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Full text of "Dictionnaire de l'industrie manufacturière, commerciale et agricole. Par MM. A. Baudrimont, Blanqui aîné, Colladon, etc"

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V 







5 



-.^ 



^ 



DICTIONNAIRE 



DS 



L'IMDUSTRIE 



MANUFACTURIÈRE, 



COMMERCIALE ET AGRICOLE. * 



FAB-GLU. 



/ 



ASTOi.C< .\xi-^'v -ï^='^^. 



On souscrit aussi à Paris chez : 

BACHELIER 9 libraire , quai des AugostiDS, 55. 
CARILIAN GOEURT, libraire , quai des Augustius, 4i 
HUZARD9 libraire 9 rue de l'Ëperon, 7. 
REGARD, libraire, rue Sainte-AnDe, 71. 

DAKS LES DÉPARTEME^fS : 



AcxH. Bertrand. Ghairoa et C*. 

Aix. Aubin. 

ÂLTILIECH. Bohrer. 

Am lins. AUo , Garon-Vîtet. 

AiTGKm'i. Laonay. 

Aeaas. Topino. 

AirxxB». GdUot-FoamTer , Marie. 

Batossb. Bonzom, Gosse, Lematbe. 

Bbautais. Caas-Porquier. 

Bbsauçov. Bintot. 

BuiKB5. Gambon. 

Bo&DBAcx. Gassiot fils aine , Lairalle, 

Tetcbeney. 
BoniwBc-svB-MgK. Lcroy-Btrger. 
BooBS. Bottier. 

Bbbst. Gome fils aîné , Lefoamier. 
Ghabtbbs. Garnie r. 
Gabb. Manoury. 
Gamibai. Girard. 
GLBBxonT-FKBBABT. Thïbaad - Lan- 

driot, Weysset. 
CoLMAB. BeifliD<;er. 
Di«o9. l^)<ier« Tussa. 
DÔLE. jây. 

Gbbboblb.' Pradhomme. 
Lb Mabs. Beion, Pesche. 
LiLLB. Leku , Vanackère. 
LixoGBS. Ardillier. 
Ltov. Avné fiL», Bohaire. Maire, Sa^T. 



Mabseille. Camoin, G bail, Mossj. 
Mklcb. Leroy. 

Metz. Juge. Thiel, V« Dcrilly. 
Mbzi1be5. Biancbard-Martînet. 
MoBTAVBA*. Betboré. 
MoBTHLUBB. Gastel, Seraile. 
McLHOFsB. Tinos, Bisler. 
Nahcy. Grimblot, Sensf, Vidardet 

Julien. 
NAnTBî. Buroleau , Forçat , Sebire. 
MiOBT. Bobin. 
Pbbpig5ah. Lasserre. 
Binas. Hamelin, ¥atar, Yerdier. 
BiOM. Thiband-Landriot. 
BouBir.Xdet, Ed. Frère, Legruid. 
Saixt-Bbibux. Prud'bomme. 
Saikt-Malo. Garruel. 
Saibtb-Mabib-aux-Mibbs. Marchai. 
Soissoirs. Arooalt. 
Stbasbovbc. DesrÎTaux, Lerranlt. 
TouLOx. Bellue . Mon^ et YiUamus. 
TooLOcsB. Dagalier, Senac Martegonte 

etG«. 
TouBS. Maine, Moisr. 
Tbotbs. Laloy. 
Yalb^icibusibs. Lemaitre. 
Vahubs. Delamaneile aîné. 
Vbbsaillbs. Limbert. 



ET A l'Étranger : 



AxsTBBDAii. Te Legras. ImbertetC«. 

BABCBI.OBB. Lasserre. 

Bbblin. Hirschwald. 

BBvxhLLBS. Tircber, PefTchon, Leroux. 

DcBUB. Hodges et Smilh» Leckie. 

Edimbocbc. Glarke, Madacblan et 

Stewart. 
Flobbbcb. Piatti , Ricordi et G*. 
Gaïd. h. Oujardiii, J. Oelbonngue. 
GÈ2fB;f. Très Gravier. 
GBBivB. Gberbuiiez. 
Gkascow. Beid et O*. 
Hbidblbbxg. Groos. 
LACbAa?iB. M. Ooj. 

làiiBB. Liicbtaiaos, Vanderbocb. 
ItÉQvoLO. Kunhet Millikouski. 
LifGB. Desoer^ Goliardiu. 

L Michelseny Lcopold Voss. 



LfSBoxRB. Martin frères, Bolland et 

Semiond. 
Mabbid. Denné et G«. 
MiLASi. Damolard et fils. 
MoDBXB. Vincenii Geminiano et G«. 
MoMS. Leroox. 
Moscou. V* Gautieret fils« Semen et G*, 

Urbain. 
lÏBW-ToBX. Gb. Behr. 
Palbbiix. Gh. Beuf, J.-B. Ferrari. 
PiTBB5BorBG. Bellizard et Ge. , G. 

GraefTe. Hauer et Ce 
PHiLADBLraiB Gfa. Bebr. 
RoxB. P. Merle, L. Bomanis. 
TcBi!i. Joseph Siooca . F.-J. Pic. 
TiB.i9B. Rohrmann et Scfaweig«;rd. 
WjjBsoTiB. E. Giuk^berg. 
Wa^A. Tb. GUioksberg. 



^ iHiprwrfie 4« bA^RCOG.M IT MUHDCIT. riw é^ 



r. 



V 



-1 j 



DICTIONIVAIRE 



DE 




• •• 



MANUFACTURIÈRE. 

* ■ 

COMMERCIALE ET AGRî||pLE. 



OUVRAGE 

ACCOMPAGNÉ D*UN GRAND NOMBRE DE FIGURES 
IRTEBCAIiiES DANS LE TEXTE; 



•...•-♦ t.,- .. • 

A. BAUDRIMBNT , BLANQUI ÀINÉ, BOQUILLOT? , 
COLLADON, CORIoGs, D'ARCET:, E4IJLIJÎ r^lÇSORMEAUX, DESPRETZ, 

FERRY , H. GÀULTtikVrJreÉAUBRY, 

GOURLIER, Th. OLIVIER, PARENT DUCHATELET , 

PERDONNET , SAINTE-PREUVE , 

SOULANGE BODIN, A. TRÉBUCHET, etc. 



/.- 



TOME CINQUIÈME 

CONTENANT 434 FIGURES. 



> • 






PARIS, 

CHEZ J.-B. BAILLIÈRE, 

libraire d« rAcadémie royale de Méd<;rinr , 
RUE DE T.*ÉCOI.E-DE-M£DE0INE , i3bIS. 

A LONDRES, MEME MAISON, 21 9, REGENT STREET. 

1836. 



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DICTIONNAIRE 



t* • 



DE 



h INDUSTRIE 9IANCFAGTURIERE5 



COMMERCIALE ET AGRICOLE. 



«=«: 



F. 



1 



,: f: 



■ ■ . ■ t •■ ♦ » 1 . 



J .- . 



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FABRICATION DES CORDES. (Technologie.) 'lËti rèû- 
voyant à ce mot ce qui concerne Fart du corcUer^ notre inten-^ 
tion a été de faire comprendre que nous n'entènttrons pas 
envisager ce mot sous tous les aspects qu'il présente , mais seti-*- 
lement sous le rapport de l'industrie du cordier. 

Parmi les substances filamenteuses servant à là confection des' 
cordages , le chanvre tient certainement le premier l'ang : on- 
fait, il est vrai , des cordes de lin , de coton , de soie ; on en fait 
avec le phormion tenax, avec l'agave, l'aloès,* etc. ; mais 
nous ne nous occuperons que de celles faites avec le chanvre : 
la fabrication est toujours à peu près la même , quelle que soit 
la matière première employée. En parlant de l'art du cordier, 
nous supposons la matière première remise en ses mains toute 
préparée à recevoir son travail. 

Le premier soin du cordier est le choix du chanvre, et il doit 
savoir discerner si, indépendamment de sa bonne ou de sa mau- 
vaise nature , il a reçu toutes les manipulations qrii ont du 
l'amener de l'état brut à l'état de filasse : les chanvres de Russie • 
sont en grande renommée , mais notre France nous en fournit : 
qui peuvent soutenir la comparaison , surtout s'ils ont été con- • 
venablement préparés par des agriculteurs habiles.* Les villes de v 
France qui produisent le chanvre le mieux préparé , sont Kai— 



V. 



2 E^Kf^ICATION P5S CORDEg. 

serberg dans le Haut-Rhin , où ont été importées , par les soins 
de Vetter, enlevé trop tôt à l'industrie , les mécaniques écos- 
saises; Mulhouse^ Hagueneau, Rennes, Angers, Poitiers, et 
quelques autres. Le petit cordier prend le chanvre en peignons 
et le coi^vertit en corde , en lui faisant subir les manipulations 
4^t nPH§ iM^|tr.4A^lÀ ^eilçil ; àêB^ les ({Àiiids atôUers, le chan- 
vre arrive déjà converti en fils plus ou moins forts , selon la 
de^iûnation de ces fils. Ces fils se nomment caret. 

Le chanyf.^^4^ prietlMère qualité ^ affiné ,.e6padônné , peigné 
convenablemeilt , ne doit faire essuyer qu'une perte de 3 ou 
4 p. 100 lors de la filature. La deuxième qualité fait éprouver 
un dédiet plus considérable, qui va de 8 a 10 p. 100. 

Des outils simples et peu nombreux sont nécessaires pour la 
conversion des peignons en fil ^e carret ; ils consistent en une 
espèce de rouet faisant mouvoir plusieurs crochets coudés ; en 
râteliers destinés à supporter les fils dans leur longueur, et enfin 
çjj 1^ ^vidoir qui i^çoit \es \^ifi^ juç l^gqueH^s les ih ^'^m- 

EsWifipïffRjî ^? % ^^ ^ »efW^ q\i'Uft «ont febiiqwés. 

J^\tfi]i^ ,ç;^\ scmvemt çhwi eçL pîlein m% W. Ipog d'un mur de 
j[aj-4ii^ <;i^ d^fi jyi So^é , e^ ^ ^l^ér^l 4W9 tPW le» Uew qui 
offrent un terrain uçui ^ ]fif^g i s^ > et ^b^t^ kpln^ possible con- 
trai Içs y.çn^ ^ï^ |a pp.^ssière. 

JiC çcnfdj^f Ç^çnd UB. peigw» de q!»^vrc prc^portiompié aytiC 
IjL Ipnijiieur ^t 1^ grosseur 4u fil qu'il 4^t produire ; la Ion* 

Siiç)^f e^i déter^ûnée par cfUe de ra,teUer, I4 groçfi^ur par la 
,e|tiBation du fil; l'I^bitude se^le p^ii^t n>eUr«^ à,m^me d'évs^ 
l^iey ^si c^ qi^'il çoji;^vi^t de prçjadre 4e fifc^s^e. Jl attache ce 
pei^jK^pn à sa ceinture; , afin d'avoir les deux noaius libres dans 
rqpéicatipu (le Jiler. Il attache alors ça fi],a^e ap^è^ Vuu des 
crochets qui sont mis en mouvement rolattf p^ le rpuet , qui 
eft l^i-ç[lême tourné paûf v^ ^idç, I^e çordier, ^^è& a-voir ac- 
croché spn chanyre , fait f uçlqyies pas en jairrièif , m fcturivis-» 
saut ap. fil qui coupuençe |a quantité de Ala^si^ ^éces^aijL-e. Ce- 
pendaj^t qe bout de fil, tortilla pax^le niouveiii^ giratoire du 
qoçhet, se forme tpuf*"f^i^> alors le cprdiei'' le serre da^ uu 
morceau dp drap ou d'autre étoffe en l^i^e, qu'il ^;)0ini»e p^u.-^ 
luçlle \ il le tire ^ lui , et en le serrant de la spi^te y il bocne F^- 
tion ;j^4 jjjjUlj^^n^ttt à k ïftKtie déj^ filées Twd**. «p'il tifta!^ l« 



FABRiaTIOK DES COÈXiËS. t 

fil «erre dans la paumdle , il étire avec Fautre maia , paêaé* 
derrière celle qui tient la paumelle^ du nouveau cfaanTra d^ 
peignon ; il l'égalise en quantité, toujours en faisant des pas | 
reculons , et ouvrant la paumelle , il cesse de s'opposer au ihou^ 
rement de torsion , qui se communique de sAitt à cette nottM 
Telle longueur préparée; il porte la paumelle une d«mi4>rasiil 
plus loin ^ où elle remplit de nouveau son office , en tendant lé 
fil et arrêtant l'efibrt de la torsion ; il tire alors de nouveau dni 
chanvre de son peignon , et ainsi de suite , toujours en leni- 
laat. Arrivé contire un râtelier, il fait un détour, passe son fil 
entre les dents de ce râtelier, et poursuit sa marclie à reculans^ 
Ces râteliers sont posés de distance en dii^taiice» pour supportjpr 
le âl et empêcher que , vu sa grande longueur, il ne lontthe à 
terre, et ne se sajisse dans la boue ou dans la poussière. Locst4 
que ce fil est confetctionné , il l'empelotonne sur une faobihe ^ 
et réserve un hcmt non retots , qui servira à joindre À ee yr#^ 
mier fil le nouyeau fil qui s^a filé. 

Hais ce n'est pas par un seul homme que se fait ordiniéMM 
(lient le travail : il y aurait trop 4^ temps p^vda en retours iuu^ 
tiles. La force d'uii enfant est suffisante pptir tevimer cinq ou 
aixccochets; un homme ap{J[iqué à la manivelle peut lislre 
tourner onze ou doure crochets , et c'es(t asset ordinairement o» 
SQiiihre qui est adopté. Alors des fileurs , en tUNubre pgiÀ 
à celui des crochets, sont simultanément employés, et , pour- 
ne point se gênet* les uns les autres , ils attachent leur chanvre 
après Les crochets, les uns après les autres : le premier étant 
âûigné du rouet de deux ou trois brasses , le second atla^ 
elle son chanvre; le troisième vient enfi^uite lorsque le deuxiène ' 
a fait quelque pas , et ainsi de suite jusqu'au dernier. Quand 
celui qui est parti le premier a fini et empelotonné son fil , ur^ 
ri?e celui qui est parti immédiatement après $ il réunit son fil A 
a4ui du voisin, en tordant ensemble les deux bouts laijBéa 
échanvrés^ et recommence immédiatement un nouveau fil; i* 
second fi] eur, après rémpelotonnage, attache son fil à celui dnSk 
troisième, et recotiimen ce aussi son Ql, et ainsi de suite ; ilneipe 
trouve alorsaucun temps perdu. Au fur et à meâure que les pé¥ 
letons sont laits , on les enlève de deéstM le dévidoir pojui: Isa 
porter dans le dép^t. Celui qui est chaigé de l!ea^pelotoiliM9s 

I. 



4 FABMCATION DES TORDES. 

doit serrer son fil dans une livarde; on nomme ainsi une poi^ 
goée de chanvre qu'il tient dans la main, et au milieu de la- 
quelle passe le fil , afin d'en rabattre le velu et de faire perdre 
au fil le trop de torsion qu'il pourra avoir reçu pendant que le 
fileur le fieûsait. Comme le fil doit être très sec lorsqu'on le met 
en magasin, il faut avoir soin , si on Ta mouillé en filant , de le 
laisser sécher au soleil avant de l'enunagasiner, car alors il se 
pourrirait dans le cceur des pelotons ; en général , le carret doit 
tre filé à sec. 

On reconnaît qu'un fil est bien confectionné lorsqu'il est égal 
partout , qu'il est lisse et que le velu est bien rentré ; qu'il ne 
s'y rencontre pas de grosseur d'étoupe ; lorsqu'il est souple , 
soyeux, fort, peu tordu. Le degré de torsion convenable pour la 
fabrication des cordes est lorsque le fil rompra plutôt que de 
s'efiEiloquer. Lorsque cette condition est acquise , toute torsion 
ea plus sera fort nuisible dans la fabrication des cordages , 
parce qu'il faut compter que le fil se tordra davantage pendant 
la formation des aussières , et que, passé le degré de torsion que 
nous venons d'indiquer, le fil perd de sa force. 

Un bon fileur fait par jour de 30 à 35 kilog. de caret. 

Le fil peut être, immédiatement après sa fabrication, converti 
en cordes ; mais il vaut mieux cependant le garder quelque 
tflffips à l'état de fil avant de l'employer ; la raison qu'on en 
donne c'est qu'après un certain temps le fil perd la force qu'il 
opposait à Ja-torsion ; en effet, détordez un fil fait récemment , 
TOUS le ramenez à l'état de filasse unie ; faites la même opéra- 
ûoa sur un fil anciennement fabriqué , la filasse sera toujours 
ondulée : elle a pris son pli. 

Après la filature vient l'opération de l'assemblage des fils 
entre eux , qui s'exprime par le mot commettage. Le plus sim- 
ple commettage est celui de deux fils ; il résulte de leur assem- 
blage une ficelle qu'on nomme bitord , l'assemblage de trois 
fils produit le merlin. Nous ne saurions d'ailleurs faire une dis- 
tinction des noms employés dans l'art du cordier pour désigner 
les objets. Il règne une grande confusion dans le langage techni- 
que de cette profession , les termes étant extraits des divers 
patois parlés dans les provinces où se trouvent situées les cor- 
deries. On .désigne sous le nom à! aussières les fils composés de 



FABRICATION DES CORDES. « 

plusieurs fils , mais de premier commettage ; ainsi le bitord , le 
merlin sont des aussières ; on nomme torons l'assemblage des 
aussières qui entrent dans la composition d'un cordage]; ainsi, in 
nous supposons une corde faite de neuf fils , on réunira les fib 
trois par trois, et l'on fera de la sorte trois merlins ; ces mérliià 
deviendront torons lorsqu'ils seront commis ensemble pour 
composer la corde, qui aura alors trois torons. Cependant ce 
mot ne doit s'appliquer qu'à une réunion de plusieurs fib toi^ 
dus dès l'abord ensemble et par une seule opération. Les grelins 
sont des cordes composées avec d'autres cordes ; les grelins con^ 
posés de grelins sont nommés sur^grelins. 

n ne faut point perdre de vue dans la fabrication des cor^ 
dages que le trop de torsion ôte de la force , et que cependant 
il faut une torsion suffisante pour que l'enchevêtrement des fi- 
lamens soit parfait, ef que la corde ne puisse être rompue par 
leur désunion , mais bien par leur rupture. Si donc on com^ 
pose une ficelle de deux fils , on conçoit qu'il faudra une tor^- 
sion considérable pour obtenir, sur un espace donné, un déci- 
mètre, par exemple, un certain nombre de révolutions, que 
nous supposerons être trente , chaque fil en faisant quinze; Si 
on commet ensemble trois fils au même degré de torsion , ces 
trois fils , dans le même espace , ne feront chacun que dix ré- 
volutions ; on aura le même degré de torsion , et les fils seront 
d'un tiers moins tordus. Si on a mis encore un plus grand nom- 
bre de fils , chacun de ces fils , dans le même espace, fera im 
nombre de révolutions de plus en plus réduit. Or cette obseiS- 
vation est très importante dans la composition des gros corda- 
ges ; comme on les tord de nouveau en commettant les toronis 
entre eux , il est très important que ces torons soient composés 
d'un grand nombre de fils, afin que leurs fils se trouvant 'pA 
tordus puissent supporter plus facilement la haute pressiez 
qu'ils auront à éprouver lors du dernier commettage. 

Le cordier^doit faire attention , en établissant ses fils pour le 
commettage , que cette opération raccourcit ces fils en pft>por-> 
tion de la torsion qu'ils subissent ; ce raccourcissement sert de 
règle pour le degré de torsion à donner; la mesure qui pàl-aî- 
trait être la plus convenable serait le cinquième de la: longueur 
totale \ mais cette règlç n'est jamais siûvie, e^ k(i çarâîas an^ 



6 JABMCATION DES COBDES. 

rent mi ^uart et même au tiers ;^ aussi les fils sont-ils alors, rela- 
titemedt à la force, bien moins aatisfaisans qu'ils devraient être ; 
tt est Trai «px'alors ib gagnent du côté de l'apparence , et sou- 
tint en sacrifie à des dehors attrayans des qualités plus solides. 
Jborsqu'il ne s'agît que d'une aussière, le raccourcissement peut 
être déHUïminé exactement ; car, au moyen du détortilleiiieht , 
lait à Ëfiâe d'ujk poids , on peut ramener cette atisâière à la 
^ongitaîèur voulue , si une trop gi*ànde torsion a fait passer lé 
àef^vé exi^é. Il n'en e9t pas de même s'il s'agit d'un cordage 
•eomposé ^ car alors le cordage seulement se détord ^ mais les 
torons gardent leur excès de torsion ; il faut donc calculer lé 
jraccoultcissément finsd dès le commencement de l'opération, 
ij'tisagq est de partager ce raccourcissement pat* tiers. Ainsi ^ sur 
lin cbi^dage de six mètres , le raccourcissement total , étant d'un 
cinquième, serait un mèti*e deux décimètres. Ce cinquième serait 
^însî réparti t raccourcissement des torons 0"*,8 , raccourcisse- 
JlA^t du cordage 0*^,4. 

Passé cjuatre torons , il se forme au milieu d'un cordage un 

•vide qu'il s'agit de remplir. Il semblerait rationnel de remplir 

iiariiné corde ce vide, qui va toujoul'Sen s'agrandissant, suitànt 

.que le nombre des torons est plus considérable. La force de 

•cette corde serait ajoutée à celle deàl^torons ; l'usage n'est point 

d'en ag^ ainsi : on remplit ce vide avec des fils plaeés les Uns 

•à côté des autres , et non tordus. On donne à cet assemblajge le 

«nom de mèche. Cette liièche est calculée , relativement à sa 

longueur, sur la longueur finale de la corde , et cela doit être 

aihsi y puisque les fils qui la composent , ne devant point être 

.'tordus^ ne sont sujets à aucun raccourcissdnent. Il paraît que la 

;fbrcp du cordage doit être estimée seulement d'après celle de ses 

itÊfifùÊByCSila. mèche n'apporte pas une grande résistÀ#ce, ce qui 

lAâtquHl serait peut-être plus convenable d'y substituer une 

corde, dont la foi^ee propre serait à ajouter à celle dés torons ; 

éfiais cpeÀve ici on fait un sacrifice de la solidité aut belles appa- 

-reneip^ : un cordage dont la mèche serait une coi^é serait iiré- 

l^wJiee sur sa ciirconférence extérieure. 

- .^Ilfem}>leratt, d'après ce que nous venons de dire, que, dâïis 
ftow^^sduÀmctioiid^ cjM'des, on ne devrait jamais hlrc entrer 

iftaM 4^Aottfilfi> 4 m^fk^im tik^pmint'ilàfSr' 



- FABMCÀTlOar DES CtttltiÈS. i 

santé pour produire^ pair leur comni«ttage ^ le diàiBètt^è vtitditi 
Par ce moyen , on ne serait point contraint à ayoir WcOttl-à iiiiit. 
mèches^ qui dépensent beaucoup de fils, et xi'âUgifietiteiit i^as 
sensiblement la force du cordage ; mais il n'eh èât pàâ kïhiï : 
une règle , déduite de l'expérience , proutè (}u'tltie tidfdé c¥élH 
en force au fur et à mesUrè que le noinbte de i^ ttih)ii^ ëèî 
plus considérable, même en n'y mettant poitit de inèché: Si iiiïê 
cord« est composée de douze fils , comiiite eii àtttk tattiM de ût 
fils chaque , elle portera 404 Itil. 

Si elle est composée de trois torons de quatre 
fils chaque , elle portera 414 

Si elle est composée de quatre torons de trois 
fils , elle portera 424 

Si enfin elle est composée de six torons de deux 
fils , elle portera 449 

Ainsi ces douzç fils , selon leur commettage, pourront porter 
45 kilog. de plus , ce qui est une différence énorme , et d*iil- 
leurs les cordes à plusieurs torons sont beaucoup plus unies sur 
la surface, et d'un aspect plus flatteur. 

Quant à l'estimation dé la quantité de fils qui doit être em- 
ployée pour produire uÀ cordage d'une grosseur donnée , elle 
est facile à faire , puisque la grosseur du fil de caret est déter- 
minée ainsi qu'il suit : -povtt les gros câbles , grosseur du fil , 
diamètre 2 à 3 millimètres, quelquefois 0,6033. 

Pour les cordages moyens, grelins, commandes, etc. ^ diamètre 
(Ie0»,00l8à0»,0023. 

Les cordages non goudronnés sont dits cordes hktnèhès, ceux 
goudronnés sont nommés cordes noires. On goudronsiei les cor- 
des, non pour lewr donner de là force, cette préparattjioxi leur en 
ote, mais pour les conserver, et surtout pour les garas^tluf de l'hu- 
midité. Un cordage en blanc est dans le maximuKn de^aa force : 
un cordage mouillé est dans le minimum de cette force.; le cor- 
dage, dans cet état, perd un tiers de sa force totale ; on sâicrifie un 
peu de la résistance, afin de maintenir une résistance invariable. 
Les cordages destinés à la navigation ont particulièrement besoin 
èe4tftC^]^{fi#afit»l^,^{yUî«<qu« l^i^^ où^îls* siip^oiftèni^ctë^us 






1 



DICTIONNAIRE 



OS 



L'IMDUSTRIE 



MAJHJFACTURIÈRE, 



COMMERCIALE ET AGRICOLE. » 



FAB-GLU. 



ASTOi^ .-Vis; - ï •-;'*,:* 



JO . FABRIOATIOrr DES CORDES. 

envelopper ta déorivantuBe hélice aloiigëe^ et pendant tëut 
^On tmjet dc^ng le tube e^ tenu fort chaud par k Tâpedt de VtÉLiï 
4u bain-tniurieji et dans la gouttière o qtll est moi&9 châtidë ^ il 
ie trouve sans eesse en cx)iitact avec la toi'de de ctih, il Itii cède 
tout 90n goudron Surabondant i de cette sorte , il arrive sur le 
rouet y dana un état convenable ; maid ce totiet doit éti'é ^lti4 
Soigné que nous ne l'avons représenté dan» la ûglire, afiii que 
}e fil ait le tetnps ^ en passant dans l'air froid ^ de se refroidie 
asae^ pour que le goudron né s'attache plus fortëttieiit lors de 
Tentidage) sans cela il ne serait pins possible dèi détider ce &h 
Quand oo tt'a pà«i cet appareil ^ on essuie le fil au fur et ft iilëSili'è 
qu'il sort de la chaudière, en le fais^^t pésèier pBtt une liMrdë 
qfi'Un en&nt seri-e dans la inaiiv , et qu'il renouvelle de fem^ 
«n temps. 

lie b^n-toilirie dé la chaudière doit être nÉttiutefiu à un degM 
un peu aupérzeu^ à celui de l'eau bouillante. 

Noua n'avoua point donné d'échelle poiir eettè chaudière , 
dont la grdndebr est proportionnée auit besoins. 

lioraqu^l s'agit de tordre des câbles ^ il dé'^ieiit nêèeàsttfte dé 
déployer unn grande force j et peu^étrc se¥a-4K>ti Mètt àhè de 
retrouver ici le modèle d'un chariot très simj^fe eittployé êattim 
les corderies d'Anziii j. qui noud ont d^ fotrhii le iMiUt de 
c][:Hmdièt^ qW BQua tepeais de donner. 

EXPLICATION DES FIGHaES 3 EX 4^ 

CCCCs ffs^TeA eadre solidemeht assem^Ué ei be^ulM^é , aysmtf 
eoviroik vingt-deuï décimètres de lengoeur surr sept dé^i^rcs 
et denni aviron de largeur* Ge cadre est SOpfKivté à hiâî éécï* 
inètves enviroift det tefrq > pria èh deesods de sM épiâsoê^^', fàà 
U'oU roues RRR. 

A, arbr« vertical, maintenu par le bàs^pasr 1» crapàtrdfoe B,- et' 
par le l^ut par des eG^ssineta. 

S j roue d'engrenage sufipdrtér pw^ Fârb^e A,- q^ fwrtè», eH 
outre, uue pouiUe dlnipulàum P. 

T, pignon engrenant i^vec la rot» &, et dontié*!^ ith Aotrinew 
nient d^ rPtaUeo^ rapide à \%n »htt h<A'ill>n%al pofiitTït' te- vo- 
lant U, e^ Q98uitp h eroçhèt Y, aqfrès^kq^ètM ^^é léramslëreé 






DICTIOlVBifAIRE 



DK 




MANUFACTURIÈRE. . 

COMMERCIALE ET AGRlÛpLE. 

1 

OUVRAGE 

ACCOMPAGNÉ d'un GRAND nOMB&E DE FIGURES 
IirTERCAI.BES DA9S LE TEXTE; 



V 



• . . ;■'. ; t.- 

PAU 'MIT' • " 



A. BAUDRIMONT, BLANQUI ÀINÉ, BOQUILLOW, 
COLLADON, CORIOLIS, D'ARCET:, E4.ULIJN I^lgSORMEAUX, DESPRETZ, 

FERRY , H. GÀtJLTlÉfe^IJÎÊ; CÉAUBRY, 

GOURLIER, Th. OLIVIER, PARENT DUCHATELET , 

PERDONNET , SAINTE-PREUVE , 

SOUL ANGE BODIN, A. TRÉBUCHET, etc. 

« ■ 
• I ■ 

TOME CINQUIÈME: 

CONTENANT 434 FIGURES. 



» * 



• - 



J W * • " J rf 



PARIS, 

CHEZ J.-B. BAILLIÈRE, 

lébraire dt l'Académie royale de Méd«rinr , 
RUE DE T.*ÉC01:.E-DE-MÉDECIITE , X3 BIS. 

A LONDRES, MEME MAISON, 21 9, REGENT STREET. 

1836. 



12 FABRICATION DKS CORDES. 

de fil en plus, calculée sur le raccourcissemeat du cable pendant 
l'opération. 

Parmi les cordiers qui se sont distingués à la dernière* expo- 
sition, nous devons citer M. Brunot, quai de Passy, 30, à Paris, 
qui a obtenu une médaille de bronze pour ses belles cordes sans 
fin , dont l'épissure était si parfaitement Êiite qu'il était impos- 
sible aux cordiers eux-mêmes de la reconnaître. On a admiré 
ses cordes en chanvre de Cliampagne , dont une était composée 
de 9,000 fils, distribués en neuf torons, et une autre de six cou- 
leurs , composée de /six torons renfermant 312 fils chacun. 
M. Cappy, de Meaux ( Seine-et-Marne ) , qui avait exposé des 
grelins en chanvre de Champagne 1'* qualité; M. Joly, de 
Saint-Servan (Ille-et-Vilaine); M. Lucas, de Versailles, qui a 
exposé des cordes parfaitement tressées en chanvre d'Angers ; 
M. Ronchon, de Bergerac (Dordogne), qui a fait des cordes 
avec du chanvre qui n'a pas subi l'opération du rouissage. La 
Société des sciences de Périgueux a constaté qu'en suivant les 
procédés de ce fabricant , le gluten muqueux et extractif du 
chanvre est parfaitement décomposé et dissous ; que les £bres 
sont mieux séparées, et, par conséquent, plus fines; que le sa- 
rançage est exempt de poussière , qu*il peut avoir lieu dans un 
endroit clos et sans inconvénient pour la santé du peigneur, 
qu'il en résulte moins d'étoupes, que le fil des brins de chanvre 
ainsi préparé est plus égal , qu'il est aussi plus fort , enfin que 
la préparation est facile et peut s'exécuter partout par des fem* 
mes et des enfans. 

Dans certaines circonstances, les câbles plats sont, dans l'usage, 
infiniment supérieurs aux câbles ronds, principalement dans les 
travaux d'extraction du minerai. L'idée de se servir de cette 
espèce de cordage n'est point nouvelle ; on l'a long-temps pré- 
chée avant que la pratique ait consenti à l'adopter. Dans son 
Traité de la cohérence des corps solides^ Muschenbroech avait 
annoncé que les cordes conunises en nattes , à nombre égal de 
torons et de fils , devaient l'emporter sur les cordes rondes ; et 
dès 1800, le savant OHeilly avait proposé l'emploi de ces cor- 
dages pour l'exploitation des mines ; mais on n'avait point écouté 
ses sages conseils ; il a fallu que les Anglais en eussent fait usage ; 
U a fallu l'évidence physique et la comparaison , pour que ce 



FABMCATION DES COMlES. 13 

mode plus avantageux soit adopté chez nous. En 1820, ils furent 
essayés au puits de la tranchée des niines de Nontjean , entre 
Angers et Nantes , et les avantages en furent tellement faciles à 
constater, que les câbles ronds furent aussitôt rejetés. Bientôt, 
de proche eu proche, Tévidence combattit la routine, et main- 
tenant il est peu d*endroits où l'ancienne méthode ait conservé 
des partisans. Il convient donc de dire un mot sur la fabrication 
de ces cordages. ( /^. Cable. ) 

Le câble plat se compose ordinairement de quatre câbles 
ronds juxta-posés, cousus ensemble avec une ficelle les traver- 
sant tous quatre en zigzag. C'est dans cette couture que gît 
toute la difficulté de la fabrication. On a inventé, pour la faire 
sûrement et promptement , plusieurs appareils qui ont chacun 
leurs bonnes et mauvaises qualités ; ne pouvant les reproduire 
tous , nous allons tâcher de reproduire ce qui nous a paru de 
plus avantageux dans chacun. Il faut d'abord faire un choix 
entre deux méthodes : l'une qui consiste à coudre incessam- 
ment , pendant que le câble est attiré par une marche lente et 
réglée sur la promptitude de la couture ; l'autre qui consiste à 
coudre de suite un certain espace de cordage tenu inùnobile, et 
a ne commencer à coudre un second espace que lorsque le pre- 
mier est retiré de l'appareil. Nous préférons ce dernier mode, 
parce qu'il ne nécessite pas l'emploi d'autant de monde. On 
peut se figurer un long banc solidement construit , bien dressé 
en dessus , au bout duquel est un treuil faisant mouvoir un 
tambour sur lequel se roule le câble au fur et à mesure qu'il 
est cousu. Par le bout opposé à celui où se trouve le treuil , et 
par conséquent du côté où commence l'opération , deux rebords 
en fer dressé font saillie de chaque côté. Ces deux rebords sont 
inclinés de manière à ce que les quatre ou six aussières qui doi- 
vent composer le câble puissent y trouver place. Les fîg. 5 et 6 
sont consacrées à faire comprendre cette opération : la fig. 5 la 
montre vue en dessus; elle est vue en bout, fig. 6. 

aaaa sont les quatre câbles à coudre ensemble „ â le bout du 
banc opposé au treuil. On pose un fourneau plein de charbons 
allumés au-dessous des câbles aaxia , lorsque ces câbles sont 
goudronnés^ afin de les amolUr avant leur entrée sous les rou- 
leaux , et entre les rebords ce dont il va être parlé ; quand les 



FAMICATIfiN JtiE$ GOIL|»ES; 




cables sont blattes , oa 
Se dispense de mettre 
le fourneau. II est boa 
d'obseiver aussi que 
les câbles sont d'abord 
tir^ par des cfaatoes 
attachées sur le tam- 
bour du treuil , jus- 
qu'à c« qu'il y en ait 
unelongneur suffisante 
de cousue pour attein- 
dre tx tambour et l'en- 
velo^rpsT. SovT«qt mè' 
m^ U càbl« «'empeLo- 
tonne .^r une bobi- 
ne indfpmidante du 
treuil; les chaînes alors 
le grippent au moyen d'une pince plate du genre de celles qui 
servent sur les Wncs à tirer ordinaires. Chaque fois qu'il y a 
une longueur de banc de cousue, ou remonte les chaînas. 
fi , le banc. 

ç, c, règles en fer poli à l'intérieur, faisant au-dessus du banc 
une saillie égale au dîainètrc des cordages à coudre ensenibje. 
Ces régies sont mobilçs ; dles sont msinteaues à l'ccartement 
youlu, soit par des lioiijpns de pression g, soit par des coins 
passés derrière ; no^s avong interrompu Ip câble dans la fig. 5 , 
pour laisser voir les coulisses dans lesqUËlles passent les boulons 
qe pression f ■ Qn tes écarte ou on les rai^roche selon le nom- 
bre de câbles qu'on v^ut réunir, 

fî, d, rouleaux en bfis dur ou en fonte ^n'Vant â ^li^er les 
câbles â coudre. 

CyC, bridfip, qiaintenapt 1^ rouleaux ; elles font constcuijjç* 
dç manierai poif voir se Ipusser ou 9e bais^ selon J4 gçoMeur 
des câbles qu'on veiut faire pfâ^r. 

f, coulisse^ pénétr^ut le baçc , et dans lesquelles lussent les 
bpulonsdç pressi^oD. 
p.les méunes, l(guJons , Içifr fête cfwrée est TisiWçjdaç^ U 



15 

régnant le long 



FABfilGATIOM DES GO&DEâ. 
if. 6 fille est à demi noyée dans une feuiUm 
jMcoulîsfiesy, ea dessous du banc. 

Cfat aiitù que se coiwtruit l'appareil , lorsqu'on v«Ut coudre 
pu W) mourement continu ; lorsqu'on venrcoudi-e partie par 
piltis, on *e seK d'un autre appareil , que nous devons aussi 
S^ connaître, parcs qu'il fera bien comprendre' comment agis- 
M4 Us vguiUes qui sont mues par un mécanisme à peu pris 
i^nlilatila, et dans le cas de couture continue , at dans cckii oà 
cette couture ne se fait que par parti». 

A- '■ 




a, (If fi^ 7, comiiM dans 1» figuras précédentM, aont W ctl9t«s 
^'il s'agit de cqudr« antre eux. 

h est le banc. 

<-, d f<uitd«ux plaques en fonte fixécssDv le banc; celle ccst à 
daa«ui-«,u<tîntpnueinr«riaI>leiQeDt par les deux boulon*^ tête 
wrée ff' c' , qui tr«Teraent la pJaqne c- et le banc fr, et sont fixées ^ 
dwvuf ffu dw MTOUS. imi^ta^nadttL égalenicnt&xé« par deux 



lô FABRICATION DES CORDÉS. 

Louions d*^ d*; mais comme ces boulons passent dans des éntaLilled 
carré-long, elle peut se mouvoir de droite à gauche en glissant 
sous la tête de ces bouloiis. Ce mouveii^ent de va-et-vient est 
déterminé par la vis e. En serrant l'écrou à levier^on force 
la plaque «^ à se rapprocher de la plaque c. Les plaques c, d 
ont des rebords gr> h^ faisant saillie à la hauteur du diamètre 
des c(Nrdes , qui sont maintenues dans la position horizontale , 
soit par des rouleaux, comme dans les fig. 5 et 6, £^^ ^^ soit par 
une planche de fer posée sur les rebords g y h. 

Indépendamment de ces rebords g, h, ces deux plaques ont 
encore à leur extrémité opposée chacune un autre rebord i, /, 
fait en zig-zag , saillant au-dessus du fond d'une hauteur égale 
à celle des rebords g, hy ayant chacun trois entailles rectangu- 
laires ky l, m et n, o, p, toutes d'égale largeur, et dans les- 
quelles on peut alternativement placer Técrou m^ qui se trouve 
dans la figure mise en place dans l'entaille m. C'est du côté c 
que se trouve, dans la prolongation du rebord /, A*, /, m, le col- 
lier contre lequel appuie l'écrouy^de la vis e. 

q et rsont deux rouleaux en' bois, maintenus par des étriers 
en fer, et mus par les leviers 5, t, et dont l'usage sera indiqué 
plus bas. Quelques pointes sont plantées sur ces rouleaux. 

u est une alêne d'acier, ronde et polie , entrant dans le bout 
de la vis t; 9 et dans laquelle elle est maintenue par une vis de 
pression. 

V est la vis d'impulsion s'engageant dans l'écrou m. Il est 
bon que cette vis spit à filet double, ou même triple, afin que sa 
marche soit plus rapide. 

X est une manivelle montée sur le carré de la vis v^ et qui 
sert à la faire mouvoir. 

y est un rouleau couvert d'aspérités , happant le câble par 
dessous, et servant à le faire mouvoir. On fait mouvoir ce rou- 
leau à l'aide de la manivelle z: Il est soutenu par deux étriers 
en col de cygne, fixés après le champ du banc b^ 

Yoici comment cet appareil fonctionne. 

Après atvoir posé les quatre ou six aussières, dont on veut faire 
un câble, les unes près des autres, onnbatdessus les rouleaux d, 
fig* 5 et 6, ou une planche de fer posée sur les rebords g, h, Fai- 
simt alors mouvoir la manivelle/^ on ramène la plaque d vers 



FABRICATION ]>ES CORDES. 17 

celle Cj et pour lors les câbles a, a se trouyent presses entre lès 

' rebords g, h. Dans cet état, serrés de quatre côtés, ils ne peuvent 

plusyaciUer. C'est alors qu'on fait mouvoir la manivelle x^ qui 

fait avancer l'alêne u jusqu'à ce qu'elle ait traversé toutes les 

aussières. Cette alêne est graissée à chaque fois, et conune.èllft 

est poussée en tournant, elle pénètre avec une grande facilité» 

parce qu'elle est mue par un mouvement d'hélice. Pour paxw 

'' Tenir au câble , il faut qu'elle passe dans la première entailla 

ombrée du rebord ^, et lorsqu'elle est passée outre, elle.ente« 

' dans la première entaille ombrée du rebord h» ! 

Ce trou étant fait , on y fourre l'aiguille b\ dans laquelle est 

^ passée une grosse ficelle pu un fort lacet a'. On enlève alora 

^ l'écrou 171 et avec lui la vis v et l'alêne i/, et on le reporte de 

^ droite à gauche , on le place dans l'entaille n, rebord/, et en 

' tournant la manivelle x on perce un nouveau trou, dontl&di* 

rection forme angle avec celui précédemment percé. Avant de 

' faire passer l'aiguille b par ce nouveau trou, l'ouvrier accroche 

le lacet après l'une des pointes du rouleau r,,0u se contente de 

' lui faire faire un tour sur ce rouleau, s'il n'y a;point de pointes^ 

' et à l'aide du levier s il fait tourner le rouleau : ce qui sert à 

faire tendre le lacet et à le serrer fortement. Après avoir ainii 

serré, il passe l'aiguille et le lacet dans le second trou. Pendant 

ipi'il faisait cette opération, son vis-à-vis a ailevé l'écrou m « et 

l'a placé dans la deuxième eujtaille / de son rehord , et de suite, 

parle mouvement de la vis v expliqué plus ^aut , il.a percé un 

^ troisième troyi , l'alêne ayant passé par les deuxièmes entailles 

des rebords g : sitât le trou peircé , et pqidant qu'il serre et faii 

passer l&i^l par le troisième trou , son vis-à-vis s'est emparé 4e 

I l'écrou m, et l'a placé dans l'entaille o du rebord y, et ainsi 

I de suite poi^r les entailles kepp. 

Lorsque ces six passages de l'aiguille sont effectués , on des- 
' serre la vi^ e, et à l'aide du rouleau^, mû par la manivelle z, on 
I fût avancer le câble d'une quantité égale à ce qui vient d'être 
I coosu et de manière à ce que le fil a et l'aiguille b se trouvent dans 
la position qu'Us occupent dans la fig. 7. On serre de nouveau 
h vis e et l'on reconunence à percer et à enfiler copome nous 
Tenons de le dire. Deux hommes peuvent coudre par jour de 
trente à trente-cinq mètres de câble i qui leur est payé «or le 
V. a 



n f AfiRioàTtoii Des corses. 

fikà de huit centimes le mètre» ce qui porte leiur jotihiée à ëbiia: 
%iron cmq francs par homme. * i isi 

: Au fui* et à mesure que le câble est ^pûsu ôti rethpèlbtdittJ#«t 
ntr uh treuil ftiuài qu'il a été dit plus haut. Ces câblés se i^^i 
tbmmodent de H thème manière que ks ronds ; on fait Téj^ m 
vsti à chaque aussière en particulier et puis ou les coud et^'h 
•cndyle. En général lès aussières destinées à être faufilées doire^tlii 
étte commièes à trois torons et être peu torses , aÔti qu'elles MJdi 
•oient {k>int aussi dures à percer et que Talène Hé btise pdiMI k 
les ûhj mais seulenlent les sépare. > lu 

Dans ces derniers temps, on a substitué au «hànVreiflj 
d^aiitres matières filamenteuses pcmr la fabrication dés cùill^lt 
(V. tkttt) j M. Piivy, à Parie , nie des Fossés-Moritmartre > 49^ ^ 
M. Lucas ^ de YersàillèSj M. firunot, que noUS àycMM ^^% 
menfionné » ont fait des cordes atec les fils de l'agate ; ces ftL ^ 
llntans; etsuirtcNit le premier, ont obtenu, dès résultats trti ^ 
iunUans; Lé phùrmium ttnaài ra être également filé dans tifîk^ 
fabrique qui s'élève près d'AbeTÎile ; déjà M. Bardel Vémptaik y 
^Teo.orantage t toutes ces tentatives, dont pluEfieUrs soirt cèé**, 
données de succès , permetteUt de croire que l'att du cordieè IK<^ 
à la veille d'éprouver Une heureuse révolution. ' 4 

Nous ne parleront }](as des cordes d'écorce , qui £bnt là iiiâ» i 
iière d'une industrie spéciale ,' nchis dirons seulement à ce sujiït f 
que des essais récens ont prouvé qUe l'écorce d'acèàcia poûtak 1^ 
fournir uhc matière filamenteuse qUi promet de très botis tl-4 
ioltats. On savait déjà que l'érable, l'aUsièr, le tilleifl et qudk^ 
quès autres arbres, foùrhissent aussi une matière première fré^i 
tiéuèe , mais qui n'est point exploitée, attendu àla' iâteîé > dU 
fAutôt sa dissémination , qui s'oppose à cfe que Ton ptdsSfé raè- 
sembler les qualités nécessaires pour la fabrication en grand. 

Le coton devait aussi attirer Tâttention des cordiers. M. Sac . 
ihuêl Oréèn , manufacturier du PaHVttttèt ( Etats de lIJiiidÉl ) ; * 
Isit des câbles en coton. Ils dht été reconnus j dit-dh , ap^ 
épreuve et dans toute circonstance, étiie d'une durée sùpërièllfe 
à ceu± de lin et de chanvre souinis aux mêmes épreuves. L'M* 
leur affirme que ces câbles seront plUs forts, même avec plus de 
longiteur , qu'ils seront phis légers , et qu'en conséqueiM» Hs 
t>(MUTotit être memeeuvrés plus faeUemént^ il àuppi»^ ijiiff VékÊh 



ûâ!bé ^ l6 reàsorfL-àQ eeë eableff prétùHta. de gnâiqs avBw^; 
ta^ potur pr&erver lés vàîsseàux darânt les grands coi^d» 
Yéftt. Les Toiles de coton , dit le Nih's rester ^ du 17 décéns»-'! 
Lre 1825, pdg6 244^ auC|udnoas emiN^ûntonsiîe tensèi|^entoit(p 
sont aiâsi fortes qu'âucuiie T<^le peut èbcef. elles se fabriquante;' 
Baltimore j et deviennent de plus en plus en usnge^nnl dodté qde*; 
1^ cordages de coton ne soient aussi bientôt pr é f érés» etc:, eica 
Nous donnons œ docinnent saàs y joindre avnuie ob se r vaii onyï 
rexpériénce ne ncwls ayantpa^ permis d'âyeîf un arfisàcetégatd) 
qol^nt au± yoUesde coton, c'est autre cfaosè^'il if y apasds doutu* 
4 concevoir. La fàhriqùe.de MM. Btooks ka H Uf^BdÂ^A oni 
bit des Yoyages de long cours sons épriwrér d'a^terlcMi ^ • |> 

LeUn sert également à fatte des oovdes^p^deseiNNles'trts'ilt^' 
mécs } àôus n'avons yicn de particulier à noter sur ciett« htèmii 
trie, qui était dignement représentée à l'exposition- de i^M^ 
les procédés d^ fabrkàtidâ soni â fàti^iceà Vés iaèHîàêf èi à'dus 
deTons d'adlkurs termineit cet article déjà lolig. > . . . > 
liesperdomiei qsâaniràientVin^ntibndlefiiXf ountféhldèqpéd^^ 
et approfihidie doeette m^i^ère, peu^nt tÀùMà^e^ ht iS4ci1jM Jéit 
desmtthittés etprocédésspél(iiôéa^ltt»te^bl^eVëlard'ià>^etitioiM 
bi durée est expirée iA^ Af^iOërcÙelS^éimèimàmfkàÏÏiihb^^ î«« 
eolfectioii,' t. 1) p. «5(7; t.>^j p. eSjV -ÎOV p. «7 et 84; t. 15V 
p. 230; t 19^, p. 6«: t. 23, p.^Of^^t. 23, pi 3ï4fj et 2«^**F{ 
t. 1, p. 03; t. 36, p. 9df>: Le^p'eHèi:^'ofunù^;tl'%;f.V, t. îf/ 
p. 217 et 80^; t. 12, ]|k 81; t: l!4f;p. 2^1.:/}^ ^éhiè dUi¥à^à ; 
2» série, t. 2f, p. W; t. 4v p. 80? f. 6, p; 8; t.'8^^; Î41 ^t 10; 
p. 401; t. {2, p. 81; 1. 13^ p. 289 et 297 et 31»; t. Uj p: 96; 
t. lô^p* 206; t. 18, p. 266; etc., 6tc.,<^ ffîêiK^ iyuvi'âgè. 

Les arduves des décomtrtes e» htî^Hmif^ t. â, p. 277; >< 

Le Bulletin de la société d*iifnùùw^^èMèm pûith FihdUiiit^lè 
nationale, 1. 17, p. 387; id. t. 28, p. ^1^.' 0£LLtt&ral 

FâGTUHE. ( eommev^e^) Une ikèture ëirf l'état que àéii fft^éî- 
seuter mi mxfckand en<livi^SËit la iii^¥ébttiïK]iëè ^il rt véiiât^tfi 
Tonte foctte-e doit coûteiitr, avec lèi d^të dé ter fiVràièoii, le nôÉfc 
de Fachetemr^ TénumérâttiÀn des-manâbaddi^ed, leut* pfrii, et 
racquStde ee pria: si «ttes dur été payées. Lés iiiimgrM d^ dd^ 
lis , les lusf quesdéf bâiibtS) drtoAte» l^ë iftld^ti^ uiitél^ ibift 
orâiiiaiitMm€OiApri«f dat» larédad«k>0fâé il fibcttû^e, ^ tféifc 



M FAtUiITES ET BAKQDEROTITES. 

pas une pièce aussi indifFérente que beaucoup de négodans lé 
pensent communément. La simplicité et- la netteté des factures. 
Tordre dans lequel les articles y sont énumérés , les détails 
qu'elles présentent contribuent au succès des affiûres, et Ton 
ne saurait y donner trop d'attention. Les factures que Ton re- 
çoit doivent être mises en liasse, par ordre de date, et soigneu- 
sement conservées pendant un certain temps ; celles que Ton 
envoie sont transcrites sur un livre auxiliaire qu'on appelle 
fi/ustunety ou livre des factures. On peut même en tenir deui, 
un pour les achats et Tautre pour les ventes. Les Anglais et les 
Américains du Nord excellent dans la rédaction de ces- pièces , 
qu'on gpuixait appeler les passeports des marchandises , et qui 
évitent ou occaaionent, suivant qu'elles sont bien ou mal confec- 
tionnées ^ des ennuis , et souvent des pertes considérables aux 
négodans. BukNQin aIné. 

FAILLITES ET BANQUEROUTES. ( Légiskaion commer^ 
ciale). De tous les évènemens qui peuvent bwpfer le com* 
ntefçe , il n'en est pas de plus grave , de plus funeste que la 
fidUi^f Désastreuse dans sesxésultats, son premier effet est de 
yoxvè^ ) d^ns les aiEûres commerciales ,. une perturbation dcwt 
on nç peut prévoir le terme ; aussi la faiKite n'est pas seulement 
un malheur privé, c'est encore, une ciUmjté publique. A tou- 
tes^ époques, \(^ législateucs ont .cherché à 1^ prévenir, et 
nsall^u^eiisem.çnt., il faut le dire, leujès efforts ont toujours 
été impuissans. Il y a des faillites maUieui^uses , il. y a des 
faillites criimnelUs qu'on appelle banqueroutes firauduleuses. 
Les premières sqnt la suite de malheurs, ocoosionés. par des évè- 
nemens imprévus pu par de. fausses ^éoulations; les secondes 
sont presque toujours, l'effet de calculs préparés à l'avance pour 
tr<wper plus sûrement les créanciers. 

Paiini les anciens règlemens sur les faillites, le plus impor- 
ta,nt est Tordonnance de 1673, observée jusqu'à Ja promul- 
gi^tion dii Gotde de commerce , lauf les modifications apportées 
par quelque actes interprétatifs. Cette loi sage, et suffisante 
en pai*tie,pour l'époque où elle fut rendue, ne laissait pas 
cepe;idant que de présenter de nombreuses lacunes et d'ouvrii 
la porte à de fréquens abus. Ainsi la contrainte par corps étail 
ila^ule garantie des créanciers, qui éltaient forcém^t sous b 



éÊpenàBnce de leur débiteur, resté maître de radministraticm 
Je ses biens ; il en résultait pour eux des traités ruineux et 
le scandale donné par le failli, qui affichait ensuite le luxe 
le pins éfaontë. Les lettres de répit ou de surse'ancey ou les 
jogeinens dits de défenses' générales de contraindre le débiteur» 
Tenaient encore rendre pire la condition des créanciers ;Vétai^ 
k kurs frais, du reste, qu'ils étaient tenus de prouva la fraude ; 
et comme naturellement ils avaient plus à cœur les intérêts de 
leur propriété que ceux de leur vengeance, le crime restait im- 
foni, et, ainsi qu'aujourd'hui , rien n'était plus rare que l'ap- 
plîcatîon des peines prononcées par la loi contre les banque- 
lontiers frauduleux. On sait que ces peines étaient sévères. Les 
lanqueroutiers frauduleux , c'est-à-dire , ceux qui avaient di- 
verti leurs effets , supposé de faux créanciers ou exagéré les 
créances véritables (art. 11, titre 11 de l'ordonnance de 1673 ), 
étûent punis de mort, suivant l'ai-t. 12 de cette mêmeordon* 
naDce et la déclaration du 11 janvier 1716. Ces mêmes i>eines 
se retrouvaient dans le placard de l'empereur Charles-^Quin^ , 
dn 4 octobre 1540, en vigueur dans les Pay^Bas fr^L^ais, 0t 
qui condamnait en outre les fauteurs et complices des bsnqv^ 
routes frauduleuses à payer et satisfaire toutes les dettes. JÊ^in 
h jurisprudence avait adouci la peine prononcée , et les bajqi- 
qneroutiers frauduleux étaient généralement condamnés .à l!ah- 
mende honorable , au pilori , au bannissement ou aux galères 
à temps ou à perpétuité , selon la gravité des circonstances. 
, Cependant , en 1764 , un notaire de Paris , convaincu de ban- 
queroute frauduleuse et de différentes malversations dans l'exer- 
ëce de ses fonctions , fut condamné , par sentence ^\x Châtelet , 
iêtre pendu, et, préalablement, à faire amende honorable, 
arec écriteau devant et derrière, portant ces mots : Notaire ^ 
banqueroutier frauduleux. 

Lors de la révolution , tout fut bouleversé , les hommes , les 
iropriétés , et , au milieu de ce chaos, les faillites devinrent, un 
aoyen de fortune dont on ne prit même pas la peine . de dé- 
guiser la source. Il devenait donc urgent de reyo^. l'ancienne 
U^slation , et ce fut apfès avoir consulté toutes les notabilités 
et corporations commerciales , après avoir pris 4es.inform9,tioi^ 
àms les états voisins, que le gouvernement s'occupa $4f^9W~ 






sa FAILLITES ET BANQUEROUTES; 

ment de la rédaction de nouvelles dispositions légales ma iii 

faùliitea et les banqueroutes. On chercha avant tout à ne fii 

tore trop sévère pour le malheur, ni trop indulgent pour ik,. 

mauvaise foi ; on con^déra le failli comme un débiteur dont kl 

comptes méritaient un examen sévère , et qui se trouvait seule* 

ment en état de suspicion légitime par suite de la violation àm 

. cngagemett qu'i} avait contractés ; pqirtant de ce principe ^ f ^ 

{allait le protéger, sUl était innocent ; le corriger, s'il y avn 

ches lui négligence ou imprévoyance; le flétrir, s^'il y SifA 

fraude ; offrir aux créanciers des garanties réelles et des imojaê' 

' ^çmpts de liquidation, en même temps que fournir au dâbir.. 

' tour malheureux le moyen de conserver son honneur en pei^, 

-dantsa fortune. Tel était l'esprit général dans lequel on dherdu^ 

' k €om)3iner la nouvelle loi. ' '' 

t Malheureusement les bonnes intentions du législateur dispa-'' 

^ ruvent en partie sous les dédales d'une procédure que l'on <5w 

* tiéee^saire ; U loi sur les faillites a été loin de répondre aor 

- besoins du commerce, et, nous devons l'ajouter, aux intérêts dé' 
' la société , si souvent froissés dans l'impunité qui suit presque' 
'fl|Mours les machinations criminelles ourdies par les faillis. ' 
^'''VL'enscnible des dispositions concernant les faillites embrasse 

tr<Às grandes périodes, savoir : l'administration des agens,^ 
¥àdmlhii9tration des syndics provisoires, et celle des syndics di-' 
finiti&«--Chacun de ces administrateurs est sous la surveillance 
â*un juge-commissaire nommé dès l'ouverture de la faillite , et 

- dont to retrouve partout , jusqu'à la fin de la procédure , les 
fonctions et les pouvoirs. Ce commissaire est pris parmi les 
membres du tribunal de commerce. 

Xes agens sont les premiers administrateurs de la faillite ; 
leurs fonctions ne sont exercées que pendant l'apposition des 
scellés , et elles se bornent aux soins d'urgence que réclàhjient 
lès choses gu'il y a lieu de conserver ou de vendre , de peur 
qi?élleâ né se perdent, aux mesures conservatoires enfin. lia 
confection dii bilan est la piartie de là procédure qui anparlièiit 
&rëpoque de leur administration. " ? 

ïjès syndics provisoires , qui succèdent aux agens , prennent 
Fàdmiîiistràliôii provisoire de la faillite jusqu^à l^bonu>¥ôgft- 
tftHS^Së'là dëdsfon définitive (le concordat) qui doit itaire^s» 



FAiyJTfiS ET BANQUjaiQBTïS. 
m ]a faillite, ou j^sq^'au mpm^t où il 4oU étr^ proçJdé 4 une 
Jlgilifbtipii ^i^ale au cpmpte 4e la masse , en veitu d'un contrat 
4'iuûop ; c'est sous la gestion de ces syndics que ^ faif U uréri- 
fiç^lion définitive des créances , la levée des scellés, rinv^tairet 
k vente des effets piobiUer^, le recouvrement de l'actif, çofiu 
\t concordat. Au pren^ier aperçu, il seipblerait qu^ leq fonctions 
fies syi^dics provisoires dussent cesser lorsque les créancier^ pro* 
yisoires sont 4€venus9 p^r suite des vérifications» créanciers 4é- 
^ti£^ ; mais la loi veut qu'ils ne soient rewpUcés qu'^prj^ 
l'adoption ou le rejet du cpncord^^t délibéré par ces çré^çif^y 
dé^itifs. 

Les sy^dics défiuiiîfs consti^^i^t la cierpi^r^ P&ipfle 4q ll^ 
llfûlfite. Ce sopt eux qui représentent réellci^ent I4 it^^^ 4fP 
créanciers ; c'est sous leur adpiinisfr^tion que se termine \à, If- 
q^ûdation de la faillite , Iqf ^qu'il n'y s^ pas eu de concordât , et 
par conséquent qu'ont lieu la ve^te des ^n]:neul>lefl; et lei^ diftri- 
lM|tions entre les créanciers. 

lÎQUs allons e3(aminer chacune 4^ ces périodes 9 eiji s(uiv|4^t 
i peu ]pffès l'<Mrdre adopté p^r le Code 4e: çoumerçe. 

SB LA FAILLITE. 

Ulispositions. générales. -— Ipa faillite est l'état d'x^i cçmm^ 
eant quî cesse ses paiemens ( C. de comm. art. 437 ) , -— ou gui 
fait seulement un atermoiement avec ses créanciers. 

Il y a atermoiement, si le négociant fait apposer dans ^ bu- 
re^ut des affiches annonçant qu'il suspend ses paiemeus , OU 
(pi'il ue fait plus que des paiemens partiels , et %\ la ijnajprit^ 
4e ses créanciers adhère tacitement à la suspension, eu reefLva](it 
line partie de ce qui leur est dû. 

Pans ce cas, les créanciers qui reçoivent les à-couipte^ fUT 06 
fui leur est du; ne peuvent ensuite être admis dans les éta^ de 
lépartition des biens du failli, qu'en rapportant à la mas^ ^ 
^yement ou réellement, les sommes qu'il çnt reçues (ÇoUT 
rçiy^e de Paris^ 23 juillet 1807.) 

Çn commerçant est en état de faillite par le fg^it seul de ce4S9^ 
^on 4^ ses paiemens, quelle qu'en soit la cause, et quand vAv^ 
(e^ç çau#e serait étrangère à soxi çonunerce , par esçeiuple , ^a^ 
arrestation. (Cour de cass^^tipu» 19 W^s ISS^) 



/ 



24 FAILLITES ET BANQtnEROUTES. 

Mais de ce que le passif excède de beaucoup l'actif d'une 80« 
ciëté en commandite , on ne peut conclure qu'il y ait état de 
faillite. L'associé commanditaire qui, sous ce prétexte, provoque 
une apposition de scellés, doit être condamné à des donunages- 
intérêts. (Cour royale de Golmar, 17 mars 1810.) 

Un individu non commerçant ne peut êtrç déclaré en faillite; 
il tombe en ce qu'on appelle déconfiture , mais il faut pour 
cela que ses Biens soient insuffisans pour payer ses créan- 
<ciers. Nous n'avons pas à traiter ici cette question ; qu'il nous 
suffise de faire observer combie^n il importe que la qualité de 
commerçant soit bien établie , pour éviter les procès , souvent 
plus ruineux que la faillite ou la déconfiture , et qui ont pour 
objet de revendiquer, en cas de cessation de paiement, la juri- 
diction des tribunaux de commerce ou celle des tribunaux civils. 
Sont commerçans j porte l'art. !•» dû Code de commerce, ceux 
qui exercent des actes de commerce et en font leur profession 
habituelle. Ainsi, quelques actes isolés de commerce ne donnent 
lias la qualité de commerçant ; elle iie s'acquiert que lorsque 
ces actes sont tellement répétés , ^'ils caractérisent une véri- 
table profession. Remarquons qu'aujourd'hui, c'est-à-dire en 
vertu de la loi du 2 mars 1791, art. 7, toute personne est libre 
de faire tel négoce, où d'exercer telle profession ou métier 
qu^elle trouve bon... Cette liberté ii'existait pas autrefois. F', le 
mot Actes de commerce. 

, Suivant l'art. 441 du Code de commerce , l'époque de la fail- 
.lite, dont l'ouverture est déclarée par le tribunal de commerce, 
est fixée , soit par la retraite du débiteur, soit par la clôture de 
ses magasins, soit par la date de tous actes constatant le refus 
d'acquitter ou de payer des engagemens de commerce. Cependant 
les circonstances et les actes ci-dessus mentionnés ne constatent 
l'ouverture de la faillite que lorsqu'il y a cessation complète de 
paiement ou déclaration du failli. Il est certain, en effet, qu'un 
commuant peut être obligé de s'absenter inopinément , sans 
cependant qu'il y ait aucun dérangement dans ses affaires. Les 
Scellés peuvent être mal à piropos apposés sur ses biens , et les 
tribunaux ne doivent voir dans ces circonstances que des indices 
|)ropres à les diriger dans la déclaration de faillite et dans la 
fixation de l'époque de son ouverture. 



FAILLITES ET BANQUEROUTES. Î5 

CTest d'après ces principes qu'il a été décidé, par de nombreux 
arrêts , qu'un commerçant qui s'est homicide au moment dé 
{edUir, maïs avant toute déclaration , tout protêt , et durant le 
plein exercice de son conunerce , ne peut être réputé mort en 
état de faillite ; mais qu'un négociant peut être déclaré en état 
de faillite après sa mort , si le paiement de ses billets a cessé le 
jour même de son décès , encore qu'aucune poursuite n'ait été 
précédemment dirigée ; que quelques protêts isolés, et quelques 
jugemens de condamnation, obtenus contre un négociant, avant 
sa mort , ne suffisent pas pour le faire déclarer mort en état de 
fiûUite , lorsque d'ailleurs il n'y a pas eu cessation absolue de 
paiement, ni interruption de commerce ; que l'état de faillite ne 
peut résulter que d'un fait sensible et notoire , qui constate la 
cessation de paiement, surtout quand il s'agit d'annulet*, au pré- 
judice des tiers, les actes faits avec le failli ; que quelque mau« 
vais que soit l'état des affaires pécuniaires d'un commerçant, et 
quelque onéreux que soient les moyens qu'il emploie'pour conti- 
nuer ses paiemens, sa faillite venant à être déclarée, l'époque ne 
peut en être fixée qu'au temps même où il a réellement cessé ses 
paiemens ; que la cessation de paiement opérant l'ouverture de 
la Êdllite est une cessation absolue , dessaisissant le failli de 
toute administration , et faisant cesser en lui toute opération 
conunerciale ; que des défauts partiels et monaentanés de paie- 
ment de la part d'un commerçant qui continue son commerce , 
ne peuvent suffire pour déterminer ultérieurement la faillite ; 
qu'enfin une cessation de paiemens qui n'est qu'accidentelle et 
temporaire, et non l'effet de la situation réelle du conunerçant, 
n'emporte pas état de faillite. 

Tout failli est tenu, dans les trois jours de la cessation de 
paiement , et sous peine d'être poursuivi comme banqueroutier 
nmple , d'en faire la déclaration au greffe du tribunal de com- 
merce; le jour où il a cessé ses paiemens est compris dans ces 
trois jours. En cas de faillite d'une société en nom collectif, la 
déclaration du failli doit contenir le nom et l'indication du do* 
micile de chacun;' des associés solidaires. ( C. de comm. art. 587 
et 440.) 

Le greffe où le failli est tenu de faire sa déclaration est celui 
du tribunal de commerce de son domicile, même lorsqit'il ^ des 



$t?WWIfiî»W? Sif^S ^ ^^ WW^iwamepa difféi^Ht. (Oour de 
l^jtiq]^ , 16 }^^§ 18P9, ) gi dqu^ msûfQAS d« ^ommi^ce, très 

^PA, tçjpbpflf ^n faillite , i| pe ^i\, y ^yçiç qu'une ^id^ pqui>r 
Ijujej ej, ppur pjf sfj^if ifff ^iJ)nfl4i ^ flpU cpogulter 4e qui 
fift ]ç plu? ifs^i^emf. 4 )^ ffij^sq. (C^uç 4^ ç«ifsftfip«, 3ft 4«r 
Çppillj^ 18f j. ) Si , w contf^re , 1^ à^vff. |naispm ^« «PPt pas 

f j^^fipi^ç ^qf j: ^tfp déç}aypjB fit ^WY^P 4PWt Je tribunal 4q cwu- 
P^efciei 4ps?ft don^icilç. (Cfl\ir 4^ c^çs^tip^^, 23 vp^^^ 1^09,) 

•Pèf BHfi 1^ Î^ibw4 4« W^Rcrcp 4 cftpnai^^icp 4eH feiOîta, 

ffiH Pîff 1^ ^éplfif^tiçta dji jfeim, yiit j^i: tfi ç^nâtft 4« quelque 
j^é^piçr, ftpft p^ ^ BOjgqçtç But)Uquq, H 9ç4o»Wlfi l'uppQ^- 

IJQ^i 4e^ çpçjîpj p4f }e? pi^g^i^^, çqwptqiw, c^f$9^., portc^ 

^t §1 1«^ feilli|;ç jBst {aitç Bf|- 4^ §f¥»çi^$ r^îiW ?ft wçi«té eoUeo- 

pp|f 4ç 1a société y lusos 4^^ )p 49i^ipl^ 9éy»xé 4^ chacun des 
a^sRcjçf 39|}4^rçç. §i4vf9t w W^t 46 h Gm de cassation , dyi 
i|P njjjç? |§p^, f^ qHfiîque^ pn§ fLçff. i|9«ppié« «ont d^m^ciliés dai|s 
l^e^ ^f SÎ^ÇP 4iff^^^W j> PH S^^ l^ ^été ait 4«s ^tahlisseroens 
^Bî rtV^WW ^^1 P*S«t W frU^îwâl 4ij U^u du prinâpal éta- 
Wij?^?îf^ fiÇ>BP9rîîÇ»t 1» çfinn5is5W4ç^ 4e \^ feiUite, «nooise 
qifg 1^ 4^%4tip|i §iit ^t6 {aitfî ai:i gr^Sîp d'un aufce tribunal. 
l^fiî]^îi9^ 4h i»gÇ9^Çi^t W*i ftr4o»n« l'apposition des scellés 
f St fW4?-pb¥ftB ^4rf?sp^ W i^€-4«rpaix. Ce demiec peut au^i 
*BI^P^ ^8S<îÇwaPîW l#»fltPwrt p^bKque. (G. dçoànun. art. 
449 à 452.) Il importe , en effet , dAmi l'intérêt des ciïéai)ciera , 
ans Sf RÇ 9P«r^tiPft mt Im le plus p^oçriptement possible. 

H PWÇ^-^PStel 4':^ppp^itiqn 4e» scdlé^, soit qu'elle ait ^ 
HPH ai YÇriH fl'w?^ mPVS^^h m% qu'elle ait été faite d'office 



(i), Lalw4u aiÇ ayrjl i4}i6(çprt. 74 ) ^JSf gne 1 4«)ps toute fiâflilt^ l'on 
çppstate si les livres sop( timbréi^. Dans le cas cpptri|ii^^, ^ n§ p<çut 4|fe 
fait aucun acte , ' ni passé de concordat , sans qu'il ait été suppléé au timbre » 
en payant » en outre de ce timbre » une amende de 5qo fr. pour chaque con- 
Uafeatiûo* IToy» aussi la lot du â4 mai iSH> art. 1 1 et suir., relati& aux droits 
tffraBi|fmR#ltt ^ti|Olc»« paiw ka difiSreu aotei atesèitë^ par lâ.ftriHité. 



FAIIXrrSS ET BANQtJEROWBS. » 

par le juge-de-paix, doit être adresse sans délai , par ce magis- 
trat, au triimnâl de commerce. ( Td. , 463.) 

Dans l'intérêt de la vindicte publique, et, ainsi que nous Pa- 
TOBS déjà dit , pour que le failli ne puisse , en cas de £caude , 
échapper aux peines portées par la loi, le tribunal, en même 
ten^ qu'il prescrit Fapposition des scellés , ordonné en outre. 
on le d^pôt de la personne du failli dans la maison d'arrêt pour 
dettes, ou la garde de sa personne par un officier de police ou 
de justice, ou par un gendarme. (Id.*, art. 455.) A Paris, la 
«arde de la personne du failli e$t confiée aux gardes du com- 
merce, suivant un décret du 14 mars 1808. 

Ha cet état , il ne pent être reçu contre le fidUi d'écrou ou 
recommandation , en vertu d^aucun jugement du tribunal de 
cranmerce. (Id., art. 455.) 

Ilécrou est , comme on le sait , un procès-verbal écrit sur le 
refpstre delà prison, et qui constate que le débiteur souniis à 
h contrainte par corps a été remis au geôlier, qui s'en est 
chargé. Quant à la recommandation^ c'est l'acte par lequel un 
créander qui a obtenu la contrainte par corps contre un débi« 
teiir déjà emprisonné à la requête d'un autre créancier, a'op- 
pose à sa mise en liberté, et recommande au geôlier de ne jiai 
le laisser sortir, malgré le consentement du premier créancier, 
^arrestation du débiteur, ordonnée à la fois dans l'intérêt de 
la vindicte publique et de la masse des créanciers, ne doit pas, 
en effiet , être utQe aux intérêts particuliers. 

Le dépôt du fadlli dans la maison d'arrêt peut être effectué , 
lien que le feilli ait été condamné à l'emprisonnement comme 
banqueroutier, et ait subi sa peine ; le dépôt n'intéresse pas 
seulement la vindicte publique ; mais le failli peut demander^ 
s'il s'y croit fondé, soit sa mise en liberté, soit un sauf-conduit, 
en la forme prescrite par les articles 465 et 466 ; il en est dô 
même lorsqu'il y a contrat d'union entre les créanciers , et que 
les biens du failli ont été vendus. (Arrêts da la Gour de cassa- 
tion, des 9 novembre 1824 , et de la Cour royale de Paris , du 
28 juin 1828.) 

En toute faillite, les agens , syndics provisoires et définitifs , 
sont tenus de remettre, dans la huitaine de leiu* entrée en fonc* 
tiens, au procureur du roi de l'arrondissement, un mémoire ou 



38 FAILLITES ET BANQCEIIOUTES. 

compte sommaire de l'état apparent de la faillite , de ses prin- 
cipales causes et circonstances , et des caractères qu'elle parait 
aToir. (Id., art. 4S8.) 

Le procureur du roi peut, s'il le juge conTenable , se trans- 
porter au domicile du fadlli on des faillis, assister à la rédaction 
du bilan, de l'inventaire et des antres actes de la faillite ; se fadre 
donner tous les renseignemens qui en résultent , et £adre , en 
conséquence, les actes ou poursuites nécessaires; le.toutd'office 
et sans frais. (Id., art. 489. ) 

SU présume qu'il y a banqueroute simple ou firauduleuse , 
s'il y a mandat d'amener, de dépôt ou d'arrêt , décerné contre 
le failli , il en donne connaissance , sans délai , au juge-com- 
missaire du tribunal de commerce ; en ce cas , ce dernier ne 
peut proposer, ni le tribunal accorder, de sauf-conduit au £ûlli. 
(Id.,art. 490.) 

Premiers effets de la JaiUiie. — Le failli , à compter du jour 
de la fidllite, est dessaisi , de plein droit , de l'administration de 
tous ses biens. (G. de comm.,art. 442.) Cependant, il n'est pas 
firappé d'une incapacité absolue pour intenter une action , et 
ester en jugement. Ainsi, il peut rcTcndiquer comme lui ap- 
partenant des biens détenus par des tiers, qw ne seraient pas 
admis à repousser son action, sous prétexte qu'aux syndics seuls 
appartient le droit d'agir dans l'intérêt de la masse. (Cour de 
Poitiers , 29 janvier 1829.) Il peut même se pourvoir en cassa* 
tion contre un arrêt rendu entre ses syndics et des tiers , alors 
que les syndics ne se pourvoient pas eux-mêmes. 

Le failli est dessaisi de l'administration de ses biens, mais 
n<m de la faculté de s'obliger ; seulement il ne peut pas altérer 
le gage des créanders de sa faillite ; il peut même se livrer à de 
nouvelles opérations commerciales , acheter et revendre, pourvu 
qu'il ne compromette en rien l'actif de sa faillite. A cet^gard , 
c'est-à-dire pour les actes de ce nouveau coumierce, il est, comme 
auparavant, justidable des tribunaux de conunerce, etpasnble 
de la contrainte par corps. (Gourde cassation, arrêts des 21 no- 
vembre 1827 et 6 juin 1831. ) Ajoutons que les dispositions du 
Code de commerce , relatives aux effets que produisent les fail- 
lilcinr la perwnne et lesbiens du fidlli, ne sont pas établies seule- 
IlDtéKét des créiiiciendnfiâlli; elles le sont aussi, et 



FAtLLtTES ET BANQUEROUTES. S0 

prmdpalement dans l'intérêt du commerce et de la sociëté; c'est 
pourquoi les créanciers ne peuvent ni annuler, ni modifier les 
effets de la faillite dans l'intérêt du failli ; ainsi , lorsqu'une fail- 
lite a été déclarée ouverte , et suivie d'un concordat, le juge- 
ment d'ouverture de la faillite ne peut être rapporté, même du 
consentement des créanciers, à l'effet de réintégrer le failli dans 
la jouissance de ses droits; le &illi ne peut plus que se faire ré-^ 
habiliter. (Arrêt de la Cour de cassation, du 28 novembre 1827.) 
Les &illis ne peuvent exercer les droits de citoyens ; ils ne 
peuvent être agens de change, ni courtiers , ni se ])résenter à la 
bourse ; ils ne peuvent, non plus, être admis à l'escompte de la 
Banque de France. (Constitution du 22 frimaire an 8 , art* 5. 
—G. de comm., art. 83 et 614. — Décret du 16 janvier 1808 , 
art. 50 et 51.) 

Nul ne peut acquérir privilège ni hypothèque sur les biens 
du failli, dans les dix jours qui précèdent l'ouverture de la fail«* 
lite. (Art. 443.) 

Tous actes translatifs de propriétés mobilières faits par le 
ftoQi, à titre gratuit, pendant les dix jours qui précèdent l'ou* 
▼erture de la faillite , sont nuls et sans effet relativement à la 
masse Mes créanciers; tous actes du même genre , à titre oné- 
reux, sont susceptibles d'être annulés, sur la demande des 
créanciers, s'ils paraissent aux juges porter des caractères de 
fraude. (Art. 444.) 

Tous actes ou engagemens pour faits de commerce, contrac^ 
tés par le débiteur, dans les dix jours qui précèdent l'ouverture 
de la faillite, sont présumés frauduleux, quant au failli; ils 
sont nuls , lorsqu'il est prouvé qu'il y a fraude de la part des 
antres contractans. (Art. 445.) 

Toutes sommes payées, dans les dix jours qui précèdent l'ou- 
verture de la faillite , pour dettes commerciales non échues , 
sont rai^rtées. (Art. 446.) Enfin, et généralement, tous actes 
etpaiemens faits en fraude des créanciers, sont nuls. (Id., art. 
447.) Il ne faut pas que , par des actes collusoires et simulés , 
le failli puisse soustraire à ses créanciers une partie quelconque 
de leurs gages. 

L'ouverture de la faillite rend exigibles les dettes passives 
non échues ; à l'égard des effets de commerce par lesquels le 



M tiim3TB8 BT MMQUERODTBS: 

^li 4e trouv<$ être l'iui des obligëÀ^ ks autres obligée ne «Kmt 
UpiHS <(tie de donner caution pour le paiement à réchëâncej s'ils 
u'aitnenli nûeul payer inutiédiatemènt. (Art. 448.) En e£Pet , t» 
natuiCe de l'engagement de^ coobligés du failli ne peut pas êttcl 
«hangée et aggravée par le dérangement survenu dans lé^ ekibàu 
res de ce del'nier ^ et ^ consé^uéintnent, ils ne peuvent être eon>* 
t^sdnts de payer atant l'époqUé à laijuelle ils se sbnt engagés àâ 
le faire. Cette obligation de donner caution où dé payer imidé*i 
àifitanent ne s'applique pas , au sur^dus , au tireur, ni y en |;é- 
|ié^, aux 'personnes dont la signature est «Intérieure à telle, du 
failli , mais à tou3 souscripteurs et à tous endosseurs^ soit anté4 
rteurS) soit postérietûrs à F^gagemênt dû îaJUi. (.Gdur royaU 
dé Nimes , 31 janvier 1826.) 

Ces principes , ainsi que les dispositions de l'slrt. 448 ^ sdnl 
^'ailleurs d'accord iCvec Fart. 163 dû même Ciode^ d'après le^el 
Ij^ porteAr d'une lettte de changé n'est dispensé du protêt; fkaik 
de paiement, ni par le protêt faute d'acceptatibti j Ai par U 
ld^oftf hlî par la ftdlUte de èèlui sur ^uî la lettrd de change est 
jtirés ; en cas de faillite de l'accèpteiir ayant l'échéairidè ^ le jfioi^ 
téur peut faille pr<rtesteri et eiercer son recbiifs cbnire qak et 
droit. 

m « 

' Nous pouVODË mentionner encore l'art. 1188 du Code 42vilj^ 
iportant que Iç débiteur ne peut plus réclamer le bén^ce du 
terme , lorsqu'il a fait faillite, ou lorsque ^ pB± sbd fait, il à 
.diminué le# sûretés c^'il dVait données ^ par le coiltrat y i ion 
^aréaneier; 

StiGimmaHhii fié idiffà M Ia ^iiiJLïik. ._ 

Le jugement qui ordonne 1 apposk^oA des scellés dédare Véf 
jpoque de l'ouverture de la faillite; il ilomme un de ses nom- 
bres commissaire de la faillite , et un ou plusieurs a^ens^sui^ 
yant l'importance de la faillite, pour remplit, sous If survei^ 
^nce du commissaire, les fonctions <|ui leur sont attribuées par 
la loi. 

Dans le cas où les scellés oût été apposés par- le jiigeKlé^pkii, 
sur la notoriété acquise, le tribunal se conforme au surpkti dbs •• 
dispositions ci-dessus énoncées ^ dès ^'il à connaissance & la 
feiUite. (Art. 454.) 



LeH âgené kfae nommid lé itibûnàl Jfeiitèiit è»% ehbUtt fslnni 

In tsi^âiM^ierft prëstiméë, oii tdiiâ âutrèd, qiti dffirèiit le tÂùs.iië 
fpffi&lié i>ottf k fidëlitë de leur gêstioh. (Att 4561.) Mdiè ^ ûàtià 
k bttt d'eiupéishet qu'il Hè s'étd)li^è deé Hgéhs bAààtix j ^ 
{eni«&t mëdei* de G«tte {)t6fes3idtl^ kôttàtit ëeU Atrité pëûh lék 
€»atëiirt atbt ftutcéSdldità f àcàhtëè , iitd lie }>eut ètië hèidmé 
•ilâot dettftfdii dfttiBle cxMlH d€ la Itiêliië Éililiéë i U mbiOê ififÛ 
ttë nil ctéândêr. (Ah. 486.) 

Le jugèinént est affiché^ et ittièrê pàitëmiAit dfths lëè jdùif^ 
nmi» saivatit'lè mode établi j)â]r TMi-t. B8à dÙ Cdd« dé ^èbëec- 
toé cink. Cet nficbàgè ddit être èbfi^àié i^fli* F^tdfcèé-verbdl , 
et fl tient lieli dd fti^ifiCâtton dil jiigéMedt àti failli. Il est ^ê- 
oitbîffe j[>rOvisoirëttiètit , ttiaii^ susceptible d'^i^osition * Saydir : 
pour le DkUli , dans le^ btilt jours ^ mveUÎ ttivâ àë l'àffiêhé ; 
pour les créanciers préseiis ou représentés | et pour tottt àtiti'e 
intéressé^ jAsquês «i y cdid]i>f là le jdttf dû t>i'dcèi^Vërbiâ Cdiista- 
taitt la térifie&ti<>ix de^ trééhcès ; iponr les fcrêantiëri ëft d^- 
mettM^ Ittèqtt'ft r6l2{^alieti dti dëfuièf délsâ qtd kiir a ^té M-* 
cordé. 

Ce jiigémeiit est fépxiié tèndn èttt^ lé ffillli ti tOttS lis 
créanciers ou intéressés^ quoique iioti ap(>eldd; et il en résulte 
^e Toppasitîoti fat eux fdtmée k ta jugeiuètit a le camctèf e 
d'opposition sitnplè^ et ït6ù de tieh!ë-d]^]iojitioUi c'eêC pôUtquèi 
k jttgeiuent qui statue pàt défaut sàt cette dpftositidu uft ^eut 
être actaqué que pBLV k voiie dé rapi)ël. 

Le Ju^-cdttuuissaif-e fait au ti^ibunal de èôUUùetce le ra{]ip6h 
de tout^ les coutekatidus que la faillite peut hîttë tiaitre ^ et 
qdi sont de la euuqi^ténceâe ce tribunal. Il est cbai^gé sj)écialë- 
Kient tfaoèéléter la coufectiondd bilan, là couvoeatiou des eréan- 
ders , et de surveiller k gestiôU de Id faâllHe i sdtt peùflaut k 
durée de k gèstidu provisoira des àgéus^ soit pendant eeUe de 
raduaniatrattôn ded syndics provisoires dU définitii^. (Art; 458.) 
Sèà fouctioiia ue s'opposent pas d'ailleurs à ce qu'il coneottre 
au jugement des (xmtestàtidns reltftiteà à cette faillite , et au 
ooiMpte ft reudrë par ita afgeufif et lés syndic^. Là Voie de ra|j|tel 
est duVerte cototré ses oÉdolmaÉiccS et cdtotre leii jugeiueus ren- 
dus sur son rapport, encore qu'ils puissent être réformes parla 
voie de l'^pt^cteâtâoti. 



) 



32 FAILLITES ET BANQUEROUTES; 

Les agens nommés par le tribunal de commerce gèrent la fkil- 
lite, sous la surveillance du commissaire, jusqu'à la nomination 
des syndics : leur gestion provisoire ne peut durer que quinze 
jours au plus , à moins que le tribunal ne trouve nëcessaii« de 
prolonger cette agence de quinze autres jours pour tout délai. 

Cependant la Cour royale de Bordeaux a jugé , le 15 jan- 
TÎer 1828, que les fonctions des agens ne cessent pas de plein 
droit par l'expiration de ce délai , et qu'elles durent tant qu'ils 
n'ont pas été remplacés par les syndics provisoires. Ainsi ^ sont 
valables tous actes faits contre les agens avant leur remplace^ 
ment ; même après l'expiration des délais dont il vient d'être 
parlé. Ce principe est , au surplus, d'accord avec les termes de 
l'art. 481 , d'après lequel les agens cessent leurs fonctions 
vingt-quatre heures après la nomination des syndics pro- 
visoires, 

A compter de leur entrée en fonctions, les agens, et ensuite 
les syndics sont tenus de faire tous actes pour la conservation 
des droits du failli sur ses débiteurs. Os sont aussi. tenus de re- 
quérir l'inscription aux hypothèques sur les immeubles des dé- 
biteurs du failli, si elle n'a été requise par ce dernier et s'il a 
des titres hyx>othécaires; Tinscription est reçue au nom. des 
agens et des syndics, qui joignent à leurs bordereaux un ex- 
trait des jugemens ^pù les ont nommés. (Art. 499.) 

Ils sont tenus de prendre inscription , au nom de la masse 
des créanciers , sur les immeubles du failli dont ils connaissent 
l'existence. L'inscription est reçue sur un simple bordereau , 
iinonçant qu'il y a faillite , et relatant la date du jugement par 
lequel ils ont été nommés. (Art. 500. ) Cette inscription. d'office 
suffit pour conserver les droits des créanciers entre eux , tout 
aussi bien qu'elle les conserve vis-à-vis des tiers. 

Les agens sont révocables par le tribunal qui les a nommés. 

Ils ne peuvent remplir aucune de leurs fonctions avant 
d'avoir prêté serment , devant le juge-commissaire , de bien et 
fidèlement s'en acquitter. Si, après leur nomination et la pres- 
tation du serment, les scellés n'ont point été apposés, ils re- 
quièrent le juge-de-paix de procéder à l'apposition. (Art. 460 
à 462.) 

Les livres du failli sont extraits des scellés y et remis^ par le 







FAILLITES ET BANQUEROUTES. 33 

juge de x>aix, aux agens, après avoir été arrêtés par lui : il con- 
state sommaireinent , par son procès-verbal , l'état dans lequel 
ils se trouvent. Les efiFets de portefeuille qui sont à courte 
échéance , ou Susceptibles d'acceptation , sont aussi extraits des 
scellés par le juge-de-paix , décrits et 'remis aux agens pour en 
faire le recouvrement : le bordereau en est remis au commis- 
saire. Les agens reçoivent les autres sommes dues au failli , et 
sur leurs quittances , qui doivent être visées par le commissaire. 
Les lettres adressées au failli sont remises aux agens : ils les ou- 
vrent, s'il est absent; s'il est présent, il assiste à leur ouverture, 
(Art 463. ) Si elles ne concernent pas la faillite, elles doivent 
lui être remises. 

Les agens font retirer et vendre les denrées et marchandises 
sujettes à dépérissement prochain , après avoir exposé leurs mo- 
tifs aa commissaire , et obtenu son autorisation. Les marchan- 
dises non dépérissables ne peuvent être vendues par les agens 
qu'après la permission du tribunal de commerce, et sur le rap- 
port du commissaire. (Art. 464.) La forme de cette vente est ré- 
glée par l'art. 492. 

Toutes les sommes reçues par les agens sont versées (déduc- 
tion faite des dépenses et frais ) dans une caisse à deux clefs , 
dont il est fait mention à l'art. 496. (Art. 465.) 

Suivant cet article , l'une des clefs est remise au plus âgé des 
agens, et l'autre à celui d'entre les créanciers que le commis- 
saire a préposé à cet effet. 

A compter de l'entrée en fonctions des agens , et ensuite des 
syndics, toute action civile intentée avant la faillite contre la 
personne et les biens mobiliers du failli , par un créancier privé, 
ne peut être suivie que contre les agens et les syndics , et totité 
action qui serait intentée après la faillite ne peut l'être* que 
coDtre les agens et les syndics. (494.) 

Ccst aussi contre les agens ou les syndics que l'expropriation 
forcée doit être poursuivie par les créanciers hypothécaires , si 
elle est commencée avant le concordat ou le contrat d'union ; 
ces créanciers ne peuvent se dispenser de notifier au^ failli le 
commandement qui précède la saisie immobilière , et tous les 
actes ultérieurs de la poursuite. (Cour de cassation , 2 mars 1819.) 
Après l'apposition des scellés, le commissaire rend compte au 
V. 3 



tôJ^çiWit 4fi l'état ^pmrept ^^ ftfF^ireu du faiilU, et put liropeN 
!t^ pïl «H^ WSfi ^P^ liberté pwe et si^pW, «lY^c wuf^Qnduit pro- 
^ire 4e f^ pe^rsopae, qu ^^ naise en Jiheirtë, nvec wutconduit, 
^ %ypis^aïit pa^ti(ui 4c; $e rep^-ëçenter, ^m p«>we de paie- 
jjfiçj\\ 4'upe ^qmm^ qu^ Ip trib^al avKtre , et qui tourne , U 
ç|} ll4vq;iaAt, au profit 4eç ççéa^çiçrs. (Aït. 466.) 

A 4^awt par le cpp^is^ai^-e <Je pvoposer un Sftuf-oooduit 
pçiwy le failli , pe 4çrnier peut pTé^ejitçr R 4e^l5^nde au tribynal 

4^ pçtçifiperc^, qui ^We aprèîi ^Yqif mt«a4a W w«ftïai«»we. 

Si \f failU a obtfii^u u|^ faufcçcm4^it, le* 4gewi rappellent 
auprès d'eux, pour clore et arrêter les livres çii $^ préKtice; 
î^'il :^e ^ TWd paa ^ Vipnt^tiou , U e^t çoçftifté de roa»piarailtïe ; 
€t «'il »^ ÇOînpir^H pas^ ^ai^a^r^teriiuit feeuï^ sipiriiB U so^ 
«WtiPVûi il est député ^'êtçe.afcsçut^ 4 de^^eio, el ooiiAtitué en 
lliepi^tî^ dç ^Quei^ç^tç fV^tudtW^Us^, ij» f^Ui j^ent uéaa- 
IWW* cçrtçipvatt^e p^y fondé d^ pjouyoir^ »:a propose de» ein^ 
||ff(:l^pi^& yjg^ v^l^bl^ paç ie çoi^misftaife., (Art. 46». ) 

Le failli qui n'a pas obtenu de sauf-conduit ce^xp^iraît f^r U9i 

{9$l4é de pouYftjir^ 4 4ç|a^t d« qwi, il §%t «épulé a'élr^ almaaté 

Cette présomptif d'^h^çnjee jetée, sur ie: feilU «k» U* bmt 

W^t qji.ft ^t 4é<enu, n'a év^ename^t ppur ofejet q^e de Fobli- 

Sm i WPW^ W iojf4A 4?; pûuy^wç, âpuft peime d'élwi p^uvst^vi 
comme banqueroutier. 

Af, û%«- — le faiJJii <mi £^ , ^jti^% 1$ déal^raiioA.dei sa flul- 
ïl'^i P?#>^^4 W^ bi^iW W Çt^ pa?s^ et *(^ de 8e« asfFwes, ei 
^ V^ m^ P^?Ç-=d^y^rs Ipw, 1^ ?^i»i^t^ux 9|peil$ldb]^kaTmg^ 
ffW^f teiji;e8 ^^^ei^r-çutr^^ea f(m^imi% {Ait. 47<X> 

J>é^. I^n 4oit «?Pt^^ ïéijiui^p^o», et l'^valm^oii} de tous 
les effets mobiliers et immobrtie]!fs d^ d^bi^ur, l'éta* dsas dt^tlm 
1^X44 ^ P^si^^, le tab]tew d^ p^ofets; et d6% p^ej, le ta- 

!W^ F« Içdçhitew*. (Art. 471,.). 

^|a^u»je 4^sii|i4icaJfto^s.<îi^ dçiij cQô$^i$ le, ]^l#ft 4iïil;y êfew 
gqrtée.ay^c uw. r^ligiei^e çj^t^^p^^^ et juftiifiéft pftiî 1m Hw^ 
4» WU^x Ift diw;çda^.^e ^nfte Vîs liiwefeQ|ilfi.fe^ 



TAJVUTBS BT BAKQDERODTBS; SB 

aaofitadc ààna ce bilan , et ik>iltTait élever contre Is ftilli U 
^pétemption de banqueroute, qu'il lui est ai imt>b^tant ^'éviter. 
Il beat en outre que les créanciers y soient tous scntpuleusemeiil 
désignés ; car, en parcourant la procédure des faillite^ j 6n ToM 
kfn les crëanciera défiîiitivement reconnus et vérifiés ocmebu- 
icnt seuls à l'adapltion des mesures et détermiustioos défini* 
ti?es, et que les créanciers seulement présumés ne pèuveièi 
pModre put qu'aux mesures provisoires. H finit donc qu'ai» kit 
tiUi lès indîtès j>rop^es à les reconnaître^ et aucune pièce »e 
poit jeter plus de lumière sûr ce sdjet que le bilan , èfui est M 
tÂl«ni Kwhmaire de la fituation du failli, et dont la sinGérM 
^t înlliier be^ttcotip sur son sort. 

Si ^ à FépcMpie de l'entrée en fcmcliona des agcntf^ k failli n'« 
pMpiéptfré le bilan, il est tenu^ par Itiî oupar sen £ofedé de 
poôvoirj kmynmt les cas prévus par les art. 4dS et 400 , dé pr€^ 
céder à la rédaction du bilan , en présence des agelis i»«i de fe( 
ftnoiuié <^'il0 ont préposée. Les livres et papiers du fiuUi lui 
AiBl^ à eet effet, communiqués sans déplacement. (Art. 472^) 

Dans tous les cas où le bilan n'a pas été rédigé ^ sett pHf le 
fa&li^ Mt par un fèndé de pouvoir, les stgens precèdéilt ëdx- 
liitoes à la formation du bilan, au moyen des Kvres et pt^t* 
àtfa&U, et au moyen désinformations et renseigiienietis^'ib 
peavent se i»poeurer auprès de la femme du failli j de seji éli^ 
isÉS y 4e ses comniis et autres employés. (Art. 478.) 

Le jàge-^conuttissaite peut auâsi , sbit d'ôfB^ , loit stfi* la dë^ 
wàÈtàbâ^jSii <m de phisieuts créanciers, ou même de l'âgetit^ 
Mrfbgêl* le» individus désignés dans Fatttick* ptêtêdtitiî^ à 
fMtptIon de lafenuAe et des enfads du failli , imà sur tè tjfA 
«onecntela fbntidtion du bilaji ^é scdt les tàmèé et kâr citcMr 
ituicesde sa faillite. (Art. 474.) 
Si le failH Vi^t à décéder après rduvmurè de sa iftillité ,- sa 

JWeave ou ses enfans peuvent se préseciier pour suppléer letht Mf- 
tear dans la formation du bilan ^ et pour toutes les autres obli- 
{ttions imposées au failli; à leur défaut, les agens procèdent. 

J(lrt.47l) 

y JKé qiKé ht bHëH a été rèniis pàb- M àgëHs 'àii coiiiinisi^iUré ; 

J lihthi Jreè^ë, é^^ ti^ iàim pmxr toiit Qét^, la BMèf m 

^MttntMfy4«l ^ Ttà&t afîi tribune d^ ëitàxiMi^; et 9 

3. 



36 FAILLITES ET BANQUEROUTES. 

fait conToquer par lettres , affiches et insertion dans les jour- 
naux (Art. 476), afin cfue les créanciers se trouyent ayertîs, et 
ne puissent jamais prétendre que l'assemblée a été clandestme 
ou partielle. 

Même ayant la confection du bilan , le commissaire déi^oé 
peut conyoquer les créanciers , suiyant l'exigence des cas. 
(Art. 477.) 

Les créanciers susdits se réunissent , en présence du comnûs- 
sabre, aux jour et lieu indiqués par lui (Art. 478) ; et , dans le 
but d'éyiter que le failli, afin de £adre nommer des syndics qui 
fussent en quelque sorte à sa discrétFon, n'indiquât dans son 
bilan des créanciers qui ne le sendent pas réelleçient, Fart. 479 
yeat que toute personne qui se présenterait comme créancier à 
cette assemblée, et dont le titre serait postérieurement reconnii 
supposé de concert entre elle et le failli , encoure les peines 
portées contre les complices de banqueroutiers frauduleux. 

Le Gode permet^ au surplus, aux créanciers (art. 495) d'atta* 
quer les opérations des syndics j s'ils croient y entreyoir l'effet 
de quelques manosuyres. 

Dans les yingt-quatre heures qui suiyent la nomination des 
syndics proyisoires j les agens cessent leurs fonctions, et rendent 
compte aux syndics , en présence du commissaire , de toutes 
leurs opérations et de l'état de la faillite. (Art. 481.) 

Les agens , après la reddition de leur compte, ont droit à une 
indemnité, qui leur est payée par les syndics proyisoires, et 
qui est réglée suiyant les lieux et suiyant la nature de la faillite, 
d'après les bases qm sont établies par un règlement d'adminis- 
tration puUiique. (Art. 483 et 484.) Cette indenmité est payée 
par priyilége sur la recette brute, et , àcet e£Eet, exécutoire est 
déliyré aux agens par le tribunal. 

Si. les agens ont été pris parmi les créanciers, ils ne reçoiyent 
ancme indenmité. (Art. 483.) 

SYNDICS PKOyiSOIRES. 

Les syndics proyisoires sont nonunés par le tribunal de com 
miurc€ f sur une liste présentée au juge-conunissaire par les 
créanciers réunis, et qui est triple du nombre de syndics qu'ils 
estiment deyoir êtrfs nonunés» (Art* 480.) Les syndics doiyent 



FAILLITES ET BANQUEROUTES. S7 

nécessairement être pris parmi les candidats qui ont réuni le 
plus de suSrages y et lorsqu'il s'agit de remplacer l'un dei syn- 
dics, la nomination du nouveau syndic doit également être 
bitesur une liste triple présentée par les créanciers. 

Après la reddition du compte des agens , faite dans les yingt- 
quatre heures de la nomination des syndics provisoires , ainsi 
qsÈt le porte l'art. 481 cité ci-dessus, les syndics continuent les 
opérations conmiencées par lesdits agens, et sont chargés provi- 
soirement de toute l'administration de la CsdUite , sous la sur^ 
vdllance du juge commissaire. (Art. 482.) 

Les syndics sont tous solidaires à raison de leur gestion, et ils 
ne pourraient invoquer l'art. 1202 du Gode civil , portant qu'il 
n'y a pas solidarité , si elle n'est pas expressément stipulée , at» 
tendu que cette disposition ne s'applique qu'aux obligations 
conYentionnelles , et non à celles qui résultent d'un mandat 
judiciaire donné à plusieurs conjointement. C'est ainsi que l'a 
plusieurs fois décidé la Cour de cassation. 

Ausât5t après leur nomination , les syndics provisoires re- 
quièrent la levée des scellés , et procèdent à l'inventaire des 
Uens du fsdUi. Ils sont libres de se faire aider, pour l'estima- 
tion, par qui ils jugent convenable. Conformément à l'art. 937 
du Code de procédure civile, cet inventaire se fait par les syn- 
dics à mesure que les scellés sont levés, et le juge de paix y assiste 
et le signe à chaque vacation. (Art. 486.) 

Les syndics sont tenus de faire tous les actes conservatoires 
dont nous avons déjà parlé , et de remettre au procureur du 
roi un compte sommaire de l'état de la faillite. (Voir ci-dessus 
les art. 488, 499 et 500; voir aussi l'art. 494.) 

Le faUli ^t présent ou dûment appelé à la levée des scellés et 
mx opérations de l'inventaire. (Art. 487.) 

L'inventaire terminé , les marchandises, l'argent, les titres 
actifs , meubles et effets du débiteur, sont remis aux syndics 
qui s'en chargent au pied dudit inventaire. Us peuvent , sous 
l'autorisation du commissaire , procéder au recouvrement des 
dettes actives du failli. Ils peuvent aussi procéder à la vente de 
ses effets et maichandises , soit par la voie des enchères publi- 
ques, par l'entremise des courtiers et à la bourse, soit k l'amift^ 

le, k leur choix. (Art 492 et 493.) 



M FAJliSrEB FF BAIfQUERDUIIiS. 

C«|fc à |tu|:»^tatfâA au tribunal de «onuneffoe, ^'flappwtie&t 
40 ^hri^ l'offiocir luîaisfiiri^ qui doit £aM la T^te dtt meur 
tim du détour ; â diè a lien par l'enlreiuîse des cauideim de 
commerce, ceus>HBi doiyânt 9p conformer à l'Ordonnaiice toyala 
dy 9 an&l 1819 ; ellç peuf autsi être fiite par les oomint»sâii>-es- 
pûepis ^ qui pafsédaient autrefois le droit exdusif de ùàt^ gqs 
¥éultts »«efc qui le paftagéi^t aujohud'hui aVee les cDoirti«r8« Si \k 
tt9^ a l^teu hors la }iQur|8 et pal: faifs îofiérieurB à ft-,QDû {r. , 
les cmiicBS fkîteat obtânie l^àntorisation du tPibiiiiai de e^Mia- 
merce. 

Si le fiiilH a obtenu un sauf^-eoiiduit^ les syndies peuvent 
Teipployer pqur (acilitef et éclairer leur gestion ; ib âteut les 
4t«adîtinm# de son traT4il(G'e$t4^re l'indemnilé «{lii llii sçra 
«oeoB^ée. (Art. 4^.) 

Si les Gvéaneiers ont qu^que motif de se plaindre deà opéra- 
tiMe des syndics, ils en ritktmt au Gommissaii«> qui Aiatue , 
s'il y a lieu , ou fait âon rapport eu ti^ibunal dé ècâlUneit^e. 
^t. 4ftâ.) 

Mbîs ils ne sont paà tenui de se i^nir pôut préseàter leur 
séelamatian , et chaque créancier a individuelleÂient be drmt. 
Ii6 failli peut aussi retercer ^ ear on ne peut lui ôteir k facullé 
do réelamipr contre des opérations qui liii jpataîttàiént oné- 
teuses* 

Les deniers proveni^nt deë ?^nled et des i^cotiVt'emeis djont 
vende , sous la déduction des dépensèTet frais , dans uûe caisse 
à double seirure. Une des clefs est remise au plus âgé des àgens 
«tu syiidios, et l'autre à celui d'entre les créanciers qûé 1^ com- 
missaire a préposé à cet effet. (Art. 496.) 

A déiàut de ce Versement, les syndics peuvent être condamnés 
au paiement des intérêts des sommes restées dans leurs main^. 

^ute» les semaines, le bordereau- de situation de la cadsse 
de kl faillHe est iremis au commissaire , qui peut , sur la de- 
mande des s^n<]bcs , et à raison des circonstances, ordonner te 
vérsetnent àt tout ou partie. d«» fonds à la caisse des dépôts 
«t eetts%nâtk>ua, e« f n^e lea mains du déi^é de cette caisse 
dana leaA^pwtettiena, à h cbcirge de foire courir, au profit de 
làasaïae» lesiadiréls accordés aux sommes consignées et ceUe 
même caisse. (Art. 497. -- Qrd. du roi , du d jdttkt f ftte.) 6es 



PÀîLtrr ES fit BA«0uËftdutÉs. èfe 

'Métkm Êùnt de 9 p. lOb^ à èbitifrtér du ^ôitdittièMe j6ùr à pàt^ 
tir de la date de la consignation , jtCsi}tiei9 et noti èoîit^rl^ tehfi 
éa relillfOt»0ettietit. (Art. 14 delà fhêmè ordonnance.) 

le fetitemCftit ûéB tonûé termes â la t&ïsàt déè dépôts et fc'értt- 
lâgttadcmA se fâii ett ttsttd d'une é^detittslriee dti comnfi^di^é. 

La vérification dëé eréââcéé (Fttné dti fûnctîon^ lésf jAtt^ iM^ 
]Mrt»tt€i éêê tFfikAits ptb^rï^aîtëé , et tjvtî , àùt terîtie^ d'iiiie dé- 
dlîMl dtt lÉûiiâstire û^ fiîïâilce», dti 28 jûih 1^09, à liétf sattls 
^ !«• titi*é9 ai€»t été {^réalàbletïreiiit entegistt'éis), e^ faite sHis 
déM 1 1« eomtdisBaite yeiUe à ce qn'il y sbit procédé Ah^ëUbtiiëtii, 
à monif^ qM le» ètéttticle^i» se présentent. (Art. SCtf .) 

L^iMregifitr«ttié6!t Éi'étànf phé néceâsatiré, il eh' ré^ttlté ^ët^ 
oéaade^ ipeuf eâ« éflte adtfiis tta. patdiùf dé h feîllite , q46lq[M 
kof» tiireB l/àie*« pas ae^uîs Me date tert^^àaé éhtitîéiitëAétiet 
àMn outentwe^ ( 6^ dé câ^. , 4 février lBi9,) 

Tem let erëanetetflf dti &illi sont Atétti^, à' cet efltîtl, pâf 1^ 
papiers publics et par lettres deé syndics , dé se présèAYfér, danois 
le délai de qvtataffiète joti^s ,• pMf etts: 6tL p9ir lèv^ééi/hdiÉ de pou- 
voir, «a syndies de la failtifé^ de léiîi^ èétlàtet i ^ûet titré 
si pour <{iielte soMme ils scnrt créftnciei^s, et de letu^ ^èMét^ 
leurs titres de cvéanoèSy (M de les diépdsër M ^rtSè db tfîl^ 
mAè^cmktmeteBJl k6uy en esl dbhné iiécépiiiàé. (Att. 509.) 

Mas ai ^ parmi ce» cf éatîeiers y il s'eii trouvait dont les érékti>- 
eâi ofâient pas pour objet des fiiits de commerce, et tpï^i péA 
suite, il s'élevât des contestations À leur sujet, la cohnsfissaïiM 
«■ «ppaviietidnifk aùa ti^ibunsmie civils, et non a^ tHKùimux 
AeoominEi^e, aiAt- térrïies.de l'art. 631 dtr Gokie de coihittéf^l 
KenuiqfuoflLS idb fae tes créanciers dWe fatitlite liër sdtttjraik 
dHpenséB die Faflfeninaition et dé k vérification de leurs créàildéi^ 
f» oefat setâ qu'ils sont privilégiés ; il n^a été fkît pàifoiâ éxce^ 
tion qu^en £iv«ifer def propriétaii^, ^isr les ihénMés gâriîis^bint, 
ktlieim Ibué^; quelques coUrsf ont considéré qtié sa créance est 
twè^txftê dfd fei ftiillite du locataire, et île l'ont pats sDttmièé tlk 
Téi^cttlim nt à Fal^rmatîmi. 

La vérification des créances est faite contrâdictdirériiétit éâ^ 
tn 1d créssseiiet ou so'n fbhdé de pouvoir et les syndks , e^ en 
chft^ jug<R:otaUttis!saâré , (pA eti dressé proèès^ftrb^. 



40 FAILLITES ETi^BANQUEROUTES. 

Cette opération a lieu dans les quinze jours qui suivent le dé- 
lai fixé par l'article précédent. (Art. 503.) 

Tout créancier dont la créance a été vérifiée ou affirmée, peut 
assister à la vérification des autres créances, et fournir tout 
contredit aux vérifications faites ou à faire (Art. 504) , mais 
jjusqu'à la clôture du procès-verbal seulement. 

Le procès-verbal de vérification énonce la représentation des 
titres de créance, le domicile des créanciers et de leurs fondés 
dç pouvoir. Il contient la description sommaire des titres , les-- 
quels sont rapprochés des registies du failli. Il mentionne les sur- 
charges , ratures et interlignes. Il exprime que le porteur est 
légitime créancier de la sojimne par lui réclamée, Le commis- 
saire peut , suivant l'exigence des cas , demander aux créanciers 
la représentation de leurs registres ,^ou l'extrait fait par les ju- 
ges de commerce du lieu , en vertu d'un compulsoire ; il peut 
aussi, d'office, renvoyer devant le tribunal <1^ commerce , qui 
Statue^sur son rapport. (Art. Ô05.) 

Si la créance n'e^t pas contestée, les syndics signent, sur cha- 
cun des titres, la déclaration suivante : — Admis au passif de 
la faillile de *** pour, la somme de, . . , /e. ...Le visa du commis^ 
saire est mis au bas de la déclaration. (Art. 506.) 

Chaque créancier, dans le délai de huitaine après que sa 
créance a été vérifiée , est tenu d'affirmer, entre les mains du 
commissaire , . que ladite créance est sincère et véritable. 
(Art. 507.) 

Si la créance est contestée en tout ou en partie , le juge-oom* 
missaire , sur la réquisition des syndics , peut ordonner la re- 
présentation des litres du créancier, et le dépôt de ces titres au 
greffe du tribunal de commerce. Il peut même , sans qu'il soit 
besoin de citation , renvoyer les parties, à bref délai , devant le 
tribunal de commerce, qui juge sur son rapport. (Art. 508.) 

Le tribunal de commerce peut ordonner qu'il soit fait , de- 
vant le commissaire , enquête sur les faits, et que les personnes 
qui peuvent fournir des renseignenaens soient à cet effet citées 
par-devant lui. (Art. 509*) 

A l'expiration des délais fixés pour les vérifications descréan* 
ces , les syndics dressent u^ procès^-yerbal coatenant les noms 



FAILLITES ET BANQUEROUTES. 41 

de ceux des créanciers qui n'ont pas comparu. Ce procès-verbal | 
dos par le commissaire, les établit en demeure. (Art. 510.) 

Le tribunal de commerce , sur le rapport du commissaire , 
fixe, par jugement , un nouveau délai pour la vérification. Ce 
délai est déterminé d'après la distance du domicile du créancier 
en demeure, de manière qu'il y ait un jour par chaque distance 
de trois myriainètres : à l'égard des créanciers résidant hors de 
France, ou observe les délais prescrits par l'art. 73 du Code de 
procédure civile. (Art. 6 11.) 

Le jugement qui fixe le nouveau délai est notifié aux créan- 
ciers, au moyen des formalités voulues par l'art. 683 du Code 
de procédure civile; l'accomplissement de ces formalités vaut 
signification à l'égard des créanciers qui n'ont pas comparu , 
sans que , pour cela , la nomination des syndics définitifs soit 
retardée. (Art. 512.) 

A défaut de comparution et affirmation dans le délai fixé par 
le jugement, les défaillans ne sont pas compris dans la réparti- 
tion à faire. Toutefois, la voie de l'opposition leur est ouverte 
jusqu'à la dernière distribution des deniers inclusivement, mais 
sans que les défaillans , quand même ils seraient des créanciers 
inconnus, puissent rien prétendre aux répartitions consom- 
méis , qui , à leur égard , sont réputées irrévocables , et sur 
lesquels ils sont entièrement déchus de la part qu'ils auraient 
pu prétendre. (Art'. 513.) Cependant cette déchéance n'est pas 
applicable aux créanciers retardataires à l'égard desquels toutes 
les formalités prescrites pour les mettre en demeure n'ont pas 
été observées ; si , par exemple , le jugement qui accorde un 
dernier délai à ces créanciers, ne leur a pas été notifié dans la 
forme voulue par l'art. 512 , les créanciers non comparans peu- 
vent, après l'expiration de ce délai, demander non seulement à 
être admis aux répartitions à faire , mais encore revenir sur 
ceUes qui ont été consommées en leur absence. 
' Dans les trois jours après l'expiration des délais prescrits 
pour l'affirmation des créanciers connus , les créanciers dont les 
créances ont été admises sont convoqués par les syndics provi- 
soires. (Art. 614.) 

Aux lieu , jour et heure qui sont fixés par le conunissaire , 
rassemblée se f^rme sous sa présidence ; il n'y est admisi que 



A FAOJiTr&S BT fiAVQUERQVTi». 

àm nrét^éùfê Fi^èonnuf » ou kpra foniUs de iMmVeiri(Artu 616.) 

I9Q fMlU eàt appdé • ««tie éààemblée ; iL doit s'y présenta en 

{mriKmiiiif «-il a oblenu un tonf^condmt i et il he peut a*y ftire 

y^pmtettflE^^e pour 4ealîibti£i iFalabl»» ^t mpjpnamviMfds It 

hfi comi^iaéftire vén^e les poittbirs dd is^iu i|iû «'y prdseii- 
ttot ecii«d»è fétide do lurocuralioii $ il bit rendte eemple en sa 
pésls&ùe^ pàt les sytdîes piraYÎflMir^» de Vét»M de la lûlUte^dës 
formalités qui ont été remplies , tt dâs ^|[)é|rat4éM qui tel eu 
J^tù » 1q feilU M e»t^âu. (Art* 617.) 

lip fijlmiuiisw^ tmit prfHès«yiH^ll»l d# ^a 4*^ a âé dit e^ dl^ 
«id? daHA fifm aLW^aoUAm^ (Art^ M8.) 

i)ié^ e^^t^ef^dat^-^ il ne p6u$ dtr^ iuHisistijH d^ tri^tii eulro Ite 
idsaaftféliTt déUbécafis at 1q débiteur feîUi ^u'apr«a l>«cmiiidi»- 
sèment des formalités ci-dessus prescrites ,et$i^ da ï^xiomm» das 
|0e^ j Uirttfs at pi>i^eff% d^ £pi4Ui ^ il vi'y a aMevwfC^paasMipÉion 
4a bsi^QU^YQuI^^ Avi^¥i^a«it U |ia paul a^ra fidt amouo; iraké 
^^Q 1& ^uUi et «a^ araaii(<^iats ^ 4 pw» da «Milita, lia ju^ 
ia«tq»iamra didt ps^tieuiièi^alaafiil yailte à rflsiéautiaA da oss 
d^sQ^tim^ Ga^HiUa us si^tabbt ^ua par laaaMâaas d'tanaoïkf a 
da «saMiciainii fefai«tet «jw^osîtié^ ai repradenlMi^ tm autna:^ pat 
biii:a titfaada alaaticaa ya^lfiéaaf les treiàqMaM da li»toaaiîÉé 
d^ Sfiw«(l3 4uaif s^u râlai dès cyaMwaï Yarîfiaas è$ <faax«|^ 
%pa«)»^^|pr«tiâalitutjk ae qulasl dit cNtessuâ^ La HuêL k geitaa 
d«) wW^ iMti i»t» 9t 6»1.> 

Cfaof dam: l-Mdmblaadaut â Ttawl d'&tFe;pEirl4 (fiÉadasI; ^sa 
«fmt^Wlft al: aiyaa. U- «w^oirâ^^ LsadabaS^qùi y eàa liai», la^ 
Aifmi^ 1^ ti^u^«6qni!, les; déSisasf^ al» laà^ axfdkàtiiÉiiîî^doiiiiaés 
d^f«rlaild'aiiÉra> ^quldoî^efiiblt^^t'éciMilfia 
âa8ala^fi^»*i(arhÉl<pi« doiioédigâr h în^Mûnuâiasiâaa 
ftmméiaaQl ^,V«r^ 51ft^aonil,.pctu£ la;t«ilûmdf<piîdait^pniBBOBQaff 
ou rejeter rhono^bptipat dis aat a^^f. d'iMa^ ^ra^d^ seôaiu^ bt 
eom»fiàfi^:^i a^ suifjaa,. Va^ la ptua. fotoiE^le ^» piilsse* 
iç^aKVi^W p«jiM^la^.^éaa€Àaiia e^^ fim9 la.débûbea» lafiâbêmffaïui 
ek da^^iiôa i^oi ii aav a^apavda^s pas. da. vias <|i^ W fiiiUt^asft 

pleinement Iii)éré de toutes les dettes qui sofii aeuùa^ti païf la 
çcM^i^çvc^^Jt^ a^ qp'aa.QO»Bac|»aaGa:U ^apaui ét^a.uUéiiiaaraiiient 
infriiîptfî nftiir Kasson da GjSB^VkèukOA dfltlîf fli 1 SÊSt^ las tihfta imiîtt 



M l.»l I 



FàSUJfFEA RF BAIVQUEaOUTES. |« 

fî^adiaità acqaérir par la suites tandis quo y sauf rempire du 
MDlnit d'union j le failli n'est libéré que lorsqu'il a intégraléft 
BMd paf é ses aréaneiers qui peiivent lé poursuivre sur ses 
Ueos à reniv. 

Smu Tempire de l^n^^nanoe de 1Q73 , dit Fayard de Im^ 
j^lâiBi kirsque tmis les oréancios n'étaient pas d'aacord sur les 
conditions d'vn arrangement a?ec le failli ^ l'opinion embrassée 
fÊf mix qtM'réiitoissaient lâs trois quarts de oe qui était dû par 
U fiâfi ^rétFaUit et formait délibération qui obligeait les au^ 
l»es ef>éAtieiot« , sattf» que le nonibre des Totsns entrât aucune» 
mcitl em eo^idéiratiM jlour lu formatioB de cette espèui de itui^ 
jttrké en mfHMv bit en ihàsêet 

fkm diqiôsitiott de i'ordonnainte de 197S étidt fondée suip et 
ifÈA les plus forts créanciers ayant le plus d'intérêt k n'aeeept<^ 
fie élè cnodîtkms aussi avaiittgeuses que Tétat des choses pou- 
lilt te pëntoeMia , il ii^étatt pas juste qUe de petits onlanoieM j 
4iii) 4^di^Q0 sdj^iéurs en nombre , n'autaient forfné^ par la 
itamou 4^ lecttrs créances ^ que le quarl au plus de ce qui était 
M ftâ le failli ^ pitssent empêcher ub arrangement }qgé avan** 
tageux ps» les oréanoiers les plus intéressés ^ et , par stiite ^ cou* 
mtUÊêOf en frais une grande par^e den biens qui fortnaient le 
|àga emumvin* 

Mais U pouvisiit résulter de cette espèce de majorité , admise 
fl<»Mact4e]iBr l'erdonnance de 1073, des«ollusions entre quek 
f«es gros f^'^iid^v et le failli. 

Le Gode àé èemtiidree a consacré^ par 90tk article $19^ Ifs 
sMM^gôS de k di^osition de cette ordonnance, et en a ^ autant 
fie pëfeible 5 ptéfenu les dangers^ en exigeant , et à peinu de 
mtMUl^f pMir la Ibrmatioti du ti'ûté entre les créanciers ei le 
fiâli y l& ^èHe^t0's d*kn n^mbt^ de créanciers JbrmaM Iq ma- 
féràé^ ei l^présentant en outre, par leurs titret de créances 
ifê ifUéS s ies tpoh^uaris de h, totalité des semmes Aies. Ainsi, 
éM| notre nouvelle législation commerciale, pour que le con- 
cordat oblige les créanciers refusans , il fkut, eii premier lieu , 
fi^l soit «consenti par la majotité en nombre des créanciers \ et, 
•a deuxième lieu , que cette majorité en nombre réunisse bs 
trois quarU dje la majorité des sommes d|ies, e'est^àrtâire qu'il 
te tani ^ là fois majorité ^ nogttbre et nuiçrité en miiasa« 



44 FAILLITES ET BANQUEROUTES. ^ 

Les créanciers hypothécaires inscrits et ceux nantis d'un gagé'' 
n'ont point de yoix dans les délibérations relatives au conçois ^ 
dat (art. 520), à moins qa'ils ne renoncent an bénéfice résul** 
tant de leur hypothèque. Dans tous les cas^ le concordat csl^ 
obligatoire jiour eux, après l'homologation ^ si ce n'est dans kt^ 
articles qui tendraient d'une manière quelconque à diiniiliiÉt * 
leur droits ou à en suspendre l'exercice ou le recouvrement. - 

Le concordat^ s'il est consenti , est , à peine de nullité j signé ' 
séance tenante : si la majorité des créanciers présens conseal ' 
au concordat , mais ne forme pas les trois quarts en somme , la 
délibération est remise à huitaine pour tout délai. (Art. 522.) . 

Les créanciers opposans au concordat sont tenus de faire si- 
gnifier leur opposition aux syndics et au failli dans huitaine 
pour tout délai. (Art. 523.) 

Mais ce droit d'opposition n'est accordé qu'aux créanciers qoi 
ont vérifié et affirmé leurs créances. Ceci résulte de la combi- 
naison du présent art. 523 avec les art. 504, 510, 512, 513, 5l4, 
519 et 522, et a été jugé par la Cour de cassation, le 19 juin 1821. 
Cette opposition est d'ailleurs la seule voie légale pour deman- 
der la nullité du concordat d'un failli avec ses créanciers. 

Le traité est homologué dans la huitaine du jugement sorles 
oppositions. L'homologation le rend obligatoire pour tous les 
créanciers , et conserve l'hypothèque à chacun d'eux sur les im- 
meubles du failli ; à cet effet, les syndics sont tenus de faire in- 
scrire aux hypothèques le jugement d'homologation , à moins 
qu'il n'y ait été dérogé par le concordat. (Art. 524.) 

L'homologation étant signifiée aux syndics provisoires, ceux- 
ci rendent leur compte définitif au failli , en présence du com- 
missaire ; ce compte est débattu et arrêté. En cas de contesta- 
tion, le tribunal de commerce prononce : les syndics remettent 
ensuite au failli l'universalité de ses biens , ses livres, papiers, 
effets. Le failli donne décharge ; les fonctions du commissaire et 
des syndics cessent , et il est dressé du tout procès-verbal parle 
commissaire. (Art. 525.) 

Le tribunal de commerce peut, pour cause d'inconduite ou 
de fraude , refuser l'homologation du concordat ; et , dans ce 
cas , le failU est en prévention de banqueroute , et renvoyé de 
droit devant le procureur du roi , qui est tenu de poursuivre 



PAILLITES ET BANQUEROUTES. 45 

d^office. S'il accorde Thomologation, le tribunal dëdarele&ilii 
excusable, et susceptible d'être réhabilité aux conditions expri- 
mées au titre ci-après de la Rdhahilkation. (Art. 526.) 

A ce qui précède, ajoutons quelques règles de jurisprudence, 
uUes qu'elles se trouvent établies par les cours et tribunaux : c'est 
que les créanciers signataires d'un concordat peuvent eu de- 
mander la nullité, même après l'expiration du délai de hui- 
taine fixé par l'art. 523 , lorsqu'ils n'ont été déterminés à le 
consentir que par l'exposé faux et frauduleux que le failli a 
lût de sa situation ; qu'un concordat vicié de dol et de fraude 
peut être querellé de nullité , même pendant dix ans , à partir 
da jour de la découverte de la fraude ; qu'enfin un traité cou- 
da entre le failli et la majeure partie de ses créanciers , sans 
convocation préalable , hors la présence du juge-commissaire , 
et sans l'observation des formes voulues par la loi , n'est pas un 
véritable concordat , et que le créancier dont la créance a été 
yérifiée, et qui n'a pris aucune part à ce traité, peut y former 
qvpositioD, même après le délai de huitaine. 



SYNDICS DEFINITIFS. 



Du contrat tï union. — Nous venons de passer en revue les 
deux premières périodes de la faillite , celles qui comprennent 
les mesures préliminaires et les actes conservatoires , tels que 
l'inventaire , la reconnaissance des créanciers , et enfin le con- 
cordat, qui, lorsqu'il a lieu , est la dernière opération de la 
faillite. 

Mais lorsqu'il n'est survenu aucun arrangement entre le failli 
et ses créanciers , c'est alors que la faillite prend un caractère 
plus grave , et qu'elle entraîne souvent de longs débats. Dans 
ce cas , les créanciers assemblés , forment , à la majorité indi- 
viducUe des créanciers présens , un contrat d'union. (Art. 527.) 
Ici la quotité des créances est sans considération , et les voix se 
comptent par tête. Il ne s'agil pas, en effet, comme dans le con- 
cordat, de conventions sur les droits et intérêts de la masse des 
créanciers , mais seulement de la vente des biens , tant raobi-i- 
liers qu'immobiliers du failli; de la liquidation de ses dettes, 
tant actives que passives. 

Les créanciers aûnsi rassemblés nomment un ou plusieurs 



iriitiaTE» irr BAïVQuÉiatfss. 

ifniîcJB déftisHifi » ot xxt eaianef^ cliafgé de teeeveir leà SMiiàn^ 
f(r€ff enmai de tonte espèce de recorÙTreiiieiit. hes syndio» défi* 
nitifs re$oitcnt lu tompte de» syndica proTÎSKwre», akisi cpi'il a 
été dit pmir le ceiB|ite daa agens à l'art. 4^1. (Art. â^TO 

Les syndics tèfMréscDteiit la màasd dcseréadciefs; Ils ptoc^ 
deat à layérifiçatioii du bilan y s'il y a Ueu. Ib poniraiiiTelLty en 
imiu du central d'n^n, et sans autres titres authentiques ^ la 
^lÉta des îmttiêubies du failli ^ <:elle de ses tAai!>chaadt9eiii et el^ 
feitf nlobiUeni, et la liquidaticm de ses dettes active» et passÎTee i 
lé tout deUsla sunreillanGe du eemmissoirey et ssois qeHA scdt 
bescKÎa d'apipdea le fkillîi (È»i, 52d.) 

La tente des imineublee ue peut toutefois atoip lieu faut les 
iolas des syndics que lorsqu'il ttj a pas et. &àtA>ti ea exprès 
pisttMï desdtts i(nflieiâ)Iês araM kur fidnlnatiofl^. La reixte 
ê&îÊt ôtÀs iiourâàii^ie dafis la Imitadne^ savant lesi foraies prea* 
imites paf l& Ocklè ûivil peu» la ye«|e des hien^ des mineisr^ 
( & de 6oaaft»H , 529, ôd2, 564.) Psv eoaséquent ^ l|i tente a Hem 
aux enchères , qui 96M i^çuea par u» meinfl^f a dn tribàiiali de 
première instance, ou par un notaire à ce commis, et à la suite 
de trois affiches apposées par trois oîmànches consécutifs , aux 
Mii£l atfbcMftUMéf dsiàs to caYiteot. GhaeftiM de èes affiches? est 
fàil» et e«»iââéd paà» kr mâ^è ^e la èoMMine^ oièi etts a été apu 
|Npée. (G.' tw.yStt. 4d9.) B j^ésdlle dft eea dispc^itiena qae la 
^metef dâs kMUfieuMb^ dijé foilK ^ pew amv Keii detaat le tri- 
Ùuaal de eenM|!»ei«e^ C^est ééépna^éét |u^ jpcp là 0«pr decaa^ 
sation, arrêt du 3 octobre 1810. 

Ibadsntt kostana^ appèa Vsidjiidkiatkntf^ «oui ixi^afàërà déoit 
éfè svteacliiérw. i#c sèJfeàdbèM? ne peut élre^ atodessoua du 
diattuis déy pr^ ^râteî^nd à» IfadftrtofaatioiijL (& d»^ eepan. , 

Cdtte d^Muève ibsifia^iaot êsU une ccpaéi^nse de Ist shIpto^ 
gatbvfai eUeii^ aopitefit'de la èaulôatfàrtoittkadlroîts c^uTs^ 
HDê lé eséaneittB eoniOve be débs^iir.; ' : . i 

IkmB toaib lés «tei, il^ êtes y-^siwa^yappeelmirta dcc oanÉniMiâaey 
sMmbisIm ftiUipei à ^ fiÉHâH^ te» Tétetiftensi,^ hat^âee er aaamèles 
pimaiMMm àfrsea^édlku^pÀ-sioyiAi^. (t^ 
la proposition des syndics , qui en dresMtft'F<éi|aa; {Astti lâOl) 



FiAILUTBa BT BANQUEROUTIB; 41 

énk de dwriandfii*, à titra de secours, une sommoiiir fesbicnist 
ki sjndks en proposent la quotité , et le tribunal , sur le racpm 
fort du comimssaire , la ûxe en proportion des besoins et d<! 
retendue de la &milie du failli, de sa bonne foi, et du plu» 
cnineins de perte qu'il fait supportera ses créanciers. (Art. 530.) 

Routes les fois qu'il y a union de créanciers , le commissaire 
ta tribunal de commerce lui rend compte des dtcomstanees. Le 
tribunal prononce, sur son rapport, comme il est dit ci-dessus^ 
nklulli est, ou non, excusable, et susceptible d'être réhabilité, 
la eu de sefna du tribunal de cènnnerce, le failli est en pré^ 
nation de faenquercfiite , et renvoyé de droit devant le pf ocih 
ttw dn Mi , camme il èsl dit à l'art ââ& (Art. fiai .) 

AÎBSÎ y tout &ilB doit néccssaireiiieiit èlre placé par vu juge* 
mbiy soÉt dans la classe des fiillis proprement dits , sok dans la 
éMSe des Ibumqueroutiers siwpleSy soit dans l|i dasse des ban* 
fièseulkss firsudvleux. 

Siar <à ffl»tf <gfe5 espèce^ tk ûwéaneiertf iU âe^ leun dfoièg en 
cas de faillite, — En principe , les biens àa débiteur seirt le 
fige esnoMiu» de ses cféan^iers , et le pvis s'en; dîstrîboe csittre 
cmpnr eoMffbutkm. Cepeudant k loi reconnaît qu'il pitut y 
avoir entre les créanciers des causes légitimes de ptéi^encs y 
lillis qae /af ppwUges et ies hypèthènfues, (C. civ.^ art. )d93 
et 2094.) Les créanciers privilégiés sont cen qeà ^ par la qeaBté 
êsluir evésHïcè'r otA te dcoil d'être pvéfiérés aux autres crésin- 
esars, nuènit» kypbd^écsftrss. (ïd.^art. âM5.) Lcscpéaacfeysilry^ 
pediiécGdrss mmt ceux «pai ont \m dteît réel sut les jesnieuMes 
i&stés À ys »4 «Pl t eilùent itmifif obligation. (Id. , %n^.) Il y M 
«Éln éeat <rtéa»mv9 asniiifis d'un gagie , eS des eréanciievs «i^o- 
§MpfkÉè^s j cVst-^à-dise cens dowC letii6rs i/es« ni jnrmlé^îé ^ i»i 
iiiÉÎ|L#i«Bisr2t slax bypotÉèquês, e€ au<sqa>etst Ivloî i/attcoide, pa» 
conséquené^ amcune faveur;' teop evéaMMe doèt tov^otErs eepen^ 
iMi^ are prouve*, soif pO" im titre aatbeniA9li&, soit pan? un 
artrsoto» Séin^riJVté , So^ 6âfi« A& Mm^ nsanièrel^àlis. 

Ok co H ttp »e ad? que ces di^penfes espèces d!ie erésMcievs peu- 
fne se venconitiép dsnS'une teSSke , et qufil^ iiqperfe» de pOMM 
voir à TSàf eottservadokr de^ d^eit^ de clkaetfn' ^eux. Ittt ^g^ 
néral, les ei^éenci'evs |H^Mlégiés e# kypot&éea»<e9 sont payéir 
SB» leprËe êeA inukidiiÂtes qui léui!' éMen# bypoiliéifuëi»;' les 



4S FAILLITES ET BANQUEROUTES. 

créanciers privilégiés sur le prix des meubles affectés à leafT 
privilège; les créanciers nantis de gages, sur le prix de leuié 
gages ; les créanciers simples chirographaires n'ont de droî| 
que sur le mobilier et sur ce qui reste du prix des immeu- 
bles et des gages , après que les créanciers privilégiés , hypo« 
thécaires et nantis de gages ont été payés; ils viennent par 
contribution , lorsqu'il n'y a pas de deniers sufOsans pour leH 
remplir tous. 

Les syndics présentent au commissaire l'état, des créancien 
se prétendant privilégiés sur les meubles ; et le commissaire au» 
torise le paiement de ces créanciers sur les premiers deniers ren- 
trés. S'il y a des créanciers contestant le privilège , le tribuiul . 
prononce; les frais sont supportés par ceux dont la demande a 
été rejetée, et ne sont pas à la charge de la masse. (Art. 633.) . 

Le créancier porteur d'engagemens solidaires entre le failfi- 
et d'autres coobligés qui sont en faillite, participe aux distnU 
butions dans toutes les masses, jusqu'à son parfait et entier 
paiement. (Art. 534.) 

Les créanciers du failli qui sont valablement nantis par 
des gages , ne sont inscrits dans la masse que pour mémoire. 
(Art. 535.) 

Les syndics sont autorisés à retirer les gages au profit de la 
faillite, en remboursant la dette. (Art. 536.) 

Si les syndics ne retirent pas le gage, qu'il soit vendu par les 
créanciers , et que le prix excède la créance , le surplus est le^ 
couvre par les syndics ; si le prix est moindre que la créance y 
le créancier nanti vient à contribution pour le surplus. (Art. 537.) 

Les' créanciers garantis par un cautionnement sont comprif 
dans la masse , sous la déduction des sommes qu'ils ont reçues 
de la caution ; la caution est comprise dans la même masse pour 
tout ce qu'elle a payé à la décharge du failli. (Art. 538.) 

Créanciers hypothécaires. — Lorsque la distribution du prix 
des immeubles est faite antérieurement à celle du prix desmeik* 
blés , ou simultanément, les seub créanciers hypothécaires non 
remplis sur le prix des immeubles, concourent, à proportion de 
ce qui leur reste dû^ avec les créanciers chirographaires, sur les 
deniers appartenant à la masse chirograpliaire. (Art. 539.) 

Si la vente du mobilier pif cède celle des immeubles , et 



Ï^AÏLLITES ET BANQUEROUTES. ^ 

itmne lieu à une ou plusieurs répartitions de deniers avant là 
distribution du prix des immeubles, les créanciers hypothécaires 
concourent à ces répartitions dans la proportion de leurs créan- 
ces totales, et, sauf le cas échéant, les distractions dont il est 
ckprès parlé. (Art. 540.) 

Après la vente des immeubles, et le jugement d'ordre entré 
les créanciers hypothécaires, ceux d'entre ces derniers qui vien- 
nent en ordre utile sur le prix des imnieubles pour la totalité 
de leurs créances ne touchent le montant d^ leur coîlocation 
hypothécaire que sous la déduction des sommes par eux perçues 
dans la masse chirographaire. Les sommes ainsi déduites né res- 
tent point dans la masse hypothécaire , mais rétournent à la 
masse chirographaire, au profit de laquelle il en est fait distrac- 
tion. (Art. 641.) 

A l'égard des créanciers hypothécaires, qui ne sont colloques 
qae partiellement dans la distribution du prix des immeubleâ'^ 
il est procédé comme il suit : leurs droits sur la masse chiro- 
graphaire sont définitivement réglés d'après les sommes dont ils 
restent créanciers après leur coîlocation im mobilier è ; et les 
deoierj qu'ils ont touchés au-delà de cette proportion dans la 
distribution antérieure , leur sont retenus sur le montant de 
leur coîlocation hypothécaire , et reversés dans là masse chiro- 
graphaire. (Art. 542.) 

Les créancieVs hypothécaires qui ne viennent point en ordre 
utile sont considérés comme purement et simpleiïieiit cliirbgra- 
pkaires. (Art. 543.) 
n résulte des dispositions ci-dessus que les créanciers hypo- 
thécaires entrent , relativement à la masse mobilière , dans la 
dasse des simples chirographaires , pour tout le montant de 
lors créances , lorsqu'ils ne sont colloques utilement pour au- 
Icane portion dans la distribution des immeubles ; et, en 'cas de 
tollocation partielle, pour tout ce qui leur reste dû , déduction 
^ du montant de cette coîlocation. 
Des droits des femmes, — Le Code de commerce a apporté 
^ grandes modifications aux dispositions du Code civil relatives 
^ droits des femmes sur les biens de leurs maris ; mais èes 
lfti>difications ne sont applicables qu'aux femmes des commer- 
9&8, et seulement dans le cas de faillite et d'insuffisance des 
V. A 



biens du pari pour faire face à toutes ses dettes. 4^ surplus , 
tou^s les dispo^tions du Code de commerce qui, en cas'de faU- 
lite, modï^ent celles du droit civil relatives aux droits des fem- 
mes suf les biens de leurs m^is , ont été dictées par la plus sage 
et la plus impartiale équité. Elles ne portent aucune atteinte 
aux droi|s desrfemmes , elles leur garantissent la reprise et le re- 
couvrement de tpus les objets et sommes légalement justifiés; 
«^e§ ont seulement pour but d'empêcher que le mari et la femme 
lie puissent, par des actes collusoires et simulés, soustraire ^ de 
malbeuréux créanciers les faibles gages gui leur restent , e^ 
^ip'sport^nt tous les biens du mari sur la tête de la f emiue ; et 
iempêciier encore qu'une femme, si intiniement liée a^ 
sçrt de son mari , qui était appelée à partager les bénéfices de 
son comn^erce , s^il eût prospéré , puisse réclamer des avantages 
m^ \^ libéralité aveugle de son mari lui avait souvent trop in- 
Sççrètement prodigués, et s'enrichir en dévorant les tristes dé- 
Ws V'S? iov^^é délabrée 5 gv^i n'est plus celle de son mari, 
mais çeilé de ses créanciers. ( Favard de Langlade.) 

L^J f emnjei ma^^^ spus le régime dotal, les femmes sépa- 
réeç d« b\ens, et les fçpime? copamunes en biens, qui n'ont point 
mis |p? j^pepbles apportés , en çonununauté , repremient en 
natoe le^t^ immeubles et ceux qui leut sont survenus par 
succ^sionsou donations entre Vifs ou pour cause de mort. 

En gén^f al , les immeubles ne tombent pas dans la commu- 
nauté ; mais les époux , par une convention particulière , peu- 
Y^^\^ y faire tomber, et c'est ce qu'on a|^elle clause (fa- 
me^}f^ùset^ef^t. Ik sont, dans ce cas, considéré^ comine des 
WLjBuWesit çt suive^it le sort des autres biens de la comnuinauté, 
^pjat^e mw est xn^ître i et qui par suite sont affectés au paie- 
ment deç dettes qu'il contracte. 

L^S fenimjis reprennent pareillement les im^^eubles acquis par 
elles et en leur nom, des deniers provenant dèsdites successions 
^t ^pwtions, pourvu que la déclaration d'en^ploi soit expressé- 
ment stipi}lée au contrat d'acquisition , et que l'originç des de- 
pLj, soit constatée par un inventaire ou par tout autre acte 
Wtbeî^ftque, (Ayt. 546.) 



FAOllTES E7 BANQUEROCTEâ. SI 

lion le cas prévu par l'article précédent , la présomption légale 
ot que les biens acquis par la f enime du failli appartiennent à 
son mari , sont payés de ses deniers , et doivent être réunis à la 
masse de son actif, sauf à la fenune à fournir la preuve du con- 
traire. (Art. 547.) 

X'acdon en reprise , résultant des dispositions des art. 545 et 
$j6, n'est exercée par la fenime qu'à charge des dettes et hy- 
jpothèqaes dont les biens sont grevés, soit que la femme s'y 
9àL volontairement obligée, soit qu'elle y ait été judiciaire- 
ment condamnée. (Art. 548.) 

La fenune ne peut exercer, dans la faillite , aucune action à 
nison des avantages portés au contrat de mariage ; et, récipro* 
fieinent , les créanciers ne peuvent se prévaloir, dans aucun 
Gtty des avantages faits par la femme au mari dans le même 
contrat. (Art. 549.) 

Cependant, il a été jugé: V que la femme mariée anté^ 
rieorement au Code de commerce^ peut, nonobstant les dis- 
podtions ci-dessus , réclamer, en cas de faillite de son mari, lei 
fyintages qui lui sont assurés par son contrat de mariage , no- 
jumnent les gains de survie stipulés en sa faveur, encore que la 
dillîte ait lieu sous l'empire du Gode de conmierce ; 2<^ que la 
fanme miarLée sous l'empire d'une loi qui lui assurait pour sa 
Jot et son douair« un privilège sur tous les créanciers ultérieurs 
ie son mari , n'a point été privée de ce droit par la survenance 
ja Code de commerce , et quoique son mari soit tombé en 
fciUite. 

J!n cas que la femme ait payé des dettes pour son noiari , la 
jinésomption légale est qu'elle l'a fait des deniers de son mari ; 
et elle ne peut , en conséquence , exercer aucune action dans 
h faillite, sauf la preuve contraire, comme il est dit à l'art. 547. 
(Art. 550.) 

La fenune dont le mari était commerçant à l'époque de la 
cfléhration du mariage, n'a hypothèque , pour les deniers ou 
elEets mobiliers qu'elle justifie par actes authentiques avoir ap- 
forlés en dot , )>our le remploi de ses biens aliénés pendant le 
luriage,,et pour l'indemnité des dettes par elle contractées avec 
ion m^ , que sur les immeubles qui appartenaient à son mari 
IVépoque ci-dessus. (Art« 551.) 

4. 



Si faillîtes Et ËANQtEHOtJTtig. 

Est 9 à cet égard , assimilée à la femme dont le mari était coiil* 
merçant à l'époque de la célébration du mariage, la femme (m 
a épousé un fils de négociant , n'ayant à cette époque aucun état 
ou profession déterminée , et qui devient lui-même négociant 
(Art. 652.) 

Est exceptée des dispositions des art. 549 et 551, et jouit d« 
tous les droits hypothécaires accordés aux femmes par le Code 
civil , la femme dont le mari avait , à l'époque de la célébration 
du mariage , une profession déterminée autre que celle de né- 
gociant : néanmoins cette exception n'est pas applicable à la 
femme dont le mari ferait le commerce dans l'année qui soi- 
yrait la célébration du mariage. (Art. 553.) 

Tous les meubles meublans, effets mobiliers , diamans, tar 
bleaux , vaisselle d'or et d'argent, et autres objets , tant à l'usagé 
du mari qu'à celui de la femme , sous quelque régime qu'ait étf 
formé le contrat de mariage , sont acquis aux créanciers , sant 
que la fenune puisse en recevoir autre chose que les habits et 
linge à son usage , qui lui sont accordés d'après les dispositions 
de l'art. 529. Toutefois , la femme peut reprendre les bijoux | 
diamans et vaisselle qu'elle peut justifier, par état légalement 
dressé, annexé aux actes, ou par bons et loyaux inventaires , 
lui avoir été donnés par contrat de mariage, ou lui être advenus 
par succession seulement. (Art. 554.) • 

Dans ce cas , la femme peut reprendre non seulement les 
bijoux , diamans et vaisselle, mais encore tous les meubles men* 
blans , effets mobiliers , tableaux et autres objets énumérés aà 
premierparagraphede l'article ci-dessus (554), et qu'elle justifie? 
rait lui avoir été donnés par contrat de mariage , ou lui être adr 
venus par succession. (Cour royale de Rouen, 25 août 1826.) ■' 

Répartition entre les créanciers ^ et liquidation du mobilier^ 
— Le montant de l'actif mobilier du failli , distraction faite def 
irais et dépensés de l'administration de la faillite , du secoure 
qui a été accordé au failli, et des sommes payées aux privilégiés^ 
est réparti entre tous les créanciers au marc le franc (c'est-à-diré 
en proportion) de leurs créances vérifiées et affirmées. (Art. 558.) 

A cet effet , les syndics remettent , tous les mois , au conunisr 
taire, un état de situation de la faillite et des deniers e;ûstant 



FAILLITES ET BANQUEROUTES. 53 

caisse ; le commissaire ordoime , s'il y *a lieu , une répartitioii 
entre les créanciers, et en fixe la quotité. (Art. 559.) 

Les créanciers sont avertis des décisions du commissaire et de 
l'ouverture de la répartition. (Art. 560.) 

Nul paiement n'est fait que sur la représentation du titre con- 
stitutif de la créance. Le caissier mentionne sur le titre le paie* 
ment qu'il effectue ; le créancier doime quittance en marge de 
l'état de répartition. (Art. 561.) 

Lorsque la liquidation est terminée, l'union des créanciers est 
convoquée à la diligence des syndics, sous la présidence du 
commissaire ; les syndics rendent leur compte , et son reliquat 
forme la dernière répartition. (Art. 562.) 

L'union peut , dans tout état de cause , se faire autoriser par 
le tribunal de commerce , le failli dûment appelé , à traiter à 
forfait des droits et actions dont le recouvrement n'a pas été 
opéré, et à les aliéner; en ce cas, les syndics font tous les actes 
nécessaires. (Ait. 563.) 

Il existe souvent, en effet, dans les faillites, des créances d'un 
recouvrement difficile^ ou parce qu'elles sont litigieuses, mf, 
parce que le débiteur est peu solvable. Il faudrait alors beaib» 
coup de temps et de frais pour parvenir à un recouvrement qui 
même est. souvent incertain. Des poursuites de cette nature con- 
viennent mieux à un particulier qu'à une administration , qui 
dépenserait presque toujours plus qu'elle ne pourrait recou* 
vrer. Le grand intérêt des créanciers demande que l'adminis- 
tration termine ses opérations le plus tôt possible, et qu'elle puisse 
aliéner des droits dont la poursuite serait trop longue ou très 
difficile. (Discours de M. Treilhard au Corps Législatif. ) Cette 
faculté^ donnée à l'union, est comme une nouvelle voie de con- 
cordat. Le failli peut même, s'il en trouve les moyens, devenir 
l'acquéreur de son propre actif. Dans tous les cas, il est appelé, et 
peut discuter ses intérêts dans un moment où l'on va aliéner le 
reste de son patrimoine ; car si la liquidation rendait plus qu'il 
ne doit , ce serait à lui , et non à ses créanciers , que le surplus 
serait rendu. Malgré même l'insuffisance de son actif, il est inr 
téressé à ce qu'il rende le plus possible, puisque, s'jil n'est pa^ 

défiwtiyeiftw^ libéré , se? bi^w future régo»dwt ,çle cç q^'i^ 



^ FAnUTES £T BANQITEROnDtES;; 

M^ derôir^ eC que d'âinairs il ne peat obtenir sa tAûSBtit^ 
tion tant qalt ne s'est pas complètement Ebére. 

trente des biens du faUU. — Les immeubles sont Tendns par 
les syndics de Funion, ainsi que nons Tarons dit en parlant des 
Syndics défîniti6. 

* CTést ici que nons devrions traiter ce qui concerne la Gtssiosr 
DÉ BiÉÂSyjnais nons en avons fart l'objet d'un article séparé, que 
l'on peut consulter au troisième volume du IKcfionnàire. 

De la revendication. — Le vendeur peut , en cas de faillite, 
f événcBquer les marchandises pài^ lui vendues et limées, et dont 
lè prix ne lui a pas été payé , dans le cas et aux cobdi&ins d- 
après exprimées. (Art 576.) 

Mais s'il laisse vendre ces marcbandises avec les anti'es men» 
Lies de la faûDite , il ne peut se présenter ensuite comme créan- 
cier pn^é^é , attendu que Faction seule en reven<fication Ini 
était acquise. Remarquons qtie pour qu'il y ait lieu à revendi- 
cation il faut qu'il y ait faillite , et qu'ainsi le défaut de paie- 
tnent du prix de la part de Fachetear ne donnerait pas droit an 
¥ètedeur de revendiquer la chose , lors même qu'il y aurait des 
présomptions d'un propchain dérangement dans ses affaires. 

Si les marchandises ont été vendue^ au comptant , et qn'en- 
tnite le vendeur reçoive de Fàcheteur des effets de commerce 
éotfscrits par des tiers , sans autre stipulation , if e^ censé payé 
dan^ le sens de Fart. 476 ; en sorte que si: les effets ne sont pas 
payés â Féchéance , le veùdeur rie peut revendiquer sa mâirchan- 
dise contre l'acheteur failli ; il ne peut que demander le rem- 
boursement des effets. Si la vente d'objets mobiliers à été faite 
at^ failli par un individu non commerçant , celui-ci peut non 
ieulement exercer l'acâon en revendication , maïs encore le pri- 
tilé^e étabH pa* l'art. 2104 , n* 4 , du Code civil , en fsiveûr du 
vendeur non payé. ( Sirey.) 

La revendication ne peut avoir lieu que pendant que les fnar- 
Biaridises expédiées tont encore en route , soit par terre, soit 
par eau , et avani qu'elles soient entrées dans les magasins dû 
fSailli, ou dans leà magasins du commissionnaire chargé de les 
vdutrè pdùf lé compte du failli. (Art. 677.) 

Bleft né ^éd^tui, toè revendiquées si, avant leur arrivée, elles 



FAiLLÎtÈS Et BANQrÈkduTÉS. 55 

bikt été vendues sans fraude y sur lactùres et cohnàiàsëtnens où 
lettres de voiture. (Art. 578.) 

La revendication ne peut être exercée que siu* les marcban- 
dises qui sont reconnues être identiquement les mênies, et Ibfs^ 
qu'il est reconnu que les balles y barriques ou enveloppes oâiis 
lesquelles elle se trouvaient lors de la vente , n'ont pas été ou- 
yertes, que les cordes ou marques n'ont été ni enlevées ni chan- 
gées, et que les marchandises n'ont subi en nature et quantité 
ni changement ni altération. (Art. 580.) 

Peuvent être revendiquées aussi long-temps qu'elles existent 
en nature , en tout ou partie , les marchandises consignées au 
failli à titre de dépôt y ou pour être vendues pour le compte de 
Tenvoyeur : dans ce dernier cas même ^ le prix desdites mar- 
diandises peut être revendiqué, s'il n'a pas été payé ou passé en 
compte courant entre le failU et l'acheteur. (Art. 581.) 

Bans tous les cas de revendication , excepté ceux de dëpét et 
de consignation de marchandises , les syndics des créanciers 
ont la (acuité de retenir les marchandises revendiquées , en 
payant au réclamant le prix convenu entre lui et le failli. ( Art. 
582.) 

Les Remises en effets de commerce , ou en tous autres effets 
non entore échus , ou échus et non encore payés, et qui se trou 
Tent en nature dans le portefeuille du failli à l'époque de tk 
Milite, peuvent être revendiquées , si ces remises ont été faites 
P^ le propriétaire avec le simple mandat d'en faire le recou- 
vrement et d'en garder la valeur à sa disposition , ou si elles 
ont reçu de sa part la destination spéciale de servir au paiement 
d'acceptations ou de billets tirés au domicile du failli. (Art. 583.) 

ha revendication a pareillement lien poiu: les remises faites 
s^Qs acceptation ni disposition , si elles sont entrées c(ans un 
compte courant par lequel le propriétaire n'est que créditeur : 
mais elle cesse d'avoir lieu si , à l'époque des remises y il était 
débiteur d'une somme quelconque. (Art. 584.) 

I^ les cas où la loi permet la revendication , les syndics 
eiamiotent les demandes; ils peuvent les admettre , sauf l'ap-; 
probation du commissaire : s'il y a contestatAn , le tribunal 
prononce, après avoir entendu le commissaire. (Art. 585.) 

^ cas de revendication^ le revendiquant est tenu d'indemni- 



56 FAILLITES ET BANQUEROUTES. 

ser l'actif du failli de toute avance faite pour fret ou voiture^ 
commission, assurance ou autres frais , et de payer les sommet ^ 
dues jjour les mêmes causes , oi elles n'ont pas été acquittées. 
(Art, 579.) Les syndics peuvent alors retenir les marchandise^ 
comme gage de l'indemnité , jusqu'à ce que le revendiquant k 
leur ait payée, lorsqu'elle est due à la masse. 

Lorsque la revendication n'est pas admise , le prix des mar- 
chandises trouvées en la possession du failli doit être distribué 
indistinctement entre tous les créanciers , sans aucune préfé- 
rence pour le vendeur. (Cour de cassation, 17 octobre 1814.) 

DES BANQUEROUTES. 

Tout commerçant failli qui se trouve dans l'un des cas de 
faute grave ou de fraude prévus par la loi ^ et indiqués ci-après, 
est en état de banqueroute. (C. de comm., art. 438.) 

n y a deux espèces de banqueroute : la banqueroute simple , 
qui est jugée par les ribunaux correctionnels , sur la demande 
dès syndics ou sur celle de tout créancier du failli , ou d'office ^ 
par le ministère public ; et la banqueroute frauduleuse ^ qui est 
jugée par les Cours d'assises. (Id., art. 439 et 588.) Les cas de 
banqueroute frauduleuse sont poursuivis d'office par les pro- 
cureurs du roi ou leurs substituts , sur la notoriété publique | 
ou sur la dénonciation , soit des syndics , soit d'un créancier. 
(Id., art. 595.) Ces poursuites peuvent être exercées par le mi- 
nistère public , même lorsqu'il n'y a pas eu déclaration de fail- 
lite par le tribunal de commerce ; il suffit que, de fait, l'inculpé 
dit cessé ses paiemens. 

Banqueroute simple. — Est poursuivi comme banqueroutier 
simple, et peut être déclaré tel le commerçant failli qui se 
trouve dans l'un ou plusieurs des cas suivans, savoir : 1® si les 
dépenses de sa maison , qu'il est tenu d'inscrire mois par mois 
sur son livre-journal , sont jugées excessives ; 2<* s'il est reconnu 
qu'il a consommé de fortes sommes au jeu ou à des opérations 
de pur hasard ; 3° s'il résulte de son dernier inventaire que son 
actif étant de 50 pour 100 au-dessous de son passif , il « 
fait des emprunts considérables, et s'il a revendu des maixban- 

dises à perte ou au-dessous du cours; 4" $'U n donné des signsH 



FAILLITES ET BANQUEROUTES. 57 

tares de crédit ou de drculation pour une somme triple de son 
actif, selon son dernier inventaire. (C. de comm., art. 586.) 

Peut encore être poursuivi comme banqueroutier simple , et 
déclaré tel, le failU qui n'a pas fait au grefiTe la déclaration 
prescrite par l'art. 440 ; celui qui , s'étant absenté , ne s'est pas 
présenté en personne aux agens et aux syndics dans les délais 
fixés, et sans empêchement légitime \ celui qui présente des li* 
rres irr^ulièrement tenus , sans néanmoins que les irréguiari* 
tés indiquent de fraude, ou qui ne les présente pas tous; celui 
qui, ayant une société , ne s'est pas conformé à l'art, 440. (Id.» 
art. 587.) 

Les frais de poursuite en banqueroute simple sont supportés 
par la masse, dans le cas où la demande a été introduite par les 
spdics de la faillite. 

Bans le cas où la poursuite a été intentée par un créancier, il 
supporte les frais , si le prévenu est déchargé ; lesdits frais sont 
supportés par la masse, 3*il est condamné. 

Les procureurs du roi sont tenus d'interjeter appel de tous 
jugemens des tribunaux de police correctionnelle, lorsque, dans 
le cours de l'instruction , ils ont reconnu que la prévention de 
banqueroute simple est de nature à être convertie en prévention 
de banqueroute frauduleuse. (Id., art. 589 à 591.) 

Le tribunal de police correctionnelle, en déclarant qu'il y a 
banqueroute simple^ doit, suivant l'exigence des cas, pronon-^ 
cer Temprisonnement pour un mois au moins , et deux ans au 
plus. Les jugemens sont affichés en outre , et insérés dans un 
journal, conformément à l'art. 683 du Code de procédure ci- 
vile. (Id., art. 592. — C. pén.,art. 402.) 

Aussitôt après l'expiration de sa peine , le failli doit être mis 
en liberté, et ses créanciers ne peuvent pas le retenir en prison 
par le motif qu'ils ne sont pas entièrement payés, lorsque d'ail- 
leurs ils n'ont obtenu avant la faillite aucun jugement qui pro- 
nonce la contrainte par corps contre lui. Peu importe qu'avant 
sa détention correctionnelle le failli ait été déposé dans une 
maison d'arrêt à raison de ses dettes, aux termes de l'ait. 445» 
Ce dépôt , ainsi que la détention , était dans l'intérêt de la yin^ 

dicte publique, et n'avait aucun rappprt aycc l'iotorêt pivé des 
créawiçw.(C,de€a«., 9 ww 181i) 



Se PAttÙTËS Et SÂNQtÈROtîTËS, 

Banqueroute frauduleuse i — Est décl&ré IiaïiQtieft>iitiKt 
frauduleuse tout commerçant failU qui se trouve dans un M 
plusieurs des cas suiyans ; savoir : 1^ s'il a supposé des dépen- 
ses ou des pertes, ou ne justifie pas de l'emploi de toutes M 
Recettes ; 2* s'il a détourné aucune somme d'argent, aucune detUI 
Active, aucunes marchandises, denrées oU effets mobiliers ; 3® s^H 
a fait des ventes , négociations ou donations stipposées; 4<> s'il i 
suppose des dettes passives et collusoires entre lui et des créatf^ 
eiers fictifs , en faisant des écritures simulées , ou en se coâsti* 
tuant débiteur, sans cause ni valeur, par des actes publics 011 
par des engagemens sous signatures privées ; 5° si , ayant éll 
èiiàrgé d'un mandat spécial , ou constitué dépositaire d'argâit| 
d'effets de commerce ^ de denrées ou marchandises , il a , M 
préjudice du mandat ou du dépôt , appliqué à son profit l6i 
fonds où la valeur des objets sur lesquels portait sdit le man- 
dat , soit le dépôt ; 6"* s'il â acheté des immeubles ou des eflbll 
mobiliers à la faveur d'un prête-nom ; 7® s'il a caché ses lirhsfc 

Petit être poursuivi comme banqueroutier frauduleux ,' et 
être déclaré tel , le failli qui n'a pas tenu de livr^ , ou Si ééi 
livres ne présentent pas sa véritable situation active et passive} 
<m qui , ayant obtenu un sauf-conduit, ne s'est pas reinréseiité 1 
justice. (Id., aft. 593 et 694.) 

Lors<]|ue le prévenu a été atteint et déclaré coupable dé ban- 
queroute frauduleuse^ il est ptbii dé la peine dès travaux fbrdéè 
à temps. (C. de comm.^art. 699, etC. pén.^ art. 402.)Reiiitf 
quons toutefois que le mineur qui a fait des opérations de ctiÉtf* 
fnerce ne peut être poursuivi ni condamné comme banqtfèroff* 
tier, si les formalités exigées par le Gode de comnïerce, pôri 
que le mineur soit habile à exercer le conunerce, n'ottt paaf M 
observées. (C. de cass. 2 décembre 1826.) 

Les agens de change et courtiers qui ont fait faillite sojrt {tf 
mis de la peine des travaux forcés à temps ; s'ils sont coiftaiifdÉ 
de bàri^erodte fratiduleuse, la peine est celle des travaux fbt^ 
ces à perpétuité. (C. pén., art. 403.) 

Sont déclarés complices des banqueroutiers frauduleux , (A 
sont eondaitfnés aux mêmes peines que l'accusé , les itfdiyîdai 
qui sofnt contsdttcus de s'être; etitendusr âvee le baàt<f ttei ?6tffid 
pour receler ou soustraire iotit ou Jièerâe it têH hisai ttt ièM ffiM i 



FÀltLrrË^ Èf ÉÀTÎQtÈROOTES. . ÀSt' 

on immeubles ;f â'ayobr acquis soi lui des créances fouséâ f et 
qsi , à la vérification et affirmation de leurs créances , ont pei^- 
sévéré à tes faire Tatoir comme sincère^ et véf itàble^. ( G. àé 
comm., art. 597, et G. pén., art. 4O30 

La femme qtd a détourné , diverti ou recelé dès e£fet^ mol)i« 
liers portés en Fart. 554 cité ci-dèssus, des marchàn(ïîsès , des' 
effets de commerce, de l'argent comptant, est côndathnée i lès 
rapporter à la masse , et est poursuivie en outre comme coni» 
plice de bflinqderoutè frauduleuse. Elle peut ai^ssi , suivant la 
nature dès cas , ét<-e poursuivie comftie complice de banque- 
route frauduleuse, ai elle a prêté son nont 6u soti înttéfyentiotf 
à des actes faits par son mari èu fraudô de s^es créantiers: (G. de 
oomm. ^ art. 555 et 556. J 

Le même jugement qui a prononcé les peines prôiïoncéâ con- 
tre les complices de banqueroutes frauduleuses , lèâ condamne : 
1® à réintégrer à la masse des créanciers les bien^ , droits et ac- 
tions frauduleusement sou^t^aits ; It^ à paiyèr envers^ ladite masse 
des dommages-intérêts égaux à la somme doiit iU 6ùt tenté de 
la frauder. 

Les arrêts deâ Cours d'assises èontre ïèÉ bàùquerôiutiet'tf ëi 
leurs complices ^nt affichés, et de plus insérés danj un jour- 
nal ^ conformément à l'art. 683 du Code de procédure civile. 

Administration des biens en cas de Banqueroute. — JhsiM 
tous les cas de poursuites et de condamnations en badqilerô^t^ 
râniple ou en banqueroute fraudulemre ( et pont qtie la pf océ-' 
dure correctionnelle ou criminelle n'entrave riî ne retarde Id 
marche de la liquidation, et ne nuise pas aux intérêts des ci'éàn- 
ciers), les* actions civiles, autres que celles dont il est i^arlé dané 
l'art. 596 ^ restent séparées , et fautes les dispositions ^elativetf 
aux biens, prescrites pour la faillite, sont exécutées, sans qu'elleéf 
paissent être attirées, attribuées ni évoquées aux tribunaux dé 
police c<ArreCtionneHe ni aux Cours d'assises. (Art. 60O.) 

Sôift èependant tenus , les syndics dé la faillite , fle ^èmèttte 
aux pt'ocùrèUrsdtt roi et à leurs substituts toutes les pièces," tif- 
tres , papiers et renseignemens qui leur sont demandéis. ( Art. 
601.) 

Lte fîkteé; tittes* et pteÉpiets déîivifés par lëé sfùdîdr, ^t,^ 
pendant le cours de l'instruction , tenus eiiéCà^ àk étiliiâÉMittfi^ 



60 FAILLITES ET BANQUEROUTES. 

tion par la voie du greffe ; cette communication a.lieusur la ré* 
quisition des syndics , qui peuvent y prendre des extraits pri- 
vés , ou en requérir d'officiels , qui leur sont délivrés par le 
greffier. (Art. 602.) 

Lesdites pièces, titres et papiers, sont, après le jugement, 
remis aux syndics, qui en donnent décharge, sauf néanmoins 
les pièces dont le jugement ordonne le dépôt judiciaire. ( Art. 
603.) 

Rappelons ici que le concordat fait par les créanciers avec 
leur débiteur ne peut , même quand il serait-homologue, arrê- 
ter les poursuites du ministère public relativement aux banque» 
routes, qu'il est chargé de poursuivre d'office , suivant les art. 
588 et 595, et l'art. 4 du Gode d'instruction criminelle. Ce droit 
appartient même aux créandiers qui n'ont pas adhéré au con- 
cordat. De sorte que , pendant toute la procédure de la fail- 
lite, le failli est sous la prévention constante de banqueroute. 

De la réhabilitation. -— Nous avons exposé au conunence- 
ment de cet article quels étaient les effets de la faillite relative- 
ment au failli, à sa qualité de citoyen, et aux droits dont il' se 
trouvait privé.. Mais il était juste que cet état cessât lorsque le 
failli avait prouvé son innocence et sa bonne foi , et avait ré- 
paré les pertes éprouvées par ses créanciers. «Nous avons rendu 
la réhabilitation difficile, dit M. le conseiller d'Etat Ségur, elle 
en sera plus honorable. Lorsqu'un homme veut remonter à 
rhonueur, il doit désirer que personne ne puisse douter de son 
innocence, et ce n'est jamais la bonne foi qui peut redouter la 
lumière. » « L'honnête honune en faillite, disait aussi M. Fré- 
ville, dans son rapport au Corps Législatif, aurait dédaigné une 
réhabilitation qui n'aurait été qu'une vaine formalité ; il se 
sera montré ardent à désirer, et glorieux d'obtenir une réhabi- 
litation dont le prix est rehaussé par chacune des conditions qui 
doivent la précéder ; alors , le commerçant estimable que notre 
sollicitude vient de suivre à travers toutes les épreuves qu'il 
avait à franchir, reprendra honorablement sa place parmi ses 

égaux. » 
Toute demande en réhabilitation de la part du failU est 

adressée à la Cour roy^ile da^s le rçssprt 4^ hqv^ U est 

domicilié. (Art. 604.) 



1 «« »• • 



FAn.LITES ET BaNQÙMOUTES. 61 

Le demandeur est tenu de joindre à sa pétition les quittances 
et autres pièces justifiant qu'il a acquitté intégralement toutes 
les sommes par lui dues en principal, intérêts et frais.(Art. 605.) 
Le procureur-général près la Cour royale y sur la communi- 
cation qui lui a été faite de la requête, en adresse des expédi- 
tions certifiées de lui au procureur du roi près le tribunal d'ar- 
rondissement , et au président du tribunal de commerce du 
domicile du pétitionnaire, et , s'il a changé de domicile depuis 
la fiùllite, au tribunal de commerce dans l'arrondissement du- 
quel elle a eu lieu, en les chargeant de recueillir tous les ren- 
leignemens qui sont à leur portée sur la vérité des feits qui 
ont été exposés. (Art. 606.) 

A cet efiet, à la diligence tant du procureur du roi que du 
président du tribunal de commerce , copie de ladite pétition 
reste affichée , pendant un délai de deux mois , tant dans les 
salles d'audience de chaque tribunal , qu'à la bourse et à la 
maison commune , et est insérée par extrait dans les papiers 
publics. (Art. 607.) 

Tout créancier qui n*a ^pas été payé intégralement de sa 
créance en principal j intérêts et frais , et toute autre partie in- 
téressée, peut, pendant la durée de l'affiche, former opposition 
â la réhabilitation, par simple acte au greffe, appuyé des pièces 
justificatives , s'il y a lieu. Le créancier opposant ne peut jamaiè 
être partie dans la procédure tenue pour la réhabilitation, sans 
préjudice toutefois de ses autres droits. (Art. 608.) 

Après l'expiration des deux mois , le procureur du roi et le 
président du tribunal de commerce transmettent, chacun sépa^ 
rément, au procureur- général près la Cour royale, les rensei- 
gnemens qu'ils onArecueillis, les oppositions qui ont pu être 
formées, et les connaissances particulières qu'ils ont sur la con- 
duite du failli ; ib y joignent leur avis sur sa demande. ( Art*. 
609.) 

Le procureur-général près la Cour royale fait rendre, sur le 
tout, arrêt portant admission ou rejet de la demande en réha*- 
bilitation ; si la demande est rejetée , elle ne peut plus être re- 
produite, (Art. 610.) 

L'arrêt ]K>rtant réhabilitation est adressé , tant au procureur 
du roi qu'au préaident des tribunauix auzquets la demande à 



£9 FAÎLUTES ET BANQUEROUTES. ^ 

ijtéj^dress^e. Ces tribunaux en font faire la lecture puUiq^i"' 
jE^ ]a transcription sur leurs registres. (Art. 611.) ■-' 

JSe sont point admis à la réhabilitation , les stellionatairei |^ 
Jçs banqiieroutiers frauduleux , les personnes condamnées pour 
/ait de vol ou d'escroquerie, ni les personnes comptables, tdlel^ 
Spi^ les tuteurs , administrateurs ou dépositaires , qui n'ont pH' 
^epdu ou apuré leurs comptes. (Art. 612.) 

Peut être admis à la réhabilitation le banqueroutier aÙDapb- ' 
jjui a subi le jugement par lequel il a été condamné. (Art. 613;]^= 

Nul commerçant failli ne peut se présenter àlabourseiA-^- 
^oins qu'il n'ait obtenu sa réhabilitation. (Art. 614.) * '■' 

Suivant la règle que nous', nous sommes tracée, nous avorife -^ 
évité, dans le cours de cet article, de présenter des observalioni '• 
critiques sur le texte que nous passions en revue. Cette marché < 
^'eût fait que rendre plus difficile encore l'intelligence d^nn^ 
jloi qui exige tant de méditations , et sur laquelle d'ailleiin ék 
^ déjà t^t discuté. Nous l'avons dit en commençant , les boofl^ i 
nés intentions des législateurs ont disparu sous les dédides djft .i 
l^ procédure. Dès les premiers articles , ils ont ouvert un vaste ;î 
.cjsîamp aux procès , en décidant d'une manière vague que là ï 
iailUte est l'état d'un commerçant qui a cessé ses paiemensi i 
^ en ne spécifiant pas en termes nets , clairs et précis , dan c: 
qufih c^ il y a cessation de [paiement. De là , la nécecdtf Q 
à fâcheuse f selon nous, de donner de la rétioactivité à rouvei^ ic 
ture de la faillite , que l'on fait souvent remonter à plusieuA « 
^ois, et même à des années entières. On comprend, il est vrai, ;.. 
j{ue l'on a dû être embarrassé pour bien caractériser la fSûUîts, m 
sm laquelle l'ancienne législation et les anciens auteurs db \ 
^pus pnt transmis eux-mêmes aucune défifhtion positive. T 

tt L'on tient qu'un homme a fait faillite , dit Trévoux , dis f 
qu'il a manqué à acquitter ses lettres de change , ou qu'il J ^ t 
quelque désordre dans son négoce. » « Faillir, écrit ailleurs k i^ 
même auteur, signifie , en termes de marchands , manquer i ^ 
jKiyer des lettres de change , les laisser venir à protêt. » ¥et^ \ 
jièrç , dans son Dictionnaire de droit et de pratique , s'expfr 
que à peu près dans les mêmes termes; suivant lui , « un faiOi 
e&t celui qui ne paie pas à l'échéance des lettres de change qu'il 
fL aç^ceplé^; ^ne rend pas l'argent à ceux à qui il a founi 



FAIU4TSS ET «ANQUBUOUTES. 6$ 

lu lisltre» de cbaoge qui sont reveuues h protél; , et qui lui Qut 
j/iit dénoncées ; enfin , qui n'acquitte point ses engagemçns 4 
OQS^ de rimpuissance où l'ont réduit les révolutions imprévues 
dn GqguDierce » on quelque autre accident subit. » Jou^se , sur 
Farticle 1*', du titre 2 , de l'ordonnance de 1673 , dit pareille- 
ment que « I4 faillite ou banqueroute est aiissi réputée ou-» 
icrt^ du jour que le débiteur est devenu insolvable , et a cessé 
flitièrement 4e payer ses créances» et qu'il y a eu contre ]m 
(bmirs condamnations eu différentes juridictions. » On voit 
fie le. Code de commerce a adopté, en les résumant, toutes 
• CM définitions , et qu'aujourd'hui y comme iiutrefois , Tamlû* 
pntéde la loi engendre des procès où les tribunaux donnent 4e 
mnliireus démentis ^ ^ définition» 

Soiis ee rapport, comine sous beaucoup d'autres, le Gode de 
noNHerce rédame d'importantes réformes. Plus occupée de la 
pinfifA du débiteur que des intérêts des créanciers , la loi es^ 
hiàfirie à chaque pas de formalités inutiles, de procédures pné- 
leines; et, qu'on ne s'y trompe pas, au milieu de cette action 
mteiise et lente de la justice , de cette multiplicité des actes, 
de ce(te inYasion des gens d'affaires , le seul qui profite est le 
dAitenr de mauvaise foi , qui trouve toujours les moyens de 
fiéoïkr sur la faiblesse ou sur la lassitude de ses créanciers 
fovr obtenir des concordats scandaleux. N'est-il pas déplorable 
91e pour arriver au concordat , depuis l'ouverture de la fsdllite, 
Ifis seuls délais fixes écrits dans la loi soient indispensablement 
de {dus de quatre mois , et que ceux qui n'ont pas de terme fa7 
tal puissent se prolonger indéfiniment ! C'est donp à diminuer 
ces délais que l'on devrait s'étudier ; simpUfier la législation, et 
par suite la procédure ; faciliter les concordats , qui sont , sans 
^ucun doute» ce qu'il y a de plus heureux pour les créanciers y 
et éloigner autant que possible les contrats d'union, pis-aller 
dfii faillites, réduire ce luxe d'agens et de syndics, qui ne faijt 
que retarder la marche de la procédure ; dpnner plus d'in* 
flnence sur la direction des faillites aux tribunaux de com* 
oierce , et accorder plus de confiance aux investigations et 4 la 
Mirvfiîllance des magistrats consulaires; être s^irto^t sans pitié 
pmir la fraude et la mauvaise foi, et fsdre que la banqueroute 
sait enfin réeUement punie; telles (ont, ^v^t noua,, le^ 



fe 



64 PANAGË , FENAISON. 

principales améliorations que réclame la législation des failliti|àEn 
Il est urgent que l'on s'en occupe , car les faillites augmentent:»!! 
le crédit disparait , et un bonne loi peut seule le ramener siti be 
nos places. Ad. Taébuchet. nh 

FAINE. V. Graines oléagineuses. ait 

FANAGE, FENAISON. ( A^ric. ) C'est l'action de foire sé-aae 
cher les foins qui viennent d'être coupés. Pour que la fenaisot nr. 
soit bonne et prompte , il faut saisir un temps sec et chaud , és>^^ 
avoir un nombre de bras suffisant pour retourner le foin dan|.; ( 
le moindre espace possible de temps; mais le moment le plul:si] 
favorable pour cette récolte n'est pas toujours celui de la ma»j| 
turité de toutes les plantes d'une prairie. Toutes ne sont pas. j, 
également précoces ; et si l'on attendait , pour faucher, que les ,^ 
herbes les plus tardives fussent parfaitement mûres , il en ré- ^^ 
sulterait appauvrissement du sol, détérioration dans la qualité ^[, 
du fanage, et diminution dans la quantité de la récolte ; car les ,, 
tiges des herbes étant appauvries par la fructification tet privées ., 
de leurs feuilles, nie fournissent plus autant et de si bcm foin que 
lorsqu'elles ont été fauchées un peu avant la maturité des grai- 
nes. C'est pour obtenir du fourrage sec de la meilleure qualité 
possible que l'on récolte les prairies ; et l'expérience apprend i 
■que les prés fauchés en pleine floraison, et immédiatement avant ., 
la maturité de la majorité des graines des différentes plantes, remr 
plissent ce but essentiel et donnent des regains pins abondans. 
Les qualités apparentes que l'on recherche dans lé fourrage 
et qu'un bon fanage lui procure , sont .la siccité , une couleur 
très verte et une bonne odeur. L'état de siccité dans, lequel 
doivent être les herbes pour faire de bon foin est relatif à 
leur espèce et à la manière de les récolter. Trc^ sèches, 
elles perdraient une partie de leur mucilage ; trop humides , 
elles fermenteraient trop fortement dans le Fenil (voyez ce 
mot ) , et y perdraient leur couleur naturelle. Si l'on est dans 
fusage de bottelér Mr le pré , il fatit y laisser sécher l'herbe 
plus long^teinps, afin d'éviter que l'intérieur des bottes ne soit 
moisi par l'efiet de la transsudation du foin. Le parfum du four- 
rage et sat couleur dépendent non seulement de la qualité des 
hetbes , mais du temps plus ou- moins favoraUe que l'on aura 
>eu pendant la fenaison. Pour lui eonseryer sa couleur naturelle, 



FANOMS. fô 

m ne laissera point le. foin répandu sur le pré pendant lajuuit, 
parce que la rosée le blanchit. On ne doit donner du foin nou- 
^au aux bestiaux qu'environ six semaines après sa récolte, 
afin de lui laisser le temps de ressuer, parce qu'autrement il les 
khauffeiait beaucoup. 

Ou donne le nom d'onclins (ondées ) aux lignes du foin que 
le faucheur, en marchant, fait tomber sou? sa faux, et qui, de 
loiu, sur une vaste prairie , imitent assez bien l'effet des ondes 
de la mer- On retourne ces oildins avec la fourche, quand le 
dessus est suffisamment sec, en secouant légèrement l'herbe. 
Ensuite on la ramasse , à l'aide du râteau , en pi tits tas , ou 
veilloUcSy dont on for.me, après une dessiccation suffisante, des 
moulons ou petites meules. Les meults sont formées d'une cer- 
taine quantité de ces menions , que l'on transporte k bras , 
sur deux fourches passées en dessous. Une bonne meufe , 
MitVL tassée^ coijlfce et ptirec , est inaccessible à là pluie , qui 
ne fait que glisser sur la surface des herbes , qui se recouvrent 
mutuellciiieut , en descendant les unes sur les autres, du som- 
met capuclionné jusqu'en bas, dans le sens de Itur longpeur. 

Sou LANGE BODIN. 

I 

FANAUX. F. Phares. 

FANONS DE BALEINE. {Technologie.) On nomme ainsi le$ 
pièces cornées de lappareil qui garnit la bouche des baleines. 
C'est probablement au moyen de la frange fibreuse è|ui bordé 
cet appareil que les baleines saisissent et retiennent les petits 
mollusques qui leur servent de nourriture. 

Les fanons de baleine Isout l'objet d'iin côliimerce considé*- 
raWe, nous devons donc entrêi- â ce sujet dahs'qUelVpjes détaris. 
^ous indiqueions d'abord ïiur nature, puis les procédés d\x- 
tractjon et de première préparation; ensuite leurs diffTens 
emplois dans les arts ; enfin nous dirons quelques mots de This- 
toirede ce produit, et de l'étendue des transattions auxquelles 

il donne lieu. . ' ' . 

Propriétés. — Les fanons sont des lames cornées et fibreu- 
ses; ils semblent être un fai^^ceau de crins liés entre eux par 
Utte matière gommeusé et dur^. Ils se rapprochent, par Ivur 
composition et leur aspect , de la nature du poil. A cause de 
ctUe nature et de ce qu'ils remplacent les dents des autres 

6 



V. 



mama)ii^ret|iB ont servi à étayer un système pfi^slôlogîqiië 
buari'e , où Ton cherchait à aëihontrèrqueladehtn'etkli qu'an 
boil tranaforiné. Nous laisserons aux naturalistes cette discussion 
de pure théorie, pour ne voir dans la substance qui nous oc- 
cupe qu'une matière fort utile dans les arts â càiisede sa grande 
(lexil)iuté et de son élasticité remarquable^. Les fdnbtis sont 
géiiéralemdnt d'un noir bleuâtre, qiielquifbi:^ rayé de blbnil et 
de verdàtre; on eu tioiive d'chtîèrénient Itiancs. Les faisceaux 
fibieux sont recouverts d'un tissu piiis coiiipacte , plus dur, et 
susceptible de recevoir un beau poli ; réduits en Iaine3 minces, 
iU dni la ixanslucidité de la corné. Lés fanons ont en général 
la forme d'un fer de faux ; on en, trouVe pourtant d'entière- 
ment droits. Leur plus graiide largeur à là base est d'environ 
^ 4 ^ pouces; ils vdiit en diminuant jîîsqii'àu sommet , où. Us se 
terminent par un bouquet àe poil analogue à celui c^ili bi::^^de tout 
\ç côté toiirné vers la langue de l'animal. iScorésb| assigne 15 à 
IÇ pieds anglais co^imè la plus grande longueur Qu'ils puissent 
atteindre. Cela est encore bien ^oiii, comme on le volt, des 25 à 
30 pieos dont parlent les anciens écrivain^. Il faut reléguer ces 
mesures avec les baleines de 200 à 300 pieds , et toutes les au- 

ee» exagérations dont on ornait autrefois l histoire des cétacés. 
I taiUe la pW oroinaire pour lés, fanons du Nord est de 6 à 
S piefds ; ^1 est extrêmement tard que ceux du Sud àttbigiient 
MttÇ, Ipngueur. Les acides , en générât, attaquent faiblement 
les fanons; les alcalis, au contraire ^ les ramollissent rapide- 
ment* et lea*. amèpjçnt à n savoir plus qu'une consistance pareille 
4 celLf de ,1a gomm^ élastique ; on peut alors lés couper avec 
unn ejttr^ttiç facilité. Plongés pendant iin certain teinpS dans 
r«aa bouillante^ ils se ramollissent également, et peuvent rece- 
voir diverses en^preintes. G est kur cette propriété qu'est basé 
l'art de les travailiey;*9n^ pourrait peut-être abréger et fàcilitet 
ce ramollissement au moyen des alcalis du de la cbiisson à va- 

Préparation^ -7 Les baleiniers du Sud n'ont point, dansl'ex- 
lnustion et la préparation de^ fanons, les mêmes soins que ceux 
du Nord, et cela contribue, avec là différence de qualité, à dé- 
nrécier nnguliërement les premiers. Dans le Sud, dès qu'une 
baleine est prise et que les fanons sont enlevés , on se contenté 



de !é§ éèttWil' i9è Hiàti^yôUf ëri éëpàrer plus àts^iÂéiit \èê poN^ 
tionâ de^ëdélWè ({iÛ Jiëuveht y adhérer, et qui leiir côiiimum- 
queralent lirbihjJtèhiérit uHk odeur infecté; âprèà fculà, 6ii îeà 
dltlàe êti f^atlletâ , let on en fait dés paquets de 50 i é0 fdhè^nj 
de diîhéii^idH divéi'^; c*éàt dàiîà fcet état qU*on les' livre' âtf 
colhmefce. 

On nettoie àèiH dU l!7dM àVéc jAus â'atténti8n. k l)brd, oÂ' 
les divlséf feri fragmèils dé ib â 12 , él ôii eh ote toute tachàîr,' 
et puis, àltrttôùr, 6h ledr tait suMr, dans le^ éttÀl^tissehîéfïs 
destihêâ 4 là étiissôn du lard , diverses opérations qui les 'ren- 
dent i^kffàitethëift propres. Ld pi-eihièrë coiisisté a tés plonger 
pendàhi qùelqUë téhips dànS une citerne , jusqu^â ce qiiè la 
fange qui té^ sbulilé sôit bien fàiiiôTlie , ))uis on les etén^ éiir^ 
utie{)îan<îhé; iîn dtivHérlek frotte forteipeiit l^vec dé l'eau'etcii^ 
salle, âil moyen a ùh bâfài ; un àùtré ouvrier les prenq alors 1 
et racle là casse y c'est-âi-dire' la racine du fanoh, jusqu'à .ce 
(Ju*ellé présenta une surÉ^ce polîé; Vonvrier suivant, au inoyea 



ateii Ukl' tiiôtcéàli aé Bois les corjJs je frangers ' qui pourraient 
itstct'fllîii^ là cavité dela'ràcine; enliri*, bii les .expose â.ràlr 




3è 500 liv. ëiJvif on. Mbîns^ pour ce |)oids j les balles contiennent 
dé fanons, et plus elles se vl;ndenc cliek Le&lânens bains se ré-s 
toiiiî'alssént ^ une barbe S*un Wàu noir bleuâtre ; upe l)4j;be 
toùssatrë est lin mauvais signe.. . , /* 

yuant aux fanons uu buu, ainsi que nous i avons dit plus 
fe\A, on n'y régarde pA^ de si prêsj on les livire du cdminèrce 
a^éc lâ Kâif De pleine' de salèlés ', en accovdant aux acbetéui'îs un 
ftbaU'.dè %p, m pour ^êtiactîorf, ' ; ' " " ' . 

t& f;iLl)ricaDis déb'ait^ijnelont subir aux fanons dé nouvelles 
jJré^ràtiôns ': ils tes placent dans une cliaudiëre langue et 




6d FANONS. 

de pennettre qu^on le'coupe aisément. Lorsqu'on l^ji^e sulffi» 
samment tendres, on les placé longitudinalem^nt entre deux 
planches qui se serrent au moy^n de plusieurs vis .latérales , et 
qui ^servent à retenir solidement le fanon pendant l'opération 
du coupage. Cette opération a lieu au moyen d'une petite lame 
échancrée , fixée à quelques lignes d'un morceau de bois dur 
que l'ouvrier tient à deux mainç; la, V"^^ glisse le long des 
planches qui tiennent le fanon serré ,^«t l'ouvrier, en tirant à 
lui la lame, sépare un long prisme qupdrilateral , qu'il coupe 
ensuite à la longueur voulue. L'emploi le plus considérable des 
fanons consiste à faire des parapluies , et c'est aussi ce .que les 
fabricans cherchent à y trouver d'abord. On les débite, par con- 
séquent, en morceaux de 32, 30, 28, Ï6 ou 24 pduçes, suivant 
leur longueur. ^Ge qui tombe sert à faire des buses, des ba- 
leines à corsets , des haleines à capotes , etc. On réserve les plus 
beaux fanons pour les baguettes de fusil et les cannes. 

Outre les' tringles à parapluie , depuis quelques années on 
fait un grande consommation de . baleines pour les capotes de 
femmes, les bçurrelets (Tenfans^les cols, les casquettes, 1^ sup- 
ports des manches de femmes, etc. Pour ces divers emplois , il 
faut débiter les prismes carrés en lames fort minces, ou bien en 
filets qui parfois n^ont pas plus de grosseur c[ja'un crin. Cette 
opération te fait fort aisément : on ^*efend tout simpl^nent la 
baleine dans le sens de son épaisseur, à neu près con^me les van- 
niérs refendent leurs osiers. Il faijit pour cela mouiller les fa- 
nons du Sud ; ceux du Nord , au conljp%ire, se fendent dC'autant 
mieux qu'ils sont plus secs ^ et 1 on obtient avec ceux-ci des la- 
mes bien plus minces qu'avec les premier^. Ces portes de ba- 
leines^ surtout les blondes pour bourrelets, se vendent assez cher. 
' Deux bons ouvriers coupent 15 à 1,800 baleines à parapluies 
en. un jour. lOÛO liv de fanons donnent environ. 400 liv. de ba- 
leines à parapluie; ce qui tombe, ainsi que nous l'avons dit plus 
h lut, sert à faire des buses et des baleines ânes; \es très pe- 
tits morceaux sont employés pour m9.nches de rasoirs, boutons, 
tabatières , etc. Les barbes , les ratissures , servent à mélaneer 
au crin pour des matelas ou d^s meubles communs. Ce qu'on 
nomme laçasse, c*est-^-dire la racine et les rognures, sont em- 
ployées comme engrais dans le Midi. II est étonnant qu'ôu n'ea 



j > ^ • , : t . < rxC'J . 



/- 



FANONS. 6Ô 

puisse tirer un meilleur parti. Mais toute cette industne est en- • 
core dans l'enfance ; les procédés mécaniques employés 6ont 
forts imparfaits , la routine y domine , et ti es certainement la 
chimie pourrait fournir d'utiles indications pour* ramollir les 
fanons et pour tirer parti des déchets. Enfin, ne doit- ou pas s'é- 
tonner de voir que les fanons blancliâtres se vendent moitié 
plus cher que les autres, et qu'on n'ait point tenté encore \eur 
décoloration ? Cette décoloration ne doit pourtant pas' être fort 
difficile, et déjà, il y a quelques années , M. Bernardi^re avait 
pris un brevet d'invention pour des fleurs artificielles en baleine, 
qui étaient d'une grande beauté et ^'une blancheur parfaite^ 
On doit regretter que le public li'ait pas encouragé davantage 
cetessaL 

Historique, •— Dès le moyen âge, lés fanons étaient employés 
dans les arts, et peut-être même étaient ils connus des anciens; 
car Elien rapporte que dô son temps on se servait de nerfs de 
haleine -pour en faire des instrumens de musique et des machi- 
nes de guerre ; sans doute, ce sont lé^ fanons qu^il entend dési- 
gner ainsi. Anderson prétend , à la vérité , que la première 
mention qui soit faite dés fanons en Angleterre date' de 1617 ; 
mais cette opinion ne peut être soutenue , puisque bien long- 
temps auparavant, en 13849 d^ ordonnances réservaient au roi 
et à la reine la tête et la queue de toutes les baleines prises (]). 
La raison de cette comique distinction , dit BlacKstone , était 
de fournir de baleines la garde-robe de la reine (2)< jQuoi qu'il 
en soit, l'usage des fanons était répandu. en France dès l'année 
1202. Les hommes de guerre en portaient des panaches (Guil- 
laume-le-Breton, IX, 519). Louis-le-Mutin imposa les baleines 
qui entraient k Paris à 7 sous pârisis. (Orddnn. des rois de 
France, I, 600.) En 1403 , Charles TI défendit aux tiésutiera , 
hrodeurs, etc., de Rouen, d'œuvrer lé laiton avec l'or soudé 
sur le parchemin ou la baleine. ( Ordonn. des rois de France , 
Vni , 608. ) Un acte hollandais de 1340 place les fanons parini 



(s) X^t reasoo oftliis :wl^imsîcal,ira9 to Curnish.tbe queen's ward^f^irHdi 

vateboDes. (Blacuioiii, Comm$HiariU on. Ibs l,am^ .o[ f^ngUnâ ^ v^ I,. 
p. x\\) . • • . 



7Q FAWQHS, 

les gubs^jncfs rarçs et d'i^ h>iit prj;^, çpB9]p[ijç ^^ ^oiTyç fH U 
piuscade \ en effet, le prif de cettç. pi^Ltièç-ç ^'esj ^flg-temps 
goiltenu fprÇ élevé ; ^n Apçleterre , mçmQ pendW^ ^^ piçriode 
o^ la nêche fut si florissante dapsle, Nor4 , \ç^ fj^poïjsstîp^yaiçû^ 
aiix Hollandais 700 liv. sterl. le tpqpçfw^^ qç ^^uj, yp la 4i|fé. 
rèpçe dç valeur de l'argent, Us ipej^it ^ p;;^ 4? ^0(|9 Uv^PU 
50,900 fr, de |ip5 Jours. Çp 1763 , în^lgçé Aç?.^»^^^? ^«i |ft piAç 
^nalaise , le pri^ était eppor^ 4« $QQ Ûy. Iç I^Qiyr^^^iji | ^çi^ 1^ 
pèche si abondante fies colonies ^ngUi^eç }£ px tûfi^çr ^ SâO^ 
ep6(i , 4ç no^ jour^ ?,U 9?ÇiU§ Ç<JffÇ ^0 p< |^Q îiv, ^.«ft^jH^t V»r 
l)Qn4ançe de }a pêche, 

A^iPH^f^'î?^* ppm^Rt h çppaoïflLipgi^iQî^ .^es Id^p^^ f^% im- 
mense en Europe , et cet article même présente un ph^;i;^(;|in^n^ 
j:çp\merçi^l rfi^piarqi^able , c'ç st q^^'^ uçç époque où \^ pw^pc- 
tlop était pju^ çpn?id(éraj3le e^a f Qï^§Q<niïi^fiq;i tpojifi^re pe^t- 
ctre que de pos jpuf^ ^]ç jfi^ çUn% ipftnip^çnt-plus éj^y^. Jlest 
difficile d'^n concevoir la c^us^, à moiqs q\^^ ^p h ^qpivçr dan$ 
ce| esprit de monopplç 4^s Hplj^qdais ^ qi^l Iç^r ^^}^}% bf Al« 
leur Kerofle etleur pauspajie j plutp^ q\ie, 4'w teissçy fe prix, 

}!j^ France seule emploie 7 ^ ÇOp pjj^e ^y^ 4e f^P^fi rt 1«^ 
dUmj^des vîfRt fir9|ss4j^t, 

Bb 193Mes importations ont été de lM,l241d!. 
182Ô — - m,«6 ' 

. Ï824 -^ — 23?,64J 

1831 _ _ 2o5,81T 

18» — — 477,098 

On vpit qu'il y a progrcissioi^. 

Malgré rimmpçvB^ dév^joppfifl^çn^ qu> pfîs I4 Tgp:^^ frît^r 
çaise^epuîs quel^uef anp^es, ^Iq ^st 1^ 4e SH^ft a^px ^)«§pw 
'4u comnierce. La nifij^pre p^rtif des jt^fton^ cpf)^OQ[^|^a§ es 
France nous vient de l'Angle^^ ^e;^ Çta^^Sr^înis 4'Apiér^U^ 

ià'ffpUande^ le^ villes 4 H H^n^Ç, «VÎ fÇlil^ a^t»efoj^ pn fci^ip. 
bissaient , sont elles-mêmes devenues tributaires de l'étranger 
pour cet article. Il est probable que Li consommation n'a point 
encore atteint son maximum; il est probsdite aussi' qii 'on' trouvera 
augHra«OttS"de nouveaux usagés'; mais en niéme temps ôp de- 
yétùd dès i prèsaat S^appKqùer à lès remplacer par qùç^iw fg^t^fi 



FARINE. 71 

nl)stance. Qn peut jusqu'à un certain point prévoir une ëpo- 
fpt où la rareté toujours croissante des baleines en fera pres- 
que partout abandonner la poursuite, et les fanons alors man- 
(pieront tout-à-fait , ou bien atteindront un prix qui en ren- 
,jrait Teniploi presque impossible. Il est sage de songer à cela 
|rè9 sérieusement. (Yoyez Pèches maritimes.) 

A. DE LaJONRAIR|E. 

FARD. F. Bismuth. 

FARDEAU. (Construction.) Nous avons déjà donné, à l'ar- 
ticle Baro, Bardage, quelques indications sur les effets utile3 et 
pratiques qu^on peut obtenir de l'emploi des hommes pour le 
transport des matériaux ordinaires dans l'étendue des chantieis 
de construction. 

Nous avions l'intention de présenter ici le résumé des résid- 
ais obtenus dans quelques circonstances extraordinaires pouf 
k transport, soit à bras d'hommes, soit autrement, de divers 
fardeaux d'un volume et d'un poids considérables ; mais, ppur 
éwter des répétitions inutiles , et envisager ces objets d'une 
inanimé plus générale , nous renvoyons tous détails à ce sujet 
^ mo^ Transport. Gourliir. 

FARINE. (Chimie industrielle.) On se sert in non^ de far 
ritie pour désigner un grand nombre de substances réduites ^n 
poudre par le moyen de meules ; mais on l'applique plus pe^r- 
ticulièreinent au Froment. Les procédés employés pour obtenir 
les farines seront docrits aux articles Moulins et MppTpfiiE, 
ROiis n'avons à nous occuper ici que des moyens de reconnaître 
la quaUté de la farine de froment. 

Deux substances très différentes par leurs caractères consti- 
tuent, en presque totalité, la farine de froment : laijeçule, ou 
pmidon , et le gluten. La farine renferme en outre une petite 
quantité de sucre , une substance désignée sous le nom d'albu- 
mine^ et qui ne paraît être que du gluten altéré,, et une autre 
i laquelle on a appliqué l'épithète de gomme. En putre , toutes 
les farines contiennent une plus ou moins grande quantité d'eau. 

Si la farine est de deuxième ou troisièrne qualité , elle ren«- 
fiirmiç }xne f^ertaine quotité de son , <}ue l'on y .lai^s^ yploo-^ 

Vtt çar^ctirM do la FicujL« seront mdi^u& 4 f^ mot) AWIf 



72 FARINE. 

devons, avant d'aller plus loin, faire connaître ceux an gluten. 

Cette sul)stance, lorsqu'elle n*a pas été desséchée artificielle^ 
ment, se présente sous forme d'une membrane blanc-grîsâtre , 
molle, élastique, d'une odeur particulière , qui a quelque res- 
semblance avec celle du fromage un peu fait, sans saveur, in- 
soluble dans Teau, altérable par l'alcool chaud , qui en sépare 
deux substances différentes , dont la nature n'est pas très bien 
connue, et qui n'offrent pas assez d'intérêt pour que nous nous 
en occupions en particulier. 

Abandonné à lui-même, à l'état humide, le gluten se putréfie 
promptemcnt ; il se couvre d'abord d'une croûte plus solide 
que la masse, tandis que rintérieur devient plus ou moins vis- 
queux et perd son élasticité. A cet état , le gluten s'attache for- 
tement aux corps qu'il touche, et peut très bien servir pour col- 
ler de la porcelaine. Plus tard, il se décompose en dégageant 
une odeur extrêmement infecte. 

Exposé à une tt mpérature de 80 à 1Û0<*, le gluten se dessèche 
en une masse solide, cassante, légèrement jaunâtre. 

Lorsqu'on le soumet à une température plus élevée, par 
exemple 250" environ , comme celle d'un four de kçulanger 
après la cuisson du pain , il se boursoufle fortement , se des- 
sèche avec rapidité, et forme une masse légère , poreuse et très 
friable. 

Plongé dans l'eau bouillante , il se cuit et peut être ensuite 
desséché facilement. 

C'est au gluten qu'est due la propriété de lever qu'offre au 
four la pâte de furine de fit>ment , et le pain qu'elle produit est 
d'autant plus léger et mieux percé de trous, que le gluten y en- 
tre en p us grande proportion. 

Malgré les assertions contraires de quelques personnes, le 
gluten paraît être la partie réellement nutiMtive de la farine de 
froment, au moins quand il a toutes lés qualités que nous avons 
indiquées ; car dans qut;lques circonstances le gluten est plus ou 
moins mou et visqueux ; et, dans ce cas, la farine donne du pain 
dé mauvaise qualité. 

Pour sWurer de la nature d'une farine, il est indispensable 
d'en séparer le gluten , et de déterminer à la fois ses propriétés 



FAiimE. 73 

et ses proportions; pour obtenir des résultats exacts, on doit 
pocéder de la manière suivante : 

On pèse 60 grammes de farine , que Ton délaye au mojen 
fane spatule ou d'une cuillère , avec assez d'eau pour en faire 
' Qoepâte solide. 

Quand il ne s'agit que d'obtenir le gluten, on peut laver cette 
jiâte sous un filet d'eau , en la malaxant continuellement entre 
les doigts ; mais pour un essai tant soit peu exact, on doit placer 
lapâttf dans une toile lâche, qui laisse facilement passer la fécule 
et retienne le gluten, dont une partie est toujours entraînée 
dans le premier mode d'opérer ; lors même que l'on renferme 
la pâte dans uu linge, on doit placer le nouet au-dessus d'un ta- 
mis désole sur lequel on retrouve toujours une certaine quan- 
tité de gluten. Mais il est préférable , quand on peut se le pro- 
corer, de se servir d'un tamis de toile métallique n^ 120 , sur 
lequel la pâte peut être facilement lavée directement. V, Fé- 
cule. Lorsque le lavage n'entraîne plus de fécule , on réunit 
tout le gluten , que l'on peut peser humide ou sec : il perd 
un peu plus de la moitié de son poids en se desséchant; 
mais comme tous les glutens ne perdent pas exactement les 
mêmes quantités, il est préférable de peser cette substance 
lèche. 

Henri père a trouvé , en analysant un grand nombre de fa- 
rines premières , que celles de bonne qualité contiennent , 
terme moyen , 10 p. 100 de gluten sec; mais ces quantités sont 
très variables , et la nature du gluten est presque autant à con- 
sidérer que sa pioportion relativement à la qualité du pain. 

Les farines deuxième et troisième , qui renferment une cer- 
taine quantité de son, offrent des difficultés particulières quand 
QD veut en extraire le gluten , que le son divise et permet à 
Feau d'enlever en grande quantité. Il faut faire une pâte plus 
raide, la laver sous un filet d'eau moins fort, et se servir d'un 
linge plus serré. "Vers la fin de l'opération , le lavage s'exécute 
aussi bien que celui des farines premières. 

La quantité d'eau contenue dans la farine est faciliement dé- 
terminée en exposant celle-ci à une température de 100** au 
iNàn-marie ou à la vapeur, jusqu'à^ce qu'elle ne dimin^ue plus 
depoids. ^ 



74 FAHmE. 

foutes |es farines ne prennent pas la même quantité d'e^u 
pour se convertir en pain. On peut avoir une idée de cette pro- 
portion en déterminant leur hygrométricité : pour cela on ei3 
dessèche une certaine (quantité, que Ton expose à Tair, et qm 
l'on pèse exactement lorsqu'elle n'acquiert plus de poids. 

L'humidité altère fortement la farine , qui se pelotç plu^ on 
moins , et de manière à prendre quelquefois une assez grai 
dureté. C'est sur le gluten que se porte l'altération; et 
les farines présentent ces caractères , elles sont ordinairàmeof 
inaptes à donner de bon pain. Quand on s'aperçoit de Taltérir 
tion que l'humidité leur fait éprouver, on peut en arrêter k 
marche en les desséchant , soit par l'exposition de l'air ffiW 
forme de couches peu épaisses, dont on renouvelle les surfap^ 
soit mieux encore en les soumettant à l'action d'une 4oiJcè 
chaleur. 

Quelques farines acquièrent par pette altération une o4^ 
de haricots te^le , que l'on se croirait assuré qu'on y a méI^|UB^ 
de la farine de cette légumineuse. 

Lorsque la famine est à un prix assez élevé , la f rafide 1V%P 
trfbs fréquemment par des mélanges de fécule de poippi^ ^ 
terre 9 et quelquefois aussi avec des farines de h^ricpjLf. iç w^ 
defèveroles, etc. 

Depuis plusieurs années le syndicat de 1^ houU^S^P^ 4? f^ 
T}S a fait le fonds d'un prix ^ décerner par la Société (iV^^WIf 
gement, pour un procédé propre à reconnaître lî^ naturp e( )f 
proportion de ces niélanges. Ce concours n'a jusqu'ici prpç)^ 
aucun résultat marquant , et l'on est encore obligé « pp^lf 3*)f 
surer d'uue manière bien exacte de lexiste^çe dç$ i^ripef oa 
fécules étrangères dans la farine de blé, ^ faire u$age 4y^ Jljir 
CROscopE. Malheureusement ce moyen n'est pa$ à 1^ PP^I^ 
des boulangers , et offris beai^çoup de di^icultés quj^d le9 j^ 
langes ont été opérés à la meule. 

Si la fécule est mêlée ayj^c la farinis à la pel^e , son briUfUfl 
permet de la reconnaître, même à Tœ^l nfi, et tDi^jppv^ ^yeçi^jc 
forte loupe, et surtout par le moyen du microscope ; luai^ V^^ 
on ^ pas^ le mélange cous la meule , la f écijile $e tro.uy^ çifff 
W 4.aR? les grain§ dé farine, f^^j^ cçft g^fc^ WW^\Iié%SHm 
poi^» ïa dUUnguert 



FAuquLB, faux:. Mr 

Ceniinc 1^ grains d^ fécule de pomme» de terre 90u% ptn» 

fo% que ceux de farine de froment, eu triturant pendant queV- 

fies iostans dans fin mortier le produit obtenii , et séparant 

le gluten deia farina, on brise les grains de féçvde de pomme» 

fie terre, qui décolorent alors im^^édi^tement en bleii par le 

PHitact de VÀode^ tandis que le reste de la niasse n'épi'iiiuye cf t 

ffliist qu^ quelque t^mp^ après. Mais ce mo'^îen lie pourrait per* 

lieltre de décider avec c^rtitudq , dans une affaire judiciaire , 

fB^lf a^ I4 nature du mélange soupçonné } il peut cependant 

è(t$ U^ utile au boulanger qui veut 9e rendr0 compte de su 

Ufriuationy en le combinant avec la détermination exacte de in 

Mtpre et de la proportion du gluten, et upus pouvons citer Un 

l^ulaug^r d^ Paris , M. Boland , qui depuis plusieurs années 

s*en sert avec avantage pour l'acquisition de toutes aes mar^ 

ijhandîsee. 

Qg (|Bt encore moins avancé relativement aux autres substan* 
fl« que Ton peut mêler à la farine ; nous avons lieu d'espérer 
çfp^ndant qu'un procédé récemment trouvé , et qui est $oumis 
^ c^ UiQment à Texamen de la Société d'encourageiuent , est 
ttimpUi)le de dpnner de bons ^résultats. S'il y conduit, nous ftn 
parleropf à l'article P4Ul> H* Gaultier p^ QhàntKi. 

FAUCILLE , FAUX. ( Agric* ) Ce sont des insl;ru|neps tran* 
cbans plus ou moins courbés , emmanchés dans un bâtpu plu^ 
ei| moins long , dont les moissonneurs et les jardiniers se ser- 
Tçnt pour couper ou scier les céréales, les foins et les gazons. 

La faucille sert plus particulièrement à couper les céréalefi^ 
A>nt les grfiÎDes touiberaient sous le choc de la faux. Sa forme, 
la largeur et l'épaisseui* de la lame , tantôt tranchante , tantôt 
iMment deptéè, son emmanchure et son usage, varient suivant 

On distingue deux espèces de faux, la faux simple et la faux 
jk râteau. La première est une grande lame d'aeier , large de 
llrnx pouces à deux pouces et demi , légèrement courbée , et 
flUttftndiée au bout d'un long bâton garni d'une maînî en beis 
Ters ie milieu de sa longueur. La faun à râteau n'en diffère que 
ptf f «ddition faite , & l'extrémité du manche , d'iii^ 9spèt» de 
liti^« eompôsé de l^aguettes ayant la îaéme ^wfb^H Vàfi h 



• 



76 FAUCILLE, FAUX 

mesure qu'on les coupe , et de les coucher les unes à côté ds 
antres, afin que l'ouvrier qui doit faire les gerbes ait moins 
peine à les former. Le tiaiichant d'une fau^doil être très égal 
il ne doit pas être plus dur dans un eiidi-oil que dans un autre 
et être trempé ail degré convenable. Le choix d'une 
chose importante. Pour les herbes fortes , la luzerne , les gro 
foins, le tranchant doit en être court ; il sera long et aplati pon 
les herbes fines. Lorsqu'on aiguise la lame avec la pierre, il fai 
faire attention à l'usage qu'on veut en faire. Pour battre la fei 
et la tenir constamment en bon état , le fanclieur doit toujoun 
être muni d'une petite enclume qu'il puisse fixer à tenT| 
d'un marteau à panne et à tète , et d'un étui ou cofftn , Tt3i 
fermant une pierre à aiguiser entourée de paille ou d'iieiii 
mouillée. 

On commence à faire usage , dans les environs de Paris , d< 
îa faux Qamande ( voir la figure ci-jointe ). Elle est 
d'un manche en bols d'un pouce et un quart de diamètre, 
dans la main droite du moissonneur , sur la partie couriie^ 
d'environ cinq pouces de long. La partie droite de re niancbS 
est de seize à vingt-deux pouces , suivant la hauteur de l'oo* 
vrier. Il y a dans le haut une espèce d'anneau en cuir, di 
lequel il passe l'index , et un bouton à l'extrémité, qui ei 
pêche la main d'abandonner l'outil en glissant, si l'annean 
cuir venait à se rompre ou le doigt à en sortir. La lame 
d'environ deux pieds de long et deux pouces trois quarts èÀ 
lai^e au milieu. Le manche est attaché à la lame, de telle ma- 



nière que SOI 
qui permet a 
mais presque au 
incliné à l'horizc 
rerait de la parti 



plan foni 



mgle avec le plan de celle-ci 
couper le blé, nonpasau-des 
Ls du sol , sans se baisser , le manche étani 
d'environ 60 à 70 degrés. La ligne qu' 
crochue du manche , passant presque pu 
la pointe de la lame, lui permet d'avoir l'œil dessus tandis 
le doigt passé dans l'anneau en maîtrise le talon. Avec t 
faux , l'ouvrier se sert d'un bâton léger, fig. 9, terminé pai 
crochet de fer. Tandis que la faux est dans sa main droite 
tient le crochet de la main gauche par le milieu, de manière 
ce que la partie courbée soit, sur la faux, dans la même 
tion^quQ la lame, et en dessui d'elle , leiu's pointes se trouvai 





PECUtE. -rt 

ment l'une au-dessus de l'autre. Dans l'action , le moifr- 
ur lait agir à la fois les deux instniinens, en faisant passer 
le croclit^t diTiièri: la paille à peu près à la moitié di 
Jeur, fOMS la séparer et la peucher en la poussant doucement 
n« sa main gauche, en même temps que la Ume vient, \>ai 
a mouveiuent de droite à gauche, couper cetti; paille de deux 
quatre pouces au-dessus du sol. Un grand avantage de cet 
ttlrunient , c'est que celui qui s'en sert n'a pas besoin de se 
^Dclier, ce qui ménage ses forces et lui permet de faire plus 
'tnirrage; il laisse aussi moins de chaume. Des expériences 
mparatîves, faites sous les yeux de la société d'a);i-iculture de 
Haute- Ecosse , par feu l'agronome Masclet , alois consul de 
^ace à Edimbourg, ont prouvé que la moisson, faite de cette 
lanière , offrait une bonification de 2G p. 100 sur toutes les 
«très. 

Le sciage arrange plus régulièrement la paille , qui prend 
Umus d« volume ; il donne un blé moins diflîcile à battre ; le 
raùnotplus propre, beaucoup de mauvaises graines échappant 
lUbualleet restant dans le chaume. Mais le fauchage ne coûte 
fue la moitié du sciage -, la récolte est beaucoup plus prompte , 
b paille demeure plus longue , le sol est mieux nettoyé , et il 
('al plus nêcessaû'e d'y faire dispendleusement passeï- la faux 
Wur enlever le diaume. Sodlakce Bodin. 

FAUX-FRAIS. F. Estimation. 
FAÏENCE, f. Poteries. 

FËCUliE. ( CIdmie indusirUlle. ) On rencontre dans diverses 
^ailles d'un assez grand nombre de végétaux , une substance 
ibuliforme , blanche , saas saveur ni odeur , pouvant rester 
jiupendue dans l'eau à froid et s'en précipiter en entier, en 
^tggloniéi-ant facilement, et produisant une masse qui olfre sous 
doigt un cri particulier. 

Jusqu'à peu d'années , on regardai,! l'amidon ou la fécule 
inuie une substance d'une composition uniforme dans toutes 
I parties, quoiqu'en l'observant au microscope , Lmiwenhock 
^ùl déjà remarqué uneenveloppetégumentaire et une subs ta uce 
térieure diiférenle. Ce fut M. Rospail qui mit cette vérité 
1rs de doute par de nombreux travaux , qui sont devenus de- 
kif 1^ clwiup tui' lequel plusieurs chimistes se SOBI ^eicés. 



I 



80 FECULE. ^ 

d'eau aux dépens de la fécule et de l'acide carbonique , jm 
l'action de l'oxigène de l'air. 

Hors du contact de l'air, l'empois ne produit pas d'eau, m 
fournit du gaz acide carbonique et de l'hydrogène presque pui 

Si l'on fait bouillir l'empois avec du gluten , il se transform 
aussi en sucre ; mais du gluten altéré reste dans les produits c 
en altère la pureté. , 

La fécule peut être extraite, par un simple lavage, des racine 
qui en contiennent , et des pommes de terre convenableinen 
divisées; mais la séparation de la farine des céréales , et parti- 
culièrement de celle du blé, exige une opération particulièrei i 
cause de la présence du gluten qui l'accompagne : comme II 
première opération est la plus simple, nous nous en occuperoM 
d'abord ; mais la préparation des fécules qui se rencontrof 
dans les racines étant plus pharmaceutique qu'industrielle, nom 
n'aurons donc pas à nous en occuper. 

Les pommes de terre récoltées avec les soins convenaUci 
doivent d'abord être nettoyées, pour enlever la terre etjlouski 
corps étrangers qui y adhèrent. L'un des moyens les plus avanti* 
geux consiste à les placer dans un cylindre ou dans un tonnc^O*! 
plongés en entier dans l'eau , et tournant sur un axe par k 
moyen duquel on leur imprime un mouvement de rotat'<on ; I» 
pommes de terre se froissant les unes les autres, les corps 
étrangers s'en détachent et sont entraînés au travers de trow 
pratiqués sur les parois : quand le lavage est terminé on fiuC 
sortir les pommes de terre par le moyen d'une trappe queniaiov 
tient fermée, pendant l'opération, un crochet ou une barre de f^ 
mobile sur un mentonnct. 

La proportion de fécule que l'on obtient de la pomme dt* 
terre dépend de la divisionr à laquelle ce tuhi renie a été porieu 
le râpage est donc une des parties les plus importantes de l'ori 
pération ; elle peut s'exécuter avec toute espèce de râpe, pourvv 
que le travail soit rapide; mais parmi celles qui ont été euK 
ployées jusqu'ici, la râpe de Burette, modifiée depuis dant 
quelques paitiespar divers mécaniciens, paraît encore offrir Ife 
plus d'avantîge. 

Le râpage opéré, la matière doit être lavée de manière à it^ 
parer le plus complètement possible la fécule du parenchynM 



FÉCULE. 81 

qui l'accompagne. L'appareil Saint-Etienne a été regardé 
comme Tun des meilleurs que l'on puisse employer. Il produit 
en effet un bon travail , mais il consomme une grande quantité 
de force, et donne beaucoup de petit son , qu'il est difficile de 
séparer. Comme cet appareil a déjà été décrit dans plusieurs ou- 
vrages , nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de le repro- 
duire ici ; nous nous bornerons à faire connaître celui qu'exé» 
cate M. Yernier, mécanicien à Yiarmes , près Luzarclies (Oise), 
et qui paraît offrir des avantagés marqués à cause de la facilité 
de son emploi. Plusieurs établissemens à Paris ou dans les en- 
virons l'emploient depuis quelques années. 

Cet appareil se compose d'un laveur pour les pommes de 
terre , d'une râpe et d'un tamis pour la fécule. La description 
de la figure en fera très facilement comprendre les dispositions. 

Les pommes de terre sont jetées dans la trémie M , d'où elles 
passent dans le cylindre à claire voie A plongé dans la bâche Y; 
un engrenage O met ce cylindre en mouvement. L'eau est 
fournie à la bâcbe par le réservoir N , au moyen du tuyau 8. 
Les pommes de terre lavées tombent, par le moyen du caisson K; 
dans Tauge X , d'où elles sont conduites, par la chaîne sans fin 
à godets BB, aa, etc. , dans le caisson G. Un tuyau 3 permet de 
les immerger d'eau. Elles tombent du caisson dans la bâche de 
la râpe c, et passant sous la râpe by le caisson P concluit la 
pulpe dans le cylindre où elle doit être lavée. Le- tuyau 3 se 
l)ifurque en arrivant à la râpe : la partie 3 verse de l'eau dans 
le caisson pour pousser la pulpe dans le laveur, tandis que le 
tuyau 6, branché sur le premier, porte l'eau dans le cylindre 
laveur. Ce cylindre R , en toile métallique , mis en mouvement 
parîengrenage S, plonge dans la bâche B. La pulpe^ poussée 
par le courant d'eau, arrive dans la partie R, et ensuite en N , 
où, agitée sur une plus grande surface, elle achève de se laver. 
In caisson £ sert à l'écoulement de la pulpe épuisée qui tombe 
^aos le baquet F, tandis que l'eau chargée d'amidon est versée 
dans la bâche H par le caisson G. 

Quand l'opération est terminée , le produit n'est pas encore 
«isceptible d'être livré à la consommation ; une partie du paren- 
cliyme très divisé a passé au travers de la toile métallique , il 
faut le séparer pour «btenir la fécule de bonne qualité j on y 

T. 6 



FÉOUliB; 




piritttaj 4ti Uof en Aix deiliièiiie lavage gui se l'ait A la iflii 



./ 
PÈCtîLË. 8â 

mr un timis de âoie fin ; qui retient le petit ibn et Ikis^ passer 
Il fiîcufe , qni , en raison de sa densité , se précipite riàpidetnént 
m fond dû vase dans lequel s'écoulent les eàui. Ce lavage exigé 
j>eu d'eau et de thain-d'œUvre. 

La fécule ayant subi ces lavages, â pris une assez forte cohé- 
sion, elle porte alors le nom de fécule verte. On la laissé se 
nffennir pendant deUx jours , et, pour la dessécher, on la place 
eniuite dans tin séchoir bien ventilé, siir une aire en plâtre de 5 
à B cent.; qui a été gâché lâche , sur laquelle on rabandonnë 
pendant vingt-quatre heures. Une grande partie de rhùihi- 
dite qu'elle renferme est absorbée par le plâtre ; màis-la dèssiè* 
cation né Serait pas encore suffisante. Elle s'opère par lé iho^en 
de l'àir chaud dans une étuye où la féciile doit àcqùéirir fane 
température assez élevée pour qu'on ne puisse y ienir là îhàiiî , 
et dans laquelle on dirige habituellement le courant d'air 3e 
hmt en bas. Après vingt-quatre heures, la fécule est alors èiis- 
ceptible d'être ensachée. 

Toiites les variétés de gommes de terre peuvent être eni- 
ployécs pour cette opération. On se sert' habituellement dé celle 
iSie de saison. On obtient environ, pour 100 kil., S^5 kil. de fé- 
cdle verte, ou 16 à 17 de fécule sèche. Une bonne râpe peut trà- 
▼àîller par douze heures 60 setiers de 150 kil. chaque environ. 
Lé râpage, le tamisage et l'élévation de l'eau nécessaire à l'opé- 
nrtion, consomment à peu près quatre chevaux de force ; pour 
ce travail , on consomme jusqu'à 400 muids d'eau. 

Le parenchyme qui forme le résidu de l'opération est d'éh- 
tiWtt imé tonne de Bordeaux pour 1 ,500 kil. de pommés de 
tettè; il est employé à la nourriture des bestiaux; mais il pà- 
nlt offrir à cet état des inconvéniens qui disparaissent en grande 
Jirtîe lorsclu'il a été exposé à la chaleur. 

L'eau provenant de cette opération n'a aucune odeur quand 
db sort des vases qui la contiennent ; elle est couverte d'une 
fâiine légère, blanche, également sans odeur; mais quand elle 
téjourne quelque temps dans des ruisseaux et sur la terre , 
die acquiert lifté odeur excessivement infecte, et devient un fer- 
nKnt très actif de décomposition pour les vases oii dépôts qu'elle 
pènC fèiicontrer dans son cours ; elle offre donc de très gravée 
■ ÎDoonvéniens par le voisinage des féculeries , quand elle né 

6. - 



^ FECULE. 

trouve pas un libre écoulement dans un grand cours d*eaa; 
une fabrique importante, près de Paris^a été au moment d'être 
supprimée, il y a quelques années, à cause des dégâts que ses 
eaux occasionèrent dans de petits rus et un étang en aval , si 
on n'avait trouvé le moyen de les perdre dans une nappe d'eau 
souterraine. 

Ces eaux , employées à Tarrosage des terres aussitôt après 
leur sortie des bernes, n'offrent pas d'inconvéniens pour les 
végétaux ; mais quand elles ont commencé à éprouver une al- 
tération putride , elles deviennent extrêmement nuisibles pour 
toutes les plantes qu'elles touchent. 

. C'est par un procédé tout différent que l'on extrait la fécule 
des céréales. Ici , la présence du gluten rendrait im|)0ssible la 
séparation de la fécule qu'il retient dans son tissu ; par le sim- 
ple lavage, la farine entière passerait au travers du tamis. C'a 
tpujom*s été jusqu'ici par la décomposition putride du gluten 
que l'on a préparé la fécule des céréales qui porte le nom d'a- 
midon* Le gluten se ramollit d'abord, perd soa élasticité; bien- 
tôt il s'altère profondément , il se produit de l'acide acétique 
qui dissout le phosphate de chaux renfermé dans le grain ; de 
l'alcool , des gaz, qui entraînent des matières organiques en dé- 
çoiriposition , et qui donnent lieu à tous les inconvéniens que 
présente la puti'éfaction ; la fécule se sépare bientôt et se pré- 
cipite au fond des tonneaux avec une certaine quantité de glu- 
ten divisé et des matières étrangères provenant du grain sur 
lequel on opère : c'est par des lavages successifs qu'on la purifie. 

Quand on commence une opération sans avoir à sa disposi- 
tion des produits d'une opération précédente , l'action est lon- 
gue à déterminer; mais lorsque l'on a des eaux siireSf une pe- 
tite quantité mêlée avec la farine détermine rapidement la 
décomposition. 

Il est facile de se rendre compte de ce qui se passe dans cette 
opération : une partie de l'amidon se transforme en sucre par 
l'action du gluten; de l'acide acétique se produit aux dépens 
de ce sucre , et dissout le phosphate de chaux que renferme le 
grain , et une quantité considérable de gluten qui favorise sin- 
gulièrement la réaction des principes d'une nouvelle quantité 
de farine* 



FÉCULE. 85 

C'est du froment que l'on se seit le plus habituel! entent pour 
obtenir l'amidon. Il est moulu, les meules moins serréts que 
poor la iarine , et d'un hectolitre de 150 kil. on retire envirou 
li,ê de folle-farine. Ou di^îaie alors le j^rain de manière à for— 
lier nne bouillie liquide , en se servant d'eau et d'iaw siîre. Le 
SiélaDge s'opère daus des tonneaux de la jauge de Itordeaux, 
rton l'abandoune à lui-même pendant trois semaines à un 
MoU. La décomposition putride dont r.ous avons parlé se déve- 
loppe, uu chapeau d'écume giasse s élève k la surface, des bulles 
Tiennent y crever en dégageant une odeur très infi-cte. Quand 
cette décoiu position est achevée, on trouve dans les bernes trois 
noches : de l'eau sûre opaque, un dcpât sale, à demi liquide , 
un autre blanc et ferme, qui est l'amidon. 
Ao moyeu du syphon , on décante la plus grande partie de 
ïeau sûre ; on enlève ensuite le dépût demi liquide, en l'épui- 
nut le plus possible avec un vase plat , et au moyen d'un ]ûn~ 
ceau ou d'une rame on agile tout le résidu, que l'on jette dans 
baquet, et l'on rince avec un peu d'eau pour tout réunir- 
Ce moyen est préférable à celui de l'inclinaison des bernes. On. 
jette alors suv un tamis de ciin , au ti-avers duquel passe l'anii- 
don împor délayé dans l'eau sûre , tandis que le son reste dcs- 
Après avoir séparé le plus possible des eaux qui surnagent 
le préci[Hté qui se forme , on délaie l'amidon dans de nouvelle 
avers d'un tamis de soie fin , 



et l'on passe le liqiii 
^aêpare une portion de gros iwi 
ie substances étrangères i l'amidoi 
Marelles eaux sûres qui i 
Inage et un second tamisage à un 
iplètenient l'auiidon du gros n 
ila rame un dépôt d'amidon , il faut avoir soin de rompre le 
mouvement de l'eau , sans cela la rotation qui lui a été impri- 



', qui est de l'amidon mêlé 
étant déposé, on décante les 

de soie Un, on puriBe 
Chaque fois que l'on agile 



tée donnerait 

ipBTersé dans des paniers d'< 

Ue aire en plâtre, o 

Kclioir bien ventilé 

nu. Lorsque les paij 

h forme de baguette 



nilieu. L'amidon est alors 
une toile , puis porté sur 
,r des tablettes de bois blanc , dans un 
ensuite à l'étuve chaulTée à 45" envi- 
int bien secs, l'amidon se présente sous 
qui imitent certaines houilles , comme 



k Cannel-Coal. Pour les apprêts, on le livre cependant 



it quel- J 



q^çfqi^ qi 9ggV>Pl#^t;i ^i |ie présentent «uoiiiie tpparfnce ie 
ï)^ette*. 

}ja forni^tion de^ baguettes exige une dessiccation prompte; 
I4 grps^e^r dçs graui9 de fécule ne leur pei*met pas de s'agréger 
4f çetfe manière. 

ip^ns ce procédé çn ne recueille que la fécule, op per4 cnti^ 
içeinen^ le gluten , çt Vopération donne lieu à tous let incooTé- 
9^ns qui résuU«9t delà décomposition putride des subistanees 
^«otée^w A^^> 1^ amidooneries soi^t-eUes extréms^aent incom- 
modes pour Us localités où elles sont établies. Depuiç quelques 
%uuée$9 M. Martin, pharmacien à YerTios, a eÉ rbeareuse idée 
d'4ppliqi|er à la préparation de Ujatmidon k procédé mis^en usage 
pour se procurer le gluten ; déjà I||I. Hcrpin avait tenté de l'em- 
ployer, mais on avait trouvé des difficultés à opérer économi- 
q^ement le lavage, et U question économique , d'une grande 
i^nportance d&ns tous les cas , l'est surtouit quand on opère sur 
i^^ produits d*une JÈiible valeur^. 

4prè$ diverses modifications apportées à son mode d^opérer, 
H^ Itt^rtin s'est arrêté au suivant i ' 

ÏA fa^rine deslj'mée au travail est transformée en «me pâte qui 
renferme à peu près un tiers d'eau; on la divise par fraeUons de 
i\JX, environ, qui sont placées sur un tamis ovaie, de toile mé- 
tallique, n* 12Û, au-dessus duquel se trouve un tuyciu enT, percé 
d'un grand nombre de petites ouveiturei qui divis<snt iVatt ; des 
femmes malaxent la pâte, et en huit minutes, au plus, en ont sé- 
paré complètement tout FamidoUé 

Iteux femmes lavent ainsi par jouf juiiqu'à TO^kil. ée pâte 9 
renfermant environ ÔOO kil. de farine.' Le tamis est ovale « dé 
4K. cent dans sa longueur, et doublé de toile n^ 46. ' 

liO deuxième lavage exige peu d'eau ; on en emplbie un peu 
moins qu'on en a enlevé, et un troisième est inutile. 

Sour décanter, on se sert d'un sij^on dont k petite branche 
•fii^ munie d'^ne cuv^etteà fond plat, maintenue par deux fils de 
fer qui glissent dans des ouvertui'es cenvenableàr ; sans cela on 
Qftlève de l'amidon en même temps que l'eau. 

hà quantité d'eau nécessaire ponr cette opération est peu 
•eonaidérable 1 elle n'eiM^àde pas 400^ litres d'eUU pour 160 k^, 



FECULE. »r 

fin nibstituant la toile mëtallique au cria pour le layage de 
b pâte, on a rendu inutile un nouveau tamisage indispensable 
aspararant. 

Il arrive quelquefois que la pâte ayant été mal lavëe, un peu 
de glaten passe avec Famidon , qui est alors mêlé de couches 
brmies : pour l'avoir beau , il suffit de le jeter de nouveau sur 
lelaniis avec de Feau et du papier, qui, en se divisant, retient 
taile gluten. 

Si la pâte était mal faite, ou la farine trop chargée de petR 
MB, oo trop grossière , le lavage s'opérerait très mal; la ma- 
tière ^e délayerait sur le tamis et refuserait de passer. On jette 
aierf letont-dansun seau à moitié i^mpli d'eau , on agite arec 
h main, et après quelques minutes on verse sur le tamis , d^- 
hnii l'eau, et ensuite le résidu , qui se lave très bien. 

Idi pâte doit être préparée avec de leau froide , comme celle 
d'une source , d'un puits , et peu de temps avant d'être em- 
ployée. Ilana la fabrique , on n'en prépare que pour la moitié 
de la journée. 

Les dépôts séparée^ du gluten sont d'un blanc grisâtre , blan- 
chissent en séchant, et pourraient donner des amidons de 
deuxième et troisième qualité; l-empois qu^on en obtient est 
d'iun bonne consistance, et pourrait servir aux relieurs pu pour 
)ii apprêts communs; mais la dessiccation en étant assez difficile, U 
ail^Qiivent préférable de faire servir ces dépâits à la distUlatioBi 

Cent kil. de farine peuvent fournir environ 3,5 hectoliiriS 
d'eau de lavage, et 10 kil. de bouillie claire. Bn abandonnant 
ktf^iit à la fermentation, après y avoir ajquté iin peu de levure, 
m obtient un liquide alcoolique susceptible de fournir l^à 19,S 
litres d'alcool à 19*^. Pour cela , on met dans une chaudière la 
«ttière féculente avec 100 litres d'eau de lavage , et on p^Heà 
Tébullition ; l'empois obtenu est versé dans là cuve à fermen- 
\m; t^ température étant tombée à 70^, on ajoute 15 kil. de 
brine de seigle pu d'orge germé. Ces eaux peuvent aussi servir 
à préparer une boisson assez agréable. 

Le glaten obtenu peut être employé à divers usages ; il est 
4ifiqte de le sécher seul , mais en le mêlant avec son poids de 
fécule de pommes de terre sèche, et l'exposant à l'air, et au sot^ il| 
^ QXk 4 umlégèra sbalsur pa hirvt ^Nitto nutlièrt pu| ^p 



88 FÉCULE. 

préparée sous toutes sortes de formes; elle peut .présenter de 
grandes ressources comme aliment. 

M. Martin a préparé aussi , au moyeu du gluten et du son 
provenant de l'opération, un pain que l'on emploie avec beau* 
coup d'avantage à la nourriture des porcs et des volailles ; il a 
aussi remarqué que le gluten aigri pendant sept à huit jours » 
à la température de 15 à 16^, se délayait bien dans l'eau et for- 
mait une colle qui collait parfaitement le bois et leparchenûn, 
et pouvait se conserver ainsi pendant huit à dix jours. 
. A cet état , le gluten étendu en couches minces sèche faci- 
lement y et peut ensuite être délayé /et former une très bonne 
colle i il peut enfin servir à faire un taffetas très aggluti- 

natif» 

£n récapitulant les produits obtenus dans l'ofiémtion , on 
trouve qu'en, opérant sur 1000 kil. de farine de frpment de 
bonne qualité, on peut obtenir ; , 

Amidon fiq, 550. kil. 

Gluten frais, 300 

L'eau de lavage réunie au résidu produirait 90 litres d'al- 
cool à 19». 

On doit remarquer à l'avantage de ce procédé : 

Que par la fermentation putride on n'obtient habituellement 
q^e 45à 48 p. 100 de bel amidon, et8 p. 100 environ de gros notr^ 
et que par le lavage on obtient 55 de bel amidon , et 10 de gros 
noir;. 

': Que l'amidon est de meilleur goût ; 

. Que l'on obtient un produit d'une utilité incontestable, le glu- 
Içn, ne fût-ce que comme engrais ou comme aliment pour les 
animaux; 

i Que l'on peut obtenir des eaux de lavage une quantité d'al- 
cool très avantageuse ; 

Et enfin, quelesamidonneries cesseraient par là de produire, 
pour leur voisinage, aucun des inconvéniens graves qui les fai- 
saient repousser de beaucoup de localités. ' 

Pour travailler 700 kil. de pâte , il ne faut que quatre ou- 
vriers : deux femmes pour le lavage, un homme pour préparer 
la pâte et séparer les dépôts, et un étuviste. 

On doit faii*e remairquer qu'an opérant ainsi l'amidoii 



FEPTORE (Machine a). 8^ 

eut être légèrement différent de celui que Ton obtient par la 
lécomposition putride, dans laquelle l'acide acétique développé 
1 réagi sur le phosphate de chaux , qui peut rester en partie 
rlans le procédé de lavage, mais qui , en supposant son existence, 
ne peut présenter que de bien légers incouvéniens. 

M. Thttez a pris récemment un brevet pour obtenir l'amidon 
par le lavage dans des sacs au moyen d'une machine. Il forme 
ai ce moment, sur ce procédé, un établissement près de Charen- 
ton. L'expérience seule prouvera si l'emploi de cette machine 
et de sacs de toile offre plus ou moins d'avantage que le lavage à 
h main sur un tamis métallique. 

H. Gaultier de Glaubrt. 

FENDERIE. V, Forges. 

FENDRE (MAcmNE a). {Mécanique,) On donne ce nom à 
im appareil qui divise et coupe une roue , un pignon , une cré- 
maillère, en un nombre déterminé de dents, et exécute cette 
opération avec promptitude et précision. La disposition géné- 
rale de ces appareils diffère peu dans les divers ateUers où on les 
emploie ; mais on rencontre de nombreuses différences dans la 
construction des détails. CSommeV nous serait impossible de les 
faire connaître tous , nous nous bornerons à la description d'une 
seule machine, pour donner une idée générale dé toutes. Nous 
choisirons celle constmite par Relie, en Angleterre, et qui, en 
1819, était en la possession de l'ingénieur Troughton. Nous lui 
ayons donné la préférence, parce que nous la croyons peu con- 
nae en France , et parce qu'elle présente une disposition qui 
a , sur celles que . nous connaissons , l'avantage d'accélérer 
considérablement le travail. 

La figure ci-dessous représente la machine à fendre de Rehe, 
aujourd'hui la propriété de l'ingénieur Troughton. A AB G DE 
est un bâti d'une seule pièce, en fonte de fer, dont A A repré- 
sente la partie supérieure horizontale, B et G les côtés, et D E la 
base, fixée par quatre fortes vis sur un établi solide, auquel sont 
adaptées la roue motrice et les poulies de renvoi sur lesquelles 
passe la corde destinée à imprimer un mouvement de rotation 
tris rapide à l'arbre R , qui porte X^l fraise au moyen de la- 
quelle s'exécutent les dents des roues. La grande roue et les 
pooliea de renvoi sont omises, pour ne pas compliquer le 



FEKDRË (IWiraniB a). 
Fig. 9 




denqiti. F et G soat deux montana jaitant eorps avec H I, xatti 
piiM de fonte ayant la forme d'un paiallèlipipide perc^ ^ék 
■ SmtS ni«diale dans le sens de m longueur. R L est la ptHS 
jHurme^ porUnt un grand nombre de divisions diverses. Son ^ 
mitre est de 19 pouce» anglais ((ff ,475). L'arbre de cette plat* 
foioneeUunfcrttube de cuivre jaune M N, pivotant dans lii 
trou pratiqué dans la basa D E du bâti. Eu W est un pas do t1 
Buc^oot pA adapU «n éwaa, qu'on prat fcire tourner m mofê 



fente propre à recevoir une clavette sous T^erou. Ia partie au^ 
périeure de Tarbre est maintenue dans une ouverture cireulaiec 
pratiquée daps la pièce A A, et passe librement dans la fenta 
H I. L'intëriei|r de l'arbre est destiné à recevoir d'autra 
arbres pleins , s'adaptant exactement au premier, et percés, 
vers le bas, d'une fente à travers laquelle passe la clavette, 
presjjée de btut en bas par l'écrou , ce qui donne à l'arbra 
intérieur la stabilité nécessaire. Cet arbre intérieur est toutefoia 
composé de deux pièces, Tane supérieure, qui porte \a, rouf 
à fendre , et 'qui se visse dans la partie inférieure. On em« 
ploie un grand nombre de ces pièces supérieures, dont la tige 
doit remplir exactement le trou central de la roue à fcn^ 
dre , et dont Tépaulement doit varier de lUamètre selon le 
diamètre de cette même roue , à laquelle il doit servir de sup* 
port. Un écrpu adapté sur la tige sert è fixer solidement la roue 
contre cet épaulement. IlestbonderemiLrquer toutefois que le 
centrage de la roue ne dépend pas de la vis qui pénètre dans la 
pièce inférieure de l'arbre solide , mais d'vne cavité oirculaira 
pratiquée au bautde cette jnèce inférieure, et dans kqueUe 
s'adapte e:^cteraent une portée de même fpnne, prati- 
quée sur la pièce supérieure , au-dessetas de l'épaulement qui 
porte la roue. I^ ce moyen , on est assuré de placer la rquè â 
fendre exactement au centre de la plate-forme , condition e»^ 
sentielle à remplir. P Q est un cMssis eii cuivre , embrassant 
les montions G et F, et portant I4 fraise avec son arbre R, lYMml 
à Tune de ses extrémités d'une petite poulie, sur laquelle passa 
la corde destinée à bii ipiprimer un mouvemei^t de rotadon très 
rapide. Lorsqu'on veut changer de fraise , la pièce S et une 
pièce dreulapre placée è l'autre extrémité de l'ârbrcR , et que 
la disposition d^ dessin n'a pas permis de âgfirep, sont mises ejpi 
liberté, en détournant les vis de pression T T, qui elles«4iiémes 
sont maintenuea en plac^, lorsque l'arbi*e est monté, par 
deux autres petites v^ dépression a: x. Suv^axe de kt mani^ 
velle U est un pignon qui engrène avec une crémaillère fixée 
dans rintérieur du châssis, et que le dessin ne montre pas ; de 
sorte qu'en faisant mouvoir la manîTelle dans un sens ou dan^ 
Vautre , le clu^sis s'élève ou ç^abaisse , double opération qui 



92 FENDRE (Machine a). 

8*exécute pour chaque dent de la roue à fendre (1). Le mouve* 
ment d'ascension et de descente du châssis est rendu facile et 
doux au moyen de hui^ secteurs d'acier trempé et poli , agissant 
comme galets de frottement contre des bandes parallèles, égale- 
ment d'acier, fixées aux montans F et G , tant en dedans qu^en 
dehors. Le dessin ne montre que trois de ces secteurs , numé- 
rotés 1 , 2 et 3 ; les autres , situés aux places correspondantes , 
sont cachés par certaines parties de l'appareil. Derrière Q , à la 
partie postérieure du châssis, est un barillet contenant un res— 
sort, et à la circonférence duquel est attachée une chaînette dont 
l'autre extrémité est fixée enti^e les montans, derrière le xbâssis. 
Le ressort équilibre le poids du diâssis dans toutes les positions 
de celui-ci ^ et rend son mouvement facile. Près du secteur n* 3 
est une vis verticale, dont l'extrémité inférieure butte contre 
une pièce de métal , entre les deux montàns, lorsque le châssis 
est descendu assez bas pour que la fraise ne morde plus sur la 
roue à fendre. Cette vis sert aussi à limiter la profondeur des 
dents d'une roue en couronne. De leur côté , le barillet et la 
chaîne limitent l'ascension du châssis. 

L'appareil que nous venons de décrire peut s'éloigner ou s'ap- 
procher de l'arbre, au moyen d'une vis de rappel dont l'écrou 
est pratiqué dans l'épaisseur- de la pièce horizontale H I, 
et à laquelle on donâe un mouvement de rotation au moyen de 
la.nutnivelle.Y. Lorsqu'on a déterminé la position convenable 
pCAMT' donner la profondeur requise aux dents de la roue à fen- 
dre, on fixe solidement dans cette position la pièce horizon- 
tale H I, au moyen d'un boulon à vis qui traverse la fente lon- 
gitudinale de cette pièce, et d'un écrou qui applique contre elle 
une traverse W ; celle-ci porte en dessous une projection en 
queue d'arond^, qui remplit exactement la largeur de la fente , 
et maintient la pièce H I dans la position convenable. 

Il nous reste maintenant à expliquer par quelle disposition 
on parvient à fendre une roue en un nombre quelconque de 
dents. 

. (i) Dans quelques ateliers, nous avons tu fendre «oc dent par la deaoeated^ 
Is fraise^ ^t une autrp den( en la remontant 



FENDRE (SLLCtftm a)« 9S 

Sur la plate-fonue L sont gravés un cerUin nombre 
de cercles «concentriques , et ces cercles sont divises en par* 
lies égales par de petits trous , dont le nombre varie pour 
chaque cercle. X est un index armé d'une pointe qui | 
placée dans Tun des trous d'un cercle , maintient la plate- 
forme dans une position fixe, ainsi que la roue à fendre ; nous 
supposerons, par exemple, que le cercle choisi contienne 50 trous 
ou divisions. Dans cet état, on imprime à la fraise un mouve- 
ment de rotation très rapide; on fait descendie le châssis au 
moyen de la manivelle U, et la fraise pénétrant dans le métal 
de la roue enlève l'intervalle qui doit séparer deux dents. Loi-s- 
que la fraise ne mord plus , on remonte le châssis , et l'on dis- 
pose l'appareil pour couper la dent la plus voisine. Pour cela, 
il suffit de soulever la pointe de l'index X du trou où elle est 
placée , de faire marcher la plate-forme de manière que la 
pointe tombe dans le trou voisin du même cercle. Alors la roue 
aura marché auasi d'une quantité proportionnelle à la diffé- 
rence de son diamètre avec celui du cercle sur lequel Tindex 
est appliqué ; ou, en d'autres termes, la plate-forme ayant mar- 
ché d'un cinquantième de sa circonférence , la roue à fendre 
aura marché aussi d'un cinquantième de la sienne ; par consé- 
quent , si l'on répète successivement l'opération décrite plus 
haut , on fendra la roue en 50 dents à distances égales l'une de 
Faiitre. 11 est bien entendu que l'épaisseur de la fraise doit être 
calculée d'après le diamètre de la roue et le nombre de dents 
quelle doit porter, pour proportionner l'intervalle entre les 
dents à l'épaisseur de ces mêmes dents. Il est en outre néces- 
saire de faire remarquer que, pour faciliter le jeu de l'engre- 
nage, le vide doit toujours être un peu plus grand que le 
plein. 

Ce que nous venons de dire s'applique en général à toutes les 
machiues à fendre ; ma» voici ce qui distingue particulièrement 
celle-ci ; l'index X glisse dans la pièce Y, à laquelle il est soli- 
dement fixé, au besoin, par la vis à tête goudronnée placée des- 
sous. Dans ciette pièce Y est placé un petit cercle de métal, di- 
visé sur sa circonférence en 30 parties égales ; une pointe placée 
derrière lui sert d'index. Ce cercle a pour axe une vis dont l'é- 
crou est pratiqué dans l'extrémité de l'index X; ou, ce qui re- 



96 FENDRE (Machine a). 

voisin ..de celui où se trouve la pointe de & c, et qu'il taffiia Je 
lâcher Tindex X pour que sa pointe s'y loge sans difficulté. Or,l 
aura passé dans cette opération, sous la pointe de X, le nomln 
de trous déterminés d'abord pour obtenir la division voulie 
sur la roue à fendre. Si alors on soulève l'index mobile b eit 
son trou , et qu'on le fasse marcher en arrière jusqu'à ce qvfl 
rencontre le butoir J'g , sa pointe aura à son tour passé i 
le même nombre de trous, et tombera d'elle-même dans cehi 
qu'elle devra occuper. Cette opération pourrait donc se répte 
pour toute la circonférence d'un cercle de la plate-fonne. lU 
elle exigerait l'emploi des deux mains , et une seconde po^ 
sonne pour faire manœuvrer la manivelle Y, et surveiller h 
travail de la fraise. Pour obvier à cet inconvénient, onaiy^ 
à l'index mobile b c une disposition qui rend les deux index» 
lidaires l'un de l'autre, de manière qu'une main suffit pourat 
cuter toute l'opération, et qu'on est même dispensé d*y occnpa 
les yeux , loi*squ'une fois les deux butoirs sont ajustés ^ aini 
que les deux index. 

En by l'index b c est traversé par une tige h , surmontée d'm 
I)outon, et s'adaptant à l'extrémité de l'un des bras d'un petit 
levier / , dont le point d'appui, ou centre de mouvement, eitk 
fourchette k , fixée elle-même sur l'index b c. L'antre bras di 
levier i se prolonge sous la plate-forme , jusqu'à ce qull m- 
coutre un levier plus grand,- dont la direction sous la plate- 
forme est indiquée par des lignes ponctuées. Ce grand levier ciK 
adapté, par son autre extrémité, à l'axe prismatique Z de rin- 
dex X. On voit maintenant que si , prenant d'une main Tindes 
mobile b c, on met le pouce sur le bouton b , le levier i agiit 
sur le grand levier placé sous la plate-forme ; que l'axe prismi- 
tique Z tournera sur lui-même; que la pointe de l'index X SOI^ 
tira de son trou , et permettra à la plate-forme de se mouTOfff 
ce qu'on obtiendra en se servant de l'index mobile b c comne 
d'un manche adapté après la plate-forme. Lorsqu'on sentira cet 
index en contact avec le butoir e ^ , si l'on retire le pouce de 
dessus le bouton A, la pointe de Vindex X tombera dans le tnw 
placé au-dessous d'elle , et s'y logera avec la fixité convenabk 
par l'action du ressort /, pressant sur le levier inférieur par Kh' 
tennédiaire de la tige. Tout ce qu'il est nécessaire d'obserfcr 



F£l!nMlB (MacKiitë a). ^ 

pour tsite mouroir la' pkte-y0rkne, lôrsqueles indexât les' bu-^ 
toirs soDt régies, consiste donc à presser le bouton ft avec le poncée 
de la mam gauche avant de faire marcher la plate*fbrhie avé8 
riadex bcj et à faire cesser cette pression lorsque l'index d6lCrë«/ 
tourner seul Ver» le butoiry*^.[Par ce moyen, l'index X s'ëlëté 
et s'abaisse en temps opportun. '* 

Nous avons vu successivement comment on obtieiit d'abord 
les divisions'pointées directement sur les cerclés de la* piàffë*^ 
for me, puis les divisions formées de parties aliquotes des ûorit^ 
bres pointes sur ces mêmes cerclfff. Il iloùs reste à voir comment 
'on peut obtenir, des divisions qui ne sont ni pointées dlrédt<^^' 
ment, ni parties aliquotes dés nombres directs, c'est-à-dire corii--^ 
ment on peut obtenir un nombre de dents ^Itïs grand ôti^^tiHÔ^ 
petit qu'aucun des nombres que là platb-forme puisse Pdimiir. 
Ge résultat s'obtient au moyen du petit cercle gradua, placé'- 
sur la pièce Y. Nous avons vu qu'en le faisant tourner, ddîl^iin' 
sens ou dans l'autre, la pointe^ie Tindex recule ou' aVance d'une 
quantité proportionnelle au nombre des tours ou' des fraèdBiï^ 
de tours faits par ce petit -cercle. Supposons maintéixânf t^^i^i^ 
veuille fendre une roue de l42 dehts, et qu'o'ni né ttôiirve stUr W 
l^ate-forme, Soit directement, soit en sautant d«s tfoiifs , qliè'^là' 
division 140, voici comment il faut procéder. CJUplacdapOîtife^ 
de l'index X dans^rtin des trous de la division 14Ô , et roïi ftrfif 
agir la fraise pour lui faire coupei^une première eflfcocïie datisijîàf 
roue A fendre; puis on fait marciier là plate-forme de^dèùx di- 
visions , ce' qui produirait deux dents-, si l'ion fiiiskit agir la 
fraise, que toutefois on laisse au repos. Alors on fait tourner le 
petit cercle gradué de la pièce Y , dé manière que la plafté^ 
forme, eiitrsânée par la pointe de l'index X , reviefnneà sa prM 
mière position, c'eet-À-dire que l'encoche déjà pi^tiquëe^ dàiis lÀ! 
Toae se représente devant la fraise, qui' doit pouvoir la traverser 
sans frotter plus côttti*e un des b&rds de l'encoche que càittti^ 
lautre. Il iest bien entendu qu'on compté les tdurs et le^aèM^ 
tiens de tours faits par le cercle gi-adué.Snpposons qu^iVàiffallv 
dix-neuf tours complets ; le cercle gradué ayant SO'dlvisiotts^iT 
nous aurons 670 divisions de ce cercle ponr la valétii:*d:é 2 di-i* 
visions du ceixle choisi sur la plate-forme. Divisant tfe indWibt*ét 

V. . ^ 7 



; _ 



9g FENDRE (MiCSffB 1)4 

]Mu: 143, nous aurons au cpiotie^t^é^elii^aje^t^ xh* Ce<{iioli«a^ 
iadique Iç nombre de dmsiona dont on .doit faiiie m^uYoir le 
gçtil; ce)rdle gm4u6| ^ya^t de fendre cbai<|tte deitt| pour rsimtiner 
(i^^r^i^re la plate:forqi€^ ^e la quantité néo^sss^re. pour fendre 
142 4<fX^ts /ians la roue. Quant au l*^^ Vr^rMA {lourrait le 
négliger sans inconvénient ; mais on p^ut obte^^* plus d'exacti- 
tf^G e^ «faisant marcher le petiç cercle gcadi:^ d*? cinq dlyi- 
i^fu^s au liei^ de quatre^ pour deux deat^ placées au%, deux eiitré* 
^ité^du jnême diamètre de la rou^*/) . * . ' 
. L'appareil que nous yenQns^0 décrire ^.fr peut s^yir qu'à fen* 
4r.e des dents droites^ U en existe, daçis^ lesquef^ lea pièces qui 
icçm{4î^i^^ ^^ f9nctions des moiitans F G et du châssis P Q , 
ijp^.sifgc^tihles^ de preo^i'e diverseï^ inclinaisons, soit en avant 
suf" if^ fl^ue àj^ndré^ lori^ii'il.s'f^t d.e fai^e iet ro)J^es d'angle; 
scât de eçté ^, pour fendre d^s. x(^e^ qui ^gi^èneot ay|^ une vii 

. D'a;i)tr£S. permettent de fpndre^es^cv^i^aillère^y ce qu'on oh- 
^^t çfi pla}ant^uç V^bre de la plate,-f oisx^e u^e, roue déjà den- 
^ ,. ^ n gyfflaptayep unç qrémail^ère., fixée, eUensiéme sur des 
qqulfsse,^!^ qui ne lui permettent quHin mouvement en ligue 
^jfO^te^ et. ^ifr, laquelle, est Çxée à son taur la crémai^ère à 
{m^e. La. gr2^4§^^ ^^^ d^aits de celle-ci dsp^od du npmJbre oe 
djents^ diS .U fouç placfie sur l'arbre de la .platerforme, ^t du 
Bf fobre des divisions du, cerde choisi sur celle-ci. , 

J^ fp^wj^ de lafr^e est loin d'étjçe indifférente. Oa si^ sert 
encore, pour les travsiux peu soignés, d? petites cercles d'acier 9 
* sdUési sur les bords en forme dq J^me ^ maif .^ftsâ^ se jgi^uchissant 
fa^lement à 1^ ^empe, ne conservent pas à la dent la.) forme 
pf écise qu'on aurait yoi^^lu lui donner ; elles ^poKt a^ ^ji^^us 
d%me ^x^utioA^*??? difficile, lox:squ'on t^UtaUtr^.chl^tse^e àes 
4en^<(^frée&,. destinées ensuite à être arr^ond^à la Ijm^y .pndes 
4^l^tf à rophet. Depuis .pl^usiêi^rs années,, qn 7 a, s^bsti^é un 
aîmpike [crochet d'acier bien trempé, ayant ex^tement la 
^i^edela dent, et monté syx IVbreR. Maisilfaut lui iiu- 

5r^n^r t^q vitesse cofijsidérable, qu'on ne, p^i:^ obtenir que 
'up^ &^^^ roue mue à bras, et de roi^es iiKermédiaiies dis-* 
pqsé^ ^^i^anière à augmenter la vitesse de rotatipn de l'arbre* 
La fraise r^résentée sur Tarbre R est une espèce d'intermé* 



FENDRE (Miu:»xi»K a). (Kj^ 

diaîre entre la fraise à dçj^ts de lime et Je ccoeb.et^ elle ejke 
moins de vitesse <jue celui-ci , mais eat susceptible de se gauchir 
àja trempe. Qn a. imaginé divers appareils pour lui donner ou 
lui rendre la forme convenabje après la trçMç ; mais i)a «ont, 
trop CQmpliquesL pour trouver place dans un article i^ussi res-. 
treint. Nous nous nornerona k dire que cette forme lui est dpn- 
née par de petites meules d^étain, 'gainies d'émeri, et contre les-, 

Quelles lés différentes pajiles de la fraise sont mises eii contact 
ans des positions qui sont les mêmes pour toutes Tes partie^ 
semblables de la même fraise. 




lopp< ^ 

Fespace mis à notre disposition ne nous a pas permis d'eptrer* 

Bulletin DE la ^ociéiÈ i>*EN'couRAGEMÉNT, t. XÛ, p, 182. 
Description a une piachîne proprç à tçUller et à arrondip les 
dents des roue^ H tes pignons pour les manufacture^ et la grofsç, 
horlogenV; h Hivise'r et fi tracer les lignes droites et circulaires 
pour les înstrumens de précision, inventée par M. Petixpierhe. 
mgenieur-mecaniaen. 

I»iD. , %. XKin, p. 162. Description d'.un petit appareil <ju on 
peut ajouté? aux machines trdinaires servant à fendre les roues 
d'horlogerià , afin d^ obtenir, au moyen dei nombres qiC elles 
portent^ tôid autre nomhre,j soit premier^ sjcUt divisible, j .,mx 
M. Castille , borlôgér à JPkris/ \ V^ .. 

An2<ïALES ii^S ÀRXS tX MÀKUirACTUlUSS DfÔ'îlEILLT * t. VÎtl . 

p. 51 . Sur Içs moyens dé perfectionner les machines à arrondir 
les dénis dès roues , par 'M. Lenoamand. . . ' 

tsin., t îtV, p. ily. Second nidnibire de î\i. XmpnMàJSi3 sur 
le Hieme ^luet , . 

Ibid.*, t. A V , p. 296. Extrait des mfi^iQiref:def>%UMiv^%,xi4r 
la construction des dents de roues, 

RePERTORY O^ >RTS AND MAI(V FACTURES , Qf^ ^XÏ^f Val.Tl.| 

p. 106. Description of an accurate method ofbevelUng whGe^Uf 
fy fne ans qfc^ simple instrurnentj, bj'WtJ^^^^t, . 

Berthoud , Histotre de la metsure du temps par Us horl^gfis^ 

t. n,p. 114. "'»;«=«•.... ^ •.» • ' • 

ihij}. .Essai sur l'horlogerie^ t,,Ir, p, Hii [\,, . 



1' 



\ 



166 ÏËNIL 

ThIoot, Traité de f horlogerie^ t. !•% p. 43. 
Rees* ctclopjîdia , Vbl. X y art. Cutting engme, 

BoQÏriLLON. 

• FENÊTRE. {Construction.) Oa donne le nom à» fenêtre 
tant à la Baie, à l'ouverture , au vide réservé dans un Mur de 
face , pour procurer du jour, de Tair à l'intérieur d'iin bâti- 
ment, qu'au' châssis (ordinairement en bois, et quelque- 
fois en ^c, ouvrant et vitré) dont on la remplit , et auquel on 
donne plus particulièrement Te nom de croisée. 

Nous sommes déjà entrés dans quelques détails, en ce qui 
concerne la Baie , à ce mot , et nous y renverrons , ainsi qu'au 
mot McR. Nous renverrons également, pour éviter des répéti- 
tions inutiles et être en même temps plus clair, aux mots Me* 
NUisERiE , Serrurerie' et Vitrerie , pour ce qui concerne le 

châssis' GoURLIEB. 

FENIL. ( Agric. ) C'est le nom qu^on donne aux greniers , 
granges, hangars, ou autres constructions spéciales propres à 
mettre à l'abri et à conserver sains les fourrages secs, destinés, 
soit aux consommations journalières d'une exploitation rurale, 
soit à être livrés au commerce.. 

Dans le premier cas , pour économiser le temps dans leur 
distribution , on place les fourrages le plus près possible des 
écuries et des étables , et le plus souvent dans les greniers qui 
sont au-dessus. Dans les granges à foin construites en maçon- 
nerie , et fermées de tous côtés, à l'exception de la porte et de 
quelques lucarnes dans les combles , le défaut cîe circulation 
de l'air empêche la parfaite dessiccation du foin, et lui imprime 
une humidité qui lui fait perdre sa couleur et soi^ par|um. On 
améliorerait les constructions en ne conservant que le^ angles 
et des pilastres au-dessous de chaque ferme du cônible , et en 
remplissant ensuite les baies ou vides avec des planches de 
peuplier, distantes entre elles d'environ un pouce. On peut 
adopter aussi deâ hangars fermés avec des plancbes seulement 
du côté de la pluie. On élève suffisamment le soi de ces hangan 
pour mettre à l'abri de l'humidité le foin , qu'on élève encore 
au-dessus de ce sol au moyen d'un bon soutirait. 

Mais la meilleure manière de conserver le foin est 4'en faire 
des meules à courant d'air, à la fîîçon des Hollandais. On trace 



-FER. lOA 

Tabord , sur le sol, un cercle du diamètre que doit avoir la 
neule ; ensuite, avec de fortes pièces de bois, on forme, en lai»- 
mnt le centre du cercle dans le milieu de leur rencontre , deux 
galeries transversales d'un tiers de mètre, de largeur et tracées' 
en équerre l'une sur l'autre. On remplit les quatre segmens ex- 
térieurs qui restent sur la plat&>forme, après l'établissement deji 
galeriér, et l'on recouvre la partie supérieure de ces galeries , & 
l'exception de leur centre commun , avec des fagots et des bû- 
ches , de manière que le tout présente un soutrait solide et de 
niveau, sur lequel le foin puisse être à l'abri de l'bumidité du 
sol, et que les quatre branches extérieiu-es des galeries donnent 
toujours un libre passage à l'air extérieur , dont elles sont les 
conduits. 

Au centre de ces conduits , on place un cylindre d'osier à 
claires-Toies d'un tiers de mettre de diamètre , comme celui de 
l'ouverture qu'on y a laissée , et de deux mètres de hauteur, et 
l'on forme la meule autour de cette espèce de panier, qui est 
garni dans la partie supérieure, 1^ de deux anses destinés à 
pouvoir le relever à mesure que la meule monte ; 2® d'une 
croix formée avec deu]L bâtons ou lattes, au centre de laquelle 
est un fil à plomb qui sert à faire connaître si la meule est per- 
pendiculaire ; 3° d'une corde attachée au centre du panier, qui 
donne le moyen de vériEer si la meule est d'une parfaite ron- 
deur. 

Ce cylindre forme ainsi , dans le centre de la meule et jusqu'à 
son sommet , une cheminée qui , communiquant avec les cou- 
duits de la plate-forme ou du soutrait , fait circuler l'air dans 
l'intérieur de la meule. Lorsqii'on juge que le foin a suffisam- 
ment rcssué, et qu'il n'y a plus , dans son intérieur, ni chaleur 
ni fermentation , on couvre la meule et la cheminée avec un 
chapiteau en paille. De cette manière , le foi^ conserve sa covh 
leur, son parfum et toutes ses qualités nutritives. 

SOULANGE BODIN. 

FER. {Chimie industrielle,) Ce métal , connu de presque tous 
les peuples depuis les temps les plus reculés, sert à 4e si nom* 
breux usap;es, que la marche prpgressivQ lleç ^rts sçmWe liée ^ 
]^ foqUté ^veç jarpiellç w. ^ \^ pr?^V?Ç ^ WW» m i4tè SÇlrtS» 



« 



i(à FER. I , 

ment quelques circonstances où il existé à l'état natif , c'estioy 1 
forme de nombreuses combinaisons qu*il est répanflu pvM|[T 
Un grand nombre de ses composés jouent un rôle plus « 1 ^^ 
moins impoiiant par les usages auxquels ils sont emplpjajl . 
itiais ce n'est que d'un assez petit nombre d'çspèces que ïi| I 
extrait le métal par des procédés dont l'importance ex^ffpk * 1 f^ 
article spécial. ^ Iw 

Nous ne nous occuperons pas des combinsdsons du {erapl, . 
n'ont reçu jusqu'ici aucune application, ou dont les projirim 1 
ne pourront être utiles à connaître; nous serions obligés dedi» 1 T 
ncr à cet article une étendue disproportionnée avec le liai ijK 1 
nous nous proposons. 

Le fer pur est blanc, presque ai^entin ; mais dans l*étii foqi 
lequel il se présente habituellement, il est gris-bleuâtrç ; il pot 
prendre un beau poli , et offre alors un éclat vif ; sa densité 01 
d'environ 7,788 j Brolinga trouvé que fondu il pesait 7j8^i 
soumis à l'action du laminoir, il se réduit en feuilles, mus il 
est moins malléable que le platine , et se trouve placé au ho- 1 x 
tièmc rang dans la table de malléabilité ; mais il est extrême- 1 i 
ment ductile, et se ti*ouve placé le troisième dans la tablerai- 1 J 
dessous de l'argent. ^ | ] 

La ténacité du fer est très grande : un fil de 2 millin^ètres Je 
diamètre peut supporter 249*^,659 sans se rompre; comme beatt- 
coup d'autres métiux , mais à un moindre degré , U devient 
plus ou moins cassant sous le laminoir et à la filière^ On lai 
rend'.ses caractères en le recuisant. Quand il est pur^ il n'cil 
nullement élastique. 

Le fer offre une structure variable , suivant les opëntiiatt 
qu'il a subies ; elle paraît être naturellement grenue ; ell^ est 
quelquefois lamelleuse , et sous le marteau elle devient très^ 
breuse, surtout quand on le frappe toujours dans le mèalf 
sens. 

Sa résistance à la traction le rend très utile pour un grand 
nombre d'usages ; et comme il est fréquemment employé dani 
les constructions , il est important de connaître exactement B 
dilatabilité. Elle a été évaluée d'une manière assez dàyerse pi|r 
les physiciens ; mais cela tient probablement à la nature des'fefi 



FER. lOS 

mir lesquels ils ont opéré. D'après Halstvôm^ elle serait dé 1/694 
>oiir les températures ordinaires, et seulement de l;2ôo6 
^litre 40 et 0®, tandis que , d'après LaVoisîer et Laplace , elle 
5dt de 1;819. , 

I>'^près Tredgold, le fer s'alonge 4e 0,000714 dé sa lon-i 
3^eur primitive sous une charge de 12'^,48 par millimètre carré 
âe sa section transversale. Dans ce cas, sa structure n'a pas varié. 
Cassé , il revient à ses premières dimensions lorsqu'oh. eidèké 
la charge qu'il supportait. A mesure que les poids qu'il ilétp^ 
jK>rte augmentent, Talongement augmente beaucoup. Il est 
^e 0^18 à 0,20 au moment de la rupture ^ et avant d'arrhr^r à 
ce terme , le fer fiard la propriété de revenir à séi âbhk^ 

I 

sions quand on le soustrait à l'influence des poids qui aigissènt 
sur lui. , 

- Karsten a donné la moyenne suivante des résultats obtentfl 
dans des'recherches faites à ce sujet. ^ 

Chargé pour 
la ruphire. ... 

Fer ejfx barres carrées de 26 mil. de Cjâté. 40, kil, par piil» iÇf rré. 

Jd. ' 13 50 id. 

Jd. 6,5 ÇQà68...?//. 

Fil de fer non recuit. 89 . id^^ if^ii^^xç^ 

— recuit. 44 id* id. 

Soumis à lùie température rouge-blanc, d'environ 90 à 95* W. , 
le fer devient susceptible de se souder sur Ini-même , pdtirvu 
que l'on enlève avec soin la portion d'oxide qui recouvre: les 
surfaces, ce à quoi on parvient facilement en y projetant ûii 
peu de sable fin, qui forme un silicate fusible, fecileinëiit sépk^ 
rable par le martelage. 

Soumis à une température de 158 à 175» W, le fer !fc fond ; 
mais à peine trouve-t-on des creusets dans lesquels on puisse' le 
iîquéfier, et l'oit n'est pas certain que le.métkf pui^^pUi^ de- 
venir liquide, parce qu'il altère les creusets 4uo6 lesqtms 6il le 
place. 

Comme c'est sous le rapport industriel <|[tie éfes^ divtirsesf pro- 
priétés ofirent de ^importance, neûs y reviendrons quand nous 
nous occuperons des variétés, diverëeff de fér du çommeircè | è 
l'article FoEGiçs, • 



104 FER; 

Le &r est Uès magnétique jusqu'à une chaleur qui approche 

du rouge.. 

Ce métal forme avec l'o^çigèue deux composés bien caractérisés 
qui peuvent s'unir ensemble en différentes proportions, et pro- 
duisent ainsi différens composés, qui ont été regardéglong->temps 
jcomnifi des oxides particuliers, 

, Exposé au contact de l'aiv sec^A la température ordinûre, le 
fer. n'éprouve ^cun^ altération ; mais dans l'air humide il 
s.'joxide'peu à peu , et.&e tramforme en sesqui-oxide hy<iraté , 
copnu sous le nom de rouille. Cette action est due à l'oxigène 
^qX'^ renfermé iians Teau , dont la condensation facilite la 
fi9^)binaL5on avec le métal. ^ 

),,Chauf(é dans l'au*, le fer à 222'' prend unç cpuleur jaune- 
paille ; à 234, le jaune d'or ; à 250, le violet-pourpre ; à 300, le 
ïlleUf'^t à 301,, toutes les couleurs disparaissent, pour se re- 
nouveler faiblement à une températujce un peu plus élevée , 
après laquelle elles disparaissent encore.. Un peu au-dessous de 
la chaleur rouge , le métal reprend une teinte bleue. Parvenu 
au i'ouge, il s*ôxide rapidement, et se convertit an écailles d'un 
noir violacé qui portent le nom de battitures^ paixe qu'elles se 
séparent et Volent ça tt là quand on frappe Je fer sur l'enclume 

aréc îe Wïtèau. 

li'é fer décompose l'eau à une chaleur rouge, et se transforme 
ei|^o3çide magnéljque en dégageant de l'hydrogène. 
. .lfpjirotoa:ldedcJeryO\i oxidejerreux.^ n'a jamais pu être 
x^t^u pur à l'état de liberté. Il existe dans les combinaisons 
^:^ep,^ acjides et l'eau ; cette dernière, ou Vky4rolCj est blan- 
^e , ^t devient verte et jaune-rougeâtre à l'air.; elle n'est pas 
magnétique, mais le devient lorsqu'on la fait bouillijr dans l'eau 
quçi'o^i^^ décoppose jçn n)ême temps. L'ammoniaque la dis- 
4K>ut. en ajssez grande quantité ; par Taction de l'oxig^ne de Tair, 
.il s'en précipite «une partie. Le protoxide rjsi^fernie 100 de mé* 
.)^Ut.fi9,48 d:9xigène. . 

Le sesqui-oxide y ou oxideferriqut est rouge-vioktcé, etsou^ 

y^r^plig^^ ^rtoutqnandil est en poudre fme. Il présente quel- 

;qi)^<^ Wéd^t métallique, et la nature Ifoffr^. crîitaUisé ^ 

kwr rçwge iç perçWorurç 4e fer ou vn mél^pgs $te ^ iMrÎp i 



FER. 103 

f * 

m 

de silice et d'oxide de fer, par la vapeur d'^^u^ Qn.se le pro-« 
cure aussi en écailles cristallines en exposait à la chaleur rouge 
un mélange de parties égales de sulfate de fer et de sel marin ; 
c'est cette dernière substance que l'on emploie comme Poudre 
à rasoirs. On l'o^btient en poudre d'un très beau rouge en cal-« 
cinant le soussulfate de fer. 

Le sesqui-oxide de fer pur n'est pas magnétique, mais comme 
il est très facilement décomposé par les combustibles^ quand oa 
le cliaufTe quelque temps dans un creuset ouvert, il devient lé- 
gèrement attirable à l'aimant. 

Lorsqu'on Te chauffe dans une brasquc de charbon , il se ré- 
duit en donnant de la circonférence au centre des* cercles de fer 
aciéreux et de l'oxide des battitures , qui se trouve réduit à son 
tour. La limaille de fer le fait passer à ce dernier état. 

Le sesqui-oxide naturel et l'oxide artificiel fortement calcir 
nés se dissolvent très difficilement , même dans les acides sul- 
furique et hydrochlorique bouillons. On obtient cet oxicle en 

calcinant un sulfate ou mieux un ni|;rate. Il renferme lOQ dq 

» 

métal et 44,22 d'oxigène. 

Cet oxide forme deux hydrates jaunes, plus ou moins bruns ; 
le premier, formé de 2 atomes d'opiide et de 3 d'eau , se troiive 
dans la nature; l'autre, renfermant 1 atome d'oxide et 3 d'eau, 
se produit quand on abandonne à l'air le carbonate de protoxide 
hydraté, ou quand on précipite un sel de peroxide par un car-* 
bonate alcalin en excès. 

Certaines variétés de cet oxide naturel servent comme brunis** 
soirs; on les connah sous le nom d'hématite. F. l'art. Brunissoirs, 

L'oxide de fer, fondu avec des terres et des flux, donne ui| 
verre rouge de sang pendant qu'il est chaud , mais qui passe au 
vert ou au vert jaunâtre quand il se refroidit. C'est par cet 
oxide que le verre à bouteilles est habituellement coloré. L'oxide 
de manganèse que l'on ajoute au verre , seit à porter le fer ji 
l'état de peroxide, et tend à le décolorer, pourvu qu'il soit effi- * 
ployé en quantité convenable ; car e^ excès il cQlorerait le verre 
en violet. 

Avec certaine^ préç^utjpp^, \q perpjiidç ^e i^X pwt çplOTW If 
verre pçi fovçe. * . . • ,.'.., 



tm FER. 

|>artie^écoinpp$able.par la chaleur; en se dissolvant dans le9 
acides , il donne de Tiiydrogène en moindre proportion que le 
fer et de Tazpte. J'ai retrouvé cet azoture dans des fontes ayant 
servi à la distillation des matières azotées pour la fabrication 
du sel ammoniac. C'est peut-être à sa formation que Ton doit 
attribuer la mauvaise qualité des fontes préparées avec certûnes 
variétés de coke. F. Haots-Fourneaux. 

Carbures, Le fer s'unit au carbone en'plusieurs proportions, 
toujours très petites , et forme l'acier et la fonte : dans cette 
dernière il ei^tre aussj divers métaux terreux , en petite quan- 
tité, y. Acier et Fonte. 

Chlorures. Le chlore se combine en deux proportions avec le 
fer, et donne des composés qui renfernient pour 100 de métal, 
130,11 et 195,61 de chlore. . 

Le protochlorure est d'j^n jaune clair, cristallisé en lames, fa- 
cilement fusible, sublimable en paillettes cristallines incolores; 
cliauffé au ,ro\i|;e , dans l'air, il donne du sesqui*oxide et du 
chlorure; la vapeur d'eau le change en oxide magnétique; il se 
dégage de l'hydrogène et de l'acide bydrochlorique ; quand il 
est en même temps en contact avec l'air, il se transforme en ses- 
qui-oxide cristallisé , et il se dégage du chlore et de l'acide by- 
drochlorique; le chlore le transforme en perchlorure ; il absorbe 
le gaz ammoniac qu'il perd par la chaleur ; il est soluble dans 
l'eau , et donne des cristaux vert pâle , solubles dans l'alcool ; 
à cet état , il forme avec le sel ammoniac un composé cris- 
tallisâblé en rhomboïdes d'un rQuge foncé , volatil ; ces cris- 
taux , chauffés au rouge> dans le vide, donnent un ôxich^orure 
cristallin vert foncé. 

On obtient ce composé par Faction du gaz hydrochlorique sur 
le fer ou en c)^auffant en vases clos de l'oxide de fer avec trois 
ties de sel ammoniac. , • 

Le perchlorure s'obtient par l'action du chlore sur le fer. Il 
est brun rouge, d'un éclat un peu métallique , volatil et cris- 
tallisable en écauUes transparentes très brillantes ; il est déli- 
quescent , soluble dans l'alcool et l'éther. Chauffé en vases cloç, 
il donne un oi^chlorure. L'eau le décompose copiée Jç préçç- 
dppt j il jfpqnç , ^veç î§ pfU,Ç? 4? ^ç^ j^i^qi^ifiç, W 8^1 ^W §« 



FË*; lo4 

Les chlorareâ de fer, diauffées avec Ae Vargile, sont décoinp6-l^ 
ses par Teau que celle-ci renferme ; il reste du peroxide de (îçr. 

Jodures. L*iode attaque le fer sous l'influence de Feau ; la 
liqueur donne par l*évaporatton des cristaux verts , qui cqii« 
tiennent de Teau de cristallisation. On ne peut distiller de l'Iode 
dans un vase en fer oii en fonte , qui' seraient attaqués. 

Pour obtenir le periodûre, il faut dissoudre Thydraté ^é 
peroxlde dans Tacide bydriodique. Tauquelin l'a rencontré, 
dans un minerai de fer du Pérou. 

Phosphates, Le fer se combine directemei^ avec le fer à tme^ 
température élevée. On obtient mieux ce composé en cIiauiTant 
dans un creuset brasqué le phosphate ou un mélange de 100 
d'oxide de fer , 50 de phosphate de chaux , 25 de quartz et 25 
de borax. 

Le pbosphure est gris-blanc , a beaucoup dVclat ; il est très 
fragile, non magnétique, fusible, d'une texture grenue, inattor 
quable par les acides sulfurique et hydrochlorique , facilement 
soluble dans i'eau régale. 

Les plus petites proportions de phosphore fendent )e fer cas- 
sant à froid ; 0,006 suffisent pour cela , et 0,005 en diminuent 
la ténacité. Quand le ferVen renferme que O,0O38, il est de très 
bonne qualité. La fonte perd aussi de sa ténacité par la pré- 
sence du pbosphure. 

Siilcitire, Le silicium ne s^unit pas directement au fer, inals 
la fonte que Ton obtient au coke en renferme une proportion très 
sensible; elle devient par là facilement attaquable parles acides^ 
et dans Taffin^e de la fonte , le sicilium se convertit en Silicei 

Sulfures, Le fer s%mit très facilement ay sôufrë , à une tem- 
pérature peu élevée; au moment de sa combinaison, il se proi^ 
duit une vive ignîtion. 

n existé cinq sulfures de fer. Les deux premiers ont tirés peu 
d'intérêt. Oh les obtient en décomposant par ITiydl'ogène le 
sous-sulfate de peroxide hydraté, ou le sulfate de peroxîde.' 

Le troisième , renfermant lo6 de.fer.et 59,31 de soufre ou 1 
atome de chaque corps, s'obtient par la réduction du sulfaté 
de protoxide par le charbon ou par l'action du soufre. sur le 
fer; il est fusible, Jaune , d'un éclat métallique i 'magnétique , 



soîuble dAoiis les acides^ fsu^s résid^^ ayec âfêgififçm^i à^aiàde 
fiydrosulfuriqué. 

On Lobtient aussi en versant ^a ^ulfuf ç« ala^jlin daxiS un sel 
ferreux; mais alors il est noir et sans écla|:>': 

Ce sulfure se rencontre quelquefois dans la Houille ^.do^t il 

peut déterminer Vinflammation , coinmp cela est arrivé assez 

souvent dans de^ exploitations en Angleterre of. en France* 

. Le sulfure ferrique s'obtient en chauffant à: 100° de TiO^ide 

ferrique dans du gaz liydrosulfuriq^e. 11 esjt gris-jaun^^rç , npn 




est particulièrement combiné avec le sulfure de cuivre ^ et forme 
un minerai très fréquemment exploité. jK Cuivre, Il repferme 
100 de naétal et 88,97 de soufre. 

Le persulfure de fer s obtient en cnauftant ensemble du sulfura 
dé fer avec la moitié de son poids dé soufré, et distillait au^-des- 
sôus du rouge , ou en chauffant l'hydrate de p^oxidp. de fer 
dans U gjBiz hydrogène, à ^ne température un pe^ aur4^^^ 
de iOO. ' ' * . \ / 

Ce sulfure est d*uji jaune fcnçé * non lâtgriétiquê.; les acides 
sulfurique et hydrochlorique ne Fattacjuent dsls; il'Se rencon- 
tré très freàuemment àans la nature, 'cristallise en cubes ou en 



comDme avec a autres suiiures..ii une cnaieur roua?, ce corn» 
|>bse perd une portion de. soufre^ et donné pour resiflur un ^sul- 
fure magnétique ; îî renfermé i 00 , dé métal^^ei i 18^02 de 
soufre. ,. : I *. 

^Ôliand' bfa chàune dés battitures en poudre fine avec du sou- 
Ire , que i on met en contact avec un. canon ne soufre , .ou aue 

pU plonge oans un creuset rempli de ce même' corps en pou- 
are,unë barre de léi:,rougi à blanc, ou, que 1 on projette du sou- 
fre sur du fer ç^uffe daps un creuset;, îp fer s^unît au corps 
combustible avec ijhé vive ignitiop, et il se forme un sulfure 
lyès magnétique, analogueà celui quç Pcjn ^ouVe quelqùe^Tois 
dans la nature « et qui, d^a^s sa compositidu 1 est ifbrmé de 



persuVure de Icrel4^u!|e quantilé de lulfwr^ fiorrf W 9 r«Mf^-^ 
raant trois {ois {dus dç3Pu£re. 

Le soufi:^, même en très petite proppffion/aljtère les cara4;l4«i 
res du fer.; il importe bepiuçoup d'en éviter la préfiepce duns.l^ 
traitemeiU des minerais. 

Une observation très importante de M. ]Sertb}er peut ^§^^T 

duire à en diminuer l'action : il a tu que le ^tfiire de lier est 

décomxrasé à une température* rouge par les carbonates alcalinf 

. etparlachaux,sousVinfiu^pcedçla§ilice; desprlg qu'enportpint 

le dosage de la casiùie dans, le ïUi^Tr^o^&?1Ç^9 s au 4^8^ ^^ 

£Ius él^yé possible, pour obtenir encore de^ l^tiers bji,en Sasir 
les y on décomppse une grande quaptité. du su^Hre qve riso^-f 
ferme le coke. Il paraît que 1^ sulfure est ^lefi^çi»tdéçQp(q>os4 
par le sAicate de ipanganèse. 

Seis dejer. Le p^o^oxide et Je s^s^h^fP^îfU ^ £w peuvçQt 
se combiner aux apid^s , et fo^m^* d^oi^ sférij^s de sels qui se 
distinguent par Les caractères suivaps, , - ^ 

Les seU de protoxi^e solable^'Sopt d'un vert clair, p^écipit 
tent par les alcalis en blanc, deyei^tye^t et j^i^nç ^ lepréelT 
' pité lest un feçr solul^le dans l>miiM>^jiac|ur, 1^ sf 1 aifuno^ac 
empêche la. précipitation par ce deniier réactif.; en blanc 
jaunâtre p^ le ferro-cyanure javne , le précipiité ^^vient bjeu, 
et en bleu p^ le ferrorçyanurp rouge. Us ne sont pas précipi;- 
tés par 1^9 succinate^^t lesl^enzoate^. A lV<^iH aeviennent sel^ 
de peroxide, et s'ils |iont bien nei|^^,, U^y i^pae un préci- 
pité de sel b^que. Ils précipitent ypr ds sa f^isçplution à l'état 

métalliifae, r . . i ..••..::•. ^ 

(ieâ5e$..de peroxide neptvâS^oiitbri||i*]r9^ge$ acides^ ilfi1^P^,t 
k peu près incolores; ils sopf précipités m^laune par l^s alc^k^ 
les cai^K>nates de ehauj; etiiQ,^afgaéaâjQ; ,en blanc jauqâtre par 
lessuuBcinates^^t;|es ben^atç; i beaucoup de subst^nç^ 9^&^^if 
que^9 commjç Uf, géU^tine, la gomn^e et l'amidqi), les acides tar- 
trique, ipalique, pec^ique, etc.;, lep,empêçbeîp^4'4trepré.cipitçs 
par lesalcal^etlesca^ibonateA.. , . - .: 

f^. Acétates et ÇAnaor^^Bs pout ces, dçi)X. genres dç, s^ j 
Arsénia$es. Celui de pi^toxid<? ^% sapsjifMi^èt; il renferme 3 
atomes d'oxide et 1 d'açide^^u lOQejt 1.09,6» . „ . . ., ... ,^ 
L'arséniate de peroxide sec est vert saie^bydffit^i il Çst.bJfMMi 



ht PÊft. 

jaunâtre, «t reiifenneS^p. 100 d'eau. II e^tfnritite; lesVapeart 
d'un foyer suffisent pour en dégager des vapeurs d'arsenic. H 
est peu ^oIuMe dans Tacide nitrique , soluble dansVamnioma- 
que, insoluble dans Pacîde* acétique; il renferme atomes égaux 
de ses composans , ou 100 d'oxide et 147,5 diacide. On le ren- 
tdntie dans la nature. 

Nitrates, Celui deprotoxide est si peu stable, qu'il se conver* 
tit preèque immédiatement en sel de peroxîde. 
'■ Le nitrate dé sesqui-oxidé est incristallisable , se prend en 
gelée, est en partie décomposable par Févaporation, et en tota- 
lité à une chaleur rouge. On l'obtient en traitant le carbonate , 
le fin-, ou l'hydrate de peroxide par l'acide nitrique à chaud. Il 
est quelquefois employé en teinture. 

Oxalatc. Il est très soluble; on profité de cette propriété 
pour séparer le fer du cobalt, du nickel, du titane, etc. 

Phosphates. Ils existent dans la nature ; c'est à leur présence 
qu'est due la mauvaise qualité de certains minerais de fer. 
Quand on les chauffe avec le charbon, ils se tt^nsforment en 
phosphure qui rend ïe fer'très cassant: 

Sulfates, Celui deprotoiidé cristallise en gros prismes rhom» 
boïdriques hydratés, d'un vert pâle. Ce sel, exposé au cotitact 
de l'air , ^e transforme en sulfate de jieroxide , et se recouvre 
d'une couche plus ou inoins épaisse d'un sel basique jaune; cet 
effet se prodtdt plus rapidement encore quand il est en dissolu-* 
tion, surtout si sa liqueur çst parfaitement neutre. 

Lorsqu'on le diauffe , il perd d'abord son eau de cristalli- 
sation , et devient blanc ; à une température plus élevée, il se 
décompose en donnant du gaz sulfureux, de l'oxigène et de l'a- 
cide sulfurique anhydre ; le résidu est du sesqui-oxide. 

Le sel en poudre, traité paV de l'acide sulfurique à 60*, de- 
vient blanc et anhydrf , et la liqueur d'un beau rouge ; Teau la 
décolore sans là troubler; mais bouillie à l'àir ou en contact 
avec des corps arxigénans , elle donne du persulfate ankydre. 

Les cristaux de protosulfate -de fer renferment au quintal 
25,43 d'acide, 29,01 d'biide*, et 45,56 d'eau; 

Ce sulfate donne de^ sels doubles crîstallisables , avec beau-- 
coup d'autres sulfates ; il est isomorphe avec ceux de- cobalt , 
enivre, nickel et rfnc. 



FER; ÎI3 

Où oljtËeiit ce sel en très grande qnantiie. ponar les'lieioftiiè 
des àrta , dans le traitement des schistes aliimineux , en même 
temps que le sulfate d'aluinine , qui sert à pnéparer ralnn.^ 
V. ce mot. 

On le prépare aussi quelquefois en traitant le fer pale l'acide 
sulfurique. Lefer cstoxidé par roxigènedereatt^etilse:d^;«igll 
de l'hydrogène. Gomme il est important d'éTiler.la fonBAliskll^U 
sidfate anhydre , il faut que l'acide ne soit pas à pltts-df» ti^â 
de densité. On se sert pour cette 9i|jératiQn de ro|^uresdeMle, 
et on doit entrelenir dans la liqueuf un léger excès d'a^idte. . 

Bepuis quelques années , dans les localités, où IVudî épuré 1^ 
huiles, on utilise les eaux acides prorenant de eetteopéiraUm 
pour obtenir du sulfate de fer. Dans ce cas , rhydji*Qgè|ïe qui.J» 
dégage a une odeur plus infecte encore qa'aTAc le ies , aX e^t;t§ 
odeur de^tdlit insnpportahle quand on dissout la fonte; " ^.; 

Le sulfate de protoxide de fer, en crisiaut yel«|fpàl§';;il^ 
donne pas immédiatement d'encre foncée en couleur ni de bleu 
de Prusse ; ce n'est que par l'oxidation qu'il épreuve au con- 
tact de Vair qu'U devient susceptible de pi^dnweces effe^i.qi^ 
peut lui procuver immédiatement cettft propriété isnifais^f 
bouillir sa dissolution avec un peu d'açî4e nM¥ii(|U^! ou <en \^ 
diauffant au rouge obscur dans un four i^év-erbère ou fUups un 
creuset; dans l'un et l'autre cas , il paa»e4e l'état dejnul&^dje 
peroxide , mêlé dans la première ofléçatiçp .^ifcc i^iç petite 
quantité 4eimtv«te, et dans kae^wdeçkiç^-d^'iJ^qui^içlfL^ 
que Teau en sépare facilement par la dissphition ; 1^ Jiq^^ixr i^ 
^ors d^ua brun plus ou moms feniçé*' ; . [. . -- ^ ; ; t 

Le commerce exige <pièiej^^al&t§4e:£errfi^f|: f f^i;i^ çr ji^u;! 
d'un wrt-fimcc; onparivienl^ ms^ bi€^;à Iquf dPfiW cf&tt^cp^ 
leur en ajoutant à la liqueur évaporée convenablement un, peif 
de uoïx do g^e oU TOQ pie^€l qMWtité de m^|as$c^,cçpjçiMifnt 
la couperosé fournie pir pHi^ieii^ïs fabriques de B^^vai^l'enj- 
porte par sa valeur, mx cellpa de U p^p^t des^ aut^res pai: la 
couleur et l'apparence desieiri^stavix qu'îeUesfo^urni^efit. Qn pçuj 
les imiter d'miè maniive assez satisfaiw^ çp mêlant à la 4is,T 
solution > auilaemient de l^t cmtaUisatiioi^ , un peu de su,^l$c l)^ 
peroxide. ".'>•* '.!.• i «.•.;., « :•„- 

SiUcaieà. Vàààe siligi|ue ne pm% w çombinçr.avec lesp^i^r 
« ' 8 ' 



114 FERILA^G; 

des de ïer q«epar l'ectbn de la c|ialeiir. Lés silicate àe prot- 
ùxjàe et d^'oxide des'baOitares sont plus ou xnoins dif^cilçment 
fiiobles; ceuxdeperoaddene se fondent pas. Ces silicates se com- 
binent facilement avec ceux à base d'oxide terreux, et donnent 
des combinaisons beaucoup plus £acilesà fondre, qui produisent 
U0e série nombreuse de composés plus ou moins fusibles, dont la 
formation constitue une partie très importante du traitement des 
lîiinSeraisde fer. 

- 'alliages, Nous avons inci^fué à l'artide Acier les combinai- 
sonsde ce composé avec l'argent, le chrome, l'aluminiimi, etc., 
sur lesquels Faraday et Berthier ont fait des recherches impor- 
tante». Les articles Étamage et Ferblanc complètent ce qui a 
irapport à cette série de composés , au sujet desquels nous di- 
tôhs seulement que le potassium et le sodium , qui se Gombi< 
nent facilement avec le fer, paraissent suscepdiUbsde le durcir, 
et- d'en altérer la soudabilité, même à la dose de 0,0005. 

H. Gaultier ns Gxjadbrt. 

FERBLANC. (Technologie.) Le fer, exposé à l'action de l'air 
et d'un grand nombre d'agens , éprouve des altérations qui le 
fendraient impropre à beaucoup des usages «auxqufi^ il serait 
destiné , si on ne parvenait à le combiner à sa surlace a^veç quel- 
que autre corps moins attaquable que lui, et qui conservât 
mieux son poli et son éclat : ce corps est l'étain , que l'on fait 
adhérer à la surface du fçr par des opérations analogues à celles 
que Ton fieût subir aux métaux lors de rÉTAMAGs, et qui le con* 
dussent en Jerblanc, 

La préparation de ce produit exige des opérjatioBS assej^ nom* 
breùsctf, et qui doivent être exécutées ayec im grand soin , si 
Ton Tcut obtenir un beau produit } nous les décrirons successi- 
Tement. 

Pour que le fer puisse se combiner avec l-étain , A faut ^le 
sa surface soit parfaitement décapée; l'étain n'adhèrei;ait pa$ 
Sûr touâ les points où il existerait une trace d'^xkle. Jl faut 
aussi que la surface soit bien unie, car les cavités qui pourment 
8*y rencontrer se rempliraient d'une couche d'étaikx , dont l'é- 
paisseur serait plus ou moins considérable , maisdont la suiface 
seule de contact adhérant au fer, la plus légère action aufira^t 
poiïr en détâcher la plus grande partie^ «t alors la piècbque Ton 



$ttt 

Toii^ait'£A)rî<|tiâr arec k fetâUe de ferUttfte lafétàtàà imm^ 
qu'une surface raboteuse, . • 

' Lie fer obtenu au coke parait ne pouvoir ^tre «mployé âira:' 
avantage pour la fabrication du ferblanc ; en Angleterre mettiez' 
où la' plus grande partie de ce métal est obtenue par ee pMcédé, 
on destine à la fabrication du ferblanc du fer préparé ap oba^ 
bon de l)ois.'G^ fer laminé en Tôlb , d'une leaigiiettr dooida 
ou triple de celle des feuilles de ferblanc, suivant les lH4>itttdfif> 
particulières des fabrîcans et la puissance des maohtiies, est en- 
suite coupé à la cisaille aux dimensions exactes des CeMiUes da 
ferblanc.' 

OJr est dans Phabitude de réunir les feuilles par cpiapitheé: 
égales, de ^25, 2Ô0 ou lOO, formant une caisse ; tb^Ue eaîaw. 
est séparée de la suivante par iine lame- placée en travem» n . 

Pour obtenir un Diêcapage bien uniforme é$$ SÊ^MieààM'tMmj 
employées dans cette opération , on les soumet à l^ctioD àm 
acides et à celle de l'air; à une température életée. 

Autrefois on ne se servait comme acides que de graines Re- 
layées dans l'eau, et abandonnées à Tascesceiice ; on y a mibilîiH* 
tué une liqueur acidulée par Tacide hydrocblorique ^ dont Tao* 
tîon est plus sûre, parce qu'elle est plus unifon&e, landitqaa 
Pacétification peut être très variable en se servant du grain* 
Pour huit caisses (de 225 feuilles chacune), on emploie un m^ 
lange de 2 kilôg. d'acide hydrocUorique à 25*^ et 12 kilog. 
d'eaul'lies feuilles y sont plongées Tune après Vautre, die ma» 
nîère que leurs deux suifaces soient bien mouillas; par le li- 
quide i après cinq à six minutes, on les retire par trois à la fois , 
pour lèi porter dans le foùrl • 

Si les feuilles étaient planes, on trouverait difflcilMiiént W 
moyen de soumettre toutes leurs surfaces à l'action ée l'aâr; 
pour y parvenir , on les plie en forme de A avant et 
les plonger dans l'acide; au moyen dktne barre de 1er que 
Pon passe dessous, on les enlève pour les porter dans le four^ 
chauffé au rouge obscur ; lorsqu'elles ont atl!eint œtte tempera»* 
ture, on le? retire pour les refroidir à l'air ; leur nurfece te de*; 
couvre par la séparation d'écaillés d'oxide qui s'en détachent ; 
alors un ouvrier les redresse, en saiMt 8 à 10 avec sa^nce, lea» 
frappe avec toute la fbrce dont il est capaUecoatre un Mo^.oi. 

8. 



llfl tliigtliANC/ 

fonu, nùr lequel ellai se nettoient par la s^paratiim conquête 
des croûtes d'oxide ; et on les passe ensuite sous un laminoir à 
cylindres durs, de 43 à 48 centim* (16 à 18 pouc.) de diamètre, 
et 48 â 52 cent. (18 à 20 pouc.) de table. 

La surface des feuilles à étamer dpit être parfaitement unie; 
-*étamage en fait paraître les moindres défauts; les cavités dont 
les feuilles sont quelquefois parsemées ne pourraient être mas- 
quées que très imparfaitement,. par un étan^ge plus gras, et 
par conséquent plus dispendieux. Lçs feuilles qui ont ces dé- 
ficits ne ptovent être dassées que parmi les xebuts% 

Lorsque les feuilles ont subi ces diverses opérations y on la 
tient plimgées de cbamp pendant plusieurs heures daiAune 
e»ftitrès légèrenient acidulée^ par -exemple^ jen y laissant aigrir 
du sonxiu 4e la recoupe, et on les passe ensuite dans une autre 
eain r ebfemant qu^elques ^^entièmes d'acide suif urique , et ren« 
ferméii'âans ime caisse /en i>loiiib , divisée par compartimens , 
renfermant cb9<i?w unjB caisse de feuill^. 

Avant cette dernière opération, les feuiUes de tôle présentent 
çàetlàdss tacbes noires, qui disparaissent entièreinent par l'action 
deràcide,dontreffptest de dissoudre lafaiblequantité d'oxidequi 
lesconstituait,et,q!Û.empêcberaitrétaind'adhér^r uniformément 
à la surfaiee des feuilles^; mais il faut avoir grande attention de 
ne pas outrepasser le point convenable , p^irce qu'alors l'acide 
a^àit iur U meta) , et l'attaquerait plus ou moins irrégulière- 
ment en produisant d'autres taches y qui nuirment ég^ement à 
l'étatnage; 4ua^d l'opération a été bien faite, les feuilles sont 
brillantes ; oi^.ks plonge immédiatemei^t dans l'eau ^ où on les 
frotte avec de l'étoupe et du sable; si,, au lieu de les plonger 
dânsl^BaniyPii les laissait quelque temps à l'air,, ellçs a'oxide- 
latiènt 4e nouveau, et il serait plus difficile même de les bien 
décaper '^ensuite. Pour les autres opérations, il est utile 
de bieà déc^iper. On facilité l'action de l'aicide en élevant 
1a tetnpéraw^e du bain ; l'ouvrier règle la température suivant 
ses habitude , l'actJK)n en étant d'autant plus vive que la cha- 
leur est plus forte. ... 
; Pour conserver les feuilles jusqu'au moment de s'en servir, 
onies tient continudlement dans l'eau, dans laquelle on peut 
les gavdier aussi long-temps qme l'on veut , paircç que, comme on 



FEilBLANC. tt7 

r 

Fa Tuàrartide de ce métal , le fer n'est pas fUiceptibI<B de dé- 
composer Feaa à la température ordinaire; mais il fiindrait 
bien se garder de mettre en contact avec elles quelques autres 
métaux, par exemple, du cuivre, parce qu'elles s'oxideraient en 
préservant l'autre métal de l'action de l'oxigène , comme on Fa 
TU à rartide Doublage des vaisseaux* 

La nature de l'étain employée à la préparation du ferUanc 
exerce une grande influence sur celle de ce produit ; on a vu à 
l'article Etain que celui qui est obtenu des minerais en 
grains est beaucoup plus pur que celui que procurent les mi- 
nerais en rocbea ; si le prix du premier n'était pas un obstacle 
à son emploi, on ne le mélangerait pas avec d'autre ; mais le 
plus ordinairement on fait usage d'un mélange de parties égales 
dV/am de grains et d'étain raffiné ou d'étain Banca. 

L'étain fin anglais , grain tin^ est en saumons d'environ 180 
kil. ; l'étain raffiné, refined tin , se trouve aussi en saumons à 
peu près de mêmes dimensions ; l'étain anglais dit common tin^ 
n'est pas assez pur pour l'étamage. 

Depuis quelques années , l'étain anglais étant d'un prix sen- 
siblement plus élevé que celui de Banca , on emploie généra- 
lement ce dernier, que le commerce fournit en saumons d'en- 
viron 30 lui. , recouverts d'une forte couche d'otide. 

Lorsque les feuilles de tôle sont plongées dans l'étain en fu- 
sion, elles ne peuvent se combiner avec ce métal que si la sur- 
face de celui-ci est parfaitement libre d'oxide ; sans cela le mé- 
tal n'y adhérerait pas d'une maniéré uniforme, outre que l'on 
j>erdrait une grande quantité d'étain par l'oxidation ; pour l'en 
préserver, on recouvre te bain avec une couche de suif, qui ré- 
duit facilement l'oxide d'étain, et, par conséquent, permet 
toujours au fer de s'y combiner avec fiicifité. 

L'étain se combine aVec les surfaces de fer soumis à son ac- 
tion ; mais la combinaison n'a lieu que par surfaces , de sorte 
que la couche d'étain est extrêmement mince , et qu'il faut en- 
lever tout le métal qui ne fait qu'adhérer à l'étamage. On y 
parviendrait en partie en laissant quelque temps les feuilles de 
champ au-dessus d'une chaudière destinée à recevoir le métal 
qui s'en écoule ; mais cela ne suffirait pas , et, pour enlever tout 
le métal excédant pn passechac^ue lame dans un bÉin de suif 



^Ii8 FERBLANC. 

' Ibnin j éi cemme alors une partie de r^tain fonne au bord 

. ittTérieuif un bourrelel, an Tenlèive en plongeajatk bord de la 

, etaHo^ danâs un Vaili d'étain ayant seulement 8 à 10 nûllim. d'é- 

feiaséuTy qisi lond.ce bourrelet, et une légère percussion impri- 

ihée à la feuîUe fait tomber la portion encore adhérente, qui ne 

laisse qu'ime très faible trace. 

La ^uaàtité d'éCaîÀ <|uî adhère au fer est proportionnelle à la 
8arface,qaelq[tte80Ît le poid» des lames; une eaisse de ^ââfeuil- 
ks de t3 pouc. sur 9 1/2 exige 5^,500 à 6 kil. 

Nolié reviefidrons un particulier sur chacune dq ^es opérar' 
tioBS, que l'osb exécute dans l'appareil fig. lO^cgui se cojtupose 
. essentiellement de cinq capacités; les tpoisr premières à droite 
et la cinquième soàt chauffées par le moyen de fourneaux 
placés inféneurément ; la quatrième ne renferme qu'un gril- 
te^e destiné à recevoir les feuilles de ferblanc, qui s'y égoutient. 
Le travail a lieu de droite à gauche. Le premier pot renferme 
rétain dans lequel on passe d'abordla feuille de tôle pour obtenir 
rétamage , la couche d'étain fondu a une* hauteur sufi&sante, 

• c( oii la recouvré de suif qui en produit une autre de 10 cent 

• edviton ; les feuiUes de tôle sont plongées une à une dans le 
iMum d'étain ; après une heure, on les retire en conunençant ])ar 
les premières; Tétameur les passe à l'ouvrier à sa gauche, qui 
6lt le laveur^ Celui-ci les plonge à mesure dans un second pot 
ronpli d'étain en grains , et qu'une cloison divise en deux por- 

. tions inégales. 

Cette disposition est très avantageuse pour enlever les crasses 
( Voxide) qui se détachent des feuilles et s'élèvent à la partie 

. supérieur du bain , et :que le laveur rejette facilement dans la 
petite case à sa droite ; les feuilles de ferbknc étant plongées 
dans la masse d'étain fondu que renferme ce pot, y perdent 
celui qu'elles contenaient en excès , et qui vient se mêler au 
bain , dont elles altèrent la pureté , de sorte qu'il faut fré- 
quemment en renouveler une partie ; le plus ordinairement 
iqprès avoir lavé huit caisses de f erblanc , on retire du bain à 
peu'prèa ISO kil., que l'on remplace par une même proportion 

' 4'^Uiq en grains. 

La hveur^ a^ès avoir retiré du pot plusieurs feuilles , qu'il 

idtcf dbnwt.liiî.siir le foiimeaUf ea {wrendunad^ la mm 



FERBLANC: 119 

Luche avec sa pince, la l'iotte des deux côtés avec une brosse 
i forme de queue de morue , et la plonge de Douveau dans le 
»t , parce que la brosse a produit des inégalités qu'U faut faire 
Bsparaitre , et peut même avoir presque entiëreuieiil enlevé 
'étaÎD sur quelques points ; il la plonge aussitôt dans le pot à U 
iraisse qui est à sa gauche, et que divisent des clievilles qui sé- 
larênt chaque feuille. 

I La température de ce bain ne doit pas être trop élevée , car 
llors l'étain serait enlevé en trop grande ]>roportion ; elle varie, 
domine le temps de l'immersion , suivant l'épaisseur des feuil- 
es , qui doivent rester d'autant moins , qu'elles sont plus 
ninces. 
Quand cinq feuilles ont été passées dans le bain d'étain et 
idans celui de gi'aisse, le garçon en enlève une qu'il met Aégout- 
ter dans le pot vide , sur un gril , et le laveur la remplace par 
,uue autre, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de 
feuilles. 

La portion d'étain encore molle au moment où la feuille est 
sortie du bain forme un bourrelet au bord inférieur de lafeuille; 
on l'enlève en la plongeant de quelques millimètres dans le 
•cinquième pot, qui ne renferme qu'iuie faible coucbe^l'étain 
(ifondu. 

- Pour enlever la graisse qui imprègne les feuilles , on le» 
■frotte avec soin au moyen de son ; le ferblanc est alors suscep- 
•tible d'éti'e encaissé. 

1 Avant d'y procéder, le ferblanc est livré au trieur, qui sépare 
les diverses marques , ainsi que les bonnes feuilles et les rebuts, 
•et les encaisse. 

Les caisses qui renferment les rebuts portent la marque W ou 
'A, outre celle qui désigne les poids et les dimensions. 

- L'emploi du suif ou de la giaisse, que l'on entretient tou- 
jours chauds, offre des inconvéuiens graves par lea vapeurs 
qui s'en dégagent continuellement; et comme aueuneprécauT 
tion n'est prise piour les entraîner au dehors de l'atelier, les 
ouvriers s'en trouvent continuellement enveloppés; l'habitude 
éAt que bientôt ils cessent de s'apercevoir de leur odeur, mais 
les premières fois que l'on entre dans l'atelier d'étamage , on 

' CM aaSoqné , lorsqu'oa se trouve même Itnn encore des pots. 




120 FERBLÂNG. 

Des inconvéniens analogues se présentent dans beaucoup di^ 
pérations des arts ; on ne s'est presque dans aucun cas oocb|Î 
de les faire disparaître. M. Darcet, auquel on dcût déjà na 
d'autres applications utiles d'un bon système d'appel, a doué 
pour l'assainissement des étameries le plan d'un apparal<|i 
remplit si parfaitement les conditions désirées , que l'on m 
pourrait se douter du genre de travail que l'on y piati^picCot 
dans la belle fabrique de Montataire, département de rQi8e,ip> 
partenant à M. Mertian, que cet appareil a été conatruit; ilat 
important d'en propager la connaissance. 

Les pots dans lesquels se pratiquent les opérations que vm 
avons décrites sont placés sous une hotte dont la dispositioa ot 
habituellement telle que les vapeurs du suif n'y sont entnlaéa 
qu'en partie , parce que la ventilation s'y trouve maliélaÙîe; 
en y faisant l'application des principes. sur lesquels wtMiMt^ 
les fourneaux des Doreurs , dont nous avons parlé à ce JMti 
M. Darcet a obtenu les résultats les plus avantageux. . ■ . ; 

Les pots n*^ 1 , 2 , 3 et 5 sont placés chacun sur un iw^ 
neau particulier ; la chaleur de leur cheminée est j^koÊifit 
suffisante pour donner lieu à un excellent appel; .pOlsh 
produire, chacune de ces cheminées s'élève jusques iasMb^ 
sus du plancher haut de l'atelier, dans im tuyau pluslllll^ 
Par ce moyen, toutes les vapeurs qui se dégagent des pois soii 
entrauiéesdans la cheminée et portées au dehors, et lesonnioi 
sont toujours placés dans de l'air neuf. L'appareil étsUi i 
Montataire fonctionne si bien que depuis six ans qu'il est élaUi 
on n'a eu aucun changement à y inti'oduire. La seule remarqueqM 
l'on ait eu à faire à ce sujet, c'est que la cheminée, qui a 10 aie» 
très de hauteur, n'est pas assez élevée; quand le temps est In- 
meux et que le vent rafale, les vapeurs se rabattent dans h 
cour et y portent leur odeur désagréable, que l'on e&t si habi- 
tué maintenant à ne plus ressentir, qu'elle parait plus àéh 
agréable. Cet inconvénient serait extrêmement facile à fÛR 
disparaître en donnant à la cheminée mie plus grande éli- 
vation. 

La dimension de chaque cheminée est égale à celle de la grilk 
qu'elle dessert , et la cheminée générale a une ouverture égale 
à toutes les ouvertures sur lesquelles elle dpit appeler. 




c foyers, d cendriera, « r^^res pour les ike«àaées,_feh«~ 
minées partielles , gg creusets pour l'étamage, A fenêtres i^clai- 
rant le travail , k jJan incliDé entre des creusets pour retenir 
les madères qui débordent, / dieminée principale. 

Les creusets sont, de droite à gauche , celui de l'énuneur, le 
réserroir à graisse, la creuset du laveur, le creuset h graisse, le 
réservoir à égontter,lecreusetàli8sîères. 

h h h, Titrages plaeés derrière le foameBU pour éâairer le 
travail. 

L'étain de Baoca doit être purifié avant de servir à la prépa- 
ration du f erblanc ; on y parvient eu le soumettant à une douce 
chaleur, dans un fourneau particulier où le métal fondu dé- 
coule sur la sole inclinée, tandis que les crasses 7 restent, et peu- 
Toat être retirées avec iadlité. 



On a remarqué que la hoÀfllë eàiployëe dans cette opération 
doiine à l'étain de mauvaises qualités ; on ne se sert alors qae de 
bois pour chauffer ce fourneau. La quantité de combustible né- 
cessaire est peu considérable. 

L'étain recueilli dans, le bassin de réception est tiré à la po- 
che pour être coulé en lingots. 

L'étain anglai j n'exige aucune purification,' parce que sa siu> 
face reste parfaitement brillante ; l'analyse n'y démontre la pré- 
sence d'aucun corps étranger. 

D'après les recherches de Rinmann sur les étaihs que l'on 
purifie à la ferblanterie de Closter, pour les faire servir à Vé- 
tamàge , les crasses qui se séparent dans l'opération sont for- 
mées de : 

Étain 85,3000, cuivre 13,7178, fer et zinc 0,3300, arse- 
nic 0,67t2, 

M. Rinmann attribué à. l'arsenic, et suii:iràtâiî: cuivre, lapro- 
pi^été qîi'a Tétûn impur de donner du ferbltac terne. 

L'étain appliqué à la surface de la feuille de tôle office desla- 
mies cristallines que Ton ne peut facilement cGslmguer directe- 
ment , mais qui deviennent extrêniement Sensibles lorsque l'on 
attaque la surface par le moyen de quelque acide. La première 
observation de ce fait curieux est due à Proust, dans son travaH 
dont nous avons parle à l'artide Etamage ; mais l'application 
aux a^ en est due à Alârd, qui a* nommé ce ferblanc Moni 
.xii;ALUQUB. Nobs indi^erons à cet article lès prdeédés pour le 
préparer. • v ; 

)ly a toujours l'une des surfabesde la feuine.de ferblanc qoi 
offre plus de lanies que l'autre ; il est £fficile d'en fiûre oono^ 
isre.la eav^. 

Le f erbbnc terne se fabriqué par les mém^ procédés / en fls 
servant d'un alliage de 2 parties de plomb contre 1 d'étaÎD. 

L^ fârblanes françaii sont distnigùés par les marqués oii' 
vantes. 

A l'aiti^le. PsABiiAirrisii, oà trouvera lésmarquês desfb^bkocs 
des autres pays; 



FHIBLAM& 



199 



FERBLANG BRILLANT DOUX 



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Éilog. 


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4b à 42 / 


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34 
40 
46 



2i5 



150 



£q 1816 , MM. Mertiau frères construisirent dans leur usine 
^ Montataire les premiiçrs laminoirs établis en France sur le 
système an^^lais^ et organisèrent leur fabrication dVprèsles pro- 
cédéfrsulvis ea Aa^deterxe ; de cette usine les procédéa se 



^24 FERBLANTIER. 

pagërent progressivement dans les autres manuiactures de 
France. 

Fer a l'abbi de la rouizxe. MM. Mertian ont également 
établi à Montataire une &brication de fer à l'abri de la rouille, 
que Fon obtient par un ëlamage composé de beaucoup de plomb 
et de peu d'étain. Cet étamage préserve complètement la tôle 
de la rouille $ on a vu déft rognures de ce fer séjourner un biver 
emtier sous ime gouttière, sans qu'on aperçût aucune trace d'oxi- 
dation à sa surface. Cef^, auquel conviendrait beaucoup mieux 
le nom de tâle plombée, était employé presque exclusivement k 
construire des ciistallisoirs; pour la fabrication du sucre de bet- 
terave dans le systèlne de la cristallisation lente. 

Cette substance ne peut guère servir économiquem At qif à 
cet usage : elle est d'un prix trop élevé pour être employée à la 
construction des gouttières, des tuyaux ; et comme couverture , 
le zinc et la fonte lui sont préférables , sous le rapport de Téco- 
nomie ; mais il est toujours utile de pouvoir livrer à la- con- 
sommation un produit qui jouisse de semblables propriétés, et 
dont l'emploi peut se propager. 

Le fer plombé se feJirique par des procédés analogues à ceux 
que nous avons décrits pour le ferblanc. 

H. Gaultise 9B Claitb&t. 

FERBLAMIER. ( Technologie.) On nomme ainsi l'artisan 
qui fabrique avec lé ferblanc toutes sortes de vases, d'ustensiles 
de ménage, de boites, et autres objets dotit H nomenclature se- 
rait longue; car les produits de cet art se rencontrent partout, 
légers , usuels , commodes , d'un prix peu élevé. De nos jours , 
cet art a de beaucoup, étendu son domaine , et l'on fait certai- 
nement en ferblanc beaucoup d'objets qui jadis se faisaient en 
argent , en cuivre , en plomb , en fer, en bois , en terre cuite. 
L'art du lampiste s'est tout entier cwfondu dans cette même 
profession , et néatimoins nous l'en -séparerons encore , parce 
que , vu son importance , il demande à être traité séparément. 
(Y. Lampiste.) L'art du plombier n'a repris que très récemment 
la fabrication au zinc , dont le ferblantier s'était aussi emparé, 
et encore lui en est- il resté quelque chose. L'art du ferblantier 
serait donc d'une démonstration compliquée hors de toute pro- 
tK>rtion avec notre ouyrage, si nous fivions la prétention de l'en- 



FERBLANTIEH.- 125 

risager dans ses détails ; mais telle n'est pas notre mîsdoa : 
LOU9 ne devons , au contraire , que présenter des aperçus gé- 

i^éraux. • 

Lie ferblanc doit d'abord fixer notre attention , puisqu'il est, 

la matière à ouvrer. Long-teuips l'Allemagne tt l'Angleterre 

ont été cil possejsiou de la fabrication du meilleur ferblanc ; 

mais depuis déjà quelques années la France peut aufiire à ses. 

liesoins. La grande reDommée que le ferblanc anglais a long- 
temps conservée , et qu'il commence à pi;rdre , était due à la 
douceur des fers employés à la fabrication. Il parait que nos 
fabricans sont parvenus à avoir des fers aussi doux. ; et mainte- 
nant on emploie presque partout eu Fi-ance le ferblanc fran- 
(aïs. Cette iodustrie est, il est vrai , favorisée par un droit de 
douane énorme; et l'on assure , d'une autre part, que les An- 
glais ne laissent point sortir en feuilles leurs ferblaucs de pre- 
mière qualité. 

Eu France, les caisses de ferblanc se composent engrande par- 
tie de 300 feuilles , dont le poids varie suivant le format et l'é- 
'{taisseur. Lefer mince pèse la caisse 61 kil. , le fer moyen 73^,40, 
le fer fort 85*^,6 lorsque le format est de 0"',325 , le poids de 
la caisse toujours en debois. 

Les formats de O^iSûS et de 0,379 ne sont que d'une seule 
épaisseur : la caisse des premiers pèse 103^,25, celle des se- 

I couds pèse 132S1J. 

I Le format de O'°,406n'a également qu'une épaisseur, et la 

1 caisse pèse l49'',30. 

[ Quant au format de 0°',487, il se vend à la feuille ou en bot- 

j tes. La maïque s'imprime sur le fond de la caisse : c'est une 

l croix simple, double ou triple, selon la qualité du ferblanc. 

I Les ferblaucs de France se fabriquent dans les départemens 

■ de rObe, des Vosges , de la Haute-Saone, et de la Nièvre p&r- 

r ticuliérenient. 

La fabrique de MM. Mertlan frères, à Montataire (Oise), a 
la première préparé le ferblanc par le procédé anglais; ellecon- 
tinueà verser dans le coimnerce des produits d'une excellente 

I qualité. 

La fabrique de MM. Buyer oncle et neveu , à la Chaudeau 
^iaute-Saûne} , estégalement tiès considérable, et fournit de 



llMT PÉRBLANTBBtt. 

grandes quantités de ferblancs préparés suivant la ttiMMxleitf II 
glaise. On estime le produit annuel de cette usihe, dont odiè4llP 
de Magnoncourt y près Saint-Loup , est dépendante , à* 9^ 
caisses. 

' L'établissement d'Imphy(Nièvre}, de M]\I.Debladi8, Apih» 
oombe , Guérin jeune , et Bronzac , fournit anauellesienta 
commerce 10,000 caisses de ferblanc préparé, soit à Vétàinju^ 
9oit avec 0,6 d'étain sur 0,4 de plomb. Les ferblancs d'iniplq' 
présentent un étamage uni, d'un blanc pur, qui s'étend tici 
sous le marteau , et qui se prête à recevoir des fonùes vaiifa, 
sans se briser ni se gercer. 

M. le baron Fallatien , à Bains ( Vosges), fournit annndk- 
ment 11,000 caisses , et plus , d'un ferblanc qui possède âpa 
près les mêmes qualités que celui d'Imphy. 

Parmi nos autres fabriques , celle de 3EIML Bourçard Yn- 
Kobais et compagnie, à Pont-sur-l'Ognon (Haute-Saône), nt 
rite aussi d'attirer les regards des consommateurs. 

Nous pourrions encore étendre cette nomenclature , en ci- 
tant les noms des fabricans qui figuraient cette année à ttxf^ 
âtion des produits de l'industrie nationale ; mais il foiit liîa 
savoir se restreindre, même dans Texposé des choses utiles. 

En Allemagne, on désigne le ferblanc par les trois marf» 
suivantes : 1^ X X, 2* X F, 3* S A. inscrites sur les caisses. 

Dans ces marques, XX indiquent que les causses contiennent 
225 feuilles épaisses : X seul signifie que la caisse renfeime ia 
fcuiUes épaisses, sans désignation de nombre ; F ou S indiqneBl 
que la caisse contient des feuilles minces ; F S indiquent qoe 
cette caisse contient 300 feuilles minces. H faut deux ÔÔMI 
pour faire un tonneau. La mesure ordinaire des feuilles eiLàt 
12 pouces 1/2 du Rhin sur 9 pouces 1/4 « ce qui correqpop^i 
O»,325sur0-,241. 

La lettre A est la marque des caisses renfermant les iienilki 
ifuue qualité tout à- fait inférieure . le rebut. 

Le ferblanc de Silosie est de trois j;randeurs : 1** les jltaàf^ 
tites feuilles sont cotées F : elles ont 11 pouces 1/4 du Rhiaiv 
9 pouces 1;4, ce qui correspond à peu près aux mesures d-dei- 
ras indiquées : 2* les moyennes ont 13 pouces 1/8 sur Oponcci 
3/4 : 9* les plus grandes^ nonvxiêcsfirblamc des pontams, QtX 



}6 POTÇÇ8 du RJim SOT 11 ppuçep l;g. he» çM9p9 s^pt niftis 
|;^é^ D. 

Jje pouce du Ahiu ég^ile i ceptimètrea .6l^y446 ( 4 peu près 
}1 lignes 6/10 ancienne mesure). 

Quant aux ferl^lancs anglais , il sont çlasa^s en un bien plu4 
grand nombre de divisions , basées sur les poids , et calculées 
avec soin; nous nous bornerons à faire (!ôti9AÎIr&4^*]Ci!Qte ptin- 
pipales. 

1° Caisses de 100 feuilles y 16 pouces 3?4 sur 12 1/2.' 

SçmJile Gonunon, pçswt- Q ■ 3 M 

J4.X. ~ . 1 14 

H. XX. — î 1.7 

Id. X i X. — 1 ,2 

id.î;xxx — 4 a ^1 

2** caisses de %00 feuilles ^ 15 pouces sur 11. 

S D small double commoh. — il 27 ' 

iSftX. - 1 2 io< 

SDXX. — 1 à 18 

SfiXXX. — 2 27 

" • m 

^^ •■■-■*■• ■.. 

i . - * • 

3* Caisse de 'i^ feuilles , 13 pouces 1/4 sur lO. . *^ 

• ■ • a * 

I X cours. — 1 1 P • 

I X X. — .} .:. 1 ?> 

j ?: X X. - 4 ? !■* V 

I X X X X. — \ 3 7. 

p cours Jieavy. — \ .ft, 7 

SX. — ■ . %. .-A 7 

icQ]wrs,13 1/'iw9^;,4. — 6. ,^21 

%%■ ■ -r V 'P ^V. 

3 cours, 1? 1/4 sur fl! 1/4 — P ^3 ^, 

3X. :t.. îr .0 H, 

])^|S:tîied waster$ (tçbuts). — 1 .,., . , P, 1? 

Ces divisions sont déjà anciennes, mw elles ont encore 



fit PËRBlJUmËR; 

fiett'pèttr là plttfjiftrt; noifi aurions pu dion^r un taldéfta ie 
converoion des mesures anglaises en mesures métriques ; mais, 
comme nous l'ayons faitobserver , on se sert maintenant-beaucoup 
plus de f erblane français qu« de ferblanc anglais , et ces notions 
sont moins intéressantes qu'elles ne Tétaient il y % quelques 
années 

Le lerblaiic dans Vétamage duquel on n'a pas employé l'é- 
tain pur, ne doit point être employé pour la fabrication des 
lampes y de^ burettes et autres vases servant à contenir 1^ hui- 
* les. n est rare, en général, que le ferblantier puisse employer 
le ferblane tel qu'il sort de la caisse ; il y a presque toujoui-s 
quelque ch6se à y faire : tantôt il se trouve recouvert d'une 
teinte jaune ^ qu'il est quelquefois difficile de Mre disparaître 
entièrement; d'autres fois c'esfla lisière qu'il fait disparaître en 
faisant couler le trop d'étainqui l'occasione ; les feuilles ternes 
ou irisées doivent être replanées sur le tas brillant avec des 
marteaux polis , etc^ , etc. En général , les caisses ne doivent pas 
être abandonnées dans des lieux bas et humides , mais être, au 
contraire, placées daips des lieux secs , afin qu'il ne se manifeste 
pa^ sur les feuilles un commencement d'oxidation , qui lour ôte 
leur brillant. 

Les outils du ferblantier sont nombreux et fort^eher^ poiur la 
plupart, surtout ceux qui servent à dresser, à poUr, à contou]> 
ner, à ^etnbou&f le ferblaHc; viennent- ensuite ceux qui lui 
servent à tracer, à couper, à percer, à canneler, à re^^er, à 
souder. 

Le tas est un des principattt outils de cette profession , et il 
en est peu qui soient aussi bien faits , si on excepte ceux des 
orfèvres et dë!s planeurs. Ces tasdoivent être parfaitement dressés, 
un peu boiilbés au milieu, et polis comme une glace. Le fer- 
blantier en à plusieurs, les uns destinés simplement à dresser, 
les autres destinés à polir. Us sont portés sur des billots , dans 
lesquels ils sont implantés. La trempe de ces outik doit être 
dure ; assez auvent on adotœit un ou deux d^ angles , tandis 
que les autres sont maintenus très vifs. 

Les marteaux ou masses avec lesquels on frappe le ferblanc 
posé sur ces tas ont deux têtes planes; comme les tas, ils ^nt 
un peu bombés , très poHs , et d'une trempe dure ; les angles 



FERBLANTIER. 129 

doivent être adoucis; ces marteaux peuTent avoir 2 décimètre 
de longueur, le manche en ayant environ 3. 

Indépendamment de ces marteaux , dont la forme est réglée, 
le ferblantier doit être assorti d'un grand nombre d'autres , de 
formes variées et appropriées à toutes les formes diverses qu'il 
doit donner. Ici s'ouvre une série plus ou moins étendue , se- 
lon que l'ouvrier a les moyens de compléter plus ou moins 
son outillage. Tous ont la tète ot la panne contournée diffé- 
remment, et il nous serait impossible de préciser toutes ces 
formes. 

Le maillet en bois , ayant la forme d'un baril , est également 
d'un grand usage lorsqu'il s'agit de contourner le ferblanc sur les 
bigornes. 

Quant à ces derniers outils , leur forme varie aussi a l'infini : 
les unes sont rondes-pointues , les autres carrées-pointues ; 
quelquefois elles portent des cannelures transversales dans les- 
quelles on forme les cannelures ; d'autres fois elle sont entail- 
lées en crémaillère ; d'autres a£fectent la forme de roues den- 
tées. C'est sur ces différentes bigornes qu'on fait prendre, au, fer 
tons les contours qu'on doit lui donner. Il y ^jdes bigprn^ 
demi-rbndes, et d'autres dont les cornes se terminent; .par nue 
portion de sphère. Sur les premières, on dresse les bqîtes, les 
gorges de boites, et toutes les zones plates ; sur. les secondes , on 
emboutit les calottes , les parties creuses et bc|mbées;des bouil- 
lottes et autres vases de cette nature.^ . . 

Les outils servant à tracer diffèrent peu de ceux employés 
dans les autres professions : c'est le compas à pointe^. ei^ acier, 
un inètre, des équerres, et surtout des patrons, qui nesont att- 
ire chose que le développement des solides que Touvriei* v^ut 
figurer : ces patrons sont très importans pour le>ferb)cM:itier.; 
c'est à se les procurer qu'il donne tous ses soins ; ils.^nt ^ ri- 
chesse. A l'aide du patron , il trace promptement les surfaces 
qu'il veut découper, et il les trace ayec sûreté et éconopii^. Le 
grand art du ferblantier, c'est d'éeonpm^er la manière. C'est, en 
appliquant son patron de tel senssur UMefeuillq qu deux feuil- 
les juxta-posées, d'en extraire le plus possible 4^ moiiceau^L senv- 
bkbles à ce pa^n, et aussi des morceaux .^tant susceptibles 
d'être employés dans; d'autre destinatiox^ > c'es^.<^aps^(Ç^Ue opé- 
V. 9 ' 



190 fHHËLANim^. 

niliôti que l*artk«e habile se déeèlet en traçant ded ttiAr«eaiit 
destinés à devenir des entottnoirs ou autres fermes^ il pense k 
^'autres ebjets ; il treuTera des roâds , des f>arallélogramines , 
dans les déchets ; et oes ronds et ces parallélogrammes auroiit 
dans son idée leur destination précise. Aiii9i> souvent , il poar^ 
rait tirer deux patrons dans sa feuille , mais le reste serait dé* 
chet ; il aimerpi mieuiE ne tirer qu'un patron, parée que 1# reste 
pourra Serrir à d'autres usages. C'est dans une appréciation juste 
du tracé , et dans un emploi sage de la matière que sa veneon- 
trent les gains les plus assurés. Aussi, tel ferblantier pouna éta^ 
Mir à tel prix, en faisant un gain honuète, et un autre y trou- 
verait sa ruine. 

Les patrons doivent être étiquetés , rangés et conserva avec 
som. 

Les outils sêhmni à couper, h dMsef*^ sont les (^sAïUifts de 
tMte sorte ( t. ce mot), et aussi quelquefois des» ciseaux à 6^4, 
aiwB iètseiets* 

Les outils à percer sont tout simplement des potn^na , de6 
l*oseliers de ibrme variée. Il y a deux sortes de poinçons t les 
uns notent àntr^ chose qu'un petit barreau d'aeier, terminé en 
pointe arrondie ; on pose le ferblanc sur un point d'appui, tel 
qu'une masse de plomb ou un bois dur et debout , et on frappe 
•ur le poinçon avec un marteau $ ce poinçon perce le ferblanc 
en laissant une ^vure en dessous; c'est celui qu'on emploie 
pour faire les râpes et pour les rivures; eea bavures ont leur 
avantage dans ee cas ; mais lorsqu'il s'agit de percer des trous 
nets , le poinçon est plat par le bout i c'est le périmètre du eer- 
de qui , étant vif, coupe la matière en la lohassant ; dans ee 
cas , il sort un petit disque de la grandeur du trou* Pour faire 
lès erîbles, (m a Un appareil construit avec des poinçons de ce 
genre, et opérant comme le Dicouroia et rEnronTE^^piies. Les 
roselSers servent aussi à percer t ce sont des poinçons au bont 
de^qûelé on réserve une partie tranchante qui coupe le fer, et 
forme un trou ayant une configuration déterminée parla forme 
de fdtttil ; c'est à* prophsmeïit parler un emporte^ièee. Les fer- 
blantiers en font-peu usage. 

Qufeitit à la masse de plomb sur laquelle ^m découpe , lors- 
^'elle «st défdtmée par an long usage , Il fhut la refendre, eu 



st bala v%)a»e avec le marteau, en effaçant les traees du poin- 
çon , il faut aToir bien soin d'en retirer les disques de ferLlanc 
qui peuiEent s'y treuvev èagagé» /car ik pourraient déformer les 
pièces qu^on voudrait easuitç pepcer. 

Xor ins^aumens sem»ant à souder afi^elent des fermes di- 
verses, selo4 les soudufes qu'ils doiv^t £iiir«. Db généml , on 
nomme Jktf à sçudep une masse d^ fer terminée par un long 
manche de même matière, qui est garni d'une poignée en bois. 
On fait cfaau£for cette n^^e de fev plus ou moins , selon l'éten- 
due de la aoudure qp&'on a à fiiiro , et auast selon la durée pré- 
«unée du t^mpp que durera cette opération , puis on passe le 
fer diaud sur la jonction des piècea, où Ton a préalablement 
répandu de la foudure en grain^ ou en parcelles minces. La 
chaleur qui s'échappe du fer Ikit fondre cette soudure, et la 
jointure des pièces s'opère. On conçoit, d'après cette définition, 
queb Corme de ces fers doit être très variée ; il en faut qui puis- 
sent pénétrer dans les intérieurs; d'autres sont faits pour les 
angles, d'autres pour l^s parties rondes^ etc. Ces fers à âonder, 
qui servent spécialement au ferl^lantie^ qui pose les gouttières , 
cheneaux, conduits, et autres ouvrages concernant le bâtiment, 
ne sont pas les seuls dont on doive être assorti; il y a d'autres fers 
qui n'ont pas un manche adhérent ; ces derniers sont des cônes 
tronqués, des coins, des parallélipipèdes massifs en cuivre; on a 
un manche enfer, terminé par le haut par une poignée en bois, 
ainsi que nous venons de le dire, et formant par le bas Un an- 
neau ou une douille dans laquelle on prend le fbr à scHider 
lorsquHl est chaud; ce manche, commun à pfasîeurs fers, pré^ 
sente eet avantage, qu'il n^a pas besoin d'^re mis au feu, et que 
les masses de métal étant isolées, se font chaliffèr bien plus h!- 
eileinent. 

Les autres instrumens servant à souder sont' le rochoir, lét*- 
pèc-e de burette enferblanc, contenant la poix-résine en jioudi*ei 
cette burette est couverte et a un gouieaii alongé ; la cinfière h 
soitdepj qui est en fer, et est pourvue d'un bec pour verswla 
soudure en fusion ; et enfin Yappuycur, qui n'est autre chose 
qu'une planche de bois fermé , d'une forme appropriée. C'est 
coBtre ee bois- qu'on accote lès ]^ièces qu'oil veut uilir parte 
moyen delà sotidure. - ' <....; 

9- 



182 yERBLANTIÈR. 

Les outils h canneler et à replier. Ce sont des tas entaillés 6t 
dentés, sur lesquels on forme, à l'aide de repoussoirs, les can- 
nelures. Le tas à replier, nonrnié pied^-de- chèvre j est long et 
élevé ; il n'offre d'ailleurs rien de particulier. H en est de même 
du tas à soyery sur lequel on £ût les ourlets ^ ou rebords des va- 
«es et autres ustensiles, qui sont toujours, ou presque toujours, 
renforcés par un repli rempli de soudure , ou par un fil de fer 
renfermé dans ce repli. 

Tels sont les instrumens principaux que le ferblantier met en 
usage. Quant aux procédés et machines-outils que les publica- 
tions industrielles ont fait connaître depuis quelques années, 
nous ne saurions les comprendre ici sans donner beaucoup trop 
d'extension à cet article ; on peut d'ailleurs en prendre connais- 
sance dans les écrits dont nous venons de parler, et notam- 
ment dans le Bulletin de la société' d'encouragement pour tin- 
dustrie nationale. Les cisailles à couteau circulaire , énorme 
de viroles ; la machine à percer régulièrement un grand nom- 
bre de trous à la fois , de M. Larivière , mécanicien à Genève ; 
\e fourneau à chaufjer les fers à souder y de M. Hobbins , mé- 
ritent de fixer l'attention, et nous y renvoyons le lecteur. 

FABRICATION. 

Les produits de l'art du ferblantier étant très varies, nous ne 
pouvons entrer dans l'exposé des moyens employés pour la fa- 
brication de telle ou telle pièce : il y a pour chaque objet des 
moyens particuliers qu'il nous est impossible défaire connaître, 
parce que leur multiplicité s'y oppose ; c'est au temps et à la 
pratique à les enseigner. Mais en dehors de ces moyens spé- 
ciaux , il en est d'autres qui sont généraux et applicables à 
toute fabrication ; ce sont ces derniers qu'il est possible d'indi- 
quer. Ainsi la manière de polir le ferblanc , la manière de tra- 
cer et de couper, celle de replier et de border, celle de mon- 
ter l'ouvrage, soit au moyen du repli simple, soit au moyen de 
l'agrafe ; la manière de souder et d'emboutir, etc. , toutes cet 
opérations peuvent et doivent être décrites. 

Supposons qu'il s'agisse de faire une casserole oïdinaire. Si 
ce vase est destiné à aller sur le feu ou bien à un usage fré- 
quent, il faudra monter l'ouvrage à agrafe, c'est-à-dire rej^er 



lïlRBLAiynER. 133 

fiir eux-mémeft les rebords des feuilles de ferblanc qu'on veut 
assembler, et faire entrer un des replis dans l'autre. Si autant 
de solidité n'est pas nécessaire, on pourra se contenter de mon- 
ter à soudure simple , c'estr-à-dire en soudant le bord d'une 
feuille sur l'autre bord , l'un dessus, l'autre dessous. 

Supposons d'abord qu'il s'a^sse démonter à soudure ample : 
on conunencera par tracer et découper le rond qui doit être le 
fond ; tout autour du rond on fera un repK simple , de manière 
à ce qu'il représente une cuTctte ronde et dont les bords se* 
raient peu élevés (4 à 5 millimètres). Pour faire le contour, on 
prend une bande de ferblanc d'une longueur fiicile à calculer, 
puisqu'elle doit être de trois fois le diamètre du fond , plus 8 à 
10 millimètres de croisement. Si le yase doit être plus grand à 
l'orifice qu'au fond, ou si, au contraire, ce qui se voit plus rare- 
ment y il doit être rétréci par le haut , comme cela a lieu pour 
les cafetières et autres ustensiles de ce genre , on doit donner 
plus de croisement, et même, si la décroissance était considéra- 
ble , tailler en biais les bouts de la bande , afin que le croise- 
ment soit égal tout le long du joint. De plns^ on ourle le long 
côté de la bande, qui doit être en dessus. Cet ourlet se fait de 
deux manières: d'abord avec un simple repli tout-Â-fait ra- 
battu, ou bien à l'aide d'un fil de fer non recuit, qu'on place* 
dans le repli avant qu'il soit tout^-fait fermé. On enferme ce 
fil de fèr, soit à l'aide de pinces plates , lorsqu'il est peu consi* 
dérable , soit avec le marteau ou le mattoir, lorsqu'il serait trop 
fort pour être contourné avec les pinces. Ces dispositions pri- 
ses, on contourne le. bandeau, et on en ùlt une cercle qui sera 
le pourtour. En arrondissant ce pourtour, on doit veiller à ce 
qu'il soit autant juste que possible avec le repli fait autour du 
fond , par lequel il doit être maintenu ; les pièces ainsi montées, 
il s'agit de les souder ensemble. 

Cette opération, très simple, demande cependant encore de la 
pratique pour être faite sûrement. On rapproche Inen les pièces^ 
à souder, et l'on répand sur le joint de la résine pulvérisée. 
Cette résine est contenue dans le rochoir^ et tombe par un gou- 
lot très menu , ce qui permet de la répandre uniformément 
sur tQtttç h longueur du joint. Pendant que cette opératiM pré* 
Usûnakfi Miùt » le fer à ioud«r cbav^Q dont U foumoAU* Im%^ 



IS4 FERBLAMIl^* 

qu'il ekt ehaud^ on te frotte rapidetneiit sur un 
feutre^ afin d'ea ôter ia cendre bu les autres inalpro]MrMiflP^^^ 
poun^aîent s'y être attachées; et alors, àvee ee méiM fer,éi'i"^ 
prend, dans la lingotière^ un peu de soudure^ qu'ofa'pQrtkèl"^^ 
suite sur le jointe et dans lequel on la fait pénétrer; OaMlP^ 
prikne le joint avec l'appuyoir^ aâh de faire prendre k lAi-l ^ 
dure; et loi^qu'elle est prise danft un endroit, on en renetfivi*^ 
tr€» à la suite , que Ton fait également prendre à l'aide dd lÉ 1*^ 
chaud et de l'appuyoir. 1^ 

La soudure lest composée d'une partie de plbtnb eCde dentf» 1 ^ 
ties d'étain , fondues ensemble^ et moulées en plaqttes^ Oà âÉ I * 
en mettre non seulement dans les endroits qu'il s'agit fle lév 1 ' 
nir, mais encore dans tous ceux où le ferblane est vtonpiidt^ * 
sans cette précaution , il se rouillereut infailliblement daiici 
endroits. 

Si Ton a été dans l'intention de metti^ un mande 1 eeHè 
casserole , on aura du percer à l'avance deux trous à un coIf 
mètre environ au-dessous de l'ourlet, et à la iliême distâiftec» 
viron des bouts de la bande qui doit former le poulrtmir. L'«- 
sage est de percer ces trous d'avance, Avant de cdntdunérk 
cercle. Cependant on peut les percer lotsque la pièee est soaM| 
' et alors on est plus sûr d'arriver juste avec lès troiti percés lÉ 
l'attache de la queue, partie qu'on tracé les trous eii « lH i 1 i |M^ 
l'attache sar l'^fidroit qu'elle oecuperà lorsqu'elle seim riMb 
Dans tous t«s cas ^ la queue doit être placée à ebevid sur kLué 
lïure qui réunit les deux bouts du contour. 

Si le ydse devait ètte agrafé , l'opération serait ptns OM^ 1 
quée. Eki traçaât le rond du fond, on fera en dehors ÛA eodik 
qui) en définitive, sei-a la grandeur de ce rond$ 1^ mi iàM 
cetAe plus grand ^ espacé du premier de 4 milliniètr9$ 9h lÉ 
troisième cercle , plus grand encore , espacé du second dé 8 lUt 
limètres envbxm. Ge troisième cercle servira à déterminer ttpi^ 
sage de la citeiUequi coupera le disque. On repliera, à l'aidé dl 
marteau^ sur lé tas, le cercle extérieur, en suitant biett h 
tracé i ce cercle, qui était le secotad, étant distant de 3 iniUlÉlèF 
très environ du bord du rond, formera un repli d'ett^iM 
3 millkdèti'es de hauteur ; on rabattra un peu te pb^ et îte kM 
onfoferqiieimlesèe^iidfeidi, eu ewvaftt le pntotior ^th IWlt 



FJDUlLâItTIER. I3â 

ÇMê «péflfttioll ttiie «u (frinà y on forment ua Nplt à h partia 
inférieure du pourtour, et on fera entrer 09 ref^ d^aa le repli 
d^vi>l« dit fond* Cette «f àratioa 1 qm-^ compr^fid dè« 4'4]>ord 
loiVfu'aa te voit foir^^ eit un pftu dijO^cik è Ueo eKpriiMer en 



Qii«od Végtêtb «tt «t^^géi ^ om la 6mk avet te marteau « «m 
fermant entièretitelat los plii senleiaaAt coHunwIoés , afia 4(| fth 
ciliter Tiutioductîoii dcb uaui dMif les autres; eoMùlA «ifc flA 
ceider la soudure dedans et dessus, ee joint , qui devient alaM 
très salide. Cb fait des a^r^es ûoaà le baurreleit tst on dedans rt 
elles sont d'uae eonfisctian diftetia 1 peu d&4erlilaAtkis y tfdseH 
fiisseiH pa rf sile we nt hh&Eu Oh a iwenxM Tidclasioi» d'en i#{¥e : 
c'est la contrepartie de l'opération dont nous TonotoftAe pH^ 
1er, sauf «n pli da pins ; tioiAS ne ei^yons pa| utile de la àétimni 
Lei fnèeee ainsi assemMéfli sont pbie |ir<qDr4as 1 <n»aîs A'ae^èr 
rentpainl plusd^soUdités 

PROCÉDÉS GENERAUX, -r POUR LE FERBLANÇ. 

Le l4îrbla«ic le moins avantag ea » sera.n^ia â part ppur 4fr# 
finqdolaé ]»rut. On ne doit polir celui de^jitiQijf d^stiaé i ^e^^i^^w 
ijette priparaticm fu'après ^u'il a .«té découpé , a^n de n< ec 
point 4opner la peina de polir im pMr<t3^, <fiu4:9 epr^ )la4^Hf 
pureiaorlir^ient dans las n^g^fOJ^^, Çapei^^l lorsque. lia piè- 
ces aont tris 3)etites9 oei f;^it bien ^ ;4i«^9iii^^aF%«t;det|iwli^ 
pat^ee ^il deviendrait difficUe ^ te &iKft «W^;4e« petite niayr 
ceaiH^ f n'en ne eaurait connnan^ ilwnir snr li^ |ap. . 

On jpoiU en posant l'objet aur le teaÀ4ipOTev9 .eni'y rnailUMH 
lAivt at le reteucnant de la ina^a ^ancb^ y tnfidis ^'aveç ia 
droite» armée d'an m^ijilet ou d'un n»aFtee« à polir, on lNtp|ie 
â petits coupS) en évitant de feira 4ef i#égalitf s sur 4a iei^UfC 
eu la fiÎ6ce4 polii^- 

Ç^fmeler. ^— Cette epératbn a Ueu en portant su^r le tas à 
canneler les pièces quidoivantrei^evfûr g^4 prépanatioii^ ^ili , 
a cet afiel: , jportentle dessin qu'^n vetit produire. €'est ji l'side 
du marteau k deux téiss qpi'on fait les <:a|nBeluras \ ea fr^paKI, 
on fait prendre au fer la forn^ des £annelnr€& 4a tee ; -^fti 
fowpsf m^mn la pièce daifwt soîi, et 4e MweUes iMMbws 



136 FERBLANTIER. 

se produisent bien également espacées, puisqu'elles se.moiilent 

sur les cannelures du tas. 

Plier et border. — Nous avons en partie décrit cette opéra* 
tion en parlant de la manière de construire une casserole ; nous 
devons ajouter seulement que lorsqu'on en est à réunir l'ourlet 
d'un contour, il faut que le fil de fer dépasse d'un bout, et que 
de l'autre l'ourtet soit vide dans un espace égal à la longueur 
du fil qui dépasse. En montant, on fait entrer ce fil dans l'es- 
pèce de douille formée par l'ourlet vide, et l'on soude ; par ce 
moyen-, on obtient une solidité qu'on n'aurait pas si le joint 
du fil de fer se trouvait à l'endroit du joint du contour. 
' Emboutir. *- Lorsqu'on veut donner aux pièces une forme 
faémisj^érique, ovojide ou toute autre , concave ou convexe, on 
les place' sur une bigorne ad hoc y et l'on frappe dessus avec un 
maiUet ou le marteau à emboutir. On distingue plusieurs mar- 
teaux de ce genre : marteau à emboutir en boudin^ marteau à 
emboutir en tête de diamant, etc. 

Travailler le zinc, — Ce métal est maintenant très employé 
par le ferblantier pour 'toutes sortes d'ouvrages. Son prix est 
à peu près le même que celui du ferblanc, et dans certaines cir- 
constances il a sur Ini plusieurs avantages. Il s'oxide moins , il 
iburnit des feuilles in<iomparablement plus grandes , ce qui , 
pourlescheneauxetihiyaux de conduite, est un grand avantage, 
puis^'alors les soudures deviennent ]4us rares. Il offire encore 
cet araritage,' que' vieux et eh débris il a encore de la valeur, 
lorsque, dans lés mêmes circonstances, le ferblanc a perdu 
toute la sienne. En rendant le zinc en débris eu échange du 
zinc neuf, on n'a que ÔO cent, de perte par kilogramme. Le 
ferblantier doit savoir cependant qu'il . ne devra jaoïab em- 
ployer le zinc pour aucuns- vases de cuisine et aucunes mesures 
de capacité, attendu que ce métal ofire quelques dangers; il est 
d'ailleurs proscrit dans cet emploi par une décbion ministé- 
rielle de 1813, qid n'a pas été rapportée. • 

Le zinc s'étire assez bien à froid sous le marteau, mais cette 
faculté a ses limites. Lorsque sa malléabilité est perdue , on la 
lui r^d iSa le faisant chauffer à un degré un peu supérieur à 
celui de l'eau bouillante. On redonnait dans la pratique qu'on 

ft atteint 6« âegr^ âo çbaleui i quand une «tUumette prend ftu 



FERBLAMIER. 137 

par 9on contact avec le métal. Dans cet état, il s'emboutit et s'é- 
treint aisément sous le marteau, même alors qu'on l'a laissé re- 
fioîdir après lui avoir donné ce recuit. 

Dans l'opération de la pose du zinc , on a souvent à replier 

la feuille de métal , et alors on n'a pas la £aicnlté de chauffer la 

feuille. Dans ce cas , il suffit d'avoir un far à souder dans un ré« 

cbaud. On trace avec un poinçon une ligne sur l'endroit où on 

veut faire le pli , et l'on promène le fer chaud sur cette ligne. 

Cette précaution suffit jKiur ^e le métal devienne malléable à 

l'endroit du pli, et ne se casse pas, ce <[ui pourrait arriver si 

on le ployait tout d'abord. Quand le pli est long , on cfaau£k 

deux ou trois décimètres , on plie ; on chauffe plus loin , on 

|Aie, et ainsi de suite. Lorsqu'on fait des tuyaux en zinc ayant 

moins de 5 ou 6 centimètres de gros , on passe dedans une barre 

de fer échauffé ; quand ils s<mt plus gros,on les travaille^ froid, 

mais après avoir fait recuire le métal. Le zinc se soude à l'étain 

pur, à Taide d'un fer à souder en fer, et non en cuivre, comme 

celui dont les ferblantiers se servent communément. 

Souder le zinc. — Il faut commencer par nettoyer, en les 
grattant avec un radoir, les deux surfaces qu'on veut rappro^ 
cher, de manière à ce que le métal se montre pur, briUant et 
dégagé de tonte ordure. On étame, ces deux parties avivées, avec 
del'éiainpur, on rapfMroche les parties l'une de l'autre, et avec 
un pinceau on étend sur le joint une goutte d'un soudant com- 
posé d'une dissolution de sel ammoniac dans l'eau et de poix 
résine dans l'huile ; les deux liquides mêlés ensuite , on fidt pas- 
ser une ou deux fois le fer à souder suffisamment chaud sur le 
joint; le soudant coule, les deux parties étamées s'unissent soli- 
dement. La force de cette soudure est telle, que , tiré avec une 
force convenable, le métal se rompra plutôt que de se des- 
souder. 

CONITAISSANCES ACCESSOIXES UTILES AU FERBLANTISK. 

Etamage. — Les pièces planes doivent être étamées à l'étain 
fin ; mais cet étamage n'est pas toujours praticable, surtout pour 
les pièces dans lesquelles il se rencontre beaucoup d'angles ren« 
trana; dans ce oas, on rend l'étain plus coulant, plus pénétrant| 

^ 7 loéliuK me certaîM qwi»Ut4 de plon^} q» peut mçt(N 



uiEi quart eu mèm» «n tm« de ))lo»ibf fti^qpiet «tamewirt mm 
matteiil (iarantôge > »â4s to propertiona iildiquée» a^nt les pliM 
sûres , si elles ne sont le pltis uaîtées. Il ^ a deu< itiatûères â'^ 
taiiier t dans toutes les deuk^ il faut aviver le méUl à ^aflÉJ^r, 
^t en. le raclant ^ «oit eti le faisant dÀnper daiis Taéidè. Iteai 
la première manière» oA fait tkwiSot la ^èoe ^ on y jtflte ûé kl 
poix résine et «fisuite de l'étain lenâu, ^e l'on «tend âVee use 
poignée d'éte^pesw Banft la seodade^ t>n fait ^gakmetil ckàiilKnr 
la pïha^i on y metibndrè dusuif^ delà résine^ {wn^f àrakU» 
du 1er À soiideri an &tt fondre l'étain^ <|ui s'attadhe 8nir4frrhMn|l 
après la pièce à étamer$ on rèipasse le fer efaaud eur l'élAflMge 4 
afin qu'il soit bien uni, 

Pmnture. — Leseouleitrs dont On re¥:él le lei^>Un|îetle cuiTiv 
se détrempent toujours à rbuUe. La peinture à l'iHJdle verliûi 
poUe^ qui est toujours emfdeyie par le f^Uantiéf ^ ne difièrfe é9 
la pèititure ordinake qiise pe^t Teitipl^t dies ieinies é.nêpm isk par 
le vernis qu'dïe reç^ lorsqu'elle ^t ef)pli4Uéeu Polur left cev»* 
leurs claires , teltes que le blanei le gri^^ 11 faut efeiptoyer l'Intilt 
de noix ou l'huile d'eeillette^ si les t^ouleura soilt i^mcies , 
con^me le brun, le vert de vessie ^ ett.^ «s'M l']»iiile 4e lia pure 
qui convient. Toutesles coulevirs brbyées et délwltipéfleà Thuilf 
doivent être qoachéesÀ froid ; il faat ##uiwf de ^MH» 4» lenifi 
la couleur 4aiià te jpot Uvaiit d'^n prendre aree U hfoâmt Cela 
£st indis{>9naabl6 si IW veut e^HOEsef ver Ih ffoèiws teînl^ et la 
même ^^aisseur à la ooUehe. Avabt d'étentipe la {iéUlar^ elir le 
fwbUuEiC:) il faut dontilfr une «u deux ^oHiW à!àiiproSi$ieny et 
cfes eoite^el ne prenneut bïeù, sur les ïaéts^): qifee m, l'on mék 
u^ peu 4'esstoce danft la premièi^« Qett^ prensièfe eeiàdie eét 
compopée de hl^ç de<céruse broyé tet-détienspé àl'bMttei k 
eedOnde <!ouolie eat déti^enspée à TéÉs^ee fàiirei 

Si la peinture doit être brillante du premier jet , c'es t » è^' di we 
si Ton ne doit point la recouvrir d'un vernis , comme lorsqu'il 
s'agit de peindre èîi manc l^intérieur d'un réflecteur de lumière, 
dn Wé doit |KHiM<eidi|)leyer ta breeie pour ëteàdre le bfattè; elle 
laisserait des iMes ineffaçables, (hi del^e la pdnttM^e en y aaè- 
lant die l'iluile juequ'à «e qift'«lle bcni ^assea tonbnte. On «b 
verse alors ime eârtMiiie<^«aâtilé>stir tin 4es poûilB de l 'i i rt i 
îriMur dt ff féflwienBi ^ »4 fiariip wt fft»e Imy/mM^ <>» Ait 



FERBLANTIEIl. IM 

wfâlet la jieiBtare partout ^ et Von rerke l'cxoédbni dans le pdt^ 
après quoi on loume aïoore quelque temps polir que la couche 
s'ëgatiwS bien partout. La oouleur ainai poiée eat ëgale et brîl« 
lante. 

Femir. -^ Si oh reut feirè ao»-inéme le rends, qu'on feiti 
mieut cependant d'a<^etcr tout &lt ^ en f oici \k liseette s en 
poiés, copidliquéâë B, sandâroqUe 6 j mastkmekidé 8, vèrhi 
pilé 4 ) térébenthine claire 2 ^ alcool d2. 

Le Ternis doit être fait et conàenré dahs dek pott néuft^ piv*. 
près et secs. Il ne Senit yemîr que dans on lieu «brilëdll Tentel 
de k poussièriB. Pour prendre le yenns ayee la brèsst , o» ne 
fait que Teffléurer, et, en retirant là maiii , on tourne deux ou 
trois fois la brosse . poui^ boupér lé fil que le Vemk laissé 
après lui. Le yernis s'emploie à froid ; mais lorsqu'il fait très 
ftoîd, il est împortaiit d'élèhrbr la tedipétatotë ^ l'atelier où 
l'on opère> afin <|ùe le froid ne le saisisse jloint trap.prèni|iae» 
ment. Lorsque le yernis est éteada, on lé laisse sécher; Bn^été^ 
on l'expose au srieil, et s'il fait très ohaud, on l'abrite contre 
la tirop yiye ardeur des rayons. En faiyery oA fiât séth^ déus 
une étuye od dans une chambre très écfaauMst Haas tott le 
eters de l'opération , unb grande pn^reté «si de ttgmoit, te 
otfmss gfw ne oiaînt pas la chaksir. Les |)lèces «înii ^ e wal èt 
peuyent être mises à sécher dans us ScMir très écbauifé* i^Bam 
ait yèmia à i'sdcobl, un trap i^and dè^[Po de chaleur le fàrait 
bodUosmor. D'une aulre psui , le froid lui esÉeontnire ; saisi 
par lëfroad) tlblanidûtetsegrumeUe;fl{nkyérinrhafdiment| 
eh ée pasèant la brosae i^fiûmb seule fois shr le même ondrdift^ 
•sit qu'on aille de gauofae à droite ou de droite à gauche; ou 
r ea kini t le y ensis » si ou le repreiiait A rfebonrs* ft i'oé maisast» 
ou pvodttvait des silloBs et des épaiaaeuH» ddàbUes. Qiaqiua 
«ouche mt doit )Miut être plus épaisse qu'nbe icuîUé de pajier 
niiiBe; trop éffeûsse» eUe ride en séchaaitç tkop ininoe^ bUo él^ 
peint de solidité j il faut étendre trèk unifisiibémeatw On apîdi^ 
que les yernis ayec des pinceaux faits en forme de patte d'oiè^ 
nomuMls biairéàuxk vernir^ ou aVeedcs pibeaauK de soie ftrès 
fine ; pour les morinres et les an^es foubrasK m éè seic des pilb 



140 FERBLANTIER. 

à l'eau avec de la ponce broyée et tamisée, reçue sur un chiffon 
de serge. Il ne faut pas appuyer en frottant , afin d'éviter les 
rayures , mais bien mouvoir la main régulièrement. Il Caïut hu- 
mecter de temps en temps. Après la ponce vient le tripoli , qui 
doit être très fin et tamisé avec soin; on en répand sur un mor- 
ceau d'étoffe bien sèche et bien propre; on verse un peu d'huile 
d'olive pour former avec ce tripoli une bouiUie claire , et l'on 
frotte partout, ayant toujours soin de ne pas plus appuyer dans 
un endroit, que dans l'autre. Quelques personnes se servent, 
pour cette seconde façon, de morceaux de vieux feutre de cha- 
peaux, niais ils ne valent point des morceaux de drap. On es- 
suie alors avec un linge doux et éUmé, puis on lustre avec de 
la poudre d'amidon ou du blanc d'Espagne frottés à la main ; 
enfin, on essuie avec un linge sec et fin. 

C'est ainsi qu'on polit le vernis à l'huile. Quant au vernis à l'al- 
cool, il a rarement besoin d'être poli ; quand il faut lui faire su- 
bir cette-opération , elle est la même que celle dont on vient de 
voir r^xptosé, si ce n'est qu'on ne ponce pas, et qu'on se sert de 
suite du tripoli. Pour raviver ces vernis , lorsque les mouches , 
les.taches, la poussière et d'autres jnalpropretés, les ont ternis, 
f>n trempe une éponge dans une eau de savon légère ou dans de 
l'eau de lessive, et l'on passe et repasse^l'éponge , puis on essuie 
avec un linge propre et doux. 

Dorer^ argerUer. -^ G'estla dorure k Thiiile qui est préférée 
entre toutes pour les ouvrages de ferblanterie. Pour la prati* 
quer, on etnploie V or-couleur j qui n'est autre chose que le ré- 
sidu qui se trouve dans le pincehe||du peintre; Après avoir de 
noxtveau brayé et passé cette matière onctueuse , on s'en sert 
comme fond pour appliquer l'or en feuille. Plus cet or-<ouleui 
est vieux , meilleur il est^ on l'emploie avec un pinceau, comme 
si l'on voulait peindre, on l'étend sur la teinte dure , et on ap- 
plique les feuilles d'or sur cette peinture , qui les happe et les 
retient. Lorsqu'elle est sèche , la pièce est dorée : on peut bru* 
nir à l'agate. 

L'argenture se fait par le même procédé. Il y a beaucoup 
d'a^itres manières de dorer, peut«étre préférables â celles que 
nous venons de donner, entre autres celle! de M. Monteloux^ 
liayiHcn^vef maie ^cm eooçoil qu^eUes soat «usn plua longues 



FERME. 141 

â t>iatic[aer et à décrire , et ici nous ne devons qu'effleurer les 
matières. 

Brunir. — On brunit les dorures, les ai|[enturesy à l'aide 
d'un instrument nommé Brunissoir (yoy. ce mot). 

n sera traité, dans un article spécial, de la préparation du 
Moiré metaluque. Oillxaux. 

FERME. {Agriculture,) Cest essentiellement la corwtntion , 
le contrat (firma) par lequel le propriétaire d'une terre en 
abandonne la jouissance à quelqu'un pour un certain temps et 
pour un certain prix. Ce terme se prend communément aussi , 
tantât pour V ensemble des terres données à ferme , tantôt seu* 
lement pour le corps de bdtimens nécessaires à leur exploita* 
tion. C'est sous ce dénier point de vue qu'il en sera parlé ici. 

La destination générale de la ferme comporte une certaine 
Tariété de constructions et d'enclos dont le bien de la science 
exige le rapprochement et la liaiscHi ; chaque partie doit être 
subordonnée à l'ensemble , en même temps qu'elle doit bien 
remplir sa destination particulière. Parmi les constructions , les 
unes servent à loger les animaux, les autres à conserver les ré- 
coltes; celles-ci à abriter les instrumens aratoires, celles-là k 
d'autres usages éventuels. Ces différentes considérations influent 
naturellement sur leurs formes et sur leurs détails. Parmi les'en- 
clos, les uns servent à tenir renfermé dans de certaines limites 
le bétail auquel on permet de s'ébattre , et à préparer ou con- 
server le fumier, et les autres à contenir les tas de gerbes , les 
meules de foin , les amas d'autres produits. Quoique le logement 
du fermier ne fasse pas nécessairement partie de cet ensemble , 
la surveillance s&tdL plus fadle et mieux faite, s'il y est compris. 
Par son étendue et sa disposition , il ne diffère pas essentielle- 
ment de l'habitadon des classes analogues de la société ; mais 
dans les fermes-laitèries, certaines pièces du logement du fer- 
mier doivent être disposées pour ce genre d'exploitation. (/^. le 
mot Laiterie. ) On a commencé, dans les pays les mieux culti* 
vés, à se servir d'ardoises pour la couverture des fermes. Dans 
beaucoup de pays pauvres, les couvertures en chatune et en 
paille sont encore communes. Il est à souhaiter que l'ardoise 
l'tnqKMtte, à cause de la quantité considérable de paille qiic 



144 FERME. 

laissent pénétrer Fair nécessaire, et des volets de Ixôs bien ajus- 
tés permettent d'en exclure la lumière à volonté. En général , 
les écuries sont pavées; mais il y a des contrées où la partie sur 
laquelle le cheval repose consiste en un lit-d&-camp formé de 
planches de bois de chêne , placées en travers, et percées de 
trous pour que les urines tombent dans des gouttières qui les 
conduisent dans un réservoir commun. Ce plancher, légère- 
ment exhaussé en avant, est mis de niveau avec le sol, qpie l'on 
pave ordinairement de petits cailloux. 

Bans la plupart des écuries de ferme, na râtelier fixé au-des- 
sus des mangeoires réunit les fourrages, que les chevaux tirent 
avec lem^s dents à travers les barreaux, et qui retombe en partie 
dans la mangeoire, où ils le reprennent. 

De tous les animaux qui vivent dans l'état artificiel de la 
domesticité , il n'en est pas qui demande plus de soins que ie 
cheval. Le logement qu'on lui destine doit être spacieux, élevé, 
frais, susceptible d'être ventilé sans exposer l'animal à des cou- 
rans d'air. La meilleure manière d'opérer cette ventilation est 
de pratiquer dans le plafond, à l'aide de planches bien jointes, 
des coulisses ou scMtpiraux d'un pied carré, qui sortent au-des- 
sus du toit, et dont l'ouverture supérieure soit mise à l'abri de 
la pluie comme celle d'une cheminée, sans empêcher la sortiede 
l'air échaufie. Ces soupiraux ont des ouvertures latérales, qu'on 
ferme à l'aide de petites portes jouant dans des coulisses , et 
qui servent à régulariser la ventilation , destinée non seule- 
ment au renouvellement de l'air et à l'échappement des gaz in- 
salubres, mais au maintien d'une température moyenne soi- 
gneusement entretenue. Si l'on ne fait pas attention à toutes ces 
choses, le cheval, au lieu de trouver à l'écurie le repos et de 
nouvelles forces , s'y fatigue et s'y énerve. Il faut avoir soin 
aussi de ne laisser de litière dans l'écurie qu'autant qu'elle est i 
sèche, ou seulement assouplie par le piétinement des dievaux ; i 
il est beaucoup mieux de ne point leur en laisser sous les pieds I 
pendant le jour, parce qu'alors l'urine qu'eUe retient leur gâte I 
le sabot, contribue au gonflement de la cheville, et occasione I 
d'autres maladies. C'est à tort que certains cultivateurs se con- ' 
tentent de sortir le fumier de l'écurie chaque semaûne; il faut ' 
l'enlever tous les jours. Quand il y a un grenier aurdesaas de 



FERME. 145 

récarie, le plafonage du plancher est doublement nécessaire, et 
pour empêcher la poussière du foin de retomber sur les che- 
vaux f et pour empêcher l'ascension du gaz anunoniacal , qui 
nuirait à la qualité du foin. Les râteliers inclinés en avant font 
retomber de la poussière sur les yeux des chevaux , qu'elle fa- 
tigue singulièrement ; les barreaux de ces râteUers doivent donc 
être droits , et s'ils étaient inclinés , il vaudrait mieux que ce 
fût en arrière qu'en avant. Dans les écuries destinées aux che- 
vaux de fatigue, ilest avantageux de n'élever les râteliers qu'à 
16 c. (1/2 pied) au-dessus du sol, afin que l'animal, lorsqu'il se 
couche pour se reposer, puisse prendre facilement sa nourriture 
dans cette attitude. Les stalles , quand on en pratique, doivent 
être larges , et n'avoir pas moins de l'^fiO à l'^fib (5 à 6 pieds) 
de long sur2'»,27 à 2"»,60 (7 à 8) de profondeur. 

Les écuries de ferme doivent avoir 5°'20 ( 1 6 pieds) de large dans 
l'intérieur, et leur hauteur sous plancher sera de 9 à 12 pieds (3 à 
4 mètres). L'espace accordé par chaque cheval sera de 1 mètre à 
1 mètre 1/3 au moins, qu'ils soient ou non séparés par des com- 
partimens. Quand les chevaux sont trop rapprochés les uns des 
autres , ils ne se couchent pas aussi fréquemment que quand ils 
sont à l'aise, et ils prennent ainsi moins de repos. Il n'est point 
douteux non plus que cette position horizontale, si favorable à 
la santé des quadrupèdes, dont les jambes et les genoux sont si 
sujets à l'enflure, ce repos, si nécessaire après les dures fatigues 
du jour, ne soit plus parfait et ne leur soit plus profitable loi-s- 
que les chevaux sont placés dans des compartimens ou cellules 
séparés^ assez élevés pour qu'ils n'aient pas la vue les uns des 
autres. C'est par les jambes et par les pieds que les chevaux de 
travail sont d'abord ruinés. 

La construction des mangeoires et des râteliers ne demande 
pas moins d'attention que le reste. Pour accommoder les premiè- 
res aux différentes tailles de chevaux, on a fixé les limites de 
leur élévation au-dessus du sol à 12 et 15 décimètres ( 3 pieds 
6 pouces et 4 pieds 6 pouces ). On les construit en pierres de 
taille ou en madriers de chêne , dont on a soin de bien arron- 
dir les angles , et on les place sur un contre-mur ou sur des 
pilastres. Les râteliers sont scellés dans le mur, au-dessus des 
mangeoires. 

V. ' 10 



i'4b t^EîlMÉ. 

iTèb sont les principes lés plus essentiels d^âprès lesquels les 
fttd-ies doivent être disposées , lorsque Von a en vue là conseiv 
tàtion de letir santé et la prolongation de la partie laborieuse 
•él Utile de leUr existence ; et il ne faut pas perdre de vue que 
{)arihi les causés des maladies des chevaux, la mauvaise constnic- 
tibh et la mauvaise tenue des écuries ne sont pas les moins 
liiflueitites. 

L'ordre dans lequel les harnais d'un Usage journaUier sont 
itù^^e'ndtls et rahgés le long du mur de derrière , ne contribue 
jf^iaSpeù à factivité du travail. Une où plusieurs lanternes seront 
^ùspçildùes au plancher avec des cordes et des poulies l pour 
ëdàirer lé pansement et le reste du service , surtout en hiver, 
tOn ne dbit laisser entrer dans l'écUrie auctin animal capable 
d'exciter le désordre. 

Pour les Etablês et les BEhoERiES, Y. ces mots. 

Lorst^u^on a une certaine quantité de bétail à noùrrik*, il faut 
fciii cndi'oil jiartlculier pour serrer les navets , les pommes de 
ttehre,.étc., qu'on apporte des champs^ jusqu'à ce qu'ils soient 
^ttibùés dans les auges et mangeoires. Ce Jocal doit se trouver à 
î^ortéè du lieu de la consommation. La porte extérieure d^it être 
iasseï large pour l'entrée d'un char chargé. Une porte intérieure 
Aboutira au sentier pratiqué pour le gairdien , le long des têtes 
8e bétail ; une aùtte porte communiquera par l'autre extrémité 
àù magasin à paille. Pa.t là, les alimens et la litière seront 
légalement à l'abri , et la besogne du pâtre sera beaucoup 
amplifiée. 

Les cï5téis est et ouest du carré seront consacrés à des hangars, 
i»4lt pour le bétail qui s'ébat dans la cour, soit pour les char- 
rettes. Ces hangars servent aussi à tenir à l'abri certains coni- 
, j^oSts, oU les ingrédieiis qui entrent dans leur formation, et qui 
lie yfoivent pas rester tous exposés aux influences atmosphéri- 
que$. Mais il faut que les écuries pour les jeunes chevaux , les 
dievàux de selle et les chevaux malades, soient placées du côté 
4ptti tépond à la grande écurie commune , dont il a été précé- 
demment parlé; et , de même , le lieu destiné pour les veaux 
sera disposé , du côté opposé , à la proximité des étables. Les 
hangars pour le bétail s'ouvriront du côté de la cour à fumier ; 
ceux pour les charrettes s'quvriront eu dehors. Dans Tun des 



fléûx côtés , on r&ek-vera un petit local pour les petits ihstru* 
mens, et un autre pour cuire à la vapeur les grains et les raci- 
nes ; on disposera près des étables et des écuries , ou immédia- 
tement au-dessus , des chambres où coucheront les domestiques 
chargés de leur soin, afin d'être à portée de remédier aux àcci- 
dens qui pourraient survenir pendant la nuit. 

•On placera le long du mur qui achève Tenceinte, les construc- 
tions basses , telles que toit à porcs , poulailler et autres dû 
même genre. Les toits à porcs s'ouvriront du côté de la cbur des 
fumieirS , afin que les cochons y aient accès et profitent du 
grain, des navets et autres débris d'alimens dédaignés par les 
bestiaux. Lorsqu'on élève un grand nombre de cochons , ott 
peut juger à propos de leur donner une cour particulière , 
comme font beaucoup de propriétaires cultivatem^s ; mais il ne 
faut pas interdire au simple Fermier, qui a une rente à payer, 
la faculté de laisser aller ces animaux utiles dans un lieu qui leur 
oS*re tant de ressources, sans aucune dépense et sans le moindre 
tort pouf les animaux[en la compagnie desquels ils se repaissent. 

Quelles que soient les modifications que l'on juge à propos de 
faire sabir à ce système de dispositions générales, il est oans 
tous les cas absolument nécessaire qu'il y ait dans la cour ou 
auprès de la cour une eau pure et renouvelée, qu'on distribuera 
convenablement, à l'aide d'une pompe montante , dans des au- 
ges ou abreuvoirs , à portée des animaux qui doivent en pro- 
fiter. 

Lorsqu'on entretient une grande quantité de bétail à l'étàble, 
il est nécessaire d'avoir un réservoir dans la cour pour recevoir 
leurs urines. On emploie ces urines pour l'engrais , soit dans 
leiir état liquide, soit en y mêlant de la terre, de la mousse, etc., 
que l'on jette dans le ti'ou, en quantité nécessaire pour les 
absorber. Quelquefois , le réservoir est creusé au-dessous de 
l'aire de la cour, et l'on se sert d'une pompe pour répandre l'u- 
rine sur la fosse à fumier ; mais dans les circonstances ordinai- 
res la litière qu'on étend sous les bestiaux sufiit pour absorber 
leurs urines. 

Il est très utile , dans les grandes fermes , d'avoir de petits 
ateliers de forgeron et de charronnage, loi^ même qu'ils ne de- 
vraient servir qu'une ou deux fois par semaine; car on pera 

10. 



14S I15RM& 

beaucoup de temps à aller chercher au loin les secours que l'on 
en tire ; ces petits établissemens doivent être à quelque dis- 
tance de la cour aux bestiaux, à cause du feu. 

Le jardin et le verger seront placés derrière le corps de bâti- 
ment de l'habitation , mais de manière à ce qu'on puisse com- 
muniquer de la cour avec le verger, sans être obligé de passer 
par le jardin. L'un'et l'autre seront assez^ grands pour bien rem- 
plir leur destination. 

On ne fait généralement pas assez d'attention , dans la con- 
struction d'une ferme , aux logemens ou chambres à coucher 
des serviteurs non mariés. On les place fréquemment dans des 
greniers noirs et étroits, au-dessus des écuries ou des étables, 
où ils sont privés de lumière et d'air, exposés quelquefois, faïute 
de lambris , au vent ou à la pluie, aiiisi qu'aux exhalaisons délé- 
tères du fumier des chevaux et des vaches ; si les servantes sont 
admises dans l'intérieur du logis , elles sont reléguées dans des 
réduits humides et obscurs , derrière les cuisines , dans des ca- 
binets bas et étroits , dans des galetas , manquant d'air, et dans 
le voisinage de pièces d'où s'échappent des exhalaisons mal- 
saines , et qui renferment le fromage , le fruit, le lard, le sa- 
von, la laine en suint, ou des plantes fortement odorantes, 
comme le chanvre et le safran. Il en peut résulter des incon- 
véniens graves , auxquels l'intérêt du maître, non moins que le 
sentiment d'humanité, doit le porter à remédier. Il serait à dé- 
sirer que , conune cela se voit dans les meilleures fermes de 
l'Angleterre, on a£fectât à l'habitaticm de ces bons et utiles ser- 
viteurs , principalement de ceux qui sont mariés , une suite de 
petits cottages^ khi -portée de leur travail, dont chacun serait 
composé de deux pièces , ayant au moins une cheminée , avec 
un petit jardin. 

Le cellier et la cave , le fruitier, la chambre de cuvage, b 
chambre à chauler, le fournil , avec four, pétrin , et un four- 
. neau économique pour chauffier l'eau des lessives, de la bon- 
kngerie» et pour la préparation des denrées; le garde-manger, 
le bûcher, etc., méritent aussi beaucoup d'attention. Les celliers 
doivent être construits dans un sol naturellement sec , ou mis 
artificiellement à Tabri de toute humidité. Buis les pays très 
«hittds ou très froids^ ib doivtut être munis de portes et de 



FERME. 149 

croisées doubles. Il suffit qu'il y ait 27 à 32 c. (lOà 12 p.)d'inter- 
Taile entre les croisées; mais entre les portes il doit être au inoias 
de trois pieds, en sorte que la première porte puisse avoir été re- 
fermée ayant que l'on n'ouvre la seconde. Daçs un cellier ainsi 
construit, on peut conserver de la glace même, en l'enveloppant 
d'une grande quantité de paille. H suffit qu'il ait 2"',27(7 pieds) 
de haut. 

Toute ferme qui récolte une certaine quantité de fruits, doit 
être pourvue d'un fruitier. Le grand art de conserver le fruit 
est de le tenir sec , et d'empêcher l'évaporation de sa surface , 
ce qu'on obtient en le mettant à l'abri de tout changement de 
température et d'humidité dans l'air. Le moyen le plus simple 
est de placer le fruit sur un lit épais de paille sèche, et de l'en- 
tourer et le couvrir d'une grande quantité de cette même 
paUle, dans toute situation et à l'abri des influences atmosphé- 
riques. Mais il est encore mieux de placer le fruit dans un cel- 
lier sec , sur un lit de sable sec , et de le couvrir avec le même 
sable, ou avec de la fougère, en inettant encore par-dessus une 
couche de paille. L'avantage du sable consiste dans sa fraîcheur 
et dans son dégagement d'air consécutif, ce qui le rend moins 
sujet à se flétrir. (/^. le mot Fruiterie.) 

La chambre du chaulage sera disposée de manière à ce que 
les tuyaux à descente des trémies placées dans les magasins à 
blé et à avoine qui sont au-dessus y aboutissent. C'est dans les 
trémies que l'on versera les grains , qui arriveront ainsi dans 
Wchambre du chaulage de la manière la plus économique , et 
où on les chargera très Aisément sur les voitures, acculées à la 
porte de cette pièce. 

Toutes ces dispositions, et d'autres encore qui seraient jugées 
nécessaires, pourront être exécutées et circonscrites dans un 
quadrilatère rectangle, dont les dimensions seront calculées sur 
rétendue de l'exploitation , qui formera le périmètre de l'in- 
térieur, ou cour de la ferme , et dont une des diagonales sera 
orientée du nord au sud. On a proposé d'en couper les quatre 
angles de manière à ce que chaque grand corps de bâtiment soit 
isolé et séparé des autres par des murs en paus coupés , qui 
achèveraient la clôture de la cour. Alors, sur le côté nord-ouest 
du quadrilatère , on placerût l'habitation du feimieri dont la 



15Q EIJIME. 

façade intérieure serait ainsi à l'exposition du sud-est. Ce corps^ 
de bâtiment contiendrait, en commençant par le sud, Ths^bita-r 
tion et ses accessoires , la cuisine , le fournil , la laiterie y le bûr 
cher, le$ remises et la cbambre du cha\ila^e. A l'exposition sud* 
ouest du quadrilatère seraient les écuries ^t les étahles , faisant 
aiiisi face ^u nord^est, avec la cbambre du ipai^re ch^^rretier. 
Le troisième coi*ps de bâtiment serait celui des grange^. Plac^ 
en face de celui de Tbabitation, il serait sous h, su;ffveill^nce di- 
i^ecte du fermier. La communication de la coi^r 9,yec VfJiclo^ 
des noLurs , qui doit être établi derrière ce corps de bâtiment , U 
diviserait en deux parties égales. Enfin , sur le câ\té ^Qr^-est se- 
rait le corps de bâtiment comprenant le ^oit à porc^ , l'^urie 
pour les chevaux malades , le pouUilW et les bergeries, V^x- 
position du sud-sud-ouest n'éteint pas nuisible s^ux bétes à, \^n^ 
pendant la saison où elles ne sont pas au parc. La porte ^'^x^trée 
serait placée dans un des angles de la cour, entre Ths^bitatioii 
propren^ent dite et le co^ps des éc\iries et des étables* Le colom- 
bier serait établi sur le pan coupé au su(i, et le desspu^ pour- 
rait servir de remise éventuelle et de passage aujç: yoitii^res pour 
aller dans les écuries etf dans le verger. Les deuK autres ps^ni 
coupés seraient destinés, V celui ^ côté des bergeries ^ établir 
une conununication directe avec des bergeries supplçmex^t^ires 
j^acées en appentis le long du mur de clôture de Tenclos de 
murs ; 2^ le dernier à servir de rempart à une fosse ppivr les 
engrais arti{icieb. Les quatre cp^ps de bâtiment seraient 4ssai* 
i^is du côté de la cour par une large chaussée en égout, rég^i^t 
dans tout le pourtour ; et le surplus de la cour serait divisé en 
trois parties par une chaussée en forme d'un y> tafit pçfur fa- 
ciliter 4es comniunications, que pour procurq' au fernûe^ trois 
fosses à fumier, pro|>res à séparer ou à i^élanger les engr4^ i 
suivant les besoins. 

L'^senible des bâti^nens qui composent la f^rme ^ont ^ 
peine n^oins nécessaires ai; cultivateur que les instrunienç im- 
médiats de sa culture , que ses propres charrues ; et l'on peut à 
bon droit considérer la ferme , sQUS le rappprt de l's^pplicadoii 
des différentes constructiQ^s qu'ellç renferme, cqmn^e étant elle- 
içcme yn grapd instrument coi]|;ihin*nt, fégulariç^t et ^omp]^ 

m l'SÇ^^ft 4e tpHsJes ftij^e^^ et R^tawR? m gfW4f mt^M. 



FE^IMENT, FERMENTATION. \&i 

stationnaire, opérant plus ou nioin$ sur chaque brauclie dp tfa- 
vail et de produit. Rien ne signale mieux au premier çoiip 
d'œilTétat de l'agriculture dans une contrée , que l'aspect qt \g 
développement de ces sortes de constructions. 

SoULANGE BODIN. 

FERME. (Construction.) Un comble y un hangar y^ enu^^iqtil 
un système de construction ep Gharpei^te, se compose ordi^fi* 
rement affermes et de travées. 

ViWQJerme est la réunion des pièces de charpente qui, tq^fÇ| 
situées â peu près dans up même plan vertical , ordinaireme^f 
pei^endiculaire à la direction en longueur du bâtin^ent, çï\ dé- 
terminent la largeur, et en forment en quelque sorte la. pf ÎQr: 
cipale ossature. 

Une trave'çy au contraire, est l'ensemble des piècç9 ^ ordinai- 
vement horizontales , qui occupent l'espace existant entre deu:|Ç 
fermes, et dont les principales portent d'une ferme à un^ ^^P!^' 
Voir Plancher , Toit, etc. (jOurlier. 

FERMENT-, FERMENTATION. {Chimie industrielle.] Çq:-- 
taines substances organiques présentent , dans des circonstances 
particulières , des phénomènes auxquels on a donné le nom d^ 
fermentation. Les chimistes, à diverses époques, ont reconiipji)97 
qu'à sept espèces de fermentatior^s ; quoiqu'il soit difficile â<f 
décider exactement le nombre de réactions que l'on puisse dé-, 
signer par cette épithète , elle a été conservée pour tfo^ princii* 
pales, les fermentations alcoolique, acéteuse et putride. ]jf| 
première et la dernière sevilement doivent être compri^^ §oui( 
ce nom, puisqu'elles sont accompagnées d'un dégagement 4<9 
gaz plus ou moins abondant. Nous avons traité de la fqrm^t^on 
de l'acide acétique à l'article Acescei^ce ; nous nqus opp^pf;* 
rons, à l'article pDTREFACTioN,-dela^ décomposition désorgapii^^^ 
trice des substances organiques ; nous n'aurons donc qu'àps^^f*^ 
ICI de la fermentation alcoolique ou vineuse. 

On désigne habituel^^tn^nt cette fermenta);ion, par^n IQOU- 
vement spontané qui se produit dan^ certaines si:|bstanqe$ l^r 
quides ou molles , et donne lieij à un dégagement de gaz c*i> 
tonique et à upc production ^'aîcopl. Spus Iq rappprt dcj Ja 
spontanéité , la fçjrifientatjon alcoolique nç ^ déy^tqpp^ \ffl4 
4^ns diyçy^ puçs dç fruits , qu |a §pve dp qu^lpe^JvjéçéftliW i|lli 



154 FERME3ST, FERMENTATION. 

çqmme l'alcool renferme 8 volumes de vapeur de carbone, 12 
4'liydrogène et 6 d'oxigène, on voit qu'en ajoutant 2 volumes 
d'hydrogène et 1 d'oxigène, ou yn volume de vapeur d'eau^ on 
obtient : 

8 carbone^ 12 hydrc^ène et 6 oxigène = de l'alcool ; 

et qu'il reste 5 de carbppe et 4 d'oxigène , qui donnent de Ta- 
cide carbonique. 

Le sucre de raisin renfermant 4 d'hydrogène et 2 d'oxigène 
de plus que celui de canne , ces quantités de gaz produisent 2 
atomes d'eau. 

Un voit d'après cela que le rôle de l'eau pç se borne paç à 
dissoudre les substances réagissantes , comme on poL|rrait U 
penser. 

Les sucs de fruits sucrés ne demandent pour fernienter d'i|u- 
tres conditions qu'une température suffisamment élevée; cop^pae 
elle i^'est pas toujours naturellement suffisante pour qiie la fer- 
mentation marche convenablement, on l'élève artificieUei^çnt , 
coiTune on le dir^ à l'article Y in : quant à la fermeptatio|i d^ 
jus de pommes et de poires , on en a dit ce qu'il convient d'ep 
exposer dans cet ouvragç à l'article Cidre. 

Pendant long-temps la totalité de l'alcool a été produite par la 
distillation du vin; mais dans quelques localités on di^|i|lait 
aussi les marcs ^ et dans l'Allemagne surtout ,. on préps^re de* ' 
puis long-temps déjà de l'eau-de-vie de grains pu de ppi^mç^ 
de terre. 

Ce dernier produit peut être obtenu de deux manières , soit 
avec les pommes de terre, soit ep se servant du sirop ^ç fécule 
obtenu par les procédés que nous indiq^çrqp^ k ^article 
SqcRE. I 

Nous n'avons pas à nous occuper ici de la pf épara^tion dçs c^ 
prits ; nous avons indiqué dans l'article Distillation les cqp^- 
tiops cqnvenables pour ce gepre d'opératipn ; i^pus ^çvpi^s i^pm 
borner ici à bien examiner les çoi^ditions à remplir pour fairp 
fermenter les produits autres que les jus de raisia, de pQÎres et 
de pommes. 

Dans un excellent travail , couronné il y a quçlqaç^ ^xmpss^ 
jKir h Société d'agriculfiirç ^e f ari§ , M. I)uhfUirfj|Ut « ^f^ 



FERMENT, FERMENTATION. tjil 

arec une grande exactitude ces procédés de fabrication ; np^ 
De pouvons mieux faire que de les indiquer d'après luî. i 

Le seigle est plus particulièrement employé pour la ferment 
tation. Entier, il n'éprouverait aucune action de la par^ de Veau 
et du ferment ; il est indispensable de le moudre grossièrement! 
après quoi on procède à l'opération de le tremper. 

En opérant sur 100 kilog. de grain moulu, on les; place ds^ 
une cuye d'environ 7 hectolitres, et on y verse 100 ki(og. oi| 
1 \xectolitre d'eau de 35 à 40<^, suivant la températ^rç exVén 
rieure ; le mélange , bien agité avec un râble , pendant dix ^ 
douze minutes, doit marquer 23 à 30°vce qu'il est important dt 
reconnaître p^^r le moyen du thermomètre , et ce à quoi on ar^ 
rive facilement par des additions d'eau plus ou moins chaude*. 
La farine doit être délayée avec beaucoup de soin ; s'il existsiit 
des grufieaux dans la masse , ces portions ne fermenteraient; 
pas ou fermenteraient mal ; on laisse eps^ite la liqueur cou- 
verte en repos pendant un quart d'heure ou une demi-heure : 
dans cette opération, la farine, gonflée par l'es^u, devient apt« 4 
sabir les changemens auxquels on la destine ; si la températurji 
était plus liasse , l'action aurait à peine lieu; plus élevée, elli^ 
pourrait produire une coction. 

Si on introduisait à I4 fois dans fat c^ve tonte la quantité d'ea^ 
nécessaire pour la trempe , la farine se délaierait mal , Q% il s'y 
formerait un plus ou moins grand nombre de grumeau^ qiif 
le liquide ne pourrait pénétrer , tandis que lorsqu'on fait arïi-^ 
ver Vç^^ peu à peu , eu agitant continuellement I4 matière, Qm 
peut l'pbtepir bien luûformément délayée. 

A cette opération succède celle que l'on connaît $ous Iç nom 
<ie macération .* la liqueur étant fortement brassée , on y fait; 
arriver peu à peu de l'eau bouillante , de manière è^ purter l^ 
mosse de 50 à 55'', et pn coutinue à agiter pendit a^u moins 
cinq minutes ; on cpuvrp la cuvç , et on abandqnne ainsi la Urr 
queur pendant deux à quatre heures. En général , plu^ I4 m«^ 
ceration est longue^ memeur est le résultai, pourvu que la 1;pm- 
pérature de la m^ssç ne s'i^baisse pa$ ^u-dessQUS dç 4Q*. 

Ou voit facilement que la téuipérature ej^térieurei eeUe du. 
%i4e, l^ dimension des vases, leur plu^ ou mpw çeif plète 

<ju^tit4 ie H^jtièç^ mRvmî mg^k^i^m^^' 




156 FERMENT, FERMENTATION. 

le refroidissement, et l'on doit saisir, pour mettre en levain, le 
moment où la température sera à 35**, plus loin on pourrait 
obtenir facilement l'acescence. 

Dans le travail que nous avons cité, M. Dubrunfaut a fait 
voir que la macération n'avait pas seulement pour but de péné^ 
trer complètement la farine , comme on pouvait le penser 
jusque là, mais qu'il s'y opère une véritable saccharification : 
c'est en examinant la nature des produits réagissant dans cette 
opération, que MM. Payen et Persoz ont observé la substance 
qu'ils ont nommée diastass. Si on ne portait pas la masse jusqu'à 
5ô*> environ, la réaction aurait à peine lieu; si au contraire on 
outre-passait 60<» , la fermentation n'aurait plus lieu d'une 
manière convenable ; à 80** elle ne se produirait plus. 

Il résulte d'expériences faites par Kirchoff, deSt.-Péiersbourg, 
que la fécule peut être entièrement saccharifîée sous l'ififluence 
du gluten, à une température de 50 à 55**. Cette action peut aussi 
bien que celle de la diastase donner lieu aux effets que nous 
avons signalés; et comme jusqu'ici les résultats obtenus par di- 
vers chimistes avec la fécule et la diastase sont singulièrement 
discordans, il est impossible d'obtenir en ce moment une théorie 
exacte de cette opération; ce qiii importe aux industriels, c'estde 
pouvoir obtenir facilement et à volonté de bons résultats. 

La quantité d'eau employée dans l'opération exerce une très 
grande influence sur la rapidité avec laquelle la saccharification 
a lieu; ainsi avec 1 00 kil. de farine de seigle, on emploie ordinaire- 
ment 1 hectolitre d'eau et on en introduit 2 1/2 de bouillante 
pour la macération ; l'opération est achevée en deux à quatre 
heures: en se servant de trois hectolitres d'eau pour la trempe 
et de quatre pour la macération, l'action serait terminée en 
deux heures à deux heures et demie. 

La macération étant achevée, on ajoute en eau froide et chaude 
une quantité suffisante pour obtenir une température de 15 à 
20^^, ensuite on ajoute le levain. 

Au lieu de suivre la méthode que nous avons indiquée , on 
fait germer une partie , et quelquefois la totalité du grain , et 
alors on opère de la manière suivante. 

On place le seigle entier dans une cuve à la partie inférieure 
dslacpieUe se tiouve un tuyau fermé avec une broche, et sur 



FERMENT, FERMENTATION. 157 

Fouverture supérieure duquel on a mis un peu de paille. 
Coinme le grain ajigmenle de volume , la cuve ne doit êti*e rem- 
plie qu'aux sept huitièmes. On 7 verse alors de Teau limpide et 
froide, qui recouvre le grain de quelques centimètres. La tem- 
pérature exerce une grande influence sur le ramollissement du 
gijdn, qui est arrivé au point convenable quand il s'écrase com- 
plètement entre les doigts. Le plus ordinairement trente à qua- 
rante heures suffisent; et si la température est très élevée , il 
faut renouveler l'eau, pour qu'il ne s'y développe pas de fer- 
mentation. 

Le grain bien égoutté pendant dix à douze heures, on le 
place dans le germoir, en tas plus ou moins volumineux ; on le 
porte ensuite dans la touraille , et on le moud, en prenant les 
précautions indiquées à l'article Bieae. 

Pour 100 kilog. de grains , on mêle 80 de seigle et 20 de 
malt en grosse farine , avec 2 à 3 kilog. de courte paille, dans 
une cuve renfermant 12 hectol. ; on les fait tremper avec 
3 Lectol. d'eau à 35®, et macérer avec 4 d'eau bouillante et 
froide, donnant une moyenne de 50 à ôô"^ ; on couvre la cuve^ 
et on l'abandonne trois ou quatre heures, après quoi on la rem- 
plit jusqu'à 12 à 15 centimètres du bord avec de l'eau froide et 
chaude, de manière à obtenir 20° au moins, et on ajoute 1 litre 
de bonne levure de bière liquide. Après trois heures à peu près, 
la fermentation est achevée et l'on peut obtenir de 45 à 50 litres 
d'eau-de-vie à 19<*. 

Bans beaucoup de cas on n'obtient que 30 à 35 litres de 
produit. Gela tient le plus ordinairement à ce que l'on a em- 
ployé seulement 6 hectolitres d'eau pour l'opération au lieu de 
n, et que pour que la fermentation marche bieui il faut que les 
Hqueurs ne soient pas trop épaisses. 

Les vinasses provenant de la distillation sont susceptibles de 
rentrer avantageusement dans le travail ; on les laisse déposer 
dans un bassin ou des tonneaux , et l'on se sert de la liqueur 
claire pour une nouvelle opération ; et dans ce cas on^ peut la 
iaire rentrer jusqu'à cinq fois, et obtenir jusqu'à 60 litres d'eau- 
de-vie par quintal métrique , ^e qui surpasse les rendemens ob- 
tenus en se servant de liqueurs épaisses, qui , fermentant lente- 
ment , donnent beaucoup d'acide , qui nuit à l'action. Après 



quatre â tiâqi opérations , les vinasses ne peuvent plus servir, 
pÂl*ce que leur acidité est parvenue à un point trop élevé. 

Les liquides obtenus dans cette manière d*opérer sont épais , 
et oCfrieiit tous les inconvéniens attachés à ce mode dé produits, 
et qUe nous avons signalés à Tarticle Distillation. 

En Angleterre , on place dans la cuve à double fond , 
comme celle employée pour la Bière , 2 à 3 cent, de courte 
faille, ou enyiron 10 kilog., et Ton verse dessus 20Ô kilog. d'un 
hiéiauge de 160 kilog. de seigle cru et 40 de malt , grossière- 
ment broyés , et Ton fait arriver par le double fond 4OO litres 
d eaù à 35 ou 40^, en brassant continuellement pendant six à 
dix minutes, et on abandonne la matière un quart d'heure à une 
demi heure ; on brasse de nouveau un quart d'heure, en faisant 
arriver dans la cuve 800 kilog. d'eau bouillante , et on laisse 
en repos une demi-heure. On retire l'eau , et on la remplace 
par 600 kilog. d'eau bouillante, en brassant un quart d'heure ; 
è4 retire le liquide au bout d'une heure, et quand la tempéra- 
ture est abaissée à 25 ou 30*», on met en levain , et on a l'avan- 
tagé de distiller des liquides clairs , qui -Hé présentent aucune 
difficulté. 

Nous avons dit que l'on ajoute de la courte paille de blé au 
grÀin que l'on veut faire fermenter ; cette substance , quoique 
jouissant beaucoup moins que l*orge germé de la propriété de 
Satcharifier l'empbis des fécules , a du moins celle de les liqué- 
fier ; aussi l'emploie-t-on non seulement quand on ne fait pas 
ûsàge de malt , mais même concurremment avec lui. 

lies Pommes de te^r^e sont employées avec beaucoup i'avan- 
fegé pour la distillation ; elles sont traitées par les divers pro- 
èSdés sùivans. 

Lorsqu'on opère sur une très petite quantité de ce tubercule, 
en peut lé faire cuire à l'étouffée ; mais il est de beaucoup pré- 
lléWtble de faire usagé de la vapeur : on emploie pour cela un 
tbhtieau comjilètenient fermé , dans lequel on renferme les 
^ôihn^es de terre, et l'on fait arriver la vapeur par la partie in- 
JKHeùre : Une pipe à tau-de-vie pourrait servir ; mais pour un 
tVavâil continuel , on fait usage d'un tonneau cylindrique , très 
Solide, construit en chêne, cerclé de fer, et fermé par les deux 



/ 



PEftMENT, tERMENtAtlOW; iS& 

)x)uts, ayant une capacité de 1,280 litres, et pouvàht contenir 
de 900 à 1,000 kilog. de poitimes de terre. 

Une trape, pratiquée dans le fond supérieur, sert â introduire 
les pommes de terre ; on les retire par le fond inférieur, qui 
s'ouvre à charnières en deux parties. 

Sur Tune des parois latérales inférieures s'ouvre le tuyau ser- 
vant à conduire la vapeur, et du côté opJ)osé se trouve un ro- 
binet destiné à la sortie de l'eau; au-dessus dé ces deux tuyaux 
sont placés deux diaphragmes, inclinés et percés de trous, poui* 
permettre à la vapeur et à l'eau de passer sans que led orifices 
puissent s'obstruer; ils facilitent aussi le nettoyage du toiineau. 

L'appareil doit être doublé en plomb ou en cuivre; on le hitis 
avec de là tetre et du crottin de cheval. 

L'hectolitre de pommes de terre pèse à peu près 80 kilog. Oh 
n'y charge que 11 hectol. , parce que la matière augmente beau- 
coup de volume en cuisant. 

Au moyen de cet appareil et d'une chaudière pouvant conte- 
nir 300 litres d'eàù, et fournir 80 kilog. de vapeur pat heure , 
on ^ut, dans cet espace de teïhps , cuire environ 900 kilog. àe 
pommes de terre , ce qui , en portant à 5 fr. les 100 kilog. de 
houille, prix extrêmement élevé, donnerait 70 c. de combusti- 
ble pour la cuiSsoii. 

Les ponimes de terre doivent ensuite être divisées : on y par- 
vient très facilemeiit èh les faisant passer entte deux cylindrée 
'en bois , marchant au moyen d'un engrenage avec uue vitesse 
inégale. Les pommes de terre sont jetées dans la tréuile platée 
au-dessus des cylindres , et tombent Sur ceux-ci , qui sont mi§ 
En mouvement au moyen de deux manivelles adaptées à ViXû 
d'eui. 

Après avoir été ainsi broyées, les pommes de terre sont intro- 
duites dànà la ciive à macération avec de l'orge malté et dé 
Teau de 55 à 60^. 

Pour obtenir, par exemple, 12 hectol. de produit, on in- 
troduit 400 kilog. où 5 hectol. 1/2 Se pôhimes de terre avec 
25 kilog. d'orge malté , et la quantité d'eau froide et chaudfe 
nécessaire poUr obtenir un mélange de 55 à OO**, dans unie cuve 
de 13 hectol. On brasse fortement, et on laisse en repos pen- 
dant un quart j4'heure à une demi-heure; on brasse de nou-; 



160 FERMENT*, FERMENTATION. 

veau fortement , en introduisant dans ce mélange de Teau bouil- 
lante, pour que le mélange marque 55 à 60®; on fait macérer 
deux à trois heures, après quoi on ajoute en eau froide et bouil- 
lante ce qui est nécessaire pour compléter 12 liectol. Je 20 à 25% 
et on ajoute 1 litre de bonne levure de bière. ^ 

Pendant la macération, la liquéfaction des pommes de terre 
est très peu sensible; la masse pâteuse n'est surnagée que par 
une petite quantité de liqueur sucrée ; la sacchariûcation ne 
s'opère que pendant la fermentation. 

Lorsque la fermentation est achevée , on distille , mais avec 
tous les inconvéniens attachés au traitement des matières pâ- 
teuses. 

Au lieu d'opérer comme nous venons de le dire, on peut d'a- 
bord préparer la fécule et la traiter par l'orge malté^ ou opérer 
directement sur des pommes de terre râpées. 

Quand on prépare la fécule pour la fermentation, il n'est pas 
nécessaire de la laver avec le soin que l'on est obligé de mettre 
quand on veut obtenir un produit commercial ; les pommes de 
terre râpées sont lavées sur un tamis , et la fécule verte seule- 
ment égouttée. 

On introduit dans une cuve de 12 hectol. 80 à 85 kilog. de 
fécule sèche, ou 120 à' 126 de fécule verte , ou bien la quantité 
de fécule que donnent 400 kilog., ou 5 hectol. 1/3 de pommes 
de terres de bonne qualité. On délaie avec à peu près deux fois 
autant d'eau froide, pour obtenir une bouillie claire, en agitant 
avec beaucoup de soin avec des râbles ou avec un agitateur 
convenablement disposé , et on introduit dans la cuve 5 à 600 
litres d'eau bouillante , de manière à convertir toute la masse 
en empois ; bientôt celui-ci se Uquéfie assez complètement ; on 
ajoute 20 à 25 kilog. d'orge malté en farine , trempé à part, 
que l'on y mêle intimement ; pendant les dix minutes envi- 
ron que dure ce mélange , la liqueur devient parfaitement li- 
quide ; on laisse en repos trois à quatre heures , on complète 
11 hectol. à 20 ou 25°, et on met en levain , avec 1 litre de 
bonne levure de bière liquide. 

Le moût obtenu par ce procédé pèse environ S** à l'aréo- 
mètre. 



FERMENT, FERMENTATION. 161 

Pour éviter la main-d'œuvre nécessaire à la préparation de la 
fécule, on peut opérer de la manière suivante. 

Dans une cuve de 8 hectol. , à double fond , on place sur le 
premier fond 10 à 12 kilog. de courte paille, en couches bien 
égales , et Ton répand uniformément par-dessus la pulpe de 
pommes de terre provenant de 400 kilog., ou 5 hectol. 1/3 ; 
OD laisse égoutter un quart d'heure ou une demi-heure, de ma- 
nière à produire l'écoulement de toute Teau végétative , que 
Ton soutire par le robinet placé à la partie inférieure. On agite 
fortement avec des râbles, en faisant arriver 4 à 500 litres d'eau 
l]ouillante; il se forme de l'empois ; on ajoute 25 kilog. d'orge 
maké et trempé à part, et on laisse reposer pendant trob à 
quatre hernies , après avoir bien brassé ; on soutire ensuite par 
le robinet le liquide, qu'on introduit dans une cuve de 11 hect.; 
on laisse égoutter un quart d'heure^ et on réunit cette liqueur 
à la première, puis on fait arriver dans la cuve 2 hectol. d'eau 
bouillante, on brasse, on laisse reposer, et on soutire conune 
précédemment ; enfin^ on verse sur la pulpe 2 à 3 hectol. d'eau 
froide, qu'on iretire par le robinet, et qu'on réunit aux pre- 
mières liqueurs : ce mélange porte 20 ou 25^ de chaleur, et 
5° à raréomètrc. 

Où met en levain à la manière ordinaire, et l'on a l'avantage 
de ne distiller que des liqueurs claires. 

Le premier procédé a le désavantage d'exiger, pour cuire les 
pommes de terre, une certaine quantité de vapeur qu'il faut pro- 
duire exprès ; le broyage des pommes de terre est plus difficile 
que le râpage , et l'on doit distiller des matières épaisses , qui 
risqnent toujours de brûler, de faire sauter même l'appareil , et 
dans tous les cas donnent une eau-de-vie qui a un fort goût 
d'empyreume ; dans les deux autres , on n'a autre chose à faire 
qu un râpage , et le dernier surtout n'exige pas que la pulpe 
soit lavée ; ces deux procédés méritent sous tous les rapports la 
préférence , puisqu'en outre on ne porte à l'alambic que des 
liqueurs claires ; le dernier offre particulièrement de l'avantage, 
et de 100 kilog. de pommes de terre on peut extraite jusqu'à 
50 à 55 litres d'eau-de-vie à 19^ 

Bans un travail courant, en se servant de vinasses bouillantes 

V. . II 



168 PËttMËNt, f ÊRIttEKTATION. 

^ur dékyer let rtiâtièrëà , bu éëatiotiiisâ tout le combustible 
nécessaire pour cette pâttle de Topéràtioii. 

Les J)ttlpes fervent à la nourriture des beMiaux. 

Quand oïl à converti la fëtulle en sirop par les procédés qne 
xiôùâ exposerons à l'article StrcftÈ , oti peut se servit avantageu- 
sement de ce produit pour obtenir de l'eau-de-vie, il suffit de 
délayer le sirop avec de l'eau de manière que la liqueur marque 
ilisulement ô à 6°, et mettant eii levain 2 lorsqu'on prend les li- 
queurs à 9^, comme le font beaucoup de distillateurs, la fermen- 
tation marche beaucoup moins vite, et alors il se produit inoins 
d'alct)ol et plus d'acide. Les viuasses servent dans tous les cas à 
délayer de nouveaux sirops. 

Pour déterminer la fermentation des diverses substances dont 
nous avons parlé oti se sert de levains, qui sont, ou la levUre de 
bière, quand on se la procure facilemfetit, ou àeé produits artifi- 
èlels que l'on ptépAr^ aVee de là pâte aigrie j nous en parlerons 
ft l'article Levain. 

ï)ànS quel(iu&s localités où le rit est abondant, on peut le faire 
fertnfeuter pour en obtenir de l'eaù-dè-vie; on suit pour cela 
trois procédés : dans le pretnier on foit germer^ on touraiUe^ on 
broyé et on opère comme avec les grains, avec cette seule 
difté^ence qu'il faut plus de temps. 

Pour le second, on traite le rit en pâte^ ou en malt concassé 
dahé utié cuve à double fond ^ comme uous l'avons dit pré- 
cédemment en parlant des grains. 

Enfin, on peut réduire en farine très fine le riz que l'on veut 
traiter, et pour 80 kil.,par exemple, les délayer dans une cuve 
• de 13 hectolitres avec 80 litres d'eaU, de manière à obtenir une 
pâte tnârquant 18 à 20° : on laisse reposer une demi-lieurc, 
On ftlit macérer à part 20 kil. d'orge malté en farine fine, bien 
délayée dans autant d'eaU à 30<»; on fait arriver dans la cuve 
de l'eau bouillante pour transformer le rii en bouillie, et on 
contitiuâ d'ajouter de*l'eau bouillante et de broyer jusqu'à 
oe que la mixture ait de 70 à 72*» ; on y introduit Forge germe, 
eki agitant bien, et on abandoniie la masse au repos pendant 
trois ou quatre heures ; tout s'est complètement liquéfié et l'on 
ûe trouve au foud que le parenchyme du rk et de l'orge. On 



FEftMOIR. m 

ilekd d^edU â(î tilaiilère À bbiëtiil* Un liquidé k M ^â'fii»«fe 
teinpéi-flture et &<> Â ratëdiitètre » et on met ei& lètain. 

Danii quelques circonstatices la ferttièntàtiôti sttlt Ufie Itiârdie 
très dlffér«tite de celle que noufi ayons ihdiquëe; là liqiittttr 
s'épaissit^ deVknt fildnte, et donne nàis6&nce à utie è^{ièb« âe 
mucilage^ aussi lui dônne-t-on le nbih àe JerPnehtatîôn i)/«- 
îfueusc. Dans ce cas , la quantité d'dcool obtenue est beàii« 
coup plus ftible et le f>at qUl se dégage est uh mélange d'a- 
cide eftrbobiquè et d'hydrogène : Oh n'a pas asset étudia les 
conditions dans lesquelles cesphénémêiies ont lieu, et qUi êe 
trouvertt, à ce qu'il paraît , rarement réunis , pour qu*il soit 
passible d'éviter ce grave inconrénient; on sait seuletnèUt qUe 
quatid On fait chauffer à l'ébullitiou l'eaU et le gluteh qtiël'on 
peut eitiployer comme ferment pour le sucre, on obtient Ikëilë- 
ment là (ei^mentation visqueuse ; mais on ne sait paè céliitiiëàt 
elle se jproduit, par exemple, avec le grain. 

Gomme le gaz qui se dégage dans cette circonstance réttferme 
une grande quatilité d'hydrogène , il est susceptible dé s'en- 
flammer par le cbntact du feu d'un fourneau ou d'Un ^àrpi eh 
combttstibu , et M. Barruel a été témoin , dans des distilléi4ës 
dé pommes de terre , de deux aciAdens de ce genre , l'ith des- 
quels a dccasioné un incendie. 

n est titile que ce fait soit connu ; il poùrta cotiduir^ à bien 
en contlaitre les causes et \ei remèdes. 

H. GAtJLTIÊR »E CtAtBàV. 

FERMETIJRË. ( Construction. ) On donne Quelquefois ée 
mot , dans les constructions en pleri'e , à la partie sûpérieule 
d'ime. Baie , c'est-à-dire à I'Arc, à la Plate-bande qui forme 
cette partie. 

ÏJLjeHneture d*une haïe est aussi la porté , Ife châssis , et Ifes 
autres Jiarties de Menuiserie , quelquefois vitrées ^ qui servëtit 
à la fermer. 

Eniia la fermeture particulière d'uiié portée û^Wtié trvi- 
iife , etc. , se compose àe^ ferrures dont elle est garnie , et éuV- 
tout de serrure , verroux , etc. 

Nous ne pouvons , quant à ces différentes acceptioils , que 
rôûvoyer aux divers niotâ indiqués. GolïRLtki. 

FÉAMÔBR. {Technologie.') Ce mot è'àppîiqûe â un âàâéi gtattd 

xi« 



1ô4 PËRMOm. 

xioiii|>re d'otttils qui ne sont pas toujours des fermoirs. Ainsi 
que les bédanes et les ciseaux, les fermoirs doivent fixer Tat- 
lention, parce que leur dénomination s'applique plutôt à une 
disposition, qu'à un outil en particulier (F. Bédane et Ciseau). 
Tout outil est fermoir ou aiguisé en fermoir, lorsque le tran- 
chant est formé par la réunion de deux biseaux. Ainsi dans les 
haches, certaines, comme les doloires, lespaltrets, etc., qui 
servent adresser, sont affûtées en ciseaux, tandis que les autres, 
celles de charpentiers, de bûcherons et autres^ destinées au 
débillardement, sont affûtées en fermoir. On conçoit d'après celte 
définition combien il importe de se faire une idée claire du sens de 
ces mots, bédane, ciseau et fermoir, puisque tous les outils tran- 
chans sont compris dans une de ces trois catégories. Pour ser- 
vir de base à notre explication, nous choisirons entre tous les 
fermoirs celui du menuisier, qui est le plus connu. Dans cette 
profession, on nomme fermoir un outil robuste, ayant une 
certaine ressemblance avec le ciseau ; il sert à dégrossir l'ou- 
vrage, c'est la hache du menuisier. Avec son fermoir il dresse 
grossièrement des planches que le rabot doit aplanir ensuite ; 
il s'en sert pour enlever des bosses qu'il serait trop long-temps 
à faire disparaître, s'il n'av^t recours qu'à l'action lente de la 
varlope ; c'est avec le fermoir qu'il enlève les bouges sur les 
champs ; il s'en sert pour fendre le bois ; il l'emploie comme 
un levier pour faire des pesées ; c'est l'outil de fatigue , aussi 
cet outil est-il nécessairement composé de fer et d'acier afin 
qu'il soit en même temps dur et moins sujet à s'égrener et 
même à se rompre, ce qui aurait infailliblement lieu s'il était 
tout d'acier. 

Cet outil s'emmanche comme le bédane ( F, ce mot et la 
fig. 200); il a de même une embase sur laquelle vient appuyer 
le manche , pour qu'il ne s'enfonce pas indéfiniment lorsqu'on 
frappe dessus avec le maillet. Il y a deux manières d'affûter le 
fermoir : 1° à biseaux plats , 2^ à biseaux arrondis. Dans ce se- 
cond cas , il est à nez rond. Cette différence , qui paraît devoir 
être sans conséquence , et il en est ainsi effectivement lorsque 
. l'outil est employé par une main inhabile, devient digne de re- 
marque si l'outil est manié par une main qui sache s'en servir. 
Si le fermoir à biseaux plats est tenu constamment sur le bois 



FERRXIRÈ. 16^ 

lans une inclinaison cpiî soit la m^e que celle de ses biseaux , 
c'est-à-dire variant entre 30 et 35*>, le bois sera enlevé suivant 
ane ligne droite, les reprises de l'outil seront peu sensibles , et 
il ne restera que très peu de chose à faire aux outils en fût , 
varlopes ou rabots, employés pour finir le dressage. Dans ce cas, 
le fermoir enlèvera de longs copeaux , et fera l'office de la do- 
loire ou toute autre hache à un biseau. Si le fermoir est à net 
rond , il débitera plus vite , mais les copeaux seront courts et 
arrondis , et la surface dressée sera ondulée ; il restera beau- 
coup plus à faire aux outils à fat pour faire disparaître les ondes 
qui indiquent les reprises de l'outil. 

Les ciseaux à planer ded tourneurs , dits aussi planes , sont 
des fermoirs affûtés à nez rond pour l'ordinaire. Dans d'autres 
professions, on donne également ce nom de ciseau ou de cîselet 
à des instrumens qui sont fermoirs, Cest parce qne Ton ne se 
fait pas une idée claire et précise de la forme de cet outil , que 
Ton commet cette erreur ; espérons, d'après la distinction bien 
établie que nous avons faite entre ces mots bédane y ciseau^ fer- 
moir, que peu à peu Texacte dénomination prendra le dessus ; 
nous disons peu à peu , car les erreurs de langage ne se recti- 
fient que difficilement ou à la longue, et il importe plus qu'on 
ne pense qu'il ne s'introduise pas de confusion dans l'emploi 
des termes techniques. Paulin DÉsoa^EAtrx. 

FERNAMBOUC. r. Bois de teinture. 
F£KRUR£. (Construction.) On peut considérer, dans les 
constructions , deux espèces principales Atjerruref, 

L'aune se compose des Armatures en fer ( ancres , boulons , 
chaînes , harpons n tirons y etc.) qu'il est bon d'employer pour 
assurer une solidité complète à un bâtimtttt en reliant entre 
elles les difierentes parties , ou pour s'opposer aux efibrts parti- 
culiers que pourrait faire telle ou telle partie , telle que la pous^ 
see d'une voûte, etc. Indépendamment de ce que nous avons dit 
degénéralàcesujet au mot Armature, nous entrerons probable* 
ment dans quelques détails aux mots Murs, Plancher, Toit, etc. 
L'autre espèce de ferrures consiste dans les moyens ^ soit de 
consolidation {équerres , etc. ), soit Rattache ou dé suspension 
{chan^ières^Jiel\es,penturûSiViyolSi ççrnelies, 0te^)| soît 6nfii| 



)fj(l FEÛ i^^m^ I). 

4^rmniSy ^errm^^ ÇtÇ- ) des portas , croisas , etc. 

G(g» ^iv^r^ Ql>i6tf tspnt tous du re$sort; de V^rt d^ U Sb^ «uns? 
9pE I qui f^it pr4i»airement établir de toute piè§e et posée les 
divf ises ferrures 4e 1$| preinière espèce, Qu»ikl à (ell^9 4e la 
d^lixi^me e^p^q, eUe^ se trouvât \^ plupart du temp^ te»t^ 
Ç9ft%}iqi^éef danp ^e çpuvmeyçp de la^ Qo{iff^ii4.6i^iE , «t le 
ÇfR^^^i^R p> ^lors qu'à leç f^iye pr^p^rgv, fi>uster el pps^r. 

yoir Içfi fpqfs 4^¥ATC^i; , M^bmc^^;? ^ Mu« , Pl4I!€»w , 

FEU (armes a). (/^û?^/z2V2Wfff|f/()fî.)Lafel|riç^tiou, I4 tfiUte et 
1'R8?SÇ 4^ tputfi fîspège d'fir^^s» et p^rtiçuUèremeut 4e« WUies 

^ fcUi ftoîrt Vpl>J€it 4? Ipi^ et 4^ règleiu^ft 4'ftàmû»ifi$reti(ia et 

|i§s ^^Tlie^ 4 fm çeiftpTf nu Wt Içç aïlUf^ prQWWf^, le« |«B« 
4^ gii^r^ Qt }es Arfue^ di^ comu^erçe* 

^e^ qr-Pikfs iffçti prQiiif\çeSi §oût les pistolet^ de pcnebe (décU- 
ja^iou du ^oi 4^ 23 uïftv<^ 17?8) 5 jl feut y wuter ks fu^U^ et le* 
pji^tQlels 4 yeiit (d|écf ^t ,4» ^^^li^fis^ ^ H m 4é€efuW I8ûa] 

'{'9Ut î^diFidu qui a fal^riqil^^9 ââstrilnué ou débité des armes 
BT^bi^^ P^i* l§ ]f^\ Qu par des; yègleinena d adipiBÎstratiûfl 
publiqj^^4 '^ pu*i 4 U» emprisonnemeut 4'uii mftis » u» an , 
et d'une amende de 16 fraîM^s è âQO francs- Gelttl q«i est porteur 
4f^4Uf^ %çu^f^ .^t pui^ 4'un empri&QnELem^nt de sût jours 
à six mois et d'uUjS amje^de de 16 à 20^ fra0£& ( lût du ai mai 

|}a f^ jp^pçiirr%n|; «uï lois . et ajtix règlemens d'^dmipistration 

ffM^HMi la }qt:4u 3.4 llAai 19M rappeUe implkitemeirt les 

jEiiifpy4ltiQu% dd h déelaration précitée du ^ niar& 172B, qû 

-^QWfPf^d^^pi^ql^ d^pocb^ au sombre des armes pixiiibécs. 

^ ïké^^Pi^^mh qui> ^WVAPt de nomloreux ^riêt& <ie la €oar de 

SmAiR^ f^ if»f^mr»f^ cAnx du 26 9oAî 1834, est toojanrs eo 

.^Vifi^^ .^'1^ élé tVQ&fic que dans ses dlspo&iiîoit) pénales pai 

]Pi èF^4^ ^{.4 »t U5 du Code pénal , <)uâ eux^niMnes O0I été 

fiW^.^ I^ b. loi d« iSU j^àiét. 

rAvm\çf ptfqlfll^t |)t$>c^ aoit^t d$« ABo^e» pBGi|)^Ueaf ptfisi] 



J 



FEU (Armes a). 167 

KM faui voir da|i$ cette probibitioa qu'une mesure pi^re^ç^^ 
^emniiiiatQire que Ton peut employer suivant les circonstances^ 
mais qui provisoirement est en quelque sorte toi^b^^ ^^ 
flésuétude. 

Cependant p^tte di^osition a ^(é rappelée à. P^ris p^r imç 
ordonnapce de policep en date ^i; l''" août lB20j 

I^es ^FWPa à f pu f ditp^ de gi{i§rre , ^ont les «pnjç^ 4 V^^K 
des trpupe^ f|['4|:^g94^e§ , tçlles qu^ fus|Uy mpusquetpi)^ ^ c^va^- 
bines, pistolets de calibre. On leur assiipilp ^i^ f>utre les ^l^pp 
de guerre étrangère? t ^^ ^f^ af nies 4e cp^io^erçe ^t d^ t^if ite 
dont 1| fa];)ric^ti9p ^st déli^ndue hpr^ des fpaAuf^ctures f pyî4^9 
si ce D'esf; qii'^u ca^libr^ de. d^x points et.de^^^ i^x lyiUUx^^tfe^) 
au4^1iSQU $^|]|-4essou8 dç celui de guerre, qui est 4.^ s^p|; Ifgp^ 
})eu| poinis ( qf ^nn^ppe royale du %^ juillet 1^16, -^r*r Déi^^t 
^u 14 décfimtpe 1810,) 

avoir lieu qi^p dap^ k^ p>a»ufapturpp rpya^left , 4 P^pinç 4'|We 
autoyi^tip^ spéciale dw WPistTfl die Js^ gU^re* (Qird» rc^y^f <iw 
24 juillet I^IQ. ) Tou|;e coi^tray^liQ» à c^tt^ di#poi|itjpft^ iQiffje 
Y^pte ie|: disti ihution 4e ces armgs ^t ppnie d'uii p^iprL^oxin^- 
iflppt àVa Qioîs jL 44ui^ «ps , et 4Vï^§ Ame^d^'df wi^*^ 4- wift^ 
fraû«, ^t ea ^^tre 4^ ïa çpnlwp^tiw 4e ^e§ ^mf?fi (î-<4:4!i ^ 

I^V^pertotion dep armei de gu^kr.eri^M içitefd^t^ mm |>iirt¥?lJ^- 
liers, et elle ne peut aifoir lieu qu'eo viertu^'uiie «urd^gp^l^^ 
royale. Leur importation est également expressément 4éf epidi^g, 
^laoin» d'un ordre du ministre de U guerre^ )<<e$ Pontf ^jen- 
tioas ^ e«8 dispositions sont punies , suiviiiit U gr^rilté .4e9 «p, 
eii outre de la coBâicalion des avmeSv d'mie Amen^ de |z:9Îs 
««BU frtncs au plus, et d'un cmprisonneittent qui np pf^t «9tf<- 
"er trois mois. En cas de récidive, l'amende e^t d^uhfe- (04'4« 
loyaledii 24 juillet 1816.) 

Lesdis^sitionsqpiprécèdei^t, s'eppUqwent^nx (if^es4'ai^fts 
^NNrrcw lies mêmes peines ad&tpmwoaée» contre Qeun q^i 0P 
sont possesseurs, contre les ma^dbandl ou fc|îrieA»s et P9l^l?fi 
^^^ qui Us importeraient ou espôiîiereiei^t. (Méma f^on* 
iiftMe. ) Stefijtioias , il est perims au» ani»urief« èéà\t^i% f9t 



168 FEU (Armes a). 

Ils doivent d'ailleurs déférer à tout réquisitoire qui leur serait 
fait par l'autorité au sujet des armes de guerre qui seraient 
trouvées chez eux. 

Armes à fou , dites de commerce» Les fabriques de ces sortes 
d'armes , dans- les villes où il y a une manufacture royale, sont 
surveillées par l'inspecteur d^ cette manufacture. Lorsqu'il 
croit devoir faire une visite chez les fabricans ou ouvriers , il 
requiert le maire, qui peut déléguer un commissaire de po- 
lice pour assister à la visite. 

L'ordonnance royale du 24 juillet 1816, qui prescrit cette 
surveillance , exige de plus , que tout armurier ou fabricant 
d'armes soit muni d'un registre paraphé par le maire , sur le- 
quel sont inscrites l'espèce et la quantité des armes qu'il fabri* 
que , achète ou vend , avec les noms et domicile des vendeurs 
et des acquéreurs. Ce registre est arrêté tous les mois par le 
coi&missaire de police , et il doit être représenté à toute réqui- 
sition des fonctionnaires et des préposés de la police. 

Toutes les armes à feu des manufactures de France et desti- 
nées pour le commerce, sont assujetties à des épreuves propor- 
tionnées au calibre. Les canons éprouvés et trouvés bons sont 
marqués du poinçon d'acceptation. Ce poinçon porte une em- 
preinte particulière pour chaque ville de fabrication et qui est 
déterminée par le préfet du département; elle est appliquée 
sur le tonnerre du canon , de manière à être facilement recon- 
nue lorsque le fusil est monté. (Décret du 14 décembre 1810, 
art. 1, 6 et 7.) 

Les fabricans , marchands et ouvriers canonniers , ne peu- 
vent vendre aucun eanon , s'il n'a été éprouvé et marqué du 
poinçon aacceptation , à peine de trois cents francs d'amende 
la première fois, du double en cas de récidive, et de la confis- 
cation 4es canons. ( Idem , art. 8. ) 

Tout canon vendu ou livré sous un calibre différent de celui 
désigné par le poinçon dont il porte l'empreinte , est saisi , et 
celui qui l'a vendu ou livré , est condamné à une amende de 
cinquante à cinq cents francs. {Idem , arfe. 15. ) 

Nous n'avons parlé des armes à feu qu'en ce qui concernait 
leur fabrication et leur vente. Il était en dehors de notre 
4uj6t da traiter ce qui teijait à leur dépôt y m\ tra&c 4^i |»eut ea 



FEUTRES VEBNIS. 169 

être fait par les soldats ou par les gardes nationaux , à leur em- 
ploi criminel dans les mouvemens populaires , etc. Sous ces dif* 
férens rapports, la législation des armes à feu a constamment 
subi l'influence des évènemens pplitiques, et il serait mieux d'é- 
tudier, en les rapprochant de ces évènemens , les nombreux 
règlemens qui ont été rendus depuis la déclaration du roi du 
23 mars 1728 jusqu'à la loi du 24 mai 1834 , dernier acte que 
nous possédions sur cette matière. V, Fusils, Pistolets. 

A. Trebughet. 
FEU GMSOU. r. Mines. 

FEUTRES VERNIS. (Technologie.) Le feutre pénétré d'une 
quantité suffisante d'huile siccative sert à la confection de pro- 
duits trèsimportans, particulièrement des visières de casquettes 
et des chapeaux , dont l'imperméabilité et la durée rendent l'u-^ 
sage très utile pour une classe nombreuse de la société. Nous 
décrirons ici rapidement les procédés employés pour la confec* 
tion de ce genre de produits. 

Les feutres ne sont point préparés exprès pour ce genre de 
travail ; on les obtient par les moyens indiqués à l'article Cha- 
peaux ; seulement on se sert de matières moins fines que s'il s'agit 
de préparer des chapeaux. L'huile siccative est préparée avec 
les soins qui seront indiqués à l'article Huiles , en employant 
pour 25 kilog. ÔOO grammes de blanc de plomb , autant de li- 
targc et de terre d'ombre.' 

Le feutre pour chapeaux ayant la forme convenable, et 
placé SUT la forme en tôle, on l'imprègne d'huile Mccative , et, 
après l'avoir desséché dans l'étuve, on le doucit au tour avec la 
p<mce, enle plaçant sur un moule en bois , et on réitère les opé- 
rations six fois i puis on le vernit au moyen d'une brosse en 
quene de morue. 

Les visières sont préparées un peu différemment. Un morceau 
àe tissu étant étendu sur une table , on l'in^règne de coUe de 
farine , et on le porte à l'étuve , après quoi on le coupe de la 
forme voulue , puis on le pénètre d'huile siccative , et l'on 
ponce, en réitérant l'opération à trois reprises ; on place ensuite 
la viâère dans un moule , où elle est fortement comprimée au 
moyen d'une presse t le moule est chauffé de manière 4 pouvoir 
recevoir successivement juscpt'i^ vin0;tvîsière9< 



fl?ô FIEL DE BOBUF. 

Le feutre Terni présente nssez de résiatancQ pour ^ufviKMrtef 
pendant long-temps Taction de Thumidité et la maniemeot; 
tussi les chapeaux préparés avec cette substance sppt4U trèi 
utiles pour les hommes exposés à l'intempérie des saisons^ Ub 
faluricantde BelleyiUe^ M. Vincent, livre i|u commerce une 
grande quantité de chapeaux en feutre verni à un prix qui les 
vend accessibles aux plus pauvres : on en juger|i facilement en 
sachant qu'un gr^ind chapeau coûte 1 f r. 60 c. , et dure ^cilec- 
ment deux ans^ ces chapeaux sont assez légers; ils offrent seule- 
ment l'inconvénient que présentent tous les tissus imperméables, 
échaufâint la tète et y retenant la tran9piratian; mais lésa» usage 
•devira s'étendre d'autant plus que ces produits seront bûbih 
coAniis. La Société d'encouragement a récpiapens^ M. ITioeest 
en loi décernant une médaille. 

Pour nettoyer un chapeau sali par la boue qu la poussière, 
41 «uf&t de le h^ver, d^ le bien essuyer, et de le £rotft«r avec ua 
peu d'huile. H. GiuLT»fi 9e CbÀUB&v. 

FICELLE* f . FAïaiCATioif ma coan^s. 

FIEL B£ BCffiUF. Le fiel ou la bile du bceuf est im liquide 
irî^ueux sécrété par le foie; il se trouve dana «m« yésicule 
attenante ^ cet organe. La bile jouit de b pifoprif té rmi^arqu^ 
ide d'Qtre tout à la fois miscible a Teau et ai» cqrp» §f9B : 
elle en dissout une partie > et elle amènes l'dUtre 4 un éistt »- 
trème de division; aussi est-elle empWyée avtntAgeiifie^eat 
popr enlever les taches de graisse sut lee tisHiia qui sont 
akéraUes par ks alcalia et par le» savons.: Pour 4el utngt, ep 
peut, dans la plupart des c^s., i'eniplofeE sm» aulDO prépara- 
tion qJDie de l'étendre d'un volume d'eau pareil fi» siei^ } majs 
elle est aussi employée pour la }>eintiire en i^iiiiittttr^ «t pnuf 
l'aquarelle, afin de donner plus de ton , de vivacité* et de hfâir 
lant aux cDuleurs , qu'elle û^Q plus iaeth^ent ans les cdrps 
polis, et qu'elle ponserve mieux que les nutoes sualiàpes vi»- 
quéuscf; el pôus cetufage op l|ii fait subir ua/e préparation qui 
la déeolorè et qui permet de la epusenver ;Arèf long^temps saiis 
^ct'elle s'«lt^r«« Ge n^ven do ppéparec |e fid de hœut^e^ di à 
M. Ton^ins^ tl est on ne peut' plus fafiUe à'eaéculer* Bêurcd» 
il hu prendre du Ael de h»^témA , june pintr^par exeippk , 
]^ faire h9\via\v^ Vwvm^^ «i } «fn^S? ^m W^ 4Hm A ^ 



que ce sel soit dissous , laisser refroidir, et introduire I4 Ijqvi^lll^ 
dams un Hacoi», qne Von nç ferp^e qu'afia 4'einpêcl^r I4 p01is- 
«ère d'y PPtre». P'une nvitre part , pu prend wm ég?k ^WAt! 
tité ie fijel do bcpuf , que l'pu f^it J^opillii; et 4c4meî» Pfiais ay^ 
quel 01» 9Jou|e i)Qe p^ice de sd commua pul^pri^^ i q^ j^tte^4 
qu'il fti>it di^om et qtt^ la liqu^nr goit «efr^idie j a}pcf p^ l'inft 
troduit »u^i dap9 mo boiHtîiUa que Xqn ï^f^nsî^P. 4^ h H^OiM 

éprouver la décomposition putride , et abando^^finlt m)e f^ft^r 

ealfis mèl^y ^U(S9 dpnii#{)t ]|9Â9saùaba^ à to iiouvei^i^ jiép4l^» M fffi 
déeulpr^nt «poipUieiçiepjtj Pajf te fiUrdtipo 9 pa o^ieiil; IWfl Ur 
queur limpide qqi peut *fi pPMarYiW ITè» iloQ|gf4Ap^. 

On prépara ^^a^ k fifil d^ hi»ûf 4'imi$. 4i|(r0 i»i9ai9r« , Urs- 
qu'ii »'4^t âeDli^iDeiiit d« 1^ 4(99NrTe«» P-qiMr A^fo» m^ ht fiiit, 
bouillir et ecaw^r, puî^ o^ l'^yapor? au boîn-^tnairi^ jttsi|)i'À ftf^ 
qu'il ait «cqui^ Hn($ ^rai)4§ V4sç0ftité t ^o{>4 QU 1^ pl^â f^A ^|ir 
fib99 l^tt éf^iim» 4»g9 4e4 4^etJ;9S y «6 fin Afib^Ye 4^ l'^¥»B<3¥ir 
àletu^e, Apr^ Ç^k» W YiiàUsi^Mt 4*W <*esppt«., f4iU^ jCQ%- 

^m ul» ÏH^fi. Pimr ^^ (aàs^ um»^, U IfHi #^iiipl»)i«9t k 4«r 

layer dans l'eau. ,. , . 

ha premifir fw^éd^ e$t<iii«n. pf éfdrahle i ib^iû-^î» pftKCCi qu'il 
piiyje eatièrciiitiil la &«l 4e ]^uf 4^ h floiilmir 4111 bû f s^firor 
F« T c^î-qui â9f w^ ouraptAge iim^^^et |!»Ur U pei^tuTd » tuauf h 
eouf^ttr.idp&iL.iiîtèiie fortement b b)^, qu-^ S^ pftl!»^ 
vect, atmême U mrmmy qu'elle a£fi»iUit 

Cei^ii qui ji^mi U Hel 4e bœuf y IqU^q^uw»^ spnlw^tm 
de ToAtt pour T'eitiplif la ^éiieuie qtii I0 cputiont ^ l^i^affu'uUf #t 
<A pftrtii^.vi^Q. C^t^e frau4eeç p«utguèife »« F8f:9il«»t|i*6^âp|r 
Udiijiiou4pft^4^ ^t^psjur 4u liquida ; $a 4eDwlé «#$ ti»^p ^m- 
^ iti fl^lle 4# l'f fttt potir pw v^ht str^ir e^ iri^n , ^ ta «^i|litftr 
est tellement variable, qu'on rencontre quelquefois dç> }^ hjle 
m^^^i ^^^m P«W< 4ftnfi p^ Hfin plii« é(fê mlliléft lour 

Ftt^ïi!a& iMc^cimqu0.) Transforma m ^.à"UP9 Im- 
Hiem fxààioiÊ fit d^Vtt 4^fi d« fiÉe«ii à^mmué pur kfilmff^s 



172 FILATURE. 

constitae une des branches les plus importantes des artsî 
dustriels. 

Depuis Torigine des sociétés, le filage à la main, et eunihi 
moyen d'instrumens très simples , comme le Roubt, pari 
pie , a seul été employé ; ce n'est qu'en 1760 qu'un 
du Lancashire , James Hargraves , imagina une machine 
filer le coton, qui imprima à ce genre d'industrie un élaiM 
les effets sont réellement prodigieux , quant à la quantité k 
produits obtenus par l'emploi de celles qui ont été flucoeaife*] 
ment inventées. 

Nous ne nous occuperons dans cet article que des madÛM! 
à travailler le coton ; celles qui sont mises en usage pour lelfl ' 
et le Chanvre le seront à l'article Lin, et celles que l'oni 
ploie pour le travail de la laine à l'article Laine. 

Le Coton , tel qu'il arrive sur le continent , est en baUa fî 
ont été soumises à la plus forte compression possible, pour qd 
occupe moins d'espace : cette compression ôte aux fils toute ks 
élasticité que l'on ne peut leur rendre que par un travail^ 
les purifie en même temps de toute les substances étrangbfi 
qu'ils renferment. Nous parlerons successivement des divota 
machines employées pour le travail du coton , en profitant <iB 
descriptions données par Molard jeune. 

Batteur-éplucheur, — La première opération que l'on tt 
subir au coton consiste à le battre pour l'ouvrir et en sépff 
les matières étrangères ; les cotons très malpropres, et ceux de 
longue soie doivent passer deux fois à la machine, parce qa'a 
une seule fois ils ne seraient ni assez ouverts ni asses ni- 
samment nettoyés; on ne peut cependant les soumettre à cette 
double opération s'ils étaient destinés à produire des fib d'« 
numéro élevé ; alors il faudrait , après qu'ils ont passé au liil- 
teur-étaleur, les éplucher à la main; mais s'ils doivent être 
filés en gros , ils peuvent sans inconvénient subir deux op^ 
rations. 

Pendant le battage il se sépare du coton une grande qatt- 
tité de poussière et de duvet, que les frappeurs dîspeiMit 
dans l'atmosphère ; si on ne pourvoyait à leur enlèTement, I0 
ouvriers seraient exposés à beaucoup d'inconvéniens par kv 
^ffpiratio9, Içpoton 9'ei^ trourisrait bientôt couTartf et les «i* 



HLAIIURE.' 173 

grenâges en seraient rapidement encombrés ; quatre «^lieminëes, 
convenablement disposées , sont destinées à leur donner pas- 
sage ; et , pour y déterminer leur ascension , un Ventilateur 
est placé à la partie supérieure des tuyaux où se réunissent les 
cheminées. 

Fig. 11. 



La rapidité du 
mouvement im* 
primé aux frap* 
peurs exige que 
la machine soit 
très solidement 
établie, sans cela 
elle seraitpromp- 
tement ébranlée 
dans toutes ses 
parties; la même 
cause et l'encras- 
sement produit 
par le duvet et la 
poussière forcent 
a la nettoyer et 

à la graisser fré- 
quemment; on y 
procède àl'heure 
des repas des ou- 
vriers et à la fin 

de la journée. 

abâtienfonte, 
composé de deux 
côtés garnis de 
panneaux, main- 
tenus à distance 
par des entretoi- 
ses; c bras en fon- 
te portant deux 



supports à coulisse, dans lesqueli passent et tournent les toyi- 




y 



174 ^tUTtJSl. 

.rîllont d'un «jUixdro iBfi b^ , qtfl ^nt atfiri ft€ f a{q>l^eli» H 
"•'éioigti«r de U Ibngftctir d«« cdulisseft, et »drt à ^tetldre tmé toile 
sans fin I UA&mued'feiigf^iiage estattdcliëeftur Taie d'un secood 
cfUttdrt en bote^ f^arallèld tiu premier ; dur le» detix liordB des 
deux bras e^epose un fond en bois, qui remplit Tespade entre 
les deux cylindres , et se trbuve dii milieu de la toile sans fin. 
Cette toile porte le non de iahle a étendre ou de tablier ^ y pi- 
HBOU fixé sur le bout du cylindre aliihëntaire inférieur, en de- 
hors du bâti ; h autre pignon placé sdr le bout du cylindre ali- 
nteniairb supérieur, engrenant sur le premier; i roue d'engre- 
tmge produisant la communication entre les deux pignons , te- 
iitte sur tin support à coulisse , au moyen duquel on peut la 
Curé rarier de pls^^e, et la faire engrener sur le pignony^ qui 
1a mène, et la roue /^ qu'elle conduit ; A, bras en fer servant 
3 procurer la pression au moyen de la romaine / et du poids m. 

Lé pignon g est double en épaisseur de la rouey, pour que 
là positioii des deilts qui engrènent arec le pignon h ne soit pas 
là niême ijue celle qui conduit la roue intermédiaire i , ^ale en 
épaisseur à la rouë^ et placée dans le même plan vertical. 

p p()ulie à courroie; r grande roue à courroie, dans le même 
plau que la poulie p , qu'elle met en mouvement par la courroie 
S'i t poulie à courroie, placée sur le même axe que la poulie /7,en 
dedans de celle-ci , et d'un diamètre plus grand ; u poulie pla- 
cée sur l'axe du deuxième batteur, dans le même plan que la 
iH>ulie f , qui lui communique le mouvement par la courroie c, 
avec une accélération de vitesse déterminée par leurs diamètres. 
. iln avant de ce deuxième batteur se trouve une paire de cy- 
lindres alimentaires semblables aux précédens. 

X supports à coulisses , semblables au support e , placés des 
cUux côtés , et en dehors de la machine^ dans lesquels tournent 
tes tourillons d'un cylindre en bois , destiné à tendre It toile 
ffUftsfin ( qui passé aussi Sur un cylindre semblable à celid qui 
|i0rte l'aie delar<»uey;^ enveloppes demi-circulaires, en tôle 
4efet9 recouvrant les batteurs; z enveloppes semblables, re- 
ilOttvraiit les tambours de pression ; a " extrémités de ces demi 
Cylindres, dUr lesquels sont placées les cheminées ^'ihiinies de 
fi^têfl peai* 1« répafatifNM de U machine « e' support rfcevant 



TSLATtSKÈ. 175 

Tviede lègrândsreue o eonlmuiliquant U ifioUvcuktntj^'dfeux 
IKiUUes à courroies, Ttiae deslinêeà trclnjim^Ur^ le moureitient, 
hntte folie; h* roue d'engrenage f^brtée sUr un 9xe ^ rece- 
vant le mouyemént d'un pignon , placé sur l'axe de la grande 
roue. 

k poulie & côurreieâ, fixée Éiir Tate de la roue A' ^ trdnimet- 
tant ie mouTcnient au cylindre alimentaire inférieur dU 
deuxième batteur, au moyen d'une courroie, et de la poulie /', 
fixée sur le prolongement, en dehors de l'axe de ce cylindre. 

La première toile sans fin est d'une seule largeur ; la seconde 
dit formée de huit largeurs laissant entre elles de petits interyalles. 

Les deux cylindres supérieur et inférieur sont cannelée ^ et le 
tambour de pression , formé de deux cercles à rayons, fixé sûr 
un axe en fer, et recouvert d'une toile métallique en cuivre , 
et qui s'applique sur des barres longitudinales en fil de fer. 

hc^frappeurs sont composés de deux barres de fer plat, fixées 
sur un axe très fort, tourné sur toute sa longueur. 

Au-dessous du batteur se trouve une grille en berceau, for- 
mée de gros fib de fer, au traVers de laquelle passent les graines 
elles corps étrangei's que renferme le cdt6n, qui vient tomber 
sur la toile sana fin, et passe au second batteur. 

La roue r et la poulie g , montées sur Taxe du preiiiièr bat- 
teur , eut de tels diamètres , que la première faisant !Ë25 iours 
à la minute, le batteur en fait 1 ,100 , et que la poulie i faisaut 
ee tiombre de totu's, le second batteur en fait 1,300. 

Le pignon g^*, monté sur l'axe de la grande roue , coilimuiii- 
que une vitesse de 225 tours par minute à la roue d'engre- 
uagé /i'j et comme ils sont dans le rapport de 1 : 7^6> la roue 
uelait que 37,6 tours; les poulies A* et i' étant dans le ràjiport 
^6 S : ô, la dernière ne fait que 22,5 tours, quand la jJremière 
en Ialr37,5. 

Les cylindres du deuxième battèui^ ne font done que 22,5 
^ttrst)endant que chaque frappeur en fait 1,300, et donne, 
par conséquent , 2^600 coups par minute , sur une longueur de 
1271,7 lignes (3*,4â) d'une nappe de coton que les cylindit^s 
alimentaires, d'un diamètre de 18 lignes (4«,07), présentent au 
batteur , ce qui donne 2,04 par Ugne , où 2 millimètres Si6. 



lîB 



riLATCBE. 



Les poulies h* i* étant égales , le cotoa passe clerriëre le se- 
cond batteur avec la même vitesse qui l'amèiie aux cylindres 
nouiTÏsseurs , et les poulies r r étant dans le rapport de 3 : 5 , 
la première faisant 225 tours par minute, la deuxième, fixée sur 
le cylindre alimentaire du premier batteur, n'en fera que 13,5, 
ce qui amène au batteur 763,02 lignes (20~,470) de coton , sur 
lesquels les frappeurs battent 22,000 coups, d'où chaque ligne 
(2'™,25) en reçoit 2,8. 

Batfeur^ttdeur. — Après que, nettoyé en grande partie par le 
premier appareil , le coton en sort eu partie étalé et ouvert , il 
a besoin d'un nouveau travail pour être complètement purifié 
et réduit en nappes régulières , d'une dimension et d'un poitii 
donnés, qui sont roulées eu manchons sur un cylindre. C'esl 
ce qui s'exécute au moyen de l'appareil fig. 12. 
Fig. 12. 




Pour cela, ou distribue le plus exactement possible le coton 
sortant de la première machine sur une toile sans fin , qui se 
meut devant ime paire de cylindres alimentaires , au moyeu 
desquels il est porté à uu batteur semblable aux précédens , 
d'où il est projeté sur une grille , et ensuite sur une toile sans 



FlUttJRE. I7r 

fin, sut laquelle un tambour en toile métallique le comprbne 
et le transforme en nappes qui se roulent sur un cylindre en 
l)ois, placé hors de la machine ; quand ce cylindre est couvert , 
on le remplace par un autre, et ainsi de suite. 

Un ventilateur placé au point de réunion des cheminées en- 
traîne la poussière que renfermait encore le coton, et les flocons 
de celui-ci se trouvent arrêtés par la toile métallique du tambour 
dépression, et se réunissent à la masse pour former la nappe. 

a, table d'étendage en bois encadré en fonte, soutenue par 
des pieds h ; et des supports à coulisses dans lesquels tournent 
les tourillons du cylindre tendeur d; e y second cylindre en 
bois placé près des cylindres alimentaires qui lui communi- 
quent le mouvement par des roues d'engrenage. Sur ces deux 
cylindres en bois se trouve une toile sans fin divisée transver- 
salement en plusieurs parties par des bandes rouges ou noires; 
/^'cylindres cannelés alimentaires, dont l'inférieur reçoit le 
mouvement par une courroie placée en dehors du bâti. La 
pression s'exerce sur le cylindre supérieur par une romaine 
chargée d'un poids; n o , deux poulies dont l'une est fixe et 
Vautre mobile sur laquelle on place la courroie p^ pour impri- 
mer ou faire cesser le mouvement ; q tambour en tôle recouvrant 
le frappeur; r grille en gros fil de fer placée au-dessous; s petites 
planches sur lesquelles glisse le coton pour arriver à la toile 
sans fin / que font mouvoir les cylindres u v ; dans l'intervalle 
des cylindres se trouve un plancher au-dessus et au-dessous du- 
quel passe la toile sans fin; y tambour de pression en toile 
métallique se mouvant par l'action de la toile sans fin et par 
des engrenages placés en dehors du bâti : le coton reste appliqué 
à sa surface tandis que la poussière est entraînée au travers de 
la toile métallique par l'action du ventilateur, z, enveloppe en 
tôle du tambour sur les deux fonds duquel sont percées des 
ouvertures communiquant avec les cheminées. 

a' ouvertures recouvertes d'une plaque de tôle pour enlever 
le duvet du cylindre de pression; V cylindres en fonte à surface 
unie pressés fortement l'un sur l'autre par des tenons et des 
poids; ils se meuvent ensemble et en sens inverse par le moyen 
d'engrenages avec une vitesse égale à celle de la toile sans fin, 
ils portent le nom de retireurs o\x déchargeurs y et sont destinés 

V. "" 12 



r 



paç ^ç^ ^Çrpçi?j5e3; /' çxUi?,%e en ^içjw ^i» Ic^el ^'e^yç^oppe 
la nappe de coton; il r^ço^t; SQii ii^ipuye^çnt du f i oj^temeat de* | 
cylm^^ef pr^ç^^^p^ ^ on le pressa psgr des poids qui agissent sur 

/' iîpiief» çn toile, placées 4es. 4^^^ côtçs. du manchon; f levier 
poij^j ^le^^r leç pç^dç^' et l€is.tï>ides g" quand on ve^t retirer le 
H^^cl^9^ jfl(^n; A' CFOschçl; ^V^rét ppur releuir rentretoiie 
I^n^t le çliavgigeçîijÇftt dç cyUndrçs,; m' crockets pour ies 
c;|^(in^rçst yidef . 

n 4^€[ pfulLçulier pçrtant^ois ppuUes à courroies, Tu&e 
p^jl^r^m^Oj^Yemçi^t, VaviXr^/pllej et )a troi^wfi servant à faire 
to;i^^* le^ ç^l^pjire ini^rieui: altiiA^i^taire ; Fautre extrémité de 
Tq^ pojg^ uvn p^gnop qpii engrène avec une xoue fixée sur 
r^ç ^U çy\v^di;e infiériç,w,dQ diécharge. 

Y^iX ççs dispo^itiçp$, la machine reçoit du. ja^oteur deux 
^f!HY^¥n^'^.^^ ^'w\ PAT les frappeurs qui £cmt 4oatoius à la 
ij^njjLtçi, X^^pi^ p#i; Vajçe du cylindre. infécieii:|: qui en fait 
6^^ ^ P^&>M^ ^ ^^ ^^^ ayant 24| dents et la roue qui Vengrènc 
\\\\ ^9i "^tf^ ^^ çyUndres en fonte 6' n'est que le seizième 
4^^^ 4^ V^^ n^>ià pouline phcée sur cet axe, qui comçiande 
1| çylindifç ^Ijin^vitaire inJEérieur^ na hii Deiit feire qu'ua ^fxi 
^%9¥Ç y^p4<W^t qu'il en &àt un : les cylindres de S^nte ayant 
wa^ ^^^^re. 4p^]p1q de celui des cyhndrcs alimentaires, la vi- 
tgf^ àç, \e^ circpnSérence est égale, et les cylindres redrem^ 
d^t^t Iç Qçtçii 4 m/^sure que la machine est approvisionnée. 

j^g^^içe 4|6 cç^^te machine e^t &it par deui^ femmes ^ 
r^j^ pçei^d çt| -gk^ le coton sartantj du b^teur-q>kicheur et 
<^%^ \^. çylii^dr.es, et Vautra étale le plus régulièrement pos* 
8)jt|^ ch^yçp^^ç p6S<ée 8\ir. l'une des cinq divisions de la table 
d'étendage; chaque mise est de 14 onces (4481 gr.> ou mieux ae 
l^^i^f,(5Ç0^^.)9 et si la toile sans fin fait un tour pour une 
H^igfp^ cgl\e-çi pèse environ & livres (2,500.gr.) pour une Ion- 
gjj^o^dfç. SP; pieds (Q^) roulée en spirale sur le manchon. 

V4j9p%](eil fournil; ôûO. livres ( 250 kil.) par douze heures; u 
agif Içjki i^vÂron la force d'un, cheval, il exige des soins <^ 
^flSMi 4 CfiWt que dfiiçande le baUeur^éplucIteur* 



]fi çbW» 4fi ^* .4* Wrp* .Çtt»B«Sts qu'il pQifp-^ eafDK ten- 
fc ^ g^ey, .4e l'fiuyr^r cpjv^tempi}, «t ik le rèivàre ea ruions 
^xj^p^^fSè ^ ^'^ cf»msiV/fiSi< Le «»b}ii.4e>tÛM à ptoéuire i^ 
Pk ^T^^Kf 4ufi° .90 0iétiiklM«) parait deveii être taxée en 
Ç^^jx ff^fjfi^f PP w Wr' poiu' <^ wage de coton de guai&é 
snpé^^^g, ,^}» e# battu et ëf^ché lia rauu; le premier 
9iEj|^£f ^ t[r:i»4oAae des mppias d'un^ dimension, et d'un 
j;)^)d^4ç;^ii^é4:^ea«U>iuien^le réduit en ndmu ou boniins 
greame^^gstififf, sapBjétriage..Quand.oM.ptodiutun^ailc»rdage 
la nappe est transformée en un ruba^Lqui éprouve en mèmeteftlpq 
.^a fiikle étm^, et l'on obtient par là^écononûedans cetU par- 
^ # VpbÂmUoo et dans r^hidiage,-«t<le trwûl eat naieiv 
^ t$ f^ jornsid^nblfi. ' - 

MSie. 18, 




a châssis en -fonte garais de panneau^ en bois mi^çê, exceoté 
dansi'espace compris entre l'arc de cercle à, j, c, et le brança^t, 
e t formant avec un fond et les deux bouts un cpSre destiné à 
le cevoir les ordures et le duvet; il est retenu jiar des entre-^ 
toi ses d'assemblage; celle de derrière a la fornie d'un x, celle 
(Je ( devant est un châssis rectangulaire servant de cadre à cette 
parti e du coffre; c support à fourchette pour placer le cjlindre 
cliarg é de coton. Un cylindre.en bois porte la nappe ipiilee; 
suraoïi axe prolongé se trouve un écrou d'engrenage «; deux 
cyKndr es atimentûres de la carde en fer caimelés de i.^rligàes 
(Sl",6-%) de diamËtre portant 28_canaelures sont pressés par 



180 MLÀTtfiE. 

des poids attachés à des tringles en fer, et sont mis éh lûou- 
▼ement par le pignon h ; à Textrémité droite de l'axe du cylindre 
inférieur se trouve une roue qui commande une autre roue y 
par le moyen de laquelle son mouvement est transmis à la roue 
c ; la vitesse de la circonférence des cylindres alimentaires et 
du cylindre en bois se trouve la même afin que le cylindre 
fournisse autant de nappes que les cylindres en débitent. 

Une roue d'angle , fixée sur l'extrémité droite de l'axe du 
cylindre alimentaire inférieur communique le mouvement 
qu'elle reçoit d'une roue placée à l'autre extrémité, par un 
arbre ineliné muni d'un pignon. 

/ tablier en fonte bien dressé; m grand tambour garni de 
plaques de cardes formé d'un axe en fer roulant dans des 
coussinets en cuivre, de trois cercles en fonte à 6 rayons, et de 36 
douves en chêne ou en acajou mâle, maintenues par des bou- 
lons à tête fraisée; les deux bouts sont fermés par des fonds en 
nois et la surface est tournée avec soin sur les collets ; n poulies 
à courroies dont l'une folle; o autre poulie pour faire mouvoir 
la carde ; une autre poulie est placée à l'autre extrémité de l'axe 
du tambour, r petit hérisson ou débourreur qui peut être porté 
à droite et à gauche par des poupées ; il porte une poulie s à 
courroies croisées^; u second hérisson^ portant aussi une poulie 
à courroie; a; .chapeaux de cardes numérotés de 1 à 12;^ cy- 
lindres de décharge portant des rubans de cardes en hélices; 
z roue d'engrenage lui communiquant le mouvement ; une pou- 
lie à courroie fixée sur le même axe met en mouvement le hé- 
risson u; d peigne pour détacher le coton du ^cylindre de dé- 
charge : il a un mouvement de va-et-vient vertical ; on le 
règle par le moyen de brides en fer de manière à ce qu'il frise 
Aes dents du tambour, sans le toucher; g^' poulies à courroie 
recevant Je mouvement du grand tambour ; € autre pouUe à 
courroie (appelée de la gouttière), sur l'axe de laquelle est fixé 
un pignon qui donne le mouvement à la roue /»' : en dedans 
se trouve un pignon qui transmet le mouvement à la roue z par 
la roue intermédiaire o'. 

La roue w' mène la roue/?' qui transmet son mouvement à 
la roue q^ sur l'axe de laquelle est fixée une large roue à la 
Marlborough , qui conduit les roues t'u' montées siir le pre^ 



FILATURE. 181 

inier et le ^cond cylindre cannelé de la tète d'étirage, et la 
roue \^ placée sur l'axe du cylindre retireur inférieur s' à en- 
tonnoir en fonte, dans lequel la nappe se forme en boudin. 

Deux paires de cylindres en fer dont l'inférieur cannelé et 
le si^>érieur recouvert d'un drap collé et par-dessus d'un cuir 
bien uni, servent à l'étirage ; des piods d^ servant à les presser 
l'un sur l'autre : un cylindre en fonte J* presse de tout soa 
poids sur le cylindre retireur z'. 

La TÎtesse de rotation donnée au gros tambour par le mo- 
teur n'est pas la même pour tous les cotons ; on ne peut établir 
aucune règle à cet égard, c'est au conducteur à juger de celle 
qui est nécessaire pour l'espèce de coton qu'il travaille : elle est 
ordinairemeut renfermée entre 120 et 140 tours par minute : 
on change quelquefois aussi le rapport de vitesse des autres 
cylindres selon la nature du coton. 

Les COTONS longue soie exigent un cardage plus long que les 
courts; on augmente la vitesse du gros tambour pour les pre- 
miers tours, en conservant la même vitesse pour les autres 
cylindres, ou les diminuant par le changement de quelques 
poulies ou roues de diamètres convenables. 

Ces changemens ont lieu du cylindre alimentaire au gros 
tambour et du gros tambour au petit, d'où résulte ime varia* 
tion dans le n^ du ruban. 

La longueur des dents de cardes, du n® 22 à 24 neuves , est 
de 5 lignes (11"^,27) ; le diamètre net du gros tambour de 34 
pouces (0»,920) , celui du petit de 13 (0»951), 

Quand le gros tambour fût 130 tours, les cylindres alimen- 
taires n'en font que 0,675 ou un peu plus des deux tiers d'un 
tour qui donne 0,675 de nappe; le petit tambour en donne 
5°îl50; la première paire de cylindres d'étirage l'étiré de 0™,682; 
la nappe s'allonge de 5"»,260 entre la première et la deuxième 
tète d'étirage; le laminoir attireur l'allonge encore de 0°*,282, et 
enfin la relation de vitesse à la circonférence des cylindres ali- 
lûentaires à celle du laminoir étireur est de 1 : 17 à peu près. 

1^ carde se trouvan^^chargée d'une nappe de 30 pieds 
(9",745) , pesant 6 liv. (2^,500) , le ruban sortant du laminoir 
«tireur est de 165»,665 , donnant par livre (ou 500 granun.) 
^%133. Cbmme 1000 mètres, pesant 500 gramm. (1 liv.)» don- 



1» PHATURE. 

nAit le n* 1 , le mban de là carde donnerait , saaf (Mw 
n° 0,333 ; le dédiet est ordinairement de 3 [t. 100. Ott iroh 
près cela «iiie le numéro du fil dépendit du {k)(3b âe ké 
de coton. 

Pour té cardage en deux opémiions, l'a cârïle m gïM JÉ 
me du n" 22, M celle en fin du a? 34 ; les lièn»l61iil et IH 
bours de là carde à rubans étires le atnit du ti." W;bi 
peaux 1 et2, dun<>20}3 et 4, du 22; 5 et 6, dîl i4i ttt 
12, du 26. 

Le tambour bien rond et poli à la pierre-fKin<^', VaI ^ 1^ 
ordinairement 16 plaqbes de 5 pouces (iS'jS), lalfenfiit 
dles iÛL espace de 1°',3 à 1°,S, en lés fixant clU ttlô^ëR de 
àcairdes , et les tendant fortitaent avec une \piiitè tmW 
On place de même lés cardes des chapeaux. 

En supposant 130 tours par minute, On trOÀM ^^cftiï 
verses partiei de la machine le taombre sûiv&ïLt : 



DÉSIGSATIOM 


S 


é 


Tftafe. 


Vi 






1 


de 




des tambours, cvliodrci 


1 




cotation 


cira 




1 


pà'r 




et i>(>ulies. 


a 


■ë 




" 


Grw taîùhour gîrni de ses plaques 


m 


. 


m 


m 


ae cardes. 


0,09* 


a.gSï 


lîO 


3J 


Petit tambour garni de sa carde en 










rubans. 


oM 


1,17s 


4,oS8' 




Gros bérisson. 




0,534 


S 




Pelil hériâion. 


ol^S 


o,ioa 


470 




GïilridrHTBlimentsires. 


o,o3i 


o-ng? 


0,696 




J^te^ierc^yliDdredelatëtedetiragt. 


o,oa7 


0,085 


68 .06. 




D eu Même cylindre idem. 


o,o3; 


o,i.9i 


ii4.o3S 




Bouleau retireur. 


o,o68 


o,ii3 


53,oo4 




F<Hi)i(; montre aor l'arbre du gréa 










tambour, commandant celui ùe la 










loùHirre. 


Clin 


o,4oa 


iSo 




PiHilje ^e l'arbre de la goultièra- 


0.1 î,6 


o,654 


86,1 




Poulie de l'arbre du gros laïubuur, 










&ûibMele«ètil1i(rri';im. 


n,.08 


0,930 


,3o 




Pd^aisduPBiU.hÉdtwii.. ... 

Paulie du petit lam^Qur, qui cou- 
dait Ife |ro) liénssoli. ^ 


o,o8. 


o,,54 


4;o 












0.1,5 


0.543 


iM 




poulie du gros béciuOa, 


o,/5i 


0,470 


5,7» 





FBJLTORB. Hi 

rubhns des kérissoiu et du fte&tisliÈittMt tiSà fflEft I Btt 
r^émité avec des clous, et tournés autottir énïfliS^i^ Il VS* 

Cn des çyliiidires. 
% affûte les dents des vârdeâ ati moifW ^d'Uiè j^cké Ittâl 
mÊéè 9 |[a!rme d'éineri en fçtùB gnd&s-, M itàietti 9M|iiàe iU& 
pie consi^ùt éssentiellenie^t en ttft tatai^ifr tifil A||Uithi^ 
|k duquel nous allons iparler > ^t ^ ^èttil ft OrfdH ÏÏH^ tttËBi 
UttM^ l'un de rotatidn^ Taetre 4e vaPtt-Vttd^tt^Pra^^ 

-mènes grains d'émeri ne se ftéoe^ltoùt ^titt iMMUft «tÉ 
^mes dents des cardes. Les tambours etfîè^ Mi 'W J I S ftfat ffiV 
^.«Ar des supports convenables » et lé uïbiïVèJÀâft tft Irbânon 
tar ^at&miMrîmé, comniettft taiàèMft'-^ 
Ipimn* iè premieraîguisages léi b^kWèîtâ érf^i \tgiîVb^ 
■itttes, et les ciiapeaux fuinte^ ptât^'^iiè là ^tttffîèâ; Jjlà 
wneitt 6uV eux-fmémes^ multiipfietiit 1& inXeUè ïtt |k>lillâl c^^ 
et de la menlev tanctis^que tes dii))èBiiil tt'Mfti^eëlIlè ^tt 
çoivent du tainbour. 

Un co£fre placé aù-desaouB teçAt là )^oiMitè kt {A &&A 
li ineoTiennent de Topérali^^ki , Méds ÛHi Vés^ Wé l&fèè 
ins tes cardes , que l'on Aefttôfe àû !Aâ(aj^ VPimé 1#Htté. 
Pour aiguiser le igros et le pi«^ taiUlkAir^ dh i&^MI!^l&^ 
ppoiris defttmés à cet «lâàgé tm fàhifiblib^ àëiiiéK^ àjfkfô âSllffî 
I nxouyement de rotathm cft Hin db ^^M4èt^vitiJit^ et ^l^ 'ttl^i 
iicdier les dents des deut tarhboùfi^^r^Élli tÈh^^^ffèMaL tti£^ 
nte aux deux surfaces convexes : les tambours ttMttbenl %A IBSim 
Vèr^ë à la courbure des dents. 

L.e tambout-meule est foïiWé d'tm ^e IOl ftr, j[MMItnt Wi^ 
iTclcb en fonte ^ sur kiqtiels «6t roftlCè iLJiiè pU^tl ^ ÏSII 
»i:^e V qui , après avoir été bieii dfea^ ^ eilt ï^Mï6^vét4e tf'iÉè 
>iiclie mince de stuc ou d'aûltè mAtière kittn ^ris^ éMli yH -gStif" 
ditenfient tournée , après AVoil* été héêhfe iét ifècëiYtm'SVSSm 
a!t le moyen de colle fdtté. [' ' ' . 

Les cardes sont réglées d'après la nàttttë Àà WÀd ({hS M 
oit travailler ; les cylindres HliWlènM^éi ïm ^Otëêi S éHViéon 
;2 millim. du gros tambour^ «t bléii |)àrfcTIè!èfoé^$ iétf fôiâ^ 
eas se placent de la même màftSèrè, et I&ffiMiii^délâb^|pl^ 
fh en décroissant de t^VfiiMtè )^lé^Vt A'iJSi'^'iu À^ 



'I 



IM FIIiiATURE. 

ragfe du ruban. Les cylindres itiférieurs sont «n fer eatinieië> 
les deux premiers du méiée diamètre, le troisième d'un ifàxà 
plus gr6s i leur table su{>ériettre est dans un plan korixotttai^ 
le troisième cylindre est poHé èur dés supports fixeà , la 
deux preltoiers formant un sysCèihe peuvent être «loignéi du 
précédent par un mouvement dans les coulissée 4|ui lâi por- 
tent. Les cylindres su^érieura sont enfin rebouverts d'Une 
enveloppe en di*ap, et d'une seocHide en pea«^ ifeàXïy ^ui y est 
collée. La pression ^st ré^ée "par un poids. 

n chapeaux àe'propre€e\ <ia bois d'acajou , i^^amis ittfiérieu- 
rement en drap, et re^»o^nt de leur poids sur les cylindres '<lt 
pression, qu'ils nettoient. 

Au-dessous des cylîAdres cannelés inférieurs t»n place une 
brosse de propreté on des morceaux de bois garnis de drap. 

En avant des laminoirs se trouve tme plaque de fontfe poKe, 
servant à guider les rubans. 

p entonnoirs en cuivre poli , recevant les deux rubans étirés 
descinés à n'eil fortner qu'un ; r laminvirs-^retiréurs en fonte 
polie : le supérieur polisse l'inferieui' dé sôtl poids; la vitesse de 
<ie systèhie e^t un peii plus grande 'que celle du troisième cy- 
lîtfêrè cannelé , pout que le ruban reste légèrement tenAu. 
tt poûfieâ jVinielles , à courroies , placées sur le& axes prolongés 
àu "trôiéième cylindi^e; v bras en fer supportant le troisième cy- 
iihdre ; x levier double, pivotant autoul* du point j^, servant à 
mettre en mouvement ou à arrêter un système. 

Une petite poulie faisant corps avec ta |)ouliede mouvement 
est fixée sûr le troisième cylindre ; b poUlie fixée l^ur l'axe du 
cylindre Inférieur du laminoir r; c coùtroSe eàVeloppant ces 
deux poulies. 

De l'autpç côté des cylindres cann'elé^ ^ trouVeht des roues 
d'en|[renage : celle du troisième cyUndre de iO dents , du 
deuxième de 27 dents , du premief de 40 dèntà ; trbis roues 
Ayant le noiâftNre de dents inversés engrènent avec les pré- 
cédentes* 

£n avalit de la première tête , on place six pots Àe ferblanc 
de la citrde; ^n iprésente au premier laminoir trois de cet ru* 
bana qui ^ en raison de la viCesde croissante *dcë c^fltùârcB ,iodt 



FftATURE. «rf 

e laminoir r, et tomber dans d'autres pots ; on passe de toême 
es rubsns à la deuxième et à la troisième tête ; mais on n'en 
laase que ciiiq à la quatk^ième i par là le rubàU qm sort rèii* 
eniie 1080 rubans primitifs. 
D'après le nombre des dents des rones , l'afllongement tles 

Tibàns est de 4,65, (Jùi Se rëâuîsèht à (^ y^ ^,31, pùl§- 

pi'on passe six rubans aux premières têtes , et cinq à la qua-t 
ïième; le numéro du ruban étatit 0,33 , le ruban étiré sera 

~ ^ 0,143 , oix plus gros qtie le rîibàn jii'hnîtif ; iiufet]|a'bii 

fait passer trois rubans aux trois premières têtes , et cinq à la 
tioisièffle, sans déchet sensible. 

Le banc d'étirage est.conduit par deux femmes , occupées à 
fournir du ruban et à réunir ceux qui manquent. La vitesse est 
d'environ 150 tours par minute du troisième cylindre ; Û suffit 
pour rétirage de qiiatre car^s. 

Bancs à broches. •— Les fib obtenus par les^métiers & lan- 
terne présentent des défauts qu'il parait iint>ossîi)le d'^vitar psà: 
leur emploi; leur qualité est soumise à la volonté de l' ouVrier*) 
dont l'intérêt est d^ kur donner une 1a:ot> forte tbrsi<âb , hxkàtk 
<IQe le fii engroq ne doit recevoir que celle qui est Àéce^airë 
pour sa solidité, la trop forte torsion y oocàssionnaiat àes in^ga* 
lités; les baïKfs à br6cfeeB>, bohbin an^fly filmés ^ des Aitglais*^ 
dus à M. €orcVé'r et Higgins, de Mâùcbei^iei'^ -sont de àeux 
«ortesïlé bancs en igroi^ ayint 1î4 à 30 Ifràctei , reminàcent 
les ihétîers à laritdrnés ; ceuît en fin, employés à 1k {Aacç dies tné- 
tiei3 en gfo^ , ou stfecliters , ^lii àvix ^8 à 6Ô brôc'hes. lëls^fe- 
toîers aonnënt à peu près 100 kilog. de mècïiè îi» 0,80 par 
ûQuze lieures , les bancs en fin 1;2 kîlog. de fil eh grosn'»!^ 1/2 
à4l;2par'brocKe. 

es bancs ne portent de broclies que dun cote-, comttreie 
Diéiier continu simple ; ces brocbes sont munies d'une âllette 
P^ticulièré, et disposées sur deux rangs parallèles, «n avant du 
pwtc-système, 

l^e bamc engros remplaçant les lanternes reçoit lés rubàïis de 
^ quairitoie ,tçte 4'étir^e j 1q })imp €$ fin v qui remplace ie 
f^ncker^ pu bu/^^ xç^iX la jn^cbe du bfmç^iavgr<>s,ip|4^S)Mr 



188 PILÀTDRE. 

des bobines ; suivant le numéro du fil , les rubans , en double , 
triples ou quadruples , sont étirés dans les laminoirs , et , après 
avoir reçu une légère torsion , s'enroulent sur les bobines , qui 
doivent débiter très exactement tout le fil du troisième lami- 
noir; et pour cela il est nécessaire que le mouvement de trans- 
lation des bobines sur les broches soit tel que quand les cylin- 
dres ont fourni une longueur déterminée de fil en gros ou de 
mècbe pour faire un nombre déterminé de tonrs, l'espace 
qu'elles ont parcouru soit égal au diamètre de la tnècbe ou du 
fit ; mais comme à chaque translation les bobines se couvrent 
d'un rang de coton qui augmente le diamètre , il est indispen- 
sable que le mouvement de rotation soit ralenti dans la même 
proportion , les broches tournant toujours avec la même vi- 
tesse. 

F/g. 15. 

On obtient ce résultat au moyen d'un cane sni 

c les diSTérens diamètres duquel passe nécessairement 

Èla courroie, et d'une roue de friction que l'on ap- 
proche plus ou moins du centre d'une roue toiu- 
nant uniformément. 
La i^ande complication des pièces dont se com- 
pose «m banc i l^ocbes ne nous permet pas d'en 
donner une figure détaillée, npus y suppléerons par 
~ une courte description de cette machine. 

Les broches (fig. 15;, au nombre de 24 à 30 dans 
le banc en fonte , sont de 48 à 60 dans celui en fin ; 
elles sont aciérées par leur partie inférieure et poi- 
tent à leur tiers inférieur une poulie b k deux gor- 
ges qui sert à imprimer le mouvement de rotation', 
et une ailette A à deiix branches dont le point de 
réunion est un entonnoir c servant d'entrée à la 
mèche qui sort par un trou pratiqué sur la parrâ 
latérale : l'une des branches de l'ailette >i, a la for- 
me d'un tuyau fendu dans toute sa][loiigueur dans 
lequel la mèche descend en sortant du trou latérali 
par ce m6yen la mèche est garantie du choc de l'air; 
l'autre branche ne sert que de contre-poida : c'est 
par ce (nyau que les ailettes des bancs à broches diEftrent de 
celle» dea continus. 




FIUTDRË. m 

la partie cylindrique de ia broche porte une bobine de 
Doitié de la longueur de cette partie. Les rondelles inférieures 
les bobines portent une goupille c, qui entre dans l'un des 
roiu des poulies BUpérieures,/, de maaiëre que les bobines 
ouruent et glissent en même temps sur les broches qui leur 



Sur l'arbre a (6g. 
16) sont placés deuï 
poulies à qiwtre gor- 
ges (nous n'en repré- 
sentons qu'une, l'au- 
tre est du côté gau- 
che dubanc) ; sur le 
bord intérieur de la ' 
poulie, se trouve un 
rebord o d'un plus 
grand diamètre que 
le cylindre de la pou. 
Ue; cette surface bien' 
dressée sert de roue 
de friction à un dis- 
que p , enveloppé 
d'un cuir, dont la 
pression est mainte- 
nue par le poids s 
attaclié à la corde 
passant sur la pou- 
lie r. Sur la partie 
inférieure de l'arbre 
se trouve un pignon 
( , dont la longueur 
est au moins égale 
au rayon du disque 
o : ce pignon porte 
2Î dents, il engrène 
unerouehorizontale 
u de 62 dents, sur 
la face supérieure 
^^ laquelle est fixé un p^on conique «• de 28 à 30 denU, con- 




191 tlEATGAfil 

^iaanli une uttU^àeSO. dents , montée snr \-ne a^ api pori 
^ adt^ extcémité un- pignon de 6 ailes engrenant sur la roue 
^çbelks c;. deux pignons U^ de 35 dents, engrènent les crémaî) 
\kx^9. o* fusant partie du porte-^jCoUet'des broches , ({vày ainsi qu 
f f|Sf. açc^soireSy est contre-p^ par des poids. 

Le mouvement varié des broches est procuré pao» le passage 
d'une courroie sur les différens diamètres du Cj5ne â pouvant 
glisser sur Taxe A par l'action de l'entraîdeur : la. courroie ii 
passe sur les deux poulies g h^ et vient s'enrouler S!|r le ia- 
rillçt en fqn.te ^, 4PJ;^traxe /porte uipe pjpulie à quatre gorges /n, i 
gui pçu,t WQOtçr e^ descendre le Ipng de Faxe, et sur laquelle 
s^envQule^t deuxcai;des sans fin, (jui vont enveilopper chacune 
Ifs pouU^ de& quinze bobines. 

. Q^wl. la.maçlMlie est en mouvement, le disque de fricdon 
a a pF'^s^ P^K 1^ contre-poids , prend Iç mouvement de la 
|i(Qi4iei^. <|ui se^timismet successivement au pignon ty à la roue i/, 
$llf p^QO IV à la rpue v^ , à l'arbre a', et au pi^on <^ six ailes 
conduisant la roue G ; pour que ce pignon passe du dehors 
au dedan» , cette roue présente une ouverture du dîa^iètre du 
pignon : dans ce passage , le mouvement de la roue à échelle, 
de son axe , des crémaillères , et des porte-colljet3 , change al- 
ternJfctivement , et reste constant tout le temps que b rpue de 
friction reste à la même hauteur ; mais quand elle monte , cJlle 
porte sur un plateau de plus en plus petit, et soi^ nnouve- 
ipent se, ralentit dans cette proportion. 

Le cône b est destiné à produire le; mouvement; d^ rotation 
retardé des b^obines^ à ipesure qu'elles se chargent dfe fiJ. 1^'nc 
^auerife d\ ajant çop centre de rotation, en^' porte 4 ^.branche 
sim^r.içu;;^ ^ t;i:QU; allongé dans lequel s'engrène uij tourillon 
ijj^nlakUtçr dàng la crémaillère /qu'il entraîne latéralçn|en|:; celte 
ç|:,én^aiilLj^rjç,es)^enj^:aînée par le poi^s g\ quandles déclics d'ar- 
x/è^ QW^ ç]h^^, v^e^^ent à lâcher ; la crémaillère porte un tel 
ji^^pl^r^ 4^ 4en^>. que la bobine est couverte quapd l^s. chiens 
^ff^^Y^t' &ldi d^mtàte dent, et alors la courroie saute sur la 
fiOttlâft.foUef et ku machine s'arrête. 

Les uouvemens des broches et des bobines, dm banc à 
]É!roch6S;eB fin, ont lieu de la même manière; il ne porte que 



able est plus longue, et leur diamètre moiip4ir^ 
Qa place ^çrjfière le ^)^»p les pots. ^e^^eirmAPt le$ rub^^ Cpiie 

oinolrs : si la 4i^érei;^çe ^ vi^^e 4u. prçjpii^ s^u t^çi^ikèi^e e$t 
le 5^ Us rubans so^'^nt de celw^q çin,q.£9^ plua V>969* l^ i^i^èche 
lirig^e d^n^Vwtoiyjiftiy d^ Vî^i^e^ft ^^X p^ ro.uvç^turelî^téral^ 
-t U. S?gneir, ^|i ï^omr d,'çcfviççr^ Iç t^y^u qu'elle payowrt, et; 
ra s^eoxo^lçr sjijLr Iç corp^ d'ujgLç.bobi];ifÇ ^ re^oi^, comice ^o^UiS 
r^yoos yyi, i^ mouveiptiei^t ^ r,o$^tiofi e;^ ua a,ijitve dje Vaj;^j»lar 
tip:^ d&b^ en Iji^ut çt dç h^t en b^; ^ lii(iesmre <iU^ U bobine 
sç rçu3f jyi^, spn. n>ouveme]ç^t gir^^oire din4$L^e p^r IVtiQn du 
c^Ç trçji;^!^, e^ lorsifa'^U^. ^t ifççpp^ie, le 4éçliq^e^ge^ ^r4t« 
IçmQu^ygfQ^t 

?W^ W? reQtidagesQÎtf t^guliec^ il fa\«t <pM^ le mouyemi^t 
4^ rota^oQ de^ bjp^ines soit ea misQU kkvers^ d^sxm^ citamfètijre: : 
ai^, en suppos^n^ la bobine de I5t 4^ diamètre, en dix tours 
elle aura pris 45 de fil ; quand elle aura un diaw<ètre de 3, 

c)^^^ tûm p^end^^ft S de fil^^ <t lea 4d ftlenrouli^oBt m dnq 

tpurg^ 

Pour donner du tors à la mècke ou au fil, oii adapte une 
aïette qui tourne dans le même sens que la bobine et plus ou 
moins vite qu'elle ; s» elle tourne pkis vite, l'enyidage a lieu 
en avant, comme dans le banc en gros, par le frottement de la 
rondelle inlérieure de la bobine contre le porte-bobine et du 
fii qu'il entraîne; si elle tourne moins vite, Fenvidagç a lieu en 
arrière, et la bobine doit recevoir un mouvcme^t uniformément 
retardé suiv^ant son grossissement ; si le cône est placé, la grande 
l)a6€ vers la gauche, Feriifidage résulte de la différence variée ^ 
en plus ou enmoinsy du mouvement de rotation de t ailette de 
ài bobine. 

En supposant que 45 de mèche doivent avoir 30 tours de 
toràon, la broche devra faire trente tours en envidant 45; 
l«s diamè^es étant de 18, elle devra faire 10 tours pour envi- 
àex la mèche, et 30 pour suivre la broche; si la broche a 
30 de diamètre, 5 tours suffiront pour en vider 45 de fil, ce <jui, 
avee âO tours de la broche, en donne 35, et alors le nombre de 



192 FÎUtlJRË. 

tours de la bobine^ plus ceux de la broche^ est en raison inverse 
du diamètre de la bobine. 

Si la broche était immobile, la bobine devrait tourner avec 
assez de vitesse pour en vider toute la mèche que fournissent les 
cylindres, et comme la mèche arrive uniformément, la bobine 
doit avoir un mouvement uniformément retardé : la broche 
tournant la bobine ajoutera au mouvement propre à Tenvî- 
dage, celui delà broche pour l'éhvidage en arrière, ou retranchera 
son mouvement de celui de la torsion pour l'envidage en avant, 
comme dans le banc en fin : le diamètre de la bobine étant 15, 
les 45 de mèche seront enroulés en 10 tours, qui, retranchés 
des 30 que fait la broche, donnent 20 tours pour la bobine: et 
le diamètre étant de 30, il faudra 5 tours pour envider 45 de 
mèche , la broche étant en repos ; mais si elle fait 30 tours, la 
vitesse de la broche sera de 25, de sorte que pour le banc en fin 
on trouve que le nombre de tours de la broche^ moins celui 
de la bobine en même temps j es^ en raison inverse du diamètre 
de la bobine» 

D'après cela, dans le banc en gros, la bobine doit marcher 
plus vite que la broche et sa vitesse diminue toujours* et 
dans le métier en fin elle marche plus lentement que la bobine, 
mais sa vitesse va en augmentant ; c'est pour cela que .le cône, 
dans le banc en fin, a sa base tournée à droite. 

Depuis quelques années on a substitué au banc à broches, 
une machine connue sous le nom de rota^froUeur^ dont le tra- 
vail est très rapide, mais qui ne peut être employé que pour des 
numéros au-dessous de 30,000 mètres. 

La mèche passe entre deux frottoirs en peau qui la codi- 
priment et la roulent comme le feraient les doigts dans le dé- 
vidage au rouet ou à la quenouille; une tête d'étirage composée 
de trois cylindres comme dans le banc à broches produit le 
même effet que dans cette dernière machine. 

Une description plus détaillée du rota-frotteury ne pourrait 
être bien comprise qu'à l'aide de figures , que la grande quan- 
tité de celles que renferment déjà cet article ne nous a pas 
permis de donner. 

MuH-^enny. — Les bobioçs sortant du banc à broches en 



/ 



FILATURE. 193 

s $ODt placées sur le métier, qui se compose de deux puties, 
uae fixe, l'autre mobile ou chariot : la mèclie passe entre trois 
uniaoirs, dont les deux premiers les étirent faiblement, et le 
robième plus fortement , et vont s'enrouler ensuite sur des 
iroches que porte le chariot s leur rotation et le mouTement 
n arrive du chariot leur donnent la torsion et L'allongement 
léUmiaés par leur numéro: lorsque l'aiguillée est faite, les 
jliadies et le chariot s'arrêteiU, tandisqueles brocheSj qui 
miment toujours, achèvent de tordre le fil ; le chariot, rame - 
lé à sa position première , recommence le même mouvnneat 
sur iui« nouvelle aigt^ullée ; pendant ce tour ou euvide le fil 
sur les broches. 

Quand on file des numéros élevés, conune ceux qui donnent 
plus de 79,000 mètres par demi kil. , le chariot doit reculer de 
de 16 à 18 centimètres de plus avec un mouvement retardé, 
pendant que l'on achève de tordre les fils. 

U partie fixe du métier renferme le bâti, tes cylindres, les 
poulies et les roues de mouvement; le chariot, compreitd les 
boches avec leurs tambours et une poidie à trou gorges qui 
roule entre les deux surfaces parallèles d'une corde sans fin 
eu coton recevant son mouvement de la roue principale et pro- 
duisant celui de translation du chariot ; et par une autre corde 
i^ ^ , le mouvement de rotation des tambours et par suite 
lies broches. 

Fie- 17. 





et oofi 

cerde 

«i «JoeindyiaHi 

^■iiik fifcan8(tfta^ 




i t^im 



k Bonke 
i« tmiH 

2S0 à gnckect 

aspbcs 

w ég às, da Bonk^ 

ASkaB le noBresKsi 

que IVi&i 




dadbaiMt 



"n^n* ••• -~- 



a lignes oallfi'i^.î^ 
le mhas. ixps 



iâSDàieFJltlQ&^lBX- 



*flF--< 



-cai- 



^ ♦ >s.**» ^k(g^ de ioissi* 



•., - ■»■»•• 



-- '»--«^«i ietardê,ai) 



flLlÂRBâ. fis 

te cBonètre îles ponlicft des l^roches ett le dfadèvMF A» celui 
a tambours y de sorte qu'elles font dix to»rs pendurt q»^ Ici 
■ibosr n'en fiût qu'un, et alovs les cyËoMkres^ niunrfaaciif» 
«at 2>p<NMes« dk 54«*» dedianiètiie^ o« 7»,4ft Mi^ 0^,1«M6 
:.dicootfeveaRie, et aryant 3,9» li{pe»<7«>»,Qlft) devitesseàlMt 
matkmïce^ 3j9St Uffte» èè fildMbléêtt «ofâu UKfeiirjpMii 
aqa# Bgne o» ^,9; 

i^is«iàiag^tf ei^ numéi^téfgê dèê Jttà Le» koMMS<yriqMtti«l d«l 
MenyrMdeno sont mises sor^ les^ broébes plattAea ddbMH 
lyam lè^ ddvidoir, le M de" (^ftentié^ d'ettet «s^ pos^ s«p iMl 
fidov efr toutes^ont attechées àde peâtoerodbéQi^ gtot ilmâft t 
tebavredu Aé^idoir; me courroie met le^déi4dN»ir en moii^ 
«keBlaTeeBwe>inite6se-dëtérminëepo«ârkfilMeM»daPfik (9mm(Ii# 
qui^aase-d^Hètr&rattaebé^s ap^ 70 lounsiâi&niie^ parmi 
ibÏnw^ Kowmère' anrete le dévidoir, et aUttobe- Sf^ee^nn'fil 
«g» Aaet»ie« des éeheveltes qui viennent d*èl^diiMdées et 
k avan^v les baguettes qui portent ks guide» d^tkn^ vingh 
In^da^k Imigucni» qu'elles doiven«parc#Ui4r^ et aihiftkln'sniti^: 
«que dîx échnvettes sont dévidées, Fouvrlèr« 1$» refait «Hc 
I fil rouge^ rompt les fils qu'elto- lidssé flotter sin^ le§- dertktrs 
ddes, retire lès goupilles des genouilUres,^ dMvtlA bttwe^qui 
Gonr8^Mul,>et alors tous les ëcheveai», deveÉUnt Uiirts, sMt 
aenés vers la gandM du dévideipy d^où en loi'fftivsestf» en 
svant le dévidoir au-dessus du coussinet et de la roue du 
ussinet. 

Ob double leftécheveaux, on lev tord« ave« ta tonfK^w^ et 
1 les pèse pour en déternnlMK le dc|gré de fin^nase. • 
Empeufoetmge. Les fils numéeotés et tOMpiéliy onvenCûedes 
tquets de ô ou 10 demi-kil., que Ton compunt à^la 
onlfis scvse- fortement avec tfoielignfintes» 
On peut se servir de presse à cric^ maîa on enqdaie 
aant de préfélr^fece la pcesse b^dranliqpie. 
La longueur du ûi d'une échevelte est de 1(M^ ftitees^ cft pir 
i^nséquent Técheveau en renferme 1,000. Heziat. 

FKJDËRES. {Technologie,) Ce nom s'emploîe dan» leeaets 
pm désignes des instnunens divers qui n'ont Meun r a ppett 
^eatre eux. FiUève vient de fil ; ainsi l'ind^mmi^l petcédfttisetis 
€dU^«8i W leiqijiel» m £ât pwer k$i6k^imé»8iikpm fid^pew 

%3, 



196 FILIERES. 

ks allofiger, soit pour leur faire prendre dans leur coUpe des for- 
mes diverses, semble, rationnellement , bien désigné par ce mot, 
qui n'a nul rapport avec les vis, et cependant l'instrument à Taide 
duquel on fait les vis se nomme aussi^/iére, par similitude des 
motsjilets eijiletery employés pour désigner l'arête en hélice 
qui constitue le pas de la vis, et aussi l'opération qui produit ce 
pas. Les filières à étirer les fils ont récenmient reçu de si 
importantes modiÇcations qu'elles ont absolument changé la 
face de l'industrie du tireur i c'est un art, pour ainsi dire, nou- 
' veau, qui s'est révélé par les soins de M. Vende, et par ceux de 
soiicontinuateur,M.Roger. Pousserons contraints d'entrer,pour 
ce qui concerne cette nouvelle branche des arts mécaniques, qui 
se trouve être en progression rapide, dans de nombreux détails ,- 
car nous sommes les premiers appelés à en parler, et tout porte 
à croire que, l'impulsion étant donnée, une carrière nouvelle 
va s'ouvrir, et que le bancà-tirer fera révolution dans plusieurs 
parties de la fabrication. Nous commencerons par parler des 
filières à fileter, autre instrument d'une haute importance, puis- 
qu'il est le générateur des vis qui occupent un rang si distin- 
. gué dans toute espèce de construction, et qui souvent tient 
le premier rang, parce que dans l'ordre chronologique et aussi 
dans celui d'utilité générale, la filière à fileter se présente d'a- 
bord, étant entre les mains de tout le monde. 

FILIERES A FILETER. 

On range les filières à fileter en trob classes, 1® lesjîlièrcs 
simples^ 2^ U^ filières doubles^ dites aussi JiUères h coussinets^ 
Z^ les filières à^ bois. Nous examinerons successivement chacune 
de ces trois espèlpes. 

Filières simples* Danssa plus simple expression, cet outil n'est 
qu'un écrou pratiqué dans une planche d'acier, qui , étant en- 
suite trempé, devient apte à fileter les cylindres d'acier non 
trempé, de fer, ou de cuivre, qu'on fait passer par cet écrou. 
Mais on ne fait jamais un seul trou ; il faudrait autant de fi- 
lières que de grosseurs de vis : sur une même planche d'acier on 
perce ime série de trous servant à produire des vis de diamètres 
di£férens. Ces trous doivent être espacés entre eux de manière à 
ce qu'il reste assez de force pour résister A Ja forte pressi<» 



FILIÈRES. 197 

que la filière éprouvé^ lorsqu'oa tait passer à travers un cylindre 
qui doit être au moins aussi fort que le plus grand diamètre de 
l'écrou, pris àufond des écuelles. D'une autre part, l'épaisseur de 
la planche d'acier, daas laquelle sont percés les trous, doit suivre 
une décroissance étant en rapport avec la décroissance du dia- 
mètre des trous. Cette dernière observation, trop souvent né- 
gligée, est cause qu'il se trouve si peu de bonnes filières simples. 
Une donnée à peu près certaine peut servir de guide pour régler 
convenablement l'épaisseur, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait )a« 
mais moins que deux filets et demi, et plus que trois et un quart 
dans les trous taraudés. Si l'on en mettait moins, le filetage se 
ferait mal; la vis, pour peu qu'elle soit longue, se courberait, 
et la filière serait promptement déformée. Si l'on en mettait 
davantage, le filetage serait plus régulier ; mais aussi la filière 
serait plus dure à conduire, et en fsdsant des vis d'un faible dia- 
mètre on risquerait de tordre et de rompre; ainsi donc il est 
convenable de s'en tenir à la règle que nous avons posée. En la 
suivant, on arrivera à la diminution progressive de l'épaisseur 
de la filière , puisque les pas se trouvant plus rapprochés 
dans les petits diamètres que dans les forts, il faudra bien ré- 
duire son épaisseur pour conserver le même nombre de pas à la 
filière. 

Lorsqu'on veut Cadre la filière d'une épaisseur égale dans toutes 
ses parties, on évase les petits trous jusqu'à ce qu'il ne reste 
plus que trois filets : cette méthode est bonne. Assez ordinaire- 
ment, les surfaces étant très dures, et l'acier se trouvant tour- 
menté par le taraudage, les filières s'éclatent à l'orifice des trous, 
et il ne reste plus un nombre suffisant de filets pour obtenir un 
bon taraudage. 

Les filières simples ont presque toutes un défaut qu'il est 
difficile de combattre; c'est que rarement dans cet outil le trou 
dont on se sert se trouve au milieu des deux leviers, au centre 
du virement. On pare en partie cet inconvénient en faisant une 
longue queue à la filière^ de manière à ce que les plus gros trous, 
ceux pour lesquels on a le plus besoin de la force du levier, 
se trouvent att milieu de la longueur totale de la filière. Ne 
pouvant guère nous dispenser de donner une figure pour les 
démonstrations qui vont suivre, nous y avons recours* dès à 



198 ^nLIÈROB. 

ytAn i tt , ^yMr Mndre fdfàiÂeè les dérelù^pâiiie&s ^ note 

Fig'. IS, La figure 18 rq)réseïae iinefi- 

ière simple vue à platj la figure 
19 la représente vue dans son 
épaisseur; la queue est percée 
par le bout, et foruifi une bou- 
cle par laquelle ou suspend 
Toutil lorsqu^on ne s^en sert 
point j la ligne a b coupe la] fi- 
lière en deux, ce qui fait que si 
oa filète avec les plus çcands 
trous, les deux leviers se trou- 
vent é^ux eu longueur. Cette 
égalité dm leviers décroît à me- 
sure qu'on s'éloigne de la li- 
gne 4 b; mais arrivé au n^ 3, il 
n'est plus besoin de levier, le 
diiouètre 4e$ vis mt albrs, ordi- 
uairem^t, assea^ restreiut pour 
que la force des pinces qui ûeor 
neut la tige i fileter soit suffi- 
saute; dans ce cas» la filière est 
tenue inunobile dans la vam 
fauchât taudis que la droite opère sans peme le filetage» 

Rien de iiIhs &^^ que de faire une mauvaise filière simple; 
flWMiiliim cfft outil eomme il doit épiait est une des opératioDS 
mécaniques les plus minutieuses et difficiles, et tellMueut qu'il 
n'y (I jamais que peu d'artistes qui parviennent à réussir. Pen- 
daut uu long temps, tandis que Raoul, Smith et autres artistes^ 
produisaient des outils estimés, Lavousy avait seul la réputation 
de bien ihire les filières ; maintenant latard^ surtout pour les 
pelitw filières^ parait avoir l'avantage. Ikms cet ouiîl , si im- 
portant, que «a bonne confection suffit pour assuref la veputatioa 
et la fortune d'un fiilnricant» tout est i considérer : le chûx 
de la n^tiève premièrei la manière de la forger, la direction 
dii n«if da l'api^t 1» fenne ^ doun^, le pluciBomt des trous, 



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lerapport deleurs diamètres entreeuz, la trempe et bien d'autres 



flLIE&EB. 190 

irânciwtteiicesctieore; Quant à la matière j Taeier feédtt doit être 
préféré; mais non point c«t acier sec et très riche en carbone 
qu'on emploie maintenant à la fabrication deâ Urnes ; l'acier 
doit atniit du corps et être malléable; on pourrait anssi employer 
des aciers dôoMe^maftetm et ictfîff éteiléi , mais choisis ftns et 
de première Qualité. &i fergeant il ne faudra point trop chauffer 
et fais^en torte de conserver le nerf dans le sens de la longueur; 
il fauidia diauffer suffisamment pour que l'acier ne devienne 
paris pÉiIleuat-, et à cet effet le ramener souvent aià fëu, en le imi- 
tant à petits cou{ls pleins et nourrie. On pourrai réparer, aplanir^ 
refeakr^ à petits coups l'acier mi-ehaud, comme s'il s'agisëait de 
l'écrottir. Lorsque la planche d'acia* est bien forgée, dressée, 
amincie^ suivant une décroissance égale, on finit dé la dresser 
en la blandiissant, soit à la lime, soit à la meule, et l'on marque 
alors au pointeau la place des trous, qui doivent être situés de 
maaière qU*iU sdi^t toujours environnés d'mie <}iliiniité égale 
dematiàre. Ainsi) duis la âgurè 18, les trous 1 et ft semblent 
bien à là vâité Se trouver trop près des bordé; mais il faut 
considérer que la plandie est beaucoup pAus ëpaibsè à cet endroit, 
et qile^ d'cUlléurs, ebUgé de foreer pour rendre pèri^tibles des 
détails qui échapperaient à l'œil^ nous nenous sothmedpiiS ren- 
fermés diffis des proportions eiactes. Quand tous les ti«ous seront 
})erd!S) il s*agint de les tsrauder. Oetté opémtioii ne sé fkit bien 
qn'àvee des tarauds coniqties très allongés et éqttattis à k lime, 
piiis repassés dans U filière avant d'être trempés; puis, après la 
trempe^ dresëés et afiâlés sur k pierre à l'huile. Touteis ces pré- 
tauéshë sb^t de xi)pieur| cftr il ne &Ut ptts refoiiter l'acief- dans 
les trous ; te u'est ](»2is pdr une pretôion que l'on doit former 
le filet^ inaië eà éottpant k iha^ère^ ' 

Les tmus 1 et tt| biétt qtl'ayàilt le léèttlé filet et k même 
ûouf^â^ hë doiVeiit pAs être absolument ^lii -, le trou 1 sera 
taraudé évee tial tàtséttà conicpie, la paietie k plue éVasée devant 
être en'éeM6U&t Pbu^ distingue^ lé dessbné du ûmm^ c'est sur 
cettedeHIlère face qu'en fïdt les Ilghës transvei^sàles qui séparent 
len tmkh. Lbrsqtlé ces lignes renferment quatre trous, on les 
6iip{^kne^ et c'est par l'espace plus grand qu'on laisse entre elles 
qa'on distingue les séries. Quand les séries ne sont que de deux 
trous, comme dans liotre figure, on ne knet pas toujours des 



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UUU o« te fut plutôt .u «,^^«ot I, ^» feitie, ,^^ 
,„,i, e«co« ed« se rencontre rareo»^^^ t^i» Z'' "^"^ d^ 
,iirtU»ntW. Ce$ coupures doivent et,» 7 <*em ^^"^ «*» « 9 
,„^o«des que le filet. Pourles petits t,'*^ ^^^CJ^^*» ^taJ 
,:owpum, «on qu'eUes fussent ia^'^Ua, ^^ ^ « çbose^ ^j^ 

trouve jHitt de li,«es pour passer dans c J"'**'' » mais^* ^*«» « tie 



Petits 



dia^iè 



parce 
très. 



FILIERES. 201 

avoir donné le dégagement au moyen des coupures, on passe 
de nouveau les tarauds dans les trous, et l'on peut alors procé- 
der à la trempe. 

Cest une chose difficile qUe la trempe d'une planche de mé~ 
tal d'épaisseur inégale, et dans laquelle se trouvent des trous 
multipliés qui l'affiâblissent ; c'est lors de cette opération, qu'on 
s'applaudira d'avoir suivi notre conseil, de récrouir l'acier à froid. 
Si on employait de la tôle d'acier, on éprouverait beaucoup plus 
de difficulté ; car les aciers laminés gauchissent beaucoup plus 
à la trempe que les aciers martelés. Les uns, pour tempérer 
Faction de l'eau, qui, en saisissant trop promptement cette plan- 
che d'acier, la&it voiler, répandent dessus l'eau une couche 
d'huile de l'épaisseur d'un millimètre environ; l'acier en passant 
par cette couche d'huile, avant d'entrer dans l'eau, reçoit une 
première trempe dont la seconde est le complément; ils pré- 
sentent la ûlière à l'eau par sa tranche, et la trempent en la 
promenant dans ce sens; d'autres emploient l'eau im peu tiède, 
et présentent la lame à plat ; cette manière demande de la prestesse 
et de l'habitude. On commence à fouetter l'eau avec le dessous 
de la filière, puis la retirant, la retournant et la plongeant aus- 
sitôt, tout cela fait avec rapidité, ils trempent sans gauchir. 
Voici ce qui a lieu dans ce cas : le premier coup fait voiler, le 
second coup ramène la lame ds^is la ligne directe. Cette manière 
récemment trouvée, demande , pour être employée avecsuccès, 
une main prompte et exercée. Quelques personnes trempent 
dans le suif, d'autres dans le sable, d'autres dans des bains de 
^etaux facilement fusibles ; mus la trempe dans l'eau est tou- 
jours la meilleure lorsqu'elle est bien faite. 

Quand la fihère est trempée, il ne faut pas de suite l'exposer 
àl'air etàla lumière : il estprudent, surtout pour certains aciers, 
.de les fourrer en sortant de l'eau, dans le fraisil de la forge; 
sans cette précaution, on risquera de faire fendiUer la plaque, et 
cela est un grave inconvénient, puisqu'il peut, selon la direction 
des fentes, entraîner la perte du travail antérieur et celle de la 
'^tière , une filière criquée devant être mise au rebut. 

*our faire revenir, on suit la marche que nous avons indi- 
cée, en parlant ailleurs de la trempe (F. Acier, Bigorne). Assez 
ordinaurement on fait revenir bleu, quand l'acier est de pre- 



t02 FILIÈRES. 

ikiiète qddHité^ fiblioto) gorge-de^pigeon^ ou même cooleitr d'cr. 
L'usage est die blanchir la fillèi'e après la ttmapej ce «pn se M 
en la passant d'abord sur la meule à l'eau, et puises là, pois- 
sant par les moyens ordinaire». UAe filière ftoi^ftèe se v^lA 23 
xrehtimes le t^u. 

On n« prend pas pour toutes les filières les éonss tnikutieiix 
que liôus veiiotts de conseiller, mais aussi il y a peu de iMnmes 
filières. Assez ordinairement, lorsqu^il s'agH de l!es outils gfros- 
isiers employés poui- faire promptemeht de gros ouvrage, oa 
forge la filière plate dans le milieu, et on réservé deun pmgnëcs 
qui sértent de léyiers ; ces filières Sbnt combiunémètlt percées 
de tin'q trous : telles sont celles deS sértHrierS. Quand <m yetit, 
eoihme dans les fabriques d'armes, faire d^ tis qui , tbiites, 
la pi*ehiièiiâ cohune là dernière de plusieurs ihilles , Soient 
parfaitement pareilles et puissent, Fune comhie ràutTe^ W tisser 
dans le tnètat écrbu, il &ut absolument àroir l-ëeours à là fi- 
iièfe simple, elle seule donne cette préeision ; mais AoH bh ne 
doit point donner de dégagemens aûl trotbs qUi doirefit être 
ronds, et refouler le fer au lieu de le coupdb. LeS filièl*és i dé- 
gagemens peuvent, n*étant pas tenues bien h6ritontal^iàëlit^pi«- 
dui^e des Variations dans la gk'ossëuir des vis, vibiértious peu 
sensibles, mais i;^ cependant^ dans le eas de là fi^catiëfi ùts 
armes, aUi*àient des ihconVéniens. 

. Lorsqu'un taraud vient À casser, on peut $ jusqu'à un csertsm 
point, le remplacer par une tige d'ftcief filetée pâk* bfilièHî ell^ 
même; mais eelà he produit jamais un aussi bon effet que loHqae 
le taHiUd est fait pàt k filièi^e double (K TaraùH); alois on ala 
faculté de le faire coni^e, et cette fotme est de rig1le1l^, du 
mollis vers la partie qui avoisine lèi pcintë. Quaiid on ii'a pas 
de filière dbUble et qu'il faut absolument &ihs le tàraiid âVee h 
filièï-e simple, on donne de l'entrée en limant les premiers filets^ 
et de manière^ ce que l'écuélle de Técrou ne se fAsse que pro- 
gressivéïhent et ne soit achevée qtié par lés filets dtt l^Ut, qui 
garderont tbnte leUJr hauteut. 

Dans une bonhe filière, chaque troU doit être lihniéi^Dti^ et 
chaque taraud doit pofter un numéro tolrespondâtit; è'est un 
mauvais mbyen de le retrouver ^ue de laisser dkUs les ftéVà éts 
tarauds x^ci se rbmpent facilethéht; et commIrbU iie t:(>ttMlt pas 



FILIERES. SOS 

aaoïs tes mts Ae mo^n 4e retirer un taraud qui estteisé^n- 
Sam» et ^t-étaaoo»^ «n ras de la filière, H faut «ur Coûtes 
choses s'appliquer à prévenir cet accident. Un trou perdu dé- 
truit rassortiment de la filière , et lui dte beaucoup de valeur. 
Quant aux tarauds, ils ont des formes et des qualités que noîiis 
ferons eomiattre en traitant ce mot. 

On voit par ce qui précède combien il faut réunir dé eondr- 
tions x>oiir que cet outil si simple, mais aussi d'une importance 
majeure, puisse être réputé un bon outil, bé bien ! ces condi- 
tions remplies laissent encore beaucoup de choses à déârer. 
La fiHère simple, malgré sa perfection actuelle, attend encore 
des perfectiomiemens, qui ne peuvent tarder, si le mouvement 
ascensionnel des arts continue sa marche. Tant que la fiUère 
ne sera pas aigutsabley elle ne sera point parfidte : car après un 
assez court usage, les an^es des coupures de dégagement venait 
à s'émousser, eHene coupe plus ^ elle comprime, reSbule, pétrit 
la matière, et, dans ces circonstances, le filet se forme de la ren- 
contre de deux bavures, le fil eA rompu, le métal tourmenté, 
tirainé, et les produits sont moins parfaits. Dës tentatives ont 
étéCadtes, quelques succès ont été obtenus; mais rien n*e^ encore 
arrêté, et nous ne devons consigner que les faits reicronnus et 
appuyés sur la base solide de rexpériende long-temps répétée. 
Dans remploi, la filière simple doit être tenue le pliïs hori- 
zontalement possible. On ne doit point s'en servira see, mais 
bien y mettre de l'huile. Il ne faut pas essayer à fileter des cy- 
lindres plus gros que le diamètre extérieur des trous ) iaprès 
avoir fSatit descendre d*un demi-tour, il faut i^monter, devenir 
à la première position, faire un nouveau demi-1x)ur, renouveler 
encore, et ainsi de*suite. Si la filière chassisdl en-dessous une 
bavure, un copeau roulé, cela serait la preuve que le cylindre 
à fileter serait un peu trop gros, ou qu'il ne serait pas exactement 
rond; dans ce cas, il fiiut enlever ce copeau à la lime et évider 
le métal au-dessous, avant de continuer à fileter; sans cette at- 
tention, on peut forcer la filière, ou bieu gauthir la vis qui en 
serait le produit. 

FILIMISS SOUSLES, OITES ▲ COUSSWBTS, BITIS AffSLAlSSS. 

Quel que soit le soin appoité dans le choix des tarauds èssoHis 



204 FILIERES. 

avec lesquels on fût une filière simple qui puisse 
fileter, en partant d'un fil fin comme une aiguille, et, en 
une pente insensible, arriver à des diamètres aussi gros 
doigt; il est impossible qu'il ne se trouve pas des grosMm 
ne puissent être exactement reproduites. Les vis prodoitei 
la filière simple sont toutes cylindriques, et il est des cas, 
lorsqu'il s'agit de faire des tarauds, où il faut pouvoir In 
coniques. D'une autre part, les grosses vis ne sauraient être: 
par la filière simple, et pour les vis d'un diamètre moyen, 
dont le pas doit être vif et profond; il est encore impossilik 
avoir recours. On a donc dû chercher les moyens d'éviter 
défauts et d'obtenir les avantages qui lui manquent. Les 
miers essais tentés furent une espèce de compas en fer; frii 
la tête de ce compas, sur la face intérieure des branches, 
posés des coussinets en acier, portant chacun une empranki 
moitié de vis; les deux branches du compas, du cAté de la 
étaient traversés par une vis cintrée sur sa longueur ; eett 
servait à maintenir l'écartement et à le fixer au degré lak 
Cette forme, qui était celle qu'ont encore certains rod<»i 
les ateliers, se prêtait peu à l'opération du filetage : le jéâH 
virement se trouvait trop éloigné du miUeu de rinstnunatifî 
d'ailleurs était peu maniable ; il présentait encore ce^HH 
que les coussinets ne serraient pas l'un devant l'autre, maiilii 
en inclinant comme font les mors d'une pince plate; la fi^ 
sion ne se faisait pas bien ; eafin il fut abandonné, là 
tel qu'il fût, il renfermait déjà en germe toutes Ici 1^ 
fections qui depuis se rencontrèrent, lorsque les formes il 
rent mieux appropriées à l'objet. La seconde manière àtIM 
qui se retrouve encore dans les planches du père Plumier^tt 
bien plus simple que celles usitées aujourd'hui. En cherct^ 
bien dans quelques provinces, on trouverait encore desSIil' 
faites d'après ce modèle, dont j'ai vu une exécution giufli* 
Gomme cette filière est simple et d'une exécution facile, ^^ 
rempUt bien son objet, et que peut-être on pourrait être v 
de la reproduire, nous devons en donner une figure, l* 
explication. 

Les fig. 20, 21 et 22 représentent : la 6g. 20, la filière danii* 
ensemble, vue en-dessus; la figure 21, cette même filifarcf* 



FILIÈRES. : 905 

âiiip; enfin la fig. 22, un des leviers, vn à part et en per- 
eiab sont les deux leviers coudés^ dont h réunion forme 
Irement de la filière. 





^4 




c4 



s; 




c est un tourillon 9 
tantôt filetéy comme en 
d, pour recevoir un 
^ ëcrou ; tantôt fendu, et 
dans la fente duquel 
on passe une clavette , 
qui, chassée avec le 
marteau, opère un ti- 
rage et tient les deux 
parties ensemble ; la 
clavette peut être mise 
dans un sens vertical, 
ainsi que nous l'avons 
Qtée fig. 21 , mais alors il faut avoir soin qu'elle ne dé- 
as en longueur, ni en-dessus ni en-dessous, l'épaisseur 
lière ; e y* vis de pression; on peut n'en mettre qu'une 
nais deux valent mieux. On peut la faire à tête plate 
en €^ ou à tête ronde comme eny) mais dans l'un et 
:as ceUe tête ne doit dépasser ni en-dessus, ni enrdessousi 
sur de la filière. 



h h sont Woouttinels qui glissent dans h n^Mire h lig. Sa; 
cette rainure après avoir été tracée an tnisquin a^pprofon^t 



Fig. 23. 




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^ 





^ 



avec le burin bédane ; on voit ead^ea e 
même fig. 22 : 1« le trou du tourillon c ou rfj 
2^ le trou taraudé servant d'écrou aux vis de 
pression. 

Cette filière, d'une construction facile, oSte 
un avantage que d'autres plus compliquées ne 
possèdent pas : elle peut servir à fileter jus- 
que sur ^les embases, ce qui est souvent d'un 
intérêt majeur. Ses défauts sont de n'avoir pas 
une forme agréable, et d'être sujette à se dis- 
joindre par cuite d'un long usage. 

Soit caprice de mode, soit raison plus fon- 
dée, on a abandonné cette manière de con- 
struire la filière, et I'oq a adopté celle repré- 
sentée fig. 23; et depuis^ en y faisant des cban- 
gemens plus ou moins importai;^ , un nombre 
infini de formes que nous ne rapporterons 
pas dans leurs détails , mais queixoas devons 
passer en revue, parce que, on doit le dire, 
beaucoup de ces changemens ont été basés sur 
vufL avantage ; quant aux formes, elles ne nous 
arrêteront nullement, ce serait à n'en plus 
finir, et lorsqu'un changement de forme n'est 
motivé que sur le goût ou sur le caprice , il 
n'est pas motivé pour nous , qui voulons sur- 
tout l'utile dans un instrument de produc- 
tion. 

Ainsi qu'on le voit dans la figure 23, on com- 
prit plusieurs trous dans un même fût de fi- 
lière. Les avis sont partagés sur cet usage ; les 
uns disent qu'en mettsuit plusieurs trous il 
s'en trouve nécessairement hors^ du centre de 
virement, et que, par conséquent, la construc- 
tion est vicieuse; d'autres prétendent que cet in- 
convénient est peu grave en raison del'avant^e 



FUIMES. toi 

qui wianltfi d« cequ^on ti'a pas à changer de coUâtinetSy lonqu'4 
s'agit de chaagar de pas de rô, opération toujours assez longue. 
Depuis quelçie |emps, on ne voit plus qu'un trou aux ilières. 
yaTÎsdes premiers parait aroir eu plus de partwans > cepisndant 
nous ToyMDis arec peine renoncer à une série de trous; dk dî^^ 
pense de reciiangcnr, comme nous Favcms dit, et d-aTdr en ré* 
serre des coussinets qui s'égarent souvent et qu'on ne retrouva 
prâit à Vinstant où l'on est pressé de s'en lervir. 

Gomme onle voit encore dans l'ensemble, ig, SS, les coussinets 
sont marqués pur paires. Les mêmes marques doivent être re^ 
portées sur la série de tarauds qui se rapporte à chaque trou, 
pour lequel on a ordinairement six tarauds appareillés. Le 
premier taraud est marqué I — 1, le second 1 — %j le troisi^e 
1-— f3 , et ainsi de suite pour toute la série dont le dutfre sera 
poinçomié sur la face supérieure du (ut de la filière; ce qui sert 
d'aiUectrs à distinguer ce dessus. Lorsqu'on n'a point de chiffres 
on se sert du pointeau , comme nous Favons indiqué sur les 
coussinets de la filière ; ou bien avec une lime tiers-point on fait 
des entaiUes en chiffres romains : examinons cette filière dans 
tous ses détails en commençant par le fût. 

Fâe. •— * n se compose de deux parties, le cadre, la vis. Le ca- 
dre de ta filière est (Fun seul morceau de forge ; il contient le 
cadre a, le bras bj Fœil ou la douille c : la vis ^ est également 
d'un seul morceau. Les deux côtés du cadre doivent être bien 
dressés, il ne doit point s'y trouver de pailles, et on les fera d'au- 
tant plus forts qu'ils devront contenir plus de trous. Le bras h 
est ordinairement façonné sur le tour ; nous diroiis dans l'in- 
stant comment on le monte pour le finir ; on peut cependant, 
et c'est la marche qu'on suit ordinairement , le tourner dès 
le principe ; à cet effet , avant de percer le trou de l'œil c , 
trou qui doit être ensuite taraudé pour recevoir la vis d^ on 
pointe, d'une part , au^ milieu du renfleoient réservé pour 
l'œil; on pointe, de l'autre, au haut du bras b, et on monte 
ainsi la filière sur le tour, en mettant l'œil à gauche sur la pointe 
fixe et le bras b sur la pointe mobile à droite. De cette manière 
on peujt d^grofeir, et même en partie façonner le bras; on perce 
ensuit;e, bien droit, le trou de l'œil. Si on ne se sentait pas ca- 
pable de {iei;ç^f ce trou bien droit; il faudrait mieux opérer le 



208 FIUERES. 

percement avant de monter la pièce sur le tour, et après avoir 
percé ce trou, y introduire la pointe de droite du tour ; ou bien 
encore, si le trou étaitgrand, y introduire un goujon tourné et 
fileté, portant un pointage dans lequel on ferait entrer La pointe. 
Qu'on ait agi de l'une ou de l'autre manière , on fera bien de 
ne pas terminer entièrement le bras b ; mais bien d'y laisser en- 
core assez de matière pour retrouver le ronq» dans le cas où, 
lorsque la vis sera placée et montée sur le tour, il se trouve- 
rait une excentricité trop considérable et choquante. On s'occu- 
pera alors du dégagement de la douille c, en ayant soin de ne 
pas trop appauvrir les longs côtés, à l'endroit où ils se marient 
avec cette douille: car c'est cet endroit qui fatigue le plus. Pour 
tarauder la douille, on se servira des tarauds ordinaires; mais il 
est de rigueur de faire passer en dernier un taraud cylindrique. 
Les pas doivent être creux et nourris, leur inclinaison doit être 
médiocre; si elle était peu sentie, on aurait peine à desserrer après 
le filetage; si la course était trop considérable, lafilière pourrait 
se desserrer d'elle-même dans les hautes pressions, ou au moindre 
choc qu'elle recevrait. L'œil dégagé et taraudé, il s'agit de faire 
à l'intérieur du cadre les deux biseaux réunis et formant arête, 
sur laquelle les coussinets se placent à cheval. Pour faire &ciie- 
mentces biseaux, on trusquine trois traits; un en-dessus, l'autre 
au-dessous de lafilière, le troisième au milieu de l'épaisseur du 
champ intérieur : on abat le fer avec une lime plate à main, en 
r éservant toujours les traits du trusquin. Quand lesbiseauxsont 
formés, on aborde les traits en tirant de longueur ^ c'est-à-dire 
en limant, la lime tenue en travers, selon la longueur des bi- 
seaux, lia figure 23 dans^l'endroitoù les coussinets sont écartés, 
Fig. 24. Fig. 25. Fig. 26. 





la figure 24 dans ses parties ombrées, laissent voir ces biseaux, 
qu'on voit en coupe ombrée, figure 25, représentant la coupe de 
la filière figure 23 , mais sur une plus grande échelle. 



FILIfSUElS. $09 

On conçoit que si les deux biseaux étaient ainsi continués sans 
interruption des deux côtés du cadre, il deviendrait impossible 
d*y faire entrer les coussinets; pour leur livrer passage, on en- 
lève le biseau sur l'un des côtés près de la douille, ainsi que nous 
l'avons indiqué en a, figure 26, l'entaille doit être telle que les 
coussinets puissent y être introduits. Pour mettre en place les 
coussinets, on commence par engager le biseau, vis-à*vis l'en- 
taille, dans le vide du coussinet, et alors en pressant on le fait 
entrer. Lorsque les deux vides de ce coussinet se trouvent vis-à- 
vis les biseaux , il entre facilement dans le cadre. On ne doit 
point forcer dès l'abord ; quand les coussinets seront trempés, ils 
feront bien leur passage. Dans cette première opération on ne 
doit point non plus dresser extérieurement les surfaces du fût : 
cela ne se fait qu'en dernier lieu. 

La vis. — Lorsque le fût est préparé, on s'occupe de la se- 
conde partie de la filière, la vis </ , fig. 6; on la monte entrer 
deux pointes sur le tour , et on la façonne sans la polir ; on 
perce alors les trous qui traversent en croix l'embase e, et l'on 
filète la vis. Lorsqu'elle est passée dans l'écrou , on met la fi- 
lière entière entre les deux pointes , et on polit les parties ron- 
des. On ne donne pas toujours à cette partie la fornie que nous 
lui avons donnée ; assez souvent on la termine par un large an- 
neau, semblable à celui des clefs ordinaires, ou bien par un T, 
ou par toute autre partie plate et évidée , pouvant servir de le- 
vier pour tourner cette clef; alors on se dispense de faire les 
trous de l'embase e ; mais cette méthode présente un inconvé- 
nient, la vis de pression venant à choquer contre quelque chose, 
peut tourner, et Ton perd un diamèti*e qu^il est quelquefois utile 
de conserver. Néanmoins , sauf meilleur avis , nous préférons 
cette méthode à]celle qui a pris faveur, les ti^ous e , parce qu'elle 
nécessite l'emploi d'un levier , ce qui est quelquefois asseA 
embarrassant. 

On fait cas, avec raison, des filières dont la vis et l'œil ont de 
la longueur. 

Les coussinets sont la partie ouvrière de la filière, s'il est per- 
mis d'employer ce mot. C'est celle que l'ouvrier soigne le plus» 
Il achète ordinairement une filière plutôt pour le fût que polir^ 
les coussinets et les tarauds , qu'il fait lui-même , suivant les 
V. j4 



210 FILIERES. 

grosseurs de filets qui lui convietinéuti. Mai») «a tch 

importance , cette pièce est cdk sur la iorme de lai 

avis sont le plus partagés. Nous rapporteross ees xf 

en notant ceux qui obtiennent rassentiment unanime 

On prend les coussinets dans un barreau d'acier d'< 

approchant de la grosseur que le coussinet doit tiroir. 

sons approchant, parce que, en général, il conyient d 

la barre un peu plus épaisse , d&n de la refouler au 

Quelques artistes mécaniciens prétendent qu'il ne &i 

ger les coussinets ; qu'en épargmuit une mise au ftk 

serve à l'acier toute sa qualité , une partie dé son c 

brûlant à chaque mise au feu. Cet avis, qui a été Iouj 

nôtre , ne l'a plus été après qu'une longue expenei 

fait remarquer que les coussinets non forgés étaient ] 

à se criquer à la trempe ; que Tacier en était sujet à 

dans les filets. Nous nous sommes donc rapproché di 

ceux qui refoulent l'acier par quelques coups de mai 

autre question doit être résolue : prendra-t-on l'acier 

ou en bout ? Presque tous les ouvriers le prennent es 

surtout si les coussinets ont peu de profondeur ; i 

coussinets sont longs , il est bon de suivre l'exemi^ 

nombre qui fait le filetage sur le bout. Le coiiâsinei i 

Fig. 27. 



4 



représenté fîg. 27, et dont l'usage sei 
^ expliqué , nous servira à faire corn] 
difficulté. Supposons que la ligne t 
sens de la longueui* du barreau d'ad 
^ duquel on a coupé ce coussinet fig. 

^a ligne c d indique sa largeur, on conçoit que si Ton fait 
au milieu des longs côtés, le fil de l'acier sera posé en tr 
la filière, si le cadre de la filière est large comme lalo: 
ce coussinet; mais que si l'on fait le filetage en a ou 
milieu des petits côtés, et que le cadre de la filière ne 
plus large que la largeur du barreau , le fil de l'acier 
en long dans la filière. Or, cette considération n'est p 
fiante , attendu que l'acier fondu lui-même a un fil ; 
L^usage adopté est de mettre le fil en travers lorsque 



flLIERES. ièll 

^t fileté des deux côtés , comme les coussinets 1, 2^ 3, 4 de 
fc^re fig. 23, et de mettre le fil en long si le coussinet est 
vmd y et s'il n'est entaillé que d'un côté» La rdisoh en est , 

là trempe les criques se font plus communément suivant 
«le l'acier qu'en travers ^ et que si là. crique a lieu ati fond 
mtàille de dégagement, comme cela a le plus souvent lîeil, 
mssinet, fendu dans l'endroit où il est le plUs faible, ii^a plus 
ne force , et qu'il se sépare en deux pièces lors de la pre- 
e pression qu'il éprouve. Mais lorsque lé coussinet a de la 
^juleur, on, ne risque plus autant, et alors le filetage fait en 

4BSt plus dur que celui fait en travers. On devra donc avoir 
^nsidérations présentes à l'esprit lorsqiifon fera choix du 
^iXL destiné à être coupé en coussinets, 
s coussinets , forgés et coupés de longueur, doivent être 
es dans le cadre de la filière. Ici l'opération dépend de la 
•4e adoptée pour les coussinets de ce cadre. Si l'oA choisit la 
^ ancienne , représentée fig. ^3, les coussinets , dans leur 
^, devront présenter la forme de la partie non ombrée de 
: « 2i5; ils entreront dans le cadre comme a b , fig. 24. La 
^re angulaire de ces coussinets se fait avec le tiers-point ; 
le est de 90**; l'angle du tiers-point étant, de 60% on a la 
\é de dresser, en inclinant la lime à droite et à gauche al- 
Ltivement, et en vérifiant avec l'équerre, on aSO^^^ld de 
tie côté, poiur le passage de Toutil. Malgté «ettô latitude, 
toujours une chose assez difficile que le pa^rfût ajustage des 
minets y et l'ouvrier qui les fait bien s'en glorifie avec râif* 
Au fur et à mesure que les coussinets sont ajustés , «m les 
s dans le cadre, dans lequel on les fait entrer en les pous* 
ELvec la vis £?; mais comme il serait difficile de les reticeir 
Lte , on a soin de faire au talon du coussinet n^ 1 une en-^ 
s semi-circulaire y*, fig. 23, ou bien, si on le préfère^ de 

cette entaille dans le fut de la filière, ainsi que nous l'a- 

indiqué par un demi-cercle ponctué en regard de l'en^ 
:^ On passe un levier dans cette entaille , et c'est à l'aide 
ï levier qu'on fait sortir les coussinets. On conçoit que cette 
Ue devient inutile lorsqu'il y a deux vis de pression à là^&è* 
► ainsi qu'on le verra plus bas. 

uad tous les coussinets sont ajustés dans le cadre» wx^'cih 

•4- 





Îl2 FILIERES. 

cupe du soin de les fileter. On emploie pour cet effet des tara 
ad hoc y nommés mères (Y. Tabaud); mais avant d'aToir 
cours à ces- tarauds, il faut commencer avec ime lime queu 
raty ou demi-ronde, à marquer l'endroit où doit être le file 
Ici encore les avis sont très partagés : les uns prétendent que 
coussinet doit être préalablement entaillé en demi-ce 
Fig. 28. Fig. 29, 

comme dans les fig. 28 et 29;d'j 
très prétendent qu*ondoit seolemi 
feiire un segment de quart de ce 
environ, comme a et ft/fig. 24; d'autici 
enfin , et ce sont ceux qui appuient 
leur avis sur les motifs le plus plausibles, prétendent qu'il sufifi 
de faire une marque au milieu avec un tiers-point, uniquement 
pour bien garder ce milieu, sauf à faire de suite , et avant k, 
filetage , l'entaille de dégagement dont il sera ci-après parlé. 
C'est sans doute une bonne méthode que de faire, ou du moins 
de commencer dès le principe l'entaille de dégagement ; on! 
éprouve alors moins de peine à fileter ; mais comme elle ne doit 
être achevée que lorsque le filetage est entièrement fait, nous 
n'en parlerons qu'après avoir dit comment se fait ce filetage. 

Avant de procéder à cette opération, il faut envisager la des- 
tination des vis qu'on devra produire avec la filière, et se fiier 
' surtout sur leur diamètre : sans doute la filière double donne 
i cet égard une grande latitude; mais cette latitude a des li- 
mites. Nous devons en convenir, cette partie 'de l'art manqtte 
encore de règles fixes; tout encore ici est laissé à l'arbitraire 
du constructeur; et, selon qu'il aura raisonné juste ou faux,b 
filière sera bien ou mal appareillée en coussinets. Le temps ooiu 
a manqué pour les expériences décisives ; et celui-là à qui ses 
loisirs le permettront, et qui fera ces expériences, rendra un 
grand service à la pratique. Le rai>>onnemeDt théoiique pour- 
rait servir de base à des données, sinon à des rc^gles ; inais noo! 
nous sommes imposé la loi de ne suivre que celles de Ttspe 
rience , celles-là seules étant sûres , les autres conduisant sou* 
vent à Terreur. Il est bien reconnu que pour produire ud fil^ 
fin , bien nourri, bien profond, il &ut que la mère soit do 
iliamëire approchant de celui de la vis qu'on voudra produis' 



FILIERES. ê 2iS 

B général , pour les Tis à filets fins , il faut des mères de petit 
Eainètre. Ce diamètre doit augmenter au fur et à mesure que la 
[rosseurdupas augmente. J'ai essayé à fileter un pas fin sur un 
pros diauiètrv- , j'ai mal réussi : la filière ne remplissait pas son 
)Ljet, le pas était caiiiard ; c est seulement sur le tour , avec le 
)eigDe, qu'on peut, dans ce cas, obtenir un résultat convenable. 
l'ai essayé de fileter de petits diamètres avec de gros pas , j'ai 
produit de très belles vis jusqu'à un certain diamètre , moindre 
^ue celui de la mère; mais , passé ce diamètre , j'ai produit un 
pas double, peu profond, peu vif. Je le répète avec regret, il n'y 
a pas de règles fixes , et l'on doit s'en tenir aux approximations. 
U taudia donc avoir des mères d'un diamètre approchant le 
diamètre des vis que la filière doit produire. 

Lors donc qu'on aura marqué le milieu du coussinet, qu'on 
aura eu soin de recuire à feu doux, et qu'on aura même prati- 
qué le dégagement avec une lime à refendre , on prendra la 
mère entre les mâchoires d'un étau , et on pincera cette mère 
entre les coussinets ; on répandra de l'huile sur la mère, et l'on 
fera tourner la filière ; le tout comme si l'on faisait une vis 
avec des coussinets trempés. On aura eu bien soin, en plaçant la 
mère, de la mettre dans une position exactement verticale ; en 
£iisaiit tourner la filière, on aura soin de la tenir dans ime po- 
sitiou exactement horizontale, non seulement relativement à la 
longueur, mais encore dans le sens de la largeur. On fera bien 
de tourner de suite quelques tours continus, soit en descendant, 
toit en remontant , pour que le sonamet des filets s'imprime 
bien; puis, après avoir lubréfié de nouveau, on serrera la vis , 
et on contmuera à tourner , mab cette fob en descendant d'un 
demi-tour, en remcmtant de suite ; en descendant de nouveau 
d'un tour entier. On renx>ntera encore d'un dep(ii-tour, pour 
redescendre encore d'un tour entier, et ainsi de suite. Quand on 
aura parcouru toute la mère, on remontera en tournant conti- 
nuellement , on mettra de l'huile , on serrera la vis , et on re- 
commencera le tour entier d'aller, et le demi- tour de retour, 
comme il vient d'être dit , mettant de l'huile et serrant la vis à 
chaque fois qu'elle deviendra lâche. En agissant de la sorte, les 
filets de la mère s'imprimerosct dans les coussinets de toute leur 
profondeur. 



£14 % FILIERES. 

Assert ordifiair^meAt lesi filet» form^ dans les coussinets m 
^nt 9Mtfe chQ$Q f surtout sur le sommet , que la rencontre âi 
i^ux bs^yures refoulées. H est £scile de recopnaltre ce vice ei 
I'egar4a]it attentivement les filets qu'on aura bien nettoyés. 
Sa^s ce cas , on doit enlever avec une lime ronde ou demi 
ronde \e sommet de ces filets, comme aussi enlever les l»avurd 
qui obstruei^t I0 dégagement. (Il n'est pas aussi nécessaire d'en-^ 
leyer Im bi^vuves qui eodatent ailleurs. ) Oa remet alors la fî^ 
li^ra s^r I9 m^rç^ et on iceomme^Ge à filetar, afin d'approfbn- 
4hr ^iicorelfis filels. Cette opération faite, le filetage est terminé. 
Qa p^HLf 4!^ji^uit9y Après avoir serré la. vis^ aplanir à la lime ces 
Goussiiiets eo-rdess^y en les faisant affleurer avec le tàt de h 
filière. 

Oo retivfi i^oçs lûs fieusstnets à^ la filière peur leur donner la 
forf^f qi^'iU d^vent avoir en définitive. Mous avons déjà dit 
qifLQ bei^^çoup 4^ petsûnnes donnent la forme semi-drculaire, 
fig. ^^^ ^9, h la p|u>tie filetée ; mais cette forme a des désavan- 
tages qu'il fftut signaler. D'ab(»rd ell^donnô beaucoup de peine 
ppur 1§ filétigil, fit ensuite elle astreint à no fileter que des dia- 
ni^Plres îd^atîqiMsavee celui de la mère. Si le <fiamètre est plm 
gros , il n'y a que quatre points qui touchent , et ces endroits 
ét^nt 4}gus , les filets sont sujets à se casser. Si le diamètre est 
pllifi pçtit, il n'y a que le fond de la partie filetée qui opère : ce 
îwà é^mt occupé par le dégagement , on n'ft pk» qtie très peu 
de contact, et l^s contacta se trouvant seulement sur deux points 
oppçf^^ de 1» circonférciuce du cylindre & fileter, 11 devient 
pr^^ue ûnpe^ible de maintenir la filière dans une position ab- 
solument horizontale ( on fait alors assez souvent un pas dou- 
ille , 1a via est mâckée, irrégulière ; souvent même on tourne 
sans fin, 00 ii.e;fait plus l'bélîce. Les bons ouvriers ont donc dé- 
finitivement renonce aux entailles semi-circulaires. 
Fig' 30, Fig. 31. ' 

On a essayé avec succès les formes 
.« _vi^ représentées par les fig. 30 et 31, et 
si ce nVtak k sujétion qu'elles exi- 
geât, les seins que demande lei^r en- 
tretien , assurément !a préférence 
leur serait due; car, dans le fait , les coussinets ainsi faits cou- | 






J 




FlilERBS. ^15 

0kt lûioi mieux qa^ucun autre , et produisent plu9 prompte- 
aent et sans efforts les plus belles vis. La première idée de ces 
;puâsinet8 a été conçue selon te modèle représenté fig. 16. Si 
F%. 32. 

le coussinet est plat , comme nou^ l'arons repré- 
senté jusqu'à présent , il ne s'imprime dans le cy- 
lindre qu'à l'aide des angles obtus, ^i ne sont que 
peu coupans (V. fig. 24, ab). On a pensé qu'en incli- 
nant les surfaces ainsi qu'elles le soi^t en a£, fig. 32 , on aurait 
des angles aigus qui couperaient vivement^ et que d'ailleurs la. 
limaille et les copeaux auraient sur les côtés de grands dégage- 
mens , et n'obstrueraient point les filières , comme cela a lieu 
cbuai les in9tryniAll9 dont noua bous servons journellement. Les 
faces (^i^y fig. d^.^ ét^t pass4fl9' 9ir la pierre à l'huile , on pou- 
vait entrçtonir I9. fiUère %x^^ trichante , avantage marquant , 
dédsif, etipc);^Ui^i¥fcm^xaçnttr9tp peu apprécié. Mais cette forme 
a bien aussi ses in^çonvéni^ni^;, «'U s'agit de fileter des cylindres 
d'un petit ^açiètre , lest tranchais peuvent se remonter, s'ap- 
puyer l'un sur l'avitre , et, la vis de pï:çssi|Q^ ?^i$Si^nt> s^ dété- 
riorer et même s'écraser récipipquepaent. Dans, l^s cas ou , 
comme ds^ns la fig. 23, plusieurs trous sont renfevnxé? dans le 
même cadre , cette forme est tout-à-fait inadmissible , puisque 
les coussinets se pressant, les u^s les autres, les t^^ancliçuiis des 
trou^, non einployés daais le inonxent, géraient les §euls points 
d'appui des coussinets eittrç eux. Pour cpnservçr la faculté d'a- 
voir des angles tranchans, non sjujets, ^s'émqussç^: Içs iins sur les 
autres, on a apporté une modification à la fig. 3?; oa incline aus- 
si les plans a b, fig. 30; n^ais en réservant intacts les talons c d^ 
même figure ; ces talons étant prédonÛQ^pis^ Veffojrt 4^ la pression 
se foit sur eux san^ incpAyénient, §1 les aogleisi vifs^ Sjûnt ccmser- 
ves. La figure 31 est une va^riçté 4ç cpussi^^et^ produisant un 
^^e encore plus tra^çhant^ 4eU3ç gorges a fe, ren^placent les 
plans inclinés des fig. 30 et 32, dea ta^^OJ^;lS.prédomin4^s sont éga- 
lement réservés pour supporter l'effort des. pressions. XJi^e pierre 
piate^ d^s le premier cas j une pierre à affiler les gouges, dans 

le second, servent à repasser ces coussinets lorsqu'il^ ne coi^^nt 

plus. 

^ais l'emploi de ces pierres étroites, plates ou arrondies, est 



216 FILIKRBS. 

une sujétion ; un artiste désireux de bien faire, surmontera sans 
doute la peine qu'elle occasionne; assuré qu'il sera, d'en être dé- 
dommagé par l'abondance et la perfection des produits; mais, 
soit que les ouvriers ordinaires trouventces soins trop minutieux, 
soit qu'ils n'aient point connaissance de ce perfectionnement ; 
toujours est-il qu'on le yoittrès rarement mis en usage. Quant au 
mode de faire, qui consiste à n'échancrer que fort peu les cous- 
sinets , il est maintenamt généralement adopté par les bons con- 
structeurs, et nous pouvons le conseiller en toute assurance, 
parce qu'il a réuni les avis divers. £t, en effet, si Ton considère 
attentivement le coussinet ûg. 33, que nous avons à dessein re- 

Fig. 33. 
tr, présenté sur une plus grande 



'■"^•\Nfi^ 






/ / - '" 






■s, 



/ 



échelle , pour qu'il fût posûble 
d'en mieux saisir la forme; on 
remarquera qu'il est d'une con- 
fection plus facile que tous les 

1., ^,o^ autres , et que , si à la vérité il 

ooupe moins vivement que ceux fig. 30 , 31 et 32 , il a sur eux 
l'avantage d'être aisément rendu coupant par son frottement 
sur une pierre à l'huile ordinaire : on remarquera qu'il se prête 
assez bien au. filetage des cylindres de diamètres très différens. 
Supposons que les deux cercles concentriques ponctués a b^ in- 
diquent la grandeur du diamètre de la mère, et la profondeur 
de ses filets; ce coussinet pourra encore fileter un cylindre gros 
comme c d^ parce qu'une portion assez considérable de ce cy- 
lindre sera encore maintenue dans son échancrure ; de plus l'usé 
par les repassages successifs sur la pierre pourra sans inconvé- 
nient venir jusqu'à la ligne e e. 

Il nous reste à parler des dégagemens à pratiquer au fond de 
l'échancrure des coussinets : ici encore nous rencontrerons une 
grande divergence d'avis, et en définitive un accord unanime sur 
un point important. On a d'abord donné ce dégagement ainsi 
qu'il est représenté dans tous les coussinets de la figure 23; dans 
le coussinet a fig. 24 , et dans les coussinets fig. 28, 30, 31 et 32. 
Depuis on a multiplié les dégagemens, ainsi que nous l'avons 
représenté dans le coussinet (ig. 29; mais cette méthode ; très 



FILIÈRES. 217 

peu suivie, a été abandonnée, mémepar le petit nombre de ceux 
qui rayaient adoptée : ces coussinets sont faciles à égrener dans 
les pas, sans que leur allure dans le travail du filetage soit amé- 
liorée sufi&sainment, pour compenser ce graye inconvénient. Les 
coussinets dégagés en queue , ainsi qu'on le voit en b fig. 24, 
sont bien supérieurs ; les angles du fond de l'entaille sont aigus, 
la limaille trouve une issue facile dans l'élargissement de la 
queue, il suffit de passer une pointe dans cet élargissement pour 
en expulser le cambouis. Poiir les grandes filières on ne doit 
poin| balancer à adopter cette manière de dégagement, elle est 
très avantageuse; elle léserait également pour les petites filières: 
mais alors elle devient d'une confection peu facile, Caïute de petits 
tiers-points, outil propre à la confectionner. Qu'on adopte ce 
perfectionnement, ou bien qu'on s'en tienne à la coupure simple, 
tout le inonde s'accorde sur le point suivant, qui est très impor- 
tant ; il faut faire le dégagement en inclinant des deux côtés. Il 
nous serait difficile de faire comprendre cette modification im- 

F/g. 34. 

portante sans le secours d'une figure, soit donc la 
figure 34, la coupe d'un coussinet, faite suivant la 
ligne a 6 fig . 28 ; le dégagement se donnera suivant 
rinclinaison b fig. 34 d'une part, et de l'autre sui- 
vant l'inclinaison a, et de manière à ce que la ren- 
contre de ces deux inclinaisons forme un angle au milieu de 
rëpsdsseur du coussinet. Au moyen de cette disposition les co- 
peaux ne pourront s'amasser dans le dégagement et l'obstruer^ 
comme cela a toujours lieu avec le dégagement droit ; au fur et 
à mesure du filetage, les nouveaux copeaux chassent les anciens 
en-dessus et en-dessous des coussinets. 

Telles sont les principales manières de construire les coussi- 
nets relativement à leur filetage et à leurs dégagemens. Nous 
sommes contraints de passer sous silence une infinité de modifi- 
cations moins importantes , qui ne sont fondées que sur le ca- 
price et l'envie d'innover, sans qu'aucune vue finale d'utilité ait 
motivé leur emploi. 

Après avoir ainsi préparé les coussinets , on les remet dans la 
filière, on les rep^e sur la mère pour réparer les accidens qui 





520 FILIERES. 

Fig. 37. 

suffisante. Pour 
faire cette guim- 
barde, on choisit 
une vieille lime assez épaisse et faite de bon acier; on pratique sur 
le champ du barreau une entaille a , ayant une largeur ^^e à 
répaisseur de la Elière; au fond de cette entaille, on réserve un 
mamelon b-y on entaille ce mamelon en façon-de lime, en y fai- 
sant des coupures avec un ciseau à froid , un burin ; puis on 
trempe très dur, mais seulement dans l'endroit de l'entaille: si la 
trempe avait pris plus loin, on dé tremperait les poignées. L'outil 
ainsi préparé, et les dedans du cadre étant bien dressés, on 
prend ce dernier dans l'étau, on introduit la guimbarde dans le 
cadre, on fait entrer le côté à rainer dans l'entaille a, et, tenant 
l'outil des deux mains, bien d'équerre avec la filière, comme on 
ferait avec une plane à deux poignées, on frotte en appuyant de 
manière à ce que le mamelon b se fasse un passage, et pratique 
la rainure qui ne peut être plus profonde dans un endroit que 
dans l'autre, puisque le fond de l'entaille sert de guide, et que 
le mamelon cesse de mordre du moment que le fond touche 
aux côtés. Quelques ouvriers ne taillent pas le mamelon'en lime, 
mais seulement en bédane ; lorsqu'il ne coupe plus , ils avivent 
le tranchant avec une petite pierre à pivots. Cependant la guim- 
barde laisse toujours quelques millimètres d'espace dans lescoins, 
^aux deux bouts de la rainure, où le fer n'est pas enlevé; on lait 
un petit bédane coudé avec lequel on parachève la rainure, ou 
bien on arrondit les coins du premier coussinet; maisil vautmieox 
recaler la rainure au bédane, comme nous venons de le dire. 

Une fois cette rainure faite , on est récompensé de la peine 
qu'on s'est donnée par le meilleur usage de la filière , et aussi 
par la plus grande facilité qu'on éprouve dans l'ajustage des 
coussinets. Nous devons dire de suite , pour n'avoir plus à re- 
venir sur ce sujet , qu'il est de bonne fabrication de donner de 
l'assiette à ces coussinets , en y pratiquant Un dégagement peu 
senti du côté opposé au côté fileté, ainsi que nous Tavons repré* 
sente en^^ dans les fig. 27, 30 et 31; par ce moyen, le coussinet 
est bien assis dans la filière , et ne risque pas à toucher du mi- 
lieu, ce qui est un grand défaut. Faisons égsdement connaître de 



FILlËREâ. 



231 



mg. 38. 



o 




suite l'usage du coussinet blanc (c'esthà-dire 
non fileté), représenté fig. 27. Il est destiné 
à être placé en dernier dans le cadre de la 
filière ; assez ordinairement on le fait en fer, 
ou > si Ton emploie l'ader, on ne le trempe 
pas, afin que le bout de la vis de pression ne 
s'écrase point en pesant sur lui. L'usage de 
ce coussinet est de transmettre une pression 
plus uniforme que celle que l'on obtient en 
faisant porter immédiatement le bout de la 
yis sur le coussinet qui travaille \ la vis n'ap- 
puyant dana^ cas que sur un point et au 
centre , on éprouve un mouvement oscilla* 
toire qui n'a pas lieu avec le coussinet blanc, 
qui appuie non au centre, mais aux deux 
extrémités , au moyen du dégagement /^ 

fis- 27. 

On a depuis quelque temps apporté un 
grand perfectionnement aux filières à cou- 
lisses , en faisant le fût d'un seul morceau , 
et en faisant entreries vis, ou la vis de pres- 
sion dans l'intérieur du cadre. La fig. 38 est 
destinée à faire comprendre comment cette 
filière ingénieuse et commode s'établit. La 
fig. 39 offre vu en perspective le 
coussinet conducteur et la vis de 
pression. Ici on est dispensé de 
l'emploi des coussinets blancs 
fig. 27, l'écrou de la vis en rem- 
plit la fonction. Nous n'en disons 
pas davantage sur l'emploi des 
coussinets conducteurs , dont nous aurons 
occasion de parler ci-àprès, en décrivant les 

filières en tôle. 

Quant à la forme des coussinets à hi- 
guette , vus en coupe , nous croyons inutile 
de la donner, puisqu'elle est nécessairement 




224 FILIÈRES. 

ne veut pas que les plaques fassent saiUie en-dessus et en-dessous 
Fig. 43. 

des coussinets, on fait wne lan- 
guette à ces coussinets, et les pla- 
ques entrent dans les feuillures, 
qui se trouvent de chaque côté 
de cette languette. 

Voici quels sont les avantages 
de cette filière; le point de vire- 
ment est toujours au centre; les 
leviers ^ont indépendans d^ vis 
de pression , qui ne courent pas 
le risqne de se desserrer intem- 
pestivement , la filière est d'une 
forme régulière et d'un manie- 
ment facile. Quoi qu'il en soit , 
elle n'est pas aussi répandue que 
la filière à coulisses ordinaires; elle 
est un peu pesante, et d'une con- 
fection qui demande encore beau- 
coup d'attention. 

Les filières doubles en tôle» 
Cette sorte de filières est trop ré- 
cemment mise au jour, pour qu'il 
soit possible d'invoquer en sa fa- 
veur la décision de l'expérience; 
les résultats sont à peu près les 
mêmes que ceux des autres filiè- 
res ; mais elle est d'une exécution 
tellement simple, tellement facile, 
qu'elle réduira Tachât de cet outil 
important, et toujours d'un prix 
assez élevé, quoique la fabrique 
en grand ait fait, pour l'abaisser, 
de véritables tours, de force à un 
prix tellement modique, qu'il n'y 
faudra plus faire entrer que ce- 
lui des coussinets et des tarauds , 




FILIÈRES. 225 

eprix du fût, qui est maintenant la pièce principale, devenant 
lour ainsi dire nul, le plus pauvre serrurier de village pourra , 
ans frais, se procurer cet outil si nécessaire pour la bonne qua- 
ité des produits. £n envisageant le nouveau mode sous cet as- 
)ect, il mériterait déjà de fixer l'attention ; mais à cet avantage 
>récieux de la modicité du prix, iljoint encore celui de la légèreté 
a de grandes facilités dans l'emploi. La filière en tôle n'ayant 
juste que l'épaisseur qjii est nécessaire pour que les coussinets 
soient solidement maintenus, peut fileter jusque sur les embases; 
ellepeut être passée dans des endroits où des filières plus épaisses 
ne sauraient parvenir ; enfin si l'on considère que, présentant 
le champ à l'effort de la traction, elles ont beaucoup de force 
dans le sens où cette force est utile, on reconnaîtra qu'elles 
doivent être préférées aux autres qui, dans la forme ronde de 
leurs bras^ n'ont qu'une force moindre dans le sens de la résis- 
tance, et en ont ime superflue dans le sens de la pression ver^ 
ticale, dont le besoin ne se fait jamais sentir, et qu'il faut même 
éviter de déployer, la filière devant toujours être tenue dans 
une situation parfaitement horizontale. 

On peut commencer par les coussinets la façon de cette filière, 
seulement il faut s'assurer qu'on aura ensuite de la tôle de l'é- 
paisseur voulue. Si on n'a pas cette certitude, on doit d'abord 
se procurer de la tôle et la décroùter, afin d'en avoir J)ien juste 
répaisseur. On dessine sur cette tôle la forme que l'on veut 

Fig. 44. Fîg. 45. donner à la fi- 

lière, et après 
avoir bien dégau- 
chi en planant 
au marteau , on 
dresse une desTi- 
ves du morceau; 
on peut dès lors 
commencer à fai- 
re les coussi- 
nets. 

La fig. 44 , et 

même si l'on veut 

38, repré- 




V»" -/'""•» *"*"»*>rç • 



T. 



i5 



i96 FILIÈRES. 

sentent deux filières en tôle, vues.pân'dMnii mi ^ 
la fig* 45 offire Faspect de ces filières yues sur leur é| 
Pour faire les coussinets, on coupe carrëment plus 
d'un barreau d'acier; on en forme des parallélipipèdes 
jdus ou moins alongés, sur les bouts desquels cm pra 
Fig. 46. Fig. 47, 

une lime à refendre, ' 
re a by fig. 47» rcp r Aei 
ces cousrinet», tu en 1 
est dans rinteotion i 
un mamelon à Fent 
trécy connue nousT 




€& 




haut, on fait avec la même lime une seconde r«ini 
la première. Quand la rainwe a h est faite, on Téri 
si elle est bien égale en largeur à Tépaisseur de la 
présente à son ouverture ; quand la rainure est Ineii 
elle pince la tôle qui reste suspendue, retenue par 
de l'ajustage. Après avoir fait la rainure d'un bout 
une pareille à l'autre bout, en employant toujours po 
paisseur de la tôle qui est destinée à faire le fût de la i 
toute la façon à faire aux coussinets. S'il arrivait q 
la rainure trop large, on réparerait cette faute en < 
ou deux coups de marteau sur le bout du coussi 
moyen on ramènerait la rainure à la largeur vouIu< 
de l'élégance à ces coussinets en les arrondissant sur 
en- dessus et en-dessous, ainsi que nous l'avons repi 
la fig. 46 offrant un de ces coussinets vu en perspeci 
Quand tous les coussinets sont faits, on s'occupe c 
conducteur et de la vis de pression représentés en 
par la fig. 39 ( excepté que dans cette figure le cou 
languevie, comme devant servir pour la filière à cou 
et qu'il doit être à rainure, comme le coussinet 46 
fera bien de ne pas limer d'abord ce coussinet extér 
Uiais de le percer d'abord, et de le tarauder ; ensuite 
rainures, en ayant bien soin qu'elles soient parallèle 
trou ; on mettra le coussinet en place, et alors on pc 
limant extérieurement, réparer l'erreur qu'on aura 
mettre en ne perçant pas le trou bien droit. Dans le 



FIUKRES. 22; 

m fera bien de faire le coussinet et la vis de pression en 
et méine de les tremper revenu-bleu. Dans les filières 
les ces pièces peuvent être en fer trtnipé au paquet, et 
I grandes filières tout simptement en fer. 
jue les coussinets, les conducteurs et les vis de pression 
faits, on s'occupera du fût de la filière. Pour les filières 
les on pourra employer un dessin analogue à celui de la 
, mais en faisant les côtés plus larges. Pour les grandes 
on adoptera telle figure que l'imagination enfantera. Les 
seront des barres de fer rapportées. Pour les petites fi 
>n pourra les faire ellipsoïdes, ou même tout-à-fait ron- 
isl que nous en avons usé dans les fig. 44 et 45, repré- 
la plus petite des filières en tôle qui avaient été mises 
isidoD des produits de l'industrie en 1834. Cette forme a 
commode qu'en s'en servant on a sans cesse le levier 
main, et qu'il est très facile de tenir son disque dans 
lition exactement horizontale. On prendra pour faire ce 
I, fig. 44 et 4â, de la tôle d'acier d'un millimètre envi- 
>aisseur. On pourra l'arrondir sur le tour en se servant 
X trous ovalisés b c, pour le faire tenir avec des vis sur 
drin ordinaire. De plus, si l'on veut se servir de ce dis 
-même comme d'une fi'aise, pour faire les rainures des 
:ts, on imprimera, avec une molette /)er/<r ou bretelle, des 
s sur le champ, qui seront ensuite facilement converties 
1 avec le tiers-point.. On fera bien aussi, pendant que ce 
.er& monté, d'indiquer le centre, et par un cercle léger 
«9 de l'encadrement des coussinets, afin que le tout soit 
lua correctement p ossihle. Le disque tourne , on fait 
Fig. 48. l'entaille à la lime, et la 

fig. 31 , olfrant une parti e 
du fût , peut servir de 
guide à cetégai-d. (Il est 
bien entendu que si i'on 
avait un grand nombre 
de ces filières à faire , il 
serait possible et bien 




228 FILIERES. 

plus tôt bit d'enlever ces fûts tout découpes d'un coup par f et 
fort d'un balancier. (Y. Découpoir.) Ainsi que cela est rendi 
sensible par la fig. 45, les coussinets forment saillie en dessoi 
et en dessous sur le fût de la filière. C'est ce fut qui entre dam 
es coussinets , tandis que dans les filières ordinaires ce sont la 
coussinets qui entrent dans le fût» 

Si Ton craignait que, vu le peu d'épaisseur du disque, la ni 
de pression n'eût point assez d'appui , on réserverait dansl'o- 
taille circulaire destinée à recevoir la tête de cette vis, un ma- 
melon a fig. 48, et l'on ferait sur la tête de lavis un petit trou, 
destiné à recevoir ce mamelon ; par ce moyen on s'assurerait 
que la vis de pression ne pourrait jamais être poussée, soit enf 
dessus , soit en-dessous , conune cela pourrait avoir lieu si on 
se contentait du contact du sommet de la tête de cette vis contre 
le champ du fût. L'extrême implicite de cette filière nous di»^ 
pense d'entrer dans de plus amples explications , les figures 
suppléeront à ce que notre description verbale pourrait avoir de 
trop abrégé. Nous n'avons plus qu'à faire ressortir les ayanta* 
gesqui sont attachés à l'emploi de cette filière. 

Elle peut fileter jusque sur les embases , elle est légère, d'un 
prix modique, et d'une fabrication on ne peut plus facile; elle 
peut être montée sur un tour; et, au moyen des trous ovalisà 
i c fig. 44 et de ses deux vis de pression , il devient possible 
d'amener l'entre-deux des coussinets au centre de rotation; ce 
qui est un avantage plus considérable qu'on ne le pense d'a- 
bord, puisqu'il devient alors possible de fileter en profitant à 
mouvement alternatif du tour. Si l'on avait à cordonner de lon- 
gues tiges, on le pourrait encore au moyen d'un arbre creux et 
de coussinets analogues; dans ce cas le tour devrait être mûp^ 
uneroue; enfin enplaçantlafilièrederrière l'arbre, elle deTieo^' 
un manchon universel pouvant servir de matrice pour repr^^* 
duire pardevant, avec des peignes, tous les écrous et vis im^ 
nables: il suffirait pour cela d'une tige de cuivre ou defef 
tenue immobile derrière le tour, tandis que les coussinets del^ 
filière Fembrasseraient et filèteraient cette tige , le mouTcmen^ 
d'hélice serait donné à l'arbre en raison de la course àesf^ 
imprimés çUtns ces coussinets. 



FILIERES. 229 

Considérations générales sur les filières enfer. 

On n'est pas absolument d'accord sur la question de savoir si les 
^ussinets doivent être ajustés bien exactement dans le cadre d'une 
ière; le plus grand nombre des artistes pense qu'il en doit être 
nsi; d'autreSy en minorité, préfèrent que le coussinet aitun peu 
e jeu ; ils donnent pour motif de leur opinion que, dans les 
ifférences de diamètre des cylindres à fileter, les coussinets 
asseyent mieux s'ils ont un peu de liberté. Nous ne saurions 
e quel côté pencher, s'il s'agissait de décider entre ces avis di- 
ers; mais on en peut toujoui's tirer cette conclusion, que si on 

commis quelque faute dans l'ajustage, cette faute n'a pas de 
onséquences graves, et en e£fet nous voyons tous les jours file- 
er très correctement avec des filières vieillies , et dont les cou»* 
inets ont pris du jeu. 

Les vis à pas carrés, lorsqu'il ne s'agit pas de trop grands dia- 
nètres de cylindres, peuvent être faits à la filière double ; la 
lifficulté principale est de faire les coussinets ; les mères à pas 
^rrés doivent avoir une forme particulière que nous ferons 
roimaître au mot Taraud. Il est fort difficile de faire des vis co- 
ûques à pas carrés , cependant en y faisant bien attention on 
parvient à donner de l'entrée aux tarauds faits avec la filière ; 
mais cet efiet n'est jamais bien senti. 

Pour faire entrer une vis tenue vis-à-vis de soi dans une po- 
sition verticale, on la fait tourner de droite à gauche, on la 
tourne en sens contraire pour la dévisser; telle est la pente ordi- 
z^ire donnée à l'hélice des filets. Il est des circonstances, rares il 
est vrai, mais alorsimpérieuses, dans lesquelles ilfaut que lavis ait 
une marche contraire , il faut qu'elle entre lorsqu'on tourne de 
gauche à droite et qu'elle- se dévisse en toui'nant de droite à 
gauche. €et effet ne peut être obtenu qu'au moyen d'un taraud- 
u^ère fabriqué toi hoc: on a récemment trouvé le moyen de 
convertir un taraud à gauche en un taraud à droite et vice versa; 
nous devons faire mention de ce moyen très ingénieux et qui 
peut être d'une grande utilité dans beaucoup de cas. Nous em- 
pruntons cette éecription au Journal des Ateliers, !•' voL , p. 13. 



/-- -..--^-.--1 



230 FILIKRES. 

FiQ. 49. 

Soient a ez , fig. 32, 
les deux cètésd'une & 
lière double; on aJQt< 
tera dans les ooulûiei 
les coussinets en. cuim 

if e ion perceradansii 

^ » \ coussinet * (1*18 long 

\mmmmmmmmmmmmmmim» u un n ii<^«w>t— «^ Ju douhkque IcCOOl 

net c) un trou dy de calibre ayec le taraud e qu'on veut conyei 
en un taraud d'inclinaison contraire, et l'on taraudera ce 
aréc un taraud à quatre pans en ayant bien soin que les fil< 
pénètrent de toute leur profondeur. L'éerou fiât, on retirerai* 
taraud e et on limera le coussinet b en demi cercle , comme (à 
se pratique pour les coussinets ordinaires , en faisant en sorte, 
toutefois, qpie Féchancrure mette à nu toute la profondeur des 
filets de l'écrou, et que l'un des angles du taraud carré ^^ ^^ 
qu'il sera remis dans sa place, se trouve, par ce moyeo; saii^ 
dans le trou/. Ce taraud mis en place et fixé à l'aidede h goupîUe 
A, ou par tout autre moyen, on fera le coussinet c épleineoten 
cuivre et suivant la forme (M^naire indiquée d'ailleurs dans ta 
figure. Ces dispositions prises, on tournera un cylindre <la<^'^' 
de calibre avec le trou y, et on le fera passer dans ce trou en 
serrant la vis ^ à mesure que le taraudage s'opérera. & ^P^ 
inutile de dire que l'on tournera à gauche si Fon^oo^ertit k 
pas à droite en pas à gauche, et dans le sens contraire si c estoD 

taraud à gauche qu'on veut avoir à droite lifantprés^ 

ter la filière bien droite et cmiserver la parfatite horixootali^> 
jusqu'à ce que les pas soient assez profondément impriia^P^"' 
dispenser d'une attention rigoureose..^.w 

La Société d'Encouragement pour l'induslrie natinàaie^ F'*' 
posé un prix considérable pour le perfectionnement des ^ 
et des tarauds. Cette récompense a stimulé l'ardeur de h&^^^ 
d'artistes; on a fait des essais qui, s'ils n'ont pas ététoaroso^ 
d'un plein succès, ont cependant fiiit jailEr des idées heiirei^ 
nous regrettons d'être contrainlt de §SHrdér le sUeaise sur tou 
ces tentatives; les choses positives ont dû passer d'abord; et 
tendue qu'elles nous ont forcé de donner à cet article nou^ ^' 



^dit absolument de pou« occuper d^ M^ f|9écalativès.)Aiv 
pot Tar 4 uB on trou wa d'ailleurs ))eê|i%)pp d« document l^ika 
pi auraient pu trouy^r.pl^^ ici ; ^^ filiàra 6t le taraud fogiuent 
in ensemble qu'il a éxi difficile de détruire, nous nous y sommet 
léterminé par la longueur démesurée qu'il aurait fallu di^ner 
kcet artii^c» qui pa^aitm déjà peut-être iroplong à ceux ^i ne se 
but pas UUQ idé$ du t61q important qup la vis joue dai|8 t^tes 
les coDft|r|ictiona m^eani^l^ On pourrai aipsi consulteii lei mot 



ntlXtCEB A BOIS. 



Oa fl^Uç 9&mi VU^Str^^pv^nt avec If quel, on fait a:9ec dtrbt^is 
les vis de petit et moy^n dinfuètre. La fabrication de pes filtres 
£>riaero|^j$td'Ui»e. industrie tout-à-fait spéciale, exploit«^p^ 
des ouvriers particuliera« l<a filière à bois s'acbète presq^ 
tPHJows tpute foite , pfir^ qu'elle ex^ge pour être bien fabri- 
quée ))^^;^GOup dfs .9Qii)9i^e|^nè bahifud^ de fiurei qUe t^t Ip 
inonde ne peut avoir. Sa mis prétenfiiofts: tvuiter à fond celjlje 
r^miQçmion împertaofe Aa la fabrication, il| faudrait y constcr^r 
une mon^rapUe , btfflWMiy c^ travajl a ^ié fait ô^^nsciencie)!- 
utVfiBt par M% i» Valié^urt, d'Amiens^quJ^y a appoil^ kf con- 
9ai$9^9qeft et VeipéffimQft Mquises , noifs ppréférons ref vo j^er le 
'lecteur à cet intév«ilf#^i^«]p^age , qui k été imprimé é'flouen 
eu 183$, Né£Mmi9mt«l»%doi^^^i^ autapt ^'extension 4 ce sujet, 
ft^içsQme on W^^se pçfiwwwait pas ais^mçnt cet ouviîagq, que 
nous-même n'avonsr f!$ffiOM)9u avoir e4 notre possessipn ^ nous 
^'«W* §<^i ««i»l<»»Wt diçe comment ^ fabriquent cçs instru- 
^^f^% iV^ W<î|O^^JfiM i6» coup d^eeUsur les diversjBS'' mé- 
thodes employées, afin de mettre le Qonçtiructeur sur la^ rçie^ 
des améliorations quç, cette partie des arts, mécanimies att^d 
encore, ' ' - • « . . , . • ■' . - . 

L'ensemble de l^appâreil qui, sert i pAre lès tîs^^e cbiïipose / 
comme dans; les autres Èlières , de ^eu^ pièces , le taraud et la 
fflJère/ Le taraud de la àlière à boig est beaucoup plu^ varié 
dans ses fermes que tt*est Celfti destiné à faire des iécrous en 
nrftal. Woùs aurons à signaler de§ per(ectionAen\ens împoc-r 
*»i8 qui le concernent^ et nous renvoypns au ipot Taj^aùd pour' 
lesexposeir; nous ne nous occuperons que de la filière. Elle se 






/ 




9S» FILIERES. 

vend dans le couiiilèMe à tant la figfn^ , d'après un tarif sujet à 

varier ^les filières au-dessous de six lignes ne sont pas sajetlesà 

. jn^.'5Q. JP^^. 51* ce tarif, elles ont un piir 

fixe. Lesfig. 50 etSl représen* 
tent-cet instrument danssos 
ensemble , moins le taraouL 
IiS fig. 50 est la filière Tue en 
dessus; la fig. 51 1 la mène, 
Tue sur son épaisseur : die 
est faite en bois dur. 

a est le corps de la filière 
ayec ses deux bras oalerien 
tournés. 

^ est la plaque de reooa* 
Trement. 

c le trou conducteur per« 
ce au milieu de cette ph» 
^e. 

i/la lumière pour le d^c»<- 
gementdes copeaux. 

e vis ou cheville fixant k 
recouvrement après le coips 
de la filière. 

' y*UB morceau de bois gros- 
àèrement arrondi, desdné i 
ëtreffleté. 

g la partie de ce morceau 
de boiaqui , ayant passé par 

la filière» se trouve filetée. 

Four celui qui n'a pas ouvert cette filière, son effet est in- 
compréhensible, car aucun tranchant ne parait à l'extérieur. A 
mesure que l'on tourne le bob dans le trou c, on voit sortir le 
copeau triangulaire par le d^agement dy et;bientât après la tîs 
toute façonnée sortir en dessous ; mais il est impossible de sa- 
voir comment s'opère cette transformation. Ouvrons donc la fi- 
lière * afin de fsdre voir au lecteur comment elle fonctionne, et 
commoit U doit c'y prendre pour ca jUlM:iqt|^r i|ne pareille. 



FILIERES. 

Fig. 52. 



233 




La fig. 52 représente le corps de la filière^ vu sur nne plus 
grande échelle , et le recouvrement enlevé ; les mêmes lettres 
indiquent les mêmes parties que dans les fig. 50 et 51. 

A est le cercle extérieur de Técrou , dont i est le cercle înté» 
lieur; l'espace comptis entre ces deux cercles indique la pro* 
fondeor du filet. 

y est le fer de la filière, autrement TU ou le Y ; ce fer est re- 
présenté à part, sur une plus grande échelle, par la fig. 53, qui 
^le profil , et par la figl 54, qui le montre vu en dedans , du 
cité de la rainure angulaire. 

^ est un clou à pàtté, employé pour maintenir le fer; / est 
une m ayant la même destination. 

m sont des petites cales en fer, placées derrière le fer, desti- 
iKes aie tenir toujours de même longuefu-, lorsque les repas- 
sages de ce fer l'ont raccourci; on.nç les met point .dès le 
principe. . . 

^ est le copeau enlevé parle Y, et ^rtantpar le dégage* 

Dans la fabrication de cette fiUèrey.u^e seule difficulté se pré- 
^^^ c'est le placement 4» Y. Tout le .restant n'est rien ou 
presque rien : c'est relèvement au placenpient de ce Y que cha* 
cunasa méthode piarticulièrej c'est cette difficulté majeure qui 
^ait que peu d'artistes entreprennent la confection des filières à 
^is. €'^ donc aussi à bien faire comprendre comment se fait 
emplacement que nQU&.employerons tous.j[ios efforts. Il con- 
fient d'abord de dire ce que c'est que le Y, et comment il se 
fabrique. 



Sa4 FIUÈRES. 

On choisit pour le faire un morceau de bon acier, qu'on 
ëquarrit à la grosseur voulue , ou bien on coupe un bout de ces 
barreau^ d'acier qu'on trouye dans le commerce tout équarris. 
La grosseur de ce barreau est déterminée par la force de la fi- 
Hère , ^ cette force est elle-même déterminée par celle du ta- 
raud^ ^ui est toujours la pièce fondamentale, qui doit être faite 
la première, parce que c'est elle qui sert de base aux opérations 
ultérieures. 

Le bap-eau équarri et conp^ de longueur, on le fait triangu- 
laire ou à trois 'pans sur une partie de sa longueur, en y fai- 
sant deux biseaux semblables à celui qui est visible en y, fig. 52. 
Ces biseaux ne doivent point être fajts au basar4â c'^t ayant le 
taraud devant soi qu'on doit les confectipniier ; leuf i^iplinaison 
doit être telle que l'angle qu'ils forment doit empUr cxacteme&t 
1*Ubç de» Quelles du ffuraud ; il peut avpir ^elque^ deg^é& de 
plus que l'iingle dejc^^ im^lkj fxim m^ WHOS. I^i^que 
Fig. 53. cette partie triangulaire, qui 

^^ ombrée dans \e^ $g. 52 

^"""^ J etSSest^justéçyOï^Caîtkbi- 
- - ' --^ ' " J 8ea^ /' du bout On re- 
tourne îijprs le b^reçm, et 
Fig 54. avec un tierç-point on lait la 

cannelure angulaire/^ ig. 5i 
Iln'est pas d'usagede Caire eour 

per dès le principe , il vaut mieux laisser un peu d'^piafsseur an 
taillant, qu'on fera cotkper ensuite en àffilteûit avec la pierre, 
après. qu'on aura trempé et fait revenir bleu. 

Le Y préparé, on doit sënger aie plaider. Après qvoit» dressé et 
mis d'épaisseur le corps a , fig. 52 , on trace les deux l^néfe» 
ponctuées ce p p^sé coupant au centre à angle droit. C^ést sur 
le point d'intersection de ces deux lignes qu'on plaee la peinte 
du inilieu de la mèche à trois pointés, avec laquelle on percera 
le trou central indiqué par le cercle i. Ce trou devra être de 
calibre avec le plein du taraud , pris au fond des ^cuelles. Le 
taraud étant introduit dans ce trou , le convertira en éôrou. Le 
gra^d cercle h indice là profondeur des ëeuelles de cet écrou, 





FILIERBS. 235 

qui doit être vif et régulièrement taimudé. Les lignes cp res* 
tant dans la partie qui n'est point enlevée par le trou, c'est sur 
Tune de ces lignes que se place l'angle inférieur du biseau/'^ 
fig. 53. 

Dès que le tracé de la place du Y serafait, n'importe sur quel 
point de la drco^férence» pourvu que la relation soit la même , 
on creusera la ramitre qui doit servir de lit à ce Y, qui dcHt y 
entrer à force; Oo bit cette rainure assex profonde pour que 
le fer s'y coucha tout entier, et si l'on de^it commettre erreur, 
il faudrait mieu:i(.<ple 4» fui esL^moins de profondeur qu'en plus« 
Il y a une autre circonstance à observer en creusant cette rai- 
nure, c'est qu'elle arrive juste au niveau d'un des filets de l'é- 
crou; si cette circonstance contraignait à faire la rainure plus 
profonde que l'épaisseur du fer, on enlèverait du bois avec un 
rabot, sur le dessus de la filière, afin de ramener la rainure à 
la profondeur requise. Lorsque la rainure est creusée, on y 
place le fer, et l'on met le taraud dans Técrou, pour s'assurer 
que le fer est bien en place; s'il n'avançait pas asset, on mettrait 
derrière une ou deux calés en fer m, pour le faire arriver juste. 
Lorsqu'il est placé, on le ftxe soit à l'aide d'un crochet A*, vu à 
part fig. 6ê, sekèVmle d'une vis A tê t e r onde /, soit enfin en em- 
ployant les deux moyens simultanément; le crochet k est termi- 

7/ff. 55. né par lé tout en vis, et cette vis reçoit un écrou qu'on 

^çm ^VQ)jDntç. Pour que la saîUie d^ vi^ ou de la tête 

d£s,q;Q(^çt$ ^ form^ yovf^t d'obstacles & l'emte fer- 

< 

metiiredu veçpuyrçipç|it l?j &g. 51, on ents^lle ce re- 
[^ ^po^vreiiï^n^Vendroil;.fjjç^jgartfes saillantes. C'est alors 

^iptUm reinel) ^ fh^ le«<900«v«eiiiOit^ qui 9 en appuyavt encore 
sur le JyXQWonxi 4 le mAWtçiiirr 

• On pemi m^^tre plusieurs ffir^^^ny xffUf même fiUèm„et^ceU« 
lieu peur les avères devant ^l^r dos, xis d'un fort diamètre 
Bans ce icAS^ on place le secoAd fer ainsi qu'il est in4iqvé pa^ 
les ponctuées rrmf me fig. 52; ^ pu en mettait trois ou quatre 
on les assiérait sur la ligne e pjmaÔA ordinairement on se con- 
tentede mettre deiix fei:$p Leprexniçr de ces fers, qui mordmoins 
qua le dérider, est Jfaij; en. forme de gçuge ; c'est le second, dwt 
le fer est angulaire et plus saillant, qui termine le filet. Si l'on 



I ' 




236 FILIERES. 

met trois fers, ils sont tous trois angulaires ; mais on les avance 
de plus en plus dans le trou. Le premier fait un tiers de filet, 
le second un autre tiers, enfin le troisième fer achève le filet 
Dans des grosses vis , il serait impossible de faire le filet d'un 
seul passage d'outil, il y a trop de bois à enlever. 

On a cherché les moyens de faire des filets |>rofonds avec un 
seul V, Ton y est quelquefois parvenu. Dans ce cas le fern'est 
point posé à demeure, il tient avec un coin comme le fer d'un 
outil de moulure ou d'un feuilleret, et de plus il est maintenu 
par le recouvrement ; la fig. 66 est consacrée à Texplication de 

Fig. 66. ^ 





cette méthode. Le Vy dépasse le corps de la filière , on le met 

dans sa rainure, puis on le pousse jusqu'à ce qu'il ait atteint le 

grand cercle et qu'il le dépasse un peu; on met alors le coin 5, qui 

Fig, 57, est retenu à queue, ainsi qu'ôh peut le voir 

fig. 67 dans laquelle ce fer et le coin sont repré- 
sentés en coupe, et ainsi que l'indique la pono 
1 tuée t On commence 1» Vis, h» fer étantdaos 

cet état, on retire la vis, on donne du fer 'avec un marteau, 
icomhie cela se^pratique pour les rabots : on fait eiicore passer la 
vis on la rétiré de nouveau, on donne du fer, 6t ainsi de suite 
jùsqtfà ce que les filets soient creusés. Cette hiéthode est fort 
bonne, mais on ne réussit pas toujours à bien faire cet outil: 
en général on fera bien de faire toujours plonger le fer un pea 
au-dessous du filet; il a toujours une tendance à relnonter et 
remonte en effet malgré l'opposition du recouvrement ; il feut 



TIUERES. 237 

Missi que le coin touche bien partout, sans quoi le fer recule 
infailliblement, surtout si l'on prend trop de bois. On voit très 
rarement des filières de cette façon qui n'a pas été adoptée dans 
la fabrication; j'en ai possédé une dont j'étais fort content, elle 
avait été faite par un amateur. 

P'g* 58. On obtient un 

effet analogue au 
moyen de la vis 
depressionj^jfig. 
58; ici le fer glis- 
se dans une cou— 
lisse;d'étain, fon- 
due et coulée lors- 
qu'il est en pla- 
ce. Un petit res- 
sort X ramène le 
fer, si l'on desser- 
re la vis de pres- 
sion. Il nous sem- 
ble qu'il serait 
plus avantageux 
de convertir cette 
vis de pression en 
vis de rappel, qui 
s'engageraitdans 
un écrou pratiqué dans le talon du fer. Far ce moyen on pour- 
fût aussi et plus sûrement donner du fer à volonté. ( Par la faute 
^a graveur, ce fer n'est point placé ici comme la règle l'exige. 
V. fig. 52 et 56.) 

Voulant essayer à faire des vis de diamètres différens avec la 
même filière , on a essayé de couper la filière en deux parties 
^^les, suivant la ligne c c, fig. 62 ; nous ne savons pas si on a 
feussi; ce moyen , mentionné dans le Manuel du tourneur de 
"Crgeron, et dans plusieurs autres ouvrages, n'a pas jusqu'à pré- 
^t) à notre connaissance du moins , été employé avec succès, 
lia été fait d'autres tentatives, mais il nous est impossible de 
les passer en revue; elles n'offrent point un intérêt majeur; on 
<^nçoit que nous sommes contraints dfomettre bien des choses 




236 FILIUE^PRESSë. 

en parlant d'up objet tellement important qil^on a pa en fûre 
le sujet d'tm ouvrage spécial. Un pourra consulter l'ouvrage de 
M. de Valicourt, le Manuel de Bergeron, et notre Art du Tour- 
neur, si l'on trouve que nous nous soyons renfermé dans des 
limites trop étroites. Paulin DssoaHBAUX* 

FILON. V. Exploitation des min^a. 

FILTRE -PRESSE. {Physique. ) La pression d'une colonne 
de liquide, sur une surface plus ou moins étendue, a été mise 
à profit dans la Presse hydraulique, pour produire des eRets 
très étendus dont les arts ont tiré un grand parti. Réal en a 
fait une application importante, dans l'appareil qu'il a appelé 
JUtre^presse, Cet appareil consiste en un réservoir, ordinaire- 
ment en étain fin, destiné à renfermer la substance à traiter, 
et en un tube d'un petit diamètre et d'une longueur plus ou 
moins considérable, qui s'adapte à la partie supérieure du ré- 
servoir, et qui est destiné à recevoir le liquide qui doit servir 
à l'opération. Le réservoir cylindrique porte à la partie infé- 
rieure une chambre à laquelle est adapté un robinet, qui est 
recouvert par un diaphragme en étain, criblé d'un grand nombre 
de trous très fins ; la pcu'tie supérieure reçoit un diaphragme 
semblable. • 

La substance qui doit être traitée est réduite en poudre, et mê- 
lée avec le liquide convenable pour en former une pâte, que l'on 
introduit dans le réservoir : s'il n'en était pas rempli, on pla- 
cinrait à la surfsLce du mélange un diaphragme; s'il est entière- 
ment plein, le diaphragme supërieui* suffit. On visse alors la 
pièce supérieure, on adapte le tuyau, et l'on fait arriver dans 
l'appareil le liquide que l'on veut employer, en ouvrant le ro 
binet ioférieur ; en graduant la proportion d'après celle du li- 
quide employé pour délayer la substance à traiter, on obtient 
tout celui-ci chargé des principes qu'il pouvait dissoudre, et en 
continuant l'opération plus long-temps, le second liquide arrive 
à son tour sans s'être mêlé avec le premier. Cependant cet effet 
n'a lieu d'une manière bien exacte, que quand les liquides sont 
de natures différentes : par exemple, l'eau chasse bien Falcod, 
ou réther chargé de divers principes sans s'y mêler, mais elle 
se mélangerait plus ou moins avec la dissolution aqueuse qu'elle 
aérait destinéetÀ chasser* 



FLAMME. 239 

On peut varier la forme et la disposition du réservoir : la seule 
londition à remplir consiste à introduire par pression un li- 
piide au milieu d'une substance solide imprégnée d*un autre 
iquide , qu'il chasse par pénétration successive. 

La colonne de liquide devant être assez éleyée pour produire 
im effet considérable, l'appareil devient plus fragile et plus in- 
commode à mesure que la pression doit augmenter; on peut, 
sans rien changer à ses dimensions, y porter la pression à une 
limite très élevée, en adaptant à la partie supérieure, à la place 
d'un ttt^u communiquant avec un réservoir d'eau, une petite 
pompe foulante, alimentée par une cuvante d'une dimension 
conyenable, et dont le bras de levier peut être chargé d'un poids, 
dont la distance au point d'action détermine la force. 

Nous avons pensé qu'il était inutile de donner un dessin de 
cet appareil, dont les dispositions générales étant connues on 
peut varier les formes et les dispositions particulières, suivant 
l'usage auquel on le destine ; il a été appliqué avec avantage, en 
grand, à la préparation de diverjs produits. 

Dans ces derniers temps, MM. Boullay père et fils ont cher-* 
cbé à prouver que le filtre-presse n'a aucun avantage particu- 
lier , et que le lavage par substitution et sans pression, pourrait 
dispenser entièrement de son emploi ; mais ces résultats ont été 
contestés ; et il reste, à ce qu'il semble, bien prouvé que la pres- 
sion peut avoir des avantages dans différentes circonstances. 
Comme une foule d'opérations des arts, reposent sur la disso- 
lution de diverses substances, par des agens particuliers, nous 
réunirons à Tarficle (iavage tout ce que nous aurons à dire sur 
ee sujet. H. GAULTiEa de Cladbrt. 

FLAMME, { Physique. ) Un gaz ou une vapeur en combus* 
tiott, produisent ce que les physiciens, sont convenus d'appeler 
flamme^ tandis que Ton donne le nom d'incandescence à la 
combustion d'uu corps solide. 

Quand on considère une flamme, comme celle d'une bougie, 
par exemple , on y distingue fecilement deux parties très diffé- 
rentes; l'une plus ou moins blancl^, extérieure, et ayant la forme 
d'un cône ; et l'autre intérieure, d'une couleur plus ou moins 
foncée. 

Si on oppfiquQ sur la partie supérieure de h flamme d'une 



240 FLAMME. 

bougie, ou d'une lampe, une toile métallique à mailles ser- 
rées, on s'aperçoit qu'en l'abaissant la flamme s'épanouit, 
et quand on arrive à peu près à la moitié de ^ hauteur, on ob- 
serve deux cônes concentriques à bases renversées ; dont Tinté- 
rieur, obscur, est en même temps à peine élevé en température; 
car si, la toile étant placée d'une manière fixe, on y pratique une 
ouverture convenable, pour porter dans cette partie, de petits 
fragmens de corps combustibles, comme de la poudre à tirer, 
et même du phosphore, ces substances ne s'enflamment pas. 

Cette partie de la flanune est composée des substances com- 
bustibles, cire, suif, huile, etc. , transformés en produits volatils, 
qui sont préservés de l'action de l'air, et par conséquent de la 
combustion, par la partie extérieure, qui brûle sous l'influence 
de l'oxigène. 

La flamme n'est point susceptible de se propager au travers 
d'un tube très capillaire, de telle sorte que, deux portions d'un 
même gaz ou d'une même vapeur combustible, dont l'une est 
en combustion, en communication par un tube capillaire peu- 
vent rester c\ ces états diiférens, tant que la température da 
tube ne s'élève pas jusqu'au rouge. Une toile' métallique, d'un 
tissu plus ou moins serré, suivant la nature du gaz ou de la vt 
peur, produit exactement le [même efiet ; la flamme ne peut se 
propager d'une surface à l'autre, tant que la température ce s'é- 
lève pas jusqu'à un certain degré ; quoique cependant le gaz 
ou la vapeur la traversent. 

Les gaz, ou les vapeurs combustibles, ne peuvent brûler arec 
flanmie, qu'à une température rouge , dans quelques circon- 
stances données, comme sous l'influence d'un fil de platine, et 
plus encore sous celle du platine en éponge; ils peuvent se com- 
biner à l'oxigène, et donnent lieu à la formation des mêmes pro- 
duits, mais sans donner de flamme ; le métal peut devenir incan- 
descent, mais le gaz ou la vapeur peuvent ne se pas enflammer. 
Ainsi un fil de platine placé au-dessus de la flamme d'une lampe à 
l'huile ou à l'alcool, par exemple , rougit, et si on éteint la lampe, 
continue à rester incandescent au milieu de la vapeur , mais 
sans pouvoir déterminer son inflammation. 

Ces propriétés remarquables, observées par Davy, l'ont con- 
duit à une des plus importantes inventions, auxquelles les 



FLEAU. : 441 

dencès aient dôniié lieu, la lampe de suREtÉ, destinée à éviter 
les accidens si graves , et souvent si fréquens , provenant de 
rinflammation du gaz hydrogène carboné , qui se rencontre 
ians les mines de houille ; comme, d'après ce que nous avons dit 
précédemment, une toile métallique à mailles suffisamment ser- 
rées peut empêcher la combustion d'une vapeur ou d'un gaz 
de se propager de l'une de ses surfaces à l'autre, en enveloppant 
d une toile convenable la flamme d'une lampe, les gaz com- 
bustibles qui y pénètrent peuvent brûler dans l'intérieur du 
réseau, mais la combustion n'est pas susceptible de se trans- 
mettre au dehors , si ce n'est dans le cas où la toile rougirait 
dans quelques points, car elle ne l'empêche qu'en refroidissant 
la flanmie, au dessous du point où la vapeur peut s'enflammer. 

En diminuant la température de la flamme, une toile métal- 
lique peut aii^i empêcher la propagation d'un incendie, au mi- 
lieu même des substances les- plus faciles à enflammer : ainsi 
dans une salie de spectacle, Tincendie peut être borné à la 
8cène« où il se développe le plus habituellement, par le moyen 
d'un réseau métallique, qui la sépare du reste du théâtre ; nous 
indiquerons à l'article salles de spectacle, les dispositions né- 
cessaires pour obtenir cet effet. H. Gaultieh de Claubat. 

FLEAU. ( A^ric, ) Instrument dont on se sert pour battre 
le blé à force de bras. II est composé de deux bâtons de même 
ou d'inégales longueur et^grosseur, attachés l'un au bout de 
l'autre avec des courroies. Le manche que tienf le batteur est 
ordinairement le plus long; l'autre est le fléau proprement 
dit. Un flcau court, avec un long manche, assène un coup plus 
fort; c'est le plus usité. Les courroies qui unissent les deux pièces 
doivent être tressées les unes dans les autres, de manière que 
le fléau puisse tourner facilement quand le batteur le re- 
lère, après avoir frappé le coup. Au lieu de cuir, on se sert avec 
avantage de nerfs de bœuf ramollis dans l'eau au moment où 
on les emploie. Dans certaines contrées, on recherche les peaux 
d'anguille pour le même usage. Les nombreux inconvéniens du 
fléau ont été exposés au mot BArrAOE; mais il est une foule de 
«circonstances et d'opérations de détails qui ne permettent pas 
de recourir aux machines ( V. Batterie^keganique) , et dans 
lesquelles on sera toujours obligé d'avoir recours au fléau, dont 
T. x6 



tlî FLEURET. 

Eâèt seulement à désirer qoLe Tusagè se restreigne de plus èà 
jius en agriculture, pbiir le battage des grains. 

s..* .'...... SO0LANG£ BoDISf. 

i > - V 

Ï'LEURET. (T€chnol0gfe\ySarteà*épée découpe carrée ser^ 
yasit à dénumtrer i'iescrime. Toiis les fleurets^sont faits en fa^ 
brigue, il serait impossible de les donnei: à si Jbas prix si la &* 
brication a'ea était point £aite en grand. La lame du fietu^et est 
composée dé'f^ et d'acier, la soie et lé bâûit de la lame £(»it£â 
fier ; A partir de la marque le reste est eh acier cémeiibé^Ii 
pointe se terminie par un mamelon arrondi sur lequel est riW 
lé bimion. On nomme ainsi un petit disque en fer, à l'entoor 
dmiuél on met plusieurs épaisseurs de peau jauoe pour ainortv 
la focce du coup. L'ader employé pour la lame n'est pas de 
preiniène qualité^ c'est par ioae trempé très bien £aiitè, quoique 
jbct dilEcile à attrà^^, qvJon parvient à donner, de la qui' 
lité aux lames. Les poignées sont faites en £er. Les iquaiitâ 
qii'on dmt rechercher dans une lame de fleuret sont, 1<^ une 
grande élasticité.; â® une dm^té suffisante pour que les parties 
anguleuses de la lame ne soient point pronriptemenit détériorées, 
«t pour que le brillant du poli se conserve long-^ébips. On essaie 
une lame eh la faisant ployer ; après la flexion elle doit redevenir 
par&itement droite. Une lahie qui conserve de la couibure doit 
être mise au rebut. Là flexion ne doit point avoir lieu igàleraent 
dans toutes les parties de la lame. C'est surtout danis }ês parties 
«voisinant le l|outon qu'elle doit se faire remarquer ; elle doit se 
Aûresentir jusqu'à un quart de là longueur de là lame à partirde 
la poignée; le dernierx[uartne.doit point fléchir, s'irflédiit c*e*t 
■qa£ la soie est trop faible, ou que le fleuret est mal emmanché. 
Bans là. bonne fabrication l'acier doit monter des deux côtés àa 
fpros de la lame jusque pi es des embases, afin d'assurer le raide 
dans cette partie. Il faut rejeter également les lames dont h 
courbure oflre des coudes, des jaîrrets, oés défauts indiquest 
jqpse la trempe n'est pas égale partout, et l'^n peut être sûr qa^ 
là lame se rompra dans ces endroits qui ne sont pas suffîsam- 
înent revenus. La rupture des lames pouvant être cause d'acci' 
dens graves, on ne saurait trop se prémi^ur contre les caut^ 
iqui peuvent l'occasiennen Tous les .flesiretti sont marqués Soiif^ 
^en, maâ'oB lesiabdqiie k'Kliiigenlhai et à Saùtù-Eoehae, U T 



FLfilJRISTB. S4S 

deux S&rt£9 de fl<eiir^9 l^ ^n» à lames pUi$ ft8»})k^, plv» 
tenues^ ce sont les fleurets de iecon^ il6 GO^tent neuf francs la 
jDuzaioe 4e lames % \^$ Autr^e^^ iiÀUjl^f^relf d'as^aut^ ^obX pki# 
iurré6 dans leinr con|^, ont la lalie filus grosse -et soal moio^ 
lexible^ &$ coiiiteiU dipc &aitc$ la doijiziai^ 4^ lamed^ les p^ 
|p^e$ii'ac)i$i]3i)i^4 part. PAX)«;i]r Bl«a^RMfe4¥K. 

FLEUlltSTC;. < Horidculiwy». £e terme a plusfetfra aocep- 
|i<>ii8$ iioiis deT0i^6 le iresltreiAdre ici, â ees hûmnes bborieliic 
lUvigil^ 'ff^ daiis le$ ^^aiides capitales surtout^ s'occupei4 
lie la culture qi^tur^Ue p^ fprcçe 4es pla^t^ à fteura, ^ (a(e Iç^ 
viettei^t sipr le marché <fue dans un^tal4e dëveloi^pevkeKUasw 
sv^pour .procurer aux consommateiyf^ nue jouissance imr 
^édia^, soh dans la compositioa des |iact^rr^ et 4^9 jar4i^ 
ie TÎUe, soit ^ns la décoration des appartemeas et /i^s l'ofv 
Âonnanc^ d^ fêtes, pu on les iSmpleÂe ^utikr^ o^ ^ bo^jcp^^olPk- 
Oa ypitpar cette définitioui {quelle est Vin^po^tance .ds 1'!%- 
dustrie des fleuristes, et de quelle instrudâon, de qi^ettepat^^c^, 
4e quelle habitude d'observ^Xlon, les hommes ^ ,rexar^ent 
doivent ^étre doués* Lem's procédés con^iqués, leurs longs 
eôbrt^, «contrastent sinf^ulièrement avec Les résullats <qi^'Us en 
attendent^ ef. des mois entiers, de dispendieux app^eila, -soi^ 
consacrés à obtexiir quelquefois dans un temps donné, une jÇie^r 
fugace, çpfi pe doit point rester épanouie sous leurs yeux^ sous 
jpeine^eperdre leurs avances et leurs légjûtimes profijis, quelque- 
fois baUu^çés p^r de grandes pertes. 

Le choix du lieu que l'on veut consacrer à la cuUu^e com- 
merciale des fleurs n'est pas sans mériter quelque attentio^. 
11 est bon qu'il ofire plusieurs aspects, afin de donner aux j)!^^- 
tes des expositions qui varient suivant leur nature et suivant l^s 
saisons* pnpeut obtenir cet effet par dos abris artificiels, et mobiles 
^t pat des palissades d'arbres toujours verts, qui supportent 
impunément la taille etTélagage, tels que surtout les thuyas, 
dont, pour le dire en passant, on pourrait, sous ce rapport, tirer 
en apiculture un o;rand parti ; mais il faut en écarter les grands 
arbres^à cimes étalées et touffues, nuisibles à la fois par l'om- 
^f^e qu'ils .projettent et par la chaleur qu'ils renvoient, 
la qi^té du- sol doit être telle que l'on puisse cultiy:ejr> .^ 



1 



è44 ^ECRiStË. 

tenir en nourrice en pleine terre, àTaide d'engrais et d'amendé 
mens appropriés, une foule de plantes susceptibles d'être leTeel 
en mottes, etqui peuvent, au moins pendant une paitie de lenrj 
éducation,sepasserdepots. Mais c'est surtout par la culture sou 
Terre qu'un jardin fleuriste se fait remarquer; ildoit donc étit 
pourvu d'une quantité de serres, de bâches, de coffres munis M 
leurs châssis, de couches, de fiuniers propres à les constt^uireet à lo 
réchauffer, de paillassons , etc. , proportionnée à son étendue et â 
sesdébouchés. Toutes les constructions doivent avoir été faitesavœ 
intelligence, soliditéet économie, et être entretenues avec les soins 
conservateurs qui, quoique coûteux en apparence, devienneot 
une économie aussi. Les réparations de menuiserie, de vitrerie, 
de peinture, la confection des caisses, peuvent très bien être cod- 
fiées, dans la plupart des cas, aux ouvriers de l'établissement, 
dans les saisons ou aux heures où ils sont le moins occupés. Les 
dépenses de cette nature en seront amoindries, au moins de 
moitié, si l'on y met de l'ordre. 

Un fleuriste prévoyant s'arrangera pour ayoîr toujours à sa 
disposition une quantité proportionnée à son exploitation ; 1" de 
terre franche, fumier long et court, sable et terre de bruyère , 
tant pour rentretien de ses plates-bandes et la formation de ses 
composts ou mélanges , que p^ur ses empotages ; 2* de pots , 
terrines, caisses et cloches de toutes grandeurs; et il devra avoir 
un ou deux grands hangars aussi rapprochés ^ue possible de 
son habitation, tant pour serrer tout ce qui doit être tenu à 
l'abri, que pour disposer ses emballages, procéder commodément 
à ses rempotages , et vaquer aux différens travaux qui doivent 
ou peuvent être faits à couvert aux différentes époques de 
Tannée. 

S'il veut exercer son industrie avec intelligence et profit, des 
connaissances au moins élémentaires de botanique, de physiolo- 
gie végétale et de chimiie, lui sont nécessaires; il devra se tenir 
au courant de toutes les belles plantes à fleurs qui paraissent 
annuellement dans le commerce, prévoir avec tact celles qui 
peuvent avoir la vogue, se pourvoir et ne pas craindre de faire 
les avances nécessaires pour se les procurer, les multiplier avec 
nnedcti vite presque exclusive, et se mettre ainsi en mesure de les 



. FLEURISTE. M5 

ffrir aux consommateurs, pendant qu'elles sont encore chères; 
c beaux et honorables bénéfices peuvent ainsi lui être promp* 
iinent acquis. On sait ce qu'un de nos fleuristes de la capitale 
agaa sur l'hortensia, àTépoque de son introduction. Souvent, 
lous en voyons d'autres s'emparer d'une belle plante encore peu 
;onnue, la multiplier en quantité, en revendre les produits par 
nasses, et dès que le prix baisse, l'abandonner pour une auti^e. 
ielui qui voudra atteindre ce but lucratif devra se tenir en 
»rrespondance suivie avec l'étranger, se procurer tous les cata- 
logues, et visiter même les principaux marchés de l'Europe, 
tels qu'en ce moment la Belgique et Londres, afin d'y étudier 
sur place les meilleurs procédés de culture, et d'en rapporter des 
sujets bien choisis des meilleures plantes, qui seront toujours 
pour lui celles dont les fleurs sont les plus belles, la multipli- 
cation la plus prompte, et par suite le débit le plus lucratif et 
le plus assuré 

Bans les grandes villes, à Paris surtout, ladécoration des fêtes, et 
la vente des fleurs coupées mises en élégans bouquets, o£fre un 
débouché important aux fleuristes. La composition de ces bou- 
quets, des guirlandes, des couronnes, était presque un art chez 
les anciens. Elle est même chez nous une élégante industrie, 
qui a sa mode et ses caprices. Le prix de telle plante encore 
chère peut rentrer par la simple dépouille de ses fleurs, ou par 
sa simple location pendant deux ou trois nuits; il est même un 
luoyen aus^ facile qu'ingénieux d'employer dans ces fêtes bril- 
lantes, des arbrisseaux qui ne^ sont remarquables que par leur 
verdure , en fixant à leurs rameaux des fleurs empruntées à 
à autres espèces, qui se détachent sur leur fond monotone, et 
produisent sous l'éclat des bougies, une véritable illusion quand 
leurs groupes sont bien disposés. 

Les autres détails que l'industrie du fleuriste comporte se 
retrouveront au mot Serres ; nous rappellerons seulement ici 
le grand pas qu'a fait faire dans les derniers temps, à la fabri- 
cation des fleurs artificielles, la culture des fleurs exotiques, en 
donnant â cet art une foule de modèles aussi riches que nou- 
veaux, qui se sont si admirablement prêtés à l'imitation. 

Si l'on veut avoir une idée du commerce des fleurs à Paris , 
Pendant 1^ saison d'hiver, qui est la saison des bals et des fêtes, 



146 FLECnSL^ 

<mne jettera pas sans intérêt les yeux nu* le relevé d-aprèsAl 
mouvenient de cette branche d'industrie horticole pendant h 
dernière semaine de janvier 1836. Qn peut compter sur Vexae 
titude des renseignemens qu'il présente. Les prii qui ont sert) 
de base à quelques calculs ne sont pas les prix moyens , maii 
les prix les plus bas. La semaine que Ton a choisie est loin dV 
voir été ailssi productive que celle du cartiaval. 

Le commerce des fleurs a donc produit, du iS ail 36 janvier, 
tant pour les fêtes de la cour et les bals ministériels, qu^ pour 
les bals particuliers, soirées musicales, raouts , ete., savoir s 

1* Pour la simple location des caisses et pots gar- 
nis de fleurs, arbustes, arbrisseaux, transportés 
d'une réunion à l'autre, et restant définitivement 
la propriété des jardiniers fleuristes , lé,ÔOO f?. 

S^ Pour les corbeilles, jardinières et plates-baodes 
a'appartemens fournis pour les soirées , 6j6W 

8* Pour la seule vente de fleurs détachées de eà* 
mellia, 2S0 douzaines, dont le prix s'est successive- 
ment élevé de 10 jusqu'à S4 fr. la douzaine, 1^606 

4° Pour les bouquets de tète, fleurs de coiffures ^ 
de parures de toilette, et branches de camellia 
choisies , avec fleurs , boutons et feuilles , 1 jOOO 

5* Pour 200 caisses ou grands vases eîi beaux ca- 
mellia, chargés de fleurs, au prix moyen de 10 fr. , îfidê 

é^ Pour les bouquets de bals, vendus depuis f et 
4 fr. jusqu'à 10, 12, et quelques uns 15 et 20 fir., au 
prixinoyen de 5 fr. diaqtié, 20,000 



Total 40,000 

en huit jours. 

Sans compter les fleurs rendues daBS chacun des nâarchésaux 
fleurs. 

La soirée de M. de Rotschild, dn 20 février» a coAtépoar 
1,600 fr. de fleurs achetées au marché et chez les fleuristes de 
Paris; et il a\en outre tiré de ses serres de Boulogne deux 
grands diariotsde grandes plantes de choix, telles que camellia, 
tmmosa, et autres. ^ Sodlanox Bomir. 

fliEURS (i/grfcO Là fieuàr est Fap^pardl qui renferme les «-: 



FWVR3. 847 

ganes 4^ la reproduction végétale. Cet ap]>areU o{'0'e deux par* 
^ies principales : les enveloppes florales et les sexes. Pe ces par- 
les, les premières y or4indirement colorées et IbnUdntes ) for* 
ment ce tjue l'oii nomme vulgairement la fieur, mais )es se^ 
çpndes sont les seules qui la constituent réellement. 

Il importe au cultivateur de l>ien connaître cet organç direct 
4e ]a reproduction végétale , et ^e savoir k la fois , non seule- 
ment quels sont les rapport de ces parties entre elles e| leur «ç* 
tipn les unes sur |es autres, mais encore, et par-4es$u9 tout , U 
rapport 4e foutes les plantes qu'il cultive, d^ns des yue$ d'uti- 
lité ou d'agrément, avec les 4iTers agens extérieu)^ qui exer- 
cent ou peuvent exercer, dans quelqUe ordre que ce smt , une 
influencer favorable ou contraire sur l'épanouissement dos A^urs 
^t SUT l^ formation des fruits qui leur succèdent. Une gran4a 
partiç de son art repose su» ces connaissances. Yoye?; Iç mot 

&ll^RiOLOGIB VBGÉTALE. 

li'analogie que les organes floraux ont entre eui^ et avec les 
feuilles, indiquée par \f n grand nombre de faits, et appuyée sUr 
de û'équens exemples (|e la mutation réciproque deà oiiganés, 
sert de base à la théorie dans laquelle on ne considère les 
fleurs qiie comme des branches arrêtées, des rameaux qui nTeii 
portent pas d'autres que des embryons. Ces embryons ne sont 
à leur tour que de vrais bourgeons, dans lesquelles on n^ peut 
Yoir que des feuilles. 

Le but naturel de l'épanouissement des fleup ^ qui portç le 
nom de fleuraison, est la fécondation des germes qui porte celui 
de fiuctification. Quand ce grand but de la nature eftt atteint > 
les organes qui y concourent, devenus inutiles, se flétrissent et 
tombent ou disparaissent ordinairement , et Iç fruit , liourfi 
des sucs qui entretenaient la fraîcheur et Téclat de la cq- 
roUe, soutient par son développement, et récoippen^e l^ent^t» 
par sa perfectioh et sa maturité, l'espoir et les soÂps du çidlir- 
vateur. 

Mais le succès de cette fécondation est soumis 4 unç foiile d^ 
chances que le cultivateur doit se mettre en mesure de maîtri- 
ser, |£a dç tirer un plus grand avantage 4^ celles <{i4 lili Sont 
&î0r«bk8» La premier^ et laplu$ importdute de c^ cbtol^Sfjft- 



248 FLEURS. 

suite du rôle même que les sexes sont appelés à rempUr danS] 
l'acte de la reproduction. Les organes de la reproduction sont 
mâles et femelles. On distingue la fleur mâle , qui ne renferme 
que des organes mâles ; la fleur femelle , qui ne renferme que 
des organes femelles ; la fleur unisexuelie , qui renferme les 
uns ou les autres; la fleur bisexuelle ou hermaphrodite, qui les 
renferme tous les deux , et la fleur neutre ou stérile , dans la- 
quelle tous les organes sont avortés. Dans la considération de 
ces différences générales , on distingue les plantes en herma- 
phrodites, qni ont toutes les fleurs hermaphrodites ; monoïques, 
qui ont des fleurs mâles et des fleurs femelles sur le même 
pied ; dioïques, qui ont des fleurs mâles sur un individu et des 
fleurs femelles sur un autre ; polygames, qui ont des fleurs her- 
maphrodites et en même temps des fleurs soit mâles, soit fe- 
melles, sur le même pied ou sur ma pied difierent. Il n'est sûre- 
ment pas besoin d'avoir recours à des exemples pour sentir 
combien certaines de ces circonstances peuvent influer sur la 
fécondation. Dans les plantes dioïques , la femelle restera sté- 
rile si elle n'est pas à portée d'être imprégnée par le pollen de 
la plante mâle ; et toute une forêt , tout un champ , toute une 
plate-bande , peuvent rester ainsi frappés , dans certaines cir- 
constances, d'une infécondité complète; dans la pratique, il faut 
donc s'assurer que le champ planté ou ensemencé dont on attend 
une récolte contient, s'il est planté ou ensemencé en végétaux 
dio'iques, une quantité de sujets mâles suffisante pour féconder 
lé^ sujets femelles. Jadis on attribuait presque uniquement au 
vent la fécondation des fleurs où les sexes sont séparés ; mais on 
sait aujourd'hui que les abeilles, les guêpes, et un gi*and nom- 
bre de petits insectes ailés , jouent le rôle principal dans cette 
opération. La poussière- vivifiante que lancent les fleurs mâles 
dans les espèces où les sexes sont séparés , est , même au«delà 
des terres et des mers, portée aux fleurs femelles solitaires par 
les insectes ailés et par le souflle des vents. Dans plusieurs gen- 
res, tek que les campanules , les papilionacées , la fécondation 
s'opère dans les boutons non encore épanouis. 

Les boutons à fleurs peuvent se former sur des plantes de tout 
âge et de toute condition. Mais pour produire une formation 



FLEURS. 249 

énérale de bontons à fleurs, il est nécessiaire qu'il existe une 
mse constitutive générale prédisposante , non sujette à l'in- 
uence des citxoiistances accidentelles; cette cause prédisposante 
st Vaccumulation de la sève et de la matière sécrétée. Par con- 
^quent, tout ce qui tend à retarder le libre cours de la sève et 
Toduit son accumulation , cause la production des boutons à 
leurs, ou la fertilité ; et au contraire , tout ce qui tend à pro- 
iuive en peu de temps, et par une excitation vive, une vigueur 
xcessive, occasionne la dispersion de la sève , ou empêche son 
ilaboralion, et cause ainsi la stérilité. 

La transplantation, la destruction partielle des racines, l'âge, 
'élévation de la température accompagnée de la sécheresse de 
'atmosphère , le palissage oblique ou renversé , la suppression 
:onstante de l'extrémité des jeunes pousses, sont autant de 
:auses d'accumulation de la sève et des sécrétions , et consé- 
^uemment sont autant de circonstances favorables à la produc- 
tion des boutons à fleurs. Mais un soi trop richement fumé, une 
température trop élevée accompagnée d'une grande humidité 
atmosphérique, ou le cours ininterrompu de la sève, sont autant 
de causes de vigueur excessive, et sont, par conséquent, défavo- 
rables à la production actuelle des boutons à fleurs. 

Les fleurs se nourrissent de la sève préparée dans leur voîsi- 
Q^ge; plus cette nourriture préparée est abondante, plus aussi 
leur développement sera parfait ; comme aussi, moins il y aura 
de fleurs sur une branche donnée , et plus chacune y trouvera 
dalimens pour se nourrir, et plus elles deviendront parfaites. 
La beauté des fleurs sera donc augmentée , soit par le secours 
dune nourriture abondante, administrée avec mesure et sans 
cices, soit par. la diminution artificielle dte leur nombre au 
ïïïoyen de la taille et de l'ébourgeonnement , soit par les deux 
Kioyens réunis. C'est à quoi tendent les opérations de celui qui 
*3iile, élague et ébourgeonne. La beauté des fleurs dépend aussi 
<ie leur exposition à la lumière , à l'air libre , parce que c'est 
^us 1 influence de ces deux agens que leurs couleurs se for- 
ment et acquièrent l'intensité qui fait leur éclat. 11 y a ici, 
comme en tout , un juste miUeu à observer et à tenir. La pro- 

uction des fleurs, et , par conséquent, des fruits, étant la ftn 



naturette de toute v^tàtion , tout ce ^ tend h àocroi|r« m^ 
excès la force des végétaux doit accroître leur disposition à flcu- 
xrir ; mais tout ce qui tendrait, soit à les priver d'une ngiurntiu^ 
nécessaire, soit à gorger leurs vaisseaux d'une sève cruç, iiH 
digeste, surabondante, produira nécessairement l'effet CQHIraire. 
Ë*èst ce qu'il ne faut jamfiis perdre de vue. 

Les fleurs doubles sopt celles dans lesquelles les étamiaci 
sont tranformées en pétales. Quoiqu'on ne puisse donner aiH 
tune règle certaine pour la production des fleurs dou|)le<, i^ 
cependant probable que les fleurs dans lesquelles les sexes soo^ 
ttiiiltipliés, comme dans 1^ plantes icosâi^dres et pclyandres, j 
sont plus disposées que d'autres, et c'est principalement àam 
ces classes de plantes qu'il £|ut espérer et chercber à obleoi^ 
des fleurs doubles. Les fleurs doubles sont très raies dans b^ 
plantes qui ont peu d'étamines. 

C'est surtout dans la culture des plantes d^agrëment, que Y<^ 
ne cultive que pour l^ jouissance de leurs fleurs, qu'il lant 9^ 
voir mettre en pratique les principes qui cont|ibaent au ^v» 
loppement et au perfectionnement de leurs différons genres de 
beauté ; cette pratique constitue l'art du fleuriste , qui sait dH 
seulement améliorer, mais ausâ anticiper ou recule^ cette jooi^ 
sance par àe» procédés propres à contrarier ou à accélérer M 
moiivemens naturels de la sève. ( F^. le mot FuEoaisrs. ) Vhy 
bridification est une opération qui , dans ces dentiers tem|K«l 
beaucoup contribué ef contribue joumeUement à accnHiiC 
d'une manière innombraUe et plus ou moins tranchante b ^ 
riété des fonnes et des couleurs des fleurs qui en résultent. J^ 
l'état naturel , le phénomène de la fructification «'opère par 1^ 
descente d'une pôftion des particules mouvantes du ÏMAlenëiD^ 
les ovules , où ces particules forment le commencement èA 
plantes futures. Dans les plantes sauvages, le stigmate est €xi^ 
bairement soumis à la seule action du poU^ dans les ét^miod 
qui appartiennent à la fleur dont lui-même £ût partie. Sans et 
tas, les semences ainsi vivifiée^ étant mises en terre produiiool 
des individus nouveaux qui diflèreront très peu de celui parqw 
elles auront été produites. C'est pourquoi la plus grande psiti4 
des plantes sauvages se ^cq>agent de génération en fj/éaénô/â 



FLEURS. tti 

sans aucun changement. Mais il est très Sicile d'àp|M$rtif à^ 

modifications à cette loi par des procédés artificiels. Si l'rà placé 

le pollen d'une espèce sur le stigmate d'une autre espèce , ïeê 

ovules seront vivifiés , et ce qu*on appelle une planté h^bHdé 

^ra produite par ces ovules lorscfu'ils seront arrivés à Tétat dé 

semence et parvenus à maturité. Les niantes hybrides diffèrent 

de l'un et Tautre de leurs parens , et offrent généralement ùtt 

caractère intermédiaire ; elles ont peu le pouvoir de se perpé^ 

tuer elles-mêmes par les semences , maîs on petit , si ellék sôîit 

ligneuses, les perpétuer par boutures, greffes, etc. On doit tott*- 

jours avoir ces principes présens â l'esprit quatid on ehèt-che à 

obtenir de nouvelles plantes hybrides. Ces multiplicàtioiljS sbât 

une source de grands profits pour les horticulteurs de nos jbtirï. 

Mais si l'hybridisme n'est jamais artificiellement tenté que daii» 

des vues d'amélioration , son action fortuite et irrégulière peut 

contribuer aussi à la détérioration d^espèces natives que Voh 

aurait intérêt à tenir pures ; c'est ce qui n'arrive que ti-c^ soUr 

vent pour les melons. 

La fleutaison peut être considérée , ml reîàtiveitaént ft la su- 
son des fleui<s, ou relativement à leur épahouissemehl; cedioabte 
événement dépend de l'état des plantes et des circonstances qiii 
peuvent influer sur lui. On observe que les plantés dit Noitl 
fleurissent plus tôt dans nos climats que dans leur patrie $ par 
la même raison , les plantes tropicales fleurissent ]^ltà tard éii 
&irope que sous leur ciel brûlant. En général , la dialeûr, la 
qualité du sol , la sécheresse , produisent le^ plus grands effets 
sur la fleuraison. H y a des plantes tropicales qui né fleurissent 
point dans nos climats, quoiqu'elles y poussent avec une grande 
ligueur, leurs sucs ne s'élaborant pas assez pour dével<^per les 
fleurs. La connaissance de Vépoque et des phénomènes de la 
fleuraison n'est pas moins utile à acquérir que celle de la leuil- 
^ison ; il y a des fleurs qui s'ouvrent le matin , comme celles 
des labiées- d'autres à midi, comme les mauves; quelques unes 
pendant la nuit , comme quelques géranium ; d'autres att cou- 
<^ner dû soleil, comme le jalap. On a vu un mois s^écouielr entre 
la fleuraison des individus les plus printaniers et celle à^ plua 
^^^s de la même espèce. Certaines fleurs ne s^ëpanouincut 



S52 FLEURS. 

qae $ous certaines conditions atmosphériques ; on leur donne 
le nom de météoriques. Ces observations r^ardent surtout les 
arbres et les plantes rivaces croissant à Tétat naturel , puisque 
la fleuraison des espèces annuelles cultivées dépend beaucoup 
du temps de leur ensemencement : les seigles semés au prin- 
temps ne fleurissent que quinze jours plus tard que ceux qui 
sont semés en autonme. La durée de la fleuraison varie suivant 
les espèces et les circonstances. Les fleurs périssent quand le 
fruit paraît, et son accroissement plus ou moins rapide hâte ou 
retarde la chute des pétales. Les fleurs de Vhetncrocalisjuha 
ne durent qu'yn jour, celles du vaccinium oxicoccosse conser- 
vent pendant dix-huit. La taille influe beaucoup sur Tépoque et 
la succession de la fleuraison , et , par conséquent , sur le temps 
où jse développent les feuilles de certaines plantes économiques, 
telles que le mûrier, qu'il est ainsi possible d'avancer ou de re- 
tarder de plusieurs jours , et de soustraire par là à l'action des 
gelées printanières. 

Dans les végétaux vigoureux et sains, l'abondante production 
des fleurs est un signe de vigueur et de santé ; mais cette abon- 
dance est quelquefois aussi une cause ou un efiet d'épuisement 
On voit souvent certains arbres, dont quelque action obscure 
contrarie la végétation souterraine , se charger d'une quantité 
considérable de fleurs , tomber aussitôt en langueur , et périr 
même tout-à-fait. Quand un arbre ofire ces symptômes, il est 
atteint de maladie , ou frappé de vieillesse précoce. L'yt 
prudent profite de cette observation, et cherche à imiter la na- 
ture pour arrêter le développement d'arbres fruitiers qui ne 
produisent que des boutons à bois et s'épuisent en longs rameaux 
luxurians et stériles , et pour favoriser la formation et le gonfle- 
ment des bourgeons florifères. Pour cela, on place un lit épais 
de pierrailles au-dessous de leurs racines, ou bien on retrandie 
brusquement et à contre-saison les plus fortes de ces racines , 
ou bien encore on y pratique l'incision annulaire. Si au con- 
traire on veut exciter dans un arbre faible et languissant la pro- 
duction du bois, on retranche tout ou partie des fleurs ou des 
boutons à fleur prêts à se montrer au jour. On voit par la taille 
des melons combien influe sur la production et le dévelop- 



Pleura. ssâ 

l>ement du fruit, le retranchement opportun des rameaux flo* 
ifères.. 

Les (leurs , organes aériens, emblèmes, par leurs couleurs bril« 
antes , de cette lumière solaire sous l'action de laquelle elles 
icquièrent toutes leurs perfections, ont avec les organes souter- 
■aiiis des rapports qui se manifestent au profit ou au détriment 
les unes ou des autres. Si on enlève les fleurs des pommes de 
terre au moment où elles paraissent, sans rien retrancher de la 
âge qui les supporte, les tubercules en deviennent plus gros, 
mieux nourris et plus pesans. Si on laisse passer la fleur des vé- 
gétaux herbacés que l'on destine à être enfouis en vert comme 
engluais, cet engrais est moins succulent, il se décompose moins 
vite et moins bien, il imbibe le sol d'une humidité moindre, et 
les sacs nourriciers de la terre sont plus ou moins épuisés par les 
graines. Si on laisse les fleurs nombreuses que produisent quel* 
quefois les jeunes arbres nouvellement plantés, l'enracinement 
est plus lent, plus pénible, plus imparfait, et ils sont plus su- 
jets à périr sous les ardeurs de l'été. Le foin des prairies est plus 
sec, plus cassant, moins nourrissant; son goût est moins savou- 
reux, son parfum est moins délicat; il a sous tous les rapports 
moins d'attrait pour les bestiaux, lorsqu'on ne le récolte que 
quand la fleuraison est tout-à-fait terminée, au lieu de l'avoir 
coupé en pleine fleur. Dans ce cas-là même, on peut être sûr 
qu'à raison de la grande variété d'herbes dont les prairies na- 
turelles sont composées lorsque le moment le plus favorable 
d'y mettre la faux semble être arrivé, il y a déjà une multitude 
d'herbes molles et aromatiques dont la fleur est passée, et dont 
les têtes plus ou moins mûres présentent des semences qui 
donnent à l'ensemble du fourrage un assaisonnement piquant 
et savoureux. Plus tard, cesherbestendrestomberaient en pous- 
sière, et il serait dur, amer et échauffant à l'excès. 

hes fleurs, détachées du végétal qui les porte, offrent dans 
leurs divers états un intérêt qui s'accroît par la variété de leur 
^ploi, agréable ou utile. Vivantes et fraîchement coupées, elles 
tombent dans le domaine des bouquetières, dont l'art sait faire 
valoir leurs moindres charmes et décupler leur prix ; elles sont 
sousce rapport, dans les grandes villes, l'objet d'un commerce 
^^^ considérable, qui n'est rien cependant, si on le compare aux 



V.. 



ÎOHiwainc^ leffirënées e!t aux prodigalités monstrueuses des anciens 
en ce genre. Cependant elles sont aujourd'hui fort passées de 
Aoàe et les J^ouquets de fleurs coupées dont op. remplissait les ap- 
^ftemenS) sont avantageusement remplacés par ces belles plantes 
«XQti<|ue8 en pots, dont l'horticulture moderne s'est enrichie; et 
'n^i ,^oig|i^nt au^ charmes <}ui leur sont propres l'intérêt puis- 
jiaot de mille souvenirs d'histoire et de voyajges, nousisntruisent 
lÉn m^mB temps qu'elles nous récréent. Desséchées et conservées 
fous leurs formes naturelles, réduites en pâtes , distillées en IL- 
teieiits^ ou préparées en ^rops, soumises aux formules pharma- 
i^euitique», elles retiennent ou communiquent les diverses qualités 
médicinales ou économiques que les arts se disputent ou s'ap- 
Iprc^iient, pour les faire servir à la conservation de notre santé, 
ï nos voluptés insatiables, et aussi à nos besoins réels. 

Certaines plantes ont perdu presque entièrement lliabitucle 
lie fleurir, pair le laps de temps, l'état de contrainte où les tient 
de longue maii^ la culture, l'espèce d'abâtardissement résultant 
dl*une longue domesticité, l'influence de l'emploi continu d'un 
moyen indirect de reproduction autre que la semence , tel que 
Ift bouturation. On pourvoit sufîisamment à leur multiplication 
mr cç dernier procédé, et la cause du mal en devient ainsi le 
iremède, 

JjÇS pluies^ les brouillards , les vents , les gelées , contrarient 
le dév^}o{^)ement des fleurs , produisent la coulure, la brouis- 
itilref l'avortement, et détruisent quelquefois en peu d'heures 
^ut i'espoir de la récolte. Sur une petite échelle, le cultivateur 
^Attentif peut opposer à ces influences les ressources de son ait 
par le chofx des expositions , l'époque des semis , l'emploi des 
abris, etc. La nature, dans ce mouvement qui la porte vers une 
-reproduction continuelle, est toujours prête à le récompenser 
de sa vigilance ; mais il en faut. • 

Il est des insectes qui recherchent sur les fleurs les sucs na- 
.tuj^ellement destinés à être excrétés, et qui, par conséquent, ne 
liôtir font aucun mal; tels sont, par exemple, les nombreuses es- 
'«èces d'hyménoptères et de lépidoptères, qui pompent le nec- 
tar. Us sont même quelquefois utiles en déterminant dans les 
^t fiff^y ftft ou les pistils des secousses qui facilitent l'acte de la 
lécondatioa. Mais il en est d'autres qui dévorent les boutons 



96$ 

éssans', ou dbnt les taHres $e développent dai^s les fruits ou 
vas les graines qui succèdent a^x fleurs ; tels sont les esp%ce 
sbruchuB qui atlaqueut les pqis et les fèves , et les vers quç 
oh trouve dans les pammes , les poires et les cerises ; il est 
&ne des aniinauK léicrosoopiqmes qui se .développent on ne 
utcomment dans certaines graines^ cQpimç le v^brio tritici dans 
i^ainede blé; une espèce de psylle piqqela sommité 4çs 
yo&j et 4,1a place des fleurs P^ Voit se d/^velc^per une multi- 
■de d'&aiUes foliacées ou i)tnbl:iquâ9S qui forment une espèce 
bfajix'faour^ebiiy et iqpai )reippl$(C<iit les^ organes floraux. Un 
ihésbmèae analogue, produit p4r la piqûre, d'autres insectes, 
foiÀerve sur les saùlô, les sa))iuS) çt a reçu jle nom de squa- 
natioiic Certaines piqûres iaifes a^ les fleuris les forc^ à rester 
doses, .â£c^i:»)é£s et infécondes. C'esyt ype cl^ose admirable que 
bi Cacklté 'dont riusecté -parait doué de diriger ^ tarière vers 
tè point jet à Jâ proTondeùr i»éc€^sai|*e pour qu^ Tœuf se trouve 
déposé .dans iWfpaoe qui çteut lui fournir dj: là nourriture, çt 
fue l!a9reflsë instinelive avcife laquelle, lorsqu'il dépose ses œufs 
^^ Toviiiiie pendant la^flo^aisoiu^^.il p^ut reconnaître au juste 
laplàce de l'ovule dans l'ovaire. C'est lie phénoipèfie que nous 
i>ffœ llâmeumon nigricoarni$i, qui pend #es o&u£s dans l'ovaire 
^« la poiéme d'a^i ^ndant lli floraison. Cet ovaire, tout petit 
<P*ilàt alors, f^erme dix ovulas, et c'est toujours dans l'uu 
«exes ovules qu'o^ trouve placée la jeune larve. 

Eluâeurs e$|>èces de champignons parasites qui se développent 
«ûr les végétaux, vivais et en pçLriaite sapté , les épuisent assez 
pour les empêcher de fleurir. ,C'e^t l'effet gue produit entçe 
*uû'è3 la.puGcinie des rosiers, iWède des cheiranthus, de la 
icve, des harjkrc^ , etc. {1 faut enlever sur les végétaux ligneux 
routes lès traces de «ces .ch^papignoi^s, et, quaijLt aux plantes, an- 
ûuelles,Sl faut feiire >u<vccder sur le ^néuic soi la .culture d'es- 
pèces difféi^eates. l«e chart)pn, qui cause tant de javç^ges dans les 
céréales, pai;;aît attaquer^ d'après l'obs^vation de M. Adolphe 
«rongaigirt, Je .petit pédicejile mâgie qui supporte les organes 
*^ux. l^ charbon du n^s (uredomaïdis) attaque tantôt les 
*^urs malts, pu il ^ejçid.ld -grosseur 4' *wie poix, tantôt les 
FWaes eUesrmêmes;, où .il devient gros con^me le poing. 

^Uffe de SacolprAtiond^ cocoUés a été diversement ex- 



pliquée; mais on voit que la main libérale qui les a pemta 
tour à tour en rouge , jaune , rose , pourpre, bleu , blanc, etc., 
ne les a peintes que très rarement en vert ; aussi est-ce la cou- 
leur verte que les horticulteurs ont le plus de peine à reproduire 
dans les essais qu'ils font pour changer les couleurs naturelles 
des corolles et en multiplier les teintes. Ces couleurs, selon les 
uns , sont Teffet de combinaisons encore inexpliquées qui ont 
naturellement lieu dans les végétaux robustes et jouissant d'une 
bonne santé. D'autres voient dans la panachure des fleui-s un 
accident, une affection morbide ; d'autres physiciens attribuent 
la différence de la couleur des fleurs à la différence de forme 
extérieure ou intérieure des surfaces réfléchissantes , ou plutôt 
à la position des atonies qui composent la surface des corps^ et 
ils soutiennent que cette différence, quoique insaisissable pour 
nos instrumens, existe aussi dans les pétales panachés. D'autres 
attribuent le phénomène de la couleur à la puissance inexpli- 
quée de l'hybridité, et à quelque action occulte dans le travail 
delà fécondation. De Candolle ne doute point que les pétales, et 
en général les parties pétaloïdes des fleurs , n'aient dans leurs 
cellules, comme les feuilles , une chromule (principe colorant 
composé de carbone et autres substances), aux modifications 
chimiques de laquelle nos plus belles fleurs doivent leur diver- 1 
site et leur éclat. L'absence , le non-développement de cette 
chromule donnent naissance à ces belles panachures que les 
horticulteurs recherchent tant. Cette opinion de la coloration 
des fleurs suivant divers degrés d'oxygénation a fait diviser les 
couleurs des fleurs en deux grandes séries : celles dont le jaune 
semble être le type, et qui peuvent passer au rouge et au blanc, 
mais jamais au bleu, et celles dont le bleu est le type, et qui 
peuvent passer au rouge et au blanc, mais jamais au jaune, k 
première est la série oxydée, la deuxième est la série désoxydée, 
entre lesquelles le vert est considéré comme l'état d'équilibre 
intermédiaire. Ces deux séries sont assez conformes à la vérité 
pour que l'on puisse s'en servir, soit pour chercher la cause des 
couleurs , soit pour prévoir les variations possibles des fleurs 
d'une même espèce et d'un même genre. On croit que la cou- 
leur blanche n'existe point dans la nature des fleurs à l'état àe 
pureté , et qu'elle n'est due qu'à l'extrême dégradation de b 



FLEURS. 857 

hromule réduite à sa plus faible teinte. Les fleurs blanches 
mt beaucoup plus nombreuses dans le Nord que dans le Midi, 
A couleur rouge tient aux deux séries , et parait pouvoir être 
ibtenue par le maximum ou par le minimum de Toxigéna-* 
ion. 

Les odeurs qu'exhalent les fleurs sont une de leurs plus im* 
lortantes propriétés, et les rangent parmi les productions végé- 
aies, non seulement les plus agréables, mais aussi les plus uti^ 
es. On les a soumises à différens systèmes de classification, qui 
ous prêtent plus ou moins à l'arbitraire. Suivant de Gandolle , 
e véritable point de distinction est que les odeurs des fleurs 
iODt les unes de simples propriétés , et les autres de véritables 
'onctions. Les fleurs peuvent être odorantes par une simple 
propriété de leur nature physique ou chimique. Cela leur est 
commun avec uue foule de corps inorganiques et avec un grand 
nombre de produits des corps organisés qui sont odorans tant 
qu'ils contiennent et qu'il s'en échappe une matière capable^ 
en se volatilisant , de déterminer une sensation dans la mem^ 
brane pituitaire ; la vie n'a point de part active dans ce phéno^ 
mène. Mais , dans d'autres cas , la fleur produit bien , comme 
dans la série précédente , une matière volatile , mais au lieu de 
l'emmagasiner, elle l'exhale immédiatement. C'est alors une 
fonction qui se rattache essentiellement à la vie ; et ces odeurs 
ne peuvent se produire que pendant la vie. Il est des fleurs dont 
iodeur est continue avec de légères variations, telle que la fleur 
de 1 oranger ; il en est d'autres tout-à-fait inteimittentes ; toutes 
les corolles à couleur triste, telles que le pelargontum triste y 
^liesperis trùlis, le gladiolus trisiisy etc., sont presque entière- 
inent inodores le jour, et exhalent, au coucher du soleil^ 
une odeur anibroisienne. Ceci , quoique encore mal connu ^ se 
lie évidemment à la vie végétale. Cette heure du coucher du. 
soleil est, en général, favorable au dégagement des odeurs exha» 
lees immédiatement , tandis que celles qui sont produites par 
lévaporation générale des matières volatiles sont plus, sensibles 
quand le soleil est plus ardent. 

Dans quelques plantes, cette émission de l'odeur se présente 
ûune manière tout-à-fait brusque, comme dans le Csrtus 
i^^ndijlorusi il n'y a presque aucune fleur, qui exhale sonii 

V. ,y 



SSI PLEURS. 

•deuv pendant le Jour seulement; le Cestrum diumum^ est ainsi 
nommé) parce qu'il est plus odorant le jour que la nuit, tandis 
que le Cestrum noctumum^ ne l'est qu'à l'entrée de la nuit 
L'action spasmodique des odeurs des fleurs yarie suivant leur 
degré d'intensité et de concentration ; et les arômes des fleurs 
paraisseiit appartenir à la classe des huiles volatiles qui tendent 
en général à agir de cette &çon sur les nerfs; plusieurs fleui? 
•ont remarquables par ce genre d'action telles que la jonquille, 
la tubéreuse, la violette. Les fleurs de nerium, de mauve mus- 
quée, de safran , de lobelia à longues fleurs peuvent occasionner 
des accidens graves. 

Il est un grand nombre de fleurs, dont Todeur se développe 
eu se modifie après la fécondation. Quelquefois agréables, plus 
foulent désagréables, elles parussent dues, non à une excrétion 
directe, mais à une altération des principes dont le tissu de la 
fleur est formé. L'odeur du pollen a aussi un caractère qui lui 
#8t propre ; et cette exhalaison est souvent mêlée à celle des co 
roUes et en modifie l'odeur. Les fleurs sont généralement plus 
eolorée^ vers le Midi, et sous l'action de la chaleur et de k lu- 
mière. Les plus belles fleurs herbacées de la zone tempérée ap- 
partiennent aux rosacées, liiiacées, iridées, éricinées, renoncu- 
lacées, primulacées, caryophyllées , gentianées, etc.; celles de 
la ftonê torride appartiennent aux scitaminées , amaryllidées, 
bignoniacées , mélastomacées , papilionacées , apocinées, etc. 
Les plus grandes fleurs qu'on connaisse après celles de l'hélian- 
tiius sont celles de l'aristoloche , parmi lesquelles celles d'une 
«spèce grimpante , croissante sur les bords du Rio-Magdeleoa, 
ont quatre pieds de circonférence , et servent de coifTm e am 
cyifans; des datura, des baringtonia, des carolinea, des nelum- 
bium, des gustavia, desjfcytfais , des lisianthus, des magnolia 
«t des liiiacées; m^is toutes ces fleurs le cèdent à celle du Raf 
jUsia titan , végétal parasite des forêts de l'intérieur de Suma- 
tra, dont le bouton , avant de s*épanoulr, a près d'un pied de 
diamètre, et dont la largeur, quand elle est ouverte , a près de 
trois pieds; sa substance^ ferme et charnue, a un demi-pouce 
d'épaisseur, elle pèse douze à quinze livres, et la cavité de sa 
corolle pourrait contenir une douzaine de pintes d'eau. C est 
la txm^ torride que se déploient les formes de fl^^urs \^ 



FLfiUBS (eoKfniTÀTioif ois). 150 

Ittf majtff taeusttft çt. les plus extraôrâliiaiFes. Des arbres deu^ 
lU aussi élerës que hos alvènes s'y parent de fleurs aussi gran-^ 
PS et 9m$i belles que; nos lys. C'est là que brillent les fleuri 
(^ QM wohidécs j si vamëes de formes et de couleurs, aujour-* 
%iù si nsdbcrchëss potw^'pps serres. Les bauhhiias et les gre-» 
ndilles giifnpaiites , lèd banisleria aux fleurs d'un jaune doré, 
nlaçent le trône des ai^brei des bois. Les fleurs les plus dëli- 
tfes naissent des raoines du. theobroma , ainsi que de l'écorce 
paisse et mide des oalel^assiers et des gustavla ; au milieu àë 
ette afaondancc'de fleurs^ 'd<» cette régétation si riche et de cett^ 
:onfusion de plantes grimpantes | on a souvent peine à recbn- 
laitre â quelle t%e àt^âitîe&nent les feuilles et les fleurs. Va 
leul arbre orné de paullihia, de bignonia et de dendvobium^ 
isrme un groupe de ^^gétâiux qui , séparés les uns des autres 1 
BOuTriraient un ^ddpKeé^'éofh^dérable. M: de Glarac a su reiiilte 
krec une «Minreilkitse ^exactitude cette sauvage abondatxîe dé 
la nat»i(ê daais son iréau dessin d'une foiêt vierge du Brésil. 

FI^tfRS (CeirèÉliVA*FQw des). (Technologie.) De nombreu- 
ses recettes obt été publiées surle^'hi6ycns pratiques de cQh- 
lerverliM fleurs^ dèfiis leûk^' état natûlH'pendanttotitç l'année. 
Quelques unes de ces recettes sont réellement impraticable^ à' 
cflue&'dessdiht' Minutieux qu'elfes ^èxîgieiît; d'autres oiit^et^ 
coiidëniAéeSk, àtifAèMé titre', parce 'que les personnes qui .en 
ont tenté FaJ^plfcàtion 'ont considéré l'accomplissement de'qûet 
ques prescriptions comme tout-à fait insigniûaiites , et àe 'éôni 
miseg aifisi eii'dctioi^d'eé (5on<^tionî9'dbnnléés^. Quoi ou*il «eh'sbit , 
nous ne croyons pas inutile de reproduire ici quelques Un^^îie 
ct8 pi^éâés',''d''y<en*iajofù^er' quelques autres , qui n'ous parais* 
tentpe^conriùs', ^iftli', par leur simplicité , sont susceptibles 
d'êtrt fecrlement e^étutéi^. Nous avons personnellement éxpe- 
rimentéftlusi^^urà d-Virtre leux , et l'àualogie nous indique là pras 
ticabîlltédeS'auircs. ■ ■ • •• ' '" = '^'•-•'' 

• Le 'Pi-'èiitief Àib'ire'n qtié iiôus indîàiierons ne peut être em-!^ 
ployé tjTté'pdr des Jréisôrliltes'ijiii ont une glacière à leur dispo- 
sition. H'fconsTste à ctieilHMes lïèurs par un temps sec, un peu 
avant répanouissemeut du bouton , et à les ^enir dan^ U|i y%se 
^e Terre ou déterre vernie^ henaétîqaement fermé par un cuir 

>7- 



gr^, ex^tr^les deux porte» de la f;Iadèr&^^ oula tempéiataré 
«.'abaisse, «rarement au-dessous de Ziéro. Lorsqu'on veut £adre 
ëpaniouir ces fleurs, il suffit de les plonger jquelqae temps dans 
nn ruisseau d'eau courante » ou dans. une eau tiédie par un se* 
jour de plusieurs hçure^id^ns un appaiTtement.échau£Fé. Ce ré* 
chauffement lent et graduel rend aux filbres de la plante toute 
leur souplesse, et il suffit ppur hâter Ji'^panoiiisseraent de pion* 
ger ensuite les tiges dans une eau également tiède, dans laquelle 
PU auia fait dissoudre un peu de salpêtre. Il est bien entendu 
que la température ,d^ Tappartemei^t doit être suffisamment 
élevée. ; , . «tjiip; H;)»i» 

, fin. . autre moyen ^ dont nous ne; jg^iraii^tîssOns pas autant le 
si^ccèsy parce que nous ne, l'avons paç épu^owvéy consiste à cueillir 
1^ boutons prêts à çclore j^ à bi^ûler Àuiitttât l'extrémité de la 
]|^4'aj:)cl;i€^ ^ laquelle il$ adhèrent, et è^igeçoia^riv cette extrémité 
d'u^ç , couche de bonne cii;e à cf|<(^j^^t>>0'^ -^^^^^^^ 1^ ^^^ 
dan^ u^^.v^e de ^Vrerre ,9jUi de terre v4ri^âe , herméticfuement 
fermé cqnune je précisaient , et on le tient dans un lieu sec, dont 
l^jt,ç;pypjérature, varie peu, et nejsoit/pa«,éle.y^» Une câivê^ut 
rç;^lÂY, ce jbut, si l'{>x^^.e\î.,fo^n,qM^j,:.(:pmtn^ dans ie moyen 
préçécjient ^ ^ ce, vase'f;0i|^iTSCp^vert;d'Mû6^^ul?istRnc« Àitip^teaéablc 
k rhumidité... 



I ■< 



*)'•• 'j'i f* "^ 



, ÎQuelques personnes se contentent ^'^;îkft9r*fK l#fl [boutons dans 
du sable sec; mais outr^^que mille cV'çç^jU^np€«s ^peb^ont Lu- 
i^idinçr^ ce sable, et fakepo^rrir lel^Jfi|fi^r^4ffi'i(0ulet|rsien sont 

Î^^MPMJS f^térées. .. ; .., _ .anuo. ^. > >cjj;:.. a 

, L^JÇpcjjelopédie,. djç Rejes. i{24iq?!9. la. répète. Siti^nte ,: qu'elle 

_. GvLpi\\&z les boutons vessie midi. d*ua joMT/Siçc^,. reKi)t|iUsses< 
en, uo vase de terre yerpissée,,.et répandez ^^Vs un p^i^ de boa 
vin , danç l^equel voi^s. aur/ez fait dissQudi^ AAxm petite ^lanùté 
de sèL j3ouchez-le hepnétiqif em.çnt, et tené^^l^ dans Uja- cellier. 
Vous pourrez dans la suite en prendre à volon^^ -en ayant soin 
de bien boucher, le. vase chaque fois; .ejty pour. les fair^ej^clore, 
ïl'suffira de les tenir dans un appartement éçhaufié^ Elles auront 
non seulement conservé leur foi^me, mais leurs couleura et leur 
Odeur. , . . . ,' 

■ .Sir Robert Sôuthwelt employait j d'après le ifênifs Wj^s^t, 



'* 1 



FLEURS ARTIFICIELLES. S6i 

t procédé suiTant : renfermez les bontons^ et même les fruits , 
lans un vase de terre, hermétiquement fermé avec un cuir gros ; 
lacez le vase dans une boite suffisamment grande pour entou». 
er partout le vase de trois pouces et demi à quatre pouces d'é- 
xiisseur du mélange suivant : Sablé commun , trois parties ea 
foids ; bol d'Arménie, deux parties ; salpêtre, une partie. L'épa- 
aouissement des boutons s'obtient par les moyens indiqués 
[irécédemment, et les fruits ont conservé toutes leurs qualités. 

Le même sir Robert Southwell décrit le procédé suivant pour 
conserver aux fleurs et aux plantes des herbiers leurs couleurs 
naturelle 

Deux fortes plaques en fer, de la dimension de l'herbier, sont 
percées à leurs quatre coins d'un trou dans lequel passe un 
boulon à vis , auquel est adapté un écrou à oreilles. Les plan- 
tes sont disposées de la manière convenable sur une feuille de 
papier , en ayant soin de diminuer l'épaisseur des branches , 
lorsqu'elles sont trop grosses, jusqu'à ne laisser, s'il le faut, que 
lécorce. Lorsque les plantes sont convenablement disposées, 
on place la feuille de papier sur un certain nombre d'autres ; 
ou met par-dessus les plantes la même quantité de feuilles de 
papier qu'il y en a dessous , et on place le tout entre les pla- 
ques de fer que l'on serre fortement au moyen des quatre bou- 
lons à vis. On met alors l'appareil ainsi disposé dans un four 
dontlepainvientd'êtreretiré,etonry iabsedeux heures. Lors- 
que les plantes sont retirées de la presse, on les mouille légère- 
ment avec un pinceau très doux , trempé dans un mélange bien 
%ité de parties égales d'acide nitrique (eau forte ), et d'eau- 
de-Tie; on les éponge ensuite jusqu'à siccité entre des.feuilies de 
fapier brouillard ; puis on les colle, au moyen d'une pression 
modérée , sur du papier blanc , avec de la gomme adragante. 
Les feuilles conservent leur verdure , et il est rare que pai; ce 
procédé les couleurs des pétales soient altérées. ' , • . « 

L'auteur conseille en outre de traiter , en même temps et 4^ 
la même manière, un certain nombre de feuilles ou de pétales 
détachées , au moyen desquelles on peut remplacer les feuilles 
ou les pétales de la plante qui se seraient détériorées pendant 
i opération. , < , 

FLEURS AATIFIGIELLES. (Ttchnohgie.) L'urt 4r f^^ 



98ft fXBURS ARTinCIELLES^ 

quer les fleurs artificiellea {Absente un trop grand nhiÀbre dé 
détails minutieux pour que nous fiuissidns le traiter eac pro^ 
Jesso dans les limites d'un article de ce Dictionnaire. Mous nous 
bornerons donc à l'indication des procédés généraux j en pré^ 
irenaût en Outre nos lecteurs ()ue l'adresse et Ib goât pettrent 
sQu^ôbt duppléeraux moyens de détail^ et scKit leî priheipaul 
lélémens de la réussite. 

. Là matière première de cette fabricatiod ûe compose de ba* 
iiste tiès fine pour les pétales, de taffetas de Florenee teint en 
Tert pour les feuilles , et de papier serpente diTersement co* 
loré pour les branches dont le noyau est toujours formé d'im 
ou plusiêuri fili de fer recuit , l*ecoiiTert d'abbrd de coton en 
laine pour lui donner la forme conTenable, et autour duquel on 
enroule des bandelettes de papier Serpente ^ et quelquefois da 
(frèpe conrenablemëtit coloré pour imiter plus 'exaeteitieiit les 
Jnrahches naturelles* 

Les feuilles et les pétales se découpent à l'èiiiporte-^ièce , et 
^otnme il en existetoujours de plusieurs grândeutS sur la même 
branché ou Sur la même fleur, il faut se servik* d'emporte-pièce 
■de grandeurs différentes. Le taffetas destiné àUjt feiiillisé ^ teint 
d'abord en Tert, est légèrement gommé d'un côté piôiir lui don- 
ner du brillant, et, de l'autre y yelouté atec une i»lU d'amidoa 
colorée, étendue au pinceau* 

Là seule opération qu'on fasse subir à là batiste déSthiée aux 
pétales est de la calandrer. On la colore lok'Squ'elle èSt décou- 
pée , en trempant chaque pétale par unie de SM ettrémités, eb 
•la tenant dé l'autrç aviec des brucelles , dans Une côUleUr coii- 
tenàbleiheB% préparée ^ et toujours très liquide^ S'il s'agit de 
pétales de rbses^ par exemple , la bouleui* se composera de car- 
min j étendu dans une eau alcaline, telle que le srel de tartre. 
• Après r^Toir ainsi plongé plUs ou moiiis profondéibent dans la 
couleur, on le plongiô dabs l'eau pure ^ pour rendre la cottleur 
>f>lus égale et plus tendre) on ajoutis un peil de coiiltâiir au pin- 
cbaùsuf le milieu , qiii est toujours uti peu plus fehoé que les 
bérds , puis on rerse une goutte d'eau pure rers la qUeîie, pour 
dégrader dans cette partie le ton de la couleuk*. Ou ^ùt réitérer 
plusieurs fois ces diverses opérations pour obtenir des tons pins 
f9«(0ésf Jbea^ ^4(^ucto ^ f éikt eusuiu au ^iAceàà. 



FLEURS ARTIFICIELLES. 3tt 

Les pétales ainsi préparés, il s'agit de les gaufrer, c'efit-àdîfe 
le leur donner la £orme concave qu'elles ont dans la naturd* 
Où se sert pour cela d'une pelote remplie de son, plus ou moilM 
dure, ou d'un morceau de liège recouvert de percaline. On j 
pose le pétale, puis, avec un mandrin chauffé, de la forme coa- 
yenable (c'est ordinairement une petite boule en fer poli, eiliman^ 
cbée sur une tige de fer), on appuie en tournant sur le pétale 
pour lui faire prendre la forme voulue* Cette opération peut 
auisi se &ire à froid , lorsqu'on craint d'altérer les eouleurs^ 
mais il faut alors appuyer davantage. 

Le gaufrage des feuilles s'opère à la presse , au moyen d'un 
moule en cuivre, compose de deux parties, dont chacune )portb 
en creux ce que la feuille doit présenter en relief^ et récipro- 
quement. On interpose la feuille découpée entre les deux pàiv 
ties échauffées du gaufroir, on serre la presse pendant quelles 
instans, et la feuiUe a reçu l'empreinte convenable» 

Quelques gaufroirs, au lieu d'être entiàrement en cUivr6i| 
sont moitié fer, moitié cuivre. Dans d'autnes^ l'une dés IMkrtias 
est composée de pâte de papier fortement pressée par la pftrtlè 
métallique qui a impriiné en creux sur cette pâté, ce qu'elle 
portait en relief^ et réciproquement* Cette espèce de gaufroir 
est plus économique et dure même plus long-temps que les 
autres; la pâte de papier acquérant à la longue une très grande 
dureté. Bans qiielques circonstances, on gaufre plusieurs feuilles 
à la fois , surtout lorsque les nervures ne doivent pas avoir um 
grande finesse. 

Les étamines se composent d'un petit faisceUu de fil dé soie 
éciue, fixé par une ligature, au bout d'un fil de fér. On le trem)^ 
ensuite dans de la colle de gants, pour donner de la rbideifl* hvm 
&ls qu'on laisse sécher, en ayant soin de les tenir séparés. 

Lorsqu'ils sont secs, on en trempe les bouts, coupés bien égale- 
ment à la même hauteur, dans une pâte de gomme arabique et 
de farine de froment, puis on les pose sur de la Semoule teinte 
en jaune; une graine de cette semoule adhère à chaque £1 et 
offre ainsi l'apparence d'une étamine. 

Examinons maintenant cotnment oïl monte une fleur avet 
les parties séparées que nous venons de décrire. 
Autour^du groupe d'étamines, fabriqué comme mvnA 



866 FLEURS 

coUf delà, graine d^ Avignon^ de la sarrette^ da safrak^ 
de clirome et de la gomme-gutte. 

La terrormerita se dissout à froid dans Talcooly et doit 
server dans un flacon bien bouché. On en modifie les 
en mouillant d'abord les pëtales a colorét dans de Fa 
ou dans de l'eau acidulée par la crème dd tartre^ on cnhi 
due alcaline par le sel de tartre* Au lieu de ihouilkr t\ 
dans l'une de ces eaux ^ on peut y rincer les pëtalci 
teinture. 

Le rocou se dissout aussi à froid dans l'alcool ^ oa à 
dans de l'eau contenant un poids égal de cendres grv 
filtre ensuite la décoction , qui est d'un jaune édatant, 
Tient rougeâtre par l'addition de la celidre. Le riii(ii(e 
l'eau acidulée donne des teibtes orangées. 

La graine d^ Avignon donne un beau jaune par la 
pendant une demi-heure dans l'eau pure* 

La sarrsUê donne un jaune verdAtre par sa décoctin 
l'eau pure. 

L'infusion à l'eau pure du safran sisrt pour la teinhaf ; 
infusion à l'alcool s'emploie au pinceau. 

Le jaune de chrome s'emploie au pinceau. 

La gomme-gutle^ délayée dans l'eau pùrè, s'emploie daU 
manières. 1 

Les couleurs vertes s'obtiennent pal: des mélanges de Viâà 
de jaune. Si le mélange est fait à l'avance) on l'emploie m^ 
ceau ; s'il s'agit de teinture, on trempe d'abord dans le JH^ 
puis dans le bleu. Le vert est d'autant plus tehdre que k jM 
domine davantage. Dans ce cas, on emploie ordinaircmcill 
gomme-^tte et l'indigo. 

Pour la peinture on se sert de /aune indien mélangé nHi 
de Prusse. 

Les couleurs violettes s'obtiennent par des mélangesdeiii| 
et de bleu. 

Pour teinture , on peut tremper d'abord dans Une lofai 
aqueuse d'orseille , puis dans un bain de bleu. L'orseills tt 
donne une belle couleur cramoisi. L'infusion portée k VA 
lition , après avoir délayé Torseille dans l'eau tiède , donM 
gris de lin violacé. 



- FLBURS imTIEiaiILUS. M» 

Le% violets empli»]^ au piacea» s^hùament psr ùÊt^mib 
anges de laque et de ^/<?i4 de Piïisse^ de 4:obàitet àe IkapKH^imH 
ninééy de carmin lit garance ti de i^u cb? PruBseï 

Ltiilas da teinture s'obtient pair une déocÉctioii d'd«8«fllirâd 
Lyon ; ponir pcintiir^;cai emploie des mélanges de ràlii^ ei ^ 
:armmj très affaiblis.,-, ou 'de Âz^ué et à^outremen 

Tels sont les moyens gétlërâtiz dn^iloyéè dans la fiLbriièi^iiL 
les fleurs artificielle»* Nousatons du forcément otnettrlr''iiitli 
foule de détails qui j bien que fâcilel à saiar poul* quiemqM 
les a vu exécuter, autaient paru obscurs à iios kdeûriyâlbi* 
même que l'espace qilî nous est aocdrdé nous eût ]^#mU 4ê lêi 
décrire* ^ ..]•'» 

Voir exécuter « et s'eSS^yer eAtoite sous la direetion d^alle lia^ 
liile fleuriste, Voilà le seul moyeh de se rendre cbnq>ie de toQlM 
les parties de cet art | plus minutieux que difficile, et ifaini tott^ 
tes les opérations eaûgoit un jpéu d'adresse et beaileoa^ àét 



Nous ne terminerons pas toutefois sans indiquer m «nwreU 
indispensable à toute personne qui ^'occupe de fléiU'S aMâ^ 
délies, n consiste en tringles de fer tendus entre des itippéniu 
portatifs OA fixés sur la tËd)le de travail^ et auxquelles M kc- 
croche les fleurs oU parties de fleurs exécutée , Rendent qu'Oft 
procède à d'autres opérations. Il suflit pour cela de eoAtoUrÂ^ 
en crochet la queue de la fleur^ et àé la suspèsàdré â la lrin|^ 
par ce crochet« 

Od emploie aussi des sébiles renlplies de sable, dans lëi'^ 
quelles on plante lés parties de fleurs dont la queue idât ts^e^ 
petite pour former crochet» 

Fleurs en baleine, — Ces fleurs, de l'invention de M. Achille 
de Bernardière , ont sur celles doilt nous venons de déerïrè la 
febrication l'avantage d'^rir beaucoup ^his de solidité,, et pair 
conséquent de duréei 

Ije brevet pris par M. de Bernardière est expiré ^ iet be trouva 
^ûs le Recueil des brevets d'ihK^iition, tome XXIV, page Sé^. 
Malheureusement l'inventeur s'eét borné à annoncer qu'il eia^ 
tendit substituer la baleine à la canne bu jone de l'Inde dm» 
la vannerie fine \ il n'y est nullement questibn de flcArs ahti^ 
^^1 «t ooe^e moii^ ^ pre^dée de leuir (Aimiàmii dq 



Mt FUSURS A&TB1GŒLLË8 E2f CIRE. 

d<s fovte que ces procédés sont encorté le seêret de Yhxi^ntem. 
Il est' probable qu'il décolore la baleine, au moyen des 'agens 
chimiques connus, tels que le chlore, les chlorures, l'acide soU 
filreux, et qu'après l'avoir diTisée en feuilles minces par des 
igkoyfiins. mécaniques, il emploie, pour fabriquer les fleurs, les 
procédés que nous avons décrits plus haut. 

. f LEURS ARTIFICIELLES EN CIRE. ( Technologie. ) Cet 
«rt.est tout4-fait nouyeau en France, et n'est pratiqué que 
psjr uii petit nombre de fabricans ou de dames amateurs qni 
ont acquis «grands frais, des premiers, les procédés faciles de 
blmÀnipulaticm des cires. Nous ne connaissons sur cette fabri- 
cation d'autres documens imprimés que ceux qu'a publiés le 
Jourwddts connaissances usuelles^ t. XIII, page 154, et t. XIY, 
page .85. Ces documens sont loin d'être complets; mais tels 
qu'ils sont, ils suffisent pour faire colmaître la prépau*ation et 
la coloration des cires; nous lui emprunterons en partie ces do- 
cumens, et nous y ajouterons, sur la £eJ>rication même des fleurs, 
lesrenseignemens que nous derons à Tobligeance d'une dame, 
dfist le talent et le goût feraient honneur à plus d'un artiste en 
réputation. 

La cire qu'on emploie est la cire vierge, qni ne doit retenir 
nucune des substances qui ont pu servir à la blanchir. Ainâ on 
rej^ettera toute cire dont la cassure serait granuleuse et qui se 
montrerait friable sous la dent; on s'assurera qu'elle ne con- 
tient pas de corps étrangers, en en brûlant un petit morceau sur 
aine pelle rouge; sa combustion ne doit laiter aucun résida; 
celui qu'elle laisserait, sous forme de poudre blanche, serait de 
l'alun , de la couperose, ou de l'arsenic, qui altérenùent les 
couleurs. 

C'est généralement au bain-marie et dans des vases de fer- 
blanc,, de cuivre ou de porcelaine, qu'on doit faùre fondre la 
cire. Pour la rendre plus ductile, on y ajoute par livre, denx 
gros de belle térébenthine de Venise, blanche, pure, et d'une 
odeur agréable ; pour rendre le mélange exacte on le remne 
constamment avec une spatule de bois ou de verre ; on doit évi- 
ter tout contact entre le fer et la cire, et si l'on se sert de vasâ 
4e fep>bhinc, ik doivent être parCaitement étamés, 

Lorsqu'im a à exécuter des feuiUesqui présentent unecer* 



aine rigidité^ on ajouts à boit paiîdtes de cire deux parties de 
)Ianc de baleioe. Cette additioa donne en ontre'àehittmvtpâh 
*ence à la cire. .;.: ...''. i ;: •• »•» "••..i,]'.ii 

La coloration des cires est une opération qui exige beaucoup 
le soins et de tact. Yoid quel en est le procédé général* Nous 
mpposens qa'oii 9'cârt procuré les cçêAbosè^ poudre' ttèiftne; 
on commence par en faire unepâte'c|ù*o»tritute Avec uiietnbH 
lette, eu versant peu à peu sur la couleur de resseuoe* de <eitroft 
ou de lavande. Lorsque la triturâtnm«e0t parfaite, on- mélange 
cette pâte av^ de la eire fondue d'arranee^ièd remuant Mpide- 
ment jusqu'au moment où la cire est prête à se figer; on la verse 
alors dans des moules de carton, dé ferblanc, ou de fa'ience^ 
ayantUforn\0 d'une petUe taUette^deklMiasik; ilesc prélMr&ble 
de faire cette dernière opération enforçantlttbireenDomfoiidiië 
ipasser à travers une JGgi«U8seUne txès.finè. -^^ • '. 

Nous» devons à ^obligeance de là^pcnobne dont .nivos «vous 
parlé plus haut, l'indication d'uH p^oeédét'de coloratîon beau- 
coup plus ^simple, etqui a Faviinlag^f de donner ifumédialedlimt 
la nuance que l'çn^ défère. Ce prooédd consiste A r^afeiiner 
dans un nouet de mousseline fine la couleur en poudre , et de 
promener ce nouet dans la cire fondue, jusqu'à ce qu'on ait ob- 
tenu la nuance dwrée^ . iPour les . cbulevc* ^ lebmWnM^ns, 
on jpieut ce sgprlr alte^f^s^jiyement de deipk ou pla^^wv mQUi^ts. 
La cire qui resterait adhérente après les nouets ne nijûi9îft-4i^ 
aucune juanière i la^cploration d'uiie.|^atite>€^ve, parli^^HKlme 
couleur. Il suffit pi^i|i;,la4étacher| df plonger le nouet. dnPi de 
l'eau fraîche. * ,♦ , ...m ...••:• 

Yoici maintenant queUes sont loBjco^euro le%plus.<^UWgej 

BULJfÇS*, 



Blanc mat -— lUanc de plomb en écailles. 
Blanc transparent, — Blanc d'argent* 



^ \ 



AOIT6BS. 



Rouge mai. — Vermillon de Chine, minium, mine orange» 
îouge de Saturne, laque commune, canûin ordinaih*e. 

BouQe^çant. -— Laque carminée, carmin n* 30, S6 et 40^ 
Uqued'cÂce^ àbaeed'^lwnineMwlcB^i^ 



• # l' y' • i ■ .4 



936 ]nMIR8L.ABn?IFSaiBEIXS £ir dRE. 

Base ^îf. '^ Gasmtn BSéù ep:qaantM nioindra qae potir U 
4i0{i9f igli^mttrLfticm a dû aHfaravant^étre eolorée ai blanc 
maty pour éviter le jaunissement. 



BLEUf 



BLEUS. 



; J?li?^ is€f mt OHtemtef Uéa de adoÊàt^ Indigo , Mev dé 
JPr»lsM«ci93dre8.bIaii«ft»'( fie iil^u de Prusse et l'indSgo doivenf 
itK^W^Tffffri» a 1^ pltiS' «basse tenpëraùure pi^ssiUe.) 
' ,^tf^ÂibÇ(yn^>TmjBleii 4e Prusse fin. 

Pfwr leUm clûr, Minânc J>bsénration que potttr le rose. 



> . > J. 



, , . ^ lAUI^jTES. 



i Mtfle jnaL »r-r Jâmie deohnwie, jaune ^aUtéfal, jaune dlta- 
lie, jàtasedâ Naples, orpin. 

Jaune^range. — .Oi^onaàte dé plomii: 
^^mmib'aiiroÂi -4^: Jaain^ de ^rome et chromaie de plomb. 
- JidinefpaiUe.^^^liLïtoÂe,j}\omb et jaune de cbrome. 

• Jatêmi>'hankîn*>^^0c9B jaund, TermiUon et blanc de jAcxnb. 
JmifW fgiaçani. '^ hkijytt jnune fondée; <gonune gultei 

' if^f^itàéÊê faundepe. «^ faune de eitroîiie et bleu de Prusse. 
' ^p^^n^Utt^flùsJbHoé.^^ Jaune de dirdm^ et plus de blem de 

îPrtwsè.''- ■ ' " •• ■• " ' ' , ' ! •' 

• f^^ît'fdudc eu mbnséré. *^ Cendrés Tcrtëitt bleu de Prusse. 
'» Fiêi^ (Veau^laqaat:**H VerC de gris trisîsSlbéy vert ae Scbwd- 
nifurSy cendres vertes. * '•* 
*.,f^éN pointe g/flt«n/* '*— Terl dfe Sdieb, arsënkte Ae'èui^e. 



vïbtETS; . 

Violet ordinaire. — Carmin et bleu de Prusse. 
Violet-lilas. — Carmin, bleu de Prusse et blanc 3e plomb. 
Saumon, — Rose, carmin ou laque, et un peu de jaune. 
Autre, — Vermillon, jaune et blanc de plpmb. 

Vorcanxttff cassée, infusée à chaud dans la cinev donne nos 
couleur rc^ilg^ -Iran^arente ; la rniina de. eurcuma en poudre, 
infusée de la même iBâoièr e, 4ttaB« iia ^ame tranapkr'cnii'. 



moiui kKratcasJLÈs ëm cire. m' 

Qa tant qu'il était impossible cnndi<{uer id \t dèsa^' dà cou- 
rue, et que leur plus ou moins graade quantité, en fiiisant ra*^ 
at lu teintesy pennet de reproduire cette infinité de nuance^ 
De U nature déploie dans ses riches productiona. ' 

n nous reste maintenant à décrire les moyens généÉ^aut em- 
loyés pour exécuter les fleurs avec les eires préparées; - 
Ce( moyens sont de deui: tspkctsi Le premier consiste à trem« 
ler dans la cire en état liquide, mais peu chaude/ de petits 
«ouïes en boi^ trempés dans Teau^ et autour deaqfuels s'a^ 
iche une enveloppe de cire qui cflre aue fleur entière, ou une^ 
lartie de fleur, lorsque l'aiyeloppe est détachée duliièulei 
l'est par ce moyen qu'on obtient rapidement la fleutf du lilatf» 
It quelques autres analogues* * • '< 

Lorsqu'on a à exécater des feuilles riSpaisses et briilantea, oa 
K «ert aussi de moules en buis ou en^ivoire ayant là forme dm 
la feuille. On tvempe d'abord ce moule dans IVa»^ puis dana 
U haia de cire; le moule se charge d'âne couche èe cire, et l'on 
plonge aussitôt le tout dans l'eau (rende. lies feuiUes obteAvea^ 
ûûà ont beaucoup d'édat. U suffit de les ébarber Wsoite-âtiea 
des ciseaux mouillés. 

Les branches s'exécutent ùêA wtt de la dre iBmottapar 
k chaleur, et q^'cm enroule avee lei dcrfgts autour-^im fil éê 
hétal. 

Quaat aux feuilles ordinaires et àùx pétales, oit les déeeupe 
^ des feuilles de dre colorées d'une épaisseur tofitenablë; 
iBÛs que les fabricans vendent tm |>riK fou avx àmntetiirs $ teà' 
bailles sont lusti^es d'un côté et veloutées de l'aùU^.^ - 

l^ Journal des c^nnaùsanees ustèeRes décrit UA moyen dilaté*- 
enter ces feuilles, mais ce moyen exigé beaucoup d'adresse. Il 
consiste à ixer contre un rd30fd appfiqué à une planchette la 
tsbiette de cire dont on veut tirer ces feuilles ; p«iia, preiiiuit 
^^ lame à dc«x manches^ bien affilée ( une eq^W de 'plane 
de menuisier }, on applique le tranchant de la Urne à l'un des 
'^ouude la tablette; puis, tirant rapidement à soi, on ealèvf 
Vfi copeau brillant d'un côté et velouté de l'autrc^On voit 
qa'il faut une grande habitude et beaucoup d'adrene pour ao' 
P^ h'ite la feuille plus épaisse à un boixi qu'à l'autre, etsurtovt 
pour (ètenir des feuilles d'une égade épaisseur «Aire dUl<es. 



97SK PLEURS AVWICŒLLBS EN CIRE. 

. J^ou^JaTOO^ indiitué 4 la personne qui a bien touIu nûof 
communiquer les détails qui font l'objet de cetartide, un. pro- 
cédé beaucoup plus sûr, et qui permet d'obtenir à volonté des 
feuilles aussi minces et aussi épaisses qu'on le déaire. L'appareil 
dont il est ijci question est dû à M. Collas » mécanicien, rue 
Notre-Dame-des-Gbamps, 25. Il se compose d'un petit arbre de 
Cer qu'on peut faire tourner au moyen d'une manivelle ; sur 
cet arbre , on place tour à tour de petits manchons de bois de 
15 à .18 lignes de diamètre, et d'une longueur à peu près égale. 
Une Ume d'hier, en forme de fer à rabot, est fixée sur une cou- 
lisse qu'on peut faire avancer contre le manchon ou en éloi- 
gner, au ii[U>,7en d'une vis de rappel. Yoîci maintenant commeat 
on opère : on enlève l'arbre de l'appareil, et l'on fixe sur lui uo 
des Qi4inclio>)ft qui s'y adaptent; on pose le manchon sur de la cire 
liquida) .>p9^ trop chaude, et, faisant tourner l'arbre lentement 
entre les flQif^ 1^ manchon se charge à chaque tour d'une cou- 
che j^Quvell^ de cire; cçlle qui se trouve dans la partie du Inan- 
chon qili« s'élève au-dessus du bain , ayant le temps de se figer 
avant de s'y replonger. Il faut au bain de cire une température i 
convenable : trop chaud, les couches déjà fixées sur le manchoa 
fond^AC de nouveaju en repassant dans le bain; trop froid, le 
«umciboiit enlève la cire par grumeaux, ou. bien celle-ci devient 
plus épaisse sur un bord du manchon que sur l'autre. La vitesse 
de rotation du manchon doit être réguUère | car si on s'arrête 
un seul instant^ la partie plongée dans un bain un peu froid y 
prend une trop grande quautité de cire, et Une forte côte dé* 
truit la forps^ù cylindrique, qu'il.est bon de conserver ; si ce temps 
d'arrlèt aeu.Uçu dans un bain un peu chaud, au lieu d'une 
côte, on a Une dépression,,.^ l'on diunnue par là la grandeur 
des feuilles qu'on obtiendra plus tard. Lorsque le manchon a 
aicquis la g^sseur convenable, on le fait tourner avec l'arbre 
pendant quelque temps hors du bain, pour donner le temps à 
la cire de se figer parfaitement, et empêcher les déformations, 
que son ét^t de mollesse amènerait inévitablement sans cela; 
puis, on le. détache de l'arbre en fer, et on l'enfile sur une ba- 
guette,' pour donner à la cire le temps de se ^urcir convenable- 
ment. Plusieursheures sont nécessaires, surtout dans l'été, pour 
que 1a cire ait pris la consistance convenable; ou conçoit qu'il 



FLEURS ARTIFICIELLES EN CIRE. iff9 

int répéter cette opération pour chaque couleur ou nùai/ce 
s couleur dont on peut avoir besoin. Toutefois, il n'est pas 
écessaire d'avoir un grand nombre de manchons, parce que le 
léme peut servir successivement pour plusieurs couleurs. Tt 
iffit pour cela de mettre en feuilles la cire dont il est chargé, 
i de le faire servir ensuite à une autre nuance. 
Voici maintenant comment on détache les feuilles du man- 
hon : on Tenfile sur l'arbre, et l'on replace celui-ci dans ses 
oussinets sur l'appareil; puis, avec la vis de rappel, on fait 
[Tancer contre le manchon le tranchant de la lame. Lorsque 
!elui-d a pénétré dans la cire aune certaine profondeur, on tourne 
a manivelle dans le sens convenable, et un beau copeau, poli 
l'un côté, velouté de l'autre, se détache du manchon. 

La vitesse avec laquelle il faut faire tourner la manivelle n*esC 
pas indifférente ; avec une vitesse rapide, on a un copeau plus 
mince , mais aussi plus long ; avec une vitesse moindre, oh a 
an copeau plus épais, mais aussi plus court ; et cela cependant 
pour la même profondeur d'entrée de la lame dans la cire. 

Les bornes de cet article ne nous permettent pas de donnet^ 
ici l'explication théorique d'un phénomène qu'il nous suffit de. 
constater : on en déduira toutefois la conséquence que la vi- 
tesse de rotation doit être aussi régulière que possible , parce 
que, sans cela, on aurait dos feuilles plus épaisses en certains 
points que dans d'autres. 

Si le manchon de cire obtenu par les procédés indiqué!! 
plus haut n'était pas parfaitement cylindrique, il pourrait néah-^ 
moins donner des feuilles ; mais les premières ne seraient pas 
régulières , et on n'arriverait à les avoir telles que lorsque le 
cylindre serait produit par l'enlèvement successif des parties 
trop saillantes. On pourrait obtenir des feuilles panachées en 
posant de temps en temps , avec une spatule, quelques gouttes 
^e cire d'une autre couleur sur le manchon, à mesure qu'il se 
chargerait de la cire qui devrait faire le fond de la feuille. 11* 
^t bien entendu que ces gouttes ne doivent pas être rondes , 
^^is former des taches irrégulières sur le manchon. Si l'oii a 
eu soin d'en mettre à chaque couche de cire dont le manchon 
se recouvre dans le baia, la lame de l'appareil détachera des 
Icmlles panachées du plus bel effet. ' 

V. 18 



SH FLEURS ARTIFICIELLES EN C3RE. 

G09 feuilles 9 panachées ou non , s'emploient de la manihré 
suivante. Les unes, et ce sont les pétales, se découpent au eiaeaa 
mouillé , et, se collent après les tiges au moyen de la pression» 
soit des doigts, soit d'un ébauchoir en buis ou en ivoire. C'est 
l'attacb? des pétales qui exige le plus d'adresse et d'babileté; 
car il est souvent nécessaire d'enlever la trop grande quantité 
de cire que la superposition d'un grand nombre de pétales peut 
accumuler sur un même point, et de conserver en même temps 
Leur adhérence mutuelle. Les autres, et ce sont les feuilles ver- 
tes t subissent une autre prépai^ation , qui leur donne les ner- 
vures qu'on remarque dans les feuilles naturelles. On a pour 
<iela de petits moules de plâtre, obtenus sur des feuilles natu- 
relles, et qui portent en creux les reliefs des nervures. On 
mouille le moule, pour empêcher la cire d'y adhérer, puis en 
y applique une feuille de cire, soit du côté velouté ou de l'autre, 
selon la feuille à imiter, et avec le pouce on presse suffisam- 
Jt^ni pour que l'empreinte du moule soit prise par la cirs. 
Lor$que la feuille est enlevée du moule, on découpe le oontour 
avec des ciseaux et on la fixe , par une petite tige métallique 
gjlraie de cire , à la branche qu'elle doit occuper. 

Les boutons , les pistils , les étamines , s'exécutent avec de la 
«ire pétrie dans les doigts , et dont la forme est définitivement 
terminée avec de petits ébauchoir^en buis ou en ivoire. 

Il ne sera pas inutile de donner ici les moyens d'obtenir ks 
fllQules en plâtre dont nous venons de parler. Il suffit pour 
ceJjEi de prendre une feuille naturelle de la plante qu'on veut 
imiter, de la graisser légèrement, mais bien également, avec de 
l'huile d'olive , et de la poser sur une surface plane , du mar- 
^0 1 par exemple. On l'entoure alors avec un rebord de cire, 
^i ne doit pas la toucher. Puis dans un petit vase ou l'oo « 
versé deux ou trois cuillerées d'eau , on jette quelques pincées 
4e|>lâtre en poudre très fine, qu'on remue bien, jusqu'à ce 
4U0 le liquide ait la consistance d'une crème peu épaisse; on U 
yer^e ensuite sur la feuille , et on l'y laisse jusqu'à ce que le 
I^Ul sçit bien durci. On l'enlève ensuite, on détache la feuille, 
fPiî laissa sur le plâtre une empreinte parfaite de toutes ses 
ifteyvuret* Si Ton veut coaserver long-temps cette espèce de 
moules, il est bon de les imprégner à chaud d*huile siccative 



FOIN. m 

liihargirëe, qui leur donne beaucoup de solidité, <t les emf^è- 
che de se déliter par leur immersion fréquente dans l'eau* 

On peut panacher aussi les pétales en employant un piacMii 
des couleurs délayées aye« de l'alcool, comme le font las fiail* 
listes en batiste. » 

Si Von voulait avoir un velouté d'une teinte un p<iu diffiii» 
rente de celle de la cire y on pourrait appliquer également Ali 
pinceau de la couleur sèche réduite en poudre impalpable, wl 
bien se servir d'un petit tampon de mousseline fine. 

Nous terminerons par uile recommandation qui s'appU«(ii^ 
à toutes les eirconstances où la cire doit être coupée par un ou- 
til tranchant, c'est qu'avant de s'en servir, l'outil dpit être aom- 
plètemênt mouillé dans toutes les parties qui doivent toucher 
la cire ; autrement celle-ci pourrait y adhérer, et empêcher 
Voutil de servir jusqu'à son parfait nettoyage» 

Tels sont les procédés généraux de la fabrication des fleuri W 
cire; on voit qu'ils se réduisent à peu de chose, et qu'il ne fai|t| 
pour ainsi dire, aux personnes qui s'en occupent, que de l'a-^ 
dresse et du goût. Bo^uiixMi» 

FLINT-GLASS. r. Verre. 
FLOTTAGE DES BOIS. f^. DÉBARDXua. 
FLOTTEUR. ^. Machines a vapeur. 
FLUTE, f^. Instrumens a vent. 
FLUX. F, Fondans. 

FOIN. (/^grû\) Nom que l'on donne à l'herbe faucliée etsé- 
cliée, destinée à la nourritura des bestiaux, soit pendant l'hi- 
ver, soit dans les circonstances où on ne peut pas les laisser 
pâturer ou leur donner de l'herbe fraîche à l'écurie. Dansquel- 
ques cantons, on resti*eint ce mot aux herbes des prairîea U9r 
tur elles, et on appelle /àurra^e l'herbe des prairies artificielles, 
coupées et séchées. 

Lorsque les prés sont fauchés en pleine floraison > et ^ue 
rherbe en est convenablement desséchée, le foin est une meit- 
leure nourriture que l'herbe fraîche, en ce qu'il nourrit davan- 
tage , sous un moindre volume, et que surtout il n'affaiblit fm 
autant les chevaux employés à de rudes travaux. 

IL sera traité, au mot Prb, de la manière de fauchar^ 
lécher et de couper le foiu^ Sodlamgb Boouc* 

»8. 



276 FONBAMS. 

FONDAIS. ( ClUmie industrielle.) Daàis un grandnombre de 
traitemens métallurgiques il est nécessaire de déterminer la fu- 
non des substances qui résistent plus ou moins à l'action de la 
chaleur, comme les gangues qui accompagnent les minerais, 
les matières étrangères mêlées accidentellement à ces divers 
composés, par exemple , dans le traitement des minerais de{fer, 
d'étain , de cuivre , la fusion des cendres d'orfèvre , etc. ; alors 
lesjbndans ont pour but de procurer la séparation des corps 
étrangers au métal, et de réunir celui-ci sous une forme appro- 
priée* 

Dans d'autres cas, lesfondans doivent entrer eux-mêmes en 
combinaison avec les produits employés dont ils déterminent 
seulement la ïusion, comme dans la fabrication du verre. 

Le nombre àes fondons^ considérés sous le premier point de 
vue, est peu considérable , les gangues qui accompagnent les 
minerab étant elles-mêmes peu variées j les plus ordinaire- 
«nent employés sont la chaux et la silice; dans quelques cir- 
constances l'alumine, le sulfate de baryte , le fluate de chaux, 
( fluorure de calcium ou spath fluor) ; plus rarement quelques 
sels alcalins , comme le sel marin , par exemple* Nous n'avons 
pas à traiter ici de ces fondans; il en sera question à chacun des 
articles spéciaux auxquels ils se rapportent, et dans ce que 
nous dirons plus loin, on trouvera tout ce qui est nécessaire sur 
la fusibilité des diverses combinaisons qu'ils peuvent former. 

Les flux sont fréquemment employés dans les essais par la 
voie sèche des minerais ou des substances , dont quelques uns 
des composans doivent être amenés à im état de fusion. Sous ce 
^int de vue, M. Berthier signale sept manières d'agir, pour 
lesquelles on les met en usage, nous allons les indiquer ici. 

1^ Pour déterminer la fusion d'une substance infusible on 
difficilement fusible ; 

2° Pour amener une substance infusible ou difficilement fu- 
sible à l'état de verre, de porcelaine, d'émail , etc. ; 

Z^ Pour faire fondre les substances étrangères mêlées à un 
métal, qui s'en sépare en vertu de son poids spécifique ; 

4« Pour déduire ime combinaison dans laquelle est engagé 
un vxidc, et qui l'empêche d'être réduit par le charbon ; 



FONDÂNS. Vn 

5^ Pour empéclier la formation de certains alliages^ et sépa» 
rer ainsi différens mëtaux ; 

6® Pour scorifier quelques uns des métaux contenus dans un 
produit, et en obtenir d'autres à l'état métallique ; 

1^ Enfin y pour déterminer la réunion de parcelles métalli* 
ques disséminées dans une masse plus ou moins considérable. 

Les flux employés pour ces divers effets sont : la silice , la 
chaux, la magnésie , Falumine , les silicates de chaux et d'alu- 
mine, le verre, l'acide borique, le borax, le spath fluor, les car* 
bonates de potasse et de soude, le nitrate de potasse, le sel ma- 
rin, \tjlux noir^ la crème de tartre, le sel d*oseille, divers flux 
composés ; et , parmi les flux métalliques, la litharge ou lacé- 
ruse, le verre-de-plomb ou silicate de plomb, le sulfate de plomb, 
le deutoxide de cuivre, l'oxide de fer, et quelques mélanges. 

Comme nous nous occupons dans des articles particvliops de 
la plupart des substances employées comme fondans, ncms ne 
réunirons dans celui-ci que les notions qui ne trouveraient pat 
place ailleurs. 

La silice, fréquemment employée comme fondant, soit dans 
les essais docimasiques, soit dans les arts, forme, avec les oxidea 
métalliques, des composés dont un grand nombre sont plus ou 
moins fusibles^ les silicates simples lé sont généralement moins 
que ceux qui renferment plusieurs bases, et leur production est 
l'un des moyens de séparer divers métaux qtd est le plus fré- 
quemment mis en usage; ' . ! 

La potasse et la soude se rencontrant très rarement dans les 
produits naturels , la formation des silicates de ces bases n'a ]»• 
mais lieu dans les traitemens métalliques; mais les Vereès à 
vitres, à gobelèterie , le cristal , les ont toujours pour base , <tt 
ces alcalis sont souvent employés pour déterminer la fusion de 
beaucoup de substances siliceuses dans les essais. 

Les silicates, renfermant un excès de potasse ou de soude , 
sont très fusibles; mais ils attaquent fortement les vases dans 
lesquels on les prépare. Le âlicate renfermant 91 de silice' et 
9 de potasse donne encore un verre transparent, mais boursou- 
flé , et qui a le même volume que celui des substances em- 
ployées ; le silicate de soude, formé de 93>8 de silice, et G^Sde 
lo^de» donne un émail Uanc, légèrement translucide etscori- 



tTB FONDANS. 

fennec q^t oomipe le même volume que les matiir«fl employées.' 
Ces silicates ne prennent jamais l'aspect pierreuji, et ne donnent 
jAmftis d^indiees de cristallisacion. 
La soude, i proportion <^gale , est plus fondante que la 

Las silicates de baryte, dans lesquels la silice renferme plus 
die deU3( et moins de douie fois autant d'oxigèae que la base , 
•mt les seuls qui soient fusible$. 

La strontiane est moins fusible que la baryte. 
. Les silicates de chaux dans lesquels la silice contient de deux 
il quatre fois plus d'oxigène que la base , sont les seuls qui se 
fendent ou se ramollissent. 

La iiiagnésie fournit des silicates très peu fusibles ; iVlumios 
en donne qui ne se fondent qu'avec une grande difficulté; mab 
ib <paiivent quelquefois se ramollir et céder au poids ou à la 
pression qu'ils supportent : ce sont coait dans lesquels la silice 
anMiferme deux ou trois fois plus d'oxigèbeque la base qui pré- 
sentent le plus cette propriété. 

La fusibi^té des silicates simplei parait .dépendre de la fusi- 
jMlit0 de la base, de son énergie chimique et de sa proportion. 

Lee piliextes doubles et multiples ont une fusibilité qui dj* 
ftmi de eelles des silicates élémentaires ; et un silicate infiisible 
^eui toujours être fondu en l'unissante un silicate fusible. 
- Lorsqu'on fond ensemble un silicate alcalin ayee de la cbaox 
ou une base forte et irréductible, une portion d'alcali go vola- 
tilise. L'alumine fond avee des silicates alcalins, pourru que sa 
pf opordon ne soit pas trop forte. 

'■ Les sUicaCes de barite et de chaux, êé barite et d'alutnins, 
fendent en masses compactes. 

' Les silicates de cheuix inftisibles , ou exeeseîvement difficiles 
à fondre, forment, arec d'autres silicates deué^ des mémos pr»- 
jpiAiÊiéêy ées composés fusibles; plnsioira dé ces silî^eates peuvent 
4*èiier, par le refroidissements des maaû» criataflisableo, sem- 
IllaUes à pliàsieten composés na£»reb. 

La mîigiiéeîe^ dont la propriété' fondante est beait^^p moin- 
-ét^ «pio ^fSê des autres terres, prôdnity »t«c là âiâ«|t et la ai- 
'ikêè^ 4iaa eombinàitens de ce gour^ 
->Cia> <sUtla i| S io n t knpor <wiQ^â4a^ 



FOUDANS. 99 

l^reaTOBt que les fti)icate8 dans lesquels la cbaux et l'alumÎBê 
Renferment la même proportion d'oxigène, et la silice deux fois 
nu plus et une fob et demie au moins autant , forment les li<* 
jpiites des combinaisons les plus fusibles , et qu'ils fondekil en- 
core quand la chaux contient deux fois autant d'oxigène que 
ralumine, etdeviânoent moins fusibles quand c'est FalumiBè 
qui renferme cette proportion d'oxigène; les argiles qui ren^^ 
ferment le plus ordinairement un silicate dans lequel Toxigènè 
de la silice est double de celui de Talumine, fondent bien quand 
on. y ajoute de la chaux (ou réquivaltnt en carbonate) renfer- 
mant de partie ogalc à deux fois autant d'oxigène que'l'alté^ 
mine, et il résulte de faits nombreux qu'une argile devient toU'^ 
jours asses fusible pour se laisser traverser par des grenailles 
métalliques quand on y ajoute les trois qâai ts de son poids de 
carbonate de cliaux^ 

Si les argiles renferment en même temps de l'hydrate d^àltti' 
mine, il £sut y ajouter de la silice et de la chaux. ' 

Les silicates de chaux et d'alumine peuvent renfermer UA 
grand excès de chaux sans devenir infusrbles; mais ils le sont 
d'autant moins qu'ils renferment plus d alumine. Les b^nn^ 
argiles plastiques ne se fondent qu'arvc6 deux fois et demie leur 
poids de marbre; mais la même proportion de calcaire fnit 
bien fondre un mélange de parties égales d'argile et Aé sabtj 
quartzeux. > r ' 

Quaâd à ces silicates soht joints d'autres oxides, la tlisîMlit^ 
devient plus grande. 

Les silicates de manganèse sont assez facilement fusilfle^yt^^ 
cepté celui dont la silice renferme quatre fois autant d'oxigène 
que ia base ; avec la chaux la fusion devient beaucoup plus fa- 
cile ; la magnésie agît dans le même sens , quoique d'uhé ma»' 
nière moins sensible, et l'alumine facilite un peu j^tts 'fai fU^S6à 
que cette dernière base. • ' ' ' 

Les silicates de fer attaquent les creusets de terre aveé'tibè. 
telle facilité qu'à j^cine est-il possible de les y préparer. TShxà 
les creusets bbasqges, le fer est facilement réduit, ide sorte 'ij[ue 
le seul procédé pour les obtenir consiste à se servir de creûsetii 
4e fer. . 

«ff we liM| il^i^tM de |mto3ddf de 1er, ati^ ccw» d^r^^j^^ 



^80 FONDANS. 

de la base est à celui de la silice comme 2 à 1 et 1 à 3, sont très 
iusibles; on les rencontre fréquemment dans les scories de 
forgeSy où ils s'offrent quelquefois en cristaux réguliers. 

Les silicates de l'oxide des battitures sont aussi très fusibles, 
•mais à partir seulement de ceux dont l'oxide de fer ren- 
jferme la même proportion d'pxigène que la silice, quoiqu'il le 
^tiîKHns que le silicate de protoxide, correspondant jusqu'à 
celui dont la silice renferme six fois l'oxigène de la base. 
: Les silicates de peroxide de fer sont infusibles. 
. L'alumine , la chaux , la magnésie , la manganèse, forment, 
avec; les silicates de fer, des composés très fusibles que l'on ren- 
cpntre souvent dans les scories de faautshfourneaux. 
. Les silicates de protoxide de cuivre sont très fusibles ; le dea- 
40Ûde est ramené à l'état de protoxide par la silice. 

L'alundne forme , avec ces silicates , une masse rouge biea 

fpuduo. t . « . 

Le silicate de pl'otoxide d'antimoide est facilement fusible; 
ceux. de zinc et de deutoxide d'étain sont infusibles; la chaux, 
l'alumine et le protoxide de fer déterminent la fusion de ce 
aermer. 

L'oxide de bismuth se comporte comtn^ celui de plomb. 
i Les siUcates de plomb , depuis celui qui contient une quan- 
tité éga^e jusqu'à celui qui renferme six fois le poids d'oxigèoe 
de la base, sont très fusibles ; ils déterminent la fusion de tous 
les autres ; la fabrication du cristal est basée sur cette propriété. 

L'acide borique forme, avec le silice et toutes les bases, des 
composés plus ou moins fusibles ; on le fait quelquefois entrer 
dans des couvertes de poteries et dans le terre ; c'est avec du 
borate de plomb que Faraday a voulu obtenir des verre* d'op- 
(ique^ sur lesquels il a fait un travail très étendu. Nous nous 
contenterons de citer les sels dont il détermine facilement la 
fusion : tels sont , le phosphate de chaux , le fluorure de cal- 
cium (fluate de chaux), le sulfate de barite, le sulfate de 
plomb. 

Le fluorure de calcium (fluate de chaux , spath fluor) déter- 
mine la fusion d'un grand pombre de corps dont plusieurs ne 
pourraient être fondus par d'autres moyens; la silice, l'argile, 
U vamhfQfM aulfïte dç ciiaux, de baritei|,de plomb, jie phos- 



FONDANS. 281 

ihate de chaux, le sulfure de calcium et de fer se fondent très {an 
ilement par ce moyen ; si ce corps était plus répandu, il servi- 
ait utilement dans un grand nombre de circonstances. £n An- 
leterre, où on le rencontre dans beaucoup de localités , il est 
ois à profit sous ce point de vue. 

Les carbonates alcalins sont fréquemment employés comme 
ondans. t)ansles essais docimasiques, leur action sur les oxides 
erreux sert de base à la préparation du verre. Nous nous en 
)Gcuperons sous ce rapport quand nous traiterons de la fabri- 
ation du VERRE. Une certaine quantité de charbon facilite 
quelquefois leur action : par exemple, avec la silice, en détermi* 
aant la décomposition de l'acide carbonique. Les anciens chi« 
mistes connaissaient sous le nom àejlux blanc etjlux noir des 
carbonates préparés avec le nitre et le tartre, dans le second des* 
quels il reste un petit excès de charbon ; le premier s'obtient 
avec parties égales des deux sels , et le second avec deux de 
tartre et une de nitre, que Ton fait brûler dans un vase de fer ; 
on peut remplacer le flux noir par des mélanges de carbonate 
de soude et de charbon porphyrisé , ou mieux avec de l'ami- 
don, dans le rapport de 6 , 12 et 18 de charbon ; la crème de 
tartre, à demi décomposée, donne aussi un excellent fondant 
analogue au flux noir. 

Le sel marin forme aussi des composés très fusibles avec les 
carbonates et les sulfates de barite, de plomb, les carbonates de 
chaux et de barite, et le spath fluor. 

La litharge et le carbonate de plomb déterminent la fusion 
d'un très grand nombre de corps; ce que nous avons dit pré- 
cédemment du siUcate sufiit pour l'objet qui nous occupe. 

Les anciens chimistes ont donné un grand nombre de recettes 
pour la préparation des flux ; leur complication plus ou moindre 
les rend moins avantageux à employer que ceux dont nous 
avons parlé ; nous ne pensons pas , d'après cela, qu'il soit né* 
cessaire d'en rappeler ici la composition ; nous citerons , pour 
terminer cet article, un tableau donné par M. Bprthier du pou- 
voir réductif des différens flux, déterminé par les. proportions 
de plomb qu'ils ramèneiit à l'état métallique. 



Ml 


FdlfBAtlOKS. 






■Wha aMr fut avee 






9 détartre 


1,« 


//. 


X 




s,s 


1,9H 


Id. 






3 


3,80 


finrbcmate à* Mttdt 


«4, 


eh&rbôn 


6 


l.M 


Jd. 


88, 


8Utr<! 


12 


3,6( 


Id. 


90, 


Id. 


10 


1,40 


Id. 


60, 


Id. 


20 


2,80 


Id. 


90, 


amidon 


10 


1,15 


Id. 


80, 


Id. 


20 


5,30 


Vtrtre brut, 






• 


5,60 


Êrème de Urtre , 


• 






4,50 


Id. charbonnéé. 


• 






3,10 


Id. calcinée, 








5,Î0 


Sel d'oseille, 








0,9» 


fiaron blanc de sondi 


f 






16,00 


4el d'oseille, 


85, 


èavon 


15 


8,Î5 


Carbonate de sonde 


%6\ 


Id. 


id 


3,40 



H. GAULTtCtl DE €LAtBftT, 

FONDATIONS. ( Cmstmction. ) S'il est nécessaire à là par- 
laite sélidité des OoïfSTRtJCTioNS en général, que, poar diacune 
de leurs parties, on fosse d*abord choix du mode d'exécution et 
de l'espèce de matériaux les plus convenables dans les circon- 
stances données, et qu'ensuite on apporte à Texécution même 
t«us les soins dont elle peut être susceptible , cela est principa- 
lement de la plus haute importance en ce qui concerne les fin' 
daiionsy sur lesquelles d^it reposer tout l'édifice, et dont, en par- 
tiei|U<r, la solidité dépend, en outre des points principaux qat 
nous venons d'indiquer^ d'un élément spécial : c'est-à-dire an 
degré de stabilité et d'incompressibilité que présente le sol sur 
lequel on les établit. On ne peut se dissimuler que l'apprécia- 
tion de cette dernière condition est toujours plus ou moins by- 
fwtlittiqae; et cependant, la loi a tellement senti la nécessité de 
donner aux personnes qui font bâtir toute garantie possiUe de 
la bonté de leurs constructions, qu'elle n'a pas hésité à ren- 
dre l'AacHrrEctB et I'ëntrepreneur solidairement responsables 
même de tout vice du aol. ( Àrtide 1792 du Gode civil > Toir 

0A?iAîfTlK. ) 



/ 



Cette èbserration doit faire reconnattre la nécessita et Vim» 
irtance des détails dans lesquels nous allons entrer. 
La construction desfondations exige toujours l'éxecution prëai» 
Ue de travaux de ter^iàsse plus ou moins considérables, soit 
)iir le creusement des caves ou autres parties souterraines dont 
idificepeut avoir besoin; soit seulement pourrenlèvement des 
luclies supérieures du sol, qui , étant presque toujours eompo^ 
les de terres végétales ou rapportées, ou d'autres aussi peu con* 
stantes, ne sauraient être conservées > soit au moins « dans le 
15 assez rare où, en même temps, aucune excavatioa ne serait 
^essitée par la nature de Tédifica même, etoà le sol naturel 
thirait une résistance suffisante ) pour en dresser la siiiiaee et 
tablir des tranchées où puissent être engagées les premières aap* 
ises de matériaux* 

Il est donc nécessaire que nous exposions ici sacdiicteBieBt> en 
t qiii concerne les travaux de terrasse, ce qpi a partieulièref 
nent trait à l'établissement des fondations, en renvoyant dn 
reste tout détail au mot Tlrrassb même. 

Remarquons d'»bord : qu'en général la eompressibilité des 
sols, lorsqu'elle n^est pas poussé^ à un point extrême , n'aurait 
que peu d'inconvéniens si elle était exactement la même dans 
tonte l'étendue d'une fondation, ef que, de plus, la charge des 
constructions dut être aussi à peu^près la même dans tous les 
points ; puisque dès lors il n'ai résulterait pour TènsiNlihie des 
constructions qu'un t^sement général et uniforme qui ne serait 
i»5 susceptible d'occasionner des ruptures et des déehiremens. 

C'est donc, ainsi que nous allons le voir, à oiitenir autant 
<pe possible cette uniformité, que doivent tendre tous les e£- 
-torts des constructeurs dans l'établissement des fondatiohs (1 }. 

Rigoureusement parlant , le roc ou rex^ier, c'est*à-dire les 
oaacs ou masses de pierres de différentes natures, s4nt les seules 
£S|Èces de sol qui, n'étant susceptibles d'aneune eeaipii^ssî- 

(0 îl y a pourtant des cas où celte oniformité seule ne suffirait pas ; tel est , 
par exemple, celui où il s'agit de se raccorder ^ un bâtiment d<*jà construit, et 
'^\\ feul, autant que pdssiWe, éviter des disjonctions entre la nouvelle et Tan- 
crcntie construction. It est indispensable alors de ne s'asseoir que sut le sol le 
'p™« ferme, ou d'employer, pour remédier à sa compressibilité , !e llioye^ 
\^ plMs t^t et le plu» é^ergique, Il rettera % eet éçard eiiçoff f;^ di^ ^^$^\ 



S84 FONDATIONS. 

bilite, puinentreceTôir directementlesfondatiom avecdesgarân 
lies complètes de solidité, et sans qu'on ait aucunement à redoa 
ter quelque tassement. Encore faut-il que ces couches aient mu 
épaisseur suffisante, et ne se trouyent pas placées sur d'autre 
couches compressibles qui pourraient les faire rompre sous 
charge, ce dont il est important de s'assurer par des sondes 
différens points. 

Il est surtout important, dans ces sortes de terrains, de s'asi 
rer si, antérieurement, ils n'auraient pas été fouillés en gai 
leries souterraines pour eif extraire des matériaux, cas auqu 
il peut souvent devenir nécessaire de faire des travaux de con- 
solidation dans ces carrières. Celles qui ont ainsi existé sous une 
portion de la partie méridionale de Paris, et principalement du 
quartier Saint- Jacques, so^t confiées à cet effet aux soins d'ime 
administi*ati6n spéciale, qui y exerce une surveillance continuefle 
et fait exécuter Içs travaux que peuvent rendre nécessaires les 
anciennes ou les nouvelles constructions. Parmi les édifices qui 
ont nécessité de semblables consolidations, on peut citer parti- 
culièrement le Yal-de-Grâce, dont les fondemens établis d'a- 
bord sans prévision de ce danger, étaient à peine élevés au m» 
veau du sol, qu'il s'y manifesta des tassemens cônsidérabla 
auxquels il fallut remédier par des substructions dans les car- 
rières qui' furent reconnues exister au-dessous. 

Mais, quoique moins complètement kicompressibles, d'autres 
espèces de terrain peuvent également recevoir directement les 
fondations; tels sont les différens sols pierreux, les tufs et terres 
franches compactes , les gros sables et graviers non mou- 
vans, etc. Dans la plupart des cas, ces différentes espèces de sols 
offrent une consistance à peu près suffisante , et les seuls pré^ 
cautions qu'on doit y prendre sont : d'abord , d'en bien battre 
et piloner la surface , et de s'assurer , soit par l'effet même de 
la percussion dans les différens points, soit par des sonde% s 



tés à yaincre, et de chaDoes de déchirement par suite du tassemei^t de la doq- 
Telie construction sur elle-même. Une des précautions à prendre danscecaSf 
par exemple, est d'éviter de relier trop fortement la nouvelle consiructioo à 
l'ancienne , surtout dans les parties les plus élevées où la somme des tassefltfs» 
partiels devient de plus en plus co^dérable* 



fondahoms. m 

ette consistance est à peu près homogène dans toute l'étendue; 
f, de plus, au besoin , de donner généralement une base suffi- 
imment large à la fondation, afin de répartir la charge sur une 
lus grande surface. 

Ces sortes de précautions peuvent quelquefois encore suffire 
lans d'autres espèces de terrains beaucoup plus compressibles , 
elles que le sont généralement les diverses sortes de sols ter- 
eux, plus ou moins légers et poreux , depuis la terre végétale 
asqn'à Yargi'le; les sables fins, plus ou moins mouvans; et quel<* 
pies sols précédemment fouillés , et dont le remblai a subi un 
assement plus ou moins Tort , en raison soit des matières qui y 
mt été employées , soit du soin avec lequel il a été fait , soit de 
a chaîne plus ou moins considérable qui a accidentellement re- 
posé dessus ; mais, la plupart du temps, l'extrême compressibi- 
lité de ces diverses espèces de terrains , et plus souvent encore 
les degrés inégaux de compressibilité qui se manifestent dans 
les divers points de leur étendue, rendent désirable d'approfon- 
£t les fouilles jusque sur un sol plus ferme ou plus égal ; et , 
lorsque cette possibilité n'existe pas , ou ne pourrait exister 
qu'avec beaucoup de peine et de dépenses, ils forcent à recher** 
cher les moyens , soit tout au moins de répartir la charge sur 
une étendue aussi grande que possible ; soit de diminuer la 
compressibilité du sol ; soit enfin , s'il est possible , de répartir 
indirectement la charge sur des couches inférieures plus ré- 
sistantes. 

Enfin , Tun ou l'autre de ces moyens est indispensable dans 
un certain nombre de terrains extrêmement légers , extrême-* 
meut poreux , dans la plupart des sols remblayés , et principa- 
lement dans les terrains marécageux, limoneux, tourbeux, glai- 
seux, etc., etc, 

U est , du reste , important de remarquer que ces différentes 
^èces de terrains, solides ou non, peuvent se trouver à 
toutes sortes de profondeurs; et que, par conséquent, une plus 
grande profondeur donnée aux fondations, sans sondes préala- 
bles, pourrait , dans beaucoup de cas , ne pas procurer une as- 
siette plus solide et plus résistante que celle que peuvent offrir 
les couches qui se trouvent à peu de distance du sol. 

^Qfin, lors même qu'en augmentant ainsi la profondeur de k 



H» FONDATIOIfS. 

fouille on Mnit sûr d'anÎTcr à un sol suffisamment f<ênne , m 
dépendammeiit des causes de dépenses qui en résultent , tad 
pour la fouille même et les dépenses accessoires qu'elle peut n- 
traîner y telles q^étrésillonnemens^ e'puisemensj etc., que poJ 
le plus grand cube de maçonnerie dont se composent néceuw 
rement alors les fondations, en raison de leur plus grande faati 
teur , il est important de considérer aussi que cette plus grandi 
bauteur même augmente les causes de tassement en multipliai 
le nombre de lits de mortier placés entre les différentes assiss^ 
de pierre ou de moellon, et qui , quelque soin qu'on y a|^)orte^ 
doivent nécessairement se comprimer plus ou moins, et d'auuil 
plus que la plus grande hauteur des constructions superposés 
rend la charge plus considérable.* 

On voit donc que-, toutes les fois qu'à peu de distance du sol n 
de la profondeur à laquelle il devra être nécessairement eicaié 
pour les constructions souterraines que l'édifice comportent 
on trourera une couche de terrain d'une consistance et cTuac 
épaisseur suffisantes, ou qu'on jugera pouvoir être rendues suf- 
fisantes par un des moyens que nous avons prérédemmeot in- 
diqués, et sur le détail desquels nous allons d'ailleurs revenir; 
et qu'en même temps , dans ce dernier cas , des fouilles d'essai, 
ou des sondes, faites avec soin et assez multipliées, n'auront ptf 
donné l'assurance positive qu'à peu de distance on trouveiait 
des couches d'une consistance plus grande « et qui puissent db- 
penser de tous moyens accessoires de consolidation , oa Un 
bien, dans la plupart des cas, de s'arrêter et de ne pas augmen- 
ter inutilement les embarras et les dépenses de la fouille et de 
la fondation. 

Nous allons donc examiner quels sont les divers moyens ptf 
lesquels on peut remédier à la trop grande compressibilité diS 
sols. 

Parmi ces divers moyens, le plus simple, et dès lors le moias 
eoÂteuK, est celui qui consiste à battre et piloner la surface ds 
sol , en employant , en raison soit de la densité respective (ia 
-terrain , soit de la charge plus ou moins considérable qui doit 
résulter de l'exécution des constructions ainsi que de leur des- 
tination , ou une ûmple pièce de bois , telle qu'une solive pltf 
éa moiiis forte^ ferrée au besoin par le bouty et mue par un oa 



FONDATION». tt7 

llttsieura hommes , ou même un Moutow tel que cens dont «a 
isert pour battre les pieux. Oa opère presque toujours un pi« 
ppage de ce genre , plus ou moins important, mémo dans Ici 
errains les plus solides (à l'excef tion des sols tout--à«fait inconm 
;>ressibles , tels qu'un banc de pierre, etc. ) > et ^ dans ce cas, ee 
pilooage ne sert en quelque sorte qu'à en effectuer la nivelle- 
nent; mais, dans des terrains moins solides (tels que ceuit 
|ui sont composés soit de terres non encore remuées, plus ou 
nolns légères , plus ou moins poreuses , soit de remblais faits 
iTec des matières plus ou moins homogènes, etc.) ce pilonage ^ 
bit avec soin et en y employant une force suffisante et pro^ 
portionnée d'une part à la compressibilité des terres et, da 
l'autre, à la pesanteur qu'elles sont destinées à supporter, peut, 
lans bien des cas^ opérer une compression suffisante, et dispcn* 
ler de recourir à des moyens d'une exécution moins facile cl 
plus dispendieuse. 

A cet égard, Rondelet établit ( ^rt de hdlir^ liy. Y) que, dans 
SOS édifices ordinaires , \e poids d'un mur de 60 pieds (près de 
20 mètres) de hauteur et de ) 8 pouces ( un peu moins d'uA 
demi-mètre) d'épaisseur est d'environ huit miliiers ( moins de 
4,000 kilog.) par pied super&ciel (un peu moins qu'un dixième 
it mètie carré); et de dix milliers environ (moins de 5,000 kil. ) 
itvec celui des planchers , toits , etc. ; et il ajoute qu'attendu 
que les murs en fondation ont ordinairement 1 pied de plus ^ 
c'est-à-dire 2 pieds 6 pouces (environ 80 centimètres) d'épais- 
seur, la charge qui repose sur un pied superficiel de sol se ré- 
duit environ à six milliers (ou environ 28,000 kilog. par mètre 
cairé), ce qu'il considère comme équivalant à l'effet que peut 
produire le pilonage. 

L'autorité qu'on attache , en général à juste titre , aux indi- 
tations données par ce savant auteur, nous engage à consigner 
ici, sur celles que nous venons de rappeler, les observations 
«livantes. 

Eu admettant les hauteur et épaisseur de murs indiquées par 
1^1- Rondelet , la pesanteur des constructions serait bien à peu 
près moyennement celle qu'il indique aussi ; mais, d'abord, la 
bauteur des murs est souvent de beaucoup plus que 60 pieds ; 
i Paris, par exemple^ où la plus grande hauteur permise pottar> 



S8S FONDATIONS. 

les façades est de «54 pieds, ou 17 mètres 1/2 (toutefois senle^ 
ment dans les rues ayant au moins 30 pieds, ou 9 mètres 3/4, 
de laideur ), en y ajoutant la hauteur des fondations et celle da 
comble , leur hauteur totale , %t par suite leur pesanteur, ex- 
cède souvent d'environ un tiers les indications de M. Rondelet 

De pluS) on ne donne guère ordinairement que 2 pieds 
( 2 tiers de mètre ) d'épaisseur aux murs en fondation, au lieu 
de 2 pieds 6 pouces, que M. Rondelet suppose. Mais , à cet 
égard , on est toujours maître d'augmenter l'empâtement da 
mur en plus basse fondation , et c'est même , comme nous al- 
lons le voir, un des moyens les plus faciles à employer pour 
remédier à la compressibilité des sols. 

Enfin, M. Rondelet a supposé que Y effort produit par la pe- 
santeur pouvait être comparé à celui qui résulte du choc et un 
corps en mouvement , ce qui , d'après les remarques que fait à 
ce sujet M. Gauthey, dans son Traité des ponts ^ ne paraîtrait 
pas conforme aux principes de la mécanique , et rendrait en 
conséquence illusoires les résultats des expériences auxquelles 
M. Rondelet s'est livré dans cette hypothèse , et qu'il a consi- 
gnées dans plusieurs tables. 

Quoi qu'il en soit , on conçoit , et il est reconnu par les con- 
structeurs en général, que le battage d'un sol (fait par des 
moyens plus ou moins énergiques, en raison de la densité et de 
l'épaisseur des couches à comprimer, ainsi que de la hauteur et 
de la pesanteur des constructions à y asseoir ) peut produire , 
dans bien des cas , les résultats les plus avantageux , et éviter, 
ou des fondations extrêmement profondes , ou des moyens de 
consolidation coûteux et d'une exécution difi&cile. 

Aussi ce moyen est-il employé, soit seul, soit concurremment 
avec quelque autre de ceux que nous indiquerons ci-après, tou- 
tes les fois que le sol ne présente pas naturellement un degré 
suffisant d'incompressibilité. 

Nous devons, après l'indication de ce moyen, parler de ceux 
par lesquels on reporte la charge sur une plus grande étendue 
de terrain, en augmentant, dans une proportion plus ou moins 
considérable, l'épaisseur de l'empâtement de la fondation. 

Dans les circonstances les moins importantes , ou lorsque 
déjà le terrain offre un certain degré de consistance , ou bien 




ΫWDATÎ(M*S. Ht» 

^core loi^qu'è lu oÉbat^e' qai devra résulter des coilstructions 

l'est -pas très considérable , il pourra suffire, pour obtenir cet 

excédant d^épaissèur, de faire former sur chacune des faces un 

Fig, 59. ' ♦♦' '"bu plusieurs empalemcns (fig. 59) à la 

partie inférieure des fondations, dans la 
^^•' hauteur d un certain nombre des rangs 
i"*de moellons '^ont elles sont ordinaire- 
tiiëiit composées, en ayant soin d'y ttàte 
èm)>lo7er en otttte les moellons les plus 
forts et les plus larges dont 6n' puisée 
c^spôser. Chacun de teâ ^^patemens ne devra pas, du restée, 
avoir plus de 5 à' fO centimètres de éàillté, afin que' m^pltis 
grande paitie de diaqûe moellon soit êuffisamment ' engagée 
dans Te corps' ' du mUrj''t«fait pourVy lier/ solidement'^ ijtfe 
pour reporter une partie de la charge sur rempàtetfrent 
fiaétwe. '^- ' **•' • ' -' • '• '»' • ' '''i ^• 

On co^\^iMt qu'âfH' Moyen d'un nombre ^ffisant d^émpaté- 
nied9,on7K>urrait:porter ainsi la làrgeurileïa |iartie infériefùre 
de la itmdation à* ilhe dlhiensiofi assët^ cOiistdérable'; vkéiii ôlb 
voitqU'ki se bornant, à- fftf^e usage de n^t^Hons plus ou ittëitts 
gros, chacun dé* ces moellons reçoit^al, et transmet àf'lalÀèuIe 
partie de «terrain qtfHlInéfcouvre , la ehaf^ ^de toute la 'porfidn 
de mui* qui lui est correspondante , et -que de cette 'ihaàière 
si, Comme cela peut arriver malgré- leb précautions quVn'a pu 
prendre pour le battage et le pilonàge^u'^1 , un. ou pltisiëufs 
moellods'se trouvent assis sur une pûrtiou dis teri'ain'lii'ohis ré« 
estante , il pourraât y avoir en cet endroit , indépendamment 
du tassement général, un tassement particulier plus 'ou moiris 
coôsidérable, et proj[H>rtionnellement plus ou moins susceptible 
de se transmettre dans toilt ou partie de la hauteur des cenH 
stnictions. . * 

'<F%/60. On remédie à -cet infeonvément, et Ton 

peut en même temps se procurer facile- 

'Inent des empateinefis d'une plus grande 

«aillie en formant le premier rang (fig* 60) 

I ou les premier rangs (fig;.6l) de ht fonda- 

«|. tion au moyen de /ibagesj ou pierres d'ai- 

f^^ sez grandes dimyrisions et de bMË.CKHMh 

^9 





Fig- 61- tance , m«ia «{ui /du ferte, pana 

jj^étre de (pulité jnfërieare, etn'oi 

^'Ipas besoin d'Être tailléies, 0U ii> 

1 besoin que 4^ tailles peu dispeo 

|4>cusea. 

Alors, dana le cas de l'emploi d'ni 
l^eule assise, cliaque morceau 
e I9 putie de ;^uf qu'il supporte à toul 
l'étendue 4e terrain qu'il vecou.vre , pt rend en quelque uM 
VfUf 1^ points de ceU« étendue s^Jid^ii'es l'un de l'autre; eu 
d^n* le cas de pli^siems awî&es , ceW ^id^rit^ répond i uolj 
^tendfie plus que doinble, chacun ie» ^ovceav^ de l'aspe «h 
péri^^re reportant ^ cWge »<"■ dei», 4«9 qjorqeauf de l'a- 
,^ inléj-ieure , qvi peuvent de plus porter ud ^m^euat 
pltis saillant. 

Il résulte de là que â , dans un terrain déjà passablenot 
çfin$is(a|it, il pe^t stj^rA de placer unfi^eiuJe a^ite de \ih3%ts, 
Vf^ terrain de, moindre .c^sùtauce .en réclaniera nécess^tiremenl 
ideux; et que, dap» tiius les, cas.. i| ^era toujours préféraUe 
. dl^n^plqvyer deux assises d'une ))autevr.'.pev «onfidér^le, pla- 
ntât q\i'i^e seule aeùse id'ime grande hauteur. IlestiodÛpeD» 
^le, du. Teste, que cette hauteur soit proportionnée À l'étendue 
«t tk la, consi^taqce de' la pierre. 

, Tl^iVt&Çais, si i'9a,4(9X étendre généralement de Im^u résul- 
tats d^ l'eqijdoi.tâ^^nteududes/tfra^ej, pn pe doit pas pcidic 
de T^, d'uti autr^ côté, qu'il en ïésul^te g^^iéralement une as>a 
gragade auguieatat^^i de dépense- Il importe donc de »e biK 
usagï de ce n^oyen qu'avec retenue et sei^ententd^nsle casDÛ 
iil est j)^ indispensable. Ainsi, dans bi^n des cas, au lieu ^ 
jgiftea des liba^es sa^s toute .l'éteqdue d'un bâtiment, on St 
contente d'en placer sous ses points d'appui principaui, pw 
I0f1fip1,e softf les angW, ^ ploinb 4^ priacipales pO|iUes qû 
. 401 vei4 .recevoir Us planchers, et^ 

Dans bien des :eas il deFÏent dé^ir^Me. d'étendre encore plus, 
de généijaliser en quelque sorte cttte espèce de solidarité ealrt 
ItM diAetens points du sol qui supporte une foudation i et c'est 
U que l'on a en vue dans l'emploi des plates-formes et gril- 
-bgw en ^AEpente ou de* masùb généraux en béton dont nota 



|an< ]^Ier, 0. ^u-deasus desquels pb Mploi^ Mttit iooM^ 
ent UQ ou deux cours de libage. 

On sait qu'en général la situation la plus favorable à la con ] 
srTation des bois, est d'être mis à l'abri des alternatives ^hM* 
lidite et de sécheresse, et qu'en conséquence ils çonvieniienf 
arfaitement à la destination qui vient d'être indiquée lorsqu'il 
Dt du reste les qualités nécessaires. Ainsi, il e$t particulière- 
KDt'indispensable qu'ils aient un assez grand degré de dureté 
our résister à la pression considérable qu'ils auront nécessaire- 
ment à y supporter. Partout où l'on peut se procurer des bois 
e chêne j c'est cette espèce de bois qu'on emploie à cet usage 
Q choisissant, non pas le plus beau, mais le plus robuste et le 
lus sain. Les bois de pin^ de mélèscj d*aitne, y conviennent 
ossi parfaitement , quelquefois aussi^on y emploie Vonme et 
[uelques autres espj^es de bois. 

Les bois conviennent d'autant mieux à cet usage quelle ter- 
ain a un degré d'humidité plus considérable ; ainsi, les sables 
MttilUs,. les glaises, ètc.^ sont les sols où ils se cMisèrt^ëblfle 
oieux. Ausé est-ce principalement dans les fondatioiir^M* ou^' 
ïsges hydrauliques qne lei lioîs sba% employés aviso 1« f^IÀê* 
l'avantage. 

La manière kplus slmpiè'de* 
les employer est d0plaK»ei^iMtf»l6 
sol, aptèé l'avoir aussi li^iAAplëtè^ ^ 
• ZE » fl| "p^ ■ ment compHAié que pos^'Wè'^ et' 

1^1 B^«lfl^^^ '^ ^^^^ ^^ ^^ longueur 'dy^'' 
■9H| Bb^KR ^"^ > ^^^ ptates'jhrme^ (^fig[. St ' 
ît63), c'est-à-dire, dfes pièces dé bois d'une assez giande ^ 
longueur, réunies les unes aux autres dans ce sens par des en- . 
telles à queue dParonde C T. AsseabIage) ordinairement éù 
pteieurs morceaui^ sur là largeur; dé' façon à excéder l'éfaîs-' 
«ûr des murs cii forme d'empâtement , mai^ dans tous Ids èas 
M«r îâtges que possible ; et ayant géùéràlemeût âù Aïoiàs * 
10 centimètres d'épaisseur'. ' 

Mai» die semblables "plates-formes, cdnsetvaitt toiijdufs une 
«rtaint flexibilité , pourraient , sous une charge un peu coû- 
idérable , et surtout dans le cas où il se trouverait à quelque 
wiût de la fondation une portion de terrain moins résistante ' 

S9- 



% 6& Figi 6a. 



Hm. FONBATIOaS; 

qii»'leiMMe,iiC!p*« «'oppOMr endèremetlt Mx rfforfc de! 
petanteur. 

■■ '>%.64 Fig.66. 




-,tk >est Aooc prëf^altlK de faire ui^e àe gnUages ou cbissit ' 
ea«baxpente ( fig. 6i), compotes d'aboHdde pièces longitiuli- . 
naldtL appelées hv^in9s,.et de-pièces transTersales ou ttwer- 
sines toutes de 20 à 30 centimètres enviroo de grossetir en ex- 
téi\,aak^t!iA.ée& pai! entgUles: à demi ick'f: au± endroilï où ella 
SQienmaWJt, et à queue tlarondè au ^roit^du pourtour eil£- 
riem;'dUiCli&ssi9. l<es etpaces entre les pièces transversales et 
Icfpgitudinal^s Mnt remplis, soit en glaise ou terre argileuse, 
soit^,e^^açonnerte à mortief de chaux ^ sable, de façoD à ne 
la^s^r aujcun yide. Qpçlcpiefois ou recouvre le tout par ia 
plates-Jvr^es atlachéeî:sm- le châssis au moyen de chevillellet 
(fig, 65}. ][In certain nombre de constructeur^ pensent qu'il estpre- 
férable de ne point .employé^ de plates-formes dans ce cas i atten- 
du que -la.baae , étant alors moins lis^e , se prêterait moins il» 
glissement que pourrc^t éprouver la fondation si, par suite de 
la co^prçsaibilité du sol, legrillage venait & pencher plus ou 
moins d'un câté ou de l'autre; mais d'autres objectent que la 
plates-fo^qies étant chevillées sur les diverses pièces qui visu- 
posent le grillage, en réunissent plus solidement toutes les pai- 
ties. Ces deuxsystèmea ont leurs avantages divers qu'il convient 
de peser arec disçetjit^entdans les diffiçrçntç» circonsjtances où 



FOITOATIONS. 



'an peut se trouver, afin de se déterminer pour l'une ou pour 
vitre. Ou peut aussi se contenter de ne composer le grillage 



Fig 66 



Fig 67. 




que de pièces ou longi- 
tudinales (fig. 66), ou 
tranaversales (fig. 67], 
les croiser par des 
pièces dans le sens op;- 
posé, de remplir leurs 
intervalles en glaise ou 
SniRçonnene gui eu aÎQeure le dessus, et de placer transversa- 
lement des plates-forraea qui les reunissent les unes aux au- 
liea. Dans tous ces differens cas, on élève ensuite la fondation 
comme ik l'ordinaire, soiteo moellons seulement, soit, plusgé- 
nétaUment, en posant d'abord un ou deux rangs de libagei. 

Oa sait que les bétons sont des mélanges de HoaTiini plu5 
on moins hydrauliques et de petits matériaux, tels que graviers, 
ailloux, éclats de pierre ou de meulière, etc. , susceptibles de 
prendre en une seule masse, et, en conséquence , d'être em- 
ployés à former le corps des constructions mêmes, et particu- 
lièrement des fondations, en raison de la facilité que peuvent 
présenter les tranchées mêmes pour servir en quelque sorte 
de moule à ces différentes piadères , ainsi que du degré d'hu- 
midité qu'elles présentent ordinairement , et qui est toujours 
favorable à la prise des constructions en mortier. Quelquefois 
même ces tranchées se trouvent plus ou moins remplies d'eau 
des sources, et cette circonstance ne peut, la plupait du temps, 
916 favoriser encore davantage cette prise. . 



Fig. 68. 




On conçoit donc ({ue , si , sou* 
toute l'étendue d'une fondation 
et même eu laissant au-delà de| 
empatemens plus ou moins cpn.- 
sidérables ,■ oj^ éublit tfLO. massif 
en béton ( fig.- 68 ) d'une .épais;^ 
seur proportionnée A cette é^^pr 
due, on obtiendra, pourvu que le 
mortier soit de qualité convena- 
ble et qu'on lui laisse le temw 
nécessaiire pour se solidifier ». une. 



294 FONDATIONS. 

plate*fonne en quelque sorte d'un seul morceau qni répartira 
les effets de la pesanteur bien plus généralement encore- que n< 
pourraient le faire les moyens dont il a précédemment été 
Jt^estion^ 

. On a donné, en quelques circonstances , encore plus d'^^ten- 
"Aon à .ce mode de consolidation du sol en prolongeant la couche 
âe béton soùs toute la superficie du bâtiment à construire. Cette 
ihétnode peut avoir son avantage dans quelques cas , et prind- 
pàliement lorsque les murs et autres parties de constructlou 
dont se compose l'édifice sont peu éloignés l'uû de l'autre , at- 
tendu qu'elle foritie véritablement dans toute cette siirface on 
àbljbctice parfaitement hbmogëhe et d'une gî^àhde solidité. 
"Mais , potii* peu que les murs soient es|)acés , le remplissage en 
béton de la totalité des intervalles qu'ils séparent entraîne â 
ùhe dépense considérable , et d'autant plus inutile que Vépais- 
^eùi: de cette espèce de Jpldte-fôrmé ne se trouvant plus aucu- 
neihetit en rapport avec son étendue , il li'est aucunement im- 
^ionssible (Qu'elle vienne â se rompre en plusieurs parties , soit 
^àt- l'effet de la pesanteur qui repose en ^ertaitis endroits seu- 
lement, tandis que lès autres ne sont nullement chargés, soit 
pat l'effet du retrait plus bii mbiiiâ cotisidérable que le mor- 
tier ëprouve presque toujours , et qui devient plus important 
''eki raison de l'étendue. Nous pensons donc que, dans la plupart 
'des cas , il convient de se borner à former de làl*gès saillies au- 
^eVant dès différentes fkcés des constructions. 
• Les di'^ers moyens de consolidation que nous venons d'iodi- 
quer ne sont toutefois susceptibles d'être employés, ou du moins 
iië peuvent suffire! , que lorsque le sol , bien qu encore plus oa 
hibliis compressible; offre ^ soit naturellement, soit par suite 
9ë là pression artificielle qu'pn en a opérée à l'aide de percos- 
^oâs ]pliis où mblii^ fdrtes, pliis ou mpins répétées, un certain 
dè|^é'dë cohsistandé.'Mlàis on réticontre souvent des terrains tel- 
réifi^tit éotinprésslblQS J tellement mouvans , qu'il est nécessaire 

lus efficaces, 
possible de trouver à une cer- 
! nrolondeui* u^ sbl tellement ferme que l'on puisse en toute 
sûreté répartir sur quelques points seulement de ce sol la tota- 
lité de la charge des cônsti'uctions , un des meilleurs moyens i 




FONDATIONS. 



S95 



Fîg. 69. 



employer est (fig. 89) de des- 
cendre de distance en distance 
jusque sur ce sol des piliers 
plus où moins larges, et de les 
relier par des arcs en décharge 
?T^ q[ui reportent toute la pesan- 
teur sur ces piliers. Dans ce 
cas aussi , le meilleur système 
fd'arcs qu'on puisse employer 
est celui des arcs surhaussés 
en ogive ^ dont chacun est com- 
posé dé deux portions de cercle 
qui se coupent au sommet. Ces arcs ^ qui sont en même temps 
les plus solides, reportent en outre la charge bien verticalement 
sur les piliers , et n'exercent , en conséquence , aucune poussée 
latérale. Ces piliers et arcs peuvent , du reste , être construits 
en moellons , en pierre , ou autrement , suivant leur écarte- 
ment et le poids qu'ils ont à supporter, (^uant aux remplis- 
sages au-dessous des arcs y il est ton de les établir sur ume 
plate-forme en charpente ou autre pour en prévenir le tdsso» 
ment. 

Fîg. 70. Enfin , lorsqu'il s'agit d'établir les 

!1 1- 1^ y/ ^ > 1 "1^ fondations de constructions d'une çer- 
' tainé étendue et d'un poids assez con- 




[ ''^' sidérablé, on est souvent obligé de 
L* recourir à un moyen plus embarras^ 
siint et plus dispendieux : iious voulons 
parler des p/7o;/!y (fig. 70) qui convici^- 
nent principalement aux terrains ma- 
récageux et aux terrains inondés , tant 
à cause de la compressibijité natu- 
relle dé bes sortes de terrains , que 
parce qu'ils soint plUîi propres que toiis 
gùti-eâ â assuret la conservation et 
mette là SoVidîfihatïàn des bois qtii sont emplbyes'à ^ces 

pilotis. ' ^' "]"•:'' 

Oncbmmeilce, autant que possible; par enlever toute II |$àjf«- 
lie de terrain qui en e8t|susceptiblëv soit par xmtjoiàti^ Hitl^ 




»a ^ FOWDATKMfS. 

naîre, soît au moyen d'un draguage s^il est recouTertparreau. 
(Voir Terrasse.) 

Les pilots sont des arbres ou des portions de troncs plus ou 
moins considérables, le plus ordinairement en chêne ^ quelque- \, 
fois aussi en pin , en aune , etc. , dont les fibres ne soient ni 'i 
trancliéesni tortillées, ce qui les exposerait à plier sous les coups 
du mouton ou sous la charge des constructions ; dépouillés de 
leur écorce, dont la rugosité s*opposeraità l'enfoncement, et qui ^ 
pourrait facilement pourrir ou se détacher en terre, et causer, , 
en conséquence , l'isolement des pilots ; conservant leur forme , 
légèrement conique ; dressés à cet effet et rabotés au besoin , ., 
mais pouvant conserver leur aubier, surtout dans les terrains | 
humides ou sous l'eau ; affûtés en pointe par le petit bout, sur , 
quatre faces et en 50 centimètres environ de longueur; et qu'oa i 
enfonce' dans le sol à des distances plus ou moins rapprochées 
et en plus ou moins grand pombre pour en resserrer les difTé- 1 
rentes parties et en augmenter la densité et la consistance , et 
jusqu'à ce que, leur pointe ayant pénétré dans une couche in- j 
férieure d'une consistance suffisante, ils ne soient plus suscep- , 
tibles de s'enfoncer de nouveau sous la charge des construc- | 
tions. 

On doit donc, avant de se déterminer à en faire usage, recon- 
naître d'abord par des sondes la nature des couches dont le ter- 
rain se compose ; mais, comme le sondage ne peut donner que 
des renseignemens peu précis sur la <ïonsistance de ces diffé- 
rentes couches , le mieux est d'enfoncer préalablement un ou 
deux pieux d'essai , afin de pouvoir reconnaître définitivement 
si ce moyen de consolidation est convenable, et quelle longueur 
doivent avoir les pilots. 

Les plus petits pilots, par exemple ceux de 2 à 3 mètres envi- 
ron de longueur, s'enfoncent à coups de masse, ou de billots à 
plusieurs branches et mus par plusieurs hommes; mais ceux qui 
ont plus de longueur ne peuvent guère s'enfoncer qu'au moyen 
d'un MOUTON ou même d'une sonkette. 

Leur grosseur doit être à pei> près de 25 centimètres de dia- 
mètre jusqu'à 3 ou 4 mètres de longueur, de 30 à 35 centi- 
mètres Jusqu'à 6 et 8 urètres, etc., en^ augmentant à peu pi-è la 
J|l^rôsse^r <le 3 centimètre ^ar mètie de lof^giieijM^. 



FONDATIONS* fSV 

Afin d'éviter le$ éclats ou fentes que pourrait occasioner la 

rcussicn , on garnit ordinairement la tête du gros bout d'une 

)ie mobile qu'on retire après l'enfoncement total pour la faire 

fnv à un autre pilot. , 

Pour faciliter l'enfoncement , on garnit presque toujours le 

ed, ou petit bout du pilot, d'un sabot à trois ou quatre bran-* 

tes, ordinairement entsiillées, et portant bien carrément contre 

bois. Quelquefois aussi on se contente de les durcir au feU| 

iDcipalemeot pour les pieux ou pilots qui servent seulement 

encaisser les terrains ou à former des bdtardeaux ou autres 

avrages provisoires dont nous parlerons ci-après. 

On ne doit considérer un pilot conune enfoncé à- refus que 

)rsqu'une volée n^ l'a pas fait pépétrer de plus de 2 ou 3 mil-^ 

imètres: encore est-il important de s'assurer si ce refus est posi* 

if ; car souvent un pilot , qui semblait enfoncé à refus , prend 

le nouveau, après un repos plus ou moins long , un enfonce* 

nent quelquefois très considérable. Pour éviter les inconvé<« 

ùens que cela pourrait entraîner, on ne termine ordinairement 

l'enfoncement qu'après une interruption plus ou moins longue 

dans le battage. 

L'espacement auquel on enfonce le pilot dépend tant de la 
densité naturelle du 90I que du poids des constructions qu'ils 
doivent supporter et de leur grosseur. Il n'est guère jamais 
moindre que 80 Centimètres d'axe en axe, ni plus fort qu'un 
mètre 30 centimètres , et asses ordinairement d'un mètre. On 
estime généralement que chaque pilot ne doit pas supporter 
plus de 25,000 kilogrammes à 25 centimètres de diamètre, ni 
pins de 50,000 à 32 centimètres. 

Les pilots devant toujours être surmontés d'un grillagç en 
cnarpente, il est nécessaire de les planter en ligne, tant sur la 
longueur que sur la largeur, de façon à former ime espèce de 
fjmconce aussi régulier que possible. 

£& général , m^is surtout lorsque, le pilotage doit s'étendre 
sur un assez grand espace, on commence par enfoncer les pilots 
qui se trouvent au centre, et l'on finit par ceux des extréynités, 
parce que les pieux , ei?. vefQulant la terre , rendent l'opérajl^iqii 
^« plw en plus difficile. . ; 5, 

On doit en outre les recéper tous à la même ha^tçu^^^/^i^faxt 



S98 , FONDATIONS. 

tin plan parfaitement de nireau ^ et qai, dans les eoun Jean 
tels que les rivières, doit être placé au-dessous de l'étiage (c'est* 
i-dire des plus basset eauic) , afiti que les pilots et le grillage 
qu*on doit placer dessus soient toujours recoilTerts par les 
eaux. Ce recépàge fo^hre ; soit â ta' maiii , sciit , lorsqju'il doit 
ftYoir lieii sous Teau, au moyen d'une sci& méùahifue. 

Quelquefois, après le réeépa|;e des pilots tion recouverts par 
lès eaux , on y taille un tenon destiné ft remplir une inortaiss 
pratiquée dans lès iongrines dû grillage ; mais, comme ces sortes 
Tâssemblages ne laissent pàS ^ue de présenter d'asses grandes 
difficultés, on s'en dispetfsè às^ez sôtivélft, et Ton se contente de 
chèYiUér lés longrineS sut- là ièie des pilo^. Ori a remarqué 
d'aillèurè qu'ordinairénlent là charge dès constructions opère 
une dépression qui fait pénéii-èr là tdfè des pilots dans la son 
fàce fnféf iètirë dé là lôngrihé; et fdhne âlllli tth assemblage na- 
turel qiii équivaut kiix tenons et tUbïtahès dont lïotts tenoai 
3e |>àîrlèr. 

Enfin , lof^'qiièJ le teèéjiage Ht fait ati-dèMtfs éct f&tti de la 
IrancHée, bn renf]|)lît eh hiàçonnèrie à balii de ittortieF on en 
béton l'interyalle entre les pilots jusqu'à la hauteur du' plan de 
recé^ige, de fàçdh k ce qif 'ils lie soient pas ISôlés et à ce qu'il ne 
resté aucun iiSe &u-dëssous dii grillagé. D^ itième , si le fond 
de là tranchée est formé {>ar liii sol san^ cdnsistànce^ soit que le 
rècépa^e ait lièii au niveau hiéitie de èe tbnd on à une hauteur 
plus ou nioîiis considérable ad-dèssdus; il est boti de le draguer 
à une certaine ](>f6fondeiir,' et de le remplaéer par dé sepihlablef 
remplissais eh maçonnerie. Cette pi'éèautlon est piineipale- 
ment indispensable pour les fondàtioris étàblièà daué un court 
d'eau ; afin 9'èlitèr tes afTouilleihéns qui pourraient avoir lieu 
darié le terràiii natùirel àù-dessoiis dû grillage et en oempro* 
niettrë là solidité: 

Pour les fondations des eonsti'UCtîoâs hydratfliifuei on em- 
ploie kouvent, datls ilifférentes circonstances, des pilotis qui or- 
dinàireîneiit né sont pas ciifoncés juSqU'â reftii^ et qui alors pren- 
nent ^Itls ordihairétoéîit lé nom de pieitst. Souvetit aussi c'est es 
bois écàrris que ces pléust sont eicéciité», afitf dé rendre plus fr- 
ôles les assemblages que ces sortes d'ouvrages néeessiteM prs»- 
jqptë toujours* ' 



FblïDATIOiVS. SM 

Aind, par exeit)(>Ie, dans certaini cas, tttât en reconnaissant 
apossîbilîté de s'établir (soit directement, soit an moyen d'un 
(tillage, d'une plate- forme ou d'un niassif ea béton), sur un 
«1 qu'on ne juge pas susceptible d'une compression Terticalo 
Issez considérable pour qu'il puisse en résulter quelque inzon- 
lénient dans la circonUonce donnée, an croit prudent de s'o|^ 
poser, soit aux mouvemens qui pourraient résulter de la com- 
cession latérale que le sol, chargé par les constmctions, exer- 
cera nécessairement sur les parties de terrain environnantes « 
toit aux afTouillemens que les eaux pourraient y occasiener. 
Dans ce cas , on peut encaisser k une certaine distance le terre- 
pWm sur lequel doit reposer la fondation au moyen d'une en- 
Fig. 71. ceinte compos*C(fig. 71) !• de 

'jx plus ou moins espacés j 
r S* et de patplanches ou ma- 
;rs jointifg , et quelquefois 
rhêmé réiinis k rainiires et' lau- 
p guettes , qu'on enfonce comme 
1 les pieux; niais à une profon- 
deur un peu inoins considéra- 
ble , de 30 à AO centimètres de 
largeur et de 10 i 15 centtmëires d'épaisseur, égaletntnt affd- 
<éi pr le bas et garnis de sabots en fer ou simplement durcis 
iu feu. Ces palplanclies Sont ordinairement réunies dans leur 
partie supérieure par des traverses attachées elles-mf ines aux 
pieui. 

On emploie aussi des enceintes semblables, mais dont la par- 
tie inférieure seulement est fichée dans le terrain j et dont \t 
!"rplw3 est hors de terre , et ordinairement dans la Hauteur de 
Veau. Elles servent quelqueféls à Cncalàer une fondation poiir 
la mettre, au moins daiis les premiers temps de la construcdon^ 
5 l'abri du choc dé l'eaii. Quelquefois aussi elles servent i for- 
mer des bâtardeaiix, de façon à pouvoir mettre 2 sed, àu tiioyen 
d'épuisemens, i'intéiicur de l'enceliite, pour y efftctder lëscon- 
"ructiûiis. Dans ces ^ifîérens cas , ku lieu de palptànchès'; on 
«mploie de simples vannages, ou forteS planches clouééi en trâ- 
Wrsdes pieux. Si k hauteur de l'eau est peu considérable ; 
pu exemple de 1 mètre à 1 mètre 50 cent, au plus» «k pMi< M 




FMÏM'nONS.- 

Fig. 72. F'g- 73. 




contenter, pour former L laâlardeau , d une seule enceinte 
(ûg. 72), contre laquelle , après 1 épuisement , on établit a l'in- 
térieur une levée de terre battue ; niais si la profondeur est plut 
considérable, on est obl^é d'établir unedouble enceinte (fig. 73) 
A une distance à peu près égale à la hauteur d'eau qu'on a 1 
soutenir; on épuise l'eau dons l'espace qui sépare ces deux en- 
ceintes, et on le remplit en terre argileuse ou en terre franche, 
bien tassée , et pilonée de façon à s'opposer à l'introduction des 
eaux ; eaûa, lorsque la profondeur de l'eau est très grarde , on 
est souvent obligé de remplacer les Tannages par des palplan- 
cbes , et de consolider en outre les deux enceintes par des cit- 
tre-toises intérieures ou des pieux extérieurs , ou par d'autres 
Jiioyens. 

Les pieux ainsi employés k la formation des bâtardeaui et 
autres ouvrages provisoires, sont ensuite arracbés à l'aide 
d'une broche de 1er ou d'une chaîne qu'on passe âaniiin 
trou pratiqué dans leur tête , et d'une traction opérée «a 
moyen d'un Levier, d'une cbèvre ou de différentes autres ma- 
cliinei- Cet arrachage se fait nécessairement avec d'autant plu 
de difficulté que le pieu a été enfoncé plus profondément el 
plus andeauçment ; mais . de plus , ou a remarqué que , Ion- 
qu'ils ont été ferrés, il se forme un certain mélange d'oxide dt 
fer aveC; )e gravier, qui augmente beaucoup cette difficulté; c'est 
donc uRç ,r^ison de plus pour éviter de les ferrer. 

Pour achever de donner une idée des difféi^ns moyens eiO' 
ployéf pourJes fondations des construction^ hydrauliques, nom 
dirons un inot des caissons qu'on y emploie dans diâiéreutcs a^ 

COtUtai^Cfil, , , . .1, ■, , : .j ., i 



rONDERIE^. sot 

Ub eaisson est ,- aîiist que soû -nota. Pindlqtie ^^ Une {g[rinidé 
lisse ayant une étendue ^lus considérable que la partfè'dé fon- 
ation qu'on projette , et une hauteur plus grande que la pro- 
mdeur de Teau oîi'^lte doit être exécutée. Xe fond eët construit 
peu près ainsi ^ùe les grillages dont nous avons précédemment 
arlé, et recouvert de fortes plàtés-f ormes , et les èôtés sont 
gaiement composée' defort*} montans et traverses encharpente, 
t é(yalement recouverts en fortes planches : le tout bien con^« 
idé et bien calfaté pour résister à la potis^éie de TeaUJ^et en em- 
léclier l'introduction. 

Ce caisson doit être descendu, soit sur le sol naturel , B.prkû 
(u'on est parvenu à le'dresser au^i parfaitement qne possible , 
toit sur un pilotis bien recépé de niveau. 

A cet effet, on conduit le caisson bien exactement à plomb de 
TemiJacement où û doit descendre , on' Vamarre à 'cette place) 
et Ton y 'exécute àinsï les preniiérrs -rangs de la fbiïdation. 
Le éàisson s*enfohce ' nécèssairemeiit au fur et à mesuré qtie le 
poids des constructiehis augmenté, et arrfve ainsi jiièque éur le 
sol ou le pilotis qui est préparé'pbifcflè» Recevoir. ' '' • • 

Wsque la' construction est unie'fcïis 'érigée au dé^^s du ni*- 
YeaudeFeau^ on dém^iitè ordinaij'èmetftfles tôtés dto'caîsson , 
et, au besoin, on les fait servir de'nouv;^at!,'par eîfèfmplé', Idrs- 
çu'il s^agit d'établir successivement plùsi^eurs piles déponï. ' ' 

Quelquefois aussi ott'ki§se subs£âtet hés 'tôtés du'ckissdn ^ isbit 
poar préserver la construction, <é6ît'mënie' pour lttl''sfervîr en 
çutlque' sorte démoule , comme, par éxeAiple, lori^'onéxé^ 
cuteen béton. •= '' • •' :•-•"•»•' i- ' .i*ii;î •)! •.«;.- 

IlyaUraîtencew^, pour achever d*érpôéer totrt'cfe*<î(ii'ébn* 

^mefétâbÉssemerit dés fondâtiorts" à'eiaminer qbéîi Séiit; sok 

^^ général, soit dans telles circonstances données , lëà^espêces 

de matériaux et lés^niod^s de construction qui y cohfièAnent le 

Tjaieux; mais, pour- ne pas'prolortgër dnéërè cet artî^É! j et pour 

éviter des répétitions inutiles, nous renverrons cë'^'qiie nous 

aurions à dire à ce stf jet aux mots'MtradV'PoiN* li'A^pût , Vou- 

*ï»,' etc.,- etc. • / . , .• - ! ?'^ -f '^^. •> . GotmUÉa;- •''• • 

^^^ï^miÈSy(4d^imheratiùn:^ «îCfeè étâMisseiiieàs ntà soû|: 

^général soumis- qu'à des mesures^dé police locale dans lUn- 

^îêt de la sûreté publique , et c'^'it aux maires des oé^MMftHtids 



MB SONDÇRIUSw 

qu'il app4|^ent de TeiUer à ce qiie leitf exploitation p6 pri^ 
^nte iiu<^un danger* Cependant quelques fonderies de métaux 
fK^af. régies par les ^îqipsi^ipns spéciales des règlemens sur les 
^Mk1:>lissepie|is d^pgereiix , insalubres qu incommodes. Ainsi les 
Ipud^rie^ au iourpea^ , dit à la FFilkinsan, sont rangées daoi 
}àdeuxi4bme dasse d^ ce? ateUf^i^i ^ (^us0 delà fumée et des va- 
peurs niiisibles qu'elle répwdent ; il en lest de nième des Ion* 
deurs en grapd au fouaeneatt à réyerbère., dont les ateliers ré* 
p^dent une fumée dangereuset çurtput lorsqu'on y traite k 
plomby le zincy le cuivre, etc. Les fonderies au crepset, qui 
fie dpppei^t lieu qu'à i|n peu de fii^ée, appartiennent seule- 
ment à la troisième classe à&^ établissemens insalubr<^« 

Ajoutons à cette nomenda^e, les haut^-fourneaux qui appar* 
(âennenft à la preniière classe, et qui sçnt en outre r^^ par 
|a lo^ d^ 21. avril 1910, sur les mines. Ç^s fourneaux qui sont 
dest^n^^s.^ fpi^dre les nainçrais de fers et aufrc^ substaiice^^mé* 
^lliq^es,pe peuvent être ét^a^blis que siur une permission accor-* 
4ée par u^ i;èglemep^d'admini$tr^tioi» publique. 

La demande en per^nà^ssion est adr^sa^e §u pr,çCety enregis- 
trée Iç j[aur de la remise j$ur un regis^'e fpéçial à ce destiné, et 
affichée. pçf^dai^t quatre mois dans le cbefrlieu du département, 
dam ci^lui de Tarroiidisseiiientt dans la commune onù est situé 
l'établis^mi^x^t projeté, et dans le lieu du dgoyûcile du dçman- 
}leur. {^e préfet, d^n^ le délai d'un mpis^ 4^nne son avis, tant 
^ur la di^and^ que sur, {esi oppositions e^.les demandes enpré- 
fi^^r^ncf^ ;qui seraient S;U^v^ues* L'adn^i^ji^ratiou des mines 
donne le sien sur la quotité du minerai à traiter ; l'admipi^tra- 
tiofx 4^'^f^^ ^'^'l VitabUssement d^ bqucb^ à feu. en ce qm 
^j^çffue 1^ bob, etTadiiiiiustratiç» des p^ti^t- chaussées sur 
%i^ qui cpf|cerne les coi^s d'eaux navig^bl^ou flottable 

Les ioapétrans des permissioi^s suqpport^fkt.une taxe une fois 
payée, et <^tte taxe pe.pe^l^ être aurdes9Qus de 50 francs, ni 
ncfid^ 30Q francs. , , • 

l^ss dispositions ci-de«sM9 sp^tiappUcabks aux forgea et mar* 
tinets pçiur ouvrer le fer et le cuivre, aux usines servant de 
patouiUet^^t bocards^ p^^ .c^Ues ou Ton traite les substances 
iidi}]ieaelip],jriteuses et 4^11^ Itisqualles on q»nsomme des con^ 



Les penmâsiooft soa^ doonéef A I4 fJl^ge ^en biff ^^f^ 
ins un dâai dëtennip^ ; elle$ ont une dfijrë^ iadéfime ^ moins 
l'elles n'en contiennent laliii^tation. J^actç dç p^nnfssioQ d'é* 
Uir des usines & tra^t^r le fer, ^utppse JLes ixnpéptfw k faire 
M fouilles, même hors de l^Hr$ prQpp^tés, çt ^ exploitjsr les 
inerais par eux découverts, ou ceux antérieurement connus , 
la diàrge par eux de se !Conf(nrn^ir «^ujc .dî^ppsi^ionf f eJ^tiyps à 
nploitation des mines. (Y« le miKt AÎuiv^) jQs spnt ausff sfpXO' 
lés à ëtaUir des patouillets, lavoirs # cbetnix^ 4^ 'Çl^cri9%f 
ir les terrains qui ne leur a{^arjkiftniikei)t p93| in^is ^oif ^ |la 
mdition de l'autorisation du propri4tair^.de la surface^ /et k ï». 
Urge de l'indenmiser et de le prév^nis W ff^oï» 4'f^^Ançp. 
Indépendamment des mesures de ppliise locale, le^ ÎQ^dcfifis 
i l'on fond les bouches à feu sont siwni^es à de^ règlçmei^s 
âitaires qu'il ne nou» appartient 4»» d'iexaminer ici. Pouf 
armée de terre il y a trois fondecm, sÂluées à $jU-a^)}o^j-g, ^ 
louai et à Toulouse; il y f n a également jtroi? pour l'^rfui^ 
ftvale; elles sont établies à Ruelle prè» 4'A^goi^^i^i i Pieyera 
ta Saint-GervaÎB, départerae^ de risère« 
Nous donnerons au i^iot FoaoBs, quelques dispp^i;ti9|i^|i qui 
Méressent les fonderies de métaux Ëe]^Wf^m9n% à l^uris fp^- 
eaux et aux forges qui y sont employéje^. Âp. fMl^^^^i^T» 
FONDEDR, {Technologie.) Les .piîewçéd^f pour . cqi})|5r ^u 
boules le ccâtre ou le bronze et la .fonttf d^ fier ^ di^è|[ent 
(u dans lei détails : c'est toujours eHi introdjuii^^^ Iç opétal 
}Ddadans des moules remplies d'un mMs^&^ iCOiPYen^^l^ d^ 
*^m sables, sédaiës ou humides,. /(^ue Vfin pb^^t^l^ PJè^es 
« toutes les formes; . ;.. 

Y^and on traite les minerais dâ fer d^i^s J^s l>(i$xfyurr^çfqux^ 
^Q obtient cbreotement un produit r^nferp^At bisaj^ifjq^p^de fer 
*^^^t , l'industrie du moulage de la b^\» n'a do^c.pu prpnd^e 
aissance qu'après que Ton eut substitué' à cepjroqéd^ ^ç. V*^!^" 
"^tdafis les Hiki^js^rouaHEADs; mais^ depuis les p^r|e^^tji^ne- 
^^^^ si remarquables apportés 4 ]|'exUfK:tiQ]ji 4>^ |g^,<^j^9 
'"ûes, une industrie nouvelle a réellement été créée par X^Vf^ 
j ^^ la fonte aima muliitude^d'iidl^e^!) à v^ grp^d,noii;ibre 
<îuel8 mjênae on la ici oyait impropre» Les iuimensfesLj^^qpqr'* 
dâfoate 6bt^i|i0s d^ les JbAUttsHfouriiçajijui; ^^f^^ ^k 



^304 FOIfDEUK. 

cûkd ont permis de la faille servir en AnfÊkteire à^renflacer le 
l)ois j la pierre , lés tuiles ou ardoises 'dans les constnictioDS; 
ihaiè^ tous les pays n'ont pu participer à ces amélioratibns , cl 
jusqu'ici l'Angleterre , par la position- privilégiée de ses niiiie< 
ràis et de ses combustibles , a été appelée à les réaliser en a- 
lier. 

La môùlerie en fonte 'peut être obtenue en utilisant dire& 
tenlént la fonte pVoTenant 4es hauts-feiurneaux , ou en reida- 
dant celle-ci avec dés fontes ayant déjà^servi à divers usages. U 
moulage de prcmiètejksion ne s'applique qu'à des objets d'uiu 
gnmde dimension, ^'qui n'exigent pas ime fonte douce etsusr 
cepiible d'être faciteiâiâilt travaillée- au burin ou à la Umt 
OA l'applique fréquemnsfent à la fabrication de plaques d'uoe 
épaisseur plus ou BMtttts- grande, et à.' Time de leurs soriacâ 
seule doit être dressée <i|l offrir des* moulures ou des tiavaui 
en . creuxj bu coule la fonte au moule découvert. Pour le mon 
lagedé dèu:xième fustùtij la fonte peutiêp» fondue a^ crtmt 
pôUrleâ très petites pièces, auybur/teaii'â w^fc.Qxx an Jour t 
réverbère. Depuis que les usages de la' fonte moulée se soi 
miiMpliés' , la fonte au: creuset est èrfieu pfà^ abandonnée, t 
les*âvantages qu'offi^ôle foumeait dit rè- là JVilckinson lefooi 
généralement préférer^ Cependant pour 4e tr^ grandes pièce 
t)n fond'i^ufflquefoisvau fourneau à réverbère. 

^F^oh^s* -^ Le cboix'deii fontes est la-chtae qui imérite dVàtMNi 
dé fixei- 4'attention ] de leur nature dépendra peifectioa à 
tt'àvail et la bonne qualité des pièce». ^ Ui.nt ^ 

Jtisqù'ici les fontes anglaises ont encanè^de l'avantagée sa 
celles qui proviennent de nos bauts-fourneaux, non par leiu 
'qualités absolues, car on- rencontre' des fontes françaises (p 
leut* sont au moins égales^ binais par laffimtiPttilé de leurs carac 
tères,"tàiidis que les meilleures fontes batàçaiàe» ofiEre^t^ 9oave» 
deâ variations considérables. - :.•-'..' 

" 'P6ùî^ idbtienir des pièce» 9noulée6 8U5cqitibIe&: de se prêter i 

' un travail tiltérieur*, leslontes doivent ofOoiri les .caractères si» 



Tans 'i 



f'iij; 



'I • 



1^ Elles 'doivent être dôu'des ; 2« avoir deil&:ténacKé et un pa 
d-ëlàëtieité; d<» offi'ii' pe^odeireOiaitj.^^'poNiLVQÂr prendre m 
parfàSie ftmdité et 4a^ccé«^ver> lon^^^empsçÂ^ kuTtgraÎA d 



PONôEtTlL iOS 

ke parfaitement égjol , afin qu'elles ne donnent au moulage ni 

)ufflaresni cendrures. 

Cependant la réunion de tous ces caractères n'est pas toujours 
idispensable ; quand les pièces sont petites et doivent être 
ournées ou limées, il suffit que la fonte soit fluide, douce et 
aine, tandis que la ténacité et le peu de retrait sont les qualités 
I recherclier pour des pièces d'une grande dimension et d'une 
brme plus ou moins compliquée. 

Parmi les fontes d'Angleterre qui réunissent au plus haut de* 
pré les caractères désirables , on peut citer celles des hautSr 
bumeaux de Beaufort, de Merthyertitvil (Galles), de Glyd« ei| 
Bcosse , et d'Old-Park ; ces dernières mêmes semblent être lep 
seules qui réunissent presque complètement toutes les qualités 
lésirables. 

Parmi les fontes françaises^ on peut signaler celles de l4 
Franclie-Comté et des fourneaux dépendant de la forge de Four<- 
chambault (Nièvre) ; mais leurs qualités sont variables. 

H serait d'une grande importance pour le fondeur de pouvoir 
jnger, par des moyens faciles, de la qualité d'une fonte; il n'existe 
malheureusement -aucun caractère certain pour 'y parvenir, et 
deux fontes d'aspect semblable peuvent ffîféiier' considérable- 
ment de propriétés ; les caractères suivans peuvent , d'une ma- 
nière presque certaine, indiquer leurs défauts. 

La fonte sera dure et fragile si elle offre une cassure blanche 
etlamelleuse, d'une couleur d'étain ou d'argent. 

Quand la cassure offre une surface presque unie, d'une cou- 
leur moins blanche et truitée , elle est dure et cassante , quoi* 
que moin§ que la précédente. 

Lorsque la surface supérieure du gueuset est criblée de pi- 
tres , il est à peu près cei-tain que la fonte sera dure après la 
fusion , de même que s'U existe des cavités et de profondes dé-* 
pressions. 

£n détachant avec un marteau (pielques parties minces d'une 
gueuse qui présenterait l'apparence générale d'une bonne fonte, 
et que ces parties brisées présentent une cassure blanche^ la 
fonte sera également dure après la fusion. 

^ne foute très riche çn carbonç et tr^^ douce ; ainâ qu'une 
T» ao 



ont6 aigre et dure se cassent J(acilement; la fonte d une qualité 
moyenne résista davantage. 

t<à fôntê aduce et cassante devient souvent plus résistante 
après la fusion, sans que sa douceur soit très altérée. 

lia fonte rësistanie avant la nisibh • èi qui conserve sa dou- 
ceur après avoir ete fondue, conserve sa résistante et même en 
acquiert davantage. 

Fourneaux. — Lorsqu'on tèfoticl la JTonte pour lé moulage, 
elle est exposée à une altération plu3 ou moins profondje par 
rafferiàge qu'elle subit; pour révitéf autant cnîè. possible, il 
faut qu'elle soit liquéneâ le plus rapidéiHent possimel et qu mie 
lois reunie sous lorme de nain, on évite de la laisser en contact 
avec lé veiit âes soiimets j le iouriieâù i la WiLKinson, employé 
ppuf cette opéptio.n , peut varier dans ses dimensions. Voici 
celtes qui ont oflert les melueufs résultât^ ^ iv(M. Calla père 
el' &iày Habiles fondeurs^ auxquels nous empruntons ces dé- 
tails: 4 

Hauteur 4çî^sqlça\içu<çul|urà,. i ^fiO 

I «^ àf^]s^ tuyère aurdes^us. da I4 sole ^ . 0'»,25 

Diamètre du fourneau 4 la partie inférieuire > O^fii 

— ^ ^la^y^rei p«;60 

— --) .. augueoUurdy (>^,50 
,1^ delabiise, 0»,57 

Le Tolume à'sdr intrôàdit par là iiiaciiinè éoùMante est de 
14 mètreà cubes pàr^mînute. 

* ï*ôur que là fonte soit rapîdeineht amendé à Tétât liquide, on 
^'emploie que des fragmens pesant'enviroh i tilogrammes ; par 
"céis réunions dé circonstances, la fonte est Âouce et très fluide. 
^ Moulés. — tJn .fourneau k là Wilkinson peut avoir de très 
'gtàndes dimensions. M. Bavé eh à fait récemment construire 
un qui a 18 pieds (6 mètres) de hauteur, et qui est susceptibk 
*âe fournir au moulage dès ^lus grosses pièces de fonte. 
'' tJné nouvelle fusion durcit la fonte, et l'espèce de trempe que 
*i*ette substance subit dans les moules froids et durs donne Deu 
à un effet analogue. On ne peut porter aucun remède à la pre- 
mière actiob ; pour la scconile, on a tenté de se seïvir de moul«* 



PONDEUR. iùt 

liauds ; mais ce procède, qui pourrait peut-être servir pour aé 
)etites pièces, est absolumeot impraticable pour de grandes , et. 
lans ^ous Les cas j^'incommode, dispendieux et d'un emploi dii-* 
icile .On trouverait souvent beçiucoy^p d'ayan.tage pour la rapiaitç 
lu travail, et même pour la main-d'qeuvre, à se servir de moulps 
SU fonte appelés ço<|uillesi mais les pièces que Ton y coule, éçvou- 
rant un rçifroidisseraent rapide, Reviennent dures, surtoqt à leur 
iurface : ce procédé n'e$t applicable qu à la confection de$ boui-^ 
iets et des bombes. C'est au moyen de.^able, aue ron bat hu- 
pidedans des caisses convenables, que, l'on prépare habituelle- 
ment les moides dans lesquels doit êt.ve coulée ïa fonte ; jes 
poules sonlt employas sans avoir été saches ç^n aprè,s qu'on le? a 
soumis à line assez forte chaleur. Le premier moulagf e?t dési- 
«lé sous le nom de sable vçrU le deuxième sera celui de séihle 
d'étuve. On croyait générajçment que l'huinidité, des jiuoiile$ 
devait tendre à durcir les piécea, de fonte , et , pjalgré le sur- 
croît de dépej;i$es qu'occasionne ladeisiccatioA) elle était tou|Q,^r» 
employée; depûis.a$sez loi^-tenips, en Angleterre ^ le^mou^agt 
€û sable ^ert était employé même jour. 4f5 pièces ti'^s cjéli-r 
cales; c'était un des objets sur lesquels U Spçiété ^'epç^i^rage^ 
ment avait pavticulièreïpent appe^^Fatt^ntjbn dçS) îon^eui;^^ 
et 1. un de ceux sur lequel la pratiguç a le miçux réponduj. 
MM. Calla, qui ont mçpté le prix propoç^ç^, fondent en $ablc 
Tert une multitude de pièces d'qrnemen^ cjpnune de inécaniqu^ 
quinçlaiissentriçn à désirer; Us ont çh^eçcb^oâmslç^njfm^ 
à expliquer le^ avantagea ($u sable yert sur le sable d'çjl,ijLY6$. 

le^r opi^wif paraît f9!^flé|î. . , .;. ., ,^ ; .^^. ; . ,^, ^ .,. .j^^ 

L'expérience a pnouv/s que, dans )e s^^le P^^iiXe\kp§^^^j^ 
lessurfa£çs. extérv^u^s étaient plu» ^^rs q^ej^an&lç sfib^e v^rt^ 
tandis que l'inver^^ deyr^ avoir^lie^ij si c'était ^.|';^]ifn|^it| .^yi 
moitié que la fox^ dut sa dureté f ^i^i$ 1^ sablç v^eft^qs, fra;!^ 
est beaucoup moins compacte et peut partager plju^ laçile^enjt 
la teinpérature de la fonte; tandis que le sable d'^tuve^ toujours 
très dui:, et à ^ne température p^u élevée au-dessus de. cei^e 
de L'atmosphère, agit sur la fonte à peu près comme lUi^e pierr^e 
froide. 

Si l'on n'avait pas à craindre d'empâter les formes des mou- 
les ^ on diminuerait le duixissement des smiaces en les recou*» 



308 PONDEUR. 

Trant d'une couclie épaisse de charbon de bois délayée et éten- 
due au pinceau, ou saupoudrée à la surface; msûs on ne peut 
employer ce moyen qu'avec précaution. 

Lorsaue la pièce à mouler est de formes obtuses, le durcis- 
sement de la surface devient peu sensible , mais les angles vifs 
et déliés deviennent toujours durs , quelle que soit la qualité 
"de la fonte employée. Pour leur rendre la douceur nécessaire, 
il faut les faire recuire douze heures dans du poussier de char- 
Ion ou même de coke ; mais si la fonte était naturellement 
aigre, ou Tétait devenue par des fusions répétées , la durée du 
recuit doit être d'autant plus prolongée que la surface durcie 
est plus épaisse, et dans tous les cas la température doit être 
aussi élevée que possible sans que la pièce puisse éprouver de 
déformation. 

Si le recuit ne doit durer que quelques heures, il suffit de 
placer la boîte qui renferme les pièces dans un fourneau cou- 
Vert, construit en briques réfractaires, dont les dimensions ho- 
lûzontales n'exbèdent pas de 2 décimètres au plus celles de la 
î)oîte, etde 20 à 30 centimètres sa hauteur; la grille occupe 
toute la partie inférieure; on place dessus un lit de petit bois 
et un autre de coke de 7 à 8 centimètres , par-dessus lequel on 
pose la boîte, soutenue par plusieurs -supports solides ; on rem- 
plit le reste du fourneau de coke de grosseur convenable, et on 
le recouvre avec une plaque de fonte percée de trous, que l'on 
ouvre à volonté pour donner au feu l'activité convenable; on 
laisse le combustible se consumer peu à peu, et quand la com- 
})Ustion en est presque achevée , on ferme les ouvertures de la 
plaque pour amener par degré le refroidissement à une tempé- 
^ture inférieure à celle qui colore le fer poli. 
• Quand le recuit doit être prolongé au-delà de douze heures, 
ou si les boîtes sont d'une grande dimension , il faut se servir 
d'un four à réverbère, dans lequel oh a disposé une cavité d'une 
dlmensidn un peu plus Considérable que celle de la boîte. 

Les boîtes à recuire sont en fonte ; pour qu'elles durent plus 
long-temps, il fout que leurs surfaces soient rugueuses et en- 
duites d'un lut de sable et d'argile. 

JeU et niassdottes. «^ Les jets sont destinés à fournir aux 



FONDEUR. «y# 

aoules la fonte qui doit les remplir; ils doivent être disposés 
le manière à ne pas les dégrader. 

Quand les pièces ont peu d'étendue relativement à leur masse, 
m place la coulée à côté du vide laissé par le modèle , et 
m ouvre une branche de communication horizontale. 

Il est impossible de déterminer d'une manière absolue les 
limensions des coulées principales et des jets de communica- 
ilon ; leur volume doit être tel que le métal arrive facilement 
ians toutes les parties du moule ; mais on doit le réduire à 
son minimum à l'endroit où les jets viennent toucher les pièces, 
pour qu'il soit facile de les détacher. 

Lorsque les pièces ont une grande étendue et peu d'é-* 
paisseur, la disposition des jets exige des précautions particU"- 
lieras. \ * 

Pour que la fonte parvienne promptement et abondamment 
dans tous les contours^ eUe doit trouver une large issue; mais 
le peu d'épaisseur de la pièce obligeant à diminuer autant que 
possible la dimension des jets qui l'alimentent , il faut , pour 
satisfaire à ces deux conditions opposées, creuser dans le moule, 
parallèlement au bord de la pièce , un canal d'une profondeur 
suffisante pour que la fonte ne puisse s'y solidifier, et pratiquer 
entre lui et le bord de la pièce un grand nombre de très petites 
communications; et si une seule coulée ne suffit pas, on en pra* 
tiquera deux, trois, ou un plus. grand nombre, dans lesquelles 
on versera la fonte avec autant de poches. 

Dans les pièces que l'on coule en sable vert et dont le vo- 
lume est considérable, surtout quand leur hauteur est assez 
grande, il faut rendre le moule plus compacte, particulièrement 
(ians les parties inférieures, on se sert pour cela d'un moyen qui 
est toujours bon dans tous les cas, mais qui dans celui-ci est in- 
dispensable et qui consiste à percer des ouvertures dans la pro- 
fondeur du sable, jusqu'à la surface du modèle que l'on ne re- 
tire du moule qu'après cette opération , avec une broche très 
aiguë en fil de fer, ou d'acier, de 4"*" environ: ces ouvertures 
que Ton doit rendre très nombreuses sont trop petites pour 
laisser échapper la fonte , mais suffisantes pour procurer d'ex- 
cellens é vents , par lesquels les gaz s'échappent. On les ap- 
plique aussi aux gros noyaux en sable vert, pour cela on prati- 



^19 FONI)FU^. 

..que à la surface supérieure des noyaux une cavité queVou fait 
communiquer avec l'-extérieur du moule au moyen d'un éveat 
principal , et J'on dirige les piqûres de manière à ce qu'elles 
pénètrent toutes dans cette cavité. 

Lorsque les pièces ont une grande hauteur, l'introduction de 
)a fonte tend beaucoup plus à dégrader les moules; si le métal 
y parvenait par la partie supérieure cette dégradation serait 
inévitable, ou fait a^ors pénétrer la fonte par la partie infé- 
rieure. Dans cette coulée à la remonte , on pratique un ou plu- 
sieurs jets verticauifc de la hauteur du moule qui se rencontrent 
a sa partie inférieure et communiquent avec son intérieur; la 
fonte ne s'élève alor^ que graduellement dans le moule. 

Au lieii <)e placer les moules droits on peut les incliner, ce qui 
offre de grands avantages, quand la pièce présente <ie nom- 
J^reuses ramifications, ou une surface très étendue sous une 
>^ible épaisseur, et que relativement au peu de poids des pièces 
pxi par d'autres raisons, on ne coule pas à plusieurs poches ; 
si op cp.i^lait ces pièces dans une position horizontale, la fonte 
2^ourrait, |après avoir rempli une parti^ du vide, couler dam 
une autre direction, pendant qu'elle sç refroidirait dans les par- 
ties incomplètement remplies ; sur un plan incliné, cet incon- 
yénient ne peut se présenter. 

Quelque soin que î*on metto* à enlever de la surface de la 
fonte les scories qui s y trouvent au moment où on la coule , 
quelques grains peuvent être portés dans le moule, et s'arrêter 
^ur les surfaces; cet effet est surtout à craindre pour la couUt 
h la remonte^ dans laquelle des grains de ^able du moule peu- 
vent toujours être enlevés et transportés par l'ascension du 
métal dans les parties supérieurtjs ; mais une partie est suscep- 
tible de s'arrêter ; des soufflures peuvent aussi être produites 
par des bulles d'air ou de gaz qui séjournent dans quelques 
points. 

Parmi Jes pièces de fonte dont la coulée offre (îfts difficultés, 
on doit placer les cylindres de laminoirs, dont il est d'une très 
grande importance que toutes les parties soient également sai- 
nes. Les grains de sable enlevés au moule ou les fragmensde 
scories que la fonte entraîne avec e|le, sont susceptibles d'y pro- 
duire c^es altérations très graves ; op peut les éviter par une 



FONDEUR. 511 

lisposition particulière du jet, employée cjepuis peu 4e temps , 
!t qui ne s'applique utilement qu'à ce genre de pièces. 

C'est toujours à la remonte que l'on coule les laminoirs , les 
ets y amenant les fontes dans Taxe du moule , les grains de sa- 
3le ou les scories se déposent nécessairement en grande partie 
nir la surface extérieure pendant 1 ascension. En donnant aiî 
jet une direction tangente k la surface des cylindres, elle pénè- 
tre dans le moule, en produisant un mouvement de rotation qui 
nettoie le moule , et entraine nécessairement à la surface supé- 
rieure de ia fonte toutes les matières plus légères qu^elles , et 
qui parviennent ainsi facilement jusqu à la partie supérieure dé 
la masseloite : par ce moyen , on a détruit une deè causes les 
plus graves d altération des pièces, et si la fonte à la qualité et Je 
degré de cLaleur nécessaires pour ne pas produire de soufflures, 
on obtient des cylindres d une excellente confection. 

Les masselottes sont indispensable^ dans le moulag^e de toujtes 
les pièces dont la hauteur est considérable. Leur dimension va-* 
ne suivant la nature de la pièce; la fonte, cpmprimee par 
leur moyen , 3e nioule plus f xactemept > et acquiert plus de 
densité. 

Du sabla — Pour mouler en sable vert , il Èiut cbôisiir un 
^ble fin, sanç être impalpable , i^ui contienne assez 4'9i*gîljB 
pour que , mouillé au àegré convenable , il conserve la formjî 
(}u'on lui donne en le pressait dans ^a main , mais assez peii 
pour qu'un léger effort du doigt détruire cette forme. liC sable 
que Ton ne pourrait peloter dans la main , mais qui fuiiait 
sous la pression , serait trop maigre ; les moules ne pourraient 
conserver les impressions des modèles , et céderaient facilement 
sous le poids de la fonte; celui qui serait trop gras forme- 
rait une masse trop peii poreuse , que les gaz ne pourraient 
traverser, et il en résulterait des soufflures. ]Le sable de Fon- 
tenay-auii^-Roses « près P,ari$ , remplit complètement ces con- 
ûitions. 

Lorsque les jKnoules portent des noyaux en ^able^ celui dont 
on se sert doit être plus maigre 9 afin (jue les ^az. puissent fa- 
cilement se dégager quand le noyaii est entièrement enveloppé 
de foni^ ^ xn^if ^i ix'jt f9» b^oiûg^ d'êtr^ ;^us^i pii m mélpge 



312 FONBEDRJ 

à parties égales de sable de Belleville avec le précédent danne 
de ti'ès bons résultats. 

Le sable qui se trouve en contact immédiat avec les modèles 
doit être calciné ; on utilise avec beaucoup d'avantages pour 
cela la chaleur du four à la Wilckinson après la coulée ; on net- 
toie exactement la sole, qu'on recouvre de quelques paniers de 
sable , après avoir clos la coulée ; on le trouve le lendemain 
suffisamment calciné. Après l'avoir passé au tamis fin , on le 
mêle avec de la bouille en poudre ; on doit choisir un charbon 
peu bitumineux , qui doit être réduit en poudre impalpable : 
8*il était à gros grains, il rendrait la surface de la fonte rugueuse, 
et y déterminerait la formation de beaucoup de taches blan- 
ches ; la proportion en est d'autant moindre que les pièces sont 
plus minces : un vingt-deuxième de charbon suffit pour les piè- 
ces de moins de 5 millimètres d'épaisseur , un dix-huitième 
est nécessaire pour des pièces de 5 à 15 millimètres, celles de 
15 à 50 en demandent un quart; on humecte d'abord le sable 
mélangé, on l'écrase avec un rouleau de bois dur que Von ne 
fait pas tourner, jusc^u'à ce que le mélange soit parfait , et qae 
l'on n'y trouve plus de mottes. 

Pour remplir la capacité des châssis, un sable plus gros con- 
vient mieux ; celui de Montrouge est parfaitement convenable 
pour cet objet. 

Les pièces d'un très grand volume demandent un sable moins 
fusible ; on s'en procure un très bon avec parties égales du der- 
nier et de celui de Yiroflay. 

Du moulage. — On moule la fonte en terre , en sable d'étnve 
et en sable vert. 

Moulage en sable vert, — Le sable qui a servi à la confection 
des moules peut être employé à de nouvelles opérations ; on re- 
jette seulement celui qui touche immédiatement la fonte et qui 
a été trop fortement chauffé pour conserver de la consistance. 
On humecte le sable de manière à lui donner la consistance 
convenable (trop humide, il ferait bouillonner la fonte); on le 
bat , on le mêle à la pelle, et on le passe à un tamis métallique 
dont les mailles ont 1 centimètre. 

Les châssis sont ordinairement carrés, et formés de deuxpiè- 



FONDEUR. <1S 

ces. On leur donne ordinaii*ement une hauteur deux ou trois 
fois plus grande qu'à ceux employés pour le sable d'étuve , 
parce que le sable vert a moins de consistance, et à la partie su- 
périeure on place des barres de champ des deux tiers environ 
de la hauteur du châssis, et écartés de 10 à 15 ou de 15 à 20 cen- 
timètres, suivant la dimension des châssis. 

Oa place le modèle sur une planche d'une plus grande di- 
mension que celle du châssis ; on le saupoudre avec du sable 
ti'ès fia et bien sec, et on souffle sur le modèle, pour qu'il n'y 
en reste aucune portion, puis on recouvre la pièce entièrement 
de sable préparé, que Ton y fait tomber avec un tamis métal- 
lique, de 3 millimètres pour les petites pièces , et de 5 pour les 
glandes. On comprime avec les mains le sable sur tout le mo- 
dèle , et on remplit le châssis de sable ordinaire , que l'on bat 
avec un fouloir en fer, attaché à un long manche en bois. Le 
sable doit être d'autant plus dur que les pièces sont d'un plus 
grand volume. Quand le châssis est plein , on achève de le bat« 
tre avec un autre fouloir plat et large, pesant à peu près 3 kil.; 
on racle avec une règle ce qui excéderait les bords du châssis , 
et on saupoudre la surface avec du sable sec, puis on retourne 
le châssis. 

Au moyen d'une petite truelle en acier, on nettoie soigneu- 
sement toutes les arêtes du moule ; on affermit et on lisse la 
surface du moule , que l'on recouvre de sable lin et sec, dont 
on cliasse tout ce qui tomberait sur le modèle. Après avoir 
placé le châssis supérieur on dispose les coulées et les évents au 
moyen de morceaux de bois coniques ou pyramidaux, que l'on 
ajuste avec un peu de sable , et l'on remplit le second châssis 
comme; le premier. On pratique dans le moule un grand nom- 
bre de trous avec une pointe fine ; on retire les morceaux de 
bois qui garnissaient les jets et les évents , on évase l'ouver- 
verture avec le doigt, et on enlève le châssis supérieur ; on pra- 
tique dans l'inférieur des conduits, comme nous l'avons indiqué 
(page 309 ) , et au moyen de brodies de fer, vissées dans le mo- 
dèle et sur lesquelles on frappe avec un marteau , on l'ébranlé, 
et on l'enlève.^ On place ensuite le châssis supérieur, que l'on 
emplit de la même manière , et on l'enlève avec la grue pour 
'étirer aussi le modèle , comme précédemment. Ce démoulage 



314 FONDEUR* . 

exige beaucoup de soins ; la moindre négligence exige des répa- 
rations toujours difficiles et rarement bonnes. 

Au moyen d'un sachet en toile , on saupoudre la surface du 
moule de charbon de bois en poudre impalpable , et ron re- 
place le châssis supérieur, que l'on assujettit avec des poids/ou 
mieux au moyen de crampons en fer, serrés avec des çom$ en 
bois. 

Pour de très grandes pièces', dont les châssis ne pourraient 
être retournés, on remplit de sable le châssis inférieur, et on ; 
enfonce à plusieurs reprises le modèle , en frappant convena- 
blement; à cha(}ue fois que Ton enlève le modèle, on retire dn 
sable ou Ton en met ce qui est nécessaire , puis on saupoudre 
la surface d'un mélange de sable et de houille , et, après avoir 
placé le châssis supérieur, on y foule du sable. Quand Topéra- 
tion est achevée, on enlève avec la grue le cliâ&sis supérieur, que 
J'on replace après avoir retiré le modèle. 

Des noyaux. — On place facilemeùt les petits noyaux dans 
les moules, pourvu qu'ib présentent une seule saillie vers l'une 
des extrémités de l'ouverture que doit porter la pièce coulée; 
les noyaux , plus longs que la pièce , s'engagent; dans la saillie 
par une extrémité, et viennent butter contre le moule à l'autre; 
mais on ne peut de cette manière placer que les noyaux verti- 
caux ou ceux qui , dans une direction horizontale , ont un dia- 
mètre presque égal à leur longueur ; mais quand ils sont beau- 
coup plus longs, il faut les soutenir par les deux extrémités au 
moyen de deux portées. 

Tous les noyaux verticaux peuvent être faits en sable hu- 
mide, ils doivent seulement être percés d'une grande quantité 
de trous; les joyaux d'une grande dimension, horizontaux ou 
obliques , doivent être en terre séchée , parce que le poids du 
sable pourrait occasionner des dégradations dans le moule ^ 
aux points d'appui , et que la fonte ne les recouvrant pas im- 
médiatement dans toutes leurs parties, ib pourraient se défor- 
mer ou se détruire. 

Les noyaux longs et minces, et qui portent beaucoup de ra- 
mifications, doivent être fixés très solidement danç }es moules, 
pour éviter leur déplacement par la fonte ; on y parvient eu ^ 
servant de petites broches de fer terminées par une petite |da- 



FONDEUR. 315 

lue de tôle qui touche le noyau^ et qui excèdent la paroi inté- 
•ieiire de Vépaisseiir de la fonte. 

La fonte pénètre difficilement le sable; cependant, sans le 
mélange de la houille en poudre , elle pourrait quelquefois y 
adhérer. 

Moulage en sable ^éUive. — Les moules pour de grandes 
pièces se préparent comme nous l'avons indiqué; pour de pe- 
tites, on Jlambe la. surface en brûlant au-dessous de la résine , 
dont la flamme ne doit jamais toucher le moule ; Tépaisseur de 
la couche de noir de fumée ne doit ^ as être ^rop considérable j 
elle altérerait la pureté des formes. 

Les châssis, portés dans une étuve, y sont sédiés aussi forte- 
ment que possible. 

Des essais ont été faits pour remplacer le flambage par un 
mélange de calcaire bitumineux avec du sable ; pour les pièees 
très minces, ce moyen a réussi ; mais il n'est pas suffisant pour 
des objets de grandes dimensions. 

Moulage des modèles divisés ^ et châssis à tiroir^ "^ Sans 
remploi de ces moyens , on ne pourrait qu'avec beaucoup de 
difficultés, et par conséquent de frais, mouler en sable vert un 

grand nombre de pièces. 

Fig. 14^ Si Ton voulait mouler une colonne canne- 

ij^^^g^ 1^^9 ayant pour section la fig. 74, les deux par- 
ties du moule ne pourraient être séparées sans 
que le sable des cannelures a b soit dégradé par 
les angles saiUans b b\ qI pour retirer le mo- 
dèle de la partie inférieure du châssis , les mê- 
mes dégradations seraient produites par les angles d d sur les 
cannelures c d. 

^^S' 75. Lorsqu'on moule en sable d'étuve, on rem- 

plit les cannelures a by a b, c dy c d, fig. 75, 
de prismes en sable , ayant la forme ej"g h^ae 
qui s'appelle battre des piècei de rapport^ on 
se sert pour cela de sable asse^ consistant pom* 
acquérir beaucoup de sohdité quand on le bat 
à petite coups de maillet. On enlève l'un après 
Tautrè tous les prisnàes , et quand le mod^ 





816 FONDEUR. 

est eaU^ê , on let replace ea les fixant avec de l'empois on 
des broches de fer ou d'acier ; ce travail est long , difBùle et 
coûteux. 

Figf 76. Pour mouler en sable vert , ou emploie le 

moule fîg. 76 : on place la moitié du modèle 
sur une plancbe à mouler, et on opère comme 
nous Tarons dit précédemment ; le châssis re- 
tourné, on place la seconde partie du modèle, 
"■-- ^ et on acliève le moule; on enlève d'abord la 

1^ — - clef, la partie/, en la tirant dans la direction 

k i, et la partie m, en la tirant dans la direc- 
tion opposée. 

fig- 77. On peut encore éviter l'emploi des pièces 

de rapport et le séchage , en se servant de 
châssis à tiroirs, formés de trois pièces, ' 
l'ime supérieure t u, fig. 77; l'autre infé- 
rieure V ^ , et l'intermédiaire p q , divisées 
en deux parties qui peuvent se séparer. 

On place sur le sol la partie inférieure du 
châssis, et on y enfonce le modèle jusqu'en 
n ; on lisse la surface du sable , et on la saupoudre de sahU 
sec ; on ]ilace la partie p q , que l'on remplit jusqu'en r ;, et 
enfin la partie supérieure, que l'on remplit jusqu'en t u. Ponr 
démouler, on enlève la partie supérieure, puis, en les divisant, 
les pièces p q , et on retire le modèle. 

On conçoit facilement les modes de division des modèles, sui- 
vant la forme des pièces à mouler. 

Moulage en terre. — Le moulage en terre n'offre d'avantage, j 
pour ta plupart des pièces, que l'économie des modèles; plus 
cbers que le moulage en snble vert, il est chaque jour moins 
employé j il est toujours mis en usage pour de grandes pièces i 
noyaux , tels que les cylindres de machines à vapeurs , ou de 
machines soufflantes ; dans la plupart des autres cas on préfère, 
pour les pièces creuses et pouvant être tournées, mouler surnn 
modèle en cuivre. 

Pour préparer un moule en terre d'une grande dimensioD, 
on construit en brique le noyau de la pièce que l'on recouvre 
d'une couche de terre argileuse en poudre, délayée dans UM 



PONBEtJR. 317 

quantité suffisante d'eau pour qu'elle adhère facilement. Si la 
pièce est d'une faible dimension, on la tourne; dans le cas con<- 
traire, on lui donne les formes voulues au moyen d'un calibre^ 
^abariovL chahlonne ^ qui en présente la forme extérieure, et la 
pièce mobile sur un axe vient offrir successivement toutes ses sur- 
faces à la chablonnè. La terre diminuant de volume par la des« 
siccation, le retrait qu'elle éprouve doit être calculé, on l'évalue 
suivant la forme des pièces , mais généralement à 3 lignes envi- 
ron (6"*™,75) ; on porte à la même valeur le retrait de la fonte, 
de sorte que le noyau doit avoir une épaisseur de 6 lignes, envi- 
ron ( 13"»°", 6 ) plus forte que la pièce à obtenir. 

La dessiccation s'opère dans une étuve comme celle dont nous 
parlerons plus loin. 

On construit la partie creuse en briques, que l'on recouvre 
intérieurement d'une couche de terre de 15 à 20 centimètres; 
et on donne la forme voulue au moyen d'un calibre, fixé sur un 
plan horizontal, et mobile sur un axe. 

Si la pièce doit porter des ouvertures, on les réserve dans 
la confection des diverses parties du nioule, et si elle com- 
porte des parties saillantes, on les fixe au moyen de broches 
comme dans le moulage en sable. 

On dessèche la partie creuse en y introduisant un fourneau 
mobile que l'on peut élever ou abaisser à volonté, quand elle 
est assez desséchée, on y place le noyau, et l'on réserve les 
évents, jets et coulées, comme dans le moulage en sable. 

Pour mouler des pièces de petites dimensions, on fabrique 
d'abord un noyau que l'on recouvre d'une couche de terre de 
31 «centimètres que Ton tourne; quand elle est desséchée on l'en- 
duit avec un pinceau de charbon en poudre délayé dans l'eau, 
et par-dessus, on forme une nouvelle couche de terre de l'épais* 
S6ur que doit avoir la pièce : après avoir appliqué également 
un enduit de charbon, sur cette partie que l'on désigne sous le 
nom de chemise y on forme une dernière enveloppe ou manteau j 
<îui, étatit enlevée, 'permet de détruire la chemise, de sorte que 
les différentes pièces étant desséchées quand' on a placé le noyau 
<^ans le manteau, on obtient le moule complet, dans lequel on 
fait arriver la fonte à la manière ordinaire* 
^ Un sable argileux, fin et assez gras, peut servir avec avantage 



\ 



318 t'ONDEtrtl. 

poii^r cette préparation ; on ^e sert à Paris de Tune des var'iétéi 
de celui 4e Foatenay, qui doit être passé au tapiis^ pour en sé- 
parer les fragmens grpssiers qui s*y rencontrent souvent. 
. Qiiand les pièces, ont de grapdes dimensions enliauteuron 
prépare le n^oule dans une cavité coi^vfnableinent profonde, 
Çf.çusée, dans le sol de l'atelier, et dans laquelle on sèche la terre 
avec un fourneau mobile* 

JLe moulage en sable £étuvc se pratique à peu près comme 
ç^lui en. sa^le vert^ seulement le sable doit être plus maigre, et 
la pâte battue plu^ forten^ent: quand lef obâssi^ sont terminés, 
on porte les pièces à l'étuve, où, elles rejsteat jusqu'à parfaite 
dessiccation; la surface intérieure des moules est itecou verte d'une 
çoup]:^^ de ppnsif ou flamb^, bien eijitendu que^'on en réserve 
leâ^ jet^ef évents^.cpiiuiie d^ns les ^u^es méthodes. 
. Quelque soin que Iq ];nouleur pi^ssQ ^n^ployer dans la pré- 
paration des moules, quand on enlève }e modèlç, il en résulte 
|j[équemmeiit quelques détériorations qu^ l'on répare au moyen 
d'une petite truelle: si le sable ou la tejrrç n'avaient pas 
^é assez comprimés, les détérioiutions pourraient être assez 
graves, pour qu'il fut difficile de ramener le moule à des formes 
parfaiteinent régulières; d^ns ce cas, il faudrait replacer le 
modèle dans le moule ou réconimenceif le mpulage, 

L^ moules qui doivent êtrç séc^é^ sont placés dans une 
étuve, pour en dissiper toute l'humi^iféi ce qui ne peut avoir 
Ijieu qu'à une température assez élevée à cause de l'épaisseur de 
]la coi^che de sable et de terre, et de la difficile conductibilité de 
fe^ substances» 

, Les étuves sont le plus ordinairement chauffées par un foyer 
pratiqué dans )eur centre et dont les produits se dégagent dans 
jl'intérieur de la pièce qui est fermée au moyen de portes en 
tôle. 

p^ D'autres fois, une cheminée qui trayff^el'étuve, reçoit les pro- 
d.uits de la combustion (kl foyer; quaifd on fabrique du, coke dans 
jl^lbnderie, le fourneau qui sert à la calcination delà bouille est 
placé à côté de l'étuvQ, .les produits se dégagent dans celle-ci» 
qu'ils élèvent à une hsiute températurOi sans aucune dépende 
particulière de comb^stibU. 

ï^orsqu'il s'agit de fondre dça piècea dWe très grande di* 



to^bÉOft. 3ià 

fceiïsîdft, la ^àniUë cle là fonte provenant de plusieurs four- 
iiêaux à la Wilckinson serait quelquefois insufiSsaute ; on se 
sert alors H'tin foiir à révertère , chauffé à la touille , dans le- 
i}aei cil ^eiît {ilacèl' jusqu'à cinq à six mille kilô^^amines de 
fonte. 

La sole est légèrement inclinée du côté de la cl\eminée ; à son 
extrémité 6e trouve un bassin de réception pour la fonte ; ou 
charge à la fols dans le fourneau toute la quantité de fonte des- 
tinée à t'opératîbn, cassée en morceaux d'une longueur conve- 
nable. On en place une coucKe sur laquelle on superpose plu- 
sieurs autres alternativement perpendiculaires les unes aux 
autres, et qui, s*elevant jusqu'à la vofite, permettent à la flamme 
d'envelopper chaque morceau : on élève la température le plus 
rapidement possible, et dans l'espace de 5 heures environ, la 
fonte est liquéfiée ; des scories restent sur là sole avec une plus 
ou moins grande proportion de fonte en partie af&née, qui 
^orte lé nom de carcas^ lorsque la fonte est de Bonne nature, 
et l'opération tien conduite, le déchet ne s'élève qu'à 5 p. 100, 

Quand la fonte est entièrement réunie dans le bassin de ré- 
ception, on perce la coulée, et l'on fait arriver la fonte dans les 
moules convenablement disposés. 

Pour de très petites pièces, on fond quelquefois la fonte dans 
fles creusets ; maïs ce procédé , qui donne jusqu'à 18 p. lOO de 
déchet, à cause de la quantité considérable de matière qui ad- 
hère aux creusets, se ti^ouve de plus en plus abandonné. On n'y 
doit réellement avoir recours que dans un cas pressé ; sans cela, 
et quelque] petites que soient les pièces , quand on en a im as- 
sez grand nombre à couler à la fois , on peut se servir du pro* 
cédé que nous avons précédemment indiqué. 

Le moulage des pièces en cuivre , en bronze ou en laiton y 
s'exécute à peu de différence près comme celui des objets en 
fonte : on coule aussi ces métaux en sable d'étuve , en sable 
vert et en terre , qui exigent un battage plus ifort et plus pro- 
longé ; le bronze et le laiton attaquant plus fortement les mou- 
les que la fonte de fer, il est, dans beaucoup de cas, plus difficile 
de dépouiller les pièces. 

he métal est fondu dans des creusets pour des objets de 
moyennes éi dé petites dimensions ^ le fourneau à réverbère 



320 FONDEUR EN CAHAGTERSâ. 

TiesX employé que pour des pièces très yolumineuses; le fonri 
neau à soufflet ne pourrait être mis en usage^ parce que le con- 
tact du coke altérerait le métal. Nous donnerons quelques dé- 
tails sur la manière de mouler de grandes pièces à Fartide 
Statues et Mondmens en bronze. 

H. Gaultier de Claubrt. 

FONDEUR EN CARACTÈRES. (Jechnolo^c.)ljSk fonte do 
caractères d'imprimerie est le second des trois arts qui consth 
tuent Fart typographique dans son ensemble. L'ordre alphabé* 
tique nous force à renvoyer le premier, à l'article Grayedrex 
CARACTERES, ct le troisième à l'article Imprimeur en caractèess. 
Nous supposerons donc que le fondeur est en possession des 
poinçons exécutés par le graveur , et nous allons décrire suc- 
cessivement les diverses opérations de la fonderie, jusqu'au mo- 
ment où le caractère est livré à l'imprimeur. Nous ne préten- 
dons pas toutefois écrire ici un traité ex professa d'un art dont 
les détails sont aussi nombreux que délicats ; nous nous bo^D^ 
rons, pour les lecteurs étrangers à cette profession, à en «lëcrire 
rapidement les procédés généraux, de manière à leur en donner 
une Idée nette et précise ; mais en même temps nous, entrerons 
dans des développemens suffisamment étendus pour décrire 
certains procédés particuliers, consignés dans des brevets au- 
jourd'hui tombés^ans le domaine public, et qui, réunis pour la 
première fois , auront pour les gens de l'art l'avantage de leur 
faire embrasser d'un seul coup d'œil toutes les tentatives faites 
de nos jours pour perfectionner les procédés de la fonderie. Enfin, 
lorsque les borne;s qui nous sont imposées ne nous permettront 
pas d'entrer dans des détails circonstanciés , nous aurons soin, 
suivant la méthode' que nous avons adoptée dans les articles que 
nous fournissons à ce Dictionnaire , de renvoyer le lecteur aux 
sources mêmes où nous aurions pu les puiser. 

Le seul ouvrage auquel on puisse recourir avec quelque con- 
fiance pour étudier l'ensemble et les détails de l'art du fondeur 
en caractères, est le Manuel typographique de Fournier le jeune, 
publié en 1764. Les procédés qu'il y décrit avec autant de clarté 
et de précision que de méthode, sont encore , à peu de chose 
près, ceux qu'on emploie dans les fonderies les plus célèbres; 
et nous deyons ajouter que la plupart des tçntatiyçs faites pour 



FONPEUR EIV C ARAGTER^. 8|^ 

anger ces procédés, n'ont eu jusqu'à présent g^« pe^ ou- point * 
succès. C*est donc Fournier que nous allons suivre dans \i 
scription des procédés généraux, en abrégeant toutefois cç 
le certains détails auraient de trop.rpinMtieux, et en. fajsfint 
nnaître, à mesure que le sujet le comportera, les |^>odij^çah> 
)ns apportées depuis à quelques uns de ces procédés», \ . , , : 
Nous supposons donc le fondeur en possession des poinçqx^ 
lécutés par le graveur. Un poinçon se compose d'une tige d'à- ^ 
er, à l'une des extrémités de laquelle e$ti gravée en. reliejf et à 
envers la figure d'une lettre , d'un cLiffre, ou de l'un de^ sL*> 
nés employés dans l'impression typographique. Lorsqu'ils lui 
Qt été livrés sur commande , il est assez ordinaire qu'ils ne 
Dient pas trempés, parce que le graveur donne pat U au fou- 
eur la garantie qu'ils n'ont frappé aucune matrice, et que par 
onséqueut leur propriétaire sera exclusivement possesseur du 
aractère qu'il a fait graver, et dont il pourra vendre, si cela lui 
on vient, des matrices à ses confrères. Quelquefois aussi le gra- 
veur garde les poinçons pour lui, et vend les mat|!ice$ aux fon- 
leurs. Quoiqu'il en soit, le premier procédé que nous avons 
Uécilre est celui de la trempe des poinçons, qui se fait généra- 
lement chez les fondeurs eux-mêmes. 

Le procédé décrit par Fournier ne nous paraît pas remplir 
parfaitement le but. Il indique de placer dans un fourneau, 
rempli de charbon allumé, trois ou quatre poinçons à lafois, puis, 
quand ils ont acquis la couleur même du charbon, de les pren- 
dre un par un avec une pince , et de. les plonger , du côté de la 
lettre , dans l'eau froide au quart de leur hauteur, de les pro- 
mener ainsi un moment sur la surface de l'eau, puis de les 
plonger en entier. Après cette trempe , il décrit la manière de 
les faire revenir, c'est-à-dire do diminuer leur ti'op grai^de du- 
^elé, qui pourrait les faire casser lors de la frappe des matrices. 
^ procédé consiste à nettoyer un des côtés du poinçon près de 
«lettre, de manière qu'il reprenne son éclat métallique, p^is à 
placer le gros bout sur des charbons ardcns, en regardant bien 
^^tentivement la partie brillante du poinçon , et à le plonger 
dansTeau aussitôt que la partie nettoyée prend la couleur pe- 
*^re Q^ognon. Il indique encore un autre procédé plus com- 
'ûode, et qui consiste à faire revenu* le poinçon en le plongeant, 
y. "ai ' *' ' '^ 



/ 

I 



ili rÔNÛÉÙà EN CARACTÈRES. 

jôsqtt'i ce qu*il ait pris la couleur convenable, dans le mai 
ibndù, dont nous parlerons plus loin, et qui sert à la fonte mènJ 
9ks caràctèrei. 

Cette tretnpe, que 1*00 emploie encore dans beaucoup de fo» 
dèHes, pi^sente dé gravée inconvëniens dont le principal cofi*i 
siste en ce que Tacier des poinçons, élevé & line Laute teinpéi» 
tiii'é, reste en contact avec l'air atuiospliériquc, dont ToxigèDes 
^nkbinant avec le carbone de l'acier, décarbonise en parue ce- 
lui-ci et diminue sa propriété la plus précieuse, celle de sedoi^ 
lâi également par la trempe dans l'eau. Nous avons vu employer 
iàn prptèdé qui n'a pa^ cet inconvénient. Les poinçons sout rt» 
fermés dans une botte de fer , au milieu d'une masse de pous- 
Ifière de charbon. Le tout est mis dans un fourneau où on le lait 
fôtigtr ; puis lorsqu'on juge que la couleur qu'a prise la boîti 
est là bonne , on la retire et l'on renverse sou contenu dans os 
ican d'eau froide. II est nécessaire , dans ce cas, d'employer da 
âeaii ou un vase en bois ; car les poinçons tombant sur da mé- 
tal dans rétat de mollesse que la chaleur leur a donné , pour- 
iratent se déformer au point d'être entièrement perdus. 

Bien que par ce procédé on évite les plus graves inconvéDieu 
de l'ancien, il est loin d'être parfait; car rien, dans son emploi, oc 
l^ermet de contrôler exactement la température à laquelle les pouh 
çé'ns sont parvenus dans le fourneau avant la trempe. Laccultim 
^t'tls acquièrent dans le feu estTiudication dont on se scrtleplos 
ordÎAai rement; mais cette couleur n'est que relative, et variât 
pour la méAfie température , suivant Tiutensité de la lumière qui 
é&aite la chambre où l'on opère. Ainsi , si le soleil donne sur 
les poinçons, ils pourront être chauffés à un degré qui avoisio^ 
ràit celui de leur fusion , et cependant ne paraître que rouge* 
brun. L'obscurité la plus complète est le seul guide certain à cet 
égiitdy et le rouge-cerise la couleur la plus favorable à une 
}iôntie trempe, si les poinçons n'ont pa» une masse trop considé* 
fâbte'.^ette mélXode est celle que suivent les bons praticieos 
dans la coutellerie Gne, et permet d*avoir une trempe tonjoun 
^gale, 4ont on modifie ensuite la dureté par le ra^cnitj selon ra- 
sage qu'on doit faire de Tinstrument. Nous devons à l'obi igcance 
de M. Galle, notre célèbre graveur de médailles, le piocédi^siii' 
Vàntdotii ta longue expérience lui a garanti l'elficaciié. Il b^ 



FONDEUR EN CARACTÈRES. sH 

idrc datif un creuset, ou un vase de ui^lal ayant des dimen- 

inssuflisantos pour recevoir les pièces à tremper, une quantité 

plomb assez grande pour recouvrir ces pièces , et il produit 

os la pièce ou il opère l'obscurité la plus complète. Lorsque lé 

enset est arrivé à la couleur rouge-cerise, et presque au rougc-' 

inc pour les grosses pièces, il y plonge les pièces à tremper ; 

Mablenient recouvertes de noir de fumée, qui s'y est déposa 

fies plaçant au-dessus de la flamme d'une chandelle. Lorsque 

ipièces ont acquis la même température que le plomb, ce qul 

I tarde pas à avoir lieu , il les en retire , et les trempe en le 

togcant dans Teau fi oide. Leur chauffage dans le bain Ae 

iHub a pour but de donner aux pièces une température plui^ 

pie dans toutes leurs parties, et l'on évite par là une desgraà^ 

^causes de rupture ou de déformation dans les pièces trem- 
pes. 

h)rsqii'on a fiiit révenir les poinçons couleur pelure d'ognon, 
isont prêts à servir pour la frappo-des matrices, opération qoc^ 
ous allons décrire. Nous indiquerons toutefois auparavant / 
)uime moyen de conserver les poinçons sans altération par la 
Quille, de les tenir constamment plongés dans une eau Aé 
tiatii, ou seulement dans de la chaux éteinte, à laquelle otf 
tt^ève de temps en temps l'hinuidité qu'elle a pu absorber, éti 
I faisant chauffer sur un fourneau. On augmente encore les 
lances de conservation en' tenant le tout dans des boûe^ ber-î 
ïétiqnenierit fermées. 

l^s matrices sont de peths morceaux de cuivre de qamié à 
lï-hiit lignes de longueur, sur trois environ d'épaisseur, mai* 
oot !a largeur varie avec celle des lettres qu'on y frappe arecf 
» poinçons. Si les caractères à frapper* sont un peu gi^os, ott 
nt rernire le cuivre en le faisant rongii- au feu , et en le jetslnt 
nsuiie dans l'eau , opération qui produit sur lui un eifet coh»4 
faire à celui qu'elle produit sur l'acier , car elle rafiifïoHit \é 
***^'re, et permet aux* gros poinçons <fe s'enfoncer plu» facHe- 
"^cnt. Pour les petits caractères on laisse le cuivre dans son état 
"fciouissa(;e, et la matrice dure plus lon(;-temps, parce qtié t^é 
^res sont plus ressen-és. Oix pare ensuite une des faces de la? 
i^trlce I lia la liinaut successivement avec des limes dis phii 

At. 



y 



334 FONDEUR EN CARACTERES. 

plus douces , pour n'y laisser aucun trait, puis on y passe u 
brunissoir pour la polir. 

Quand le cuivre est ainsi paré, on trace, à trois lignes de Fui 
des bouts^ l'endroit où le poinçon doit être frappé. La frappt 
des matrices exige une gi*ande habitude çt beaucoup d'adresse. 
On place le morceau de cuivre devant soi sur un tas d'acia 
trempé, puis tenant le poinçon de la main gauche, on le pi» 
sente sur le cuivre en un point quelconque , mais qui n'est pJ 
celui où il doit être frappé; puis on prpduit une légère empreiDti 
|>ar un petit coup de masse. Cette empreinte indique iiumédiir 
tement si l'on tient le poinçon dans la position convenable, doi 
on s'assure successivement en frappant de semblables empreio 
rur divers points du cuivre, et en s'avançant chaque fois vers 
point où doit se (aire la frappe définitive. Là on l'cnfoDce 
coups de masse dans le cuivre, en le maintenant le plus pe 
d^culairement possible à la surface de celui-ci. La profoodeur 
laquelle on l'eulonce est d'environ une ligne pour les gros a- 
ractères, et d'un peu moins pour les petits. 

. hov&qn* une Jriippe de matrice est terminée , il s'agit de la /of 
tifier^ opération non moins délicate qu'importante et qui cofr 
siste à faire en sorte que le fond de i'œil de la lettre soit, poo^ 
tovitçs les matrices d'une même frappe , à la même profoodeni 
dans le cuivre et sur un plan parfaitement parallèle avecksui^ 
jEacfç,4ela matrice. Il faut encore, dans quelques cas^ quecett^ 
lettre soit exactement au milieu des deux grands côtés du mor^ 
çea]^ de cuivre , et pour toutes les matrices à la même distaac^ 
<tu ,b^ut de chaque morceau. Lorsque ces dernières condition^ 
sp^t; reinplies , on dit que les matrices sont justifiées à re^jlM^ 
arrél4; Aujourd'hui on se contente généralement de tenir ^ 
^^%éfi, de la lettre bicA parallèles avec les côtés de la matrice^ 
psir/Qe .que le moule esf disposé de manière à permettre d*y pl^l 
c«r l'ceil de la lettre dans la position convenable. i 

. La pcemière matrice qu'on justifie est celle de la lettre m^ 
dont la. profondeur devra servir d'étalon pour la profondeur o^ 
tf»ute^ les autres. Cette égalité de profondeur entre toutes les n^ 
t4*|cç^,,(l'où résultera l'égalité de hauteur 4e toutes les lettres, «s* 
<^ q^'/Qi^ appelle IçiAau/ei//* en pafficr, Çffij^ bornait. autrefotfi 



\ 



PONDEUR EN CARACTERES. 325 

our obtenir ce résultat, à limer d*abord la surface de la ma- 
^ce en conservant, à vue d'oeil, une égalité de profondeur 
assi exacte que possible pour toutes les parties de la lettre , 
tais OQ fondait trois lettres, trois mm ro, par exemple, pour la pre- 
lière matrice. Après les avoir frottés sur une pierre de grès ou 
ne Hme bien plane , oh enlevait le jet avec un canif, de ma- 
îère à former une échancrure qui permit aux deux côtés du 
fied de la' lettre de }ioser franchement sur un plan bien dressé. 
)n disposait ensuite ces trois m mm dans un calibhc mal formé 
k deux règles dé métal bien dressées, faisant entre elles un an- 
;le droit et solidement réunies à Tun des bouts par une autre 
Âèce de métal , oifraiit un plan bien perpendiculaire à chacun 
les plans des deux règles. Cela fait, on posait'sur Tœil <fes trois 
a m m une petite règle d'acier bien droite, appelée Jeion , et 
*oii regardait au jour si tous les points que couvrait le biseam 
lu jeton touchaient exactement celui-ci. Si cela* avait lieii, 
)n retournait la lettre du milieu , comme nous l'indiquons 
■ci mmriï ; puis plaçstnt de nouveau le jeton, on Regardait si 
^oas les points de la lettre du milieu touchaient en hiémè 
tempj qu'it reposait siir' lis deux autres lettres ; on plaçait en- 
mite les trois lettres dans cette position S S S» et '2'on 
fitsayaitdettouveau le jeton^ puis on retournait celle du milieu, 
6 3s ,'et i*on essayait encore. Lorsque dans ces diverses vérifi- 
cations on avait remarqué un point plus élevé o"* ks autres ,' 
e*était fitidîcation que la matrice était troji' prrtortde en cet' en- 
droit , '^ît ii*ree qu'elle avait été mal lïm^:> «oit parce que le 
poinçon avait été enfbnèé de travers. O* relimait donc la ima- 
frice, dahsles endroits convenables.^ ^"l'essayait dé nouveau 
trois lettrés par les mémè^ Aibye»^- ^ ^® quittait enfin la inaL" 
t«ce ijàé terà^ie les véi'ifics*^^^ avaient indiqué un parallé- 
lisme patikiVèntre le làpf^^ ** matrice 'et sa surfece , ou , en 
d'autres* termes , que ' ûiêmé parallélisme' existait éhlVe la sur- 
face de /œ/Aet ë>'^ ,^^ i^^^ ^e 1* lettre, dont nous allons dé- 
eriie la ftvm'-ï'Ouk- ètiileiix noiis faire comprendre. Une lettré , 
fti g^,<j f jp<>gràphîqucj eèt un parallélîpîpède d'un alliage de 
pi »ib , d'antimoine, et quelquefois d'étain. Sa longueur, dési- 
rée sxibs^të^nôm de hautéuyy est asscr généralement de dix li- 
pesct dâiiie ; sa lai^ettr;' déisiigiïée soiui le nom de corps, est 



m FONDEUR EN CARACTERES. 

déterminée par la grosseiir da caiacière , el son ppaiafBJ 
par la forme même de la lettre. Ainsi un m , > 
même earactèie ont la iiicmc hauteur, le iiiciiie corps, 
■aaa épaisseur dilTérente dé ter minée par \es diiDensiombl 
taies de la lettre. A l'une des extrémités du parallélipipj 
CtEil de In lettre , c'est-à-dire une lettre en rtlief proàù 
la matrice; l'autre extrémité, appelée le pied, est ta 
porte \ejet produit par la fonte; ce jet occupe, au va. 
t\ejs environ du corps de la Ittire j les deux autres liai, 
de chaque cùté, sont donnés par le niouli; , et , loi-squci 
(rice est bien justiQûc, sont parfaitement pai allèles au | 
l'tBJl; on casse le jet , mais cette cassure peut laisser d« 
Baillantes qui s'opposent ù ce que les deux tiers du p'uit 
par le moule reposent franctiement sur le fond du calibl 
c'est pour cela qu'il faut , dans les lettres d'essai , enlci 
un cRiiif la place occupée par le jet, en l'écrancrantaM 
ment pour être certain qu'il ne reste rieu dii jet. 

Mais revenons à la justificalion des uialrices. Nonsi 
t^Yçz quelle lenteur les procédés employés aiitrefoii | 
trient cette opération, qui ii'élait qu'un véiitable làtoni 
pu a clierelié i vérifier directement la matrice elle ii>c 
employant le moyen suivant, qui donnp une bien plni| 
approxii.iation <iue le simple coup d'œil. Il cuDsistedKl 
d'un jeton formé dune réj;le d'acier bien dressée 
ejt adaptée un., petite pointe qui fait saillie sur le bisoM 
règle. Cette poinu pc^t s'avancer ou se reculi 
petites vis de pression ^„i la firent à la grandeur voulw 
^bréger, ou se sert que^ugfoig d'une carte dont un 
bien droit , et dans laquelle -,„ „ p^ssé une aiguille qui 
Terse en deux points, et vient i»:|n,- gy,. j^ 1jq,.j de la a 
quantité dont la pointe dépa.we le-.^,.^i j^ j^i^,,, ^^ j,iy 
est celle de la profondeur qu'on veuv ^f^^^^^ ^ \^ iaa(ii(( 
conçoit que si l'on s'assure que la poiui toucW part* 
fond lie la matrice , sans que le jijlon qu la c.., \j^^^ 
f^ra certain d'avoir une matrice exacleuieut justibia^ 
lia^tçur en papier. 

Mais, d'un autre côté; il est assez di/Ticile de s'asiutci| 
pointe du îelOQ toucUe le foud de la matrice en i^fW*! 




FOI^KECE EN GARfCTï;^]^ ^tf 

[De le biseau dû premier repose sur la surface de la ^ecpiid^; 
t cette opération présente encore un tâtonnement qui. a- ^^- 
ent pour résultat de faire enlever trop d^ cuivre^si^r certaio^ 
•oints de la matrice • et d^amener le baIloMem|»nt du jetP^^^ 
}ans ce cas, il faut de toute nécessité re.^pe^^e le çç^in^f^n cjoi^ 
& matrice, et l'enfonce^ de pouveau ppHt*;rf[^^g](iec 1^ prQffn* 
leur perdue, opération délicate, et qui amène souyopt la pertf 
le la matrice, p<>ur pep que Ifî çqUîÇPp » ep desc^d^i^^ d^a }f 
reux, racle quelques particules de çuiv^^, qu^, r^foulé^ 1^ 
ODd, s*y attachent ^^abord , mais s'enlèyen^ bientôt pp^^int If 
onte , et laisse;nt ae petits trpus qi^i font n^ettyp l^ inalvice ^^ 
ebiit. Ou risque çn pp^v^ de, ^o^iLhCf c'^st-^^diç^de PÇ p^ 
aiiQ retomber exactepfient le poinçon à.la viêi^iç pj^çf^^flflfî^ l| 
)remière fois; et c'est ce qui ^v^'ive^ pp^r. peu qu'^ ^'éç^iYtç,! 
Uns un sens ou dan^ l'autre, dç la direçtipn perpeodicuJlf i^^ ai| 
)la[i de la loatrice. 

Ces inconvéniens disparaissent entièrement, ce nous. semblé, 
lans l emploi du jetou que nous allons decnre, ^t qui nçus a 
'té communiqué par Kt. Van den tioiîje, justiàeuf dé matricei 
lans là fonderie de IVlÂt. Laurent etSeberny. 

Fig. 78. ' 




neure^ sont en cuivve ; la lame mterujiurè est en aciei, çi lowc 
le biseau au jeton indiqué yai Içs lettres ^ F. U\X^ ^^i^^ 



m FONDEUR EN CARACTERES. 

êîèf eisf êvldee et laisse entfe les deux lames de cuirre une ca- 
vité L'LVï'epréscntcé par les lignes ponctuées extérieures. ÏUe 
fe^t' en outre coupée transversalement pour recevoir les deui| 
pîèVeà G* et J , qui peuvent glisser facilement entre les deux 
la^nics 3e cuivre et entre les bords séparés de la lame d'acier. 
"'•Lâ'^ièÉe G porte'à ôôn extrémité îpférieure une pointe H, 
&\t'bh peut* changer à voïoiité, .«iuivani'la giosseur du caractère, 
et scVn e}(tr'émité supérieiifè porte un'renHemeht ou une tète qui, 
ftlsàiit' ^ilire des deiix irrités dû jetonV'dâns une ouverture pra- 
fiqlîêe â'tt-àvers les deux lames de cui* vrè, ne ïùi permettrait pas de 
fiWvtii'flîe la cavité dans laquelle elle est'logée. Enfin cette tête e^t 
triVéi'sée^aY un petit rassort O O très^ flexible , à cause de 
ià griahdè Irfngiïeur , et' dont lés extrémités [sont fixées au haut 
de là cavité ïi E/Lâi jiîècé J peut prendre 'dans la cavité uue po- 
âîtidn ^'tis' ou moins avancée vers la pibcé G ," et se fixe , dans h 
position choisie, au moven de la vis de pression R. On refile les 
tiioses dé manière que lors<]ue la pointe H touche le fond de 
la matrice à la profondeur requise, le biseau £ F portant exac- 
tement sur la surface' de. celle-ci. 1q bas du buttoir.J toudze 
exactement la tête de la pièce G; c'est dans cette position qu'on 
fixe le buttoir J. 

On conçoit maintenant que l'action da ressort 0, ten- 
dant toujo\irs à repousser la pointe H aurdelâ du bisfiauf F, 
cette pointe H touchera toujours le fond de la matrice, quellèque 
soit la profondeur de celle-ci. Mais, alors, pour tous les points 
ou cettQ profondeur sera trop grande, iVrestera.un intervalle à 
jour enftre la tête dé la pièce G , et le buttoir J ; cetiçterialle 
est représenté, un peu exagéré eh I. Or, tant qu'on VQirk jour 
à travers cet,intei\alle I, on est certain que la matrice est trop 
profonoe, et Ton est averti en même temps par la grandeur de 
cet intervalle de la quantité de cuivre à-enlever, de sorfe qu'on 
travailla presque à'coup sûr. , ~ — * " 

Gommç n serait quelquefois gênant de "présenter au joBren 
niême temps la matiice et le jeton , qui pourrait se déranger 
pendant le mouvement nécessaire pour faire cette vérification, 
M. Van den Houte a ajouté à son petit appareil la disposition re- 
présentée en IV^ et en N. M est un demi-tube soudé sur la pla- 
que extérieure , et dans léquel'se trouve une petite |)an'e wé- 



FONDEUR EN CABÂCTÈRis. 329 

lallique, terminée, à son extrémité la plus basse, par une pe- 
tite boule qu'un étranglement du demi-tube empêche de sortir. 
Celte barre est terminée en Npar une lêté un peu saillante, et 
qui laisse un petit intervalle entre elle et la plaque de quivre 
ABC D; enfin un petit ressort placé sous la barre, et repré- 
senté en P, en lignes ponctuées., tient la tête N constam* 
ment écartée dé la plaque A B G D. Si maintenant, lorsqu'on a 
posé la pointé H isur un point quelconque du fond de la ma* 
trice, on veut reconnaître la quantité de cuivre à enlever pour 
amener ce point à la profondeur voulue, on appuie le pouce sur 
la tête N, le petit ressort cède, et la barre intérieure appuyant 
sur la pièce G, la maintient dans la position que lui a donnée le 
point dû fond de la matrice touché par la pointe; et, présentant 
alors le jeton au jour, sans déranger le pouce fie dessus la tête 
N,on peut reconnaître à la grandeur de l'intervalle I, la quan» 
tité de cuivre qu'il faut encore enlever. Ce jeton abrège singu- 
lièrement le travail de la justification des matrices pour la liau- 
teur en papier ; mais il ne dispense pas toutefois de la nécessité 
de foudre plusieurs lettres, pour a'assiirer plus .rigoureusemieiit 
encore de l'exactitude delà justification. 

Nous avon3 vu plus haut que l'on commençait la. justification 
des matrices par le m. Lorsque l'on s'est a^uré de l'exacti^tude 
de la justification de cette matrice , on jgarde soigneus(?nxentlejs| 
trois m m m qu'on a reconnus bons , et on les fait servir à la 
vérification des aptres lettres qu'ofi pla^çe. entre eux <^^n9^,1;9JUj| 
les sens , pour s'assurer qu'elles ont eif^açt^m^ent la ipêif^e bliu* 
teur. 

Mais la hauteur eu papier n'est pas le scpl point e^ei^^çl » ^t 
Ton ne doit quitter unç matricp que lorsque la ligne et jlfpçvp- 
die ont également été reconnqes cpnn^s , si 1'^ ji^stijSeîà jnegiV- 
tre arrêté. Après s'être assuré de la hauteur </ï papier^ il faut 
regarder si la letti*e mise entre les m m ift s alit^ne bien avec 
eux. Si lebas de cette lettre saille au-dessous du bas desmmm • 
on dit qu'elle descend en lisne^ ou simplement qu'elle descend* 
Ou y remédie en enlevant une quantité suffis^^ite ,4e çu^vr^ au 
bout de la matrice. Si. au contraire le haut de la lettre essayée 
dépaise le hap;^ àv? m m.m ,. qn 4^,9,\l>Uç /'«c^?^/? ^n ifgnç., ^.oi^ 
simpieinent qu'elle monlc. On y remédie par quelques coups 



II3IP FCBTOÉCTl EN CÂRACTtHIS. 

de marteau frappés sur les côtés de la matrice pour ra11on{j;crf 
Toutçs les lettres doivent avoir entre 'elles exactement la 
même distance, c'est ce que l'on nomme Vapproche. 11 faut 
donc encore s'assurer si la lettre essayée a la même approche 
avec les m m m , q^e ceux-ci ont entre eux , et âter du cuivre 
à la matrice du côté où cette approche est trop considérable. Il 
faut en outre s assurer si lalettre ne pençlie pas à droite on à 
gaucli<(, lorsque c'est un caractère romain qu ou justifie^ et si la 
pente k droite est bit^n la m éiue poti r toutes les lettres^ lorsq ue c'est 
un caractère italtaucÙn remédie aux défauts reconnus, soitaTce 
la lime , pour ôter du cuiyre du côté a celui oppose ou la lettrç 
penclie trop; soit avec le marteau , pour en amener de ce côté lors- 
qu'on dérangerait Vappçoclie par Veille vement ducpivre. Toute^ 
lots, avant la vériRcation faite au i^ioyen de la fonte, on se sert, 
poiir appVocuer le plus "possible de la ligne ei de Vapproche^ de 




ces de /igne et d approche. 

^ iToùtefoîs la justification de la liffr^e et de Vapprpche ne se 

- le travail dr 




qui 

§il'6n à presque partout renoncé à justifier èk, registre arrêté. 
Uàpproàhe et là ligne sMbf lepnent au moyen des, regi^itrej du 
Ihôolê et dé éori heitrioih. Les registres Boni deux pièces du 
môuleqtii pfës^énl Id matrice sur les côtes, et qui, pouvant se 
fixer au moyen de vis de pression aux points convenable^, per* 
hletfent de dôtitièi*Tâ/?/?rdc//e en fa'isàiit avancer la matrice 
dâhs iih'èeris ou dans ï'autrêl Lé hciirioir est une autre pièce 
conti*é lâduelle butte le bout de lâ matrice, et dont là position, 
Variabre a volonté, 'périnèl de, régler lai //V/îtf. 

liôrkque iés matrices sont justifiées,' la dernière opération 
btl éllé^' stibissent consiste a les parc/', pour cela qix pratique 
tliie entaille^ ou un trou.quanala matrice est grosse, en-dessous, 
tià-à-Vié 1 <èil dé la lettre'. tJ est ce qu on (ippelle le taiofji tfe la 
thath'ce. Cë'talôn sert à retenir le bbût'de Vài;chcij ai^ moyen 
ftiquèl îk m^iiièè est àt)î>Â!yéé eôàtré lé lâôûlè. Un fait éîiiùiti 



T petits crans en-dessus et en-dessous, aq baut dc U XDatrice« 
d'ans servent à la fixer au moyen d*un fil , après un petit 
ceau de peau appelé attache y et qui est lui-même coll^ 
s le moule. 

près la justification des matrices^ nous décrirons ropér^tioi^ 
X fonte qui n'est pas moins importante, 
ous nous occuperons d*abord du métal employé, et qui 9C| 
tposeàe plomb y A^ antimoine ^ et quelquefois à^étain. |je$pro^ 
vions varient smvant la 'dureté' qu'on veut donner ^u ca-* 
cre. Vantimoincy plus connu fl^ins les ateliers squ$ 1^ nqp^^ 
cgiiiej sert à durcir le plomb, et s'eipploie dans les propor-^ 
$ de 1 5 ù 25 pour 100 de plomb. On donne à cet alliage le noia 
latièrcyet l'on dit ui^e matière forte ou nue matière JçiHk^ $€• 
que le régule y est plus ou moins abonda rit. Les fondeurs soi<; 
uxfondentplusietirsroislamcmeinatiçreavantderesqiployer, 
:e que le iép,ule sç combine diflicilcment avec le plp^ib, ^% 
ane première fusion i^elesmetqu'à l'état de mélange,, ce qu'on 
Minait faclleinent à la cassure dans laquelle on vqlt dissémi* 
s des particules brillantes de régule qui ne s'est pas combiné., 
cassure (d'une bonne matière cîoit présenter un grain $frr^ e^ 
î comme celle du bon acier. LVtsaiu, ajouté en dose cpnven^t-^ 
doi^pe plqs de liant à la matière, et diminue le3 çlid^pces dt 
rture des lettres créne'eSy c'est-à-difc.des lettres dont çertai- 
îpirlies ne reposent pas cntièrem«uit §ur le çorp^ ^f Ift l^Ure, 
fopt saillie au- dehors, commq Iç.s^' italiques etpresqu^e tou- 
les lettres des caractères d'ccn^urç. 

Lorsqu'on s'e$t a^si^ré de la bonne qi^a^i té de la matière, on, 

casse par morceaux qu'on met fondre dana un vase en fonte 

|er, appela crçuset , placé sur un fourneau constri^^f exprès, et, 

'pi l intérieur est séparé par des cloisons fondues en ;^nqme. 

^ï'ps que le vase. L'intervalle entre 4^^ cloison^ appartient 4 

1 ouvrier fo^dei^r qjii se place devant, de sorte qu'aujtpi^r dii. 

iSine fouraea|:^ peuvent se placer cinq. ou six fpndefirs..pbacup» 

^"x a, sur sa gauche, un banc, au petite table dont mï> bout 

appuie îur le fourneau, et sur lequel il dépose ies.lq^re^à nje-j 

"'«qu'il les fond.. ' .. 

i^c moule doot il ce. jert se compose d'environ çipqu^f^te piè^ 

^4? fer ^UQ «Qwj jç d^Wfirox^? Jîointj ]|^xç ^]ie fl9Vi:ftd«€jri|i 



mi FONDEUR EN CARACTERES. 

tioh n'apprendrait rien aux gens du métier, et ne pourrait être 
comprise par d'autres qu^au moyen de nombreuses figures et 
de détails i'jitnutieux sans ihtéi et réel. Il nous suffira d,e dire 
qu'il se compose dt deux parties principales pouvant se séparer 
et se réunir , de manière à laisser entre elles un intervalle qui , 
rempli par la matière, donne une lettre avec son jet. La disposi- 
tion des pièces est' telle , que le corps de la lettre est toujours le 
foêmé , c'est-iA-dire que les parois qui le fornient sont toujours 
à la mente dîistahcè, tandis queVapproche et là ligne sont réglées, 
comme ndtis Ta vous dît, là J>remière par deux registres dont 
là position,' variable à Volonté, place l'œil de la matrice dans la 
position conxènahléèLunehoïitie approche, IjH Ughe^ au contraire, 
est réglée par le heurtoir^ contre lequel butte le bout de la ma- 
trice. ' 

- Celle-ci s'àttachié, aii moyen d'un petit morceau de peau, â 
l'une des parties du moule, et s'appliquecontre les deux |>artics 
réunies au moyen d'un archet en fil de fer , dont une extrémité 
est fixée au 'moule, et dont Taûtre faisant ressort , s'applique 
contre le talon de la matrice, qui ferme ainsi le bas du moule , 
dont le jet est à la partie supérieure. Enfin deux crochets en 
fer sont fixés chacun sur une des parties du moule, et servent à 
détacher la lettre de celui-d, lorsqu'elle y reste adhérente après 
la sépa!ràtî6À des deux parties principales. 

' Vôicicîotnfmênt rouyi^ier fondeur procède à là fonte. Lorsque la 
matière est '^iiffisamment liquida , il prend lès deux parties deson 
moule qu'il a mises chauffer siir le fourneau ; il les réunit, ensem- 
ble, et fixe là matrice èti déssôitis au moyen de l'archet; puis, tenant 
le moulé dé là màih gauche,' il' prend, avec'liï màiii droite, une 
quantité convenable dé matière dans une peiitè 'cuiller ide fer qui 
ordinairement contient exactement cette quàntïtéVpuiJs , rappro- 
chant du jet dumoiile, il Versé là matière dedans^ en «donnant aa 
moule une sbcbusse de bas éii haut, qui fordè lil matière à descen- 
dre jusque dans l'iDeildela Inatrice. La secousse doit être d'autant 
plus forte que le corps du îàractère est plus petit.' Pendant cette 
secousse , utié partie de la matière contenue dans le jet est pro- 
jetée audehors, ce qui exige , de la part de l'ouvrier, quelques 
pr*é(aiutioris'poûr ùe pas^ 'envoyer cette naatière'eîi fusion à la fi- 
gure 'de' 8esràtmaràâés/CIîa(|ùt ouvi^ier , âu sur^lub/ A son tic 



FONDEUR EN CARACTERES. i^ ' 

particulier pour donner au moule la secousse conv;en2iJ}le ; cf 
qui donne à une fonderie un peu considérable une apparence 
fort originale, lorsqu'on voit une centaine d'ouvriers se déine- 
ner d*une manière bizarre , en poussant à chaque lettre fondue - 
un cri gémissant qui achève de compléter le tableau. 

Lorsque l'ouvrier a fondu la première lettre d'une nouvelle 
matrice , il lnJroUe , enlève le jet avec un canif , et la plaçant 
entre les m m m, pris pour étalons , il vérifie si Vapproche, est 
exacte; si elle ne l'est pas, il fait varier la position de la matrice 
au moyen des registres du moule , jusqu'à ce qu'il ait reconnu 
q[ue rapproche ne laisse plus à rien à désirer. Il vérifie, égale- 
ment la ligne, et la rend régulière soit au moyen du heurtoir , 
soit en enlevant un peu de cuivre au bout de la matrice, soit en- 
fla en allongeant ce bout par quelques coups de marteau donnés 
avec discernement. 

Ce n'est que lorsque toutes ces vérifications sont faites que 
commence véritablement la fonte d'une lettre. L'ouvrier est 
encore obligé à plasieurs tâtonnemens pour parvenir à bien 
faire venir toutes les lettres; et il doit vérifier de temps en tem]^ 
les dernières lettres fondues, pour s'assurer que la fonte se con- 
tinue bien. C'est ainsi que, suivant le moule qu'il a en main, il 
doit jeter la matière par un des angles du jet plutôt que par 
les autres, donner la secousse plus ou moins vivement, employer 
une matière plus ou moins chaude, etc. 

Lorsque les lettres sont très grosses, il est impossible de donner 
de secousse au moule; on risquerait de brûler toutes les personnes 
de Tatelier , par la projection d'une grande quantité de matière 
fondue. On y remédie en saupoudrant la matrice avec de la pierre 
ponce très fine, enveloppée dans un npuet de mousseline. Mais 
c*est un procédé qu'il faut employer le moins possible , parce 
qu'il use rapidement les matrices , et que les arêtes des lettres 
sont beaucoup moins vives. 

Lorsque l'ouvrier a fondu toutes les lettres que devait don- 
ner la même matrice, il les visite, c'est-à-dire qu'en en prenant 
dans la main gauche une certaine quantité, le jet en bas , il 
examine avec attention s'il s'en trouve qui soient mal ve- 
nues; il rejette celles-ci, et complète le nombre demandé. 
. Ifes lettres ainsi fondues passent alors entre les mains des fem^^ 



iSl FONDEUR EN CARACTÈRES. 

mes, qui commencent par en rompre les jets, puis les frottant 
èbsuite sur une pierre de grès bien dressée, qui fait sur ces Ict— 
très l'effet d'une lime. Cette /rotferîe se fait sur les deux côtés 
)iar lesquels les lettres se joignent pour former les mots, et elle 
doit être faite avec assez d* habileté, pour que les plans de 
tes deux cAtés soient parfaitement parallèles entre eux. Pour 
t'en assurer, on en arrange une ou deux centaines, et quelque- 
fois plus , selon le caractère , le long d'un cottt^ostcur ^ iustiu- 
tnent formé d'une règle de bois de 18 à 20 pouces de long, avec 
iin rebord sur sa longueur, et à l'une de ses extrémités pour 
retenir les lettres. Si le parallélisme des côtés de chaque lettre 
n'esi pas exact, cela provient, ordinairement, de ce que lespiè- 
ieês dû moule se sont dilatées in 'gaiement parla chaleur pendant 
la fonte, ou même usées par le frottement souvent répété de la 
matière en fusion, ou enfin par celui des pièces les unes contre 
les autres. Alors les petites diflérences d'épaisseur qui peuvent ' 
exister entre le haut et le pied de la lettre , s'ajoutent les unes 
aux autres à mesiire que le nombre des lettres mises dans le 
touiposteur est plus grand ^ et le défaut de parallélisme devient 
tnfin sensible, quelque léger qu'il soit, en voyant la dernière 
lettre composée ne pas rester perpendiculaire au rebord da 
composteur, et pencher à droite ou à gauche. Une différence 
d'un centième de ligne dans le parallélisme se reconnaît facile- 
ment , puisque re])roduite cent , deux cents fois ou plus , il en 
résulte une inclinaison finale d'une ou deux lignes pour la der- 
nière lettre. Si la plus grande épaisseur est du côté de rcciV, on 
dit que les lettres vont en téte\ si elle est du côté du pied, on 
dit qu'elles vont en pied. 

On remédie à ces deux défauts par inj/oftene. La frottcwc, 
avertie que la lettre va en (éte^ appuie plus sur la tête de la let- 
tre l'un des deux doigts armés d'un morceau de peau qui lui 
fervent à pousser la lettre sur le grès. Si la lettre va en pird^ 
if est sur le pied que la frotteuse appuie davantage. Cette pins 
grande pre^^sion, exercée sur la partie de la lettre qui est trop 
épaisse, y détermine une usure plus grande de la part du grès , 
et rétablit ainsi le parallélisme des côtés. 

Les lettres crénées^ c'est à-dire celles qui saillent au-dehors 

Aif Ift tigei soie 4 droite, soit à gauch^i t«U«s qa« l<i/itatiftt«i 



FONDEURpSN CARACTÈRES. àS5 

m romains , et un assez grand nombre d'autres lettres ^ ne se 
jottènt pas du côté où elles crènèht. dn les ratisse avec une 
ame d'acier , en prenant la précaution de ne pas endommager 
a partie saillante, et de Févider convenablement par dessous , 
)our (qu'elle puisse anticiper sur la tige de la lettre voisine. 

Après la frouerie , on compose les lettrés, c'est-à-dire qu'oii 
ei arrange les unes à cûté des autres sur des coiiiposteiîrs, sein- 
ilables à celui que nous avons décrit plus haut, en ayant soin' 
le les placer toutes dans le même sens. H n'est pas nécessaire 
)Our cela de regarder Vœil de la lettre; yn cran venu à la fbntQ 
«trouve sur l'un des côtés de la tige, et l'on est certain, ea 
iiettautle cran toujours du même côté, sôit en-dessus, soit en<« 
lessous, sur le composteur, que l'œil de toutes les lettres aura là 
néine position. 

Lés letti'es composées sont portées au coupoir. Cet appareil se 
impose d'un établi solide, recouvert de deux plaques de métal 
placées Tune à côté de Tautre , et lais^nt entre elles un cer- 
!aia intervalle dont les bords sont parfaitement dressés. La 
)1aque de gauche est mobile, et peut se reculer ou s'avancer vers 
ielle de droite , au moyen d'une grosse vis de rappel placée 
i droite du meuble, et sur la tête de laquelle est un levier qui- 
sert à faire tourner la vis, que l'on désigne sous le nom de vii 
k corpsy parce qu'en effet elle permet de serrer la lettre dans 
e sens de Tépaisseur du co'ps. Une autre vis perpendiculaire 
'laprçmière est placée dans la direction de l'intervalle qui se-* 
>are les deux plaques, et s'appelle vis de lafrotterie. 

A cette machine s'adapte une pièce appelée le justifieur^ et qui 
« compose de deux pièces principales formées chacune de dcùi 
îarres de fer carrées d'une vingtaine de pouce de longueur, ei 
le 8 lignes environ de côté. A Tùne de ces barres, appelée la 
«èce de dessous , est adaptée une règle ou platine en fer , qui 
ait avec elle un retour d'équerfe dans toute sa longueur. EhOn, 
t Tune de ses extrémités, et faisant saillie sur la barre ei sur liai 
>latine, se trouve fixée, par aes vis, une petite lame de fer appe- 
ée la noix , et qui fait sur ta barre une éminence d'une épais- 
'eur un peu moindre que celle du caractère à couper On 
iange les noix selon la gi»osseur du caractère. Dans l'anglf 
>ormé i>ay la baire et la platine i et âauA toute là loiigUeuJP diK 



336 . F0NDH;IJ».EH CARACTERES. 

justîfieur , règne une petite rainure destinée à loger les accens 
ou les parties des lettres qui saillent hors du corps. EhGa , aux 
deux extrémités de la barre sont pratiquées deux mortaises qui 
reçoivent deux languettes fixées sur la pièce de dessus. Celle- 
ci est une barre semblable à la première, mais sans .platine, 
garnie d'une noix à l'une de ses extrémités, et portant deux laii* 
guettes qui entrent facilement dans les deux mortaises de la 
pièce de dessous. Les mortaises sont pbis longues que les lan- 
guettes ne sont larges, de sorte que la pièce de dessus peut pren- 
dre un mouvement d'arrière en avant , et réciproquement sur 
la pièce de dessous, tue Jus fifieur est une pièce extrêmement 
importante, et dont toutes les parties doivent être dressées avec 
Beaucoup de soin. 

Voici maintenant comment le coupeur procède. Placé devant 
le coupoiry ayant devant soi la vis de lafrotterie^ il prend de la 
main gaucbe un composteur garni de lettres , et d'un seul mou- 
vement il les fait tomber toutes, l'œil en bas, sur la piect de 
aessous qu'il tient de la main droite ; puis , passant cette pièce 
dans la main gaucbe , avec la droite il dispose les lettres de 
manière qu'elles soient bien perpendiculaires sur la platine. H 
lés couvre alors avec la pièce de dessus , dont il fait entrer les 
languettes dans les mortaises de la pièce de dessous de manière 
que les deux extrémités de la ligne des lettres soient en contact 
d'un bout avec la noix de la pièce de dessous^ et de l'autre avec 
celle de la pièce de dessus. Cela fait , il place \ejustifieureii\ii 
les deux plaques du coupoir, en faisant buter le bout le plus 
éloigné de la pièce de dessous contre un talon de fer qnilW 
pêclie de glisser dans le sens de sa longueur. L'extrémité la plus 
rapprochée de la pièce de dessus se trouve placée en face de la 
'vis de lafrotterie. On conçoit qu'en faisant tourner la l'W ^' 
cor/75 et la \^is de lafrotterie^ les lettres se trouveront serrées 
régulièrement dans le juslifieur, et ne pourront pas se déranger 
SQus Taction du rabot. 

Le ra}}0t du fonieur di(!ere du rabot du menuisier en ce que 
sa semelle^ au lieu d'être d'une seule pièce, se compose de deui 
lames de cuivre parallèles , pouvant se rapprocher ou s'écarter 
l'une de l'autre , et se fixer à la distance convenable au moyen 
de boulons à écrous. La distance qu'on laisse entre elles est celle 



POimEUK EN CARACTÏ»£S. HT 

de répaisseiir du coq)s du caractère à couper, de sorte que ee 
sont les lettres elles-mêmes qui servent de guide au rabot, doQt 
les deux semelles frottent contre elles et en même temps sur les 
deux barres ànjusttfieur, A l'extrémité la plus ëloîgnëe de cfa4h 
cune des semelles est une vis à tête plate qui la traverse entiè- 
rement. Enfin un fer 4^ forme convenable est monté, au moyen 
de deux vis de pression , entre les deux semelles. S'il y a trop 
de matière à couper t)our ^ue l'ouvrier puisse l'enlever d'un 
seul coup de rabot^ il fait saillir, en les tournant avec la main, 
par leur tête plate^ les vis.placé&t à l'extrémité des semelle% ce 
qui relève d'autant le rabçt et empêche le fer de prendre tropde 
matière à la fois à son premier passage; au second passage^ l'ouvrier 
détourne les vis pour abaisser 'le rabot et faire mordre le fer une 
seconde fois ; il répète cette; opération jusqu'il ce que les vis ne 
touchant plus les barres du fustifieur^ les semelles du rabot repo- 
sent à plat dessus^ et que le fér ne coupe plus de matière. Nou3 
avons vu que le couptu^ jptape d'abord la lettré Toeil en dessous 
dans \e justifieur s son but est de couper , en premier lieu ^ les 
parties de la cassure du jet qui pourraient, empêcher les le^fres 
de reposer franchement sur leur pied. Le fer. du rabot est 4Qnc 
placé bien au milieu du corps dç la lettre, et n'arque lalargeur con- 
venable poui* creuser une gouttière qui occupé environ le tiecs du 
corps de la lettre. Cela fait, le coupetù: desserre les deux^i;!^ âe 
corps et de la frotteriez enlève le justifieur^ désassemble cf^ 
deux pièces, et posant sur les lettres uîi composteur en bois , il 
lait faire au tout un demi-tour qui dispose les iety*es sur |e 
composteur de bois. Il retourne alors celùi-<;i de bout en bout . 
et, par un sèiîl mouvement, il replace les letti*es sur la pièce de 
dessous ; mais alors , au lieii d^avoir f œil en bas , elles Tout en 
haut. Replaçant ensuite la pièce de del^us, il' remet le justiéeur 
dans le coupoir.dont il serre les deux vis. Il pjrencL alors un au- 
tre rabot dont le fer est placé sur le côte, il enlève en talus'd'iin 
côté le bord du corj^s 'qui n'est point recouvert par la lettre , 
afin que cette partie ne marque point à l'impression; puis pre- 
nant un autre rabot dont le fer est également placé de côté, mais 
en sens inverse du premier , il enlève l'autre talus , si la lettre 
à couper est du iiombre de celles qu'on appelle courtes, comma 
les o, les e, les m, etc. ; quelquefois méine il se dispense c(iisé% 



'08 jraî^èèfi &r éAàACttÈïs. 




iâiUifhé 1^ p. les Q, te/g, étc.,^ it né (foûpe de tatu^ qu^au h3i{ 
flb'Ia'TétttÔ. Eûfiii lï né cpujpé 9]if.(ïàiï .tâui^ pour lés fettres U| 
i^e^ ^i' ôcéiip^Qt t^uêi U nàùCeiôr au côirjysi 
'^ Ë'ô^i'jttion qp*o^ tait ensuite sifËir àùi: caractères est cell 
'Xté^fypùrelj opération qui a ^our 6Ut de faire pour lé çoq}s m 
IBf lettre ié que fai/roûène k tait pour.Tapprocfie, £a effet, peih 
tiantiafQnte certaines parties du moule ont pu' varier q^ dmiea- 
illbâ^. âçit p2tr riisure. siQ|it par 1«1 mls^tiôn inégale de ses par* 
uë^y et ron conçoit que^sile corp^ ësjt plus épais ai| giédtqu'àli 
Wicy ^n récîproquemtsnt. i( en résuiteraft les mêmes ioconvé 
Inens que ceux que nous avon^ signales en parlant de làfrot- 

' ' 'On cnérclie donc 4 se. rendre coi^pté dû plus ou ipôins Je pa- 
rallélisme entre les' deux fac^s du corp^, ei^ composant ui 
lijDinbfè çutfisaut de lettk'es dans le setis indique ici, g £ 3 £ £ 
'b W^ ^^SâSWlâëSëi et' r<)n. examine si elUs dus- 
sent en pied ou en tête . afin de remédier au défaut reconnu. 

ge de lettres, 
également cb 

Uôis, * et nonuné cotfïposieiip aapprçè : puis, avec un couteau 
menanile, etdontl.e tranchant est ei^ limie droite, il racle, dans 
ioutè la Ibagueuv du coiiu>osU;ui;i Xç caractère sur ynp des face 
u corps, en ayant som d appuvçf dayanMlfii? sur u^ Mirtie quu 
a reconnue être la mus épaisse; ou u se iHirne à appuyer égale- 
ment partout, s'il a ceconnu que le coips est bien ég^l d'épais- 
seur ép pied cpmmç en tête. Gel^^ fait , il posç uq second corn- 
Jïosfeur d'apprêt sur Te. premier; puis, retournant le tout, il 
enlève celui qui a $ervi au premier appréij et laisse le caractère 
sur le nouveau composteur, pour recevoir V apprêt sur son au- 
tre face, et il opère de la ipeme manière. Replaçant alors dessus 

lé cb^pôstéur ordinaire sur tequel étaient d^abord les carad^ 
,.A2v5 v^X(^-«> ^TTiTlr 'J^iT^^ . ; • .' ^ i» «t^- 

vGly u les sàrre entre k» deux; et, {uresentant au jour iCB^?^ 



ttresy il les examine attentivement â la lôupe^ ^ur rejeta 
(lies qui auraient quelques défauts. 

Cette opération terminée , tes lettres sont misçs en ^ges ^'^ 
e avec une ficelté , ou simplement versées ^ans des côrhets , 
>rsqu*e1Ies nç doivept pas voyager, et sont prêtés à être Èvrées 
I imprimeur. 

Tel est le précis rapide des principales opérations dé ,Ia fôil- 
erie en caractères, opérations aussi miuiilietises que délicate^ , 
I dont nous n'avons pu que chercher ^ doni^er un aperçu ai^x 
lersonnes qui ne connaissent pas ces procédés, 
n nous reste maintenant une autre tâche à remplir, c'est celte de 
ignaler aux personnes du métier les procédés particuliers ima^i* 
lés par quelques nnsde leurs confrères, et dont le$ brevets expirés 
;ont aujoi^rd*hui dans le domaine public* L'espace qui nous est 
iccordé ne nous permettra pas d'entrer dans des détails l)ién 
ûrconstanciés, qui exigeraient en outre un grand non^bre de figu- 
res; mais nous essaierons de poser netten^ent le principe ^e 
chaque invention, et nous renverrons pour les détails aux t)re- 
?ets eux-mêmes publiés après leur expiration. 

Ifous terminerons enfin par la liste des brevets noh expif es , 
et qu'on peut consulter au ministère du Commerce. 

Nous suivrons Tordre chronologique dans la nomenclature 
des Inventions ou perfectionnemens dont nous allons nous oc- 
cuper. 

Le premier que nous signalerons remonte au 28 friniaire an p, 
et a expiré le 26 décembre 18(2. Il a pour but des frçitMés àe 
stéréotypie , inventés par M. Firmin ]bidot, et dont nous notts 
occuperons à ce même mot Nous en extrairons ici la toTmpOfi- 
tlon de son alliage, qui avait pour but de donner une grande 
dureté au caractère. Pour 10 kil. les proportions sont lés siii- 
Tantes : 

7 kU. de plomb. - '^ ' <- 

2 kl], d'antimoine. 

1 kil. d*un alliage d'étaîn et de cuivre dans les]^proportioAS 
de 9 dlûèmes d'étain, et de 1 dixième de cuivre. 

Nous croyoïis s.i voir que. postérieurement, Itt. Fhrmiu Ûidal 
s'est borné à mélsr le cuivre ti es divisé 1 ratllage de ptomb et 

ma. 



340 FONDEUR EN CARACTERES. 

d'antimoine 9 dont il obtenait la combinaison au moyen d*a!i| 
température très élevée. 

En 1804 , M. Vinçard imagina de fondre des syllabes au lii 
de lettres séparées, dans la pensée, sans doute, d'abréger le 
yail de la composition typographique. C'était, comme nous 
verrons au mot Imprimerie, faire reculer l'art au lieu de le fai 
avancer. Aussi ses caractères hamapolygrammatigites n'en 
rent-ils aucun succès. Son brevet n'indique au surplus aucn 
détail de procédé de fonderie. Il est publié tome III, page 63^ (k 
la Description des bre^'ets expirés. 

Le 1" mars 1805, M. Henri Didot prit un brevet, eipirci 
1^' mars 1815 , pour un moule à refouloir , dans lequel la ma- 
tière est chassée contre l'œil de la matrice, par une espèce de 
mouton que l'ouvrier laisse tomber sur le moule, qui est soi^ 
dément fixé sur un établi. Dans cette opération , la matière, 
versée d'abord dans une cavité où pénètre le bas du moutoo, 
est refoulée par lui dans une cavité latérale où elle pénètre ik 
bas en haut, et où elle prend la forme de la lettre. (Descripiùa 
des brevets expirés^ tome VI, page 37.) Nous verrons plus loii 
que .des brevets postérieurs ont modifié l'application de ce prio 
cipe. 

Le 16 mai 1806 , M, Firmin Didot prit un brevet , expiré k 
16 mai 1816, pour de nouveaux procédés relatifs à la gravure t 
â la fonte des caractères d'écriture. Son but principal est d'é 
ter que les joints des liaisons laissent entre eux de peti 
blancs, résultant généralement, dans ce genre de caractères, d 
l'arrondissement du bout de chaque liaison, sous l'effort de 
presse pendant l'impression ; enfin de supprimer le grand nom- 
bre de lettres crénées, que présentaient avant lui ces carac- 
tères 

Son principe consiste à donner au plan de la lettre, ou, si 
l'on veut, à la section horizontale du corps , la forme d'un lo- 
sange, dont les Jaces de la frotterie font avec \^ faces à 
corps j un angle en rapport avec la pente donnée au caractère 
d'écriture. Mais, comme l'inclinaison des faces de la frottene 
n'eût pas permis de serrer les lettres les unes contre les autres 
^ans les faire glisser, il imagina de placer sur une £Bice de la (roc- 



FONDEUR EN CARACTERES. 341 

ie une partie saillante, entrant exactement dans un creux 
tiqué sur l'autre face; d'où résulte l'impossibilité que les 
Lres puissent glisser les unes contre les autres. Enfin, pour 
mettre aux grandes liaisons une continuité sans laquelle le 
actère eût été défectueux, il décompose toutes les lettres qui en 
it susceptibles ; de sorte que les liaisons viennent se joindre , 
run angle très aigu, aux pleins avec lesquels elles se réunis- 
it parfaitement. 

Ce principe n'a subi, dans les fonderies où l'on en fait l'ap- 
[cation, que des modifications de détail sans importance. 
Le brevet de M. Firmin Didot est publié tomeYI, page 209. 
Le 18 septembre 1807, MM. Duplat et Boileau prirent un 
revêt ayant p()ur but principal la fabrication de caractères d'é- 
(ture propres à la typographie, et comme but accessoire la re- 
roduction des vignettes au moyen du clichage ; ils donnaient à 
Mrs caractères le nom de stéréocallilypoQraphùiucs,\jt\ix prin" 
Ipe consiste à composer des poinçons en relief en cuivre ou en 
cier, de manière à en former des syllabes dans lesquelles la 
aême lettre ne se répète pas ; à prendre ensuite, dans du ploml), 
me empreinte en creux de ces syllabes , pour avoir des matri- 
es qui se composent à leur tour entre elles , pour former des 
nets qu'on reproduit en relief au moyen du clichage. Nous par- 
erons du clichage au mot polytypage ou steeéottpie. 
Leur brevet est publié tome VI, page 358. 
Le 5 novembre 1812, M. Delalain prit un brevet, expiré le 5 
novembre 1817, pour des caractères de quatre lignes et demie 
ie hauteur, au lieu de dix lignes et demie qu'ont les caractères 
ordinaires. Chaque lettre porte sur la face du corps opposée à 
celle où est le cran , une saillie destinée à entrer dans le cran 
des lettres de la ligne suivante, d'où résulte une plus grande 
ioUdité de la page composée, dont aucune lettre ne peut se déta- 
cher isolément. L'insuccès de cette invention résulte probable^ 
ment de la difficulté qu'elle présente pour faire les correc- 
tions. 
Le brevet de M. Delalain est publié tomeVIII , page 144. 
Le 16 avril 1816, MM. Didot l'aîné etVibert prirent un bre- 
vet, expiré ie 16 avril 1828 , pour un moule propre à fondre à 
la fois plusieurs lettres indéterminément, soit l'alpliabet entier "y 



soit 1^1 jpbis gi9n4 nomhre de lettres. Leur principe coi^slstf^l 
dispos^ ^iaMS un même moule plusieurs cases séparées par ies 
cloisons ou blancs mobiles, qui servent k justifier Y approche de 
diaque lettre, l^a matière, j^u lieu d'être versée dans le uioule 
paur une cuiller, passe direç^ment du creuset dan« le moule où 
elle frrive par conséquent plus chaude ; ils déterminent en 
Qutrç l'iiitroduction de la matière dans toutes les pai'ties du 
moule , au moyen d'une pression exercée contre elle par une 
çsp^ de refoyloîr. 

Ce ^revet n'a pa^ encore été publié ; on pourra le consulter 
au dépôt du Conservatoire des arts et métiei^. 

^e ^ octobre 1813 , S(. !ReBri Bidot prit un brevet ^ per- 
fec^onncaneixt^ e^pir^ le 26 octobre l62^, pour un moule ^ re- 
fpi^oir^ pouvant fondre, «uivant la force des caractères, jus^ a 
^^J^es^iiifois. 

. {^e prpcipe 4^ ce perfectionnem^it à l'invention que M. Henri 
ipidot^yiE^ brçvetée en lâO$, consiste dan^ l'appUcation du re- 
fbuloir à la iConte d'un certain nombre 4^ lettres à la fois, et en 
c^ il reÀtre dans le principe du brevet Didot l'aîné et YiberL 
av^ cette diifér,ence toutefois, que les blancs oq cloisons qui se- 
parenjt cbaïque lettre ne sont pas mobiles, et que l'action du 
refouloir paraît avoir plus d'énergie. Quant au^ dispositions 
mécaniques einplpy ées, elles exigeraient trop de détails et de figu- 
res pour pouvoir être consignée» dans cet article. Ou pourra les 
Çpppidtrje en consultant le tome XVII du Recueil des brevets 
4'i(iyen{ion eoppirés^ page 129. 

jUe ^éx^oyembre 1815, M. AmbroiseFirmin Pidot prit un 
brevet d'importation, expiré le 29 novembre 1830, pour une 
mac^iijie propre ^ fondre les caractères- Dans cette machine dont 
les disposvitioqs sont extrêmement compliquées, le mouvement 
d/e r^tjitip^ continu d'une roue fait mouvoir des pistons qui, 
plç«igé^.4f"3LS le cre^s,ef, forcent 1^ matièi*e à pénétrer alternati- 
vei]aept 4^^ deux poules , d'où les lettres sont ensuite dé- 
tachées par le mécanisme lui-même, qui exécute toutes les fonc- 
tions j|éces|^es, et donne p«r conséquent deiqr lettres par tour 
diç noue. Çé brevet est pubUé tome 3|iXI, page 100. 
k ^ t ^^^ ^^9 ^' ^if'iiin Pidot prit uq brevet , expiré le 7 
pIM 1821^ pour un moule destiné au« c^actèrcs d'écritures» (t 



ans.lequçl, x>utre U forme losange du corpf de 1^ Ic^re^ il ob- 
eiit pour les Ie|.tr^ fortëni^'t crénees , jw renîoxf. jç^^ .qfiat|èrf 
ui diminue lés cliances dé luptui^e des partifîs jçU^làleU^e quî 
rillentjxors dû corps. 

Ce mbulp est décrjjt tome VIII, page 284. 

le 16 août 1822 , M. Segaux prit un brevet d'impprtatîpi) , 
xpiré le I61a6ût IjSST, pour' pn linoîiTe àpieri^ain '^^|i§'j^qu^ 
SI matrice est fixée par ^'n rqjSiSotjt s^t^* un Heurtoir a^uàiké au f e- 
fistrè de la pièce dé dessus. tJn mecanisn^e mu par i|a j^pj^tfm 
iitéi leur quVi^ presse'^ décbausse rœil de Jia* }etjt^e 4i| cr^J^jf. ^f^ 
a matrice, en X^isârit fàVè là bascula à çpti^ ^çf-^i|^r.e ijue •jtoa 
ressort ramène ensi^ite e^ pl^çe^ ^ap^\èsgiie le Ji^ei^'tpjiryPl'SUfési]^ 
la pièce de dessus, a décroclié la lettre qui tombé natm^çl^jeifQie^t 
mfôitot que l'oiiyrier ji }i» pm #J)t;r'pi|.v,^ Je m^j^^. ïi^éçulte 
de CCS deuxdisppsitipnsij^e rp^yrier||^5^çjb^^ 
parce qu'il çié dér^i^p jîp JL>rcJii^l; i^^ ^?'fHPW? W(l 

le pouce sur la i^Ûftce jpygti^r ^éçl^M^r ^ j^U^ ff^^ J9i>ri^ 

mouje enti^emejit, cp^'il^pi'eçf f qL8.p^l\il\gé^^^ 1^ ii)^^ç 

à sa placée e,t ij^e j-eprâcç^ Y^fifîjjfitpp^x \^ ;:f;t^*^ |^'^ j^i^ 

côté, le mpjileypiivra.^^ «Jroit .ç^sans irotfejpçç/t^ f^ve^oiff^^ 
jet à s'user , çt par cç WQJf ei» à ^pporjtqr .<kf ya^ip^ ^n^ jf| 
force de corps ^ dsLïïS y affpradie, etfi* ' • ' /.*'.> 

Il paralj^trçiit que Xç jïipçawsw^ Mitp'Àew;r ^d^ ^^^0 flièji 9k'^ 
pas décrit dài;i^ Je brey^jt^ ^sj: ^i]^^ttt)jlç f^^js^ 4kf^t^ VÈI'flh 
cilemen^ ce .ÇVV>ArftiM«ç)^)^é^ç»iat^d*^ 
Séries. * ' : ' ' ' • .01 

Ce brey^t ^^t JwbUé .toAçe ^y, pîjgç p^^ 

le 21 àêçeii^bre J[$25^ % i»^r juit yn J^f^yet ^e }fi i^i^, 
pour ies^nottlês,ypipço.as^lp^^ 4^^, JL^ 

Ser paraît avoir euppur î)iAt|)n\xç,^paJ jd^ ^|(pI:^^>^ U n^qc^il)^ 
de couper j^e, talus 4es lettres :^pç^s JlçtJRvtfPf fifx fei^ut ^.^^ 
que ce ta^lus fut iojftivê j^nifteç^^^^îl^t ^r ^ W*e ^Iç-fl^^j^p., 
Nous n'avp>^ pas ^ipprif ÇS^ç Us pj^çPfAép 4^M' MS^M^^^fîSl 
ae résultat, ^rpb(ibiemept pa^rçç jt\e Jtp^r .appl4C£|.(d0i;i .çijyt ,e^^ 
lecliang^^açpt^'uae^airtie çp93Ji4&:^% fflu^^ i^fgf7^ 

^^^ï'ies, et (jiiiJLe? »yftftt^^ gl^j^J{i^§ept,jc^i^|£>jtt'^qi^^ 



S44 . FONDEUR EN CARACTERES. 

compensé les frais de ce remplacement. Le brevet de M. Liëger, 
déchu le 28 février 1832, est publié tome XXTV, page 357. 

Le 2i5 avril 1829, RÏM. Marcellin Legraudet Plassan prirent 
un brevet de perfectionnement, expiré le 25 avril 1836, pour 
les procédés précédemment brevetés par M. Henri Didot , pro- 
cédés qui, après l'obtention des premiers brevets, avaient pris, 
dans la typographie, le nom de fonderie pofyamatype. 

Les perfectionremens de MM. Marcellin Legrand et Plassan 
ont pour but principal de rendre plus régulier le parallélisme 
des faces de la frotterie et du corps , qui , dans l'ancien pro- 
cédé , était souvent défectueux , et de permettre d'enlever , 
sans les fausser, les lettres du moule. Leur brevet n'est pas en- 
core publié. 

Ici se termine la nomenclature des brevets expirés sur la 
fonderie en caractères. Nous ne la terminerons pas sans faire 
quelques observations générales sur celles de ces inventions 
qui ont pour but la fonte simultanée d'un plus ou moins 
grand nombre de caractères. Nous avons vu, dans le cours de 
cet article, quelles précautions minutieuses exige la justifica- 
tion *des matrices pour obtenir la hauteur en papier, celles non 
moins importantes de l'arrangement du moule pour obtenir une 
ligne et une approche régulières. Nous avons enfin signalé la fa- 
cilité avec laquelle ces conditions essentielles disparaissent pen- 
dant le travail, soit comme résultat de l'usure des parties frot- 
tantes, soit comme résultat de la dilatation inégale*des diverses 
pièces du moule par son élévation de température. £h bien , 
toutes ces précautions, si souvent et si rapidement déconcertées, 
lorsqu'on fond les lettres une à une, ces conditions qui deman- 
dent tant de temps à rétablir lorsqu'elles ont disparu , il faut 
lés exécuter jusqu'à 180 fois pour chaque moule dans la fonde- 
rie polyamatype ; il faut les reproduire toutes les fois qu'un dé- 
rangement quelconque a lieu, et cela sous peine de fabriquer un 
caractère dont l'approche et la ligne ne seront pas supportables. 
Ajoutons que ces dérangemens sont nécessairement plus f réquens 
dans un moule multiple que dans le motile ordinaire, eu égard 
âla force avec laquelle la matière y pénètre sous l'action du re- 
foulpir ; et Ton ne sera pas étonné si l'approche et la ligne des 



FONDEUR EN CARACTÈRES. 345 

pactères polyamatypes sont si souvent défectueuses, et si, mal- 
é le bon inarclié de ces caractères, peu d'imprimeurs s*en ser- 
ont, excepté pour des ouvrages communs. Il est fâcheux qu'une 
lée aussi ingénieuse n'ait pas produit de meilleurs résultats; 
; peut-être ne serait-il pas impossible de remédier aux incon- 
éniens que nous venons de signaler, en employant, pour régu- 
triser V approche et la ligne devenues défectueuses, des moyens 
mécaniques d'une grande précision, et qui ne permettraient au- 
un tâtonnement. 

Les caractères polyamatypes présentent un autre défaut qui 
tarait inhérent à leur fabrication. Leur tige est presque toujours 
areuse, immédiatement sous l'œil de la lettre, de sorte qu'il est 
mpossible d'en couper le talus , sous peine de mettre au rebut 
ies trois quarts de la fonte, et que, pour éviter que les angles 
lu corps, non occupés par les lettres, marquent à l'impression, il 
faut donner à l'œil de la lettre beaucoup de relief, et par consé- 
quent une grande profondeur aux matrices. Enfin, et ce phéno- 
mène présente quelque chose de remarquable, l'œil de la lettre 
est heaucoup moins dur que le pied, et contient ime proportion 
moins grande d'antimoine. Il en résulte que la lettre casse fa- 
cilement vers le pied, et que les accens ou les parties crénées 
s'alTaiosent sous l'effort de la presse , tandis que le bas de la 
ti|;e rompt avec la plus grande facilité. Ces dernières circon- 
stances devront être encore l'objet des recherches spéciales des 
fondeurs, qui voudront perfectionner des procédés dont le prin- 
cipe est bon et utile, puisqu'il tend à diminuer considérable- 
ment les frais de la fabrication matérielle des livres ; mais 
qui , jusqu^'à présent, à notre connaissance du moins , n'a pas 
répondu à l'attente qu'on s'était plu à en concevoir. 

Nous allons maintenant donner la spécification de deux l)re- 
^ets non encore expirés , et qu'on peut consulter au ministère 
du commerce. 

30mars 1827. Brevet de 15 ans pris par MM. Ledoux et Hé- 

^^ n pour un nouveau système de fonderie de caractères mo- 
biles. 

29 septembre 1834. Brevet de 6 ans pris par M. Tuvé de 
Bordeaux, pour un procédé à l'aide duquel il reproduit, en mé^ 



/ 



3^ FODfppi^ 'W .GiiiAC7%9^ 

tal de (sa composition, des caractè^'es, £leuroaS| cjtc., 4t 
chine pi*opre à imprimer ces cai'actères. 

Nous terminerons cette liste des inventions on. perfectionne- 
mens dans la foute des caracXères, par Tindicatian des procédés 
pratiqués à TétraD^er , qw $XMtt p$u veqji^ à noti*^ fPtfrpjJW" 
sance. 

Le 23 octobre 180.6 , M. M'ihu WbUe ^ jLo^idrçâ.a prî# xuif 
patente pour un appareji,! au ^^oyen duquel au fk^^fç^éf»^ |# 
fois un certain nombre de caractères. Ce proc^4^ a ))^9$^o^ 
d'analogie avec ceux de la fojjkde^ie .poly.9^M|t9^yp^ U ^ Récrit 
dans le Bepertoij offirt^^ seconde série, ^ne XI, psfige ^7. 

Le 29 aA7Ûl }80C, M. B^erte prit à Londres ^^e {kal^ntp dbat 
le principe fondai^^^ntal ^s|; le suivant. Le f>a«^t^9ar <jUi ereiifct 
où se trouve la ^matbère fondue^ contiez ^n .ceH^ ij^^iiijbct 
d'ouvertuies feiinées par desp)aque$ i couli^fses, niaM^e^tHHij» M 
pjiace p;94* .de$ ressor.|.s ou des contrepoids. Les m'Ou^e^ awtf à^ 
posés de .manière fi pouvoir* s'adapter da«is ^es Mï^in^ coiiIm^ 
seaux. La plaque repo^&ée p^u: le luouile J^^ fojsi^ fKi«i«dl«9.«ft 
place. Lta matièj^e pé^èti^e alai*s dans le ««<Kii? t airec «ifie foixt 
proportipap«e]Jie à la li;iu,teu,r ^e son niyi^w ^a^i^ ]e .cureiiuiet, «u» 
si ToQ veut;, à la pression stai.ique d^ m^taLQn |^iH#iigH^Msaier 
cette pression, soitp^a^ ^n tuyoM placé sur ie oo^u^43rck jUcxxiié- 
tiquenxent fermé du creuset, el rempli ^galemeiH pMr ia mftr 
tière en fuslo^ , soit ei;^ lueitaint ce tuyau, ^i imî «onckciéfait 
alors que de iV'u*, eai^iômmunicaÛQu ^v^ m^ WAi'e ff^fUï»! 
dans lequel l'air se ti*x;uiveralt comprima pm* la prea^ioR lU^ 
t^iquç de T^u, Ce procédé est pul>ii£ daios la fnéiof i^um^ , 
page 167. ^ 

Le 15 avril ISOT, le mê^\e M. ]^erte priH à J^oip^rcs unea^ir 
tre pa^tent^ P9 w des procédés à lui commwai^itéa par ^a étmn- 
ger, et dans laquelle il répète mo( pour }fk&% le^ pi'oeédés décrits 
dans la patente de 1806 ; puis il y ajoute les indications ^u^ 
yantes : a^i lieu ^e pla^cer \es ouvertures 4h oireiïsel au*<iflsaMis 
du niveau de la 9iatlère, il hs place aunde^o», «I; ^fianufae 
l'introduction de cette matière dans les moules, au moyen d'ua 
pistou ipii^ pressant sur «lie dajis le creuset , la ioroe-â s'élever 
au-dessus de$ ^uv^itures. Le xaaule liii-«wmie ^mk lie« d'ittc 



FONDEUR EN CARACTÈBES; 8«T 

le deux pièces, en a quatre, et la lettre fondue peut s'en retirer, 
tu moyen de récartenient de ces pièces , sans enlever le utoule 
ie dessus les couUsseaux. Cette patente est publiée luénie vo- 
lUine, page 241. 

Le 3 octobre 1814 , M. Anibroise Firniin Didot prit à Lou« 
cires , pour caractères dVcritures , une patente qui n'est que la 
répétition exacte du brevet pris en France en lo^ù. Cette pa^ 
tente est publiée tome XXVIJ, page 14, du licptrto/y qfarCs^ 
seconde série. 

Le 5 août 1823, M. L. S. Poucbee prit à Londres une pa- 
tente d'importation, pour une invention dont la description re* 
produit les procédés de N. Henri Didot , avec cette diflerenoe 
que les dessins qui l^accoinpagnent et le texte sont beaucoup 
plus clairs que dans le brevet français. Cette patente est pu- 
bliée tome VU , page 125 du Lonclon journal ofeu-is , première 
série- 
Le 22 mat 1828, M. T. Aspinwal prit à Londres une patente 
d'importation, pour une maclnneau moyen de laquelle les dif- 
férentes parties du moule se meuvent mécaniquement , de ma- 
nière que l'ouvrier n'a d*aulres £unctions à remplir que de 
tourner une manivelle. Cette madiiue difl'ère ioutifois , par sa 
construction , de celle décrite dans le brevet A. Finnin Didot 
du 20 juillet lSi5. Elle est publiée dans le tome Y du LondoH 
journal o farts, seconde série, page 212. 

Tels sont les documens que nous ont procurées nos recber* 
ches sur la fonderie en caractères. L'espace qui nous a été ac* 
cordé ne nous a pas permis d'entrer dans tous les détails néces- 
saires pour faire appi^cier leur valeur. Mais le soin que nous 
avons pris d indiquer exactement les sources où nous les avons 
puisés , permettra aux personnes qui auraient intérêt à le faire , 
de recourir à ces mêmes documens , et de se rendre un compte 
plus exact des procédés qui y sont indiqués. Malgré les longues 
recherches auxquelles nous nous sommes livrés , nous n'avons 
pas la prétention d'avoir découvert tout ce qui a été publié sur 
cette matière. Celles -dont nous nous occu)>ons encore sur les 
autres brandies des arts typographiques pourront nous metti^ 
sur la voie des omissions involontaires que nous aurions pu 
commettre. Le motTriooAAraiE est encore à notre di^^position^ 



34d FONDOIRS DE SUIF. 

et nous nous proposons d'y publier les nouveaux renseignemens 
qui pourraient nous parvenir dans la suite. Boquillov. 

FONDOIRS DE SUIF. ( Administration. ) La fonte du suif 
est l'une des opérations qui présentent le plus d'incon véniens pour 
la salubrité y et le plus de danger d'incendie. La fonte du suif 
en branche , c'est-à-dire de la graisse des animaux encore garnie 
du tissu adipeux qui la renferme, et des membranes qui y sont 
adhérentes , est surtout infecte quand elle a lieu au moyen des 
anciens procédés , et l'autorité ne saurait prendre trop de pré- 
cautions pour que cette industrie ne s'exerce pas dans le voisi- 
nage des habitations, pour lesquelles elle serait une cause grave 
d'insalubrité. Ces établissemens sont d'ailleurs rangés , par le 
décret du 15 octobre 1810 , et par l'ordonnance royale du l4 
janvier 1815 , dans la première classe des ateliers dangereux , 
insalubres ou incommodes , et , par conséquent, ils ne peuvent 
exister qu'en vertu d'une ordonnance royale , et après l'accom- 
plissement de nombreuses formalités exigées par leS règlemens. 
Quant aux conditions générales qu'il convient de leur imposer, 
elles consistent à ne pas former de grands approvisionnemens 
de suif en branches ; à ne pas employer de suif brut en putré- 
faction et déjà attaqué par les vers ; à ne pas conserver pen- 
dant long>temps ni laisser couler sur la voie publique les ré- 
sidus de leurs opérations et les eaux de lavage de leurs ate- 
liers et de leurs ustensiles ; à tenir ces ateliers dans un état con- 
stant de propreté, et enfin à éviter avec soin toute cause d'in- 
cendie. 

A Paris , les suifs provenant des abats des bestiaux ou des dé- 
grais levés en ville ne peuvent être fondus que dans les abat- 
toirs généraux ; il est seulement permis aux bouchers de livi^er 
aux parfumeurs et aux pharmaciens les suifs des rognons et dé- 
grais de mouton. 

Les poêles établis dans les fondoirs des abattoirs ne peuvent 
être d'une contenance moindi*e de 1000 kilog. 

Il est défendu de mêler aucune matière étrangère dans les 
suifs fondus, et d'introduire dans les abattoirs aucune des ma- 
tières propres à cet usage. Il est également défendu de mêler 
dans la fonte des suifs des graisses de porc dites Jlambart y des 
gjiraisses vertes, et en général celles connues dans le commerce 



FONTAINE. 349 

sous la dénomination de petits suifs. En conséquence, l'intro- 
juction de toute matière propre à être mélangée avec le suif est 
expressément interdite dans les abattoirs et fondoirs. 

Les lumières doivent exclusivement être renfepnées dans des 
lanternes parfaitement closes et à réseau métallique. 

Les bouchers exploitent de préférence aux fondeurs les fou* 
deries établies dans les abattoirs généraux, et ils doivent acquit- 
ter le droit établi au profit de la ville pour la fonte du suif. 

Les fonderies de suif au bain-mairie ou à la vapeur sont loin 
de présenter les mêmes inconvéniens que celles dont nous ve- 
nons de parler ; et aussi elles n'appartiennent qu'à la seconde 
classe des établissemens insalubres. Il n'en est pas de même de 
la fonte des graisses à feu nu ; elle présente à peu près les 
mêmes inconvéniens que la fonte du suif en branches , et , 
par ces motifs , elle a été rangée dans la première classe des ate- 
liers insalubres par l'ordonnance royale du 31 mai 1833. 

£d général les industries qui emploient le suif comme ma- 
tière première exigent une surveillance particulière dans l'in- 
térêt de la salubrité et de la santé publique. A ce sujet, nous 
ne pouvons que recommander l'instruction dans laquelle 
M. d'Arcet a donné les moyens les plus propres à l'assainisse- 
ment des fondoirs de suif. Cette instruction , faite au nom du 
conseil de salubrité du département de la Seine , et approuvée 
par M. le préfet de police, est un véritable service rendu à Tin- 
dustrie , en même temps qu'elle permet maintenant à l'autorité 
de garantir le voisinage de ces ateliers des inconvéniens graves 
inliérens à leur exploitation. Ad. Taebuchet. 

FONDS, r. Effets publics , t. IV, p. 358. 
FONTAINE. {Technologie,) L'eau qui coule sur des terrains 
meubles, ou dans laquelle certaines substances solides , plus ou 
nioins divisées, se trouvent accidentellement entraînées, ne peut 
être employée aux usages domestiques sans avoir été filtrée ; les 
appareils les plus simples que Ton emploie à cet usage sont for- 
més d'un vase en terre cuite ou en grès, au fond duquel on a dis- 
posé , sur un disque de même substance, percé de petits trous , 
^ne couche de sable^ plus ou moins épaisse , destinée à retenir 
les matières qui troublaient la transparence de l'eau, et recou- 
verte d'un autre disque semblable. 



850 " HWTAflfE. 

De temps à autre , la concIic de sable doit être enlevée et la- 
vée avec soin , pour en séparer les dépôts , qui finiraient parla 
rendre impropi*e à l'usage auquel on la destine. 

Ou remplace souvent, dans réconomie domestique, les fon- 
taines sablées par des pierres poreuses , au travers desquelles 
Feau suinte , et dont la surface retient les matières que Veau 
eltftrriait avec elle : ces filtres de pierres exigent un curage as- 
sez fréquent, sans cela la couche supérieure se pénètre des par- 
ties terVeuses les plus divisées que T'eau renfermait, et la poro- 
sité s'en trouve sini>;ulièi'ement diminuée. 

Cailler a propose il y a plusieurs années, en. Angleterre, 
l'emploi d'une fontàin« séparée de trois cavités par deux dia- 
phragmes , dont le plus él^vc percé^ de trous pour diviser 
l'can en l'introduisant ; Pintervalle entre ces deux diaphragmes 
est reiiipli de tessons de terre cuite ; un tube en terre et sable 
crû ciiit àufourà poiicr,fait communiquer cette cavité avec trois 
cylindres 'de même composition, par le moyen desquels l'eau 
se l'end ensuite dans un réservoir, d'cfù. on peut Textraire par un 
robinet , et qui remplit à peu piès la moitié du diamètre de la 
cavité inférieure. Un autre robinet sert à extraire l'eau non pu- 
rifiée, qnand on vettt Vider la fontaine. 

n est indispensable de mimir le réservoir dans lequel Teau se 
réunit, d'un tnyan qui sVtève jusqu'aux rebords de la fontaiDC, 
afin' de donner issue à l'air, qui se trouverait comprimé parle 
poids de l'eau, et qui en empéclieiait l'accès dans cette capacité. 

ïilais connue les cours d'eau reçoivent une grande quantité 
de substances organiques, dont la décomposition est plus ou 
moins avancée, la GUration ne détruisant pas les caractères que 
l'eau peut leur devoir, il est nécessaire d'ajouter à ce moyen 
l'emploi de substances propres à lui ôter Todeur et la saveur 
désagréables que la décomposition y développe. 

Mous avons vu à l'article Charbon quel parti avantageux on 
peut tirer de son action sur les eaux fétides; mais nous devons 
rappeler en même temps que le charbon n'enlève que les gax 
provenant de l'altération des substances organiques, et non ces 
substances elles-mêmes, de sorte qu'après avoir été complète- 
ment désinfectée par le charbon, l'eau peut reprendre après im 
certain temps des propriétés semblables à celles qu'elle officait 



fôtrrjoifÊ. ssi 

dMêl^, pitte qlte les stibstànces' orjîànïqiics ^n'elle f enfevme 
NMr^f ^èuveminStf di^omposîtion. 

Bm (ttafaHC dltni inle (ôiilaiii*! qiii-Tconqtic, une coiiclie de 
«barbofrife bot« firpoiidre gfossièré,de 30 à 00 ccniimùtrt^s de 
htMPKr, «otre dettx cmicfies de sable i on peut obtenir im 
ffiHU^M Sltr«. 

Oit pMVéviler rrnconvénîcntqnirfeilltedefentÈveinent des 
preuiièrescoucliesde sable, tpie pénètre et obstrue bientôt le U- 
n<Mqite disposent Im eaux, en plaçant 3tr-dessiisuiidinpbr.-igiiie 
f«Mé4&iv«M (»sie«g>osqneron rèinpKtdoinorceanidVponjris*; 
le hatdo s'y «Wpwse, et comme il «st è%ii ëinemtiit facile de les 
tiàvfeiF^ 4e les bver à (uiid et de Tes remettre en place, un 
Htre qm ^n est gami peot servir pendant fieaacoup plus long- 
temps a»ns Être neiroyé a fond. 

ht cfaarbon ne joail pas iud^fii^itnent de la proprtrt^ d'as- 
winir l'eau, «près nn cerioin temps il est m'oessaîre de le le- 
îMovétev ; mais, à moins d'avoir alfairC à drs eaux tiiin cor- 
rompues, il pent serrir fiicileiiieni pendant plus de siiT mois; da 
Wsie Boa pilx peu élev^ permet de ne pas en lucnaj^er la 
«insonMiKKlon. 

On peot éviter d*iine antre maniëré Fenvaseménl dés con- 
tes supérieures des pieiTes fittrantcs ou du siMej Sn produi- 
nnt ta filtrutimi per aicriisiini. Porir etla, l'eau versée dnns 
«R r^ervoîr snp^lieur, descend dans une cavité placéi: iiifi-rieu- 
tvutt^Ht, et qjue s^paie de relie, dans laquelle elle doit se fiéunir 
»^ès S» fttttwion, Mne pierre filtionte, ou un filtre composé de 
cou«l)»9 àe sabh et de cbarhoii ; la pression de la colonne 
lU}ilkhefbrce l'eau à traverser le filtre et i s'élever dans le r^ser- 
foir à ITtaa fnVe; les nrbrtamces terreuses arlètées par le 'filtre 
s'en séparent facilement, et se piéctpitent au fond fia réservoir 
InWvïeor, d'où ou les extrait par le uioycu d'un robinet, ou 
ffim laiHpon plaeé à la imnie la plus basse. 

Il y a *J2ÊÊ^^ n]iiii-iw, tine fontaine de ce genre a été pré- 
sentée pAg^ , - la Socii'tc d'en cou i-agement; cette disposition 
bien .iiitévienreincnt on en avait construit 
Angliiiire, et une patente a été prise par 
Wiiit ptÊ ^f pjiaii'll asstz analogue. Hawkinsavaitaussî 

M*"!***! Y^ I ^ iaéme genre ; et James Peacoek «Tnt 




352 FONTAINE. 

pris en 1791 11116 patenté pour une fontaine de pierre desdnéci i 
remplir les mêmes fonctions : on peut varier les dispositions in- 
térieures de cesappareiby mais ik reposent ^ur le même principe. ! 

Le seul inconvénient qu'elles présentent consiste à n'avoir! 
point de liquide filtré, si la fontaine n'est maintenue constam- 
ment remplie jusqu'à une hauteur donnée; car inversement 
Teau retournerait dans le réservoir inférieur, si la colonne qui 
détermine la filtration cessait d'exister. 

Parmi les autres appareils à filtration pcr ascensumj nous 
citerons ceux de Parrotet de Zéni. Le premier, décrit il y a plus 
de trente ans dans des ouvrages allemands, consiste en un grand 
pot cylindrique, partagé dan^ le sens vertical par un diaphragme, 
qui s'arrête à une certaine hauteur au->dessus du fond ; en ce 
point se trouve un diaphragme horizontal percé de trous ; on 
rempht à moitié Tune des capacités verticales de sahle grossier; 
du sable moyen est placé dans la partie inférieure, et la seconde 
capacité verticale est remplie à moitié de sable fin, qui sVtend 
jusqu'à quelques centimètres au-dessus du robinet. L'eau plus 
ou moins chargée de limon est versée dans la première capacité 
horizontale, traverse successivement le sable grossier, le sable 
moyen et le sable fin, et vient se réunir dans la capacité supé- 
rieure. Pour éviter le passage dans la couche de sable des ma- 
tières terreuses, M. Parrot place sur la surface du sable grossier 
une flanelle double, qu'il lave toutes les fois que cela est néces- 
saire.. Pendant plusieurs années il s'en est servi à Kiga, pour 
purifier l'eau de la Ihvina, qui est souvent très limoneuse. Pour 
l'usage maritime on pourrait construire cet appareil en bois, 
l'intérieur serait charbonné ; on pourrait facilement aussi ajou- 
ter une couche de cliarbon plus ou moins épaisse, que l'on 
recouvrirait d'un peu de sable grossier. 

Quand le filtre a besoin d'être nettoyé, on enlève séparément 
les diverses couches de sable, qu'on lave en les agitant avec de 
l'eau, et on les replace; on peut aussi renouveler facilement 
les couches de charbon. 

Zéni a formé son appareil de deux tonneaux concentriques, 
dont l'extérieur seul est foncé ; on place dans le tonneau inté- 
rieur, dont le bord inférieur porte plusieurs échancrures, une 
couche de sable fip de rivière bien battu, une autre trois foi) 



FONTAINE. 353 

plus épaisse formëe d'un mélange, à parties égales, de sable fin 
et de poussier de charbon bien battus, par-dessus on forme un 
lit de sable fin de rivière bien battu, et enfin une couche de 
gros sable de rivière; à quelque distance au-dessus, est un 
diaphragme percé d'un assez grand nombre de trous. L'inter- 
valle entre les deux tonneaux est rempli par une couche infé-* 
rieure de sable fin bien battu, et une autre de gros sable de 
rivière, égales et s'élevant à la même hauteur que les couches 
intérieures. Le diaphragme percé sert à diviser l'eau que l'on 
verse dansla capacité intérieure, pour que son mouvement ne dé- 
place pas le sable. L'eau, après avoir traversé toutes les couches 
renfermées dans le tonneau intérieur, passe dans les couches 
placées dans les capacités extérieures et peut être retirée par un 
robinet placé au-dessus, elle est parfaitement clarifiée. 

Pour nettoyer son filtre, l'auteur fait passer de l'eau claire 
en sens inverse, et si le courant s'en trouve assez renouvelé, il 
parait qu'il parvient à dégager le filtre des matières terreuses qui 
encombrent les premières couches, qi;ie l'on agite en contact avec 
l'eau ; l'eau provenant du lavage, après avoir déposé, peut passer 
de nouveau dans le filtre et servir a tous les usages. 

On tiendrait le nettoyage de cet appareil beaucoup plus facile 
et on aurait à peine besoin de laver la première couche de sable, 
en plaçant dans -les ouvertures des diaphragmes supérieurs, 
des éponges que l'on laverait fréquemment. 

Parrot fait observer avec raison que Zéni a eu tort de mêler 
le charbon avec le sable fin , et de battre le mélange ; une cou- 
che de charbon séparée serait préférable. 

Les essais faits à Brest ont prouvé l'utilité de ~cet appareil 
pour la marine, qui en a adopté l'usage : par l'emploi des éponges^ 
on en rendrait l'usage extrêmement facile. 

Comme le bois communique à l'eau une saveur désagréable, 
les parois doivent étire charbonnées (Y. Eau.), pour que l'ieau 
s'y conserve bien. 

Les dimensions des filtres pour les divers bâtimens de guerre 
sont fixées comme il suit t 



Y. 



a3 



SSI VOlfFE. 

cttéricdr en bM^ iMlilftBV <b InâCa 



Goélette, 


1,00 


0,70 


0,40 


Brick et corvette sans gailkrd , 


1,10 


0,78 


0,52 


Corvette à gaillard , 


1,S0 


0,8» 


0,56 


Fr^tedel», 


1,85 


0,90 


« 0,6t 


— de 24, 


1,40 


0,75 


9,66 


— de 60, et vaàsseartt , 


1,50 


1,00 


0,7O> 



Quand l'eau pavTieat d'une distance considérable daais wai 
téservoîr, cm peut, cNHume on Va fait à Creoiock en Eeoase^ Ty 
amener en grande partie épurée des nalàères terrera» qu'dle 
dtarrîe, en lui faisant trawrser un conduit diTÎsé en phiaieurs 
emnpartimens, dans chacun desqueb elle dépose une pwtie 

des corp» étranger^» * 

A Paris, lorsque la Marne est baute, Veau est tmjov» tAs 
lîmoneuse; plnsieur» grand» établissemaia et beaucoiif de por- 
teurs dl'earu épurent l'eau par les moyau (Jue nous ayons iadi- 
qaés. Les prisons étaient, jusqu'à ces demkrs tenips» pourvuei 
ffevtn notk filtrée, seule boisson d'une grande poirtie den mal* 
heureux qui les fieupkent ; depuis peu l'adnittiatratiou a au- 
torisé un détenu à y établir pour un prix très modique des 
iltre:» à sable et eharbou, qui sont un yéritabk bienfait pouf 
cette population. H, GAUETisa de CLiumaT. 

FONTE- ( Technologie .) On donne cenom au prodiut immédiat 
duMînevai de fer traité dans les Haoss wo^wa^vx. (Yoyeft ce 
tttot.) L'analyse cUmique de ce produita fMt découvrir qu'il est 
composé de^er de carbond ctde la maéièf^viér^e (laitier) prove- 
jiaiil èe la fiéision de la gangue du mtiiem^ soit que cette gangue 
fut asdea fiasible pour èlre liquéfiée par la haute température dei 
fourneaux, soit qu'elle ak cédé à l'aetiou des matières ajoutées 
«KMttme i>o»DiJfs. Ainsi^ les propriétés des. foules doivent varier 
vivant la nature des miuerMS qui les ont ptoduites^ et suivant 
les proportions respectives, Tétat de combinaison «u de «mpU 
iné^ge des subotancea unie» au métal. San» entrer ici dus 
Texamen des théories imaginées pour lier entre eus tous les biti 
observés dans cette partie des arts métallurgiques, nous nous bor- 
nerons à exposer les propriétés et les usages des diverses sortes de 
fontes. Comme aucune substance métallique n'est employée avec 



fOflflR 

anCamt àt pfofiuob ipir «dfe-lèy quoup» Vùu pobie nmRipIler 

encore Im ■crrices qo'ellM noua rend , il dt^est très impoitini 

de kt Uen connaître^ «fia de pooroit hii aBsigKcr dans diAfiM 

cas la piace, la fonne et ks èuaenûatAipA lui eonviesataii'ld 

ndeiix* Noos anraas deac à neai ofcapcfv, l^dt œ^ ui earacté»* 

ne lea diTcnes aortei de feaicf i iPdelairéMflIftace dDiit dtaqaf 

serCe est capable ; d^ dca vanstieaa de cette fémcanoe taîvaài 

latempéiatare ; 4f d«s meyeas de nemref oelte pvopnélé ca« 

eeaeieUe^ et de k atao tt eitie an calcal pMr lei Bpj^bcaÛèV94pm 

Vou €aoL tentioâre. Ces cetHiaii0aaGeftsfiffiM>a«]Knirgeider k» kN 

géniems dams tout ce qalb auront à fiiire exécuter e» fnîcei < 

1* Gtraeières dep dwtrses scrter de ferue. Ektm leê pilH 

diiit» ^ aûsetabde même nature et traiter daa^ k même famr^ 

aeau, la seule distinctioii imputante est celle de k eoakùr èb» 

iarrée dalis ane cassure réceate. La fente peut être hÊaneh^ nm 

gtise^ etl'ane et Fântre est susceptibk de nnaates inlenaédiakeil 

eatf e tiit bkiic comparable à celui de Tétsân, et an grk ob^cvei 

aocpi^ 4m donne mal à propos le nom de noiV*. La ftmtè'4il4iiS 

bksclie esc assez dure pour que Facier trempé ne puisse ITeatfc* 

mer; sa cassere est ordinairement lamelleuse; les signes dj drIâM 

lallîsati<mprtr le refrotdtssenient y sont trè^Upparèns. Les cdH]^ 

de marteaan'y kissent aucune impression , en sorte ^ue dett^ 

fente n*est point mall^ble ; mais son extrême dureté devient 

ane cause de fragilité ; elle est brisée par dès chocs anx^ek 

des fefites plus molles résistent très bien. On doit donc étiter'dë 

Fexposer amt commotions qui la détruiraient iafaillibl^mèitt'^ 

mais il y a quelques emplois où ses mauvaises qualités né pe^ 

Tcnt être nuisibles. D'ailleurs, sa destination spéciale eèt d'êft'èl 

COitvcrtie en fer ductile par Vafjfiàage, (Toye^l'artide Foitetf.y 

La cassure de la fonte gmeest â peu près d& la couleur du terwjt 

de Faciet , et parsemée quelquefois de petites tâches noires qUf 

hii donnent Une apparence truûée. Ces tachés sont dti'^phifo 

non combhté ; elles peurént être en asséï gtatfdàèmbre et asseit 

petites pour que Fétat métallique diminue de plus en plus ,• qUè? 

legris soit plus foncé, et que la fonte deviemiece que l'on nemttie 

fbnte noire. Si la proportion de graphite augmentait encore f 

les propriétés de cette substance seraient dominantes, et feraient 

disparaître celles du métal. 



N 



Xa^ f6nte grise: est entamée par la lime et les tranchans d^mt 
adberi bien trempe ; elle! .est un peu malléable , et les coups de 
marteau y laiaseni leurs empreinte; moins fragile qfae la fonte 
Uanche, elle peut résister à des percuasions réitérées sans être 
déformée, parce qu'elle est cassez élastique pour revenir à son 
premier état, Icursque la compression n'a pas été trop violente* 
Elle réunit donc le» .propriétés que Ton rechfrcbe dans les in- 
struméns des arts qui doivent être d'une longue durée et d'un 
awvioe très régulier , dans les u^ensiles confia le plus souvent à 
dei mains peu adroites,, etc. De plus, cette matière prend , parle 
procédé très expéditif du moulage , la forme qu'on veut lui don- 
ner, et l'on peut ainsi multiplier indéfiniment les objets de même 
fovme et de mêmes dimensions. Mais les excellentes qualités de 
celte fo^te n'appartiennent qu'à l'un. des états dans lesquels elle 
est produite, à une nuance que le simple coup d'œil ne peut 
&ice discerner; sji.elle i$'en écarte, pour se rapprocher de la 
fente Jïlançhe, elle ,e;n contracte riipidement la dureté- et la ira- 
gSaU; diins le sens oppo^,.la ténacité, diminue et la matière est 
plus, facilement piilvérisée par la. percussion, entamée |iar le 
ti^pcb^^nt des outils, rojtApi^ç so)is.de moindres charges; elle 
devient à la fois fnoins dure et plus fragile. Le changement de 
eoulçur n'indique pas assez clairement ces altératioms» 

2* Hffsistance de.. chaque sorte 4^/ûnte. Si cette matière n'est 
employée qu'à soutenir de fortes pressions exemples de chocs , 
ilesf évident, que la plus dure conviendrait mieux que toute au- 
tre pour une pareille destination : l'architecte ferait en fonte 
Uapche des supports verticaux pour rintériejur des édifices, et 
placerait même au-dehors quelques pièces suffisamment garan- 
tiesjde fortes perçussions , et que leur dureté mît en état de ré* 
^te^ plus loDg*temps à l'oxidation. Le mécanicien la met aus^ 
en. œuvre pour quelques supports de masses mobiles , comme , 
par exemple, les coussinets sur lesquels se meuvent les touriU 
IpQS d'une roue ; dans ce cas, la perfection du mécanisme exige 
que les deux surfaces dont l'une se meut sur l'autre soient très 
dures, afin qu'elles ne puissent être entamées ni l'une ni l'au- 
to, et que leur poli soit aussi exact que peut le comporter. la 
9^ture des matières en contact. Mais lorsqu'il s'agit de résister 
à des percussions inévitables et réitérées, la fonte grise est la 



poirrs. 9sr 

^seulé doDÎt on puisse faire luage. Les usteosiles de ménage, les 

instrumens des arts, les projectiles même seraient de nuuii^aùe 

^u€due\ si on les fabriquait avec de la fonte très blanche et par 

' conséquent très cassante ; le service d^une marmite se bornerait 

il quelques jours , à la première chute , au premier coup de f e« 

trop brusque, etc. ; un boulet de canon pourrait être réduit en 

«data avant de sortir de la bouche à feu qui l'aurait lancé* 

Quant aux pièces mobiles des diverses machinesi on a plus d'un 

motif pour en exclure la fonte blanche ; celles où la correctLan 

des formes est rigoureusement nécessaire ne peuvent y arriver 

que par quelques coups.de lime , et pour quelques autres il faut 

une sorte de souplesse intermédiaire entre l'extrême rigidité, de 

la fonte blanche et l'élasticité des ressorts d'acier; la fonte grise 

est précisément la matière pourvue de cette qualité. 

On a fait en France et en Angleterre beaucoup d'expériences 
sur la ténacité des diverses sortes de fontes , et sur la résistance 
qu'elles opposent à la traction, à l'écrasement et à une pression 
latérale; cependant, la quesition n'est pas encore suffisamment 
éclaircie , et les constructeurs ne trouveront pas dans les résul- 
tats de ces expériences tout ce qu'il faudrait pour les guider dans 
leurs travaux. On est cq>endant autorisé à regarder comme as- 
sez résistante pour les usages de l'artillerie, et par çon^qu^t 
des architectes et des mécaniciens , une fonte dont un barreau 
de 0*^,06 en carré, posé sur deux supports éloignés de deuxoiè- 
tres , ne serait pas rompu par un poids de 1,200 kil. placé au 
milieu. 

Z° Influence de la température sur la résistance del^font^. 
. Cette influence a été constatée, mais on ne l'a pas mesurée. Il 
est certain que le froid de nos hivers un peu rigoureu:^ p^ut 
rendre la foote grise aussi cassante que la fonte blanclie péné- 
trée de la chaleur de l'été et même *de celle du prÎDtçntps; une 
vacation de trente-six degrés du thei:inomètre centigrade f^uffit 
pour opérer cette singulière transformation. Ainsi, des cbpi^avx- 
quels la fonte am^ait très bien résisté durant la belle ,^Uon 
, peuvent la briser en hiyer : cette observi^ltion est très in)|)0.rt9V9te 
pour la construction des ponts en fer destinés au pasfi^ge.,fjlfs 
voitures. H est à désirer qu'une série d'expériences noînbreinr 

PfîSi variées et fait^^ Pf^f ^'fr^l^ilyÇ? o^9ery^^urs,.dPw^,^jS^l^ 



fii jrooniL 

â B Mimwa a wae exada de ce changoneiit des «piatitét de ialbate 

{urodutt pv la différence de température s ce serait en Suède <m 
wa nord de la Russie que ces recherdies pourraient être faito 
ift¥cc le plus de inciliié etde succès* Bans les réf;ions moyennes de 
FBuffope y les obaervaféons ne s'étendraient qu'à un petit non^ 
Ive de températures, et la lot d'interpolation entre les ré- 
anliais des expériences ne aérait peut-être pas déconTerte. Ce- 
pendant, il vaudrait encore mieux se borner anx connaissances 
incomplètes que ces expéiiences procureraient, que de persévé- 
rer' dans l'ignorance totale où l'on a été jusqu'à présent sur cette 
cause de variation dans ia résistance de la fonte. Battu les pays 
4lu nord ou cette cause ne pouvait être inaperçue, le fer foiçé 
a vemplacé la fonte dans les machines à percussion d^it l'nsage 
est prolongé pendant l'hiver. Quant aux supports en fonte, 
ce «ont les hautes (empéMatures qui les affisiiblissent et non les 
frokls de l'hiver. On peut négliger les variations qui ne dépenr 
dent que de l'atmosphère; mais pour les madiines à vapeur à 
liante pression, on éprouve aussi le besoin de qu^ques don- 
nées pour les calculs, surtout pour celles que Ton applique à la 
navigation et à la traction des voitures sur les chemins de fer, 
et qu'il faudrait alléger autant qu'on peut le faire avec sûreté. 
TijifM expériences qui procureraient ce complément d*instruc- 
Cion peuvent être faites partout , indép^damment de la saison 
^du climat. 

4* Mesure de la résisttmee des fontes $ application du résul» 

tat des expériences s calculs. Si les fontes sont soumises à l'ac- 

tion d'un poids , d'un ressort tendu, d'une force de traction , etc., 

ibomme les efforts de cette nature peuvent être contrebalance 

pÊût un poids , Fiinité de mesure qui leur est applicable est celle 

des poids. S'il est question des eflets d'tm choc, et par consé- 

^6nt d*ttne quantité àe mouvement, la mesure de la vitesse doit 

4|t3re jointe à celle de la masse, et pour ceQe-ci, l'utiité est encore 

ifh poid^. Bans l'un et dans l'autre <ia^, toici la manière la plus 

^liilnode de pi^éder atnt épreuYés de la résiistance des fontes. 

^&Mu h fig.79xine barre carrée de la matière à éprouver : on 

-Y^ènj^gé dans une entaille où elle dtiU être fixée très solidement, 

"êxtia ittië positlbtL horizontale. L'eartaJUe qui reçoit son extré- 

iM** Wpriitl^èé dans un mûr qui Mt ^tr? au5^i trè« solide j 




lOItTB. )S0 

Fig. 79. le dessiM et t« 

dessous sont for- , 
tîfiéfl par des pla> 
quel de font« 
dont cet d sont 
U coupe. La lo^ 
gueur de la par^ 
tifl a a' de la 
iMire engage 
dam l'entaille ne 
doit Tpn êlre au- 
dessoiu d'ua d»- 
cimÈtre; à la dis- 
tance i b, priie 
pour unilé de 
longueur des 
berm soumisesà IVpreave, on niqtend k rextr^mité im plateau 
de ImImcc que l'on cbatge de pokU , en ayant toin de les poser 
txè» lealementet MIT des matière* molles qui amoitiuent l'effet 
dudioc L'acctunulatioodea poids sera continuée jusqu'à la rup- 
ture, caria degr^iatenB^diaires ne peuvent étreéTaluësavec 
cxActitode, si l'on ae parvient pas à mesurer séparément les ef- 
fets de plusieurs cbums étrangères au r^ltat qu'il s'agit de 
coonaitre. Parmi ces causes qu'il faut éliminer, U en est qui 
peuvent varier , inême pendant une expérience; telle est, ]tar 
exemple, U aolidité des moyens employés pour fixer U barre 
dans l'entaille. Alait aucun élément étranger i U question 
n'influe sur U mesure de force nécesBaire pour opérei* ta rup- 
ture des bases; cette limite de U lésistance ne dépend que de 
]a nature chimique, xle la forme et des dimeusions des corps sou- 
mis à r^euFe; ainsi, le résultat n'a pas besoin de rectigcalion 
ppitr être emplofé dans le calcul , il est évident que le poids du 
plateau de balance , et celui des mstièrei molles sur lesquelles 
on • posé •uecessiveinent les parties de la charge, font partie du 
poids total apidùiué en l> t qwint â eelui de la. barra àwt U 
longueur serait « «, en le désignant par p , an trouncs su'tl 

tagTft fntm «fisrt dont l'upresùon est p x**' ■ 
îy#7, ■ 



360 FONTE. 

La force mesurée par ce procédé est la cohésion de la fente » 
si l'on a réellement évité tous les effets d'un choc, si petit qu'on 
ie suppose. Une force de traction longitudinale eût pu conduire 
au même résultat ; m4is sa mesure est encore plus difficile, plus 
exposée aux influences de causes diverses qui font varier le ré- 
sultat de l'opération, quoique la résistance à mesurer n'ait poiat 
changé. 

^ L'appareil qu'on vient de décrire peut servir à mesurer les 
effets de la percussion ; il ne s'agit que d'appliquer au point b 
une quantité de mouvement connue, au lieu du plateau de ba- 
lance chargé de poids. Que l'on fasse tomber, par exemple, une 
masse d'une certaine hauteur, la vitesse acquise par la chute 
sera constante , si la hauteur ne varie pas ; et en augmentant 
successivement la masse tombante, on accroîtra proportionnel- 
lement la force de percussion. Mais quand on aura trouvé celle 

' qui peut achever de rompre la barre d'épreuve , aura-t-on la 
limite de la résistance dont cette barre est capable? Non, car les 
coups précédens l'avaient graduellement af&iblie, et le dernier 
n'avait à surmonter que la résistance non détruite au moment 
de la percussion finale. La fonte n'est qu'imparfaitement élasti- 
que , puisqu'elle est un peu malléable ; ainsi , après une com- 
pression, les molécules ne reviennent pas tout-à-fait à la place 
qu'elles occupaient avant l'action de la force comprimante. 
Quelque faible que soit une percussion, si elle a suffi pour opé- 
rer une compression momentanée, l'état du corps qui l'éprouve 
ne sera plus le même, et les percussions suivantes le modific- 

' ront de plus en plus. Concluons de ces observations ,1® que 
c'est en raison de leur élasticité que les fontes sont en état de 

' résister à des chocs plus multipliés ; 2® que pour comparer en- 
tre eux les résultats des épreuves de cette sorte de résistance , il 
faut que chaque pièce éprouvée soit soumise à une série de 
percussion dont l'ordre, la graduation, les intervalles soient in- 
variables pour toutes ces pièces , et que l'on prenne la somme 

' des coups supportés par chacune , au lieu de se borner à corn- 
parelr enti*e eux les derniers de chaque expérience, ceux qui 
ont achevé de rompre les pièces éprouvées. Quoique cette ma- 
nière de procéder ait été entrevue par quelques ingénieurs, qui 
se sont Uvvés à des recherches sur la résistance des fontes , au-r 



FONTE. 361 

nin ne Faguivie, en sorte que leurs travaux demeurent inutiles; 
les données qu'ils introduisent dans le calcul peuvent même 
conduire à des erreurs très préjudiciables. Ils admettent, par 
exemple , qu'une force de percussion appU<|uée à une barre de 
fonte, et capable de lui faire prendre momentanément une cer- 
taine courbure , peut être mesurée par un poids qui donnerait 
à cette barre la même inflexion ; on se gardera bien d'adopter 
cette méthode de calcul, dans laquelle on ne tient aucun compte 
de la partie de force absorbée par le déplacement des molécules 
d'une matière inalléable , car cet effet est précisément celui 
qu'il importe le plus de bien connaître et de mesurer avec pré- 
cision. On ne croira pas non plus à cette sorte de règle intro- 
duite dans les ateliers de l'Angleterre, « qu'un barreau de fonte 
conserve toute son élasticité, si la flèche de la courbure qu'il 
prend par l'action d'une cause quelconque n'excède point le 
quatre-cent-quatre- vingtième de sa longueur; » en discutant 
cette assertion suivant les notions ordinaii^es de mécanique et de 
géométrie , on reconnaîtrait bientôt qu'elle n'est conforme ni à 
Tune ni à l'autre de ces sciences. La question reste donc en- 
core à résoudre, et la solution ne peut être obtenue qu'après de 
nouvelles expériences. JBnlittendant le résultat de ces recher- 
ches , on peut se contenter , pour les diverses machines de per- 
cussion actuellement employées dans les arts , des fontes admi- 
ses dans les fonderies de la marine pour les bouches à feu, 
comme on l'a dit plus haut. Quant à l'application des données 
fournies par l'expérience au calcul des formes et des dimen- 
sions des pièces de fonte qui entrent dans la composition d'une 
niachine, voyez les mots résistance des matériaux j forme été" 
S^le ou de plus grande résistance. 

Quand on a besoin de fontes d'une grande solidité , il faut 
les choisir parmi celles dont l'affinage donne un fer qui ne soit pas 
cassant à froid, quelles que soient d'ailleurs ses qualités lorsqu'il 
^st chauffé. Pour les machines à vapeur à haute pression, et les 
autres entplois de fontea soumises à une température très éle- 
vée, on doit éviter celles qui donneraient un fer cassant à chaud. 
S^ général, les fontes sont analogues au fer qui en est extrait, 
^t manifoit^l^t^ i^ci mpiixs ,en partie, ces bonnes ou ses mauvaiciçs 
?^Hté^. . 



3» FORABTi FOIRES. 

hfipe oÊmU m yédfiqug de la fonte m^qine est SfatO?^ c'oti 
i^re que le mètre eube pèse 7,207 ktlop-amnes. aa dilata 
tirni est de 1 par degré du thermomètre de Réauanir. 
72^. FsBar fib. 

Voyez FoTOEua et HAnmJPooasrEsvK. 

FORAIN, FOIRES. Le woot/mne, éefortm^ place priil^ne, 
« été dontté de temps sBiméoMirial aux fjnmim péuuioiis di 
fnercfaaiidf, qui se deiuieiit à eertaîsws époques et^Uns eertûM 
iseux» On peut dire que la mvkiplicîlié des fmres est «n «goe 
de reofaace du conmerDe, et que leur importance dknÛMieà 
«sesure que l'induetrie des peuples se perfeetioBne. H s'y a 
point de foires «n Aa^terre, ni en Hollande, qui sont les pre- 
mières nations commerçantes du monde; il y en a beaucoup a 
Bsttsie et en Allenia|rne, ou des entraînes de Soute espèce arr^ 
Aent le développenient commercial. Les foires sont presque 
tontes aées dans les temps d'oppresnou et de iéodaiité; c'était 
itt)mme des ilnèue^ ^e MewoecoidéesanKaiiardftands, kéesé^ 
ques fixes , durant lesquelles on eoneemlait A les rançonner plos 
«sedérément. La liberté tempoeaire dont jouissaient alors quel- 
qvMs (rendes Tilles y attirait un grand concours de n^ecians, 
toa}0nrs aura de trouver à Tendre et A acheter, parce que k* 
Tenderas et Icandietevi» étaient en Sfcoup i h r e snffisttit pour éttf 
Idiruneconeorrence iaîs«inaHedanf lesmarchandiaesctéass 

les prix. 

JEn général, on u fait ckoa de certains jours de fêle poar 1'^ 
mUèssemcnt des f oîres , et en étudiant avec soin leur nosMO' 
dàtnre , on «'aperçok que les eaisons ont été consultées aiuâ i 
parce qu'en efiet leur influence n'est pas sans importffiiee poor 
le succès des affaires. Il a paru fayorabie d'exposer certaines 
snai^chandiies sur le marché , au moment €fk le besoin s'en fait 
Je plus TiTOÉient «entir ; et les mardiands ont d4 cbeisir i^ 
préferenos la saison oA les voyages sont le moins pénibles, parce 
que les frais de dépkcemenft étaient moindres. La plupart des 
feires ont été établies, pour ce motif , vers la fin de Télé et éaos 
lecourairt de rautemue. Les princes ont toujours proies P*' 
«des exemptions de droits ces grande époques^de transsctioD' 
:(paanmevciâles, «et e'est ce qui explique leUr lonçnedvvéê, qui * 
imryéf 1^ Am^ ç{»tises (fn les (avaient £i|t mitre^ CQimiie i^ffWn 



i^ffiœiice tfa^^m JSt mu eq m encore a«s StnxtB àt Bea nfir e | dm 
Francfort , de Leipsik , etc. Partout où le oommeree rauconfem 
^rae ombre de liberté , il propre et se déyeloppe^ «émoia la 
^ande fortune des places d'entrepât, des ports francs^ et de to»^ 
<ea les Tilles où le oomiBeroe est afiranehi d'entrares. 

L'importance des loires s'ai&iblit néansioins de jour en jour^ 
en .présence de œs grands marches permanens et réguliers qui se 
amdtipUent sur tous les points du globe* Quelqae abHsires qiia 
Boieat les veiations et les taxcsdedoiianes, lacréation desentrepAO 
permet aux nëgocians d'attendre ou de choisir le moment iaTora» 
blepour leurs achats et pour leurs ventes.Toutle monde- est sûr 
de trourer des marchandises toutes prêtes pour la consomma- 
tion, sans être oblige de faire l'avance des droits qu'elles ont à 
pa^er , et sans ces longs déplacemens,^ dont il fant toujours 
«jouter les frais aux frais de production ou d'achat de toute 
laiarcbandise. Les nëgocians aiment mieux se dispenser de roy^t^ 
f^er À de grandes distances, qudquefois avec de grands dangers» 
et on ne les rencontre plus que dans les foires où il est absolu* 
ment nécessaire de se rendre, parce qiie c'est là seulement qu'on 
peut s'approvisionner avantageusement de ceitains produits 
spéciaux, tels que les fourrures, les laines de cadiemtrca et quel* 
ques autres. BiLâNQCx Ain i.' 

FORCE. {Mi^canùjfue. ) Lorsque novs produisons le mouve- 
jnent d'nn corps par nos organes, noos avons en même temps 
le sentimeht de la résistance du xsorps, et d'un effort que nous 
etafiaOfjODê pour la vaincre; quand nom soyons im <orps mis 
en mouvement, nous avons le ressi H gfq m r derésistnice et d'ef^ 
fort : de là na)t l'idée .de Forge. 

Toute cause qui produit actuellement le mouvement, ou 
qui pourrait le produire si des obstacles ne s'y opposaient, nous 
l'appelons Fcmcx. Ainsi, la détente des gaz produits par la di> 
flagratîon de la poudre à canon dans un moiticr, est une force; 
soit que le gsft soit considéré dans son aietikA su» la bondsie pro- 
jetée, sott qu'on ie oonsidère par vapjjiort an mortier, quoique 
celui-ci ne bouge pas sur sa plate-^fonne. Car le gas exerce 
coiitiie ks parsfs de la chambre, ou fond intérieur du mortier , 
im effiirtconsidéralble ^i produirai!! le mouvement, A «et effort 

j^HiàH ié^xàfi et fv h réti^un^a f^^ U loi v^fm Ji l'fflfo^fto 



%64 FORGÉ. 

tuent de h plate-f onne, et par le frottement que la surfiice àè 
cette plate-forme oppose au glissement du mortier. 

Cet exemple montre les deux rôles distincts que peut jouer 
la force : ou elle produit le mouvement , ou bien sans produire 
le mouvement, elle exerce seulement une pression, ou est équi- 
librée par les frottemens que son action fait naître. 

Ce n*est pas le lieu d'exposer les lois rationnelles abstraites 
de la force; nous nous bornerons ici à considérer la force dans 
ses applications pratiques, réalisées tous les jours par l'emploi 
des machines. 

Mesure de la force. 

Lorsqu'une force agit pendant un seul instant, comme il ar^ 
rive dans le choc d'une boule roulant sur un tarrain bien uni, 
celte force se mesure par deux élémens, la masse ou le poids mis 
en mouvement , et la vitesse que prend cette masse sous Fac- 
tion du choc. Si la biUe choquée est de 6 kilog., et qu'il lui 
soit imprimé une vitesse de 4 mètres par seconde, le produit 

6 X 4 = 24 

sert de mesure à la force du choc. 

En e£fet , quelle que soit la masse mise en mouvement par 
une même force, le produit de la masse par la vitesse ne change 
pas; si les6kilog. ci^dessus se réduisent à 3, ou à 2, ou à 1 kil., 
la vitesse, qui était 4 mètres, s'accroîtra dans un rapport in- 
verse; elle deviendra respectivement 8 , ou 12 , ou 24 mètres, 
en torte que les quatre produits 

6k X 4«, 3^ X 8«, 2k X 12», l*" X 24» 

auront to.us la même valeur ^ 24. Or , c'est un fait d'expérience 
que ces différentes masses venant choquer, chacune avec sa vi- 
tesse , une même masse en repos, lui communiqueraient toutes 
la même vitesse. Ces masses, avec leurs vitesses» sont donc toutes 
des forces égales ; mais l'une de ces forces est représentée par 
1 kilog. transporté à 24 mètres dans. une seconde, sa mesure 
peut donc se représenter par Je nombre 24;. donc la mesure de 
toutes les s^utres forces, AÎtnsi.que la mesure-du choc qui les a 

produites, peut fe r^pi^fit^r, p^r te nombre %^\ qw s'iibtieQt 



FORCER 869i 

91 multipliant /a masse mise en mouvement par là vitesse du 
rnouvement communiqué. 
Ce nombre est ce qu'on appelle quantité de mouvement. 
Lorsque la force agit d'une manière permanente , comme il 
arrive le plus couvent dans les machines, il y a à considérer un 
nouvel élément , c'est le temps pendant lequel la force continue 
son action. 

Le produit de ces trois élémens , savoir : la masse mise en 
mouvement, la vitesse du mouvement, la durée du mouvement^ 
sert de mesure de la force. 

En tournant une manivelle, un homme exerce un effort con- 
stant de 12 kilog. ; il imprime à la manivelle une vitesse deO'",6; 
la durée de son travail est de 8 heures, ou 28,800 secondes dans 
24 heures; le produit 

12'' X 0»,6 X 28,800 = 207,360 

est la mesure de l'effort total de cet faomme^ parce que ce nom- 
bre exprime l'effoit dont serait capable une force qui pourrait 
élever 207,360 kilog. à 1 mètre de hauteur dans une seconde. 
En effet, selon ce qui a été dit plus haut, il faut le même effort 
instantané pour pousser 12 kil. avec la vitesse de 0^,6 que pour 
pousser ( 12 x 0,6) ^ avec la vitesse de 1 mètre; donc l'effort to- 
tal de l'homme est équivalent à celui qu'il faudrait employer 
pour pousser (12 X OyO)*^ avec la vitesse de 1 mètre pendant 
28,800 secondes. Mais foire effort sur un poids pendant 2 secon- 
des, c'est employer la même quantité de force qu'il faudrait 
pour faire effort sur un poids. deux fois plus grand pendant 
une seule seconde. De même, faire sur le poids (12 X 0,6 y^ l'ef- 
fort qui' lui donnera la vitesse de 1 mètre, et faire, cet effort 
pendant 28,800 secondes, c'est employer la même quantité de 
force qu'il faudrait pour foire 1q même effort sur un poida 
28,800 fois plus grand que (12 X àfi}^ pendant une seule se-» 
conde. ' ' 

. Donc l'effort total de l'homme est. celui qu'il foudrait emr 
ployer pour élever 

(12 X 0,6 X 28,800) ^ à 1 mètre de hauteur dans I seconde. 
C'est ainsi que la considération du produit des trois élémens. 



•M FORCE. 

éffbrt inHMianéj vitesse eommuniquée , dufife Je PeffbrtyTâ^ 
mène la mesure de l'eflFort total d'un motettr à cette idée sim^ 
pie d'un poidi élerë à mie haateur détenninëe dans im temps 
dëtenmné. 

Dans la mécaniciae «ppKqiiée ^ on prend le ndlHer métrique 
élevé à I mètre en 1 minute pour terme de com/Htmison, et os 
l'appelle unité dynamique. 

Pour exprimer VeSbart total de Vhcmeake appliqué à la mani- 
"uXUij ainà que nous l'aiFons indiqué , on éka qa*il produit 
207,360 unités dynamiques par jour. 

Dépréciation progressive des moteurs* 

La mécamqiié ai^diquée considère me force oa tin i i i s teu g 

dans les trois degrés de dépréciation par lesqueb il a passé néces« 
sairement après so|i action sur tous les organes mécaniques qui 
composent une machine. Yoici ces trois degrés : 

-PoissAKO» AMaujE VU uorMDfL, OU quantité d'viiléa éjnami* 
qaes qu'il produirait^ ou effort total dont il serait susceptible f 
s'il agissait pendant ua temps déterminé^ sur le premier récep- 
teur dynamique , d'une manière immédiate ^' et sans l'intermé» 
diaire d'aUcon agent disposé peur condnirrson action jusqu'à 
ce premier Eédeptenr« Cette ^lantité varie selon les différens 
modes d'actioii dn moteur» 

PeSSlNCK PEAf K^VE BU MOTSUA OU £PFOàT DT^AHI^OS. C'eSt la 

portsMi de la puissance du moCeur qui s'applique réellement 
au résbtanoss productiTèsi ou improductives de toute nature 
^e doit surmonter le moleiir. Cette portion Tarie selon le 
mode d'application du moteur ; c'est celle qui , dans toute 
Itiacliiae, est recueillie par le premier récepteur mécanique. 

Ttkk^Mih DYNAMIQUE Bj^riNitfF. C'cst U portiou de l'effort dy« 
ttiraique qu> reste après que toutes les rénstances prorenaiit 
des organes mécaniques ihterraédiaàres ont été surmontées. 
Cette portion varie selon le nombre y la disposition et l'agence^ 
ment de ces organes; c^est la portion de là puissance du mo- 
teur qui est communiquée par le dernier organe mécanique 
de toute machine. 

Ces trois forces difiérentes se mesurent par le nombre d'unités 
iynamique» qu'dles peuvent produire. 



BAGEL W 

Cest tde la darnière de ces trois choses que .se déduit Teftet 
TiLE, c'est-à-dire le trarail industriel qui résulte de la trans- 
ormation ou du transport, ou en général de la modification des 
oatières commerciales soumises à l'action du moteur. 

La comparaison entre le travail dynamique du moteur cl la 
nesure de l'efiEet utile permet d^étaUir la comparaison entre la 
râleur pécuniaire de l'effet utile et le prix du travail du mo* 
teiix, en oompvqiant dans ce prix le coût de la machine et de 
sa réparation. Cette double comparakoa est le principal élément 
à Vaide duquel on calcule la possibilité ou rimpossîhiUté d'une 
exploitation^ 

Un. exemple simple fera comprendre la nature des rapports 
de ces trois terme» importans i puissance absolue du moteur ^ 
effort d^oaniiquey travail défiaityL 

Puissance MwêakuM 9n aoTsm^ aum am uùu ^'action; 

PUISSANCE PaATIQUS DU MOTEUR^ SELON SON MODE d'aPPUGATION. 

V Homme tournant une manivelle. 

Effort constaoït au bras de la manivelle i 19> t2^ 

Poids de la partie du corps mise en mmtte** >43 

ment en mémie temps que la manivelle , 30 y 

Vitesse de rotation, qu'on regardera 

comme la vitesse moyenne de la paràé 

ducorps mise en mouvettient 9 tS^fi' 

Durée du travail , S^ 38,800^ 

Puissance totale du moteur, unMs 72A,730 

dynamiques, 
effort perdu pour la machine, it^fKO 

■«ta On. 

Puissance pratique du moteur^ 207 ,360 207,360 

8^ Homme marehémi m fh^ et chargé. 

?(Hd» de Vhoraïae t 65^ 

Fardmu dont l'homme est dbarg^> 6$^ 661 

Vitesse de la marche ^ 0^,75 

Ihirée de la marche, 7^ as,»Mr 



9081 FORGE. 

nnil. djB. 

Puissance totale absolue du moteur, 2457,000 

Efïort perdu pour la machine, 1238,500 

^ Puissance pratique du moteur, 1228,500 

L'inspection de chacun de ces tableaux montre que la puis- 
sance pratique d'un moteur est bien loin d'être égale à sa puis- 
sance absolue, et que le mode d'action du moteur a une grande 
influence sur le rapport de ces deux puissances : dans le premier 
mode le rapport est de 1 à 3, dans le second il est de 1 à 2. 

La comparaison des deux tableaux montre comment varie la 
puissance absolue du moteur , selon son mode d'action et sa 
puissance pratique, selon son mode d'application; l'iioinme 
afjissant avec ses bras , produit un effort pratique six fois moins 
grand que lorsqu'il applique sa force à porter un fardeau. 

' 3° Homme traînant une charrette à bras. 

Soit un homme traînant un fardeau à l'aide d'une charrette 
à bras légère. 

Fardeau transporté > lOO*' 

Poids de la charrette , ÔO^^ 



Total , 150k 

Bésistance provenant du frottement des 

i^ues sur le chemin , et de l'essieu dans la 

boite d'essieu , calculée en somme sur un 

pavé bien roulant , au vingt-cinquième du 

poids de la charrette chargée, ^ 7* 

Vitesse de la maixbe , 0",5 

Burée du travail , lOh 36,000'' 

Ici l'effort pratique de l'homme est le même que celui qu'il 
fournit quand on l'applique au cabestan à l'aide d'une bricole; 
car, pour tirer la charrette, il agit, comme dans cette machine, 
par les muscles de ses jambes et par le poids d'une partie de 
6on corps.Or,au cabestan, la puissance absolue du moteur (en 
comptant pour rien la force perdue pour vaincre les frotteinens 
inhérens à la machine) est mesuré par 210 unités dynamiques. 



« . 



FORCE. 360 

Adoptons ce chiffre pour représenter la puissance absolue 
3e ri lonime appliqué à la charrette. 

Goniiiient se disUibue cet eli'ort? Une partie est employée à 
résister aux cahots et aux dé vers qui résultent du mouvement 
de la charrette ; l'autre ]>artie est employée à vaincre le double 
frottement de la roue sur le chemin , et de l'essieu dans ses 
boites. C'est cette dernière partie seulement qui s'applique d'une 
manière directe à l'organe mécanique, c'est la puissance pratique 
(lu moteur ou l'effort dynamique. Cet effort est mesuré par le 
produit des trois élémens 7*^, 0"*,6, 36,000". Il est donc équi- 
valent à 126 imités dynamiques ; donc, en raison du mode 
d'action du moteur, il y a 210 — 126 zzz 84 unités dynami- 
ques perdues pour la machine ; c'est les 0,4 de la force totale 
du moteur. 

L'effort dynamique, c'est-à dire la portion de l'effort du mo- 
teur appliquée à l'organe mécanique , est les 0,6 de la puis- 
sance absolue de ce moteur. 

TRAVAIL DYNAMIQUE DEFINITIF, ET EFFET UTILE. 

Dans l'exemple que nous avons choisi, la machine n'étant 
composée que d'un seul organe mécanique, l'effort dynamique 
est transmis directement et sans perte aux résistances à vain* 
cre; il constitue donc lui-même un travail équivalent à ces résis- 
tances, ce qui n'arrive jamais dans les machines plus compliquées^ 
puisque ce travail dynamique définitif n'est que l'effort dyna- 
mique reçu par le premier organe mécanique , diminué de 
toutes les résistances des autres organes qu'il rencontre avant 
d'arriver aux résistances provenant des matières à modifier ou 
à transporter. 

Le travail dynamique définitif se confond presque toujours 
avec l'effet utile , c'est-à-dire avec le travail , qui a une valeur 
vénale appréciable pour le commerce et pour l'industrie. D'o4 
il résulte généralement que l'effet utile, déjà inférieur à l'effort 
dynamique, est à plus forte raison au-dessous dé l'intensité ab- 
solue du moteur. '^^ * 

Mais ici l'effet utile est tout-à-fait distinct du travail définitif, 
dont la mesure est 126 unités dynamiques. En effet, le poids 
total transporté est vingt-cinq fois plus grand que la résistance du 



tirage , auquel seulement la force du moteur est appliquée. Le 
poids total transporté équivaut donc , en unités dynamiques , à 
126 X 25 = 3l50; ôtant de ce produit un tiers de sa valeur 
pour le poids de la charrette, il reste 2,1 00 unités dynamiques 
pour le travail productif réellement opéré sur les matières com- 
merciales. Or ce nombre est non seulement bien supérieur à 
l'eâbrt dynamique , mais il est même dix fois plus grand que 
l'intensité pratique du moteur. 

n s'en faut de beaucoup que des faits aussi avantageux se re- 
produisent liabituellement dans toutes les applications qu'on 
fait de la puissance des moteurs ; mais ces faits n'en contribuent 
pas moins à confirmer l'erreur que l'effet des machines est de 
multiplier la puissance des moteurs ; erreur grave par ses con- 
séquences, et dont nous indiquerons l'origine quand nous au- 
rons montré par un exemple simple comment on doit s'ef- 
forcer de rapprocner l'une de l'autre la valeur dynamique de 
ces trois termes , puissance absolue du moteur , effort dynami- 
que, travail définitif. 

On comprend tout de suite l'importance qu'il y a de rappro- 
cher ces valeurs , puisque la puissance absolue du moteur est 
une chose qui se paie, tandis que l'effet utile ou le travail pro- 
ductif, qui dépend du travail définitif, est une chose qui se vend. 

Dans l'exemple que nous choisissons , l'eau est le moteur, et 
]a roue à aubes est le premier organe mécanique. 

La hauteur de la chute, depuis le niveau de l'eau dans le canal 
de retenue jusqu'au bas de la roue , multipliée par la quantité 
d'eau débitée dans une seconde , à l'endroit où cette eau s'é- 
chappe des appareils pour agir , mesure la puissance abso* 
lue du. moteur; mais il y a une réduction de cette puissance 
théorique causée par les ralentissemens de vitesse dus aux frot- 
âemens, par les diminutions de la quantité d'eau écoulée dans 
un tetnps donné , enfin par la quantité de liquide qui s'échappe 
sans iigir sui'f'iwgane mécanique. 

On doit commencer par amoindrir le plus possible ces 
causes de réduction. C'est pour cela qu'on fait les dispositions 

«uivantes. 

k\ t^ On incline le vannage le plus possible sous la roue, pour 

cUminuer, )a longueur ^es parois du coursier contre lesquels 



IPOUCË. 371 

^eâii ioHàM 9A tAxal de retenue ^prtrtlvé des frottemens. A 
'endroit où VtàM àliandontiatit les àubëé s'écoule dans les par- 
ties infériettréâ du coursier, bii pratiqué tin léger ressaut en 
contrËiBâS^ et l*on àbât leà Jbuei Verticales du coursier pour fa- 
ciliter le dégorgement dës eaUk désormais inutiles, et qui pour- 
raient ralentir k titesst de là rbUe. 

2<* On donne au pertuis la forme des ajutages coniques, 
pour ràp^roclier la dépense d'eau pratique de la dépense Ûiéo- 
riquè. 

â"* 'Ètiètï , on fait en sorte que l'épaisseur de la lame d^eau 
dani le coursier soit égale environ à dix fois Tintervalle qui 
subsiste entre le bord horizontal de l'aube et la paroi corres- 
pondante du coursier, jpour diminuer autant qu'on le peut la 
portioîi propoiiionnelle de la lame d'eau qui s'échappe sans 
agirsur les aubes. 

Après cela , on a fait tout ce qui est indiqué dans l'état actuel 
de la science pour rapprocher de la puissance théorique abso- 
lue dû moteur son intensité pratique, la seule dont le travail dé- 
finitif et Veffet utile puisse dépendre. 

t'our utiliser le mieux possible la puissance pratique du mo- 
teur , on adopte les dispositions suivantes : 

1^ On donne assez de grandeur à la dimension de l'aube, dans 
lé sens du rayon, pour que la lame liquide dont elle reçoit Tac- 
tioh ne vienne pas perdre une partie de sa puissance en frap^ 
pant la contre-aube. On multiplie le nombre des aubes propor- 
tionnéUeihent à l'épaisseur de la lame qui sort du pertuis. Bans 
une expérience faite à Metz, par M. Poncelet, sur Une roue ar- 
mée de 30 aubes, la soustraction de 15 aubes a réduit l'eifort 
dynamique dans le rapport de 3 à 5. 

2* On arme latéralement la roue de plateaux circulaires qui 
empêchent une partie de Veaux de s'écouler avant d'avoir pro- 
duit son effet , et qui donnent à la roue à aubes une partie des 
avantages de la roue à augets. 

3° On donne au diamètre de la roue la hauteur nécessaire 

pour que la vitesse de la roue soit hioitié de celle du courant , 

l'expérience apprenant que cette vitesse répond au maximum 

d'effet de la roue. 

V^ Poiu* que le liquide ne perde pas une partie de sa puis« 

24. 



372 FORGE. 

•ance par des dhangemens bmscpies de direcdoa et de 
on construit des aubes cylindriques, con^Texes , par raf^ort as 
courant , et dont le premier élément se raccorde tangeoti^le- 
ment avec la circonférence de la roue. Par cette dispositkMi, la 
lame arrive sans cboc sur l'aube y s'élève progressivement , et 
épuise sans aucune perte , à son profit , toute la vitesse de sor- 
croit dont elle est animée. 

La plupart de ces dispositions , et les plus importantes, sont 
dues à M. Poncelet , dont la roue offre un exemple à suivre des 
efforts bien dirigés qu'il faut faire , soit pour rapprodier l'in- 
tensité pratique d'un moteur de son intensité théorique , smt 
pour diminuer le moins possible cette intensité pratique lors- 
qu'elle vient s'appliquer au premier récepteur mécanique. Aussi 
la machine de M. Poncelet offre sur toutes les machines de 
même genre un avantage considérable ; car l'effort transmis i 
la roue à aubes cylindriques est le 0,60 de la puissance théo- 
rique du moteur, tandis que dans les autres roues à aubes la 
mesure de cet effort ne s'élève pas au-dessus du chiffre 0,25. 

La distinction que nous avons faite dans tout ce qui précède 
entre l'intensité théorique absolue d'un moteur et son intensité 
pratique , n'est pas vaine ; elle est utile sous le rapport com- 
mercial ; car lorsqu'on fait achat ou location d'un moteur, d'une 
chute d'eau , par exemple , le propriétaire la loue ou la vend 
sur sa valeur théorique absolue; mais l'acquéretur ou le loca- 
taire ne peut se rendre compte de son marché qu'autant qu'il 
ramène l'intensité théorique du moteur à son intensité pratique 
maximum , c'est-à-dire qu'autant qu'il peut juger quelle quan- 
tité de force sera réellement disponible sur celle qu'on met i 
sa disposition. Elle est encore utile sous le rapport de l'art mé- 
canique; caria puissance absolue de la chute est invariable, 
tandis que sa puissance pratique est susceptible de variation.Cette 
distinction indique par elle-même la nécessité des recherches 
qui ont pour objet de rapprocher cette puissance pratique de 
la puissance théorique, qui est sa limite supérieure. 

Le nombre 0,60 donné par M. Poncelet est, dans la réalité, 
inférieur à l'effort dynamique véritable; car il représente la 
portion proportionnelle de la force qui reste à la roue après 
qu'elle a vaincu et la résistance de l'air, et les frottemeiss de 



FORCE. 373 

Taxe de la roue sur ses coussinets ; aussi M. Poncelet regarde- 
K-il ce nombre comme exprimant le travail définitif , compté 
immédiatement sur l'arbre horizontal que fait tourner la roue. 

Mais si la force de rotation de l'arbre n'est pas immédiate- 
ment appliquée à vaincre les résistances ou à transformer les ma- 
dères industrielles, il faudra déduire du nombre 0,60 les pertes 
de force qu'entraîne l'emploi des organes mécaniques intermé- 
diaires , savoir : les frottemens qui résultent de leur agencement, 
la résistance des fluides dans lesquels ils se meuvent, les anéan- 
dssemens de vitesse qui ont lieu dans les changemens de direc- 
tion des mouvemens , la rigidité des cordes qui transmettent la 
force, etc. , etc. 

C'est après toutes ces déductions qu'on obtiendra le travail 
dynamique définitif, d'où se déduit l'effet utile, qui ne se con- 
fond pas toujours , il est vrai , avec ce travail , comme nou 
Vavons déjà vu , mais qui s'accroît et qui diminue avec lui. 

£q général , l'effet utile n'étant obtenu qu'en passant par les 
intermédiaires de la force théorique absolue du moteur, et de 
1a force pratique de l'effort dynamique transmis au premier ré- 
teptenr mécanique et de la portion de cet effort qui constitue 
le travail dynamique définitif , on n'abandonnera les travaux 
sur l'un de ces termes intermédiaires qu'après qu'il ne sera 
plus possible de rapprocher sa valeur de celle du terme pré- 
cédent. 

Mais ces importans travaux, dont la réussite assure presqu'à 
elle seule la prospérité des usines , ne seront jamais livrés sans 
^ger à des hommes dénués de pratique ou de théorie. L'ima- 
gmation la plus bhllante , les dispositions les plus heureuses , 
ûe se fécondent pas elles mêmes, et sans ces deux puissans instru- 
ïûens que donne la culture scientifique de l'esprit , l'observa- 
tion judicieuse, et le maniement des faits , elles restent stériles 
ou deviennent des conditions de ruine. 

Ainsi tout homme qni consacrera son temps et qui emploiera 
^ capitaux ou ceux des autres à l'édification d'une usine, ou à 
^ confection de travaux mécaniques , aura dû recevoir une in- 
struaion toute spéciale , ou , si elle lui manque , il devra l'ac- 
quenr. La mécanique rationnelle lui apprendra les lois abstrai- 
es du mouvement ; la mécanique appliquée lui montrera, et 



Î74 FÇmfS. 

l'application de ses Hds , çt les ^lodifiç^tiQns (fu'elUs piiti^fym 
par Te^nploi des orgaDes qui les mettent en jeu. Le^ contai»- 
sauces des propriétés physiques des corps inorganiques doiit sont 
construits les organes mécaniques à Taide desquels ^'fsngeadre 
pu se reçoit et se trapspief la puiss^pce , lui çipipr^ildr^i^^ ^ 
meilleurs moyens de CQmtruçtion , &% les dUposiUw^ l^s i4os 
favorables 4 adopter pour les quettf e e^ mpport ayec \^% d^V^^^ 
agens naturels , le yent, Feau^ U ctudeur* les effi>rt9 des moteurs 
animés , etc. 

IVIuni de toutes ces cpqnaîssanpe^, il jf^p ^ft l^^sser^ Wtx^ 
ner ni aux préjugés errpnés d^i^J^OH^qie^ d^ J* p?»liqu§ , »i 
aux conceptions hasardeuses, plus^dangereuses ençf^i:^, 4f4 t^i»!^ 
paes dont U fécofidité ip^fm^u^^f; eut à^\%m iW m« théorie 
inconiplèt^. 

4yous terminerons «es cc^sidér^^ions ei| parU^t d'ituo ^a cei 
préjugés, dont les çoijséqu^i^pes iiïi|i^4»^« f P>»^ 1^ pl«W F»" 
yes , parce qu'il entraîne d^us 4^^ es$^is înlroct^nM e^ d^QS 
des co|i^truction$ ruineuses. C^st feli^i qui ^i\^ist« k »f&u^ 
qu'on pourra, à l'aide de combinaisons méMaiqueSi vntucredai 
résistaïkces plus grande qu» \^ for^ d'un moteur, fiem eirr 
constances mal appréeiéos sont Ifi sourice de eette grave sixiem* s 
c'est d'abord l'intensif d'une force ^ qu'on ne ecmsidàrs que 
relatirement à uu seul de ses modes d'a^ti^p $ la mASSO Wfse ta 
mouvement sans considérer la vitesse de cette masse; c'est en- 
suite la confusion qui se fùf^ ^i^ipe b quantité ik résietmce 
vaincue et le travail industriel ou l'effet utile pveditit. 

Deux exemples simplei^ seryîror^t à ^pliquer aeei. 

Premier ejpempk- -r^ Soit un Lsvjer dil premifif (jean , di| 
poids de 60 kilog., dont le cei^lre de {^eitité porta sw la sur* 
face d'appui ; un des bria du levier a trob pieds , tandis que 
l'autre bras a seulement un pied. A l'aide de ee% aiïgaxia i|iacâ« 
nique on peut élever un fardeau de I96OO kilog. avec an efbrt 
équivalent à ÔOO l^ilog. Mais peutHS»n dire que la résîetance 
vaincue est triple de la force emplofïie à la vaisi£ia ? Eu af|e«ae 
façon; car le fardeau de l,lûO kilog., à l'estrémilé dm petit 
bras du levier, n'aura décrit qu'un espace â» Q^fil pendant le 
temps que la force qui l'élève aura da parcourir mi espace 
de 0»^03 ; donc les qo^tiHiss de mouyemettt p a odn ite i à chaque 



FORGE. m. 

ixtrémité du levier, quantités qui mesurei^f vériublei^ent li^ 
résistance vaincue , et l'effort destiné à la vaincre , sont rigou^ 
reusement égales. L'erreur des personnes qui prétendent qu'i^ 
Vaide du levier on agit sur une résistance triple avec une puis- 
sance simple , tjpnt à ce qu'ils confondent les conditions stati- 
ques d'équilibre du levier avec les conditions dynamiques , qui 
doivent être sepU considérées 441^9 l'appUcaUon* 

Bans la pratique, les deux puissances antagonistes ne so^t p^ 
même égalas; car, pour vaincre le frottement 4^ levier sup la 
surface d'appui^ q^'il presse avec uneforpe ég^le ^ 2060 kilog*^ 
il faudrait ajouter aux 5Q0 kilog. de la puissai^p^ un poidi pro* 
porUonnel au poids total $,060. 

La puissance considérée avec sa vitesse sera donc q^ r^nUlé 
plus grande qifo U résistance considérée ayeff I4 sifs^n^. 

Le genre d'erreur q^e i^ous signalons ici ^t fK>iqiilViun wx 
geos qpiy ayant f^ÇU dans }eur enfance une éducfition acijtntifir 
que ébauchée, portent plus t4rd 4dps l'industrie , ^ lis bfiiard 
les y appell^ples préjugés 4c cett^ édupatipfi ii^compl^te. 09ns 
les applications simples,!^ pratiqua ^es ouvriers «vec l^uels ils 
sont ex^ rapport les met en garde contre leurs préjpgés. Mais 
souvent ils appliquent une imagini^tion m^lheyireusement trop 
fépoi^^e à des projets et à des créatioii^s nii^cai^ifmesdans lesquels 
le9 simples ouvriers ne sauraient pénétrer, à cause du peu 4e cul- 
ture tbéoriqpç de leur esprit. C'est alors qi^'ilf poussent aveu- 
glémeQt 4cs entreprises où yi^n^gt s'piif^utir leur fortune et 
celle des autres. 

Le vice radic:^de ¥iotre instruction publique, toujours enfer- 
vm^ 4^ns des vues spéculatives , pe contribua pas peu à ces ca-- 
tastrpplies qui opt upe influence si funeste sur le développe* 
meut 4^ QPtre industrie nationale. Jjes bMume» purement 
théoriques qui dirigent cette instruction et qui la dpuuent, n'ont 
j^tnais compris l'importance qu'il y aurait h placer toujours à 
côté des spéculations thépriques qui doiyent fsire la base d'une 
Wne édupation , les principes simples de la pratiq^ie, qui mo* 
difie l^s Ipis pures qui se déduisent 4^ cm ^péeulatious, . 

Paujcième temple. — Un bommq est emj^oyé au cabestan, 
P^ le moyen d'une bricolé, à monter un fardieau; il exerce im 

effiort G^tôtdAt d^ 18 UJlog. ^ «t ; imprimant «upoi^Anne yitesae 



■ 

I 
37» FORCE. I 

d'ascension de 0*,6 , il peut fournir huit heures de traTail d^^ 
Tingt-quatre heures ; par conséquent , il produit un ti^ayaii É^ 
tal de 298 unités dynamiques. L 

Le Hiènie liomme est eiriployé à traîner un fardeau à 1*2 
d'une charrette à hras; il tire une charge totale de lOO kil< 
avec une vitesse de 0^,b ; et fournit dix heures de traTail. 
produit, par conséquent, un travail total de 1810 unités dy 
iniques. 

Le même homme applique sa force, à l'aide du même ins 
ment , mais sur des rails en fer; il fait le même efibrt constanlj 
imprime à la charge la même vitesse , et donne le même teni] 
de travail ; il aura produit un travail total de 8000 unités dy 
namiques. 

Enfin, le même homme applique sa force au halage d'un 
teau ; il fait le même effort constant , il marche avec une vi-î, 
tesse de 0^,3 ; il donnera le même temps de travail , et il aura- 
produit un travail total de 55,000 unités dynamiques. 

Ainsi voilà le même moteur appliquant sa forc^mr le même 
mode, et qui produit des quantités de travail si différentes, que 
le rapport de la première de ces quantités aux trois autres est 
celui de nombre 1 à 9, 1 à 39 , 1 à 260. 

Serait-ce donc en réaUté que les trois derniers organes méca- 
niques, dans lesquels nous faisons entrer la surface sur laquelle 
s'opère la traction, multiplient la force du moteur 9 fois, 39 fois, 
260 fois? En aucune façon ; mais c'est qu'ils atténuent de plus 
en plus la véritable et seule résistance contre laquelle lutte la 
force du moteur. En effet , supposez que l'homme applique son 
effort de 18 kilog. pendant ua instant infiniment court au poids 
qu'il monte à l'aide du treuil , ce poids étant sur un plan par- 
faitement horizontal et qui n'offre aucun frottement. L'effort 
instantané de l'honune n'étant altéré ni par l'antagonisine de la 
gravité , ni par celui du frottement , suffira pour produire un 
travail dynamique infini f car le poids mis une fois en mouve- 
ment continuerait à marcher toujours avec la même vitesse. 
Mais si l'homme agit par le cabestan, son effort du premier mo- 
ment se partagera en deux, l'un de 18 kilog., destiné à équili- 
brer les f rottemens de l'appareil , la roideur des cordes , et l'in- 
tensiié de la (gravité ; l'autrç , qu'on pourrait appeler effort de 



FORCE. 377 

e en train, qiiî déterminera la vitesse des parties mouvantes 
V organe mécanique et du poids; mais l'antagonisme dos 
tteinens divers et de la gravité se reproduisant dans le second 
tant, la partie de l'effort cjale à 18 kilog. devra être re- 
xluite par le moteur, si l'on veut que la vitesse ne s'altère 
s. C'est ainsi que le travail dynamique de l'homme, qui serait 
ini , même pour un seul effort, dans la question abstraite, se 
mte à 209 unités dynamiques , quand on réalise le meuve- 
ent par le moyen du cabestan. 

Bans ce premier cas , la résistance véritable contre laquelle 
nerce la puissance du moteur se compose, 1® du poids à mon- 
îT, 2<» des résistances qui naissent de la machine même. 
Dans la charrette à bras, sur la route ordinaire, comme sur 
trail en fer, la gravité est détruite; la résistance à vaincre ne 
oosiste que dans les frottemens de la roue sur ces deux genres 
le routes, et dans les frottemens de l'essieu dans les boites de 
"oues, auxquels il faut joindre le cabotage sur ces deux routes. 
Cette somme de résistance , dans chacun de ces cas, et surtout 
lians le second , est bien loin d'équivaloir à celle du cabestan. 
On a donc pu augmi nter proportionnellement la charge tirée 
jusqu'à atteindre une résistance égale à ctlle du cabestan ; et 
l>ten qu'en réalité le moteur n'ait lutté que contre une résistance 
de même valeur, il a produit un travail industriel beaucoup plus 
considérable. 

Enfin, sur la surface liquide du canal, la gravité est détruite 
comme dans les deux cas précédens La résistance réellement 
vamcue se compose de deux élémcns : premièrement la lame 
d'eau refoulée par l'avant du bateau , et le frottement de l'eau 
sur les parois latérales ; deuxièmement, le frottement qu'éprouve 
^ partie plongée sur la surface liquide sur laquelle glisse le 
^teau. La première partie est dépendante à la fois de la ca- 
laison et de la vitesse du bateau ; elle est petite par la vitesse 
^)3 qu'on donne au moteur. La deuxième partie est presque 
insensible; donc la résistance totale contre laquelle lutte le mo- 
teur n'atteint la valeur de la résistance observée dans le cabes- 
^n que lorsque le poids du bateau est considérable par rapport 
au poids élevé à l'aide du cabestan. 
"fi tout cela il faut conclure que si le travail industriel , 



379 FORET. 

qu'on appelle effet utile ^ est quelquefois beaucoup plus consi- 
dérable que la force du moteur, ce n'est pas que les dispositions 
d'un organe mécanique quelconque puissent jamais multiplier 
la force d'un moteur, mais c'est que , par l'application intelli- 
gente de certains phénomènes naturels, les masses considéra- 
bles qui sont l'objet du travail n'engendrent que des résistances 
proportionnellement beaucoup plus petites qu'elles. 

C. Menjaud. 

FORET. {Technologie.) Instrument s,er vaut à foreur des petits 
trous dans les métaux et autres corps durs. La ligne de démar- 
cation qui sépare le foret de la mèche est difficile à déterminer 
d'une manière absolue ; car il y a aussi des mèches qui servent 
à forer le fer et les autres corps durs ; et cependant l'ouvrier 
intelligent ne fait pas erreur de mot, et distingue bien ce qu'il 
entead par foret et par mèche. Le foret n'est jamais employé 
que pour les corps très durs ; il ne produirait aucun effet dans 
les bois, ce en quoi il diffère d'abord des mèches , dont l'objet 
principal est le percement de ces matières tendres, tandis qu'elles 
ne peuvent percer les métaux qu'au moyen de modifications dans 
leur forme et dans leur trempe. D'une autre part , le foret ne 
s'emploie que pour percer de petits trous , des avant-trqus , que 
la mèche agrandit ensuite plus ou moins, selon sa portée. Le fo- 
ret est toujours fabriqué par l'ouvrier qui s'en sert ; il n'est pas 
à notre connaissance qu'on en trouve de tout faits dans le com- 
merce , si ce n'est ceux qu'on donne avec les tourets , ou boîtes 
à forets. Quant aux mèches, l'ouvrier, au contraire , ne les fa- 
brique jaqiais lui-même, et les achète toutes fabriquées. On ne 
saurait dire non plus que la différence réside dans la forme, car 
celle de certaines mèches se rapproche beaucoup de celle des 
forets. Nous allons passer en revue les formes diverses données 
aux forets ; au mot Mèche nous ferons la même revue pour les 
instrumens de ce nom , et nous espérons qu'il sera impossible 
que le lecteur puisse confondre les deux instrumens, encore bien 
qu'il soit difficile d'établir par des termes concis et tranchans en 
quoi consiste leur différence. 

On distingue entre plusieurs , trois formes radicales de forets : 
1° le foret proprement dit, qui est celui que les tourneurs nom* 

pient percQîTj lorsqu'il est établi çjx gi:wd; Sf" U/çrcl tangue 



n 



P 



y 



«2E 



f^ 








u 



FORET. 87f 

de carpe f 8** le^rel langue <V aspic. Le premier sert à perees 
dans le fer des trous de 5 à 10 niilliinètres, et même davantage ; 
le second sert à percer des trous plus petits dans le fer et dans 
Faei^y et même dans ce dernier métal revenu bleu. Le troi'* 
sième est particulièrement propre à percer les trous dans la 
cuivre, dans récaille, dans Ti voire et dans les autres corps ducs, 
mais moins cependant que le fer et Tacier. 
Fig. 80, 81, 82, 83, 84. La fig. 80 représenta 

un foret tel qu'on le fait 
le plus communément , 
c'est-^-dire à soie carrécf 
ce n'est pas la meilleum 
méthode , parée q-ue l'a- 
justa£;e de cette soie car- 
rée dans la boite à forets 
est plus difficile que ce« 
lui de la soie cylindri-' 
que, Og. 81 ( V. BoItb a 
70IVETS} \ mais loi-sque la- 
boite n'est pas munie- 
d'une vis de pression, on est contraint de la faire ainsi ; c'est ca 
qui a lieu pour les drilles et quelques autres porte-lorets de 
cette espèce. Après cette soie vient le collet du foret , qui doit 
aller en amincissant. Il ne faut pas cependant trop affaiblir eette 
partie, car elle n'est point trempée , et assez souvent il peut se 
faire qu'une torsion ait lieu au collet On doit donc y laisser de 
la force, mais faire en sorte que ce collet soit moins fort que la 
tête a ; sans cette précaution, le foret ne pourrait faire que des 
trous d'une profondeur très bornée. La tête du foret doit étra 
faite avec soin , il ne faut pas qu'elle ait absolument la forme 
d'un losange , comme cela n'a que trpp souvent lieu , parce 
qu'alors le foret perd de sa grandeur dès le premier affûtage, et 
que, si l'on a plusieurs trous de même dianuètre à perper, on ne 
peut y parvenir, ces trous devenant de plus en plus petits* Ce 
foret e$t aâulé en ciseau, mais en biseaux contrariés , etde ma- 
lûère h ce qu'il coupe toujours dans le même sens. On voit en b 
le bout de$ fig. 80 et 81 ; il fera comprendre comment le tran^ 

<toit«st diqAoié. C^joune il e»t f^ûté à jbiseAux^cowrU^y jtt «sf 



! 



880 FORET. 

spëcialement employé pour le percement du fer et de la fonte 
de fer. Il fonctionne par un mouvement de rotation continue , 
et n'avancerait que de moitié s'il était mû par le mouvemeat de 
Ya*et-vient de l'archet ; il faut l'employer sous une pression 
plus forte que celle usitée pour les autres forets , qui coupent 
en allant et revenant, mais aussi prennent moins de matière, et 
n'avancent l'ouvrage qu'en raison de la plus grande rapidité de 
leur ix)tation. Au résumé, cet outil, mû par un mouvement de 
rotation assez lent , mais sous une forte pression, avance dans 
le fer et la fonte plus promptement encore que les forets ci- 
après mentionnés , et garde beaucoup plus long-temps son 
affût. 

La ^. 82 représente \e foret langue de carpe; il est affûté 
en fermoir, et, par conséquent, il coupe en allant et revenant ; 
mais il ne fait que gratter, et emporte moins de matière à la 
fois ;* il avance cependant encore assez vite, parce que , mu par 
un archet, sa rotation est très rapide , et qu'alors le moins d'é- 
paisseur du copeau est compensé par la quantité de copeaux ; 
c'est la forme adoptée pour les très petits forets , destinés à per- 
cer des trous capillaires dans des matières très dures ; ils 
sont d'une confection facile , et leur repassage n'exige pas à 
beaucoup près la même attention que celui des forets affûtés en 
ciseaux. 

La fig. 83 représente le foret langue tT aspic vu de face ; la 
fig. 84, ce même foret vu de côté ; c'est celui qu^on emploie pour 
percer rapidement des trous dans le cuivre, dans la corne , Vi- 
voire, les bob très durs ; il est également affûté en fermoir. On 
lui donne quelquefois par la pointe la forme arrondie d*un fer 
de pique; mais alors on ajoute inutilement au travail de la fa- 
brication, sans que l'effet produit soit préférablce 

Dans ces divers forets, nous avons représenté différentes ma- 
nières de faire la soie : 1® c'est le carré dont nous avons parlé 
plus haut ; 2<> c'est la soie ronde , avec une rainure angulaire 
longitudinale , faite avec un tiers-point ; cette rainure est pra- 
tiquée lorsque la vis de pression de la boite est terminée par 
une pointe. Lorsque cette vis est terminée par une surface plane, 
ou goiitte-de-suif, on fait sur la soie un méplat, en enlevant une 
partie du cylindre, ainsi que nous l'avons indiqué fig. 82. Enfin, 



FOftET. 881 

danâ ce même cas où la vis est terminée par une partie plane , 
ou peut faire l'entaille représentée fig. 83 et 84 , dans laquelle 
cette vis pénètre. 

Les forets seront toujours fabriqués avec de l'acier très fin ; il 
faut avoir soin, en forgeant le bout de la tête pour l'aplatir, de 
ne point trop chauffer, afin que Tacier ne perde point de sa 
qualité , mais en même tems de chauffer assez pour qu'il ne se 
fasse pas, sous l'effort du marteau, des gerces qui deviendraient 
très apparentes lors de la trempe , et qui seraient cause de la 
prompte rupture de cet outil , qui fatigue beaucoup. Un foret 
brisé au fond d'un trou cause un grand embarras si la pièce 
que Ton fore ne peut aller au feu ; car alors son extraction de- 
vient très difficile. 

La tremp^de ces outils, lorsqu'ils sont d'une certaine force , 
ne diffère point de la trempe ordinaire ; on les fait revenir jaune 
d'or, ou même simplement jaune-paille, si l'acier n'est pas très 
fin. Lorsqu'ils sont très petits, on les trempe avec le chalu- 
meau , à la chandelle. A cet effet , on commence à chauffer la 
tige , puis on porte le jet de flamme sur la pointe , qui rougit 
alors très promptement; aussitôt que le rouge paraît, on plonge 
le foret dans le suif de la chandelle même , et la trempe est 
faite; rarement on a besoin de faire revenir. Il est prudent de 
ne chauffer et de ne tremper que le petit bout du foret ; si la 
tige est trempée , le foret se rompt aisément. Quand l'acier en 
est appauvri par plusieurs trempes successives , on lui donne de 
nouveau du corps en trempant dans une gousse d'ail , au lieu 
de tremper dans le suif. A cet effet, on tient l'ail près de la lu« 
mièie, afin de pouvoir plonger aussitôt que la pointe est rouge; 
le moindre retard ferait manquer la trempe , ces petits dbjets 
ne conservant pas la chaleur. Lorsque les forets doivent seu- 
lement percer du cuivre, et que l'acier est bon , on se contente 
de la trempe à l'air. Dans ce cas, on fait rougir la pointe comme 
il vient d*être dit , mais d'une nuance un peu plus claire; puis 
on écarte de suite , et par un mouvement très vif, la main qui 
tient le foret l'agite fortement dans l'air jusqu'à ce qu'il soit re- 
froidi : il est alors trempé. 

he repassage de ces outils délicats se fait sur la pierre à 
l'huile; ilfaut avoii* soin de conserver les biseaux bien di-oits, et 



384 FORETS. 

bent des arbres, puis on y fait un semis à la inain, pour lequel 
on emploie 60' décalitres par hectare. On fait ensuite passer la 
herse sur tout le terrain. On double la quantité de glands pour 
convertir en essence de chênes un canton composé d'autres es- 
sences ; mais pour convertir en chênaie un terrain entièrement 
nu et dépouillé d'aibres , il faut d'abord le mettre en culture 
pendant quelipies années, le labourer de nouveau en automne^ 
y jeter du gland à la volée à raison de 120 décalitres par hec- 
tare, puis le herser avec une herse de fer. 

Pour les semis d'orme , on ramasse la graine dès qu'elle est 
mûre ; il faut prendre garde qu'elle ne s'échauffe , car en pea 
d'heures elle se gâterait absolument ; ou la sème tout de suite 
sur un terrain bien préparé à la charrue ou à la houe. Il faut 
au moins 30 décalitres de bonnes semences par hectare ; l'opé- 
ration se fait par un temps calme et pluvieux, afin que la se- 
mence soit mouillée tout de suite , et se mêle entièrement à la 
terre sans qu'on la recouvre. 

La semence de frêne se récolte en octobre , et se sème le plus 
tôt possible, à raison de 52 kil. par hectare ; on herse avec des 
broussailles d'épines. La graine est souvent deux et même trob 
ans à lever. , 

Le hêtre et le châtaignier réussissent rarement sur les terrains 
entièrement nus. L'exposition doit être ombragée, et dirigée plus 
au nord et à l'est, qu'au sud et à l'ouest. Les faines et les châ- 
taignes sont mures en automne ; c'est Tépoque la plus sûre pour 
leur ensemencement. 20 décalitres par hectare suffisent pour le 
repeuplement d'un bois déjà garni de vieux arbres. Quand les se- 
mis doivent avoir lieu dans des terrains considérables absolu- 
ment vides il faut toujours les faire précéder par une culture de 
quelques autres essences qui puissent protéger les jeunes hê- 
tres. 

L'époque la plus favorable aux semis d'aulne est le commen- 
cement de mars. Il faut 11 kil. de graines par hectare pour les 
places vagues et les terrains absolument vides. 

Il faut 30 kil. de semence d'érable par hectare, lorsqu'on 
l'emploie avec ses ailes. On enterre suffisamment les graines es 
traînant sur le sol un fagot d'épines. Semés en automne , l'éra- 
ble commun et Térable plane paraissent dès le printemps. La 



)>tu{>âH M àe montrent qu'aux deuxième éf ifbisiittié ànnëe*^ 

Le bouleau est un des bois qui s'accommodent le plusde toute 
espèce de terrains. Parmi les bouleaux américains, il y en a qui 
sont éminemment dignes de nos soins , comme le bouleau-meri- 
sier (betula lenta) et le bouleau à canot (betula papyracea). Les 
graines de bouleaux , extraites de leurs cônes , s'échauffent très 
pi omptement, si on les entasse encore fraîches. On emploie par 
hectare 35 kii. de cônes broyés, ce qui fait deux kil. de semence 
mêlée à 33 kil. d'écaUles ; on sème par un temps calme et plu» 
Tîeux. On ne recouvre pas du tout les plants. 

Les plants de bouleaux se plaisent dans les endroits décou- 
Terts. 

Cinq espèces de bois résineux concourent surtout aujourd'hui 
à la formation des forêts. Ce sont le pin sauvage, le sapin blianc 
argenté, l'épicéa, le mélèze, et, dans les départemens plus mé* 
ridionaux, le pin maritime. 

Semis du pin sauvage. -* Il s'opère de deux manières , soit 
avec des cônes entiers, soit avec la semence épluchée et débar- 
rassée de ses mend)raneâ. Le pin sauvage se contente des plus 
mauvais sables, pourvu qu'ils soient fixes; mais il croit d'autant 
mieux que le terrain n'est pas exposé à la sécheresse , qu'il est 
mêlé d'un peu de glaise, et que sa surface est recouverte de terre 
végétale. On prépare dès l'automne , par un labour , le terrain 
destiné à recevoir les semences. Quant aux sables fins , on se 
contente d'y passer la herse, si toutefois on ne craint pas, par là| 
de leur rendre trop de mobilité. Il faut éviter soigneusement de 
diriger les sillons de haut en bas , parce que les eaux inonde- 
raient et entraîneraient les semences ou les jeunes plants. La se- 
mence du pin mûrit ordinairement vers le commencement d'oc- 
tobre, et s'envole au printemps lorsque le temps est chaud. La 
récolte peut donc se fixer de la fin d'octobre jusqu'au mois d^a* 
vril. 

Semis de cônes entiers, r- Ils conviennent surtout pour les 
endroits nus et sans abri contre le soleil , ainsi que pour les 
plaines sablonneuses et les amas de sables restés à découvert. 
Il faut, par hectare de terrain absolument nu,' 24 hectolitres de 
cônes. On peut répandre les cônes à la main dans les sillons tra- 
cés à la charrue ou à la boue. \h s'ouvrent d'eux-mêmes et lais-< 



I 



386 FORETS. 

KDt ecliapper laiti graines , maU seulement par laoj 
loiiclie à la terre et inimcdiatennjnt autour ciiicijne,ai 
là partie supérieure. Pour rcadrc l'cusciuencenicotrgal, 
quand les cùaus sont parfaiteuicut iniirs, faii'c passerai 
herse île bi-aiichagcs. Les cùncs , ea roulant , ré paoda 
mence qu'ils contiennent encore, tt on aliaudonQc 
succès du semis au Lasard de la température. 

Semu de graines de pins épUiche'es. — Ils sont très an 
daoa certains ca» ; 1" pour repeupler , après un \i^ 
Icx conpGS dans lesquelles il ne reste pas assez de {ww 
pour fournir un ensemciiceiueat suJTisiutt i 2" pourua 
cer, après les avoir hersés, les vides qui se trouvent dui 
mis déji avancés en âge; 3" pour scncr It-s endrinlfii 
qui sont recouverts de kroufsaiUeB , et où il est iinm 
remuer les concs qu'on y répandrait. Dans ces dLilfi'rai 
sème à la main, eu si: servant de trois doigts, et aa ou 
Tiron 15 kil. par liectai'e. Mais si ou sème par rayouQf 
cbarinie ou à la boue, il ne faut que cmq à. six lui. ib[ 
Lies semis de pins ne veulent nullement être tecouvetttj 
que la semence reste à nu sur le sol. 

Sentis de sapins. — Les seinis de sapins , soit en ^ 
sur les montagnes , réussissent irès bien dans les loi 
bonne qualité, fermes, fiais , pierreux , couverts de un 
taie, exposés au nord et dans une situation Iraiche el oa 
La semence de ces arbres est contrmue dans des cooc 
vers le ciel; elle mûrit et on doit la récolter en septtul 
écailles des cûnes s'ouvrent très facilement , et laisscnl 
leurs graines ; ou doit en débarrasser la graine en la pa 
crible, et faire proinptemeni cette opération, parce que i 
mence, contenant beaucoup de parties buileuscsetaqn^ 
conserve {^ère sa faculté genninative au-delà d}f |iriaU| 
vaut. Comme elle est beaucoup plus grosse que celle dii| 
va^e, il en faut au inoins une lois autant que de celle-li 
à-dire 31 kil- par hectare. Ou se contente de gratttf 
face du terrain, et de répandre Lt semence sans l'entem 

Semis d'épicéa. — L'épicéa n'exige pas un terrain» 
que le sapin argenté. Cependant il vient mal dasj uo 
gec et sablonneux ; |l lui faut une exposition froid; id 



r 



FORETS. 387 

■pence mûrit vevs la fin d'octobre , et il faiit rccoltei 
1 depuLsJe mois de iioveiiibre jusqu'au mois de niais. Lef 
1 doivent tou]oui*s se faire avec de la semence f pUiclit'e ; 
[l'avantage de se conserver plusieurs années. Il faut 15 kil, 
j^ne pure par hectare. Elle ne doit pas être couvei te. 
jiis lie mélèze. — Cet arbre, le premier dc.i bois ré. 
lère dans les lieux élevés, froids, tempérés, ainsi que dans 
aines où il y a de la fraîclieur. Les cônes se rccolttnl après 
ois de novembre jusqu'en mars; on ne doiL pas cueillir 
.qui sont vieux et vides. Il est très difficile de les cpludaT , 
ïx qui en font métier détruisent souvent les gernie^ en pl_a- 
les cônes dans un four trop chaud Ou répand la semence 
ijes sillons pratiqués à la clianue, on dans des rajon» pra- 
houe. Dans le deimii cas on n'emplcie qut. )à 
,.^e graine pme par hectare Mais les sunis de celte soi te 
ivent tant de chances contraires, qu il tst trea pn.feiable 
4ntet' plutôt que de sqiier ks tenaiiis sui k quels on icut 
ir des bois de mélèie. 
fS plantations. — Avant de detenuincr une pl^tation , il 
f xaniluer avec soin la nature et la piofonduui du su| Il y 
t essences qui croissent beaucftiip nueux nn.laugees ensem- 
ble quand elles sopt de la mune eapi-ce Lt chi.ni. amiL t 
^trejnélé avec le frêne, cl •'e plaît même miiux ai c les 
flancs. Telles espèces enfoncent leurs lacitie'^, d autres 1^3 
Jeotàla surface, etc. Les plantations si,funt ui ]i-mies planta 
^ dans les pépinières, ou iii-aLhes dans les fûie( , ou bn.n 
pi}pef arbres ^yaiit ocquis en p piuitrf, une te l^pi IVice 
jlimtS élevés en pépinière SOI t luhiinnenl pi i i I Ua, ui- 
s'ib ont été repiqués. Les plmts ai radies uans Ils b sio \ a- 
&icpre moins q[j'ils ne coûtait, ils n ont en ginetal qu un 
I pu des racines peu cheveluLS Icui lige est miigie i-t clio- 
leur bois est dur et rabou^ii, ils sont esti toi dinaii tmcnt 
^es à l'action du soleil, du Inle et des vepts, 4^naleaposi- 

I ouvertes. 

II peut planter depuis la cliutt des feuilles jusqu a leur re- 
felleineiit, selon la uature des terrains, l'espèt^e des athrca 
E cours des saisons. 

tes arbres qui poussent de bonne heure au printemps, on 




388 FORÊTS. 

qu'on dëâiitie à dés Sôk légers, 86câ et chauds, doivent être plan- 
tés en ûutomme ; ceux qui craignent les gelées, ofi qu'attendent 
des terrains argileul et huniideS , réussissent mieux au prin- 
temps. 

Les racines des plants ne doivent rester exposées à Tair que 
le moins possible, et Vhabillage doit se bpmer au retranche- 
ment de celles qui ont été mutilées ou froissées. Il y a des espè- 
ces d'arbres aux racines desquelles on ne touche généralement 
point, tels que les arbres verts. 

Il y a diverses manières de planter. On appelle plantations 
en pots, potets ou poquets, l'action de planter dans des trous 
ouverts sur un terrain qui n'a reçu aucune préparation ; on es- 
pace les trous à 1 mètre et demi les uns des autres , et on les 
dispose en quinconce autant que possible. On leur donne envi- 
ron un demi-mètre de diamètre, sur un tiers de mètre de pro- 
fondeur. On appelle rayonner l'action d'ouvrir sur le terrain, 
avec la bêche ou avec la houe , des fosses longitudinales et pa- 
rallèles à une distance calculée sur le but de la plantation. 

La distance à mettre entre les sujets dépend de la qualité du 
sol, des espèces de plants et de l'aménagement que Ton se prO' 
pose d'adopter. L'espace a mettre entre les plants destinés à être 
élevés en futaie, est de 4 mètres. Pour ceux qui doivent être te- 
nus en taillis, il n'est que d'un tiers de mètre à un mètre deux 
tiers. Quant aux arbres isolés et d'alignement, l'espace sera de 
7 à 8 mètres pour les chênes et pour les frênes, de ô à 6 mètres 
pour les ormes et les platanes, de 4 à Ô mètres seulement pour 
les ipreaux , les peupliers et les trembles ; mais il sera de 8 à 10 
mètres pour les châtaigniers et pour les noyers , à cause du dé- 
veloppement de leurs têtes. 

On sent que les frais de semis et de plantations doivent varier 
suivant les lieux et les terrains ; il n'est pas pour les plantations 
de mode fixe ; en général, on défonce trop et on ne laboure pas 
assez. Beaucoup de plantations manquent totalement pour avoir 
été trop défoncées. Voici toutefois le devis de ce que doiveot 
coûter les plantations et l'entretien, pendant quatre ans , d*iui 
hectare de terrain de médiocre qualité planté en essence fores- 
tière. 



FORETS. 389 

1® Défoncement d'un hectare à 40 centimètres 
le profondeur. 20() fr. 

2<* Fourniture de 10,000 plants de rigoles. " 100 

3^ Transports de plants et exécution de la plantation. 100 
A** Trois regarnis estimés à 15 francs. 45 

5^ Huit façons données en 4 ans. 200 

Total 645 fr. 

Les semis de résineux se font en grand dans deux systèmes , 
soit sur un défoncement total, soit par bandes. 

Semis en place, 

1^ Défoncement de 30 à 35 centimètres de profondeur. 90 fr. 
2* Gassage des mottes, semage de la graine et ratis- 
sage pour Tenterrer. 30 
3« 10 kil. de pin sylvestre. 30 
4* 10 kil. de pin maritime. 5 

Total 165 fr. 

Pour les semis par bandes parallèles de 50 centimètres de 
largeur, entre lesquelles restent des bandes parallèles d*un mètre, 
la dépense est la même , sauf une diminution sur le défonce- 
ment de 60 fr. par hectare ; ce qui réduit les frais à 95 francs. 
Pour le complément de cet article , voyez les mots : Abattage 
D£s BOIS, Aabae^ Aménagement, Exploitation des bois, etc. 

SoULANGE BoDIN. 

FORETS. (Administration.) La conservation des forets, a 
dit l'orateur du gouvernement lors de la présentation du nou- 
veau code , est Tun des premiers intérêts de la société , et par 
conséquent l'un des premiers devoirs des gouvernemens. Tous 
les besoins de la vie se lient à cette conservation ; l'agriculture, 
1 architecture, presque toutes les industries y cherckent desali- 
iiiens et des ressources que rien ne peut remplacer. 

^ Nécessaires aux individus, les forêts ne le sont pas moins aux 
Etats. C'est dans leur sein que le commerce trouve ses moyens 
de transport et d'échange ; c'est à elles que les gouvernemens 
demandent des élémens de protection, de sûreté et de gloire. 
Ce n'est pas seulement par les richesses qu'offre l'exploitation 



390 FORETS. 

des forêts sagement combinée qu'il faut juger dé leur uiîlilé ; 
leur existence même est un bienfait inappréciable poiiî* les pays 
qui les possèdent, soit qu'elles protègent et alimentent les sour- 
ces et les rivières, soit qu'elles soutiennent et raffermissent le 
sol des montagnes, soit qu'elles exercent sûr l'àbncsphèrè une 
heureuse et salutaire influence. 

La destructioii des forêts est devenue, pour les pays qui en 
ont été frappés , une véritable calamité et une cause pro- 
cliaine de décadence et de ruine. Leur dégradation, leur réduc- 
tion au-dessous des besoins présens ou à venir est un de ces 
mallieurs qu'il faut prévenir, une de ces fautes que rien ne sau- 
rait excuser, et qui ne se réparent que par des siècles de persé- 
vérance et de privation. 

Pénétrés de cette vérité , lès législateurs de tous les âgés ont 
fait de la conservation des forêts l'objet de leur sollicitude par- 
ticulière ; et pendant plusieurs siècles , lès efforts des rois^ de 
France ont lutté contre les abus auxquels les forêts dé l'Etat 
étaient exposées, bt contre les spéculations imprudentes de la 
propriété privée. 

Toutefois pendant long-temps , et surtout dans les premiers 
siècles de la monarchie, on ne s'occupa des forêts qui couvraient 
presque entièrement le sol de la France, que sous le rapport de 
leur défrichement, que rendait chaque jour plus nécessaire 
raccroissement de la population , et^ par suite, les progrès de la 
civilisation et du commerce. On s'en occupa également en ce 
qui concernait la chasse, et il faut arriver aux ordonnances de 
Philippe-le-Hardide 1280, et à celles de Philippe-le-Bel de 1291 
et de 1302, pour trouver les' traces d'une adminiscratioh des 
bois, et d'à gens régulièrement investis de la direction de cette 
administration sous le titre de Maître des eaux etforets* Nous 
devons mentionner aussi la Charte aux Normands de Louis-le- 
Hutin de 1315, et l'ordonnance de PhiUppe-le-Ldng , de 1318, 
qui exigent, sous peine de nullité, que les bois soient vendus 
aux enchères.Ce même prince fit, en 1319, un règlement général 
Sur les eaux et forêts ; mais le plus important qui ait été rendu 
sur cette matière est, sans contredit, l'ordonnance générale de 
Charles V de 1376. Cet acte fut reproduit à peu près textuelle- 



ment par Fordoimacnce de 1515, et servit de hsÉt à l'efdennaiice 

de 1669. 

Cette dernière ordonnance , qui a régi leâ fel'ét^ {rendant |>ltÉl 

de 150 ans , fut destinée à rëpriiner de grande désordres. ElM 

dntmettre, par conséquent, des restrictions grarvesârexercice dû 

droit de propriété, et assurer son exécutiôii paÉr des |)é)heè sévè^ 

res. En supprimant la juridiction des eanx-et^forét9 , la loi du 

25 décembre 1790 sapa l'ordonnance de 166^1 dans sa baseffrin^ 

cipale, et la loi du 29 septembre 1791 acheva de détruire coitH 

plètement l'harmonie de ce règlement. B en résulta une perdit^ 

bation réelle dans l'administration dès feiréts, qui ti'aVait 

d'autre guide que les restes incohérens d'une législation ancienne^ 

dont la base était renversée, et les commencemens d'une légiiM 

lation nouvelle, qui en était restée à sou ébatiehe et ïfaiytàt ja-* 

mais reçu de complément. 

Cet état se perpétua jusqu'à nous , à l'aidé de tèglemens partiels 
qui intervenaient de loin en loin sur des objets spéciauit.Il était 
donc urgent de mettre cette partie importante de radlninistta<^ 
tion publique 'en harmonie complète avec notre législation et 
nos besoins actuels; c'est ce qu'ont fait la loi du 21 niai 1827 
et l'ordonnance réglementaire du 1*' août suivatit, qtie tiètis al* 
Ions passer rapidement en revue. 

Ces rcglemens ne concernent toutefois que les bois spécifiées 
dans l'article !•' de la loi , et qui sont 1** les bois et forêts qui 
font partie du domaine de l'Etat; 2^ ceux qui font partie du do- 
maine de la couronne ; S<* ceux qui sont possédés à titre d'apa* 
nages et de majorats réversibles à l'Etat; 4® les bois et forets deé 
communes et des sections de communes ; 6* ceux des établisse^ 
mens publics ; 6<* les bois et forêts dans lesquels l'Etat, la cou* 
ronne, les communes ou les établissemens publics ont des droits 
de propriété indivis avec des particuliers. 

l-«es particuliers exercent sur leurs bois tous les droits résul- 
tant de la propriété, sauf les restrictions spécifiées par la loi. 

Les emplois de l'administration forestière sont incompatibles 
avec toutes autres fonctions , soit administratives , soit judiciai- 
res ; ils ne peuvent être confiés qu'à des individus ayant 25 ans 
accomplis, sauf les dispenses d'âge que peuvent obtenir les élè- 
ves sortant de l'école forestière. 



Mi PORETS; 

Les âgèns et préposés de l'administration forestière ne peu- 
vent entrer en fonctions qu'après avoir prêté serment devant le 
tribunal de première instance de leur résidence, et après avoir 
fait enregistrer leur commission , et Tacte de prestation de leur 
serment au greffe des tribunaux dans le ressort desquels ils doi* 
vent exercer leurs fonctions. 

Les gardes sont responsables des délits, dégâts, abus et abrou- 
tissemens qui ont lieu dans leurs triages, et passibles des amen- 
des et indemnités encourues par les délinquans, lorsqu'ils u'ont 
pas dûment constaté les délits. 

L'empreinte de tous les marteaux , dont les agens et les gar- 
des forestiers font usage, tant pour la marque des bois de délit et 
des chablis , que pour les opérations de balivage (1) et de mar- 
telage, est déposée au gre£fe des tribunaux, savoir : l'empreinte 
des marteaux particuliers dont les agens et gardes sont pourvus, 
aux greffes des tribunaux de première instance , dans le ressort 
desquels ils exercent leurs fonctions ; l'empreinte du marteau 
royal uniforme, aux greffes des tribunaux de première instance 
et des cours royales. 

La séparation entre les bois et forêts de l'Etat, et les proprié- 
tés riveraines peut être requise, soit par l'administration fores- 
tière, soit par les propriétaires riverains ; elle a lieu à frais com- 
muns. Les demandes doivent être adressées aux préfets des 
départemens ; les tribunaux sont chargés de juger les contesta- 
tions auxquelles cette délimitation peut donner lieu. 

Tous les bois et forêts de l'Etat .sont assujettis à un amé- 
nagement réglé principalement dans l'intérêt des produits en 
matière et de l'éducation des futaies. Cet aménagement est fixé 
par des ordonnances royales. In effet , l'aménagement ne peut 
qu'être l'objet de dispositions réglementaires et d'exécution; il 
demande des modifications qui tiennent à la nature des lieux , 
à l'âge et à L'essence des bois ; et incontestablement , il est un 
acte d'administration. Aucune coupe ne peut y être faite sans 

(i) Les termes employés par le Gode forestier n'ayant pas de signification 
bien distincte dans le langage usuel, nous croyons deToir donner à la fin de cet 
arlicle la nomenclaturt de ces termes t «Yeo les explications nécessaires à leur 
intelligence. 



FORETS. 395 

ordonnance du roi, à peine de nullité des ventes, sauf le re- 
ours des adjudicataires s'il y a lieu, contre les fonctionnaires ou 
gens qui ont ordonné ou autorisé ces coupes. 

Hies ventes ordinaires ou extraordinaires ne peuvent, sous 
leiiie de nullité, avoir lieu dans ces bois que par voie d'adjudi- 
ation publique , qui doit être annoncée, au moins quinze jours 
r avance, par des affiches apposées dans le chef-lieu du départe- 
nentj dans le lieu de la vente, dans la commune de la situation 
les l3ois et dans les communes environnantes. Mais les adjudica- 
;aires ne peuvent commencer l'exploitation de leurs coupes 
ivant d'avoir obtenu par écrit, de l'agent forestier local, le 
permis d'exploiter, à peine d'être poursuivis comme délinquans , 
pour les bois qu'ils auraient coupés. Us sont d'ailleurs, ainsi que 
leurs cautions , responsables et contraignables par corps au 
paiement des amendes et restitutions encourues pour délits et 
contraventions conunis , soit dans la vente , soit à l'ouïe de la 
cognée, par les facteurs, garde-ventes,ouvriers, bûcherons ,voitu- 
riers, et tous autres ouvriers employés par eux. Après avoir réglé 
le mode d'adjudication des coupes, le Gode classe avec beaucoup 
de soins et de précision les agens , fonctionnaires et autres per- 
sonnes qui ne peuvent prendre part aux ventes d'une manière 
directe ni indirecte. 

Les dispositions ci-dessus , et toutes les formalités prescrites 
par le Gode forestier pour les adjudications des coupes de bois, 
sont observées poiu* les adjudications de glandée, panage et 
paisson. 

Nous arrivons aux affectations de coupes de bois, c'est à-dire 
aux concessions'qui consistaient autrefois'dansla faculté attribuée 
à des ëtablissemens industriels , de prendre dans une forêt, 
moyennant rétribution , le bois nécessaire à leur alimentation. 
Les unes étaient à perpétuité, les autres n'avaient qu'une durée 
limitée, et toutes étaient accordées dans le double but de favo- 
riser le développement de l'industrie , et de créer des moyens 
nouveaux de consommation pour des forêts qui en manquaient. 
Les anciennes provinces de la Lorraine, de la Franche-Comté et 
de l'Alsace étaient celles où ces affectations avaie^pt particuliè- 
rement lieu. Elles diffèrent donc , sous plusieurs rapports , de 
simples droits d'usage en bois ; d'abord , elles ont une origine 



894 FORÊTS. 

moderne , par cela seul qu'elles se rattachent aux piogi 
l'industrie , tandis que les usages remontent aux épofi 
plus reculées; elles portent sur des coupes déterminées,! 
des quantités de cordes de bois fixées par les actes decona 
tandis que les usages s'exercent dans toute Fétendue de II 
priétéy etc., etc. Des concessions de cette nature nedoiva 
être accordées : elles doivent expirer avec le terme ib 
les actes , s'il ne s'étend pas au-delà du 1*^' septembre 11 
autres affectations doivent cesser, à la même époque, Un 
cun effet. Toutes contestations relatives à ces affectitia 
portées devant les tribunaux. Les afTectations faites pour 
vice d'une usine doivent cesser en entier , de plein droit 
retard , si le roulement de l'usine est arrêté pendant de 
nées consécutives , sauf les cas d'une force majeure i 
constatés. 

Les dispositions du code concernant les droits d'os 
sont pas moins importantes que celles qui sont relatives 
fectations. Ces droits, qui ont été la source laplusféco 
dommages et d'abus, sont d'une origine très ancienne. L 
la France possédait une grande quantité de Lois bien sap 
aux besoins de sa cousommation, les produits forcsdc 
vaient qu'un prix médiocre , et les doniniagcs proven: 
concessions étaient pour ainsi dire inaperçus. IMaLs « 
n'ont fait que devenir de plus eu ])lus graves, et ils éiaic 
lérables lors de la promulgation du code forestier. 

Maintenant, il n'est plus fait dans les foièts de TEtat i 
cessions de droits d'usage , de quelque nature et sous q 
prétexte que ce puisse tUe. Quant aux anciens droits d 
le gouvernement peut en affrancLir les forets , moyean 
cautionnement ou des indemnités réglés de gré à gré, et, 
de contestations, par les tribunaux. 

Néanmoins, le rachat ne peut être requis par l'administi 
dans les lieux où. l'exercice du droit de pâturage est< 
d'une absolue nécessité pour les babitans d'une ou pli 
communes. Si cette nécessité est contestée par l'adniinisl 
forestière , les parties doivent se pourvoir devant le cou 
préfecture , qui statue après une enquête de commodo 
commodoj sauf le recours au conseil d'État. 



FORÊTS. 39à 

Les bois et forêts qui font partie du domaine de la couronne 
K>nt exclusivement rëgis et administrés par le ministre de la 
maisoD du roi , conformément aux dispositions de la loi du 
S noyeiubre 1814. 

Les agens et gardes des forêts de la couronne sont en tout as- 
similés aux agens et gardes de l'administration forestière » tant 
pour rexercice de leur» fonctions que pour la poursuite des dé- 
lits et contraventions. 

Toutes les dispositions du code forestier, applicables aux bois 
et forêts de l'État, le" sont également aux bois et forêts qui font 
partie du domaine de la couronne , sauf les exceptions qu'en- 
traîne l'exécution de la loi du 8 novembre 1814 , citée ci-des- 
sus. En eiFet, la dotation immobilière de la couronne est un dé- 
membrement du domaine de TEtat, et il est alors essentiel que 
les mêmes règles de conservation et d'exploitation s'appliquent 
aux forets de l'Etat et à celles de la dotation, sauf toujours l'in- 
dépendance du ministre et des agens de la maison du roi, à l'é- 
gard de l'administration des forêts de l'Etat. 

Mais il n'en est pas des apanages des princes comme de la do- 
tation de la couronne. Les bois et forêts qui les composent sont 
destinés à rentrer dans les mains de l'Etat , en cas d'extinction 
de la postérité mâle du prince apanage. L'Etat est donc essen- 
tiellement intéressé aux mesures qui se rattachent à la conserva- 
tion de la propriété. C'est pourquoi les bois et forêts qui sont 
possédés par les princes à titre d'apanage , ou par des particu- 
liers à titre de majorats réversibles à l'Etat , sont soumis au ré- 
gime forestier , quant à la propriété du sol et à l'aménagement 
des bois. En conséquence , les agens de l'administration fores- 
tière y sont chargés de toutes les opérations relatives à la déli- 
mitation, au bornage et à l'aménagement , conformément aux 
dispositions du Code. 

Les bois taillés ou futaies, appartenant aux communes et aux 
établissemens publics, sont soumis au régime forestier , d'après 
Varticle l*'' du code , lorsqu'ils ont été reconnus susceptibles 
d'aménagement ou d'une exploitation régulière par l'autorité 
adiiiinistrative, sur la proposition de l'administration forestière, 
et d'après l'avis des conseils municipaux ou des administrateurs 
des établissemens publics. 



396 FORETS. 

Il est procédé , dans les mêmes foiines , à tout di 
qui pourrait êtru demanda, soit de rainéuageninji 
mode d'exploitation. Lorsqu'il s'a;;it de lu conTcrsIon 
de l'aménagement de terrains en pâturages, la prop 
l'administration forestière est communiquée au mai 
administrateurs des établissemens publics. Le comc 
pal ou ces administrateurs sont apptlés à en détibèi 
de contestation, il est statué par le conseil de préfecli 
pourvoi en conseil d'Eiat. 

Les communes et établisiemens publics ne pcuven 
cun défriebement de leurs bois sans une auiorisatio 
et spéciale du gouvernement, sous peine d'une amen' 
à raison de 5Û0 francs an moins, et de 1,500 fr. au pi 
tare Je bois défriché , et, en outre, de rétablir les U 
lure de bois, dans le délai 6ié par le jugement , et q 
toutefois excéder trois années. 

La propriété des bois communaux ne peut jam; 
lieu ^ partage entre les Labitans. Mais lorsque deux o 
communes possèdent un bois par indivis, cLacunei 
droit d'en provoquer le parLige. 

Cbaque habitant n'ayant qu'un droit de jouissas 
bois communaux , la propriété n'appartient qu'au 
commune. Le partage de ces bois entre les bahitans 
subversif du droit de propriété , puisqu'il ferait enti 
celles, dans le domaine privé des particuliers, un fo: 
ne sont pas copro|niétaires. Le partage serait , suivi 
vergier , contraire à la destination de celle espèce de 
qui n'a été laissée en coinnnm dans le principe, ou i 
blie telle dans la suite des temps, que pour servir t. 
et à la conservation perpétuelle du corps dont elle 
patrimoine. 

Les frais d'administration des bois des communes 
blisscmens publies sont supportés par le gouvernei 
s'en indemnise moyennant le prélèvement d'une si 
y^Iente à ces frais, et qui est annuellement ajoutée 
bution foncière établie sur ces bois. Le montant de c 
est réglé cbaque année par la loi des finances ; elle 
Ku marc le franc de ladite contribution , et presque ' 




A. 
L 



FORETS. â97 

:ttion, au surplus, ne pèse ^ue sur les ha^ 

;s bois , puisque les frais de régie et Tiiii- 

. ctre prolevés sur le prix des coupes. 

)(is aucun prétexte, les liabitans des com- 

■ Pirateurs ou employés des établissemens 

liLioduire, ni faire introduire dans les bois 

luinunes ou établissemens publics, des cliè- 

11 tons, sous les peines portées par la loi. 

y. des brebis oumoutons peut être autorisé 

dites par des ordonnances spéciales du 

citions qui concernent le droit d'usage dans 

' sont applicables à la jouissances des commu- 

'^incns publics dans leurs propres bois , sauf 

s exceptions et modifications. 

)S du Code forestier , relatives à la conserva- 

" des bois qui font partie du domaine de l'Etat, 

>oursuite des délits et contraventions commis 

sont applicables aux bois indivis, sauf les modi- 

i ves aux bois des communes et des établissemens 

copropriétaires sont, au surplus, toujours libres 

or l'indivision, en requérant le partage aux termes 

815 du Code civil. 

^oupe ordinaire ou extraordinaire , exploitation ou 

peut être faîte par les possesseiurs copropriétaires, 

t^. d'une amende égale à la valeur de la totalité des 

tus ou vendus; toutes ventes ainsi faites sont déclarées 

"opriétaires qui veulent avoir, pour la conservation de 

>is , des gardes particuliers, doivent les faire agréer par 

préfet de l'arrondissement , sauf le recours au préfet en 

refus. Ces gardes ne peuvent exercer leurs fonctions qu'a- 

^voir prêté serment devant le tribunal de première in- 

» 

•s particuliers jouissent de la même manière que le gouver- 
nent, et sous les mêmes conditions, de la faculté d'affiancîiir 
s forêts de tous droits d'usage en bois. Les droits de pàtu- 
,e , parcours ^ panage et glandée ne peuvent y être exercés 




4Ô0 fOKEti. 

AjotltOttS ittté le^ dispositions ci«-clessus ne Sont applic 
qu'aux localités où le droit de martelage est jugé indispei 
pour le ^rvîce de la marine. Les localités qui ne sont pas 
knises au droit de martelage sont indiquées dans un état 
a été approuvé par le roi, le 8 septembre 1827. 

Indépendamment du martelage des bois pour le service de 4 
marine, le Gode forestier, dans tous les cas où les travaux d*ei^ 
digage ou de fascinage sur le Khin exigent une prompte foiui» 
niture de bois en oseraies, donne au préfet, après avoir constati 
l'urgence , le droit de requérir , la délivrance de ces bois, d'a- 
bord dans les bois de l'Etat, et en cas d'insuffisance, dans ceux 
des communes et des établissemens publics , et subsidiairement 
enfin dans ceux des 'partiouliers , le tout à là distance de cinq 
kilomètres des bords du fleuve. A cet effet , tous particuliers , 
propriétaires de bois taillis ou autres, dans les îles , sur les rives 
et à la distance ci-dessus prescrite, sont tenus de faire, trois mois 
d'avance, à la Préfecture, une déclaration des coupes qu'ils se 
proposent d'exploiter. Si dans ce délai les bois ne sont pas requis, 
le propriétaire peut en disposer librement. 

Les dispositions ci-dessus constituent des mesures de sûreté 
publique et à la fois d'intérêt privé ; le cours du Rhin est tel- 
lement inégal et irrégulier, qu'il faut constamment lui opposer 
des efforts nouveaux ; tout est imminent dans le mal, et par 
conséquent tout est urgent dans le remède , et les habitans des 
environs du Rhin seraient continuellement exposés à voir leurs 
propriétés détruites par les dcbordemens de ce fleuve, si l'auto- 
rité ne s'empressait d'y mettre des obstacles. C'est pour cela que 
les propriétaires seuls qui ont intérêt à ce que ces débordemens 
n'aient pas lieu, par suite de leur proximité, sont les seuls sou- 
mis aux réquisitions dont il s'agit. 

Il est défendu, sous les peines portées par le Code, d'ex- 
traire ou d'enlever, sans autorisation, des pierres, sable, mine- 
rai, terre'ou gazon, tourbe, bruyère, genêts, herbages, feuilles 
Vertes ou mortes, engrais existant sur le sol des forêts , glands, 
fahies et autres fruits ou semences des bois et forêts. Il est éga- 
lement défendu de porter ou d'allumer du feu dans l'intérieur 
et à la distance de deux cents mètres des bois et forêts. Les pro- 
priétaires riverains des bois et forêts ne peuvent se prévaloir de 



FORETS. 401 

prticle 672 da Code civil , pour Teh^j^e des lisières des- 
kts bois et forêts , si ces arbres de lisière ont plus de trente 

Des amendes et des peines sont prononcées contre les contra-» 
reniions aux dispositions ci-dtrssiis. Ajoutons quUl ne peut être 
■Cilili sans rautorisatiou du gouvernement et sous qui-lque pré-> 
exte c|ne ce soit , aucune maison sur peiclie, lo[;c, Laraqneou 
liangar , dans rcucirinte et à moins d*iiu kilouièli-e des bois et 
Toréts : qu'aucune consti uction de maisons ou fermes ne |>eut 
ètie elTc'ctuée sans cette même autorisation , et à la distance de 
500 mètres des bois et forêts; que les individus aiitorisci à con* 
strutrc ces maisons ou fermes ne peuvent y établir , sans auto- 
risation , aucun atelier à façonner le bois , aucun chantier ou 
magasin pour faire le commerce du bois; qu'aucune usine à 
scier le bois ne peut être établie dans l'enceinte et à moins de 
deux kilomèti'cs de distance des bois et forêts, sans Tautorisation 
du gouvernement. Les infractions à ces prohibitions sont pu- 
nies d'amendes , de démolition et de confiscation dans certains 
cas. 

Voir les mots Forges et Fours, pour ce qui concerne la con- 
struction des fours à chaux et à plàti*e , des tuileries et des bri- 
queteries dans les forêts. 

11 n'est fait exception quVn faveur des maisons et usines qui 
font partie de villes , vilhigcs ou hameaux formant une popula- 
tion agglomérée, bien qu'elles se ti*ouveut dans les distances ci- 
dessus ûxées des bois et forêts. Si quelques difltcul lés s'élevaient 
sur la question de savoir s'il y a oui ou non a{;glomération de 
maisons quai idée village ou hameau , elles seraient po&técs de- 
vant les tribunaux. 
L'administration forestière est chaînée, tant dans T intérêt de 



TElat que dans celui des autres propriétaires de bois et forêts 
soumis au régime forestit^r, des poursuites en réparations de tous 
délits et contraventions commis dans ces bois et forêts, à Tex- 
ception de ceux qui concernent les forêts de la couronne, et qui 
sont constatés |)ar les agens et {tardes de ces forets. 

Les actions et poursuites sont exercées piar les agens forestiers 
au nom de l'administration forestière^ sans préjudice du droit 
qui appartient au ministère public. 

T. 26 



4M FORÊTS. 

Toutes ks aetions «t poursuites exercées au uom de Padiui- 

mstratioit générale des foréis, et à la requête de ses ageus , en 
réparations de délits ou contraventions eu matière forestière , 
sont portées devant les tiibunaux de police correctiouneUe qui 
sont seuls compétens pour eu connaître. 

La compétence des tribunaux chargés de prononcer sur les 
délits et contraventions commis dans les bois et forêts qui ap- 
partiennent aux particuliers, est réglée par le Code d'instructioa^ 
criminelle ; le Code forestier n*a rien innové à cet égard. 

La coupe ou Fenlèvement d*arbres ayant deux décimètres de 
tour et au-dessus, donne lieu k des amendes déteiminées d'après 
l'essence et la ciixonférence d^ arbres. A cet effet, les arbres 
aont divisés en deux classes : la première comprend les cbénes, 
les héti^es , les charmes , les ormes ^ les frênes , les érables , les 
platanes, les pins , les sapins , les mélèzes , les cliâtaigniers , les 
noyers, les aliziers, les sorbiers, les cormiers, les meri«ers et au- 
tres arbres fruitiei*^ 

La seconde se compose des aulnes, tilleuls, bouleaux, trem- 
bles, peupliers, saules, et de toutes les espèces non comprises 
dans la première classe. 

Le Code forestier détermine ensuite les peines, eu eas de coupe 
ou d'enlèvement de bois qui n'ont pas deux décimètres de tour, 
ou qui ont moins de cinq ans, et prononteen outre des amen- 
des et l'emprisonnement ooutre ceux qui ont arraché des plants 
dans les bois et forets, qui ont échouppé , écoreé ou mutilé da 
larbres, ou qui en ont coupé les principales branches , <]ui ont 
enlevé des chablis et bois de délit, etc. , etc. 

Les peines sont doubles en cas de récidive, ou lers^e les dé- 
lits ou contraventions ont été commis la nuit , «u que les dé- 
linquans ont fait usage de la scie pour couper les aiiires sur 
|»ed. 

Le recouvrement de toutes les amendes foi^esDières est confié 
•aux wceveui^ de lenret^ïistremcnt et des domaines. I4s soixt^jia- 
iement diargés du recouvrement des restitutions, Irab et dom- 
inaf^es-intérèts résultant des jugemens rendus pour délits «t cea* 
travcntions dans les bois soumis au rc^piiie foi-estier. 

Les jugemens contenant des coiidauinations en laisenr da 
particuliers» pour réparations des délits ou oonUàventioBS ttm* 



FORETS. 4ùi 

mis daus leurs bois, sont, à leur diligence , sifpiifiës et exécutés 
suivant les mêmes formes et voiisde contrainte que les J4ige-* 
mens rendus à la requête de radmtnistitiiton forestière; pareil- 
lement, le recouvrement des amendes prononcées par les uic« 
mes jugeinens est opëi*é par les receveurs de reuregistreinent et 
des domaines 

Les lois y ordonnances , ëdits et déclarations , arrêts du con- 
seil, arrêtés et décrets, et tous réglemens intervenus, à quelque 
époque que ce soit , sur les matières réglées par le Code fores«-» 
tier, en tout ce qui concerne les forêts, sont et demeurent abro- 
ge. Cependant, les droits acquis antérieurement à ce Code sont 
)ngés, en cas de contestation , d'après les lois, ordonnances, 
édits, etc., ci*dessus mentionnés. 

Voir, pour ce qui concerne le défricbement des bois, le uiot 
Défrichement. 

11 nous reste encore quelques mots à dire de Tordonnance 
royale réglementaire du 1*' août 1827 , rendue en exécution du 
Code forestier. 

Cette ordonnance organise la direction générale des foVêts, et 
la place sous l'autorité du ministre des finances; elle règle en 
conséquence ce qui concerne le service forestier dans les départe- 
mens et divise le territoire de la France en conservations Cdrestiè- 
fes (1), subdivisées eliet-mêmes en inspections et sous-inspec- 
tions ; le service des agens forestiers, leur costume, celui des ar- 
penteurs, des gardes à cheval et A pied; l'orf^anisation des écoles 
forestières, où l'enseignement a pour objet Fliistoire naturelle 
dans ses rapports avec les forêts; les ma thématiques appliquées 
à la mesure des solides et ù la levée des plans; la législation et 
'a jurisprudence, tant administratives que jndteiaiicsen matière 
forestière ; l'économie forestière, en ce qui concerne spéciale^ 
ïnentla culture, l'aménagement et l'exploitation des forêts, et 
réducation des arbres propres aux constructions civilea et na« 
vales ; le dessin, et enfin l.i lanQue allemande. 

L'ordonnance règle ensuite toutes les mesures et forinalitél 
que doit entraîner l'exécution du Code forestier. 

(0 Voir le tableao iadiquaiit la dirision des conservatioas IbratièrM 1 4 li 
•* de cet «liiclei 

tA* 



404 FOAÊTS. 

Telle est l'analyse succincte du Code forestier et de Tordo»» 
nance d'exécution qui Ta suivi. 

Ban»rimpossil)ilité d*en reproduire toutes les dispositions, 
nous avons dû nous borner à donner une idée générale de l'en- 
semble de cette législation. En apportant des améliorations no- 
tables au régime forestier, et succédant à l'ordonnance de 1669 
qui fut elle-même Tun des monumens législatifs les plus remar- 
quables du règne de Louis XIY , la loi qui nous occupe a mérité 
de prendre place à côté de nos Codes. Préserver les forêts de 
r£tat des usurpations et des fraudes; les défendre autant que 
possible , et suivant les règles d'une bonne justice , contre les 
abus résultant des usages ; donner aux forêts des communes une 
administration régulière et surveillante ; qui concilie les besoins 
publics avec les intérêts bien entendus des babitans; accorder aux 
propriétés privées liberté et protection, tout en exigeant d'ella 
les sacrifices indispensables que l'intérêt général a le droit d'en 
attendre; classer avec soin les délits et les peines, pour parvenir 
plus sûrement à la répression des premiers; régler et simplifier la 
procédure, et assurer enfin, par des moyens efficaces, l'exécution 
des jugemens : tels sont les résultats du Code forestier, qui in- 
téresse^it à un si baut degré l'économie agricole, et qui touchent, 
d'un autre côté, aux intérêts les plus graves de la société. 

Ad. T&ebcchet. 

Nomenclature des mots employés le plus fréquemment dans 

la législation forestière (1). 

Abatis. — Bois abattu en quantité, i 

Ab&outissehent. —-Etat d'un bois mangé par les bestiaux. 

Affectation. — Concessions d'une certaine quantité de bois 
à prendre dans les forêts, pour alimenter les usines. 

, Affirmation. — Déclaration, sous la foi du serment , de l'exac- 
titude des faits consignés dans un procès-verbal. 

Affouage. — Droit de prendre le bois nécessaire au chauf- 
faeje, soit pour une maison, soit pour une commune. 

Agens. — Cette expression embrasse les conser\^ateurs , les 

(ï) Nous empruntons celte noroenciature à la coIIecUon des lois de M. Oa- 
vergier. 



\ 



FORETS. 405 

inspecteurs » les sous-inspecteurs , les gardes-généraux , mais 
noD les arpenteurs et les simples gardes à pied ou à cheral., 

Aménagement. — Actuellement ce mot signifie la division 
d'une forêt en coupes successives , et le règlement de l'étendue 
ou de l'âge des coupes annuelles ; autrefois il exprimait aussi le 
règlement entre le propriétaire et les usagers , qui assignait à 
ceux-ci la jouissance spéciale et exdnsiTe d'une portion de la 
forêt , et qui affi:anchiasait k reste de la foret du droit d'usage. 
y , Cantonnement, 

Assiette. -— Fixation de l'étendue des bois compris dans 
une coupe. 
Ayai..— -Pente d'un courant d'eau. 

Bauvage. — Choix des baliveaux , ou jeunes arbres qu'on 
réserve à cliaque coupe pour croître en futaie et repeupler les 
bois, et martelage nécessaire pour les désigner. 

Baliveaux anciens et modernes. — Les modernes sont ceux 
qui ont été laissés à la dernière coupe ; les anciens sont ceux 
qui ont été laissés A une coupe antérieure à«4a dernière. V. 
Balivage, 
Bêtes aumailles. — Bêtes à cornes. 

Bille. — . Partie d*un arbre destinée à être refendue par le 
sciage, ou qui doit être plantée. 
Bots bépensables. — V. Defensalnliie'. 
Bois de délit. — Bois qui ont été abattus en contraventions 
aux lois. 

Cantonnesîent. — Règlement entre .le propriétaire et l'usa- 
Oer , par lequel le prdptîécaire abandonne- à l'usager, en toute 
propriété, un canton de ses bois , pour affrandiir le reste de la 
forêt du droit d'usage, y. /^/;7e^/i/7gfeme/f/. 

Chablis* — * Arbres abaltu^par le vent ou par quelque autre 
accident, sans délit. * '. ^ 
Cbicot. — Ce qui reste à la soucbe d'un bois abattu. 
Dépensabilité. — État d'une forêt constaté légalement, et tel 
que les-bestiaux ne puissent 4''eQdommager. Un bois est en dé^ 
fend tant que l'introduction des bestiaux n'est pas pennise. 
I)ÉÛrA<GARDE FAOT.^^'Vk Gordc /hiie. 
^BlGHooppEft. -*- Enlever-lA cime d'un arbre» Y. Houppe^ 
Essartée. — Arracher des broussailles. 



406 FORÊTS: 

EssEireB* -^ Qualité, espèce. 

FoBETAOE. — Mode d'exploitation , qui censiste à couper fâ 
et la les arbres qui conTienncnt le iiûens. 

FçTAiKs. — k Bois destines à n'ctre abattus qa*à l'époque om 
ils anrout leur croissance uaturtlle. 

Garde faite. — Uq délit i\ gn trie faite est celui qui est corn* 
mis par le paire le voulant et gardant les bestiaux. 

Glandée. — RcxoUe du f>laud ; ou appelle encore ainsi^ et 
même pins spéc alenient, la faculté d'introduire les porcs âaai 
les bois pour inanger les glands. Y. Poisson^ PanagCm 

Houppe. — Cime d'un arbre. V. Echoupper» 

Jabdinage. — Mode d'exploitation , qui consisté à abattre çà 
et là et par ëclaircics. 

LisiÈBS. — Arbres qu'on laisse dans les coupes^ entre deux 
pieds-comierSy pour servir de parois ou de bornes k la vente, oa 
pour limiter les forêts, et les séparer des chemins on des kénta- 
gcs voisins. V. Pieds' Coniiers. 

'Martelage. «^ Opération qui consiste à marquer avec nn 
marteau les arbres qui doivent être abattus ou conservés. lise 
dit plus spécialement de l'apposition du marteau royal pour 
marquer les arbres propres au service de b niarine* 

Nettoiement de la coupe. — Opération qui coùsisto à la dé* 
barrasser des épines , ronces , genêts , bois durs i i*abougris et 
mal-venans. On désigne aussi, parce mot, l'enlèvemeiU des 
bois de la coupe. V. Vidringe, 

Ou JE DE LA C065ÉE , qu'on nomme aussA répense de la vente. 
C'est la distance a laquelle on peut, entoadrfe le liitûl d'uiit 
coupe. 

Paisso5. — - Pâture des porcs dans les bois. 

Panaoe (droit de panage). — FacuKé de mener paître danlles 
bois les animaux qui mangent le (;land et le faine. 

Pabois. -^ Arbres qui servent de bornes. V. LUière ^ pieds» 
cornit-rs. 

Pâturage (droit de pâturage). -* Faculté de faire pattre dans 
les bois les animaux qui mangent Tlteibel . 

PiKOS-çoBNiEBs. — Al bies qui servent.à .marquer les limites 
d'une foret ou d'une coupe, surtoui^dans lel anglessoitaas. Y. 
Lisière^ Parvis. 



F0KET8. 

PlEQS-TQnvxfAVS. -^ Arbres qui limitant une forêt ou une 
coupe dana les angles rentrans. 

Possibilité. — Étendue que 1 état de la forêt permet de don- 
ner à Tusajj^e « saos porter un préjudice tAop considérable aux 
revenus de TEtat. 

PaétosÉs. —Cette expression comprend les agens et les gar^ 
des^y, À gens. 

Repateouagc. — Opération par laquelle on compare des bois 
coupés et des souches, pour reconnaître si des bob ont été cou- 
pés en délit. 

RécoLEHENT. — Opéi*atioti par laquelle on vérifie et consiate , 
après la coupe, ai l'adjudicataire s'est conformé, dans l'exploita- 
tion, aux obligations qui lui étaient ipdposées. 

Réponse os i«a vente* ««- V. Ouïe de la cognée, 

SoccBETAGE. — Rechorelie et reconnaissance des souches de 
bois coupés. 

Ta]i.U8. -^ Bois destinés à être coupés périodiquement, et 
qui se reproduisent de leur souche. 

TauM. — « Gan^n d'Une forêt qui , seul ou avec cl*àutres 
triages, compose une garde forestière. 

TaoNCE. Y. BWa. 

» 

Vente. -*• Etendue de bois dont la coupe eut adju£;oe« 
yflU^Gâ• -^ Enlèvement du bob pour débonrasser* la foi et* 






V 



408 



FORETS. 



Tableau de la dm ion territoriale de la France en vingt 
conservations J^.irestlères ^ i/id/r/itant les chefs- lieux et les 
' déparlem^ns qui forment chayttc conservation. 



-rV. 



NCUEROS 
ST CatF» Luiz 

CoiwerTations. 



SSPiftTEUENS. 



Fa RIS» 



8« 

Taoyis, 



5« 

RODIN. 



4« 

DOBÀI, 



Craloits. 

' Niitcr. 

7» 

COLMAA. 



8« 

DiJUK. 



9» 

BOOBGBS. 



10« 
KlOAT* 



Li Mars* 



Kiiro-et-Loire* 

Loiret. 

Oise. 

Seine. 

SeiiL^-eî -Marne» 

Seine*et-Oise. 

Aube. 

Marne (Ilauté-}. 

Yonne. ' 

Ca! Vil dos. 

'lire. 

Manche. 
^Sfine-Iafcricwre. 

Aisne. 

Wor.1. 

Pas-de-Calais» 
'Somme. 

{Ardenoes. 
M.irne. 
Meuse. 
Meurt lie. 
Mo"<eIle. 
Vo<};i*s. 
DiMihs 

Hliin ( îin%'), 
lihin (llaul-). 
Côle-d Or. 
Jura. 
S.iAne ( ITmile- ). 

Saone-ei-Loire. 
i Allit-r. 
} Ch.T. 
j Indre. 
( Nièvre. 

iChannte. 
Charente- Inférieure. 
Sèvres (Deux-). 
Vendée, 
Vieiin". 

(iulre-el-Loîre* 
Loi r-el -Cher. 
Maine-el-Loire. 
Mjiyenne» 
Orne. 

Sarlbç* 



NUMEROS 
iT Cutr*'Lucz 

ConMTvatioua. 



TOCLUUSB. 



i5« 

Gamobls. 



ElHAU« 



.. ] 



Clbauckt. 



BOBDBACX* 



17» 
Pav. 



KlMBS. 



19» 
ÂIZ. 

Basxia, 



CEPAUXBttCICS. 



Ari^gc. 

Au!>e. 

Garonne (Tlaiile-). 

l'}Ti-nées Otieiitaici. 

Tarn. 

Tara et Garonne. 

Ain. 

Aipes (Hautes). 

Drôme. 

f>ère. 

Loire. 

lihàne. 

Côt' s-du-Nord. 
Finistère. 
IHe-et- Vilaine. 
Loire- 1 n férienre. 
^Morbihan. 

Cantal. 
Corrèze. 
Creuse. • 

Loire ( FTAnte-^ 
Puy-de-UAine. * 
Vienne ( Uaule*}. 

IDordogne. 
^jîi ronde. 
Lot. 
Lut- et- Garonne. 

Gers. 

Lande?. 

Pyrénées (lîaMes). 

Pyiéitées (Jldutts-). 

ÎArdèche. 
Aveyron. 
Gard. 
llérauU. 
Lozère. 

IA.-|>es (Basses-). 
Bouches- du > Rhône. 
Var. 
Yaucluse» . 

I Corse (Ile de). 



• FOKGEROfT. 

GERON. (Terhno/oijle.) Ouvrier qiii i 
u feu Its fnriiiiïs diverses qu'il do 
'est plus eoiniiiuu qu'un forgeron 
a n'est plus lare qu'un bon foj'gcion. Dans cette pi-o- 
ï^ tout est expérience et pratique: les constiis delà théorie 
l<:i-ont jamais un forgeron. L'ouvritr qui se consacre à cette 
triante des arts uinnuels doit être robuste et d'un Toit 
Kipcraiitent ; il doit avoir la vue très bonne, et celte bonne 
, il la perdra bientôt à force de considéjer le fer cbanffant 
t uu feu ébloTiissanl; il faut qn'il ait le coup d'œil i-apide, et 
ses inouveuiens soient prompts, car il faut battre le fer 
ind it est chaud; son bi-os gauche doit être souple, et roq ar- 
nlalion du poignet di'liée; c'est la main gauche qui tient les 
cb; il lui faut une dL-slérité qu'on u'ucqiiieit qu'avec l'u- 
(, et dont on n'a nulli: idée quand on n'a pas foigé. Le for- 
lon doit avoir des connaissances accessoires sur le fer, sur le 
iirbon ; en un uiot, c'est une chose très rare, comme nous re- 
lis de le dire, qu'un bon ouvrier dans cette partie, et ceux 
i le deviennent sont très chèrement payés. Ce haut prix qu'on 
Ur donne est cependant une économie sur la fabrication; car 
fl ouvrier peut gagner des chaudes, et chaque chaude cnûte 
■ et du charbon. H y a des forgerons en voitures qui sont 
Ijâ quinze francs par jour, et ce n'est pas encoie trop, 
l»a bon forgeron, outre qu'il ménage les chaudes, ménage 
n la lime , li; huiin , et des jonrnées dn limeur : nous devons 
K'donner «juelques conseils généraux, non point dans l'es- 
Mr do faire des forgerons, ce u'est qu'en forgant qu'on le de- 
1, le proverbe le dit ;' mais dans celui de pouvoir aider l'eu- 
"prmeur dans le choix important de cet homme préuieux, 
i il établira maiire, et qui ensuite saura choisir ses aides. 
jfour que le fer d^vieuLie asscï mou pour êtie pétri par le 
ttHu, il faut le cliaufli^r à un di-gré déterminé, et ce n'est 
6'jâ une chose facile que de chauffer convenablement ; il 
t d'uboid savoir quelles espèces de<houilie ou de charbon de 
«filoiTentétre employées dans lelsou tels cas (V. Houille). 
nitârtaineaiirofessions.dans l'orfèvrerie par exemple, on ue 
ttichauffer qu'avec le charbon de bois, parce que la ilioindj,'e 
(■^olefdufoufi'&'iufiîiait poui' gâttir .saus r«uiède. une pièc« 






A 



416 Itnt6XR0N« 

à la cdnfection de laquelle on aurait déjà consacré beaucoup de 
temps, de trataîl et de dépenses; dans tons les cas de brasiirei 
là ckauffe au cliarbon de boîs est préférable. On peut aussi {6r^ 
^er le fer chauffé par ce même cbarbon» qui e&t inoius uia- 
niable qiie le cbarbon de terre^ avec lequel on construit pluaai- 
•émei^t el en entretient plus sûrement le feu de la forge. 

Entre un grand nombre de Tariétés, on dislingue prideipale- 
ment la houille grasse et la hotnlh ntai^e; on préfcire la bouille 
grasse; mais comme elle est sujette à contenir du soufre > il faut 
Ten priver si on yeut l'employer utiUmeat» car le fer cliaufle 
livec un charbon sulfureux est (acilement brûlé , grésillé j ea 
général, il faut préférer le cbarbon bifo^é qui a été loj)g*teiaiipi 
exposé à Vair. 

Nous n'entrerons pas dans le. détail delà construction de h 
forge, parce que cette construction difilfre selon les pi't>fessions,' 
nous conseillerons seulement l'emploi des plaques de tuyërei 
mobiles, en fonte, l'emploi des tuyères ji réservoir di,'eau, et 
des soufflets à la Rabier ( Y. Sojàm,feT)y.ou autres èi réiervoir 
d'àir. condensé , donnant un vent costinu » fort ou oiodéré s 
volonté. 

Pour obtenir le degré de t^baleursufibant pour qucle fer soit 
facilement forgé , eu égard à chaque qiialité de ibr ^ il Jaut qus 
la pièce soit bien pénétrée dans toute $oniifpaissèuri car si le fer 
ast fortement chauffé à i'extérieuri et ^fue.le cœur aatt moins 
chaud^ on risque en forgeant de rendre Jle fer paiUeax^ cVst-à* 
diie qu'il s'y manifeste des gerces» qui fon^ Solution de-cMsti* 
fiuité entre les molécules. Si on a unecgrQsse barre à éhauffer, 
il ne faudra pas dès l'abord pousser vivietnetit te feu^ lefer brûf 
leraità l'extérieur avant d'être suffisâmln^iit dhaud à l'iotérieur* 
Quand il s'agit de petits fei^, on pêv^ Jie^ chauffer desttilé aa 
degré convenable, parce qu'ils sont faâlei^eni traversés i mais 
alors il' faut veiller plus particulièreuQvenjl À ne point les hi'uler. 
•La portée du vent, relativement à lalonguelir des barres à chaut 
fbri^ dépend de la force ides soufflets et de la grandeur du dis- 
rnètK dd ti'bu de la tuyère. Dans une forge de serrurier, le plus 
grand diamètre de ce trou varie entre vingt>ts^ et trente milli- 
inètvesv et la divergence .du vent àJa distance convenable aè 
|«ttl èti« plééée la juerei Bi»| de «em huit usUiBiètrèsiéD vira». 



FORCERON. 411 

1 âùno qu'on voudra faiie une chaude sur une plm gianda 
gncur , il sera bon tic promener la lian e dans le feu , en U 
lut à soi et la rc])oussant aUei'DatiTtuient , de manière à cQ 
cla cliaiide soit bien ^i;ate pnitout. 

jest l'œil qui guide et fait jnjjer lorsque la pièce est asse» 
illde : quand la Hamme devient tiop blanclie , et qu'il jailli% 
l^iaceltes brillantes, lu fer esttièicliaud, il faut veiller alor* 
M le point iji'ésiller; à ce degi'o de clialenv , il commenceil 
lier; un fer louverain ou aciéreus ne saurait supporter ce 
ji^, sans s'altffier plus ou moins; un fer doux supporleia plua 
llenient la cJialeur ; mais ce de;;ré de clialeur qu'on nomme 
ikur suante , est nécessaire pour souder, mais ne l'est point 
HT que le fer puisse éire forgé ; la couleur rou0e claira 
It pour cette opératioa. 

ftUr que leTÊiit se répande bien en divergeant, il faut avoir 

de dégager de teiups en temps l'oririce de la tuyèi'e à l'aide 

itisonier, veiller à ce qu'un gros morceau decbarbou ue se 

Te pas devant le trou , et ne puisse i ecevoir seul l'action du 

I. Le trou de la tuyère se trouvant élevé de deux centimètrea 

ron au-dessus de l'aire de la forge , qu'on nomme la pait- 

!,il faut avoir soin que le màcliefer et le fiaisil nei'em])lis> 

pas le dessous de la tuyère. D'une autre part, pour que la 

eUr soit très intense , on ramasse le charbon en masse au- 

n du fer, on le tasse, on y jette de l'eau alin qu'il fasse 

espèce de calotte au-dessus ; s'il se forme un conduit , une 

par lesquels le vent et la flamme se frayent un pas- 

tl faut les boucher avec du charbon afin de concentrer l'ac- 

Lorsqu'on met le fer au feu, il ne faut pas qu'il soit placé 

de la tuyère , ni qu'il reçoive l'action directe du 

il GhairfTerait lentement et s'oxiderait beaucoup. H faut 

S Vent passe en-dessous, e( qu'il chasse la flamme sur le 

In doit remaev le fer de tenips en temps, afln que le cbai^ 

ne s'attadie point après; un morceau de charbon qui se 

1 air le fer peut le biiiler dans cet endroit, tandis que d'aiU 

Hn'esl pas asseï chaud pour être retiré du feu. A mesure 

k chaude avance, il faut conduire le vent plus ou inoius 

mIou le degi é auquel elle est parvenue ; si on voit que 

languit, il faut remettre un peu de cLaibon, mouiller d« 



I 



412 ÏOKGERON. 

nouveau, reformer sa calotte et souffler virement. En générait 
il faut beaucoup de tact et d'habitude pour évaluer de suite et 
qu^ii faudra de charbon pour la chaude entière. Si oa ménage 
le charbon, le fer chauffera lentement et s'oxidera; pour avcw 
une chaude grasse^ il faut mettre du charbon plutôt avec ua 
peu d*ex&s, qu'avec parcimonie. Cependant, il ne faut pas dépas^ 
ser de beaucoup le nécessaire, car à la chaude suivante cjg char- 
bon à demi brûlé ralentirait l'activité du feu. Il est bon de 
conserver le fraisil sur la forge, afin de circonscrire l'action da 
feu ; mais il faut avoir soin d'extraire de ce fraisil le mâchefer 
qui ne doit jamais rentrer dans le feu. La chaude doit être don* 
née tout d'un trait ; une chaude interrompue n'est point ausâ 
bonne ; cependant , pour certains fers aigres , il est quelquefois 
prudent, lorsqu'ils commencent à être chauds, de les découviir 
un peu et avec précaution^ pour jeter dessus du sablon fia et 
sec ; après avoir recouvert avec le charbon, on donne du vent 
et on poursuit la chaude. 

Nous ne parlerons pas de la. soudure : il faut alors une cha- 
leur plus considérable; nous en parlerons au mot Souodhe. Nou5 
ne parlerons pas non pins des diverses manières de prendre les 
pièces à forger ; telle pièce, prise de telle manière, épai*gne une 
chaude ou même deux; c'est dans ces cas que le forgeron signale 
son savoir-faire; mais elles sont tellement nombreuses, qu'elles 
varient avec chaque forme , et s'écartent ^out-à-fait des généra* 
lités dans lesquelles nous devons nous renfermée 

Lorsque le fer est chaud , et qu'il s'agit de le retirer du fea 
pour le porter sur l'enclume^ on doi|; l'enleva* lentement sans le 
faire toucher au fraisil qui ppurrait s'y atts^cl^er. Avant de le 
poser sur la table de l'en^clume , on le cogne. un peu contre le 
revers de cette enclume , ou bien on le frotte avec^ l'angle du 
marteau, afia.de faire tomber les crasses,. pailles ou battitores 
dont il pent être recouvert, et qui, étant frappés sur Le fer, s'y 
incoi*poreraient et en altér<eAai€mt la quatité;,,on,peu&alors com* 
mencer à frapper. 

S'il s'âtgitdc forger un fer qui puisse être pris dans les pinces, 
on se sert de cet instrument .qu'on nomm^.au^si tenailles à for- 
ger : on le tient de la main gaudie, le. petit doigt passé entre 
les deux'farapches ; ce petit doigt tient lieu 4!ua riessort , il sert 



FORGËllÔN. 41S 

ouvrir les pinces. Si la pièce qu'on doit façonner peut être 
riseau bout d'un barreau , on n'a pas recours aux pinces; on 
let If bout de la barre au feu, on forge le bout, et, lorsque la 
ièce est façonnée , on coupe le fer sur le Tranchet (voyez ce 
lot), ou bien encore avec un ciseau à froid qu'on pose sur la 
Arre. Si le barreau n'est point tout-à-fait assez fort, on le re- 
9ule lorsqu'il est bien cliaud, en le labsant tomber dans une 
losition verticale, soit sur la table de l'enclume s'il esc peu long, 
oit sur la table d'une vieille enclume enfoncée en terre et des- 
inée seulement à cet usage. Si, enfin, le morceau de fer est trop 
uste pour l'emploi qu'on en veut faire , on commence , avant 
le le forger , par le souder au bout d'une barre dite ringard , 
et ensuite on le forge comme s'il faisait primitivement partie 
lu barreau, sauf à le couper ensuite lorsqu'il a la forme requise. 
Ou n'a pas tou joursla possibilité de forger seul ; on perdrait beau* 
coup de cbarbon et de fer, si , pour les gros fers , un seul homme 
passait le temps de la chaude à frapper avec le marteau de 
moyenne force qu'il tient dans la main droite; dans ce cas, le forge- 
ron fait mieux de se faire aider par un ou plusieurs hommes qu'on 
i^omme Jîxippeurs devant. Pour qu'il n'y ait point de confusion, 
et que le forgeage se fasse avec cette précision et cette cadence 
que tout le monde a été à même de remarquer, il faut que le maî- 
tre forgeron commande et que ses aides obéissent ponctuelle* 
n^em : la science du maître est de bien commander, celle des aides 
<le savoir bien obéir. Tout le commandement se fait pai* si- 
fiiies ; voici comment il se donne ordinairement : 

Le maître tient dans sa main droite im marteau pouvant pe- 
*er deux kilogrammes ; le fer posé sur l'enclume , il frappe un 
coup; l'aide attentif fait tomber son maiteau qui peut peser six 
kilogrammes , et qu'il tient à deux mains (voyez Marteaiï) , à 
1 endroit même où le maître a frappé. Si le maître a frappé fort, 
" frappe fort ; s'il a frappé faiblement, il modère son coup ; s'il 
"•appe en travers, l'aide frappe en travers; s*il incline pour éti- 
'^er, il incline de même, etc., etc. Dans tous les cas, il relève de 
suite, afin que le maiti e frappe à son tour. Celui-ci tourne le 
fer qu'il tient de la main gauche, et, soit qu'il veuille le rendre 
carré ou l'arrondir , il fait tomber les coups de marteau à l'en- 
droit qu'il juge convenable. Lorsqu'il y a plusieurs frappeurs 



PORGEROK. 

devant, ii met entre ses coups un interyalle suffisant pour qiii 
tous les coups des aides puissent tomber à leur tour ; et quant 
il yeut faire cesser , il pose son marteau sur Tenclume, ou Iiiea 
il dit ho 1 s*il juge convenable de marteler encore seul quelqitt 
temps pour redresser la pièce. On doit frapper tant que le fcf 
est chaud ; mais lorsqu'il brunit, il faut cesser, à peine de ren- 
dre le fer pailleux , comme aussi on doit le remettre aussitôt ad 
J^a , sM doit subir d'autres cliaudes; moins on laisse refroidir, 
plus pi*omptement on Icramène au degré de chaleur coareDa* 
])le pour qu'il soit bien tor^é. Il ne faut pas dès l'abord frappet 
à grands coups , mais au contraire préluder pour ainsi dire par de 
petits coups, afin que l'oxide se détache et Tole en étincelles. 

Quand le forgeron veut couper des grosses barres, il pose do- 
sus, en travers, une tranche sur laquelle le frappeur devant fait 
tomber ses coups. S'il veut percer des trous, il a des poinçoDS 
trempés qu'il place sur le fer rouge à l'endroit où il veut percer 
le trou, et le poinçon étant tenu par un manche fait exprès dans 
ime position verticale, il frappe ou fait frapper dessus. S'il veut 
conserver toute la force du fer, il emploie un poinçon pointu qù 
ne fait que le séparer ; mais le plus souvent le poinçon est plat 
du bout, et il chasse le fer au lieu de le diviser; après avoir en- 
foncé le poinçon d'un côté , il retourne le fer et Tenfonce de 
l'autre, et il fait sortir un goujon qui est de la grosseur du trou • 
çn conçoit qu'alors la barre est d'autant affaiblie , tandis qa'eo 
employant le poinçon pointu , on n'enlève point de matière, et 
qu'il se fait de chaque côté du trou , sur là barre, deux renfle» 
mens qui n'ont pas lieu dans le cas du poinçon sans pointe qoi 
chasse la matière. 

Comme on peu t bien le penser, ces tranches et surtout les poin- 
çons qui entrent ainsi dans le fer rouge, sont prompteincnt de- 
trempés, c'est ce qui fait qu'il faut les laisser le moins possible en 
contact avec le fer rouge , et qu'on doit les plonger dans l't'aa 
froide chaque fois qu'on les en retire. Malgré ces soins, ils sont 
promptement détrempés ; mais le forgeron a toujours île quw 
remédier à cet inconvénient, et il retrempe ses outils de temps 
en temps, après les avoir façonnés avec son marteau : il s'occupe 
de ce soin pendant que le fer chauffe* 



FORCES ET FOURS. 416 

Les forcMS ftrro&dies et profilées se foxigent avee le secooie 
ts ëtampes. 

Il y a des pièces qui sont fort difficiles A enlever de for|^, et, 
ins une grande <tx|iérience , il est très difficile de savoir corn* 
lent le fot*geroa s*y est pris pour lès faire; souvent il a été con- 
aint de refouler, de ramener son fer, d'employer des mandi'ins^ 
es calibres et autres moyens d'eiiécution. Il nous est impossible 
'entrer dans le détail de tous ces cas spéciaux , c'est leur coa* 
aissance qui constitué Tait du forgeron ; nous croyons n'a#> 
DÎr l'ien oinîa dans les généralités, et nous ne pourrions aborder 
tt spécialités sans entrer dans la description d'une série d'opé«* 
liions qui , tout incomplète qu'elle serait toujours nécessaii'»' 
aent^ nous entrai neiait bien au-delà des limites dans les- 
fuelles notts devons nous renfermer. 

Paulin Besormeaux. 

FORGES DE GROSSES ŒUVRES. Y. Haut-fousvxavx. 

FORGES ET FOURS. {Administration.) La construction des 
sr^, foiu*s ou fourneaux^ est soumise aux règles établies par le 
Iroit civil , dans l'intcrét de la propriété , et aux prespiiptions 
le l'autorité municipale, dans l'intérêt delà sûreté puÛique. 
Unsî, l'article 674 du Code civil exige que l'on se conforme, 
pour leor placement auprès d'un mur , mitoyen ou non , aux 
i^^glemens et usages partâcMliers sur la distance à laisser entre 
^ forges ou fours et le mur, et sur les ouvrages prescrits , pour 
éviter de nuire aux voisins. Ces règleniens et usages varient , 
au surplus , suivant chaque localité , et ilfaut alors recourir aux 
différentes coutumes qui étaient autrefois en vigueur. Dans les 
coutumes qui ne parlent pas de ces détails ^ ainsi que dans le^ 
pays qui gc gouvci-naient d'après le droit romain 9 on doit ob- 
server les règleniens particuliers sur celte matière, et, a défaut^ 
les usages. Peut être, eût-il été à désirer que l'on eût s|>é- 
cifié d'une manière générale les distances à laisser enti^e l'iiéri^» 
^sge ?oi»iti et chacune des constructions dont il s'agit, et qu'on 
^ut indique les sortes d'ouvrages interunédiaii'es qu'il faut faire 
quand on ne peut pas observei* les distances prescrites. Mais il 
^&t évident , dit Lcpage , qu'une disposition uniforme pour toute 
la France était impossible sur un pareil sujet; les précautions A 
ftendre pour ne pas nuire au voisin par des constructions dvL 



416 FORGES ET FOURS. 

genre ' de celles dont il s'agit , dépendent de la forme de a 
constructions , du terrain où elles sont faites , des matériaux qti 
Ton trouve dans chaque pays. De lu est résultée la nécessité d 
se borner à poser le piincipe dans la loi. Ainsi , dans toute Yi 
tendue de la France , on doit prendre des précautions pour etn- 
pécher que les constiuctions désignées ci-dessus ne portent pré- 
judice au voisin. Ces précautions sont de deux sortes , et cl)c$ 
consistent , comnic nous venons do le dire , ou à mettre une cer- 
taine distance entre le mur de séparation et la construction qrri 
pourrait nuire , ou bien, quand la distance suffisante jt'est pas 
observée « à faire un ouvrage intermédiaire entre la construc- 
tion nuisible et le mur de séparation. 

Cependant il y a certaines constructions* qui sont soumises i 
des règlemens généraux applicables à toute la France ; nous 
citerons notamment les fourneaux des chaudières à vapeur, qui 
doivent être éloignés de 2 mètres du mur mitoyen avec les nian 
sons voisines, et en être séparés en outre par uu umr d'un 
mètre d'épaisseur. ( Y. à ce sujet les mots Batimens et Machuces 

A VAPEUR.') 

A Paris, et suivant la coutume de cette ville, les forges, 
fours et fourneaux doivent avoir ce que l'on appelle le tour du 
c/*/»/, c'est-à-dire être isolés de 162""(6pouc.)dumur du voisin; 
on peut toutefois remplir cet isolement par un mur de sépara- 
tion de lôâ""" d'épaisseur. Le mur de la forge , du four ou du 
fourneau doit avoir 325""" (1 pied^ d'épaisseur. Le vide de 162"" 
doit être viiible dans toute la largeur et hauteur du four ou de 
la forge , et non bouché par les bouts , afin d'empêcher, pnr le 
moyen de l'air passant entre les deux murs , que le mur mitoyen 
ne souffre de la chaleur et n'en soit endommagé. ( Dcsgodt.'Sj 
Lois des bâti mens.) -^ 

Indépendamment des prescriptions cî-dessus , rautorité mu- 
nicipale doit toujours veiller à ce que les constructions dont il 
s'agit ne présentent aucun danger d'incendie. A Paris, par 
exemple , les ordonnances de police prescrivent risolenieiit des 
manteaux et tuyaux de cheminée , de toutes cloisons faites, soit 
en maçonnerie , soit en charpente , et leur ramonage au moins 
une fois par mois. Ces mêmes règlemens ordonnent aux cliar- 
Tons , menuisiers , carrossiers et autres travaillant en bois , qui 



FORGES ET FOURS. 417 

occuperaient en même temps de travailler le fer, et qui èxer* 
eraient les deux professions dans la même maison , â*y avoir 
leux ateliers séparés par un mur, de manière que les étincelles 
le la forge ne puissent jaillir dans l'atelier où se travaille le 
)ob. Il leur est défendu de déposer dans l'atelier de la forge 
lucun bois , recoupes ni pièces de charronnage , menuiserie ou 
lutres , à moins que ce ne soient des ouvrages finis qu'on serait 
Dccupé à ferrer, et à la charge , au surplus , de les mettre dans 
un endroit séparé de la forge ^ en sorte qu'il ne reste dans ces. 
ateliers aucune matière combustible pendant la nuit. 

 Paris , il est également défendu aux serruriers , forgerons, ^ 
charrons , et à tous entrepreneurs et ouvi*iers dont la profession 
eiige l'emploi de marteaux susceptibles d'occasionner des per*^ 
eussions et un bruit assez considérable pour troubler la tran^ 
quillité des habitans , de travailler après neuf heures dû sôlr'el 
avant quatre heures du matin, depuis le 1*' avril jusqu'au'3o sep^ 
tembre , et après neuf heures du soir et avant cinq heures du 
matin, depuis le i*' octobre jusqu'au 3i mars. 

Les forges simples ne sont soumises à aucune autorisation' ; 
elles sont seulement sous la surveillance de l'autorité niùnicU 
pale en ce qui concerne le danger d'incendie. Quant diùijrôrgés 
de grosses œui^res , c'e&t-à-dire celles ' dans lesquelles oh fait 
usage de moyens mécaniques , soit pour mouvoir les marteaux:, 
soit pour nx>uvoir les masses soumises' au travail, ellèsîjappâr- 
tiennent à la*«econde classe des établissemens.incoÂimodes'.^êh 
Vertu de l'o^uonnance royale du 5 novembre 182$. Elles se 
trouvent par conséquent soumises aux réglemens spéciaux sur 
ces sortes d'étai^lissemens , mais les dispositions générales que 
ûous venons d'indiquer ne leur sont pas moins applicables. ' 

En classanit les forgés de grosses œuvres , l'administration a 
voulu garantir le voisinage des dangers d'incendie et du ï)ruît 
^sourdissant qui résultent de leur exploitation. Mais les forgés 
ordinaires sont souvent aussi incommodes , et il est fâcheux' que 
l'autorité ne puisse intervenir dans l'intérêt des habitations voi- 
sines , qui ont beaucoup à souffrir du bruit continuel qui re- 
tentit hors de ces ateliers. Il eût surtout été utile de classer le 
travail en grand du fer dans les villes pour la fabrication des 
f^^osses pièces, quels que soient les procédés et moyens employés, 
V. 27 



4lf FOIiqrES ET FOURS. 

et les Ibrges doubUs. Mais les comités de l'intérieur et du çom* 
înerce du conseil d'Etat', auxquels ces questions ont été sou- 
ini^.ç8 , put considéré , quant à la fuinée , que les ateliers de for- 
g^rops et de serruriers sont dans la même position que beau- 
coup d'fintres établissemens qui consomment autant et plus de 
bouille; que l'autorité municipale peut et doit toujours veiller, 
pon seulement à ce que les forges soient disposées de manière à 
pe pas donner d'inquiétude pour le feu ^ mais à ce que les che- 
minées soient bien construites et leurs tuyaux assez élevés pour 
que la fumée incppirjode le moins possible |e voisinage ; qoant 
au bruit , on a dit que son intensité ne dépendait pas de la gran- 
àeur des masses soumises au travail ; que le bruit produit par 
ies marteaux frappant sur des feuilles de ferblanc ou de cuivre 
était encore plus perçant que celui causé par le travail du fer, 
même en masse assez considérable ; qp'enfin le décret du i6 oc- 
tobre 1810 , qui a attribué au gouvernement le droit de faire 
W classification des ateliers et manufactures , ne fait mention 
que de ceux qui répandent une odeur insalubre ou incommode ; 
que Vinçommodité résultant du bruit est sans doute très réelle ; 
mais que si l'on adipeltait la classification des forges dont il s'a- 
git , il faudrait ,. pour "être conséquent, comprendre dans cette 
piÇsurèie^ ferblantier^, lei^ chaudronniers, et plusieurs autres 
professions qui, conime celle des serruriers, ont toujours été li- 
brement çxercées et doivent toujours être exercées dans Tinté- 
rieur des villes. 

^ Ces considérations ne sont pas toutes exemptes d'objections, 
et , nous le répétons , l'état actuel de l'industrie , le développe- 
ment considérable qu'ont pris les ateliers où l'on .fabrique des 
pièces de grandes dimensions , dés chaudières à vapeur, par 
exemple^ sont pour les villes dans l'intérieur desquelles ils 
'^spnt établis , une cause grave d'incommodité , à laquelle Tad- 
'ministrationne peut apporter aucun remède ; il ne reste donc aux 
propriétaires voisins que la voie des tribunaux ; et , presque 
toujours, les chances incertaines du procès, les frais qu'il occa- 
sionne et les délais qui précèdent le jugement , empêchent ceux 
qui souffrent de commencer l'instance; c'est ainsi que l'on voit 
se perpétuer un mal que quelques mesures administratives eus- 
sent promptement détruit. Ad. Tsébochet. 



FOURBlSSEtni; 4lf 

« 

FORTE-PIANO. Y. Instaumxns a corbu. 
FOSSES D'AISANCES. Y. Latrines. 
FOUL0N.( Technologie.) Les étoiles delaine ezigent,pour étr6 
term inées, une opération particulière qui consisleà les comprimer 
et battre plut ou moins par un mouvement alternatif, en coi^ 
tact avee l'eau de savon , des terres argileuses , de l'urine, etc.^ 
de telle sorte que l'étoffe éprouve en uiéme temps une rotation 
sur elle-même , pour que l'action s'exerce sur toutes ses parties. 
Deux appareils principaux servent à cet usage, les pilons et les 
maillets ou baileurs : cbaain d'eux offre des conditions particu^ 
lières d'action qui les font préférer suivant les circonstances; 
c'est ce que l'on examinera dans l'article TnsQS be laime. 

Les moulins à pilons consistent en des auges verticales en 
bois, placées sur un 'massif de pierre, dans lesquelles viennent 
battre des pilons également en bois, dont le coup frappe près 
de l'un des bords , afin que l'étoffe soit retournée par son ac- 
tion, et que le pilon ne puisse atteindre le fond de l'auge d'où il 
chasserait entièrement l'étoffe s une roue dentée agissant sur des 
lames produit le mouvement des pilons. 

Les foulons à batteurs agissant sur l'étoflSe placée sur un plan 
mcliné retendent plus que les pilons , mais la frappent moms 
fortement que ceux-ci; cet appareil, employé aussi pour le la**- 
vage des étoffes soumises au Bjlancbimsnt, sera décrit à l'article 
Wasb'-Stock. 

FOURBISSEUR. (Technologie.) Celui qak/ourèiL Ce mot a 
Tieilli s autrefois il signifiait écurer , blanchir , polir toutes sor- 
tes de ferrures ; maintenant on ne l'emploie plus que dans l'ar- 
murerie. Le fourbisseur est celui qui nettoie les lames de sabres et 
d epées,etquileur rend le poli. Dans le temps où tout le monde 
portait l'épée, et où ces épées étaient souvent ornées de poignées 
en acier poli d'un grand prix , l'art du fourbisseur était exercé 
par des ouvriers spéciaux. Aujourd'hui, dans les régimens, cha^ 
cun fourbit ses annes, et à la ville, les armuriers font eux^mê-^ 
mes cette opération. Nous n'avons donc que fort peu de chose 
à dire sur ce sujet. 

Après avoir passé la lime douce , s'il s'agit d'armes neuves ; 
on peut de suite, après la trempe^ employer l'émeri fin à l'huile* 

a7. 



4Î0 FOURNEAUX. 

On polit dans le$ angles et dans les moulures creuses enmettot 
l'éineri soit sur des lièges, soit sur des bois de noyer ou de til- 
leul; pour les autres parties, une peau molle ou simplement un 
morceau de torchon suffisent. Si l'objet est à facettes, on se sert 
de meules à rémeri dites lapidaires. Ces meules en bois tendre, 
dont le champ est profilé selon le besoin , sont montées sur des 
arbres mus par une rotation assez rapide. Ensuite on emploie Té- 
meri superfin , et enfin le rouge d'Angleterre , et l'on termine 
par le brunissoir. Lorsqu'il s'agit de fourbir des lames trempées^ 
jadis polies, et qu'il faut remettre à neuf, on dérouille d'abord, 
avec le papier de yerre, avec le grattoir, avec la paillette de fer, 
avec le grès pilé, etc.^ puis on procède au polissage avec rémeri 
ainsi qu'il vient d'être dit. La pierre du Levant en petits mor- 
ceaux ou pulvérisée , employée à l'eau, est très bonne dans ce 
cas; elle avance promptement l'ouvrage, et permet de passer de 
suite à L'émerî superfin. Les garnitures ornées de clous à pointe 
de diamans se polissent à la brosse* La ponce pilée, le tripoli, les 
potées , sont des substances qui servent aussi à fourbir : chacun 
à sa méthode. Quant à la manière de donner aux armes ce bril- 
lant d'argent que les Orientaux nomment le giohar, et qui 
donne un aspect glacé, nos fourbisseurs , ou l'ignorent, ou 
ne la mettent point en pratique : les personnes qui pourraient 
avoir intérêt à la connaître pourront consulter V^énnual-^Rc 
gù(er , dans lequel ils trouveront un Mémoire de M. Barkei, 
consul-général d'Angleterre, à Alep, et qui a fait rétablir devant 
lui le ]gîohar sur deux sabres de Garamanie que la rouille avait 
dépolis. Ce Mémoire est d'ailleurs traduit et rapporté dans le 
bulletin de la Société d'Encouragement pour l'industrie natio- 
nale. Paulin Desormeaux. 

FOURNEAUX. (Technologie.) S'il nous fallait décrire ici tous 
les fourneaux employés dans la multitude d'opérations des arts 
qui exigent l'action du feu , l'étendue de cet article serait tout- 
à-fait hors de proportion avec la nature de l'ouvrage. Dans les 
articles spéciaux on a souvent occasion de parler des fourneaux 
nécessaires pour diverses opérations; le but que^nousdevonsnous 
proposer dans celui-ci est de bien établir les principes généraux 
sur lesquels sont fondés tous ces appareils. 



FOURNEAUX. «i 

On peut classer dans l'pne des trois divisions suivantes les di- 
"^crs fourneaux employés dans les arts. 

Ils sont sans cheminée , comme ceux des verreries ; ont une 
dieminée verticale, c'est le plus grand nombre; ou leur chemi« 
rȎe est descendante , comme cela a lieu dans quelques cas. 

Les fourneaux sans cheminée ne peuvent être employés que 
dans des conditions particulières. La température y est très éle- 
vée , et la combustion de la fumée presque absolue , mais aux 
dépens de l'économie de combustible ; les ouvertures des di- 
verses parties des fourneaux doivent être calculées de manière à 
ce qu'il y pénètre une quantité d'air assez grande poiur brûler 
tous les produits combustibles , mais de manière cependant à ce 
qu'il ne puisse y avoir de refroidissement dans aucune partie. 

Les cheminées ascendantes, qui sont le plus généralement em- 
ployées , reçoivent tous les produits de la combustion , qui doi- 
vent s'y élever avec une vitesse assez grande , que l'on ne peut 
obtenir que par trois moyens , la haute température du gaz à la 
base, l'aspiration à la partie supérieure, ou TinsufElation de 
l'air dans le foyer. 

Lorsque les produits provenant de la combustion parvien- 
nent à la base dé la cheminée à une température inférieure à 
500e, leur force ascensionnelle est rarement suffisante pour pro- 
duire un bon tirage. La combustion languit , et , dans la plupart 
des cas , on brûle le combustible d'une manière défavorable : 
c'est particulièrement ce que l'on remarque dans les fourneaux 
destinés à l'évaporation, et surtout dans ceux des appareils à va* 
peur; les faits nombreux recueillis par la Société d'encourage- 
ment , dans un concours ouvert pour la meilleure confection des 
fourneaux , l'ont prouvé de la manière la plus positive. Il ne 
peut en être autrement, en effet , pour que les produits de la 
combustion , refroidis par leur passage au travers d'une chemin- 
liée, puissent parvenir jusque dsuis l'atmosphère avec une vitesse 
assez grande pour vaincre le poids de la colonne d'air et les re« 
foiilemens fréquens produits par le vent. 

Nous examinerons successivement les diverses conditions que 
doivent remplir les différentes parties d'un fourneau pour qu'il 
produise tout l'effet que l'on peut en attendre, en nous attadiaut 
d'abord à ceyx dont 1^ cheminée est verticale. 



m ■ 



iBi veiny!iiài7& 

laortcpt'uii conbiutible quelcoDqvTe brâk dâM k 
stances convenables , la proportion de chaleur qnH j 
dépend de sa nature ; mais cette combustion ponnait î 
nue dans un temps plus on moins long , et dès lorslsf 
de celle que Ton utilise doit varier aingnlièrcncat 
denr limites opposées. 

Une quantité donnée de comlmstihle exige pour m 
tion une proportioo d*oxigène dépendant de se nalm 
duits de cette réacticm sont en grande partie gaicu,l 
susceptibles de se vaporiser ; en se dégageant ils catraÉ 
asîrement avec eaz une quantité de chaleiir dépaaAa 
température. 

SI la combustion avait lien par le moyen de l'aili 
produisait dans les conditions les plus convenaUas^l 
d*ozigène employée dépasserait à peine celle qai aa 
saire pour obtenir ce résultat ^ et la proporti<Mi de d 
levée par les produits volatils se bornerait à celle f 
de leur température et de leur, capacité pour la s 
mais y outre que la proportion d'oxigène est néccswiff 
périeure à celle qui détermine la transfonnation dn.p 
combustible en produits oxigénés» ce nk*iest pas Tcal 
que ron fait réagir pour brûler les comh»atiMes»«ahl 
spbérique qui renfenne les 4|5 de son vokune d'un fa 
impropre à la combustion et qui s'écbauffant aux dépai 
bustible employé, coopère d'une manière cssentieikà 
dition d'une partie de la clialeur qui s*est cléveloppéa 
circoDStance. 

En se servant d'oxigène pur dans des aj^pareils ds 
fermés , on pourrait déterminer la combustion d'ua c 
la quantité de gax nécesrûre pour le transformer Si 
OKÎgéiiés ; mais déjà la chose ne serait plus poe«ble e 
dans un appareil où le combustible serait exposé A a 
d'oxigène , la proportion de ce gax , qui le traverssn 
alors supérieure d'une quantité plus oo moins grandi 
la manière dont l'opération serait conduite , à oeUe i 
strictement nécessaire pour la combustion. 

A beaucoup plus forte raison cette prédoaùnaneedf 
nécessaire quand on opère avec l'air atwoniiéiiqpiai ài 




FOTTRIVÊAUX. 423 

Cnne l'énergie d'action ; anssi la quantité d'osigÈne qui y 
É après qu'il a servi à la conibnstion est-elle toujouis très 
EjJérablc. 

Iles produits delà combustion étaient tous solides ou se con- 
Kient immédiatement après leur formation , en se servant 
^ène, ils ne l'empêcheraient pas d'être utilement employé ; 
'■ Se trouvant à l'état de gaz ou de vapeur, ils se mêlent avec 
Emînuentses points de contact avec les parties combustibles 
^quel il doit réagir, et par conséquent son action, 
iint à cet effet , dû aux produits provenant de la combus- 
, Tient se joindre celui de i]5 d'un gaz étranger que renferme 
I on s'aperçoit immédiatement de la diminution qu'il doit 
Irter dans l'action de ce gaz. 

!■ produits fournis par la combustion se trouvent toujours 

e température très élevée , d'où dépend une très grande dé- 

ition de chaleur; mais ils coopèrent à cet effet d'une autre 

ère encore parleur capactlf. pour le caloriçtie , beaucoup 

grande dans divers de ces produits que dans l'air employé- 

I combustion d'un combustible quelconque développe, daus 

ïmps donné, une proportion de chaleur dépendante de 

is les causes que nous venons d'énumérer. Pour obtenir le 

Iniim d'effet possible dans un appareil , il faudrait que la 

tustion fût produite dans le minimum de temps et avec la 

kdre proportion d'air possible, et que les produits fussent 

idaiis les conditions les plus favorables pour se dépouiller 

>ute la chaleur qu'ils peuvent céder en faveur des corps 

f s'agit d'échaufFer. 

»is , dans cette circonstance , la combustion ne pourrait être 
ftainment active que dans le cas oti l'air affluerait rapidement 
Be combustible , et le courant produit , par cette action , 
fcnclrait une occasion nouvelle de déperdition de chaleur. 
Ss causes ne sont pas les seules qui coopèrent à enlever une 
ton de la chaleur développée ; les parois des appareils s'éle— 
1 à la température des corps qu'ils renferment , suivant leur 
tre, le degré de capacité et de conductibilité pour la cbaléîir 
leur est propre, leurépaisseur et l'étendue de surface qu'ilB 
int à l'action refroidissante de l'air ; et agissent ainn tctaê 
île méiue'seiis. 




AU FOURNEAUX. 

On aperçoit immédiatement , d'après ces détails, combien de 
circonstances peuvent influer sur les effets d'un appareil de 
combustion ; et si l'on porte ensuite son attention sur les diverses 
actions que la chaleur qui s'y trouve développée est destinée à 
produire y on voit facilement que l'on doit être très éloigné, 
dans tous les cas , d'utiliser toute celle qui provient de l'espèce 
de combustible dont on fait usage. 

vPour que la combustion s'opère bien dans un fourneau , il 
faut nécessairement y introduire un excès d'air, et par conséquent 
une partie échappe à l'action du combustible , et se dégage avec 
les produits volatils formés ; la partie d'air qui a perdu son oxi- 
gène varie suivant une foule de circonstances , et particulière- 
ment d'après la température à laquelle la combustion a lieu; on 
peut l'estimer, pour terme moyen , à la moitié de celui qui 
pénètre dans le fourneau ; l'air utilement employé est désigné 
sous le nom d^air brûlé. 

Les produits de la combustion et la portion d'air non brûlé se 
trouvent à une température élevée , et leur mouvement dans 
l'intérieur des tuyaux qui les déverse au-dehors est nécessaire- 
ment influencé par cette température ; mais conune une partie 
de ces produits se condense dans le trajet , que le reste éprouve 
un abaissement de température qui ralentit sa vitesse , ce mou- 
vement n'est pas uniforme ; si on ajoute à ces effets l'action des 
frottemens de la colonne gazeuse le long des parois de la che- 
minée , celle que produisent les mouvemens de l'air à l'extérieur 
par l'action du vent , on voit combien il est difficile d'assigner 
exactement la quotité d'effets produits ; aussi l'expérience est- 
elle loin de s'accorder, sous ce rapport, avec la théorie. 

toL hauteur d'une cheminée exerce une action sur la manière 
dont s'opère la combustion dans le fourneau ; mais cet élément 
n'est pas le seul, et cette hauteur se trouve intimement liée avec 
la dimension des ouvertures que traversent les produits de Is 
combustion. 

L'air ne se meut pas'de la même manière dans les cheminées 
construites avec différens matériaux ; les cheminées métalliques 
ont, sôûs ce rapport , un avantage marqué sur celles en briques. 
JJepids quelques années , on a commencé à faire usage de che- 
minées en cuivre qui offrent beaucoup d'avantages pour la fa- 



FOURNEAUX. 425 

cilité avec laquelle on les établit , maïs qui ont présenté des in« 
convéniens très graves relativement à l'action qu'exercent sur 
leurs parois plusieurs des produits de la combustion y qui déter« 
minent alors le transport à une distance plus ou moins considé- 
rable , de composés qui renferment du cuivre y et peuvent être 
dangereux sous le rapport de la salubrité. 

Les cheminées en fonte de fer sont trop pesantes et ne peuvent 
être employées que lorsqu'un mur permet de les fixer solide*- 
ment; celles en tôle sont trop rapidement détruites , et on n'ern* 
ploie les tuyaux de poterie que dans quelques circonstances don- 
nées pour de petites hauteurs, et quand on peut facilement 
solidiûerîle système; c'est donc la brique qui est le plus géné« 
ralement employée et qui se prête le plus avantageusement à 
toutes les dispositions 

La forme intérieure d'une cheminée peut être variée quelle 
que soit celle de l'extérieur; on les fait ordinairement carrées ou 
coniques ; cette dernière forme parait devoir être préférée pour 
obtenir le maximum d'effet, la partie supérieure sera un orifice 
court et cylindrique. 

Pour qu'une cheminée procure un bon tirage, il faut que son 
diamètre intérieur surpasse le maximum nécessaire, et une che« 
minée dont la section est trop grande a rarement de l'inconvé* 
nient, puisqu'on peut en rétrécir les ouvertures d'entrée et de 
sortie, par le moyen de diaphragmes, pour y augmenter la vi- 
tesse de l'air ou la diminuer à volonté. 

On admet généralement que la hauteur d'une cheminée est 
l'un des élémens importans du tirage; mais il est facile de prou- 
ver que son action est nulle, si le diamètre des carneaux qu'elle 
dessert n'est pas proportionnel aux quantités de combustible 
brûlé; nous citerons pour exemple un fourneau construit à 
l'hôpital Saint*Louis, pour le service d'une chaudière à vapeur 
qui marchait bien avec une cheminée de 3 mètres, et qui, après 
quelque temps, ne faisait plus im service utile ; le combustible 
brûlant mal et fumant beaucoup , ne put produire un meilleur 
effet en élevant successivement la cheminée jusqu'à 28 mètres. 
L'appareil examiné dans toutes ses parties, - on s'aperçut que la 
chaudière s'était déformée et avait diminué la surface des 
carneaux -, en rétablissant ceux-ci dans leui* première dimenp 



496 FOÙBNÉAUX. 

mon y le fourneau pat donner d*aussi bons résnltal^ que préoé» 
demment. 

Pour qu'âne cheminée tire bien, il est indispensable que la 
vitesse de Tair y soit au moins de 3 à 3 mètres par seconde. 

En diminuant Torifite inférieiÉr par titi diaphragme nnabile , 
on augmente la vitesse à cet oiifice en laison inTerse die son 
diamètre, mais en même temps la vitesse de Tair chaud dimi« 
nue dans la cheminée; de sotte qu'à Fouverture supërietire dk 
"peut être trop faible pour surmonter l'action du courant d^air 
extérieur. 

On petit donc établir qvie le tirage d'une cheminée j^pend 
principalement de son diamètre et non pas settlement de àtt liaii- 
teiir ; tine cheminée de 1 pied carré par 40 kîl. de faouiRe brnlée 
par heure sur la grille, suffit toujours pour obtenir le maximum 
d'effet, avec une hauteur de 10 à 11 mètres. En augmentant 
la quantité de combustible brûlé dans un temps donné , la sur- 
fece devient trop peu considérable. 

CftÉHK^Ées DESt:tNirÀilTE9. •^— Oh troiive -pén d'appàf eils dent 
les cheminées aient reçu cette disposition , tt Yoh admet gêné* 
iralemént qu'elles sont désavantageuses et ne peuvent produire 
ifâ tirage suffisant ; les exemples suivans prouveront que Ion 
pourrait les eiAiployeif d'une manièi^e utile dans beaucoup d'oc- 
«asions. 

Dan^ks chéfUitinéél^ verticales, pouf obtenir un bon ârage £- 
rect, il faut porter les produits de la combustion i SOO* au moins 
à k base, et par omséqueilt utiliser une beaucoup mcnndré pro- 
portion de ta chaleur développée par le combustible, fai densité 
du gair augmente à mesure que le refroidissement est produit 
par le éotfiact d^ parois , et la viteése diminue à l'orifice supé- 
rieur dand le même rapport. Dans une cheminée descendante, an 
contraire, le refroidissement des produits gâteux détient un 
élément de tirage, et si on détermine un mouvénvent plus on 
moins accéléré dans une direction à Forifice de la ehenûbée, on 
l'augmente encore d^une manière très marquée. 

Nous pouvons citer pluâeurs exemples de constructions de 
ce genre (fui <mt produit des résultats très favorables. 

A k fabriqiie de soude de la Folie , près Nanterre , les che- 
mnèM ^kj^muniquaient avec une carrière dans kqude dlet 



FOURNEAUX. 417 

versaient tous lenrs produits ; leur tirage a toujours été par« 
[aiteuient bon. 

Ternaux ayant à sa disposition un aqueduc à la proximité 
d'un atelier, y avait fait déboucher la clieminée descendante 
d*un fourneau ; le tirage produit par l'action du cornant d'eau 
donnait au fourneau un excellent tirage. 

Dana Vjfrt du doreur^ M. D'Arcet a décrit un fourneau destini 
à recueillir le mercure , dont la cheminée descendante donnait 
lieu à un tirage qui ne laissait rien à désirer. 

Un fourneau à cheminée descendante a été construit aussi 
aux bains Bronzac , près le Pont-Royal ; l'orifice débouchait à 
peu de distance de la surface de l'eau , dont le mouvement £ek 
cilitait encore l'action. 

Pour des bateaux à vapeur , une disposition semblable de la 
cheminée aurait encore plus d'avantages , à cause de la vitesse 
imprimée à la fumée à l'orifice de la cheminée, et au refroidisse- 
ment que les produits éprouveraient. 

Action »x plusieurs chemihées les vnxs sur les autexs. «««• 
Dans un grand nombre de circonstances, on peut se trouver dani 
la nécessité de faire communiquei^ ensemble deux ou un plus 
grand nombre de cheminées. Pour que l'efTet poduit par 
chacune d'elles ne soit pas diminué , il est indispensable que le 
diamètre de la cheminée générale soit au moins égal à celui de 
toutes les cheminées réunies. Mais dans quelle direction est*il 
bon de faire parvenir, dans la cheminée destinée à produire le 
tirage, la cheminée dont il est destiné à recevoir les produits? 
c'est ce qu'il est important d'examiner. 

Si la cheminée dans laquelle viendraient déboucher les che* 
minées partielles n'était destinée qu'à recevoir, pour les conduire 
dans l'atmosphère, les produits de la combustion, le mouvement 
de l'iûr dans son intérieur proviendrait seulement de Faction 
des chemîiAs partielles ; mais si un mouvement particulier exis- 
tait dans la cheminée générale , il exercerait une influence sur 
la cheminée partielle. 

Supposons d'abord que la cheminée générale ne fut autre 
chose qu'un conduit destiné à recevoir les produits des autres, 
et dana lequel il n'y eut aucun mouvement de l'aîr^ nous n'a^ 

I 



428 FOURNEAUX; 

rons alors à considérer que Faction des cheminées partiôlles les 
unes sur les autres. 

Si deux cheminées débouchaient dans un canal dans une di- 
rection opposée et à la même hauteur, que la yitesse à leur ori- 
fice fût la même , elles ne se nuiraient pas, et agiraient comme si 
un diaphragme solide séparait la cheminée en deux parties; 
mais si les vitesses étaient inégales , la cheminée dans laquelle la 
vitesse serait plus grande refoulerait dans l'autre les produits de 
la combustion. 

Si les orifices des cheminées partielles étaient placés à des 
hauteurs différentes , le tirage de chacune d'elles serait encore 
régulier pour des vitesses semblables; mais si la vitesse à Tonfice 
de l'une d'elles l'emportait beaucoup sur l'autre, le courant 
produit par la première pourrait produire l'effet d'un dia- 
phragme qui lui fermerait entièrement la communication avec 
la partie supérieure. 

Si maintenant il existait un com^ant dans la cheminée géné- 
rale , ce courant pourrait produire un appel sur des cheminées 
partielles qui déboucheraient dans le tuyau principal , empê- 
cher l'entrée de leurs protêts, ou même les refouler dans les 
cheminées partielles. 

Si la vitesse, dans la cheminée générale, était très grande relati- 
vement à celle des cheminées partielles-, et que son diamètre fût 
insuffisant pour admettre les produits de celles^ , les chemi- 
nées partielles ne pourraient les verser dans le canal principal. 

La cheminée générale ayant un diamètre insuffisant pour rece^ 
voir les produits du seul fourneau qu'elle dessert , les chemi- 
nées partielles ne pourraient y verser leurs produits, et même 
ime partie de ceux qui proviennent du premier pourraient y être 
refoulées. 

Enfin , si la cheminée était asse2 grande pour recevoir tous les 
produits et que la vitesse du courant principal fût Aodérée , il 
produirait un appel sur les cheminées partielles qui débouchent 
dans le canal principal. 

Jusqu'ici nous avons supposé que les cheminées partielles dé- 
bouchaient perpendiculairement dans le canal principal; les 
choses resteraient^Ues les mêmes si le conduit s'ouvrait dans 



HIUBNEAUX. m 

Une direction inclinée ou parallèle à Taxe de la cheminée? 
Dans ce dernier cas, pourvu que le canal principal ait un 
diamètre suffisant pour recevoir tous les produits , Fappel aura ^ 
toujours lieu, et le courant principal, quelle que soit sa vitesse, ne 
pourra refouler la fumée dans les cheminées partielles dans les- 
quelles même il accélérera le mouvement; c'est un des moyens 
employés avec un grand avantage pour la ventilation. 

Mais des effets inverses peuvent quelquefois se présenter re- 
lativement à des cheminées en communication et donner tieu à 
de très graves inconvéniens. 

Si, dans une cheminée dont les produits ont une fiedhle vitesse, 
Tient déboucher le conduit d'une cheminée dans laquelle on 
ne fasse pas de feu , celle-ci pourra produire sur la première un 
appel inverse, en agissant comme cheminée descendante , et tous 
les produits de la première se répandre dans le local où s'ouvre 
la partie antérieure de la seconde. 

Parmi beaucoup d'exemples que nous pourrions citer à cet 
égard , nous nous bornerons aux deux suivans. 

Le tuyau du poêle d'une pièce habitée dans laquelle on ne 
faisait pas de feu , débouchait dans le tuyau d'une des chemi- 
nées de la niême maison qui servait habituellement. La nuit, le 
tuyau du poêle ayant produit l'effet d'ime cheminée descendante, 
on trouva le matin morts des oiseaux qui avaient été asphyxiés 
par le gaz carbonique provenant du feu de la cheminée. 

Un accident plus grave fut le résultat d'une action analogue. 
Deux tuyaux de cheminée se trouvaient en communication ; Tun 
provenait de la cheminée d'une chambre à coucher , l'autre des- 
servait un fourneau dans lequel un dentiste fabriquait des dents 
artificielles : ce dentiste ayant travaillé toute la nuit, et la che- 
minée de l'appartement ayant fait l'office de cheminée descen*- 
dante , deux personnes qui couchaient dans cette pièce furent 
asphyxiées. 

Il n'est pas rare que dans une pièce où l'on ne fait point de feu 
et dans laquelle se trouvent une cheminée ou un poêle , on soit 
gêné par la fmnée qui descend des cheminées voisines , et sou- 
vent cet effet a lieu par l'action d'une cheminée dont le conduit 
s'ouvre à côté d'une autre à la partie supérieure d'un édifice. 
On ne saurait porter trop d'attention à ce genre d'effet, d'où 



4S0 VOORKBATIX. 

il peut réfutter des accidens funestes, ou au moina des désagr^ 
mens très grands ; on ne peut les éviter qu'en procurant à la 
cheminée qui verse ses produits dans l'autre une action telle 
que les produits de la combustion soient lancés avec plus de 
force dans l'atmosphère , et qu'ik ne puissent être appelés en 
•ens inveive par d'autres cheminées. 

On pourrait demander , diaprés ce que nous avons dit de la 
hauteur des cheminées, qui ne détermine pas seule un plus 
grand tirage , pourquoi , dans la plupart des usines , on leur 
donne une si grande élévation , et pourquoi l'autorité en fait , 
dans un très grand nombre de cas, une obligation aux in- 
dustriels ? 

Les produits de la combustion ne sont pas seulement des gai 
et de la vapeur d'eau y mais renferment une quantité considé- 
rable de substances acides , huileuses y de charbon divisé ; si ces 
produits étaient répandus dans Tatrarosphère à une faible hau- 
teur, ils se répandraient sur les habitations voisines et devien- 
draient pour elles une source de graves inconvéniens ; tandis 
que , lancés dans une partie élevée de l'atmosphère , ils se dis- 
persent facilement par l'action des vents, et sont moins suscepti- 
bles de porter leur action sur im point déterminé. 

C'est donc avec raison que l'administration chargée de veiller 
aux intérêts de tous exige cette élévation des cheminées , qui 
diminue , dans beaucoup de cas , les inconvéniens résultant du 
voisinage d'une usine , mais qu'on ne peut détruire qu'en éta- 
blissant des,^Miri?eai/x/f/i7iivorej, des dispositions desquels nous 
nous occuperons plus loin. 

Caeneaux. Les ouvertures par lesquelles les produits de la 
combustion passent de la grille dans la cheminée peuvent être 
considérées comme faisant partie de la cheminée-elle-méme ; leur 
dimension a la plus grande influence sur la marche du fourneau, 
comme nous l'avons déjà indiqué. 

Pour qu'un fourneau produise tout Teffet qu'on peut en at- 
tendre , les carneaux doivent avoir la même surface que la che- 
minée, ou du moins elle doit être de très peu moindre , paite 
qu'en peu de temps ils peuvent se trouver plus ou moins rapi- 
dement diminués par le dépôt de la suie. 

Pour profilar lo plus possible de la chaleur abandonnée par 



FOURNEAUX. Ui 

% fumée aux liquides renfermes dans le9 chaudières ^ on &it 
ourent circuler plusieurs fois les carneaux autour de celles*ci : 
i peine si, dans ce pas , on obtient un effet sensible quant à Té- 
^aporation, mais on en produit un défavorable quant au tirage , 
^li $e trouve diminué par la longueur du canal que parcourent 
les produits de la combustion et le refroidissement qu'ils J 
éprouvent; il est de beaucoup préférable de donner aux cbau-ï 
dières une longueur beaucoup plus grande et de verser iuunédia<« 
tenient dans la cheipinée les produits de la combustion. 

Un inconvénient très grave peut résulter de la position d'une 
chaudière au-dessus d'un carneau , qui détermina une action 
très vive de la flamme çur le fond de la chaudière , don^ la des- 
truction s'opère avec une grande rapidité ; on peut comparer cet 
e^Tet à celui qiie produit le dard du chalumeau £ur un corps quel* 
conque qu'il vient frapper immédiatement, Curaudeau avait conr 
struit un fourneau dans lequel le fpyer é$ait surmonté d'un car«- 
neau vertical qui conduisait la flaitiine sous la partie inférieure 
d'une chaudière hémisphérique, qu'elle envelopiiaii ensuite su|r 
une assez grande partie de sa surface ; en très peu de temps le fpnd 
de cette chaudière était oxidé , et quoique la quanti^ de com- 
bustible brûlé fût considérable, la proportion de liquide échauffé 
était moindre que dans les appareils ordinaires. Ce dernier effet 
s'observe toiiles les fpis que le combustible est brûlé dans une 
capacité à part, et que la flamme est obligée de parcourir u^ 
trajet plus ou moins considérable pour parvenir à la chaudière^ 
la quantité de combustible se trouve toujours augmentée. C'est 
ce qu'on a remarqué , par exemple , avec les fourneaux con*!- 
struits sur les principes de M. Lefi py pour les chaudières. Ces 
fourneaux ne laissent rien à désirer sous le rapport de la fiinii^ 
vorité^ mais ils consomment ui^e plus grande quantité de com- 
bustible, ^pus en parlerons quand nous nous occuperons des 
fourneaux fumivores, 

GaiLLES. On s'est beaucoup occupé des dûnççsion^ à donner 
au^ grilles des fourneaux pour y brûler des quantités données 
de combustible , et l'on indiipie des rapports entre ces deux élé- 
mens ) il n'en existe cependant aucun , mais il s'en trouve entre 
la nat^re de la chaudière et celle de l'opération à laquelle les 
fourneaux sont appliqués. 



43Î FOURNEAUX. 

La température développée sur une grille doit être en rap- 
port avec la nature des chaudières ; en effet , si oif)'^ 'dait le 
combustible à une très haute température sous une chaudière en 
plomb y on produirait à peine dieffet sur le liquide qu'elle 'en- 
fermerait, et on fondrait la chaudière ; il Caïut, au contraii^e, 
produire une combustion plus animée sous une chaudière en 
cuivre, et une plus rapide encore sous une chaudière en fer ; et, 
pour obtenir ces différens effets , il faut changer les dimensions 
des grilles , qui doivent être gtandes pour une chaudière en 
plomb , moindres pour celles en cuivre , et plus petites encore 
pour une en fer. 

S'il s'agit de fondre des corps qui exigent une température 
plus ou moins élevée , on doit changer encore les dimensions 
des grilles. Si l'on doit fondre du plomb , la surface de la grille, 
relativement à celle de la chero^e, doit être à peu p>ès comme 
4 à 1 ; l'argent exigeant une température beaucoup plus éle- 
vée , les rapports doivent être à peu près de 1 à 1 , et pour le 
fer, qid demande une température plus élevée encore , la grille 
peut êti*e à la cheminée dans le rapport de 0,5 à 1. 

Pour que la combustion ait lieu sur une grille de la manière 
la plus favorable, il faut que le combustible s'y trouve en contact 
avec un excès d'air animé d'un mouvement suffisant ; mais si la 
surface de la grille n'est pas recouverte de combustible, une quan- 
tité d'air appelé par la température qui y règne s'introduit dans 
le foyer d'où il enlève ime partie de la chaleur, qui se trouve ainsi 
perdue. Il est donc d'une grande importance que le combustible 
soit répandu le plus uniformément possible sur la grille , et qu'il 
ne laisse pas de points découverts. D'une autre part , quand la 
porte du foyer est ouverte , il pénètre dans le fourneau une 
quantité considérable d'air qui s'échauffe sans servir à la com- 
bustion , et diminue par conséquent aussi l'effet utile du coni' 
bustible employé. 

Pom* éviter ces inconvéniens graves , il est nécessaire d'aroir 
un bon chauffeur ; mais comme on peut supposer facilement de 
la négligence ou des défauts de connaissance dans ces ouvriers y 
plusieurs constructeurs ont inventé des appareils au moyen i 
desquels la houille est projetée sur la grille par un mouvement | 



nécBLmqvte ind^^coébiiit de la volonté du chaufFenr, €t par coii«- 
lëquexis ' \.julier. 

Nous ne nous arrêterons pas A décrire en détail ces appareils, 
|ui sont tous plus ingénieux quv^ véritablement utiles ; il nous 
!U âra de dire que la bouille brisée en morceaux est chargée 
lans une trémie d'où elle tombe sur un cône tronqué en rotation 
lur son axe , qui la projette sur la grille d'une manière assez 
uniforme ; mais pour que le combustible soit réparti d'une ma- 
lière plus régulière encore , on a donné à des grilles circulaires 
m mouvement de rotation sur un axe veilical , de sorte que le 
:oinbuslible projeté ne peut s'accumuler sur quelque point au 
liitrimenldes autres, et que la grille étant uniformément recou- 
rerte , l'air agit de la même manière sur tous les points; la porte 
lu fourneau restant constamment close, il ne s'introduit pas 
le niasse d'air froid qui diminue de beaucoup Teffet utile du 
combustible en même temps qu'il donne lieu à une quantité con- 
idérable de fumée. 

Ces avantages sont de beaucoup compensés par le prix des 
appareils, l'emploi de la quantité de force nécessaire pour mettre 
ej'umis^ore en mouvement, et les inconvéniens qui résultent 
le beaucoup d'obstacles, qui viennent souvent arrêter leur 
narche et forcer à des réparations. Ainsi , malgré les avan- 
ages que ces appareils offrent théoriquement , ils sont peu em- 
>loyés , et , dans beaucoup de cas , on a même renoncé à en • 
aire usage. 

Au moyen d'un bon chauffeur, on peut suppléer à Temploi dés - 
appareils dont nous avons parlé ; mais comme la masse d'allé 
roid qui pénètre dans le foyer à chaque fois qu'on en ouvre la 
ïorte offre de graves inconvéniens, on peut, par une dispos»- 
ion très simple , la diminuer à tel point que ces inconvénient 
disparaissent en très grande partie; il suffit pour cela que la- porte * 
!n s'ouvrant mette en mouvement une tirette qui ferme la che:-' . 
»inée.aux5/6. 

Fourneaux FUMtvoHEs. Brûlé dans un excès d'oxîgène'et avec 

'es dispositions convenables , un combustible quelconque poùrw . 

^t être transfornié eu entier eu produits gazeux ; mais cet effet. 

^ impossible à obtenir dans les fourneaux, une quantité-plus oi\) 

Y. a8 



436 FOURNEAUX. 

.M. Lefroy établk que pour obtenir un fourneau complète- 
ment fumivore, il faut que la quantité d'air qui afflue sur le 
combustible soit en raison de la quantité de produits volatils 
à brûler, et par conséquent yariable depuis le moment où le 
combustible tombe sur la grille, jusqu'à celui où il ne donne 
plus de fumée : pour arriver à ce but , il emploie deux courans 
d'air, l'un affluant sous la grille et constant , et Vautre destiné 
à brûler la fumée du combustible et intermittent. On parvient fa- 
cilement à donner à celui-ci l'intensité nécessaire , en le réglant 
au moyen d'un registre glissant. 

Pour éviter le refroidissement du foyer par l'introduction de 
l'air au moment des charges , M. Lefroy veut que celles-ci 
soient régulières, égales, et produites à des intervalles détermi- 
liés ; que la température soii toujours à ce moment assez élevée 
pour que la colonne d'air à action intermittente ne la fasse pas 
tomber au-dessous du degré nécessaire à la combustion; et comme 
la fumée ne se laêle bien à Tair destiné à le brûler qu'un peu au- 
delà du point où les deux courans se joignent , il pratique un 
resserrement, qui détermine Taction de l'air sur les produits 
combustibles en les forçant à se mêler, et y produit une aug- 
mentation de températui^e. 

La dimension en. surface d'une cheminée et de la grille qu'elle 
dessert ne doit avoir de rapport que relativement aux surfaces 
libres par lesquelles l'air s'introduit ; M. Lefroy admet que. ces 
dimensions doivent être égales. 

Daps Je fourneau qu'il a construit pour la revivification du 
ciment romain^ M. .Lefroy a réuni les dispositions suivantes 
pour réaliser la tumivorité. 

La, chauffe est placée en avant, et sur le côté de la mouffle 
qu'il s'agit de chauffer ; \e point de resserrement destiné à opé- 
rer ^e.méljEinge de l'air avec la fumée est pratiqué à l'entrée des 
c^neaux inférieurs au sortir dujqyer'j la colonne d'air à action 
inte^çmittente arrive par trois ouvertures , munies de registres 
pratiqués sur les côtés et à la partie supérieure de la chauffe; les 
trois lames d'air viennent se croiser devant le point de resserre- 
ment, où elle;s agissent sur la fumée. La houille tombe sur la 
grille par la partie supérieure de la chauffe , au moyen d'une 
trémie qui en est remplie, et qui se vide en entier par k 



FOURNEAUX. 43»" 

mouTement <l*une tirette placée infërieurement, de sorte qu'il 
n'y a pas d'introduction d'air dans le foyer comme dans lea 
charges ordinaires des fourneaux. Le nettoyage de la grille s'ô« 
père par le moyen d'une ouverture de la porte que l'on ferme à 
volonté, ou papdessous la grille avec un tisonnier courbé. 

L'expérience a prouvé que pour obtenir làf umivoritécomplète, 
il fallait remplir les conditi<ms suivantes dans la conduite dv 
foyer : 

Introduire une nouvelle quantité de combustible qui, quand 
la flamme ne remplit plus en entier le point de resserrement , 
conserve une hauteur de 4 à 5 pouces (0"" 108 à 135) de houille 
sur la grille, et la compléter par de très petites charges si elle ve- 
nait à diminuer ; ne décrasser la grille que de 3 en 3 charges eu* 
viron, et en agissant avec soin pour ne pas faire tomber au tra- 
vers une grande quantité de petits fragmens de houille ; repous* 
ser la houille sur le fond de la grille, si elle s'accumulait à la 
partie antérieure. Si on brûlait du poussier de houille , disposer 
la trémie , de manière à ce que le combustible ne tombe 
que sur la partie antérieure de la grille, afin d'éviter que le 
poussier ne soit entraîné dans les carneaux. 

La tourbe employée dans les mêmes circonstances a donné 
lieu à une température plus élevée que la houille et à une 
flainme beaucoup plus longue ; les dimensions de la colonne 
d'air intermittent et le temps de son action ont dd être di- 
minués. 

En se servant de houille avec une grille placée à 5 pouces 
en contre-bas du point de resserrement, et une distance de lOà 11 
Ugnes entre le barreau et des charges distantes de 5 à 6 nlinu- 
tes , on a pu brûler 16 kil. de houille peu grasse ou sèche , à 
flamme allongée, en une heure, avec les données suivantes : Sec* 
tien de la cheminée, 196 pouces carrés métriques ; section de la 
coloime d'air à action continue, 70 ; id, de la colonne intermit- 
tente, 31 ; section au point de resserrement, 32. Bans le mo« 
ment de la charge^ la colonne d'air intermittent ne doit avoir 
lieu que pendant 60 à 80 secondes; les registres qui lui doniient 
entrée doivent se refermer en trois temps , à moitié après de- 
mi-minute , aux deux tiers après une minute, en entier après 
demi*mioiute. Pendant que Von/ourgonnaU j les registres de- 



\ 



'r 



^ FOtnUlfBâDX. 

im#i^t flr« owmêB pcDdant âerni-mânute «nrâon. Ua 

mètre à air comprime, placé dans la partie aupéiieure de k 

cbemioée, n'a jamais marqué que 25 à 30 centigrades. 

Le fourneau dont il est ici question est si complètement f amt 
Tore, que l'on ne a'aperçoitqu'il est en marde, lorsqu'on fixe^les 
ymx iBur ToriSce supérieur de la cheminée , que par le mouve- 
iwnt de la folonne d'ûr chaud j on peut reproduire , à volonté, 
de la fumée , en fermant les conduits de la colonne d'air intir- 
iuttent,«tla bire disparaître par l'accès de l'air, dans le temps 
^^ement nécesiaire pour que le mélange ait lieu au point de 
resserrement* la vitesse étant «k 2 mèti'es par seconde. 

Avec 4û kil. de tourbe brûlée dans le même temps, oa a ob- 
tenu une température |dus élevée que celle produite par b 
houille; et pour hràler la fumée , il suffisait de donner à la co- 
lonne d'air intermittent 8 pmuses carrés ou le quart de celle qui 
estnéoeasaûre pour la houille; la durée de l'action de cette co- 
k«M devait étve au plus de 30 secondes ; la flamme était plus 
langue et s'élevait de plusieurs pieds dans la chenmiée. 

Un four k plâtre, chauHe à la houiUe , dans lequd on taitilise 
la chaleur d'un four à coke et un four à porcelaine, construits sur 
ÏM tnemes principes, oi^ complètement rempli les conditions de 
fiunivorité s nous en parlerons aux artides HouoLEet ^orsaiss. 

Des essab déjà assex nombreux sur l'application de ces prin- 
cipes du chauCGige des duaidières A vapeur ont été £sits dans 
plusieurs usines ; nous citerons en particulier la teinturerie de 
If. Beauvisage et la raffinerie de suerede MM. Perrier; la fu- 
mtvorité a été oomfdètement obtenue, mais la quantité décora- 
hnstiUe hrnlé n'a pu être diminuée, ainsi que l'annonçait M. Le- 
froy, qm croyait pouvoir admettre une économie d'un tien. Si 
l'aBRonoe de l'appareil eut été fait» seidement sons le rapport 
de la destruetion de la fumée, nul doute que Tadoption n'en eût 
été immédiate dans un grand nombre de cas; mais Tassarance 
dennéepar l'ingénieur, qui s'était chaigé 4e la construction d'ap- 
parals insdés sur les principes de M. Lefroy , d'une grande éeo- 
nemie de combustible, ne s'étant pas réalisée, il en est résulté une 
débvenrqni retardera de beaucoup, sans aucun doute, lasolu* 
tîan du problème important de détruire la plus grande partie 



insidéralile ia houille au ccnlre 



439 
lauifareases habi- 



) les faarncauKioù la température rouf;e des parois per- 
bnUer la fninta daus l'npparril drstiné à profiter de la 
^ sa tfoure des cotiditioBs plus favorables que cclk'Ë que 
eut IcB chaudiÈres à Tapeur^ ne s'ékvaal pan au-d«lâ 
" , qui refroidissent les produits de la conibiistioL); il 
ac que la couibusiîon de la Ainife ait lîuu compté teitient 
il de la eliaudiëre , et de là dt^â ]rH:onvénîeii9Telii(ivfment 
«mie de cehibustihle ■ le foyeii placé ànterittifément et 
i espnce ciilièrcinent scpiiré île la c/iaiirlièrè j perd ptt 
smetit et par U condiiclibilité d<'B p^krois ime partie de 
sur défelopp^ô qui est loin atws de profite* ô la chau- 
* qui douuE^ieu Hux eti'ets que nous avons indiqués, 
roblème àalajiiiiiivaiif^ des roiiiiieaux est donc ronij'l^ 
dAo/n ,'inliis il ne réalise aiittiiie e'cononii'e /tevombiis- 
'est lui champ dans lequ»! Il i-e^te envore fi falrç ; iflaté 
cdelapersévJi«ucet uu lloliinle tiietruit tt qnineise IhU- 
I décourager pai-bes^i^bstEicles nduibreiix qtie lui piéSeii- 
l'jgpowmco, l'intéièt parliculter el les piéjugda, jtetit 
r unAnipIsiujM àk travaux ûn^rtans. ' '' 

^ela fîtesse (Wl'sir dant la dienultée n'est passuflîsante, 
nae^it'j oivobtk'ot, eouiuWnoTB'VavoiiBvi^Hhegi'hiidrf 
ïtioB dBusè«4irifge , en projetait leJ produits de'la tblii- 
I A sa-bcise A:m« t^mpérftttjre d» 500°, hwtqu'wife Vue 
Hi»à''où «lié I dist>odtiati'p«i'tict.ïl]ère dË3';a|}tia)-eTl9,' 
kiiu- ua bateeni a v»p«ur, pur e««nplc, modifleni femodf!- 
ï-y>ll est possibttfd'olitcmf'flti grand tirage par l'etiiploî 
rare à la partie supérieure ût la cheminée,' dit Tïnitiffla- 
i l'air sous ta f-iilte. On a ptliSiL'urs fois emploji^ l'un 
[reinoyensi qui ont le seul inconvénient de eonïdnlfnet' 
rtdibe quantité de force par la illiâe en nidUVement de* 
As; mais le dernier est préférable , il déterniifie d'un? 
e plus nniforuie la cotnbustion du foyer , el si la qimn- 
■r a été bien calcidée .suivant la nature et la quantité 
tbuitible, il peut pernieltre deréalisfrplusfacilemcnt'les 
alorifiques. Le tarare aspirant , donnant paï^sa^ au* pro- 



440 FOURRAGE. 

et les folîginosités ; nen de semblable if a lieu {xmr un appa* 
reil soufflant. 

. M. Pdietan a employé rifijection d'uvtfilet de vapeur à la 
base d'une cheminée, pour détermina un grand tirage; sous ce 
pDipt.4e vue , ce moyen a donné de bons effets , maia iltparaît 
que, sous le^apport de récopomie il en a été tout autreuueiU. 

«H. GApLTfEai^B^Gl'AfTBlir. 

FP.URRAGE. (y^^r/c.)0'est Tenseiubledes pkmtes.ou parties 
^t d^vi^ de plantes prairiales, céréales, J^gumjièies, etc., qu'on 
donne, afix t>jestiaux, à Fécmûe, soit eu $^€9. spit en vert, les 
grains, exceptés. 

L'abopdance et.la lionne qualité deS; fourrages favorisent la 
multipUcati^u des bestiaux^ vËiiùent le^i^ pourriture , assurent 
leur eaçr^i^ement, et^nt ainsila source id'Une produclion in- 
dtfînie de. ftimiers quâcoiiservent ou .rendent^ à:.la terr^ cette 
faculté de, reproduction sur laquelle se fondefessentieUieiiient 
te:Pf<>spéî'ité des arts agricoles, ..;, r .;.-'Aj ;u' j ' ; 

X Les fourrages que Ton veut faire couaomufier en vert ee cou- 
pent vers: l'époque où. les piantesl quii les composent sont en 
F^ifie floraiton ; mab quand on en • a. u ne 'c^t«tncv> quantité de 
la même espèce^ on commence lav£»uc{i^jufr rpeu^aten t. laL*fleur, 
afin de n,'avoir pas à dounér au^ animaUx/^veraift fin^ (les plan- 
tes déjà^dures^et ligoQuseSt.I4e^oin de Ta^^ioiritetir'eât de oom- 
bjj^i: §on, assolement 4Q«aaiifière àxe queuta «ioèuniture en: ^èrt, 
une |Qi$ çofKuKiencée^^ne soit ppinl» ipAf r^ompilev: et anà en 
m^^4emp% variée dans, sa naturel. IlfantiA^ faudKCifit-nV 
onenerd'herbeà Tétableque oeqjuecouip<)iitent.les besoiufl^cmr» 
i;ial^f}s, pi;endre garde à ce qu'elle n^^s'édbauffe en! tas ^ it ne 
pas;)^ laisser ej^posée a IsL plnie. 

Les< fourrages secs sont ceux qui* sont contertîs en foin par le 
procédé de. U.fejjaison , et emmagasinés pour .la provision des 
Uiauyais jour^. Ue la perf «action de la récolte, dépend la qualité 
du pcpduit.et sa bonne conservation; cette récolte est donc d'une 
grande importance. L'époque en est déterminée essealiellement 
l^l^la nature des plantes, et parl'espèce^de bestiaux qui doiveut 
^'en nourrir à l'état sec, accidentellement par l'éiat aetueLde la 
saison, et son influence sur la végétation. 
i Les fourrages dçs pr«^ri«s artificielles aont ordîaaîrement en 



FOU&RAGE. 441 

état d'être coupés les premiers. L'époqne où les fleurs commen- 
cent à tomber est celle que Ton profère. Cependant les bêtes à 
cornes aiment un foin plus souple et plus tendre, et les cheTaux 
un foin sec et fibreux. Le fourrage coupé de bonne heure a 
paru favoriser l'engraissement. 

Le fanage des prairies artificielles peut être avec succès sou-* 
mis aux procédés suivans. Tout ce qui est feuché le matin est 
laissé en andains, tels que les donne le fauchage ; vers midi ou 
une heure on les retourne, mais on ne les éparpille pas. Gettef 
opération sert à les faire ressuyer des deux côtés. On ne touche 
pas à ce qui est fauché le soir. Le lendemain matin , quand la 
rosée est dissipée, on 'met en petits tas de 25 à t30 kil. tout 
ce qui a été 'fauché la veille indistroctement; on a soin de les 
soulever le plus possible, afin que la chaleur et le vent les pé- 
nètrent. On les retoitrne le jour même et les suivans, mais tou- 
jours sans les répandre. On lie successivement ce qui est suffit 
sammentsec. Deux petlt^tas font alors une botte de 12 à 15 k. 
Le bottelage terminé , on met le tout en dizeaux. Le bottelage 
siu'le cliampméme a le grandavantage de conservei* au fourrage 
la majeure partie de ses feuilles. S'il arrive des ondées pendant 
ropérattori, on n'a d'autre besogne à faire que de retourner les 
monceaux de temps à autre, afin d'empêcber le dessous de jau» 
nir. Mails dans les pays ou les circonstances où l'on craint la 
pluie, on met leâ foiirrages artificiels en meules, comme on fait 
pour le ibin des prés naturels ; afin de se k*éserver la faculté de 
tfd procède]' adi bottelage que par un beau temps assuré. ' 

Un' défaut qu'ont la plupart des prés riaturels,' c'est d'être 
composée de végétaux qui n'arrivent pas à maturité au même 
moment. On perd donc , soit en quantité , soit en qualité , sui- 
vant qu'on avance ou qu'on retarde la fauchaison. Dans une 
même prairie, Xdijlouve odorante fleiirit vei*s la fin d'avril, la 
majeure partie des pâturins à la fin de mai , les fetuques dans 
la première partie de juin, les a grostides dah^' la. seconde moitié 
de juillet , les bromes , les goiigues^et d'autres plantes dans la 
première quinzaine , d'autres ont fleuri plus tard encore. Les 
cultivateirs qui estiment le fourrage par le poids brut attendent 
pour faucher que la plupart des graminées aient amené leurs se- 
mence» à maturité. U vaudrait mieux pouvoir se régler «ur la 



449 FOURS A C^EA)UX. 

quantité de matièri& iiutritive que contient la planta aux 
éppquçs ie }a croissance. Suivant Geor^^es Saindair» il convien- 
drait d^ faucher 4 Tépoqpe de la floraison Iç brame j^t^riie, mul- 
^iflore et (}ps toits ^\^Jçtuque éleyép ^ f rupdinafséa » durç et da 
prés , la houqne molle et laineuse , Vavçinfi pofae^ceate , jau- 
n^tfe ,çt des pr^s ^le^;a/ixi/^r/> rp^^au^ le poa ^ petites feuilles, 
le pat^^r/n de9 pré3; Il convient , a^ cm>traire , de taucher à Vé- 
poqaç 4^ l^ .maturité des graiR? , Vx.fléçf^ 4es pré* , k dactyU 
pelotpnné, Ya^osude Iraçante, la fptuquG rpuge, Vivrais viTac«, 
la briXfÇ treinblapte , la çynosi^rq ^ prçte , la^ni'^ odpv^nte et 
le jxça cQmmwdf L'époque dépend [Ç^cof e i^Ç l'espèce 4e bétail 
anq^el le fourra^gts e^st de^tiné^ Les bê^^à pqrnes préfèrent celui 
qui ^ été faucbé de honii^ l'^eurç , Içjsr c^eyiiu^ celui qui l'a été 
àjjne époque pWs avw^ççe. 

JU>i sque 1^ temps sf ^éi'^ngQ tqpt-^rj^ii^^ looment^ii Vberbe 
e^l; 4^jà coupée , on ce gardera, bie^ d{5»la r^pfwulre , n^^ qn la 
laissera en ahdaiRSjOU,çfi qbftyrpttP^vR^ T^Ste, pqmr sl^^ l4 defr- 
sicç^tio^x soit arvÂyé.e ^ w ^^fé jC9Ayien^ble ,.i^n'f s^ ||i^ néces- 
çaîrç qHP> totalité de .Vea^ de.vég^tafipiv #oiVévfqpyqii|-ée- Les 
bqo».praticie»3 sayent qi^e.Ufoij» f^nip^gafiné^ P^UI* êtiede 
bonae av^V^ > doU /^ujair une feyinj?ptfUip.icr \é^r^ et ipsatisible, 
qui iniipUe^te m présepf^e. dapa les tas pa^ une ^orte 4? f vieur qui 
en fx>iivre J^purl^oe. Lors donc que le içm v^^^i pas p^ffaitâ* 
B5uepj.jçeç (9t,qH'on ç^'îlipt la pluîe> il^.|<H«t9as.cvaipdir/e de le 
r/s^itreri ei sî Ton. a 4^$i dattes sur $a cqasery4tîa|^yQ|i; s'en af- 
franchit ^li le in^l^Qg^ant pas cpuchefi alternative^ a^i^ç ^u foia 
i^ieu^ et bî^n ^eç j.ou ayecde la ps^iU^ d'orge on d'avcwe. Yojez 
Iq mp( PaAift^^, . , ^ppf^NGE JBoDm. 

. ïPOUJlS A CHAUDS. {Tsçhnologiffi)Le çairbooate de çliaui, 
cbau{£é à une température rouge à la pve^ion de l'atpiospbf^i ^ 
décamppsç ejf^, abajadqnpai^t son ^ç}à^ carbonique sQi:(a forme de 
ga^.l^ chaupp r^^te ^uuf fprn» $oUde. 4aiQS l^ V,a8es pu l'espace 
da^jfilesqueU Uaf^tion a eu lieu; si, au contraire, les vases étaient 
parfp^itemeptclos, de manière que la pression s'y élevât à un trè» 
ba«t degré, U carbonate se fondrait sans éprouvier à^ décompo- 
sition. 

£o forant avei: du carbmate de ehaust pur, Ia qbftun »e lis- 



FODRSAGH&DX. 4IS 

^'cHe n'éprouve tvcuiie altérathin de la fiart deJft dutleuri 
maïs comine presque tous les calcai&es renferment une plus ou 
moins grande quantité de silice , une température trop élevée 
peut donner lieu à la formation d'une fritte qui^ altère fortement 
les propriétés de la chaux, que les silicates qu'elle renferme ren-* 
dent alors plus ou moins impropre à >id déliter par l'action da 
l'eau. 

Les moreeaux ^e ehaux qui offrent ce caractère ne sKmt pro^ 
près à aucun des usages pour lesquels cette substance est em- 
ployée ; d'un autre côté, si la tenipératuren'a pas été conTena-* 
blement élevée, des f ragmens de pierre calcaire ne se troureront 
calcinés qu'à la surface extérieure ; un noyau plus eu moins to* 
lumineux de la matière première n'aura pas éprouvé de décom<^ 
position. Ces pierres pottent improprement le nom de biscuit ^ 
on en évite la fertnation par une meilleure direction du feu. 

Lorsque l'alumine existe en plus ou moins grande proportion 
dans le calcaire que l'on traite, la ehaux prend desemractères par- 
ticuliers qui la rendent propre à divers usages* Csfiiinieàvetétat 
elle sert à faire des mortiers hydrauliques , c'est à l'ardcle Mor- 
tier que nous en traiterons; ici nous n'avons à nousinocuper que 
de la fabrication de la chaux eu génial. 

S'il ne s'agissait que d'obtenir une très petite quantité de 
chaux, on se contenterait de soumettre du carbonate de chaux- 
à l'action d'une chaleur suffisante dans une cornue ou un creuset; 
c'est ce que l'on fait souvent dans les laboratoires; mais quand, 
pour les besoins des arts, on doit opérer sur de grandes masses 
de pierre à chaux, la calcination s'opère ou en faj, ou dans des 
fours dont la construction varie, et qui travaillent d'une manière 
continue ou par intermittence^ 

Suivant les localités, le bois, la houille, les lignites, 
l'anthracite ou la tourbe peuvent être employés avec avantage $ 
la tourbe est préférable sous le rapport économique toutçs les 
fois qu'on la trouve sur les lieux, et l'anthracite peut également 
être employée avec beaucoup d'avantage, parce qu'elle est 
peu susceptible de servir à d'autres usages. 

Pour les besoins de l'agriculture, et même dan^ quelques lo- 
calités pour des constructions, lafabiication de la chaux se fai^ 

euicoi^ w t^ que To» dispo$ç en fprmaut ftvçc au wçau |)9il 



444 FOUKS A CH4UX. 

et du talcaire det couches ahenutÏTefl auxquelles on donne k 
forme d'un cane ou d'une pyramide quadrangulaire plus i» 
moins tronquées, comme aux bois destinés à la préparation ds 
Charbon (voy. cet article); le feû mis à la masse est conduit comme 
dans les cbarbonni^res; l'i^ratian est achevée quand la tempé- 
rature s'est élevée à peu prés également dans toutes les parti». 
Ce mode de fabrication consomme une grande quantité de 
combustible, et la chaux y offre difficilement des caractères uni- 
formes, parce que, malgré Us soins que l'on peut mettre dansh 
conduite de la chaleur, son inteusité est yariable de l'iatèrient 
à la surface. 

M. firard a décrit un foia- mobile qui peut offrir beaucoup 
d'avantages, et qu'il r^arde comme préférable aux fours coni- 
ques que l'on emploie généralement avec la houille, et qui ne 
donnent que peu de chaux, ou exigent des dépenses coosidén- 
bles si on veut leur donner de grandes dimensions, etprocti- 
lent beaucoup de fatigues aux ouvriers, particulier eraent 
quand on retire la chaux . 

AprÈs beaucoup d'essais , M. Brard s'est arrêté aux dî^osi- 
tioDS suivantes. 

On fait aplanir un terrain lon^ et étroit dont l'un des grandi 
côtés soit à angle droit avec la direction du vent le plus haln- 
tuclUment régnant. 

Fig. 85. 




peut se procurer du yiès, ou en fait dégrossir 500 à 
600 moellons pour en former un carré, fig. 85, de 5, 10, ÎO 
mètres, ou plus de longueur sur^delarge^ ces moeîLons c lais- 
sent entre eux un espace suffisant pour passer le poing, et 



FOURS A OIAUIC; 445 

ie distance en dtttance on réserve des espaces un peu moins 

karges que le Tolume d'un moeUon ; on y place des hrous-^ 

Fig» 86. sailles^ b b^ fig. 86 , bien sèches que 

Von recouvre de bois plusgrosf, afin 

d'allumer facilement la bouille pla- 

^ ^t cée dessous. 




On forme une première couche de 
•"Tîfc ^ ^ ' houille en gros fragmens qui doivent 

laisser un facile passage à l'air, et par- 
dessus une de pierre à chaux de 18 centimètres environ d'é- 
paisseur , formée de pierre cassée en morceaux de 8 à 10 cen- 
timètres qui se termine à 10 centimètres environ de la chemise. 
Cet intervalle est rempli avec du charbon et sert à faire commu- 
niquer les diverses couches de combustible. La troisième cou- 
che est formée de houille qui remplit tous les vides entre les 
pierres; elle doit être également épaisse, et sa hauteur dépend de 
la nature de la houille. 

La quatrième couche est composée de pierres en plus gros 
fragmens i elle a au moins 40 centimètres d'épaisseur , mais les 
morceaux peuvent être plus volumineux ; les autres couches se 
succèdent alternativement; la huitième, qui est de pierre, peut 
être plus épaisse que les toutes autres; la dernière est de houille 
menue; on la recouvre de cendres ou de terre pressée à la 
pelle; 

L'enveloppe en pierres sèches ou en briques qu'on élève au- 
tour des couches doit avoir assez de talus pour ne pas risquer 
de s'ébouler ; on peut la soutenir de mètre en mètre à peu près 
avec des fiches en fer enfoncées dans le sol. 

Ces fours peuvent être d'une très grande longueur, et quelle 
qu'elle soit, la cuisson de la chaux y est aussi rapide que pour 
une faible dimension. Si l'on a besoin d'une grande quantité de 
chaux à la fois, on donne une grande longueur au four ; avant 
de le démolir, on laisse bien refroidir, et on enlève la chemise 
de l'un des grands côtés; on peut alors retirer la chaux sur une très 
grande longueur, en employant un nombre d'ouvriers convena- 
ble, sans qu'elle se réduise en poudre, comme cela arrive dans 
les fours coniques , où les morceaux de chaux sont obligés de 
traterser tout le feu pour arriver au cendrier. Si, au contraire^ 



44ft BOBBSACHAm. 

«ne petite quantité aenlenient de chaux a* tdécwMe , cm. tA 
ée petit» foufs isolés, et l'o» met k kuàaae extrémité peedsol 
que Ytm, change Tantrey et le feu occupe le milieu aans que les 
ouTriers soient incommodés. 

Quand on n'a pas de grè&oa d'autres pierres résistant an fea 
pour construire la chemise du fourneau ^ on peut se servir de 
briques communes , et à leip: déDuit, de gmsaea pierres à diaox 
qui cuisent d'un côte, et que l'on brise pour les £aûre entrer 
dans une fournée suivante : les briques se posent mieux et plus 
yite, c'est leur seul avantage. 

On doit disposer le fourneau avec assez de soin pour qu'il oe 
se produise pas d'éboulemens, qui dérangent toute la cuis- 
son. Il ne faut pas épargner les fascines, et on doit former avec 
beaucoup de soin la première couche de charbon et de pierre -, 
c'est toujours dans cette partie que l'on trouve quelques dé- 
fsmts. 

On doit activer le plus possible la combustion en dom:iant 
accès à l'air par tous les points de la chemise. Un four de 2 me- 
rs de largeur à la base , 1 mètre, 60 au sommet, 2 mètres, 50 
de hauteur et 100 mètres de long est cuit en 30 heures^ et peut 
être défourné 48 heures après la mise en feu. 

La cuisson est d^autant plus rapide et plus uniforme, que le 
charbon renferme moins de poussier ; il faut employer les gros 
morceaux pour la couche qui recouvre les fascines, le gréle 
pour les couches intermédiaires, et le poussier pour la dernière 
couche ; toutes les fois que l'on a besoin de cuire au même 
lieu, la cendre bien aplanie fournit un excellent sol. 

Un four mobile de 2 mètres de largeur , sur 5 de long et 6 
de hauteur, contenant 8 mètres cubes ou 1 toise de pierre, cuit 
parfaitement avec 36 hectolitres de houille de très médiocre 
qualité; la chaux peut être retirée après 40 à 48 heures. 

Les avantages que présente ce mode de calci nation ont été 
appréciés très en grand nombre dans les travaux poux les ca- 
naux de la Yezère et du duc de Bordeaux; ils sont : de ne pas 
consommer plus de combustible que les fours coniques; de pro- 
duire une plus grande quantité de chaux dans un temps très 
court, et d'offrir pour les ouvriers une grande facilité dans le 
service et immensément moins de fatigue ; leur élévation esl 



crte ^cMioikiIqae, et l'eâ trsHrâux aehévës^tir tin pômt, on n'a pftà 
k perdfe€leacoii§tn]ét?ons''t ou jours co^tetises: 

Lie» és^id fait§ pour caîre avec le bcrîs dans ce gente dé fotfrft 
n'ont -pBA donné de résultats avantageux. Quand on a intercaU 
le boi9 par eoucbes , la ieilupéi-ature ne s^est pas trouvée assez 
éleT^e; en construisant des voûtes sôus lesquelles on puisse in- 
troduire la quantité de bois nécessaire , on arrivera sâiis dout^ 
à pouvoir s'en servir avec cette espèce de combustible. ' 

En Angleterre, les foitrs les plus simples sont foîiliés d'uùé 
cavité creusée dans la flanc â\me côte , â laquelle on donne la 
forme d'un œuf ouvert par ses deux extrémités, et dont la su* 
périetire est carrée ; k la partie inférieure, une ou plusîeui'â Ou- 
vertures sont destinées à produire le courant d'arr ; quelquefois! 
la partie inférieure est munie d'une grille en briques ; on placé 
des fagots au fond, pardessus de la bouille, et ensuite alternati- 
vement de» couches de pieiTC calcaire et de combustible ; quel- 
qviefofs OR recouvre la partie supérieure de marne , pour main- 
tenir la chaleur. On consomnie environ deux bushcls de bouille 
pour produire trois de cbaux. 

Les fours continus ont été singulièrement Variés dans leurs 
foim^ et dimensions. Une longue expérience a fait adopter di* 
vtrses dispositions qui paraissent en assurer le bon emploi. Dans 
un cMicovrs de la Société d'encouragement sur la meilleure 
coBStructioa das Ibai» à chaux , MM. Deblinne et Donop , qui 
remportèrent le prix ,, décrivirent les nombreux essais auxquels 
ils s'étaient livrés à ce sujet ^ et d'où il résulte que les meil- 
leurs fours à cbaux de formes ordinaires consomment de 1 st. 
8S3 à 2 st« de bob de eoirde refendu, par mètre eube de chaistx 
obtenu d'une pierre cakaioe dure , et que les plus avantageux 
se chauffant avec desfagots» consomment plus de 2 st. ô, et jus-- 
qu'à 2 st. 958, pour iamême quantité de cbaux. Il» ont reconnu 
qae la quantité d'air qui t'introduit dans k four par la porle ou 
gneole , quand on jette le combustible à la fourche ou à la pelle, 
refroidit le feu , retarde la calcin^tion et donne lieu à k foi*- 
matiom de beaucoup de biscuits , et pensant que l'on p^rrait 
ea»pécfaer l'introduction de l'air froid par la gueule du four en 
^^ninuatot la vitesse et la quantité de flamme qui sort, dans le 
tma ordinaire^ par l'ooil Ou trou pradqué dans la partie supé- 



44» FOURSACHAU^ 

ricure, ibont fait construire deiixfoun, V^a i base circalaite et 

iunesealegueule, et l'autre à base ovale etàdeux gueules, ga^ 
nis chacun de quatre clieininces à soupapes prenant naissance au 
plus grand ëvasement du four, et s'élcvant de près d'ua mètre 
au dessus du terie-plein. Maigre la facilité que donnait cette 
disposition pourdiriger ik volonté le feu vers une des parties da 
four, la quantité de biijcuit a surpassé It; qiiait de la tulalîté de 
la pierre k cUaux , et par cooséqueitt la consommation en com- 
bustible a été au moins d'un quart trop foite : ee four txinsoin- 
mait 94 voies de tourbe par muid de cliaux de 48 p. cub., ou 
3 st. 057 de touibe par mètre cube de chaux. 

Des fours sans cheminée et n'ayaut qu'une seule porte, l'un 
i parois circulaires et l'autre cylindrique , recouvert d'une ca- 
lotte sphérique, consomment également plus de 3 stères de 
tourbe par inëtre cube de chaux. Deux foui's à une seule porte 
circulaire avec grille en fer ont produit de meilleurs résul- 
tats ; le dernier surtout , dont nous donnons la figure, a réalisé 
tout ce que les auteurs pouvaient en attendre. Le premier a 
consommé 3,247st. de tourbe par mètre cube de chaux , et le 
dernier seulement 1 ,946 st. 

Fig. 87. Fig. 88. Ce four est représente fig. 87 

et K8 , dans lesquelles les mêmes 
lettresindiqucntlesmèmes obj els. 
A, emplacement pour retirer 
la chaux et servir le four; B, 
porte pour le chargement de la 
grille foiinée de barreaux mo- 
Hles portant sur une retraite en brique et sur une barre 
transversale; D C cendrier, E £, retraite eu bi'iques de champ 
pour soutenir la pierre calcaire. F F, pieds droits faisant suite à 
la courbe et tangentiellement à celui-ci; F G, G H, rayon de la 
courbe des parois au-dessus des pieds droits ; K , œil du four 
pour l'introduction de la pierre à chaux et l'issue du gaz ; L, che- 
mise en briques ; M, maçonnerie en moellons. 

En Angleterre, on cuit souvçnt à la fois des briques et de la 
chaux; les fours ont 1 1 à 12 pieds anglais (3»55 à 3™ ,65} de hau- 
teur; leur forme extérieure est carrée ; ils portent 12 & 13 pieds 
($",65 à 3^^) de largeur ; l'épaisseur des patois est de 4 à 3 pieds 




FOURS A CHAUX. ^4^ 

(l^^Sl à 1"52); sur le devant il y a trois arches, chai^uiie de l 
pied 10 pouces (0*^,509) sur 3 pieds 9 pouces (1"*14} de hau- 
teur, formées par trois grandes pierre» à chaux. On place les plus 
gros morceaux de calcaire du côté opposé aux ouvertures , et ou 
cliarge de la pierre en fragmens convenables à unehauteur de 7 à 
8 pieds (Û™213 àO'*244)y/a.Yec des briques qui se cuisent en même 
temps. On ferme les trois arches avec des hrîques, en. laissant 
seulement un petit courant d'air. En trente six ou quarante 
heures , on cuit de cette inanière 120 à 130 quarters ( U à 12 
mètres cubes) de chaux et 15 à 20,000 briques. ..| .. 

M. Rawson a proposé l'emploi d'un four cylindrique terminé 
par deux cônes tronqués; le fond est formé d'une plaque de fopte 
de 1 pied (0°',30) de hauteur ^ ce four a 20 pieds (6'",69), les murs 
ont 3 p. d'épaisseur en has et 2 en haut (0",9l sur 0°',61); entre 
eux et l'enveloppe extéiieure, il y a 2 pieds de terre à four. I^ 
partie cylindiique a 14 pieds de hauteurX4"',25). Deqx.gr^ndes 
pièces forment la partie supérieure sur une haut^U^,'d^:6:(à 
8 ponces environ (0*,279) ; l'œil a 14 pouces (0»,15 suf 0-^20) 
au-dessus, et une penfiede 18 pouces environ. 

Avec ce four, on a produit un tiers.de plus en chaux ayec la 
même quantité de <iombustible ; les piecres de mauvaise qu^dixé, 
qui se réduisent en pondre , peuvent être jetées dans .0$ four 
sans être brisées en aussi petits fragmens qu'à l'ordinaire^ 

Pour que la calcination de la pierre à chaux s'opère 4'unç ma* 
nière convenable , il faut une chaleur continuée sans interrup- 
tion , et toujours également intense, au point qu'une barre de 
fer y fondrait en quelques minutes.; on dispose des (rag^ens 
volumineux de calcaire de manière à former une voûte, en s'aç- 
rangeant , autant que possible, de manière à ce que les pierres 
soient placées sur leurs angles ; les petites pierres , ou garnis , ne 
doivent être placées qu'à la. partie supérieure, et forment au* 
dessus de l'câil un cône de 60 centimètres environ. 

Pour commencer la fournée , on allume d'abord un feu lé- 
ger avec des brandilles que Ton recouvre de poussier de tourbe, 
et l'on maintient ainsi le feu pendant environ douze heures, 
pour échauffer peu à peu la pierre , ce que l'on appel leyi/AZ/^gr:, 
et éviter ainsi que les fragmens n'éclatent , ce qui pourrait don- 
ner lieu à l'affaissement de toute la maitière et à la destruction 



\ 




490 rOURS A CHAtJX, 

de la fournée. Quand le fumage est bien opéré , ea siif 
successÏTement le feu , et , à un moment que les diaufe 
désignent sous le nom de rei/utage , la flamme , qui éproi 
la difficulté pour traverser les couches supérieures du cali 
s'édtappe violemment par l'œil en même temps que par la 
che du four. On a soin de fermer cette dernière par une pm 
en forte tôle , et l'on soutient le feu bien également, de fentif 
le froid extérieur ne fasse noircir la pierre , ce qui poun 
donner lieu à la perte de la fournée. Quelque temps , et soitiv 
douz£ heures avant que l'opération ne se termine , la jm 
s'affaisse k la partie supérieure d'environ 1/6 de la hauteur t 
taie , indice certain de la fin du travail ; on diminue peu i p 
le feu , et on ne redre la pierre que quand on peut la tenu dl 
la main. 

La température de l'atmosphère fait varier la durée lU 
calcination ; la pluie , les grands vents et les orages la c<ttli 
'lient beaucoup en modifiant le tirage du four. 

Les pierres à chaux ne sont pas également faciles à calÙM 
elles présentent sous ce point de vue de très grandes diflëren 
en raison de leur densité : les pierres récenunent tiiées de 
carrière se décomposent plus facilement, outes choses égd 
d'Mlleurs , qne celles qui ont été longtemps exposées à l'aii 
cause de la quantité d'eau qu'elles contiennent : quand ellesi 
été desséchées , on peut leur rendre celte facUité de dé«oiiip9 
titîon en les humectant , et l'on accélère toujours la calcinalifl 
d'une fournée en jetant de temps à autre un peu d'eau dan»! 
cendrier. Nous indiquerons la cause de celte décomposïtioai 
nous occupant tout à l'heure d'un procédé qui avait été fol 
BUT cette propriété. 

Les fours intermùtens exigent i 
bustible qui varie suivant une 
mais qui dépend de l'alterniition 
diminuer et cuire sans discontj 

continus, dans lesquels la pierre à chaux est chargée par U ( 
lard, k mesure que l'on retire la chaux par la partie iaférii 
Rumford a pnblié la description d'un four de cette espèce ^b." 
a fait construire à Dublin , et dans lequel U se proposait ■- i" é 
brûler toute la fumée ; 2° de faire arriver la Hammc at k< 



e perte de temps et d< 
lultitude du circonstance 
;me des opéiationsi poor 
lité , on se sert des 




iFQiniS A COAVX. 4n 

MUE*«iir la{Herre à cbaux par une grande nir&ce , de cair» 
aaa dûcontiuuité, d'ëcbauffsr par la cboux ssrtie du four la 
lierre ^ue l'on dçit y introduire. 

Le combustible «at brûlé dana pUuieurft foyer» diatribnésao- 
Qur d'ua cànc d'une paad« hauteur reUtirenuBt & sa base ; 
. h. partie îoférieure te trouve uma ouveiture pour l'eitraclkn 
.e la cbaux , que l'oa psut fermer k volonté -, oa en marge la 
'Orte avec de la terre. 
Oa peut isire camwuniyieg la partie inférieure très écbaufilf e 
vec la pierre k cbauK placée k la partie supérieure, au moyen 
un couduit tfie L'on p^ut fermer avec au registre. 
Quatre fours établis Mir le mènoe système à Hiidendorff , en 
'russei&brifuentJQunieUenaeut une quMitité de chaux énorme, 
la a publié pluaieura desuiptioes de ces fours , mais Le priaei- 
•li d'emre eux a'a été indiqué que d'une manière incompUte ( 
lous en domierons , d'après le prolemenr Scshubarth, un plan 
t une coupe dans lesquels les méiau lettres iodiquevont les 
uèmeaot^ela. 

Fig. 89. Fi^. 90. 




Le four fig. 89 et 90 a en 6 8 piedsde Prusse à la base sur 6 
pieds nu gaeulard ; le massif «st en'pierre calcaire jusqu'à une 
hauteur de 38 pieds, il est revêtu en brique réfiaetaire en d' d', 
la partie e* est aussi construite en pierres et l'interTalle rempli 
de cendres. 

h , grille pour le chauffage, en briques, soutenue par un sup- 
port f; la voàte est garnie avec un enduit de porcelaine en 
ag. 



452 FOURS A CHÂUt. 

poudre, g , porte en fer garnie de plaques d'argile percées de 
fentes de 1 pouce : l'air pénètre par le canal h ; la partie infé- 
rieure de la cheminée, depuis b jusqu'à la sole , a 7 pieds : les 
murs sont en pierre calcaire , excepté le revêtement , qui est 
fait avec des débris de porcelaine ou des briques réfractaires. 
{, cendrier, a A*, canal placé à la partie antérieure du cendrier ; 
chaque cendrier est fermé par une porte en fer, que Ton n'ouvre 
que pour vider les cendriers. 

Les embrasures sont fermées par des portes en fer, que Von 
ouvre pour retirer la chaux ; pendant lef cours de l'opération , 
on les marge avec de la terre : ces embrasures ont la forme d'une 
pyramide tronquée pour favoriser le déchargement. 

La sole est élevée à son milieu et polyédrique. Les faces a y 
sont inclinées sur les faces ^ c, qui sont placées devant les plans 
horizontaux a a , sur lesquek on fait glisser la chaux ; ces der- 
nières ouvertures sont voûtées. 

Afin que les ouvriers ne soient pas ti*op fatigués par la cha- 
leur des fourneaux, le canal k qui passé dans l'embrasure con- 
duit Tair dans la cheminée. 

Les parois extérieures l m n ont un grand avantage pour 
l'emmagasinement de la chaux et la conservation du bois que 
l'on veut sécher; si elles étaient en bois, il en résulterait de 
grands inconvéniens par le danger du feu et parce que la ploie 
pénétrerait dans l'intérieur. 

Les voûtes o, les planchers p sont en pierres, les parties infé- 
rieures servent de magasins , les étages supérieurs au logement 
des ouvriers. 

Le gueulard du fourneau est entouré d'une grille en fer main- 
tenue par des jambages en pierres ; cette grille se continue 
jusqu'à la carrière, mais, au-debors du fourneau, elle est es 
bois. Un chemin de fer sert au transport des matièreâ jusqu'au 
gueulard. 

Il existe des fours à trois , quatre et cinq chauffes : la forme 
extérieure dépend du nombre de chauffes ; c'est toujours use 
pyramide tronquée à faces latérales égales, dont les chaufieset 
les arêtes sont alternatives. Les &ces du four tombent devant 
une arête de la construction extérieure ^ pour donner plus de 
place aux ouvriers. 



FOURS A CHAUX. 458 

Il existe à Rùdersdoff quatre fours , detfz à trois , un à cpiatre 
et un à cinq cliaufTes. 

La cheminée du four à cinq chauffes ne diffère pas beaucoup ; 
celle du four à quatre chauffes a 3 pieds de Prusse de haut, 
7 pieds au gueulard ; la chauffe a 9 pieds sur 6; la cheminée 
intérieure peut renfermer douze klaflers de pierre à chaux. 
£ndix à douze heures, on cuit 20 à 25 tonneaux de chaux. 
Le four à cinq chauffes a 35 pieds de haut , 8 pieds au gueu- 
lard , 9 à la chauffe, 6 à la sole. La cheminée renferme quatorze 
khjlers de pierre ; en dix à douze heures, on y cuit 25 à 30 ton* 
Beaux de diaux. 

Les fours à quatre et cinq chauffes consomment plus de com- 
bustible que ceux à trois chauffes. 

Pour cuire un kiafter de pierre à chaux, on brûle un klqfter 
5/12 de bois et un et demi de tourbe. 

En 1829, on a cuit 20,000 tonneaux de chaux , pour lesquels 
on a consommé 1,840 klafiers de pierre, 212 klafiers 1/2 de 
bob et 10,535 klafters de tourbe. 

Pour mettre le four en activité , on le remplit de pierres de h 
en c : on allume du bois dans les embrasures a, et on introduit 
peuà peu de la pîerre par le gueidard , en la descendant avec des 
paniers; quand le four est rempli on forme sur le gueulard une 
pyramide de 4 pieds de pierre , et on commence le feu dans les 
chauffes avec la tourbe ; lorsque la chaux est cuite à la partie su- 
périeure , on retire celle qui est en dessous de la chauffe , et on 
remplit le four au gueulard sur lequel on élève de même une 
pyramide. On retire la chaux toutes les dix ou douze heures : 
un four à trois chauffes en fournit 20 à 24 tonneaux à diaque 
déchargement. 

La pierre à chaux éprouve une diminution de 45 pour 0/0 en 
poids etde 1/lOà 1/20 en volume: quelques pierres perdent 54 
et d'autres 33. 

Bans les fours sans foyers , ou fours coulons^ la pierre à chaux 
est jetée par le gueulard avec le combustible par couches alter-< 
^^tives. Dans leur travail sur les fours à chaux, MM. Deblinne 
et Douop ont trouvé qu'un four de cette espèce offre beaucoup 
4 mcoavéniens pour l'emploi de la tourbe ; op obtenait un tiers* 



4M TOURS A CHAUX. 

de biscuit, le four était difficile à charger, à cause de lA fumée 
considérable qui se dégage de la tourbe, que l'on ne peut ein- 
: ployer qu'eifliiottes et non en poussier. Ces fours sont cependant 
très employés et procurent un résultat asseï avantageux quand on 
y emploie la houille ou le coke. Pour les mettre en feu , on place 
au fond une certaine quantité de bois, que Ton recouvre d'une 
couche de houille; on les allume, et on charge successivement 
Jes couches de pierre à chaux et de combustible jusqu'à Tceil du 
ibur^ et même à quelques centimètres au-dessus; la pierre à 
4ibaux est cassée en fragmens de 1 kiL au moins. H faut une 
partie de houille 01^ 1 1/2 de coke pour en calciner quatre de 
.|^re. La combustion se propage dans tout l'intérieur, et quand 
la fumée a disparu et que la partie supérieure est ronge , on re^ 
ttire environ les deux tiers de la chaux que l'on remplace par des 
couches semblables aux premières. 

Ces fours ont la forme d'un cône tronqué renversé, et sont 
très variables dans leur hauteur , qtii est double de la laideur 
au gueulard. Le nom àe fours eoulans ne leur convient réelle- 
inent pas , ce sont plutôt des fours continus , mais il en existe 
^ai^s lesquels on charge continuellement par bipartie supé- 
irieiu-e , tandis que l'on extrait k chaux par les ouvertures in- 
férieures* 

Fig. 91. Fif. M. 





' Ces derniers fours , fig. 91 et 92 , ont la forme d'un cylindre 
iont la partie inférieure est terminée par une courbe sphériqne ; 
huit ouvertures y sont pratiquées servant à l'extraction de h 
dbauz. Ils sont^is en feu comme les précédens, mais aussitôt que 
la partie supérieure commence à rougir, on retire de la chaoi 
alternatirement par Tune des huit ouvertures , et on charge 
par la partie supérieure les mêmes proportit)ns de pierre et 
^ combustible aue dans les fours précéd^us. On peut arr^f 



FOURS A CHAUX. 45S 

la cuisson en boucliant exactement les ouvertureii 
s , conserver ainsi le foui- cLaud pendant quclqan i 
et recommencer l'opération en redonnant le courant I 
i]m température devant être constamment très élevée^ I 
du four est reTêtu eu bonnes briques. 
i deux espèces de fours on obtient toujours une assez 
de biscuit , mais la construction et la conduite 
: ils offient assez d'avantages, 
dit précédemment que la vapeur d'eau facilitait 
isition de la pierre à cliaux ; cet effet est si marqué , 
petit, obtenir très aisément la cliaiix d'un mar- 
impatte, en le soumettant dans un tube à une tem- 
iConTenable à l'action d'nnconi-ant de vapeur, tandis que 
cornue, par exemple, ilesttrësdiflicilede chasser tout 
le carbonique : cet effet est du au renouvellement de l'at- 
hot^bère qui enveloppe la pierre et se produit dans un grand 
jniiihii d'autres circonstances. On a chercbé , en Angleterre , à 
(atirer parti pour un travail en grand ; près de Paris, M. Pe\- 
%ÊÊti a pratiqué aussi ce procédé , mais il a été forcé d'y renon- 
cer par la dépense qu'il occasionnait. C'est, parmi beaucoup 
d'autres, l'un de ces résultats qui sont avantageux dans les labo- 
ntoires, mais qui exigent en grand des frais trop considérables 
|»ur être appliqués ; cependant il nous semble que cette pro- 
priété pourrait être mise à profit avec avantage , mais d'une 
DEiDière différente. Au lieu de se servir de tuyaux cbaulfés ex- 
térieurement , qui occasionnent de grandes dépenses par leur 
destruction rapide et la quantité de combustible nécessaire 
pour les cbauffei", on pourrait probablement obtenir un bon ré- 
nltat en injectant dans l'intérieur d'un four à cbaux de la va- 
feat dont il faudrait chercher, par tâtonnement, la meilleure 
ptoportioti : cette vapeur serait facile à produtie sans aucun 
frais en profitant de la chaleur du fbumeau , et l'appareil né- 
CWMre pour lui donner naissance serait extrêmement simple 
ins ta disposition 'pour un four q[uel qu'il soit. La vapeur ne 
dtvrait probablement être injectée qu'au moment où la pierie 
commence à rougii- jusque dans son intérieur ; pour l« hari 
WàttOM oa «uûna , l'injection demanderait à Ure antrcm^t 



k 



j 



456 FOURS A CHAUX ET A PLATRE. 

dirigée : c'est un objet qui mérite de fixer Fattention de ceuï 
qui se trouvent à même de suivre ce genre d'opérations. 

La production des biscuits formés des fragmens de pierre â 
cbaux imparfaitement calcinée offre un grand désavantage par la 
consommation de combustible nécessaire pour chasser ce qu'il y 
reste d'acide carbonique ; ces biscuits , reportés dans le four, se 
cuisent complètement et peuvent donner de bonne chaux ; quant 
à ceux qui présentent une vitrification et que Ton rencontre 
plus rarement , ils peuvent quelquefois donner encore de li 
chaux par une nouvelle action de la chaleur, inab le plus ordi- 
nairement ils sont impropres à tous les usages. 

Toutes les pierres à chaux ne se calcinent pïis avec la même 
facilité; les calcaires compactes exigent une beaucoup plus haute 
température ; pour que tout le produit d'une fournée soit sem- 
blable, il importe de ne pas mêler diverses variétés de pierres; 
dans le cas contraire , les unes pourraient être imparfaitement 
calcinées , tandis que d'autres aiuraient éprouvé l'action d'une 
trop haute température. 

Pour les propriétés de la chaux , nous renvoyons à l'artide 
Cbàux , et pour son emploi, à l'article Morties. 

H. Gaoltiee de Glaub&t. 

FOURS A CHAUX ET A PLATRE. {Adminisiradon.) Les 
fours à chaux et les fours à plâtre sont rangés par TordonnaDce 
royale du 29 juillet 1818 dans la deuxième classe des étaUisse- 
mens dangereux, insalubres ou incommodes, quand ils sont 
permanens. Ils appartiennent à la troisième classe en vertu de 
l'ordonnance royale du 14 janvier 1815 , quand ils ne sont ex- 
ploités tpi'un mois par année. * 

Lorsque ces fours sont alimentés avec du coke, ib ne présen- 
tent aucun inconvénient; mais s'ils sont chauffés av«c delà 
houille ou du bois, ils répandent une épaisse fumée qui ne per- 
met pas de les autoriser à^line distance moindre de 100 mètres 
de toute habitation; quel que soit au surplus leur mode 
d'alimentation, ils sont prohibés dans Paris , ainsi qu'il ré- 
sulte d'un airêt du conseil du roi du 9 octobre 1790, et d'une 
ordonnance de poUce du 23 ventôse an x. . , 

... I^iisle déparleitwntde.laSeine^.oàsont exploités un granA 



FRAISB. 457 

nombre de fours à chaux et à plâtre, les couditiom les plus gér 
nërales consistent à donner aux murs de ces fours Tépaisseur et 
La solidité convenables, pour qu'ils puissent résister à l'action du 
feu sans craindre un ëboulement -subit ; à les couvrir en appen* 
tîs et tuiles, de manière que les pluies ne puissent pénétrer dans 
rintérieur et altérer la qualité du plâtre ; à payer çn grès les 
aires et culées desdits fours. 

Le G>de forestier a introduit quelques dispositions relatives 
à l'exploitation des fours à chaux et à plâtre dans le voisinage 
des forets. Ainsi aucun de ces établissemens, soit temporaires , 
soit permanens, ne peut être formé dans l'intérieur et à moins 
d*un kilomètre des forêts soumises au régime forestier , sans 
une autorisation du roi, à peine d'une amende de 100 à ÔOO fr. 
et de démolition. 

Il doit être statué sur la demande en autorisation dans le délai 
de 6 mois; et passé ce délai, la construction peut être effectuée. 
Les fours autorisés ainsi qu'il est dit ci-dessus sont soumis 
aux visites des agens et gardes forestiers, qui peuvent y faire 
toutes perquisitions sans l'assistance d'un officier public, pourvu 
qu'ils se présentent au nombre de deux au moins, ou que l'a** 
gent ou garde forestier soit accompagné de deux témoins domi- 
ciliés dans la commune. 

L'ordonnance d'autorisation dont il est parlé plus haut , sta- 
tue sans préjudice des droits des tiers et des oppositions qui 
pourraient s'élever. Il est ensuite procédé par l'autorité admi- 
nistrative conformément aux règlemens sur les établissemens 
insalubres ; ainsi, si la permission est refusée par cette auto- 
rité, l'ordonnance première d'autorisation rendue dans l'intérêt 
de la conservation des forêts ne peut être invoquée pour 
l'établissement de ces fours. Ces dispositions sont communes aux 
tuileries et aux briqueteries. An. Taebughet. ' 

FRAII^E, (Technolo^'e,) lostruitient servant k Jraùer, On 
nomme ainsi , dans les arts , l'action d'évaser en cône renversé 
Toi'iQce d'un trou dans lequel une vis doit être insérée ; c'est 
révasement qui reçoit la l^éte de la vis qui , par ce moyen , ne 
forme aucune saillie sur le plan de l'ouvrage. Telle eçt sa signi- 
Sç^t'^pn principale i^m^s Jfl^ portée 4^.Ç^ ^^^ s'étend à div^C^ 



8 





VkÂîSË. 

fttttrift ùpAràÛonÈ indiiis fréquentes, mais sotiTént fime trts 

haute importance. Toutes les fois que 
Tindustrie peut substituer la fraise à Ta^ 
tioii de la Une, de la râpe cm ded ciseaux, 
c'est une conquête qu'elle fait ; car l'ae- 
tkm de la htàêe est plus pf ompte^ei en 
même temps plu» in%ulière* Ma» ici il 
J a une distinclionràfaire t on a, dans 
ces derniers temps, elnployé Fanden 
mot de fram pour désigner un moyeii 
d'exiëculôon tout iiourcau^ et on a ainit, 
£sute d'avrâr su crée^ une cxprtssioil 
BOiitclle poiu: uiie chose nouveUe, as- 
cumulé les significations sur un tnâms 
asot 9 ce qui est toujours un graT« îhcod- 
Téni»»t« Il ne bous est pas donné d'y re- 
AiédÂer } mais nous devons faire une dis- 
iinctîoai entre les anciens outils nommés 
frùise& et iasmaclÛAes-oatib récenuneot 

iaiTtelis amqoaUsaa^nQmaétés^tld»» 

qnv« 

La figure 99 >ê!pi*é4elltê FttUdenne 
fraise , celle Qui la première A porte 
ce nom , dans sa forme primitive tt Vue dé profil ; là fi- 
gure 94 la représenté vue en bout. Quand cet ôiltil doit fraiser 
de petits trous , la tige , au lieu de présentât te carré A des- 
tinéàentrerdans le baril d^un vilebrequin, eâtmeâtley allongée et 
terminée par une pointe obtuse. Dans ce' caâ, on fait entrer une 
bobine sui^ cette tige, et la fraise est mue par Un àrchèt suspendu 
entre te trou à fraiser et uU trôii tAi daûà iiue plaque de féf 
attacliée sur Festomac , et qu'on notnmé côHScienéé J ces sorte! 
de fraises s€^ trouvent toutes fabriquées datià te commercé. 

Quand on peut disposer d^ùnë pUÎs^atlce de pfeââlon assez 
éonsidérabte, on ne fait point là fraiéie àU^^l côttipliquée ; dn luî 
donne seutement là forme d^un foret évaèé , suiVâtit l*Ali^é dé« 
çiit par flncTinaison de la tête àe$ Viâ. La figure i repré- 
mU f m une plus ^ande éct^elttf , ûâe ft^ é^ Wt» erpècd; 



«s 




Fig.Mt. 




F/g. 95. 



FRAISE. «iÀ 

on ne peut Temployar qne sons une 
forte pression , parce que l'outil est 
sujet à darder, et alors la fraisure > 
au lieu d'être unie et régulière , se 
trouve profondément sillonnée et est 
sujette à s'ovaliser. . 

C'est pour remédier à cet inconvé- 
nient qu'on tait souvent la fmise en 
pointe de diamant à troil ou à qua* 
tre faces , ainsi que nous Savons re^ 
présentée figure 90; mab entore, 
dans ce cas , il faut une pression as- 
sez considérable pour éviter les dar« 
démens. 

Les figures 5 et 6 sont destinée! 
à fiàire connaître les fraises à gorge , 
qui sont du même genre que la fraisa 
figure 3, mais qui » au moyen d'uM 
gorge faite sur chaque trou» du câté de la iàbU t coupait bîM 
mieux la matière et sont moina aujettes aux dardetnens< La fi«* 
gure 5 offire la fraise vue en perspective et aurleplat; lafir 
gure 6 est la vue en bout. A, àtm les deux figures» indique 
les gorges» B les biseauiu 

Ces fraises, figures 89,90, 
91 , 92, ont le grand avan- 
tage de pouvoir être repas- 
aées sur la pierre comme im 
outil ordinaire lorsqu'elles 
ne coupent plus, avantage 
que n'a pas la fraise fig. 87 
et 88 ; il est vrai qu'on peut 
joavi^er set dents avec «a 
tsrfrrpoint très dulr i mais 
cet c^ élant trempé dur» 
l'ttpéiatioià est conleuse et 
dii&cîke. Si, pwr la fiOva 




É 
1^ 








460 FRAISE. 

la fraise , on n'est pas 'sûr de la retren|per ensuite convenaUe* 
ment ; et pub les trempes successiTes appauvrissent l'acier , qui 
perd son corps et devient cassant. Ausû arrive-lr-il rareninit 
qu'un ouvrier, lorsqu'ilfait une fraise lui-même , adopte ta fraise 
fig. 93 et 94, ce sont plutôt les modèles 95 , 96, 97 , 98 , qn'3 
Fig. 98. exécute, ou Lien encore la fraise conique re- 

présentée fig. 99. Elle ne darde pas, ne néces- 
site pas une grande pression, et fait une frù ' 
sure très r^ulière ; elle coupe , soit au moya ' 
\ d'une entaille a , même figure 93 , soit an 
moyen de deux ou trois entailles pareilles, 
égiJement séparées entre elles. Souvent, «a 
lieu de faire ces entailles arrondies comme 
le représente la figure , on fait deux ou trois méplats ; mais 
alors la fraise coupe beaucoup moins et l'ouvrage avance 
moins. 

Une observation très essentielle à faire en confectionnant une 
fraise, c'est de calculer la pente du cdne de manière k ce que la 
tête de la vis remplisse bien exactement le cône de la fraisure. 
Mais comme il est difficile que le contact ait lien dans tonte h 
hauteur du cane, il faut, s'il doit y avoir dissemblance entre le 
cône plein et le c6ne creux, que ce soit ce dernier qui soit pltu 
allongé ;la Sg. 99 fera comprendre li 
r^le que nous posons. Si Voa regarde 
attentivement cette figure Tepréseii' 
tantla coupe d'une ns mise en place, 
on verra que le cône de la fiaisart 
se rencontre bien par sa base avec 
le cdne plein de la vis , mais qu'i 
partir de cette base la tête de la 
vis ne remplit plus sa firaisnre. 
Cette dispontton est avantageuse ; car si nous supposons 
qu'on vienne à tourner lavis avec beaucoup de force , les deni 
parties de la tête de chaque côté de la fente étant pressées con- 
tre la fraisure tendent àse rapprocher de la lat^nr de la fente. 
Si, au contraire, le cène de la firaisure était pins évasé que 11 
tête de la vis, cette tête toucherait au fond, et il resterait aatoor 
dt cAltc lits qa «MM vid*p cf ^ ot on VÎH eqtital, qsi f abori 




N 



FRAISE. 461 

■t fort déplaisant à l'œil , et ensuite qui ôle beaucoup de force 
tla vis. Lorsque ce vice a lien, ou le masque en forçant la vis, 
^est-à-dii*e eu tournant cette vis avrc excès de force: alors la 
ktisure se remplit, l'espace vide disparaît; mais cet effet 
iMitient qu'en augmentant d'autant la largeur de la fente dff 
h léte de la vis, ce qui est une détérioration. Il faut di 
■epeut faire que les deux cônes soient de même inclinaison, ce 
qii est difBcile, faire le cûnc de la fraisure tel que nous 1' 
Xprésenté dans notre figure. 

D'autres opérations exigent d'autres fraises. Loi-squ'on pose 
Ravisa tète saillante, quelle que soitlaformede cette tète, il est 
h^rtant que la tète de la vis porte sur son pourtour , et non 

U seulement autour du collet, tandis que lu pourtour resterait 

rebâiUé. Lorsqu'on emjiloie les vis du commerce, on n'a pas 

Fig, 100. à faire cette remarque , parce qu'elles 



sous mais lorsqu'on fait soi-même 
les Ms ce qui a toujours lieu si on 
tiavadle dans le fer, puisqu'on ne 
trouic de toutes faites que les vis à 
il faut nécessaiieinent fraiser 
ssous de la tète de la vis. La 
figuie 100, présentant la coupe d'une 
een place, fera comprendre comment la tète de la vis doit 
^agée en-dessous. Pour produire cet effet, on a recours 
LlOl. à la fraise fig. 101, dont les armuriers, particuliè- 
rement , font un usage fréquent. Cette fraise est 
faite avec un morceau d'acier qu'on fore d'un 
1 trou a a de calibre avec la grosseur des vis qu'on 
I veut fraiser; le sommet de cette fraise est bombé 
I suivant la courbe du dégagement qu'on veut don- 
J ner au-dessous delà tête de la vis. On entaille cette 
surface bombée, soit en y pratiquant des stries 
profondes comme dans la figure 100 , et comme 
dans les figures 93 et 94, soit en y faisant des 
méplats , soit enfin en y faisant des coupures 
I 11 genre de celle représentée en a , fijjure 98. La fraise 
ensuite trempée , voici comment on l'emploie : oo 





4fA tfUâBK. 

U prend dans Vétaxi par sa partie inférieure ^i est éviâie; 
oo met la yis dana le trou a, on prend im tQume-visà fût qu'on 
fait entrer dans la tête de la vi«, et api^ès a^oir mis de rbuile 
sur la f raise, on tourne la vis eu appuyait sur le vUebrequiii ; k 
fraisure se fait pron^ptement. U y a de çea fraisea qui cnt plu- 
sieurs trous de différent calibres sur uu s^ i^çtroea» d'ader. 

Telles sont les fraiser proprement dites : il y en a encore 
qu'on monte sur le tpur ou qu'on fait mouvoir avec le ^rilebrc- 
quin, telles sont les fraises sphériqucm qui servent, à Saune des 
moules à balles , celles qui fraisent leei petites capHdea des ge- 
uoux, et beaucoup d'autre dont «ous ne parlons pas^ parce 
qu'au fond c'est toujours le même système, et qu'elles ne s'é^ 
cartent de celles que nous venonç de décrire que par les formes 
qui sont variées et appr<qpriées au3( efCsts qu'eUea doivent pro» 
duire. Telles sont les fjwes artichaut» ? Içs fraise» chan^ignons 
et autres. 

Quant aux nouveaux, instrumans nommés WMaAJhiises^ les 
bornes de cet ouvrage ne permettent paa que noua les enviaa> 
gions un à un positivem^it; noua ne pouvons en donner qu'une 
idée générale, Assea ordinairement la fraise est une petite roue 
dentée, en acier, destinée à oouper la^étaux et même les bois; 
celles qui servent k reiendre les rouesa'eiigrenage n'ont qu'une 
dej^A taillée: en bédane; celles qui servent dans les bois sont 
taiUéeç à dents de scie et prennent le aonL de sema eucu ^unss 
(yoye% ce mot) ; d'autres fraises sont dentées non pas seulement 
sur le cli^tmp, maisaiissi sur le plat du disque ; quelques unes , 
comme celles très ingénieuses fùtea par M. Manneviile dans sa 
npclôneà faire les tonneaux > sont composées de deux pièces ; 
d'autres, sont laûtes avec des bédanes mobilea, comme cela a 
It^uj^our les fraises qui servent à &ire les .assemblages à en- 
fourchemi^nt des presses à colkr des ébénistes. H nous est im-- 
possible d'entrer dans le détail immaoïse de toutes ces fraises a 
uous, ne saurions compléter notre nomenclature^ et , tel'grand 
noojibre de dessins qu'il nous fût permis de consacrer à cette 
démonstration, nous aurions toujours quelqjue omission forcée 
à, regretter* Les choses en sont ve^uea au peint qu'on fait des 
bo^yQt^res à la fraise et d'autres ouvrages dfimemiisetîev tela. 
qp^ parqiM^ts^ moulures^ engadremens et anti^ qu^Wi m*9tMi$ 



fticm M» 

tioR. Vme jm^iiogri«ibi« peumÂt €tr^ «mpLoyëe uiiîi|a«Biwt 4 
h desoriptîo» de ««s procédés s^puareyav» 9t ialér««mM| içî Bouf 
ne pott¥4Miis ^e i^rmer dei iadionlioiis , c» ftppehRt toiK^ l'i^ 
tenijm de# fiCMtvwtça» ^wr Tm^itoi de ce mpjm d# faift 

htvim$ aux 3)ro«u»ftiUe«. La frichç m U réswUat d'im ^i m-? 
ém tft »> r4irf i de chfMaa, «u d'w wwwf 3y8tèa)9 dp ihiHqi^» 
OH 4e la AégligeiiQe de Tb^n^»^ uxûe à «khi impériUf* 0|^ y «pr 
poie, daa leB|^#«iîer ea», le Jkt^Mxnnmni dans le ae^ood» r44r 
lOLBicainr et Ai ciuAuiv miervalaire s dans le troûièmet Vlnsint^ 
Uon^ hase aëeeMaire de toule amâËoratiaB solide , qui douât 
juate la ootinaiiManre dei choses» eonduilà l'arl d'ea tirer taite 
la Tsleur , et ppoduit les bonnes lois qui donnent au travail 
kl ptlua déambles. garanties. 

les friches dtCèreiH entre «lies ««mue les ^errei qui sont w 
culture* .et cette dàfférence réanbe furincif^l^ment de la natnre 
^ delà qnaltlé desfoiids qu'elles elériUsent. Les «nsaont h(m^ 
Itt autres sonttnsiuwis^ avec une multitude de nuancée intenr 
ittttlîaiocs. Celui qui y^ut entvqprendre d'en tirer parti doit 
doQc s'appliquer d'mbosd à discerner les pepriét^l qui 1^ disr 
^gneaC 

fin {fénéral, les inchcseont couvertes d^ limyèresi oes bnsyè» 
Ks sont de plusieurs sortes. La 'terre est bonne, si la ptlite 
^fène, valgans , multi^ra et autres croissent pressées et 
'^Mi?i«»teBtièrenieiitleflol; si FhediecpKilt mêlée avec et naonle 
^ leur hauteur; si, la fauchant oomine on £ût d'uapré^'teUs 
*<!<tniert use hauteur de 12 à 15 pouces ; si la grande *hnty ère ^ 
^îen 90opmrîa^ e*y distingue ; si le petit ajene, ulex mmoFf s'y 
^sttve; ri, cuetisant la terre, en tmore une oaqehe végétale aufi- 
'^ante à la eulieve qu'on se propose tfétaAdir» 

Lorsqu'il n'y a pas de grandes brayères , mais seulemeni des 
f^eset des ajoncs, la qualité du «sol tsf, moindre; lorsqu'il n'y 
* «pie de b bruyère cemmuDe, wiiganSf Iç sol de^çnt d'autant 
1*^ pauvre que la bruyère devient plus eare. H est infeitik 
^^ns les contrées où le lichen tapisse seul la terre. 

L'^GDsiiAnn est <Masm»yeTi de rendes 4es A^ea èrlneifthiire». 



^ I^ROroS AAtmCTELS. 

ment la fusion de la glace ; mais quand on emploie des propor- 
tions' inverses, le thevmoiitètre s-'sljaisse jusqa'à — 10 ou 

Le mélange de chlorure de sodium et quelquefois de cliloJ 
ruré de potassium avec la glate est jbiirnellement employa ^dur 

proidhnre le froid au moyen duquel on prépare les sirops 

fruits glacés; la neige, à cause de sa division, en développe-d»' 
vantage. L'action d'un mélanj;e frigorifique ne dépend 
«eulement de l'abaissement de température produit, mais surioul 
delà plus ou moindre continuité d'action , et, sous ce rapport, 
, CertàitiB mélanges simt de beaucoup préférables à d'autres. 

Les mélanges employés pour obtenir du froid ne peunri 
produire tout l'efftt qu'on recherche , que quand la tempjr» 
tdre des matières premières qui en font partie est elIe-méDil 
beu élevée ; aussi, plus bas est cette température, et ptils ^teaii 
éstl'ititensité du froid, et l'on ne pourrait indiquer la IhniMi 
laqueUe il serait possible d'arriver , que pour les mélanges qd 
prendrniput eux-mêmes l'état solide par un froid détermina 
Par exemple^ le mélange de glace ou de neige et de sel maiiii; 
ne peut, quand même on prendrait les matières à — 15°, donne! 
plus de ÎO', palace que à cette températnf-e la liqueur se proW 
drail eu masse : on peut donc , en refi-oidissant d'abord la iM 
tiêre à employer pour un mélange, obtenir, dans certains ea^ 
des abaissemens de température extrêmement considérables. 

Beaucoup de sels, comme le chlorure de calcium, dévelop- 
jjenl , en se combinant avec l'eau , une grande quantité de i^ 
leur lorsqu'ils sont anhydres, parce qu'ils en solidifient unepnl 
l-' portion considérable, tandis qu'à l'état decristaux qui conliennfll 
de l'eau en combinaison, ils se dissolvent en abaissant latem' 
péralure, et plusieurs sels mélangés donnent lieu à un froid pM 
considérable que s'ils étaient séparés ; il importe doriC'' 
prendre les sels à l'état le plus convenable. 

La division des coi-ps et leur état plus ou moins dense Bit 
cent une grande influence sur le froid pvoduit, et c'est sous 
rapport que la neige est préférable à la glace, pour obtenir tapi 
3enieut dU froid; que des sels piles valent mieux qu'en grt 
cristaux. 

Lorsqu'il s'agit de refroidir ou de cougeler une quantitépli 
'pu moim considérable d'un corps , il faut que la quaatîlë i 



r 

I PROroS ARTIFICIELS- 46S 

Éniflit au sujet des biens communaux rendiaient à U cîrcula- 
I WB et à l'industrie agricole une immense quantité de temûiia 
m/riclies, SoDLAHGE Bodik. 

FROIDS ARTIFICIELS. (Chimie.) Dans quelques circonstan- 
S où la températuie naturelle est insuffisante pour déterminer 
congélation de l'eau, ou peut éprouver la nécessité de pro- 
lire des quantités de glace plus ou moins considérables; dans 
lutres cas, on peut avoir besoin de se procurer des froids plus 
s que ceux qui résultent de l'action de l'atmosphère; lei 
lyens pour pai"vcnir à l'un ou l'autre de ces buts peuvent 
ic être utiles, et méritent d'être signalés. 
Plusieurs auteurs ont publié des tables de mélanges Jrigori- 
ues propres à donner des abaissemens de température très 
fs^ quoique l'expérience n'ait pas justifié quelques unes des 
B qui proviennent de leurs travaux, nous réuniront 
Ifqut n'ont pas été contestées. Les mélanges employés 
'a de sels et d'eau, de glace ou de neige, et de sels et 
^ce ou de neige et d'acides étendus : ceux quiproduisent la 
Il grande intensité de froid ne sont pas toujoursies plus avau- 
IX pour déterminer l'abaissement de température d'une 
de masse de liquide, parce que cette action est trop peu de 
H continuée, tandis qu'un froid moins intense, déterminant 
(action plus durable, produit un meilleur effet. 
Quand deux corps froids donnent parune action mutuelle un 
mposé liquide, il peut résulter de ce rapide changeai tnt d'état 
erandabaissementde température , quoique les mêmes corps, 
irconstauces , puissent développer une chaleur 
KQloias forte : ces effets opposés dépendent de la quantité 
«les corps renferment avant le mélange, et de la com- 
Bon qui peut s'effectuer entre eux. Un exemple suffira pour 
K parfaitement comprendre ces actions. 
Juand on mêle l'ïcinE sulfubiqce avec l'eau, il en résulte 
a l'a vu à cet article , une élévation considérable de 
ppérature; la glace, en se fondant, absorbe une grande qiian- 
i de chaleur. Voy. calorique; si on mêle 4 parties d'acide sul- 
îque concentré et 1 de glace pilée , l'acide condensant une 
^de quantité d'eau, il se produit une température élevée , 
; que cet cfftt surpassi? celuj puqiiel dwne Heu iiivusej 
•■(û 




I 





10) 



de+ 10 



FROIDS ARTIFICIELS. 

Mélanges de glace et d'acides ou d'alcalis e'iendi 

Abaissempat de len 

Ne'g^- i] deOà 

Potasse. 3) 

Neige. ij _6à 

I sulfurique étendu. 1 ) 

Neiee. 

Acide solfurique étendu. 
Acide nitrique. 

Neige. 

Acids sulfurique étendu. 

Mélanges de sels et diacides étendus. 

Sulfate de soude, 3 

Acide nitrique étendu. 2 

Sulfate de soude. 

Hydrochlorate d'ammoniaque. 4 

!Nitrate de potasse. " 

Acide nitrique étendu. 

Sulfate de soude. 

INitrate d'ammoniaque. 

AcidSj ni triiju e étendu . 

Phosphate de soude. 

j^ide nitrique étendu. 

Sulfate de soude. 

Acide sulfurique à 36". 

Sulfate de soude. 221 ■ 

aéaidud;étl.erà33". 17] 3f + -"/.J 

Les mélanges ij-igorifiques indiqués ne peuvent pas,)t 
*liipIoyi!s avec le même avantiige ; quand on n'a pas. Ah 
ùtion de la, glace ou de la neige , et qu'il est nécessaire 
par exeïnple de l'eau congelée' pfrrtrdiviersusageS, ii'-pi 
le mélange de sulfate de soude et d'acide sulfurique éM 
préférable. M. Courdemanchër et après lui AIM. Bolj 
>lalapert, ont publié à ce sujet quelques résultais intéi 
conune ceux qui ont été publiés par ce dernier complj 
i|in avait été fait par les deux autres, nous indique» 
iQode d'opéi'er. 

1.A vapeur d'eau répandue dans l'atmosphère est ua < 
1.1 ■:-■ a):à.ga 



% 


de-f. 10^ 


4i 


de + 10 S 


201 
10) 


de + 10 i 



FROIDS ARTIFICIELS. 4&9 

j ikcoDgéUtion arUricJcUc, en se condensant sur les enveloppe* 




lÈâ oierieures. 

J La linges mouillés qui facilitent le refroidissement des li-^ 
^es, Duisent également à la congélation. 

il est inutile et même nuisible de détacher à mesure les gla- 
fon» qui se produisent ; en remontant à la surface ils se dissol- 
TCDten pai'tie, et la glace a moins de solidité que quand elle se 
Ibrme sans ctre agitée. 

Les bois de sapin et de peuplier sont moins bons conduo 
tnirs que celui de chêne, et doivent être préférés. 

L'acide sulfurique à 45° dissout une plus grande proportion 
de sulfate de soude qu'à 46 ou 44; on l'obtient avec 3 d'acide à 
j6°et2d'eau, I2decetacide dissolvent 17, 5 de sulfate de soude 
liant que le mélange marque 0, et au moment où la dissolu- 
tiDQ commence, le thermomètre descend de -|- 14 à — 17 si le 
■d est bien en poudre. 

L'appareil se compose d'une boîte en bois de peuplier de 15 
ponc. (40G"""j de hauteur, 12 de longueur (325°"") et 8 pouc. 6 
%. de largeur [330°""); à 6 lig. du bord (13'°"') est un Blet carré 
■Or lequel portent les bords du couvercle ; les planches ont 4 
Ijj. {7'"") d'épaisseur. 

D'une autre boîte en ferblanc de 12 pouc. 6 lig. de haut 
[33?""), G pouc. 3 lig. à l'ouverture , et 5 pouc. 8 hg, au fond 
"), munie d'un rebord en ferbla ne assez large pour être 
ir la boite ; l'intervalle entre ces deux boîtes est rempli 
ie coton cardé. 

D'un couvercle en bois de 2 pièces contenues l'une dans l'au- 
e, assujetties au moyen de planchettes et dont t'inttrvalle est 
Bnpli de coton. 

De deux moules de 12 pouc. 6 lig. de hauteur (SS?"^";, 4 
pue, 8 lig. à l'ouverture, et 4 pouc. 5 lig. au fond (12t> Ji 
I9"""), larges de 7 lig. à l'ouverture et de 6 au fond (Ifl à 
B""J dépolis et vernis : l'appaieil tout entier est verni pour que 
Kide ne l'attaque pas. Le vernis est comjiosé de saudaraque , 
de térébenthine et alcool à 36" ,8 de cliaqùe. 
Ou met dans la boite 6 liv. 12 onc. (3 kil. 307) de sulfate de 
pude erisUUisé en poudre , et 4 liv. 8 onc. (2 kil. 202) d'acide 
■Ifuriquc à 45° : on plonge dans le mélange les deux 



I 






470 FROIDS ARTIFICIELS, 

1 • I 

renfermant chacun 1 liv.* (500 gram.*) d*eaù et on couvre Tappa^ 

*'reîl'^ âprès'un'quàrtd*lieure, on agite le mélange avec une îft- 

sniette de bois verni, et on recommence trois fois* tyendànt le 

*'témps de ropératîon, qui ne dure que quarante minutes , quelle 

que soit la température de l'air, pourvu que celle de 'yafcide ci 

*'du sel né soit pas de de 4- 17 et que TappateH soit l>îen dos. 

Âpfèâ avoir retiré la glace du moule, fei on y remet 8 onces 

'(250 gfam.) d^eau, et qu'on les plonge dans le même mélange, 

on obtient encore après cinquante à soixante minutes cette'quan- 

'tïté de 'glace. ' ' '^ ' - 

Avec des motilesr'de inêtne hauteur,* mais de 14 lîg. fîT^^J dfc 

•large, il fout presque deux heures pour congeler 2 lîv. (1 kil) 

d'eau : s'ik n'avaient que 3 à 4 ligi (7"* à 15"*), il ne faut que 

vingt à vingt-cinq minutea, mais la glacé se coiiserve moins 

long-temps à'cause de^sbu p'eu d'épàissëut. ' ' 

En se servant de 8 inoùleé contenant chacun 1 Hv. 4^onces 
(72 5 gr.) d'eau , on peut avoir 10 liv. (5 kil.) de ^lace en qua- 
rante-cinq minutes. 

Les appareils plus hauts que longs offrent le^ avantages sui- 
vant; Une seule boîte i)eat servir' à 'fidi^ dlfférëtités* Cfuâfiitités 
*de glace, parce qu'od peut 'rie mettre qùe'SOO^ôù 750 gfiâin. 
d'eau dans les moules, au lieu de 1 kil., et quand on découvre 
* les appareils pour agiter les mélanges , le contact de l'air est 
moms multiplié, ce qui a beaucoup d'importance, surtout 'sila 
température atmosphérique est de -f- 25à'^*30L '' ' 
- *'Là4iqneur provenant de ta' fbhte'âti'^ulfiate' dé soude peut 
donner, par l'évaporation, des cristaux de sulfate que Fou calcine 
pour en dégager l'excès d'acide , et le produit redissous donne 
' du sel qui peut servir de nouveau. ' » 

L'eau mère, très acide, évaporée à sec dans un'fbuPàréterbért 
et calcinée, donnerait également le sulfkte 'de sOUde; mais 
comine dans cette opératioti-il se défràge une masse énorme de 
vapeur d'acide sulfurique, elle ne doit être faite que dans des 
conditions favorables, et, par èkémplei ,' dkns tin lieu isolé. On 
pourrait cependant éviter tesllicoiivértietf^ën tlraûfiaritlamasse 
épaissie dans un appareil eA gièsTermé^ et éotmnunîquànt avec 
Tineckrsse en plomb, dans'îaqueHé on'^ferafr arriver un petit 
tiourant de vapeurs' d'eau' j' par' ce^moy^n' bn obtiendrait de 



K ' r ' .'1 



' FROIDS ÂRTIFIGIELS. 4H 

acide suliurique qui ppurrait seryir à, de nouYeQcs opérations» 
Divers autres moyens peuvent être employés pour se procurer 
e la glace, quand la température de latmo^hère ne doanç 
as lieu à sa formation. L'évapo ration du liquide produit yu 
ùTt abaissement de température que Ton pçut me,t^e. à p^pfi): 
lour obtenir ce résultat : à Tarticle Glacières nous fcr^os con-r 
laître les dispositions que Ton peut adopter pofir congeler de 
'eau par la simple évaporation d'une partie de ce liquide ; ici 
lous nous occuperons seulement de l'^pplicaAio^' en grand dç 
'ei^périence de Lieslie. . . . t . . .0 ^ 

Si on place^ sous le réi^ipient de laiyiacbine imeumatique,d^ 
i^eau en couche mince et sur noe grande surface au-desstpis, 4'vja 
vase rempli d'acide suUurique ooncenti é, de chlorure de calciun^ 
ou de chaux répemme|it calcinée , }a vi^pefir 4^ l^eau é^x^t cqji-^ 
tiaueUement absorbée' p%r le corp^ qju'f^le; r^npon^re,4e frc^id 
qui résulte de cette rapide évaporation, congèle la masse entière, 
Conone il serait difficile de pr0duire le vi4e en grand avec 
une .machine pneumatique » «în peut qpéver ^u moyen de la 
vapeur de la insnièrQ suivamt^.: i%n v^e ^9 |o|^,o^ çn cuivre 
d*une capacité convenable poiviryiit .éfre inj^ ^U ÇM^i^i^M^tion 
avec la capacité renfermant l'acide et Teau à cqngeler ; on y 
produit le vide au moyen d'une injçction de vapeur d'eau, et 
quand la vapeui; a chassé tout l'air , si on refroidit ce vase en 
versait de l'efiu ^ la surface, et qu'on le mette ensuite en com- 
munication avec l'appareil où l'on veut produire la coDgélation, 
suivant les relations des vases , le vide produit sera susceptible 
de produire plus ou moins rapidement la congélation. 

Des appareils de ce genre ont été construits en Angleterre par 
Taylor et M^rtineau, et employés dai)S les Indes à la prod^.ciion 
de la glacé 3, vfm^, Içur prix éljsvç. i^'a pas peinjis (iç,lç^ .employer 
avep ayant9^e; on pourrait en établir d'ui^e n^anière.lteaucoup 
plus économique sur le système des appareils de Degi^and, pour 
l'évapqration des sirops. Y. Sdgae. 

Au lieu d'acide sulfurique, on peut se servir de gruau dessé- 
ché jusqu'à un commencement de grillage; une ni{:;|jir,ç de. 30 
centimètres de diamètre et 25 millimètres de hauteur a spffi 
pour congeler 625 gram. d'eau placée dans un yase pcNreux. 

H, Gaultier ps Cjb^uaaY» 



m SROMAGE. 

terie, avec des trappes pratiquées dans h:s planches, par les» 
quelles on passe le fromage de main en main. 

Les ustensiles nécessaires dans une laiterie à fromage, sont , 
outre le réfrigérant pour le lait , comnmns avec la laiterie à 
beurre, 1^ un baquet à fromage , yase de grandeur et de forme 
variables, dans lequel on divise et prépare le caillé pour faire le 
fromage; 2*' un couteau à fromage, espèce de grande q>atule en 
bois, à bords très minces, destiné à couper ou rompre le caillé ; 
3^ les linges à fromages, de différens degrés, de finesse, dans les*- 
quels on enveloppe le$ fromages pour les mettre à la presse; 
4° les ronds à fromages, pièces de bois épaisses d'un à deux pou- 
ces, sur lesquels on place les fromages nouvellement faits, pour 
les ranger ainsi sur les tablettes; 5° des formes, espèces de forts 
cerceaux en bois, qui ont im fond percé de trous ainsi que les 
côtés, pour laisser sortir le petit lait quand qn presse le fcomage; 
6° la presse à fromage, instrupuent qui sert à faire sortir \e petit 
lait du caillé, pendant qu'il est dans les formes. 

Tout acide fait coaguler le lait ou le convertit en caillé; mais 
on se sert principalement pour cela , dans la fabrication , de la 
caillette OM quatirièinç; estojçna^ç d^'un jeime veîiVi qui f»'§ encpre 
été nourri que de lait. Cette partie du jeune veau, convenable- 
ment préparée, s'appelle présure ; son choix, quand on l'achète 
du boucher, demande une grande attention, f 1 y a différentes 
manières dfi la préps^rer ; on ne saurait apporter trop de soin 
tant à cette pfépyation qu'à la conservation de la présure, jcar 
son altération gâterait le fromage. 

Comme le fromage bien fait a toujours unç belle teinte jaune, 
on s'est appliqué à la lui donner artificiellement. On emploie 
principalement à cet effet une préparation d^ la pulpe rouge 
qui, çnyelppp^ l^s gaines, de roqçpu {Bixa, çrellan^^ li.), et 
dont une once suffit pour colorer cent livres de fromage. 

La formation d'un bon caillé dépend de la chfileur du lait et 
de la quantité de la présure. 22 à 23 degréa centigrades et deux 
heures dqnneM^.eui général la chaleur et le tempsrnécessaitesà 
la coagulation; maig le clim^t,lasaispp, le temps, la nourriture, 
peuvent modifier ses effets. Un morceau de présufpdie la gran- 
deur d'environ un pouce, infusé la veille dans quelques cuil- 
lerées d'eau chaude, suffit pour coaguler le lait de cinq vaches; il 



FROMAGE. JfO^ 

smt se fiao-derde mettre trop de présure, parce que cet excès f^;» 
ait trop lever le Iromage, ou le fepdiait aigre et trop fort* 
y est aussi, une mauvaise méthode de chauffer le lait sur le feu 
>oar le faire cailler ; il est préférable d'y mêler une quantité 
;u.flisante d'eau bouillante , dont l'effet doit être réglé au ther- 
nom être. Pour accélérer la coagulation) il faut y mettre un peu 
ie sel avant d'y mêler la présure. 

Quand le caillé est bien pris^ on le rompt , c'est-à-dire qu'on 
coupe le caillé en.^jfférensi sens et à plusieurs reprises, et en 
très petits morceauij^ ^ peu près é^aux, avec le couteau à fro- 
mage, pour en faire bien sortir le petit lait. Cette opération de- 
mande environ trois quaits d'heure; ou recouvre alors le baquet 
avec i^n lin^,et on le )ais$e enviroK^ autant de temps. Quand 
le caillé est tombé au fond du vase, on ôte le pptit-lait en le fai- 
sant couler; on laisse encore le caillé pendant un quart d'heure, 
pour qu'il se ressuie et devienne solide , avant de le diviser de 
nouveau pour le mettre dans l'éclisse. Pour mieux exprimer le 
petit lait, on peut mettre sur le caillé un rond de bois propor- 
tionné à |a grandeur du vase et chargé d'^p poids. Quand le 
petit -lait , séparé du caitlé , est d'une couleur verdâtre, c^est la 
preuve que la coagulatio/i a réussi. Dans certaines parties de 
l'Angleterre, on emploie une autre manière pour séparer le j)e- 
tit-lait du caillé : c'est de mettre le lait coagulé sur un tamis 
adapté sur une espèce de seau, et de l'y laisser quelque temps 
avant de le rompre. Quand le caillé a ainsi rendu toute son eau, 
on le met dans deux ou trois vases différens , et on le casse avec 
les mains e^ très petits morceaux, en le saupoudrant de Sjel^ que 
Ton y mêle de son mieux et dont l'expérience indique la dose. 
Après ^vpir ainsi rpmpu et salé le caillé ^ on étend im linge 
sur l'éclisse, dpnt la partie inférieuje doit être percée de trous; 
on la remplit de caillé jusqu'à un pouce au-dessus du bord ; on 
l'enveloppe et on la recouvre du même linge; on met dessus uu 
rond de bois bien uni ; on met alors à la presse pendainft deux 
heures ; au bout de ce temps, on en retire |e fromage , et on le 
met dans un vase rempli de petit-lait chaud, où on le laisse peii- 
dant une heure ou deux, pour y former une croûte et la durcir. 
Maiscette opération, ijui s'appelle échauckr le fromage ;, n'est 
très nécessaire q^e pour les transports lointains ; elle a l'iacon* 



476 FROMAGE. 

'yéûientdele durcii* extiêmeinent à rextérieur. Quand on retire 
le fromage, on ressuie, on le laisse refroidir, on TenTeloppi 
après d'un linge fin et bien sec , et on le met à la presse pen* 
dant 6 ou 8 heures; on retourne alors le fromage une secoad^ 
fois, puis on ya le saler dans l'endrdit destiné à cet usage, oà 
on l'enduit de sel de tous côtés; après quoi, on l'enveloppe dane 
un autre linge bien sec et plus fin que les précédens, puis on k 
remet à la presse pendant douze ou quatorze heures; on le mci| 
ensuite sur un rond de bois bien sec , que l'on nonune plaackt 
h fromages y et on le retourne tous les jours. 

Après que les fromages sont salés et séchés , on les déposa 
dans le magasin à |romages,^ui doit être im endroit sec et bien 
aéré , en se gardant de mettre les fromages déjà secs dans k 
inéme pièce que les fromages encore mous. 

Telles sont les notions générales sui' la manière de fabriquer 
le fromage , telle qu'elle se pratique en Angleterre ; elle subU 
nécessairement différentes modifications appropriées aux espèce! 
de fromages que l'on fabrique. Les détails que la descriptioa 
des procédés particuliers comporterait, dépasseraient de beau* 
coup les bornes prescrites à cet article. 

La France possède d'excellens fromages ; mais , par leur dé- 
faut de fabrication, ils ne sont pas de longue garde, tandis que 
le hollande ou le chester se conservent très long-temps lors- 
qu'ils sont placés dans des lieux convenables, et s'expédient sans 
inconvénient dans les pays les plus éloignés. Déjà quelques ten- 
tatives ont été faites en Normandie et ailleurs , et leur résultat 
a fait voir qu'il ne serait pas impossible d'imiter parfaitement 
chez nous ces fromages. Ceux de Gruyères ont été imités avec 
un plein succès dans plusieurs cantons de la Lorraine, des Vos- 
ges, de la Franche-Comté, du Dauphiné et de la chaîne des A' 
pes. Ces considérations ont déterminé la Société royale et cen- 
trale d'agriculture, à fonder des prix pour encourager et natio- 
naliser chez nous la fabrication de fromagesyàç^o/i de Hollande^ 
façon de Chester et. façon de Parmesan. Ils seront décemé^ 
en 1 8 39 aux culti vateurs-fabricans dont les produits seront égaux 
en qualité et en prix à ces fromages étrangers vendus en France^ 
et qui en auront fabriqué les quantités les plus considérables. 

SOULANGE BoDUf. 



FBOMENT. 

iKPÏT. {Agriculture.) Le froment tient le premier rang 
i céréales. Son grain est celui qui renferme le plus de 
a plus agréable, la plus nourrissante et la plus propre 
ication. La plante qui le produit n'a pas besoin d'être 
;i. Les épis soat ras ou barbus ; cette dilFérence ne ca- 
pointune diversité d'espèces; il y a de nombreux encm- 
é ras devenu barbu , ou de blé barbu perdant sa barbe, 
s sont semés dans un autre sol que leur sol babituel. 
■al , le blé à barbe donne un grain plus gros que celui 
is, mais sa farine est moins blanche. La couleur du fro- 
jaune , mais plus ou moins nuancée de blanc jaunâtre 
; blafard, ou roux. Les froniens blancs, blonds, dorés 
meilleurs ; ceux qui approchent le plus du rouge, les 
dmés. L'épi de froment , non plus que celui de toutes 
I céréales , n'est pas toujours et partout également chargé 
I ; c'est ce qui fait le plus ordinairement U diiférence 
produit des récoltes, l'abondance ou la disette. On peut 
, d'après la force seule de l'épi sur pied , préjuger 
era la moisson. Si l'épi sort vigoureusement de son 
, s'il est gros et bien nourri, il portera 50 à 60 grains ; 
laigre et sans énergie, il n'en donnera que 40 à 50, et 
it de 20 à 30 s'il parait débile et lent à se développer. 
li est courbé par son poids vers la terre , à l'approche 
turité, plus la moisson sera riche sous le double rap- 
a quantité et de la qualité. 

temps on n'a vu dans le blé que son écorce et sa farine; 
lUis que, vers le milieu du siècle dernier, les procédés de 
'e, ceux de la mouture, ceux de la boulangerie sont de- 
>bjetde beaucoup d'expériences, provoquées parlesou- 
es économistes français en faveyr de la liberté du corn- 
es grains, la chimie a décomposé la farine niéme des 
«s céréales, et expliqué les divers degrés de leur vertu 
lire. On a appris ainsi que la Farine du froment est com- 
! trois élémens principaux, d'amidon, de gluten, et d'un 
nuqueux sucré. C'est au gluten surtout qu'est due ta 
lutritive de ce grain. Chaque variété de froment en offre 
nti tés différentes, variant, par livre, depuis deux 
cinq. Lç? blés de mars en fouraûsj^m pllis que Içs 



n offre ■ 

onces ^1 

«s au^ H 



478 FHOMEMT. 

Ires. Lé h\è du bord de l'Amérique contient plus de gluten que 
ctli d^Angleterre. En géilëril ; tè^ blés qui croissent dans les 
climats cbaads contiennent une plus grande ,quantit4 de cette 
substance; ils sont plus denses, pïus durs , pfus dlftcil^ à mou- 
dre. M. Cannai, danâ isoti^ Mémoire sur la ^panification,' 'a voula 
éiàlblii d'aprèsf ses ékj^êrïénçeSy 1^ ^ue lés |)ropriétes nutritive 
des substances végétales sont propk)rtionneIles à la quantité de 
fécule, de gomme, de sucre ou d'buUe que çeç si^I^tanc.es contien- 
nent; qu^ainsi le riz qui renferme de 80 k 85.centiènïes de fécule 
est |>lus nutriiif'^ë^té mé qui n^en contient ique^^è' ^ A 75; 
2^ que contfaii-enieht aux idées généraleuiieht àflfni^és^ tierjgjfuten 
n'eàt pas une substance nutritive ; 3^' qu'il ne subit aucune al- 
tération pendant la fermentation, ni même .pendant la diges- 
tion. Ces faits, sont loin'd^étre généralement admis. 

Là plupart des fromens ne sont que des vaHétés d'une inème 
espèce, produites, comme Ik différeiice entré lé blé ras et le blé 
barbu, par des causes étrangères à la plante. M. Tessier a fiié 
i ^ le notnbre des variétés qui $e cultivent en France , dont 8 
sont rasés ,, et 16 barbues , et il n'a établi que deu]i: dasSes de 
ces blés, savoir : ïes fromeUs à grains tendres et a cbiaùïhe creux, 
qui sont les plus anciens et les plus communs, et fes frl>mensl 
grains durs et à chaume solide , qui ont été apportés d'Afrique 
et qui se sèment beaucoup aujourd'hui , principalement dans 
les départemens ^méridionaux. Outre qi\e le grain des blés durs 
est plus fort que celui des blés tendres, parce qu'ils contiennent 
plus de JTarinë^ leuf farine étant plus sècii'é absorle pllis d'eau 
au pétrïésaige et rend plus de pain. A ces 24 variétés, fibsc en a 
ajouté 13', msié qui ne se cultivent que dans le^ jardins des éco- 
les dé botanique. Parkni les huit variétés de froment ras cultî- 
^éeéi'en pleine terre, celle qui parait exceller par la qualité est 
le blé blanc des départemens du Nord et du Pas-de-Calais, qui 
croit aussi dans ceux de la Manche et des Bouches^u-Rhône. 
Il est à balles blanches, peu serrées ;