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Full text of "Spatial analysis of childhood mortality in West Africa"

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/Si /T. (- 



REPERTOIRE 



DES 



CONNAISSANCES USUELLES. 



[ 



LISTE DBS AUTEURS QUI ONT CONTRIBUfi A LA REDACTION 

DU 6« VOLUME DE CETTE EDITION. 



MM. 

Alcartf (Jean). 

Albln (S^basUen). 

krmgo (Jacques). 

Artand , inspect, g^n. des bfblioib^ques. 

Aal^rt de Vltry. 

Aadim'ei (H.). 

Aialt. 

ladlcfee (rabbd). 

luideTllle (I'abb^?. 

Bftrdin (leg^n^al). 

Bartli«lciiiy (Tabb^). 

Baadry de laliac ( docteur ;. 

B^efeem (Cb.). 

MBOlt (F.). 

Blaelie (docteur). 

Block ( Maurice . 

Bordaa-Demoollii. 

Boalllet , ancien proviseur. 

Bourdon (D' Isid.), de TAcad. de mMec 

BradI (comteise de). 

BretOPy de la Gazette dis Tribunaux, 

Brimmlt (Eugtoe). 

Bnmet (Gusuve) , k Bordeaux. 

Gattn-BIOM. 

Cibobroi-GluiiiiteDe (E. de). 

GBoml^ra. 

Cibunpaffmic. 

Ghaoipollloo-Plffeac. 

caiorkoniiler (D'). 

GBotlCfl (Philar^te), professeur au Collie 

de France. 
CluiOB (D'), professeur k l'£cole de mi- 

dedne de Paris. 
GolOiiitet de IMsire (IV). 
Go^nerei (Cbarles). 
Corey (a de). 

GoroMBlB ( f icomte de), conseiHer d'fitat. 
Goticreon ( D' P.-L. ). 
D'Alemkerf, de l*Acadto)ie des Kiences. 
INinloa (F.). 
OefrsBfe (Edmond). 
Delafdrcsi (A.). 
Delbore (Hi.). 
Bdcalre (J.-&). 
D«iiiexll. 
Beime-BaroB. 
Deaeloieoox ( Ernest) , ancien sccr^ire 

g^n^al du ministftre de la Justice. 
Bcs CScBcvei. 
MderoL 



MM. 

Dabord , ancien procureur giniral. 
Do Bola (Louis), ancien sous-prdfet. 
BodiesDe aln^, conservateur de la Biblio- 

th^ue imp^riale. 
Dncketl (W.-A.). 
Dados (P.-L.). 
Dafley ( de l*Tonne ). 
DomorMls. 
Da Peill-Tlioaors , de l*Acad^mie des 

sciences. 
Da Rosoir (Cbarles). 

DoToi (ly v.). 

Faoclio (H.), «nc profess, dt rb^riqae. 

Felllet (A.). 

Ferry^ ancien eiaininateur k l'£cole poly- 

technique. 
Flao9«rffaes (Pauline de ). 
Forget (D'), professeur k la Faculty dc 

m^ecine de Strasbouiig. 
Foetail (docteur). 
Oalloto (Napoleon). 
Gaoiuer de Glaabry. 
Geraseijprofesseur ^la Faculty des lettres 

de Paris. 
Gervals (Paul), professeur k la Faculty 

des sciences de Montpeliier. 
Clolbery (P. de) , anc. procureur gi^ndral. 
Golxot, de I'Acad^mie fran^ise. 
Hereao ( Edme ) . 
HerleooH (A. d'). 
Hoard (Adrien). 
HoMon (Auguste). 
laiBeL 
lanln (Jules). 
laocoori (cbefalier de). 
Kerairy (de). 
Latere (Adrien de). 
Laln6 y anden g^n^alogiste des ordres du 

roi. 
LaioacBe ( Henri de ). 
Laarent (D*^ I^), ancien cbirurgien en 

chef de la marine. 
LaoreBllej ancien inspecteur g^niral de 

TuniTersit^. 
LavlfBe (E.). 
Lefoyt (A.). 
Le GalUOB (D*). 
LemolBe ( fidoutrd ). 
Lemonnler (Cbarles). 
Lenormand ( Cbarles ) , de i'liistitut. 



MM. 
L^veMloe, substitut du procureur g^n^ral 

imperial k Paris. 
L'HOte (Nestor). 
Loovet (L.). 
Martin (Henri). 
Merlleax (Ed.). 
Merlin. 

MIlUn, dei'lnsUtut 
Moieon (V. de). 
Monflave (Eugtoe G. de). 
Negrler. 

NUard , de TAcadimie Aran^aise. 
Ortlfoe ( Joseph d'). 
Oarry. 

Oairepont (G. d*). 

Pane (C-M.), professeur de pbilosophie. 
Pare (Thdog^ne) , capitaine de vaisseau. 
Parte (de PAri^ge), anden d^putd. 
Parent da Molron. 
Pareoi-Real. 
Peiilsslcr. 
Peioaae p^re. 
Pletklewlcx. 
RelfTenberr (baron de). 
ReyBaad (Louis) , de rinstitut 
RIcBeiot (D^. 
Borer (D' Henri). 
Romey (Cbarles). 
ROMeeaw-Saint-Hllalrey professeur 

k la Faculty des lettres de Paris. 
Salrey. 

Saint-Prosper. 
Saint-Prosper Jeune. 
Saaeeroiie (docteur ). 
Savarner ( Aug.). 
Say (J.-B.), de I'lnstitut. 
8eralat(D'). 
Stomondl (J.-C.-L. S. de). 
TeyMMre. 

TBIera, de TAcad^mie fk^nqaise. 
TiMOt , de rAcad^mie fran^isc. 
Tollard atn& 
Toaaeenel (T.). 
Vandoneoart (g^n^al G. de ). 
VaalaBelle(AcbiUedc), ancien ministre 

de I'instruction publique. 
TIeonet y de TAcad^le franqaise. 
VIlleaaTe p^re. 
Viollet-Ledac. 
Virey (J. -J.), de I'Acad^uiie de m^decine. 



^an*. * Typofrapbi* 4c Piroiio Didot fr^rM, rac Jacob » 66. 



DICTIONNAIRE 



DE LA 



CONVERSATION 

ET DE LA LECTURE, 

INVENTAIRE RAISONNfi DES NOTIONS GfeNfiRALES LES PLUS INDISPENSABLES A TOUS, 

PAR UNE SOClfiTfi DE SAYANTS ET DE GENS DE LEHRES. 

sous LA DIRECTION DE M. W. DUCKETi'. 



Seconde edition, 



£NTliR£MBI«T BBFONDUE, 
COERIGSB , ET AUGMBNTEB DB PLU8IBUK8 MaLIBBS d' ARTICLED TOUT D*ACTUAL1T£. 



Celui qui voit tout tbrege tout. 

MoifTESQUIlU. 



TOME SIXIEME. 



PARIS, 



AUX GOMPTOIRS DE LA DIRECTION, 9, RUE MAZARINE, 

ET CHEZ MICHEL L^TT FRtoES, UBRAIRES, t BIS, RUE TITIBNNE. 

MDGCCLIII. 




Les iecteurs son! pr^venus que ious ies mots espac^s dans le lexte courant (par 
exemple : Transsubstantiation^ Immortaliti^ Cisar) son! Tobjet d'articles 
spMaux dans ie Dictionnaire^ et constituent dte lors autant de renvois k consulter. 




DICTIONNAIRE 



DE 



LA CONVERSATION 



ET DE LA LECTURE. 



€X)IFFECJR. Si \teo\ffewr n'esl Vdlter ego ni da bar- 
bier ni du perruqoier, il en est sooTCDt le cousin ger- 
main ; et les troU 4i^\s bien des fols se sont personnifi^ sur 
une seiile t^le. Les Grecs avaient leur xoupc^, les Romains 
leur tonscr, dont la boutique 6tait le rendez-Tous des oisifs, 
des conteurs de nooTelles, des gobe-moaclies, des bavards 
de toute dasse, 06 cbaque liotnme fibre Yenait le matin ra- 
frafchir sa toil^te, ou les merveilleux se fiusaient rogner 
les on((les. On 7 coupait les clteveax sans ciseaux, instru- 
ment alors inominny anquel on suppl^t par deux ra- 
soir8,qa\>n fi^sait Jouer en m^Sme temps en les opposant Tun 
et Pautre. Tbiophraste, Plutarque, Martial, les poetes 
c wn iqn e s grecs et latins parlent fir^uemment de ces bou- 
tiques de Umwn, baignenrs-^vistos, et Bf. Boettiger leur 
a oonsacri me dissertation savante. 

En France , oe n'est que dans les prem!^^ ann^ du 
dix-hoititeiiesitelequMl commence k 6tre question des co{A 
feurSf k part et en ddiors des Uarbiers et des pemiquiers. 
Les grands seigneurs avant cette ^poque chargeaient leurs 
Talets de chainbre du soin de leurs t6tes; les grandes dames 
les confiaient k leurs femines de diambre. Le reste du genre 
humain , bommes et femmes, <^tait condamn^ k passer par 
les mains da perruquier, qui avait fait son temps et qui 
TieiUissait k vue d*oeil. Un bon proc^ en ir^le est intents 
en 1769 aux coiffeurs par les perruquicrs : les nouveaux 
Temis le gagnent; et les premiers occupants ne se sont point 
reler^ do coup, tandis que la fortune de leurs gtorieux ri- 
Taux n*a Cut que grand ir. 

BientM le titre de co\f/eur ne suffit plus k ces fiers ar- 
tifltes; Os se qualifient d*acad^miciens de la coiffure etde 
la mode. Mais k leur tour les acad^miciens, les grands aca- 
dteildenSyCbargte de peigner la langueet d'^piler le ?ocabu- 
hire, sans les empftcber de T^corcber en vrais barbiers bien 
entendn, ne yeulent pas de ces collies de nouvelle esp^, 
el defense leur est falte dinscrirc sur leur porte, comme ils 
le fkisaieot, en gros caract^res : acad^ie de coiffure, lis 
s^CB eoRsolent en prenant le Utre, plus modeste, A^profes- 
sacri el en ouvrant des caurs de coiffure. La foveur tou- 
jours croissante da bean sexe bup^ les d6dommagea am- 
plmenl de ee Mger ^cbec. ATouons-le en passant, le coif- 
few 4 la mode aait ordinaireroent jeune, agr^able, bien 
UmnL Henreoi priTil^id, admis aux myst^res de la toi- 
lette, tons les joora rftdant antoor de la m^me fenune comme 
le sopeat anioar d^feve, attendant Toccasion , caressant sa 
cherehire d*nnc main Mg^re, papillonnant ^ et \k, aussi 

MCT. DE LA GOmrEBS. — T. T1. 



longtemps qu^il lui plaisait, autour d'une t^te cbarmante, 
ay ant le droit de la regarder avec amour k mesure qu^il con- 
tribnait k Tembellir, 11 dut trouver le secret de plaire 8*il 
6tait aimable, et il I'^tait quelquefois , et flatteur toujours, 
ce qui ne nuit jamais. Mon Dieu ! n^accuaons pas la chronique 
scandaleuse du temps. Songeons k la l^drete des mtBurs , 
consid^rons Pabandon de la toilette matinale, Tatmosphdre 
moite et parfum^, les tentatlons de la solitude, et ne nous 
^nnons pas que llieure du coiffeur ait ^U plus d^uqe fois 
l*beuredu berger! 

Parmi ces enchanteurs du dix-buiti^me sitele, citons 
Legros , qui puUia en 1769 un traits In-4*» de VArt de la 
Coiffure des Dames frangaiseSf qui se vendait deux louis, 
et dans le post'scriplum duquel il met le public en garde 
contre une contre-fa^n propre d tromper Vunivers el ii 
dilruire un auleur qui a fait un bon livre, Ce Idgislateur 
de la coiffure eut une triste fin : il mourut ^touff(§ sur la 
placede la Concorde, lors des t&tes du manage de Louis XVI. 

Citons aprte lui Dagi , qui ne pou^ait suffire k sa riclie 
et nombreuseclientHe. Les chevaux de soncarrosse ^talent 
sur les dents. M°** de Pompadour elle-m^me avait eu bien 
de la peine k le d^ider k la coifter. La premiere foisqu*il se 
rendit cbez elle, ellolni demanda comment il avait acquis une 
telle reputation : aCelan^est pas^tonnant, r^pondit-il, Je 
coiffais Tott^re (laducbessedeCbAteauroux). i»Cepropos 
fut recueilli, U circula k la cour; et les ennemis de la belle 
marquise ne la d^sign^rent plus que par le sobriquet de 
Madame CellC'd, 

Le beau lAonardf coiffeur de Marie-Antoinette, acquit 
une c^l^rit^ immense par son babiletd & poser les chiffons ; 
on appelait ainsi Part d'altemer les boucles de la chevelure 
avec les plis de la gaze de couleur. On dit qu'il employa un 
jour quatorze aunes de cette ^ffe sur la t6te d'une seule 
dame de la cour. Le talent d'un si grand bomme devait (aire 
IVireur. Combl^des faveurs du grand monde, il obtint leprivi- 
l^e du tb^tre de Monsieur, compost des virtuoses ita- 
liens de IMpoque, etpour Texploitation duquel il s*as80cia, 
en 1788, avecle c^l^bre Yiotti. L^nard, dont le t^- 
table nom ^tait Autier, et qui 6tait Gascon, fut mis par la 
reine dans le secret du voyage de Yarennes, et quitta secr^ 
tement Paris un pen avant le roi, cbarg^ d'une partie de sa 
garde-robe. Mais il paratt qu'il n*6tait pas enti^rement dans 
la confidence, car ce Ait, dit-on, sur Tavisdonn^ imprudem- 
ment par lui d'un retard survenu k la voituro royale , que 
rofficier cliarg^de Tattendre au relais fit rcntrei les clievaux 

1 



COlFFEUa — COUTDBE 



pr^ds^ment au moment od le monarqae arrivait ; ce qai oo- 
casioraia son arresfation. 

L^nard BxAjit ses princes dans Pexfl, et alia exercer 
BUT les tfites moscoYites la dext^t^deson peigne aristoci^- 
tiqne, que la r^publique laissait, ponr'le quart d*beure, sans 
emploi. Dn reste, cette Emigration du peigne en Allemagne 
et enRussie n'avait pas attendules commotions politimies : il 
y avait d^j^ longtemps que la France fournissait k rjuirope 
des valets de chambre CQ\ffeur$^ des femmes de cbambre 
coiffmtes f comme elle leur fournissait des malttw de danse 
et des cuisiniers. 

Dhi que le calme fut de retonr cbez nous , on Tit brtiler 
sous le Ck)nsulat et sous I'Empire Michalon, parent du 
peintre et du statuaire, peintre et statnaire estimable lui* 
m^me, h qui nos maisons de coiffures doirent Torigine des 
bustes en cire qui les d^orent, Michal<m, Tami des ar- 
tistes et des litterateurs de son temps, Michalon, l^abitu^de 
FeydeaUy avec son d^ant cabriolet armoriE, son jockey noir 
et ses s(3ances k Tingt francs le cachet, Michalon,]^ prMEces- 
seur de Plaisir et de tous les grands maltres actuels. Nous 
ne mentionnerons pas le co\ffeur de Napoleon, Constant, 
dont la place Etait une rraie sinecure. 

Quant au poetc-coi/feur ag^ois / a 5 m t n, il est beaucoup 
moins cd^bre, k tout prendre, comme co^j^/ipt/rque comme 
poele , quoiqu^il s^opiniAtre , dans son bon sens , k rester 
]*un et I'autre. 

Au premier aper^u, on pourrait croire que perruquier et 
coiffeur sont synonymes, et en effet de prime abord Tana- 
logie est frappante; on doit remarquer toutefois que si les 
pemiquiers sont de plus ou moins liabiles co\f/eurs, les 
co\ffeurs ne font pas tous des perruques; et les unset les 
autres renoncent de bon coeur au titre de barbier, qui n^est 
que la mauvaise^uei/e deleur profession. Nos co|//eur5 mo- 
demes, aui ^l^antes boutiques parfum^ d^essences et de 
senteurs, prendraient aussi en fort mauvaise part la deno- 
mination de perruquier, qui ne s'applique plus qu'^ de rares 
veterans de Tart, encore humides de poudre blanche , qui 
s'^teignent dans quelques villcs stationnaires du centre, de 
la Bretagne ou du midi. 

COIFFURE. Ce mot, qui ala m^meorigine que coif/e 
et qui s*est ^rit aussi anciennement avec une, au lieu de 
Vi, se prend dans deux acceptions , soit pour d^igner Tar- 
rangement des cheveux , soit pour indiquer tout ce qui sert 
k couTrir ou k omer la tete. C'est dans ce dernier sens que 
Moli^re fait dire k Sganarelle , dans Vj&cole des Maris : 

Je Tcax une coiffure, en ddpit de la mode, 
Souf qui toate roa t6te ait an abri commode. 

On ignore si k TEpoque des patriarches il dtait d*usage chez 
les peuples de PAsie , parmi les hommes , de se couvrh* la 
t£te : on Toit seulement , dans quelques occasions, les fem- 
mes se Toiler. L'usage de se colffer Etait du reste ddjii tr6s- 
r^pandu du temps d'H^rodote, qui en fait robservation ; et 
quoique les Grecs et les Romains soient le plus ordinaire- 
ment repr^nt^ t^te nue , les premiers avaient cependant 
leur TtiXo; , ?i(Xi(txo<; et leur nftaao; , et les seconds , leur 
pileus, signe exclusif de I'bomme libre : aussi ce bonnet 
paratt-il de bonne beure sur les ro^ailles comme symbole 
de liberty. 

De tout temps la coiffure des femmes a EtE, chez toutes 
les nations, sujette k de grands changements. Les modes 
variaient aussi chez les anciens. Pans les dix-neuf ann^s du 
r^e dc Marc-Aur^le sa femme paralt avec trois ou quatre 
coiffures dilTdrentes, qui deyaient avoir leur noro particulier ; 
mais de tous ces noms de coiffure il ne nous est restE que 
les snivants : la calantique, la calyptre, la mitre, le flam- 
meum et le caliendrum, tea deux premieres Etaient des 
couvre-chef dont on ne connalt pas bien la forme; la mitre 
consistait dans Toriginc en nn ruban ou bandelettc dont les 
fenmies se servaient pour se ceindre la t^eou pour contenir 




bandelette tresste ou unenatte. Leflammeum senrait aux 
nouvelles mari^ le jour de tears noces; il %ervait aussi 
aux matrones. Les femmes chr^tiennes en faisaient usage 
du temps de Tertullien : c'^tait un voile d'un jaune vif, on 
de couleur de feu , et quelquefols de pourpre. Le calien- 
drum etait un tour de cbeveux que les dames sjouttlent k 
lenr ehevelure natorellepoar se faire de plus longues trasses. 
Julea Pollux traita fort au long d^une espkce de coiffure nom- 
m^ ovsoc, qui consistait en une touffe 61ev^ ou un toupet 
de cheveux , se terminant d^ordinaire en pointe, et ayant la 
forme du lambda; c^^tait one coiffure tragique plus ou moins 
haute, selon le caract^re et la complexion des personnages. 
Si Pacteur ^tait blond etd*un caract^re doux, il portait un 
ovcoc de grandeur m^locre ; mais si son rdle ^tait fier et 
emportd, s'il avait les cbeveux et la barbe noirs, Toveo; 
^tait tr^-^lev^. Aussi donnait-on aux personnes hautaines 
et fastueuses T^pith^te d^vtcepoveo; on k toupet dev^. 

Les femmes se servaient d'aiguilles, soit pour s^rer leurs 
cheveux sur le front, soit pour les fixer apris les avoir r6u- 
nis en noeuds, en nattes ou en tresses derri^re lat^te. On ap- 
pelait discriminates ou tfiscemictito les aiguilles qu'ellcs em- 
ploy aient^ s^parer en deux les cheveux sur ledevant, separa- 
tion qui distinguait les femmes mari^. Ces aiguilles ne 
faisaient point partie de la coiflbre. Chez les andens Romains 
le jour des noces on s^parait avec la pointe d*une lance 
les cheveux de la mari^, pour lui faire comprendre qu^elle 
devait donner naissance k des hommes coorageux. Les au- 
tres aiguilles qui servaient k la coiffure se nommaient ciina- 
les ou comatorix. Elles ^talent de toutes les formes, droites, 
circulaires, en or, en argent, en cuivre, en i voire, et lon- 
gues de huit k vingt centimetres. Bans les collections d*an- 
tiquit^ on en voit qui sont termini par des figurines de 
V^nus etdViutres divinity, tr^-bien travaill^. Ces aiguil- 
les servaient en g^n^ral k retenir les boucles de cheveux. Les 
Romains nommaient cirri, cincinni, et les Grecs nX6xa(jL0(y 
les boucles , ou m^hes , ou anneaux de cheveux qui torn- 
baient prto des oreilles. II y en avait de serr^, de l^ers » 
d^ondul^, derelev^, de tortillas. On appelait catomi5 ou co^ 
tamos le fer en forme de roseau creux qui servait k bonder ou 
k friser les cheveux. Les Romains en avaient fait leur cala- 
mistrum, et d^ignaient par Npith^te de calamistrata ou 
de ta/enime aux cheveux /risis et en anneaux la lionne 
ou lalorette de cette ^poque. Les Ath^niennes portaient dans 
leurs cheveux des cigales d'or; Ath^n^e nous ditqu'elles en 
suspendaient aux anneaux qui leur tombaient sur le front. 
Enfin on donnait le nom de xopu{i.6iov k une sorte de coif- 
fure qui , r^unissant les cheveux en touffe sur le haut de la 
iHe, rappelait les grappes du lierre. Telle est celle de VApol- 
ton du Betv4dtre et de la V^nus de M4dicis. Les bandes, 
ou bandelettes , ou cordons, qui soutenaient la coiffure ou 
lui servaient d'omement, avaient aussi difP^rents noms, 
suivant leur forme ou leur emploi. Les vittcC ^talent de 
larges bandes qui assujetUssaient la coiffure; de leurs extr^ 
mit^ descendaient des bandelettes plus ^troites, et souvent 
de plusieurs couleurs , qu^on appelait txniie, Le strophium 
6tait ou un bandeau contenant et ornant la ehevelure des 
femmes , ou une large celnture dont elles se serraient la 
taille sous le sem pour le maintenir. Vi^fula ^tait une 
bande, on plutdt un cordon ^pais, de laine blanche , dont 
les pr6tres et les femmes devotes se ceignaient la t6te » et 
d'od pendaient des deux c^t^ des bandelettes plus ^troites, 
qui servaient a Tattacher, et qu*OD nommait aussi vittx, 

L*usage des faux chevaux etdes perruques se r^pandit de 
bonne beure parnii les Romains. Pollux les ddsigne sous 
les noms d'evrptxov, mjvtiXTQ d icooxoi«ov. La ihjvyjx^J ^l*lt 
la partie la plus avanci^c 4u (our de cheveux ou irpoxo|uov ; 
revrptxov di^signait les faux cheveux qu'on pla^t aux 



COIFFORE 



s 



endroits qui en manqoaient Les perraques, enfin, se nom- 
inaient galeri. Ees homines et les femmes en portaient 
Les Romaioes, qui ataiait en g^n^ral lea cbeveux noirs, 
aimaiait h^ocoup ceax d^on blond blatant, et poar lenr 
donner cette cookor dies emplojaient des pommades et 
de certaines berbes de G^nnanie. Ovide dit dans YArt d* Ai- 
mer : 

Feflusa ctnitlea Gemwob iafidt herbit , 

Kt Btlior faro i|B«ritar irte color. 
FoBMBo proeodk doi b i w a orioibat ompUt; 

ProqMf $mM tbot frfficit sre no«. 

Les cberem de ces perruques ^talent , h ce qu^il naratt, 
mont^ SOT line peaa de elierreau. Les femmes ridies et 

rlqoefoislesliommes eff^in^ conyraient leors cbetenx 
poudre dV. Les bomnies poadraient aussi leur barbe. 
L'esdaTe perraqmer et le barbier charate de pr^rer ces 
poodres et ces pommades et de friser les cheteax arec le 
calamistntm se nommaient cin\flo et cinerariw, .^^ 

Tb. Delbabb. 

Les peuples modernes , surtoot ceax qui envahirent 1^- 
rope eC foreat le noyan des dHf^^rentes nations que nous y 
▼oyons aqjoord'boi » araient un grand soin de leur coiffure. 
Strabon, Tacite, Gr^ire de Tours, et d*autres toi^ains, 
repr^Kotent tons ces goerriers barbares oignant leurs che- 
Teox aTec de la graisse d'animaui ou du Tieux beurre 
qn^ils feisaient arec le lait des caTales. Quelques-uns de ces 
peoples D^anmoiBs , prindpalement ceux qui se rapprochaient 
da midiy an Heu de porter les cbeveux longs, se rasaient 
)at£te el ne cooserraient qn^une seule houpe ou mtehe au 
milieo : les Tatars et les peuples Tenant de TAsie » les Goths, 
^laient ainsi oASks, Quant aux femmes , nous trouTons 
d^ k celte ^poqoe recul^ one trte-grande vari^t^ dans hi 
manito doal dies arrangeaient leurs cbeveux. Elles les por- 
taieBt tant6t eo nattes, tantOt relev^ sur la tfite , et rete- 
nns par des cbalnes d^or ou de fer (vayez Cbeyblcre). 

Si nous cherchons quelles ont ^ les premises coiffures 
dia not Fran^, nous trourons que les rois, les remes 
et ks princes deleur famille avaientseuls le droit de porter 
les chereox longs; de cette coutume il r^ulte clairement 
que le plus grand nombre les avaient courts; mais bient^t 
fl n'en tai pas de m^me. Les femmes portaient au moyea 
Ige des tresses longueset natt^. Sous Philippe le Bel, 
s^partes en deux ou trois parties, elles ^laient fix^ sur les 
tempes; parfois aussi, les femmes avaient lat^ presque 
sans cbeveux : xm sceau de Tann^ 1270 repr^nte Jeanne, 
eomtesse de Toulouse, en robe et en manteau, avecla iftte 
ras^. Mais , phis g^n^Iement, leur coifTure ^tait nn bon- 
net, qui variaitde forme pour les femmes, les filles, les 
v«ives d'un rang diffident. Elles portaient dessous uneco iffe 
appdfe escoffon, Nous la mentionnons parce que dans 
ks miniatures de Tdpoque elle paratt ne pas quitter la t^te 
des femmes; plusieurs, repr^nt^ enti^rement nues, gar- 
deat pourt^t cette escoffion plus ou moins orn<^. Sous 
CSiaries VI dies imagin^rent une haute coiffure conlque, 
k reiktrtoit^ de laqudle elles attadi^rent un voile qui pen- 
dait plus ou moins has suivant le rang de la persoune. Le 
voile de U boorgeoise descendait h la ceinture , cdui de la 
fome da chevalier aux talons, cdui des princesses tratnait 
parterre. 

An quinxitoe siede, dit Jouvenel des Ursins , « les dames 
<i daiDoiselles menaient un excessif cstat , portant comes 
■MrvdUeosemait bautes, lesqudlcs avoient, de chaque 
cosl^ des oreilles si larges, que quand dies vouloient passer 
parna buis, dies ^toient obligi^ de se baisseret de se 
prtaiter de cost^. » En Flandre, oil ces comes avaient pris 
t, on les appdait des hennins ; et on les retrouve 
tontes les fapisseries flamandes de I'^poque. Les pr^i- 



cMavf do tempe anath^matisirent cette mode. Cinquante 
*iM ^f^ ioui Louis XI <« les dames mirent sur leurs t^tes. 



dit Monstrdet, des bonnets roods, qui s*an»ennlsoient par^ 
dessos k hi hauteur de demie oa trois quarts d'aohie. » Par 
compensation, sons Charles Yni eUes prirent de petits 
bonnets fort has, garais en dehors de peanx tachette de 
noir et de blanc A hi mort de son premier ^poox, Anne de 

Bretagne mit sur sa t^te un voile noUr. Les dames de la cour 
rimit^rent, et om^rept de fraiigSB rouges oes voiles, que les 
bourgeoises adopt^rent aussi, et dont dies angment^reBt 
r^dat en y ^outant des agrafes d'oreteo les chai^eant mtoie 
de p^les. 

Au wMkoe si^cle la mode diaAgea : les tennea donn^ 
rent k leur coiflure un soin, wie attentioD qni attira sur 
dies les declamations des moralistes et des pr^icateorf da 
r^poque. L'aoteur d'un livre asset rare, mtituie Mewum- 
trance cfunitable cms dames et damoiselles de France 
sur leurs omements dissolus , les engage beaoooup k la*- 
noncer k toos ces tortillons de cbeveux arrange d'une fii^Mi 
disBolue , et qu^il appelle ratrepenades. II ne dit pas la forme 
de ces coiff'ures; peut-^tre ^tait-dle ausd ind^oente que 
cdle reprochte aux dames de Toulouse par Tauteor de la 
Gml^graphie cu iloge de la beauti, et qui consistolt en 
nattes dont la mani^ ^tait vihdne et impudique. Quo! qull 
en soit, dans la Source d^Honneur, livre compost vers le 
commencement du sdzitoe si^de, on oonseille aux dames 
vertueuses de se coi/Ter de la Biani^re suivante : 

Ces beaalz ch«TeaIz pelgnez honneiteoient. 
D*nn blaoc rabaa Toai convieBdra brocber 
El lea couaher aar le ckef teHeoBent 
Que lea cbetfuls a'ap^reat ouUemeiit. 

Les f(anmes de quality, dont Ics riches bourgeoises adoptai^t 
toutes les coiffures, fanagin^rent sous Francois V de re- 
lever leur toupet, de retaper les cbeveux des tempes et 
de iUre du tout une esptoe de pyramide, qu^eUes reje- 
taient en arri^re; cette mode devint bientdt g^^rale. Ce- 
pendant, un petit nombre de dames d'un rang dev^ ne I'a- 
oopt^rent Jamais : Marguerite, scBur du roi chevalier, prit 
une toque surcharge de domres, qui devint bientdt k la 
mode et se soutint jusqu'^ la fin du r^e de Henri II. 

Dans la derai^re moiti^ du seizi^roe si^le, les coifTures 
des Fran^alses vari^rent beaucoup : ainsi hi coiffure en 
cceur, qui d^]k avait para au quator?J^me et au quinxi^me 
si^le, et que Christine de Pisan, JacqueUne de LSi Grange 
et Isabeau de Bavi^ avaient port^ qudquefois, fut re- 
mise k la mode sous Henri HI. Seuleroent, le cceur, qui ^it 
d*abord figure par un morceau d'^tolTe, se fit avec les cbe- 
veux. A la cour de Catherine de M^cis les dames por- 
taient une coiffure qu'dles appelaient en raquette, parce 
que leurs ranches de cbeveux lormaient une esp^ de gril- 
lage. Yinrent ensuite jusque sous Henri IV de petits bon- 
nets avec une aigrette. La seconde Marguerite de Valois, 
femme dc ce prince, ne s'assujettit k aucune mode. Cepen- 
dant sa coiffure favorite ^tait le toupet relevd, les cbeveux 
des tempes frisds, et elle portait on bonnet de vdours ou 
de satin, enrichi de filets de perles et de pierreries, avec un 
bouquet de plumes. Vers le m£me temps reparat le cha- 
peron des M^rovingiens, et cette coiffure, que Scaliger 
trouvait /or^ sottCt 4ursi jusqu'^ Louis XIII. C'^tait pour 
les dames de la conr unepi^ de velours formant bonnet et 
revenant sur le front, oii elle faisait la pomte; les bourgeoi- 
ses la portaient en drap : on lesappelait(fa77i«5 d chaperon. 

n nous est impossible de mentlonner ici toutes les coif- 
fures adoptees par les femmes pendant le dix-septi^me et le 
dix-huiti^me si^cle. En 1671 il ^tait de mode de se fairc 
bretauder ( c'est le mot ). On coupait les cbeveux court et 
on les frisait : ainsi, dit un contemporain, on ne rcssem- 
blait pas mal k un cliou frisd. Mais cette mode dura peu ; 
et comme les cbeveux ne poussent pas aussi vite que le ca- 
price, on s'arrangea de demi-pcrmques, sorties en deux 
parties <^ales, dtag<^es de chaque cM^. de la t^le. En 1680, 

1. 



4 



COIFFURE — COIFFURE MIUTAffiE 



fti"* de Fontanges, ayant to «i coifTure d^rang^ par 1e vent, 
prit un ruban et Tattaclia autour de la t^te : le lendemain 
toBtes les dames en portaient desemblables, et ilsre^rentle 
nom de fontanges ; aJors reparurent aussi les hautes coif- 
fures, qui par?inrent k un tel degr4 d'^leyation, que les archi- 
tectcs furent oblig<^ de liausser et d^^largir les portes. On 
iniagina mtoie des ressorts adapts k ces bonnets mons- 
trueux pour les aplatir et les exiiausser k Yolont^, la pre- 
mise operation devenant indispensable pour s^asseoir dans 
les carrosses appel^ vis-d-vis. EnQn, I'an 1699, le roi, 
ayant t^oign^ de TaTeraion pour les grandes coiflures, elles 
furoit aussitdt remplac^ par d'autres plus basses. En 1758 
on jonachez FayartZe^ Amours de Bastien et Bastienne, 
qui mirent^ la' mode les coiffes d barbe ou & lapaysanne. 
On nommait,en 1759, cabriolet une esp^ce de toquet fort 
commode pour les mdres de famiUe, femmes modestes ou 
occupies. La coiffure d la grecque, que nous avons Tue 
reparattrc avec ^lat en 1832, et mourir depnis, ^tait fort 
en Togue en 1773. La Marie-Stuart est aujourd*bui ^gale- 
roent revenue de mode. Tant que dura le r^e de Louis XV 
les coifltires subirent de nombreuses metamorphoses; elles 
8*abais8^rent ou s'exliauss^nt suivant le goAt ou la fan- 
taisie de la favorite en titre, que les dames de la conr et les 
bourgeoises 8*empressaient d'imiter. Mais sous Louis XVI 
les femmes ^evirent leurs coiffures k une hauteur si exor- 
bitante, que dans les loges elles interceptaient la vue des 
d^coraUons et des acteurs, au point que, pour mettre On 
aux querelles qui en rdsultaient, de Visme, diredeur de 
rOp^a, i\it oblige de faire un r^ement qui leur d^fendait 
Facc^ de rampbithd&tre. Elles dtaient compliqu^es, pe- 
santes, mconmiodes, echafaud^es sur des (ils de fer et d*ar- 
gent. On y introduisait une multitude d'objets qui les brans- 
formait en parterres, en boutiques de curiosites;!! y eut 
m6me des frigates, lors du c^l^bre combat de La Belle-Poule. 
Beaumarchais, tombant sur le gazetier Marion, donna nais- 
sance au Qu&aco que detr6n^rent les difTdrentes esp^ces 
de pou//, Le ponff au sentiment etait relatif aux objets 
qu'on aimait le mieux. Bachaumont nous a laiss^ une des- 
cription curieuse de celd de la duchesse de Chartres, m^re 
dn roi Louis-Philippe. « An fond, dit-il, etait une femme as- 
sise sur un fauteuil et tenant un nourrisson. CTdtaient le 
due de Valois et sa nourrice ; k droite un perroquet becque- 
tant une cerise; k gauche un n^grillon; le surplus etait 
garni de touffes de cheveux du due de Chartres, son mari, 
du ducde Pentlii^vre, son.p^re, du due d*Orieans, son beau- 
pere, etc. Tel etait Tattirail dont la princesse se chargeait la 
me, » 

• Mais la reine Marie- Antoinette s^etant montr^e, en 1776, 
aubal de TOp^ra avec un toupet relev^ et h^riss^ en pointe, 
fit venir la mode de la coijfure en Mrisson, Non-seule- 
ment les femmes , mais les hommes Tadopt^rent. En 1778 
autre caprice : les femmes relev^rent leurs cheveux tr^-haut, 
en forme de toupet, ressemblant k un flocon de polls he- 
risses ; cette mode passa en quelques semaines : cMtait la 
coiffure ii la Hchon. Enfin, la co\ffure & Venfant, qui fut 
mise en vogue vers la fin du dlx-huiti^me si^le, jouissait 
encore de quelque ftiveur en 1809, et Fimperatrice Jose- 
phine la porta quelqne temps. A cette epoque s^introduisit 
pour les hommes Tusage des cheveux k la Titus, qui dure 
encore. Qnant k nos dames, chaque annee, chaque mois, 
souvent chaque semaine, les voit clianger de coiffure, et 
vouloir en suivre les variations serait se condamner k en- 
registrer toutes celles de cette deesse inconstante et l^re 
que Ton nommeto Mode. Lb Body db Lincy. 

Outre les soins qu'exige la ch^velure, on ne peut se dis- 
penser de faire usage de moyens nombreux et varies pour 
garantir la tete contre le froid excessif, la clialeur brOlante 
du soleil, riiumidite et la pluio. A ces premiers moyens 
U a Callu en joindre d^autres, destines k proteger la tete con- 
tre les cliocs des corps exterieurs et des armes ofTensives. 



Les formes bizarres ou agreables, la nature des substances 
employees k la confection de tous ces moyens que Ton 
groupe sous le nom commun de coiffure, n*ont pas tovjonrs 
ete appropriees aux formes de la t6te ni au but qn^on se pro- 
posalt. Le desir de plaire et de se distmguer a porte les 
deux sexes k se parer la t^te d'objets divers, commons ou 
rares, tissus, fleurs, plumes d'oiseaux, dont la necessiteetles 
progres de la civilisation ont amene le perfectionnement. Si 
sous le nom de coiffure nous comprenons aussi la disposition 
des cheveux et la forme des vetements de la t^ (voyes 
BoiiNET, Casque, Chapeaux, etc.), il sera facile de constater 
combien nous avons su gagner de temps, simplifier les soins 
hygieniquesdela tete et les degagerd'unvam luxe d'omement 
et de f utilite. Ce resultat s^applique egalement k Ui cheve- 
lure de Phomme et k celle de la fenmie dans toutes les con- 
ditions sociales. Tart de la coiffure pour remedier k la perte 
des cheveux employant de nos jours les moyens qui imi- 
tent le mieux la nature et satisfont en mdme temps k tou- 
tes les exigences requises pour entretenir la sante et la pro- 
prete de la peaii dn crihie. Le caractere commun i^e toutes 
les coiffures ou vetements de cette partie du corps est, en la 
mettant k Tabri des influences exterieures, delui conserver sa 
temperature vitale, de la premunir contre les rbumatismes, 
les nevralgies, contre les coups de soleil ou inflammations 
par ^insolation, et d^aHaiblir Taction des corps vulnerants. 
La constriction, la compression des divers points de la tete, 
soit par des tresses trop fortement tendues, soit par des bon^ 
nets trop serres, soit par des chapeaux trop etroits, soit 
par Tapplication d'un mouchoir sur des papillottes, la fk- 
tigue qu*occasionne le poids des casques, des schakos, don- 
nent lieu au gonflement du cuir chevelu, accompagne d*une 
doulenr Vive en raison du grand nombre de nerfsqui sedis- 
tribuent dans cette partie de la peau. Une cdfliire quel- 
conque trop I6g^re ou trop l^hement serree, qui laisse pene- 
trer Tair humide, surtout dans des lieux froids et pendant 
le sommeil, est insuffisante pour premunir contre les affec- 
tions rhumatismales, les nevralgies et les maux de dents. 
L*application des tissus de laine, de flanelle, utiles dans 
certsdns cas pour guerir ces affections, pourrait, en con- 
centrant la chaleur dans la tete, predLsposer k Tapoplexie oii 
en determiner Tattaque. On a attribue k tort aux coiffures la 
faiblesse de Taction contractile des mnsdes extrins^ques 
du pavilion de Toreille de l*homme. 

Lorsqu*on observe lesoin que la nature a pris de parer la 
tete de certains animaux de huppes, d*aigrettes, de casques, 
etc., on ne doit point etre surpris que Tliomme ajoute des 
omements k toutes les coifTbres que ses besoins et les divers 
genres de civilisation Tout porte k adopter. L.LAUBEirr. 

COIFFURE MILITAIRE. Cette coiffure a subi dans 
tous les temps et dans tous les pays de nombreuses varia- 
tions. Les unsTont consideree plus specialement sousle rap« 
port hygienique , et y ont recherclie la leg^rete et les moyens 
de garantir la tfite d^nne chaleur penible ; les aulreslui ont im- 
pose pour condition de preserver lesoldat des coups desabre, 
de ne point le gener dans le maniement de ses propres armes, 
et de le mettre k Tabri des injures du temps. Chez nous, 
cette partie de riiabillement de la troupe non-seulement 
laisse beaucoup k desirer, mais trop souvent menie paralt 
choisie au rebonrs du bon sens. « Nons avons en Tavantage 
de voir le burlesque chapeau & trois cornes remplace par 
le schako, disait un oflicier general, le baron Fririon, eu 
182it. C'est dejk un pas fait vers le mieux ; mais le scliako 
ne couvre k pen pr6s que la moitie du liaut de la tete. Les 
andens etaient plus sages que nous sous ce lapport : leur 
casque etait anondi comme la t£te. 11 s'embottait dcpuis 
la nuqne jusque auprte des sourcils; il etait echancre ou re- 
leve paries bords, de mani^re ^ ne pas compriroer les orell- 
les, ^ ne pas gener la liberte des mouvements de la t4^e, des 
epaules, des bras, des armes. II nc posait pas inunediate- 
ment sur la U^tc, sans quoi les coups sentient devenus trop 



COIFFURE MILITAIRE — COIMBRE 



dang^reux. Serait-il done impossible d'imiter les anciens, 
en doiuiant au soldat le rn^me casque en quelqae mati^re 
impermeable? Qu*on le sarmonte ensiiite, tant qu'on tou- 
dra, pour omement, d^une cr^ quelconque, ou d^un dmier, 
mais peo {AeY6, afin de ne pas fatiguer Tbomme et ne pas 
incoounoder les seconds rangs. » La l^^ret^ du schako 
actuel a fait disparaltre une partie des inconvdnicnts de 
Panden scbako, mais il ne garanUt plus le soldat des coups 
de sabre. « Au lieu de chapeaux, disait le marshal de Saxe, 
je Toudrais des casques ^ la romaine; lis ne p^sent pas plus, 
ne sont point du tout inconmiodesy garantissent des coups 
dc sabre et font un trds-bel omement. » Son conseil a ^t^ 
suiri de nos jours en Prusse. 

Quant au bonnet h poil, le m6me grand homme de 
gnerre, e&aminant les causes qui ont pu amener son adop- 
tion, se demande si Ton 7 a 6t^ determine par le d^ir d*ef- 
frayer Tennemi , id^ iHi^rile qui tout au plus a pu pdn^trer 
primitivement dans Tesprit des peuples encore dans Tenfance 
deTart militatre. Si Ton a cru ajouter ainsi ^ la bonne tenue, 
a la bonne mine du soldat, il faut avouer qu^on a manqu^ 
totalement le but en affublant d'un bonnet liaut de oni,65 
au moins, des bomroes dont la taille ne d^passe pas pour 
la plupart 1™,70 ou 1<d,75. Passe encore pour les grena- 
diers dont le pi^ de Fr^6ric avait form^ sa garde, ^ pour 
eeoi qui firent le noyau de celle de Napol^n, deux races 
qui paraissent aujourd^bui ^puis^s en Prusse et en France. 
Passant au bonnet de police^ adopts pour la pe^i/e tenue 
de nos troupes, le baron Fririon faisait remarquer qu'il 
avait rincouT^ent de ne point garantir du soleil les jeunes 
sohkts, qui le portaient presqne constamment pendant la 
premi^ ann^e de leur service, m^e ^ Texerdce et sous 
ks armes. II d^irait qu*on le rempla^t par la casquette 
avee visUre, en usage dans la plupart des autres troupes de 
I'Eun^. Ce Tceu est aujourd'bui compl^tement eiauc^ 
poor toute rarmte, par Tadoption du k^, bors la garde- de 
Paris et le Foment des guides ; et nous ne coroprenons pas 
trap cette double exception. Quoique le sojet qui nous oc- 
eupe paraisse peu important, ne d^daignons pas les phis pe- 
tits details quand ils int^ressent le soldat; rappelons-nous, 
avec Montesquieu, « que ce qui a le plus contribu^ k ren- 
dre les Romains mattres du monde, c*est qu'ayant combattn 
soccessiTement toutes les nations , ils ont toujours renonc^ k 
Icurs usages sitdt qu'iU en ont trouv^ de mdlleurs chez elles. 
COIGNY (Famille de). Anoblie sous Henri IV, et ori- 
giasire de Normandie, la famille Franquetot a pris le nom 
de Coignif d*nne terre ^rig^ en comte par lettres-patentes de 
1650. Elle s*est consacr^ depuls deux slides k la profession 
des armes, et a 6t^ rev^toe de liautes dignity militaires. 
COIGNY (Francis de FRANQUETOT, due de), mar6- 
dial de France, naquit le 16 mars 1670. Son p^re, Robert- 
Jean-Antoine de Coigkt , mort en 1704 , ^tait lieutenant 
general, directeor gto^ral dela cavalerie de France, et gou- 
Tenieor de Barcelone. Le jeone comte de Coigny ser?it 
d^abord en Flandre, puis sur le Rbin. 11 emporta F^p^ k 
la main un ourrage avanc^ au si^ge de Landau. En 1734 
Yfllars, mourant presqoe octog^naire, lui remit, k Milan, le 
coromandement de Tannde fhm^aise comme au plus ancien 
des lieutenants g^raux. U remporta sur les Imp^riaux deux 
lidoires ^atantes, sous les murs de Panne et k Guastalla, 
derint colonel g^n^ral des dragons, fut fait marshal de 
France en 1741, ducde Coigny en 1747, crd^ cheyalier des 
ofdres du roi et de la Toison d*Or, admis aux lionneurs de 
la cour en 17^. Deux ans aprte, il se d^it des foncUons 
degouTerneur de la Yille de Caen, et mourut le 18 d^cembre 
1 759. 11 avait eu pour secr^ire durant ses campagnes Gentil 
Bernard, qui comment son Art ifili/nerpar ce Ters; 

J*ai wtt Coigfiy, Bellone cl la Tictoire. 

COIGOT (AfTTOiNE-FRAKCOis DE FRANQUETOT, mar- 
quis ne), n^ en 1702, lieutenant g^ndral, colonel gdndral 



des dragons, serYit avec distinction, et jouit d^une grande 
faveor aupr^ de Louis XV, Un jour qu'il jouait ayec le 
prince deDorobes et qu'il perdait beaucoop, il lui <^bappa de 
murmurer : « H est plus beureux qu*un Want legitime. » 
Le prince n'avait pas entendu ce propos, mais des Ames 
charitables le lui rapport^rent II en r^lta un duel, k nuit 
close, aux flambeaux, sur la route de Versailles, couTerte de 
neige. Coigny futtu^ sur place, le 4 mars 1748; on le remit 
dans son carrosse, qu'on fit Terser dans un foss^, et il passa 
pour 6tre mort de la chute. Le roi, qui Taimait beaucoup, 
ne connut la y^'it^ qu*apr^ la mort do prince de Dombes. 
D*autres pr^tendent qu'il ne la sut jamais. 

COIGNY (MABiE-FRMf^ois-HENBi OB FRANQUETOT, 
marquis, puis due db), pair et mardcbal de France, fils du 
pr^c^ent, naquit k Paris, le 28 mars 1737. Nonmi^ au gou- 
▼emement de Cboisy aprte la mort de son p^, il entra 
dans les mousquetaires en 1752, et fut fait mcstre de camp 
g^n^ral des dragons en 1754. DeTenn, par la d^nission de 
son aieol, grand bailli d'^p6e et doc, nomm6 brigadier de ca- 
yalerie en 1755etmar^chal de camp en 1761 , 11 se distingua 
dans les guerres d'AUemagne, et fut fait successiTement 
commandeur de Tordre du Saint-Esprit, premier 4cayer du 
roi, lieutenant g^^ral et pair de France. Bien ¥u de Louis XY, 
il le fut ^alement de Louis XYI, et fit partie de la sod^ 
intime de Marie-Antoinette. C^tait un des plus beaux 
bommes de son temps, un modMe de politesse et de grftoe 
chevaleresque. D^put^ de la noblesse de Caen aux ^ts g6- 
n^ux , 11 s'y montra constamment oppose k toutes les r6- 
formes, et ^gra en 1792. U senrit d'abord dans Parm^e 
des princes, et passa plus tard en Portugal, od il devint ca- 
pitaine gWral. A la restauration, Louis XYIII le nomma 
pair, mar^al de France et gouTemeur de l*b6td des In- 
valides, od U mourut, le 18 mai 1821. 

COIGNY ( FRANgois-MABiE-CASiMiR OB FRANQUETOT, 
marquis oe ), fiisdu pr^c^dent, n^ en 1756, <Hait colonel d'un 
r^ment d'infanterie lorsqu'ii obtint en 1783 la cbarge de 
premier ^cuyer du roi, en sunriyance de son p6re. 11 arait 
fait les campagnes d'Am^rique, fut nonun^ en 1782 briga- 
dier d*infanterie et en 1788 mar^chal de camp, et mourut 
lieutenant gto^ral le 23 janyier 1816. H avail ^pous^ Louise- 
Marthe de ConflansKfArmentl^res, une des femmes les plus 
spirituellesde son temps, 4 qui le prince de Ligne adressait 
de jolies lettres et le comte de S^gur de joli^ chansons. 
C'est elle qui disait : « Une coquette qui prend un amant, 
c'est un souTerain qui abdique. » Un de ses ondes ne finis- 
sant pas de la gronder : « Ne pourriez-TOus pas, s'toia-t-elle, 
me donner tout cela en pillules. » Arbitre de la mode et 
orade du goOt, elle m^rita ce mot de Marie-Antoinette : Je ne 
suis que la reine de YersaiUes ; c'est M°^ de Coigny qui est la 
rdnede Paris, v Les M^nuHres qu'on lui a attribu^nesont 
pas d'dle. Elle ayait ^prouv^, en Emigration surtout , les ri- 
gueurs de la fortune. Aussi ne se laissa-t-dle plus prendre 
au d^urYu, et mounit-elle, le 138^tembre 1832, ricbe d'ar- 
gent, mais ricbe aussi d'amis, lalssant un fils, le due actuel, 
ancien pair de France, gto^ral de brigade en retraite, anden 
chevalier d'honneur de la duchesse d'Orl^ns, grand offi- 
der de la L6gion d'Honneur, nE le 4 septembre 1785; die 
a?ait eu une fille, M™* la comtesse SEbast i an i, que Cliateau- 
briand a cd^br^s dans son Itiniraire, et qui mourut k Cons- 
tantinople. 

Le mar^al avait eu deux litres : le comte Auguste-GO' 
briel, chevalier des ordres du roi , chevalier d'honneur de 
madamel^lisabeth, lieutenant g^n^ , p^re de la duchesse 
de Fleury, plus connue sous le nom de comtesse Aim^ 
hE Coicif T, qu'AndrE Ch^nier a immortalise dans sa Jeune 
Captive, et le chevalier de Matte Jean-Philippe, martelial 
de camp et commandeur de Saint-Louis, detenu an Temple 
en 1800, et mort en exil k Dusseldorf, vers 1806. 

COBIBRE (Coim^ra, la ConembricaonConimbrades 
andens ), dtefnicu de la province porlugaisede la Dei r a su- 



COIMBRE — COIN 



p^eure, b&tle en partie sur un rocher escarps et en partie 
sor la liTo septentrionale et plate da Mondego, qui y est 
nayigable, est one Title ouverte et mal bAtie» entomb de 
plantotions de yignes, d'oliviers et de citronniers ; elle compte 
16»000 liabitants. £Ue est le si^ de I'unique uniTersit6 qo'il 
y ait ea Portugal, d'un ^T^ch^ et de divers dtablissements 
scientifiques et litt^raires. On y yoit un tr6s-bel aqueduc. 
La population s'occupe de fabrication de toiles, de poteries 
etd'ouYrages en come. L'uniYersit^, fond^ primltivement 
k Lisbonne, en 1291 , et transfi^rte dans cette yille en 1308, 
compte environ 1500 ^tudiants. Depuis 1816 elle est di- 
vis^ en cinq iacuU^s : th^logie, droit, mMecine, philo- 
sopbie et matb^matiques. L*ensdgnement y est donn^ par 
trente professeors et environ vingt aor^g^. Elle poss^e un 
observatoire , un laboratoire de cbimie , un cabinet d'histoire 
naturelle, une collection dlnstruments de physique, une 
biblioth^ede 45,000 volumes et un beau jardin botaiUque. 
Parmi les <k)ifices de la ville, U faut citer la catb^drale et le 
convent desAugiistins de Saint-Laurent, avec sa belle rotonde 
et son pare. Sur la rive enchanteresse du Mondego on voit 
lebeaumonast^edeSainte-Claire, grand et massirparall^lo- 
gramme, contenaiit, dans un carcueil d*argent, les restes de 
sa fondatrice, Isabelle, dpouse du rol Denis, morte en 1336. 
C'est ]k aussi que p^t assassin^, par ordre d^Alphonse IV, 
In[isdeCastro, dont on y voit encore de nos jours le chAteau 
(Quintadas Lagrimas). tine foire de trois jours setientcha- 
que annte sur la place situ^ devant le couvent de Sainte- 
Oaire. En 18l0 un d^tacbement de Tarm^e Aran^se com- 
mand^ par Mass^na fut fait prisonnier par les Anglais aux 
environs de Coimbre. En 1834 dom Miguel transf^ra sa re- 
sidence k Coimbre. Le 7 juillet 1846 il y ^lata une insurrec- 
tion migu^te, k la suite de laquelle le due de Saldanba 
entra victorieuiL k Coimbre, le 4 Janvier 1847, apr^ avoir 
battu les Insivgte k Tores-Vedras. 

COirtf* Dans les arts, on emploie le plus souvent ce 
mot pour d^igner un ouHl en forme de prisme triangulaire, 
dont on introduit Tune des aretes dans une fente que Ton 
veut dlargir. On obtient cer6sultat en frappantavec un mar- 
teau ou tout autre corps contondant sur la (ace oppose, que 
Ton nomme tiU du coin. Si Ton consid6re Taction m^- 
niane produite par une cogn^ une hacbe, un sabre, on voit 
qirelle est absolument du m6me genre; la lame d'un cou- 
teau ordinaire estun coin fort large, eu ^gard k son dpais- 
seur; une baionnette', une 6pde, une ^pingle, une aiguille k 
coudre, un clou, sont des coins k* formes pyramidales ou 
coniques. 

La m^canique range le coin au nombre des machines 
simples qui ddrivent du plan inclind. Elle constate que 
Peifet produit k VMe d'un coin augmente avec le rapport 
de lb surface de ses cdt^ k celle de sa t£te. Dans la pratique, 
il faut tenir compte du frottement, qui diminue Taction de la 
force appliqude. Ce frottement, souvent Ir^consid^rable, 
est utilis^ dans certains cas oii on ne se sert du coin que 
pour tenir deux pieces ^cart^ Tune de Tautre, ou pour 
exercer une forte pression. C^est ainsi qu'avant I'abolition 
de la t ortu r e, les coins faisaient partie oblige do Tattirail 
du bourreau. Tevss^dre. 

Le mot coin, qui vient du latin cunetis, AirM lu{-in(^me 
du grec Y^vvia, angle, s'cmploie dans le langage le plus or- 
dinaire pour marquer Tendroit ou se fait la rencontre dc 
deux lignes ou de deux surfaces, soit a Tint^rieur, soit k 
Text^rieur des objets. 11 se dit, par excropic, en analomie, 
des extremity de la bouche, qui sont le si6ge du sourire, et 
de celtes de Todl, dont Tune (Textr^mitd ou coin intdrieur, 
nommte le grand coin ) est le si^e des fistules lacryroalcs. 
On fait signe k quelqu'un du coin de Vocil, pour Tappeler, 
Tinviter k approcher, ou le mettrc dans quclquc confidence. 
Au propre : regarder du coin de Vceil, c'est rogardcr k la 
ddrob^; au figuri : regarder les gens du Coin de Vail, 
c'estles regarder avec eUvic ou avec mdpris, deux senti- 



ments qui ne s'excluent pas Tun Taotre autant qu'on le 
pense. Dans le sens d'angle, on dit encore les coins d'un 
mouchoir, d'ime nappe, les coins d'un poAle ou d*un drap 
mortuaire, le coin d'une rue, d'une maison, d'une chambre, 
d'un Jardin entourd de murs, et, par extension, les qUatre 
coins d'une ville, d'un royaume, d'un empire, du monde 
m^me, pour dire leurs extr^mit^ oppose ; on dtt d'un 
homme qui a beaucoup coum, beaucoup voyage, beaucoup 
vu, qu'il a parcouru, qu'il a visits les qualre coins du 
monde, 

Un des caractdres distinctifs de T^olste, c'est de vouloir 
partout occuper le meilleur coin, sans se soucier nullement 
de la commodity des autres, ni m^e des plus simples con- 
venances. On dit proverbialement de celui qui ne sort pres- 
que point, qui garde presque tot^ours la maison^ qu'i/ ne 
bouge pas du coin de son feu. Qui ne connatt en elTet, 
qui n'apprdde les douceurs du coin du/eu? L'^oiste s'y 
complalt encore davantage, sans penser que d'autres souf- 
frent peut-fitre du froid, de la faim, de toutes les privations, 
dans le coin d'un groiier ou m^e au coin de la rue. Le 
coin de rue, envisage sous un aspect moins triste, peut de- 
venir une source fi^nde d'observatious pour le peintre, 
pour I'dcrivain pbilosophe et pour I'auteur dramatique, t^ 
moin le tableau plein de v^rit^ qui sous ce litre attira ja- 
dis tout Paris au tb^tre des Variety. Coin se dit quelque- 
fois, absolument et famili^ement, pour le coin de la rue 
qu'on liabite : le marchand de vin du coin , lequel , k 
I'aide d'un atroce calembotfrg, dcrit en rouge sur sa porte : 
au bon coing; souvent m^me ce dernier mot manque, et est 
suppl^ par une image ^gmatique de ce fruit. 

<^oin sedit aussi, dans une acception d^favorable, oa 
d*un lieu 6carte et solitaire, ou d*un lieu obscur et dddaign^. 
Les voleurs attendent d'ordinairc les voyageurs au coin d'un 
bois, pour les d6valiser. Du reste, toutes les rencontres 
qu'on peut faire au coin d'un bois ne sont pas aussi ^heu- 
ses, t^moin ce vers de Boileau, dans son Art po^ique : 

Je tfoate iu coin d'oo boii le mot qui a'avait fui. 

On dit assez ordinairement d'une chose de peu de valeur, ou 
que Ton m^prise, qu'ellc est bonne ^ jeter dans un coin. Au 
jeu de trictrac, le grand coin ou simplement le coin est la 
demi^re case k la droite du joueur ; et le coin bourgeois, la 
demi^re case du petit jeu. Tenir son coin se dit au jeu de 
paume lorsque deux personnes, qui jouent une partie centre 
deux autres, d^fendent chacune leur c6te. 

Qui ne connatt \ejeu des quatre corns? Nous ne savons 
trop od nous avons vu une all^orie assez piquante et assez 
vraie dont ce jeu ^tait le sujet. La noblesse, le clerg^. Tad- 
ministration (ou les fonctionnaires publics), et le tiers ^tat 
(ou la bourgeoisie) tenaientles quatre coins, etle peuple 
^tait au milieu, soniblant toujout^ attendre, mais en vain, 
qu'un petit 6cliange de bons proc^^ entre ces quatre puis- 
sances lui facilit&t les moyens de Modifier et d'am^iorer un 
peu sa position. 

A voir toute la peine qu'on se donne dans ce petit coin du 
monde qu'on nomme la lerre, non pas seulement pour oc- 
cuper le meilleur coin , mais pour se faire oppresseur, sans 
piti^ des opprinUs, on est tent^ de s'^crier avec Boileau : 

Neureui est le iDorlel qni; do moode igoor<^» 
Vit cooteit d« lui-mtoe en an coin rcUri ! 

Le mot coJTi, conslddr^ comme mod^e ou comme matrice 
propre k fondrc une m^allle ou uue pi^ do monnaie, a 
foumi au langage llgur^ une expression m^taphoriquedont 
on se sert pour caract^ser un bon ouvrage, uoe belle pro- 
duction des arts ou des lettres. La Bruy^re Ta mtaie employee 
pour une oeuvre plus sublime, quand il a dit : « Tout est 
grand, tout est admirable dans la nature; il ne s'y voit rieti 
qui ne soit marqu^ au coin de Touvrier. » 

Quant aux ouvrages marqit^ au coin de Vimmortalif^, 



COIN 



tool tes giein de ^dM compreniMDt qull lerait kuttile d'«tt 
denmte ii notre ^poque. Ednie HteiAU. 

deboiBierfaBt^bMiMeroalibaiaMraiicaiioii, aniAorHer. 

Faire coin de m^ne Mi, c'est proveitialeineiit se Mr? ir 
poiTDiettreYiiieeliote ea ceufre, dime pertie de o^te cbote 
letaie. 

Eb termcB de bonoelier, le coin est laparUed'im bee det- 
liiite en poinie et doBt Teitrteit^ ioMenre i^nd k la 
cbeiiQe do pied : bes d coins iniimr,d eoiru d*or, (icotni 

Coim, en termee d'art T^tMiudre, d^aigne cdles deedoito 
indsiYes qui aoiit le plus prte des croc8| de cbaque oM de 
b boodw da cberal. 

GOIN (IHimUmatifW, Monnayoge), Le mol coin ii*a 
M employ^ que par lea auteora modernea pour designer 
oette maMe de mMal dur Mr laqoeile on a grav^, en sens 
inverM, le type d'une m^daille, aftn de l^unprimer en sens 
droit Mir le/Zan, q«e Ton eipoee k U pression. On hii 
donoe encore lea noma de poin^n, carr€ ou nuUrice, On 
ne tixMiTe dana aocon aatenr ancien lea mots iypcaiwny 
marcn^um, ieotiltfiii,/oniui,dan8 leaensdeooin de m^ 
(iatlfes on de fmnnaie. 

I/oplnion biiarre fondfe rar la grande Tari^ dea wA* 
daffies on monnaiea aatiqoes, qni voolait que povr chaqoe 
■iMaflle on eMnn eoin diflitfcent, a M r^at^ par le P. Jo- 
bert, Bernard de la Bastie et antrea antiqttairea G<yM>res. Le 
cdn €tait qoelqnefois pins grand que le flan, de sorteqa'one 
partie da type ne pouTalt pas toajoora y 6tre eiprim^. Le 
d^tetdeTirole, dont lee andens ignoraieBt rusaie,eni- 
pMnit sooYent qne le eoin M convenablemeit plac4 snr le 
liaD;de ti Tlent que aooyent le type n^eat paa bien imprun^. 
11 eiiste dans pkiaieun cabinets d'antlquit^ dea moales 
en terre coHe qae Ton croit aroir serri anoiennenient ii de 
fnx Bonnayeors poor ooider des m^daiUes k d^Ouit de 



Lafennedes cobisdtaitronde, otale ou carr^; la contue- 
morque prorenait parfols d*tin eoin particnlier. L*osage de 
contre^narqaer ks monnaiea eommen^ en Ortee. Les nom- 
hreoses prraTea qoe Ton en tronve sor les m^ailles des 
TlHesgreeqnes ne permettent pas d'en donter. La Tille d^An- 
tiicbe,enSyrie, estcellede cetteoontr^ qni en a le plus 
frit usage. Oes contre-marques n^existent point sur les mon- 
naies de la r^pnbfique romaine. L'osage tCexk a commeno^ 
cbez ce people, sur celies de bronze » qu*au temps d^Augiute 
sen tane nt , et 11 paralt avoir ^ abandonn^ sous Trajan. On 
B*en frouTe point sor les m^daHles de ViteUos et de Nerva; 
oa oonmence k en reroir sons Justin , Jostinien et quelqnea- 
UDS de lears socceiaeors. Les Qrecs employ^nt pour 
conCre-marqae des m^dailies de letnv yilles et de lenrs rols 
des tMea et des bastes de leors dieux, des figures ^qoestres 
de tears princes et de leuri h^ros, ou des figures de plantes 
et d'antmanx « de vases et autrea objets que Ton trouvait 
diez eui. Les Remains, au contraire, se servirent de mo- 
■ograramea fbmu^ de caract^res roraalns ou de mots 
tetiis abr^gte. Cea eontre-marqaes annonc^t ordinaitBOMSit 
raoloritt de eeox sods qui les monnaies ont ^(^ i^pp^. 
AiBSl , eelle da steat » jotete k oelle du people, y est indt- 
^pife par lea lettres 8. P. Q. R. (sauUus papyhuque ro- 
Mantcs), eeHe da people par P. R., et par divers autrea, 
eompoaant on assemblage de mots consacrte aux fbrmules 
effdMras dss monnates* Les tettres D. D. (efeerelo deem- 
rtom m) ntnoneent aussi la dondnation des premiers ma- 
iMntadeiooloBies. 

La caMael dea mMaRlea possMe ploaieors coins » dont 
qarifMB-nna ont i^ troovlia dans des Iboilles (Utes en 
VriMe. I>eat ftu-ent d6wavefts li Iftmesy vers la in du 
iiMadender e teioadeax aoat de broneet da tempade 
r a iidmi Aogoste : lis sont de forme eoniqae. L'an des 
dent ayant M mis i eetia ^poqoe sous le balspcier k la 



monnaie, ne put r^sister ii la force de cette madiine, et se 
brisa; les morceaux en ont M n^gligte et perdos* Le ae- 
cond, dont on trouve le dessin dans le recoeil de Cayloa^ 
ressemble plut^t k un scean qn'ii on coin dem^daiUe ; U a 
O^yOsa de bauteur, 0^,015 de diam^tre, et se trouve an- 
jonrdliai aa cabinet dea antiques de la Bibliotb^oe Imp^ 
riale. L'analyse da m^tal dont U est compost a prouv6 que 
c'^tait unalUage, en portions Agates ydecttivre, dezinc et 
de plomb caldn^. 

L'emplol des coins de bronce rendait le monnayage dea 
andens beancoup phis prompt qu'il ne Test aojourd'hui. On 
se servait de la gravure an touret comma pour les camto, 
et tous les coins des m^dailles grecques qui nous sont parve- 
nus ont M travaiUte sdon ce proc6d6 ; 11 en est de m^me 
pour les consnlaires des trois m^taux, cellea du Haut-£m- 
pire, et poor la plupart de eelles da Bas-Empire jusqu^au 
dnquidme si^e. O'est k cette ^poqoe settlement que com- 
mence I'emploi de la gravure au burin pour les coins : ce 
qui est (Suile k reconnaltre en remarqnant qoe le premier 
procM, la gravure aa tooret, ne produit que dea traits 
arrondis et jamais de traita vife et ar^t^ ; les lettres qu*elle 
ibrme ne sont jamais termini par des traits earrte; denx 
teinenees rondea, lidea par an trait, en composent les 
jambages. Le burin produit , an contraire , des lignes droi- 
tes', des ar^tea vives, des lettres termini par des traita 
carrte , comma on le voit anr nos monnaies. Oette difr^renee 
dans la gravure dea coina n'a paa M oonnne des faussaires 
qui , dans le sitele de la renaissance des arts, ont contrefiiit 
les m^dailles antiques. Us en ont grav4 les coins an burin, 
et c'est Ut undea caraot^res qui d^ciUent la supercberiel De- 
puis le rigne de Conatantin les m^daiUea ont ^ f^ppto 
avec des coins d'aeier et ii firold ; dans les temps antMeurs 
lea coins^taiant de bronae, et Ton s*en servait en les revd- 
tant dHin fort roaadrin de fer, qui les faisait r^sistn' an cboc 
le plus violent. Oette experience a M encore faite de noa 
jours, eton est parvenu k imiter k s'y m^prendre des m^ 
dailies andannes, en moolant un flan d'argent, et en le frap- 
pant Ii chaud au OMurteau aveo des coins de bronie froids. 
II est done tr^vraisemblable que les andens fabriquaient 
ainsi leur monnaie* 

Sous la premie race de nos rois les coins grav^ au 
touret Turent en usage^ et ce n'est qu'ii partir du r^e de 
Oliarlemagne qoe Ton employa la gravure au burin, comme 
dlo retait d^jli It Constantbiople. Ainsi, la fabrication des 
coins poor 1m mMaUles et les monnaies a suivi les progrte 
do la m^talluiigie et de Tart de tremper lea ra^ux pour 
les divers usages puUios et domestiques. 

GflAMFOLUON-FlGBAC. 

Quand un artiste modeme est charge de la eeniection des 
pidces qui doivent servir k imprimer des figures, des earac- 
tdres, etc., sur des m^dailles, des jetons,des mon- 
naies, il fait d*abord en cire on mod^e en grand de la 
m6daille, du jeton , etc. Le modde en dre est moul6 en 
plitre , pais reproduit en bronze , ou mtoe en fonte de fer. 
Aprto Tavdr r^par^, on le place sur le tour It portrait, 
qui rtiuit oe module aux proportions demand^ , teUes que 
cdles d*une pitee de 5 francs, de 2 francs, de 1 franc , etc. 
Tootes ces pieces sont parfaitement semblables entre dies , 
puisqu^dles sont des copies d'un m^e original, dont les di- 
veraes parties ont vari^ de grandeur, mais toojours dans une 
mtoie proportion. Chaqoe copie en acier que Ton obtient 
ainsi , et quel'on trempe ensuite, s'appeIle|N>inpoii original, 
Le pompon origfaial sert k Unmet la matrke originale : 
c^est one ptto deader non tremp^, sur laquelle on imprime 
en cTBttx les traita du poinfon. Comme I'ader m^tone non 
trttnp^ eat encore ane mati^ ibrt dure, la roatrioe originale 
ne s'imprime pas toujonis d*un seul coup de poui^. Le 
pohifon original porta settlement en relief le sujet prindpal de 
la mMidBe, comme une e0igie, une couroane, etc. ; la l^gende^ 
les gren€ti$, etc. , s'impriinent avec d'autres poin^ons. 



« 



COIN — COIRE 



La matrice originale 6Uai toorn^ et trempte^ on I'em- 
ploie poor former le poinfon de rqfroduction : cdm-ci eat 
complet , c'e8t4-dire qu*il pent former k loi seol le creax de 
la pi^. Avec le poinfon de reproduction , on forme les 
coins, on poingons-nuUrices , serrant h frapper les mon- 
naieSy les m^ailles, etc.; les poin^ns, les matrices, les 
coins, se font aujourd'hai en acier fondn; antoor de lenr 
masse est soud^ une forte yirole de fer; sans cette pr^u- 
tion , ces instruments , qui sont tremp^ fort dur, se brise- 
raient sous la pression do balancier. Les coins sont Imprim^ 
k plosieurs reprises : poor les tremper, on les introduit dans 
une botte de cuiTre rouge, et le tout est plac6 dans une pe- 
tite caisse de fer, que Ton ferme aYoc un couvercle; on 
prend ces pr^utions afin que les traits, plus ou moins 66- 
licats, des reliefs du coin ne soient pas alt^rte par le feu. 
On con^it done facilement pourquoi toutes les noonnaies 
dim mtoie systtoie sont parfaitement semblables entre elles, 
puisque les coins sont produits par une s^rie d'instruments 
qui ont une mftme origine. Teyss^re. 

GOiNGIDENGE (du Utin ineidere cum, tomber, ar- 
river, survenir avec). Le mot coincidence exprime k» rap- 
ports qui existent entre di? ers fails ou diverses drconstances 
qui concoureut k un m^e rteltat. Des faits coincident 
lorsqu'ilsont entre eux des relations d^terminto. Les preuves 
diverses que Ton r^unit , soit pour ^tablir une y^rit^ histo- 
rique , soit pour jostifier un prindpe de morale , de politique 
ou de pbik^phie, doivent ^galement coindder, sans quoi 
la preuTe ne sera point faite. Dans la langue des mathtoia- 
tiques, on dit de deux lignes qui s'appliquent parfiiitement 
Tune sur Pautre, qu*elles sont coincidenUs; ce mot se dit 
dans le m^me sens de deux surfoces ou de deux volumes. 

COIN DU ROI, COIN DE LA REINE, noros et 
signes de ralliement de deux c^^bres fictions mosicales, 
dont les querelles ^lat^rent vers le milieu du siMe demter. 
Tout ce quil y avait en France de gens de goftt et d'esprit 
trouvait absurde , ennuyeuse et ridicule la triste psalmodle 
de la musique fran^aise, outrte encore par les 61^ves et les 
imitateurs de LuUi,les Colasse, les Campra, les Destou- 
ches, etc La dauphine ayant fiiit venir k Paris , en 1752, 
une troupe de bouffons italiens, qui jou^rent dans la salle 
de rop^ra , les dilettanti de cette ^poque, qui se compo- 
saient de ce qu^ y avait alors de plus distingu<$ parmi les 
beaux esprits , les gens de lettres , les artistes , et de plus 
airoable parmi les gens du monde, se montrdrent x^l^ par- 
tisans de la musique italienne, et, r6unis par un m6me g^t, 
se placirent an c6t^ gaucbe du parterre , sous la lege de la 
reine. Les babitu^ de la vieille musique avaient adopts 
pour quartier g^n^ral le c6t^ oppose, sous la logo du roi. 
La guerre. ^ata entre les deux factions, mais seulement en 
paroles et en ^rits. Le coin du roi ^ait prot^ par M"** de 
Pompadour; le coin de la reine avait pour principaux 
chefs D^AIembert et Tabb^ C ana ye. 

Mais ce n'dtait pas seulement au spectacle que les deux 
camps ^talent s6par^ par une ligne de demarcation : die 
existait dans tons les concerts , dans toutes les rtenions oil 
la musique 4tait pour quelque chose , dans les dglises m6me. 
C*est ce qo*on remarqua k la messe de la Saint-Louis en 1753, 
dans la chapelle du Louvre, ou le c^^bre soprano napolitain 
Caffarelli chanta un motet italien; 11 eut constamment les 
yeux Dx^ sur le coin de la rdne, qui ^tait a la drdte de sa 
tribune. Le coin de la reine triompbait; Jean-Jacques Rous- 
seau avait donn<i son Devin du Village, dont la musique 
etait plus analogue au cliant italien qu^aux longs fredons fran- 
^. La revolution musicale allait s^op^rer. La contre-r^vo- 
lution edata par les intrigues d*un compositeur mediocre, 
Mondonville, auteurde Fopera de Titon et VAurore, Crai- 
gnant pour le succ^ de son ouvrage , il n^goda sourdement 
auprte de messieurs du cobi de la rdne, protestant de son res- 
pect pour leors oracles, ainsi que de son admiration pour la 
musique italienne, et proroettant, slls laissaient r^osdr Titon ^ 



de composer un opera dans le genre italieo ( ce qui Ini aurait 
ete impossible). On s'anrasade sa reqiiete,qa*onmit pour- 
tant en ddiberation. Les fanatiqoes, toojows pc^ts k de- 
truire les andennes idoles, opinaient pour un reliis et one 
chute complde de sa pito. Les bommes d'esprit , plus ac- 
commodants et plus gais , quoique pasaionnes pour la bni- 
sique d'outre-monts , penchaient pour la moderation, ams 
tirer k consequence. Blais dans Tintervalle, pour plus de 
sflrete , Mondonville avait persuade k ses protecteurs que le 
sncces de sa piece etait une affaire nationale. Le patriotiame 
se reveilla. M"^ de Pompadour s*alaima pour la nsusiqoe 
fran^aise. Le jour de la premiere representation de TUon et 
VAurore, le coin de la rdne fut occupe de bonne beore, 
ainsi que le parterre, par les gendarmes du roi, les mousque- 
tairesetleschevau-iegers. Messieurs du coin, trouvant leurs 
places prises, se disperserent dans les corridors, d*o(i Bs 
entendirent les bruyants applaudissements prod^ues It un 
ouvrage qu'on a depuis longtemps oubUe. La defeile du coin 
de la reine ftit complete. Les bouffons italiens furent rea- 
voyes , et Ton continue de brailler k TOpera. 

II ne resulta de cette querelle que la Lettre de Jean' 
Jacques Rousseau dD'AlemJbert sur lamusiguejranfoise, 
Mais le coin de la rdne prit sa revanche en 1754 au The4- 
tre-Italien, oil La Servante Mtdtresse, parodiee aor la 
musique de Pergoiese, et d*autres operas du memo genre, 
jooes les annees suivantes, ecraserent U mudque firai^aiae, 
et habituerent les spectateurs et les compodteurs eux«inenies 
k une mdodie plus naturelle d plus agieable. 

Lorsque GInck, en 1774, comment la revolution mu- 
sicale il ropera, les gluckistes, ses partisans, furmt en 
oppodtion avec les fanatiques de Rameau, qu^on appda 
ramistes; puis, It Tarrivee de Piccini, en 1777 , il y eat 
guerre entre les gluckistes et les piccinistes; mds il ne 
paratt pas que ces factions aient eu pour centre et pour foyer 
td ou td coin , pas plus que, depuis eux , les rossinistes et 
les anti-rossinistes , qui ont iait pendant qudques annees 
tant de bruit H. Auuiffbet. 

COING9 Iruit du cognassier. On en prepare un sirqp 
de coing qu*on administre dans les cas de d iar r bee re- 
bdle. L*eau mudlagineuse qo*on obtient par immersion des 
pepins du coing est employee comme coUyre dans phisieurs 
inflammations ophtbalmiques. (Test ce memo mudlage qui 
constitue la bandoline dont se. serveot les odifeors pour 
lisser les cheveux et leur faire cmiserver la dispodtion qu*ils 
leur donnent 

Le coing sort k faire des confitures. Les plus estimees ae 
pr^Murent dans le midi, et sont oonnues sons le nom de coti- 
gnac, qu'dles empruntent sans doute k une ville>du depar- 
tement du Var, d'od il s'en expedie une grande quantite. 

COIN SPH^RIQUE. Un a^n ou onglet spMrique 
est une portion de sp h ere comprise entre deux podtioBs du 
demi-cerde generateur. Son volume est egd au produit de 
la surface du f u seau qui lui sert de base par le tiers du 
rayon. 

COIRE (en langue romane Cairo, en aHemand Chur), 
chef-lieu du canton des G r i so n s, avec 5,600 habitants, pour 
la plupart protestants , est situee It 583 metres an-dessua 
dii niveau de la mer, au pied du mont Baaokd, dans one bdle 
valiee, entouree presque de tons e6tes par de liautes moo- 
tagnes, sur les bords de laPlessor, qui sejette k une demi- 
limie de 1^ dans le Rhin. Ce torrent, qui prend sa source 
dans les montagnes et qui exer^t autreTds par see debor- 
dements de grandes devastations dans tea eontrees, est 
maintenant ei»digue et porte un pent en pierre par lequd on 
arrive dans la ville, 06 on Ta distriboe an moyen de cananx. 
Aux environs de Coire on cultive la vigne et toutes espk^s 
d*arbres fruitiers. Cost prte de cdte ville que le Rhin com- 
mence k devenir navigable pour de petite b&timents. Elle 
ddt en grande partie sa prosperite au commerce de com- 
mission qui s*y fait entre I'Allemagne et ntalie« On y troave 



COIRE — COKE 



9 



ptaileofs bons ^UUisseiiieiits d'iAstmction publiqae, one 
lodtii ^conomiqne et onesoci^^ de min^ralogie. he palais 
^Mseopal est situ^ li pea de distance de la TiUe» et, de 
nteie que la cfaapdie Saiote-Lude, offre les points de vue 
la plos piUoresques. On y remarqoe sartout one Yaste salle 
OQotenaDt on grand nombre de portraits d'eTdques et de 
membres od^bres de la confederation helv^lique, tons avec 
lecostome de tear ^poque. LacaUi^rale, silu^ dans la Title, 
eontientde lemarquables tombeaux, dont on attribue la cons- 
tnictioa ii V€v^qae Tdlo, et qn*on dit dater du hoiti^me 
nkde. Be beanx bAtiments adjacents de>'inrent la prole des 
flammea en 1811. Anx enTirons de cette cath^drale demeo- 
re&t le petU nombre de catholiques r^dant h Coire. L'^lise 
protestante de Saint-Martin, T^le caotonale, jadis protes- 
tante el aigoQrd*hui mixte, mais en batte dans son organisa- 
tion actoelle aux attaqnes les pins Tiolentes de la part du 
parti Dltramontaln, sont aussi de forts beaux Edifices. 

La TiUe de Coire est d*origine toute romaine; cependant 
le see! monoment de quelque importance datant de V6' 
poqoe romaine qa*on y troute aujourd*hui est la tour de 
Manori ou Marsoila ( Mars in oculis ) adoss^ au cdt^ nord dn 
palais ^ptscopal. Vers le milieu du quatritoie sitele, Ck>ire 
re^t le nom de curia BhceCarum, Lors du s^our qu^il fit 
en cet eadroit, 06 11 n'y afait alors qu^un di&teau fort, 
I'empereur Constantin Tagrandit assez pour en faire une 
▼nie. EUe deTint si^e d'^y^cM d^ Tan 452; en 1419, quand 
eile se d^tacba de l*Empire d*Allemagne, elle acc^ h la 
ligue de la maison de Dieu, qui plus tard derint presque tout 
entito soomise k la juridiction de T^T^que. £n 1460 elle 
obtint de Tempereur les priTU^es de Title libre irop^^e. 
Ensoite, tonten consenrant ses priTil^es, eJle passa en 1498 
fioos b suzerainetd de I'^T^que, qui ^tait prince de fEmpire 
et soffiragant de l'arcbeT6qoe de Blayence. Les possessions 
temporelles de r^T^ch^ furent confisqu6es en 1802 et accor- 
ds a la r^pubUque belT^ue k litre d*indemnit6 pour d*au- 
trespertes. 

€OK£ (en anglais cook), produit de la carbonisation 
de la boaille. Cette esp^ de cbarbon, d'iuTention 
aagbuse, porte chez nous le nom que les Anglais lui ont 
dooB^. 11 eat aujoordliui en France , comme cbez eux , d'un 
grand usage, qui s'^tend tons les jours, et qui doit n^ces- 
sairement s'accroltre lieaucoup, car, en concurrence aTec 
le cbariKNi de bois, il a sur celui-ci PaTantage de T^conomie 
dans le prix , et pour un grand nombre d^emplois il lui est 
bien sop^rieur. Ce n*est pas sentement dans les traTaux des 
fboderies et pour la fonte du mineral de fer dans les bauts 
fooroeaux que le coke est uUle , ainsi que pour toutes les 
op6^tioas qui n^cessitent un haul degrd de cbaleur , on en 
reoonnalt acyourd^hui PaTantage pour le chauffage domes- 
fiqiie, et m^roe pour le serrice des fourneaux dc cuisine. 
Toutes les esp^ces de liouille ne donnent pas un coke ^ale- 
tneiit propre k tons les usages. Si la bouille que Ton Teut sou- 
niettre k la carbonisation ne produit pas un coke tout k la 
fob compacte, peu terrenx et totalement dessoufr^, dans 
beaocoop d'arts il n^anra pas de succ^s. Quand k ces quality 
le coke joint la propriety d*6tre rest^ encore un peu coltant , 
nteie aprte sa d^bituminisatfon presque complete , cW-4« 
ifire sll se prend en une inassc, sMt est de la nature que les 
Aoglats caract^risent par r^pith^te de caking coak, sHl a 
Faspect d'une frite , ou d*une porcetaine , ou terre cuite , il 
est ordinairement d^une quality sup^rieure; et la houille qui 
doBDe on let produit ofDre d'autant plus d'aTantages que les 
nottdres fragments en sont en quelque sorte meitleors pour 
' b carbonisaUon que les morceaux plus Tolumineux. Dans 
b proe^d^ de la carbonisation de b lionille, tons ces petits 
fragments se dessoufrent plus Tite et plus compl^tement ; its 
se soodent d'aillears entre eux , de mani^e k ne plus oJTrir 
fse de grosses masses adh^rentes et compactes. 

Quant an coke qa*on obtient comme rdsidu dans les cor- 
de fonte t)en»iStiqoement ferm^ qui serrent de rases 



distilbtoires dans b bbricaton da gaz d'^cbirage, ayant ^ 
surcbaufRi , et en qoelqoe sorte ^puis^ pour en extraire tout 
ce qui ^tait Tolatilisable , c^est un combostibb fort Infi^bur 
en Taleur aux autres esp^ces de coke. Pblooxe p^e. 

COKE (Sir EnwARo), grand jugs du King*s Bench sous 
Jacques l^*", et Pun des jurisconsultes bs plus di^ngu^ qu^ait 
eus TAngteterre, n^ en 1&49, k Milcham, d^une ancbnne fo- 
mille du Norfolk, aprte aToir ^di^ k Inner Temple ( Lon- 
dres), ne tarda point k se produtre comme aTocat. Les Titles 
de Norwich et de CoTentry b cboislrent pour tear recorder 
(syndic) , et quelque temps aprte il Tint au parlement repr^ 
senter le comt^ de Norfolk. En 1592 b cbambre des com- 
munes r^lut pour pr^ident La mtoie annte b reine l^sa- 
betli b nomma attorney general, eten 1593 aTocat g(ki6ral. 
En 1603 , lors de son aT^nement au tr6ne , Jacques 1*' le 
cr^ baronet; et au mob de noTembre de b m^me annte 
il fut charge de diriger k Winchester comme accosateur 
public la proc^ure criminelb intents contre sir Wal- 
ter Raleigh. A cette occasion Coke traito cet bonmie aussi 
cd^re que malheureux aTec une duret^ qui est demeur^ 
une tache pour sa m^moire. L*ann4e suiTante le z^ dont 
il faisait -preuTC pour b serTlce du roi fut r^compens^ par 
la place de grand Juge des Common Pleas. En 1613 il fut 
nonun^ grand juge da King's Bench et membre du conseil 
priT<i. En 1615 il figura dans le procte intents au comb de 
Somerset k Foccasion du meurtre de shr Thomas OTer- 
bnry. 

Mais , qnoique pr6t k ob^ aux volont^ du roi juaqu'aux 
limites extremes de b lot , s'^bnt refuse k se prater k des 
mesures arbitrau^, il tomba en disgr&ce, fut 6toign6 du 
conseil priT^, et p^t sa place de grand juge. D6s lors il 
figura k la chamt>re des communes parml bs champions 
des droib du parlement contre bs usurpations de la cou- 
ronne, et en 1623, ayant dans un discours des plus ^er- 
giques ni^ que bs proclamations royales eussent la moindre 
Taleur tant qu'elles n^aTaient pas dt6 confirm^ par le parb- 
ment, Jacques le fit arr^ter et enfermer k la Tour. Cependant 
Coke ne brda point k 6tre renus en liberty. Sous Charles !«' 
il fUt de nouTeau ^a membre de la chambre basse, oil il 
figura au nombre des plus ardenb adTersaires du fsTori 
Buckingham, que, dans la session de 1626, il accusa per- 
8onneUementd*6trela cause de toutes les calamity auxquelbs 
le pays ^tait en prob. Ce fut lui aussi qui pr^nb k la sanc- 
tion de bchamt)re b cdl^brepe^i^ton of rights. Cokemourot 
en septembre 1634. Quand it fut ^ I'agonte, le gouTemement 
fit mettre sous scelbs son testament et tons ses papiers. 

Coke jouit en Angleterre d'une grande autorit^ comme 
jurisconsulte. Bacon , quoique son riTal et son ennemi per- 
sonnel, aTait coutume de dire que sans Coke la lot ne serait 
plus qu'un Taisseau sans lest. Ses Institutes et «es Reports 
constituent la base du droit anglais; et il en existe d'innom- 
brables ^itions. 

COKE (William), comb de LEICESTER, c^bbre agro- 
nome anglais , n^ en 1757, mort en 1839, m6rib bien de ses 
concitoyens par les efforts quit fit pour transformer son do- 
maine de Hotktiaro, dans le comt^ de Norfolk, en ^bbtisse- 
mentagricole module, pour introduire b culture atfeme, 
pour am^liorer les races boTine et OTine, et faire adopter 
des m^tliodes de culture bas^ sur des principes sclentifiques. 
Sa Tie est un des plus remarquables exeroples qu*on puisse 
dter de la ricbe r^nun^ration r^serTte aux traTaux de l*a- 
gricutteur patient et intelligent. Dans Tespace de trente- 
six ann^, il r^ussit en elTet k ^leTer le produit an- 
nuel de ses domabes de 7,000 liTres sterl. k 90,000. It dbit 
en outre Tami et le conseil de ses fermiers, qui en sniTant ses 
aTis s'enrichirent en m6me temps que lui, et qui le T^n^raient 
c^mmc bur p^e. C'est lui qui le premier pratiqua rigoureo- 
sement lac<il^bre mdtliode d'altemage de Norfolk en quatre 
campagnes : \^ des naTeb ou des f&Tes, fUmier; 2" bb; 
3° trellc ct ray-grass ; 4" pacage. Ce fut lui aussi qui le pre- 



10 

mier recommanda h ses compatrlotes la culture du mats et 
des turneps. 

€OL, du latin collum, qui a la tn^me signification. On 
s'esi d^abord servl dfe ce mot pour d^igner la partie du 
corps qui joint la tdte k la poitrine. 1La ce sens il n^est plus 
en usage, et on lui a substitud le nom de cou; mais U est 
encore employ^ dans les acceptions suivantes : 1° esp^ de 
cravate sans pendants; 2° partie sup^ieure d'une chemise, 
d'un rabat, etc., qui emhrasse le cou; 3** passage ^troit 
entre deux montagnes ( le col de Pertuis, le col de Tende, 
le col d*ArgenlUre) ; 4" r^trtelssement entre la t6te 
et le corps d*un os long (col de Vhufn6inSt col du fe- 
mut, etc. ) ; 5° extr^mit^ t^tr^le de certains organes creux 
(col de la matrice , col de la vessie); 6* en gtographlc, 
^chancrure arrbndie que le falte ou la cr£te dVn rameau 
de montagne pr^sente k la naissauce d*une valine , lorsque 
les sillons qui donnent lieu k celle-ci semblent arolr emport^ 
une partie de ce fatte en y aboutissant ; 7° en botanique , 
prolongement que le fruit des synanth^rdes otttt assez sou- 
vent au-dcssus de la partie occupy par la graine, et qui 
a la forme d^m cylindreplus ou moins ^troit. 

Co/estaussiuneabrdvialion uslt^dans les formnles phar- 
maceutiques. pour CO /a /tire* L. Laurent. 

GOLARDEAU ( Charles- Pierre), n^ k Janviile, pr6s 
de Cbartres, le 12 octobre 1732, ^tait ttis d*un receveur 
au grenier & sd , qui jouissait de quelque aisance; il n*avait 
que treize ans lorsqu'il perdit son p^e. Un oncle, cur^ de 
Pithiviers^ se cbargea de dirlger son Education; il TeuToya 
aucoU^ de Meung-sur-Loire, puis dans la capitate, pour 
y appr^dreles math^matldques; maiscette science parut 
aride au jeune homme, d^jk poss^^ du d^mon de la po^ie. 
On Youlut alors en faire un avocat , et on le pta^ cliez un 
procureur, dont les dossiers ne lui servirent qu^a griffonner 
des Yers. Ne sachant plus k quel ^tat le vouer, Tlionn^^te 
pasteur le rappela pr^de lui. Colardeau, Toulant k la fois 
lui plaire ct se llvrer k son goQt favori , traduisit en vers 
bon nombre de psauroes. dMiymnes, de canUques ce qui 
enclianta le cur^, qui eOt ^t^ moins satisfait sans doute s*il 
eUt connu la traduction de V£piire d'Hdloise d. Aballard 
de Pope, d^^ commence en secret par son neveu. QUol 
qull en soit, en faveur des pieuscs oiM^upations de sa muse, 
il fut permis au jeune Ck)tardeau de se livrer au cutte des 
leltres , et il Tint se fixer dans la capitate. LMi<^roide ^it 
alors en faveur; cellc dont nous avons parl(i atlira l*a(tcntion 
sur le poete de vingt-trois ans, dont on admira le style ra- 
cinien et la briltante versification. 

Enliardi par ce succ^, it publia, avec bcaucoup moins de 
8ucc^, celle d^Armide d Henaud, dont le fond et les id^es 
appartiennent au Tasse. Puis il voalut aborder la trag^ie : 
r^pisode de Pygmalion du T6Umaque lui foumit le sujet 
d'AslarU. L'ouvrage est bien ^crit , mats faible de concep- 
tion et de plan : il n^eut qu*une r^ussite m^ocre, malgrd 
tout Tart de M'** C la iron, cbargde du r6te principal. It 
en fut de meme de sa seconde tragddic, Caliste, oil cepen- 
dant il s^^tait inspire d*une pi6ce angtaise d'un grand cftct, 
La Belle P4nitent€, de Rowe. Colardeau n'dtqitpas n^ tra- 
gique, et une commie posthume , ins^ree dans ses oeuvres 
(les Perfidies h la Mode), a acbev^ de prouver, malgr6 
ptusieurs traits ing^eux, que le tli^tre n'etait pas son 
^l^ent. II Alt mieux inspit^ dans ses J^pUres d M, Du- 
hamel et 4 Minette, dans son poeme des Hommcs de 
PronUtlUe, et dans son^^ante traduction des deux pre- 
mieres Suits d* Young, On lui sut moins de grd d^avoir mis en 
vers le Temple de Gnide, de Montesquieu. C'^tait une singu- 
li^re id^ de voutoir traduire ainsi non-seulement les podtes, 
mais les prosateurs les plus c^^res ; car on pretend qu'il 
avait commence la m6me operation sur le clief-d'oeuvre de 
Ftoelon. La crainte du ridicule la lui fit abandonner. 

Colardeau ^lait d'un caract^rc dou\ et nfMHancoliqne : il 
aimait beaucoap les femmes, les fleufs, la cam|>agne. Quant 



COKE -- COLBERT 



aux premieres , ses affections ne furent pas tonjours hen* 
reusement places : 11 fut Tadorateor bien fld^, bien tromp^, 
de la coquette Verri^res, Aspasie modeme, qu'avait rendne 
fameuse sa liaison avec le naar^chal de Saxe. 11 eat du 
moins des amis sinc^res , mdme parmi ses confl^res , et il 
mMtait d*en avoir. Sachant qne Fun d'eux , tVatetet, s'oc- 
cnpait d*une traduction de La Jerusalem dilivrie, non- 
seulement U discontiuua celle qu*U avait entreprise , mais 
il Jeta au feu ptusieurs cliants d6ik terminus. Un autre 
motif, non moins digne d^^oges, la roodestie, le fit renonoer 
k traduire V^nMe, lorsquli sut que Fabb^ Delille entre- 
prenait cette grande tAcbe. 

A une dpoque od la correction du style d^dalt sttrtout 
des ctioix de TAcad^mie Fran^se, Colardeau ne pouvait 
manquer d'y dtre du. II obtint cet bonneur en 1776; mais 
sa (aible sant6 , ^puis^e par le travail , ne lui permit pas 
d'y ^tre admis. II mourut le 7 avril de cette annde, k peine 
&g6 de quarante-quatre ans , et La Harpe, qui lui succ6da, 
eut deux ^oges fun^raires, au lieu d'un, k placer dans son 
dlscours de rtoption. Dou6 d*une bienvefllance in^puisable, 
il n^avait pas fait une seule ^pigramme dans sa vie. U s^en 
permit une au lit de mort; mais elle n^eut rien d^acerbe : 
le poSte Ba r the imagina de venir lui fire dans ses demiers 
moments sa commie de VJ^goisme, « Mon ami, lui dit Co- 
lardeau , tu as oubli^ un trait d*^oisme : c'est celui d'lin 
auteur qui vlent accai>ler un mourant de la lecture d*une 
comddle en cinq actes. » Trots ans apr^ la mort de Colar- 
deau, en 1779 , on publia une Mition complMe de ses cea- 
vrcs, en deux volumes In-S**; ses oeuvres choisiM ont eu 
plusieurs Dillons; il n*en restera gu^ que son £pUre 
(tff^loise, dont 1^ Ames tend res et les amis des lettres 
appr^deront toujours la po^ie touchante et harmonieuse. 

OURRT. 

COLATURfi (en la^ colatura, du verbe colore, 
couler), expression employee en pharmacie comme syno- 
nyme de fill rat ion, mais par laquelle on d^signe plus 
sp^alement le liquide filtr^. 

COLBAGIl, ou KOLBAK , mot qui est une corruption 
du turc calpahy kalpack, pass^ dans le valaque , le mol- 
dave , le hongrois , et naturalist en France d^ le com- 
mencement de ce si^cle. Notre colbadi est une coiffure mi- 
ll taire de pcau d^ours, sans plaque, dont la partie sup6- 
rieure est plate : il en sort parfois aussi , comme omemeat 
inutile, un long bonnet de drap termini par une bouppe. La 
carcasse de ce bonnet k poll tronqu^ est en carton, sans 
vtsi^re, cordons, ni tresses. Uideux accoutrement, il n^est 
connu dans I'arm^ fran^se que depuis qu*ii fut adopts 
par les chasseurs k clievai de la garde coiisulaire , qui en 
avaient trouv^ le module en £gypte ; fls Tavaient pris lors- 
qirils composaient le corps des gu ide s du g^^ral en chef. 
C^cst d'eux quMl a <§td imit^ sous TEmpire et la Hestauratioii 
comme coiiTurcde quelques corps d'^lite, de hussards, de 
chasseurs k clieval ct dVtUlerie volante. Bientdt it devint et 
est rest^ jusqu^li ce jour le partage presque exclusif des 
tambours-magors de rinfanterie firan^aise et des tambours- 
majors et tambours-mattres de la garde nationale. 

G** Barmn. 

Depuis le r<^fablissement de Tempire, le corps des guides a 
repris k pen pr^ son ancien uniforme, y compris le colbacb, 
dont le volume a senlement M diminu^. Les remarques 
failes k l^^ard du bonnet a poll, dont celui-ci n^est qu'aae 
varldid , sont applicables au colbach. 

COLBERT (Jean-Baptiste), ministre de Louis XIV, 
naquiti Heiuis, le 29 aout 1619; son p^re dtait drapier. 
Mordry ct d^autres biographes le font naltre k Paris, mais 
d^une famille originairo de Reims. Grand par lui-m^me » 
Colbert pouvait se passer d*une illustration d'empnmt : ce- 
pendant it so pr^tendit issu d'une des plus anciennes fa- 
milies d*£cosse , et M6nage composa sa g^n^logie. 11 faut 
moins attriboer cette vaniteuse prbtention k Colbert qu*ii 



COLBERT 



II 



les entoors , k ses enfanU et aui pr^ug^ de son ^poqoe. 
U Fnnoe le citera avec on Juste orgudl ao pfemier rang 
di 861 graods iMtnmes d^£tat , car son nom rappdle d*ho- 
Bonbies soaTenirs t nul ministre n^a plus Tait pour le bon- 
beur ella T^riiable gloire de son pays. On peut reprocber 
^udquet OTeurBy quelques l^utes k l*honime pri?^ ; on ne 
doH <iue dea doges k rhomme d*£lat; et c'est K ce dernier 
tiUe que Colbert appartient k lliistoire. 

Dis sa jeiuiesse U ainta avec passion les sciences ct Ics 
arts, qnH derait un jour prot^er avec ddat. II parcourut 
Jes proTinoes de France ponr connattre T^tat du commerce ; 
et ce fut dans le cours de ces Toyages quMl forma les grands 
proiets doni rex6cution illustra depuis son minist^re. 
VM en 1648 par un de ses parents, beau-frfere de Le- 
tellier, chez ce secretaire d*£tat, il obtint bientdt tonte sa 
confiance. Mazarin, premier ministre, avait besoin d'un 
hooune sOr, laborieux, habile et discret; Letellier lui pro- 
posa Colbert; il fut aupr^s de ce nouveau patron ce qu*il 
av^t iU aupr^ dn premier, travailleur infatigabte et d^- 
Tou^ Mazarin aimait h £tre instruit des moindres d<§taiU de 
chaoue partie de l^administration , et Colbert, charge dV 
bord de la direction g6idrale des domaines de la courofine , 
scnrait k souliait les gonts de son ^ninence. 11 Alt nommd, 
en outre, conseiller d'£tat k Tingt-neuf ans. Le ministrc 
^prouYa son tkie dans les campagnes de 1649 et 1650, pen- 
dant les guerres de la Fronde. Colbert le suivit en fiourgogne, 
en Picardie , en Guienne, en Cliampagne, et Cbt charge de 
toutes les d^penses n^cessit^ par le service du roi. 

En 1651 il ^pousa la fille do Jacques CharroU, seigneur 
de Menar, grand bailli de Blois. La m£me ann^ Mazarin, 
poursuivi par la liainc puldique et par les grands du 
royanme, se retira k Cologne, d^ou il continua k gouvemer 
la France. Llonne, Servien, Letellier ne d^idaient rien 
dans le conseil de la r^gente sans Tavoir communique k 
Mazarin; et C<4bert, intendant de la maison dn cardinal, 
^att Talent secret de cette correspondance« Les d^p^hes 
dn ninistre lui etaientadress^es, et il 1^ portait k la reine, 
qui Un remettait les siennes. Lorsque le grand Cond^ se 
pMgnit k ce propos de Lionne , de Servian , de Letellier, 
d ne toup^nna pas Colbert, dont la prudence ^galait le 
rtie : ton secret ne fut mftme jamais d^couvert. AussI Ma- 
zaria, rentre en France, admit-U Colbert dans sa confidence 
inlioie. II fit pourroir un de ses fr^res de plusieurs bene- 
fices; nn second obtint une licutenance au regiment de 
TIaTarre; nn troisieroe fut fait directeur des droits de prise 
nr nwr. En 1692 Colbert lui-meme fut nomme intendant 
de b maison du due dUnjou , charge qu*il vendSt 40,000 li- 
tres Fannee snivante. En 1654 Mazarin lui fit avoir celle de 
^ecreiaire des comroandements de la reine, et k Tabbe son 
tr^Tt on nottveau benefice de 6,000 llvres de rente. Tels 
(went ks oommencements de la fortune de Colbert et de sa 
faaaKie; el sa correspondance temoigne de sa gratitude. II 
y parte de la risUtance qxCit oppose au torrent des UM- 
raliUs dont Taccable le cardinal. 

Lorsqu^en I6j9 Mazarin voulut sccourir Flic de Candfe, 
iM i egi^e par les Turcs, et fairc restituer au due de Parme 
le dodiede. Castro, detenu par le pape Alexandre VII, il 
cavoya Colbert remplir cette double mission k Bome sous le 
0001 de martiuls de CroissL De la il se rendit |K>ur d^autres 
n^fodatioos k Florence , k Genes et k Turin. 

Fooquet etait surintendant des finances depuis le 8 fd- 
▼ricr 1693 , et en 1660 on avail etabli sous ses ordres deux 
4tecteiirs§eneraux : dUligre, depuis chancclier, ct Barillon 
de Iteangia. Les cboaet en etaicnt la lorsque Colbert , dans 
tt axTespoBdanoe confidenttelle avec Mazarin , comment 
Is pr cn i i e ie a attaqnes contra Fouquet. Mazarin espera 
*peiv un rapprochement chtre les deux rivaux. « J'ai fait, 
ce ne scmble, ecrivait-il k Colbert, ce que je dcvais avec 
M. le surinteodant » ct je siiis satistait de la maniere dont 11 
*** pMie el de la maniere dont je suis convenu qu*U en 



userait k Tavenir, lui ayant dedai^ que Je voulais etre in* 
forme des moindres peUtes choses, ce qn*fl m^a solennelle- 
ment promis, et non-seulement de vouloir bien vtvre avec 
Yous, mais de rechercher votre amitie et en faire les avan- 
ces, et avoir en vons la demiere confiance, vous faisant part 
de toutes les aflhlres, comme il pourralt le (klre k moi-meme. 
Je vous prie done de le voir lorsquHl arrivera k Paris, et de' 
faire ce qui poorra dependre de vous, afin qu'U connaisse 
que rien n*est capable de vous emp^cher de vivre avec lui 
en sincere amitie, pulsque^ outre restime que vous feites 
de sa pcrsonne, vous savez que je le desire ainsl. » Cette 
recommandatlon du premier nUnlstre etait un ordrc , auquel 
Colbert obeit tant que Mazarin vecut. Mallteureusement le 
cardinal etait dejk attaque de la maladie dont 11 devait 
mourir. Louis XIV connut bientdt le zeie et les talents de 
Colbert en le voyant travailler, sous ses yeux , avec le ml- 
nistre qui s'eteignait sans vouloir abandonner le timon de 
r£tat. Clair et concis dans ses demonstrations, le Jeune con- 
seiller s'attachait k prouver au jeune roi que Fordre dans 
les finances est la principale source de la prosperite des 
empires; et Louis voyait alors dans Fadminlstration de 
Fouquet une telle confusion, un etat si desespere, qu'il ne 
pouvait comprendre comment il serait possible de d^roull- 
ier ce chaos. H interrogeait Colbert, et Colbert gagnait sa 
confiance en repondant avec justesse. 

Mazarin, afTaibli par les progres du mal, s^etait fait trans- 
porter k Vincennes. Colbert lui conseilla de donner tous ses 
biens au roi et d^abandonner k la generosite du prince le 
soin de sa (^mille. Mazarin presenta cette donation k 
Louis XIV, qui la refusa. Il fit alors son testament, qui 
contenalt des dispositions flatteuses poor son confident , le 
don de Hidtel qu1l occupalt aupres dn sien, et Tordre expres 
de lui remettre tous les papicrs concemant les affaires de 
r£tat. II fut, en outre, nomme son executeur testamentaire 
avec Fouquet , Letellier, Lamoignon et reveqne de Frejns. 
Ces dispositions prises, Mazarin mourut, le 9 mars 1661. 

Le 5 septembre suivant le surintendant Fouquet etait ar- 
rete k Nantes en soriant du conseil do roi ; tous ses papiers 
etaient en mAmc temps satsis et cnleves; et Colbert lui sue- 
cedait immediatement au ministerc des finances. II serait k 
desirer pour llionneur de la memoire de Colbert qu*il fdt 
reste neutre dans la longue et monstruense procedure instmite 
contre son predeccsseur ; mais on ne peut douter qn^il n*ait 
ete un de ses plus implacables petsecuteurs et la cause prin* 
dpalo de sa perte. Un arret du 21 novembre 1662 avail 
antorise Fouquet k prodnire des moyens justificatifs. 11 avail 
en consequence remis k son conseil ses notes sur les cliarges 
produites contre lui ; mais k peine avaH-on commence Pim- 
pression des deux premiers caliiers de son memoire, que les 
feullles imprimdes ct le manuscrit furent, par ordre de Col* 
bert, saisis chez rimprimeur. 

Mazarin mourant avail recommande Colbert an jeune 
rci : « Je vous dots lout, Sire, lui avait-il dft; je crois m'ac- 
quitter en vous Idguant Colbert. » La place de surintendant 
avail ete supprimee, ainsi que celle de premier ministre ; il 
fut nomme cuntrdleur general. Tout marcha des lors vers 
un ordre nouveau. Une chambre de justice ihl etablle ; les 
traitants, poursulvis criminellement, furent condamneslde 
fortes taxes , et les rentes qui lettr avaient ete donnees en 
payement furent supprimees par fbrme de confiscation. En 
meme temps une remise de trois millions lilt faite snr les 
taxes. Le peuple, satislaitdese voir Immoler des victnnes et 
d'etre soulage dans le plus onerenx des imp6ts , applaudH 
au ministre ; mais les nombreut amis de Fouquet, les grands, 
qui nc subsistalent que de ses largesses, les traitanis, k qui 
l*on avail fait rendre gorge , maudirent Colbert. Quoiqn*il 
ne (di revetu que du litre de contrdlenr general, Louis XIV 
lui accorda des lors plus d'arttoriie que n'en avail eu au- 
cun sufihtendant. II visait, 11 est vrai, toutes les ordon- 
nances, mais rien ne se deddati darts le conseH que wr 



13 



COLBERT 



TayiB de Colbert Le trtoe lui dut un ^clat jasque alon in- 
conna ; il fit un appel h tons les talents, k toutes les ca[>a- 
cit^ ; tons les arts y r^pondirent par des chefs^*oeavre; les 
savants, les Utt^tears le salu^rent du nom de ffrand; ce 
n'^tait pas on bommage impost par un orgueilleux patro- 
nage, maid Texpression Ubre de la reconnaissance. La pos- 
t^t^ Ta GonlirnM^. 

Colbert r^unissait trois portefeuilles : les finances, la ma- 
rine et la roaison du roi. 11 avalt achet^ le ministire de la 
marine de M. de Lionne, premier titulaire de ce d^parte- 
ment, qui ^tait pr^c6demment administr^ par unc com- 
mission sp^ciale. L^administratlon des finances avait ^16 
jusque alors un inextricable chaos. Colbert trouva le tr^r 
vide, deux annto de revenu consomm^ d^avance, le 
peuple accabl^ d*imp<^ , Ta perception des deniers publics 
confix k des bommes cupides et ignorants, les domaines 
all^n^, les exemptions, les charges, les privileges multi- 
pli^ outre mesure, les recettes sans r^le, les d^penses sans 
frein, partout la fraude , la malversation , le d^rdre , et U 
6tablit un ordre admirable dans toutes les branches du re- 
venu et des d^penses publiques; il supprima tons les offices 
on^reux au peuple , diminua les gages, fit cesser les gains 
scandaleux et le trafic des emplois, r^uisit la rente malgr^ 
les clameurs de ses ennemis et fonda, une caisse d'emprunt 
pour couper court k Pusure. 

11 trouva le moyen d'entretenir plus de gens de guerre 
que la France n^en avait eu sur terre et sur mer k aucune 
^poque, et oela malgr^ de prodigieuses d^penses en bAti- 
roents et en spectacles. Grftce k son ministre, Louis XIY 
etait devenu Parbitre des destine de TEurope. En moins 
de cinq ans Colbert avait augments la marine fran^'se 
de 60 vaisseaux, de 8 galores, de 20 brOlots, de sorte qu'elle 
Gomptait en 1672 : 60 vaisseaux de ligne, 40 frigates; et 
en 1681 : 198 bAtiments de guerre, avec 166 mllle marins 
pour le service des ^uipages et de Tartillerie. It fortifia les 
ports de Brest, du Havre, de Toulon, de Rochefort, etc., onvrit 
des ^colesde navigation, et quoique contrari^ par Louvois, 
eutlagloiredevoir d*Estr6es,Duquesne,Tourville, 
Jean Bart et Forbin (aire flotter notre pavilion, k peine 
connn la veille, au-dessus deceux de tons les peuples. Avant 
lui il n*y avait gu^ en France d'autre commerce s^eu^ 
que celui de quelques provinces avec la capitate : il oovrit de 
Douvelles routes et Hgara des grands chemins devenus im- 
praticables, fit approuver et ex^uter la jonction des deux 
roers , propose par Riquet sous Louis XllI, projela le canal 
de Bourgogne, fonda une cbambre g^^rale d*assurance en 
faveur des villes maritimes et une diambre de commerce , 
oil les plus habiles n^ociants ^talent appel^s k discuter tout 
ce qui pouvait int^esser la prosperity nationale. Les doua- 
nes rur»it recut^es jusqu*aux (h)ntieres. Le prix de I'argent 
abaisse fit refluer les capitaux sur le commerce et Tagricul- 
ture. Dun tee rque,racbeteeaux Anglais pour cinq millions, 
devint blentdt enfin one des places les plus florissantes de 
TKurope. 

Colbert cr^a les compagnies des deux Indes , et fit partir 
de La Rocbelle trois colonies, dont une peupla Cayenne, 
une autre prit possession du Canada et y fonda Quebec, et 
la troisiiine s*etablit^ Madagascar. Son habile politique 
permit le commerce It la noblesse sans d^roger, raviva les 
relations avec le Levant, en ouvrit de nouvelles avec le Nord, 
etendit celles dela France avec ses colonies. En un mois 
soixante-cinq gros navires partirent de Saint-Mato pour la 
ptelie de la nnonie. Les pirates bart>aresques furent foudroy^s 
par Duquesne jusque dans leurs repaires. Colbert fonda 
dans le faubourg Saint-Antoine une manufacture pour les 
glaces, qu^on etait oblige d^aclieter aux Venitiens k des prix 
excessifs; dans le faubourg Saint-Marceau, la cei^bre manu- 
facture des G bcl ins, dont il donna la direction k Lebrun ; 
It Saint-Maur, une manufacture d*etofles d*or et d*argent; 
il Abbeville y k Elbeuf, k Louviers, des fabnques de draps ; 



k Lyon et k Tours de nombreux ateliers poor les etoffes de 
soie et les has' au metier, sans compter les divers etablis- 
sements de ce genre qu^ encouragea par des prets conside- 
rables sans interet, par des exemptions, par des lettres de 
noblesse, etc U dimmua rimp6t sur les terres, favorisa la 
multiplication des bestiaux, tempera la rigueur des saisies, 
s'occupa d^un grand projet de cadastre general , consul le 
projet de reformer Tordre judiciaire, presida k la confection 
de la ceiebre ordonnance de la marine, du code marcliand, 
du C o d e N i r, et, ne pouvant abolir la traite, s^eflor^ d*en 
rendre les consequences moins aflligeanies pour lliumanite. 

L'eclatante protection qu'il accorda aux lettres, aux 
sciences et aux arts, eOt suffi pour rendre son nom immor- 
tel : it fonda TAcademie des Inscriptions, qui s'assemUa 
d^abord chez lui, et TAcademie des Sciences; protegea TA- 
cademie Fran^ise, dont il slionorait d'etre membre, et 
comm^^ la bibliotbeque de cet etablissement ; crea TAca- 
demie royale de Peinture , Architecture et Sculpture et P A - 
cademie de France k Rome; enrichit le cabinet des ta- 
bleaux du Louvre, ainsi que la Bibliotheque du Roi, qui lui 
doit le ceiebre fonds Colbert, et dont il nomma son frere, Pe- 
v6que d*Auxerre, conservateor; enrichit encore le cabinet 
des medaiUes et pierres gravees, ainsi que le Jardm du Roi , 
qu*il augmenta consid^rablement ; fonda la pepiniere du 
Roule et PObser vatoire. It la tete duquel fl pla^a les deux 
plus ceiebres astronomes de PEurope, Huygens et Cassini, 
qu*il avait attires en France par ses bienfaits ; fit commencer 
U meridienne qui traverse la France, et envoyades savants 
k Cayenne pour y faire des observations; supprima la rue 
qui separait le palaisdesTuileries du jardin, qu'il fit des- 
siner par Le Ndtre ; consul le projet d'acbever le Louvre, 
et presida k la construction de sa ceiebre colonnade; fit 
bAtir les arcs de triomphe des portes Saint-Martin et SaSnt- 
Denis, une partie des quais et des boulevards, mit le pavage 
et Peclairage de Paris au nombre des cliaiges publiques , 
crea vingt-quatre corps de garde dans la capitale, fit cons- 
truire les b&timents de Versailles et oonvrit la firontiere du 
nord d^utt double et triple rang de places fortes. 

Colbert pensionnait les litterateurs et les savants en re- 
nom , de la France et de Petranger. C^etait une depeose 
totale de 100,866 livres. 11 protegeait specialemeot Ba- 
luze,Fiechier, Boileau, Corneille, Racine. Mais en 
memo temps U protegeait aussi Cotin, Chapelain, 
Boyer, Pabbe Cassagne, et logeait dans son b6tel Pabbe 
Gallois. 

Avant la paix de Nim^ue les courtisans ne parlaieot 
k Louis XIY que de guerre et de triomphes, Colbert seul osa 
lui parier de la misere du peuple ; le front du prince s^as- 
sombrit. Le mmistre demanda alors la permission de se re- 
tirer des affaires , pour ne pas etre temoin de% miseres de la 
France; et le roi garda le silence. Colbert rentra chez lui 
soucieux; il traversait ordinairement sa bibliotheque , oCi 
des gens de lettres Pattendaient. Ce soir la, il refusa de les 
voir, et s^enferma dans son cabinet. Cependant Louis XIV, 
ayant reflechi, rendit au ministre, avec sa faveur, Pespoir 
d*une paix prochaine. Quand elle eut ete signee, le roi s*^ 
tant transporte dans les Pays-Bas poor se DMmtrer aux vlUes 
qui lui avaientete cedees, Colbert, qui Paccompagnait, tomba 
dangereusement malade. Un mededn anglais le sauva 
avec du quinquina, qui devuit des lors le remMe k ki 
mode. 

En 1662, ses ennemis, pour le perdre, present^rent k 
Louis XIV le plan d*une superbe fete, qui devalt donner, 4 
les en croire, aux etrangers une haute idee des richesses de 
la France. Le monarque, qui goOtait fort cette propodtioD « 
n'osait en parier k Colbert, qui se plaignait sans cesse de 
Pepuisement des finances; enfin il hasarda la penible confi- 
dence : le ministre joua Petonnemcnt, et fron^ le sonrdl. Le 
roi, embarrasse, dedara qu*il fallait dioisir parmi les plans 
pi-esentes le moins dispendieux ; il semblait s*excnser d*a« 



COLBERT — COLCHESTER 



13 



VM agr^ trop Wg^rement ce projet de flMe. Quel fat son 
^tomumeot lorsque Colbert, apr^ loi aToir exposd T^pai- 
cencBt &u tr^sor, ijoata que piiiiqii*il ^tait question d*une 
Ate, MaSA qo^eUe lAt digne du phis grind prince du 
moodel Le mii^stre prit alors les divers plans, et les em- 
porta sous pr^eite de les examiner. II fit venir les fer- 
niiers g^n^raux, lenr annon^ que Tintention de S. M. ^ait 
de compter aree eux de clerc k mattre s'iJs ne pouraient 
ioi Tenir en aide, et annon^ au roi que le carrousel coOte- 
rrit 1, 800,000 Ut. Louis XIV, efflray^, d^araquMl renon^t 
4 cette Me. Mais Colbert lui fit observer que Thonneur de 
S. M. 6(ait int^ms^ It ce qu'elle eOt lieu, s'engagea k trou- 
ver les fonds n^cessaires, fit annoncer le carrousel dans 
toiites les feuilles publiques de TEurope, et ne s^occupa plus 
que des pr^paratifs. Comme il Tarait pr^TU, les strangers ar- 
fluirent dans la capitale; la haute noblesse des provinces 
accoonit; toutes les villes manufocturi^res avaient envoys k 
Paris les plus riches produits de leurs fabriques. D^ que 
Colbert fut inform^ que tons les princes et sdgneurs fran^ais 
avaient acheld leurs brillants costumes pour le carrousel, il 
eoBseilla au roi de donner un grand balli la cour. Tous les 
invil^ y figur6r«it dans leur noiivel attirail. Colbert fixa 
pea apr^ Toaverture du carrousel : les premieres parures 
n^^taient plus de mise, il fallut en foire confectionner d*au- 
Ires, et il en r^suHa de doubles d^penses. Le concours des 
marchands h Paris ofFirit le spectacle d'une riche expos!- 
taoa; tout s^ vendit. La fi&te fut magnifique; Louis XIV 
^tait encbant^. Mais quand vint le quart d*heure de Robe- 
iai$, Colbert se pr^senta. Le roi, pour pr^vmir un p^nible 
examen de details, lui demanda le chifDre total de tous les 
eonptea rtenis ; il s'attendait k une d^pense ^norme. Col- 
bert lui dteoDira qu'elle n'avait pas excM^ 1,200,000 li- 
vies; cpie les droits per^us par le fisc sur les marchan- 
daes et les denrte de consomroation s'^ient ^lev^ k plus 
de deox ndUioiis, en sorte que tout pay4 il en restait un 
dans les oofTres du tr^sor. Ainsi, cette f6te, qui n'avait 6t6 
pr^parfe par une cabale de courtisans que pour perdre Col- 
bert, coMolida sa puissance et son cr61it. 11 continua ii 
goavenwr la France sans ^ronver d'opposition s^rieuse. 
Le grand namistre de Louis XIV avait la taille mMiocre, 
FfleB per^nt, les sonrcils ^is, le regard austere, lepli du 
frwU redontable. Le roi disait qu'il avait conserve k la cour 
le ton it les mani^res d*un bourgeois. U ^it dans ses au- 
firoid et silendeux. Le poete Renault ayant public 
lai ml sonnet injurieux, il demanda si le roi y ^tait 
L Sor la r6ponse n^ative qui lui fot fiiite : « D^ lors, 
r^pKqiia-t-ll, je dois croire que je ne le suis pas ». Mais, 
llislorien M^seray ayant attaqo^ son syst^e d'impOts, U 
rMaiBit d'aboid et sopprima ensuite sa pension. Colbert ne 
coaaaiiaait bI plaisir ni repos. 11 vouhit fort tard apprendre 
le liliB ; n'ea troavant pas le loisir chez hii, il emportait 
dans SOB earrosae le professeur qui le lui enseignait n 
ei^eiit que ses oommis fnssent rendus k leurs bureaux a 
elaq heaves et demie du matin , et souvent sur vingl-quaire 
heorea ils en travaiUaient seize. II concevait lentement : fl 
devait principalemeot ses snccte It sa pers^v^nce. La 
gnode iafloeiice dont il Jouissait comment de s'aiTaiblir en 
It70, d alia tonjoors en d^hnant depuis. Louvois avait 
pr» on grand ascmdant sur Louis XIV. Colbert ne pouvait 
arrlier lea d^penses. Son rival ^tendait son autorit^ sur 
toos lea wiairt^ws. II finit par ne plus Mre mattre du slen. 
Di^ aoo application assUne, ses travaux excessifs avaient 
dIM aoa temperament. Attaqu6 de la pierre, il soufTrit 
h^poifDeneai lea donlears les phis violentes. Le roi Talla 
voir, cBloor^ d'on nombreux cortege, et entra seal, de peur 
da l*iMoiDmoder. Colbert fut attendri lorsque Louts lui 
idpte platSean fols qnll le prialt de se conserver, qu*il avait 
benin de ses services. Sulvant d*autres, le roi, au lien d*aller 
viriler son minittre, lui aurait toit par un de ses gentils- 
K, rt Colbert se serait itn^ : « Je nc veux plus en 



entendre parler. Qu*fl me laisse tranquiOe! si J*avais (ait 
pour Dieu ce que j*ai Tait pour cet homme, je serais sauv^ 
dfk fois, et Je ne sals ce que Je vais devenir. » II aurait 
mtoie feint de dormir, refusant ensuite de d^cacheter la 
lettre de Louis XIV. 

Quoiqu'il en soit, le grand ministre, qui avait toujours ^\A 
fort pieux, lisant joumcllement quelque chapitrede la Bible 
et rdcitant le br^viaire , ne s'occupa d^ lors que de son 
salut, et r^ndit k sa femme, qui Tentretenait d'affaires : 
« Vous ne me laisserez done pas le temps de mourir ? » Bour- 
daloue Passista dans sed deniiers moments ; et il mourut le 
6 septembre I0R5, a soixante-quatre ans. Le peuple, dont 
il avait <H^ le plus u&ik d^fenseur, le poursuivant de sa haine 
aveugle, on n'osa Tenterrer que de nuit et avec une escorte 
* d'archers. Ses enfants charg^rent Girardon de lui ^ever un 
beau mausol^ k Saint-Eustache. L'Acad^mle Frari^aise de- 
vait faire prononcer par un de ses membres son oraison 
tun^bre dans I'dglise des Billettes; mais les pr6tres qui en 
faisaient partle ayant ^t^ retenus par Poraison fun^bre de la 
rehie, qui mourut k la m^e ^poque, PAcad^ie tint au 
Louvre une s^nce extraordinaire od il (Ut c^br6 en vers par 
Quinault et en prose par J^abb^ Tallemant. En m6me temps 
se r^pandaient k Paris et en province plus de quarante ^pl- 
taphes satiriques de Colbert, en latin et en fran^, sans 
compter un d<^luge de sonnets, de chansons, decigrammes, 
de pamphlets outrageants. Depuis longtemps on pr^sentait 
au roi la conversion en masse des protestants comme la chose 
la plus facile et la plus glorieuse. Colbert seol les avait pro* 
t^^ contre tous. II avait voulu qu'on m^nageftt une reli- 
gion profess^ par les n^ociants les plus estimables, les 
manufacturiers les plus industrieux et presque tous les ha- 
bitants de nos villes mariUmes. H employait volontlers les 
calvinistes dans Tadministration des ^nances royales, et il 
se louait de leur probity et de leur modestie. Deux ans aprte 
sa mort la revocation de iVdlt de Nantes ^tait pro- 
nonc^. 

Colbert eut neuf enfknts , six fils et brois fiUes : celles-d 
^pous^rent trots dues et pairs, Chevreuse, Saint-Aignan et 
Mortemar, fils du mar^chal de Vivonne. H ouvrit k tous les 
siens la carries des bonneors : son fr^ Charles , mar- 
quis DB Croissy, fut conseiller d*£tat, president au conseil 
d*Alsace, premier pr^ident du pariement de Metz, intendant 
de justice, ambassadeur en Angleterre, Tun des pltoipoten- 
tiaires de ht France It Mim^ue et It Aix-la-Chapelle, mi- 
nistre des afTaires ^rang^res en remplacement d'Amaukl 
de Pompone; son fils afai^, Jean-Baptiste^ marquis ns 
Seignelay, se distingua comme mhiistre de la marine , dota 
la France d*une flolte respectable. It ht t^te de laqi^Ue il 
bombarda lui-m^me Gtoes et alia oombattre phu tard l* An- 
gleterre et kt Hollande; un autre de ses fils, Jacques-Ni- 
colas, archevfique de Rouen, tai admis It PAcad^ie Fran- 
^ise, oil Racine lui r^ndit en quality de directeur. 11 se 
signahi par sa tolerance envers les calvfaiistes, et t\it un des 
cr^teurs et des premiers membres de PAcadtoiie des Ins- 
criptions. Quatre vingt dix ans aprte la mort do grand Col- 
bert son tioge etait mis au concours par PAcadtoiie Fran- 
^se, et le prix d^cem^ k Necker. 

GOLBRAND ( Isabellb). Voyez Rossmr. 

COLCHESTER, chef-lieu du comt^ d'Essex, bftU sur 
le Colne, qui y forme un port, compte environ 19,000 ha- 
bitants, et est le centre d*une fabrication assez importante 
d'^ofRss de laine et de coton. Cette ville est d'allleurs re- 
nomm^ en Angleterre, surtont k cause des huttres qu*on 
ptehe dans ses environs. II s*y trouve beauconp d*antiquit^ 
ronuUnes. On y d^couvrit entre autres, en 1829, un pav^ 
en mosalque d*une grande beauts ; drconstance qui a 
donn^ It penser It certains arclitologues que lit 8*<Mevait 
jadis le Camulodunum des Remains. A P^poque oii le doc 
d'Albe d^vastait la Flandre au nom de son mattre Phi- 
lippe II et de Pinquisitlon , un grand nombre de r^gi^ 



14 COLCHESTER 

flamands Yinrent s^^Ublir k Colchester, ei fond^rent les pre- 
mieres manufactores qu'ait eoes oette ville. Pendant la lutte 
du long-parlemeiit contre Charles l""', la Tille de Colehes- 
ter, aaile des partisans du malheareax monaiqne, ftit assi^gite 
par les troupes du parlement, qui s*6n empar^rent en 164B, 
aprte un si^e aiissi long qu'opiniAtre. 

GOLCHESTEE (Cbahles ABBOT, Ticomte), connu 
dans le monde politique conune oraieur ( president) de la 
chambr^ des communes d'Angleterre, ^t le ftls d'un riche 
ciir^, et naquit le 14 octohre 1747, k Abipgdon. Apres avoir 
fait ses premieres ^udes ^ T^cole de Westminster, il Tint 
les achever k TuniYersit^ d'Oxford; puis, quand son Va- 
cation ftit enti^rement flnie , il alia se perfectionner ^ Ge- 
neve, ou il se Ua d'amiti^ avec Jean de Muller. Quoique 
profond^ment vers^ dans la jurisprudence, il ne se sentait au- 
cune disposition pour le barreau. II brigua au contraire et 
obtint, en 1795, un si^e k la chambre des communes, et 
s^efTor^a d*iutroduire dans les deliberations de cette assem- 
biee plus de lucidity et de precision dans les termes, ainsi 
que de faire r6diger les actes du parlement aTOc la simpli- 
city de formes oui distingue les actes du congrte des iLtats- 
Unis. Mais ces louables eflbris demeur^rent infructueux. 
Quant h ses opinions poUtiques, U Tota constamment avec 
le pouToir. Jl defendit avec ardeur le bill relatif aux sedi- 
tions {riot bill ) presents par Pitt; appuya vivement, en 
1799, le bill ayant pour but retablissement d*un imp6t 
sur le revenu {income tax) , et, en 1800 , pr^senta nne mo- 
tion ayant pour but de faire payer aux receveurs des revenus 
publics llntMt des sommes quMls ne feraient pas rentrer 
au tr^sor. En 1801 il fut nomme secretaire du lord lieute- 
nant dMrlande, plus tard mepbre du conseil prive, et en 
1802 la chambre basse Peiut pour son orateur (president). 
Dans Iclong exercice de ces importantes fonctions, U put 
deployer cette profonde connaissance de Tantique jurispru- 
dence anglaise, des vieux precedents et usages parlemen- 
taires , qui loi Talut une si juste reputation , et il s^acquilta 
des devoirs attaches k cette place eminente avec autant de 
prudence que de dignite. En 1805, Topposition ayant pro- 
pose aux communes de traduire en justice le premier lord 
dc Tamiraute, Melville (Dundas), il dedda par sa voix, qui 
forma la majorite absolue, la mise en accusation de ce haut 
fonctionnaire par-devant la chambre des pairs. 

En 18t7 rafTaiblissement de sa vue Tobligea & renoncer 
anx fonctions de U presidence , et le pouvoir Ten dedom- 
magea en le nommant pair avec le tltre de vicomte Col- 
Chester, Depuis , 11 vecut de la vie de famille, retire dans 
sa terrede Mayfleld, pr^s d'Ost-Grinstead, et mourut k 
Londres, le 8 mai 1829. 

COLCHICAG^ES 9 famille de plantes monocotyie- 
dones, voisinedes tiliacees, et qui tire son nom de Tun des 
genres principaux qui la composent, le colchique, Ce 
groupe comprend des plantes herbacees que Ton trouve en 
Europe, dansle nord des deux continents, au Cap et dans 
la Nouvelie-Hollande. La radne en estsouvent bulbi(ifere» 
la tige simple et rameuse, les feuilles altemes, engalnantes 
par la base, de forme variable; les fleurs terminales, le pe- 
rigone petaloide, colore, k divisions egales; lesetanunes 
perigynes, en meme nombre, k antheves introrses; les 
ovaires triples , sonvent sondes par leur c6te interne; les 
styles greies , de la longueur du tube calicinal; le fruit a trois 
capsules k trois loges polyspermes* 

Quelques colchicac^ sont employees en roedecine ( col- 
diique, ve r a t r e ) ; il en est qui contribuent k romcment des 
jardins ( les heionias, les melantliium, le veratre noir, etc.). 
La plupart sont venencuses. D*^ SAvcKaoTTE. 

COLCHICINE, alcalolile extrait du colchique 
commun, en epuisant ses graines puWerisees par Talcool 
aiguise d'acide siilAirique. Aprto un traitement convenable, 
la coldiicine se depose sous forme d'aigullles incolores. Cet 
alcaloide est amer et teUeroest veneneux qu'un dcmi-cen- 



• COLCHIQUE 

tigranune suffit pour (uer un chat. La colchicine est colore^ 
en bran JaunAtre par Pacide sulfnriqne , ce qui la distii^ae 
de laveratrine,aveclaqudleon ravaitd'abordcoafon^. 
COLCHIDE, cootree de TAsie, ferUle en Tins, et en 
fruits, situee sur la cMe orientale du Pont-Euxin ou de la 
mer Moire, anjourd'hui la province de leur empire k la- 
quelle les Busses donneot le nom d'Imerethie, avec lea 
districts de Mi ngre lie etdeGourie, fut cei^bre ^ one 
epoque extremement recuiee de Pantiquite, oonune la patrie 
de Medee et le but de I'expediMon des Argonautes; 
mats les Grecs n*en eurent connaissance que par les eotooiet 
qu^y fonderent les Miiesiena. Les habitants de la Colchide 
k Torigine avaient leurs propres rois; mais plus tard ila 
passerent sous Tautorite de Mithridate, roi dePont. Us 
finirent cependant par avoir des souverains particuUers, 
qui, k repoque de Tempire romain 'etaient dep^idants et 
tributaves de Bome. Leur dte la plus importaote avait nom 
Dioscurias; plus tard on Tappela Sebastopolis : on la 
nonune anjourd'hui Jsgaur, Detous les eours d*eau de la 
Colchilde, le P base etait le plus important 

COLCHIQUE, genre de plantes unilobees, k fleun 
tubuleuses et radicales , assez semblables k celles du safran 
(crocta). La corolle est monopetale, tres-loogue, k limbe 
campanuie , k six decoupures profondes : six etamines, |>lua 
courtes que la corolle; Tovaire estau fond du tubede la 
corolle, sur la radne de la plante , et supporte trois styles 
filiformes, prolonges jusque au-dessus des etamines. Le fruit 
est compose de trois capsules coherentea dans leur partie 
mferieure, separ6es par le haut, et conteuant plueieurs 
graines airondies et ridees. 

Ce genre ne contient que trois esp^ces, dont Tune peot 
contribuer k Tomement des parterres en automne; c'est le 
colchique panach6 {colchicum variegatum, Linne), doat 
hi fleur pre&ente un limbe tache de petits carreaox pourpres, 
disposes en forme de damier. Mais la plus interessante k 
connattre est le colchique commun {colchicum autum-^ 
nale , Lume ) , connue sous les noms vulgaires de tue^hien 
et de sqfran bdtard, qui infeste les prairies , dont les bes- 
tiaux repoussent les feuilles et les tiges, et dont la Mtore 
vivace semble braver tous les efforts du cultivateor pour 
Textirper. Sa radne est un bulbe globuleux, aplati d*un 
c6te, convert de tuniques noiritres. La fleur, qui paralt eo 
automne , avant la tige et les feuilles, a jusqu^li dome cen- 
timetres de longueur ; eUe est d*un assez b^ rose, et ce- 
pendant son apparition aux approches de Thiver ne platt 
nullemeot aux yeux. Les feuilles et les tiges chargees de 
fruits ne paraissent qu*au pnntemps ; la plante alors est trte- 
volumineuse, et usurpe un grand espace dans les.prairiea. 
Les feuilles sont larges d^environ trois centimetres, droites, 
lanceoiees , engatnees trois ou quatre en faisceau. Toutesles 
parties de la plante out one odeur forte et nauseabonde, e4 
le bulbe est regarde comme tres-veneneux. Cependant, le 
ceiebre docteur Stark en preparait un remede contre Thy- 
dropisie, en ne Teroployant qu'avec les precautions dont il 
ne s^ecarlait jamais lorsqu'i! faisait usage de Textrait de cigue. 
Quelques cures operecs avec succ^s ne peuvent suffire pour 
accreditor ces preparations, justifier la confiance des mede- 
dns et celle des malades. L^aversion de tous les herbivores 
pour toutes les parties des colchiques, quelle que soit Tea- 
pece , est un avertissement qu^on ne doit pas negUger. Du 
reste, to diimie a constate dans ces plantes rexistence de la 
colchicine, poison Ires-dnergique, qui , dit-oo, serait un 
de ceux dont se servait Medee. Les auteurs qui avaneent 
ce fait pretendent que le colchique commun est tres^abon- 
dant en Colchide, ct ils voient dans le nom de ce pays 
retymologie de cdui de la plante. 

Let bulbes des coldiiques contiennent beaoooup d^ami- 
don, roatiere tres-inoflensive pour Torganisatioa de riiom- 
me et des quadrupedes en general ; il est done possible d*ex- 
traire de ces plantes si dangereuses une substance alinen- 



COLCHIQDE — COLfiOPTfeRES 



15 



Uire, e( sans aacune quality roalfaUante. C'est aiosi que la 
c ass a TO y noarritnre haNtuelle d^un si grand nombre d^A- 
mina im , est tir^ du manioc, dont on des principes so- 
hblet dans feaa est iin poison tr^dangereax. Ferbt. 

GOlCOTARy nom donn^ par 1^ anciens cbimistes, 
et co a ac iT^ dans le commerce, an peroxyde de fer que 
I'oR olitieiit en caldnant la coupe rose Terte (sulfate de fer) 
k one temperature tr^s-^lev^ Si la couperose employ^ 
poor eette operation est bien pnre , et si le feu a ^t^ pouss^ 
asses loin, le produit solide est du peroxyde de fer; mais 
souTent la oonperose contient du sulfble d'alumf ne , quel- 
qoefob da snlflite de cuivre ; dans ce cas« le r^idu est m4- 
laDg6 des basf s de ces deux demiers sels. Si d*aiUeurs la 
calcination n*a pas ^t^ compile, on n^obtient qu'un sous- 
sulfirte de fer insoluble. Pour les usages auxquels on destine 
lecolootar, tels que lepoIidesg!aces,de certains m6taux,etc., 
fl font que la calcination ait ^t^ pouss^ h son dernier 
terrae. Plus, d'ailleurs, elle sera lente et longterops conti- 
nue, plas |e fer s*oxydcra complement, ct mieux Taudra 
le eolcotar. Cest la mSme mati^re qui est appel^ aussi 
pot^ rouge, rouge-hrun d^Angleterre, rouge de Prusse, 
Une attention essentielle It ayoir dans cette ubrication est 
de ne pas chauffer assez pour que le fer se d^soxyde en 
passant an Tiolet-pourpre ; car dans ce cas la pot^ pent 
sa doncenr, deyient rugueuse, et elle raye les corps qu^on 
Teuf polir. Pelocze pdre. 

GOLD CREAM ( c*est-^-dire cr^me froide ). (Test 
le nom qu^on a donn^, d'apr^s les Anglais, h une espdce de 
pommade ou d*onguent, dcTcnu fort k la mode panni les 
dames dans ces demidres ann^, k cause de sa bonne odeur 
et de sa propr^t^ comme moyen d*erobeUir la peau. Ob le 
prepare en broyant ayec soin une partie de dre fondue et 
deox parties de blanc de baleine ayec buit parties d^hulle 
d'amande et six parties d*eau de rose. 

COLE AH {Casx Calventi)^ ville d*Alg^'e, situ^e 
dans le d^rtement d*Alger, k 44 kilometres d^Alger et k 
24 de BHdab , k Touest de la M^Udja , sur le versant meri- 
dional des'coHines du Saliel , qui I'abritent des vents du 
Dord et de Touest, est bAUe dans no Tallon qui d^bouclie 
dans le bassin du Mazafhin, i 150 mMres au-dessus du ni- 
rean de la mer. Sa population it la fin de 1852 etait de 2,175 
habitants, dont 1,299 indigenes. Col^abest d'une construction 
manresque : ses maisons n^ont qu*un seul etage et une ter- 
rasse; ses rues sent assez reguli^rement perches. Aa centre 
de la Tille se trouve une petite place triangulaire autour de 
laqueHe sont de pauTres boutiques dans le genre de ceUes 
(f Alger, an cafe arec une fontaine et deux petites mosquees, 
dont les minarets s^ei^Tcnt k peine au-dessus des terrasses 
aTolsinantes. Les clgognes, qui nicbent sur les toils, se pro- 
mtoent Hbrement dans les rues ; les Arabes , qui les regar- 
dent comnie sacr6es , s*eslimentheureux de lesToir s'et^tlir 
ao-detsus de leurs maisons. Les indigenes s*adonnent prin- 
cipalement k l*agriculture ; quelques fabriques d'etofl^ de 
lafaie, deox ou trois ateliers de marecbaux ferrants et da 
cotdonniers, occupent le reste des bras. La viDe est entou- 
rtit de jardins superfoes , od croissent tons les arbres fruitiers 
de PEnrope ; les eaux sourdent de toutes parts , abondantes 
€t pores ; dies sont distribuees avec art pour arroser de ma- 
gnMqaes vergers d^orangers, de citronniers et de grenadiers. 

Legtoeral Damr^mont poussa le premier une recon* 
ttaisBanee Ten cette ville, en a?rii 1837. Apr^s lui , le mar^ 
dial VaKe 8*y rendit le 26 mars 1838, et en prit possession, 
afin de mattriser la place, qui avait une grande influence 
war le pays , et de confenir les Hacyoutes. L'armee ne s'eta- 
lilit pas tont d'abord dans Tinterieur de la TillCf die prit 
poaltioa snr an plateau qui domine Coieah et la defend k 
tris-coarte distance. Cet arrangement, qui panit le plus 
^oarenable soos le point de Tue militaire, offrait en outre 
l^aiFaDtage de ne gSner en ricnia population , qui s*en monlra 
taClsfSidte. On Jeta un pont de bateaux sur le Mazafran , pour 



la DM^ilite des commuoicatioM , qnekpiaMs iBterrompoea 
par les ernes subites de la riTi^, et le camp fot serieose** 
menf fortifie par un parapet en terre sur les fronts de IW, 
du nord et du sud , et par on mnr d^appni sor les fronts de 
Pouest. Lors de la reprise des bostiliite , en 1839 , on orenela 
at on oifanisa la mauTaise enceinte de Coieah , qui oonsls- 
iait alors en Yieux nmrs de pise, leiardes et crealant sous 
la seole action des ploies. Un bApital Ait etabll dans la 
mosquee de Sidi-£mbarek, et Ton organiia des magasins de 
viyres, de poudre d d^babillement 

Le plus remarquable des combats lifves devant Goieali 
fut celui'du r' mat 1841 : 2,000 cavaliers et 200 soldato 
reguliers , conduits par le bey de Milianab en personne , 
vinrent, sur les deox benres de Paprto-midi, attaquer la 
place , qui n'etait defendua qoe par trois compagnies du 
V^ lament de la legion etrangera et quelques soldats de 
rartiilerie et du genie , commandes par le ehef de bataillon 
Poerio. La deroute des soldats dn bey de Milianab fut gene- 
rale , et ils repasserent an desordre le Mazafran , empor- 
tant 60 cadayres et autant de blesses. L^agha Ben-Saama etalt 
au nombre des morts. 

La ville de Coieah est on point strategiqae dhme grande 
importance. Un anrete do 5 jniltet 1S43 lui a donne pour 
annexe le village de Douaeuda, place snr one hauteur, h 
gauche dn Mazafran , vers son eraboocbure , et qui se relie 
avec Coieah par un chemin de grande commnnication. 

COLEBROOKE (HBifaV'TnoMAs), savant pour qui 
la langue sanscrite et la litteratore indiesme n^eurent pdnt 
de secrets, ne en 1766, vint de bonne heure s'etabUr dans 
rinde, et fut d*abord juge It Miraapor, pnis resident anglais 
k la cour de Berar. En 1816 il revint en Europe, et fit pre- 
sent k la Compagnie des Indes orientales de sa riche col- 
lection de manuscrits indiens. 11 mourut k Londres, le to 
mars 1837, president de la Societe Asiatiqoe, aprfes une 
longue et doulourense maladie. Pendant son sejour dans 
rinde il avail eu occasion d*etudier les ouvrages les pins 
rares et les plus difficiles de Tantique litterature indienne, 
tels que les vedas et leurs commentalres, ainsi que les ou- 
vrages didactiques des grammairiens, des philosophes et 
des mathematidens. Dans les divers ecrits qu*oa a de lui, 
il ne fait pas senlement preave d^une erudition solide et 
profbnde, mais en outre d*une critique Judideuse. Nous 
mentionnerons Id plos specialement ses dissertations inse- 
rees dans les AiiaUc Researches, recueillfes plus tard dans 
Im MliseeUaneous Essays (2 vol., Londres, 1837). II tra- 
duisit et publia plusieurs andens livres de jurisprudence in- 
dienne, par exemple, A Digest <^ Hindoo law on Contracts 
and Successions , with a commentary by Jagannatha 
Tercapanchanana (4 vol., Calcutta, 1797 ); Translation 
qf Two Treatises on the Hindoo Law of Inheritance (Cal- 
cutta, 1810); il fut aussi rediteur de qudques ouvrages 
originaux, tdsque le Mitakshara»1)harma sastra (Cal- 
cutta, 1813), leDasfa frAtd9a(Calcutta,l844), dc. Onini 
doit aussi la publication dm Principes Grammaticaux de 
Panini (Calcutta, 1809), du Dietionnaire Amara KdS" 
cha, avec traduction anglaise en regard (Serampore, 1808), 
ainsi que d^une Orammar of the Sanscrit Language (1 vol., 
Calcutta, 1805 ). En traduisant les ouvrages mathematiques 
des Indiens, notamment des Uldvati d des Vijaganita 
dans V Algebra of*the Hindus, with Arithmetic and Men- 
suration from the Sanscrit of Bramaguptaand Bhascara 
( Londres, 1817 ) , Colebrooke a singnli^rement contribue k 
enrichir rhistoire des mathematiques. II a examine dans di- 
verses dissertations. On the Philosophy of the Hindus, d 
dans les Asiatic Transactions, les systdnes philosophiques 
des Indiens dans leurs diverscs ramifications, d leurs livres 
didactiques avec leurs commentalres. 

COLl^OPTfeRES (de xoXe6;, gatne, etui, d irrep^v, 
aile), insecles qui constituent le dnqoidne ordre dans la 
dassification deLatrdlle. La denomfnation.de coUopthres^ 



IC 

a pr^Tdu Bur celle de vaginipennes (de vagina, galne, et 
peima, aiie), par laquelle on aTait pro|)08^ de lea designer, et 
qui rappelle ^alenient que des quatre ailesdont sont pour- 
Yus ces insectes tes deux supMeures sont en forme d'^tuis ou 
d'^lytres, caract^re qui leur est conunun avec les or- 
thopt^reset lesh^mipt^res. Mais ce qui lesdifR^rende 
de ces deux autres ordres, • c*est que les ^lytres des oo- 
l^pt^res se joignent au bord interne suiYant une ligne droite ; 
de plus eiU» sont crustac^, en forme d'^cailles, horizon- 
tales ; les ailes proprement dites, plides seulement en tra- 
Ters, sont reoouvertes par les ^lytres. Les autres caract^res 
des col^ptdres sont : des mandibules et des mAchoires nues 
et libres, d'oit le nom d^Sleuih^rates (du grec iXeuOepoc, li- 
bre ), donn^ k ces insectes parFabricius ; antennes de formes 
trte- variables, en g^n^ral compost de onze articles ; yeux 
h focettes au nom bre de deux, point d'yeux lisses ; dans 
quelques esp^ces, les ^ytres, souid^ sur la ligne m^idiane, 
forment une sorte de bouclier : les ailes infi^rieures manqnent 
alors. Quelquefois les ^lytres sont nidimentaires, mais lis 
ne manquent jamais compl^tement. Le nombre des articles 
du tarse Tariedepuis trois jusqu^&cinq. Cest sur ce caract^re 
que GeofOroy a eu llieureuse idde d*4tablir les quatre sections 
suivantes : 1° coUopiires pentanUres (de icsvre cinq, et 
de (A^, partle ou article) , c*est-^-dire ayant cinq articles 
k tons les tarses; 2° hdUronUres (de Sttpoc, variable), dnq 
articles aux quatre tarses ant^eurs et quatre aux demiers; 
3^ Ulramh'es (de Tctp^, quatre), quatre articles k tousles 
tarses; 4° trinUres (de rperc, trois), trois articles k 
tons les tarses. Ces quatre sections sont subdivisto en 
ftiroilles, dont les plus importantes sont : parmi les penta- 
inures, les ctciit(/^/d<es (genres clci/td^/f, etc. ), lescara- 
biques, les hy'dr<hcanthares, les bracMlptres, les ma- 
lacodermes, les elavicornes, ]es palpicornes, 
les lamellicornes, etc.; parmi les hM^rom^res, lesm^- 
lasomes {blaps, etc.), les taxicornes, les t^^brioniies, 
les vesicants (cantharides, etc.); parmi les t^tra- 
m^res, les curcti{loni<es( cAar anions, etc.), les a^y /o- 
pAa^ei, les tonytcomes, les eupodes etiescifcliquesi et 
parmi les trim^res, les aphidiphages (coccinelle, etc. ) 
et les /oii^ico/es. 

Les changements de forme que les col^pt^res subissent 
aprte ^tre sortis de Toenf sont complets. Leurs larves ressem- 
blent It des vers mous. Elles ont une t^te ecaillease, une 
boucbe analogue k celle de Tinsecte parfait et ordinairement 
six pieds. Dans quelques esp^oes ces pieds sont remplao^ 
par de petits tubercules diamus. Leurs yeux sont de petits 
corps granuleux, qui pandssent r^sulter de Fassemblage d*un 
certain nombre d^yeux lisses. La nympbe est tonjours inac- 
tive, tantdt nue et tant6t renferro^ dans une coque faite 
des debris de diverses substances unies avec une mati^ 
visqueuse et soyeuse. La durte des metamorphoses et la 
roaniire de vivre , tant des larves que des insectes pariaits, 
varient dans les diverses families dc» ool^pt^res. Leurs ca- 
ract^res anatoroiqucs ofArent des difTdirences norobreuses, 
relatives It la varlkd de leurs morars. 

Parmi ces insectes, quelques esp^oes (calandres) 
sont trte-nulsibles, paries ravages qu'dles font anx diff^ren- 
tes graines, en rongeant la substance farineuse ; d^autres 
(antlirdnes, der mestes ) atlaquent les pelleterlcs ettoutes 
les substances animales. D'autres encore (c^toines, crio- 
cires, clirysomdes, hannetons, etc.) rongent les feuilles 
desplantes; enfln, la substance mtoie du bois n'est pas 
^pBTgja^ par les capricomes, les leptures, etc. Mais tous 
oes insectes ne sont le plus souvent nuisibles que dans T^tat 
de larve. II en est de m^me k T^rd de certains ool^pt^res 
qui nous font des dummages, en attaquant soit les larves 
et les nymplies des abeilles que nous cultivons, soit les co- 
elienill^. Ce sont toujours les larves des clairons aplvores 
et des coednclles qui nous les font ^rouver. Les insectes 
parfails ne sont point malfaisants. lis n'exdtent la solliciludc 



COLfiOPTfeRES — COLORE 



de Tagriculteur qu^lt cause de la ponte. Les col^pt^res sont 
r^pandus avec profusion. On en rencontre partout, sur la 
terre ou sur le sable, dans les fientes des animaux, sous les 
pierres, dans la terre, k la racine des plantes, dans les troncs 
des arbres morts ou vivants, dans les chaipentes, les boi- 
series, dans les cadavres frais ou dess^oh^, dans Teau ou It 
sa surface; on en trouve aussi sur les fleurs et les feuilles 
des plantes. Aucun coltopt^re n*est arm^ d'aiguillon veni- 
meux pour piquer Thomme et les animaux domestiqoes ; ce- 
pendant quelques-un:?, tels que les scarites, les carabes, les cl- 
cind^les, mordent ou pincent fortement lorsqu^on les saisit. 
Les bup rest es passent pour Mredangereux aux boeufs qui 
enavalent. L'actiontoxique des cantharides ing^r^es est 
tr^s-connue. Les Romains nourrissaient avec de la forinc 
plusieurs larves de col^opt^res, appartenant, k ce qu*on 
eroit, aux genres /ti cane et c ap r < come, pour les senir 
sur leurs tables. Les Indiens et les Am^ricains pr^rent 
avec les larves du cliaran^n palmiste des mets qu*ils man- 
gent avec ddices. Si Ton excepte la cantliaride v^catoire 
et le milabre de la chicor^ , qui en Chine et dans tout le 
Levant sont employ^ de la m6me mani^re, aucun coltept^re 
n^est utile k la m^ecine ni aux arts. Cependant, les couleurs 
brillantes et m^talliques de plusieurs genres (o^tolnes, bu- 
prestcs, quelques charan^ns, carabes) permeltraient de 
substituer ces insectes, pour Ttelat, dans des ouvrages de 
bijouterie, k Tor, It I'argent et aux pierres pr^ieuses. Les 
couleurs vert-dor^, azur et pourpre du charan^n royal font 
un tel effet que quelques amateurs en ont fait monter des 
bagues. Plusieurs de ces msectes servent d'omement et de 
parure aux Indiens; leurs femmes s'en font des colliers, des 
pendants d'oreille et des guirlandes. 

Le nombre des esp^ces de coldopt^res est si considerable 
qu^il s*devait en 1824 It 6,692, dans la collection du comte 
Dejean , Tune des plus riches de notre epoque; depuis, ce 
nombre s'est encore beaucoup augments. L. LxcREirr. 

GOL^OR AMPHE ( de xoXi^, gatne, et p^fi^ , bee ), 
genre de Tordre des ^chassiers, dont on ne connatt bleu 
qn'une esp^, que les voyageurs ont dtorite sous les noras 
de pigeon ou poi«/e antarctique^ espto qui est tr6s-rare 
dans les collections, quoiqu^on U rencontre fr^quemment 
dans la grande mer du Sud. Cet oiseau est remarquable par 
son bee dnr, gros, conique, comprim^, fltehi vers la poinle 
et reconvert en haut, ainsi que llndique son nom, par une 
enveloppe ou gatne de substance com^e, decouple par,de- 
vant et gamiede sillons longitudinaux; oette enveloppe pa- 
ratt pouvoir se soulever et se rabaisser, d'oik les denomina* 
tions de bee en fourreau et de vaginalis que Latham et 
Cuvier lui donnent, et celle de coUoramphus, que M. DumerU 
a sul>stituee It celle de chionis, sous laquelle Forster avait etabli 
ce g^re. Le coieorarophe est de la taille d*une perdrix. 
Son plumage estenti^rement blanc. Ses jambes sont courtes 
conmie cdlcs des gallinaces, et les tarses ecussonn^s. II porte 
au-dessus des yeux une grosse verrue brune. Ses joues sont 
nues ou gamies de petites vermes jaunes ou orang^es. La 
gatne corn^e du bee est jaune ou noire. Les col^orampbes 
se tiennent en petites troupes, sur les l)ords de la mer, o<i 
ils vivent des animaux morts que la mar^e laisse en se re* 
tirant ou que les flots rejettent sur le rivage. L. LAimeirr. 

€OLt:RE ( mot derive du grec xoX^, bile). L'exaltation 
de la colore emeiit en effet la bile, et Thomme ou les ani- 
maux cliex lesquels prtklomlne Fhumeur bilieu.se sont ^mK 
nemmeiit irascibles : ira furor brevis, Tel est ce bouillon- 
nement impetueiix suscitd par la Itaine, I'iQJure, le mepris, 
roffense et tout ce qui suppose rinten'tion de blesser ou de 
nuire. II y a des individus qui se mettent en col^ oontre 
etix-memes , par ddpit d*avoir fait qiielqiie fliute, eprouv6 
une perte, suhi une peine ou un affront par leur propre er- 
reur, par inattention, on par suite de leurs passions. Hors 
ces circonstancesy presque toujours la cbl^ est une explo- 
sion cxterknirc, qui se manifesto par des actes violent^ par 



golMe 



mrttctiMi ^aafkiuedevangMncacoptre raymeur, UA- 

ceatoeoBotlelinaBiin^. OiivoHle chien mordreaTecfti- 

nBrk|iierre<^rabie68^. AnssilaooMreeat-^tteriiiiedet 

nhi iiwrtttiMWitftt cf dfw irimi fit^fnwiitcfl ntioiom • flilft •!!«■"<> 

Ittqaenlte el letgocrraiy eaoae dincakolabtos laragMy oa 

incite iTtttnjMm sympMnies dans r^oonoaiie du corps 

hoBaiii, jnaqo'li foudrojcr d*apoplexie» oomme fl anira k 

SyOa. La cottre lUt beanooup de mal k autnii etii oeux <pd 

s^ abaadoBMB^ naia cette paaakm peot subir le frein d*ii- 

tUes ooMeila. Moos nouagarteom oependaatde teire, avec 

SMqoOy UB seiiiioD en trois points ( De Ird^ Ubri trei) 

poor chapitrer phflosophkpioment las bommes passionn^ 

Ootre le tenpteownt bilieoXy k teint janne el k chereox 

MiffSy cr^poSy li pean vehiey lea eouqplexioos maigres, aigods, 

iBobilea, doot les fibres soot stebes, eicHables, entreot fa- 

dlemenl eo eol^ taodis qoe les persoones grasses soot or- 

djoairement de bonne pdU, De mAme les bdiridus ii jeon 

oo allun^ les maladesy ceox (pd TeOleot loogtemps oo 

qoi soolfreity derieoDeot col^res, tandis qoe les bieo-por- 

taotiy les Mres gMs, beoreox (oo se croyant tels ), les gens 

bieo Doorris, se uMMitrenty smioot aprte leor repas, gto^ 

reox 00 bte^f (to. AinsI le caract^ coMqoe annonce la 

ffffBgir»B4?e 00 le m^contoiteaient int^rieor. Les persoones 

lea plos Tanifeuses sont aossl les plus ladlement blessto; 

c'estpoorqooi oo lesaoomparto k on ballon gonMde Tent, 

doot one piqftre d'^ingle fiidt jaillir des temp^tes. Yoillt 

powqooi les pr^lentioDS des pontes, des artistes, des savants, 

des adorateors mtaie de cblm^res, dans tous les cultes re- 

tigieoXy pditiqoeSy pbilosopbiques, etc., s'irritent s^rieose- 

BBeat oo gaident one rancone Implacable centre qokoaqoe 

■e respede point leor idole. Cooime don Qoicbotte, ils 

■Mttent flamberge ao veot poor leor Doldnte. Si les fkibles, 

les panrres, se croyant trop sooyent Tobjet dom^prls, de- 

▼ienDeat irasdbles et Jaloox, les grands et les riches, paf 

reoflore qoe la fortane inspire k leor orgoeU, se choqoeot 

do moindre oobK dans les respects qo*ils exlgeot; ce qoe 

promroot tootes les goerres d*^tiqoette etde noblesse. £nfin 

la TITO seoribOit^ des iiBinmes, des enfonti, des 6tres d^Ucats, 

cageadre de pelMes picoteries continneUes, eotretient desle- 

vaios d^aigreoTy snrtoot k caose des pr^jfaences eft des pr^ 

vogathres sodales, qoir^pandent tant d'amertome sor ktTie. 

11 est des coodUions qol semblent pins particoli^rement 

Tooto k la coMre et aox Ti?acit^, comme celles des oia- 

rinsy dea nuililaires, des bommes diaigte de la repression 

dea drifts, etc. De Uinatt aossi irascible p^daotisme de 

iastttoleors, et U brotalit^ des condocteors d*ani« 

des boocberSy etc. Tootdespotisme poosse k qndqoe 

degr6 d%rilatioD, et les tyrans sont condamn^ k b ftireor 

Boias qo*ii b crabte. 

Oo salt qoe des boissons e&eitantes , les spiritneoi , les 

fDrtifiaates, la chair, disposent plus k la col^ 

les oioBfMls T^gdtaox oo temptents; c*est aossi poor- 

fooi les aoinaox berbirores se OMNitreot gtedralemeot ti- 

■ideB.DemteM, la parte de sang, le ftoldde la Tieillesse 

mdeoi poflUanime. La chaleor ritale do jeune Age caose 

rfTpaosinn de la col^, de Tamoor, do coorage et de b 

gpMl Le eoito eootriboe qoelqoefois aussi k fisdre des h^ros 

aor les chaBH» de bataille, oo des orateors doqoents k la 

Trop de T^serre niiit k Tdan de Faodace; b col^ 

eoievancbedesalles. Achille n*a point bdrcons- 

pecfioo d^ysse; Agamemnon, dans les booillonnements 

de ao iert^, n^^coote pomt b sagesse do fieox Nestor. II 

cbet leiqoeto rirasdbilite doTient on besoin ; 

qoereDe ii toot le monde, et prlndpalement k 

nqnaVfieot d*amis, car Us eiigeot plos d'atteo- 
ir part qoe de toos aotres. Leor plos grand d^ 
aapfoioftenMiift profjcoft do reAis de cootester avec eox, et 
Icon ilsanrtiqBes mteMtt'lgnorent pas qolU seraieot bros- 
qote doTaalage %V^ ne foondssaleat on 1^ aliment k la 
faomeor de leor roattre. II en est de ce genre d*e- 

ifcr. ne la oovfsas. « t. Tr. 



17 

OMftioB comme dHioe pitoile : ainsi noos avons connu un 
bonune lent ii porger qoi n'oblenait des eflets desa m^de- 
dae qo'aprte aToir M miseo colto Itdessein, en brisant, 
par example, maladroitement on yase, ^c II y a done 
poor oertafaies complexions ntoerit^ de dMbarger sabile, 
alln d'entreleair b sanie.Ge sont, aodemeorant, des bommes 
gteteox, franca, byaox qoe la phipart de ces 6otimcs 
hUt^faUanUf qooiqolb soieot d'on conmieroe difBcile. Us 
ne gardent Jamais rancone, tk deviennent des amis ch«ids , 
des coMirs sympathiqoes, racbetaut leur tyrannie par de 
nobles qualit^. Ao total, on doit prdf^rer leor sod^ k 
cdle des bommes rteerv^, ou soornois, paroe qn'ils trom- 
pciit moins. Cost en amour sortout que burs raocoounode- 
meats redooblent bar escbyage et burs sacrifices pour un 
ofajet adord ; ib payent avec usure leurs extrayagantes fu- 
reurs ! Mais aussi leurs jalousies, ches les fenunes surtout , 
ne reconnaissent point de homes, et ib exigent un d^oue- 
ment r^dproque : notwnque/urens guid/emina possit? 

On a pu remarquer combien cerUines cireonstances de 
temps et de Ueu contribuaient k multiplier bs causes de b 
cobre^il y ades natbns,des dpoques, des saisoas plus ir- 
ritablM qoe d'autres : par exempb, b sauvage am^ricain, 
au teint cuivr^, quoique flegmatique pour toot ce qui tieot 
ao bieo-Mre, est dou<^, dit-on, d'uo temptemeot colM|ae 
implacable dans ses yengeanoea atroces, tandb qoeb ni«re 
( excepts certabes races de Cafires et de Gallas) est booace 
et ne se souyient phis des iiuures , pour peu qu^oo |e traite 
mieux et qu'on flatte sa yanH^. On salt que bs peoples 
moogob Bont bien plus cobnques que les Hindous, qucnqoe 
bur chmat soit b m6me. On oon^t que bs tenqw de r^ 
yolutions et de grandes dissidences politiqoes ou religieuses 
exaltent bs cobras. 

Si Ton pent dira qu'un 1^ mooyemeot de yiyacite, loin 
de noire lib sant^, peut imprimer un essor utib k des com- 
plexions apathiquesethidolentes, anhner cbezellesbooors 
do sang, bdliter b Jeu et le d^ydoppement organique 
(Tapparition des menstrues, Taction digestiye', Tdabora- 
tbn des sues nutritifs, V4mer^ muscubira, etc. ), il n'existe 
cependant d^ordinaire aucun frein moral k b oobre, si Ton 
cesse de tenhr bs rtaes de b raison , et Taction organiqoe 
animale Temporteabrs sorPinteUigence. Cest prindpabment 
dans le jeu de Tappardl neryeux sympathlque que semani- 
festent les ^motioDS do courroux; de b dies remontent au 
ceryeao par reaction, puisque b premite idte irritante 
toiane de Teoc^phab. Qu*ane impression offiensante yienne 
Trapper notre esprit, et ausdt6t une r^yolte inopin^ de 
Tamour-propre suif^ dans nos entrailles; b saog booil- 
lonne; b poub s'd^e d pousse, du couir qu*elle gontb, 
des coups de piston pr^pitte du sang dans toutes les art^ 
res du corps , prindpabment yers b t6te; c'est poorqooi 
d*ordinaire b face rougit, bs yeux s^allument, b hoodie 
^cume, un spasme neryeux dess^che bs glandes saliyaires.* 
Tout Tappardl muscubire, stimuli par cet abord subit d*un 
sang ardent, se dresse, se roidit; b cuir cheyeb luinn^me 
h^sse bs poib ( tdbs se rebyent b crini^ do lioD, les 
soies de b huro du sanglier, les plumes do coq, do com- 
battant ou paon de mer, les crates de plusieurs autres oi- 
seaux, etc.); bs entrailbs, resserrto spasmodiqaement, 
suspendent b bim; b y^sicob bfiiaire comprimte refoob 
b fid dans les intestins , oo, b bisant regorger dans Vesto- 
mac, rend b hoodie am^ et pAteose; en cet ^t, bs 
merobres trembbnt d peuyent mtoe entrer en oonyolsions ; 
b langue s^embarrasse ou balbutb avec viobnoe, leadenU 
grincent, bs trdb du visage se tordent, les bvres pante- 
bntes se difliMgnent, le teint devient livlde d dffirayant ; des 
buriements alfreux s'dchappent de b poiMne oppress^. 
Fuyez, voos qoi 6tes Fobjet de cetb.od^, oo prifiparez- 
voos il on combat acbam^ 1 

D^ordinaiie les colirei rouges ont bien bur expbsioQ 
viobnte et rapide, mab dies sont tout k bit expandves; 

2 



18 

dkB appartiauiMit aux temptemeaU saogidBs; ellea se 
dissipeiit par one torte d'^aporstioBy conmie mi air trop 
fortenieiit comprim^qoi troore aae itroe. Au cootraire, lis 
coUres pdles oa spaamodiqiias^ ploa eoDeeotrta et raiiias- 
aant aa-dadam toute leor TAteenee^ tout fSoifmidaMas 
dans laur expioaiMi : oo eUes portent hd» attantats crfmi- 
neb, oa ellea soBtcapablea de eretar le cflDor^ de rompredas 
Talsseaax art^riaU , da caiuer daa aDivriaoiea, d'excHar enfin 
chei lea feminea aneeintea dea arortemento at dea h^or^ 
rfaagies ot^rinaa morteUaa. On a tq daa apoplexiaa, des h4- 
nioptysiea, dea dllatationa daa ▼aBirieuIea do oceur, de 
raorte, da Parttee oodiaqoa oo d^antraa groa Taisaeaux sue- 
c^dar soudain h ona imp^tuease coltoe : ainai d'atrooes Ten- 
geancaa ont ^ ehftti^ eUaa^nitaies par caa raptorea int^- 
rieunsa^ caaapaainas afTreox qua soadte PAma dea tyranadana 
laur propra corps, eomma le remarqoait Taeite en parlant 
da Tib^. Marat, preaque tonjoors en col^ , a? ait le pouls 
oonsUrament ff^rile ; Robespierre ^ooyait chaque nuit dea 
btoiorrhagies du net qui inondaient son lit de sang , etc. 
L^aialtation des bomaora , par cetta fermentation de la co- 
Mra, pent alter jusqu'k lea transformer en poison. Per- 
aonna nlgnora qua la lait d'ona nourrice irrit^e soffit pour 
oanser d*atroeea coHqoea ef dea vomissements k son noor- 
riiaon ; Fon a des t^molgnages qoe la morsare d'on hcnnme 
forlbond n'est paa exempta d^ aymptamea analogoea k ceox 
da la rage : die soscita dea acddents si dangereux qoe la 
tetad'un animal agac^, sortootdo chien, determine Thy- 
drepbobie. L'homme peut tomber ^galement dans des acc^ 
da rage , k la suite da tiolenta transports de ool^e , et perdre 
ainsi la raiaon Jusqu^lt se mordre et se d^chirer lol-mtoie. 
QQ*on Joge comMen eat redoutable one pasaion pouss^e k 
de telles extr^roit^l On a vo des hommes si alt^r^ da 
faHgeance, qoe poor Paaaaorir ils brayalent jusqu% r<i- 
chafond. 

L'habiUida da la col^ eat on p6ril toojoors mena^ant 
poor la sant^ , poor la Tie. Rien ne toonnente plus les df- 
gistiaiis ; rien n*alt^re ploa T^laboration dea sues nutritlfs; 
tea oolMiaes et lea bitieox soot aujets k dea spasmes, des 
caOqoes , daa diarrhte , dea fi^rrea ardantea , des hepatites, 
daa ict^res, desd^ravations dliumeors, des vomissements, 
dea aqn^rea , ootre lea ^panchements et ruptures de vais- 
aeaox, lesbemiea, lea palpitations, lea d^faillances, les 
■lorta soMtea. Qooiqoa moina sourent col^es que les 
hammea , las fenunas ^ou?entpeat-Mre dayantage les ra- 
yagea de oatta passion , k caose de la grande mobility de leur 
aystema Darveox et de leura homeors, des suppressions de 
regies, de lochies, de lait, oo des peiles eflVayantes , aox- 
qodlea lea moindres contrariety exposent leor texture d^li- 
eate. La col^ d^rme sortout ces atresfalbles; elle fane 
la flaor de la beaot^ par les profonds sillons de la laideur. 
La d^rdre n'est pas moindre k rint^rieur qaand la con- 
trainte sociale force de soorire ayec un coeur gonfl^ du yenin 
dn d^pit sous one poitrine lialetante et coroprim^. On a yu 
daa partes soodaines de la respiration et m^me de la yie en 
oaa instanta, el le terme de crtve-cceur n^est pas toujours 
alors una exag^tion. II ne fttntdonc pas sejouer ayec cette 
passion, ni en n^^iger la r^ression dds le jenne ilge, en 
mod^rant par le raisonnement tranquille et snrtout par la 
di^ , par les rafralchissants, par des bains et m6me des sal- 
gate, las natdrela trop col^riques. Afnsi on a yu des bois- 
sons tamp^rantaa sospendre on acc^ de col^ ; n^amnoins, 
on a ranarqod qo'un yerre d'eau k la ghice, pris dans nn 
tranaport yiolent, peat causer la mort par one sorte d'^oof- 
fement; mala bors ces circonstances , Iteareiisement fort 
rares, il est manifeste qif on regime y^g^l , one di^ lac- 
tte, la priyationdea liqueurs fortes , des habitudes de calme 
slodiaox, dea impressions dooces, ^toignent des morars 116- 
loees. S^^uc, dira-t-on, n^a point corrig^ N^u; mais c6 
n^onstra nc se soomii jamais au regime sobre et austere du 
) tiilosophe , el las feslins , la licence sont toii]ours ies pht s 



C0L£R£ — COLERIDGE 



foneafes aliments de la col^ ; ils corrompent m4me les plus 
beoreox natorels. j..j. Vibey. 

Lliistoire a consacr^ les grands examples de col^i^ de 
Xantippe, femme de Socrate, d*Atexandre,d'AttUa, de Ri- 
chard Coeur-de Lion, de Pierre le Grand, du cardinal Dubois, 
et Bortout de Tottaire. Opposons & ces illustres exemples la 
moderation de LoOis XIV, Jetant sa canne par to fenfitre poor 
n'en pas f rapper Lauzon; celle de Socrate, disant k un es- 
claya qui Payait irrit6 : « Je te battrals, si ]e n'^tais pas en 
ool^re ; V celle enfhi de Tbemistode, criant au general la- 
ced^monien Eurybiade, qui leyait sor loi son b&ton de com- 
mandement : « Frappe, mats ecootel » 

« Qoe lesoleil ne se coocfae jamais sor yotre colore I • a dit 
Papaya. Las eatechistes ont encore encheri sor ce pr^cepfe, 
an mettant la colore an nombre des p^ch^s capltaox. L'^- 
critora Pattriboe cependant k Dieo mame lorsqu*eUe le 
reprdsente farrite centre les crimes de la terre, lorsqu'elle 
pcdnt jesos-Christ, anime d^e joste colore, chassant k coups 
de looet les marchands do temple. 

La scene Ihm^se doit k Rotrou et k Crebillon les deux 
caracteres ou cette redoutable passion se montre empreinte 
des traits les plus tragiques : Ladislas eiRhadamiste, LV 
pera de VIrato est un chef-d'oeoyre musical de Mehul. 11 ne 
ftiot pas oobHer, non plos, la M^hante Femme, de Shaks- 
peare, qui est deyenue chez nous, lajeuneftmme eolbre, 
d^Etienne. 

COLERIDGE ( SikHueL TAYLOR ), Pon des r^for- 
mateurs de la poesie an^se, naqdt en 1773, & Ottery- 
Sahite-Marie, dans le DeyonshJre, o6 son p^re exen^t les 
fonctlons de ministre, et fot eieye k recole de Phdpital do 
Christ, k Londres, d^od fl alia etodier de 1791 k 1793 k Po- 
niyersite de Oarob ridge. Mai yo des prOfesseurs, k cause 
des idees reyolutionnaires qo*il manifestait haut^ent, il 
qoitta cette oniyersite sans y prendre ses degr^s; et, bien- 
tet redoit k un etatde profonde detresse, il s'engagea comma 
soldat. An boot de quelqoes mois Pinteryention deson capi- 
taine le tira de cette triste situation, et le rendit k sa femille. 
Bientdt mtoie il put reyenfr k I'uniyentlte de Cambridge, 
ota il donna des le^ns d'eioquence. 

Un yolome de ses premiers essais parut en 1794, et fit con< 
ceyoir de Ini des esperances qu^ll ne realisa qu*en partie, a 
raison de son inyracible indolence et de son inconstance. La 
raeme ann^e il donna La Chute de Robespierre , drame 
historique, qui fut hien accneilli. A cette epoque sa manie 
de liberie et d'egalite le saisit de nouyeau. U trouya des 
hommes qui sympathiserent ayec lui, lors d'une yisite qn^l 
lit II Oxford, od daias la suite il se Ha etroitement ayec les ce- 
lebres poetes Soot hey et Robert Loyetl. Tons trois se ]e- 
terent k corps perdu dans la politique : on croit quells com- 
mencerent leor nooyelle carriers k Bristol. Coleridge y donna 
des le^ns sur le bonheur que le repubHcantsme deyalt k 
Payenir procorer au genre homain, et fut yiyement applaudl 
par des aodltenrs passlonnes comma lol. II composa pour 
le public de Bristol des Condones ad Popnlum, ou Ba- 
rangues au Peuple, et una protestation contre ceHains 
bills alors en discussion qui ayaient pour objet la suppres* 
sion des rassemblements seditleox. n ne reussit pas aossi bien 
dans d'autres yilles, od Pon s'empressamediocrement de faire 
connaissance ayec sa gazette liberale intltuJee The WaU 
chman (Londres, 1796); mais il en fut dedommage par 
le socces d*un recoeil de fables en deux yolumes, qui fut 
imprime plosieors fois. 

Desesperantd'ameiiorer Pancien monde, nos jeunes ap6- 
tres de to liberte con^rent le projet de fonder un nouyd 
£tat sons le litre de Pantisocratie, mot par leqiiet lis enten- 
daientregalitede tous, resohis qu'ilsetaientde reatlser leurs 
subKmes theories dans le Ifouyeau-Monde. Malheureuse- . 
ifient, ce beau plan fnt d^otie par trois joHes so'urs nom- 
mees Pricker, dont Coleridge, Sotithey et Lorell firent la 
oonnaissance yers ce temps-lli, et qtf ils epooserent Le pre- 



CGOUERIOOE; — COLBT 



19 



ikrVMilHMB Win^Q Bddgewater, o^ H ae lia d'aadtM 

avis W<>Tdswbr.tli; niaiiy «'i|iM poiot de plan de tIo 

an<t^ il 06 ftaridla fM 4 Wmber.daas la gdne. HearMse- 

MBtfU reo^oDtra ilant lai fito dti Mkibr^ Wedgwood 

deipMecletin qui la mireBt a in^iofe d'alter perfectiooMt 

MS ^Indea eD AHemajy. U 8*7 lia aveo Tiack et qaaiqaaa 

MlnilMMBmoacdikicat etwrfvitiiC toH iiigB e iea courada 

BUmenbaehet d*Eicbborn* 4 aon nlaar en Angla^ 

tfia, niie B^tainorphoM compete a^^tatt apMe dana sea 

idte ai aea priocipea polHiqiiea. Ilea cbaigea d*torire lea 

artielas de poUniiqiie do joonal mlDialMel le Maming' 

/>lBfl; plus tard UaoeeptebdirectKmpolitiqM eHitt^aira 

dHiM aotie feoille du pooTok^ le Ccmier, el jotq^h la 

fii de aet Joiira il leala auan z^ eansenrateiir qa*U a*^lait 

aopanraDlBMHitr^ardiBl r<piibiieain.Parla anite ii aceom- 

pagaa ea <|iialit6 de aecffftaire particidiar lir Alexapdre Ball I 

eavoy^ k MaMe eomiiie 8o«?enear ) maia il s'en rartait sana 

afoir pa 7 obtoUr d'anptoi iae. llieeoiinilalon de Boinreaa 

a«Llettrea,ctilaparfcitemeBtpeUitdanaaabiegrapbletop» 

tea lea fribotalioiia de kTie Uttteiie. 

. Lealecturea pobliqiiea qnll BtnUk ttkewr bilitl^- 

tore ne furent poor Ini que tr^ftiblement producttret; el 

il dtit a'estinier beuretix, ren la ia de ta via, d'obtealr de 

la eooranae ime pelila pwaioii. II noarnl 4 HIgbgiite, le 25 

jvtOel 18S4. Coleridge qd fitpartiedeeette teole po^tlqoe 

doBl WoidaiforlhySouthey^ WUtoaelloi tocnl les repr6- 

ientaato lea piua disttagp^ at qae lea Aa^is appeUenl 

Ti^eole ilaa iocst pavee que ia pbiparl da M8 adeplet oil ba- 

Ml^ aor lea berda dea laea dn WertDMceland el dn Camber* 

laad; Coleridge^ disoaa-iioitay paiee cbea tea aompatnolea 

poor on 9teiepa<liqnefainrageybinrTe;ilaYaitu]iegraiide 

fMSkt^Oom poaria inttetore aUemande, el f^^iait parti* 

cuKkaiaeiif ScbiHer el Gcstbe. La critiqoe alleroaDde ne 

In teit pM Den plua ^brangtee, ei dana aei maxunas es- 

iwtyi— g pintl epjiaitMiii b la oMbia tele de SeUegel. 

■MM OB dea piaa diandt partisans de la r6- 

fran^aiaey Una ehuigea d*opiaiaii en politiqae qne 

paw deraiir ardenl r^foMonnaire en Hlt^rabire, appdaat 

la jeoMase k m^riasr ka ^crivains consU^rte Joaqne alors 

ooanae cl as a i qna a ,etb adorer I'^ltecBt nattonal britanniqae. 

Sa eaafersation piqnante el animde dtait oonslanimeBt eia* 

praintede aelte prfoeenpationy (pii allail cbea hii josqo'^ la 

wmaie, eiqnila pevssail It ne parlor de la lityrabire ftan* 

falsa <|De daaa ks lennes de la pbts profonde antipatbie. 

Sea potee inlilak Ckriitabel offre de beanv passages, ob 

I'oB ralroDTe I'^ebo myst^riem da inonde des l^geades ; el 

sea Bkifmet ^<m Meieut Mariner passant en An^eterra 

pear leebef-dVeaTre de la baBade. H est ^rideat qne Cole^ 

lidga eKer^a one mfloence d^dsiye sor la diieetion diAM» 

deWaMerSeott eldeByroB. Ses Poe/ieo/ ITorAf ont M r^o* 

■is eatroJaTobimffi ( Landrss, 1838).Onaaassidetal7*Aa 

t'a ManmU, a loff sermon ( Londies, 1816 ); A 

lof Sermon (iM); Aids to Bt^fieeiUm (idUb); 

0m the CamUHUUrnqfihe Church and Staie ( 1830 ). 11 

■V potel coitoil61eplanqo*il aYaH con^ d'un gnnid poeme 

tm In DestnteUm del&rusaUm^ qoMl ceosid^ralt eonune 

leaealsivatprepreai^ioar^aiivDe^pte. Watson apu- 

Uik mm Theer§ of L^, onvrage troa?^ dans ses papiers 

i LoBdraa, U49); et ona rteni sous le titrede Table-Talk 

mm pertie de aa eoirespoadanee. 

raliiiilya laissd ea moorantdeax (Hs, dont l*dtnd, Hast' 
Iff GSouguafis, anort le e Janvier 1849, k Rydal en West- 
aivail b^rft^ ea partie da g^ po6tl(fiie de son 
joiol k on caracttra eboore phis algri at bieons* 
taoL Lei dtspeaHloafl qi^enflnl H anaoafaft d^ poor te 
paMa iraal eoMeroir les pba brfllantes espdnmces; lasis 
i aa las iMisa qolaeaiBpktenient H appsirteBalt en eOM 
iiaaa phalea de senaa dMades qui n^arriveat paa a l*en- 
ttar dd wctop p ca wat de leora toroes, k cause m^nie das sohis 
fsdontoa antoore leor p»4iiar Age. Cepeivlaat.on 



trooTe enoore daas ses Poems ( txNidres » lt3S ) dss bierf 
ceaax qoi appartienaeal aax meiUeorea prododbms da 
la Utt^rature anglMse. Oa aaussi de lin^ ea preae, JNopra^ 
phia Borealis, or Uives ^ dIstinguUhed norihmen (iSS3> 
at The Wortie$qfYoiiMireandlancaiMf{ taaa ). Son 
Mn a pub06 one Milian de ses Bssags and mm'ginaliii 
( 2 ToL, 1841 ) at de ses Poems ( 2 toI., 1851 >. 

OOLET ( M"^ Loeisa h n6e R^poU, b Afe ea Pro*. 
Tenoe, dans fane des six premi^ras annteda ce 8i^de,d6« 
botebParisea laaapar onieeoelldeSO IMllsa, iatibikt 
Flemrs du Midi^ poesies, qoA n'eat qo'un mMiore retentis* 
seaient. Ces FUnit du MHdi parnrent pea difflbranles de 
ces buissons de fleors po^ques des qnatre points eardinaux 
qne Paris toH Colore k loutes les saisons. A la bvear de eon 
boaqnet, M*^ Loois Colet fol taaleilia prodoita daaa la 
monde, sortoal dana le monde effieiel. EHe 7 fit dea leo- 
tares; M. Teste la eompUmenIa; dea aeadtaiicima de 
tootea les telea kd prodign^rent T A)ge. EBe passa k V^ 
tat de qaatorxitaie 00 qidmltaM muse, k la saila da 
M*^ AraaUeTasta, Desbordea-Vafanofe, fimile deObudbi, 
Anais Scales et M^lante Waidor; paia eHe porta wen H 
prose, comme an oranger porte floors et fruitft. Nous ebmes 
d^elle en 1839 Penserosa, 24 reoilles depo^i^ nouvelles; 
une imitation en rers de La Temp4te de Shakspeare, dans la 
colleotion de M. OC-SoHiTaa, en 1840; las JPIoi^ralllai de 
Mapobkm, en rers, b bi lin de la mtaie aan^ei el bi Jeu* 
nesse de Mirabeau, reman en prose des ploa seabreox. > 

Go fbt Ters ee temps qall so fit on dtangmeat extraor«' 
diasire en M^GoM, et*qaa se d^eloppirealcbea elleone 
irritation et ime Tiolenoe lonles mascoMnes t eOe deftait an 
trai lion. On attribae k la cr^ue oette ro^tamorpbose 
d*iine femme aimable el doace Josque li. Ea 1841 le ge^ 
nus irritabile vatfim 00 U virtus bellica de M*^ Colet no 
Gonnot pbis de bomes. M. Alpbonse Karr ayant, dans ses- 
Qu^es, ptfl^ d'eHe en des tenaes qui loi d^phireal, eOe loi 
demsn^ noateHe Cbarlotte Corday, un rendea-vons, ou 
plut6t elle PattendH k sa porte, el le firappa d'on eooteao, 
qui, beureosement pour die et pour lui, pouss^ d^une main 
peo ftrme, ne it que transpercer le paletot de faateur des 
Guipes, Cette ardeur dli^roine se manifesta me Ms eneore' 
cette m^e ann4e : an iour da nois de septembre, aymt 
rencontr^ dans la me an Jeune mt^vatear de ses parents, 
atee lequd eOe avait ea maWe k partlr, et qoi eroyait 
arof r des raisons de ne paa la saHier, not^ Sapbo modeme, 
outr^ de cette ferrdY^renee, s'avaa^ tars rinsobnt, et lui 
d^codia le plus beau sooflM qoi, de mabi et de m^oire 
de tnose, ^ €^ appliqa^ ear one Jooe mtscolfne. A la 
nouYeHe de ce baot fait, un fllustre pbilosophe improYisa 
ImmMiatement, ^-on, pear rb4roiqueba84»leo cette devise 
latfaie: ifoa^ime mm mtiHer/sed sicut vtrago, 

AT** Cdet n'en persMa paa moina dans sa vote poMqae , 
encourage par dMllustres suffrages. Les indemnites minis* 
t^ielles et acadtoiques ne rabaadonnivent pofnl, et sa fe- 
nomra^e albi croissant. Une ^dltioa de bixe dea (KuYres' 
oomptetes de f(e^ Colet, en an formal faiusit^, on fort vo- 
bime ia-4* de 69 leoflles el l|2, avec/sc-aOni^e, parol en 
1842. A rinonc^ da litre de cette MitioD daas le /oumal 
de la Libtaine, M. Beochot ajoute : « tir^ b 2a exemplaires 
num^rot^. L'MHeur anoayme ea a gard4 an seal, et a en^ 
Yoy6 les autrea k W^ Colet, poor Mra otrerte par eite aux 
soaYorains el aux sommlt^ bitellectueHes. » C^talt lb 
certes agb royaiemeilt, el nous regrettoas qa*nn si magni* 
flqae dditeur aK cm doYoh* garder ranonyme. Un extrait, 
durable specimen, de cette ^dllion, formant k bii seul un 
aases fort Tobnne de 29 fouilles, fol tir4 ea si»4 24 exem- 
pteires, sons le tttr« de Charlotte Carday et madame Ro* 
land, tableaux drmnatigues, par W^ Louise Colet II 
fut fait la mdme aaade, poar la reote, una auttfe ^tion 
de Charlotte Cordag et madame Poland, Nous aommes 
m OMjilire de inenttonner enoore^: les C^urs brisks ( 1848^ 

2. 



so 

2 Tol. iii-S* ); Deux iM$ d'£moiUm (mtaie aimte), com- 
post de dtrcrt moroeuix de prote; le MonMmeni dt Mo- 
Uire^ poeme ooorano^ par i'Acadtoie Fran^aise, tiL'Are 
de TrUmpke ^ferj^toOe^poemeparatteiiiaitcoaroBii^par 
la utoM Aeadtoiie. M"^ Cotol a'est iiit qodquefoia ansd 
r^taur des aoteara o^Mirea de aoii aexe : alia a dowid, 
en 1B43, uneMition an on Tolmna in-is das oeorras mo- 
nkA da M"« da Lambart, pr^cMte d*nn ^loga da Van- 
tanr par FontoMlla, at d*un Esaaisur lea teftada M"** da 
Lambart par M"** LoulBa Colat Laa pe^riaa ancienBaa d^ 
la balle laurMe, acoonqpagnte da plnaieura pitoaa inMi- 
tas, ont en, an outre, lea honneura du fomtat angUtey ^ 
Charpant&ar. 

Dans oaa demiars temps, M"^ Odat, nte RivaU, a'est 
Ihrrfetout enlitoii la poMe ^rotiqne avec mi abandon qui 
Mi bottneor kaa sbicM^, at a'aa pbi ii nona fattier anx 
inyst^res d*aBMNir qui rampUssent son ooMir. La Mevue de 
Paris a en longtenipa le privily on le monopole de ses 
tli^ories, oil, si Von teut, deseaeonlMenees ^rotiques, qui 
<itaient comme un chapitre oobli^ de VHisMre amoureuse 
des Gauies, de messire Bossy-Rabutin : 

CouifiieBt ncMW fiaitrMioiir? Qui done poamit le dire? 
Oo etait Stranger; et voiU qtt*UD Mnrire, ete. 

£h, madaoie, qui na le salt ? 11 7 a loBglamps quo M. de Bran- 
lOme, danann livre fomenx, que toqs connaiasei, j'knagine, 
a dit : « De plus, ^tant aiMi belle et recbercbte de quel- 
qu*ttn, et qu^alle daigna d*y r^pondre.... ainsi que toute 
fBrnme qui ouvre la boudie pour faira qnelqne r^ponse 
douce ii aonami, le oceur s*y ann et s'y ouvra de nteie. » 
Toot oeU est trMrien. Mais est-ee une raison pour que 
BT** Colet intitnle une de sea damlires pitees en yers, od 
elle l^t du reste le plusbrillant ^loge deFamour : Ore/e^ 
lice? Ore est un pluriel d/elice un singulier, et il y a, 
eonune on salt, une r^gle qui Teut que ra^jectif s'aocorde 
afec aoB substantif^ en genre et en nombra. Pourquoi done 
apprendre aiitti an monde qu'on nesait paa I'italienf 

Cb. ROMBT. 

M"« Colet, lemrMe de rinstltut , se sentlt bientdt in^M- 
r^ par tous las ^teemeuta : elle cbanta la d^sastre de 
Skfi-jBroMi , et fi^lieita le grand-duo de Toacane , Leopold , 
d'avoir reftia^ de liner un r^Tugi^ Italian au papa, repr^ 
sentant dn DIeu denus^rioordesuriaterre; dtoence dont 
le grand-due s*est sans douie repenti depuis , car U s'est peu 
80u?enn des Cflidti^ttons de la muse flraiifalae. Quand Cbar- 
kitte Corday devint un personnaga de th^Atre, grioe k 
M. Ponsaid et k pb^ieurs autres, M"* Colat ae souTint 
qu'elle aussi avait chants le meurtra de Marat, eft elle rap- 
pela qu'eile n'avalt pas renono6 ii reaptance da Toir parattre 
aes tableaux dramatiqnessur li sc^. Nous ne saurionsdira si 
lea Moementade 184a enrentquelquetehodaBa leeoenrde 
M~« Colet 

Kn 1849 die eut un d^sagr^aUe proofs 4 soutenir. M°^ R6- 
cam ier, sa douce awUe, M afait confix un mannscrit pr6- 
cieux de lettrea k eUe adresste par le sens^le Be^iambi 
Constant, dont elle avaitddiGatement refos^ l*bomBiage; 
lettrea qui ivouYaiant que Tauteur dUdo^ie, dont las bio- 
grapbaa ont fait on bomme si indi(S§rent et si froid, avait, an 
ooidraire, im comr. Selon M"^ Colet, ce mannscrit hii avait 
^ donn^ par IP^ R6camier pour qu'elle le pubUAt an besobi, 
afin de rdiabiliter la tendre m^inoife du oddHre orateur. 
M"** Colat traita done de cette publicatioB avec la Presse, 
aprte la mort deson amie. Lea bMtiars de M"* R^camiar,' 
M. etM"*« Lanormand, rtebmteent contie cette publicity, et 
note Qgi^i 1^ condamnte k restituer les ftmenses lettns, 
par la raison qua M"** R^camier, n*ay8nt paa la droit de lea 
poblier, tt'enUtpu en donner le mandat M"* Colet se con- 
sola de cat 4cbae en letraTaillant pow Vlnstitnt 

Qualquea jours aprto avoir d^ couronnte encore, en 1862, 
par r Acad^nle Fran^alse, poor avoir, dit-elle^ epiriiuaH$4 



COLET — COUBEI 



laooloiiia de JraMmy, ae voll4-t<41 paa qn^alla pobliaitt 
recueil de vera sanaoaHstea sous un litre qui engage noB" 
aeulement sa personae, mala aon seie tout antier. Ce 
qu^eetdansle ccBur des/emmei, noua dit IP^ Loniae 
Colat.. Si M"** Colat le aait, elle est bien simple de noos 
r^pprattdre; mala le salt-eBet Sooate diaait qua tonta la 
aagassebnmataeaefMnisait iieas quatvamots : eomMif-M 
M-mknet Mala vooloir aoua apprendre ce qui est dana 
le coBur des fannies an aortir des tMeauas vimmis, c*eaft 
une prdantion sans ^gale. Nul ne le salt, et lea fBnmas pent* 
Mre moins que nous. Le pnstigB de leiv puissance InMI- 
Hble , fai^UMe, c'eat I'lnconjiii. 

IP^Louke Colet, nte R^oO, est veuve aq|0«rd%ni : 
eUe avait nagnteeun^poux, n6, connne elle, dans le midi, 
il Aix ouii Montpeltter, qui aPappalalt Hlppolyte4UiymoDd 
Colet, et qui ^tait profenenr d*banBonie an Conaervaftoire. II 
dait, en outre, antenr d^M onvraga intitnle /Vm/Umnoiiie 
iMUicale. Sa gloira natureUament avalt pill devant oaOe 
de sa ferome. Mais c*est toiyoars It un boname assex dlioa- 
neur, quela qu^en aoiant lea tanonvtelentB , d'ltre le mori 
d^une muse, n eit mort en avril 1881, ii Tige de qoaranle- 
deux ana. 

GOLETTL roife% Kolrtib. 

GOLlBRIy genre d*olaeanx de roidre des passereaox , 
dont qualquea onltbologlstaa ont fiidt una tedlle aous le 
aom de trocMUd^ (de troehilm, petit oiaaau). Remar- 
quablea par la petitease de lev taille en gMral, et par 
r^dat et la magnllleence de lenrs oonlemrs, les cdibiis se 
dlsttnguent par lea caraotireasulvaRts:Rec long, dcoit on 
arqn^tubnl^4pdnteacMe;boadietrte-pelite, taMgnesas- 
ceptttile de s'allonger, antitee il la base, di viste en deax mats 
depuis la milieu Jusqu'ii b poii^ ; pieis inlprepres k la mar^ 
cbe. Leur large queue, lenrs ailea exeesdvemenftlongoes eft 
^troUes, la petHesse extreme de laurs pieda, leur stenuna 
trte-0rand et sana ^chaaorura, la bri^el^ de leur bun^rua 
ooosdubras, sent, avec toukea les autrea diqMallionsorga- 
niqnea qui a^ rattadiant, les caradtrea aaiUanta d*nne struc- 
ture pour un vd coi^u, bourdonnaBt d tdlement raplde 
qu'on n'apecfdt anUement le monvement des oiganes qui 
Tex^cutent. Le battement des ailea est d vif que P da aa u , 
s*arrdant dana I'dr, semUe dre immobile, sana action, on 
s'y bdancer preaque ansd aMment que ceitaiaes mooches. 
La rapidity de leur vd les a idtcomparar sous ce rapport 
anx martineta. La petitease de leur gMer doit die ansd prise 
en consideration. L'extendbiim de lanr languad le manque 
de coBCum sent deux caract^raa qd leur sent commnns 
avec lea pica. Le volume trte-graadda leur coeur a d^coa- 
sidM avec rdaon comme exer^ant une grande influence 
anr le baut degr^ d'diargie araaoulaira qd prMda ii la vd- 
lodt6 d il la prestesse de leur vd. Oa qd fdt le plua re- 
cberchercea oiaeanx edsans contradit bi beaut6 de ledr pla- 
mage,dontlaridiesse d les reflets mddHques enrpasaaaft 
r^dd de Tor d le briUant daa diamants. C*ed ponrqud lea 
Indians, admvateura de la magdficence de leur ralie, leiar 
avdent donn6 les noms de rofma on ckeveuxths eoleU. 

LescdOnisonft d^ distribnte en deux secttoas : bipre- 
mid« ad catte des ecHMs prapement diis on troekUms^ 
qd ont le bee fltebi en are; la aaooade, aona la dhwaiiaa 
tion d'oiMoiMMNoiicto onomismya (delpvic,d8eau,et 
l&vld, mooche), renlerme lea espteea qd ont le bee drott. 
La plus petite esptee d^dseanx-mondMS n*excMe paa la 
grosaeur d'une abeiUe. Tous ces oiseanx babitant lea eoa- 
tr6es les plus cbaudea de TAmMque. Bs se pbiaent dana 
leajanUna, dkOs vdtigant autour des flenrs, dont ito pai* 

sent le nectar en pkwgeant lev langne an ted dea corolles 
d*o& leur vknt leur nom vulgdra de ^-)fa«r. BaminQcmt 
ansd des insedes, puisqtfen en tronveaonvenft leur a dfa a ac 
rempU. Jamais ces oiseanx ne marcheaft d ae se posenft k 
terre. llapaaaentlandtdletempadela phu forte cbaleur 
du jourperclds sur uaa braBdie,d aouveat aor laphaa 



GOUBU — 



U 



ttei Mre fdre« Hi fffenl ImMi, naii ib se rasMmblM 
iovf«Bl, Tolligait ca ncmltn, te btttont antre era aiee 
idMnMSHoAy d d ^ fta dflBt leuinidt vnc eooinge. Ui od» 
Ibri foroe aoBvenl let moqaem el lee pipirit ^ hii eMer 
Mm ear leiiDel BtaoBtpereNe. 

Let aide dee cottMesont remirqaeUeepar lasoliditf de 

ImeiNMtniciiQBetper ledAicaleieedeleiirtiisa,qaf est 

Ait ifec dhrcnee lortee de eoleBy oo d'ttne booire eoyeuse 

l e tiwiUe evrleefleora, eCeonrertll IViMrieiir de McheM 

ptreie k eesx qoi cr o to eei it ear I'eriire ott ils sont poe^ 

06DX dee eiieeOT»Bioochee eosl oonelnrfte eree le nteie 

toil el attach^ k u eeal briii d'eraafer oa de dtriMiaier, 

tA ffuOiifiuMs h no ffitii<|ai poidde la couvefbu'e d'ttne ha- 

bitatfeo. La ponte eet de den eouft blaacs, vm pen pine 

▼ otouiaera qn'on poto ordinaire. Lee oonrte ee r^piMeat, 

dK^oa, jnaiial qfuin Me par an. Le mAle el la fenelle 

paria ge at le travail da aid el de PiaenbalioBy qui dnre ca- 

▼ircMi doaie k tretee Joors. Aa OMaaeat de lenr naiaeanoe 

lea petite eoat k pen prte de la ^roeaenr d'nae monehe 



Depoie qae le plofaese ei brfllant de eee oiaeara let a ftiit 
reelimher povr let eoReetioat dee mneta , let cebtaett 
dot awatwirw el la parare dee damet (oa en a fiiH dee gar> 
aHivet de robet), on a r^et^ la dMate aTec la gin, qnl ca 
eaHt let ptnaiet, et on let abat eoK an moyen de petitt poit 
laaete avee one tarbacane, toil en let iaondant aTec I'ean 
profeMepar one teriagney toil k VMe d'mie arme k kn char- 
ge de aidde an Hen de plonib, oo p«r Teiplotion arale de la 
peodre, el oa tire de trto-prte. Oa pent antai let prendre 
Kwec vm iki k papillony lortqallt Toltigeattnr let piantet et 
lee arMteeaax aaiat. Qnoiqoe ett oiteanx paraittent pen 
dtfaatty el te laitsent approeher ]ntqn*4 dnq oo tix pat, 
celte ehaate exige beenooop d'adrette, paroe qn'ib oat 
le n j e uft reeB an gnet, el ditpa rait tea t bmaqneOMnt ca 
penntaaf oacrlanttitdlqullt te Toieat BMoae^ dhm dan- 
ger. Oa eeaipCe plot de oeat dnqnaate etpteet, taat de cott- 
Mt qoe d'oiieaox-nioacliet, dont lee plot recherche poor 
icare MBaaiet eoolenrt, eoat le coliM topaze, le eoiibri 
^remai^ le eoU&ih anu e eol dari, le ecitXbfi haussecolvert, 
le coiiiri pkuinm bieu, etc., VaitMU'-mtmeke $apho, 
Vo it m m mouck e rubit topau, etc 

Oa eil panena k apporler de Jenaet ooHbrit Tirantt ca 
A ag i i i uie : Be 6ta i eal ^iptifoitte, el y oat r6cn quekpiet 
anis; oa lee eoatenre pint longtempt ca doaietticlt^ ca 
Aai^ riqa e. Oa let aoarril aree do tM on do tirop. Let 
oeliMe eoat l ep rti ea Me dans randea moade par let toni- 
aiaagaa^^ L. LAimiifT. 

OOUCi TABiT S. Foyes LicirATioir. 

(XMLIFiGHET. Oe BMl, form^ dn latin colto,eoUe, 
«^JifOf i« ^^ f f^ittaelie, tigniAe itftocA^ OMC de la co/le. 
Oa a dPklmd dona^ ee aoai i de petitt moreeanx de papier, 
decartOyde parebeminy reprtfecataat diTcrtet fignrct , oeO^ 
ear da boit» daTtlonrt, ete. Let reHgie nt e t cmploTaient k 
eeia qadqaet-aae de leoie laaoecatt Mtirt. On a ^alemeat 
appcMaiMl certaiatoofragetde broderictfaKt tor do papier 
qiA lear eert de ftaad. Atco de la toie plate, appNqn^ an 

aa^ca da fai^dUe aorlepapier, on repriiaeate dea flenra el 
dee aiaeem <|bI peraiaaeat ^galcBieatdea den oMt, el ibal 
aa M ettil 4 caate da MOaal de la toie et de la TiTadt^ 
dee eenleara. Lea raMgleaaea de Bonrgea exeelaieal dent ee 
I de ceiAeMe , el een qn'oa porta ca Cliine excitireat 
dee bebitanta, qal ae ponraieat eoaceroir le 
de telle brodarie reprteeataat dea den eMte let 

dH dee ^^Mtaacata de fenune qoi ae 

Par aae ooaa^qaeaee tonte aatnrelley 

dBCoHfleket, ca areiiiteetare, 4 tone 

on de niaavala goM* On dit anaai 

qai ae eoatieat qne dee taMeaax , 




COUONY 

9nmnea, MtbograpUee, kaagaa de pea de tdenr : ee ae 
aoal qae dea colt^Ae<f . En tenaea de mntiqoe, oa appeOe 
colt^Mt let p at a a gce trop Mqneatt qni pr^tcnteal nae 

trop graade Taria« de toat , trop de broderiet, de /ori/iiret^ 
de rootaidet ^loaaant Poraille teat pbdre I retprit el tana 
toocher le ecear. « Let ebantenrt , dit J.-J. Ronttean , qoi , 
abntanti toot propoa deee Inxemoaleal, cmbarratteat le 

ebant;ca dteatnreal le caractftre on ca eaebcat let beanMt» 
foal det eoiyieM$, » 

Le ooMlebd a*a po maaqner de te i^iaaer dana la littAa- 
tuTBy de ^eaiparer dea prodoctioBa de l*eaprtt, on pIntAI 
du bd CHvit; car le TMtable etprit a an a*ca garaatir aaat 
dforta. 

Colf^leMealdoae en toot ayaoayaie de babiole, ba* 
gatelle, petH olijcl de itataiaie. On applique ce nom k 
toot ce qui a*a qae de Pappareaoe d poiat de aoUdit^. (Teal 
llcanaedelaMg4rel6deaapAtey8tehe,Mg4re, feHe aaae 
benrre eiaant ad, qn'on a doan^ le nom decolf/le/ke^ k one 
eaptoe d'Miaud^ dont on r^le lee aerina. En tarmet de 
moaaaie, le col^^Ae^ ett nne petite machine dont teaer- 
▼ent let ijottenrt d let taiBcreatet poor ^cooaner let pi4cet» 
^ctl-ihdire let rMoire an poidt M^^. H. AoMmcT. 

GCHJGNY (GAtTAiD, oomte m), amiral de France, 
gooreraenr etBentenaat gMralde Parte, delllOHle-FraBoe, 
do HaTre, de Hoallenr, colond gMrd de rinfkaterie, ete.» 
naqnit an cbitean de Ch4tillon-tnr-Loing, rMdeaee 
edgnenriale deta femaie,le lefi^rrier 1517. Son pke, noble 
brettaa, t'dait dabU ca Fraaee aprte la rtanion de ton paya 
Iceroyaome. UoccopdtmiTangtop^rieordantletarmte 
de ta BOOTdle patrie. H prit le nom de ChAtiBon. H arail 
^poot6 Looite de Montmorency, toenr do coaadable, el 
dontUeulqnatrefilt :Pierre, OdetdeCb4tillon,Ga^paid 
el Daadelot. Le premier Baonrot ca bat 4ge. Gaepard oo> 
cope one grande el honorable place daat lliittoire do tdiitaie 
aitele, ooaane honmie d'ftal, bomme de goerre, et comme 
chef do parti proteatant. Sonp4re, aerendant, purordreda 
roi, 4Fontaiabie,poord4feiidrecetleplaoe,alor8aa«i^gfe 
par lea Eapagnob, moarot 4 Aoqa pf4a Bayonne, le 4 aodi 
1521. n aYdt par eon teatament reoommaad4 aa fianme d 
aea cnfiorta an rot el 4 eon bean-fir4re le conndaMe Anne de 
Moatmoreacy. Odet, depoit lamort de Pierre, ton Mre 
atn^ , dait dettia^ 4 tooteair le aom et rhoaneor de ta noble 
maitoa. Le eoaadable poorait diipoter en fkienr de Ton de 
aea fila de la pread^re aomiaatioa an chapean de cardinal; 
B no put !4ire aoecpler cette flinrenr da rot par aocua d'enx, 
d B I'ofliril 4 Gaapard, 4 Danddd, aeanereox, qd rdba4- 
lent ^galement Odd n*Maita pea, d d4a lore Gaapard de- 
Tint le chef de la ftmBle. 

Aprte ardr termini aea dndea,d ce qn*on appdait alors 
tea Bxerdeet, B ftit, aTec eon fkire Danddd, pr^aent^ par 
le eonndable 4 Pran^ I*' , qui aocucBBt avec bicnrcBlance 
lea fila d*nB de aea plot TaBlantt capHainet. Gatpard te Be 
de la pint intime amiti^ aTec Fran^ de Gnite , file abid 
de Clande de Lonndne : ilt daient bu^parablet; lea den 
andt parttreat 4 rarmto det Pay t-Bat , eonnnandte par la 
dne d'Orltee, d oombattireattoi^oort 4cdt^ fan de l*4utre. 
CoBgny ftit blete6 4 fattaqne de MoatmMy ; mate ta Ueaanre 
dait l^gtoe, B ae qoKta pofait let rangt. Une Idtre de tea 
ondelecomidable le rappda en France; mait, malgr6 let 
faittanoet de eon oncle d de ta m4re, CoBgny reprit bianIM 
le cherofai de Ftendre. II M 0ri4fenMBt UeaaA an ai^ de 
Bdat; dh^ joara aprte B dfpaala aoa retonr an cembatt 
pardebrillantt fiiittd'armea. L^aaateaoiTaateBpartitpoor 
rarm6e dltaBe. Son Ar4re Danddd Faceompagna; fla ae dte- 
tbigD4rcattoatden 4 lajoora^e deCeritol^t. Ite t^taiflat 
enoiarte chaenn dHm drapean , d Ibraat araite dieraBert tor 
le champ de bataBle par le dne dlSagWea. n rerialeaanite 
en Prance, d aenril dana rann<e de Gbampagne, qae eom- 
mandail le danpUa, d qui ddt alert te aenle Ibree capable 
d'ander Obarlea-Qdnldana ton toradon. Aprte te idrdle 



32 

de r^srap^i'ii^f ii'aoooiiipligBi te OiaMtM de Hez au m^ 
do Boulogne. Le jeune de Guiia Ait \A96U k aes «dt^; Oo« 
Jigoy BO h qtiUta plus, ot lui prodigua lea aoins de la plua 
\imAt9 amili^. Ce d^vouemeat mutnel» eette frateratt^ d'ar^ 
umb, cetle intiinit^ sacrte, a'eut qu*aiie bien couiie dur^e. 
Pevenu chef de sa maiaon par la mort da duo Claude de 
Cruiae, aoa p^, le due de JoiavUle, initio aux ambitieux 
projeta de aa raoe» ne tH plua qu'ua enMad dana aoo fr^re 
d'armes dte que celui-ci fut un obstacle aa aucoto de aon 
ainbitiOQ. yUateire ne lea prteente plua que plaote eu hce 
Tub de rautre, h la tae de chacon dea deux partis ^i divi« 
aaieut toute la Fraioe. 

Ck>]igny avait ^t^ fait colonel en 1544 ; il r^tablit la dia^ 
cipline el la auberdiiialioa dana aon r^gioMBty et rtaelt plus 
par aon excnple qoe par aea avis. Aprte la inort de FnuH 
(ois Vf le coan^Cabla de Montmorency, ayant reparu 4 la 
cour aTec plus de favour que jamais, sollicita pour aon neven 
le eommandemeot de Tarmte dltalie. Mala le cr^t de 
Diane de Poitiers Femporta aur oeloi du conn^table, et 
Briaaac obtint la pr^fiteence. Dandelot, qui s*^tait enga^ 
dans eette expedition, parce quH esp^rait qn'elle sertit di^ 
rig^ par aon Otre, s'enfemia dana la Tillede Parme, oil il 
fut fiut prieonniar. Pendant aa captivity il se Una avec ar- 
dour aux controfenea reiSgieaaea , qui agitaient alora tout 
lea eaprits, et devint protestant. Cepoidant Coligny avait M 
nomm4 colonel gdn^al de llnfanterie fran^aise ; il ranplit 
eette cbarge aToe un i^le anasi ardent qu^^air^ : il pent 
Mn conaid^r^ oomme le premier rMdrmateur de I'annte. 
Pen de tcrapa aprte il auoeMa k d'Annebaut dana la cbarge 
importante 4*80111111, et ae d^ndt de cdle de eolonel g^n^ral 
en faf ear de aon fr^ Dandelot, ausaitAt qoe eelui-ei eut re* 
oountf aa liberty. Qnelqoea ann^ auparavant lea deux litres 
avaient ^poua^ deux ttUes de rillustre maiaon de La?al , de 
la baofe noMeasebretonne. Non moina habile politique que 
▼aillant bomme de guerre, Coligny avait ^ en Iftao charge 
de eondura la paix avec la cour de Londrea. II fit avec le 
loi Henri II la capipagnede Iiorraine, dont I'iaaue fut la 
reunion dea troia ^vAeh^. En 1&&4 il eoutribna par aea aa-* 
vantea diapositioaa an aoectode la bataiUe de Renty ; Fran* 
foia de Guise, qui y assiatait ^alament, ayant voidu s'en 
attriboer riumneur, le roi fbt obMg^ d'iatarrair entre Tami- 
ral et le due pour lea empteher d^ Tenir aux maina. 

La fayeur dont jouisaail OoUgny exdtait au plua haut 
point la Jalousie du due de Ouiae ; il a^attacha d^abord k 
attirer aur lui la haine de Diane de Poit^eca, et poiur oela it 
n*eut beaoin que de lui r^pMer oe qne Coligny pniaatt d*elle 1 
car cet |tfMnnie d^honneur, ^^ria As la vie de temiUa et do 
bonheur domestique , ^tait bien ddplacd au aein d'une cour 
ansei eorrompue. 11 ne Ini Cat pu diliiciie enauHe, aTec Taide 
de la Ciforite, de ateparer de Teaprit dn oonodbifale , son 
ami et sen eenfidant le plua intlme, et de le dMieher de 
couxanxquela il^tait uni paries liena lea phia aacr^, la 
nature et rbonoeur. 

Mala Coligny ae vengeait de eas baaaea intrigues en aer- 
vant son pnya. L'enneai le trouvait aor toua lea charopa de 
bataiUe, k Tattaque oomipe k la ddianse de tovtea lea Tiiiea 
oecop4ea ou naenaote par lui, iii|eadia, Dinant, Bapaume, 
M^dires, Receay, Maiienboorg, eic. II Tenait de signer 
une tr^ avec la oomte de Talaru , ministre de rerapereur 
Chariea-Qqint, loraqu'il lot obhg^ de vuler au aecoun de 
Saint-Quentin, ^a'aaat^gBaitanepoiaaanlearmte enne- 
mie. U s'enfisnna dana la place. De proropta renlbrta hai 
^talent promia; une arate devait marclier contre lea aaaii- 
geanta : mais il ne pnt reeoYoir qu^nne faible partie d'un 
aeoQura que hii amena son fftoe Dandelot, qui n*avait pa 
tniYener lea lignea eanendes qu'qprte una perte conaidd- 
lahleL Las Gofsea dirigeaient lea ofNiratioM d« cabinet; 
Talnte ^yay^an aaooorada Saint^Quenlin dlait iniidrieure 
4 eal|a dea euaima J alio fut bnttaa. Coligny, r^dutt^nna 
friMa gandeoq eontanne par hi mittoa boiif«aolaa, pins d6> 



OOL1«NY 

▼na^ que nowbranse, mo c e m ba ^rto ope longue elfl«» 
neuse rMatance. La Tille M priae d'asaaut et Coligny M 
prisonnier lea armas k la main. 

Cet ^v^nwnant eut degraTaa oona^qneacea. Juaque aloni 
Coligny dtait mat^ neutre entre lea fiMtions leligieMaes qui 
divisaient la France; maia dana aa prison il ae Uvea k una 
tode approiondie dea doctrines des rtfiNrmistea, et le r6- 
luliat de aea ^des consciencieusea le conduiait a une 
conviction entitle et riUl^chie. D4s qu'il eiit recouvr^ aa 
liberty , au prix d'une grande partie de aa fortune, U ae pro- 
lion(;a francbement en Giveur du proteatantisqae. 

La captivity de CoUgny ayait laisae le champ li^re k Tam* 
\AUm dea Qnisea. D^enuainattreadu gpavemewent, doot 
Ua avaient donnd lea prinoipaux emplois k leura partisans , 
iU ne gard^:ept plus aucnne meaure avec la reine m^* 
patherine4eAl^dicisfitplaBd'unefoisdesouverturea4 
Tamiral. Coligny Toulait obtepir la Ubert^ de conacieoce, 
conform^naent anx ^dita; maia il ^t plua mod^ que 
Dandelot et le prinee de Coad^ , leaquela Youlaient armer 
aana d^ai toua lea makontenU. U avait horreur de la 
guerre civile; et U n'eut recours k la force que loraque la 
nteiatan^ armte darint une n^ceaait^ et un devoir. 3ana 
accorder une enti4re eonfiance k Catherine, il esp^rait n^an* 
moina arriver k aon but par la voie dea n^gociations. Coligny 
ae trompait aur le ayattaie politique de Catherine, dont Tarn* 
bition n'adnKrttait ni pariage ni ooneurrence; eUe ne voulait 
point ^craserun parti par Tautre, mais les maintenir dans un 
^ W d^opposition. U rtonissaitdeux gouvemements, ceux 
de Picardieet de I'lle-de-France; il donna apontan^ment aa 
d^misaipn du premier, qui devait ^tni con£6r6 au prince de 
Condi$:leroi etlareine^n^reravaientfonnellemenipromia 
i ce prince ; mais lea Guises firent nommcr Brisaac, leur cr^* 
ture. La mine m^ , poor determiner CoUgny k obtenir d« 
son oncle le conntHabie aa ddmiaaion de grand-mathre de la 
maiaon du roi, lui avait fait lea plua belles piXHnessea on 
(aveur des pioteatants. Une amniaUe g^ki^e allait 4t(ie 
proelamte4 Toccaaion du saore de Charles IX; toua lea pro« 
teatanta empriaonn^ devaient ^tre mia en liberie, et lea 
prooMures antoties. La c^rteionie du sacre tannin^, le 
conn^table, k la aolUoitation de Coligny , donna la d^mia- 
sion demand^, et,au Ueu de ranmiatie promiae , lea per< 
steutions contino^rent avec une intenatt^toujouraoroiaaante ; 
le supplice d'Anne Dnbourg en futTafYreux prelude. La 
coiyuratioa d'Amboiae telata et ftet la cause ou le pai* 
texte de nouveaux mawacrea. CoUgny , retire dana sea terrea. 
avait ^ appeM k la eour, alors 4 Amboiae; il a*y rendit 
avec aea deux fr4faa» Dand^t et le cardinal de d^itillon. 
Catherine de MMicia renouvela ses promesses; qn ^it dn 
pacification fiit pubU^, et, comme tons cenx qui I'^vaient 
vrMd^i fhtauaaitdtviol^. Coligny fiit aoj^iq^ de OQRiipKQitd 
dans la covyuration d'Aroboise. Sa justificatlop fiit prompte, 
facile et complete; maia raccusation en Ibvme ne fut quV 
joum^. Dea troirtdea aiiieax ^dat^rant en Norpiandia; 
Catherine diargea CoUgny d^aUer lea apaiaer. Il r^uasit; 
aaais U n^en dissimuk paa la cauae, et U teivit 4 la reine 
m4re qu'il n'y aurait point de peix poaaiUe tant que lea 
Guisea resteraient 4 la t4te du goaveroement^qu'eUe n'avail 
pas un instant 4 perdra pour ae reaaaiair eUe-m^me de Tau- 
torit^ soprteie. CoUgny parut auceeaaiT«ment <iux aaaem* 
hito des notables de Fontainebleaa, de Pentoise, de Saliit- 
Germain , de Poiaay, d'Orldana. II tvoiyva uia f^n^ireux anxi- 
UaifB dana le nooreau d^anceUer, L' Ho apital ; mais il vm 
fut paa plua heureux dana <ea efibrta pour le maintiaB d«ft 
^its en favour da sea co-4«Ugionnaicea : taatloura k»aaiteen 
protestations de bienveillance , de confiance el de jRstioe te 
la part de la reine raire, et lotigoara lea mteiea deceptions. 

CoUgny ne a'^tait pea iait iUoaion aur Tafenirdqfi |wole»i» 
tanli; et a4s i^M 11 avail pr«jete pour aux un dtebUas^. 
meni an BresH; VUlcgagnon, ohevaUer de Malla, parlit 
|)Qtur reK^cnteiv On dt^icouvrit le butaocret daoatle e#6(la* 



GOUfiNY 



U(A, et elle ^cbooa. CoUgay ne io d^oooraflai poiot. Rl- 
nod, bra^e et habile marin, aTaii pto^tr^ dan* les Flo* 
ndes, et y aralt fond^ une colonie ; rambition et la cupidit6 
deqoelqiiQs sobalteroes, des goerres avec les indig^ea, 
el qoH eCtt M fadle d*^?iter. compromireat rexiatence da 
eette coUniie. Rigaud avait peri avec one partie de la flotte 
qu*n ramenait en France. Uoe troisi^ioe expedition fat tentte 
par Domidqoe de Gourguea ; avec ses aeoles ressouroea et 
k Taide de sea amis , il avait oompl^meot r^usai, et rerint 
en France fajre bomi^age an roi de aa cooqn^te. U de?ait 
s'atteodre k une recompense : il fut force de ae cacber poor 
echapper k la pbia abanrde^ k la pbis iniqae proaortption. 

Le massacre des protestants de Yassy , ordonne et eie- 
cote paries ordres ei sous les jenx memes des Gnises* re* 
▼eia dans toute son borreur le bat de la saints it^tie, dont 
les princes lorrains Tenaient d'arreter les bases dans lenr 
coafiirence ayec les agents de la conr de Rome et le princi- 
pal ministre de la goaTerqante des Pays-Ras. La mine et la 
destruction des protestants etaient r^lues ; il ne leur rea- 
tail qa'k opposer anx Guises une resistance desesperee. Le 
sjoode general s'etait prononce pour la guerre; le prince 
de Conde avait ete nomme generaUssime, dea forces impo- 
santes appuyaient cette determination. La ktataille de Droux 
(156)1 est perdue par les protestanta. Coligny recoeille lea 
debri:i de soq armee, et assure sa retraite en Normandie» 
ok il s'empare de plusiears places fortes. C'est idora qn^une 
accusation abaurde et atroce Tint menacer son bonneur 
et sa Tie. Fran^ de Guise ^vait ete assasaine par Poltrot 
((^Tiier 1563). Le meurtrier est arr6te, et, aeduit sana 
doote par la prumesse de sa gcftoe, il accuse de compU- 
die Coligny et les cbeCs protestants. Informe de cette acca- 
Mtioa , Coligny a ecrit a la reine mere, aux ineBd)rea du 
cooscsi; il a demande ^?ee lea plus Tives instances qnll 
soit sorsia au jugement de Poltrot jasqu'ii ce qo'il ait ete 
confronte aTec ce miserable, qu'il conTaincra d^impoalure. 
Oa ne lui repond pas. U ecrit de nouveau le 17 mars , et 
le I A Poltrot est Juge» cqndaqm^ ot d^capite. Tons les bis- 
toriens da temps attestent qu^^ I'audience et sur rechaiaud 
Poltrot retracta sa premiere declaration ; un arret ulterieur 
do parleiDent proclama Finnocence de CoKgny, mais cat ar- 
rMB^emp^clia point de renonveler Vinsoutenable accusation. 

CepeoMtet les protestants, inqulets de Tattitade mena^ante 
de la cour, resolurent d*enleTer le jenne roi pendant qu'U 
eiait k Meaon pour le soustraire k I'influence des Guises. 
Ce proyet echooa (1567) ; maia on no ponvait plus reculer. 
lA bataiUe de Saint-Denis, quolque sanglante, fut indedse, 
et la guerre continua. Apr^s difTerentes rencontres ok les 
avanlages fureot balances, le prince de Conde est tue ^ la 
bataflle de J a mac. L^amiral, dcTeau chef supreme de son 
partly se retire k Cognac sans etre entame. 11 marohe ensoite 
aor ChUeRerault , dont il s'empare, et Tient mettre le si^e 
derant Poitiers; mais le due d'AuJou le bat k Moncontour. 
II parrtnt neanrooins k se cre«r des ressources nouvelles; 
el les eatboUqoes le virent aTec etonnement k la tete d'une 
armee traverser en Tainqueur one grande partie de la France. 
Cepeodant sa Iftte aTait ete mise k prix; dnqnante mOle 
ecus etaient promis k celui qui le livrerait mort ou vif. La 
cour, ^uvantee, parla encore de paix , el on conclut un 
troiaitee traite, k Saint-Germain (aoOt 1570), 

Les conditions en etaient si aTantageuses aux protestants^ 
que les chefs en con^urent quelques soup^ns. Mais I'lj^ 
de Cofigny etait trop eievee pour croire k une trabison. 
Charles IX Tavait appeie du nom de pere; souvent admis 
idfa a odi cacea ae^rites^ il parlait aaroi dea succte que I'on 
powr^ obtoir en Flandrc et des avantages que Ton retl- 
niift d*ane Hgne contre TEspagne; le jeune Btonarque pa- 
niMtt ebraall. An mariage. de Henri de Navarre avec Mar- 
9ie4te da Valda^ Coligny I montrant^ Henri de Montmorency 
d'AnVfle lea drapeanx des protestants suspendus dans regliae 
de Hotre-Dame depiiis lea defaites de Jamac et de Monooft- 



93 

tour, s'eoria t « Pans peu on tea arradiera de li, et on les 
remplaoara par d'autrea, qoi seront plua agreablea k voir. » 
£n vain, aes amia, alapnea de la pbyakmomie sombre el 
mysterieose de la conr, cberehaient k ^eloigner : Coligny 
croyait qu*U avait auWugne resprU da roi. « J'aime mieait, 
ditril un joar, etre tratne par lea roea de Parla que de re- 
conunencer la pMrre civile et donner Ilea de panser que 
j'ai la moindre defiance du roi, ipii depnia qnelque tempa 
m'a remia dana aea bonnes grftcea. • 

Qnelqaeajoura aprte, le t% aoAt 1673, eomme 11 wnrtait do 
Louvre et retoomait k aon bdtel, roe de Retfaiiy, on bomroe 
apoate par laa Guiaes, Manrevel, lui tira d'nne fenMre on 
ooap d*arqaebnae qui loi enleva oa doigt de la main droite 
et hii framsa le conde du braa gauche. Le roi vint dana 
raprte-midi visiter Coligny, Ini temeigna la phia grande 
peine de oet evenement, et jora que le coapaUe serait puni. 
Cependant lea anb de Coligny voolaient loi foire quitter 
Pada ; il n> oonsentit point, diaant qull a'en remettait k 
la fokmte de Dieo. La unit dn 23 au 34 aodt, jour de hi 
Saint-Bartbeiemy, la porta de aon betel eat enfbneee, 
lea gardea qu'oa lui avait doaaea aoaiegoigea, el na bobe- 
mien nomme BAme monte k ea cban^Nre : « Eat^ce toi, 
ColiyiyT s^eccie-l-il. C'est moi, lepoad la vieOUrd; jenne 
hoiiime,iespeetemes ehevenx bianca. » Poortoote reponse 
BeoM lui fend la teie d'aa coup d'ep^e, etjette aon cadavre 
p«r la fenetie. Henii de Gniae, qui atteadait dana la cour, 
a'approcha poor voir ai aoa enaemi etait bien mort, et il 
frappa le corpa du pied. Lea leatea do malbenrenx Coligny, 
aprta avoir anbi lea pwftmatioaa el tea taanlteade kpopn- 
laoB, forent aecrocheaan gibet de Montfanoon, 0^ Cbarlea IX 
alia lea vok,i^peiaat,& ee qn*oa a dH, te not de VitelKas 
« qo'un eaneau DMrt aeal hNjoara boa ». 

CoUgay avait epooae ca premierea aocea ( 1547 ) Char- 
lotte deLaTal,Biorteea 1668; holt eathntaaaqaiieatdeca 
mariage. H ent de la ooialaase de Moatbd d'Entremoals, 
aa aeooade epoQse , nae fille , Beatrix. La eomtesae de Moal- 
bel appartenait4 uae daa plaa aobles el dea plua licbea fii- 
mOtes de Savoie. La doe regeat a*oppo8atl k ee mariage ; 
mais, auiiaqoedeperdresa fertnne, laeomteaaepartit ae- 
ciMameat, et aa mdH k La Roebeila} elle aaerifia toot k 
Thoaaeor de sHmlr an pins grand homme de repoque. La 
poateiite mAla de C<4igny a'eteigail daaa hi personae de 
Henri Gaspard,ne en 1649, el mortea 1667. Looise de 
Coltgay, veove de Theiigay, maaaaore k k SthrtrBarlhe- 
lemi, avait epouse eo aecondes nooes Qnilaame de Naaaan, 
fondateor de hi repohliqae de HoUaade , el dont lea deacen- 
dantsregneotaqionrd^iii snr eepaya. La menolre de Co- 
Uffiy, flttrie par araM da pariemeat de Paria, a die ao- 
taueilement lehabiliiee par on edit de 1609. Son corpa 
Alt ealeve dea foorohea patibalalrea de Montfanoon par lea 
soins du marecfaal da Monhnoreney , son eouahi, el trana- 
fere k Cbantilly, puia de Ui 4 CMtillon-aur-Ldng; el en 
1786 M. de Monteaqaioa fit coailraire une chambre sepal- 
crale ou fiireat depeaea les resles de Tilluslre amirai. Ce 
toobean , lora de te demolitioa du cb6teaa , avait ete trans- 
porte au Mnaee des Momments Francaia. 

On attribae k Colipiy dea memoirea doat Fautheaticite 
peut etre eante^iee, et teaedHeara de la CoUedion univer- 
selle n'ont admia que aon Recoell faiatoriqoe da aiege de 
Saint^Quentin. Tons les bistorleBs ont parte d'on memoire 
adreaae par Ooligay k Charles IXaur les goervea dvilea el 
s«r lea moyena d'y mettre oa tenae. Toua atleilant Texis- 
teaoe de ee memoife, el 4aiilant que Charles IX, par te coB- 
sett deGoadi,reAMadeleliFa,et lejelaaafbo. Ce me- 
moire n'a pas ete perdu, coauBe ila Feat pensd; il n*e- 
tait paaPoumgade Cofigay aauL n avaMeie redige sur aes 
aotea par Moraay, son aai,qui depuiaajeae on si grand 
reiesooa le i4«ae de Henri IV. Ce roemoh* aetepubUe 
avea lea mma da ca avnml el habtta hoame d'tot. De 
Tboo.Rraattee, Lapo p i l i^i tP , G. do Rallay, LeLabon- 



GOUGNY ^ COUQUB 



U 

rear, dans ms C o mmeniaire s twr CaiMnaUf etc., on! f 
rendu hommagft am Ulanto, am Tertns de Ootigny. Let 
m^moires de Charlotte ArbaMie, Tenre de Feuciiiieffly 
lenfermeiit des docomeots prteiem snr CoUgny , el notam- 
ment jtnr lea massacfes de la Sainl-Barth^lflmy : ils foal 
paiHede la derail ^ditioii desoMiTrea complies de Mor- 
nay, son aeoond ^ponx. Nona avona ploafiean tustoiiea par- 
tieoii^es de CoUgny : la pins remarqaaUeeat ceUe de Gas- 
tilhon. Donr (delToooe). 

COUHAy territoire aitn^ anr la cMe ocddeirtale de U 
fiid^tion Mexkaine, an and de Xaliaeo, maia non encore 
constitue en £tat independent, fonnani one vaele plaineen* 
trecoaptepar de nombreoaea ondolationB. Ceat aeolementan 
nord-est qa*on toU a*eie?er k one baotenr de 3,600 mtoea le 
Pico de CoUma, la nontagpe de la chatne Tolcanlqae da 
MexSqoe sito^e le plus h rooeat, et jetant eonatamment de 
la fiim^ et dea cendrea. Le ad de cette contrde eat trfea-fer- 
tUe et produit en abondance du colon , dn aocre, da ca£&el 
da cacao. Son chef-lieu, Co/iiMa,aitn6 ^ 5kiioinMrea enYiroR 
da Tolcan, aorle petit conn d'eau da mdmenom, compte one 
population de 16,000 taea, et eat le centre d*on cartain mou- 
▼ement commercial. A remboachnrede la rifi^re, on troore 
Puerto de Colima on Maianillo, aaaei boa port. Dana In 
guerre de rind^peodance, le Colima ae d^tacha de Tintcn- 
dancedeGuadalaxara, dont 11 aTait joaqoe akm foil par- 
tie, et, aprte quekpiea vainea tcntaHfea pour ae conatitaer 
en £tat independent, ae pla^a aooa Tanlorit^ ImmMiate du 
gourernement federal meiicrin. 

GOLIMAC£ES.Soua oette dteominatkm Lamark eom- 
prend dans une aenle famine tons lea genrea de mollua* 
quea qui hablteni 4 la aurfaoe de la tern et respirant Fair 
libre par une ouverture qui rintrodult dana une carit^ pul- 
monaire. Presque toua cea animam habitant lea lieux flrala 
et ombragte. Lea eolimaote aont dlriaiblea en deux sec- 
tions, d^apr&s le nombre de leura tentacnles, qui eal de 
qoatre dans^la premiere, et de dem dana la aeoonde. Lea 
genres Mliee^ caroeolle, anoetomef maillot, cUnuilie, 
bulime, agathine, anUnrette, aont re nfe rm^ dana la pre- 
mie section; oem de la seconde soul aurieule et 
cffclostome, Quelqaea-uaa de cea moUuaqnea portent un 
opercule aous le pied; tons les antres, qui en sontdepour- 
Tus , y supplant an moyen d'une on plnsieura doisons cal- 
cairea qa*on nomme Sp^i>hragme. L. Laumsht. 

GOLIMA^N^ terme Tulgaire soua lequel on dMgne 
lea helices lerrealrea. 

Panlet appeUe aussi coIHiuiqoh one petite eqitoe d^agaric 
dont le chapean est contoamA en fbrme dli^ce. 

COLIN. Lea colint foimenl une aeelion du genie per* 
dfiop, caract^riste par un bee court, groa , borab6, plua baot 
que large, une tftteentiteeaMBl ganiiede phmea, dea taraea 
lissea dans les deux sexes, et une queue gMralementplua 
longoe que dans lea perdrix propremeol ditea. Tooa lea eo- 
Uns habjtent TAm^ue. Cependant on est rteemment par- 
venu k acdimater en AngMerre le eolin hoiU (It perdrix 
SAmirique de Boffon). C*est en imitation de son cri que 
les Natkda ont donn^ k cette eaptee le nom de AoMi', que 
Vieillot M a conserve coaune designation apedfique. Les 
partiea auperieures de eel oiaean aont d*un roux faufe, avee 
lebord des plumes frange de noir el de cendre; le fttmt eat 
noir, avec un double sourcfl blanc ; la goi|^ est blanche, 
encMlree de noir; leaflanca aont roux, ptrsemes detaches 
oTOides Uanchea, entourto de noir. Les autres esp^cea 
different de ceUe-d par le plumage, oik domhie plus ou 
moina le roux, le bnm, le noir on le Maoc Qnelquea-unea 
ont la tete orsee d'lne hiqppe. 

Lea coUna ont qucHqnea rapports phyaiqiies avee lea 
cailles. Ils partageni leur tendance k engrrf sae r. Suifant 
plusieura auteura , lis anralent auaai rhabitade d'teigrer. 

COUN (ALnANBnB),eeMiteaoulplaurdaaeiiitaieaitele , 
ne k Mallnea, en KM, fbt appeM A Intpnidi en liM par 



Pempereur Ferdinand I*' pour achefer le mausoiee quH y 
fUaait^erer 41a memoire derempereurMaximilien I**. La 
m^ieurepaftiedeafigurea qui oment le monument aont de 
hii. Sea tuTanx en ee genre furent teilemeni goOtea que ce 
Ibt dte lora4 qui vondrait Mre fiiire d'avanoe son tombeau 
par lul. En 1(77, il exAcuta lea decoratlona pcnr un monu- 
ment ectogone que rempereur l^iaaiteieTer aur une fontaine 
4Vienne. On lui doit encore le mausoiee enmarbre noir de 
Parchidac Ferdinand, eehd de la priaeoMe Philippine el 
cehd de rereque JeanNasen maibre Mane. H mourut k Ins- 
pmck , en leil. 

GmilNES(SnNiiBB), impriawureaibredu seiiitaie 
sitele, ne 4 GenfiUy, prto de Parte, auirant lea una, k 
Pont-4-Collnea, prte de Montreall, en PIcardle, aekrn 
d'autrea, autaH exeree d'abord aon art 4 Meanx, d Ton en 
croH La Oaille, mais fl est plus probaUe qu*il travaOla pri- 
mitlTement ches Henry Eallenne ralne, qui en fit enauite 
aon asaocie. I>e6 Editions en 1519 portent lenrs noms reunis, 
Henry Estienne etant mortPannee suivante, Colinea epouaa 
sa yeure, dont fl eat une fille, el puMia ju8qu*4 aa moit 
un grand nombre de lirrea remarquaUes par te beaute du 
papter, reiegance des ca r actt rea et la correction du texte. n 
empioya dana le prindpe leatypea deaonpredecesseor, mab 
en foodit hri-mtaie bienlOt de beanooup plus beaux. Ufaitro- 
dnfeit en France le caraelte itaOque, avec lequel il imprima 
des ourragea entiera. CoKnea etait trte-verse dana les Ian- 
gues andennea : il recut dea marquee d*eatime de plualeurs 
savanta fIranQals el etrangera. La dale de ses demierea edi- 
tions est 1M6; H mourut sans doute cette annee ou la 
suivante. Sa deviae eiait : Virtne tola ociem retundit 
islam, et sa marque tlmage du tempa ou de Saturae. 

GOLIN-llAILLAHD (Jbah) etatt un gnerrier ce- 
Ulire du paya de Liege. II detait la seconde partie de son 
nom au mdllet, qui eiail son arme favorite, et dont il ae 
servait pom* abattre sea adversdres. Ses expldts lui meri- 
t^renl llKMUieur d'etre Idt chevalier, 'par Robert, roi de 
France, en 999. Dans la demi4re bataille qu*fl Uvra au 
comte de Louvain, il eut les deux yem creves; mais, 
guide par ses ecuyers, il ne cessa, dlt-on, de combattre tant 
que dura Taction. Cast 4 la meinoire de ce guerrier qu*on 
fait remonter Torigine dn Jeu de Colin-Maillard, que nos 
aieux, on le vdt, ont comra et pratique H y a bien des 
si4cles, et qui condste, comme cbacun sail, 4 bander lea 
yeux d^un des Joueurs, qu'on appdie Colin-Maillard, lequd 
cberche ahid les autres 4 t4tons , Ju8qu'4 ce quH en aH 
said un, dont il est oblige de dire le nom, et qui prend im- 
mediatement aa place. On assure que Gustave-Adolpbe, ce 
puissant ennemi de la maison d^Autriche, (dsdt de ce jeu 
son passe-temps habitud au |dus (Sort de ses triompbes. 

GOLIQI^. Ce nom, derive du latin colica ou coUce^ 
foil du grec xSXov, dedgne la douteur perdue durant le cours 
de pludeurs affections des visc4res abdominaux, prindpa- 
lement autour de Pombilic : il servK d*abord am mededna 
4 distingner les soufflrancea ressenties dans Plntestfai appeie 
colon, mais ils retendlrent ensuite 4 cdles qui provienneni 
des autres portions du tube faitesUnal. L^extension de cette 
denomination est beaucoup plus grande pour le vulgaire^ 
qui comprend sous le nom de colique toutes les douleura 
qui resultcnt de Petal moibide des autres viscires de Pabdo- 
men. La cdKque offire des nuancea Infinies sous les rapports 
de llntensite, de la duree , de la sensation et des aoddenta 
qui PacoompagnenI : en rdson de cette variete, on Penonoe 
phitM au ptarid qu'au singulier. 

Les coHques qui resuUrotde Petal morbide dn tube intes< 
tinal dilftrenl d^ be au c ou p entre dies. Cellea causees par 
Phiflammation aiguS de Pestomac , inflammation presque 
toi^ours eiendue jusqu'aux intestina grdes, detennfaient un 
sentfanentde brOhire dans Pepigastre, autrenieni dit ereus 
de rettomae, se (dsant aentir quelquefois dans la poitriae 
el mtaiejasqne dans la gorge. Cette douleureitatrooedaaa 



COUQIOI 



ihct, eipept Mtira powtMr. TOle Mt owore U ceNqM 

^ accwiipagiic le elioUra tpondlqM oa ■ritttqaty Hit 

i^Trt JasBe. Let uM mU lat plus grarM te nuaiiwleiit 

CB nlnd tmpty svloQt nt fiNMiieimIs fd rHilQMfMM9§ 

k$ IflJMeBi. QMd TaitoBae est Milmi>< ^ on motedie 

kffi^ let MMqnM soat Tivw» ante lat beiiMMMSOBi pas 

nkltet. LonooB l^iflaBBiMiiott ainri§ attamie tnriiaieBft let 

iatwtiiw grllety aaat eewpiicitioB da p^riUaite, eia at 

< Mtei lina idjaajwaneat qae desdeolaan oMnaety qaelet 

■aMea appeUeat det coia i wfl»wm aa<i 4e eoiiqu$ : efiea 

peafeat fi a p ei leat Hn patKet k P e iti iaM , c oB Ma a dent ri* 

l^aty vaia il eat axtrtaieaieat rare da laaoaatrer llatanH 

iMliaB aianft aor let faiAeitiBt a rMet — ■ mia Petloaiae t 

paitielpe. Dent taos cet eat, aaaaontiipalioa plat oa 

BMiat opiniltre caexkta. Qoaad la tMga da rJafltaaaaHea 

t'^lead tar let grot iatetttat, let eoUcpmiaat eoeafetrte- 

▼ioleotesy et Ibal <proafar lat leantioai de lonioa, de d^ 

diirBre, de perfbratioB ; cat Mat pteibia eat aacompagaA 

d'ipraiatesy da seDet tkeatet, tomreat bflieoMt, qoelqiie- 

loit tn^uiaalailei. Lanqae rettaoMc et toata la loagaeor 

da caaal iatettiaal eoat eaflaaan^, let d^jeetioat t'op^real 

per la bant et par la bat,et4ia obterre vnetoteati digae 

d>idter la eoaqiaaekNi qn'on lui a donn^ le nom da coligwa 

de miserere, appBeable aasei an choMniy ^nitetoapat- 

riaa JMaqoe. Leaaeddeats dMlent ei omrerteaMat llaftun- 

qmt let eattqaet ont M a p p eM o a U\/U Bmm a to i r e t , 

em lea acDuaa ansei MKaMset qaaad let ddjiectioBt 

toat Bj^lan gfa t de bile. L'toflammatkNi da pMtotoe eam- 

pBqaa aoaireBt eet cat :alon let doaleonabdoadaalet seat 

ea i i ito e t ; la BMtodre preaaioB sor le Tentro est lalaMrable, 

PagitBtiaM da rataMapbtoe est mtee trte-pteible. 

Daaa lea tattamaiationt cbroaiqaet de restonuic et det 
■lettiBty let coUqaet soot beaaooap BMiat daoloareaiet 
qae daaa l^iatanaiatioB alga€, mait eHet toat Mqaealet y et 
fnt partie d^aae sMadlaoomaiodK^ aonriireoBet. CeauMa 

est BHihit pateate, eia est la pbipart dB 
I, et let coUqaet tani appeUet nerveuses; 
caRat-ci oAkot anssi qa el q a es dMHreaeet reUtheaaeat aox 
partiaBs do tube latestiBal d*o^ eHet teaaeat Daat let 
BBaaeat lat plot WMet de oet Mat, et qaaad raffectioa est 
bomfe i ristamtf, alasi qa'aox intestiat grNet, taat com- 
ftteattoB de p^rftoBita, let nnladet dig^reat Uea, ae ret- 
am t mt dela gtea oo detdovdenrt soardes daatleTeatre 
qoe qBtb|Bts haaiat aprte lean repat 3 fit B'^proareat toa- 
TCBt rIeB t'Bt B'oBt prit qne det bobtoBt. lit tont babttael- 
leaMBC iJ UB ttipfo ; la r^gioa da fola est lnd<rieate. Get 
eaMqiaaa aoBt taB^eat conipliqnto par nae ptodactieB coatl- 
MnMa de gas, qoi a^taeeaBiolfiBt daat let faitettfait et let dit- 
il fh fDBt eateadre daat FdlidoBiea an bnift qa*OB 
I ^BryoBlllemaBlt, 00 dor frarff^met : tantdt Ht t*6- 
^bappeBt brayaauBeat, taat par le baot qaa par le bat; tan- 
tMlaidteBtioB da cet gti caasa des doaleors soateat trte- 
irivea, qaVNi aoemia eoJi^BCt veiUenses, Qaaad naflaai* 
t'Mead tax grot falestfaM, k diarrhea et det 00- 
plat Ibrlea tBeoMeat k bi coattipatioB : toareat I'af^ 
Ted e tieB t eaa alt a borafe, coBiBia pfffe^d aan aea t ; ca 
aaat det atteraathet qa'oa obtenre trte-lMqaeaaBeat ebex 
leayenoBBCt aliKttadela gartro-eaMrlte cbroaiqae, 

lAdhrert degrfedlrfKatioaetdlaflaBaBatioBtarraxtr^- 
bM bifMaara do lecfanB, qai carad^riteBt let h^aiorroi- 
daBy sa rcBeoBtreat toareBt aTaedetdoaleart abdeadaalet, 
qtfitB a oaw aa caUfBct M m o r re H dales ; cctte d^a oBriaa tioB 
aPtest pat latioBBalla, paree qae cet coUqaet Be prorieaaent 
pat Bst h^aMTfoidet, BMit d\Bi MataMNrbide det latestiaty 
daBtMMiaBdB ffaetoai estaa aifat et coBaae aae crite. 
L'taiHBBMliaB da Ma atgaA etcbroaiqBe, qoH a^estrpat 
nrt de ▼efcr ■cffoaspagn^e de prodaeliaa pt a rre m a daat la 
^MaaiadB iel et dam BOB coadoit, caasa det doateart daat 
nypacaadie droit qa'oa Baaaaa eeHqwet MpaUfme. 




ti 

L Wst sB c e daa dMHwils few gal ail iig iil daat let brteatjaa 

>, quViB appaDa varaibiavfaf; 



L^ataBBMliaB daa laiat axcila dea 
praad eaaore taaa la aaBi de calif aat nipkrH^wu : em 
let retteat pf ti w ad MB a Bt daat lea bypaaaBdret; psa^pt 

d*aBa forte caiapiaaslaa, 
, a awMaai aax aiaea, avec dea 
taterraUea da cabaa; det ^rattert aiMt tax 
qaelqaefait Porigjae da amI. 

L'^vacaatioB BMBaaelle de aaag I laqaele lea 
aoBt fiaidaiBB^ daraat aae partie da leor tte est aaa 

but ccBBBa lecaqa'aya te tappibae. lW da 
et la travaU de reafaatea 
doaleart appeUet eol iqm e $. Le plaaib aiaiaa ear 1' 
BBe aetioB toslqae doat iteite dea eoliqme$ ditet mIbt- 
xiBCff oa ctlififef ife j»loaid, paieeqae ce BiMalfetaaBBBd 
Saiume par let alebbaittet t eUa eat aa dat tecoavteieBlt 
det profeasioBt qol a^cetaiteat la maaJpalatioB da pjoaib et 
de aea coaabiaalaoBa. Tela aoBt : let traraax det uteeart, 
det peiatret, det potiert , det iaadeart, det ptemfciera, dea 
poUMeartde gfaKC. LetOBrriert qai trafaitait^ laibbii- 
cation da MaBC de cerate y aaat aartaot eipea^ CMte 
coUqoe, dite aaaai m4itiU i§me, eat ^l e ai tB t caatfe par Tata 
qn'on coaterre daat det r6 aer f a ir a ca plonb; par lea viae 
doatoapiMaBtraddil^oaqB'oaadoaeHeBy ^ioataatdela 
litharge : cetteaapbitticatioa eat coBMBaae, aarloat, dit^B, 
daat la capilala de TEapagaa, oil eie eatretieat aae bm- 
ladia eadMqaa dMgafe par le BOBi de califMa 1I0 Jiaeiritf . 
Ltcttoa d6M^ dn pbaab te BtaailMe aar lea iaIeitbiB 
grilea par daa traaUet daat Facte da la digeatiaa, par aa 
aaMrfgriaaeawat coaaidMabto et par dea doaleart abdaaa* 
Bales qadqaefoit trte-craeOet. Oet cottqiiet dMwtaalofdi- 
BaireBMBtTertletfaNabet, ttBtaaitat Tert I'aaddite et re- 
BMNiteBt Tcra reataaBac : te Tcatre eat teadn; b tratm aet 
pareia, on dittjagae taat tedoigt det taaaeniaiB^gBlBB; let 
tellea aoat Bnlles 00 trte-rares, et alort let eacrtweate 
oBttefbrme de crattia de bwbit; daat det cat extrto et, 
let ▼ o aa it teaa e Bte et to dianMe aa naailBateat Ca poiaoa 
dMcTBdae be a aco a p d'aotcea aacideBte, det Btoa f eawa ls 
coBToisilli, to pBialyate, Tapaplaxte, ete« 

Sons naJaeace des coUqaet Twleatet, rbo B aae peid sa 
foree Biorato, coBBBC ta ibrce pbyaiqae; I'aaxiM^ Mate aar 
80BTiaage;aeaiaBdwt flMisteat toat tea coipt, et aaa- 
TCBt il toBibe ea dtfrinaace. Cat Mat, daatleqael tocou- 
rage ae perd tTeo to Toteate , ae retroara daaa to aiuaMua 
oil jette to peer ? aaaai dit-oa daaa te laagagB papaiaire, 
dHn boaune tenriM , qB*fl a del coUftref . 

De oe qai prMde H r6talte qae lea coliqaea ae ceaati- 
toeat poiat aae Bialadia, afatti qn'aa tea coaaidte ndgaire- 
ment, nurft qa*ellet aoat let efliBlt, lettjraaptdfliet d*aftotioBt 
da diTcrt orgaaet, etqa'oa ae pent 7 rteMier qa'ea coaa- 
battaat ceHet-d. Let divers dcgrfe de FlaltoaMBalfoa et 
da rirritatioa dea toteatbit prodMtaat let cottqnet te ptot 
ordiaairenieBt, oa Jngera aitteeat qnll eat bapradeatd'ad- 
nifaystrerdes baiatoataicttaatet, ceqa'ca foit JoaneUeBMBt : 
oa a' cmp fe o a e da toJre avaler aax p Bti ea ta da vbi cb aad , da 
raaiaette, do c ata i a , da Peaa-de-fte; let aaMato y iffaateBt 
qoeb|aefote de to paodre b caaoB. Ceat aiaai qi^ attiaa 
on fen faitfcienr tersqaTI a^bwae, et qoH defiwit inei ttegal 
ble. Qa ae saaralt eroire coBibiOB da gaatra aBteritea t>g* 
graTaatparceltecanBa, eiaUaa'bpatpeacoatrflM ^aag- 
aiealerteaoBibiB dat tietbaetdacboMra. Itet baiaaeai 
dMayulet, dea appKaatioBa da cataptoaaMB MBollieate aar 

te?eatle• daa notteaa oatacAea. daa BniiMcBtioBi do 
an aMga et aar lea palate doidaBfeax, aoat det 
t rte eW e a ces paarcabaarce 
doiteat Mra eaaptey^te avee dtooaraaaBeBt. Daat tea caa da 

^^a^vB^^^aa^p^a aaa^ap^^wBaB^^ ^HB ^"^^^^^ ^^^w ^^^p^h^^fw^^^^^^^^h^^^b% ^^b ^^^^^f ^^^w ^^^w^^^^^^^^^ ^^^^r^^ 

tHe da cbeiBber b pwtaqaar daa teitet par dea te i eB Baa lii , 



96 COLIQITE 

fiii fiiligniiir«MkidMM4frki<0BflipMiAiiqu'i tet 
9tta4D«r;ilwtiiiipnidflBt4er8OQWir^d0s piivgitilk Daat 

<ltlaT«iiiciits,8eliorMr^uijeclBrteitleiestum undenii- 
^em d^n dam toqM oaauit ijooli cii^ou ax fouUes de 
i jH^AwMim- Q«aiii left oollqiMft MiidageiiTOdecellift qnViii 
appelle merveuiei^ vmttmuu, il ctl dHMty tf i a ip ioy er poor 
BMBMat det subttaaeM eidUatety teUet qoe reau de 
mentbe poWr^, les vinft g^n^rera, Ibs e«ux mm^raleft, lei 
pMtilles de Vidiy, left pr^paratioiis de for, les Mmenoeft 
d^is; mais il est pr^fi^nble elon de chercber dee moyeu 
de loulegfieiit et de gndrieen deM le rtfgiine alimentaife. 
Bmm left cae ob lee intealiBe nc^leitt dee ven, il fiuit pr^ltt- 
ver lee mMicameiito koileax oa purgalifft. Qnaiid left eoli* 
^nee d^rirent de PinAaMflMftiQa dee relne, il iaat ft'abfttewr 
d'aHmeate et de boiteone propree k itiniuler, Im^ mod^ii- 
BMMlde la dteoetion de graiBe delift Mukorte avee da lirop 
de flonme, eidiire eiiti^feiiieDt PoeeiUe de la eaiftiiie. Dee 
apidlcatieiie an aiige el sor lee r^gioas occapte par les 
nfm imK ensuite irto-otOes. Loraqee lea eofiquee eoat cau* 
stee par la meDetmatioBf ea agira pradeounent en oe pre* 
naBt aaeoBe boicsoii eicitante, en gafdant to lit autant que 
poesiMe, ayart to bae-veotre ceurert par OB laige eatapUftme 
teoUtent et ebaod. Oo lenMIe aax coUqaee caiifi^ par 
le plomb en Poignant lee naladee de la came, et en em- 
ployaNt dee m^dfeatioiia qui f arient salTant la foi dee m^ 
deolne : dee pwgatilii aiaocito II ropium ; dee aoliitioiit de sel 
afomliieiix, de la Umoaade pr^paree arec de Tacide sulfu- 
i4qae ; deft ^pithtaieft et dee potioof narootiqueft ; ou bien en* 
mt% par le trattement astipblogietique. D' CsABBONifiat. 

€OLlQUfi DE PAB^^ aoea dom^ par OenbeBUm 
h mm maladie dee beetiaax. Foy«< MMoaia^noe. 

COUS. Cfeet le mot gta^ue employ^ par le con- 
meroe poor ddngeer tout beHet de BMrcbaadiMe coalite aa 
roolage oa aux chenidKie de for, ea caieeee, en paniere, eace 
eo corbeUles. H eel d^riv^ de ritaliea eolh, pluriel colU, 
q«l a la memeiigBMeatlon. 

. COLWl^Bf fait de coMeenfii^ mot qui i^est lai-mfiaie 
qoe la corrupt^ da mot cotoeeeiMn. C^t le aom qoe Ton 
deaae ao ploe Taste et aa ptae oMgatfiqae dee amphi* 
th^etreft de Rome, loagteinpe le seal qoi fit ea pierre, 
et qa'ea appeta d'abord Fampbitbdllre de FUvien en I'hen- 
neor de Flavloft YespaaiaBaft (rempereor Veepaeiea). Oe 
Bom de CoHieum lui ftit donn^ phis taid, soit k cause de 
sa grandeur eoJesMite, soH k cause du cotosse de N^nm, 
eliiae de broaae de 130 pieds, qui se troaYalt prte de see 
iseoes eoqdaisaal an Fonmu La ooaetniction du GoHste 
fut commence par Yespasien k eon releur de la guerre 
oontre lee Joiii; il AH tennind par Titus, Tan M de noire 
^re. On ditqoeleftf)Hesqaiei»satlieu4eetteoceaskMidu* 
rtMnt oent jours, et que Ton y vit pdrir cinq mille biteef6» 
reees alasi qu*an grand nombre de gladiatenrs. A partir de 
cette ^poqne, il senrit pendant une league soccesftion d*an- 
neeft k des chesses d^aimaux fSiroceset it descomliatsde gla- 
dfadeurs, de mteie qu'^ ^ aaumacbieii, parce que Toa pou- 
valt a votenie en remplir I'arened'eeii. Au tnusi^ffie m^, 
sous Femperaur Macrin, la fioudia ea d^truisit la galerie 6u- 
pMeare; male Alexaadre SMre la fit reooBStruin; de sorte 
qu'en 1^ )4a oa pat y e^Kbrer lee jeax sAeulaieei avec 
uaemegaiAeaMe doat on n^airait poiat eaeore eud^exeniple. 
14 est probahie qa% l^ipoque de dberiewagae le Coiiste 
afait eoeoee eoaservd toate sa magnHieenre pnmitive; car 
Uk4e rapporle oe proweibe dont les RomahM avaieat de 
son teaqis llMbilade de se sesvir : « Quand le OoJtate teai* 
beni,ltoBiepMra}quaad Borne toasberayPaairerapMra. » 

Oaae les guevree cMlee qui troobMesptlas st^es suit eats, 
le Oeliete ^lait uae des priMipales forterasses de la tUle; an 
sakitaaesJ^Ghi, U sertaitde seAige a phiiJearsaobleelbmilles, 
n j i a aaa eat aax Feaagipaai et aax ilaaihaldi. O epea da al on 
TpH eacoiai laaoMqMo ranaiae ye^Maof en i$n. in eoia- 



CDLISl^E 






bat de taaraauL »as (aid, et eorfoat * r^poqoe db e4«]^ 
deepapesii Aflgaon, la partie du Cdiste qui manque an* 

jourd'btti Alt utUie^ en guise de carritee ; etc^est de Utqu*ea 
tira lee mal^rianx pour la constmction deb palais de Yeaise 

etde Faratee, pour la cbanoeUerie;, et pour lepoctde Bipetta. 
lie Ni des Ooths, Tbdodode, avait d^jii, au sixitaie sitele, 

denn^ dee autorisations de ee genie. On aUa nCme juequ*^ en- 
lever phisieurs doi cokameede merbre qui omaientPuiMriear 
da Goftis^, jusqu^iiaraeber laphM gsande partie des bnmies, 
qui pourtaat eontribnaient k ia solidity dee eonstmotioas. 
Quelques siteleft encore plus tard, CMmeat DL en Msait 
murer les galenes iafibrieafee, qi^oB enqilit de fonyera pear 
obteair du salp^Are. BenoUXIVto premier ndt un terme 4 
oette bontcuae d^vaitatiMi d'une desgloh«s de laRomeaa* 
tique. Pour saactiAereee mines, eneore tout impr^gndesdv 
sang des martyre» U y fit dlever 14 chapellee od seat repv^ 
seotdee des sctees de la passioa de Jdsos-Christ. Mais les 
trafanx de reparation et de consolidallon nedatent, k Men 
dire, que du r^e de Pie YII, et furent actiTemeirt eon* 
tinu^ sous ^domination fran^aise. Depois on n'a pas cessd 
de faire les pbis looables efforts pour prot^ger le monument 
oontre les outrages da tempe. 

La forme du Coliste est elliptiqae, eomnie celledee anteas 
amphilb^Atres. U offire iPext^rieur quatre stages; lee trois 
premierftse oomposent cbacun de quatre-vtaigts arndes dont 
les pieds-droitssont om^ chacun d^une odoaae k demi en- 
gi^, et oh Ton Toyait aossi des statuee demarbre oa d^ 
Bin. Au-dessus da dernier rang t?4Akf% nn mur, diristf 
aossi par quatre*TingtspiiastreB,entrecbacuadesquelseet une 
fi»4tre; mais il ne reste pUis aujourdUiui de oetlepartie extd- 
rieufe que celle qui ftit fsoe au mont Esquilin. Le premier 
rang d*arcadesest deVordre dorique; chacune d'elles portail 
un nuniro par le moyen duqoel on poorait se reoonaaUre 
daae one ceastmolion anssi onifomie. Gee arcades ^d ai rea e 
oae Yaste grierieob ricn ne gteela droulalion. Le second raag 
est d'ordre dorique : dans cette galerie se tioa?aieut Tingt 
esealien qui ooadidsaieat anx gradins inli6rieurs de Tarn* 
phitbMtre, aiasi qu'au troiaitase rang des aroades, qui eet 
d*ordre corinthiea, aassi blea queles pilastres duquatritee 
rang. L'Mifioe avaltquatre entr^ee prindpales, remarquables 
par leur ricbe oraeaMatafticn et an-dessas de chacune dee-^ 
qoelles dtait ptoo6 un char d'ahrain atteldde qnatre cheYanx. 
De oes entr^, deux ^talent idserr to pour la fomille impd' 
riale et left deox antres poor les processions de sacfificatenra 
par lesqueUes s'onvraienttoujonrs les jeux . Lee soixante-seiie 
antics arcades ou portes, ser valent d^entrto et de sortiee an 
people. A I'mt^rieiMr de ce nnir d'enceinte si richeaientorad» 
ils'en trouvait eaeore dnq autres dterivant un cerde anloar 
de I'artae, et S(6par4s les ans des antres per uae galerie. La 
aeeonde nraraiBe fbrmait avec la pnuUbse le veetibale da 
la rotoade int^rieore, et se compesait aussi d'arcades de 
moindre d^Tatlon. Les quatre autres marailles allaieat ea 
dinunuaat de hauteur vers Tinldriear, et eoutenaieat las ran* 
gte de gradins oti les spectaleurs devaient preadre plaoa. 

L'int^rieur oifrait le simple aspect de ciaquante range de 
gmdins partag^ en trois divisions, et des eecelieie multi* 
pli^ en raison de la circonf^reace des gradins. Ao baa de 
oes gracUae, doat ia premito division dtait vtervte awi 
dievahers, ^ait uae lerrasse nomra^e jNMftimt, sur laquelle . 
ou raettait des si^ mobiles. Ges places ^talent rterv^ee 
pour rempereur et lee etotears, 1^ magistrate et les vea- 
tales. Knfta, au milieu se trouvait Var^ne. Le diam^taa 
de Tar^ne etait de 285 pieds sur la longueur, et de i%% enr . 
la iergeur. Exl^rieurement, la droonfi^reaee du Golis^ ee4 
ds l,6ai pieds, etia han'tour de 167. Au'dessus de la troiaitee 
division de gradms se tfuuvait encore une vaste 8aUe» eoo- 
teaae par des coloaaes, eatouraat tout TanphitlidAtre, et ou 
pfffaaieal ptaeelesspedaleufeappartenant41a dame la pUta 
iafiaM dale population. Oetle saUe Malt cooverte d^inie 
toilwf fonnant teriaeae, oh se tenaieni les matins de la llolle « 



CfiSntK -^ COU^/iGSi 



(pelsntim)^ ordinairemeBt en laioe, wais qualquefoU m 
Mt de mIb, dfisUn^ k prot^pfv Its H Utetoteu f f oontre loa 
ardeon du s^eil, tie?i6e ei tieiidu^ au fooyen de corded el 
de ponliea ittac li ^ enMeoieipent h d«» pticea de boU 
^iilaiikiei fiii^ea de dMaiiftft en distanfie daaa des traua oue 
Von ToU floaioieoast encore dana ie l>aiit du nur ^^U^eur. 
Ii'ar^ ^ vra i te mh l aW e toen ^ n^dlai^ qu'on Unmenae 
pltacheTy repoeail aur des muraiUeaj diaposjIJMi q|ii leiidaii 
possible Teipploi des m^camsaes lea phw diveia pour pro** 
ooire a Tokmt^ ies pl|ia nervwlleusaa appaiilkuia anbita^ 
fu example oeUea d'lm boia od bientdt dm gradka de I'an- 
pbttbeAtre Von Yoyaii vn grand nombre d'^nunaui errer 
m toole liberty On calcule que le Cotiate pouvai^ contenir 
de 80 k 00,000 apectatears, et rn^me I30f000 auivantd'aa- 
Uea ansnitatioQB. 

Sar la lin do ligpie de Louis ^V, on oooatroiait k Paria 
im moonment g^ntesque, qui prit anssi la nom de CoUs^ 
Lea cbe(a oatenaiblea de lacopipagnie qui ae fonoii dana ce 
bot ^talent Canuia» arehitecte du due de Choiseul , (Dorbie 
et Monnety anciena dirocteura de TOp^^-Comique; maia lea 
prindpaux int^raaate ^taienl des (urpiMera g^^raax. L'a(l4ire 
de cei dtaUlaaeipent, qui derait offrir una reunion de tons 
leaplaidra, fi|t ^ognenNa^ diacui6e an opnaeM d^roi,e|le 
pdTiMge (aH accprd^ en iuin 1709. On acbela M cbw un 
torraii^c o naid^ r a Me 4rextr^BMl4aeptentr>op a lede8pba<npa« 
^ja4ea, prda da (anbouig Saio^-Hqnor^> ot Wa Uavaui^ 
cooManBocteeot anaaitdt lla dev4||ei|t dtre tonqin^ pour bia 
Mea dn mariita da daupbin (Louia X\l); mm 1<^ ^ 
aertioii de plnaieora aouacdptoura fit aouvent interrompr^ 
rextoitiQii de cat Edifice, qui |ut enfin Ofivert ie 2& imi 
1771. U «vait eoM 2,700,000 fr., et pouyait eontenir 
40,000 apectal^ura; n>aia U n*en iritjamaia pbia de 1^^ 6,<HMt 
a la Um^ Ob y eaaayn dea biila maaqo^ qui ne rapport^enl 
ooB, daa coaoertf q^ lea toU so peidaieat dana la ride ; 
la ciMlire M"* ianaure y atliia la foule; maia onae laaaa 
biM vitnd'imi loix qui n*^Uit plua jeona^ d'autoea caotatriGea 
piudMiaiif t e»oem noiiM d'effol. h» oaneerta h Mm no 
liiiinntpaaii^tenx. Betitei loleriea i dooaa aona, exp^rieih 
can d^ eamiea d*iui bonune maiebant aur Pean, joOtaa 
wmnnmmm bowrbtnae, fieni d'artifioepau Tori^, aywpbo- 
aiaa «0Mlanea» danaaa mesquinas et poMea, on eaaaya tout 
onto aawa ance>a la proioi^ ainito. Kn 1772 apeotaeled'ea* 
amm^Mt^ ^liimo^^ powpea t n ow i pbalea, paatonivea do 
chamliar d'4taq» tr^ natoaat dn docde Peotbi^ra, oo»? 
bnladn ooqa, cto., fofint enpfna ipont^a ana attiMr le pubtte* 
Kn 1773 le CottMie n'ooYmit pbia que de lenapa 4 autrOf pour 
dea AInaa&tmordinairoi. £o 1774 ii Alt lem^ bien plna sou- 
lem, qpoiquelea fiHBOiaa suapeelea» lead^acMivr^ et lea^lnMH 
genaa'y iewcoatrana>t Kn 1776 un ^yerangla|a y ^d'aeaa^ 
biMnamnatteif naiail y out auaaitot procte avec les artia* 
tea, lea owvikva, et lea yewleura dea terrains. £nfin Iw entre- 
pwnawa ahandnan^irapt tout) lea cr^aneiera ne purent s^en^ 
Ivdn, it la Colwde reata fiann^. 11 tonbaH en luinei, lon^ 
fp>l i4 MmIi OR 1 7^. U n'a laiasA que aen nom k une roe 



Ca|AJMMyMTEUa» COLLABQRATIQN, meta foila 
do InpfifiositiaB latine CKm, avec, et dn aubatantir io^or, 
tm^nit^ dent R n t ao dtic tioB dapa la langue franoaiae n'eat 
point Ibrt andenne, puiaqo^on ne les troove point dana la 
Oif rienaf iy 4gaf>'^aoiMP> liHcad^wkid^finit le caUabora- 
tmtr z n QM qui UavaUle de eoi^eect aYOc ua autie, qui 
faiie dpa aea fonrtlen>f daoa reiorcioe de son emploi* » 
Keea prdi^rooa la Terslon d'un autre dictionnaire» qui k^ 
KMo co/fatotfoiir « eelni qui t»vall|a4o oonoiit 4?ec 
wiomplniiaumiilfuabpn4Hifraga,4nnlivre,eio. ■ Go 
umA eneM ml awtovt espbiy^ en maHtoe do litl^mtuw. 
Qnanl 4 son ttoMv coUalboipairK^^ wantiomu^ pnrlnua 
tea dMbwnair>|»aeatjfiwl>sogO fart reaUeinUwouaaorona 



3T 

Man dea fl wi m e a ^ mtm m$, mala ^ilm m a <iiaa* lit point 
k ooa ¥audeviUiatea, <pii ao mettenl deua, troia, qnatre el an 
dei4 pour laire una pii^QnolqnoiiaiMnea» M"^deBaMrt» 
et AyuiaM^y A o aii Uy A n , M"** de Giiaidf n, ll»« Geoisea 
gaud ae aont emayte au IbMtre, niaia anoiwa d'ett^ tf» 
eudeooUabondeuviu deeoUabocitiice, aToiidi dunioiM» 
que B(MM aacbiona, SMI ofi eat qui, parbaaaid, plaeent tonn 
aeuvrea sous la protection d'un bonme do lettrea comm, 
ce Jie aontpaa toqiours ellea, qnoi qu^aiept pu dke la am- 
l|gnU4 et la?anil^ waacubnea , qui ont le plus Agagner dana 
$eUe aaaociation. 

Quant k caUedea aavantaet dea gena de letbpsa, qui nV 
vait lieu outre(6|8 que pour de gianda ouTragea, lala quo 
VEwucUfp^kii, on la Toit wettro aqionrd'bui en pratiqn* 
pour TaeuTre U pbia 1^^; coquiaera peirt4tro«ini yam 
deU posl^riti lameiileuiepnuYe en £iYeor de aatra eapait 
da sociability au dixHieuYiteoa allele. U eat vrai qua dann 
cea soitaa d'aasodalions , aurtout an oa qni ngarde ka pro- 
ductioQs tb^rales, cbaeuna soni^ln tno6, eo qui ne laiaoar 
paa d'a^er baauaoup la baaogno: Puneatcbarg* dela ea»> 
texture du plao etde la diapoailion dea aoteea, Faotiedn 
dialogue, cehii-^ de bi ketuea dea ooupleta, calul-14 da in 
uise en actoof puia vient cold qui 641 le plus pour le ane< 
c^, souTontaana ancunedipeoaed'espnt, sane mteeauair 
pris bi pouMdo laillof unepbii»e,flal«i qui, par aa position) 
par sea oeuriea, par aea iateUigancaa, proGon la r^captio a 
de TcBuvre commune Pbia d*une direction tb^Atrale a pul« 
d'elle un ontreprepaur aamblabla, cbaagi^ de la fonndfaiM 
gte4ralo do bimeiaflai, et qui eat auad en relaiiom con^ 
tinuelle d'qffaires avec alia, lialbeur au talent modeeln et 
fier qui ae leut paa ae lalaaer unpoaer le cMalmmimr 
Mig4l U ae peacera janaia; toules lea afenuea dn tb^iii« 
lui seront iwpitoyableinent S^tm^m, U* 8erlbe, qni, dn 
veale, sail SbH bieo payer de aa peraonne dana eea aoilea 
de mapcbds ou d^aaioeiationa, a pubUd aon tbdAtm^ifnll n 
d6M ^ mi colMoratmir'i* On ponrmit deuMnder k qui 
9'adrease r^gramoie? £dQie U^rsau. 

COLLAGE. Ge mat d^aigne en gMmiraction #«ndulro 
une ou deux cbosea d'nne eoUo qudconque,. pour lea 
ioindre, les unu-, lea iabw tanir enaemble. U a'appUque auaai 
k une oertauie optetion que ('on (ait aubir aux vins pour 
b» ciarifier. eoll$r 4Hm Hik, au ien de bUlard, G*eat Iq 
melbre tout pr^ de la bande, de manitre k ee qu*ette aoil 
dilUcile k jouer. Par exlenaian, par m^tonynUe, on dit alera 
qu'on a tilU aon adreraaire, expeeaaifln qula^emptoie aaaal 
dana le laagage taulief pour din qu'onn'a riea laisa^ dana 
la diaonaaion k aipondra par aon advenaiM, en d'autrea 
lermea, qu^on 1^ mia on lilM d« «|<r. 

On dit auaai s^mUtr^ pour dire a'atlaohar fottement on 
dOHiONfer attadi^ k qualque cboaa. 

L'emploi de la QoUe joue un certain rOle dana phKieura in« 
dnstriea, notamvent dam leenrtopnago, la roHuro, la 
brocboro, tan OAoadrementa,la fchrimtlen dment- 
tea aiouer,rdbdnialorio,lamenuiaerie,eto. 

Le carton ae ftMqun qnelqoeCaia an noyan dn ooUaga, 
an applicant pUwianra fawiHai da papier im nnm aur im an* 
trm k Taide de la eoUe. 

Le coUo^ dm iUC^cAia M Iblt au moyen d'une coMa de 
pMe, cttite dana beauoonp d'e«i, et k Talda d!mi gam 
pineeau de poll de coohon que FaCficbeoc teampe dana wi 
amu d*ean ob il a ddlay^ aa eoUo* 
. Le coUage dm jMjplerx de imiwrt ou papi^rt pHnts 
exiga quelqno ndnme , delapideisian, beaooou|ide pro- 
pretd, et un eaftain goOi Qnenploie aaam onUnalmment la 
coUe de pAte, mais pour les belles tenturm, la eoUe de 
Flandraconfient mienx. U y atn>ia eaptem pvineipnim de 
toile en usage pour la tenture dea papiers paints ; toutm aont 
eonnum sous binom detreUlU: Im largaum tet U dig'(6- 
rettce.On appbgue d*aboidamlBtreilllaun papimgriaon Man 
mnseobeafnutdeeollerlepapiwiffonHmeni UeollMrdit 



G0LIA6& ~ GQUATSaAL 



de oMir, dipak la pKatlM qiri MvtfMil k tadare jiuq«*M p^^ 
fiiBd. Aprte aToir 4laM €lMM|M taide Mm wfaiMnt nr one 
laMt, le coOeiir la oeiifia snr PoiTers d'aae eavche de floila 
k la broaie afw la pins da MgkaU ct dr^aUM qa*ll loi 6it 
poaAie ; fl attoid fue la baode aoH Men tepr^pite de rim* 
nddil^ da la coie , eC qvaad il Toil qae U coolaar da CNid di 
papier ast defanae Mea aaifonae, fl saMI la baada par sea 
deal eitrteMSy <pi*tt rtealt soas sea doigts, la flear da pa- 
pier cadeiKiny^eBt4-diraeollasarcolle.IlpfeadlabaBda 
k deax Dialiis et T^iairte d'aboid ear la toOe, la papier ph 
oa le Biar» ea co mm ea^a at per la haat da nNNr, ct laissaat 
s^afiiiiMer la reste de la baada, qai se d^pHe par saa propre 
poidai il tea easaita la posa ca s'aidant dHn cMflba Mea 
■at. da foit desoeadre ea obMm an taaipoaBaat da hautaa 
iMSy d'abaid ear la leae da adUaa da la baade, et saoees- 
sireBieat ear cbaana des oMte. Ea sMiaal, la papier pread 
da felrait,d*oi rfealla aaa teasioa asaei coaaid^rabla qai 
prodattaaasaHiMeMeaiada. Ea posaatanabandeprtsda 
aeHaqal estd^i poafeyil tat nteessaireinent doaaer aa 
pau dareaoamaMnt, car las dassinsqae porta la papier ne 
s'^leadeat pas pr^eiBteeat jasqn'en sas bords, at c'ast la 
reeonrremeat qiri dolt ca laeeorder las parties; mais H tat 
MIer da doaaer trap d*^lendaa k ca r ac oav reiBe n t Cast 
daas caHaiasle onsara qna aoosisle priadpalenMBt Part da 
collaar. Easaita aa eollatesbofdnres cahaat at cnbas, et 
paiiois oa posa das bagaattes dortes snr le papier pdat. Lea 
b owl u re s da baat sa poseat lea pro a i ^re s , pais oelleadn bas 
etcdleadascdt^ycasa gnidaBtsar laslanMiriSyqaaodily 
aa a, oa d^aprts las dcssias da paplar 

Pendant biea loaglenips la eiMage dm papier em tari- 
qaa a'a M M ^*aprte la BMalafades taillas. Llanatioa 
da papier >laBi<caidqaa,anbaadestrft a - lo agaas, qnaPoa 
ceapa eaaaile daas las diaseasioBS Toalaes pear la Ibraiat 
nsrchaady a AiH seatir da plas aa plas TopportonM d*nn 
coUofa dit d la eaaa, c'est-4-dlfe la coMaiBe da la pita 
lataa da papier avaat la monbge. Mais ca employant la 
eoUa toala liiAa daas la eaira oa taaabe daas des inlaoav^ 
aieats aoosbpaai. La dMlealt6 a M Tainoae par la proeM^ 
saivaat: oaa r s ao ae O laeaUada9AatiBa,eton yasab- 
stlta^ la ftale teaaa aa saspeaskm 4 froid daas la cava k 
pita. Chaqna taflla aa aortimpi^gaia da f^teola Hk T^tat 
baadda; ik na s'agtt plas qna da Faiposer daas aaa Mmna 
chanfffo aa paiat da ta« ^daler les graias da fteala, qai 
atorssoattriasiafm^scaaiipoiSy at la papier satroatacolK. 
Dana k prooW k to Biteaiqaay le eyttodra sar laqnal paasa 
U loagaa banda de papier remfitt Haiifatlna de Ftefo. 

Le coiiope <l« Vina panr bat de tatdoaaer da toUmpiditdt 
de la i<gsger da to Ha at dee parttos trap colovaatas, d'o- 
pdrer, eatey oe qa^oa nonwaa to olarifteatloa. Paar ob- 
Isair ca rta H a t , on aa sert da eella da poisaoa at da 
Manes ^weU, oa da poadras pr^parto k cat attat Qa a 
soia d'abord da tirer de to pitea to Talanr dadaax bontett- 
laSyOB peend six Mancsd'oBabqaa faa bat enscaibto afacnaa 
aeaii-boaleiltodaTia.OaiBtradoitparto baadaaabAfoa 
ta d a » at Ton agiia to ▼tocn liii s sn t p da <t wM r to bMoadaaa 
laaa ka aeas; at pato on versa les btoaes d*cBafi pr^parte, 
at IVwi achtfedaniaiplb to pitoaqoi doit^tte boacfa^a ca- 
ikm an qaart dVera aprte avae naa bondeftakba; bait 
Joars aprte on peat tinr k Tin saas toeoafMcnt Poar 
op^rcr to coilaga avae da k eolk da poissoa y fl tat pfcadra 
sto ysaiBins de eolk, k coapar par taiilas trts-mtooes, 
k tae dissoadre dans aaa dcmi-boatallk de rkk pendsnt 
viagbqaaira baaras et agir da k ntae to^an qn'afec ks 
Manes d^omfiL 

Le oailo^a tfe III Mra sa kit k pea prk da k Bitaa BSb- 



QOLLAMUS9 not ktto kit da ToriM ooUoter, Je 
lonilia, atfaitrodaitdans k kngsgs patbelogiqaa pearaa* 
prinMT kdmlasabito eteaaip^ltadeskfeesy soit aadAatf 



salt dans k eoars d^Me nakAe. Okdkn diMt pins eneta- 
nMnt k ooUoimif : « L^aflMMcmeat oa TafklMisaeaicnt da 
Faacfgk da earrasn; * Les pheaoBMnes qai pr6oMaat k 
oalliyiwif atks esa saa p r6d i s posaB ta8oad<tenMBaBlessaos 
i l a l laene e daa qa e ta flsa nMB l fcs tasentPonibfeniettaiik. 
Las mojcnacnipieji^ dans k trttanent da eatlapMode, qai 
c a r a ckrisa ilssBe taesk d'aa trk-grand nombfe de nnk* 
dies, soit aignis soit chfonlqoas, doifcnt Mra princ^pnkaMnt 
dirigte sar Mtat aataal da oerrean etda k mocBa ^pial^, 
Ofsnas qai sont si sonfant k sl^ de congestions fdns oa 
mains lapidas at klenaes. Dans oacas, remploi Jndicieai 
dee Tcnloascs scariMes, ks sttaraknto a pproprk s dfar^ 
sar k portion da caaai tarfastinai qai sa prMa k nleax at 
saas i n conv e nie n t k ana ingestion prompte; ks roMfisBts, 
ks TMcatofareay sont ka resaonroes qae k tMrapeatiste doit 
adw i l nist iar avec haMMd. 

n na tat pas eontadra k eallc^iaiM qai, toqioars prMdft 
da pb^BOBiteas de rtatioBS awr b ide s , coaskto dans I'afM- 

bUssement des tactions c^rAirak, sensoride at kcomotrke, 
aTcc k mort appareala par ayneope oa par asphyiky id avce 
k sMraikm, daas ksqadlea ks indiTidos sont i)rapp6s 
toat.l eoap, saaa naladk appr^dMa antMeare, par des 
caases exkmas oa teternes, plas oa mains k^bs on dUI* 
dks k d^tanniner. L. Ladbciit. 

COL I/ARGO oa OON L'ARCX). Foyes Anoo. 

GOLLAS (ProoM^). Qa appeik alasl anacsptee da 
graTore prodaifea par dee moyeas cssentteHenieBt m^enoi- 
qaeSy et qui est aaitoat propre 4 copier des flgaias ca reUaf 
4 caasa da llndtatian exacta da toot ca qai kit sailHe. 
GattegraTares*op4reen cikt an noyend'nna machine qni, 
en condnisantanapaiBtepcr p e n di c Bkire en Kgaespanlkks 
sar ks difkraates saUlies et catltk da robjet qo'oa Tent 10- 
prodaira, transporte sar one pkqae de caiTre, 4 Pdde d*Bae 
antra poiBte qna kit monfok na joiat en fomia de ktiery 
ks dilkreates lignes qnadferit k pieadta. Ea M^purat 

deal bidicalaBrs corraspaadantSyon pr6eiselea dktaaees des 
Hgaes ks aaes des aatres, aiasi qaa k protadanr de rea- 
taUk. La position da oaskdicatanrs edge beaaeoapdesa- 
gacitddekpartderaiiisk. Oanapeatcnalktcondairak 
ttgaaen diredtton droite qaa jusqa'aa cdt^ MaM dea diHS- 
rentes tanes raooorbta des o^ek; akrs fl tat Mre re- 
passer dans k pks gianda taarita cesloas lianJaeax aa 
taUks Mgkasy ondakoses, teaaesaa pea plas kiges saivaBi 
k perqpectife, at an coatralra naforcer, oa, saivant Fexpres- 
sta lachaiqae, mainteair ks Mgpes qai dlsparaisaent dans 
ka partkaondNdes. Onregardaoonnn a l^iBfankarde calk 
maoMna 4 copier ks reliafey oa ptadOt conuBO rayant parta- 
tionntey kmdcaniden et gFaTenrfran^ AcMHaColkSy qai 
k constralrit dans ksamtelsMat 1831. EleHriaarpIti 
ttke k bd oafraga caaaa aaaa k tftra de lydiort da 
jViNmiiBiali9ifaeldaGlKpM7ifa(ne Unaisoas: Paris, ias4 
at aante snivanles). Las reprkentations das mMailea eldea 
raNefe y tat sur k papier Feifct da dassins repoassds en fa< 
lief.A?ecaneiMchkadecegearektn?aflvakrtvfila. On 
ca STalt 4 Londres dta ranato 18M; amk oa na M qaa 
plastardqa'elkrecatde Bate dee perfoetJaaaemento tanant 
beaBOoapdacaaxdeM.Colks. Eb Alkasagne, kmtanicta 
KarniaacbadonndnBamaebinebcopierenrelkr, fianetinita 
par bii dans aa systkne coo^dMeBleat dUMrent : at k Bid* 
caniden Wagner, de Bariky Hne de t rta b ea aa travanx em 
ce genre. 

M. CoNas a aasd inrente an pracW 4rMde daqad fl peat 
reprodairaafeckptagmndeexacHlBda» taatsoask rap- 
port dee fbnaas qnaaoasoeki dasoBsbras^desoljak toat 
4 kit roods. 

GOLLATISEAL. Co tanneaeft 4 dkigner k rappoK 
da parcBid qai axiste ealie daaln dlf td as qai nedasaamknt 
pas ka nns das aatrssy BMk qai rensantent 4 nn aatear cam- 
BMM. Amsi las neres ct scMaa at lea coasina et coasiBeB an* 
tie aaXy ka onetes cttaaAes 4 MgMfd da kars nareox 0t 



Mititmls ooiiuidtatiix* La iioiM ooUaiimiM mI ^ suite 
4tt di8r6» oitra paraalt eoUalteux . Om appeUe tticccsskNi 
inttsMrvIe ceUe qo'oa recoaiUe d'w ptraat ooflattel, el 
Mlier coUeMrmi eeini qui ncMiDeeette saeeeMioa. 

GCHXATIN. Le MMU Co/ta/iJi MaH OM det iept co^* 
Aimde raaeieoBe BoiM(Cbaa^iiii»). C^tait aoMi letttrnooi 
dWe braMlM dea TarquiBS, qd AU dona^ k Lndoa Tar- 
foiBlQiy netco de Tarqaia leSoperbe, paroeqa*a<laitori- 
giMift da CoUalie (viQe d'ltaUe , daM le Latiam, aituie aa 
Md-eil.de Ittmr, aor lea bocda de TAido), oa qM j avail 
deoev^ La porta par laqnellaoii eortait de Rone poor ne 
leadie k CoUalie en atail pris le non de Porte-CoUa^ 
Hue. 

BHllel d aprte lot Bergier doBaealle raraoiii decolto- 
liMf k la oongr^gatkm dee ablates de sainte Fraa^oiae; 
mth le P. HAyol dit qoe c^est k tort, el que le oooveat de 
eea reiicieotes a'teit poiat daas le quariier CoUalia, mais 
Men daaa la roe des Cordeliers, qnartier modene des Cam- 
ptteUi, aa pied da Capitole. 

OQIXATION. CAM, le drail de ooaH^rer na b6n^- 
ice. Daaa raactame ^gjUte, lee prilalorea el les abbayee 
coaii6rte par ^lecUoa, sous rapprobatkui da sup^ 
y lea b^atfcea infiirieura s6culien daieat ooallk^ par 
lea piiflali , lea r^goliers par kss abb^ Cea coUateurt ^ieol 
ebl^^y k pciae de prescriptioa, d'exeroer leur droit daaa 
le Mai de aix oioia. Ce droit paasa successifeineol dea 
^f^oea aa priauily da primal aa pape. Cet tot de cboiea 
Ail depoia chaagd par le ooacordal de Fraa^ I^ el de 
Uok X : ka ^lecttona foreal aboliea. Le coUateur bac oa 
erftfriaitif|ae a*aocoidait que les proTisiooa; qoekfues ab- 
h ewaa aitee afaieal le droit de coUatkm poor ka eares. 
Gsttepartfeda droit eaooaiqoe a doaa^ liea4deloagoe8el 
eoatroterses. n a sobi de aoa?elles modiflca- 
par lea aoaTeaox concordats. II a*y a ploa en France 
de b Malices airaples. Le dief da gouTememenI a seal le 
drail de eoMation aux ^vteMs : Tinstitation canoniqae est 
idsenrde an pape. La eoBsUtatioa cifile du clerg^ 
anil idlabli lea ^leetioBs. 

Ea atjle de pratique on aonune collation Taction de 
eonfroaterlscopie d'un litre, d*ua acte quekoaque k Tori- 
flnaL LldeaMd est consUtte par cette (bnnale : cerH/14 
c m t j cr me ( ne varietur ). hkcoUation defiiiees est jiidi- 
ddeire no estrtiiudieUtire, suitant qo'elle se fail ea eitoi- 
Uon d^■M4M6iaioa de la justice 00 sor la demaade des parties, 

da Jage. Le prooto ?erbal de la coibdioB 
ae fdl par le nolaira oa le d^positaire de I'acle, on 
■I joge coflonda par le IribonaL Lea parties peorent col- 
rexpddition oa copie, doni lecture est faite par le 
dipodlaiva; el dana le eas ote ellea pr^lendenl qae rexpMi- 
taanteaalpaaeealsraieyilcneatrMMatt president dutri- 
band, laqael Ml la collation sar la nfaiide, que le d^positaira 
ast tsna d'apporler. La collation exbr^odiciaire se fiut par 
des nalairea sar dea ades antheatiqoes oo sons seiag piivd 
fai leai eonl prdsiint<i el qolla dohrenl rendre aassHdt 

CWIaWoiiair aa maaBsetil, c'esi le comparer arec la taxta 
naaal an hnprlni< pear a'assorar qall a'ca difl<ka poial. 
Oalfartanagr aa Pfre, tfesi eiamiaer aes iwdllea oae 4 aae 
voir an ate auHM|ae paa. La rivisioa des seeondes 
tflamiinMria a'est anml aaaeite aneknefoia col* 



OQLLATiaAL ^ GOLLE 

GOLUB» 



U 



fatasrtbanftr.b 



li lear doaaer phM de ffme. La eeile aert anssi b 
de I'kpprM, k cMAer eartabMa ttqaears, elc On dMii«ne 
difersaa espiees da eoVeSy la eailMvte* 1« <soMt d^ JNM0 ; 

U celto-MU i^eal qae de la gdlaliaa deMJehfa ; c*ea 

narodaH nitte. iadiMMMaMa "aawMi ^ma fimfniM d^ita. 




.k 

ddrempe^ ele. , etc U bhricalien dea eoHea antanaleaa 
Ail da gmnda progite, el deaae Mjeafdlad dea pradaUs 
▼rabaeal doaaaats parkarnelletd, par rabaenoa de leale 
cetotaitoay bi lraasparenre» bi i<ch«asiB el la piit aliaa de 
tonte odear aaas^abeade* 

L'bidMtrieqai a'eaene sar les eallaa se psrtage ea deaa 
braaebea : la prsmiire aponrol^el laeailertiea dea aai* 
titrea ir^litiawisoi « les npteanliena mfon Isnr Itfl sofair 
poarles rendre iniplw k U. fsraienlatloa p atiMo el pear 
lear cemplde dessiecattoa, dat daaa leqael eMes peafeaieire 
coaserv4es rndtfabDcal, el eavoyte, b pea de fraia da 
tiaasport, Uaa des lieai ob eMsa oaldt^ lecaeiiiiis. CTeal lb 
ce qo'oa appelle le coauaeroe dea eaUct-aia^idreff $Me§, 
Cea malitaa eoasisteal gMraleaMat en krocketie$ ( pelii- 
cnleaadacesqaelem^l^asieraBlbfe sar les pean ), ea ^- 
JUumret ( ^pUenne sdparte par les bndeliags), r sfasifef 
dea caira appeks daeaot-Ofraf ; patiiu (groa teaioaii dea 
quatre pieda dea bceoli el vacbea ), qa'oa eakre aTOC lea 
pelita oa ; abate oa ner/e de bmtf ( portkm dea partiea gA- 
aitalea de I'aafanal } ; feaa« da (i^, d^pooOUea da pod 
easptoy^ daaa la cbapelMe; ropanres des jNirrAeaiiNiarj, 
dUes jMOMjr <f dae; ro^anria dee taxi^erieet oreiiles da 
mootoa el de Teaa, pieds de mooiaa, area lea lendeaa, 
lea peltta oa el lea ergots, les partiea dMdr^ de la 
peao, etc.; eate, les partiea ditea Idles <f« aaon, qae lea 
corroyenra labFanchenl avani de c oaa M s nc e r le trarail a*- 
qael Ha soanwitlfnt les peanx. Les Ibbricaala de ooUe troa* 
ToalsBcore aa petit sapplteeal bees ressooroaa daaa lea 
Tieax ffuda, lea saroaa d'bidigo, ^est-b-dboe lea grosses 
peaax qui reeooneal lea belles de cet iagrMieat apport6 
d'ootre BMr. 

Le travail da coasenratkai dea coUea a iaW^r et eonslsl e b 
les ftdre maedrer pendant one qabnabie dejoura daaa an bitt 
de cbaax, rsaoa?el6 troia oa qaalre Ida ( e'eel ca ^'oa 
appeUer^ebatidop«);oa dendensaMe sar on parage ca 
pMaafar poar^goalter et sdcbar, ea ramaaal el relaaraaal 
sooYeat k la feorcbelle. Aprte bi dessiooattoa eeaipMile, oa 
■Ml ea belles. C*esl sar ces mstttria qae s^exeree, b pro- 
prenwU parter, la AMeation. Le Ibbrleaal les altaqae dV 
bord da aooveaa par OB pesmier liaaqMge aa lail de cbanx» 
at leaea laisse compMteaieal pMliar. Easaite oa riaoe daaa 
reaa de rivttre, poar ealeter soigaeaseaseal loale la cbaaxy 
deal la prteaoe, mAmeen trba-petHeproporlbWy nabraHes- 
aeatieUenieal k U fabrkatfcML L'a^rage saba^qaeal par ex- 
poaitkNi sor oa daUaga peoeare la oonversion en ends bh> 
sobdde da ce qui poanaH avoir debapp6 de cbaax aa 
tafage de riTStee, el doca cette cbaax eesse d'dre aassi 
aaisible. Avaat qae lea malikea aient acberd de ateber» 
eependani, on Use porta k bi cbauditee, bmqn^elles retlen^ 
neat encore nn pen d'eaa el lastsnl MgfctenMnt ganAtes el 
pbM attaqaaMea par le Uquide boaittaal. 

Ucbaaditeedea Uikaata de coOe est ordb abr wae al 
de caine, el d'aa diamMre b pea pete ^ b la pcotodear. 
La fiNid doil die pbM 4pais qae les cdlte : fl tet l^expeser 
loot eatier 4 Tactioa de la cbaalfe. Poar mteagv ce tad. 
en ed daaa I'asage de le rerdir b I'bOMear d*aa tex 
ANid en t Ale, peroA de tioas comaie one teBMdre, qni resia 
loagleBipa, sarloal dbna kss edU^ea, t aaspenda sar aa br«pied b bait on dbi csatbadres da baa- 



eaeora aoiUK U m le repaa qae lea Lattoa aom> 
;MDBifla. Ea earbme, d peiidantlea aatreajoorade 
Jatea, Isa iddea ae flilstlsal qa*aa repaa flragal, apito 
aa dender office du joor. Ce repas se compo- 
iaadefrBlta;BMiacef*!paa,soaaleaoaide 
ande fodler, dail dercan qaoUdiea, d ed 



d lea aleliera t Qa eollalioaae eacore b la 
etA nabis an nsase qa'ane faataisie. 



tear. Cette pi^eaatien gpraatU da biAlage des flsalidas, qd 
seat Mdetles k s^attacber aa tad de la diaadi^. B foal 



•0 



coUm 

UmA frnqumoL 4im% Men «iitfr«n. | das dahft ce «dchotr. La desstecatlon de c^ feiidlets' e»t su-! 

Jelle Irbien des acddents, qui ^tent gflter le produit sans 



L«t flMzde fifttre eftsaMdal mHm d» plM« mbI irree 
nuMHtprMMettiMotede l*8Meiio6desMl8 lerreni <|fii 
•OBtfoieepllblnda je comMMr k la gMfiie. Im nMhrm 
cnet Mimk oteoper dwt to itn tai t^ g mi tolume plus 
grand que sa capadt^ m torto qi^^dtos d^ a a i ent oonsid^- 
rabtemeDl lea bovds. Oft obanffe gp«dli6DmiMt imqffk V^- 
buNittM : laa tumrm a*alM«Mlit pM 4 pM, le Kqnide 
anyenteiia ¥al— Oietaprta ywlyies betas de bootfiage, 
laulea lea mitMfea sottdfls se tmoveflt eonpMlanieat siriH 
naigtea. II tat conliiioer le lie«illi«e sans ancaA« tnter- 
rafvian, en dMadtaal de tenpe en lenHps les partioiis <]d 
adbkeat an parois de la iftUMdMre. 

OaanBM iRie proprMt^ eoiistante de la gelatine est de s'tf- 
t^r de pins en pins par rexposHkn h vm \mttB teiftp^M- 
ton, il est dvklent que Miiliadttrera le booOligeel plus pur 
sen to prodait. Mais eomne la diasoliitioa de tonle la 
pwtto gttatiMase eeHtoane daaa lea Mllcf-ffMtfi^res ne se 
Mt pas simoKantaeat, at qoe poor extralre la toUHtd 
il est n6oesaaife d^m tenps plas ob notes tong^ on a pris 
to parti, poor dflter toale d^Mrioratlon da la portioif la pre- 
MMre AtnMe, de fraeUemier les prodnlts. IMs que le K- 
qalde est derenn asan Tisqaem poor pfMidr0 ( se ceaguler ) 
par to refroidisseinent, ao point de poutoir Mre eoop^ par 
tranefaes at expose sor les Meta, on I'entote, at on y sob- 
atttoe de nootelle eau. On Unit par extraira de eette ma* 
store toola la g^totine, qo'oD pent obtonlr ^oonomiquenient. 

La eoUe dile dans to oommeree eolle de Flandre oo 
d$ HolUmde se Mt en demt euites. II ftait poor olitenir 
oatte eolle blea blonde et bien clalre, eomme on Texige poor 
des emplols dMcats, rinoer 4 pkistonrs eaox, et d^tremper 
pendant on temps soffisant toa eolUs^matitns , aprte les 
avoir tonglemps a^r^ poor saturer d'adde carboniqoe, el 
randie teaolnble et Inerte la ehaox employ^ dads lenr pr6- 
paratien. La colto fa^on anglaUe est beaoeoap plas colte 
qne eelto de Flandre. La eolto dUe de Oivet exige one 
leaAe ^boUHion. On laAsae fondre, arant de sootb^, la iota- 
Iil6 dea mati^rea, et on ^tite sotgneasement tout oe qol 
poonait tendre 4 Iroabler la transparenee de la solotton g^- 
latfneas^. Poor tootes lea cottos, It faot d^afltoorS talerer 
soigneusement de la surface du liquidOy 4 1'aide d*nne ^co- 
nM^iOy la eomMnaison de gralsse et de cfiaax qui somage. 

La eolie dKe au baquei est oHIe dont les peimres en 
b i tlment s font le phn fr^ent osage poor la d6trempe. 
oe n*ast qu*une dlsaolution de g^line, qaf n^a pM 6t6 
asaea eoncentr^e poor ponveir dtre coupite en tranches. 

Exeepl^ eette demtore, tootes les sortes de coUes fortes 
soflt couldcis dOA des boftes ofdlnairement en sapfn, et tin 
pen ^tas^ dans to haot, pou^ fliciKter to d^gagement du 
palttdecoBe aprto reflwidfssenient. SI Ton veot oMenir d^ 
fooflles ^les el r^K^rei, If foot tracer en creux de quel- 
qoes milUmMres to fond de ces boltes, qui donnent Slors 
des masses marqu^ des dfvMons qu'on en fora plus tard. 
Ao moment do coula^e, on place tootes les bottes h cdt^ les 
ones des aufres sur des eliantiers herfzontaox, blen de nf- 
yean. On pose sor la botto qo'il s*agK d'emplir un enton- 
nelr 4 fond plat, dans lequel on hitrodolt nh tamis d^ crin, 
on mleox de tofle m^lllqne : e'est sor ce tamis, qui re- 
tient les fmpore(6s et substances flottantes, quV>n verse la 
sdtotiott g61atlneuse. II eonrfent que Taleliei' de coolage 
soit trte-frais ; aussi lul donne-t-on to nom de rt^atchis- 
solr. n fool ordimtfremeut, quand ratelier est convenafble, 
dome heores de s^joor de la eolle dans les bottes pouf* sa 
coagoMon parftHe. Le lendeaudn ees boftes se monfent 
dans on s^dralr, ouvert 4 tout tent; on tos renverse brus- 



^fiter Tadh^rence. On dhrise to pain de colto en fooHtetslio- 
rizontaux, au moyen d'on III de cuhrre, tendu sur une <«orte 
de ntonture de sde. On enl^e atec dext^rtt^ ces fouillete 
de g^H^ne, et on tos ^tend promptemeni sor tos filvfi? ten- 



retour dans les premtors Jours de fexposltlon sur les filets)^ 
tos molndres iutemp^es de fair peuvent occasioim^r una 
fermentation, qui perd toot : Forage surtout est 4 redouter. 
Le brooiltard est aussi tr^-nulsible : feaiu qu*il porte 4 1^ 
Surfeoe des fonillets y determine la moislssure. On dit alor% 
que la eolle a ^ piquie^ et die perd beaucoup de sa valeur. 

La oolle ^tant s^he sur les Alels, dont elfe conserve Tern-, 
preinte, il font proc^er ao ltistrap6p operation intrinse-, 
qoement inutile, mais qnfi les pMjug^ du consoromateor 
raident In^spensable. I^ottr cela, on met dans un petit ba-' 
quet de Teau cbaude, et on y trempe, uii 4 un, les feoillets. 
Au sortir du baquet, ou ils ne doivent raster que to moms 
de temps possible, on les fkotte vfvement avec une brosse 
douce, tr»tap^ elle-m6me dans Teau tl4de. Au fur et 4 nae- 
sure que ces feufllets ont M alnsi nettoy^B et poHs, on les 
range sur une clato, pois on les porte 4 T^ve, si le temps 
U'est pas tr4s-sec. Un ]oor aprte, la colto a perdu toute 
Teau du lustrage, et on peat la mettre en tonneaux poor 
6tre exp6di^. 

Les bords des fouiltots, dans les ooUes trto-fortes, sont 
un pen ondulaix oo recroquerfll^. H foot que les coUes 
Solent r^stantes, 4 cassure nerveuse aUong^, peu bygro- 
m^trlques, se gonflant beaucoup dans Teau froide, mab sans 
s^ydissoudre, formant une gd6s tr4a-T0]umineuse lorsqu'oa 
les a dissoutes 4 chaud. EnAn les meilleures coUes sont 
oelles qui supportent sans se rompre la charge la plus 
grande. Dans Temploi , est fort essentiel de dissoudre la 
colto 4 la moindre chaleur possible, crainte d'alt^ration de 
la gelatine. On la concasse en morceaox aussi petits <|ue 
ponible;on la folt tremper d'abord 4 Teau ti4de, puis on. 
donnequelqoes bouillons. Dteque toute la colto est dissoote, 
on arr^te le fou, et la coIIe est bonne 4 employer. 

La coUe A btntche est une mati^re g^Iatineuse, s4cbe» 
que Ton emploie pour coHer to papier sur la planchette,. 
pour colter ensemble deux feuilles de papier 4 ^crire, etc. ; on 
la tend en petites teblettes de 2 4 3 centimetres environ de 
large sor 6 4 8 centimetres de long et quelques millimetres 
d'^paisseur. Comme on a lliabitude de moulller la coUe ^ 
bouche avec sa salive quand on veut s^en servir, on cboisit 
pour la preparer les mdlleures qualites de colk-forie, sur- 
tout oeOes qui n'ont que peu d^odeur. Le febricant fait ma- 
cerer cette coUe-forte dans de Teau. 11 cliauffe ensuite cette 
dissolution, 4 laquelle il ajoute 10 pour 100 de son poids de 
Sucre en poodre, afin de rendre la saveur moins desagreable. 
Ao moment ot la coIle retiree du feu est sor le point de ae 
figer, on Taromatise avec une l<^gere preparation d'essence 
de citron, qui masque la mauvaise odeur qu^elle aurait pu 
conserver. 

La eolle depdte est la plus simple. Pour Tobtenir il sa(- 
fit de delayer de la forine ordinaire Se bie avec de I'eau, 
dont on augmente peu 4 peu la quanfite. On met sur to feu 
jusqu^4 ebullition et en remuant toujours le liquide, qui s'^ 
paissit Apres quelques minutes d^ebullition on retire de 
dessus le feu et on lalsse refroidlr. On en Caut aussi avec de 
ramidon,des farinesavariees, etc. Elte sert au collage 
des papiers de tenture, des caftoimages, 4 la brochure, aux 
cordonniers, etc. 

La eolle de poisson ( appeiee aussf iehthyocolle ) est 
foumie par difterentes especes d*accipenser : Ve stur- 
geon, le biluga, ^lesterlet; on en obtfent, en outre^ une 
grande qoantite du serruga. La preparatioi^ de la coUe de 
pofsson est presque absolunieut bomee 4 la Bussto. On y en 
foft partout oil se pedie la grande e^p^ce d^esturgeons, sur 



quMient sens dessos dessods sur des tables moufltoes pour le Dnieper, le Don, et specialement sor 14 mer Casplenne , et 






aussf sur to Volga, TOnra!, TOby et PIrtisch. CelJe qu'on 
tire de Pesturgeon est f^putde la mellleore; apres celle-ct 
tient la cofle tiree du beluga, die varfe aussi d*apres le 
mode dc preparation. 6ur to Volga et POuraT, on trempe les 



OOHJM^ eouM 



tMtt penteit qiMlta soiit M(9i«8 , el on les M sMier 
itttqiA im eerteiii degi^. On m enl^Te ensiiite It pmn «xt^ 
Ykore; la meadmiie fnf Mesre Mandie et Inatr^ mIokI, 
€t 00 la fait alors eomp^tement s^clier. La nialleore oolla 
est ordlnairemefit rouMe^ xitmd la ftNint d^tin serpent ou 
4Hm oorar; la secoiide torte est pll^ par feiiinets comme 
eeot tfnn ttTre; et eelte de mmn&tt ftkm se faK sAsher 
rtBs aacone pr^otkm. Iktnt d'aoCres Henx , la cdHe de 
pofesoD 8>itraH des Tessies par Avintifm et dfssolDtlon. 
(%De-d est fornix en traiches on pkKines ; elle est parMe- 
ment transparente et de eonlear d*ambre. Snr TOka, ott 
Fon ne pent se procurer quele sterlet, les yessies sont baN 
toes an moment m^me qn'oft les H extraHes du pohson, et 
OB les Mt s^ber poor tchthyocoH^. 

La bonne colle de poisson estblancbe, l^rement frans- 
parente, s^cbe, compost de membranes, pas trop ^paisse, 
€t absohmient fnodore. Pallas a donnd des renselgiie- 
aMots tr^-^tendos et tr^s-dairs snr ce prodnlt, dont on 
Mt on grand onplol poor le collage des liqneors et dans 
la eUnricatioB du taffetas gomm^ d^Angleterre, La colle 
de pofssod est employ^ comme r^cttf pour constater la 

Sr#enee do tannin, qtfdle t>r<clpi!e kVMt dinsolabilit^. 
ol doute que dans nos ports, en mettant k profit te grande 
qnanlit^ de Tessies a^rlennes de dlrers polssons qui se per- 
dent, et pHnclpalement celles des ^nds congres, on ne 
pot parrenir^ fabriquer de WchthTocolle. Mais ce sont les 
testes qui! faudrall employer, et ton pas les parties apon4- 
trotiqnes et tendlneuses des polssons, comme nous PsTons 
tent^ sans sncc^. Dans ce dernier cas, on obtfent Wen one 
bdle coDe Incolore et tfansparente , mats elle ne Jonit pas de 
la propHM de clarifler les liqueurs. Cet effet n'est dft 
qo'aui fibrilles asstoin^ dans la gelatine des Tessie^ : ce 
soot ces fibiines impercepHbles qui se combtnent avec les 
snbstancea qo*eUes entrahient en d^pdt. PEiocrt: p^. 

Les usages de PIcbtfayocolle sont nombreux : non-seule- 
ment elle sert k clarffler les Yins et k gommer le sparadrap, 
nais €^ (brme encore la base des gelSes que pr^paretit les 
pharmadeDS, les eufslnlers, et sert k coller des fragments de 
terre, k histrer de» ^ffes, des robans, etc. 

GOLL^ (Charles), tA en 17W, mort en 1783, est encore 
on de ces enfants de la basocbe qui pr^fiSr^rent k la sombre 
mak prodocflTe 6tnde de leur p4re la yle Joyeuse et iftdd- 
pendanfe de nourrisson des muses. 0*^lt un homme qirf 
satift prendre U vie do bon cM^ , et alHcr IM nt6r^ au plaisir. 
Fib d'un procareur du roi au Cbfttelet, qui ^It aussi M- 
9oner de la diancellerie du palafs , il devint le po€te et te 
eommensal des grands, et passa sa rle ^ les amuser, sans 
abdjqaer la dignity de son caract^. II fbt pendant longues 
arato , aTec le titre honorable et lucratlf de lectenr ordSnafre, 
k poete fiiTorl de la oour de ce bon due d*Orl^n!l qui me' 
naff St joyeox tr^, tant h Paris qn'i Bagnofet et I Satnte- 
Asslse, qui Thralt au nrfeux arec Louis XV et hi ftiTorife 
r^ignante, qui se Mssait taper le ventre et appeler gros papa 
p4f h comfesse Dobarry , qui jouaft la com^e k rarir, Int- 
nritable sortout dans les valets et les paysans, et qui, an 
deneuranf , n'en ^aft pas mofns un homme bienlMsimt , \m 
prhiee fellenient popniaire qtr'on ne I'appelait que le rol efe 
Paris. Ce fat pour ce patron que Coll^ composa son ThidtrB 
de SoeiM, rocuell dont les pitos ne « pdutaient *tre jon<?es, 
itt ta Sarpe, que dans Tes sod^t^s oil Ton se mettait au- 
deasoi de toote d^eence en fiteor de hi g^fet^ *. Mais telVe 
teK U graiMie stiddi de ce t^fnps-l*. <t tin grand Ibnds de 
9*4^ er de bonne hnmeur, m Grktiin to pariantde GoHd 
daw a C^rresmmdance , xm ton ansil etceHent que fln et 
«WM, f^OBt nrafours ftit recliercher paMa bonne compa- 
P^lTbomMli de sesmoeurs et de son carad^re hrl a Mt 
te aotfa artldes. Elte Vu aossi pf^serv^ de deux ^leiis ^g»« 
^Btut dajigeietfx et dIfBdIes k iiftif rfvec cette tdnmum 
■ ^fnU : le premier de dcvenir caiisffque d de se Ifrrer en- 
ii h satire; Taotre de^Hicr dans les«eeMt^fojrdle | 



*1 



d» pMaant d de bodffbii, me Hm tmmm poof vn 
homme d'bonneor. » 
Cepftidaift, one drconstance es! venue, tingt-d*ox aiis 

am^te la mort de Oofl*, porter qiidque attelttte II sd l^tMiott; 
CTSt la publication de son J&nmai histttHqne (Paris, isos- 
1*07, S vol. lfl-«*). Dans c« rt^ittoirts, <|W ont un* grande 
analogie avec ccux d4s Tallfemeiit des h^ttt , le bon homme 
Coll6 s*est montr« le ji%« imidtoyatile des homraes avecles- 
<|oel8 II passalt sa vie. Ai^ef hii en a feit assez doncement 
reproche dans la BUtgrapMe Univ&selie, Aprtitoot, ce 
Jowmal historique proutve qne son antenr #tait aiitm# <run 
datriotlsme pur et d'nne iioble fatd^iendanc^ : on miwove 
dans ses courtes rtlletloils Mr Ms iatts tinos Ms teiithrients, 
toufes les doctrines (jMf^nses d* 1789. OoW, iManmolns, 
d Ton n« sait trdp pomtpwi, od podvalt sooffHr Vdtali*. 
Lors de la reprise de Mahomet, il at courir ce eoaMd ; 

Ct M m h pm H q«9 V«m ftte, 

Avec forpc ^rit,. 
Mais <|ui D*a oi piedi di tdle , 

Corneitle en eat <lit : 
Cesf foavrage d'one hlt^ 

De befltfto*^ ^tnprh. 

Si CoU6, pourtaat, n'avait fiut que deg couplets pareiU, ii 
ne aerait paa danieor^ avec Panard d Piron en poasessioa 
du sceptre de la vidile cbaosoA. Sous ce rapport, La Harpe 
le pr^(^ iB6me k rauteur de Lu M^romanie : « Piron, 
dii-U, est aassi lohi de CoU^ dans le comique licencieux qua 
ce eoauqne m^me est loin d6 la bonne com^die. CoU^ est d u 
noinB un libertin pleia de verve d de v^itable originality. • 
Malbeureosement, la plupart des couplets de CoU^, chefs- 
d^ceavie aox yeux des gens de goat, ne sauraient 6tre r^- 
p^t^ k cause de leur excessive licence. « Mais, comme Fob- 
serve Grimm, cette licence, enluitde la verve dde lafolie, 
ne OMrque ni un coeur d^ravi ni des moeurs corrompues... 
£o le lisant, je me rappeUeAnacr^nd Horace; je me sou- 
viensqoa les ploa beaux esprits de tons les sidles ont tou« 
Jaonnn pen dono^ dans le pMi^ de la gaiilardise. » 

Dtttx pieces deOoU^ ont eooserv^ one juste reputation : 
oe aont : Pupitis et Desronais d La Partie de C/iasse 
d*Bemi /K. On remarque dans la premise des scenes d'un 
eicellent comicpie d d*un vif iot^^ tb^Atral. Le dialogue 
n'a rien de faux ni de recherche. Toutefois, die est d'uue 
versificatioB asses faible; mais ai 4 la lecture die peut 
laisser k d^airer, an tbd^tre die salisfiait enti^rement le spec^ 
tnleur. Le nom de Henri IV est sans doute pour La Partie 
deCkasse un attrait puissant; mais la pi^ dle.m£me« 
q n d que d^pewoe d'iatrigHa, a beancoup de m^te. L'au- 
fear a mis beurena em cnt k contribution les m^moires de 
Sntty dans le prtmier adeu Lea deux aotraa sont emprunt^ 
Il ana pitea anglaise goe S^daine avait d^ beureusemen^ 
faniteedatts LeSMet le FenUer. Ge qui appartient tout 
k fiiM 4Cott^, e'ast le langage naif d gd de ses paysanset 
sortont la bonhomie da Miehaut. Cdte pi^ lut jou^ deux 
foiaa la fin dedteMibre I764» sur le thOtro du due d'Or'> 
Mana II Bagndd. Le aoec^ en fut ti^briUanl; le petit-fila 
d# Henri IV jdodt Iui-m4me le rde de Micbaot, d le jouait 
aup^rieofwuant. Bte le si d^ewnbre, la cour, tcouvant le 
personnage de HenH IV trop pen ancien , d^fendit la repr^* 
aealiftkm de cdte pi^ae. £Ue liii oapendant jou^ dana la 
saUe dea lle»«»-Pldsfas»4e 14 md 1766, d ii Bordeaux la 
mten annte. finfin, die ne parut sur te Th6^e-Fran^ 
<|na le 16 noveniva 1774. Intesdita de nouveau sous la A^ 
pnbUque d aaua r£npi«e. La Partie de Chasse redevint 
aaua la Restnurataon one pi^ de droonstance, qiai eut dq 
btillantes rapr^aantdioan : eUe ed depuie IS3a Mdascendun 
4 la <inene (hi repertoire. 

Les pdites piteea de Goll^, tant du Th4dii'e de Societ6 
qnedu TMdtre des BmOmtrds, aont nombreuscs ; pres<|iif 
tontea ont on da succ^; mdace sont des biiidtes, dont, 



33 

« boat 4tt pete d*Hiiitele» OB mt ttimit parler a^rioiiid- 
maiit Nmm M iMmfoos Boot enpteber 4e nppeler loutolbU 
ia Ftfril^ d«u to Fil^ mi ctMM'oBttTre d'Mprit el de «Mel^, 
aa|pt6 biMWoop de fjnftkum. Hoe antra pitee» la Veuve, 
JBHiriBMfe dte I'Mute 1764, M rapitentte en 1771 par lee 
CeniMiene fnuQaiey 4iui en JonMl ainei one pitee imprinite 
e'^pargntfenl lee droito d»autenr. CMIe eom^die, d*im>ok( 
9ui§n^flfm, n'eui ancnn eneeto; le eiyle de CoU^, briUani 
de malioe el d'eipril IotmibII fail parier dee iliU ridicnlee 
en dee fBmneeianeeerapule, perdid loulsonBatunl: il 
■'eel qae ftNu , gnind6 1 plal » el il y a m6me one ramarque 
lifriraeacelteoeoaiienp^eelqnedBneleelyie sMenx oel 
anienr eel lfte^iBCOReel» ddbnl bien eii#itter de la pari 
d'nn boMneqei afcillani defhanenneel de parodieequi 
eeni dee ebel(i-d*eBnvra ponr le oboix dee mote el roriginalit^ 
deeUmnwree. 

OoU6 ne e'esi pee boni6 anx a^iete galante on graTeleoK : 
dene see ebeneone, U a eooeeeihrenieni attaqn^ toue ies ri- 
dieolee de la mt^alnro el de la eocM<. II se plaieatt * c6l^ 
brar lee ^^netenti i^rteUee 4 la nation. Ceil ainsi qu'en 
1756, lore de la eowpiMe de Minorqne, U fit U fluneoee 
cbaneon le /lorf-ifaAoii ei^ |iH« , qui lid fahil une pension 
royale de six eente ttrree, airee la gloiro d'Mre cbanl6 par 
lee cbantenre dee mee : « Honnenr, dil Oott6, dans son 
/ennial MiloHyiie , que Je pr^Mra 4 oekd qoe BM ebaneoo 
a d'^lra cbantte par le roi » <pl a, dil-on, la Toix tesee. » 
CoM Ibinn dee fMdatenre de oetle aeadtesie becbiqne qo'on 
Bomna Ze Caveau; mais s*il none a Tabi le VandeYiHe, 
en a II bd lepcocber d*aToir, sor see Yienx jooie, com- 
beilB llntrodnction d*nn noufean gnro, qni a procar6 de 
enaree el pnree jonissanoes It Boe p^, el qni none en pro- 
enra enoora b Booe-mtoiee : Bone ¥ob1obs parier de Topiteo 
ooBdqne, lei qu'il Bone a M UfoA par Ies S^dabw, lee 
Pile, lee Barr6, Ies Gi^, lee MonsigBy el lenre beoreox 
bBHitoni. OoW bo ponTail pardoBBer b ee Booreaa gsnre, 
toor b lonr seBtbBeatal el pi, maie toojonrs decent, de 
dispnler le donaiBO tbMtral an Tieil opto-conrique en 
YBodefiSee el en JUnu'JUnu $ri9oU. De lb nae goerra 
diBfffOBiplBe el de ooapMe qni ooeupa lee demiteee ann6ee 
de ee poMe, coBBBO la maBie dee omiiM^oiirij BTait, aTanl 
1740, BMffqB6 see dAmtepo^nee. H avail d& anx eoaeeile 
de CMUHoB tie ranBtage de reaoBoer b ee dMeetable 



COLU^ — COIXBCTIF 



AyanI perdu one fenaM qol avail AH bMglenipe sob boB- 
benr, le cbi^pria qn*il en reescntit Id fit dMrer la Bsort, 
on le porta niteae, a-l-OB dH, b ee la doBBer. QboI qnH en 
eoH, ee ftil b soixante-qntaue ens qne CoM teradBa sa 
earriire. CooeiadB poCle Regnaid, cooubo bd il JooHd'oBe 
aseet beie fortune : ear aux tibwe depenskMuuira du roi 
el de leetenr dn prender prinee dn eang il Joignail un inlMI 
done Ies sout-fBrBMsdelaflMteB dHMteeysaBeeonipler 
le praduU de eOB r^pertolro draauitbine. Pour ftfra apprMer 
eettederBiteebraBebedereveBn, DieuBous garde doBoue 
S B g igBr done la B OBw n c totnra dee ou v tag e e de OelK ; on en 
trourera le catabigoe dans le pcooder Tobnne de eon /oiinuil 
kiitwiqm. U no fbul pas oobller, loutefoie, qull avail lo- 
loBcbA pour Ies eonrtdJens Is Mire eopteUe de QubMMdl, 
I'Andfieiine de Bareu, VEsprU folM d'Hauleroebe el U 
JVMlenr d eCoru eiMe. Obariee Do Ronooi. 

COLLECTEyprendteoidsoBdelaBieeee, parbMinelle 
le odteaBl eoBMBeBoe leNtBrgie, ol qui auidl M ainsi 
BORBnte, suivaBi Ies ubs, da tetai eoUeeNo, tessmhMe, 
rteafcNi , peree qu'eOe ee dll au BMMBeal ob Ies idMee seal 
rteals; selea dtmlras, de oe qn'eie est un eoroUaire, nn 
Idsuni^ dee deaMndee qne le penple adrasee au del par le 
Biiairttra da eflAraal; eaflB^ tfaprbs nae trninilBia verstoa, 
paroe qu*elle ee eoaipose de phttieurs peeeages de Fteiiture^ 
foadas CBseaMe. L'aatkiBild dee eonedee eH bore de donle. 
Bossuelen dtequioal adoonpoeteparsaiBtlion, sabrt 
Gdoie, saba Gr^gobv, 6abU UiWre^ SaMea, laiat Si^ 



deiae. saiBlIsbloradeSdviUe.£rBBBeMiteidai^eBeeiOBl 
presque toutes d*un fori beau style. On y a Wtrte-peu de 
rhanntini'tnti et r£idise Ies lesaide wm mf des moaumeats 
desafoi. 

GOIXEGTEy GOLLECr£URS. Le nwl co/Zeele, ^kcai 
du latin oo/iioere. neneillir. rignHtft auiourd^bul one 
quMe (aitepour one osuvra de bienfaasanee ou pour un obld 
d'int^rM f^ iM U ffWff , s'eniployait aBdeBBemeal poor ei^rlnMr 
le reeoufreaient de toute espboe d1mp6ts. Male biea afant 
la Refutation ilaeaignifiait plus que lereoourreBMBldek 
gabelle et de la laille. LoogleBips ea Fraaoe , Ies com- 
munes eurent le droit de voter bi r^partitkMi des bapds 
eatroleurs baUtants el de Ies fiiira pereevoir par desooUee- 
^eicrf qu'elleedisaient. Un grand aombn d*andeaBes cbartes 
feooniaissent de la manidre la plus formelle TexitteBoe de 
ee droit, qui survtot m^me b ran^ntisscment des firaa- 
ebisee el dee liberty commnnalee. Mais au seisiteie sitele 
ee n*etail ptas qu*une cbaige ndneuse, b laquelle toutoe Ies 
profeeeions s*empressaient b Fenvidesed^rober, car on avail 
readu Ies GoUectours responsables de la recette, m^ae abNrs 
qu*ils B^avaieat poial towch^; et aprte un certain ddai oa 
pouvail Ies contrafaidra b payer de leurs piopres desden 
Ies taillee de toute la paroisse, saul leur reoours conbne Ies 
babltants. Ausd Ies eomnumes ae tardtont pas b abaa- 
doaaer ce droll, et lee colledeors ne birenl blentdt pkis que 
des coBuaia b gi^es, aoBuate d*ofiloe par le pouvdr. 

On appelaiteoUecletcn du amemies, iergenUcoHeciews 
ou ^or<fef g^n^raux colUcteurs des amendes, lee ofllden 
cbaigto de iSiira payer Ies a mendee proaoBcto parjugcntteDt, 
et spfeialement cdles attach^ aux contraventions oonunisfs 
en matibra d'eaux et forfits. Ces offiden foreni supprimte 
en 1777. 

Lee eollectewn du pope en France ^talent des personnes 
qui, du consenteaient du roi, veuaicBt lever certabis iopdts 
etablisau profit dertlgMse ou pour la propagrtioB delaid 
cbr^tienne et sa dei(Bnse contra Ies b^r^ues d Ies bdlddes. 

GOLLEGTIF, ce mot vieal du latfai eoUigere, re- 
cueilUr, rassembler. Cd adUeetif se dit de certaiae noms 
substantifii, qni prtenteni b resprH l*id6e d*un tout, d'un 
ensenUde form^ par Tassemblage de pluslenrs individns de 
mtoee8pbee;psjrexemple, flrm^ednnnomcollectif; il 
Boue pr^sente Fidte singuUbra d*un ensemble, d\iB tout 
form6 par rassemblage ou rtenkm de pinsiem eoldats; 
peupie ed ausd un terme cdledif , paroe qo'il exdta dans 
Tespril Tklte d*une collection de plosienrt personnes ras- 
sembUee en. un corps politique, vivant en sodd^ sous Ies 
mtoes k>is;/ordf ed encora un nom coUedir, car oe mot, 
sous une expression singuUbre, exdie Pidte de pluslenrs ar- 
bree qui sont Tun auprte de Tantra. Abid le nom coUedlf 
nous donne \ld6t d'unite par une plurality assembbfe. 

Mais observei que pour fdra qu'un nom soil coUedif fl 
ne sulBlpas que k tout sdlcompoe^de parties divisibles ; 

Ufiuil one ces oartiee soieni actudlemeal s6Daidee. el 
qu'eHee aieni cbacune leur dra b part : autremeni lee noma 
decbaqne corps particulier seraieni autanldenooM eoUee- 
tils ; car lout corps ed divisible. Aind bomine n*esl pas un 
Bom coUecHf, quobpie Hiomme soil compost de dill^reales 
partlee; mais viUe ed ua aom coUedif, soil qu*oa praane 
ce Biol pour ua iinmbligB de diiftreBles umIsobs, oo pour 
uae eoddd de divers dlt^eas. U en ed de mteae de awl- 
iitude, quaniUS, r^meni, irmqte, la plupart, etc, 

Il faul observer id uae ■^•^^■"f importaate de granoniaire, 
e*edqaeleseB8edlapriac^[»aler^de bi cooslrocttoB : 
aiad quand on dll qu'ime iii/UUt4 de penonnet eouiien^ 
nenip le veibe aoutienneHt ed au plurid ,* paree <|u'en 
e0d, sebm le seas, ce seal plusieurs peraoaaes qui soulien- 
aeal < riafiaitd n'ed lb qae pour maiquer la pbiraiUd des 
persoaaei qui soutbaaeat Aiad B*y a riea cosdre la 
gnmmaira daaa ces sortesdecoasbmdioas.cred aind qua 
Viiini • dU : Par$ imrd (enuere ra/em jCtdaoftSallusle, 



COLLECTIF — COLLtoE 



pars in eareerem acH^ pan bestUs otjeeH, On rappoiie 
ttieooslniCtkMis k one fi^re qa*oa appeOe spllepse; d'ao- 
tro U Bommeiit SfftUhhe, mais le Dom ne M rieo k la 
ebote : oette figure consUte k £iire la oonstmctioii selon le 
ustt plotAt qoe sdon les mots. Dumabsais. 

COLLECTTION (ea latin eolleetio, fait de coUigere, 
ifciMillir ) , recueil de choses de mdme esptee ou qui ont pins 
fomolBsde rapport eatre ellet. Selon Ronbaod^le motco/Zee- 
(km n'exprime que lld^e simple de eueUUr ou de mettre en- 
aemble plnsiears cboaet; le mot recueil exprime Tidde re- 
donbMe de recueiUir ou de r^unir, de lier, de resserrer 
plus itroHemoit les cbosea eotre elles. La collection forme 
IB amas, im asaembli^ ; le recueil forme on corps, on mi 
toot On appeile phitM recueil mie petite collection, et 
collection ua grand recueil. On dit fort bien : on recueil 
de pideeii fngitiTeSy de pensta eboisiea de quelques oniTres 
d'ui aoteor. 11 font d£re : la collection des ooncilefi , des 
Piles y des historiens , des oorrages d*an auteur f(6cond , 
on de dir^s autears qui ont traraill^ dans le mfiqie genre. 
m La raison de cette difl^renoe, observe Roubaud , est dans 
la ?aleur mtaie des mots. L'action de recueillir^ par la 
force rMnpycatire dn terme, marqoe plus de r^exion, 
de recberches et de soins que ceUe de rassembler. Yous 
fates un recueil dte choses d'dite que tous croyes dignes 
d'etre oonserrte ; tous futes une cofZec^iofi de tout ce qui 
se prfsente sur un snjet traits par divers auteurs, ou sur 
divers snjets traits par le m^me. Le recueil doit fttre 
dioisi; one collection doit 6tre comply ( autant du rooins 
qoH est possOile de la foire telle).* H fsut du goAt» des lu- 
mi^resy de la eritique, pour foire un bon recueil; il font du 
safoir, de la patience, des biblioth^ues , pour faire de 
beBes collectimu. La collection fait plus de volumes, le 
recueil doU faire de meilleurs livres. » Edme Bureau. 

Pour focOiter P^de des (tres de la nature , il fout abso- 
baent les comparer jcntre eux, et Ton n*arrive ^ ce but 
qB*ea les rtaiissant, en les pr^parant de mani^ k les con- 
server le pbu longtemps possible, et en les classant d^apr^ 
les caradires qui les distinguent C*est k ces reunions d*ob- 
Jets dlitstoire natorelle que Ton donne le nom de co//ec- 
^0U, en tloatant un autre mot pour designer pins sp^cia- 
fltaient tear destination particuli^ : ainsi, nous avons des 
eolleclioiu de soologie, de botanique et de min^alogie ; ce- 
pendaai , il est i remarquer que ce sont surtout les pre- 
mttfes qoi retiennent le plus souvent le nom propre de col" 
ieetkms; car on donne Ar^quemment le nom de cabinet 
k criles da r^e inorganique , et cdni d*Aerdier sepr^ 
teate 4 toot le moode pour un ensemble de v^^tanx con- 
serve et destines k r^de. 

StI ert ab^ de concevoir llmmense utility des collections, 
iert tooiioars difficile, dispendieuz de les former. Aussl 
a*cst-€e gokre que dans les vastes ^tablissements crM par 
les gouveraenientB mteies qu*on parvient k obtenir k cet 
^aid dlmportant^ r^ultats ; la France pent offrir k Tad- 
m^alioa da monde les collections de son Museum d'His- 
toire Naturelle, et demeure encore sous ce rapport au 
premier rang des nations. Quelques savants en poss^dent 
aoMi de fk»rt befles; mais les phis remarquables sont pres- 
qoe toojoors eeUes qui se boment k une sp^cialit^. 

Les collections min^ralogiques , focOes k conserver, n'exi- 
god que pen de pr^utions; il n'en est pas de mtoie des 
aalKs, qui se d^tMorent , se d^gradent asses rapideroent, 
si oa ne les entoure de beaucoup de moyens prtorvateurs. 

E. Le Gdillou. 

Leseollectiottsparticulidres prennentordlnairement le nom 
^ eabinets cngaleries; celles des ^tabliss^nents publics 
ihifipdlituifimwafmimus^es^ conservatoires ;k» 
rcBectlons de Hvres sont toujours des Biblioth^ques. 
Cert aiasi qu*4 Paris, outre le Mus^m d'Histoire Naturdle, 
aoos avons les musiSes du L o u v re , le Cabinet d*Antlqiies 
delaBibliotli^queImp^riale,leMu9^deCluny,le 

WCT. DC LA C0.NVBR8. — T. VI. 



83 

Mus^e d'Artillerie, le Conservatoire des Arts et 
Metiers, etc., etc 

Les co<foc/ioaiietfr« offr^t des vari^t^ infinies. Nous 
avons d44 consacr^ un article aux bibliophiles et aox 
bibliomanes, guid^ trop souvent par des idte bizarres 
dans leurs cboix; mais il nous reste k citer quelques col- 
lections curieuses de livres ou de documents. Le bibliophile 
en effet, lorsqu^ est pouss^ par certaines considerations 
particoli^res , se met k liunir le plus grand nombre possible 
d'^Uons diff(6rentes d'un mftroe oavrage, par exemple de 
la Bible ( comme dans la Bibllotb^ue royale de Stuttgai^ ) 
ou bien de tel ou tel ^crivain de Tantiquit^ ou des temps 
modemes ( comme Horace et Cio^ron, dans la biblioth^que de 
la ville , Sleidan dans la bibliotb^oe de runiversit^ k Ldp- 
zig; la bibliothique hom^riquede Netto, 4 Halle, etc., etc.). 
D*autres s'efTorcent de rassembler aossi compl^tement qoe 
possible tous les ouvrages relatifs 4 tds ou tels dv^nements 
ou p^odes de Thistoire, par exemple la Revolution flran- 
faise (collection Descb ie n s), le grand jubiie de la Reforma- 
tion (4 Berlin), la guerre de trente ans (4 Dresde), etc., etc. 
D'autres coll^ons embrassent des mati4res toutes spe- 
ciales, par exemple le jeu des Rebecs (collection Bledow, 
Biblioth4qne royide de Berlin ); certains porsonnages histo- 
riques, tds que Luther, Gcethe, Skakspeare , Racine, Cor- 
ned); certaines contrees et locaUtes (collection Ponickau 
de la Saxonica, 4 Dresde) , etc. On voit souvent des coUec- 
tions relatives 4 certains genres speciaux de litterature (Bi- 
bliotheque dramatique de Solemes), soit drames, soit pod- 
mes ou encore biographies. L'une des collections les plus 
ceiebres en ce genre est ceUe de Meusebach, qui comprend 
toutes les productions de la litterature alleniande depuis re- 
poque de la Reformation. Pins souvent les collections sont 
formees poor servir 4 Fhistove de la typographic. A cetfe 
categoric appartiennent les collections d'incunables, de 
vieux livres 4 gravures sur bois (Heller, 4 Bamberg) , de 
gravures, d'ouvrages imprimes en Amerique ou sur tel ou 
tel pomt de la terre bien eioigne de notre Europe. 

Les amateurs d^autographes et demanuscrits, les 
archeologueset les numismates ont aussi certaines 
predilections. Ne pouvant tout coUectionner, ils sont forces 
de choisir une brancbe, une subdivision; trahit sua 
quemque voltq>tas, H en est de mdrae pour les tableaux et 
ponr les estampes ; on fera collection des oonvres d'une ecole, 
d'un mattre on d*un genre, on rennfara senlement des por- 
traits on meme uniqoement des charges et des caricatures. 
Les collections d*histoire naturelle se subdivisent aussi 4 
rinfini : on en volt de tres-considerables uniquement com- 
posees de graines, et pas une ne s*y trouve en double ; d'oenfe 
d'oiseaux, et cela se compte par milliers; d'echaatillons de 
tous les hois qui croissent au Sud et au Nord, 4 droite et 4 
gauche, sur notre globe soblunaire. N'oublions pas les col- 
lections de laques, de poroekiines, de faiences, d'emaux, 
de vitraux peints, de camees, de bUoux, de cachets, de 
sceaux , d'armes et de' pipes. Le collectionneur a depense 
son temps et son argent; souvent il a mange son bien , il a 
use sa vie, tant sa passion est aveogle; et voil4 que hi mort 
arrive qui va dispmer 4 tous les vents sa chere collection, 
dont la moindre bribe est 4 ses yenx d'une immense valeur ; 
car cette bribe, oe rien lui a souvent cause dix fois pins de 
pdnes et de recberches qu*un morceau capital ; ca n^etait 
pas beau, ^ n'offirait pas d'interei, oui, mais c^eiKdt rare : il 
n*y en avait que trois en Europe, et il en avait un ! A pr^ent 
vingt rivanx detestes et cent autres collectionneun mau- 
dits vottt recueilUr leur part de ces tresors inestimables, 4 
rooins quails ne subissent Toutrage de passer aux mains 
d'un possessenr ignorant on rhumiliation de retoumer 4 la 
boutique de bric-4-brac. Vanite des vanites ! 

GOIXil^GEy etaUissement d'instruction publique oii 
Ton enseigne les lettres, les sciences, les langues, etc. 
LMnstltntion des colleges paratt modeine; on ne volt pas 

3 



84 

dans rantk|iiit6 de miisoiia dMn^ h tenirlieu de famine 
a nn certain nonibre d'eofants r6iuii8. Let ^eolet pobliqiiei 
^Uient ooTartes aux disdples , qn^oa y oondoisdt pour les 
legons des maltres ; maia T^ducatioii restait mie afbire de 
famille; il est vrai qa*on en laiaaait le soin k dea esdaves, 
ce qui n'empdcbait pas qu'elle gardftt son earact^ de y- 
hert^. En ce temps-l^ le metier de pedagogue ^tait pea 
bonor^ : U fiiliait que le ehristianisne vtet apprendie ee 
qu^il 7 a de m^rite dans les soias oonsaci^s h Penfance; 
c*est qu'il a rattacM Tenseigneinent des sciences k Pensei- 
gnement des devoirs , et le maftre de la jemesse est plus 
quhm pedagogue, il est un noralistey ua philosopbe, un 
apdtre. Toutefois, il y a des gens qui , aiteie seas to ehris- 
tianisme, reiont de cette mission nn m^er d'esdaves. Vea* 
seignement est devenn un n^goce ; c*est un des plus tristes 
indices de reiteration des moBurs. 

Nous savons peu de chose du syst^me destruction des 
anciens. Chez les Romains, la premi^ instruction consis- 
tait dans VHiade sironltan^ des langues grecqne et latine; 
la m^thode suiyle ^tait de les fkure parler anx enfants : c^est 
la m^lMxle naturelle; douce m^thode', qui dut ^pargner 
bien des pleurs aux ^coliers de ce temps : elle est Impratio 
cable, ce semhie, dans nos colleges modemes , puisqn*on ne 
peut gu^re ^tudier ces langues que dans les Kvres; mats ne 
pourrait-on en modifier renseignement de maniire k le rap- 
procher )e plus possible de la m^hode si simple des exerci- 
oes du lan^ige? Tout se r^uirait en un seul point, k cesser 
de fonder T^tude des langues sur I'analyse. L'analyse est 
on effort de la raison per fectionn^ ; la synthhe r^pond 
ndeux k Texereice habitual de la m^moire, et k Ttmitation , 
AM-elle routini^, des usages et des traditions. Que de sou- 
Tenn^ cmels il y a dans une racine grecqne et dans la 
simple conjogaiaon d'on verbe I A la T^rit^ , on nous dit que 
ce grand effort de I'enfonce pour arrirer k une connais- 
saace pdnible donne de' r^nergie k Tesprit. Heureuse re- 
flexion, qui seraUeraitdeToir promettreantantde beaux g^- 
nies qu'il y ad^^liers d6M>l^ par les etudes du premier dge. 

Du restOy le syst^me dMnstmction chez les anciens devait 
^Bilirer de nos syst^mes, par la senle raison que TMucation 
a*etait point publique, dans le sens que nous Tentendons, 
o*e6t-k-<Mre n'^tait pas dottr^ et commune. L'enseignement 
public des acadtoiies s'adressait k des disciples d^ji mOrs; 
on n'y allait entendre les le^ns des philosophes ou des 
rhi^urs qu*apr^ de longs travaux pr^iminaires. La reli- 
gion clir^tienne a forro^ I'esprit d'association ou de reunion, 
inconnu k Tantiquit^. (Test que le christianisme a en hii une 
antorite morale qui rapprocbe les hommes et leur foit aimer 
I'ordre qui r^ulte de la soumission. L'antiquite n'aTait 
qu'uae autorit^ despotique pour dominer les Tolont^, et 
les hommes se fuyaient plut^^t qu*ils ne se cherchaient pour 
se r^unir dans une vie commune, parce qu*il n*y ayait d'as- 
sociation possible qu*^ la condition d*ob^ir comme des es- 
claves. Par 1^ s^explique i^absence de toute corporation 
ayant pour objet le bien-^e de Thumanit^. LMnstitution 
des colMges est toute chr^tienne. Les uniTersit^s furent 
des associations formto par I'^glise; il y avait dans ces 
fondations une double penste de philanthropie, celle dlns- 
truire les hommes, et de les accoutnmer de bonne heure 
k se rapprocber et li se peri^Klionner eux-mteies, et li se 
poUr par le contact de leurs Id^, de leurs traraux ou de 
leurs vertus. 

Cte a foit de loagaes dissertations sur les avantages et 
les inconv^ients de la vie de college, II y aTait k poser 
uae question prdiminaire : celle de saToir si cette Tie est 
, bonne , morale et bien r^l6e; et dans ce cas, tout est r^ 
8olu. II ne fkiut rien ssToir de l*enfance et de la Jeunesse 
pour douter des bienfaits de P^ducation commune : un col- 
1^ est un petit monde, ou les caract^res naissent et les 
ftr^Hentions commencent; ce contact de Tantt^s et de pas- 
sions fait d^jli de la Tie nn combat; la moderation deTtcnt 



oouMe 



uae a^oesaiie, ^ oh PisoleiBent n^eM prodnit que la licence. 
Les Tices appreanent 4 se corriger par la censure ; il y a 
dans le jeune Age une justice qui ne fl^chit pas. J'ai tu des 
eafents indomptables aux punitions des maltres c^der k la 
seT^rite taquine des camarades. Le oolHge est admirable 
pour reprimer Porguefl et pour Taincre la timidity. Le bon 
Roll in n'e parM que de renralation du college; c'est la 
phis feiUe de toutes les raisons pour d^termiaerle cHofx de 
reducation commune » car je ne donte pas quhm mattre in- 
telligent ne tire de Peducation priT^e des afantages beau- 
ooup plus grands pour la cultiu*e de l^prit et la Tari^te des 
^todes. Mais ce n^est pas }k tout Pbomme : fl y a dans le 
eoll6ge un melange de liberty et de soumission qui dispose 
admh^lement le jeune homme aux grandes ^reures de la 
Tie. Le college foit le caract^; 11 trempe P&me, il d^Te- 
loppe et r6gle la Tolonte. Je parle , fl est Trai, comme on a 
TU f du college gouTeme par une autorite morale. Si tous 
■le montrez le college Htt^ k des trafiqnants, k des sophis- 
tes , & des gens de metier, je tous dirai de garder Totre fils , 
de le laisser inculte, s*fl le faut, plutdt que de le condamner 
k la corruption. 

La constitution des colleges sM modifi^e dans nos der- 
niers temps. L^^ducation dans les uniTersites ftit dte le com- 
mencement tout ecciesiastique; Penseignement etait comme 
ua droit exdusif des corporations chretiennes. CeU tenait 
d'abord k ce que le clerg6 seul poss^dait des lumi^res, et 
ensuite k ce que la mission d*enseigner etait consid^ree 
comme une mission de sacrifice, qui s'accommodait seule- 
ment aux habitudes de la Tie solitaire. Aussi la fondatioa 
des colleges etait comprise dans les oeuTres de charite. L^- 
^se Pencourageait ; les papes honoraient les fondateurs, 
et les eyfiques participaient k leur generosity par des lar- 
gesses et des dotations, et quelquefois par des titres, comme 
cehii de cbancelier ou de grand-mattre, qui les rendaient 
les patrons de Penseignement. II y aTait autrefois dans Pa- 
ris Tingt colleges que la charite grande et eclairee d'autre- 
fois aTait fondes ; les lumi^res modemes ont tout detruit 
Dans ces colleges I'edncation etait douce, parce qu'dle etait 
religieuse. Depuis que Peducation est dcTenoe un objet de 
lucre ou une affaire d'administration pubUque , P^cation 
a perdu son caract^ de patemite ; la raison en est simple : 
lorsque les maltres dePenfance sont inspires par la religion, 
ils entrent Tolontiers dans ses faiblesses : ils sont soigneux 
de preTenir les petites misdres de cette Tie de college, qui 
est, comme la Tie du monde, troubiee, agitee, hiquiete; lis 
Tont au-deTant des besoins de Pftme ; ils saisissent les tra- 
Ters du caract^re, et pen^trent les penchants du c(Bur, pour 
tout ramener, par la bonte et la persuasion, k la Terite et k 
la Tertu. Heureux les ecoliers quand ils rencontrent de tds 
maltres! 

Les colleges modemes n'ont plus ce doux aspect de la fa- 
mine : la discipline y est Apre et formidable ; c^est qu*elle 
est seulement extedeure. II s'ensnit que le commandemeat 
est phis terrible, parce quil ne pendtre pas jusqu'4 PAme. 
On foit pKer la jeunesse, on nela forme pas; on la tralne, 
elle ne suit pas; et aussi des qu'dle est Ubre die s'ediappe 
et bondit ayec petulance, ne reconnaissant nulla autorke, 
ni dans la politique, ni dans la morale, ni meme dans les 
lettres. 

Laissons ces Tices de Peducation ; aussi bien je ne les cor- 
rigerai pas. Mais ne dirai-je pas un mot des amUUs de col- 
lege ? cda Taut mieux. Je ne sals rien dans la Tie de plus 
tendre et de plus doux que ces premieres affections de 
l*&me. Les amities de college sont les seules qui surviyent 
k toutes les Tidssitudes ; dies sont durables, parce qu'dles 
sont naiTes et pures; elles n'ont rien du d^lsement qui 
preside aux attachemcnto ordinalres de Phomme; PinterAt 
ne les foit pas. Elles naissent d'elles-memes, du rapproche- 
ment des Ages , de la similitude des besoins et de la roono- 
tonie des habitudes. II y a dians le college de tout petHs OMd- 



GOLLtoE — COLLltoE DE FRANCE 



ih 



bflon, anqiwls on dame de rtaDportanoe en let Tenant 

diM le coear d'un ami. II y a anssi de Jeimes Tertns qd 

i^eMoorageiit ptf laconfidenoedeseflbrtsqael^mfiritponr 

Mapper i la corrnption. L'amiti^ derient ainsi de bonne 

hem one oonsoUtion etnn secours. Je n'^pelle pas de oe 

BOB la partidpalion anx rotaies fautes, aox mtoies foUes, 

an ntaiea oomploCa de eolMge. Dte ce moment ramiti^ 

MtqiNilqiie ehose de saint; eHe ne Ta qn*tox Ames pores. 

AoKi torrit-elle au coH^ et se r^pand-etle sor toot le reste 

de la Tie. L^andti^ oorrompoe ne ya pas ao-dett des ^re- 

■arts qui I'aTaient itit nattre. 

n y a un ami dont la penste reste snrtont profondtoient 
griTto ; cet ami, c'est le college bii-mtoe. H n'est personne, 
jele erols do moins, qoi ne garde ayec d^ces le sooTeoir 
de son ooIMge; on a present k son cosor Taspect de tons les 
lien od 8>6ooala le premier Age. O'est on besoin de les re- 
Toir; en les retroornrt on croit rerenir k la Tie; on baise 
Toiontlers ces murs aotrefois redoot^, et qnelqnefois odienx. 
Cest ou'on a so ce qoe c'itait qoe la liberty do monde, et 
iprte beaocoap de malheurs ^prooT^, on se souTient aTec 
plos de tranflports de c^te tranqnilHt^ de PAme, de cette 
■moceace de tqbux, de ees premiers combats de Ttoiola- 
tioB , od se m^aient de Tsgnes esp^rances sor on aTenir 
trop tdt ^prooT^. O enfants ! oederrait Tons Ctre one le^on. 
Mate Hen ne change, et la Tie de llionime s'^coole ^temel- 
Joneat an trarers des roAroes d^sirs et des mAmes regrets. 
Latssec-moi toos dire k present qo*fl y a en France denx 
cent qoatre-Tingt-qnatre collies oommnnanx, sans comp- 
ter les lycAes. Les colleges oommonanx sont des ^Mis- 
ii i Mia dlws tni ctkm pnUique fondte et entretenns en toot 
on en partle par les commnnes. Ces Acoles dependent do 
nrin^slAre de llnstniction pnbHqne qnant k Tenseignement 
el ao personnd des professenrs. Le chef d'un col)^ com- 
nuHial se nommepfindpol. Tantdt il est dot^ d*antraite- 
mart fixe , et alors U administre pour la Title od le coU^e 
est ^CaKH, tantAt il administre pour son compte, moyennant 
des cooTentioiis aTec la commune , soit qoMl obtienne qoel- 
qnes aTantages , par exemple la concession d*nn local et 
one sabTentlon annoeUe, soit qn*il accepte certaines char- 
ges , pear exemple Padmission gratoite d'on certain nombre 
dT^^es pensioBnaires oo extemes. Les professenrs des col- 
leges coranranaox ont le titre de regents, Les eollAges com- 
mon a ux sont pins modestes et phis people qne les \yc6e&; 
lenr soccAs tient Ala confiance enTers le dief, qoe la loca- 
R^ eonnalt. Si le systAme coromonal Atait complet, 11 serait 
adMraMe, sortoot pour donner de Tindependance A f Ado- 
catioa et de la TariAtA aox Abides. 

11 y a encore les colUges particuliers oo de plein exeir- 
€wee, maisoas particoliAres d'Adocatlon qoi se distingnent 
par la force de leors Atodes oo qoelqoe aotre mAiite. lis 
jovbecnt des priTilAges accordAs aox lycAes et aox collAges 
c a— wa aqx ; les piofSesseors doiTent Atre agrAg^As. Deox 
AtabtUsementa de ce genre existent k Paris, le College Sta- 
mislat et le C6U4ge Rollin, Ce dender appartient A la Tille 
de Paris. Les colleges particuliers ne peoTent reocTohr 
d^tcmes dans les Titles oh II existe des lycAes oo descol- 
Ugea eonmonaax. Laurentib. 

COlAJtjGE (SacrA). On appelle ainsi le corps des car- 
dlnanx. Le nombre de ses membres est fixA par les cons- 
titalioiift pontHteales k soixante-dix ; saToir : six cardinaux 
i9^que9, cfaiqnante cardinaux pritres , qoatorze cardi- 
naux diacres. II est rare que ce nombre soit rempti, et il 
y arait kngtempsqoe ce feit ne s'Atait prodoit lorsqiie Pie IX, 
par aae nomination dehoit cardinaux , Adte le 7 mars 1853, 
aril le sacrA coUAge au complet. H est d'usage en elTet k la 
de Rome d*aToir toojoors qoelques chapeaox en rAserTe 
dfconstanees urgentes. Cest le sacrA collAge qoi, as- 
CB eea claTe, nomme lesouTerain pontife. C'est au 
eoOAge rAonienconsistoirequeleiMipeadresseses 
aHoeotiofis , c*est lA qnil iirodame les nooTeaox cardinanx : 



le sacrA coUAge est done en quelque sorte le oonfieU prirA do 
pape, snrtoot poor les afRiires de T^ae ; o'est dans le sacrA 
coltAge qotlTB chercher lesprAfetsdescongrAgatlons 
permanentes on temporaires aoxqoetles 11 dAIAgoe one por- 
tion de son aotoritA spirituelte. Le sacrA collie a to sur- 
toot son infloasce grendir dorant les qoerelles do saint 
Empire aTec la chaire de Sahit-Pierre, A FApomie do schisme 
d*OriCTt et k l^issoe des condles qoi ont prAcAdA la RAforme. 

En Italie ses membres ne sont point soomis aox lois pA- 
nales, k mohis qoe k cas nY aoit expressAmoit AnoncA. Le 
l>ape loi-mAme n*a d*aclion contre eox qoe poor hAn^e , 
schisme, crime de lAse-mi^iestA ; et encore iui fiiot-il le 
consentement des membres qoi setrooTent k Rome. En cas 
de schisme, le sacrA coltAge a le droit de oooToqoer on 
concile gAnAraL Les membres do sacrA cotlAge sont exempts 
de toote contribotion ordinaire oo extraordhiah«, et peo^ 
Tent transmettre leurs pensions , aToir leors parents poor 
bAritiers sHIs meurent Mestati, accorder des indolgaaces 
k qoi bon leor sembte, Atre cms sor parole et Talohr en 
tAmoignage deux tAmoins. La chambre apostotiqoe tient 
compte de 200 docats par mois k ceox qoi n'en ont pas 
0,000 de re?enos. Soos le titre de lAgats ils sont oomrois 
par le souTerain pontife au gouTemement des proTinces de 
ratat ecclAsiastique et aux fonctions de lAgats a latere ou 
de nonces auprAs des puissances AtrangAres. 

Au commencement de 1853, sor les soixante-dix cardi- 
nanx qoi composalent le sacrA coUAge, six dApassaient 
qnatre-Tingts ans ; treize aTaient de soixante-dix k quatre- 
Tingts ans ; dix-neof aTaient de soixante k soixante-dix ans, 
Tingt-qoatre de cinqoante k soixante ans^ hoit de qoarante 
k cinqoante ans. Le plos AgA des cardinaox aTait quatre- 
Tingt-qoatre ans, le plus jeune qoarante et un ans. Cin- 
quantequatre cardinaux Ataient Italiens*, saToir Irente- 
trois Remains, sept PiAmontais, sept Napolitams, quatre 
Lorobardo-YAnitiens , deux Toscans; six Ataient Fran^ais , 
trois Antrlchiens, deux Espagnols, deux Portugais, un 
Beige, un Anglais et un Prussien. 

COLLEGE DE FRANCE. Cette institution eut poor 
fondatenr Francois I^ , et soffirait seole k la gknre de ce 
prince. A TApoqoe oh, par les conseils de Goillaome Parri , 
son prAdicateur, et du saTant BudA, U jeta les fondements 
d*nn Atablissement littAraire Jusque alors sans exemple, la 
Sorbonneet rUniTorsitA Ataient pIongAes dans Pi^M)- 
rance. Uniqnement occopAs de disputes et de thAologie sco- 
lastique, les doctenrs et les professenrs employaient, ensd- 
gnaient no laUn barbare : ils Ataient entiArem^t Atrangers 
ahx letfares hAbraiques et grecqoes. On disait proTerbiale- 
ment dans les classes : « Cda est do grec poor moi, » afin 
d^exprimer qo^on ne pooTait lire oo comprendre qodqne 
chose. Le fanatisme entretenait cette ignorance. Aosai , kirs- 
qo*en 1530 Francis I*' institoa les deux premiAres chairea 
do nooveao coU^ poor le grec et ThAbreo, oe ftit on soo- 
lATcment gAnAral dans TUniTersitA. EUedta loiprqfesseurs 
royaux deTant le pariement. Le syndic de la FacultA de ThAo- 
logie , NoAl Beda , plaida loi-mAme la caose de TUniTersitA. 
Selon loi , « la reli^on Atait perdue si Ton enseignait le grec 
et ThAbreu : TautoritA de la Yidgate aDait Atre dAtruite. » 
L'aTocat Marillac plaida la caose des professeors royaox , 
et la nouTelle institution fut maintenue. 

Ce n^Atait pas seulement un motif de fanatisme et de ja- 
lousie qd anhnait lUniTersitA, s'y joignait aussi des rai- 
sons dlntArAt Les nouTeaox professeurs Ataient dotAs, leurs 
cours Ataient gratuits ; les anciens TiTaient du produit de 
leors lemons : ils craignaient que leurs Acoles ne fossent aban- 
donnAes poor les nooTelles. Par ce motif, le roi aTait eu 
Hntention de ne point fonder d*abord de chaires pour le 
latm dans le ColUge royal, aJBn <pie les cours de lattn dans 
les anciens collAges fussent toojoors nAcessaires. Les appohi- 
tements des professeors oolecteors royaox toreatd'a- 
bord de 450 liTres, sorome alors suflisante; et Francois !•■■ 

3. 



36 



COLLEGE DE FRANCE 



lear avait donn^ en ontre k tous une bonne abbaye: mais, 
amsi que nous rapfNreiid la prtface d*uii livre dn savant 
Ramus, adresste k Catherine de M^ds : « Je ne sais quel 
^cornifleur empdcha que Tabbaye ne fftt atTectte k leur com- 
pagnie. Or, avec la vie 6teinte de tous les lecteurs d*alors , 
le bienfait du roi s*est ^teint aussi. » La p^nurie des finances 
emp^ha souTent les professeurs d'etre enti^rement ni eiac- 
tement payte. Dte 1532 11 y avait d^jli trois chaires de grec 
et trois d*h6breu an Collie royal. Ce ne fut qu*en 1534 
que le roi en fonda une d*^loquence latine , pour &ire dis- 
parattce la rouille du latin barbare auquel rUniversit^ s*^tait 
accoutum^; mais ce dernier corps tira de cette concur- 
rence un avantage inattendu : P^ulation Tobligea k r^or* 
mer Pignorance de ses diverses faculty, et d^introduire dans 
son enseignement d'lieureuses r^forroes. 

Bient6t les langues ne furent plus le senl objet des le^ns 
du Collie royal : Francis I^ y fonda des chaires pour les 
math^matiques , pour la m^edne et pour la phflosophie. 
Des lettres de ce monarque de 1545 contiennent les noms de 
tous les professeurs du Collie royal ; on y voit quMls dtaient 
au nombre de onze , savoir : trois pour Ph^reu , trois pour 
le grec, un pour le latin, deux pour les math^matiques , 
un pour la m^edne , un pour la philosophic. A ces pro- 
fesseurs 6tait adjoint avec les mtoies appointements , An- 
gelo Ver^o , arec le titre 6!*icfivain en grec, (Test son 
^criture qui a serri d^original k ceux qui grav^rent les ca- 
ract^res grecs pour les impressions royales sous Franks r*^. 
Les premiers professeurs ftirent, pour la langue h^raique 
Paul I^radis, dit Le Canosse^ Y^tien; Agathias Gnida- 
cerio, Calabrois; enfin Tillustre Francis Vatable, n6 en 
Picardie : pour le grec, Pierre Dante, de Paris, non 
moins c^l^bre; Jacques Toussaint (Tusanus), de Troyes en 
Champagne : pour T^oquence latine, Latomus, Galland, 
hommes parialtement inconnus avjourdliui , mais qui n'en 
^talent pas moins sayants : pour les math^matiques, Pobla- 
cion , Espagnol ; Fin6 , Dauphinois ; Guillaume Postel , qui 
lit admirer k ses contemporains la rari^t^ de ses connais- 
sances : il professait k la fois les math^matiques et les langues 
orientales autres que Th^reu : pour la philosophic, Vico- 
mercato, Milanais : en m^edne, Yidus-Vidius, Florentin, 
mMecin de Fran^ I^. Cet stranger ranima T^tude des 
sciences mMlcales en France. A Yidhis succ^da, sous 
Henri n , Jacques Dubois ou Sylvius. Le plus c^^bre de 
tous les professeurs royaux sons les petits-fils de Francis I^' 
est le fiuneux Ramus ou La Ramte, qui dans la cbaire de 
phtlosophie osa, le premier en France, attaquer la sco- 
lastique. En 1568 il fonda k ses frais dans le Collie royal 
one chaire de math^matiques. L'Unirersit^ le persteuta et 
fit brOler ses livres ; ses ennemis le firent assassiner pen- 
dant laSaint-Barth^leroy. 

Depuis Francis 1^ presque tous les souverains de France 
ont ajout^ k la splendeur du College royal par ^institution 
de nouTclles chaires : a Charies IX on en doit une de cliirur- 
gie; k Henri HI, une d'arabe ; k Henri lY, une de botanique 
et <rastronomie ; k Louis XIII , une seconde chaire d^arabe 
et une de droit canon; k Louis XIY, une seconde chaire de 
droit canon et une chaire de langue syriaque. A la fin du 
rtgne de Louis XY , le Collie royal re^ut une organisation 
nouTelle, avec la crtetion de plusdeurs chaires, entre autres 
telle de littteture firan^aise , qui fbt donnte k Tabb^ Aubert, 
litt^teur assez mediocre. En Tan xii , une chaire de persan 
fut crM , et sons Napolton une de turc. Louis XYIII ins- 
titiia deux nouTdles chaires, celles de Sanscrit et de chi- 
nois ; enfin, en 18S1 , le gouvemement de Louis-Philippe 
fonda le cours d'^conomie politique, celui d*histoire des 
legislations compare et celui d'archtologie. En 1537 une 
cl^re d^histoire naturdle des corps organist fut substitu^ 
k celle d*anatomie ; en 1839 on crte la cliahre de langue et 
de littdratiire slaves ; en 1841, celles de langues et de litt^ra- 
tures d'origine germaniqtie et de langues et de Ntt^tures 



de TEurope m^ridionale, qui ont 4A6 r^onies en une seule en 
1851 ; en 1844, enfin, celle d*embryog6nie. 

M6me sons Francois I*' les lecteurs et professeurs furent 
persecute , oomme fiivorables aux idto du r^ormateor 
Luther. En Janvier 1533 le parlement manda /^ liseurs 
duraien r University. On vit alors les savants dont la rte- 
nion illustrait la France comparaltre devant le pariement, 
et subir un interrogatoire pour le seul fait, non du mode , 
mais de la matidre de leur enseignement. L^ vinrent Ya- 
table , Paradis , Guidacerio. La oour leur fit dtfense « de lire 
et d'interpr^ter aucun Uvre de la Sainte Venture en langue 
h^braique ou grecqne ». Heureusement^ cette d^ense ab- 
surde nssta sans eflet Le Coll^ royal fit d'abord partie de 
lUniversit^ , et fut mis sons la direction du grand-aumAnler, 
qui paratt avoir nomm^ aux chaires jusque vers Tan 1661. 
II lut ensuite d^tacb^ du corps universitaire pour y 6tre 
rtoni de nouveau en 1766. Depuis Tann^ 1774, il demeora 
dans les attributions du muiist^re de la matson dn roi. 

Le CoU^e de France est, avec le Mustem du Jardin des 
Plantes, presque le seul <^blisseroent d*instruction publiqiie 
que les nivelenrs de 1793 aient respects. Depuis 1789, si 
quelques professeurs ^migr^rent , la plupart des cours furent 
continue sans jamais £tre interrompus. Dans son f^meux rap- 
port sur rinstruction publique , pr^sent^ k TAssembl^ natio- 
nale en septembre 1791 , Talleyrand-P^rigord avait propose 
que toutes les chaires fond^ au Coll<^ royal ainsi qu*au 
Jardin des Plantes disparussent pour entrer dans le plan de 
llnstitut, oil ces chaires se retrouveraient sous une autre 
forme. Les andens professeurs au CoU^e de France de- 
valent en ontre avoir place dans une des classes de Tlnstitut. 
Quatre ans aprte, le 25 messidor an lu (13 juillet 1795), 
un d^ret de la Convention maintint provisoirement Pexis- 
tence dn CoU^ National, autorisa les professeurs k ooati- 
nuer leurs foncUons , leur fit payer six mois de leurs appoin- 
tements arri^rte, et porta jusqu*& 1,000 6cas leurs hono- 
raires, qui jusque alors avaient (i/& de 1,000 k 1,200 francs. 
Aujourd'hui lis sont de 5,000 francs. Ce dtoet fut^rendn 
sur le rapport de Yillars : « Depuis longtemps, disait Tora- 
tenr, TEurope savante applaudit k leur zfefe et k leurs sooote; 
la sph^ des connaissances humaines s'est agrandie par 
rinlatigable activity de Daubenton et de Lalande. Yous con- 
naissez Delille, Gail , Darcet, Cousin, L^vesqoe, Portal et 
leurs estimables collies : voiU 1m hommes qui com- 
posent le Collie de France. On pent le dire sans crainle 
d'etre dementi par des juges int^gres et MaMs, cette 4oole 
nationale est la preroi^ de Tunivers. La Sapience k Rome, 
le collie de Gresham k Londres, les University d'Oxford 
et de Cambridge, celles d'Allemagne, ne prteentent point 
un syst^me d'enseigneroent aussi vaste , aussi complet , noasi 
propre k conserver le d^t des sdenceset des lettres. De- 
puis 1530 TEurope lui doit, en grande partie, les noni- 
breuses victoires qu*dle a remportte sur Pignorance... Sans 
elle, ies progrte de rinstruction enssent dt^ parmi noos 
moins sOrs et moins rapides; on y a vu de tout temps les 
hommes les plus illustres former le goOt des jennes littera- 
teurs, en leur apprenant k ddcouvrir dans les chel^'onivre 
de Tantiquitd les sources du beau et du vrai. Les natfiona 
^rang^res y ont puisd des lemons d*anatomie et de cbinnie; 
les chaires des langues orientales ont peupld dlnterpr^tes 
les <k:helles do Levant La chaire d'astronomie a produit 
une heureuse revolution dans la marine, en hitroduisant la 
m^hode des longitudes sur nos vaisseaux. » 

Delille,Delambre,Pa8toret, SylvestredeSncy, 
Corvisart, Yauquelin, Cuvier, Thdnard, An- 
drieux, Daunon illustrirent de nos jours le Coll^ de 
France. Sous la Rcstauration , une destitution brutale atlei- 
gnit M. Tissot : la R<ivolutionde Juillet lui renditsa cliaire. 
Sous Louis-Pliillppe , Ic tapage des <^tiidiants interrompii le 
cours de M. Lcrminier, commenc<S avec ^Jat et siicc^ ; vera 
la fin du m^e r6gne, le cours dc M. Miclielet Uii 9xj»» 



COLLIE DE FRANCE — COLLlfiiGUE 



1 



I 

/ 



^CBdo. Sons la T^bU<ine, le mdme coon (ut encore inter- 
TomiNi, nnsi que ceax de BIM. Quinetet Mickiewicz : 
aprtt le coup dntut da 10 d^cembre cee profeeseon ftirent 
dnuii^ L^adminlatratear, M. Barth^lemy Saint-Hi- 
Uire, se retira ^gglement, fonte de prMer serment. 

Oa a dit qae Francois I*' n'avaH pas asdgnd de local an 
Ooll^ de France : on s^est tromp^; ce prince, par des let- 
tres do 19 dtombre 1559 , ayalt dertin^i la construction du 
Boirrel ^tablissement remplaoement occap6 par ThAtel de 
Resle, od est maintenant la Halle-anx-Bl^ ; mais 11 moomt 
aiant que Teitoition de ce projet Mt m^ne oommenc^e. 
Depois la fondatlon , lea eierdcea da Coll^ royal se fai- 
saieat dans les salles de divers collies de lITniyersit^, 
lonqoe Henri II leor ass^na exdosiyement les colleges de 
Tr^goier et de Cambrai. En ie09, Henri IV r^lut de fiiire 
cun slrui re k ses professeorset lecteors royaoiL un Edifice par- 
ticiilier poor tears coars, avec des appartements poor les 
leger. Onallait d^ ddDlayer les terrains, lorsqae le poignard 
de RaTaOlac fit avorter oe bean dees^, aossi Men qae 
Fexp^cMtion projette de Flandre. (Test ce mdme Henri IV 
qui, indign^ d'apprendre qoe les professeors royaax n'^ 
taieat pas pay^, s'^cria : « J'aime mieox qa'on me diminue 
dema d^pense, et qa'on m'dte de ma table pour en payer 
mes lectears; je renx les contenter : BL de Rosny les 
piyera ; » et M. de Rosny paya. Louis XIII, en 1610 , ex^cuta 
le projet de son p^ , et c'est k lui qoe Ton dot T^difice qui 
sobsista jaaqa*en 1774 soos le nom de Collie royal, A 
cette 4^^ ^ ^ reconstroit en entier sor les desdns de 
faidiitecte Cbalgrin. Le 22 mars 1774 le doc de La Vril- 
IHirt em posa la premie pierre. Le GoU^e de France con- 
flste en one grande coor carr^, entotv^ de trois cdt^ 
par des bfttiments. Sor le c6it qoi kmge la place Cambrai 
rigne one grande grille en fer, qoi sort d*entrte. £n fiice 
est la fl^le des s^ces poUiqaes, salle asses Taste*, dont 
lephfood est d^cord d'on siqet all^rique, peint par Tar- 
raraL On y a oonstroit on ampbith^tre, et on l*a om^d*on 
Idilean de Le Tbiers, repr^sentant la fondatlon de ce col- 
Ufit par Francis I*'. Les b&timents lat^ox contiennait 
pinsieoTs salles od se font les coors. Les appartements so- 
ptrienrs sont destine aox logements des professeors. De- 
pois cette ^poqoe, raogmentation do norobre des coors, 
fdrntm TaHoenoe des aoditeors, a eng&g^ radministratlon 
4 aioaler k fmden Mifice one aQe de bAtiments absoloment 
sfmWabte qoi longe one grande partie de la place Cambrai. 
Oe laeeofd, par&itement entendu , semblerait de la m^me 
man qoel'^^ce principal; ilPagrandit, il le complete, 
eC lei qo*ll ae pr^sente aujoord'boi soos le rapport mono- 
mental , le CoUdge de France est, par sagrandeor etsa sim- 
pfidt^y toot h hit digne de sa haute et modeste destination. 

Le ColUge royal, dte Henri n, ftit administr^ par un des 
pio i BBaeufs ayant letitre dHnspecteitr, avec on pr^iput. De- 
pi^ la r^or^nisation de 1795, ces fonctions sont d^?olues 
k on adminUtrateur pris parmi les professeurs. Le cbef 
de r£tetnommeles professeors. Leors coors sont gratoits, 
nwls, aTooons-le, fl n'y en a qoe fort peo qui soient r^e- 
menl soiTis par les ^todiants. Aossi certains titolaires font- 
its an phis dix lemons par an , et encore sont-Os rMoits k 
raecoler, ao rooyen de lettres de conTOcation adress^ au 
ban el k I'arri^re-ban de leors amis, one mani^re d'aodilou^ 
poor repr^senter la studieuse jeonesse des ^oles k leor 
s^anee d^o u i ertu re, tocgoors annonc^ d'ailleurs avec fracas 
par de complalBantes nSclames dans des joumaux amis. 

Cb. Du RozoiR. 

Un dteret do goayeroement proTisoire, en date du 7 ayril 
iS48, adgoignlt ao Collie de France one ^le d*administra- 
Ge d^cret soppriroait cinq cliaires andennes et en cr^t 
nooTdles, dont qoelqoes^anes 6taient attribo^ k des 
do gooYemement prorisoire. M. deLamartine 
protaser le droit international et Phistobe des traits ; 
ILLedro-Rollin, Hiistobre des instHotions administra- 



87 

tiTes fran^ses et 4trang^res ; M. Armand Mar rast, le droit 
priT^ IndiTidoel et social ; M. 6 a r n I e r • P a g ^ s , r^conomia 
gto^rale et la statistiqoe des finances et do commerce, etc. 
Les ^I^Tes de la noovelle dcole ^talent assujettis k soiyre 
renseignement da Coll^ de France'; c*<itait parmi eox qoe 
derail se ftdre le recrotement des divers serrices adminis- 
tratifs. Le nom d^dl^ves do CoU^e de France leor ^tait sp^- 
dalement affects. M oins d*on an aprte la creation de cette 
^le administratire die n'existait d6jii plos. 

GOLLl^GE l^LEGTORM.. Cest le nom qo'on a 
donn^ en France k diff^rentes assemble dectorales. Soos 
le regime de la constitution de Tan vni, H y arait antant 
de collies dectoraux que de d^partemento et d*arrondisse- 
ments. Les collies d'arrondissement d^gnaient les candi* 
dats pour le corps l^gislatif et poor le tribanat avant sa sop- 
pression; ceux de d^partement cboisissaient des candidats 
au s^nat conservateor, ao corps l^gislatif et ao conseil g6« 
n^ral do d^partement Soos la Restaoration on nomma col- 
1^ Sectoral les r^onions d'decteors ayant les qoalit^ re- 
quises par la Charte poor nommer on d^ot^. La loi ^eo- 
torale de 1820 cr^ des collies de ddpartement et d'arron- 
dissement, qoi nommaient chacon on d^put^. Les pr^dents 
des collies dectoraux ^talent d6ugn^ par le roi. Soos le 
gooTernement de JoiUet la France fut divis^ en 459 colleges 
dectoraux, qui cboisissaient eox-mtoies leur pr^ident. Le 
gouvemement d^signaitseulementle lieu de Tote. Avec 1*6- 
tablissement du suffrage universel, le nom de colUge 6lec' 
toral a dO disparattre du langage politique. , 

GOLLl^GIALE, ou, en vieux style, colligiate, du 
Terbe latin colligo, je r^unis. C*est un chapitre de c h a n o i - 
nes s^culiers ou r^guliers, ^tabli dans une ^lise sans si^e 
Episcopal, k la difference des cat b^d rales, ainsi appelte 
du si^e episcopal et de Tassistance de revdqae, et qoi sont 
aossi dessenies par des cbanoines. II existait aotrdois des 
coU^giales en France dans les villes qoi n'avaient pas d'd- 
vdqoe. On en comptait m^me soorent plusieurs dans cellos 
od 11 y avait one catb^drale. Les ^glises coli^giales faisaient 
porter leors croix dans les processions od elles assistaient 
avec la catb^drale; elles avaient le pas sor toutesles ^glises 
paroissiales. II fSdlait au moms trois pr^tres cbanoines poor 
former one coU^giale. Les cbanoines des coUegiales etaient 
soomis aox m^mes regies qoe ceox des calhedrales ; mais its 
n*ayaientpas les mftmes prerogatives, celles, par exemple, 
de nommer les vicaires capitulaires pendant la vacance do 
siege, de distriboer les saintes boiles, etc. II y avail des col- 
legiales fort riches, comme celle de Saint-Jolien de Brioode, 
dont les cbanoines devaient faire preove de qoatre qoartiers 
de noblesse do cdte patemel et autant du c6te matemel. II 
y en avail aussi de tr^pauvres. La coUegiale de Forcalqoier 
en Provence etait la seole en France qoi Jooft de loos les 
droits des catbedrales : aossi prenait-elle le litre de con- 
catMdrale. On distinguait trois sortes de coUegiales, les 
ones de fondatlon royale , tellcs que celles qu*on appelait 
saintes chapelles, dont le roi conferait les prebendes; les 
autres etaient des monasteres, dont on avail secularise les 
religieux ; les troisiemes, enfin, etaient de fondatlon ecdesias- 
tique, et les prebendes ne pouvaient en etre conferees qoe par 
le pabron qoe les fondateors pretres oo lalques avaient cliarge 
de ce soin. Ces preboides se donnaient qoelqoefois a des en- 
fants de sept ans, soovent k FAge de poberie, la plopart des 
coliegiales ayant ete dans Torigine des seminaires. Abolies 
en France par la revolotion de 1792 , leors dotations ont eie 
alienees ao profit do Iresor public, ou ont cessepar rabolilion 
de la dime et de la feodaliUS. H n'avail sorveca qoe la col- 
legiale de Sabit-Denis, lorsqu'un decret de 1852 retaMit le 
chapitre de Salnle-Genevieve. 

€OLLt:GUE,en latin eollega, fait de cum, avec, et 
(ex, loi. Ce mot cbez les Ronoiains designait un honmiie 
associe k un autre dans les fonctions d*ane magistrature , et 
se disait de ceox qui exer^aient ensemble le consulat ou rem- 



pUftMient ememMe toote autre charge ^uunente de I'^tat, 
teUes quelaoeBsore, la pr^tore, le saoerdoce, Taugure , etc. 
Transports dana le mtoie sens chez lea modemea, il ae dit 
ai^ioardliui ordinairement des homniea rerdtua deB mtoiea 
fioDctiona oo de la mtoie miasioiiy k la dUTi^reiice de coU' 
frire, qui ae dit g^Sralement de ceux (jui exercent la m6me 
profession on qni sont membres de la mdme corporation. 
Lea ministreay les%aniba8sadearsy lea sSnateara, lea oon- 
aeillers d'itat, lea d^ntSs an corps ISgtslatif, les magistrata 
d'lui indine panniet ae qualifient entre eox de eolUgues, Lea 
membrea dea Acad^tea, les avocats, lea m^edns Schan- 
gent le titre de oor^frh'es. Lea notairea, qui ae qualifiaient de 
coj\fr^es BOOS Tancien regime , ont sobstitaS k cette d^- 
gnation celle de colUffue^ et le protocole de tons les actes 
notari^ commence in^tablement ainsi : « Par-devant 
maltre N. et son colUgue, notaires lu.... » La co^fra- 
iemiti suppose une conformity de Tues et d^opinions qui 
n^eiiste paa toi^joura malheureosement entre des coUbgues. 

GOLLEBETTE. Ce mot, dSrivS de col^ est employ^ 
dans plusieurs acceptiona. Dans le langage usual, il signifie 
une sorte de yfitement ou d'omement en Stofle l^re qui 
reoouTre ks ^ules, la poitrine, et ceint le cou. La colle- 
rette est gtotolement remplacte aijourd'bui par le col, qui 
est plua simple et plus ISger. Les tissus dont on se sert pour 
la confection dea oolleretteset des cols sonttr^Ans : ce sont 
dea jaconas, d^ batistes, des blondes, des dcntelles, etc. 
Cea omementa du cou ne doiyent jamais £tre appliqu^ trop 
immSdiatement aur la peau, afin de se prater aux divers 
mouTements de latftte balanofe par sa tige cerricale. Toute 
constriction, toute compression dn cou, surtout en a?ant et 
par les c<yt^, par dea coUerettes trop roides ou trop ^troi- 
tes et trop serr^ aurait de gravea inconv^ents, en gtoant 
la circulation de la tdte et aurtout de Pint^rieur du cr&ne. 

En botaniqoe, on appelle collerettes : i® P involucre 
des ombcUif^res, qui, 6tant compost d'un seul rang de brac- 
ts TerticiUSes, ressemble k ce genre de v^tement; 2° les 
firangesquirestent sur le stipe apr^ que la membrane du cha- 
peau des champignons s'est d^ir^; 3° le sommet de la 
galne des feuilles des graminte, qui porte Tappendice 
membraneux appelS langvette ou ligule, L. Laubent. 

COLLET. On appelle ainsi, ou bien encore col, la partie 
de lliabillenkent qui est plac^ antour du cou : c'estle collet 
de rbabit, de la robe, de la chemise, etc, selon qu'elle ap- 
partient k Tun ou k Tautre de ces vdtements. Cest aussi 
quelquefois une pitee accessoire de linge , ordinairement fin 
et brodS, aasez semblable k la p^lerine,'et que Ton nomnte 
aussi un col. Autrefois, lea collets de cette sorte Staient re- 
dress^ et soutenus par une carte ou un fii de ier; on les ap- 
pelait collets monUs ; mais la mode en a passS depnis bien 
dea annto : auasi dit-on quelquefois, pour indiquer qu'une 
parure est andenne ou de mauvais gotkt, que c'est un collet 
mont4, qu^elle est du temps des collets mantis, ce qui se 
dit aussi d*une personne aftectant une gravity outr^. 

£n style l^onilier, sauter au collet de quelqu'un , prendre 
quelqu*un au collet, cW lui sauter dessns pour lui faire 
violence, ou bien, par extension, rarrftter pour le faire pri- 
aonnier ; priter le collet k une personne, c*est se presen- 
ter pour coUeter ou combattre centre elle, et, au sens figure, 
lui tenir t^ dans une affaire ou dana une controverse. Les 
chasseurs emploient le mot collet pour indiquer un pi^ qui 
se foit le plus souvent avec des crins de cbeval que Ton tend 
dans lesendroits que le gibier fMquente, et qui se ferme au 
mojen d*un noeud coulant. Uy ena de plusieurs sortes : on 
nomme collets dptquetsceun qni sont tenus danslafeotede 
piquets, ou ficb^ k terre , et que Ton emploie aurtout pour 
les merles et pour les grives; collets suspendus, ceux qui 
sont suspendus par un fil k une baguette de boia vert , qu'on 
retlent plite , et qui se relive avec Poisean , lorsqoe celui-d , 
voulant saisir l*amoree, fait 14cber la detente; collets dres- 
sort, ceuxquiproduiseiitunparenefretaamoyead'anrea- 



- COLLETBT 

sort, et enfin collets traUumts, ceux que Ton attache & une 
ficelle qui tratne k terre et que Ton emploie sp6dalemenl 
pour les akraettes. On appelle eolleteurs lea personnes qui 
ont Phabitude d'employer les collets. 

Le collet d^]ne dent est la partie r^tr^ie qui sSpare la 
radne de la couronne. 

En botanique le collet de la radne est le point ordinai- 
rement place au ras de la lerre, auquel la tige fiuit et la 
radne commence. Le collet de Vembryon oancsud vital 
est Fendroit ou la plumule et la radicule de la Jeune plante 
se trouvent en contact P. Gervais^ 

On donne aussi le nom de collet, en termes d'artillerie, 
k deux petites moulures des pieces de canon, Pune situ^e k 
la culasse pr^ du bouton , Pautre pr^ du bourrelet : c'est 
sur ce dernier qu'est trac^e la rainure ou la flhdie qui doit 
servir k diriger la ligne de mire. Dans les platines de fhsil k 
pierre, on nomme aussi collet la partie de la vis du cliien la 
plus prte de la tete. 

En marine, ce mot a une infinite d'applications dans les 
agris d'un navire; la prindpale est celle qui appartient k la 
partie la plus grosse de P anc r e , prte de sa pointe, A la nais- 
sance des deux bras , et qu'on appelle coZ(e< de Fancre, 

Collet est aussi un terme d'arts et metiers. Dans le me* 
tier Jacquart, on appelle ainsi , par exemple, de petites fi- 
celles doubles, d'environ 20 centimetres, passeea dana chacun 
des croch^ de la mecanique, et temiuiees par un anneaa 
dans lequd sont retenues les boucles des branches ou arcar 
des qui opirent le dessin. La planche que traversent ces pe- 
tites ficelles s*appeile planche k collets. Mebur. 

COLLETET (Guilladme), ne^ Paris, le 12 mars t&98» 
Pun des premiers membres de PAcademie Fran^aise, se fit 
d^abord recevoir avocat au parlement. U ne paratt pas qu'il 
ait jamais plaide. Des liaisons qu^il ibnna presqu^au sortir 
du college avec des jeunes gens qui s^occupaient de littera- 
ture et de vers determinerent sa vocation pour la poesie. 
Le cardinal de Richelieu Peogagea k travailler pour le tlie^tre : 
il obeit, et compose en vers, sur la prose de Pabbe d^Aubi- 
gnac, Cyminde, ou les Deux Victimes, tragi-comedie, el 
eut part k VAveugle de Smyme et aux Tuileries. Le mono- 
logue de cette derniere piece est de CoUetet. Le cardinal en 
fut ai content, quMl lui envoya six cents livres pour six vers 
contenant la description de la piece d*eau du jardin ; et Ck>l- 
letetde lui repondi^ : 

Armand, qoi pour ail vert m'as donae sii centt Uvret, 
Qae oe pais-je k ce prix leveiuire tout mm tirres? 

Richelieu, du reste, ne fut pas son seul protecteur : Par- 
cheveque de Rouen Francis de Harlay .et d'autres grands 
seigneurs lui temoignerent beaocoup d^estime et dMnteret. II 
re^ut du premier pour un hymne k la Vierge une statuette 
d*ApoIlon en aigent II obtint des places honorables et Iq- 
cratives, et entre autres celle d^avocat au conseil du roi. II 
ne fut done pas toujours aussi pauvre et aussi malheureux 
qu*on Pa pretendu : on apprend memo par qudques-unea 
de ses pieces qu'il possedait une terre aux environs deParis, 
et qu'il avait lieu d'etre satisfait de son sort. Mais les guerres 
civiles le rumerent, et son inconduite achevade le r^uire k 
la misere. Pen ddicat sur le choix de sa sodete habituelle . 
11 epousa successivement trois de sea servantes , et aflec- 
tlonna particulierement la troisieme, qui s'appelait Claudme. 
Du reste, il ne tint pas k lui qu'elle ne pass&t pour un pro- 
dige de beaute et pour une dixieme muse : il com|>osait 
sous son nom des vers qu'dle redtalt k table avec asses 
d'agrement Mais quand Pepoux fiit mort lea chants d« 
Pepouse cesserent, et La Fontaine compose k cette occa- 
sion une epigramme qui conunence amsi : 

Let oraolet ont eeit^ , 
CoUetec eel ttipuU : 
Dit qu'il eut U bouohe dote, 
Sa femme oe dtt plut rieo; 



GOLLETET — COLLIER 



39 



Arec le paorre ehr^ea. 



QtUetet ^taH fiteond et laboTieox ; U ne HMiiqiiatt Bi ^ 
taiti ri de teeOlM , et qoelqvesMgHns d« MB ^piptniies ODt 
di nitrite. Le jvgetMot s^t^ de Boflean sor son fiU a Did 
i Si rtputation , beaocoap de critiques les ayant coaftmdns. 
$ts tnMi nir dUKrents eemea de poMe, rtenb emit le 
titre d'Arf poMque dn siewr CoHHet (Paris, 1658), indi* 
quent dee conmlMaiioes approfondies, et proaTent one pa- 
ret^ de goM (foe ses poMes m f&nkgA pas toojonn soop- 
^oBBer : c^Bst im lim exceHeat k oonsiiller poor lea per- 
somws corieittes de ooanattro neire aaeieiine UtMratwe. 
COUetet a compos^ en outre, une bistoire de la vie des podtea 
fran^, qo^ atait condDite jamfo^k tm oolitediporaiDS et 
dont le mannscrit est 4 la bibUothdqiie da canseil d'etat t U 
coatieiK enYfren Me biographies. OBdoit kGdUiuBieGoUetet 
le qealnlfi aaivant but fobligatieB eii U se tranra, poor ae 
pas raourir de Mm Y de nettre CB gige la statoetle d'ApoUoB 
que hifi snit doBii4e I'arehevdqae de Hariay : 

Si 9 vojaot DOS exploits divers, 

Je DC compose plus de verfe, 
C*csl que poor siibstseer et oourtir moo mfoage 
I'sl BUS BOB ApolloQ ct ptcs ttmsei en gige. 

11 BMumt le 11 fi^rrier 1639, dans une situation si mia^ 
tMd, qoe ses amis furent oUigte de se cotiser pour pour- 
?oir aux frais de sea (un^raiUes. 

GOLLETET (FRA11901S ), fils du pr^c^dent, naquit k Paris, 
en 1636. Certea, dans la quantity prodigieuse de vers com- 
post par loi, il ^tait facile de trouver luati^e k satire; mais 
OB rogrette qoe Boileau ne se soit attach^ qu*^ la mis^ dn 
pinn^ Colletet pour le toumer en ridicule et lui reprocker 
darmeat de mendier son pain de cuisine en cuisine, 
f^ai^ois paralt avoir ^ militaire, car, fait prisonnier en 1651 , 
et oaiidait ea Eepagne, il y subit trois ans de captivity. A 
SOB Rtoar k Paris. U entra comme pr^cepteur dans une 
graode malBon; roais, ne trouvant passon compte k ce nou- 
vean as^lier, fl cbo'cba une reasource dans sa iilume, et ^cri- 
fit po«r vivre. Aussi a-trii public un trte-grand nombue de 
volumes en vers et en prose. Sur la fin de sa vie, en 1676, 
i qMbI le privfl^ d'un journal d*annonces, qui, selon 
toBlta appwBBCOy ne Tenrichit pas. Son attacbement pour 
aea pin offrs quelque cbose de toucliant. II le d^fendit 
oDBiCaiBOMnt centre ses adversaires, et m6rae apr^ le d^cte 
de Gofllaone » il lui adressait annuellement le tribut de sa 
iBCBBnawaaBce el de son amour. On ignore T^poque pnkuse 
desaBMwl. 

COLLGTTA (Pibtbo)^ ministre de la guerre du 
reyaoBM de Naples k T^poque de la revolution de 1820, 
k Raplesy le 23 Janvier 1776, d^une respectable famille 
Jenne encore, II t^moigna les dispositions les 
plaa faeBiBoses pour TMude des maUi^matiques, et put en- 
tier dis TAge de vingt et un ans dans le corps d'artillerie. 
La part active quH prit k la r^rganisation du pays , lors de 
TiBvaaoB des Francis , lui valut k la premise restauration 
de la maison de BonrboB une incarctotion , que Pinterven- 
tioB active de ses parents et de ses amis eut beaucoup de 
4 fcirecesser. 11 rentra alors dans la vie priv^ comme 
dvil; mais quand Joseph Bonaparte devint 
rai de Naples, en 1806, il recouvra son grade dans Tarm^, 
eC prit nae part Importante au si^ de Ga^te, k Toccupa- 
liOB de la Calabre et ii la pnse de Tile de Gapr^e. En 
tgos Joaelura Murat le nomma intendant de la Galabre 
cittrieiire, et en 1812 il re^nt le grade de g^n^ral, avec la 
direetMB g^a^rale des ponts et chauss^es. Piac^ dk& Tannte 
soivaate k lat6te de Tadministration des communes, il as* 
sista k la aomrelle n^olution que son pays ^tait encore une 
Ms coadaBuitf k subir. En 1815 il n^oda pour Murat k 
ratal inin; et le goBveraemenl des Bourbons , quelque ave^ 
qoH eAt pour sa periBonne , B^enjugeant pas moins sea 



services n^cessaires, lui confia successivement plusieurs 
emplois militaires importants. 

Lorsque ^data la revolution de 1820 , Colletta Ait envoyl 
en Sicile avec le titre de commandant general et les pou« 
voirs de vice-roi. II sut y maintenir le bon ordre, et-y de- 
meura jusqu*4 ce que Tintervention autrichienne le rappela 
k Naples, od on l*avait nomm^ ministre de la guerre , lorsque 
d^^ la cause de la constitution etait definitivement perdue. 
Il fut alors arr6te et detenu comme prisonnier d^tat au cha- 
teau Saint-Elme, puis exile k Brunn, en Moravie. Plus tard 
on lui permit de s etablir k Florence. H y v^cut dans la pau- 
vrde et dans un complet isolement, occupe uniquement de 
la composition de sa Storia del Reame di Napoli dal 1734 
al 1825, ouvrage qui ne parut qu'apres sa moit (1 vol., Ga- 
polago, 1824), et qui a obtenu depuis de nombreuses editions. 
Daos ce livre, qui fait honneur k la litterature italienne, Tau- 
teur a retrace beaucoup d*evenements auxquels il lui fut 
personndlement donne de prendre part Son style, toujours 
dair et degant, est parfois emprdnt d^uneremarquable cha- 
leur ; et dans ses appreciations il fiiit preuve d'autant de sa- 
gacite que d'independance. Le general Golletta mourut le 
11 novembre 1831. 

COLLI BERTSy nom sous lequd est connue une race 
proscrite, qui existe encore de nos jours dans les marais da 
la Vendee (voyex Gagots), oji die diminue chaque Jour et 
finira par s^eteindre. On suppose que pendant la feodalite 
cette denomination appartenait k une classe intermediaire 
entre les serfe et les bommes libres, et Du Gange la fait 
deriver des mots latins cum et libertus^ desigaant les af fran- 
chis d'nn memo patron ; die pourrait aussi signiAer francs 
du col ou du collier, Ge qull y a de certain, c^est que 
bien que lea serfs Aissent inierieurs aux ColliberU, ceux-ct 
etaient prives en partie de leur liberie, et que leur mattra 
pouvait les vendre, les echanger ou les donner comme 
les serfs. Les ColUberts de Vendue ferment une race vaga- 
bonde, presque sauvage, n^habitant ordinairement que dea 
bateaux , s'adonnant a la pdche, et objet de m^ris et de 
crainte superstitieuse pour les autres habitants. On regarde 
ces malheureux , mais k tort, comme des esp^ces de cretins. 
Us ne s'alUoit qu^entre eux, et se tiennent prindpalement 
vers les embouchures du Lay et de la sevre niortaise. II fiiut 
se garder de les conlondre avec iesBuf.tiers, 

COLLIER* en latin collare, derive de coUum, cou; 
Ge nom , pris dans son sens propre, sert k designer ua 
omement qu'on porte au cou. Les colliers, objets de parure 
ou Buurques de distinctioa, sont, chex les peuples plus ou 
raoins civilises, des rangs, soit de petites coquiUes, soit 
de grains de coreil, de substances vegetales trte-dures, d^ 
perles, ou bien dea chatnes d'or, d'autres metaux, de pierres 
predeuses et memo de diamants. L'usage du collier re- 
monte k la plus haute antiquite; les femmes ea portaieat 
pour oraement. On en mettait au cou des deesses : on voit 
sur les monuments des colliers de peries au cou de Mi- 
nerve; la deesse Isis, comme on le lit dans une inscription 
veaue d'Espagne, en avaitun ome de plusieurs pierreries. 
Dans une autre inscription de Gruter, nous lisons queSym- 
phorus de Riez, en Provence, et sa fiamme Procris, offri- 
rent k Esculape un collier d*or compose de petite serpents; 
Gdui que decrit Aristenete , dans sa premiere lettre , est plus 
remarquable : il etait ome de pierres predeuses, dont les 
plus petites etaient disposees de maniere qu^eUes formaient 
\e nom de la bdle Lais, qui le portait. Gdui qu'on donnait 
aux soldats cbez les Gaulois et les Remains, comme una 
marque dlionneur et une recompense de leur valeur, s'ap- 
pelait torques. Maidius re^t le sumomde Ibr^tca/iw pour 
avoir pris un collier k ua Gaulois; ob en donnait encore, 
sdon GapitoUn, dans les jeux militaires. H y en avait dV 
dmple, d^autres d^or ome de pierreries, quelques-uns 
d'aigent, selon Pline. Les peuples de la Grande-Bretagae ea 
portaient d'ivoire. Au moyen Age le collier devint un de» 



40 



COLLIER 



ornements des cheTaliers, el fbt adopts par plnsieon 
ocdres mflitaires; oependant, la coatnnie de donner des col- 
liers aux persomies qu*on Mtimait oo dont on youlait r^ 
compenser la braToure ne se perdit point. Sealement on 
lea appda chaines. Louis XI en decora les d^pnUs suisses 
qui lul apport^rent le premier traits sign^ avec la conside- 
ration. II en donna un du prix de 500 ^cus k Raool de Lannoy 
pour sa conduite au si^ de Qnesnoy. Depuit, le collier 
cessa d*6tre une decoration militaire poor derenir une panire 
de femme etie signe distinctif de fonctions snbaltemes. 

On appelle le collier <Pun ordre^ en general, une chatne 
d*or emailie, souvent a^ec plusieurs cliifnres, au bout de 
laquelle pend une croix on quelque autre marque distinc- 
tlYe. 

llaximilien est le premier des empereors qui ait mis un 
collier d^ordre autour de ses armes, lorsquMI dcTint chef 
de Fordre de la Toison; en France, c^est Louis XI qui le 
premier entoura ses armoiries du collier de Tordre qu*il 
a?ait institue. Edme H^rbad. 

Collier est encore un cerde de fer, de cuivre, d'argent, 
de cuir ou de quelque autre matike, qu'on met au cou des 
esclayes et de qoelques animaux, surtout des chiens. Let 
colliers deforce sont arm^s de pointes en dedans, pour 
dresser les chiens d'arr6t. On nomroe chien au grand col- 
lier celui qui conduit les autres. ProTerbialement et figurd- 
ment chien it grand collier se dit d*un Inmune qui do- 
mine les autres et les entratne h son opinion. Scarron a dit : 



De ces aoteurt au grandcoUier 
Qui peosent tiler k la gloire 
Et ne TODt que chei Teptcier. 



Collier signifie aussi la partie du hamais des cbevaux 
de cbarrette ou de labour qui est flaite de bois et rembour- 
r^e, et k laquelle les traits sont attaches. Un chevcU de col' 
lier est un cheral propre k tirer ; un cheval franc du col- 
lier, un cheval qui tire de lui-meme. On dit aussi au figure 
4tre franc du collier, pour dire etre sans reproche, agir 
ftanchement en toute chose. Donner tin coup de collier, 
c^est, encore au figure , (aire un nourel effort pour reussir 
dansquelqueentreprise. Collier detnisbre seditd^un trarafl 
peniUe qu'on ne pent interrompre que pour le reprendre 
bient6t. 

Ge mot reQoit encore d*autres acceptions : il signifie la 
corde qui tient le col du renreux (sorte de filet k prendre 
du poisson), et qui s*arrete au pieu ficbe dans Tendroit oti 
on veut le tendre; les pieces de bois posees au-dessus du 
pan de bois du premier et du second etage d*un moulin k 
Yent, par-deyaot et par-derriere; Pastragale d*un diapiteau 
de colonne , tailie en perles, en olives ou en paten6tres; le 
cercle de ler ou de cuivre qui sert k maintenir par le haut 
le piYot dM Tentaux des portes d'eduse, etc. etc. 

£n botanique on entend par collier (collar e, annulus, 
ligula) une sorte d'enveloppe propre 2i certains agarics et 
k quelques bolets. En zoologie on designe sous ce nom un 
chapelet de plumes , d^ecaillesy de callosites, ou de plis de la 
peau , qui entourequelquefois le cou des oiseaux ; les longues 
plumes qui dans certaines especes pendent de la joue ou de 
la tempe sur les cdtes du cou ; une bande de couleur tran- 
chante qui se Toit au cou de certains mammiferes, oiseaux 
et reptiles; la partie du corps des colimacons (helices) qui 
debordele pied, lorsque Tanimal estrentre dans sacoquille; 
le segment du corps des insectes qui portent les deux pre- 
mieres pattes; enfin quelques series transTcrsales de polls 
qui sont en avant du dos de certains dipteres. L. Lauiiert. 

GOUJER (Ordre du), ordre de cheTaleriederandenne 
republique de Venise, dont les titulaires s'appdaieat aussi 
chevaliers deSednt-Marc on de la M^daUle, et n'avaient 
point de costume ou d*hahit particuUer. lis portaient seu- 
lement au cou* pour marque distinctive, la chatne que le 
doge leur donnait en leur conferant Tordre, et k laquelle 



pendaK one medaille snr laqodle etalt refflgie do Ken aOe 
de la republique, tiree du symbole de reTangeUste saint 
Marc , son patron. 

Cest aussi le premier nom que porta un autre ordre, celui 
des Lacs d* Amour, institue en 1355, par Amedee, oomlede 
SaYoie. 

Le pere F. Amould, jacobin , dansun liyre intitule : /w- 
titution de Fordre du Collier celeste du Saint-Bosaire 
(Lyon, 1645), pretend qu*A sa sollidtation la reine Anne 
d'Autricbe, veoTe de Louis XIII, institua un oidre qui de- 
Tait porter ce dernier nom et etre compose de cinqoante 
fiUes derotee, sous la direction d'une intendante oo supe- 
rieure. 

COLLIER ( Affaire du). Ge procte, qoi miten emoi la 
cour de France, le haut cleige, le pape, to college des car- 
dinaux, et dont les debats retentirait dans toote rEurope, 
n*etait en realite qu*un« afilMre d'eseroqoerie et de fttox en 
ecriture priree* Mais loriqtt*il eclata, les passions poli- 
tiques se rattacbaient k tout La cour, les parlements, le 
dcrge, la noblesse , les etats proTindaux , etaient en hoeti- 
lite ouTerte, et chaque parti se faisait une arme oontre ses 
adversaires de tout ce qui pouYait CsToriser ses haines on 
ses sympathies. Tout est extraordinaire, bixarre , imprefu 
dans ce Utige si scandaleux et si oompUqoe , k propos d'one 
riche parore de femme , oommandeepar Loois XV ponr sa 
demiere Csvorite. C*est en 1774 qoe le vieox roi chaigea de 
ce traTail les joailliersde la cooronne Bohmer et Baisanges. 
II leur fallait du temps et des avances considerables poor 
former one collection qoi, par le fini do traTaH', Tagenoe- 
ment des pieces, la purete, redat et les dimeiMions dei 
diamants, fl^tun chef-d'ceuTrede luxe etde richesae. Bs as- 
soderent k leurs traTaux et k leur speculation d*habiles oo> 
▼riers et de riches lapidaires. La mort de Louis XV les sor- 
prit L'oeuTre etait trop aTancee pour qu'Us possent Faban* 
donner ou la suspendre sans compromettre leur existeoee 
commerciale. Us continuerent done dans Tespoir que la pa- 
rure serait achetee par la nouvelle rdne. Mais A la fin de 
1784 leurs demarches et cdles de leurs co-interesaes n'a- 
vaient abouti k rien. Terminee depuis plusieurs anneea, la 
pamre avait ete estimee 1,600,000 fr. 

Une femme sans fortune et sans consideration la oootoI- 
tait, non poor s'en parer, mais pour s'en approprier la Ya- 
lenr. Jamais spoliation ne fut con^ue et executee afoc plus 
d^audace et d^adresse. Void sommairement les liits etaUis 
et prouTes par I'enquete judiciaire qui occupa la grand'- 
diambre du parlement pendant plus de huit mois : Le prinoe 
Louis, cardbal de Rohan, grand-aumtoier de France, 
etait mo/ tm A la cour; 11 avait Uprisen etatde concussion 
flagrante dans Tadministration des Quinze-Vingts. Ce proces 
honteux avait eo un grand retentissement; la banqoeroate 
recente de Rohan-Guemenee ayait acheye de fidre tomber 
la maison de Rohan, naguere si puissante et si consideree, 
dans la plus desesperante defaveur. La reine Marie- An- 
toinette croyaH, k tort ou k raison, que le prince Louis, 
pendant son ambassade k Vlenne, s'etait oppose k son mai- 
riage avec l*heritier presomptif de la couronne de France 
( Louis XVI ). La position du cardinal de Rohan k la coor ecait 
done msoutenable ; il n'ayait ediappe k lIuAunie d^me con- 
damnation pour crime de concussion qu*en acceptant le ra- 
proche d'meptie et de legerete. Tout retour k la foyeor, no 
pouyoir, hd etait interdit. Lui seul pouyait se (tin ilinsioB 
sur son irreparable disgrace, car il avait toute la crMuMe 
d*un entent Des escrocs titrSs, ou se donnantpourtels, 
des hitrigants qui avaient prdode dans les bretans et lea 
tripots, speculaient sur les fantaisies et les defauts de ce grand 
enAnt en soutane rouge. 

M^ de La Motte, se disant Issue de la royale race dea 
Valois par un fllsnaturd de Henri II, avait surtout pris aor 
lui un immense ascendant Elle lui persoada qo'elle einit 
ao mieox avec la reine, et qu'elle avait toote sa oonfiaaoa. 



GOLUER 



41 



f3\eflatta Sontiininenee d*iin[»roinpt refoor dans 1« bonnes 
gxAoes de Sa Mi^jesl^, et fila son romsn ayec U phis astn- 
deine pen^^rmnce. Des tfWs sobaltornes la seoondakot 
Le ear&nal ^tait sons le cbarme de tons les genres de s^ 
doetion. Bf** de La Motte lui bit entreToir I'esp^rance 
d*alfeiMir une indention injaste, et, enbaidie par le slic- 
ed, ntiMte pas 4 hd demander, aa nom de la reine, d*a- 
bord na prM de 60,000 fir., puis un autre de 100,000. Les 
deux sommes hd sont remises. Le eonp de mattre ^tait d'en- 
lerer le «4Ker. Des compares insinnenl aiix joaflHers que la 
cootesse de La Motto-Yalois poorrait leor p ro cu rer la Tente 
de leor prteienx mais embarrassant chef-d'onme. Un pre- 
mier rendei-yoiis est obteno de Vamie, de la amfidentein* 
time de 5. M. la retne, Refos formel de la dame de se 
prMer k la moindre proposition ; efle n'en parlera pas k 
S. M. Sonmari, soffidt^ k sontoor, proraet son interren- 
tSoB. n aeeepte des Jotflfiers des cadeaox de qoelqnes mille 
fraaes, nne montre trte-riche d'entonrage, nn solitaire, dc 
La eomtesse agira. Une premie entreme avec les joailKers 
a Ken le 24 dicembre 1784. Le cardinal ^ait alors dans son 
dlocise. A8onretoar,OBlulpariedacolUer,qaelareined^ 
sire ardemment, mais que la pteurie du tr^r et le sys- 
tteie d'tonomie adopts par le roi ne lui perroettent pas 
d'adieler. Du reste, S. M. est tout 4 fliit revenue sur le 
compfe du csdinal. II peut tout attendre d^sormais de sa 
recoanaissaBoe , mais la leine ne saoralt paraltre en rien. 
Le cardinal scnl agira sans interm6diaire arec les joail- 

KfS. 

M** de La Motte leur annonce la Tisitedn cardinal poor 
le 24 Janvier 1 785, et effbctiTement le mdme jour il va Toir la 
psmre, et lenr dit quH est charge d'en n^gocier requisition, 
Doo poor lui , mais pour une personne qn*il ne peut nom- 
■or ; lis anraient Ueu d'aiUeurs d*6tre satisfaits des conditions 
do marcb^. Aprte queiqnes pourparlers cbez les joailHers 
et cbes hd, le cardinal condut rafTaire. Le prix est Ax^ k 
1,660,000, fir., payables en quatretermes^ux de400,000fr., 
tes iat^rMs non compris, la premie ^cb^ance au si juil- 
let suHant Les 'joaiUiers acceptent les propositions foites. 
lis ogneat le bulletin que le cardinal leur reroet le len- 
dennia avec Tacceplation de la rdne , sign^e Marie' An- 
MaeUe de France, Dans ce dernier acte d*un haut drame 
dlrtngpe, W^ de La Motte a tovjoors M on oenste ^(re 
riatermd^Bire entre la relne et le cardinal. C*est elle qui a 
renm k Son Eminence le bulletin des propositions approu- 
tte Marie-Antoinette de France, et te collier passe le 
mteie joor du magasin des joailliers dans les mains du car- 
dinal, et des mains du cardinal dans cdles de M** de La 
MbCte. Elle se erolt assure du sucoto. Tout s'est passd dans 
le plus profond mystire entre elle et le cardinal. Elle a six 
mois derant die. Blais Bobmer et Bassanges sont breret^ 
de la reine. Le cardinal est souvent appel6 k la oour par les 
devoirs de sa charge. Un mot k la reine peut r^vder toute 
fiatr^ae. Le collier, les bracdets, les girandoles, tontes les 
pitees de la parure ont d^ d^jii ddnont6es ; le connte de 
La Motte en a emport^une partie en Angletarre, d^autres 
sont vendoes ea France. Un grand cbangement s^est opd^ 
diei les ^pom : les vieux meubles de leur maison de Bar- 
sor Anbe , oeux de leur logement k Paris , ont M remplacds 
par des meubles neoft magniHques; la eomtesse a fait to- 
nir de Lyon des robes dont une princesse se serait parte ; 
die dfinodle de diamants, d quand le cardii^l s'enquiert 
de ee cbugementde fortune, die lui r^nd que le prodlge 
qui rdonne n'est que reffd de la g6ndrostt6 de la rdne. 
Mds eomment se liit-il que S. M. n'ait pdnt encore portd la 
fimeose parure? Tdle est la question du jour. Cest, r^ 
pondalt-on, que S. M. a r^lu de ne s*en parer qu'it PAques. 
Plus tard, <fest qu'dle ne reut s^en senrir qu*aprte en avoir 
|M(y6 an molns une Ibrte partie sur ses <iconomies avant d*en 
porter an roL Toutes ees raisons dalent bonnes pour le cr^ 
dide cardiMl, an moint pendant qudques mois, dM"^ do 



La Motte avait dispoad une sc^ nourdle poor entreteiir 
soniHusion. 

L'dchdance du premier teraM de payement approcbdt 
Rien n*dait cbangd dans la oondoite de U rdne A sondgard. 
Pas un mot pas un regurd, ne lui annon^t le retour des 
bontds de S. M. La eomtesse y suppldaH par de petlli billets 
consolateurs. Enfin, die annonce un rendes-vous mystd- 
rieux. Ce sera le soir, par une beUe nuit de juHlet. Entre 
ome lieores d minnit, la reine passers sur la terrasse du 
cdtd des bosquets', die donnera au cardinal une rose, beu- 
reux gage de ToubU du passd dd'un plus doox espdr pour 
ravenir. Son Eminence est exacte an renda-Tous. Une dame 
grandedbdleparalt : c'est Men la taille et la ddmarche de 
la rdne. Elle s'avance, le cardinal n*entend que ces mots 
prononcds 2imi-Tdx : « Yoos pourea esp&er que lepass6 
seraaubM, » La rose est pr68eBtde,le cardinal la praidet 
la presse sur son coeor. II ta rdpondre, mais une voix a 
crid : « Madame et madame la eomtesse d'ArUHsJ » le 
cardinal s'esquive, ivre de bonbeur et de joie. L'babOe in- 
trigante qui avait imagind d dlrigd cette scdie de mystifi- 
cation, Farait Toolne simple d rapide pour en assurer le 
suocte. Le lieu avait dtd adroitement choisi. Un seul per- 
sonnage en scdie : le comte de La Motte Tavait choid lui- 
mftme parmi les beautds du Palais-RojaL Son rdle dtait h- 
cile : qudques mots prononcds k toIx basse , un sour 
rire d le don d'nne fleur. Et, le rideau tombd , la prdtendne 
Marie-Antoinette, qui n'dtait que la demoiselle Le Guay d*0- 
liva, M^ de La Motte, son dlgne dpoux, d un deur Re- 
teaux de VUlette, cddbraient k table Hienreux succ^sde la 
sc^ne de la tehasse. M** de La Motte ne perdit pas un in- 
stant pour fdre disparaltre les riches ddbris du collier d ses 
complices. D^OHva et son jeune amant Toussaint Beausire 
parttavnt pour BruxeDes; le chevdler Retaux de Yillette 
pour la Suisse, d le comte de La Motte, avec la meUleure 
partie du butin, pour TAngleterre. M"® do La Motte senle 
dtait restde« Elle n'avait pas attendu la fin de juin pour tenter 
d'obtenir un ddid pour le premief payement. Un billet de la 
reine annon^ au cardhial llmpo&sibilitd de faire les foods 
de cette dchdmce. Bfais les jodlliers ne perdraient rien pour 
attendre; lis recevrdent sous peu 700,000 liv. au lien de 
400,000, et on leur oflRralt k llnstant 30,000 liv. poor les 
intdrdts du premier terme. La reine ne pouvdt fdre plus. 
Ces 30,000 Ht. furent en dfd remis au cardind par 
Mm« de La Motte, d par cdui-d aux JoailUers. H^ de La 
Motte s'dtdt imposd ce sacrifice de 30,000 fr. poor gagner 
du temps. 

On ed plus qu'dtonnd sans doute d du long silence des 
joailliers d de Pimperturbable crddulitd du cardUid pendant 
dnq mois. Mais comment expliqoer le dience de la rdne et 
des ministres depuis le 12 juillet? Ce joor-U, les jodiHers, 
pressds par le caidfaid d'adresser k la reine une lettre de re- 
nierciement, hd avdent fdt parrenir la suivante, dcrite 
sous sa dictde : « Madame , nous sommes au comble du bon- 
lieur d'oser penser que les demiers arrangemoits qui nous 
ont dtd proposds, et auxquds nous nous sommes soomis 
avec zde et respect, sont une nouvdle preure de noire sou- 
mission d ddvouementaux ordres de Votre Majedd, dnoos 
avons une vraie satistection de penser que la plus bdle pa- 
rure de diamants qui existe servira k la plus grande, k la 
mdlleure des reines , etc. — Bobhbb d Bassarobs. — 12 
Juillet 1785. » La lettrearriva k sa destination , car pen de 
jours aprto les joailliers eurent une audience de la rehie. Co- 
pendant, la dgnature Marie^Antoinette de France^ appoode 
au has du marchd du f fi§Trier, dtait fiiusse. Toutes les pi^ 
tendoes lettres de la reine aa cardind dtaient fimsses. Cd- 
tait un Idt ddmontrd. Comment done se Csit4 qne ce n*est 
que le IS aoAtsuWant, jour triplement Idrid, jour de I'As- 
somption, jour de la Idede la rdne, jour amdversaire du 
T(rn de Louis Xlll, qu*i onze heOres d demie du mate le 
cardind Louis de Rdian edarrdd an moment od, rerdta da 



4Sl 



OOLLUA 



Mft habits pontiftcam » il e&Ire dans la cbapelie 4u tMmm 
de VenaiUeft pour y cdl^rer la mesae? L*arreBtation aM 
ofdoDD^etdirigteparlf. defirateidl,iiii]iistre. Poorqnoice 
fiileiice de six semaines depois la d^courartede reacroquerieP 
Pourqaoi ce grand ^dat pour rarrestation tardiYd de ceiui 
qui ^tail sigD^ conune auteur ou oompUoe de oe d^t ? 

Du reste , la premi^ d^ooarcbe du cardinal amioDfa 
clairement qu*il n^^tait que dupe et non complice de Tintri- 
ganto. A Finstant mdme de son arrestation, il offiit de re- 
mettre le march^ el^ en arriyant ches lui, U se hilita de I'en- 
voyer au roi. Cependant, le lendemain ^teil conduit k la 
Bastilley et y ^iait log^ dans le principal appartenient; trois 
de ses domestiques s^y enfennerent avec lui* Mn^ de La 
Motte Alt arr^t^ dans sa maison de Bar-sur-Aube , au milieu 
d*une sod^ nombreuse et briliante. £Ue aurait pu se sau- 
cer, en accompagnant son marl, parti le 18 pour T^tianger, 
car elie n^ignorait certainement pas Tarrestation du cardinal. 
Conduite k la Bastille le 20 aoOt, elie nia ayoir eu aucune 
part 4 Taffaire. EUe indiquaCagliostro, quidemeurait 
dans la m^me maison qu'elle, rue Saint-Claude, auMarais, 
conune pouvant donner quelques renseignemettts. Cagliostro 
iut arr6t^ le 23, au moment ou il se disposait k partir poor 
Lyon, ok il devait fonder une loge ^gyptienno. Les cbeyaux 
de poste ^talent command^ 6a femme ne (ut arr^e que 
le lendemain. lis furent tous deux auasi conduits k la Bas- 
tille. On arr^ta successiTcment le baron de Planta, ami du 
cardinal; le chevalier d'£tienvflle, M»e de CourTiileet le ba- 
ron de Pages, escroc de salon. 

L'information ne r^yda qu'un incident ^pisodiqne, qui oc- 
cupa longtemps les juges. U fut constats que les foux ulp- 
pnmvis n'^taienl pas de T^criture de Mb« de La Motte. La 
grand*chambre, diarg^ par lettres-patentes du 5 septembre 
1785 de rinstruction et du jugement du procte, nVrivait et 
ne pouvait arriyer k aucune solution; la v^rit^ restait enve- 
lopp^ d*ttn yoile imp^n^able. £lie apparut enfin, par les 
revelations de la demoiselle Leguay d'OHva, que le nwiistre 
des affaires etiaog^res avait (ait arr^ter k Bruxelles. £lle 
entra k la Bastille le 4 novembre 178&. Cependant elie ne 
put soulever qu'une partie du voile. Elie ne savait que la 
scene de la terrasse du chAteau de Versailles ; mais toutes les 
incertitudes cess^rent eu presence des revelations dedsives 
de Reteaux de Villette, Dls d'unmagistratde Bar-sur-Aube, 
qui avait servi dans le roeme regiment que son coropatriote 
le comte deLa Motte. Cette arrestation, la plus importante 
de toutes, etait due au basard. II avait ete arrete k Geneve 
pour un motif etranger au prooes, et avait demande, dans 
un premier acoes de frayeur, si la demoiadle d'Oliva etait ai^ 
letee. Sur la reponse afBrmative, il s'ecria : Je mis perdu. 
Inter pelie d'expliquer la cause de son depart de France, il 
i^jouta : « Qoand on est compromis dans une afiaire^oii la 
signature et la porsonne de la reine sent foussement'com- 
praoDises, le plus silr est de s'en aUer. » II raoonta ensuite 
le (ait de la terrasse de Versailles. II y etait; la demoisdie 
d*01iva avait ete amenee de Paris k Versailles par le copite 
de La Moite, et conduite par sa femme sur la terrasse. De 
Villette, oondnitii Paris, fut ecroue^ la Bastille le 29 mars 
I7S6» II conflrma dans ses premiers hiterrogaloires devant 
la COOT tout ce qu*il avail dedare k Geneve, reAisa de s*ex- 
pliquer categoriquement sur les (aux Approuv^ Marie- 
Antoinette de J^once etsurd'autres ecrits attribues4 8. M., 
et ecrivitAM. de Veigennes, auqud il avait, disait-il, 
d*importantes revelations k (aire. Sa lettre M renvoyee 
par ce ministre aux magistrats; interroge de nouveau, 11 
avoua avoir ecrit ces lettres ou billets, le bulletin des pro- 
positions pour I'achat du collier et les Approm>Ss Marie' 
Antoinette de France. 

Ces revelations etaieal aeeablantes pour M"^ de La 
Motte, mais die n'en Iut point abattue; die sootmt re- 
preuve des confrontations avec le plus audadeux cynisme. 
InterpeUee ^e s'expliquer sur la declaration da baron de 



Planta et du pka Loth, minime, die essays de les reonser : 
die reprocba au premier d^avdr vouln plusieurs fois la se> 
duire par violenoe, et an pire Loth dVoir debanche sob 
mari etde hii a^dr proewr4 des fiUes. Lea depositiona da 
ces deux temoUis n'etaiant relatives qu'anx depenses ex- 
traordiaaires des epoux La Motte k partir du i*' £6vrier 178&« 
BI"* de La Bfotte repondait qu'avaat cette epoque et depuia 
eUe avdt re^ en don du cardinal 33a/)00 livrss k dea 
epoqnes diflerentes, jamais phis de 30,000 k la Ibis, da 
plus f 68,100 liv. de diffteantes personnes , Idles que lea 
duesde Peathievrei d'Orieans, de Choiseul eldu conlrdlear 
genital Elie nia avoir re^ du cardfaid, sur deux billets da 
la rdaa, 160,000 liv. Quanli la sotee de la terrasse, dto 
soiitini que le cantind, en supposanlque la reine eOl ac^ 
cepie an readea-vous sur cette terrasse, pendant la Bail* 
aurdi M autant qu*dle-meme ooapable d%reverenoe en- 
vers S. M. Elie osa raeme, pour aa justifioation person- 
neUe, hasaider un motif asaes etraage el pretendre n'avoir 
imagfaie cette mystification que pour se venger de rhMXMi»> 
lance de mm amant, i^joutant qoe depols cette scene noc- 
lume le cardhial, pour en dgnder le 8oavefiir» avail subaliM 
au non de chemin du Bonheur, que portdt une belle aUee 
de son pare, cdui de ckemin de la Eose. Confrontee avee 
Reteaux de Villette, die ne repondil k ses dedaratioas ecra* 
santes que par ua imperturbable perdflage. Reteaux de Vil- 
lette, autre les faito d^ dies, avdt, dans sa confroatatioB 
avec le cardind, soulenu qu*il etdt beureux d^avoir ete ar- 
rAte le 15 aoOt, attendo qull devait etre empoisonne le 16, et 
qae Ton aordl fdl conrir ie broil quHl s'etdl empoisonne 
lui-merae pour se puair du vd du collier. Un antra fdl 
sembldl coindder avec cette dedaratioa : les magistrats 
vendenl enfin de decouvrir hi retrdte de la femme de 
cbambrede M"* de La Motto; mais a etdl liop lard. EUe 
avaH passe au service de retablissemeal de bdns d'Albert. 
On avdt remarque chei die un grand changenent depuis 
rarrestotion de M"* d'Oliva. Au mds d*avril 1785» ayant 
ete diner eu ville; eUe en revkul malade, et nourul peu de 
jours apres. On ajoutail que la femme qui I'avaH enaevdie 
avait dit que la dectanto avail le ventre tool gangrene. 

Touteids, la cour nese preoccupa nuUementdeces graves 
indices, qui pouvaient donner tteu k une accosaUon phis se* 
rieuse eneore que te vd du collier. Aprte les revdations de 
d'OUva et de Reteaux de Villette, la procedure semblalt 
toucher k son terme; el cependant Tarrei ne ftil prononee 
qu*apres une instruction qui dura plus de dnq mois. A 
Taudience du ao md , centre Tavis de Tavocal g^nerd Se- 
guier, te procureur generd Jdy de^Fleury presente des oob- 
dusions tendani k « dedarei feux les Approuv^s el dgna- 
lures apposes au marcbe, oondamner Villette et da La 
Methe k Hre fouettes, marques dea lettres GAL» et env<^ 
aux gaieres k perpetuite; la dame de La Molte, k Hn 
foueUte, marquee el mise k lli^td pour le reste de see 
jours; la demoiseUe d*01iva hors de cour; te oemte de Ca- 
gliostro dediarge d*accusation ; ordkmner que les signataras 
el Approuv^ seroni rayes par to greffier de la cour; qua, 
dans les termes d deid de huH jours, te cardind sera tana 
de se rendro en la grand^chambre, o^ il dedarera, k haute 
et intelligible voix, que temerdremenl il a ^ute fid am 
feux Approuv^ et 4 la busse signature de la retee ; que 16- 
merairement il a ijoute fd au rendei-vous de la terrasse; 
que par la qmttance qu^il a foil donner au sieur Bohmar 
de U somine de 80,000 fr. il a conUnoe dlnduire lesdite 
marcliands en erreur sur lldee de crdre que la retee avail 
conndssance dudil marclie; dedarer qu^ s'en repeal el 
en demande pardon au rd el li te rdno : en coasequenoe, 
defendre audit cardind d*approcher d*aucane maison royate 
oil seraientterd elterehie;ordreehUdesedeteirade8a8 
chaiges dans tel detei qa*il plaka k te oour d^ndiquer; te 
condamner en IdteaandDMqail pteira k te cour; ordouiar 
quHl liendra prison jasqu'ii TexecutioB da present arrtt. ■• 



GOIUER — COLLIN 



4S 



Cm conclMJom m AinbI pts nodoes pnbliqiies : elles 
avMBDt eicMuM tropYifa agitatioii«a nia 4a parkmeat. 

LesacciistesuUreiitleiir denier ioteiiogitoirasvrlaflei- 
lette. fieletia 4e Villettey l$$ if$um Mgn^ de ktrmei, 
kt BoiM fcronble ao etidiMi que dans set premiteea d^ 
daralioM. M*^ de U Motte 8*a8«C ior la seUette ovac im air 
d^jaywrfgww fuVMe eonjsrva p€mUmt deux heures ei 
jutqu'^eeftfUie €UtqttiU6ce9i4Qe <fopprobre, Inteq^- 
U$ de a^e q pH^iier sor ima lettra attribute ii la rane el 
ffomiaemanf par oet omIi : EnvoffS d la pHiU comtesse, 
lteuite,aprtawi monMBide aiieiioe, refusada riendire 
pant que eels qffaiuermit la rMne^ Forcte de rtpondre^ 
cllas^toia, avee €olk«y que oatte Mtre oomroen^aU par oet 
»o4i :/e i'envoUf ^joiitaat qiie la oanUnal Ini avaft monU^ 
d'aatrea kttrea dm lescpNllas la reine le tiitojait el kii 
diMMiaif difem raidei-TOiit, qui wfokmU 4U ^tchUt. Vim- 
tt reoffd oi ie da cardiaaldara deux beuret. On aTait retire la 
wB t Ha : il lui fut permit de t'asaeair tur un teteail. 11 
MICB habU kag dac^rteKNiie, trte-plie, el paraittait fa- 
II91I Le lendematn, SI mai, aa iaterrogea |Miiir la forme 
dtNiTa el GagUoalro. La caiir tutpendil Taudieoce pour 
laisier ild\)lhra la tempt d'allaiter toaenteit : eUe ^tait ao- 
eoachie pea de tempt aprftt toa entrie k la Batlille. 

LacaaTy preBoli^aiit d'abord aur le oorate da La Molte, 
, le condawaa 4 runanimit^, aa fouel, k la 
el wtx gri^rat k perp^it^; Retoaox de YilleCte, au 
perpMuel, iomfimei ni marque; W^ de La 
Matte 9 ad omnia cktra mortem. Deui oonteillen, Robert 
de Sainl-l^fBceBl el Dftonit do S^iour^ ayaieat opia^ pour 
laBMfi. Malty Ala majority le rteoltat de la condamaation, 
ed ornate eiira aioffem, fol : Qoe M"*« de La Motte 
wail Aaiellte etmarqate par le bourreaa tor let deax 
fpaakw d^uM douMe W, lacordeau coo, at eeferaite k Vh<^ 
ptel poor le retle de eet Jeart. M^ d*OMTa >W mtoe ^ort 
de eoar, atteada <iQe, qoeiqae inaeeeale an foad, il Mail 
jorteqoli lui ftfit imprim^ eette laobe pour le crime pare* 
■art OMtteial qa*ella aTail oomndt. Son amant, Tooatdnt 
naaairt, aYail 4^ mia bert de pr^Teatioa dte le il mart 
17te. CagMetIro, di^^arg^ de raocutation, obtintkmnddia- 
lern ml ta liwrt^ La eomtesae de La Motte aubit ta peine 
la It iola aa bat da grand etoattar do Palais, pmt elle fiit 
eoadoita aa iaere II la Salp^tri^, dV>Ci eile 8*^ada en join 
17a7. Ce a'ael pat daat le rooMHi, ea ) toI. in-8«, qu'eUe a 
a ppe K Mtmoirte, qu'ii feat cbercber la caote de son ^Ta- 
liaa, tor laqaelle on a*a pa basarder que det eoQJectorea 
pim aa maiaa 1 laiaemb lab l et. Cat M^moires, pubii^ k Lon- 
Act el jfaupiiBifa plaaieurt foit ea Fraaee , tont le plus 
paaaaoad de fame let libelles lanc6t eoatre Maria-Aatoiaelte. 

Le Joor mtaM Ob M>« de La Motte fat Mrie en fit courir 
dena Piariaoelte ^plsramme, qoi fiutait albitaoa k la floor de 
ba daallefcr da boorreaa imprimait Tempreinte tor l¥panle 
detcoadamnte : 

La Motte, on D*ea peut dooter, 
Det Valoit est bieo la fille , 
Ponqoe Ton loi fait porter 
Let aroMB de la famille. 




Le eardiaal de Roban ^ d^charg^ de Taccutation, ainsi 
foe CagKotlrOy s'attendait k 6tre, corome lui, mis immd- 
dmloacnl co libeit^ ; mait M. de Laonay, gou?emeur de la 
Raetinfj qoi I'aTait accompagn^ an Palait, avec une etoorte 
a^j oppota, el, mal^ rinslttanoe du pariement , la 
k la fiattiUe, dont Im portat ne t'ooTrirent poor lai 
la i** jniB au tour, k dix beurot. La lendemaia matin, k 
I el demie, le ndnittre baron de Breteuil bii noblia 
Tecdre du roi : i** de ne pas tortir de cbez lai 
HteaereoeToIr qua tet parentt el ses gens d^aflaires pen- 
daai trait joam; 2* de te readra aprte ca d^lai 4 Tabbaye de 
It C bai aa D iea, ea Aorergae^ el d'y raster jusqn^ aouTel 
dii roi| 3* de doaaer tar-le-€harop la dtoitsioB de sa 



cbaiga de graad-aumAaier : 8. Em. avail oae heare aapara- 
Taal eavoy^ celte d^missioB au adaislre dee aWret 4lna- 
giret, M. de Yergeanet. Le papa, qd d'abord t*^tail ap- 
peal 4 oe qoe le eardiaal MIJag6parleparlemeal,el q^ 
afaH appoy^ le d^cttnatoiie biToqad par I'ataembMa da 
dergd erot devoir qaelque tempa aprte Hiterdiia au prince 
Louia le tibna el let b^ignat da saaerdoee at da cardinalal. 

Do raste, celte bilerdiclioB temporaire n'^tait qu'une Bwsara 
deoonvenanca. Dem (de ITome). 

COLLIER (Joan PAYNE), litt^ratear el criliqoe aa- 
gtois, qui s'ettsttitool occop^ det antiqaH^ do tb^ti«desa 
nation, est n^ 4 Loodret, ea 1789, d'on ptea qui s'oocupaii 
Id-mtoie de Utt^rature et pnbliait le MmUkiy Reqisier 
etdevint plos tard \\m dea rMacteors du TYmei. Lapositkm 
de son p^ lui fiMiliU reatr6e de bi carri^ra da jouraa- 
lisme, et il devint Tun des rMaeteurs da MomiHg^krO' 
nicle, en m6me tempt que Vvok det coUaborateurt let plot 
fecoads de toates ces Eeviews, de tons ees MagaUMes qui 
puUaleat chei not voislns. Quelques articies de lui sor Tan* 
den drame anglais pubUte dans VEdinburgh Mageaine ea« 
rent poor r^anltal de le mettre ea rapports avec le c^ldbre 
librahre d1l;dimboorg Constable, qoi bient6t api^ pobba 
de bri deux Tolanies sous le litre de PoetkMA Decamenm 
(1820). Deux ans aprte parol The Poets Pitgnmaqe^ potee 
dans le rbyttime adopts par fipeneer, mais que raateur ae 
tarda pas k retirer do commerce de U Kbrafrie, reconaalt- 
sent bii^mtoe que cette cbuttb de sa jeuaasse n'ittait point 
(aite pour k poblidb'. L'^tioa qaH donna dea Dodsle^e 
old Plays fat bieaMI soirie de toa Mistory qf dramaUe 
Poetry (3 vol., Londret, 1831), qui lai assigne un rang bo- 
norable parmi let bittorient Uttdrairea. II poMia enaoite le 
catalogue raisomi^ et criUque de la biUiotb^qae de loi^ 
Francit Gower (aiyourd'lioi lord EJIesmere). (Test dans let 
manuscrits que pmsMe celte biblioth^que qu'il troova la 
majeure partie des mat^riaax et des documents aouveaux 
qa*ilar6unisdans m» New/acts reqarding the life t^Shak^ 
speare (1836), dans aes New particulars (1836), ^ enta 
dans ses Further particulars ( 1889 ), teas ouvn^es reia* 
life Ik riiistoire de la vie et das ouvrages da graod tragjqae 
anglais. Ces travaox loi doanaient le droit de poblier uae 
Edition nouvelle des oeuvrea de Sbakspeare (8 vol., Loa- 
dres, 1842-1844), dans laqaelle 11 a ceosi^i^ lea rdsuHats 
de viogt amines de laborieuses el patieates recbercbes. £a 
1847 il fatd^sign^ par lord Ellesmere poor remplir let fono* 
tiont de tecr^taira auprto de la coaemission inttitu^ par le 
goovemement pour faire one eaqodte tur la titnation da 
Erilish Museum; mait la proposition qu*il fit de dresser le 
catalogue det ricbesaes de oet ^tablissenieal ne fat pomt ac- 
cueilile. £n 1850 ki Soci^t^ des Antiqaaires de Londret Tdlal 
pour son president. On a encore de lui Memoirs 0/ thefnin- 
cipal actors in theplaqs qfShakspeare (Londres, 1846). 

COLUMATlONy teime d*astrononue , d^v^ da veri>e 
latin collimare, qoi signifie viser, |»oiit<er. On appelle liqne 
de collimatUm ceUe saivaat laqneUe on vise un objel par les 
deux pinnules d*ungrapbom^tre. Cost Taxe opUque d'oae 
lunette ou la ligie qui passe par le centre de ses verres. La 
ligna de colliniation doH 6tre paral^ k Ik Ugne de/o%, 
c'est-^-dire k la bgne qui passe par le centre de rinstrumeni 
et par le point de Tindex qui marqne la division. 

COLLIN (HBfRi-Jo8EPB DB ), poeto dramatique distin- 
gue, n^ 4 Yienne, la 26 d6oembre 1772, et mort dans cetle 
capitale, le 28 juillel 181 1, ^t le filt dHm m^dedn o6i^bte , 
et occupait dans radministration des finances un emploi 
important, ob il m^rita I'ettbne universeUe. Dans le monde 
Utt^abe tt te fit tortout on aom par tes trag^'es, dont la 
plus cd^bre, el k toot ^gardsaoasi lameiUeure, est son E^' 
fti/«s( BerUn, 1802 ), bien qoe, par auited'un pari, cette 
pito ait M compoate ea six teimdnet. Ses autres ouvragm 
dramaliquas aoni i CoriolaM, Polyx^e, Ealboa, Eiaaca 
delta Porta, OK^ les Moraeeseilu Curiaces. lis sedis- 



44 



COLLIN — COLLIN D'ABLEVILLE 



UngueBt par la noUetfe et r<9^ation de la pens^, par una 
gruidetir pleine de simpttcH^ , par una tendance Mimte 
k 86 rapprooher de la naifel^ anttque ; mab fls p^chent par 
la monotonia do plan et par rnnirormit^ det caracttrea. On 
y trouTe anaai phia de rtiMoriqne <ine de drame et d'en- 
tente dela actee , et flasemblent plotM destine Ala leetora 
qu'k la reprtentatkm. Ha ont ^ r6anli aooa le tltra do 
TragMes (3 toI, Berlin, 1828). Lea Poimet de CoUm 
aont surtout remarquaMea li oil il a'abandonne anx inq»i- 
rationa de son patriotlame. Le plus c^l^bre de tons eat sa 
ballade Intitule : VempeMur MaxHiUlien. Lea ftagnients 
que Ton poaa^ de son Bodolphe de Habibourg prouTent 
qnll ne manquait point de depositions poor F^pop^ II 
oomposa aosai on oratorio intitoU : La D6livrance de 
Vienne^ en socMt^ ayec aon frtee Matlileude Collin, qd fnt 
r^ditenr de aes cnnnres, en tdte desqoelles celul-d a plaoi 
sa biographie ( 6 toI., Yienne, 1812-1814 ). 

COLLIN (MATTniEU na), IMre du pr6oMeBt, poete et 
critiqae distingu6, naqidt k Vienoe, le 3 mars 1779. Re^n en 
1804 docteur k ranirersit^ de Vienne, fl fiit nomm6 en 
1808 professeor d'estli^tiqae etd*histolre de la phlloeophie 
k TuniTerBit^ de CracoTie. Lea Russes s^^tant emparte de 
oette vllle, il obtint la cliaire dlilstoire de la phOosophie 4 
]*imiTerstt4 de Yienne, et une place de seccdtaire an dipar- 
teofient des finances. En 1813 il aooqita la reaction en cbef 
de la Gaulle lill^alre de Flenne, et en 1818 ceUe des 
Annales de la LUl&ahire. H ^tait en ootre, depoia 1815, 
instltnteor dn dnc deReiehstadt (voyes NAPOutoii n), lors- 
qoHmourut^ le 23 norembre 1824. Son Impartiality, son es- 
prit honn^, loyal, exempt de passions, son carad^ ferme 
et droit, se r6fl4chlssent Addlement dans ses poMes drama- 
tiquea , qui d'aillears brillent plua par I'^Mration et la no- 
Mease de la pens^qne par fdan et Tenthoaaiasme po^ue. 
A I'Age de ilngt-deux ana 11 compose les parolea de TOpte 
de CaUhon el Colmal, mis en mosiqiie par Winter. H est 
en outre Tauteitr de dlTers drames at tragMies qoi ont para 
rtenb 8008 le titre Poities dramoHques ( 4 vol., Pesth, 
1815-17 ). Joseph de Hammer a public , en lea fiilsant pr^ 
c6der d*ane notice biographique, ses PoMes poslkumet 
{ 2 Tol., Yienne, 1827 ). On y troore sa tragic d^JSssex, 
koMe d*nne pi^ de Tanden repertoire. 

GOLUN D^HARLEVILLE (Jban-Franqois), na- 
qoit k Malntenon (Enre-ei-Lofar), le 80 mai 1755. II dait 
fils putn^ de MarHn Coum, d'abord aTOcat, pais archi- 
tecte et enftn caltiTalear. 11 prit le sumom d^BarlevUle 
d'un petit domaine que son p^ poss4dait dans le Yillage 
de ce nom, 4 pea de distance de Malntenon. U commen^a 
ses 4tudes k Lisienx, et Tint les finir 4 Paris. Une chate ter- 
rible qu*il fit alois ftallit lul coOter la Tie et le for^a d'inter- 
rompre ses ^todea darant six roois. Dans cet interralle 11 
ressentit sourent 4 la t4te an bourdonnemcnt qai T^ouis- 
sait et le rendalt preaque fou. II avait alors la consdeace 
d*on changement sorrena dans ses faculty intellectuelles, 
et disait 4 aes amis que peot-Mre sans cet aoddent II n'aa- 
raH jamaia MA poete. Revenu 4 la sant^^ 11 retoama an col- 
14ge, et reprit ses 4tndes ayec le plus grand succte. Destine 
par son p^ au barrean, il entra ensuito cbez un procurear 
au pariement, et y resta plosieurs amines, roals uniquement 
par deference pour sa ftunille; car il sentait croltretous lea 
jours aon amour pour lea lettres et son incapacity absolue 
poor les alteirea. Enti4remeat d^goOte de la jurisprudence, 
il flnit par se liyrer tout entier, malgre ses parents, an pen- 
chant qui Pentralnait Ters la IHterature, et publia dans le 
jlfercttre de France dfyersea poesies UfSfbres , emprdntes de 
grice, de malice d d'une eertafaie hdWU. En 1778 11 oom- 
posa /;7iicofiifaiir,com4dieen un ade den prose, qu'fl 
ide8tlnait41'AnMgn-Comique, d qui, grice auxconsdlsde 
Prerille, defint une pitee en dnq adei d en Yers d Ibt 
enflnrecne4 laComedie-Fran$aiseenl760,aprte blendes 
lenteurs. Collin ne (dsaltquedes rAfesde gloire, mals, priT4 



tout 4 coup des seooors de son ptee, qui ne voolait pas de 
poete dans sa temOle , fl se vK ccmtralnt de se reB(ta« i Char- 
tree d de prendre la robe d'ayocat 

En bntto aux railleries daux remontrancea de sa IkmiUe, 
il compose dans un moment de d^pit une oom^dte en trds 
ades d en prose : Le Poile en province, dont II eUH kn- 
mteM te sijet Les raiUeors n'^talent paa epargnes dans 
rooyrage; ranteur y ayait introdnlt una yleiDe aeryante, 
nomm4e Moniqae, qui Tayait 4ley4, d qui daft fort d<yote. 
Cdte bonne flUe hii disait souyent lea lames anx yanx : 
« Mon panyre Cher enl^ commantaa-tu pu Aiire une dioaa 
pareiUe? Uneoomedtet c*eat une OBuyre du ddnon !... Mais, 
tiens, donne-lamd,cettemalbeareusepteoe!jelabitkrai 
deyant toi;ll n*en sera plus question , d tu nous rendras la 
paix d te bonheur 4 tons. » Cdlhi, qui par bonte d'ime 
ayait qudqudols 4t4 sur te point d'abaadonneraon maaos- 
crit de Vlneonslanl k la pauyre Moniqae, rMata pomrtaBt 4 
cette tentation,d se contente de ddruire sa comMtedn 
Poileen province. L'lncomlanlMiii re^, U ed yrai; mais 
Tauteur n'en 4tait gu^ plus ayane^. Tootdbia , griee 4 
beaucoup de protections d 4 la complaiaance de MM , qd 
ayait enfin consent! 4 la lire, la pitee fiit joute en 1784 , 4 
Yersaillea; mils il (aUnt encore phis de denx ans poor que 
Touyrage obttnt 4 Paris les honneurs de la repreaoilalien. 
n eut un brillant succte. Les joumanx do tempa rendinnt 
4 Collin toute la justice qd lul daK due. PaUssdaaaoim 
que, depuis plus de quarante ana qu'il freqnentait lea apec- 
taclea, il n*ayait paa yu de ddmt d'auteur donaer d^aosd 
grandes esperancea. La Harpe se moatra phia etiwhrt, Dftdor 
rot, consulte par Pauteur, ayait dit : « II y a do tataat II- 
dedans, il y en a beanooup : les yera sent tecilea d bien 
toum4s, styte comique, ddaHs brillanto; mala una actian 
ftdble : eUe n'a point de corpa, point de aootlen ; c^ed one 
pdure d^olgnon brod^e en pdHettea d'or d d^ai^ent • Ce 
jngement ddt r igo ur eu x , mais Juste; n^anmoinste pubic 
ne retire pas sa foyaur 4 Touyrage. 

Encourage par ce d4but, CdKn se bite de finIr L'OpH' 
misle. Cette pi4ce, non moins Men 4crite, mala phia Ibrte- 
mentcon^ue que la pr^cMente, Aitre^ue 4 I'unaniniil^. U 
faut lire dana la notice charmanted'Andrienx snr CoUia lea 
ddails dana leeqods la brillant Mote, d^poaant ses airs de 
protection, fit au milieu dea deux jeoneaanriardBde appro- 
Ibndte d'un rOte qui lui plaisait, parce quil y trooyait Toe- 
casion de se montrer sons une forme nouyelle. Le pubfie ae 
porte en Ibute aux reprteentationa de Pooyrage, qui ea 
trois ou quatre mois rapporta plu8 de yingt milte fruaca 4 
Pauteur. Son ptee, qui lui ayattserri de modde poor le cn- 
ract^ de ViJ^flimisle, dait mort ; mais CoUin youtet 4pie 
ses seeurs d toute sa fSuniUe eussent te bonheur de reooa- 
nafke te modde. II les appeU 4 Paris, dieur fit si biesi lea 
honneurs de la capitate que du produit de sa pitee il ae loi 
resto la premito ann^ que 8,000 francs. 

En 1789 parurent Les Chdleaux en Espagne. On y ac- 
courut. Les quatre premiers ades furent tr^bien aocndl- 
lis; te dnqui^me eut moins de succ48, mats Pauteur te re^ 
d alors Pouyrage rtessit comptetement La coaoeption de 
oette pi4ce est beoreuse , le dialogue en ed piquant d anting, 
te style brillant d poitique; dlepr^sente pent*drequelqaes 
inyraisemblances, mats die radiate ce l^r d^faut par de 
te gaiete d par des pdntures dilideuses. Une indiscrdion de 
CoUin Id donna pour rival dans ce si^ Pauteur do PiU- 
linle de MoMre, qui lui prod^ni^ de grossi^res injures, aans 
pouyoir le teire sortir un moment de sa roodddion. Cepen- 
dant, te critique, en attaquantles Chdleaux en Eepagme 
ayec une juste s4yd1te, accusait ayec raiaon CdUn de n*^ 
yoir pas idt encore une ydritabte contedie. Afflig6 de ce re- 
prodie, U sentit te n^cessite de justifier te teyeur pubttqoe 
par un ouyrage yrafanent digne de Pestfane des connaissears. 
A cette ^poque sa aante s'aMAra, d les oontrarld^ qo^ 
^HXNiyalt cheque jour, jdates 4 im trayaO coattaind, Pac- 



Li l« temio est doai , mm ioMpiditc , 



GOLUN D'HARLEVILLE — GOLLKION 

ca&)li^rant eafin 4 on tel point qu*en 1789 fl lomba dange- 

ffwanBoimaMe, etqo'ooenTint presquek d^8esp6«rde 

seijoun. CTeit pendant cettecrise et la pluscruelle insomnie 

qu'ea douze nnits le podte, presqiie moorant , enfanta £« 

Vkux C6libataire, son ch^-d'oeane et ron desmcfllean 

OQTiagea du Thdfttre-Fran^. On n^a point one id^ com- 

pide des metamorphoses du talent lorsqu'on n*a point tu 

Mol^ dans le principal r61e de la pitee. Aussi 8*attribuait-il 

ane partie de la gloire do poete. Toatefois, ce dernier ne 

jooit pas oompietement de son triompbe : les jonmaux ex- 

hnmerent nne certaine Gouvemante d'ATisse » mort en 1747, 

et caus^rent beaucoup de chagrin an trop sensible auteur 

do Vieux C€Ubixtakre. 

Mcmsieurde Cracdans son petit castel, amnsante folie 
de camaTal; Les Artistes, gradeux tableau de genre; Les 
Mcturs duJour, p&le etagr^bleesqolsse; Malice pour J#a- 
iiee. Ease et Picard, La Dtfense de la Petite Ville, les 
DeuxYoisins, Le Vieillard etlesjeunes Gens, inspiration 
de La Fontaine ; Les Riches, et enftn Les Querelles des Deux 
Frires,on La famille Bretonne , ooTrage posthume, 
coroposent le repertoire de Collin d^HarlcTille. D'un mot on 
pent caract^riser ColUn : c*est un demi-T^rence, avec plus 
de pnrete dans les moeurs et un certain cliarme qui tient 
au caract^.m^e de Tauteur, qui se traliit ^. tout moment 
ccMnme La Fontaine. 

On ne jooe plus la plupart des pieces que nous Tenons 

d'teom^rer, mais on les lira toujours ayec plaisir, parce que 

Coffin J a mis Fempreinte de son &nie ingtoue, tendre et 

■AanooUqae , de son esprit facile et cuIUt^ , de ses r^ves de 

poete et de son caractdre d*optimiste. C'est par le ro^roe 

geve de nitrite que se distinguent ses ponies AigitiTes, od 

i se peint hii-mtaie sans y penser, comme dans one oauserie 

fuN&krti mais k mesure qu*il ayance dans une Tie qui ne 

detait p3s aToir une longue dur6e, sa po6sie, autrefois 

plcine d'A^gance, de puret^, reT6tue d^unbriflant coloris, 

d^gtete ea one prose rim^e, o6 la fr^ence des ei^am- 

beaieBlBsans grAce et sans n^cessit^ fotigue leledenr. Rien 

de phis conna k cette ^poque que le triumTirat litt^raire 

CxB^ par Pi card, Andrieux et Collin, triumTirat dans 

toquel iamai^ Fombre d'une riTaJitd ne Tint troubler lesdou- 

eeursde fnuon ta plus porfaite. Collin eut encore beaucoup 

d'amb, entre autres Delilte, qn'il admirait aTec une sorte 

d*eil!ioiMMBne. Toutes les qualiU^ do Pliomme de bioi ^talent 

en bi ; il aimait son pays aTec ardeur, et ce sentiment le con* 

doiiif k adopter la BiTolution de 1789. Hais il conserTa toute 

sa lie Jesprindpes d'une sage liberty, et ne se laissa jamais 

eilrateer an torrent des paiurions poUtlques. Commandant 

de la garde nationale de sa petite commune, il parTint k la 

prterrer de tous les orages. Collin d*HarieTille, dont la santd 

d^p^rissait cbaque Jour, Tit aTec rtoigiiation approcher le 

tttme btal; le principe de la Tie <^tait os^ en lui : il s'^Cet- 

put doooement entre les bras de ses amis, le 20 fi^Trier 

1856, jour anniTcrsaire de la premiere representation du 

rwtxCHihataire. Nonmi^ membrederAcademieFran^aise, 

en 179S, il aTait eo le bonheur d'y appeler son ami Andrieux, 

wasptH doquel Picard Tint singer k son four. 11 aTait re^u de 

Ri^oltoD la decoration de la Legion d^Honneur. 

P.-F. TiSSOT, de rAMdmie Fran^iM. 

(X>LLINE, « petHe monta^ae, dit VAcadHnie, qui s*e- 
Mve doueement au-dessus de U plaine..» C^est proprement 
le col d*aiie montagne ; mot fliit de la basse latinite collina, 
dWftutif de coHis, Les Grecs disaient %oXtavr\ dans le 
mime sens, c^est-k-dire pour exprimer une Eminence on 
Kibe aeration de terre, 

Qm fm dcgrb t'abiiMe, el daw ce a i et t'laelioe , 

povr perler comme notre collaborateur M. Tissot. 
raimerris,dHDelil1e, 



45 



bautean ou mm orgncil domioc 
Stfr 00 ricbc vallon one hcllc cofline. 



You narebes, rborisom yom ob^H; U terre 
S'ei^ve oa redescend , t'^teod oa t rmurrt : 
Voe Mlet , TM plainrt cbaDgeat k ektqne pM. 

Lesg^ograpbes donnent plus spdclakment le nom de col- 
lines aux derni^res ondulations d*unecbatne demonta- 
gnes dans son raccordement aTec la plaine : Les coUines 
semblent 6tre friquemment le rteultat de la denudation de 
roches phis solides, dispos^es en plans hidings sur les der- 
ni^res pontes des montagnes qui ont ensuHe 6iA raTinte 
par les eaux : telles sont les collines de grte rouge snr ies 
deux flancs des Vosges, cellesde mames, grte, sables , etc., 
au pied de TApennin, du petit Atlas, etc. 

Dans le lan^ige des pontes , la double colline s'emplole, 
comme ]& double cime, pour indiquer le Pa masse. 

Les andens, qui aTaient commence par rendre nn culte 
personnd aux collines, cr^^rent ensuite une dtese (appel^e 
Collina Chez les Romains) chargto de Teilier k lenr oon- 
serTation, et dont sabit Augustin foit mention dans sa Cit6 
de Dieu en la nommant, sans doute par errenr, CoUatina. 
« Us commenc^rent , dit Varron, par adorer les lieox AleT^s, 
et les appeldrent de \k collines ( en latin colles , an singu- 
lier collis, du Terbe colere, qui signttie adorer, htmorer, 
et enmdme temps labourer, cultiver), Le Psalmbte, dans 
nne de ses plus pittoresques inspirations, fiut b<Midir les 
montagnes comme des briers et les collines comme des 
agneaux. 

On aTait sumomme Tancienne Rome la ville aux sept 
collines , du nombre de coUmes qu'elle renfermait dans son 
enceinte, et dont dnq se trouTaient r^unies dans un m£me 
quartier, qui en aTait re^ le nom de Collina regio. On 
appelait aussi porte Colline k Rome ( Collina) celle qui etaH 
situ^e an pied de la ooUine Quirinale, ou du moot Quirinal, 
et qui clumgea dans la suite ce nom contre cehii de porte 
du Sel , parce que c*etait par U , dit Tadte , qu*entraient 
les Sabins qui apportaient du sel 4 Rome. Edme H^reau. 

COLLINS ( WiLUAM ) , remarquable paysagiste et pein- 
tre de genre anglab, ne en 1788, reussHsait plus par« 
ticuliirraient dans la representation de sctaes diampe&es, 
de Tues de cdtes, comme des pteheurs Jetant leurs filets, etc 
Ses scenes de forets sont executees aTec Tigueur et Terite, 
ct il excellait k leur donner le dianned*nnemeiancolie toute 
particuliere. II rapporta d*un Toyage en Italic de trte-joliea 
etudes representant les prindpaux sites de Naples et de la 
Calabre, et, suiTant son habitude, anunees par des groupes 
reproduisant les prindpales occupations champeuies du 
Midi : ses essais de peinture historiqoe ne furent point, k 
beaucoup pr^ aussi heurenx. Collins mourut k Londres, le 
17 feTrier 1848. 11 etait membre de rAcademie Royale. 

COLLISION. Ce mot, deriTe du latin collidere, ne 
s^est employe longtemps que dans Facception physique pour 
signifier le choc, le Arottement de deux corps, qui s*opere 
aTec Tiolence. Maintenant on s'en sert dans une acception 
morale. Cest surtout aux plus Tiolents debats politiques 
que'le mot collision s'appUque menreillensement. Lors- 
que, au temps des Gracques, les patricfens et les pie- 
beiens en Tinrent aux mains , il n*y eut plus simpleinent 
scission, comme lors de la retraite des piebeiens sur le 
mont Sacre, mais collision sanglante. Lorsqne Philippe 
le Rd et Ronifoce VIII se firent, k la face du monde du^ 
tien, one guerre d achamee, on aurait bien po dire qu^il 
y aTait collision entre le sceptre et la houlette pontlfi- 
cale. Tdleetait des 1791 ladeplorable dtuation de Louis XVI, 
que Texercice constitutionnd de son droit de veto ne pro- 
duisH jamais que de fktales collisions, Au 10 aoOt 1792 
il y Alt collision entre le peuple et les defimseurs de 
ce prince. Au 13 Tcndemiaire ily eut collision entre 
les troupes de la CouTcntion et les sections dels capltale. 
Au 18 brumaire la prudence des legfslaleurs, qui s'e* 



COLLISION — COLLOQUE 



46 

cliapp^roit par lea fenMrM el par toates \e$ I88M8, ertp^cha 
qoll 7 eAt collision skiease entre la garde de Bonaparte 
et cea soi-disant LycurgueSx qui aTaient pourtant jar6 
de mourir sor leors cbaiBea corules. On n*en finirait pas si 
Ton entreprenait seulement d'indiquer ce quil y a eo dans 
ces demiers temps , entre les Franks, de collisions plus 
d^ploraliles les unes qm les antres. 

Collision s'emploie encore poor exprimer im yiolent d^- 
aaccord entre deux antorit^ constitiiito : ainsi , lorsqu'on 
arr#t^ pr^fiMtoral fient sotpendre on arrAt^ municipal, il y 
a collision du pr^M an maire. L'exerdce intempestif du droit 
de dissondre la cbambre tiective a amen^ plus d'une fois de 
regiettables collisions entre les pouvoirs. Ch. Do Rozoir. 

COLLO (Couftotf ),irflte d'Alg^e, dans le d^partem^it 
de Constantine , k 110 kilomMres k I'ouest de Bone et A 70 
niyriam^tres d' Alger, aur la bale de la M^iterran^ qui 
porte le mtaie nora. EDe a ^t^ censtruite par \en Maures 
an pied d*une montagne, sur les mines d*une ville consid^ 
rable que les Romains airaient oitourte de murailles, et 
dont I'enceinte, andennem^t d^truite par les Goths, n'a 
lainais ^t^ relev^. Un Tieux chAteau od les Turcs entrete- 
naient autrefois une petite gamison, conunand^ par un aga, 
fa domine dn haut d'un immense rocher. La contr^ est 
Men bois^. L*Oued-el-Kebir se jette dans la mer entre ce 
port et DJi djelly. Le corail est tr^s-abondant sur la cdte. 
Le fruit, le hU, les troupeaux, ainsi que les yastes p&tu- 
rages, s'y multipKent k hnfini. La ^e de CoUo ollre un 
abri contre les Tents du nord-ouest k Touest. Au nord de 
Cotto se trouve une autre bale, qui porte le nom de Bohr- 
Aouatik (mer des jeunes lilies) , mais qui est trop ^troite 
pour qu'on pulsse y mouiller. II enisle au sud, k environ 
deux mines, un lac nomni^ Bl-DJcbia, qui s'avance dans 
flnt^rieur des terres et est s^r6 de la bale par un grand 
kiterralle de terrain sablonneux. On croit dans le pays 
que ee lac conununiquait autrefois avec la mer, et que 
e^tait un beau port od Tenaient mouiller on grand nombre 
de vaisseaux. Des restes d'andennes constructions se volent 
encore sur les bords. La population du territolre de Collo 
et des montagnes de Bouzarone est trte-beOiqueuse, et di- 
▼is^ en une infinite de tribus arabes et kabyles, jalouses 
de leur liberie et presque toojoors en guerre les unes avec 
les antres. 

Accoutum^ depuis longtemps au commerce europto, 
qui troura trte-andennement un accte dans ces parages , 
les habitants de Ck>llo sont moins grossiers queceux de Tln- 
t^rieur des terres. Les premiers marcbands qui y Airent 
aocuefllis ^talent des Vtoitiens; puis yinrent des G^nois, 
des Flamands , et enfbt des Francis. La compagnle fran- 
^ise d'Afiique, dont le sidge ^tait & La Calle, y entretint 
Jadis un agent k la t^ d'un simpfe comptoir qui d^pcndait 
du comptoir de Bone. Avant d^appartenir aux Turcs , Ck>llo 
^tait une petite rdpubUque assez puissante pour mettre en 
temps de guerre Jusqu'^ 10,000 hommes sur pled , assez 
jalouse de son independence pour la d^fendre contre les sou- 
rerains de Tunis et de Constantine. Sa population est r^uite 
aujourdlrai k 1,000 individus, tant Europtens qu^ndig^nes. 
n s^ febrique beaucoup de faience, quoique llndustrie, 
la prosp^rit^ et T^tendue m6me de cette place maritime aient 
consid^rablement diminud depuis nombre d^ann^. Collo a 
M occupy le U aTTU 184S par les troupes fran^aises sous 
les ordres du g^^ral Baraguay d'Hiliiers. 

COLLOCATION. On emploie ce mot, dans la prati- 
que, pour exprimer Inaction par laquelle on range les c r^ an- 
cle rs d*un meme d^biteur dansTordre suivant lequel 
Us doirent dtre payes sur le prix de ses biens distribu^s en 
Justice. On appelle collocation utile cdle qui doit etre 
soirie de payement, pour laquehe il y a des deniers suffi- 
lants. On nomme 4iat de collocation le procte-verbal qui 
est dress6 par le Juge ()wrgi6 de faire la distribution des 
deniers entre les crtonders; qui contient Tordre dans leque? 



its aont rang^ et qui est termini par une ordonnance de 
d^irrancedes &or^erea«rr de conoca/ioa etde ra- 
diation des inscriptions des cr^anoes non utilement collo- 
quy, 

COLLODION. On nomme ainsi la mati^re qui r^lte 
de la dssofaition du fulmlcoton dans IMther. Pourobtenir 
le colkxfiony 3 est ntossahn d*op6rer k chand, ainsi que Ta 
constats M . B^champ. C^est alors un llquide incolore, de 
oonsistance ^paisse, qui en se dess^chant aoquiert one 
grande t^nad^ el deVient Insoluble et, par suite, imper^ 
m^able. On a tir^ parti de oette demiire propria du col- 
lodion an profit de Tart chlmrgical, em Pemployant poor re- 
oouYrir lea plaies que Ton Tent prot^ger contre Taction de 
Tair. On ayait pr^cJdemment fait usage du gutta percha 
dans le mtoie but ; mats la transparence du collodion qui 
permet de suiTre la marche de la cicatrisation, doit le fairs 
pr^fiSrer. 

La photographic a trouY^ dans le collodion une ma- 
ti^re qui appUqute sur le verre donne des r^nltats riva- 
Ksant en beaute avec ceux que Ton obtient au moyen de 
ralbumine. L'emploi du collodion n*a pas l^conv^ient de 
celui de Palbumine, la longueur de Texposition dans la 
diambre obscure n^cessaire pour obtenir une image. D*a- 
pr^M. Bingham, chlmiste anglais, auquelon ddt la d6x>u- 
Terte de cette propri^t^ du collodion, 11 (kut que le Ailmi- 
coton et rather employes pour le preparer sdent parfoitement 
purs, c*est4i-dire qu'ils ne conticnnent pas la moindre partie 
d'acide sulfhrique ou nitrlque. £. Merueox. 

COLLOQUE (en latin colloquium ^ de la proposition 
cum, avec , et du Terbe loqui, parler ), mot qui signifie au 
propre entretien, conversation^ conferences entre deux on 
plosieurs personnes. Une singularity de ce mot, c*est que 
par l*usage 11 a ^ enU^rement d^omO de sa prem^ 
signification , et qu\>n i'eroplole gdnOralement ai^rd*hnl 
comma ^iyalent d*un entretien fiimilier et libre , qiA iPest 
astrdnt k aucune r^e et ne s^applique qu'^ des conversa- 
tions l^^res, ou (Hroles, tandis qu^autrefois on renteodait 
dHine conference ou dispute entre personnes graves el sa- 
▼antes, pour terminer nn dIffOrend, r^er un pdnl de 
religion on de politique, ou bien on rappliquail k des 
discours ^rits sur des mati^res de doctrine ou de contro- 
Terse , d'od certains ouvrages mtoie ont pris leur titre, tels 
que les Colloques ^rh%m^, Le mot collogue est entrO 
dans le domalne de lliistoire en serrant a qualifier spteiale- 
ment rassemblOe ou la reunion du derg^ aux Otats g^draux 
de 1561 {voyez Poissy [Colloque de]). Edme H^bad. 

Collogue est im terme spOdal de la disdpline ecdOsias- 
tlque des andennes ^ises calrinistes fran^ises. Llnstitu- 
tion du collogue est tr6s-andenne dans Thistoire de la r^ 
forme fran^se ; on la rencontre d^ la premiere organisation 
des £glises cahinistes, dans les articles de leur premier 
synode, qui Ait tenu k Paris le 25 mai 1559, sous Henri U. 
Le colloque Otait la Juridiction de second degrO des Eglises 
calvinistes : il se composait de la r^nion du pasteur et d*un 
anden de chacune des £glises, formant une drconscription 
colloguale, est dont le nombre TariaH depuis quatre jusqu*4 
▼ingt et plus. Le colloque s*assemblait tantAt quatre Tois, 
tanU>t deux fois Tan. Les fondions de ces assemblte ^laient 
de r^er les difKirends et les difficult^ qui pouvaient s*^ 
lever dans le sdn des l^lises, d'examiner et de recevoir les 
ministres, de connaltre des contestations entre les ^glises et 
leurs pasteurs, de prendre enfin toutes mesures provisoires 
concemant la doctrine, Tordre eties moeursdu troupeau que 
chacun reprOsentait. II y avail toiyours faculty d'appd des 
jugements das consisloirea an colloqae, eomme de cenx du 
colloque an synode provincial. C*^t on des rooages les 
plus sagement dispos^ de la police eod^siastiqoede Cahrin. 
n fant remarquer aussi que le nombre des laics, ou anciens, 
presents k ces assembl^ avec voix ddlb^tive, ^talt lou- 
jonrs ^I k cdui des pasteurs, 



CK».LOQUE — COLLOT-D HERB0I8 



Fterienn des fonctimis des colloqiiestoinMreiil en d^sn^ 
Me Mm avuit la noiiTelle orguiisatkHi des ^ises r^for- 
mkn de Pranee. On ne tarda pas k renonoer k Tasage or- 
4mni par Part. 6 da chap, vn de ladtedpline, ainsi oon^a : 
« A la fin dea eoUoqoes seront Adtes des censures aroiables 
et palemellea, lant des pastears qne des anciens qui s'y 
tr wi ^e ro nt, de tonteachoses qnMlsera Jag6 bon de leur re- 
■OBtrer. » On eon^ aussi comMen Part. S dutoccasionner 
dedUBeoH^ et conbien U dot soalerer d'^hieuses discus- 
aons dTteMmr-propre, en exigeant qu'k chaqne colloqae 
sbscon des ministres presents serait teno de pifcher h son 
tonr, « afin qu'on connoisse qud deroir chacun felt de 
s'exereer en Pestode de I'Eserlture et en la m^thode et forme 
de la trainer ». La phipart de ces riglements, promolgn^ 
an synode national de Ntmes, le 6 mai 1572, portent ren- 
preinte du i^e profond et de la nafyet^ <te mani^ des 
protestants do seizi^me sitele. Ijl UA organlque du 18 ger- 
nmal an x, qui a r^ fort arbitrairement les afTatres des 
cnttes prot^lants, n'a point donn^ de sanction legale aux an- 
ciens colioques; quelquefois cependant encore aujourd*hui 
les pasleurs des ittgUses Toisines se r^unissent en assemble 
de confiirence ecd^siastique ; mais ces reunions, d^pourvues 
de sanction tempordle on spiritnelle, n*ofYinent qu^une bien 
bible image des colioques A zi\H et si fortement organist 
de nos p^res. Charles Goqiterel. 

GOLLOREDO (FiamiUe). Cetie maison autrichienne« 
qai compte de nombreuses branches, passe pour descendre 
des anciens barons de Wals^ en Souabe. Le nom de CoUo- 
redo fad Tient d'un chftteau situi^ k peu de distance du bourg 
de M els en Frioul, bAti au quatord^e si^de par Glizojus de 
Vab^, fondateur des trois Hgnes : Colloredo-Arquin 
(^teinte en 1693 ) ; Colloredo-Bemhard, branche atn^ de 
la i^mille et sobdiTis^ aujourd^hui en deux rameaux : les 
cootes de Colloredo-Wals^e, dont les possessions sont si- 
taks en Bobtae, et les comtes de Mels-Colloredo ^tablis 
dans le Prioul; Colhredo-Weickhardt , qui forment an- 
jour^hui deux rameaux distincts, la Hgneprlnci^e et la 
hgne rudolfine : la premiere, issue de Jerome, comte de 
CoiLOBXDo, n^ en 1674, mort en 1726, dont le fils, Rudolf- 
Jouph comte de Collodero, fut ^lev^ h la dignity de prince 
deVEoipire en 1763 par I'empereur Francois I*', et mounit 
en 178S, lussant dix-huit enfants. L'un deux, Francois de 
Paute Gundieairede Colloredo, ayant ^pous6 rii^riti^re du 
eomt^ de Mansfold, prit pour lui et ses descendants le nom de 
CeUondo-Manrfeld. La ligne rudolfine a aujourd'hui pour 
cbef le comte Fabius-IAandre de Collobedo-Mels, mar- 
quis de Santa-Sofia et de Recanati, n^ le 24 mars 1777. 

Ses propri^t^ sont situ^ dans le Frioui. 
Parmi les membres les plus distingue de la Ugne princi^re 

dite, depuis 1789, de CoUoredo-Mansfeld, nous citerons : 
Frcmgois-Gundicaire, prince de Colloredo-Mansfeld, n^ 

le2Saiai 1731,ambas8adeur de I'empereur k Madrid, de 1767 

k 1771, nomm^ en 1789 Tice-cbancelier de l*£mpire, fonc- 

tions qaH exerga jusqu'a la dissolution de TEmpire d'AUe- 

Bagne, mort le 27 octobre i8Q7,lals8ant trois fils : Rodolphe- 

Joseph, J6r&me et Ferdinand, 
Madolp/ie^Joseph, prince de Colloreoo-Mansfeld, n^ 

ea 1772, nooim^ en 1834 grand-mattre de la cour de Pem- 

percur, mortle 28 d^cembre 1843. 
Ferdinand^ comte de Colloredo-Mansfeld, n^ k Yienne, 

en 1777t erobrassa d'abord la carri^re diplomatique, et fut 
en 1803, ambassadeur pr^ la cour de Naples, qu'il 
k Palerme. £n 1808 il prit une part active k la cr^- 
dc la landwehr en Autriclie, et en 1809 U combattit 
k Aspem et k Wagram avec le grade de major. 

O endossade noureau runiforme en 1814 et 1815; puis, 
rtebUssement de la paix g^n6ral6 il se retira dans ses 
>; et plus fard il remplit les fonctions de directeur g^- 
des bitioients : on le vit toigours se mettre k la t^te 
catreprises marqiito aa coin de Pesprit de progrte et du 



47 

patriotisnie. Aprte les ^T^nements dont la Tille de Yienne 
fat le tiiMtre en 1848, il aecepta Is oommandementde la 
Mgion acad^mique ; mais fl ^pronra nne fonle de d^boires 
dans cette dilBdle position, k laquelle il ne tarda pas A re- 
noncer. II est mort le 10 d^cembre 1848, dans nn profond 
isolement. 

J^r6me, comte db CoLLOREDO-MAivsRLn, nd en 1775, k 
Wetilar, entra au senice en 1792, et fit presque tontes les 
campagnes suirantes. Dans la guerre de 1813 il se distingua 
d*une mani^ toute particuli^ en Saxe et en Bohteoe. A la 
suite de la bataiHe d^Uhn, il re^ le oommandement du se- 
cond corps d'arm^. A la bataille de Leipzig, il forma arec ce 
corps nne partie de faile gauche de Farm^ prindpale, et en 
prit le commandement lorsque le prince de Hombonrg eut 6t^ 
Uess^ et le g^n^al Merweld fait prisonnier . Les Measures quMI 
re^ ut dans cette Joumte, et plus tard k Paflldre de Troyes, 
farent cause de sa mort, arrive k Yienne en 1822. 

Francois de Paule-Gundieaire, prince de Colloredo- 
Mansfeld, filsdu pr^c^dent, n^ le 8 novembre 1802, k Yienne, 
entra an senriee en 1824 comme sous-lieutenant Parrenu 
au grade de gte^rat-major, fl commanda d'abord, en 1848, 
k Trieste, puis k Theresienstadt nne brigade, et contribua k 
^tonffer rinsurrection de Prague. Aprte avoir pris part, an 
mois d'octobre de la mdme ann^, k llnvestisseinent de 
Yienne, 11 fit la campagne de Hongrie avec sa brigade, et 
assista notamment aux affaires de Kapolna et de Komom. 
Or^ alors fdd-mar^haKlientenant, U chercha k se main- 
tenir dans llle de Schutt, et resta ensuite afec le corps 
qui cemait Komom. Aprte la campagne de Hongrie, il fiit 
nomm^, en octobre 1850, commandant en chef du deuxi^me 
corps d*arm^. Comme h^ritier de son onele, le prince Ro- 
dolpbe-Joseph de Colloredo-Mansfeld, il possMe le mi^rat 
dlSpoczna, avec Dobmszka et Hohenbnu^ ( 5 myr. carr^, 
92,500 habit et 106 Tillages), ainsi qne la seigneurie alio* 
diale de Grunberg avec Nepomuk et Pradlo ( 1 myr. carr^, 
7,200 habit et 29 Tillages) en Boh6me, et ks seigneuries 
de Sierendorfet de gtaatz en Basse-Autriche. 

GOLLOT-H^ERBOIS ( Jean-Marik), actenr et au- 
fenr dramatique, d^put^ de Paris k la CouTention, ^tait n^ 
dans cette capitale, en 1750. Colhi ^tait son nom de fh- 
mille , d'Herbois son nom de th<$Atre. H importe peu de sa- 
Toir sMl fbt bon ou mauvais eom^iien, et qud ^tait son 
emploi ; il est au moins Traisemblable qu*il ^tait au-dessos 
de la m^diocrit^, car 11 ne Joua qne sur les thMtres des 
grandes TiHes, k Bordeaux, k Lyon, k Centre, oti il ^it 
directeur de la troupe; k La Haye, etc. Dans cette demi^ 
r^idence , le ttathouder STait fait renouTeler k grands fkais 
le mobllter du th^tre. Collot-d'Heri>ois Jouait dans Le Mi- 
santhrope; il STait le simple costume de rigueur. Le di- 
recteur, qui jouait Oronte, lliomme au sonnet, se paTanaH 
dans un ample habit de Tdours cramoisi, sillonn^ sur toutes 
les coutnres, aux poches, aux basques, delarges galons. 
Collot-d^Herbois, faisant le geste d'un homme qui Tent s'as- 
seoir, se place en se penchant devant Oronte, puis se rele- 
vant toot k coup : K Mille pardons, Id dit-il, je tous pre- 
nais pour un fauteqil. ^ Cette saillie appela Pattention sur 
le mobilier et le vestiaire du th^tre; et le chef-d'owTre de 
Moli^re fut interrompu par une temp6te de braTos. Le 
prince, qui croyait nVoir foumi que les fauteuils, s'aper^ 
alors que le directeur n^avait pas oubli^ le proTerbe : Quand 
on prend du galon, on n*en saurait trop prendre. 

Collot ^tait bien Jeune encore quand fl Touhit joindre au 
plaisir de jouer des pi6ces Phonneur d"^ foire. Il d^bota 
en 1772 par un drame intitule Lucie, ou les Parents Hn- 
prudents; bientOt aprte il fit repr^senter ClHnence et 
Monjais, Le bon Angevin, VAmant lotqhgarou, Lepaysan 
tnagistrat, ou V Alcalde de Zalamia, imit^ de Cald^ron, 
Jou^ aTec un succ^ soutenu sur tous les th^tres delPrance 
et mis it rindex par le gouTemement consulaire; Le vrai 
C^n&eux, Les Frangais A la Grenade, Le B^n^flce, la 



48 



COLLOT-DHERBOIS — COLLYRE 



Familispatriole, Le nouveau Nostradamus, L'Inconnu, 
ou le Pr^ug6 VtUncu, Andrienne, on le Secret de FanUlle, 
Le ProUs de Socrate, les Port^euilles, VAini et le CO" 
det. 11 poblia, en ontre, quelqaM brochures politiqiiesy qui 
pasa^rent presque inaper^ies; fl fut plas heoreax poor son 
Almanack du P. G&rard, La unAM des Amis de la Cons- 
litotkm ( les jacobins ) avait ouvert un eonoonrs pour le 
meilletir ouvrage populaire destine k expliqner, k propager 
les prindpes consacr^ par la eonstitation de 1791. L*A1- 
nianach du p^re Gerard obtint le prix. Le titre 6tait heo- 
reux : il rappelait le nom d^un d^put^, homme du peuple, 
vjeillard T^n^rable, d*un sens droit, simple dans son Ian- 
gage comme dans son costume bas-bretoo. 

Le soccte de ce petit ouvrage appela Tattention puMique 
sur Tauteur; il arait ^ admis h la Sod^ des Jacobins. 
Get opuscule commen^a sa fortune politique. Sa taille ^tait 
moyenne, son teint brun, sa cberehnre cr^e et trte-noire, 
son regard soudeux et sombre. II arait contracts A Geneve 
le go^t des doctrines r^publicaines; en eAt eu les mcenrs 
s'il ne se flkt pas habitu^ aux liqueurs fortes ; oe rice devait 
lui coikter la Tie et le [aire mourir afant le temps. II se fit 
remarquer A la tribune moins par ses talents que par la force 
de sa Toix et la bardiesse de ses expressions; il se posait k 
la tribune comme au tli^tre. Impatient de se crto une po- 
sition politique, il iniagina de se constituer le dtfenseur des 
Suisses du r^ment de CbAteau-Vieux , condamnte par les 
tribunaux de leur pays aux galores pour leur s^tion k 
Nancy. Collut-d*Herbois presents une petition k I'Assembl^ 
nationale; il avait associ^ k son patronage une partie de la 
Sod^ des Jacobins. La potion ftit reuToy^ au ministre, 
qui toriyit otficiellement aux Cantons : les eondanm^ sor- 
tirent du bagne; Collot-d'Herbois ne les quitta plus; leur 
Toyage k travers la France fiit un triompbe. P^thion, maire 
de Paris, autorisa Collot-d*Herbois et les commissaires k 
faire c^brer au Champ de Mars une (IMe publique, qui (tat 
un T^ritable contre-sens : la police du cfaAteau, dirigte alors 
par Bertrand de MoUeYiUe, y prit une part fort actire; die 
d^peasa en piques et en bonnets rouges plus de 30,000 francs. 
La cour avait renono^ k attaquer la revolution de front : 
elle ne s'occupait plus qu'^ la compromettre par des exc6s, 
et n'y r^ussit que trop bien. CoUot-d'Herbois ignorait sans 
doute que la contre-r^volution s^^tait assod^ k la singu- 
lis ovation des soldats suisses de CbAteau-Vieux.Cette flHe 
le mit en Evidence; son nom fut r^p^ dans tous les jour- 
naux. n devint membre de la muiJdpalit^ de Paris et du 
oonsdl attach^ au ministS de la justice, liit an des provo« 
cateurs et des pan^gyristes des massacres de septembre, 
pr^sida rassemblte dectorale qui en 1792 nomma les d^ 
put^ il la Convention, et ftit un des praniers dus pour y re- 
presentor le d^partement de Paris. lii il se pla^ sous le 
patronage de Robespierre. 

Dans Torageuse Intte de la Montague et de la Gironde, 
tous ses discours se r^sumaient en ces mots : Salens Jaeo- 
Mm, soffons montagnards, et eaiwons la ripubliquet 
Le Moniteur lui attribue llnitiative de rabdition de la 
royaute k Touverture de la session de la Convention : cette 
proposition Ibt falte par nn autre depots ; Cdlot-d*Herbois 
se boma k Fappuyer, el die ftit volte immediatement £n- 
voye en mission k rannte des Alpes, en 1792, aprte la con- 
qu^ de la Savoie, il etaH absent lors du procte de 
Louis XVI, mais il tarivil k rassemblte quH votait la morl 
sans appd ni sursis. A son retour, II seconda de tous ses 
moyens Robespierre dans ses Incessantes el energiques 
attaques centre la Gironde, fut du president de la Conven- 
tion le 13 juin 1793, retouma en mission dans les d6parte- 
ments du Loirel et de TOise, et, aprte la prise de Lyon, qui 
s^dalt r^voliee, ftit envoys, avec ses coU^es Fouche el 
La porte, dans cette ville, k laqudie les valnqueurs impos^rent 
le nom de Commune-AJfi^anchie , aprte avoir ddnoli ses I 
plus beaux edifices d fait cooler le sang sous la fusillade, la ^ 



mitraiUe d la guillotine. Sur la propodtion de Barr^re, 
Collot-d*Herbois etdt entre, avec Billaud-Varennes, an 
comite de sdut public dans le mois de (Hmaire an ii ( d6- 
cembre 1793 ) ; il y resta jusqu*au 14 tbermidor de la mteia 
annee. H n'avait pas attendu que Robespierre flkt attaque 
pour se separer de hii ; il Tattaqua lui-mtoe avec la plus 
franche energie, d n^en fut pas moins poursuivi comme son 
complice par le parti readionnalre. La Convention, en vertp 
d*un premier decret, avail rejete raccosation ; mais les ther- 
midoriens s'achamaieni de plus en phis sur tous les roem- 
bres du comite de saht public et de sOrete gen^rale : Irois 
ftirent oondamnes k la deportation : Barr^re, Collot^r Herboig 
d Billaud-Varennes. lis etaieni detenus li rUe de Re «a 
attendant leur embarquemeni pour la Gnyane. L'oidre de 
depart arriva; Collot-d'Herbois d Billaud furent embar- 
quies; BarrS avdt obtenu un sursis motive sur sa sante. 
Le navire qui Iransportait ses deux coUegues avait d^ 
quitte le port, quand arriva un nouveau de^^ qui les ren- 
voydt tous trois dbvant le tribunal crimind de la Charente- 
Inferieure : Barrere Ait sauve. Collot-d'Herbois, arrive k la 
Guyane, ftit k tort ou k raison accuse d^avoir provoque une 
insurrection des n^gres contre les blancs; il Ait enferme dans 
le fort de Sinnamari, oO il ne tarda pas k dre attaqne d^ule 
fl^vre cerebrale. n but dans un accte de ddire une boo- 
teiUe de rhum, qui lui brftla les entcdlles. H mounit apr^ 
une epouvantable agonie, tandls qu*on le transterait du fort 
^ rhOpital, le 18 nivOse aniv ( 8 Janvier 1790 ). H n*etail ige 
que de quarante-six ans. Dom ( de IToone ). 

COLLUSION, root derive de colludere, se dit de toote 
intelligence secrde dans les affaires, entre une ou pinsicurs 
personnes pour tromper un tiers. Maguere, dans le Jeu <fai 
gonvemement parlementaire, la collusion entre les difie- 
rents pouvoirs etait beaucoup plus firequente que l^r col- 
lision, C*esl absolument la fiible des deux voleurs et Pdne, 

En termes de Palais, collusion indique rintdUgenoe de 
deux parties qui plddenl ea ftraude d^un tiers. Td procureur 
Jadis recevait des deux mains, d colludaii avec la partie 
adverse. On appdie coUusohre tout ce qui se ftdt dnitt un 
procte k la faveur de cette ftfaudoleuse intelligence : une 
sentence collusoire. 

Dans les aflfoires, une oonlre-ldtre est presque tovjours 
nn ade collusoire, ayani pour but, on d'duder la k>i, ou 
de prejudider aux droits d'un tiers. Ch. Du Roiom. 

[Le code penal de differents £tats de TAUemagne permd, 
ordonne m6me au juge d*instrudion de decemer des man- 
dats d^amener quand il a lieu de soup^onner Pexistenoe de 
conventions collusoires entre des parties en cause. | 

GOLLYRE ( en grec xoXX^ov, fait de xMXtMo, empMier, 
el pitt, couler ). Celte denomination irrationiidle sort k dis* 
Unguer dlfferentes preparations de pharmade applicables 
aux mdadies des yeux, dont la Uste etait ausd variee que 
nombreose; die comprendt des cataplasmes, des onguents, 
des poudres, des substances liquides ou vaporisees. Aqjoor- 
dliui cette lisle est reduite aux seules preparations lluides 
qu'on adminislre, ou en fomentation, ou en injection, ou en 
bdn. On les di^gue en collyres simples d en coll^fres 
composes, Les premiers soni des eaux distiUees, teUea que 
cdlesderose, de plantain, defenouil, d'eufralse, 
de bluet , etc. EUes sont signaiees dans divers Bvies 
comme tres-efficaces ; la denUere a mdne ete appdee ca$$^ 
lunettes, comme pouvant dispenser de recourir k I'opllcien : 
c*esl une reputation immeritee; toutes equivalent Terita- 
blemenl k Teau pure , d agissent comme moyen deierdf. 
Les decoctions derachiedeguimauve,degrainesdeliii, 
de pepins de coin g; les inftidons de feuilles de mauve, 
de guimauve, de flenrs de sureau d de meiilot, eoot 
d'autres coUyres simples, dont Paction est emolliente, el qui 
conviennenl dans les Inflammations recentes des yeux. 

Les eollyres composes onl pour vebicules ces memea pre- 
parations aqueoses dans lesquelles on ajoutc des substances 



GOLLYBE — COLMAN 



ti^nriteB, tl dont la nalore determine dm propri^t^ di- 
tenes : ainsi, radditkui d^im pen d*ftc^Ute de plomb liquide 
offil poor former ua collyre r^soliitif. Let solotions de sol- 
ftle ^ liBc, de ralfate de ouhnre, de suMMe d'almuine, de 
pierre dL^iney de pierre infemtle, foumiftsenl des oollyres 
MaiiU ou caoetiqiies qu'on emploie dang lee ophthalmies 
chroniqiies et poor CDleverles taies de la eom^e. Letchinir- 
fjtaa angMs looent priodpalemeDt la solotlon de nitrate 
d*«rgent fondo , ou pierre iafiBmale. On y fait anssi dis- 
toudre des eels mercoriels poor certains cas. Des infusions 
de plantes aromatiqoes, animte par l*eau-de-Tie camplir^ 
on Teaa de Cologne, on Teao de m^isse, sent des collyres 
stimulaiits qui serrent qnekpiefois ayantagcasement poar 
eiciter la Titalit^ des yeax quand la'Tue est affaiblie. En 
j^loiitaiit des preparations d'opinm dans les coUyres simples, 
OB lenr communiqae one propridt^ calmante. En g^n^ral, 
fl n^est point de mMicaments plus diyersifi^ que cenx-ci; 
b plopart des oeolistes ont chacan nn collyre qu*ils Tendent 
oomme prtfdrable k tout autre; les charlatans ont toos nne 
eao sooveraine pour les yeux, et qui est un de lenrs princi- 
paox moyens pour exploiter la ci^ulit^ publique. 

LiMtioa de ces prorations pharmaoeutiques "varie aussi 
sous le rapport de la temp^ture. Si on les applique chandes, 
nuteie oeries qui sont simplea, dies exercent une action exd- 
Unte, due au caloriqne ; c*est pourquoi il faut les employer 
k froki dans le plus grand nombre des inflammations r^ 
eeates. Dans les ophthalmies appel^es rhwnatismales , 
pareequ'eNes naissent et rMlivent comme les rbnmatismes, 
les eoDyres ^nollients tlMes sont indiqu^. L'^preuve 
d'aaieurB le d^montrerait MenUVt, car les applications froides 
aggratent en ce cas les accidents an lien de les calmer. 

Les causes des maladies des yeux ^tant extrdmement va- 

rite, fl est iBdispensable de les oonnaltre et de les distinguer 

pear adopler un traitement rationnel. Ainsi , par exemple, 

h naladie pent Mre produite par des causes ext^rieures , 

eoBoe eOe pent Vfire par des causes internes. D'une autre 

part, laTiie est un sens si pr^denx qu*on ne sanrait apporter 

trop de prudence dans Temploi des mMicaments qui nous 

oeenpent H^anmoins celui qui est compost d*eau de rose 

et de piantainyle collyre banal; le mdange des autres eaux 

dtetm^neparrentM^ grand mal s*jls ne font pas de bien ; 

il en est de ntaie des decoctions de graine de lin. On peot 

se hw les yeox, les baigner avec ces liquides et k I'aide 

d^iae ffi/ttirv. n est en outre des cas oil il est preferable de 

m Ave aoGune application sur les yeux , en se contentant 

de Im garantir de Taction de la lumi^. Des axiomes po- 

TieBBent k Tappui de notre remarque : ainsi, on dit 

■oos <ptt quand on a mal aux yeux il ne fSuit y tou- 

qae do eoiMie. On dit en Espagne, que pour guerir les 

]«BX fl flaot s'attacber les mains. Les Chinois ont aussi re- 

csaBB combfea cette reserve est necessaire, car Us disent 

qae oekn qui a mal aux yeox Toit clair au bout de dix 

Joofi quand il n*y touche pas. En citant oes proverbes, nous 

deroas eependant foire obsenrer quMIs ne sont applicables 

qi^ eertaias cas, et que spurent il font s'empresser de re- 

■etter am opbtlMdnles par des medications energiques. 

D' CHABBOimiUl. 

fXILLYRIDlENS^ beretiques du quatritoiesitele. Les 
d'Arabie qui professaient le collpiani$me por- 
HM vene r ati on outree et snperstltieuse k la Vierge 
k qui efles oflhdent des gAteaux appeies en grec 
fMfrkUif qu*elles mangeaient ensuite en chantant ses 
Isaaiges. 11 n^ avait point de pretres parmi ces beretiques, 
iMis aenlcment des pretresses, afln d'etre plus agreables 
k Marie. Saint fjpii^haoe les fit condamner comme ido- 



CXMXiYRITEy substance minerale, d'un aspect tantdt 
apaKsy taatdl ledaeox, tendre, k cassure concboide, 
d ^c a nipi ' sa b le k fair. Elle est formee d'une partie de silice, 
de tfois d^ahmdae et de daq d*eau. Elle oCTrc un des exem- 

MCT. at LA CORTERS* — T. Tl« 



4d 

pies les plus frappaoU de la decomposition des silicates par 
Teau. n est trte-probable ea eflet qu'elle vient d'une sub- 
stance beaucoup plus ricbe en sUice dans laquelle Teao a, par 
sa puissance d'affinite, remplace en grande partie cet acide. 
EUe offre d'aiUeurs bien le caractere d'une substance profon- 
dement modlfiee dans son organisation, car U sufflt du 
simple contact de I'air pour la faire tomber (en ponssiere. 
D'aprte sa composition , queiques mineralogistes la dassent 
parmi les silicates bydrates; d'autres, achevant dans leur 
formule la decomposition commencee par la natore, la re^ 
gardent simplement comme de Talumine hydratee. On la 
trouve k Scliemnitz en Hongrie, dans une diorite porpby rique ; 
k la montagne d'Esquerra, sur les bords de fOo, dans les 
Pyrenees; k Wdssenfds, en Tburinge; etc. 

A. Dfis Gerbtez. 
GOLMAN (Georges ), poete dramatique anglais, naquit 
le 28 avril 1733, k Florence, oil son p^ rempUssait les 
fonctionsde ministre resident d'Angletene. II etudia d'abord 
le droit k Oxford. En 1758 il se fit un nom dans le monde 
litteraire en publiant, en sodete avec Bound Tbomton, et 
sous le titre derAeConiiaUfetir, une seried'artides etd^es- 
sais dans le genre du Spectator. Sa premiere piece de 
theatre parut en 1760; die ayait pour titre Polly Ho^ 
neycomb, et reussit; sa Jealous Wife, jooee pour la pre- 
mierefois en 1761, etimiteeduTVwi/oResde Fielding, reus- 
sit encore davantage. Un heritage qu'il fit plus tard le mit & 
meme de se consacrer entierement k la litteratuie. En 1768 
il acquit une part dans le theatre de CoTent-Gardeaf dont 
il prit la direction; il la revendit ensuite pour acheter^ ea 
1777, le theatre de Hay-Market, qu'il ^rigea egalement et 
porta k un baut degre de prosperite. Vers la fin de sa car- 
riere, il perdit la raison, et mourut en 1704, dans nne maison 
d'alienes. 

Onadelui vingt-six pieces de tbeAtre, entre autros 7A« 
Clandestine Marriage, qu*il composa en societe ayec Gar- 
rik; une traduction deTiirtpod^ed'Horace, ayec un 
oommentaire, et une traduction en vers de Terence (Lon- 
dres, 1765). 

COLMAN (Georges), dit lejeme, fils du precedent, 
ne le 21 octobre 1762, annon^ de boniie heure des dispo- 
sitions pour le theatre. Apres avoir ete deve k V6co\e de 
Westminster, il alia etndier k Oxford; mais, dans I'espoir de 
Tarracber aux dissipations de cette universite, on ne tarda 
pas k l*envoyer suivre les cours de runiversite d'Aberdeen, 
en £cos8e. II continua k y mener une vie de desordres, sans 
eependant compietement negUger ses etudes. U publia k cette 
epoque un po^ne. The Man qfthe People, dont Fox etait 
le sujet, d composa aussi sa premiere piece de tbeAlre : The 
Female Dramatist, farce mdee de chants, que son p^re fit 
representer sur le the&tre de Hay-Market, mais qui fut sifflee. 
Une seconde tentative, TYoo to One, qui parut en 1784, fut 
mieux accndllie, et dedda de la vocation de Georges Ck>l* 
man pour le tbeitre. En 1785 on representa de lui Turk or 
no Turk, piece mdee de chants. Feu de temps auparavant 
11 avait imprudemment epouse une certaine miss Morris^ 
avec laqudle il avait dft faire le voyage de Gretna-Green. 
Quand la maladie mit son pens desormais hors d^etat de 
diriger le tbe&tre de Hay-Market, ce fut Cohnan le jeune 
qui se chargea de cette direction; d il composa alors pour 
cette scene une serie de pieces qui obUnrent presque toutes 
du succes d se sont maintenues au repertoire ; entre autres 
Fopera-comique /ncfeoRd Karico (1787), lacomedie Ways 
hnd Means (1788) ; le drame The Battle qf Hexham (in9) ; 
The Surrender of Calais (l 791) ; The Mountainers ( 1793 ) ; 
The Iron Chest (1796), uniUtion du Caleb Williams d^ 
Godwin; The Heir at law (1797); Topera Bluebeard m 
musique de Kelly; Texcellente comedie : The Poor Gentle^ 
man ( 1802) ; la farce : Love laughs at Locksmiths ( 1803 ) ; 
Gay Deceivers (1804) ; John Bull (1805), que Walter Scott 
considerait comme la meilleure comedie du rt^pcrtoire mo- 

4 



50 



COLMAM ^ CSOUfAR 



deme dw AnglaU; Who Wants • €Mnea?(i%Ob)i The 
Africans ( 180$); X, Y,Z (UIO); TAeiXoio (^ Java 
(1822), etc. 

Colman ^Ult recherche dans les cerdes, k oause de son 
otract^ gai et amusant. Georgia lY la prot^gaa toiqoora 
d'one mani^a particoli^re; il radmettait frdqiiaaiinent k aa 
table aTec Sheridan, et toua deux, par leur esprit comptant, 
sitajent feire ooblier k leor royal amphytrion lea soucia de 
son existence dor^e. La direction tbMtrale de Colman finit 
cependant par ne pas dtre heureose, p^cuniairementpariant. 
n eontracta dea dettea, et dut subir ub aaaez long empriaon- 
nament an King^s Bench, La protection royale fte tira de sea 
embarras et loi valut en outre une plaee de cenaenr th^Atral 
( licenser )y rapportant de 3 k 400 liv. sterl. par an, et dans 
l^exercioe de laquelle il s*attira rinimiti^ des auteurs dra- 
matiquea par son extreme s^v^rit^. Quoique sea propres 
pidcea ne brillassent pastoujours par la morale la plus pure, 
II se montrait, comnie ceuaeur, inexorable pour les moindrea 
atteintes au decorum, et excellait surtout k fflairer etdi6eoQ- 
oeuvrir les allusions poUtiquea^ 

Ind^pendanunent de ses nombreuses &rcea et coro^diea, 
Colman a auasi compost diTera poemes burlesques, qui pa* 
rurent d^abord en 1797, sous le litre de My Nightgown and 
Slippers J puis en 1802, oomme seconde Edition, roTue et 
angment^e, sous cdul de Broad Grins, II est aussi Taiiteor 
^Poetical Vagaries, Vagaries vindicated et EceentrieUies 
for Edinburgh, toutes productions oO Vhumour britannique 
ne s'en tient paa toujours aux limites exactes de la d^cence. 
La demi^ production de ce jovial terivain fut les M^moires 
de sa Tie, plus particnU^rement de aa jeunesse, qu^il publia 
BOOS le titre de Ramdom Records (Londres, laso). Colman 
le jeone mounit 4 Londres, le 26 octobre 1836. 

€OLM AR, Tille de France, clieMieu du d^partement du 
Haut-Rbin, k 425 kilometres de Paris, situteau milieu 
d'aae plalne feriUe, au confluent de la Lancb et d'un bras 
dn Feebt aflluant dans I'lle k trois kUom^tres au-dessous de la 
▼itte. PeupMe de 21,848 babitants , cette yille poss^de une 
^lise protestante consistoriale, une synagogue conslstoriale, 
UMOonr impMale, dont le ressort comprend les d^partements 
du Bas-Rbinetdu Haut-Rliin, des tribunaux de premie 
instance et de commerce, nn college , une ^cole normale 
primaire d^partamentale, une ^cole de sourds-muets, une 
bibliothdque publique de 4,000 Toluroes, un Mus^, qui con« 
tient d'excellents tableaux de Martin Schoen, une p^pini^ 
et une orangerie d^rtementales, un bureau principal de 
dooane. Elle estle cbef-lien de la deuxitoie subdivision 
de la sixi^me division militaire. LMndastrie y est active : on 
yfebrique des toiles peintes, des indiennes, des calicots, 
des guingams , des madras , des rubans de coton et de soie, 
des cribles et des pAt^ de foie d*oie ; on y trouve des tein- 
tureries, des tanneries , des cbamoiseries, des filatures de 
coton, des imprimeries de titsus, des braaseries at trois typo- 
graphies. Cette ville est TentrepOt d*un commerce actif en 
produits manufacture de TAlsace, fers, grains, vios, plants 
d'arbres, garances, et en denr^es coloniales pour hi Suisse. 

Cohnar est une ville laideetirr^li^rement bAtie. L*Mifice 
le plus remarquable est la cathMrale , andtane coU^giale, 
construite en 1863, et qui offre qudques beaux d^ils d.'ar- 
cbitecture gothique dans quelques-unea de aea parties; on 
pent dter ensuite le palais de justice, ThOtel de ville, ThMel 
de hi prefecture, les h6pitaux civils et milltaires, etc. Lea 
eaux de la Feclit , aprte avoir aliments de nombreux ^- 
blissements d^ndustrie et vlvifi^ de jolis jardins, se r^pan* 
dent dans les rues, oik dies entretiranent la propret^ et la 
salubrity. Colraar est une station du cbenyn de fer de 
Strasbourg k Bile. 

[Cohnar est bitie non lofai d*nne ancienne Tille cdtique , 
Argentuaria, devenue ensuite ftMrteresse romaine sous le 
nom de Castrum Argentnriense, cequi Ta lait regarder par 
quelques historiens comme ayant succ^d^ k cet ^taMiaae- 



mant; nials a^eat una erraar : outre quil y a prte d'une dam^ 
Ueue de distance de Tandenne ville k la nouvelle, plus de 
quatre centa ana se sont ^coul^s depuis la destruction de Tune 
jnsqu^k la naissaaoe on du moins jusqu'^ la premie mention 
faite de Pantra. Argentuaria avait ^ brOl^ et ras^e par les 
barbarea en 407, et en 823 Louis le Ddwnnaire fit d<u>atioa 
k Tabb^ de Munster des fordts qui d^^ndaient de son fisc 
royal de Columbarium, II y a lieu de croire que sous les 
rois fttmosd^ I'emplacement de Cohnar ^tait, avec lea mines 
d^ Argentuaria, du domaine royal. Pour T^poque cariovin- 
gienne, Notkar, hiatorien de Charlemagne, die honorable- 
men! deux bitards qui sont n^ tous deux dans le genetium 
ou gynMe de ColunUna : or, il paralt que ce genetium 
etait une eap^ de fobriqne royale oil les femmes pr^paraient 
dea etoiTes pour les v6teroents des princes et des personnes 
de la oeur. On vdt que ie nom de Colmar varhiit beauconp 
dans les historiens et dans les chartes. 

Cette ville a pour qudques ^ymologistes une origine la- 
tine , et ils disent Columba, Columbarium, Columbaria, 
D^autres I'appdlent ColUs Uartis, colline de Mars, ou Coir 
lis Marii, colline de Marius; puis viennent les origmes 
barbares, Colhambur, Columpurum, Colmir, etc., ou al- 
lemandes, Kohlen Marckt mardi^aux charbons. Quoi qu'il 
en soit de ce culte de Mars ou de ce charbon, il paralt que 
dans le moyen Age Colmar prit des accroissemente rapides, 
car en 884 Cliarles le Gros y indique d^jk une r^nion de 
grands pour se concerter sur la defense de Tempire contre 
les invasions des Normands. La ville dut son principal 4clal 
au chapitre coU^gial sous Tuivocation de saint Martin, qui y 
avait ^ fond^ par le chapitre de Munster. Fr^d^c-Barbe- 
cousse fit trois si^ours k Colmar; Fr^^c II la fit entourer 
de murailles. Feu de temps aprte elle devhut ville libre im- 
p^riale. Dans le mtoie si^e on voit CoUnar figurer parmi 
les villes confM^r^ pour le maintien de la paix publique. 
Rodolpbede Habsbourg Taasiigea et U prit deux fois; Adol- 
phe de Nassau en fit aussi le si^e, et s*en empara k la fa- 
vour d'une ^meute populaire. Au si^de suivant , Colmar ae 
d^clara pour Louia de Bavi^re, et soutint encore deux sieges. 
Les troupes de Colmar inqui^t^rent le dauphin de France 
dana sa retraite, lorsqu'il quitta I'Alsace, od il s^^tait can- 
tonn^ aprte la bataiUe de Saint- Jacques ; enfin , U ville en* 
voya son contingent aux Suisses k Granson et k Moral. En 
1652 elle fut entour^ de tours et de fortifications, qui furent 
consid^rablement augments par la suite. J^es SuMois 
roccupaient en 1632 ; Louis XIV la prit en 1673, et en fit raser 
les fortifications. Elle a ^t^ r^unie k la France en 1697 par 
la paix de Ryswick. 

La plame qui s*etend de Colmar aux Yosgies, etqueparla§e 
un ruisseau appel^ Logebach, a servi de champ de bataiUe a 
Turenne,quiy remporta sa c^l^re victoire connue soua 
le nom de Turckhdm; et plus r^cemment il y eut entre Col- 
mar et Sainte-Croix un glorieux combat de cavalerie entre 
les dragons de la division Milhaud et les forces, dix fois sa* 
p^ieures, des armto alUt^, qui furent oblig^ de ftur de- 
vantnn petit nombrede braves , le 24 d^cembre 1813. 

Avant la Revolution Colmar ^t le si^e du conseil soo- 
verain d* Alsace et de la haute cour de justice pour cette 
province. P. beGolb^y.] 

COLMAR (Conspiration de), ainsi appel^ parce que 
ce fut la cour d'assises de cette ville qui jugea le premier 
procte intents contre les chefe pr^sum^ du mouvement ia« 
surreclionnd tent6 en 1822 k B^fort. C'^tait plus qu*une cons- 
piration. Les patriotes de FAlsace, comme ceux des autres 
parties de la France , s'^taient an\f^4r4s pour renverser le 
goovemement des Bourbons, impost au pays par la sainto- 
alliance. Un vaste plan dMnsurrection avait ^t^ provoqu^ et 
organist par la society secrete si connue dans Phistoire de 
la Restaurati<Mi sous le liookditeharbonnerie frangaise. 
La confM^ation avait dans TAIsace une grande force 
d*action , et die se composait pour la plus grande partie de 



OOUfAR — GOLNBT 



IpniuMi; tes rtigiiiieiiU devaieni homier le signal d^rinsiifw 
ttdkm , et ploaieors gto<niix afaient promis lew oonooqn, 
Ub Molosa «e proiioiK^;ce ftit le malbeoreoi Barton, 
La Hnie tuprfyne oa oongrte national, qni si^geait 4 
PuiSt €tut praaste d'a^r. La luooto d^pendait de la ra* 
pid^, de la apontan^M do pKHfrenient ; il n'^tait phia poa- 
flUe de dUS^rer. H fnt d^cid^ <iue les confM^rte de B^ftirt 
fiaadfaient linitiative; le moaTemeiit defait ^daler imm^ 
diatemeDt aprte dans toutela Franee. Les patriotesalsaoiena 
n^sttcBdaieBt que la prtenee de qnelqaes-ona de Itnrs Mrea 
de Paria. Le cotooel Pailbte parttt a?ec trente jennea conspi- 
ratewa. Cbacon d^eux n'avait M pr^ena que la nuit , 
el seqlenMnl an moment du depart; tous partiFeat sana d^ 
laL IVMitrea dMacbements de jennes oonf^idMa arrinient 
4 B^ort de toutea lea diredionsy la plupart aans bagage, 
ana pawsnport, entaaate dans des calMies dteouvertea et 
parloia diantant la Marseillaise. 

ULt6aaiiaa&ubatamon aocr^ 4 B^ort rendait tout d^lai 
iaspoeAle ; rteanmetion deraH deleter le l*' janTier 1829. 
Le igbnirsl Lafayette et son ills ^talent d6j4 sur la route 
de B^otif mak nn tnddent imprdfu for^ d*aTaneer Tinstant 
cxoBTean. D ftit dMd^ que le mouvement commeuoerait le 
31 d^cemtire IStl » 4 nninuit Tout ^lait prM; un poate de 
dogauien dtait 4 la dispoaition de rinanrrection ; lea officiera 
palriolaa de la gamisoa avaient fait leura ^posltiona ; le 
aaffeat-flBitfor Paequetet tint pendant deux beores les sol- 
dda df an efaambrtele sac an doa et prMa k osarcher. Cetto 
eireoaaCaiiee ai graTe, ai ddeiaive poor raeeosaUon , reata 
eempl^tCTif nt Sgnorto ; aocun des soldats quidevaientsoiTre 
Paeqoetety aoeon de ceux de son nSgiment ne Hy^ cette 
pHaed^armea. 11 ne aetrouva dans la gamlson qu'un homme 
WMe, on sona-oiflcier; il manqoa de courage, et, doTenu 
tnlbe par pcor, il alia, quelques heures ayant celle qui avalt 
M maiipN^e poor le roooYement, pr^venir le commandant 
de la place. AossiUyt lagamison est mise sons lea ames par 
eat olMer sop^rieor ; unepartie dea insurgfe se reod en toote 
bite ear la grande place ; le lieutenant Peuguet tire un coup 
de pialoletao Beotnant de roi ; laballe s'amortit sur la d^co- 
mtioa de eat olkier : on des jeones geaa tfrirte de Paria 
sree le coload PaBb^ s^^lance entre le lieoienant Peogoet 
etla traape, se &it prendre k sa place, et bii donne le temps 
teae mettle an vUeHS, Cependantlesinsorgte, rtoiis dana 
lea aolres qaartiers de la ville, attendant Tordre de se porter 
em OTant, igaoraieot ce qui se passait sur la place, et que les 
neoHMBkalkmafiiaseBtooop^B. D^plnsieursarreatations 
AaienI eflfedodes dana I'int^rieur de la tUIc. 

A rinstant meme ou le lieutenant Peuguet tirait son coup 

de pialolot , one chelae de posts arrivait dans le lliubourg; 

^<tiient Jenbert, qd ftit nomm^ en laso directeur de Toc- 

troi de Paria, el Armand Carrel, alors lieutenant au 29* de 

fifoe, en gamiaen k Nedbrtsach. Carrel 6tait euToy^ par ses 

camarades poor asaister an mouyement de B^fort ; il deyait, 

suesitdl aprte, retoumer k sa gamison pour proYoqoer celui 

de 5caQNiaadi. Carrel ^tait Tobjet d'une sunreillanoe sp^ 

ciale; sen cbef de bataillon, inform^ de son absence sans 

pemissiQn, aTdtimm6diateaient eommand^une rerue : il 

eroyait qoe Cand ne serait pas ^ soo poste, mais, paiti 

en grand uoBbrme , Canrd s*<HaU remis en route pour Neof- 

brisaeh dis quil at^t Tu^dioner lemooTement , d, rentrd 

m yille au nwrnent mdme oil son bataillon s'assemblait, il 

liitaan rang. II arait foil avec une prodigieuse r^tidit^ ce 

**"hls tnjet Le dteppointement du cbef de bataillon fot 



Baaa rd , run des diefii les plus adiis de la Tente suprtaoe, 
*P<cialement diarg^ deladiredion gte^rale du mouTcment, 
<lail d^ sor la roofe de Bdbrt, oil il saydt qoe le gte^rd La- 
Ayctte devaHdre prte d'anriyer. II a bientdt rfjoint Cor- 
edbs lib, plac6 en yedette dana un yillage pour y attendre 
leOto^rd Lalaydle. BientM one ydture pardt; c'dait celle 



At 

du g^n^M, qui appreod qoa le mooriment ardt en Ben 4 
Bdort arant le jour oenyenn d lea fimastea eenaiqaancea de 
cette tentaBye. La yoitoreohangea da dirootton, d le gtei-' 
Fddson file descendirentcheaM. Martin da Oioy, d^pottf 
de la Haote-Satee ; fl dait important poor oeox qd ayalent 
M arrdfe 4 BMort d 4 Cdmar quale yoyage dn gtedrd ne 
BU paa mime soupconn^. Lesecrd Aitbien gard^. 

P'autrea commissaires de diyers d^partements correspon-. 
daient ayec le oomU6 (PaetUm de Paris, d n'atlendaient que 
la nouydledu mouyement de Bdort poor febna ddatar l*in« 
surredion dans leur pays. Ce fbt contre Tayia de sea amis 
quelegtotalBerton,malgr6PMieede Bdbrt , s'obatina 
4 partir poor Sanmnr d Tbooars. Ce mooyement partid 
ne pooydt ayoir de-chances de saoc4s. Goinard , qo'on a yo 
depois 1848 membre de la Constitoante, d qoi a'dait d^ 
yoo4 poor sauyer le Bentanant Peugud, ao moment od cd 
olBder yendt de tirer son coop de i^dold sor le Beote- 
nant de rd de la place de B^Rwt, Bit d*abord consMM 
comma le cbd de la eonapira/loii. H ftit charge de fars , 
d^Ms^surlapaUle, sans oootertnre, dans nn cachd,jus- 
qu'4 ce qu*B dlt M transHM 4 Colmar. Qodquei autres 
jennes gens enyoyte de Paris, dee offiders d dee aous-ofll- 
ders ayaient €i6 arrdte le soir mdne (31 d^cembre) 4 B^ 
fort, d le lendemain dans les enyirons; d'autrea, 4 Cohnar, 
4 Nancy. Les firires Sehttflinr, Peghonx, le colond Briee, 
Plane, Lartigues, etc, parent se soustraire 4 tootes racheiw 
ches. Le Beotenant Peogoet, Petit-Jean, Beaome, La Combe^ 
Bm, Desbordaa d P^hi, tone qodra olBdera 4 demi-adde, 
paryinrent 4 se saoyer enSdsse, dontla neotraBtdneint yio-^ 
1^ qu'4 regard des deoxaoos-oOicierBTeBlerdWatabled : 
le premier fut oonddt 4 Cohnar, le second se douu la mort 
dteqoll seyitd^cooyert; on a prdendo ausn quil ayait di 
to^ 4 boot portent par un gmdarme. 

L'ade d*accusation de la cour de Cdmar porta le nombre 
des accuses 4 quarante-qoatre. Tous oon8«y4rent pendant 
rinatrudion de la longue procMure 4 laqueBe donna lieu 
cette affliire la mtae fermet^ de caradire. L'indmction dura 
neuf mda; mais la cour usa de mansudude 4 regard dee 
aecusds, dont quatre seolement : Tellier, Doblard, GuinanI 
d Pailhte, forsnt eondamn^ Encore m furent-Bs quBtea 
pour doq ana de prison, 660 fr. d'amende d deux ans de 
surydllance , mains maUieureux que le colond Oaro n , qni 
paya de sa tde, non pas la tentatiye, mais laseule pens^ 
d'ayoir yodu fayoriser I'^yaslon dea accuse 

DOFBY (dAfYooae). 

GOLNET (CBAaLEs-JosiPH-AuGosTB-MAXinitiBif de), 
Bbrdre, heoMoe de Idtres, Joumdisle, quidepols^oata 4 son 
nom cdui de Du Ravel, ^tait flis d'un garde du corps de 
Louis XV, qd s'dait distingu4 4 la bataUle de Fontenoy. N^ le 
7 d^cembre 1768, 4 Mondrepoy, en Picardie , il fit ses dudes 
au coU^ miiitaire de Bebais,en Brie, puis 4r^cole militdre 
de Paris, od il eutpour condisdples Bonaparte d Bertrand, et 
enfin 4 La F14die, od B remporta plusieors prix. Conune ni son 
goOt ni son phyf^que ne le rendaient propre au rodier des 
armes, il yint 4 Paris, en 1793, pour se soostrdre 4 la 
premiere r^uisition , d y dndia la ro^dedne sous Cabads 
et Corvisart ; mds , attdnt par le d^rd qd expulsdt de 
la capitale tous les nobles, B passa deux ans 4 Chauny, en 
Picardie, chez un apdhicaire, dans la solitude et Tdude 
des lettres. De rdour 4 Paris , en 96, B s'dablit libraire, an 
cdn de la me du Bac , en face do Pont-Boyd. 

II ayait trente ana quand il comment 4 se faire iinprimer, 
d d^bnta par une satire contre Tlnstitut, intitule La Pin du 
Dix^kuitieme siMe. Vinrent ensuite Men Apelogie et mee 
itrennes eli VInslitut , od B continuait sa guerre contre 
les Immortels. 

Tout cda paraissalt sous le ydle de Tanonyme. Colnd 
poblia de mteie un reeueB pModique mensuel , hitital^ : 
M^moires secrets de la n^ubliqne des Letlres, journal 
d'oppositUm liU4rpWe. Cdait one pdHn inwrre incessant o 

4. 



61 



COLNET — COLOGNE 



^ coups d*^gle. Sttr ees eotrefoitee arriva le is bni- 
maire. Admirateiir de Bonaparte, Colnet cnit qo'U tra- 
▼aillait poor let Boorboot, el publia one ode & sa touange ; 
inais, bieDtdtd^trooip^, il refitta k Bertrand de a^associer 4 
la fortune de leur ancien oondisciple et dialler le voir aux 
Tuileries. £n 1805 ii rtonit sa librairie de la roe da Bac A 
celle qu'il ayait formte sor le qnai Bfalaqoaia , A c^ de 
l^idtd de la police gdntele. H y reccTait, dans un cabinet 
qu'on appelait sa caveme, quelqnes ^crivains, la plupart 
bostilesao goaTemementinipJirial. lis s^j r^unissaient encore 
dans les premiers temps de la Restauration , de mani6re h 
inqni^ter le ministre Foucb^ , qal tenta Tainement d^acbeter 
par divers moyens le silence de rinflexible litN-aire et la 
ckMnre de sa caveme. ArrSt^ pendant les Cent^ours ( 1815), 
oomme pr^vena de correspondance avec la oour de Gand , 
Ckrfnet obtint de R^ sa miseen liberty. Aprte avoir f6nd<^, 
en 1810, avec d*autres collaborateurs, le Journal des Arts, \\ 
Alt undesprindpaai r^dactenrs du Journal de Paris , de 
1811 4 1815, prjt part alors k la redaction du Journal 
Qiniral; et lorsque cette feuille fat devenoe minist^elle, 
il travailla pendant quinze ans 4 la Gazette de France, dont 
aes feailletons et ses articles firent la fortune, en augmen- 
tant sa propre r6patation,car il les signait en tootes lettres, 
oontre Fusage, quoiqae son style et sa bardiesse eussept pa 
aistoient Ten dtspeiiBer. A ce moment Colnet vivaH retire 
4 Bdlevllle, od, tout en cultivant les fleurs, il ne cessait 
pu de remplir sa tiche de joumaliste. 

La r^votatlon de Joillet 1830 avail M pr^voe et en qoel- 
qoe sorte annoncte par Colnet ; ii y peidit deux pensions 
de douse cents fhuicschacune. Tune sur la cassette du roi , 
I'autre supprimte par M. Guizot , en punition sans doute 
de ce qu^U s'^it souvent moqu^ des doctrinaires. RMuit , 
par une faillite, an produit annuel de sa collaboration h la 
Gazette, Cohiet ^t^ ricbe encore ; car, loin de se crto des 
besoins , il poussait la pardmonie Jusqu*4 Pavarice. H se cou- 
chait entre bait et neuf beures du soir, et se levalt k qua- 
tre beures du matin. Son plus grand chagrin ftit de voir, 
eo 1831 , flotter sor la Seine les Uvres de la Bibliotli^ue 
de FArchevteh^, qo'il avail mise en ordre et catalogote 
poor le cardinal Fescb. H moorut du obolte, le 29 mai 
1832, 4 Belleville. Parml ses prindpaux ouvrages il faut citer 
sa Guerre despetits Dieux; sa Correspondance Twrque 
eontre la Harpe; son Art de Diner en Ville, d Vusage 
des gens de lettres , poiroe en quatre chants; sa collection 
des Satiriques du dix-huitUme siicte , dans lesquels il 
s'est compris lul-mteie; son HemUte du faubourg Saint- 
Gemudn par le voisin de son ExceUenoe; et son Hermite 
de Belleville. H. AvnimiT. 

COLOCASE* Vogez Aaon. 

COLOGOTRONL Voyez KoLOxoimom. 

COLOCYNTHINE. Vo^ez CoLOQuime. 

COLOGNE 9 la CoUmia Agrippina des Romalns, en 
alleroand Kaln, cbef4ieu de la provbice du Rhin (Prusse) 
dans laquelle se troove comprise la plus grande partle des 
possessions territoriales de Tanden arcbevdcb^ et aussi du 
cerde de r^gence du mtoie nom (soperfide, 40 myriam^- 
tres carr6s, avec 463,000 habitants, poor la plupart catho- 
liques), ^tait jadis Fune des plus importantes villes bnp6- 
riales. C*est encore ai4oard*bul an grand centre industrid 
et commercial , le si4ge d*une r^gence , de la cour d'appd 
de la province du Rhin, dim archevtehd et d*an cbapltre, 
d*une cliambre de conunerce, d'une direction de la dooane 
du Rhin, d'une commission de navigation et d'une sod^^ 
de navigation h vapeur, et en mtaie temps une place forte 
de premier ordre. EUe est bAtie en forme de demiHoerde 
sur la rive gauche du Rhin , en Dice de la ville de Peats, 
qui lui sert de t^ de pout, et k laqudle la relle un pont 
de baleanx. Sa popolation, sans y compiendre to gamlson, 
est d*environ 75,000 habitants , ptfml lesquds on ne compte 
pas plus de 6^000 protestanto et de 7 4 800 isradites. On y 



troove 33 places poUiqaes, 17 ^i^ises catholiques, 2 ^glise^ 
protestantes, une synagogue et an grand nombre d^antrea 
MIfices publics, an gymnase catbolique et un gyronase 
protestant , an stoiinaire, une ^cole civile sop6rieure, trois: 
^coles de commerce et beaucoup d^autres ^tabUssements 
d'histruction publique, un mus6e ridie surtout des legs qne 
lui a fUts le professeur Wallraf; une fouie d^^tabUssements 
de charity et de bienfoisance, entre autres an hospice d*or- 
phelins, une maison d'alito^s , un hdpital dvil , une malsoa 
et une ^cole d^accouchement, uA mont de pi^, one mai- 
son de detention et une maison de correction. La viOe est 
tr^irr^guUirement construite, et les roes en sont tor- 
tueoses, ^troites et sales. Elle est eotourfe d*une grande 
muraOle avec des tours placte de distance en distance. Les 
plus belles places sont le Neumarkt ( march^ neuf) , le Heu" 
markt ( march^ an foin ) ou Place dela Bourse, et VAltmarkt 
(vieux marcb^), les unes et les autres entourte d^ariixes. 

Parmi les Mifices publics on remarque surtout la cath^ 
drale, Tun des plus magnifiques monuments de rarchi- 
lecture gothiqoe. L*archev6qoe Eng^bert en avail d^ 
dress^ et arrlt^ les plans; mais les travaux de constrnction 
ne oommenc4rent qu'en Tan 1248, sous rarchev^qoe Conrad 
de Hogstedten. L'^6ce a la fonne d'une croix; sa lon- 
gueur est de 400 pieds et sa largeur moyenne de 180. Le 
choeor, dont Td^valion est de 200 pieds, et les chapdies 
lat^rales se trouvaient seules termm^ quand, an sdilteie 
si4cle, les troubles de la Rdbrmation vinrent bterrompra 
les travaux de oonstroction. Le valsseau est sontCBn pur 
plus de 100 oolonnes disposte sur quatre rangs et dlonl 
cdles do milieu ont 40 pieds de diamkre. On n'a eocoie 
pu toutefois les dever qu'aux trois quarts de leur hauteor, 
et dies sont reoouvertes d'une tdtare en hois. Cbaouie 
des deux toun devait avohr 500 pieds de bant L'une est 
parvenue 4 150 pieds environ; I'autre en est restte 4 21. 
Parmi les chapdies kt^rales, la plus remarquaUe est ceDo 
des Trois Rois Mages, avec leurs reliques donn^ 4 Tar- 
chevdque Reginald de Dassd par I'empereur Fr6d4Sric I*', et 
conserve dans un saroophage richement om6 d*or et de 
pierres pr^deuses. Sur le c6t^ gauche du choeur se tnmve 
la chambre d'or, contenant le tr^KNr de la cath6drde, trteor 
ai]^ioard*hai depouill^ de la plupart de ses richesses. 

Le premier qui slnt^iessa 4 la reprise des travaox de 
construction de ce magnifique monument, dont on a toot 
rteemment retrouv^ les plans originaux, fut le roi de Prnase 
FrM^oOulllanme III, qui d^i4 y consacrait chaque ano^ 
une certahie somme, et qui en fit d^gager les abords aa 
moyen de nombreuses demolitions. Oette idfe fat suiloat 
embrass^ d propagfe avec ferveur, 4 la suite du cri de 
guerre parti de France en 1 840 sous le minist^ de Bl. Thiers, 
par le rd de FrM^ric-Guillaume IV an nom da r^veil da 
sentiment de VwM nationale allemande. Ce prince ayant 
aecord^ sur sa cassette une somme annoeUe considerable 
pour Fexecution du proiid, et le rd Louis de Baviire, loi 
aussi, s'dant engage poor one somme importante, on 
comite centrd pour la reprise de la constructioo de la ca* 
Ihedrale se forma 4 Cologne, avec denombreox soos- 
comites sur diiierents pofaits de rAllemagne, et lotee 
josqn*4 Rome et 4 Paris, 4 1'dfet de recudllir des doM el 
des souscriptions vdontdres destines 4 contribuer 4 la len- 
lisation du proiiet; d le 4 septembre 1842 on posa en grande 
sdennite la premie pierre des travaux d'acbivenMBl da 
monument On dot loutefob se homer d'abord 4 qnelqnes 
reparations des plus urgentes; d c'est sealementdans la cam- 
pagne de 1845 qu'on put commencer les travaux de cons- 
truction du vdsseaa superieur. On annonce que c^ an- 
tique monument poarra etre tennfaie en 1850. 

Les autres edifices les plus remarquables de Cologne soul 
regUse paroissiale de Sainte-Ursole, oil Ton conserve, dnns 
la chambre d'or^les ossements des 11,000 vierges ; Vegfiae 
Sdnt-Gereon, avec une belle conpde d trds galeries, qu^on 



COLOGNE — COLOMB 



53 



fHHoA vnkt M eoBstniife en fan 1,066 par laint Annon, 
CA TenpUeeneiit d*iiiie premite 4i>^ bAtie par IMmp^ra- 
trioe B^ltee » et qai possMe les ossemeoti de saint Gorton 
ct dtt goerriers de la Mgioo Th^baine; T^gMse paroissiale 
de Siint-Pienre , ayec son c^lMue taUean do maftre-antd 
psr RidMBSy et refm^sentant le emcifiaiDent de saint Pierre; 
r^glise des Saints-Ap^tres , beau momanent dn onzitaie 
ubck; r^^Use Sainte-lfarie da Capitoley Mtie vers 1050, 
reconstmite en 1818 ; T^^UsedeSaint-Canibert, do onzi^me 
»bcUj arec on magnifiqne antd d*aprte ie module dn mattre- 
antel de Saint-Pierre de Rome; T^glise Saint-Pantal^n, 
da dixitee si^cle , aToc le tombean de Th6>phanie, fenune 
de rcmpereor Othon n (eOe sert aijoardlini de temple k 
Fosage dea soldats protestants de la gamlson); T^ise 
Sain^S^eros, daonxitoie sitele; lliOtel de Tflle, autre 
monument fort ancien, mats qui a €U en partie reconstmit 
en 1571, avec unbeau portafl, et la Tasle salle d'assembl^ 
des reprtisentants de randenneLigne hans^tique, omte de 
statues en pierre; le Herrnhaus on maison Gurzenich, 
dont la construction date da miliea da qainzitoie si^e, 
destine d*abord h de joyeuses rtonions, transTorm^e plus 
tard en balle, pois rcndue de nos joors h sa destination 
prindtiTe, notamment aux fiMes du camaTal ; le dottre, encore 
fiMt bien conserve, de Tanden coorent des Chartreoi, cons- 
trait TeiB la fin da seizi^me sitele, dans Tancien style alle- 
msnd; le d-de^ant collie des J^suites, qd renfenne aujoor- 
dlnii le gymnase, sa biblioth^que et le steiinaire eccl^ias- 
tiqoe; la nooTdle balle, de s^e gothiqae; le th^tre, et 
tliOlel de la R^gence. 

La sitoation de Cologne la rend Aninemment proprc an 
B^goee; et die est le grand centre da commerce des con- 
tr6es riTeraines du Rbin a?ec les Pays-Bas, TAIlemagne, 
FAlsaee et la Suisse. Elle obtint an trddtoie sitele le droit 
d*aape, qui par le traits d'octroi de 1804 tai transform^ en 
droit d'catrepM, source de revenus considerables pour la 
TiDe. Des communications r^golidres par bateaux k Tapeur 
arec les ports des Pays-Bas, a?ec Francfort-snr-Mein, 
Strasboorg et les diemins de fer, contribaent beaucoap k 
y fiivoiiser le d^Tdoppement des afTaires. L'agricultare, 
b caltnre de la Tigne et celle des jardins constituent ausd 
depv6dcnaes ressources pour la population. Les plusimpor- 
tantes de ses manufactures sont cdles d'eau de Cologne 
(OB en comple plus de trente) etde tabac, sortout de tabac 
k pTiser. On y troure ausd des fabriqnes de dre, de saron , 
de ancre, de diapeaux , de papier, de quincaillerie , de cor- 
dages et de dbles , d^instruments de muaique et d*optique , 
de lUeoee , de cooleurs, d'orf^vrerie et de jodllerie. 

Cologne doit son origine aux Remains, et fat fond^ par 
les Ubienst Tan 37 euTiron av. J.-C, k 1 indtation de Mar- 
Agrqppa; aosd fut-elle d*abord appd^ Ubiorum Oppi- 
Une ookmie qu^ ^taUit r^ponse de I'empereur Claude, 
Agrlppine, Fan 50 de notre ixt, I'agrandit; die prit 
alors le nomde CoUmia Agrippina. On y Toit encore de nom- 
brsox testes de constructions romaines. Les Franks s'en ^tant 
rcB^is mottree, eUe passa, lors dn partagede la monarcbie 
!, en 511, sous les lots des rds d'Austrasie, puis, 
▼ertu d*on traits intenrenu entre Louis d'AUemagne et 
le CbauTe de France en 870, die fit retour k PAIIe- 
An commencement dutrdddme dtele die entra dans 
h oooMtetion de la Hanse, ob die disputa longtemps la 
k Lubeck; et Ters le milieo du m^me sitele, 
k la figue des Yilles rbtoanes. Comme TiUe libre 
elle fM constanoment en discussion stcc lesarcbe- 
qui rdiisaient de reconnaltre ses firancbises, et per- 
k rappeler leur vUle princUre, EUe n'ddt pas 
odd>re par son commerce, dont la prosperity dteUna 
mi k partir de son accession k la Hanse, que par son 
tele de pelnfnre et par son uniTersitey fondle en 1388 et 
Sennit en 1801, ea mtae temps que ses nombreuses colle- 
ts aes abbayea, ses commanderies dePordre teutonique 



et de I'ordre de MaKe et ses cooToits des deal sexeft. Lors* 
que les autorit^s flran^aises prirent possession de Cologne, 
die perdit ses antiques liberies. 

L'ardie?6cbe de Cdogne formdt autrefois une petite prin- 
dpaute ecdeslastique d^in territoire d*en?iron 66 myria- 
mMres carr^s , stcc 230,000 habitants et un rcTenn de 
600,000 tbalers. Mais les arebeT6ques r^sidaient k Bonn. 
L'archereque de Cologne etait le troidteie decteur ecde- 
dastique de TEmpire, ardii-dianceUer de I'Empire en Italia 
etdu pape. Les arcbevftqaes disputkent longtemps k ceux 
de MayoMe le droit de couronner les empereurs, qui depuis 
Conrad I*' jusqu*li Henri HI ftairent couronnes par Tarcbe- 
▼6que de Mayence, et depuis Henri in Jusqu'ii Ferdi- 
nand !•' par rarcheTdqne de Cologne. En 1657 cette rWa- 
Kte cessa, parce qu'il fut alors dedde que ce serdt cdui de 
ces deux prdats dans le diocese duqud anrait Ueu la cM^ 
monie du conronnement qui y ofBcierait. 

Un eT^cbe fbt cree de bonne henre k Cologne. On die 
comme le premier titalaire Matemus, au commencement 
du quatrieme dtele. Tout ii la fin du haitieme siede, Cbar- 
lemagne rerigea en archereche ; ses suffingants daient lea 
e?6qaes dUtrecht (jusqu'en 1559), de li^, de Mindm 
( jusqn'en 1648 ), de Munster et d*Osnabruck. Ce fat I'arche- 
▼eque Heribert (999-1021) qui obtint que. son si^ge ftlt 
erige par Tempereur en dectorat de TEmpire. Le dernier ar* 
cbev^que decteur fut Maximilien-Frangois-Josepb-XaTiery 
archiduc d^Autricbe, fir^ de I'empereur Fran^. L'arche- 
▼ecbe ftat secularise k la paix de LunevUle, et son territoire 
cede partie k la France (toute la portion placee sur la rive 
gaucbe du Rbin), partie au due de Massau-Usdngen, au 
prince de Wied, au grand-duc^de Hesse-Darmstadt et au 
prince d'Aremberg. Le congr^ de Yienne adjugea k la 
Prusse tout Fandea territoire de rarcberecbe. 

Cdogne est le grand centre de Teiement catholique dana 
la population des^tats prussiens, et depuis la pdx de 1815 
le cbef de cette ^glise s'est presque constamment trouvd 
en lutte arec le caUnet de Berlin, tantOt sur des questions 
de liberie rdiglense , tantOt sur des questions de disdpline 
et de liturgie. Les difficultes cdcuiees mises k la celebra- 
tion des mariages mixtes par le dernier archereque Droste 
de Viscbering contrarierent yivement le roi de Prusse , 
protestant zeie , qui Toulut y Toir un empietement du poa- 
▼dr spiritud sur le pouToir tempord, et en appda aa 
sain^dege. Cedemeie prit alors les proportions d'une grosse 
affaire, et donna lien anx negodations les plus actlTcs avec 
la oour de Rome. Suivant son usage, cdle-d Pembrouilla 
du mieux qu'eUe put; et les ofjakrti de Cologne entretin- 
rent pendant plnstours annees en Prusse une agitation qui 
ne cessa gu^re que lorsque la reTdution de Feyrier fit nattre 
des preoccupations autrement yives. Ausd bien la mort 
de Tarcbeveque Droste de Viscbering etait venue fort k 
propos, qudque temps anparavant, lidliter un compromis 
entre les deux interets en presence. 

COLOGNE (.Eau de). Voyei Eau. 

GOLOHB (CnaiSTOPHB), en Italian Co/om^, en espa- 
gnd Colon , illnstre k jamais poor avoir decouvert TAme- 
rique. 

II r^gne beaucoup d'obscurite sur les premieres annees 
de la vie de ce grand homme, qui etdt destine k produire par 
sa deoouverte une revolution dans retat dvil et politique de 
runivers, parce que ni lui ni les membres de sa flunille ne 
jugerent k propos de rensdgner leurs contemporains sur 
leor origine. Blais, k force de patientes et savantes investi- 
gations, divers bistoriens estimables ont, dans ces demlers 
temps, reusd k demontrer avec presque tons les caracteres 
de la certitude que Cbristopbe Colomb etdt le fils d*un fa- 
bricant d'etoffes de laine, qui vivdt encore en 1494, et qu*il 
etait n^ii Genes, en 1436 (etnon pdntii Cuccaroen 1442 ou 
1447, comme on le croyaH autrefois). II paratt qa*il ac- 
compagna de bonne beure dans ses crdderes sur la Medi- 



54 



COLOMB 



tirrftn^ on dd seft pumU^ Domenieo Colombo, redouts 
oomine amiril au senrioe de la rtpublique de Q^nes , majs 
que de 1460 k 1470 il fit un long s^our k Parie poor ^tu- 
<yer la cosmographle et rafttroDomie nauUqoe. Nous le re- 
trouTons en 1470 k Liabonne, od il cherchaH Toccasion de 
mettre k eitoitloii lea plana de Toyagea qu*il atalt d^ik 
eotujm. L'anecdote aairaiit laquelle ce aeralt k la suite 
d*nn combat maOieiireax aur iner qall auraitgagn^ la cOte 
de Portugal k la nage est toot bonnement une fable. II n^ 
apaa le motndre doute que de 1470 k 148S il entreprit 
plo8iearagraiidaT0yagesmaritinie8(dan8rArcbipel,en 1473 ; 
en lalande, en 1477 ; en Guin^, en 1481 ). Son manage ayec 
Doda Felipa Muilz Perestrello, fiUe du gouTerneor de Ma- 
d^ , don Bartolommeo Muniz Perestrello , fut cause qu'il 
fit en outre dl?en voyages entre Li$bonne et Porto*Santo, lie 
-du groupe de MadM, od la Tue de d^ria d*arbres et de 
plantes, apport^s par lea courants, le condrma dans la pr^ 
aomption de Pexistence d*un continent k I'ouest. Riche de 
connaissanoes, mais l^er d'argent, il se rendit, en compa- 
gnie deson fila^ encore en bas Age, en 148S,aprte la mort de 
aa femme, en Espagne, od 11 fbt re^u avec bienveillance au 
monaatdre de La Rabida , prto de Palos. C*est durant son 
s^our en ce Ilea quH r^nssit k obtenir un emploi dans la 
maiaon du due do Medfaia-Sidonia, k Puerto-Santa-Maria, 
od il babitajusqu'en 1492. G*est ansai k cette <^poque quil fit 
.dea d-marches k 64nes, k Llsbonne, en Angleterre et en 
Eapagne, dans Tespolr <Py rencontrer Taseistance n^ssaire 
pour mettre k execution ses projets de d^eouYertes. On ne 
aait pas positi?ement dans quel ordre se suocM^ntces d^ 
marches, iongtempsinfttictuettses; mats il paratt que cW 
k la eour d'Espa^ne qu*il s'adressa en dernier lieu. Ce ne 
Alt d'aOlenrs pas sans peine quMl obtint, grftce k la reifle 
Isabelle, trois peUts bAthnents mont^ par 120 hommes d'6- 
quipage, aTcc la promesse de la dignity l^^r^taire de grand- 
amiral et de vice-roi dans les pays qu*U d^couTriraft. 

Le 3 aoM 149) 11 quitta le port de Palos k bord de la ca- 
raTdle la SanioMaria; le 12 d pHt terreli Gomera, Tune 
de^ ties Canaries; le 24 il obaenra une ^mption du pic de T^- 
xMdt, et se dtrigea alora ters les r^ons inoonnues situ<$es 
k Tooest. Conmie aprte trois semalnes de na? igatfon la terre 
tant attendue ne paralssait toujours pas , une partie de T^- 
^page perdit courage; et la mauYsise Yolont^ de quelques- 
una, qui d^Jli a*^tatt manlfestte , ^ata en motlnerles qui 
d'ailkurs ne fbrent nl aussi g^^ales ni aussi dangereuses 
pour Colomb , ponr sa Yie tout au mofns , qu'on Ta racont^ 
jusqn'ii present, d*aprte de Yieilles traditions. La d^lnaison 
de Pabuilie aimantee et la rencontre de bancs d*herbes ma- 
rlnei flottantes aYatent sans doute effray4 le commun des 
matelots; niais Christophe Colomb, aYec une admirable sa- 
gacity, compiitces deux ph^omtoes, etcherchak les inter- 
preter. Croyartt y Yolr des slgnes certains de la proximity de 
la terre, il cfiangea de dlre^on le 7 octobre, et tbuma au 
f ud-ouest au lieu de conllnuer k naYiguer droit k Touest , 
marcbe qui TeOt conduit sor les riYes de I'AmMque du If ord. 
De cette circonstance, peu tmportante en apparence, d^pen- 
dit plua tard le partage des races europdennes sur le nou- 
Teau continent, aYec lea incommensurables r^ultats que la 
colonisation anglalse a eus dans TAm^qne du Nord. Le 
11 octobre au soir Colomb 'fit remarquer k Pedro Gutierrez, 
son confident, des points lumineux et mobiles k IHiorizon. 
Quand Yera mlnuit les nuages qui obscurcissaient le (^1A 
tinrent k se dissiper, Rodriguez Bermcjo de Triana, mate- 
lot qui se trOUYait k bord de celui des trois naYires qui aYait 
TaYance sur les autres , apergut le premier la plage, ^lair^ 
par la lune. La lendemain matin Colomb ftit le premier qui 
descendit k terre, tenant d*une main son^p^ nue et de Tautre 
r^tendard de CastUle. Salu6 du titre de Yice-roi par les gens 
de ses ^nipagea, qui maintenant rougissalent de leur pusil- 
lanimity, fl prft au nom de la Caatille possession de ce pays, 
quMl nomma san-Salvador, en comm6moratiofl des dangers 



quH aYait surmont^s. L^endroit od ddbarqua dana oetle 
lie, appel^e par les naturels Guanahani, et feisant partie 
de I'archipel de Bahama on des Lucayea (le Cat-Island 
des An^ais ), est demeur^ incertain, malgi^ tootea les re- 
cherches qui ont M (aites depuis k cet €gard ; et 11 en sera 
n^cessairement toujours ainsl. Ayant appris dea naturela 
quil existait au midi une terre produisant de Tor, Colomb 
s'y dirigea, et dtouYrit le 27 odobre Cuba , et le 3 decern- 
bVes Haiti (Hiipaniola) ; mais I'un de ses naYires ayant 
^hou6 et Pautre s'^tant ^cart^ par suite d'un coup de Yent , il 
r^lut de rapporter lui-mdme en Espagne la nouYeQe de aa 
d^couYerte. , 

Apr^s aYoir laiss^ treote-huit Yolontalres k HIspanlola , 
Colomb mit il la Yolle le 16 JauYier 1493 pour s'en retour- 
ner en Europe. Deux jours aprte fl retroura le naYire qui 
lui manqnait ; mais alors il essuya une si effroyable tempMe, 
que, se croyant perdu , il ^riYit le r^dt de sa d^couYerte 
sur une feuille de parchemin, quMl enfenna dans un tonnean 
goudronn^, qu^on abandonna aux caprices des Yaguea. II put 
cependant atteindre i'embouchure du Tage, etie 15 tnars il 
rentrait k Palos au bruit de toutes les cloches, segt mois 
et demi apr^ en ^tre sorti. Le trajet de Palos k Barcelone, 
alors r^idence de Ferdinand et de sa oour, ftit pour lui 
une Y^table marcbe triomphale. Les insulaires qu*il aYaK 
amends, les oiseaux curieux , les plantes inoonnues, I*or et 
Targent quMl rapportait des pays d^couYcrts, figuraient aa 
milieu du cort^e, et frappaient le people d^admiratlott. Le 
roi et la reine se leY^nt k son approche; par one ex- 
ception ayant pour but de lui fiiire un bonneur signal^ ils 
lui accord^reni un si^e prte de leur tr^ne; et ce fut assia 
que Christophe Colomb leur fit son rapport. Quand il eat 
termm^ son r^cit , ils tomb^rent k genoux en rendant des 
actions de grftces au del. 

Cr^ grand d''£spagne et pourYU d*une flotte de dix-sept 
naYires portant 1,500 hommes d'^uipage, Christophe Co- 
lomb repartit de Cadix le 25 septembre 1493. et le 2 no- 
Yembreil attdgnlt Hispaniola, oil Ufonda une Yule, entourfe 
de fortifications, k laquelle, en Thonneur de la relne, fl 
.donna le nom A^Isabela, H se mlt ensuite k la recherche 
de nouYclles d^uYertes, Yisita, dans un Yoyage de cinq 
mois, Puerto-Rico et la Jamalqne , et, au retour de cette ex- 
p6ditloo, eut la joie de retrouYer k Isabela son Mrt Barto- 
lommeo, ^happ6 de la captlYit^ dans laqueUe fl ^lait tonib^, 
et qui apportait It la colonic naissante des YiYrea et d'autrea 
ressources, dont eHe aYait grand besoin. 

Cependant, un esprit g^n^ral de mutinerie ae manifi»iait 
parmi les compagnons de Colomb. lis raYaientsolYi croyant 
pouYoir recueillir sans peine des richesses dans le noureau 
monde, tandis quMls nj rencontraient que de dures priYa- 
tions et de rudes traYaux. lis se Yeng^rent en le cakmmiant 
lis firent saYoir k la oour qo*elle ^tait tromp^ dans aes es- 
p^rances, et tracirent du pays od ils se trouYaient et da Yloe- 
roi qui le gouYemait la plus hideuse peinture. Chriatophe 
Colomb pensa que le meiUeur moyen de d^jouer lesmente 
occultes de ses ennemis serait de presenter dimportants 
triors k sa patrie. A cet effH, il fit r^nir, non sans aYoir 
recours h la Yiolence, tout Tor que poss^aient les natorels 
du pays. Surces entrefaites airlYa Juan Aguado, ennemi 
personnel de Cliristophe Colomb, euYoy^ en quality de 
commissaire pour proc^er k une enqn^te sor lea plaintes 
dont son administration 6tait Tobjet. Le Yioe-rol, croyant 
au-dessous de sa dignity de comparattre en justice dans le 
paysplac^ sous son commandement, nomma aassitdtson 
fr^reBartolomeo son Ueutenant, aYec le titre d'Adelantado^ 
mlt k la Yoile le 20 aYril 1496 pour TEspagne aYec deux 
cent Yingt-dnq Espagnols et trente naturels, et an^antit par 
sa prdsence, mats plus encore par les tr^rs qa'H n^ 
portait, les odieuses accusations de ses ennemis. Ceuxncf 
r(*u^irent cependant k faire dtfflfirer de toote une annfo 
feoYoi k la colodie nouYdle des approYi^lonnements done 



COLOUB 



65 



^ktvnUhmBkm. UnBovrelanMiMBlB'aBtBteMliMi que 
dwm ant aprte; et ce ftil acukBawK le 4 jwUel 1498 que 
GKriiAopiieOolomb pot areo di bitimento se BMttre pour la 
traifiteM foia ea route. Afio de eompl^ter kt Equipages de 
aai aavirea, oo avaH tkk let priaeat; fMiaae meanre que 
GOloBib hii-iiitaie out rimpnideuce de conaeiller, et k I'ex^ 
eolioa de laqneHe aes eoBeoaia ae prttteeut avec eoipfeaae- 
ment. H envoya k Hispaniola troia de aes bAtimeots par la 
▼oie la plus courte, et aadirigea aveo lesautiea ao aod-ouest 
k la redMrehe de d^eourertea noofeUea. Dea eoaranta qui 
rAgneBtenlrel^dehTriBndetlea cAlea oppoa^ea, U eon- 
diit a^«o joateaae qu'll deTait ae troofer k rerabouchure dHui 
ieore (rOrinoque, Orinoco) trop graad poor appar- 
teaiir k mie tte, et» naTiguaat k roneet, il kmgea la e6to 
da cootiiieBl, reoonnu dto lora oomme tel; d^couverte qui 
M a M conteaMe, aans fendement, par Axa6nc Yeapuceou 
da oaofns par aea parUaana. Ctnglant ^era le nord, Uaborda 
daaa une lie, ricbe en perlea, qo^il uomma MargarUa; 
puia i ae rembarqoa poor Hiapaniola. Par aoo ordre, lea oo- 
lona d*lsa6ela ^talent alMa a'^tablir aor la eMe oocidentale 
d*Iiispaiiiola dans one Title nooveUe appel^ Saint-Domingue 
{StmUh Domingo). U y troura lea eaprita en proie k une 
▼He fanncntation, parce que la rtelll6 n^^kait paa Teeue r6- 
poadre ileura eap^hnnoes eiag^ta elsurtout 1^ leur ardente 
soH dVv. Pour apaiser le roteontentemeat et aoppker au 
manque de travailleura , il partagaa le aol et lea naturela 
entre lea eolona; niettant ainsi le premier en pratique ua 
sysSteie qui, dans tootea lea eolohiea eapagnolea de PA- 
mMque, a en pour r^ultat ran^ntiaaement de la popula- 
tion aborig^ie. 

Pendant ee tempe-U lea ennemia de Gbristophe Colonib 
eoathtoaient k aaaailHr Ferdinand et leabelle de rapporta 
cak>uuuep?i anr Tabus qu'il fiiisait de aea pouroirs, allant 
Jnaqo*^ kit preter Fintention de ae d^larer ind^pendant. 
babelky qui FaTait juaque alora prot^ el d^endu, finit par 
e^der k aoa ^nonx, dins Teaprit de qui oea aoouaationsayalent 
traoT^ eiiance; et BoTa<Mlla Ait envoyd k Hbpaniola, aTee 
ka pouYoira lea pins ^endus , poor iUre rendre oompte au 
Tke-roi de sa eondnite. II ne fot pas plus tdt arrir^ k destina- 
tton, qnH aomraa Golomb de comparaftre devant lui , et, k 
TieeHrai a^int ea l*iniprudencede se plalndre, U k fit arreter 
et charger de ebatnes. Sea deux fr^res eurent le meme sort. 
Tooa ks trok fdrent alora embarqute pour I'Eapagne arec 
no protocok rMig^ d'aprte lea d^pMitiona de leura ennenria 
ka pioa acfaamte. OohMtib aupporta cet iodigne traitement 
de k mani^ k plus calme; mak dto quMl fet arrive k Oa- 
dbi, k 23 novembre 1500, ii ^cririt au roi et ilia reioepour 
ae pknidre dea rigueura inAmea dont U avait 6U Toljel. 
Use r^ponae grackoae Tappda k k cour, ob aea kohea aouro'- 
rains fc regurent aTec antant de dktinction que pw k paas^. 
Ookcnb ae jostifk dans un diseours de la plus grande simpH- 
citft, fat dddiarg^ de toute accusation et r6int^gr6 dans aea hon- 
neara et sea titres. Ferdinand consentit nieme k r^voquer Bo- 
Yadftta, et ce ne detait etre k q<ie kcommeneeinent de la re- 
paration qui lui^taitdoe; mats les dispositions du roonarque 
cbanc^vnt encore aTec k temps. II f^t bien question de grands 
amements; n^anmoios, en attendant, on euToya Nicolas de 
Orando y Lares ^ Hispaniola en quality de gouremeor. Ohris- 
topkieColomb insista pour qu^on tint les promeeaes solennellea 
qui InlaTaient^ faitea. Veins elforta ! Au bout de deux ann^ 
dnnutOe attente, il put se couTaincre qo*on ^tolt dteid^ k ne 
point kire droit i aes justes r^lamations. Son noble cceur se 
rtfgna k tant dingratitude , car ce qu'fl Toulait avant tout, 
e^fitattde pooToir aclieTer sen oeoTre g^rieuse : pensant que la 
krra ferine eatreToepar lui ^tait ri^e, il ne douklt pas de 
trooTer par k d^trott de Darien une route conduisant aux In- 
dea orientakK, d*olk U premkre flotte des Portugais ^it pr^ 
cb^raent de retour en ce moment aTec une riche cargaison , 
apTifes avoir cohfoum6 Ic continent africain. 
Eafin, k 2 mars 1 502, Christophe Colomb tnit & k Toile de 



Cadix , aTec son Mtn Baitoleaimeo et aoa fik Fernando , k 
coar ayant kit ^quiper quatre mia^rabka caraTelka pour 
cetk expMitioa; et k 2ft juin, coatre aa premi^ inten- 
tion, il arriTa en Tue de Santo-Dorofngo, oil il aoUidta Tai- 
nement la permiasion d^entrer, autant pour r^parer quelquea 
avaries, que pour attendre une tempete que tout annon- 
^t dcToir 6tre prochaine. H reusait toutefois la nuit sui- 
Tante a mettre sa petite eaeadre k Tabri pendant Touragan , 
kodis qn'one flotto de dix-buit Toiks sortie do port mal«^ 
gr^ aes aTertiaaemenk fut preaque compkteraeat an^antie. 
Golomb continoa alora aa route Tera la terre de Darien, 
od, en cberebant un paasage, il atteignit, k 26 noTem- 
bre 1503, k point extreme de aea d^cooTcrtea, Puerto de 
Retrete, anjourd'hui Puerto de Bseribanos, prte de k 
Puerto de San-Btas, dana Pisthme dePanama. La tern- 
pMe d^tnrfsit deux de sea naTirea dana oe Toyage , et lea deux 
autrea ^hou^^nt en Toe de k Jamtique, od il eut grand 
peine k ae r^fugier aTec aea compagnona. Lea plus cruellea 
^reuTes atteadaient k malheureux Colomb sur cette cOte 
inlioapitali^. S^r6s du reste de l*uniTera, ila aenbkieal 
toua condemn^ k une mort in^Titabk. H r^uaait eependant 
k se kire c^r par ks naturek quelquea-unes de leurs pi- 
roguea, et d^temdna deux de aea marina lea plua exp^- 
ment^ k ae oonfler k cea freka embaroationa, consiatant oni- 
quement en tronca d'arbre crenate, pour entrepreadre k 
traTera^ d'Hkpaniola et alkr faire part au gouTemeur 
de aa position critique. Des mok eotiera a^^ukrent aans 
qn*on Tit arrlTer aueun aecours. Alors le d^aeapoir a^em- 
para d^une partie de aes oompagnons; ik I'accabkrenI 
dimpr^tions, menac^rent plus dhine fok aea Joera, et fini- 
rent par ae a^parer de lui poor aller a'^tablir anr ua autre 
point de File, od par kur conduite ik exaapMroit teUemeat 
ka naturela que oeux-ci reftia^rent ii k fin de kur fourair 
dea TlTTea. La mort de toua paraiaaait in^Titabk ; maia Gbris- 
tophe Golomb, dont le courage croiaaait aTee le danger, 
aut encore bnaginer un moyen de aalut : il prolKa d'nne 
^cllpae totak de lone, qu'il aTait calcoke, pour menaeer ks 
cr^duks Indlais de k cokre de leurs dieux slk peraiataient 
dans kur bostilit^ k F^ard des Espagnols. Le ph^nomkie 
qui deTait Mre k eonflrmatioa de ses menaeea n'eut paa 
plus t^t eu lien que ks sauTages funmt frappfe de la plus tIto 
terreiir; on lui apporte toot ce quil demandait, et on k 
supplk il genoux d*apaiser le courroux des dkox. Ce dan- 
ger une fois pass^ , de nouTelles bostifit^ ^datftrent entre 
lui et les rebJles de ses ^qnipagea, dont qndques-nns Airent 
tn^. Aprte sToir pass6 dans ce triste 6tat plus d*nne an- 
n6e, Fheure de la d^liTrance sonna enfin pour les mal- 
heureux nauArag^. Les deux audadeux marins dont il a 
^t^ question aTaient bien atteint Hispaniola, tnak n'aTaknt 
po ricn obtenir du gouTcmeur, ennemi personnel de Co- 
lomb. A la fin, eependant, lis aTaient r^uasi k acbcfer eox- 
memes un nSTire, k bord duqnel Christophe Colomb et ses 
compagnons purent quitter les riTages de la Jamaiqae le 28 
join 1504. Colomb gagna alors Santo-Domingo, mals uni- 
queinent pour radouber son nsTire, et s*empretoa de retour- 
ner en Espagne, od il arriTa malade. 

U reine Isabelle ^tait morte pendant ce temps-lli, et 
Colomb chercha Talnement k obtenir de Ferdinaod la r6a- 
lisation de ses promesses. II T^ot encore quelqoes ann^ 
dans un ^tat de maladkdont la graTit^ alk tovjlours crok- 
sant, et mournt k Valladold, k 20 mai 1506, d*une atteque 
de goutte , k Fdge de soixante-dix ans. Sur son lit de mort , H 
ordonna que les chalnes dont FeuTle etlMngratitude atalertt 
autrefois charge son corps, et qui depuis ne FaTaient plus 
quitt^ , fuasent pkcto i cAtA de lui dana aoa tombean. Sul- 
Tant ses derniftrea Tolont^, aea reates roorlela ftireat 
transport^ k Santo-Domingo. Cepeadant, ea ouTrant aa 
Wfere , on n*y retrouTa plus aea diatnes. Loraque k partie 
espagnofc de IMk pasaa sous Fautorit^ fran^ake, ks deseea- 
dants de Cliristophe Celorab firent tranaWrer aoa tomheaa 



d« 



GOLOMB — GOLOBfBE 



dins l*Ue de Coba^ob il arriva to 19 jaifier 1796, eC ob il fat 
66^096 en grande pompe dans la eatMdrale de la Ha^ane. 
Vn magnifique monoment Ini a ^1^ ^Iev6 dans F^gHse des 
cbartreax de S^ille, a?ec eetle inscriplkm : 

A CastUla y <* Leon 
Nuevo mundo dio Colon, 

Colomb laissa deux fils : Diego, qui hMa de ses titres et 
de ses droits, et Ferdinand, qui a toit use coorte mais int^ 
ressante biographie de son p^re. EUe a M imprim^ dans les 
NisCoriadares Primitivoi de Barda ( tome I*'; Bfadrid, 
1749). Voir aussi Nararete, tomes I et n de ses Viages de 
los £spanoles (5 toL ; Madrid, 1875-1S37), od figure to 
Journal du premier voyage de Christopbe Cotomb, 6cni par 
lui-rodme; livre aussi int^ressant quimportant, qui a ^te 
reproduit en fran^ arec des notes de R^usat , Balbi , 
Cuvier; etc. ( Relation des qtuUre voyages entrejpris par 
Colomb, suMe de diverses let Ires et pices ifUdites [ 3 voL» 
Paris, 1824]). Les biographies les plus rteentes de Chris- 
toplie Colomb sont : Vita di Columbo^ par Bossi (Milan, 
1818; trad, en fran^., Paris, 1834); i^/e and Voyage qjf 
Columbus f par Wasliingtonlrwing ( 4 vol., Londres, 1828 ) ; 
Vita di Colombo, par Sangoinetti (Gtees, 1846); Vita di 
Columbo, par Beta (Turin, 1846). On trooTerales discus- 
sions proTOqute par les documents originaux d^fectoeux 
relatifs k Christopbe Colomb , exposto dans le Codice di- 
plomatico colomboHonericano de Spotomo (G^nes, 1823) 
et dans VExamen critique de CHistoire de la G4ogra' 
phie, etc., par M. de Humboldt (Paris, 1834-1835). 

GOLOMBAIRE (columbarium). CMii ie Ueu ob tos 
Romains d^posaient les umes cin^raires d*une mdme famille. 
Les Tases appartenant k une lamilto als^ ^taient r^nis en 
nn m^me caveau , dans des niches pratiqu6es h U murailto ; 
ils y ^talent ranges par stages, et sceU^ dans un ordre m6- 
tbodlque. Une inscription trao6e sur chaque ume apprenait 
le nom de la personne dont eUe renfermait les cendras. La 
similitude de oes niches, dans leur disposition, avec oelles 
quVn destinait aux pigeons pour feire tours nids , fit donner 
k ces monuments le nom de columbarium. Leur forme ex- 
t^eure n'avalt rien de remarquabto , et ils n*^taient <k^ir^ 
h rint^rieur que par to lueur des lampes qu^on y tenait aliu- 
mte dansies c^rtoionies des fun^^raOtos. Le columbarium 
de to famille Ponipeia est un des plus beaux monuments que 
to temps ait conserr^ ; celui de la maison de Livie, c*est-^- 
dire de ses officlers , de tours flemmes et de tours enfants , 
est aussi trte-remarquabto. Le P. Montlhucon a fait graTer 
to dessin d'un eolombaire. 

Champolllon to jeune a popularise , par une spirituelto 
allusion , Temptoi du mot dont il s'agit , en qualifiant du litre 
de Columbarium de I'Bistoire ^ptienne to r^uit poa-> 
dreux et n^lig6 d'un mus^ ob le hasard hii ayait fait d^ 
'xxiTrir, entass^ parmi d'autres papyrus, des documents 
Aierogl]n[»liiques du plus haul hit6r6t pour l^annales de Tan- 
ctonoe Egypte. Nestor L'HOtb. 

CX>LOMBAN (Saint), n^ en Iriande, Ters I'an 560, de- 
fint moine dans le monast^ de Benchoe, dirigi par saint 
Commogelle, et se rendit k PAge de Tfaigt ans, a?ec douze 
compagnons en Brelagne et en France, od il obtint la faveur 
loute particulito du roi Sig^ibert d*Austrasie. En Bourgogne 
il fonda tos monastires de Luxeuil etde Fontahie, ob se 
rendaient des religieux de tous pays jaloux de TiTre sous sa 
ir^e. II y passa vingt annto, objet dHine considtetion 
extrtoie, mteie de la part du roi Thfodoric, cousfai de Si- 
gebert Blais, ayant os^ adresser k ce prince des reproches 
ao sujet de sa Tto lioencieuse, il (bt baimi, k la demande de 
Brunehaut, grand'm^ de Th^odoric. n se rendit ators 
arec Callus, qui plus tard fonda to monast^ de Saint-Call , 
i Bregm, sur tos bords du lac Constance , at trois ans plus 
tardea Italto, ob, deTaTeu du roi des Lombards, il fbnda le 
monasl^ de Bobbio, etob II mouroty en 615. Son ordre se 



r^nnit an neoriteie stoeto a?ec oehd des BteMtotini. Saint 
Cotomban rendit de grands senrioes k to discipline des oon- 
▼ents, de mtene qu^ii la propagatton dn christianiBme. Ses 
lettres li Cf^goire 1*' et k Bonifhce IV ttaioignent de ce qnH 
y ayait de gtei^XMite et de courage dans son caractk«. II 
existe une Mition de ses osuTres, public par Ftomming 
(Loufain, 1667). L'tilglise odtobre sa mteioire to 21 no- 
yembre. 

GOLOMBARS. Vape% Colombb. 

GOLOMBE. Le genre eohtmba de Lina6, regunto par 
certains anteors comme appartenant k Tordre des oiaeaax 
gaUinacte, et qui a M pris par d*aatres poor type d*nn 
nourel ordie, semble former to passage des galliiiacds anx 
passereanx. Lesespteesqullrenlbrme habitant sur tons tos 
points de toterre: eltos sont plus nombreuaes dans toscli- 
raats obaods que Ters to Nord, ob on en Toit aentoment 
qoelques-unes en Mi. Eltos out to bee ToOt^, tos narines 
perc^ dans un large espace membraneux et couTedes 
d*une ^cailto cartiiagUiettse, qui forme un renftoment k to 
base du bee; tour sternum est osseux et tour jabot fort 
dilat^; toutes ont tos doigto libres et sans menUMrane^ to 
queue k douze pednes et le toI ^tendu. Eltos Ti?ent ooastani- 
ment en mono^unto, nicbent sur tos arbres et dans tos 
crenx desrocbers, et ne pendent qu^un petit nombred'osofs, 
ordinairement deux, qne to m&to et to femelto couTcnt soc- 
cessiTement : leurs pontes se r^tent plusieurs foto dans 
la m6me annte. Ces oiseaux nourrissent tours petits en tour 
d^orgeant des graines mac^r^ dansle jabot; qndques- 
uns d*entre eux, sans fttre tout k fiut r^uits en domesti- 
city, sont, pour ainsi dire, de?enus nos tributaires ; ito vi- 
▼ent autour de nous en captifs volontaires ; d^autres sont 
asservis sans retour, et ce n*est que par nos soins qoils 
peuvent perp^tuer tour race. 

Le genre des colombes, qui comprend tous tos oiseaux 
que Ton d^signe Tulgahement sous le nom de pigeons, pent 
dtre subdivis^ en trois sous-genres, tous trois indiqu^ par 
Le Yaillant, et qui sont : celd des eolumbi gallines , cetol 
des vraies colombes et celui des colombcws : les premieres 
se rapprochent plus encore que tos autres des galUnacte, et 
sont caract^ris^ par tours tarses ^ev^ et leur bee gr^ 
et ftoxible; elles Ti?ent en troupes, cherchent tour nourri- 
ture il terre et ne se perchent pofait Leur tailto est asses 
consid^rabto ; nous dterons entre autres to goura, ou pi' 
geon couronni de Tarchipel des Indes ( eolumba eoronaia 
de Cmelin ), qui est tout entier d'un bleu d'ardoise, avec 
un peu de blanc et de marron k Taito]; sa tftte est om^ 
d*une huppe de longnes plumes effil^; ce bel oiseaa ae 
troure k Jara, ainsi que dans lesfles Toisines; dans certains 
endroits on T^l^Te duis les basses oours. 

Les vraies colombes, ou pigeons ordhiaires, ont les 
pieds plus courts que les pr6cMents, mato le bee grftto et 
flexibto comme le leur. Les esptees sont extr6mement nom- 
breuses ; l^urope n^en poss^ que quatre k T^tat sauTage : 
cesontleramier, le colombin eta petit ramier,\e bis et 
oupigeonderoche,ei\htourterelle;onyokiwaakdsan 
qudques contrte, mais seulement k V(M domestlqne, to 
tourterelle A collier on rieuse, qui est originaire d*AfK<pe. 
On ne connalt que quelques esp^ces du sous-genre des colom- 
bars. Elles appartiennent k to looe torride deranden conti- 
nent Ces oiseaux se reconnais.«ent k leur bee, gros, de sub- 
stance solide, et oomprlm^ sur ses c6t^, k leurs tarses, 
courts, et k tours pieds toiiges ; Ito vivent tous de fhilto. Ob 
tos troure dans les grands bois. P. Ccrvais. 

La colombe, c^brte par les pontes, joue un grand r6te 
dans Tantiqutt^. C^^t Toiseau favori de V ^n u s. La d^esse 
to portait k to main, Tattachait k son char, et prenait soa- 
Tent sa forme. Jupiter (ht nonrri par des colombes, fM^ 
dont on attribue rorigine 4 ce qu*en pb^nideB colombe 
signifie pshUre ou cu^e. H est lUt mention de deux co- 
lombes Cuneoaes : l*one s'enTola du c6l^ de Dodone sor bb 



GOLOKBB -^ GOLOMBIE 



diCne » ampid die donna U ferto de'rendredesonidM; 
Taiitre s'cn alia en Lybie , od eUese pU^ entre les comet 
(Tini baier. d'od eUe pubUa sm proph^. CeUe-d Mait 
blaadie, rantre ^UH d*or. La colombe d*or, qui avait tram- 
BHs le don de propMtie aoi arbret, ne le perditpaa poor 
cda. On im fiiUait dee sacrificety et sea prdties Tivaieot 
dans rabondancc. Ce ftit eUeqoi annon^ k Hercule sa fin 
malbenrense. La oolorobey enfin, ^tait le leol oisean qu'on 
hiasat TiTre aui enTirons du temple de Delphea. Apr6s la 
HMrt de Stoiramis, on poblia que cetie reine s'^taitenvo- 
\bb aoua la figure d*ane cokunbe, et dte lors lea colombet 
ftirenlconsacr^parml lesAssyriena, qai lesport^rent dans 
leers enseignes. (Test i oe respect ponr ces oiseaox, peints 
dbns les ^tendards des Assjriens , que £ut allosion TJ^cri- 
ture Sainie, dans Fendroit 06 9 est dit : Fugiie a/ade 
§ladH columbx. Les habitants d*Ascalon araient on souve- 
rain respect poor les colombes : ils n^osaient ni en tuer ni 
en roangefy de peur de se nourrir de leurs dieux. Philon as- 
aureqoll arait tu dans cette ville un nombre infini de co- 
lombes qa*on noorrissait^ et poor lesqoeUes on avait uneT^ 
miration particuli^. Tibnlle a trte-beureosement exprim^ 
ce respect des Syrlens ponr les colombes, dans ces deux vers: 

QaU rcfcraa, at TolittI crcbrat inUeta per nrbet 
AIImi pAhesUiio sancCa colamba Sjro. 

Ce respect, cette vdndralion pour la colombe, avait paas^ 
cbei qnelqnes nations modemes, et il n^ a paa longlemps 
encore qoe les Busses se seraient (ait scrupule de se nour-* 
rir de la cbair de cetoiseau, qu*ils regardaient comma sacr^, 
le Saint-Esprit s^^tant montr^ sur la tate da SauTcur sons 
la lorme d'nne colombe quand U fut baptist par saint Jean. 
Depnis en ellet on a constamment repr^sent^ le Saint-Es- 
prit sous cette forme. Ce (bt aussi one colombe qui sortitla 
premiere deFarcbe aprte le dduge, et quirapporta k No^une 
brucbe d'arbre, k la Yue de laqueUe il compritque leseaux 
s'ttaient relumes de la terre. La lot de Moise ordonnait que 
les femmes apportassent au temple une paire de colombes 
Ion de leur purification. Enfin, l'£criture parte en plusieurs 
endroits de la simplicity de la colombe unie k la prudence 
dn serpent. 

SI la colombe ^alt en si grande v^^ation dies qnelques 
natlotts, d'antres avaient des idto bien diffi^reotes sur cet 
oiseau : ks Perses, parexemple, regardaient surtout les co- 
lombes bfandies comme des oiseaux de mauTais angure; 
ib les ddestaient Persuade que le soleil les avait en bor- 
renr, ils n*en souflraient point , dit H^rodote > dans lenr 

Auhi-Gelle raconte qu* A r c b y t a s, de Tarente, avait cons- 
truit une oolombeartifideUe qui volait d'eUe-m^e. 

On donne encore le Dom de CO tom^e, en termes de charpente, 
a toute solive pos^ deboutdans les doisons et pans de bois 
poor la construction des maisons et des granges. En termes 
de layetier, c^est on instrument perc^ k jour comme le ra- 
bot, et garni d*un fer tranchant destine k dresser le bois. Les 
tonneliers appellent de mteie une sorte de grande varlope 
r cn v ers ^ e , doot Us se servent pour pratiquer des joints au 
bois. En fin, c'est le nom de Pune des constellations de la 
partie mdidlonale du del. Edme H^eau« 

COLOMBE ( Salnte ) , vierge dir^tienne, martyrise 
k Sens, est regard^ par plusieurs l^endaires comme la 
praniire martyre dela Gaule cdtique. On rattache sa mort 
k la pers^cotion des £glises de Lyon et de Vienne, sous 
Marc-Aur^ on sous Aur^lien. Son culte ^tait florissant k 
Paris avant le septitee sitele; elle y avait une cliapeUe, 
sons Dagobert, qui hii fit laire par saint £loi nn diAssa ma- 
piique, dont fl fit don k P^ise des b^n^ictins de Sens. 
Us calvinistes la plllirent au seixitoe sitele. 

COLOMBE ( Salnte ),deCordoue,^t fort jenne quand 
deperdtt son p^. filisiibetb, sa soair, ^tait mari^^ saint 
JMnie, que P£glise bonore comme martyr. Oca deux 



67 

^ponx ayant AitbAtir un donble uonaatte dans les mon- 
taguesdeCordoue, Cdombe alia s'ymettre sons la diaection 
desasoeur. LesMauresenayantchMs^lesmoinesetlesreli- 
gienses, Cdombe courut se livrer k la justice, se declarant 
chr^tienne, et fut dtopitte, le 17 septembre 8&S. Son corps, 
jet^dansleGnadalqaivir, en fut retire par les chr^ens eten- 
terr6 dans P^glise Sainte-Eulalie de Cordone. Un ordre de 
Saimte-Colmnbe fut fondi en U79 par Jean I*', maisil ne 
surv^cut pas ^ son Ibndatenr. 

GOLOMBEL ( Nioolas ), pdntre fran^ais, n^en 1646, 
k Sotteville, prte de Ronen, et mort k Paria, en 1717, hit 
^l^ve da Lesuenr, et est le seol artiste distingue qn'ait 
produit I'^ode de ce grand pdntre. II fit un long s^jour en 
Italie, od il ^tudia snrtont les cenvres de Raphael et dn 
Poussin : fl en fit des copies estimte. Son tableau de 
Rhea Sylvia et Mars, qui Cut partie de la collection du 
Louvre, lui ouvrit les portes de PAcad^ie de Pdnturc 
en 1694. Ses tableaux sent froids, mais d'un goOt tris-pur; 
la perspective en est savante et les Ibnds d*ardiitectnrema- 
gnifiques. Plusieurs appartements de Yeraailles furent d^ 
cor^ par cet artiste. 

GOLOMBELLE, diminuUf decotomfre, sedisait autre- 
fois pour une jeuneccUombe; t^moin ces vers de Blarot : 

T'^eillfra la pie en son eaqoet, 
f^eillera aotri b eolomheUe, 
Poor reehanter encore de ploa belle. 

En tennes d*imprimerie, U se dit d*un filet que Ton place 
qudquefoia entre deux cokmnes pour mieux les distinguer. 

GOLOMBELLE ( Conchyliologie ), petite aitit de 
eoqnflles univalves marines, confondues par Linn^ parmi 
les volutes, et dont Lamarck a (kit un genre pour dlx- 
huit esptees seulement, au nombre desqudles se trowent 
des mitres, et de simples varl^t^, qui, restitute k leur 
genre respectif, rMuisent k onxe les esp^ces dtoites par ce 
c^l^re professeur. On salt qu*k P^poque oil Lamarck ter- 
mioait le septitoie volume de son Hiitoire des Animaux 
sans verUlfres, fl ^tait totalement priv6 de la voe, oblig6 
de recourir k d« naturaUstes strangers k cette sdence; on 
lui pardonnera les erreurs quMI a oommises, dont la plua 
marquante sans contredit est d'avoir assign^ pour carac- 
t^e prindpal k ces coquUles des plis k la oolumellequ'dles 
n'ont jamais. De Blainville, dans son Manuel de MalacolO" 
gie, qui oontient des innovations plusoumoins rationndles, 
n*ayant relev^ aucune de ces erreurs, 11 en est r^sult^ le 
d^rdre le plus complet dans le dassement des nombreuses 
coUedions qui se sent formte de toutes parts. Ce genre 
s^dant accru dun nombre considerable d'espices nouvelles, 
nous avons dn les grouper dans Pordre naturd de leur cons- 
truction, et les dlviaer en quatre series, dont la premiere 
comprend toutes odies dont le dernier tour estlisse sur la 
presque totality; dans la seoonde ne figurent que cdles qui 
sont compietement strite; la troisitoie est compost des 
esptees ayant des c^tes k la mani^re des harpes; enfin , 
la quatri^me et demi^, que nous avons nomm^ coloni' 
belles ilanc6es, difll^ des autres par une spire beaucoup 
plus longue et fort aigu€, comme Pont certaines mitres et 
qudques ftaseaux. Les carad^res prindpaux que nous avons 
assign^ aux cdombdles reposent sur un renflement ou 
d^t de mati^re testacde k rint^rieur du bord droit, et 
dans la presence d*un sUlon canafiforme k la base de la co- 
Inmdle, persistant dans qudques esptees jusqu'aux premiers 
tours de la spire. Quekiues-unes de ces coquiUes, et notam- 
ment la colombelle petite harpe, dont lagrosseur ne d^- 
passe pas ceQed*une petite noisdte, se vend une livre ster- 
ling k Londres4 Doclos. 

COLOMBIA ou COLUMBIA. Veyex Oa^ori. 

COLOMBIE ( Columbia ), r^bliqoe de PAmMiue 
m^ridionale, qui en 1831 s'est divis^ en trois r^piUiliques 
ind^pendantes : la Nouvelle^renade, Venexuela et 



&8 



GOLOMBIB 



ll^quatear. EUe oomprenaK autrefois tovte Vandenne 
vice-rojant^ espagnole da la NoufeUe-Grenade, ainsi que la 
capitaiiierie g^n^rale de Caracas cm Venemeia, et comptait 
une populatton de prto de trols millions dliabltants, rdpartie 
sur une soperfide de 484 myriamMres carr^. Apr^ la 
d^cooTerte de la c6te aord-ouest de ee pays, en 1498 , par 
Ohristoplie Colomb, qui le premier le reconnut comme 
^lantla terre ferme d*AmMque ( droonstanoe qni eipliqae 
pourquoi les Espagnols lui donn^rent de pr^fi^rence la d^ 
Dondnatton de Tierra Jlrma ), i\ passa sons la domination de 
I'Espagne. La partie situ^e entre TOr^oque et le lac Ma- 
racailbo ftitconcM^ par Tempereur Charles-Quint, en 1530, 
au riche patriden d*Augsbonrg Barth^my Welser; mais 
oelui-d Tabandonna dto 1550. Depuis lors jasqu*^ T^* 
poque od 11 prodama son ind^pendance, oe pays demeura 
sans partage en la possession des conqu^rants ; car une tenta* 
tire feite en 1806 par Miranda pour I'affrancbir du joug 
de rEspagne ^cboua oomplMeinent, le people n*^tant pas 
encore assez mOr pour rind^pendanoe. Cette maturity, Tu- 
surpation commise en Espagne par Napd^n derait la liMer ; 
9i \h Colombie ^tait destine 1^ de?enir le berceau de la li- 
berty de TAmMiue espagnole. 

NapoMon en effet diereha h Mre passer ces wastes coih 
tr^ sous son autorit6; et ses ouTertures furent lavorable- 
roent accudllics par les gouvemeurs de qodques provinces, 
auxquels U garantissait leurs charges et leurs dignlt^. Mais le 
people, auquel ces projets (brent toiijours odieux , expulsa 
lei agents deNapol^n, etsellvramtoie kdes actesdiiostilitd 
eontre des Francis. Vers cette ^poqoe, deui Juntes Tenaient 
de se constKuer en Espagne pour y dlrlger la lutto centre 
Napoleon. Toutes deux euToy^rent un agent h la Nouvdle- 
Grenade et 4 Caracas. Les populations accueiilirent d*abord 
afee jole les niesores prises par ces deux d^l^^ de la ni^ 
patrie. Mais Tint le moment ofa chacun de ces agents cher« 
eha k rendre son cdligoe suspect. On ne sut plus d6s lors 
aoqud il fallait ob6ir, et on rtelama r^tabUssement k Ca« 
racas d'une Junte profindale; mais le capltalne g^n^ral 
Cacas cut reooors k la force pour empteher la r^isatiqv 
de ce Toeu. Cependant, une junte prorindale s*installa k 
Quito dte le mois d*aoAt 1809. Jnsque alors la population 
n*aTalt encore jamais eu la mdndre \66e de ae s^parer de la 
m^ patrie ; au contralre, elle luiVait prodigu^ tons les se- 
cours qu*il ^it en son pouvdr de hri donner ; et la noufdle 
de r^blissement d'une junte oentrale en Espagne n*dtait 
pas plus tM arrir^ de Tautre dyt^ de I'AUantique qu'on 
s'^it empress^ de mettre k sa disposition toutes les res- 
sources dn pays. Ce ftirent les vice-rois et les capitaines 
g^n^uXy alarms pour la dur^ de leurs pooToirs de sa- 
trapes par cette tendance des esprils k dtfendre lind^ten^ 
dance nationale centre les tentatives des Fran^, qui ies 
premiers, en combattant cette tend&nce de toutes les ma- 
ni^res possibles, ^?dll6rent parmi les colons espagnols V\A6t 
de rendre fAm^rique indi&pendante de la m^re patrie. 

La premiere d^arche du vice-roi de la Nouvelle-Grenade, 
Amar, aprto la constitution de la junte de Quito, fut de conTo- 
quer les prindpaux habitants de Bogota pour leur demander 
leur opinion au sujet de cette Junte. Centre I'attente du 
vice-roi, cette assemble non-seulementapprouva tout ce qui 
s*6tait fiilt^ Quito, mais encore r^olot de Tlmiter; etl*em- 
plol mtoie de la Tiolence ( it septembre 1809 ) fut impuis- 
sant II Ten empteber. Alors le yice-roi du P^rou fit marcher 
eontre la junte de Quito une division de troupes, qui la dis- 
peria et jeta ses membres dans les fers, en violation des assu- 
rances formeUes qui leur avaient ^U donn^. Malgrd ces 
mesures violentes, on ne tarda point k Caracas k d^poser 
toutes les autorit^ royales, et 4 y constituer une Junte su- 
preme. Cette junte ne reconnut pas, II est tral, la r^gence 
de Cadix, attendu qu^elle regardait la guerre d'Espagne k 
pen prte comme termini ; mais die rtedlt tous ses actes au 
nom de Ferdinand MI, sans le moihs du inonde songer k se 



soostrafre k son antorlt^ sonVMtdiie. Les cdlislons acciden- 
tdlement snrvenues entre des indigtoes et de vieui Espa- 
gnols n*y eorent non plus d'antre rteltat que linstitution 
d*une {ante en septembre 1810 et la demande par les co- 
lons d*Mre traltte sur le pled de T^galit^ avec les Espagnols, 
mab nullement le d6dr de llnd^pendance. 

La r^ence de Cadix, qui ne veyalt dans la Junte de Cara- 
cas qo'nne reunion de rebelles, dlclara, par un d^creC dn 
31 aoOt 1810, toute cette province en ^tat de blocus, en mteie 
temps qu'elle pr^rait une expedition destinte k la faire 
rentrer dans le devoh*. Ces fansses mesures pureni seules 
determiner les habitants de Caracas k prendre des r^sohi- 
tions qui ne tard^rent point k se transformer en insurrec- 
tion ouverte, qnand Miranda eut de nouveau arbors le dra- 
peau de IMndependance. D^s lors les faisurges prirent le nom 
de patriotes, Partout il s^etabtit des juntes; le 3 mars 1811 
eHesse r^nnirent en congrfes general A yenetoela;et le 5 juO- 
let de la m6me ann^e cette assemble prodamait, an nom 
des Etats-Unis de Caraeas, Cumana, VarinaSf Barcelona^ 
Merida^ Tnucillo et Margarita, findependance de Yene- 
znda, et confiait le commandement en chefde rarm^e na- 
tionale k Miranda. Les deputes amerieains qui se tronvaient 
k ce moment prte dea cort^s espagndes, n*ayant pas p« ob- 
tenir que les cdonies am^ricaines fussent en toot asslmi- 
1^ k la m^repatrie, la scbsion fut ddinitivement consom- 
m^e. Les troupes espagnoles qui 4 ce moment occopaient 
Valenda fbrenC contraintes par Miranda de capitnler, et le 
congr^s de Venesoda adopta le 23 septembre 1811 une cons- 
titution (Merative calqu^e sur cdle des £tats-Unis de 1*A- 
merique du Nord. D^s le mois de mars 1811 le nouveau 
congrte, r^uni conformteient k cette constitution, com- 
ment Il fonctionner. 

Pendant ce temps-U une revolution avait ausd MM k 
la Nouvdle-Grenade. Au mois de jnillet 1810 il s'y etaH 
etabli, k Bogota, une junte qui reconnut Tautorite de la re- 
gence de Cadix, et qui li Poriglne fut pr^sidee par le vice-rot 
don Amar. Mais blentAt des defiances s'eievefent eontre lui 
et ies autres fonctionnaires royaux. lis ftorent tons deposes 
et renvoyes en Europe. Des juntes se constHuerent sur tons 
Ies points de la Nouvdle-Grenade, d un congr^s fot con- 
voque II Bogota pour etabllr une regence provisoire pen- 
dant la captivite du rd. Une tentative fdte par le gouver- 
neur du Popayan, Tacon, pour dissoudre le congres, ediooa; 
d ce gouvemeiir fut compietonent battu par Tarmee que 
le congres fit marcher centre lui. Plus tard, il fit encore une 
autre tentative k Pasto; mais il fut de nouveau vaincu par 
les armees des juntes de Quito et de Popayan, et oompie- 
tement aneanti vers la fin de 1811 par Rodriguez. 

A Quito, apres le massacre et le pillage dont il a ete kit 
mention plus haul, le peuple, devenu furieux eontre tes 
troupes espagnoles, les for^ d'evacuer la ville. En septem- 
bre 1810 la Junte de Carthagfene publia un manlfeste dans le- 
qud die invltait les provinces de la Nouvdle-Grenade k se 
constituer en l^tat federatif ; Idee reaUsee, apres divers inci- 
dents, le 27 novembre 181 1. Ce resultat n*eut pas plus t6t 
ete obtenu que la guerre civile edata k la Nouvdle-Grenade. 
La province de Cundinamarca, avec Bogota, sa capitate, re- 
damait une autre constitution. Le congres refusa d^acceder 
k ce v(Bu ; il fit marcher une armee centre la province re- 
belle, avec laqudle d'autres etaient venues (kite cause com- 
mune, d dont les troupes furent battues. L'armee du con- 
gres Vint ausd mettre le siege devant Bogota; mais die du| 
le lever, apres avdr perdu beaucoup de monde. 

Vers le meme temps, les Espagnds, commandes par 
Monies, deboucherent du Perou, et, apres avoir defait les 
troupes de la junte de Quito, entrerent dans cette ville, d f 
commirent 1^ plus horribles massacres, en meme temps 
quMIs devastaient toute la contree environnante; puis une 
partie de leur corps (Armee mardia sur Bogota. Le dan- 
''er commun retablit la concorde entre les difrerents partis 



COLOMBIE 



59 



MifltuiAteft la iene r#abiiq«e de la lleiifcile-Gfnade. r d'antre mi ^orgea les fMlMmilers par miHIen. Le r^suHal 



Ktfuia fat Ua dktitaar, etmareha avuiMt contra let £§• 
pupiBln, HauMiix ao d^bat, U laa battit en dhrarsM rtt- 
eiolreB, el ias ebaita toeoeidfeBMBit da praviaoe en pro* 
fteoe imt^h Paito. Malt an meii da join I8t4 y fttt at- 
taqn^ ^ llnprofifla par let Eepagaob, qui atiieflt re^ de 
BouTdlee troopee de ranfMi; at il Ibt oMi06 da ie retidre 
k dieeidttOB, ifaai que mm Mt^^aajof* La pHipart det pri- 
aaiuriava fiareat feiilMe; qoaot an dictataori an la cirigea 
aar fEapagae. A ca aMraaot tt aattibUit qaec'ao KM IMt 
pamr teuioara de la canaa de la Nood l e Q rea ad ft 

Laa cboaea allaieit ancora plua Inal k Vemnuaala. Vn eC» 
Irofabia tmriilenMiitde terr% arrive ie 96 Bart istt, ayaat 
tonibleDMBC d^?aal6 la phta graiida parUa da pays, lea 
priirea an praAttrent pour rapr^aeiiter A daaoperatitleosea 
popolatfons cette calamity coinme la aatta de lear ftbeHioa 
at oaannaniiapinittkMi divine. Ca IM alora^ daia let rangs 
da {"arMda oohom daaa eeai do people,^ frt d^aerterait la 
canaa do gaQvamaoMBtr^blicaia at vlMdieitBeplaeerBona 
laa ordrea da Mentererde, eoounandanl ea elierdet ibroea 
e ap agaolee. €MMf aaeoad^ de fooa e<M^ par kkkafal^on, 
ti^nim Ifiraada, gte^ral do ooogf^, da tontea sat poal*- 
tiom lea oaea apr^ lea aatroB ; el ^ueffo^Ctbdlo ayani 
tai par dm fitr^ aai troopea etpagaolea, Miranda sooa- 
erhil, da FMaeatiineBt dn ponroir Mdcntir, Ie 26 aoot 
iai9, nue capitulation atee MoitteYefde. Am tennea de 
eette capitalation, II lai tt?ra LaOoayni, Oiracaa, Barcdbiia 
at Canana, moyannant la garantie d^eantniatie oontplAte, 
de la IftaiM poor eiMemi d'^migref , de liafrodootloa de la 
eoaatltatioii daa aortto daaa lea prorineea d«rAm#iqae da 
8ad, da laadenffld dea personoes etdea pttiprid^i tnaia, en 
dipm d'aogageneata ai formela, Miranda et lea aotrea dieft 
dea palrMaa Htfeal arr^tta et ooadoita en Espagne. 

Lea BapagaalB na ae aentlreni paa plot Ml 6tabli9 on pen 
Mlidtmatif qtfa la plot sanglante dea r^aeHona comnien^. 
Aaenae 4aa eootftiOBa de la eapltnlatkm ne (bt obaert^e; 
iea patriatea n*adrent d'aoire alterflatite qoe lea cachota on 
rMafeod. Uoe leHe situation ne pooiralt qoe provoqoer de 
aaaveaax IroyMetk Tout d*al)ord lea fnaurgte qol te r^ 
nieat aMia lea ordrea de Narino fbrent lieureux; et oea 
rneote derinrent plua d^dsifa quand Boliirar ae ftit plac^ 
ii la tMa ia llnaorrecUon et lorsqo'H M deteno rime de 
laJatIa ealrepilaa poor Tind^pendanea nationale. Frandiia- 
taat lea Aadea li la tdte d*nn petit corps d'arm^ 11 battit 
its bpagpola k Ooeota et ii la Grito; pois, ceai*d ayant 
peraiiM k conmaltre lea ploa atroces eruaot^, 11 tH lea 
d ^ fca o M ira da la eauae de llnd^pendance aeeoorlr par mil- 
tiera aoiia aea dn^ieavii, el d^ aucceaaivenent lea troopea 
royalaa k IHquitaa, Battooque, Caracbo, BtrquMinento, Ya- 
rlaaa at Loatagaaaea. 

Malgrd lea aooteaoi rcntor t a qui lol ^taient arrtv^ d*Ea- 
papa, Motttererde ae At encore battre compl^tement k 
Aga acaM ea l e , «l d^poaa alora son oonniandenient en chef, 
dMa iaqvel n eat pott* socceaatura , d'abord Salomon, el 
flna fafd lalnala, aoos lesquela la gnerre, par suite dea 
atroett^ oomniiaea de part et d'antre, en Tint k prendre 
t aa jui a datfastage Ie caraet^ do ploa ItMenx aehame- 
Ce pen daat , lea Eapagnols furent battua sor toua les 
1^)^08 ne se nninlenaieflt plus qu^ Pnerto^Cabello ; 
eetta plaee Halt auasi par tomber au poutoir de Bo*- 
Urari aaof la citadeltei oil lesEapagnols prolong^rent leor 
dd fcaa e JoeqvVft d6eeinbre 1628, au milieu de privations et 
4a aooflraiioea ^ tons genres. Des renfotta qui leur panrin- 
raoteB c« a aa ro a n t lear pemiirent Meotdt de reprendre en- 
eaci me firfa roAnaive. Battoa de noutean par BoHvar, lla 
eorent alota reeoura k on moyen extreme, mais dont ils avalent 
d^oai en tai4t ee (M d'tppeler lea eaclavesde Venefuela 
k ae NroHer eantre lean maltrea. Une horrible lotte a*en- 
^i^M alora, daaa laquelle lea baddea d'esclaves ainanchis 
■fdpa i yrt i ewi tf iet temmea ai let ttiftata, et oii depart et 



de ealle campagae ftit que lea patrfolea, api^ dea aHema- 
Uvea diversea, Bnireot par Mre eomplMement battos, qu*an 
moia da joillel 1814 Ie gMral eapagnol Bovea entra da 
aoaveaa A Caraeaa, qoe tool Venexoela ae retronra plaod 
aoua rantoHt^ de rEspagaa, et qoe BoKtar avec one poi- 
ga4a de dd^lea dul ae rdftagier k la !louf elle-Orenade, ok les 
affieiires dea patriotea ae troav ale nt d*aillears dans on ^al 
pretqoe ausal d^aeapM. Ea effet la guerre dvile y avaK 
MmU encore une foia; la pH>videe de Gundinamarca se re- 
ftisait h aeeMef k la oonMd^tion dea autrea provinces, el 
pourtriompber de aa rMatance II AOut que Bolivar, appdd 
au commandement dea troupea du coogrto de la Nouvetta- 
Grenade, aMI mettrele ai^ devant Bogota et a'emparAI da 
cettevilte. 

Pendant ce tempa-Ui Ferdinand Tn ^tail remont^ aur aen 
trcVne ; et la premie penate de aon gonvemement avail M 
d'employer la force pour Aire rentrer dana Ie devoir les colo- 
nies i^volt^.Dte lea premlarajoarade 1815, 10,000 honunea 
des mellleares troupes de l*E8pape partirent poor rAmMqoe 
mMdionale^ sous Ie commandemeat de Marillo. Cette ar<* 
m^d^barqoa ao roois d'avrll 181& 4 Carupano, s'eraoara de 
Margarita, et dirlgea aea premi4rea op^ratlOBs contra la Nou* 
veHe-Grenade. Aprte ua long si^, Ctftbagtae tomba, Ie § 
ddcenbfe, au pouvoir dea E^wgnols, qui reoonqoirent sue-* 
oesaiveflQeill toules lea provinces, el qui au molt de join 1816 
a'empar^rent ^(ement de Bogota. La plus sanglante ruc- 
tion marqoa partoot leor passage. lis fturenttootelbis moins 
iieureux k Venenela, od MoriUo avail envoys Ie g^n^ral 
MbraMa. U s*y forma dea gaeriUaa, et AriamsBdi d^loya 
Ie drapeao de riosurrection k Margarita. 

Bolivar, qai avail organia^ one eipMition aux Oayes, 
dana lUe d'Haiti, od s'^aient refu^^ les debris despatriotes 
de la NouveUe-Gtaaade, vhit d^barquer k Margarita. Sea 
premMres operations AirenI encore une Ibis malheureuses; 
mala aea affirirea s'amdior^rent dH qu'U eut Ml dans la 
Guyana eapagnole sa Jottction avec Ie chef dMnsargte Piar. 
Morillo s^flbr^ade ttettre un termed aos progr^, el entrepril 
eontre Margarita, centre d*op6ratlona des patriotes, one 
grande expMHion, qui ^ehooa compMtemeltt ; el dte lors c^en 
ftA tM delasop^ilorite qnH avail conaervte juaqu*il ce mo* 
ment. Les patriotet firent depoia de rapldea pro^; et AH 
ie 11 novembta 1817 avail lieo k Angostura lardoover* 
ture du congrto de Venezuda, qui dut pour prMdent 
Bolivar. L'ann<Se auivante la aup<hiorlte dea patriotea de 
Veaezoela devtol encore phis marqo^e. Puis, ii la fin de 

1818 et au oommeocement de 1819, dea approvisionn^ 
ments en toua genrea, dea recroes el dea voloHtairea, com* 
mandda par dea oOidert aguerrta el exp^rimentdB, ^ant 
arrive dea M^ata-Unia, el attrtool d'An|^elerre, aux Inaur* 
g^, Bolivar, qui avail d^ affranchi prvaque tool Vene* 
zuela, put aHer au aecoura de la Noovell^Grenade. Paf une 
mardie audadeose, entreprise pendant la salson dea phiies 
k travers lea Andea eonvertea de neige, il surprft Ie 27 join 

1819 les Espagnds dana une fbrte poaition sur Ie Guia, let 
battit ensuke Ie 1*' juiilet dans la vall^ de Sogamoso, puis 
Ie 25 k Palano de Bai^; et Ie 7 aoOt il lea ^craaa com* 
pl^ement k Boyaca. Qodqoes jours plus tard il foiaait aon 
entr^ victorieiise k Bogota, od aon arm^ regal de toutea 
parta dea renfoits. H revint eosbite promptement k AA* 
gostora, poor y Mre Ie 14 d^cembre Touverture du con- 
gr^s de Venexuel^. 

Cette assemble r^solut alors de faire de la Nouvelle-Gre- 
nade et de Venesraela une seule et m6me republiqne.sous Ie 
nom de Colombie; et ce projet, soumis k la sanction du 
oongr^ de la Nouvelle-Grenade, convoqo^ h eti effet an 
tnois de fdvrier 1820, fut adopts k l^onanimH^. Les n^goda- 
tions entamto a cdtc ^poque par Ie gouvcmemcnt des 
cor!^ avec les ttats insorg^ pour arrlver k on arrange- 
ment amiable reat^rent tout aussi infrudueuses que ceDes 



60 

qui ftireDt suhries Taimte suiTaiito k Madrid dans \e mkm 
but, la Colombie ayant axig^ afant tout la rec mm a nw a nc e 
solenndle de son ind^pendance. Pendant ce temps, les 
armes coloinbiennes fiusaicDt, sous la diiectioa de BoliTar, 
les plus r^iides progrte. Vers la fin de 1820, presqoe toutes 
les provinces septentrionales de la Nouvelle-Grenade se 
trouYalentaffranchie8;etle6niai 1831 ent lien ii Rosario de 
Cucuta le premier congrte colombien, lequd coofia encore 
une fois h B<diTar la pr^ence de la nouTeUe r^publique; 
et dans une sectrnde session, onverte le 12 Juillet de la mtaie 
ann^, cette assemble Tota la nourdle constitution f(6d^ 
rative, qui avait poor bases la souTerainet^ da people, la 
representation nationale iasne du suffrage unirersel , la res- 
ponsabilit^ des fonctionnatres publics, la separation des 
trois pouYoirs, la liberty indiTiduelle et la liberty de la presse. 
En rotae temps elle proclama fabolition de FesdaTage. 
Pendant ce temps-Ut I'arroee espagnole, pass^e, aprte le 
depart de Morillo , sous les ordres de Morales et de la Torre, 
Alt an^antie par Bolirar le 24 Juin 1821, dans la plaine de 
Carabobo. Le 23 septembre Carthag^ etait r6duite k capi- 
tuler. Curoana ne ttfda pas k en faire antant Le 5 decembre 
Panama proclamait son independence, et se reunissait k la 
Colombie. Le 24 mai 1822 Quito tut deiivre par la Tictolre 
que Sucre remporta sur les riTes do Pincbincha ; le 23 juil- 
let 1823 la flotte espagnole fut compkHement detruite par 
les Colomt^ens aux oidres de Padilla. Bient6t apite Mara* 
c«3>o se trouvait egalement deUvre, et le f d^cembre la 
dtadelle de Puerto-Cabelto demandait k capitular. 

La Colombie se tronva de la sorte compietement affiran- 
chie dn joug de TEspagne; et d^s 1822 son independence 
etait reconnue par les l^tats-Unis de rAmerique dn Nord. 
L^Angleterre ayant imite cet exemple en 1825, ce pays nV 
▼ait plus qu*li attendre les fruits du de?eloppement r^uto 
de son independence. Maisiln^enftit point ainsi. Lalongue 
habitude des diefs miUtaifes d'exeroer une autorite sans li- 
mites, toutes les passions individuelles dechalnees par la re- 
Yolution, la desorganisation de la plupart des institutions so- 
ciales et adminisiratives, et enfin le deiabrement absolu des 
finances, fuient autant d'obstades k la prompte consolida- 
tion du nouYd ordre de cboses. En 1824 BoUYar fut Men 
encore reeiu k la presidence; mats alors, occupe surtout 
des affaires de la BoUYie et du Perou, il abandonna oom- 
pietement I'exercice du pouYoir k son-Yice president San- 
tander. 

Les eYenements dont le Perou et la Boli vie doYinrent bien- 
tAt le theatre, et auxquels la Colombie se trooYa meiee^ rea- 
girent Acheusement sur sa propre situation. C*est ainsi 
que des 1826 le general Paez faisait une tentatiYe, restee 
inihictoeuse, pour insurger V<mezuela, et que Tesprit^ 
reYolte se manifestait aussi dans les arrondissements de 
Guyaquil et de Quito. BoliYar reussit pour cette fois , 11 
est Yiai, k retablj^ la tranquillite, et U guerre qui edata 
en 1829 aYCc le Perou fut proroptement terminee aussi par 
nn traite ; mais dans le pays meme un antagonisme Vio- 
lent s^etablit entre le parti miUtaire et centraliste , ayant Bo- 
liyar a sa tete, et le parti federal repubKcain, dont San- 
tander etait le chef. La CooYention, que BoliYar conYoqua 
au mois d'avril 1828 k Ocana, TinYeslit sans doute d*un 
pouYoir presqne dictatorial ; mds des le mois de septembre 
de cette meme annee 1828 edatait k Bogota une insur- 
rection qui ne put etre comprimee que par des supplices et 
des bannissements ; et Tannee suiYante Paex IcYait reten- 
dard de U reYolte dans Venezuela, qui se detacha de la Co- 
lombie pour se constituer en republique particuliere. BoliYar, 
qui Yoyait toute sa position minee, abdiqua Yolontairement 
le pouYoir; et la Colombie couYint dors avec Venezuela 
de former desormais deux £tats compietement distincts , 
unis seulement par une alliance. 

Cet arrangement ne retabllt pas la tranquillite en Colom- 
bie, otk Mosquera aYait ete du president. Tout an contraJre, 



COLOMBIE - COLOMBIER 



randenne capitainerie generale de Qniio se sooleYi k sm 
tour, et le 11 sepAembre iSiO proclama son independence, 
sous la denomination de Republique de VScuador (tqm' 
teur). Dans le resle de la Colombie, od Mosquera abAqoa 
la presidence le 4 septembre 1810 et eat Urdaneta pone 
snccesseor, le parti du sabre ressaisit le pooYoir saprteae» 
et le conserYa joaqn*^ ce que le eongres, renni le 21 no- 
Yembre^ Bogota, eutooBStitneie pays en repobtiqae inde- 
pendente sous le nom de NouYdle-Grenade. Les trois re- 
publiquea tenes de randenne repubUqne de Colombie 
reconnnrent alort leor independence redproqoe, et s'en- 
gagerent au payement des dettes contractees precedem- 
ment eo common, k se garantir mntudlenMBi des leia* 
Uons oommerdales alfranchies de toutes entraYea doua- 
nieresy et A ae porter aeeours en cas d*attaqoe de la part 
d'un ennemi exterienr. 

CX>L01IBIER9 bfttiment de la fiMineoii Ton ei^YO el 
06 I'on entretient les pigeons. Le pigeon domestiqae, 
libre dans TesdaYage , ne se croit pas attache irreYocaUe- 
ment au lieu qui I'a yu nattre : sll n'y trooYe pas one de- 
meure commode, tranqnille, propre, et une nourritore auf- 
flsante, il Yachercher nn gtte aiUeurs, et transporte ses 
penates dans one ookmie YoWne. II est done dans rinterM 
des coltiYateors et des fermiers d'apporter la plus grande 
attention dans le cbdx dn Ueu od doit etre ^aoe le oolom- 
bier, dans sa construction et dans son entretien. Le pigeon 
aime dans la domestidte tout ce qui ressemble k fetat sau- 
Yage : isoleroent, tranquillite et liberte. ^Joignee de Pentree 
du logis, dn passage babitud, des granges od on bat le 
grain, enfin loin de toute usine 00 de toot etabUssement 
bruyant, on qui repande des Yapeurs, l^ir habitation doit 
etre etablie sur un terrain eioYe, plnt6t sec qulmnude, 
abrite des Yents dominants, an midi et^ portee d'un mis- 
seau, d'une fontaine on d*un baasin. De toutes les formes 
qu^on pent adopter pour sa construction, la forme ronde 
doit etre preferee, k moins que qudque sojetion de batiment 
ou de sym^trie n'en determine une autre; die est plus com- 
mode, en ce qu'on pent y mettre k tlntMeur une ecbelle 
toumante. On y pratique ausd tout autonr des trooa ou 
boulins , les uns ronds, les autres carres, qui senrent de 
nids aux pigeons; ceox-dse font par le moyen de deux 
faltieres mises IHine sur Tautre; les autres par des pots 
de terre destines spedalement k cet usage. Leur gran- 
deur se proportionne k cdle de deux pigeons, qui doi- 
Yent pouYoir y tenir debout Le premier rang des nids par 
en bas doit toiyoors etre eicYe k 1b,30 au moins de terre, 
et au-dcYant de cheque nid U est necessaire qu*il y ait one 
petite pierre plate saillante en dehors du mur de troie k 
quatre doigts, pour que les pigeons puissent s*y poser lore- 
quails entrent dans leurs nids , ou lorsqu^ils Youtoit en sortir, 
ou bien lorsque le mauYais temps les oblige k rester au eo- 
lombier. Pour eYiter la depense de ces nids, on leur sobeli- 
tue qudquefois des paniers d*osier, qu*on attache k la mn- 
raille , et dans lesquds les pigeons pendent leurs eeuiii; mais 
le premier mode, on le sent, est de beaocoup prefiM)le 
pour la commodite et meme la duree des nids. 

Le sol du cdombier doit etre carreie plut6t qne phmcheie, 
parce qu*il resiste mieux alors aux attaques des rats el k 
Thumidite. La disposition de TouYerture qui doit senir de 
passage aux pigeons pour entrer dans le colooibier ou poor 
en sortir n'est pas indifferente; car die sert en meme temps 
k redairer et 4 y renouYder Pair Yide par les emanations 
letides de la fiente accumuiee dans le bas du .oolombier« 
Les odombiers doiYcnt etre nettoyes compietement an 
moins quatre fois par an, aYant et aprto lliiYer, et apits 
la premiere et la seconde Yoiee. 

Les cdombiers dont nous Yenous d*indiqoer la forme et 
la disposition comme cdles que Ton doit preferer seat dits 
eolombiers depied, II en est d*autres appeies voleU H cons- 
tniits sur pittas, qui couTiennent mleux k la petite pro- 



COLOIIBIER ~ COLOMBINE 






^; toor eoBslnietioii Mt |MDCoi4eo8e» «t iUpeotwt 
troaf«r place daas oa oein de U forme , muu gteer les 
coemiiBikatioiis et sans iaCenoiDpfe la surfeOlaiioe. 

Daas qoekfaea proprMttedeseaTfrons ties grandea TiOes, 
dMs qndipies aoiiea od le s^our des propridalres a hit 
■attre r^smoe, on troure de petUes constnictioiis ^l^an- 
te8»<iiii aerreDt k la foisdepoolaUler et de colon^ier. 
Ce aoBt dea bAtnnenta ^ six oa hoK pans, coBstniits en 
briquesy dont le m-de-ehaaate serf d'aaile aux ponies et le 
premier anx pigeons. Les anknanx nnisibles y tronrent 
dJIikilement retraite; mais ces colombiers deriendraient 
d'nn ^tabttasemeat trte-dispendleax sH bUait les constmire 
en grand ; aossi paraisseat-ils de natore k Mre r^serr^ pour 
les eapteea de pigeons dits de volUre. 

Qnant anx ookmiMers que Ton ^tablit qoelqaefois dans 
les oombles de Pbabttation on de la fenoe, il n*en saurait 
esisler de plus man? ais : les rats y polhilent , la temp^ih 
tore y eal toioours extrtoie , brtfante en M, gladale en 
hirer^ et les pigeons y causent des degradations qui senles 
aoBl de natore k engiger toot propri^ire k ne point per- 
mettre leor ^trfiUsaement dans ees lieux. 

n B^eCait permis autrefois qa*aux adgnenrs haut-justi- 
ders et anx aeignenrs de flef avec ceasiTe d'avoir des c<h 
Umbiert depied; les autres ne pouraient aroir que des 
fines 00 volei*9 c'est»i-dlre de petits colombiers k pitters, 
poorro qo^fla fussent propri^taires de cinqoanta arpents de 
terre laboorable sito^ aux environs de tour habitation. En 
Ifomumdie le droit de colombler ^tait attach^ au plein fief 
de hanbert ; H n*etait pas permis de bAtir on coloinbier sur 
nne rotore. Oe droit fitodal a M aboU k la R^olutlon. Le 
dtaiel do 4 aoAt 1789 donna Hbertt entito d'aToir des pi- 
geoosy sous la condition de les enfermer au temps des se- 
mencea oo moissons, k peine de les foir tuer par te propria 
taire dool ils d^roreat les fruits. 

Ondonne aossi lenom de colombierknae esp^de pa- 
pier, dont la dimension est double de celle du grand-raisin , 
et qiri acrt prindpalement k la confection des cartes et des 
gntrures. 

En tennea de marine, les eolonUHers sent deux longnes 
pitees de bois endentte qui serrent ii contenir un TaisMau 
quand on Teat le lancer k la mer; elles difliferait des coites 
00 cooeffet en ce qa*elles Tont k I'eau avec le nsTire, tandis 
que oes demi^res restent en place. Edme H^reau. 

GCNUMMBUIE ^ nom special de la fiente des pigeons de 

caJnmMfT on de toM^, et que Ton donne par extension , 

dBM le langage de ragricultore, k celle de tons les oiseaux 

de b a ase - co or. Hie est regard^ comma un des plus puis- 

saats engrals animaux, et son usage paratt mdme aToir 

^ eooDu des anciens. On Temploie seule et sans m^ange 

pear les terres fortes et fraides, et die est propre k toutes 

les terres quand on la foitentrer dans un com po«f. II est 

rareqn*0D ait asses de eolombine poor fomer un terrain avec 

ee se^ ensralSy que I'on a coutume alors d'employer sec, 

saas fataae de poussi^, en le semant k la manite du 

pMtre, pur nn temps bumide et avec absence de rent. 

Mais par ce procM^ on perd une grande partle de ses 

priac^es fortUisants, car les experiences de DavypreuTent 

qae la deaaiccation enl^e k la eolombine les deux tiers des 

ontitres solubles A Feao, quaatite qn'elle consenrera si on 

la mHt iralcbe avec de la torre, soit pour la falre entrer 

dsas an ccmpoii, soit pour la rasserobler ainsi meiang6e 

peadaat le coors deraaaee, pour en former one masse paP" 

tlcaliere A Tabri des intemp6ies. Les FUmands, k qui les 

boaaes ai<tbodes soat fomHlires, ne Temploiait jamais 

Mm; fralche , ils la destinent aux cultures les plus ^pui- 

saates, teHes qoe le tabac etles pUntes oldagineuses; Tan- 

aAesaffaale, le mtoe terrain se trouve ainsi fma6 saas in- 

cenvteient it arec profit pour la culture des c^r^iiles. Em- 

ployee seule daas la culture des gros l^gomes, la oolombfaie 

n w ig raealc merreilleasement te rolume. Kile est recom- 



61 

mandeeanssi poor la colforede la vi^ie par Ottrierde Ser- 
ies, qui assure que e*est le seal engrals qui ne noise pas iila 
qualite du Tin. 

Qoelqoes Jardinlen, d'ftprte Texeraple de Thoain, foal 
usage de la eolombine dans la composition des terres qui 
doivent senrir k la culture des plantes exotiques qu'on ^we 
dans les Tases; mais il font avoir Tatlention, connnele re- 
commande Parmentier, de ne la fUre entrer qoe dans la 
proportion d*un sixitae, et knrsqu'eile est rMuite en ternr 
reau, parce qu'en I'employant fratdie et dans une quantit6 
plus forte, il serait k craindre qu*elle ne dessMilit les ra- 
dnes des plantes. On s'en sert encore poor dimfaiuer la cm* 
dite des eaux de puits avec lesquelles on arrose, particuli^ 
rement pour neutraliser la sSteite (cbaux suKatte) qu'elles 
oontiennent qoelquefois, et les rendre plus grasses, plus vis- 
queuses et moins susceptibles de s*en|M>rer. Pour cet elfot , 
on jette an fond des tonneaux destines k receroir ees eaux 
environ quime kilogrammes de eolombine, et chaque fois 
qu^on est sur le point d*arroser, on reanie le melange, afln 
que Teau se dbairfSd en memo temps de cette substance et la 
transporte au pied des plantes qui ont besofai d'eao. Ce 
fluide, ainsi charge de colomMne, est employe k rarrose- 
ment des arbres fruitiers qui sent Jaunes on malades, et it 
produit sourent un trMion efTet. 

COLOMBIBIEf un des personnages obliges de la co- 
medie italienne et des theatres forains. TantAt fille de Casr 
sandre on de Pantalon, on encore courtisee par eesvieil* 
lards amonreux, tantetmaltresseoo femmed* Arlequin 00 
Men de Pierrot, Colombine est sortout une teste et IM- 
tmante soubrette. Elle est nee par deli les monts, on n'ea 
saurait dooter;son allure est trop degagee, sa tete trop in- 
flammable, pour qu'elle ait tu te jour dans le Nord. Cette 
or^ne, du reste, est andenne et remonte k plusleurs si6* 
des; un catalogue de pieces fitallennes qui date de 1610 
contient, entre autres titres, ceini de La Col&mbina, de 
YergilioVemcd. 

A ranrivee des comedieos de cette nation k Paris, die 
n*etait point encore toutefois en possession du r6te de sui- 
vante; eUe n'y avait paru que de loin en loin. La veritable 
titulaire, qui donnait son nom k Femploi, etait to Violetia. 
Colombine ne flgurait que comme ntilite, doublure, bouche- 
trou. Pen k peu, cependaot, die empieta sur les droits de 
sa rivale, 'et le Thefttre de la Foire s*occupa de son avenlr 
en meme temps que te TheAtre-ltalien« La Violetta com- 
mem^t k se fture vidlle : il follut lui donner ses Inva- 
Hdes et oeder la place k CoUmUHnet qui une fois en route 
dia bon train. Cetait d6]k cette piqoante soubrette que Re- 
gnard et Dufresny devaient encadrer aveo tant de bonbenr 
dans leurs premieres comedies. 

A partir de 1716, epoquede I'arriveei Parisdes nouveaux 
comediens venns dltalie sons te conduite du fameux Lelio 
(Luigf Rioooboni ), Colombine demeora rdne etmaltresse do 
tablier d du bavoiet. Jamais aillenrs Dorine, *LiseCle et 
Harton n*enrent k leur service pardl repertoire d'espiegte- 
ries, de ruses d de bons roots. Elleeproava bien pourtant 
quelques chagrins : rOpera-Comiqoe ayant ete forme en 
1711, les mariannettes 4trangires colporterent de foire 
en foire to d^froqoe dece theitre, d il ftit crod poor I'd- 
mable soubrette, d vive, d caoseose, de se voir desceadoe 
au rflte d'automate et au dialogue par ieriteaux. 

En revanche, dte arrivait sur un autre theAtre i I'apogee 
dete gfoiredramatiqae : dieavait rencontre une interprde 
digne d'dte dans Catherine Biamcolblu, filte do ceidwa 
Ariequin Domfaiique, d depnis femme de La Thorilliere, 
comedien fran^, qui rdevait cd empid de toute te hau- 
teur de son talent Ce fot pendant plusleurs annees une ve- 
ritable ovatten pour te r<Me d surtout poor radrice. Mds 
Vint un jour, joor marqoe dans tootes les desdaeea ho- 
malnes, oft te Theitre-Itdten agonisa; alors on forma sea 
portcs pour ne phw les oovrir. Ce fot * qui se partagereit 



es 



COLOMBWE^-r COLON 



teurt UM Cotonbiaei «t la malw'iinit suifanle du Tableau 
parlant ne fat pat infi^rieure k ses ainte. Las tMtroa du 
seeoud al do troiaitee ordra ^iareni ^galament ^ la carte. 
Gaiombine, avea ton Ariaqoni, fit rartoot inerf aille au tbMtra 
do VaudeTille, aiUi^ alora dans la roe de CbailreB. 11 la 
mentra as publio daas una foule de rOiaa de aaract^ra et 
m^me de tqiveaUaiMBWrta. En g^ral, pourtant, cetk nou« 
Telle ac^na kd eooaerra le eostuBM con?eDO. Use foia 
aapandant, 4 reiempla d'Aiiequin, oo la Tit, maligna paro- 
ditte, crittquer, dans CoUmHn$ pMl&S9ph0, la J>$lphin€ 
de M»* de Stail. Mais ColornHne wumneguit^ amusaiOe 
CoUe, Alt soHout son triomphe. 

Cemne sen nair amant, la panne Cokmblne a tu passer 
saajoora de flia. A peine dai9>a4^n radmatlra aujourd'hui 
dana la troupe dea marymnetta de &6rapk^. Pins pour 
elledecesMlaBtea aoMeaoii la eour et la Tille se rtenis* 
saiant pour I'applaudirl pins d'eapkisions bmyantea, plus 
detriomplieat plnadecooronnesl Pour tout d^onraagfr- 
menty lea riiea et les tr^gnenenta joyeux du premier Age, 
lea naives aKclamations des bonnes d'enUnts, cellos des 
proTindatti fratebement d^barqn^ des feounes de cbam- 
Weet daa oooaerits. EUe a mdme retroo?6, par grande 
tolerance , dans an coin de Paris, son anveloppe cbameUe : 
On la resitBcite, k de longs interraljes, bien r^Ue et bien 
Tivaata, an TMUre dei FunamktUeSf od eUa passe sa Tie 
h fuir de maison an maisoHy de me en rue, de TiUe en 
TiUe , de lor6t en forM, les poorsnttes de T^temel Cassand re, 
plus Tieux, pins laid , plus sTare, plus amoureux et pins 
batia que jamais. 

GOUMUBO 9 cbeMieu de llUde Ceylan, sor la cAte 
and-auest» et b&ii sur nn istbme limits do cOI^ de la terra 
par un petit niisscau d'ean donee , est le si^ dugouTemeur 
etdesautrea aotoril^ anglaisea, etoompte deM 4 60,000 
babitanta, Cette population, qui est rest^ toi^rs flottaate 
dans oes demiers temps, en raison du grand nombre d'Hin* 
dans qui Tiennent s*7 ^tablir comma ooTriers, puis qoi s'en 
retoument dMqn'ils ont amass^ nn petit p^le, se compose, 
M^^pendamment d'un petit nombre d^£urop4ens, pour la plu- 
part offtcien , fonctionnaires oo marchands, de Singalais, de 
Malais, de Malabares etde Maures. Les butles etlesnsaisons 
des naturels sont cacbte sons one ToOle ^paisse de cocotiers 
et aodres arbrea des tropiqoea, desorte que la Tillea presque 
tout Taspeet d'une Taste iot^ ou d'un immense jardin. Les 
maisons des finroptens, bien b&ties en pierre, entourtes 
d'un mur en terra, et sitnte poor la phipart aui euTirona 
du fort, sont aussi ombra^tospar des coeotiers, Le manqne 
de bonne eau potable et la sitoation m^me de la TiUe la 
rendent fort malsaine poor les finrop<iens pendant la saison 
des cbaleurs. 

Colombo, qui, en (kit d'^fieea de qoelque importance, 
paiiMe nne 4gliie catboyqae et una ^ise r^ibiWe, une 
anoaqnte, on bApital aiilitaire et une maison d^orpbedna 
paHidtament offinis^e, est entonvte de bois de eanuelliers^ 
de plantaUens de cafi^ elo. Qnoique son port soit mauTais, 
eette Title fiiit nn commeroedeprodnits du sol qui aoquiert 
diaqne jonr des proportions plus grandes. L'industrie des 
baUtanU oensiste sortout dana la fabrication d'Moilfes oi 
eotnn, ladistiUation da rimm et de I'arak, et la fabrication 
des cordages. On y trouTe auasi nn grand nombre d*babiies 
erftrres, joailUers et lapidaiies. Les miisionnaires y ont 
erM diTcrs etabliasemenU d'inslrucUon publlque; el on y 
trauTo mime un eolMge. Colombo est en outre una dea 
stations prineipales de la naTlgation k Tapaur antra Suec, 
CalcntU et le resle de rorient 

COLOMBO (Radne de). Cette mdna, si pr^coniste 
dans la mati^re mMicale des modemes, eat le prodnit du 
coeuhu palmatui , arbrisaenu de In funiUe des m^nisper- 
■Hies. Cette ptonte est indigtee de la partie orientalede 
fAfriqiie m^ridionale, o6 eHe erott en grande abondance 



dana lea IbrAts da ManamMgne, antra Dfbo et Moienibo. 
Les naturels arracbent la raebe dans lenwisdn mars,etla 
portent 4 Tranqoebar, o6* c^eat nn article conaidtoble d'ex-> 
portation poor lea Portngais. En 189& on en a introduit la 
euHnre anx lies Maurice et de la Rtenion, pour satisiaifn 
anx besoins do commerce. Dans les Indea, on emploie OTaa 
sncois ki raoine de Colombo pour combat^ la dysscsterie , 
les affections chronlquea dea Toies digeatiTes et le cbol^ra. 
Cette racine arrftte, dtt-on, les To misa J Mn e n t a qui accompa* 
gnent la grossesae. EUe eat aatringente et Mbrifuga. 

La racine de eolenbo est Tiraee , ramense, at porta des tn* 
berculaa fusiformaa. Leatigea aont annaallea et sa taeot Ten 
lafindnseptiteMmois;allesaontTolnbflea9aimplea, arron* 
dies, Telues , eoTiron de la gret s e nr d'nn tnyan de pinasa 4 
^erire, portanl dea faniUea ^caitte, aRemaa, 4 dnq Inbes 
qninqn^nenr^. Les lobes sent entien et aenmin^ aopportte 
par dea petioles cyUndriqnaa et Totaa, pina eonrta qua les 
fenflles. Les flenrsmileaannt en grappas axillairas,Balitalres, 
Telues et oompos6es, phis conrtea que lea fenlUas, portent 
deipMoncules pn^[tiels et aKenes , aTao dea flanrs aessiles 
et des bracts lancfoUes , eiUdea et eadnqnaa* Ln caliee est 
bexapbyUe , aToe trois foUolea extMeures et trois InMeares, 
^gales, oMongnea, obtnses et ^abres. La aorolle eonsiata en 
six p^es obtua, petits, eUongs, cnniiformes, ooncaTas, 
cbarnns. Le8 4tafliines,an nombre de aix, d^pasaent nn pen 
la corolle; lea antbtres sontqnadrilobte; le pistil manque. 
On no recoeUle que les tuberenles attaches anx racines. Cea 
esptoa de rejelona aont sessUes. 

La Colombo est apportd en Europe en aaca, et qnelqndbk 
dans dea caisses. 11 est en marceaux eeopds tranarersale- 
ment., qui ont gMralemenI neins de dix mUHmitras d^ 
paisseur et da trote 4 einq centimMraa de dianMre. L*^ 
eoroedeeeatnbercoles est ^paisse else diMache tacHemenl; 
4 IMnt^ieor, elle est dHm janna brUlant, et eat eouTerle d'un 
^piderme ridM de couleur brun«oUTe. LlntMenr de la raoine 
est d*ana ooulaurbmnAtre p41e at d*une tettnraapengieusei 
aTec des rayons coUTergents pina aeoibres, qni nmntreirt 
les Taisseaux s^Teuxdess^hfo. Lesmorceaox sontlMqiieni- 
ment troo^ par la pIqAra des Ters. On doit pntfArer les 
moroeaox les moins trou^, les pioa brtilanta, seiidnsel p» 
sants. On a tenl^ la sopbiatieation dn Colombo otoc la »• 
dne de bryone blanebe, colorte par la taintnre dn Trni 
Colombo. 

Cette radne a une odeur tr4a-l^g^iiemint aranaUqne et 
une sateur fort am4re. Sa cassureest amylae^, et lea nMr* 
eeaox se mettent fodlement en poodre. Tout porte4croire 
que le Colombo contient de la dnchonbie , 4 laqndle il 
caHNiinte une partie de ses Tertns mMicannenteuaea. 

Peu>cze ptee. 

CX>LON ( du latin eolertf, cnltiTer, labourer, teire valoir 
nn champ), cdul qui cnhiTo une terre dans quelqne paya 
que ce soit Dans certainea conditlens le onltiTalsur derienl 
CBlon partiaire. Ches les andens, les eoimu Maient 
das eoltiTalenrs assenris, dont la condition dait si dnre qa'on 
lea a souTanl confondns aToe les oscUtos. Chei les Gar- 
mains conqu^rante te qnatrltaie dasae ae compoadt das 
terfk oo cotoiu,qni exeitaient diTersmdicrs,dqu*on ciMr- 
gedt des traTaux da I'agrlenltnre. Chen les prenslers Francs, 
la condition des eelcns tenait le mfllen antra odies daa 
Aommet lilnrts et ceUe dea $mft ( oojfies Couonsv ). 

La phis ordinalrement colon se dit de cahii qui fail partie 
d'une colonic, qui babite nneeolonie. II entralae le phis 
aeoTent rid4e d'un prapriMairo qui Aut cultlTer deatarrra 
dans nne cdonie. II y a de riches colons anx AntUles. fl 
iaut attirer des colons en AlgMe, e'est-4-dhre daa booMnes 
qui aientun capital, qni a'aasaj cl t is aen t 4 te rteJdence anr 
leur terra, et qui la ooHlTent eux-mteMs et la teasenft cnl- 
tiTcr. 

COLON (Anatomie ). Cbex lliomme et lea nMmmi* 
Ares, dont le gros intestin est dirisible en traia portions 



COLO^ -. 

dbtedst. la pmni^ «t la derail sont coannes sous let 
dteeouaalMBs lataes de 00 c M m ^ de re cl M m ; OB donne 
le Mm de coUm a la deuxi^me portion , qui mi intarm^- 
diairt am dem. prte^daotes. Get iiUefttin est ainsi Bomm^ 
da grae xm^^um, j'arr^ oii de koiXov, cieaii concaTe, k 
otoie deft nombreuses oelluleft qnMl pr^sente et qui le rea- 
dent propro 4 reUrder le ceore det maUirea (locales. II est 
situ^ le long de la circonf<6rence de rabdomen oa baa-Yentre, 
depuit la r^9oii iliaque droite iuiqii'4 la mtee r^gioii du 
eM ganabe; on le sabdiviM m qvatraportioas, qui «mt s 
le eofon lomkiire 4reil ou asoaBdanit aiiMi iioBim^ 4 eause 
de sa flituatioB an eOt^ droit dee lombes i oette portion lait 
suite au ascom, et •eeantiBm arec le eoUm tranuvmrM ou 
«rc du etdon, qui est ^teodu en traYers, dans le haut de 
fabdoBMB. d^pii^ la partie dfoHe et infMeuro du foie, jus- 
qB*4 krate, oil U prend le nom deeoton Umbaire gaueke 
an deseemimU : cehiiHJi, quioceupe la partie gjBucbe de la 
idgioD des ioBibas, s'^tend jusqtt'4 la fosse iliaqaegaucbe» 
et se aantimie STee la quatritaieet demi^ portion, qu'on 
BOBMne cireonvoitUion iUaque on S iUaque, k eanse desa 
sMnslkNi ^ de la double oowrbBre qn^elle d^erit ; cette por- 
tiea se terouBeau radiMi. 

D'aprte eette indicition du tn^ du ooIob , on reoonaalt : 
I'qneke eotoiu lemMni se eerrespendent, etqueles 
ArectioBS des mati^rcs qui les pareourent sent opposto; 
t* que VS iliaque du cokm , qui est 4 gaucbe, i^pond an 
CBBCom, qoi est i droite, et que le colon transverse, qui 
•it an bant de Tabdoinen, est en antagonisme de position et 
^ diffBctioB ayee le reetnm, qui est en bes et Tertical. C*est 
dasM nnterraile ciroonscrit principelenient par les quatre 
pertieM de lintestin colon qu'est situ^ le paqnet de Tin- 
leatte grtle ^ flotte dans Tabdomen. La membrane qui, 
eoBsle Bom de p^ritoine, tapisse tootle bas-Yeatre, 
IbofBit k ebaeanedes portions du colon des ligaments larges 
OB nrfaeBttres , que Ton a appeMs m^Moeolons, en les sp^ 
cifiant sons le nom de la portion ^laquelleils appartiennent. 
En outre de oes Ugaments, qui sent det replis pMton^ux , 
OB Yoit au-doYaBt et an-dessous de Tare du colon une 
BMnAriBe eoBnue sonslenomd'^pl|>/oon,qui estelle- 
flstaie an pfotongementdn p^r itoine. 

Cestleeekm qui estle plus souyent le si^ des douleurs 
coBBsies sens le nom de co/i^ne^. Le eokmtendii sortir 
par les dlYersea OBYertares de Tabdomen, etforaoeaiors dee 
b amies apparentes k reat^neur; 11 pent aussi passer de 
yabdeaawB daas la poitrine, dans les liemies dites diaphrag- 
fmahqum, oft il est entraM aYOc Testomac et T^pioon. 
Una ee ens , la hernie ne peut Mre que soupfonn^ pendant 
la Yie, et a'est dteentrable qu'apris la mort de TindiYidu 
qai ea net ntleint L. LivaEMT. 

GOLON. Ub dterat de la junta de Panama a d^dd^, en 
•elDbie 1S53, que (el serait d^sormais le nom de la Yille qui 
si'^lftYe rapidement an point dn riYagederAtlaniique ou doit 
YiBir aboutir ledMnin de fer de Panama, destine k relier 
ias denm Oceans. Les Anglo-Am^ricaias entrepreneurs dn 
rtuardn de far aYaieut donn^ k ce point le nom d^i^pinic^/, 
cduide PealrepreBenr qui a ea^eut^ lea plua grands traYaux. 
Mab le ddcret pr^eit6 prononee une amende eontre ceux 
qali I^Yonlr emploieraienl dans nn aete pidilie queleonque 
dWlfeddnomlaatioBqBeeelle de CoUm, forme espagnole du 
aom de Cluistopbe Colomb , pour d^igner Vembaroadtre 
di cfaen^ de for de Tistbrne de Panama sur I'Atlantique. 

CXNLON ( ieNNv ), Cemme L£PLUS, actriee de TOp^ 
CoBique, sortait , comma on dit en termes de coulisse, du 
beada tooflleBr. Sen pire et sa mtee ^talent eomMiens. 
imay, ate le & noYembre laiO, en proYince, jouait dto 
l^tgs de bait ana an tbMtre de Nantes; et avee sa aeeur 
i^te, MlAmore^ eUe parut, conuiie sa m^ en lS2a, an 
Miare-y^daaB , dans Les PMiU Savoyards, Son socete 
Mtetinfat eoBiplet. Qooique eagag^e dte lors ft TOp^ra- 
^^Mique, eHe obtiBt des socidtaires de ce spectacle, qui you- 



COI.ONAT 6t 

laiant la laisser gnndir et se foiBMr, one toldiBnee datfois 
ans pour jouar les iag^ues au VaudeYille, ea que lui pe^- 
roettaient une taille pRis ^y^ et surtout un embonpoint 
plus marqu^ que ceux des jeunes fiUes de son lige. yi, et 
«i milieu des plus grauds suooto qu*elle procure ft une Ibnle 
de pieces nouvelles et faites expr^ pour elle, Jenny Colon 
s'attaclm vivement ft Lafont, grand et be^n jeune premisr 
de ce tk^ire; mais cet amour mntuel n'ayant point Tappro* 
bation des grands parents , les deux jeunes amoureux se mu- 
v^rent de France, et allftrent eontracter un mariage Yau» 
deYiUique auprftsdu mar^cbal ierrantde Gr e/ na- ff reeji . 
A leur retour, les succfts de Jenny Colon s'augmentftrent 
encore. Cette nature de mariage , ou, si Ton Yeut, eel by umb 
naturel , n'4tant point reeonnu par les lob ftran^aises, et la 
perle du VaudeYille ayant repris sa liberty , que la raptttre 
de lasoci^t^ de rOp^*Comiqoe lul avait rendue tout eu- 
tiftre, elle alia recueilMr des triompbes ft Bordeaux, ft 
Bayonne , ft Londres. Puis le Gymnase eut le bon esprit de 
Tengager, et 1ft, d^jft, on reqoarqua combien sa voix avait 
pris de Ibrce, d'agUitd, de cbarme. On la sumomma la 
Soniag de& pints tb^fttres, car anx Variate, odeUe ^toit 
eaU6e en sortant du Gymnase , on lui fit quelques r6les dans 
lesquels, ft dessein, on aYait plac6 de brillantes cayatinea. 
La lauYette, deYCBue rossignol, roYlnt ft son pfen^er 
berceau. 

FaYoriste par la nature, conduite par le sentiment de sa 
vocation, dirig^ par les conseils habiles de Boidogni, 
M""" Jenny Colon , oom^ienne cbarmante, d^bota ft TOpdnk 
Comiqoe dans le r61e de^oroA, rousique de Grisar. £lle y 
parut avec bonbeur et sans elfroi ft c6ib^ de ¥«« Cinti* 
Damoreau. Elle aspira ft monter plus haut encore : ft 
Rouen , ft Bordeaux, ft Bruxelles, elles'essaya aux r^les de 
soprano dans les grands operas fran^ais de Ros«ni et de 
Meyer-Beer. Qui salt oft eette juste ambition se ittt arrftt^ ? 
Mais revenue ft Paris et ft TOp^ra-Comique, ou eUe avait, sd- 
rieusement cette fois^ ^pous^ M. Leplus, artiste distingu^ 
comme flOte du th^fttre dout sa femme ^tait le cbarme et le 
soutien , la sant^ de M^e Leplus s^aflaibUt pen ft pen, et ne 
lui permit pas de porter plus loagtemps et plus loin see 
succfts. EUe mourut en 1844, justement regrettte des ama- 
teurs. A. Delaforbst. 

GOLONAT. Le celonat ^tait sous Tempire romain, sp^- 
cialement a T^poque des princes cbritiens, la condition de 
certains individus attach^, soit par leur naissance, soit par 
une convention, ft des fonds de terre appartenant ft autrui, 
pour les cultiver moyennant certaines oluklitions. U ne feut 
pas confondre les cofon^ avec les esclaves attach^ au fonds 
de terre, et inseparables du sol. « Ceux-ci, dit M. Troploiig, 
dtaient les agents passiis des plus rudes labeurs de Tagricul- 
ture ; pour salaire, 1ft maltre ne leur donne que la nourrilure, 
le log^unent, ft peu prfts cooune aux b6tes de somme desti- 
ne ft Texploitation des terres; mais les colons, quoique te- 
nant d'assex prfts ft l^^tat servile, exer^aient une espftce d'in- 
dustrie; ils dtaient en quelque sorteU^/ermierf perp^/«e/f 
des domainesanxquelsilsdtaient attach^ ;enflnils payaient 
au propri^taire une redevanee annuelle. » En outre, ils ne 
pouvaient fttre s^r^ du domaine, lore m^me quMI pas- 
sait dans d'autres mains , ou divis^ comme membres d^ne 
mftme famiUe, si le domaine etait soomis ft des partages. Mais 
ils dtaieut obligfts de rester attachfts ft la gift be; Us ^talent 
soumis aux ebfttimeBts eoiporels ; Ils ^Udcirt presque absg- 
lument incapables d'agir cb justice ; ik nepouvaient acquM* 
sans le consentsHieBt de leurs audtres. 

Une constitotioa de Yalentinien exigeait que la redevanee 
due par les colons fOt pay to en nature, ft moins d*usages 
eoBtraires. Cette redevanee ^it fixe; fl ^tait d^Amdu au 
maltre de Tau^nenter. 

Aprfts la eonqu6te dela Gaulepar les Franea, on entendit 
par eolenj dee eultivateuffsaaxqiiels les grands propri^taires 
distribuaient une partie de leurs tema poor les cultiver et 



64 



COLONAT — COLONEL 



y Tifre, ^ charge d*ane rederance ou dWret senntiides. 
Ces colons ^taient taiit6t de v^rUables serfi, tant6t de 
eimplea fermiere, soavent aoad des possesseure investis 
d'oD droit hMditaire k la culture des champs qu^s faiaalent 
Yaloir. De Ui oette Tari^de oonissoiislesqiieksontdMgDte 
dans les ades andens lea m^tairies exploits k des titres 
et seloD des modes difliirents ; de Ui austi, en partiedu moins, 
le nombre et rinfinie diTersltd des redcTances et des droits 
connos plustard sous le nomde droits f^odanx. SniTant 
le polyptiqiie de Tabbaye Saint-Germain-des-Pr^, qni con- 
aid^ toajoors les colons coomie ing^us, ces hommes 
aTaient non-sealemtnt on p^cole, mats encore des biens 
(pd leur ^talent propres et qni proTcnaient soit d*acqnfei- 
tions, soit dlidritages. Leurs rederances ^taient en g^^ral 
phis donees que oelles des serfs, et il est facile de recon- 
naltre dans ce pr6cieux document que les colons ^ient 
pour la plupart des horomes qui ayaient accepts Tolontaire- 
mentle servage, soit pour^viter le serrice militaire, soit pour 
obtenir la jouissance d'une partie du sol. 

La loi de concession faite an colon r^glait ordinairemeat 
le mode de succession de ses biens; seulement, h diaque 
mutation sur les tenures le seigneur percerait une rede?anoe. 
Panni les redevances en argent pay^ par les colons, nous 
citerons lechevage, imp6t consistantordinairement en quatre 
deniers ; et Vost ou herbau, au moyen duquel ils se racbe- 
taient du serrice roilitaire. Le fermage de la tenure se payait 
souvent aussi en services de corps. La garde, le guet , la 
ehevaucMe, les cAarroi^, les corv^, les travaux dans les 
bois, itaient let senrioes de corps le plus babitueUenoent 
exigte. Du reste, mteie dans la condition la plus dura, le 
colon avait toujours trois jours pour lui par semaine. 

Le ookmat pr6para une r^Tolution dans la propri^t^ : 
« Les colons, dit M. Guizot, acquirent pen h pen, et de g^n^ 
ration k g6«^ration , de nouveaux droits sur le sol qu'ils 
Ikisaient Taloir. A mesure que s*apaisa la tourmentesociale, 
ces droits prirent plus de consistanGe; il derint (Ufflcile de 
consid^rer coname un simple finrmier et d'expulser k Tolont^ 
le colon dont les p^res avalent depuis longtemps cuIUt^ le 
mteie champ, sous les yeux et au profit des p^res du sei- 
gneur. Ainsi le trarail sanctionn^ par le temps reoonquit ce 
qu'avait usurps la force, adoude k son tour par la m^me 
puissance ; les propri^ires s'^ient tus contraints de se 
rMuire k la simple condition de cultiTateurs ; les culti?ateurs 
rederinrent propri^taires ; mais ce ftat Ui roeuTre lente des 
siMes. V 

GOLMiEL) titre qu*on donne k rofficier supMeor 
charge du commandement et de Padministration d*un r^- 
ment. Son grade vient inmi61iatement aprte cdui de g^n^ral 
de brigade. Longtemps le tambour^najor s'est appel^ tom- 
bcmr-coloneL 

Quant k raymologie du mot coUmel, abstraction lUte 
de la position mllitaire, die a 4M fort controTers^ par les 
toirafais. Henri Estieone se r^roltait, en 1&79, de la r^ 
cente admission dans notre langue des locutions eoUmel et 
eoUmelle, qu*on a pu croire d*origine ttalienne, puisque 
Villnstre lexicographe, en en parlaat, s'd^ contre le ftraU' 
fais Ualianis^ on VUalien frcmdU. Le ^MnX Bardfai 
cepeodant ne peose pas quHs sdent nte en ItaUe : son opi- 
nion est que ce pays les a regus de FEspagne; c^est ansd 
oeUe de Monthic, qui en cherche toutefois Tainement la 
filiation. Brant6me, au contraire , se prononce pour ntaHe. 
On a pr^tendu ansd les teire dMter de lltaJieo colonna; 
et Ton a tronv^ entre le coUmel d la cotoime dt trwtpe$ 
de chim^riques analogies qui ne mMtent pas d'etre r^ 
tutte. 

Qud qu^il en sdt, c^ed sous le r^igne de Louis XII qu'on 
Tdt apparaltre pour la premi^ ibis le titre de colonel 
asaod^ k ctM&eeapitaine, pour d^dgner les chd!( des 
bandes dont se composait rfaihnterie fran^aise. Francois I^ 
Ic donna en 1934 au premier capitaine de chacune de ses 



legions. Onsaitquerorganisatkmdeoes corps dura pen, d 
qu*on en rerint au systSme de bandes, dont les chefii con- 
tino^renta porter le titre de colonel lusqu'en 1&44, ^poque 
de la creation de la charge de colonel gin&al. Les didii de 
corps fhrent alors appd^ mettres de camp, pais sucoesd- 
Tement colonels de teai 1^*1731 , mesirei de camp de 1711 
k 1780, colonels de 1730 k 1780 , niet^^ de camp de iTao 

A 1788. 

Biron, qui ^crirdt en 161 1, prdend qu^on entenddt iipehie 
parler de colonel dans Tarm^e k oette ^poque, tandis que, 
quarante ans plus tard, Puys^gur dit qu'on en Toyait (tons 
tdles armte agissantes plusde deux centafaies, doot la trte- 
grande partie n*aTait pas de regiments. 

Cette Tariation dans les titres employ^ pour dMgner les 
chefs de corps ddt occasionnte par la suppresdon ou le 
rdabUssement de to charge de colonel genital, Aind ces 
offlders ^talent appel^ mestres de camp lorsqull y avait 
nn cokmd g^n^ral, d reprenalent le nom de coionel toutes 
les fois que to charge de oolond gto^rdddtsupprimte. Une 
ordonnanoe du 35 md 1776 ^fouta au titre de mestre de 
camp, alors en usage, cdui de eommandantf pour dist in gncf 
le mestre de camp qui commandaitun r^ghnent, dm mestre 
de camp en second grade, qui reoait d*dre cr6^, d dont to 
tttotoire prenaitrang aprte to mestre decamp commandant 

Une ordonnance du 17 mars 1788, en supprimant les 
mestres de camp en second , rendit aux mestres de camp 
conunandant to titre de colonel, que ces offiders sup^rieurs 
n'ont plus quitt^, si ce n'ed depuis to dterd du 21 fi6ntor 
1793, qui substitua k cette ddHMninatlon.cdto de ch^ de 
brigade, jusqu*au d6crd du f reoddnidre au xu (1808), 
qd le rdablit Enfin un dterd imp^rtol du 33 mars 1809 
cr^quarante-dx colonels en second, destine A commander 
tons les corps pro^isdres dont to formation pourrdt Hn 
jugte n^cessatre. Le nombre de ces offiders supdtours fat 
rMuit k Tingt par un dterd du 9 mars 1811. Leur grade fut 
supprim^ k to Restanration. 

Les attributions des colonels daient autrdoto fort den- 
dues ; ito marcbaient dans to hidmnchto hnm^diatement aprte 
les gdidauxencbd;mais tour hnportance dla toqioorsen 
d^inant k mesure que de DOv?eaux agento totenni^^iaiTes 
Tfairent se placer entre eux d to pourdr suprdne, d leur 
autorit^ se trouva en ddinitiTe k pen pres resaerrte dans 
les Umites oii dto ed actodlement en(dmte. 

ATant to R^ohitton, toe roto de France, usant du prid- 
toge qu^Us s'ddent r^serr^ de nommer au commaa d ennenl 
des r^ments qniconque tour couTlendrdt , toisdent presqne 
toujours tomb«Nr ce choix sur des eutonts de qdme k seiae 
ans. C*6tait to naissance d jamato to talent que Ton oonsol* 
tait Feoquidres d le mar^bd de Saxe se sont plainto ban- 
tement dans tours torito de cd abos r^roltant, qui Ufiail 4 
des adolescents sansexpdience rhonneur d to de de tant 
de braTcs soldats. Aivoiird*hui en France il tout aYoirpassd 
par les grades infiMenrs pour arriver il odd de coloiMf. Ausd 
to phipart des snjets qd y pardennent rdmissent-ito tootea 
les qudit^ n^cessaires pour en bien rempUr tos functions, 
d mdne pour derenir d'excdtonto olAders gte^ranx. Us 
ont sous ce rapport une grande superiority snr les coloiieto 
drangers, dont beauooup ne aont rederabtos de tour a^an* 
cement qa^k to toveur de tours soorerainBou k nn trallc p^ 
cuniaire. 

Les devofars d Tautorite d'un cdlond fran^ato s^ d enden t 
il toutes les parties du senrice de son r^gfanent. RSen de ce 
qui conceme to sddat en sant^ ou malade, engamison 
ou il rarm6e, ne ddt hii 6tre dranger ; il est responsabte 
de la police, de to disdpUne, de to tenue d de Tinstnie- 
tion de ses subordonn^; dbrige radnrinistration du corps, 
d Tdlto 4 ce que tos offiders d sous-offiders de tout grade 
ne d^passent pas tos limites de leurt attributions. Son au* 
torit^ doit se Idre seirtir phis par hnpuldon que par acttoa 
immMtote. II doit enin exercer sur ce qd rentoore tonto 



COLONEL — GOLONIALE 



\\iAMfewqp« da«M la MpM6ftl« du talent, de rexpMence 
«l4e h boHM ecNidiiUa. 

Cokmei se dit aossi de MrtalM ottdert qui sant aroir 
ie riptmai sous Imn ortot powkleat le grade et les in- 
i%Beidece grade. U y a det ookHMk sane troupet dans les 
caipt d'^tat-miior. da gteie a de rartilMe. 

OBdMgMit aotiefoie teas le nom de colonelle on eom- 
^8^ie cokmeiie la prendre compagaie d'lm r^gtment, la- 
fMHe B*av^ CB eelm|ia-likd*aiitre oipltaiiie que le coloael. 

Le MM de colone/ gimirai Mt on titre honorifiqne, 
dona^jadb due Pamite fraB^aifle ^ un oflfider gte^ral, 4 
VB BMirtrhal de FraBee» et sortouti im prince , qoi ^taie&t 
eeaete coauBtBder toil tontet let troopet d*iine mteie anne, 
aeit tontea eellet dVm Biteie oniAmne. Ainsi bobs avoBS ea 
la efaargede oolo»el gin^al de fiiiAuilerle, crMe per Fns* 
foit I"* ea 1644, dix aBt aprte llBstitatioB dee l^gkms; 
e'aatt la plat ooBsid^nMe de Tannte eprte oeUe de niar6- 
cfaaL CeJui gal ea <tait levtta fwrnniwrioBwaK Ben-eeiiknieBt 
let ondBn, Biab lee aoue-officiars eox-mtaice. n n'eiie- 
tait poiat aoas TEnpire de edond gte4ral de Piiifuita:ie; 
bmIb Louit XYin fit Tetiffeeetltre poor le prince de CoBd^, 
et gratMa le due de BoiurboB , SOB file , de la dipiHA de eolo- 
Bd gtetal de lliiftBterie Mgive. 

iA charge de eokmei §dHirai de$ Snisies ei €ris<ms 
wfHmH aatrafois qoHin emploi tenporaire, et cepeBdant elle 
^tait foQJQiirs d^roloe k on prince. Elle disparat 4 la r^Yo* 
krtioB. L'Empire la rttaUit poor le doc de MoatebeUo et le 
prineede IVeofcliitel. La ReitaoratkiB la coBserra an oomte 
d'ArloitetandaedeBoraeaax. EDefntsoppriflite^ lar6- 
wlBtioB de laao. 

Le grade de eoloael g49Ural de la eavalerie Ugh^ ei 
^frvBfdrv rcBMNrte 4 Loob xn, qalcr^ann ctg^Uatne g4^ 
mirai des AibtmaU, See prhriMgee MaieBt imoMBaes. Get 
allceAitabolieBl790. 

Napol^oB 9 defeso enpereor, erte ploaieors eoUmHs g^ 
nirauxde lagarde <iNf)^rtale, et Inteatit de eetle dignity 
poor lea gieBadiera k piedle marMial I>a?ooct» poor lea 
diasaeinre 4 pied le nMr6clial Soolt, poor la caralerie le 
anrMial Beasi^ree , pour rartmerie et lea marina de la garde 
le aaartehal Mortier. Le prince Eogtee porta quelqoea an- 
■tea le Hire deooloRel ginirai des chasseurs A ehevalde 
la garde. Le martehal Sachet re^at ea 181S na titre aaa- 
lo^ Cea dignity forent aboliea ea 1814. 

Le priaee Loaia-NapoMoa porta aeni le titre de coUh 
nel gMrai des carabiniers aooa PEnipire. Le doc d*AB- 
gealteelepriteaiau. fla^^ abolien 1880. Cehildeeo- 
Anw/ f^B^rol lies dkufeart A cAewi/ fot crM ea 1808 poor 
le gMral de diYirioa MaraioBt, dep^ docde Ragnae, qui 
le cMa aa gMral dedlriaioa ooBite Grouchy , ea defenaat 
BMUlrhil II fnt rmrprlmf fi li Reatanratioa. LetHredeco- 
loael gin^ral des ehevattirUgers laneiers fat cioo§M en 
U14 aa dae de Berry, qui le garda jaaqui sa aiort. Celoi 
decoUmeig^n^ral des etOrassiers, dioiaa6 gtat Vempenm 
k GooTioB-SainK^, puia k BeOiard, appartint jnaqo'ea 
1830 aa dae d'ABgouMae. La charge de cotoae< 9^iM^al tfes 
dr ag aae tat crMea 1668 ponrledBedeLaBSon. Sopprimte 
CB 1789, eDe fnt rilahlie aona nsaq^ poor lei gte^raux 
BHagBay-d*Bfffieraet Naaaooty, et aooa la Reatanralion pour 
la dae d' AagoaMaie. Le titre de eokmei g4iiUral des gardes 
aolteBflef ila royotaae fct coailMea 1814 par Louia XVm 
aa eoate d'Artoia, qui le porta joaqn'i aoa aT^iemeat an 
Irtee. Cehil de colonel girUrai des kussards ftit distrait 
par Loaia XYI de la charge de coUmel gin&al dela ca^ 
eelerie Ugire m finreur dn due d'Orltena, p4re de Louia- 
PWIppa Supprim^ ea 1790, rttabli par rEmpire ea faTCor 
Mnrd de Jaaot, paia du due de Plaiaaace, 11 rerint, dte 
Im peMBlaii )onra de la ReatauratioB, aa duo d^Orliana, qui 
laqidtta ea defaaaatroi dea Fraa^. 

OOLCMHlA^flaot hitfai ^ulTalant 4 ceux de vaiepro- 
iCMiir tf'ioieavl^ aanrait ches lea Roi9aiBs4d^signer pla- 
tter, aa u co^tvaas. — x vi« 



65 

aienra TiUeSydont nousneciterona ici que lea plus c^Utbreas 
CoiUmia Agrippina oo Agrippinensis , avjoiudliui Colo- 
gne aur le Rbin, ainsi appd^ parce qu^en Van 50 de notre 
to on y fonda nne cdonie en llionnear d'Agrippine, fenune 
de Pemperenr Claude, qui y ^talt n^ ; Colonia Aquensis oo 
Aqtue Sextim, fond^ dans la Gaule Narbonnaise par le consul 
SeitlusCalriiiius, aojourdliui Aix ( d^partement des Bon- 
ches dn RhCne); Colonia Augusta^ Tantique PuteoH, co- 
lonist par Auguste, anjonrdliui Pozzuoli ( Ponzzoles ), dans 
le royauroede Naples; Colonia EtnerUa on Emeritensis, 
aujoordliai Me rid a, en Espagne; Colonia Cxsarea Au* 
gusta, aujourd'hoi SaragOiise, en Espagne; Colonia 
Eboraeensis, au]ourd*hui York, en An^eterrcf; Colonia 
Eqnestris, aojonrd^hui N ions, en Suisse, sur lesWds 
du lacde Gea^e; Colonia Romulea on Eomulensis, au- 
Jourd'hui S^Tille, en Espagne; Colonia Trajana, dans la 
Gaule Bdgiqoe, sur le Bas-Rhin , auJourd*hui Kelle, pr^ de 
Cl^es; et Colonia Treviromm, aussi dans la Gaule Bel- 
gique , chef-lien des andens Treoiri , aujonrdlini Treves. 

COLONIAL (Systime, Regime). C*est Tensemble des 
lois adrainistratives et conunerdales par lesqudles les m^ 
tropoles d*£urope r^issent leurs colonies dans les antres 
parties dn monde. 

GOLONIALE (Legislation). Les premiers colona 
ftirenten g^n^ral dea aventuriers que Pambition on la misto 
STait exU& de leur patrie. En mettant pied sur la terre oili ils 
a*4tablissaient, lis en prenalent possession an noro du prince 
qui r^ait sur leur patrie. Les goureraementa leur Tenaient 
ensuite en aide, se snbstituaient pen A pen ^ Fautorit^ qu^ 
aTaient eMt, et finissalait par lea efboer compietement, en 
etabllsaant un goovemeur, d^positaire d*une autorit^ phis res- 
pectable et plus forte. II arriva cependant parfoia que, par 
to condnite de ces gouvemeurs, ka colonies derinrent dans 
leurs malaa un teorme embarras pour la m^tropole. On crut 
trourer un remMe Ace mal en oonc^dant les colonies ii dea 
compagniea, qui lea adndnistr^rent poor leur propre compte 
ea payaat une aorte de rederance ou de fermage k FEtat. Lea 
oolonks francaises se phdgnirent bientM am^rement de I'op- 
pression de ces compagniea, qui forent succeaslTement r^To- 
qute : la demi^ le fnt en 1674. Les colonies forent alora 
placte sous Tautorite de deux gouvemeurs lieutenants 
gin&ttux. Tun pour les ilesdu Vent, Tautre pour les ilet 
Sous le vent. En I789fl y aTait segi goureraeors gteteux 
des colonies. On aTait ^ oblige de restrefaidre leur trop 
grande autorit^ : un arr^ du conseQ du 21 mai 1762 et 
une ordonnance du l*** furrier 1766 a^aient ^tabli Tfaid^ 
peadance du pouroir judiciaire en interdisant aux gouver- 
neurs de se mder de Tadniinistration de la justice. 

Depuis 1789 le r^gfane des cokmies a ^prouT^ de nom- 
breuses Tariations. En consid^ant les colonies comme une 
partie du royaume, et ead^sirant lea faire Jouir des avan- 
tagea de la revolution, r Assembiee nationale n'entendit point 
les comprendre dana la constitntion dtoet^e ^ lea aasu* 
Jettir k dea lois qoi pouTalent etre incompatibles arec leurs 
couTenances loodea et particuli^rea. En consequence, le 
dtoet du 8-10 mara autorisa les colonies k faire connaltre 
leura TCBux sur hi constitution , la legislation et radministra- 
tioa. Cea tcbux doTaient 6tre exprimes par des asaembiees 
ooloniales. La constitution du 3 aeptembre 1791 , tout en 
reconaaisaaBtque les cokwiespourraient partidper li to re- 
preseatation natkmale, prodama les memea prindpea, et 
qudquea Jours aprte un decret du 24-28 aeptembre 1791 regte 
leur constitution particuttto, et donna sur certahiesmati^rea 
k leurs assembiees cdonialea llnitiatiTe necessaire des loia 
k proposer an pouToir legislatif de France. Le decret du 28 
mars- 4 avril 1792 accorda lea memea droits politiques aux 
hommea de couleur et aux n^gres libres qu*aux colons blanca, 

determina le mode de prooeder pour la aondnation dea re- 
presentanta, et inatitua en outre dea coramissaires dvils pour 
reiablir Tordre. La nomination de ces commissalre* fot 



6$ GOLONIALE 

oonftonte par plnsieors autres d^ciets, qui lear donoaient 
des pouvoin plus ou moins ^teudoa. ta eonstitatioii da 6 
frucUdor an ni sonmit les colonies k la m^me loi conati- 
tutionnelle que la reste de la r^pnbliqoe, et les divisa en 
d^partements. Le 12 nivOsa an ti, one nouvelle loi r^gla 
lear administration, politique, administratiYeet judidaire, loi 
qui fut en partie maintenue par la consUtuUon du 32 frimaire 
an Tui. Mais la loi du 30 flor^ an x , qui r^tablissait la 
tcaite des noirs et Tesclayagedans les colonies, d^ 
clara que les colonies seraient soumises pendant dix ans k 
des r^ements du gouvemement. En cons^uence on cr^ 
par divers arrfit^s dans chaqoe colonie un capitaine gto^ral, 
exer^ant presque tous les pouvoirs ci-devant attribu^ aux 
gouvernears g^n^raux, un pr^et colonial cbarg^ de Tad- 
ministration et de la liaute police, un commissaire de jus- 
tice ou grand-juge, qui avait inspection et la grande police 
des tribuoaux. Les lois et r^eroents qui ^taient obligatoires 
en France T^taient ^galement dans les colonies; mais le 
capitaine g^n^ral pouvait, en cas d*urgente n^cessit^, et sur 
sa responsabilit^ personnelle, surseoir en tout ou en partie 
k leur ex^ution apr^ en avoir d^b^ avec le pr^fet co- 
lonial et le commissaire de justice. 

L'article 73 de la charte de 1814 porta que les colonies 
seraient regies par des lois et des r^lements particaliers ; 
une ordonnance du roi du 22 novembre 1819 donna aux 
conseils sup^rieurs, s^n^chaussto, amiraut^ et juridictions 
royales qui avaient ^t^ r^tablis depuis 1814, les d^iomina- 
tions de cours royales pour les premiers, et de tribunaux de 
premiere instance pour les autres; elle ordonna de mettre 
en vigueur dans les colonies les prescriptions des nouveaux 
codes , sauf les modifications command^ par les circons- 
tances et les lieux ; enfin elle ^tablit des comity consnltatife 
k la Martinique, k la Guadeloupe, k Bourbon et k Cayenne. 
L^ordonnance du 13 aodt 1823 oonfirma oette institution, 
avec de nouvelles dispositions; die en contenait de nouvelles 
^galement k T^rd des d^puti^ des colonies pr6s le d^par- 
teroent de la marine. L^ordonnanoe du 6 Janvier 1824 insU- 
tua un conseil sup^rieur du commerce et des colonies. C'est 
alors qu'onsongea k coordonner les dispositions desanciennes 
lois et des ordonnauces, et k donner aux colonies ou du moins 
aux prindpales d'entre elles une legislation k peu pr^ uni- 
forme. Ce fut Toeuvre des ann^ 1825 a 1828. Une ordon- 
nance du 31 aoOt 1828 r^gla aussi le mode de proc^er 
^vant les conseils priv^s des colonies. La charte de 1830 , 
art. 64, proclama que les colonies seraient r^es par des 
lois particnli^res; cependant cette expression lois ne /ut 
pas entendue par le pouvoir l^slatif dans un sens abaolu, 
et les cliambres reconnurent qu'elles pouvuent, k leur gr^, 
se r^server la plenitude des attributions legislatives, lea de- 
leguer, ou enfin les partager. Ces prindpes furent consacr^s 
lors de la discussion sur la loi du 28 ao(U 1833, rdative au 
regime l^gislatif des colonies. Cette loi s'appliquait sp^eial^- 
ment aux colonies de la Martinique, delaGuadeloupe, 
de Bourbon et de la G uyane, et son artide 25 d^clarait 
que les etablissements firancais dans les Indes orientales et 
en Afrique, I'^tablissement de p6cbe de Saint-Pierre et Bli- 
qudon continueraient d'etre r^s par ordonnances du roi. 
Pr^cedemment, une ordonnance du 23 aodt 1830 avait fait 
cesser les fonctions de d^t^s des colonies, et portait qa*k 
Tavenir ces dd^gu^s seraient nommes directement par les 
consdls gdi^raux. Le d^et du 27 avril 1848, qui abolit Tes- 
davage, accorda aox colonies le droit de represratation k 
l*Assembiee nationale en proportion avec leur population, 
•upprimait aux Antilles, au Senegal et aux Indes les consdls 
coloniaux, de m^e que les fonctions des dei^gu^s des colo- 
nies, etdonnait enfin aux commissaires g^n^raux le pouvoir 
de statuer par arrftt^s Jusqu'^ oe que le regime l^gislatif des 
colonies eftt M ibi6 par FAsaembiee nationale. Aux termea 
de la constitntkm qui nous regitactuellement, le s^nat r^le 
par un senatus-consulte la constitution d» colonies. 



— OOLOKIE 

GOLQNIAUS ( I>eveei ). Oft apiMlleaia^ Im pio- 
dnits bmts des cokmies des Indea qrientalea, mals plus 
patticuU^remenleaoorecenxdes Indea ooddentales, tebpar 
esemple que lecaf^le Sucre, ktb^, les Apices, lerix, 
le.coton, lesmatiAres tinotoriale8,le8boisd*ebteis- 
terie, etc., tons objeta dont llntrodnction ne date goto en 
Europe que dea pmnitoos anntea du dix-huititeae sitele, 
mais qui y son! d^venua de noa jours un besoin si general 
pour toutes les dasies de U sod^ que vouloir m^mtffnait 
lea exdure compl^teroent du conlteenft enropeen , ooaune es- 
saya dele faire Napcrfteo avec son blocus continental, 
est tout simplement une impoaaibilitl 

GOLONJE. On appelle ainsi, en g^ntfnl, tout ^tablis- 
sement nouveau cr^e dans d'aaaex vastea proportions, en 
dehors du sol de U patrie , que la aoncbe du nonvean 
rameau soit un l^tat, une province ou une locality iadde, 
une nation enti^re ou biea une simple oommunaote. D'aprte 
les ddnominationa le phis ordinairement adoptte par ks co- 
lons eux-mdmea , lea ccdonies peuveot ae diviser en oolonits 
de conqudte, en colonies de commerce, en colonies d'agri- 
culture et en colonies de plantations. 

Dans les colonies de conquiie, le colon chercbe biei 
moins k tirer profit de sa production particulite que de Tex- 
pldtation politique et militaire des indigitoes. Cest dans 
cette cat^orie qu'on doit ranger, par exemple, les fonda- 
tions d'^itats fiaites par Alexandre le Grand et par ses sue- 
cesseurs en Orient, par les Normands en Angleteme, en 
France, dans la haute Italie, par lea crois<te en Palestine et 
sur Iesc6te8 de la Baltiqne, par lea Anglais en Idande, et 
surtout par les Espagnols en Amerique. Des colonies de oelte 
esptee nepenvent pas plus 6tre dtablies dans des pays oi se 
presse une population compacte que dana dea contr^es ou 
Tagriculture est rest^e dans un grand etat d*inf6riorite. Leur 
etablissement pr^sente des drconstances k peu prte ana- 
logues k cdles d?une invasion militaire. Un trait caract^- 
ristique qui demeure ensuite dans leur organisatiou int^- 
rieure, c^est que la sod^te dvUey est partag^ en caste t^, 
qui souvent se distinguent m&me entre elles par la couleur 
de la pean, etc. Lesco/oniesmt/itatrexensontuneTa- 
riete; et les andens Romains surtout usirent de ce moyen 
k Teffetde tenir en bride des provinces oonquises, avec des 
gamisons coQtant peu d'entretien, et sur lesqudles ils pou- 
vaient compter. 

Lesco/onies de commerce sont immediatement cr^todans 
les pays ou il y a beaucoup k acheter et^ vendre, mais oii, 
par un motif ou un autre, le commerce ordinaire ne peut 
pas avoir lieu librement ; ou bien, colonies dereldche, elles 
servent d'dtapes, de stationa intenn6diaires k un ooouneroe 
dont le centre est situe beaucoup plus loin. Gelles-d sont 
d'une grande utility pour lesloqgs voyages par mer et dans 
lescontreesinhabitees ou barbares. A cet ^gard on peut ctter 
les colonies fondles sur la c6te d*Afrique par lea Portugais 
pour venir en aide k leur commerce avec les grandes Indea, 
et encore la ville du Cap, Singapore, etc. Presque toutes 
les grandes colonies de commeroii ont eu pour points de 
depart des lactoreriesde commerce cr^^es dans des oontr^es 
inhospitali^res, k Veffei de donner au commerce plus de 
security et de commodity. Des conqu^les s*y rattacli^rent 
assez souvent. Dans Tantiquite, ce sont lea colonies fonddes 
en Espagne par les Pbdaidens et par les Carthaginois qui 
noua oQrent les exemplea les plus remarquables d*un d^ve- 
loppemeni de ce genre ; dans Thistoire modeme, les colo- 
nies portugaises , lioUandaises et anglaises des Indes orien- 
tales, peut-^tre m^me avant peu la Chine. Pour fonder 
unecolonie decommerce, deux conditions sont indispansabiM 
avant tout : un ricbe capital et une marine puisaante. Une 
nation paiticuli^re, un peuple ind^pendant, ne saundent 6> 
former; le commerce est pour oela une industrae beaucoup 
trop restrdnte, occupant beaucoup trop peu debras, etc. La 
plupart ^ colons oe vont s*y ^tablir qu'avec Tintentioo de 



couMiii; 



wmkt tor kan limn. jonsi, m fiur dM4 U mto patrie. 

En ce qui toocbe leg eoUm^ ePapicultwre , la Sidle et 

U bM9e Italie en Ibrcol le priacipal tb^Mre poor l« Giacsy 

el pour les peaple« modenn rAm^rique <la Mord, la Si- 

Mrit el la NooYelie-HoUande. L'agrieultiue y Jouent un 

rOleu imporUiit, cee ooloniee ne peuTent 6tre fondte que 

dans des oontrte entiireiiient dtertes ou babitte teole- 

Bcnt par quelqiies trilmfi de cbaMOirs on de pasteon. Lee 

eolooa dorrent a'y (aire tme nouTdle patrie, sana espoir de 

retour am lieu qni lea firent naltre, attenda que dana U 

rtgie oe soot aeulement lea fila et mAne lea peUta-fila qui 

rteolteni compi^temeiit ce que leura p^rea out aeu^. Ceat 

aiiiii qu^une nation croit inaenaiUement dana lea coloniea 

d'agrioiltaie, et natiireUeroent ie mieux U od la nooTelle 

patrie ne diflere paa trop de Pancienne aoua le rapport du 

dinat, du aol, elc.. Comiue d*ailIeora il n'eat preeque paa 

d^totre indoaUie qui pour un capital donn^ exige un auaai 

grand nombre de braa que ragriculture, r^migration , pour 

rteaair dana dea coloniea de c^te esp^, doit a'y Cure dana 

de largea proportkuia. Dte lors, ce sbnt lea paya fortemeat 

people ^ qui il connent mieux de fonder dei coloniea d'a- 

gncultore. 

Lea eoionies d9 pUmUUiotu sont en que^ue aorte lea 
scrrea cbandea de la mftre patrie. EUea ont pour but de 
prodoire lea articlea de luxe auxquela le cUmat de ceUe-d 
ae prMe pea ou point du toot. La plopart de oea articlea exi- 
gent une culture dont lea pratiquea ae rapprocbent de cellea 
do jardiaage; dte lora un travail ^oonoey dout leablanoa oe 
tool paa capablea dana lea r^giooa tropicalea. On y emploie 
doDc des traTailleura tir^ dea r^ooa tropicalea mtoiea, 
c'est-^dure ordioairemeot dea eaelaTea. Ce mot aeul aulfit 
poor determiner tout de aoite le caractdre aocial de cette 
e^ito de coloniea. Uoe daaaede travailleura libcea oeaaurait 
y exialer 4 edU dea eaclavea. L'inmiigratiQo a*y bomera 
done k un petit nombre de capitaliatea et de planiewrs, 
qui n'y rrtroQTent jaoiala une aeconde patHe et o'aapirent 
par cona^queot jamaia i conatituer une natioo ind^ipeodante. 
Des cdkmiea de ce genre, doot lea Indea occidentales noua 
offrent le plua frappant exemple, oe r^uaaiaaeotque loraque 
la mtee-patrie dAit satiaiaire k dea demandea cooaidtoblea 
d'artidea tropicaux , par cons^eot loraqu'elle est riche et 
parvenoe | on haut degr^ de dviiiaation. 

Ordioairement dtaque colonic cooaenre le caract^ par* 
ticulier qo'a dn lui imprimer aa coostitut^on primitive , 
oonuoe colooie de cooqu^, de coomi^ce , d^agriculture ou 
de plaotationa; U arrive cependaot qudquefoia qu'dlea 
qoiCtent Tun poor preodre Tautre. Ceat ainai que le Cap 
de oolooie de oonuoerce eat devenu colonie d*agricolture; 
etqoe de coft>oie de conuoerce Java eat deveone uoe colooie 
de plaotationa. 

Gonime, iod4>«odanmteot de Tamour de la patrie, il y a 
encore la parease vulgaire qui attache lea iodividua ao aol oa- 
tal, il faot d^ordioaire poor T^igratioo et la colooiaatioD on 
cooeoara de caoaes iotellectueUes et mat^riellea, par exam- 
ple. Pone dea conditiooa auivantea : excte de populatioo, 
sQiabondaoGe de capital ( la premiere de cea cauaea peaaot 
ploft partieali^emeot aur lea dassea iof^eorea, et la ae- 
conde aor lea daaaea oioyeonea ), m^contenteoient politique, 
cotbooaiaune rdigjieux. La premiere des cauaea que noua 
vowoa d'^nnm^rer coodoit d'ordioaire k cr^r dea colooiea 
lait de oooqoAfte, aoitd^agricultore; la aecoode, dea colooiea 
aoit de conunerce, aoit de plantatiooa \ la troiai^me, dea co- 
Mea soit de conqo^i aoit d'agriculluref la quatri^e, dea 
ealeoiea aoit de cooquete, aoit de conunerce. II y a plua : 
c^cit qoe cbez tooa lea peuplea parveoua k uo baut degr6 
^ ctfUisation lea gouvemementa eux-m£aiea aoot ameote k 
a'eeeoper, aoit diredemeot, aoit iodirectement, de cokouaa- 
tion. Noua mentioonerona eocore conuoe caoae aecoodaire 
leacotojiiea pdnaUs. 
On fttt bien remvqiiabley c^eat rooiformit^ de d^vdop- 



•T 

peoMBt dea colo oiat d'agrkottore de tooa lea paflai as-t 
dana etnMdeniea. Ellea a'atieroiaaant aiee une npiiitt6 <k» 
traordioaire en ricboaae et ea papulation, par la Miaan 
qo'ellea rteoiaaent lea eapitaoi aox foroea de tranfl, eten 
gio^cal lea conditiooa de coltore inteUednelle de peoplea 
d4i^ parveona ion haot degr^ de dviliaation k ria^fNiiaabla 
natora d*on aol viefge, dont cbacon peot pfenchpe ooe pari 
aoasi graode qu'U peut en coltifer. Cea troia fMlaora de 
toote prodoction s la natora, le travail, le tapital, qui d*or- 
dioaire ae trooveot plaofe fteipfoqaement dana dea rapporta 
alteroatiia, de telle aoHe qoe dana lea paya nooveaox II y a 
bieo soraboodaooe de sol, alora qo'il y a diaette detravafl- 
laurs et de capitaux, tandia qoe le rapport diaa^CraleaieDt 
cootraire ae reocootre daoa lee paya aodeoa, ae rteniaaeot 
id avec touta Ttoergie doot fla aont aoaeeftiUea. Ceataioai 
que lliistoire modene o'offipe paa d'exemple d'oo people 
ayaat pria dea d^veloppemeota ioiirieora aoaai rapidea que 
]ea£tat%-Uaia de rAm^riqoe do Nord, de mteM qoe daoa I'ao- 
tiquU^ lea colooiea greoqoea de TAaie Hinenre , de la Sidle 
et de la baaae Italia ( Graode-Grtee ) o'avaient paa tardA k 
rcmporter aor la mtoe patrie ao point de voe de llmportance 
mat^ridle. 

Relativemeot au partage du reveou oatioaB}, on vdt or- 
dioaireoMot daoa lea Jeooea titata ooloniaox U rtoolte du 
aol ceater k bu prix, tandia qua TbitMt do capital et lea 
aalairea aoot devte; droooataooe qol tieol oatorellenMnt k 
la pr^roinaoce de la daaae moyenoe et de la elaaae iofi6- 
rieure. Poor ce qui eat dea aotiea rapp«rta de r4oononiie, U 
vie coloniale partage la plopart daa eooditiena particoliirea 
dea degrte iofdriem de la eoUure, notammaot cette dr^ 
CQoataoce qoe peodaot looglaBapa la prodoction y cootlooe 
k Temporter aor riodoatrie. Lea eaceptiooa k cette r^ 
peoveot tootea se rameoer k ooe graode cauae, k aavdr 
que lea cokma paitia d'uopaya parveoo k oo plus baut degr6 
de dviliaation y apporteot dea beaeioa ioeomparableaieat 
plua oombreux et ploa d^lioata qo'il i^eat d'uaage d'en 
^rouver daoa lea cootrte peo peopMea et gMralemeot 
placto daoa oo ^t iofhieur de dvitiaatioo. H r^lte de la 
que le conunerce ext^rieur a poor tootea lea colooiea one 
importaoce tout k &it disproporUooote. Leor prodoctioa 
compte aur Texportatioo beauooup plua qu^il o'eat d'uaage 
et prudeot de le &ire daoa lea vieox paya, parce qoe plua 
lea cdooa se tronveot jouir de oonuoodibia el d'agr^ment^ , 
et OHMoa ila veoleot reooocer k dea babitodaa depuia loog* 
tempa prisea, tandia que leor nonvdie patrie oe lea appro- 
viaionoe qoe de malitoea brataa oo de prodoila lea ploa 
groaaiera de riodoatrie. Comma oe qoi, tootea proportiooa 
gard^ foil le ploa d^fiuit aox cdooa, o'eat le capital, ila 
di^veloppeot d'ordioaira ao ploa baot degr6 le caMit et lea 
^qoivaleota du capital, d^oti fl oe r^olte, il eat vrai, que trop 
aooveot ooe oertaine propeoaMO k dea entrepriaea el i dra 
sp^colatioDaexag^rteay it dea criaea conuoerdalea. Leatrana^ 
porta eo toot gaore, et ploa particuli^rement la oavigatioo, 
aoot auaai d^ordiaaire beaocoop ploa d^doppfe daoa lea 
cdooies qoe daoa lea vieox paya, tootea conditiooa de dvi- 
liaation d*ailleora ^gales. 

£o ce qui eat dea particolarit^a ioteUeetneUea de U vie 
oolooiale , oops obaerverooa d'abord one infotigable activity, 
ooe ioqoi^tude, une diapoaition k ahaogiN' iocaaaammeot de 
r^aidenoe qoi d^ caract^sail lea cokma daoa Faotiqait^ 
Uoe fois qoe Tamour do locve a po didder oo individo k 
abaodoooer aa patrie, k travereer VOeten, enin k jooer aor 
un de dana qudque ibrftt vierge toot oe qo'il poaaMe, il 
o'eotreiureodra qo^avec ploa d» ladlite eocore toote autre 
emlgratkw afio demettre k ex^cutioo qodqoe apecolatkm 
oooveUe. Daoa lea cokmiea il eat relativeroeot rare de ren- 
oootrer la aentioieotaUt^ avee sea AdbleaBea et aea verloa. 
Toute la vie y revet un caraotere latjonnd, aana ae laiaaer 
iofloeocer oi arraier par lea vidUea traditkuiado paaae. Daoa 
toot ce quMI y a d^eaaeotid la popo^tkm <;oloniale parcourt 



6S 



COLONiE 



natarcUenMnt les m^roes phases de d^?eloppeni6nt que la 
popnlatloii de la m^re-patrie : les Angiais, les Espagnols, etc, 
festenl toojoars, mteiedaiis on autre btoiisph^. Anglais 
et Espagnols^ Mais ce ddveloppement demeure d'ordiuaire 
bien plus pur de tout m^Uoge dans la colonie que dans la 
mte-patrie. En g^n^ral, ce sont les colonies d'agricuHure 
qui se di^reloppent le plus tAt et le plus ^ergiquement dans 
une direction d^mocratique. La cause en est tout simpleinent 
que les colons rencontrent, mtoae en ce qui touche la poli- 
tique, une mani^ de table rase oil 11 leur est libre par con- 
s^uent de poursuiyre la realisation de leurs idto et de leur 
id^al , sans avoir k luttor contre cette opposition aux mille 
faces quitoujours agit dans les Tieui pays, mtaie h son insu 
et souterrainement. 

Oepuis la fin du moyen-Age la politique cohniale des 
£tats europ^ens a toujours consists h recueillir aussi exclusi- 
Tement et en aussi grande quantity que possible , au profit 
de la m^re-patrie , les avantages de la possession d'une colo- 
nic. Maisqu'^it-cc que la m^re-palrie? Jusque Tcrs le mi- 
lieu du dix-septi^e si6cle» on ne comprit par cette expres- 
sion que le gouTemement, la noblesse et le clerg^ ; et en effet 
Tancienne politique coloniale espagnole ne se pr^occupait 
que de ces trois int^rMs Plus tard les n^godants et les ar- 
tisans pamrent m^riter une attention toute particuli^. Telle 
Alt notamment la base de la politique liollandaise et de I'an- 
cienne politique anglaise. De nos Jours, enfin , on pense sur- 
tout ^ utiliier les colonies contre le pauper isme, en taut 
que d^Tatif et comme pur moyend^^migration. Dureste,on 
a suivant le temps difliiremment compris Vt^ifplication ex- 
clusive et aussi grande que possible des (wantages d^une 
eolonie dklamtre^patrie. Crtte Idee est naturellement deve* 
Due plus etroite U od le syst^me dela tutelle des intMts g^ 
n^aux , exclusivement confix au pouTOir, Pa emport^ sur 
le prindpe de liberte;et die s*est restreinte encore da- 
Tantage quand les colonies elles-m6mes se sont ^andp^. 

Le soul^ement de la nation subjugu^ est le danger qui 
menace constamment les colonies de conqudte; les colonies 
de plantation ont k redouter les r^voltes d'esclaTes ; les co- 
lonies de commerce ont surtout k craindre, k IMnt^rieur, les 
insurrections militaires ; enfin , les colonies d^agriculture , 
quand la dvilisation y est arrive exactemedt au mteae degr^ 
que dans la mdre-patrie, tendent infaillibleroent k prodamer 
leur ind<&pendance : r^sultat qui ne fSerait que pr6dpiter 
la defiance et la jalousie dont dies seraient Tobjet de la part 
de la m^-patrie. C'est ainsi que depuis trois sidles la po^ 
iitique coloniale est devenue au total de plus en plus favo- 
rable ii la liberty ; et que depuis la separation des Etats*Unis 
d*avec leur m^re-patrie ^oppression syst^matique des cdo- 
nies n*a plus ^ longtemps possible en qudque contrfe que 
oe fAt. 

Les Portugais ont perdu leurs colonies de commerce et de 
conqndtes dans les Indes ori<Mitales ( fondte k partir de 1498 ) 
en grande partie par les guerres qu'ils eurent k soutenir 
centre les Hollandais au commencement du dix-septi^me 
dtele , et leur colonie d'agricutture et de plantation du Br^l, 
en 1822, lorsque, sous la conduite de leur propre prince 
royal , cette colonie se d^tadia de la m^re-patiie. llsne pos- 
sMent plus par oons^uent atgourd'hui que G o a , des foc- 
toreries ayec territoire k Timor ( Vune des lies de la Sonde ), 
et k Macao, en Asie; les ties du cap Vert, Ma d^re et 
Porto-Santo; les dytesdeMozambique,d'Angola,etdi- 
▼erses petites &«toreries disstoiinta sur la c6te deGuin^e 
et de S^n^gambie, en Afrique; les Azores, en Europe. 

n y a cent ans I'Espagne passait encore pour la preml^ 
puissance ookmiale du monde, et die poss^dait en dehors 
de TEurope nn territoire Tlngt-deux ou vingt-trds fob plus 
etendu que la France. Mais k parth* de 1809, d aprte de 
kmgues et sanglantes hittes , toutes les colonies qu*dle pos- 
sMait sur le continent amMcdn se prodam^rent indepen- 
daitesi sans aYoIr pu jusqu'it oe jour, ni les unes ni les autres. 



arriver k jouir d'un ^tat coraplet de calmt d de storlt^. 
Aussi, en feit de colonies, PEspagne ne possMe-t-eHe plus 
maintenantqueles suiTantes : enAde, les ties Philippi- 
nes, les ties Bissayes, les ties Marl an nesd les di(r<6rents 
petits groupes qui s'y rattachent, mats renfermant un trte- 
grand nombre de contr^ tout k fdt ind^pendantes ou en- 
core k pen prte inconnues , et od die n'exerce sa supr^matie 
que par des moyens purement spirituds ; en Afrique, les lies 
Canaries d ce qu^on appeOe les Presidios, c*e8t-^-dire 
des places fortes dtute sur la rive nord-ouest de FAfrique, 
enfin qudques Hots sur la c6te de Guin^, entre autres An- 
nabon ; en Am^rique, Cuba, Porto-Rico d qudques au- 
tres lies de moindre importance. L'anden systdne colonid 
de TEspagne , avec sa mise en tutelle de la population abori- 
gdie k rdde de confesseurs d de soldats, avee son esprit de 
caste d son blocus presque chinds , n'avait gudv pris soud 
que des grands et fi^es plateaux de I'Amdique centrale d 
m^dionale, od de tout temps s^dait press^ une population 
compade, d avdt n^g6 tout le reste. Par contre, Cuba 
ed devenue dans ces demiers temps la plus importante des 
colonies espagnoies, taut pour le commerce que pour ses 
finances de la m^re-patrie, d a acquis un remarqnable degr6 
de prospdite depuis qu*on y a introduit des prindpes com- 
merdaux plus libdaux. Ce serait une perte irreparable pour 
la mdre-patrie d jamais les £tats-Unis rdississaient ^ la lul 
enlever, aind qu*ils n'en dissimulent pas Tintention. 

La France a perdu depuis longtemps ses plus importantes 
possessions colonides. Aux Indes orientates la supdiorite 
de TAngleterre fiit dd:idee par les suites de la guerre de sept 
ans, qudque de 1740 k 1750 la fortune de la France ait eo 
qudques briUantsinterrailes dans ces lointains parages. Elle 
n'y possdde plus aqjourd'hui qu'un petit territdre , dont 
Pondicher y .est le chef -lieu. En Am^rique, die avdt pris 
possession du Canada d de TAcadie d^s les premidres an* 
n^es du dix-septidne ddUe, plus tard de Cayenne, de 
Saint-Domingue d de qudques autres petites Antilles , 
en 1699 de la Louisiane. Mais d^s 1713 die daitcon- 
trainte de cAder I'Acadie k TAngleterre; en 1763 die lui 
abandonna le Canada; en 1808 die vendit la Louisiane aux 
J^ts-Unis, d la mdne annte elle perdit, par une insurrec- 
tion de la population noire, Saint-Domingue, la plus impor- 
tante colonie de plantation qui existAt au monde avant que 
les ties de Cuba d de Java eussent attefait leur degr^ actud 
de prospMte. II ne lui reste plus dte lors en Amdique que 
la Guadel oupe d la Martinique, avec les qudques llOts 
adjacents , Cayenne, aind que qudques dablissements de 
pteherie k Terre-Neuve. En Afrique, les Fran^ poo- 
sdlent depuis la premid^ moitid du dix-septidne siMe phi- 
sieurs factoreries sur la c6te de S 6 n d gambi e ; depuis 1720, 
llledela Reunion, d-devant Bourbon, tout rfoemmenl 
qudques dablissements pen importants k M adagascar d k 
Mayotte, d depuis 1830PAlg^rie. EnAustralle, ilsont 
depuis lh42 les ties Marquises dies lies de la Soci^td. 

Les Hollandais possMent encore de nos jours, sauf le Cap, 
a pen prto les mdnes cdonies qu'i P^poque de leur plus 
grande prosp^rit^. Dans ces demiers temps dies ont mtee 
pris bien plus dMmportance pour eux, car aujourdliul ce sont 
les riclies produits des ties de la Sonde qu maintienneBt em 
dpiilibre leurs finances, d gravement obMes. En Ade, ila 
possMent, en partie depuis le commencement du sdzidne 
sid^, JaTa,Madura,Banca,Timor,les M oluques,den 
outre diverses parties de Sumatra, des C^Ubesdde 
Bo rn ^o . Leur dablissement d Sumatra ne date que de 1821 , 
d le champ qui s'offre id k leur activity est pour aind dire 
illimit^. II faut encore ajouter k ce bilan de la puissance co- 
loniale hdlanddsequdques comptdrs sur la Cdte-d'Or, en 
Am^rique une partie de la Guyane (Surinam), d dans 
lesllesdePardiipddesIndesocddentdeSyCurafao, Saint- 
Martin, Saint-Eustache d Saba, dont Pimportance prind- 
pde coBdstait autrdds dans les fodtit^ qa'dles olBrdeot 



COLONIE — COLONIES A6RIC0LES 



W 



poor but to MBMMiide aree PAmMiiie espagnole. 

La i6panlioii des £teU-Uiiis a fait, U est vrai, perdre 
aox Aai^ait les plus belles etles plus ancieiiiies de lean co- 
loBies; maUrAagleterreB^eneet pasmoiBstootfours lapre- 
wMn pulssaiioe ooloniale dn nMNnde. Elle possMe aujoor- 
dlmi dans TAm^riqiie septentrioiiale : les deax Canadas^ 
]e NoaTean-BmnAwkk, la NooTelle-^cosse, le Cap 
Breton , les Sesdo Pr ince-^douard, Terre-Neu ^e, 
et rfDOommensiiTable territoire de la Compagnie de la 
baiede Hudson. Dans les lodes ocddentales : Anti* 
goa» la Barbade, la Domlniqae, Grenade, la Ja- 
■lalqae, les lies des Vierges, AnguiUa, Saint-Cbris- 
lopbe, Sainto-Lacie, Saint-Vincent, Tabago, la 
Trinity, les lies Bahama et les Iks Bermudes. Sur la 
Terre-Ferme de I'AmAriqne oentrale et niMdiouale , De- 
merary, Essequebo, Berbiceet Honduras, plus les 
lies Falckland. En AfHque : le Cap (depois l8oe), 
Sierra-Leone, des comptoirs sur la Cdte d*Or et en 
S^negamble, enfin llle Maurice, d-derant Jle de 
France, Sainte-H^Une,!' Ascension, les ties Sec bel- 
les, les lies Amirantes et de Fernando-Po. Les co- 
lonies derAustralie (depuis 1788), la Nouvelle- 
GallesduSnd, la Terre de VanDii^men. EnAsie, le 
lerritoire occupy par la compagnie des In des orientates, 
et ses £lats feodataires. H faut y i^ooter Ceylan, pris aux 
HoUandaisen 1795; Hong-lCong en Chine (depuis 1842 ), 
Singapore, Penang, Wellesley, Malakka et quel- 
qoes possessions dans Itle de Borneo; enfin en Europe 
neme :Gibraltar, Maite, les lies loniennes et Hel- 
goland. Walter Raleigh ftit le cr^ateur des cok>nies 
d'agricolture des Anglais, encore bien que ses efforts pour 
s'^tabtir en Virginia ( 1583-1587) aient ^choo^ et qu'^ 
bien dire la colonisation des contrtes qui sent ai^jourd*hui 
let £tats-Unis n^ait commence qo'en 1606. Ce fut settlement 
^K^poqae de Cromwell que les colonies anglaises de 
plantatioii prirent de Tiroportance. Quant aux colonies de 
eommeroe et de conqu^, la compagnie des Indes orientales 
dstebien de I'ann^ 1600; mais die ne devint une grande 
puliiaBoe qu'an temps de CHtc. Un trait particulier et re- 
iMrqnable des cokMiies anglaises, c*est que ceux qui aban- 
iluninicnf la mire-patrie pour Tenir s^y fixer y trouvaient 
toojonrs en pleine ^igneur leur droit dvii anglais, et y joui- 
saieat des monies droits pditiques qu'en Angieterre; enfin, 
c'est qo'anssitM que le nouTd ^tablissement semblait 
avoir atleint le de^ de maturity convenable, on lui don- 
nait une eonstitution parlementaire calqu^ sur celle de la 
mire-patrie. Jamais, k bien dire, ceUe-d ne songea k 
opkiiter ses eokmies ; dies lui out, au contraire, toujours 
eoM^ bien phis qu*dles ne lui rapportaient. Les colonies 
d'Anglelerre ne deraient serrir qu'ii encourager son Indus- 
trie, son commerce, sa navigation ; et ^ cet efTet, par Tacte 
de navigation et par les difl^rentes lois qui en formaient 
le cofoQaire, les colons ^talent tenus dene commercer avec 
rdraager que par llntermMiaire de TAngleterre et au 
noyeii de navires anglais, par consequent de renoncer k 
toot^an de leur Industrie propre. La declaration d'inde- 
pf^Miffi des £tats-Unis porta on coop filial k ce systime, 
m^ les doctrines dn libre ^change donnent en ce mo- 
ment le eoup de gr&ce. 

Les colonies danoises ne comptent , outre 1 * 1 8 1 a n d e et le 
GraMand, que les ties Saint-Thomas (depuis 1671), 
Saint-Jean et Sai nte-C roi X, dansles Indes ocddentales ; 
enfin qpdqnes comptoirs sur U c6te de Guin^e. En 1845 
le Daoemark vendit k TAngletenre le territoire qu'il poss^dait 
m% Indes orientalea , k Texceptton des inutiies ties de Nico- 
bar. Les oolottiet sMMoises sont encore moins importantes, 
et ne se composent que de Vtie Saint-Bartb^lemy (de- 
pnis 1784 ) dans les Indes ocddentales. 

Les possessions msses en Sib^rie et en Transcaucasie 
peinent sans doute, k beaucoup d*egards, etre considerees 



oomme des colonies; dies en dldk^nt eependant esaentiel- 
lement, en ce qu^elles se rattachent au territoire de la m^re- 
patrie sans solution de oonthiuite. Nous rangerons toutdois 
dans la cat^gorie des colonies de commerce les dablisse- 
ments rosses de la cAte nord-ouest de TAmdrique du Nord, 
organises sur le modde de la Compagnie de la bde d^Hudson. 
Les puissances allemandes n^ont point de colonies ; il en est 
de m^me des puissances italiennes. 

On donne aossi le nom de colonies k des etablissements 
agricoles fond^s dans Tinterieur d*un pays, soit par des m>- 
dd^s rdigieuses, soit par des rdiigi^s qui y conservent leum 
moeurs, leur langue et leur religion, soit par certaines cla^M^ 
de peuple, commedes condamnes,deslibd^, des mendiants, 
des soldats. Parmi ks premieres, nous dlerona celle que les 
moraves ont fondle en Russie sur les bords du Volj^a , et 
cdlequeles M or mon serpent en ce moment dans lesEtats- 
Unis k Utah. Parmi les seoondes nous rappdlerons la colonie 
ftan^se dablie k Berlin aprte la revocation de redit de 
Nantes; Tessd que firent k Odessa les emigres fran^ais 
souslaconduitedu ducdeRichel ieu; leChamp d*asile, 
tente sous la Restauration par des soldats fran^ds de TEm- 
pire. Les AUemands ont exit un certain nombre de eokmies 
en Russie d aux £tats-Unis ; les juifs en ont partout 

Nous consacrons des artides sp^daux aux colonies 
agricoles, aux colonies p^nales, aux colonies 
militaires et aux colonies romaines. 

COLONIES AGRICOLES. II est troU prindpes sur 
lesquds sont d'accord tons ceux qui se sont occup^s d'eco- 
nomie sociate : le premier, que les aum<taes en nature et 
en argent, distributes par la cbarite, ne secourent que des 
individus d n*arretent pas les progrte du pauperisme; le 
second, que les condamnes ne peuvent dre ddenus sans 
danger pour leur sante d pour la morale ; le troisidne, que, 
malgre les progrte de l^agriculture d ^augmentation de la 
race bumaine, ii reste dans tons les £tats de TEurope beau- 
coup de terres hicultes qui pourraient 6tre fecoudees. Par- 
tantde ces trois prindpes, des philanthropes ont imagine de 
reunir sur ces terres des indigents et des condamnes, qui y 
trouveraient dans U culture des moyens d*existence d de 
moraliMtion. Qudqudois mdne les gouvemeroents ont en- 
courage ces etablissements, connos depuis dnquanteans en- 
viron sous le nom de eokmies agricoles. 

On pent ranger, mofais le nom, dans cette categoric Tessd 
tente en Angieterre par Veveque de Wdls, les 6,000 acres 
de terre affectes par les l£tats-Unis aux depots de mendl- 
cite, les etablissements fondes en Prusse par Frederic I*'' en 
foveur des protestants fran^ , d accrus par Frederic-Guil- 
laume de cotons de Suisse, de Souabe, des Palatinats, etc. ; 
ceux que crea en Russie Catherine U et dans lesquds les 
Allemands acooumrent en foule; les cdonies de la Sierra^ 
Morenaea Espagne; cdlesd*ouvriers d de pauvres dans le 
Holstehi, le Hanovre, la Westphalie, la Bavidre, k Ham- 
bourg, etc. Mais rinstitution des colonies agricoles propre- 
ment dites n'a jamais ete compietement r^alisee sur une 
grande echdle qu'en Hollanded en Bdgique, k Tinstigation 
du general Van den Bosch , d sous le patronage du prince 
Frederic, onde du roi actnd des Pays-Bas. Une association 
libre se fonda k La Haye poor en assurer la depense d la 
propagation. Elle compta des sa naissance plus de 15,000 
souscripteurs. Le premier terrain fut achete sur les confins 
des provinces de Drenthe, Frise et Over-Yssd; la cok>nie 
de families indigentes qui s*y etablit prit le nom de Frede- 
rik*S'Oord (champ de Frederic). Vinrent ensoite, dans les 
environs, Ommerschans, colonie de repression d de punl- 
tion pour les mendiants, d Yeen^Huffsen, od Ton remar- 
quait de nombreuses salles pour le k>gement des mendiants, 
deux hospices agricoles pour les orphdins d ai£uits4rouvtey 
deux pour des menages d^ouvriers, deux pour des menages 
de veterans. Enfin, la sodete fonda, entre les etabfissements 
de Veen-Huysen d de Frederik VOord, dans un lien nomioA 



TO 



COLONIES A6RIG0LES — COLONIES MHHAIRES 



Waieren^ on tnsttfot agrioole poor Mffiantegaroont desttti^s 
^ dfriger on sttrrelller les traTsax d'agrlealtiire d68 difenes 
colonics. Bn 1S29, lei ooloniM agrioolM de Frederik*8-Oord, 
onunenchans, Yeea-Hoysak el WaterettooaiprtMieat plus 
de 7,000 in^Bridtis. 

Aprte one expMBoot de dnq ans, one aoeMtf se fbnna, 
en 18)), k Broxefles, dgalement sous le patronage da prince 
TiMtiCy poor doter la Bdgiqne d'une institotion coloniaJe 
semMable k edle de la HoOnide. Cette nonTelle ataodation 
secomposa, dte Porigine, de plus de 13,000 membres. On 
comment par fbnder sor ies landes de la Campine, dans 
la comnrane de Wortel, protinoe d'Anyers, one colonic fi- 
bre sor des bases analogues k celles de Frederik'S'Oord. 
Le rapide snccte qn'elle obtint fot dft au capitaine Van den 
Bosch, Mre do gto^ral. Plus tard on crte , k Plnstar de la 
colonic de Ommerschans, nn d^p^^t agricole de mendiants 
8ur Ies bmydres de Merxplas-Rpeke-Versel, Toisines de 
Wortelf dans la prorince d^Anrers. Tout prte de 1^ s^^tait 
d^jk ^tablie rnie cokmie de trappistes, toigr^ de France 
en 179), et an milea des landes de Zeyst, entre Utrecht et 
Amersfort, one colonic agricole et industrielle de Mtes roo- 
laTcs. A Gbeel, boorg de Bdgiqoe, peupl^ de 6,500 Ames, k 
)) kilomMres sad de Tomhoot, des alitor de Braxdles, 
d'Anrers et d'antres rilles sont plac^ cliei Ies coltivateurs, 
qai Ies occapent k des trayaux agricoles. On y comptait 
en 1850 876 de ces infbrtunte : 44) hommes et 434 femmes. 

Le snccte des colonies agricoles de la Hollande et de la 
Bdgique ne poorait manqoer d'exdter r^nnilation de la 
France. Dte 18)S le cottseil g^n^ral de la Seine toiettait 
nn Toen fliTorable k ces ^tabfissements. Aprte la r^tolution 
de Jaillet Ies associations de bienMsance s'en occnp^rent. 
En 18S) M. d^Argout, ndnistre da commerce et des trsTaux 
pabllcs, fit approarer par le roi Loais-Phifippe la creation 
d'ane commission charg6e d'examiner le systtaie det ^- 
bHssements de Hollande et de Belglqae et de pr^rer on 
plan gfo^al de colonies agricoles pour la Franpe. Malheu- 
ireusement cette oommis^on ne figara jamais que sar le 
papier, et ne ser6anit pas one aenle fob. 

Da reste, Ies ^bHssements de nos Toisms n*ont pas enx- 
mtoes r^Mnda aax esp^rances qu'on s'en dtait faHes. Depois 
que le royainne des Pays-Bas s'est sdnd^ en deux £tats, 
leur decadence a M rapide; elle est av}oord1)ai presque 
compile. Us florissaient en 1830 ; c*est k peine si Ton en 
retroave la trace en 1853. Oft a propose chee noas d'^tendre 
singuH^rementrappHcation des colonies agricoles int<Hieares : 
on a r^H des colonies fibres d*indigents, des colonies Cor- 
ing de mendiants, des hospices agricol^ d'enfiuits-trour^ 
et d'orphelins, des colonies de r^habttitation de for^ts U- 
b^r^, des colonies agricoles d^afi^^, des colonies de m^ 
nages d'artisans, etc., etc. L'6tabHssement de Mettray est 
k pea prte le seal qui ait r6assi en France. H fkot pourtant 
dter encore la colonic agricole d'Ostwald , fondte en fiiTear 
despauvres sans asileparia ville de Strasbonrg; et la colo- 
nic de Petit-Boar g, pour des enfants pauTres. On a, d*un 
autre c6t^, cfaerch^ k rattacher quelqaes-ones de ces instita- 
tions k notre conquMe d'AfHqae. Ife pourantdiscater id toos 
ces projets, noas dirons seulement qne Ies deux prind- 
paux genres de colonies agricoles tatMeores, celles dlndi- 
gento et celles de condamn^ , soH d^enus, soit fib^r^, pa- 
raissent rencontrer h Tex^cution de s^rieux obstacles. D^une 
pnrt, U seratt difficile, dit-on, de coloniser des condamn^ 
sans Jeter Palarme dans Ies communes Toisines; de I'autre, 
II est k remarquer que la France ne possMe qu'on nombre 
tr^M^strdnt dindigents taUdes, qui, tronvant dans leur 
labear actud one partie de tours moyens d'existence, 
seraMdKRdles k d4>lacer sans incouT^ient. Enfin , on se 
donande d rMlement la France renf^rme de grandes #tcn- 
dnea de terrains incuHes susceptlbles d'ttre fertfiis^. 

CCMXimES MfLTtAIRES, ^abfissements de sol- 
Mi euMtaleors. n en existatt d^^ It r^Doqoe d'Alexandre 



le Grand et seas Ies ROmains. Dans nos tempi modemes, 
rorganisaHon des Frontiires militaires de Tem- 
pire d'Autricbe et de VIndetta en SoMe ^ te fin da dix- 
septi^me stode en ont ^ rimttation, de mtoe qoe Ies colo- 
nies mifitaires crMM en Rossie k paitir de 18)0, quoiqoe 
cdles-d difl^rent essentieBemeBt de ces premlirea iastita- 
tions. 

En SuMe, Torganisation de Vlndeita ou des troupes r^ 
parties par canUmnements, qui existe encore aejoocdliui 
dans ce pays, remonte k Charles XI, qai llnngina poor afoir 
tot^ours sons la mafais la plus grande force militaire dM- 
rabto arec le moins de frais possO^. EUe consiste dans 
Tobfigation impost aax propri^taires de pitees de terre 
isol^, et moyennant rexemption de certains impdts, d'en- 
tretenir un on plusieurs soMats, recerant cbacnn autant de 
terrain et de b^tail qo*U lui en (aut poor aasorer sa sobsit- 
tance. Qoand vient T^poque des manmyresoa en temps de 
guerre, ceux qai restent sont tenos de feire la besogne de 
ceux qui ont M appetos sous Ies drapeaox. lis ne re^oftTent 
de soldo qu^en temps de guerre. 

La pens^ premi!^ des co/ontcj mHittairm muet date 
du rigne de Tempereur Aleiandre; eUe fat con^oe par to 
g^D^ral en chef d*aitiUertoAraktch^efr. Son plan conststait 
k 6tabUr k poste fixe des regiments enttors dans certains 
arrondissements , et, sous nne administratton tout ^ to fois 
mUitaire,dTtteelde police, k op^rer entre Tordre des paysans 
de la couronne et Ies troupes sold^es nne fusion telle qu^elto 
permit d'obtenlr des r^oltats de plusiears esptees, notam- 
ment une dfaninution dans Ies frais d'entretien de Tarmte, 
plus de fadttt^ dans son recrutement, la crtetion dHine r6- 
serre, la fondation d'asiles pour Ies soldatsretrait^ et pour 
tears fhrafiles, en rotoie temps que racoroissement des pro- 
dults rnraux et de la population agricote U oti Ies brae 
afatont jnsque alors fait ddfiiot. Enfin, Araktcb^efT consdi- 
lait de r^putir et de loger Ies sddats cbei Ies paysans de to 
couronne, de construire des riUages mifitaires d'aprte on 
pton donn^, d'assigner k chaque maison un certain nombro 
de joumaux de terre, enfin de donner k cette institatioB on 
code particolier. Le soldat derail en cette quattt^ contriboer 
It son entretien en traraUlant k to terre. Toute to poputotton 
mAle des vUlages de colons derait 6tre exerc^ aa manie- 
roent des armes, et en temps de guerre servir de r^serfe. 
AraktcMjeflf Toulait masser de la sorte en cotonies miUtaifea 
toutes Ies forces disponibles de la Rossie to long des fhm- 
ti^res de to Pologne, de la Turquie et de to Oauoasto; orga- 
nisation qui, ind^pcndamment des ayantages ^umMs d- 
dessus, d^augmenter la cuHnre du sol aind que to popnto- 
tion, et d'assorer la sobslstance des fkmfltos des soMato ea 
campagne, derait insplrer I'amonr de la patrto k cdui qoi, 
en temps depdx, anit Ies jouissancesda toit domestkpie, de 
la fhmilto etde to propria. 

Cette Idte, queique bien con^e qu'dto parM an total, 
perditdans PappUcation et dans to pratfqoe beaucoap de To- 
tiUt^ qo*on s*en ^tait promise; cette deception (ut sortoot 
to fruit de to s^r^ritA Inexorable apport^ par Araktch^ieff k 
to mise en centre de son fitan, nne feto qu*fl Tout fdit ap- 
prouter par rempeieur . Des tifiages enttors se r6vo lt^re n t ; ec 
la Sib^rto fat rederabto, en tr^grande partto de Taccrois- 
semeut de population qii'eUe regat alors, notanunent dana 
to pdriode de 18)0 k l8)5, aux intotorables rigoeors da 
systtoe de ces colonies mifitdrei od ea 18)6 Araktch^Heir 
^aK d^jk parrenu k masser 400, 000 hommes, dont 40,000 
cavafiers. Par suite de to r^olte d'une iiartto de to garde Im- 
p<^ate, qui cut Ilea cette ann^to, rempereur Nicotoa re- 
non^ an systtoie de coloniser toute Tarm^e. Araktdi^eff, 
ol^ de Textoatton des soldato, lot mte k to retralle, et se 
retira dans son domaine de Grusino, snr to Wotehow, oti 
il rooorat to )l avril 1834. Les colonies miUtaires d^icrMan 
dans tos gouYememeiito de If owogorod, Wdicld, Chenon , 
Charkow et lekaterlnoslaw fhrent k to iMii c o n s ef vto 9l 



COLONIES MlLltAlRtiS ~ COLONIES ROMAINES 



snboslciii oieore; mais rorganisatkm premie en a ^ 
coosid^nbleiDent modifl^ 

GMONIES Pl^ALES. Les premieres colonies p^- 
Mles forent fondles en Afriqne par les Portiigais. Les EspA- 
gDok, mattres du Portugal sous Philippe 11, continnirent 1e 
systtme adopts ( vc^ez PaismBS). Puis Tinrent les Russes ; 
longtempa arant Pierre le Grand, des ^Cablissements de ce 
genre avaienl ^fond^ en Sib6rle. L^ip^trice l^sa- 
belh ayant sq[>prim^ la peine de mort, on d^porta les cri- 
uineb dans ce pays, et on les y flt trayaillcr aux mines. 

Avant 1776 TAngleterre avail enroy^ dans ses possessions 
de r Amerique da Nord quelques milliers de criminels ; mais 
ce petit nombre d'^igrants n*y exer^ aucune influence, et 
c>st m^connaltre fhistoire qoe de consid^rer les habitants 
des£tats-Unis comme les descendants de ces d^port^s. Apr^ 
la perte de ses colonies, la Grande-Bretagne chercha poor 
ses criminels un lien de deportation od die pAt r^ahser 
ses plans de lointaine colonisation. Sir J. Banks, qui avail 
accompagn^ le capitaine Cook dans son voyage autour 
dn monde, proposa TAustralie. Mais h peine la premise exp6- 
ifitibii, composife de &05 convictshommes et de 192 femmes, 
CDl-efle Jete Tancre dans la rade qu'on appela Botany- 
Bay , qu*on reconnut que le terrain environnant n'^it xmU 
lenient propre k la colonisation. L'^tablissement fut fond^, 
en eonsJ^iuence, h quelques roilles plus au nord, devant le 
Port- Jackson, oil s*^eva bientdt la ville de Sidney. 

Apr^ cette contr^, qui prit le nom de Nouvelle- 
Galles da S ud , la colonic la plus importante que poss^a 
TAngleterre en Australie fut cellc de la riviere des Cygnes 
{Swan firer), cr66e en 1829, par le capitaine Stirling, sur 
la o6te ocddentate de ce continent , presquo anssi grand que 
FEorope. On y bAtH quatre villes, Freemantle, Clarence- 
Town, Perth et Guildford. En 1824 un autre ^tabllssement 
Mi inaugur^ dans Pile M el v i 1 1 e par le capitaine Bremer, 
soi» le nom de Fort'Dundas. Mais la s^heresse et la cha- 
leur y occasionn^rent des maladies telles, qu'il fallul 6va- 
coer ce poste. On f^il forc<^ ^galemeut d^abandonner, en 1 S26, 
ks ^tablissements de Port- Western et de King-Georges- 
Sound. Enlin, Moreton-Bay et Manning-River, situ^s sur les 
cAtes de la Nouvclle-Galles du Sud, prte du tropique, Port- 
Stephem, nie de Norfolk et ceUe de Van-Di^men ou 
Tasmanie oompl^nt la lisle des colonies p^nales de TAn- 
gleferre dans ces parages. Ces deux demises colonies sont 
presque exclusivement afOectto aujourd*hui k la transporta- 
tion des convicts, apr^ qu'ils ont snbi un emprisonnement 
eendaire qui ne pent excMer un an et les travaux publics 
ei^cut^ en commun pendant un temps proportionn^ h la 
dur^ de leur peine. Malgr^ ces pr^ntions, Yan-Di^en et 
la phipart des autres colonies australiennes, surtout depuis 
la d^converte des mines d'or, p^titionnent sans cesse cen- 
tre tout noovel envoi de condamn<^s sur leur sol. 

En somme, lootes ces colonies p^ales n*ont point produit 
ks mervdlleax avantages qu*on en attendait. Une popula- 
tion de malfaiteurs apporte forc^nenl dans des <^tablisse- 
■Mnts qui ont l)esoin d'ordre et de paix des habitudes de 
disordre ; elle introduit la roauvaise foi et la fraude dans 
ks transactions commerdales ; elle ne pense qu^^ s^enrichir 
aix ddpens des colons honn^tes par des moyens illicites, et 
Mt coorir k une sod^ rooins forte un danger dont elle 
mena^t d^ la sod^ plus puissante qui Ta expuls<^e. 

Malgre ces fnnestes r^sultats , le nouveau gouvemement 
fran^ tente en ce moment un essai de colonisation p^- 
naledaas la Guyane. Ifous d^drons quMl r^nssisse, mais 
ion ne Teap^ns pas , malgr^ les grands dtoionstrations 
IMMnles qoi onl accoropagn^ la prise de i)ossession. Qui- 
eoMfoe a Mn&i€ U population de nos bagnes et de nos 
attims centrales salt que les plus grandes criminels sont 
let ph» hypocrites. Nous ne dirons Hen des condamnds po- 
Ktii^iei, qoe nous Toyons k regret m^l^ k une sembtable I 
popslallan. Rous ne donlons pas qu*oa ne renonce prompte- I 



71 

menl k ee r^voKanl amalgame. Quant aux crimfaiels, 
p«it-«tre la morale publique perd-eUe k ce qu'Os expient 
lenrs ro^feits trop lohi des lieux qui en Aurent le IhMtre. La 
question dn dfanal et de la mortality est ausd fort grave, 
comme Ta victorieasement proov^ le doctenr L^l. 

On a bean dire et bean faire , en gto^ral le systteie des 
colonies p^ales est videux : il n*y a parmi ces colonies de 
vraiment utiles que cdles qui existent sur le continent , 
les colonies ou plalAl les p^nitenders agricoles, Ids que 
TAngleterre, I'Allemagne , les £tats-Unis en ont ^tabli pour 
Tenfanoe, tdles qu*on en ponrrait fonder anssi pour TAge 
mtkr. Tout le nsonde connidt en France les henrenx rteul- 
tats obtenus dans la colonie de. Mettray,cr6te sor le 
modde de ceUe de Home prte de Hambootg. 

Eng. G. DB MdlfCLATB. 

COLONIES ROMAINES. Les colonies romahies ne 
fbrent n1 agricoles ni commerdales , mais exdnsivement mi- 
Utaires. Elles furent stabiles dans le bol de ddivrer la vflle 
de la lie de la population, exhaurire sentinam tirMi, 
( c'est Cic^ron qui le dit), d'assnrer la souroission des pays 
conquis, et de preserver Rome en remphssant Pofflce de 
postes avanc6(. Les Romains ^vitaient de fonder des colo- 
nies dans des locality noovdles. Lorsqulls s^^taieol emparfe 
d^one ville, ils en expulsaient une partie des habitants, 
soil, k Torigine, pour les transferer k Rome, soft, pins 
lard , lorsqu*fl falint arrftter et non plus enconrager Taccrois- 
sement de la population de la capitale, en les transportant 
dans des lieox eloign^. Dans loos les cas, ees habitants 
etaienl remplac^ par des dtoyens romains on latins, 
gamison permanente qui sufBsait ponr arrMer tout gerrae 
de r^volle. 

n fout remonter jusqu*^ Romulus pour tronva* I'origfaie 
des colcmies. Nous voyons en efT^l que te premier rd de 
Rome, vainqaenr des villes de Crustumlnnm et d^Antemnes, 
y envoya des colonies. Ancus Mardus &k ^tabltt une k 
Ostie; Tarquin le Supertie, k Signia, k Cfat^i, et k Suessa 
Pometia. Quand les propositions de lois agraires vinrent 
inqui^ter la puissance des patridens, ils cherdi^rent k 
consolider leurs usurpations sur le domaine public en don- 
nant des terres aux pl^bdens sur les oonqukes nouveUes, 
c^est^hdire en fondant des colonies ; mais ceux-d s'y refu- 
s^rrat souvent, ahnant mieux vivre mis^rables k Rome que 
de trouver le Men-^tre au loin. Aussi pour former la colo- 
nie d*Antium fat-on oblige de la fUre mixte, c^est-li-dire de 
completer le nombre insufBsant des colons par des Vols- 
qnes. Hals ce premier essai ne fbt pas henrenx : la vflle se 
r^volta bientdt, et ne fut soumise aux armes romalnes qoe 
longtemps apr^s^ en 335. De nombrenses colonies fbroit 
encore stabiles sur les fh)nti^res du Latium, dn Samnium , 
de la Campanie, de POmbrie et de I^trurie pendant la 
guerre du Samnium. Lorsqu^elle ftal terminee, les Ro- 
mains firanchirent pour la premiere fols PApennin , et en- 
voy^rent des colonies dans trois villes sttu^es sur les herds de 
TAdriatique. Puis, lorsque Pyrrhnsfnl expuls^ de 11- 
talie, ils en fond^rent de nonvciles poor lenir en respect la 
Locanie et survdller la Grande-Grtee. A Papproche des 
dangers dont Annibal mena^ la repnhlique, on senlit 
le besohi de se fortifier du c6te des Alpes; et c*est dans ce 
but que Ton etablit deux colonies dans la Ganle cisalpine, 
fune^ Plaisance, rautre^C^emone. 

Tile-Live distingue deux classes de colonies : celles qm 
etaient situ^es dans llnterienr des terres, et qd ^talent obfi- 
gdes de foumir des soldats poor la defense de Rome , et lek 
colonies maritimes, qui avaient le privilege de ne pas Mxt 
astrdnles au service mlUtaire, sans doate paroe qu'eOes 
devaient sp^dalement garantir les ridies dtds des cAtes de 
ritalie des altaqnes des pirates. Dans les deux danders 
sidles de la r^publfqae, le nombre des colonies dlndnna 
d*une roaniire sensible. Cela tint d'abord I oe que lltaUe 
etait soumise , et que le besoln des fortiflcatkna avinoto 



72 



COLONIES BOMAINBS - COLONISATION 



se faisait mollis Tivemeiit seDtir; maisoela rteulta sortout 
de ce que les pl^b^ieiift, qui demandaient des lois agraires, 
Toulaient aToir des ferres sur le territoire primitif de Vagtr 
romantu, dans les oontrto yotsines de Rome, et dod pas 
aux extr^roit^ de Tltalie ; car Us conservaieiit dans le pre> 
mier cas leurs droits de suffrage et de Tote, tons les pri- 
vil^es dvils et politiques de dtoyen romain, dont le colon 
au contraire perdait une partie. Dte qu*il n*y eut plus de 
terres r^cemmentconquises en Italic, les colonies cMs^ent 
dans la Ptoinsule. L*aristocratie leur Tooa la mtaie haine 
qu*elle avait tou^ aux lois agraires; car elles se confon- 
daient d^ lors avec celles-ci. En elfet Caios Gracchus ne 
proposait rien autre chose que T^Uissement de colonies ; 
RuUus ne demandait ^galement que U fondation de colonies 
dans ritalie niMlionale et surtout k Capoue; enfia Cter 
^tahlit des colonies en Campanie. 

Quant aux colonies fond^ en dehors de Tltalie, en Afri- 
que, en Espagne, en Gaule surtout, elles ne le furent que 
dans les demiers tonps do la r^bliqoe romaine. L'exem- 
ple de Carthage, derenue plus puissante que Tyr; de 
Marseille, plus florissante que Phocte;de Syracuse, qui 
avalt ^ips^ Corinthe; de Cyzique et deByzance, plus 
riclies que Milet, senUait eflrayer raristocratie romaine. 
Ce n*est que plus tard, sous Templre, que ces colonies derin- 
rent beaucoup plus nombreuses. 

Pour ce qui est des droits citIIs et politiques des colons 
romains, il fant faire avec Tite-Lire une distinction entre 
les colonies latines et les colonies ronuUnes. Les colo- 
nies latinos ^ent celles od les Romains enyoyaient des 
citoyens n'ayant que le droit des Latins (jus Lata ). Quant 
k cdles 06 les colons daient citoyens romains, ils conser- 
▼aient le droit de contracter mariage , de faire un testa- 
ment, la puissance patemelle, le droit de tntelle, etc., tels 
qu*ils existaient k Rome ; mais Os perdaient le droit de suf- 
frage. Ce n^est que plus tard, sous Anguste, que Ton re- 
cueillit le vote des habitants des colonies pour 6tre envoys 
cachets k Rome k T^poque des comioes. Mais c^dtait une 
innovation, et c^te mesnre fnt mtoie regard^ conune foi- 
sant de toutes les villes dltalie les ^es de Rome. 

Quelques commentateurs ont voalu donner exdusivement 
le nom de colonies militaires k celles qui iurent dtabUes 
k r^poque od Tautorit^ de particuliers ambitienx Temporta 
sur la Tolont^ du s^nat et du peuple, c*est-4-dlre k partir 
de la dictature de Sylla; colonies compost seolement 
de soldats , de v^t^ans , auxquels on acoordait des terres 
rooins pour les r^compenser des services quMIs avaient 
rendus ^I'^tat que pour les attacher^ la fortune de leur chef. 
Ces commentateurs s^appuient sur ce que des m^daillesdon- 
nent pour embl^me aux colonies ordinaires un bosuf avec 
one cbarrue , aux autres un <^tendard et un aigle. Mais si 
Ton veut bka se reporter k T^poque od furent fondto les 
premieres colonies, on se conTaincra qu'alors c*^taient de 
T^itables soldats qu*on y envoyait comme colons et qn^eOes 
rendirent d^incontestables services k la mdre-patrie, tandis 
que dans les derniers temps , od les armto n'^taient qu'un 
ramassis d^dtrangers sans discipline et sans patriotisme, ces 
colonies ne furent d'aucune utility pour la dkeose de Ronie 
quand I'heure de sa chute eut sennit. W.-A. Duckett. 

COLONISATION. La colonisation a ^ longtemps la 
passion des gouvemements europtois. Se devancer les uns 
les autres dans les pays lointains, d'ou Tenaient les prodnits 
dont les consommateurs europ^ens ^taient avides, s'y te- 
blir, crte eux-m6mes ces produits , puis en assurer le trans- 
port exdudf ^ leur marine, ^tait un des moyens de ridiesse 
et de grandeur que les gouvemements il y a deux siteles 
pratiquaient le plus. Depuis, la sdeace ^conomique s*est 
attacMe k dtorier ce qu'auhrefois on estiroait par-dessus 
tout, et, se fondant en Angleterre sur la r^volte des colonies 
anglaises dc TAm^que du Nord, suivie , trente ans plus 
lard; de la r^volte des colonies espagnoles de rAmtfrique 



du Sud, se fondant en France snr les revers de b marfaM 
Ihm^aise, a pr^sent^ le systtaie coloidal comme une insigne 
deception , comme un faintfle effort pour er^ des domina- 
tions passag^res sur des populations bientM Ingrates et r^ 
voltte, dominations qui ne valaient pas un commerce Hbrs 
avec dies. Ces Tues exdusives de la sdenoe sont le plus 
souvent fausses comme toute vue exdusife. Si les penples 
avaient toujours raisonn6 ainsi, les Grecs n'auralent pM co- 
lonist ritalie, les Romains n^anraient pas colonist TEorope, 
I'Europe n^aurait pM colonist TAmArique et les Indes. La 
dviUsation serait restte enfermtedaas T^troit basain de PAr- 
chipd. Le genre humain aurait vialK dans un coin du globe, 
au milieu d*une dviUsation oourte et inoomplMe, ignorant 
tout ce que lui a appris le paroours entier de notre plaaMe, 
c*est-4-dlre la plus grande partie de ce qu*fl sdt 

Sans doute TAn^^elerre gagne beaucoup plus avec rAm6- 
rique affranchie et passte de renfknce k PAge adulte , qu*dle 
ne gagnait avec rAm^ue soomise et restrdnte dans son 
commerce par les lois cdoniales. Mais il Idlait la crfer 
cependaat pour que TAngleterre en arrivit k commeroer 
avec die ausd ayantageosement qu'dle le fait aii^jourd*hui. 
Si Ton veut dire que le r^me cdonid doit changer avec lea 
temps, on dira une chose fort simple et fort Traie ; car le 
regime commercial tout entier change Ini-mtoie sans cesse. 
Mais souteiyr qu*on ne doit plus coloniser serait nier I'm 
des plus puissants, des plus utiles penchants de Tesptee 
humaine. Les fdts d^mentent tous les jours une panille 
opinion. 

Ainsi, la France est fort imbue de cette id4e de ne phis 
entreprndre de oolonie; TAllemagne n*y a jamais pens4, 
faute de marine; la Suisse encore mofais; et oependant toot 
les ans 11 s^^cluqipe des centaines de Basques francais poor 
I'iimMiue du Sud, des milUers d'Allemands et de Suisses 
pour PAm^rique du Nord. Une Industrie maritiroe s^est mtee 
fondte sur cette Emigration, et ces 6tres humalns qu*o« 
transporte sont devenus une partie considerable du fret 
entre PCnrope et les deux AmMpies. H exlste done un pea- 
chant invindble qui porte les hommes k se d^lacer, malgrE 
un autro penchant tout ausd puissant qui les attache au sol 
sur lequd ils ont pris naissance. n y a en effet des natures 
inquires qui ont besoln de dianger depays, de tenter, comme 
on dit, la fortune. 11 y a des families d^agriculteurs que 
Pamour de la propria stimule k td point que , pour obteair 
des terres, dies ne craignent point de se transpiorter dans 
un autre h^misphke, m6me sous la condition d'y fixer 4 
jamais leurs p^tes. On pent tous les ans, au moment dn 
retour des bAtiments am^icains, voir, k Hambourg, k Rot- 
terdam, k Dunkerque, au Havre, k Bayonne, des fkmilles 
enti^res, mari, fenune, enfants, vidllards, s*embarqu«r 
avec leurs instruments aratoires, et jusqu*^ leur b^tdl, poor 
se transporter aux bords du Mississipi et de POhio, ou de 
la Plata, sans que les gouremements auxquels ils appar- 
tiennent soient pour rien dans impulsion qui les entralne. 
SI les pays d*od sortent ces Emigrte perdent des bras qoi 
pourraient cultiver le sol de la m^tropole , Ils y gagnent des 
consommateurs qui vont r^pandre an Idn le godt des pro- 
duits de la m^re-patrie, el qudquefois ils ne les perdent pas , 
car aprte un certain nombre d^annto on les vdt reveair 
dans leur village natd pourvus d*aisance etm£mede ikdmae. 

Dans nos temps de troubles, souvent produits par one 
exuberance , non pas de population , mais d^activitt et d*aai- 
bition,laressource de la colonisation est moins k condamner 
que jamais; et si, par des motifs eommerdanx, fond^ oa 
non, on avait renoncE an systtoie colonial, la politique 
consdDerdt d'y revenir, sous certains rapports au moins , 
afin d'offlrir une issue k ces imaginations inqulHes que le 
besoin du diangement traTaille et agite. L'Angleterre, si 
tourmoit^ par la population ^oossaise k une dpoque ant6- 
rienre , par U population irlandaise k P^MMfue pr^sente, m 
souvent pratique la colonisation dans de trte-gnndes pnw 



COLONISATION 



I 
I 



poilioMy cl t rteii aU I te dOtrriMer de ferments daii- 
gereux. II est inolile de dan qu*0Q ne peat jamais recoorir k 
de lelies mesnres qn'en raspectant la liberie des individuSy 
el qBi'om doH ae bonier k ftcOiter T^migration k ceux que ce 
podiaBt domiae » k moins que la iostice ne lea ait mis ^ la 
dispontioa da goorememeot. La ooloaisation ainsi enten- 
due dolt, a^ec one sage distribution de traTanx de r^tat, 
ftiie pailie des mojena de pr6Toyanoe d^on goiiTeniement 
habile et «dair«. 

Certains teooomistes out dit que c'est dans le pays mtoie 

qii*il tadrait songer k ooloniser, ao Ueo de cokmiser dans 

des regions kiintidnes; que les popoh^ons ne sont Jamais 

sorabMidantea, que chaqne eontrte de TEurope, la France 

notammeot, en poorrait nonrrir trois on quatre fois plus^ et 

qu^ r^pailissant mleui les bras, en les transportant des 

localil^ od lis surabondent dans celles od ils manquent, on 

mettrait en rakur une quantity de terres , on mal coltiv^ 

on point eolUrto dii tout Aaliea,dit-on,de d^penserdes 

niilHoM au loin, on trouverait en Bretagne, dans les Landes, 

dans le eentre de la France, tant6t d« lieui incnUes, cou^ 

Tcrta de ronoes, tant6t des lieux Inond^ qu'on poorrait k 

Tolonl^ reodre fertiles. An lien d*aller m aia des oonsom- 

SMtears ^loign^, dont le trayail profite k d'antres autant 

qu*4 la France, on en crterait en France meme, que rien 

ne pourrait s^parer d^dle, qui ne trarailleraient qoe pour 

eile, et seraient non-seolement des consommateors , mais 

des Gontriboables, des dtoyens , des soldats. Cost en cons^ 

qucnce de ^ette id6e qu'on a souvent propose la colonisation 

agrioole dans tlnt^ear de la France. 

Sans doute, si une telle cbose se pourait, il y aurait cer- 
tains aTantages^ la roettre en pratique, car ilTandrait mieux 
amir cbez soi que hors de cbes sd ces colons, produdeurs 
et oonsomuMteurs k la fois, dont Tactiyit^ tout enti^re serait 
a la France, et ^ elle seul^ sans pouToir jamais en £tre s^- 
par6s. Mais U s'agit de savoir si cet attrait dn d^placement 
qui porte k quitter la m^re-patrie, si ces esp^rances chim6- 
riques que les pays lointains inspirent , si ces promesses de 
gains ^normes, si cette passion pour les Tastes et grandes 
propri^t^ stto^es sur robio ou la Plata, si tous ces motils 
qui entrstnent les hommes loin du sol natal, malgr^ ce qui 
les y reOent ; si tons ces motifs on pourrait les crte en fa- 
Teor dhm terrain k exploiter dans les Landes ou la Bretagne. 
Lidte de colonies agricoles dans Pint^rieur m^me de la 
France est done chim^rique, puisqu*eUe ne r^nd en rien 
ao besoin qui porte les colons k sVxpatrier. Ce 8<mt les co- 
lonies bois de la m^tropole qui seules peuvent avoir des 
chances de soecte. II est Trai que ces colonies, jugte mau- 
▼aiaes par les disciples de la modeme ^nomle politique, 
jngto mauTaises meme pour rAnj^eterre, sont d^darte 
pins manTslses encore pour la Fhmce. La France, dit-on, 
a'a Jamais so coloniser, et ce qu'on ne conseillerait pas aux 
aulres nations on le conseillera encore moins k die. 

Sans ^promrer poor notre nation ce sot orgueil qui consiste 
a dteerner tootes les quafit^ k soi , tons les ddkuts k autrui, 
nons a*admetton8 pas poor la France cette pr6tendue inca- 
padl6 de coloniser. Saint-Domlngue, le Canada, la Loui- 
siane , Pile de France, plusieurs pays de rinde, daient par- 
Mlnnent coloBis^ lorsque nos ennemis ou la r^roUe nons 
les ont enler^; Saint-Domingue, notamment, dait U plus 
belie cdonie de runfrera. Ce ne sont pas U des prenves at- 
Mant qoe la France ne sacbe pM coloniser. 

La fraie cause de ses refers dans les regions oolonisto 
ptt les Eoroptea n'est pas dans une pr^teodue Incapadt^, 
qK les C^ts dteentent, mala dans les malbeors de sa ma- 
rine. EUe a M vafaiCQe sur mer par sa rivale, pour aroir 
VMlo comb^tre en mteM temps sur deux dements. Dans 
le dernier siMe, eOe avait eo le tort de d^penser It la fois 
its forces oontre le grand VMMc et centre FAngleterre. 
Ikns ee siMe , die a eo le tort plos grand encore de Touloir 
Kvrer en mteie temps les batalllea de Trafalgar et d*Auster- 



73 

liti, dde tenter simnHaBtoent le mtaie jonr des cfaoses 
dont peot-etra die e6t 6t6 soccesstrement capable d, par 
une indlscrde prodigality de ses forces, die nVait pas pi^ 
tendu les acoompHr Urates ^ la fois. EUe a done soccombd 
sur mer, d des dablissements dont on ne possMe pas la 
roote ne sanraient prosp^rer loogtemps. LUe de France, la 
deinito, la plus regrettable peut^^tre de nos partes mari- 
times, ^tait une eolonie achoTte, qoand nous ravoos Tne 
passer aux mains de nos ennemis, finite de poofoir com- 
nnmiqner avec die. 

La France n*ed done pas InciqMble de coloidser; oMisd 
faut qu*dleTd]le line pas coloniser trop Idnde ses riTsges, 
d tootefols die se dMde de nooveau k e n treprendre dea 
cBOTres de ce genre. Le doit-dle encore? Ui ed la qoestimu 

La destin6e dans ce sitele semble M avoir a8S%n6 I'nne 
des plus belles tidies qui sdt Jamais Ma» k une grande 
nation, cdle de soumeltre, de dvibser le nord de TAfinqoe. 
L*un de ces motifiigdi^eux qui sont to^Jouis le conunen* 
cement des grandes oeuTres Vy a port^ : I'indigaation qoe 
causait k tous les peuples dvilis^ la barbaric des pin^ 
qui infedaient la BMditerran^ II n'dait pas possible, en 
diet, aux nations europ^ennes de tol^ter plus kmgtempa 
qua la plus importante, la plus Irdquent^, la plus roisine 
des mers du globe , fdt infint^ de pirates : c*dait souffrir 
des brigands k la porte de sa demeore. Un outrage de l^m 
de ces pirates inaolents ed devenu de nos jours le signd de 
cetieglorieuse entreprise. 

La France, sans se douter presque de ce qu*dle dlait en* 
treprendre, comme 11 arrive toujours lorK|u*on agit provi- 
dentidlement,1a France s'ed ann6e de son ^p^, et a frappi 
pour jamais les barbares qd d^solaient la MMitmran^e. Pen- 
dant vingt ans on lui a dit de ne pas trop sVngager, de ne 
di^pemer ni trop d'argent ni trop d'homroes , et, n'examinant 
point d on avait raison ou tort, conduite par un instinct 
irresistible , die a envoys en Afnque jusqu'A cent mille sol- 
dats, d^pens^ jusqu* k 100 millions par an. Tandis que les 
conaeils d^one prudence que les ^vdiements n^ont pas jns- 
tifi^ la vouldent arrder, cette France inconstante a pers^ 
vd^ ; die a peradvM vingt annto sans etre assort d^ 
profit qudconque , d la voiia en possession d^un empire 
qui s'dend de la MMiterrante au d^rt de Sabara. 

Mais pour que cette conquete, qui commence k donnei 
d^j^ par les perspectivesqo^dle ouvre k notre commerce, ne 
sdt pas 6phdn^ , il fout qu*dle se people non-seulement 
d*Arabes soumis, mais de Franks acclimate, lesquds, 
md^ aux ArabM, seront capables de les contenir d deles 
faire concourir, soit k Tceuvre dn ddricbement et du com- 
merce, soit k cdle de la ddense. Pour cda, il faut colo- 
niser, c'ed-li-dire envoyer des Fran^. 

Beaucoup d^dnigrants se transportant dans TAm^rique du 
Nord, paroe que Fhabitude d*en agir ainsi est dablie , parce 
que le cKmat pr^sente peu de dilfdence avec cdui die TEu- 
rope, paroe qu'il y ade la terre, du bois, de Feao , toot ce 
qid rei^ la culture fadle k ses ddrats. Mais est-ce que TA- 
friqne, parce qu^dle serdt diff(§rente, serait inli6rieuret 
Assurdnent non. Qu*on dile en Andaloude, terre exacte- 
roent semMable k I'Afrique, d qu*on nous dise s^il ne vau- 
drait pas la pdne d*etre possesseors de cette riche terre, el 
propriddres, par exemple, de la vega de Grenade? Eh 
bien , TAfrique abonde en vegas tout aussi bdles, qui n*at- 
tendent que la main de rhomme. II snfilrdt pour cda de 
ddoumer vers die ce courant d'dnlgrants europ^s qui 
abandonnent Tanden monde poor le nouveau. 

Ce courant se forme par I'attraction qo'exeroent ceux qui 
ont d^ dnigr^ et r^usd sur ceux qui n'ont pas encore 
quitte le sol natd. SI des colons flnissaient par se sentir heu- 
reux en Algeria, dans certaines provinces plus temp^rto, 
plus paisiUes que les antres, d dk raodimatation est phis 
ftuale. Us en attiieraient snr-le^bamp un grand nombrei 
leur smte. Une tdle cbose est-eOe poMible sans le coneoors 



COLONISATION — COLONNADE 



74 

du gouTernement? doos he le croyons fMs. Mais puitqa^ 
demandait naguto h ll^t des efforts inineax , insenfl^, 
pour des cEHTrei contraires k tons les pHiidpes sodan, 
ne seratt^U pas raisonnable, pmdeot, bamafai, et aaitoat 
^minemment poHti^oe, de dlriger vers oe but ksforccsdo 
pays qii*oti Toiilait <igarer ailleurB? Et siune grandediipeitse 
dott «tre tentte dans one intention d'hnmanit^ , ne serait-il 
pas sage de latenterpoor ourrir one carri^ ^ la fbis agrioole, 
indiistrielle etcomnterciale, k cenx que impatience dn pr^ 
sent, le daogereux ennui du connu , porteraient 4 chercher 
une noUTelle eldetencet A. Thid» de rAcademie, Franeabe. 

COLONNA , booi^ aito^ dans I'Etat de I'^se, a en- 
viron )2 kilonlitreB de Rome, qui a donn^ son nom k la 
plus c^l6i)re et 4 la plus puiseante de toutes les families 
de la noblesse roroaine. Pendant toute la durfo du moyen 
Age les Oolonna, par leurs riclies possessions, au nombre 
desquelles figurtit la rille de Palestrina (Tantique Pre- 
neste) , par leurs palais k Rome asscz semblaUes k des 
rorferesses, et par le grand nombre de lems clients, exer- 
c^rent une influence d^dsire sur le cours des choses dans 
Vtihi de r^gltoe et m^me sur T^lection des papes. Ck>ns- 
tamment en lutte ouTerte avec leurs non moins puissants 
riyaax, les Orsini, d avec le parti populaire, ib firent 
cent fois eouler le sang dans les rues de Rome. 

Le papeMartin V (Of^one Colonna), un grand nom- 
bre de cardinaux, de capitaines, d'bommes d'Etat, de sa- 
vants et d^^rivains , soot issus de cette flunille. Les mem- 
bres les plus e6l6bre8 sent : 

59i</fo CoLONif A , n€ en 1247, mort en 1316, cdM)re 
8eolastique((foc/or/Vind(ifi^5imtf5, theologorumprinceps), 
professeur k runiversit6 de Paris, gthi^ral des aogustins et 
instituteur de Philippe le Bel, pour leqoel il composa son 
traits De Regimine Principum (imprim^ poor la premie 
fois k Rome en 1492 ). C*^tait un ardent r^aliste et partisan 
de saint Thomas d'Aquhi. 

Giacomo Colohna, cardinal, et son fVire, le g^^ral 
Sciarra Colonna, soutinrent le roi Philippe leBel lorsqu'H 
vint surprendre le pape Boniface VIII 4 Anagni, aprte 
avoir €16 vafaicus par ce pape in la suite de longoes guerres , 
et avoir Tu leur ville de Palestrina d^tmite par ordre du sou- 
verain pontlfe. Leur (r^,Stefhno Cotx>ifNA , abandonna la 
liolitiqoe traditionnelle dc la maison en se raettant k la tete 
du parti des Guelfes , ct devint le plus puissant' adversaire 
de Rienzi, jusqu*^ ce quVn 1347 te tribun du peuple floit 
par Texpulser de Rome avec ses partisans. 

Prospero Colonna acquit le renom de grand capitaine 
dans la guerre centre )e roi de France CharlesYIlI(l 495), 
en agissant de concert avec le c^l^re g^n^ral espagnol 
Gonsalve de Cordone. £ntr6 plus tard au s^ice du doc de 
Milan, il commandait 4 la batallle de La Blcoque, od les 
Franks fiirent battus par les Milanais et leurs ali<^s. A qiiel- 
que temps de 1^, G^es tombait en son pouvoir, et lui- 
m^me mourait pen aprds (1523). 

Marc- Antonio Colonna, due dePaliano^ ae comj^orta 
vaillamment k la bataille de L^pante (7 octobre 1571 ), o6 
les flottes combin6es des Espagnols , des Vtoitiens et du 
pape combattirent les Turcs dans les parages de Hie de Chy- 
pre. Dix-sept galores et quatre galiotes des infid^es tom- 
b^rent en son pouvoir. A son retour k Rome , ses brillants 
exploits lui -valurent de la part de la cour pontificate et de 
celte du peuple une foule de distinctions bonoriflques. Plus 
tard, Philippe n Ic prit k son service , et le nomma vice-roi 
de Sidle. II mourut le 2 aoOt 1584. 

Vittoria CotomtA, la finnme polite la pins c^lMyre qu*ait 
eue ntalle, fllle du graiid cbnn^ble du royaume de Naples, 
Fabrizio Colohna, naquit en 1490 & Marino, fief apparto- 
nant k sa famine. A qnatre ans on la fian<» k Fernando- 
Francisco dMvalloSj marquis de Pescara, enftot dn 
m(me Age. Les rares perfections do corps el de Pesprit que 
hil aratt di^pmrttei la nature, et qu*une MneatioB des phis 



soignto n'avaient pu qn*accroltre, la rendfrent rob]et de 
Padmiration g^n^le. Aussi de nombreux concurrents et 
jusqn*^ des princes se mirent-ils sur les rangs poor obtenir 
sa main ; mais, MVk k ses voeox, Vittoria Colonna donna la 
pr^i6renceao compagnon des ]eux de son eofluice, qoand U 
M devenn homme, et v^cut avec lui dans la plus heurense 
onion. Le marquis de Pescara ay ant ^6 tnd en 1525 a la 
bataille de Pavie, sa veore demanda k la solitude et A la po6- 
sie des consolations pour sa douleur. EUepassasix ann^ 
aKemativement k Naples et k Ischia , puis se retira dans on 
convent, d*abord k Orrieto, enstrite k yiteri>e. Pins tard, 
die renon^ k la vieclaustrale, et vhit s^^tablir k Rome, od elle 
mourut , aa mois de f(6vrier 1547. Toutes ses po^es sont 
consacr^ k la m^moire de son ^poux. Ses Rime spiri- 
tuali (Venise, 1548) sont une ceuvre des plus remarqua- 
bles ; on y trouve la trace d*une profbnde sensibilitd et d'une 
pi^ ^lair^. Ses diff^nts potoes parurent poor la pre- 
miere Ibis , mais d*une mani^ fort incomplMe, k Panne 
( 1538 ), puis k Naples ( 1692), et , avec one notice biogra- 
pbique sur Tauteur par Giambattista Rota, k Bergame 
(1760). L^^tion la plus comply est celle qu^en a domi^ 
Ercole Visconti (Rome, 1840). 

La famille Colonna se divise anjoord'hui en trois bran- 
ches, dont la premiere , celle de Colonna Paliano, habile 
Rome et Naples ; la seconde, celle de Colonna di Sciarra, 
kubdivis^ en deux rameaux , Colonna di Sciarra et Oo- 
lonna Barberini , habite Rome ; la troisitene , enfin , ceUe 
de Colonna StiglianOf r^de k Rome. 

Le Palais Colonna k Rome, btti an pied du mont Qoi- 
rinal, est c^^bre par sa magnifiqne galerie, loogoe de 160 
pieds et large de 86 , condoisant k on jardin d^Kdeox , et 
renfermant de pr^deoses rlchesses artfstiqoes. 

On troove encore des Colonna en Espagne , en Sidle , en 
Corse et m6me en Allemagne ; et tons pr^tendent rattacher 
leur g^n^alogie a nilustre maison de Rome, objet de cet ar- 
ticle. Les Colonna d'lstria, de Corse, ^talent au nombre 
des flimilles les plus puissantes de cette tie au moment od 
Paoli y fnt nomm^ Heotenant g^^l do rolLooisXY. 
Paoli les ratiacha aux int^^ts de la France; et Louis XVI , 
en recompense des bons services d*Octave Colonna d*Istria , 
le nomma comte de Cimarca, II mourut en 1794, g^n^ral de 

brigade. 

COLONNAUE. Cest le nom que Ton donne k one 
reunion ^e colonnes plac^ sym^triquement en galerie, 
soit aotoor, ou seulement au-devant d*un ^fice, soH k Pin- 
t^ricar ou k Text^eor, et servant de decoration on de pro- 
menade ; cependant, qoand eOes ferment rentr6e d*on temple 
elles portent , ao lieu de cette d^omination, ocUe dt peri- 
style ou depor^f^iie. 

On trouve Chez les figyptiens des exemples nombreux de 
colonnades de diverses formes et de diverses proportions : 
les colonnes y formalent des avenues multipli^ et d^one 
grande Vendue. Les Grecs ont eo aussi de belles colonnades, 
soit antour de tears temples p^pth^, soit dans llnt^rfeur 
des cours qui d^pendaient de ces monuments , et qui avaieot 
sans doute la m^me destination que les do Itres dans nos 
convents modemes. Le temple d'IsIs k Pomp^l , cdui de Ju- 
piter S^rapis k Pounoles, et de Jnplter Otymplen k Athtoes , 
peovent encore matntenant donner Tldte de ce qu^^taient 
ces coors omte de cokmnades. Qoant aox temples eox- 
mtoies,ce qui nous restedephis f^appant Acet^rdcesont 
les colonnades des temples de Balbeck et de Pahnyre, pui» 
k Rome on portfqoe de m cotoAies, W p* ordre de 
Pomp6e pour se promener k convert , d le portique dH)cta- 
vie, qolsecomposiltde 270 cokxilies. 

Les modemes ont aosd beaooonp d'etemples de cokm- 
nades , parmi lesqoelles ont doll elter, comme trte-remar- 
qaaMes poor la grandeur el la dlspositfon, les magniiqveft 
colonnades constroltes paar Le Berate poor foimtr la plate 
ct eondulre k Y^gkit de Sahit-Plerre, k Rook. Tovt 1^ 



COLONNADE — GOLONNE 



nMBn idiiiii^ 060 cotHtracOons I toriB on no S6 fOnd pM 

compte deB dSBciiMB que rarclittecte a so vaincre avec im 

td suoete qdm Ton a peine It les aperterohr. La prenri^ 

eoRsiitatt k tracer one place dont les dimensions fossent 

dns hb jnste rappoit avec le monnment poor lequel eHe 

dan Me. La teeonde ^taK de raeoofder ces galeries avec 

le peristyle do temple et a^ec le grand escalier dn Vatican. 

Vae tro^iteie se tronTait dans rex^eotion , pulsqne 1m oo- 

lonnes formant des galeries cirenlaires , oelles des rangs ex- 

ttrfaors dohrent aToir un ^KamMre plus grand ien ralson de 

tear doignement. Cette colonnade fnt commenc^e en 16Ai , 

et le pape Alexandre Til en posa la premih^ i^erre le 25 

aoOt Elle se diTise en deux parties ayant cbacune 142 co- 

lonoes doilqoes. Des trois attte que fonnent oM qnatre rangs 

de colonnes, celle do milieu est assez large pour que deux 

Toitores pui$ftenty passer; elle est ToOt^, tandis que les 

deux autres sont plafonn^es. Les colonnes sont d*im senl 

bloc, enpierre de travertin; elles ont 28''.60de tiaoteur, 

7 compris la base et le chapiteau. L*entablement est sur- 

moot^ d'nne balustrade , au-dessos de laquelle sont placte 

192 statues de S^,h5 de hant. La d<^pen8e de cette colonnade 

a Mf dit-on , de 3,b00,ooo Cranes. 

Une colonnade bien difT^rente et Jouissant anssi d^one 
grande c^^rit^ est la colonnade du Louvre, belle concep- 
tion de Claude Perrault, sur laquelle la critique ne put 
8*exercer qu^en cherchant k en Oter nnvention k cet habile 
architecte. EDe a 171 metres de longueur, et est divis^ en 
deux parties par Tavant-corps dn milieu ; chaque partie se 
compose de colonnes corinthienncs cannelto et accoupl^, 
mats dies no sont pas d*un seul bloc. Les constructions de 
la place de la Concorde olT^ent aussi deux colonnades. L*ar- 
dutecte Gabriel , pour ne pas imiter la colonnade du Louvre , 
a isol^ ses colonnes , ce qui donne de la malgreur k son mo- 
nument. 

Les colonnaded lesplud rentes que nous ayons vu ^ever 
lont cdles qui d^corent ext^rieurement le palais de la Bourse 
de Paris , par Brongniart , et T^Iise de la Madeleine , par 
Vignon. La Bourse de Safnt-P^rsbourg , par Thomon , 
offire aussi une colonnade comma celle de Paris. Enfin, une 
colonnade d^un autre genre, qui ro^rite d^Stre cit^ k cause 
de la ricbeisede la mali^re , est la colonnade drculaire cons- 
tniite par Mansart , dansun des bosquets du jardin de Ver- 
sailles. EUe se compose de 32 colonnes corintbiennes en 
marbre , de 4*^,85. Le fdt de cbacune d*elles est d'un seul 
bloc, 8 en br^he violette, 12 en bleu turquin et 12 en 
marbre de Languedoc. Tons les chapiteaux sont en marbre 
bUnc, et support^t des arcades surmontto d^une corniche 
asflst en marbre blanc, ainsi que les vases qui la couronnent. 

Dlchesnb aln^. 
COLOMNATO. C*est ainsi que dans le Levant on 
app^e les piastres d^argent d'Espagne frapp^es en Europe 
(dans la p^insule), parce qu^on y voit les armoiries d'Es- 
pagne entre deux colonnes droites , figurant , dit-on , les co- 
Nones d'Hercule , et autour desqueiles s^enroule un ruban 
avec cette inscription : Aec plw ultra. On d^igne aussi 
ces esptees de piastres sousle nomdej^io^^res anx colonnes, 
Cefles des anciennes colomes espagnoles ^mancipees portent 
im ioleily le bonnet pbrygien, des plantes uopicales ou 
d*aiitres embl^mes. 

COLQIiPJE. Ce mot est d^riv^ du latin cotnmen, sou- 
tin ; et en eM les piliers drculaires ainsi nomm^ sont or- 
duaremcot employ^ pour soulenir un fronton, un portique 
SB teste autre partie arcbitecturale. Dependant on a ^lev6 
^afiquefoit des colonnes seules. Les monuments de cette 
■ttee oot M sourent critique, comme n'atteignant pas le 
te qoe icmblerait indiquer leur usage. 

Ciie eoloone se compose d'un corps principal, auquel on 
deone le nom de/At; il est plac^ sur une base, et surmontd 
d'on chapiteau. La proportion de ces difli^ntes parties 
^arie amrant les dilldrents ordres d^arcliitedure. Les co- 



75 

lonnes sont prindpalement employ^ dans les temples et 
dans les palais ; eHes servent k leur deration, et, suitant 
la ricbesse dn monnment on le goM de Pirtlste , on les fait 
en pierre , en marbre on en ^ranit , d*nn seiri bloc , par tron- 
^on on par tambonr, sdvant que les issMes ont plus ou 
molns d*^pal8seur. Qnehpierois des colonnes en ma^omierie 
sont reconvertes en stnc, de cotdenn Tari^. n est 4 
croire qoe les Grees flrent d^abord lenrs colonnes avec des 
troncs d'arbres dans leur 6tat natural. Depuis , on en a fkit 
en menniserie, soit qot le bois conservAt sa conlenr natti- 
relle, soft quH fM peinl^ pour imiter le marbre ou le granit. 
Le bronze mdme a €t6 couM en colonne : il en existe ])eu de 
cette matl^ ; cependant on en yoft qnatre k Salnt-Plerre de 
Rome et quatre k Saint-Jean de Latran. Les proportions 
d'nne colonne variant en ralson de Tordre d'arcldtecture au- 
qud elle appartlent , la moitl^ de son diam^tre est devenue le 
mo(fu/esnivant lequel se determine la mesure de cbacune 
des parties d*un Edifice. Dans Tordre toscan , remarquaMe 
par sa simpHeft^ et par sa force, le tdX de la colonne avalt 
12 modules ; celui de Pordre dorique, nonun^ Pordre viril , a 
▼ari^ de 10 M6 ; dans I'ordre lonique, d^sign^ comme Pordre 
f(Sminin , k cause de sa beauts majestueuse , le (M de la co- 
lonne a 18 modules ; Pordre corinthien Ta jusqu*^ 20, et on 
hd donnaft le nom de rlrginal , tant k cause de son ^^nce 
qu^ cause de la ricbesse et de la Tari^ des omements qu'il 
admet Les colonnes furent d'abord fiittes de qnatre ou cinq 
tron^ns : cependant on remarque d'andens temples avec 
des colonnes monoHthes , c'est-a-dire d'un seul bloc ; cet 
u!;age a pr^valu toutes les fois que la hauteur des colonnes 
n'a pas d^pass^ la grandeur des blocs que Pon pouvatt se 
procurer dans les carri^res. Ordinatrement les colonnes 
^talent unies : cependant dans Pordre corinthien , et mtoie 
dans Pordre lonique, on en voit de canneUes dans toute 
leur hauteur, comme celles de la colonnade du Louvre et 
celtes de Tint^rieur de la cour. Qutfquefols elles sont rti- 
dentdes, c^est-k-dire que dan^ le tiers d*en bas de la colonne, 
chaque cannelure est remplie par un corps arrondi en sens 
inverse de la cannelnre, et foisant Peffet d*un roseau que 
Pon y aurait introduit. On peut en voir un exemple au por- 
tique de Sainte-Genevi^ve k Paris. Des colonnes torses sont 
un objet bizarre et heureusement assez rare; il s*en trouve 
k Saint-Pierre de Rome et au Val-de-Grftce k Paris. On a 
Tail aussi des colonnes ovales ; on en a vu autrefois k D^los ; 
11 en existe encore k la Trinit^-du-Mont et au palais Massimi 
k Rome. 

Suivant la roani^ dont les colonnes sont plac^, on dit 
qu^elles sont IsoUes, accouplSes, lUes , groups , flan- 
quieSf engagies, cantonndes. On nomme angulaires celles 
qui sont aux angles dHin monnment ; le mot solitaire d^- 
signc celles qui forment k elles seules un monument, et 
dans ce cas eiled sont ordlnairement colossales; d'autres 
designations sont encore donn^es k ces colonnes, suivant 
Pusage auquel elles sont employ^ : ainsi , on les nomme 
triomphale, navale, rostrate, siputcrale, itin&aire ou 
tnilliaire. 

IiCs andens temples de P£gypte offVent un grand nombre 
de colonnes qui pr^sentent l)eancoup de varies : la plupart 
n*ont ni base nl pi^destal ; leur diminution part du bas et 
va Jusqu'en haut, sans aucun renflement vers le tiers du 
fnt , ainsi qu*on le remarque dan^ cePes de Parchitecture 
giecque. 

On ne tronye plus maintenant aucun monument anden 
avec des colonnes de Pordre toscan ; mais Vitruve en a trans- 
mis les proportions d'aprte un temple de C^r^ , qui de son 
temps existait encore k Rome. Les temples de Poestum et 
de Slcile, ainsi que rarophitbMtre de T^one et la colonne 
Trajane ne sont point de Pordre toscan, mais bien de Pordre 
dorique. H'esl vrai que dans les temps les plus recul^ les 
colonnes de cet ordre n'avalent pas P^Wvation qu'on leur a 
donn^ depuis, et que, comme celles de Parchitecture ^gyp- 



76 



COLONNE 



tieniie, leur plus graad ^uoHre ^toit k la base : eeti ce 
que )*on peat obMrrer dans les cokmnea de Tboricoa et 
dana oelica dea temfrieade Janon et de la CkMioorde k Agri- 
gente ; dana cehii «ie S^eate et dans lea deu templea de 
PoBfttoni. Do tempa de P^riclte on donna ploa d'dl^gance 
k la eolonne dorkjae, dont la hauteor ae troata port^ k 
onze modalea , ainai qoe le oonatatent lea temples de Jupi- 
ter Panhelleniaa dans lUe d'iEgine, celoi deThMe, la 
Parth^on et les Propylte k Athtoea. Bientdt on aogmeota 
encore la haateor dea cokmnea , eomme on le Toit au tem- 
ple de Minenre, sor le promontoire^ SaaUraimiy k eeloi de 
Jopiter N^m^en , entre Aigoa et Ckmnthe. Les Romaina en- 
fin donn^rent seize modnles k la eolonne doriqoe, dana le 
th^Atre de Bfarcellua et dana le CoUs^ 

Leplos ancien module de Tordre ioniqoe'se tromre dana 
on tonple sur miisse k Athtees ; on cite ensnite odd de 
la Fortune Tirile et de la Concorde k Rome; dana oe demSer 
monoment les colonnea ont dix-hoU modnlea de haotear. 
L*ordre corinthien a 4A6 employ^ trte-fr^quemment, et la 
hauteur du fOt est k peu prte la mtoie que dana I'ordre 
ionique; mais la base et surtoot le chapiteau ont plus d^^ 
Mration, ce qui fait que cea colonnea ont jnsqu'^Tingt mo- 
dules. Les ancieoa Mifioea qui noos offirent lea pins beaux 
modules sont, k Atb^nes, le monument cboragique de Lysi- 
crate; k Rome, le Panthton» le temple d*Antonin et de 
Faustioe. Les trois colonnes qid reatent dn temple de Jupi- 
ter Stator sont en marbre blanc, cannelte, et ont 13 ro^ 
tres de baut. H faut encore dter comma de beaux mod^ea 
de Tordre corinthien lea deux area de Septhne-S^^ et de 
Constantin. Quant au temple d*£phte, regard^ comma une 
dea merreillea du monde , et d^tniit depuia si kmgterops, on 
assure qn^il ^tait om4 de cent vingt colonnea , et qu^elles 
avaient 19""50 de baut. Quoique aucun Miflice modeme 
n'oflre de eolonne qui alt le droit d'Mre dUe autrement que 
comme une copie plua ou moina parfaite d*un monument 
antique , cependant nona croyona devoir rappeler que dana 
le nombre considerable de colonnes employ^ k la deco- 
ration du Lourre et dea Tuileries, la plupart aont d^un seul 
bloc de 4"',85 k S^^as : Tune d'elles m^rite d^dtre distinguee, 
puisqu^elle a €U ex^cutee par Jean Goijon lui-mtoie. EUe 
est plac^e an premier etage du payillon du milieu dea Tui- 
lerias, du c6te du jardin : c'eat la premiere k gauche, en 
regardant le palais. On raconte que le Tienx professeur 
Blondel , ne pouTant plus marcher, ae faisait porter k cette 
place pour admirer encore la eolonne dont ii aTait aouTent 
parte dans ses coura d'architecture. 

Dans retat intermMiaire entre Tart ches lea anaiena et 
celui de la renaissance en Europe , 11 y eut auasi dea colon- 
nes employees dana Tarchitecture mauresqne ou sarraaine, 
k laquelle on a improprement dopne le nom d*architecture 
gothique;ellease disthiguent par on caract^re toot ^ Aiit 
particulier, et qui n*a aucun rapport ayec les ordres greca. 
Ces colonnes sont rarement isoiees, sourent meme eUea 
sont reunies dix ou douxe autour dea piliera qui soutiennent 
le poids de la yoAte ; on pent en voir des examples k Paris, 
dans les eglises de Notre-Dame ^ de Saint-Eustache, et 
dans beancoup d^andennea cathedrales. La proportion de 
ces colonnes en faisceau Tarie k llnfini , et toojours dies ont 
une eieration dont la maigreur est en qndque sorte dissi- 
mutee par unegradeuse elegance. 

La matik« employee pour faire les colonnes a yarie ad- 
▼ant la natm« dea carrierea dont lea pays ae trouraient 
pournis; la pierre est celle que Ton a le pius souvent em- 
ployee : cependant , comma nous Tavons dit, on en foit un 
grand nombre en marbre, en granit et en porphyre. Lea 
Romains tiraient leur granit dtEgypte^ de lllede Chypre et 
de rtle d*£lbe. Cea matieres etant beauconp plus durablea 
que la pierre, plusieura, aprte avoir fait partie, pendant 
des siedes , d*nn monument detruit depuis longtemp», se 
rehxraventmalntenant senrir k la decoration d*autres edilices 



qoeceox poor kaqnds eUea aiviieiit ete* (kHaa d'abord. De 
semblablea colonnea etant d'ungicuid prix, ^cause du tempa 
enorme qu*ll font pour tailler et polir dM matierea ausd 
durea, les princes et lea oonqneranta ont souvent profite 
de lem victoires poor enrichir leur paya, soit en employant 
des esdavea k taiUer et transporter des colonnea mondithes 
d*une grande dimenaion, soit en prenant lea colonnes d*on 
monnment mine , dana un paya conqula , pour deoorer le 
temple oo Tare de triompbe qu^ila fdsaient dever alora 
dana leur capitate. Cast alnd que dans beaucoop de mono- 
ments de Rome on troore des colonnea antiques, Tennea 
de paya doignea, et dont qodques-unea sont en matiere dont 
lea cnrierea aont epuisees d^is des siedes. Les plus re- 
roarquables de ces cdonnes sont celles du temple d*Antonin 
et Fauatine (eOes sont en dpolin, le tttX a ll"*,70), et cdlaa 
du Pantheon, au nombre de sa. Les 16 du portique aont en 
granit orientd, gria et rouge, canneieas, ayec des cbapi- 
teaux en mvbre blane, d'ordre corinthien; dies ont 12"',S5. 
A Saint-Pani hora lea Murs, avant llncendie de 1823 , la 
nef seule etait omee de 132 colonnea, dont 24, en brtehe 
▼iolette, yenaient, k ce que Ton croit, de la badfique £nd- 
lie. Plhie TAnden et Staoe en ont parie tooa deux. Le tem- 
ple de Veata ayalt 30 colonnea canneieea en marbre blane, 
d^ordre corinthien, de 10^,30 de baot : I'une d'dlea est 
maintenant detruite. A Sainte-Marie-Mijeure, on y<^ a 
belles colonnea ioniquea en granit, et 36 du memo ordre, en 
marbre Uanc : ces demierea yiennoit, k oe que Ton croit, 
du temple de Junon. On y yoit auad 4 colonnes corintbien- 
nea en porphyre, et 4 en jaape orientd. A Saint-Pierre in 
fHncoH 11 y a 20 cdonnea canndees d^ordre dorique : eUes 
sont en niarbre grec, d ont a"*,10 de haut Au temple de 
Nerya, on yoit 3 colonnea corinthiennes en marlnne blane : 
elles ont lO^ySS de baut. A Sdnte-Marie-des-Anges, on 
trouye 8 colonnes en granit gria de idTfib de hauteur; dlea 
yiennent des thermea de Diocietien. A Sabit-Barthdeml, on 
yoit dans rinterienr 24 colonnes en granit, que Ton croit 
yenir de Tanden temple d*£soulape , et au palais de la chan- 
cdlerie, 44 cdonnes de granit, yenant du portiqoe de 
Pompee^ 

La yiile de Constanthiople n'a jamais ete ansd ricbe en 
monuments que celle de Rome, et les revdutions qo^elle a 
eprouyees y ont occadonne de grandes destructiona. Ce- 
pendant, on y rencontre encore qudqnes restes de aoa an- 
denne splendenr, et les plus grandes colonnea de porphyre 
se trouyent k Sainte-Sophie : dies sont d'un seul bloc de 
13 metres. Cdle de PHippodrome est Tormee de ptosieora 
serponts ^tortOies : peot-^e eat-ce Torighie des ooUmnea 
torses. 

A Saint-Marc de Venise et dans la cathedrde de Piae oa 
trouye une infidte de colonnes en porphyre rouge et en por- 
phyre yert : dies y ont ete amenees de Constantinople. Lea 
eglises de Sicfle sont decorees de beaucoup de ooknmea 
d*un marbre gris bleuAtre, de 6*", 50 k 7"',80. A FloroBce^ 
on ydt auasi un grand nombre de colonnea d^in mart>re dit 
pietraserena, et qui se trouve dans les enyirons de cette 
yilie. La France est bien loin d'ayofa* de telles richesaes. 
Cependant, on yoit k Lyon , dans reglise d'Ainay , 4 colos- 
nes de grosseor inegale , parce qu'dlea ont ete formeea en 
sdant lea deux cdonnes en granit gris qd oradent TancieQ 
autd d'Auguste. 

I^'arc de triomphede la place du Carronsd 4 Pnria 
est ome de 8 colonnes en marbre de Langnedoe, doot le ttt 
a S^yas ; les bases et les chapiteaux, d'ordre corinthien, aont 
en bronze. Des colonnes en marbre Mane , dont le fftt eat 
d'un sed bloc, se yoient dana la salle des seances du Corps 
legislatif. Le musee du Louyre est ome d*un nombre de oo* 
lonnes bien plus precienses encore par la matiere et par Vmn^ 
dennete. Dans la sdle des liommes illustres, on ydt 8 ock 
lonnes de granit gris^ provenant dn tombeau de Cli&rle- 
magne, k Aix-la-C1iapdle : dies ont a'*,25 de haut La aalle 



GOLONNE 



11 



llypoMtA tA oArt 4 M graik roo0e de la plot belle qtialit^, 

A twfeiiiit aatii du mteM tombean. Les 4 eoloiiiiit de 

k aDe da Lmooob toot en oiarbre yertdit vtrdelio : elles 

flotprte de S*»&5, et provieiiiieiit do tombeao do oonii^* 

Idile Aaae de Mootmorand. Dtas la telle des Muses on voit 

tei cokMuwa de 2* ,25 eofiroa; rone eel en marbre afri- 

caB« Tantre ea granit gris fono^, nitH6 de vert el de rose, 

sfec ^lelqiiea marques blanebes. Pliisieari des areades de 

kgrande galeriesool sootemies par deeoolooiies enmar- 

bfe rare, de 3 ,90 enfiron : 11 y en a 4 en dpoKn, prove- 

ntol de randen aolel de Salnl-Germain-des-Prte; 3 en 

marbre de Flandre, proTenanI de V4f/Aa» de la Sorbonne; 

8 en brtehe yiolette , Tenant des Grands- Augostins; el 4 en 

marbre common. Dix aotret petites colonnes, de r ,80 en- 

▼iron, se IroaTenl disposte k dUDfirentes places, mais sans 

&ire partle de la constmclkm : U s'cn troinre 3 en marbre 

Boir, 2 ea marbre de Califomie , 2 en brtebe )anne, 2 en 

▼ert aatiqiie, el 2 en albfttre oriental. On doit encore remar- 

qoer deox cc^onnee en granH gris de CbeiiK>urg : elles soni 

pincto dans le sakm octogone , k I'entrte de la galerie d'A- 

poOon. La taiUe el le poU de cee colonnes onl coOt^ 

30,000 francs : on peat ainsi Jager de Pimmense yalenr de 

toatea lea eolonnes antiqaee doni noos ayons parl^. 

Nous derona encore mentionner comme un grand trayail 
BBodene lee coloanes de f^glise de Saint-Isaac k Saint-P^ 
tenboorg : eUea sonI en granit roage des carriires de P^ 
terlnxa ea Finlande, el d^nn seal bloc, de 18'",20. Gelles de 
Sainle-GeaeTliTe de Paris son! en pierres par tamboor, et 
a'oat qoe 15 ,60. 

Parmi lee colonnes solitaires, noos croyons devoir dter, 

qnoiqae n*6xi8lant plus, ceUe^rigfe k Jules-Cter : elle^tail 

ea jaoae antique; la colonne de Marius Tainqoear d<» La- 

tiaa; eeUe k la mtoofare de Claude II; celle dite le pilier 

des Uwraces , parce que le yainqueur des trois Albains y 

dtposa leura d^pooilles. Une colonne rostrale rappelait la 

tidoire natale remport^ par C. Duiluus sar les Oartbagi- 

nois. n a exiat^ aussi k Constantinople deox colonnes ayec 

des bas-reHdii en spirales , Tone en rhonneur de Constantin, 

fntre de Tb^odose : toutes deux onl M ddruites dans le 

dh4mittftrae sitele. On toH encore maintenant k Alexandria 

aae colonne d*un seul bloc de beau granit rooge de 20»,45. 

Ln eoloniie Tnj^ane est sans contredit la plot remarqoable 

deloutes; elle e8ld*ordredorique, se compose de 84 blocs de 

marbn Uane unis ensemble par des crampons de bronze , 

el est e at o u r<e ext^rleurement d'un bas-relief, en spirale 

qd l ep i '^e ente les Tictoires remport^ par Trajan sor les 

Daces. Cd empereur, qm la fit construire, moumt aTant 

qu'eUe fifkl acherte. Elle lui senrit de tombeau d Alt long- 

temps sarmont^ de sa statue. On ne sail pas ^ qudle ^poque 

la statue de Tn^ ftit enlette; mais elle n^existait plus du 

tempa de Sixte<hiint, qd fit mettre k sa place celle de saini 

Pierre. Do pav^ an sommd de la statue on compte 43">i,70. 

Oonslraite par ApoUodore de Damas , la cdonne Trajane a 

eerri de typie k tons les monuments du m6nie genre qui ont 

M de?^ depuls. 

La coUmne AnUmine ed un des monuments les mkox 
eonserr^ de Tandenne Rome. On crdt g^n^ralement que 
femperenr Marc-Aurde la fit ^er en llionneur d'Antonin 
le Pienx, son beau-p^. Ce monument, restaur^ par 
Fob Ian a soua le pontificd de Sixte Quint, a, dans son ^tat 
ectad, 45B,50 de baot, dont 8b,12 pour le stylobate , 3^,90 
poor la stable de saint Paul , qd le couronne , et 3b,90 
pear le pMestd sur lequel cette statue repose. Le fOt, 
dool le diamdre ed de 3b,&7 , est compost de 19 blocs 
de madire Mane , dans la masse desquds on a creus^ un 
r, compost en toot de 190 marches; Text^rieur de 
sionae ed om< de bas-rdids, qui fbrment 20 spires 
do IM ; ils repr^sentent les yidolres que Marc- Aur^le 
nmpoffta ior lea Maroomans. Ces bas-rellefe, dont la dis- 
PMitioa est imit^ de ceux de la cohmne Trajane, kor son! 



Ide beaucoop inMrieurs pour Tentente d la purd^ de Tex^ 
cation. Cdte colonne ed dorique par les caract^fes de la 
base d du chapiteau , mais elle ed corinthienne par sea 
proportions, pdsque son fOt a 10 Ibis son diamdre de 
hauteur. 

On atrouy^ en 1705 , prte du mont Citerio, une cdonne 
rompoe, dont le fOt, d*un seul morceau de granit rouge, 
aydt 14^,60 de haul. Elle ftit bris^ par un incendie en 1756 ; 
pfattienrsdeses fragments ont d^ employ^ ^ la restaurationde 
trois ob^iisques Mfs6s par le pape Pie VI. On Usdt sar son 
piMestd : Diyo antoniiio aog. pio, antoniuvs, aucdstos, 
ET ysRus ADGCSTCS nui. D'aprte cette inscription , les antl- 
qudres pensentque la y^ritable cdonne Mg<6e en llionneur 
d*AntonUi le Pieux ed cdle-ci, d que la copie de la colonne 
trajane ftit Mg<6e en llionneur de Marc-Aurfele , pdsque sea 
yidoires soul sculpts sur son fOt. 

Une cdonne moins cddire ed cdle qoe Ton yoit aussi k 
Rome, d qui fnt dey^, en Tan 608, ^ la mdnoire de 
Pbocas. On doit encore dter la colonne releyte par le pape 
Paul V, deyant r^gHse de Sainte-Marie-Miyeure : die ed 
d'ordre corinthien d cannd^. Cest la seole qui soil restte 
de la basilique de Constantin , d^sagn^ orduiairement sous 
le Hire de Temple de la Pdx ; die se compose d'un seul bloc 
de marbre blanc , de 14n,3 : on crdt quil a d^ tlr6 dea 
carri^res de Pdleno , dans llle de Chio. 

Arriy^ aux temps modemes , nous dterons la colonne 
deyte 4 Londres pour rappder le terrible incendie de i666» 
d qui dans cette yille ed connue sous le nom de MonU' 
ment, Elle a 64 mdres de hauteur; die ftit constmite par 
Christophe Wren, architecte de Saint-Paul. Le Monu- 
ment ed une colonne canneMe , d*ordre dorique , en pierre 
de Portland. Au sommd on Tdt une ume d'od s'^chappenl 
des flammes. La fiuse orientale du piMestd porte une soilp* 
lure all^orique de Gabrid Cibber, repr^sentant Londres , 
sons la figure d*une femme couch^e sur des mines , ao 
milieu des flammes, d sauyte par le Temps, par la Proyi- 
dence, par leRd, U Libert^, le Gdiie, dlaSdence. D y 
ayah autrdob sur la base du piMestd une inscription qui 
accusait les paplstes d'ayoir k6 les auteurs de llncendie. 
Cette accusation n*dant fond^ sur aucune preuye, Pinscrip- 
lion a M dAicte. 

Une aotre colonne a d6 ordonnte par le parlenMOt d'An- 
gleterre en mdnoire des nombrenses yidoires du due de 
Marlborough : die ed sormontte de sa slatoe, d supports 
par des prisonniers; die se ydt deyant le chlteau de Blen- 
heim; sa hauteur totde ed de 40",90. On en ydt oneii Var- 
soyie, k la mdndre du rd Siglsmond II. Une colonne ros- 
trale a d^ deyte par Catherine II, dans les jardins de Tsar* 
kole-Cdo, en m^moire des yidoires nayalee remporb^ sur 
lesTurcs. 

Une cdonne k laqueOe on Idt pen d^ttention mdnte- 
nant ed cdle attribu^ k Catherine de MMids, mais qui 
oertainement fut constmite sous Henri n, puisqu^eHe por- 
tait son chiffre d celui de Diane de Poitiers , sa mdtresse : 
die edd*ordre dorique, condniite par Bui I ant, yers 1552 : 
sa hauteur totde ed de 82n,48. Lorsqoe, en 1762 , on d^ 
traisit Panden hOtd de Sdssons, la colonne de M6did8 
allait etre abattue comme tout le reste des conslrudions de 
ee grand pdais , lorsque Bachanmont Pachda aux entre* 
preneurs pour 1800 francs, d la donna k la yille de Paris, 
qui ordonna qu'elle serdt consenrte dans le projd : en 
^€i, die se trooye en partle engag^e dans la nooyeUe cons- 
tradion de la Halle an BI6. 

Aprto la colonne de Londres, la colonne <fo Napolion, 
^Boulogne, ed la plus grande des cdonnes connoes. La 
premiere pierre en ftit poste le 9 noyembre 1804 (anniyer^ 
saire du 18 bromdre). Le marbre employ^ dans sa cons- 
truction est un produH du BookmBais. U nodlt6 des assises 
de cdte colonne edd*an did dtegr6able. 

La eolmm de la grande arm4e, sur le piece Vendtoe, 



76 

k Paris, a rompUo^ ane «tatne ^qneitni pa bronxe de 
Louis XIV. Cette colonoe a 44*,20 de hi^oteiir, y com- 
pris le pi^estal, et a'^JO de diam^tre; \^ pi^estal a 
7 metres d'^l^Tatibn et est entoar^ par un pav4 et des gra- 
dins en granit de Corse. Le noyau de la colonne est de pierres 
de taille et rer^tu de 276 plaques de brofoe om^ de 
bas-reliefs et dispos^es en spirale, repnMl|tant par ordre 
chroDologique les prindpaux exploits qui signal^ent la 
campagne de 1805, depuis le depart des troupes du camp de 
Boulogne jusqu*^ la conclusion de la paix aprte la bataille 
d'AusterUtz. Dans Vint^rieur de la colonne est pratique un 
escalier k tIs de 176 marclies, par oil Ton monte k une ga- 
leae plac^ sur le chapiteau au-dessus duqucl s'd^ve une 
oap^ de lanteme qui supporte une statue p^destre de Na- 
pol^n. Le pi^estal est om^ de bas-reliefs repr<Ssei^tant en 
tropli^ roilltaires les arme^ et T^tements des peuples 
Tfaincus. Qmtre algies de bronze pesant cliacun 250 kilo- 
grammes ornent les quatre angles du pi^estal quils sur- 
montent;les aUesaccoI^ au fOt de la colonne, lis soutiennent 
quatre guirlandes de cl)6ne. La colonne a 6U fondiie du 
bronze provenant de 1,200 pieces de canon prises aux Russes 
et aux Autricliiens. Commanc^ en 1806, sous la direction 
de Lep^, elle a ^t^ achev^ en 1810. Napolton avail eu le 
projet de la couronner de la statue 4c la Paix; mais la 
guerre ayant recommence, il y fit poser une statue k sa 
propre image. Cbaudet foumit le module. Le vainqueur 
dUusterlitz^tait repr^nt^ en empereur romain, la t^te cou- 
ronnte de lauriers. En 1814 les allies essay^rent de ren- 
iferser ce monument de la gloire fran^se ; on attaclia un 
cable au cou de la statue, et des dievaux tir^rent k toute 
force, mais la colonne r^sta ; on sda alors U statue, et, pv6- 
cipit6e k terre, elle fut bris^ par la cbute; on emporta les 
morceaux, qui servirent k fondre la statue de Henri IV qui 
est aujourd^iui sur le Pont-Neuf. Une ^orme fleur de Us 
surmont^ d^un drapeau blanc fut d^ lors le seul couron- 
nement de la colonne de la place Yenddme. La revolution 
de JuiUetle rempla^ par le drapeau d^Austerlitz, et Louis- 
Pbilippe y flt remonter la statue de Bonaparte, dans son cos- 
tume populaire et historique : grandes bottes , petite redin- 
gote et petit chapeau. La nouvelle statue a 4 metres de liau- 
teur et a ete fondue du bronze de seize pieces de canon 
prises aus^ dans la campagne d'Austerlitz et lelrouv^es dans 
Tarsenal de Metz. Le modde en a ete fait par M. Seurre, qui 
dut alors consulter moins les convenances de Tart que les 
exigences de Tesprit public. 

Une autre colonne, que Ton d^signe spus le nom de co- 
lonne Alexandrine, est celle eiev^e , en 1830, & Saint-P^- 
iersbourg, en Thonneur de Tempereur Alexandre, par Tem- 
pereur Nicolas, son fr^ ; die est d^ordre dorique et k peu 
pr^s de la mftme proportion que la colonne Trajane. Mais 
ce monument n'offre sous le rapport de la conception au- 
cune originality , et ne m^rite de fixer Tattention que par 
les dimensions peu communes du monolithe qui en forme 
le fdt. Ce fot, €A granit rouge , n*a pas moins de 26id,62 de 
baut, et Tient des carri^res de P^terlaxe en Finlande. Le 
diapiteau et le pi^destal , ^galement en granit, sent rev^tus 
de bronze ; les tropb^es qui d^corent les quatre faces du pie* 
destal soni composes d^armures russes andennes, groupies 
avec des armes antiques. La figura, qui couronne le monu- 
ment est en bronze dor^; c*est un ange sous les traits d*A- 
lexandre tenant la croix. Cette figure, qui est trop grande 
Dour Tensemble de la colonne, ne pose pas dans son axe, 
ce qui produit un tr^mauvais efEif^. La Jiauteur totale du 
monnment est de 47 mMres. 

En 1840 a et6 termin^e k Paris la colonne dite de JuilUi 
(wkdela Bastille, k cause de son emplacement), dev^e en 
commemoration de la revolution de 1830. Haute de 50 m^ 
U*» k partir du sol, en y comprenant la statue du Gdnie 
de la Uberte, (Kuvre du statuaire Dumont, qui la surmonte, 
cette colonne est remarquable par son cliapiteau, dont la 



GQI^QNN^ 



parlie inH^rieure ^t ofB^ ^*<>it raagdepalmesd'oiisorteiit 
quatre en£uits ^rtai^f 4ans leurs mains des guirlandes. Le 
fOt, enti^remept en bronze, est divise ea trois comparti- 
ments, sur lesquds sont grav^ en lettres dories les noms 
des dtoyens morts en combattant pendant les Joumees de 
jnillet 1830. Le lipq, cmbl^mc de la majeste du peuple, 
domine dan^ Pomeipentationi U se detacbe en entier sur 
une des faces du piedestal. Lesi couronnes et les pafines 
mortuaires de deux des autres Gelces , le coq gaulois qui se 
trouve aux quatre coins, e^ enfin sur le somnpiet de la lan- 
terne, cette image de la Libert^ qui tient un flambeau d*one 
main et de Tautre d^ fers brisks, fornient un ensemble 
oui donne k ce monument uii caract^re bi^ arr^te. Le pie- 
destal de la colonne est supports par de^x etages en ma^n- 
nerie qui lui forment comme deux marches eolossales; 
disposition mii a ete Tobjet de i^ombreuses critiques. La co- 
lonne de Jiullet est plac^e dans Paxe da canal Saint-Martin 
qui passe dessous. Les soubassements sur lesquds eUe s'e- 
llve sont etablis sur une vodte ogivale qui embrasse toute 
la largeur du canal ; ils avaient ete construits pour supporter 
la fameuse fontaine de l*£iephant, dont, gr&ce k Dieu, Paris 
n*a eu que le module. M. Due, ardiitecte de la colonne, 
dont le plan avail ete donne par M. Alavoine, qui roourut 
avant son execution , a su les approprier k leur nouvdle 
destination : d^obscurs corridors, destines k de simples con- * 
duites d'eau , ont ete changes en caveaux funeraires d*une 
l)elle disposition, od reposent qudques-uns de ceux dont les 
noms sont ecrits sur le fOt de la colonne. Depuis , ces ca- 
veaux se sont rouverts une fois pour les victinies de la 
revolution de fevrier. 

Colonne se dit aussi figurement, dans diverses dr- 
constances, pour appui , soutien : les colonnes de Vltglise, 
les colonnes de VStal. La justice et la paix sont Us colon- 
nes d^un empire. 

Lorsque , dans un livre , les lignes sont peipendicalair^ 
ment coupees , soil par un simple espace , soit par un filet, 
comme dans notre dictionnaire, on dit qu^O est imprimd k 
deux ou trois colonnes. On entend par colonnes d^nn re- 
gistre, d*un tableau, les divisions, les compartiments d^un 
registre, d^un tableau, indiques par des lignes tracees de 
haul en bas ; et Ton donne le nom de colonne de ch\ffres k 
plusieurs clu'fTrc^ plaoes les uns au -dessous des autrea. 11 
y a la colonwe des unites , cdles des dizaines , d<« cqq- 
taines^ etc On fait Taddition des colonnes. 

Colonne, en terme de physique , se dit d'une quantity de 
mati^ fluide qui a une hauteur et une base determin^es, 
redlement ou par la pensee : colonne^d^air, colonne d'eau, 
II y a une colonne d*air qoi p^se sur la colonne de oierciire 
contenue dans le barometre. Suivant l*£criture sainte, one 
colonne de feu guidait les Isradiles , daps le desert pendant 
la nuit; une colonne de nuee les precedait durant le jour et 
les garantissait de Tardeur du soleO. On appeile colonne 
hydraulique une colonne dont le fOt est forme par une 
chute d'eau. 

Les promontoires de Calpe et d*Abila, qoi se trouveat au 
sad et aa nord du detroit de Gibraltar, ont ete nomm^ 
dans Tantiquite les colonnes d'ffercule, parce que c^^tait 
1^, disait-on, que le demi-dieu avail borne ses voyages. 
Tdle est Torigine des colonnes dont sont frappees les [nas- 
tres d*£spagne. (Voyez Colonkato). 

En anatomic , on donne le nom de colonne aux parties 
qui ont la forme ou les usages d*un pilier ou d*une t%e cy- 
lindrique. Ainsi on appeile colonnes chamues du coeur 
des faisceaux musculaires qui saQlent plus ou moins k la sur- 
face des cavites de cet organe; vessies d colonne , celles 
dont la tunique chamue est composee de ftdsceaux to- 
lumineux , separes par des intervalles cdlulaires , dans les- 
quds des calculs peuvent 8*engager on se former. Mats on 
designe plus frequemment sous ce nom repine dorsale des 
vertebres {voyez Colonne vcrt^bralb). 



GQLpNNE — GOLONNE VEBT]^R4{.B 

COUraSE (Art mUUa^). CeBt one ditpositkm de 

troupes doot f&tendue est beaucoop ptns considerable en 

profoodeur qu*en largeor : cette expression s'applique k 

toutes les annes, et Ton dit one coUmne ^ii^anterie, de 

catalerie^ d^artmerie^deg^ie, d'4miipagesmilitaires. 

(Testla di^Msition ordinaire selon la^|iidle on nit marcher les 

troupes : en roote, oomme dans U manoeuvre , les colonnes 

oe doiTent jamais occaper, de la t^te h la queue* plus d*es- 

ptce qu'en bidaille. A ce prindpe g^^al on peut opposer 

dnrerses exceptions prorenant des difficult^ du terrain, des 

ehemins ^troits, des liTi^res, des ponts, des d^fil^, qui 

oUigent k sobdiYiser le front des divisions. Le r^ement du 

K aoiit 1791 prescrit les manasuvres k ex^ter dans cette 

drconstance. La marcbe des troupes en colonne exige de 

la part des chefs une grande attention, sans laqueUe la 

queue serait souvent obtigde de courir pour regagner ses 

distances, ou la t^ de Gairehalte pour attendre que la 

queue edt r^oint Une colonne qui couvrirait un trop grand 

espace serait Element hors d^^tat de r^sister k une atta- 

que impr^Tue; sa marclie durerait en outre plusieurs beu- 

res de ^oa, ks troupes seraient accabl^ de latigue, et le 

gte^ral, ne pouvant calculer le temps qu*une seule colonne 

mettrait k fhmchir une distance donn^, serait impuissant k 

combiner la marclie de plusieurs. Un corps d*arm^, un r6- 

^ment, dans la roardie ou dans Tattaque, peut s^avancer, 

soit en colonnes serrte ou mass^, soit en colonnes espacte. 

D^pioyer la colonne^ c'est paster de Tordre en colonne k 

Fordre de bataille. 

On troove on traits de Folard sur la CoUmne en t^ 

de ses commentaires sur Polybe. Le marshal de Saxe, 

qooiqiie grand admirateur de Folard , n'adopte pas ses opi- 

niona'anr cette mati^re : il bUbne les colonnes de 24 bom- 

ues, oa mtoe de 16 de profoodeur, et pretend qu^il ne 

UmA jamais les taire que de d^x bataillons d'^paiaseur, k 

quatre bommea de bauteur chacune. Feuqui^res donne 

d*exceBenis pr^ceptes sur la marcbe des troupe en colonne. 

Guibert, dans son £ss<U de Tactique, a trait^ le mfime sujet 

avec b^ucoup de talent. Mais c^est surtout dans les ou- 

Tra^es des g^i^aux Mathieu Dumas, Lamarque, Bardin, 

GuflUume de Vaudonoourt , Pelet , et Jomini qu'il faut ^tu- 

dier la formation et les manceuvres des troupes en colonne. 

lies gnerres de la Revolution foumissent de nombreux 

exemples de marches, batailles et manoeuvres en colonne 

qoi proovent que ce n'est pas en s'astreignant k des prin- 

c^es rigooreux que les ann^ fran^ises ont obtenu taut 

de brillants socc6s, mais qu'elles les doivent principaleroent 

a la presence d'esprit, k Pliabilete de nos grandes renom- 

Bate militah^ , appr^dant de prime abord les dilBcultes 

do teiTain, et trouvant dans les ressources de leur g^nie le 

jBojen de lea surmonter. 

On appelle colonne d'aiiaque celle qui est cbarg^e de 

cammencer raction; colonne renvers^e, celle qui affecte 

une disposition invene de Tordinaire, et colonne mobile 

m corps de troupes, souvent de gendarmerie, destine k par- 

eourir un pays en tous sens pour y maintenir la tranquillity 

ct en chasser les partis ennemis. Lliistoire a consacrd sous 

la Bom de colonnes ii\females celles auxqueUes le comite 

de taint public donna Tordre de baltre la Vendee , le for et 

la flaame k la main, poor achever rextermination des 

ebouans. 
€OLOBIN£ lilLU AIRE. Les ' Remains pla^aient 

des oolonnes de mille en mille pas sor les rootes et les 

rtmii i te qn'ils oonstroisaient : one base carree, prise dans 

Is bloc,flervait4 les fixer en terre; la colonne s^vait hors 

de terre de plotiears pieds, et oneliMcription latine indiqoait 

Is nan de I'empereur soos le r^oe de qoi cette voie avail 

Hi m eonstmite ou reparee. Venait ensoite rindication no* 

9inqae de la colonne , qui donnait ainsi la distance en 

9^UeM de la viUe oil la route commeocait. Les diifllrea aont 

ffcMiierdes lettres M. ou MP., milliarium on mOlia paS" 



79 

mtim. QoelqaefoUonytttinteeleiiQmdftlivilled'e^k 
distance eiait comptee. Ces colonnea mOlialieB ■Mirptant Iv 
distances en milles existaient dana toulea les posaosifoni 
romainea. Ce fut Teoipereiir Aa^piataqni fiteiever aomittaa 
du For om one colonne de macbce da laqoelle toulea lea 
aotres comptaientlesdifltancesaarleapiindpalea voiasqoi 
y aboutiasaient. Cette colonne demarfareUanc est la mtee 
que celle que Ton foil sur la bahitkrade du perron du Ca- 
pitole^Rooie. Elleestde forte proportioB, en maniked*an 
cylindre court, avec U base, le cbapitean toacan, et one 
boule de bronie pour amortiaaemeBt , symbole do gkibe. 
On Tappelait mimarium mureum, parce qo'Angoate en 
avail fait docer la boole, et lea inscriptiQns nous annonoei^ 
qoe les empereors Vespasien, Tnjan et Adrian la firentres* 
taurer. 

On trouve en France phisieoa colonnea miUiaifes, mate 
avec cette particolarite , qui ne ae voH dans aocon aatre 
pays, qoe leadistaiioea iUnerairea sont quelqaefois marquees 
par le nombre des Ueues (leugis), au heu de retre par 
oefaii des mUles; il fiuit meme observer que ce mot Imigx 
ne ae Iroove pas sur tootes les eolomiea que Fon voit dans 
le memecanton ; qua ces sortea de colonnes ne se leneon- 
trent que dana la partie des Gaulea Bommee par les Romains 
Comaia ou Cheveluef et dont Jules ceaar fit la conquete. 
Au contraire, on ne voit que des colonnes ndlliaires dans 
la province romalne, ou <Un8 cette partie de la.Gaule qui 
s'etend d'un o6te depuia la liediterruiee jusqu'li la Garonne 
et aox cevennes , et qoi, de Tautre, est comprise entre le 
Rb6ne, les Alpes et TOcean, et finit it la viUe de Lyon. 
L7<iii^a4r^d*Antonin, route de Milan k Boologne-sur-Mer, 
nous apprend que lea distanoea d*une station k Tautre etaient 
oomptees depuis Lyon k la romaine et ^ la ganloiae , c'est- 
krdire en nUlles et en lieuet. Sor dix-neuf oolonnes iti- 
nerairea traavees dana la partie de la Gaole determinee d- 
dessus, il y en a bull sur lesquelles on a employe les milles 
romains et onxe qui portent le mot leuga ou leuga, en 
entier ou en abre^^. La pins andenne de ces demieres est 
du tempa de Septime-Sef^, et a ete troovee prte de Sois- 
sons. L*faiscripkion porta qoe c*est par lea soins du magistral 
loraain qu'elle a ete placee , qnokpi'elle marque la distance 
en Ueues. 

L'usaga des colonnes milliaires subeiste encore, poisque 
des colonnes semblables indiquent sur nos prindpides gran- 
des routes la diatanoe en kilom^tres;on ne Ml encala que 
conserver on osage anliqae tr6s*utile. 

CBAUPOLUOlf-FlOBAG. 

GOLONNE VERTIIBRALE, tige phis ou moins os- 
seuse, qui dans le sqndette des veriebres peut etre con- 
sideree comme Taxe de la charpente de ces animaox. Elle 
est ainsi nommee parce que eel axe est natarellenient 
divisible en un nombre plus ou moins considerable de t^er- 
tibres.Chei Fhommeet tous les animaux dont le sacrum 
est bien distinct, cette denomination ne s'applique atricte- 
ment qu*^ U tige formee par la serie de vertebras situees 
entre Focdpital et le sacrum, ou la tete et le bassln. Mais en 
anatomic comparee, il importe de considers* comme colonne 
verMrcUe toute la tige osseuse etendue d<^uis le cr4ne jus- 
ques et compris le bout de la queue ou do coccyx. Dans 
Tanatomie buroame, on divise cette colonne en trois regions, 
I'une cenHcale ou du cou, Taolre dorsale ou du dos, et la 
troisieroe lombaire on des lombes : on considere le sacrum 
et le coccyx k part Mais dans la squelettologie des anunaox 
veriebres on en admel , en outre de ces trois regions , deux 
antres , dont Tune est la r^^fon $acr4e, ou pelvknne, ou 
saero^oxale (de coxa, banche), et raolre la region coc- 
qfgiennef ou caudale, ou de la queoe. Dana certakis 
animaox (reptOea, pdsaons) dont le Giftne se leiredt beao- 
oonp , dont roedpital reasemble toot ^ Mt it one vertebra , 
on a po oonsiderer le crftne oomme la contlnaallon an- 
terieure de la cokHiBe veriebrale, et on a envisage aaalo* 



80 

giqueoMBi ceUe (Murtie de U t^te comme one r^k>n (Tdnteitite 
de la loDfsue tigeosaeuse ^tendue dqmift le bout de la qoeae 
joaqu'au bout du nei. On a ea raison de signaler Topposition 
des deax regions qui terminent oette tige on oolonne, Tune 
en arri^ region caudale^ Taotre en a?ant, r^ion nasaU 
ou rhinaU. Mais la forme et le Tolume plus considerable de 
la tdte de rhomme el des vert^brte sap^rieurs ont dA, dans 
ies premiers temps de la sdenoe, iaire consid^rer la botte 
o^pbalique comme un latte ou partie culminante supports 
par une colonne. 

Sans nul doute cette comparaison est toot k la fois pit- 
loresque et physiologique; mais cette s^e de rouelles Yer- 
t^brales empUte Ies ones sur Ies autres v^ofkt bient6t plus 
k Tanatomiste , qui d^crit minutieasement , le prestige de la 
comparaison. Ce n^est qu^en regardant sa face ant^rieure 
cbei lliomnie et Ies singes qu'il en voit le tdi tr^s-irr^guiier. 
Vue en arri^re et sur Ies c6t^, oette pr^tendue colonne se 
montre b^risste d^^inences et d^ar^les plus ou moins 
aigu^, qui lui ont m^t^ le nom de rachis, ^ipint et 
d'^Alne.^todi^e plus profond^ncnt et dans son int^rieur, 
elle manifesto sa forme de tige creuse, de canal ou d^^tui de 
Taxe nerreux ou de Ja moelle spinaie, et Ton voit cet 
etui communiquer en liaut avec la cliambre du cr^e qui 
renformelecerveau, diminuer peu k pea de calibre et 
s'effacer an fur et li mcsure que la moelle splnale et le fiiis- 
eeau de nerfe qui lui succ^de, sous le nom de queue de 
cheval, s'amoindrissent et disparaissent. Cette tige soUde, 
trte-complesLe , ottte sur ses c6tes : 1" des trous dits de con- 
Jugaison poor Ies nerfs qui sortent du canal vertebral et pour 
lea vaisseaux qui y entrent ; 7? dans la region tkoradque 
des fiicettespour son articulation, avec Ies cdtes , Ies unes 
aternales » Ies autres abdominales; et 3" dans la region sa* 
crfey des suHaces pour ses connexiont avec Ies os des ban- 
dies, qui sent le point d'appui des membres inferieurs ou 
posterieurs. 

Cet axe du systtote solide est le point d'appui de tons 
Kes leviers de Torganisme. 11 est lui-meme un IcTier, nne 
tige souple, flexible dans le Jenne Age et cliez le bateleur 
adulte , chei Ies reptiles et dies Ies courtisans. veritable 
protee, cette colomie se pr6te dans Tarchitecture animated 
tous Ies genres de solidite et de mobilite pour Ies yarietes 
infinies de locomotion dans Ies milieux lea plus denses ou Ies 
plus tenus. L. Ladibnt. 

COLON PABTIAIRE. On appelle de cenom cdui^ 
qin un bien rural est loue sous la condition d*en partager 
en nature Ies fruits aTcc le baillear. II ne peut soua-louer 
ni ceder si la faculte ne lui en est exfffess^nent reserree 
par le bail, k peine d'etre expolse de la propriete et dedom- 
mages interets (Code Napoleon, art 1763 et 1764). Qudle 
que soit la diminution qu'il eprouve dans ses reooltes par 
suite de cas fortuits et de force mijeure, il n*a Jamais dln- 
demnite k pretendre. La raison en est que le proprietaire 
supporte sa part dans la perte. L*interet du proprietaire 
exige que le colon ne puisse disposer des denrees qu^aprte 
partage ; il nedoit meme commencer k battra Ies grains qu'a- 
prte en avoir donne avis au proprietaire. 

GOLOPHANE, resine cuite et totalement privee 
d'huileesaentielle, d<Mitle joueur d'instmments Acordes frotte 
Ies crins de son arcbet, afln d'augmenter leur action sm 
ces cordes. Pendant longtemps on a (kit mystere d'une pre- 
paration si simple et ai^ourd'hni si vnlgiire. La colopbane 
se tirait autrefois deOolopbon, vUle dlonie, d'od hii est 
vena son nom. 

Nonsne sommes plus tribotairea de la Grtee pour la oo- 
lophane, et k MireciMirt notamment, petite ville du depar- 
lement des Yosges, terre dassiqoe des manvais violons et 
des menetriers disoordanta, on (kbrlque de tres-bonne co- 
lopbane. Cette fabrication toute simple consiste uniquement 
k Uitt fondre dans nae chaudiere de fonte an mdange de 
4kiix parties de reaine residu de la distillation de la tere* 



COLONISE VERTEBR^LE — COLOQUINTE 



ben tbine , avec une partie de poix blanclie. On tient Un^ 
temps ce melange k pdit feu en le remnant de temps k au- 
tre avec une spatule, dans le double but de renouveler Ies 
surfaces distillantes et d*empecher que la matiere ne s'ftt- 
tacbe au fond de la cbaudiere. Toute Tessence finit par le 
degager; on s*assure que la colopliane en est bien purg6e 
en en fiusant rcfrddir une gootte qui, k retat de perfectioo, 
doit etre bien secbe et pulvemlente. Par le refroldissement 
lent de la masse dans la chaodiere, toutes Ies impuretes des 
resines tombent au fond; on ecume alors avec soin, et on 
coule la matiere dans des monies appropries k ce but. Les 
residus servant dans la fabrication du noir de fbmee. 

PBLOoxspere. 

COLOPHON, I'une des plus importantes d'entre les 
douze vfllea dlonie, sur la cdte de Lydie, k envfaxm trois 
lieures de route an nord dl^btoe, posaedait au temps de sa 
plus grande prosperite une marine redoutable et one exoeU 
lente cavalerie. Prise par Gyg^s, puis par les Perses, k Vifo* 
que de la guerre du Pdoponn^, et plus tard par d*aatres en- 
core, die finit par tomber en complete decadence par suite 
de Tagrandissement toujours croissant d^pbese. 

Le port de Colopbon avait nom Notion : il est oeiebre 
par la bataille navale que les Atbeidens y livrerent en Tan 
407 avant J.-C. Prds de ]k, dans on petit bois, sur lesboids 
d'nn ndsseau appde Claros, se trouvait le oeiebre oracle 
d^Apollon-Clarius, On trouvait aussi prto de Cdoi^n une 
resine dontlesanciens dej^ fiusaient grand cas, et qui servait 
pour fumigations, . emplAtres, soudnres, et surlont pour en^ 
duire Tarcbet des instruments k cordes ( vbyes Colopsaab ). 

COLOQUINELLE. La colopUnelle on fausse cobh 
quinte est le fruit du cucurbita eoloepUha^ esptee do 
genre courge. Plusieurs botanistes reunissent k cette es- 
pece le cucurbiia aurantia, qui n'en difE^ que par la 
forme de ses fruits, vulgairement oonnns sous le nom d*o- 
rangins on defauues oranges. Dans les orangins, la peau 
( ^pkarpe ) forme nne coque solide, d*an vert noir dans 
sa fratchenr, puis d^un jaune orange tres-vif. Dans les co- 
loqnlndles, la peau est beanconp plus mince, panadiee, k 
bandes daires. Tons ces fruits ont one forme agreable, mais 
la pulpe des uns et des autres n'est pas man^aUe, et s*ils 
paralssent dans on dessert, ce nVstqoe sur la table de quel- 
qae farceur et coromepto^ ^attrape. 

COLOQUINTE9 nom vnlgaire du cfictimis oofoeyn- 
fAto, plante sarmentense du genre CO n c m 6 re. Cette planie 
annodle est indigene de la Turquie et de la Nubie. Elle 
flenritdepois le mois de mai jusqu*en aoAt ; par le feaHlage 
die ressemble beancoup au concombre common. La ra- 
dne est rameuse, et sconce profondement dansle sol. Les 
tiges sent tratnantes, oouvertes de polls rudes. Les Iboilles 
prennent naissance sur de kmgs p^les, et sent de forme 
triangulaire, diversement sinuees, obtnses, d'une bdle 000- 
leur vert fence sur la foce soperieure, et blancbMres et 
rodes en dessous. Les flours sent sditaires, axlliaires et de 
couleur jaune. Lecalice des flours miiles est campaniforme. 
La cordlea la menie forme que son limbe; die est <fivlsee 
en dnq segments aigus, et les antberes, qui sent porteespar 
trois filaments courts, sont tongues, droites, et adherent 
ensemble k Texterieor. La fleor femdie serait en toot aem- 
blable k la fleur mAle, d ce n'est que les filaments ne por- 
tent point d^antberes. Le firuit, qui porta ansri le nom de 
ooloquinte, est une bale ronde, de la grosseor d^one petite 
orange; fl est jaune d lisse k Texterieor dans feiat de aaa- 
tnrite. II est trOocolaire, d chaqoe loge contient ph Mi e ws 
scmences ovales, comprimees, bianchltres, nicfaees dans 
une pulpe blanche spongleuse. 

Qoand le fruit est mtt d bien jaune, on le pde et om 
le fdt secher k retove; c*est dans oette eiat qull nooa est 
apporte. Quand il est plus gros qu'une orange de Saiat- 
Micbd, d que les semenees quil renferme sont noires eC 
aigu(fs, U est r<^te de mauvdse qualite. La coloquiMe 9ibf 



GOLOQCINTB 

dto a OM MiTfar ttcdutntamiien 
$k MM^oaJe, Eb to mkhtiity ella defienl nmcitogiiieiite. 
JMftadamm&Dt des • — w pc m, eUe «st compotte d\iM 
nlMlnoe eellulaire, Ugke, btonehe, CKito 4 d^ehirery so- 
hriito dint Pother, daat Taleool el dans Tatn. Llnftiaion 
bita dot Teto booiUaBto «tt d^ime eootoar jaime d'or el ae 
gtli^iiiiae par to refroidiatcment Une toinlure aloooUque 
de eotoquiBtey Mant ^Taporte, foornit one aubsUaoe jaune, 
fUabte, aokibteca partto daas Pean ;to rMla offire one Diaaae 
ibmentenae, blanchey liraalaoJaiiBe. Oettetubataiioe rteam- 
■lenl dteoaTflrte a re(a to aom de coloqfnthine, el on lui 
attribiie en pharmacopte tootea tot Tertns da finrit, oomme 
prindpe acUf. Peloozb p^re. 

GOLOQUINTE ( F^ osteJ . Voiftt Ooloqijiiibllb. 

GOLOQUINTE LAITEE Vofei CovcoimosrrB. 

GOLORATIONDESBOIS. FoyesBoia(t.lU,p 360). 

GOLORIS. Gemot, en peintare, est somrent emptoy^ 
comnie sjnonyme de couUur; du moins c*est ainsi que I'a 
cntendu de Piles dans son Coun de Peinture, et Hagedorn 
dans tos Ei/Uxknu qa^ a pobltoes sor eel art Mab depais 
qoe Pon a nois plos de precision dans to tongue des arts , oes 
deox mots sembtent ne plus deroir 6tie prto indifltireniment ; 
€€utemr se dit des objeis naturtU, et eoloris de tour re- 
fTtuMUUUm enpeiii/icre. Atosiytomeragiife, to del dans 
un orage, une pndrto, une IbrM, des fleurs^ ofArent une 
amiemr sombre et brUlanto , mais ^galement bdle; to cO' 
larit de Joseph Yernety ou eidul de Van Huysum , est plus 
Trait plu* agr^abte que oelulde Zeeman ou de Hem. Cepen- 
daat , on dit encore to eouleur ou to colorU dPun tableau ; 
on dk dHin peintre qu'il a une bonne coukur^ ou iui ban 
eoloris; mais nous croyons que dans oe cas il se trou?e en- 
core quelque nuance entre ces deux acceptions; to mot 
ooiileifr semblerait deroir s*appliquer de prifi&rence k des 
lonscfanods et Tigoureux, tandto que eolorii serait plus pai^ 
tienU^renent affects aux tons argentins et gracieux ; \hcour 
Umr serait plus remaiquabto par sa force, et to eoloris par 
sa finesse. 

Le eolorU, qui n*est qu^une partie de I'art de to petoture, 
Pempoite souvent dans le monde pour toire apprtoer un. 
tabtoan qni ofire des toutes dans le dtssin el surtout dans 
to eompositUm. Le Corr^ge est to peintre que Ton cite tou- 
jours poor to beauts et to T^rite de son eoUnis. C*est un 
grand eolarUU, Docbbshb atn^. 

Le mot coUnis ne s'emploto pas seulement dans le langage 
des arts. H s*appHque aussi k to Aratcbeur du Tisage. On dit 
de mteae to ootoris d'une fleur, d*un Ihilt. H y a ators un 
coloiii iustr^ un eoloris sating f on eoloris veUmt^. Parmi 
tos findtSy to ptebe est oehii qui offte to phis beau, to plus 
ricbe eoloris. 

n y a aossi un colorit poUique, dont Pappr^datton se 

derfaie pIntM qn^elto ne peut s'exprimer. II n*appartlent 

qo'toL poeles peul-^tre de to sentir. « Cest un artifice de 

to poMe, a dit Ifannontel , de peindre une idte a?ec des 

eontoors ^trangferet k son olijet, afln de rendre cet objet 

aensibte s*U ne Pest pu, ou phis sensibto s*il ne Pest pas 

assfli , oo bien sensibto par des traito plus doux ou plus forts, 

phis rianto oo phis noUes, plus terribles ou plus touchants, 

^B*a pas en hii-mtoe, ou s*n n'a pas asset tel ou tel deoes 

cand^ies. Le eoloris peut done exister toot k to fois dans 

lesidte et dans to styto; matoil s'entend plus particuli^re- 

mest de Pemploi des Images et de to mani^ dont to podle, 

oQOBne to pdntre, salt disposer, Tarier et fondre tos cou- 

toen d*an tabtoan , sdon qo*il tout produire une impression 

douoe on terrOito, sombre oo gale. Radne, La Fontatoe, 

Boton, Parny, Ddilto^ sent d*excellento eoloristes, cha- 

C8B dans toor genre. Edroe H^rbau* 

GOLORISTE* On qualifie de oe nom tos pdntres dont 
les tottes brfllent par to coutonr ou to colo ris. Les ouvriers 
€t ooniires qui cotorient les gravures et litliograpliies pren- 
aant ausai oe nom (voyes ENLUMmuBB). 

mCT DE LA CO^ITERS. mm T. ?l. 



- GCHLOSSB g| 

GOLOSSfi, COLOSSAL ( du grec xdXoc, ^and, et 
59ooc» oefl). Ce motdMgoe en gteiral les ofajeto dont la 
mesore excMe celto des dimensions ordinaJres de to nature; 
mato il s'appUque phis particoli^rementaux ourrages de Part 
dans to representation du corps humato. Les peuptosandens 
out toiss^ des monuments qui t^moignent de toor ^t pour 
to eolcisai; celto passkin du grand el du menreiltoux, ce 
besoin de remuer et d'^erer de grandes masses, paralt na- 
turel4 Penlkncedes sod^t^corome 4 PenfSmoedes hommes, 
el peut s*expliquer par les mteies raisons qui toisalent dans 
les temps primitilii consister to prindpal m^te de lliomme 
dans to force physique. Atlas et Hercuto dtaient dieux ayant 
que to Sagesse eAt des aoteto. 

Les plus anciens peuples de PAsto et les £gyptiens se sent 
surtout distingu^ par tour gofit pour les constructions oo- 
lossales el les figures gigantesqoes. Les Paged es de Plnde, 
du Japon et de to Chine reoferment encore dans leurs Tastes 
enoefaites des idoles cdossales ; et les figyptlens nous out laissi 
BTec tours Pyra mides et tours temptos les c6tobres statues 
de Me mnon , d*Osymandyas, de S^sostris, et une foutod'au- 
tres morceaux de sculpture d*une proportion extraordinahe. 
Le cdosse de S^sostris, en granit, reoTors^ depuis PtoTasion 
de Carobyse et avjourd^bui fort mutil6, doTait aToir euTiron 
soixanto pieds de hauteur dans son ^t primitif. Chacun 
de ces trois colosses ^tait form^ d*un seul bloc 

La Grtee possMait ^gBtoment plusieurs colosses, parmi 
tosquels to Jupiter et la Minerve de Phidias oocupaient le 
premier rang; mais Ds se dtotinguaient plus encore par to 
m^te de Part et to difllcult^ du traTall que par les pro- 
portions ; et sous ce dernier rapport le tomeux Coloue de 
Rhodes Pemportait sur tons les autres et ^tait dto comme 
une des sept roerTeilles du monde . 

C^tait une stotoe de bronae, haute de soixante^ix coud^es 
repr^sentant ApoUon, to dieu tutWre des Rhodieps; ils 
ayaient ^rig6 ce monument par reconnaissance eoTers ce 
dieu et enyers Ptotomte, sumomm^ Soter oo SauTeur, paroe 
qu^il les aTait d^iTr^ de Paring de Dto^trius, fils d'An- 
tigone. Charte de Lyndes, charge de ce traTaO, PefitApeine 
commence que, d^sespM d^avoir d^a d^pens^ to somme ai- 
loute poor tout PouTrage, fl se pendit; Lachte, son compa- 
triote, acboTa to monument dans Pespace de trois oly mpiades . 
Cinquante-six ans s^^taient k pdne <^ul^ deputo P^rectioii 
duoolosse, lorsqu'il fot reoTers^ par untremblement de terre, 
et il resto en cet ^t jusqu*^ lluTasion des Sarraihis, en 655. 
Ceux-d to mirent en pieces , et le vendirent k un marchand 
juif d*£m^, qui en aurait, dit-on, charge neof cento cha- 
meaux. Mais cette ciroonstance paratt exag^rte. En rappro- 
chant autant que possible les dix-liuit ^criyainsgrecsou totins 
qui partont de ce colosse, el dont les r^to offrent de grandes 
contradictions, on peut fixer k la premiere annte de to 
125* olympiade, c*est4-dire 4 2&0 ans ayant J.-C, P^poqoe 
de sa construction. Plac^, dit-on, sur les deux rodiers 
qui formaient Pentrte du port de Rhodes, les yaisseaux 
pouyaient passer entre ses jambes ; on salt qoe tos yais- 
seaux des andens, moins grands que les ndtres , allaient 
par to moyendes rames, et que tours yoiles ^talent de toible 
dfanension. Cependant on a lieu de croire que to c^tobre 
ecrfosse ^tait situ^ k Pentrte du petit port, et que par con- 
sequent le passage des yaisseaux entre ses jambes n^est 
qu*une tobto. Quanta Pex^cution du colosse, on peut con- 
jecturer qu'elto 6tait un ouyrage de toreutiqoe ou en cuiyre 
battu au marteau el rapports par pieces; on juge d*aprte to 
hauteur totato ducotoase que ses jambes derail ayoir au 
moins soixante pieds de haul ; Plhie dH que peu depersonnes 
pouyaient embrasser son pooce, et que to longueur de ses 
doigto surpassait to hauteur des statues ordlnaires. 

En Italto, to yilto de Rome renfermait un grand nombre de 
statues ecrfossales, dont tos plus andeones ^talent, entre au- 
tres, PApollon en hois, haul de ctoquante-deux pieds, tran>- 
porte d'Etrurie dans to biblioth^ue d'Auguste, et celle du 

6 



8) 



GOLOSSe — OOLPORTAGE 



mtee dteu (joe Lndat Currttids fit fliire it6c 1e bronie dm 
annet prises sor les SaumlteB. On cite encore la statoe en 
bronn d'Hercnle par Lysippe et oelle da Jopfter dit Pom» 
p^ien, comme poavant figarer an iii6me rang. 

Rome compta d'abonS cinq colosses remarquables, mais 
leor norobre augroenta consid^blement sons les empe- 
reurs. N^n se & ^riger nne statae d^enrhtm 100 pieds de 
baotear, qal fbt ensnite consacr^e an soleil. On pretend qne 
c*est de cette statne que 1e Colis^e , dit Colosseum, avait 
tir^ son nom. Domitien s^^taft fait ^lerer an milieu de la 
place publlqne une statue <^estre de la memo hauteur, et 
que le s^nat fit abattre apr^s la mort du tyran. 

Parmi les projets de statues colossales one leur extrava- 
gance n'aTait pas permis de r^iliser, on doit dter cehii d*un 
artiste , St^sicrate, ou Ddmocrate selon Yilrare , qui avait 
propos^^ Alexandre le Grand detailler lemontAthos 
de mani^re k ce que ce prince fttt repr^sent^ tenant une 
▼llle dans cbaque main. Un autre projet non moins singulier 
est cdui de GalHen, qui , ponr rencb^rir snr ses prM^ces- 
seors, Toolait que son efRgie fttt pbc^ sur le mont Es- 
quitin, aTOc les attributs du soldi, et tenant k la main une 
pique crais4e de mani^re h recevoir une escalier par lequel 
on enfont eOt pu monter jusqn^li la pointe. 

Parmi les ouTrages modemes, la statne oolossale ^rigte k 
saint Charles Borrom^e^ Arena, dans le Milanais, est la seule 
qui m^rite d*etre d\6e, Ce monument est en cuivre battu ; 
la tftte da saint seule est coulte, et pent contenlr quatre 
personnes assises autour d*une table k jooer. Un homme 
d^une stature ordinaire peut tenir dans son nez; IMnt^rieur 
du monument est consolid^ par un massif de pierres Tor- 
mant un escalier qui permet de monter jusqu*& la t^te de la 
statue. 

Pris ao figure et appDqnd aox personnagea historiques, 
ce mot doit etre employ^ avec la plus grande reserve; 
Talma ^it grand snr la sctoe ; mais Napol^, qd n'aTait 
gn^e plus de dnq pieds, sera toqjours un colosse dans 
lliistoire, Nestor L'Hotb. 

COLOSSES (Colossx)^ ^leaasezpopuleusedelaGrande- 
Pbrygie, sur les bords du Lycos, Ait presque compl^tement 
d^ruite par un effroyable tremblement de terre, sous le 
r^e de N^ron, Pan 65 de notre ^re, en'meme temps que 
Laodlcte et Hi^ropolis, villes voislnes. Mais reconstruite plus 
tard, elle fleorit encore jusqu'aa douziteie sitele. Cest aux 
Coloesiens, ou habitants de Colossei, qulde bonne heure for- 
mirent nne communaut^ chr^tienne mdang^ de quelques 
paienset de quelqnes Juife, que TapAtre saint Paul, pendant 
sa captivity k Rome, adressa une ^itre qui se troaye dans 
le canon du Nouveau Testament poor les mettre en gaide 
tout k la fois contre nne gnose surabondante et contra un at- 
tachement opinilLtre anx formes dn mosabme ; deux tendances 
qni se manifestaient parmi les Colossiens. 

COLOSSEUM. Vopez Cous^. 

COLOSTRUM, lait s6crM inom^atement aprte la 
ddivrance. 11 est tr^s-clair, et difftre beaucoup du lait or£- 
naire. Ainsi le colostrum des Tacbes est Jaune , vlsqueux , 
non coagulable par la pr^ure, et ne renferme qne de falfoles . 
traces debeurre. Le colostrum Jouit de I6g6res propri^s 
pnrgatiyes, qui le rendent propre k foyoriser rexpnldon du 
meconium chez le nouyeau-n^. 

COLOT, nom d*une famille de chiruiiglens qui pendant 
pins de dnquante ans pratiqna presque seule en France la 
tail I e par la m^ode dUe hout appareiL Laurent Colot, 
dft Fancien, m^edn k Tresnd en Champagne, ayalt apt 
pris cette m^ode d'Octayien de Vflle , qui la tenait de Ma- 
riano Saoto de Barietta. En 1556 , Henri 11 Pappela k Paris , 
le nomma son chirurgien, et fit crter pour lul k Tlidtel- 
Dien une charge sp^cUle d'op^teur, qnl passa k ses des- 
cendants jusqu*^ Philippe Colot, son arri^re-petit-fils, le- 
quel, atteint lul-m£roe de la pierre, se fit talUer par son 
propre fits. II ayait assock^ k ses trayaux son neyen Giranlt, 



dont le fib fbt ii son toor le mattre de J^-an^ Ccuft, 
mort le 15 Join 1706 » et autenr dNm TraiU de tOpiratUm 
de la Ttrilie, ayec des obeenrations smr la fbrmation de la 
plenre (Paris, 17^7). 

COLPORTAGE, COLPORTEUR. Le colportenr est qq 
petit marchand ambulant qui transporte des marchan^ses 
dans une &a/fe ou manne portatlye : on le nomme ans^ 
porte'balle. Cette profession peut embrasser tons les genres 
den^oce, dcpuis le marchand de fil etderubans, de chaos- 
settes, de moudioirs et de tolle, de lunettes, de conserves 
bien bonnes, Jusqu*^ VapCtre de laballe, le marchand de 
Ronyeaux T^taments et de Kbles. Lecolportage, que la legis- 
lation ant^rieure li 1789 soumettait k des conditions particu- 
li^res, est devenn libre depuls U loi du 2 mars 1791. Cepen- 
dant le colportage de denrto , dont la circulation n'est pas 
enti^rement fibre, teHes que les boissous, les cartes a 
jouer, letabac, les mati^res d*or et d'argenl, est Tobjet 
d*une prohibition implidte. Quant an colportage des Kyres, 
fl est sonmis k des restrictions tr^-s^yferes. 

Les ootporteors dMmprim^ ^talent assimil^ anx afll- 
cheurs dans les andens r^ements snr le commerce de la li- 
brairie. Un riglement de Igm r^serre le monopole du colpor- 
tage aux andens mattres ou oqyriers imprinieurs, fibraires 
ou rdienrsqui ne peuyent plus exercer leur premier 4tat. Le 
postulant deyait 6tre pr^sent^ paries syndics et gardes de la 
fibrahie an lieutenant ciyfi et an procnrenr du roi an ChA- 
tdet. Ce premier r^ement sur le colportage Ibt modifl^ en 
1649, 17^ et 1723. Le nombre des colportears k Paris, 
fix^ d^abord k 50, se tronya dey^ uU^rieurement jusqn^ 
120. Les coiportenrs, depots Mabllssement d^m lieutenant 
giHi^ral de police k Paris , ^talent sous la d^pendanceabsohie 
de ce magistrat; lis ne pouyaient ddMter ni crier sur U yde 
pnbUque des feuBles yolantes , arrets , ordonnances , dc, 
qn*ayec la permission do Heutenant g^n^ral de police , et de 
petHs ouyrages brech^ on reti^ k la corde, de moins de 
hnH feuilles , et poitant les noms du tibraire-Mitenr et de 
rimprimeur. Mais les plus adroits sayaient binder tontes les 
inyestigations de la police; les nonydles k h main, les toils 
contre le gooyemement et les bonnnes du pouyoir ne drcn- 
laient qu*au moyen du colportage. Le simple soop^on de 
coHtrayentlon exposaHh des p^nditi^ plus grayes qnt cefies 
prescrites par les rfeglements , et k des d^^tlons pr^ym- 
tiyes ind^finles, et toujours arbitraires. La liberty, la ft>rtvme 
des colporteurs ^ient k la merd de ta police. Mais dc 
toutes les oontrebandes , cefie des tolls prohili^ €tait encore 
la plus active, la phis lucrafiye dla plus fiicile. Les huit 
plus andens colporteurs de Paris ayaient le priril^ge d'^fer 
an Palais de Justice , nomm^ dors Palais marchand. La r6- 
yolution affranchit cette Industrie de toutes les entnrfes que 
hii ayaient imposto les Ms et r^glements ant^ienrs ; cepen- 
dant un d^cret dn 29 mars 1793 prescrMt des pdnes contre 
Its anteurs, Miteurs, libralreset coiportenrs d^toltstendant 
k proyoqner la dissolution de la Conyentlon naUooale. Vn 
autre dtod , du 2B germfaial an rr , mdntendt les memes 
p^alit^s contre les colporteurs d^^ritsoontenant proyocati<Mi 
an meurtre, k la yidation d» propn^^s, k la dissolution 
dn gonvemement r^nbficdn. Le gouyemement consulaire 
se montra plus ombragenx et plus sMrt. Un arret des con- 
suls de la r^publique, motiy^ snr nne Id de Tan y, snr le r^ 
glement de 1723, sur une ordonnance de poHce dn 16 avril 
1740, r^labin les anciennes comfltions impost au cot- 
portage ; c*est-^-dire que tout colporteur de liyres imprim^ 
on de joumaux dut se raunir d*une permisdon de la poKce, 
justifier d^un domicile acquis depufs un aq dans le hen ou 
fi youlait exercer, justifier de bonnes yie et oMenrs, 
enfin, sayoir Hre et <k;rire. La revolution de 1630 rendit mi 
instant le colportage libre; mds les Ids des 16 dto^niire 
1830 et 10 DSyrier 1S34 ^tabllrent cette r^gle, quenni ne peut 
exercer, m£me tem|K>raircnient, la profession de vendeor ou 
dc distributeur sur la yolcpnbliqued^toits, de desslns, etc. 



OOLPORTAOB 



as 



ttttiMitarinlioa pr^ttabk de VmikiM wMwJItiiMJa, qui, aii- 
TiBt Itt ctfcoasUBceSy peat U reUner. 

dOjooa im certain r61e daM&MdivarsaB prapagaBte ^ 
»<)i9patto«Dl ie pays. BiantM ftya<knton a^aocMpa dei4« 
ftiteer la presse, et Ton MCaUH raiOorkatiott moBiGipala 
aiecd^pMpr^alabkt taaf daas tesmottflaU ^#0c^^ 
diil7 juiUei 1S49 porte : « Tout diOfibulRHa an aalpadean 
de limft» 6criU, brochttres^ gravurea et lfttiq|lij^yaa, 4e- 
noat 6Uti youmu d^iiiie aAtorkaiHm 4|m ietir aara Mi* 
fr^^poar Ie d^partemeat de La Seine par Ie ps^fol da pa- 
ice, e( pour iesautres d^parUwentB parka pr^feta* Ceaas- 
tarisalioBa pourroBt UMi^ufs AU« reUi^ par leB autei^ 
lei aaront delivrto. lios coetreveaaato cereAt eendam- 
ate per loi tribuaaui eorrecUoiuMto k hb cmprioonacieai 
d'un k tiJL noois et 4 una amende de 2& a (O^ fir., eana pr6- 
jiidtcedeapcMiMuitae qui pourraieatMre dkig^ peurcri^^ 
mi ddita, mX cootve lee aotems et ^teiin de oea ^ertts, 
sijit ooBtraltf dIrtriimteHrs OB colporteura ea&-«iteMi. » Get 
tiM|miiitfgiift quoiqoe appU^utee aveala decai^reriiaeBr, a'at- 
t^igPMyn* pas eompt^tefiaent Ie but que Tob e'^taH prapee^. 
£b 1852 Ie ^wferaeaMBt praecrivit <iue tout Uvre eolpoiM 
soiH ret^lB d'oAeestainpiUe t puis una ooaniBiaskNi pcrma- 
BoUe fui ebarg^ d'eaamiaer sucoeaiiveiBeBt €ft a^par^meal 
diaqne tivre ou grayure, ayec Ie pouvoir aouTerain d*m 
aBtorisflr mi d'eB reloser la celportac^* Optte ceouBlaeion 
faeetianae; ^e sa «e«po8e de deux memiwee de i'Aead^ 
Bue FraB$ai«e, de deux d^ut^ , d*uo iaipHaieBr-libiaira, 
dHm BMltre das requdtea* de quatrelMMnM de laKtrea, d'oa 
Bi^deGiB d» l^enpecaur et d'un innieB pt^fet. £JIe e$i $r^ 
tttepar Ie diraolaur de rimpruBeria. Ub rapport da 4 aTiil 
lliK, rM%^ par OB de see memlirea , M« de La Gn^raiiBi^ 
ad^ tait coBMttre aea preaiieia tnvana. 

« L^inrtiaina kjgislation de la ttbraine^ dii ce docuBMot, 
n'aTait rien pr4yu relatiremeBt au oolporla^. La loidu si 
edobre ISU aaeivettit les Ubraireft k ViM^iitm ds keveL 
Un dteret de 1812 aouuet k Ubrake ^tak^KMe a rautoriia- 
tioB muBicipale. 11 j avaU done uo v^Uabla prifii^fe ea la- 
Teorda cdpoiAeur, qui, sans aucune garantie prealable, 
poorait paroondr lea campagnes, porter k donaieile sa aoar- 
chandise, p^n^trer dans lea maisons, staler sous lea yeux de 
la jetinesse Jiaire et curieiue dea vlUages lee tentatioae grae- 
si£f«s de sea ^avures obso^nea et de sea Uvres eaipeiaoo- 
utk&. Cetie iacaaa a'expliqne par T^tat inteUectu^ de Botre 
^ys k Ti^poqua oil la l^siation sur la Ubrairie a ^6 laite. 
Alors tlnstnictkiB prioiau'e n'eUit pas encoce organist; Ie 
oolporl^s inanquait par cela ufJUae d^aliments, et sob actioa 
aait fort cestieinte. Cest k peiae si aes daaiers , deveBus 
dc|Hiia ai lomudabtes, itaient sentis par les l^lateuia de 
ce tenipa. 

• Plaatafii, la ioi de 16ia, en orgaBisant dans toute la 

Vcaaoa Ie bi»ilait de rinslnKtian prinaire, deyait bmitdt 

readre aenssUe k toua les esprits Ie danger de cette lacuae. 

Iffirandre k lire au peuple sans r^lemenler Ie colportage, 

€'6tait Ie liwer sans d^l^ue a tous les enivrements, k toua 

lei mfp^iODfl'^ et k teates les corruptions des mauvais Uvres: 

OB Be devait pas tarder a Ie reconnaltre et 4 Ie d^pbrer. 

Cb i|adqnf« annte la France rurale ful envaUie jusquedaBs 

aea hameaux les plus recules par la propaganda d'atU^isme 

Ta*Mfl etgrwsierqii a^ I'une des causes les plus actives 

de eette maladie dasocialisme dont la cl?ilisationa fiulli p^ 

rir, et 4 laqueUeBous yenons k peme d'^cbapper. CW sur- 

tool 4 la fin du rigne de Louis-Pbilippe que cette propa- 

gMde se mamfi^^ par des sympt6mes e£frayants. 3,500 col- 

pocteum, distribuani 9 millions de Yolumea, clrculaient dans 

taale r^tendue de Ja France. La plupart ^tai^t orgaiMs et 

dfyis^ per brigades. Cette corporation ayait pour patrena 

eBriroB 300iadividiis, qui eux-BiAmes awaienta leur soldo, 

dcoMmedomestiques, de 10 i^UcomiBta.Ces 300 patrons 

eoipocteurs se foumifsaicnt pcincipalemeBt k Paris, k BoneB, 




k LiBMgea, k JSplaal «l k Taoia, ma tftraArtes d'emvragea 
k boB BMrcM. Ba oalaieBteBflBilewa tttnes at t mi ri i e ui ent, 
lea distribaafteBI 4 leais eeBHBla eu de iMBaUq ues, et lea r6- 
paBdaiMt du» tavto la ntBee. Oette prapagende ne e'ar- 
iMril paa 4 la ftBBtitoe , eile d^beidilt dm les Ifttets TOf sins , 
etparlle«IMnoMBteB9ui«e,eB Bepagne et en PttoioBt. 

«... UaBa^ael esffitdBfaitaa placer la eeoMBMonfDe- 
?ail elle adopter use daetitea el «b syattaief PenyaK-cAe 
s%igBr en aiMIre des emeors banMuBea et dea ¥MMa rela- 
tiyes? Prononcerait-eUe entre les religions, les pbMeeeplies 
el las partis^ iilaiMle lager lea grandee ifuemleB de Wis- 
prit bBouiM etb)6 raaoBiiBfioa illBatres en qai eMes se per- 
sonn^eBtP 6a ooiMioB B'^laitni si haBte Bi si diMeUe. U 
coiBBiisssBB du colportage ne pouyait ayalr qa^uae decl i i a e, 
eettedetaateslef coBscieBeeslieBBMes, cAtst-b-dflre ie fee- 
peotdeOisaetdeiaaDoiM. Les lolsdIylBeset lea lots b«- 
BOBt 4 ees ymx iaylolaUes el saer6es. 

la ooflMMlaaloB B'a pas h^sMA 4 ffjeler in oeta- 
iagae des litres aBtorie^ les oayragea bi cseante pour les 
BMBurs, iBJoHeBx poor la reigig B et pour aea ree p e rtaM es 
liMBish-es, BiensoBgen eftyers l%Moife. EHs a mtase cm 
devoir Waiter dea liyrea qui, sans attaquer ferighie et la 
y^riMdes dogmes de HK^fise, ee Btomen t des ootttrotenes 
dent Ie tOB et l^rH se peuycnt qu^afTaAlir Ie sentiinent 
reiigieux oans des wweHigM w es peo nanvuees a ces petnni* 
qi]easrdBBtes,etpar con edqu e B t plqsfceii es 4 lenrs entrat- 
nements et 4 leurs errenrs. Mais elle s'est arr^tte 4 cett« 
Haslle, el en se troayaBt en fwe de oertaines renoBini^es, 
ette Be s^est pas enie dtepensfe dea ^gards dtn au g6nte, 
BslBBa quaiid il ae trompe. Elle n*a proserft de Yoltaire, 
par example, que eertalBes pages qal seoiHent Ie fegard et 
la penste. EUese ^est paaattHbn^ Ie droltde vepomser ceHes 
qui n lB tdres sen t que llBMgbMtien et n'ongagent que la rai- 
aoo. Me a agl de n#ne pear tons lea auteors anciens ou 
coBleraporalBS dent les ceayies M ont M soomfses. EHe 
B'a pas ea 4 jogeree qol est feox en blstolre, en phitoso- 
pWe, ai politk^ eten d e ea oo i le poHtlqae; eHe n'a en qn'4 
eeBd aiBc r oe qui est irr^gleax, immond et anfl-socHrt. 

« MaHieapeaBeiBflBt, qeote Ie r a ppo rte ur, Ie tloe elfimmo- 
nM^ Be pevfent pas 6tM sapprbn^ *, il foot fees subircoRinie 
une des plaies de la natore bafnaine. Mats, aa mofns, s9 
n'est pas peaMe deles exCirper, tt feat tear reiser ia force 
et l^aolioB de la yle soeMe. Hom n^empftRbewm a pas sans 
dooto to p e i fe i Bi l A d'ferire de manyais Hyres et la cupi- 
dMde les prapager; niais en reftisaAt 4 ees lirres la eirca- 
latloB da eelperti|^ nens leor enl4ycfons tear prindpat 
^MoMBlde prapaga^B. Ceet d^ be auc o u p dTintenlii^ aux 
sMoetlBBs de Perreur ct anx (eatatfons de riimtMralM (!e 
8B prt a c Bi cg 4 domicile. Lesmanyafs Kyt«8,exehis de la 
olreatoliaBf)opidaif», qui lear ooyraH d^lBBomb ra bles Issues , 
ea soBt rddalto 4 a'eatasser au fend des magasbis on 48*16^ 
coaler par dea moyeos fraudeieax. » 

8ar 8,649 eoyrages pr^sentte, to oommisskm en ayait an- 
tavisi 2,itl )M2 ayaient M r^sery6s pour nn nooyd examen ; 
rautoriaatioB da colportage ayait ^ reitis^ 4 556 ouyrages. 
Depuia, to e a ni wI s sioB a d<^;id6 qae Ie colportage des ar- 
rets de cours d^assises, des histoires de brigands^ des rela- 
tions plus ou melBS esaetes de ernnes de toote nature, est 
interdit , « la leelore de semMaMes Merits ^nt sans nCHf t^ 
poor la morale, et peayaat exeroer one umuyafse influence 
sar TdduealioB pabHqoe *». 

On BOOS lait esp^r qn^a^ree ee contrMe faitelligent Ie 
oalp o r ta ge ne lardera pas4 deyeair an des histrunients les 
ploa actifiet lea plus pideleax de meraKsoHon, de luml^ et 
de progr4s, at que boa nombrede bibMeth^qaesdeytllage ne 
se fsraseroot plnsd^aermals que de Hyres de pMf6, d*bu vrages 
da seieoee mfe 4 to poi>l6e dea masses, des cbefkHPeeuyte 
de to langae ftonfalse «t da g^nle Iramaln. Pour aider 4 
catte prapagaBda morato ^ satutalre, M. Fabb^ Bernard a 
propose au ministrede to p e i e e g^^rale de fonder tine as- 

6. 



A 



84 GOLPORTAGE 

sodatkm ou unecoiifip^rie dHe du colporiage, qui, irimita- 
tkm desoolportaundMSod^t^s bibliqaet, aecbargeraity 
au moyoi de porte-balles attach^ k la oonlMrie, de faire 
line propagande actiTe dana \m campagnea, et d*y vApandie 
lesliTresntUesaux iiioeurB,lilareligioiiyliragricultiire,lhmB 
qu'oo a bien des fois essay^, maia qoi aont malbeureuse- 
meot toajoors k foire. L^aoteur du pnjet ne demande pour 
commencer cea noureUea miasions que yingt-dDq colporteura 
et 80,000 flranet. Ceai trop peu pour une oeuTre auiai gi- 
gantoMpie. 

GOLQUHOUN (Patrice), oS^rt par sea ourragea 
aur la statlatique, la police et I'aaaittaiioe dei pannes, de 
m6me que par le ite doot il fit to«||our8 preuTO poor les 
int^r^ts g^raux des masses, ^tait n^ en 1747, k Dumbarton, 
en £oosse. A FAge de seiie ans Oalla en Virgiiiie, ou il entra 
dana la commerce; mais il ^tait de retour dans sa patriedte 
1760, et 11 s'^tablit alors comma marcband k Glasgow. DeTcnu 
lord pr&vo$t de cette TiUe, il sut obtenir pour die de no- 
tablea faTeuradu gouvemement. L'acte'du parlement qui en 
1788 aflVincbH les manuflM^riers de tous droits per^s sur 
les ventes de marcbandisea oporto k la crite fot le r^sultat 
d'lm mdnoire pr6sent6 par Ck>lquboun k Pitt au nom des 
filateura et CdMicantsde coton d'Angleterre. Un Toyage qull 
entieprit dans ks Pays-Bas foumit k Golquboun Tocca- 
sion de crte sur le continent aux cotonnades de Mancbester 
et d*Ccosse Pimmense et profitable d^boucb6 dont elles y 
jonissent. 

Lliabilet^, le dMnt^ressement et la sagacity avec les- 
quelles, k partir de 1792, il s'acquitta de fonctions de police 
urbaine k Londres, Od il ^tait Tenu s*6tablir avec sa Dunille 
dto 1789, ftirent gtotelement apprtei^; demfime que 
cliacun readlt justice k son liTre On the Police of the Me- 
tropolis (Londres, 1796). 11 sut r^mer raudaideux sys- 
tteie de vol et de d^^ation aoquel les yaisaeaux k Tancre 
dans la Tamiae ^talent expose, et r^ussit k donner de la s^ 
curit^ pour leurs propri6t^ aux navigateurs nationaux et 
strangers. 11 ne fit pas de moindres efibrtspour adoudr au- 
tant que possible les souflirances et les prirations des 
classes indigentes ; et, d'accord arec des quakers, crte trois 
grands ^tablisseroents pour distributions de soupes aux n^ 
cessiteux. £tant yenu en 1798 s'^tablir 4 Westminster, il y 
arte encore un autre ^tablissement de ce genre, et plustard 
aussi une ^cole poor les pauTres. En 1804 la Tille de Ham- 
bourg et plus tard celles de Brftme et de Lubeck le choisi- 
rent pour leur agent k Londres. II mourut le 26 avril 1820. 
Depute longtcmps rien ne se faisait plus en mati^ de police 
urbaine et d'assistance publique sans qu*on ne prtt prtela- 
blement son avis, etd^ 1797 runirersit^ de Glasgow lui 
avait ddiTr^ le diplOme de ^octeur en droit, oi le qualifiant 
de virum egregium, tamdiu legum interpretem et acer- 
rtnum vindUcem. Son New System qf Education /or La- 
bouring People (Londres, 1806), et son Treatise on Indi- 
gence ( 1807 ) renferment un trteor d*exp^riences et de pr^ 
ceptes auxquels dies servent de base; d son dernier grand 
ouvrage : On the Population , Wealth, Power and Re- 
sources of the Bristish Empire (1814) a aujourd*bui encore 
beaucoup d^importance. 

GOLUMBAN (Saint). Vogez Couhoah. 

COLUMBARIUM. Vogez CoLOMBAmi. 

COLUMBIA. (Test le nom qui a dd domi6 k un petit 
territoire particulier nomm^ auad district/^d^al, sitn^ sur 
ies ri?es du Potomac, abandonn^ en 1791 par le Maryland 
d la Virglnie au congrte des £tats-Unis de TAm^rique 
du Nord, et n*appartenant en propre k aueun des £tats 
dont se compose runion. Ville i)6dd«le, cbeMieu pditique 
de toute IHiidon, Wasbington edsHo^ sur ce territoire. 
Une decision prise par le congrte en 1846 en a ddacbd la 
▼ille d le comt^ d*Alexandria pour les rdmir 4 r£tat de 
Virglnie ; de telle sorte que le district f4d4tal n'a pas an- 
jourd*bui plus de 100 roiUes anglais carrte. 



— GOLUMELLE 

Genomde CoiwiiMa ed ausd poH^ aux titats-DnIs par 
brob comtte diffdenU : l*un sHu^ dans latitat de New-York, 
Faotre en Gdnrgle, d le dernier dans TObio, d ansd par 
phtfienrs TiUea. La phis importante ed Co/icmMa, dans la 
Caroline du Snd, «Tec 6,000 babitants, si^ du gouveme- 
ment de l*£tat d d'une university. 

COLUMBIA (Fleuve). 7ogt% Ob^om. 

COLUMBIUM. FoyesTAirrALB. 

COLUMBUS, cheMieu de VtM d'Obio , dans inanion 
am^ricainedu Nord, Alt fond^ en 1812. Sondedion en si^ 
du gouvemement dde de 1834. Cdumbus est admirable- 
ment dto6, sur le Scioto, d mia en oonmiunication avec 
Cincinnati d le lac Erl^ par le cbemm de fer central de 
r£tat. D*aprte le receiisement de 18S0 , cette ville avail une 
population de 16,684 babitants, ind^pendamment de 12SS 
bommes de couleur libres. Les ^fices qu*on voit k Colum- 
bus sent pour U plupart vastes d d*un bon dyle. Au centre 
d'une grande place de dfai area s^d^e le Capitole, construit 
sur le modde du Pantbten, avec des cdonnes d'ordre do- 
rique formant tout autour un portique. La maiaon des 
aliduto, la prison de l*£tat, IHnditut des sourds-muds d 
rinstitut des aveugles m^tent aussi d*dre visits. L'organisa- 
tion de ces ^tablissementa ed en ifXxk aussi grandiose que 
bioi approprite; die ed tout k &it digne de rohio, ce ridie 
d populeux 1^. 

COLUMELLE (en latin columieUa, columnellaf eo- 
lumnula, diminutif de eolumna^ colonne). On se sert de 
ce nom, en bistolre naturelle, pour designer, 1* en botani- 
que, un petit axe fiUlbrme situ^ au centre de Pume des 
mo tt sses , auqud les semences sont fixte ; la petite colonne 
qui persiste aprta la cbnte des fruits anxquds die servait de 
support; suivant Decandolle, Taxe central dhm frait resul- 
tant de la soudure de plusienrs carpdles, quand Q est r6d 
et non ficdf; 2* en soologie, une sorte de petite colonne 
plus ou mobis torse, qui forme Taxe d'une coquille spb^. 
Les concbylidogistes d^signent une l^vre de la coquille sous 
r^tbde de columellairef d donnent ce nom aux mollus- 
qoes gast^podea doot la columdle est garaie de plis. 

L. LAOKEffT. 

COLUMELLE (Lucius-Jomus-MoDEiuTus), le plus »• 
vant agronome de Pantiquite , naquit k Cadix , et vd»t souft 
rempereor Claude : il a compost ses ouvrages k Rome, vers 
Tan 42 de notre hte, CollomeUe ^tait un grand propri^taire ; 
il dirigea lui-mdne I'adminisfaration de ses Uens d la culture 
de ses terres. Vonlant acqudir plua de connaisaances, fl 
voyagea dans les diverses parties de Pempire remain, pour 
en connaltre Urates les productions abisi que les difl(§rentes 
mani^res de cultiver et tout ce qui concerae Pagriculture et 
r^nomie mrale. H paroourut avec aoin, non-seulemeDt 
l*£spagne sa patrle d Fltalie , mals encore plusieurs pro- 
vinces de TAsie, particuUdement la Cilide d U Syrie. Co- 
lumdle avail aux environs de Cadix un oncle qui partagealt 
son goOt pour Pagriculture, d il dit que cd onde, afin d V 
mdiorer la quality de la tdson de aes troupeaux , avait Mt 
vanir de la Mauritanie, provbice d*Afrique, des boilers k labM 
fine, pour les cruiser avec des brd)is d'Espagne; ce qu*fl fit 
avec beaucoup de succte. On pourrait penser que c*ed de Ik 
qu*ed provenue la bdle race des mdinos. On croit que Colu- 
radle mourut k Tarente, dans la Grande-Grtoe. 

L*ouvrage de Columelle est intitule : De Re Rustica; U ed 
divis^ en 12 livres , dont le dixi^me ed en vers : c'ed un 
podne sur la culture des jardins. Toutes les parties de IV 
griculture d de rdx>nomie rurale y sont pr^sentte d'une 
manid« agrteble. L*auteur commence par des vues gdi^rdes, 
et termine par une sorte de calendrier agricole , en indiquaot 
les difliirents travaux k faire suivant Pordre des saisoos. 
Dans la prdkce , Cohmidle rappdle les temps beureux ok 
la r^blique dait florissante d Pagriculture en lionneur, d 
fl se plabit de Pavilissemcnt ok cd art dait tomb^. ]| dit 
quH voyait des droles tr^fin^uentto par les rii^teurs, les 



COLUMELLE — COMAGHIO 



CjiAnMiCi, les Biimcieni, les eoiiiniera et let ooiCfoon; il 

^Humrn fine le premier des arts, ragrioollare, IM le Mai 

ftm tofoel Q. ne Toyait ni mattrety ni dUcipleB. L'oirrTage 

4eGQlaaMlle«Bl |»Meiix |KNir let prteeiilieiqail re^ 

aoa ikfle ae reeaoit de la latfaiit^ et do bon godt dn tMole 

d'Aiggate. liea Romaint apprtelaieDt lemMte de ce tayant 

^pnome. Ste^que le dte et PUbo en fiiit r^lo^e. 11 a Ikit 

loaa an XnM De ArborUms, qat Too imprioie ordhiaireineDt 

ifec le pr6o6deiit ourrage, et qui forme alors im troisitoie 

liTTe. Ut out ^ iiiipriiii68 poor la premi^ fois k Venise, eo 

1741, dat le recoeil latin : Mei Ru$ti€x Authores varH, etc. 

lis FoBt M eeolt 4 Straaboarg, eo 1543. Claode Cottereaa, 

chaiwwnift de !<otre-Daiiie, let a traduits en fran^ais, en 1551. 

Cette traduGtioB, quoiqaefort ancienney est pri^rte k oeUe 

qoe Sabooreax de la Booneterie en a donnto en 1771. Le 

10^ Utto de Columelle a ^t^ imprim6 s^partoent plosiears 

Ibis. OnenapuUi^ une traducti<w enTers fran^ais par L.-Tb. 

H^risaant, dans le Magasin EnqfctopMique de mars 1813. 

Par reconnaissance pour let utiles trafanx de Columelle et 

par la ooosidtetion qu*il ^tait nA en Espagne, MM. Ruiz 

et PaTon , anteurs de la Flore da P^u, ont donn^ k un 

genre de plantes de ees contrto le nom de Columellia, 

Du PBTIT-TuoUAas, dc TAcaddDie des Seienoes. 

GOLURES* Ce sont deui grands cerdes on m^ridieos 
de la spb^e, qoe Ton soppose se couper k angles droits aux 
pdles dill monde. L'un passe par les points solsticlaux , Tau- 
tre par les pointT^inouaax : ce qui a fait donner au pre- 
niery le nom de colure des solstices, et au second osloi 
de colwe des Equinoxes, Les colores, en coupant ainsi 
f^qaateor, marquent les quatre saisons de I'ann^ Do 
feste oet cerdet ^talent plus en usage dans rastronomie an- 
caemie qu*ib ne le sont aujourdliui. On les appelle oolures, 
da grec xdXoupoc , qui a la queue coup^ (de xoXoOco, cooper, 
et o6pd , queue), par la raison, dit-on, quails ne s*d^?ent 
Janiait enti^rement au-dessus de notre borizon. 

COLUTHUS9 poete grec , naquit 4 LyeopoUs (anjoor- 
d'hoi Sout) , Yille de la Th^balde. Suidas pense qu'il v<^ut 
sous Anastase 1" , empereur de Constantinople, vers la fin 
do dnquitee si^e ou an commeuoement do sixi^me. On 
Ini attiftae commun^ment un petit podme, en un chant , 
VEnltvemeni d^HiUne ('k^vfh 'HXtvyK). La d^couverte 
du manoscritde cepotoie est due an cardinal Bessari on, 
qui le tronra au bourg de Casoli , prte d'Otraute, dans un 
monast^re. U fut imprim^ pour la premiere fois in-8*, par 
Aide, k la suite de Quintus Cakto*, le continuateur d'Ho- 
m^. Ce po£me est d^une grice, d'une ^l^gance sootenoes, 
nuns il manque de mouTement etde passion, si ce n*estdans 
let plaintet d'Hermione sur Pabsence d^Hd^e , sa xokte ; cet 
^piaode est une toocbante ^l^gie. On crolt Coluthos anteur 
d^un potee en six chants, Les Calfdoniaques; d'un autre, 
intitnl^ Les Persiques, eid*^iogesea vers : ces ourrages sont 
perdat. M. Stanislas Julien a donn^ en 182?, one traduction 
de VEnU9emem d^HiUne, Blalgr^ led^dain qu'on a affects 
potrr Cohithus, il a trouv^ une foule de conunentateurs 
eC de tradudeurt en plusieors languet. DENRE-BAnoif. 
GOLYS^ Voyes CouaiE, 

GOLYVA9 gAteau que les Grecs ont ooutume d^envoyer 
a r^ise neuf Jours apr^ un enterrement, et qui est lait de 
grains de Ironient bouUUt, anxqueb on ajoute des amandes 
peMes, des raisins sect, des grmdes, du steme , et qu'on 
borde de basilie on de quelque aatre plante balsamique. n a 
U Ibrme d'un pain de socre, sannont6 d*un bouquet de fleurs 
arfiieiellet. On le met sur un grand bassin, aux bords du- 
quel aoat dispose des rooroeanx de sucre oa de confiture 
ttehe, en forme de crdx grecque. C^est , d'aprte les Grecs, 
la tradactiott de oet parolet de J^sut-Christ, selon saint 
lean :«Silegrafaiderroaietttqoeronjetteenterrenemeurt 
pat, il demeore seni; mait quand 11 est mort, il produit 
beaueoup de flrnitt. » Cest one profession de foi en la r^r- 
nctioq det noitt, Le Ibssoyear, pr^cW de grot cierget 



85 

allumte, place cegAfeaub^nlt sur la ton^dud^Amt. Trols 
peraoonet satrent le fossoyeor, portant, IHrne deox grandes 
bouteillesdeThi, laseQonde,nneeorbdlledefrnit8,latroi- 
sitae on tapis, qu'on 4tend tor la tombe. Let attistants 
s'asseyent toot antour, et mangent le gitean. La cMnonie du 
eolffva a Heu avec 8olennit6 , le Tendredi arant le jeOhe an- 
nuel de I'AYent, le yendred saint et le yenAredi a?ant la 
PenteeMe , jourt oontaerte k la eommtaoratioa det morts. 
GOLZA.9 iri^ce du genre ehou, dont on coHiTe deux 
Tari^Ms, qui sont le col%a iPMver et le eoi%a dtM : Pun 
et Tautre sont det culturet trte-prodncthres, par llmile que 
foumissent leurs semences et par le Iburraps Tert qu^eUes 
prodoisent On state le colza d'hirer en juillet, k la Tol6e , 
dans la proportion de cinq k six kilogrammes de graines 
par hectare. On ^lairdt, au betoin, ce semis de mani^ k 
laisser an moins 12 centimetres entre chaqoe pied. D*anlres 
cultiTatears staient le colza en p^ni^ et le replantent en 
septembre 4 0°',16 de distance. Dans l*ane ou I'autre m^- 
thode, ce sera aprte dix moit de semis qu^on fera la r^Ke 
de la semenoe. L*on se condnlra alors pour la r^lter et la 
consenrer, comme pour la graine de nayettes. L'huile de 
eolza est d*un emfAoi trte-oonsid^ble. Les pains ou ton r- 
teaux qui restent aprto son expression sont un bon aliment 
pour les animaux et un engrais paissant poor les terret et 
les prairies. Le colza d*^ , un pen moint fort dans toutes 
ses parties, se state an printemps, et foumit, afaisi qoe le 
colza dliiyer, ses semences la premi^ annte ; le colza d^^t^ 
a pris fayeur, parce qn*ind4paidamment de ce qu*il est une 
production d*un dibit toujoors certain, on a la ressource, 
en une multitude de drconttanees, de pouyoir semer du 
cobea , mime au printemps, quand il a ^ impossible d*en 
semer en aotomne. Le colat d^M itant plus bMif qoe le 
colza dliiyer, on le staie de pri^rence dans toot le prin- 
temps et mtoie pendant tout P^, afin de se procurer de la 
noorritore poor leb^afl quand le fourrage est rare 00 quand 
on te trouye avoir une torabondance d'enimaux k nourrir, 
des moutons surtoot. On stane ausd le colza d*biyer pout* 
fourrage. Si en semant les deux colzas on n*a en yne que 
Tobtention d'un fourrage extemporani; si on desire n'obtaiir 
qa*ane noorritore temporal re et momentante, on peat les 
semer Pan et Pautre dans tons les terrains, sdt bons , soit 
mauyait, car on obtiendra toc^oart plat on moins de pro- 
doits; mait si, an contraire, on se propose de r^Her les 
semences da colza pour en obtenir Phuile connue dans le 
commerce sous le nom ^huiU de graines, on doit aotant 
que possible semer Pun et I'autre colza dans la terre la plus 
gta^ireuse. Le colza , dont la coltnre n'itait autrefois prati- 
qiitequ*en Flandre, est cultiy^actuellementpartoot, et no- 
tamment aux environs de Paris. C. Tollabo afn^. 

COMA, mot grec (xuiAa) introduit sans aocun cliange- 
ment dansU langne latine et ensuite dans la n6tre. Cest un 
terme de pathologie, par leqod on d^igne une sorte d'as- 
soupissement ou de sommeil profond, d*o(i il est trdt-dif- 
fldle de tirer les malades. Lorsque ce sympt6me , qu^on ob- 
serve dans plusieurs affections morbides, s*accompagne de 
ddire, de mouvements pour changer de position, on le 
nomroe coma vigil; dans cette varl^ d^aatonpissement 
pathologiqoe, le malade a les yeox fermte, mais 11 let 
ouvre quand on PappeUe, les refenne anssitdt, et parte seal. 
Si le malade est immobile, parle senlement qaand on le 
reveille et se tait dans let intervallet, cette deuxitaae vari^ 
d*ilai comateux s'l^tpelle coma somnolent. Let tynonymet 
pea utitte du mot cofwa tont carosis, caros, cams, et 
catapkora, Ceax qu'on emploie phit frdqoemment tont les 
termet assoufissement , somnolence et Uthargie. 

L. Laubbnt. 

GOMACHIO (le Comacula des andens)M)etite vllle 

fortifite de la dtf^gation de Ferrare (£tat de PEglise), au 

miliea des ValU di ComaeMo ou marato formant let sU- 

gnantet erobonehuretdu Pd et cdtaret par lear ricbesaeen 



&6 

pdsMiifty naUmoieDt ea angoiUei d^lkieaMS, eompto «i« 
Tiron 40,00 halnft«nl8» ^ est le ti^ d*iia ^teU. Ii« oooirte 
de Yienne attribua k rAabriche le droit d> enketenir one 
gamSson, de m^ne que dans la eitaddle de Ferrtre ; droit 
ifoe le cabinet de Yienne n^a en garde de ne paa exeroer 
toijours depuis Ion. Quand / an commenfiemenl de Tagita- 
tion qui le it sentir en Italie en ia47, le gonvemement as- 
tricliien renforca cea gamisons, le parti national italien pri- 
tendit reTenir centre cette clause dies traits de Itia. et au 
moia d*ectobie i&4S lea troupes pontificalea d^mantelkent 
mdoieeB partie le fort de San-Agostino i Cloinacluo. Maia tout 
cela dora peUj et lea choses se trouvent auiourd'bui sur 
Pandeo pied. II y a anx environs de Comacbio de ricbea sa- 
lines. 

GOMAGtlNE. G*^t la premise des onie provinces 
de la Syria dont Ptol^de nous donne la nomenclature. 
Strabon , PtoUin^e , Pline, Ammien-Marceilin , ne seat pas 
d^acGord sur les limttes de cette province. 

SamostUe, sa capitate, ^tait situ4e sur un large coude qoe 
fonnait l*£upbrate par le repli soudain de ses eaux remon- 
tant vers le sud-est, le long et presque autour du Zeugma. 

C*estdans la Comag^ae, dtoembrement de la Syrie, ce 
beau et grand royaume des S^leucides, que des princes 
obscure de leur sang obtinrent un trdne tributaire des Re- 
mains. Pomp^e, vainqueurde Mithridate et d*Antio- 
cbus, laissa comme par piti^, 4 ce dernier une ombre de 
royaut6 dans Samosate, dont Jouirent, maisnon sans inter- 
ruption, ses descendants, vtk^itables prcfots et percepteurs 
de la vUle ^tarnelle jusqu'^ Domitien , qui r<^umt tout k 
fait la Comag^ k Tempire* filafant d*un coup son nora 
&k valine temps que ses prerogatives royales, it la nomma 
Euphrat4sie^ du grand Oenve qui i'arrosait. Dans la suite, la 
Comag^nefit partiedu patriarcat d^Antiocbe. Dsmn-BAnoN. 

COMANGHESf tribus dlndiens belliqneux, piUards 
et eroels, habitant 4 Test du Rio-Grande les froatitees du 
Mexique et du Texaa. Lea Comancbes parcourent k cheval 
les prairies du Texas ; et, en faisant la cbasse sur le Mustang 
et le Bufliilo , ii leur arrive seuvent d*attaqoer les Ranchoi 
dee Mexicaina et les Forme des Texieas; ils vont mteie 
quelquefiais Juaqu'4 s*ea prmdre k des locality plus popu- 
leuses. Les ^tabliisementa cr^ fort avaat dans Teat, et 
gto^ralement par des coloas aUemaads, sur le Pierdenales et 
k San^aba, toucbeiit immMialeraent au territoire occupy 
par les Comancbes. Cependant, k la condition que les Alle- 
mands ne d4paaseront pas le Pierdenales, od est bAti FrU- 
drichslmrg , les Comancliea se comporteiit avec eux en 
bona voisiaa, tMdis qi^ils halssent mortaUemeat les Am^ri- 
cains et lea Mexiceins. 

Les Comancbes soat des cavaliers d*une babilet^ peu oom- 
mune : ils manieat Tare et le lauo avec plus d^habilet^ que 
toute autre nation. Leur mani^ d^attaquer k la guerre offre 
beaocoop d'aaalogie avec oelle des bordes russo-aaiatiques. 
En g^n^ les prisonniers nWUes soat immMiateoMat scalp^ ; 
quaat aux fommes, elles deviennent dans le camp Tobjet de 
traitementsqul nesauraient se d^crire. U n*est pas rare que, 
dans leors expeditions de chasae vers le nord, lee Comancbes 
s'^garent jusqu*^ la route de Santa-Fi, et ila devienneat alors 
dangereux pour lea troden (roarcbaads) qui traverseut les 
plalnsa. Oes ladiens soat d^pourvua de toute espto de 
civiUsatioa^ikOBloapindaBt le crtne pailaltanetttoonfonn^ 
et leur ptofil aaaoaee plaa d'intelli9»ceqae celui de la pbt- 
part dea aatpes tribaa aanvagaa de l'AaiM|ae du Nord« Us 
sontanssi plnagrBnda,phis vifoureuxetBMinacaitrte que 
les Miens da aeid et de Test 

Lea aeleede brigandages efr les aasaasinafta eomraia par 
eux daaa ees darniirea annte au Mexique et au Texas ont 
<He si ir^neBta,qBe les Texlana oat do adaeHer augouvenie- 
ment de WltfldnglOB les plabitee les plus preasantes conire 
ua pareiietatde cbeaea.Oaaetabli alors des pastes militairaa, 
de diataaee eadiataacet le loag des froati^fea, aiaia aana ea 



G0IUCH1 — COMBAT 



retifer de grands avaatagBs. Les teMax 7\RMs-rofifera 
avaieat atfena rtessi 4 lenir en bride eee a aa v a g ei ; anis la 
goavememeatderUaioaajfMljage b propoe da diMoadve 
lee r M g tn , cea popalatieas at ti eaie t eaeeMbpea prii 
aana dtfBiMeooatre lea d^prMatienadaaCoaMaelMa. Oa Cita- 
ble lent nombre total k ia,oea IMea aa plua, et, ea miaoa 
de Inrir rrnntr i|iir mhnwt Im iadiTJiliw ils rntlnpeiipirti, 
y n'eat guMv possible aufoafdlmi q«*eRe a'aeeroiaM. 

COMAJNS. royes Koovanb. 

GCMtf ATEUX (tUi). V^pm Oe»i. 

CMIBADOS 9 Syrian doatle reaen de ebaalali eat de- 
▼eaa proverbial. Oboisi par leroi Aaliocbae 6oler poorae- 
compagner ea Toyage I'^ponae deee prince, U s'Oileva M- 
Bitee leeattribaladelavfriiit^et leereadtliseaaoaveraia 
aprte les avoir aeigneasement sa f si ni ^ daasnae petHe eas- 
8ette« Sesenaeoiis et laniae cUe*mdme, fotign^qu'eNe Mt 
derixKeasantesurteHlafieede Combadoa, ayant foit ceurirdes 
bruits calomnieux sor son coaaple, arracMreat aa roi une 
oondamnai ion Itmort centre lai. Pouroo ato a d re seeperOdes 
aecusateurs, Combados n'eot qo^li eufplier son mattre dVw- 
vrir la mysbMeuae eaasetle qu*U loi avalt confine; et, 4 la 
vue de cette ineentsstaUe preave de naaoceoce de sea 
fid^e servitenr, Aatioobos, toucbd aax larmee, ordonna qu'on 
bd <SevAt uae stataede brooze. Nooa racoataoseetle biateire 
telle que nooa la doaBeLnoien(leqael, aureate, aoltdit en 
pasaant, est biea capable de l^voir invenlte), eCqui a foafRi 
k WieUmd le sujet d'an de sea eoniss lea ptoa graeieut. 

COMBAT. Ce terme k U ntoe redae que Baiatite. 
Tons deux vieaneatdn verbe baifre, et toue dem, dans 
I'acoeption raUitaire, wignliwt le oboe, le conOit de deox 
oorpe de troopea. Ce D*est que eomase teraMa teebniqoes 
qu*on peut coBcevoir une difMreace eatre eux ; la n^ S eese ttil 
d'aveir, pour la prtelafoa da langage, des temes di li ir cats 
pour exprimer les modaUt^ diverses da mtaM aete, ayaat 
fait employer le mot baiaUl$ pour oa genre d*actiea et 
etmUHMi poar un autre. Ceedeox termea n'oat aitoie pae suffi 
k repr^nter lea dUMrenta modes d'actioa de deax arm^ 
Tune aur Faatre : aoaa avoaa eneoie lea termea renaojilra, 
attrprift, escormoiieAe. 

Deux arm^ ou deux oorpe de troupea ae cboqueat for* 
tuiteaMnt eu de propos d^libM; lear reacoatre u'eat for- 
tuite et par cons^qaeat bnprtfvue que pour l*«ia des deux ; 
ils ne 8*engagent pas toot 4 foit et corpe k corps, He ne font 
que se toiser, ea restreigaant le oonflit b des cbocs partlels, 
auxquels ils n'emploieal qoe tears portioas rteiproquement 
les phia rapprocbte. Deux armte se cboqueat ea eatier, 
ou le eonflit n'a Keo que par une partie plus ou BMiae forte 
de cbaeune. Lorsque le oboe de deux oorpe de troopea est 
inopin^, c^eet-b-dfare qail n'a ^ pr^par^par aucan dee deax 
adversaires , on rappeUe une rcncofUfe. U eat aaseinaiarti 
qoe dana ce caa le premier mettvemeat de cbaqae broape 
aoHde se rcncontrer dana une position avantageuae, de 
prendre son ordre de bataille, aHa d'aviaar b oe qu'eRe 
devra ou pourra faire aprto. Lea renoontrea fottaitea ont le 
plusaouvent ilea entre lee reeoaaaiasaacea oa lea corpa las 
plus avanc^ des arm6es, paroe que, cbargte de pcaodre 
connaissance non-sealement de la position , maia dn mauve- 
ment de Tennemi^ U doit lear arriver soaventdele reaooa> 
trer obon ne le pi^aamait pea. Mali uae le aeeat re fortoile 
eabw deox arm^ ne pent pea arriver de noa Joura aana qa*U 
y ait dela (ante de qaelqu^an. Lea aacieaa Gresa etiea Bo- 
maUis, qui campaieat pefotoaa^ daaa un ^broit es pa ne, et 
^ combattaient sttff un front pea <l«ida , oe aefoieaiaBt 
paa Mairer ^ une bien grande distanee ; ila a'ea avaiaBt pas 
beaobi,parceqae ftMoak aepmavattpaa ae gUeaer aaaa 
Hf aperfu eatre dee odoanea trta r appraehiea. Abmi, la 
bataille de Cynoo^phale a pa avoir lieu par I'eM d*ana rea* 
coatre fortutte eatee rarai4e reaiaine et Vrntm/t^ macMe- 
aieaae, aana qa^l y ait ieu II bapater ane bote aa rai Phi- 
lippa oa au oeneal Flandabia. Male av^iaDrdJludi qua lee 



CMIBAT 



8T 



tfiote& soul obUgte de se conrrir par des postes aTancte, 
Axes oa mobiles , acuonrdliiii qo'dQes ne doiTent plus se 
mdtie en moarenient sans que leor marcbe soit ^clair^ en 
avant et snr lea flancs, k one aasei grande distaoce, one nm- 
oontre pareine ne peat plus ayoir Uea si Vva aa moiog des 
g^i^ranx Be a^est renda ooupable d^mia n^ligience graye. 
Dans ce caa » cekri des deux qui a le plus de g^nie aoitt- 
taire, ou ({oe le hasardanra p]ao6dana la sitnation la plus 
ayaniageosey saisira roocaaion de Uyrer une bataUle dont 
tea diuioea seitmt en sa faveur, et remportera la Tictoirew 
La batallle de Liegnita. gagjite par Fi^^ric U, fut one 
reneoalre. La bataffle dek Katzbacb, an ISU , taX ^g^ 
tcAent one rencontre. 

Ob Tott qu\u)e rencontre est r^eUebient une surprise r6- 
dproque; m^ conune les deux corps qui se surprenneni 
l^m I'autre sont en moutement, et peuTent presqne toi^rs 
paaser sans une grande difficult^ k rordonnance du combat, 
on a restrelnt la signification du mot surprise. Une surprise 
est une attaque prfoiMit^ par celui qui la (aiig mais ino- 
ptnte pour cdoi qui la re^. (Test une tentatiye d*un des 
deox adrersaires pour saisir Tautre dana la disposition la 
phis d^arorable k la ddfanta. 11 y a des sorprisesde jour et 
des surprises da aait. Les premieres sont les plus rares, et 
Be T^ussissent que par un concours de drconstances qn*il 
est Men dtlflcfle de rtenir, k molns qu^>n aft alRure k on 
f Be aii bien inexp^riroent^ ou bien n^igent. Dans le 
Bombre dea surprises de jour sont les embuscades, Les 
arpriacs de nuit sont si^ettes k de nombreux incouT^ients, 
k de nombreoscs m^prises, qui peuTent les (sire Mouer, et 
dont eelles de jour sont exemptes. Aussi les roeillenres sur- 
prises ont-elles lien k la faveur des ombres de la nuit et com- 
htn^es de mani^ k ce que les attaquesoommencent 4 Tins- 
taut 06 les premiers rayons do jour, ^airant la sc^ne, ne 
penneCtent plus de m^prises. Les surprises ne sont ordinai- 
remeBt que la consequence d*une fknte grave , soft de la part 
do gi^n^ral, soit de la part de ceux qui ^talent chacgite d*^ 
fairer eC de coarrir Tarm^. l^ous cTisoiis : ordinairement, 
ear if pent arrtver que rennelni, parvenu k nous d^rober 
le mouvement d*an de ses corps, se trouve, au point d^at- 
laqoe , en mesure de nous surprendre par un d^ploiement 
de fbrcea 00 on mouvement impr^vu ; et it peut arriver m6me 
que le gMral de notre arm4e, quoique ajant pr^vu ce mou- 
yement, soit surpris par son execution , le corps charg^ 
de Pemp^cber n^ayant pas rempli to mission pour des causes 
que le gte^l n'a pii prdvoir. Ainsi, k Waterloo, I'ordre 
qni enjolgnaftau mar^al Grouchy de se porter k la cha- 
pdle Sahit-Lambert pour arr6ter les mouvements des Prus- 
sfens, an Ren d'etre exp^^ k une heure et demie, et de 
parvenir afosi en temps utile , ayant ^t£ retenu k Tdtat- 
major, par oobH, dit-on, josqu'ii quatre heures, lorsqu'il 
^tail devenu Inutile, Ifapol4on (ui surpris par Tarriv^, sur 
son llanc droit, des Prussiens, qu^il croyait contenus par 
Groucby. 

Lorsqae denx corps de troupes sont en presence, ils ne 
se cboqoent pas toojours d^une mam'^re d^isive, surtoot 
al la rencontre est inopin^ pour Tun des deux. II peut ar- 
river que Tassaillant , arrive sur le terrain , se troove oblig^ 
a filre des dfspositfons quHl n^avait pas pr^vues et dont 
tl ne peat pasjuger toote la port^au premier coup d'oeil. D*un 
autre tsM^ celui qui re^it Tattaque a ndcessairement des 
dispositions k (aire, et ces dispositions doivent d^pendre de 
ceries qoe renneroi d^veloppera lui-m6me. II lui importe de 
eonnaftre de qoelle nature est Tattaque dont il est menace 
et qoelles chances elle Ini laisse 00 elle lui oCTre. De part et 
tfantre eilafePobligation de couvrir ses propres manoeuvres 
et d'obf^er Tadversaire k d^ployer les siennes ; et cela ne 
peut 9e &re qu^en jetant en avant des d^lachements diarg^ 
de soutenfr le premier choc k une assez grande distance en 
ivant ilfd corps principal, et d'engager ainsl eux-m^es des 
atfaques sur dlfnSrents points qui leur sont indiqu^ , aim de 



poovoir jnger, par les eoatra^BMmvuBaili ^ne Vmamd y 
opposera, quelle est sa force et queUea aont ses dispositJeaa 
et ses proi^ Lorsque le r^sultat de cea easaia a aaaea6 la 
conviction ou qua raaaa&lant ne pent pas pooaaar aon al- 
taqae k fond aans dtevantage » 00 que celui q«i aa d^tad 
ne peat k kire sana danger dans la position quHl oceupe on 
dans lea drconstances o^ 11 se troavt, la praniier arr^ aoa 
attaque, et pread , a*il ne r^trof^ade paa, une poaitloa oaB- 
venable; le second se d^gage da PatUque, et ae retiie daaa 
one position oik la d^fmse Ini soit plua avantageaae. Le 
cboc qui a en lien daaa ce caa entre les troupes lea phis 
avancte a'appalle escarmoiicAe. EHe difOie da la raeon- 
BaiMonceea ceqoe daaa la premise le corpa priacipalae 
tient denriire les troupes qui ae batteat , prM4 prendre part 
k Taction, taadia que daaa la aecoade lea troupea qui ae 
ooaibatlent, n'ayant d'antra mission qae d*obaervcr la peai- 
tion de I'eanemi, la corpa priaoipai oa ea est A>igBM§ ea 
n'est dispose qoe poor couvrir leur retraite. Lea rtamnaU- 
samcBS qu'oa appalla g4aUraU$ aont des espteea de ren- 
eontrea, en ce qoe le corpa principal ae tient k port^ daa 
troapea pousste ea avant, aia de poavoir, dana le caa ek 
la raooanaiaaance olfrirait dea cbanoea lavorablea, eagagar 
Taction poor en profiter aar-ie-champ. 

Lea chocs, dana lesqnela la totality des broupes pp^seBtas 
ae troave engagte, peuvent avoir Ilea aolt eatre deoi ar- 
mtoenti^rea,aoit entre dea portiona ploaoo molna forlaa 
de chacune des armte oppoMks. C'est id que les exprea- 
aioaa ayaonymes de bataUUiX de combat ont piia cha c aa e 
une sigaification diverse. Le cboc entre deax araste ea- 
ti^rea aur le memo cbamp de bataille, c^est-4-dira en ordra 
continn, toua les mouvements ^taat directement saberdoar 
n^ les uns aax autres, a longtempa conserve exchiaivenieBl 
)e Bom de b<UaUle> Gelui de combat restait appUqa^ aax 
chocs entre deux portions d*armte, plus 00 moias totVm, 
queleg^raleacheKbton ne (btpas present Cetted^ 
nition a ^t^ exacte tant que la guerre a ^ uae aHeraative 
de camperoeats et de oombata, tant que lea armte aeat 
resides r^uniea sur un mteoe terrain, soit ea cam paa t , aolt 
en Gombattant, tant enfin que, formaat ua seal toat a* 
chacun de ses ^toeats avait un poste fixe, ce qui s*appelait 
ordre de bataille, les portions d^tacbtea qui pouvaieat atre 
employ^ lobi do corps prindpal, ne Tout iU qu'acdden- 
tenement La mani^re actuelle de faire la guerre deosande 
une autre ddinition. Cheque arm^eeat compost d'un nombre 
de corps sipar^ appel^ divisions, poovant agir isol^ment, 
et agissant en effet souvent ainsi, n^ayant point d^ordre de 
bataille immuaUe entre elies , ni pour les bataillons ou esca- 
droas qui les composent Les campements ne sont que dea 
lieux de repos au milieu des operations actives de la guerre, 
quMls suspendent, mais nMnterrompent pas; et ces lieux de 
repos sont eux-m6mes des positions miUtaires d^ndantea 
d^un plan gto^ral d*op^tions. Les chocs que ae livreat deux 
arm^ ennemies ne sont plus exdusivement des duels en 
champ dos , dont le th^tre est circonscrit. Les arm^, ea 
raison de la mobility qui r^sulte de leur compositioB d^^U- 
ments, susceptibles d*une action individuelle et ind^fken- 
dante, occupent dans leur ordre de bataille un front bien 
plus ^tendu. Elles ne peuvent m eflet se retrancber dana 
une suite de positions ou points strat^ques, s^par^ Tun de 
Tautre , quoiqu*en relation intime entre eux et avec le but 
des operations. L^ohjet de cbaque grande mancauvre d^uae 
arm^e est la possession d'une position qu*oceupe ou que 
couvre renaemi, et dont la perte a une influence d^savanta- 
geuse sur sa situation ou ses operations ulterieuras. Poar 
arriver a cetta possession, il iaut on cboc, une lutte corps 
k corps; mais cette lulte peut avoir lieu de plusieurs ma- 
m'eres. La position qu^on veut enlever peut etre dominie 
par quelque position secondaire, dont la perte decouvrirait 
la position prindpale ou obligerait rennemi k la quitter : 
alors, ou il fautd'abord enlever loutes les positions secon- 



COMBAT — COMBAT JUDIOAIBE 



88 

daireB arant d'aborder la prindpale, oo cette derail pent 
Hre atteiote directement. Dans )e premier cas, on con^ 
quil sofllt d'employer une partie de son arm^, ime ou 
deux drrisions , par exemple, oontre la position secondaire, 
tandis que le reste sert k tenir I'ennemi en ^chec et k Tem- 
pteher de porter seooors au point menace. Si la perte de ia 
position secondaire n*ol)lige pas Tennemi k quitter la prin- 
dpale, alors les deux armte 8*abordent en masse, et il y 
a ce qo^on appelle bataUle gin^ale. Dans le second cas, 
chaeune des positions seoondaires est attaqn^e par une por- 
tion de I'armte assaillante, on soocessiTement, ou pln- 
sieurs on toutes k la fois, aprta quoi on se retroute dans 
le cas de Fexemple pr^cMent. Dans le troisitaie cas, les 
deux arm^ s'abordent simplement. 

11 est fiMsile de voir que la definition que nous avons rap- 
port^ plus haut, et qui est celle des tactidens dn si^e 
dernier, n'est point applicable k des actions du genre de 
oelles que nous venous de rapporter. Dans les unes, toote 
Tarm^e combat, mais s^parfe, par portions plus ou moins 
4Aoign6» les unes desautres, et cons^uemment pas sur le 
mdme diampet surlamtoie llgnede bataille; on ne peut ce- 
pendant pas nier que ce ne soit une bataille. Dans d'antres, 
chaeune des portions de Tarm^ agit s^par^ent et snooes- 
sirement, mais elles combattent toutes dans des llenx et dans 
des temps diffih^nts. On ne sanrait ^ement dire qo'il n^y a 
pas eu bataille. 11 fiiut done une autre ddinition, et celle qui 
nous paratt la plus approprite au systtaie de guerre modeme 
serait la sui?ante : Toutes les fois que dans Pex^ution d'une 
grande manceuyre strat^giqoe, la totality d*une ann<^ a com- 
battu, soit en on seul corps et en nn seul lieu, soit partid- 
lement et sucoessiyement, chaque choc partid porte lenom 
de combai, mais le choc total oo Pensemble dei chocs par- 
tids qui ont prodoit le r^ultat de la manoeuyre doit s'ap- 
peler batailie, Le nom de combat deyient dte lors la d^- 
gnation des diocs partiels entre des portions d*arm^, mais 
plus partlcuU^rement qoand ils ne sont pas lite 4 d*autres 
cbocsde mtaMnature, parce qu*idors ce ne sont que des 
fi'agments de bataille, et ansd quand ils sont isol^ et attd- 
gnent seuls le but quese propose le g^^ral. Vengagement 
est un combat entre des corps ditach^ et le phis souyent 
entre des ayant-postes. 

Deux exemples mtoiorables, tir^ de notre Idstoire, ^lair- 
dront oe que nous yenons de dire. En 1796, legte^ral Bo- 
naparte, ayec une arm^ de 40,000 bommes, hloqaaH Man- 
toue et contenait ntalie* Le g^n^ral antrichien Wurmser, k 
la tMe de plus de 60,000, forme le projet de nous rejeter 
sur les Alpes. Tandis qu^ayec la gauche et le centre de son 
arm6e, il se porte sur V^ne par les deux riyes de TAdige, 
sa droite, fortede 10,000 bommes, tonme Parm^ fran^aise par 
Bresda, afin de Tenydopper tout entire. Bonaparte mesure 
le danger, et oon^it, pour le ddtoumer, une mancniyre dont 
le succ^s justifia la conception, et que le gtoie de la guerre 
prescrira toujoursen pareil cas. II comprend que Cast^one 
etant le pohit de rtonion des dUTi^rentB corps de Tennemi, 
cehii ob ils doiyent rentrer en contact, est en mtoie temps 
to centre strat^que des nKmyements de Wurmser. L'y pr^ 
yenir ^tait done d^4 un snccte : il s*y porte rapidement. 
Les combats de Lonato, Salo, Gayardo, an^antissent Paite 
gaudie ennemie, isol^ et coup^ de la droite et de son 
centre. Le combat de Cast! gli one compromit et refoula 
Favant-garde du corps prindpal, qui arriyait seulement. La 
bataille liyr^ le lendemaln sur les hauteurs de Solferino et 
Medde acheya la perte de Wurmser, qui se retira dans le 
Tyrol ayec les restes de son arm^. La rtanion de cesdiflfift- 
rents combats porte a juste titre le nom de baUMlt de Cos- 
tiglkme. 

En 1809, NapoMon, ^tant arriy^ k Tarmte du Danube, que 
la (ansae Erection qui lui ayait M donn^ pendant son ab- 
absenoe ayait compromise, con^t le dessdn de Talre servir 
les soecte mtaies de Tennemi a sa perte. Pour cela il fal- 



laH acculer I'arm^e autrichienne sur R a t i sb on ne , la forcer 
k y passer to Danube et k se Jeter ^ans la Bohdmepar la riye 
gauche. Mattre de la riye droite, ainsi d^gamie, to cbemln 
de to capitale des £tats autrichiens MbH ouyert sans obs- 
tacles k Parm^ fha^alse. Ce rfeultat fut produit en cinq jours 
par les combats de Tann, Abensberg, Landshut, EckmAhl, 
Preissing et Ratisbonne. Lenr eosembto forme ce qn'on ap- 
peHe to bataUle de RaiUbonne, C^ de Vauooncouit. 

Lemot combat s'entend ansd des jeux sotonneU des 
Grecs et des Ronudns. 

Les bommes ne sont pu les sento qui seUyrent des com- 
bats; ito imitent en ceto, comme en beaucoop d^autres 
choses, les animaux qui leur sont soomis et ceox qa*ib n*ont 
pa soumettre. Souyent mtaie Phomme grossier fait senrir 
les combats d*animaax k son plaisir. 

Cest k combattre, k yaincre ses pasdons, que consiste to 
m^rite. La vie de Fhommet dit saint Augustin, est ten 
combat perpHuel centre lui-mtaie et contre les ohstades 
qu'fl rencontre dans le monde; \d6e qu*un po^ a rendue 
parce yers : 

Li f ie Mt OB eoabat dont to pdaw est am deoi. 

Edme HiHEAO. 

COMBAT DE FIEF. On appdait aind, dans Pancton 
droity one contestation entre deax seigneurs de fief, qd 
prdendaient respectiyement k to mouyance d*un mtoie lie- 
ritage, soit en fief, soit en cendye. Gooune to tenander ne 
poovdt ayoir qu*un seul seigneur direct, il ^tait pendant to 
combat dans I'^tat d'un tiers said ; mato, poor arr^ter Petfst 
des poursuites que chacun des prdtendanto pouyait exercer 
sur to fief m6me, il deydt se mettre sous to protection du 
rd. G*^t ce qu*on appetoit se /aire recevoir en main 
souveraine, 

COMBAT DES TRENTE. Voya Tbbrti (Gombat 
des). 

COMBAT JUDICIAIRE, ^preoye udtte au moyen 
lige, dans certdns cas, pour mettre fin 4 un proote. On 
croydt yoir dans to r^sultot du duel lejugement de 
Dieu, L'usage du combat judiddre dans lee procMures 
dyiles et crimindles est d*une haute antiquity On crdt 
commun^ment que Gondebaud, auteur de to loi des 
Bourguignons , est le premier qui dt introduit to dad 
comme preuye; et cette opinion estaccrMit^ par Mnmtori. 
Meyer crolt avoir d^nyert Porighie du combat judiddre 
dans les moMirs des andens Gennidns , dtoites par Tadle. 
Lorsqu'un peuple ^tdt en guerre, dit-il, on ayait oootume 
dlnterroger les auspices sur Tissue de to lutte. Aprte 8*^tre 
rendu mdtre d*un bommede to nation ennemto, on Parmait 
k to mani^ de son pays et on to mettait anx prises ayec 
an gaerrier choid parmi les plus brayes. La nation yoyait 
an pronostic de sa yictoire ou de sa d^^toite dans to yietoire 
ou to dddte de son champion. De to II n'y a quhin pas it to 
diyination des choses cacMes ; du moment que Pon croyaH 
que IMssue dn combat ne d^penddt pas nniquement de to 
force et de Padresse des combattanto, que odui qui ^tait 
yahiquenr ^tait prot^ par to dd, ^tdt lout simpto de 
yoir dans cette^preuye le triomphede to yertu sur to erane. 
Robertson donne une autre orif^ an combat Judidaire : it 
le rapporte au p oi n t dlionneu ret an droit deyenger des 
injures personndtos. Quol qu*il en soit, cette Institation se 
retrouye chez tons les peoples d*origine germahw ; dto 8*est 
m6me mtroduite chet des nations dont les Ids an Padmet- 
tdent pas. 

On ayait recoars au combat judidaire comme k toote 
aotre 6preaye poor connattre to jugement de Dton ; to 
qoatritoe capHulahre de Pan 801 ordonne dtemativement 
P^preuye de to crdx ou to combat ayec le bAton et to boo- 
dier. Mds fl ne pooydt eependant aydr lieu que dans des 
questions donteuses et lorsqu'on ne pouyait se procurer des 
preuyes d^aucune esptee. 



COMBAT JUDI€IAIRE — COMBAT NAVAL 



Uft eondttioiis du eondwt tariaient snitaBt la qoalMdes 
pereoBBea. Lea cheTaliera, anM^ de toatea |»iieea,atee 
la Inoe, F^pte, la dague et leboacHar, ^laient moaMa aur 
toanehaffaox debataiUe; lea^cayersn'aTaieBtqiief^pte 
etleboQcKery ei Tidaieat lean diff^renda k ptod; lea ti- 
Uias oombattaient avec dea bitona oa des conteaax. Le 
dael an aorptna Mait aooord^ eotre dea parties de condi- 
tioBS difG^rentes ; aeulemeat, a un cberalier proToqnatt on 
nrf oami ¥il«Ui, Uderait comtNittre avee leaarmaa deceld- 
d; naabsile Tllaiii ^talt demandeur, le cheraHer gardait aea 
avanUgesy et pomrait oombattre k cheTal et oompl^teaMiit 
ann^. ATaoldecomlMittre, on pi^lait aermentderant le joge; 
e^^tah k celoi-d de rcir si lea parties dtaient de cooditioii 
el d^lge ^ aecepter le combat Les sexag^naires, ka eatro- 
pi6a, lea malades ne pouTaieot Mre contrainta de conibattre 
eiixHii£inea. Ha pooraieDt se sabatitoer on ayou^ ou un 
chainpioii. Les dercs, lea moines donnaieiit amai dea 
dumpioM. Lea mfaieara de viiigt et un ana n'^taient pas 
tema de oombattre. Une femme ne le pouTatt pas; mais fl 
liii ^tait perrois de nommer un avoo^ si eUe ^it mattresae 
de aea droits. Celui qui appelait ao oombat, de m6me que 
oeiiri qui y 4HMit appeM, 4tait oblig6 de donner dea gagea 
de bataille ao seigneur, qui assignait le Jour du combat 
Daaw quelqoes coutumes, les paitiea ^taient encore obHgte 
de donner des stages qui r^ndaient tant dea dommages 
et jfltMta de celui qui serait ?ainqueor, que de Tamende 
dae an sdgoeur par le Taincu. 

Void qoeUes ^talent les formality usit^es au moym lige 
daaa les combats jodidaires. Arant d'entrer en Hce, les 
cembattants assistaient k la messe, et souTentmdme ils re- 
iJ cy ai c B t renebaristie en forme de viatiqne. On trouve en- 
core dana qoeiqoea andens missels le propre de oette messe, 
qui y est intitule Iffisfa pro duello. Les combattants se 
fidaaieBt aeoompagner d*un prdtre et de lenrs parralna on 
r^pondanta. Cea parralns n^eurent d*abord d'antres fonctions 
qoe celles de TdUer an maintien des riglea et formalilte 
preacrites poor le combat Mais ils ne tardirent pas k pren- 
dre fint et caose pour leors fillettls, soit pour les d^endre, 
aoit poiff les feoger. Le tMAtre de la lutte ^tdt un espace 
appeM champ-chs autoor dnqud on lendait une corde. 
PrimilivemcBton dressdt dans cat espace rterr^ one po- 
teoce oo un bftcber destine anx valncos. Deux si^es ten* 
dos de noir Maient r^serrte aox combattants, qui s*y pla- 
faiflDt pendant lea pr^Uminaires dn combat Lea pi^limi- 
nanea cooaiataient en diff6rentes c^r^monies rdigieuses, 
dont la priBdpde 6tait le serment pr6t^ par lea partiea sur 
la croix ti les ETanglles; cbacon jnrait k mm tour que lui 
aaal aiait le bon droit , et que son adyeiaaire ^tait faux et 
dOoyat D affirmait en outre qnH ne portait sor Id aocon 
diarme, et qnll n*afalt employ^ ni mal^ftces ni aorcdlerie. 
Cela bkj on partageait ^alemeot Tespace, le Tent, le soldi 
entre ksadTersaires, et, aprteavoir public aux quabrea coins 
de lalioe le commandement exprtede se teair assis, de garder 
le pins prolbnd alienee, de ne foire aocun geste, de ne 
poosser ancnn cri qui pM encourage oo distraire lea com- 
battanla, le toot sous des peines trte-rigonrenses, aprte 
avoir teit sortfar de Tassistance les parents des parties, le 
BMr6cinl dn camp criait par trois fois, comma aox tour- 
noia ; Lgi$$e% aller lei bons combattants! Et la lotta 
ringagwril EOe n'avalt lien d*ordinalre qu'4 midi au plua 
MiyCtne ponfaitdnrer fpnejusqu'iiee que les iUMes op* 
panusaU am del. 81 le d^ldideur a^Mdt sootenu jusqne 
la, fl ebtenait gate de cause. Odnl qui snceombait, qn'il 
fftt sort onaeolenent bless^, ^tait tratn^ bora dncamp; 
las atgailleltee ^alenl conpte et son bamais jet6 pi^ce k 
pitea dans la lice. Son choral etaes armes appartenaient an 
BMrklial et au joge du camp; qndquefois manse, comme 
ea HoffinaniHe, le Taincu Mait peadn oo brills sohrant k 
Mt, aind qne la partie quH avait d^tiendue. Cepen- 
dsat an adrail MentM que la conciliation ponmit se faire, 



89 

mtaie aprte les premiers coups, appeMa coups le rot. 
On a'aper^t k h kmgue de rabsorditt du combat Judi- 
ddre, et pinieors rds tent^rent de Tabolir on do moins de 
le restrdndre. En 1041 Ait instito^ par Henri I*' to tr^ye 
de Bieu, qui, en m^moire de to passion de J^sns-Cbrist, 
d^fimdit, sous pdne d'eicooununication , de Byrer aucnn 
combat depois to mercredi jnsqu^au lundi de cbaque semdne. 
Looto to Jeime d^lMKt d*admettre to combat judidaire 
dana lee causes ob tt s'agissaitde mdns que dnq sous; mais 
cet MIt ne flit qne pour Ortoana. Saint Louto abrogea to 
dud dans les terres de son domalne par one ordonnance 
donn6e an parlement des oeta?es de to Cbanddeur de Tan 
1260. Ce mtee rot opte une T^ritabto r^fohition dans 
TorganisaUon jodidaire en introduisant Fusage de/ouMfr, 
c*eet-lHfire d'appder dea jngemenia sans qne to combat en 
rteiltftt : car to combat jodidafare avait lieo auparayant non- 
senlement entre lea partiea contendantes, mds entre Tone 
das parties , les t^moins produlto par Pantreet mteie to juge 
qui Fayait condamn^. C*6tdt ce qne Ton appdait PapfMl 
ibfaux Jugement oo appd de dtfaut6 de droit, Cepen- 
dant , les seigneurs s'oppos^rent longtempa k Tabobtion du 
combat judicfoire , soit par attacbement aux andens usages , 
soit plotM k cause dea amendes auxqudles ito ayaient droit 
poor cbaque combat Moins de dnqoante ans aprte Tor- 
donnance de sdnt Lonis , Philippe le Bd se yit oUig<^ de 
permettre to combat jodidaire dans certains cas. Pe nou-r 
Tcan proscrit en issa , to parlement de Paris en ordonna 
encore un en 1396 entre deux sdgneurs; mais ce fut to der- 
nier. Depuis lors, on a*en tint anx dneto pubttca antoris^ par 
to Toi. Un dea demiera fbt cdoi de Jarnac et de La Chi- 
taignerato en pr^aence de Henri II. 

En Anglelerre, on ayu en iS19 nn nomm^ Thornton, ac- 
cost par to ftrto d'nne jeune flito de I'ayoir tu^ , ottrir le 
dod k son accnsatenr, conformteent k une yidlle loi 
barbare qui if^tdt pas abrogte. EUe to fut 4 cette occasion 
par to parlement 

COMBAT NAVAL. Lniistoire des combato sor mer se 
diyise naturdlement en deux grandes ^poqnes, ceUe qui pr^ 
c^da etcdto qui sniyit Finyention de to poodre k canon. Lo 
caract^ distinctif de la premiere ^poqoe , c*est que tootes 
les forces dtdent coBeentrik» sur Tayant des nayires , tandis 
qu'elles sont portte sur les flancs dans la deuxitaie. 

La manito de combattre fbt d*abord tr^simpto : men- 
i6es sor des barques togtees , les deux armies se lan^aient 
de loin une gr^to de fledies, puis dies s'ayan^ent Tune sur 
Tautre, s^abordaient et s'attaquaientayec tohacbe ou I'^p^ ; 
c'^tait comme une md^e k terre : dana ces premiers temps, 
to courage et Taodace triomphdent toqjours , et Ton nc 
aongeait qu*4 massacrer les combattants. On sentit ensoite 
I'ayantage de d^trdre les naylres eux-mames, et cliaque 
barque , arm^ d*nn fort bee oo ^peron , tantAt k fleur 
d'eau, tantM au-dessoos de to flottaison, dut tenter de 
prendre en flanc une barque ennemto, de la creyer et de to 
cooler. On suspendlt aux yergues de grosses masses de 
pierre oo de pkmib pour les laiMer retomber sur les naylres 
de Fennemi : enfin, to feu fut aosd employ^ comme moyen de 
destruction, et Ton apprit k lancer dea dards enflammis, 
des yases remplto de mati^res brOtontea : c*est dnsi qu*^ to 
batoilto d*Actiom le fen d^yora presqne toote to flotte 
d'Antdne. Les Grecs, les Cartbaginois et les Romafais sont 
les premiers penples qui paraissoit avoir fdt de to guerre 
nayato nn yMabto art : ib rangaaient tours flottes en doni- 
lune 00 cheyron bris^, les pointes toumto yers Tennemi; 
puis, au signd donn^, les ayirona (caralors on ne se ser- 
yaK pas de Toiles pendant le combat), tombdent ensembte 
sur Teau , et Tengagement commen^ait Qndqoefois on se 
propoadt de couper lea avirons de son adyersdre : c'est ce 
qne les Romdna appelaient remos detergere; on coorait 
snr hii 4 eonbre-bord ayec tonte to yitesse possibto, on ren- 
trdt rapidenent aea ayirona 9 on serrait to nayireennemide 



90 



COMBAT VAYAL 



long en long, afin de kd briaer totiUs to nmet qaMl avait 
•n dehors, puis on le qmtlait poor le prendre en flancet le 
peroor de T^peron. On lalsaU usage de tonles aortes de 

Srojectiles a Annibal s'ayiaa de rempUr das pots de terra 
e Yip^res et de les briser sur les ponts des Roniaiiik Las 
flottes emplo;^ aux sieges furent cbaxigdas de b^ers el de 
batistes, etcettedemito arme resta sur Tavant des naTicea 
de guerre IvM^^k rinvention de U paudre k eaaan. Ar- 
ch iro^de, dit-on,aTait laaaa^ unbarpoairaideduqualil 
saisissaUles bAtin6nUanDeaua souslea nuirs deSmcvae, lea 
enlevait en Tair et les hrisait ou les coulaSi an lea laissant 
retonber k h mat. 

C^aar au cmnbaft naTal de Doriorigim aa^antit &a brfl- 
lante marine des Celtes : laun naTires, baaucoop plus gnis 
que ceux des autres peuples , coanbattaiant k k T«Ue, ai la 
construction de leurs vaisseaux devaii leur assurer la sup^ 
riorit^; mais les ^toents lavorisirent les Bomaint ; pen- 
dant rengagement> dont le succte paraissait se declarer pour 
les Caltes, un caline profond survint, qui lendit inunohiles 
leurs gros natires; les lnnombnd)les gaUres da Roma las 
attaquirent de tous c6t6s avec Yi?aclt6 , coup^ent toas Laurs 
gri^ements avec des faux tranchantea, les eolev^cent k Ta- 
hordage , ct la force navale des Celtes disparut 

Aux Cartliaginois et aux Romains succ^ent dana la M- 
diterran^ les V^tiens, lea G^nois et leurs nowbreuscs 
floltes ; mais iU ae font autuu changement notable dans I'art 
de cembattre : leurs galores , tant vaat^, soot misea en 
mouvement k force de raaoes, et laura annes sonl coanuas 
depuis loBgtemps. Enfin, les peuples du nord et de Touest 
de PEufope prenoent rang parmi Us puissances maritines; 
et des rives ou les Celtes et leur marine aTaient 6td d^truits 
par Cdsar sortent de nouvelles Qottes , qui tout disputar k 
toutas les nations renipiredesmers. VAngleterreet la France 
eatreni en lutte , et dte le douzi^me ai^a on distingae le 
germe de cette rivalit^ entre les deux nations qui dure en- 
core anjourd'hoi. En 1213 ils comhattent d^^ avec das 
flottes de cinq k six oents ToUes, et dana aes bataiUas sen- 
glantes le vainqueur coule ou br(Ue k l^ennemi jusqu'k qua- 
tre cents iiavhres cliarg^ de soklais. lei, nous soaunaa k 
Taurore d'on grand progr^ ; les bras das ramaura ne sent 
plus exclusivement la force motrice, etTou conunence k 
combattre sous Toiles. Dans Tann^ 1217 les Anglais bat- 
tent une Qolte frao^aise en pcolitajit de ravantaga du Tent et 
en jetant dans Tab: de la chaux viYe en poussiira, qui port^ 
dans les yeux des Fraa^ais, les aveugle et r^pand dans 
leurs rangs un affjreux dcsordre. 

Cette premiere ^poque ne pr^sente d'autre int^6t q^ 
cetui de la curiosity historique. Las peuples de hi Mdditer- 
ran^ , ne se servant que de galibres mues par des ramea, 
ne peuvent donner k Part un grand d^valappement; maia 
d^9 que les nations limitrophes de TOc^an ont saisi le sceptre 
des mers, hi maiina prend un essor jusque alors inconnu : 
les vaisseaux qu'on emploie sont beaucoup plus gros ; on 
voit s^engager des escadres euti^res de vaisseaux de baut 
bord , et un noovel ordre de bataiUe s'(&tablir ; lea arcbacs 
suppl^ent a rartilleriey les voiles remplacent leaavhrona, 
et Ton ne fait pins usage de ces derniers qua conune auxl- 
lialres pour g^gner Tavantage du vent, ou dana les retraites, 
ou dans les ^mes. L^ann^ 1340 marque Tabandon complat 
de Tancienne tactique. 

D^ Tan 1372 on conunence k faire usage du canon dana 
les balailles navales : Froissart dlt que dana la victoupa qua 
le.s flottes combini^ d'Espagne et de Franca ramport^rant 
cette ann^ sur les Anglais devant La Rocliella, outre tea 
batistes et autaes machines destinto k lancer deapiarrea et 
des morceaux de far, kss naviraa portiieat das canon a. 
Cello nouvelle arme introduite, Tart BMrcba leotemeat en- 
core ; il reste cooune Uationaaire poidaat le quinsi4DM 
sltelc, et ne sort pas de TenAace , aion mtoia qae Teoiplal 
de hi bou saole el la dteouferta d*ua nouveaa soade par 



Cbriatopbe CaUaib a vimnt lap id a a w a t la iiri aa a a da la 
aaidgatioa. Leseiiiteieiitele, dbrttlantparlasaaoiibrau 
voyagaa d'Aaidrl^e, bit ttfre k pebe qeekiaaa paa 4 1^ 
da otmhatfcra sar mar ; a^aamoiaa, tt eat ^vidamiaent aa 
progpp^s : aaas ne vayoaa phia dana lea balaiUea dea nata 
^ bataaax qui se beurtaat el ae bciseat, maia des esoa- 
draa de treala k quaraate groa vaiaaeaux, doat qoalqaaa 
uasjaugaal jasqu'A i,^QO tonaeaax; leurs flaaca sont aimtfs 
de caaoaa, at aona pouvaaa dter deax cirooastaacae a4 
k» flottaa extetani das auiuvamaata gMraux biea cooa- 
bia^ Amsi, m 1413 lea Fraagaia, altaquteli BresI, for- 
BienI una ligiw d^ambaaaaga, aami biaa prnl4g<a qaa k 
l^raettant les moyans de d^se conaua alors, at aa f §4* 
Taaural d'AaaabauU, devant PortaaMMitb, raags soa anate 
sur Iroia ooloaaaa pour aUar k la reaaaatie da Taanaari. 
Maift qu^esi-ce encore que lea ooodiato de ee tenapa^ oi , 
dans an engiigaoMaft qua lea historieaa aonanent UriibUp 
deux aaala vaiiaeaax, ae aaaoaaaal pwidaat deiu baaias, 
at da triaHprte, 4phaBgaal k pehM trais oeali ooapa da aa- 
aoa! 

Le dix'^eptitea ai^daa^oifna enia, at Tart daseoaiMB 
sur Biar pread teal k coap un grand dtfveloppanMat; a*eit 
aax kittea aaagkatea das Fraa^ais, dea Ini^is et dea Hal* 
laadaia %a*fli dok aal esaar. Plaaiears ebefr kabilaa appa*> 
raisseal : c^aatla ai^eladaaTourTille, dasDuquaana, 
dea Troap et dea Rnyter; U y a de aavaatas coia- 
binaisons dans to manoeuvre dea escadres, et le oaatagi 
ae decide pas seal da aueete. D^sonaaia, aa n^eaiploie 
plus iadlfil^reBMneBt lea vaisaeaux de llgae et lea fri- 
gates : kapreauers aeuk entrant ea Hgae da batatte; ks 
sacoadaa aervent k porter dea ardrea oa k lemplir dea aik- 
skna seoeadilrea, et ka flattea aoat toiaova aiMeada 
braiotaat aatres bfttimants iaceadiaircs. Oa ae a'attaqai 
plua eaukanat navke k nufkef une peaate au p<f l ea ia do- 
osiae aar Teaaembk de raras^e , et Tea tronre aa ^lad 
aamhaa d*eaaak da k T^rilaMa tactique aavale. Qvoiqae ea 
aitele ait vu aaltra k vrak solMce dea ^valotiaBa aavaks, 
il 7 a tola eneere das combats de ee tanips aax ndtrea; ks 
Biilte dtaieat roohu saaglaalea, et Ton ne se battait paa k 
oatranoe oonuaa auioard'hui. Qa^oa eompara k dteaira di 
La Hague, ai toeste A la marina de Louk XIT, avee 
Aboakir oa Trafalgar, qaeHe diff^reaoe daaa lea r^ 
suUak 1 Du icste, ce a'^taH pas k ooaraga qui anaqoall, 
mak las puksaato moyens de destruetioa; I'aitilkiie a'avaH 
paa attdat k paiat de perfisetiaB o4 elk ert arrivda. G'cat 4 
une am^lioralioa da rartflkrie, k Tuaage qa*ik fireal pear 
kpremkre fiok du boolet ratte, que ks Hoflandak d«- 
rent k vietoire ramport^ par Rayter el Traaqi an laaa aar 
k comk d'Albeniark. N^aamohn, nous ponvons noaa laa- 
truua 4 T^cok deagraada capHtJafw da ee teaya : Blake, 
k premier, appread aax mariaa 4 m^prker ka fo rta r as e c i 
^v^ea 4 terre. Dans la baie de Saata-Grut, H kit voir 
qu'uae Hoik foHameat emkass^ a'est paa iaexpagnabk, 
et bkntdt aprto Vivonne 4 Pakrme el d'Estrte 4 Takers 
r^p4teat oes saaglantaskfons; Rayter et ToarviHe paaaat 
ks vrais ptiacipea da la aiaaoenvre dea flotlas , et pandiat 
(pieh}aetempa kFraacesalsilkaoaloarkscaplpetenerB. 

Le dU-huili4me siick ftit tdmoki d'aaa raaltkade da 
oombals aar aiar ; il vil a*afkrm!r k pr^adteaae mari- 
tune de rAagkkrre^ at soa likloira a6kbi» la Taieur da 
plusieurs anMiaax, aiak, 4 reieeption de radmirafate ea- 
pillion de Dugaay- Treain caake Rk da laadro^ Boaa 
ne voyona pas pendant quatra-viagto aaa Tait dea aa n a bak 
s'^var beaaoaop au*dMMis ii^ ce qall dtaR pfndaal ki 
belles ann^ de Lonia XIV. Au kropa mdaia de k g a uia 
de Viad^eadance aai4ricaina aakra martee dkU fkrisaaate, 
aoa g^eraax avaaeat 4 leur dkpoaitioa dea finroea c aa s idt- 
rabka : pourqaai aa aoua ont-ik pas lake^ de gr a a di el iieaax 
aaavanirs? Leara exploits tant vant^ ae bameal 4 n*avair 
pas dt^ battas par ka Aagkia» La gki ra da aotre BMutea ad 



COMBAT NAVALfi — 

|Me «fc Wllivit dMM L*In4e : iMOft I traaYons miUt traito 

Vrafwne, AMtrcteDe n^ne; mais ce n'ott pat li encore qiM 

HMH pw^ota ^ta»4ier iatckpce dea copibattt. Epfia, eo i7S2 

QaiMfBa RoitiMy fail una ataotd at gloneiiie application 

4ei priacipaa de Part qiie Ton eommanca iansaignar an An* 

fletm; it aait porte rapidament ana masae conaid^bla da 

Arcai snr one acute paitie de la ligna annenua^ at la comta 

deGrataaaat^craa^ a?ant qua le reate da son ann4a puiMe 

acconrir pour W d^gaiar. De ca nomant data lea iminensaa 

aii€cte4nlaniirineanitl*^;^^^^*Motte-Piqmetd4- 

pkne-141 coolie elle taplas Mraiqiue Talenry enTain plusieora 

i^«fi^^fiiy franifiaia se aipuikat-ils par daa traits d^une an* 

daaa inoiue, ila n^ofatiannant <|ue dm afantafras partiaU : d4- 

aormaia la victoire eat orynii^ sor lea llottes britannt^nea, 

lenra f^n^rauK aont inili^ anx aecreta de Vart 

Le dix-nenTitee ai^le a tn noa dteatread la glaira de 
Nelson, et aq}oordl)ai la adence dea combats aur nar 
pent avoir son enaei^neiDent public 

Nona diatingM^rons deux aortea de combats sur mar : la 
eom^t $iaguUcr et les combats g^^amx. 

Dans k combat nawU sin^Uierp tout depend du co«- 
n^, de rintelligance et du eoup d*«^ de Veflicier caroman- 
daal : la question k r^udre est de se placer da mani^ i 
lairei sonadTersaire tont le mal cpteTon pourra^ en ne sW 
poaaAt soi-m6me 4 en reoevoir one le moins possible. Que 
Too caoiid^ un vaisseao de nos jours^ ^narme nuiobina que 
k Tent on U Tapenr fait monvoir^ forteresse mobile, dont 
toute la force, soit o0ensiTe. soit cUfensi?e, est r^iwie dans 
les fiance, el I'on compreoora q/A^W fiwt mancwivrar pour 
presenter toujours le tracers k rennemi. On a g^n^alemanA 
aidopl^ pour le combat la position duplus prds du vent , 
c^eat-i-4ire oeUe od la route sulvie par le navire fait avec 
k direction du vent un angle de 66" environ} et en efkt, 
d^aprea k disposition de k voilure de nos vaisseaux , c^est 
k rente (fui se rapprocbe k plus du vent ; c^est ceUe ansai 

fpr^sente k plus de ressources : eUe est comme k centre 
toutes ks maaffinvres que pent ex^ukr un navire. II 7 
a done rekUveinent an vent deux positkns poor ks navires 
qni combatlent : au vent et sous le vent; cbacune d^eiles a 
sea avantag^ et ses inconv^nieots. Le navire au vent eat 
nialtre d'aborder son adversaire (wand il le juge k propos 
et ^ k dbtance qui lui convlent : 11 n'est pas gto^ par k ta- 
iQ^ de sea canons , nl pajr celle de rennemi , et il peut, en 
consentant k cbangar sa position , et en passant sous k 
vent, prendre Tennemi en poupc et en proue , ct lui lAcher 
une hordd^ d^enfilade. Mais si le vent est frais et k mer 
grosse » un vaisseaa au vent ne fait que difficUement usage 
de sa Intterie basse; quelquefois in^nie il lui est enticreuient 
impossibk de s^en servir ; de plus, le pointage de ses canons 
est tr^&-inexact, de sorte qu^en cette circonstance une fr^ 
gate sous le vent peut combatire un vaisseau de ligne au 
vent k aitnes ^gales. Cast au capilabe k determiner laquelle 
de ces positions il doit clioiw, sMl a plus d'avantagc a com- 
baltre k distance et a coups de canon » ou s^ii doit recourir 
k Pabordage , cette maui^re de combattre si bien dans k 
caract^ do Francais. 

\Ai combais de mer giniraux ont convert de deuil k 
g^nie militaire de k France : les sangkntes joum^ d^A- 
boultir et de Trafalgar p^setont lon^emps encore conune 
un cq^probre sur k marine franyaiae. I^ g^ral en chef doit 
avoir m^dii^ d^avance son pUn de batailk : auknt qua poa- 
ribk» no doK plus avoir dediapositiona nouvallesli prendre 
an iSMce d< son adversaire, car il y a un extreme danger a 
mawcavrer sous k ieu de Tennemi. Le devoir du capitaine 
de vaSaaeau est alors de kut mettre en ceuvre pour assurer 
b prompte execution dea plans de son g^ral. Les principes 
Idndamentanx k observer sent de se former en batailk sur 
fordre dans lequnl on pant kire k plus de mal 4 Tennemi , 
e( qui Ini o(fre le plus de r^sisUnce sHl est Tagresseur; 
du^ k poi^tion la plus frvorabk aelon ka airoonatanoas 






COMBATS lyANOfAUX 

du lieu, dutonpaeidek mar : 
est ordinairamant k plna avantageoaa, maia II haBr% paii^ 
Atradonnarkpr^liiffence^ceUeaoitf kvaiUai ronastplun 
k part^ d*un port ami, ou pour qualqoe antra vaisen ana* 
kgue. £n tbMa §^n4rak» ka plus gvandea nmbkiiiani 
d'un amiral se r^dukant k porter aur un point attaqo^ plua 
de krcas que I'en a rennemi, k randra inntik ausai lont* 
tampa que paasibk una partk de farfn4e qo'il combat; 

enfin , 4 Mmpre k Ugna ennemk pour 7 jetar k d^siffdie an 
kkr^ant k mancBuvrer aa mOien du ku^ 

Ainai qua dans lea combak skgulkrs , U 7 a danx paai* 
tkns pom> ka eseadraB raktivement au vent : au vent, et 
aoMi it veni; k prankva doH Mre pnaqne ki^enrs pai* 
(Me, anjourd'bnl snrtont que Ton sa bat 4 entrance. U m 
a*agit plua de aonger k aanver un vaiaaenu avari^ car lent 
navire d^oiM ou d4iesftpar4 devient nf^oeasairfmcnt k 
prok du vainqueur. Cette nonvelk mani^re d'envisasMr ks 
combak aur mer a apporl^ ^gakment quelywa medifica- 
tlona anx principea dea ^volutkna navaka. Aiosi , autrekk 
on tronvait 4a Tavantaga 4 doubkr les ennenua par k 
queue t aloca on aeDg0ail k secneillir ka navlras avari^; 4e 
noa ioors on eonseUk do doubkr k ligna par k t^ : on 
vent, a tout prix, d^truire son adversaire, et cetk mameuvre 
le UMt en diaerdre. Dana una wAHe gteikak , kalignea de 
batailk aont eonfondues ^ cheque capitaine doit s'oceu|ier k 
kire k rennemi teu4 le roal qu*il ponrra, et couMBe, an 
mitien de k fum^ ks signaux ne peoient Mre aper^ns, nn 
doit admettre en principe que tent vaisseau est & aon peak 
quand U est au feu. 

Nous supposons toujours que les escadres combattantaa 
sent d'^gsk foroe : k la mer, ce nM paaeonroe anr tarre, 
rhabil^ ne peut gu^ anppl4ar an nombroi etuaeesaadre 
trte-mfi^rieure doit ^tre nkmaaireraent battne, k aieioaque, 
conune k Navarin , on n^ait affaire k des Turcs , qui , com- 
battant vergne li veigue, ne aav en(t paa dictget kors bonkte 
dans k coque du vaisseau ennemi, CTeat une aOreuse pe» 
aition que ceUe d*une eaeadre forc^ d'engager nn coaalNit 
trop in^. Alors il ne knit prendre consi^ que de son oou* 
rage, nous n'osons dire de son d^spoir. 

Ce n*est pas seulemeat en pleine mer et sous voiks que 
ks escadres comb att a n t ; sonvent aussi les radessontktb^Mfe 
de eon»bakg^n^ttx enUe deux ikttes k Tancre. Dans Tat- 
taque d'une escadre embosste, il s'agit de vaincre ou de 
p^rir : k gte^ral doit ^videmment dinger toutes aes forces 
centre une senk partk de k ligne enaemk ; c^est celk du 
vent; car alors ceUe de sous le vent ne peut pas ais^ment 
venir prendre part k Taction. JX doit engager de tr^pcte, 
adn de paralyser le feu des batteriee de krre, qui aeraient 
alors expos^ k Grapper k la ink amis et ennemis; destiner 
quelques vaisseaux k gener Tappareillaga de rarri^re-garde, 
tandis que d'autres tenkront de mooiller entre deux vais- 
seaux de k ligne d'emboasage, pour les enfikr en poupe et 
en proue; et , autant que possttile , former une doubk Uff» 
qui puisse ^aier Tennemi, enk metlant entre deox feux. 
Ce que nous venons de dire pour Tuttaque dick natnroik- 
ment les moyens de d^knse : ainsi, lea escadres embossi^ 
doivent Clever k lerre des batteries, arm^s anrtout de mof- 
tiers, qui pourront lanaer dea bouiek rouges k rennemi , 
disposer de toutea kurs ressouecee pour n*4tra douUte, nl 
par la tSte ni par k queue, enfiuy serrer kurs vaisseaux, ain 
de n^6tre pas coup^ 

Tb^og^ Pack , eapiuiat dt vsiatcMk 

COMBATS D'ANIMAUX. C*^kit un atroce spec- 
tade cbez le^ Remains que oaa combak de bMca fireces 
entre elks ou avecdasgladiateuf s on bestial resells 
consiskieat k rtfuaii* sous les toux dn peopk , dans des 
amphitb^&tres, des arAnes, dea cirques ou autres 
^Aces publics, k plus grand nerabfo possibk d^animaux, 
aoit domestiques et priv^, soit sauvaga^ Les barbaraa 
conserv^ent vraisembkbkuumt ees jeuxi et enoore an- 



OS 



COMBATS D'ANIHAUX — COMBE 



jourdlwi les Uptptmh ae dAeoliitt to ipeeUde des oom- 
bittdetaareaux;l« Anglait aimeot loteDt un combat 
de coqs qu*une aotoe deboM. Loogtenps toady dans U 
baalifloe de Paris, lea boacben a 'aa ao d tr cBt pour bin 
ooiiibattreleoracbieBB,4buia-€kM,ai fiuiiille,leaeieraer 
et lea tenir en haleine. 11 n'eo ^tait poortant preaque plua 
qiieatioo,lonM|iie,le 16 aTril I7tl , a'oarrii » aurla loute 
de PanCin, bora de la barriteeSaint-MarUD.nD apectade de 
ce genie y depuia tranaport^ k nne barriM Toitiae, dite 
barrUre du Combat , 06 Van vi^ait des cbiena entrer ea 
Hceeootredeaoara, deabnufiielintoedeBliies; boocbe- 
rie atroce, qi:d toalerait le coeor, que U police alfecta de pro- 
biberd*abord, qu*eMe toMra ouTertemeBteaauitey d dana 
laquelle dea damea d'un certain rang, k Texemple dea ma- 
tfonea romainea, bumaient aTCc bonbeur leaeihalaiaona do 
sang, et oontemplaient d*un ceil ayide lea entraWea dea vic- 
tjmoa rumanteaaur I'artee. Sooa la R^rolutioB, la Gommuoe 
de Paris ordonna la tometure da ce drqoe de baa ^tage; 
maia cet oidro ne fiit jamaia compMlenieDt ex^cot^. Soua 
le Conaulat, aoua rKmpire, aona la Reatauration, la barrite 
do Combat peraiata dana aea borriblea Otea; maia aon pu- 
blic ne ae compoaa plua que de gar^ona boncbera daliera, 
cliarcotiera, tripiera, cbifTonniera, et de leurt ^pouaea. Dea 
afficbea honriblement illnatite annon^aient tons lea diman- 
chea cet ignoble apectade. Enfin le gouTemement de Louia- 
PhiUppe, qui atait eu le courage de supprinwr lea aalea dla- 
tributlona de cbarcoterie et de vin aus Cliampa-^yate , 
abolit lea combata d*aniniaux k la banMre de ce nom. 
Cette foia le roi-cUoffen put dire qu'il n'a?ait paa perdu aa 
joumte. 

COMBATS DE COQS. Vo^e% CoQt (CombaU da ). 

COMBATS DES ECHASSES. Foyes iglCHAaasa. 

COMBATS DE TAUAEAUX. Vopei Taubiaox 
( Combata de) 

COMBAT SINGUUER, combat d'un aeul 4 un 
aeul, proprement leduel. 

On en trouTC dea exemplea dana I'hiatoire tant aacr^ 
que profone. Dafid, cbei lea H6breux» combat centre le 
g^t Goliatby qu'll terraaae. T. Manliua , I'an de Rome 394, 
lemporte une Yidoire aignalte aor un Gauloia, qui a?ait 
d^ le plua bruTc dea Romaina de yenir ae meaurer avec 
hii. Cea combata, qui cbei lea anciena terroinaient qod- 
qoefoia une guerre entre denx nationa, a?aient un prindpe 
de grandeur que ne reconnaiaaent point lea modernea. 11 
eAt cependant ^ plua d*one fob k 6Mnr que deux aouve- 
raina, qui meCtaient en mou?ement chacun une arm^ 
pour dtfendre nne injure toote peraonndle, vouloaaent bien 
deacendre k yider leur querelle entre enx, au lieu d'y Terser 
le aang de leura aujeta, aouYent pour on caprice ou pour la 
cauae la plua futile. On dte Men dana lea tempa mudemes 
pluaieura exemplea de d^ en combat aingulier propose 
entre dea aonyeraina, comma celui de Pierre d*Aragon et de 
Cbarlea d'AuJoo , d*£dooard 111 et de PhiUppe de Valob, de 
Fran^oia 1*' etdeCbarlea-Quint, de Turenne et de Tdecteur 
Palatin ; cdui que Paul I*', empereur de Ruaale, enroya k 
Pitt et k d'autrea miniatrea, etc.; maia ancun de cea d^fia 
n*eot de r^aultat. 

Lecombatjudiciaireao moyen Age n*^tait lui-m^me 
ordinairement quHm combat aingnliery maia ordonn^ comme 
moyen de d6counir la T^t^, et aunreill^ par le juge, k la 
difttrence dea dueto priy^, qui n*aTaient pourmotif qu'unc 
offisnae peraonneOe, et qui fbrent r^primfe par dea ^ta 
a^^rea. 

COMBE (GcoaoEs), pbrtoologueattglaia»nAle 21 octobra 
1789, k £dimbourg, embraaaa la carritee do barreau, et 
plaSda, devant lea dlff^reotea ooura de Juatice d*£coaae jua- 
qo^en 1837, ^poque 06 il renon^aox aOdrea, poor ne ptaa 
aToccnper qne de adence. 11 poaa^daH 6^ dea notiona ^ten- 
doea en a n aton de et en chinye, loraqo'en 1816 fl ft 4 £dfan- 
boorg la POMiiimnce dn docteur Sponbeim. Qooiqoe pr6- 



Tenu d*abord contra la noofelle tbteie dea organea de Hn- 
tdligence, il ae ttrra 4 nne ^tnde approioiidie de la qoeatlon ; 
et 11 arrira aind k partager lea idte de Gall et da Spurs- 
beim, qoi placent, comme onaait, lea organea delMntel- 
Hgence de l%omme dana le carreao. On le tH akws, atae 
toote rardeor et le die d*on n^byte, dtfendreet propager 
ce tyattaia. £n 1819 il poblia aea Essays on Phrenology^ 
qol parorent enauite dana une forme plua comply aooa le 
litre de : SjfiUm ^ PhrmH>hgy ( 1 824 ). A la mtaae ^MMfoe 
11 fit dea coora poblica aor hi pbrtedogie et T^tUqua; d 
lea le^ona qo*H donna aor cette deml^ adence parorent 
imprimto en 1837 , en AmM|oe. Son fiyre On popular 
Education ( 1882) lot le r^aoHat daa mteies Modea. Mais 
le roeilleor et le ^oa important de aea Merita ed Incontea- 
taMemcnt 7^ Constitution of Man^ considered in reta- 
turn to external o^^'ec^ (1828), oomge dana lequd U 
d^ontre, de la manitee la plua benreuae, le paifdt rapport 
de la nature humaine arec le monde qui Tentoure. En 1837 
II entreprit un voyage en Alleroagne , d en 1818 fl alia 
▼iaiter lea £tat8-Uida, 00 il fit qodqoea courapubUca aurla 
phrtedogie. n a conai^i^ dana aea JVMet on America ( 3 ToL; 
l^dimbourg, 1841 ) lea obaerrationa firuit de aon a^oor dana 
ce paya. Depoia 1842 11 Tiaita k di?eraea repriaea I'Alle- 
magna, d fit, pendant I'd^ de cette m6me annte 1842, k 
rUniyerait^ de Heidelberg, d en langoe allemande, nn coura 
public de pbrfodogie, qui attira un nombreux aoditoire. 
Dana aea Notes on the R^ormation qf Germany ( Londrea, 
1846), il fit connattre k aea oondtoyens la natore do mou- 
yement rdigieux proyoqu^ en AUemagne par Ronge d 
Gkertzky. 

COMBE (Abram ), fr^ aln^ du prfo6dent, n6 le 18 Janyier 
1785, k £dirobourg, ddt Cdwicant de aucre dana cette yflk, 
loraqu^en 1820ileutocca8iondefairelaconnai8aan6edeRobert 
Owen d de Tentendre d^dopper aea tb^oriea aodalea. Lea 
bienfaita de V Association, tant yant^ par le mattre, loi pa- 
rurent d tf yidenta, qa*il rdaolut de mettre peraonndlemeBt en 
application lea prindpea 06oonda d*ob ila deydent aortir; d 
4 partir de ce moment 11 y conaacra toote aon teergie d mtaie 
la plua grande partie de aa fortune. Une Cooperative So- 
dety, lond^ par lui k £dimbourg pour op^rer entre 
lea diyera produdeura I'^change dea objeta de premi^ n^ 
ceadt^ de m8me que pour Unw k prix cofitant, anx mem- 
brea de Faasodation, lee oljda qu*on ne pourrait pu obCe- 
nir par yde d'^change, d lea fdre aiifti partidper tons aux 
btodicea qui deyaicnnt r^ulter - dea diyeraea optotionft de 
Taaaodation, finit par coroplderaent ^cbouer. Cd inraeote 
ne Temp^cba paa de reoommencer, en 1825, une nooydle 
experience aor one plua large ^iielle encore, k Orbiaton, 
k neuf kilomdrea de Glaagow. Maia ce deyait dre encore ^ 
poor lui une aoorce d'am^rea d^oeptiona, d le mord n*ayait 
paa moina aouffert chex lui que le pbyaique, loraqo*!! moo* 
rot le 1 1 aoOt 1827. On a de loi : Metaphorical Sketches ^ 
the oldandnew Systems, d Thereliyious creed qfthe nem 
system, ouyragea dana leaqoda fl expoae la nooyeUe tb^ 
rie aodale d'Owen. 

COMBE ( AnuuEw), le ploa jeone dea troia fr^rea, n^ le 
27 odobre 1797, ftit nomm^ en 1885 premier mMedn de 
Leopold, roi deBelgea, fondlona qne, par aoite de aa man- 
ydae aantd, H lot oblige de rMgner dea I'annte aoiyante; 
maia la rdne Yidoria Ten d^dommagea en bii octroyant 
le tHre de aon Physician in ordinary en tcoaae. En 1842 
fl entreprit le yoyage de llle de Mad^ dana Teapoir ^ 
tronyer qodqoe adoodaaemmeot k aea maox ; maia Pam^ 
Horation qoi en rtelta ne fiit qoe paaaag^, d 11 inoomt 
le 9 aoM 1847. sSea ooyragea ont toua obtenn on grand 
aocote en Anglderre d anx £tat>>Unis. Nona dterona pina 
particuU^rement : Observations on Mental Derangement 
(faim]i(mg,i^t)iPrinciplest(fPhysioUigyappliedtothe 
conservation qf health (1824); The Physiology i/DigeS' 
tion, considered wHh relation to the prin^les c^dke- 



COMBB — OOMBINAISON 



9t 



uaet (lB3i); ATreaUseim thePki/sMogieai tmd moral 
maMOfmmeni q/ Tnfanqf ( 1840). 

GOMfilNAISON , mot dMf6 dn latin cum, avac, el 
teMTf, aoconplery signifte rasaemblaga da plosiaiiTa cboiaa 
dan 4daax. Dau nae aoeaplioD phia ^taodua at plus ofitte : 
toiles laa muubm poaaiblaa da prendra an nombre dea 
< |ii a atH<8 doBBtea. On paot aooibiiiar das noonbras, des 
loasy daa k«tTaa» das notaa da mosiqiia, das raisonna- 
DMBta, ale : on dtt laa aimte ambinSes da Franca at d^Es- 
pagna, laa Aottaa eombitUei da Franca at d^Anglatarra, ate 

LlMMmne poaiMe la faculty de combiner sas Idto, c^ast- 
^-dira dejol&dre ensamUa ptasiaars idte sUnplas qu*U a 
ra^oas par la nMjan da la saosation at da la r^fknUon, poor 
en fkira daa idtes complaias. En ca point , las Mtes sont 
iaftriaoraa k llioauna; car, quoiqn'allas ragoiTant at reUen- 
MBl anaaaiblaphisiaorscomMjialioiu d^idto simplas, fl ast 
Aeroira qua jamais alias n'assamblent cas idte pour an faira 
daa id^ oomplaxas. Las foos ont la focult6 da ctnn^ 
Mnar leors idha dans la sans da leur folia. Ainsi , toos 
▼errai on Ion qui simagina 6tra roi prdtendra, par una 
jnata cons^qiianoa, ^6tra sanri, traits an roi; mais lasim- 
Mcilles na sont capables d'ancuna ctnnMnaison dldto : ils 
■a raisoonaat presqna point Bien qua las idte simplas 
euatant an difMrentas comHnaisons, Tasprit da lluNnma 
qui ralsoosa a la poissanca da consid^rer comma una saula 
idSe plasianrs da oaa idte jointas ansambla. Si Tasprit ast 
poremant pMdf k regard da sas idte simplas, il na Test 
paa k r^gnrd da sas kite complaxas : car, comma cas der- 
niiraa aont das combinaisons d*id6es simplas Jointas an- 
sambla at onias sons nn aaul nom g^ntel , il ast trident 
qua Faaprit da l*bomma praud qnal^ Ubcsi^ an formant 
oaa Idte complexas. Ainsi, tal bomma sa lliit da Tor ou 
de la jostSce una id4a difT^renta de calla qu^un autra a da 
caa deux cbosas, ca qui prouta qua Pun n'admat pas dans 
M» idte complexe das idte simplas que Tantra a admisas 
dans la slaona. La question ast da sayofir laqualla db cas 
combtMoUons ast oonforme k la r^allt^ das cboses. La con- 
neikm bixarra de oertainas idte qui paraissant contradic- 
toiraa eat cfaai les bommas una combinaUon souTent plus 
fbiie qua laur raison; alia est spontante, in?olontaire, ir- 
r^sistiUa. Td ast reffet qu^^prouve nn musiden en enten- 
daat les preod^res notes d^un air qu'il est accoutum^ k 
chanter : aussitAt lea diterses notes se conUnnent dans son 
esprit, et luTolontairement ses doigts se promtoent sur le 
daTier poor acbever la m^odie. Cette combinaison invo- 
loatatra donna lieu k la plupart des sympathies et des 
d^gotts. 

U est daa umIs qui emportant avec eux uue combinaison 
dld^aa oompliqote. Parricide, par exemple, entralna 
ndte d\m tasassinit , combing ayac celle d*un fils at d*un 
p^. Laa mots saaiUge, ineeste^ aduUire, renlerment 
one eomMnaHiWi analogue d*idte. Pour certains mots, 
qooiqaa ca soil I'esprit qd forma cette conibinaison, le nom 
eat, poor ainsi dire, le norad qui tient ^troitement lite en- 
faroble ces idtes combinies. Bien que Tesprit de Phomme, 
CB formant sas idte complexes das substances, telles que 
r^taux, nUtalf londe le plus sou?ent cette union sur la 
Batore mtaie dea choses, cependant le nombre d*idte quil 
crasMne depend da la diflftrente application, sagacity ou 
taitaisia da ealui qd forma cette espte de combinaison. 

Roosaaan a dH : « La faux est susceptible de miUe com- 
Mxaiaoiti , mais la v^rit^ n'a qu^une manlMv d*6tre. » Lea 
mat^riaHitM Tanlant expliqoer lliannonia du mondepar les 
comMnaiaoBada la matite. 

Paitaot de eat axiome, qna le principe d'unit^ suflit pour 
taut axpHqner dans Tart d'teire, M. Jules Pierrot Ait 
aBHB^ dana aas Legons d^ihquence/ranfaise, k todier les 
difarsaa modificatlona da rnnit^ et k recberchar toutes les 
iiittmcaa qui pooraiant sa comHner pour la produire. Or, 
ces fatftoeBeas aool la dessein particulier de Tauteur, I'in- 



floenea da SM idte, da sas goMs, da aaa asBtiBMBts parson* 
aals. Ces InflueBoaa s'alUaat CB nn mtea si4at» da lem com- 
Mnoisoii d^TCtoot oeqni pent eBtrar dans la style, tout 
ca qui pent la modifier. Aux iBflueBces indiTidnelles de 
rwtaor se joigneBt lea infloeneaa extMauraa des mcearset 
te institutions natJonalas : da l&de nooTallea combinaisoHS 
da style, da nouvellea formes de composition, etc. Ca 
systtee se concille parfoitement avac celui da Condillac, 
fond^ sur la principe de la liaison te idte : inyersions , 
arrangement des mots, combinaison te phrases inddentes 
et principalea, tout se r^le sultant oa prindpa poar pro- 
duire k la fois, dans la fid^Ut^ de rexprassion , la correc- 
tion, la clart^ et la force. Les genres de style ne se classent 
pas, ils sa conUHnent autre eux. Si la perfection absolue du 
style coBsistedans laclart^, la prteiion,la corractioB, la 
justesse, la ricbesse, I'^Mgance, T^nergia, etc., c*est par 
l*beuraosa combinaison de ces quality que les grands au- 
teurs de tons les temps , Dteosthtee et Bossoat, VirgOe et 
Ftelon, Tite-LiTe et Montesquieu, etc., se sont assis an 
premier rang. Rastreindre la signification du style k la saula 
combinaison dea mots est un abus de langage ; Tappliquar 
k Tensemble de la composition est une extendon exagtea : 
U y^tabla fonction du style se home k la reprtentatton 
te idte con^uaa et pr^parte par rasprit. La style , con- 
sidte dans son libra essor et dans ses plus brillantes com- 
binaisons, n*a jamais pour objet que la traduction axada 
des idte, etc. L*art des oombinaisons de style eat le pre- 
mier de toua avec une littteture yieillie, dans laquelle on 
ne pent lien inventer, mais oh i*on cherche k tout renon- 
Teler par las formes. Dans Notre-Dame de Paris, dans les 
piquantsteritsdeCbarleaNodier, il y a d'hanreuses at d V 
ric^nales oombinaisons de style. Chateaubriand, Vil- 
lamain atnqtra Stranger sont, parmi bos Uttteteurs 
moderaes , de trto-habOas geBS cb foit da combinaisons da 
style. 

La science bistorique repose non-seulement sur la cob- 
naissanca te faits, mais sur U manite da les grouper, de 
les combiner, Les discours sur VHisioire universelle de < 
Bossuet, les ouvrages da Montesquieu et de Gibbon 
sur la Dtedence romaina , sont des modules en ce genre. 
L*art de combiner les foits pour en tirer te condusioBs 
phikMopbiques a donn^ un caractte tout particnHer aux 
teits de M. Aug. Thierry et aux lemons histork|ues de 
M. Guizot Cbaqua jour les antaun da dramas et de ro- 
mans qui sont en possesskm da foumir nos th^tres et nos 
cabinets de lecture enfontent da nouveaux titrea sans in- 
tenter une seule comMnaiJOB nou?eUe pour le plan, la cob- 
duite de ractkm et le ddrefoppemant te caracttes. Das 
gdnies crteteurs tela que Lope de Vega, Shakspaara, 
sont peut-Mra les sauls qui aient imaging qudques combi^ 
naisons dramatiques un pan nouTdles : encore, k y re- 
garder da bien prte, ne yerrions-nous en eux que les heo- 
reux imitataurs de quekiues obscurs deyanders aqjonrdliui 
totalement oublite. 

Combinaison politique indk|ne une mesure qui se com- 
bine avec une ou plusienrs autres, et qui a pour o^ti d'en 
foyoriser ou d*en neutraliser les eifots : ainsi, dans un gou- 
yemement reprtentatif, la combinaison das pouyoirs a 
tout k la fois pour objet de seconder rfoiproquement Tac* 
turn legale te uns et des autres, et de r^primer leurs empi6- 
tements raspectifs. Dans rhistoire romaina, llnstitntkiB du 
cans ou dtemibrement par la roi Seryfna Tullius oflkv 
Texampla d'uaa admhabia combinaison polilk|ue. La diyi- 
sfon du paupla en classes, seUm la fortune, T^H^ primitifa 
de rhnpbt par t^ abolie pour faire place k la proportkNi 
entre la fortune et la tribut impost par TEtat, furent pour 
hi muUitode des panyres un bienfoit rfol ; mab sous ca 
bienlait ^tait une combinaison profonde, qui ent pour r6- 
sulUt de neutraliser rinfluanca des demiires dasses du 
penpio dans les ddibtetfons politiqoes. Ouand Marius ap- 



•4 



COMBINAISOfT 



1^ m lerflet miMftira les fnMiiftt, qA m Mtent 
eicnpis d«piiit to th g nnmi 4e flerrlut TMu, i y Mt ^ 
M pwC HM comMnaifen politi<fw daas qb Mm ooMlrtire. 
II iiifoqiiilt I'^gftlM f^pvblieaiiie po«r appeler tons eft cha- 
cun 4 lertlr la pairte; iiMia son but ^CaM ^donMr 4e8 
armea aw derators ottoyens, afln de ae mellre ea ^M dim- 
milier el d'aaaarfir 4 leor ttia la daase das patrioiens et le 
l»arti dtt a^nat. Ca qoi dfatingue entfe Men d*aatr«8 le ooa- 
aulat de Oic^ron , o*aat ime comMnaiion politi<iiie ayant 
poitr but da cam^tnar eonmia antreisftaw ordre datts l*£tet 
la daaae intemMi^re dea diefiMera, et de lea eppoaer k 
eea patrieieiia amliMeax f{ei atipeiidiaieirt dea masses popn- 
blres poor a'Mafw au poaToir. Le gouTernemeiit qui s'^aK 
jntradtdt en Franee to 7 aoM IBSO, k to soke des ]oiini6ea 
de Julllet, aemMait reposer stir iiiie c&mHnaisim polidque 
analogue : tout powr et ptar to elasae nmyeMie. 

Dans to tomgase oonsUtatieiinel, Hen ne s'emptoto si fr^ 
quemment que ees moto eomhinaUon liigisiative, ccmiM- 
nnison ^lectortdef combiMimm nUnistMeltB, 6*e6t*4i-dlre 
tonnatfon d'on eabinat; m e(tot, dam oe si^ ^miiieni^ 
Mcot politiqw, on met en toot de la combinMson pofi- 
tiqve, diaries Do Rocom. 

CmHINAlSCm {CMmie). Ce mot s'appliqtie et k 
Vmfthu per toquelto les atomes <to plusleurs eorps sHmis- 
sent pour tonner an noaveau corps , et av r^ottat de oette 
adton : dans oe dernier sens, fl est s y u o n yw ie de co mp os€. 
TovCeeombtoaison depend de ro^^rocHon mMfftUrOre con- 
■ue 8008 to Bora d'a/Jf nit^. Mafs eette unique force ne 
snfit paa loujonfs poor op^rer one combtoafson. Ainsi dent 
eorps aolides mis en oontaet ne dement lieu k aucone ac- 
Hon ehimique appreciable ; en les rdduSsaot m^nie en poudra 
fine , on n*op^ qii*im nW^lange plus on raofais grosstor. Cast 
q«e, queHe que soft VaAtaH^ de ees oorpSf elto nM pas 
aasei grande pour vatoore to cob^alon qid unH Intrs 
motocules respectives. Mais si, employant la chalenr k 
ssmooter cette domtore tofoe , mi amtee les dem corps ou 
saulement Tun d*euit k T^tat Hquide on gaseux, rafllnitiS 
n*ayant ptns i^ aurmonlor la mtoie r^sistanoe a'exeite arec 
toute son Sergio. Anasi tos andens dtocdent-fls : Corpora 
mm ugnnt niH tinf selutUf TontoRt exprlmer que V^t 
saMde dea corps eat un obstacle k tour combhiafson. 

On oom p r en d quo la obaleur (krorise to eombinaleon des 
rarps solMhM, pirisqn'en ^cartont tears raotocutos, elto les 
arracAic k llnlNMnoede to oob^Mon. Bfaiaeii ddiors de cette 
aeHon ro^caniqye, il fbot bien reoonnattre k oe fluide une 
adion ebimiqae ; oar 11 prodott tomlme effei sur les gat, oil to 
collision et nolle : ainai un m^tonge de deux Tolonies dliy- 
dng^ne el dSm volume d*oxyg^ne k la temp^rartore onfl* 
naira no dornie lien k aucone r6aclion, tandis que ce m^nge 
portd au range setmnsfonne ai4>itement en eau. Cette 
praprfd^ de to cbatonr pent semMer contradfctoire avec 
caNe qa'on kit oomialt de d ^oo mp o ae r tos corps. Mais cette 
c— ti ndiat ton n^esi qn^appnroote : to chaleor (hdHte les 
combinaisons en surmontant to coh^ion ; efle cause les d d- 
eompostti om en anrmontant rafHoiti^. 

La chatour n'eat paf« I'uniqae agMt qa'imiploto Tart on la 
nature poor former des oorobtoaisons. Oomme elto, et plus 
qu'eHe peut-#lre, r^tectrioit^ preside au\ rtedfons 
ckkniques. La I am 1^ re exerce anssi one Muence plus 11- 
ndtoe , H oat Tral , mi^s Inoontestabto. Pour en domier un 
aaempto, on peul mcttie de l^hydrog^ne et du dilore dans 
«i Itoooo ; si OS flaeon est dans l^ebseorit^ , on nV>bserve 
lien; ato i nm itf e diHteae, toadanx gatseoomblnent enqod- 
qncabenrea ; 4 to liimi^ direetodee rayons aotolres, to com- 
bi nafa on est instantm^ et annonc<to par une detonation. 
Oonma H n'y a ordinairemettt ni ^lectricito nAhimtofe sans 
cfaatonr, on pourmtt croire que (feat ce dernier fluide linmii- 
ddrabto qne Ton dolt oonsktorer eomme cause ItnmMtote 
d« combkiatoans; mato on pent llicilement sVasurer que 
toi rayona lumtoeax, abstraction toito de to cbaleor qd tos 



ncoainpagne^ pradnuaot lea efnts quo iibna veBons de do— 
crire. Si, ayant d^mpoa^ to kiiKtora blanche I falde dai 
primie^ on porte to m^aoge de cblora ol dliydragtoie sue - 
eesshrement danstoirtes tos parties dn spentresolaire, 
tos rayons ealorlfiqnes ptoa^ an deto de to moe ronga ne- 
font sans action ; eeux do to tone Tfetotte praMrottt to con^ 
btoaison; dans toute poaltlon intermMlaira, to rapidHi de toi 
rfeetion sera d*autant plus grande que to mAuigs setronrera 
phis pT^ de cette derail tone. Le mtaae cffiet ^obserm 
aTOc to cblorure dVnfent; <fe8t k one fiteetton do eillt 
nature qne laphotographiedoitaes proeMMl. 

La chalenr n*ert done pas agent essentfel de to comlil> 
nalson. S'il re^toit le molndre doute b cet €gard, il sei^ 
bfen Tite dlssip^ en se rappetont tos pfa€nomtoies cataly- 
tique8,od certatos corps opireot de parelte efTeto par tear 
simple presence, sans Sprouter aucune rtectSon ddmfqne. 

Du reste to corofafnaison de denx corps est ordtoniroment 
signal^ par un d^gagement de diaSenr, d*6toctricit£ et queU 
qnefois de luintore. n est mtme probable qu^ en ert ton- 
jours ainsi. Seulement, comme to quantM de chatoor on 
d*deOtrictt^ d^ag^ est to mteM dans une mtaie combtoal- 
son de deux corps donnas , qudle que tdH to dni€e de 
cette combinaison, il s'ensult que oette quantM est phis on 
mdns appr^ctoble. Ainsi, que Pon brtHe dn §» dans de 
Poxygine ou qu*on laisse rouWer lentement ce mdlal dans 
fair, to produit est tou]ours de Poxyde de fer, et to quantity 
de chatour sembto bien difRrente dans tos deux cas. Cast 
que son action , qui dans to premier ne dura que quefqaes 
tnstanto, est prolonged pendant pl n s ieur s joun on phistenra 
rooto dans to second. 

A ees caractores qoi dtottoguent tos comMnatoons dos 
melanges, tl tout ajouter que le ffeuRat d*one combfnai- 
son ofHre des proprtotfe pihyslques et dihniques difftitntes 
de cetles de ses ^Kments. Nous avons d^ dM denx gax, 
Poxygtoe et Phydrogtae , sSinlssant pour former xm HqiiMa. 
L*bydrog^ combine avec l*azoto, qui est commehd inodore, 
donne naissance k Pammonlaque, dont fodeor est si forte 
qu'etle prodnft to suffocation et le tomntoment. Sans quitter 
les combinaisons de Pbydrog^ne, nous trouTons Padde sulf- 
4)ydrlque, oui r^sulte (to sa reaction sur to souCre , et dont 
Pbdeur f^tide et Pacdon d^SI^^ ne se trourent ni dans Pun 
ni dans Pautre de sM dtomento. De pHus, II est bnposs&ito 
de s^parer par aucun moyen m^nique tes corps stknpleg 
que renforme un compost. C*est entra tes atomes mftmes 
des corps qu*^ lieu la c(mibinalson. Enfin, on salt qoe tos 
corps se comblttent en proporttons diiflnies, tandto que tos 
melanges ne sont soumis k aucone loi. 

Davy,,Ampfere, Berx^ltus ontlour Ktourdkercb^ 
k €tab\W one tlitorie gte^to des combinaisons d^odqaes. 
TouB trols ont toit Toir que dans les phteom^ues de cet 
ordre to principal rOto mpartlent k Pflectridt^. Cfl|Haidant« 
tours ing6nieuses hypo&Ws ne raposent pas eneora sur 
des preoTes assez convatocantes pour qn*on putose les con* 
siddrar comme dou^ d*un caracuare siifflsant de certltade. 

E. Meruedx. 

COMBINAISON (Matkdmatigues). Plusleurs objcis 
^nt donn^ , si Ton se propose oe n^en prendre qa*un 
certain nombre, on obtient dilikentes combinaisons de ees 
objete. SI, par exempto, lis sont au nombre de quatra, que 
nous d^gnerons par a, 6, c^ d» et quie Pon an veuille pren- 
dre seulement deux, on aura les Goiubioaisons suivantes s 
ab, ac, ad, be, bd, et cd. S*U ayait fiiUn ea prandre trols. 
les combinaisons auraient ^ abc, abd, acds et bcd^ Gia^- 
ralement on Toit que Pon peut repr^seni»: par des lettres les 
^^loents des combinaisons. La nombre des tottras qui en^ 
trent dans diacune d'elles indique k quelto cUas6 ^(mx- 
dennent les combinaisons que Pon oonsld^re. i)an6 l^em- 
pto pr^c^ent, a, b^ c, dp forment to pramtone ctosae des 
oombhiaisons de oes quatra tottras; ab^ ac, olc, soot de to 
seeonde classe; abc, abd^ etc., sont de totroisi^jme; abed 



COMBINAISOff — COHBU! 



05 



«t M 



■RmmfisBBiBBiod'awraM cuno uoon uuiiiimiuubuiis. ii 
iff % ^M wB dnw pns €kivm w ctt ^vrairB tettMBy est on 
Of ped aai fciii er qutre objeU dnq k dnq, six 4 six* Qte. 

ObIIb MSBHM Q^MnM l0B COnWnMlBOIIB 80Qft lOmM 06 
pftdsHS 160 ft Itft dOflMr p6f <|I1^(|B68 IDSfll^UUtiOfmft l6 

■m d6 pirodwHt ^ff^ftt^, sftii suftMil ti6 ntppcfor ^\>ii 
kMI pastes fMsfbudfe «T6e les pertantatloiis : dans 
oies-ei, OR^ent coopta d6 fordre das A^aMnts, de sorte 

^66 VbCt ACOy OOC Ct OCSy ^61 B6 V^MPCSCUiaiR (|lil]ll6 86IIVB 

oonMBaMon forawBit qvatoa pamutafitms dbtinctas. Mais 
caasBia das covdomsom wfNvaiitas pauTODt rcproacntcr 
das prodadfs ^iffiMi , on daft anoofa pi^fiSiBr k la dteoni- 
Mtiott cpie BOOS fCBODS da r^partar calte da combiwaison, 
wkffMi^ par Jaoqoas B am oti 1 1 i dans son An conjeekmdi, 
II ail Mdaat qua la iiamlsra das eombinaisons de m 
Mcpcs csA povr HI pra&iiara clana vffa ■ fPi. On d^montra 
SB ilgMire i|Be aa nomlire aat, pow la denxiftma dassa : 

gte^ral pour U n^*** dassa : 

m(m— 1). . , .(m— a+l) 

I. 2 n 

Gas MnJbras |MiTeBl sa calcalar salt avac eetta fornnla, 
soil k raids da triangia aritkoi4Uqua da Pascal. lis 
donnfnt las ooaOicieAis du kinome de N$wim, oar la 
tb^ordna qak porta ce nom s'appws sm la IMoria das aoan* 
hmiiaoni Galis tliforie a basnooop dlaatras appMoHiaiiB : 
OB coBBprend qnf aUa doit dCra d'm aaiploi pgeaqas itonHBual 
daoft la caiciri des probability. Povr a*eB donner loi 
qu-ua exanipla , dierdums quaUa sst la probabilitd da la 
iortia dte «nba 4 la 1 o tar ia. La'BoiBbn da BUBiiros 4taBl 

sOyQyanra — ^oa 4005 ambes possibles, de sorte que la 

a BBB ataaca past loi, peBdaat q«a la kSBqiiiar en 
Po«rlat6rB6,oBtraBTeqBale BomlNPadescbaBeas 

ast ^!:?^ oB bia 117490. 

1.2.3 

Kanarquons qoa le nombre des combioalsons de m 1e(- 
trtA n k n est le mtoie qoe celui des combinaisons de m 
iettres m — nkm — n. Sien eftet, pour trouver le nombre 
de ces dern%es combhiaisons , on change n en m — n 
dam ta fonnole pricMente, il Tient : 

w(m — 1). . . . (11+ 1 ) 

t. 2 (m — «)' 

ce qui est la mftise quantum sous une autre Ibrme ; car en 
i^iMsant ces deux expressions au Oiftine df^nominateur, ob 
trooiw le mtoia num^ateur. Cette remarque nous apprand 
qua dsBs le d^doppemant du binome de Newrtoa les termas 
a 4|^le stance des extr^mas oot des coeOidents ^gaux. 
Souveat aaasi elle abr^e certains caleuls : ainsi , si Ton 
avait k dkerdiar le nombre des comlHoaisons de 26 iettras 
priaas 22 It 22 « 11 serait Uen prd'drable da calouler cdui qua 

2f 24 23 

doflBcsi2&1ettresprlsesslt3: onauralt ' * , aipres- 

)ft 24 4 

ilaa beanooup pins siaiple que r-;^ — ' ' ■ ' ' , at qui donna 

le mteie r^sultat, comnie fl Tient d*ttre d^ontr^. 

Jaaque id dobs n^Tons parK qne des comblnaisons od 
dnqoe tenne ae renfeitne qnHxna senle (bis le m^me d^- 
mcBt Mais de mtoe qu^O y a des permutations avec 
i ^ pAilloit , on cooiprend qn^il exists des combinaisans avec 
ripiiifUm. Trois lettres a,b,c, conAlndes avec r^pdition 
trois^ trofsdonnentaao, oadyOOt, abbyabc, ace, bbb, 
bee, bbc, ccc. On peat meme les combiner qnatre k quatre, 
dnq a cinq, etc. Les combinalsons qnatre k quatre, par 
excaq>la» aont miaa, aaab, aaac, aabb, oode, dc. Nous 
■e wniB ^todronrpas snr la mani^re de fbnner ces com- 
MadsoBs^ doBtPeinplol ed beanconp moinn frequent; nous 



dlnms sedeaient qoa m Iettras eombbto avite r^pd^on 

It it n donaent pour le aombre de lenrs comblnaisons : 

«i(ia+!). . . (m+a— 1) 
' ■ — ■■ ■ ■ ■■ " ■ * . 

1. 2 It 

E. MCBUEOX, 

COMBLE* Go md fiaat da eulmen^ qua qoalquas 
djFmologMes ragardent conune synoajma ou toot an moins 
ddiv^ de ctitouM » qui ea latia sigaifiait dbouiaa, saul 
giBca da oouvertura qui ait dt^ conau aox pramiam siteles 
da RoBM » cooune lladique ca Tars da YligUe : 

Las Latins sa senraiaat da aiot ^bmm poar designer daas 
un MiAca cetta partie la plus dev^ qal sa tBnaiaa aa 
pointe, ce qaa aoos axprimoas aa Aao^ par la moi/aiUer 
d*oii aous stobs fait la mot /oUi^a. Las deux mots eomble 
9i/aUe d^ignaat aa g^adral la oaastractioa (ordiaaire- 
m^ ea bois de cbarpeafta) doat sa coaipoBa la partie sop^- 
rieure et culminante du plus grand nombre des maiaons, 
palais d Edifices de tout genre ; les mots cotiver^re d ^oi^ 
s^appliquent philM k ly pw t M bl e das mMttsfgeA re e on rrent 
le oomUe ou dittage. 

U 7 a diiVireates esp^cas de comblts ; las trois priad- 
pales sontles combles simples^ qui a'ont go6re qu^une pente 
ou un ^out, d qu'on nomme eppentUi les combles d 
deu9 4yiuts d les combUi m croup*. « On a fait, dit 
Quatrem^ de Quincf , phis d'una recherche pour dablir 
one th^rie poatique d*apr^ laqueUe on pOt fixer les pontes 
des coables en raisoa de la tempditare de ebaqaa flinpat 
d de la manid« dont Us doivent 6tra cooTerta. 11 est gi^n^ 
ralement recoano qoe daas les pays cbaads il pleut moins 
souvent que dans les pays tamp^r^i, mais on salt aussi 
qoe les pUiies y sent plus abondantes. La quantit4^ d*eau qui 
tombs i la fois d la temp^atura de Tair sont telles qu'il 
(kat tr^-peu de pente k r^coulement, et que les toits sont 
sees presque aussitdt que la pluie a cess^ Daas les pays tem- 
p^r^, les pluies aont moins abondaates^ atais bIbs Ir^uen- 
tes; r^ulement est moias rapide, d les tows, plus lents 
k s^er, demandent une plus grange pente. Dans les pays 
froids, les pluies sont plus fines, la temp^ture ed plus 
Uumide , enfin les neiges qui s^ouraent longtamps sur les 
combles n^cessitent une paite encore plus considdrable que 
dans les pays tempd^. 11 ddt done y avoir uae proportion 
k observer pour la pente des combles, d cdta proportion 
pent trouvcr une regie approximative dans les degr^ de 
temperature de cbaque climat. Cependant on remarque dans 
un mdme pays des ^ifices dont les toits sont Cbrt dev^s et 
d'autres qui sont fort surbaiss^. II y a ladna des combles , 
et Tosage ea fut jadis trte-comroun an France, oh les deux 
extr^es se trouvent r^unis : tds sont ceux que Ton ap- 
pdle d la mansarde, ou la partie siipdleure n'est indiu^e 
que de 24 h 25 degr^, tandis qua la partie infdieore Test 
da 64 k 66, c*est-a-dire dans la mesure inverse de celle que 
la nature des choses aurait exig^e. On doit observer encore 
que les combles destines k 6trc couverts en plomb, en zinc 
ou autre m^td ont besoln d^unc moindre pente, la couveiture 
no devant former qu'une seule pito. Les tuiles creuses, les 
tuQes flamandes et les tuiles romaines oat besoinde plus 
de pente que le plomb, et les tuiles plates » ainsi que Far- 
doise, en veulent plus que les tuiles creuses. » 

Le mot comble se prend gdi^lemeat, au figure comma 
au propre, dans le sens di&/aUe, sommei, ou conmie d6ei' 
gnation d^ne chose qudconque qui s'^liva en Idte au-dessus 
d*une mesure doon^. II $*emploie mdoe adjcctivement dans 
ce sens, et on le dit, par exemple, des mesures sibchos, 
tdlos que le bl4, le sdgle, la tarim, dc. De Ui, on dit figu- 
r^entf en parlant des cbosai nu>ralas> que la mesi^^ ^ 
comble, d*estrk-dire qu'U ed imposdble d*y riea ajouter. 
Mais plus communement le mot comble se prand au Ugar^ 
pour le dernier surcrolt, le dernier point auquel nue chose 



M 



GOMBLE — COHBOSTtBLE 



paiflM nthtt : teb qoe le comble de la Joie, de la doth 
leur^ de la Jorttme, des hanneurt^ des maux, de Vof^ 
)lietUm, etc On dH d'on bomme qi]*n est ram^ de fond en 
eombU, pour dire qiill a perdu Umg ses biens, qn*il ne lot 
reste plus rien, qnH est rnln^, perdu saiiB reseources. 

Pour eonMe est une focon de ptrler dont on se tert dans 
la mteM acoeplion ; on dit d'une chose Achense arrif^ h 
quelqu*ntt, que ceia Ini est Tenu pour comble (c*e8t4-dire 
fHmr eurcrott ) de disgrdee on de malheur. 

Combler est synonyme de remplir. On comble nn pdts 
qui est ^ sec et qui ne peut plus dtre d'ancune ntilit^; des 
troupes cheidtent ^ combler ies foss^ d*nne TiUe pour en 
UndWUx le si^ Au figure, ce Terbe s'emploie ^galement 
dans le sens de remplir, arec IMd^e d'une diose remplie 
cm-4elk de la me$ure, C*est alnsi que Dien nous comble 
tons Ies jours de ses grAoes. Les rois ne s*appliquent guire 
qu^^ combler de fofeurs leurs courtisans et leurs flattrars. 
Aoguste, dans la trag^die de Cinna, pardonnant k ce chef 
des conjarte qui out touIu IuI raTir le jour ayec I'empire, 
lui dit : 

Tu tttkM net bienfaitf, je vam \m reioabler ; 
Je I'en avais eombU, je t'en Ttoi tecahler. 

EiTort subliroe de d^ooence et de g^n^rodt^, qu^il scrait 
souTent dangoreux de pousser trop loin, mais qui n'aura pas 
beaucoup d'imitatcurs, .et qui ne peut r^ir en bien que 
sur Ies Ames honnMes ei d^icates^ sur ces imes d'^ite en- 
fin, dont il ne faut point dierelier le type dans les oours. 

Edme H£reau. 

GOMBODRG, gros bourg du d^rtement d*111e-et- 
Yilaine, situ^ prte d'un bel dtang, sur le ruisseau de 
L^non, 1 44 IdtomMres de Saint-Malo, ayec 4,774 habi- 
tants, remarquaUe par un Tieux nianoir flanqu^ de qnatre 
toorelles et bien oonserr^, dontConan, due de Bretagne, 
s*enipara en 1066. Ce chAtean appartenait k la femille de 
Chateaubriand lorsque Tauteur du G4nie du Chris* 
fianisme Tint an monde. 

GOMBRI^AG^ESy famine deplantes phan^rogames, 
form^ par Robert Brown du dtoembrement de celle des 
^l»agnto. Les combr^tac^ ont pour carat^res des feoilles 
oppose, ou altemes, enti^res et sans stipules; des fleors 
liermaphrodites ou polygames, difersement dispose, en 
^is axillaires ou terminaox; leur calice est adherent par 
sa base avec Tofaire, qui est hiflbre. Son limbe est allonge 
ou eampaniforme, k quatre on cinq lobes ; il est articul^ avec 
la partie supMenre de Fovaire, et s*en d^taclie drcnlaire- 
ment apr^ la fiteondation. Dans les genres oil la corolle existe, 
die est formte de quatre k dnq pitales ins^r^ k la base et 
entreleslobesducalioe. Lenombre des diamines est en g^^ral 
double de cdui des p^tales ou des diTislons du calice quand la 
coroUe manque. Eiles sont toi^ours ins^rto k la base du 
limbe calldnal; leurs antb^res sont k deux loges, s*ouvrant 
longitodinalement L'oTaire est k une seule loge , contenant 
de deux k quatre ovules, pendants et attach^ au sommet de 
la cavity par un petit prolongement filiforme, plus ou moins 
allonge, sans aucune trace de trophosperme central. L*OTaire 
donne naissance k un style long et grde, termini par un 
stigmate simple. Le fruit, qui prisente du reste des diffe- 
rences assez grandes, est toi^ours uniloculaire, monosperme, 
ou k nne seule graine, par aTortement, et ne s*ouvre jamais. 
Sa forme Tarie ainsi que sa consistance; il est tantdt sec et 
•ngulenx, tantAt ovoide, globuleux et chamu; la graine 
qu*il oontient, snspendue au sommet de la loge , a a peu 
prte la m6me configuration quele pMcarpe. L'embryon est 
imm^diatement envdopp^ par un ^^sperme simple et 
membraneux. II a la wntme direction que liigrataie, c'cst-A- 
dire que sa radicule correspond exactement au pohit d*at* 
tache decette graine. Les ootyMotts sont Ibliac^, raremeDt 
planes^ et plus sourent roul^ sur eux-mAmes. 

Cette fiunilley compost d^arbres , d'arbrisseaux et mfnie 



d'arbustes, ne reBfbnne qaHm petit wwibre de gawms, doot 
leplns remarquaUe est le genre lerminotttf (9oyesBAB4^ 
nim). DauaL. 

COM BUBANT (de eomburere, briUer ). Dans la Uitoie 
chimiquedu ph^nomtoe eonnu sous le nom deeom^va- 
<iofi, odTonadroettait quePoxyg^neaTaitseulla pro- 
pria de brAler tous les antres corps dmplea, en se combinant 
avec eux , Toxygtee ^tt oonddM oomme seul ei unique 
eomburant,ei tousles autres corps simples sosoeptibles de 
se combiner avec hii ^talent nonunte eorpe combuiUblee 
et oxfiginableSf distingu6( en oMet eHeaoxpdes. On dteoo- 
Trit ensuite que trois autres substances, lechlore, I'iode 
et le fluor ou phtore, jonissaient ainsi que Foxygtee 
d*une sorte de facuUi comburante. Mais on a constats 
par Texp^rience 1* que lorsque Tune de ces substances est 
engtg^e dans une combinaison bhiaire, et qu*on soumet cette 
combinaison k Taction de la pile, die se rend constaBiment 
au pdle positif et I'autre corps au pole n^tif ; et 2* (pie 
dans les combbiaisons de ces substances stcc Toxyg^ne, c'est 
ce dernier qu'on Tdt toujours se ranger au p^e positif. 
L^acUon comburante exerote en apparence par les corps 
simples indiquite d-dessus, sur les autres corps de la na- 
ture, n'estdoncrMleroent autrechose qu'nneco m b I n a { s o n 
de ces corps , pendant laqudle il y a d^gagementdechalenr 
et de lumiire. Les conditions k Taide desqudles cette action 
s'engage et s'efTectue sont variables, et sont indiquto dans 
la thtorie actudle de la combustion. L. LAimBrr. 

CSOMBUSTIBLE. Tout corps susceptible de s'unir 
chimiquement avec Foxygtee est proprement nn combus- 
tible. Si par rdftt de son nnion avec un autre corps fl 
r^sidtalt simplement dialeur et lumi^, ou Fun ou I'antre 
de ces deux ph<hiomtees isol^ent, mais sans production 
d'oxyde ou d*adde, ce serait seulement ce que, Ikute d*Qi 
terme mieux appropri^ au ph^om^e, on a assei impro- 
prement appd^ soutien de combustion. Cost dans oe sens 
incorrect qu'oo a dit, par exemple, que le chlore dans 
son nnion avec pinsieurs substances est un sontSen de 
combustion, etc ( vofez CoMBORAirr ). Sous le point de me 
de la premito acception, les combustibles sont assex nom- 
breux dans la nature, et leur &xxde est du ressort de la 
chimie et de la physique. Bfais notre objet est seulement 
d*examiner id les combustibles sous le rappoit de leur en- 
ploi dans les arts, les manufactures et les besoins domes- 
tiqoes ( voyez Chautfagb ). 

La question la plus importante que pr^sente Vexamen d*nn 
combustible, c*est la determination de son pouToir calori- 
flque, c*est-l-dire de la quantity de chdeur que ce combus- 
tible d^ige en brOlant. Cette quantity s^^value en ca 1 o r i es , 
tantOt k Falde du calorimfttre de Rumford, tantOI par 
nne analyse diimique ob Ton admet que les corps dont 1*^ 
tat i^ysique diff^ peu 4mettent des quantity de chalenr 
proportionndles aux Tolumes d*oxyg^ que ces combus- 
tibles «dgent pour brOler compldement Par U premitee 
de ces m^thodes, Rumford a trouT^ que le pouvoir calori- 
fique des bois ( vogez t. ni, p. 359 ) est repr^sent^ par 
les ditflres suivants : Tilleul et peuplier, 3,460; bOtre et 
merisier, 3,375 ; chtoe, 3,300 ; d»arme, 3,1S7 ; Artoe, 1,075 ; 
sapin, S,037 ; etc. Les experiences ont gMralement porte 
sur des bois de menuiserie de quatre ans. 

Tons les charbons de bois lorsqu'ils brOlent degagnt 
sensiblement la mtaie quantity de dialeur; mais tons ne 
brOlent pas de la m^me maniire : les charlions compactes 
brOlent plus diflidlement et plus lentement que les diarfoons 
Mgers; aussi sont-ils jpir^tMs pour obtenir les baules tem- 
peratures. Mais, quelles qn'dles sdcnt, ces temperatures ne 
peuTent generalement prodnire la dialeur necessaire pour 
ies oper^ons metallurgiques. D*apres M. Pedet, la puis- 
sance calorUique des charbons de bois varie cntre 6,600 
et 7,000 : ouToit qn*A poids egaux le charbon a nn ponvoir 
calorifique plus que double de cdui du bois. De plus, la quan- 



GOBfBUSTDBLE — COMBUSTION 



97 



lllftdft cWnr <iiie le dMrbon nyouMMt^galel Umoitt^ 
^ eeOe i|m prodoit U eombottfon. 

Soot le Bom de boU UirH^ on de dwrlnm roux, ob 

Mipioie dins <|iMlqa« haoto fdanwant do d^partemeiil des 

AfdcMM m oombastible intermMiaife entre le bob et le 

tkubom. On le prepare en pla^ant le bois dans des cjUn- 

igm en finte cbaoiBfo par U flamme perdue des bauts four- 

neMiz, «l kd bisant perdre par distUlation one Aractkm de 

son poida oompiise entre 30 et 50 poor 100. La quantity de 

cbailMMi ronx ntotsafre poor obteoir im quintal de fonte 

profieBl d'nne quantity de bois beaneonp momdre que celui 

qa*il faul transformer en charbon ordinaire pour oliAenir le 

r^sttltaL U est Trai que I'^oonomle de combustible est 

par raogmentation du prix des transports, puis- 

qnetoot le bob doit Itre anient ^ Pnsine dans son ^tat na- 



La toarbe brikle oommele bob, a^ec flamme etfom^. 
Sa oombnstion est lente, k cause de la prtenoe de mati^res 
terreoaes; die d^veloppe presqoe toqjoivs une odeur pi- 
quBte et dtegr^able, qui paratt proTcnir de la dteompMi- 
tion des matures aniroaloB que renferme la tourbe* Cette 
odeur rend oe combustible impropre au ehaufbgo domes- 
tlqpie. Ob ne pent pas en oMenir d'ailleurs une cbaleur bien 
cpMJd^bie; mais cUe soffit pour le chanlTage des stares 
cC des chaocH^res k raptor. U rteilte des obsenrations de 
M. Ptelet, faites sur des analyses de M. Regnault, que la 
psbmaee calorifique mojenne des difl^rentes tourbes est 
r e pt<s e nt 6e par 9,600 environ. Pour des tourbes dcss4cbdos 
i iM degnb, ce nombre Tarie entre 4,679 et4,943. ^ 

La pobsanca calorifique du charbon de tourbe a eU 
tronvifo ^gale k 5,800. Le pouToir rayonnant de ce combus- 
tBde est trte-oonsid^rable, la chaleur disperse par rayon- 
n e m cil tent preique b moitl^ de U cbaleur totaled^^gte 
par la oombnstioB. Le pouToir rayonnant de la tourbe dif- 
ftre ti^ - peo de cdui de son diarbon. 

En compre&ant sous lenom de htmUles les lignites, 
les anthracites et les houllles proprement dites, on 
troore qoe bs puiaiances calorifiques deces divers combus- 
tibba varicnt : poor bs anthracites, entre 5,400 et 7,9S0; 
poor les hooilbs, entre 6,556 ( honiUe stehe ^ longue flamme 
de BbBiy ) et 7,886 ( hooilb graiee mar^chab de Newcastb); 
et poor ba liffdtee, entre 4,497 et 7,412. 

Ente, on ne connatt point de oombustibb qui produise 
onechabor aussi mtense que b coke : cependant il n^a pas 
une poissanee calorifique sup^rieure k celb du charbon de 
bob; mab sa density est plus grande , et, suivant M. P^ 
cbt, son pooToir rayonnant est aussi plus considerable. 

Les gax qoi s'^chappent k b partb sup^eure des foor- 
nflonx 4 core contiennent encore beaucoup d'oxyde de car- 
bone et dtetres gaz combustUOes, tels que lliydrogtae, 
qui proirbnnent de b distillation du charbon. 11 en rteolte 
desflammesbbufttres quise continnentau gueulard tant que 
b foumean est en roulement II n'y a que quelques ann^es 
qoe fun a song6 k tirer parti de b chaleur qu'elbs produi- 
sent On a anssi reoonnu qoe oes ^os combustibles pou- 
rabnt an employ^ k angnwnter le tirage. Cette doubte 
dtouTcrte, k bqoeib b physiden Pelbtan ne demeura 
pas teanter, a d^ eu d*immenses r^sultab dans b navi- 
gatioB et Hndnstrb; aojoordliui pludeurs usines de France 
et de riCranger sont muniesd'appareib pour b poddbge de b 
fonte an moyen des gu des haute foumeaux. On savaitpr^- 
cMcflMseat qoe ces gaz pouraient senir k Meindre les in- 
cendies. 

Poor eompbter cette tenm^ration, fl foudrait encore par- 
lerde quelques antres corobustlbbs , teb que b 6rabe </es 
honUamgen , que Ton peut ragarder comma un cliarbon trop 
cnit, et qui ne sertgnbv qu'^ bdUter rembrasement du cliar- 
bon dans bs usages domestiques; bs copMtcap;qui remplis- 
Mnt b mtee office vis-^Tb du bois; b poussier de char- 
tea, qui sert k consenrer du Ami im temps phis ou molns 

MCT. ni LA COJIVEaS. — T. Tl. 



bag; bsmo^^^f, ressooroe du pavnre pendant bs bivers 

rigourenx; lecAardonile Pari! ;etd'autresenoore dont 
bs usages sent trop restreinte pour que nous en donnions 
bUste. 

Les renseignementeqoe foumit b stetbtique sur bs com- 
bustibbs sent pen nombrenx. Importations et exportattons 
compenste , on ^lue k 44 millions de stores b quantite 
de bob brObe annuelbment en France. La comommatbn 
des combnstibbs min^raux, qui n'exo^dait gn6re chea nous 
4 millions dequbtanx en 1787, ^tait port^ en 1842 k plus 
de 52 miUions , et n'a pas cess6 de s'accroltre depub cette 
epoque; sous oe rapport nous sommes tribotaires de V^tran- 
ger pour prte du tiers de notre consommation totale. 

COMBUSTION, « action.de brOler enti^rement, dit 
b DidUmnaire de FAead^nUe, enti^ decomposition d'une 
chose par Paction du kn ». Tel est en effet le sens Tulgaire 
du mot combustion; maU pour b chimiste Tid^ de d^ 
composition qu*on attache k cette action s'onit k celb de 
composition. Afaisi, quand on brOle du charbon de bob, 
b cendre qui reite en ^Tidence a bien M s^par^ du 
car bone par b combustion; mab ce dernier corps a 
^ raii avec Toxygtoe de Fair pour former de Tadde 
carbonique, qui s'eit d^gag^. En g&i^ral, toute combus- 
tbn est Hndice d^rae combinaison. « De tons les ef- 
fiete, dit CuYier, qui peurent r^sulter soit des affinity im- 
m^diates , soit de ces modificatbns instontento qu'y ^>- 
portent b chaleur, I'tiectridte ou d*autres circonstances, b 
combustion est non-seulement b plus important pour nous, 
encequenousentirons toute b cbaleur artifideUedont nous 
avons besoin dans b Tbcommune et dans lesarts; mab c'est 
encore celui dont Tinfluence est b plus g^n^rab dans tons 
les phteom^nes de b nature conmM dans ceux de nos b- 
boratoires. Nous ne lui donnons gu^ le nom de com' 
bustUm que quand c^est b chaleur qui Toccasionne et qu'elle 
est accompagn^ de flamme ; mab elb peut aussi ^tie 
amen^ par une foub d'autres' causes, ou n'albr point 
jusqu*^ cet excte : et brsqu'on b prend ainsi dans son ao- 
ception b phu ^tendoe, on peut dire qu*elb pr^c^de, qu'elb 
acoompagne ou qu^eUe constitne b plupart des operations 
chimiques et des fonctions vitales {vo^e% RaspmATioN ); il 
n'en est preique aucune od quelque corps ne se troure soit 
brOb, soit dibriUi, A Ton peut employer ce termeexpres- 
sif ; en un mot , c'est presque de b manite de conccToir 
ce qui 86 passe dans b combustion qoe dependent toutes bs 
diTcrsit^ des explications qoe Ton peut donner en chhnb; 
et par les mob de thiorie chimique on n'entend gn6re autre 
chose qoe tb^orie de b combu^ion. » 

C*est aux traraux de Lavoisier qu^estdue cette thterie, 
aussi remarquabte par sa shnplidte que par b g^ndralite de 
son application ; elle est fond^ sur Paction que Toxygdne 
exeroe dans b combustion ; et quolque les travaux des chi- 
mistes et bs .d^couTertes qui ont 4^ bites dans cette im- 
portante partb des sciences y aient apporte beaucoup de 
modificatbns, elb subsbte dyis son ensemble, et restera 
probabbment trto-longtemps comme un des monumenb 
les plus remarquabbs ^br^ par Pesprit humain. 

Stahl admettait dans b combustion un ooips insaisb- 
sabb, qu^ tippdMphlogistigue, se s^parant do corps 
qui brObit, et donnant Ueo an ph^iombie de kn que Ton 
observe dans cette action : si cette idte eOt 6te exacte, b 
corps derait perdre de son poids, ou au moins ne point en 
acqoMr, en supposant b plUoglstiqoe imponderable. Cepen- 
dant si on pte un corps avant et aprte b combustion, on 
trouve qull a augmente de poids dans cette action particu- 
li^re, et dh$ brs 11 but bien admettre qu*une substance 
qoelconque s'est dxAe sur b matiere brOl^e; car, mslgre 
toutes bs aiguties imagbees par bs partisans du phlogis- 
tiqne, un esprit raisonnable ne peut autrement se rendre 
com|>te ^ bite. Ainsi, quand on cltaofTe 100 parties de 
plomb, en enbrant, * chiMiue fob qu*eUe sc forme, b erooto 



98 



(XMIBUSTICHf 



P^i 



(piMptodnit AlaivlMe, oa toMveqoeli 
pM piii tOft piitiai. 

LwraWer, lonfu'il it Fiaalyie d* fair, J syaat pcoord la 
presence de 20 poor 100 environ d*oxygtoe, appd^ alon air 
vUai , at ayani 6ihmmM en mlbtat taaaps qua ce gai diapa- 
ndaaait dam la combnttiaa at ae coaabinait avec la aorpa 
nwniwutiMe, fat condoH k gfo^raHsar aat Uaportant pb^niy 
mtea , at admit que Poxygfene ^tait le principe de toote oom* 
boalioB. Tona lea laita qo'il dteoa?rit ^iaicnt ae eoor- 
doooar h o6t6 de oe premier bit , at ainri ftit fondte me 
tbiorie qoi se diatingaait par la noiiTeaiit^ dea phteomkieay 
llmmenslt^ daa recherehei et lea briHaata r^auUats qin ne 
laiss^rent bientM phia de ressoorce am argnmeDta dea pblo> 
giaticiaiia. Le monde savant adopta catia thterie, qoi le^ot 
la nom d!anHphlogi8tique, et eUe (tat la aonraa daa d^eou- 
Ttrtea innondnnbltti de la ohimie moderae. 

L' oxygen e, qui oompoie le cinqoitee de Pair almoa- 
pbMqne ^en forme la partie rafpirabla» eat amii India- 
passable k la combustion qii^^ la m dea animaux t lore- 
qu'il ait iaol^ d'avec Tazote qoi raocompagpe dana ratr, il 
exeree une si granda action sor les corps, qn'fl wifit, par 
eaemple, qu'nne aUomette, one boogie on one ohan- 
delle, offrant an seal point en Ignition popr qa*ils s'y en* 
flamment et bi^leat avee on ^dat capable de blessar U vne. 
Mais dans Talr, ao moins dans les cbrconstaneea ordinairea , 
oette action est beaacoop rooins vive , paroe que I'aiote 
4tant impropre k la combustion , et poorant mtaie ^teindre 
les corps qai brOlent, diminoe consid^rablement Paction de 
Toxygtae. L*air est done ansai atUe k Pbommepoor loi pro- 
carer la ehalear dontil a beaoin poor so soostraire an Aroid 
des biversy on poor la proration de ses aliments et dHme 
fbale de piH>dait8 qui lui sont n^ceasaires dans P^tat de so- 
ei^t^ , que poor le soutien de sa propre existence. 

Lorsqoe, frappant an morceau d*ader sur one pierre h 
(bail , noos faisons jaillir one ^ncelle qui peutenflainmer de 
Pamadoa, tout aussi bien que quand par le frottament de 
deux morceaux de bois le sauvage parvient k se procurer 
le feu qui lai est n^cessaire, c'est k Toxygtoe qu'est doe la 
Iklbie eoBri)ostion qui doit ensolte prodaire llnflammalion 
des corps destine k serrir de combastible : la percussion 
de la plenre d^tache de tr^petits f^ragrocnts deader qui se 
troovent ^ev^ k une baute temp^ture, brOlent avec ^at 
etcommunlqueBt la ehaleur^ ramadou, qu'iUenflamment; 
de mOme le fktytlenient de deox morceaux de bois Tun sur 
Taatre dMemAne un grand d^gagement de cbaleur, qui 
peut aUer jusqu'li proddre une Inflammation. Dans des vases 
Tides d^air, quelque acc61M que pOt 6tre le mouvement, 
quelqua percussion que Ton produiatt, aucune combustion 
n'aunit lien , comme on peut a*en assurer , en operant sous 
le rteipient de la machine pneomatique. Si dans aucune 
drconstance natureUe il il*est possible de se procurer un 
e(Tet aussi complet, on peut cependant robtenbr en diminutif 
en s'^levant dans Tatmosphdre k une grande hauteur, od la 
raret^de Pair rend la respiration extrtenement p^ble, et di- 
minoe Tactivit^de combustion, comme I'^prouvaSaussure sur 
le Mont-Blanc, oO il lui ^tait diffidle de faire brOler du boia; 

Cheque jour, pour lea basoins de la Tie, nous d^vdoppons 
de la chaleur en bridant du boia, du charbon on d'autres 
corps analogues; nous lesvoyons se d^truire lentemeot, 
produlre une chaleur assei Tlve, mais supportable ii qudque 
distance , et quoique ractivil6 que noos pouvons procurer 
au leu par Taction d'un souflOet nous proove que Tair agisaant 
sur un point donnd peut dUermlner une action assex vive, 
nuua seriona lofai encore d'avoir une M» de Pexcessive tern- 
p^ratort que Fon peut obtenir avec lea m^mes combustibles 
en aec^^rant ks mouveosent de Tair et plafant le corps k 
brOler dana des appareila conveiiables. En jetant lea yeux 
sor one forge d'onVrier en fer,nous pouvons d^^ corapreadre 
combien est grande Taction de Pair , puisque dans un espace 
trte-droonscrit, et au moyea d'un souflQet que Ton metfa- 



dlameatenmoufemaiitafeclaMain, oapeutaaqoiiqnes 
instants porter de grosses piteea de far ^ la tamptetun 
■tfceaaaire poor lea aouder ensemble; maia si d*uae forge k 
bras noua pasaons l^un fowneau k fondra lea m^tanx , k one 
vetrerie, on 4 on hant foomean, dana leqoal on obtient le 
for, latamptetuMqueron aura aera telle que des ooviiars 
habitote k ee genre da travail poprfont seula approcbar 
des covertures, et dana oecaanon-seulemenl leaomttaoxat 
le Tem fondent, pnisque c'est le bat de Poptfaation, nais 
lea briquesetles mat^riaux employ^ Ala conainiclien, et 
qd ont ^ cfaoisis le phis r^firactaires qull a 4ld possible da 
las obtenir, se vamolbssent et fondent phis on moias : la 
Inmike prodoite est si vive que PobU pent k peine la sop- 
porter, et que Ton ne peat qu*avea de rbabHude ^'■^"■ffifi 
lea ol(ieto plac^ an milieu du fou , tant lenr 4clat ^blooit 
Id c^est cependant du charbon ou da bois qui brAlent 
comme dana noa oheminte et dans les Ibomeaux de nos 
cnisfaMs; maia il eat fadlo deae rendre comptade Pextrtaie 
dilTiirence; dea r^sultata par la quantity de snatftres brWes 
dana un mftme tempa. Qooique Tair necontienne que t/& de 
aon volume d*oxygtae, les masses qui a/Quent aur le eanH 
bostible j en amteent des proportiona ai consid^rnblsa 
qu'dles peuvent paraltre surprenantes. Ainai pour rifliialar 
Pellet le plua rcmarquable, un bant foomean alimest6 avee 
do eoke revolt dea machinea soufflantes, par minute, joaqu^ 
20 mitrea cubea d*air, qui en renferment quatre d*oxy9ftna, 
at la quantity de combustible brOl^ s*^Mire iusqo^ ainq 
qnhitaux m^briqnes dana le mAme tampa. 

^i de oea phAnomtoes, dependant de Taction de Pafar at- 
mosph^riqne, nous paaaons 4 ceux quHiifre Poxygkpe Ini- 
mlme, noos tronverons eneore des eMs plus nmwqua- 
bles par leur hilanail6, quoiqu'en lesobservant aordefottdea 
quantity, pareeqoe aon adfonne aara plus diosimitfe par caHe 
de Taiote. Le charbon td qn'on l%nploie dans noa foyers, al- 
lum^ dans un seul point et poit^ dana Fexygtae,ddveloppe 
nnehudtebrflhyiteetsecensameavecnneexeaadvefapijl^ 
ne laiasant que qnelques pareellea de cendre. Unesnbatanee 
qui th>e son nom de aa fodle combnstibilit^, In pbn»> 
phore, brtlle aveo une flamme trte-lnmlMuse qaaBd4« le 
chanffe dans Tair, maia rien n*4de T^dat de odie qu'a pio- 
duit quand, aprte PaToir aUnm6,'on le porte dans nn vase 
rempli d'oxyg^e : Toeil ne pentreater quelqnea Instants fix^ 
sur le pouit qu'fl occupa. Qiioique cea efiets soient trte-re- 
marqnablea, ils nWrent rien d'aosd digne d'attention qoa 
ceux que produit le fer lorsqu^il brOle dans Iteygtae. II 
n*e6t personne qui n'ait remarqu6 T^dat des dincelles que 
lance dans Pair un morceau de for qu'un foigeron retire 
de sa forge, lorsqu^il Ta tehau0(i trop foiiemept, et qn'il 
brUle, comme dit Touvrier : cependant, d , au lieu d'enn- 
ployer un morceau volumineux de ce nn^tal, on prond un 
ressort de montre dont on lime Textrtoiit^ pour an former 
une pohite, ou mieux encore on gros fil de far obtenu en 
tordant ensemble dx on huit fils trts-fins , k Textr^nut6 des- 
quels on dt attach^ un petit morceau d'amadou que Ton 
enflamme poor ^lauffer fodlement le fer et que Ton plonge 
le tout dans Toxygtoe, ce m^td rougit, knee dans toua les 
sens des ^tincdles dont Ttelat blesse la vue ; il se forme on 
boulet d^oxyde sur lequd il eat impossible de fixer U» 
yeux, et qoi se d^taohe bientOt par son propie poids; la 
temp^tore de ce fragment est d dev6i qn'on traversaot 
mtme une couche d'eau de plnsieurs cenftimMres, il peut 
encore fdre briaer le verre sur lequd il tonibe et pto^rer 
dans sa masse. 

La combustion est onUnairement aoeompagMfo d*un d^ 
gagement de chahMur at de huniire. Noos savons cependant 
que le fer peut se eonVertir en rouille sans presenter ancun 
de ces plitoomteea , lorsque Taction ne a'exeroe que len- 
tement(roye2 GonnofAiaoa [ e^imia]) : dalors la chdeor 
et hi luml^ sont consid^n^ca comma n^cessdraa poor ca- 
ract^riser la combustion , il fliut aosd annexer k ce pbdoo- 



COMBtJSTION — COBtE 



•• 



ntee eeax qqa |«odaiseiit» ea r^agisMnt lea mis sur les 
aatiw, <k» com qui oe coDtieiment pas d'oxyg&oe. J^uai , 
le pbospliore, ranUmoine et Tarseiuc, jet^ ^ la temp^a- 
tore ordUuire dans le chlore , s'l eoflamment ^euls at pro- 
duitent un d^gjygpnM»j>| de lumi^ assez Tif ; quelques aatret 
m^taux ii*ont beaoin que d'^^ chauCRto pluft ou moins pour 
Mia ansai dans le online gay. Amsi quandon chaufle dans 
BB matraa an melange de 2 parties de Uwaille de fer et da 
pkxnb aTec t de soiure, au moment ou la wati^ se fond, 
la teoi|»^toTe s*61e?e an point de raquilUr le Terre , et la la- 
Bito d^gagte esf ^xtr^ement Tive. QMan4 la coni|)t)stioA 
a lieo dans des gaz, pi que les corps q^i se forn^ent pr^sen- 
tcnt r^t iolide ou liquide , on peut expUquer en partie par 
le cttaagffnent d'etat des gas le d^gagenient ^ la cbaleur ; 
mats loreque les corps sont solides, comme le sou(Jre et le 
cniTre , oa le plomb , ou qoe le corps qui brOle ^tant soUde, 
U deviant ga^x , cette explication est impropre k rendre 
oooipte de ce qui se passe dans ce cas; on ne peut y par- 
Te&ir qu*ep admettant que )a cbaleur et la Ipmi^ d^gag^ 
proviepnent d'une actiop ^lectriqqe qui se pcoduit entre les 
denx corps; une ef p^euce puriense de Davy pennet de le 
coDcevoir fadlemept : si on place daps un appareil dans le- 
q^ 00 puiss^ iaire le yide iin fraginent de cbarbon qpi 
louche deux condpcteurs m^tailiques en contact i^vec une 
pile ^lectrique, tant que T^l^tricit^ le traverse , 11 briUe 
d*an id^ senfblable k cetvi que pr^seote m cbarbqn qaf 
brtUe danis Toxyg^ne, et cependant il ne peutl)rOIer, pvis- 
we Tapp^reil ^ vide d't^irt les effets cessept ayep I'actiop 
eiectrique, et se reprodoi^t iod^fipifnent par le reno^yeUe- 
meot de la m^meactioq. B. Gaplt^r ob C^upbt. 

C01|BU$TI0V SpO^Aiy)gE. 1^ corps Imm^'q 
derieot daps oertaines qrcpi^tapces susceptible de s'en- 
Qammer spontaoj^ment et d'etre r^uit en cendres d^une 
mani^ plos pa moins complete. Ce pb^nom^ne terrible » 
anqod on a donn^ }e nom ^e coT^i^^jon spont(^^, ^ 4t^ 
longtemps r^voqu0 en 4ou(p : et en eflet^ en raisoq de 
son exce86iTeraret^,ei^ raison 4e Timpossibilit^ oii Ton est 
de poQToir en donner une explipatiop satisfaisante , il {t dd 
d*abord en 6be ainsi ; roajs arec le temps le$ exemples se 
sont mqHipV^s; <|es bommes d'une bapte capacity se soot 
trooT^ 4 m6me d'en ^tre t^oins; toutes les particularity 
qulls out pr^sent^es ont ^\6 $|^alees par eux avec le plus 
gpad soin, et majptimant, malgr^ riocertitude toojours 
mibslstante des causes qui peuvent donper lieu h ce mode si 
Strangle de destruction , les savants s^accordent g^p^ralement 
k raomettre comme r^l. 

Ce n'est pas seulement sons le rapport de la curiosity que 
fuicemiie de riiomnip yivapt, sans \^ p^iidpatioa de pom- 
bufitibles et surtopt 4^ corps en ignitjon, peift exciter 1%- 
t^r6t , surtout St Top r^jlechit h IMoorme quantity 4e bois 
<pie n^cessitail rincm^ralion des corps cbez les anciens. £n 
sopgeant aux diflicult^ que Ton ^prouvajt, dans des temps 
encore assey r^pprocj^ds de ooms, pour metlre k execution 
les arr^ d'une j^s^ice barbare , on aura droit d'etre ^tonp^ 
de la rapidity avec laquelle s'op^re la combustion dont nous 
parlons id; mais op doit encore renvi«)ger sous un point 
de vue pins important pour 1^ soci^, celui de la m^edne 
legale. Lecat ti Yigi^ ont fait connaltre deux cas de ce 
genre, dans lesqoels Tappr^ation inexactede T^v^nemept 
a &it planer sur la t^te de deux personnes innocentes le 
soopfion des crimes de meurtre et d'incendie. 

Pmii les savants qui se sont le plus occupy da ph<^no- 
ntoe dont nous parlons , M. Lair doit 6tre plac^ en premie 
figne. Aprte avoir groups les divers cas de combustions 
ipootaote hnmajpeg qu*il a pu recutilliry il en a d^uit les 
eaodnsioiu suivantas : 1" les femmes y sont beaucoup plus 
njettaa que lea iMmmes ; 2^ cat accident arrive surtout cbex 
lis pcraonnet Agte, et presque toujours ayant pass^ la 
loiiaBtaioe; l*" lea individiis qui en offVeot des exeraiUes sont 
pftiqoe touioors dans on ^tat marqo^d'asth^nie; i** la plo- 



part d'avitra eux vivant daat llnaclkm, al tail 9o)|ttrqiiia 
(tr^a-charg^ d'embonpoint); &*" chea le ploagmd Bonilwa 

aaxista una babitude attcianna de fitka abna das m«»m>"— 
fortes; a"* asseaoonstamment il a'est troai^ on aorpsaa igni* 
tion , tel qu'una lami^ ou de« charbons embraa^, anpiiia 
do Ilea de r^vdneroent; 7® nnflammatioo ait ord|naiitntfol 
trte-iapide, et gagne tout le corps avant qu*on puiiaa anrif ar 
an secoors; g<* b> Qaoupe est tr&s-mobUa, dil6cile ^^taiodaa 
au moyen de I'eau, et n'attaque les matiiiraa cootbtistiblea 
aoviromiantes que lorsqu^ella reste en contact prolong^ ai ec 
elles ; a® Tendroit oil bi combustion a ao Uao exbiila la pbis 
lonvent one forta odeqr ampyreomatiqoe, at ka mora, las 
candresylascbarbops, sont reconverts d'unebomidittffttide 
at grasse; to'' le bronc, k qualqaes os pr^, est presqoe tou- 
Joors consume par rinceodie, et dans la pbipart das cas 
il lesta 4as debris plus ou moios aoiMd^ablaa da la tite 
etdes ext{#Mt^; ti*^ enfin, dans Ugranda majoritddes 
cas r^v^nemept a lieu loraqoa TatmoQil^ atf sJM»ba et 
froide. 

Plusieurs aiiteurs ont attdbo^ la caoae da ce pb^onwi^ 
aux boissons aloooliquaa, qui enp^n^tmntpeu k peu toua 
las tissus de T^conomie las imbibent k tel point qu*il suJBt 
ensuite de Tapprocbe d'un corps enflanwid pour ao dittarroi- 
oar la oombusUoo ; d'aotres , pansant ao d^valoppeniaat plus 
ou moios aboodant dn gaa t^drog^ne daoa leainteitiM , oal 
cm que la mtoa eflet poovait exister dans tat aotraa or- 
gaoei, at qua ce gas poovait a'aoflanuoar par Tappioabe 
r 00 corps eo igoitioo , oo miaax ancora par una actkm ^lac- 
triqya prodoita par la floida d^vak)pp6 cbes cartaina iodm- 
dps. Ds ont dooc adniia l^ oo ^tat idio-41actriqoe cbai aaa 
snjeta; rled^vetoppameot dn gaz bydrog^ et soo aaoor 
mulatioo dans les armies do tisso caUohdra. Gas dmvi tb^ 
ries ne sont que ip^ciaosei , et na peoveot rMster k V4* 
praova da rexpMmoa. M. JoUa-Foalenella a'astttni k daa 
recbeicbes oombreosea at iqttfrassantaa sor oa poiptal aba- 
cor da la sdeoce, et il a proov^ d^one mani^ paiitiva 
l« que la presence de Talcool , mtaia ao granda qoantitA, 
daos le tisso nmsculalra ne peut Ini fiure prendre leOy at 
encore mouis prodoire TiocWratioo do corps bomaio; 
2" qua la chair mascolftire plongfe dans les gax bydroglna, 
bydrog^e bi-carbon^, oxydede carbone, ou oxygto^, ne 
peut prendre feo oi par le cootact d'un corps enflanun^ ni 
parcalui de r^noa)le ^lactriqoe. Enin, oonsidteant qo'il 
fsot pour mcio^rar on cadavre one qoaotit^ de bois telle 
qu*eUe 8u(firait pour iocendier ooe maison, et en ootre que 
las produits des coDibustioos aoipiales foot on cbarbon spoo- 
gieux » trte-noir, loisant , Mtide , et ne slncin^rant qu'ii una 
temperature trte-^ev^, tandis que les combustions bu- 
maioas spontan^ ne d^veloppent qu'ooe tempdratore fiuble, 
qoi na brAle pas mtaw las objets les plus combustibles, II 
an a coqdu que ces combustions ne sont pas Vdki de la 
combinaison das ^lAnents de la mati^re animate avec I'oxy- 
g^ne de I'air. 11 les regarde comme des reactions intimes 
et spontante, dues k des produits nooveaux, qui sont la 
suite d*une d^g^^refcenca des muscles, des tendons, des 
visc^res, etc. Ces produits an s*unissant pr^sentqpt les m^mes 
phteomines qoe la combustion, sans d^pendre aucune- 
ment de iWuence des agents ext^eurs. Sans admettre 
dans tons les cas cette explication donmte par M. Julia- 
Fontendie , au moins devons-aous convenir qo^ella est plus 
pUinsible qua les deux autres, et qu*dle est plus susceptible 
qu'eUes de s^apfdiquer aux foi^ recudllis jpsqu'4 ce Jour. 

P.-L. CotTKREAD. 

c6ilE (Como), cbef-liau d'une dd^gatloo do royaupM 
Lombardo-Vcnitien, k Textrtoiite sudouast du lac da C6me, 
dans une ravissante vall^, entour^ de toutes parts par des 
montagnes couvertes preaqoe josqo'lk laor 8<munet de Jar- 
dios et de lbi«U d*oUviers et de diltaignisrs, est te si^ 
d*on kYkcM, at avec aes fooboorgs eompta ia,000 habitaoU. 
Entoor^ atuoocdluii ancara da moiailles et de tours, eattc 

7. 



too 

yfOe MH autrefoU d^oidae par 1e chMean fort de Bara- 
deUo, canBtmlt tor une haoteor escarps , et atjoiird'hiii 
en ndnea. ^e a treize ^glises, parmi leaqneUes on remarque 
sortoot la cath^drale, constmite en maibre et riche en ta- 
bleaux , dont la construetion, commence en 1396; ne fat 
terming qa'aa seizitoke sidde. II font encore dter poor son 
architeetnre I'^se San-Fidele , la phis andebne de la Tille. 
On Toit ^ Ckkne on grand nombre de beaox palais ; les palais 
GalJi et Odescalchi notamment contribnent k embellir le fau- 
bourg Vko. Le lycte, fond^ en 1824, possMe une bonne 
biblioth^ue. De nombreuses mannflM^res de sde produi- 
sent des velours, des taffetas, des gants et des bas; et le 
commerce avec les Grisons , la Suisse et la haute Itahe oc- 
cupe plusieurs grandes malsons. Les sculpteurs trourent 
d'excellent marbre dans les carri^res Toismes. 

La proximity des Alpes rend qnelqnefois le dimat de C6me 
assez rude ; cependant les vents piquants qui y r^ent sou- 
vent ne nuisent point h la fbrlilit^ dn sol ; et la vigne de 
mtoie que Tolivier j croissent aujourdliui conmie an temps 
des Romains dans toute la richesse de la v^g^tation m^- 
dionale. Dte le moyen Age, et m6me d^ T^poque de la do- 
mination roroahie, les habitants de C6me ^ent r^iomm^ 
par leur habitude d'^migrar. De nos jours la plupart de ceux 
qui abandonnent ainsi la terre natale pour aller chetW 
ibrtune aiUeurs font dans les difK^rents pays de I'Europe le 
commerce des gravures, des tdescopes, des lunettes, des ba- 
rom^tres, etc. ; puis, une fois quHls out amass^ un petit p^cule, 
8*en reviennent an pays natal acheter un coin de terre dont 
leur travail et leurs capttaux angmentent bientM la Atoon- 
dlt6 naturelle. C6me a vu naltre dans ses murs Pllne le 
jeune, et m^me, sutvant quelqaes auteurs, Pline Tanden, 
les p^ies Cltoient Xm et Innocent XI , de m6me que le 
physiden Yolta, k qui tout r6eemm«it on y a dev^ un 
monument ViUe condd^raUe k l^poque de la domination 
romaine, C6me se rendit independante, die aussi, quand 
s'^tabllrent les diffdreotes r^publiques italiennes ; mais die 
fkit vaincue dans sa Intte contre Milan. Vers le mihen du 
douiiteke si^cle , Tempereur Fr6d^rlc V lui rendit son ind^ 
peodance, qu^elle conserva jusqu'^ ce que les dues de Milan 
eossent rtesd i la soumettre k leur autorit^ au commence- 
ment du treizitaie sitele. 

G6ME(Lacde), Logo (U Como^ le lacut Larius det 
andens, formd par TAdda, et dont la partie septentrionale 
est qudqudois appdte lac de ChUwenna, est k boa droit 
cdiibre par Paspect romantiqne et pittoresque de ses rives , 
couvertes de vignes et de plantations d'o^viers au milien 
desquelles s'divent de ddideuses maisons de campagne, 
dont Tune des plus- remarquaUes est la magnifique villa 
d'Este, appartenant au due de Torlonia. II faut encore 
dter, pour leur richesse et leur charmante situation, la villa 
du marquis Odescalchi, appel^ ausd alC Vlmo, k cause 
dHm ormeau cd^bre qu*on y voyait encore au sitele dernier, 
dit-on, et dont Pline parte dims latroisitoielettredn premier 
livredeses Lettres;leB viDasGalli,Lanzi etSommariva. Prte 
de Aa villa Piiniana , on voit encore ai^ourd'hui Ui fontalne 
intermittente d^crite par Pline. La villa d'Este est cd^bre 
pour avoir M6 longtemps habits par la reine d'Angleterre 
Caroline, Spouse du roi Georges IV. La villa Sommariva 
renilBrme d'admlrables productions de Tart, par exemple le 
cddsre Triomphe d'Alexcmdre deThorwaldsen et le 
Palam^de de Can ova. Au sud, lelac de C6me se divise 
en deux bras s^par^ par le promontoire de BeUagio, et dont 
Tun prend le nom de logo di Lecco. Dans sa plus grande 
longueur, le lac de C6me a de 36 ^ 40 kilometres sur quatre 
de.laigeur. Host ^ 233 mdres au-dessus du niveau de 
la mer. 

GOMI^IE, mot fait du grec xw(&v), village, et ^. 
chant. Ce nom a , dans le prindpe, €b6 donn^ en France k 
toute esptee d^oeuvre dramatique, qud que fKkt son sujet, 
grave on ei^ou^, triste ou comique. CTest ainsi qu'on appe- 



COME — COMlfeME 



lait lesmyi ^^re5, ces pieuses representations qui r^oui- 
rent d longtemps nos aleux. Du temps de Comdlle, et long- 
temps encore aprto lui, les tragedies portaient le nom de 
conUdies, On disait la conMie du C<d, la com^i« de 
Cinna, la conUdie de PMdre, « Les comSdies de Cor- 
ndlle, dit le P. Bouhours, out un caractire ronuun et je ne 
sais quoi dli^roique qui leur est particuKer; les comidies 
de Radne out qudque chose de fort touchant, et ne man- 
quent gu^ d'inspirer les passions qu'dles reprtentent • 
M"* de S^vign^ se sert ausd de oette expression ,*qui a 
continue jnsqu'l nos Jours d'etre employee comme tenne 
gtoerique et synonyme de spectacle ^ repr4senta* 
Hon, thidtre. 

lA^ Dictionna^e de V Academic d^fhiit la com^dle : 
a po^me dramatique, pito de the&tre oh Ton represente une 
action que Von suppose ordinairement s'dtre pass^e entre des 
personnes de condition priv^e, d od Ton a pour objet de 
plaire soit par la pdnture des moeurs d des ridicules, soit par 
des dtuations comiques. » Suivant Marmontd, « c^e^ limita- 
tion des moeurs mise en action : imitation des mcenrs, en qud 
die diir^ de la tragMie et du podme h^roique ; imitation en 
action, en quoi die diflfere du poSme didactique moral et du 
simple dialogue ». BoursauU d plusieurs autres aprte lui 
out defini la comidie « un po&ne ing^nieux , fkit poor re- 
prendre les vices et pour corri^ les moeurs par le ridi- 
cule ». Cette demi^ definition se rapproche davantage de 
celle d'Aristote, qui, Jugeant du but de la com^die par ce 
qu'elle avait de jusqu'^ lui, dit qu'dle est une imitation, une 
pdnture des moeurs des plus mecbants honimes, en ce 
qu*ils offirent surtout de ridicule; en d*autres tomes, que 
« c'ed une imitation du mauvais, non du mauvais pris dans 
toute son etendue , mais de cdui qui cause la honte d pro- 
duit le ridicule ». Mais Comdlle, qui n^admd pomt cette 
definition , etend davantage le domaine de la comedie, en 
ne le bomant point au ridicule, II y admd tons les person- 
na(^, meme les rois, qui ne semblaient justidables que de 
la tragidie, d ne veut point que Ton donne ce dernier nom 
k une intrigue d^amour, quds qu*en soient les heroe, ou 
meroe k une action oh il s'agit des interets d*un £tat, s^il 
ne s'y meie du pathetique d un danger veritable pour qud- 
qu*un des personnages de la piece. II soutient qu'un poeme 
oh il n*y a bien souvent d'autre peril k craindre que la perte 
d'une mattresse n'a pas droit de prendre un nom plus r6- 
leve que cdui de conUdie ; mais pour les cas dont nous ve> 
nons de parler, oh les heros de la piece seraient des rois ou 
d*autres personnages considerables, il propose de Joindre k 
ces mots repithete d*Mroique, Dader deiSend la premiere 
opfaiion, en maintenant que la comedie ne soufAre rien de 
grave d de serieux, k moins que Ton n*y attache le Hifi- 
cuU, « parce que, dit-il, le comi^tie d le ridicule sont !'«- 
nique earacttre de la comedie v. Enfin, sdon Picard, « la 
cciiUdie est I'image en action'des caracteres, des moeurs des 
hommes, et dMnddents ridicules, plaisants ou interessants ». 
Cette definition a I'avantage de convenir k toutes les varietes 
de comedies. 

On croit generalement que la comedie n^a pris naissance 
qu'apres la t raged ie. C*ed Topinion d'Horace, dans son 
Art poitique; c'est ausd celle de Boileau dans Imitation 
fhm^ise qu'H nous a donnee de ce poeme : 

Det lueces fortuoet du fpecUde tragiqiM, 
Dani Atbines naquit la comidU anUque; 
tk le Grec, ni noqaear, par oaiUe jeui plaiaaoti, 
DisUUa le veoin de set traits n^uants. 

Aristophane, qui florissaitdans lecinquiemesiedeavant 
J.-C., d qui fut contemporahi de Perides,d'Aldblade, d'Eu- 
ripide d de Socrste, passe egalement dans Vesprit du ph» 
grand nombre pour l^biventeur de la comedie. Mais la Greea 
eut des auteurs epiqnes et des auteurssatiriques avant d'avoir 
des auteurs tragiques ou comiques, genres qui n*etaieot pout- 



COBfJ^IE 

^tre patfaifln dittincU an commencement, car lea chanta de 
Thespia devaieal Mre plua eomiquee qoe s^T^ea. La 
Haipe, OH- rantoiil^ d'Aiiatote, penae done, avec qaelqae 
aiifiaraBce de ralaony que T^pop^e, menant da r^dt^rao- 
fioBy prodnialt la tragkie, etque la satire, parlemtoie 
■H>j^, fit nattre la com^dle. « Tootes deux, dit Mar- 
BOBlel, ae fonnferent aur lee po^aiee d'Hom^re, Tune aur 
Vii%ade et VOdyss^, rantre aor le Margith, poSme aati- 
riqne dn mtee anteor ; et cTest ]k proprement T^poque de 
la naiaaanoede la comMie greoqoe. » Aiistote ^oute : « La 
trag^die et la oom^die s'^tant one foia montrto , toua ceux 
que leur gteie portait k Vua on k Faiiire de cea deax gen- 
res pr^CMrenly lea una de foire dea combes, au lieu de 
aatirea; lea autrea dea tragMiea, au lieu de poimes h^roi- 
qiiea, paree que cea nouTeOea compoeitiona avaient plua d^^ 
dat et donnaient aux pontes plua de c^l^rit^. » Remarque 
qui proore, lyoute La Harpe, • que cbez lea Greca, comma 
panni nooa, la poisie dramatique ftit toojoura mise au pre- 
mier rang ». Quel qull en Boit , on ne laiaaa pas prendre 
ainsi tout k coup droit de dt^ k un genre de litt^ture qui 
^rigeait la aatire en action ; de U vient que pendant long- 
temps elle Alt rel^gu^e dana lea campagnes. De ]k ?ient, 
comme on Ta dit , que pendant que la tragic ^iait bo- 
Dorte et floriasante » aa aoeur, ne recevant aucun secours ni 
attcane protedion du magiatrat, T^g^tait et n^offirait encore 
qu'un apectade informe. Composte du chant seui , elle n*a- 
fait ni acteura proprement dita {histriones), ni masques, 
ni d^corationa, ni mtoie T^tablement d'adion drama- 
liqne ; ce n*^tait qu^me satire outrte de ceux ii qui le poete 
en Toolait , ou des chansons grossi^res destin^ k amuser 
one populace efAr^nte dana les joura de fftte et de d^bauche. 
Enlia, aoit que Ton crdt que ce spectacle pourrait contri- 
boer k la r^ormation des moeurs , soit qu'il fallOt c^der aux 
exigeDoea du peuple, le magistrat accorda le chosur d la 
comMe, c*eat-lk-dire qu^ fit la d^pense de tout ce qui ^tait 
n^eeaaaire pour la representation des commas sur la sctoe : 
eed eot lira Ten le temps de P^ridte. 

Sooa le point de Toe moral , on pent remonter encore 
plua bant poor cbercber Toriginede la com^die, et I'on trou- 
▼era le prlndpe de cet art dans le penchant natural des 
hommea pour TimitatioB d le aarcasme. « L'bomme dh& 
aon enfiuicey dit Lemerdar, est enclin icontrefaire les 
bafaitodea qui lui paraissent 6tranges en autmi , le blessent 
oa I'amoaenty et il les imife pour s*en Tcnger ou s'en rire. 
Toot enfiu^ est le singe dee d^&uta du corps ; tout adolescent 
edceloi dea d^utsde Tesprit. Ce penchant, que I'bomme 
gaide joaqu'^ la vieillesae,^ pour Timitation du ridicule nalt 
en loi d*aiie certaine malignity naturelle k tons. On se croit 
exempt dea hizarreries qu^on remarque, on ae plait k 
proorer aa subtilit6 en lea saisisaant bien, et chacun jouit 
aecrMement de la supMnrit^ dont 11 se targue sur les per- 
aoimea qull hnmflie, ou dont il se renge plaisamment en 
singeaA lenra mani^rea. Notre amour-propre est la cause 
de eette propenaion ai commune, par laquelle nous de^e- 
■ooa tooa ^a on moina comMiens les uns k T^rd des 
autrea. » — • Cette malice naturelle aux bommes, obserre 
fort bien Bfarmontd , est le prindpe de la com^e. Nous 
▼ojoaa lea d^lnita de nos semblables avec une complai- 
sance m^Me de m^pria, lorsque ces d^iauts ne sont ni assez 
affligBanta pour exdter la compassion, ni assez r^voliants 
pour donner de la baine, ni aasez dangereux pour donner 
de rdfroL Cea images noua font sourire si ellea sont peintes 
arec finesaa; ellea noua font rire si les traita de cette ma- 
ligna Joie , aoad frappants qulnattendus, sont aiguis^ par 
b sorpriae. De cette disposition k saisir le ridicule , la co- 
B^die tire aa force et sea moyens. II eAt d^ sans doute plus 
atantageax de changer en noua cette complaisance vicieuse 
oi piti^ phlloaophiqne; mala on a trour^ plus fadle d plus 
sAr de Aire senrir la malice bumaine k corriger les autrea 
ticca de lluimaBite » k peu prte comme on enH>loie lea 



101 

pointea ( la pousaid^) du diamant a polir le diamant mtene. 
C'est ]k robjd ou la On de la commie. • 

Quant k la question de savoir auqud des peuples de la 
GHk^ on doit rapporter Tintrodudion ou les premiers es- 
sais de la com^e, elle est ^galement d^battue par les au- 
teurs. Les Athdiiens s'en attribuaient I'honneur; d en d- 
fet Susarion d Thespis, tous deux Icariens, qui TitaientTers 
le temps de Pisistrate, aontles plusanciens poetes drama- 
tiques grecs connus, et ont pTMd6 ipicharme, que les 
Siciliens voulaient ti^ passer pour l^inventeur de la com^- 
die; mais les Doriens s'attribuaient de leur o6t4 llnrention 
de cd art , se fondant sur ce que le mot lu&t&i) appartenait k 
leur dlalede. Aiissi les Athdiiens donnaientila pour dymo- 
logie du mot com^e xt&|ioc , qui signifie banquet, fostin ou 
bien le Terbe xcoindCtOy qui veut dire aller en maaque dana 
les rues pour cd6brer les £6tes de Bacchus ou de Comus. 
Aristote a la bonne foi d^avouer qu'on n*a pas de donn^ 
assez certaines sur ce point; il affirme n^amndna qu'^pi- 
charme d Phormis , tons d€«x Sidliens, forent les premiers 
k introduire dans la com^die une action suivie d ddermin^. 
A leur imftation, Cratte, qui n'a pr^c^d^ Ariatophane 
que de qudques ann^ , compose des pieces comiqnea d'une 
forme r^guli^re ; mais c'est k ce dernier seulement que Ton 
pent remonter avec qudque certitude, parce que ses ou- 
▼rages sont parrenua Jusqu'^ nous. Nous n'aTons rien des 
poetes Eupolis d Cratinos, qu'Horace mentionne comme 
^ules d'Aristopbane. Qudques auteurs ijoutent k ces noms 
ceux de Philonides , Timocr^on , Phrynichus, Agatbon , Ph^ 
r^crates', Platon , Philestion, Th^phUe , Td^des, ce qui, 
en comprenant ]£picharme« Phormis dCratte, dt^ plua 
liaut, porta k quinze le nombre des poetes qui se distingu^ 
rent dana Tandenne commie , d cdui des outrages qu'ils 
ataient compost k pr^ de quatre cents; maia, fl ne nous 
reste ai^jourdliui que qudques firagmentB de ces comiques 
andens, ^pars ^ d la, principalement dans les oentres de 
Plutarque et d*Athdi^. 

Onze comedies enti^res d*Aristophane, qui paralt les atoir 
surpass^ tous, puisque I'antiquite lui a d6cen6 le titre de 
comique par excdlence, nous ont 4te conserr^ sur les 
cinquante-quatre qu'il atait, dit-on, compost, d elles suf- 
fisent pour nous donner une id^ de I'andenne com^e. « Ce 
qu*on appelle la vieille commie , dit la Harpe, n'^tait autre 
chose que la satire en dialogue. Elle nommait les personnes, 
et les immolait aans nulle pudeur k la ris^ pnblique. Ce 
genre de drame ne pouvait 6tre U>\6t6 que dans une d^mo- 
cratie efirdi^, comme cdled'Athdnes. H n*y a qu'une mul- 
titude sans prindpes , sans r^e d sans Mucation , qui soit 
port^ k la prot^er et k encourager pubhquement la m4di- 
sance d la calonmie, parce qu*dle ne les craint pas, d que 
rien ne trouble le plaisir malin qu*elle goOte k les toir se 
d^halner contra tout ce qui est Pobjd de sa haine ou de sa 
jalousie. C*est une espdce de vengeance qu'dle exerce 
sur tout ce qui est au-dessus d^elle; car r^galit^ dtile, qui 
ne fait que constater T^alit^ des droits naturels , ne saurait 
d^truire les in^lit^ morales, sociales et physiques, ^ta- 
blies par la nature m6me, et rien au monde ne peut faire 
que dans Tordre social un friponsoit T^gal d*un h(ftm^te 
homme, nl un sot P^al d'un homme d*esprit » On sait 
qu'Eupolis ayant maltrait^ dans une de ses pieces le chef 
dela r^ubliquelui-m£me,il fot fait une loi par laquelle il 
etait enjoint aux auteurs comiques de se garder k ratenir 
de parler mal d'aucun homme titant et de le designer sur 
la scdie par son nom. Lemerder remarque k ce sujd que 
la licence de Tandenne commie ne fut pas r^prim^ tant 
qu^elle n'ofTensa qu*£uripide et Socrate. « La sagesse et le 
gdiie, dit-il, n^inspir^rent pas assez d'int^rd aux grands 
pour en prendre la ddense; mais ce fut lorsqo'dle inti- 
mida les chefs de Tar^pagc ,4es commandants des troupes 
et les mattres du tr^r, que soudain leur ligue se r6cria 
contre die. EUe accusait leurs d^rMations; Us la regar- 



10^ 

d6i^t comme dangereuse et crimiiieUe; die i^taldt lean 
turpitudes et leurs scandaleases douches , lis prfrent le 
pr^texte dti respect des moeurs pour la condamher comme 
ind^Dte et lui 6ter le droit de dire ce quails osaient failre. 
La cebsut'e^tablie fit cons^emment en fayeur du poUToir 
oe qii^elle b^eOt pas fidt pour la vertu. » L'auteur auratt pa 
ajouter : « et poot led dieox eux-m^mes; » car c'edt Ui le 
principe dh tout^ les censures de faire bon mareh^ de toat, 
cKcepfe de ceui qui les payent. Et la comidie mofenne le 
fit Men Voir, pdlM^ue la premise pitee composite d'aprte le 
nouveau tnode Ait le Plutus d^Aiistophane, od U est dlt 
que « iuptter h)(-ln6nib porte envieaux hommes Tertueox ». 
dependant la coinddte , pour n'oser nommer les personnes, 
n*ebperdit presque rien de son amertome. On s'atisa seole- 
mentd'un stratag6me, etPon se contenta decoudre des noms 
suppose k des aventures resiles; la malignitedb public n'y 
perdit rien, et il eut de plus le pllisir de deTlner les tao- 
d^es que le pb^te s*6tait proposes. Antlph^ane, Alexis, Ni- 
cophroii, tlk^pompe, Philippe, Anaiandride et qodques 
autres se paHag^rent ce nouTeau champ. 

fenfin, un troisi^e ^t donna ndssance k la canUdie 
nouvelte. Oh la r^uisit k n'are plus que limitation de la 
Vie ordinaire et la censure g^n^rale des vices. Alors, la fic- 
tion dut4%mplacer entiferement la r^t^, et il fUlUt supple 
par llnt^ra^d^ne intrigue bien invent^e, bleli combing 
ct bien d^nou^, k l^attrait de la satire personnelle. Ce 
deniicr changcment dans la com^e ent lieu un pea ayant 
te r^e d* Alexandre. CTest k cette ^poque de la com^die 
des Grecfi que se rattaclient Texislence et les succte de 
H^nandre, dont le temps a 6pargn^ quelques flragments. 
Aprte avoir parl^ de Mtoandtv, ce sera pour TacqUit de notre 
conscience que nous nommerons encore PbDippe, Diphille, 
Philemon et ApoUodoi^, dt^ honorablement pa* Horace. 

Les fton^ains rei^urent la coroMte des £trusqnes Tan de 
Rome &14, qui r^pond k la 135* dympiade : > Mais, dlt La 
Harpe , U n*y a point , k proprement parler, de comiiHe la- 
tine, puisque I^ Latins ne firent que traddre on imiter lea 
pieces gtrecques ; que Jamais lis ne mirettt sur le th^fttre on 
seul personnage rom^n , et que dans touted lean places 
c'est toujours une vlUe grecque qui est le lieu de la sctoe. 
Qn^esl-ce que des com^te latinea 06 rien h^est latin que le 
langage? * Ce reproche , que nous avoni ausd vD/Mt/6 Jos- 
qu'au temps de notre Moli^*, peat etre adress<i gi^n^le- 
nient a tons les peuples qui out commence par €tre imi- 
tateurs avant de devenir cr^teurs. II paratt cependant 
qu^Afranius , qui vivaSt k Rome sous le r^e d'Auguste, 
avail essays dlnt^ressek' les Romains k eux-m6mes en pd- 
gnant les moeurs de ses compatriotes; mais nous ne pou- 
vons juger du m^rite de ses creations , aucun de ses ou- 
vrages n*dant parvenu Jusqu*k nous. Les Latins firent d*a- 
bord servir la commie aux fStes sacrdes ; on Temploya, au 
rapport de Tite-Llve , comme on moyen propre k apalser 
la col^ des dleux : Ludi scenUi inter alia c<Ble:iCis irx 
placamina instituti dicuntur, Du reste, les pontes comi- 
ques latins n^avaient pas plus de respect pour ces dieux que 
les Atb^niens, et ils les traduisaient sur la sc^ne pour leor 
faire jouer un r6le indigne de la mi^est^ divine. Les anciens 
paraissaient persuade que les dieux dtaient trop sages pour 
s'otrenser des discoursextravagantsd'un poete; ils pensaient 
ni^me quails en riaient les premiers et qu'ils s^en divertis- 
saient. Amobe nous apprend qu*^ Rome, lorsqu'on pouvait 
soup^nner que Jupiter etait en col^, pour le remettre en 
bdle bumeur, on Taisait jouer VAn^hitryon de Plaute. 

Les premiers pontes comlques chez les Romains flirent 
Andronicas Livius, Cn. Nevius, puis Ennius, 4 la 
Tois aateurs et acteurs : la forme de leur com6dien*est pomt 
connoe. Au Jugeme&t de Ciceron, les pieces du premier ne 
soutenaient pas une seconde lecture. A Ennius succ61^ent 
Plaute, C^iliuset Terence, qui tons emprunt^rent les 
sujcts de leurs pieces aa th6&^ des Greca de la deml^ 



COMtmA 



^poqae. Plaute et T^nce, voiUi les deux noms sur leMpieiB 
rq>06e toute la gloitc de la oom6die latlne. 

La com^lie latine ne poussa Jamais la Udmce ausal lote 
qu'on le vH it Athtoes. « Les Roimafns sotas les eonsnls, tft 
Marmontel, anssi ialout de lent- liberty qde Itt AtfiHuieBS, 
mais plus Jalout de la digbit^ de leur gbiivemement. n'ao- 
ralent Jamais ptemift qti6 h r6t>ubliqae fftt expotee ant 
traits iflsultants de leurs pontes. Aussi les premier^ ouml- 
ques latins qui hasard^rent la satire l^eritonlM^e nlto^VBt 
Jamais aborder la satire poBtfque. ^ La comMie tettne dif* 
f^rait encore de cdle deb Qt'ed (H ce qu^dle n^adtbettiit 
poittt les choetik^, et qu*ene avaft ^ revanehb des prolosiKSj 
dont Tusage ^tait ittbonnu mt le th^ffttfe d'Aditoe^. 

La com61i^ chez tes Romains avail )>Hs OiW i h d its Horns, 
relatib aux diftiSrentes drconstances «otft leaq^idlM dte se 
produlsait. 11 J ent d*atoord tes bcJlMUIes df ellttiiet; fee 
com^eft Mixtes, oft uhe ^artle to passaH to iMt, une 
autre en action ; lis disaiebt qu*dtes iikStnipttrtim ittUmriM, 
partim motcfrias , et ils citaient en eiemple VEukuque de 
Terence : les complies appel^ hiofoH^ ( oa pitees k mtm- 
Yemeni ), celled bd tout ^it eo action, eomme dabs PjHm- 
phUtTfon de Plaute; les comities appellee paUinix, ob le 
sujet el lei personnages ^tftlenl g^ecs^ oil lei habNa Maiail 
aussi grecs, oh Von se senralt du jxi/Zlum .* on lea apfMSM 
aussi crepidx, du nom d'une chaussulre eommoie des Srew ; 
les comMies appdM planlpediie^ edtai qoi n Jowleiil k 
pieds nus, on plat6t sur an ttitttre dK pbifl-pied AVee le 
rez-de-chauss^; les comedies appd(Ses prtetBxi&im, bo lb 
suJet et les personnages ilaient pris dana l^§tat de li noMttw^ 
et de ceux qui portaient les tog» pretexts^; les eomMbs 
appd^ rhintonicx, on comique larmoyanl, eb qnV* i^ 
peuit encore hilara'trag<»iia, on fotina coMtttffd, oa ed- 
nuBdia italica : llnventeor en ftit on bouflbn db Tarentb, 
nomm^ Rhintone; les comedies appd^ ttataris [f^kam 
sans moovement ), tdles oii H y avaH beaaeotip de dia- 
logue et pen d*action. Idles que VB4cpr de l^ftr^Mse 01 Pd- 
sinaire de Plaute ; les comi^dles appd^ t abern m im f dofet 
le soJM et les penbnnagbs aaient pris da baa l^eo^, et 
lir^ d» tavemes : les actears y Jouaient en tobes long aa s 
( togU ), sans manteaux k la gitcqoe ( pafftto ) e AfranhB 
et Ennius se dfelingu^reiit dans ce genre; les oomMtos ap- 
^\ie& togatx, ob les acteurs Aaienl babill^ dela tofse : 
Stephanius fit les premieres; on les sabdivisn ett P^fiUi 
proprement dites , prxtexttOx, tabemarix et iOtiiama : 
les togatx tenaient proprement le mSleii eatre les prxtes- 
tatx et les ttU^enutrim : c*Aaient les oppose des pat- 
liatst; les comedies appd^ trabeatei : on en atlilbae fla- 
vention k Caius Mdissus. Les acteurs y paraisaiieal in 
trabels ( en robe ), el y jouaieat des trfomphaiean, des 
cheTaUers. La dignity de ees personnages, d peu ptopras 
au comiqne, a r^>anda Men de l\>bscMirit^ tar la aature de 
ce spedade. On volt que cette divisloii Mil p1ul|Q^ iBai6- 
ridle d locale que fondte snr fessence mtaie de la eoiBMIe 
et la vari6t6 des genres qn'dle peut eompovter. 

Les auteurs de VBncptlopMit divtaent la coiaMIe en 
trois genres, savoir : la commie demracUre, la camMe 
de mceurs d la comMie d^Uttri^w. Cast Ik la dhMoB la 
plus simple, la plus g^^rale, et tout ^ la fbia la plus iitioa- 
nelle. Lemerder, dans son CtMtrs de IMt^rahw^y reoonaatl 
six esp^ces de comdltes : V* la 9aRf« vrtA^oHfwe diofo- 
guH, nom sp^al sons leqttd 11 diMgne le th^itre d'ArMo- 
phane; 2" la cotnedie de mmirt et die carad^e; 8^ la ea- 
nUdie d*tntrUfue ; 4* la coM^tfie m^e, an mMe d*taCrig«e 
et de caract^re; 5** la cwrnMe SplsMique, 00 wmMIe d 
tiroir; et 6* la comidle jne^tieme, on te Jbre0. A ees di6- 
nominations, fl convient d'ajonter encore les saivantes : 
cetles de ta comMie Mrtiiqixt on /fo^-comdcMe, da la ea- 
vUdie 8&rieuse, autrement nomm^ fragfktiB hout^Mte, 
on simplement d abnsivement drame; de te cemktie 
hiitor^m d de b tomMe anea^doHque, 



com^is 



iM tomM tde ir woM r tf eit «lle qtti a poor bnl pete- 
dful ifb pfliiire ou da 4if elopper OB cftiact^ parttcylier, 
tel que X'ilaara 4e Maii^re, £e Dtelrai^ de Regnard, ^ 
Ctorigiyr da Pastomahai» £e JIMaU de6res8at,etc. 
Ja iju m SM w a mamMkb 4olMrf«r daas ocftte aorta de oo- 
,c^eil4aa'aitiehBr^aa satdcaraatftrapriadpy, aa- 
Boalet — tfM dahrmt iibtt ■abordaniifa, ctqai toiile 
phral, la poinl da C M ii a , la bot aakpia da la pito ; c'est U 
oe4|H aoaailaa PoaiM da n^et* bauicattp plui inporUott 
iatoerrar qaa r«dM da teaiipsoa PttiM de lieiL lia m^rite 
coM is t a , dans an parail oomge, h placer le penoanage 
p rin e^ al dana wa e ■ i t oa ti a n goj eoit en eonilit, an opposition 
avae aon aaradtea; dte Ion, 11 fimt on que le oaract^a 
pie soua TaliMt des ctwomtincai , on qaa, par dea actlona 
canJarmea §m cwaattoa^ leeeiiaanitaBcea prannent one toor- 
■nra qui M aoit lifanbla; en on moty on la aitoatioa on 
le caraettn doifenl aofin avoir la deaiaa. Ge genre da oo- 
idna aon anteor one ^toda approAMidie de 



Inoiuie 41 dea 



de aon 



un 



iasta 



al ODepniaaaBaad'inyigtnatian qui rtoniase aor on leul ofajet 
katraita qn^an a p« reeaeiHir ^para at m detail cbea plu- 
alean aoiraa, aana eependant trop ebaigar le taUean, et 
ima qaereapiiftda apeetateur refuse de croirei la donn^ 
dnpaalealaaxaooaluaionaqu'ilprttandentirer. Leapi^oea 
que Boaa nTane dlte lout A rheorenoaa seanblent parlaita- 
■eatwylirtaateo oeaaanditiana> Lebot de la coni6die de 
caraeltea peat Mt% an aimpleinent d^amoaer par la biiar> 
rerie dn caraoltea^ an d^inapirerda n^pria et de raverslon 
paar tea ani aal ir c a h a i s s a h l w, au da OMMitrar oeax qui aont 
teiMaCnaMeaaooa anjoor prapra i leafeire aioMr^ mala 
il ne tal pna trap naer decette demtereintentten, car oa 
aait qae gte^ratenaent an tfa^Atre lea caractteas Ticieuz on 
ridiealaB pteiaent mteai, andu notea tet^reaaent ptoa qoe 
les c t ac tAm Tertaeax on trap parfaits. 

La €o m id i€ de meturs a poor otijet de inettre aons les 
yen dn apai.tetBMi on tableaa (rappant et Trai des uaagaa 
a« d« flenia da fte partieulier qae les boeames d*an certain 
^tat Mi d'ttne oertaine conditioB ont gte^alement adopts. 
Ce aefa, par eiample, te tableau de te eour, oelui das 
■MBora daafsaa api^ts, eeloi d'une nation enti^. Les 
apedactea saliriquea dea Grace ^talent dea eom^ee de oe 



La eumMe d*intrigue, qua leaaoteors de VBfKffclop^ie 
minwMwti tart, m. te aoindra espto de tontea, »eatoeUe 
<i/b. ranlear s'attacba aurtoot k ^kott aes peraonnagea dans 
^ea aitoations eadbarrasaaates et biiarree, qui doivent naltre 
tea onea des antiaa natiirelleaMat ou sana trop d^effiMrt, et 
aa eaca^dar joaqa'i ce qa'un ^v^nenent bnprivu amtoe te 
« La camMie dlatrigue, dit notre coUaba- 
IL VteUet>Ladao, peat se passer da peindre des ca- 
de ale doit ae eonformeraax neeura des individus 
qn'dte nnt eo ac^ne. Ceat mbam de PotoerTation de oes 
Bsara qa'eUa dait tirer les circanstaatfes qui d^tamuaeat 
lea Ciila. • Ajaotens ayee Lenereier que « Phabilet^ daas 
ce genre conaiite k rendre lea appBcatiotts etoirea, k d^a^ter 
l i i ta a tnt teaaadiarraa de I'tnlr^fae, Adialoguer par dea traits 
de aallte coolarMteeot k Tdge, au rang, aan bonearsdes 
petaflMipna, at ^aaalliplteraar te so^ne lea sttoatioBs oeni- 
qoes. » La eonidte de V6Umr4^ de Moli^ et ceUe du 
Jfartsfe de Figmn aont dea cbelii-d'oaaf re dana ce genia. 
ConuEia on aafrage drunaHgua, un anwageteit poar te 
«etee,4 OM>iHad*Mve«iaiinpte naaiialogue ooBune le Pyf- 
moiteai da Ronaaaau« oa ah aimpte dtetegae, une eialpte 
eaafcrsalten antra daux inl Mtetu tenra, aaige te ebeix d'on 
i^etdoBt te d^vateppcnMNt ne pent aa teire en rMte , at 
qaidsBiande one action pins an motes aiMpte, an fAasou 
motes aoBpliqate) an Wit qae te genre que noos fenona de 
dMnir datt pcMar on aeooura ptas an hmUis direct^ ptua 
aameteantfla, IktecomMtede BKEaraetdecaraottea. Dete 
twbteaiion da oaa dUGSrtate genrea a'eat term6 on autre 



103 

genre, cetei que Lemerder appelie nUxte^ qui est bien 
^yideounent U com^dte la plus parteite , puisqu'elle admet k 
te fois toua lea moyens, tous les ressorts qui peuvent con- 
tribuer au d^veloppement d'une peinture comique. 

La comddte ipUodique^ ou te conMie d tiroir, est la 
moins importanto de toutes , puisqo^eUe exclot toute ac- 
tion et ne se compose que d^ine suite de traits ou de sctoes 
qui n^ont ancune liaison entre elles, et n'offrent, pour ainsi 
dire, qu'un intMtde details et de style. Nous avons eepen- 
dant quelques comedies k tiroir qui soot fort amusantes ; 
mais leur nitrite d^peiid en graade partie du talent et du 
jeu des actours. Tela aont Les FdcheuX de Moli^re, Le Mer- 
cure ^aton/deBouraaulty Xes Ori^nouxdeFagan, etc.; 
ca soot en mdme temps oe qn'on appelie' aussi des pi^e$ d 
traveities&ment , paroe qu^un seul acteur est charge sou- 
vent de te plusgrande partte des rAles qu'eltes renferment, 
et qu^il tea jooa aona^eutiTenient dana te mtoie tempa et 
davant lea mtaiea spectatenrs. 

L*origine de te farce oo de te comMe faUtieuse 
remonte am premiers temps denotre th^fttre, qui pent nous 
oflfir canune mod^ an oe genre Pexcellento terce de VA- 
vocat Patkelin^ dont on ignore Pauteur. Moli^e, 
pour ob^ anx exigencea de son si^cte, et, disons-te, pour 
teire vine aa troupe, pour attirer lea apecteteurs, que la 
peribctten deses autres ouTragesn*aurait pas toi^ours rete- 
Boa, Molitea, tegrand Moli^re, a dt^oUig^ plus d'une fois de 
descendre jusqu^lk te farce , od il paralt qull exceUait lui- 
Bdma comMO aetour : Le MMecin malgri hU^ Pourceau- 
gneiCfiLee Ftmrberies deScapin aont d'excellents modules 
daaaae^Bwa* 

An"daeseaade oa genre est te parade f plus basse et 
plaa triytete, teito pour des apectateura grossiers et sans 
Mncatioo, jaute aur das tr^teaux et an plete air, par des 
acteura qui pr^lndent ainsi k d'antrea spadades iiKt^urs, 
aoxqaela Us appellent te pobllc. « Une sorte de verye bru- 
tate exprimte par un tengage ^nergique pent , dit M. Viol- 
let-Ledoc, nrdter k ce genre un attndt partieulier. Vers le 
milteu du aiSde dernier, des seigneurs de la cour, ennuy^s du 
yemis de politesse qui recouyrait trap aouyent les yices de 
leur ceeur, a'amusaient k te francbise grossi^ de ces pa- 
rades; quelquea auteurs, |aloux de leur plaire, eo compo- 
adrent un aasez grand nombre, qui fbreut jou^ en petit 
comity par oes grands seigneurs eox-m6roes. Le contraste 
da tear langagft babituel afec calui quails adoptaient pour 
on moment rendait ces repr^sentetions particuli^res pi- 
quantes et suiyies. Coll^ compose dana ce but et sous te 
titre modeste de Parades d^excellentes combes, que teur 
cyniame aenl emptebe de teire connaitre. Le nom de cet 
auteur nous conduit tout naturellement k parter de Car- 
fflontelle, qui yera te mftme ^poque eut Pid^ de 
mettre des proyerbes en action poar teire partlciper les 
temmes et a^rne les entente k un plaisir que leurs p^res 
prttiaient en secret dana leurs tb^Atres de soci^t^ II a ^t6 
^gate, a'il n^a M/& surpaas^ de nos jours par Tb^odore Le- 
clercq. 

De oes genres aeoondaires, nooa remontona i te tragi- 
eeuMie au It te cofn^te-A^rDt^rii^, titre qui appartieat 
ap^ttalemenl k plusteurspitees de Co rneill e et de Pandeo 
repertoire francs, qui aont du genre admiraiif, Ce que 
nana ayons dit aa commencement de cet article de I'opinion 
de Comeilteaar temaaitea dmit il oonyient de d^finir te co- 
m^dte a'appliqae paitaitement 4 ce genre d'ouyrage, qol 
nans est yenn des EapagBote, at dont iia CId et I>on 5aiicA« 
d'iimpan aont lea meiUeura mod^tea ^p»% nana ayons. 

C'est k Particle DnaMB que Pan trailera du genre bAtard 
qoa Pan a nonm^ aoaai eomMe skieuse, iragMe bowr- 
geoise, aa, par on aoeooplement de mote encore plus 
biiarre , comAf te larma^aHte. Les deux plus c^tebres re- 
pi^sentanto deoe genre sontLa Cbauss^e et Diderot. 
Qnant k te comMe historique^ nous pensons qu'elle pour- 



104 



COMlSSIE 



rait fournir un champ ffeond k TexploratioD. Nous crayons 
que la comMie , en s'emparant des annalea de lliistoire » k 
I'exemple de la tragMie , acquerrait one moralit6 plus tmi- 
verselle. 

Pendant longtemps notre tMfttre ne s'est compost que de 
pieces appelde8ify5<^r«5,lk sujets religieai, Joute par lea 
Confrtres de la Passion, Mais insensiblement les acteura 
y m^ldrent qudques forces tirte de sqjets burlesques, qui 
amusaient beaucoup le peuple, et qu'on nomma Its jeux 
despoUpiUs. l^enne Jodellefnt le premier qui donna 
des sujets. a^rieox; c^^ait sous Charles IX et Henri III. 
Jeanfialf et La Peruse sedistingu^rent ensuite; mais Gar- 
ni er Femporta sor tons ses pr^dteesseurs. Oependant ks 
pieces qulls composaient n'^tident encore que l^imitation de 
siyets grecs on romains on blen dMmbroglios espagnols, on 
de pastorales italiennes. Citons encore Hardy, qui composa 
plus de six cents places ; Pierre Lerivey ou de Larivey, dont 
quelques comiques du beau sitele, dit Picard, n*ont pas d^dai- 
gn^ d'emprunter des traits et jusqu'^ des situations. La Sylvie 
de Mairet , ^crite dans le genre italien, et qui n'est qu*un 
froid tissn de madrigaux snbtils, de oonTersations en pistes 
et de dissertations en jeux de mots , excita dans Paris une 
sorte d^iyresse qui prouvait le gotit dominant Le Cid eut 
beaucoup de peine ^fairetomberee ridicule ooTrage ; mais 
le maurais goOt subsista longtemps encore, et il ne &Uut 
rien moins que Les PrMeuses ridicules et Les Femmes 
savantes pour lui porter le dernier coup. 

Les th^tres strangers avaient communique an ndtre bien 
d'autres Yices non moins r^oltants. Les farceurs italiens, 
qui ayaient un tb^tre k Paris, oti jouait Molitee dans le 
temps mtoie qu'il conunen^ k ^lerer le sien, nous ayaient 
accoutumte k leurs r6les de cbaige, k leurs caricatures gro- 
tesques; si les arlequins et les scaramouches leor 
restaient en propre, nous les ayions reraplacte par des per- 
sonnages 4galement Cictices, par des capitans, par des 
booflbns grossiers qui parlalent k pen prto le langage de 
Dom Japhet (comiAle de Scarron, joote (p 1658). Le 
burlesque plus ou mohis marqu^ ^t la seule mani^re 
de foire rire. Ce sont des personnages de ce genre qui firent 
r^ussir et applaudir longtemps Les Visionnaires de Desma- 
9 rets, detestable pitee, que la sottise et Tenyie os^rent encore 
opposer aux premiers onyrages de MoUdre.... Les Jodelets 
( principal personnage d*une autre comMie de Scarron ) , les 
paysans boufTons , les yalets foisant grotesquement le WUe 
de leurs mattres , les bergers k qui I'amour ayait tonme la 
tete, commelk Don Quicbotte, parlaient un jargon bizarre, 
m^ie des quolibets de la balle et d*un n^ologisme emphati- 
que.... En un mot, on reproduisait sous toates les formes les 
personnages lion de la nature, comme les seuls qui pussent 
faire rire , parce qu'on n'ayait pas encore imaging que la co- 
m^die dot Taire rire les spectateurs de leur propre ressem- 
blanee. Quant au th^ltre espagnol , il ayait ete nds k con- 
tribution par quelques-uns des auteurs que nous aTons d^ 
cites; mais il fut exploits plus largeroent encore par Beis^ 
Robert, par Rotrou , auteur de plusieurs tragedies et de 
quelques comedies. La Harpe reproche memo k la Chim^ne 
de Comeille d'ayoir paye tribut, en quelques endroits, k oette 
mode contagieuse qui regnait de son temps, «^ de faire de 
I'amour un eflbrt d^esprit • ; et il ajoute que ce Ait le per- 
sonnage de Rodrigue qid assura le succte du Cid, « en ayer- 
tlssant le coeur des plaisirs qu'U lui Cidlait et de cette espece 
de mensonge qu^m art mal entendu youlait substituer k la 
nature ». Ce grand poete, qui prit et tint ^ la fois et si long- 
ten^ sur la sotee fran^alse le sceptre tragique et le sceptre 
comique, fut leprecurseur de Molito. 

Moli^re! ce nom resume k lui seul toute one epoque; 
hii seul fl sulfirait k la gloire litterairede la France; seul il 
donnerait encore i notre theatre une super iorite incontes- 
table sur Je theitre de tons les autres peuples de la terre. 



reformer que les predeuses rfdicales el les grands canons a 
cm sans doute ayoir ayance on grand argoment ooirtie la 
oomedie; mak n'eM-eUe liit que cela, elle eftt d^ randa 
un asses grand seryioe en detruisani deux ridicules de Tes* 
pritetdelamode an temps dece grand peintre des nuBurs. 
Lebut de la comediene fat jamais de r e f ormer entidfemsnt 
les moBurs : on n'oitreprend point, on n'ayoae point svtoiit 
une tAcbe an-dessous de laqoelle on sent que tons les eUarts 
de I'esprit humain doiyent rester ; la comedle n'afBohe point 
de si hautes pretentions, et son but est toot entier, oonnns 
Pindique assex la deylse qa'eile a prise, de corriger les 
momrs en riant. « On a beanconpdisserie, dit Etteuie, sor 
le but de la comedie; des pbllosopbes dn siede dernier 
I'ont regardee ccnune la seula eeole de la sagesse; des cri* 
tlques de nos jours, au contraire, la representent oomne 
fotale aux moeors et li la rel%lon. Mais les pldlosopbesn*e> 
talent pas tout k fiiH sages, les critiques ne sont pan tout 
fait religieux. Ainsi, ne soyons ni trop sednits par len uns, 
ni trop eflirayes par les autres, et eontinoonsd'aOer^ la co- 
medie sans espohr, si Ton yeot, d*etre plos parftits, maia sans 
crainte aussi de deyenir plus yideux. Peot-etre est-ce une 
erreor depretendre que la oomedie dirige les moBors : nlle les 
suit , elle en re^ rinfluence, et deyient en quelqne sorts 
lliistoire morale des nations. Elle est pour la posterite IV 
mage yiyante des generations qui ne sont phis. Cesl, si je 
puis m'exprimer ainsi, un echo qui se repete d*mi siMe 
dans un autre, et qui se prolongs li tmyers la soocession des 
Ages. Lliistoire nous nppelle, nous retrace le passe, la co- 
medle nous y transporte : elle apprend k eonnaHre, ii juger 
les peuples ; elle est pour les moralisles ce que les medaiiies 
sont pour les antiquaires. • Edme HinsAU. 

M Scribe, dans son disooun de reception k TAcademie 
Fran^aise , repondit au panegyrique d*£tiettne. « Dans ua 
discours ceiebre, dit-il, rempU d*idees Ihies et ingeniaases, 
un de nos premiers auteurs dramatiques a souteno qoe si 
quelque grande catastrophe fiiisait disparattre du globe tons 
tes documents historiqnes eC ne lalssait intact que le recoeil 
de nos comedies, ce recueil sutfirait pour remplacer nos 
annales... Je ne pense pas que Tauteor conuque soil histo- 
rien : ce n*est pas Ui sa mfesion; je ne crob pas que dans 
MoUere Id-meme on puisse retrouyer I'histoire du pays : la 
comedie de MoUere nous instruit-eUe des grands eyenteents 
du siede de Louis XIV? nous dit-elle un mot des erreurs, 
des iaiblesses ou des Orates du grand roi? Nous parle-t-eUe 
de la reyocation de l*£dit de Nantes ! Non : pas plos que la 
comedie de Louis XV ne nous parle du pare aux cerfo et dn 
partage de la Pologne, pas plus que la comedie de Penpire 
ne parie de la manie dc» oonquetes.... Louis XIV, Louis XV, 
Napoleon , n^auraient pas souflSert an theitre les grands eye- 
nements de lliistoire, ou n'auraient pas permis de IradnirB 
sur la scene des ridicules qui les tonchaieat de trop prte.... 
Mais du moins la oomedie pefaidra-t-elle les moenrs? Qui, 
je conyiens qu'dle est plus prto des moeurs que de IsTerite 
historique ; et cqpendaat, exoepte quelques ouyrages blen 
rares, Turearet, par exemple, cbef-d^oenyre de fideute, 
fl se trouye, par une fatalite asses biiarre, que presqne ton- 
Jours le theatre et la sodeteontete en contradiction directe. 
Ainsi, puisquMl s'agit de moeurs, prenons repoque de la r^ 
genoe : si la comedie etait constamment Fexpression de la 
sodete, la comedie d*alor8 aurait dO nous ofiHr d*etranfes 
Ucences on de Joyeuses satnmales. Point du lout : eUe est 
Atiide, correcte, pretentieuse , maisdeoente. Q*est Des- 
tonches, la comedie quine rit point ou qui rit pen; c*esl 
La Cliaussee, la comedie qui pleure sous Lonis XV on phi- 
tdt sous Voltaire, au moment oil se discutaieni ces grandes 
questions qui changeaient tonles les ideas sodtles. An mi- 
lieu du monyement rapide qui entralnait ce dix-buitienia 
siecle, si rempli da pr^snt et d^ayenir, nons yoyons appa* 
raltraautlieitreDorat, Mariyaux,La None, c*est^ 



Cdui qui le premier a dit que Mdiere n*etait panrenn k \ dire Tesprity le roman et le yide!* Dans la Reyolution, pen- 



(xno^iE 



OB Ta ^» ooonH In rues, que tous offiraH le thMtn? 
Dw srtM dlmmaail^ el de biaiiiysMMM , de la seMiU^ 
IM Fimmes el VAmomr FiUal de Demoastiers; et en 
jMfMr 9S, pcadant le proete de Louis XVI, La BeiU Fer* 
muite, eosMiiB agrioole el scntiiiMBtale. Sous rEmpire, 
rigw de gMre d de eonqiiMw, Ucom^dtte n'^Uit ni oon- 
ni belMqneoM^ Soot la Restaniation, le 0oiifenie- 
pMtt(|Qey les lauiiefSy let g^wfneny les Mbiti Bii* 
Mteiraa avatei wtalii la aetee; Tbalie portail des 4igmk' 



« OouBMBtdoBeeBqpUqiMroetleoppcMitioaefnstaiiteyOe 
coafcraete pnsque oontiimel entre le tMAtre el la sod^? 
Sendl-ee I'dfel da Insafd? Oa ne eerait-ee pas plutM celol 
de BOS goMs el de BOS pspeliaBts, que les avteors onl so 
defiBflr el espMler. Voos oovres ao tMMie, non pas poor 
iroos iBstraire al ▼oos ootiiger, laais pour toos dfairaire et 
pom* Tens dfrertir. Or, ee qni tobs dlTeHH le mieiii, oe 
BTeal pas la tM^, 0*081 la ficlioD. Tons retiaoer oe quo 
ynms wtm ckaque Joor sous les yeux n'esl pas lo rooyeu de 
wmaM plaiie; Biais oe qui ne se prteato point h ¥oos dans 
la vie b a b ttneil e , rextraordinaire, le ronaneique, roili oe 
qni TBBB charme el oe qu'on s'empreise de toos otfrir. 
Ainai, dans la Terreor, cf est justement parce que tos yeux 
^tWBl alBigte par des scteesde sang et de carnage que 
^Bos ^liex beoraux de retrooTor an tli6Mre rhumanit^ et 
la bieaAdsanee, qui ^talent alors des fictioBs; de mtaie sous 
la BesUmation, od l%urope entitee Tonait do nous oppiteer, 
OB BOOS rappelail le temps od nous donnions dei lois k 
fEarope,el lepass^ nous consolail du present 

« Le th^ilre est done bisB raremenl Texpression de la 
tmfJM^ oa dn mains, et comme tous TaTes tu, il en est 
soBiBBi rexpretsioo inTorse, et ^oil dans oe qn'O ne dil 
pas qn'O fSuil cherefaer ce qui existait La comMie point 
les paMfcina de tous les temps, comme Ta fint MoKtee; ou 
Men ooaune Dancourtet Pi card Tont foit aTOC taut de 
gBiel^Calind'HarloTiile avec tant de charme, An- 
dr ieax atee lent d'esprit ; elle point des trafors tout ex- 
oepttoBBds , des ridicules d'un instant. » 

▲ oela M . Villeaiain r^pUqua : « La comMie sans doole 

B'esI pas b elle seule toute lliistoire d\m peuple; mais die 

explique, oBe snpplfe oette histoire; elle ne dit rien des 

^v^Benientft politiqiies , mais elle est un tteoin de Tesprit 

et des moan pubUques, qui out sourent donn^ naiesanoe 

k ees MaemuAAi sansnommerperaonne, die toil les m^ 

MMrfres de toBi le monde. Connaltriei-Tous parl!iitenient le 

siMe de Loois XIY sans M oU^T Sauries-Tous aossi Men 

oe qn'^taieBl la coor, la TiOe? El T^tn/e sortout ! II n'esl 

aBCBBO pitee de Molite qui ne tous montre qudqoe cOt^ 

curienx de Pesprit humain dans lo dix-septitee si^icle, qui 

ne Toos faase sentlr le mourement des nunurs et deriner 

le travail mtaie des opinions sous lo calme apparent de 

celte grande ^poque. El plus tard, ce thMtre sulitil et ma- 

nlM de Dorat , de La None, ou mtoe de Mariraux, que 

▼ous coofoBdex trop stoc eox, Mes-^ous Men sdr qu*il soil 

a fori en contrasle stoc le temps auqud 11 appartieni ? Le 

dix-linititee sitele, si rempiidepr^ient et d^abmir, pour 

empnmler too expressions , n*aTait4l pas dans ToidTOt^ de 

icsdaaees ^lef<tes,dans Tabus deTespril, dans la moUeeso 

nAa6e des moeurs, qudque ressemManco aToe U comMIe 

prtteatiease qu*il appUndissail, et ne peul-on pas mtaie 

trourer k eel ^gard phisienrs comMies de ce temps cpil , 

WUes ooTrages, soni pdntures fiddes, el qui, pen esli- 

«i6e8 du critique, ne font pas indignes du regard de llus- 

torien. QoaBi aax bonnes comMies de la mteae ^poque, 

dksendlseni enoote plus; dies en diseni trop: elle Ma- 

fiefe de Figaro ^ par exemple, est un renaeignemeni in- 

eanp«able poor rbisldre de U fin d*nne monardiie... A 

r^poqaemttne de notreR^oiollen,rempha8e sentlmentale, 

le calte 4e la ridlleaae, de U Terto, de Tenlance ^u'^taldl 



10ft 

dHrta«s|tebQcriltepModeB,^ia^ | le IMIftre an mlKeo des fiurenrs polKlqnes, n*«ai«rce pas 

- *»* " ^ ■- -^ '- • "'" - encore un trail de nos moeurs? Ne pent<» pas y ?oir le 

mtaM BWBsonge sodal qol ae trooraH dans des discoors de 
tribune el des programmes defMes,et qui meiatl unjaigoa 
dlmmanit^ afoe des aotes terriMes?..,. CAaieBl les pr£ii- 
cations el les anttenaes des Ugnenrs de ce temps. 

• Dans les BMBurs sent coa^fis les pr6jug<s, les soBveairs, 
lesrogretsdu peuple; c^est poor oda^MlTa cbercherpar- 
fois sur la setae des images qui ne soul pas PexpresdoB 
lannMiate de son dat prtent, male qui lui rappeUeal ce 
qu*il soubaiteon ce quH a perda... Ben ou manraU, nalufd 
ou rechercb^, la IMilre est toijoun un ftawin prMeux 
pour niistoiredes mceors el des opfaiioas. MaJafaMi-rt j^ 
comMie est ^ pen prte morte cbei nous; sa carrite est 
preique ferm^.. El pourtant ce n*esl pas la aulidie qui 
manque... U y a de nos jours aseei de ridicules k dgnaler, 
asses de rices k diAtier, asset de coupaUes k moatiw an 
doigt.. ny a encore deruste proc nr e ars , de mauvais mi* 
iitaires,de Cuix d^fots, dIgnorantsmMedns, doaotsp^ 
dagogues, dimb^dles bouigeois, des nobles bdes et or- 
gudHeux.... lln*yaphisdeMolitof » 

A tous les noms que nous Tenons de voir cfter,flconvieal 
d'en Joindre qudques aulres : £tie nne, qui dans sa OBoiMie 
desl>eicap6«fufref a print paiftitemenlnotresodd^aotudle, 
atec son faigratitude, son Egoisms d sa feusse phOantbropie ; 
Alexandre Duval, autenr de La Manie des Grandeurs; 
Des forges, Tauteurde La FemmeJalouu; Piron, au- 
teurdeZaJtfMromoirie; Dufresny, anteurdeli'fjtpri/ de 
CwUradieiion; Quinanit, autenr de£a Mh^CequeUe; 
Goldani,auteardu JBdarm Mei|Arifaa^;Fabred*M;g|aa- 
tine, auteur du PMinte de MoUire^dt Vlntrigue^' 
toUOref etc. Sous la Restauration la com^die iH pen ptfler 
d'dle ; die 80 mdait an Tauderille sur les petiU IbMlres ; die 
enfentait ledrame en se mdanl an tra^^que dans les era- 
Tree du romanlisme. Aprto la r^ototion de MUd, 
la ridlle comMie tenta de ee foire pditique d histo- 
rique; M. Scribe nous donna Berirand e$ Hatom, Le Verre 
d'Jroff; Casimir DelsTigno, Xa Comaraderfe; Alexandre 
Dumas, JV"" de JeUe-isle. Puis, par une certanie rtection 
contre la fantairie, une petite teole se montra avec la pre- 
tention de ramener la comMIe k U rtelit6 conunune. De ce 
qu^dle prdendaJt bannir le caprice , U fiction de see domai- 
nes, comme si ce n^daienl pas III les premien dfaieats de 
Tart, cdte petite secte s'appda aodadeusement V^cole du 
ton sens, VHanneur et V Argent^ de M . Pon sard , PkUi' 
berte, de M. Augier, en sonI ai^ourd'btti les prindpanx 
produitB. Pendant que Ton tentail cdte resurrection do la 
ooraMie des premieres annees du dix-aeoritaie sitele, un 
rigoureux ecrhrain nous ramenaHaux moutons de M"" Des- 
bouUkes : Francois le Chttrnpff^ de George Sand, rinl 
rdpandre un parfnm dMnnooence d de dn^ilidte sur noire 
socide trouMee par TamMtion d les dMrs de renovation. 
£n mtaie lemps, dingtoieox esprits s'abandonnaieni k lour 
caprice; les proverbes d'Alfred de Mussel obtenaient du 
succte k la Comedie Fran^aieeu od M. Jules Sandeau ftiisait 
glorJottsemenl repr6senter itf*'<^ de la Seiglik^. Pour dre 
juste, Ufkudrdt citer encorequelques jobs actes de MM. S a m- 
son, L. Gozlan, CamilleDoucet,ddequelquesautre8, 
quoiqulls aient eu sur la marcbe de Tart aussi peu d*in- 
fluenoe que les prix Ibndes avec fracas par F Acadtarie Fran- 
(aiBedparleministreLtan Faucber. 

U nous reslerait encore k parlor de la comedie cbei les 
peoples drangers. Mais les articles consacres dans notre 
ounage anx differentes litteratures du monde compien- 
nent llilstoire do lour tbeAlre. D*ailleurs, la comMie pro- 
premoDl dite, la liaute comedie, paralt dre un produil es- 
sentidlement fran^ais, non pas que les drangers maaqueal 
de vU conUea; maU lour manlde de la plaeer an tbeitre 
dUOre de nos formes dassiqnes ou de nos manierea de 
f auderilles. Moli^ ed reste d'dlleiirs le grand maltre de 



106 

r«rt. Les^tnngen «ix*id6iim8 en conviMmwit. JoluiKMibl* 
▼B jiMqti'^ dire que le lusard laiil fit Mttra k Puis im 
bQiBBM qui ptf son tAtent appartieiil li toite let nalaoBt. 
La htiite oom^die ae peul oBunte 4tfe go^Ute que par tm 
piMtple 66ini et aialin, aasei availed dans la oifitisatioti 
poar que de simplea cMieiilesamteeiii lerin et la aoqoerie. 
Vettit aaasi poitfqiioi la e6iiMMie plaH plus en gte^ral dans 
I'dge mftr que pendant la jeaneflae , qiM demuide plus de 
po^8te» pltts d'id^ et s*attaehe mouis alix formes. Walter 
Scott fait remarqaer qa'il y a bien noins de diflitieBeeS 
eiitre les eauTres eemtqses dss sctoes aoglaise et fran^nlae^ 
qa^e&tre les oMiYreB tragiqiieB ^des dent pays ) et k rappoi 
de oeCle observation, il dit que pen^ trag6diss ftnn^aiaes 
ont M6 traduites en anglais^ tandis qne prs squ e tontes les 
comMieB qui oat eu do svecte en Fran&e ont M transpor* 
U» snr leth^Mre an^ais* U eapUqoe oe fait en considtant 
qne le sms o omiq m est bes in so up ptas gteiral dans le 
genre humain et moins alt^ par les ingles artiidelles de 
U soei^^ qne ie sens ptUMUqite^ et il ^jonte que cent 
persoiuies denUgetdepajrBdtili6fentsriron(tde la mtaie 
pUusanterie, tandis que einit d^bre dies ne m^leront pent- 
Mre pas lean iannes wtr nn ntee siqet d'attendtissement. 
Mais la manite d'expoeer les sn^els o o»i q n BS doit irarier 
aveo les tanps, nfec ies lient^ et la coaMie pent encore 
pins d*nne Ms changer d'allnie et de forme. L. Loumr. 

GOM^IE-ITALlfiNBffi. Fpyet IMitu-IfaiinM. 

COMEMBN^ OOM^DifiNlfE, Boras qne Ton donne en 
gMral k tons cenx qd font mMer de paraltra snr.mi fMt- 
tre pnbMe potiT J joner la oom^die » la IragMie > ie drame » 
le vanderille, etc. Cos nonM eont spMateaMrt alfeclte k la 
profession^ tattdk qneoenx i'^eteur etd'«elrice,lndi- 
qnant faction^ sent relatife anx r61es qn*oo renupMt, an 
perseooagBs qn^ reprtsenle, an talent qn'on y d^Me. 
Ainsi) Ton appelait emfidien$ fimtfais, eomSdi^Ptt Urn- 
liens, les aeteorsdes tMttras Fram^ et ItaUen, dont les 
prenyers (itaient qnaiiMs naguto de amM^ens onHnaires 
duroi;tm disait et en dH encore : oomMms amhikoU9, 
comMms de mrnp agne^ o e iii drfieiM de prmpinoe, tnmpe 
de comMemt tripot de co mdrf te m , se faHre oemMUn ^ 
il y a en mwembUe de wmMene^ etc Les comdefieM 
Baron, Lekain, Garrick , Tahna , etc. , ont M les pto ^<»iiiv 
adeurs de lenr sMe bt de lenrs pays. Des amateurs qui 
jouent la oomMie en sod^ ponr s'amnser sent dctann sans 
^tre comMlem , paree qnMls ne sent pas pay|68 poor dirertir 
le pobiic Les teoUers qui niontaient antrefeiienr des thM- 
tres deoolMge ^taintiictenff et non pas eomMem; mab 
quelquee-mhs , aMniU , enotgneilliB par des ap|dandi8BeflMBts 
delunilleon de complaisaBoe, se croyalent de grands <m^ 
tewrtf et dereftaieBt de mannis oomddkini. 

An fignr^, les mols ne^enret comdtfien censenrent k pen 
prte les mtaies distincttonB; tontefois, le piender pent se 
prendre en bemie on en manraise part : on est actenr dans 
uneirffelre, dansnne r^fohitlon, dans nn duel, dansnn 
combat, dans nn bal, etc.; nuds eomdtfien ne se prend 
qu'en manraise part, la dissimniation ^lant toojours une 
chose odiense on m^pHsaMe, quel qu*en soit le motif : 
ainsi, on appeile comdrflen nn bomme qui feint des pas- 
sions, des oenflments, des (^hiions qn'il n'a pas. On dit 
d'une femme qui sans tertns et sans fortune, et sons nn ex* 
^nenr modeste, salt enjdier les bommes : Cest une ^ande 
ccmMienne. Les cooiHsans sont de vraU comMietu, et 
lenr vie est une tsom^die perpaueHe : its eoat loujonrs sor 
le thMtrO) et He qnlttent Jamais le masque. 

Faroe quils talent de condition libte et quits tbralent 
lenr origfnedes f^tes de Bacehns, les oom6«ens jouissaient 
k Atlitoes dNroe liaute oonsid^tioB. Us ^talent aptes ii 
occHper les postes les i^us honorables , et Ton cite Aristo- 
dtaie, enToy6 en ambassadeli Philippe, rof delfac^doine. 



COM]glHB ^ GOM^DIEN 



lb n'^taiettt oependant pM adtais 4 dMdcr du m^rile et du 
cboix des onmgsa qn^ deraicBt repftonteri. Telto ^tait la 
passion des Grees ponr le tb^itre, qne^ las faahJUttIs d'Abdere 
afant vn joner Ar6h6lalls» ptasienrs d'entre enn ee finnt 
com^diena. A Rome, oil\)nfel8ait pen deeaa des jenx«o6- 
niqncs , les comddiena ^Cident r^pnt^ inAmcn etdtehns de 
toos les droits de ciloyen, paroe qu*Us dtaiant esobTeai et 
non A cause de lenr profeasioku £n efiet I les Jennes Remains 
qui jnnaient pubHqneeaent bs petitaa pi^ nooamteolel* 
lofWf, interdflas anx <ioin^dblM,8brTabBft<lHis lea batons, 
donnaient leurs suffrages dans les tribus, et ne po ute b nt 
MrelbnJtede ^iMer tenT maaqne enr b IMMre* Pnnr re- 
lerer r^lat des eomMielis^ qni ne fnrent d*aberd qne des 
fabtrioM, Livins Andronfctia |onn dani ses pftprei 
onVTBges, et pi n sbnis peibs dra mn tiqne s imUbent eon 
exempb. Les Romabis pqrabnt magniiqnenHnt lenn eo- 
fenMiens : ifisopua laissa deux millbns et derai de fsTtom; 
Roscina moetilt I^WO k. par «li; et Mies Oter en 
donna pins de «0 naOb k Lab^rins* aoteur d*nne pitee lians 
laqneib tt Tonbit to decider k joner. Mm m wkmkwk b 
pen de goit des RemabiB ponr Ite repr^sbrtationa dramn- 
tiqnes ijontaiib bnra pr^yenlbM centre les eomMbns. €hm 
be Angbb, plus Dobbs rtetim^raleurs des tabsda, bs 
cendres de Sbakapenre et de Warrick lepoaent aaprb 
de b sepulture dm rois. 

Tant e'en but qne be csm<db— abnt 4M en France trai- 
ts anssl aplendfabment. Le oooeib d'Arles de Tan 3U bs 
dMare exeo nmmn ba anasi kmgtomps quib exereerent bnr 
probssbb , tendb qn'A Rome ib ne aont pas frappte da 
mdme anatbbne. Anasi • bs comildbtts ItaUcns Tcnnn in 
France It di?erBes^poqnm>depnbprtedetrab aibcb8,loia 
d'etre exdns de b conmumbn dm fldMes^ ent-ib M eon- 
tent membrmde b conlrMe dn Mnt-teciemeBt^ etn«4-on 
Tu k Paris Arieqnin^ Searamoncbe, Pantalon et 6eq^ <en 
habit de Tilb k b TMb ) tenir be ceidotts dn dab A b pro- 
cession. Tontefoby bs ebantenrs et bs dansciism de TAen- 
d^mb de ifnsiqne ai de i'Opte-<bmk|ne n^^tabnt pas en- 
commnni^ , parce qne, littdralement parbnt , lb ne eont p« 
com^diens. Ainsi , par nn di ipbr abb abns de mots, bs Ion- 
drm dn Vatican frappaient b martyr Poljfetiete, b aabt 
pontife Joad, b cfaidtbnne JTofre , b Tertnenx Ba^eard^ et 
^pargnaient b Pierrot de b foire et b V^mm de TOp^ 
iamab Loob XIV, qni aimait Moli^re et jonait hu-nabne 
b oomMie,|amab lea patbraento,ai rigides, si vi^Httenx 
lorsqu'il s*a^Kait dn m a m tie n de lenrs droib^ n^^vbent 
de f^cbmatbns contra ce ridicnb anatbtaie. Lafite Clai- 
ron ayant bit on mteioire k conanlter imr ce tntfft^ sen 
atoeat fot ansaitM ray6 dn tableau et rMnit k se fiidre co- 
nbdbn. Virant eenmie des pariat an milisn de b soei^, 
prirte de tons bs drofb dTib, obUgte, qnand ib pertinent 
nn nom plus on moins eonnn, de b changer oontre un nom 
de guerre on de tb^fttre en saimi^ en vol, en vUUf poor ne 
pm dtebonorer bnr Cunille, les comMiens de province, par 
nnebiaoaoiancecompbte,par nne libot^eifrin^, par des 
DMBurs disaohMS, se eonaolaient des d^sa^rbnenb et dm 
alfronto attach^ k bnr metier. 

Dans nn cafe de Paris, me des Boneberies-Saint-Honor^ 
jadb, pub me de rArbre-Sec , me dm Vieilbs-EluTes, et 
on voyait antrefob, et Ton volt encore ai^onrdlMH dans b 
janfin, du Pabis-Iloyal, chnqne ann^ k Piques, aoconrir 
de tons bs ceino de b France des eona6diens et des com^ 
dienuM de tout kge, de tonb taBb, de tons be genres^ 
dtebmant, chantantet dansant, ponr se vendre k I'enohkrs 
on an rabnb, euivint b degr6 de bars talento rteUon ima- 
gbmires. Sonvent, poor avoir nn p t e micr r6b passabb , U 
but engageria vbiUe dntgne dont II eat Tamant; et poor ee 
proonrer mm prembre chantnnae, a'embarrassar d'uo man- 
vais confident dont eUene vent pas se s^parer. Si, par ba- 
sardon par curiosity, uncomMlende Paris, un comMien 
de S. 11.9 tombe an mltieu de cebaaar tent pbin de Dredonno> 



COMEDIES ^ G0M£T£ 



)« ^ Nf^twi w el 4a taMcnmU inmMiwn. il afltoeto 
UB ik de gnadear el de |iiti^ M ae oraU d'oM espto Mip^ 
rieaia * acBe da iooa ees oolDBadea. Qa'^laltrN eepandant 
hn-aitaaafaBtla r^rolnliiM de iTMf LVtbUgMkNi da Teoir 
aaa o a cai ^ i aa a tea aeirs te spactaete dn Iqnd e ai a in I^Mrtrat—tt 
daai uaa iarte da t w p tc t cttTam la publie » dannt laqaal il 
kn foilailbaiaaer la titeal eouTtar la doB. Un iodg, phu hoB- 
teei, piM iMappartalile, pesait tor ltd t o*4lail cehri dea gen- 
tds-teBUBea de la chamlMra da roi, ^ saM BMlift, sans fon- 
deaMBl,aaDaeapaflil6, MaieM airag^ ladroitdajagerles 
oomMmut let oatngBs al hRom lea autenn^ de pmur 
ai fc ftri iraiaart iw fnatoiars at d^etctire laa antral. M^^'Saia- 
filalotefolaiil^parlattrada cacbet,|»aroeqdaM'"^ Yai- 
tris, M liTalai ^tait la maltralsa Ihi marshal da Dm- 
raa. M"« Saiilval eidetta fat ^«alaHRiit ncrifl^ k W^' Rau'- 
caart, ^ atail aoai pour aaMol un baat peraonn^gB, 
NewcMn laa gealHs-banimeB de la obambi^ ^laiaot il«% Ih^ 
trei rofaax aoouna aa taltaa au miUaa d^aa karttii. 178t 
raidit mtoi eomiSdiaiis teun droiti at tour libert6. Qaelqaaa* 
BM €& aiiM^r«Bl, Il Paris at daas laa d^parlBBMuti. La litta 
an avait fro^ loBgoa^ alll ast inatHa de trouMcr la oaadra 
detMbffti. BBckTes da pautair^ pate du parti rtfDhitioiuwita> 
ite celaaMrait aoaoanraniaBt soaa la §6nli& daa chaarinl- 
daBteaparla, daa geiililih4ioiBnMa da k Re«taorattoD at 
fnaMn a aiair at da goufanwBKttt CapaBdaot^ ikoBtia^ 
tiers droits oivite V Bl naelflBt la garda oauuna BOM. 
L'M^iM aeaia a persists loBgtan4)Ci its axaiuia deaoB ariD, 
at i'ae B*a pes aeoait fMiH \m acteea scaBdotedwa qui af- 
fliglnBft laa Amdiaillas da la dtasdtosa OlMBBan^f da la ti^ 
ftirtw a ae Raeeaini, etde Plitl^dala Parte-6aiBl-Maitiii. 
ABfaennun le catbolicinBa s'^IibI kti tMinwwfad aTec aax, 
beaaaaap da oannMlaBBes la asBl Mas d^falBS, at dUlustras 
Baaw dr iBiaHsiiaa JBwrits sar baa BonAra de dwisas at prta- 
DiaB de Saiid-aoeii at da Nmra^DaiBft da lioratll ptauve- 
raiaat aia ^ BMut aon pies i emMe lBS qae Bam B^aTsafOBS t 
eet ^gird flaB qete BBus Bia sayons en ifeiaaDra da pfomrar. Qae 
voalai-taiisT A Paris phisiaiin da oas iiieaiiaaii at da eas 
aaeft fort riches , ils ontdas appatetanaits de §6a^ 
.f d'aaifeex, de DiiBi8tres» d'sBihaMsdamu, at scat plos 
cbariiaUas, plea gte^rens i las fBeuBai sertoot, qua beim- 
da uittianBaifes.... H. AaavraiT. 

COm^MfiN (Omitkohfie). V9f€% Brnvm, 
CX>IIESTIBL£S.Quoiqua caaiotaoitdMT^ duyarbe 
latin eaemtere, BuiBger, bobs daraas oompreDdra dans le 
■oBiAre das oaosesUMes plesianrs sebstances aUmeBtaires 
qoi BVsjgBBt pas Tade de la BiastieaUon. £b eflet , le via, 
la Mene,letBily le cidre, les solntions g < Sla ti B aases» altw- 
miaeasesy wmer^a , rosoMsdme , etc, coBeoureat h la na- 
t riiiaa « principriefneBt chea rhoauBe at cbaa les ^tres des 
les plas tksv^m putoi las a&iBiaBX (aoyes Au- 




IWt ladifftrelnnMBt servir k sa noanitare les 

II, lesplaatesatBieiBaqaelqaas sobstaBeas dariigBe 

qui seaMeat phildl jooor le r6le de coBdimaRt 

eM'aicilalif daas TovganisatiaB, qea de nate Bonniciers : 

Ids aiBt la cMomre de sadiBm < sel tnaria ) el l^ean. Phi- 

tai^ae , at aprte ku pleii ia ers aotres phdoaaphes^ k la Idle 

d m as ti I SmA placer I'^iaqeeet Bo e s s cBa , oat dit qae 

llioaiaie n'^lait devenu carnivorBqoBpar ub faaeste ^eiat 

des liis da bob ofgaaisatioB) ifiais cettairpr^eBdae aberra- 

teat laelesees ^lo^iaBtes d^d aa a a t i o BS des phileeophes 

qwraialifeeBtdtt r^duHes k leer iaste valeur par la aeale 

iaspeeHaB abalsBdqae de rappareil digestif, qaietaw lltoamse 

oifte aae straetare eoo^dexa at ^Tidaanaent destiate k Tin- 

gatioa des aiatiftres ataiSMdas at ^r^dtalas : oet apparsQ 

«aUela dertiaer k ToeifiiaoriaiBa. CImk Iss baaaaes, tos 

fioHs, le caprice at sooTcnt la ateessit^ r^gleat les propor- 

taasdaaa kaqaaHas les matilrea T^g^tales et aaiaiales pen- 

▼eat (tea eaiployto daas raKaKBtation. Ob a paei^e 

Ima e wip tn^ eagirt la prtflkaaca k doBneraaK aasau 



t07 

aax eiilna> at sll a dl6 da aoaataatb ablerfalioB qu'ea 
gto^ral lal panplea qld sa aaeRisseat priaeipileoiaBt de la 
ebeir des aafanaax aoat rebnsles at forts, oa ae poena aier 
BOB pka qae das ladiYidal qd aa Biaegeat JaaaUs ae pialvM 
Jaiads dariaadenelaiaBaBlpasqaad^Mmigoereax alda 
sa bicB porter. 

Hsarait Imposrtblade d<a riw iei toat caqne rboBnaa a 
Adt serfir k sas appMs seasaels. H a tout ads ii eaatribe<* 
tfcm poor grattdersa goerenBdiia. Les oaebcBS hd oat) dit* 
oByi^iW la ttuff admits odoraat, MwnlfisBt, qai joea 
aoSoovdIiHl mi rdla si iaqxwtaat daas aameada. Teat, jes^ 
qa'ant Bids d*hiroBdeHe,it i e o bei did aatpay^aiciier 
en certabtt pays, est tena an aecours de la gas t ro nom i a, 
^ous ne parions pas destristas ressenroes ea liut d'attaieats 
offtfrts par one aatura iBgrata^des peeplades dtelte par 
la fBim. Les pafas de TerudsseMix doat les sa u f ag a s da la 
baie de Nootka font protWoa ddvaid lenr allHr oa paovre 
v6gal. Hals qua pOBrndeatrebaier das aMibeereux qui, pour 
etiter la oontraetloB des parotoda TeslaaMc, aa sont rMails 
k J to^tet aae sorte da tene daos laqoaile ranatfae ahi- 
ndqae a MtreooBBaltre (eboea ^tonnaate) eoe ^aorme pre- 
portioB d'axTdeda aaine! 

ATiBt da pouvuir ftdre naage daa coanslibies, aa lea sad* 
laetpresqae tDuJoars keertaiaea pr^parafioas, priacipaleBiaBt 
k laoolnaa, quiaa ebangs la aatara, I'aspiBat, la iiiimH 
taacai Fodeer et la aatear. Im heilea al lea gr^aaas qate 
J asaeoia fMqaeneneBt> al qui ca Ibot daa rasup, des/riln- 
nUt des dr«v(dn, ele., readeal lesdwirs pies sateweens; 
mateeMei oat poor afMprasqaaooartiatd'yiBliedairades 
priBcipes IMrea idauttaat da I'lM^fiaB da la ofaateer ear les 
aorpsgras.Oft aeaBMaasil reflbtdelasaiaiaaatdo/a- 
ai^ oa &otic«ma9a, surptaaiaursespteesdeaoBiastifttfes. 

Les gauTareenieMs qui oat aaby de loards bnp6t8 ear tos 
objetsdeconsommaliDB tfoatga^ia faag i l les oaaMlibles ; 
tlHide|TfBipoisBOB,volaille,QBaf^>iMdle, haltre% aioool, 
bitoe,oMia,ieishi, soat tat^BeoMel idq>oa# blVntrtedas 
tiUes. Im doaantoprtil^TaBt auasi k la rraatf^ des dralls 
au passage des comestibles strangers : le secre, le cafi6, 
lettMl^ les cdnlalBS oteaie, ea g^n^ral, a'eatreat pas dns BOS 
ports sans payer an ^brait £t cepeadaat la poMdque orie au 
poereir : £o via d Mm matxM! 11 ae aufflt pas d^aasurar 
la liberty de dreulalioa des coBMstiblesv de fbeibter tear 
toahsport dans ViaKi le ai par des reides^ des canaax, des 
cbdaoiaa de 4br, H faat eaoore les aieltra tons it la partde 
dHin phngmd Boakbra en abaiwlat las exigeBces de Ak. 

La poHee dolt d*ea autre cM6 ToiBer k la boaae qoailid des 
iiubsliaces aUnefllaiies miaes bn Tenle. Lee Alii^Bieas at 
lei RoHiaiBsaTaleBtdesBiagtstrefespaer^eiileriti'aboadaacc 
et ^ la bonae quality des caeiastibles apparlte an marob^. 
Nous avoas aassi del rlgleroeals 4 l^serration desqaeis 
doHteidri'autoril^. UriaBdedoltetresaiaaetfralebe; le 
poiiaoBpQlr6i^ est aacore plus dttBgeranx qae les fiaadas 
ead^oampositioB. Le pabi, la vbi, le lait daiveat Mre seas 
m^Umges fraaduleux; le beurre, la gndsse, lliuile, doivent 
ecre sans randditd; les flroanges gitte devieaneat teres ^ 
daBgereax;lee (raits mal mAris ou alt6r^ seat aaisibles; 
les legumes poer etre sabn doiTent Hn frais. 

La salaison, Is sauamre, la dessicoatioB seat les priad- 
paax flioyeas employ^ poar Is conserratioa des ali- 
ments. Us sont d'oae graade raasource, sartout peer les 
voyages ea mer. Ob Ml aaasi des aoaaerves k Taide du 
secre, de reau de irie, duvbadgre^ et di aoustrayaai las 
snbstaaoes 4 IMnflBeace da i^. 

COMIiTE (cb grec xoi&Vjttk). Ce mot, d^H de xafiy), 
cbevdure , aenUaiett ladbpiar qea IMre qe*ll ddtigne 
est lesiaan paurYB da aimaUer protaBgeaieal qui kii a lUt 
deaaer ea aoai. Mate Taatieaaade modenK caraet^rtea les 
caaiMes d\ine maaite pb» ilgD ar e a s e , en dteadaat ceMe 
d^aoaiinatioa aux astres qui, dou^ dHm Bjouf eaieat pro- 
pre, pammreat des coerbos tibs-aioBglas, da asaailre k 



108 



COMETB 



ae transporter dans leur oonrie ^ de leUes distanoM da so- 
Met de la terra qn'eUea oessaat alort d'etre Tisibtes. 

Lorsqa'on commenoe ^ aparoeTok una coni^, alte ra«- 
ssoible ^ an broafllard ,^ una n^traloait^ k pea prte cireu- 
laiie,et 6*881 oetteii6lKik>sH^ qoi porte le nom de chevt- 
lure. Vers son centre, U eiiste presqae toiqoars on petit 
espaoe gld>alaire, qoi se distiogne da reste par soa ^elat 
plos oonsiddrable : c^est le no^au de la com^. Enfin la 
trainte lamioease qoi accompagne certaines cooiMes en est 
la queue; quelqaefofs U y en a plasieors. Les andens as- 
tronoBMs ne les nommaient queue» qoe lorsqo^eUes sm- 
Taientla partie ant^rieore dans sa marcbe diome; oelles qui 
prMdaiont on qoi ^talent plaotes lat^ralement ^taient des 
barbes : cette distinction n'est phis asitte. 

Une com^ passe en quelqaes Joars, soavent en qoel- 
qoes heares, par les ^ts les plos Tari^ quant k la grandeur 
et k I'^dat Tandis qoe les planMes dtoivent aotoar do 
soleii des ellipses presque drculaires, etqae les pins im- 
portants de oes corps, executant leur rdvolatioa dans une 
sone assei limits, lezodiaque,coapentle plan deF^ciip- 
tique snivant des inclinaisons g6n^ralement pen conside- 
rables, tout au contraire les comiles rencontrent ce plandans 
des directions quelconqoes , et leurs orbites se rapprochent 
autant de la parabole qoe les dlipses plan^taires du cerde. 
Dans les com^tescomme dans les plan^tes, le soleii occope 
touijours on des foyers de Forbite. (Test Newtonqui ^- 
blit ce principe que la force, quelle que fttt sa nature, qui 
prodirisait le moo?emeot elliptiqne des planMes , pouvait 
aussi produire dans les deux des mouvements repri^sent^ 
par toute section conique. La grande coin^te de leao, une 
des ftos reinarquables par rinunense longueur de sa queue 
etla proximite du soldi k laqoeDe eUe est parrenue (un 
sixl6me du diamMie de cet astre ) lui oOHt bient^t one oc- 
casion de T^rifier a? ec sucote sa tbterie. 

Le sens dn mouTement des comMes n'est pas unifonne 
comme cditf des planMes : tantat il s'dfectue de Pest k 
Pooest, tant6t de Tocddent k Torient A Tencontre des pla- 
nMes, qui restent unies au systtoie solaire, la plupart 
des oomMes semblent le traferser pour n'y Jamais revenir. 
I/autres peuvent, aprte lui avoir appartenu un temps plus 
ou moins long, se d^rober k son attraction et s'^cha^ker 
dans qodque autre systtoie, o& il ne nous est plus pos- 
sible de lessulvre. Idle est la compile Lexett, dont This- 
toire m^rite d*6tre rapportee. Au mois de join 1770 Mes- 
sier d^couYrit une com^ entre la tete et rextr^mit^ sep- 
tentrionale de Tare du Sagittaire. Get astre augmenta rapi- 
dement en s'approchant de la terre, et on put Tobsenrer 
pendant euTiron quatre mois et demi. Lexell ^tablit netle- 
ment qoe cette comMe accomplissait sa r^Tolution autour 
du soleii an dnq ans et demi. On objecte qn^il ^Cdt impos- 
sible qu'un astre qui seraitreTenu d^ii tantde fois dans notre 
Toistoage n'edt pas encore M <3baenr4. Lexell r^pondit 
qu*il se poufait que la comMe ittt nouTdle , et qu'ayant 
pa8s6 en 1767 trte-pr^ de Jupiter , die en avait ^prouv^ 
une perturbation qui Tavait lanofe dans Pdlipse qu'elle 
parcourait depuia cette ^poque. En 1779, ^outait-il, la co- 
rn^ s^approcfaera une seconde fois de Jupiter, qui nous 
TMera peut-^tre comme ii nous I'a donn^. L^^T^nement 
TMfia cette provision. Depuis on n*a phis revu la comMe 
de Lexdl : on en a bien trouT^ deux, celle de M. Faye 
( 1843) et cdle de M. de Vico (1844), ayant leur apb^ 
dans le roisina^ de Porbite de Jupiter ; mais il a dte d^non- 
tr^ que ni IHme ni Pautre ne poordt ^ Pastresorti de no- 
tre systime. 

11 est cependant permia de supposer que dans la suite 
des sMdes la comMe de LexeU poorrait, aprte aToir par- 
aouru des espaees inddterminte, se retrouver vis-li-vis 
de Jupiter dans la ro6ma position qu'en 1767. OMant akm 
aux ni6nies influences, ette nous serait rendtte,et pourrdt 

s*Mapper de QOOTeau. II y aurdt lit une sorte de pModi- 



dte, mais qui n'est pas coa|MraMei cdle de queiques cO' 
mdes qui ont sp^atoment re^ le nom de oom^^ pdrte- 
diques. Idle est la comMe de HtMef, qui pamt en 1663, 
et dont cet illustre ^stronomed^termina les dteients, qoH 
reconnut dtre identiqu^ afec ceux dedeux comMes pr6o6- 
demment observe , I'une en 1607 par Kapler et Longo- 
montanus, Pantreen l&si par Apianna. U encondot que 
ces oomMes ne constitodent que des apparitions dilMrentes 
d*un seal d mAme astre accowpHssant sa rdrolution en 
soixante-quinxe ans I peu prte. Dte lors il osa pr^dire que 
son retour aurait lieu wen Pann^ 1769. U allongedt aind 
approximatlTement la dortede la pMode, k canse de Pac- 
tion perturbatnce des diTcrses plandea , surtont d^ Jupiter 
et de Satume. Vers 1757 les astronomescommencteent k se 
pr^occuper de la prediction de Hdley. Cert ators que nous 
Toyons Glairaut, appBqnant ^ cette question sa solntion 
du problime des trois corps, calculer la date du passage de 
lacomdeanp6ribdie; on sdt que Perreur reste dans lesfi- 
raites qu'il lui avait assignees. Mds Gldraut ne ponyait tedr 
eompte des perturbations proddRes par Uranus, dont Pexis- 
tence etdt encore ignoree. Cert poorquoi son resnttat M 
moins approcbe que cdni de M. Damdseau, lorsqu*il aa- 
noo^ k dix jours prte la dernier passage an pMidie de la 
com^te qui nous occupe ( 1636 )• Depuis, M . Langier d 
M. fiiot fils ont trouve dans les annates de la adoBoe d 
dans les hirtoriens des apparitions du m6me astre ante- * 
rieures k cdle qu'obserra Apianus. U r^sulte de tears tra- 
▼aux que les p6riodes de la comdede Halley ont dO oadller 
entre sdxante-qutese d soixante-dix-aept annte, varia- 
tions dont les causes peuvent Atre rapport6es aux pertnrba- 
tions plandahres, et qoecette plande avdt M me, saToir : 
en 1456, od PEurope superstitieuse ftit firappee de la coind- 
dence de son ap^tion avec le soccte dM armes turqaes 
(il paralt mdme qu*U se trouva ak>rs un pape da nom de 
Calixte III pour exconmumier ^ la fois laoomMeetles 
Turos); en 1S78, en Chine; en 1301, en 760 et en isi. n 
ert done constate que sur les 8dxant»*dix-sept retonrs an 
p^ribdie que cette comde a da diectuer depots P^po- 
que que la Gentee assigns k hicrtetion damonde,on en a 
obserr^ au moins dix. On ne d^connepas un seal Testes 
des sept apparitioasintermMidres i 760 d 1301. £n outre 
on trouve la neuf annte de trop pour sept pMMtea nor- 
mdes de sdxante-sdxe ans. M. Arago atfariboe une pnrtie 
de ces irr^tarUte a une dtaporation de substance. « H 
paraltrdt, dit-il, qu'en d^critant leurs orbes immenaea les 
comd^s, il cbaque n^olution, dissdninent dana Peapaoa 
toute la matidv qui prte du p^hdie s'^tait d^acfade de 
Und>ulodteproprementdite pour former la qoeue. Hseratt 
done posdbte, ^oute-t-il, qu'4 U tongue qudqoea-iuies 
d'cntre dies finissent par se disdper compldement, k naoins 
qu'en traversant sans cesse d dans diTcrses directions les 
tratnto de mAme espteo,abandonnte par d*aiitrea co- 
mdes , dies ne recouvrent, de temps k autre, une qa«rtii6 
de matid« qui compense k pea prto leur propre d^pardi- 
tion. » La premie partie da cette hypotbtee sembte nToir 
d6 confirm^ par la diminution senubte de U oons^te de 
Hdtey , lors de sa demidre apparition. Cependant, en oeUe 
occasion die changea plusieors fois d'aspect, el d'une ma- 
ni^ encore non expliqu^. 

Une autre comde p6riodiqae, qoe Pen appette comMe d 
courte pMode parce qu^eUe dfoctoe sa r^olotioB en 1200 
jours k pen prte, porte te nom de I'astronome J^PscAe, 
qui ddermina la durte de cette r^dotion. Dteoaverte k 
Marsdlto le 26 noTembre 1816 par M. Pons, la cooaMe k 
courte p6rlode a di6 depuis Pofajd d*obsenr«tioas aaaex aom- 
breuses poor dendre notablement la th^orte du mfluTCMimi 
des comites. 

Une troisidne comite pdiodlqoe, nommte par qoelqoes 
astronoroes cwnite de Bieia, parce que cet ing6irieair an 
serriGedePAntridieaper^ceiastrelJdianiUsb^loit? i6- 



GOMETB — 

Trior l«M»tit«ttdell. IngoleioiiideflOM^iliGcMi- 

i«rt. €f«il«i«llBlce denier qui, alondireeleiirde Tob- 

mntkBin^tUantBkb^ dteoatra qae oetto oomte exAeute 

a lAniitiwi en rix ant €l Iroit qaarlt. On se nppelle lee 

tenmn ^elle Inspirn k «ne pertie dee hibiteiito de ce 

fleiie, dent elle traTena le plu de forbile le 39 oelobre 

t$n. B eel Tini que U teh« le IroafaH alon ^loignto de 

et ponrt de dix nUlions de myriemMfeB. « Bfais si, terifaH 

M. Arago as fio w inenoe m e nt de oette aonte 18S2, li, an 

liin de paaeer dns le plan de r^cKpttqoe le M oelobra k 

la eonMe de 18S2 y arrhraH senlenMnt le SO no- 

n matin, eOe Tiendrait lndid)itablenient mller eon 

■faioepli^rf) k la nMre, et peat-Mre none bearter. » 

Oe n'dlalt pas la prami^ fois que de pareiHes craiiites 

lee eeprits. Amei M. Arago ehercha-t-fl * les rae- 

monlnnl que la probabilitt qvl exprine let 

de nneontrft de la tern a^ec «ne eomMe donnte 

ett mpi^ a enKe par nn deux ceol qiiatre*Tingl mittioBMnie. 

Mifti , reeonnataant que la petilesee de cette probability n'ex- 

daatt ndlenMnl to poesibilit^ de I'dr^neuMnt , il le propott 

d'en d^eenainer lee eone^qoenoes. Reprenant le lysttene eos- 

de B vf f o n , U UMHitra qoMl n*aTait aneone base 

n fit de BtaM relatifenient k i'optoien de Wbis- 

etthtelogien angbutyqui attribuait le d^loge 

nn cbee d^oM conMe. Cetle oomMe, qui aarait nne pMNle 

de 575 ant , serait eelle qoi se montra en 17S0 et qai iM 

nnnliinfa la tbtoie de Newton. Ceet la preni^ qnant k 

PMsft pami ceHee que let UHMlenieB ont obserrte. En re- 

BMnlim ilanw Hiirtoire, "Whiiton constate qall est fait men- 

tin dHine comMe irte-grande, imitantle Jlambeau du 

soMI, ajant nne immense quene, en 1106. En 631, ilea 

autre Aorrenite magnUudM$t soivant les 

Enfin, 43 ana afant notre kt^ 11 arrire k la 

qoi parat Pann^ de la mort de Cter, et que Pon 

arantleooQcberdn adelL An del4 de oette ^po- 

qac, WbistoB ne tronve pins de traces d'obeenralion ; mais 

i w narqu e que si Pon oontinae k remonter de 575 en 575 

ans, on tombe A trte-pen de cboee prte snr Pnne des dates 

qae Pon attribne an d^nge. Nona ne tnlyrons pas M. Arago 

dans la dhmssion k laqMlle tt s'est Utc^ 4 oe aqjet; nooa 

rt te r o n s se u iem mt sa condnskm : « La Titessede translation 

de la tarre et la grandeur de son orbite sent tt^ entre ellea 

de mnnitee qne Pone ne pent cbanger sans que I'antre Tarie 

On ignore si ks dhnensions de Porbite sont 
Rien ne pronre done qne U fitesse dn 
le eonrs des siteles n'ait pas ^ plus on moins 
aMMe par nn cboc de com^. En tout cas, il est incontes- 
table qne lea inonda l ions anxqnelles nn parefl drteement 
denner ai t Ken n'expUqueraicnt pofait les elfets, mabitenant 
Wen dteilB par les gfolognes, des cataclysmes qne la terre 
asaMs. » 

Si nous anions k Aomfa nne bate oompl^le des oomMes 

fModkpieB eommes , it nous feodrait encore parler de la 

cambU de Faift^ qui a repani en lS5i. II fandrait ausai exa- 

■iaer avee M. de Humboldt si la e&mtte de Gaile, dteou- 

fcrle k Berttn en 1S40 , est la mtaie que celle qui aurait 

ttftTuebMdnentoos, dteiteetde noureau obserr^ en 

!4es,^qiii, par consequent, reparaltrait It S71 ou372ans 

AnlenraBe. llontrons plotM comment on s'assure en gMral 

de la pMnHdM de ees astres. On op^ comroe nous Tenons 

de fofr qne fit Wbiston; on cbercbe dans les apparitions 

rrMdenles sit cnest quetques^mes qui, ^galement espacdes, 

oAcnt use resaemblance snfllsante. Seukroent on nose borne 

pai I constatcr des apparitions de comMes remarquaUes k 

del ^poques pdrlodiques. H fant encore dtabKr que les dld- 

Mntede Porbite sont les mdmes, c'est-i-dire que les cour- 

fcwd fci i to anx dpoqnes que Pon rapprodie peufent dtre 

veiMdtes comBBeeoincidentes. (Test pourquoi Pon a eonstrnit 

te lafales o<i les astronomea eonsignent sotgnensement les 

iMlBis qntHs obUeanent retattrenient aux deux ou trob 



COMFORT le* 

comMeaqnls'oAentchaqueamideileursobserfations. Le 
calalogne de Halley en contenait Tingt^piatre. Aujourdliui 
ce nombre a dtd portd k pkM de cent dnquante. De ce que 
deux comdtea ont les mdniesdldments,onnepeutconclure 
qu'eOes soient Identiques, mak si les apparitions se succ^ 
dent r^gnlMrement aux dpoques prdrues, comme dans ceOee 
de Halley, de Gambart et d*Encke, on ne pent douter qne 

ce ne soit un mime asbre accompUssant sa refohition autour 
dnsoleiL 

La nature des comMes est beauconp moins connue que les 
bMS de leur mouYement La ndbolositd qui les entoure est 
gtedralement transparente. On aper^oit ordinairement les 
phis petites ^toiles k traTcrs le noyau hikndme. Quelle est 
done la composition de ces coips singuliersr Sekm Herscliel, 
neponrrait-^iiipascrofarequ'unemati^renebuleuse, ex- 
trfimement rare etfdblementkunniense, est partout rdpandue 
dans Pespace; quMl s'y troure qoelques points plus denses, 
qui forment des cenbres d*atfaraction antonr desqueb le reste 
se rdunit pen 4 peu ; que par cette condensation et ce d^pla- 
cement il se forme des corps qui peurent drculer autout 
da centre commun de grayitd; que la condensation pooss^ 
k mi certafai pobit produit les comMes , et que les plan^es 
sont dues k nne condensation plus parftlte? On le voit, oe 
n'est ]k quTune hypotbtee. On s'est aussi demandd si les 
comMes briOent de leur propre lumi^, supposition que 
semble corroborer Pabsence de phases. Mais , d*un autre 
cdtd, on a reeonnu dans cette lumi^des traces de polari- 
sation, qui indiquent la prteence de rayons rtf^chis. On 
ne pent cependant encore rten condure k ce si^et 

Oommela lone , les comites ont dtd rendues responsables 
de Men des cboses tenrestres dans lesquelles dies n'ont au- 
cune influence ; A celle de 1 S 1 1 dtait due PexceUente rdcoHe qui 
signala cette annte; celle de iS32aTait amend lecboldra; etc. 
Poii Aoc, ergo propter hoe, telledtait la base de ce ralson- 
nement, quine pouTait manquer d^avoir de nombrenses appli- 
cations, car presque cheque annde apporte son contbigent de 
comMes anxquelles on petit attribuer la guerre, la peste ou la 
llunine. Parmi les hommes qui ont partag^ k ce sojet Perreur 
▼ulgaire, on compte Homtee et VIrgile... Passe encore! lis 
dtalent pontes , et d'ailleors Pastronomle n*dtait pas sortie 
de Peniknce. Passe encore pour Calixte III , qoi, dit-on , 
n'dtait pas toot 1^ lldt de bonne foi lorsqull excommnniait la 
comMe de 1456 ! Mais fiuit-ll croire M. Arago loraquH range 
Napoldon, qui cependant arait ftit quelques dtudies mathd- 
matiqnes, parmi les hommes qui croyalent aux influences 
comdtairesi H rdsulte des obserrations mdtdorologiqoes que 
la prdsence des comMes nMnfloe mdme en rien sur Pdtat de 
notre atmosphere. On comprendrait tout an phis que les 
mardes en fossent affiDctdes; mais on a constatd qu*H n*y 
avait rien de semUaUe, aoit k cause de PdkNgncment des 
com^tes. Men plus grand qne cehii de la lune , soil k cause 
de la raret^ de leur substance. £. Mesueux. 

GOBIFORT. Ce substantir anglais, son a4jectir com- 
ftniable^ son adverbe conrf^ortablemeni, que nous avons 
tons trois adoptds en Moc, expriment ce qui constHue le 
Men-dtre matdrid joint k one certaine didgance. Une lady, 
savouraat du thd de Chine, moUement dtendue sur les 
coussins de son ottomane, dlia, avec un sourire : eom^ 
firiabU indeed! Deux gentlemen, prolongeant le dertiier 
senrioe de leur dbier, se teisant passer les pfttisseries anisdes 
et dpicdes qui entretiennent lenr soif , et se renvoyant la 
boutdUe de Xdrds ou de Porto, qui voyage sur des roulettes, 
poussde par nn Idger coop de doigt, diront, en balbutiant 
peut-dbre tots la fin de U sdance : ecn^ortabU! Ce root, 
toutefois, ne s'applique pas an Tbi seul , fOt-ce un nectar; 
U comprend U cbambre Men close, la libertd dont on jooit, 
tout ce qui se rtenit pour Ihhe passer une heure de Men* 
etre. Les mots comfort d comfortable devaient dfane Mventds 
par les Anglais. Ce penple comprend en dM mieox que tout 

autre ce qu*expriroent ces deux paroles. Kn dfet, dies les 



119 COMFOIT 

titueot paa on dt^ment essenlial da bonliBiir; mais pQiur dm 
fff^gwyitiqiiAft vcMsins 6Ue» en fonneot la |du» giaade paitia. 
Graiid4 ^ojiige^r^, iU ^mportont le tou^ort <laiift leors ba- 
gages. II e$4 Yiaimant curieox de w Tattirittl d^im ricfae 
M)i^» «9iiofl^ celoi d-ona riclni AimMfi^ Doaa to p jiiii ea, 
doot 1^ fornofi e4 calfiul^e pflmremlmaaiaer la maias pot- 
able, cootieuQent daft sarficaft da tables daa meU auccii* 
lents r^uits k un petit Tolome, at una pharmade. Qa tratna 
lu^ cabinat da tQiM» qql sa dcasta au moyan da ^latre para- 
yepts; das coam^tiquas, das parfuma qui dUaipaBt laa va- 
peun, las spaames, at calmant la mal da meri das lila at 
des T^teroents pour lea tamp^icaturas les plus dirafiea. Tool' 
cala accompagiiA qn Anglais dans on naviaa, od noua 
autres Franca qpiw n'aoipartoiis <|a'uii mantaau, Oaa in* 
sulaires , qui di^qt d'un banwoa : H vaui Umi da Hurts 
sterling, pour a^riioaF qvf'il las poaaMa, ont praaqua do 
m^ris pour c^x qui d^daigsani la etm^t at laa choiaa 
CQJufortables. Paulina FLiittKaGim. 

COmCES (Pomma). Ainais^appeiaisiitlesasaeMblte 
do peupte romain pu rtoidt las as s agiblto deBRonains qai 
aYaient le droit d^ citi. Ui peupla romain axar^t dans les 
cornices sa touta-pi^issapca, ^ U y i^t oonYoqu4 k cat affirt 
par un magi^trat invpsti das poavoirs n^cassairas. (>e magis* 
trat pr^sen^t ses propositions sous fonna dlstarrogition 
(d'ou leur nom da rogcUUme$ ), at las cit^oM SfMa aa pi^ 
sidence r^ndaiant par oui ou par bob. Qb appalaii <»»- 
clones d'autres assamM^ du p^ui^, daattBifefl ppr asempla 
k Taudition da discpurs, comma U 4tait d^usaga d'en pro* 
noocer avant la tanue des comicas- 

Jjfs^ comip^ ^ moditoant aiap |a coiistitHtiOB m4ma da 
Romp. Las plus ai|ci^is comicas» las oomices par aurias 
(comitia qiriatfi) ^pf^t das assamblte da patricieBs, 
dasse qui k Torfgiup coiuppspit saula Ip panplA romain. La 
classa noble fnt partag^ en tre»ta corias, m sa v^vBirant 
dan^ la c<m^ti^mt place s|tu^ antra la n^uai f alatfn at la 
moot Capitolin, at qui fgl s^pai3^ plfis tard du Farum par 
la tribune aux harangues dps Mo^ka- 11 Tsllalt pc^alaUa- 
ment un d^et du si^t ppur qua cas pssamM^ea pussant sa 
rpunir, at il s*y rattpcbait aa outra di^ solppmiti6s rcjyauses 
at deis auspices. |l6me lors qpp |a pUb^ e)|t €\6 ra(H>imua 
former one partip assant|clledupeMplpdplaciM» lespomlpas 
par curies continu^ant de fp tpnjr ; mais cp na fpt plus alors 
que TassemblPe de Taristocr^. U paraU qu*i Torigina da 
la r^ublique^ las cornices pxprfi^iBt un drpit dp jnridio- 
tion sur les iudividus qpi avaient pommis un d^ k I'P- 
gard da Tordre des patricieQs. C'4taipnt ^gslement las po- 
ipices quiy en Ter$a da la l^ de inifi^r^, dpBoalapt aux 
roagistrats61usrautorisation n^cpssairp pour antiiar aq fono* 
tions. Mais quau4 les patrici^ip auraut cass^ da constituar 
UA ordre privil^, las cornices ppr cqries pa furent plus 
qu'une forme, qu^un symbole j)our sii^dira, (^ np servirent 
plus qu^^ raccomplissamant de quafques apMons dp dfpit 
priv^y comma ^'adrogation; at il na s'y rpunissalt^ in* 
d^peudamment des pri&tras, que trenta licteors repr^sentapt 
les trente curies^ 

S e r T i us T Q 1 li us trans|(ira aux pomicas par ceB tur i es 
{conUi^i centvriata) las principaux droits das ancians co- 
micas par curias, r^pctioq das magistots, las decisions k 
prendre snr les propositions ^ lols, ^r la guarra on la 
pai^t. Ces cornices par centuries fiuiast tout da suite das as- 
semblies g^^rales dp paupip, at comprirant les patricieBS 
et les pi^ipps apr^ la divisioo ap classes at en eenturies 
qui, ^ une ^poque post^riavca at reOito inconnue , sa rat- 
tacha au partags en tribus d-une fiipon qqi D*ast pas btan 
claine ppur bous. Comma dans ces assemble, tout au 
mKMBs ^ UBa 4poqHa raculPa, la pauple paraissait an annas 
at au tant qu'arm^» alias sa taoaiant dans la cliamps da 
Mars, an dabors du Pamcaium, circonscriptioii cpnsacp6ei 
la paix. Las Bucpstratscurulas sauls, las ooasuls atlas pv^ 



— GOMICIS 

taacs, par axampla, aviiaBt la 4Mk da laa aoBiB^Bsr wst 
jaBTS ixte poor laa aanicaa (diat aomilUilaf ). Una dteWon 
dm ateat prMdail ovdbMlfanaBt las dMsions qiMlas 
^laiaat appelte k randfa sar las lois$ Fonfartora an avait 
Mau , qoand lea auspices VpTaiaBt parasls, aa nnttea da so- 
lannitPs raligieasas. L'anBoapa d%iMpiea8 oontrafres, an 
eaa^ , ana attaqua d'Pfnlapaia ( maladia appalPa an raiaon 
da cala, mor^iu coaiMiaJla) dont YaaaU^ Mrafrapp^ana 
das persoanaa prtenlaa, et taal qua la Y<eta a^avait pas 
aoBimeiio^ , PWaroatrtaa d'aa triban du panpla, snfiisaiaat 
pour las disaoodia. La pofotion dtait pablMa dix-aeptjoan 
d'avaaoa par lamagiatrat an BMtyaadHia Pdit (par Iriiiiai- 
tinum); il la raeoBMHaadait daaa las eaMfonat, at panaat- 
tait da pariar pour oa poatae. Quaat aa vata Intffragia 
ferre)^ il avait Ilea airtiafols par classes, at plna taid aa 
sort, <pd ddil0Bait toot aa aioias las aaatoiias da k triba 
qai dftirait aomaiaacar, et qa*oo appalait akirs prdpofa- 
tive. U sa doaaait da fi^ Toix, Jaaqa% aa qoa, k par- 
tir da ran tia , divanas lois ( Isfpf latettortai) aaaaaat ia- 
trodait pour ces asaambUaa aoaima paat laa oaailaai pat 
Mkui lUisfgada taUalttaa lativas (SaMte). U paopla ai- 
lait aa vota par divisions dana des aadoa {9epiq)f daat 
O^sar at Augustft firaat daa anaatiufliani fpaadtoaas. 
La rtaltat partid do vote da chaqoa dhdsiaa, tal qua la 
doaaait la mplonl^ de aaux qui j a¥i^aat psia part, at 
aasaita la rPaaltal dMaitir da Yole gia^ral, ^taiant fva- 
daas^ k baato yoix (ramiactelte). La aoafiraialifta par 
la stoat da la ddcision ptisa dans les aomiaas par 
rias fot aupprim^, paur las lois, par una ki da 
Bhilo, aa asa, at paar laa4leclioas,par to'/a« Jfonte, 
fBTS ran 2a6. Laa magistrata sop4riaars, las oonsalp, las 
pidtean, las caasaaia, acmtiaukaBt totvoura ^ B^Mna tiaa qaa 
dana las comkas par aaaturiaa, qaa k ki daa Doaaa YaMas 
Prigaa apssi aa bdbaaaax ohargPs da aeanattaa da toaa las 
oriipes aatESlnaat k pake aa(Mak. rsoutafok, k paitk da 
Taa 144, kur aaaip6kaae k cat 4gard fbt aoaca sM faB^aat 
aastrakte par k asPatka de dUkmrtas aoars dp jBipka per- 
ataantes , ahsrnks da paaaattBa da cprtains nrimai (ftun- 
tkaes perpe^umi. f.oag|anips aupamrant, laa comkas par 
cantarias aYaiant dP paitagar avac las condaas par tribas 
(amU$ia tributa) k droit da dPoidar da kpaU at da k 
gaanra at da kira ks kis. 

Ces oomioes par tiibas, k IVangipa, amaiaa^gaa daa as- 
asmbkas da Pordra daspkb^ians, at lapm dPo^skas akppa- 
kiant propramaDtpMtoei/0; mais on finit par kar doaaar 
cdui da leges, ^kutiTamant resarr^ aux dPcisioBa priaas 
par cantarias ; et ik obtincant ea Tan 440, aa Tefftfi d'naa 
loi das poasok Valerius at Hpnlius, coafinarfa aa aaa par k 
lex PubliUa, at an 286 par una to #of ^aa^io, una aatiH 
rit4 Pgtfa, obligaaat tons las citoipns, comma (es ddckioas 
des comices par centuries. La convocation et k tanaa das 
comicas par tribas sa faisaieat afaa baaucoap plus de b- 
bart^. Sans doute pendant leur durpe aa obaarvait las ai- 
gnas cplestes , et Ton mterc^ait ks diaax ; mpis il n*y arait 
pas de decisions du sPnat ni d'auspicas ou de solanait^ re- 
bgkoies qui las pnicPdasiapt, et kors rpsolptions a'araiaBt 
pas besoin d'Ptre confirmpes par le stoat. Comma daaa ks 
cornices par centuries k rogation Ptait publife d*aY|iica at 
disctttto» aUa ne pouvait proyanir quad'nn triban du peapk ; 
et il n'y avait que ca magistrat qui apt rPgalikamapt le 
droit de coavoqaar at da pr^sider caa oomkes, pfssque 
tottiours teous daas Ip Forum, de mtasa qua ks Pdilas pk- 
bPians souls ks pri^sidaiant lorsqu*ils ^taiaat rtonis caauae 
tribanal. La vote apcte k diviskn da paapk avait Uea da 
talk maniPrequa daaa cbaqaa triN k ptajoritp ddcidaH, el 
da la mtoia k^oa que dans ks comiees par eantnriaa , avae 
catk diOkapca toutakis qua daas aaux«k PapPratka poa- 
Yait Ptpa coatlauPo au plus procbak iour oonitkl« taadk qaa 
daas fiaux«d elk devait Ptn termlnto an oa seal joar, doat 
klarma,eonimedaBstoasksaclaspablka,Pta|t nmrqad 



COMICBS ^ GOMINES 



111 



ftrViMMhtraiisoleiL A pirttrdtli kl lendoe par Pn- 
mmi y€ieto (44a), Ibb tribnift et tot ^dBes 4e k pMM, 
peitW iW—mt MMi 1m Miles eorolM, les qiwfiteiin et 
toes to nagMityits inlMeun fomt ^ deas let ooorioeB 

te M i craM d w pilml p»H amti pint taid 4 l^41e6|io« 
4wprttoa*, 8tt»8 to p i<gM c BC fl da grtpkipentifa. Ellet torent 
InrSjew^nMWt M do Ixwm have priaes poor tribnnani per 
Jm dsilNipe el les idJles, fsi e^ poitatel ^ceaeateim. Poor 
i»l<igi<^UIiiWi, UrtpQtftMjue <me oifMe, le^eoMieei per tri^ 
M o«( ey 1^ fim d'importeBee que les congees per cm^ 
tones; oe q^ s'esptivie et per le positieii dee tribuns et 
PK le eerecttodteocFitiquB queleuf donnalent lesiltoien 
doet ^^iiert 9tmp»^ et les liberty plus dtendoes doot 
lis MMiiseeieBl. 

An temps dee empereorsy U poiseeiieeUgialelive dii people 
se trottVMl eedenftie, IsseanioeeM ftveat plos qoHue eo- 
■lidie, el fuureot miiiia per diepareltre eooipl^teBMnt Us 
avaieflft p«rlet6 aree Clisar I'^leetioB des megistrals; Ao* 
Swt£ la leur iwidHentiteeBieBt, nek Tib4re ordoona qoe 
r^lection se Ot au s^oat et fOt seatemeei preelamte defeat 
les camioes iremtneimre). Oaligula rsadit, M est vrai, r^ 
lecAioa aa people; ipais ee ftit k on aeeideiit paasager. Ua 
aa apiie tm reoietlait ea vigoeor le mode imaging par Ti- 
bto» et ainsi coDslttii4s ks eomioes sobsist4rent eocore 
josqe^ tooisl^ine rfteJe. ta derakre traee de leor partici- 
palka k la Idgisialion se tiVMiTe soos Traiaa. 

£a Fraace le eonp d'etat do 8 diScewbre \UU ^ raablis- 
saat le sofTrage onlversel, il ei^ier Fexpression de oemtcef 
dans Botre langage politique. Cost ainsi qu*on nomma 
les assemblies d'^lecteors appd^ k sancUonner par oui oo 
par aefi le nonrel ilat de dioses. 

COMICES AG&ICOLES et SOClllTtS AGIUCUL- 
TURE. Lbs cornices agrie^iei soDt des a asod a li o a s Hbres 
feiMtedaaelebot de fiiYoriser lee progris de ragricoUore. 
lis se distiagoenl dee soci6i^ d'a§rinUM'6 ea ee sens que 
esiyw if s^aacopent de prtMyroaf e del'etamsn el da la diseoa* 
sion des tbtoiesagricoleSy tandisque les eanicess^appti^ueal 
pins sp^dalement k faire passer oes tb^riesdans ledomaine 
des faits, qoand leur Taleuf scientiAquc a ^\6 constat^. Le 
principal nioyea d'actioA dont disposal les coipices con- 
siste k prin«, airec les r^^sQurces proTen^ol <|es souscrip- 
tions annneUes de leurs membres et des subventions de 
rfiftai oo do d4partement, les ameliorations agricoles de toute 
nature, oonune Pemploi de^ charraes perfectionn6es, I'^l^e 
inteUigoit do b^tail, le croisement des races Indigtoes, 
rintrododion des bonnes races ^rang^res, la pratique des 
assofements raisonn^, les prairies artificielles, les irrigations, 
la bonne ienoe des fermes, etc. Qudques cornices donnentdes 
prix aox roeillears labooreurs, aox berjgersy aux valets de 
fienneles plus la|>oneux et les plus honni^tes. Un petit nom- 
bre pobKent des ouvrages spteiaux, notamment des cat^his- 
Dies agricoles. 

I/o^^ sinon* des cornices an moins des sod4t^ d'a- 
gricoltore est ant^rieure k 1789. Qoelqnes cornices forent 
crto, pois snpprim^ dans la pMode r^olutkmnaire. Aprte 
des vit^ss^ades diverses, cette utile institntioB s'^tabKt d6- 
initivanent en France il y a une trentaine d'ann^, et de* 
pois Hie n^a cess^ de s^^ndre et de se d^velopper. An 31 
d^r^oibre 1S&2 on comptait dans nos 86 d^partements 421 
(onAoa et 133 society d'agricolture, en tont 458 associations 
s^ricole*. Les 1 1 d^partements qui e^ possMent le plos sont 
les oOtes do Nord (38) ; IHe^vilaine (21); la SaHhe, (20) le 
Rnist^ (19); le Morbihan (17); le Cental (16); la Dordo* 
gne (l&) la Cdte-d'Or et FAveyron (12); la Dordogno et la 
GfTQode (S). On voit que c'est snrtont dans les d^rtements 
de Tooest , c'est-4-dire dans cenx od la propri^t^ est le 
noins morcelfe, et oo les propri^taires resident te plus g4n6- 
nlement, qoe rinstHulion a fait les progrte les plos rapides. 

La premlire et la seole lot relathre aux eomtlDes est celle 



do 20 mars 18S1, qoi a ofiaidse les divers degr^ de la re- 
prteeatatloa agricole. Gette loi dispose 3 1* qo*tt sera etabil un 
00 plosleors cornices agricoles danscbaqoe arrondisseraeni; 
2* qoe lespropri^tafares, fermiers et colonsde la dreonscrip- 
tion poorronten foire partie, alls sont Ag^ de vfaigtet un 
aas , avec Ausolt^ poor les cornices d'admettre dans leur 
sein d*aotres personnes dans la proportion do dixitene de 
leors membres; s« qoe les r^emeats des cornices seront 
approov^ par le pr^t et leors droonscriptions arrets par 
le consdl g^n^ral; h^ qo^s seront cbarg^ du Jugeroent dee 
concoors el de k distribotion des primes et autres r^eom- 
pcnsos. 

L*artide « de k mdme ki les chargeait d'etre les mem- 
bres des chambres d'agrlcnltore; mais » aox termes 
do d^crel do 25 mars 18S2, ces membres sont aqjoord'hoi 
nomm4s paries pr^lbts. 

Ces magistrate kissent babKoeHement , et avec rafeon^ 
k i^us grande latitode aox comiees poor la rMadkm de 
leors r^ements. Ik se boment k coastater qoe Unt^ret agri« 
cok est vMtabkment k seol objet des travaox de Tassock- 
tiony qoe la cireonscription est Men ceUe qoi a 6te d^ter- 
mln^e par k conseil gAi#al, qoel*entr6e dn comioe est oo* 
▼erte il tootes les personnes dMgn^ par la lot ; enfln qoe k 
chiflre de k cotisatlon n^est pas trop dev^. 

Le phis urand norobre des comkes resolvent oae subven- 
tton de VttxX ; k d^partement j joint qnelqudbk k sienae. 
Le cbifTre de ces sobveations est d^termM par Fdeadoe de 
k drconseriptka de fassooktloa et par rimportanee de ses 
travaux. Les comkes sabventlonn^ dotveat JostMer de I'eni- 
pki des sorames aksi mises k kor dkposMioa par fenvol 
Innud k Tautorit^ d'na compte-rendo ie kors op^ratkns. 
I^oa aotre oot^, ks inspeeteors de l*agrkoltare onl mission, 
daas leors toam4es, de se mettre en rapport avec korsnem- 
breSy de v^ier sor les lieox I'effet des eacooragemeato 
donn^ par kors solns, de s'asaurer qoe ks prix et les 
primes ont d^ jodkleosement distribo4sr d de kor fsb« 
connattre sor ks qoestkns agricoles k Pordre du joor 
k penste de Faotorit^ sopdieore. Les rapporto de ces fonc* 
tionoaires sont onanimes k conskter Pbeoreose inftoence 
de Pinstitotion des eomioes. A. Leqovt. 

C01ilNES(PmuppBDB LA CLITB, dre nc), aaqnit en 
1446, ao cbAteau de Oendnes, au|oord*hoi vIHe tr^-mar- 
chande, moiti^ fraa^alse motti^ bdge, eito^ 4 13 kilo- 
mdres nord de Lille. Isso d'one kmHk andeaae d distk- 
gote, dev^ k la eoor de PhHippe le Bon, due de Boorsogne, 
eompagnon des plakirs do jeune Oharies k Tdn^raire , il 
daitappek, sdon son expression, k voguerBur la grande 
tner des alMres bomdnes; mds il flnit par essuyer la temr 
ptiie. On n'a jamak so posltivemait les motifo qoi le por- 
tdreataquitter, en 1472, le service de k maison de Boorgogne 
poor s'attaCher ao roi Loois XI. Si Toa s*eB rapporte k one 
tradition popokire , Oomines se troovant k k cbasse avec le 
Tdndaire, k prince lui aorait command^ de Id Mer ses 
bottes; d Oomines, abosant de sa kmilkrit^, aundt r^- 
dam^ du doc le mdne service ; sor qnoi cdoi-d , irrit^ de 
ce manqoe de respect, Paoraft Ihipp^ de sa botte k la tde : 
d'o<i Panecdok de la tite boitie^ rappori^ par Jacqoes 
Bfarehand , d dont Wdter Scott a tir^ d bon parti dans son 
Quentin Durtnard, Elle paralt, do reste, tout k fait con- 
forme au caraddv bmtd de Charies le Tdn^reire , d Pon ne 
voit pas trop poorqod on ne Padmettrdt pas tout simple- 
ment, au lien de se jeter dans des conjectures k perte de 
voe poor expUqoer odte ddectkn. Dans tons ks cas , un 
homme prudent, r^fl4cM, modd^ comma k dre de Co- 
mines, devdt t6t 00 krd se lasser de servir nn mattre vio- 
lent et grossier td que le Bourguignon. Louis XI , ao con- 
trdre, malgr6 son caractd« absolo , ddt asset dispose 4 
dxKiter les consdis ; il kisait eas dea pditiqoes sages d r^ 
serv^; habile k flatter Pamoor-propre des hommes dem^ 
rite , II savait sortoot ks rd»mpeaser. 



112 



GOBUNBS 



QiioiqD*aaiiott,dtele tenpsdela ijuneuse tflUre de 
P^roime, CkNoniiies ptratl s'Mre montrA fort him dfispoa^ 
poor Louis XI. D *doudtde toot son poavoir les premiera 
UiDBporto de U ool^ de Cbaries , qui temUait avoir coD^ 
les plus siniitres projeis eontre la vie de sod prisonnier, et 
qui les anrait extoit^ peat-fttre si le roi n'eftt ea 9tia/9tf« omif 
qui rassorfti qo*il n^aorait « nnl mal 8*11 consentoit 4 jurer 
la pail et k soiTre Charles eontre les U^eois; mais qa'en 
ftisant lecontraiie 11 se mettoit en si grand piril que nui 
phis grand ne lui pourroit adyenir ». Ahisl s^exprime Co- 
mUies dans ses m^moires» et personne n'a dout^ que eet 
am^ ne mt rhistorien lui-mteoe. Certes on ne peut accuser 
oelui-ci de trahison eoTers le due de Boargpgne (dont il 
^it chambellan) pour TaTolr empdcb^ de se dishonorer 
eo atlentant k la Tie du roi de France. A P^ronne encore 
U reftisa les pr^U que I'usage du temps pennettait aux 
seigneurs hourguignons d'accepter de celui qui» dans la hi^ 
rarchie l<§odale, «tait le suserafai de leur due. Ce d^sint^res- 
seroent^itd^autantphis ro^ritoire de k part de Comfaies, 
qu*il s^^tait ruin^ au serrioe de Bourgogne. Mais Ixmis XI 
sxer^a sur lui unesMucUon plus noUe, celle de hi haute 
esUme qu'il ttoioigna pour le jugemeot profond, les connais- 
sances litl^aires et Thabilet^ poUtique de l*hlstorien ftitnr 
deson rigne. 

Quatre ans aprte le traits de P^ronne, Comhies se donna 
sansr^serre 4 Louis XI (septembre 1472) : Udertait unde 
ses conseiUers les phis intimes et les plus prfeieux » paroe 
qu'ind^pendamroent de sa grande habilel6 dans les affiUres, 
la connaissanee personnelle qu'il poas^dait des secrets de 
son anden maitre le mettait ^ mtoie de donner 4 chaque bla- 
tant des avis bien utiles. Le roi le fit , dte son arrivte^ sa 
cour, conseiller et chambeltan , prince de Tahnont, seigneur 
d'Argenlon, sans compter le den deterres, depensions, la 
mahi d*une riche h^ti^ de Poitou, etc. II eut en outre 
part 4 la d^poullle de plusieurs seigneurs proacrits. £nfin» 
celui que, conuat^ histonen, on a compart auTertueux Ta- 
citesi^gea, sous un autre Tib^, parmi les commissaires 
qui condamndrent, par ordre^ llnfortun^duc de Nemours, 
Jacques d*Armagnac. 

A hi mort de Charles le T^ro^raire (1477), le roi, se 
defiant de Comines pour les afiUres de Flandre, T^loigna 
de sa personne poor une mission insignifiante en Bretagne 
et en Poitou. Lors de Toccupation du duch^ de Bourgogne 
par les troupes royales, CombMS prouTa que son ob^issance 
pouvaH avoir d'honorables lunites. Des lettres toites par 
hii 4 des bourgeois de Dijon fhrent suivles dHome diagrAce; 
mais le roi , trap Judideux pour se brouiller entl^rement avec 
un homme qui tenait en mahi le burin de l*histoire, I'en- 
Yoya 4 Florence, afin deprot^ger les MMU^contre la liMstion 
des Paul, que soutenait le pape Paul IL Lltalie ^ait alors 
un foyer diulrigoes politiques : Comines n'y parut pasem- 
barrass^; il obthit un plein sucote dans son amb a ssad e, et 
Laurent deMMids remerda Lods XI de lui avoir envoys 
un homme d'^t aussi sage (147B, 1479). De retour en 
France, 11 parut avdrreoomrr^ les bonnes grAcesdu roi, qui 
api^ une longue maladie, dans laqueUe son ehambdhm le 
soigna et le servit aUntoyr de mpenanne commevaUt 
de ehambre , alia passer sa coBvalescenoe an chAteau d'Ar- 

sentcNi. 

Louis XI Mant mort en UBS, Comines fot nomm^ par les 
tetsgin^rauxetparlacourmembreduoonsdl der^gence; 
mais, ayant pris part aux divers complots des princes , y 
fot arrM^ par ocdrede la r^gente, Anne de Beau jeu, et 
pasM en prison trols annto, sur leiquelles 11 fot huit mois 
4 Loches, enferm^ dans une des cages de for qu'avait hi- 
ventte pour ses victhnes Louis XI, ou philAt le cardinal 
de hi Bahie. « Phtdeurs les ont maudites, dit Comines 
en ses mteiohes, et moy ausd, qui en ay tast^ soubs le 
roy d*4 pitent. » Son procte hii fot Ikit en 14S8, devant 
le pariement de Paris : aucun avocat ne voulut se charger 



de sa canse; il la pbida hd-mMse, et nfm fot pas moint 
oondamn^ 4 Pexll dans une de ses terres, et 4 hi confisca- 
tion du quart de ses biens. CMi perdre comme fl avait 
acquis , et ii cet ^gard on ne sanraH le pUhidre. Son olH 
ne dura pas longtemps , car dte Tannte 1490 on le volt 
employ^ par la cour k des n^godations. Trois ans aprte 
il dgne comme pIteipotentSdre le traits de Seedis entie 
CharlM Vni et le roi des Romafais Maximillen. Lors de 
rexpMition du premier en Balle, il est Idss^ en quafit^ 
d*ambassadeur 4 Fforence. Cest de U que Comfaiea vK se 
former Torage qui alhdt fondre sur la ttte de Charles Vm, 
qui s^endormdt 4 Naples. H Favertit asset k temps, oon 
pour oonserver cette conqu^, mate pour sauver I'arm^ 
Id se place la joum^ de Fomoue, oh Comines fit brave- 
ment sa partie aoprte du roi , 4 qui fl prftta son mantean* 
Toutefois, il Jouisnit d*una8sei mhioe cr6dit : U avait eontre 
lui les pr^entions du Jeune monarque et les dtfanoes des 
ministres; fl avait k part hii les crakites et les regrets d'une 
ambition d^gue. « Ses affiiires avoient M teUes au com- 
mencement de ce riigne, dit-fl dans ses mteoirea, qu'U 
n^osoit point s^entremettre. » 

Ce fot bien pis encore sons le vi^e suivant : Comines 
s'6teit compromis pour le nouvean roi , avee lequd fl avait 
^ aiMsy prM que nul aultre personne; mais Loote XII 
ne se iwvMpoH^t^fiort des obUgattons du due d'Orl^ans, 
et rhomme dTtat d^laiss^ oocupa son lolsir foro6 en se foi- 
sent historien. II n'avait que dnquante trob ans. L^activil^ 
de son esprit «tait pradigieuse : eomme Cter, an rapport 
de Matthieu d*Arras, son contemporain , fl 

Dictait k quatre cd m^ake tempt , 

« avec autant de fodlit^ et promptiUide que s'fl efit de- 
visd ». n mourut le 16 aofit 1S09, 4 Argenton; son corps 
fot transports k Paris et faihumS dans une chapdie des 
Grands-Augustfais. On remarquaitsur son tombeao un globe 
en reUef et un cAoic cabus, avec cette devise : le monde 
n'est qu'aims (nait cabus). Ronsard hii a fdt une Epitaphs 
quisetermine dnd: 

Retoarae k ta naisoo, et conte i tea fils comme 
Ttt aa le tooibeaa da premier gentU-homffle 
Qui d'an ccrar vertaeu fit i la France voir 
Que c'eaC boimciir de joiodre anx amea le aairoir. 

L'doge adtvrd ; seidement, Comuies n*Stdt pas le premier 
gentfl-homme qui eilit uni le mMte litt6raire aux quality du 
guerrier etdu politique. H ne faisait que conthmer Pexem- 
ple donnS par les Johivflle, les Vflle-Hardouin, et solvi 
fanmSdhitement aprte par les Monthic, les Du BeUay, les 
Branttaeet tant d'aufares gentils-hommes qui nous ont MgoS 
des mtaioiresd pr6deux sur l*histolre de leur temps. 

Qudque marquante qu*dt ^ la vie politique deComines, 
die serait enti^rement oublite au)ourd*hui sHl ne s'Stait im- 
mortalise comme historien impartid, souvent mtaie trop im- 
pasdble, quoi qu'en disc Voltaire. Au tableau dnctee qu*n 
foitdes vices, des foutes et des remords de Louis XI, U ne 
manque qu*une chose, au dire de MM. deBaranteetViOe- 
maul , c*est ce ton d*une faidignation vertueuse qui donne 
un carad^ dprofond^ent mord aux anndes de Tadte. 
On aurdt d*autant plus tort d^accuser Comines de partiaia^ 
que ni les bienfdts ni les huures n*ont hifluS sur sesjuge- 
menU. Louis XI est bien le hSros de ses mtoioires; nsais 
Tauteur ne disdmule ni les fautes , ni les crimes, ni ies pe- 
tHesses de ce prince : c'est oeqd a foit dhe ^ Pierre ICaudft 
que Commesl'avait peint avec la roftme liberty que ce prince 
avdt vAsu : eadem libertate Ludwkmm suum d^nsU 
qua ipse vixerat, Cd historien, comme U ledit luiHotese, 
est Vkomme du monde d qui Charies vni aUfait '« P**" 
de rudesse, d cependant c'est Id qui a trac6 de ce prince 
rdoge le plus touchant : oncques ne/ut, dIt-fl, meilleure 
crMure. Comhies parle pen de lui-rofime dans ses me- 



GOBONES — COMITAT 



ilpveeflBeiiee pratatils'est aflfrincbi de U n^ 
eesiit^ ^ Mre des aTeux, dM apologiei oa des rterimina- 
tioBt. Vm dn plus bean morceaax de son lirre est odai 
OH il tndte da pooToir des rois : il y dtt qoelqoes v^rit^ 
Imd frapfMBtes poor lear endoetfineinent, Dans ses r^ 
ieuoM 9 se monire ami d'ane sage liberty , ennemi des 
<M9f d^itat et des caprices da bon plaisir. U n'existe ao- 
COB ooTFUge de politiqoe plus applicable etplus pratique 
^■s cdai de Comines. « Princes et gens de cour y troave- 
loot de boos odYertissenients 4 mon advis , » a-t-il dit Ini- 
mhae. Llustoriea Pierre Matthiea en 6tait d convaincn , 
ifoffi a plae6 k la soite de son histoire du i^e de Loois XI 
jm Ttcadii demutxiwies pJngemenU et observations de pth- 
lUifue Urte de Ph. de Comines. Dans on livre ^Apho- 
riimet snr la sdenoe dn gouTemement, le savant Lambert 
Daneaa a bnM les maximes d*an seal modeme, de Comi- 
nes , panui oelles <io*il empmnte 4 Thacydide, Xteophon, 
SaUoste, TKe-Iire, Tadte. Jaste-Upse youlait que le livre 
de rhistorien llamand dettnt le manuel des princes. Par- 
lout on 7 troore , selon Montaigne, « de Taactorili, de la 
gnTit6 repr69eatant son bomme de bon lien et ^eH anx 
grandes afCEdies ». 

Sons le rapport da stylet Comines est comparable 4 Mon* 
taigne hu-mtae, et aacan bistorien da quinxi^me ni m^e 
dn seizitee sitele ne peot Ini dtre compar<§. Dans son livre, 
la langue fian^^aise , sans avoir rien perdo de oette naivete 
ori^neBe qui plait tant cbez Froissard , son compatriote et 
son devander, est pins precise, pins daire, pins noble. Aussi, 
de tons les bistoriens da seixi^me sitele, est-O le seal, avec 
Brantftme , qai se paisse encore lire avec plaisir. Coinines, 
qui eontribaa si b£ni h rendre notre langoe plus noble et 
plus vdgnlite, poss^dait presqne toates celles de PEa- 
rope; mais il ne savait ni le grec ni le latin, et dans son Age 
nttr fl en ttooigne on Tif regret Ce regret, gardons-nons 
bien de le partager : c'est k cette beoreose ignorance que 
noos deroos le seol bistorien /ranfois de cette ^poque. Si 
Comines eAt sa le latin, il anrait sans donte, k Texemple 
de tant d^teors contemporains, d^aign^ d'^crire ses m6- 
moires en langoe Tidgaire. II serait adyena ce qui est ar- 
rive 4 rbistorien de Tboa, qoi, poar aToir M6 au goUt 
cadosif de son temps , n'appartiait point 4 notre litt^rature 
nationale, et n'est plus gu4re la que dans des traductions 
imparfiutfls. Lesmteidresde Comines, pobli^ poar la pre- 
mise Msen 1&)5, par le premier prMdent Jeande Sdves, 
ont 4U soBTent r^mprim^ depnis, entre autres en 1747, 
par Lepglel-Dafresnoy, dont le texte a ^t^ enti^rement re- 
proddt dans la Collection de Petitot De ces nombreuses 
^ditioBr, tootefois, odle qui a 6t^ public dans ces demiers 
tonpa par M*** Dupont pour la Soct^^ de VHUtoire de 
FretMce est sans contredit la mdlleure. Charles Du Rozom. 

GOMINGE 00 COMMIMGE. Foyex Bombs. 

COMIQIIE , do latin exumkus^ qui appartient 4 la co- 
B^die. Ce qoattficatif ji'appliqoe aux hommes oomme aax 
dioses. On 4fit on poUe comique, on aeteur comique , et 
fobstantircDwnt un comique, conune on dit : pOce comi- 
que, n0H am^que, genre crniUque, style comiqite. Mo- 
Kire jomdt mieox le comt^Ke ( c^est-4-dire le genre comique ) 
qoe to 0enre sMeox. C'^ait on exodlent comique, comme 
actenr et oomme aateor. Aristophane, cbez les andens, 
aratt MsnnMNnm^ <e Comique, comme on appdait Homte 
UP9&e par excellence. 

Cont<yiie sedit a^iectiyement de toot ce qai est plaisant, 
iteMif, de toot ce qui exdte to rire : visage comique, 
aveniure comique. Scarron, aateor de maoyaises comMies, 
a teit to Meman comique, qa'on peat lire encore avec plai- 
dr. Le bnrletqoe n^est pas toijoars oomiqae. La Bmyire 
*dit do genre comique : « Je n'approuye que to comique 
^ esllpari des ^qoiyoqoes , qai est pris dans to nature , 
VMUtrlre les sages etles bonnfties gens. • 

[Lecomiqoe se divise , suivant lesmoears qa'U pdnt, en 
Mcr. DB La comrsRS. — t. yi. 



118 

haut comique om comique noble, en couUque bourgeois et 
en comique 6<u. 

Le comique noble, wk le haut comiqtte, pdnt les moburs 
des grands ;etcdles-d difllb^t des nKBurs du peupto et de 
to bourgeoisie , moins par le fond que par to forme. Les vices 
des grands sont moins grosders , leurs ridicules moins cho- 
qaanto : ils sont vaAme, pour to plupart, d bton cotor^ par 
to poUtesse quMIs entrent dans le caract^re de Thomme ai- 
mable. Les pretentions d^lacto et les fiiox airs font robjd 
prindpal du comique bourgeois. Les progr^ de to poUtesse 
et da luxe Tout rapproch^ du comique noble, mais ne les 
ont point confondus. La vanity , qui a pris dans to bour- 
geoide un ton plus haut qu'aatrefois, traite de grossier tout 
ce qui n*a pas Tdr du beau monde. Cest un ridicule de 
plus, qui ne doit pas empdcher un auteur de pdndre les 
bourgeois avec les moeurs bourgeoises. Le comique bas, 
aind nomm^ parce qu^il imito les moeurs du bas peuple, peat 
avoir, comme les tableaux flamands, to m^riteda colons, 
de la v^rite d de to gdet^. II a ausd sa finessed ses graces, 
d il ne fant pas to confondre avec to comique grossier : 
celui-d consiste dans to mani^; ce n*ed point on genre 4 
part, c*est un ddiiut de tons les genres. Les amours d*ane 
bourgeoiseetrivresse d'on marquis peuvent dtredu comi- 
que grosstor, comme tout ce qui blesse le goOt d les moears. 
Le comique bas, ao conlraire, ed sasceptiblede ddicatesse 
etd'honn^tete, et donne m^me one nouvelle force au co- 
mique Dourgeois et au comique nobto torsqa*il contraste 
avec eux. 

Tds sont les trois genres de comique , parmi lesquds nous 
n^avons compt^ ni to comique de mots, d fort en usage dans 
to sodd^, fdbto ressource des esprito sans tdent , sans etude 
d sans goQt , ni ce comique obsetne, qui n^esl plus souffert 
sor notre Uidfttre que par prescription , d auqud les hon 
ndes gens ne peuvent rire sans rougir, ni ce travestissement 
od to parodide se tralne aprte Tori^nd pour avilir, par une 
imitotion buriesque. Taction to plus noble et to plus tou- 
chante : genre meprisable, dont Aristophane ed Tauteur. 
Mais an genre soperieur k tous les autres est cdui qui 
r^unit le comique de situation d le comique de caractire, 
c*est-^-dire dans lequel les personnages sont engages par les 
vices da cosur oa par les travers de Pesprit dans des dr- 
constances humiliantes qui les exposent ^ to ris^e d au 
m^pris des spedateors. Tdle est, dans I'ilvafe de Moli^re, 
la rencontre d*Harpagon avec son fito, lorsque, sans se con* 
ndtre, ils viennent trdter ensemble, Ton comme osurier, 
Tautre comme dissipateur. BIarmomtel.] 

On d^signe sous le nom de premier comique Padeur 
chef d*emploi k qui sont confi^s, dans to com^die, les r61es 
plus sp^cidement destines k provoquer le rire. C^est dans 
ces rdes que Pol ss on, Auger, Preville, Dazincourt, 
Dugazon d, plus pr^sdenous, Monrose et Samson 
se sont acquis one juste renommee au Tbe&tre-Fran^ais , 
comme Devrient en Allemagne. L^vaston du drame et 
to disparition presque complete des andens vdeto, person- 
nages de convention sans doute , mds jadis brillante partie 
do donuone des comiques, gtoent de phis en plus tour 
marcbe d resserrent 4 cheque pas lear horizon. Pour eux 
il n^existe presque plus de repertoire. En revanche, cet 
emploi est devenu dans les spectocles inierieurs Tdement 
des soccte et des recettes: Brunet, Potior, Thiercdin, 
Vernet, Odry, ont toiss^ aprte eux dans Bouffe, Ar- 
nal, Levassor, Achard, Safaiville, etc., etc., desheritiers 
qui aoront ausd les tears , car encore sous ce point de voe 
to France est one terre feoonde. 

COMITAT (du latin comes, comte), c'esl-lt-dire com/^. 
C*ed amd qu^on appdto en Uongrie les divers arrondis- 
semento, on bailliages (en dleroand, gespansehqft), jools- 
isant Chacon d'one admtoistratton k tons egards indepoidante 
sous son comte. Cette orgsmisation ed fort andenne, et avdt 
k iVigine on but militaire, attendu qa'apr^ to conqode 

8 



114 COMITAT 

de la Pannonie par les Magyares ( 894 ) las abAteaux qd 
8*7 trouvaient ou ceax qa^on y b&tit iurenl eoiio6d6ft am 
ohefe miUtaires les plus inflnenU, eft mteae tompa qua lout 
le territoire a^olsinant ehaeun de ces chAteaux ^tait plaa6 
sous sa d^pendance; de ]k aussl le nom de var-megife, 
cercle dU chiteau, donii6 en hongreis h eette divtakm ter- 
litoriate. Le caract^ mflitaire de cette testitntion s*ert 
conserT^ josque dans ces dernien temps, en ee stna 
qa*ea temps de guerre le comte on burgrcwe ^taH le ehef 
l^a) du ban de la noblesse. En y comprenant les paitiea 
de la Transylranie qu'une loi de 1896 y incorpora, la Hon- 
grie comptait bl comHats, d*^endue difli^rente , sans que 
cette drconstance influAt sur lenrs droits peHtiques. AM 
le petit comitat de Torna, qui ne comprend que h myriam^- 
fres carr^> et cdoi de Leptace, qui ne oompte qu'une popu- 
M&n de 30,000 Ames, envoyaient chacun k la diMe deux 
d^put^, tout aussi bien que celui de BIbar, qui a 110 my- 
riam^tres ckmr6s de super6cie, et celui de Pesth, dont la po* 
puiation est de 060,000 Ames. L'andenne d^imltation des 
dilTi^rents comiiats a 6U consennfe dans la nouvelie dirision 
territoriale entreprise par le gouvernement autricbien A la 
suite de la revolution de 1848 et 1849; seulement, les cer- 
des dont d^pcndaient les dlfli§rents oooiltats ont snbi de 
nombreuses medificattons, pour des Boelllii soit milltaifes, 
suit purement admlnistratlfis. 

Jusqu'en mars 1848 Poiganisation des eomitats de Hon^ 
grie fut tout A la Ibis aristocratique et lib^rale : arUtocrO' 
tique ence sens que la noblesse seule^taitconsiderte comma 
ayant des droits polittques; libH'aif en ce sans que dans 
tout ce qui ayait rapport au comitat tons les nobles ^talent 
inyestis de droits ^ux. Tout noble d*on comitat y ^tait 
dlecteur et Eligible pour les dlfflfireBtes cbarges et fonctions, 
avait droit de si^er et de Toter dans les assemble g^6- 
rales conroqu^ tons les trimestres, de mAme que dani les 
petites assembl<^ r^nies dans des occasions extraordf- 
naires. Tons les trois ans Passembl^ gf^o^rale Attsait A la 
majoritA des TobL les divers foneHonnaires du comitat , de 
mAme que les dAputAs A la diAte, anxquds elle donnait ses 
instructions, et rArocables du moment qu*ila a^aient perdu 
la confiance de leura mandataires. L'asserablAe gfoArale 
fixait en outre chaque annAe la contribution domestique, r^ 
partissait la contribution de guerre, surveillait les prisons et 
toute I'organisation de la police , oigai^sail les logements 
nriUtaires , et seutenait les tribunaux quand TexAcution de 
leurs dActsions rencontraitquelque obstacle. CestAelleaussi 
qn^Ataient adressAs les ordres du gourerneor gAnAral , qu*a- 
prAs examen elle fais^ exAcuter paries fonctlonnaires com- 
pAtents, on bien contre lesquelt eUe protestait sIIb ne hii 
paraissalent pas conformes aux prescriptions de la loi. 

C*estAeette organisation essentiellementind^endaBte qu'U 
faut attribner la rAsistanoe que de tons temps la Hongrie 
oppose au despotisme du gouvemement autricbien. Aussi 
celui-d s^or^-t-il eonstamment d'afTaiblir cette oenstltn- 
tion des eomitats. Cast ainsi qii*A partir de 1844 11 essaya 
de snbstituer aux directenrs des eomitats ( ober^espane, 
grands-bailUs) des administrateurs choisls et salari^ par lul- 
inAme. MalgrA la vire rAsistmce de Toppesition, Z2 eomi- 
tats araient d^ re^u des administrateurs de cette espAoe, 
qnasd les AtAnements de mars 1848 yinrent mettre A 
B^ant cette innovation. La direction snpArieure du comitat 
Atait lAgaleraent entre les mains du grand-bailU ( Oberges- 
ptm ) noremA par le roi. Mais dans onae eomitats cette 
dlgnHA Alait ou bArAditidre dans certaines forailles, ou atta- 
cbAe A certaines fonctions, par exeraple dans le comitat de 
Paslh A la charge de pali^, et dans cehii de GrAa A la 
chaige da primal. Par suite de cette drconstance et d*au- 
IMS eneora, la dignhA de grand-bailii {obergespan ) avait 
flni pen a peu par deveair purement bonoriflque; et la di- 
rection des affUres do comitot Atait en rAdUA entra les 
du premier ou du second Tioe-baiHi (vicegetpan ), 



chargAs de pfAaMer lea gMnteet lai|ieliteaaa«BQ»Mte, 
d^xAeuter leurs dAoieiaM^ d*aecoaiM' dea panepatta dna 
les tiXata bAiAditdres de la nHton d'Antriohe, ate. Chaque 
eomitat Atait m outre divisA an traia ao qpatre distrietsr 
ayant cbanm unjuga supArieor etplnsiaaffa jugsa inMeura^ 
rendant la Justice aoncanenunentavec les possesseursdela- 
Mes de juri^Hctfams Ouridictioiia tdgBeuridea , iabiabire). 

GOlflTl^. Ge mot B*eBt pas Bouvean dans noire langoe : 
ii avail dAjA AtA eensacrA par Tusage eft dans plnaieurs a&- 
ceptiens avaatque lea Ai^^ l^ppBquafaent A leur paria- 
meat oemmerA«iien de ddAgnte spAeiaux cbaigAs par ht&n 
adlAguea de preparer dea projete de loi on d*axaa^iier una 
question , una proposiHoii , one afbara, at d*aa Atira la rap^ 
port On appdalt comii^ le bureau des seize coflHsaBdean 
de Tordre de MaHe, abargA dea dCdres paitiouliArea de eel 
ordre. La premiAre dasse de randeane aaidAmia de dd- 
mrgie prenaitle Hire de oamll^jwnidliie/; sea meoabres, ce- 
hii de eonseillers, et leaacadAoaiciensdela seconde claase, ea- 
hd d'a^iohits an comUA parpAtud. L'assemblAe dea fenniera 
gAn^ux s'appdait eomiM. Oe aM>t a'appUquait auasi, dans 
lea corporations de tautes las aasemblAaa dAKMrantee, anx 
bureaux de leurs dAlAguAs cbargAs d'en preparer lea Mvanx 
et d'en diriger PatainistmtloB. 

Le nora de ecmiti s'AtabUt turtairt larsque lea Aftata §i- 
nAraux se Airent conaHtnAs en assemblAe natfonale (voyn 
OoNsrrroAirrB). Un comil6 spAoid hit d^abord Alaby poor 
vArifler lea pouroirs des dApulAa, un autre pour rAdifer 
la dAdaration des drdls de rhoflnme et du dtoyen. Les at- 
tributions de ceux qd snivifent aont asset daireflMBi dAft* 
nies par leurs litres vespedili. En void A pen prte la oa- 
raenolature compMe : eemiti d*a§rieuitmr$ et da eo«i- 
merce; camiU liPtMnaikm des d<matn€» nmhomauM; 
comity dea oisifmUs / 9omU4 toionUU ; wndUdueem- 
merce; comUide comHtutkm, at phia lard de rMskm; 
eoftiMA diptomatt^mef emnM4 fMkU; wmm eceUsku^ 
tique ; €omit4 des ftncmees ; eomUMjudMaire ; temU6 de 
Jurispntdenee crimtnelle} c&nUtide marine; M mi t i 
ffHHtaire ; eomit4 des monntdes ; comitS des pentimns ; 
comitS des p4titims / ooml^ des rapports ; eemttSder^- 
daetion; eomtt6 dee reekerekes et itiformoHans ; eo- 
mit^ de rkglement; comM des stUmtstoMes ; eomM de 
v6rifieatkm et de tontentlewx, 

L'A^seiid>IAe lAgisl alive (1791 A 1791 ) u'eal d^dioad 
que sept comHAs. Ce nombre s'Aleva soccaMivanMBt A 
Tingt-trois. Des employAs et eommis salariAa faraot altacMa 
A cbacun d'enx. Les dAnomfaiations et attribuMoaa AtalaaA 
lesmAmes que sous TAsserablAe Bathmale, nuf las eoaHAs 
erMs pour des drcoBslances excaptioBBaHes. Aocub eoBrflA 
ne pouvdt Aire renoutdA qa'aprda llmpre^sioB et la dia- 
Iribatlon de la Uste de lous les mambres 4|ul an Atdant 
sortis par la tola du sort. Le projet d*BB eomtti eentrai 
avaHAtArcjetA, maia 11 avdt AtA dAddA , la A BMia 1791, 
que lea comU^ des p^tiem^ de i'afrieultnre , dm 
velUanee , de eemmeree el le eomitd miittaire 
rakmt chacun deux de ses nembres poBr eaaiposar nae 
missioB spAdale , chargAe de prAssater lea bksbnb ndaea- 
saires A raffbrmissement de la IranqulltttA pa M i yi e. Aprte 
la fnite du roi et sob arrestatien A Yarennea, sapl cenoiMa 
rAunis furent charge de kAte UBtappovl sur calte ^uea- 
Hon: « LouisXYIpeut-ilAtrBmisenJugeBMBlpodff laAdi 
de son Avasion ? son Avasion est-eUe UBddHf »li8a comi l fa 
ophiArent pow la BAgatWe, mds par des eo B S ld A raH ona 
d'aetuditA. Ce rapport doaaa Men A de kHigs et io A ab iea 
dAbats, qui durArant Irois joura. Ily eat Hub A aeaosaHoo 
contre Boui 1 1 A el d^autres , qid avaient eonosurB A pra- 
voquer et favoriaer TAvadon de Louis XVI el de sa Aanine. 

DUmportants changements enrenl Ken dans le Bombre, lea 
attributions el le regime faitAriew des eenrtMs pat la Cob- 
V ention, A qui son mandat confArdt loos les poevoirs. €& 
dAcret du 8 bnimaire an ii (1793) preecriTit dea pelnes ooBtra 



i» mNntrti ilM MMitM qal turileBl lamynS i!*y Msto- 
tar peadlat frolA tteKes. Om ptoatlMi ne ^ioreat pas ri- 
gMroMMMal ai|)plk|ii4eB, ear Robespierre s'abstiBl 
iMUbBt tiicomit^de saint public peodaat phu dhm 
MM, eltt^y reptmlqiie daiu les prenrters )oiirs de thennl- 
dor aa It. Soa ritseace avatt M resiarqo^ sans proToqwr 
eentie M rappUoatfoM da d^cret. Les emploj^, devemisse- 
sn aaiies des reprteentamts en mltokMii ne reoe? stent que le 
MtesMrtaSeeM ^ lenr empM dans lesbaream des oomilte. 
tes e&mJM^ deralent Are renouveMspar qwrt cbaque mois. 
Bsae le ftir ea t nhasMlm eolft^remeat qu'aprts Feregease 
since do l** joia. En toM , du rsete , k Domendature k 
pan prteoonpMIe t wmM ^ugrlcMmB ; oomiU d^aiid- 
miikm fCcmU4 des €trekive$naHomale$ ; eomit^ colonial ; 
tmmHU 4§HCommerw; wmkU de ematiMkm ; comU^ des 
ditcrtU ; eomU^ ded^fm^fin^nMle; eomtUde division ; 
esm/Ui de ftmoemement i conttt^ dos domainos ; oomiti 
de fejeamun des compies / wmM4 de Us guerre ; comiii 
des /bumees ; eonUte d'instrHCtion publique; comity des 
imspeeteurs de lasaile, dn secrUnriat et ds rimprimerie 
Naimnaie; comiM de ISgislaikm ; eemm de liquida- 
tion ; eomiU des mareMs ; oomiU de la marine ; eomiU 
des pHUi ons etdela correspondance ; eomUi des ponts 
et cAamtSes ; eomiti desalml public ; comiti desdret4g4' 
niraie^ elc.» etc. Attendn lenr importaaee et l*in(laenee 
qnHs ont eiere^> nous oonsaorerons un article special k 
cbncm de ees deni demiers. 

ATam cette ^poqne il y avail eu des comltte endeborsdes 
nsasBdiMea dOfli^ranteay tds que le eornU^ des 4lecteurs 
om de VMtei de oUle, compose des ^lecteurs dtf^gu^ par 
taa q na r nnti *bttit districte de Paris, pour nonuDer les dd- 
pMs adx 0Mb gte^ranx, leqnel s*4tabiit en permanence k 
Pbliel de Tille avant la prise dela Bastille, donna nafs- 
sanee k la mwHc^lUS ou eommtme, et InstHua la vUliee 
bemrgeohey appel^plus taixi^arde nat(onale» Vinrent 
eisuttele eonUi^ineurreeteur, insurrectkmnel ood^insur- 
feeAen, oqganM n pen arant le 10 aoot, et compost dV 
Muhinlii qui fomentaient des ^neutes pour obtenir dn 
g>n^ e men a enC des mesures diet^ par le parti exalt^; le 
comiU cental r^olulionnaire ^ qui s'Atablit A la com- 
fli v«e d e P ari s qnelqoes jours arant la ehote des 6 i r o n- 
dina; le eemUS autrtekienf que les JacoMns aeeus^rent la 
refan do kak am Tnlleries, poor correspondre arec Tern- 
IKreor mm firire ; le eomii4 central, qne la section Lepelle- 
lierwgMi M phntard centre la GontentloB, et ob se prepare 
llMBnetfon du 13 Tendteilaire an lu ( 5 octobre 1795 ). 
Jl f a«ifteo d^ en outre bon nombre de comity dits de 
mtroeiUance. Les districts de Paris , oppelh depuis see- 
Hew, taesecMMi popoMies de la eapitale et des d^parte- 
MCBls flviient les leors. Pendant les premieres ann^ de 
li i ^ wj ltkm ils examlnateftt les dlSnonciations, et si eiles 
laor panlMaieat finid^ , tU en r^i^alent k la sod^t^ on 
etnb^qal lea tmnsmettalt k Kaotorit^ svp^rieore on loorie 
eenpdiente, poor proiioncer snr le Adt diSnone^. SouTent 
ms fippMla dialent rendus pubfics par les Joamaux. Ges 
eiaMa de sarveMaAce fnient Mg&i en antoriMs (mbliqoes 
yia lol do 14 Mmaire an ii (d^cerabre 179S), et cor- 
Mpoadirent diraeteiiMnt avec tea oomftte de saint public 
ctdes*retd gMrale de la OomrenUon. lis furent substi- 
tnis, pour tout ee qui eoncemait la police Int^ienre, aox 
aindnMmttonsde district Leurs attributions, d'abord agran- 
Aei, pda modUk4es, furent enftn totalement snpprim^ par 
les dicfvta de la Conventiott. Les eonifte eux-m^es ces- 
•hm d^Btiater en mkae temps que les soci^t^ popolaires, 
M ne fnrent r^tabUs, ni de nom nl de liit , lors de Torga- 
■■tlott dea enrcles constltuttonnds. 

tin de ees eotnfl^ independents, celui de FMcM, 
9k devenn oAMwe par sa part actite k rinsurrccUon des 
I** el ) jubi 1703, eontre une partie de la Contention. Les 
^ ■ wntiMs cTaMtcnt la saUe des s^aneet, dtoonciveDt les 



depots girondins , et demand^rent leur «rre8lntiott et leur 
mise en jogement. La discnssloa fbt orageuse ; Lanjoinais 
propose la cassation de toutes les aolorit^ r^tohitfonnairas 
de Paris, ne^ommeo^&VLComit^deVMcM, la suppiession 
de leurs actes depnis trois jours , et la mise hors la loi 
de tons ceox qui ▼ondraient s^arroger une anterili nou- 
veHe. Le eomit^ de l'4vieh4 ^tait dans eette terrible jour 
n^ plus puissant que la Convention elle-rotoie. Une dftpo^ 
tation des aotoritte constitnto et r^rotutiottnaiies de Paris 
Tint appuyer avec plus d'^nergie la demande des insurgi^. 
• Pour la demise fois, sauvez lepeuple, *t rorateur de 
k dotation ,ouHvase samver lui-m^net «* Des fonc- 
ttonosires faisant partie de la deputation etaient merabres 
du coml^^ de V4vieM. Presqne tons les deputes signal^s 
par les insurgis fbrent arrMte, et pMrent sur Pecbafand. 

LesConseilsdes Anoi onset des Cinq-Cents ont 
eo leurs comites comme I'Assembiee nationale, TAssembiee 
legislative etla Convention. Lenr WMe touteAHa a ete gtod- 
raleraent trop restreint, trop minlme poor que nous en 
pariions id. lis dispamrent sous le Consulat, I'Empire et la 
Restanratien poiv faire place aux bureaux. Comite, pris 
isoiement, avait M souvent jusque k le synonyme exact de 
c o m m i s s i o n ; quelqudbis cependant nne nuance d'accep- 
tlon Ten dlstfaiguait : die se rapportalt k Vid6o de perma- 
nence. A k cbambre des pairs , on nommait eomit4 k reu- 
nion des commissalres cbarges de I'examen prMabk des 
potions, et commissions les rteidons de oommisaalres de- 
sign's pour retude preparatoire des presets de ki. 

En debors des asseinbkes ddiberantes , dans les cercles 
royaKstes de k Restauration , on fit longtemps grand bruit 
d'un pretendu coiniM directeur, coostitne par les diefs 
do parti liberal, et dont les ramifications se seraknt etendites 
sur toute la France. Cetait k Croqoemitalne de I'epoque. 
Plus tard , on vit parattre des imprimes ckndestins signes 
d'un sd-disant comity de rfyistance, Les exiles ont aussi 
iorme diven comites poUtiqnes. 

L'Assembiee nationak constituante de 1848 se fractionna 
en quinxe comites spedauz, entre ksquek se repartfrent toos 
les membres, suivant un certain cboix, ce qui ne Pempediait 
pas dese diviser en dix-huit bureaux, se renonveknt toos les 
mois par k sort Les projets de decrd etaient tant6t ren- 
▼oyes aux comites, tant6t aox bureaux, sekn que lenr etude 
preUminalre sembkit devoir etre generak ou spedak. L'As- 
sembke legislative se dlvisa seulement en bureani, de memo 
que k Corps legidatH actud. 

On appelle comiM secret toute seance que ks assembiees 
kgisktives et ks academies, quel que soil kur titre, tknnent 
k hnis clos. Soosks trols premieres assembkes nationales, les 
seances etaient toujours pobllques, qud que fftt le sujet des 
deliberations. Le comitd secret n*a ete introduit dans nos 
usages parlementaires que par la constitution consulaire de 
Pan Till et pour k seul cas od il s'agirait de stotuer dans le 
Corps kgisktif et an Tribunal sur une afkire gouvernemen- 
tale qnekonque, qui n^aurait pu sans inconvenient 6tre son- 
mlse k un debet public. Sous la Restauration les seances de 
ia diambre des pairs etaient on comite secret perpetud. Sous 
Louis-PbiHppe, pour les deux cbambres, la pubHdte etaH la 
regie et le comite secret Texceptlon. Cependant, k demande 
de dnq membres sufllsait, d'apr^s la charte, pour k lUre 
ordonner ; mais k peine trooverait-oti nn exempk d*un co- 
mite secret ainsi demande et obtenu. 

Le regkment de k cbanri)re elective ne prescrivalt sous 
la Restauration k comite secret que dans deux cas : k dis- 
cussion deradresse etcelle du budget interieur de kchambre. 
Sous Louis-PliiHppe, la discossiott de I'adresse etaH egakment 
publique dans les deux assembkes. La chambre des pafrs 
Msait encore evacner ks tribunes lorsqu*dk s^occupait de 
son budget, mais k diambre des deputesdebattait qudquefefe 
des portions du skn en seance publique. IMjlIk ^ <»Me epoqiie 
k comite secret commen^H k tomber en d^^suetude. 

8. 



116 

Sous la d&adkte r^publktoe left s^anoeft de rAssembl^ 
nationale Hakai pubUqoM; mais elle poavait se former en 
comtt^ secret sur la d<miaiide d*an BOinbre de repr^sentants 
fix^ par le r^ement. Aujourdliui, sous la noaTelle cons- 
titutioD imp^riale, les stances du s^nat ne sont pas publiques; 
celles da corps l^latif le sont an contraire; mais la de- 
jnande de dnq membres soffit pour quil se forme en comit6 
secret 

On donne encore aujourd*hui le nom de comiiis k des as- 
semble permanentes d^bommes sp^daux , cr^to par Pan- 
torit6 sup^rieure pour d^ib^er sur dilliirentes questions 
dint6rM public : tels sont aupr^ du minist^e de la guerre 
les oomi^ d^artilUrie, de cavalerie, d'infanterie, des 
Jort\fications^ etc. ; et anpr^ du ministdre du commerce le 
comU6 consuUatif des arts et manvfactures, Enfin les 
difiiirentes sections dont se compose le conseii d*£tat ont 
port^ longtemps le nom de comitis, 

Les deux comity institu^ auprte du minlst^re de Tins- 
truction poblique sous les noms de comU4 des tnonuments 
Merits et comity des arts et monuments ont 6U r^unis le 
14 sqitembre 1852 en un seul comit4 de la langue, de 
Fhistaire et des arts de la France, divis^ en trois sections : 
de philologie (i2 membres), d'Mstoire (15 membres), et 
d^arcMologie ( 15 membres). Ce comity reste seul cbarg^ 
de sunreiller les publications ex^cutto sous les auspices du 
minist^ de rinstniction publique. 

ComH6 se dit aussi d'une soddt^ restreinte k un petit 
nombre de personnes, entre lesquelles r^e ordinairement 
une certaine fBuoailiarit^ : on foit une lecture, on soope en 
petit comit4. 

GOBirn^ DE LECTURE. Un an aprte la mort de 
Moli^, en 1674, voici, selon Cbapuzeau, comment les choses 
se passaient k la Com^iie-Fran^use, pour les pieces nou- 
velles : « L'auteor communique sa pi^ k celui des com^diens 
qn'il croH leplusintelUgentetle plds capable d*en juger, afin 
que, selon son sentiment, il la propose k la troupe , ou qu'il 
la supprime. Si le com^en k qui Tauleur a laiss^ sa pi^ 
pour I'examiner trouve qu^elle ne puisse 6tre repr^sent^ et 
Be soit bonne que pour le cabinet, comme le sonnet qui 
cause un procte au Misanthrope , ce serait une chose inutile 
pour le poete que de faire assembler la troupe pour lui lire 
TouTrage, ^tant k pr^sumer que ce common intelligent a le 
goAt bon, et qu*ayant du credit, il amtoera ais^ment ses ca- 
marades a son sentiment. Mais s'il juge Touvrage bon et 
qn*il y a lieu de s*en promettre un heurenx succ^, Tauteur 
se rend au thMtre, et donne ayis aux com^ens qu'il a une 
pi^ qu^il soubaite de lour lire. Sur cet avis, on prend Jour 
et heure, et Tanteor, sans prelude ni reflexion ( ce que les 
comMiens ne veulent point), lit sa pitee avec le plus d*em- 
pbase qu'il peut. A la fin de chaque acte , tandis que le leo- 
teur prend baleine , les com^diens disent ce qu'ils ont re- 
marqu^ de iltebeux, ou trop de longueur, ou un couplet 
languissant, ou une passion mal touch^, ou qoelques Ters 
rudes, ou enfin qndque chose de trop libre , si c^est do 
comiqne. Qoand tootela piteeest loe, ils en jogent mieoxf 
ils examinent si Pintri^e est belle, le d^ioOment heureux, 
si les scenes scmt bien iites, les vers ais^ ou pompeux , se- 
lon la nature du sujet. La pltee 6tant lue et approuT^, on 
traite des conditions. La plus ordinaire et la plus juste , de 
c6t6 et d^autre, est de faire entrer I'auteur pour deux parts 
dans toutes les representations de la pi^, jusqu'jt un cer- 
' tahi temps. Le plus souvent, Taoteur et les com^diens ne 
se quittait point sans se r^er ensemble, ce qui con- 
Glut le march^. » 

Des decisions royales successives r^gl^rent et modifi^rent 
cette andenne situation en 1685, en 1697, en 1757, en 1766 
et en 1780. C^tait, du reste, toujours k peo prte la mtoie 
mani^e de proc^der : on votait alors avec des f%?es noires 
et blanches, ao scrotin secret , sans discossion : oe voile 
qoo' Tonjetait sur les opinions de chacun fut le plus im- 



COMTIlS — COMn£ DE LECTURE 



portant des changemeots que Ton apporta dans TeximMi 
prdiminaire des (n^oes. Plus tard , on substitna aux ftvea 
des bulletins toils, dans lesquels les comi6dieas motiTaieat 
leur jttgement. Ces bulletins n*^taient pas signte ; on lep brftlait 
aprto le d^pouillement du vote. Les comMiens aimaient k y 
faire preove d'esprit U n*y a point de secret k la oom^die, 
de telle sorte qoe Ttoitore bien connue de chacun ne per- 
mettait pas un mysttee complet On r6digeait oes billets 
sans se communiquer son opinion. II y .en avalt de fort 
remarquables, par le goAt qui les avail r6dig^; il y en avail 
de trte-originaux et de fort plaisants par leurs saillies; on y 
renoontrait aussi des traits vife et spiritnels. Tous ne se pi- 
quaient pas de pohtesse el d*urbanit6. Quelquefois mtaie oes 
sentences porttes sur ks ceovres dHme litt^tore ^ev6e ne 
respectaient pas la grammaire, la langoe, rortbographe; les 
femmes surtout se rendalent coupables de oes in^v^reiioes. 
Fleury ^tait gte^ralement poll dans ses billets; mais il nese 
faisait pas faute de s'y montrer malideux et taquin. Talma 
etait s^v^, mais il savait tov^un temp^rer Faust^t^ de 
son avis par un mot de consolation ; Damas ^it brutal et 
grossier. Les com^diens avalent trop souvent le tort de per- 
siffler Tauteur dont ils reiusaient la pi^ce. Parmi les femmes, 
on dte M"' Gonial comme ayant ^t^ au thifttre, aussi bien 
qu'k \k ville, la reine du billet : la grftce de son esprit ap- 
pr^dail aussi finement un ouvrage qu^elle mettait de d^lica- 
tesse dans les moindres details de sa petite oorrespondance. 
Les billets de M"* Bourgoi n ^talent presqoe toujours gais, 
singuliers, pleins de branchise et de bon sens, loin de toote 
pretention, et souvent voisins de Tesprit. M"* Mars g^ait 
d^xcellentes qualites par une affectation presqoe conti- 
nuelie. La lecture des grands ouvrages etait pour la eom^die 
une esp^ce de concours , dans lequel on avail souvent k 
craindre de voir la manie du bd esprit remplacer la Justice 
et r^quit^. Trop souvent, pour ne pas perdre une ^plgraumie, 
on sacrifiait un bon ouvrage et on d^lait le talent Cet in- 
convenient frappa les esprits droits , et les billets forant 
supprim^. II y a vingt-cinq ans environ que Ton a adopts 
le vote par boules blanches, rouges et noires; la boiile 
blanche accepte, la boule rouge refdt d correctton, et k 
boule noire r^/Ute. 

Le litre V du dtoel de Moscou, cette conslitnUon r^le- 
mentaire du Th6&tre-Fran^, determine de la mudbte sal- 
vante la condition des piices nouvelles et des auteurs : 
• Art. 68. La lecture se fera devanl un comity compost de 
neuf personnes choisies, entre les plus andens soci^taires, 
par le surintendant, qui nommera en outre trob suppkaats, 
pour que le nombre des membres soit loujours complet; 
— Art. 69. L*admission aun lieu 4 la plurality absolue des 
voix. — Art 70. SI une partie est pour le renvoi^ correctioii, 
on retail un lour de scrutin sur la question du renvoi, et 
on vote par otfi et par non, — Art 71. S^ n'y a queqoatre 
voix pour le renvoi 4 correction, k p»toe est regue. » Les 
regies du d^cret de Mosooo ont tovjours importune les oo- 
m^ens. lis n'ont pas os6 les briser ou les violer ouverte- 
ment; mais ils ont tout fiUl poor ks duder etpour usurper 
des droits que ce pade fondamental ne leor a pas donnifis. 
Ai]^urd*hui tons les sod^taires sont membres do oomlt^; k 
travail des repetitions emp^che soovenl Pasaembke d'etre aa 
comptel, mais on ne lit jamais devanl moins de neof mem* 
bres. Le comite se reunit au moins une fois par semalae. 
On evalue k quatre-vingts ou qualre-vingt-dix k nombre de 
pieces qu'il entend chaque ann^e; on n*en joue pas plus de 
dix ou douze par an. On en depose au secretariat on pea 
plus de trois cents. Un examinateur choisi par k directeur KC 
prealablement les pieces des auteurs qui n*ont point encore 
eu d^ouvrages representes. Le rapport de cet examinateur 
secret, arbilre souvent faiconnn d'un ecrivain qui honorera 
peut-etre un jour la France, ayant sur Id droit de vk el 
de mori, ne donnera, k supposer meme qu^il soil kvorable 
( ce qui est tres-rare ), d'aulre droit au pauvre auteor qo^ 



COHrr£ DE LECTURE — COMITJfi DE SALUT PUBLIC 



de ttremjoiir m piece derantle comity. Ha coani d*^traiige8 
broil 4 rettcontre de oette toote-paisMiioe onitalre oocaRe^ 
Hoos ne let reproduiroiiB pas. Chaqne aoci^iaire present k 
«M teetare toadie on )etoD de dnq flrancs ; H y a une amende 
de dfi franca pronoiiote centre cheque abaeoce non mo- 
tif^ Sons la Resianrationy il ftit ad]<^t aax com^ens un 
certain Bombre d'hommes de lettres. Lea anteare enx-mtoies 
rtrinntrcnt eontre oette adyonctiony qd lear paraiseait pins 
■BJriNe que favorable 4 lean int^r^. 

lly a qoelqae traiite ans, chaqne th^AIre atait son comity 
de leeiure; lea com^diens n*en foisaient point partie. Ja- 
cea eomiUs ne fbrent s^rienx : aossi ont-ils disparn 
bruit, et penonne n*a remarqu^ leor absence. Les di- 
fectenra ae ptaignaient de ce qn^on leor imposait des pieces 
taatdl naaoTaises, tantAt mineoaes par les frais de mise en 
aetee, ct dMutirenient le directenr fiusait toajours, m^me 
centre la dteiskm dn comity et par des moyens directs on 
indkeda, pr^raloir sa Tolont^ Le comit6 de lecture de TO- 
dfon a ea dans le temps une certaine c^l^rit6 , qu*il a due 
anx BOOM de Pfeard, d*Andrfteax, de ColUn-d'HarieriUe, de 
Dienlafbi, cd^Mit^, h^ast dont ne reste plus Testige de- 
pois longteiBps. Un des comity de lecture les plus arnn- 
saats teit oelot des Vari^tfe. Ce flit U qne B raz i er fit rece- 
^elr par acclamations une pitee dont il n'amit pas ^crit le 
proBier moC, et qull imprarisa tout entSftre sur un cahier 
de papier bhuoc. Le Gymnase, lors de sa fondation, constitua 
wk cauM de lecture compost dliomnies de lettres, de cri' 
tlqaea, de personnes int^ress^ dans Texploitation et 
dliomaies d*afllures; on y renaarquait Vatont, £tieone B^ 
qoet et Germain DeUvigne. Ce comity fot celui qui soutint 
lespremiers pas de M. Scribe, rauteur auqoel oe tb^^^tre a 
di sa fortoiie. Picard, directeur de POd^on, ne regardait ja- 
mabeomme d^dsires les sentences port^ par son comity 
de lecture. £n 1805, Toyant qu'H avait refuse k runanimit^ 
nw comMie fotitol^ Le Parleur kernel, fl lui fit obserrer 
que dans Fexcte mtaie d'originalit^ qui ayait motiT^ son 
reftK il Toyait une cause de suocte; il Joua la pi^, et elle 
eat, en dhrerses reprises, quinze cents reprtentations. 

II B^ a go^ plus aujourd'bui de ctmUU de lecture s^ 
rienx qu^x deux Tb^ftbres-Fran^ais et k TOp^-Comique. 
Partout aflleurs, le directeur est seul juge des ouvrages 
qu'oa hd prtaite; Tauteur les lit quelquefois ; d'ordinaire, 
le diredenr les lit hri-mtoie, pour avoir phis tdt fini. L'an- 
denne Acadteie imp6iale de Muslque atait deux comity 
de ledme, Fan pour le poime, Tautre pour la partition. 
La BooteUe Academic imp^riale n*a point conserve ces tra- 
dltioBs; lea cboses s'y traitent k ramiable entre le poete, 
le oompositeor et la dfaection. — Les comity de lecture 
s^en Tontl Eugene Briffaut. 

OCNMDTl^ DE SALUT PUBLIC. Ce comity fut «tabU 
par les dteets des 18 mars et 6 aTril 1793. Le nombre de 
ses mennbres fbt fix6 k neuf. Barrdre, Dehnas, Br^ard, 
DaatoB, Robert-Lindet, Treilhard, Guyton-Mor- 
▼eaoji^ Lacrdx (d*Eare-et-Loir) et Cambon fnrent dV 
bord Bus. he 2 juin suiTant deux nouveaox inembres, Jean- 
Boa Saint-Andr6 et Gasparin, leur furest adjoints. Us 
farait r6daitsli neufle 1 1 jidlletde lamdme ann^, et rest^reot 
afaMidepaiale25fHniaire(dteembrel793),jusqu'au I4tber- 
nidor (ao6t) suirant. Le comity se composa alors de Bar- 
rtre,Billaud-yarennes,Carnot,Collotd*Herbois, 
C-A. Prienr, Rober^Lindet , Robespierre, Coutbon, 
Sain t - J n at , Jean-Bon Saint-Andr6. Depuis le 14 tbermidor 
a n ja8qn*4 la fin de la session conventionneUe » 11 subit 
des ebngeoients partlelsdansson personnd ; etses fonctions 
centreBt arec ceUes de la Convention. 

Lidstoire de ce comity se lie hitlmement k celle de cette 
poisante assembto dentil Mti lebras droit. LaConven- 
tien araU re^ des assembles primaires un pouToir sans 
bones ; omIs eOe nepoatait satisfldre anx ex4;ences de sa 
BBitiioBMiis dA^gner4 des mandataires de son cboix , pris 



117 

dans son sein et r^ocables par elle , la direetioB de Pad- 
ministratiOB int^rienre et cdle des armies. EBe toblit done 
un gouTemement proTlsoire et r^vohitionnafre. La partie 
exteutlTe de cette dictature M, dfl^^ k deax comity, 
de salui public et de 9^et4 giniraU. EOe les mudt de 
pouToirs presque sans limites, mais non sans responsabilit^. 
La coalitloa^trang^ ^it en marche ; la trahison lui arait 
lifr6 des places fortes; tout ^tait pr6t poor Tattaque, tout 
^tait k Esire pour la resistance. H s^aghsait de Pexistence 
poUtique et mat^rieUe de la France ; il ftdlait ^pnMter la 
jfciUdre. 

L'ait. 2 de la deuxi^me section de la loi dn 14 fHmaire 
an II (4 d^cembre 1793), qui organise le comity de sdut 
public , en fixe amsi les attributions : « Tons les corps 
constito^, tons les fonctionnaires publics sont mis sous son 
inspection iinra6diate pour les mesures de gouremement et 
de salut public. » 11 derait 4 la fin de cheque mois rendre 
compte k la Conyention des r^suKats de ses traTaux. Cheque 
membre ^tait personnellementresponsable de raccoropliMe- 
ment de cette obligation. 

Le comity derait se faire rendre compte tous les dbn jonrs 
par le conseil ex^cutif de rex^cution des lots et mesures 
militaires, et lui dteoncer les mfiractions des fonctionnaires 
et les auteursde oes infractions, commises sciemment ou par 
negligence. La surreillance de Tex^cution des lois rdrolu- 
tionnaires avait ^t^ d^f^r^ aux administrations de district , 
k Pexdnsion des administrations de d^partement, et chaqne 
district derail en rendre compte tous les dix Jours an comity 
de salut public, qui ^tait tenu de d^noncer immMiatement 
4 la ConTcntion les agents nationaox de district et des com- 
munes, ou tous autres fonctionnaires, pr^renus de forftitare 
ou de simple n^ligence (art. 18). « II ^tait spMalement 
charg6 des optetions mi^eores de la diplomatie et de trailer 
directement ce qui d^pendait de ces mtones optetions. » 
Les repr6sentants do penple en- mission deyaient corres- 
pondre tous les dix jours arec le comity, qui ^tait autoris^ 4 
prendre toutes les mesures n^cessalres pour prooMer au 
changement des autorit^ constttu^. J a Convention avait 
▼oulu que tous les actes du comity de salut public ne fhs- 
sent extoitoires que sur la signature d'un certain nombre de 
ses membres, afin que nul d'entre eux n*exer^ indiyiduel- 
lement one autorit^ personnelle. Le comity se conforma 
d'abord aux intentions de TassembMe : toutes les adkires y 
ftirent discutto et d6»ite k la nu^orit^ des toIx ; mais 
bientdt leor importance et leor mnltiplicite ne permirent 
plus de sniTre ce mode : chaqne speciality derint le partage 
d'un ou de pinsieurs membres. L'execution des actes ne poo- 
▼ait etre efficace qu*autant qu'elle etait rapide : les membres 
des divers bureanx se donnaient respectiveaient leor signa- 
ture. Seulement, il fiit convenu entre eux que les affaires 
d*une haute importance seraient soumises k une deKberatfon 

commune. 

Tout ce qui tenait k la police g^nersle interteure devait 
rester tout k foil en d^ors des attributfons du comity de 
sahit public, et etre exclosSreroent reserve k celui de sOrete 
generale. La loi du 14 frimaire an n Tavait ahwi ordonne en 
termes clairs et precis. Cependant, Coutbon, Robespierre 
et Saint-Just se constituerent en bureau de police gin^ale, 
et empiet^rent ainsi sur les attributions dn comite de sA- 
rete generate. A Tinsu de leors coliegues, proposerent ii 
Passembiee retablisseroent d'un tribunal revolution- 
naire : les faiti qualifies crimes, sur lesqnels U avail k 
prononcer, etslent indiques d'une mani^ tres-vague, et 
ouvraient un vaste champ k Tarbitralre des joges. Les pa- 
triotes les plus irreprochables et les plus devoues avaieat 
iroprouve ce decret. Dfts le lenderoain une vtve dlscossioB 
s'eieva au comite : Camot, BINaod-Varennea, reprocb*rent 
^Coutbon et k Robespierre IIUegaHte et les tmei^ con- 
sequences de leor precede. Robespierre aliegna pour exeuse 
que Jusque alors lout a'etaat faH de eonianoe, il atait era 



'■i 



118 



COMIXE DE SALUT PUBLIC 



poofoir agir «eiil avec Ck>uthoii. Mais oette excuse mdme 
^tait d^oeitUe par les prte^dents da oomitd, qui avail 
toi^oura proc^ diff^remment poor les questions et me- 
^ares graves. L*altercatioii M Tive ; la condaite de Coutbon 
et de Robespierre ^tait i^jusUfiabla. H fiit conTenu que Toa 
proposerait la r^ormatioa du terrible d^cret qui avait or- 
doDn^ la ci^tioii da tribunal r^ToluUonnaire, et qoe le plas 
profond silence couvrirait les divisions intestines da comity 
Mais le secret fut mal gard^ : les joumavx anglais r^v^6- 
rent, en les commentant, ces qnerelles d'int^rieur. D^ oes 
scenes d^Iorables s'^ient plusieurs fois renouvelto. Six 
commissions avaient 4tA stabiles poor Texamen des causes 
politiques. Les afQiires y ^talent ou devaient y ^tre appor- 
t^ et examine avant d*6tre transmises au tribunal r^- 
volulionnaire; ces commissions Caisaient les fonctions de 
jury d'accusation. Le comitd de salut public ne devait avoir 
sur leurs decisions aucune influence; mais le triumvirat 
Robespierre, Coutbon et Saint-Just avait concentre dans 
son bureau d^j>olice g^n^rale la direction suprdme de toutes 
les affaires de Fint^eur et toutes les attributions conf(6rte 
sp^cialement an comity de tAx^ g^n^rale. Les comity et 
les tribunaux r^volutionnaires de toute la France, les re- 
pc^sentants en mission dans les d^iwirtements, les com- 
missions popalaires de Paris, le tribunal r^yolutionnaire 
et la Commune de Paris correspondaient directement 
avec Robespierre. Cette correspondence n^^tait pas m^me 
d(^»os^ au buieau du triumvirat; elle tat tronv^ plus tard 
presque enti^ an domicile de Robespierre. L^immense po- 
pularity attach^ k son nom le rendait redoutaUe k toutes 
les autorit^ et mfime k ses collies. 

Depuis Taltercation dont nous avons parl^, il n'assista 
que rarement au comity et aux stances de la Convention ; 
il s'^tint m^me tout k fait d'y parattre depuis la fin de 
prairial Jusqu^aux premiers jours de tbermidor. Les autres 
membres du comit6 n'en continuaient pas moins leurs im- 
portanli tiavaax. Cafnot ne pcenait pas mdroe le temps 
d'aller ndanger cbez kd; quoiqu'il demeurAt rue Saiat-Flo- 
rentin, pete des bureaux du comity, il dtnait k la bftte 
cbea le malaurateur le plus voisin. Le comitd avait or- 
dinakemeBt six eoits signatures k donner par jour. Ces 
sigpaturis ne pouvaient dtre appose que de oontoce. 
Les ordres poor les g^raux en chef des arm^ et les n^ 
godations diplomaliques exigeaient le plus grand secret. 
Aussi y avaiUl pour ces grandes affaires un registre parti- 
culier, ou toutes les d^b^ations importanies, teus les ordres, 
tous left UfMi relatifs k des plans d'op^ations, ^taient con- 
sign^s par les membres du comity, qui exp^iaient eux- 
mdmes les lettres et les extraits d*ordre et d'arr6t^ aux re- 
pr^sentants en mission et aux g^n^ux cbargte de les 
ex^cuter. 

Depuis le mois de floral an u il n'y avait plus unani- 
mity d*opinlons dans le comity de salut public. Cette dis- 
sidence ^data dans les debate de la stance de la Convention 
du 32 du m^me mois; elle se manifesta plus vivement en- 
core dans oelles des 22 et 2a prairial suivant. La scission 
entre les membres du comity et Robespierre, Saint- Just et 
Coutbon , devint de plus en plus tranche La miyorit^ se 
concertait avec celle du comity de sOretd g^n^rale; roais 
pour ihq>per rcnnemi eommun U fallait plus que des pr^ 
somptions; la majority de la Convention partageait les 
cralntes et les esp^rances de celle des deux comity. Les 
trois membtet dissidents du comity de salut public effrayaient 
la CoBveotioii elle-mtoie par leur immense popularity; ils 
avaienl pour enx toutes les autorit^ r^volutionnaires de 
Paris, celles des d^partements , et ils pouvaient se croire 
assuitedu soecte ; Usprireni done Tinitiative. Dte le 13 mes- 
sldor Robaipiem attaqua one parlie de la Convention et 
les deux conitfts de sakit public et de sAret6 gi^n^rale. Son 
diseours fit una profonde iensation; il renouvela cette at- 
iaqueaux Jaoobias^ ie 21 dumAme mois, Le $ tbermidor il 



accuse fonnellement 4 la Convention certains membres des 
deux comitte de conspirer avec T^tranger, et il condut 
ainsi : « Quel est le rem^ au mal? Puair les traltres, 
renouveler les bureaux du comity de sttret^ g^n^ale , Sparer 
ce comity lui-m^e et le subordonner au comity de salu^ 
public; ^purer le comity de salut public lui-pitoie, consti* 
tuer Tunit^ du geuvemement dans Tautorit^ supr^ne de la 
Convention nationale, qui est le centre et le juge , et toi^ 
ainsi toutes les factions du poids de Fautorit^ nationale , 
pour Clever sur leurs mines la puissance de la justice et de 
la liberty, f 11 r^pdta, le soir le naeme diseours k l/k stance 
des Jacobins. CoUot-d^Uecbois eC Billaud-Varennes e»say^ 
rent vainement quelques observations; Collot-d'Herboii 
fut couvert de hu^ ; Coutbon parvint k se foire entendre ; 
il attesta la v^rit^ des (aits avancte par Robespierae, et de- 
clare que la conspiration d^noncte par Ini f^WfhU^.t dj^ 
montr^ : • II eM certain, dit-U, qu'U y a dee bommes 
purs dans les comitte; mais il n'est pas moins certain qu'ii 
y a des sc^^rats. v Et, sur sa proposition, les dd»ats s'ou- 
vrirent sur la eonepir^tion. 

Tandis qu*on proc^dait aux Jacobins k Penqu^ propose 
par Coutbon, la migorit^ du comity de salut public et da 
s(kn^ g^n^rale ^tait r^unie. Une sc^e d^s^ve ^cUt# k 
minnit et demi« et intetrompit les travaux ordinairea. Sain|- 
Just gardait un ppofimd spence, il observait to^s ses col- 
logues : il venait d'envoyer 4 TuUlier, son secraaire, ponr 
les mettre au net , les dix-buit preouOres pages du rappod 
<^'il devait lire le lendemain. U d^clara ensuite qu^il ne 
pourcait lire au comity ce rapport, dont il ne lui re&tait plus 
que les demises pagtt- CoUot-dHerbois, qui revenait des 
Jacobins, antra k ce niiament ; ses collies hii df mjind^renl 
la cante de son extr^e agitation, et, sans attendre sa r^- 
ponse, Saiut-Just iui adr^sa (roideineat cette question i 
K Qu'est-ce qu^il y a de nouveau aux Jacobins? — £st-ce 
toi qui Tignores , lui dit CoUot-dllerbois, toi qui es d^ 
teUigence avec i'aateur principal de toutes nos querelles po- 
litiques, et qui ne veux nous mener qu*^ la guerre civile? 
Tu es un Ucbe ei un tcaltrel Je viens de m*en oonvaincn 
par tout ce que j^ai entendu. Vous 6tes trois sc^^rats qui 
croyex nous conduire aveugl^ment k la perte de la patrie ; 
mais la libert^i survivra k vos horribles trames. — « ^ I q^d 
etes-vous, s^^ria Camot, pygm^ insolents, qui voulex 
partager les d^pouilles de la France entre un ^cl(H>iii^ » UB 
enlant et un scd^at ? je ne vous donnerais pas une tMsse** 
cour j^ gouverner. » CoUot-d^Herbois continue d^accuser 
Saint-Just en face : « Tu prepares un rapport , lui dit-il ; 
tu as sans doute fait notre, d^cret d'accusation? » Saint- 
Just lui . r^pliqua tranquillement : « On pourrait te repro- 
cber d'avoir tenu dans un cafi^ quelques propos contre Ro- 
bespierre; » et il avoua en avoir fait la base d'une incul- 
pation centre CoUotrd'Herbois dans le rapport qu^il avait 
pr^par^. Cette discussion toute personneUe absorbait des 
moments pr6:ieux, que r^clamait Tint^rOt ^^ral. Quel- 
ques membres passOrent dans une saUe voisine, et ddib6- 
ri^rent 8*ils feraient k I'instant mtoie arr6ter SaintJust. U tA 
d^d^ qu*on en r^fi^rerait le lendemain k la Convention , 
lorsque Sant-Just aurait manifesto ses intentions dans le 
rapport qu'il devait (aire. Tous rentrOrent dans la salle com- 
mune, et continuOrent k s'occuper de mesures de salut 
public. Saint- Just les mterrompit en manifestant sa sur- 
prise de n'£tre pas dans les confidences de ses coU^es; 
il se plaignit d^une i^juste defiance, et sortit k cinq heures 
(hi matin. Les autres mentbres du comity continuOrent leucs 
op^ations : il fiit d^cid^ qu'on proposerait k la Coovea- 
tion la destitution des chefs de la force publique, qa*on 
les ferait arr^ter, et qu'on d^noncerait en mftme tonpe les 
£aits reproch^s 4 Robespierre. Saint-Just et Coutbon. tine 
proclamation devait ^tre r^igde pour pr^venir les ^vdne- 
raents qui pourraient survenir. A six beures du matin ie 
rapporteur pr^parait son travail ;^ dix, au moment od Saint- 



COlflTJ^ DE SALCT PUBUG — COMM 



JnstaBailiMBltr k U Iribmie, Coutbon aepufeoito, etcte- 
mandft qod est le aiyet de la d^UMraUoa ; on ne tad oa 
Cut point Bi]^t^ : « Voos aUes, dit-il, t^n U contre- 
r^aliitkio. » Tout l« Boembres du ooaut^, sans loi r^pos- 
dre, signoit les ordres d'arrestatioB et U proclamatioB. A 
madi uu hnissier aiiiporte one l«ttre d« Saint-Jnst 4 mi 
oolMfDes; U montait k rinstantmtae k la tribnne ; salettre 
^Cait coorle et francbe : « L'injustice a ferm^ men eceor; 
jc fail Powrir tout entier k la ConvMition. » Couthon a'aoi- 
pum de la lettre, et la d^chire; <piekHMft membres daoondt^ 
<e rendent i la aiance (foyec GoicvEMnoN matioralb). 

cette nnit du 8 an 9 tberroidor, le comity de saint 

ic eui a intter oontre tons lea obstaclea : des ordree 

avaient ^ doim^a poor interdiie rentrte de sea bureaux et 

de la aaHe de sea d6iU)^tkm8, m^me aiii d^put^* Soit curio- 

sit^, eoit d^vouement, liecointre, avec plusieurs autrea, in- 

Msta vaiiMfiMBt, dit-on, pour aoferer. II ne put pardoBBer ^ sea 

eoUdgues d'avoir rebis^ de (aire une exception en sa fayeur, 

^, ledan^ar una Ms passe, se porta leur aCcusateur. Le 

comity (ai rcnouTd^ k la s^ance.dii 1 1. tbennidor . Les anciens 

neoibrea lurent presque tons r^^lus. La Convention s'^tait 

proDonc^ k une grande msjorit^ pour la nnse hors la loi 

et la mort de ce qu'on appelait le triumvirat, Le parti 

cootre-r^TohitioDiaire s'^tait hM4 de profiter de Tdv^e- 

neet. Lea anciens membres du comity de salut public se 

virent suGceaaitement ^Umln^. Camot ne fot maintenn que 

joaqD^an 15 yent^se an lu. II iut alors remplac^ par Aubry, 

qui destltua tons ks g^n^raux , toua les oificiers sup^rieora 

de Tannte les plus distingute par lear courage, leur pa- 

triotieaw et leucs socc^ Bonaparte n^^chappa point k oette 

pvQseription. Mais les armto s'^taient consenrte pures et 

repnUicaines ; la reaction tbermidorienne n^avait point 

p^i^r^ dans leurs ran^s ; leur d^foomnent sauva encore 

une km la patrie et la Iib<>rt6. Du rests, raccusatjon eontre 

ks ancieBa membres du comity de salut public ne s'^tait 

pas fait longtemps attendre. Dans la stance du it fructidor 

an 11, Lecointre propose cette accusation, et sipiala 27 

grieft. L'impression de la proposition et des pieces qu^il 

produiaait k reppel avait ^t^ ordonn^ Aprte one discussion 

Irte-loBCae et trto^anim^, Taccusation ftit d^clarte calom- 

nieiise et reiet^ Leaomtre la renouvela depuis sans plus 

4e socote. On est ^nn^ de voir que las membres aacus^ 

par ce repr^ssBtant, et depuis par trois aulres, soient pr^- 

fl^ment lei mteies que ceux que la commune r^volution- 

uaire et le comity d'insurrection accusaient le 9 tbermidor 

et dont iJs a?aient ordonn^ rarrestation. Camot avait M 

Fobjet d'oM accusation direote. U se justilia conune Sci- 

pioB; on root suCfit pour sa defense : II avaU or§€aiM la 

La Fraaee B^oubliefB pea les institntioBS proposte par 
le eomtt^ de salut public pour les sdenees, les arts , Fiue- 
knclioB poblique, les ditersas parties de radministratioB 
de la goerre, rannemeBt, I'^quipement et les subsistancea. 
Hapfi^pBff^les pl«s belles pagesde notre bistoire militsiae. 
n s*est aseoNci^ a la ^oire des ann^es, qa'i a iHiprovis6es, 
ft dont il a GOBifain^ et dirig6 lea op^tlons. Pendant ke 
dix-bstt Bwis qu'il a exists il a eo & enregistrer fingt-sept 
vietoires, ^oot bait ea bataiUe rang^e, cent viagt combats^ 
qnatre-Tingt milk ennemis tu^, quatre-vingt-ome mitte 
Aits pnaoBBiefs^ ceat sake plaeas fertes oo villes irapor- 
tadas eoaqnisee, doat selBe aprte si^ et bleens; deux 
€«t tfcale siyt forts on redoutes enkv^, trok milk bea> 
dns II ky, soitiate dix milk feaik, dix-Beaf cents mil- 
lias de poadre, qaatre-Tlagt^x drapeaux pris k Tea- 
amn , 9Uu»f ei^ 

Ges ▼ieleken, eea eipkita I rtr o l q a c B de tons ks joots 
^tvaneat bkatdt pHis ibms) aiak ks ipraades iastitntioBs 
Mltana<i?e dent la eriatieB afalt M uae oeurre de gfoie, 
dspatiktiaBie^etBa kaneaie pragrte de ehrHisetioB , sab^ 
li il tota t eacoae daas toot kuridat taoiqaeka andeas 



119 

m e mbr es da eemitd, afliMBehk dn Jeog que k triom- 
▼irit kisait peser sur eux et sor k ConyentioB elk-meme , 
restireat ea mi^ttf aprte k 9 tbermidor. Cepeadaat, 
k kctioa r^actionnaire, parreane k ks 61iminer un 4 ua. 
Be tarda pas de maicber ^ graads pas daaa ks Toiaade 
k oontre-fdrolution. II soffit, pour appr^der les aetes 
des membres de Tanoien eemit^, de lea comparer 4 eeax 
de kwB soecesseon qol ks ont proserito. Les tristes prd- 
ykions qui termiBeat les r^ases des accost seat dere- 
aaes mie rMit^ biea iaeoatestobk et biea triste. CM uae 
singulis anemalk qae eette aeeasatioB. La CoBTeatieB 
poufBil^e bueriminer dee kita dont cbacaa de sea men- 
bras andt Bi6 soUdaire? II ae s'agissait paa de kite koks, 
de folk personnek aux membres de Tanci^ comity, msto 
de tons ks actes de ee emsBM peadant dix-bnlt mok, actes 
qae kOonfeation ayaitsaBetioBnte paraae Ibak de d^erek. 

Le eomitd de aalut poMit init aTce k session coBTea- 
tioaaeUe. Le dender avait M ^ k 16 ▼eadi^iaire aa it 
(e odobre 1797 )« . Dufet (<k UYoom). 

COMITjg DE SURETY G^N^RALE. Par d^crat 
dn ae md 1792, k eomit^ de sarrdttaaee de FAssembke 
nattonak pitt k nom de comiti de iihretd gMraU, II fbt 
€liarf6, k 1 ootobre de k mteie aan^ de readre eempk 
des anestations kitea par suite de k r^Tohition da 
to aoet Lea pi^ees da proete de Look XYI M fnvA re- 
misea. Le aoadire de ses membres a souTeat vari^ : fl HtL 
doable krs dn proote de Look XVL II ae s*oceopdt qoe 
dn affdres qA Ini Mdeat reavof te par ka dtoek de k 
Ceaveation. La ki dn 14 kimaire an n ( dtombre 17tl >, 
pertaat rMabUssenieat da govremeoMnt r^Tolatieanaire, loi 
eoaffira k baote poUee de I'adnnaktfBtiea dffik et jndl- 
daire poor toot ce qui 6tait rektif aax perseanea et 4 k 
poUee int^rieure et gtetek; k eorrespondance avee lea 
eomitds r^velotiOBnaires de Park} k nuae ea Kberttf de 
teas ceax qui ^taieat arrttte pear caase politiqne ; le drdt de 
ddioaear k k Coaveatioa ka faaetioiAairea pfivaricateara. 
LaaAme loi lai coa ik d t ea certalBa eas ks memespea- 
voira qa'li cefad de sdat poUic, et ooBearreannenl avee 
ha; raak bieaiet uae partk de aas attribntiaas kgdea paa- 
s^reot an borean de police gte^ak tebll et dirig6 par Robes- 
pierre, Ceatlioa et Saiat-^fust (voyes Coaiii bb SiAUit hj- 
BUG ). Les repr^sentaak qui anient M UMonbres da 
oondt^ de sdreC6 g6s^rak ataat k 9 tbermidor fbient, 
eomme cenx dn eomitd de sdat puMie , aeeas^ par Le- 
coktre ; nmk k CoaveatioB rtjeta^g deaie at cette aeensaiioa 
comma foosse et cakmmieBse. Un seul, Vadier, aoeusd per 
lacemmissioa desfl,ftiteondamn4^ kd^pmtatien; mak 
U s'ddt soustrdt i rarrestatien. Le eoraft^ de serel6 gte^ 
rde cessa d'exister avee k aesdoa coaveatiomidk. 

€OiiiL Dsas sa aeoonde eanqngne eontre ka Qeukk, 
Oter avait bettn et soomk toutea les popektieas rlTO- 
rainea de TOc^an, depok k Sdae jov^k PEscant Oes 
peapks avaieotTU, 4 k suite deleorsd^kites, kfonaede 
leor gowemeamit chaagto; et ceax des cbefe qui SEvaleat 
pris pert il riaearreetion reaapkc^s par d^atrea, qae Cter 
jageatt loi Mre fovorabka. Parad eea denkrs se trowdt 
Gomm, Bobk gaokk du pays des Atr^bales ( pays d*Ar- 
tek. Arras ), qae Cter avdt kH rot desa natka. H k te- 
aait poar on hoaune de courage et de eonseil, et II eemp- 
ftailsarsafiddil^.Ilkmitiiane preaoi^ ^reave lors de 
se preau^ expMitioB ea Bvetagse ( AagMerre ). Le brait 
de eette ei^pMition ayaat M r^paadn ea Breta^ie par ks 
aanrebaads gaulok qui kkd eat k eomaseree svec eette 
tk,phi8tears desdltebreloBnes,Teaiaat8e roettreb rabri 
de kguerre^Hd avaieat eavoy^ des ambassadaora ebargfe 
de pfomettra ea kor aom dee otages et fobdssaaoe. C^sar 
ks reavoya daas leor pays, et ks At aeeompagaer par Comm, 

kqud avdt beaueoap deer««tdaaa Pile. Apdae^-^ 
sort! de sea vdsseaa, queka haWtento ksakkeatet kjet*- 
nat dans ka krs. Makaprto k d^tavquenaeat de Okeret 



120 



GOMH — COMMANDANT 



la premise d^fiiite de rarm^ bretomie, Comm ftit rdkh^. 
Dans la suite de cette exp^tion, on retroure Gomm k la 
t^ de troite cavaliers, probaMement partis avec Ini, pris 
et relAcb^ comme lui, et qui form^reni nn moment toote 
la cavalerie de C^r. Dans sa caropagne contre les Beiges, 
limitropbes des Germains, Gter avait avee lui le mtaie 
Comm. n le laissa aTec un corps de cavalerie cbes les M^ 
napiens, pendant que lni-m6me partait pour nne expMition 
contre les Tr^res ( peuplesdu pays de Tr^es ). Du reste, 
en reconnaissance des serrices qu'il en ayait re^s en Bre- 
tagne et dans cette guerre contre les Tr^vires, C6sar avaK 
aflranchi sa nation de tout tribut, lui aTait rendu son bi- 
d^pendance, et avait ijout^ k son territoire le pays des Mo- 
rins ( Boulogne ). 

Comm resta fiddle jusqu^au moment od la Gaule, s^^tant 
enfin aper^ue du dessein de Cter, qui 6tait de la siibjuguer 
et de la r^uire en provbice romaine, se souleva tout en- 
i\hod et se donna un chef unique, le fameux Vercing^to- 
rix. Malgr^ les liens qui Tattacbaient ^ C^^sar, Comm ne 
put raster k rentralneroent de sa patrie. C^r, du reste, 
n'en montre ni ^onnement ni indignation, et, au lieu de 
se plaindre de la defection de Comm, il TexpHque et Fex- 
cuse par Tardeur des Gaulois pour reconvrer leur liberty 
et reoonqu^rir leur andenne gloire militaire. Comm fbt 
UD des principaux chefe de cette arm^ de deux cent qua- 
rante roflle bommes, qui Tint assi^ger C^sar assi^eant lui- 
mtaie dans AliseVerdng^torix et les quatre-vingt mille 
bommes qui s'y ^taient enTermte avec lui. On salt quelle 
fbt Tissue de ce si^. Toute la force gauloise y f ut an^antie. 

Dans la demi^ campagne de C6uir, Comm reparalt 
dans les rangs des BelloTaques ( people de Beaurais ), les- 
quels n'ayaient enToy^ aucun contingent k Tarm^ de Yer- 
dng^lorix, se Jugeant assez puissants pour feire la guerre 
pour leur oompte et tenir t6te k C^sar. Aprte une Tive re- 
sistance, lis firent leur soumisslon. Conom s'^ait joint k eux 
avec un corps de cavaliers qu'il ^taii all6 demander aux Ge^ 
mains; il s'enAiit chez ce peuple, attendant une nouvdle oc- 
casion de reoomotencer la guerre. Seul de tons les cbefe de 
nation qui avaient pris part k Tbisurrection des Bellovaques, 
il n^ayait touIu envoyer ni otages ni soumission. Un pro- 
fondet Juste ressentlraent Tanimait contre tout ce qui ^it 
remain , depnis que dans un odieux guet-apeas a?ait 
faiUi p^ assassin^. C^^it dans Pann^ qui pr^c^da la 
guerre des BeUovaques et la oomplMe rMuction de la Gaule. 
Labi^nus, qui conmiandait dans le pays des Tr^iires, ayant 
appris que Comm soUidtait ces penples k se soulerer contre 
C4«r, crut que le droit de la guerre Tantorisait k s^en d^ 
barrasser par un assasinat. Il euToya done yen lui le cbef 
de sa caTalerie, Voiusenus Quadratus, avec ordrede le tuer 
sous pr^xte d'une entrerue. Voiusenus ^it accompagn^ 
de centurions choisis pour Taider k consommer ce meurtre. 
Lorsqu^on fbt en presence, et que Voiusenus eut pris la 
main de Comm ( c'etait le signal du meurtre ), le centu- 
rion qui devait le frapper le premier, soit qu'il se troublAt , 
soit que les amis de Comm eussent arrdt^ son bras, ne put 
que lui porter un premier coup, qui lui fit un grave blessure 
k la t^. On tbra les 4pte de part et d'autre, moins pour 
corobattre que pour f uir, les Remains croyant Comm attdnt 
morteUement et les Gaulois craignant que ce guet-apens ne 
fOt le pr^ude d'un massacre. Depuis ce temps, disait-on, 
Comm, avait r^sobi de ne jamais parattre devant un Re- 
main. Aussi n*est-on pas^tonn^ de le voir quelques temps 
aprte renooyelant ses Uistigations anprte des Atr^bates 
soumis, et, dans rimpossibUit^ de les soulever de Douveau, 
se mettant k la t^ de quelques cavaliers pour hifester let 
cbemias et intercepter les convois destines aux quarters 
remains. Marc-Antoine oommandait alors cette partie de la 
Gaule, et il avait sous ses ordres ce m^e Voiusenus. 11 le 
cbargea de pouryuivre les Gaulois. Voiusenus avait gardd 
de son gnet-apeas manqu^ une grande baine contre Comm. 



n ne mteagea rfen pour le renoontrer et le d^tnrire. Dana 
un dernier combat, Voiusenus, emport^ par le d^ir de pren- 
dre Comm en personne, le poursuivait au lobi avec peu des 
liens. Comm, qui av«K press^ sa fbite dans le dessein deraf- 
tirer, toume bride tout 4 coup, et invoquant le secoun de 
ses compagnons, qu*il exborte 4 ne pohit laisser sans ven- 
geance les blessures qnll avait regues par trabison, il fond 
sur Voiusenus; tons ses cavaliers le suivent et font reenter 
Tescorte du Remain. Comm, pressant de T^peron son che- 
val, jofait cehii du prtfet, auquel il peroe la cuisse d^nn coup 
de lance. A la vue de leur cfaKBf bless^, les Romabu fbnt face 
aux ennemis et les repoussent. Un grand nombre hnrent 
blesste ou faits prtsonnters. Comm s'^cbappa, grAce ^ la Vi- 
tesse de son cheval. Quant k Voiusenus, il fiit rapporti 
dans le camp gri^vementblesse etdomiantdescraintes poor 
sa vie. Alors Comm, soit que sa vengeance fftt satisfaite, 
4oit qu^il se trouvAt trop afhibli pour continuer la lutte, fit 
proposer k Antotne sa soumission et des otages ; il n*y mit 
pour condition que le droit de ne parattre jamais devant nn 
Remain. D^sir^ NlSiOm, de TAcadteie Fran^iM. 

COMMA* Gemot grec (x6(i(ia), synonyme dHnclse, est 
reste , dans rimprimerie, le nom des deux points, signe de 
ponctnation. 

En musique, le rapport de Hntervalle d^m ton ma- 
jeur k un ton mineur est le quotient de { par -V^ ou bien |i, 
nombre qui ne snrpasse Tunite que de ^. Cei intervalle se 
nomme un comma ; on te consid^re comme le plus petit que 
Toreille puisse saisir. Deux sons dont Tintervalle est plus 
petit qu'un comma diftbrentsi peu Tun dePautrequ'on peut 
approximativement les consld^rer comme k I'unisson. C*e8t 
ce que Ton fait dans la construction des instruments k cla- 
vier, ob le sol di^se, par exemple, est la m6me note que 
le la b^mol ( voyez TvMpinMnm ). 

COMMAND (Declaration de). La diclaratUm de com- 
mand ou Election d'ami est celle que fkit Tindividu qui en 
se rendantacquereurou adjudicataire de biens meuUes oa 
immeuMes s'est reserve d*indiquer son command (mot qui 
a la signification de commettant)^ ou l*ami pour lequel il 
acb^. Cette declaration a pour effet de faire passer la pfx>- 
priete en tout ou en partie sur la tete dn command, sans cepen- 
dant dediarger Facbeteur apparent de toute responsabillte eo- 
vers le vendeur, qui n*a contracte qu'avec lui seul. Pour que 
la declaration de command soitcensee ne faire avec le ocm- 
trat qo'un seul et mfime acte, il faut que la Uxn\t6 en aft 
ete expressement reservee dans le contrat de vente, que 
cette declaration soU foite dans les vfaigt-quatre tieores , ^ 
partir de la date du contrat et dans un acte public, et qu'dle 
soit notifi^ dans le meme deiai k la regie de Tenr egi st re- 
ment , dans la personne de ses preposes. H est d'nsage de 
consigner la declaration de command k la suite du contrat de 
vente ou du jugement d'adjndication, ce qui dispense de la 
notifier au vendeur, auquel elleest connue par la remise de 
rexpedition. Lorsqu*il s'agitd*une vente de boisde Pfitat, do 
domaine de la couronne, des communes et des etabUsaements 
publics , on doit foire la dedaration de command fanmedia- 
teroent aprte ra4iodication et seance tenante. 

La declaration que (kit i^avoue , dernier encberisseor, en 
cas d'adjndication liite en justice , doit avoir Hen dans les 
trois jours. 

COMMANDANT, mot derive de mandadm, man- 
dat, et qui s^applique k tout individu, k tout fonctioimdre 
donnant des ordres au nom de Tautorite souveraine; maia 
son acoeption est toute ndlitabre. II s^entend, comme teraie 
gen^que, de cdoi qui commande une armee, un oorpc 
d^armee, ou un corps de troupes, plus on moins oon- 
siderable, et qui eat spedalement designe d^afllecrs par U 
nature de son grade ; mais plus babituellement te mfiitab« 
le reserve pour le chef de bataillon el poor le chef 
d'escadron. Dans nn sens plus restreint et pHu IMqaem* 
ment usite, il indiqiie la quattte, les (boefions, et deviant le 



(XmiMANDANT — GOMMANDEMENT 

tiibre da qM^ eoanMBde arftttainmeiil daat ime pl^ 
ci qm Vm ippeUH }adi8 iieuimumi de roi.Hu prad 
UMlgpefcii adtjeetNeoMBty et Ton dil Voffkier oonmum- 
ctoa/; BMit ptas oidiiairaiiMnt oa Tempkile soot la fonna 



1)1 



ea titra ait doon^ k ramiral coimandiiit 
ifBrfgy una ateadia, uia diTldoa; k TofilcSer comnMii- 
■■ Mfinwnt da guena qiMlooiiqiia; ^ calii! qui eom- 
dana an port nStalra, sur iroa rida ; k ToCidar la 
plat Sgw6 aB grada, at gteMamaat, quite aient oa qoMIs 
a'aieat pas im ooaunaiidaowBt, k toos kn olBciars sup^ 
rieon da la marina da r£tat L^offleiar qai, charge da k nuh 
aaBOTra d^n nitiiay en dWge la qoart, ast dit commoii- 
dami de quart, titra traaaftaire ooouna oelni da chrf de 
fo$te k terra, at na donaaat droit k aocnna pr6rogathra. 

GOMMANDE , procoration , aommistion d*achalar oa 
dt n ^go c iar poor aotrni. Un outrage de commande est on 
<ju i ii § B ftH atprte poar qoalqa*iin qd en i donn^ Pordra. 
Oa appdla wMadle de commande one maladia fetnte, sop- 
poe6a. La mot eonMnofula 8*a8t dh d'aboid dans le sens 
d'aidf«9 JBision, prteapta, coanmandement; fl s'est dit 
aaifll daaa eella d*obaenranca oa obserratioa. Ainsi » fl y a 
dins raonte phisiaora Atea de comnMPMia oo d'obsenranoe, 
qa*an ast oMig^ da eMmer. U y adas Jaftnes de cammande, 
atdWrea da para d^otion. 

Lenol conMuiiMfo antrait aassi antrafols dans pinsiears 
loeatloas da droit at da eoatoma. n se prenait tantat poor 
la tailla doe par des personnes de oondition serrfle, tantOt 
aooHBe synonyma da dip6t; on dbaH : prendre qoelque 
chaoa en diarge et c o tnim mrfa. La droit deeommande ^fadt 
an droit qoa la s ei g p eui prenait tons las ans sar les ^eaTes 
de aooMon aerrlla darant learTidait^poarreconnaissanea 
de son droU de servtiude. On appelait eommande de be$' 
tioKr ■■ eaalrat par laqod ondonnaitaon bergeroo kun 
lab o ar a ai an troopeaa da IxHaH poor enaToir soin, acbarge 
de la noarrir at d*enjouir pendant on certain temps, api^ 
leqnel I derait repr^senter la troapeaopoar partager le sor- 
plas oa la crott entra la mattre at loi. 

En tennes de marine, an appelle eommandes de pelites 
aordas, aotreoMnt dltes rubant^ qui peoTent senrir 4 un 
a a mi r i g e , Lemotcommamtef estaossiancri parleqoeir^ 
qnipage rtpaad qaand la maltra appelle da la Toii oa do 
sifBat poor pr^eirir qnfl Ta transmettre qoelqae comman- 



Qoaat^raeeeption marcbanda damotcofiifiui}i(ie,noos 
daroBs pr^eair qn^elle se prend et dolt se prendre tbajoors 
en nanfaiw part lorsqu'on Papplique anx prodoctions de 
Kesprtt. Vn poaia oa on antaor qoeloonqae est 4 la gtoe 
qoasd oa loi fiiit Iklre des Teis ou un ourrage de com- 
oMiMfo; en efliety leg^iie, la sdeneeet la talent Teolentatre 
libres daaa leors inspirations. Malhearaosement , ils ont 
besain dlntermMiaires entre eax et le pabKc pour r^pandre 
hanpredoclioBs; c'est la WMa modesto rteenrd aux libraires 
et an Mitaors. Pendant loi^emps cenx-d se bom^rent k 
<lre las mandataires des anteors et k troa^er on lucre hon- 
aMe at la iao wnab le dans le soin qu'ils prenaient da placer 
le«B uu f rag e s ; plas tard, ils en sont Tenos 4 commander 
del ifvaa aox aotears, corame toot autre n^odant com* 
BMnde an fkbriqoa un ofa^ da mode on dNitfllt^ Tulgalre. 
L*adllanr d'vn recoeU Mograpbique a pooss^ rfoemment la 
p rtl e n ti en josqu'li se dire coauteur das artidas qnH aTalt 
siari aommnid^s oa aeoept^. 

GOiOIAlVDEIIENT. Ce mot marqoa le pouroir, le 
droit, raotortt^ qoa Ton a sur qaelqo*an oa sur qodqoa 
dwie. On dit avoir la coaifiumtfemaiU des troupes, c^est- 
Mra en Ura la cbaT; ardr leeomfNoiidemaiU dHute place 
ea d*lnw prcrrtooa, c*est-Mira y avoir la qoalitift da com" 
mamlant, de diaf, d'ordoonateur, da mattre. La comman- 
iment^ qoaiqaH salt Ibrt reeharab^, fort en?l^, n^est pas 
twjoan cbaaa-fiMfla k aiareer, at dans liiendas casll vaot 



mlaux encore aToir k obdr qa'k commander. Aotrefois, 
ceax (foi eier^aient la commandement aTaient poor ind- 
gneon baton, qne Ton appdait bdton de eommandementf 
comma marque dn pouroir que leor donnait leur ebarga; 
U y avait des batons da mar^cbd, de mattre-d1)6td, 
d'exempt, etc. 

Le eammandement se transmet dans divers degrfe et 
dans divers rapports. Un pto comnumde k ses enfimts, 
on mattre k ses domestiqnes : on con^ d^ lors qull 
paisse y avoir divers modes, dlverses formes dans ret^cu- 
tion de ce mandat, ou natnrd, ou donn6 par la Id, oa 
transmis par un poavdr qadconqoe. 81 la s^v6rit^ peat 
qudquefois s*y jdndra, il ddt en g^n^ral s*exeroer avec 
douceur, Jamab avec rigueur, bautaur, ni flert^. On dit de 
cehd qui cMe k ces derniera sentiments qu^il a lliabituda 
de commander d la baguette, par alludoo aux comman- 
dements des buissiers, qui portaient autrefois une verge on 
one baguette comma indgne du pouvofar qui leur ^tait doon^ 
da Cdre ex6coler lesjugements oa les ordres de k justica. 

Las secretaires d'etat portaient Jadls la titra de $eer€* 



tairee des commandements ; on disait qu'on arrdt et quHme 
patente ^talent sign^ en commoiKfemen/, quand un 8ecr6- 
tdre d'etat les signait par Pordre exprte du rd. 

Plus tard, on a ^tendo ce litre de seeritaHre de$ eomman- 
dements aux secretaires des princes et princesses appar- 
tenant k une tamille royale ou impMale. 

On dH qu'on a quelque cbose d commandement on d 
son commandement f pour dire qu'on I'a k ses ordres , 4 sa 
disposition oa sous la main. Cast le priviMgede k ricbessa 
d'avoirtout d commandement, 

Le mot commandcmeiif a pour synonymes les mots or- 
dre, pr^cepte, it^onction , jiusUm, « Les deux premiers, 
dit I'abb^ GIrard, sontde Tusage ordinaire; le trdsiteie est 
du styk doctrinal, at les deux demiers sont des tarmes de 
Jurisprudence on de chancdlerie. Cdd de commandement 
exprime avec plus de force I'exerdoe de Tautorit^ : on eom- 
mande pour aire obd. Cdu! d^ordre a phis da rapport k 
llnstmction du subdteme : on donne des ordres, afin qu'ils 
soient ex^cutte. Celui de pricepte indlqne plus pr^ds^ 
ment Vempire sur les consdences ; fl dit qudque chose de 
moral qu'on est oblig6 de suivre. Cdui d'<ni/ofie<ion d^dgne 
plus proprement le pouvdr dans le gouvemement; on s'en 
sert lorsqu'U est question de statuer, k I'^rd de quelque 
(^jetparticnlier, une r^e bidispensable de conduite. Enfin, 
cdui d/ejussUm marque plus positivement rarbitraire : il 
enfenne une id^ de despotisme qui gftne la liberty et force 
les magistrals k se conformer^ la volonl^ du prince. » 

Edme HikBAO. 

Le Dictionnaire de VAcad^nled^finit le commandement, 
en termes de guerre et de marine, « un brdre bref donn^ 
d haute wAx pour fah^ ex^cuter certains mouvements, cer- 
taines manoeuvres ». II y en a de deux sortes : le coonnan- 
dement d'aTertissement et le commandement d'ex^colion. 
Garde d vous / est un commandement d*avertissement : les 
soldals ne font que prMer attentfon et sa pr^parent 4 
extoiler ce qu'on va leur conunander. Porter armes! 
est un commamdement d'ex6cation : les soldals se mcAtent 
an port d'armes, en d^composant le mouvement suivant 
les r^ipes. Le commandement ne se donne pas, du reste , 
toujoars verbalement. Outre le porte-vdx at le dflM , qui 
datent da loin dans to marine, les commandements sont 
transmis de noa joars sur les vaissaaox par le tambour, la 
clairon, les signanx, le canon, et dans nos armies de terra, 
par la canon ansd, la tambour, la clairon, k trompetta, 
phis kcfles 4 entendre qua to voix bumdna an ndMau dn 
flracas da to md^ Qnede fois, avant qu'on eat anreaoars 
^ ces moyens d dmples, de mdheareux soMats n'avaient- 
ils pas M massacre pour n'avdr pas entendu to comman- 
dement verbal de lalrdfe parti da k boudia de kurw. 
p6rianrT Ansd k mititaira et k marin Ibnl-ils en general 



12% 

beaiicoup de ou de Fodder qui t iin beta coinin»ndainant» 
c^est-a-dlreun commaiideiiient ferine, Tigourenx, qu*on per- 
mit de loin et qui i^tHo aa foi entito daas \m maiUMiTre 
qu^il ordonneou d»m rordre qu*il transmet L^intonation forte 
de sa Toix, rarticulation claire de ses paroles^ d eUee aoal 
jointes snrtout k une pose calme et digne, en Cue d^un r^ 
went ou d^un i^tn^f^r qui a confianoe en lui, ijoutent §te^- 
ralemeot beauooup k I'etfet do eomnumdemgnt d'ui ebeC. 

COMMANDEIIENT (Proit). Ob appeUe ainai, en 
termes de palaU , un acte oo exploit q^ iUt un buiaaiert 
en Tertu d*un jugement ou d^un autre tiireex4ciMr4 , par 
lequel ii conmamde, »u nom du chef de I'^tat et de la jua> 
tice, deaatiaCiire auxobligationa ou engagenentg 6nonc^ dana 
le titre. Toute aiiaie-extodion doit 6tre, ^ iieine de nullity, 
prMd^ d*un comnandement de pa9«r on de satisiairtaux 
engagements qui K^Uentdu titre, Le connnandeoMnt doit 
contenir Election de dooucile dans le lieu oi r^ide celni 
auqnel on signafte eel a^» et ai ce lieu est isoU. dans la 
oomniune k plus voigine. Gette fQnnaUt4 a pour but de 
procurer au d^biteur la iaciUt^ de se lib^rer 4 1'instant, par 
lea ofTres pMles qu'il a le droit de (aire au domicile te» 
pourarr^terlespoufsotoy sauU r^t^rar lea offires au do- 
micile effecttf dudemandeur; elle est susceptible d*une ap- 
plication 9te^rale« mais elle est plus particulikeroantexig^ 
par les articles ftftS, 073 et 7S0 du Code de ProcMure ci?ile» 
dans lea cas desaisie^x^cutionet dans ceux deaaiaie 
immobili^re et de contrainte par corps. 

L*huissier qui a mission detaire un commandement est ia- 
vestiy pai c<^ ntaie, du pouvoir de recevoir le montant 
de la dette et d^en d^li^rer une quittance, qui a la m£me 
yaleur que si le cr^ancierraTait donn^ kii-mtoM. Mais pour 
que le cr^ancier ne puisse plus rien r^damer au d^iteur, 
it taut qu*U seit exprim^ dans Texploit de oommaidemeat 
que ce d^biteur a pi^ : k ditfaut de cette insertion , ou si 
le payement n*^tait Tait autre les mains de Tbuissier que pos- 
t^eucement k Taeie de commandement, le d^teur ne se- 
rait pas valablement lib^r^, et le cr^ancier pourraitcontiouer 
ses pourstiites centre lul. Cette rigueur est fondte sur la 
prtemption legale que Thuissier 4 qui Ton paye la dette au 
moment m£me du commandement a pour rece?oir la cbose 
due une procuration tacite qui ^mane des pieces dont U est 
porteur, et en yertu desquelles il agit. Mais apr^ le com- 
mandement rbuissier a termini son office, le mandat a pris 
tin, et Toificier minist^del est rentr6 dans la dasse de tout 
homme qui ferait une recette pour autrui sans niandat. 

Pour la Talidit^ du commandement, il est n^cessaire que 
la cause pour laquelle on agit soit exprim^ et <jue la chose 
que Ton demande soit liquide , parce que la justice veut 
que les pennuites rigonieusea aient un objet precis. Telles 
sent les dispositions des articles 5Sl et 552 du Code de 
Procedure dvlle. SouTcnt il arrive que le dd^teur, soit qu'il 
obtfisse au commandement ^ en payant la somme r^dam^ 
soit qu'il didtee (Sa qu'il refuse de s^acquitter, exige que 
rbuissier fasse mention de ses dires ou r^ponses : en ce cas, 
boiasier doit obten^p^ier i^ la r^uisition. 

II y a una aorta de commandsment qui n'exige pas de 
tiln extoiiobre : c^eat cdui quepeutfiura^sonlocatalre 
tout propriiMaira de maison par lui donn^ k loyer verbale- 
mentoapar torit. 

L*huMer qni fait In commandement doit en mitoie temps 
ftwmlf copiedu titre en Terto duqudla somme est due, et 
la signlicition doit ^tie feite k la person^e du d^iteur ou k 
son doHiieilei sll a^i^d*une dette bypoth%ite sur un fionds 
qia dapnia a pass4 an d'autres mains, cW toujours au ddtl- 
teur M^oNlmeoii 1^ ceux quite reprJsentcnt , et nos iil'ac- 
qn^vanr du faoda, que te commandement doit 6tre si^iifi^; 
Bsaia apr^ bit «Tok ikit oette notification, on la r^it^ au 
tieris acqttiranr» en bii d^arant que feute par te d^bitenr 
do payer eu cr^ander to montant de la dette, on saislra 
rt eiten iwrt le Awito effects et bypotMv^. I^VH^iguuil du 



COMIONDEMKNT — GOMMANDBUB 



oenmandement doit ^ibm vM dana tejenr par la nain 
ou l*adJoint du domicile da d^iteur, et eopie iai en ddt 
6tre laissde. Da reste , il va sans dipe que te furmaKKJ 4» 
Tenregistremeot est in^spensahto 

On con^t qu^aprte le conunandement un d^lai anillaiia< 
an dtfittettr, pour q«Hl pniase pvandia 4es arranjamrnli et 
preparer sa ttbtetion; si la er^aneier lawnait i^annlnr pins 
de trois moia sana doanar suite 4 eon ceaMnaaABBMnl, fi 
seiait 9blig4 de le reoouTder. A ne fanrtrait pai aapwdnnt 
dans ce oes eonsid^rer ce eomniaadamaat eomne pMai, 
dana la vdritable eccaption deee not , el il sabdete eaeon^ 
ainoB comme pr^liminaire de la aaisle, 4mmoiB% oomna 
acte conserfaidre et intermptif 4a la ^reaeri^tian. 
ToutelMs, il n'a pas pour eflet de feiro coanr les ialMIs 
de la cr^iaEkce i cet avantage ne peat iteulter, anx teoMi 
des articles ilM et 19<^ du Code Ka«>l4an, qua dfaoe de- 
mande en justice. Si le dWteur vient k moanr daae l^alsf- 
▼aUe, bienque lestitres, ex^catoires eontra tod^ant, aoisat 
pareUlemeat axtotalres coatia Tb^iitier pewnaneHfanriBl , 
le cr^ander ne peuten poursnivrerexi^eationqae bnit Joan 
aprte la signiticatioB de ees titrea k la persoaaa oa aa do- 
midte de Tb^ritier. Dm^Rn, aadeo proounv §imimL 

GOHMANOEJIEIKTS 0£ DI£U ST Dfi I/ti- 
GLIS£. On appelle comm<ind$m$iU$ d$ i>i#t» lea pr<eep 
tescontenus dans leD^calQgus. Ma enmp aa cat Tate ^ji 
des devoirs de rbomme eafevs Diaa et aavem aeii prachafai. 
On salt que pour en fedliiar laaouvenir et raan|a»aa lea a 
mis en Ten ou lignes rim^es. 

L'^glise ^taat, dana les Idi6es catheliqaao, aae aaaiili 
pari die, a to droit de preacrire dea lob i sea enliMila» et 
ceux-d, par une eorrdMion n^cessdre, sent d^ana Fobli- 
gatioB de lea aeeomplir. Ia teaear des eomanndnamaia 4§ 
r^glise a vad4 poor to naabre dana qaelques riCuala et 
dana Iw Urns ^l^meatdres de te rdigteD^ AaiaiMi*fani aa 
4numte dx prtceptessooa le nom de ComaiaMieaitfUa tk 
ttglisM, Us ordonaent i^" deaanctifierleaf^tea) i* d^ea- 
toidre U mease lea diauoiches et IMee ; »^ de aa oenlMier 
au moins une fois Tan; 4° de ooBmronier aa moina it P A* 
qnea; ft'd'obserrertejeteadaaslesqaatrateBipa, aux 
▼igiles et peadaat le carftme; 6* eafia 4b s^abaleair 
de cbair les vendredis et samedis. Quelques ritaela al<|ael» 
ques cat^ohisines andens oontiennent lad^fenae de ailihrei 
les noces k cartdna tempi de Tanate et \» pt6eepla 4i 
payer la dime. Le souverain pontife ne petit dispeoier des 
conunandements de Diau , qui, foad^ aur laloi oatareOe, 
sent iaunoables. L^alMBABiciia. 

COMMANDERIE ou C0MMENDE2UB, laveaa, «- 
gnit^ souTent I'un et Tautra ensemble, appartanant 4 di- 
vers oidras militaires de cbevderie, et ooafiNr^ aui aaaiuBs 
chevaliers ayant rendu dee services k Vopdra ea 4 Ttel 
Son engine remonte 4 1260, ^poqae o4 Tod dtablll 4aa 
maisona de commisdon, o4 les peroeptema dee iweaaa de 
Tordre envoyaient de qud taira fece aax firaia des g u e siea 
coatre les infid^les. Leurs lettoes eoamenfaat par to mal 
commendoaiia, cea maisons prirent le titre de eowfi— 
deriBif et ceux qui les tenaient, cdoi de eommandrntr^. 
Plus tard, on ^rigra en commanderiea les Idpresariea 4a 
I'ordre de Saint- Lax a re. Puis, les coosmanderies ne foiaal 
ptos qye des bto^fices doignt^ de la residence da 1*4 
Enfin , les b^a^ficas ayant ^ aholis en Bi6me tempi 
la dime et la Modality, les ordres de chevalerie, avaa 
divers degr^ lii^rarcbiques, n'oot plus M maiataaaa 
conune titres purem^nt bonorifiquea acoofd^par lasaau- 
verains aux Indi vidua qui sent censds avoir bim m^rit^ da la 
patrie. 

Dana IVirdre de Saint-lean de J^rasaton.au de Malta, la 
oommanderie ^talt un domaine b^adidairo, aae aubdivlaiaA^ 
une d4pendanoe d*un grand-prieur^. Elte s'4tdt appelde pr^ 
ceptartri€ jusqu'an treixi^me d^e. Lea bieaa IbrMil 
bofdafliMnDAi 4 dps reeeaeqra a4oullar^ g^i dafaieat 



COMMAMDSaiE — GOilliGUNE 



I3S 



l» fgix 4e km fetmu M«U !« 

tiMoi^ piMis liws 4e toolt tttrvtilliiicti, abonioMt ^ lior 

AgigMBiMt d« MnMalMD fli de RbodM, et i^n^propritMit 

lost (M piriiB dn mirwiMi Ob onit wtBuUkw k tea abu an 

rMffnrr am fund afria o ia la i^ das UeM; Malt 

IrieaMI CM fB«etlfliiaaiN8 Npvdirail aoBUBekor prapriMtf 

MfHlaw •MwAm aoai6 aanMiiB«Mp<^ UakMfilM 

flafri! ^ Ciaaiia eaafla radnJafatraHoa da abaqua pr^ 

oqploMra4 om aliayaUart ftfoaaMa li U laUwiUdtt rnaarii. 

ia Mo4 fd U aboaa abaas^rail t dM^na pafeeiilDreiia a'a^ 

peU rawtmiififia^ et fonsa uoa patita eoiMMimnU, 4|ai 

raeavvit qaalqaaa Boviacay al a« aarviae da laqvaMa an alM- 

laiMB dIM attaoM. KadminintraliaB dea coaimaiidariea M 

Ba«fi<< k 4'aMiaBi ab«faliani aanma laMte, maia la t^ 

icnr ttvait •• mniM autaat dc pirt qna ranciia— rtd da aar- 

4 «aa pnMtioM d^anplota luenlife, gui n'^laiaDt ja- 

MDiMa b iMffdluMd. La titelaiit, aprte dnq aM de 

dAall m ^nH 4b m j^inmikm paaroManir 

coamMBda tie da piM yanda ndew. 11 7 an atait 

k Mtfli 4ea wvaBoa dUit r^acfvte aa pMdHBalke alfer- 

Ml mie pBrtie de la Mita ahila; 3» caUas ^i ^takid aoB- 

Maa aMlofliiaBiaDt 4 1'aaaSaMialdi a^callea da griea, qae 

le gnnd-mattre donnaH par apfiajpalkm ti k ma cboli; 

4* cattea dn Maokaanianl, aaaorddas 4 daa dMf aiien aous 

h aaadilioB da Taranr ao coowmui tr^aor uae aanma oob- 

ftme. ^4taAf m d'antraa toraws, un fdrilablebatt 4 tema. 

II y «fail Maai dea camMOiidaHM daaa let ordraa de 

OftlaUftTB, d" Aicentara, da Cbriat, da fiaiBt-fienacd, 

<a laial Aainina, rtn 

COMMAMIfiRlE ( Vin de la ). F^es QinBi. 

ajJlMAWMaPB, Qbavalier d\m drdra nOlHaire ou 

r, poufTB d^Ma ooDtiaanderie; aoBune il y an 

de If aUa» da MAl-Latara» Teute- 

M^mtf ale. Oa d^si^aa 4§alamaiit aiBsi^ daaa phitiaiin 

t^ HI grade » phis 00 moiaa ^ler^, pureoNot 

saadanr de la Liffoa d'HooDaur, da 

Choit, da Bain, dn MMte ciftt. On appalait aotrefoisMMr 

«OTdiHrt da fmihrg des eoddaintt q uea ayanl rordra da 

Saint-&prH. 

U trmnd Mmmamdmir ^ait la pienkra di^Mld de Tor- 
drade iMte aprte oeUe da framA-mttitrt. 11 ^tait pilkr 
(cM)da In hifni de Pro^enca^ al poofail 6m9Utir (poa- 
lalar> la pnnd-prknr^ da Hongrie. La grand-eommandeor 
#ait piMUanI nd du ecNMamoi tr4$Qr, da la chambr^ des 
eomptes; tl aomniaity sous Tapprobation du graad«niattre, 
lea offdan da cea danx joridlclJDna , oeax de riitfnnerfe et 
daMpae de 8 aint»Jaa B . 11 rMdait aa couvant, et n'an 
pintsii aartir pendant teat la lampa qtfil CTar^ait sa chaife. 
Le eomwunndeitr du ffm^ktf k Matte a?ait te sorinten- 
dsaee des grains et de tout ce qui ^tait relatif aox subsis- 
Lea pr^pos^ sous ses ordres se qualifiaient de 
dt in f^\U ammat uhrie. n fallait pour 
Ike kkua aa Hive de oo mmfljuli n r dana Fordre de MaHe : 
r kn da k nation dans k ekeanscrfipUan de laqneUe dialt 
k conunandark; 2* avoir kit des caraTanes, c^est- 
caosplar qnelqnea annte de senrice actif k MaNe, 
an for ks poJdras dt /a relipkm ; nnk savfint on dtfrogeait 
sccseiigenceadaaalatnk, snifant ka circonstanoaa et Fi- 
de Bom et de nakaanee. Les prdkk, ks eccl4- 
apdfta k rordra de MaNe, lea sap^rieois des 
BMkotts oonTtttneDes des Mathnrina et des P^asa de k 
■crsy ae qnalifiaiaBi da cmmnamdemrs. 
Oammtmdmtrdm OfWfBBlidailjadk on dastikaaqne 
lea aallfea, m qua knr soppoaaknt plntdt ks 



Lis llallandik appalknt go m wia B d eB Tf lea g^rants de 
nai aawptaka an Orknt, dansFlnde, enPaiieydansllk 
da Jmn, ata Laapknlenra de noa aa l o n k o an Ankriqae 
cnlitra nan wtfaaeuri do knw hstititkni, qnik 



aboiskseknt d'ordkaka parBH ks bknes, nnk qnelqnekk 
aependant paiui ks nigres. On a obsarfd dntenps de Vmr 
cknge <pM cas damiers ^knt las phia r^kooaa. Qnelkqaa 
£M, du roste, lenr coukor, ik aMrcaieBl ear ka noira on 

ponvoir despotkpia, na ks qoMtant paa ana Buanle, ka dTaa- 
lent de grand matin, viaitanl ka eases, BMttant k bek 
pamd les nigres s aa, aandidiant banunes et kaanaa dana 
ka cbaaipa, prasaant aans pitid k ImaH de tens, at 4 k 

BMiBdre kote y on nerf de bonf an aaaln , MMnnl ea paa- 
▼ra bdlail boUMk jaaqa'aa sang, jaaqa*aux os, aaitant 
raaprasaion alora an usage dans ks eolonaea. La sank 
craink dVariar k warrhandka da pknkur mtdtait an 
terme anx brotallka des comai«ndeMr5. 

De noa jooia, raoknr d'una foak da ronans da portik«i, 
asaeapan rerad, en sa qualUd d'ancien gae^n coiffear, daiy 
las quaalions bteldiquas, fit kngkmps prdcdder sua noes, 
sor ses earkade tisites et sur les eoaveriorea de sesin-#% 
da titra de coNMBmufaiir, qaoiqu*il n*apparttnt k aacane 
e$p6ce d'ordre de cbevakrk, pas mtea k T^peron dW. 
Pour que sa ¥anitd s*dMttnt k Tavenir da cetto uaaipaliea 
BoNikire, il kUut qu*un de sea aonfr6ri« de la Socidtd das 
Gens de Lattras Ini demandlt perfidement aa jour k m«i* 
bien de n^igres il oowtnrtait, et dans ^eUe coknk, afant 
de devenir k Paris Tane des gksres de P^ook kntakiste. 

CX>ifMAAII>EU& ( Baume du ). Koyea BAinoL 

COMMANDITIUkiBonuneaommaMdtflaanasocidtd 
conuBereaak compost de plasienrs indiyidasy dual lea ana 
fonmisaent da Targsnt et dont les auties donnent laor Ira- 
vail etkur faidaatrk ea eompaasaHoa da Pangent qu'ik na 
mettant paa an fonda. Lea pnoHeia s*appettant associds 
eommanditttires : leurs aomsne figureni point dans k rataan 
sodak; ik ne peuvent kirn aaean ack de gsattcni ni dtre 
employds pour ka aOUres de k sockk; nak ik ne sent 
paaaibks dea partea que jasqa*! eancnfranoa dea feads 
qu'ik ont Tars^. Lea obtigatkna at ks droik de raasoeid 
eomnnnditaira sent d^lennkds par ks artkl^ 93 et sai- 
Tank da Code da Oommeroe. Aag. Hvsson. 

GMf MEUN ( Jiii6aB), saranl hnprinear, nd k Douai, 
^migra, eorome buguenot, k Gen^?e, oil II exer^a son art 
josqu'^ ee qa*il eat dt6 appeld k iiaUelbaiil en qndltd ^ oon- 
aerratear de k bibliotbique de eetk vilk. inaqu'i sa morl^ 
arrivda ea I56g, il s'occapa de doaner de noavelks Mitians 
d*aatean greoa et klina, dont ik ratoyalt ks laxtas a!?ec k 
plus grand aoin sur les meUknta manaaeriky et qa^U aari*- 
chissait da notea oritiqaas. Ca soat aatloat ses ddiliens d^H^ 
liodore at d'Apollodore qai oat rendn son dobi edkbra. De 
Tbou ne Ta pas Jag^ indigBe d'oceuper one pkae daas sea 
Histoire. La plupart des ooTragea sortk dea presses da 
J. Oominelin portent aa ftoatispica ana figure de k Vdrik, 
aTee caa BMk : Ex o/Jktna Sonet Andreamm, 

COMMKLIN (kAAc), nd i Amsterdam, en i&M, appar- 
lenait aans doate h k mdme faarfUff . 11 eatautaur de diven 
oarrages relatifs 4 PbisUdre de k HoUande, entie aabnea d'una 
Beschriiwinge von Awuierdam^ poMk'e aprk sa mert par 
son fils (1693 ; 2* ^t. 1726). 11 mourut an 172A. 

GOMMBUN (JaAM), nd an 1629, k Amslardam, dont il 
Mdebefin, asortdans k mknevUle en 1692, se fit annom 
oonune profcsseur de boknique, et fonda dans oetta eapi^ 
tak an Jardin das plantea, dent U s'eftorQa de kire Tan das 
pbiabeaaxMMsscmaakdacagBBre. Ucoasacra ka Tingt 
demi^ras aandes de sa vk & composer da bane lirres, qai 
ont poksamraent eontribad aax progrte de eatie sakaae. 

COMMELIfl (Oopmid) , nevan da prdcddeat, nd k Jam- 
terdam, en 1667 , aaaodda k son anak daas sa aharge, et 
mourut ea 1761. Lai aasai il m^ta de k botaaiqae par de 
neaDbrauv el pr^cknx oaTvagaa. 

COMIIELINE, geare de pkntas rooaocotylddonea, 
ainsi nominden llionnaar de Oaapard Oommelin. Toutea 
ka aspdcea aaat etotfcptas; oa en compk siaq en Ask, 
den an Aftiqaa el akq en Arndftqua; loalea aoni das 



t24 GOMIIELINE 

lierbes. Elles oat poor cartct&rM gte^riques : oalioe de 
trois folioles ovales et concaves; trofe p^Ules, dont Pan 
est dans qnetqnes espteet plus court qne les deax autres; 
trois diamines liBrtUes » dont lea anth^res 8ont oUongpes et Ta- 
cOlantes, et trois filamentsstMes, dont chacon soutient trois 
pelites glandes; on ovaire sopdrieur, arrondl, chaig^ d^n 
style reooorM, 4 stigniate simple, pencMoa en crochet Le 
fridt est one capsule (et dans one senleesptee one bale) tri- 
loculaire oontenant trois seniences, si aacone n*est averts 

Qnoique ces plantes appartiemient en gte#al k des con- 
tra plus ctiaodes qne PEarope, 11 en est qui poorraient 
supporter le climat de l*Espagne, de lltalieet mdme de la 
France m^ridionale. Telle est celle que Ton nonime com- 
meline commune, qui paratt originaire du Japon^ mais 
qui s'est anssi r^pandue en AniMque. Ses Aeors, qui rien- 
nent plosieurs ensemble dans une ro6me ieuille florale spa- 
thaote, ne se d^veloppent que successlTement, et dnrent 
peu. EUes out deux p^es dHili bleu magnlAque, plus grand 
que le troisitoe, qui est blanclt&tre ou d^m bleu pftle. Sui- 
▼ant KaempfeTy les Japonais en tirent une couleur k laquelle 
ce Toyageur donne le nom d^ou^e-mer; la proration 
oonsiste en une suite d'op^tions trte-fadles : on pMt les 
p^tales Mens avec du son de riz, on bumecte le m^ange, et, 
aprteTaToir laiss6 reposer quelque temps, on en exprime 
Pean, qui s'est charg^ de la mati^re colmnte. Ksempfer 
ne dit presque rien de Pemploi de cette mati^ ; si les tein- 
tmriers europ^ens Toolaient en tirer parti , ils auraient 4 
faire beaucoop d*essais; mais ayec le secours des chi- 
mistes ils iraient probablement plus loin que les Japonais, 
et s^enrichiraient d^un Ueo plus bean que ceux quils pro- 
dulsent actuellement. 

Outre Pespteedont on vient deparier, H en est une autrequi 
m^te quelque attention; c*est la commeline iuMreuse, 
originaire des htotes montagnes du Mexique. Ses radnes re- 
orient peut-^tre, comroe la pomme de tenre , une substance 
aHmentaire, qui ijooterait 4 nos ressources contre la disette. 

Le genre commeline a serri de type k la petite famille 
des eonmUUnac^, Stabile par R. Brown et adoptee par 
tous les botanistes. Ferrt. 

COMMEMORATION, CONMl^MORAISON (en la- 
tin commemoratiOj UM de la proposition cum, et du verfoe 
memini ou memorari, se souvenir ). Le premier de ces mots 
est un terme de liturgie dont on se sert en parlant de la 
mtoioire que l^JtgKse USi d*un saint ou d*une sainte ; le se- 
cond s'emploie partlculirrement tat parlant du jour des 
roorts. L'abb6 Bergier, qui ne faitaucune distinction entre 
ces deux mots, en donne la definition suivante conune leur 
^ant commune : « Souvenir que Ton a de quelqu^m, pri^ 
ou cMmonie destinOe k en rappder la m^moire. » U se- 
rait peut-^tre plus juste de dire que le mot comm^mora* 
tion indlque le souvenir, la m^oire, la mention que Pen 
garde ou que Pon fait dHme personne ou d*une chose, et 
que le mot eomm/^moraiton est un terme de liturgie qui 
Indique Poffice on les pri^res que l*£glise fait ou dit en 
mimoire de ceux qui sontmorts. 

La Commemoration des Mortt est une fftte qui sec^^re 
dans I'^glise le second jour de novembre, en m^oire de 
toos les fiddles tr^pass^, etqu*on appelle aussi le Jour des 
Tr^passis. « C'est saint Odilon, abb6 de Cluny, qui histitua, 
dit Pabb6 Fleory, la Comm/hnorakson gOnOrale des trOpas- 
ste, dans le ons^toe sitele. On raconte diversement la r6- 
vAation que Pon dit y avoir donnO lieu. Void ce qui m'en 
paratt lephis vraisemblable. Un pieux chevalier revenait du 
p^lerinage de Jteusalem : s^^tant egar6 de son cbemin, 11 
rencontra un ermite, qui, apprenant qu'il Otait des Gaules, 
lui demanda s*il connaissait le monast^ de Cluny et Pabb6 
Odiloo. Le pMerin ayant dit qu*n le connaissait, Permite 
faii dit : « Dieu m*a fait oonnattre qn'il a le crMit de d^ivrer 
les 4raes des peines qu*elles souffrent en Pautre vie. Quand 
done vons sera de i^tour^ exboriex Odiloii et ceux de sa 



— GOMMENDB 



oenmunaatO k eontinaer lenn prlires et kofs aonAnea 
pour lesmorts. » Nouaavons le dtoet faitli Cluny ponrrfBt- 
titution de cette solennite en ces tennes : « 11 a ^ ordonn^ 
parnotrep^domOdloD,du oonsentement ei 4 laprttra 
de toos les frftresde Cluny, que comme dans tootes les eg|i> 
ses on cdMMPe k IMe de tous lea saints le premier jour de 
novembre, de mteM chei nous on eO^brera solenBeUemeBt 
la cofum^moro^km de tous les fidMes trOpasste qni est M 
depois le oommencement du monde Jusqu'lt la fin ea oette 
mani^. Ce jonr-lk le diapitre, le doyen et les oeilevien 
feront Paumdne du pain et du vin 4 tous venants, et fao- 
m6nier reeevra tous les restes do diner des fr^res. Le mtee 
jour, aprte v^res, on sonnera toutes les docbes et on 
cbantera les vdpres des morts. Le lendemaiB, aprte ma- 
tines, OB sonnera encore tootes les docbes et on flva Pof- 
fice des morfs. La messe sera solennelle : deux frteea cban- 
teront le traU ( esptee de vereet); toos ofiriront (iroirt k 
Poffierte) en paiticulier, et on nourrira dense paovres. Nous 
voolons que ce d^ret s^observe k perpOtoiti, tant en oe 
lieu qu^en toos ceux qui en dependent; et si qoelqo^na salt 
Pexemple de cette institution, H partidpera k nos bonnes 
intentions. » Td est ledtoretde Climy. Cettepratiqae pnssa 
bientdt 4 d'autres ^ises, et finit par devenir eoaunnne k 
toute P^glise cathoUque. 

L'abbe Bergier dit que d^ les premiers siteles Posags 
s^etablit de fiire dans les assembles chrMennes la eomum^- 
moralion des martyrs, le jour anniversaire de leor BMHt; 
ce que les catboliqnes regardent comme un tteoignage do 
culterendn aux martyrs, tandis qne les protestantsaoutien- 
nent qo*il n*y a dans cette coutume ancune marqoe id ao- 
cune preuvede cnlte. Edme HIebao. 

COMMENCEMENT (de la parlicnle cum, et^ Tcrbe 
initiare, initier). On entend proprement par ce naot le 
point de depart de chaque chose, la premik«eboae teite eo 
k faire. Dans le sens phUosophiqoe, H est synonymo de 
naissance, principe. La erainte de Dleo est le commeiice- 
ment de ia sagesse. On dit dans le mteie sens qoe Dieo est 
le oommencement et la >ln de tootes choses, comme on 4iit 
dans le sens direct que Dieu n'a point eu de commeiice- 
menl et n*aura point de^n. 

Au commencement, dis le commencement, felons de 
parler adverbiales, employ^ poor marquer le dAwt d*ane 
chose. Au commencement se prend aossi das on sens 
absolu : Au commencement, Dieo crte le dd et la terre 
(Genhe, i, l); Au commencement ^talt le Verbe; ft teit 
en Dieo, et il ^tait Dieo (S. Jean, i, 1 ). 

On dit proverbialement qu^il fant un co mme nc c me i i^ poor 
avoir une^n. En toote chose, dit-on encore, les 
cements sent les phis diffidles. Ce n*est pas ce qoe 
le Petit-Jean des Plaideurs qoand il dit : 

Ce qae je sau le mieiix , c'est moo commencement, 

Le mot commencements , ao phuM , s'est pris dans le 
sens de premieres le^ns, premieres bistroctions, qoe Torn 
donne oo qoe Pon re^oit dans qndqoe art oo dans qodqoe 
science. De Vk aussi Pacceptlon particufi^ donn^ au qua- 
lificatif commen^ant, dont on se sert conununteeBt poor 
d^igner les enCsnts qui apprennent les preaders dteenta 
dHinc langue ou d*une sdoioe qudoonqoe. 

ChariU bien ardonnie commence par 9ok-mime dit an 
proverbe ^olste, et fort peo chr^tieB , qoi ca ra ct <rise p»- 
Mtement notre temps. 

COMMENDE (do latin eommeiutere , eonfier, Mt 4e 
memdare oo mandatum). On entendait originalreawnt pnr 
ce mot la garde, le d^pM, le regime et Padndnktratian doa 
revenos d'on b^n^fice qu'on donnait k on sdcnlier poor 
en jonta* par ieonomat pendant six mols^ oo 4 bb ^vltqne, 

voire 11 on sin^rfe ecclMastiqoe, poor y rempUr les fsBdOona 
pastorales, en attendant qu'on en eOt poorvo no tilBkdre. 
Ob pr^teBd que ce liit le pape Lten lY qui drigpM den 



^ 



GOBOfENDE — 

oitwcmfaf, m ttynm to eccMriirtiqucs chass^ de lenrs 

b6ittoeiparte§Sam8iB8.0nleorcoiifiaitlt gwrde etrail- 

aiMilntioades ^glises Tacantes. Saint Gr^ire» dtt-on, 6o 

aiatt Bi^ de mtaie pendant que lea Lombards dtelaient 

nialie. Soot te roia de la denxitoie race, il Ait ftil im 

abo8 criant diteommendes; on alia jusqn^li donner des re- 

TOMde Monatttoes 4 des laiques pour les faire snbsister. 

La pr^ata anasi 8*adt}iig^rent phuSenrs b^t^fices on 6y6- 

eWiei eommemde, prdtexte bonnftte poor les retenir tons, 

saw Tioler directeoMnt ks canons. Plus tard, on fit dispa- 

laBre me partie de ces abas, mais on ne put abolir ab- 

sahmieBl la commodity et Tnsage des commendes. C'^tait 

« eiptfieni qa^on tenait toijours en rterre pour lever 

riBooin|MtilMfil6 de la penaaoe avee la nature du bto^ce. 

Ea Fiance, le nom de commende se donnalt an titre de 

bte6fiee ifoe le pape acoordait k on ecd^siastiqne nonun^ 

par le roi k one aU^ye r^i^re, avec permission an coit^- 

memdaUttre de dispoAer du firuit du bte^ce pendant sa 

▼ie. On ne poavait donner en commeiuie un b^n^ce k 

change d^imes, c'est^^-dire une cure ou un ^vteb^. Com' 

wtaider, e'^tiit donner un bto^ce en commende, droit 

apparteoant au pape seul, qui ne pouvait refuser un b^ 

ntfce aprte trols collations en commende, L*abb^ com-^ 

mendataire ^talt oppose h Tabbi rigulier; il n'avait pas 

loos les priTil^es du titulairey et ne pouTait, par exemple, 

exereer le droit de discipline int6rieure ; mais il jouissait 

de tons les droits purenient bonorifiques. 

CmHENSAL ( du latin cum, avec, et men^a, table), 
cehn qui mange habitaeUement 4 la mtaie table qu*un au- 
tre ; cdai qui mange habituenement dans une nuison, qui 
y a SOB coovert mis. Jadis, dans un sens plus restieint, 
i» eomniensaax se divisaient en deux classes : 1* les offl- 
eten de la cooronne, ou maison du roi, qui ^taient coti- 
dU$ sor oe qu'on appelait V6tat du rei (la liste civile ) ; ils 
^CaieBl exempts de tutelle, de logements de gens de guerre ; 
iispoiivaieiit fidre valoir une ferme de deux cbarrues saos 
ps^er la taille; leors gages ou traitemenis dtaient insaiais- 
s^ks; lescommensaux avaient encore le privily de por- 
ter, snifant leors convenances, leurs procte ou aux re- 
qiikes dePhMel ouau palais; 2° les officii domestiques des 
royales, qui avaient, comme les oflQciers de la cou- 
., bouehe en oowr ( convktores ), et jouissaient des 
privileges; on comprenait sous cette denomination 
de maiMmf fosfo^ celles de la reine, des fils et petits-fils de 
Fraace, des princes et princesses du sang royal qui etaient 
eoiicfaes sv retat du roi. Les commensaux des Mques 
etakiit des ecctoiastiques attacb^s au service des pr^lats et 
k learpersonne, qu^s fussent ou ne fussent pas nourris et 
1096s dana le palais Episcopal. Dofey (de ITonnc ). 

CQMllEFiSURABLE. Ce mot se dit de deux gran- 
denrt qoeleonqoes qui out uneoMsanre commime ( en latin, 
eoBMnoiis mensura). Ainsi, deux lignes, A et B, dont une 
annit sept mMres de long et Pautre quatre, seraient com- 
measDrables, poisqne chacune d'eUes contiendrait le me- 
tre nn nonbie de fois exact et sans reste. Deux surfietces 
aont eoauiienBorables lorsque leur superficie est equivalente 
k ccQe d'one autre sorfiice nraltipuee un certain nombre de 
fois, et qoe Ton prend poor terme de comparaison; dememe, 
dsBx solidea 00 volumes sont commensurables lorsqu^ils 
(wtienneiit ui autre volume un certain nombre de fois 
MM reile. Ainsi mie sphere et le' cyUndre qui lui est dr- 
eomcrit sool commensurables. Par opposition, les grandeurs 
atre lesqncUes fl n*exisle pas de commune mesure sont 
^ktimeommensurables. TsrssibiRB. 

QOmifiNTAlBE, COMMEMTATEUR. Dans Tusage 
habihMl, commeit^oire veut dire interpretation, glose, ad- 
Mom qn'on &it k un auteor obscur et difficile pour le 
mdre phis intelligible, plus dair, pour suppieer k ce qu*il 
u% pas liien explique ou 4 ce qu'tl supposalt etre connu 
d^ de see lecteors. On appeUe commenkUeur recrivain 



AIRE 



125 



qui slmpose cette tAche. Le satirlqne Pene est on poete 
obscur, qui a besoin de commeniaires, lUJgre lous les 
commen/aires qui en ont ece flits, TApocalypae est toi^loors 
restee inintelligible, d*autantplusque la plupart deces falter- 
pretations auraient elles-memes beeoin de oommen^olret. 
Savileus a lUt un commentaire de 2,500 pages fai-4* pour 
expUqoer les buit premieres propositions d*Euclide. Les 
meilleores lois sont celles qui ont le moins besofai de com' 
mentaires, De la lecture du chap. 1*' du liv. Vl de VBs- 
prU des Lois on pent Inierer cet axiome que phis y y a 
de iiberte et de moderation dans une monarchie, plus les 
eommentaires sor la legislation se multiplient 

Lors de la renaissance des lettres, les commen^o/etirs 
tenaient le premier rang dans I'ophiiiMi. Combien ont ete 
utiles a la Jurisprudence les commentoiref de Cujas, qui, 
publies sous le titre de DMsions, avaient force de loil A|Mnes 
lui, Loysel, son disciple, puis La Rocheflavin, auteurdes 
Commentaires sur les Fii/s, ont ete regardes comme des 
oracles. Pour les auteurs grecs et latins, que de comtnen-' 
tateurSj dMnierpretes, de glossateurs , de paraphrasCes pa- 
rurent depuis le milieu du quhixieme siede ]usqu*& celui 
de Louis XIV! Casaubon,Juste-Lipseet Joseph Sca- 
liger, qui furent appeies les iriumoU's de la repuMique 
savante, meriterent en efTet ce titre par rincommcnsurable 
science de leurs commeniixires. On Ittdans le Longueruana 
que des le temps de Joseph Scaliger la science des com- 
mentateurs comment k decUner. « Joseph, dtt-il, du 
haut de sa guerite, en voyait la ruUie, et I'annon^ 4 
Casaubon, ^ en a ete temoin, comme plus jenne que 
hii. » Le siecle de Louis XIV n'a pas poll les comments- 
teurs, et BI^ Dacier, pour laqueUe M faiveote le mot 
commentatrice, oonnaissait mieux les usages de la oonr 
de Priam ou d^Agamemnon que k politesse fran^aise. Par 
compensation, les commerUateurs, si prodignes dln- 
jureA envers leurs adversaires, ne sont pas mohis exageres 
dans les tioges qulls adressent 4 cenx qui pensent comme 
eux. Les superlatifo ne leur cofitent rien , et les savantiS" 
sime , les illustrUskney les ektr iu ime, se trourent 4 tout 
propos sous leur plume, lourdement adulatrice. On a rq[>ro- 
che encore aux commentateurs d^expliquerles legeres dif- 
ficult de leurs textes, et de passer par-dessus les grandes ; 
enfin, d^avoir une adinfavtion aveugle pour leur auteur. « H 
arrive d*ordinaire, dit Saint-£vremond, qn^un commenta- 
teur se consume k supposer k son auteur des beauttek qooi 

il n*a pas songe, et k Penrlcbir de ses propres pensees 

Bien sonvent les commentateurs entassent une litteratme 
mal choisie, quine sertqu'it fatlguer les lectenrs, et s*amn- 
lent k prouver des dioses qn*il vaudrait mieux i^iorer eter- 
nellement que d'avoir la peine deles lire. »— « Les commen- 
tateurSf i^oute La Bru]!^ rebntent, parce qu'ils sont trop 
abondants et d'ordhiaire charges d'nne Taste et Cutueose 
erudition. » 

L^auteur de Gil Bias, qui a peinttoutes les scenes du 
monde avec une ironie tovjours juste , n'& pas non phis 
manque de traits sur les commentateurs et les coinpila- 
teurs. « 11 etait aussi grand comtnenlo^etir, dit-il , et il 
y avait tant d'erudition dans ses eommentaires, quil fiii- 
sait des remarques sor des choses qui n'etalent pas dignes 
d*etre remarquees, etc » F4 aiUenrs, aTee qodle fine plai- 
sanlnrie il ridiculise, tout en paraissant le preconiser, oe 
bon maltre d'ecole d'Ohnedo : « II possede Pantiquite, 
comme on peut le voir par les belles remarques qu'il a 
frites. Sans kd, nous ne sanrions pas que dans hi vllle d'A- 
ttienes lesenfimts pleoraient qnand on leur donnait le fooet : 
nous devons cette deconverte k sa profonde erudition. » — 
« Les commentateurs, peuple superstitieox, dit Fonte- 
nelle, admirent toutes les expressfons d*un auteur quils 
ont dioisi poor Tobjet de leur culle. » C'est afaisi que 
M"** Oader ne Toit que des beaotes dans Horoere; sem- 
blable en ceU I cespeiaiilf ^rudUs dont parte D*Alembert, 



lie 



COHlffflfTAIfiE 



« qoi amuMt wttam li MMlit si Chiptfiia r»fiH totte 
U y a trois mllle aoa «. Mtota kd-ntae n'a pit 4M 
eMHpl de e«He MqMrtfiUoii. « PcMtHm lire, dtt k m^me 
crHlqae, rl«a de pl«s rMieale qm son comm«filolr« mr to 
premie adade Pisdm, ct Mt effortopour tia f C fl Ut en 
sabUnio le mteiie btzarre que la pa^ greo ftiM dass la 
mtaie a^rophe de Tean, de Tor el da soMI atec lea Jeux 
olymplqaesT 91 Pemnlt on ObapelalB aTaient Aift ime pa* 
rdUe atrdpha , quelle mati^ de plalsanterie ila enmeiit 
fiMirnl an aatMipiet » D'Alemkert a'aimait paint la com- 
meniateurs : e'eit eneore tui qui a dtt d'eai : « Uoe Mule 
esptee d*6critaiM m'a pani poMMer urn boahaor sais Ireo- 
Ma, o'eH oeile dea eompilateun el eommentateurt , labo- 
riaii86Meiit oeeop^a k eKpliquer ce qa'Us n'eatetdent paa, ^ 
loner ce qu*fli M aenlMit peiBt» on ee q«i M mMte paa d'Mre 
lon^ ; qui poor afoir pAli aur randqait^ croleni partidper k 
aa gloife, et fongfaeeat par modesUe dea ^logea qu'on lul 
dome. J*eDvlania le Men-Mre doirt ila iooineirt , a'H w^HaH 
pai ftmd^ ior la sottise et rovgoett ; mala oe genre de Mil* 
cM me paratt trap Me^ ete. • D'Alembert, enRn, Teet-il ae 
ddbndre d'accorder trop #^logea k VEsprit dei LoUF 
<* Nous ne Tookma paa, dtt-il, foliar Id le r61e dea c^m- 
mentatmn d*ltoai^. • 

Lea eommemUdeun 0*001 pas ooo plua tronr^ gr6ee de- 
mit k grave auteurda VB$sai $ur tEntmklemmi humain, 
« A quo! ont aerti , m denande Loeka, taut de eommm' 
tttkres et oontioTersea sor lea loia de Men et des bommeSy at 
oe n*eat k an fandra le tens ptafe douttat et pins embar- 
nee^t Oombian da diatinctlona eurieuaea mnltiplMea sana 
fin, eomUan da anbtfUt^ d^Meataa a-t-00 tntenMes! Et 
qn'ontrenea pradnit? De I'obsemft^ et da llncertitnde, en 
mdant lea mota plua Inlnlelllgiblea et en d^payaant daran- 
tai^ le lecteor. Bi eela n*aatt, d^o<i Tient qn*on entend si 
fadlement las prinees dans few ardrsa qn'ils donnent de 
boaeba 00 par ^efft, at qoHs aont si pen oempHs dans les 
loia qu^ila prooulgaenl poor lenra peuplesP Et n*arrite-t-il 
paa aowent qo'on bamaw d^nne capadt^ ordinaire, Hsant 
on paasage da fAerilare 00 nneloi , l*Mend fort Men, joe- 
qo'A ce qoH ait oonsoM on tbfologien on an avocat, qni, 
aprte aToir enipb>3P6 beracoop de tanpa k cmmmei^Hr oet 
endrolt^ felt en soria qoa lea mots ne slgntilent rien da toot, 
on quila aigniimt tout ea quMl lul plait?* Dans les Utires 
Ptr9omn^ toote la cent trentifema est oensaerfe k un badl« 
naga, plain da Joitasaaal d'aspril, aov lea eommenftKenr^de 
r^criliira, li nomtareux, el qoi poortant n*ont rien expHqu^ 
poor qnl n*a paa la fbl. Dms la lettre soiTante, granunal- 
riana, glossataora et commentateun litMraires, ont leor 
toor. A Toos caa gena-lk, dammde Rica, ne peuvanl-ils paa 
se dispenser d^aveir do bon aens^ Ooi, ils le peuTeat, et 
mteie y n*y paratt pas, leora ourrages n*en soot pas phis 
manvsis; ce qoi est tr^^-conunade panr em. » 

Ces critiques, toujours sCkres d^^tre bien accuelHies par lea 
gsns do nwnde , ne dimfainent rien des Immenses services 
qna la sdeaoa dbs commentatetifs a rendos k rbistofre, k 
la religion, k bi Jnrisprudenoe , k la phttologie. L'ibb^ Her* 
^, dans son iHei^mnmire <fa Tk^le^e, se montre trop 
abaohi contra lea cofnman/a/eifrs proteatants , qoi petrrent 
loi r^rqoer nnepartle de sea argiwients. Poor apporter son 
tribiit dans la croisade anti^peiigieuse dn dix4MM«oie siSde, 
le grand FrM^rlc a compost^ les Ccmmentaires aposto' 
U^a et tkMofft^es sur lea eMnies propMties de Pan- 
t9ur sacri de Barbe-B$eue. GamMen n> a-t-U pas de 
cemmentairee die ce genre dana lea puMieations do pbikv 
sopba da Femay? Maia Boaaoet, dans ses oontroverses 
snr lea sitetas Stores, Bayle, dans ses tn^nisablea indi- 
caMona snr ploaleorsmilliers de passagea, Montesquleo, 
dana son J^i^riTdas loto, ne aont-Hs pas de grands et utfes 
cemmentuteuri f Voltaire ne s'est-il pas nontr^ qud- 
qoefois bien s^v^ dans son Cemnnentaire sor Comeille? 
£n rteompanaa, qua de cbaril^ envera lolHntaie dans aon 



Commentoira Aiffnfifffa sor ses propi«a «Nmaa t Le O^ 
menMre de MoH^ par An ger est on ootrAge trda-dis- 
tingo^ dans ce genre. Les Commenttdree do cbevdicr de 
Vnlavd anr les baUilles de Polybe ont Jooi d^ine bnuta 
ri0pulatton. Lea 6radHa d*Alleniagne <Mit di^als le dernier 
sIMe donn4 k I'art do eommentedeur ce ciract^ dmi- 
nenunent pbilosophiqoe qoe Ton retronre dans qodqnes- 
ones de nes MHfons de classiqties. 

Le cemmentahre , qui, ainsi que la g Ivse^ etprime des 
interpr^tions 00 exi^ieatlons d'bn teste, dfTIi^ de son 
synonyme en oe qnH est Htt^ml , pins Bbre et nolns scm- 
pulenx k if^carter de la lettra que la glose. 

Le nMt cemmentdh-e , pris dans one sIgliMcatioti tont 
k fait latfaie, s'applique k un caneras d'litstoire, k des m^ 
moires rapfdement Merits par cdui qoi 7 a eu la phis grande 
part. Plutarqoe appelle les CiEmimen^tfiret de C&nr des 
^Ifh^m^des qoi foantissenf le fond et la matl^ k fhis- 
toire. Les Commentaires de Bhise de Montlne ont M 
longtemps le brf rialre des bommes de goerre. Cfc^ron dit 
quelque part : « Ce n'est pas un df scours, e'est one table 
des ma6^res , ou un eommentaire un pen mohis sec. » On 
a parfbis d<onn6 le titre de commentairei k certains livres 
compost snr un sujet particulier. Kepler, par exemple, a 
public les Commentaires de Mars, qui contiennent tea oIk 
servatiotts des monrements de cette p1an6te. 

Commenttttre se dit encore d'une interpr^tlon maligne 
donn^ aux discours on aux actions d*aotrui , on des direr- 
ses Flexions que cbacun Ibit k sa fantaisie Sur les actloBs 
d'autmi. On appelle enfln eommentaire une addition fkite 
k one bistoire, k un oonte, par cehii qui le nipporte. 

Cbarles Do Rozoia. 

CX)illf£RAGE* Le comoi^rage est on melange dc 
petites Indiscretions, de petites platitudes , de petftes perfi- 
dies. II est te plus commun^ment destine k a^r sur un grand 
fond d'oisfrete ou de malrdnance. Lorsque la calomnle s'y 
in€le, le conmn^rage prend alors la gravlte de beaucoop de 
conversations. Longtemps on a vonlu foirc du comm^rage le 
roonopole de la portiere; mais les gens du peupte jonissent 
de pen de privil^es : le comm^ge est k I'osage des dasses 
les plus aristocratiques. II y est moins original, k cause des 
formes convenues , mais voiGi tout. Lorsque les gooveme- 
mentA fnterdhient Tusage de la parole, le commdrage sVJ^tp 
jnsqn'A une certaine importance politique. La discossion se 
rabat sur les petites choses, de mani^ h take aotant qoe pos- 
sible souvenir des grandes. Le comm^rage afors remptkce bi 
discussion , comme fagfbtage remplsoe le travail. 

GOMMERCAIfT* La toi emploie souvent dans le m^me 
sens les mots nigociants, marehdnds, bana^1ers 
et commerfants; mais ce dernier terme est te |Aus etendu : 
c^est une denomination generiqne qni comp r e n d tootes les 
aotres. L*artide l*' du Code de Commerce qnaOfle deoom> 
tnergants « toos cent qui exereent des actes de commerce 
et en font leur profession babitueHe. » Cette definition est 
compietee an Hvre iv, titre n du mtoie Code, par renomf- 
ratton des actes r^potes commerciaux. 11 est fort important 
de Men connattre cent que Ton doit consid^rer comme tela; 
car tootes les contestations qui sy rappoftent sent do res- 
sort de la juridiction commertiale, etla contra into par 
corps est en general attach^e aux obUgations qoi ont dtt 
actes de commerce pour objet. 

Un acta est oommerdal ou par sa nature 00 k catise de 
la qnaKte dea personnes qni fignrent dans one op^ntiott. 

Lesdc^ commereiati^/Mnr lettr nature sont: 1*" tout 
achat de denr^es et marchandlsea pour les revendre, soft 
en nature, soit aprte les avoir travaHMea et mtses en omi- 
vre, ou mtaie ponr en loner simplement IHisage ; a* toote 
c nti epri s e >de manufacture, decommission, de trans- 
port par terre et par eau; S* toota entre pri ae de foonri- 
tores, d'agencea, bnreanx d'afftures, etabUsaement de vcntna 
IrPenean, de spectacles pobllea; 4* tonteoptation de 



coMMmciAsn 

€il%B^^ MIA^B6 fn CWHi^^y CA lINllBS feS tfpQMnOlH MB 

IwMiiMB pubKiiaes; les lettres de ehange on remises 

dTvgal bileft, de place en place^ entre loutea personnes; 

5* tovfe cutfc^riae de ooBSinictioii et tons adn^, Tcntes el 

M i uim de Mthnents pour la naTlgitioii i]it6rieiire el et- 

Uriemt; e* tootes etp^Utloiis Biarithnes; 7* foataelutt oii 

torte d'agrts, apparatnc eC aTitaillenieiiis ; 8* loot afBr^ 

tenest on Deli9»MiieBt , emprunt on prCI h la grosse; 

fsolea a asn ranc es et autves eontrats eoncernant le eom- 

iMrce de mer ; 9* tous aeeards et comrentlons pour sataires 

d toyera fifiqatpages ; 10* tons engagements de gens de 

mv povr le aeiilee des MUments ^ eonunerce. 

SoflA tdptfMs Mfet de commerctpar la quality des per- 
fomus: 1* Teatea otUgatioBs entre B^godants, niardiands 
et banqiuers; 3* toes Mllets, mftme non n^goolibles, sous* 
erits par vri eomnaer^t; )• tons billets soiiscrfts per les 
leue PW tfg , payenrs, perceptoars et aotres comptaMes des 
deaiers pabKes, si ees Mliels exprlnient que leur cause est 
^fraog^ k lear gestfea ( art. esi el salvants da Code de 
Oamfiwwe }. 

n B> a que les dioses mobHl^res qui pnissent devenir 
Fot^at d'on aete de commerce; d'aprfts nos codes, les hn- 
w m mbies ae rentreat pas dans la cla»e des objets commer- 
ciaiis. Tout oe qui est immoblHer est en deliors da n^goce. 
FoarcofKlttuef on acte de commerce, fl foot qoelesmar- 
diaBdbes et dear^ afent M achette arec Ifntention de 
las re? eadn^ ,ttaisde telle serteqtiela reTente de ces mar- 
sdlt rbbjet principal d^efop^ation. De \h 11 rteulte 
rar^te qai achiMe one tofle, qo'H reTend ensoite, 
aprte en aToir fait on tableau, ne foil pas on ade de com- 



— OOMMERCE 



IJ7 



Poor €ti«eommervant, il faut done habituellement aeke- 
Ur pomr revtndre des objets mobiliers. Si le ftdt d*ache« 
tor pear revendre n'est pas babKoel, il y a acte de com- 
Merct, mais le eommer^ant n'eniste pas. De \h nne dis- 
tfaetkai nCeassaire. Tontes les operations du eonmier^nt 
ktMwsl, cetfHbe emprants, Tentes, caotioniiements, sont 
prtiBB il iea aeeempUes dans Unt^rM de son commerce; les 
oMigalioBB da eommer^ant aecidentel ne deriennent com- 
BM:rdalea que lorsqn^ est proor^ qu'elles ^talent inli^- 
leatea ^BB aete de commerce. Dhs lors run est gto^r&Iement 
jasHdaMe des trfbunanx de commerce ; Pautre ne Test qa'ex- 
eepUomwHemeot. 

Poor €tre cornmer^ant, il sufSt de jouh- de la capacity de 
eoBtracter. TeHe est la r^le g^n^rale; mais cette r^e est 
restrelnto par plasieors exceptions absohies on relatives; 
les ones soat fondto sur rincapacit^ de contractor de eer^- 
fatoes personnes, commc lesinterdits, lesmineurset 
les femmes mari^; les antres reposent snrllncompa- 
IHiiHf^ admise de certaines fondions arec Feterdce du com- 
Bwrce. Ainsi ne pcuTent Hre comroer^nts : 1® les magis- 
trals ( ^dtt de 1765 ); 2* les avocats ( ordonnance du 20 
BO f emlire 1S2) } ; 8* les agents de change ( Code de com- 
BMree, article 83) ; ^* 1^ fonctionnaires, les agents du gou- 
Ternemeat, co mma nd a n t s des divisions militaires, les pr^fets, 
asas-prdists, si ce n'est k raison des denr^ produites par 
tears propft^tt s ( Code P^nai, article 176); 5® les officiers, 
lis aAaiaidtrateors de la marine et les consols en pays 
ftiBgera ( lai do 2 prairial an xi ). 

Teat mhieiir ^nandp^ de l*an on de Paotre sexe, Agfi de 
fc-MI ana accomptts , qui veut profiler de la ficutt^ que 
Waeeorde Farticle 487 do Code Civil, de faire le commerce, 
as peat en eommencer les op^^tions ni 6tre r^t^ majeur, 
qanl aax engagements par loi contractus pour ftiits de 
eoMMree, sH n*a 4A6 prialablement autoris^ par son p^re, 
sa par sa m^fe en cas de d^c^, interdiction on absence du 
pile, oa, id^finit do pto et de la m^, par une dflib^titlon 
di coBscU dt ftonflte, homologi]^ par le tribunal dvH ; Tade 
AulMisafkMidoH en ootre 6tre enregtstr^ d afflch^ an trl- 
boaal de eonunerce do Heo oil le mineor reot dabllr son 



doBlciie. tA ftmtoe BOpeal Mre mardiaiide poMlqae sans 
ie eonsentement de son marl. 81 elle est marehande pobli- 
qne, efle peat, sans TaatorlsatioB de sob mari, s*obHger 
pour ee qot conceme son n^oce, el dane ce cas die oblige 
aosd son marl, sH y a eommonaotft entre eax. 

Toos les ans, le pr^d choisit parmi les commer^ants one 
lisle de neMles qui nomment les membres des tribnnaux 
de commerce ddes chambres do commerce. 

Aug. Hussoif. 

GOMMEIICB (da lattn ctmmereHm, feit de merx, 
marchandises ). Le commerce a poor mat^ux toutes les 
prodoetions, soft cdles de la nature, qnH s'agit seulement 
d*extraire d derecodllir, soH oelles de la culture, appe!^ k 
preparer d k f6conder le cbamp od la nature op^re , soil 
enfin celles de la Urication, qui a manipu)^ les manures 
premieres pournetre service. Un peuple cultivateur, qui tire 
ses aliments de ses terres d ses vdements de ses trou- 
peaux , reste d'ordinane plus ou molns longtemps dranger 
i^ la premie division du travail, k cdle qui constitoe la 
flibrication d T^change des objets nsnels, comme des oc- 
copations d des arts s^r^. Les premiers agriculteurs 
fiibriquenl eux-mtaies les Instroments, les vases, les ca- 
baaes, les v6teinents, qui sufbsent k leurs besoins. Si 
qnelques Changes ont lieu entre eux , ces arrangements 
ont pen dimportance : c^est lorsqne sur one terre Tertile un 
labeor assidu a crM on exo^dant de produits , qoe le besoin 
de ddK>nch^ d le d^r de multip&er les^chaoges ap- 
pdlent cette ditiskm du travail, qui, en cr^nt les arts 
de la Csbricaiion d le g^ie do trafio, apprennent aux cul- 
Uvatenrs k rechereber ce qui rend la vie plus commode d 
leorlaissenl tontle temps aieeasalre pour augmenter sans 
cesse les produits snsceptibles de ftbrication d d'^cfaange. 
Ges progrk sont rapldes si le peuple agHede est voisin de 
la.merou d*an flenve. La proximiUS dim aotre people dont 
la sitoatibn favorise la navigation oovre aossi au pre- 
mier on dd>oudi^ commode. Ainsi, Ton voH dans I'anti- 
quit^ les Athddens d les Romains , apr^ les ^poqoes d'en- 
fonce de leors r^ubliqoes, exporter le soperflu des produits 
de leor agricottore. Voilft k» premiers dements do commerce 
pour les nations coltivatriees. Les bdiMces de ces exporta- 
ttoascr^entdesriches^es, qui enperfedionnantle travail agri- 
cole d ses instruments ri^pandent sories garrets one IMilit^ 
nouvdie. Ce fut ainsi qoe T^pte, la Sidle d i*A(Hquecar- 
that^noise d romaine devinrentd'in^isablesgreniers. 

Tel ed le commerce pnmitif appiiqntf k flMiange des ma- 
nures premiss, qni servent k la consommation de fliomme 
en sortant des vastes ddiers de ragricoltare. Les grains , 
les gratees, les radnes, les fruits de toutes esp^ces, les I<<gu- 
mes, leKn,lechaiivre, lahine, lesbofedechaolAigeoude 
construction, ids sont les produHs qne les peoples pu r ement 
agricoles Uvrent ao t^^^oce. Geloi-d s'eterce ou dans I'int^- 
riear do pays produt^inir, ou k Pextdieor. De Hi la distinc- 
tion entre ces deux genres de commerce : le commerce intS- 
rieur a poor but Vtehange des diverses necessity de la vie, 
d'abord entre ceux qni les produisent, ensuite avec cenx 
qni les fobriqoent; bientAt, ceux-d moltiplient les objets de 
coinmodit6 d d*agrdnent, d ce que ces objets ont d'at- 
trayant excite avec les d^sirs racnvH6 des produdeurs de 
manures premieres ; mais avec ce stimulant du travail ap- 
paraissent d^k en germe ce gotit du luxe d od amour des 
jooissances si difllcHes k contenir dans de jostes limites d 
si fiScondes en inspirations cormptrlces , dte quMls ne sont 
plos contenos. II semble qoe le luxe corrtmteur d llmpi- 
toyable cupidity soient presqoe inseparables de fesprit do 
commerce. Tootefois, tant que le goAtdes objets commodes 
d agrdables reconnatt des limites , tant que la simpHdte des 
moeurs renlierme dans les bomes d^m modeste comfort 
Paisance do dtoyen, d n'admd one sortede msgniflcence 
qoe dans lesmonoments poMics, le commerce int^eor, qq 
Tdchange entre les habitants d'un mdme pays des objets nd« 



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COBOfERGE 



oeeiairei, utiles et commodftf, prodoito par son agricalture 
etptf ton Industrie, constitaeiKMircepayiUricbease, dont 
It r^Murtition natnitUe, opMe par le salaire des trayaui et 
les profits du conunercey est aussi ^gale entre tous que le 
permet rin^galit^ des CkuU^ diverses, et par oons^uent 
la plus fkvprable au bien-^tre g^u^ral. Cette situation est 
pour une nation T^poque la plus Traiment prosp6re. Cette 
prospMt^ fit fleurir Ath^nes et Rome dans les temps an- 
dens, Milan, Florence, Pise, Sienne, Lyonet la ligue des 
Tillesdu Rhin, au moyen Age. EUe offire encore aujourd'bui 
un spectacle attrayant pour les Ames saines dans les cantons 
de la Suisse, et dans ceui des £tats-Unis de PAmMjue ou 
n'ont point encore p^n^tr^ la passion d*un lucre illimit^^ la 
l^redeTesclavage. 

Mais si la situation d'un pays ou d'une Yille lui £ut 
diercher Tabondance et la ricbesse uniqoement dans les 
profits du commerce extMeur, il est A pen prte impossible 
que la simplicity des moBurs et le goAt d'une bonn6te ai- 
sance, ces Tertus oonserratrices d*une ^galit^ proportion- 
nelle aux f^cnltte et du bien-^tre gte^ral , n'y cMent bientdt 
k cet amour d^sordonn^ du lucre, source de tontes les in^- 
galit6s Osctioes, de tous les genres de corruption , et com- 
pagnon de tootes les passions nuisibles. M^anmoins, tant que 
le commerce ext^rieur se borne k P^ange de demies et 
de marcbaodises ntosaaires, utiles ou commodes, contre 
dc» ob^jets de mAme quality entre des pays dont les produits 
difliirentB provoquent ce trafic qui doitdonner A Tun cequi 
manque k Tautre, chacun de ces pays s'enrichit k la Tois de 
ce qu*il cMe et de ce qu'ii acquiert Des besoins r^els sont 
satisfaits, et les progrte que fait faire ce commerce k Tagri- 
culture et k Tindustrie des peuples engage dans ce n^goce 
sont pour eux un nouTeau moyen de prosp^t^. Ainsi, les 
£tats-Uuis d'A