurisconsultes. Con- 
cilier des antinomies. 

ANTIPAPE, s. m. Celui qui se porte pape 
sans être légitimemeVit et canoniquement 
élu. Dans le grand schisme d'Occident, on 
a vu en même temps deux antipapes. 

ANTIPATHIE, s. f. Aversion, répugnance 
naturelle et non raisonnée qu'on a pour 
quelqu'un, pour quelque chose. Il se dit 
Des personnes et des animaux. Antipathie 
naturelle, imincible. Grande antipathie. Se» 
crête antipathie. A^wr de l'antipathie pour 
uelçue chose. Agir par antipathie. Il y a de 
t'antipathie entre ces deux personnes, entre 
ces deux espèces d'animaux. Avoir de ranti» 
pathie pour la lecture, pour la musique. 

U se dit même quelquefois Des choses 
inanimées. L'eau et Vhuile ont de. Vanti' 
pathie, et ne se m/lent que thjficilement en- 
semble. 

ANTIPATHIQUE, adj. des deux genres. 
Contraire, opposé. Il se dit surtout au sens 
moral. Ces deux personnes-là ont des humeurs 
wUipathiques, Caractères, sentiments antipa- 
ikiques, 

..e I. 



ANT 

Fam., Cet homme m'est antipathique, Tai 
de l'antipathie, de l'aversion pour lui. 

ANTIPIÊRISTALTIQUE. adj. T. de Médec. 
Il se dit D'un mouvement accidentel des 
intestins, qui est opposé au mouvement 
périslaltique, et par lequel ces organes se 
contractent de haut en bas, de manière à 
faire remonter dans la bouche les matières 
qu'ils contiennent. f^o)V8 PéaiSTALTiQUs. 

ANTIPÉBISTASE. s. f. T. didacliaue. 
Action de deux qualités contraires, aont 
l'une augmente la force de l'autre. Les pé- 
ripatéticiens disent que c'est par antipéristase 
que le feu est plus ardent l'hiver que Tété. 

ANTIPESTILENTIEL, ELLE. adj. T. de 
Médec. Il se dit Des remèdes, des préser- 
vatifs employés contre la peste. 

ANTIPHILOSOPHIQUE, adj. des deux 
genres. Il se dit De ce qui est opposé à la 
philosophie. Ce prétendu philosophe a débité 
bien des maximes antiphilosophiques, 

ANTIPHONAIRE ou ANTIPHONIER. s. 
m. Livre d'église où les antiennes , et autres 
parties de l'office, sont notées avec des no- 
tes de plain-chant. 

ANTIPHRASE. 8. f. Figure par laquelle 
on emploie un mot, une locution, une 

Ehrase, dans un sens contraire à sa véri la- 
ie signification, à sa signification ordinaire. 
Cela est dit par antiphrase. En parlant D'un 
fripon, on dit par antiphrase, Cet honnête 
homme. 

ANTIPODE, s. m. Celui qui habite dans 
un endroit de la terre que l'on considère 
par rapport à un autre endroit diamétrale- 
ment opposé. Il se dit ordinairement au 
pluriel. Les antipodes. Ces peuples sont nos 
antipodes. 

Il se dit Des lieux par extension, tant au 
singulier qu'au pluriel. Tel pays est l'anti- 
pode, est antipode de tel autre. Les antipodes 
de Paris. Aller aux antipodes. Etc. 

Fam. , Je voudrais que cet homme fût aux 
antipodes. Je voudrais qu'il fût bien loin. 

Fig. et fam.. Ce sont les antipodes, se dit 
quelquefois De deux choses, de deux hom- 
mes, de deux caractères diamétralement 
opposés. 

Fig. et fam., Cet homme est l'antipode 
du bon sens, Il déraisonne en tout ce qu'il 
dit. 

ANTIPSORIQUE. adj. des deux* genres. 
T. de Médec. Il se dit Des médicaments 
qu'on emploie contre la gale. Eau antipso- 
rique. Pommade antipsorique. 

Il se prend quelquefois substantivement, 
au masculin. Un antipsorique. 

ANTIPUTRIDE, adj. et s., synonyme 
d^ Antiseptique. Voyez ce mot. 

ANTIQUAILLE, s. f. Terme de mépris 
dont on se sert en parlant de Certaines 
choses antiques de peu de valeur. Ce sont 
des antiquailles. Cest un chercheur d'anti- 
quailles. 

Il se dit aussi de Certaines choses usées 
et de peu de valeur, comme de vieux meu- 
bles. Ces meubles sont des antiquailles. 

ANTIQUAIRE, s. m. Celui qui est savant 
dans la connaissance des monuments anti- 
ques, comme statues, médailles, etc. C'est 
un grand antiquaire, un savant antiquaire. 
Tous les antiquaires conviennent que cette mé- 
daille est fausse. La Société des antiquaires de 
France. On substitue ordinairement aiyour- 



ANT 



8i 



d'hui le nom ^'Archéologue à celui â^Anti* 
quaire. 

ANTIQUE, adj. des deux genres. Fort an« 
cien. Il est opposé à Moderne, et il ne se 
dit qu'en pariant Des choses qui sont d'un 
temps fort reculé. Les monuments antiques. 
Monnaie antique. Statue antique. Fase anti^ 
que. Palais antique. Il y a de grandes diffé- 
rences entre les usages antiques et les usages 
modernes. La simplicité des mœurs antiques» 

Fig., C'est un nomme d'une vertu antique, 
d'une probité antique, etc.. C'est un homme 
d'une rare vertu, d'une rare probité, etc. 

Ahtiqub, se dit aussi Des choses dont 
l'usage, le goût ou la mode sont pansés 
depuis longtemps. Foilà un meuble, un ha- 
bit fort antique. 

Antique , se dit également Des personnes 
avancées en âge. Dans cette acception, on 
ne l'emploie guère que par raillerie. Cet 
homme est un peu antique. Il a l'air antique. 
C'est une beauté antique. 

AnTiQUE, se dit dans un sens d'éloge» 
pour exprimer Un caractère de beauté sem- 
olable à celui que nous offrent les ouvra- 
ges de Pantiquité. Cet ouvrage est d'une sim- 
plicité, d'une majesté antique. Il règne dans 
cette composition un goût tout à fait antique, 

AvTiQUE, s'emploie comme substantif 
masculin , et signifie , Ce qui nous reste des 
anciens en productions des arts. Etudier 
l'antique. Copier l'antique. Cela est dessiné 
d'apris l'antique. Cela est beau comme Tan- 
tique. 

AvTiQUE, est aussi substantif féminin, et 
se dit Des monuments curieux qui nous sont 
restés de l'antiquité, comme médailles > sta- 
tues, agates, vases, etc. Une belle antique. 
Une antique très-curieuse. Le cabinet des an- 
tiques. 

À L'AimQUE. loc. adv. A la manière an- 
tiaue. Fait à l'antique. Bâti à l'antique. Ha- 
balé à r antique. Un meuble à l'antique, 

ANTIQUITÉ. 8. f. Ancienneté reculée. 
Temple vénérable par son antiquité. Cela est 
d'une grande antiquité. Cela remonte à la 
plus haute antiquité, à Tantiquité la plus re- 
culée. Cette maison est illustre par sa noblesse 
et par son antiquité. L'antiquité des temps. 

Il se dit également Des siècles, des temps 
mêmes qui sont fort éloignés de nous. Les 
héros, les sages de Tantiquité. 

Il se dit aussi, collectivement. Des hom- 
mes qui ont vécu dans les siècles fort éloi- 
gnés du nôtre. /.'<7/i//(^tt/>^ a cru que... Fous 
ne verrez rien de pareil dans toute Tanti- 
quité. 

Il se dit encore Des monuments des artSi, 
ui nous restent de l'antiquité. On voit près 
^e cette ville une belle antiquité. Dans ce sens, 
il se dit surtout au pluriel. Les antiquités 
de Rome. L'histoire Jes antiquités de Paris, 
di Orléans, de Nîmes, 

Il signifie en outre, La connaissance de 
l'antiquité sous le rapport des usages, des 
langues, etc. Terme d'antiquité. L'antiquité 
grecque. L'antiquité romaine. On trouve dans 
les Antiquités hébraïques, etc, 

ANTISCIENS. 8. m. pi. T. de Géogr. Il 
se dit Des peuples qui habitent, les uns en 
deçà, les autres au delà de l'équateur, et 
qui, à midi, ont des ombres en sens con- 
traires. 

ANTIS€ORBUTIQUE. adj. des deux gen- 

11 



l 



^ 



Sa- 



ANT 



rcft. T.deMéd€C.Prc]ipceà.goérlr le.8cprbut. 
Remède antiscorbittique. Sirop antiscorbutique^ 
Plante antiseoHmtiquf, 

1\ s'em ploie subslantlvement, a a-masculin. 
Le cresson est un antisoowbtuique. 

ANTISEPTIQUE, adj. des deux ;f enrea. 
(L'S doit se proDoncer fortemeot. } T. de 
Médec. PF(^[u*e à arrêter les progrès de la 
putréfactioD «a de la gaqgrèoe. Memède 
outt'septique, 

11 s'emploie substantivement, «a mascu- 
lin. Umt aei aiUisepiiquts, Un jnussaat anti' 
sepi£qî9e. 

UkJiTlSOaAL, ALE. a^. (L'S doit se pro- 
Donoer fortement.) Contraire «à ia société, 
<}tti tend à la dissoJatioB de la société. Z>cm> 
trine antisociale. Principes antisociaux, 

▲WTISPASMOIMQCE. a<y. des deux gén- 
ies. T. de Médec. II se dit Des remèdes que 
l'on emploie contse les^ spasmes , les convul- 
sions. Potion antispasmodique, Moles aati' 
spasmodiques. 

^ Il s'emploie substantivement, au .mascu- 
lin. C'est un bon antispasmodique, 

AMTISTBOniE. s. f. Nom 4|ae poruit, 
chez les Grecs, une des stances des choeurs 
dans les pièces dramatiques : c'était ordi- 
nairement la seconde, semblable pour la 
mesuce et le nombre des vers à la première , 
qu'on nommait Strophe; la troisième se 
nommait Épode. Le chœur chantait l'anti^ 
strophe en marchant sur le théâtre de gauche 
à droite, après qu'il avait chanté la strophe 
en tournant de droite à gauche, 

AHTISrPniJTIQUE. adj. et s. (L*S4oit 
se prononcer fortement. ) Il est synonyme 
d'JlntMi'énérien : voyez ce mot« 

ANTITUàSE. s. f. Figure de rhétorique 
par laquelle Toratettr ojf^pose, dans une 
même période, des choses contraires les 
unes auK autjres, soit par les pensées, soit 
par les termes. Cette phrase. Il est petit dans 
le grcind, et grand dans le petit, est une an- 
tithèse, Ias antithèses dans cet auteur sont 
trop fréquentes. Il n'y a rien de solide dans 
cet ouvrage, je n'y vois que des antithèses 
froides et puériles, 

AHTITHÉTIQUE. adj. des deux genres. 
Qui tient de Tantithèse, où l'antithèse di>on- 
de. Phrase antithétique. Style antithétique. 

ANTIVÉNÉRIEIî^ IBNNE. adj. T. de Mé- 
dec. Propre à guérir les maux vénériens. 
Remède antivénérien. Tisane antivénérienne. 

Il s'emploie aussi substantivement. Faire 
usage d'antii'énénèns. Le mercure est un puis- 
sant antii'énénen, 

ANTIVERJUINEUX, EUSE. adj. T. de 
Médec. Il se dit Des remèdes propres à 
combattre les vers. Il vieillit ; on dit plus 
ordinairement, rermifuge. 

Il s'emploie quelquefois substantivement , 
au masculin. 

ANTONOMASE, s. f. Figure de rhétori- 
que, trope qui consiste à mettre un nom 
commun ou une périphrase à la pkoe d'un 
nom propre, ou un nom propre à la place 
d*un nom commun. On dit par antonomase, 
L'Jpôtre, pour saint Paul; L'Orateur ro- 
9iain, pour Cicéron; Le père des dieux, 
our Jupiter. On dit Clément par antono- 
ma9e, Cest un Néron, pour dire, C'est un 
prince cruel, un tvran; V Eschyle anglais, 
pour désigner Shakspeare; Etc, 

ANTRE, s. m. Caverne, grotte naturelle. | 



AOU 

dntre ohseur. Autm pr^nd. Se cacher doits 
un antre^ L'antre a un lion, L'-antre^ la 
silndlc, 

Fig. , Cest tantre du Mon^ se dit D'on iien 
où il est dangereux d'entrer, d*où ron.n'4îst 
pas sûr de sortir. 

AJrTRCSTIONS. a. «Oi. pL Volontaires 

3 ni chez les Germains suivaient les princes 
ans leurs .entreprises, et qui devinrent jiar 
la suite les tiges des grandes familles léo- 
dales du moyen ige. 

ASV 

AVUITER (S*), v.pron. S'exposer -àétre 
surpris en chemin par la nuit.4Si vous m*en 
croyez, ne vous anuitez pas, 

Aaruixé, bb. participe. 

ANUS. s. m. (On pronenœ l'S.) T. d'A- 
nat. Le fondement, l'onverture extérieure 
par laquelle se tennine l'intestin nommé 
Rectum, ^voir une fistule àXanua* 

ASXtiré, s. f. Travail, .pûne et embar- 
ras d'espriL Être dans une grande anxiété 
d'esprit. Une péuAk anxiété. Vivre dans 
Vanxiété. 

Il se dit , en Médecine , d'Un malaise oé- 
nénil , accompagné d'un resserrement à 1 é- 
pigastre, et d un besoin continuel de chan- 
ger de posRioo. 

AMI 

AOiUSTE. s. m. (On prononce Oriste,) 
T. emprunté de la langue grecque, où il 
signifie. Indéfini. Il se dit, dans la conju- 
gaison grecque, d'Un temps qui présente 
l'action comme passée, mais sans indiquer 
s'il reste ou ne reste pas quelque chose de 
son ei&t, au momeAt où l'on parle, ^om/» 
premier, aoriste second. Aoriste actif. Aoriste 
moyen. Aoriste passif. Plusieurs gi'ammai- 
riens modernes ont appliqué cette dénomi- 
nation au temps des verbes français qu'on 
nomme ordinairement Prétérit défini. 

AORTE, s. f. T. d'AnaL Artère qui s'élève 
du ventiâcttle jgauche du cœnr. 



AOU 

AoAt. s. m. (Prononcez Oàt,) Le'bui- 
tième mois de l'année. Au mois d'août. Le 
premier jour dtaoùt. 

Il s'emploie aussi avec l'article /e; et alors 
il signifie, La moisson. Faire V août. Noue 
voilà bien avant dans l'août, Vaoût n'hait 
pas commencé dans ce pays-là. On a promis 
telle somme à ce valet pour son août. Pour 
sa peine d'avoir moissonné. 

La mi-août. Le quinzième jour du mois 
d'ao&t. Notre-Dame de la nÙHUiût. ji la mi- 
août. 

AOthrSR. V. a. ( On prononce FA. ) il 
n'est guère usité qu'au participe. 

Aoûts, ix. participe. Mùi'i par la chaleur 
du mois d'août. Citrouille aoûtée, 

AOÛTERON. s. m. (Prononcez Oûteron,) 
Ouvrier loué pour les travaux de la campa- 
gne dans le mois d'ao*^. Il faut tant d'août 
terons à ceftrmier. 



APE 



A9A 



APAISEE. V. A. Adoucir, cahner quel» 
qu'un. Apaiser leprince* Apaiser unfuneux» 
Cet enfant ne cesse de crier, apaiseîUe. 

Il signifie -Clément, Calmer l'émotion^ 
l'agitation , la -violence de certaines choses. 
Apaiser les flots. Apaiser les troubks ^um 
Etat^ Apaiser une ^etUtiom, Apaiser une que» 
relie. Quand Je bruit fut apaisé* Apaiser ia 
murmures. Apaiser sa douleur, Amùssr la 
colère de quelqu'un» Safièifta utsie un peu 
apaisée? 

Il s'em[j)loie ausai avec .le pranom penoD» 
ne\. Après avoir. bien crié, d s'apaisa. L'aragt 
s'apaise. Le vent s'apmse. La. mer s'emûse. la 
feu s' étant apaisé. Sa colère, sa douleur coah: 
mence .à yapaiser,. 

ApàMà , ax. particule. 

APALACUINE. s. f. T. de Botan. Arbris- 
seau de l'Amérique eeptenlrionale, qui croît 
particulièrement aur b» monts Apalaohea» 
et do2Mt les feuilles ee prennent en tinCuaion 
comme le thé, 

APAKAiSiE. a. m. Ce que lot aouvendna 
donnent à leurs puînés pour leur tenir Sieo 
de partage. Donner une terre on apanage, ou 
pour apanage. Ces apanages spot néiwsiàèer 
à la couronne. ^ 

Atâjiaos, se dit quelquefois, -figuréoMBt, 
de Ce qui>est^leipropre de quelqu'un, eoit 
en bien , soit en mal. La-nûson est^apanage 
de r homme. Les vertus et les faiblesses qui 
sont natne apanage. 

U se dit également Des cboaes qai aonl 
les suites et les dépendances d'une autre. 
Les iufirmiiés sont les apanages, le ttésts 
apatuige de ia nature humaine. 

APAKAAER. ▼. a. Donner un apanage. 
Le roiaivait apanage tousses puinù. Cepriaoe 
fut apanage du duché de^. 

Ap<â*AOX, XX. participe. 

APAlfAGISTE. adj. et«. m. Qui posaèd» 
un apanage. Ptinee apanagiste. Un ttptuaa^ 
giste. 

APARTE, a. m. Mot pris du latin. Ce 
qu'un acteur pn>nonoe de manière à -être 
entendu dei spectateurs, mais qu'on aupr 
pose ne l'éti^e pas des autres acteurs qui 
sont en scène. Il ne prend point l'S au pltt« 
riel. Les aparté doivent être rafes at courts. 

U s'emploie aussi adverbialemenL Ce vers 
doit être dit aparté. Voyez P^aT ( i ). 

APATHIE, a. f. ÉUU d'une âme qui n'est 
susceptible d'aucune émotion. Être élans 
l'apathie. Les stàtcieus voulaient que kursags 
fût dans une entière apathie, U est peu usité 
en ce sens. 

Il se dit le plus communément en mau- 
vaise part, et signifie, insensibilité, non* 
^ïhalanœ , indolence. Tomber dans Vapathie^ 
Il€St d'une apathie dont rien ne peut le faire 
sortir. On ne peut le tirer de son apathie, 

APATlUQt'E. acy. des deux genres. Qui 
est inaeosible à août. Un homme ^patJtiqué 
n'est touché de rien. 

APE 

APEPSIE. s. f. T. de Médec Défaut de 
digestion. Il est question de r.apepsie dans U 
Malaile imaginaire. Il est vieux. 

AP£R€EVABLE. adj. des deux genres. 



ÀPH 

Qai peut être aperçu. H y a des cùrps qui ne 
mmt point apercevaoies sans mkroseope, 

^AnsCKVAHCaB. a. L Faculté dfaperce- 
voir. ApenxvancÊ fihe^ prompu. Ik est peu 



.▼•a. (B se conjugue com* 
«M ibcecwr.) Commencer à voir, découvrir. 
Tagerpiis aiuu Zéktiffitmsmt un objet dont je 
sse Ostàngm pas Bien la forme. En passant 
par tdU rue, il aperçue celui qu'il cherchait. 
Mous véus atnms aperçu de loin. Je ne fis que 
taperceiwr^ et il aUjparut. 

Il se dit ^elqueloîs figorément^ au sens 
moral. Il /ut le premier qui aperçut cette vé- 
Ttié, TaperçtÂs^ pg émis apercevoir Uinieniion 
qm le tungei, Apercemr les beautés et les 
dêjauit dems uœ eompoaitioa littéraire, 

ApmacKfon » avec le pronom personnel , 
signifie ordinairement. Connaître , remar- 
quer* B s'aperçut dm ^dge qu^'on lui tendait. 
Il y a longtemps quejp me suis aperça qu'il 
m'est pas de mes amis* Il cache si bien son 
dtesseuL, qu'il est diffcile de s'en apercevoir. 
SBe s'est aperçue p Sise sonSiq^rçus de ter' 
ffMvv On b-nûOep et ilne.s'eu aperçoit pas. 

AraaçiLy. m^ participe^ 

H s'emploie, aosaii comme sulistaBlif ^ et 
signifie, Une premiese ?ue,, une vue rapide 
Jetée sur un objeL. Ce que je vous d$s là 
n'est ga'uaaperçu^Je-naii sur cet objfit qu'un 
anerçum On ne nCa donné qaun aperçue Cet 
homme a quelquefois des aperçus trèsi-heu- 
«VAX. H y a dans cet (mwage des aperçus 
très-fins, mais tden n'est développé. 

Il sîgoiBe également, en parlant De 
eoinpies„ Une estimation' au premier coup 
dTœîL Vaperçudela dipemse,etc^Par ûjpeaçu, 
cala unntera à tant* 

Il signifie aussi, en lecmes de Barreau., 
Un exposé sommaire des pciocîpaus points 
d'une affaire. Cet avocat a donné au public 
SÊM aperçu de la cause, 

APÉMKnw, ITE. adî^ T. de Médec. 
Hom générique des^ médicaments propres à 
entretenir la lil»erté des voies biliaires, uri- 
maires, etc. Remède apéritif. Tisane apéritii'e. 

U s'emploie aussi substantivement. Les 
e^ritiù provoqwent ordinairement les urines. 

▲PE1 ALE. adj. T. de Bbtan. Sans pétales , 
sans corolle. Les fleurs du saule ^ du noise- 
tier, de Camarante, stmt apétales.- 

▲FKTiaSBMBNT.s. m. Dimiantion. L'a- 
peiiswement qui parait dans les^ objets éloi- 
gnés, etc. Il est peu usité. 
. APBTISSBB. V. a. Rendre plus petir, ac- 
conrcir. Cette figure est trop grande, il faut 
rapetisser. Ou- dit plus communément, 
Bapetisser, 

Il est aussi neutre ,. et signifie , Devenir 
plus petiu Après le solstice d'été, les jours 
eymtissent, Oe dit plus communément, Les 
pnurs raocoureissent, 

n s*emploie, dans le même sens, avec le 

ronem persouoeL Une étoffe qui s'apetisse 
Ceau. On dit plus eomiuunément, Une 
dtoffe qui se rétrécit, qui se resserre à l'eau. 
ÂrmeuÊMr au. participe. 



APnÎLlB. s. m. T.4'Aatron. Le point de 
Torbite d'une planète, où elle se- trouve à 
sa plus granda distanee.du. soleîL VaphéUe 
Jeuitierre, 



APL 

Il est aussi adjectif des deua genres. La 
terre est aphélie. 

▲PHSABftE. s» f. Figure de grammaire 
psc laquelle ou retranche, une syllabe ou 
une letti*e an commencement d'un mot. 
Temnere/70«rContemiiere est une aphérèse. 
L'aphérèse est d'an grand usage dans les éty- 
nuJogirs : c'est ainsi que de Gibbosus nous 
avons Jait Bossu. 

▲PBOVIE. s. f. T. de Médec. Privation 
de la voix, difficulté de produire des sons. 

▲PlHNUSJIiE. s» m. Sentence ou maxime 
énoncée en peu de mots. Les jéphorismes 
d^ Hippocraie. Aphorisme de jurisprudence. 

▲PIIEttDIStilQIJE. adj. des deux genres. 
T. de Médec. Il se dit Des substances qu*on 
croit propres à exciter aux plaisirs de 
Tamour. 

Il s'emploie aussi comme substantif mas* 
culio. Un dangereux aphrodisiaque. 

▲PIITU& s» m. Petit ulcère qui vient 
dans la bouche. En termes de Médecine, il 
se ait plus exactement, au pluriel, d'Une 
éruption pustuleuse au'on observe à Tinté- 
rieur de la bouche, au pharynx, et quel- 
quefois d'une partie du caïud intestinal. 
AiHÙr un aphihe. Les aphtkes sont tàudou- 
reux. 

APHTLLIL adj. des deux: genres. T. de 
Bolan. Dépourvu de feuilles. Vorobanche 
est une plante aphyBc 

API 

API. s. m. Sorte de pomme, petite, et 
ordinairement colorée aun rouge vif. Des 
pommes d'api. KoHà de fort bel api. f ai beau- 
coup d*api dans mon jardin. 

APITOYEB. V. a. Toucher de pitié. Rien 
ne' put l'apitoyer sur mon sorL 

Il s'emploie souvent avec le pronom per- 
sonnel, et sigmfie,^Compatîr, témoigner sa. 
pitié. S'apitoyer sur les malheurs de quel- 
qu'un. Elle s'est apitoyée sur votre sort. Il 
est familier. 

Arrrori, ix. participe. i 

APL 

APLASIIR. v; a. Rendre uni , rendre plane 
ce qui était inégal. Aplanir un chemin. ApU^ 
nir des allées dans un jardin. Aolanlr une 
montagne. On l'emploie quelquefois, avec le 
pronom personnel. Ce terrain s'est aplani. 

Fig. , Aplanir les obstacles, lesdijficultés, 
Lever les difficultés, les obstacles, les em- 
pêchements qui se rencontrent dans une 
affaire. On dit de même , Toutes les diffi- 
cultés, tous les obstacles s'aplanissent devant 
lui, etc, 

ApLAxr, IK. participe. 

APLASIS8EMBNT. s. m. Action d'apla- 
nir; État de ce qui est aplani. L'apbmisse^ 
ment d'un chemin. L'aplaniseement des allées 
d'un jardin., 

APLATia. V. s. Rendre plat. Cette sur- 
face est trop bombée, il faudrait un peu 
l'aplatin 

-il s'emploie souvent avec le pronom per- 
sonnel. Lu balle vint s'aplatir contre la jvtif- 
raille. 

AssATi, is. participe. 

La terre est aplatie vers ses pèles, Son. axe 
est plus, petit ipie le diamètre de l'équa- 
teiir. 



APO 



83 



APLATISSEMENT. S. m. Action d'apla- 
tir; État de ce qui est aplati. L'aplatisse'^ 
ment d'une boute de cire. L'apUttissement 
d'une balle de plomb. , 

L'aplatissement de la terre, se dit de La 
terre , qui est aplatie aux deux pôles^ 

APLÔHiB. s. m. Ligne perpendiculaire au 
plan de Thoriaon. Prendre l'aplomb d'une 
muraille', les aplombs d'un bâtiment. Ce mar 
tient bien son aplomb, a perdu son aplomb. 
Cette muraille, toute vieille qu'elle est, a bien 
gardé son aplomb, a conservé son aplomb. 

Aplomb, se ditBgurément d'Une cei*taiae 
assurance dans la manière de se présenter, de 
perler, d'agic, qui annonce derexpérience 
et dutact. Ce jeune homme manque a aplomb . 
Pour négocier de pareilles afftdres, il faut 
ttvmr du sang'froia et de r aplomb. U a beau» 
coup d^aplomb^ Cet homme a de l'aplomb 
dans toute sa conduite. Cet acteur a de l'a- 
plomb. 

Aploseb, en Peinture, se dit de I^ pon- 
déi*ation des figures. Ses figures manquent 
d'aplomb. Cet artiste pèche par les aplombs. 
On dit dans un sens analogtie, en termes 
d'Équitation, Les aplombs d'un cheval. 

D'aplomb, loc. adv. Perpendiculairement. 
Cette ligne tombe d'aplomb, est tirée d'aplomb. 
On dit de même , Etre, n'être pas d'aplomb, 
être hors d'aplombs Ce mur est bien d'aplomb. 

U s'emploie dans les Arts de la daose, de 
l'escrime, et signifie que le danseur, le ti- 
reur d'armes est assuré et ferme sur ses 
jambes, qu'il ne vacille pointv Ce dimseur 
retombe toujours d'aplomb ^ bien d'aplomb* 

APO' 

APOCALYPSE, s. f. ( Queiques-uas k 
font masculin. ) Révélation. On appelle 
ainsi Le livre canonique qui contient les 
révélations faites à saint Jean TÉ^^ngéUste, 
dans nie de Patmos. Les figures de l'Apo- 
calypse. Commentaires sur l'Apocalypse de 
saint Jean. 

Fig. et fam., Stjle (T Apocalypse, Style 
obscur. 

Pro¥. et pop. , Cest le dtevalde t Apoca- 
lypse, se dit D un mauvais clie\'al, d'une ha- 
ridelle elBanquée. 

APOCALYPTIQUE, adj. des deux genres. 
Il se dit Des discours et des écrits cpii 
sont fort obscurs. Style apocalyptique. Il est 
familier. 

APOCO. s. m. Terme emprunté de l'italien, 
dont on se sert pour désigner Un homme 
de peu d'esprit ou de sens. Il parle comme 
un apoeo. On le traite d'apoco. Il est peu 
usité. 

APOCOPE, s. f. Figure de gi*ammaire par 
laquelle on retranche une lettre ou une %yy 
labe à^la fin d'un mot. Negoti, jpofirNegotii, 
est une apocope. Les poètes français usent 
quelquefiNS de l'apocope; ils écrivent, par 
exemple, Londre pour Londi*es, je voi pous- 
se \ois, encor pour encore, etc. On dit par 
apocope, Grand'messe, giand'mère, au Ue^t 
de Grande messe, grande-mère. 

APOCRISIAIRB. s. m. Nom de dignité 
chea les Grecs du Bas-Empire. On le don- 
nait primiti^'^ment Aux- agents , aux envoyés 
qui portaient les réponse» des empereurs. 

B: désigna plus tard Des ofîTiciera publics 
mu ohanoelieps chargés de l'expédition . des 

il. 



84 APO 

édits et des actes : leur chef s'appelait Le 
grand npocrisiaire. 

Il se disait aussi de Certains agents ou 
envoyés ecclésiastiques résidant soit à Con- 
stantmople, soit auprès de quelques autres 
cours, t'apocrisiaire d'un patriarche. L'a" 
pocrisiaire du pape à Constantinopîe, 

Il désignait également , dans les anciens 
monastères, Celui qui avait la garde du 
trésor. — Sous Cbarlemagne , Le grand au- 
mônier portait le titre ài^ pocrisiaire, 

APOCRYPHE, adj. des deux genres. Terme 
pris de la langue grecque, dans la(|ueUe il 
signiGe, Inconnu, caché. Il n*est usité dans 
notre langue qu'en parlant Des livres et des 
écrivains dont Tautorité est douteuse; et, 
en ce sens, il se dit proprement De certains 
livres que TÉglise ne reçoit pas pour ca- 
noniques. Le troisième et le quatrième livre 
d'Esatas sont apocryphes. 

Il se dit, par extension. Des historiens 
et des histoires dont l'autorité est suspecte. 
Auteur apocryphe. Histoire apocryphe. Livre 
apocryphe, 

Noui'elle apocryphe. Nouvelle dont on 
doute, à laquelle on ne peut guère ajouter 
foi. 

APOCTN. s. m. T. de Botan. Genre de 
plantes exotiques, à cinq étamines : il ren- 
ferme plusieurs espèces, parmi lesquelles 
on distmgue VApocyn maritime y dont le suc 
est fort vénéneux; et VApocyn gobe-mouches, 
dont les pétales, en se contractant, retien- 
nent et emprisonnent les petits insectes qui 
viennent s'y poser. 

APODE, adj. des deux genres. T. scien- 
tifique, emprunté du grec. Il signifie pro- 
prement. Qui est sans pieds. Par exten- 
sion, on l'applique spécialement, en His- 
toire naturelle. Aux poissons qui n'ont pas 
de nageoires ventrales, tels que les an- 
guilles. Les poissons apodes, ou substanti- 
vement , au masculin , Les apodes. 

APODICTIQUE. adj. des deux genres. T. 
didactique. Démonstratif, évident. Il est 
peu usité. 

APOGÉE, s. m. T. d'Astron. Le point où 
une planète se tronve à sa plus grande di- 
stance de la terre. L'apogée de la lune, La 
lune est à son apogée. 

Il est aussi adjectif des deux genres. La 
iune est apogée, 

Fjg. , Sa fortune, sa gloire, sa puissance 
est à son apogée. Elle est au point le plus 
élevé où elle puisse arriver. On dit de même. 
Être à l'apogée de sa gloire, de la gloire, etc, 

APOGRAPHE. s. m. Copied'un écrit , d'un 
original. Il est opposé k Autographe, mais 
beaucoup moins usité. 

APOLLON, s. m. Dieu du Parnasse, qui 
présidait aux beaux-arts, et particulière- 
ment à la poésie. On ne met ici ce nom 
qu'à cause de son emploi particulier dans 
certaines phrases figurées. Les fils, les fa» 
iHtrts d'Apollon, Les poètes. // rime, il fait 
des vers en dépit d'Apollon, se dit D'un 
versificateur qui n'a point de talent. L'a' 
mour Jut son ApoUon, Ce fut l'amour qui 
lui inspira des vers. Etc, 

APOLOGliriQUE. adj. des deux genres. 
Qui contient une apologie. Lettre aptdiogé' 
tique. Discours apologétique. 

Il s'emploie substantivement , au mascu- 
lin , eo parlant de L'Apologie deTertuUien 



APO 

pour les chrétiens. Tertullien, dans son 
Apologétique, 

APOLOGIE, s. f. Discoui*s par écrit ou de 
vive voix, pour la justification, pour la dé- 
fense de quelqu'un/ de quelque action, de 
auelaue ouvrage. Ftùre une apologie. Faire 
l apologie de quelqu'un. Il a écrit lui-même 
son apologie. On disait alors du mal de vous, 
mais depuis on a bien fait votre apologie. 
Faire Vapologie d'un livre. Faire l'apologie 
de la conduite de quelqu'un. 

Il se dit , par extension , de Tout ce qui 
est propre à justifier quelqu'un.,5n conduite 
depuis quelque temps fait bien son apologie. 

APOLOGISTE, s. m. Celui qui fait l'apo- 
logie de quelqu'un , de Quelque chose. Cest 
votre apologiste. Un apologiste maladivit. 

APOLOGUE, s. m. Petit récit d'un fait 
vrai ou fabuleux, dans lequel on a pour but 
de présenter d'une manière indirecte une 
vérité morale et instructive. Veipologue de 
l'Estomac et des Membres du corps humain. 
L'apologue du Loup et de l'Agneau. Se servir 
d'un apologue. D'ingénieux apologues, 

APONÉVROSE, s. f. T. d*Anat. Sorte de 
membrane ferme, blanche, et luisante, qui 
forme l'extrémité des muscles et sert à les 
fixer aux os, ou qui enveloppe les mus- 
cles et sert à les maintenir en place. Apo^ 
névrose brachiale, tibiale, etc, 

APONÉVROTIQUE. adj. des deux genres. 
T. d'Anat. Qui appartient , qui a rapport aux 
aponévroses. Fibres aponévrotiques. Mem- 
brane aponévrotique, 

APOPIITHEGHE. s. m. Dit notable de 
uelque personne illustre. Les apophthegmes 
^es sept sages de la Grèce. Les apophthegmes 
de Sctpion, de Caton, etc, 

JVe parler que par apophthegmes , se dit, 
par dérision , D'un homme dont les discours 
abondent en sentences, en maximes. 

APOPHYSE, s. f. T. d'Anat. Saillie qui 
s'avance hors du corps d'un os. 

APOPLECTIQUE, adj. des deux genres. 
Qui appartient à l'apoplexie, qui menace 
d'apoplexie. Symptôme apoplectique. État, 
disposition apoplectique. Complexion apoplec- 
tique. 

Il signifie également, Qui paraît menacé 
d'apoplexie, ou Qui en a eu des attaques: 
dans ce sens, on peut l'employer substan- 
tivement Cet homme a l'air apoplectique, 
Cest un apoplectique. 

Il se dit aussi Des remèdes qu'on emploie 
pour combattre ou pi*évenir l'apoplexie. 
Baume apoplectique. Ce sens et le précé- 
dent ne sont plus guère usités dans le lan- 
gage médical. 

APOPLEXIE, s. f. Maladie caractérisée 
par la perte plus ou moins complète du sen- 
timent et du mouvement, sans que la res- 
piration et la circulation soient interrom- 
pues. Être frappé d'apoplexie. Tomber en 
apoplexie. Être menacé d'apoplexie. Attaque 
a apoplexie. Être attaqué d'apoplexie. Mou- 
rir a apoplexie. Apoplexie sanguine. Apo- 
plexie séreuse. Apoplexie foudroyante. 

APOSTASIE, s. f. Abandon public d'une 
religion pour une autre. Il se prend en mau- 
vaise part, et se dit plus particulièrement 
en parlant De l'abandon de la religion chré- 
tienne. Tomber dans l'apostasie. 

Il signifie aussi , L'action d'un religieux 
qui renonce à ses vœux et à son habit. 



l 



APO 

Il se dit , figurément et par exteusîon , de 
L'abandon d'une doctrine, d'un parti, etc. 

APOSTASIER. V. n. Tomber dans l'apo- 
stasie. Il se dit surtout en parlant D'un chré- 
tien qui renonce à la foi. Le plus grand crime 
qu'un chrétien puisse commettre, c'est da» 
postasier. 

Il se dit aussi D'un religieux qui renonce 
à ses vœux et à son habit. Le libertinage a 
fait apostasier ce religieux, 

APOSTAT, adj. m. Qui a quitté sa reli- 
gion pour une autre. Il se dit surtout D'un 
chrétien qui renonce à la foi. Chrétien 
apostat. 

Il sç dit aussi D'un religieux qui renonce 
à ses vœux et à son habit. Moine apostat. 

Il se dit quelquefois substantivement, dans 
les deux acceptions. Julien V Apostat, Cest 
un apostat, 

APOSTÈME. s. m. Fo^-ez Apostuuk. 

APOSTER. V. a. Mettre quelqu'un dans 
un poste pour observer ou pour exécuter 
quelque chose. Il se prend le plus commu- 
nément en mauvaise part. A poster des gens 
pour faire une insulte à quelqu'un. Des té' 
moins qu'on a apostés pour charger un in* 
nocent. On avait aposte un notaire pour ré- 
diger aussitât le testament. 

Apostx, bx. participe. 

\ POSTERIORI. Foyez Postbbiori Tl). 

APOSTILLE, s. f. Addition faite a U 
marge d'un écrit ou au bas d'une lettre. 
Il y avait deux lignes en apostille. L'apostille 
iTune lettre. Après sa lettre écrite, il manda 
cette noui*elle par apostille. 

Il se dit, particulièrement. Des recom- 
mandations qu'on écrit à la marge ou an 
bas d'un mémoire, d'une pétition. Deman» 
der une apostille à quelqu'un. Donner, refu- 
ser une apostille. Une apostille insignifiante 

APOSTILLER. v. a. Mettre une apostille, 
des apostilles à la marge ou au bas d'un 
écrit, d'un mémoire, aune pétition, etc. 
Le ministre aidait apostille les dépêches de Fam- 
bassadeur, A postuler un mémoire, une pétition. 

Apostille, sb. participe. 

APOSTOLAT, s. m. Le ministère d'apôtre. 
Saint Paul fut appelé à l'apostolat par une 
voie miraculeuse, 

APOSTOLIQUE, adj. des deux genres. 
Qui vient des apôtres, qui procède des 
apôtres. Doctrine apostolique. L Église catho- 
lique ft apostolique. Tradition apostolique. 
Le saint-siége apostolique. 

Mission apostolique, La mission des apô- 
tres; et, par extension , Celle de (Quiconque 
travaille a la pmpagation de la loi , d'une 
religion. Fie apostolique, zèle apostolique, 
etc. , Vie conforme à celle des apôtres , zèle 
digne du temps des apôtres , etc. 

Église apostolique. Toute Église fondée 
par les apôtres. La tradition des Églises 
apostoliques. 

Siècle apostolique, temps apostolique. 
Temps où ont Técu les apôtres, premier 
siècle de l'Église. 

Apostolique , se dit aussi De ce qui con- 
cerae le saint-siége, de ce qui en émane. 
Bref apostolique. Lettres apostoliques, La bé» 
néaiction apostolique. Nonce apostolique, 

Notaires apostoliques^ Notaires qui, dans 
chaaue diocèse, étaient autorisés à rédi* 
ger les actes en matière ecclésiastique, li 
faut s'adresser à un notaire apostolique. 



APO 

APOSTOLIQUBHENT. adv. À la façon 
des apôtres. Fivre apostoliquement. Prêcher 
0pasioiiqttemeHt, 

APOSTROPHE, s. f. Figure de rhétorique 
par laquelle on adresse moinencanémenc la 
parole a des choses ou à des personnes aux- 
quelles ne s'adresse pas Tensemble du dis- 
cours. Ainsi, ces phrases, Ei vous, braves 
Fnmçais, qui avez succombé dans cette lutté 
mémorMe, etc; Jffreux déserts, confidents 
4e mes peines, sont des apostrophes. 

Il se dit familièrement d'Une interpella- 
lion vive, et surtout d'Un trait mortifiant 
adressé à quelqu'un. Figoureuse apostrophe. 
Essuyer une apostrophe, 

Apostbofhb, dési§;oe aussi, Une petite 
marque en forme de virgule, dont on se 
sert pour indiquer l'élision d'une voveile. 
Ainsi , dans ces expressions, L' Église, l État, 
famitie, s'il est permis, d'où vient, quoi qu*il 
en soit, le petit signe qu'on met en haut, 
entre la consonne et ù voyelle, s'appelle 
apostrophe, 

■ APOSTEOPHER. V. a. Adresser la pa- 
role, <lans un discours, à une personne, 
ou à une chose considérée comme si c'était 
une personne. Le prédicateur, au milieu de 
son sermon ,' apostropha la croix. Après avoir 
longtemps parlé contre les impies, il les apo" 
strytha avec véhémence, 

Fam. , jépostropher quelqu'un. Lui adres- 
ser la parole pour lui dire quelque chose de 
désagréable. 
. Dans le style comique , Apostropher quel" 

Su un dtun soufflet , a un coup de odton. Lui 
onner un soufflet, un coup de bâton. 

AvosTaopMB, ia. participe. 

APOSTUME ou APOSTÈME. s. m. Abcès. 
Ces deux mots ont vieilli. En Médecine, 
on n'employait guère qa*Apostême; dans le 
langage ordinaire, on aisait communément, 
jépostume,' 

Prov. et fig. , Il faut que Vapostume crève, 
se dit D'une passion cachée, d'une conjura- 
tion , ou de quelque autre affaire secrète , 
qui doit finir par éclater. 

APOSTCHER. v. n. Il se dit D'un abcès 
qai perce, qui suppure. Son abcès commence 
a apostumer. Ce mot a vieilli. 

AposTUMi, u. participe. 

APOTHEOSE, s. f. Déification. Il se dit 

C'ncipalement deLa cérémonie par laquelle 
anciens Romains déifiaient les empe- 
rears. L'apothéose d^ Auguste, Les médailles 
qui représentent des apothéoses. 

Il se dit aussi de La réception fabuleuse 
des anciens héros parmi les dieux. L'apo^ 
ikéose iTHercule, L'apothéose d^Énée, 

Il se dît quelquefois , par hyperbole , Des 
honneurs extraordinaires rendus à un 
homme que l'opinion générale et l'enthou- 
siasme public élèvent au-dessus de l'huma- 
nité. Le public a faut son apothéose, 

APOTHICAIRE, s. m. delui dont la pro- 
icHion est de préparer et de vendre les 
drogues, les médicaments pour la guérison 
des maladies. Bon apothicaire, Habde apo' 
ducttire. Le mot de Pharmacien est aujour- 
dliuî plus usité. 

Prov. et fig.. Un apothicaire sans sucre. 
Un homme qui n'est pas fourni des choses 
qui appartiennent à sa profession. Un mé' 
wsoire a apothicaire , Un compte sur lequel 
il j a beaucoup à rabattre. Faire de son 



APP 

corps une boutique ^apothicaire. Prendre 
trop de remèdes. 

APOTHIGAIRERIE. s. f. Pharmacie : ma- 
gasin de drogues d'apothicaire, de médica- 
ments. Apothicairerie bien fournie. 

Il signifie aussi, L'art de Tapotnicaire. // 
s'est mis dans Vapothiaàrerie, Il entend l'a» 
pothicairerie. Le mot de Pharmacie est au- 
jourd'hui plus usité. 

APÔTRE, s. m. Nom donné aux douze 
personnes que Notre-Seigneur choisit parti- 
culièrement, entre ses disciples, pour prê- 
cher rÉvaugile et pour gouverner TÉglise 
après luL Notre*Seigneur Jasus-CnaisT et ses 
douxe apôtres. Le symbole des apôtres. L'a- 
pôtre saint Pierre, L'apôtre saint Jacques, 

Après la mort de Notre-Seigneur, on 
donna le nom d* Apôtre à saint Matthias, 

Îui fut mis à la place de Judas; et à saint 
aul et à saint Barnabe, qui fureut appelés 
de Dieu extraordinairement pour prêcher 
l'Évangile. 

Les princes des apôtres. Saint Pierre et 
saint Paul. L'apôtre des gentils, des nations, 
le grand apôtre, ou simplement, f Apôtre, 
Saint Paul. 

Prêcher en apôtre, comme un apôtre. Prê- 
cher avec onction, et d'abondance de cœur. 

Ap^as, se dit aussi de Tous ceux qui 
ont les premiers prêché la foi dans quel- 
que pays. Saint Denis est l'apôtre de Paris, 
Saint François Xavier est l'apôtre des Indes, 

Prov. et fig. , Faire le bon apôtre. Con- 
trefaire l'homme de bien. Ironiquement, 
Cest un bon apôtre, Il fait l'homme de bien, 
mais il ne faut pas se fier à lui. 

ApÀraB, est encore Le nom qu'on donne 
aux enfants dont on lave les pieds le jeudi 
saint, à la cérémonie de la cène. 

Apêrax , se dit figurément de Celui qui 
se voue à la propagation et à la défense 
d'une doctrine, d'une opinion, d'un sys- 
tème. // s'est fait l'apôtre de cette nouvelle 
doctrine. On dit dans un sens analogue. Les 
apôtres de V erreur, de Vincrédtdité, etc, 

APOZÈME. s. m. T. de Médec. Décoction 
de substances végétales, ordinairementlrès- 
chargée et très-composée. Faire un apotème. 
Donner un apotème. Prendre un apoxème. 
Aposème amer, purgat^, 

APP 

APPARAITRE, v. n. ( Il se conjugue 
comme Paraître, mais avec cette dilTé- 
rence, cpL Apparaître emploie les d/mx auxi- 
liaires Être et A\*oir avec le participe; au 
lieu que Paraître n'emploie que l'auxiliaire 
Avoir,) Devenir visible; d'invisible se ren- 
dre visible. Quand Dieu apparut à Motse 
dans le buisson ardent. L'ange qui apparut 
en songe à Joseph, Les specths qu'on ait qui 
apparaissent. Le spectre qui lui avait apparu, 
qui lui était apparu. 

Il se dit également D'une personne ou 
d'une chose qui se montre inopinément ou 
soudainement, dont l'aspect tait naître la 
surprise ou excite l'intérêt. Cet homme m'est 
apparu au moment où te le croyais bien loin. 
Une voile apparut à l'horizon, et rendit l'es- 
pair aux naufragés. Ces génies extraordinai' 
res qui apparaissent à de longs interiKilles. 

Il s'emploie aussi impersonnellement. // 



APP 



85 



en loin, sur la terre, des hbmmes supérieurs 
qui.,. 

Il s'emploie , dans un sens particulier, en 

termes de Palais. Ainsi on dit. S'il vous 

'apparaît aue cela soir. Si , après avoir fait 

' les perquisitions nécessaires, vous trouves 

que cela soit ainsi. 

En parlant De négociation , Faire appa» 
raitre de son pouvoir, Donner communica* 
tion de ses pouvoirs dans les formes, les 
notifier. Les ambassadeurs ayant fait appa» 
raitre de leur pouvoir, 

AppAau, UB. participe. 

APPARAT, s. m. Éclat ou pompe qui ac- 
compagne certains discours, certaines ac- 
tions. Haranguer avec apparat. Discours 
d'apparat. Cause d'apparat. Dîner, festin 
d'apparat. Il est venu dans un grand ap* 
parât. 

Il se prend quelquefois en mauvaise part, 
et signifie alors , Ostentation. H ne dit rien, 
il ne fait rien qu'avec apparat. Il met de l'ap- 
parât dans ses moindres actions. Il y a dans 
tout ce qu'il fait un air d'apparat, 

APPARAT, s. m. Mot traduit du latin , 
qui désigne. Certains livres rédigés en 
tonne de dictionnaires ou de catalogues, 
et propres à faciliter l'étude d'une langue, 
d'une science, d'un auteur classique. L Ap- 
parât sur Cicéron, 

Apparat royal. Petit dictionnaire fran- 
çais-latin, qui servait autrefois aux commen- 
çants. 

APPARAUX. S. m. pi. T. de Marine. Il 
désigne collectivement. Les voiles, les ma- 
nœuvres , les vergues , les poulies , les an- 
cres, les cabestans, les câl>les,le gouver- 
nail, et même l'artillerie d'un bâtiment Ce 
bâtiment a ses agrès et apparaux, 

APPAREIL, s. m. Apprêt, préparatif de 
tout ce qui a de la pompe , de la solennité. 
Grand appareil. Appareil extraordinaire, Ap' 
pareil lugubre. Appareil de guerre, L'appa» 
reil et une fête, aune cérémonie. On fait de 
grands appareils pour son entrée. 

U se (Ut aussi de La chose ainsi préparée. 
n a fait son entrée dans un magnifique ap» 
pareil, en grand appareil. Il s'est montré 
dans le plus pompeux appareil. 

AppiasTL, en termes de Sciences et 
d'Arts, se dit Des machines, des instru* 
ments, etc., disposés pour faire quelque 
opération, quelque expérience. Appareil 
cnimique. Disposer un appareil. Un appareil 
simple, compliqué. L'appareil nécessaire pour 
lancer un vaisseau, pour faire une opératioik 
chirurgicale, etc. 

Il se dit particulièrement, en Chirurgie,. 
Des différentes manières de pratiquer la 
lithotomie ou la taille. Tailler au grand ap- 
pareil, au petit appareil, etc, 

n se dit aussi Des médicaments, et des 
bandes, des compresses, etc., qu'on appli- 

2ue sur une plaie. Mettre le premier appareil, 
ever le premier appareil. On ne pourra juger 
de la plaie que quand on lèi'era le troisième 
apparat. Il arracha V appareil qu'on avait mis 
sur sa blessure, 

Prov. , Faute de bon appareil ou autre* 
ment, Faute des soins nécessaires, ou 
par quelque autre cause que ce soit. // est 
mort faute de bon appareil ou autrement» 
Cette manière de parler a vieilli. 



lui apparut un spectre. Il apparaît de hÀn\ Appabbil» se oit Cernent, en terme* 



as 



APP 



4'Anatoiiiie^ d*Un assemblage d'organes qui 
coocourent à une même fonction. IJappa-- 
Mil airculatawf, Vappareil vooai* L'appareil 
nspûmoire, Eic, 

ÀFFAEKii., en termes d'ArehIteclara» ti^ 
fmifie» L'art ou TactioD de traeer les pierres, 
d en bien combiner la charge, la poussée 
et la pose, surtout pour les eonstmctiQns 
suspendues, teUes que les berceaox, les 
voûtes, les ponts» les dômes, etc. 

Il se- dit aussi de La hauteur des assises 
d'un bâtiment. Une assUt. tU bas appanil, 
de liaut appareil. 

Ce àdtiment.esi iTun bel appareil. Les as- 
aises sont de hauCeur égaie, et les joints 
sont proprement (kits* 

▲PPAajKILLAftB. s* m. T. de Marine. 
Action d'appareiller, ou de s'y disposer. 
Faire son appareillage. Être en appareâ" 
Itige. 

APffAArauUUIBlfT. & m. Action d'ap- 
pareiller deux objets. Il na se dit guère 
qu'en parlant Des animaux domestiques 
qu'on appareille, soit pour les faire, tra* 
vailier ensemble, soit pour en propager la 
ittce* Vapparedlimeni des bcsufs», L'àppareU" 
lement da mâle ei de la femeUû, 

A9PABS11JLER. Y, a. Mettre ensemble 
des choses pareiUes ; Joindre à une chose 
une autre chose qui lui soit pareille. Jp*- 
paràUer des ehevaxtXp des vases, des taèieaux. 
Foilà un beau vasei.^chaxke à Vapparmlleri 
Foilà un beau cheval de carrosse, je •vi»» 
érms bien trouver à VapparetUer, Je- n'ai 

Îu'un lé d'étoffe j Je uêuarais bien iroatw à 
appareiller^ 

il s'emploie quelquefois avee le pronom 
yorsonaeiretisigiiifie. Se joindra avea un pa- 
reil à soi. C'est un^Jripon at*eù lequel il est. 
iéen digne dt s'apparedlers. Cette phnHt est 
tamiliere. 

ApFASJuijjm, en termes d^Arduteeture, 
Tracer 2e» épures sur un plan, les reporter 
en grand sur un enduit , et en appliqua 
les figures et mesures- sur toutes les faces 
defr'pierres, pour les faire tailler selon la 
place que chacune doit occuper. Ce qui 
contribue le lAus à la beauté auih édifiot, 
c'est d'être bien appareillé. C'est, lui qui a 
appareillé toute la Juee de ce bâtiment,. L'art 
a appareiller est très^ijfiede, 

ÂPPuixixxBa, en termes de Marine, est 
verbe neutne, et signifie. Mettre à la. voile. 
Jussitât qu'il vit les ennemis, il fit appa-^ 
reiHer, Il faut appareiller. Toute la flotte ap^ 
pareilla. Cependant ou dit , avec le psrli- 
cipe, qu* Un navire est appareillé, qa*Une 
escadre est appareillée, 

Apparbillb, SB. participe. 

APPABfiILLBUR. s. m. Chef-ouvrier qui 
trace le trait , la coupe de la pierre à tous 
ks tailleurs de pierre d'un chantier. Cest 
un. bon appareitleur. Quand on bâtit , c'est 
un grand avantage d avoir un habile appa^ 
reilLeur, 

APPAREILLEUSE. s« f. T. injurieux. 
Il se dit d'Une femme oui fait métier de 
favoriser des amours illicites, de rappro- 
cher des personnes de dînèrent sexe, dans 
des vues de libertinage. 

APPAREMMENT, adv. Selon les appa- 
rences» Fous croyez apparemment que,,. Il 
viendra apparemment. On dit aussi, dppa* 
fsmment qu'il rendra* 



APP 

APPARBirCB. s. f. T /extérieur, ce qm^ 
parait au dehors. Belles appiuresÊees^ Il ne 
faut pas se fier â* l'apparence, amx appa- 
rences. Les appareneessont trompesues^ le ne 
m'arrête peint à Vapparemce.. Il Va trompé 
seus apparenee damitU, sous Vapparence 
d'amitié, . sous 'ammrenee de l'amitié,^ ./éA»^ 
ser le mondepar des appaaentrs de piétÂ, À 
en juger d'après l'appareniee\ U Remportent 
sur son rivât. Ce ckâteau^ eettemassonabelle 
apparenee. 

Sauver les apparences. Faire en-serte qu'il 
ne paraisse rieù au dehors qui puisse être 
blâmé, qni puisse éirBoondanmié. Cest une 
femme- gedante, qui sasofe les apparences du 
mieux qu 'eHe peut, 

Affarksob, signifie aussiyVraisemblance, 
probabilité» Qneae apparence y a^t-il que,,,. 
Il n'y a nulle apparenoe,^ Cela est hors dap* 
parenoe, sans ap j mvemce . Je n'y vois point 
d'apparence. Il a réussi centre toute appa*' 
renée. Selon toute apparence, vous recevrez 
bientôt de ses^ noutfebès. Les apparences étant 
les- mènes de part et d*€mtre, on ne sait à 
quoi se décider. Il y a apparence, il y a quel- 
que apparence, il y a grande apparence que 
cela arrivera,. Uya bien de l'apparence qu'il 
n'en sawât rien,. 

Q signifie qndquefois, Marque, reste, 
vestige, tcaca de quelque diose. Ils n'ont 
plus aueune apparenee de Bberté* Il ne reste 
à. cette femine aucune ammrenee-de beauté.. 

E» ÀPPARBireBJoc. adv. Extérieurement, 
autant qu'on- en peut juger d'après ce qui 
paraitb En. apparenee i&sont,bonsamis, mais 
\en réidité ils se détestent^ Cet homme était 
ealmer en appannecle ne le créés sage ips'en 
apparence^ 

APPAREKT, BlfTB..adj. Qui est visible, 
évident, maiiifeste;. Se placer à l'endroit 
le plus apparente II y a des procédés pour 
rendre- plus apptatnte récriture des vieux 
manuscrits. Ce tnanque de r^darité est peu 
apparent, est^ trèe^apptumnt, On dit qu'il est 
riche en argent-; mais de bien apparent on ne 
lui en cennatt points H n'a. aucun bien appa^ 
rent sur lequel on puisse asseoir une ^ffotM^ 
que. Son droit est apparent, trèsrapparent„ 

U signifie également. Qui est remarqna- 
ble et considérable entre d'autres pecsonnes, 
entre d'autres choses. Il s'adressa au plus ap' 
parent de la compagnie. Les plus apparents 
de la ville. Il a la maison la plus apparente 
de la THlle. 

U signifie aussi , Spécieux , qtii n'est pas 
tel qu'il parait être. Un prétexte apparent. 
Des torts apparents. Sa sécurité n'est qu'api 
parente: H prend 1er biens apparents pour les 
véritables. Le mouvement apparent du soleil 
autour de la terre, La forme, la couleur, la 
situation, la distance apparente dun objet, 

APPARENTER, v. a. Donner à quelqu'un 
des parents par alliance. Tâchez de bim e^ 
parenter votre fille. Ce mariage l'a malappn^ 
rente. 

Il s'emploie avec le pronom peesonneL, 
et signifie. Entrer dans une famille^ s'allier 
à quelqu'un. S^ apparenter à la noblesse, à. la 
bourgeoisie. Elle s'est bien apparentée,. Il est 
familier dans les deux sen^ 

Apf&rbvxb, im, participe. Il ne s'emploie 
jamais seul. Être bien apparenté. Avoir des 
parents honnêtes, nobles-, riches ou puis- 
sants. Être mal apparenté rA.y<ùr dea<{Mranta 



APP 

panvcea, ou de basse naittanoe, oa mal fiu 
més« 

APPARIEMBRT OU APPAJéImEKT» a..m^ 
Action- d'apparier. 

APPARIER, v.a^ Aseortlr, unirpnr paires^ 
par couples, joindre des choses^iui seooBf- 
vienoentf qui sont fiute» pour aller enseos* 
bku Jpparter des ehemux de^casnsicOn m 
brmdlté tous ces-- gants; démUexÀes, et. kti 
appariez. 

Il signifie aussi , Mettre ensemble le-ndlle 
avec la femelle ; dan» ce sens y on ne le dit 
qu'en pudant De certains oiseaux, -dppn^ 
rier des pigeons ^ des tourteselks, 

U se oit également, avoir le pronom^ per- 
sonnel. Des pigeons, des touxtereHea^ des 
perdrix, et cle quelques antreaoiaemx qiiî 
s'associent par couples. Bem» cette smstm,. 
les pigeons, les tmaferelles s'apparient, 

AppAsai, me» participe. 

APPARITEUR» Sk m* Espèoe de secgeiit 
dans les cours ecclésiastiques. 

Il se disait aussi Des bedeaux de œrtaînes. 
universités, et se dit encore aiijourd*liai.de 
Certains huiaaîers attachés an diverses Ab^ 
cultes* Appariteur de la- facaké de thèalo» 
fpe r de droit, etc 

APPARITUMI* s; f. Manifestatian dequel* 
que objet qui y étant invisible de- IniMnèoie». 
se rend visible. L'apparition de tange Get^ 
briei à la sainte Vierge, L'apparitimk. des 
^rits, des spectres. 

Il se dit aussi de La manifestation anbitt> 
d^un objet, d'un phénomène qui n'avait 
point enoore paru, ^apparition de Vétoân 
aux mages. L'apparition aune eomète. 

Fam. , Il y afmi une courte af^amthn, 
iInyafmtqxLune apparition, se dit D*un 
homme qui n'a demeuré que lv軫pcu dtai 
temps dans un lieu^ 

APPAROIR. V. n. T. de Palais. Être évi» 
dent, être manifeste. Faire apparoir dupées^ 
voir qu'on a. // a fait apparoir de son bon 
droit. Ce verbe n'est usité qu'à l'infinitif et 
à la troisième personne singulière de l'indi* 
catif, où il ne s'emploie qu'Impersonnelle- 
ment, et ou il fait t^pert, au Ueu.qu'^/iyMr- 
raitre fait apparaît, S il vous appert que celte. 
soit. Comme il appert par tel acte, jtinsi qu'il 
appert de tel acte. Il a vieilli, anrtoul à 
llnfinitif. 

APPARTEMENT, s. jn. Logement cooH' 
posé de pluaîeurB pièces de suite, de di» 
verses gcandeurs et propres à divess uastF» 
ges. Bel appartement. Grand appartement. 
L'appartement de monsieur. L'appartement 
de madame, Vappartemenit des enfante, Ap^ 
partement d'hiver. Appartement dété; etc. 
La souvenons ont, aans leurs palais, de 
grands appartements d'apparai, et depetiU 
appartements privés^ Appartement à (oucrL 
Appartement meublé. Appartement vide, Û» 
lui a donné un t^partement sur le ^evaut^ 
sur le derriire. Appartement haat. Apporte' 
ment bas. L'appartement den haut,.aenhas^ 
Sa maison est grande, elle renferme qnatiWt 
appartements complets, quatre appmtementm 
ae maître. Occuper un appartement, Ckangm 
d'appartement. 

Il se dit aussi d'Un cercle, chex le roi, 
auquel aont invitées toutes les personnes 
de la- oour, et quelques-unes de celle» qoft 
sont présentées. /// eut eejourdà apprnia^ 
ment aux Tkiletées* 



UnVEXJUNK. s. f. DépMiiWtiBf f €e 
«■i ApllBrlMot 4 nue ehiote, ee qui défend 
a une chose, yendre une maison ov» amies 
MS tqipanmmkces et éçpemlamees, Cetêe >mé- 
tarie est mœ des upfurt enwices de. ma terre. 
Ce vilUfPt étmit sme i^partm mw e ik ieiie 



APnBVBK âirr , ]àllTB.«dj. Quiopper- 
tknt de droit. Le inen^pfortemmit « un tel. 
Urne mètùsonà lui appartenante. Il n'eil guère 
oûié que dans ces^iertestée 'pht'aflea. 

APnkKTBMIR, v. n. (Il «e conjugue 
comme Tenir.) Être la propriété légitime de 
ntelqn^OD , wnt que celui a qui est 'la trfaose 
éont on parle la poaaède, «oit quil ne la 
po aiiicl epiis» LesUens^ukappajfHeanentà des 
partKtdiers.Hretient m justement un Met qui 
m'éippartieat. Lu part et portion qui lui trp- 
peÊftieat 'dans cette sacoession. If m'en ap-, 
partimU une moitié. Cette maison, ce domaine 
m'appartient. Cela nous appartient de droit. 

il «sigailie anaai. Être Je droit, Icprivi- 
lé^Y-la'pi^érogvlive de quélqu*UB. Le droit 
de Jatte gràoe appartient 'Ou roi. Le droit de 
éeiire'nsmnaie appartient au souivrain. Les 
éamnenn qtà vous tgfparfiennent. Ces droits 
it^ma tkarge. La connaéssanee 

netie dffÊÙre smpartient à tel juge. 

11 signifie é^Memeuty^Être le propre, le 
tetère particulier de. Ils ont attniùué à. 
-ia 'matière ce qui ntippartient qu'à l'esprit, 
à Cdme. La. perfection n'appartient qu'à Dieu 



APP 

Hendra. Poar ^tre pris téUes mesures qu'il 
appartiendra. On dft également,^ tous ceux 
^u il appartiendra, À tous cemc qui j «iront 
iDlérët, ou qui -voudront «n prandre con- 



Il signifie eneor^ i^'aire partie de. 'Un 
séparé du corps anqnel il appartient. 
On a trouvé le bras qui appartient à c^tte sta- 
Use mntHée. Cet animal, cette plante appoT' 
âiemi à tel genre, 

il signifie aussi , Avoir une relation né- 
cessaire ou tle conrenaDce. Cette question 
appartient à ta philosophie. Cela appartient à 
ia wnntîère <fae je traite. Cela appartient à la 
giununaire. Ceia n'appartient pas à mon sujet. 

il lignifie en outre, Être parent de. // ap- 
partient à d'honnêtes parents. Il appartenait 
oBjr piiU grands seigneurs du royaume. 
L'hannenr que j'ai de vous Of^artenir. Il y a 
tonjoews qudque sorte de supériorité du côté 
deeenx à qui ton dit que Von appartient. 

11 signifie aussi. Être attaché à quel- 
qu'un , être à son service. Je ne savais pas 
que ce laquais vous appartint. 

ArvAJrrRsiR, s'emploie impersonneNe- 
ment, et signifie, Convenir, être de droit, 
fie devoir, de bienséance. Il appartient aux 
pères de châtier leurs enfants. Il appartient 
m réi-éque d'instruire ses ouailles. Il ne t^us 
s^partieni pas de le reprendre. Il n'appartient 
qu'à an prince défaire une si grosse dépense. 
Cest à vous qu'il appartient de traiter ce sU' 
jet, de /aire cette entreprise. 

Il nnppartient qu'à peu de gens de sentir, 
de comprendre cela. Il n^est donné qu*à peu 
de gens, etc. // n'appartient qu'au génie 
ah concevoir une telle pensée. Le génie seul 
cit capable de concevoir une telle pen- 
'e. Etc. 

Far manière de reproche, H vous apparu 

nt bien de... Vous êtes bien hardi de... 
tt^Tooê appartient àten de vous plaindre après 
êamt ee que vous ai«s fiât. 

Amstqu il appartiendra. Formule qui si- 
goifiet Selon qu'il sera convenable. On dit 
de même: fiour être statué ce qu'il appar- 



% 



AdPPiUi. «. 'm. pi. Il 9e dit prhiQipalenieift 
Des attraits, des charmes, des agréments 
•extérieurs -d*une femme. Cette femme a des 
appas. Être séduit par les appas ttane 
femme. 

Il se dit figurément de Certaines dio- 
ses qui attirent, qui séduisent, qui exci- 
tent le désir. Les appas de la volupté. Les 
appas de la gloire, de ia vertu, etc. Le jeu a 
Je grands appas pour lui. 

APPÂT, s. m. Pâture, mangeaiHe qtt^on 
met, soit à des pièges, pour attirer des 
quadrupèdes ou des oiseaux, soit à des 
hameçons, pour pécher des poissons. Ap- 
pât friand. Appât trompeur. Le sel est un 
excellent appât pour attiirr les pigeons. Les 
vers, les moucnerons, sont de bons appâts 
pour prendre des poissons. Mettre l'appât à 
un ptége. Mettre l'appât à la ligne, à Pha-^ 
meçoa. Le poisson a avedé l'appât, a mordu 
à l'appât. 

Il se dit figurément de Tout ce qui attire , 

fui engage afiaire quelque chose. L'appât 
u gain. L'^intérét est un grand appât pour 
beaucoup d'^hommes. Ce bon accueil, ces pa» 
rôles obligeantes ne sont autre chose qu'un 
npfàt, ne sont qu'un appât pour l'engager a 
fmre ce que ton souhaite de lui, 

APPÂTBB. V. a. Attirer avec un app&t. 
H faut appâter les oiseaux, les poissons. 

Il signifie aussi , Mettre le manger dans 
le bec des 'petits oiseaux, ou Donner à man- 
ger à quelqu'un qui ne peut -pas se senir 
de ses mains. Appâter de petits oiseaux. Il 
faut l'appâter comme un erfant. 

ArplTB, ia. fiarticipe. 

APPAtmé. adj. T. de Bhison. U se dit 
D'un écu chargé d'une main qui est éten- 
due et qui montre la paume. 

APPACTRlIi. y. a. Hendre pauvre. Ses 
procès l'ont fort appauvri. L'interruption du 
commerce appauvrit un pays. Prov. , Donner 
pour Dieu n appauvrit tamais. 

Fig., Appauvrir une langue^ En retrancher 
des mots ou des façons de parler, et la rendre 
ainsi moins abondante, moins exoressive. 
// faut prendre garde M'appauvrit la langtte 
à force de vouloir la polir. 

Fig., Appauvrir an terrain, un sol, L^ 
épuiser, ou en diminuer beaucoup la fer- 
tilité. La mauvaise culture a fort appauiTi 
ce terrain, 

AppAinrara, s'emploie avec le pronom 
personnel , et signifie, tant au propre qu'au 
nguré. Devenir pauvre. Ce pays4a s'appau- 
vrit tous les jours. Il s'est appauvri en peu 
de temps par ses dépenses excessives. Un 
État s enrichit par la paix, et s'appauvrit 
par la guerre. Les langues vivantes s'enH' 
chissent et s'appauvrissent selon la différence 
des temps et des esprits. 

Appauvri , is. participe. Un sol appau- 
vri. Une terre appauvrie. 

Un sang appauvri, Un sang qui a perdu 
une partie de ses principes constituants , 
qui est pâle, décoloré, sans consistance, 
abondant en sérosité. 

APPAUVRISSEMENT. S. m. L'état de 
pauvreté, d'indigence où Ton tombe peu à 



peu par la dimimslfon des choses 'néces- 
saires à la vie. L'appauvrissement d'une fa- 
mille. De là -ment l a pp a uv r is sement du pays, 
de la proi'ince. L'appauvrissement des peik" 
pies. 

Il sedit figurément de 'L*étât d'une Ion- 
gue devenue moins abondants , moins ex* 
pressive. L'appauvrissement d'une langue 
vient de ee que l'usage en rejette des termes 
et des tours de phrases. 

L'appauvnssement du stU, l/êtat d'un sol 
épuise, d'un sdl qui a beaucoup perdu de sa 
fertilité. On dit aussi , L'appauvrissement du 
sang. 

APPBAV. s. m. Sorte de sifiBet~avec 1»^ 
quel on contrefait la voix des oîseaus pour 
les faire. approcher^iiupouir les attirer dans 
quelque piège. Un appeau pour prendre .des 
cailles. 

Il se dit également Des oiseaux dont on 
se sert pour appeler tX attirer les autres 
oiseaux-. 

irPPBL. s. m. Action d'appeler avec la 
voix, ou autrement. // n'a pas entendu 
votre oppeL X^ cri est un appel. L'appel de 
la femelle pour faire venir le ntâle. 

£n termes de Chasse et de Manére, Ap- 
pel de la langue. Action d'appeler, tfexciter 
un chien ou un cheval en donnant de la 
langue. Foyez Laugvb. 

Appel, se dit particulièrement de L'appel- 
lation à haute voix que l'on fait des per« 
sonnes qui se doivent trouver à une revue, 
à une assemblée, etc., afin de s'assurer 
qu'elles sont présentes. Appel militfàre. Ce 
soldat ne se trouva pas à l'appel. Cet ouvrir 
n'était pas à l'appel, il a été rayé. Répondre 
à l'appel. Manquer à Y appel. L'appel ne se 
fera que dans une heure. L'heure ae tappeU 
Il y a deux, trois appels par jour. Faire 
l'appel des jurés, des témoins, etc. 

Dans les Assemblées politiques. Appel 
nominal. Action d'appeler chaque membre 
à haute voix, pour qu'ilexprime son opi- 
nion ou donne son vote. 

Au FzXals, L'appel d'une cause. L'action 
d'appeler uile cause, pour qu'elle soit plai- 
dée. 

Appel, se dit aussi d'Un signal qui se fait 
avec le tambour ou la trompette, pour as- 
sembler les soldats. Battre Vappel. Sonner 
un appel. 

Appel, en matière de Recrutement, si* 
gnifie, L'action d'appeler sous les drapeaux. 
L'appel de cette classe n'aura lieu qu à telle 
époque. Il n'y a point eu de réfractatres , 
tous les jeunes gens ont répondu à t appel qui 
leur a été fait. 

Appel, en termes d'Escrime, Attaque 
qui se fait d'un simple battement du pied • 
à la même place. 

Appel, signifie aussi. Une provocation 
en duel , un cartel. Faire un appel. Recevait 
un appel. Les appels sont défendus comme 
les duels. On dit plus ordinairement, Cartel 
on Défi. 

En termes de Finance et de Commerce ^ 
Faire un appel de fonds , Demauder de nou- 
veaux fonds aux associés on actionnaires 
d'une compagnie, d'une entreprise, quand 
les premières mises n'ont pas suffi pour les 
dépenses, ou qu'un événement imprévu né- 
cessite des dépenses extraordinaires. 

Faare un appel à la générosité de quéU 



88 



APP 



qu'un. Lai demander des seconrs en argent , 
ou autres; invoquer sa générosité. On dit 
de même y Faire un appela la chanté pubit- 
que, elc, 

Appbl, en termes de Procédure, Recours 
au juge supérieur; action d'appeler d'un 
juge subalterne à un juge supérieur, jécte 
d'appel. Causes et moyens d'appel. Griefs 
d appel, Jppel comme d'abus. Appel princi- 
pal. Appel mcident. Fol appel. Par appel. 
Cour, tribunal Wappel, Juge a appel. Interjeter 
appel. Juger sans appel. Il y a appel. L'appel 
a'un jugement. Le jugement aont est appel. 




ment. Eue est appelante. Se rendre appelante. 
Être reçu appelant. 

Il est quelquefois substantif. L'appelant et 
l'intimé. 

AppBi.AiiT,se dit aussi, substantivement, 
Des oiseaux oui servent pour appeler les 
autres et les taire venir dans les ulels. Un 
bon appelant, 

APPELER. V. a. (J'appelle, J'appelais. J'ai 
appelé. J'appellerai, Appelant. ) Nommer ; 
dire le nom d'une personne, d'une chose, 
ou lui imposer, lui donner un nom. Com^ 
ment appeleZ'Vous cet homme? On l'appelle 
Pierre, Jean, Comment appellerez'vous votre 
premier enfant? Cest ainsi qu'on Vappelle, 
Cette montagne fut appelée de ce nom a cause 
de,,. Cette ville fut ainsi appelée du nom de 
son fondateur. Je ne sais comment on appelle 
cette plante, cet animal. Appelez-les comme il 
vous plaira. Ceux que nous appelons anciens. 
Ceux qu'on appelle philosophes. Les magis- 
trats qu'on appelait à Rome tribuns du peu- 
ple. Les familles nobles qu'on appelait patri- 
ciennes. 

Prov., Il appelle les choses par leur nom, 
se dit D'un homme qui n'affaiblit pas, par 
ses expressions , des vérités dures. 

Appeler les lettres, Les nommer, les dési- 
gner par leur nom. 

Appeler, signifie particulièrement. Don- 
ner un titre d'nonneur, d'amitié, etc. Les 
Romains, que Virgile appelle le peuple-roi, 
Hérodote, qu'on appelle le père de l'nistoire. 
Les rois de France furent appelés les fils 
atnés de l'Église, Ce vieillard m'appelle son 
fils. L'histoire, qu'on appelle la sage conseil- 
lère des rois. 

Il signifie pareillement. Désigner une 

Eersonne ou une chose par Quelque qualité 
onne ou mauvaise. J'appelle un ami celui 
qui se montre tel dans les circonstances dif- 
ficiles. Il rappela voleur, fripon. Peut-on 
appeler courageuse une action si téméraire 
et si folle? On appellera toujours folie une 
conduite pareille à celle-là. C'est ce qu'on ap- 
pelle franchir les bornes de la décence. 

App£lbr, dans ces diverses acceptions, 
8*emploie aussi avec le pronom personnel. 
Comment vous appelez-vous? Je m'appelle 
JOouis. Cette fleur s appelle Anémone, Il s'ap- 
pelle Charles, Ceux qui s'appellent les gens 
comme il faut, les sages par excellence. Cela 
s'appelle un véritable ami. Cela s'appelle folie 
en bon français, 

^ Fam., Cita s'appelle parler, voilà ce qui 
s'appelle parler, se dit Lorsque quelqu un 
fait des propositions plus avantageuses qu'on 
ne s'y attendait. Ces phrases s'emploient 



APP 

aussi Pour louer quelqu'un qui a dit, sur 
une question longtemps agitée, des choses 
claires, lumineuses, péremptoires. 

Appblbk, signifie en outre, Prononcer à 
haute voix les noms de ceux qui doivent se 
trouver présents en quelque endroit On 
va appeler tous les soldats l'un après l'autre. 
Ce soldat n'était pas à la caserne quand on 
l'a appelé. Je ne me suis point entendu appe- 
ler quand on a lu cette liste. 

Au Palais, Appeler une cause. Lire tout 
haut le nom des parties, afin que leurs 
avocats viennent plaider pour elles. On vient 
d'appeler votre cause. La cause sera appelée 
à tour de rôle. 

Appeler, signifie également, Se servir 
de la voix ou de quelque signe pour faire 
venir quelqu'un. Je l'appelle, et il ne vient 
point. Il appelait inutilement, pas un do- 
mestique n était à la maison. Appelez un tel. 
Appeler quelqu un par son nom. Ne pouvant 
puis l'appeler de la voix, il V appelait encore 
de la main. Appeler des yeux, du geste, Ap' 
peler les voisins. Appeler à haute voix. Ap- 
pelez mes gens. Appeler de toute sa force. 
Dans ce sens, il se dit aussi eu parlant De 
certains animaux domestiques. Appeler son 
chien. Appeler un cheval, Êtc, 

Il se dit également Du cri dont les ani- 
maux se servent pour faire venir à eux ceux 
de leur espèce. Le mâle appelle sa femelle, 
La brebis appelle son agneau. La vache ap- 
pelle le taureau, La poule appelle ses pous- 
sins. On dit dans un sens analogue, Appeler 
des oiseaux en imitant leur cri, etc. 

Appeler au secours, appeler à l'aide, Crier 
au secours, crier à l'aide, invoquer le se- 
cours, l'aide de quelqu'un. On dit de même , 
Appeler quelqu'un à son secours , appeler du 
secours, etc, 

Fig. , Appeler à son secours, se dit en par- 
lant Des moyens extraordinaires que Von 
emploie pour venir à bout de quelque 
chose. // appelle à son secours le manège et 
l'intrigue, pour mieux réussir dans son entre- 
prise, 

Appblbr, signifie encore. Mander, faire 
venir, inviter à venir. Appeler le médecin, 
le chirurgien. Appeler le confesseur. Quand 
le feu est à une maison, on appelle les pom- 
piers. Appeler la garde. Cet artiste fut appelé 
en France, à la cour, par tel prince. Appeler 
un général à l'armée. Tous les chefs furent 
appelés à ce conseil. Quand il se vit menacé 
par tant d'ennemis, il appela ses alliés. Le 
comte Julien appela les Maures en Espagne. 

Il signifie particulièrement. Citer, taire 
venir devant le juge. Appeler en justice. On 
l'a fait appeler pour se voir condamner à pay-er 
une somme. Appeler quelqu'un en témoignage. 
Être appelé comme témoin. Appeler en ga- 
rantie. Le juge ordonna que les parties se- 
raient appelées. 

Appeler au combat, appeler en duel, ou 
simplement, Appeler, Envoyer défier. 

Appeler sous les drapeaux, ou simple- 
ment. Appeler, Sommer de se rendre sous 
les drapeaux. La réserve fut appelée sous les 
drapeaux. On va bientôt appeler la classe de 
telle année. 

Dieu vient de l'appeler à lui, se dit en 
parlant D'une personne qui vient de mou- 
rir. 

Appeler sur quelqu'un le mépris public, la 



APP 

haine de tous, etc., S'efforcer de le rendra 
l'objet du mépris public, de la haine géné- 
rale, etc. 

Appeler sur quelqu'un, sur une famille, 
sur un pajrs, les bénédictions du ciel. Les 
leur souliaiter, ou Les leur attirer. 

Appeler , se dit aussi De toutes les cho- 
ses dont le son sert de signal pour avertir 
de se trouver en quelque lieu. Les cloches 
appellent à l'Oise, Une cloche appelle à la 
prière, au travail, au déjeuner. La trompette 
appelle au combat. J'entends l'iteure qui m'ap- 
pelle. ' 

Il se dit figurément De tout ce qui avertit, 
qui excite, qui obligea se trouver en quel- 
que endroit, pour quelque chose que ce 
puisse être. J'irtd où Chonneur, où le devoir 
m'appelle. La charité vous y appelle. Mes 
affaires m'appellent ailleurs. La vengeance 
l'appelle. Ce beau temps nous appelle à la 
chasse. 

Il signifie quelquefois. Nécessiter, récla- 
mer, exiger. Ce crime appelle la vengeance 
des lois. Ces abus appellent une réforme. Ce 
mot ne peut être employé seul, il appelle un 
complément, un régime. Ce grave sujet ap» 
pelle toute votre attention. On dit dans un 
sens analogue, Appeler l'attention de quel- 
qu'un sur quelque chose. L'inviter, l'engager 
a y faire attention , à y donner son atten- 
tion. J'appelle à cet égard toute votre attend 
tion. 

Appeler l'attention, signifie aussi, quel- 

2ueloi8, Exciter et captiver l'attention. 17a 
ruit extraordinaire appela, vint appeler' 
notre attention. 

Appeler, se dit aussi Des inspirations 
que Dieu nous envoie, et par lesquelles il 
nous fait connaître sa volonté. Il ne faut 
pas résister quand Dieu nous appelle. Dieu 
appela saint Paul à V apostolat. Dieu appelle 
les chrétiens à la vie étemelle. Il leur aonne 
tous les moyens de la mériter. 

Il se dit également en parlant Des per- 
sonnes dont on fait choix, que l'on dési- 
gne pour quelque fonction ou quelque ac- 
tion importante. Appeler à une chaire un 
professeur habile. Il fut appelé à siéger dans 
le conseil du prince. L'important dei-oir que 
nous sommes appelés à remplir. Le vœu de 
ses concitoyens l'appela au trône, H fut appelé 
à lui succéder. 

Il se dit pareillement Des qualités, des 
talents, et des circonstances qui détermi- 
nent la vocation, le sort, la condition de 
quelqu'un. Cet homme n'a aucune disposé' 
tion pour la guerre, il n'était point appelé à 
ce métier-là. Le g^nie de Tu renne l'appelait 
au commandement des armées. Sa naissance 
l'appelait à régner. 

Appeler, est aussi neutre, et signifie, 
Recourir à un tribunal supérieur, pour 
faire réformer le jugement, la sentence 
d'un tribunal inférieur. Il appellera de ce 
jugement. Il a appelé du tribunal de première 
instance à la cour royale. Appeler comme de 
juge incompétent.^ 

Appeler comme d'abus. Appeler à une au- 
torité laïque, d'un jugement, d'un acte du 
pouvoir ecclésiastique, qu'on prétend avoir 
été mal et abusivement rendu ou publié* 

Fig. et fam.. J'appelle de votre décision ^ 
ou jen appelle. Je ne me soumets pas à 
votre décision , je ne l'adopte pas. 



APÏ* 

Fîg., Ten appelle à votre témoignage, j 
J*iDvoqae votre témoignage. J*en appelle à 
tfotre probité, à votre honneur, à votre sa' 
fesse, etc,. Je m'en réfère à votre probité, 
a votre sagesse » etc. 

Fig. , En appeler à la postérité, S*en réfé- 
rer au jugement de la postérité. 

Fig. et fam.y // en a appelé, se dit D'un 
homme revenu d'une grande maladie. 

Appkia, ûm. participe. Il s'emploie en 
parlant Du mystère de la prédestination, 
suivant l'expression de l'Écriture : Beau* 
coup eTappelés et peu d'élus. 

APPELLATIF. adj. m. (On fait sentir 
les deux L.) T. de Graro. H ne s'emjploie 
que dans cette locution. Nom appeÙatif, 
Nom qui convient à toute une espèce. Hom- 
me, arbre, sont des noms appellati/s. On dit 
plus ordinairement, Nom commun, 

APPELLATION, s. f. (On fait sentir les 
deux L.) Action d'appeler quelqu'un. Jp* 
peUadon à haute voix. 

appellation des lettres. Action de nom- 
mer chaque lettre de l'alphabet. 

Appeixatiov, en termes de Pratique, 
Appel d'un jugement. Il ne se dit guère 
que dans les formules des arrêts et des 
jugements. La cour a mis Vappellation au 
néant. Le Jugement sera exécuté nonobstant 
opposition ou appellation quelconque, 

APPENDICE, s. m. (On prononce Ap* 
peûndice.) Supplément qui se joint à la fin 
d'un ouvrage avec lequel il a du rapport. 

Il se dit, en termes d'Analomie, de Bo- 
tanique, de Physioue, de Toute partie qui 
semble être une audition , qui sert de pro- 
longement à une partie principale. L'appen- 
dice xiphc^e. Appendice membraneux. Etc. 

APPENDRE. V. a. Pendre, suspendre, 
mtlacber à une voûte, à des piliers, à une 
muraille. Il ne se dit guère qu'en parlant Des 
choses (|ue l'on onre,que l'on consacre dans 
une église, dans un temple, en signe de 
reconnaissance. Jppendre une offrande, un 
€X'Voto aux murs aune chapelle. Jlppendre 
fies étendards à la voûte d'une église. Cest 
wtne coutume fort ancienne d'appendre dans 
les temples les enseignes prises sur les enne* 
mis. 

Amxou, us. participe. 

APPENTIS, s. m. Demi-comble, toit en 
manière d'auvent à un seul égout, appuyé 
contre une muraille, et soutenu en avant 
par des piliers ou des poteaux. // a fait 
construite un petit appentis. Se mettre à 
Fabri de la pluie sous un appentis. Il faut 
faire là un appentis pour sentir de remise, 

APPEET (il), verbe impersonnel. Fb)ez 
ApPABoin. 

APPESANTIS. V. a. Rendre plus pesant. 
I/eau ai*ait tellement appesanti ses habits, 
quU^ avait pane à marcher. En chargeant 
ainsi votre voiture, vous Vappesantirez telle* 
ment, qme votre cheval ne pourra la traîner. 

Fig. , Dieu a appesanti sa main, son bras 
sur ce Peuple, sur cette race. Il lui a envoyé 
des châtiments. 

Pîg., Jl appesantit son Joug, Son autorité 
devient plus oppressive. 

Fig. , Le sommeil appesantit ses yeux, ses 
partjfières. L'envie de dormir commence à 
lui faire fermer les paupières. 

Appbsastis , se dit aussi en parlant Du 
coips, et signifie. Le rendre moins propre 
• Tome L 



APP 

au mouvement, à l'action. L'dge, la vieil* 
lesse, l'oisiveté, la fainéantise appesantit les 
corps. Sa dernière maladie l'a- beaucoup ap- 
pesanti. L'dge a beaucoup appesanti la main 
de ce chirurgien. 

Il se dit, figurément, en parlant Des 
fonctions de l'esprit. L'â^ na point encore 
appesanti son esprit. 

Appbsastir , s'emploie dans ses diverses 
acceptions avec le pronom personnel. La 
main de Dieu s'est appesantie sur ce peuple. 
Le Joug de ce prince s appesantit sur son peu^ 
pie. Le corps s appesantit par V oisiveté, par un 
trop long repos. La mam de ce peintie, de 
ce chirurgien s'appesantit, commence à s'ap- 
pesantir. Ses paupières, ses yeux s'appesan- 
tissent. Son esprit baisse et s'appesantit de 
Jour en Jour, 

S'appesantir sur un sujet. En parler, le 
traiter longuement ; et. S'appesantir sur les 
détails, S'y arrêter trop longtemps. 

AppBSiUiTi, IX. participe. 

APPESANTISSEMENT. s. m. L'état d'une 
personne appesantie, soit de corps, soit d'es- 
prit, par làge, par la maladie, parle som- 
meil, etc. L'appesantissement graduel du 
corps se fait sentir dans V homme depuis l'âge 
de soixante ans. Il est dans un grand appe- 
stmtissement. Jppesantissenvent desprit. 

APPÉTENCE, s. f. ( On fait sentir les 
deux P.) T. didactique. Désir instinctif 
pour un objet quelconque. 

APPATER. V. a. ( On fait sentir les deux 
P. ) Désirer vivement par instinct, par in- 
clination naturelle, indépendamment de la 
raison. Il n'est guère usité qu'en Physiolo- 
gie. L'estomac appète les aliments. Lafemelle 
appète le mâle. 

Appétx, se. participe. 

APPÉTISSANT, ANTE. adj. Qui donne 
de l'appétit, qui excite l'appétit. Mets appé- 
tissant. Viande appétissante. Cela n'est pas, 
cela n'est guère appétissant, 

Fam., EUe est appétissante, se dit D'une 

i'eune personne qui a de la fraîcheur et de 
'embonpoint. 

APPÉTIT, s. m. Inclination , faculté par 
laquelle l'âme se porte à désirer quelque 
chose pour la satisfaction des sens. Appétit 
sensuel, charnel, brutal. Appétit dérégie, dés- | 
ordonné. Contenter, satisfaire ses appétits 
sensuels. Se laisser entraîner, se laisser gou- 
verner par ses appétits. Avoir un appétit in- 
satiable des richesses, des honneurs. 

En termes de Philosophie scolastique, 
Appétit concupiscible. Faculté par laquelle 
l'âme se porte vers ce qu'elfe considère 
comme un bien. Appétit irascible. Faculté 
par laquelle l'âme se porte à repousser ou 
a éviter ce qu'elle regarde comme un mal. 

Appétit, se dit particulièrement Du dé- 
sir de manger. Bon appétit. Grand appétit. 
Avoir appétit. Avoir Je V appétit. Avoir un 
violent appétit. Donner de (appétit, Exciter, 
é'eiller, aiguiser V appétit. Être sans appétit. 
Rentrer en appétit, ôter, émousser, faire 
passer l'appétit. Perdre l'appétit. Cela m'a 
ouvert l'appétit. Être en appétit. Remettre en 
appétit. Manger ai'ec appétit. Manger d'ap- 
pétit. Je n'eu point d'appétit à cela. Gagner 
de l'appétit. Se mettre en appétit. L'appétit 
me vient. Pour se bien porter, il fuit demeurer 
sur son appétit. Avoir Vappétit ouvert de bon 
matin. 



APP 89 

Fam., Bon appétit. Espèce de souhait 
qu'on adresse a quelqu'un qui mange ou 
qui va manger. 

Fam. , Cliercher ses appétits, prendre ses 
appétits. Choisir les viandes, les mets pour 
lesquels on a le plus d'appétit. Ces locutions 
ont vieilli. 

Prov. , // n'est chère que d'appétit, La faim 
assaisonne tous les mets. 

Fam., C'est un cadet de haut appétit. 
C'est un jeune homme à qui tout semble 
bon. 

Prov. et fig., Cest un homme qui a bon 
appétit, se dit D'un homme qui recherche 
avec aVidité l'argent et les places, qui veut 
toujours ajouter à ce qu'il possède. 

Prov. et fig. , L'appétit vient en mangeant. 
Le désir de s'enrichir ou de s'élever aug- 
mente à mesure qu'on acquiert de la fortune 
ou des honneurs. 

Prov. et fig., Avoir Vappétit ouvert de bon 
matin. Rechercher prématurément quelque 
chose d'utile et d'agréable. Demeurer sur 
son appétit. Ne pas aller aussi loin que 
nos désirs, que nos goûts pourraient nous 
porter. 

À l'appstit. loc. adv. et fam., qui signifie. 
Faute de vouloir dépenser, ou par envie 
d'épargner. // a laissé tomber sa maison, à 
l'appétit d'une centaine de pistoles qu'il fallait 
dépenser pour la réparer, A Vappétit d'un 
écu, il a laissé mourir un cheval de cinquante 
louis. Cette manière de parler a vieilli. 

APPLAUDIR. V. n. Battre des mains en 
signe d'approbation. Dans les spectacles du 
cirque et au théâtre, le peuple romain mar- 
quait sa Joie en applaudissant, en battant 
des mains. Applaudir aux acteurs, aux comé- 
diens. J'étais nier au spectacle, on applaudit 
beaucoup. 

Il signifie figurément, Approuver ce que 
fait ou dit une personne, et manifester sa 
satisfaction de uuelque manière que ce soit. 
Toute Vassemkfee applaudit à une proposition 
si Juste, ^ il faisait cette bonne action, tout le 
monde lui applaudirait. Quand un homme 
est en faveur, toute la cour lui applaudit, J'ap» 
plaudis à votre déi'ouement, à votre conduite. 

Appi.4uniR, est aussi actif, tant au pro- 
pre qu'au figuré. Applaudir une pièce. Ap- 
plaudir un acteur. On a beaucoup applaudi 
ce vers, ce couplet, cette tirade. Cette scène 
fut applaudie à tout rompre. Il a fait un 
discours que tout le monae a vivement ap»' 
plaudi. Chacun l'a applaudi d'une si bonne 
action. Je vous applaudis de vous être con* 
duit ainsi. On ne peut qu'applaudir un pareil 
trait, 
AppLAunia, s'emploie avec le pronom 

ji'sonnel , et signifie , Se vanter, se glori- 

er. Cest un homme vain qui s'applaudit 
sans cesse. 

Il signifie plus ordinairement, Se féliciter . 
de quelque chose. S'applaudir d'un événe- 
ment heureux. S'applauair des bontés de quel- 
qu'un, de son accueil. On s'applaudit du bon 
choix qu'a fait le gouvernement. Loin de me 
reprocner ces sentiments, Je m'en applaudis. 
Il s'applaudit beaucoiip de ce qu'il a dit, de 
ce au il a fait. 
Applaudi, is. participe. 
APPLAUDISSEMENT, s. m. Grande ap- 
probation , manifestée , soit par des batte* 
menta de mains, soit par des acclamations, 

12 



pei 
nei 



90 



APP 



•oit par la voix publique, Son discours fut suivi 
de lomgs apjUaudissemtnts. Il y eut de grmnds 
^plaudisêemenis à la représentation de cette 
pièce. Cet acteur a mérite, a obtenu de grands 
applaudissÊments. Il fut reçu avec grand ap^ 
plaudissement, aux applaudissements de toute 
tassenUflée» L'applaudissement des peuples. 
Donner des applaudissements. Recevoir des 
applaudissements. Chercher de tapplaudisse^ 
ment. Il a l'applaudissement unii'ersel, tap^ 
plaudissement public, l'applaudissement de 
tout le nttmde, 

▲PPLAUDISSEUR. 8. m. Celui qui ap- 
plaudit. Il se dit ordinairement .de Ceux qui 
applaodiaaent sans discernement» ou qui 
sont payés pour applaudir, jipplaudisseurs 
payés, jâppumdisseurs à gages, 

APPLICABLE, adj. des deux genres. Qui 
doit ou peut être appliqué. Ces fonds sont 
applicabks à telle dépense. Ce passage n'est 
point applicable au sujet dont // s'agit. Cette 
toi n'est point applicaMe aux enfants mi- 
neurs, 

APPLICATION, s. f. Action par laquelle 
on applique une chose sur une autre. L'ap- 
plication d'un enduit sur une muraille, des 
couleurs sur la toile dun tableau, L'appUcU" 
tien d'un emplâtre, d'un topique sur une par- 
tie malade. 

Il se dit, figurément, de L'action d^em- 
ployer une chose dans les cas où son usage 
couvient L'application d'un procédé, d'une 
déeoui'erte. Ce procédé, ce moyen est suscep- 
tible de diverses applications, d'une foule 
itapplications, peut rerevoir di^érentes applica- 
tions. L'application d'un remède à une mala- 
die. 

Il signifie particulièrement , L'action d'ap- 
pliquer un principe, une loi, une maxime, 
un passage , un dtsconrs , à quelque chose 
ou a quelqu'un. La loi n'a point ici d'appli- 
cation. L'application d^un principe à un cas 
particulier. L'application a une peine à un dé- 
lit, uépplication rigoureuse. L'application d'un 
peusage. Cette application est juste, est heu- 
reuse, est fausse. Il est si défiant, si soup- 
çonneux, qu'Use fait tapplication de tout ce 
qu'on dit. Il y a dans cette pièce un vers 
dont on a fait l'application au prince en sa 
présence, 

£n Tbéol., L'application des mérites de 
Jisus-CuRtST, Le bienfait par lequel Jisus- 
Cbribt transfère aux chrétiens ce qu'il a 
mérité par sa vie et par sa mort. 

L'application (Tune science à une autre, 
L^usage qu'on fait des principes ou des pro- 
cédés d'une science pour étendre et per- 
fectionner une autre science. L'application 
de Falgèbre à la géométrie. L'application de 
la physique à la médecine. Les applications 
de la chmiie atix arts industriels. 

L'application d'une somme à telle ou telle 
dépense, L'emploi spécial que Ton fait ou 
que l'on doit laire d'une somme' pour telle 
ou telle dépense. 

AvPLiCATiov, se dit aussi d'Une atten- 
tion suivie, jévoir de tapplication à l'étude, 
H n'a point d'application à ce qu'il fait. Il 
met toute son application A se rendre agréable. 
Cela demandé une grande application, Trw 
l'ailler avec application. Il fait tout sans ap- 
plication. Il est incapable ttapplècation, 

APPLIQUE, s. f. T. d'Arts mécan. H se 
dfl de Certaines choses qu'on applique sur 



APP 

d'autres , dans certains ouvrages. Or é^ap^ 
ptique. Pièces d'applique, 

APPLIQUER. V. a. Mettre une chose sur 
une autre, en sorte qu'elle y demeure adhé- 
rente, ou qu'elle y laisse une empreinte. 
Appliquer des couleurs sur une toile, Appli» 
quer une couche, deux couches de peinture, 
Appliquer un emplâtre sur Testomac, Appli- 
quer un cataplasme. Appliquer des ventouses. 
Appliquer un bouton de feu. Appliquer un 
sceau, un cachet sur de la cire. Appliquer 
un fer chaud sur r épaule. Appliquer aes gilets 
et or sur de Fivoire, Appliquer de la broderie 
sur une étoffe. 

Il signifie quelquefois simplement, Mettre 
une chose sur une autre, de manière que 
leurs surfaces se touchent bien. Appliquer 
un patron sur Vétoffe quon veut tailler. 
Appliquez 7H>tre main là'-dessus. Appliquer 
sa bouche, ses lèvres sur un objet, pour le 
baiser. On dit de même, Appliquer un 
baiser, 

Fig. et fam. , Appliquer un soufflet, Don- 
ner un soufQet. 

Apjdiquer un homme à la question. Le 
mettre a la question. 

Appliquer son esprit, son attention à quel- 
que chose. Étudier, examiner attentivement 
quelque chose. // appliquait son esprit aux 
sciences les plus abstraites, '^ 

Appliqusk , signifie figturément. Employer 
une chose dans les cas où son usage con- 
vient. Appliquer un procédé. Appliquer un 
remède à une maladie. 

Il se dit particulièrement en parlant 
D'une loi, d'un principe, etc., dont on fait 
usage dans les cas auxquels ils conviennent 
ou semblent convenir, et Des comparai- 
sons, des passages, des citations que l'on 
adapte à quelque sujet. Appliquer une loi 
à un ctu particulier, Cest un principe, une 
règle qu'il n'est pas toujours facile dappli- 
quer. Appliquer une j)eine à quelqu'un, à un 
délit. Appliquer une comparaison, un pas- 
sage. On peut lui appliquer ce vers de Firgile. 
On dit de même. Appliquer un nom, une dé- 
nomination, un mot, une phrase à une per- 
sonne ^ à une chose. 

Appliquer une science à une autre. Faire 
usage des principes ou des procédés d'une 
science pour étendre et perfectionner une 
autre science. Appliquer l'algèbre à la géo- 
métrie, Vastronomte a la géographie. 

Appliques, signifie aussi. Affecter, des- 
tiner, consacrer à un certain usage. Dans ce 
sens, on le dit surtout en parlant De l'ar- 
gent Appliquer une somme d argent à bâtir. 
Appliquer une amende aux pauvres, aux 
jfrtsonniers, H a appliqué cette somme à son 
jfrofit. Il applique une partie de son revenu à 
s'acquitter envers ses créanciers. 

Appijquxr, s'emploie avec le pronom 
personnel , dans ses diverses acceptions. Une 
lame de métal qui s'applique exactement sur 
une autre. Ce proche peut s'appliquer à telle 
opération. Cette loi ne s'applique pas, ne peut 
s appliqtter au cas dont ils agit. Cette maxime 
jteut s'appliquer à divers sujets. Ce mot, cette 
phrase peut s'appliquer à telle chose. 

Appliquer son esprit, ou simplement, 
S^appliquer, Apporter une grande attention 
à Quelque chose. 77 s'appitique uniquement 
à oien remplir les da'oirs ae sa place. On 
dirait qu'il s'apjdique à me contrarier, Cest 



APP 

un étourdi qui ne s'applique à rien. Cet en* 
faut ne veut pas s'appliquer au travaâf À 
rétude, ne veut pas s appliquer, 

AppUQuxa, avec le pronom personnel 
mis pour à soi, signifie, S'attribuer , s'a|»- 

Eroprier, prendre pour soi. H s'appliquait 
*s émoluments des travaux dautrut. Il s'tqh 
pUque toutes les louanges qu'on donne à ta 
valeur. Pourquoi s'est-il appliqué cette his^ 
toireP Un m*are s'applique rarement ce qu'il 
entend dire contre rai'arice. 

Appliqué, is. participe. Cours de chimie 
appliquée aux arts. 

Être appliqué, fort appliqué, se dit DNme 
personne dout le caractère, l'habitude eat 
de s'appH<^uer tout entière aux choses 
dont elle fait sa principale occupation. Cest 
un écolier fort applique, 

APPOINT, s. m. La monnaie qui se donne 
pour compléter une somme qu'on ne saurait 
parfaire avec les principales espèces em* 
ployées au payement Pour faire mille francs 
en écus de trois livres, il fallait trois cent 
trente-trois écus, et un appoint de vingt sous. 

Faire V appoint. Compléter la somme par 
un appoint, ou Servir d'appoint Voilà cent 
pièces de vingt francs, je vais faire l'appoint. 
Cela fait F appoint, 

AppoxirT,en termes de Commerce, se dit 
de Toute somme qui fait le solde d*uii 
compte. Tirex sur moi pour les mille fnmes 
que je vous dois encore par appoint, 

APPOINTEHEKT. s. m. T, de Pratique 
ancienne. Règlement en justice sur une 
affaire , pour parvenir à la juger par rap* 
port. Prendre un appointement à l'audience^ 
Prendre un appointement au greffe, 

Appointement en droit. Règlement par le- 

3uei le juge ordonnait que les parties pro- 
uiraient par écrit. Appointement à mettre. 
Règlement par lequel te juge ordonnait que 
les parties mettraient leurs pièces sur le bu* 
reau , pour être jugées sommairement. Dans 
la Pratique actuelle, on dit, Instruction /far 
écrit, et Délibéré, 

Appoints» KBT , signifie aussi , Le salaire 
annuel attaché à une place, a un emploi » 
etc. Dans ce sens, il ne se dit qu'au plu» 
riel. On lui donnait, il recevait de gros appoin- 
tements. Recevoir, toucher ses appointements. 
Il a mille écus dappointemenfs. Les appoin- 
tements dun gouverneur. De faibles, ae min- 
ces appointements. D'énormes appointements. 
Des appointements fort élevés. Augmenter, 
diminuer, réduire, supprimer des appointe^ 
méats, 

Fam., Cest lui qui fournit à tappointe* 
ment, aux appointements, se dit D'un 
homme qui aide à la dépense, à l'entre* 
tien, à la subsistance d'un autre qui ne 
pourrait pas subsister si commodément par 
lui-même. 

APPOINTER. ▼. a. T. de Pratique an- 
cienne. Régler par un appointement en jus- 
tice. Cest une affaire à appointer. Cette af 
faire est trop embrouillée pour être jugiSe a 
Vaudtence, il faut nécessairement t appointa. 
On appointa les parties à écrire et produire. 
Appointer en droit. Appointer à mettre.Vojem 
Appoihtxmbvt. 

Appoister, signifie aussi, Donner de» 
appointements à un employé. Appointer um 
commis. 

Dans te^ troupes i Appointer um koaemm 



APP 

£mM eon'ée, iTmu ffante, ou itexercice, 
Loi imposer, par punilkui, une corvée, 
■iiefBrae hors de tour, ou Tenvoyer à 
Texercice des recrues, quoique son iostruc- 
lîoD ne Texif^ plos. 

AvFonrTK, xs. participe. Catue appoint 
tie. Commis Hrppomté, 

Sabstantiv. , Vh appointé en droit, à met' 
tre. Un appointement en droit, à mettre. 
P n mot uv r un appointé en étroit, ttc, 

A»Fonrri , ae dit aussi , sobstantivemeot , 
d*Un sous «caporal. Le grade d^ appointé 
m'eaaste plus dan» les troupes françaises. 

à999KT. s. m. Vieux mot qui signifiait, 
Karciié, lieu oo l'on apporte des denrées 
pour In vendre. Il n'est plus usité que 
dans cette dénomination, V Apport-Paris , 
La place du Ghâteiet à Paris. 

Aptobt, en termes de Pratique , se dit en 
parlant De pièces dont on fait le dépôt. 
Apport de pièces. 

Acte d^appart. Le récépissé qu'on donne 
dea pièces aéposées. 

AFPoar, se dit aussi, en termes de Droit, 
Des biens ^oxk époux apporte dans la 
c sMBmun auté conjugale. Reprendre son ap- 
port, ses apports. Prélever ses apports francs 
ai emitêes. 

Il se dit également de Ce qn*on associé 
à la masse sociale. Son apport est de 



APP 

Stades. De mon côté, fy apporterai toutes 
les facilités possibles. Cette affaire, ce ma- 
riage, ce trotté ne se conclura point, on y a 



▼• a. Porter d'un Keu plus 
oa moins Soigné, au lieu où est la per- 
aoBine qui parle, oo dont on parle. Appor- 
iie%Hnm le lii're qui est sur ma table. On lui a 
e^Êporié du gAter de m terre. On m*a apporté 
et amtm de beaux fruits. Apporter de Lyon 
à Paris, Apporter des lettres. Apporter de 
d eAon , Apporter de loin. Apporter des mar- 
chandises par eau, par charroi, etc. Je vous 
eipporte un ouvrage intéressant. Nous vous 
^pm^detarg^. Un amritr qui apporte 
me bonaes nouvelies, 

Queues nouvelles mous apportez'vous ? 
Quelles nonvellcs avez •tous à nous ap- 




i, signifie^ par extension , Four- 
Apporter en marioge. Apportera la com- 
té, dans lu communauté. Sa femme lui 
eteaii apporté tk grands biens^ Cbaque associé 
eti débiteur envers la sœiéié de tout ce qu'il 
m premds tTy apporter. Dans cette société, ton 
mpporêe son induêtrU, Vautre ses capitaux. 

ArpoBTxa, se dit figurément en parlant 
Dea ifualilés morales, etjdes dispositions de 
Tcsprit. Les éàspontàons que mous apportons 
em meûssanL II apporte dans la société un es- 
de eondSatiom qui le fait géméralement 
T. H motu emporte son ennui, 
AnoK^ui, sigidie aussi , Employer, met- 
e. liy aappoNé beaucoup de précaution. Jl a 
a p porté tous les soins nécessaires àcet arrnn- 
gemmmt. Il apporte beaucoup de Mêle dans tout 
ce qu il fait, a tmU ce qu'il Jait, Vous n 'apport 
Ces peu aêee% dtatÈesdùm à ce que vous faites, 
H m'y eipporte que de la mauvaise volonté, 

jÊ ^ orê er du remède, apporter remède à 
f tfWMf chose defâehâut, Y remédier. Ce 
matheur m'est pas m grand qu'om n'y puisse 
apporter quelque remède, 

eo parlant D'aflaires ei de négociations , 
Apporter des /acuités, apporter des difficuU 
ms, des obstacles^ Faciliter le succès, for- 
mer , fiûre naître des difficultés, des ob- 



APP 91 

valeur d'une chose. Appreciafionjuste, rm» 



mjusre, rm 
fait tapprt 

apporté trop de difficultés départ et étautre, 1 APPRlÊlClBR. v. a. Estimer, évaluer une 



sonnaUe, Cest un tel qui en a 
dation. 



On dit à peu près dans le même sens. Ap- 
porter des tempéraments , des adoucissements 
dans une afjaire, etc, 

Apportbr, signifie quelquefois, Alléguer, 
citer. // a apporté ae bonnes raisons. Il 
apporta plusieurs autorités des saints Pères, 
divers passives des bons auteurs. En par- 
lant De textes, de passages, etc., on dit 
plus ordinairement, B/tpporter, citer, 

Appohtxx , se dit également Des choses , 
et signifie. Causer, produire. La guerre n'ap- 
porte jamais que du dommage, La vieillesse 
apporte les infirmités. Cest une (^f aire qui lui 
a lien apporté de I utilité, du profit. Le ma- 
riage qu il a fait, et dont il espérait de grands 
oinsntages, ne lui a apporté que du chttgrin 
et des procès. Les consolations que le temps 
apporte, 

Appoxtx, ix. participe. 

APPOfi£ll. V. a. Appliquer , mettre. Ap- 
poser un'caehet sur un certificat, etc. Ap- 
poser le sceau royal sur un acte. 

Apposer le scellé, les scellés. Appliquer 
juridiquement le sceau de l'officier puolic 
a un appartement, à un meuble fermant, 
.etc., afin d'empêcher qu'on n'en tire ce qui 
y est enfermé. Le juge de paix vient d'appo- 
ser le scellé, les scellés chez cet homme. On a 
apposé, on a mis le scellé sur ses effets. 

Apposer sa signature au bas <tun acte, 
dtun écrit. Le signer. 

Apposer une condition à un contrat, à un 
traite, apposer une clause à un contrat, Y 
mettre , y insérer une condition , une clause. 

Apposa, xa. participe. 

APPOSITION, s. t. Action d'apposer. 
L'apposition du scellé, des scdlés se fit dans 
les /ormes ordinaires. Il sera pourvu à la 
sâreté de ces effets, de ces titres, de ces pa- 
piers, par apposition de scellé. 

Appositiox, se dit, en Physique, de 
La jonction de certains corps à d'autres 
corps de même espèce, de leur simple 
rapprochement. Les minéraux croissent par 
apposition. 

Appositiov , en termes de Grammaire et 
de Rhétorique , se dit d*Une figure qui joint 

Iun substantif à un autre, sans particule con- 
jonctiTC et par une sorte d ellipse, pour 
exprimer quelque attribut particulier de la 
chose dont on parle. Ainsi , dans ces exem- 
ples , Océron , . l'orateur rcfpuiin ; Attila, le 
JUau de Dieu, l'orateur romain^ le fléau 
de Dieu, sont des appositions; et c'est 
comme si l'on disait, Cieéron, qui est l'ora- 
teur romain, etc. 

APFRBCIAM«E. adj. des deux genres. 
T. de Physiq. Qui peut être apprécié par 
les sens, ou avec le secours des procédés 
physiques; dont on peut évaluer le poids, 
rinlensité, la durée, etc. Cette quantité est 
si petite, qu'elle n'est pas appréciable. Un son 
appréciable. 

APPEiciATEUH. s. m. Celai qui appré- 
cie. Il ne s'emploie guère que joint avec une 
épithète. Juste appréciateur' du mérite. 

APPBéciATlF, IVE. adj. Qui marque 
l'appréciation. Un état appréciatij des mar- 

Ickandises. ^^ . , 

APPAÉaATION. s. f. ^XxvasLÛonàèlàXUn malheur s'apprend plus vite qu une bonnt 

12. 



chose, en fixer la valeur, le mx. Apprécier 
des meubles. Ce collier de perles a été appré" 
ciéà mille écus, a été apprécié mille écus. J 
combien a-t-on apprécie ce mailler? On ta 
apprécié à tant. 

Il s'emploie aussi figurément, au sens 
moral. Apprécier un livre. Apprécier le mrf- 
rite de quelqu'un. T apprécie votre conduite, 
vos services. J'apprécie vas avis, $tje saura 
en faire usage. 

Apprécié, éb; participe. 

APPRÉHENDER, v. a. T. de Pratique. 
Prendre, saisir. Il ne se dit qu'en parlant 
Des prises de corps. On Va appréhendé au 
corps. 

Si pris et appréhendé peut être. Ancienne 
formule employée dans les sentences et ar« 
rets par contumace. 

Appbxhksder , signifie aussi, dans le 
langage ordinaire, Craindre, redouter, avoir 
peur de. Appréhender le Jugement du public» 
Appréhender le froid, Cest une (fjaire dont on 
appréhende les suites. Il appréhende de se 
présenter devant vous. H appréhende de vous 
déplaire. On appréhende que la fièi're ne rf • 
vienne. 

Appbéuexdé, éb. participe. 

APPRÉHENSIF, IVE. adj. Timide, porté 
à la crainte. U est peu usité. 

APPRÉHENSION, s. f. Crainte. Être dans 
l'appréhension. Avoir de l'appréhension. Dans 
r appréhension qu'il a qu'on ne le trompe, U 
est dans de continuelles appréhensions, 

AppaÉHBHSiov , en termes de Logique, 
signifie. L'idée qu'on prend d'une chose» 
sans en porter alors aucun jugement. La 
simple appréhension est la première opération 
de i esprit. 

APPRENDRE, v. a. (Il se conjugue com- 
me Prendre.) Acquérir quelque connais* 
sance. Apprendre une langue. Apprendre les 
mathénmtiques, la géographie,^ ui jurispru" 
dence, etc. Apprendre à lire, à écrire. Ap- 
prendre à danser. J'ai appris par unp longue 
expérience que,.. C'est un nomme avec qui 
il y a toujours quelque chose à apprendre. Il 
apprit l'art de la guerre sous ce grand capl-, 
taine. Apprendre les usages de la bonne so- 
ciété. 

Il signifie aussi. Contracter volontaire- 
ment lliabitude de faire queloue chose. Il 
apprit à régler ses passions. J ai appris de 
vous à modérer mes désirs, TTapprendrez- 
votts Jamais à vous tairez J'ai appris à mes 
dépens à me défier de lui, 

U sienifie également, Être informé, averti 
de quelque chose. Qu'est-ce que j'apprends ^ 
Quelle nouvelle avez-vous apprise^ /apprends 
que vous devet partir ce soir. Ils s'apprirent ^ 
réciproquement tout ce qu'ils avaient fait de* 
puis leur séparation. | 

Il signifie encore, Retenir dans sa mé- 
moire. Apprendre quelque chose par cœur. 
Apprendre des vers, une leçon, un rôle, j 
Il s'emploie avec le pronom personnel,* 
dans ces aifTérentes acceptions; et alors il 
prend une valeur passive. Une science ne 
s'apprend point sans peine. Les usages de la 
société s'apprennent en fréquentant le monde 



9» 



APP 



nouvelle. Les vers s'apprennent plus factU* 
ment que la prose. 

Apprbsdrb, signifie aussi ^ Enseigner» 
donner quelque connaissance à une per- 
sonne, faire savoir. Cest lui qui ni a appris 
ce que je sais. Le maître qui lui a appris le 
dessin. Il nous a appris de grandes nouvelles. 
On m'apprend qu il se marie. Il y a des cho» 
ses que l'usage seul ^apprend. La tradition 
nous apprend que... Cette mésai'enture lui 
apprendra à être circonspect, à se conduire 
avec prudence. 

Prov. , Les bétes nous apprennent à vivre. 
Les hommes peuvent quelquefois tirer 
d'utiles instructions de ce qu'ils voient faire 
aux animaux. 

Par menace , /e lui apprendrai bien à vivre, 
je fui apprendrai bien son devoir. Je le ran- 
gerai à son devoir. Dans le même sens, Je lui 
apprendrai à parler. Je le forcerai de parler 
avec plus de convenance, de respect. 

Appris, isi. participe. 

Fam. , Cest un homme mal appris, C'est 
un homme qui parait n'avoir point reçu 
d'éducation. On dit de même substantive- 
ment , Cest un mal appris. 

APPRENTI y lE. s. Celui, celle qui ap- 
prend un métier. Un apprenti marchand. 
Un apprenti menuisier. L'apprentie d'une 
couturière. Cest un apprenti. 

Il se dit, figurément et familièrement, 
d'Une personne peu habile dans les choses 
dont elle se mêle. Cet homme n'est qu'un ap^ 
prenti à la guerre. Cette femme n'est qu'une 
apprentie en intrigue. Il fait le docteur, et il 
n est qu'un apprenti, 

APPRENTISSAGE, s. m. L'éUt, l'em- 
ploi, l'occupation d'un apprenti. Dans 
tel métier, C apprentissage est difficile, long, 
laborieux. Mettre un jeune homme, une jeune 
fille en apprentissage. Un garçon qui fait son 
apprentissage. Il a fait son apprentissage sous 
un tel, chez un tel. Être en apprentissage. 
Sortir d'apprentissage. 

Il se ait aussi Du temps qu'on met à 
apprendre un métier. Durant son appren- 
tissage. 

Fig., Faire V apprentissage de la guerre, de 
la politique, etc.. En prendre les premières 
leçons. Faire l'apprentissage de Vintrigue, 
de la perfidie, du crime, etc., En faire les 
premiers essais. 

Apprsjitissagx, signifie figurément, L'es- 
sai que Ton fait de ce que l'on a appris; 
et il se dit principalement Des épreuves 
que Ton hasarde. Ce médecin a fait son 
apprentissage aux dépens des malades de tel 
hôpital. Un jeune chirurgien fit son appren- 
tissage sur ce pauvre blessé. 

APPRÊT s. m. Préparât! f. En ce sens, 
il ne se dit guère qu'au pluriel. Faire des 
apprêts, de grands apprêts pour recevoir un 
prince, pour une fête, une noce, un voyage. 
^ Faire de grands apprêts pour un festin. Faire 
les apprêts dun festin. Il ne faut pas tant 
ftapprêts, nous ne voulons manger qu'un 
morceau. 

Il signifie aussi, Manière d'apprêter; et 
il se dit principalement de La manière dont 
on apprête des cuirs, des étoffes, des toiles. 
Ce cuir ne vaut rien, on y a donné un mau- 
vais apprêt. Ce drap est mauvais, Capprêt 
n'en vaut rien. 

Il se dit également Des substances, des 



APP 

matières qui servent à apprêter ; comme 
dans ces phrases: Chapeau sans apprêt. Cha- 
peau très-bien foulé, et dans lequel il n'v 
a point de gomme. Il n'y a point cT apprêt 
dans cette toile. On n'a employé ni chaux ni 
colle pour la blanchir. 

ApprAt , se dit figurément De l'esprit , du 
style , des manières , pour désigner, Un peu 
d'affectation. Il y a trop d'apprêt dans son 
style. L'apprêt de ses manières fatigue. 

ApprIt, se dit aussi de L'assaisonnement 
des mets. Souvent t apprêt des viandes coâte 
plus que les viandes mêmes. 

Apprêt , se dit encore de La peinture sur 
verre. La peinture d apprêt était autrefois fort 
en usage pour les vitraux des églises. 

APPRETE, s. f. Mouillette, petite tranche 
de pain étroite et longue, avec laquelle ou 
mange des œufs à la coque. Couper des ap- 
prêtes. Tailler des apprêtes. Fmre des ap- 
prêtes. Il vieillit : on dit plus communément , 
Mouillette. 

APPRÊTER. V. a. Préparer, mettre en 
état. Apprêtez tout ce qu il faut pour mon 
voyage. Apprêtez-moi ce dont f ai besoin pour 
sortir. Apprêtez mes hardes. Apprêtez le alner. 
Apprêtez à dîner. Un peintre qui apprête des 
couleurs. Un corroyeur qui apprête des cuirs. 
Un chapelier qui apprête un chapeau. 

Ce cuisinier apprête bien à manger; et 
absolument, // apprête bien. Il assaisonne 
bien les mets. 

Apprêtera rire. Se rendre ridicule, don- 
ner a rire, donner occasion de rire. Si 
vous faites telle chose, vous apprêterez à rire 
à tout le monde. 

Apprâter, s'emploie aussi avec le pro- 
nom personnel, et signifie , Se préparer, se 
mettre en état de . faire quelque chose. // 
s'apprête à partir, 

AppRâxi, is. participe. 

Cartes apprêtées, Cartes arrangées d'une 
certaine façon, pour tromper au jeu. 

Un air, un ton, un style, un langage ap- 
prêté, des manières apprêtées. Un air, un ton , 
un style, un langage, des manières qui 
manquent de naturel, où il y a quelque 
affectation. 

APPRÉTEUR. s. m. T. d'Arts mécan. Ce- 
lui qui apprête, qui donne l'apprêt, qui 
fait les préparations. 

APPRIVOISER. V. a. Rendre doux, 
moins farouche. Apprivoiser un sam»age. 
Apprivoiser un lion. Il y a peu danimaux 
farouches qu'on ne puisse apprivoiser. Appri- 
voiser des oiseaux. 

Il s'emploie figurément, en parlant Des 
personnes, et signifie. Rendre plus doux, 
plus traitable. Cétait un homme peu soda- 
oie, on a bien eu de la peine à t apprivoiser. 

Il s'emploie aussi avec le pronom per* 
sonne], et signifie, S'acucotumer, se fami* 
liariser. Cet enfant était bien farouche, il 
s'est apprivoisé peu à peu avec nous. 

S'apprivoiser avec le danger, mve le vice, 
S'accoutumer à la vue du danger, à l'exem* 
ple du vice. 

AppRivoisi, is. participe. 

APPRORATEVR» TRICE. s. Celui, celle 
ui approuve par quelque témoignage 
'estime. Il s'emploie surtout au masculin. 
Une pareille conduite n'aura guère d'approba- 
teurs. Elle est grande approbatrice de tout ce 
qui est nott\*eau. 



a 



APP 

n s'emploie quelauefois adjectivemenU 
Un murmure approoateur. Il m'encouragea 
d^un geste approbateur. Un sourire appro^ 
baieur. 

Approbatsur , se disait particulièreraenl 
d'Un censeur qui avait donné son appro- 
bation publique à un livre, à un ouvrage. 
Les approbateurs de son livre furent tels et 
tels docteurs. 

APPRORATlFy IVE. adj. Qui contient 
ou qui marque approbation. Sentence ap" 
probative. Geste, signe approbatif 

APPRORATION. s. f. Agrément, consen- 
tement qu'on donne à quelque chose. Cest 
une affaire faite, pourvu que le père et la 
mère y veuillent donner leur approbation. Au- 
trefois les livres ne pouvaient être imprimés 
qu'avec V approbation, que sur l'approbation 
des censeurs royaux. Un livre imprimé avec 
approbation et privilège. Je ne signerui pas 
sans votre approbation. 

Il signine aussi, Jugement favorable 
qu'on porte de quelqu'un , de quelque chose» 
témoignage qu'on rend au mérite de quel- 
qu'un. Il a l'approbation de tous les honnêtes 
gens. Il mérite i approbation de tout le monde» 
Il a l'approbation générale, Vapprobation 
unii'erseiie. Sa conduite a Vapprobation th 
tous les gens de bien. Cette musique, ce ta» 
bleau a Vapprobation des connaisseurs. 

APPROCHANT, ANTE. adj. Qui a queU 
que ressemblance, quelque rapport. Son 
style est fort approchant de celui des anciens* 
Ce sont deux couleurs fort approchantes Vune 
de Vautre. 

Approcbavt , est aussi une espèce de pré- 
position, qui signifie. Environ, à peu près. 
// est approchant de huit heures. Il est huit 
heures ou approchant. Il lui a donné appro- 
chant de cent écus, cent écus ou approchant. 
Ce sens est familier. 

APPROCHE, s. f. Mouvement par lec^ud 
une personne s'avance vers une autre. £ ap- 
procne de son ennemi le déconcerta. A Veip-^ 
proche de l'ennemi, les troupes se mirent soas 
les armes. À votre approche, il parut interdit. 

Il se dit aussi en parlant De tout ce qui 
avance ou parait avancer vers nous. L'ap» 
proche de la nuit lui fit doubler le pas. A 
Vapproche du danger, il se troubla. Les ap- 
proches de la mort le firent penser â sa con- 
science, à son salut. Il quittera la campagne 
à Vapproche de Vhiver, aux approches de 
Vhiver. 

Il se dit au pluriel , en termes de Guerre, 
Des travaux que l'on conduit jusques au 
corps de la place qu'on assiège. Lignes 
d approche. Les approches de cette place 
coûtèrent bien du monde. Les ennemis jfirent 
plusieurs sorties pour empêcher les appro- 
ches, pour retaraer les approches. Il fut tué 
aux approchés de la place. Tenter les appro- 
ches. Pour faciliter les /^proches. Afin de 
pousser davantage les approches. 

L'approche, les approches d^une piaee^ 
iVun camp, dun poste, etc., signifie aussi , 
L'abord, l'accès d'une place, d'un camp, 
etc. Les ouvrages formidables qui en inteiiU» 
sent Vapproche aux ennemis. Il fut chargé 
de défendre les approches du camp. 

Cette place de guerre est de difficile appro» 
che. Il est difficile d'en faire les appnKiies. 

Lunette dt approche. Instrument d optique 
qui agrandit l'angle visuel sous lequel l'œU 



APP 

apercevrait naturellement les objets éloi- 
piéSf de sorte qu'il semble les rapprocher, 
en les rendant plus visibles. Les lunettes 
i approche peuvent dt ordinaire s'allonger et se 
raccourcir. L'invention des lunettes tappro* 
cke est du commencement du diX'Septième 
sàcle. Les lunettes d'aporoche ont fait dé' 
couvrir les taches du soleil, les satellites de 
fumter, Vanneau de Saturne, 
. £n Africult f Greffe en approche ou par 
approche. Manière ae grefUdr qui consiste 
ordinairement à rapprocher et a mettre eo 
contact deux branches voisines , de ma- 
nière qu'elles se soudent et adhèrent Tune 
4 Tautre. 

AppnocBx, en termes dlmprimerie, se 
dit de La distance, ^a blanc qui se trouve 
entre les lettres, lorsqu'elles sont mises les 
unes à côté des autres. Ce caractère est trop 
large, est trop serré d'approche, La justesse 
et tégalité de Vapproche, des approches. 

Il si^ifie aussi, La réunion fautive de 
deux mots qui devraient être séparés; el 
La séparation de deux syllabes, de deux 
lettres qui devraient se toucher. Le correC' 
ieur a mé^igé d'indiquer ces approches, 

APPBOCHEE. V. a. Avancer auprès , met- 
tre proche, mettre près. Approcher une 
chose d'une autre, Approchez la table. Ap- 
procher le canon de la place; en approcher 
une batterie. Approchez cet enfant de moi. 

Fie.» Cette lunette approche les objets. 
Elle les fait voir comme étant plus proches. 
Dans <;e sens, on dit plus oitLinairement, 
Ba^rocher, 

Fig. , Ce prince fa approché de lui, de sa 
fersonne. Il Fa admis dans sa familiarité, 
il lui a donné un emploi auprès de sa per- 
sonne. 

Approcher quelqu'un , Se placer, se trou- 
ver auprès de lui. Empêchez cet homme de 
m'a^procher. Si vous m'approchez, vous me 
sabrez. Il fait le bonheur de tous ceux qui 
famfroehent, 

Fig. , Approcher le prince, le ministre, 
Avoir on accès libre et facile auprès de lui. 
Cest un homme qu'on ne stairait approcher, 
se dit D'un homme de difficile accès. 

Appxocbbb , est aussi verbe neutre , et si- 
gnifie. Devenir proche, être proche. V heure 
approche. Le temps approche, La mort ap' 
proche. 

Il signifie également> Avancer. £mpéchez 
^uil n'approche. Approchez que je vous 
parle. L'ennemi approche. 

Approcher de quelqu'un, S'avancer de son 
côté, se mettre près de lui. J'ai vu qu'il ap* 
proehait de moi, et j'ai évité sa rencontre. 

Approcher du but. Mettre bien près du 
but. 

Fig. , Approcher du but. Deviner à peu 
pfès, n'être pas loin d'atteindre le résultat 
qu'on se proposait. Ce n'est pas tout à Jait 
ce que vous dites, mais vaut avez approché 
du but, H approche du but, mais il n'y est 
pas encore arrivé, 

AppxociiKn, sisnifie aussi, Avoir quelque 
convenance, quelque rapport, quelque pa- 
rité, quelque ressemblance. Ces deux cou» 
leurs aporochent beaucoup l'une de l'autre. 
Son style approche de celui de Cieéron, Il 
fût des vers qui approchent de ceux (THo* 
race et de Virgile, Rien n'approche de la 
grandeur, de la magnificence de ce prince^ 



APP 

La beauté de la fille n'approche pas de celle 
de la mère. Ces imaginations4à approchent 
fort de la folie, 

Amiociixa, s'emploie souvent avec le 
pronom personnel, et signifie. Se mettre 
auprès , ou Devenir proche. S'approcher du 
feu. Elle s'était approchée de moi. L'heure 
s'approche. Le temps s'approche. 

AjFPROGHi, ix. participe. 

APPROFONDIR, v. a. Rendre plus pro- 
fond, creuser plus avant. Approfondir un 
puits qui n'a pas^ assez d^eau. Approfondir 
un fossé. Approfondir un canal. Approfondir 
des fondations. Il ne faut pas les approfondir 
davantage. 

Il signifie, figurément. Pénétrer bien 
avant dans la connaissance de quelque chose. 
// a approfondi cette science. Approfondir 
une question, une matière, un sujet d ou- 
vrage. J'approfondirai cette affaire. Il ne faut 
pas vouloir approfondir les mystères, 

Appropovdi, xb. participe. 

APPROPRIATION. S. f. Action de s'ap- 
proprier une chose. L'appropriation dune 
terre, 

Appbopxiattov , en termes d'ancienne 
Chimie, L'état où sont mis deux corps qui 
ne peuvent s'unir ensemble que par le con- 
cours d'un troisième corps. 

APPROPRIER, v. a. Proportionner, adap- 
ter, rendre propre à une destination. Ap* 
proprier les lois dun peuple à ses momrs. 
Approprier les remèdes au tempérament du 
malade. Approprier son discours aux circon" 
stances, son langage aux personnes. Il faut 
approprier le style au sujet que ton traite. 

Il signifie, avec le pronom personnel mis 
pour à soi, Usurper la propriété de quelque 
chose. S'approprier un héritage. Peu à peu 
il s'est approprié les biens dont il n'avait que 
r administration. 

S'approprier l'ouvrage dun autre, Se l'at- 
tribuer , s'en dire l'auteur. S'approprier une 
pensée. Se la rendre propre par la manière 
de la placer, de l'exprimer, de la fkire valoir. 

Appmopaii, ix. participe. Un style ap- 
proprié au sujet, 

APPROPRIER. ▼. a. Aiuster, agencer 
convenablement, mettre dans un état de 
propreté. // faut approprier cette chambre. 
Il a bien approprié son cabinet. Confiez-lui le 
soin de cette maison, il l'aura bientôt ap- 
propriée, 

KpvwsiVKtk, ix. participe. 

APPROUVER. V. a. Agréer une chose, y 
donner son consentement. Approuver et rar 
tifier un contrat. Le père refusa dapprouver 
le mariage. Les parents approuvèrent la re- 
cherche qu'il faisait. Le roi approuva tout ce 
que Cambassadeur avait fait. 

Il signifie aussi. Juger louable, trouver 
digne d'estime. J'approuve son style, mais 
non pas ses idées. J approuve vos sentiments. 
Approuvez-vous une conduite si étrange? On 
ne saurait approuver son procédé, Cest une 
action qui mérite détre approuvée. 

Il signifie encore. Autoriser par un té- 
moignage authentique. Plusieurs conciles 
ont approuvé cette doctrine. Ce livre fut ap- 
prouvé par les docteurs. Ce spécifique est 
approuvé par la faculté de méaecine, 

Approuvb, ix. participe. 

Il s'emploie absolument et par ellipse, au 
bas d*un acte, d'un état, d'un compte, etc. 



APP 93 

Lu et approuvé, Fu et approuvé. Approuvé, 
Approuvé l'écriture ci-dessus, 

APPROTISIONNBMENT. s. m. Action 
de rassembler les choses nécessaires à la 
subsistance d'une ville, d'une armée, d'une 
flotte, etc. L'approvisionnement de Paris, 
L'approvisionnement dune armée, dun hé- 
pitat, Cest lui qui est chargé de l'approvi" 
sionnement de la flotte, . 

Il se dit aussi de L'amas des choses ras- 
semblées pour la subsistance d'une ville, 
d'une armée, etc. Cette place a un appnnn-^ 
sionnement si^ffisant pour six mois. Un grand 
approvisionnement, 

APPROVISIONNER, v. a. Faire un appro- 
visionnement , fournir les provisions né- 
cessaires. Apprwnsionner une place de guerre, 
une armée, une flotte, 

H s'emploie quelquefois avec le pronom 
personneL Je me suis approvisionne de bois 
pour deux hivers, 

Appxotisiovvb, ix. participe. 

APPROXIMATIF , IVE. adj. Qui est fait 
par approximation. Calcul approximatif. 
État approximatif des dépenses, des dettes. 
Estimation approximative. 

APPROXIMATION. S. f. T. de Mathém. 
Opération par laquelle on approche de la 
détermination d'une quantité inconnue, de 
manière à la renfermer entre certaines 
limites, sans pouvoir obtenir sa valeur 
exacte. Méthode d approximation. Résoudre 
un problème par approximation. 

Il se dit, dans le langage ordinaire, d'Un 
calcul, d'une estimation qu'on fait pour 
avoir une idée de la somme qu'on cherche 
à connaître, et sans s'attacher à une exac- 
titude rigoureuse. Je ne vous demande qu'une 
approximation, qu'une simple approximation, 
un calcul par approximation. Foyez par ap- 
proximation ce que cela peut coûter. Ce ré* 
sultat n'est qu'une approximation. 

APPROXIAIATIVEMENT. adv. Par ap- 
proximation. Estimer une dépense approxi» 
mati\*ement, 

APPUI, s. m. Soutien, support; ce qui 
seit à soutenir. Mettre un appui, des appuis 
à un mur. Cette muraille a besoin dappui. 
Si on ne donne un appui à cet arbre, le vent 
l'abattra. Le point d'appui dune poutre, 
dun linteau. Cela vous senûra dappui. Ce 
vieillard ne peut marcher sans un appui. 

L'appui dune fenêtre, dune balustrade, 
etc., La partie d'une fenêtre, d'une balus- 
trade, etc., sur laquelle on peut s'appuver. 
L'appui de cette croisée est dangereux, il est 
trop bas. Tablette d'appui. 

A hauteur dappui, se dit en parlant De 
ce qui est élevé jusqu'à la hauteur ordi- 
naire du coude, et autant qu'il faut pour 
qu'on puisse s'appuyer dessus. Un mur, une 
balustrade à hauteur dappui. 

En Mécanioue, Le point d'appui dun le» 
vier, ou simplement. Appui, Le point du 
levier qui est fixé, ou censé tel, et autour 
duquel s'opère sa rotation. 

Appui, signifie figurément , Faveur, aide, 
secours, protection. Cest un homme qui a 
de l'appui à la cour, Cest un homme sans 
appui. Il a besoin dappui. Il manque dap* 
pui. Donnesrlui votre appui. 

Il se dit également Des personnes et des 
choses dont on tire de la protection , du se- 
cours. Ce grand homme ùait regardé comme 



94 APP 

Vf^ffm, Mimne le plus ferme appm de l*État. 
Ce jeune homme sera fmeique jour V appui de 
sa JamiUe. S'entourer de nombreux appuis, 
^rdre tous ses appuis. De faibks appuis. Je 
n'ai d'autn appui que vous, Phus aies mon 
seul appui, mon unique appui. Tu seras tap» 
pui de ma vieUtesse, Ce mariage aésé Vappui 
de ioute la Jamdle, Le respect et tamour des 
peuples sont les plus sûrs appuis et un tréne, 

Appviy ep temiM de Manège» sifoiEe, 
La aenaation que fait éproinrer à la main 
«lu cavalier Taclloo da mon «or les barreB 
du cheval. Ce ekeval a Vappuibon, Il a Vap- 
pui lourd. Il pèse à la main. // n'a point 
d'tmpui, Il a la bouche trop sensible. 

11 ae dit anssi Du temps pendant lequel» 
dans la marche» le pied du cheval pose 
sur le sol; ce qu'on nomme autrement 
Foulée. 

£d Gnm.» L'€qfpui de la voix sur une 
srliabe, L'élévation plus ou moins sensible 
de la voix sur une svllabe. L'aeeent tonique 
marque un appui de ta voix sur la voyelle qui 
legotte, 

A iM*à9Wjji, loc. prépositive. Pour appuyer. 
^ l'appui de voire proposition, Je dirai que,,. 
Dites quelque chose à i appui de ma demande. 
Un fait Vient à t appui Je mon assertion. Les 
pièces à l'appui a un compte ^ on absolu- 
ment» Les pàces à C appui. 

Au Jeu de bonle, JUer à tappui de la 
boule. Jeter sa bonle de manière qu'elle 
pousse celle du joueur avec oui l'on est 
de moitié I et qu'elle rappnocne do but. 
U signifie aussi» figurément et familière* 
ment» Seconder celui qui a commencé dans 
quelque affaire que ce soit; Appuver une 
proposition qui a été faite, un avis qui a 
été ouvert. Faites la proposition, J'irai à 
rappui de la boule, 

APPUI^MAIN. 8. m. Espèce de canne ou 
de baguette dont les peintres se servent 
pour appuyer la main qui tient le pinceau. 

APPUYER. V. a. Soutenir par le moyen 
d'un appui. Appuyer une muraille par des 
piliers, pat des contre-fiches de charpente, 
Jppuyer un édifice par des arcs^boutants, 
Jopuyer par un mur de terrasse tm Jardin 
ikvé. 

Appuyer une chose contre une autre, La 
placer contre une antre de manière qu'elle 
ue puisser tomber. Appuyer une écheUe con- 
tre la muraille, 

Appuyer une maison contre une autre, 
l'appuyer contre un coteau, La bâtir contre 
une autre maison» la 'bâtir contre un co- 
teau. 

ApvmrBE» signifie quelquefois» Poser sur. 
Appuyer ses mains, ses bras, ses coudes sur 
une table. 

Appuyer la gauche, la droite d'une armée 
à un bois, à un marais, etc,, La disposer 
de manière qu'elle touche à un bots» à 
un marais» etc. » et ne puisse être attaquée 
de ce côté par l'ennemi. 

AppuTxa , signifie aussi » Faire peser une 
chose sur une autre. // lui appuya le genou 
sur la poitrine. Il appuie beaucoup le pied en 
marchant. Fous appuyé» trop la plume, le 

SfW^lOII. 

Î Appuyer le mousqueton, le pistolet à quel- 
u'un, Présenler le mousqueton» le pistolet 
quelqu'un à bout porUnt. On dit- de 
(» et plus ordinairement» // lui appuya 



APP 

son pistolet, le Iwù de sonfusÛ sur la poi' 
trinc, etc. 

En termes de Manège» Appuyer téperon 
à un ehci'al, Lui appliquer fortement répe- 
ron. Appuyer des deux. Appliquer les deux 
éperons en même temps. 

En termes d'Escrime, Apparia botte. 
Appuyer le fleuret sur le corps de son 
aaversaire après l'avoir touché. Il signifie 
aussi, figurément et familièrement» Adres- 
ser à quelqu'un un trait qui le presse et 
l'embarrasse. 

AppoTxa, s'emploie figurément» et si- 
gnifie, Protéger»' %ider» favoriser. Appuyer 
une personne. Cet homme est bien apptîyé. Il 
Vappuiera de tout son crédit. Appuyer une 
proposition, Appt^fer une demande, une ef- 
faire. 

En leraies de Chasse, Appuyer les chiens; 
Les animer du cor et de u voix. 

AppuTxa» signifie aussi figurément» For^ 
tifier une chose par une autre. Appuyer son 
opinion sur de bonnes raisons. Il appuya 
mon opinion en peu de mots, H appuie son 
sentitnent du témoignage des anciens. Il lui 
donnait des leçons quU appuyait de son exemr 
pie. Sur quoi appuyez -vous ce que vous 
dites ^ Il appuie sa prétention de titres bien 
en règle, 

AFPUTxn» s'emploie avec le pronom per- 
sonnel, et signifie» Se servir de quelque 
chose pour appui, pour soutien; s'aider de 

âuelqu'un ou de quelque chose oui serve 
'appui. S^i^ppuyersur un bdton. Us appuyait 
sur la tabk, contre la muraille, contre un 
arbre. Il s'étetit appuyé sur la balustrade. 
S'appuyer sur le coude. Elle s'était appuyée 
sur moi, sur mon épaule. On dit aussi » La 
droite, la gauche de Formée s'appuyait à un 
bois, à un marais, etc. 

Fie. , S'appuyer sur un roseau. Mettre son 
appui » son espérance en une personne qui 
n a aucun pouvoir. 

Fig. » S'appuyer sur lautorité, sur le crédit » 
sur la faveur de quelqu'un, ou simplement » 
S'appuyer sur quelqu'un. Faire fond sur la 
protection de quelqu'un. On dit aussi » S'ap' 
pttyer de t autorité, du orédit, etc. 

S'appuyer sur Cautorité des anciens, sur 
un passage de l'Écriture, sur un usage reçu, 
etc, , Se servir de l'autorité des anciens » d un 
passage de l'Écriture » d'un usage reçu » etc. , 
pour soutenir ce qu'on dit. 

Apputer, est souvent verbe neutre» et si- 
gnifie » Poser, être porté , soutenu. Les murs 
sur lesquels le [faucher appuie. Une voâte qui 
appuie sur des colonnes, sur des piliers. 

Il signifie aussi, Peser sur quelque chose. 
Appuyé» doiHtntage sur le cachet. Appuyer 
sur le burin. Cela n'a pas bien marqite, on 
n'a pas assez appuyé. Pour bien écrire, il ne 
faut pas appuyer. Appuyer fortement, légè- 
rement. 

En termes de Manège» Ce cheval appuie 
sur le mors. Il porte la tète basse et fatigue 
la main du cavalier. 

Appuyer sur la droite, sur la gauche, ou 
Appuyer à droite, à gauche. Se porter vers 
la droite» vers la gauche. Cela se dit surtout 
en parlant De plusieurs personnes rangées 
sur une même ligne» les unes à côté des au- 
tres. Appuyez un peu à droite. 

En Musiq. » Appuyer sur une note, Y de- 
meurer plus ou moins longtemps. 



APR 

Appuyer sur un mot, sur une syUabe, Les 
prononcer avec une élévation de voix plus 
ou moins sensible. Tapputpûsur les derniers 
mots, pour qu'il les comprit mieux, Dana 
les mots de plusieurs syUeSbes, Hyen a Aw« 
jours une sur laquelle on appuie pius forte» 
ment que sur les autres. 

Appirran, neutre» signifie encore figuré- 
ment» Insister. Fous avez trop appuyé sur 
ce fait. L'avocat n'a pas assez appuyé sur 
cette rabon. Il devait appuyer davantage sur 
cette demande, sur la fausseté de cette pièce, 
n ne faut pas appuyer sur cette triste tir- 
constance, 

Appirri» is. participe. 



ApsE. ad[j. des deux genres. Qui a des 
aspérités» des mégalilés rudes et incom- 
modes. Il se dit particulièrement Des che* 
mins. // nous mena par un chemin dpre et 
raboteux. 

Il se dit aussi De œ qui est rude au tou- 
cher, de ce qui fait quelque impression 
désagréable sur forgane du toucher, j/pre 
au toucher. On dit inns un sens analogue : 
Le feu est âpre. Le froid est extrêmement 
dpre. 

Il se dit le plus souvent De œ qui, par 
une espèce dâcreté» cause une sensattou 
désagréable au goût. Fottà des poires bien 
dpres. Les nèfles sont fort dpres. Du vin dpre. 
Apre à la langue, Apre au goût* 

Il se dit quelquefois De ce qui aflecSe 
désagréablement l'organe de l'ouïe. Des sons 
dpres. Des inflexioiu fortes et dpres. Une voix 
rude et dpre. 

Il se dit figurément De diverses choses, 
pour en marquer la rudesse ou la violence. 
// lui fit une répriwumde fort dpre. Cest un 
homme qui a i esprit dpre et austère, fÂm» 
meur dpre. Le combat, la querelle fut des 
plus dpres, 

U se dit aussi Des personnes qui se por- 
tent avec trop d'ardeur à quelque chose. 
Cest un homme dpre À Fargent. H est dpre 
au gain. Il est dpre au Jeu, à la chasse. On 
le dit également De certains animaux qui 
sont trop avides. Un chien dpre à la curée. 

Prov. et fie. , Cet homme est dpre à la cur 
rée. Il est tr&-avide d'argent» cie places. 

APBBHBlfT. adv. Avec âprsté, d'une 
manière âpre. Le froid commence bien dpre» 
ment. Il se porte dprement, trop dprementà 
tout ce quil fait. Il Fa réprimandé dpre» 
ment. Un chien qui se Jette dprement sur in 
viande, 

APKto* Pr^OMtion de temps, d'ordre et 
de lieu» qui s emploie en parlant » soit Des 
personnes, soit des choses,^ et qui sert à 
marquer celles oui suivent les autres. Après 
le déluge. Après la vocation d^Abrakmm., 
Après la naissance de Jasus-Cnaisr, oa 
simplement, Après Jésus --Gnnis*. Tibèra 
fut empereur après Auguste^ Tre^ k fuÊ 
^après /ferva, etc. Après la promennek. Fenem 
me parler après la leçon, après l^ sé a nee » 
Aprèscekt, Je lia dis teUe chose. R est arrivé 
après Fheure indiquée. Les conseillers " 



après les présidents. Après For et le platime, 
l argent est le pltu cher du métaux. Les ri» 
chesses ne sont désirables qu'après F honneur 
et la santé. Après ce vestâule est um 



APR 

fiqw salon, Jarès le parterre e$t un bauUn- 
grin, et après le Boulingrin une grande pièce 
éTeaUf ete» 

^près cela, atgoifie aussi, Puisipie telle 
chose a eu lieu, a été faîte» on existe. 
jiprès cda^ on doit s'attendre à tout. Doit'On , 
après cela, s'étonner que.,, 

jipris fuoif Après cela» ensuite. Nous 
alUms déjeuner, après quoi nous nous met" 
troms an route, 

^près déjeuner, après dîner, après souper, 
se dîaeDl, co supprimant l'article, ^ur 
Après le déjeuner, après le dîner, après le 
souper. Tirai chez vous après dîner. 

ProT., Jprès la panse vient la danse. 
Après avoir fait bmine chère, on ne songe 
qu'à se divertir. 

"Bvtpr.etîi^.^ Jprès ht pluie, le beau temfs. 
Souvent, après un temps fâcheux, il en vient 
un meilieur; la joie succède souvent à la 

. « ^ 



Prov, et fig., Jprès lui il faut tirer Ce* 
eM!fe» se dit D'un honune qui a si bien fait 
eo quelque chose» q|ie personne ne peut 
fiûre jnieux. 

Prov. et fig. , Jeter le manche après la co* 
gmée. Se rebuter, abandonner totalement 
une aflaire, une entreprise, par chagrin, 
par dégo&t, par déconraf^roent. 

Apaâs, se met devant les verbes au passé 
de l'infinitif. Jjuis avoir chanté, Jprès avoir 
parlé. Jprès vous être promené, Jprès nous 
dire vus. Par exoq>tlon, on dit familière- 
ment, JjNrès boire. Après avoir bu. 

Il se met aussi devant les verbes avec la 
conjonction Que» Jprès que vous aurez jxaié, 
a pariera. Jprès que vous avez eu jMrlé, il 
Sf*€St retiré* Jprès que vous eûtes parlé, il 
ta retira. 

Amis, indique aussi Le rapport qui 
cadsle entre des objets dont l'un tend à s'ap- 
procher de l'autre, à parvenir auprès, à se 
trouver auprès. Il s'emploie eo ce sens au 
propre et au figoré. Les gendarmes courent 
«ref ce valeur. Les chiens courent après le 
uévrom H court après Us honneurs, les emjdoiSé 
Ce tnamms dbdtewr vous fera longtemps 
€omrir après votre argent* u soupire après 
9eite succession. 

Éira après qmelqae chose, être après à 
fasse quelque chose, Y travailler actuelle» 
■awif Tai trouvé que mon avocat était après 
mean affaire. Il est après à bâtir sa maison, 
Ja suis après à écrite. 

Être après quelqu'un. S'en occuper bean* 
eosp, ou Le fatiguer. Cette mère est tottjfours 
ap rès ses et^fimts» Cet homme est toujours 
après ses elomestiques. On dît de même. Se 
msettre après quelqu'un, h» cbaxrincr, le 
■Hltrailer« Us se mirent tous après lui, 

Crwr- t^rès qmel^'tm. Gr o n der qnel« 
qu'on , le qucralar.' 

Jfaroir qm'un cri après qmelqu^un, se dit 
L4>rBque pmicnn pcnonnea en désirent, en 
aUcMCDt nœ antte avec beaucoup d'napa- 



On a longtem/u attendu après lui, se dit 
en pwlant D'un hounit qui s'est fait aflen- 
àn longlempa. On nattetul plus qu'après 
OSta pour partir, pour terminer, etc,, se dit 
CB pnrlant D'une cbosc sans laquelle on 
■openC purtir, ouaehever ce qu'on se pro- 



Jttendre, langue après qmtqme chose. 



APR 

Désirer vivement une chose qui tarde à ve* 
nir et dont on a besoin. Dans le sens con- 
traire, N'attendre pas après quelque chose. 
Pouvoir s'en passer facilement. Je n'attends 
pas après cette somme, 

Apais, précédé delà préposition De, ex» 
prime un raf^rt de tendance à imiter une 
chose qu'on a prise pour modèle, à se con- 
former à quelque chose, à agir en consé- 
quence. Ce tableau est d'après RaphaH, d'a- 
près le Poussin. Ce portrait est fait éTaprès 
nature. Tout est jfeint dtaprès nature dans 
ce tableau f dans ce poème. Parler diaprés 
quelqu'un, JRaisonner diaprés ses préventions. 
D'après ces considérations, ces motifs, je 
pense que... D'après cela, je n'ai plus qu'à me 
retirer, 

Apais, s'emploie quelquefois adverbiale- 
ment, par ellipse, f^ous irez devant, et lui 
après, Nous en parlerons après. Partez et re- 
veiuz après, H n'arriva que longtemjts après. 
Les uns attendent les empéois, les autres ccsh 
rentajuès. Vous ooeupeSf^wms de tnon affaire? 
Je suis après. 

Le jour d'après, la semaine d'après, le 
mois a après, l'année d'après ,^ etc.. Le jour, 
la semaine* le mois, Tannée qui a suivi, 
etc., ou qui suivra immédiatement le jour, 
la semaine, etc., dont envient déparier. 
On dit de même, au Jeu, Le coup auprès, 
comme dans ces phrases : // Ta fait pic^ 
repie et a^fot le coup d'après. Je céderai la 
place le coup et après. 

APAàs, est aussi quelquefois Une nàanlère 
de questionner, ou d'engager ceux qui sus- 
pendent leur récit a le continuer. // vous 
a dit qu'il me connaissait : après? Vous ar^ 
rivâtes malade : après? En ce sens, il est 
synonyme d*£nsuite, 

Aruks TOUT. loc. adv. On l'emploie à peu 
près dans le même sens que Cependant, 
tout bien considéré, en dernier résultat. 
Jprès tout, il n'est guère possible qu'une 
demande siiuste soit tifusée. Vous avez beau 
avoir du talent, ajirès tout ilfantt de la mo* 
destie, Jprès toutf quel md, y a44l à dire 
cda? 

Apaàs COUP. loc. adv. Trop tard, et après 
qu'une chose est faite, est arrivée. Vous 
voulez produire des pièces quand votre procès 
ut jugé; c'est venir après coup» 

Gi-APBÈs. loc adv. Ensuite, plus loin. H 
s'emploie dans un discours, dans un écrit, 
pour indiquer, pour annoncer quelque 
chose qu'on doit dire dans la suite. Comme 
on verra auprès. Comme il sera dit d^près. 
Il n'est guère usité que dans le style didac- 
tique, et dans la Pratique. 

APftèB-DBHAIir. adv. de temps servant 
à désigner. Le second jour après celui où 
l'on est. L'affaire est remise à après^medn. 
Il doit revenir après-demtdn. 

Il s'emploie quelquefois substantivement. 
Jprès»demain passé, U ne sera plus reçu à 
faire ses offres. 

APR^-dIn^E. s. f. L'es]Mice de temps 
qui s'écoule depuis le dîner jusqu'au soir. 
On vous prie ae passer l'après-dinée dans 
tetk maison. Je n'mjjoint d'affaire cette après* 
dinée. Il passe toutes les aprèsnllnéés en fa» 
miHe, Plosi^irs écrivent, Jprès*diné ou 
JprèsnHner, et font ce mot mascufin* 

APRÈS-MIDI. s. f. La partie du jour qui 
est depuis le midi jusqu'au soir. Je vous ai \ 



A.QU 



9^ 



attendu toute Vetprès-midl, Plusieurs li» font 
masculin* 

APaàs-SOUPiE. s. f. Le temps qui s'é- 
coule depuis le souper jusqu'au coucher. 
// passe ses après-soupées en bonne compU" 
gnie. Une belle après-soupés. Plusieurs ècxi'' 
yeai, Jprès'-soupé ou Jprès^souper, et font 
ce mot mascuhn. 

ÂPREri. s. f. Qualité de ce oui est âpre. 
Il a presque toutes les signincationa de 
l'adjectif dont il dérive. L'dpreté des ehe* 
mins rend les communications difficiles tbsns 
cepayp-là, L'dpreté du feu, L'dpreté du froid, 
L'dpreté des fruits, Ldpreté Je son humeur, 
de son esjmt le rendinsodable. L'dpreté dtitne 
réprimande, lia une grande dpreteà Vargent, 
au gain, 

À PRIORI. Voyez Paioai (1). 

J^-PR0P08. s. m. Voyez Paovos. 

APS 

APSIDE. S. f. T. d'Archit. Voyez Aasiox. 

APS1D£S. s. m. pi. T. d*Astron. Les deux 
points de l'orbite d'une planète dans les- 
quels elle se trouve, soit a la plus |;rande, 
soit à la plus petite distance du soleil ou de 
la terre. Les apsides de la lune. 



APT 






APTB. adj. des deux genres. Propre à 
quelque chose. Il n'est guère usité que dan» 
ces locutions de Palais, dont la première a 
vieilli : Jpte et idoine. Jpte à passer. 

APTÈRE, s. m. t. d'Hist. nat. Il se dit 
Des insectes sans ailes, tels que les arai^ 
gnées, les puces, les scorpions, etc. L'ordre 
des aptères. On l'emploie quelquefois adjec- 
tivement. Les insectes aptères, 

APTITUDE. S. f. Disposition naturelle a 
quelque chose. H ne se dit guère qu'en 
parlant de La disposition aux arts, aux 
sciences. Jvoir une grande aptitude à quelque 
chooe. Il n'a guère tt aptitude aux mathémo" 
tiques, pour les mathinatiques, 

APU 

APCREHERf .8. m. T. de Finance. Véri- 
fication définitive d'un èompte rendu, d'à* 
près laquelle le comptable est reconnu 
quitte. Depuis l'apurement de ses comptes. 

APtTRER. V. a. T. de Finance. S'assurer,, 
par un examen définitif, que toutes les par- 
ties d'un compte rendu sont eh règle , qu'il; 
n'y a plus d'articles en souffrance, et que- 
le comptable doit être déclaré quitte. Le 
compte de cette administration a été rendu, 
et on travaille à l'apurer. Ce comptable aura 
bien de ta peine à faire apurer ses comptes. 

Apvai, ix. participe. Compte apuré, 

APT 

APTRK. adj. des deux fenrei. 't. de Mi- 
néralogie et de Cliimie. Il se dit Des sub- 
stances minérales qui résistent à faction du 
feu , qui sont infusibles. Le cristal de roche 
est une pierre apyre, est apyre. 

mqv 

A^IUARÈLIE. 8. f. (Dans ce mot et danï 
les deux snitants, la seconde syllabe se pro- 



96 ARA 

soDce comme si elle était écrite coua,) 
Dessin au lavis, daas lequel on emploie 
difîérentes couleurs transparentes, ayant 
le moins d'épaisseur possible. Une jolie 
4iquareUe, Une collection tTaquarelles, 

▲QUA-TINTA. ^ f. Mot emprunté de 
l'italien. Espèce de gravure à 1 eau-forte, 
imitant les dessins au lavis. On dit aussi 
quelquefois, Aqua-tinte, 

AQUATIQUE, adj. des deux genres. Ma- 
récageux, plein d*eaui Terres aquatiques. 
Lieux aquatiques, 

U se dit aussi De ce qui croit et de ce 
qui se nourrit dans Teau. Plantes aquati-' 
ques. Oiseaux aquatiques, jinimaux aquati- 
ques, 

AQUEDUC. 8. m. (Plusieurs écrivent et 
prononcent Aqueduc, ) Canal construit de 
pierre ou de brique, pour conduire de Teau 
d*un lieu à un autre, malgré Tinégalité du 
terrain. Les4{omains ont bâti un grand nom" 
bre (f aqueducs. Les regards d'un aqueduc. 

Aqueduc, s'emploie par analogie , dans 
ie langage des Anatomistes, pour désigner 
Certains conduits du corps. Aqueduc de 
Fallope; aqueduc du vestibule ^^ du limaçon 
•(parties de Toreille). 

AQUEUX y EUSE. adj. Qui est de la na- 
ture de Teau. La partie aqueuse du sang. 
L'humeur aqueuse de fœil. 

Il se dit aussi Des légumes, des fruits où 
il y a beaucoup d'eau. Ce légume est trop 
aquaix. Ces fruits n'ont point de goût, ils 
sont trop aqueux, 

AQUILIN. adj. m. Il n*est usité que dans 
cette locution, Nez aquilin^ Nez courbé en 
bec d'aigle. 

AQU1U>N. s. m. Vent du nord. Le f raid 
aquilon, 

Poétiq., Les aquilons t se dit de Tous 
les vents froids et orageux. La violence des 
aquilons, 

ARA 

ARA. s. m. T. d'Hist. nat. Gros perro- 

Î|uet à longue queue, dont le plumage est 
ort beau. 

ARABE. 8. m. Ce mot n est pas mis ici 
comme un nom de nation : il signifie quel- 
quefois, dans le langage familier. Un homme 
qui prête son argent à up intérêt exorbitant, 
ou qui vend excessivement cher, ou qui 
exige avec trop de dureté ce qu'on lui doit. 
// est cruel a avoir affaire à lui, c'est un 
arabe. 

Il s'emploie adieclivement dans cette dé- 
nomination. Chiffres arabes, Les chiffres en 
usage dans notre système de numération, 
c'est-à-dire, 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. 

ARABESQUE, adj. des deux genres. Il se 
dit D'un genre d'architecture que les Arabes 
introduisirent en Europe au moyen âge, et 
qui consiste à n'admettre, dans les orne- 
ments et la décoration, que des imitations 
de plantes et de feuillages, parce que la loi 
de Mahomet défend toute représentation 
de figures d'hommes et d'animaux. ArcKi* 
lecture arabesque. Le genre, le style arabesque. 
Ornements arabesques. On dit auelauefois 
substantivement, au masculin, L arabesque, 

ARABESQUES. 8. f. pi. T. de Peintr et de 
Sculpt. Sortes d'ornements dont on a at- 
tribué l'invention aux Arabes, mais qui 



ARB 

furent employés par les anciens, et qui 
consistent en des entrelacements de feuil- 
lages, de fruits, de fleurs, d'animaux, etc., 
assemblés le plus ordinairement d'une ma- 
nière fantasque, et sans autre dessein aue 
celui de former un enchaînement agréable 
à l'oeil. Peindre, sculpter des arabesques. Un 
cabinet orné de jolies arabesques, 

ARABIQUE, adj. des deux genres. Qui est 
d'Arabie. Gomme arabique. Golfe Arabique, 

ARABLE. a4j. des deux genres. Labou- 
rable. Des terres arables, 

ARA€HNOIde. s. f. ( On prononce Ara- 
knotde,) T. d'Anat. Membrane mince et 
transparente, qui est entre la dure-mère et 
la pie-mère, et qui enveloppe le cerveau. 

ARA€K ou RA€K. s. m. Liqueur spiri- 
tueuse qu'on fait aux Indes, et qu'on tire 
du riz fermenté. 

Il se dit aussi d'Une liqueur qu'on tire 
du sucre dans les Indes orientales , et qu'on 
appelle 7Vr/!a en Amérique. 

. ARAIGNiSe. s. f. Genre d'insectes à huit 
pattes et sans ailes, qui ttrentde leur corps un 
fil auquel ils se suspendent et dont ils for- 
ment une toile ou un piège, pour prendre 
d'autres insectes, dont ils se nourrissent. 
Araignée de caiv. Araignée de jardin, L'arai" 
gnée commune s'introduit dans les hMtations, 
et y suspend ses filets pour prendre des mou- 
ches, il y a en Amérique de grosses araignées 
qui sucent le sang des petits oiseaux. Araignée 
a longues pattes. Araignée qui fUe, Fil d'ami- 
gnée. Toile d'araignée. Ceùi est mince, cela 
se déchire comme une toile tTaraignée. 

Fig. et fam.. Des pattes d^ araignée. Des 
doigts longs et maigres. 

Fam. , Ten ai horreur comme et une arai» 
gnée, se dit D'une chose ou d'une personne 
pour laquelle on a une grande antipathie. 

Par ellipse, ôter les araignées a un pla- 
fond, d'une boiserie, £n ôter les toiles d'a- 
raignée. 

ARASEMENT, s. m. T. de Maçonnerie et 
de Menuiserie. Action de mettre de niveau 
et à la même hauteur les diverses pièces 
d'un même ouvrage; Le résultat de ce tra- 
vail. 

ARASER. V. a. T. de Maçonnerie. Mettre 
de niveau un mur, un bâtiment, en élevant 
les parties basses à la hauteur de celle qui 
est la plus élevée. Ce mur est d'inégale hau- 
teur en plusieurs endroits, il faut l'araser. 
Aussitôt qu'on aura arasé les fondations de 
ce mur, de ce bâtiment, on posera la pre- 
mière assise de pierres de taille. 

Aa4sé, ix. participe. 

ARASES, s. f. pi. T. de Maçonnerie. 
Pierres de bas appareil qui servent à araser 
un cours d'assises à la hauteur des plan- 
chers ou des plinthes d'un bâtiment. On 
dit aussi , Pierres d'arasé. 

ARATOIRE, adj. des deux genres. Qui 
sert ou qui appartient à l'agriculture. L'art 
aratoire. Les instruments aratoires. Les tra- 
î'oux aratoires. 

ARB 

ARBALÈTE. 8. f. Sorte d'arme de trait , 
arc d'acier qui est monté sur un fût, et qui 
se bande avec un ressort. Grosse arbalète. 
L'arc, la corde, lefât, la noix d'une arba- 
lète. Trait d'arbalète. 

Arbalète à jalet, ou Arc à jalet. Arbalète 



ARB 

avec laquelle on tire de petites boules de 
teiTe cuite , ou des balles de plomb. 

Prov., Plus vite qu'un trait d'arbalète, se 
dit Pour marquer une grande vitesse. 

Un cheval en arbalète, Un cheval attaché 
seul devant les deux chevaux de timon 
d'une voiture. 

ARBALÉTRIER. 8. m. Homme de guerre 
qui tirait de l'arbalète. Arbalétrier à cheval. 
Arbalétrier à pied. Une compagnie d'arMé" 
triers. 

ARBALÉTRIER, s. m. T. de Chai'pente- 
rie. Il se dit Des pièces de bois qui servent 
à former le comble d'un bâtiment, et qui 
sont posées obh'quement, de manière à 




extrémité dans la poutre horizontale qu'on 
nomme Etatrait £a rencontre des deux ar- 
balétriers au poinçon forme ordinairemeni 
un angle droit. 

ARBITRAGE. 8. m. Jugement d'un dif- 
férend par arbitres. Mettre quelque chose en 
arbitrage. Se soumettre à lafititrage. Subir 
l'arbitrage. S'en tenir à Varbitrage, 

Abbitaagb, se dît aussi d'Un calcul 
fondé sur le cours du change de diverses 
places, et qui sert de régulateur pour les 
opérations de banque. 

ARBITRAIRE, adj. des deux genres. Qui 
est produit par la seule volonté de l'homme, 
sans avoir de règle ni de fondement natu- 
rel. La plupart des noms donnés aux choses 
sont des signes purement arbitraires. 

Il signifie également. Qui dépend de la 
volonté de chaque personne , du choix de 
chaque personne. L Église n'a point décidé 
là-dessus, cela est arbitraire. La chose est ar- 
bitraire. 

Il se dit, particulièrement. De ce qu'il dé- 
pend de la volonté des juges de prononcer, 
de .statuer. Dans certains cas, les peines sont 
arbitraires. Une amende arbitraire. 

Il signifie aussi, Qui est despotique, (pi 
n'a d'autre règle que la volonté, le caprice 
du prince on de ses agents. Une autorité ar- 
bitraire. Exercer le pouvoir arbitraire. Être 
victime d^ ordres arbitraires. 

Arbithaimb, s'emploie substantivement» 
au masculin, et se dit, en mauvaise part. 
Des actes de gouvernement où la volonté 
des personnes remplace celle de la loi/ l^^ 
caprices de l'arbitraire. Il est victime de V<a^ 
Intraire, 

ARBITRAIREMENT, âdv. D'une façon 
arbitraire, despotique. A^r arbitrairement. 
Gouverner arbitrairement, ' 

ARBITRAL y ALE. adj. Il n'est guère usité 
que dans ces deux locutions. Sentence arbi^ 
traie, jugement arbitral. Sentence fendue , 
jugement prononcé par des arbitres. 

ARBITRALEMENT. âdv. Par arbitres. 
Cette affaire fut jugée arbiiralement, 

ARBITRATION. S. f. T. de Jurispr. Esti- 
mation faite en gros et sans entrer dans le 
détail. Il est peu usité. 

ARBITRE, s. m. Celui qui est choisi par 
une ou plusieurs personnes, pour termi- 
ner un différend. Prendre, nommer, choisi 
quelqu'un pour arbitre. Convemr d'arbitres. 
S'en rapporter à des arbitres. Sortir d'utta 
aj/hure par arbitres. Compromettre entre les 
mains d'arbitres. Tiers arbitre. 



ARB 

Il signifie aussi, Maître absolu. Vous êtes 
Varbttre de mon sort, de ma fortune. Dieu 
est FarbUrt de la vie et de la mort, est Varbi» 
tre du monde. Ce prince s'est rendu Varbitre 
de la paix et de la guerre. 

En Métaphysique» Libre arbitre, franc ar- 
bitre. Faculté par laauelle Tâme se déter- 
mine à une chose plutôt qu'à une autre; 
puissance que la volonté a de choisir. Dieu 
a donné aux hommes le libre arbitre, leur 
libre arbitre f leur franc arbitre. 

AEBITRER. Y. a. Estimer, régler, déci- 
der, en qualité déjuge ou d'arbitre. Ils paye- 
ront ce au U plaira au juge ^arbitrer. Je m'en 
remets a ^ce que le juge en arbitrera. Ils lui 
imt arbitré tant pour ses frais et dépens. Les 
réparations ont été arbitrées. Les experts ont 
arbitré f etc. 

Abbithb, an. participe. 

ARBORER* V. a. Planter, élever quelque 
chose droit comme un arbre, arborer les 
enseignes. Jiborer un étendard. Arborer les 
drapeaux, Arborer la croix. Ce cardinal ar- 
bora les armes de France sur son palais. 

En termes de Marine, Arborer un pavil- 
lon, une flamme. Les hisser, et les déployer 
au vent. On dit plus généralement, JST/^je/* un 
pmillon, etc. 

Abbohbr, s'emploie figurément. Arborer 
tétendard de la révolte. 

Il signifie aussi, Se déclarer ouvertement 
pour quelque doctrine, pour quelque parti. 
il arbora le pyrrhonisme. Il a arboré l'im- 
piété. 

ABBORi , ÛE. participe. 

ARRORISIÊ , lÉE. aaj. Il se dit De cer- 
taines pierres sur la coupe desquelles on 
▼oit des représentations d'arbres. Pierres 
arborisées. Agate arborisée. 

ARBOUSE, s. f. Fruit de l'arbousier. 

ARBOUSIER, s. m. Bel arbrisseau du midi 
de l'Europe, qui produit des fruits fort 
doux et presque semblables à des fraises, 
par la forme et la couleur. 

n se dit aussi d'Un arbrisseau traînant et 
toujours vert, qui porte des baies aigre- 
lettes, assez semblaoles à des cerises, et 
qu'on nomme autrement Raisin d'ours. 

ARBRE, s. m. Végétal ligneux dont la 
tjge, plus ou moins élevée, ne se garnit 
ordinairement de branches et de feuilles 
qu'à une certaine hauteur. Grand arbre. 
Gros arbre. Arbre haut et droit. Arbre tortu, 
branchu, touffu. Arbre sec. Arbre mort. 
Arbre vert. Arbre qui se dépouille. Arbre 
çui repousse. Arbre qui fleurit, qui se cou» 
ronne. Planter, transplanter des arbres. Tail- 
ler des arbres, Ék^er, émonder, ététer des 
arbres. Déchausser des arbres. Allée d'arbres. 
Avenue d'arbres. Arbres plantés en quin- 
conce. Le pied, les racines, le tronc, la tige, 
Us branches, Vécorce, les feuilles d'un anre. 
Arbre stérile. Arbre fruitier. Arbre en plein 
tfent. Arbre en espalier. Arbre en buisson. 
Arbre de haute tige. Arbre nain. Jeune arbre. 
Bon arbre. Un putnt d'arbres. 

Arbres verts, se dit, dans une acception 

Kiticulière , Des arbres ' qui conservent 
iTS feuilles toujours vertes, tels que le 
houx, le sapin, le cyprès, etc. 

L'arbre de vie, et L arbre de la science du 
bien ei du mal, désignent, dans l'Ecriture, 
Deux arbres qui étaient plantés au milieu 
du paradis terrestre. 
Tome /. 



ARC 

L'arbre de la croix, La croix oii Notre- 
Seigneur fut attaché. 

Fig. , Arbre généalogique. Figure tracée 
en forme d'arbre , d'où l'on voit sortir comme 
d'un tronc diverses branches de consangui- 
nité, de parenté. Faire gra\*er un arbre gé- 
néalogique» 

Fig. , Arbre encyclopédique. Tableau sys- 
tématique des sciences et des arts, disposé 
de manière à montrer leurs rapports mu- 
tuels et leur enchaînement. 

Prov, et fig. , Se tenir au gros de l'arbre, 
Demeurer attaché à ce qui est le plus ancien, 
ou le plus généralement établi. Je m'en rap- 
porte a ce que rÉgUse en a décidé, je me 
tiens au gros de l'arbre. Dans les guerres ci- 
viles il n'a jamais quitté le service du roi, il 
s'est toujours tenu au gros de l'arbre. 

Prov. et fig., Entre l'arbre et Vécorce ilhe 
faut pas mettre le doigt. Il ne faut point se 
mêler dans les débats de famille. 

At^re de Diane, ou A ibre philosophique. 
Cristallisation rameuse et symétrique aar- 
gent [>ur, que l'on obtient par des procé- 
dés chimiques. 

Abbbb, se dit aussi de Grosses et lon- 
gues pièces de bois, qui sont les principales 
pièces dans certaines machines. Arbre de 
moulin. L'arbre d^ un pressoir. L'arbre d'une 
grue. L'arbre de mets tre ou le grand mat 
d'un bâtiment à voiles latines, et l'arbre de 
trinquet ou le mât de misaine, 

li se dit également de Certains axes de 
bois ou de métal. L'arbre d'un touretdecor- 
dier. L'arbre d'un volant de tournebroche, 
de pendule. L'arbre de la, fusée d'une montre. 
L'arbre d'une presse, d'un tour. 

L'atbre d'une balance, La verge de fer à 
laquelle est suspendu le fléau d'une balance. 

ARRRISSEAU. s. m. Diminutif. Petit ar- 
bre. Jeune arbrisseau. Petit arbrisseau. 

Il se dit aussi d'Un végétal ligneux dont 
la tige se divise en rameaux dès sa base. Le 
laurier-rose est un arbrisseau. 

ARRUSTE. s. m. Espèce d'arbrisseau qui 
ne s'élève guère. Les botanistes le disent 

Proprement Des plantes ligneuses dont les 
ranches ne naissent point de boutons for- 
més l'année précédente. Mettre des arbustes 
dans un parterre. Le groseillier est un arbuste. 
Le rosier, le romarin, lé chèvrefeuille, sont des 
arbustes. 

ARC 

ARC. S. m. Soite d'arme servant à lancer 
des flèches : elle est formée d'une branche 
de bois ou d'une verge, soit de métal, soit 
d'autre matière, courbée avec effort au 
moyen d'une corde qui s'attache aux deux 
extrémités. Arc de corne, La poignée d'un 
arc, La corde d^un arc, Bcmder, dâaruier un 
arc. Détendre un arc. Tirer de Varc. Cela est 
courbé en arc. On représente Cupidon armé 
d'un arc. 

Fig. , H faut détendre l'arc, H faut donner 
du relâche à l'esprit. 

Prov. et fig. , Avoir plusieurs cordes à son 
arc. Avoir plusieurs moyens pour faire 
réussir un projet. 

Prov. et fig. , Débander Varc ne guérit pas 
la plaie. Quand on a fait du mal, il ne suf- 
fit pas pour le guérir, pour le réparer, de 
renoncer aux moyens d'en faire. 

Arc de carrosse, se dit de Deux pièces de 



ARC 



97 



fer courbées en arc, qui joignent le bout 
de la flèche à l'essieu des petites roues, et 
par le moven desquelles le carrosse tourne 
aisément dans un petit espace. L'arc du car» 
rosse s'est rompu. 

Abc, en termes de Géométrie, signifie. 
Une portion quelconque du cercle, lors- 
qu'elle est moindre que sa moitié. Arc de 
cercle, La corde ou sous-tendante d'un arc, 
La ligne droite qui va de l'une de ses extré- 
mités à l'autre. Un angle a pour mesure l'arc 
compris entre ses côtés et décrit de son som- 
met comme centre. Le sinus, le cosinus d'un arc. 

En Astron., Arc diurne, La portion de 
cercle qu'un astre parcourt sur l'horizon; 
et. Arc nocturne, La portion de cercle qu'il 
parcourt sous l'horizon. 

Abc , en Architecture, se dit de La cour^ 
bure d'une voûte , formée d'une ou de plu« 
sieurs portions de cercle. L'arc dune voûte. 
Arc surhaussé. Arc surbaissé. Arc ogive. Arc 
rampant. 

Arc de triomphe, ou Arc triomphal. Mo- 
nument qui consiste en une grande porte 
faite en arc, accompagnée quelquefois de 
deux petites, et ornée de figures de bas- 
relief et d'inscriptions, pour consacrer le 
souvenir de quelque grande action. Élet'er 
un arc de triomphe. L'arc de Sévère. L'arc 
de Constantin. Des arcs triomphaux, 

ARCADE, s. f. Ouverture en arc. II se dit 
surtout en Architecture. Grande arcade. Les 
arcatles d'un bâtiment. Les arcades du Palais- 
Royal. Portique en arcades. On dit dans un 
sens 9Lïi^\o^xïe, Des arcades de verdure, etc. 

Il se dit aussi , en termes d'Anatomie, de 
Certaines parties courbées en arc. Arcade 
zygomatique ou temporale. Arcade dentaire. 
Arcade crurale. Etc. 

ARCANE. s. m. Mot emprunté du latin 
par les alchimistes, pour désigner Quel- 
qu'une de leurs opérations mystérieuses. 

Il se dit aussi d'Un remède dont on tient 
la composition secrète, tout en lui attri- 
buant de grandes propriétés. 

ARCASSE. s. f. T. de Marine. La face 
postérieure d'un bâtiment, le derrière de 
sa ponpe. 

ARC-BOUTANT. S. m. ( On ne prononce 
point le C. ) Pilier ou construction de ma- 
çonnerie qui finit en demi-arc , et qui sert 
a soutenir par dehors une voûte, un mur» 
etc. Un des ams-boutants est tombé, et la 
voûte s'est entr'oui*erte. 

Il se dit également, en Charpenterie , Des 

f)ièces de bois employées à des usages ana- 
ogues, et qu'on nomme autrement Coiii/e* 
fiches. 

Les arcs-boutants d'un train de carrosse. 
Les verges qui servent à tenir en état Jet 
moutons du carrosse. 

Abc-boutaitt , se dit figurément Dea 
chefs, Des principaux soutiens d'un parti, 
d'une entreprise. Cet homme était rarc-bou^ 
tant de son parti, 

ARC-BOUTER. v. a. (On ne prononce 
point le C. ) Soutenir, appuyer au moyen 
d'un aro>boutant. ArC'bouter une voûte, un 
mur. On dit aussi qu'C/h pilier, un massif 
arc-boute une construction. 

Abc-boutb, is. participe. 

ARC-DOURLEAU. s. m. (On neprononott 
point le C. ) T. d'Archit, Espèce d'arrada 
formant une saillie ou plate-bande sur la 

13 



^8 ABC 

courbure intérieure d*une voûte, qu'elle sem- 
ble fortifier et soutenir. Les ares-douMeaux 
ées voûtes gothiques se nomment N endures. 

ARGBAU. 8. m. T. d'Archit. La courbure 
d*ttne voûte en berceau, la partie cintrée 
d'une porte ou d*une fenêtre, l/arceau <tune 
ifoâte. 

Il se dît également de La petite voûte 
surbaissée d*un ponceau et de certaines 
portes , de certaines fenêtres. 

H se dit encore d*Un ornement de sculp- 
ture en forme de trèfle. 

Il se dit, en Médecine, Des cbâssist:our- 
bés en are qu'on nomme autrement Jrchets, 

AKC-EH-CfEL. s. m. (On prononce Jr- 
kanciel, même au pluriel.) Météore en forme 
d'arc, offrant diverses couleurs, qui pa- 
raît dans l'atmosphère, et qui est caurïc par 
les réfractions et réflexions successives des 
rayons du soleil dans les gouttes de pluie. 
Les couleurs de rarc-en-cief. On voyait plu- 
sieurs arcs-en-ciel en même temps, 

ARCHAÏSME, s. m. (On prononce j^r- 
kalsme.) Il se dit d'Un mot antique, d'un 
tour de phrase suranné. 

n se dit également de L'affectation d'un 
écrivain à faire usage d'archaïsmes. 

AR€I1AL. Fojfez Fii.. 

ARCHANGE, s. m. (On prononce Jr- 
hmge. ) Ange d'un ordre supérieur. Saint 
Michel archange. Les anges et les archanges, 

ARGHE. s. f. La partie d'un pont sous 
laquelle Teau passe. Le pont a cinq arches. 
Arche trop haute, Arche trop basse. Arche 
surbaissée. Les eaux ont emporté deux arches 
du pont. Un pont à une seule arche, d^une 
seule arche, 

AacHB, se dît particulièrement d'Une 
sorte de bâtiment, de vaisseau, que Noé 
fit construire par le commandement de 
Dieu , pour se sauver du déluge. Dieu corn- 
Thanda à Ngé et entrer dans Farche avec toute 
sorte d^ animaux. L'arche flotta sur les eaux) 

Fig., Être hors de l'arche y Être hors de 
l'Église. 

Prov, et fig. , Arche de Noé, se dit d'Une 
maison ou sont logés des gens de toute 
espèce. Cette mmson'là est une arche de Noé, 

Dans l'Ancien Testament, L'arche d'al- 
liance, appelée aussi L'arche sainte, V arche 
dû Seigneur, Espèce de coffre fait par le 
commandement de Dieu , et dans lequel les 
tables de la loi étaient gardées. Les Philis- 
tins prirent Varche ttalliance. 

Prov. et fig., Cest^tarche du Seigneur, 
f arche sainte, se dit D'une chose dont il est 
dangereux de parler, qu'il ne faut pas tou* 
fher dans ses discours. 

ARCHé]^.s. f. Principe, commencement. 
Terme employé par les anciens physiolo- 
gistes, pour designer Le principe de la vie. 
L'archée de Van Helmhnt, Quelques-uns le 
fout mascnlm. 

AR'CH^LOOlfe. s. f. f Dans ce mot et 
dans les deux suivants, GH se prononce K. } 
Science des monuments de Pantiquité. 

ARCaiOLOGlOUC. adj. des deux genres. 
Qui appartient, qui a rapport à l'archéolo- 
gie. Recherches archéologiques, 

ARCHiSoLOGUB. 8. m. €elui qui est 
versé dans l'archéologie. 

ARCHER, s. m. Homme de guerre, com- 
battant avec l'arc. Archer à pied, Archer à 
rtmi/. // n'y a plus étarchers en France, 



ARC 

Francs archers. Nom d'une milice qui 
avait été créée par Charles VII. 

Arcber, se disait particulièrement, au- 
trefois, de Certains officiers subalternes de 
justice ou de police, qui portaient des épées, 
des hallebaraes, des armes à feu, soit pour 
prendre des voleura, soit pour faire la garde 
des villes, soit pour exécuter que'que ordre 
de justice ou de police. Archer du grand 
prévôt. Archers du guet. Être poursuivi par 
les archers. Les archers de ville, de la ville. 
Le prévôt se mit en campagne avec ses 
archers. Les gendarmes ont remplacé les 
archers. 

ARCBEROT. s. m. Petit archer : épithète 
que les vieux poètes français donnaient au- 
ti^fois à Cupîdon , et qui n'est plus en usage. 

ARCHET, s. m. Sorte de petit arc, ou 
plutôt de baguette droite un peu recourbée 
a son extrémité, qui a pour cordes plu- 
sieurs crins de cheval , et dont on se sert 
Eour tirer le son d'une contrebasse , d'une 
asse, d'un violon, etc. Archet de violon^ 
de contrebasse. Coup dtarchet. Passer dou- 
cement V archet. Avoir un bon coup ttarchet. 
Manier Varchet avec grâce. 

Arcbbt, se dit aussi d'Une sorte de châs- 
sis de bois courbé en arc, que l'on met 
aux berceaux des enfants, pour soutenir 
une couverture au-dessus de leur tête. 
L'archet est trop bas, V enfant n'a pas assez 
dtair. 

Il se dit pareillement de Châssis courbés 
en arc dont on se sert pour empêcher que 
les couvertures du lit ne pèsent sur le corps 
des malades. On dit également i Arceau. 

Aechxt, dans certams Arts mécaniques, 
se dit d'Un arc de baleine ou d'acier, qui 
est courbé plus ou moins au moyen d'une 
corde attacnée aux deux bouts, et dont les 
ouvriers se servent pour tourner et pour 
percer. 

ARCHETYPE, s. m. T. didactique. ( On 
prononce Arkétype. ) Original, patron, 
modèle, sur lequel on fait un ouvrase. II 
n'est guère usité qu'en termes de Philoso- 
phie ancienne. L'archétype du monde: On le 
prend quelquefois adjectivement; et alors 
il est des deux genres. Les idées archétypes. 

AacHéTTPB, en termes de Monnayage, 
L'étalon primitif et général des poids et 
mesures , sur lequel on étalonne les autres. 
Il a vieilli : on dit, Étalon. 

ARCHEVÊCHÉ, s. m. L'étendue de pays, 
le territoire qui est sous la juridiction, sous 
l'autorité spirituelle d'un archevêque. Cette 
cure est dans F archevêché de Paris. 

Il se dit également de La ville où est un 
siège archiépiscopal. Besançon est un arche- 
vêché. 

11 se dit aussi de La dignité d'archevê- 
que, ainsi que Des droits et des revenus 
temporels attachés à l'archevêché. U ob- 
tint un archevêché. Un bon archevêché. L'ar- 
chevêché de Tolède est un des plus riches 
bénMces de VÉgHse. 

Il signifie encore, La demeure, le palais 
de l'archevêque. Je vais à rarchévéché. Dans 
la eour de Varchevêché, 

ARCHEVÊQUE. 8. m. Prélat métropoli- 
tain, qui a un certain nombre d'évêques 
pour suffragants. Archevêque de Lyon. Ar- 
chevêque de Reims, Arche%*êque de Paris, 
Cet archevêque a tant de sufjragants. 



ABC 

ARCBI. Mot emprunté du grec » que l*on 
joint à* d'autres pour marquer La préémif' 
nence, la supériorité : Archichanodier, arr 
chiduc; ou, familièrement. Un grand excès 
dans la chose dont ou parie : ArchifaiL^ 
archiviiain, etc.. Un homme extrêmement 
fou, un homme extrêmement avare, eCe. 
On peut former de la sorte un très-graod 
nombre de mots : nous n'avons dû rapport 
ter, dans ce Dictionnaire, que les plus 
connus et les plus usités. 

ARCHICHANCEUBR. S. m. Grand chan- 
celier. // y avait en France, sous le régime 
impérial, un archichanceUer de tempire et un 
archichancdier d'État. 

ARCHIDIACONAT. S. m. La dignité d'ai^ 
cbidîacre. 

ARCHIDIACOirf. s. m. L'étendue du ter* 
ritoire soumis à la juridiction spirituelle 
d'un archidiacre. Cartes géographiques Jaites 
par archidiaconés. 

ARCHIJDIACRE. s. m. Ecclésiastique 
pourvu d'une dignité qui lui donne quel- 
que sorte de iuridiction sur les curés de la 
campagne. L archidiacre fait sa visite tous 
Us ans. 

ARCHIDUC, s. m. Titre de dignité qui 
n'est usité qu'en parlant Des princes de la 
maison d'Autriche. Archiduc a Autriche, 

ARCHIDCCHÉ. s. m. Seigneurie d'Autri- 
che. Archiduché et Autriche^ 

ARCHIDUCHESSE, a. f. La femme d'un 
archiduc, ou La princesse qui est revêtue 
de cette dignité par sa naissance. L'archidu» 
chesse d'Autriche. Les archiduchesses, fiHei 
de t empereur d'Autriche, 

ARCHIIÉPISCOPAL9 AUB. adj. (On nro* 
nonce ArkiépiscopaL ) Appartenant à Far- 
chevêque. Palais archiépiscopaL Dignité or» 
chiépiseopale, 

ARCHiâPISCOPAT. S. m. (On prononce 
Arhiépiscopat.) Dignité d'archevêque. 

Il se prend aussi pour La durée du tempa 
pendant lequel un archevêque a occupé 
le siège épiscopal. H mourut après dix ans 
d^ archiépiscopal. 

ARCHIMANDRITAT. S. m. Le bénéfice 

Sue possède un archimandrite. Varchinuu^ 
ritat de Messine est d'un ra'enu considérable. 

ARCHIMANDRll^E. s. m. On nomme 
ainsi L'abbé , le supérieur de quelques mo- 
nastères. Archimandrite de Messine. . 

ABCHIPEL. «.m. Étèadue de mer par- 
semée, entrecoupée d'Iles. L'archipel du 
Mexique, L'archipel des Philippines, Il y a 
plusieurs archipels. 

Il se dit particulièrement de La partie 
de la Méditerranée qui est située entre la 
Grèce, la Macédoine et TAsiei et que les 
anciens appelaient Mer Egée, 

ARCHlPRESBYTéRAL| ALE. adj. Qui 
concerne l'archipréUre. 

ARCHIPRÊTRE. S. m. Titre de dignilé 
en vertu duquel les curés de certaines égli- 
ses ont prééminence sur les autres cur^ 
Un manaement de Fés'êquè adressé aux archi- 
prêtres. 

ARCHIPrAtr£. s. m. Étendue de la juri- . 
diction d'un archiprêtre dans un certain 
territoire. Cet archiprêtre est iTune grande 
étendue. Les cartes de ce diocèse sont faites 
par archiprêtrés* 

ARCHITECTE. S. m. Celui qui exerce 
Fart de Farchitecture, l'art de bâtir; artiste 



qui compose les édifices, en détermine les 
IpropoitionSi les distributions , lesdécora- 
UoDs, les fait exécuter sous ses ordres, et 
'en règle les dépenses. Grand architecte. Sa' 
vtuU, excellent, fameux architecte. Ce n*est 
poM MM architecte, ce neii qu'un maçon, 

Fîg.» L'architecte étemel, le supjnême ar^ 
ckitecte, tarchitecte de l'univers , Dieu. 

ARCIIITBCTON1QUE. adj. des deux gen- 
res. T. dîdactioae. Qui a rapport à rarcbi- 
lectare. Il se ait proprement De Fart de la 
construction. L'art urchitectonique, 

n l'emploie aussi comme substantif fé* 
minin. Enseigner VarchUectonîque, 

AmCHITECTOIfOGRAFHK. S. m. Celui 
qui s'occupe de la description et de rhis- 
toire des bâtiments, des édifices. 

JkmCHlTEGTONOGaAPHlE. s. T. Descrip- 
lîoodes bâtiments, des édifices. 

AECHITECTUEE* s. f. L'art de construire, 
flfipoier et orner les édifices, jincknnê et 
tnodeme architecture, Jrchitecture gothique. 
Les cinq ordres d^ architecture, Chef-dteuvre 
d'wTÂitecture» architecture civile, 

Jrchitecture militaire. Art de fortifier les 
places, architecture Mwale, Art de con- 
struire les vaisseaux, architecture hydrauU' 
que. Art de faire des machines pour la con- 
duite des eaux. 

Abchitbctu&x, signifie aussi , La disposi- 
tion et l'ordonnance d'un bâtiment. Foilà 
mme beUe architecture , une mauvaise arckOeO' 
uut. Un beau morceau d'architecture, 

AKCBITRAVE* s. f. Membre d'architec- 
Uire oui pose immédiatement sur le chapi- 
teau des colonnes ou des pilastres, et au- 
demis duquel est la frise. 

ARCHITRICUN. s. m. T. d'Antiquité. 
Celui qui était chargé de l'ordonnance du 
lestîn. Il se dit quelquefois, familièrement 
et par plaisanterie, en parlant de Celui qui 
amnge un repas. Nous avions un bon arehi' 



ARGIUTES. s. f. pi. Anciens titres, 
Chartres, et autres papiers importants. Les 
archives de la couronne. Les archives du 
royaume. Les archii'es d'une grande maison, 
if un monastère^ dume abbare. Le trésor des 
archives, FieUles archives, reudleter les ar- 
€hiv€S.jisHnr la garde «Les archii'es. Dépôt des 
archives. 

Il ae dit également Du lieu où l'on garde 
ces aortes de titres. Cette pièce a été déposée 
aux archives, tirée des archives, jérchives 



U ae dit aussi, dans les Administrations 
publiques, Des anciennes minutes, des piè- 
ces et documents que l'on rassemble et que 
Ton garde pour les consulter au besom, 
ainsi que Du lieu où ils sont déjposés. Les 
archives dtun ministère, d'une préfecture, 

n se dît auekjuefois au figuré. Ainsi on 
die les nibUothèques, ùs archives du 
ie, du saîvir. 

JURCHITISTE. s. m. Garde des archives. 
ii vient d'obtenir une place darchivistCn 

AmcaiVOLTE. s. f. T. d'Archit. Bande 
large qui fait saillie sur le nu du mur, qui 
•ttit le cintre d'une arcade, et qui va d'une 
HOiposte à l'autre. Les archivoltes sont ornées 
des marnes moulures que t architrave, et res* 
semb^nt à une architrave cintrée, 

ARCHONTAT. S. m. ( On prononce Jr» 
koatut.) Dignité de l'archonte. 



A.RD 

ARCHONTE. S. m. (On prononce wfr- 
konte.) Titre des principaux magistrats des 
républiques grecques , et particulièrement 
à Athènes, archontes décennaux. Les neuf 
archontes, archontes annuels. Archonte épo' 
njrme. Voyez Épovymx. 

ARÇON, s. m. L'une des deux pièces de 
bois coupées en cintre, qui sei'vent à faire 
le corps de la selle d'un cheval, avec deux 
brancnes de fer qui les joignent Tune à Fau- 
tre. Arçon de dcaint. Arçon de derrière, At» 
tacher des pistolets à l'arçon de la selle. Pis- 
tolets darçon. L'arçon blesse ce cheval. Être 
ferme dans les arçons, sur les arçons, Sur la 
selle. 

Perdre les arçons, vider les arçons, Être 
désarçonné, tomber, être renversé de 
cheval. 

Fig. et fam. , Être ferme dans ses arçons, 
sur ses arçons. Être ferme dans ses opinions, 
dans ses principes ^^ et les bien soutenir. 
Perdre les arçons, Être embarrassé dans la 
discussion, déconcerté dans quelque affaire, 
et ne savoir plus quelles mesures prendre. 

Aaçov, se dit, dans quelques Arts mé- 
caniques, d'Un instrument en forme d'ar- 
chet. Les chapeliers battent aifc un arçon le 
poil qni sert a fabriquer ies feutres. 

ARCTIQUE, adj. des deux genres. Sep- 
tentrional. Il n'est guère usité que dans ces 
dénominations : Pôle arctique» Cercle arcti' 
que. Terres arctiques, 

ARCTDROS. s. m. ( On prononce i'S. ) 
T. d'Astron. , emprunté du latin et dérivé 
du grec. Nom d'une étoile fixe de la première 
grandeui*, située dans la constellation du 
Bouvier, à la queue de la grande Ourse. 
On dit quelquefois, surtout en poésie, 
Aixture, 

ARB 

ARD^UON. s. m. Homme qui fait le bon 
valet, qui se mêle de tout, qui a l'air tou- 
jours alTairé. Il est familier et peu usité. 

ARREMMENT. adv. Avec ardeur. Il ne 
se dit que figurément. Aimer ardemment. 
Désirer ardemment. Se porter ardemment à 
quelque chose. Il est ardemment épris de 
cettefemme, 

ARRENTf ENTE. adj. Qui est en feu^qui 
est allumé, enflammé. Fournaise ardente. 
Brasier ardent. Fer ardent. Charbon ardent. 
Lampe ardente,. Torche ardente. Flambeaux 
ardents. 

Chapelle ardente. Luminaire nombreux 
qui brûle autour d'un cercueil, ou de la 
représentation d'un corps mort. 

Chambre ardente, s'est dit de Commis- 
sions chargées de juger certains accusés. 

Aadjuit, signifie aussi. Qui enflamme, 
qui brûle. Miroir ardent. Le soleil est très- 
ardent aujourd'hui. 

Il signifie figurément , Violent , véhément. 
Désir ardent. Amour ardent. Zèle ardent. Dé' 
votion ardente. Poursuite ardente. Soif ar- 
dente. FièîTe ardente. 

Il signifie aussi figurément, Qui se porte 
avec afiiection, avec véhémence à quelaue 
chose. Un homme ardent au combat, ardent 
à l'étude, à la chasse, à la dispute, ardent 
et âpre au gain. 

Il signifie encore figurément, Qui*a une 
grande activité; et il se dit Des animaux 



ARD 



99 



comme des personnes. Cest un homme ex» 
trémement ardent. Un esprit ardent. Un ca» 
ractère, un génie ardent. Un ardent adversaire^ 
Un jeune homme trop ardent. 

Un cheval trop ardent, Qu'on a de la peine 
à retenir, qui tend toujours à aller plus 
vite qu'on ne veut. Un clden trop ardent. 
Qui poursuit le gibier avec trop de vivacité. 

Abdsbt, se dit figurément Du poil roux. 
Poil ardent. Il a le poil ardent. On dit aussî« 
Des cheveux dun blond ardent. 

Aadsjit, est aussi substantif, et se dit 
Des exhalaisons enflammées qui paraissent 
près de terre, ordinairement le long des 
eaux stagnantes, peudant la saison chaude. 
On voit souvent des ardents dans les marais, 

AiiDsifT, s'est dit autrefois Des malades 
attaaués d'une espèce d'érésipèle ou da 
charLou pestilentiel qui régpia d'une ma- 
nière épiaémique en France, au xii* siècle. 
Le mat des ardents était fort cruel. Sainte 
Geneviève des Ardents, 

ARDER ou ARDRE. T. a. Brûler. Vieux 
mot qui s'est conservé longtemps dans cette 
phrase populaire. Le feu saint Antoine vous 
arde! 

ARDEUR, s. f. Chaleur vive, extrême. 
L'ardeur du feu. L'ardeur du soleil. Pétulant 
les grandes ardeurs de la canicule. 

Il se dit aussi de La chaleur acre et pi* 
quante qu'on éprouve dans de certaines 
maladies. L'ardeur de la fièvre. Ardeur ifeii- 
traUles, Ardeur d* urine, 

U signifie figurément, La chaleur, la vi- 
vacité avec laquelle on se porte à quelque 
chose. Se livrer à un travail acec ardeur. U.ne 
sainte ardeur. Une bouillante ardeur. Une 
ardeur passagère. L'ardeur de son zèle. L'ar* 
deur de sa dévotion. Son ardeur à servir ses 
amis. L'ardeur de briller, de s'enrichir. L'or- 
deur des combattants. Éiéveiller Vardeur des 
troupes. Poursuii're quelque chose avec or* 
deur. Être plein d'ardeur pour le senùce de 
ses amis. Modérez un peu cette ardeur. J'ai 
calmé son ardeur. L'ardeur du combat, L'ar* 
deur de la dispute. L'ardeur de la jeunesse. 
L'ardeur des passions, 

II se dit particulièrement de La vivacité ^ 
de l'excès d'activité de quelques animaux. 
Ce chei'al, ce chien a trop dardeur. Ce cheval 
donne de Vardeur à celui qui est attelé ai*ec lui. 

Ardeur , se dit encore, figurément et poé- 
tiquement». d'Une passion amoui-euse. // lui 
cachait son ardeur. Il n'avait plus pour elle 
ces ardeurs insensées.,. Une première ardeur, 

ARDILLON, s. m. Pointe de fer ou d'au- 
tre méUl, faisant partie d'une boucle, et 
servant à ai*réter la courroie que l'on passe 
dans la boucle. L'ardillon, les ardillons d'une 
boucle. L'ardillon de cette boucle est rompu. 

Prov. , // ne manque pas un ardillon à cet 
équipage. Il n'y manque rien. 

ARDOISE, s. f. Espèce de pierre tendre* 
et de couleur bleuâtre, ^ui se sépare par 
feuilles, et qui est propre a couvrir les mai- 
sons. Carrière d'ardoise. Ardoise fine. Grosse 
ardoise. Ardoise d'Anjou. Pavillon couvert 
d'ardoise. Un cent daidoises. Couvreur en or» 
doise. On écrit, on dessine sur l'ardoise. 

ARDOlséy é£. adj. Qui tire sur la cou- 
leur d'ardoise. Une teinte ardoisée. 

ARDOISIÈRE, s. f. Carrière d'où Ton 
tire de l'ardoise. 

ARDRE. V. a. Forez Ardbr. 

13. 



lOO 



ARE 



ARDU) UE. adj. Escarpé, de difficile 
accès. II n'est guère d*usage qu'au figuré, et 
n se dit Des idées auxquelles il est difficile 
d'atteindre, des questions qu'il est difficile 
de résoudre. Questions ardues. Ces matières 
sont très-ardues. 

ARE 

ARE. 8. m. Nouvelle mesure de superficie 
pour les terrains, qui contient cent mètres 
carrés. Un are de terre. Deux ares de pré. 
L'hectare vaut cent ares. 

AREC. s. m. T. de Botan. Genre de pal- 
miers auquel appartiennent les espèces 
qui portent les choux-palmistes et celle qui 
proauit le cachou. 

ARJ^JIE. s. f. Menu sable, gravier dont la 
terre est couverte en certains endroits, et 
principalement aux rivages de la mer et des 
rivières. Les brûlantes arènes de la Lib^-e, La 
molle arène. En ce sens, il appartient plus 
à la poésie qu'à la prose. 

AaivB, signifie quelquefois, Le terrain de 
l'amphithéâtre où se faisaient les combats 
des gladiateurs et ceux des bétes féroces , 
et que l'on couvrait de sable. Descendre 
dans l'arène, sur V arène. En ce sens, il ap- 
partient à la prose comme à la poésie. 

Fig., Descendre dans V arène. S'engager 
dans une dispute. // ne faut point descendre 
dans l'arène avec un homme si méprisable. 

Abàves, au pluriel, se dit, par extension. 
Des anciens amphithéâtres romains dont les 
restes subsistent dans certains lieux de la 
France. Les arènes de Nîmes, de Périgueux, 
etc. 

ARIÉNEUX, EUSE. adj. Sablonneux. La 
Libye arcneuse. Les plages aréneuses. Il est 
vieux, et ne s'emploie guère qu'en poésie. 

AREOLE, s. f. Petite aire, petite surface, 
n se dit principalement Du cercle coloré 

3ui entoure le mamelon de la femme, et 
e Celui qui se forme autour des boutons 
de la petite vérole, de la vaccine, etc. 

ARIÉOMÈTRE. s. m. T. de Physîq. Pèse- 
liqueur; instrument dont on se sert pour 
connaître les pesanteurs spécifiquement re- 
latives des fluides. 

ARlEoPAGE. s. m. Nom d'un tribunal 
d*Athènes, placé dans un lieu consacré à 
Mars , et célèbre dans l'antiquité par sa ré- 
putation de sagesse. 

Il se dit, figurément et par respect, d'Une 
assemblée de juges, de magistrats, d'hom- 
mes d'État, d'hommes de lettres, etc. Je ne 
me présente qu'en tremblant devant cet aréo» 
page. Un aiéopage littéraire. 

ARÉOPAGITE. s. m. Membre de Faréo- 
page. 

AR^OSTTLE. s. m. T. d'Archît Édifice 
dont les colonnes sont très-éloignées les unes 
des autres, jusques a quatre diamètres 
dentre-colonnement. 

ARÉOTECrONIQUE. s. f. Partie de la 
science de l'ingénieur qui concerne l'attaque 
et la défense des places. 

ARÊTE, s. f. Il se dit Des os longs, min- 
ces et pointus qui se trouvent dans la chair 
de certains poissons, jéréte piquante. Petite 
arête. Grosse arête. Poisson qui a beaucoup 
d'arêtes, peu d'arêtes. Avaler une arête. Avoir 
une arête dans le gosier. Il s'étrangla avec 
une arête. Prenez garde aux' arêtes. 



ÂRG 

Il désigne quelquefois. Le squelette en» 
tier du poisson. L'arête d'une sole. L'arête 
dtune carpe. 

AaâTB, en termes de Botanique, se dit 
Des barbes qui accompagnent l'épi de cer* 
taines graminées, telles que l'orge, le seigle, 
etc.; et, en général, de Tout filet sec, 
grêle, et plus ou moins roide, qui res- 
semble aux barbes des graminées. 

AaiTE , en termes d'Architecture , Angle 
saillant que forment deux faces, droites ou 
courbes, d'une pierre, d'une pièce de bois, 
etc. Cette tablette de marbre a les arêtes écor- 
nées. 

Cette pièce de bois, cette poutre, cette so- 
lii-e est taillée à vi%*e arête, On l'a bien équar- 
rie, on n'y a laissé ni écorce ni aubier, et 
tous les angles en sont bien marqués. On 
dit de même qu'CTne pièce de bois ou de fer 
est à vive arête. 

L'arête d'une voûte. L'angle qu'elle forme 
avec un mur ou une autre voûte. 

ARÊTIER, s. m. T. d'Archit. Pièce de 
charpente , droite ou courbe dans sa lon- 
gueur, qui se place à la partie saillante et 
rampante d'un comble formée par la ren- 
contre de sa face avec sa croupe. 

ARG 

ARGANEAU. s. m. Foyez OaGàVBàU. 

ARGÊHONE. S. f. T. de BoUn. Plante 
aussi nommée PavH>t épineux, parce Qu'elle 
est armée d'épines, et qu'elle ressemble au 
pavot. 

ARGENT, s. m. Métal blanc, brillant et 
très-ductile, qui est le plus précieux après 
l'or et le platine. Mine d'argent. Mfinière 
dt argent. Veine d'argent. Argent vieige. Barre, 
lingot ér argent. Argent en barre, en lingot, 
en feuilles, en cuivre. Tirer, fondre, affiner, 
battre, monnayer, marquer, trmmiller de l'ar- 
gent. Argent fin, affiné, purifié, monnayé, 
traK*aillé, ouvragé, battu, moulu. Argent 
trait. Argent filé. Argent mat. Argent poli, 
bruni. Argent plaqué. Argent haché. Argent 
en pâte, en bain, en coquille. Argent de cou- 
pelle. Argent faux. Faux argent. Argent à 
tel ou tel titre. Argent de bon aloi. La mon- 
rude d^€urgent, en France, esta neuf dixièmes 
de fin. Médailles, jetons, pièces émargent. 
Feuille d'argent^ Ouvrages (tarant. Faisselle 
d'argent. Couverts d'argent. Plats, assiettes, 
flambeaux d'argent, d'argent massif. Toile 
d'argent. Passement (Targent. Dentelle ^ar- 
gent. Étoffe à fond d'argent. Nitrate dt argent. 
Oxyde d'argent. Chlorure d'argent. Argent 
fulminant. Dans le langage vulsaire, on 
nomme Fif -argent, ou Argent vif. Le mer- 
cure. 

Il se dit, particulièrement, de La monnaie 
faite de ce métal. Foulez-vous être payé en 
or, ou en argent? On a battu cette année à 
la Monnaie tant de millions en argent, et tant 
en or. Tous ces sacs, toutes ces sommes sont 
en argent. On dit quelquefois Argent blanc, 
dans le même sens. Tout son remboursement 
lui a été fait en argent blanc. 

Il se dit aussi , en général, de Toute sorte 
de monnaie d'or, d'argent, ou de quelque 
métal que ce soit L'argent du roi, du trésor. 
L'argent du fisc. L'argent des particuliers. 
Payer en argent comptant, Ai*oir de Vargent 
en bourse, en caisse, dans le commerce, à la 



ARG 

banaue. Prendre de Vargent à intérêt. Prêter 
de Vargent. Emprunter de Vargent. Placer 
son argent. Toucher de Vargent. Tirer df 
Vargent de quelqu'un. Amasser de Vargent» 
Faire argent de tout. Il a si fort envie de 
vous payer, qu'il vend ses meubles pour vous 
faire de Vargent. Avancer de Vargent. Four» 
nir de Vargent, Dépenser de Vargent. Dépens 
ser son argent mol à propos. Manger son or» 
gent en débauches. Prodiguer Vargent. Semer 
Vargent, Perdre son argent au jeu, Vc^er 
de Vargent à quelqu'un, lui voler son argent. 
Aimer l'argent. Être âpre à Vargent, Courir 
à Vargent, après Vargent. Courir après som 
argent. Être court d'argent. Se trouver court 
d'argent. Attendre, languir après son argent. 
L'argent s'en va vite. Il faut avoir toujours 
Vargent à la main avec les ouvriers. Faire tout 
à force (Vargent. Travailler pour de Vargent, 
Ne rien faire que pour de Vargent. Se laisser 
corrompre par argent. C'est un juge incorrup»' 
tible, il n'y a rien à /aire auprès de lui par 
argent. Entre gens a honneur la parole vaut 
Vargent, 

Argent du jeu, Argent gagné au jeu. Ar- 
gent des cartes, Argent donné pour les car» 
tes fournies aux joueurs. 

Fam., Argent mignon. Argent qu'on a 
mis en réserve, et qu'on peut, sans se gê- 
ner, employer en dépenses superflues. 

Fam., Payer argent sec, argent bas, argent 
sur table. Payer argent comptant. 

Prov. et fig. , Argent comptant porte mé^ 
decine, L'argent comptant est d'un grand 
secours dans les affaires. 

Fig. et fam. , Prendre quelque chose pour 
argent comptant. Croire trop facilement ce 
Qu'on nous dit; Faire trop de fond sur de 
simples apparences. 

Prov. et fig. , Avoir le drap et Vargent, Re* 
tenir la marchandise et le prix. Avoir le 
temps et Vargent, Avoir toutes choses à sou- 
hait. 

Jouer bon jeu, bon argent. Jouer sérieu- 
sement, et avec l'obliption de ^yer sur- 
le-champ. On dit aussi, par allusion au Jea 
de paume , Mettre argent sous corde. Jouer 
argent comptant. 

Fig. et fam. , Y aller bon jeu, bon argent. 
Agir tout de bon, sérieusement. On le dit 
surtout De personnes qui se battent, qui 
plaident, qui disputent. 

Mettre de bon argent contre du mawveds^ 
Faire des avances, des frais dans un pro- 
cès, dans une affaire oà l'on court risque 
de ne rien retirer. 

Prov. et fig. , Cest de l'argent en barre p 
se dit D'une marchandise qui est de bon et 
de prompt débit, ou d'un effet qui vaut au- 
tant que de l'argent comptant. Cest argent 
péMu, autant a argent perdu, se dit D'un 
argent dépensé pour une affaire qu'on ne 
croit pas devoir réussir. Cest de l'argent 
mort, se dit De l'argent qui ne porte aucun 
profit, aucun intérêt. 

Prov. et ^%.^ Le terme vaut Vargent ^ 
Quand on a beaucoup de temps devant sot 
pour payer, on a bien des moyens de sa- 
tisfaire a ses engagements. 

Prov. et fig.. Point iVargent, point de 
Suisse, signifie qu'On ne fera rien sans être 
bien assuré du payement, ou qu'On n'aun 
point de secours des gens dont on parle, ti 
l'on n'est pas en étal de les payer. 



ARG 

Fîg. et fam.y Cest un bourreau d'argent, 
MM vrai bourreau d'argent. C'est un homme 
excessivement prodigue. 

Argevt, en termes de Blason, désigne 
Un des métaux employés dans les armoiries, 
et qu'on représente par de l'argent, ou sim- 
plement avec du blanc. Cette maison porte 
d argent au lion de sable, 

AKGBBITEB. y. a. Appliquer des feuilles 
d'aifent sur des ouvrages de métal, de bois, 
de cuir, etc. , de manière qu'ils paraissent 
être faits d'argent. Argenter un vase, Argen* 
ter des ornements en relief. 

Il se dit figurément en poésie, et signifie. 
Donner à quelque chose l'éclat, la blancheur 
de l'argent. La lune argentait les flots. 

AacuiTi , SB. participe. Garde d'épée ar- 
geiUée. Flambeaux argentés. 

Il se dit adjectivement, au figuré, De ce 
qui rappelle 1 éclat et la blancheur de l'ar- 
gent ùe plumage argenté des n'gnes. Blanc 
argenté. Poétiquement : Des jlots argentés. 
Lu lumière argentée, les rayons argentés de 
la lune. 

Gris argenté. Couleur grise i mêlée de 
Uanc» ^ lui donne de l'éclat. Des cheveux 
dun gns argenté. 

AKGEHTERIE. s. f. Vaisselle et autres 
meubles ou ustensiles d'argent. // a vendu 
toute son argenterie. Il a pour dix mille francs 
d argenterie. Une belle argenterie. 

AaGKHTBaiB, dans les églises, se dit de 
La croix, du bénitier, des chandeliers, et 
de tous les vases d'areent oui servent pour 
la cérémonies du culte. L argenterie aune 
paroisse. 

AacBBTXBiB, se disait anciennement, 
chez le roi , d'Un fonds qui se faisait tous 
les ans pour certaines dépenses extraordi* 
naires. Trésorier et contrôleur de l'argenterie. 

ARGEHTEUR. s. m. Ouvrier qui argenté 
les métaux, le bois, et autres matières. 

ARGENTEUXi EIJSE. adj. Pécunieux, 
qui a beaucoup d'argent. Cest un homme 
fui n'est guère argenteux. Il est populaire. 

ARGEHTIEE. s. m. Nom qu'on donnait 
•ntrefbisy chex les princes souverains, à 
Fofficier préposé pour distribuer certains 
fonds d'argent. 

Il se disait particulièrement, en France, 
Du surintendant ou ministre des finances. 

ABCBHTIIIy IlfE* adj. Qui a un son clair 
et retentissant comme celui de l'argent Clo^ 
cke qui a un son ar^ntin. Voix argentine, 

n se dit quelquefois Des choses qui ont 
Téclat et la blancheur de l'argent. Couleur 
argentine. Poétiquement : Onde argentine. 
Fbts argentins» 

En Peinture, Ton argentin. Certain effet 
de couleur qui rappelle le blanc de l'argent. 

ARGEHTINB. s. f. T. de BoUn. Plante de 
la famille des Rosacées, qui a le dessous des 
feuilles d'un blanc luisant, et comme ar- 
genté. 

ARGENTCRE. i. f. Areent en feuilles 
très-minces appliqué sur la superficie de 
Quelque ouvrage. Ouvrages de dorure et 
margenture. 

n signifie aussi. L'art d'appliauer les 
feuilles d'argent Cet ouvrier entend bien Var- 
gemure, 

ARGILE, s. f. Glaise, terre molle. Fase 
étamle. Statue d^argile. Pétri d^argile. Une 
argile grossière. 



ARG 

ARGILEUX, EUSE. adj. Qui tient de 
l'argile, qui est formé d'argile. Terre argi* 
leuse. Terrain argileux. Couche argileuse. 

ARGO. s. m. T. d'Astron. Constellation 
de l'hémisphère austral , qui a reçu le nom 
du navire sur lequel Jason et ses compa- 
gnons allèrent en Colchide conquérir la 
toison d'or. 

ARGONAUTES, t. m. pi. Nom des héros 
grecs qui, sous la conduite de Jason, s'em- 
barquèrent sur le navire Argo , pour aller 
en Colchide conquérir la toison d'or. L'ex' 
pédition, le voyage des Argonautes. 

Abgomautb, en Histoire naturelle, est 
le nom d'Un mollusque univalve qu'on ap- 

Selle autrement Nautile papyracé. Voyez 
[âutilb. 

ARGOT, s. m. Certain langage des gueux 
et des voleurs, qui n'est intelligible qu entre 
eux. Savoir V argot. Apprendre i argot. Parler 
l'argot. Un terme d'argot. 

Il se dit quelquefois , par extension , Des 
mots particuliers qu'adoptent entre eux les 
gens de certaines professions. L'argot des 
coulisses. 

ARGOT, i. m. T. de Jardinage. Il se dit 
Du bois qui est au-dessus de l'œil. Betran' 
cher les argots qui paraissent sur un arbre. 

ARGOTER. V. a. T. de Jardinage. Couper 
l'extrémité d'une branche morte. 

AaooTX, is. participe. - 

ARGOULET. s. m. Il s'est dit autrefois 
d'Un carabin ; et il se dit figurément d'Un 
homme de néant. Il est familier et très- 
peu usité. 

ARGOUSIK. s. m. Bas officier des bagnes, 
chargé de la garde des galériens oii forçats. 

ARGUE, s. f. Machine servant à dégrossir 
les lingots d'or, d'argent ou de cuivre, qui 
doivent ensuite passer par des filières plus 
fines. 

Il se dit aussi d'Un bureau public où les 
tireurs d'or portent leurs lingots à dé- 
grossir. 

ARGUER. V. a. (L'U se prononce. ) Re- 
prendra, contredire, accuser. H est vieux 
en ce sens, et n'est plus guère usité que 
dans cette phrase de Pratique, Arguer un 
acte de faux. 

Ahgubb, neutre, signifie, dans le langage 
ordinaire, Tirer une conséquence d'un fait, 
d'un principe. Fous arguez mal à propos de 
ce fait, 

AaGvi, ÛE. participe. 

ARGUMENT. S. m. T. de Logique. Rai- 
sonnement par lequel on tire une consé- 
quence d'une ou de deux propositions. 
Argument en forme. Puissant argument. Ar- 
gument concluant, démonstratif, pressant, 
invincible. Fort argument. Faux argument. 
Argument victorieux, péremptoire, captieux, 
sophistique. La force a un argument. La soli' 
dite éCun argument. Faire un argument. 
Pousser un argument. Résoudre un argu- 
ment. Répondre à un argument. Satisfaire à 
un argument. Éluder un argument. Rétorquer 
un argument. 

Argument ad hominem. Argument qui 
tire sa force des circonstances propres ou 
relatives à la personne même à qui on l'a- 
dresse. 

Abgumbbt, signifie aussi, Conjecture, 
indice, preuve. Jen tire un grand argument 
contre lui. 



ARI ICI 

AaGUMBirT, signifie encore. Le sujet en 
abrégé d'un ouvrage. L'argument d* une pièet 
de théâtre, d'un poème épique, d'un discours 9 
d'un traité. 

ARGUMENTANT. S. m. Celui qui argu- 
mente dans un acte public contre le répon- 
dant. Le premier argumentant. Le second 
argumentant. 

ARGUMENT ATEUR. S. m. Celui qui 
aime, qui se plait, qui cherche à argumen- 
ter. Argumentateur perpétuel, continuel. IL 
ne se dit qu'en mauvaise part. 

ARGUMENTATION, s. f. Action, art 
d'argumenter. Une bonne argumentation. 
Pendant son argumentation. Traité de l'argU' 
mentation. Les règles de l'argumentation. /? 
excelle dans l'argumentation. 

ARGUMENTER, v. n. Faire un ou plu- 
sieurs arguments; prouver par arguments; 
ou Tirer des conséquences d'une chose à 
une autre. // argumenta contre un tel. ArgU" 
menter contre une proposition. Argumenter 
en forme. J'argumente ainsi. Cest mal argu* 
menter. Il ne faut pas argumenter de la pos- 
sibilité à l'effet. On peut toujours argumenter 
de Vacte à la puissance, mais non de la 
puissance à Vacte. L'acte dont on argumente 
est nul dans lajcrme et au fond. 

ARGUS, s. m. (On prononce l'S. ) T. de 
Mythologie. Nom d'un prince argien à qui 
Junon confia la garde d'Io changée en vache ; 
et qui avait cent yeux, dont cinquante res- 
taient ouverts pendant le sommeil des cin- 
quante autres. Il se dit, figurément et fami- 
hèrement, d'Une personne chargée d*en 
surveiller, d'en espionner une autre conti- 
nuellement. C'est un Argus qui ne me perd 
pas de vue un seul instant. Cette femme, cet 
homme est mon Argus. 

Fîg. , A%*oir des yeux <t Argus, Être fort 
vigilant, observer tout, ne rien laisser 
échapper. 

Ahgus , en Histoire naturelle , est Le nom 
d'une espèce de faisan , de deux espèces de 
poissons, de plusieurs papillons, aune co- 
quille du genre porcelaine, etc., en gé- 
néral remarquables par des taches rondes et 
plus ou moins nomoreuses que l'on a com- 
parées à des yeux. 

ARGUTIE, s. f. (On prononce Argucie. ) 
Raisonnement pointilleux, vaine subtilité* 
Il y a plus d'arguties dans ce discours que de 
raisonnements solides. Ce sont là des arguties, 
de vaines arguties. Des arguties scolastiques. 

ARGTRASPIDES. S. m. pi. T. d'Antiq. 
Nom d'un corps d'élite de l'armée d'Alexan- 
dre, ainsi nommé parce que les soldats 
dont il était composé ^ portaient un bou- 
clier d'argent. 

ARI 

ARIANISME. i. m. Hérésie, doctrine des 
ariens. 

ARIDE, adj. des deux genres. Qui est 
sec, dépourvu de toute humidité. Terre 
aride. Sables arides. Roches arides. Montagne 
aride. Herbes arides. Saison aride. Citerne 
aride. 

Il se dit figurément D'un sujet qui prête 
>eu, d'un esprit qui ne produit riçn, et 
l'une âme qui manque de sensibilité. Sujet 



peu, 

d'une flme qui manque 
aride. Esprit aride, ^me aride. 
ARIDITÉ. S. f. Sécheresse. Il se dit au 



roa 



A M 



•propre et au figuré. Validité de la terre. 
Varldité d'un terroir. L'aridité' de ta saison. 
' L'aridité de V herbe brûlée par le soleil. L'ari" 
dite diun sujet. Une grande aridité de style. 
Il y a dans tous ses ouvrages une sécheresse, 
une aridité étrange. Son âme est (Tune art' 
dite gui le rend étranger à tout ce qui inté» 
resse autrui. 

Abiditx, CD Yangage de Dévotion, se dit 
de L'état d'une âme qui ne sent point de 
consolation dans les exercices de piété. Les 
flus grands saints ont des temps a aridité. 

ARIEN, lENXE. s. Il se dit Des secta- 
teurs d'AriuSy hérésiarque célèbre du com- 
mencement du Quatrième siècle, qui niait 
la consubstantialité. 

Il s'emploie aussi adjectivement Un prince, 
un éi'éque arien. 

ARIETTE, s. f. T. de Musiq. Air léger, 
d'un mouvement plus ou moins vif et mar- 
qué, qui s'adapte à des paroles, et qui se 
chante avec des accompagnements. Comédie 
mêlée d'ariettes. Chanter une ariette. 

ARIST ARQUE, s. m. Nom propre d'un 

grammairien célèbre d'Alexandrie, qui pu- 
lia neuf livres de corrections sur Homère. 
On l'emploie fîgurément pour désigner Un 
critique judicieux et sévère. Quelquefois il 
est ironique. Un habile Aristarque. Nos mo» 
' demes Jristarques. 

ARISTOCRATE, s. des deux genres. Par- 
tisan de l'aristocFatie. Un aristocrate. Une 
aristocrate. 

n est aussi adjectif. Cet homme est fort 
aristocrate. 

ARISTOCRATIE, s. f. Gouvernement po* 
litique ou le pouvoir souverain est possédé 
et exercé par un certain nombre de per- 
sonnes considérables. La république de Ve* 
nise était une aristocratie. 

Il se dit aussi , dans certains gouverne- 
ments où les pouvoirs sont balancés, Du 
pouvoir possédé et exercé par une des 
chambres législatives, composée d'hommes 
que la constitution a revêtus de certains 
privilèges. Les grands sennces rendus à tÉtat 
et les grandes fortunes sont la source de Fa» 
ristocratie. L'aristocratie anglaise. 

Il se dit encore, dans' une acception plus 
étendue, de La classe noble. Dans ce pays\ 
T aristocratie était généralement pauvre et peu 
éclairée. L'aristocratie, pour se populariser, 
a besoin d*étre protectrice et bienfaisante. 

ARISTOCRATIQUE, adj. des deux gen- 
res. Qui appartient à l'aristocratie. Étiit 
aristocratique. Gouvernement aristocratique. 

ARISTOCRATIQVEMENT. adv. D'une 
manière aristocratique. Cet État est gouverné 
aristocratiquement. 

ARISTOLOCHE, s. f. T. de Botan. Genre 
de plantes à fleurs monopéules et irrégu-^ 
lières , en forme de cornet renflé à la base. 
La serpentaire de Firginie est une espèce 
d'aristoloche. L'aristoloche^dématite croit na- 
tureltement par toute la France. Il y a une 
espèce d'aristoloche dont le suc fiât mourir les 
serpents. 

ARISTOTELICIÊir, lENVB. adj. Con- 
forme à la doctrine d'Aristote. La philoso* 
phie aristotélicienne. 

Use dit, substantivement, Des partisans 
d'Aristote. Les aristotéliciens. 

ARISTOTÉLISME. s. m. La philosophie, 
la doctrine d'Aristote. 



ARM 

ARITHM^ICIEN. s. m. Qui sait l'arith- 
métique. Bon arithméticien. Savant arithmé- 
ticien. 

ARITHnériQlTB. s. f. Science des nom- 
bres, art de calculer. Jrithmétique spécula- 
tive. Arithmétique pratique. Arithmétique 
décimale. Les quatre premières rè^es de Ta- 
rithmétique. Vous trouverez, en bonne arith- 
métique, etc. 

ARITHMÉTIQUE, adj. des deux genres. 
Qui est fondé sur les nombres, sur les Quan- 
tités ; qui est selon les règles de l'arittimé- 
tique. Calcul arithmétique. Proposition arith- 
métique, 

Bapport arithmétique de deux quantités, 
La dinérence de ces deux quantités. Pro- 
portion arithmétique. L'égalité de deux rap- 
ports arithmétiques. Progression arithméti- 
que. Celle où la différence de chaque terme 
au terme précédent est constante. 

ARITHlNéTIQtEHENT. adv. D'une ma- 
nière arithmétique. Procéder arithmétique- 
ment. 

ARL 

ARLEQUIK. 8. m. Personnage de la co- 
médie italienne, que nous avons introduit 
sur notre théâtre, et dont le vêtement est 
tormé de' pièces de diverses couleurs. Jouer 
les arlequms.Étre vêtu, déguisé en arlequin. 

Fig. et fam., Un habit (Tariequin, Un 
tout composé de parties disparates, un ou- 
vrage fait de morceaux pris de différents 
auteurs. 

ARLEQUINABE. s. f. Bouffonnerie d'ar- 
lequin , soit dans le jeu , soit dans les pa- 
roles. 

Il se dît aussi d*Un genre de pièces de 
théâtre où l'arlequin joue le principal râle. 
On vient de jouer une ariequinade /ort plai- 
sante* 

ARM 

ARMADILLE. s. f. Petite flotte que le roi 
d'Espagne entretenait autrefois dans le nou- 
veau monde , pour empêcher que les étran- 
gers ne commerçassent dans ses possessions. 
Il y allait alors une armadille à Carthagène, 
et une à Callao. 

n se disait également Des frégates légères 
qui faisaient partie de cette flotte. 

ARMATEUR, s. m. Celui qui arme, qui 
équipe à ses frais un ou plusieurs bâtiments 
pour les envoyer en course, ou seulement 
pour commercer. Les armateurs du Havre, 
de Marseille, etc. Les armateurs français ont 
fait plusieurs prises. Un riche armateur. 

Il se dit également Du capitaine qui 
commande un navire armé en course; et, 
par extension , Du navire même. 

ARMATURE, s. f. Assemblage de diffé- 
rentes barres ou liens de métal pour sou- 
tenir ou contenir les parties d'un ouvrage 
de maçonnerie, de charpenterie, de méca- 
nique, d'un modèle de sculpture de terre, 
d*uhe figure coulée en bronze, etc. 

ARME. s. f. Instrument qui sert à atta- 

3uer on à se défendre. Arme offhnsive. Arme 
éfensive. Arme à feu. Arme blanche. Lefur 
silet le pistolet sont des armes à feu. Vépée, 
le sabre et la baïonnette sont des armes blan- 
ches» Arrnt d^une bonne trempe. Faisceau 



ARHt 

dt armes. Trophée d'armes. Armes courtoises. 
Armes émoulues. Arme d'hast. Arme de trasi. 
Armes de jet. Se saisir d^ une arme. Distribuer 
des armes. Il se présenta seul et sans armas. 
Plusieurs animaux sont pourvus d^armss nâ" 
turelles. 

Homme d'armes, se disait anciennemeÉl 
d'Un cavalier armé de toutes pièces. 

Gens tTarmes. Voyez Gxirs. 

Capitaine d'armes, Sous-olHcier de la ma- 
rine militaire dont le grade est analogue k 
celui de fourrier , et qui a la garde des 
menues armes du vaisseau. 

Stdle Cannes, Espèce de galerie qui ren- 
ferme des armes rangées en bon ordre et 
bien entretenues. 

Place dt armes. Place où Ton exerce les 
troupes, dans une ville de guerre, dans une 
citaaelle. (Voyez les autres sens de cette 
locution, au mot Placb.) 

Port d'armes. Action de porter des armes. 
Le port alarmes n'est pas permis à toute 
sorte de personnes. 

Port d^ armes, siniifie aussi. L'attitude 
du soldat qui porte les armes. // est au pot* 
d^armes. Voyez Pobt. 

Porter, présenter les armes, Exécuter cer- 
tains maniements de l'arme qui font partie 
de l'exercice militaire, et qui sont aussi des 
signes d'honneur. Présenter les armes à quel" 
qu'un. 

Le salut des armes. L'espèce de salut qui 
consiste en un certain mouvement de 
l'arme. 

Porter tes armes. Servir, faire la guerre. 
n a porté les armes dans la dernière campO' 
gne. Porter les armes contre son pays. 

Prendre les armes, S'armer, soit pour ae 
défendre ou pour attaquer, soit pour rendre 
honneur à quelqu'un, ou pour Qiire Texer- 
cice. On dit de même, Une prise d'armes. 

Aux armes ! Cri par lequel on avertît une 
troupe de prendre les armes. O/i criait. 
Aux armes, aux armes! 

En venir aux armes. Commencer la 
guerre. 

Poser les armes. Mettre les armes bas , se 
rendre. Cela signifie auasi, Faire la paix on 
une trêve. 

Rendre les armes, Hemettre ses armes au 
vainqueur; et figur&ment, S*aToner vainca. 

Fig. , Faire tomber les armes des moins à 
quelqu'un. Le fléchir, l'adoucir, l'apaiser. 

Être présent sous les armes, Être sous 
les drapeaux et en état de faire son service. 

Être sous les armes, se dit D'une troupe 
qui a pris les armes pour faire quelque 
service, ou pour rendre quelque honneur. 
On dit de même , Se mettre sous les armes, 
rester sous les armes. 

Ce prince a tant d'hommes sous les armes. 
Il a tant d'hommes prêts à combattre. 

Être bien sous les armes. Avoir bonne 
mine, bonne grâce, quand on est armé 
quand on se tient avec son arme ou tes ar- 
mes dans l'attitude convenable. 

Faire passer un soldat par les armes. Le 
faire fusiller par jugement du conseil de 
guerre. 

Aaxxs, au pluriel , signifie aussi, La pro- 
fession de la guerre. // est né pour les armes. 
Suivre les armes, la carrière aer armes. Quit" 
ter les armes. Prendre le métier des armes. 

Il signifie également, Les entreprises de 



ARM 

piene, les exploits militaires. L'heuretix 
SKceès de nos armes, IXeu a béni, a faitpros» 
fénrUs armes de la France, Alexandre porta 
sa ormes jusque dans les Indes, 

Suspension dormes. Cessation des hosti- 
Btés convenae, pour un temps, entre deux 
piTties belligérantes, entre deux armées. 

Fàre ses premières armes. Faire sa pre- 
nière campagne» aller à la guerre pour la 
première foia. 

Unfàtétarmes, Un exploit guerrier. Un 
Um fait d'armes. De grands faits dt armes, 

Prov. , Les armes sont journalières, Le sort 
des «mes est inégal ; dans la guerre , on est 
sojet à éprouver la bonne et la mauvaise for- 
tune. I) se dit figurément dans toutes les oc- 
casions où Ton peut bien ou mal réussir, où 
iUrrive qu'on tait tantôt bien, tantôt mal. 
On ne gagne pas toujours an jeu, les armes 
sont journalières. Un auteur dramatique ne 
fèusit pas toujours, les armes sont jour» 
ntSères, 

AiMxs, au pluriel, se dit partîculière- 
neot en parlant De Tescrime. Maître dtai-' 
mes, ou Mlàttrt en fait dormes. Celui qui 
easeigae Fescrime. Fedre des armes, tirer 
des armes, S'exercer à fescrime. Mettre les 
armes à la main à un jeune homme. Être le 
premier à lui apprendre Tescrime. M*oir les 
annes bettes^ Faire des armes de bonne 
grâce. Salk darmes. Lieu où l'on ensei- 
gne publiquement à faire des armes. 

Aux, se dit aussi Des différentes espèces 
de troupes qui composent une armée , c*est- 
SHlire, cavalerie, infanterie, artillerie, eé- 
me. Ce détaeAement était composé de dijSfé- 
notes armes. Hy a des instructions pour les 
Mirentes armes. Dans quelle arme sert-il? 
larme de FartiHerie, de i infanterie, des oui' 
rasskrs, des dragons, etc. 

AnauBf au pluriel, se dit encoi*e pour 
signifier Tonte Tarm.ure d'un bomme de 
gueire. Armes complètes. Armes à tépreuve 
de la Salle, à l'épreuve du pistolet. Armes 
fort riches. De belles armes. Endosser les ar- 
mes. Se couvrir de ses armes. Il reçut un coup 
ions ses armes, un coup qui faussa ses 
armes, 

Kg. et fam. , Elle est sous les armes, se 
<ijt D'une femme qui est extrêmement pa- 
rée. 

Aiins, ae dit figurément, au sens mo- 
ral i de Tout ce qui sert à combattre Quel- 
qu'un, à détruire une erreur, une passion , 
de. Cette loi est une arme terrible entre les 
^^asns du pouvoir. Fous me fournissez des 
^^rma contre vous-même. Les armes de télo- 
^aence. Les armes de la raison, Ijc jeâne et la 
prière sont des armes contre les tentations. 

Fig. , Faire arme de tout. Se servir de 
toutes aortes de moyens pour réussir dans 



^ AxMxs, eo termes de Blason , se dit Des 
ii|Det héraldiques peints ou figurés sur 
Pecn et sur la cotte d'armes. Les armes de 
France. Les armes de Fempire d Autriche. 
Belles armes. Des armes fort nobles. Il hérita 
^ tous les biens de cette maison, à comùtion 
'« porter le nom et les armes. Armes plei- 
^, Armes brisées, mi-parties, écartelées, 
timbrées. Il porte un lion en ses armes. Les 
titpports de ses armes. Les armes font partie 
de la succession. Héraut d'armes. Rot dar- 
Aer. Chef du nom et armes de cette maison. 



ARM 

SeeUer du sceau de ses. armes, Caeket dar^ 
mes. 

Juge darmes. Celui qui était établi pour 
juger des armoiries et des titres de noblesse. 

Armes fausses , ou Armes à enquerre, Ar- 
mes qui ne sont pas selon les règles du 
blason, oui offrent, par exemple, métal 
sur métal, ou couleur sur couleur. 

Armes pariantes, Celles qui expriment 
en tout ou en partie le nom de la maison. 
Ainsi, Les armes du royaume de Castiile sont 
un château; les armes de la maison de Maitty, 
des maillets; celles de la maison de Créquy, 
un créquier, etc, 

ARMÉE, s. f. Nombre plus ou moins 
considérable de troupes assemblées en un 
corps, sous la conduite d'un général. 
Grande, puissante, nombreuse armée. Petite 
armée. Armée victorieuse, triomphante, invin- 
cible. Armée délabrée, défaite, oattue, rujnée. 
Armée en déroute. Armée en bon ordre. 
Année de vieilles troupes. Armée navale. Ar- 
mée de réser%*e. Armée de siège. Armée dob' 
servation. Lever, mettre sur pied , entretenir, 
faire subsister une armée. Général darmée. 
Les chefs de tarmée. Maréchal des camps et 
armées du roi. Les troupes sont en corps 
darmée. L'armée marche. La marche de far* 
mée. L'année campait, était campée. Les 
quartiers de Varmée, L'armée a pris ses 
quartiers. Mettre, ranger une armk en ba^ 
taille. Rassembler, recueillir les débris dune 
armée. Faire la revue dune armée. Comnuui' 
der une armée, La tête, le front, les ailes 
dune armée. Le choc de deux armées. Les 
deux armées étaient en présence, L'Écriture 
sainte appelle Dieu Le Dieu des armées. . 

Il se dit, absolument, de Toutes les trou- 
pes qu'un État lève et entretient pour sa 
sûreté. Les différents corps de formée. 
Mettre Varmée sur le pied ae guerre, sur le 
pied de paix. Entrer dans tarmée, dans les 
rangs de formée. On dit de même : Armée 
permanente, régulière, soldée. L'armée, les 
armées de terre et de mer. JStc. 

L'armée du Nord, formée d Italie, etc., 
La partie de l'armée qui est en expédition 
dans le Nord, en Italie, etc. Cet qfficier 
/àisait partie de l'armée d'Espagne. 

ARUEIJNE* s. i. Peau très-fine et fort 
blanche, qui vient de Laponie, et qui ap- 
partient à l'hermine. 

ARMEMENT, s. m. Appareil de guerre. 
Grand, puissant, formidable armement. Faire 
un armement. Armement par terre et par mer. 
Armement par terre. Armement sur mer. Ar^ 
mement naivil. 

Il signifie aussi, L'action dHirraer, de 
pourvoir des armes nécessaires; et quelque» 
fois, L'ensemble des objets qui servent à 
armer. L'armement dua soldai. L'armement 
dune place de guerre. L'armement dune 
troupe. Son armement se compose de.., con* 
siste en.,^ 

L'armement dun vaiueau, dun navire. 
L'action de les équiper et de les tenir prêts 
à prendre la mer, quelle que soit leur des- 
tination. Fjaisseaux en armement. Entrer 
en armement. Finir son armement. Frais 
darmement. État darmement. 

ARMER. V. a. Pourvoir d'armes. // y a 
dans cet arsenal de quoi armer cinquante 
mille hommes. Il en a coûté tant pour oT' 
mer cette compagnie. 



ARtM 



io3 



Il signifie encore , Bevêtir d'armes défeii« 
sivea. Armer quelqu'un de toutes pièces. On 
forma de pied en cap. 

Armer quelqu'un chevalier, se dit en par- 
lant De la cérémonie par laquelle on rece- 
vait quelqu'un chevauen 

Armer un bâtiment. L'équiper, le pour- 
voir de tous les objets nécessaires pouç 
le mettre en état de prendre la mer, soit 
qu'on le destine à Taire la guerre , soit 
qu'il doive seulement naviguer pour le 
commerce. Armer un vaisseau en guerre, en. 
course. Armer un mun're pour le commerce. 

Armer une batterie, La garnir de canons. 
On dit de même, Armer une place de guerre, 
Garnir ses remparts de pièces de canon. 

Neutral., en termes de Marine, Armer, 
sur un vaisseau. S'y embarquer pour faire 
partie de l'équipage. Je me rendis à Brest, 
oà j'armai sur le Terrible. 

Abmxb , s'emploie absolument pour dire , 
Lever des solciats, lever des troupes. On 
arme de tous côtés. Toutes les puissances de 
f Europe arment, 

Aembr, signifie figurément, Donner oc« 
casion de prendre les armes, de faire la 
guerre. Le fanatisme a souvent armé les peU' 
pies les uns contre les autres. 

Il signifie aussi figurément, Animer, irri- 
ter, soulever. Ses vices ont armé tous les 
honnêtes gens contre lui. Armer le fils con* 
tre le père, l'ami contre fami, 

A&uER, signifie, par extension, Garnir 
une chose avec une autre qui la fortifie, 
qui la met plus en état de servir. Armer un 
aimant. Armer une poutre de bandes de fer. 
Armer une meule ae moulin avec des liens 
de fer. 

Armer un fusU, un pistolet. Tendre le 
ressort qui met le chien de la batterie en 
état de aabattre. 

En Fauconnerie, Armer f oiseau. Lui at- 
tacher des sonnettes. 

En Musiq., Anner la clef. Mettre à la 
clef le nombre de dièses ou de bémols 
convenables pour indiquer le ton dans le- 
quel l'air est écrit. 

AaMaa, avec le pronom personnel, si- 
gnifie. Se munir darmes, soit offensives, 
soit défensives. S'armer dune épée, dun 
pistolet. S'armer dune cuirasse. Ils s'arme» 
rent aussitôt, et furent en état de combattra. 
S'armer dun bâton, dune fourche, de tout 
ce qu'on trouve sous sa main, 

il signifie aussi , Prendre les armes, faire 
la guerre. Cet écrivain autorise les sujets à 
s'armer contre leur prince. 

Il signifie figurément. Se munir, se pré- 
cautionner contre les choses qui peuvent 
nuire, qui peuvent incommodter. S'armer 
contre les accidents de la fortune. S^ armer 
contre les tentations. S^armer contre les maux, 
former contre le froid, contre la pluies 
contre le mauvais temps. S'armer dun paro" 
pluie, dun bon manteau. S'armer de courage. 
S'armer de patience, Armez'vous de résolu^ 
tion, S^ armer de la prière. S'armer du signe 
de la croix. 

En termes de Manège, Ce chet'ol s'arma 
contre le mors, Il place sa langue de ma- 
nière à empêcher 1 effet du mors. // s'arme 
contre son ca\*alier, Il résiste aux aides et 
aux châtiments. 

Aani , ix. participe. Un homme bien monté, . 



io4 



ARM 



bien armé, jirmé de toutes pièces. Armé de 
pied en cap. Armé à la légère ou légèrement. 
Pesamment armé, jirmé d'épée et de pistolets. 
Les princes armés. Un vaisseau armé en 
guerre, en course. Un homme armé de pa- 
tience. Être armé contre le froid. 

Fam., // est armé jusqu'aux dents, se dit 
D'un homme qui est armé plus qu'on n'a 
coutume de l'être. 

Fig., // est armé de toutes pièces, il est 
armé de pied en cap, se dît D'un homme qui 
est prêt sur tous les points d'une affaire, 
et en état de repousser toutes les attaques. 

A main armée, À force ouverte, et les 
armes à la main. Entrer à main armée dans 
un pays. Ils enlaçaient les troupeaux à main 
armée. 

La force armée.Yoyez Forcb. 

ÀBMi, signifie adjectivement, en parlant 
Des choses, Garni, muni, pourvu de. Un 
bâton armé iT une pointe de fer. Une plante 
armée cT épines, a aiguillons. La gueule de 
cet animal est armée de dents très^iguës, 

ARHET. s. m. Armure de tête , petit cas- 
que fermé qui était en usage dans les qua- 
torzième , quinzième et seizième siècles. Il 
n'est plus employé qu'en parlant De la 
chevalerie errante des vieux romans. L'ar- 
met de Mamhrin. 

ARBIILLAIRE. adj. f. Il n'est usité aue 
dans cette locution, ^y^A^fv armillaire. Espèce 
de machine ronde et mobile, composée de 
divers cercles qui représentent ceux que les 
astronomes imaginent dans le ciel. 

ARMILLES. s. f. pi. Petites moulures qui 
entourent en façon d'anneaux le chapiteau 
dorique , immédiatement au-dessous de 
l'ove. Ces moulures carrées se nomment 
FUets ou Listeaux, lorsque, au lieu de tour- 
ner circulairement, elles sont étendues en 
ligne droite. 

ARMISTICE, s. m. Suspension d'armes. 
Un long armistice. Convenir d'un armistice. 
Rompre l'armistice. Armistice de quelques 
jours. L'armistice fut de courte durée, ne 
tarda pas à cesser, à expirer. 

ARMOIRE, s. f. Meuhle ordinairement 
de bois, fermé par une ou deux portes, 
garni de tablettes ou de tiroirs dans Tinté- 
rieur, et servant à renfermer toutes sortes 
de choses. Grande armoire. Petite armoire. 
Armoire de chêne, de no)-er, d'acajou. Ar^ 
moire à porte pleine , à porte vitrée. Armoire 
arasée. Les tablettes d'une armoire. Les tiroirs 
eTune armoire. La corniche, les pieds d'une 
armoire. 

ARMOIRIES, s. f pi. Il signifie la même 
chose qu'Armes, en termes de Blason. Faire 
peindre, sculpter ses armoiries. 

ARMOISE, s. f. T. de Botan. Genre de 
plantes corymbifères et à fleurs composées, 
qui renferme un grand nombre d'espèces. 
L'armoise commune est d'un grand usage 
en médecine, comme stimulante, tonique, 
emménagogue, etc. L'absinthe, l'estragon, 
sont des armoises. On nomme Santoline ou 
Semen'Contra , La graine de diverses espè- 
ces d'armoises, employée comme vermifuge. 

ARMOISIN. 8. m. Taffetas faible et peu 
lustré. 

ARMON. s. m. T. de Carrossier. Une des 
deux pièces du train d'un carrosse, entre 
lesquelles le gros bout du timon est placé. 
Les armons d'un carrosse. 



ARP 

ARMORIAL. s. m. Livre contenant les 
armoiries de la noblesse d'un royaume, d'une 
province. L'armoriai de France. L'armoriai 
d'Espagne. Armoriai de Normandie, de Bre^ 
tagne, de Dauphiné, etc. 

ARMORIER. V. a. Mettre, peindre, graver 
ou appliquer des armoiries sur quelque 
chose. Faire armorier une voiture, de la vais» 
selle, un cachet. 

AaMORxi, an. participe. Un cabriolet or» 
morié. 

ARMORISTE. S. m. Celui qui fait des ar- 
moiries, qui enseigne le blason, ou qui 
écrit sur le blason. Il est peu usité. 

ARBIURE. s. f. Les armes défensives oui 
garantissent le corps ou les membres aes 
guerriers, comme la cuirasse, le casque, 
etc. Armure légère. Armure pesante. Armure 
complète. Les pièces de l'armure. Pièce d'ar^ 
mure^ 

Armueb, se dit aussi, en Physique, Des 
plaques de fer qu'on attache à un aimant, 
et qui en augmentent la force. 

ARMURIER, s. m. Ouvrier qui fabrique 
ou qui vend des armes défensives, comme 
casques, cuirasses; et même des armes à 
feu, comme fusils, pistolets. 

ARO 

AROBIATE. s. m. Il se dit de Toute sub- 
stance qui appartient au règne végétal, et 
qui exhale une odeur forte et agréable. Le 
baume, k storax, la cannelle, l encens, le 
genièvre, le girofle, la muscade, etc., sont 
des aromates. Aromate précieux, La plupart 
des aromates croissent aans les pays chauds, 
et nous arrivent du Levant, 

AROMATIQUE, adj. des deux genres. 
Qui est de la nature des aromates , qui a 
une odeur forte et agréable. Substance aro^ 
matique. Plante, herbe aromatique. Odeur 
aromatique. 

AROMATISATION. 8. f. T. de Pharmacie. 
Action d'aromatiser. 

AROMATISER. T. a. Mêler quelque sub- 
stance aromatique à un remède, à un ali- 
ment. Aromatiser de Peau d'orge avec du si- 
rop de cannelle. Aromatiser une sauce avec 
de la muscade. 

AaoMATisB, àE, participe. Boisson aro* 
matisée, 

AROME. 8. m. Le principe odorant des 
fleurs , et en général des sunstances végé- 
tales qui ont une odeur agréable. L'arôme 
des fleurs. L'arôme du café, 

ARONDE. s. f. Hirondelle. Il n'est guère 
usité que dans cette locution,^ queue d'à» 
ronde, qui se dit D'une pièce de bois taillée 
par un bout en forme de queue d'hirondelle, 
et qu'on assemble avec une autre par le 
moyen d'une entaille de la même forme. 

Aboitdx, en Histoire naturelle, se dit 
d'Un genre de mollusques acéphales, au- 
quel appartient le coquillage qui fournit 
les perles et la nacre. C*est aussi Le nom 
d'une espèce de poisson volant 

ARP 

ARPiSgE ou ARPIÉGEMENT. S. m. T. de 

Musique. Manière de frapper successivement 
let rapidement tous les sons d'un accord^ au 



ARQ 

lieu de les frapper à la fois. Faire des arpé^ 
ges, des arpégements, 

ARPÉGER. V. n. T. de Musique. Faire 
des arpèges. 

ARPENT, s. m. Certaine étendue de terre, 
contenant ordinairement cent perches car- 
rées de superficie, ou cinquante et un ares. 
Un arpent de terre labourable. Un arpent de 
pré. Un arpent de vigne. Un arpent de bois. 
Un bois de tant d'arpents. Un étang qui con^ 
tient tant d'arpents. 

ARPEITTAGE. s. m. Mesurage de terres 
par arpents ou parties d'arpent, ou autres 
mesures. Faire V arpentage aune terre. 

Il se dit aussi de La science de mesurer 
les terres. Entendre bien l'arpentage, 

ARPENTER, v. a. Mesurer des terres par 
arpents ou parties d'arpent, ou autres me- 
sures. Arpenter le terrain d'un village. Faire 
arpenter une pièce de terre. Arpenter des 
terres. 

Il signifie