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Full text of "Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle"

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DICTIONNAIRE 

DE L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE 



ET DE TOUS SES DIALECTES 

DU IX^ AU XV' SIÈCLE 



ACbEVILI.E. 



lYP. ET STÉIl. A. RETADX. 



>t^/dL 



DICTIONNAmE 



L ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE 

ET DE TOUS SES DIALECTES 
DU IX^ AU XV^ SIÈCLE 

COMPOSlî; D'APRÈS LE DÉPOUIIJ.EMIÎNT DE TOUS ];HS PLUS IMPOUTANTS DOCUMENTS 

MANUSCRITS OU IMPRLMÉS 

Vmi SE TROUVENT DANS LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES DE LA FRANCE ET DE I, 'EUROPE 

ET DANS LES PRINCIPALES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES, 

MUNICIPALES, nOSPITAT.IÈRES OU PRIVÉES 



FRÉDÉRIC GODEFROY 

fL'ULU: sous LES AUSPICES DU M1NISTÈHE UE L'INSTRUCTION PUBLIQUK 

KT IlûNORÉ PAU l'institut DU i^nAN'D l'HIX GOIIERT 

TOME TROISIÈME 
K — FILDROI^; 




mîcroformêdIy 

PR.ESER.VAnUi'4 
SERVICES 
MM 8 1987 

DATE. 



PARIS 

F. VIEWEG, LIBRAIRE-ÉDITEUR 



; 7 . RUE DE K 1 C II li L 1 E U , l!7 

1 8 8 4 



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V.3 




DICTIONNAIRE 

DE 

LANGIENNE LANGUE FRANÇAISE 

ET DE 

TOUS SES DIALECTES 

DU IXe AU XVe SIECLE. 




1. E, ee, ei, ey, ef, eep, ep, ex, hé, ape, abe, 
(rime), s. f., mouche à miel, abeille : 
Asseiî i a et foile et flor 
DQQt par nature et par dulchor 
Vivent les m et funt lo miel. 

(Drul, ms. Jlnnich, 2;), VoMm.) 
Une moaskes et uns ei tencerent. 
(Marie, Ysopel, de la mosche el d'une ee, lxxxvi, 
Roq.1 

Iciz nule altre chose ne posseoit a son us, 
se poi de vaisseaz d'eiz non. (Dial. St 
Greg., p. 160, Foerster.) 

Ly eys at ausi la doiixor del miel. (S. 
liEBN., Serm., Uichel. 27468, f» 8 r».) 

Il avirunerent mei si cum efs. {Psalt. 
monast. Corb., Richel. 1. 768, C 94 r°.) 

Il m'avironnerent aussi com es. (Psau- 
tier, Maz. 2o8, f» 143.) 

Li es s'asiet desor l'ortie. 

{Parlon., 121, Crapelet,) 
Li ex s'assiet delez l'ortie. 

ili., Richel. 1913-2, f 121=.) 
De partout aplouvoient 
Li povre a lui, et acouroient. 
Si comme gent vienoeat a foire, ' 
Ensi come es a la calhoire. 

(Mir. de St Eloi, p. %i, Peigné.) 
Tant douces sont ses très sillabes (Je Marie) 
Qu'il m'est avis que se trois aies 
Dcsor le col me trabuchoient 
Ilenui ne mal ne me fiiroient 
Puis que Marie eusse en boche. 

(.l/ir. IV.-D., Ricbel. S 18, f» 2».) 
T. III. 



Nouporquant uns vaisseaus d'es est 
essamez, ou les maine a sifflet et a chant, 
ne mie porce que les eis l'oient. (Rich.dr 
FouRNivAL, Bestiaire d'Amour, les Eis, 
Hippeau.) 

Se aucuns hom a hes et eles s'essaiment. 
{Etabl. de S. Louis, 1, glxxii, p. 316, Viol- 
let.) 

De mouches de ees perdues.... Ees de 
mouches a miel. (Ib., var.) 

Les eez sont felonnesses, et laissent lor 
aguillonses plaies qu'elosfont; mais nature 
a ordené qui li rois des ees n'a point asuil- 
lon. (Proo. de Sen., Richel. 2554S, f» 6.) 

Le miel qui vient de ses es. (Est. BoiL., 
Liv. des mest., i° p., XSl, U, Lespinasse et 
Bonuardot.) 

Cil dedenz se defcndoient,gitoient pierres 
et feu et chau vive, et besaines toutes 
pleines d'ez. (G. de Tyh, i, 237, P. Paris.) 

Ilec apes.eez. (Gloss. deGlasgow, Meyer.) 

Un nioncelet d'eiz. (Chron. de Fr., ms. 
Derne 590, f" 24».) 

La multitude de la gent de l'empereor 
aloient par lo camp conme li ape quant il 
isseut de lor lieu quant il est plein. (Aimé, 
Yst. de li Norm., I, 22, Champollion.) 

Des eeps qui fout le miel... Les mouches 
qui font le miel qu'on appelle eeps. (Bout., 
Somme nu:, 1" p , f» 66^ éd. 1486.) 

Les vaisseaux â'eeps. (10 mai 1442, Cart. 
de Flinei, dccclv, p. 784, Hautcœur.) 



Cellui qui approprie a soy les eeps sans 
les estriuer, elles ne feront que picquier 
cellui. (Eoang. des quenouilles, p. 40, Bibl. 
elz.) 

Vaisseaux d'eets. {Coût, du Hainaul, ch. 
106, art. dern.) 

Si aucuns eps ou mousches a miel s'en- 
voUenlhors de leurs vaisseaux, et celuy a 
qui ils appartiennent les poursuit tant 
qu'ils soient assis, iceux eps luy demeu- 
rent. (Coust. d'Artois au bailliage de Saint- 
Omer, 42, éd. 1679, Arras.) 

Picardie, parlicalièrement Vermandois, 
es, ez. Guernesey, aisse. Suisse rom., can- 
ton de Fribourg, aa, a, as, es, m. et f. 

2. E, voir Es. 

3. E, voir En. 

EA.GE, aage, aaige, aeage, s. m., âge mùr, 
majorité : 

Quand enrent lenr aage, san et discrecion. 
(J. Bod.. Sa.v.. m, Michel.) 
Moru ains k'il peuist d'cage 
Celé damoisiele espouser. 

(Mousk., Citron., ISUSn, ReilT.) 
Par quoi a Roume fu jngiet 
Et esgardet et otriiet 
K'il orent fourfait, en eat/e. 
Leur père, liere et iretage. 

(iD., i*., 140G.) "^ 
Apries chou que mes fius ara son aeage. 
(.luin 1268, Flines, Cod. B, f» 150 r», Arch. 
Nord.) 

1. 



EAG 



EAU 



EAV 



Li enfant demorent en le saisine, et H 
pies en Testât ou il estoit quant li peres 
inorut, dusqu'a \'aa;^e des enfans. (Beaum., 
Cout.de Beaiw.,&9, Beugnot.) 

Selonc le aeneral constiime de Pontieu, 
de Viœeu et de le baillie d'Amiens, (pii- 
conques preut bail de desaasié, il doit faire 
seur par devers le signeur de qui li fies 
est tenus, et par deverz les ami.» communs 
du de.-ai!iet, qu'il rendra l'enfant a sen 
aage desalié de toutes alianchcs, se par 
les amis communs n'est alies. (Anc. cou- 
tiim. de Pic , p. 6, Marnier.) 

Li baus n'emportera mie les pourfes de 
le terre chensieve comme sienz, mais il les 
ara par boine seurlé a rendre u tamps de 
Vaage a l'enfant. (Ib., p. 8.) 

Se nous leur voulons donner aage, par 
quoi que il fussent bors de tutirie. (1322, 
Arcb. JJ61, pièce 437 ) 

— Etre en eage, venir en eage, être ma- 
jeur, devenir majeur : 

Cb'est tout cler que li sires tenist le moi- 
tié du conquest dnsqu'a tant que li enfes 
venist en aage. (Beaum., Coût, de Beaicv., 
XII, 10, Beugnot.) 

Quant li orfelin ou les orfeliuez snnt en 
eage il sunt délivra de la sarde. {Instilules, 
Richel 1064, f° 11''.) 

Toutefoiz qu'il plaira au dit Oaurri. lui 
venu en aaige. ou a son tuteur ou cureur. 
(13S3, Arcb.JJ 84, pièce 306.) 

— Etre dedens cage, être mineur : 

C\\ qm sunt dedcnz aage ne puent paz 
recevoir beritage ne demander la possez- 
sionz des bienz ne prendre beritape par 
causez d'ellez sanz l'autorité a celui qui lez 
a en garde. (/Hs(i7«(«. Ricbel. 1064, f" 11'.) 

Ganle est finee se cil qui .':nnt fledenz 
aage suntfet fil adoplif. (Ib., i" If.) 

— Le temps d'eage, l'ancien temps : 
Lors a sarJé sordestre. vit .i. t\n hermitage 
Dedesnr one roce kl fu drl tanz d'aaigi: 

(Quai, fils Aijmon, Richel. 213S7, f» 3G» ) 

La locution être en âge, pour signifier 
être majeur, s'emploie encore dans la 
Ilaule-Xormandie. 

E.\GEME\"T, nagcment, s. m., majorité : 

L'an de grâce mil trois cens seiitantc 
cinq, le vint uniesmc jour de may, fu la 
loy que le roy Charles, lors roy de France, 
avoit faite sur rangement de "son ainsné 
fils et des autres ainsues fils des roys de 
France qui seroient a venir. (Gr. Chr. de 
Fr., Cbarles V, XLIV, P. Paris ) 

Et si tost comme nostre dit ainsné fils 
entrera ou quatorziesme an de son aage, 
nous voulons et ordenons que touz noz 
oncles, frère, et vassaux, soient tenuz de 
lui faire bommase senz contredit ou dila- 
cioa aucune, selon que plus a plain est 
contenu en la loy et constitucion faictes 
par nostre dict seigneur et père, et par 
nous approuvées, toucbant Testât et aagc- 
ment des aiusnez fils de lui, de nous et de 
noz successeurs roys de France. (1393, 
Ord., VII, 332.) 

EAGIER, aiigier, aaigier, v. a., déclarer 
majeur : 

Apres que nous pusmes emancippé et 
eof/e' nostre filz. (1331. Leit. de PMI. de 
Val., Dupuy cxLvm, 102, Richel.) 

Pour ce que le dit Philippe est meneur 
d'ease et en uoslre poissance paternel. 



nous avons eaqié et eaigeons le dit Philippe 
de nostre plainne poissance et auctorité 
royal. (1344, Arch. K 44, pièce i''''.) 

Nous avons aaigié et aaigeons. (Ib., Arcb. 
K47, pièce 1.) 

Et aussi Tortffea (le dauphin) et suppléa 
toutes choses qui par deftaute d'aage pou- 
voient donner empeschemeut au dit dal- 
phin pour ses grâces et gouvernemens 
obtenir. {Chron. de S.-Den., Charles V, Ri- 
chel. 2813, f" 479'' ) 

Il émancipa et aaga Nosseigneurs les 
ducs de Guienne son ainsné fils, et de 
Touraine son second fils. (Juv. des Ursixs, 
ap. Godefroy, Hist. de Ch. YI, p. 729.) 

— Réfl., prendre de l'âge : 

11 seroyt bien fait a luy de faire son tes- 
tament, car il se ooge fort. (Palsgr., Es- 
clairc, p. 691, Génin.) 

— Eagié, part, passé et adj., majeur : 
Li hoirs malles est aagiez quand il a 

quinze ans acomplis. (Beaum., Coût, de 
Bemv., XV, 14, Beugnot.) 

Aagiee et bors de toute garde. (1343, 
Arch. J.I 74, 1° 117 v».) 

Eudeliue, aaîgiee fille dudit feu Pierre. 
(1347, ib., ï' 27 r'.) 

Nobles personnes messire .lehan de 
Ilodenc chevalier, dame Marie de Surcamp 
sa femme, et Martin de Hodenc escuyer 
leur fils aisné et aagié. (1389, Arch. JJ 138, 
pièce 36.) 

Ordonnons que a faire le dict guet, le 
fils aai/ié soit receu pour le père. (25 mai 
1413, Ord. de Charl. VI.) 

Item, sera faite secrettement, par nosdits 
quatre seigneurs, inventaire de la finance 
et des joyaux du roy, et seront gardez au 
profit du roy, jusques il soit aagiez. (Acte 
de l'iSO, ap,'Le Laboureur, Hist. de Ch. VI, 
introd., p. 38, éd. 1373 ) 

Lesdiz enfans et nepveux seront aagiez 
aussitost qu'ilz auront vint ans acompliz, 
et, se plus tost de vint ans ilz sont m^iriez, 
soient filz. soient filles, ilz seront tenuz et 
reputez pour aagiez aussi tost qu'ilz seront 
mariez. (1431, Arch. JJ 173, pièce 303.) 

Nous les laissons (les terres) aux enffans 
dudit d'Alençon, pour en jouir par lesdits 
enfîans soulïz nostre main jusques a ce 
qu'ilz et chacun d'eulx soient en aage; et 
après ce qu'ilz seront aagiez, par leurs 
mains comme de leur propre chose. (J. 
Chartier, Chroniq. de Charl. Vil, c. 28b, 
Bibl. elz.) 

Sont les enfans nobles reputez aagez, 
c'est a sçavoir les enfans masles a vingt 
ans et un jour, et les filles a quinze ans 
et un jour. (Coût, de Valois, Nouv. Coût, 
gén., t, 393) 

EASMEMENT, VOif AESMEMENT. 

EASMER, voir Ae.smer. 
EAU, eaul, voir .\igue, 

EAUAGE, voir AlGUAGE. 
EAUBEXOISTIER, VOif EAUEBEXOISTIER. 

EAUEBENoisTiEit, eaubenoislier, - oi- 
Ver, - oilUer, s, m,, bénitier : 

Un eaubcnoilier d'argent. (1332, Compt. 
de La Font., ap. Douët d'Arcq, Compt. de 
l'argent., p. 126.) 

Un eaubenoislier a tout l'asperges. (1372, 
Compt du test, de la Boyne, ap. Laborde, 
EmaiLV.) 



Ung eauebenoistier et son asperges, d'or, 
que Ton mect au chevet du roy, ile nuyt 
(1380. Inv. de Ch. V, 2S4, Labarlhe.) 

Un eaubenoislier et csparges d'arsent 
doré.... fait d'un viez eaubenoislier. (1387. 
Nouv. Comptes de l'argent., p. 190, Douet 
d'Arcq.) 

Un eaubenoillier d'argent et Tesperge 
d'argent. (1389. Invent, de Rich. Picque, 
p. U, Bibliopb, de Reims.) 

Eaubenilier s'est longtemps conservé. 
On le rencontre dans des textes de pro- 
vince de la seconde moitié du xvn= siècle : 

Un eaubenilier d'argent. (1663, Tesl. de 
P. Anllionard. .Mém, de la Soc. éduenue, 
1881, p. 418.) 

11 est encore usité en Lorraine, com- 
mune de Fillières, et dans la Suisse ro- 
mande, canton de Fribourg. 

EAUDiE, voir Eavie. 

EAUGE, s. m., lit d'une rivière : 

Au passaige des fleuves souventesfois 
advient gros trouble et molestation aux 
negligcns. Car si quelque eaue est plus 
violente, on Veauge et fossé plus large, 
aucunesfois elle engloutit et submerge les 
bagaiges. (Fluve Vegece, m, 7, ms. Univ. 
E 1. 107.) 

Pour laquelle nécessité en l'une et l'autre 
rive sont niys les delTenseurs et gardes 
armez, atfin que Veauge et courrant du 
fleuve entrevenanl ainsi divisez ne soient 
oppressez des ennemis. (Ib.) 

EAUis, eauys, yauys, s. m., lieu placé 
sur les bords de l'eau ; n'a été rencontré 
que coMime nom de lieu : 

Les Eauys. L'i^lise des Yauys. (Jurés de 
S.-Ouen, f» 268 r», Arch. S.-Inf.) 

EUANE, S. f., sorte de racine : 
Il avieut souvent que chiens sont enfun- 
dus, et rongneux : pour les garir, prems 
une herbe, et sa racine qui est dite eauiie. 
(Modus et Racio, f G0^ ap. Ste-Pal.) 

EAuviE, voir Eavie. 

EAtiTERuiER, S. m.. Serpent d'eau, le 

La nature diverse de Veaulerrier a faict 
qu'il a esté nonmé de divers noms, c'est 
a dire de nature aquatique et terrienne. 
(Ghevin, des Venins, I, Ib, éd. 1568.) 

EAUVE, voir AlGCE. 

EALVEUX, voir AlGOS. 

E.AUWETTE, yauwetle, s. i., sorte de 
digue : 

Les i/amoetles et autres ostis servant aa 
rabbat (d'une rivière). (1431, Lille, ap. Lu 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Les eauwelles et autres abillemeus ser- 
vans a la closlure d'une estanque. (1463, 
ib.) 

.XII. pies d'aisselin a faire eamcettes uu 
rabbat de Wanebrechier. (1478, ib.) 

E.AVAGE, voir AlGAGE. 
E.VVE, voir AlGUE. 

E.AViE, eaudie, eaurie, s. f., droit C\i 
seigneur sur le produit de la pèche un 
jour par semaine : 



EBD 



EBO 



ECG 



Lfis seiaaeurs de la Mailleraie étaient en 
possession de « eavyes et pesqiieries en la 
rivière de Seine depuis l'endroit du lieu 
nommé le Rou<;e Saulx jusques a l'endroit 
du lieu nommé la Rue an Masurier. • (1435, 
Aveu de ^farg. de la Heze, Arch. P 30b, 
pièiîe 244.) 

Chaque semaine, au jour qu'il plaisait au 
seigneur de leur désigner, les pêcheurs lui 
devaient une marée, connue dans les an- 
ciens litres sous le nom de marée die ou 
d'eaiidie. (E. de Beaurei'AIRe, Vicairie de 
l'eau de Rouen, p. 17-2.) 

Un arrêt du conseil d'Etat, du 30 mars 
1780, conlirme le sieur de Montmorency, 
comte de Tanearville, dans le droit ex- 
clusif de pêche, de franc poisson, et 
A'eaudtje ou marée die. 

—District dans l'étendue diviuols'exorce 
ce droit : 

Dans cette partie de la Seine, désignée 
.sous le nom d'eauries de Taucarville, le 
seipneur du fief du Marais-Vernier et les 
moines de Gressain jouissaient de droits 
.issez considérables. (E de Beaurepaire, 
Vicaivie de l'eau de Rouen, p.)74.J 

E.VVO.S, voir AiGOS. 

E.vz, voir Le. 

EBAEURE, voir ESBAEURE. 
ED.\HISS.\.\CE, voir ESBAHISSAXCE. 

EB.vLLiR, V. a., écarquiller : 

Et a regarder les yeux eballissoient. (Seb. 
MoREAU, Prinse et délier, de Franc, prem., 
Cimber et Danjon.) 

EBAN, s. m., nom d'arbre : 

Gaiaqz ou eban — tlie pocke tre. (Du 
GuEZ, An Introd. for to lerne ta spekefrench 
Irewly, à la suite de Palsgrave, éd. Génin, 
p. 914.) 

EBAXOYEU, voir ESBANOIEfi. 
EB.VRGERIE, VOir HERBERGERIE. 
EBARLUER, VOir ESBERLUER. 
■ EB.VUDIR, voir ESBAUDIR. 

EBAUDISSE, voir ESBAUDISSE. 

EBBARDER, V. 3., enlever la sraisse à? 

Si aucun se veut entremectre de bouche- 
rie, il ne doit tuer beste qu'elles ne soyent 
bonnes et loyaux, ne les mettre a estât 
sans avoir eslê ebbardé. {Coût. loc. de la 
ville de Pernes, xxv, Nouv. Coût, gén., I, 
388\) 

EBBE, voir Ebe. 

EBBEXiTj voir Eben'it. 

EBDOJi.ADAL, adj., hebdomadaire : 
Solennités ebdomadales. (Fossetier , 
■Chron. Marg., vas. Brux., I, f" 139 r».) 

EBDOMADE, S. t., prièrcs qui se font 
pendant tout une semaine : 

Sur les deniers qui pourroient venir aus- 
dits absens s'ils estoient presens, lesdits 
du chapitre seront tenus préalablement 
faire faire les eb lomades et dire les messes 
que devroient faire lesdits absens s'ils es- 
toient presens. (1482, Ord., xix, 27.) 

EBDOM.viRE, - moire, edomoire, s. m., 
moine chargé d'un service pendant une 
semaine : 



Li edomoires. {Règle de S. Ben., ms. 
Sens, p. loi, ap. Ste-Pal.) 

EBE, ebbe, s. f., le reflux de la mer, 
le jusant; il est opposé au flot et au mon- 
tant : 

Le peissoa doit estre prisiez par le dit 
de .II. homes leaumeut dediens un flo e 
une ebe. (xiii" s.. Franchise de Guernerie, 
Arch. Manche, Mont S. .Michel.) 

Quant il auront passé le punt de Lon- 
dres, e il serunt veauz a rive, si atendrunt 
<leus ebbes e un flod. {Lois de la cité de 
Lond-, ms. Brit. Mus. add. 14232.) 

Nous ne voulons mye que la absence do 
temps lour soit prejudiciele, pourquoy y 
soient riens endaniagé; et si le diweisi eit 
esté en la terre sainte en pèlerinage, adon- 
ques soit acounté un an et un jour, et un 
ebbe. et un flot, pour les delays de la mer... 
Si deceu la mer de Grèce, adonques soient 
aucountes .un. moys, et unebbe,el un flot, 
et .XV. jours, et quatre jours : et si en 
.Vngleterre adonques soient acountes .xv. 
jours et .iiii. jours. (Britt., Loys d'Angle- 
terre, f° 113 v°, ap. Ste-Pal.) 

Tout ce qui vient d'ebe s'en retournera 
de flot. {CoTGU. ,Dict., et .MoENS DE Brieux, 
Orig. de coût, anc, p. 78 ) 

On dit proverbialement en Normandie : 
Tout ce qui vient de flot s'en retourne 
d'ebe, en parlant des biens mal acquis et 
mal assurés. {Dict. de Trévoux.) 

Cet ancien terme de marine est encore 
usité en quelques provinces, notamment 
en Picardie et dans l'île de Gucrnesey. 

Cf. Webe. 

EBEE, S. f., vanne, écluse : 

Icellui llenriet ala sur la chaussée du- 
dit estang pour lever l'une des ebees ou 
vannes du moulin. (1444, Arch. JJ 176, 
pièce 142.) 

EREN'iT, ebb , s. m., couleur noire 
comme l'ébène : 

Unes armes ot d'arrabit, 
Sor un ceval sisl i'elibenit. 

(Bex., Traies, Riche!. 373. f^ Si''.) 

EBENUs, î6., 2/6., s. m., ébène : 

... En .1. Ut i'ibeims. 
(Veux dou paon, Uichel. 1351, fJlSS r\) 

Quar ele (la nef) est tonte i'ybenus 
.1. fiisl que jamais n'i bet nus 
Qne il porrisse ne qu'il arde. 

(Florianl, 798, Michel.) 

EBERLUER, VOir ESBERLUER. 

EBESTo, S. m , sorte de pierre pré- 



Ebeslo tro'ODS en Archide, 
l'ierre est, paires ne nos aide. 

{Lapidaire àe Berne, 5G1, Panoier.) 

Ebeslo, jacinte, celidoine. {Lapid. d'un 
roi d'Arrabie, ms. Berne 6i6.) 

EBiL, s. m., ellébore : 

Elleborus, ebil. (J. de Garlande, ms. 
Bruges 546, Scheler, Lear., p. o7.) 

EBOIR, voir ESBAHIR. 
EBOLISS.WT, voir ESBOULLISSANT. 
EBONDIE, voir ESBO.XDIE. 



EBOSCilER, voir ESBOSCHIER. 
EBOUFFER, VOir ESBOUFFER. 
EBOULANCE, voir ESBOILLAXÛE. 
EBOULIR, voir ESBOILLIR. 
EBRANCHER, VOir ESBRANCHIER. 

EBRAXDiR, V. a., brandir : 

Dedans son poin nerrenx ebrandissani sa picque. 
(G. BouîiiN, r.Aleclriom., éd. 1,'JS6.) 

— Ebrandi, part, passé, répandu et com- 
muniqué, en parlant du feu: 

Quant le feu est ebrandy en plusieurs 
maisons, on peut abbattre les maisons 
prochaines. {Coût, de Brelaijne, art. 643, 
Nouv. Coût, géu., IV, 402».) 

EBREY, voir Hebré. 

EBULIR, voir ESBOILLIR. 

EC, voir 0. 

EcvcHER, voir Escachier. 

ECARBOUCLEE, VOir ESCARBOUCLEK. 
ECAVAGE, voir ESCADWAGE. 

Eccisiox, excicion, s. f., arrachement, 
destruction : 

Nous fumes certains des rasures qui sont 
< ne- y lieux chapellaius eccision >> et de 
iuterlinaire, et donné conme dessus. (1340, 
Arch JJ 72, f° 142 r°.) 

Et estoit certain envers tous que c'estoil 
aucune excicion et destruction de hommes 
et Testât du monde tout perturbé. (BouR- 
GOIXG, Bat. Jud., IV, 23, éd. 1530.) 

ECCLEsiAL, eclesial, adj., ecclésias 
tique : 

Espee ecclesial. 
(Gabnier, Yte de S. Tlwm.. Ricbel. 13SI3, 

1° 54 v°.) 

Gieres soit envoiez, si ce vos plaist, ki 
za celui presentet, par ke il conoisset 
queiz soit li vigors ecclesiauz. {Dial. St 
Greg., p. 21, Foerster.) 

Des eclesiaus iustitucions. (Trad. de 
Belelh, Hichel. 1. 993, f» 7 r°.) 

Tant comme il appartient aus choses des 
persones ecclesiaus. (xili" siècle, Arch. K 
28, n» 17.) 

Nule autre justice ecelesialz ne seculeire. 
(1303, Cart. de Ste Gloss. de Metz, Richel. 
I. 10024, f" 13 r".) 

Par justice ecclesial ou laie. (1311, Arch. 
JJ 46, ï- 108 V".) 

Par devant juge séculier ou ecclesial. 
(1312, Arch. H.-Saone, H 466, Corneur.) 

Primes en ecclesiaus personnes 
Qui deussent avoir taches bonnes... 

{Fauiel, KicUel. 146, f 4'.) 
Car eus principaumeat receurent 
l.'ccclesial gonveroement. 

(/'-., (0 'S:) 

Prostrés et clercs qui tenez telz mDnceanl» 

De chapelles, tous autres cui'iaul.\ ; 

Des povres clercs aiîz compassion, 

Ne partez leur ces biens ecclesiau.r. 

Afin que Dieu vous soit propiciaus ; 

Vous les t'huez a vo dampnaciou. 
(E. Dtscii.. PoN., Richel. SiO, f» 337 r°.) 
Personnes ecclesiaus. {Coût, de Paris, 

Uicliel. 20048, f» 38=.) 



4 EGE 

Avecquez dévotes processions et suffrages 
ecclesiaiilx. (J. d'Auton, C/iroii, Kicbel. 
3081, f 52 V».) 

ECCLESiASTRE, - ziaslre, - ssiastre, 
- siaislre, - siaste, adj., ecclésiastique : 

Personnes ecdesiaslres. {Confirmatio» de 
la créât, des Amans, par PhU. de Suabe, 
Uist. de Melz, 111, 167.) 

El mainlendrai les persones eclêsiosfes en 
leur franchises. (Liv. de J. d'IbeUn, c. 7, 
Beugnot.) 

Devant queil juge que ce soit, ecclesiaste 
ou temporel. (1284, Coll. de Lorraine, Ui, 
n» 2, Richel.) 

Les prestres et les ecclesiaslrez soufizanz 
a servir le temple. (Chron. de Fr., ms. 
Berne 590, f» 13^) 

Par le juge ordineire eccîesiasfe on secu- 
leir. (1" mars 1300, Cart. de iletz, Bibl. 
.Metz 731, f 2 r».) 

Justice ecclesiaslre ou mondaine. (1302. 
Arch. L 733, 15» liasse.) 

A nulle personne, queille qu'elle soit. 
ecclesiaslre ne seculeire. (1306, Hist. de 
Mets, 111, 281.) 

En toutes cours ecdesiaslres ou secu- 
1ers. (1307, D. Grenier 305, n» 24, Richel.) 
En toutes cors ecclessiastres et seculeres- 
(1309, Gendrey, Arch. Doubs.) 

Persones ecclesiasles . (1311, Lell. des 
échev. de Maub., 2^ cart. de Haïu., f» 5 r», 
Arch. Nord.) 

Toutes autres cours ecclesiasles et secu- 
leres. (16 déc. 1314. Offic. de Besanç., 
Arch. Montbéliard.) 

Par devant queil justice c"om l'an plai- 
dicet, ecclesiaistre ou seculieire. (1316, 
Terrier de S.-Vincent de Metz, Richel. 
8711. f 18 V».) 

Personnes ecclesiasles. (6 fév. 1339, Lell. 
de Ph. VI au sénéch. de Saint., Chartrier 
de Thouars.) 

Par nulle justice ecclesiaslre ne seculeire. 
1 1343 Cart. de Ste Gloss. de Melz, Richel. 
i. 10024, f»46 v°.) 

Les histoires ecclesiasles. (J de Vign'AY, 
Mir. hist., Val. Chr. 538, f » 2 r») 

Les cours ecdesiaslres du Mets et de Toul. 
(1430. Uist. de Metz, V, 600.) 

Personnes ecdesiaslres. (Coût, de la vie. 
de l'eau de Rouen, prol., Arch. S.-lnf.) 

_ S. m., ecclésiastique : 

Ecdesiaslres fa verais 
Qui les granz coveoz tint en paîz. 
(Ben., ». de IVon»., 11, '29733, Michel. ;> 

liccLOSEL, S. m., petite écluse : 
Ou toutes fois telles innondations ad- 
viendroyent a la faute et coulpe de celuy 
nui auroit conduit et surchargé ledit ruys- 
seau et mesmes pour n'enlever les ecclo- 
seaux ou chirietes, lors qu'il devoit les 
serrer ou enlever, sera tenu de tous les 
dommages qui en adviendront. (Coiist. 
d'Aouste, p. 389, éd. 1388.) 

ECESSANCE, S. f., Hiot douteux, p.-ê. 
excédant, accroissement, selon Sainte- 
Palaye : 

Prannons dou noble baron Hugon duc de 
Bourgoigne... Neblans et les appartenances 
en tele mauiere cum l'on les tient, nés en 
ecessance dou fey de Dole. {Tit. de 1270, 
ap. Gérard, Hist. de Bourg., p. 519.) 



ECH 

ECETTE, voir AlSSETE 2. 

ECU, voir Es. 

ECIIAER, voir ESCUAER. 
ECIIAETE, voir ESCHEETE. 
ECHAIC, voir ESCHEC. 

ECHAiNÉ,adj., paré de chaînes de luxe : 
Du séquelle de ce duc Valentinois es- ' 
toient archevesqiies, evesqucs, médecins, 
a»trologiens et autres grand personnaiges, 
bleu echainez, et de grant monstre, tenant 
gravité magnifiquement. (J. .MoUXET , 
Chron., ch. ceci, Buchon.) 

ECHAIHGUET, VOir ESCHARGIET. 
ECHANGEMENT, VOir ESCBANGEMEKT. 
ECH.\.NTILLAGE, VOir ESCHAKTILLAGE. 
ECH.APOIR, voir ESCHAPOIR. 
ECHARGAYT. VOir ESCHARGCET. 
ECHARNIR, voir ESCHARXIR. 
ECU.VRNISSANT, VOir ESCHARKISSAN'T. 
ECHARVAITIER, VOir ESCHARGAITIER. 
ECHAS, voir ESCHARS. 
ECHASSEMENT, VOif ESCHARSEMENT. 
ECHASSER, voir ESCHACIER. 
ECHAUDEUR, VOir ESCHAUDEEUR. 
ECH.AUFITURE, ^ Oir ESCHAUFETURE. 
ECHAUGUETTE, VOir ESCHARGAITE. 
ECHAUMAIGE, VOir ESCHAUMAGE. 

ECHE, voir Esche. 

ECHEAU, voir ESCHEAU. 
ECHEDE, voir ESCHARDE. 
ECHEETE, voir ESCUEETE. 
ECHELER, voir ESCHELER. 
ECHEQUETÉ, VOir ESCHEQUETÉ. 
ECHETIVER, VOir ESCHAITIVBR. 

1. ECHEVER, voir ESCHEVER. 

2. ECHEVER, voir ESCHIVER. 
ECHIER, voir ESCHIER. 

ECHiNEis, S. m., sorte de poisson, la 
rémora : 

Echineis. poisson tant imbecille arreste 
contre tous les vens et retient en plein 
fortunal les plus fortes navires qui soient 
sus mer. (Rab., iv, 62, t» 131 r», éd. 1552.) 

Cf. Ecuixus. 

ECHINIERE, voir ESCHINIERE. 

ECUiNUS, S. m., sorte de poisson, la ré- 
mora : 

Cn poisson i ra (dans l'Inde) echinus 
Menor d'un pié, qu'a tel vérins 
Que la nef a quoi il se prenl 
.Ne peiU aler n'arrinr ne avant. 
(.Gautier de Mes, Ymag. du monde, ms. S.-Brieuc. 

f 23''.) 

Cf. Echineis. 



ECO 

ECHisïE, echile, s. m., sorte de piorn' 
précieuse : 

Echues lienent des plus chiercs 
Nomree entre les altres pieres. 

(Lap. de ilarbode, 539, Pannier.) 

Cristals, iris, echisle. (Autres lapid., ms 
Berne 646.) 

ECHIVAIN, voir ESCHIVAIN. 
ECHOIR, voir ESCHEOIR. 
ECHOISON, voir ACHOISON. 
ECHL-AXCE, voir ESCHIVANXE. 

ECi, voir Issi. 

ECLACHIER, VOir ESCLARCIER. 
ECLAPHER, voir ESCLAFER. 
ECLARCIR, voir ESCLAIRCIR. 
ECLARDIR, voir ESCLARDIB. 
ECLATURE, VOir ESCLATURE. 
ECbESIAL, voir ECCLESIAL. 
ECLESIASTE, VOir ECCLESIASTRE. 
ECLIGIER, voir ESCLIGIER. 

ECLirsiN, S. f., éclipse : 

E or veez raisnn 
Qa'eclipsin apeinm. 
(P. DE Th.\iis, li Ciimpoz, 2G93, Mail.» 

lit ço est eclipsin. 
Si cum dient divin. 

(iD., !» , -2713.) 

ECbISSETE, voir ESCLICETE. 

ECLISSOYRE, VOif ESCLISSOIRE. 

ECLISTRE, voir ESCLISTRE. 

ECLISTHER, VOlr ESCLISTRER. 

ECO, voir ICE. 

ECOFER, S. m., sorte de monnaie : 

Tuyt li ovrour deis Porta Frou de pele- 
ters, deus ecofers, de sellers, de freners... 
chacons .II. d. Aussi o deyvont li ban.; 
deuz ecofers a la testa Saut Michel. (TarU. 
1277-1315, Cart. mun. de Lyon, p. 40i, 
Guigne.) 

Cf. EsconFLE avec lequel ce mot a peut- 
être du rapport. 

ECOiNssox, voir Escoinson. 

ECOL.\TRIE, voir ESCOLATRIK. 
ECOLLAGE, VOir ESCOLAGE. 
ECOLPER, voir ESCOUPER. 
ECOMBRER, VOir ESCOMBRER. 

ECONOMiEN, yconomien, s. m., écono- 
miste : 

Pour ce plusieurs yconomiens cuydeul 
que il couviengne sauver et garder ou ac- 
croistre la substance de monnoye sans 
terme et sans fin. (Oresme, PoUtiq., 
f»20r°, éd. 1489.) 

Touz yconomiens accressent leur mounoi.- 
pour avoir les choses nécessaires a leur 
usage. (ID., ib; ms. Avranches 223, f° 21'.) 

ECONOMIQUE, t/coiî., S. m., cconome : 



EDE 



EDE 



EDE 



A celluy qui est ycoiiomlcqne et gouver- 
neur d'ostel ou de maison sont nécessaires 
certains instrumeus. (Ouesme, Politiq., 
i' &■, éd. 1489.) 

Celui qui est yconomique et gouverneur 
d'ostel ou de maison. (Id., ib-, ms. Avran- 
ches223, f»9».) 

Tel juste qui est du mari a la femme est 
dit juste yconomique. (Id., Elh., Richel. 
204, f» 451'=.) 

ECORCHOIR, voir ESCORCHOIR. 

ECOT, voir EscoT. 

ECOTIER, voir ESCOTIER. 
ECOUER, voir ESCOER. 

ECOUMENIEMEXT,V0ir ESCOMENIEMEriT. 
ECOURONNER, VOir ESCORONER. 
ECOUSTE, voir ESCOUTE. 

ECQUEB.^NT, S. m., iiièche ou torche de 
résine : 

Coralerie de chandelles de suyf et A'ec- 
quebant. (Cs. et anc. coust. de la conlé de 
Guysnes, p. 20.) 

ECRACIER, voir ESCR.\CHIER. 
ECRAVENTER, VOif ESCRA VANTER. 
ECREER, voir ESCREER. 

ECRi, voir EsCRi. 

ECRICTOIRE, voir ESCRITOIRË. 
ECRIER, voir ESCRIER. 
ECRITISUR, voir ESCRITOR. 

ECRUissE, S. f., Chenille : 
Eruca, ecruisse. {Gloss. de Douai, Escal- 
Uer.) 

ECULEE, escnleo, s. m., chevalet sur le- 
quel on mettait à la question, instrument 
de torture : 

Pendez 1-a en esculeo et metez li lay fue 
deçai et delay, et ardez la. {Vie sainte Eu- 
taire virge, Richel. 423, f° 23".) 

Et quant on la posit en esculeo, un l'es- 
tandit et lormenlit et flagellit, etlimenbro 
li furent si estendu que sos cors creissit a 
la peina. {Ib.) 

Vincent fut tendu el tourment qui est dit 
eculee et est fait ausi conme une crois de 
travers, dont les deu.'i bous sont fichiez en 
terre. (Légende dorée, Maz. 1333, f» 46».) 

Le juge commanda a le prandre en ung 
autre tourment qui est dit eculee, aussi 
comme une croix de travers, et pièces de 
fer chaudes a ses mamelles, et lampes 
ardans a ses costez. (Miroir historial, Maz. 
S57, r 236 r°.) 

Le juge fist mettre S. Cosme et S. Damien 
en eculee; c'est ung tourment qui est fait 
ainssi comne en crois. (Acte du XV s., 
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Uibl. 
Amiens.) 

ECUREL, voir ESCUREL. 
EDDEFICE, voir EDEFICE. 
EDDIFIEMEXT, VOif EDEI'IEMENT. 

EDÉ, voir EÉ. 
EDED, voir EÉ. 



EDEFi, edelf., edif., edtjf., yedefi, s. m., 
édifice : 

S'aves gaslé mes riches eJepx. 

{les Loh., ms. MoDtp., f 171'.) 
Les sales arJenl et tôt li eûefis. 

(.KiiMBERT. Ogier, 6"o", Birrois.) 

ComiQJez vostre fl. 
Qui me face habilaot 
De son boo cdefi. 
(Le Conlenz don monde, Kichel. la'J3, f 1 IS'.) 

Des edefiz. (ilor. des phil., ms. Chartres 
620, f» ^S\) 

Tenir en bon eslet touz les ediffiz de la- 
dite maison. (1281, Suint Vivant, pièce 8, 
Arch. Douhs.) 

Les edifiz qui sont en iceiles (places), se 
nuls iuchi ha amortis audiz frères. 
(Janv. 1294, Tabul. Franciscan. Autiss., 
Lebeuf, Hist. d'Auxerre.) 

Sus a perdre leur terre et tous leur edefjls. 

(II. r.apel, 4151, A. P.) 

Mais li ducs, qui voloit user a son advis, 
Volt de Itesnes veoir Irestous les edc/is. 

(t'.uv., du Guescim, l'J.'il, Cbarriére.) 
Du pont Sainte Masscnsce wardoil les yedefis. 
(Chron. des ducs de Bourg., 9679, Chron. belg.) 

EDEFiAGE, S. m., coustruction : 
Car li édifices construit et parfais s'est 
li fais d'édifier, dont il apert ke li biens 
d'edeftage n'est mie ou faisant mais en la 
chose faite. (Li Ars d'Amour, II, 147, 
Petit.) 

EDEFiAN'CE, cdifîance, adepance, s. f., 
construction : 

L'uevre fu chiere de parage 

Faite par sens et par barnage 

Que Damedeus signe fasoit 

El les aposlres envoioil 

Qui voient celé edifiance 

N'eust de Dieu seneûancc... 

(Alhis, Ars. 331-2, l" SSK) 

Itiens n'ot a celé adejlauce. 
(Var. indiquée dans la copie de Ste-Palaye.) 

EDEFicABLE, csd., adj., édifiant : 
Des bones paroles et saintes et esdefica- 
blés. [Riule S. Ileneit, Richel. 24960, l'« 12 r».) 

EDEFICE, - illce, - ifjice, eddeff., s. m., 
action d'édifier, de réparer, réparation : 

Deivent fere la maison deu moulin Je 
carpcnterie et de closture, de couverture 
et de toutes autres eddeffices. (Jurés de S. 
Ouen, f» 15 r°, Arch. S.-lnf.) 

En oultre leur commanda qu'ilz donnas- 
sent a Vedilfice du temple chincquantc 
besans. {Ancienn. des Juifs, Ars. 5082, 
f" 278''.) 

Reparacions et ediffices de chaussées de 
moulins. (1426, JJcnombr. dubaill.de Cons- 
(enfin, Arch. P 304, 1° 72 v .) 

Les améliorations que fait un détenteur 
sur un fond qu'il tient a bail congeable sont 
appelées édifices, et superflces, et plus com- 
munément droits convenanciers, ou droits 
reparatoires. Le bailleur s'appelle seigneor 
foncier, et celuy qui reçoit domauier, con- 
venancier, ou superfîciaire. (Cout. de Bre- 
tagne, Nouv. Cout. gén., IV, 414".) 

— Plantation : 

Ne riens lever des édifices ne des plantiz. 
(1388, Arch. M.M 31, f»81 r».) 

— Feuillage : 



Destrier harnaché de velours azuré a 
grands édifices (c'esl-a-dire ramage ou 
feuillage). (Favy.n, O/fîc. de la Cour de 
tr., 3^ race, p. 293, éd. 1613 ) 

EDEFicEAL, S. m., édifice : 

Nos comencerons uoslre edeficeal qui 
senefie foi par la verdour qui conforte et 
rarde les eu.'c de l'arme esperitual. (Li x 
Comm., Richel. 423, f" 143») 

EDEFiEMENT, ede/jf., hed., esd., edifie- 
ment, ediff., eddiff., s. m., action de bâtir, 
de construire, la bâtisse, la conslructioiî 
même : 

Et nostre sires li dist : Bien fais de ço 
que tu as en proposeuieut de faire a mun 
ues edeftemeut. {Rois, p. 260, Ler. de 
Lincy.) 

t^t tant a edefwmens 

Que moult i puel avoir grans gens. 

(l'arlon., 1663, Crapelet.) 
Seli edi/iemenz ou la maisons de quoi 
l'on crient avoir damaige est a celui a cui 
l'on plaide. (Ordin. Tancrei, ms. de Salis 
i" 46".) 

Edefiemenz da Jherusalem. (Brun. L\t 
Très., p. 60, Chabaille.) " ' 

Une masure et tous les edeffiemens qui 
issont. (Cil. de 1283, oct. de la Ghandel. 
S. Wandiille, Arch. Seine-Inf.) 

Une masure que je avoie au .Mesni! 
Alart, ove le gardin et Vedifiement. {1292. 
Cart. de S. ■Michel du Tréport, p. 266 
Laffleur de Kermaingant.) ' 

Un masage oveques les edefiemens (Cli. 
de 1298, mardi apr. l'Epipb., S. Wandrilli- 
Arch. Seine-Inf.) ' 

Si ardent lor maissons elsesesdefiemenz. 
(Dou Diciple et dou mestre, Richel 423 
f» 87'.) 

Masure avecques tous les edefiemens 
(|ui sont desus. (Cli. de 1304, Jumies 
Arch. S.-Inf.) 

Tous les hedefiemens. (Ib.) 

Les edeffiemenz et le fonz de l'erilage 
(Ch. de 1330, le Bec, Arch. Eure.) 

Pour aucuns edifiemenz nouveaus. (1333. 
Compte de Odarl de Laigny, Arch. KK. 3», 
f» 271 r».) 

L'eâiffiimenli'aa hoslel. (1337, Arch. J,l 
68, 1« 21 V ) 

Et ycelle maison avec tous les edifie- 
mens si comme elle se coniportoit. (1344 
Arch. JJ 75, f« 101 r».) 

Une pièce de terre avec tous les edifie- 
mens dessus assis. (Ib.) 

Au cas que il n'y vouldroit faire autr.' 
edefflement. (1374, Arch. MM 30, f» 15 r» , 

Ediffiemeiit. (Ib.) 

Vede/fiement de l'église. (28 mai 1379, 
Tahell. de bernay, Arch. mun. Bernay.) 

— Fig., comme édiûcation : 

Vers le saint homme (St Eloi) se traioit (Dagoberl) 
Pour parler de Vedeflemenl, 
Ou d'aucuQ sens secreemeot. 

(ilir. de SI Eloi. p. 36, Peigné.) 
El a donner par tout bon edefîeaenl. 
(Jeh. de Meu.sc, Tesl., 28, Méon; ms. Corsini 

f» 145».) 

Au bon eddiffiement et instruction de 
mov et d'aulruy. (Met. d'Oi\, Vat. Cbr 
1086, f 2 r».) 

Pour nionslrer ediftemeiil 
De bien, puisqu'il esl esleu. 
(J. Le Fevre, la Vieille, 1. Il, ï. 2432, Cocheris.» 



EDE 



EDI 



EE 



Dont la simple piroln vaille un sraat serment ; j 

Si do::ras a p'usieurs bon edilfieinciit. \ 

(1500, L'Art el science de bien parler, Poés. fr. | 

des xv° el xvi' s., t. X.) j 

Donner aux lecteurs joye, plaisir, et bon 
ediUiement. (Bourdignh, Hyst. d'Anjou, 
f» 1 vo, éd. 15-29.) 

EDEPiER, edif., ediff., edisf., verhe. 

— Act., planter, greffer : 

Aiisi cnm l'cale edefiee 

Oui del bui-n arbre fu trenchee 

Creist e foillist e rent sa flor 

E son rher fruit de bon odor, 

Aulresi fist li dameiseaus. 

(Ben., D. de yorm., II, li'ôl, Michel.) 

Les sauUes se plantriil coramuneinent 
a distance de quatrr. cinq ou six piedz 
l'un de l'autre, en pici.i.inl, la terre jus- 
ques a deux piedz de parlond, pour mettre 
le plautalz de sanlle <\ii«a veult édifier. 
(GoRGOLE, Traité d'agric, c.xvil, l'il.lôjl) 

Flarpalus désirant y orner et embellir 
les jardins du palais royal, et les allée? 
d'iceulx de toutes les plantes de la Grèce, 
vint bien a bout d'y édifier toutes les 
autres, excepté le lierre seulement, que la 
terre ne voulut jamais endurer. (Amyot, 
Vies, Alex, le Grand.) 

— Installer : [ 
Afin de ediffisr en iceluy toutes bonnes | 

gens qui ace se voudroient instruire. (Cft. j 
de 1410, Fellb.,tf(st. de Par., 111, 523''.) j 

— Instituer, fonder : 

Ensi fu la teste de saint George ens ou 
cbastiel de Windesore edefye et commen- 
cbie, et la capelle des douse cbauounes 
tantos pourjettee. (Froiss., Chron., lY, 
205, Kerv.) 

— Munir : 

Nous prendrons 
Ceste coste et Vedi/lrons 
De char et d'ame inlelleclive. 
(Greein-, Mis:, de la pass., S'Jli, G. Paris.) 

— Enseigner, instruire : 

De li Fisiqne m'edefle ; 

Fox est qui en tel art se fie. 

(GuiOT. Bible, '2590, Wolfart.) 

Felt venir, de toutes les parties du monde, 
gens instruits pour édifier la jeunesse en 
bonnes mœurs et sciences. (Dr Bell.W, 
Mém., liv. X, f° 350'', éd. 1569.) 

— RéQ., flg., s'appuyer : 

Et prendray le principal fondement sur 
lequelpnrtie adverse s'est erf«^(;,assavoir... 
(1521, Prcc. des eonfér. de Calais, dans les 
Papiers du card. de Granvelle, 1. 1, p. 163, 
Doc. inéd.) 

— Act., exalter, gloriûer : 

Bien doit esire ton nom partout edefiez. 
Et de sains el de saintes estre glorefiez. 
(Patenostrc. Ricbel. 837, f 227».) 

EDEFiEUR, edifieur, - iffieur, edyfyeur, 
s. m., celui qui construit, qui édiûe, édi- 
Ticateur : 

Li edefieur du temple. [Bib. hist., Jlaz. 
532, f" 109^.) 

Estre bon edifieur ou bon paintre. 
(ORES.ME, Eth., Ricbel. 204, f» 347'.) 

Nous aprenons.... a estre edifieurs en 
édifiant et a estre vielleurs en viellant. 

(iD., ib., fses».) 



Les tixerrans, les cultiveurs des terres, 
et les edi/fieurs. (Id., Potitig., f 129", éd. 
1489.) 

Memnon edifieur de la cité de Suse. 
(FossETiER, Citron. Marg., ms. Brux., I, 
1» 222 r".) 

Yceuls edyfyeurs... (In., ib.. 2= p., sec. 
copie, f 30 r°.) 

Et en estoit le edifieur (de la bastille) et 
deviseur aux ouvricis,ungcbevaliernommé 
luessire Baudo de Noyelle. (Monstrelet, 
Cliron., 11,221. Soc. de l'H. de Fr.) 

— Fig., edifi.eur en mœurs, exemple, 
modèle de vertu : 

Suivant le slille des primerains et devan- 
ciers, noz ediffieurs en meurs redevables. 
(Chr. dePisan, Cliarles F, prol., Michaud.) 

— Fém., ediffierresse : 

Ha ! dame, lu qui jnslidles 
Les cuers qui sont par pechies bnjles. 
Et enlumines les avugles. 
Et qui es edi/fierresse 
Des verluz, et dissiperresse 
Des vices, ma prière enlens. 
(ilir. de Nolre-Damr, I, 8.731, G. Paris.) 

EDEjjT, voir Adexz. 

EDEQuiNEs, S. pi., assisBs : 

Tous les subjets du bailliage et cbastel- 
lenie de Saint Orner, demeurans sur les 
manoirs amassez ou amassabics estans sur 
les fronts des rues, sont tenus estre com- 
paroir a la franche vérité de edequines qui 
se tiennent de sept ans en sept aus. (Const. 
d'Artois au baillinge de S. Orner, 39, Nouv. 
Coût, géu., II, 877.) 

EDET, voir EÉ. 

EDiFi, voir Edefi. 

EDiFijvNCE, voir Edefunce. 

EDiFi-\NT, S. m., constructeur : 
Tout ainsi qu'en une ville les premiers 
edifians ont pris place communément 
quarree a leur commodité, (b. Palissy, 
p. 3H, France.) 

EDiFiCACiON, -Vion, edifficalioii, s. f., bâ- 
timent, maison : 

Que il achatoit heritai^es. 

Terres ani champs et pastnraiges. 

Bois et autres possessions. 

Et moult gronî edi/icacions 

De belles maisons faisoit faire. 
(J. LE Fevre, la Vieille, 1. I, t. 107!, Cocheris.) 

A ma dame supplication. 

Que li plaise moy tant faire d'onnour. 

Qu'en sa nouTelle edi//icalioii 

Soye logiez. 
(EusT. Descb., Pocs.. liichel. SIO, f» 214'.) 

Des maislres et architecleurs 

Bien subtilz et bons inventeurs 

Pour faire edi/pcations. 
(.Ici. des .\posl., vol. 1^ i" 85'', éd. 1537.) 

— Institution : 

En celle édification de feste qui fu em- 
prise sus la fourme que je vous di, ot ou 
cbastiel de Windesore joustes solempueles. 
(Froiss., Cliron., III, 252, Luce, ms. Rome, 
f 9o.) 

EDiFic.vTuuE, uediff., s. f., construc- 
tion : 

Pour parachever Vaediffieature d'icelle 
ville, et pour la tenir réparée et en point. 
(1449, Ord., xiv, 56.) 



EDIFICE, voir Edefice. 

EDiPiciE.VT, adj., édifiant : 

Sainte et seule Trinité, edificienl bonté, 
soyes, si te plaist, présent a mes suppli- 
cations. (Chasse de Gaston Phœbus, ms., 
p. 357, ap. Sle-Pal.) 

EDiFiciER, v. a., bâtir, construire : 
Corn vaillanz dame prenz et sage 
Edipcia un hermilage. 
(G. DE Coi.NCi, Mir., ms. Soiss., f« 206''.) 
Pour ed(^i;Jer,soustenir et raparlier toutes 
leurs maisons et édifices. (1322, Arch. JJ 
61, pièce 181.) 

EDIFIEMENT, VOir EDEFIEMENT. 

EDiFiEK, voir Edefier. 
EDIFIEUR, voir Edefieur. 
EDiitE, voir Esdire. 

EDIRElt, voir ESDIRER. 

EDisFiER, voir Edefier. 
EDiT, voir Esdit. 

EDITION, S. i., diction : 

Seloncq dont la vulgaire edilion, Lavus, 
roy de Thebes, eut de sa femme Jocasta 
ung très beau fliz. (Fossetier, Chron. 
Marg., ms. Brux., I, f'' 171 v».) 

EDOMOIRE, voir Ebdomaire. 

EDOR.\BLE, voir Odorable. 

EDORSSER, v. 3., rompre le dos : 
EJorso, edorsser, rompre le dos ou cou- 
per. (Catlwlicon, Ricbel. 1. 17881.) 

EDRE, voir Iere. 

EDRER, v. n., siéger : 

Quandins al suo consiel edral, 
Incontra Deu beu si garda. 

(Vie de S. Lég., ms. Clerm., st. 12.) 

EDREs, S. m., plumes d'eider, édredon : 

La peae d'edres fu bendee, 

D'ermine de gris geronee. 
(Ren. de Beaojeu, li Biaus Descoiineiis, 131'i, 
Hippeau.) 

EDUBSCER, voir Esdrecier. 

EDuiRE, voir Esduire. 

EDYFYEUR, VOir EOEFIEUR. 

1. EÉ, heé, eié, eei, eeit, eded, edet, cilié, 
aé, haé, aet, aei, aey, ayé, aihé, aiei, s. m. 
et f., âge : 

.x°'. estoient en la première heé. 

(Les Loh., ms. Monlp., 1° 19l''.) 
.uu ^^- ans ait il moult bien d'ailtê. 

(Ib.. Ricbel. 19160, f» 8'.) 
En s'ee', a ele fu plus bêle. 
Ont de son seignor treis cnfanz. 

(Ben., D. de Norm., H, 27086, Michel.) 
D'aighe ai jo vescu anz .lx., 
.XXX. a poisson, ce sont nouante. 
Et ens el mont foi ans cinquante. 
Mes ees est .c. el .xl. 

(S. Brattdan, Ars. 3316, f» 103=.) 
Miz elkez est cent e quarante. 

(/*., 1393, Michel.) 
Ne sui pas si envlelli, ço sevent gent asez, 
Ke deive terre perdre ne pur mes granz lieez, 
(Chron. de Jord. Fantasme, 136, dans les Ducs de 
Norm., t. ai, Michel.) 



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y'\ ad nnl ea la Tile ki seit de Ici eé 
Ki puisse porter armes, ne scil très bien armé. 
(ID., il>., 1606.) 

Hely esteit lores de grant eded. {Bois, 
p. 8, Ler. de Liacy.) 
Huem es de grant eded. (J6., p. 26.) 

En Ireslnt snn er. 
(Car»., ne des. Tlwm., l'.ichel. 13ui:), f IS v».) 

Qnant ele vienl en tel eé 
Que nature furnie beauté, 
En Bretaine ne fu si bêle, 
Ne lantcurleise dameisele. 

(Marie, Lai de! l'rrisiic, 235, Roq.) 

De lute manière de kec 

I aveit gent trop gr.int plentee. 

(Id., Pure/, de S. Patrice, 103", Roq ) 
Quant est en ae de .xv. anz. 

(Rom. de riielics. Hichel. 00, t' 13") 

ËDChois serai en Acre au roy de joue ayé. 
(Li Liemre du roi Charlem., dans la préface des 
Travels of Charlem., p. cxiii, Michel.) 

Quant li bons muert en son premier ae', 

Et en sa fùrre et en sa poesté, 

Adont est il et plains et rejretes, 

!Soo cis qui niuert dedans son viel aé. 
(De Guillaume au cort iiex, Rirliel. 14 19, f 83 t°.^ 

II est hom anciens et de moolt grant aei. 

(Parise. 54-2, A. P.) 

De Sarra lor raraenbrede sa sterilitet, 
CniDieus dona on fil en son derain arl. 

(De Si Alexis. 47, Herz.) 

De Gaufroi ot .ni. fils de joene aé. 

(Enf. Osier, -i'JS, Scheler.) 

De joenes et de vieus et de plusors edez. 
(Serm. de Giiich. de Beculieti, p. 20, Techener.) 
Quant vos sereiz en vieil aei. 

(Rlteb., la Chans. de Pfiille, Jabinal.) 
.1. prendomme i Irova qui fu de grani aez. 

(Gaul. d'Aupaia, p. 23, Michel.) 

— Par extension, vie, temps : 

N'i ad Fraticeis, s'il a loi vienl jaster, 
Voeillet o non n'i perdet snn edct. 

(lioland, 31C9, Muller.) 
Cis iert prodom se dure ses aez. 

(Les Loh., Ars. 3143. r° SI''.) 
>'e serai povres jamais en ton actj. 

(II/., Richel. 19160, f° 30''.) 
Tôt mon eeit vos honorrai. 

(B:>it, ms. Municb, 1191, Vollm.) 

Vos serviront tôt lor eei. 

(Ib., 1194.) 
Veistes mais îceles en trestons vos acs ! 

(Roum. d'Ali.r., t" 54'', Michelant.i 
En icest siècle sni si malenres 
C'ainc ne fis ben nului en mes haes 
C'au daarrain ne me volsist grever. 

(Rauib., Ogier, 6236, Barrois.) 
Eo icel leu dont ai parle! 
Soient moine par toi eié. 
(G. nE S. Pair, il. S. Michel, 2260, Michel.) 
De son aé 
Ne vit onques si bel armé. 
(Flaire et Blance/lor, V vers., 1007, du Méril.) 
Mais onqnes ne la vit a jor de son aiei. 

(Gar. de UoVQlanc, Vat. Cbr. 1517, f M^.) 
?<'an partiront jamais, an treslot lor aez. 
(l'anse, 2254, .V. P.) 
Tant est biaus e si bien creus. 
Qu'il n'ol tant grant en la silé 
De son tens ne de son heé. 

(rie du pape Grég., p. 41, Lnzarche.) 
Jamais ne l'amerai oui jonr de mon aé. 

(Berte. 435, Scheler.) 



Od mei viverai tut sun eé. 

(Le Lai del Désiré, p. 35, Michel.) 

Itel n'erl mais trové en tut nostre eez. 

(Hom, 3632, Michel.) 

— Par eé, un long âge, longtemps : 

Preudoos sera se il vil par aé. 
(Garin le Loh., 1° chans , xsi. P. Paris.) 
Il serait fiers se il vit par aez. 

(Gir. deViatte, Richel. 11 iS. F 11'.) 
Vos i anreî grant pron, si je vi por aé. 
(Parise. 2843. A. P.) 

2. EE, voir E. 

EEDRE, voir lEHE. 

EEI, voir EÉ. 

EEi>s, plur. de E, voir E. 

EESMER, voir Aesmer. 

EEULXIER, voir AOUILLIER. 

EF, voir E. 

EFEITIEI!, VOirEFFAITIER. 
EFESTLER, VOir EfFESTLER. 

EFFABLE, adj., qui se peut dire : 
Dieu est substance incorporée, simple 
et non conmuiible, immense qui desif;ne 
autant comme loule cliose concluant et 
contenant et qui de nulli n'est coulenu, 
éternelle, inconiprchensible et non effable, 
non pas comme dit Ysidore qu'il ne se 
puisse dire, mais il ne se puet par sens ne i 
entendement nullement diffinir. (Citron, et 
hist. saint, etprof., Ars. 3515, 1° 1 r°.) 

Effable ; spealiable ; -wbich may be nt- 
tered, or speciiied, in words. (Cotghave.) 

EFFACE, s. f., vestiges d'une bete 
fauve ; I 

Des lions connoist bien les traces. 
Et lor lesches et lor effaces. \ 

(Parlon., Richel. 19152, f° 145'' ; v. 5753, Cra- ' 
pelet.) 

EFFACENCE, S, f., sction d'effâCBr : 
Effac.ence ou effacement, 1. abolutio, lit- 
tura. (C'a(/(0/., Quimper.) 

EFFACEOR, - ccitr, S. m., celui qui 
efface : 

Agnaus de Den, fis dou seinl Peire, 

Qui les pechies ies eff'aicere. 
(Caiil. Mariae, Lib. Psalm., p. 300, Michel.) 

Le miel de leur saincte docceor. 

Leur miel des tourmens eff'acettr.j 
(0. DE Magny, tes Caijetez, à s'Amie, éd. 1554.) 

Effacevr, deletor. (Monet, Parallèle des 
langues, Rouen 1632.) 

— On trouve au xvi« siècle le fe'minin 
effaceresse : 

Leurs livres avortes par presse 
Merileroient d'endnrer l'esponge effacetessc. 
(A. OE RivAUDEAn, OEuv. poél., éd. 1859, p. 2Î9.) 

Et au commencement du wn" siècle, 
effaceuse : 

Effaceuse, delotrix. (Monet, Parallèle 
des langues, Rouen 1632.) 

EFFACER, V. 3., montrer sa face à : 
Et adjousta le Seigneur : Je monteray 
ung joui' au milieu de toy et Ceffacerny, 



c'est a dire je me m.'iniresteray a tov. 
(FossETiEB, Chron. Martj., ms. Briix. 
10509, 1» 138 r".) 

EFFACEURE, S. f , ratUTc : 

Sans nule cffaceiire. (Acte de 1238, Hôtc!- 
Dieu de Soissous, v» Diacby.) 

Avec celle decoclion on peut enlever 
une raclure et p/T'flCCîO'e d'encre. (Du Pikei', 
Pline, XXVIII, 6, éd. 1566.) 

En lisant cesie epislrc aycs en ta pensée 
Si toslque lu verras quelque Iclire effacée 
Que de l'eau de mes pleurs telle effaeenre vient. 
(Jamyn, Poés., II, 2S0, Ch. Bronet.) 

Effaeenre, litura, deletio, induclio. obli- 
teratio. (Monet, Parallèle des langues. 
Rouen 1632.) 

EFFADi, adj., affadi, lâchej mou : 

Les bons n'orenl pas les cners rffadis. 

Dont le renom yert pardurablemeol. 

Qui conquirent terres, villes et pais. 

(E. Deschamp-s, Poés., Richel. 840, f" 115V; 

EFF.\É, effaijé, adj., magique, comme ce 
qui est fait par une fée : 
Ainsi me va, par le divin vouloir. 
Qu'a ce banquet je nie suis enibalne, 
"Venant de loing par effa/jé pouvoir. 
Cherchant les liens on cœurs sont a mouvoir 
A secours, moy doulente el éperdue. 

(0. DE LA Marche, llém., I, 29. Michand.) 

Cf. Faé. 

EFFAiLLiR, \. II., manquer: 
Absit a te domine, non erit boc. Ha ! Sire, 
fist sainz Pères, ce ne te i^ljaitle il ja, ja ce 
ne feras. Seinz Pères volt que Criz ne mo- 
reust ja. {Comm. s. les Ps., Ricbel. 963, 
p. ^03^) 

EFFAiNTiF, adj., défaillant : 

Perdirent force, sens et entendement, 
par l'air qui leur estoit changé autre qu'eu 
l'isle de vie. Si devindrent ainsi comme 
tous effainlifz. [Perceforest, vol. VI, f» 126". 
éd. 1528.) 

EFFAiTESON, es/^., s. f., façon, manière: 

Vostre prevoz Irovai de mal esfaileson. 

Assez me rarapona, ne me dil se mal non. 

(7iii»i. de la vavjar.ce Va>,pas., Ars. 5201, p. 148*'.^ 

Cf. Afaitaison. 

EFFAiTiER, cffaictier, efeitier, effautier, 
V. a., comme afailier, façonner : 
Pour effaitier une erche. {Compte de 1341. 

(Ch. descompt. de Dôle, — , Arcb. Doubs. 
404 

— Effailié, part, passé et adj., façonné : 
Sang d'armes esmolues, de pierre ou de 

baston non effaulié, fait a quelque per- 
sonne que ce soit, devera soixante sol.^ 
d'amende. (1323, Franck, de Montmire>j. 
Arcb. Doubs, Nouv. Cb. des ccmpt., jl. 
308, Terrier de Montniirey de 1461.) 

— Instruit, habile, .<age, prudent : 
C'est la vie es lins amans, es cuers geu- 

tis elefeitiez. (Lal'R., Somvte, Richel. 938, 
f» 3b y.) 

— Concerté : 

Et ne s'en gardoit on en riens, et dob- 
toit on que se fut une chose e/faictie el 
que les dits Lorains n'en sccusseut aucune 
chose. (J. .4UBRI0.\, Jour»., 1493, Larcbeyi. 



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Cf. Afaitier- 

EFFAME, S. f., famine ; mettre en elJame, 
affamer : 

L'autre partie de nostre armée demeure 
liour sousteiiir nos loyaulx sucjecls de 
]iar deçà clmellre en cffame ledit Padoue. 
(Corresp. de l'emp. Maiimilien 1" et de 
Marg. d'AiUr., t. I, p. 192, Soc. de l'H. de 
Fr.) 

EFFAMER, esfamer, esfemer, verbe. 

— Act., affamer : 

Et effamerenl la gent. (Serm., ms. Metz 
262, f» 5>.) 
Une partie des genz furent effamè. (/b.) 
Les esfemerent. [Ib., 14=.) 
- Neutr., mourir de faim : 

Ne vos diroie mon cuer, fors 

Par chaaler ; 

Ançois morir me larroie 

Et de merci elfamer 

Par consirrer. 
<Ad. li Boi.us, Chans.. Richel. 816, f 46 v".) 

— Effamé, part, passé, qui meurt de 
faim : 

En .1. crelins d'une roiche la Rist tonte esfamce. 
(DU (le Giiill. d'Aiigh-l., Brit. Mus. add. 15606, 
f» lli-^.) 

EFFANT, S m., objet de mercerie dilH- 
cile à déterminer : 

.111. paires de viez ejfam. (1392, Invent, 
des biens d'E. Marchant, mercier, Inv. de 
meubles de la mairie de Dijon, Areb. 
Côte-d'Or.) 

EFF.\NTiL, voir Enfantil. 

EFFAULISSEMENT, S. m. ? 

Icellui seigneur de Calcedonne visita 
les ossements de la dicte teste, lesquelz 
furent trouvez entiers, saufs que et sur la 
partie de devant du teez ou crennion de 
l'ung des cotez, y avoit certaine petite fis- 
sure sans quelque effaiilissement, et do 
l'aultre lez, aussy sur le devant, apparois- 
soit auculnement y avoir certaine petitte 
ebaeure sans bonnement pooir estre jugié 
se ce cstoit procédé de bleschure ou par 
pourriture dudict telz audict endroit. (A. 
DE Be.\ulaincourt, Rapp. du Cons. d'Etat 
de Ch.-Quinl. Bull, de la Soc. d'arcbéol. 
lorraine, V, 71.) 

EFFAUssiÉ, adj., terme de chasse se 
dit d'un chien qui heurte sa jambe de der- 
rière avec son genou : 

Avient aux chiens qu'ilz heurtent du 
genoil devant de la jambe derrière, et leur 
seiche la cuisse, et s'en perdent : cieulx 
chiens appelle l'en estruffez ou effaussiez. 
(Chasse de Gaston Phebus, ms., p. 111, ap. 
Ste-Pal.) 

EFFAUTiEn, voir Effaitier. 

EFFAYÉ, voir Effaé. 

EFFECTUEL, adj., elTcctif, qui a son 
effet : 

En la meilleure, plus seure et effecluele 
manière qui faire se pourra. (1373, de trac- 
tando cum Beg. Nav. sup. Allig., Kym., 
2- éd., t. Vil, p. 63.) 

Ils s'en vinrent sans response effectuelle. 
(Juv. DES Urs., Hist. de Charles VI, an 1397, 
Micbaud.) 



D'une vraye et effectuelle paix. (12 janv. 
lS8i, Lelt. miss, de Henri lY, t. 1, p. 629, 

Uerger de Xivrey.) 

EFFECTUELEMENT,- uellemenl, - ualle- 
ment, adv., effectivement : 

Nous promettons en boue foi tenir et 
garder effectuelement les pais et accord 
faitz entre les rois de France et les rois 
d'Engleterre, ducs de Gyenne, et lour pre- 
decessours rois de France. {Lett. sur 
Vhomm. du Roi d'Angl , 30 mars 1331.) 

Chascuu effecluelement congnoistra que 
nous avons entier vouloir a la conclusion 
de la dite matière. (C/i. VU d la comm. de 
Lond., Delpit, Doc. fr. en Angleterre, 
p. 263.) 

Pour garder une femme en chasteté hoa- 
neste, luy convient monstrer signes de 
grant ani'our effecluellement. (J. Bouchet, 
JVo6/e Dame, C 7 r", éd. 1336.) 

Qu'ilz fussent condempnez a restablir 
elfcctuallement (ledit dégât). (1530, Charte 
de Ponthieu, Grenier 301, u° 333, Richel.) 

Il trouva que sa veuë estoit effecluelle- 
ment perdue soubs ce masque. (Mont., 
Ess., 1. II, c. 23, f» 294 r», éd. 1383.) 

Il tenoit pour amis tous ceux qui ne 
hougeoient et qui ne s'armoyent effecluel- 
lement contre luy. (lo., ib., c. 33, f" 313 r".) 

EFFECTUER, VOir EfFESTUER. 

EFFECTUEUSEMENT, adv., effective- 
ment : 

Toutes les choses dessusdites promet- 
tons tenir, garder et effectueu sèment aem- 
plir audit Henri. (1320, Arch. JJ 60,f''29v».) 

Pour se vouloir ja effectueusement mons- 
trer seigneur. (BouRGOiNO, Bat. Jud , II, 3, 
éd. 1330.) 

— Vivement, chaleureusement : 
Et les priera e/feclueusement, et si a 
j certes qu'il pourra, qu'ilz veuillent avancer 
ladite armée en toute célérité. (Iiî9, Instr., 
etc., Rym., 2° éd., X, 432.) 

EFFECTURE, S. f., Créature : 

Se penses la pnant sentnre 
Qui des corporel?, effeciure 
Nuit et jour et bas et hault yssent 
De la charongQc ou se nourrissent. 
(Tr aidé de Salem, ms. Genève 165, f° 171 ï°.) 

EFFELLÈ, voir ESFELÉ. 

EFFEMMÉ, adj., efféminé : 

Tant qu'il désirèrent vaillamment la 
mort qu'ilz avoientcremueconmep/T'emmes. 
(Sym. de Hesdin, Trad. de Val. Max., 
r 134'», éd. 1433.) 

EFFERÉ, adj, féroce, cruel, lier : 

PreiiJom qui si les e/feres 
Soies en dieu preus et seacs. 
(J. BoD., li Jus de saint Hicliolai, ïh. fr. an m. à., 

p. ne.) 

De toute mémoire n'a esté prince ny 
ligue tant efferee, ou superbe, qui ait auzé 
courir sus, je ne dis poinct voz terres, mais 
celles de voz confederez. (Rab., Gargantua, 
c. 31, f» 86 v", éd. 1S42.) 

Les plus efferees nations du monde. 
(Du Bellay, Mém., t. V, p. 340, éd. 1369.) 

EFFERENCE, S. f., manque de retenue, 
d'égards : 

Que si c'estoit aussi bien a moy que 
vous feussiez attachée eu égard a vostre 



efference et indiscrète continue, il y a un 
quart d'heure que vous eusse abatu celle 
folle teste de dessus les espaulles. (J. Mau- 
GiN, Noble Trist. de Leonn., c. lxix, éd 
1386.) 

EFFERiR, esf., V. n., appartenir : 

Ne porroie en nule raeniere 

De tes nons combien que pansasse 

Tant dire que plus n'i esfiere 

Se lole ma vie usasse. 

(Àiisîompcion N.-D., Ars. 5-201, p. li-2''.) 

Les choses tôles qui efferenl a la dicte 
r 
mairie. (1261, Ch. des compt. de Dôle, —, 
64 
Arch. Doubs.) 

Volons et comandons que tuit nostre 
anfant, cliescuns de quant que a luy effe- 
rnij. de me berietaige ou auray, soient sui 
home lige herietahlement. (1263, Ch. deJ. 
de Bourg., Arch. J 247, pièce 37(-30).) 

Les apendises qui effierent a la ditte 
maison. (1270, Bouconville, i, Arch. Meur- 
lie.) 

Les apertenances et les apandises effe- 
ranz esdiz mex. (1290, Richel. Moreau 210, 
f» 93.) 

Et renonçoy per ma foy donee a béné- 
fice de douaire, de don fait pour noces, et 
de mariage, qui por ces causes ou por ces 
fais me porroent efferir por venir contre 
ceste essise. (1293, Richel. Moreau 870, 
f 551 v«.) 

Tant corne a nos en effiert. (1304, S. Paul, 
Bcsanç., 89, cart. 19, Arch. Doubs.) 

Et de telle semance comme il elfera et 
appertenra esdites terres. (1326, Richel. 
Moreau 223, f» 73.) 

Cf. Aferir. 

EFFESTur.ATioN, .S. f., déguerpissc- 
ment, abandon, proprement l'action de 
déguerpir un héritage chargé de cens el 
rentes en tenant une paille à la main. 
Chez les Ciulois, dit Tuet, et h leur 
exemple, chez les Romain;, la prise de 
possession des terres se faisait par la déli- 
vrance d'une houssine d'aulne, ou en 
donnant un fétu ou brin de paille; ce qui 
s'appelait infeslucation générale. Au con- 
traire, le déguerpissement ou dessaisisse- 
ment, qu'on nommait exfeslucalion, se 
faisait en rompant quelques brins de 
paille. (Malin, sénonoises, p. 139.) 

Par tradition, guerpissemeut et effestuca- 
lion de ces meismes biens. (Trad. du 
XIII» s. d'une charte de 12l51, Cart. du Val 
SI Lambert, Richel. 1. 10176, f" 43''.) 

Par devant les eschevins de la ville de 
Bruxelles, sont toujours passez, et se pas- 
sent encore aujourdhuy tous les contracts 
légitimes, cornue d'eraphyteure, effestuca- 
lions, des permutations, donations, etc. 
(Coût, de Bruxelles, Nouv. Coût, géu., 
t. I, p. 1243».) 

EFFESTUEU, efesluer, effectuer, v. a., 
déguerpir, céder en toute propriété : 

Guerpirent et effestaarent et quitte cla- 
marent. (Trad. du xili" s. d'une charte 
de 1227, Cari, du Val St Lambert, Richel. 
1. 10176, f° 30=) 

Et ilh devant ses pères cest fiez reportât 
en no mains a oez le gliese del Vau Sain 
Lambert, et le werpist de tout en tout et 



EFF 

efestuat et promist ke jamais de ce fiez 
ne travelhernit le gliese devant dicte. (Trad. 
du xiir s. d'une cli. de 1229, 16., f" S"»''.) 

Ambedoi Veffesluarent et le clamarent 
quitte. (Trad. du xili' s. d'une ch. de 1245, 
ib.. f° 8».) 

Uh les -werpit et les effesluat a l'ensen- 
gnement des hommes. (Trad. du XIU' s. 
d'une ch. de 1285, 16., f° 14».) 

Nous, pour nous, nos hoirs et succes- 
seurs, avons heritablement et a tous jours 
vendu, effectueil et delivreit, vendons, 

effectuons et délivrons (1370, Arch. de 

l'anc. Chambre des comptes de Bar, ap. 
Servais, Ann. histor. du Barrais, I, 448.) 

Cf. Effestuquer et Festuer. 

EFFESTUQUEMENT, - kemetit, S. m., 
déguerpissement, abandon : 

Liquel werp, rapport et effeslukemenl 
lidis sires de Dampierre, tantost en nostre 
présence, en le main no sei^'neur le devant 
dit conte, fist bien selonc no jugement, a 
loy, selonc l'usage et le coustume de le 
terre de Flandres^ (ilil , Charlrier de Nam. , 
fo 7 r»^ ap. Duc, Effestucaiio.) 

Cf. Effestccation. 

EFFESTUQUER, effcstukier, evestuquer 
V. a., quitter, abandonner, déguerpir ; ce 
qui se faisait en jetant une paille qu'on 
tenait à la main : 

Geste prouve et monstrance souffisau- 
ment et bien faite sour cbe, de no seigneur 
le conte devant dit, sour le foit ke nous li 
deviens conjurei, disimes par jugement ke 
lidis sires de Dampiere, pour lui, pour ses 
hoirs et successeurs, Bailleul et toutes les 
appartenances,... rapportast, werpisist et 
eveslucast poir le dit Guyot de Namur 
aireter en le main nodit seigneur le conte 
de Flandres. (1287, Cart. de Namur, Vente 
de la terre et seign. de Bailleul.) 

Lequeil jugement rendut, li devantdite 
dame et ses fins devantdis, par avoweis 
donneis par jugement et par loy a cascun 
d'eaus, raporterent, werpirent et effestu- 
kierenl en le main doudil Adam toutes les 
chozes devant dites, et tout le droit k'il i 
avoient ou avoir pooient. (1290, Chartrier 
de Namur, Transport.) 

Nous Otton, s' de Kuyck et de Heverlé, 
faisons sçavoir a tous, tant presens conme 
advenir, que nous avons de nostre propre 
et franche volonté porté nostre ville de 
Grave, avec tous les droits, fonds, atte- 
nances, appartenances ou regardans a la 
dite ville, par quelconque manière que ce 
soit, qui estoit nostre vray alloes, es mains 
de noble prince et puissant Jehan, par la 
grâce de Dieu duc de Lothringe. de Bra- 
bantet de Lembourg, nostre amé seigneur, 
et luy avons donné, au prouffit de luy et 
de ses hoirs, tout ce que nous y aviemmes 
et y avons eu, et, en effestucant, c'est a dire 
en gettant le festu. y renonchons en per- 
pétuité. (J. Vauquelin, Trad. de la Chron. 
d'E. de Dynter, v, 28, Xav. de Ram.) 

Cf. Effestuer. 

EFFETARDi, adj., afétardi, devenu 
lâche : 

Haro ! que je suis endormis. 
Paresseux cl e/j'elardis, 
Que pieça ne sois appreslé. 
' l.a Vie ri Vhisl. du Mauls. Riche, Ane. Th. h. 
III, 271.) 

EFPEUiLLiR, V. n., s'eiIeuiUer : 



EFF 

Las, helas ! chaque hyver les ronces elfenillissent. 
(Baif, Poés, choisies, p. 178, Becq. de Fonquières.) 

EFFEuii.LU, voir Effueillu. 

EFFEULETER, V. a., effeuiller ; 

Le ix" jour d'aoust pour les journées de 
Pierre Belesme... pour chacun une journée 1 
qu'ils ont vacqué le dit jour a elfeiileterles 
dictes vignes qui sont quatre journées a 
II s. VIII d. parisis pour chacune journée, 
valent .x. s. .viii. d. parisis. (1470, £/at de 
dépense de façon de vigne. Titres des fiefs 
de la chastell. d'Orléans, vignes de l'Orme- 
Grenier, paroisse St-Marceau, ap. Le Clerc 
de Douy, I, f» 227 r», Arch. Loiret.) 

EFFEUTRÉ, adj., gami, couvert, pro- 
prement garni de feutre : 

Apres les armes des haches, issirent te- 
nantslesespees es mains lesquelles esloient 
effeutrees atout fortes et grosses rondelles 
sur la main. (S.-Remy, Mëm., ch. lu. Bu- 
chou.) 

EFFiANCER, V. a., flancPr : 

Et non seulement effianté, espousé, et 
marié, mais en oultre que habiterez, et 
serez bien avant de feste. (Rab., III, 20, 
f» 67 v», éd. 15S2.) 

EFFioAciEUSEMENT, adv., d'une ma- 
nière efiBcace : 

Celle eau efficadeusement resoude les . 
plaies. (Evonime, Trésor, p. IGô, éd. ISoS.) 

Il disputa si efficadeusement du mariage. 
(Chos. mem., escr. p. F. Richer, p. 118, 
Cayon.) 

Ulcérant efficadeusement jusques aubrus- 
1er. (0. DK Serr., Th. d'agr., vi, IS, éd. 
1605.) 

11 y disposa plus efficadeusement les 
affaires du dedans du royaume. (SuLLY, 
(Mcon. roy., ch. xcvili, Michaud.J 

EFFicAciEux, adj., efficace : 
Sa seule herbe portée a la main a aussi 
semblable propriété, tant est elle effica- 
cieuse en cest endroit. (Oliv. de Serr., 
Th. d'Agric, vi, 15, éd. 1605.) 

EFFicAL, adj., efficace : 

Ou autre juste el efficaux cause. i(1341, 
Arch. JJ 72, f 271 v».) 

Par donaison efflcal et nient repalable 
faite entre.vis. (1342, Arch. JJ 74, f° 1 r".) 

Pour ces causes dessus dictes et pour 
plusours autres efficaux et roisenables. 
(1348, Affranch. de Gy, Arch. commun, de 
Oy.) 

Il est bien voir que ses estoilez y font 
bien aucune chose selonc ce qu'elles sont 
conjointes au soleil ou séparées, ou 
qu'elles ont aucuns regars efficaus a li en 
adjoustant ou eu diminuant aucune chose 
a 1 influence du soleil. (Evrart de Conty, 
Probl. d'Arist., Richel. 210, {'8 v«.) 

EFFicALMENT, - olemeut, - aument, 
- amment, adv., efficacement : 
Se ne procure loyanment 
La besongne et eficanmeM. 
(J. LE Fevbe, la Vieille, 1. II, v. 2947, Cocheris.) 

Qui a vous es dites chozes obéissent et 
entendent efficaument. (1350^ Roism, ms. 
Lille 206, f» 340.) 

La dicte dame en a obligez et souzmis 

efficaument pour obligez elle, ses hoirs, 

etc. (1358, Cart. de Pantoise, Richel. I. 
8657. f» 13 r».) 



EFF 



9 



Elle se montre a la veue mieuls et plus 
efficaument en l'air. (Evrart de Comtt 
Probl. d'Arist.. Richel. 210, 1° 207\) 

Car délectation est pour la présence de 
la chose désirée, et trislece est pour l'ab- 
sence. Et checune chose œuvre plus p/^ca- 
lement et plus fort présente que absente. 
(Oresme, EUi., f» 60'', éd. 1488.) 

Et ad ce sont efficaument oblicez aux 
termes assifinez. (13C4, Heg. du Chap. de 
S. J. de Jerus., Arch. M.M 28, f° 135 v».) 

Entendent f^cawmeiit a la seurté et sau- 
venient d'iceux. (1.377, Ord., vi, 262) 

Et acomplist efpcamment ce qu'il pro- 
met. {Ancienn. des Juifs, Are. 5083, f 160^) 

Adonc sira ma volenté toute ma puis- 
sance comme déifiée, car tout ce que vou- 
drai sera faict, car je ne vouldroye fors ce 
que veulx efficamment : auquel vouloir nul 
ne peut contredire. (J. Gerson, l'Aiguillon 
d'amour, f° 14 r», éd. 1488.) 

Encores dit après ledict Gaufrion que 
sans nulle doubte Dieu le père te veult 
efpcamment donner les sept peticions 
d icelle souveraine oroison. (lD.,î6.,f'>20r<'.) 

EFFicHE, voir Afiche. 

1. EFFicHiER, - cher, effischer, verbe. 

— Act., ficher, enfoncer: 

Effis:her ung baston en terre. (1509, Pé- 
ronne , ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

— Fig., fixer : 

Lors elle effichait un pou son vis et ensi 
com elle se recuillist dedens l'estroit siège 
de sa pencee rommensait a dire. . [^Cons. 
de Boece, ms. Moutp. 1443, f° 9''.) 

— • Réfl., s'assurer, s'affermir : 

Beau douz amis, bien me puis e/ftcher, 
Que j'ainj; don mont toute la mieux vaillant, 
La plus courioise, et la mieuz avenant. 
(Thieb. de INav., Poët. ms. av. 1300, t. I, 
p. 400, Ars.) 

Le roy mesmes disoit, en luy effichant 
en ses estriers ; Or se gardent désormais 
tous chevaliers trespassans. car ilz auront 
la jousie a moy, (Perceforest, vol. III, 
f° 119^ éd. 1528.) 

2. EFFICHIER, voir Afichier. 

EFFiciAL, adj., efficace : 

Il me semble que l'effect des paroles 
Merlin en grant douleur aujourd'huy sor- 
tissent leur efficiale vérité. (Wavrin, Chron. 
et anc. ist., p. 282, W. Hardy.) 

Cf. Effical. 

EFFiENTER, V. A., faire sortir les 
boyaux à quelqu'un : 

Dieu guerroient et envaissent. 
Et se ans poins tenir le poissent 
Par enU fusl mors et effientez. 

(Fabl. dOv.. Ars. .^069, f 98''.) 

EFFiER, voir Afier. 

EFFiGAiTEi, s. f., efficacité : 
Voulons qu'il soit de tele valeur et effi- 
gailei comme se nous meismes eus- 
siens estez présents en personnes avec 
eulx a la ditte journée. (1438, Hist. de 
Metz, V, 353.) 

I EFFiGiER, V. a., faire le portrait, re- 
I présenter, peindre, au propre et an fig. : 



10 



EFK 



EFF 



EFF 



Effi^io, elfigier, c'est faire a la feniblance. 
{CathoUcon, Richel. 1. 17881.) 

Le mesme roy est encore effigie en plate 
peinture. (Gilles Corrozet, les Antiqnitez 
de Paris, p. 34, éd. 1608.) 

Fut trouvé de mon temps le ponrtraict 
d'un gras crapault ou grenouille, au cueur 
et mitan d'une pierre, qui fut fendue et 
brisée par les barbares du pais, aussi 
STOsse qu'une teste d'homme, si bien effi- 
gie, que chacun jugeait estre le vray na- 
iurel. (Thevet, Cosmogr., m, 1, éd. 1538 ) 

Un more blanc me donna deux raedalles 
de Marc Antoine : auxquelles estait effigie 
un temple a l'honneur de tous les dieux, 
représentez autour dudit temple. (ID., 
ib., m, b.) 

Mesnies leurs dits characteres, qui sont 
quarante sept en nombre, je vous ay bien 
voulu représenter et effigier. (Id., ib., iv, 
10.) 

Pour avoii' effigiee une si belle figure. 
(Belle-Forest, Secr. de l'agrie , p. 367, 
éd. 1571.) 

Quoy que plusieurs nous ayent peint ce 
pays voisin de la merJIajour, el effigie les 
peuples Cymmeriens. (ID., Chron. et Ann. 
de France, de l'Orig. des Franc., f° iv, éd. 
1631.) 

Ce sont les peintres qui les nous ont 
effigie. (Cholieres, .4presdinees,vi, faiiv», 
éd. 1587.) 

Dans la langue moderne, effigier n'a que 
le sens d'exécuter en ef&gie. 

EFFiGURER, V. a., représenter la figure 
de : 

Demeures en ce que tu as apris, et que 
tu entendes les sainctes escritures des ton 
enfance qui te peuvent enseigner a repren- 
dre et a arguer el effigurer pour justice 
qui soit parfaicte. (P. Fekget, Nouv. test., 
fo 202 r", impr. Maz.) 

EFFiLANDRÉ, adj., dont on a retiré les 
filandres ou fibres : 

Chairs de bœuf recuites et effilandrees. 
(Déclar. de Henri II, 18 mars 1550.) 

EFFiLOiRE, S. f., affiloir, instrument 
pour afliler : 

Une couroie de cur ou il pend une effi- 
loire ou il a ung mordant d'argent, .ii. 
lancetes en .1. esteul de cur et deux cou- 
teaulx. (Dec. 1390, Inv. de meubles de la 
mairie de Dijon, Arch. Côte-d'Or.) 

1. EFFiMERE, ephimere, adj., sujet à la 
fièvre éphé[nère : 

Celui qui est malade de pleurésie et aussi 
celluy qui est ephimere le odore (le saffren) 
affin qu'il dorme. {Jard. de santé, l, 145, 
impr. la Minerve.) 

2. EFFiMERE, S. f., flèvre éphémère ; 
.\ucune fois se fait effimera. (Frag. d'un 

liv, de médecine, ms. Berne, A 95, f° 9 r".) 

Fait effimere continue. (Ib., f° 9 y".) 
KFFniEuiE, S. f., fièvre éphémère : 

Qu'est ce que dittes de vo bouche ! 
Que vous estes ore malade 
De maladie grant et rade! 
Ma suer ne vous esbaissiez. 
El telz paroles délaissiez. 
Ce n'est que une effimerie. 
Que vous avez, ma suer Marie. 
(Hiit. des Trois Maries, Richel. 1-2168, p. 121.) 



EFFiNAr.K, S. m., circonscription, terri- 
toire : 

Et en toutes autres choses quiconques a 
paier au jour et aus termes que les lieux 
et effinages ou celuy est assis paient. (1352, 
Reg. du Chap. de S. J. de Jerus., Arch. MM 
28, f<'o2v».) 

EFFiNER, V. a., affiner, rendre pur, 
pins fin : 

Celui qui espure et effiiie 

Toz çans qui l'aiment d'amor flne. 

(G. DE Coi.NCi, Mir., ms. Brui., f 172''.) 

— Apurerun compte,lc mettre au clair ; 
compter : 

Avoient si grant estoire de gent que l'en 
ne puet les milliers effiner. {Artur, Richel. 
337, f» 133».) 

EFFis.\NCE, S. f., réalisation : 
Li queiz mânes fut remeneiz el cors, et 
Stevenes li ferriers, ki deleiz lui manoit, en 
celé meisme bore morut, et ensi fut prou- 
veit ke vraies furent les paroles cui il oit 
quant la effisanee de la mort Stevenon les 
demostrat. (Dial. de S. Greg., liv. IV, ch. 
37. p. 245, Foerster.) 

EFFiscHER, voir Effichier. 

EFFLAMBER, VOir ESFLAMBER. 

EFFLATioN, eflatiou, S. f., action de 
souffler dehors : 

L'efflation ou soufflement faite par 
quelque personne qui ayt l'haleine douce. 
(Paré, CEvv., XV, xxi, Malgaigne.) 

Qui est cause que nous ne faisons nulle 
efflation et expulsion. (Id., ib., l, XI.) 

— Gonflement : 

On a dit que la cause pour laquelle 
l'usage des fèves estoit défendu aux Pytha- 
goriciens estoit que ceste viande avoit 
grande eftation, chose contraire a la tran- 
quillité nécessaire a l'esprit qui cherche 
vérité. [L'am. ressuscité, p. 325, ap. Ste- 
Pal.) 

EFFLECHiR, - cir, vcrhe 

— Act.. ébranler, affaiblir : 
Et ja estoit si eslochie (l'hérésie) 
Que presque toute esl ef/lechie 
Rome de chele pusnaisie 

Et de la pusnaise hiresie. 

(Mir. de S. Eloi, p. 59, Peigné.) 

— RéO., fléchir : 

Des que Bucifaus vit Alisandre venir 
Encontre lui s'abaisse, prist soi a efftecir. 

Ulex., Richel. 789, f» 8».) 

EFFLEURÉ, VOir E.NFLEL'RK. 

EFFLOQUER (s'), V. réfl., sc débander : 

Les Saxons, qui s'estaient effioquez, se 
rejoignirent a Hengistus, qui mirent Aure- 
lius en grande nécessité. (Bouchard, Chran. 
de Bref., f» 38% éd. 1532.) 

EFFLUATioN, S. f., action de découler, 
d'émaner : 

Le filz procéda du père par manière de 
geueracion,qui estune emauacionou«/^Ma- 
tion très parfaitte. (Chron. et hist. saint, et 
prof., Ars. 3515, f» 2 r°.) 

EFFLUEMENT, S m., écoulement : 
Abondance de toz biens et effluemenz 

de totes grâces. (Li Complaignemant de 

Vanne, Ricliel. 423, C 91^) 



EFFLL'ENCE, S. f., influence : 

Si comme l'ange de fait met cogitacion 
en l'ame de l'homme sans ce qu'il mani- 
feste a l'omme sa substance, ainsi se pou- 
roit "faire que l'ange par son vouloir se 
muçast meismes a aultre en manifestant 
son vouloir par celle meisme effluence 
mucee par quoy il manifeste a la dicte 
ame ce qu'il veut qu'il face. (Eximines, 
Liv. des s. anges, l" 92 v°, éd. 1478.) 

EFFLUENCiEL'x, adj., abondant, qui 

coule avec abondance ; 

Quelle oraison sera ce qui puisse déplo- 
rer ou exprimer par nulle effiuencieuse lar- 
gesse ou habondance de larmes digne- 
ment cest horrible et énorme pecbiel et 
criesme. (Monstrelet, Chran , II, 238, 
Soc. de l'H. de Fr.) 

EFFLUENT, adj., qui découle : 
La sanie efflliente par l'oriHce du phleg- 
mon. (ToLET, des Tumeurs outre le couslu- 
mier de nalurs, p. 10, éd. 1542.) 

— Fig., abondant : 

Flairant espargne, effluani Iresorio, 
Dont Salomon par noble druerie 
Tira avant les précieuses herbes... 
(G. Chastellain, Lonenge a la très glor. Vierge, 
THI, 273, Kervyn.) 

EFFLUER, V. a., produire : 
Perfecte bonté effluant tous biens. (Chr. 
DB PiSAN, Charles V, III, 67, Michaud.) 

EFFLUXION, S. f., flUX : 

iezabel note elflu.Tion 
De sanc ou de pollucion. 
(\Ucé de la Charité, Bille, Richel. 101,f° 179'.) 

EFFOCQUER, V. a., étouffer : 

Apres ce feist mener ses enfans en la 
cité de Sebaste et conmanda qu'ilz/'ussent 
effiocques, et, conme dit Egesippus, furent 
estrangles et pendus au gibet. (BOUHGOING, 
Bat. Jud., 1, 45, éd. 1530.) 

EFFOEiL, voir Efpoil. 

EFFOiBLiR, verbe. 

— Act., affaiblir : 

Effoiblir, énerver. (Cathol., Quimper.) 
Alors qu'ils voyent que les vieux sont 
las du rut, et eff'aiblis de leur force. (Du 
FouiLLOUx, Yen., o. xvii, éd. 1585.) 

— Neutr., s'affaiblir : 

Se li pacianz n'est fors, li chies en effoi- 
blist moult. (Cyrurgie Albugasis, ms. de 
Salis, t" 10.3=.) 

EFFoiL, - oeil, -oneil, - ouil, s. m., aug- 
mentation du bétail dans la bergerie ; pro- 
fit qui en résulte : 

Le seigneur de fief... peut prendre et 
lever Veffoueil, revenu et escroist du bes- 
tail nourry du domaine et mestairie tenuz 
de luy a toy et hommage. (Cout. du Maine, 
Nouv. Cout. gén., II, 127.) 

Lever l'effoil. (Coutume d'Anjou, art. 103, 
ap. Ménage, Dict. étym., verbo effoeil.) Var., 
effoueil. (Nouv. Cout. gén., IV, 539.): 

Lever l'effouil. (Cout. de Paris, art. 48, 
n° 6, ap. Ménage, ib.) 

EFFOiR, voir Effuir. 
EFFOiRER, esf., - oyreT (s'), v. réfl., 
enlever la foire dont on est couvert : 



EFf 

... Mais Iny bailla de la loyre a travers 
De son raaseau. Vous escripre ea trois vers. 
Non pas en cent, je ne sçaurois, la honte 
Que eut le regenl, pour faire fin de compte. 
Car pour certain il fat sy empesché 
A s'effoyrer, que Faifeu despeché 
S'en est allé. 

(BouBDio.NÉ, Lcy. de P. Faif., p. 31, Jouaust.) 

— Effoiré, part, passé, employé lig. pour 
désigner quelque chose de lâche, de flas- 
que : 

C'est un langage brode, traînant, esfoiré. 
(Mont., Ess., 1. II, c. 17, p. 473, éd. 1595.) 

EFFOL.MGER (s'),v. réfl., s'eniporter de 
colère, se conduire follement : 
Se tu te fais cortois, ne saiges, 
Envers vilain ne Ceffolaiges. 
(Ovide de Arle, Richel. 1915-2, f» 95=.) 

EFFOLDRE, VOir ESFOLDRE. 

EPFOLDRER, VOlr ESFOLDRER. 

1. EPFOLER (s'), V. réfl., devenir In- 
sensé : 

Au loig s'clfole et se destruit 
Qui foie compaignie suit. 

(Vie des Pères, Ars. 3041, 1° 33'.) 
D'avarice s'est eff'olez, 
Jemais de ce n'ert mais garis. 
(Rots. iieBois, Poés., Ars. 5201, p. 32''.) 

2. EFFOLER, voir Afoler. 

EFFOLiR, V. a., rendre insensé : 
Hebeto, rebrunchier, effolir, obscureir. 
(Gloss. de Salins.) 

EFFON'CE, adj. f., défoncée, entamée : 

Tu es la vive orientale con^e 
La ou dedans la perle esloit absconce. 
Qui oncq n'y prit entrée par enfore. ... 
Mais remanoil entière et non e//'onee 
Et parmaindra sans fin et jusqu'à ore. 
(G. CH.4STELLA1N, Loucnge a la très glor. Vierge, 
vin, 2S2, Kervyn) 

EPFONciER, - sier, - cer, - sser, efoncer, 
esf., verbe. 

— Act., défoncer : 

Le remeiguant (des tonneaux) fut efoncé 
par vos gens. (Lett. du 18 nov. 1341, ap. 
Lobin., II, 488.) 

Pour refaire pliiis. des seaus de quir de 
le ville qui furenl enfonsset et depechietau 
feu qui... {Consaus de TournayjlSSTjn" Vf, 
Arcb. mun. Tournay.) 

Ou tables furenl mises, et aussi les 
queues dé vin efjonsees sur les bous. (J. Le 
Fevre, Chron., I, 181, Soc. de l'H. deFr.) 

— E/foncier les vins, les répandre après 
avoir défoncé les tonneaux : 

Sur ce que les echevins disoient qu'ils 
avoient le jugement des vins, toutefois 
que doute y chiet s'ilz sont souffisans de 
estre vendus ou de estre comme mauvais 
effonsies et esp'andus... (1359, Accord, etc., 
Arch. admin. de Reims, t. III, p. 153.) 

Effonçoientles vins après ce que tout leur 
saoul en avoient beu. (Jtrv. desUrs., Hist. 
de Cliarles VI, an 1382, Michaud.) 

— Réfl., se défoncer : 

Le tounel chiet et s'esfonce a un autre 
sur quoy il chiet. {Cout. de Dieppe, f'Z v°, 
Arch. Seine-Iuf.) 

Le tonnel detfraude et chiet et se pert et 
s'effonce sur ung aultre. (Coiist. de Bret.. 
f» 210 v°.) . 



EFF 

— Effoncié, part, passé, défoncé : 
Queues de vin effoncees. (S.-Remy, Mém., 

~ch. XLiv, Buchon.) 

Morvan bourguignon, Saint-Martin-de- 
la-Mer, tonneau effoncé, tonneau défoncé. 

2. EFFONciER, voir Enfoncier. 

EFFONDEMENT, - undement, adv., lar- 
gement, avec abondance, profusion : 

Dont ils le remercièrent huml)lemeut, 
en baisant la terre, et pleurant effonde- 
ment. (Juv. des Urs., Hist. de Charles VI, 
an 1394, Michaud.) 

Les yeulx luy ploroient tant effundemenl 
qu'il en avoit la poictrine toute mouillée. 
(Perceforest, vol. VI, ch. 8, éd. 1528.) 

EFFONDER, - drer, effronder. effimder, 
verbe. 

— Act., couler à fond, submerger, au 
^propre et au figuré : 

Orguez ocist, orguez effronde. 
Orgnez fait que nus biens n'abonde. 

(17c des Pères, Ars. 36il, f l.Sl''.) 

Et s'file (la nef) est effundee do tôt, iloe 
ne convient point de prove, fors le parent. 
(Liv. de josl. el de plet, vu, 3. § 2, Rapetli.) 

Car il avoit bien huit cens personnes en 
la nef qui tuit fussent sailli es galles pour 
Innr cors garantir, et ainsi les eussent 
eff ondées. (Joinville, cxxii, Wailly.) 

Pour leur paine de pluiseurs des siaus 
de quir repeskier en l'eawe qui effondrel 
estaient. {Compte de 1372, Arch. mun. Va- 
lenciennes.) 

Ungbatteauc/T'ondeet perillé en la rivière 
de Loire. (Mai 1390, Bibl. Rlois, joursanv.. 
Rôles, Lxxix.) 

— Renverser : 

De lances on de glaives tantost i'e/londeront. 

(,Gir. de Ross., 431, Mignard.) 
Chil qui les sommiers effondrèrent et 
reversèrent trois de leurs mules tout char- 
gies. (Froiss., Chron., II, 404, Kerv.) 

— Neutr., couler à fond, être englouti : 
Ausi effondra sains Pieres en la mer 

sitost comme il ot paor. [Arlur, ms. Gre- 
noble 378, f» ^4^) 

EFFONDRE, effundre, esf., verbe. 

— Act., répandre ; 

Es quarfoui's des rues, especiallement, 
estoient bestes ïaulvages de diverses ma- 
nières, dont les unes incessanment effon- 
doienl vin, et les autres claré, et les autres 
ypocras ou let. (Wavrin, Anchienn. Chron. 
d'Englet., t. Il, p. 372, Soc. de l'H. de Fr.) 
Sur toute cliar qui vivera 
Dit Joël, qui de nous le prit, 
i'eU'onderay mon esperit. 
(GiiEBAN, Mist. de lapass., 3ill2, G. Paris.) 

Sa mère effundoit larmes irrémédiables, 
disant... (Fossetier, Chron. Marg., ms. 
Brtix. lOSll, V, V, 12.) 

11 ordonne plusieurs et divers medica- 
nieus tousfrais estre digérez au bain Marie, 
par quatre jours tousjours eu y effondanl 
eau de vie. (EyoNiME, Trésor, c. xxx, éd. 
1555.) 

— Disperser, dissiper : | 
Dieu ne veult pas que les richesses j 

soient effondues, c'est a dire en tout temps 
dispersées. (Traicl. de Salem., ms. Genève 
165, f 234 r«.) 



EFF 



11 



I — Neutr., s'écrouler : 

Les estages (des tours) qui estoient près 
I des couvertures, estoient de fortes pierres, 

qui ne povoient effondre pour jet de pierres 
' d'engins ne d'espringales. (Froiss., Chron.. 

XII, 204, Kerv.) 

— Effondu, part, passé, amaigri : 
Maigre et remis et despané, 
Frieleux, pale et effondu. 

{D'un Vilain quitte dont, escumen., Ars. 332", 
f» 148».) 

De garir chiens effondus et fongueulx. 
(Modus, ms. Valenciennes 602, f" 208''.) 

Et estoient leur cheval mort de froit et 
effondu de povreté et de faim. (Froiss., 
Chron., X, 399, Kerv.) 

Qui estoient si fouUel et afammet, si 
esfondut de froit et de pleuve, et si des- 
froissiet de leurs povrez selles. (Id., ib., I, 
279, Luce, ms. Amiens, f» 11.) 

EFFONDREEMENT , adv., impétUBuse- 
ment : 

Des lors vous ne courouciez vostre es- 
previer, et que rien ne l'approuche sou- 
dainement, effondreement ne tempesteuse- 
meut. (ilénagier, II, 306, Bihlioph. fr.) 

1. EFFONDRER, verbS. 

— Act., répandre ; 

Tu es benoist. Sire Dieu, qui as délivré 
Israël qu'ils neffondrast mye mon sang. 
(Perceforest. vol. VI, f- 124', éd. 1528.) 

— Neutr., se répandre : 

Les testes se destranchent et e/fondrent boiai. 
(J. BoDEL, Sax., CMxvui, Michel.) 
Et le froidure grande nous va tout engelant, 
Li membres nous effondrent et derrière et devant. 
(Vœu du Hairon, 366, éd. Mons.) 

— Se jeter, se précipiter sur : 

Mist sus les gens du pays et s'en alla, 
par nuyt, effondrer sur leur logis, et les 
rua jus. (J. Le Fevhe, Chron., I, 296, Soc. 
de l'H. de Fr.) 

Quand je serai en lieu ou en place que 
je pourrai veoir lesdits infldelles, je met- 
trai peine d'estre avec la première ensei- 
gne de ma nation qui sera a effondrer de- 
dans eux. (M. DE Coossy, Chron., ch. 
Lxxxviii, Buchon.) 

Et lors les gens d'icellui conneslable, 
tant hommes d'armes comme archers, en 
eslevaut grans cris, commencèrent de 
toutes pars a ferir et effondrer en eulx, et 
les navrer et occire cruelement. (MoNS- 
trelet, Chron., I, 89, Soc. de l'H. de Fr.) 

Les dessusdiz Anglois ce voians. de hardi 
courage effondrèrent en eux, et finable- 
ment les mirent en desroy. (Id., ib., I, 201.) 

Philippe fut le premier qui effondra sur 
la sacrée compagnie des Thebains. [Tri. 
des 9 preux, p. 708 , ap. Ste-Pal.) 

2. EFFONDRER, Voif EFFONDER. 

EFFONDRERiE, S. f., démolition, ren- 
versement : 

Quant est d'engins, canons, artillerie. 
De bombardes et telle droguerie. 
Moult largement en eussiez veu fiuer. 
Pour desmollir, et faire effondrcrie 
De murs, carneaulx, et grunt tempesterie 
Tant qu'on n'eust pas oy du ciel tonner. 
(IMartial, Vig. de Cliarles 17/, C m v», éd. 14'j:i.) 

EFFONDREUK, S. 111., quî fait plier : 



12 



EFF 



Effondreur de destriers. (Monstrelet, 
Chron., U, 45, Soc. de l'H. de Fr.) 

EFFONDRiEUE, S. f., fondrière : 
Le cheval, par b.itre et flageller, et le 
beuf, par force d'anuillonner diirevuent, 
tirent liors leurs voiclures des ellondriei es 
et mauvais passâmes iAl. Cuart-, Quadr. 
invect-, p. 437, éd. 1617.) 

EFFONDREUUE, S. f-, effondrement : 
Plusieurs ruisseaux avoieiit souvent de- 
couru, tellement qu'ilz avoient fait grans 
effondreures et cavernes et cave le chemin 
bien profond. {Q. Curse, iv, 8, éd. 1534.) 

EFFONDROiEK, V. n., couler à fond, 
être englouti : 

Mes la croiz on Jhesns livra 
Son cors, de lui me délivra, 
Qoe aler le tî tornoiant. 
Parmi la mer etfondroianl. 
( Percerai , ms. Moolpellier H 219. t° 268°.) 

Cf. Effonder, effondrer. 

1. EFFONSER, V. a. •? 

11 meist sa flèche, commença a effonser 
l'arc pour tirer. (Le Maire, IHustr., 1. III, 
f» 23 r».) 

2. EFFONSER, VOif EFFONCIER.'' 

3. EFFONSER, VOlf ENFONCIER. 

EFFONSiER, adj., foncier : ' 

Renies effonsiercs. (1507, Prév. de Mon- 

treuil, Coût. loe. du baiU. d'Amieus, II, 

680, Boutliors.) 

EFFORAIGE, VOir AFORAGE. 
EFFORCE, voir ESFORCE. 
EFFORCEMENT, VOlr ESFORCEMBNT. 
EFFORCEOR, VOlr ESFORCKOR. 
EFFORCHAGE, VOir ESFORÇAGE. 

EFFORCi, voir Esforci. 

EFFORCIDLE, VOir EsFORCIBLE. 
EFFOaCIDLEMENT, VOir ESFORCIBLE- 
MENT. 

EFFORCIEMENT, VOif ESFORCIEMENT. 
EFFORCIER, VOif ESFORCIER. 

EFFORCiLLONS, S., m. pi., sorte de 
pépie : 

A cause de la douleur provenant du 
rhume froid, le plus souvent les oiseaux 
ne peuvent honnemeut ouvrir les yeux, ne 
les tenir ouvers, et de ce mal renaissent 
quelquefois plusieurs autres maladies, 
comme la tave en lœil.... et parfois leur 
en vient la pp"|iie en la langue qui s'appelle 
les efforcillons. (Du Kodilloux, Faucon- 
nerie, f 15, et Franchieres, il, 7.) 

Ponr osier des naseaux milles et barbillons, 
La pépie en la langue, ou les e/J'urcitlons, 
Use d'huile de lin. 

(Dd Chesne, Six. lin. du grand miroir du monde, 
p. 87, éd. 1588.) 

EFFORCES, S. f. pl.,tenaillcs, pincettes : 

Une barre de fer pour rostir, des efforges, 

un gofrier, un garde feu de fer pour les 

enfans. (Coût, de Valenc, Nouv. Coût. 

gén., t. Il, p. 237.) 



EFF 

EFFORT, \oir ESFOUT. 

EFFOSSER, enf., V. a., creuser, arra- 
cher : 

Force que li oste corroient muchier lor 
cozes et dire : « J'ai ce perdu», por eus 
oster du damace, ou pour embler les cozes 
a lor ostes meismes, il convient que ce 
soit prové par meson effossee, ou par -wis 
ou par huce brisies, la u les cozes estoient. 
(Beaum., Coût, du Beauv., c. xxxvi, 7, 
I3eugnot.) 

S'on le trueve de malvese renommée, il 
ne doit estre creus ne por meson enfosses, 
ne por huce brisie. (Id., ib.) 

Plusieurs d'iceuls effosserent leurs yeulx. I 
(Fossetier, Chron. Marq., ms.Brux. 10512, 
Vlll, II, 25.) 

Puis eut les yeuls effosses, et arain fondu 
en ses oreilles le priva de vie. (iD., ib-, 
23.) 
EFFOssEL'R, S. m., cclul quî creuse : 
Convoiteux de sang et effosseurs de 
plaies. (Chron. et hist. saint, et prof., Ars. 
3515, f» 152 r.) 

EFFOUAGE, effouhoige, s. m., af- 
fouage ; droit de prendre dans une foret la 
quantité de bois nécessaire pour se chauf- 
fer : 
Marrenage, effouage et closure des terres 
; gaignables. (1383, Ord., Vll, 32.) 

A moi competer et apartenir plein usage 
et effouage en bois de Touche. (Ch. de 1505, 
Preuv. de l'Hist. de Bourg., II, cCLXXXtiI.) 
Et en icpulx (bois) pourront prendre et 
enmener tout mort boys pour leurs né- 
cessitez et effouhaige. (1510, Affranchisse- 
ment des habitants d'Amoncourt ; Rev. des 
Sociétés savantes, T série, t. III, 2' livr.) 

— Redevance due par chaque feu ou 
chaque famille : 

Sans ce qu'il fut jamais travaillé d'aul- 
cunes affouages, gabelles, emprunts. (J. 
MoLîNF.T, Chron., ch. xxxviii, Buchon.) 

— Ce qui sert à chauffer : 

S'il le Toil (l'arbre) an retour sans fiieille langnis- 
[sant, 
Desnué de rameans, VefTouage etla proye ^ 
Du bûcheron panlhois, en soy-mesrae il s'effroye, 
Plaignant l'iufirraité du monde périssant. 
ICuASSicxET, ilespris de la vie, cxxsi, éd. ISOi.) 

EFFOUAG1ER, - uoger, Tf. n., prendre du 
bois de chauffage : 

La dicte dame Margarite ha receu grant 
quantité d'avoinne appartenant a la dicte 
confesse laquelle dévoient plusours des ha- 
bitants de Soudry et des leux voisins pour 
cause de ce quU'effuagent es bois et fores 
de Nuefehastel. (1378, Ch. d'Isab. C'"' de 
Neuchdlel, Arcli. du Prince, D9, n» 4.) 

EFFOUCHERBR, vcrbe pris subst., droit 
de prendre du bois de chauffage ; 

Le pasturage et Veffoucherer. (1247, 
Rougeou, Arch. S 5019, suppl. n" 10.) 

Cf. Afouer. 

EFFOUDRE, VOiF ESFOLDRE. 
EFFOUDRER, VOir ESFOLDRER. 

EFFOUiL, voir Effoil. 
EFFOUiR, V. a., creuser : 



EFF 

Effouir les puis. (Chron. et hist. saint, 
et prof., Ars. 3518, f" 226 r».) 

Ils effouoient caves en terres esqueles ils 
muchoient euls, leurs femmes et leurs 
enfans. (Fossetier, Chron. Marg., ms. 
Brux. 10312, IX, m, 10.) 

EFFOUEIL, voir Effoil. 
EFFOURCHER, V., t. de vëncrie : 
Metz les cuisses d'ung cerf contre terre, 
jointes lune a l'autre, si que la queue du 
cerf soit contremont ; puis effourche les 
deux jambes du cerf pardevers la queue. 
(Modus et Racio, f 16 r», ap. Ste-Palaye.) 

EFFRAAIMCE, VOIF ESFHEANCE. 
EFFRAEEMMENT, VOir ESFREAMMENT. 
EFFRAEMENT, VOir ESFREEMENT. 
EFFRAER, VOir ESFREKR. 
EFFR.\IEMENT, VOir ESFREEMENT. 
EFFRAIEURE, VOir ESERAIBURB. 
EFFRAIN, VOirESFRAIN. 
EFFRAINDRE, VOIF ESFRAINDRE. 
EFFRAINTE, VOir ESFRAINTB. 

EFFRAis, S. m., frais : 

Les effrais des nopces. (Compte de 1582, 
Arch. Cossonoy.) 

A Mons. le banderet pour les effrais par 
lui soustenus a la venue de messeigneurs. 
(yl(/oca(., juin 1587, ib.) 

EFFRAISSEJIEiNT, VOir ESFRBISSBMBNT. 
EFFRANGE, VOir ESFREANCE. 

EFFRANCHE, S. f., ridelle, pièce de 
bois qui règne le long des côtés d'un cha- 
riot OU d'une charrette : 

Print un bastou appelle egranche, ou ri- 
delle de charrecte. (Lett. de Cit. YI, Arch. 
JJ 172, pièce 12.) 

EFFRANCHIR, VOlr ESFRANCHIR. 
EFFRAOUR, VOir ESFREOR. 
EFFRATRER, VOir AFEUTRER. 

EFFRAUDiR, V. a., donner avec parci- 
monie : 

Ainsois eurent de riches dons du noble 
conte, qui ne effraudi oncques les termes 
de largesse a toutes gens qui le vouloyent. 
(Le chevalereux Cte d'Artois, p. 19, Bar- 
rois.) 

1. EFFRAY, voir ESFROI. 

2. EFFRAY, S. m., infraction : 

En effray del peas. {Stat. d'Edouard III, 
an II, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

EFFRAYEMENT, VOir ESFREEMENT. 

EFFREAGE, S. m., chose effrayante : 

Ne mandeii a .G. leii etfreage. 

(Gér. de Rossill , p. 311, Michel.) 

EFFREANCE, VOir ESFREANCE. 

EFFREEMENT, VOir ESFREEMENT. 

EFFREER, VOir ESFBEER. 

EFFREINTE, VOir ESFRAINTB. 



EFF 

BFFREINDRE, Voir ESFRAINDRK. 
EFFREIK, voir ESFREIR. 
EFFREISON, VOir ESFREISON. 
EFFREMIR, VOir ESFREMIB. 
EFFRENER, VOif ESFRE.NER. 

EFFRESLEK, V. a., mettre en mor- 
ceaux : 

La grans cloche de no clochier 
Qni ne se degne mie lochipr, 
Se n'esl pour fii on pour meslee, 
Brisie fu et efreslée. 
(G. DE Coi.NCi, Uir., ap. Duc. Efrangere.) 

Morvan. e/fràler. 

EFFHEsoi-RE, S. {., instrument à cha- 
peler le fromage : 

Une effresoure de fromaipe. (5 fév. 1394, 
Inv. de meubles de la mairie de Dijon. Arch. 
Côte-d'Or.) 

EFFRESSURER, VOir EfFROISSUHER. 

EFFRETER, effriter, efriter, v. a., ef- 
frayer, effaroucher : 

Adouc quant les Anglois la vireat. 

Et qu'ilz en scenrent la vérité. 

Par despil tantost s'en fouyrent. 

Et fui chascua bien eljrelé. 
(MiRCiAL, yig. de Ch. 17/. f" 6^^ éd. 1493.) 
Slyge, Acheroû, songes d'hommes creinlifs, 
Pieça plus n'efritent personne 
Que quelques eofans bien petis. 

(J. Doublet, Poés., p. 37, Jouaust.) 
Lequel (cliien barbet) vint courir après 
une coTiip.iguie de boiires qu'il trouva sur 
le fumier, lesquelles effrita si bien qu'une 
d'entre elles en Yolant alla tomber dans 
ledit puits. (iVouu. Fabriq. des excell. traits 
de vérité, p. 46, Bibl. elz.) 

Le passant qui n'estoit facile a effriter 
mit a l'instant la main a l'espee. ilb.. o. 
70.) ' ^ 

Dont ledit de Forpst se trouva d'abord 
tout effrité. {Ib., p. 173.) 

On rencontre encore effriter en plein 
xvii° siècle, au moins dans des textes 
normands : 

Grand bande effrittée. (Ferband, Inv. 
gén. de la Muse norm., 16ob, p. 79.) 

En Bretagne, Côtes du-Nord, canton de 
.Matignon, on a gardé le mot effruler, pour 
signifier effrayer. H.-Norm., vallée d'Yères, 
effriter, être affreux. 

EFFREUR, voir ESFREOR. 
EFFRIj voir ESFROI. 

EFFRicHER, V. B., défficher; flg., grat- 
ter ; 

Il a l'orifice du fondement constipé, et 
^lui deult, a ceste cause il effriclie avec le 
bec, tant qu'il en fait saillir saui;, et l'es- 
corcbe. (Tardif, Fauc, I, 142, E. JuUien.) 

— Effriché, part, passé, défriché : 

Nos pastis effriches, aux boys haute fulayes. 
Nos près sans reverdeur. 

(L. Papo», Paslor., 1, i, éd. 1857.) 

EFFRIOUAN, voir AUFRICAN. 

EFFRISER, voir ESFRISER. 



EFF 



1. EFFRITER, Voir Effreter. 
t. EFFRITER, VOlr EFFRUITIER. 

1. EFFROI, S. m., sorte de vaisseau de 
guerre : 

Tout droit a port de mer Turent prestz lez liarDois. 
Navires et callans, galees et e/frois. 

(Ciperis. Richel. 1637, f° 58 t».) 

2. EFFROI, voir Esfroi. 

EFFROiABLE, adj , au scns actif, celui 
j qui jette l'effroi, la terreur : 
Je vis tomber l'effroi dessus les elfroiahles. 

(A. d'Adbigne, OEuv., 1. I.) 

EFFROTCEMENT, VOir ESFORCIEMENT. 

EFFRoiDiER, V. a., refroidir, rafralchif : 

A .1. arpant se tint por son cors e/froidier. 
(Gutleclins deSass-, Riche!. 368, f 136''.) 

EFFRoiDiR, - oydir, verbe. 
— Act., refroidir : 

Li ors est rouge, et est plus tost effroidis 

que li fers. (Cyrurgie Albugasys, ms. de 

Salis, f» 102'.) 

Il estoit aussi chault que une tostee, mays 

I je l'ay effroydy, or rel'roydy bien asses. 

I (Palsgb., Esclairc. p. 498, Génin.) 

! — Réfl., se refroidir: 

L'esprevier.. se effroidixt et attardist, 
quant il est foulé ou firi'vé par les oiseaulx. 
(Ménagier, II, 282, Biblioph. fr.) 

' EFFROIEMENT, VOir ESFREEMENT. 

EFFROIOUR, voir ESFREOR. 

EFFROissuRER, effrcssurer, v. a., arra- 
cher la: fressure, les entrailles à : 

lUec tu verras tu très amee femme Ce- 
sonia, laquelle tu feiz occire et effroissurer 
par l'espee d'ungtien centurion. (Boccacë, 
Nobles malheureux, vu, 3, f" 173 v", éd. 
1515.) 

Mettez vos mains aux plommeaux, ef- 
froissurez les honmes inaocens... (Id., ib., 
f» 228 v°.) 

— Fig. : 

Ils ont sublimé, effressnré, et hypocon- 
drillé la jurisprudence. {Moyen de parvenir, 
p. 120, éd. s 1. n. d.) 

EFFRONCHIER, VOif ESFRONCHIER. 
EFFRONDER, VOir EfFONDER. 

EFFRONTABLE, adj.. Impudent : 
Une (chose) outrepasse des aullres, ef- 
frontable et hideuse eu presenlacion, se 
vient présenter a ma plume. (G. i^hastell., 
Cliron. des D. de Bourg., 11, 1, Buchon.) 

EFFRONTEMENT, S. m., ïmpudence, 
effronterie : 

Procacitas, effrontément, ^ eshontement. 
(R. Est., Dictionariolum.) 

Impudence et effrontément. (ID., ib.) 

Si tes semblables te rcsemblent en si- 
mulation, tu les surpasses en ['effrontément 
de ton visa-ie, n'ayaut lionte de te présen- 
ter devant les femmes de bien. (Lariv., la 
Veuve, IV, 6, Bibl. elz.) 

Tellement que je m'esbay fort de quel 
effrontément et impudence osent dire a 
Dieu telle gens : Pardonne nous nozpecbes. 
(Pahadin, Bist. de Lyon, p. 385, éd. 1S73. ) 



EFF 



13 



EFFRONTER, VOir ESFRONTBR 

EFFRONTEUx, adj., impudent : 

Garde toi des laides paroles, car qui s'i 
abandonne il en devient vergoingneux et 
effronteux. (Laurent, Somme, ms. Sois- 
sons 20S, f» 132''.) 

EFFROUER. Verbe. 

— Act., réduire en miettes, en pondre, 
: émietter, égruger : 

Puis mettre et effrouer un peu de sel 
broie sur la plaie. (Cotereau, Colum., viii, 
S, éd. 1555. J 

En jectant un peu de vinaigre dessus, 
ou du verd de gris esmié eieffroué dessui. 
(Id., ib., VII, 5.) 

— Réfl., s'émietter : 

Le quatrième cinnamome est spongieux 
enflé et bossu ; il n'est de grand pris, et 
s'effroue ou brise aisément. (Du Pinet 
Dioscoride, i, 13, éd. 1605.) 

Il était encore usité dans la première 
partie du xvii" siècle : 

Effrouer, ou esmier. - Effrouer dedans 
ou parmy. (Duez, Dict.-fr. allem.-lat.) 

Il est aussi consigné dans le Diction- 
naire étymologique de Ménage. 

Effrouer, pour dire émietter, s'est con- 
servé en Picardie et dans la H.-Norm., val- 
lée d'Yères. 

Cf. Afrouer. 

EFFROYEMENT, VOlr ESFREEMENT. 

1. EFFROYER, VOir ESFREER. 

2. EFFROYER, VOir ESFROIER. 
EFFROYEIJR, VOlr ESFREOR. 
EFFROYSSEMENT, Voir ESFREISSE.MENT. 
EFFROYSSON, VOir ESFREISON. 

EFFRUiTiF.R, effructier. effritier, v. a., 
rendre stérile, épuiser, amaigrir, en par- 
lant d'une terre : 

Gel vent (du midi) effruite la terre et 
nuist as Hors. (Psaut., Maz. 258, f» 94 r«.) 

— Cueillir les fruits de ; 

Effruicter, to take or galber Ihe fruit of. 

(COTGR.) 

— Par extens., épuiser : 

Nuls n'y pescha. fors le seignear tondis, 
A plaine eaue, sanz rompre le rivaige: 
Estât mriien en lenoit d'omme saige, 
Sanz le vouloir par eices f/l'ruili/T. 
(E. Desch., Poés., Richel. 840, f '292 r°.) 
C. effructé, c. balafré. (Rab., m, 28, 
f" 103 r», éd. loo2.) 

— Détruire, ravager ; 

Quar c'est et fu la frotefianz ente 
Qui enfer a cUntctié par son fruit. 
(G. DE Coi.vci, Chans., Poquet, p. 15, var.) 
11 convint petit a petit que li communs 
soustenist les vices de son magestire qui 
commença a aler mainte fois par empire- 
nient, si ques maintefois avint que l'en 
trouvoit a paines un vaillant homme en 
la cité de Romme, aussi comme se la cité 
fusl effruictee ne n'en peust mes jecter nul 
preudomme. {Rom. de J. Ces., Ars. 6186, 
f° gj.) 



14 



EFF 



EFF 



EGA 



— Consommer inutilement : 

Mes jours y ai loiiz eZ/ritez, 
Et perda mon temps et m'enlenle. 
(G. DE Coi.NCl, itir., ms. Soiss., f 8-2'.) 

Maint jor j'ai tous effruites 

El perdu mon tans et m'entente. 

(iD., a.. Ars. 3527, f° 152».) 

EFFU.\GiER, voir Effocagier. 

EFFUBLEB, VOif AFUBI.ER. 

EFFUEiLLU, cffeuiUu, sà']., qui est sans 
feuilles : 

Arbre effeuillé ou effeuilln. (La Porte, 
Epilh.) 

Branche^ fueillue ou effeuillue. (1d., ib.) 

EFFUiR, - vyr, - oir, v. a., fuir, éviter : 

Qui les péchiez vient e/foir. 

(G. DE CoiNci, Mir., ms. Brnx., f° ISS"^.) 

Et croy certainement qu'ilz ne effuyront 
liasîa très firande lumière de Dieu. (BouR- 
GOING, Bat. Jvd., I, 32, éd. 1530.) 

Effuyr quelque mal. (R. Est., Thés., 
Vite.) 

EFFUiTiÉ, e/'Mîtie, adj., fugitif : 
Effugus, efuilié. {Catholieon, Richel. 1. 
17881.)" 

EFFUMACiON, - Uoii, S. f., actlon de 
jeter de la fumée : 

Pource appert il que la pluie ne doit 
pas astre grande trop ne trop petite ausi, 
pource que trop grande humidité confun- 
droit la chaleur dessusdite et ausi conme 
toute l'estaindroit, et par cousequens la 
soubtille tumee ne se porroit former et la 
Irop petite n'y souffîroit mye a exciter 
souftisamment la chaleur dessusdite, ou 
elle en pourroit estre soubdainement toute 
absorbée et consumée sans effumacion no- 
table, et par ainsi la bonne odeur ne se 
iiioustreroit point. (Evrart de Conty, 
Probl. d'Arisl., Richel. 210, f» 188'.) 

— Évaporation, vapeur : 

Le vin les blesse (les enfants).... par pé- 
nétration très facile, et par effumaUon co- 
pieuse. {Régime de santé, f° 2S r». Robinet.) 

EFFUMANT, adj., qui produit des fu- 
mées, des vapeurs : 

Les œufz fris... fout en l'estomac longue 
demeure et effumantes vapeurs en la teste. 
{Régime de sanlé, f» 13 v. Robinet.) 

EFFUMEii, efumer (s'), v. réfl., s'évapo- 
rer ; au fig. : 

Ainsy verroit on eslever, et avoir lieu la 
franchise de parler a un chaqu'uu, plu- 
sieurs s'effumeroient en paroles libres. 
(MONTBOUUCH., Gages de hatailte, f''38r°.) 

Courroux s'efume sans vaillance. 
(J.-A. DE Baif, les Urnes, 1. 1. f 6 v°, éd. 1619.) 

Selon Pomey, on a aussi employé effu- 
mer, pour dire esquisser, peindre légère- 
ment. 

EFFUMOUEit, affumouer, s. m., lieu 
pour le passage de la fumée : 

Faire eu chascune desdictes voultes 
uug effumoue7' de haulteur de ludicte 
plateforme qui sera sur ledict doujon. 
(26 mars 1392, Marché, Arch. Maine-et- 
Loire, E, not. Grudé.) 



Y sera faict des affumouers et mis des | 
grilles. (/6.) ■ 

EFFUNDEMENT, VOir EFFONDEMENT. i 

EPFUNDER, voir EFFONDER. ] 

EFFUNDRE, VOir EFFONDRE. 

EFFURiÉ, adj., furieux : 

Se vint présenter l'autre toute effuriee 
en samblaut. (G. Chastell., Vérité mal 
prise, p. 517, Buchon.) 

Menace effuriee. (1d., ib.) 

La mer effuriee, soubs la tranquilité 
d'ung douxventelet s'alrampe et se pacifie. 
(ID., ih., p. 53o.) 

EFFUS, part, passé, répandu, dispersé : 

Comme elle (Nynive) seroit confondue 
et destruicte par feu, effuse et du tout 
aggravée. (CouRCV, Hist. de Grèce, Ars. 
3689, 1° 144''.) 

Furent les maisons brullees et tant de 
sang effus que... (D'Auton, Chron., Ri- 
cheU 5081, t" 18 v".) 

Ne vueillez parmettre que aujourd'uy le 
sang des chrestiens, pour querelle des 
biens temporelz, soit cruellement effus. 
(ID., ib., Richel. 5082, f° 167 r°.) 

Et soit mis petit a petit au croiset ou 
est lor effus. {Ciel des philos., c. 28, éd. 
1547.) 

Par la vertu de son sang effus et es- 
pandu. [Violier des Hist. rom., c. cxxix, 
Moralis., Bibl. elz.) 

EFFUSANT, adj., dégouttaut : 

Les maius effusantes du sang des inno- 

cens. (CouRCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689, 

f» 189''.) 

EFFL'SEMENT, adv., avBC abondauce, 
profusion, largement : 

11 est plus honnorable de ne bailler rien 
du tout, que d'oster pour donner, et vou- 
loir par moyens obliques remplacer ce 
qu'une libéral prodigalité luy a fait effuse- 
ment prostituer. (N. Pasq.", le Gentilh., 
p. 104, éd. 1611.) 

EFFUSER, V. a., verser, répandre. On a 
dit, en parlant des couleurs que répand le 
soleil à son coucher ; 

Luist le sonleil et nuit et jour. 
En sa chaleur, en sa clarté ; 
Mais il est vray que l'obscurté 
Des montaignes, et la hautesce 
Du firmament, et la rondesce 
Que le souleii va pourprenant. 
Des terres le va ejfmanl. 
Quant il vient aox oc identaulx. 
(E. Deschamps, du mauvais Gouvernement de ce 
roi/aume, Richel. 840. f 4"0=.) 

EFFLSEUR, S. 111., calomniateuT, celui 
qui se répand en mensonges ou en in- 
jures : 

Ne soions criminelz ne deceveurs en 
doubles paroles, ne effuseurs nostre pro- 
chain. (CouRCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689, 
fo 32\) 

EFFUSTUMENT, S. m., échafaudage: 

A peine voyoit l'en a célébrer et faire le 
divin service en aucune des chappelles et 
oratoires d'icelle église par les effustumens 
des édifices des maisons. (1385, Arch. JJ 
127, pièce 242.) 



EFFUTAGE, - oige, s. m., bienvenue que 
paie un garçon charpentier à ses nouveaux 
camarades : 

Lesquelz compaignons conclurent aller 
veoir ung autre charpentier... pour lui de- 
mander son effutaige, comme ilz disoient 
estre lacoustume entre les charpentiers de 
par de la, quant ilz changent atelier nouvel. 
(1471, Arch. JJ 195, pièce 843.) 

EFFUYE, S. f. ? 

François Gauceu, valadier, s'engage a 
faire un estev d'effuye au moulin de... 
(9 nov. 1531," Arch. Gironde, Not., Bon- 
temps. 51-1. f» 133.) 

EFiDiQUE, voir Afidique. 

EFLATioN, voir Efplation. 

EPONGER, voir Effoxcieh. 

EFREANCE, VOir ESFREANCE. 
EFROIR, voir ESFREIB. 
EFUMER, voir EFFUMER. 
EGAIL, voir IVEL. 
EGAILLER, voir ESGAILLER. 

1. EGAL, voir IVEL. 

2. EGAL, S. m., terrain uni : 

Qnar li uns vers le bois se tindrent, 
Li autre devers la mer viodrent, 
Li tiers se mistreut eu Vegal, 
Et li quart furent en nu val. 
(CHRE.'iT., Cligel, Richel. 1420, f° 37''.) 
Il point le bon destrer qui plus tôt cort par vais 
E par tertres agnz que al très par egah. 
(Th. de Kest, Ges(e d'.ilis., Richel. 24364, 
f» 19 v".) 

Cf. IVEL. 

EGALABLE, ygaloble, adj., égal : 
Car la deité est semblable 
A Dieu le père et ygallahle. 
(Macé de la Charité, Biile, Richel. 401, f°156'',) 

EGALATioN, S. f., vérification : 
Que la solidité pour le payement des 
rentes seigneuriales soit supprimée ou or- 
donner une egalation a frais communs. 
(Cah. des par. comm. du bailliage d'Autun, 
Mém. de la Soc. édueune, 1874, p. 248.) 

egale:iient, csgallement, - aillement, 
S. m., action d'égaler, d'égaliser : 

.(Equalio, aplanissement, également. {C.k- 
LEPTN, Dict. des lang. lat., ital., etc., éd. 
1509.) 

— Vérification : 

Esgallement des mesures. (1545, Liv. 
noir, 1° 34, Arch. mun. L'ssel.) 

A Vesgallement particulier et gênerai qui 
sera faict dez mesures desdictz grains, le- 
quel esgallement desdictes anciannes me- 
sures de pierre se fera par le juge. {Ib.,, 
15 nov. 1599.) 

— Répartition d'impôts : 

Vous feictes par vos gens et officiers 
prier et requérir de par vous vos honmes 
de personne a personne de nous prester ou 
donner pour le bien de ladite paix ce qu'il 
leur plaira ; et ce que de leur franc vouloir 
ils en voudront faire, sans nulle contrainte, 
fouage, ne esgaillement, le faictes lever et 
I prandre d'elx, et autrement non, car pour 



EGE 



EGO 



EGR 



IS 



nulle chose nous ue Toudrion? qu'il en 
fust fait esgaillemenl ni fouage. (i42i, 
Aides imposées par le D. de BreL, ap. Lob., 
Il, 1001.) 

Pour faire nouvel esgallement sur les six 
bailliages du duchez de Bourpongne. (1544, 
Reg. des délib. de l'hôtel de ville â'Autun, 
Bild. Troyes, n» 711, f 63.) 

EGAi^ER, esgaler, v. n., vérifier : 
Est permis a ceux de ladite religion pré- 
tendue reformée eux assembler par de- 
vant le juge royal, et par son aulhorité, 
esgaler, et lever sur eux telle somme de 
deniers qu'il sera arbitré estre nécessaire 
pour estre employée pour l'entretenement 
de ceux qui ont charges pour l'exercice 
de leur dite religion. {Art. de la Confér. de 
Nerac, 28 fév. 1S79, m.) 

Cf. Egalement. 

EGALiii, esgalir, v. a., rendre égal, uni, 
aplatir : 

D'an cuir de cerf avoit son chief vesti 
D'un chapelet, onques nieillor ne vi, 
D'nn vici Inilon bien serré et bouilli. 
Deus ne list home, se .i. cop fust fcri. 
Que braz et poioz n'ait trestoz esgaïi, 
!Ne renpirast jusqu'au jor du juys. 

(.«0». Renuarl. Richel. 368, C 252'.) 

Esgallir deux des parquetz dudict jar- 
din. (15S7, Compt. de Diane de Poitiers, 
p. 219, Chevalier.) 

Et selon que les dictes semences crois- 
tronl et aggrandiront, tond les,..., afin que 
la haye en soit plus espesse et esgalye ou 
unye. (Palissy, Œuv., p. 49, France.) 

EGALLEMENT, VOif IVELMENT. 
EGALLETÉ, VOir IVELTÉ. 
EGALMENT, VOir IVELMEKT. 
EGALTÉ, voir IVELTÉ. 

EGANCE, esgance, s. f., égalité de senti- 
ment, juste retour ; 

Mais en altre sens m'en yir 
Quant en vos non truis egance 
(SvMoKs D'AuTiE, Clians., Poët. ms. av. laOO, 
t. 111, p. 1230, Ars.) 

— Egalisation : 

Exequations de lief. vulgairement appel- 
lees esgances. {Coust. d'Aouste, p. 127, éd. 
1388.) • 

Bas-Valais, Vionnaz, éganse, part qui 
revient à chacun dans un partage. 

EGAUDAGE, VOif ESGARDAGE. 
EGARDEMENT, VOlr ESGARDEMENT. 
EGARDER, VOJr ESGABDEH. 

EGARONNER, V. a., éculer : 
Egaronner un soulier, to tread a schooe 
ilowne at the heeles. (Cotgr.) 

EGASSER, V. a., émousser : 
Egasser, obtundere, egassé, obtusus. (Ca- 
tliol., Quimper.) 

EGAULTÉ, voir IVELTÉ. 
EGENER, voir ESGENEH. 

KGENT, adj., dénué ; 

L'n antre y a qui est gentis. 
Courtois, larges et eatentis 



A honneurer la bonne gent. 

Mes a l'ostel est si cgeiit 

Qu'il n'i a si froit comme l'astre. 

{Faune/, Richel. U6, !" 23''.) 
Il est comun a tontez gens. 
Tant aux riches comme aux ege}is. 
Et si va tout le droit chemin, 
Sans ce qu'il soit a nul enclin. 
(Cmcf, de la Bk;ne, des Déduis, ras. Lyon()07, 
f° 12M 

EGESTioN, S. f., déjection : 
Se ce est as boiaus Vegestions en ist fors. 
(Brun de Long Borc, Cyrurgie, ms. de 

Salis, fo 14''.) 

Ne pers sens, los, bien, temps, pour vile 
egestion. (Gerson, Dial. av. ses sœurs, 
œuv., III, 828'', éd. i706.) 

Geste vile egestion, [c'est a dire fiens et 
ordure. Jb.) 

Le jus de la bete est moyennement 
abstersif, lequel excite le ventre a egestion 
et évacuation. {Jard. de santé, p. 70, impr. 
la Minerve.) 

(La bete appelée duran) lasche son 
ventre et fiente contre les chiens qui la 
suyvent et les retarde pour l'odeur de sa 
fiente et egestion qui put si fort. {Ib., II, 53.) 

Le polmon (de bœuf) est de legiere di- 
gestion et de facile egestion a cause que 
de sa nature il est mol. {Régime de santé, 
f» 46 vo, Robinet.) 

Les entrailles de poule, avec les plumes, 
dilatent le boyau qui vuide la digestion de 
l'oiseau, et sèchent l'humidité superflue, la- 
quelle ne peut saillir par la egestion et es- 
mutissement de l'oyseau. (GuiL. Tardif, 
l'Art de faulconnerie, I, 35, E. Jullien.) 

EGETiR, voir Esgeter. 

EGHISLETEUR, VOir AlGUILLETEUR. 

EGiPTER, voir Ejecter. 

EGLESSE, voir AiGLESSE. 

EGLiPER, V. n., glisser : 

Lequel coup vint en eglipant sur le bras, 
et le entama jusques a los. (1385, Arch. 
JJ 128, pièce 176.) 

EGLiSETE, S. f., petite église : 
Petite eglisete. {Vie S. Magloire, Ars. 
5122, f» 97 V».) 

Nom de lieu, les Eglisottes, dans l'An- 
gûumois. 

EGLisiER, S. m., celui qui fréquente 
les églises ; n'a été rencontré que comme 
nom de lieu : 

Le chemin qui maisne aux Eglisiers. 
{Acte de 1578, Lens, ap. La Fons, Gloss. 
ms., Bibl. Amiens.) 

Il s'est conservé en Champagne, diocèse 
de Troyes : « Sont-ils pieux dans ce pays 1 
— Ils sont encore eglisiers. » 

EGLissERON, S. m., le capricorne : 
L'autre manière de licornes est appellee 

eglisseron, qui est a dire chievre cornue. 

{Quinte Curce, Richel. 15468, 1. IX, f» 363i'.) 

EGOHUER, V. n., lier les gerbes : 

Les tenanciers a domaine congeable, 
qui sont les fermiers de la Bretaigne, doi- 
vent acquitter les chef-rentes, et autres, 
charges deues au seigneur du fief, ou 



autre, s'il n'est au contraire conditionné 
par leur bail a domaine, et doivent le 
droit de champart et de terrage, quand ils 
egobneni a la cinquième gerbe communé- 
ment, s'il n'y a paction expresse de plus ou 
de moins. {Coût, de Bret , Nouv. Coût, 
g'-n., IV, 410.) 

Les paysans lyonnais emploient encore 
égobuer dans le même sens. 

EGORGETER, VOir ESGORGETEB. 
EGOUTTIERE, VOir ESGOUTTIERE, 
EGRAIGNER, VOir ESGHENER. 

EGRAissER, V. a., gTaisser : 

Qu'ilz ne soient bien tannes et egraissez 
de bonnes graisses. {Ordon. de Salins, 
1492-1549, Bern. Prost, Doc. relat. d l'hist. 
de la Franche-Comlé, p. 26.) 

EGRAPHINER, VOir ESGRAFIGNER. 
EGR.ATKR, VOlr ESGRATER. 

EGREGE, adj., excellent, distingué, 
respectable : 

Libelles diffamatoires contre les officiers 
du roy, et personnes- egreges. {Grand Cou- 
tiimier de France, p. 25, éd. 1633.) 

L'an mil vcxliin, pour l'an mil vc .xlv., 
furent élus en Consuls : egrege personne, 
maistre Raymond Bassout, doucteur en 
medeciue;sieurBernardI\oux,ditlePucraon- 
toys, marchand ; Jehan Marti, dit Rosset, 
pour aludiers ; Jehan Reynal, pour labou- 
reurs ; et Guygon Boyer, sabatier. (1544, 
Mercier, Chron. consul, de Beziers, BuUet. 
de la Soc. arch. de Beziers, t. 111 , p. 143.) 

Autant en fut résolu faire par Vegrege, 
très sage et docte collège de messieurs les 
docteurs et regens, assemblé pur l'aucto- 
rité du révérend et egrege seigneur Barte- 
lemi Serre, son primicier. (1362, Disc, des 
guerres de Prov. Arch. cur., 1" sér., t. IV, 
p. 448.) 

Les Dictionnaires de Cotgrave et de 
Nicot donnent egrege. 

— On trouve, au féni. : 

Intervient egregie et gaillarde personne 
maistre Pierre du Four L'Evesque. (L'Es- 
TOlLE, Mém., l'' p., p. 196, ChampoUion.) 

Ce mot se rencontre au xvii» siècle 
dans un texte de la Suisse romande où ce 
mot s'est très longtemps conservé : 

Contrat receu par egrege Olivier secré- 
taire ballival. (1623, Arch. Lausanne, Ro- 
mainmostier, V^ 637.) 

Sainte-Palaye remarque que les notaires 
du Dauphiné et de la Savoie donnent le 
titre à'égrège aux personnes les plus quali- 
tiées de la bourgeoisie. 

EGREGiEi'x, adj., excellent, distingué, 
respectable : 

Le petit oiselet qui s'amonstra au navire 
du Voy, avant ceste oultrageante tempeste, 
s'apparut de rechiet audit navire, et chanta 
avec les autres pour letifîer ceste egre- 
gieuse société. (J. Molinet, Chron., ch. 
cccxxxiv, Buchon.) 

Se nous voilons mettre en avant ses 
très utile et bienheureux fruict et semence 
egregietise de propagation. (In., ib.) 

EGRES, s. m., sortie : 



16 



EGR 



Dans les Tenures de Littleton.dit Sainte- 
Palaye, les mots frank entrée, egres et re- 
grès paraissent signiûer franche entrée, 
sortie et retour, la liberté de passage, la 
liberté d'aller et de venir, soit pour l'en- 
trée, la sortie et le retour. Dans le cha- 
pitre intitulé. Tenant a volunt, on lit : 

Si le lessee emblea la terre, et le lessor 
après l'einbleer et devant <]ae es blees 
sont matures, Iny ousta, uncore le lessee 
avéra les blees, et avéra franck entrée, egres 
et re^res, et de carier les blees, pour coo 
qu'il ne sçavoit a quel temps le Jessor vo- 
loit ent sur luy.(Ten. de Littl, f° W», ap. 
Ste-Pal.) 1 

Si un mese soit cessée a un homme a 
teulr a volunt, par force de ce que le les- 
see eust en le mese, deins quel mese U 
porta ses uteusiles de meason. et puis le 
lessor luy ousta, uncore il avéra frank en- 
trie, egres et regres en mi le m.es^Pf je^" 
sonable temps de carier ses biens et uten- 
siles si corne home seisie d'un mese m 
fee simple, fee taile, ou por terme de vie 
lequel ad certain biens deins lu le mese et 
faïf; ses executors, et dévies quecunque, 
après sa mort, ad le mese, uncore les 
executors averont frank entrée, egres et 
régies de carier hors de mi le mese 
les biens lour testator, per reasonable 
temps. (76.) 

EGRESSE, adj. f., aigûe : 

Pins près (te nons ses cours appronche, 
Et plus fort quant vers Tangien louche. 
Le cercle et la lune ronde 
EsloiDgnent le centre du monde. 
Et trait son nom de pointe egressr. 
(Le Fevre, la rieille, m, 4461. Cocheris.) 

EGRESSioN, S. t., Sortie : 
Anres Vcqression et vssue d'Egipte. {Mer 
' deshystoires.t.hf 151". éd. 1488.) 

— État de ce qui est saillant : 
Rougeur et egressions des ieuz. (Brun 

i)K Long Bobc, Cyrurgie, ms. de balis, 

f» 39'.) 
EGRET, S. m., nom d'oiseau : 
Auquel aunoy couvent et ponnent les 

hérons, buthoereaux, egres, vales et moult 

d'autres oyesseaus. (1366, Coutances, Arch. 

J 223, pièce 18.) 
EGREVÉ, adj., fatigué, excédé : 
Us sont désormais las, egrevez, épuisez 

( HOLIERES, Contes, f 197, éd. 1610, iu-i2.) 
En Touraine, remarque Sainte-Palaye, 

on dit egravé, pour désigner un bœuf 

outré de fatigue. 
EGRiNGAON, s. m., engin de pèche : 
Toute manière de gent qui maignent es 
bournes de l'eaue peuest aller en toutes 
manières d engins dedens les herbes que 
on apeUe bourde, et doit on faire les 
eqringaons de telle manière d'engins d aus- 
be espiue, et les doit en corder de soie de 
cheval. (Coût, du /iffde l'eau, transcr. au 
xV s. dans le Lir. des Jures de S. Ouen, 
f» 138 r°, Arch. Seine-Inf.) 

EGRiPE, S. t, griffon : 
Egripe, s. f. — Grvpe, a beest. ( PalsgrAVE, 
• Esclairc. de la tang. franc, p. 228, Génin.) 

l. EGROT, engrot, s. m., maladie : 

Dont mainte sjent i'cngrot morul. 

^Wace, Krul, -21 '4, Ler. de Lincy.j 



EGR 

t. EGROT.Tangrout, adj., malade: 

Je ai Tesqni longuement, foibles sni et angrout. 
(Bible, Richel. 763, f° 241''.) 
La forme d'envye estoit layde et plus 
hideuse que descripre ne scauroye, chetive 
et egrote comme femme maladive. (C. 
Mansion, Bibliolh. des Poet. de metam., 
f» 20 r», éd. 1493.) 

Dans le langage rémois on dit encore 
egrot, pour signifier malade, languissant. 

EGROTACioN, - tion, S. f., maladie ; 

Il morront de mort d'egrotacions. {Bible, 
Maz. 684, f 129»'.) 

Pestiféré egrotation. (Fossetier, Chron. 
Marg., ms. Brux. 10312, IX, i, 6.) 

EGROT ANT, adj., malade : 
Baston des membres egrotans. (Oct. de 
S. Gel., Séj. d'fcon»., 1° 77 v, éd. lo2Cj 

EGROTE, engroute, s. f.,f maladie : 
sa parole senlemeot 
Gnerissnit toni commnnalment 
De qaelqa' engroule qu'il eussent, 
S'avngle on sourt ou liepre fussent. 

(Fttbl. d'Ov., Ars. S069, P 242".) 

EGROTEMENT, cngrotement, engrute- ^ 
ment, angrolement, encroûtement, s. f., ma- i 
ladie : 1 

Mult poit aler seguremeot, I 

Ja mal creindra engrutement. 
(Marb., Lapid., Richel. 1. 14410, f" 15 r".) 
... Engrolement. 
(lo., iJ., 'ar. du ms. Richel. Î25241.) 
Or puet maogier senreracnt ; 
Car n'i a point A'encroutemenl ; 
Car nus hom de mangier n'eneronte 
Qui de la coupe boive goûte. 
Parlcn.. 103T, Crapelet.) Alias angrolement. 

Que nos giteim lors par la boche le ve- 
iiiu et Vengrotemenl de uoz péchiez. (Comm. 
s. les PS., Richel. 963, p. 282'.) 
E repleciun fet e engrulemenl, 
E fièvres engendre ensement. 
(P. D'ABERHi'ii. Secr. des secrez. RicheL 25407, 
fo 195».) 

EGROTER, engroler, angroler, engrouter, 
engruter, encroûter, eucrousler, encrulter, 
agroler, verbe. 

— Neutr., être malade, tomber malade ; 

Engruta si murut, si remest sa bobance. 

(Roii. 2' p., 3553, Andresen.) 

Mais il engrula e mnrnt. 

(/*., 3° p., 2274.) Var., encroûta. 



Dans I 



l'fu tels, pois egrola. 

(/J., 4751.) Var., engrola. 



la n'i porreï mnrir ne engruter (dans le Paradis). 
(Adam, p. 8, Luzarche.) 
Car nus hom de mangier n'encroûte. 

(Parton.. 1039, Crapelet.) 

— Act., rendre malade : 
Ensement com ordes viandes engrotent 

cors e quer del home. [Sarmons en prose, 
Richel. 19525, f 160 r».) 

— Egroté, part, passé et adj., attaqué 
par la maladie, malade, au propre et an 
flg. : 

Engroules eri. longement jut. 
Qu'il ne gari ne ne mourut. 

(Wacb, Brut, 84-25, Ler. de Lincy.) 



EGU 

Encrvtlez est, lonsoement iul, 
Qui ne gari, ne n'i mourut. 
(Id., i*., f ns", ap. Ste-Pal.') Var. du ms. de 
Bombarde : engroler. 

Meint palacion, et meint conlreit, 
Meint fevrus, et meint engroté. 
Récent par cel oile sanité. 
(In., Liv. de S. NicMay, 1394, Delins.) 
Nostre sire est mult engrotez, 
Mult malade, mult enlermei. 

(Ben., 0. de Norm., I, 1465, Michel.) 
Qui tant soit encroustes d'enfremeté mortal 
S'il i puet sejorner .1. seul jor a journal, 
Qui la tous tans ne soit en mcismes Testai. 

(Boum. d'Alix., f 44», Michelant.) 

Li mescreant seront engroté et périront 
de ta face. {Psaut., Maz. 2S8, f» 13 v».) 

Oste lo peichié de lui par quoi il est an- 
grotez et tant a la mort pardurable. (Mau- 
rice, Serm., Richel. 24838, f 69 v.) 

Qui de mal sera agrole' 

Bien en revendra a santé. 
{Le Lunaire que Salemons fist, 349, Méon, Nouv. 
B«.. I. 375.) 

Bien est li peuples asotez 

Qui de tel vice est engrotez. 
j (Macé de la Chabité, Bible, Richel. 401, fM77''.) 
I Gent engroutee et enferme. 

I (Fat;. d-Ov., Ars. 5069, t» 226=.) 

I Par quoi tel couleur engrolee 

Puisse estre changie et muée. 
! (Clef d-amour, p. 94, Tross.) 

Guernesey, agroutài, egroutaï, part. 
passé,malade, affligé,dégoiité ; s'agro«teir, 
s'egroutair, tomber malade, s'affliger, 
languir. 
! EGROTi, engruti, adj., malade : 

Cume bevanz engruliz de vin. {Lib. 
Psaltn., Oxf., Lxxvii, Michel.) Lat. : Tan- 
quam potens crapulatus a vino. 

EGUABLE, egwabfe, eugable, adj., égal, 
pareil : 

Equabilis, eugables. (Catholicon, Richel. 
1. 17881 et Gloss. de Salins.) 

Mille lemmeleltes ont vescu au village 
une vie plus equable, plus douce, et plus 
constante que ue fust la sienne. (MONT., 
Ess., 1. II, c. 12, f 204 r», éd. 1588.) 

■Voulant essaier si le mouvement de 
cete rivière, qui est eguable et uniforme, 
atendu que des chevaux tirent ce bateau, 
Voffenceroit. (iD., Voyag.,\>. 93, éd. m-4».) 

EGUAL, voir IVEL. 

BGUARDEMENT, VOÎr ESGARDEMEMT. 
EGUARER, voir ESGARER. 

1. EGUE,s. f., digue: 

Y eust aussi un grand déluge d'eaue, a 
cause de la mer qui se desborda, et ce a 
cause que les egues qui estoient du long de 
la mer furent rompues. (Journ. o«n fiourji. 
de Par. s. le règne de Fr. I, p. 422, Mi- 
chaud.) 



2. EGUE, voir IVE. 

EGUER, verbe. 

— Act., égaliser : 

Et les equera au meoz qu'il porra. (Cft. 
de 1267, Fonleueau, xxil, 29è, Bibl.Poitiers.) 

— Neutr., devenir égal: 



EIN 

I.ors besseront II tertre 
Et li Tal IcTeront, 
Le chamo H 1**^ moataigaes 
Et la mer equeront. 

(Fabl. d'Ov.. Ars. ;;0fi9. f 203=.) 

Les paysans du Poitou l'emploient encore 
dans le même sens; ils disent : Eguer un 
bâton, pour signifier l'égaliser en faisant 
disparaître les aspérités et les nœuds à 
l'aide d'un couteau. 

EGUERRET, VOir AVGRERET. 

EGUiEÉ, S. f , équité : 
Qui decet Veguieé en [est] maux reno- 
mez. (De Jostice et de plet, xix, 49, $ 2, Ra- 

petti.) 

EGUILANLEU, VOir AOUILANNECK. 
EGUILLEE, voir ESGUILLEE. 

EHEM, interjection : 

Ehem I dit le bon homme, je ne trompay 
jamais personne. (Despbriers, Nouv., xhix, 
Lacour.) 

EHO, interjection : 

Eho nng petit 
Homme de fol appétit. 
(Therence en franc., 1° 140", Verard.) 

El, voir E. 

EICETTE, voir AlSSETE 2. 

EiÉ, voir EÉ. 

EiEBROU, S. m., sorte d'arbre ; 

Eiebrou — houysocle ira. (Du GuEZ, An 
Introd. for to lerne to speke french trewiy, 
à la suite de Palsgrave, éd. Géuiu,p.9i4.) 

EiENSi, voir Issi. 

EIGASSADOUR, VOir AlGASSADOUR. 

EiGEUR, S. m., celui qui creuse la terre 
pour trouver l'eau : 

Il sera foueur ou eigeur. IHagins le Juif, 
Richel. 24276. f» 93 r".) 

EiGiER, v. a., fouiller la terre pour y 
oiiercher l'eau, pour faire un puits ; 

Il eige terres, et trait le buef pour arer et 
semer. {Hagins le Juif, Richel. 24276, 
f» 7 r».) 

A laborer la terre et a eigier, et a traire 
les métaux. (Jb., f" 35 v».) 

EiGNE, egne, voir Aisne i. 

EIGN'ELIN, voir AGNELIM. 
EIGNION, voir EiNON. 

EiGRAT, voir Aigret. 

EiL, voir El. 

EIL.UER, voir Oeillier. 

EiM, voir Ain. 

EiMANT, voir Aimant au supplément. 

EiME, voir Ain 2. 

1. EiN, voir Aine. 

2. EIN, voir Ain 2. 

EiNCES, eincies, einchieus, voir Ainçois. 



EIN 

EiNOEGRË, eynderé, s. m., propre mou- 
vement, mouvement spontané : 

Li qaens par son eindegré 
Al rei rend! la cité. 
Al reis rcndi Walerfori 
Par SUD gré e par sud cord. 
(Conq. of Ireland, 2613, IVlichel.) Imprimé, 
eiudegré. 

Quel est le eve apelé, par amonrs? 
L'em ne l'apele pas, eynz vient tous jours 
Volenters par son ejjmlerè 
Qe ja n"estûvera esire apelee. 

{Du jongleur d'Ely, p. 30, Michel.) 

Lors le roy par son ehidegré, eaunz nul 
acoupement,ousl.i ledit Hamon de s'amei- 
rauté. (Chron. de Lond., p. 45, Aunger.) 

Lire ici deux exemples des Chroniques 
d'Angleterre (ms. Barberini) inscrits sous 
la forme Ayndegré, t. I, p. 543, col. 2. 

EINDNEZ, VOirJAiNSNÉ. 

EiNE, voir Aine. 

EINÉ, voir AiNSNÉ. 
EINION, voir El.NOX. 
EINNED, voir AiNSNÉ. 

EiNNEECE, einnesce, «!/., voirAiNSNEECE 

EINON, eynon, heynon, eynung, einion, 
eignon, eygnon, eignion, enon, s. m., 
amende : 

Et ce deyt segre li burgermeister in 
tottes Ihs formes et la manière que uu ha 
acustumei de reoovrar les enons soit per 
clame ou quant il vient a notesce. (1368, 
Arch. Fribourg, i" Coll. de lois, n" 29, 
f° 12 v°.) 

Doné quant liessus, a seigre per lou bur- 
germeister corn les aultres eynons. (1369, 
ib., n" 34, t° 12 v».) 

A recovreir et requérir per lo burger- 
meister corne lo favt deis autres eynons. 
(1369, i6.,n«41, f» 13 v°.) 

Quale persone que cel soyt qui offendie 
et l'are haut ou eynons que a cellye un ne 
fasce grâce de termeynos ou de argent, 
mais payet et facze lu terme sellou ce qu'il 
avra ofleiidu einsi quau il contient en la 
lettre deis eynons seins doneir autre res- 
piet. (1373, ib., n» 64, f» 17 v".) 

Avons ordonei que se nyou fist eynon 
sus celluy ne deyt on prendre tesmoguyage 
ne provede persone qui non avroyl puis- 
sance de payer eynon. Cum bieu que un 
fareyt bant ou eynon contre celluy qui non 
avroyl puissance de payer eynon, et ausy 
cil qui non ha puissance de payer eynon 
pout iucorre eynon. Hem li quez qui yert 
provey de eynon per un soûl tesmognyage 
est pordimie eynon de l'argent. ( 1374, Arch. 
Fribourg, Aff. delà ville, n» 117.) 

Et li quelle feme qui navreroyt l'autre, 
est por .Ix. sols lausauueis. Et cilly qui non 
avroyt la puissance de payer doit jureir 
furs de la vile et les termeynos et ne doit 
retorneir tanque aie aporteit son einon. 
(Ib.) 

Li quez qui avra offendu ou incorruz 
aucous deis einons dessus dit, cil deil fian- 
cier iucontinant de payer dedaut .vill. jor 
lu dit einon. (Ib.) 

Révoquons accordablement et annulions 
le point qui est contenu in nostre lettre 
deis eignions, lequel contient que... 1387, 
Rec. diplom.de Fribourg, v, 12.) 



EIS 



17 



Il est condampnez ad la ville ou banc de 
cent solz lausann. et ung an furs de la 
ville et des termines a recouvrar per le 
burgermeistre comme les heynons. (1400 
Bégl. p. tes bouch., copie Arch. Fribourg' 
cart. !'■'•.) ^' 

Sus la poyne contenue ou rôle deis 
eygnons. (1408, Arch. Fribourg, 1" Qoll 
de lois, n» 151, f" 37 v».) 

Doit chascon donneir et paier .x. libres 
losannei per nnm de ban et de emuna 
(1410, ib., n» 173, f» 44.) 

Per la magniere que li burgermeister 
rent compte deis bans et deis einions. 
(1410. ib., n» 188, f» 52 v».) 

EiNs, vo'r Le. 

EiNsi, voir Issi. 

EiNsiNC, voir Issi. 

EiNsiNouES, voir Issi. 

EiNzcEis, voir AiNçois au supplément. 

EiNsiT, voir Issi. 

EiPE, subst., troupeau : 

Dame des alowez, eipe des berbyi. 
(Fragm. du iiii" s., dans Vllisl. lin. de la 
France, t. XVII, p. 631.) 

EiH, voir Erre. 

EiRAL, s. m., aire; maison rustique 
avec ses dépendances : 

Onze eireaux assis a Tillerusche, ou les 
esta^iersqui y demeurent... Item l'eireau 
qui fut Perrin Chenau. {Acte de 1366, Duc, 
111, 637, éd. Didot.) 

Ce mot, dans quelques provinces, dési- 
gnait le lieu propre à battre le grain. 

EIRALSIENT, VOlr ERRAUMENT. 

1. EiRE, voir 1ère. 

2. EiRE, voir Erre. 
EiRER, voir Errer. 
EiRRE, voir Erre. 
Eis, voir Le. 
EiscHiR, voir Eissir. 

EISEMENT, voir ElSSEMENT. 

Eisi, voir Issi. 

EisiL,, voir AisiL. 

EIS&IER, voir Esmer. 

Eiso, voir ICE. 

EissADE, voir Aissade. 

eissage, s. m., droit de sortie : 
Item il a esdites fermes brebiage de tiers 
an en tiers an, services de seonueeurs, en 
aoust, services de berces et de charues, 
et la court et Veissage qui sont prisiez e» 
dites fermes 40. sols. (Charte de 1310, ap. 
Duc, 114, 652, éd. Didot.) 

EissEis, voir ASEZ. 

EISSELE, voir AlSSELE. 

ElSSEMENT, cisement, isscment, i*si- 
îiienf, S. m., sortie : 



18 



EIS 



De lii suvrenitet del ciel li eisemenz Je 
iiii. {Liv. des Ps., Cambridge, xvni, 6, Mi- 
.■liel.) 

Les issemenz matinals et del vespre 
chanteut. (/b., LXiv, 8.) 

Les eissemenz de matin e el vespre tu 
déliteras. (Lib. Psalm., Oxford, lxiv, 8, Mi- 
chel.) Var., issimenz. Lat. : Exitus matu- 
liiii. 

Posud flums en désert, e eissemenz d'e- 
wes en seid. (Ib., cvi, 33.) Var., eissement. 
Lat. : Exitus aquarum. 

En Veissement Israël d'Egypte, {[b., cxin.) 
\ar., issement. Lat. : In exitu. 

EissiE, s. f., issue : 

TaQl unt Tamise amunt poiee 
Que il BDl Londres assegfe ; 
N'i Iroverenl pas granz eissies 
Ne qui feist granz envaies. 
(Ben., D. de Norm.. H, 2198fi, Michel.) 

EissiERE, S. f., voie chemin : 
Les tabernacles de ceos lii se combatent 
ans eissieres est an l'ost nostre Signor. (L» 
Kpistle Saint Bernard a Mont Deu, ms. 
Verdun 72, f" 76 v°.) , 

EissiN, voir AissiN. j 

EissiR, eischir, essir, escir, esir, exsir, 

exir, hexir, ensir, oissir, oisir, ossir, aissir, 

ussir, tixir, issir, isir, yssir, ixir, iessir, 

jjessir, v. n., sortir : 
Si escit foers de la civitate. {Frag. de 

Val V» 1. 8, Bartscb, Chrest., col. S, 

3» él) 

Imd lo dii le poples lez. 

{Passion, 40, Diez ) 

Si ussil fuers devant la cort. {Fr. de la 
Pass., Lorr., Méoi. de l'Acad. des inscr., 
XVII, 725.) 

Qae de laiens a'isil. 

(Girbert, fragm., arch. Anbe.) 
Et Fancones U quens esl de la -ville issi. 

{Les Loh., ms. Montp. H 213, f 33°.) 
nue lute la graat ewe fait isir de son bied. 

{Ckarlem., 775. Michel.) 

Bien pnet. se loi vient a plaisir 
A aueme mois de virge oissir, 
(Wace, Concept, tlostre Dame, p. 4S, Mancel et 
Trébulien ) 

Ne pooit frnii de terre eissir. 

{Brut, ms. Munich, 27-48. Vollm.) 
Soit icil poples fors eissir. 
Por les granz règnes envair. 

(Ben,, D. de Norm-, l, 3i3, Michel.) 
Col jor est Aliiandres de la cite isçus. 

{Roim. d'Alix-, fil"', Michelant.) 
Diimne tu, Deus, ki dejetas nus ? e ne 
eistras, Deus, en nos oz '.' (Liv. des Psalm., 
Cambridge, CVII, 11, Micbel.) 
De ce ke si sovent de nostre voie essomes. 
{Vie de S. Thaïs, ms. Oxf.. Canon, mise. 74, 
f 45 r».) 

Qui sunf ixu de Mez. (1214, Paix de 
Metz, Arch. mun. Metz.) 

Cel aer qni s'efforce a exir. 
(Gautier de Mes, Ymage du monde, ms. St- 
Brienc, f 30'.) 
Si soit li sondant desarmez 
Avant qne nos isson des prez. 

(Parton., Richel. 11115-2, 1° 162''.) 

Biel filz, fait il, beneit sis tn 
Que tel parole vos erl de boce ensu 
De prender Frani;e. Pnille e Montayc. 
(Aspremont, ms. Venise, Romv., p, 3.) 



EIS 

G'is(ri»'!'doa sens, ains qu'il soit ajorné. 

(Huon de Bord., 5696, A. P.) 

Du brnillet est esu Prillent de Monmiré. 

(Fierairas, Vat. Chr. 1616, f» 22».) 

Plaive et vent, air tenebros 
N'en font noisse si granl n'elTors 
Ccm s'arme ûst a ensir del cors. 
(Hercule el Phileminis, Richel. 821, t» 8''.) 

Doil ont de la prison don il n'iVron/jemais. 

{Floot'., 1300, A. P.^ 

Ne pniz soffrir n'en «.te fuer. 
{Paraplir. du ps. Eructavit, Brit. Mus. add. 
15C06. t° la'.) 

D'une ante esirent dui cinn. 
{Dou pechic d'oryueil lamier, Brit. Mui. addit. 
15606, i" IIO'.) 



Tant qui lavoit escrit on cuor. 
Ne nnques n'an he..xit defuer. 



H3*.) 



Quant li abes ot entendu 
Qu'ensi erent moine et rendu 
Oissu. 

(Mir. de S. Eloi, p. 110, Peigné.) 

Si fu si enserrez de .mi. parz que nus 
n'i pot ne entrer ne ossir. (j4rtMr, Richel. 
337, 1» 76".) 

Lors prennent les batailles a aissir de la 
vile, l'une après l'autre. (Ib., f 138*.) 

En tel manière que ele n'/froif jamais de 
l'isle en tote sa vie. (76., f» 258".) 

Un randon de sanc li comença a oissir 
parmi la destre uarille. (Ms. Richel. 1. 
17509, f" 9S.) 

Que dui enfant puisent issi{e)r ensamble 
deu ventre. (Digestes, ms. iMontpellier H 
47, f 6».) 

L'eu n'i pooit entrer ne eissir. {Est. de 
Eracl. Emp., xxiii, 17, Hist. des crois.) 

Essirent d'Aire. (Chron. Godefr. de 
Buill., Vat. Chr. 737, 1° 393».) 

Entrer et exir. (23 août 1276, Ch. de Gir. 
Chabot, Arch. Thouars.) 

Et pour ce dist on quant aucun est a 
meschief d'avoir : Il est plus povres que 
pucele qui ist de baing. {Discipl. des quatre 
âges, Richel. 24431, f ISC.) 

Sitost comme nous issimes de l'ost, les 

Sarrazins (Joinv., St Louis, p. 168, 

Michel.) 

Porquoi il estoit esu de la prison. (Arch. 
J 1024, pièce 80.) 

Il oisireni hors en mi le quemin. {Enq., 
Arch. J 1031, pièce 20.) 

Toutez fois que il essaient hors de leur 
meson. (1312, Arch. S 296, pièce 6.) 

Cil avenoit qu'il y eust nulz ne nullez 
an nul de ces leus ne de ces covens davant 
dis qui en uxissent fucrs. (1304, Cart. de 
Metz, Bibl. Metz 751, t° 28 r«.) 

De ceulx qui ne pueenl uxir de l'ordre. 
(1322, (6., f 28 V.) 
Ains itxoient fuers de leur abbaye. (Ib.) 
A mesure qu'on isteroit auz champz hors 
de la ville, chascun endroit soy se meist 
eu ordonnance de belle bataille. (Wavhin, 
Anchienn Chron. d'Englet., I, 291, Soc. de 
l'H. de Fr.) 

() ame lasche et meschante, ys du corps 
et suis Brisaida. {Troilus, Nouv. fr. du 
XIV» s., p. 208.) 

Le prevost yssoil de la ville a moult grant 
foyson de gens. (Liv. du Chev. de La Tour, 
c. cxxv, Bibl. elz.) 



EIS 

Et eseeirent sus le logeis le conte de Qen- 
fort et conmenchierent a abatre et a nieha- 
gnier gens. (Froiss., Chron., III, 278, 
Luce, ms. Rome, f» 92 v».) 

J'ai vu les dieux de terre issans et mon- 
tans. (J. DE Salisb., PoUcrat., Richel. 
2'»287, f OS"!.) 

Dessoivre de ton cors ton esperit. /s hors 
de cesl monde morant. (Liv. de vraie sap.. 
niB. Nancy 274, f» 5 r».) 

En ce temps, par une miyt Saint Martin 
d'yver, le duc Jehan yessy de Paris a grant 
puissance et s'en alla a Saint Clau. (Mém- 
de Pierre de Fenin, au 1410, Soc de l'H 
de Fr.) 

Ja pour vostre crier ne braire 
Ti'isires encor de noz prisons. 
(La Naliv. IS.-S. J.-C, Jub., ilyst., II, 44.) 
Qu lui lortroit 
Ung peu le nez, il en ystroit 
Plus de Iroys chopines de vin. 
(Faire iloralisee. Ane. Th. fr., 1, 161.) 

Les deniers qui en proviendront et 
istront. (1485, Don fait par Ch. VIII, Féli- 
bien, Hist. de Paris, III, 278.) 

Feu aspre tjssoit de sa bouche allumée. . 
(Cl. Mab., Psalm., 18, p. 180, éd. 1544.) 
La manlvaise herbe, il fanll qu'elle périsse. 
Et la brebis malsain^, fault qu'elle ysss 
Hors des tronppeauli. 
(Id., Elég., XIX, D m, éd. 1538.) 

— Eissir fuers, en parlant des plantes, 
bourgeonner : 

Le froit vint au mey mars ; et duret 
jusques a la S. Georges, tellement que les 
vignes et les arbres se tinrent dedant sans 
yssir fuers. (J. Acbrion, Journ., 1483, 
Larchey.) 

— Fig. : 

Se ne m'en venge j'en coit des sens issir. 

(Les Loh., ms. Berne 113, f" 20'.) 

Li Saine font tant dolant du roy Caelem- 
qu'il ont perdu que u poi que iL n'isent de 
lor sens. (S. Graal, Vat. Chr. 1687, f» 125=.) 

Si grant douleor en a a poi du sens a'iessi. 

(Gaufreij, 6426, A. P.) 
A petit que du sens 
N'is quant je voy que renommée 
Cnert de moy, dont sni diffamée. 
i (Un Mir. de N.-D., comm. Ostes roy d'Esp. perdi 
' sa terre. Th. fr. au m. à., p. 455.) 
. 

; — Echapper : 

Tu istras et eschapperas de ce péril. 
(Froiss., Chron., 1. 4, c. 44, Buchon.) 

— Provenir, être produit : 
Moult en islra maie parole. 

(floire et Blance/lor, i'' vers., 2730, du Méril,» 
Les damoiseles del caslel 
Maincnt gnnt joie et grant revel ; 
Ne mais qne bêle Persewis : 
De celi n'isl ne gins ne ris. 

(Parlon., 10101, Crapelet.) 

C'ainsi vonst cest monde establir 

Qne tel chose en peust exir 

Oni peast entendre e avoir 

La noblesce de son pooir. 
(Gadt. oe Mes, Ym. du monde, œs. S. Brieuc, 
t" 3».) 

Donnons... a nostre dit frère toutes 
icelles finances, admortissements et tous 
les proffiz qui en pourront issir desdiz ac- 
quez. (1379, Ord., vi, 432.) 



EIS 



EIS 



EIS 



19 



Non que j'eusse opinion qu'il pust issir 
de moy chose qui meritast d'estre mise 
devant vos yeux. (Amyot, Œuv., epistre, 
éd. Vascosan, 1567.) 

— Eissir de, enfraindre : 
Ne feroie si grant folie. 

Que de- vo cominandement issf, 
Ne jamais anui vos fesisse. 
(Ren. de Beaujeo, h Diaus Desconneus, 4928, 
Hlppeiu.) 

— Il s'emploie souvent au fig., comme 
sortir, pour dire être issu, descendre de : 

Di li qae de lai doit oissir 
Uo oir malle, qui dait venir. 

(S. Graal, 3091, Michel.) 
Tote la progenie ki issus en est et ancor 
issera. (1229, Cart. S. Yinc, Richel. 1. 
10023, f« 33.) 

Et tuit li hoir qui sunt eissu de son corp 
et eisteront encor. (1239, Ch. de Gaucher, 
sire de Nanteuil en Brie, Cartul. de S. 
liemy, Arch. mun. Reims.) 

Et u'avoit nul her de luy yessant. (1332, 
Cart. de S. Taurin, lxv, .ïrch. Eure.) 

Sanz hoirs exuz de li en mariage. (13il, 
hett. de Ph.de Val., Arch. JJ 72, f° 349 v".) 

Et a ses hers yessant de lui. (19 nov. 
-1394, Ch. du garde du sceau de Cherbourg, 
S.-Laurent, Arch. Manche.) 

Qui de noslre ligniee ystront. 

(NativUéH.-S.. Jub., Myst., H, 2-2.) 
Si de toy yealx que frnictz odorans yssent 
Fuyr ne faolt la nnict tant désirée. 
(Cl.. Mar., Chants, Ch. nnpt. de Renée, p. 251. 
éd. iaU.) 

Comment d'iceulx par lignes directes 
yssit Gargantua, père de Pantagruel. (Rab., 
Gargantua, f° 6 r», éd. lo42.) 

Aucuns disent que de luy issil Hugues 
Capet. (Kauchet. Antiq. gaul., vol. Il, 1. II, 
ih. I, éd. 1611.) 

— Dépendre : 

Et trestot l'aluet ki apent et lotes les 
droitures ki en issent. (1212, Cab. Du 
Kresne, Metz.) 

Apres la mort a la famé 11 doeres re- 
vaudra ans plus prouchiens oirs a celui de 
qui héritage il oissi. {Coût, de Norm., ms. 
Sle-Gcn.^ f° 2, Marnier, p. 7.) 

— Réfl., sortir : 

Et de ses croix fors s'en exit. 

(Vie de S. Lég., ms. Clerm., st. 25.) 
Paieo d'Arabe des nefs se sunt eissut. 

{Roi., 2810, Mûller.) 
hsons nos ent armé et fervesti. 

(Les Loh., ms. Berne 113, f 22^J 
Ist s'en liasté et a desrei. 

(Den., D. de Nom., Il, 761, Michel.) 
Lievc tost sus et si ('en eis. 
(G. de s. P.tiR. Mont S. Michel, 2610, Michel.) 
Des herberges s'en visent, n'i volent demorer. 
(Destr. de Rome, 1220, Kroeber.) 

Lors s'en csent François des loges et des trez. 
(rirrahras, Vat. Chr. ICIG, f» W.) 
Devers l'autel s'encline, puis s'en isl erranment. 
{Berle, 2631, Scbeler.) 
Tantost se oisse hors. (Voy. de Marc Pal, 
'-■. cxvli, Houx.) 

— Se dessaisir : 

Desques coses vendues devant dites je 
iii'en sui issus, dessaisis et desvestus en le 



main mon seigneur l'abbé. (1283, Cart. 
noir de Corb., Richel. I. 17758, f° 185 r».) 

— Acl., sortir de : 

11 yssy voluutairement la cité. (FosSK- 
TiER, Chron. Marg., ms. Brux. 10511, VI, 

IV.) 

— Fig., passer, dépasser : 

En quoy faisant, je ne puis encourir a 
deshonneur, puis qu'il m'en a baillié la 
licence, mais que je ne ysse les termes de 
la promesse que j'ay faicte. (Louis XI, 
Nouv., c, Jacob.) 

— Infinitif pris substantivement, sortie : 

Soie ert Bapaumes et Artois aulresi. 
Et li treus des entrer», des issirs. 

(Les Loh., Richel. 4988, C 182 r».) 
Tuit li marchant aient sauf et leur eis- 
sir d'Engleterre et venir en Engleterre. 
{Gr. charte de Jean s. terre, Cart. de Pont- 
Audemer, f° 83 v», Bibl. Rouen.) 

A vo issir feres .xii. eskievins a vo 
poùir pour le mius ke vous sares pour le vile 
warder, et cil .xll. feront .xil. autres a leur 
issir sous leur sierement. (Bans d'Hénin- 
Lîc'terd, Serment des échevins, §3,Tailliar.) 

— Eissant, part, prés., sortant : 

Le premier hnis de tontes fleurs vermeilles 

Estoit coostruict et de boulons yssans. 

(Cl. Marot, Temple de Cup., C 11 v°, éd. 1538.) 

— Locut., aoust issant, de la sortie 
d'août : 

A la feste Noslre Dame awast yssant. 
(1284, Hist. de Metz, m, 230.) 

Cis escris fuit fais le mardi devant feste 
nostre dame awost yssant. (Août 1317, 
Celestins, Maison, 1* 1., Arch. Mes.) 

— Eissit, part.. passé, sorti : 

Par poi qu'il n'est del sen eissia. 

(Ben., D. de Norm., I, 1798, Michel.) 
Berbiz tondues 
Ki del lavoir sunt eischues. 
(fiant, des canl., ms. du Mans 173, f° 72 v».) 

Crie, a poi n'est del sen esue. 

(Tristan, II, 632, Michel.) 

— S. m., descendant : 

Sans ce que ledit Henry ne nul des exus 
des devant diz monsour Rolland de Quoet- 
bual le jeune et Henry de Quoetbual, qui 
sont essus et qui pouroient nasquir, en 
puissent faire demande audit vicomte. 
(i315. Sentence, Morice, Pr. de l'H. de Bret., 
I, 1259.) 

Issir se disait encore au milieu du 
xvii= s. : 

Issir, oriri. (Duez, Compmd. gramm. 
gall., p. 80, éd. 1663.) 

Furetière l'enregistre avec cette re- 
marque : « Vieux mot qui signifloit au- 
trefois sortir, qui n'est plus en usage. » 

EissuE, essue, esue, esseue, exue, iessue, 
oissue, issue, isue, uxuwe, ensuwe, s. f., 
sortie, lieu par où l'on sort : 

E si'n ont fait une devise 

E rais en un enbuscbement 

Al esseue toi sagement. 

(Be.n., d. de Xorm., II, 41338, Michel.) 

Parmi la forest s'achemine, 

Trestotejor d'errer ne fine 

Tant qu'il est venu a l'oissae. 

{Renaît, 23633, Méon.) 



Tant qu'il a trové un marois 
A l'oissue doB bois ramé. 

(W., Î5920.) 

A Vesue de Persie. [Voy. de Marc Poi, 
c. xxxiii. Roux.) 

A chascune essue de la dite ville. (Ch. de 
1339, Prieuré de Bonue-Nouv., Arch. Loi- 
ret, H.) 

— Action de sortir, sortie : 

Les contrées seront troblees et douteront 
por tes signes, a la fin du mont : la leu.: 
oissue sera du matin. (Psaut., Maz. 258, 
fo 74 V».} 

Ne souffri mie que Pharaon leur fist mal 
a Voissue d'Egipte. (Ib., 1° 126 v".) 
Dieus garde et t'enlree et Voissue. 

{Psaut., ms. Berne 697, f 42 r".) 
Le secont an après s'oissue fu Aaron 
establiz le premiers prestres des Ebreus. 
(Chron. de Fr., ms. Berne 390, f° 9'.) 
Florence fu lors si gardée. 
Que Vessue en fu deveee 
A celz qui par deiiens esloieut. 
(GoDEFROT Dï Paris, Chron., 4233, Buchon.) 

Au troiziesme mois après Vissue de Israël 
de la terre d'Egypte. (Le Fevrk d'Est., 
Bible, Ex., xix, éd. 1334.) 

— Fin : 

As ensuwe de mardi. (Mars 1332, Dorp., 
abb. de Heiglissem, Arch. du roy. de Belg.) 

— Congé : 

Et en prenant issue demanda au roy 
si c'estoit pas ce qu'il luy avoit enchargé. 
(Juv. DES Uhs., Hist. de Charles VI, 1382, 
Michaud.) 

— Rentes ; 

Ne pregne de la terre de l'eir fors rei- 
gnables eissues. (Gr. Charte de Jean sans 
terre, Cart. de Pont-Audemer, f» 81 v», 
Bibl. Rouen.) 

Et se tant n'en i avoit (de vendange) 
d'asi boen, et ce doit fraier lou droit de 
toutes les uxuwes, et la vuudange de ceste 
vigne doit il mètre au chakeur. (1244, Cart. 
de S. Vinc. de Metz, Richel. 1. 10023, 
f" 91 r".) 

Les entrées et les isues del vendage. {Ch. 
de mai 1230, S. Aubert, Arch. Nord.) 

E les rentes et les esues e les aparte- 
nances. (Ch. de 1238, S. Aubin d'Ang., 
Cab. Grille, Arch. Maine-et-Loire.) 

totes les esues e les rentes e les apar- 
tenances e toutes les choses que il avoient 
e poeient avoir outre Leire. (Avril 1238 ou 
1239. Beaugé. Rev. de l'Anjou, t. II, 1» part., 
p. 204.) 

De moitiés de toutes les rentes, des 
profiz et des eissues de toute la conté de 
Bologne. (1261, Arch. J 1124, pièce 2.) 

La moitié de toutes les rentes et des 
profiz et des essties. (Accord, Boulogne, 
1263, Arch. J 1123,3.) 

Et ce lor doit lou disme de toutes les 
uxuwes des frus de ceu kil au vanderont. 
(1263, Cart. de S. Vinc, Richel. 1. 10023, 
1° 118 y.) 

An rantes, en isues. (1263, Cart. de 
Cliamp., Richel. 1. 5993, f 209^) 

H doit avar son rai et ses exues par toz 
nos bois. (1276, Charmes, 2, Arch. Meurthe.) 

Et prendront les fruiz et les essues de 
nos terres et de nos reules. (1276, Richel. 
Coll. Bl.-Mant., 73», 1° 244 r°.) 



2a 



EJE 



Tonz les fruiz et les essues. (1284. la 
Couture, Arch. Sarlhe.) 

Envoiies lui quanques niestiers 11 est ; 
au moins les issues de son patrimoine I 
{Chron. de Rains, c. xx, L. Paris.) 

Les fruiz, les levées et les iessnes du pré 
et du jardin. (Fév. 1304, Ch. du vie. de 
Caen, La Trinité, Arcb. Calvados.) 

Tous les fruiz. prouffiz et essues de la 
dite metaerie. (1314, Vieux Bellesme, Arch. 
Orne.) 

Les fruiz et les exues et les eraolumens 
d'icellui four. (4 fév. 1323, Cart. du S. Es- 
prit de Gray, n» 30, Arcli. Gray.) 

— Extrémités et entrailles de quelques 
animaux : 

Pour iceulx pourceaux langoier, tuer, 
faller, appareiller, et pour le salaire des 
Irippieres qui ont appareillé et lavé les 
essues et fait les boudins, 4 1. (1389, Compl. 
de l'hôt. des B. de Fr., p. 258, Douet d'Arcq.) 

La langue moderne a conservé quelques 
significations de ce mot sons la forme 
issue. 

BISTRE, islre, yslre, v. n., sortir : 

La mere mot ne savoit 
Qai entendoil sa teille a teislre, 
N'avoit pas veu sa fille eistre 
De sa meson dont ert eissne. 
(J. Le March., Mir. de S.-D., ms. Chartres, 
f» W.) 

Toutesvoies en (des .ix. eielx ou espères 
et lumières) faut il istre tous aucune foiz. 
(J. DE Salisb., Policrat.. Richel. 24287, 
h 83^) 

Jamais n'eassent (certain en soya) 
Pensé de luy bailler ce lillre 
Dnqnel ne peult que bon loz yslre. 
(Epist. à Slarol. à Sagon, el à la lliielerie , dans les 
Œuvres de llarol, éd. ITSl, t. VI, p. 139.) 

EISTREINDRE, VOlr ESTREINDHB. 

EITRE, voir AlTRE. 

EivE, voir AiGUE. 

EIWALITEIT, voir IVEI.TÈ. 

EiWALMENT, eiwament, voir Ivelment. 

EJAMDER, voir ESJAMBER. 

EJECT, part, passé, rejeté, repoussé : 

Si tiel tenant pcr le custome payant ses 
jîervices soit eject par le seigaior, que il 
.ivera action de trépasse vers luy. (LlTTL., 
Instit., 77, Houard.) 

EJECTEMENT, S. m., dépossesslonj 
en termes de coutumes, on appelait brève 
de ejeclemenl un bref de rejeltement de 
réclusion : 

L'on d ux teignont le gard des terres, ou 
lenements, durant le non âge d'un enfant, 
si l'un oustn l'autre de son possession, il 
que est ousté avcra brève de ejeclement de 
gard de la moitié. (Tenur de Lillel., f» 73 1°, 
ap. Ste-Pal.) 

EJECTER, egipter, verbe. 

— Act., chasser : 

Membres perclas de leur lien ejeelet. 
iMarcial, Louanges de Marie, f° 99 r", éii. 1-49Î.) 

— Réfl., s'élancer : 



EL 

Le saillir est dit de l'elevacion que fait 

de soy la personne en saillant ou par loing I 

soy egipter. {Chron. et liisl. saint, el prof., ^ 

Ars. 351o, f° 23 v».) ' 

EJECTION, s. f., action de chasser : 

De le seconde éjection des acatansct des 
vendans el temple. (Bit. hist., Maz. 533, 
f» lll^) 

Laquelle chose cogneue par Sarra elle 
requist Abraham de le geter hors. Apres 
ceste éjection, Hismael devint homme sau- 
vaige. (La Mer des hystoir., t. I, f" 127'", 
éd. 1488.) 

— Ejection des meubles, ordre porté par 
le parlement de Metz en 1334, de vider 
une maison, ou d'en sortir, sous peine de 
voir ses meubles jetés dehors. 

Ejection appartient à la langue moderne 
dans le sens particulier de déjection. 

EJouiR, voir EsjoiR. 

EJOUISSANCE, voir ESJOISSANCE. 

EJUNCTiON, s. f., terme de coûtâmes : 

Que par stil, une cause principale qui 
seroit intentée pour fons d'héritage d'entre 
le prétendant droict en iceluy, et l'occu- 
peur, et possesseur, doit surceoir, durant 
la cause d'ejunction et évocation de garand. 
{Coût, de Tourn., Nouv. Cout. géu., t. II, 
p. 935.) 

EJUNER, VOir.ESJEUNER. 

1. EL, eil, al, aul, au, eu, adj., autre : 

Cnm al avogle fist \'au jnr. 
(Est. de S. Aedw. le rei. 2819, Lnard.) 

E s'eo vent cum fist l'au jnr. 

(/*., 2868.) 

— Neutralement, autre chose : 

Si Tunt ferir, qae fereient il el f 

(Roi., 118S, Mûller.) 
Ferei, païen, pur el venod n'i estes. 

(/*., 3397.) 
Si's nnt laissiei : qn'en fereient il el f 
(/*., 2961.) 

E tôt por Ini, onqnes nient por el. 

(.ilexis, st. 49°. xi= s.. G. Paris.) 

Mais je désir plus l'nn que Val, 
Por çou me fait mes cuers prant mal. 
^Ben., Troies, Richel. 375, f» 102'.) 

Ke vos i sai et aconter. 

(1d., ». de Norm., II, 5107, Michel.) 

Sire, dit Carlemaigne, [ne] serat ja mais el f 

(Voij. de Charlentigne, 396, Koschwilz.) 
Tox jorz ai guerroie, que onqnes ne fis al; 
Longnement ai chose, mes ne por avoir al 
Qae ci trais .i. geot plus dnre que métal. 

(J. BoD., Sax.y CLvni, Michel.) 
Qnant il voit qu'il n'i fera al 
Toarne le chief de son cheval. 

(Rom. de Tiebes, Richel. 60, t" 7^.) 
Li nns dist nn, li autres eil. 

(Florimoni, Richel. 792, f» 8*.) 
S'a plaisir vos venoit, si parlerions à'el, 

(Gui de Bourg., 1631, A. P.) 

Qnant je fui en vos las 
Et je gisoie entre vos bras 
Dolans n'i Telles al. 

(Chans., ms. Montp. H 196, (' 4S y°.) 

Toat el ai empensé. 
(Clumt. dWnlioclie, iv, t. 1138. P. Pari».) 



EL 



Garde qu'il n'ait ne d'nn ne i'el 
Besoig. 
(Vie de S. Aleii, 478, Rom. VIII, p. 178.) 
Il dient an et pensent el 
Li traîtres felou mortel. 

(Rose. Richel. 1.Ï73, f" 21'.) 

Menti m'en ont, il n'i a el. 

(Dolop.. 4177, Bibl. elr) 
N'ai pas ancor .i. mois, vos parlâtes tôt i'aut. 
(.Floov., 656, A. P.) 
Dame, ce dit Richiers, il ne ponst or aul estre. 
(Ib., 901.) 
Desoz .1. arbre ala prendre 
Son hostel, qnant n'en pot dut faire. 
(Pean Gatinead, rie de S. Marlin, p. 104, 
Bourrasse.) 

Mes failli aveit de sna espeir, 
Kar le seignur tut el pensa. 
((7n Chival. e sa dame, ms. Cambr., Corpus 50, 
r 93''.) 

Quant li bourgois virent que li evesques 
ne lor en feroit el, si le misent fors de le 
vile. (Chron. de Rains, c. xvi, L. Parie.) 

CierteSj dist 11 rois, pour el ne Bui jou 
venus chi. (Ib., c. xxili.) 

Li asniers une chose pensse. 
Et li asnes pensse tout el. 
{De la Borgoise d'Orliens, 104, Héon, Fabliau.T, 
III, 164.) 

Atant s'en tat et A'el parla, 

(Couci, 4145, Crapelot.) 
Car mes caers et me» désirs tons 
Ne pense a et ne jonr ne nuit. 
Ne ne tent a antre déduit. 

(Ib., 3076.) 

E Bertran li respont n'atendre al. 

(Ger. de Rossill., p. 383, Michel.) 

— Il peut aussi être suivi de que, comme 
autre : 

N'i atendam eil qae la mort. 

(Brui, ms. Munich, 1016, Vollm.) 
Puis redemande se esleit 
Avenu rien el que soleit. 
(G. DE S. Pair, M. S. Micliel, 2839, Michel.) 
Bien set se uns d'ens le tenoit, 
Que il li donroit el que pain. 

(Renan, 5530, Méon.) 

— Un elel, une chose et une autre, tout: 

N'i voldreot rien leissier, un et el enporterent. 
(Garnier, Vie de S. Thom., Richel. 13513, 
f» 94 r".) 

Tant alerent parlant andni 
D'uns et d'autres, et d'un et d'el. 
Qu'il sont venu a lor oslel. 

(Gauvain, 3654, Hippeaa.) 

La ot main riche garnement. 
Maint drap de soie et de cendel. 
Assez i ot et d'un el d'el. 
Or et argent, et .lutre avoir. 

(Dolop., 2777, Bibl. eli.) 

Jal fnt la neiT apareillie ; 
Li sergent l'orent jai chargie 
Et de tables, et d'un el d'el. 
Et de cea ke fat a l'ostel. 

(Ib.. 10941.) 
D'un el d'el tout ades pensa. 

{Couci, 4934, Crapelet.) 

— Ne un ne el, ni une chose ni l'autre, 
rien : 

Ja mar dires ne un ne el. 

(Renan, Richel. 371, f» 130.) 

— Adv., autrement : 



ELA 



ELA 



ELE 



Mesire Thiebaus le vit bien, et molt en 
lu dolan?, mais ci n'en pot faire. (Comtesse 
de Ponlhieu, Nouv. fr. du xiii' s., p. 177.) 

Mere, je D'en puis et faire : 
Nicolete est de boin airo ; 
Ses gPQS cors el son viaire. 
Sa biaotes le cuer m'esclaire. 

(Auc. el A'ic, p. 5, Suchier.) 

— Dans un autre lieu : 
Puis el demain el soi galiz. 

(S. Brandan, 1360, Michel.) 

2. EL, voir Le. 

ELABORBMENT, S. m., Objet travaillé, 
ouvré : 

Qui conduisoit devant soi un char em- 
belli de toute manière de singularités 
d'antiques feuillages, molures et riches 
elaboremeiis. (Xûguier, Hist. Tolos., p. 17, 
éd. 1S36.) 

EL.ACION, - tion, eUacion, elaction, s. t. 
action d'élever, de s'élever, de soulever ; 

Par tel seigaear soDt en elaclion. 

(EisT. Desch., Poh., II, 155. A. T.) 
Par la grand fonlle esmeiie 
Des combaiaos qui font en plein joor soardre 
Obscnrilé i'elalion de ponldre. 
(La BoRDERiE, Voy. de Constanlinople, p. '2i, Lyon 
l5i-2.) 

— Augmentation : 

Mais après par ellaeton 
Et par mnlliplicacion 
De deniers vindrent frainz dorez. 
(Le Chape! des trois fleurs de lis. ms. Berne -217, 
f" 76".) 

— Au sens mor., exaltation desol-mème, 
gonflement de vanité, enorgueillissement, 
orgueil : 

Par tant ke il vit l'omme de si grande 
vertut, si désenflât envers lui celé crueile 
pense del orguelh de sa elation. (Dial. SI 
Greg., p. 120, Foerster.) Lat. : Erga illum 
illa mens eliera ab elationis fastu detumuit. 

Mais tant voi en plusenr envie, elation, 
Qn'il ne tiennent de l'ordre fors l'abit et le non. 
(ROTEB., de la Vie doit monde, I, 238, Jnb.) 
Et met haraililé en lieu A'elacion. 
(Des -y. joies JV.-O., Richel. 23111, f 327".) 

Eschive orguel et elaction. (Guide spirit., 
ms. Angers 233, f° 17''.) 

Quant li dyables lou tamptoit d'eiaifOft il 
couroit a ces piciiieis. (Homélie, xiv s., ms. 
Metz 264, p. 39'.) 

Aussi est a fuir abjection et sote humi- 
lité comme elacion d'orgueil desmesuré. 
(J. DE S.\LISB., Policratiqûe, Richel. 24287, 
f 107».) 

Concorde se acquiert plus en humilité 
que en sa propre exnltacion ou elacion. 
(Intern. Consol., II, lviii, Bibl. elz.) 

Je ne vueil point la consolacion laquelle 
oste de moy componction, ne je ne désire 
pasconteœplacion de laquelle vient etado» 
(16., I, 10.) 

En elacion'de cuer. (G. de Ch.^stell., 
Chron. des D. de Bourg., II, 19, Buohon.) 

Toute elation de soy mesmes est une 
manière d'orgueil. (Guy Juvenal, laReigle 
monseigneur sainct Benoisl, f" 23 v».) 

NuUi'ment ne se fuult eslever par etof/on. 
(Le Repos de conscience, c. m, Jeh. Treppe- 
rel.) 



Pnis l'aj cnidé mettre en la loire 

H^elacion et vaine gloire. 
(Greb.an, Mi.sl. de la pass., 10691, G. Paris.) 

Ypocrisie, discorde, oullrecaidance, 

Elation et inobedience 

Se mettent sas avec déception. 
(Gringobe, Folles Enirepr., p. 16, Bibl. elz.) 
Mais depuis il entra en telle elation si 
orgueilleuse et fist tant d'iusolences que... 
(Triumph. de Pelrarq., f» 126 r», éd. 1531.) 

— Exhalaison : 

Aussi, par l'attraccion du deable, orgueil 
qui est mauvaise planette a eslevé tant de 
fumées et d'elacions corrompues au 
royaume de France, que... (Uod. et Rac, 
ms., t° 319 V", ap. Ste-Pal.) 

ELACTION, voir Elacion. 

ELAiSE, S. {., terme de serrurerie : 
Pour deux elaises aus deux bous par 
manière de guichet qui remplissent l'entre- 
deux. (1417, Arch. hospit. de Paris, II, 
p. 153, Bordier.) 

ELAISIER, voir ESLAISIER. 

ELAisoY, S. m., polissoir : 

Se retira en France ou il apporta ce vieil 
livre françoys, pensant que par le lire et 
relire souvent il apprendroit plutost la 
langue du pais ou il deliberoit vivre et 
mourir et parce qu'il y avait desja mis 
grand peine, et qu'il n'y pouvoit rien com- 
prendre, ny entendre, pour estre le parler 
de ce ciecle heureux passé par Velaisoy et 
polisseure des langues plus disertes et 
retirées du brusqencien me pria que le 
voulsisse lire. (D. Flores de Grèce, p. 4, ap. 
Ste-Pal.) 

ELAISSIER, voir EsLAISIER. 

ELASii, interj., malheureux que je suis I 
Et bien s'em puent si ami 
Désormais clamer : Elami. 
(W.4TRIQ0ET, /( Dis du Connestùble, 305, Scheler.) 

BLANCHE, voir ElENCHE. 

ELANGOURIR, VOir ESLANGOURIR. 

ELANGUÉ, voir ESLANGUÉ. 

ELANGUIR, voir ESLANGUIR. 

ELAPSER, verbe. 

— Réfl., s'échapper : 

Je me elapse, I scape or slyppe thorowe 
a narowe place. Quelle vermine est ce que 
de ce regnart que s'est elupsé par ce petit 
trou. (Palsgrave, Esclairc, p. 699,Génin.) 

Qui eust jamays pencé quil se fust elapsé 
hors de ce petit trou ? (Id., ib., p. 721.) 

— Neutr., s'écouler : 

Si exploitèrent tant en celui edifPice que 
avant qu'il fust long temps elapsé ourent 
sur icelle roche une ville bastie. (CoURCï, 
Hist de Grèce, Ars. 3689, f° 102''.) 

Avant que le temps fust gaires elapsé lui 
convint il du siècle partir. (Id., ib., f" 107''.) 

— Elapsé, part, passé, échappé, écoulé : 
Quelque temps elapsé après l'edict pu- 
blié de reparer le temple. (Carion, Chron., 
f» 79 r», éd. 1548.) 

ELARGATioN, S. f., élargissement : 
Si est inscisions ou apertions d'extre- 

mitez ou elargations des porres d'iceles. 

(Brun pe Long Borc, Cyriirgie, ms. de 

Salis, f 22'».) 



ELARMER, VOir ESL ARMER. 
ELASCHEMENT, VOir ESLACHEMENT. 
ELASCHIR, voir ESLACHIR. 

ELAT, adj., orgueilleux : 

Tu seras en tes moeurs et beaux exemples 
comme déifié des hommes, entreteneur de 
ton throne, non dissipeur, non elat, ne 
enflery en ton exaltation. (G. Chastellain, 
Advertissement au duc ChoD-les, vu, 316, 
Kervyn.) 

ELATURE, S. f., élévatiou, hauteur : 

Thirrus alors durant celle advenlure 
Fendoit un chesne de moult grande elature. 
(0. DE S. Gel., Eneid., Richel. 801. f» 73'.) 

EL.WAssE, voir Eslavasse. 
ELAVER, voir Eslaver. 

ELAYER, voir ALOIEH. 
ELBRIGIER, VOir HERBERGIER. 

ELE, voir Elle. 
ELEc, voir Iluec. 

ELECToiRE, S. ui., nom de plante; 
M. Adolphe Brongniart pense que c'est 
Vactea ou l'ellébore noire (vulg. rose de 
Noël, parce qu'elle fleurit h cette époque) 
qui a la fleur blanche et croit dans le 
midi de l'Europe, ou plutôt Vaclea spicata, 
plus commune dans tonte l'Europe, dési- 
gnée quelquefois sons le nom d'ellébore 
noire : 

La racine d'electoire de canarade (c'est 
Velectoire qui fait fleur de couleurblanche.) 
iMénagier, II, 3, Biblioph. franc.) Impr., de 
Vectoire, ectoire. 

Prenez la racine de l'herbe d'electoire qui 
fait fleur de couleur d'azur. (Ib., S.) 

ELECTRE, eleutre, s. m., composition 
de plusieurs métaux : 

Un autre grant vaissel d'eleutre. (Chron. 
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f 20P.) 

L'en traist hors de leurs lieux les trois 
vaisseaux d'eleutre, en quoy le glorieux 
martir monsieur saint Denys et ses com- 
paignons reposoient. (Grand. Chron. de 
Fr., Bon roy Phelippe, I, xvii, P. Paris.) 

Fu Irait le précieux corps monseigneur 
saint Denys, hors de la ou il repose en- 
clos et enseellé en riches vaisseaux d'eieuire. 
[Ib-, II, 6.) 

Jupiter... a color de electre et de cler 
laton. (Introd. d'astron., Richel. 1353, 
f 35».) 

Sans elle (l'herbe dite Pantagrueliou) 
seroient les cuisines infâmes..., quoy que 
y feust en abondance or, argent, electre, 
ivoyre et porphyre. (Rabel.,iii,61,1'°164v'>, 
éd. 1532.) 

D'un bracelet i'eleclre a la façon jolie. 

(S,-Am.4nt, Moijse sauvé, xu, Bibl. elz.) 

Voir VEleclrun des anciens était-il de 
l'émail ? Dissertation sous forme de ré- 
ponse à M. Jules Labarte, par Ferdinand de 
Lasteyrie. — Paris, Didot, in-S". 

ELECTRiN, adj., de l'électre : 

Nez en tens, faiz de sei mostrance 
A electrine resemblance. 
(Ben., d. de mrm.. II, 21023, Michel.) 



22 



ELE 



ELE 



ELI 



— s. m., composition de plusieurs mé- 
taux : 

En SitUie... croist une manière de métal 
nommé electrin, et croy que c'est quelque 
manière de cuivre ou ce que nous appe- 
lons charlemaigne dont les fondeurs de 
laiton usent a donner couleur a leur ou- 
vrage. [Chron. et hisl. saint, et prof., Ars. 
3blo. f» 86 v°.) 

ELEESSÉ, adj., terme de blason, comme 
alezé; la croix eleessée est celle dont les 
quatre extrémités ne touchent pas le bord 
de l'écu : 

Le seigneur de Manny, [portoit] de sable 
a une croix d'argent eleessée. {Petit Jelian 
de Saintré, ch. lviii, éd. 1539.) 

Le conte de Liste portoyt de gueuUes a 
la croix e/eessee et plommeè. (76., ch. LViii.) 

Cf. EsLAisiER, élargir. 

ELEESSIER, VOir ESLEECIER. 
ELEFANTIE, VOir ELEPHANTIE. 

ELEGiT, S. m., sorte de tenare ; tenir 
par elegit, c'était probablement, dit Sainte- 
Palaye, tenir un héritage d'un seigneur, 
et le relever par droits et devoirs de con- 
vention autres que ceux que prescrivait 
la coutume ; 

Plus sera dit de tenant en common en 
le chapter de releases, et tenant par elegit 
et confirmations. (Tenur. de Liillet., i" 73 v», 
ap. Ste-l'al.) 

Tenaunt per elegit, tenaunt per statute 
marchant, ou teuauut per statute d'Ie 
Stapl'. {Ib., (' 157 r».) 

ELEIS, voir ËSLÀIS. 
ELEISSIER, voir ESLÂISSIEK. 
ELEMENT, S. Ul., fOFCe : 

EM'ent adunet lo saoa elemenl. 
{Canlil. de SIe Eiilalie, iS, Meyer. Rec, p. 191.) 

ELEMENTABLE, adj., élémentaire : 
De nesune elemenlable matière. (Le roi 
René. Morlifiement de vaine plaisance, 
OEuv., t. IV, p. 3, Quatrebarbes.) 

ELEMENTATiF, adj., élémentaire : 

Soubz uoe essence primiiive, 

Laquelle est Vflemeiilalive. 
(,1eh. de Meu.nc, les Rcmonsir. de Nal., 35", 
Méon.) 

ELEMENTÉ, elleitienlé, adj., qui appar- 
tient à l'élément, qui constitue l'élément; 

Il est toiU vray et sans mentir. 
Se sans vérité divertir. 
Que toute chose elementee 
Est d'elemens alimentée. 
(Jeh. de Melnc, Resp. de V Alchymiste à liai.. 
Toi, Méon.) 

La chose elementee est nourrie de l'élé- 
ment souverain. (Cftron, et hist. saint, et 
prof., .'Vrs. 3515, 1° 177 r».) 

Choses elementees. (P. Ferget, Mirouer 
de la vie hum., f° 120 v», éd. 1482.) 

Touttes choses créez de Dieu soubz le 
globe lunaire sont ou ellementees seulle- 
ment, coine pierres précieuses et aultres 
avec tous metaulz, ou sont ellementees et 
vegetables comme herbes, arbres, et touttes 
manières de plantes, ou sont elementees, 
vegetables et sensitives, come sont touttes 



bestes , oiseaulz , poissons, reptiles se 
mouvant de lieu a aultre, ou sont elemen- 
tees, vegetables, sensitives et racionelles, 
come sont les hommes lesquelz ont en 
eulz touttes les quatre propriétés dessus 
dictes. (Du GuEZ, An Inlrod. for to lerne 
ta speke french trewly, à la suite de Pals- 
grave, éd. Génin, p. 1053.) 

Toutes les choses qui sont corporelles 
en ce monde, sont elementees pour l'utilité 
des corps, ou composées des éléments. 
(Ant. du Moulin, de la quinte Essence, p. 
)4, éd. 1581.) 

ELEMENTEL, adj., qui appartient à 
l'élément, qui constitue l'élément : 

Est terre corporel, elementel. (Evast et 
Blag., Richel. 24402, 1» 97 r».) 

ELEMENTiQUE. adj., de l'élément : 
Ce royaume etemeniigiie (la mer). 
(OcT. DE s. Gel., Sej. d'honn., f 34 r'.éd. 1526.) 

ELEMOSiNACioN, S. t., auniônc : 
Approuvons le devant dite concession 
et elemosinacion. {Ch. de 1266, Clerm., Ri- 
chel. 4663, f» 98 V».) 

ELEMOsiN.AYRK, s. 111., aumôuier : 
L'abey de Tornoel, elemosinayre dou pape. 
(1418, Arch. Fribourg, Comptes des tréso- 
riers, n» 31.) 

ELENCHE, elanche, s. m., preuve, argu- 
ment : 

tVepourquant nuls n'i sel respondre, 
Tant sache haut se leste loadre. 
Voire rere au rasoir de eleiiches 
Qui baral tranche en .xiu. branches. 

(Rose, Val. OU. 1-212, f" SI' . ; 
Au rasoir i'elanches. 

(Ib., Chr. 1322. f° Ti".) 
Au rasoir A'elenches. 

(Ib.. Val. Chr. 1858, f 93''.) 
.... Au rasoir de elanches. 

{Ib., Itichel. 1573. f»93''.) 
Je songe festes et dimenches 
Pour lirre aucunes fois elenchei. 
Pour menchonges emmanteler 
Et faire les voirs ressambler. 
(Deguilleville, /"f/e/in., ap. Duc, Elenchus.^ 
Dedens soyes misericors 
Ouelconque tu sois par dehors 
Et fallace de elenches faire 
Feui bien ycy sans toy meffaire. 

(Id., ib., f T, irapr. Instit.) 
Qui est un droict paralogisme et elenche 
sophistique. (Boom, Oemoii., 1° 243 v.) 

— Commentaire : 

Par ses elenches Jastinien 
Mange les labeurs de Galien. 
(Adages français, xvi" siècle, ap. Leroux de Lincy, 
Prov.) 

ELEPHANCE, S. f., elephautiasls, lèpre 
du moyen âge : 

Les fueilles du blanc pavot pilees et 
beues avec du vin guérissent une maladie 
appellee elephance. {Platine de honneste Vo- 
lupté, i- 30 r°, éd. 1528.) 

Cf. ELEPHANTIE. 
ELEPHANGUE, adj. ? 

Et de sçavoir les médicaments qui pro- 
viennent des animaux..., de discerner les 
sophistiques; de cognoistre les elephangues 
et aromatiques. (1576, Règlem. pour l'obten- 
tion de la maîtrise dans l'état d'apothicaire, 
ap. Aug. Thierry, Doc. pour servir d l'hist. 
du tiers état, li, 839.) 



ELEPHANTIE,- faillie, S. f., elephau- 
tiasis ; 

Ge conu... Antoine lo noble baron ki di- 
soit lo serjant son père estre ferut del mal 
d'elefantie. (Dial. SI Greg., p. 93, Foerster.) 

Geste elephantie, lèpre ou ladrerie, n'est 
qu'une véhémence de galle. (Amyot, ÛEuu. 
meslees de Plutarque, l" 182 v», éd. 1574.) 

Contre elephantie et alopecia, cirop di- 
gestif, précédant la médecine luxatine. 
(Arnoul de Ville-Nove, le Trésor des 
pauvres, f" 101 r", éd. 1581.) 

ELEPHANTIE, adj ., éléphantlque, affecté 
d'éléphantiasis : 

Il n'y a rien de meilleur pour les ele- 
phantiez que le jus d'uue jeune poule, 
encoresqu'ellen'ait esté nourrie de vipère.*, 
(G. Bouchet, Serees, xxxvi, f 255 r», éd. 
1608.) 

ELESCE, s. f., élan; a elesee, à toutes 
jambes ; 

Moult isnelement se leva 

Tautôut que riens ne la greva 

>e ue retarda point d'eslece. 

Au provoire vint a elesee 

foi e devocion. 
(J. Le Marchim, Mir., ms. Chartres, r> S0=.) 
Cf. ESLAls. 
ELESEMENT, VOir ESLAISEMENT. 

ELETE, - elle, voir Ailete. 

BLEUTRE, voir ELECTRE. 
ELEVAXCE, voir ESLEV.\NCE. 
ELEVASSE, voir ESLAVASSE. 
ELEVE, voir ESLEVE. 
ELEVEURE, VOir ESLEVEURE. 
ELEz, voir EsLAIS. 
ELGAL, voir IVEL. 

ELicER, V. a., tirer : 

Estant extraicte la quinte essence, par la 
quelle la vertu de la terre est elicee ou 
tirée. {Ciel des philos., c. 9, éd. 1547.) 

Cf. ESLAISIER. 

ELIDER, voir ESLOIDER. 

ELIEVEMENT, VOlr ESLEVEMENT. 

EUGEMENT, VOir ESLIGEMEM. 

1. ELIGIER, voir ESLIGIER. 

2 ELIGIER, voir ESLEGIER. 

ELiGiTÉ, S. f., ténuité: 
Li fens a plus eligilé 
En la plus hante extrémité. 
Et plus est legiers et mourables. 
Plus soulils, plus resplendissables 
En sa plus basse extrémité. 

(Fables d'Ov., Ars. 3069, f» 236'.) 

ELINGUE, voir ESLINGUE. 

ELISABLE, voir ESLISABLK. 

ELISER, voir ESLISEB. 

BLisERESSE, S. f., ouvrière qui ten- 
dait l'étoffe : 

Esboueresses, eliseresses, tonderesses, 
pigneresses. (1270, Reg. aux bon», Arch. 
S.-Omer, AB xvill, 16, n» 90.) 



ELM 



ELS 



EMA 



23 



ELiSEun, voir Esliseok. 

ELIZER, voir ESLISER. 

ELLACioN, voir Elacion 

ELLAVASSE, ^0i^ ESLAVASSE. 

ELLE, ele, s. !; forme à'aile, pour dési- 
i;ner des rideaux dont on parait les côtés 
lie l'autel : 

Une paire d'elles pour les solennez dou- 
bles, cascun de deux draps coppez par 
barres de lonc, a oysiaux ouvres de soye. 
(1371, Invent, de Cambray, ap. Duc.) 

— Flanc d'un navire : 

Cele fealére) ou l'amiraul est, costoie 
De tel air an trespasser 
Qn'ele ea esmie et fait qnasser 
Dn lonc de l'an costé les fîfs. 

(Gl'iart, Roy. lign., 19211, W. et D.) 

— Limite d'un pays : 
Lors n'avoies tn nale gnerre 
Es eles d'environ la terre 

N'antre partie. 
({7b Dilé de verilé, lab.. Noue. Rec. II, 86.) 

ELLEBORE, adj., mêlé d'ellébore : 
Einz k'il venist a cnrt deslrempa uns herbez, 
Li venims fu moalt fort. Il vins elleioret. 
(Th. de Kent, Ceste d'Alis., Richel. 24364, 

f° 79 v°.) 

BLLEBRATTE, VOir AlABASTRE. 
ELLEC, voir ILUEC. 

ELLEECEMENT, VOir ESLEECEMENT. 
ELLEESCIER, VOir ESLEECIER. 
ELLEMENTÉ, VOir ELEMENTÉ. 
ELLESSIER, VOlr ESLAISSIER. 
ELLETER, VOir ESLECTER. 

ELLEUPER, V. a., duper, tromper : 

Si serions nons tost elleupes. 
Par cen devon nons esloîgoes. 

{Clef d'amour, p. 8i, Tross.) 

ELLEUT, voir ESLEU. 

ELLEVEMENT, Voir ESLEVEMENT. 

ELLEVER, voir ESLEVER. 

ELLIERE, voir HOLIER. 

1. ELLiGiER, V. a., diminuer l'épaisseur 
d'une pièce de bois, élégir : 

La planche Iraient de btier, 
Des dons parz la font elliffier. 
Si feront en croiz cheviilier. 

(Pass. D. N., ms. S.-Brienc, t° 5**.) 

2. ELLIGIER, voir ESLIGIER. 
ELLINDER, VOir ESLIDER. 
ELLISSEMENT, Vûlr ESLISBMENT. 
ELLIT, voir ESLIT. 
ELLONGIER, VOir ESLONGIER. 

ELME, esme, s. m., mesure équivalant à 
un muid : 

A Henritdu Fosseiz,eschevin de Luscen- 
boureh 32 elmes de vin de Trievres, ['esme, 
60 sols. Se sont .iili»»xvi. libvres, dont ij 
at lettres dou prevost et dou cellerier, 1= 



queil 32 elmes font au meu de Lonvoy, 
40 meus. (1318, Prév. de Longtvy, Arch. 
Meuse B 1847, f» 5 v.) 

ELMET, voir Heaumet. 

ELNOL, voir Arnol. 

ELoc, voir Iluec. 

ELOCHER, voir ESLOCHIER. 

ELOCHEUR, voir Eslocheur. 
ELOEC, voir Iluec. 

ELOGNE, voir ESLOIGNE. 
ELOIGNANCE, VOIF ESLOIGNANCE. 
ELOIRE, voir ESLOIDE. 
ELOISE, voir ESLOIDE. 
ELONGATION, VOir ESLONGACION. 
ELONGIER, voir ESLONGIER. 
ELONGIR, voir ESLONGIR. 

ELOPiEjj, S. m., sorte de serpent : 
Elopien. A kind of barmelesse serpeut. 

(COTGR.) 

ELOQUENCE, S. t., volx, parole : 

De fait il devint plus fort et plus puis- 
sant de corps qu'il n'avoit oncques esté, 
et ce procedoil de jeunesse qui desiroit a 
soy former et a issir d'enfance tant qu'il 
se haulsa moult fort en peu de temps, et' 
son éloquence luy devint grosse et dure, et 
son visage fut couvert de barbe. {Percefo- 
rest, vol. 111, ch. 36, éd. 1S28.) 

— Terme liturgique ; 

Et depuis dispensa et divisa les élo- 
quences et les degrés de l'église. (FossB- 
TIER, Chron. Marg., ms. Brux., I, f» 97 r».) 

ÉLOQL'iNÉ, adj., qui parle facilement, 
éloquemment : 

Elogutnee fu e sage 

Pins ke pncele de snn âge. 

(S. Edward le con/'., U67, Luard.) 

ELORES, adv., sur l'heure, sur-le- 
champ : 

Deus fist toutes choses qui estre dévoient 
a .1. fois, et toutes les fist eusemble, car 
il est escrip que il fist elores toutes choses 
qui estoient avenir, mes il les devisa puis 
de diverses samblances. (Sî/drac, Ars. 2320, 
I xci.) 

ELOUCHÉ, adj., qui louche : 

Volant Phœbns ja vieil elouché comme bide. 
(G. BouNiN. Satyre au roy, f» 27 r», éd. 1586.) 

ELOUCHER, voir ESLOCHIER. 

ELOURDER, VOlr ESLOURDER. 

ELOURDIR, voir ESLOURDIR. 

ELOURDISSEMENT, VOlr ESLOURDISSE- 
MENT. 

ELS, voir Le. 

ELSCHOUWE, S. f., nom populaire de 
l'ortie de mer ; 

Les esponges et les urties de mer, que 
nos gens appellent elschoutve. (J. G. P., 
Occult. merc. de Nal., p. Bl, éd. 1567.) 



ELUEc, voir Iluec. 
ELUEQUES, voir Ilueqces. 
ELUic, voir Iluec. 

ELUMINEUR, VOlr ENLUMINEOR. 

ELUSER, esl., verbe. 

— Act., se jouer de : 

Mais cnidiers qui souvent t'slii\e 
A&sez de gens et les amuse. 
(RiCH. DE FouBNivAL, lu Panthère d'aiiiors, Richel. 
24432. f 169*.) 

— Réfl., se jouer, s'amuser : 

Amours, il esl fol qui le croit 
Ne qui a toy servir s'amuse. 
Car qui raienlx le sert pins reçoit 
De grans annuys, et sa vie use 
A granl meschief, qui s'i esluse 
Grant faissel lui fault souslenir. 
(Christ, de Pis., Poés., Richel. ti04, f 9»; et 
ms. llarl. 4131, f» 10'.) 

Mais joieuse com dit voua ay, 
Tant y fui, lanl m'y eslusay 
Tanl y gaitay bien enlentis 
Que puis m'en suy bien repentis. 

(Pastorale! , ms. Brni., f 4 v".) 

— Neutr., dans le même sens : 

Cheminoient tirant, musant 
Ly paslonrel, et eslusant 
la pasloure par la pree. 

U'aslaialel, ms. Brux., (• 50 r°.) 

ELUsioN, s. f., tromperie, dérision : 
Ont fait plusieurs appiaux frustatoires 

eneliision et eu contempt de justice. (1332, 

Arch. JJ 68, f 3 v».) 

Faire par art magique ou par elusions 
que gens peussenl estre en bestes muées. 
(CouRCY, Hist. de Grèce, Ars, 3689, f 91^) 

Nous ne pouvons discerner la grande 
vanité, tromperie, et etusion de la pure et 
solide raison de vérité. (BuDÉ, Instit. du 
Pr., ch. I, éd. 1S47.) 

ELX, voir Le. 

ELZ, voir E. 

EM, voir Ain 2. 

EMAGE, s. m., ancien droit qui se levait 
sur le sel en quelques endroits de Bre- 
tagne, particulièrement, dit Savary des 
Bruslons, dans les bureaux de la prévôté 
de Nantes : 

La pancarte de ladite prévôté porte que 
le roi et duc prend sur les sels de Poitou le 
sixième denier du prix que se monte l'an- 
cienne coutume appelée emage. {Diet. de 
commerce.) 

EMAIGIER, voir ESMANGIER. 

EMAiNT, adv., beaucoup, fortement : 

Amis, fait il, en lui cancele 
Manfes, qui emainl loi esploile. 
{Du Prestre et du Chevalier. Monlaiglon et Ray- 
naud. Fabliaux, II, 83.) 

EMANCHEUR, VOlr ES.MANCHEUR. 

EMANciPEMENT , S. m., possesslon 
d'une chose et droit de propriété ; en lat. 
mancipium : 

Tôles les chères choses que il li poet 
trovar en sos trésors il li donet por Deu as 
povres, or et argent et do maintes manières 



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EMB 



EMB 



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vestiiuenz el peres precioses, possessions, 
emancipement et sers. (Pass. S. Marcel, 
Richel. 818, f» 198 v».) j 

EMANDE, voir ESMEKDE, | 

EMANER, V. a., dépouiller : 

Dolenz fn de sa terre dnnt il fu emanet, 
Doleni fn de ses Iinraes ki li fn controblcz. 
(Rôti, 2' p., 2825, var., Andresen-I 

Cf. Desmaner au Supplément. 

• EMANQUER, voir ESMANCHIKR. 

EMARMELLER (s'), V. réfl., s'effraver : 
Si on tire avec les mains la barbe d'une 
chèvre rangée au troupeau d'autres, tout 
iceluy s'arrestera, et lairra sa pasture : et 
toutes deviendront cstonnees, et ne cesse- 
ront de s'emarmelley jusqnes a ce qu'on 
l'aye laissée. (Pake, Liv. des Anim., c. 
XXI, Malgaigne.) 

EMASPILLERYÉ, adj.? 

Le tabel, ou cadran de l'horloge, doit 
fstre emaspilleryé de cœur de quesne de 
.1111. poulx de largeur (1462, Trav. pour 
le beffroi de Bêlhnne, ap. La Fons, Art. du 
Nord, p. 101.) 

EM ASTIQUE, S. JD., mastic : 
Emaslique blanc, mvne borroiz. (13S1. 
Ord., 11,425.) 

EMAYER, voir ESMAIER. 

EMRABiR (s'), V. réfl., s'étonncr, se 
déconcerter, s'effrayer : 

En l'engarder s'i'ml'aUssoil. 

(Athis. Ars. 3312, P61''.) 

Cf. Abaubir. 

EMBACiNER, - ssùier, - cMner, v. a., 
mettre un bassin sur; en particulier, aveu- 
gler par l'apposition d'un bassin brûlant : 

L'empereordes Grecs si Vavoitemhachinf 
les yeux (Liv. de la Conq. de ta Morée, 
p. 7, Buchon.) 

— Embaciné, part, passé, armé d'un bas- 
sinet, qui a un bassinet sur la tête : 

Jehan de Verruyes de Trevins, qui estoit 
embacinez, et Pierre Cliiveau prindrent 
leurs lances. (1378, Arch. JJ 113, pièce 331.) 

Et premièrement vient l'appellant a la 
table ou est le livre et le président, et 
vient a pied tout embassiné, sa visière 
abattue. (Oliv- de la Marche, des Gaiges 
de bataille, p. 36, Prost.) 

Vient a pied tout embaciné, sa visière 
abattue. (La Colombiebe, Th. d'Honn., 
t. îl, p 89, éd. 1648.) 

EMBACLER,v. a., embarrasscr, tromper: 
Por geus embacler y abit, (dans les convenls) 
.le (Faux semblant) n'en quier sans plus quel'abit. 
(.Rosf, Vat. Chr. 1522, f° 72^) 

Embacler. (Oudin, Dict.) 

Cf. Enblouchir. 

EMBAiGNER, V. a., baigner: 
Et li fols, li lilz de deable 
Qui font les i,Tanz péchiez mortetts, 
Qui des rentes esperiteus 
Les embaignenl et les norrissent, 
Knsi le deable enrichissent 
Et Dieu metent hors de son droit. 
(Vie des Pères, Richel. 23111, f* 23'.) 



EMBAiLLER, V. a., bailler: 

Pour fere paiement., embaillerent par 
nostre dile court, obligeient, octreyerent 
et assignèrent es diz religioux... tout 
quanque de dreit. (Sept. 129S, S. Magloire 
de Lebon, Arch. Côtes-du-Nord.) 

EMBAiR, - hir, - hyr, enb., verbe. 

— Act., rendre ébahi, slupide : 
Bien m'ont lez diables ftibahy : 
J'ay le sanc du juste trahy. 

(Pass. Nosire Seigneur, Jnbin., Mysl., Il, 204) 

— Réfl., être ébahi : 

An Irabuchier que cil dut faire 
Trestnit li autre s'eiiliaiaire. 
Ne puis en ens défense n'ol. 

(.A/his, Ars. 3312, f» «''.) 

— Embahi, parL passé, ébahi : 
Et les puceles anlresi 

ISe le truevent pas enl/ahi 

Mais molt sage el raolt bien parlant. 

(Durmars le Gallois, 6307, Stengel.) 

An roy fn recordé, s'en fn mont enbakis. 

(Geste des ducs de Bourg., 4473, Chron. belg.) 

EMBAisiER, embesier, v. a., baiser : 
Clerc conbalant, moine plaidant, 
Nonnain embesee, beghine tariant. 

(Aiithol. pic., p. 9, Boucherie,) 

BMBAissiER, embcsser, enb., verbe. 

— Act., abaisser, baisser, faire baisser : 
Bien soffeist a salveteit si tu humiement 

et senz aucune boisie wels embaissier lo 
cuer de ton prelait a ceu ke lu desires. 
(S. Bern., Serm., Richel. 24768, î" 135 r».) 

Mais moult li dist ce mot en sonzploiant 
Li rois Corsables et la chiere embaissanl. 

(Adenez, Enfanc. Og., Ars. 3142, (° 96''.) 
Le roussin met les pieds de devant sur 
les espaules de l'argoulet, embesse la ju- 
ment. (D AuBiGNÉ, Faenesle, 1. 4, c. l3,Bilil. 
elz.) 

— Neutr., décliner, dégénérer . 

Si ne soit on après de qui 
Fere pape ; si enfessa 
Longtemps l'acorl, et enbessa 
La court par temporel seingnors, 
Qui mouU li firent deshcnnor-. 
j (GoDEFROv DE PiRis, ChroH., 2232, Bnchon.) 

EMBALANCHiER, enb., v. a., lancer : 

Les pieches fors eiibalancha. 

(MoosK., Cliron., 155S7, ReifT.) 

EMBALDER, etubealder, v. a., ranimer, 

I ragaillardir : 

Et pur ceo que les peynes contenues et 
especifîes eu l'estatut avant dit sont sy ri- 
gorous envers les lyeges et subgitez du 
roy, et eux si streytement lient que les 

1 adversaries ennemys du roy de faire 
guerre devers eux sont graundement em- 
healdees et confortes... (Stat. de Henri Vil, 
an XXIII, impr. gotb., Bibl. Louvre.) 

Cf. Embaudir. 

EMBALÉ, part, passé, embarrassé : 

Atant s'en est ly qnens aies. 
Mais il a'esloit pas emiales 
De sa femme qui laisse arrière. 
Dont il ne scet en quel manière 
De sou enfant sera deliïre. 
(Alard, Conlesse d'Anjou, Richel. 765, f 18 r'.) 

EMBALESTRÉ, eub., adj., exprime la va- 
nité dans la parure et dans le maintien : 



An prodome, c'est voirs, covient 

Qu'il ne soit mie enbaleslret.... 

Bon est selonc la vérité 

C'en gart ses ienz de vanité. 

(G. BE Comci ilir.. ms. Bnu., f° -200''.) 

Cf. Arbalestré. 

EMBALSAMiR, enb., V. a., embaumer : 
La miens enbalsamie. 

(Chans., ms. Berne 389, i" 5.) 

EsiBALSEMENT, enbalsement, embaus- 
sèment, enhassement,s. m.,en)banmemenl. 
action d'embaumer : 

Acaié ont chiers ongemens 
Et moult vaillans enbaheynens. 
{La Passion Dieu, Ars. 3327, C 196'."' 

Achaté ont chiers oignemeoz 

Et moult vaillanz enbassemenz 

Ans plaies leur raestres saner. 
(Geff., .vu. est. du »wii</e,Richel. l.o25, f° 186°.) 
Sufîumigacio,onis, embaiissemcnt. (Gloss. 
lat.-fr., Richel. 1. 76/9, f» 252 r».) 

EMBALSEMENTÉ, embosmenté, part, 
passé, embaumé : 

Qni leenz entre, avis est de verlé 
Qa'il ait le cuer treslout embasmenté. 
(Aim. de Nari., Richel, 24369, f» 58 r».) 

EMBALSEMER,e)i6aî(Sfwer,cn6aMsMmer, 
enbaussiimer , enbausemmier, v. a., embau- 
mer : 

Mais aine k'Il fnst si acesmes, 
F» tous ses cors enbausemes. 

(Mousk., Cliron., 11926. Reiff.) 
Ou sépulcre fu mis ou on Venbaussuma. 

IBasI. de Bidllon, 3247, Scheler.) 
Suffumigo, gas, enbausiimer. (Gloss. 
lat.-fr., Richel, 1. 7679, C 2.32 r".) 

Je sui toute enbausumee de votre douche 
alaine. (Compos. de la s. escripl., t. I, 
fo 120 r", ms. Slonnerqué.) 

Se li fist tautost donner .c. esous el 
deffourer les os de son père et enbausem- 
mier et mettre en un bel sarqu. (FroisS-, 
Chron., IV, 294, Kerv.) 

EMBALTE, S. m., vent d'est qui souffle 
pendant la canicule : 

Emballes, the easterly winds -which or- 
dinarily raigne aboat the Dog-daies. 
(COTGR.) 

EMBANDÊ, enb., part, passé, entouré : 

Une vieille selle de roucin, couverte, en- 

bandee de veluiau vermeil et noir. (1420, 

Pièces relat. au régne de Ch. VJ, t. II, 

p. 393, Douet d'Arcq.) 

Suisse rom., embander un enfant, l'en- 
I tourer d'une bande. Littré inscrit ce 
mot avec la même signification en l'ap- 
puyant d'un exemple de J.-J. Rousseau. 

EMBANiE, amb-, s. f., ban pour la clô- 
ture des murailles ou des prés, réserve 
de terres sujettes à la vaine pâture, sur 
lesquelles on la défend pour un certain 
temps : 

Sont réputées vaines pastures les terres 
non ensemencées, el les prez non clos, ny 
mis en embanie, ou regain, après la des- 
peuille.les terres vacantes, non labourées, 
les rapailles, chomins, et buissons. (Coul. 
de Metz, Nouv. Coût, gén., II, 407'.) 



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25 



Les communautez, ni les particuliers d'i- 
celles, ne peuvent vendre, ou louer leurs 
tmbannies, ni autrement en user, que 
pour leur propre usage, a la nourriture de 
leur bestail, et de celuy qu'ils tiennent a 
l'air communément dit hostre. (Coilt. des 
Prois bailliages de Lorraine, Nouv. Coût, 
gén.. II, 1074.) 

Lesdits habitants des villes ou villages 
ont droit (ïembanie, et mettre en espargne 
unepartie de leur bau,soit en terres labou- 
rables, ou autres héritages : pendant quoy 
il ne sera loisible aux villages voisins, 
après qu'il leur aura esté signifié y vain 
pasturer, que l'embanie ne soit rompue. 
ICout. de l'Ev. de Metz, xvi, 4, Nouv. 
Coût, gén., II, 422.) 

EMBANiER, V. a., eiivelopper dans une 
banne : 

Ils estoient enis six on sept, 
ChascuD un beaa manteau de sacque, 
Pour lear jeunesse cmbanier. 
Dedans lesiiuels ils furent nyei. 
(Chron. de la noble cité de ileli, Pr. de l'II de 
Lorr. , II, cxLi.j 

EMBANiK, - annir, enb., v. a , mettre en 
ban, ou sous le ban. 

— Embanir une terre, y interdire pour 
un temps la vaine pâture, c'est-à-dire en 
défendre le parcours pour la vaine pâture 
par application du droit de ban. 

Nonobstant le droict de parcours dessus 
déclaré, chacune communauté a faculté 
d'embannir et faire cschermie pour l'ali- 
ment de leurs bestes trayans, sans fraude, 
et sans empescher l'entrée sur leurs baus, 
et jouissance du droict de parcours, en 
vaine pasture sur le reste du dit lan. 
{Coût, de S. Mihiel, Nouv. Coût, gén., II, 
10476.) 

— Embannir une terre signiliait aussi, 
comme croiser une terre, la mettre en sai- 
sie, ce qui se faisait des terres dont les 
redevances restaient impayées ; dans ce 
cas, la pièce de terre saisie était marquée 
par la plantation d'une croix ; de là, croi- 
ser une terre, c'est-à-dire la saisir ; de là 
aussi l'équiTalence de croiser et embannir : 

Et se li amende essoit por la rente de 
la terre li maires en doit rendre terre em- 
banie.{Transact.ent. l'abbé de S. Vinc. et 
le sieur d'Aspi-emont, déc. 1255, S. Vinc. 
Arch. Mos.) '' 

Ce aucuns des quartiers servans estoit 
demeneis et enbannis por droiture ke il 
deust a l'abbasse et a covant. (Jeudi av. St 
Etienne, Transact. entr. l'abb. de Ste Glos- 
sinde et W. de Lozes, Arcli. Mos.) 

Et doit li doiens leveir tous ses chaiteiz 
et en doit rendre compe aux terres emba- 
nies au vintisme jour de Noeil. (Drois de la 
vowerie de Montigny, ms. Metz 46, p. 124.) 

Tuitli heritaigesdoubanmaidame doient 
estre demeneies par droit par son maiour 
et par cez eschavins, si com de punre 
waiges et de faire estaulx, de creu.xier et 
d'embanir, de soiugnier droit et de toutes 
autres chouzes. (1321, Cart. de Metz, ms. 
Richel. 10027, f 60 r°.) 

EMBANissEMENT, - aunissement, s. m., 
syn. d'embanie : 

Pendant lequel embannissement n'est 
loisible a leurs voisins deuement signifiez, 
non plus qu'a eux mesmes, d'envoyer 

T. III. 



leurs bestiaux vain pasturer en tels lieux 
que l'embanie ne soit rompue. (Cout. de 
Gorze, XVI, 6, Nouv. Cout. gén., II, 1095.) 

EMBANNis, s. m. pi., lieux dans les- 
quels la vaine pâture est interdite : 

Je Joll'rois sires de Aspremont... com je 
tenisse en franc alluef Ausauille et ce que 
messires Gérard de Bouc i tient de moi, la 
foret de Wriure et lez embannis dessus 

Aunoy (Cft. de 1295, Cartul. de Bar, 

t. I, f» 57 v«, coll. de Lorr., 718, Richel.) 

EMBANOIER, VOlr ESBANOIER. 

EMB.\PTuuER, enb-, V. a., battre à 
coups redoublés ; 

Il fut desvestu pour estre mis au pilier 
auquel il fut environné de ses ennemys et 
enbaptures. {Le Trésor de l'ame, f" 17 r°, 
éd. 1494.) 

EMBARBELEiî, eub., V. a., gamir une 
flèche de plumes : 
Car elles (les flèches) furent enqnarrelees 
De ilouretle et embarbelees. 

{Knse, ms. Corsini, f 8".) 

Saielles d'or enbarbelees. 

{Ib., ms. Brnj.,f° 8''.) 

Car c'est saiete enbarbelee, 
N'en pnet la plaie estre curée. 
(Ce la Tremonlaine, Richel. 378, t° 7 r».j 

EMBARGiER, cnb-, V. a., attacher à la 
potence : 

Ou il senstj 

Hommes as fourches encroues, 
Ou enbargii'S ou enroues, 
On en aucun palible mors. 
Des patibles ostast les cors 
Et des fourches les descroast 
Et desbarjast et desroast. 
{Mir. de S. Eloi, p. 55, Peigné.) Imprimé, en 



EMBAR.NiR, enbamir, enbargnir, enber- 
nir, - yr, verbe. 

— Neulr., devenir fort, croître, grossir, 
devenir gros, prendre de l'embonpoint : 

Dame Alais voit son fil enbamir 
Et voit qu'il puet ses garnemeos soufrir. 
(Haoul de Cambrai, Richel. 2i93, f° 5 v°.) 
Gannr li Arabiz fet bien norrir l'enfanl. 
Et croist et enbernisl. moult est de bel semblant. 
{Aye d-Avign., !!551, A. P.) 
Lors veoit que li arbres qui de li issoit 
enbarnissoit et engroissoit tant fièrement 
que par .i. petit que elle ne partoit tote 
outre. (S. Graal, Richel. 2455,f» 214 r°.) 

Valeo, es, enbargnir. {Gloss. lat.-fr., 
Richel. 1. 7679, f" 260 v».) 

La mère d'icelle Magnon s'aperceut que 
sa fille embarnissoit et engrossissoit de 
corps. (1447, Arch. JJ 176, pièce 581.) 

— Réfl., se remplir : 

A l'entrée estoit l'estatne 
Et l'image deffigurue 
Du dieu Baccus qui les gens tue. 
Car il fait la bonne pnree 
De la grape meure et parée 
Donl les yvrongnes s' embarnissent , 
Pour laquelle a bourse escuree 
Du cabaret sanstabart yssent. 
(Lefranc, Champ, des Dames, Ars. 31-21, f° 13''.) 

— Act., rendre courageux : 

La Traie achate s'est tenue 

Qu'ele conforte la vene 5Ï 



Soif estanche et home gamist 
El li croist force, et l'embamist. 

{Lapidaire, 503, Pannier.) 

L'achate conforte veillesceet croist force 
et enbarnist. {Li Livres des pierres, Riche). 
12786, f» 30=.) 

— Embarni, part, passé, devenu gros, 
fort, qui a pris de l'embonpoint : 

Ele i va de toz biens garnie 
Comme refete et enbarnie 
De la viande esperitel 
(EvRAT, Genèse, Richel. 12437, f» 46 r°.) 
Que le roi Richart d'En,2leterre 
Faisoit enfanz endoctriner 
Pour lui ocire et aOner, 
Qui ja ierent touz embarniz 
Et de tele aprison garniz 
Que chascun d'eus homme ocîst 
Tel con son mestre li deist. 
(GuiABT, Roy. lign.. Richel. 5608, f° 39 r": éd. 
Buchon, 1800.) 

Seroit si grans et si enbarnis (le dragon) 
qu'il auroit .XXX. lestes toutes d'or. (Ar- 
iur, ms. Grenoble 378, 1° 12=.) 

La femme estoit devenue grande et em- 
barnie. {Livre de Griseldis, ms. Chartres 
411, f 6b V».) 

Il semble ja qu'il ait vingt aus. 
Tant est il grans et embarnis! 
{Miracles de Noire Dame, I, 1,656, G. Paris.) 

Le roy le regarde moult volentiers et se 
il avoit semblé beau eu souvenir, encores 
le voit il et trouve plus beau, et luy est 
adviz qu'il soit crtu et embarni. {Lancelot 
du Lac, i'' p., c. XX, éd. 1488.) 

Apres ce que Artius et Tarquin furen 
embarnys et parcreuz, la royne Tanasqui 
les maria a deux filles qu'elle avovt. (Bocc. 
Nobles malh.. 111, 3, 1° 55 r°, éd. 1515.) 

Mais pourtant je ne lairray myc 

A batailler, car Dieu raercy 

J'ay asses la chiere enbernye 

El suis ja refait et fourny. 
(Jaco- Millet, Destrucl. de Troye, C 58'', éd. 
1544.) 

EMBARRER, Bubarrcr, cmbarer, enbarer, 
amb-, verbe. 

— Act., pousser, enfoncer, planter 
comme une barre : 

Es cscnz les ont enbarrees (les lances). 
• {Perceval, ms. Montpellier H 249, f ~0'.) 
De son tinel fiert Renoarl le ber, 
Desoz la longe fet le tinel aler. 
Que el coslé li a fet enbarrer. 

{Mon. Renuart, Richel. 368, f 240'^.) 

Il tint l'espee en la main, se le fiert par- 
mi le liiaume si qui li enbare el cief. 
{Auc. et Nie, p. 13, Suchier.) 

Et le flert grant cop sour son heaume, 
si k'illiabatile ciercle, et li enbara juske s 
en la coiffe de fier, et li treucha tout. 
{Flore el la Bielle Jeliane, Nouv. fr. du 
XIII* s., p. 135.) 

Parmi le haterel li embarra le branc. 

{Baui. de Seb., i\, 257, Bocca.) 

Entoise et trait un quarrel et assenne ce 
portier de droite visée en la teste et luy 
embarre tout dedans. (Froiss., Chron., 
Richel. 2660, l" 31 v°.) 

Adonc s'avisa li dis chevaliers d'un cou- 
tiel de plates qu'il portoit a son chaint : 
si le trait et feri tant ce dit Martin ou dos 
et ens es costes, que il li embara ou corps. 
(ID., ib., éd. Luce, VII, 38.) 

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36 



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— Fendre, fausser : 

Mes hianmes est si ambarrez 
Par Tostre branc et destreinchiez 
Que ja par moi n'ierl maïs laciez, 

(Bf,n.. Troie. Ars. 33U, f° 82''.) 
Tels cops se donent des espees 
Que totes les ont cnliarrees. 

(Pcrceval, ms. Berne 113, P 93''.'> 

Si se donnenl .i. copx sigranz 
De sor les liiatimes flanibeanz 
One moull parlonl les cmharrercnl . 

{Ib., ms. Montpellier H 219, f 12S^) 
De lor espees font esprener l'acier. 
Et les vers elmcs enbarer et Irencliicr. 

(B. de Cambrai, ce. Le Glay.) 
N'i a celui n'ait son escn percié. 
L'auberc deront et ens el cor plalé, 
E le terl elme embarrr en son cief. 

(R.UMB., Ogier, 68o, Barrois.) 

Tôt li ont amharré son vert heaume d'acier. 

(J. BoDEt., Sax., CC1.X1V. éd. Michel.) 
Li elmes dont aves le leste armée 
Si m'a gari de mort en prant mellee : 
Ains ne fu enbares por caup d'espee. 

(Mol, 52-, A. ■{.) 
Kt li Turs feri lai, an pooir que il a. 
Amont desns son hianme, que tôt li enharra. 
(Gui de Bourg., 253*, A. P.) 

Parmi le hiaumc li vail granl cop donner, 

Que tout li fait embarrer et qoasser. 

Uori. de Blates, Richel. 860, f 132 r°.) 

En tel puise venir le voient 

Que ses elmes fu enhares 

Et ses escus frais el iroes. 

(Durmars le Gallois, 5088, Stengel.) 

Moult sont vasal, fier caple font, 

Lor elme lot embaré sont 

Et lor escu lot decopé. 
(Ren. de Béai jeu, /i Biaun De.iconneiis, 1416, Hip- 

pean.) 
nsseur le heaume amont si pranl coup li donna 
(lacl chercle en fet voler, Irestoul li embarra. 
(Doon de ilaience, 21i6, A. P.) 

De le mâche de fer le feri li marchis 
Par dessus le hianme :.... 
Tons li fu embarret. 

(B. de Seb., iv, 158, Bocca.) 

Et lor hianmes ont embarrez, 
El lor hanbersont desmailliez, 
Et aux dedens les cors plaiez. 

(Floriam, 178i, Michel.) 
Mais quaut ilz visrent Geuffroy avoir le 
bassinet embarré par force de coups, et 
ijue son harnovs estoit desrompu, ilz n'eu- 
rent tallent de" rire. (J. d'Ahras, ifeitts., 
p. 410, Bibl. elz.) 

Son heaume fut tout fendu et enbarré 
et les cercles eu pendent aval. {Lancelot 
du Lac, i'" p., ch. 51, éd. 1488.) 
Bien paroit aux escnz el heaumes 
Fanduz, embarrez el ployez. 
iGoHOBY, Comment, sur la font, perill., éd. 1572.) 

— Neutr., an sens passif : 

El li hiaume embarrent et ploieDl, 
El des haubers les mailles TOlent. 
(li Chevaliers dou leon, Vat. Chr. 1725, Bumv., 
p. 543.) 

Il n'i a hiaume si puissant 
Que il ne facenl enbarer. 
(Gautiers. J's/fs (!/ Galeron. Richel. 375, 1*3275.) 

— Act., enfermer entre des barres : 

Me suy delicté, en les regardant noer 
en la nasse ou ilz sont si bien embarras, a 
escripre icelles Quinze joyes de mariage a 
leur consolacion. {Quinzejoyis de mariage, 
prol., Bibl. elz.) 



Encor (pour vray) mettre on n'y peut le] ordre. 
Que lonsjonrs l'un l'autre ne vueille mordre. 
Dont raison veult qu'ainsi on les embarre. 
Et qu'entre deux soit roys distance et barre. 
Comme aux cbevanx. en l'eslable barpnenx. 

(Cl. Marot, Enfer, p. 46, éd. 1544.) 

En Bretagne, Côtes-dii-Nord, particu- 
lièrement dans l'arrondissement de Dinan, 
on dit être embarré, pour signifier être en- 
fermé en dedans d'une barre, d'une bar- 
rière : « Je n'aime pas élre embarré. > 

EMBASMENTÉ, VOir EMBALSEMENTÉ. 

EMBASSÉ, part, passé, qui a un emba- 
sement : 

Pour tailler et polir Tantel avec le devant 
et ung bout, et ce qui s'en pourra mons- 
trer par darriere, et tout de marbre noir ot 
embassé de meismes. (31 août 1450, Compt. 
du B. René, p. 48, Lecoy.) 

Deux basses embassees de une ogive et 
d'un lioncbeau. (1511, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. rtis., Bibl. Amiens.) 

EMBAST.\RDERj cnb., V. 3., tendre^ 
déclarer bâtard : 

Home ne puet mie enbastardcr un home 
après sa mort. {Year books of the reign of 
Edw. the firsl, years xxx-xxxi, p. 289, Rer. 
bril. script.) 

EMBASTARDiR, eiibolardir, v. a., désho- 
norer, violer : 

A droit u tort chastens seisist, 
Gentil: femmes enbasiardisl. 

(S. Eduiard le conf., 4460, Luard.) 

— Embastardi, part, passé, dégénéré : 
Tout ce que jevoz ai contes sunt le vies 

et les costumes des droit Tartars ; mes je 
\-iiz di qe orendroit sunt moût enbatardi, 
car celz que usent au Cata se mantienent 
al les vies et a la manière et as costumes 
des ydres. (Yoy. de Marc Pol, c. lxx, 
Rous.) 

L'éd. Pauthier, c. LXIX, porte : sont 
moult abastardi. 

EMBASTONEMENT, - owiement, s. ra., 
arme offensive : 

Iceulx compaignons garnis de gros le- 
viers de eharreles, de grosses reboules et 
autres embastonnemens. (1310, Arch. 3i 164, 
pièce 241.) 

EMBASTONER, - onjîcc, embott., verbe. 

— Act., frapper à coups de bâton : 

Frappons sur ce villain infâme. 
Et je te supply par ton ame 
Qu'il soU ung peu embasloime. 
(Grebas. llijsi. de la Pass., ms. Troycs, 3' j., 
f° 21 r».) 

— Réfl., s'armer : 

Et qu'il n'y ayt ici personne 
Qui ne se arme et enbastonne. 

i.Mist. du viel test., 8041, A. T.) 
Sus, compaignons, chascun se peine 
De soy très bien embasionner. 
(Greban, Slysl. de la Pass., Ars. 6431, P 152^) 
Si s'armèrent ung soir et s' embastonne- 
renl tout du mieulx qu'ilz peurent. (Le 
Maire, lUustr., i, 23, éd. 1548.) 

— Embastoné, part, passé, armé : 
Armez et embastonnez d'espees, arba- 

lestes et autres habillemens de guerre. 
(1447, Arch. JJ 178, pièce 161.) 



Embastonné. (1472, Procès-verb- de signif. 
d'un jugevi-, S. Cyprien, Montreuil B'", 
Arch. Vienne.) 

Et furent ordonnes deux cens soudoyers, 
par ceux de la vile, tous armes et embat- 
tonnes. (Olivier de la Marche, Mém.., I, 
14, Michaud.) 

Sur celle requeste saillirent de leurs pa- 
villons les champions armf-s, embaltonnes 
de haches, de lances, d'espees et de 
dagues. (1d., ib., 1, 17.) 

Et estoit embattonné de lance et de 
hache, et aidé d'un targon d'acier. (Id., ib., 
1, 17.) 

Et a tant fut veu Jason, qui se prome- 
noit très richement embattonné. (Id., ib., 

I, XXIX.) 

Embastonnees des lances et aultres bas- 
ions. (J. BoucHET, Triumpkes de la noble 
Damcf 125 r», éd. 1536.) 

Le duc ne ses gens n'estoieot aucune- 
ment armez ne embatonnez. (Bouchard, 
Chron. de Bret., (" 154», ■éd. 1532.) 

Armé jusques au collet et bien embas- 
tonné. (G. Boucuet, Serees, iv, 105, Rov- 
bet.) 

EMBATAGE, - aige, s. m., placement, 
pose : 

Pour une paire de roues neulves, eu 
senble pour Vembataige d'icelles que pour 
quinze livres de fer. (1556, Compt. deDiane 
de Poitiers, p. 211, Chevalier.) 

EMBATAiLLiER, cnb., vcrbe. 

— Act., préparer pour la bataille : 

Le fort moit envitaillié 
El moult très bien embataillié 
Pour les recepvre a lie chiere. 
(GriLi.. DE Si A^DRÉ, le Libvre du bon Jehan, 
3418, Charrière.) 

Si se Irayrent devers le port et encrèrent 
leurs nerz,"et les enchaynerent moult bien 
et embataillcrent si comme il estoit mastin. 
(L'isioire de Troye la grant, ms. Lyon 
823, r» 10=.) 

— Réfl., se préparer pour la bataille : 
Ordonnance a honneur tost vient 

Qui ja en l'estrier le pie tient, 
Si lay prie qu'il s'cnbalaille 
Et de poursuir ne Iny chaille 
Ces gens dont a eu victoire 
Car il aura afaire encore. 
(Gaces, Rom. des Deduiz, Ars. 3332, f 29 t°.) 

— Nentr., s'acharner à la bataille : 
Lors viissiez Sarrazins enbatailter de 

arant manière, et toutesfois ilz furent sou- 
prins tant qu'il y en eust plus de .vu. m. 
mors. {Ponlhus, ms. Gand, f» 32 v».) 

EMBATANT, embastant,aà)., vif, ardent: 
Feme bien embatans est plus tost envaie. 
(Li Prière rAfo/i/i., Zeilschriade Grober,!, 251,81.) 

Or y a enfans esbalans. 

Gais, gens, jolis, et embastans, 

Amourenli, doulx et amiables. 
(G. DE MACn., Poés.. Richel. 9221, f» eg''.) 

Et sui jolis et esbalans, 

Lies, envoisies et embatans 

En tous déduis, en tons depors. 
(VRtiMS., Prison amoureuse, Richel. SSO.flSSr".) 

— Dans un sens défavorable : 
Orguillense n'estes ne fiere, 
Embatans ne de folz ator. 

(Salut d'Amour, Rich»!. 837, t° 18-2 



EMB 

— Embatanl en, adonné k : 

Nus ne doit estre embalam 

En bordel ne fil lekeiie. 

(Poël. ms. av. 1300, t. IV, p. ISÎS, Ars.) 

EMBATE5IENT, enbatcment, s. m., ac- 
tion de pousser, d'enfoncer, de plonger, 
d'entrer : 

Cil ijni sont batu a le roi 

Se gardent miens de fol enl/alemml 

Que li niais. 

(Chnns.. Vat. Chr. lt!lil, 1° 173».) 

— Arrivée : 

Quant les piicelles apperceurent le che- 
valier sur elles enibatu qui se hoctoyoit de 
son suubdaiu embatement, tantost se dres- 
sèrent sur piedz... {Perceforest, vol. V, 
ch. 33, éd. 1528.) 

EMBATEOR, - teour,s. m., assaillant : 

Sire, dist li valiez, tous les dieus en aour 
Que il ne cuident mie que vous aiez estour 
Ne que cis de Fezon soient embatcoîir. 
Trop sont petit de gcnl, si ont fait prant folour. 
(Yeus don paon, Uichol. 155i, f° 12 r°.) 

EMBATisiER,- zier, V. 3., Iwptiser : 

Quant cil virent de Rome lor sire embaliziei 
Saint Clément apelereut, de .m. pars fii bûchez : 
Sire, b iptisez nos et si nos enseignez. 

(Prise de Jérus., Richel. 137i, f° 89=.) 

EMB.\TRE, emballre, enbalre, ambatre, 
anbalre, ambaptre, verbe. 

.— Act., enfoncer, plonger, planter, pré- 
cipiter : 

Sun bon espiel enz el cors li enhat. 

(Roi.. 12G6. Muller.) 
En la cervele le branc li embati. 

(Garin te Loh.,'!" cbans., xxvi.) 
Il l'a ben terse (l'épée), el foerre Vembatié. 

(Raimb., Oçiier, 8.351, Bai-rois.) 
t'ntames est en maint liu vos escus; 
Cil trox de lance i sont rault embalua. 

(Id., ib., 12210.) 
Delez le cuer li enbat l'alemele. 
(Li Covcnans Vivien, 1596, an. Jouckbl., Gain. 
d'Or.) 

Parmi le cors l'espié li anbali. 

(Gir. de \iane, Richel. Ui8, f 21''.) 
N'i porriez la dent embatre. 
Et vos briserees les deaz. 

(Renan. 16G10, Martin.) 

Qno le trenchant de l'alemelle 
Li embat tout en la cervelle. 

(Rom. de rkebei, Richel. 60, C S'.) 
Kt fiert Fromont en travers el visaige, 
Qnc tout l'acier li embat en la face. 

(Joitrd. de Btaivies, 1003, Hoffmann.) 
Les nés ont embntues par force li jonvens 
En la parfoode mer plus de xuii. arpens. 

(Guy de Camb., Richel. 21366, p. 227».) 
Plus de paume et demie ii embat le taillant. 
(Baud. de Seb., IX, 258. Bocca.) 

— Avec un rég. de pers., pour dire 
pousser, chasser : 

Les murs vouloit fraiudro et abalre; 

lit Sarrasins dedenz enbatre. 

(G. DE CoiNCi, itir., ms. Soiss., !" 154"'.) 
Le roy de France et les barons passèrent 
tout ouitre parmi les teutes aux Sarrasins, 
et les chaciereut tant qu'il les embatirent 
tous es moutagnes. (Grand. Chron. de 
France, l'Istoire au roy Phelippe, fils Mgr. 
Saint Loys, v, P. Paris.) 



EMB 

— On a dit encore dans le sens de faire 
entrer, sans idée de violence : 

Prist Penevaire par le frain d'or bâta. 
Tôt bêlement l'a el gué embatu ; 
L'eve trespassent qi rade et corans fu. 

(R.viMB., Ogier, 12337, Barrois.) 
Que nus ne doit en sa meson 
Nul hoiu receler ae enbatre. 
S'il ne veult tencier ou combatre. 
(RuTEB., Voie de Parad., Il, 33, Job.) 

— Au sens moral, faire entrer profondé- 
ment, insinuer : 

11 donne et embat sa grâce es choses 
devant dictes. (VioNAY, Mir. hist., Vat. 
Chr. 538, f" Z'.) 

L'estude de tels livres engendre ou embat 
ou acroist es cuers de ceulx qui y enten- 
dent. . (Oresme, Elh., Richel. 204,' f° 348''.) 

— Rén., en parlant de pers., se plonger, 
s'enfoncer, se précipiter, fondre : 

El port se sunt et enbattu el mis. 
(Garin le Loh., 2" chans., xxxv, P. Paris.) 
An la presse s'ambat de la gent paienie. 

(J. BoD.. Sax., CLXxix, Michel.) 
Dedens l'agait senhati li frans bon. 

(Raimii., Ogier, 6484, Barrois.) 
Cil est fos ki en lia s'enbal 
A ensient u on le bat. 

(Ste Thais. Ars. 3327, f 13'.) 

Si serré trouve le passage 
Qu'il ne se puet dedenz enbatre. 
(G. BE Coi."(Ci, Mir., ms. Soiss., f 194''.) 

Se vous une autre fois vous embates en 
autel péril, nous vous rendons chi oreu- 
droit tout chou ke nos tenons de vous. 
(H. DE VAL., 512, Wailly.) 

Ec nne fosse s'embati 
Si que del cheval l'abali 
Li auwe, qui le sousprist par force. 
(Phil. de Remi, Jean el Blonde, 2707, Bordier, 
p. 241.) 

Mais qui se melle de toas dis 
Recorder on qne il s'enbache 
11 a deservi c'on le bâche. 
(De la Brebis dérobée, Richel. 378, f 11 t°.) 
Var. du ma. Richel. 25516 : s'embace. 

Sur l'ermitage s'enbati 

Ou li geinz bermile maneit. .. 

(Le lai del Désiré, p. 16, Michel.) 

Entreus qu'il meugoient, etNicolete s'es- 
veille au cri des oisiax et des pastoriax, si 
s'enbati sor aus. (Auc. et Nie, p. 22, Su- 
chier.) 

Et de tel cas avons noz veu escaper plu- 
sors persones qui avoient cix ocis, qui en 
cestc manière s'estoient embatu en lor ma- 
noir. (Beaum., Coit,t. de Beauv., ch. xxxix, 
48, Beugnot.) 

Li rois des Abrodiciens s'estoit enbatuz 
en un embuschement que li Saine li avoient 
basti. (Chron. de S.-Den., ms. Ste-Genev., 
f» 118".) 

Qu'il ne s'embache mie a foUie faire en 
triuwes. (RoisiN, Franck., lois et coût, de 
Lille, ms. Lille 266.) 

l'^t le faites bien aaisier 
Priveement c'on ne le sache. 
En un lieu ou on ne s'embache. 

(Coiici, 3116, Crapelet.) 
Mes dites nous ou nous porons 
Ensamhie estre quant nous vorrous 
Celeemeiit c'on ne le sache 
En nn lieu ou nulz ne s'embate. 

(Ib., 5586.) 



EMB 



V 



C'est qu'il se fâche estroit beoder, 
Et son chief si enveloper, 
Que nul connoistre ne le sache, 
Et ainsi a l'ostel s'embache. 

(Ib., 6032.) 
Dont 3'apense que tnit mercier 
Portent en tous lii^us leur panier. 
Et en salles et eu maisons 
S'embatent en toutes saisons. 

(Ib., 6520.) 
Regarde bien et bault et bas 
Le grant péril ou tu t'embas. 

(Remédia amoris, 4S, Koerting.) 
. Se nous nous etnbalons en la forest de 
ceste matière. (J. de Salisb., Polierat., Ri- 
chel. 24287, f 61".) 

Si lor couru seure, et s'embati trop fole- 
ment en eus. (Hist. des ducs de Nortn. et des 
rois d'Anglet., p. 143, Michel.) 

Si vint que ce jour le temps estoit noir, 
chargé d'une grande bruine : dont ils s'em- 
battirent au danger de l'einbusche, avant 
qu'ils s'en sceussent percevoir. (0. de la 
Mahcue, Mém., 1,26, Michaud.) 

Une bande de gentilz hommes espai- 
gnolz se va embattre jusque près de la 
garnison du bon chevalier. {Le loyal Ser- 
viteur, m, J. Roman.) 

Edo'wich s'ambatit dans les gens de pied 
romains. (Fauchet, Antiq. gaul., U, 8, éd. 
1610.) 

Le soleil estant extrêmement aspre, 
je m'embatis sur une caverne cachée et 
inaccessible, et me jetlav dedans. (Mont., 
Ess., 1. II, c. 12, p. 308, éd. 159.5.) 

— Neutre, dans un sens analogue : 

Embatu somes el cuer de lor pais. 

(Les Loli., ms. Montp., f 98') 
Tant a Vairons erré q'as Irez est ambaluz. 
(J. BoD., Sa.T., CLV, Michel.; 
Qu'un chevaliers grigois est entr'euli embatus. 
(Yeus du Paon, ms. Brnx. 11191, f" 93 r". 
Ens el bosquet est embatus. 
Et passa tant qu'a l'uisset vint 
En tastant. .. 

(Couci, 3378, Crapelet.) 
Mon cuer avez repus., 
II est avoec le vostre vraiemeut embatus. 

(B. de Seb., Il, 484, Bocca.) 

Le doux Jesu Crist 
Te doint bon jour, fille. Ou es tu ? 
Touz sommes ccens embatu. 
(Mir. de St Jean Ghrys., 25D, Wahinnd.) 

— Réfl., en parlant de choses morales, 
fondre sur : 

L'autre débat 

Qu'elle est plus triste et hors d'esbal : 
Car double et paour la combat, 
Et désir en elle s' embat. 
(A. Chaktier, Liv. des quatre dames, p. 647, 
éd. 1617.) 

Et sans débattre. 

Pour les raisons toutes abalre. 

En mon cueur se viennent embatre, 

Playes, dont j'ay contre une (lualre. 

U»-. ib., p. 649.) 
Et qui plus est, quand daeil sur moy s'embat. 
Par fortune qui souvent si se fume, 

Vostre doulx œil sa malice ralial. 
(Villon, Grant Test., Bail, à un gont. nouv, 
marié, Jouaust, p. 90.) 

- Act., battre : 

Comme lesdiz Colin et Simonnet eussent 

esteruy du blé en la grange dudit Raouliu 

I et enbatu. il378, Arch. JJ 113, pièce 216.) 



EMB 



ËiMB 



EMB 



— Rén., en parlant du jour, se lever : 

Al quint jur si cam l'aube crevé 
l.e jiir s'nilial, le soleil levé. 

(La Vir de S. Gile, 915, A. T.) 

— Act., employé d'une manière particu- 
lière pour dire mettre au-dessous : 

Les uns et les autres estoient vestus des 
\estemen? aux femmes, et n'avoient pas 
i''S chevaliers honte d'embatre les cotes de 
rhevalerie ans cotes des femmes. (Légende 
dorée, Mnz. 1333, f 32''.) 

— Techn., poser : 

Pro duobus paris rotarnm embatre et 
aliis. (Compt. de l'H.-D. d'Orl., 1369-70.) 

Pour avoir embatu le maillet fait pour 
balre les aguylles dudit pont de Lovre. 
(1406, Compi. de Nevers, CC 15, f" 15 v».) 

A Guillaume et Mathuriu les Vaslins, 
marcliaulx demourans a Chenonceau, 
pour avoir ambaptti une paire de roues. 
(1556, Compt. de Diane de Poitiers, p. 206, 
Chevalier.) 

— Embalu, part, passé, dépouillé : 

Ne demeure mie longuement en un giste 
pour ce que le pays ou il a esté est tan- 
tost embatu, et va en un autre lieu demeu- 
rer et pescher. (Mod. et Racio, ms., f» 57", 
ap. Ste-Pal.) 

2. EMBATRE, VOlf ESBATRB. 

EMBATU, S. m., domaine, propriété, 
p.-è. terre où le gibier s'embat, s'abat : 
Damoiselle, dist il, se je sny venus chi 
Sur le Tostre emhala, bielle, taut vous en di : 
Se la lierre est a vous, vous le tenes de my. 
(Chev. au cygne, 0^, Reiff.^ 

EMBAUCHIER, - quicr, embocher, enb., 
V. a., dégrossir : 

Enhauquier les .ii. loges des eschevins 
au behourd. C1389, Lille, ap. La Fons, 
Gtoss. ms., Bibl. Amiens.) 

Un charpenlicr embatique a le maison 
Jehan Rondet. (1397. ib.} 

Et telles œuvres tant plus grossemeut 
seront emboché, tant mieux garderont le 
décore de la fortresse. (P. Van Ablst, 
Arch. sel. Yitr., f» ô"", éd. 1S45.) 

On lit dans Monet : Embaucher, faire 
bauche on enduison de chaux, mortier ou 
piastre. 

Cf. Bauch et Bauche. 

EMBAUCHURE, enb., s. {., semble dési- 
gner une dépendance grossière : 

Seront tenus de recoveronner une en- 
bauchure de la grange d'ieelle censé. (1421, 
Cart. de Corbie. aj). Duc, V, 559.) 

I. EMBAUDiR, enb., verbe. 

— Neutr., prendre de la hardiesse : 

Les lor voieat le cbamp gnerpir, 
Lès autres croistre et embaudir. 

(Alhis, Ars. 3312, 1° 81".) 

— Réfl., s'enhardir : 

Pluis s'enbaudissent de maufere. {Lib. 
Custum., 1, 282, Rer. brit. script.) 

— Ejnftaud!, part, passé, rempli d'ardeur: 
Si que la voslre baronie 

De la soie soit enbaitdie. 

(Alhis, Ars. 331Î, f» 39'.) 
Par cens anrei chevalerie, 
Aina le vespre, bien embaudie. 

(Ib., f» 7*''.) 



Cf. ESBAUDIU. 

2. EMBAUDIR, ««6., embadir, v. a., pu- 
blier, proclamer, promulguer, signifier : 

Mais cbes traities ne furent mie adonc 
parfais ne accomplis, enssi que les trai- 
tieurs Yai^oient enbaudit. (J. de Stavriot, 
Chron., p. 103, Borgnet.) 

Perchivant que li duk de Brabant ne leur 
faisoit nule expédition de chu que embadit 
leuravojf. (1d., ib., p. 112.) 

Que nulz vendans vins de la citeit de 
Liège ne porat faire nonchier vins tenant 
coleur, ne enssi embadier tenant coleur se 
celi vin enssi noncbies et embaudis ne 
tient coleur .xil. heures entiers. (Id., t6., 
p. 218.) 

EMBAVER, verbe. 

Act., pris au fîg., embaver quelqu'un, 

l'abreuver de discours. Un poète du xv" 
siècle a dit, en parlant des moines : 
Les rois en vostre main aves, 
Sy saintement les embares, 
tant do choses leur faites faire 
Qu'ilz cnident tous estre sanlves. 
(Lefranc, Champ, des Dam., Ars. 3121, 1° iW.) 

— Réfl. , s'emplir de bave : 

Comme un chien enragé sa bouche elle s'embave. 
(De BoissiEUES, Sizains des humeurs de la femme.) 

— Embavé, part, passé, plein de bave : 

Ja si n'iert orz ne si tachiez 
Ne d'orz péchiez si enbavei 
Par Ini (la vierge) ne soit lost eslavez. 
(G. DE CoiNCi. llir., Uichel. 2163, f 18'.) 

Jangleurs embavez. 

(Le Mir. Mme Ste Genei)., Jub., ilyst., 1, 239.) 

Boache embavee. 

(D'AUBIGN., Trag.) 

EMBEALDER, VOir E.MBALDER. 

EMBECHONEit, - conner, - coner, enb., 
enbieconer, enpechouner, verbe. 

— Act., charger, embarrasser : 

Quand ensi fu embeconnes 
De cbele enfernieté soudaine. 

(ilir. de S. Eloi, p. 113, Peigné.) 

Car quant il se sot cnlechié 
D'une petite menchoignele, 
Ne vaut pas lonces de tel dete 
Embeconner sa conscience. 

(Ib., p. 39.) 

Uns diacres, en un autre tans, 
Fu de si grans maus et de tans 
Enpechouiies de toutes pars... 

(Ib., p. 103.) 

— Nentr., être embarrassé, empêtré, 
faire un faux pas : 

Se Dex salve Prinsaut sous moi â'enbeconer, 
A l'ost vos ramenrai, qui qu'en doie peser. 

(Conq. de Jérus., 3677, Hippeau.) 
Li cevals u il sist fu las et tressues, 
Del destre pie le hurte, si est eitbiecones, 
Li vasaus cai jus, si est mal asenes. 

(Ettf. God., Richel. 12558, f» 30''.) 

— Act., cacher : 

Car ne \'ot pas enbechonee 
Sour son cheves, ni embnschie. 
N'en parfoade terre muchie. 

(Mir. de S. Eloi. p. 112, Peigné.) 

EMBECOUNEU, VOir E.UBECHONER. 

EMBEDOs, voir Andui. 



EMBEGARE, adj., souillé : 

El celle dont li estât est plus gens 
Que d'un porcel orî et embegarr 
M'a, en soudain, telement regardé... 

(Froiss., />oA., Uichel. 830, f 300 v°.) 

EMBEGUiNÉ, enb., adj., ivre : 
Gillet Grasset commença a dire que le 
suppliant csioil enbeguiné, qui esloit a dire 
qu'il estoit y vre. (1456, Arch. J j 183, pièce 
145) 

EMBEISEILLER, VOir EMBESEILLEB. 

EMBELETER, V. 3., embellir : 

Tant ont ly compteonr compté. 

Et ly fableour tant fable. 

Pour leurs comptes embeleler. 

Que tout ont fait fable sembler. 

(Rom. du Brut, ms., F 7.5'\ ap. Ste-Pal.) 

EMBELiNER, V. a., tromper en flattant, 
capter, embarrasser : 

Ce maistre homme sceut si bien embe- 
liner ceste fllle, qu'elle le creut. (Tabou- 
rot, Escraignes dijonnoises, p. 25, Rouen 
1648.) 

On dit encore dans le centre de la 
France emberliner. 

EMBELLIR, embeliT , anbelir, embielir, 
verbe. 

— Neutr., plaire, être agréable, être 
avenant : 

S'il e.weoit honors en cesl pais 
Qni me seist ne deust enbrlir. 
Que je l'aroie sans nesun contredit. 

(Les Loh., ms. Berne 113, Cl^.) 
L'aveir que chascun d'eus amasse 
Lor enbeitsl. 

(Ben., D. de Norm., II, 22737, Michel.^ 
Dieus doinst qu'elle i soit retenue 
Tant que li lieus li embielisse. 

(Cligel, ms. Turin, f° 108^) 
Si li plot mout et anbeli ce que il ot ol 
dire. (S. Graal, ms. Tours 91S, f" 203\) 

Dei! tant m'enbeli 

Quant seule la vi ! 
(J. Erars, Mot. et Pastour. du xm° s.. Th. fr. au 
m. âge, p. 42.) 

Comme le larron qui entre par l'uis der- 
rière et emble les biens, coppe les gorges, 
et ne scet l'en quant il vient, et après 
celluy larron luy embelisl de jour en jour 
a embler et persévère tant que il est prins 
et le destruit l'en ! (Liv. du Chev. de La 
Tour, 0. xLiv, Bibl. elz.) 

Je m'en yray sy Venbeltit, 

Et se il ne l'enbeltit mie 

S'en porteray de ma partie 

Le chappon cras.^ 
(Vie Mans. S. Fiacre, Jub., Myst., I, 337.) 

Joseph, moult rae doit embellir 

La parole que m'avez dicle. 
(Pass. Noslre Seigneur, lab., Myst., U, 273.) 

Regardant ententivementles fais d'armes 
du chevalier incogneu. qui moult luy plai- 
soient et embellissoient. {Le chevaïereux 
Conte d'Artois, p. 14, Barrois.) 

— Act., donner des agréments, des 
chances de succès : 

C'est une chose qui moult grandement 
embelHst et resjouist vostre querelle. 
(Froiss., Chron.,'Xl, 306, Kerv.) 

— Justifier : 

Et tout pour embellir et veriffier nostre 
matière. (IfROiss., Chron., XIU, 3, Kerv.) 



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— Embelli, pari, passée qui ost dans im 
état plus favorable : 

Et sa querelle est grandement embellie, 
puis que li seqours d'Engleterre li sera 
venus. (Froiss.^ Chron., II, 375, Luce, ms. 
Rome.) 

EMBENESTEu, V. a., mettre les pains 
de sel dans les benastes : 

Le benastier les embeiiesto' par douzaines. 
{Texte de Valenciennes, tiollut. Mém. hist. 
de la républ. séquanoise, p. 160, éd. 1846.) 

EMBERCiER, enbierchier, v. a., mettre 
autour : 

Prist le blason de foy, a son col Venbiercha. 
(Geste des ducs de Bourg., 2041, Chron. belg.) 

EMBESEiLLEMENT, embesilement,s. m., 
destruction : 

Et en outre de loutz les fyns queux sont 
ore tarde embeseilles en la tresorie nostre 
seignour le roy par gents viscontes que les 
notez et briefs de coveuant des dites fyns 
embeseilles demurrantz eu la garde de 
cirographer sipurrount estre troverque ala 
partie ruonstrant partie des dites fyns 
embeseilles tiels notes et briefs de cove- 
nant demurgent de recorde si avant corne 
ceux fynes eussent esté si nul embeseille- 
ment d'iceux n'eust esté fait. (stat. de 
Henri IV d'Englet., an v, impr. goth., 
Bibl. Louvre.) 

Sans (ruade, embesilement ousubtraccion. 
(Stat. de Henri VI, an xxiii, ib.) 

Cf. Besillement. 

EMBESEiLLER, emheiseUler , embeseiler, 
\ . a., détruire . 

Au fyu que si les notes en la garde de 
le cyrographerou les fyns soient embeseilles 
que home avéra recours au dit rolle pur 
avoir ent execucioa come il averoit si les 
fyns ne ['eussent point embeseilles. {Stat. de 
Henri IV d'Englet., an v, impr. goth., 
Bibl. Louvre.) 

Et que nul tiel frère de nul des dites 
ordres amesue, embeseile, n'esloigne ne 
l'ace acaesaeT, embeseiler n'esloigner per luy 
ne peraullre ascuu tiel enfant hors de lieu 
ou il serra ensy premirement prise ou 
receux tanqz al autre lieu per un an entier 
proschein ensuant tiel prise ou receit en le 
dit ordre, llb-} 

Pur embeiseiller les briefs du roy. {Stat. 
de Henri VI, an iv,j6.) 

Cf. Besillier. 

EMBESIER, voir EjIBAlSIEB. 
EMBESILEMENT, VOlrEMBESEILLEMENT. 

1. EJiBEsoiGN'EMENT, embesongnemcnt, 
embessongnement, s. m., occupation, em- 
pêchement, embarras : 

Ses bras sont endurcis en continuel la- 
bour, elle sent que son embesongnement 
est bon, et pouree le continue. (Christ, de 
Pis., Cité, Ars. 2686, f" 48".) 

Entre les estudes de l'esperituel embe- 
saignement sur toutes choses, ceste est la 
plus nécessaire. {De vita Christi, Richel. 
181, f» 6».) 

L'espirituel exercite et embesoianement. 
{Ib., f» 53".) 

Kens grâces a Dieu qui t'a amené a tel 
embesoignement et proufit avoir que tu 
poeulz icy de uns seul eaingnier cent, llb., 
f»90\) 



Je hay quasi a pareille mesure vne oysi- 
veté croupie et endormie, comme un embe- 
songnement espineux et pénible. (Mont., 
Ess., 1. III, c. 5, f 390 v, éd. 1588.) 

Le principal effect de la grandeur et de 
l'emiuence, c'est de vous jecter eu butte a 
l'iniportunité etemftesoJîffJiemeni des affaires 
d'autruy. {Lett. de Montaigne à M. de Faix, 
ap. Feugère, CEuv. de la Boétie.) 

Embessongnement, a businesse, or busie 
worke ; also, an imploying, or busyingj. 

(COTGH.) 

2. EMBESOIGNEMENT, embesong., adv., 
en causant beaucoup de besogne, d'occu- 
pation : 

Ce qui nous empeschoit bien embeson- 
gnement. (Pont, de Tyard, Disc, philos., 
(" 135 v°, éd. 1587.) 

EMBKsoiGNiER, - songnier, - souigner, 
- ssoigner, enb., v. a., employer, occuper, 
embaucher, engager, empêcher : 

Et toutesvoies le dit roy d'Ang'.eterre ne 
aussi le dit prince n'avoient ne depuis 
n'eurent aucune guerre pour laquelle il 
embesognassenl ceux que le roy de France 
requeroit a avoir en son service a ses des- 
pens. {Gr. Chron. de Fr., Charles V, xx, 
P. Paris.) 

Allons nous ent a l'adventure en Portin- 
gal, nous trouverons la qui nous recepvera 
et embesoingnera. (Froiss., Cftron., Richel. 
2645, f" 52 v«.) 

Pour ce que le suppliant ne trouvoit per- 
sonne qui en son mestier le voulsist embe- 
songner. (1404, Arch. JJ 139, pièce 99.) 

cher Nysus, tcuIx lu hor esloingnier 
Ton compaignon san5 plus Vembesoulijner 
A hanltes choses conme faire souloyes. 
(0. DE S. Gel., Eneid., Richel. 861, t° 90''.) 

Lesquels em6cso>ignere»t tant lesAnglois, 
qu'ils ne peureut plus entendre a eux or- 
donner et mettre en bataille. (CODSINOT, 
Chron. de la Pue, c. 53, Vallet.) 

A aucuns autres labouieux 
Disant : Qu'estes vous cy oyseux 
Tous jour en perJant vostre temps? 
Ceulï disent : Nons sommes restans. 
Car ame ne nous enbesonyne, 
(Greba.v, Mijil. de la Pass.. Ars. 6431, f 139=.) 

Il étojt lors en propos d'exploicter l'espee 
et embesoigner le cheval si mestier en estoit. 
(U'AuTON, Chron., Richel. 5082, f» 81 v».) 

Aussi nous suffise d'embesongner en ces 
commoditez nostres ces corps illustres, 
sans les asservir ordinairement a nous. 
(Pont, de Tyard, Disc, philos., f» 147 v», 
éd. 1587.) 

— Réfl., s'entremettre : 

Combien que il se feust embesoingnié eu 
espèce de bien pour mettre paix et cou- 
cordo entre Castille et Porlingal. (Froiss., 
Chron., XI, 259, Kerv.) 

_ Embesoingnié, part, passé, occupé, 
affairé, empressé : 

Poi estoieut enbessoignez. 

{Rose, ms. Florence Rie. '27S5. f» 9''.) 
N'estoille on ciel n'a, sanz doubter. 
Planète ne souleil ne lune 
Ne intelligence nesuae 
Qoi celle part n'ait sa maigniee 
Qui pour elle est embesoigmee. 
(Christ, he Pis., Liv. du chemin de long esluie, 
210(1, Pùschel.) 



La veissiez les dames embesoingnees de 
courir aux armes. (Id., Cilé, Ars. 2686 
fo 24".) •"' 

Et meismement dix ou douze de leurs 
gens saillirent en l'eaue, qui faisoient sem- 
blant de vouloir bouter ycelui batel par 
force du lieu ou il estoit assis. Si faisoient 
moult fort i' embesoingnié. (.Monsthelet, 
Cftron., II, 206, Soc. de l'H. de Fr.) 

Alors le cœur n'est point embesoigné a 
fournir d'esprits aux sens. (G. BonCHBT, 
Serees, I, p. xxv, Roybet.) 

— Qui est dans le besoin : 

Cote ot d'un riche vert de Gans 
Cousue a lignel tout entour, 
Il paroit bien a sou atonr 
Qu'ele iere poi embesoignie. 

{Rose, 366, Méon.) 

EMBESONGNEMENT, VOIF EMBESOIGNE- 
MENT. 

EMBESONGNIER, VOir E.VBESOIGNIER. 

EMBESOUIGNER, Voir E.MBESOIGNIER. 

E.MBESSER, VOir EiMBAISSIER. 

EMBESSOIGNIER, VOir E.MBESOIGNIER. 

EMBESSONGNEMENT, VOir EMBESOIGNE- 
MENT. 

EMBESSONNÉ, part., attaché, collé en- 
semble, comme des bessons : 

Il fut trouvé en l'église sur une femme 
emhessonné et ne se povoien' départir l'un 
des-us l'autre. yLiv. du Chen. de la Tour, 
Richel. 1190, f''40».) 

Cf. Entrebesso.nner. 

EMBESTER, V. a., réduire à l'état des 
bêtes, abrutir ; 

Quant ils sont mariez je les regarde em- 
brider et embester mieux que les autres. 
{Quinze joyes, p. 203, éd. 1734.) 

Cf. Abestêr. 

EMBETUMÉ, adj., couiposé de béton : 
Au uioien des puissans betums, ou mor- 
tiers embetumes. (Noguier, Hist. Tolos., I, 
p. 69, éd. 1556.) 

Une pierre a la rustique entaillée, et em- 
betumee. (Id., ib.j II, p. 169.) 

EMBEu, enbeu, enbu, esbeu. adj., ivre : 

E 11 moines ivre e enbeu 
■Vers le mostier s'est esmeu. 
(Adcir. Mtr. de JV. D., Brit. Mus., Egerton 61-2, 
f° li".) 

Dormant tout yvre et enbeu. 

{Fables d'Ov., Ars. 5069, f° 2=.) 

Aalips la Maucuverte vint toute yvre et 
embeue en l'ostel d'iceux mariez. (1382, 
Arch. JJ 120, pièce 193.) 

Lesquelz estans yvres et esbeux... (1432, 
Arch. JJ 175, pièce 208) 

Comme homme embeii, qui chancelle et trepi^'ne. 
L'ai veu souvent quand il s'alloil coucher. 

(ViLLO.N, p. 81, Bibl. elz.) 

Semelle estoit embeue de vin. (C. Man- 
sioN, biblioth. des Poél. de metam., f° 26 v», 
éd. 1493.) 

Estant enbu. (1555, Lille, ap. La Fons, 
Gloss.ms., Bibl. Amiens.) 

— Fig., enivré: 



30 



EMB 



EMB 



EMB 



Dont par ierl si decens 

Et por Tostre or si emheus 1 

. Qae de joie a vos pies carra | 

Rt homage vons olterra. 

(rioire ri B'anc, 1919, Du Méril.) 

EMBEULLE, S. f., iiombril : 

Et fit si grande seicheresse qu'au plus 
profond endroit du Doub un en£fant y pas- 
soit sans se mouiller jusques a VemheuUe. \ 
{Aucunes choses memor. lesquelles se sont 
passées ancienn. riere la cilé de Besançon, 
Méui. pour serv. à l'iiist. de Fr.-Comle, 
VII, 261.) 

1. EMUEVRÉR, enb., enbeverer, enbei- 
vrer, embuvrer, enbeuvr'er, embreuver, em- 
hruver,.\erbe. 

— Act., abreuver ; 

Escliaufé les oui e vesluz, ! 

SovcQt eiihcvrez e pjux. i 

(Elucidarium, ras. Florence, Lanr., ConTenli sop- j 
pressi, 99, P U9'.) 

Le lianap ad descoverclé, 
Del Tiu Va primes eiilieivré. 

(Le IM del Désiré, p. 29, Michel.) 
Seifavei, \os m'eiibefera\les. 
iTraâ. de Rob. deLincoln, Kichel. 902, f 107 r».) 
Enyvre la terre et Vembreuve. (I.e 
Fevre d'Est., Bible, Esaïe, lv, éd. 1S34.) 1 

Je embruveray mes flèches de sang. (Id., 
(il., Deuteronomo, xxxil, éd. 1530.) 

-Fig. : 

11 avoil eslé de s'effance embevrez de la 
loi devine. {Vie des Pères, Riche!. 23111, 
f" 182".) 

— Enivrer : I 

Si bel VcnboivfC 
Et afole, que... 
Umadas et Ydoine. Richel. 375, f 3-22'.) 

— Imbiber : 

D'aisil fiel meslé une esponge enbevra. 
(Herîian,B(*;c Richel. 14U, fol V».) 

Que tu preignes litargire poudre, etl'en- 
bevreras avec oile rosat. (Bbun de Long 
UOHC, Cyrurgie, ms. de Salis, f» 28''.) 

Je perdrai franchement la vie, et n^es- 
iiargnerai non plus mon sang, que si c'es- 
ioit de l'eau dont je voulusse embreuver la 
terre. ( .yre Foucault, Trad. d'Aristenel, 
[K 46, Liseux.) 

— Réfl., s'imbiber : 

Et après on y peut mettre sou huylle 
seurement,carle vaissel ne s'en enbeuvrera 
point (P. des Crescens, ProtiUitz champ., 
r 56 r», éd. 1516.) 

— Embevré, part, passé, abreuvé : 

11 est ausi taint et embevrez du precious 
sanc que Jhesucrist espandi por lui 
comme est une soupe de pain chaut quant 
(jU la boute el vin. (L.iURENT, Somme, ms. 
•■^oiss. 210, r» 66''.) 

— Fig., imbu ; 

Moult se pena de mètre le peuple a 
droite voie, mais il estoieut si embuvré en 
leur fause créance qu'il esploita peu. {La 
Stcccess. des Evéq. de Liège, Richel. 1634, 
f" 103 V».) 

Dans le Poitou et la Saintonge, embrever 
s'emploie pour dire tremper un linge, un 
morceau de bois, un objet quelconque 
dans l'eau ; exposer quelque chose à une 
grande pluie, le saturer. Dans ces pro- 



vinces on dit aussi s'embrever, pour signi- 
fier être mouillé jusqu'aux os. 

2. EMBEvuEit, V. a., faire entrer une 
pièce de bois dans une autre : 

Et se Bauduins Fantosmes voloit se 
maziere haucier, sor le bourt del nohe 
puet macener, et si puet embevrer en le 
maziere le bourt del nohe, et plus (iries 
ne le puet il aproisniier. (Pièce de 1223, ap 
d'Herbomez. Etude sur le Dialecte du Tour- 
naisîs, p. 12.) 

Littré donne embrever avec la même signi- 
fication, sans exemple et sans historique. 

3. EMBEVRER, VOir EMBRIEVER. 

EMBiAiRE, adj., peut-être qui va parles 

chemins : 

Se hom va an moustier la n'aveiz vos que faire ; 
N'est pas toaz d'une pièce, tosl vos porroil luaufaire ; 
A cenx qui i vonl dites qu'ailleurs aveiz a faire : 
Sans oir messe sunt maint biau serf embiaire. 
(RuTEB., HDiz de la voie de Tunes, l, 141, Jabinal.) 

EMBiERHER, V. 3., mettre dans la bière : 



La dame s'est dedens l'escring 
Jordains U anies a tel dolor menée 
Con s'elle fiisl devant Ini embierree. 
(Joid. de niares, Richel. 860, I» 122 v°.) 

Car Amboyns et Forques ont porté 
Devant le roi Haguenon embierré. 

{Gaydott, 1736, A. P.) 

On en embiere plus de milliers qu'on 
n'en guérit de demyes douzaines. (Cho- 
lieres, Matinées, i, 85, P. Lacroix.) 

EMBiis'oriR, enb., v. a., biner : 
.XIII. journeulx desdites terres qui sont 
preseutemeut plains de blé, et six jour- 
neulx qui sont enbinotis. (1387, Arch. MiVl 
31, f° 45 r».) 

Cf. BlNOQUIER. 

EMBLABLE, adj., qui peut être ense 
mencé : 

Lesquelles terres estoient et encores 
sont emblables. (1417, Arch. JJ 170; pièce 
77.) 

EMBLAEMENT, - aiemeiit, - ayement, 
-avement, s. m., récolte de blé ; 
Nous verront tout soudain des nuages descendre 
Une grasse rosée, une humeur douce et tendre 

Parmy ces bas vallons. 
Qui germant à souhait viendront bien-lost estendre 
Leur riche eml/lavemenl sur les jaunes sellions. 
(Chassign., Ps., Liiv, éd. 1613.) 

— Fig., embarras, désordre : 

A le fin que nul em emblaiement de 
guerre ne se remesist en Escoce. (Froiss., 
Chron., X, 293, var., Kerv.) 

Emblayement, a trouble, cumber^ pes- 
termeiit. (COTGR.) 

EMBLADER, VOir EMBLAEB. 

EMBLAER, emblaier,-ayer, -oiev, -oyer, 
embleer, anbl., emblader, anblaver, - eir, 
verbe. 

— Act., ensemencer en blé : 

.11. jornals de ierrc anblaveis. (1242, Ca>'(. 
de S. Yinc. de Metz, Richel. 1. 10023, 
fo 97 r°.) 

Es terres qui sont a présent embtaies a 
blés. (1355. Reg. du Chap. de S.-J.deJerus., 
Arch. MM 28, f 7 r".) 



Terres emblees. (13Sb, Reg. du Chap. de 
S.-J., de Jer., Arch. MM 82, f» 16 v».) 

Terres embloiees. (1376, Arch. MM 30, 
r 38 v».) 

Si le lessee emblea la terre et le lessor 
après Vembleer, et devant que les blees 
sont mature luy ousta, encore le lessee 
avéra les blees. (LiTTL.,J»isfJt., 68,Houard.) 

Si aucunes oyes sont trouvées ez prcz, 
ou en vignes, en quelque temps que ce 
soit, ou terres embladees, ou semées, pour 
ce qu'elles font grant dommaige, elles 
peuvent estre menées en justice. (Cout. de 
Berry, p. 366, La Thaumassière.) 

En terres embloyees ou semées. {Cout. 
de Bourges, x, 5, Nouv. Cout. gén., III, 
913.) 

— Fig., embarrasser, charger, empê- 
cher, occuper : 

Et dites au roi Daire qu? trop sui enconbres, 
A garder ai ma tiere et trop .w/i cnblars. 

(Ronm. d'Alix., 1° il', Michelant.) 
Ne puis je faire herbergaige, ne ostise 
doneir, ne emblaeir par quoi ly hommes 
devant dis soient dcstorbez de leurs aaise- 
mens. (1247, Cart. Esdras de Corbie, Ri- 
chel. 1. 17760, {'• 95.) 

Dam**, t'es grosse, s'as le cors enblaé. 
(G. d'Hanstone, Richel. 25516, f» 49 r") 
Lors veiisiez maint bel conroi. 
Et maint ohcvalx de grant desroi. 
Mainte cnsegne, mainte baniere : 
Assez plas d'une lieoe entière 
En sont tuit li champ emblaé. 

(G. de Dole. Vat. Chr. 1725, P 82». ) 
Mais d'antre cose erl emblaes. 
On il ne pot en nule manière 
Xe respiter, ue mètre arrière. 

(Uir. de S. Elai, p. 60, Peigné.) 
Et por ceu que li cielz et li ars et li 
terre et li ague avoient esteit en une masse, 
iai soit ceu que li uns soit contraires a 
l'altre, si ne pooit il mies estre que li uns 
ne fuist envolepeiz eu l'altre et embloieiz 
de diverses colors qui en chascuns estoit. 
(S. Graal, Richel. 2455, f» 109 r".) 

Cil estoient tuit emblaé de garder leur 
fortresces. {Cont. de G. de Tyr, ch. xli, 
Ilist. des crois.) 

Sire, ne vos doutes mie de moi, car del 
menour escuier que vous aves séries vous 
plus emblees que de moi. {Comtesse de Pon- 
tftieu, Nouv. fr. duxiii°s.,p. 168.) 

Li chevaliers i ala et trouva .ii. femmes, 
ki nukes estaient enblavees d'atirer la famé 
ki iert acoucie. (Li contes du roi Constant 
l'empereur, Nouv. fr. du xiii' s., p. 8) 

Ces glontons sont lassus an mengier emblavé. 
(Doun de Maience, 5617, A. P.) 
Adont ot Cipeiis ses gens bien ordonnes. 
En .XVII. batailles lez fist en vérités, 
Chascun en donna une de sez enfans chameiz. 
La bauiere de France ot Ciperis le ber. 
Bien dit qa'anUre de lui n'en seroil emblaies. 
(Cipeiis, Richel. 1637, i" 108 v°.) 
Us n'avoient que faire de la tenir leurs 
chevaux, puisqu ilsaroient le siège et qu'ils 
en seraient trop emblaies. (Froiss., Chron., 
XIV, 175, Kerv. 

Qui l'endemain. si tost que jour fu, eust 
veu tentes abatre, charioz charger, gens 
forhaster, emblaver, et entoaillier , bien 
peust dire : Je voy un nouvel siècle. ilD., 
ib., Riohel. 2641, 1» 68 r».) 

Et regardèrent que Hz n'avoient que 
faire de la tenir leurs chevaulx puis que 
ilz aurovent le siège, et que ilz en seroyent 
trop emhlaiez. (Id., i6., Richel. 2646, f»66''.) 



EMB 

El s'ils(!es flotz et flégards) sont trouves 
emblaies ou empescbez de bos ou autres 
emblays et empescheraens durant ladite 
fesle, le bois on eniblay demoiirra con- 
Ksqiiié. (1S07, Prév. de Doullens, Coat. loc. 
du bail!. d'Amiens, II, 77, Bouthors.) 

— Réfl., s'embarrasser, se charger : 
Que ja d'omme conart ne me qnier emilaier. 

(.Gaufreij, .•;304, A. P.) 

Emblaier, avec le sens d'embarrasser, 
occuper, éiail usité dans le langage popu- 
laire au xvii" s. On lit dans le Diction' 
naire de Richelet: 

Emblaier (intricare). Etre occupé de 
plusieurs soins difficiles. Cette femme est 
assez emilaiée de son enfant. Ce mot est 
bas, et point en usage. 

Emblaié, ée, adj. (Terra consita). Ce mot 
est vieux, et ne se dit guère que par les 
laboureurs d'autour de Paris ; il signifie 
ensemencé de blé. — Terre emblaiee, ou 
idutôt terre ensemencée. Ou dit aussi em- 
blaier une terre, uu cliamp. 

L'Académie enregistre emblaver, comme 
terme d'agriculture, signiOant semer une 
terre en blé. 

Picardie et Morvan, emblaiver, ensemen- 
cer, cultiver un champ. 

H. Norm., vallée d'Yères, et pays de 
Ttray, emblaier, gêner^ embarrasser ; s'ap- 
plique aux personnes et aux choses. 

Dans le langage rémois, on appelle em- 
lilaveur, un homme qui fait ses embarras. 

EMBLAEURE, - aure, - eure, emblure, 
I .liblaveure, - ure, amb., s. f., réculte de 
blé et autres fruits pendants par les ra- 
cines ; blés ou grains provenant des 
terres emblavées et ensemencées ; terre 
chargée de blé : 

Vamblaure de la terre. (Etabl. (le S. 
Louis, 11, XIX, p. 399, var., Viollet.) 

Doivent lesdis preneurs labourer et en- 
semancier chascun an a leurs coux la terre 
du colombier et la terre du clos a moitié 
de ambleure pour nous et l'autre moitié 
pour eulx. (1353, Reg. du Chap. de S.-J. de 
Jerus., Arch. MM 58, 1» 16 r°.) 

Faire labourer et cultiver lesdites terres 
a blés et a avoines et autres semences... 
au tiers d'ambleure chascun, c'est assavoir 
les .II. pars des grains qui en ystront. 
ilb.) 

La despeuille ou emblaure de l'une des 
.11. pièces. (1357, ib., f» 74 r».) 

Douze arpens de terre assis es ambleures 
tenant a Estiennot. {Ch. de 1372, Arch. S 
129, pièce 70.) 

Et si pourra lever les embltcres des terres 
emblavées par le vassal trespassé. (Coul. 
d'Auxerre, lxiv, Nouv. Coût, gén., III, 
597.) 

Les emhlaveures et gaignages non coup- 
pez ne sepnrez du fous sont reputez 
meubles. (Coiit. de Meaux, lxx, Nouv. 
Coût, gén., 111, ,387.) 

— Par extens., emblaeure s'est appliqué 
à la récolte d'une vigne : 

Panre ]'ambleure de ladicte vigne. (1377, 
Arch. MM 30, 1° 75 v».) Plus haut enbleure. 

La langue moderne a gardé emblavure, 
champ ensemencé de blé. 



EMB 

EMBLAGE, S. m., actlon de se dérober : 

Et n'avoit peur autre au monde fors que 
sievy fust d'aucun qui le pust avoir cognu 
ou qui se fust perçu de son emblage. (G. 
DE Chastellain, Cliron., III, 241, Kervyn ) 

EMDLAIEMENT, VOir E.\IBLAEMENT. 
EMBLAIER, VOlr E.MBLAER. 

EMBL.\NCHER, eiiiblauncher, v. a., don- 
ner une certaine façon aux cuirs ; 

De ceux qui emblaunchent quirs a escient 
de bestes embles, de redubbours ache- 
tauntz ascient dras embles, et les attirent 
a autre forme. (Bkitt., Loix d'Angl., 
I» 71 V, ap. Ste-Pal.) 

EMBLANCHiR, - «r, enb., enblencir, em- 
blamchir, verbe. 

— Act., rendre blanc, blanchir : 
Candidare, enblanchir. {Gloss. de Con- 

ches.) 

La saulge nettoyé l'ordure des dens, 
conferme icelles et emblanchist. {Platine 
de Honneste volupté, i" 32 v», éd. 1528.) 

Emblaiichissanl la face. (Aretin, Gen., 
p. 92, éd. 1542.) 

— Réfl., se couvrir de blanc : 

Ti'l se fait moult resg.\rder 
Par s' enblanchir , par s'enfarder, 
Qui plus est laide et plus est pesme 
Que pecliiez mortelx eo quaresme. 

(G. DE CoïKCi, ilir., liï. I, ap. Roq.) 

— Neutr., devenir blanc : 

I£t plus que nois enblanchvai, 

{Lih. Psalm., l, p. 296, Michel.) 
Et plus que nois emhlanchirai. 
(ilême psaume, ms. Berne 697, f° T.ï r".) 
Alberc, enblenchir. {Catholicon, Ricbel. I. 
17881.) 

— Emblanchi, part, passé, devenu blanc, 
blanchi : 

Par neif est enf/tenc/tie en Selmon. {Liv. 
des Ps., Cambridge, lxvii, 15, Michel.) 

Sur neif serai emblanchiz. {Ib., l, 8.) 

Laveras mei, et sur nief serai embla[n]- 
chil. {Psalm., Brit. Mus. Ar. 230, f» 53 v».) 

Laveras mei. e sur neif serai emblancit- 
{Lib- Psalm., Oxf., l, Michel.) 

De neif serunt enbtancit en Selmon. {Ib., 
Lxvil.) Var., emblamchit. 

E par la confession de la bûche sunt.del 
bien enblanchi devant Deu. (Maurice, 
Serm., ms. Florence Laur. conventi sop- 
pressi 99, f» &■) 

... Sont enblanci. (Id., ib., Richel. 13314, 
fo 32 v».) 

Si serai emblanchis plus que nois. {Mise- 
rie. N.-S., ms. Amiens 412, f° 114 r".) 

Puis si furent hastivement tresJigurez et 
enblancliiz. (Légende de Pilate. Richel. 
19525, f» 59 r».) 

Les espis estoient meurs com por soier, 
quar ja tuit enblanchi estoient. {Estories 
Roijier, Richel. 20123, f° 67''.) 

Vous estes semblables aux sépulcres 
ejfifctanc/a's qui apparent par dehors beaulx... 
(P. Ferget, Nom, test, f 33 r».) 

— Habillé, couvert de blanc : 

Tci loe li enblanehiz ost des martyrs. 
(Te Dcum, Lib. Psalm., p. 250, var., Mi- 
chel.) 



EMB 



31 



Et, trespasseit lo pont, astoient li deli- 
table preit et verdoiant, aorneit de bien 
flairantes flors des herbes, es queiz astoient 
veues estre assembleies d'enblanchiz hom- 
mes. {Dial. St Greg., p. 246, Foerster.) 

EMBLASMER, V. 3., blâmer : 

Li empereres qui estoit glorefiex selonc 
l'us de sa terre, le fist estre devant lui une 
pièce en tel point, si que maint en i ot qui 
grant desdaing en orent et molt emblasme- 
renl le prince quant il ne se leva lors. (G. 
DE Tyr, xviii, 23, liist. des crois.) 

EMBLAURE, VOir EmRLAEURE. 
EMBLAVEMENT, VOir EMBLAEMENT. 

EMBLAVEMENTE, S. f., embarras : 
Si se disimuloient ce qu'il pooient et 
faissoient disimuler leurs amis a le fin que 
nulle emblavemente de guerre ne se reme- 
sist en Escoce. (FR0IS3., Chron., X, 293. 
Kerv.j 

Cf. Emblaement. 

EMBLAVEXCE, S. f., les fruits sBmés et 
pendants par les racines : 

Apres lesquels jours passez, sont lesdits 
advestures et emblavences reputez meubles. 
{Coût. gén. de Boulenois, cvi, Nouv. Coût. 
gvn., I, 56^) 

Emblavence de bled, corne sprung, or 
put np, a pretty height above ground ; or, 
Ihe springing, or pulting up of corne. 

(COTGR.) 

EMBL.WER, voir EMBLAER. 
EMBLAVEIRE, VOir EMBLAEURE. 

1. EMBLAY, amb., s. m., terre semée en 
blé : 

Celuy a qui ledit bos ou amblay appar- 
tiendra est vers lesdits religieux en amende 
de Lx solsparisis. (1307, Prév. de Doullens, 
Coût. loc. du baill. d'Amiens, 11, 77, Bou- 
thors.) 

H. -Norm., vallée d'Yères, em6/a/, embar- 
ras, au propre et au figuré. 

2. EMBLAY, s. m., instrument pour 
faire tourner la vis d'un pressoir : 

Grosse cheville de bois, qui est mise 
parmi la viz du pressoir, et en quoy l'en 
mettoit Vemblay ou grant thiguel a faire 
tourner ladite viz d'icellui pressoir. (1441, 
Arch. JJ 176, pièce 78.) 

EMBL.VYEMENT, VOir EjIBLAEMENT. 

EMBLE, enbte, s. m., en emble, a emble, 
loc., furtivement : 

Es vus Satlian qui l'un sosduit, 
Mist li talent Je prandre en enble 
Del or que illuec vit ensamble. 

{S.Brandan, .Vrs. 3516, f° 102'.) 
Se ce ne fu coiemeut et en emble. {Artur, 
Richel. 337, 1° 113'.) 

Il se doutoit que il ne s'en fuisissent en 
emble. (Chron. de S.-Ven., ms. Ste-Gen., 
C 309'.) H. Paris : a emble. 

EMBLÉ, S. m., en emblé, loc, furtive- 
ment: 

Si sont la tuit quatre assemblé 
Ucpostement et en emblé. 

(.Rose, 129Stl, Marteau.') 

EMBLE DENIER, S. 111., celui qui vole 
les deniers : 



32 



EMB 



EMB 



EMB 



Sud[1] larroncias emlile deniers. 

(Rose. Vat. Chr. 1522, f i8^.) 

EMBLEE, enblee, s. f., vol ; 

Et sur tout vous gardes d'emblée ea 
ayant l'oeil au boys.' (Cft. d'Yolande de 
Sav., 13 jauv., aux seynd., Arch. mun. 
Cliambéry,AA 1,3= dossier.) 

— En emblée, en emblees, furtivement, à 
la dérobée, en cachette, en secret : 

En larecia u en enblee 

M'en irai nne matinée. | 

(.Cbrestie.\, du Rui Guill., 1598, Michel.) 
Je ne movre des semaine 

En larrtcin ne en emblée. \ 

(U Chevaliers dou leon, Vat. Chr. 1725, RomT., 

p. 565.) ! 

U trestorne et gaeocist, car plus tos va Ferrans 
Qne qaarrians en enblee envoies par serjans. 
(Roum. d'Alix., f° 21'', Michelaat.) 
Ce ne fu pas fait en enblee^ i 

Quêtait cil del paisi furent. 

(GnuDain, 5728, Hippeau,) 1 

Si la covoita tant por sa grant biauté j 

qu'il l'en fist mener en embfee etjut a lui. i 

(Lancelot, ms. Fribourg, f» 15''.) I 

Ge vois fermer la porte et le pont que 
nus ne se mete en emblée. {Artur, Riche!. 
337, f° 382'.) 

Pur quel te unt mened ces de Juda, en 
emblees ultre le tlum e tes cumpaignuus 
senz nus ? {Rois, p. 196, Ler. de Lincy.) 

Et g'irai contre l'emperiere 
En apert, non pas en emblees, 
Qai si granz geoz a assemblées. 

(GuiART, Roy. lujn., 6320, Buchon.) 

— De jiième, a emblée, a emblees, a l'em- 
blee : 

En la maison Ion père as estel a enblee 
Que un povres paumiers qui fust d'autre contrée.) 
(De SI Alexis, 1016, Herz.) 
Quant mesires Durmars ti ber 
Voit le tornoiemeut liner 
Tôt a enblees s'en parti. 

(Durmars te Gallois, 892St, Stenjel.) 
..... A i emblée 
Ma lieu secret et en couvert. 
(GfiEBiN, MiM. de lapass.. 15552, G. Paris.) 

Par ce que es conventz des femmes ne 
entroient les hommes, sinon a l'emblee, et 
clandestinement... (Rab.,i,52, f° 14ir°, éd. 
1842.) 

— De même, par emblée : 
Mallebouche et les mesdisans campi- 

"eoieut et tenoieut les champs sur les pais 
du dieu d'Amours et se.= subgiez, alliez et 
bien vueiUans. uon pas hâtivement, mais 
comme par emblée. (,Roi René, Œuv., m, 
71, Quatreharbes.) 

La langue moderne a gardé la locution 
d'emblée, du premier coup, du premier 
effort. 

EMBLEEMENT, cmblemeut, adv., furti- 
vement, à la dérobée, rapidement : 

Piecha s'en fuissent fui embleement . 

^Anseis, Ricliel. "93, f 25°.) 
S'en estoit allé emblement vers l'empe- 
reur. (G. Chastell., Chron. des D. de 
Bourg., II, 72, fiuchon.) 

E!tIBL,EER, VOlr EMBLAER. 

EMBLEis, embleys, embliz, s. m., vol, 
fraude : 

En après avons ordoney que se nulle 
persone soyt feme ou home ehust imbla 



lana ovraye ou non ovraye ou filar, que 
cilly persone soyt condampnee por .Ix. s. 
laus. et soyt inteuuz de rendre l'embleys. 
(1372, Ord. en fav. de lafabric. des draps, 
Arch. Frihotirn, 1'"' Coll. des lois, n« 67, 
f» 18.) 

Deis lannes et deis filar,qui secretemant 
et per maulvestié s'emblont et per mantes 
foi se portent ver les Jueif de gage, en 
emprontent argent sus teil embliz, et de 
cillour embliz ploiisour Jueif drappallont. 
(1412, Arch. Fribourg, 1" Coll. des lois, n» 
709, f» 39 V.) 

Suisse roni.. Fribourg, emblai, amblai, 
vol, larcin. 

EMBLEMENT, anft., S. ni., vol, rapt: 

La fracture des églises, croix, images tt 
autres lieax sacres, l'emtjement des veste- 
mens et joyaulx précieux. ( 1562, fli'sc. des 
guerres de Provence, Arch. cur., l" sér., 
t. IV, p. 40b.) 

— En emblement, comme d emblée, fur- 
tivement : 

Pieça s'iin fusent foi an aublement, 
Mas .1. roi ont de trop grant hardemant. 
(An.tets, Richel. 368, f 279».) 

EUBLEMi, -y, enh., part, passé, rendu 
blême, livide : 

Ledit Thomas fuist horriblement batus, 
naufres, emblemys et maheynies par Johau 
Salage. (Stai. de Henri IV 'd'Englet., an v, 
impr. goth., Bibl. Louvre.) 

— Fig., altéré, troublé : 

U James puis n'crt dolent ne irrez 
Ne de nul mal enblemiz ne tucbez. 
(Petite philosophie, ms. Cambridge, S. John's I, 
u, Meyer, Romania, VIII, p. 340.) 

Et les duement punir au fyn que le 
people ne soyt per tielx riotours troublé 
n'endamagé, ne la peas emblemy. (Stat. 
d'Edouard II, an xxxiv, impr. goth., Bibl. 
Louvre.^ 

Si le seigneur avéra damage encurrue, 
ou sa fraunchise soit emblemy. (Bhitt., 
Loix d'Anglet., f» 223 v», ap. Ste-Pal.) 

EMBLEJiissEMENT, - ysemeul, s. m., 
altération, violation : 

Que il ne chiet en préjudice des sei- 
gneours ne emblemysement de lour fraun- 
chise, et que le statut de seynt eglys soit 
toutez jours sauve. (Stat. d'Edouard III, 
an-i, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

En emblemissement de la fraunchise de 
seint esglys. (Ib., aiin. xviil.) Imprimé, 
emblissemenl. 

EMBLEMURE, S. f., altération, viola- 
tion : 

Au fyn que cest ordinance quant al price 
et usage des draps soit maintenus et gardes 
as toutz point sans emb/emure est ordeigné 
que... (Stal. d'Edouard III, an xxxvii, 
impr. goth., Bibl. Louvre.) 

E»iBLER, enbler, anbler, ambler, embrer, 
verbe. 

— Act., dérober, voler : 

Gardes i met, non sin emblez. 

(Passion, 360, Diej.) 

Se diron de son fil qui fu el bois aublex. 
(Parise, vn, A. P.) 



Dirai que mon cner amblé m'a 
Li ris et li bel oil qu'ele a. 

(Thib. IV, Chans., p. 11, Tarbé.) 

Les .11. pucielles s'aprociereut dou var- 
let et li enblerent ses lajtres. (Li Contes 
dou roi Constant l'Emper., Nouv. fr. du 
xni' s., p. 22.) 

On faire signe ce me semble 
A la belle qui ton cner emble 

(Clé d'amour, p. 17, Tross.) 

De.iiii. paires de solers que.i. lions o»oit 
■ anblez. (1332, Compte d'Odart de Laigny, 
Arch. KK 3% f« 121 v".) 

Le serviteur Agrippe... embra aucuns 
joyaulx a son seigneur et s'enfuy. (Hist, 
des Emp.,ATs. 5089, f°4 v».) 

Commande, se il te plait, que le sepul- 
chre soit gardé jusques au tiers jour, affîn 
que ses disciples ne Vemblent. (O. Mail- 
lard, Hist. de la passion, p. 70, Crapelet.) 

i'aij eslê emblée. 
En chambre enfermée. 
Et puis viollee 
Comme manlgré moy. 
(Uoral. d'ung Emper., Ane. Tb. fr., III, 150.) 

Pour recouvrer cette première liberté 
que César luy avoit emblée. (Pasq., Rech., 
I, IV.) 

— Réfl., et fig., se dérober, s'esquiver, 
s'enfuir : 

Rigans s'en enhle, des antres est partis. 
(Garin le Lah., 3° chans., x, p. 255, P. Paris.) 
De la cort cel evesqne eissi s'en est enblez. 
(Garmeb, lie de S. Thom., Richel. 13513, 

f 35 T°.) 
Moult parfu Sansadoines et sages et membres. 
Par une vies posterne s'en est des Turs embtes. 
(Chans. d'Anlioche, v, v. 551, P. Paris.) 
Quant li grant lornois fu fines 
Et li Galois s'en fu enbles. 

(.Durmars le Gallois, 8901, Stengel.) 
Et que de nous se part et emble. 

(Rose, ms. Corsini, f° 4".) 

Lors ot Jouhan la guerre chiere. 
Qui au grant besoing s'en embla. 
(G. GuiART, Roi), lign., 3100, BucUon.) 

Et ele s'enbla !a nuit, si vint au port de 
mer. (Auc. et Nie, p. 39, Suchier.) 

Et s'estoient amblei le soir de nuit de 
l'est. (S. Graal, Richel. 2455, 1'° 228 vo.) 

Se ala et pas[sa]a tant de l'uu a l'autre 
que il s'embiaet feri ceval des esporons. 
(Froiss., Chron., II, 24S,Luce, ms. Rome, 
f 66 v.) 

■Vous vos emblastez de my et sans con- 
giet, et sus me deffensce vous partesistes. 
(ID., ib.. Il, 317, Luce, ms. Amiens.) 

Li Jones contes de Flandres, qant il xe 
fu ensi embtes, s'en vint a Saint Venant. 
(ID., ib., IV, 256, Luce, ms. Rome.) 

Et au bout de trois jours ensuivans, 
semblèrent et s'en alerent secrètement 
grand partie d'yceulx compaignons de 
guerre, sans le congié de leurs capitaines. 
(MONSTRELET, ChroH., Il, 119, Soc. de l'H. 
de Fr.) 

Pour rien que je face on labeure 
Mon cnenr de vous ne s'emblera. 
(Actes des Apost., vol. I, i° 145=, éd. 1537.) 
Vostre gent corps de moy se part et emble. 
(Cl. Mak. ,£/«!;., iv, p. 69, éd. 1544.) 

— Emblant, part. prés, et adj., furtif : 



EMB 



EMB 



E.MB 



33 



El la lont bellement 11 di je, 
Ensi qae par paroUe enibhnl. 
'l'r.oiss., l'Espin. amour., 1109, Scheler.) 

— En emblant, à la dLM-obée : 
Car je ne m'osole avancier 

Ne on ma dame esloit lancier. 
Se ce n'estoil lonl en emblanl. 
(Piioi^s., rEsp. amour., 3G08, Scheler.) 

— Emblé. part, passé ; regard embléj 
coup (l'œil à la dérobée : 

Li penser amonrens et 11 regart emblé 
It'uas vers yeali et rlans par dcbonnairelé. 
',!«'"' rf" paon. ms. Brus. 11101, f° 10a r°.) 

Embler a été employé par quelques au- 
teurs modernes , tel que Saint-Simon, 
pour dire ravir avec violence ou par sur- 
prise. 11 est encore usité en Normandie. 

emblehie, s. f., vol : 

Par graut emblerie hors des leyus et 
peal.x laulz noucusturaes. (&fa(. (le Henri 
VI, an XXV, iiupr. golh., Bibl. Louvre.) 

EMDLEun, - our, s. m., celui qui en- 
lève, voleur : 

Tiel emblour, emportour, relreihour, et 
avoidour. {Stat. de Henri VI, an vm, impr. 
KOlh., Bibl. Louvre.) 

EMULISON, S. f., vol : 

Tant tost ont ele snspeccion 
Qui de son fii le rmblison 
Par jus fel et par treison. 
(Hug. de Liitcoln. Richel. 90-2, f° 135\) 

EMBLiz, voir Embleis. 

EMBLOIEU, voir E.MBL.iER. 

EJiBLOQUiER, - qiier, v. a., couvrir 
d'un bloc ; se disait particulièrement des 
cadavres d'excommuniés qu'il était inter- 
dit d'enterrer dans un sol quelconque, et 
sur lesquels, pour se soustraire à la puan- 
teur et à l'borreur du spectacle, on jetait 
quelque peu de terre ou des pierres qui, en 
s'amoncelant, formaient un bloc. 
(E.icemple égaré.) 

Consulter Du Cange, Imblocatus. 

— Fig , cacher, dissimuler : 
Mes cist siècles si cort nos tient 
Que de l'autre ne nos sovient, 
Tant covoUons, et clerc et lai. 
Que nos enblocons noslre loi. 

O'ie lies Pères, Richel. 23111, f° 81' ; du Filz au 
seneschal, 11, Méon, A'. Rec, II, 331.) 

— Au seizième siècle ce mot se présente 
avec diverses acceptions flgurées. 

Act., comprendre, renferiner.coinpter 
au nombre, mettre au rang : 

Sous le nom desquels j'einWo^îte le reste 
de messieurs de la pratique. (Chol., Mati- 
nées, p. 75, éd. lo8o.) 

— Neutr. et réfl , se joindre pour le 
plaisir : 

D'autant que les allechemens sont plus 
grans il'embloquer avec la beauté. (Chol 
Matinées, p. l.«7, éd. 1383.) 

C'estoient des gens désespérez, ennemis 
d'honnesteté et qui avoient perdu toute 
honte, de sorte que de mesmes que les 



i bestes brutes ils ne se hontoyoieni point 
' de s'embloquer a la cupidique les uns de- 
vant les autres. (Id., Apresdinees, vr, 
f" 214 r", éd. I387.J 

EMBLOuciiiR, enb., V. a., tromper ; 

Pour gens enb/auehir i abil, Mans les couvents) 
Je ne qniers sen plus que l'abit. 

(Ro.w, Val. Chr. 1858, f° 9G''.) 

Cf. Emdacher. 

EMBLOYER, VOir E.MBLAER. 

1. EMRLURE, S. f., allure : 

J'en vois nng peu plus grant emblure, 
(Gredax, ilisl. de la pass.. Ii361, G. Paris.) 

2. EMBLURE, voir E.MaL.\EURE. 

EMBOBÉ, adj., attifé; 

Mais le pool getté sus l'oreille 
Ne fait pas d'armes la merveille. 
Et peut bien estre que bobez 
Est de ce qu'est ci embobez. 
(Ms. Genève l';9 ''"S liitler, Poés. des xiv" et 
sV s , p. 17.) 

EMBOCER, v. a., relever en bosse. Pals- 
grave dit : " 1 booce or to boce out, as 
■w'orkemcn do a holo'we thynge to niaUeit 
semé more apparent to the eye. > 

Ce brodeur a enbocé ceste piecR d'ouve- 
raicp fort bien. (Palsgrave, Esclalrc, 
p. 459, Génin.) 

EMBOCii.\iz, s. m , embuscade : 

Ou que tu wez embochniz 
Faire por doner poingnaîz 
A rens qui apies t'ensnerront. 
(.1 DF. Priorat, Yegece, Richel. 160i, f .ït''.) 

Que l'on le prant par sorvenues (l'ennemi) 
Et ausi par emboehaiz. 

(Id., ib., f 52^) 

1. EJiBociiER, voir Embaucher. 

2. EMBOciiER, voir Embdschier. 

EMBOÉ, emboué, adj., ensemencé : 

.1,. journeu.v embolies en blés. (137G, 

Grand-Seive, ap. Manuier, Commanderies, 

p. 609.) 

EMBOELÉ, -'^oulé, adj., éventré : 
La furent niiins cbevaulx renverses et 
emboiiles. (Girarl de Rossillon, rm. de 
Ceaune,. éd. L. de Montille, p. 283.) 

Cf. ESBOELEn. 

EMBOER, enboer, anboer, v. a., couvrir 
de boue ; 

Tous ses membres ot dotroies, 
Mersuîllies iert et cnboes 
Ades de tai et de la boe. 

(Mir. de Si Eloi, p. 103, 'reigné. ) 

Icellui enfant et son chapperon estoieut 
bonni de boe, et lui demanda pourquoi il 
pluroit, et qui \'avoil ainsi emboé. (13S3, 
Arcb. JJ 123, pièce 212.) 

— Fig., souiller, déshonorer : 
Li bien ne sont mie plaisant a Deu, ki 
devant ses oez enboeit sunt de la mellance 
des malz. (Dial. de Greq. lo pap., Jloral. 
sur Job, p 300, Foerster.) 

Se plusieurs gen* me voient, ma bianté erl loee; 
Mes se phisors m'atouchent, j'en serai emboee. 
KDe la Foie el de la Sage, ap. Jub., Nauv. Rec, 
II, 75.) 



— Emboé, pari, passé, couvert de houe : 
Quant les gens venoient al Temple et il 

avoient les pies emboes. il les terdoient 
illuec. (Cliron. d'Ernoul, p. 204, Mas La- 
trie.) Var., anboes. 

EJIBOFFISSEMEXT , VOir EjIBOL'FlSE- 
ME.NT. 

i. EMBOiER, V. a., percer de part en 
part: 

Bon Wathier de Donchcry geta de sa 

ditte pspee contre ledit exfiosant si arand 
cop, qu'il emhoia un boucler, que ycellui 
exposant tendi contre! le cop, et lui creva 
un det de sa main. (1377, Arch. JJ ^'>3 
pièce 4.) 

2. EMBOIER, voir EJIBUIER. 

EMBOiETÉ, adj., ivre : 
Icelle femme qui esloit emboielee et pleine 
de vin. (1468, Arcb. JJ 197, pièce 48.) 

EMBOiRE, - boivre, enb., verbe. 

— Act., absorber, être pénétré par: 
Ung nouveau vaisselet emboil par nature 

la première liqueur qui y est coneeue. 
(G. Chastell., Vérité mal prise, p. 528 
Buchon.) ' 

t:elte terre emboit et attire grandes 
quantités d'eaux. {Descr. du Ml, p. 277. 
ap. Léon, Descr. de l'Afr., éd. 1336.) 

— Imprégner: 

Le beurre par sa unctuosité et humidité 
a a emboire et profonder les corps lesquelz 
il alouche. {Jard. de santé, p. Si, impr. la 
Minerve.) 

— Fig., absorber, s'assimiler : 

Esloient la contournées et enbutes toutes 

les rentes et revenues d'Eugleterre.(KROiSS., 
Chron., 11, 236, Luci', ms. Rome.) 

Les Flamens habitans en Saxe, embeu- 
rent les meurs et contradictions des 
Saxons. (Rab., 1. III, c. 1, f» 13 r'^éd. 1532 - 

— Plonger : 

11 faut avant toutes choses calciner la 
terre noire l'espace de vingt et un jour, tous 
les jours une fois, dans un four des ver- 
riers, ou de réverbération, et a cliasque 
fois, l'emboire dans sou eaue. (A. Du Jlou- 
I.IX, Quinte ess. de tout, chos., p. 40, éd. 
1549.) 

— Réfl., s'imprégner: 

Estendant de laine a l'environ du navire, 
elle s'emfeo/ra des vapeurs de la mer. (De 
l'INET, Ptine, XXXI, 6, éd. 1366.) 

— S'inflllrer : 

Celle eau.... se absorbe et em6oi( en la 
terre. (Descr. du Nil, p. 293, ap. Léon, 
Descr. de l'Afr., éd. 1336.) 

Les eaux amcres sont tenues pour mau- 
vaises, aussi sont celles qui comblent et 
remplissent incontinent un creux , par 
faute de s'emboire. (Du Pi.net, P/ine, xxxi, 
3, éd. 1366.) 

— S'enivrer, se laisser entraîner comme 
par une sorte d'ivresse : 

En ceste ardeur se 1! s'emboit. 
Froiss., le Joli buisson de jonece, 3311, Scheler.)) 

— Embeu, part, passé, imprégné : 
Qaant Jicob la cote a vehne 

Tainte de saoc el embchue. 
(M*cÉ delaCharité, Bible, Uich^l. iOI, P 13'.) 
3 



3^1 EMB 

Cete toyson, fet il. senz donle 
S«ra demain an malin tote 
Bien embekue de ronsee. 

(Id., !*-. 



— Embeu en, absorbé dans la contem- ^ 
plation de : 

Comment en son doulc viaire j 

Je sui tous emius. ,„ <> u i ^ 

(Froiss., le Joli buisson de jonece, 31-10, SchelerJ | 

Centre de la FranccsVmboire, s'imbiber, 
et tremper; se dit principalement de l'ac- 
tion de l'eau ; embu, imbibé : ■ Ces terres 
sont bien embues. • Se disait autrefois de 
tout antre liquide, notamment du \m. 
(Jaubert.) Suisse rom., emhoire : « Le pa- 
pier brouillard emboit l'encre. Les terres 
légères emboivent la pluie. » On dit d'une 
manière analogue dans la Drôme, « la 
soupe est trop épaisse, le pain a embu tout 
le bouillon ; cette soupe est embue d'avoir 
trop attendu. « 
EJiBOisÉ, adj., boisé : 

Que j'aye encor une abbaye emboisee 
Pour rendre aussi ma maison plus aisee. 
(.VavC!., Sa/., m, a M- de la Serre.) 
EMBoisiER, -oissi»-, cnb., V. a., mettr.> 
dans ujie entrave : 

Bien fust resons que banis fnst 
Deseur destrier estriers de fust... 
Moines qai a piez emioisicz 
S'orgueilleus est bien est boisiez. 
(G. DE Coixci, Doul. de la mort, Richel. 231H, 
i" 298''.) 

Enboissiez. 
(ID., ii-, ms. Brus., t° '213'.) 

EMBOissoNNÉ, oib., part, passé et adj., 
plein de buissons : 

Mes tant estoit (la cité) agastiee et en- 
boissonnee que nos ne poions a la \oio 
assener. {Comm. s. les Ps., Richel. 9W, 
p. 227^) 

EMBOIVBE, voir E.MB0IRE. 

EMBOLisMAiRE, amboUsmcre, iâ]., em- 
bolismique : 

L'an est appelle ambolismere quant i 
chiet une lunaison de .xxx. Jow^.q"' «f, 
rpcneillie de .X. jours en quoy l an du 
oU^'surmonte l'^n de la '""«■ (Co«bi- 
CHON, Propriet. des choses, Richel. 22o33, 
f 137''.) 
EMBOLisMEL, - al, adj . , embolismiqne : 
Lors dois tu prendre celui joretles XI. 
de reraanant, et joindre sor .xviil., et font 
vvx ce est une lune embolismel qui doit 
ostre mise en l'année disennevisme. (BRtN. 
Lat., Très., p. 143, Chabaillc.) 

Embolismalis, ans emboUsmal, qui ay 
.XIII. lunesons. {Gloss. de Sahns.) 
Je snyve enfin a mon extrême mal 
Ce roy d'Escosse avec ces troys éclipses 
Snirantz encor cest an emboli^mal. 

(SCEVE, Délie, ccccxxv.) 
A Eleutheres, année embolisviale pour 
la papauté, 1609. (L'Est., Mem., 2= v-> 
p. S59, ChnmpoUion.) 

EMBOLisMEisoN, - cisun, - uisun, -eis- 
sun, s. m., embolisme : 
Dont faimes par raisnns V embolismeisuns. 
(P. I.E TH.ic.f, liv. des créât., 1385, Wright.) 



EMB 

\ Dedenz sont par raisnns les embolismeissuns. 
1 Oae nus jrnarder devums les embotismeisms. 
\ (Id., ib.. 1399.) 

f° 'iS°.) Dont dirrnm a présent. 

Se Dens le uns cunsent. 
Quant nus demusterruns 
Des embolismaisuns. 

(iD., Cumpoz, 2323, Mail.) 

EMBONNER, anbounelr, v. a., comme 
aboner, borner, limiter : 

Dou preit Hanrit et île dame Jehenne sa 
suer, ancoste la Venue, par sus 1 awe, toni 
ensi com il duret per devers Nict, ausi coui 
il esl anbonneis de paulx ke Burtadons ai t 
fait fichier ou preit. (1284, Cari, de S. Vtnc. 
de Metz, Richel. 1. 10023, f» 126 r».) 

Et ses .II. danrees de preit davant ditos 
doit on anbonneir et justicier tout ade> 
par lou maiour S. Vincent. (1310, lO., 
f 132 vo.) 
EMBONXiu, V. a., rendre bon : 
Mais comme faut il faire pour conserver 
les chiens d'oyseau en leur bonté, et si 
tant est qu'ils s'appesantissent, comme 
doit on procéder pour les embonntr. (Uf.s- 
PARRON, Vise, de chasse, p. 93.) 

EMBORDER, Éiib., verbe. 

— Act., border, parer : 
Bien fii enbordee et jonchie 
La chambre ou ele just (la dame). 

(fEscou/pe, Ars. 3319, P 15 y .) 

— Réil., s'embarrasser : 
N'a cure de miséricorde, 
Ne d'alesne pas ne s'enbordr, 
Ne cure n'a de bcsague. 

(Parlon., 2987, Crapelet.) 

EMBORER, - ourer, enb., (s'), v. rén., 

s'appliquer à : 

Cil qui de mentir ne s'enbore, 

Car de vérité est fontaine. -,-,,«•, \ 

(Reclcs DEMotiENs. Miserere, Ars. 3U2, f^ilO'.; 

C'on se doit adies enbourer 
De Dien servir et aonrer. ^ 

(B. DE CoNDÉ, H Contes don pellican. Aïs. io.>, 
fo 9* ; Scheler, t. 235.) 

Labonrere, enlens, qui laboures 
De teil œvre que tu t'emboiires. 
Soit as cans. a ville u aillonrs. 
Dont vivre convient les meilleurs. 
(J. DE CosDÉ, li Dis des estas don monde, 20 i, 
Scheler.) 

EMBORGNE, adj., qui louche, qui a l'air 
menaçant : 

Et sembloit bien a la contenance hom 
hardi et corajous et de grant deffense, et 
ot les oilz eniborgnes et gros enlummeis 
de grant orguel. (S. Graal, ms du Mans, 
Hucîier, m, 383, et ms. Richel. 245a, 
f 194 v.) 



EMB 

Apres les Danois queurt dolens et eoibosmcs.'' 
(Doon de ilaience, 9117, A. P.) 

EMBOSSOiR, ambossoiier, s. m., enton- 
noir : 

Deux ambossouers pour entonner vin 
{Vente des biens de Jacques Coeur, Arch.Klv 
328,1° 272 r».) 

Fr.-Comté, emboiissou, entonnoir en fer 
blanc. Bas- valais, Vionnaz, éboxô, enton- 
noir. 

EMBOT, voir ElIIilllT. 

1. EMBOTiîR, enb., V. a., mettre dans 



EMBORNEUR, S. m., celui qul placB des 
bornes, arpenteur : 

Lorsque les parties veulent avoir des 
bornes et marquer ensemble 1 endroict 
ou ils les veulent avoir, les emborneurs les 
p aceront au lieu designé. [Coût de Brus- 
ïelles, Stat. coucern. les partag., xcvii, 
Nouv. Coût, gén., I, 1273^) 

EMBOSCHIER, VOlr EMBUSCHIEB. 

EMBOSMÉ, adj., comme abosmé, abîmé 
dans la douleur : 



une botte, dans des bottes : 

Cloistriers, n'est pas croies tes fros 

Ti pié largement enboté 

N'ont caires par les llos trolé. 
(RF.Ci.r^ de'Moliens, Dit de Charité, Ars. ..142, 
{' 221'.) 

2. EMBOTER, - otler, V. a., mettre en 
botte, en paquet : 

Les pierreries et enrichissemens estoienl 
enlevez, que facilement on emboursoit ou 
embottoit. {Disc, sur le saccag. des egl.. 
[0 66 r», éd. 1362.) 

EMBOTUM, s. m., ustensile large par en 
bas et étroit par en haut : 

Emhotum esl ung ^1^*™"',^°* \f£„rf ; 
soubz et gresie dessus, et est ainsi figuré a 
ce le fin que la fumée de ce qui est mis 
chault voise au lieu ou l'on veut qu'elle 
voise .{Le grant Herbier, 1° il v .) 

EMBOL-CEMENT, VOiT EMBOUSHEMEST. 

EMBOUCHE, S. f., abouchcmeiit ; étr.- 
d'une bonne embotwhe, être agréable k dire 
et il entendre : 

Nous venons vers vous, cœur et bouche. 
Pour cas qui hautement vous touche, 
' Voire touche et touchament fiert. 
Par quoy, selon que au cas afliert 
Et qu'il est d'une bonne embouche, 
Preslez y voslre oreille douche. 
(G. de CHASTEiEAm, la Paix de Paonne, vu, 4-1, 
Kervyn.) 

EMBOUCHEMENT, - cemcnl, - quemeni, 
enb., s. m., bouche, entrée, embouchure : 

Encontre tendi son escn 
i;t cil i a si bien fern 
Que 1res parmi le tranche et fent 
Enlresqu'a son enboiichement. , 

{Perceeal. ms. Montpellier H 2i9, 1 i-t 1 
A Vembomuement de le fo"'?'^"';- (^f /' 
Lille, ap. LaFons, Gloss.ms., Bibl.Amiens., 
AVemboucementdeceBle isle^(G. ^ Chas- 
1 TELL., Chron. des D. de Bourg., Il, o.>, 
I Buchon.) 
I Et doibt avoir une buse commenchant -i 

1 P^rlv de S.-Biquier, (^out. loc. du baill 

j d'Amiens, I, 489, Bouthors.) 

On estouppe les emboMCftmens d'un vi- 
vier. (lS34,S.-Omer, ap. La Fons, Gloss. 
ms., Bibl. Amiens.) 

Deux ou trois fois ayant donné a W»- 
ehPment du havre, autant de fois il tut rc- 

t eltfen la mer. (Mart. DU Bellay, Mem., 

I 1 X, f 238 v», éd. 1569.) 

' _ caparaçonnement de la tête d'un cbe- 

i val: 



EMB 



EMB 



EMB 



35 



Montes sur chevauii couverts et pares de 
leurs arineSj, dont les saœbues et VeinbOll- 
chement aloiént jusques en terre. (Faoïss., 
Chron., Richel. 264i, f» 100 v».) 

— Abouchement : 

L' emboucltement de nostre sainct père le 
pape, l'empereur et le roy, faict a Nice. 
Avec les articles de la Irefve, et lettres du 
roy a monsieur le scui'^'erneur de Lyon. 
MD .XXXVIII. (Acte dêlS38. Arch. cur. delà 
France, 1" sér., t. lU, p. 20.) 

Voyla le sommaire de cest embouche- 
menl, lequel demeurant du tout infruc- 
tueux, s'estans obliges la royne et le roy 
de Navarre devant que partir "de Monlehery 
de n'outrepasser la resolution prinse en 
leur conseil. (Beze, Hist. eccles., t. II, 
p. 81, éd. 1580.) 

Dans la langue moderne, embouchemenl 
signifie action d'emboucber. 

KMBOUCHEUR, S. m., diseur de fables : 
Einboucheur, taletellar. (Palsgrave, Es- 
claire., p. 279, Génin.) 

EMBOUcnEURE, ombouschure, embou- 
quem-e, s. f., désigne une marchandise far- 
dée qu'on a essayé de faire paraître plus 
belle qu'elle n'était, en mettant le meil- 
leur dessus : 

Quiconques amènera aucune d'icelles 
marchandises esdittes places et marchez, 
ou il y ait aucune ambottschure : c'est as- 
savoir qu'ilz ne soient aussi bonnes et 
souffisantes dessoubz comme en la montre 
il forl'era icelles denrées. (1415, Bégt. yen. 
pourlajurid. du prév. desmarch., Arcb. 
JJ 170, pièce 4.) 

Le mesureur qui mesurera blez, farines 
ou grains ou il y ait amboiischure... {Ib.) 

Si lesdiz jurez et gardes diidit mestier 
treuvent aucunes denrées, comme seing 
blanc ou noir, sieuf et oint, ou il ait em- 
bouqueiire ou autre liqueur adjoustee, de 
quoy l'un Taille pis que l'autre, teles den- 
rées seront forfaictes. (1424, Ord., xill, 
83.) 

Dans une reproduction postérieure de 
soixante-trois ans, de l'Ordonnance de 
1424, emboiigueure a été altéré en embro- 
queure : 

Et se l'on trouve sain blanc ou noir suif 
•ou oingt, ou il y ait embroqueure ou li- 
queur, dont l'une vaille pis que l'autre, 
icelles denrées seront forfaictes. (1487, 
Ord., XX, p. SI.) 

Selon Roquefort , en Franche-Comté, 
embouchure désigne un biseau de pain, la 
baisure. 

1. EMBOUCHIER, euboucker, -oclœr,en- 
bouqider, verbe. 

— Act., boucher : 

Et puis reclost l'en la porte et Venboucha 
l'eu la bien. (JoLNV., S. Louis, xxviii, 
Wailly.) 

Eiiiottcfeereldesboucher le pertuis quant 
mestiers sera. (1328, Compte de Odart de 
Laigny, Arch. IvK 3% 1» 14 r°.) 

— Entretenir bouche à bouche : 

Et aucunement embouchèrent le cappi- 
tame de Crathor touchant la charge qu'il 
vouloit baillier au jouvencel. (J. de Heuil 
le Jouvencel, f 238 v, ms. Université ) ' 



Pour scavoir si riea de nouveau 
Est advenu en four ne cave 
.\tEn qu'a l'yssir de conclave 
Un? peu vons en puisse emboucher. 
^.^ct. des Aposl., vol. I, f> 3,'i<:, éd. i:;S7.1 

Ouy avez par ci devant l'oppiaiou de 
ehascuu reste de vostre intencion, a vostre 
plaisir sur ce nous emboucher. (D'Auton, 
Ghron., Richel. 5081, f» 30 v».) 

C'est a dire que celuy que elle nommera 
de son plein gré pour son seigneur et 
mary ce soitsans contradiction quelconque. 
Protestant toutesvoyes... que de lun ne de 
l'autre je ne l'a// embouchée, ains luy en 
laisse et permets totallement son franc 
arbitre. (Le Maire, lUuslr., lî, 3, éd. 1.548.) 

— Réfl., s'aboucher : 

Mais s'estant embouchez ensemble et 
Bourbon et le visce roy, Hourbon tira 
outre sans attaquer Florance. (Brant., 
Grands Capit. estrang.,\. 1, cxi, Ribl. elz.) 

— Faire emboucher, faire paraître ; 

Se je ne te faifi emboucher 
Tout maintenant devant le juge. 
Je prie a Dieu que le delngc 
Courre sur moy et l:i tenipeste. 

(Paîhel., p. Si, Jacob.) 

— Embouchié, part, et adj., la bouche 
remplie : 

D'un parler sainct, plein de déception 
Le faui parjure est toujours embouché. 
(Cl. M.vnoT, OEau., IV, 245, éd. 1731.) 

— Fort embouchié, en parlant d'un che- 
val, qui a la bouche fort dure : 

Le cliiefz des Bourguignons csloit mon- 
tes susung cheval /"orf embouchiez , lequel 
se effrayt, et emportait le dit s' d'Autel 
dedant leurs ennemis. (J. Aubrion, Journ., 
1481, Larcliey.) 

— Mal embouché, qui ne cède pas à l'im- 
pression du mors : 

Sus un coursier mallenbouquié . (Fhoiss., 
Chron., 11,39, Kerv.) 

Liquels (coursier) estoit fors et rades et 
mal enbouquies. (Id., ib., "V, 229.) 

Wallon, Mons, embouquier, introduire. 

2. EMBOUCHIER, embonqiier, - cqner, 
- ier, V. a., parer à l'extérieur, farder une 
marchandise, essayer de la faire paraître 
plus belle qu'elle n'est, en mettant le meil- 
leur ou le plus avantageux par dessus : 

Se blez emboukiez venoit el marquié 
nous devons jugier l'amende du mesfait a 
nostre volenté.f 1273, Cari, de Ponthieu, 
Richel. 1. 10112, f" 159 v.) 

Pour garder que nulles denrées embou- 
cheez ne mal fresches ne soient vendues 
en ladite ville. (1309, Ord., v, 254.) 

Nuls ne face fere nulle confiture en 
boistes ne en bouteilles embouchié que 
elles ne soient de telle matire dessoubz 
comme dessus. (1321, Arch. JJ 61, f° 1 r».) 

Qui vendera blés eiibouchies, ne autre 
grain, il paiera .XL. s. {Ordonn. de la ville 
de Reims, Arch. admin. de Reims, t. III, 
p. 491, Doc. inéd.) 

Uus colers doit estre aemplis de tel cm- 
plage et de aussy bon par dedans qu'il est 
embouquies par dehors. (1352, Ordomumce 
de l'écheoinage d'Amiens sur le métier de gor- 
relsrie, an. A. Thierry, Monum. de ihisl. 
du tiers êlat', I, 558.) 



Que canvre emboucqnié ne canvre mouillé 
ne soient vendues a paine de .v. solz. (Sla- 
tuts des cordiers d'Amiens, ib., II, 39.) 

Que le laigne qui vient en navel ne soit 
admenusie ne enbouquie. (Ch. de la fin du 
xiv° siècle, Mon. de l'uist. du tiers étal, IV, 
24.) 

Que nul n'ait waide qu'il soit embouquié, 
et qu'il ne soit aussi bon dessoubs que 
dessus. (Stat. des marchands de gnéde, xv" 
s., ap. A. Thierry, ib., 111, 588.) 

Pignolat emboucliié. (Ord. concern. la 
vente des denrées au poids, Isambert t. III, 
p. 32.) 

3. EMBOUCHIER, VOir E.MBnSCHIER. 

EMBOUCLER, verbc. 

— Act. , attacher, serrer avec une boucle : 

4 braiers de cendal, pour façon de 
ehascun, et pour les emhoueler en argent, 
G s. p. pièce. (1352, Compt. de La Font., 
Uouët d'Arcq, Compt. de l'argent., p. 137.) 

.11. grans flacons dorez et esmaiilies. 
penduz de tissuz de soye embouclez et fer- 
rez d'argent. (1353, Invent, du garde-m. de 
l'argent., ib., p. 320.) 

Chascun preuoit son cheval de lance 
royde, aovnee de penoncel joly, qui incon- 
tinent fut emôOMCie sur ceux qui attendoient 
qu'ilz feussent receuz. {Perceforest, vol. IV, 
ch. 19, éd. 1528.) 

— Réfl., au fig. : 

Le canal, qui, venant de la graud'mer, 
s'emboucle dans ce lieu, est si grand, si 
large et si net qu'il suffît pour recevoir 
toutes sortes de navires. (La vraije hist. 
des troubles, t' 498 v», éd. 1574.) 

EMR0ucLEiTRE,em6t(Êfteî(re,s.f., boucle: 

En le large a fin or, desous Vcmboucleure. 

(Roum. d'Allv.. f° 24'", Michelant.) 

Caigne sani cotel e bnele sani ceinture, 
A trop vieus espérons e sanz enbugleure. 
(Th. de Kf.xt. Gc'sle d'.ilis., Rictiel. 24364, 
f» 18 r».) 

— Fig., obstacle, embarras : 

Train, court, amour, telle cmbouclure 
m'ont gendre mainte afîlstolure. 
(CoQiiiLL., nias, des ami. et des dam., II, 16 i, 
Bibl. elî.) 

EMBOUER, voir E.MDORR. 

EMBOUFFER (s'j, v. réfl., s'amortir : 

Ne voyez vous pas qu'un bonlet de ca- 
non donnant dans une balle de laine, de 
cotton, de mousse, de plumes, etc., s'em- 
b07iffe la dedans, et perd coup, parce qu'il 
u'y a résistance. (Cuolieres, Apres dinees, 
VI, f» 205 r°, éd. loS7.) 

ESiBouFi, adJ., bouffi : 

Les despensiers emboufis de bonbance. 
(Ross., te Poèmes, 1. 1. p. 57, la Lyre, Bibl. cli.) 

EMROUFissEMEXT, cmboff., cnb., s. m., 
bouffissure, gonflement, orgueil : 

Paor saut toute plaine d'ire, 
^ui trop soloit estre foarde ; 
Honte sa cousine regarde, 
lit quant si la vit entreprise, 
S'a la main a l'espee mise 
Oui trop en trenchant œalement : 
Souspeçon i'eiKbolJissenietit. 
OL nom. 

yRose. 15713, Iléon.) 



36 EMB 

S'a (Honte) la raain a Tespee mise 
Qui trop iert Irenchans malemeal, 
Soupeçoa i'embmilfissemenl | 

(/*.. Vit. Chr. add. la-2-2, f° lU» •) 1 

Souspechon i' enbdfissnnevl ■ , 

(U , Val. OU. 1-21Î. f 11. -^ 

Souspeçoa dVmfto#s.«mfn/. _ ,„ ,„,b-, 1 

(M., ms. Corsitii, (° 101 .) I 

EMDOUGER, V. a., mettre des poches îi l 
un habit : . ' 

avûit donné un pourpoint et -i' ^ «h»«\*^^ 
n fiire que la coustunere a\oil cousu 
toute matinée pour embouger sa houppe- 
lande. (1468, Arch. JJ 200. pièce 117.) 

EMBOUGLER, V. 3., dupei" : 
Onil, dessus la draperie. 
Vrayement, tous avez bien fait peslre 
Joceaulme? Qa'esles vous, bon nieslre, 
D'emi'oîMifr gens, sainte Marie ! 

(Palhcl'm, ms. Bigot.) 

KMBOULi, part, passé, emhrasé : 

Por Tardant midi d'esté 
Dont touie terre est emboulic. 

{Fables d'Ov.. Ars. SOtlO, f° l'l°-' 

EMBOULLEMENT, cnb., S. 111., suhite ar- 
rivée : 

Il îivoit en voUenté de atTianchier et de- 
taicher les cences que ladite abaiee dob- 
Yoit, laquelle en dobvoit p "x de llll-" Ibz 
chacun an se le dit enboullement des dits 
eneubaxade ne fuit venus. (J. AUBRlO.N, 
Journ., 1463, Larcbey.) 

EMBOULLEB, V. 11., ténioisncr du n.é- 
coiiteuteiiient : 

Tons se prin.lrent a embonlU'r, 
Grongner. hngncr et rebeller. 
Quand veircnt la chose ainsy mal duitle : 
Sans dire adieu prindrent la fuitle. 
(Chrm. de la mhle cite de Metz. Pr. de 1 H. de 
Lorr., II, cxsxvu.) 

EMBOUQUEMENT, VOir E.MDODCUEMENT. 
EMBOUQL-EURE, VOiC EMBOUCHEURE. 
EMBOUQUIEU. \ûir ElIBOUCHIER. j 

EMBOUu, voir E.yaouRG. 
EMBOURDÉ,.adj., menteur, trompeur: 
Chis service de miseralion estoit si com 
il affermoil plus acceptables au père de 
miséricorde... se on i labouroit plus par 
exemple que par parole, et plus parproiere 
avoec larmes ke par parole emboiirdee. 
(Vie de S. Franc. d'Ass., Maz. 1331, f» 33''.) 

EMBOURDER, enb., V. n., pousser des 
bourdes : 

El pour eles soulacier quierent eles cui 
que soit en qui ele se fient a cui eles eii- 
iourdent. {Li Bestiaires , Richel. 12786, 
fo 41 r».) 

EMBOURG, embour, s. m., membre do 
la fabrique d'une église : 

Veruier de Corenol, emboiirg ou fabri- 
queur en celuy temps, et gourdoner de 
la fabrique de l'église parauchiaul dudit 
Pouireutru. (1404, Rôle de S. Pierre de 
Porretitruy, Mou. de l'évôché de Bàle, 
Vj 197, Trouillat et Vautrey.) 

Lequel doyen requis et amatey ledits 
embour et es'chevins. (/b.) 



EMB 

EMBOURGHEBiER, S. HL, bière de Ham- 
bourg : 

Anres leur premier escot fait et paie, 
firent venir cerldns potz de keute et de 
Surglebicrs. (1463, Arch. JJ 199, p.ece 
396.) 

EMBOURRELER, V. a., reinhourror : 

Pour faire appareiller la celle de malle 
de ladicte ville et y mectre de la toi le, 

embotm-eller icelle «t.'"f'=l^,<;P\f '^"^^ % 
reure'î pour ce qu elle estoit quassee. 
' Tclmpl^de P. Mareau 1408 1410, Com- 
mune, xix, Arch. mun. Orléans. ) 

j EMBOURUEMENT, S. ffl., Ce qUi Sert à 

' rembourrer . 

' Embourrement ou garniture dont les 
femmes usent en leurs habits qu«"? eUes 
ont une espaule plus V"'^'„'ï"m fTt ' 
pour n'apparoir estre bossues. iK. tST., 
DicUonarioliim .) 

EMBOURRER, - ower, enb., v. a., rem- 
bourrer : 

C'est contre Diu de deTourer 
S-ame, por le cors emhourer. 
(Vers de le mort, Richel. 375. r 33b .; 
Pour bourraz achetez pour enbourrer 
les fers des moulinsquant en bâties moles. 
(1328 Comple de Odart de Laigmj, Arch. 
KIC 3S f» 14 r».) 

Femme pour embourrer son bas 
Perdra plaineraent la i;ranl messe. 
(Coacui-. Il"'""- ^'^' Perntq., H, -ne, Bibl. eh.) 
D'Asl se partirent Suyces 
Quant curent rasibus 
Embonrré leurs pellices 
De melons et cabus. 
{rocs. fr. de G. Mhme. Chans. sur ta bat. de 
Marignan.) 

Le capitaine Bernardin et ses estradiotz, j 
vovans leurs jacquez embourrez en danger 
d'é^stre percez, n'actendirent le choc. [\i AU- 
TON, Chron., Richel. 3081, f° 27 v.) | 

Si avoyent pour deffendre leur fort grans i 
basions embourez et l'espee trancbant sans 
poincte. (ID., ib., Richel. 3083, 1» 113 v«.) 

Pourpoint emboiirré. (Ou 1*'ail, Cont. , 
d'ËHd-., XXXV, Bibl. elz.) 
î Au lieu qu'on pense avoir du drap de 
pareille laine par dedans qu'on la voit par 
dehors, on trouve, après l'avoir un_ peu 
porté, qu'on ha du drap embourre.jn. 
EsTiEN-NE, Apol.p. Herod., c. 16, éd. 1566.) 
; Les marchands de drap embourrent le 
1 drap. (ID., ib.) 

\ Les hommes qui veulent apparoislre 
I "aillards et se veulent marier embourrent 
' feur ventre de cinq ou six livres de coton. 
(G. BoucBET, Serees, xxvi, éd. 1608) 
Embourrer et restablir ses selles. (Lie- 
j B.VULT, il/a/s. rust., p. 134, éd. 1597.) 

— Embourrer le dos, le pourpoint, battre : 
Le Tin. se Dien joye me doint, 
Eut peur qa'emhonrrast son porpoinl, 
! Et dit qu'el seroit adjournee. 

{Débat de Veau et dn vin. var., Toés. fr. des xv' et 
XVI» s., IV, 118.) 



— Réfl., se rembourrer : 
Dames, petit vous honeres 
Qui d'antrui kies vom emhoures. 
(l'ers de le mort, Uichel. 37.ï, strophe 210.) 

EMBOURREUR, emboureur, s. m., qui 
earnit de bourre : 



EMB 

Embourreur, a stutfer, bumbaster, or 
putfer np of things with flockes, haire, etc. 

(COTGRAVE.) 

— Fig.. embourreur de santé, médecin : 

Venons a nos embourreurs de santé, par 
Dieu si je sçavov au vray quelqu'un qui 
me deust délivrer d'une maladie de laquelle 
je me sentisse foulé, tiens toy asseure 
qu'au lieu de le mespriser il ne tiendroit 
point a le caresser, révérer, et en faire 
î.rand cas qu'il ne me guenst bientost. 
('T\hureau, Prem. dial. du Democritic, 
p. i95, éd. 1602.) 

_ Fig., embourreur de bât, embourreur 
de bas, par un jeu de mots grivois, celui 
qui a commerce avec les femmes : 

Embourcurs de bastz. (R.^.BEI,., Pantagr 
Prognosl. pour l'an 1323, c. 5, éd. s. 1. n. u.j 

-Embourreur de bas. (Brant., Dam. gai, 
t. I, p. 193, ap. Ste-l'al.) 

EMBOL'RUEURE, - ure, - euse, s. f., 0»- 
qui sert à rembourrer : 

Pour suvdes, ferreuses, ung reslriulif. 
emmiole'usês et embourreuses de 1 a ce c 
de son dit cheval. il449, Comple de S- Sauv. 
de mois, Richel. 6213, f 18 v°.) 
Ypocrisie en pomperie... 
Kaindra d'avoir belle fourrnre. 
Et c n'est que vieille emboarrure. ^ 

(Eloy Damf.iix.4I., le Livre de la dcablerie. (» .17 ' 
éd. 1507.) 

Pins de bourre et plus de co'.ton 
Qu'il ne faudroit pour Vembouncurc 
De cent lodiers. „ 

(R. Belleau, CEiiv.poét., le Mulet, t. 11, 1 bb > . 
éd. 1578.) 

Ceux qui ont le corps gresle le grossis- 
sent d'embourrures. (Mo.nt., tss., i. i, 
c. 23, p. 87, éd. 1395.) 
' Les eHiftoMTeum de mon pourpoint ne 
me servent plus que de garbe : ce ue^i 
rien, si je n'y adjouste une peau de lievrc 
ou de vautour. (ID., ib., 1. 111, c. 13, 
f°491 r», éd. 1388.) 
EMBOURREUSE, voir Embourreure. 
EMBOURROL'MER, enb., (s't. V. l'éfl., se 
tuniéOer : 

Laquelle plaie s'enbourrouma ou apos- 
tuma! (1453, Arch. JJ 1^7, pièce la3.) 
EMBOURSEMENT, mauvaïse lecture, 

voir E.\IBOUSEXIE.ST. 

EMBOURSER, uiauvaise lecture, vuif 
Embouser. 

EMBOUSCHER, VOir EMBOStiHIER. 

I EMBOUSEME.s-T, enbousemeut, s. m., 
vernis, enduit : 

Item que nulz ne puisse enhouser pos. 
ne recuïe pos que de tel façon corne i 
sont faU car i'enbousement est fais d oes 
et de châus ; et quiconques mespenra i 
naie?a V s. au roy, et .v. s. a la çonfra- 
?fe (Es-r BoiL., Beg. des mesl. elmar- 

i chand, i" p., lit- LXXIV, var., Depp.ng.) 
Vembou^emenl est fait de cliaux et d,eu.z. 
citsA irfh .1.1 187, pièce 193. L eaueui 
il'eto'rdonnances:xV413, écrit emboursc- 
ment. 



EMBOUSER, embouzer, enbouser. ambou- 
ser, V. a., couvrir de bouse, de lange, n 
boue, salir, souiller : 



EMB 



EMB 



EMU 



Li clers maintenant se porvoit 
Qui les veut aler ambouinnl. 
(Des trtiis Amgles de Compieiijiu; 39, Montaiglon et 
Raynaud, Fabl., II, '279.) 

— Enduire, crépir : 

Niilz ne luiissi' eiibouser pos, ne recuire 
pos que do. |p| fiK'on coaiue i sont fais. 
{Addition d l'ex. du Liv. des mest. et mar- 
chand., 1" p., Lxxiv, p. 157, Lespinasse 
et lionnardot.) 

Ne pourront (li's potiers) icelles denrées, 
ouvrages et marchandises dudit meetier 
emboiiser, calniiner ne e.<touper. (14fi6, 
Arch. JJ 187, pièce 193.) L'éditeur des 
Ord., XIV, il'6, écrit embourser. 

— Embousé, part, passé, couvert de 
bouse, de fange : 

Cria tout liaiilt : Tiers, par grâce pesclie 
le ; car sa barl)e est presque toute einbou- 
see. (Rab., Gargantua, c. 2, f" 2 r», éd. 
1342.) 

Le lescher se prévient avec fiente de 
beuf, de laquelle le beuf est frotté par tous 
les lieux de son corps ou il peut attaiudre 
avec la langue ; car ainsi embousé, lamer- 
tume qu'il y trouve le garde de se lescher. 
{0. DE Serres, Th d'agi-., iv, 9, éd. 1603.) 

— Fig. : 

Qui (le tel vice est cnhoiises 
Se devant mort n'est desbouses 
Il mnert comme buef en sa bouse. 
(Reclus de Mol., Miserere, Ans. 3I1'2, P •21-2'^.) 

Pour laver sa gent et sa geste, 
Qui par leur coulpe manifeste 
Esloient partout si housé. 
Et si ort, et si emhoitsê . . . 

(Jeu. de Mebsg, Trésor, 310, .Méon.) 

EMBOUTEMENT, enb.,s. Hi., iiUroduclion 
forcée, intrusion. 

Intrusio, enboutemens. {Gloss. de Douai, 
Escallier.) 

EMBOUTEn, enb., verbe. 

— Act., embouter de, jeter dans : 
S'en infer estoit cent mil ans, 

N'ert por ç-oa II tormens mains grans 
Dont pecié Toat fait enbjfder. 
(Vers de le mort. Richel. S'ir,, f» 311"'.) 

— Réfl., s'engager, s'afQlier : 

Il furent si rice et si puissant que toutes 
manières de gens estrainguiers s'en vc- 
Doient deviers yaux et senbouloient de 
leurs routes. (Faoïss., Cliron., VI, 94, 
Kerv.) 

EMBRAim.E, adj., à large tète : 
Embrabile, brodeheeded. (P.\lsgr.\ve, 
Esclairc, p. 307, Génin.) 

EMBR.\CE, - asse, s. f., embrassement : 
Ainpiexus, einbrace, vel embracement. 
{Gloss. de Couches.) 

.Mais s'enlreOrent mainte embrasse 
Par souvenir de douleur lasse, 
Quand leur mal les poignoit ainsi. 
(G. CavsTELLiis. l'OiMrc d'amour, VI, 91, Kervyn.) 

La langue moderne a le mot embrasse, 
bande d'etolTe, ou ganse de soie, qui est 
attachée à une patère, et qui sert à tenir 
les rideaux drapés. 

EMBRACEOU, VOlr E.\IDR.\SEOa. 

EMBR.vcEuuE, - assewe, enb., s. f., le 
haut du corps que les bras étroignent : 



Grelle est parmi la ceinture, 
Biaiis bras, belle cmbraceure, 
A acoler. 
(Bruxead de Toi;rs, Clians., ras. de Cangé, a' 6:;.) 

Eiibracrtire. 
(Poët. fr. av. 1300, t, II, p. TOO.) 

— Sorte de cage qui entoure les roues 
d'un moulin : 

Cosper es bois .un. chasnes dout l'en 
fist eubrasseiiros pour les roes . (I3ÏS, 
Compte de Odart de Laigny, ArcU. KK 3^, 
f» 38 r".) 

Une tronce de cbasue dont l'en fist unes 
embrasseures pour le moulin Adam. {Ib., 
f 74 V».) 

Refaire le pout, l'eiibraceure et auves dou 
moulin. (/6., I» 278 r».) 

Pour faire auves aus cmbraceures des 
dictes roes. {Ib.) 

EJiBRACiER, -chier, en., an., v.a., pas- 
ser au bras, entourer avec les bras : 

Puis hurlent les escuz des cotes, 
S'ont les enarines enbraciees. 
(Dou Cheml. de la ekarete, Richel. 12dG0, f 03"".) 
Ke li veust son escu manoier, 
Par les enarmes lever et aitbracier. 

(Gir. de Vianc. Richel. U-iS. f" l ■;''.) 
Il saut en piez, si enbrace l'escu, 
Et trait l'espee. 

(Ib., f» 18''.) 

L'espee a traite fors el l'escu enbracha. 

(Guide Bourg., 1185, A. P.) 

Mais tant estoient hault montez au vrai jugier 
Que uulz ne les povoit par les corps eiiibraclûer. 
(Cipcris, Iticbel. 1G37, fSl v°.) 

Cilz s'en ala au conte, se l'ala embrathier. 
Par tel force l'estraint qu'il l'a fait baaillier. 
(Ib.) 

EMBiiACLERj V. a., garnir de ridelles : 
Pour corde a embracler le Icarete. (1309, 
Revenus des terres de l'Art., .\rcli. KK 391, 
f« 19.) 

EMBRAiDi, pari, passé, embrasé : 

Mil foys eu ont le jor la roe si charchie (d'àmes) ; 
Saint Pol vit ch:iscune flambant et embradic. 
(Des l'oines d'enfer, Richel. 24432, f 93 r°.) 

Ce mot est très douteux ; c'est peut être 
une faute pour embrandi. 

EMBRAiDiR, V. a., revêtif, paver : 
Et parferra sou fossé ainsi que il l'a 
commericié a ourdir, et porra ce fossé 
embraidir de pierre. (1223, Cartul. de 
Guise, Richel. 1. 17777, f» 46 v.) Lai. ; 
coriare lapidibiis. 

EMBRAIER, VOir E.MBROIER. 

EMBRAiGNEu, V. a., désifer avidement; 

Vers lui s'adrecent qui raies miex, 
Li uns devant l'autre s'avance. 
Tant veut chascuas sa délivrance, (de leur 
[seigneur) 
Tant le goulonsent, tant Vembraignent, 
Ja i parra se de riens l'aiment, 
M'i redoutent péril ne mort, 
Poignent par ire et brochent fort. 
(r,. de Païenne, Ars. 3319, f 95 v" ; ■• I .Miche- 
laot, V. 2282.) 

BMBRAMiR, - usmir, enb., v. a., enflam- 
mer : 

Or entendez, ne vos anuit. 
Quel mais terres fisl la nuit 



Par l'escitement l'anerai 
Qui espris Vot et embrami : 

Coiement vint nu lit la tiame 

(G. DE Coi.vci, de l'Emper. qui i/arda 
Richel. 23111, f° 261''.) 



Embrasmi, 



iMs. Bruï., r 120».) 



— Embrami, \)M-l. et adj., ennauimé, 
ardent, avide: 

Le destrier broiche, de grant ire embramis. 

(R. de Cambrai, Richel. 2193, f° 40 v».) 

Li larron, li Dieu anemi, 

Qui d'ire sont tuit embrami. 
(C. DBCoisf.r, (fe l'Emper., Kichel. 23111, 
f» 20fi\) 

embrasmi. 

(Ms. Bruf., f» 122''.) 
Ades résout tout enbrami 
De décevoir nos et tenter. 

(Id., ib., Richel. 23111, F 273^) 
Joie ot illoeques tramis 
Une espie qui embramis 
Fa de tout ior conseil aprendre. 
Et si tost com il pot entendre 
Le conseil qu'il orent eu 
Es le vous ariere venu 
À joie... 
(Phil.'de Rejii, Manekine, 04', Bordier, p. 18(1. '> 

Le .1. est dessus l'autre engres et embramis. 

(Doon de Haience, 7163, A. P.) 

EiiBRASABLE, adj-, qul peut s'embra- 
ser : 

Incentivus, embrasablez. {Catholicon, Ri- 
chel. 1. 17881, et Gloss. de Salins.) 

Incentivus, embrasable. (l'oc. lat.-fr., 
1487.) 

EMBR.vsANT, adj., qui s'embrase, in- 
flammable : 

Et les fist mettre sur chariots de fer et 
emplir de choses de legier embrasantes. 
(CouRCV, Hist. de Grèce, Ars. 36S9, f''2ll«.) 

EMBR.xNCHiER, - (juier, Y. a., suspendre 
aux branches, pendre : 

El voult que iceux prestres ou clercs 
soient embranquies. {10 déc. 1444, Testam., 
Liasse de contrats isolés, aun. 1439-1444, 
Arch. Douai.) 

— Embranchié, part, passé, placé sur les 
branches, et, par extension, placé au som- 
met, pourvu, muni : 

Eulx doncques les derreuiers despouillies 
et les plus haulx embranclies di5 gloire et 
desnucs de leur 1res ancien victorieux 
règne, sont venus les François, restifs ja 
longuement paravant et rebelles a leur 
empire, el es parties d'Europe, portant sur 
toutes provinces le ceplre de cremeur. (G. 
Chastell., Chron. du n. Phil., Proesme, 
Buchon ) 

II.-Norm., vallée d'Yères, être, rester 
embranquié, être embarrassé, comme un 
homme pris dans les branches ou dans les 
broussailles. 

EMBRASÉ, - zé, adj., iiui a des embra- 
sures : 

Les feneslres et Uimicres que on doit 
donner aux gardemauger doivent estre 
estroictes de cinq ou six pouces de large, 
embrazees par le dedans et par le dehors. 
(DELOR.ME, Archil., m, 7, éd. 1S68.) 



38 



EMB 



EMB 



EMB 



EMBHASEEMENT, enibrassement, adv., 
(Ui éprouvant une chaleur brûlante : 

Cuers très enibrassement et aniantmenl et 
tiovicement enyvres. (Li Complaignemant de 
Vanne, Richel. 423, f» 90'.) 

Aucuns l'ont mise (la lauréole) en eui- 
plastre avec ses fueilles sans les fleurs a 
ceulx qui labouroient embraseement en 
chaleur. {Jard. de santé, I, 247. impr. la Mi- 
nerv.!.) 

EMBit.vsKMENT, S. m., action de percer 

des embrasures : 

Pour l'embrasement de six croysees eu la 
chambre haulte du roy. (1403, Compte de 
la gr. command. de S.-Denis, Arch. LL.) 

EMBR.VSEOU, - aceor, - eur, - asour, 

- asseur, s. m,, celui qui embrase, qui 

met le feu à : 

ïn<:eBsoT,embrasciir.{Gloss. de Conches.) 

lucentor, embraseur. {Gloss. de Salins.) 

Incentor, embrasseur, boute feu, ou qui 

par maie signification duyt aultrui a mal 

l'aire. (J. LAGDAEtJCj CatiioUc., Quimper.) 

Embraseurs de maisons. (Coût, de Lo- 
dunois, cb. xxxix, art. 13, Nouv. Coût, 
gén., IV, 737.) 

Vemhraseur, le fléau de sa doace patrie ? 

(Hardï, Achille, I, i.) 

— Fig., au sens mor., celui qui allume, 
((ui excite, qui provoque : 

Lî embraserres de luxure. 
(G. DE CoiNCi. de l'Emper. gui garda sa cliaslec, 
Richel. 231H, f iG'2».) 

Autresi comme il l'eut esmeu a ce dire, 
et comme il eust esté embracierres de ces 
maus. (GuiART,BiÈ/e, Sec. liv. desMachab., 
IV, ms. Ste-Gen.) 

Comme se il eust esté embrasîerres do 
ces maus. (le, ib., Maz. 684, f 76''.) 

Coutrouveur de malice et mauvais em- 
braseur de pecbié. (J. VauquelIiV, Trad. 
de la Chron. d'E. de Dynler, iv, 9, Xav. de 
Ram.) 

— Embraseor de (infln.), celvii qui s'ap- 
plique ardemment à : 

Et que toutz les embrasours d'amener 
ou procurer tielï eaquesles en palis pur 
saigne ou profit prendre soient punis eu 
mesme le maner et fourme corne les jur- 
rours. Et li jurroiir ou embrasour issint 
atteint neit dount taire grée eu maner 
suisdit eit la prison d'un an. (Stat. d'E- 
douard UI, an XXXVIII, impr. gotb., Bibl. 
Louvre.) 

EMBRASEuuE, - we, S. f .,embrasement: 
C'est bien feu d'enfer que loiure 
Quant gloutonnie est l'embrasure 
Et orgueil est flamme d'icelle. 
(J. BoncHET, les Regnars traiiersanl, C 96 r", 

éd. tS2â.) 

Les fueilles et l'escorce de mespile broy- 
ées et mises sur cmbraseures de chaleur 
y prouffiteut et subviennent moult. (Jard 
de santé, I, 294, impr. la Miuerve.) 

EMBRAsioN, S. f., inflammation : 

L'escorce du pin guerist Yemhrasion 

quant elle est mise dessus icelle en façon 

pt manière d'emplastre. [Jard. de santé I 

S83, impr. la Minerve.) ' 

EMBRASMIR, voir EMBRAMIR. 



EMBR.vssEE, omb., embracite, embra- 
chie, s. f., enibrassement : 

Molt leneez douce braciee, 
Unques le ne fu rmbraeiee 
Quant vos Deu enfant teneez. 
(De .T. gaad. B. .V., ms. lîeims I^^ , C 133'".) 

La ou ilz firent leurs embrassées et fes- 
timens, qui furent moult joyeux a ung 
cliascun. (Relat. df l'entrevue de Charles le 
Témér. et de Loui.'^ .Vf, a Péronne. dans les 
3/m. de Ph. de Commynes, t. III, p. 228j 
Soc. de l'H. de Fr.) 

Et la se firent les embrassées et les hon- 
neurs a cheval de l'ung a l'autre. (G. 
Chastëll.. Chron. des J). de Bourg., III, 
16, Buehon.) 

Quant... a son col, par donlces embrassées, 

Gecté se fat.. 
(0. DE S. Gel., Enéide, Richel. 861, f» 13''.) 
Amhrassees redoublées, sans en eslre lasses. 
Par tant de divers lieux, que plus fusraes lassez 
Que n'est lierre au mur. qui ne laisse rien vayde. 
(Poés. du roy Franc. [", p. 132, Champollion- 
Figeac.) 

Kn te cuidant donner une embrassée. 
(Cl. Mar., £»., I. f» 33 V», éd. 153S.) 

Embrasse moy d'une lonj^ie embrassée. 
(Desport., Bergeries, v, Bibl. gaul.) 

Et tenoit sa Junon d'une douce embrassée. 
(Jamvn, Iliade, xim, éd lô"7.) 

La grande ardpur sera passée, 
Apres la première embrassée 
CSiDiLET, Coniramour , p. 219, éd. 1581.) 
, Apres mainte embrassée. 
Lice chande, elle estoit moins soûle que lassée. 
(J. Vado-, Sa/., I, a Cl. d'Angennes.) 
Comme une tendre vigne a l'ormeau se marie 
Kt de mainte embrassée autour de lui se plie. 
(Ross., Ed., m, Bibl. elz.) 

— Brassée, ce qu'on peut embrasser : 
Cresus voyandt l'homme ainsy defformé 
luy donna joyeusement, riantet mocqnant, 
tout ce qu'il avoit hors portet. combien 
qu'il avoit trangresset l'ordre d'une em- 
brachie. (Fossetier, Chron. Marg., ms. 
Brux., II, f» 17 r».) 

Si pensay que pour l'amour d'elle (la royne des 
l-Vnges) 
Je lonray les femmes de bien. 
En faisaot une œuvre novelle 
Vambrassee de viez marrien. 
(Bouton, Hiroir des Dames, ap. MicuiDLT, Dance 

aux aveugles, p. 1S8, éd. 1718.) 

Il faut tenir les bottes grosses d'une 
embrassée fraischement, ou en celier, ou 
en cave. (LiEBADT, Maison rustique, iv, 7, 
éd. 1638.) 

Embrassée, pour embrassement, s'est dit 
encore au xvii« s. : 

Embrasse-moi d'une longue embrassée. 
(Sandras, la France Galante, il"' de Main- 
tenon.) 

Cf. Embrassement. 

1. EMBR.\ssE.MENT, - cenient,- chement, 
s. m., brassée, ce qu'on peut embrasser : 

Tray donc tout Vembrachement entre les 
champs, et le bois, et met ton limier de- 
vant toi. (Modus et Racio, ms., f- 15, ap. 
Ste-Pal.) 

Cresus luy offrit prendre ottant d'or en 
ses trésors qu'il en pourroit porter d'ung 
embrachement. Cil vesti une très grande 
ro'.e et chaiute la ploya en large, sain et 



chaussié de très larges houseanx se pros- 
terna sur le plus graudt des monceaux 
d'or qui luy furent monstres. Et quandt il 
eust empli ses houseaux et puis son sain, 
puis son bonet, ses manches et ses joes il 
issi a grandt trnveil. Cresus voyandt 
l'homme ainsy defformé luy donna joyeu- 
sement riaut et mocquant tout ce qu'il 
avoit hors portet, combien qu'il avoit tran- 
grcssetl'ordre d'une embracbie. (Fossetieb, 
Chron. Marg., ms. Brux., II, f» i'O r«.) 

2. EMBR.\SSEME?«T, VOir EMBR.\SEE- 
MENT. 

EMBRASSEUR, VOir EMBRASEOR. 

EJIBR.ASSEURE, VOll' EMBRACEURE. 

EMBR.*.Tz, S. m. pi., embrassemenls : 

El il, privé des emhrats d'Ascanye 
Secours requière a tel qui le luy nye. 
(0. DE S. Gelais, Eiieid., Richel. 861. f" 41''.) 

Et leurs enlfaus tenuz entre leurs bras 
Monlt fort serrovent par curieux embratz. 

(1d.. iV'., P -iS''.) 

E5IBRAUDE, S. f., sortc d'Ornement : 
Et qu'ils eieut draps pour lor vcsture ou 
cliauceure dont le drap entier ne passe 
deux marcz, et qu'ils ne usent drap de plus 
haute price delour achate n'autremeut. ne 
nul d'or ne d'argent, n' embraudes ne anelx 
d'or ne d'argent ne rions appendantz des 
dites choses. (Sta t. d'KdouardJI/, an xxxvu,. 
impr. goth., Bibl. Louvre.) 

EMBRECHiER, V. a., mot doiiteiTx expri- 
mant l'idée de surpasser : 

Ne purquant vus di sapieuce, 
Nature(le) enbrrehie science, 
E mes ke ja n'usse dit ceo k'est avant 
Fors sus le sen ke est ensivant. 
Enfin vus suflîsera asez 
A tuz vos eovres ke ferez. 
(P. d'Aber.nl.v, Secrei des secret. Riche!. 23107, 
f» ITS»".) 

EMBRECONos, - oux, adj., couvert de 
broussailles • 

Et alire les aspres costes. 
Les trabuchaz et les leus rostes, 
Embreconou.r, desavniez. 
(J. DE Priorai, Iav. de Yegece, Richel. IGOl, 
r43=.) 

EMBRELiN, S. m., désigne un petit do- 
mestique : 

En ce temps je n'eslois qu'un petit embreliu. 
Goujat suivant la cour, mais pourtant bien malin. 
(L. C. Discret, Alizou, i, 3, Ane. Th. fr., VllI, 
iOG.) 

Le langage rémois appelle emberlin un 
petit enfant qui gène. 

EMBREOX, s. m., membrane : 
Lui donne dessus la cuisse d'une pou- 
lette toute chaude, et le cuer, et soit osté 
\'em,breon qui est sus la cuisse. (Modtis et 
Racio, ms., f» 115, ap. Ste-Pal.) 

EUBRER, voir Embler. 

EMBRES, voir Empres. 

EMBREUVER, VOir E.MBEVRER. 

1. EMBREVEMENT, VOir E.MBRIVEMKNT. 

2. EMBREVEMENT, VOir E.MBRIEVEMEKT. 
EMBREVER, 'VOir ESIBRIEVKK. 



EMB 



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39 



EMBREVEURE, VOir EUBRIEVEURE. 

EMBREVEUSEMENT, VÙIT E-MBRIVEUSE- 
MENT, 

EMBRicHER, V. 3., mettre dans la cage, 
pris au fig. : 

Orgueil est trop manveise vuivre. 
Mal le fait o soy embricher. 
Orgueil fait l'omme trébucher. 
'J. Lefebvre, Resp. de la mort, Richel. 99i,f° 1"'.) 

EMBRicoxER, - OHiier, verbe. 

— Act., corrompre , séduire, rendre 
lâche, amollir: 

Qui bien veut amour descrire. 
Amours est et maie et bonne ; 
Le plus mesurable enivre, 
Et le plus sage embriconnc. 

(Robert la Chievre, m' Chans.) 

Et le plus sage embricone. 

(Id., Richel. 844 et 1S91.) 

Ainsi me sçut amours embriconner 
Qui pour ma mort m'a fait ades penser 
La ou valours et amours me deffeot. 
(Blond, de Neelle. Chans., \u, Tarbé.) 

Ceulx contrefont les pulains qui comme 
bestes cornues vont les testes levées par 
les rues et carrefours pour embriconner et 
envelopper ces musartzet folastres portantz 
leurs queues entre leurs bras. (C. Mansion, 
Bibliolh. des Poet. demetam., f Hi r»j éd. 
1493.) 

— Nentr., devenir lâche : 

Einsi me fait amours t'vtbriconner 
Que pour ma mort me fait ades penser 
La u valours et raisons me deffent. 
(Blond, de Neelle, Ckaiis., Richel. 844, f^^SSr*'.) 

E.MBRIDER, enb., verbe. 

— Act., brider : 

Sera mondit cheval enbritlé d'un frein. 
(1386, Procez et duel de Beauman., ap. Lo- 
bin., 11, 67o.) 

La dame le coursier saisy 
Et Yembrida d'un frain doré. 
(Lefraxc, Champ, des Dam., Ars. 3121, P 9^) 

La manière de bien embridcr, manier, 
et ferrer les chevaux. (Sibilet, Contra- 
mour, Ep., éd. 1381.) 

— Fig. : 

Quant Roy Loys embrida Jennevois. 
iPocs. fr. de G. Alione, Vers sur les fais des Fran- 
çois eu Italye, Brunet.) 

— Réfl., tirer sur la bride : 

Tant fort s'encoeurt, tant fort s'cmbridc 
Qu'il en pert la vene et la voie. 
Si lui fault mettre bonne bride 
Qui le conduise et le convoie. 
(Lefranc, Champ, des Dam.. Ars. 3121, f° 8'.) 

Tant il (le cheval) s'embridoit bien, et 
fronçoit le col. (Amyot, Tlieag. et Car., 
eh. VII.) 

— Embridé, part, passé, bridé ; au fig. : 

Estes vous yvro on embridé 
Et plain de tout ingratitude 
Contre Dieu? 
(Farce de Colin qui loue et despile ùiett. Ane. Th. 
fr., I, 248.) 

Il tient tant d'ennemys enbridez. (Calv., 
Leit., II, 123, Bonnet.) 

— Mal embridé, qu'on a peine à tenir en 
bride : 



Et lors dudit vice il se corrigoit on de- 
mouroit obstines et de tous cogneus et 
comme mal cmbrides. (Maiz., Songe du viel 
peler., III, 56, Ars. 2683.) 

EMBRIEFURE, VOir EjIBRlEVEURE. 
EMBRIEPVER, VOIT EMBRIEVER. 
EMBRIEFVEURE, VOir EMBRIEVEURE. 
EMBRIESVER, VOir EMBRIEVEH. 

1. EMBRiEVEMENT, cmbrcvement, enb., 
s. m., écrit, lettre, afflch?, ouvrage : 

En ses escriptions 
E en ses sainz enbrevfmem. 
(Ben., D. de Horm., II, 42032, Michel.) 
Qui mun non demande, Thomas ai non de Kent, 
Et pur ceo nie nom en cest enbrievemenl. 
(Th. de Kent, Geste d'Atis., Richel. 24364, 
[» 44 v".) 

S'il ne faille commandement 
Dont vous vees Vembrierement 
La deseure en cet marbre escrit. 

(blancandin, Ricliel. 373, f° 236".) 

Dont vos veoz Vembrevement 

La desenre en cel marbre escrit. 

(rt., Richel. 19152, I» 178''.) 

En la cilé s'espart (l'ean^ et noie tant de gent 
Nés poroit on nombrer par nul enbrevement . 

(Relias, Richel. 12558, f° 6^) 
Et par nostre licence a la requeste dez 
dictes parties fu leus uns embrievemens 
par escript par la bouche doudit W. con- 
tenant la fourme qui s'ensuit. (1327, Cart. 
digny, Richel. 1. 9904, f» SS'-.) 

2. EMBRIEVEMENT, VOir EMBRIVEMENT. 

EMBRiEVER, enb., - iesver, -iefver, em- 
brcver, enbrcver, anbrever, embevrer, v.a., 
écrire, mettre par écrit, rédiger, enregis- 
trer, inscrire : 

Et de l'escole refu bien avisez 
Tant que bien sont escrire et enlrieirr. 
(Le.i Loh., Ars. 3143, r 2».) 

Par dons feiz est cnntez 
U sis est enhrevez. 

(P. DE Thao.n, Cumpoz, 2103, Mail.) 
E li dus fist tôt eiibreiier, 
ÎVes fist e chevaliers nombrer. 

(Wace, lion, 3" p., dilO, Andreseo.) 
Celés (lois) ke firent li saint bnme enbriever. 
(Garn., Vie de S. Thom.. Richel. 13513, P 21 r°.) 
Li chanoine lut embrevereni , 
Pur édifier antre gent 
E k'il ne dntassenl neent. 
(Marie, Pnrg. de S. Patrice, 430, Roq.) 
En .1. moustier ert Basin enterré. 
En .1. sarqu on il estoit poses. 
Ses nons estoit par desore enbrieves, 

Uidieri, Richel. 24368, F 32».) 
.nu", et .vu", en sont de l'ost torné, 
Gascoins et Angevins, ains n'an i ot J. d'el. 
Et Karles l'emperere les a tous anbrevez. 

(Gui de Bourg.. io< A. P.) 
Bien sot romani et bien sot lire. 
Bien embevrer et bien escrire. 

(Mhis, Ars. 3312, f° 122=.) 
Et maintes bonnes gens dont li nom ne 
sont mie escrit ne embrievé en livre. (Vil- 
LEH., Cong. de Constant., xxviii, P. Paris.) 
Leissié a nostre visconte o nostre bailli, 
atacbier et enbrever les chatels del mort 
qui seront trové el lai fié a la vaillance 
d'icele dette. (Gr. charte de J. s. terre, 
Cart. de Pont-Audemer, f 83 r», Bibl. 
Rouen.) 



De loles genz tant i Tenoit, 
Qai del nonier s'enlrcmettroil, 
S'il n'erent einz eiibrevez, 
James ne serroient nombrei. 
(G. Gaijiar, Chron., ap. F. Michel, Chr. anol-a. 
I, 36.) ■ 

Chea que l'eafaul quémande fet la dame embriever. 
(Gaufreij, 3734, A. P.) 
Turpins, l'arcevesqes de Rains, 
Ki semons i fa premerains, 
Nos liesmogne par escritnre 
El l'uevre el toule l'avenlnrc ; 
Qnar il embrieca de sa main 
Et le premier el le darrain. 

(Ph. MonsK., Chron., 5150, Reiff.) 
Quant la dame ot lot son pencé 
As tables mis c enbrevè. 
Closes les a. 

(Vie du pape Grég., p. 24, Luzarche.) 
Quant li convens aura mangié. les nou- 
nains ki sunt embrievees au niandé de cel 
jour doivent aporter en cloistre le eaue 
quee les meesmes doivent avoir chaufee. 
[Règle de Citeaitx, ms. Dijon, f» 23 r°.) 

Se li chantre n'a espasse de embriever 
si devisera par signe celés ki premiers 
doivent vellier. (Ib., f° 123 r°.) 

Le-viscount face enbrever lour nosmes, 
et les nosmes des plegges. (Britt., Loix 
d'Anglet., f'er", ap. Ste-Pal.) 

Encontre ces fais chi que tous aij embriesves. 
(Geste des ducs de Bourg., 4677, Chron. belg.) 

- Fig. : 

Ce dit Labam cui moult en grieve. 

En son cuer leus duels eu enbrieve, 

Bieu peu a que toz ne forsaoe. 

(Evr.AT, Genèse, Richel. 12437, P 39 T°.) 

Ce fist envie qui trop grieve 

A celi qu'en son cuer Venbrieve. 

(In., ib., P 76 v°.) 

— Embriever d Clermont, loc. prover- 
biale renfermant une menace dont le sens 
nous échappe : 

A quoy icellui Regnault dist au sup- 
pliant: Je te vois embriefver a Clermont. 
(1373, Arch. JJ. 105, pièce 3.) 

EJIBRIEVEURE, embriefceure, embrie- 
fure, embrevenre, s. f., minute, original 
d'un acte : 

Pour faire les registres des embrieveui'e.-i 
et mémoires et de tout ce qui vient a l'as- 
sis de ladite ville. (RoisiN, ms. Lille 266^ 
p. 36.) 

Registre ou embreveure originelle. (Coût, 
de Cambrai, tit. m. art. 8.) 

Embriefures d'obligations et de contracts. 
(Cliart. de Bain., cix, 6, Nouv. Coût, gén., 
U, 131.) 

L'embriefveure d'un establissement. (1577, 
Valenciennes, ap. La Fous, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

EMBRiGAXDixÉ, adj., armé d'une bri- 
gandine : 

Deux bonmes après eux, embrigandinez 
et empoint. {Mist. du siège d'Orl., p. 304, 

Guessard.) 

EJiBRiGUEn, voir E.mbriquer. 

EMBRiQUER, cmbrigucr, v. a., embrouil- 
ler, embarrasser : 

Toute sorte de biens, maisons, terres, 
vignes, près, et autres possessions de gens 



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EMB 



laies, se trouvent avoir esté chargées par 
les ecclésiastiques de tant de nouvelles 
censés, pensions, et rentes volantes qu il I 
s'en trouvent peu qui n'eu soyent embri- | 
guees. (Gentillet, le Bureau du Concile de j 
Trente, p. 360, éd. I086.J I 

— Réll., s'embrouiller, s'embarrasser : 

.... Qui delesse on fnil par wje oblique 

Ces quatre poins, qui sonl li vray moyen 

De bien parler, on l'un li'eulx il s'eiubrique, 

Si comme fait le foui phisicicn 

Qui veult ouvrer et n'est praticien 

Es corps humains, dont pluseurs sont en biere. 

(EusT. Deschamps, Balade, Comment tout liomme 

de pratique doit parler selon relhorique, Richel. 

8iO, i" 38i^) 

EMBUisEURE, c. {., lambris : 

Ou en faicl (de l'azur) les voultes et em- 

briseures des logis, pnlays et cbasleau.v. 

{Blas. des coiil. en armes, f» 30 v% éd. 

loll) 

Cf. E.MBHISSER. 

EMBRisiEii, - briser, - brissier, enb., 
verbe. 

— Act., briser, rompre : 
Intero, is, eucasser, cnbrisier. {Gloss. de 

Salins.) 

Mlero,embriser. (J. LAGADEVC,Catholicon, 
éd. Auffret de Quoetqueueran, Bibl. Quitn- 
per.) 

— Fig., rompre, enfreindre, violer : 

Les commanz Damrideu convient touz aemplir. 
N'en doit nnlz embrisier qui s'anrme vult garir. 
(Poème mor., ms. Oxford, Bodl. Canon, mise. H, 

f» 60 T" ) 
S'il les comanz de Deu ne forfait ne emhrise. j 

(Ib-, f°Gl ï».) 
Por droit faire a cbascun soi doit bien travillier 
Par dons ne par promesses ne se laist embrisier. 
(Ib., f 4G T°.) 

Et fist faire grans fosses tout autour de 
son liost, par quoy on ne les peuist enbris- 
sier ne destourb'er. (Froiss., Cliron., V, 
83, Kerv.) 

— Neutr., être enfreint : 

Ke nostre donation demoire ferme a 
tous jours sens embrisier. (Trad. du xiii' 
s d'une ch. de 1184, Cart. du Val S.Lam- 
bert, Ricbel. 1. 10176, f° 3 r».) 

Ke ceste donation demoire ferme sens 
enbrisier. (Trad. du xili' s. d'une ch. de 
122b, ib., f° 5\) 

Lesquelles franchises... voulons rema- 
noir eu leur forche et vertus sans embri- 
sier aucunement. (24 fév. 1394, le Nouveau 
jet, Arch. Liège.) 

Avons faite par manière de status, les or- 
dinanches chi après decUrcez a dureir sens 
embrisier le spasse de cent ans. (J. de Sta- 
VELOT, Chron., p. 33, Borgnet.) 

EMBRissER, V. a., recouvrir d'un lam- 
bris, et par extension, recouvrir d'un tapis : 
Chambre ou, pour faire nn donlî marcher. 
On a emtrissé le plancher. 
(1538, les Blasons dnmesliques, Vais. fr. des xv' 

et XVI s., t. VI.) 

Cf. EUBRISECRE. 

EMBRivE, enb-, S. f., mouvement impé- 
tueux, impétuosité : 

Geo dist Plines, sis movcmens 
Est de Ven'jrive des granz tenz 
Qui es cavernes snnt parfondes. 

(Des., 0. de Norm., 1, 41, Mic'ael.) 



EMB 

EMBRivEJiENT, - brevemetit, - briève- 
ment, s. m., impétuosité, course impé- 
tueuse, mouvement impétueux : 

Li embrivemenz del flul esledeced la cité 
Deu. (Lib. Psalm , Oxf., xlv, 4, MiclicL) 
Lat. : Flumiuis impetus. 

Une fontaine née de veines aflluenz apa- 
rut laquele par son emfti-fremeiitvomissanz 
un fiueve s'aouvri. (l'ie S. C(m., Richel. 
818, f» 295 r'.) 

II ont decorement 
De Liban par embriremenl. 
(Macé de L.i Cn\P.iTÉ, Bible, Richel. 401, 
t» M-2\) 

Cetes ayvps sont voyreracnt 
Menées par embrivemenl. 

(lo., ib.) 

Vient li monstre la mer fendant 
A Vembrietemeiil de son pis. 

{Fables d'Ov., Ars. 3069, i° C'I'.) 
En ce cruel embrievemeiH 
Que Pluto ravi Proserpine 
Churent les flours a la meschine. 

(/*., f li'-) 
En Y embreremeni de lenr yre 
Firent aporter leur navie 
Pour rescone leur suer ravie. 

(Ib-, i" ICI'.) 

Mouvement accidentel qui lor vient del 
embrivemenl del firmament. (Introd. d'as- 
iron., Richel. 1333, f" 23^) 

Par tel embrievement comme il avoienl 
les aueniis desconfiz et cbaciez il ont leur 
lentes occupeez et prises. (Bersiure, ï*. 
Liv., ms. Sle-Gen., f» 37».) 

1 Cf. ESBRIVE.MENT. 

EMBRivER, enb-, verbe. 



— Neutr., se précipiter : 

Enbriverent en mei li fort. {Lib. Psalm., 
Oxf., Lvm, 3, Michel.) Impr., enbruierent. 
Lat. : liTuerunt in me fortes. 

Embrive sur els crieme e pour. {Ib., 
Cantic. Moys., 18.) 

— Rén., se précipiter, faire quelque 
chose avec impétuosité, avec empresse- 
ment, s'empresser : 

Et s'cmbriva etemprist guearre 
Vers celui qui fist .-iel et terre. 
(Macé de la Ch.vr;té, Bible, Richel. -101, (° 9o .) 
Alant s'enbreie et monte s'en 
Seur une roche ou la mer bat. 

{Fables d'Or., Ars. 5060, f» 160'.) 

Quant cil qui estoient defors les portes 
oirent ce, raeintenant il s'embrivenl dedenz 
|.or veoir la merveille. (Vie S. Mari., Ri- 
chel. 818, f» 289 vo.) 

Com li fitz ou prevost la cuida toucher 
(Sle-Agnès), la clartez s'embrieva en lui. 
■{Vie Ste- Agnes, Richel. 20330, f° 34».) 

Bas-Vendômois, embrayer une voilure, la 
mettre dans la voie, la faire avancer. 
Morvan, s'embruer, se mettre en train. 
Jura, embruer, mettre en Irain ; s'embruer, 
se disposer à courir, à sauter. Suisse rom., 
s'embrier, s'élancer, se mettre en train. 

Cf. ESBRIVER. 

EMBRivEUSEMENT, cmbrev-, adv., im- 
pétueusement, témérairement : 



EMB 



Et qui pense qu'en fables ait 
Autre sens, autre enlendement 
Ne doit trop embrcvemenieiit 
Blasmer la fable ne reprendre. 

{Fables d'Ov.. Ars. 5069, f° 2-29=.) 

EMBUOCHEtiR, S. m., cclui qul embro- 
che, pris dans un sens grivois : 

Ventre saincl gris, quel gaudisseur, 
Et quel embroeheur de cousine ! 
{Farce de Pernet qui va au vin, Ane. Th. fr., I, 
198.) 

1. EMBROCHiER, - cquer,-guer, verbe. 

— Act., mettre en perce : 

Qu'il UH le mellissent point d'aultres 
vins, quant il serait embrochiez. (J. Au- 
BRIOX, Joitrn., 1481, Larchey.) 

— Terme de médecine, arroser : 

Et embroque le leu d'aiguë forment 
froide. {Cyrurg. Albug., ms. de Salis, 
f° 122'.) 

S'ilz ohlieut a picer ou a chier frotcs luy 
le penil et la veeye et le ventre, et les em- 
broques deaue de décoction d'orge. (B. DE 
GORD., Praliq.. II, 12, éd. 1486.) 

Si une portion de la partie suppuree est 
corrompue il la fault iucontineut couper 
ou inciser par scarifications qui entrent 
bien avant, et après Vembroquer avec eaue 
salée, et finablement v appliquer ung em- 
plastre. (Tagault, Insl. chir., p. 72, éd. 
1349.) 

Aucuns embrocquenl la fleur en farine, 
de la gentiane avec eau ardent, dans la 
corac des besles lesquelles ilz savent, ou 
souspeconnent estre attainctes de venir en 
pasture. (EvoN., Trésor, c. xxxviil, éd. 
1333.) 

Le jus de ceste rue, tirée en vinaigre, 
est singulier aux frénétiques, le leur distil- 
lant et embrochant sur le cerveau et surles 
joues. (Du Pi.NET, Pline, xx, 13, éd. 13S6.) 

Nous y appliquerons un bendage con- 
venable, et jusque^ au troisième jour 
l'arrouserons et bacinerons avec d'huile et 
de vin. Vul?aireniont on dit cela embro- 
quer. (Dalekh., Chir., c. m, éd. 1370.) 

2. EMBROCHIER, VOlr E.\1BR0XCHIF.R. 
EMBROCQUER, VOlr EmBROCHIER. 

EMBRODÉ, adj., brodé, couvert de bro- 
deries : 

Un fanon et amite tout d'une sieute em- 
brodes ove popejaies. (1403, de Jocatib. et 
veslim.capellœ Reg., Rym., i" éd.,Vlll, 296.) 

Ceste chape est de beaucoup plus riche- 
ment embrodfe que je ne pençoye. (Palsgr., 
Esclairc, p. 333, Génin.) 

Son habit esloyt tehement embrodé et 
embossé qu'il sembloyt beaucoup plus 
riche qu'il n'estoyt. (1d., ib.) 

EMBROER, voir E.MBROIER. 

EMBROi, s. m., arme qu'on enfonce dans 
le corps : 

Et dist : Je samble le sengler. 
Quant voit l'espiel vers lui torner 
Droit celé part aqeut sa voie. 
Si se ûert dedens et embroie. 
Si comme cil qui mort ne doale. 
Qui l'entraille li perce toate.... 
Tôt autresi est il de moi; 
Eu l'espiel sui et el embroi, 
Si m'oci tôt a essieut. 

(G. de Palerme, Ars 3319, T 8T r».) 



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EMB 



EMB 



'il 



1. EMBROiEu, - oyer, - oiler, embraier, 
embruijer, e jibruer, enb., verbe. 

— Act., engager, Oser en perant, en- 
foncer, plonger : 

Et une espee ot fnhroie 
Parmi l'elme eos eo la teste. 

(Percerai, ras. Berne ll.'î, f» 91V) 

V.a l'esru J'olifanl esl li brancs enbroies : j 

l'or nn poi qu'ai relraire n'est par mi peçoies. ! 

{Rmm. (i'ÀlLv., P 10", Miclielanl.) 

La coiffe li a Inle en la teste enbroie. 

iConq. de Jerus., 3171. Hippeaa.) 

Du Sarrazin a retret son espee 

Qu'il li arail enz el cors emhriir. 

(Mm. de Narb., Richel. 213G9, P 81 v°.) 

Et le branc en Gst enbraler 

En l'ianme jusqu'au chapeîer. 

(Yiaitt, Uichel. U33, f° -28 r».) 
Fiert le viconte d'.\marie 
En l'iiuiue suz don branc d'acier, 
Qae lot li a fait nnbroier. 

(Athis. Ars. 331-2. P 9<i'.) 
Sa laoche en l'esca li embroie. 

(R'.chars le bkl, ms. Turin, f° 111''.) 

U corps, parmi le cuir, ses onglez li emiroie. 
Que devers les entraillez li descouvri le foie. 

(Dojn de ilaience, 13 U, A. P.) 

L'espee li embroie jusqu'en l'escbine. 
(Arlur, Richel. 337, f° 22J'.) 

Et l'espee i descent par tel ravine que 
tote li embroie jusqu'en la bouele. {Ib., 
{" 221=.) 

Toutes voies fu li coh si grans que ses 
clievaus l'emporta plus d'un trait d armes 
(larbastres qu'il ne sot onques ou il fu, et 
Lancelots'en passe outre et emporte s'espee 
tout enbroie eu son elme. {Artur, ms. Gre- 
noble 37S, f« 63=.) 

— Abs., comme enfoncer : 

Parmi le cors le bon espiel li rant, 
Li dux embroie et cil se tient fermant. 
Et Grailler brait quant il la plaie sant. 
(Raimd., Oijier, 116Ù9, Barrois.) 
Si voit celuy qui tenoit le glaive pour 
Iny ferir paruiy le corps, et il abaisse son 
glaive et met l'escu devant Uiy, et quant il 
voyt que il approuclie si s'elïorce tant qu'il 
peut, si heurte l'escu et embraye dedens. 
(Lancelot du Lac, 1" p., ch. 70, éd. 1488.) 

Littré, qui donne ce dernier exemple 
sous le mot embrayer, écrit embruyer. 

— Rén., s'enfoncer : 

Je samhle le sengler. 
Quant voit l'espiel vers lui torner. 
Droit celé part a(ieut sa voie. 
Si se fiert dedans el embroie. 

(Guill. de Païenne, Ars. 3319, (' 87''.) 
Et cil s'alerent enbrniier. 

(Aire per.. Uichel. 2168, f 13=.) 

— De mà.nie pour signifler faire l'acte de 
la copulation : 

Tant qu'un homme peut faire ses dévo- 
tions a sainct Guignefort, se remuer et 
s'embriier, il peut engendrer. (Choliehes, 
Apresdiiiees, vu, f° 230 r», éd. 1387.) 

2. EMBRoiER, - oer, - aler, enb., v. a., 
couvrir de boue ; plonger dans la baue, 
dans la fange : 

Giil lis el braioa enbraier 
Oa le triverent trois beroher, 
Sil bâtirent con asne a pont. 

(Renan, 10769, .Martin.) 

T. in. 



— Embroie, \>Avl. passé, couvert de boue 
ou d'une saleté quelconque : 

Et ensi come il entra en la salle a Paris, 
il fu appareilles qui le feri d'un froumuge 
enlissielé ami le visaue. par le conselgle 
conte d'Artois qui onkes ne l'ama. Et li 
rois s'en ala devant la roine tout enbroiies 
et li dist ensi l'avoit on atourné en son 
conduit. {Cliron. de Rains, c. xxv, L. 
l'a ri s.) 

— Fig. : 

Qui don monde exl bien embroez 
\ enviz en est remuez. 

(Vie des Pères. Ars. 3641, f° -15''.) 

EMBRoiLLiR, - outllir, eJib., verbe. 

— Neutr., se brouiller, se troubler : 
Foudres clieir, fluns sourundoier, e mers 

enbroillir. 'Seer. d'Arist., Richel. S71, 

f» 128'.) 

— Réfl , se salir ; 

quel malheur et quelle douleur dure 
Qnant un haut nom s'emhrouillil en ordure. 
fCt. ('hastellain, Miroer des nobles hommes de 
France, vi, -212, Kervyn.) 

— Embroilli part, passé, sale : 
Nape aront orde et embroiiillie. 

(E. Deschajips, Poés., Richel. 840, f°3oi'.) 

Suisse rom , embrouler, enduire d'une 
substance sale. 

EMBRoii.oiR, s. m , bàt:in qu'on intro- 
duit dans une corde qui entoure un ballot, 
et qu'on tourne jusqu'à ce que la corde 
soit assez serrée : 

Un baston appelle embroiloir de char- 
rette. (1412, Aich. JJ 166, pièce 326.) 

EMBuoiR, V. a., brûler : 

Se rois ou quens tombe a d'argent 
Et en enfer embroist l'ame. 
Que li valt lors sa riche lame ? 
(G. riF. Coixcr, Doul. de la mort, Richel. 23111, 
V 300V) 

1. EMIIROISSEMENT, VOir E.MBllUISSE- 
ME.NT. 

2. EMimoissEMENT, - oicemetit, adv., 
impétueusement : 

Impeluose, embroissemeiit. (Gloss. lai.- 
(jall., Uichel. 1. 7692.J 

Impetuose, embroicement. {Gloss. de 
Conciles.) 

E1IBROIS3ENT, adj., inipétuoux : 

\mpetaosus,embroissens. {Gloss. lat.-gall, 
Richel. 1. 7692.) 

EMBROX, voir E.VIBROXC. 

EMBRONC, embrunc, ambrunc, embron, 
1 enbronc, enbrunc, enbron, ambron, em- 
brong,embront,enbroil (rime^adj, courbé, 
i baissé, pe.iché : 

Li empsrere en tiit snn chiel enbrunc. 

(Roland, 214, Muller.) 
Oit le Girbers, si tint le chiaf enbron. 

(Les Loh., ms. Montp., t" 218».) 
, Plus bel de lui ne convint qu'îrre. 

Mais embruns fu un poi vers terre. 

(Ben., Troies, Richel. 373, f^ 79"^.) 
Mais un poi ert am'irms vers terre. 
' (lu., ib., Ars. 3314, f» 3iV) 



Il meisme chevaclie. ambrons, l'earae aclin. 

(J. BoD , Sa.r., cclwm, Michel.) 
Li cops gueani. si a torné enbronc 
Les le coslé sus l'anherc fremillon. 

(RiiMB., Oijier, 11737, Barrois.) 
Au torner que il fist, li fisl le cief enbron. 

(Roum. d'Alix., C 8", Michelanl.) 

Por çou qu'il fu pensis, a sa compagne raorne. 

S'aperçoit bien Porrns que ol le teste anbronc, 

Qu'il ot oi tel cose qui a nul preu ne toroe. 

(Ib., f ;'G''.) Lnpr.. arbrone. Var., ambrjne. 

L'enfes Bernier leooit le chief enhrun. 
(Raoul de Cambrai, Richel. 2493, i" 14 r».) 
Eq costé s'esgancbisi, Il cox descent enbron. 
(Cliev. au cijtjne, I, 127, Ilippeau.) 
Les plusors fait fors des arçons 
Chaoir a terre tos enbrons. 

(Dnrmars le Gallois, 13703, Stengel." 

Candace tent le chef enbrunc. 

(Prolhcslaus. Richel. 2169, f" 14=.) 
Et la bele souspire et tient le chief embron. 

(Gaupeij, So4i, A. P.) 
Tant vassal charchié d'armeures 
Embronc sus l'arçon de la selle. 

(GriART, Roy. lign., 16378, W. el D.) 
Lors s'assist sor l'esponde et linl le chief enhron : 
Lors s'apensse et porpensse. a cui dira son bon ; 
Quant tant ot porpensse, si dreça le menton. 

(Uc Gaulier d'Aupais, p. 23, .Michel.) 
L'esca encontre son pis serra ; 
El hiaum enbrinis, la lance en poing. 
(I. Bbetex, Town. de Chauvenei, 48J, Delmolle.) 

Chascuns tint sa lance enpoingoiee, 
El fichiet dessous l'elme emSrons 
.Muevent chevaus des espérons. 

(Couei, IdGO, Crapelet.» 

— Sombre, morne, soucieux : 

Quant li cuilverz ol les respuns 
>'e fu mie pensis n'embrnnes 
Qui haitez e pleins de jotance. 

(Ben., d. deNorm., 1, 1609, Michel.) 

Mais luz pensis e tuz enbrons 
Tint un baston. 

(In., (*., II. 7819.) 
Ainz toz pensis e toz enbrons 
En uni eslé luit li meillor. 

Ud., ib.. 11. 9387.) 

Li autre s'en tornerent descouDt et enbron. 

(Chans. d'Anlioche, m, 815, P. Paris.) 

Sire, merci de noz barons 
Que ge voi penssis et enbrons ! 
(Floire et Blanche/lor, V vers., 2167, du Méril.) 
Mais tos taisans et tos enbrons 
S'estent les li tant co-n est Ions. 

(Parlonop., 1281, Crapelet.) 
Parlonopeus se siet enbrons 
Trestol le jor tant con est Ions. 

(/*., 3307.) 

Pour U sant li Francheis monlt dolent et embrons. 
(ir. de ilonbrans, ras. Montpsllier H 217, 
f n7V) 

Donc s'en ist de la çanbre coroaçoaz e embronl. 

(Prise de Pampel., 3G6. Mnssalia.) 
Lourissi de la cambre con nnî embronçe cier 
[Ib., 570. 
II s'abessa a terre, un pelitet pensoit. 
Et Richars l'a veu, en haut si s'escrioit : 
Que pensez vos. Renaut, qni estes si enbroil ! 
(Ren. de Monlaui., p. 332. Michelanl.) 

— En parlant du temps, sombre : 

Un poi fu amhrnns li malins, 
Mais don soloill vindreat li rait 
Qni l'oscurté don jor deCfait. 

(Ben., Troie, Ars. 3314, f° 79V) 

6 



42 



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A mieiraU, qnant li tans fn fn»rOT._ 
(Oi;tn-,ms.Durh.. Bib.de Cos., v. 11, li,l 11.1 .; 

_ Embronc signifiait de plus couvert, 
enveloppé, affublé : 

U Jui chevalier i menèrent 
La Reotii pacele honeree, 
Embranche et enchipernnee. „ „,, ^ 

(G. de Dole. Vat. Chr. 17'23, f» 91'-) 
Tvonnel chevnuclioit enipres luy tout 
arniMe chapeau et de hauberpon comme 
clrr-aiit «i se tenoit embruns que nul ne 
lecOTaneust. llancelol du Lac, l'" p., 
ch. 51, éd. 1488.) 

EMKRONCHEMENT, cmbrunquement, s. 
m., embuscade : 

La se conchent François raaliciensemenl. 

Oni pases et varies, dont ilz orenl fn-anmcnt, 

Orent laissiez derrière en un ™*"'"f' '"'„^"'- 

(CUT., du r.uesdin, far des v. 'îiaSi-'ia^i, 

Charrière.) 

EMBRONCHi, - unchi, eïib., part, passé 
et adj., penché : 

Mais Uiy comme vertueulx chevalier, 
mmilt vivement se Recta hors de la selle, 
l'espee en la main, le heaulme embrunchy, 
son escu avant mis, ^in*/»"'''^/"^ "'J 
géant. {Gerardde Nerers, ll.xiii, éd. 1725.) 

— Sombre : 

En lor chastel entrèrent cnJrnnW/i. 

(Girb. de Meti. p. Sii, Stengel.) 
Vostreempereresen fui raocltfn>r«'i*s^ 
(Car. le Loh.. i' chans.. xxxt. p. 131. P. Par.s.) 

Normandie, embronchir, devenirsombre, 
se rembrunir. Morvan, embrunchi , cou- 
vrir, obscurcir, voiler, cacher; fig., 
rendre triste, maussade. 

1 EMBRONCHiER,-cer, - cier, - unchier, 
-ounchier, -quer, kier, -ter, - gier, -cer, 
- ochier, - ucher, - uscher, - cer, - ler, amb., 
enb., anb., verbe. 

- Act., baisser, pencher, particulière- 
ment en parlant du visage : 

Li amiralî en ad le helme enclin, 
E enaprea si'n enbrunquet son vis. 

ihol., .3501. Millier.) 
Quant l'ot Marsilies, vers sa pareil se turnet, 
riuret des oilz, tnte sa ehiere ««*';'''"'*''';^ , , . 
\lb., Abi*') 

Quant oit Froraons qne verilé a dit 
Le chief enbronc'ia. 

(Les Loh., ras. Montp., T 153 .; 

Li rois l'entent, si enbroncke le vis. 
(r.arin le Loh., 1» chans . x\il, p- 16, P. Pans.) 

Acelin l'^l, s'embroneha le menton. 
(Oiroa. Looys, 1796, ap. Jonckb.. Guitl. d'Or.) 

Ot le li rois, s'enbronche le visaiae : 

Qnant se redrece s'apele son barnaige 

Callos l'eatent, s'enbroaça le visage. 

(Raimb., Ogier, 866S, Barrois.) 
Roltant Tentent, si enbroiichal le vis. 

(Girard de Yiane, p. 97, Tarbe.) 

Por ce qne Renart ne le voie 
Enbronche sa chère et abaisse. 

(Ueitarl. 16577, Martin.) 

Li itloz l'entent, si emhronche le chief. 
(Jourdain» de lîlairies, 55, Hodm ann.) 

1 -..s-.u qu'il ot au col li a fet eabrunchier 

' Hne d'.ivigii.. 98n, A. P.) 

Son chief anoline. sa fâche eitbmche. 
(De Josaohat, Richel. 1333, f' ilî r°.) 



EMB 

De nnle rien mol ne lor sonne. 
Son cief a enhrucié en bas. 
(Ren. de Beaujeli, h Bittus Desconneits. 45T-, 
Hippeau.) 

— Faire pencher en avant, renverser en 
avant : 

La bone coife covinl si enpirier 
Qne plaine panme li fent li chevalier. 
Tôt Venbnincha sor le col del destrier. 
(Le Coronnem. Loeys. Richel 368, P 161».> 
Mains pren orames aus cops qu'il jonchent 
Sus les cols des chevans eubronehenl. 

(GciART, Roy. lign; 10931, ^^ • et 0-> 
11 met la main a l'espee, et fiert si Pla- 
cides parmi lehiaume que tout I enfcronche 
desor l'arcon devant. (S. Graat, ms. Tours ; 
9iS, t° 233^) 

Li caus fu grans, si desehent seur 
l'es^auUe senestre. si que il yenbronche 1 
tous seur le col du cheval. {Ib., Vat. Chr., 1 
1687, f 129=.) 

El le tennit si durement que tout l'a»Oj{ . 
embrmchiê desus l'arçon de la sele de- 
vant. {Artur, Richel. 337. f° SK) 

Enbronchié Vol sor l'arçon de la sele. 

(Enf. Ogier, 59C3, Scheler.) 
Si la point et corbe et emhronche... 
Si Vanbrmche bien et enloise. 
(Damoisele qui sonjoil, ms. Berne 35i, f° 1 1'-'-) 1 

— Renverser, jeter à terre : 
Fuies, on vous seres batns. 
Que di.-ible vous ont raporté. 
Trop vous ai ore déporté, 
Qne je ne vons ai embrunkiet. 

(A. DE LA Halle, H Jus du Pèlerin., Conssemaker, 
p. 417.) 

— Act.. saluer en s'inclinant : 

Quant il la vit il s'avança. 
Et on bien petit Vembronça. 
El elle Ini monlt humblement 
En saluant conrtoisemeul. 
(G. »E Mach., Poés.. Richel. 92-21, f» 19=.) 

— Couvrir, voiler, cacher : 

Pourquoy son vis et sa façon 
Embrimchoil sonbz son chaperon. 
(Deceilleville. Rom. des trois pèlerin., f 53', 
irapr. Instit.) 

.. Une vieille vint a enix 
Qui les yeiilx avoit chacienix 
El de sa raain les embrunchoil 
Pource qu8 pas cler ne veoit. 

(lo., ib., f IGS'.) 

Elle embrunchoit son visape sonbz son 
chaperon. (ID., Pèlerin, de la vte hum., 
Ars. 2323, f» U2 r».) 

— Fig., embronchier le visage, assombrir 
le visage : 

D'autre escole ne partent teles nobles 
sciences que de celui qui met toute sa ciire 
a vous embronchier le visage et aveuî;ler 
l'entendement. (M. Lefram, l Estrif de 
Fort., f" 43 r», impr. SteGen.) 

— RéQ., se baisser, se courber, se pen- 
cher en avant; et souvent baisser la tête 
d'un air triste, s'assombrir : 

Ne sait commen'i cil cancela 
Et sor l'espee s'ambronça. 
Desor cai, si se navra. 
(Wace, Brut, 4601, Ler. de Lincy.) Impr., ara- 
brouça. 

.. Vers terre s'enbroncha. 
(R. de Cambrai, Richel. "2493. f 3 V.) 



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Si s'embroncha ne ne dit mot. 
(La Charrette, Vat. Chr. 17-25, f» 17=.) 
Qnant li roine l'ot, si rongisl qn'eslincele, 
Desfnle son mantiel, reluisl en sa coliele; 
1 petit s'eubronça, sa main a sa 1 aisiele. 

(Roum. d'Alix., f 70-, Michelant.) 

E cnme Amasa vint vers lui, pur lui 
saluer cume ami e parent, Joab, par engin 
e par felenie se enbrunehad si que la spec 
vers terre li esculurgad. (Bois, p. 198, Ler. 
de Lincy.) 

Dnnc se sunt embrunchié li qnalre forsené, 
N'acuillent ses salui, ne ne l'uni salué. ^ 
(Garnier, Vie de s. r/iom.. Richel. 13513, fsev .> 
Li rois sembronce et espreul d'ire. 

(Rom. de Thebcs, Richel 60, f» 9''.) 
Lors senbrouncha li rois, si commence a penser 
(Fierabras. 197, A. P.) 

Contre terre s'enbronche et plore. ^ 
1 (G. DE Comci, >lir., ms. Soiss., I iî .) 

j Qnant Renans l'enlendi. si s'embruncha ploranl. 
1 (Renaud de ilontauban, Richel. -24387, !° 10 V.) 
Sor l'enseiïoe s'embronce, si est moult Irespensee. 

(Ib.. t° 13 r°.) 
Corne li rois l'aolant print soi a anbrtischier. 
(Jean de Lan.son, Richel. 2495, f» 23 r'.) 
Moultest dolans. souvent s'cntronAe. 
,D<' Josaphat, Ri.bel. 1333, f° 212 r .) 
i Et qnant çon entendi li rois, 

Monlt s'enbronça et asonpli. 

(MousK., Chron., 19948, Reiff.) 

La dame s'enbronç.a aval. 

Puis dist... .... V 

(Rom. du comte de Poil-, 1GS6, Michel.) 

El BaudewiDs s'assist, soij prist a embronchier; 
Les pncelles li vienent devant aiiennouillier. 
: (Baiirf. rffSci., XVI, 858, Bocca.» 

Et en dorment «■«( embrunchez 

Si maleraent que Irebuchez 

Est jus a terre plainement. 
(Mace de la Charité, B:l>le. Richel. 401, 

f» 169'.) 
Ouant Fedris l'enlendi, ver lerre s'enbiunquoit. 
(H. Capel, 2503, A. P.) 
Pour ce ne doit nnlz homs amer poulain. 
Pourqnoy ? pour ce qu'il se cuide et qu'il ront 
En traversant d-s grans chevaulx sentiers, 
F.t en allant sembrunehe cl lient son front. 
Par devant enlx, comme orgueillens et fiers, 

':Ê:DrHA:;s.Pa«..RicheL840,f»234..) 

Le dnc sembronqua et dit tout bas. 
(Trahis, de France, p 49, Chron. belg.) 

— Se couvrir, se cacher, s'embusquer : 

Et s'il or de cho te cnrncent 
Ouil en ces landes si s'embrucenl. 

(Brut., ms. Munich, 507. Vollm.i 
Defors Nerbone ot .1. vergier petit. 
Bien fn fueillnz de loriers et de pins. 
Et Vymeri, filz le conte Aymeri, 
Dit a ses homes : Enbrunchons nos ;ci. 

(Enf. Guill., Richel. 774. f» 12 r».) 
Lors s'enbronche li cnens a val, 
Ne li respondi bien ne mal. 

(Vie du pape Grrg., p. 76, Lniarche.) 
Desouz l'ianme c'est embronchiez. 
(ROB. DE Blo.s, Poés., Richel. 24301. p. 584".) 

De son chapperon s'embruncha h^^l^^xil 
la teste contre terre. (Perceval, C 94% ed, 
1530.) 

Et ainsi qu'il eust eslevé ses yeu^ ^ur 
ledit gouverneur pour le "g"'l;;!;î^'/-°^: 
vrit sa face et se embrungea. (Chron. ai 
Hain.,m, 142, f" 94.) 



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4:î 



— Neutr., se pcncher,être ri^nversé, tom- 
ber, être abaissé : 

Fait li H coers, li helmes li einbnmchel. 
{Roi., 2019, MuUer.) 

El il l'en r'a une ilonee 

Tel que tôt le fet anlnmchier 

Jusque sor le col del destrier. 

iChev. an lyon, 4i08, HoUand.) 

Une plaie li fisl dont li sans est roies. 
Et l'aapatris canccle et si c«( emlimchies . 

(Ckev. au cijfjw, II, 3081, Uippeau.) 
Si feri Orasoulanl desor l'elme el vergier. 
Qu'il le list sor l'arcon une pipce emkroncier. 
(Glï de Camb., Met:, llichel. ■2-13i;6, p. 30'.) 
Floridas se re Irece. si va a lui ehapler 
Et de la pesant inarche -i. si grant cop donner 
Que le hianme li fait ans es yeui enbrnccer. 
{Vœux du Paon, ms. Brux. H19I, f 6b ï°.) 
Dnn pesant coup le convint enhroncUer. 
(Enf. Ogier, 3998, Scheler.) 

La n il tome son ceval. 

Les fait tous eubroncier aval. 

(MoLSK., Chron.. 30H1, Reiff.) 
Si le feri de l'espee un srant coup sur le 
chief, si ques il le èsl emhrunchier a terre. 
{Conq. de la Morée, p. 329, Buchon.) 

Et adoncques Anthoine commença a 
poindre le chevau des esporons par grant 
fierté, comme couroussé contre le roy, 
l'espee au poiug, et le ferit sur le bassinet 
par telle force que il le fist embruncher et 
encliner sur le col du chevau. (J. d'Arras, 
Melus., p. 226, Bibl. elz.) Imprimé, em- 
brancher. 

— Se cacber : 

.1. porc chassèrent qui le jor i fut prins. 
En enbronchanî fu 11 sengleis ocis. 

(Cirb. de Metz, p. VU, Slengel.) 
Mais teus s'avance qui le çomparra cier, 
Miels li venist en sa tente enbronchier. 

{Anseis, Richel. 793, f° Se"".) 

— Embronchiê , part, passé, couvert, 
voilé, caché, enfoncé : 

Enbrunchié sont en .1. brullet ramé. 

(Les Loh., Ars. 3143, f- 6''.) 

Et ne fait nul samblant qu'il en soit esmaies, 
Derirre tous s'est mis es estriers aûcies, 
D'orgnel et de fierté, sor son elme, embroncies, 
Grose lance en son pu;; dont li fiers n'est vies. 
(Roum. d'Alix., f 29\ Michelaot.) 

Si con Renart se dementoit 
Ez vos un vilein qui venoit 
Par mi la lande tôt a pié. 
En sou cape."on enbronchié. 

{Renan, 130il, Martin.) 
Le sengler a aconseu 
Qui s'en fuioit tôt embruuchie\ 
Loing des antres plus d'une archié. 

{Ib., 2238i ) 
Li Braiben';on... 
S'estoient mis en une rue. 
Mais nus dez nos ne lez remue. 
Car il sont iluec enhroncié. 

(Gilles de Chili, 1982, Reill.) 

Etlors l'escuier, qui moult bien sçavoil 
le lanerage, priust ung sac aussi, et se mist 
devant Geuffroy embrunché sur son fardcl. 
(J. d'Arras, Melus., p. 396, Bibl. elz.) 

Lesquelz, pour leur faict .accomplir feus- 
sent descendus tous embranchiez, et se 
fussent mis en es^uet. (4 dec. 1403, Rém., 
an. Douët d'Arcq, Pièces relat. au règ. de 
Ch. VI, t. II, p. 39.) Impr., embranchiez. 

Et de ses mains me tenoit la teste et les 
yeux embrunchez et estoupez, si que je 



I n'avoye l'aise de veoir ni oyr. (A. Char- 
' TiER, CEuV; p. 263, éd. 1617.) 

Le .xxiiil. jour de may, fut amenée 
(Jeanne d'Arc) du chastef, le visage em- 
bronché, audit lieu ou le feu estnit prest. 
(P. DE i^AiGNY, ap. Quiclierat, Procès de 
Jeanne d'Arc.) 

Et doit avoir (le lépreux) son visaige cou- 
vert et embrimchié comme jours de tres- 
passes {Drd. de 14bo, ap. Lalore, Ane. dis- 
cipl. du dioc. de Troyes, II. 239.) 

Embrunché de sa cornette. (1439, Char- 
trier de Thouars, p. 207.) 

Le blanc cbevalier se tient embronchiê 
que ceulx ne le confïneussent, et si avoitle 
lieaume lacé. {Lancélot du Lac, l" p., ch, 
xxiil, éd. i488.) 

Si fut tautost désarmée de ses aourne- 
mens ou elle esloit bien enfermée et bien 
embrunchee. (Loois XI, Nouv., lui, Jacob.) 

Et estoit ledit monseigneur le connes- 
table vestu et babillé d'une cappe de ca- 
melot, doublée de veloux noir, dans la- 
quelle il estoit fort embrunché. (S. de 
Troves, Chron. scandaleuse, 1473, p. 272, 
éd. 1620.) 

Comme le lieu ou avoit esté mis le corps 
sainct Hyiaire fust de murailles, voulté de 
boys, c'est adiré, embrunché par le dessus. 
(J. BoncHET, Ann. d'Aquit.ti" 20 r".) 

Le tout basty a six estages comprenent 
les caves soubz terre pour un. Le second 
estoit voulté a la forme d'une anse de pa- 
nier. Le reste estoit embrunché de guy de 
Flandres a forme de culz de lampes. (Rab., 
Gargantua, c. 33, f° 142 r», éd. 1342.) 

Le feu se print a la paille, et de la paille 
au lict, et du lict au solier qui estoit em- 
brunché de sapin. (ID., Pantagruel, c. 14, 
f» 56 V», éd. ir)42.) 

— Enharnaché : 

Dy moy premier se tu congnois la con- 
dicion bien au vray de tes chevaulx? 
Craingnent ils le fouet quant ilz l'oyent son- 
ner, sont ilz bien embronciez ? Dy moy 
duquel fais tu le lymonnier ?(Le boi René, 
Morliliement de vaine plaisance, OEuv., IV, 
28, Quatrebarbes.) 

— Preslres embrunquiez, prêtres cou- 
verts de leur catnail : 

Vaulticelui te-tateur quatre prestres ou 
clerp qui seront cmpres des candeliers, 
pendant sen service, recitant le psautier, et 
vault qui iceux prestres soient embrun- 
quiez. (Testament, à Douai, ap. Roq., Sup- 
pl.) 

— Embrunchié, participe passé ou ad- 
j'^ctil, avait souvent le sens de sombre, 
noir, triste : 

Moult vos vois ore enbruncHes et peasis. 
(Carin le Loh., 2" chans., ixxv, p. 130, P. Paris.) 

Encontre vai -Vudegoas ou cleir vis. 
Vit lor gent troubles, embruncliies et pensis. 
{Girb. de MeU, 5.12. Stengel.) 

Devant lui vit le roi lot embrocldé. 
Se il vosist ja li tranchast le chief. 
Quant cil li crie et raanaide et pitié. 
(Coron. Loo'js, 1238, ap. JonckbI., Guill. d'Or.) 

Toat furent eubionciet d'.inoy et de tourment. 
(Cliev. au cygne, 1585-i, UeilT.) 

Le pui deschent tons enbrunchies. 

(Florimont, Richel. iZ'i, i" \'^'.) 
.... Enbrunchiez. 
(Ib., Richel. 15101, f 6^) 



Enbronchiez ont touz tens le vis. 
(G. DE Coi.vci, Slir., ms. Soiss., f 28''.) 

Por les chieres qu'ont enbrunchies. 

(iB., ib., v îo:;\) 

Dolent le vit et enbmckié. 
(Flaire el Blance/lor, V vers., 287, du Méril.) 
Cascuns faisoit ciere embroncie. 

(Rlaneand. 6043, Miohelant.) 

Je voi ces autres homes qui sont touz couroucîex 
Quant leur femmes trespassent et vont tout emlmn 
[chiez 
Et de la mort la vostre estes joianz el liez. 

(Dit de ilenage, 102. Trébutien.) 

Embroncher s'est dit jusqu'au commen- 
cement du xvm= siècle, avec le sens de 
baisser : 

Embroncher, ou baisser la tête. — Il le 
111 embroncher jusque sur le col du cheval. 
(DuEZ, Vict. fr.-allem.-lat., Amsterdam, 
1664.) 

Et avec le sens d'assombrir : 

Le chagrin né pour embroncher 

Les esprits simples et crédules. 

Comme un traître aime à se cacher 

Dans l'obscurité des cellules. 
(Senecé, Epist., Uép. au billet à M"" L. C, 
Bibl. elz.) 

Pic, embrungner, embrugner, couvrir. 
Rouchi, embrunqué, enfoncé dans la houe. 
Bourg., embrunchai, fâché, de mauvaise 
humeur. Parler populaire du Centre et de 
plusieurs autres provinces, embruncher, 
couvrir trop : « Les larges bords de son 
chapeau lui embrunclmient la figure. Ce 
chapeau vous embrunché. » Dans le Berry, 
le Nivernais et le Bourbonnais, on emploie 
encore le verbe embruncher avec le sens 
de troubler la vue : t je ne puis voir 
jusque-là, ce brouillard, cet arbre m'em- 
brunche; avoir la vue embruncliée, avoir 
la vue trouble, . (Jaubert) et avec le sens 
d'embarrasser, empêtrer « cet homme est 
embrunché, • il a de mauvaises aCfaires 
pardessus la tête. Bas-Valais, Vionnaz, 
efcronti/e, s'assombrir, en parlant du temps. 
La langue moderne a gardé embroncher 
avec la signification de ranger des tuiles, 
des ardoises, de manière qu'elles s'em- 
boîtent les unes dans les autres, et avec 
celle d'engager des pièces de bois les unei 
sur les autres. 
2. EMBRONCHiEu, cnb., adj., sombre : 

Cn mantel de soie molt cbier, 
La penne estoit d'erraine bla(n)che 
Sens enbronehieie contenance. 

(Durmars le Gallois, 3192. Stengel.) 

EMBUONCiER, voir Embro.xchier. 
EMBRONGXiÉ, adj , soHibre, /aroucb.' : 

Si me dreçai et cil me vint. 

Qui fel et embromjnies devint. 
(B. DE CoxDÉ, li Contes des kiraus, 581, Scheler.) 

EMBRONQUIER, VOIT EMBRONCHIER. 

EMBROUILLER, cnb., V. n., s'eufoucer : 

Li prestre prant a csgarder, 
Si vit lo vit enbrooiller. 
(Dame qui conchia le prestre. ras. Berne 351, 
f 87\) 



41 



EMB 



EMB 



EMB 



Cf. Embroier. 

EMnuoQUE, amb-, s. m., liqueur quel- 
conque que l'on fait pleuvoir lentement 
ou qu'on applique sur une partie malade : 

Item, bon ambroque : Prens farine d'orge 
et la confis avec aiguë et miel. Et doiz sa- 
voir que avec ces ambroques resolt on au- 
cune foiz liou safren pour apaisier la do- 
lour. (Brun de Long Borc. Cyrurgie, ms. 
de Salis, f» ly.) 

Que tu i aministres embroque de farine 
de froment, de miel et de jus d'aclie, car 
cist ambroques digère la matere. (Id., î6., 
fo 721. ) 

Cf. Embrocuier 1. 

EMBROQUEU, VOir E.MBR0CH1ER 1. 

EMBROUER, e:ib., (s'), V. réfl., s'enfuir, 
se retirer en désordre, i la hâte : 

Plusieurs villains du pais viadrent des- 
pouiller les mors, et qu^ind les gens 
d'armes s'en retournèrent, icenl.'c villains 
s'enbrouerent bien tostponr doubte de mou- 
rir, et iceulx qui pourent estre altainz 
ourent mauvais payement. (Ilisl. de B. du 
Ouescl., p. 118, Ménard.) 

B.MBRUCHONXÉ, adj., encapueliouné : 
Embruchonnee d'un chaperon (l.'i61-146o, 

Procès crimin. de Jeanne Saignant, ap. 

J. Garnier, EfwytfS dijonii., p. 41.) 

Cf. Embronchier. 

EJIBRUCIEU, voir E.MBROXCHIEU. 
EMBUUER, voir E.MBROIER. 

EMBRUiNÉ, - bruyné, adj., obscurci : 
11 fit sa fortune clere et glorieuse, qui en 

son venir la trouva la plus embruijnee qui 

onques fust. (G. Chastellai.n', Chron., Il, 

18b, Kerv.) 
Littré donne embruiné comme terme 

rural signiûant gâté par la bruine. 

EMBRUiR (s'), V. réfl., se précipiter : 
Icellui Valerin s'avance et se embruy si 
fort et tellement contre ledit prestre que 
dudit coutel il le bleça. (1401, Arcb. JJ 156, 
pièce lo6.) 

Cf. E.MBR1VER. 

EMBRiissEMENT, einhroissement, s. m., 
bruit, impétuosité : 

Od hidus embrnissemenz 
Sur li rechiaierenl lurdenz. 
(Marie, Purg. de S. Patrice, 837, Roq.) 
Li embruissemens del fluni esleece la cilé 
de Deu. [Psalm., Brit. Mus. Ar. 230, 
r^ 49 r°.) 

■ L'autre raison qui m'esjoy 
Fut de la aoise que j'oy. 
Quer onc tel embruissement 
Ne fut sanz aucun mouvement. 

{CW d'autour, p. G, Tross.) 

5Par le nli^te^e de Dieu celle arche s'es- 
uieut a grant einbruisseinent de la région 
d'Arménie avecques .iiil. arches d'autres 
martyrs. (Miroirhistorial,Maz.SS7, f^âiSr".) 
Adoiic Niciodanius en l'oscurté de la nuit 
descent aucunes des gardes romaines en 
passant oultre taisiblemeut, et parmi les 
iuUres il passa par grant embruissement, 
rt leur puissance sormoutee il s'en entra 
l'H la cité. (Bersuibe, t. Lio., vas. SteGen., 
1» 39b\) 



Et (la pronosticalion) les prépare (les 
choses) et ordene a loy moult deboiiiai- 
rement et moult simplement, sans eînbrois- 
sement, aussi comme se elles fussent pré- 
sentes. (Oresme, Quadrip., Richel. 1348, 
f 17 v°.) 

Car se ce fussent corps qui fussent meus 
TpaT embruissement oa inclination de nature, 
si comme sunt les .un. elemens, et non 
pas par vertu intellective ou voluntaire, 
l'en ne peut pas bien assigner cause pour- 
quoy leur mouveniens ne fussent autre- 
ment ordenes. (lD.,£,iii. du ciel et du monde, 
f" 138 r», ms. Université.) 

Impetus, embroissement. {Gloss. de Con- 
ches.) 

EMBRUiT, s. m., attaque impétueuse : 

Purpensa soi que il par nuit 
Feroit as Grius nn granl embruil. 
Va descunfire poroit losl 
Lo roi l*andras, lui et sou est. 

(Brut., ms. Municli, 081, Vollm.) 
Encontre lui cotnbatent toit, 
Et il contre els fait sua embruit. 

(M., 1489.) 

Es Troiens fnnt grant embruit. 

(Ib., (1639.) 

EMBRUMÉ , part, passé , couvert de 
brume : 

Encens hi naist asez, mes ne est mie 
blance, mes embrumes. (Voy. de Marc Pol, 
CLXxxv, Roux.) 

Les aers ea sonl de pooldres et famées 

Noirs et obscurs, et les eaues embrumées 

D'oraiges, veos, naufrages, et terapestcs. 

(J. M.iROT, le Yoy. de Venise, P 30 v°, éJ. 1514.) 

EMBRL'.v, voir Embronc. 

EMBRUXCHIER, VOÎT E.MBR0SCHIER. 

EMBRUNER, cnb., V. n., être brun, un 
peu sombre : 

A l'ajorner, li nuis enbiune. 
(Eté oc le et Polin., Ricliel. 37o, f° 5G^) 

_ Embruné, part, passé et adj., obscur, 
sombre : 

Consulter va la forest emlrunee 
D'ombrage obscur, sous la haute AIbnnee. 
(Des JIascres, Enéide, Vll« livre, éi. 1608.) 

EMBRUNGIER, VOir EjIBRONCHiER. 

EMBRUNiR, verbe. 

— Act., rendre brun, brunir : 
Roille, ce voit bien la genl, 
Embnnist et l'or et l'argent. 

(Mace de la Charité, Bible, Richel. iOl, f° lU».) 

— Obscurcir : 

Pais, alors que Vesper vient embrunir nos yeu.'C, 
Attaché dans le ciel, je contemple les cieux. 
(RoNS . Sona. pour Hélène, 11, Lxxiv, Eleg., 
Bibl. eh.) 
Quel voile obscur embrunit ce flambeau'? 
(Id., Amours, I, CLxxxvm.) 

Aucun mallieur aembrunisse vos jours. 

(Amadis Jami.n, Poés., f» 2» v°.) 
Et la, jamais le manteau de la naict 
îiembrunit l'air, ne la voalte des cieuls. 
(Macnï, Gaijetez, à s'Amie, p. 91, Blanchemain.) 

Je ne fus jamais cousturaiere 
D'embrunir la clarté du jour. 
(.Fr. Auffraï, la Vie de l'homme, prol.) 

Et encore au xvii' siècle : 



Mais qui la plaine entbrunit de poussière. 
(La Morliere, Souspirs et mort de Daplinc.) 
Qu'aucun brouillars a'emlirunisse les jours 
De mon ayiné. 

(lo., Calliope.) 

— Réfl., s'obscurcir : 

Combien que desja le jour s'embrunist. 
{La vrat/e bist. des troubles, f° ',S r», éd. 
1574.) 

— Neutr., devenir brun, un peu soiiibre : 

Quand jour />! enbrn[n]i. 

(Prise de Pampel., 2290, Mnssafla.) 

— Embruni, part, passé, bruni, brun : 

N'esleil mie sa char embrunie ne oscore. 

(Wace, Rott, -206S. Plaquet.) 

EMBRUXQUEMEXT , YOir E-MBRÙ-NCHE- 
.MENT. 

EMBRUSQUIER, VOÎT ElIBUSCHIER. 

EMBRUSsEi'RE, S. f., rouille, maladie 
qui attaque les blés après de longues 
pluies ; 

Les blefz furent tous embrussies, et ne 
vallout les fromens comme rians, car ilz 
estoient si crnity qu'il n'y avoit rien dedaut; 
et, pour celle embrusseure, on ne lez van- 
doit que .VI. solz la quarte. (J. AuBRION, 
Journ.. an 1477, Larchey.) 

EMBRUSSIÉ, enbrusié, attaqué de la 
rouille : 

Et aussv furent les bledz tout enbrusies 
ou paiix "de Jletz. (J. AUBRio.»», Journ., 
an 14137, Larchey.) 

Furent les froment tous embrussiez. (Id., 
au 1477.) 

EMBUCHIER, Vûir E.\IBUSCUIER. 
EMBUCQUIER, Voir EMBUSCUIëR. 

EMBUFFLER, V. a., mener par le nez, 
comme un buffle : 

Je ne m'estonne plus de ceux que les 
singeries d'Apollonius et de .Mahumedem- 
bufflerent (.Mont., Ess., m, 10, p. 138, éd. 
1393.) 

Embuffler, to deceive, cousen, gull, be- 
sot ; lead (as abufle) by the nose.(CûTGR.) 

EMBUiER, emboier, enb., verbe. 

— Act., mettre dans les ceps, dans les 
fers : 

Deus sofTre bien, ce n'esl pas dote. 

Qu'aucune qui d'orguil est tôle 

Estançonee et espinee 

Aucune foiz suit enbuiee. 

(G. DE Cnixci. Mir., ms. Brux., f° 13S\) 

— Réfl., se charger soiinôme de fers, au 
flg., s'enchaîner : 

Qni s'enjayolent, qui s'embiiient 
Es fors cloislres. 
(,G. DE CoiNCi, Mir., Richel. 817, f° 6'; v'\l 

— Embuié, part, passé, mis dans les 
ceps, dans les fers, chargé de fers : 

Entred el tuen esguardement li gemis- 
seuieuz des embo'iez. (Lib. Psalm., Oxf., 
Lsxviii, 11, -Michel ) 

Ne li furent pas les puinz liez ne les piez 
enbuiez. {Rois, p. 133, Ler. de Lincy ) 
Par les genz prises, fcrlier?, 
Chaenees e embuiees. 
Ilokes tenir e guarder. 

(Be.v., D. de Norm., I, tO"27, Michel.) 



EMB 

I.or priDce e luit li plus preisé 
En furent as nefs enveié 
Enb'iiez e eachaeaez. 

(ID., ib., H. -2391.) 

Enboit-'i e enchaenez 
Fu mis en terre e enfoiz. 

(ID., ib., 3390'.) 
Devant toi aille li (lemisjemens des em- 
buiez, li criz des amprisona^z viegne a la 
teue sainte pilié. {Psaut.. Maz. 258, f»97v°.) 
Lat. : Geniitus compeditonim. 

Il oist les gemissemens des emboiiez. 
[Ib., C 121 T'.y 

La amenèrent en un hostel tous leurs 
prisonniers, loyes, enkainnes et embnies 
selonc leur usage. (Froiss., Chron., VIII, 
144, Kerv.) 

EMBUiGNiEn, -ngnier, embiiisnier, enb., 
unb., verbe. 

— Act., bossuer^ bosseler ii force de 
coups : 

Car qnant sor le hiaume l'ataigneat 
Trestout li enlul'jnfnl et fraignent. 

(\tain. Richel. U33. P 108 r°.) 
Lor baumes embuignenl et quassent. 
{Artur, Ricbel. 337, f° 133^.) 

— Réfl., se bosseler : 

Li hiaume s' embuignenl et ploient, 
Et des haubers les mailles volent. 
(Le Cheval, au lion, Richel. UoO, f -210 r".) 

— Embuignié, part, passé, bossue : 

Sengleos esloit ces hiaume a or fin. 
Et anbugnies des coz qu'il avoit pris. 

'Les Loh., mî. Monlp., f IIS''.) 
Sanglaas estoit ses halbers dobleatios. 
Et enbarres li hiaumes poitevins. 
Et embnigjties des cos qu'il avoit pris. 
(La Slorl de Gariii, 3o93, da .Méril.) 
11 n'i avoit celui qui n'eust haberc rout 
et desmailliet, et le hyame faceit et embu- 
gniet. [S. Graal, Ricliel. 2i3o, f» 282 v».) 

Et lor hiaume embitisnii' et embarré. 
{Arlm; Ricbel. 337, f= 121".) 
Cf. Desbugmer et Embcscier. 

EMBUISNIER, VOir E.MBUIGXIER. 
KMBUISSEMEXT, VOif EMBUSCHEMEXT. 

EMBuissiER, voir Embuschier. 

EJiBUiT, embut,embot,s. m., entonnoir: 

Un embuit a eutonner vin. (Vente des 
biens de Jacques Coeur, Arch. KK 328, 
f 224 r".) 

Puis retiroient le vin avec un embut. 
(Rab., Gargantua, cb. 24, f° 72 r°, éd. 1542.) 

L'on ne faisoit que luy entonner vin en 
aorge avec un embut. (\d., 1. Il, c. 28, 
fo 109 r», éd. 1542.) 

Quand ils avoient bien a poiuct mascbé 
les viandes, ils les luy coulloient par uu 
embut d'or lin jusques dedens l'estomach. 
Ud., 1. V, c. 22, f' 62 v°, éd. 1544.) 

Ainsi la vapeur parl'embotou entonnoir 
passant en un autre pot par dessus se es- 
pessira, et convertira en une liqueur très 
claire et subtile. (EvoN., Trésor, c. xLiiii, 
éd. 1553.* 

Suffumigation d'iceluy (vin) faicte par 
un embut ayde a sourdesse. (Arsoul de 
Ville Nove, le Trésor des pauvres, f° 127 r», 
éd. 1581.) 

EMBULÉ,-uI(e, enb., part, passé, revêtu 
du sceau appelé bulle : 



EMB 

Quant est oi e cunfermé. 

Mis en registre e enbullé 

Au cuncil, ki au Laleran, 

Cura Deu le voul, sist a cel au, 

Li messager grant joie funt. 

(S. Edward leconf., -2i7J, Luard.) 

EJIBULETER, - ullelBr , - xdiUer , cnb . , v. 
a., garnir d'une bulle ; fig., avec un rég. 
de personne, donner un bon certificat à : 

Rn vo baslon ont mors maint chien, 
El maint pais avez fnsié. 
Endormi et 'enbulelê 
.\iez maint clerc et maint provoire. 
(G. DE Coi.\'Ci. de l'Emver. qui garda sa chaslec, 
Richel. 23111, i" 263''.) 

Endormi et rmbuluté. 

(In., ib.. ras. Brus., f» 119^) 

— Embuletc, part, passé, qui a reçu le 
certificat du serment d'obéissance : 

Comme des longtemps a le suppliant ait 
esté en l'obéissance de nous et enbulleté. 
(1423, Arch. JJ 172, pièce 534.) 

Cf. Abuleter. 

EMBusf:ii.\i^,-ca/,ei(6. s. m., embûche; 

A consoil li a dit le fait et Vembuschal 
Des enfans roy Clarus, Canaan et Poral. 
(Veus dou paon, Richel. Và'Ji, f° 37 v".) 
A conseil li a dit le fait et Yembuscal. 

(Ib., ms. Rouen, f 33 r'.^ 

L'eiibuscal. 
(Ib., Richel. 368, f» 96'.) 

EMBL'scHEMENT, embiichement. embtis- 
cement, embuskement, embussement, em- 
buissement, embuisement, - anl, enb , amb., 
anb., s. m., einbûcbe, embuscade ; 

Mêles vos homes en .1. embucbement . 

(Les Loh., ms. Monlp., f» 16i\) 

Et lia convenable troverent 
A faire lor emiuissement. 

(Wace, Drul, l-2:i-2'J, 1er. de Liucy.) 
De'nostre ambuschemenl saudrons. 

(Be.n., Troie, Ars. 3311, i" 11''.) 

Puis lor muslre V enbuschement 
U il se mcltrunlquoiement. 

(1d., D. de Horm , 11, 709, Michel.) 
Cil clievalchenl eslreitemcnl 
Qui s'en vonl en V cmbuôChemenl . 

(iD., ib., 11, 73j.) 
Ne vnet eslre honiz par !o\ ambuschemenl. 

(J. Sud., Sa.r., CLVXvin, Michel.) 

La li convint passer ou il vousist ou non 
Parmi Vanbuchiment. 

(Guilecl. de Sass., Richel. 36S, P 130».) 

Tôt droit vonl vers ï' embuschement 
Ou ert Trislran qui les aient. 

(Trislan, 1, 1197, Michel.) 
En cesle bruce verraiment 
Lur frez un enbnchement . 

(Conq of Irel.. 690, Michel.) 
Ou chemin de Cesaire ont fait enbusquement. 

(Chev. au ajgne, 17136, Iteill.) 

Qu'il s'embati en .i. enbuscement . 

(Auberi, Richel. 21368, f» 40''.) 
Dates Yenbussement passèrent. 

(Mhis, Richel. 37d, i" loQS.) 
Leur a fait .i. enbussemenl. 

(MoosK., Chron., 16663, Reiff.) 

Quant li rois sot qu'il s'en estoient aie 
et qu'il n'i avoit point à'enbuissemcnl. 
(Chron. d'Ernoul, p. 112, Mas Latrie.) 



EMB 



4ï 



Quant uns embussemens qu'il avoient 
deriere en une uioutaigue les enclost et 
les desconfist. I[b., p. igi.) 

Il se doloit que Sarrasin n'eussent fait 
enbuissement. (Ib., p. 338.) 

Et gries cose fust, s'il i eust enbussemenl: 
de repanrier ariere a le cité. {Ib.) 

Il n'i avoit point A' embuisement. (Hisl. de 
la terre s., ms. S. -Orner 722, f° 71».) 

Si mist ses gens en a-n-ait et fist ses em- 
buskemens, et nos gens n'en seurent mot 
(Robert de Cl.\ry, p. 33, Riant.) 

Si vil Vanloiehemanl 
Des auberz et des elmes et des chevaas coranz. 
(Flooii., 769, A. P.)- 
.... Entre Blois et Prélevai, 
Orenl an jour celeeraent 
Anglois fait an embuschemenl. 
En un for.'st. 
(G. GuiART, llaij. lign., Richel. 3698, f 41'.) 

D'autre part li rois Tradelinanz et Poli 
damas ses mes se conbatoient aus Saisnes- 
inolt durement, qui sont venu de lor em- 
buschement du chastel. [Artur, Ricbel. 337^ 
i» 33'.) 

En une forest... orent li Gascon basti uir 
embuschement. (Chron. de S.-Den., ms Ste- 
Gen., f» 112=.) 

Et pierçurent Venbuisement. (Hist. de 
Tournai/, Hichel. 24430.) 

Trouva les anemis en .r. embiichemcnt. 
(Cuv., B. du Cucsclin, 3016, Charriére.) 
Les prist a un embuschement. (Froiss., 
Chron., Il, ,372, Lu e.) 

Li joues bacelers prist par un embusce- 
ment qu'il avoit establi le dit Gérard de. 
Malain a toute se compagnie. (Id., ib. 
IV, 34, Kerv.) 

EMBuscHEUx, - biiclieux, aà}., roaipli 
d'embùclies : 

Puisque je vas périssant 
En ceste embucheuse voye. 
(B.nr, les .Amours, S" 28 v°, éJ. 1372.) 

EMBUSCHIER, -buissier, - buiser, -bue- 
Quier, - buchier. - bochier, - boschier, - bou- 
chier, - bouscher, - brusquicr, enb., anboi- 
chier, verbe. 

— Act., placer dans un bois : 

Le temps d'embocher porcs en bois 
commence a la saint Micbiel et dure jus- 
qu'à la saint André, et le recours depuis la 
siint André jusrpi'a la niy may. (Coût, de 
l'Eo. de Verdun, xv, 6, Nouv. Coût, gén., 
II, 432.) 

— Embusquer : 

Il embucheroit sa gent es porz d'.ispre. 
(Vie Chartem., ms. Rerue 41, f» 11''.) 

Le su|jpliaut emboucha son cheval a 
l'entrée. (1380, Arch. JJ 113, pièce 293.) 

— Réfl., entrer dans un bois : 

Quant tu iras entour le buysson, tu dois 
prendre garde a deux choses; la première 
si est que se toutes les bestes qui s'embos- 
Chent au buisson trayent a aler en ua 
pays... (Mod. et Rac, t° 63, ap. Ste-Pal.) 

— S'embusquer : 

Puis s'enbucherent dedens .i. bois ramé. 

(Les Loh., krs. 3U3, f 23".) 
Ves eut chi au mains deas : 
Ch::scuns sii-ul son père drois poins, 
.Ne sai qui chics est qui s'embrnsgue. 
(Ad.im i.E i.\ Halle, /)" Jus .\dan, p. 330, Cousse- 
maker.) 



46 



EMB 



EMl 



EMI 



Cele nuit s'anboichai a la Inné et an ciel. 

[FlDovant, 805, A. P.) 

Entor moi ades s^enbuisp 
Et me paite por moi sospecdre. 
(i. DE Bai<!IEUï. Sor les v lellres de Maria, 154, 
Scheler, Trou». Belg., p. ÎIO.) 
S'en vinrent sus l'ajournement embus- 
chier a?ses pries de Belleperche. (Froiss., 
Chron , VII, 367, l.uce, ms. Amiens, 
f° 161 v°.) 

— Neutr., dans le même sens : 

En .1111. liens les Qst embucquier et aler. 

(Ciperis, Richel. tr,3", f 117 f>.) 

Incontinent qu'ils eurent embousché, ils 
saillirent hors. (Saliat, Herod-, vu, éd. 
1536.) 

— Act., dresser une embuscade à : 

Li rois fist monter .xxx. hommes a cheval 
et les flst issir hors pour cerkier le tiera 
tout entour pour che qu'il ne fuissent em- 
buissié. [Chron. d'Ernoul, p. 111, Mas- 
Latrie.) 

Car enx. ponr estre exempts du droit des cienx. 
Voulurent mesme emlitischer les grands dîenx. 
(JoD., Cleop., ad. V, Ane. Th. fr.. IV. 13S.) 

— Réil., fig., se cacher : 

Car quant booe dame est esprise 

De loial ami qui l'onneure, 

S'avient a la fois qu'ele neure 

Un orgueil! ou ses cner.^ s'enhidse, 

Honis soit buissons de tel buise ! 

(Dou Cerf amour.. Richel. 37S, f 8 r».) 

— Embuschié, part, passé, placé dans un 
bois : 

Dales la forest trovai 
Une dame embttissie. 
Et chante a vois série 
Ne sais descort on lai. 
{GuiLL. Li ViNiEBS, Descorl, Dinanx, Trouv. arlcs., 
p. 223.) 

Dnlez la forest trovai 
Une dame embtt^chie. 
(ID-, ib.. dans VHisl. lill., xxiii, 594.) 

— Embusqué : 

Soubz doulces parolles sont souvent 
mucees et embouchées barat et trayson. 
(Bozier des guerres, Richel. 442, f» 63 r».) 

— Enfoncé, caché : 

Vers son content tôt l'ambb'ure 
S'en va en l'escnt enbuisies. 
(J. DE Baisiecx, des trois Chcv. et del chainse, 
226, Scheler, Trouv. Belg., p. 169.) 

— Garni d'embuscades : 

Ses chemins estoyent espiez et embuschez 
de toutes parts. (Saliat, Herod., i, éd. 
lSb6.) 

— Entravé : 

Le suppliant trouva deux chevauls em- 
buschez de bris de fer,lesquelz il desbucha, 
et furtivement en priut et enmena ung. 
(1460, Arch. JJ 189, pièce 49S.) 

EMBUSciER, enb., V. a., bosseler : 

Escus percier, liaubers fausser, 
Elmes enbuscier et troer. 
Chevaliers et cevals ocire. 

(Bek., Troies, Richel. 375, f 104^) 

et. Embuignier. 

EMBUT, voir Embcit. 

EMBUVRER, voir Embevrbr. 



EMCiMBOiRC, voir Encimboire. 
EME, voir ES.ME. 

EMEISTREMEXT, VOif AJIAISTRIMENT. 
EMENDABLE, VOir ESMENDABLE. 
EMEXD.VNCE, VOlr ES.MEND-iïiCE. 
EMEXDATEUR, VOir ES.\IEN"DATEUR. 
EMENDATIF, VOll' ES.ME\D.\TIF. 
EMEN'OE, voir ES.MESDE. 
EMEMDER, VOir ES.\IliNDEB. 

ementÀtion, voir Esmentatios. 

EMER, voir ESMER. 

emerci.xble, voir Amerciable. 

EMERGENCE, S. f., syn. de dépendance: 
Que les causes et matières civiles, et cri 
minelles. despendances ou émergences d'i- 
celles, se relèveront en la cour de amez et 
féaux les conseillers de nos aydes. (1498, 
Ord., XXI, 136.) 

EMERMER, VOir ESMERMER. 

EMERUM, S. m., épeautre, blauc : 
Farre quod Oalli emerum dicunt. (Gloss. 
du x" s., ap. Graff.) 
Wallon, amau, orje d'hiver. 

EMERVEILLABLE,VOirES.MERVEILLABLE. 

EMERVEILLER, VOir ESMERVEILLIER. 

EMERVEILLEUSESIENT , VOir ESMER- 
VEILLEUSEMENT. 

EMEllKE, voir AMORE. 

EMEUVEMENT, VOir ES.MOVE.\IENT. 

EMI, voir AlMt. 

EMICAUT, S. m. ? 

Rubens a emicaux, fournis par un mer- 
cier; un cent et demi coûte .m. s. .vi. 
d. (1490, Hoye, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

E^ii.XAGE, esminage, - aige, emynaige, 
eyminaige. aminage, -aige, aménage, s. m , 
portion de grains qui se lève sur la mesure 
appelée hémine : 

Ce qui' pie avoe ou devoe avoir et pooe 
en Vamenage de Dijon. (1245, Preuv. de 
l'Hist. de Bourg., t. II, p. xvn.) 

Do'j dit aminage. (Ib.) 

Se li recevours dou dit eyminaige fai- 
soîent point d'outraige ou de meffait en 
faisant l'office dou dit emynaige. (1264, 
Acey, boite 16, cote 3, -Arch. Jura.) 

Et paieront toutes manières de gens 
ventes et aminaiges qu'il est accoustumé 
a Dole. (132Z, Franch. de Monlmirey, Arch. 
Doubs, Nouv. Ch. des compt., M 308, Ter- 
rier de Monlmirey de 1461.) 

Nous leur avons octroyé et octroyons 
qu'ilz soient et demorent perpetuelment 
pour leur et pour leurs hoirs franc et quit- 
te d'estaulaiges, (yesminaige et de toutes 
vantes des choses vendues et eschetees 
par leur, en nostre dict ehastel et ville de 
Grancey. (134S, Ord., ix, 160.) 

L'amiJiage que le ventier demande aus 
talemelieis ds bled que il cuient. (1363, 
Ord., m, 639.) 



Impots de sel, quarts, demi quarts, 
quints, demi quints, de pots, mesurages, 
pallivages, esminages, regratages. (Solly, 
OEcon. roy., ch. clxxxviii, Michaud.) 

EMINAL, esminal. aminal amenai, ymi- 
nal, s. m., dimin. de hémine : 

Un amenai de blé a la mesure de Pesmes. 
U298, Arch. H. -Saône, H 12, cote 13.) 

Me doyvent loudit aminal soit fromant 
ou avoine d.- renlerre. {IZ3S, Acey, Richel., 
Mor. 229, f» 44.) 

■ Je donne aux quatre ordres mendians...- 
chascun vint yminal de froment. (1407, 
Teslam. d'Isabelle, dam. de Bauzemont, ap. 
Duc, Hemina.) Impr., ymal. 

En l'esmine de grain a deux bichots, ou 
bichot deux quartaux ou deux esminaux, 
ou il y a quatre boisseaux. (Cout.de Bourg., 
Nouv. Coût, gén.. Il, 1188.) 

EMiNETE, emminette, am,enate, s. f.. 
dimin. d'hémine : 

Doze amenâtes de blé et huit amenâtes 
d'avoine. (1298, Acey, Arch. H.-Saône H 
12, cote 5 ) 

Emmineltes. (1368, Plaid gén. de Laus. 
Doc de la Suisse rom., vu, 401.) 

EMINGAUT, voir Amigaut. 

EMixiER, amenier,i. m., percepteur de 
l'éminage : 

Se li recevours dou dit eyminaige fai- 
soient point d'outraige ou de meffait en 
faisant l'office dou dit emynaise, de quoi 
emende de sexante sols lu doné, li diz 
ameniers et recevours saroient quitte de la 
dite amende quant a roy, mes il emende- 
roient lo meffait ou l'outraige a celui cui 
il seroit fait. (1264, Acey, boite 16, cote 3, 
Arch. Jura.) 

EMiNOTE, esminotte, aminole, amenolc, 
s. {., petite hémine : 

Trante amenâtes de blanc fromant. (1273, 
Aumouieres, Arch. H.-Saône H 27.) 

Deus bicliez et trois aminotes de froment. 
(Jeudi av. S. Hil. 1283, Qtiilt. de la ch. des 
compt. de Dole, Arch. Doubs.) 

Amenote. (1297, Luxeuil, Arch. H.-Saône, 
H 708.) 

Item onze aminotes par moitié blet et 
avene. (1339, Gart. de Langres, Richel. I. 
3188, f» 279 v».) 

.XX. amenotes de bief, .vu. amenotes 
d'orge. (1348, Compte, Ch. des compt. de 

Dole, — , Arch Doubs.) 
82' 
En l'esmine de grain, mesure d'illec 
(Pontarlier) a deux bichots, ou bichot a 
deux quartaux, ou quartault a trois esmi- 
noltes, en Vesminotle deux boisseaux. 
(Coiit. de Bourgogne, Coût, gén.j I, 837, 
éd. 1635.) 

EMIOUERE, voir ESMIOIRE. 

EMIT, voir Amit au Supplément. 
EAiiTRiTE, S. f., fièvre demi-tierce : 

La parole fait aceptable 
A home qni 1 a et qui l'ainme. 
Et sel garde d'un raalvais flaimme, 
Vemitrite ou maint myres faut. 

(Lapidaire, E 240, Pannier.) 

EinTRiTEUS, S. m., fièvre demi-tierce : 
D'une fevre garist mul fort 
Ke a maint urne dune mort. 
Si a nnm emitriteus. 

(Lapidaire, A 253, Pannier.) 



EMM 



EMO 



EMP 



47 



KMLERGIER, VOir ENLARGIER. 

EMM, voir à Enm les mots qu'on ne 
trouve pas ;\Emm. 

EMMAIBR, voir ESMAIER. 

F.MMALiÉ, part, passé, devenu méchant, 
cruel 1 

Ocient tant qnant qu'il i treuvent, 
Con gens de courrooz ennnaliez. 
(G. GuiABT. R»!/. lign., Richel. 56?8, f° 3'22 r"., 

EMMANCHOiR, S. m., ceU de l'objet dans 
lequel est introduit le manche : 

Emmanclioir, the hole, or eyi- of a hat- 
chet, etc. whereinlo the handie is put. 

(COTGRAVE.) 

EMMARER, V. n., tomber ou enfoncer 
dans un marais : 

Une desdites jumens estoit afondree ou 
emmaree par cas d aveulure, tellement 
que d'illecques ne se povoit ravoir ne dé- 
livrer. (1377, Arch. JJ 111, pièce 64.) 

EMJiARRER, v. a , jetcf à la mer : 
Et quant il ne vit poynt d'aultre remède, 
il emmarra son pacquet de lettres. — He 
threwe his packet of lettres into the see. 
(Palsgr., Esclttirc, p. 477, Génin.) 

Puis qu'il fault que nous soyons prins, 
emmarrons Doz lettres. — Sithe we must ne- 
des be taken, let us svnke our letters. (Id., 
«6., p. 718.1 

EMMASURE, S. f., pallssadc de pieux 
pour soutenir la maisiére : 

Es boscherons, pour cinq pièces de boys 
chacune de cinq toises et de deux dois 
de hault ou envoeron pour fere les emma- 
sures des esguUes des molins de Loire. 
(1447, Compt. de Nevers, CC 39, f» 21 r», 
Arch auin. Nevers.) 

EMMATi, part, passé, flétri, desséché : 
Apres les pluies de l'automne sera le 
vrai poinct de mettre la main a l'œuvre ; 
d'autaut que lors aura on bon marché do 
rompre les prairies, pour la commune foi- 
blesse de Therbe et de la terre, l'une em- 
malie et l'autre humectée par l'arrivée des 
froidures et humidités. (0. de Serres, Th. 
d'agr., ii, 1, éd. 1605.) 

On adoucira le vin dans la cuve, si sur 
icelui l'on jette des raisins noirs bien 
meurs, quelque peu emmatis par la garde 
de sept ou huit jours. (Id., ib., m, 10, éd. 
1617.) 

EMMEDOS, voir Andui. 

EMMENDE, VOir ESMENDE. 

EivrMENNEVi, voir Amanevi. 

EMMENsissuRE, S. f., mot probable- 
ment corrompu, signifiant amoindrisse- 
ment, altération : 

Les maisons... seront tenus de retenir 
bien et souflîsamenl de pel, de vergue, de 
torque, de couverture sans fonture ne 
emmensissure . [Cart. de Corbie, ap. Duc, 
111, 437% éd. Didot.) 

EMMENUISER, VOif ESMENUISIER. 
EMMI,.VOir Enm!. 
EMMINETTE, VOir EMINETE. 
EMM IGI.EURE, - (llSe, S, f. ? 



Pour guydes, ferreuses, unu restrintif, 
emmioleuses et embourreuses de la celle de 
son dit cheval. (1449, Compte de S. Sauv. 
de Blois, Ricliel. 621S, f° 18 v.) 

EMMIOLEUSE, VOir EmMIOLEURE. 

1. EMMOLER, - ouUer, V. a., mouler : 

La foy aux cheveux gris esloil la enlaillee, 
Et l'aime pieté au dessons emmouUee. 

(G Boums, l'Alectriom., éJ. 1586 ) 

— Emmolé, part, et adj., fait au moule, 
flexible : 

Bon pied et creux, courte jointe emmolee. 

(P. Dauche. Blas. du Veau cheval.) 

— Orné de moulures : 

Les pelitz ymatges et autres ouvrages 
emmo«(eset toute nienuserie (26 déc. 1S88, 
Sto<. (/esor/'p».,dans \eLiv. noir, f» 35, Arch. 
mun. Montauban.j 

2. EMMOLER, V. 3., démolirî 

Abat et emmole les turiaus et les fosses 
enlour. (1294. Trav. p. les chdt. des coml. 
d'Art., Aruh. KK 393, f» 3 r.) 

EMMOLiNER, v. a., faire moudre un 
moulin pour la première fois : 

A l'hilbi-rt Cordier deux boisseaulx orge 
pour emmolinev et essaier ledit molin. 
(1438, Compt. de Nevers. CC 40, f» 23 r°, 
Arch. muu. Nevers.) 

EMMOLiR, emolir, -ollir, verbe. 

— Act., amollir, rendre doux : 
MoUeo, molles, emmolir. {Voc. at.-{r., 

1487.) 

Un vieil formage tout rancide, pisté et 
meslé avec décoction d'un jambon salé, 
appliqué en forme de cataplasme emollit 
toutes duretez des genoux. (Liebault, 
Mais. rusL, 1. I, c. xiv, éd. 1597.) 

On fait une huile de ses fleurs trempées 
en huile, qui a vertu de résoudre, emolir, 
d'appaiser les douleurs froides des gouttes. 
(JD., ib.,p. 284.) 

— RéQ., s'amollir : 

Le byacint s'emmollit au feu. (Le Blanc, 
Trad. de Cardan, f» 144 v, éd. 1556.) 

— Emmoli, part, passé, [amolli : 

11 fut homme efféminé et fort emollu. 
(Saliat, Hcrod., vu, éd. 1536.) 

Roquefort indique de plus les formes 
emolUer, emmollier, cmmolier, sans les jus- 
tifler d'exemples. 

EJiMouiARE, s. f., ce qui est produit 
par le broyement : 

Emmoulure ou enrougeure de fer ou de 
sauge. (B. DE GORD., Pratiq., III, 7, éd. 
1495.) 

EMMoussÉ, adj., couvert de mousse : 
L'espee a par dessus une branche encontree 
D'un qnesne vieil et dur, antive et cmmoussce. 
(Dooii, iSlS. A. r.) 

Regarde es humides cantons 
De la marine les Tritons, 
Les dieux des coulantes rivières. 
Tous n'ont ils pas longues crinières 
Tnrtes sur leurs fronts emmoussn ,' 
(Remï BELi.EAU. Poés., I. 98, Gouverneur.) 

EMOIGNIER, voir ESMOIGNIER. 



EMOLIR, voir E.MMOLIR. 

EMOLiiMENTER, V. 3., acquitter l'émo- 
lument dit pour telle chose 

Quant ilz les auront receues et gros- 
soyees (les lettres), qu'ilz ne les délivre- 
ront aux parties que premier elles ne 
soient emolumcntees et scellées des seaulx 
royaulx. (AniM 1482, Edil concern. les fonct. 
des nol de Lyon, Ord., xix, 32.) 

Dans la langue mod(!rne émolumenter 
est un verbe neutre vieilli ayant le sens 
de tirer quelque émolument ou profit. 

EMONGEAU, S. Ml., torchon : 

Hem unum emongeau de serico. (Inven- 
taire de 1327, Cliartrrs, dans le Bullet dit 
Comité de la lang., 1857, p. 311.) 

EMOLUMENT, S. m., instruction, édifi- 
cation : 

Et pour l'umain l'inoimmcn/, 
On sépulcre et on monument 
Fut couchié (le Christ» comme mortel corps. 
{Resurrecl. de N.-S., Jub., Mijsl., 11,315.) 

EMORCHE, voir ESMORCHE. 

EMOnCHER, voir ESMORCHER. 

EMORE, voir Amohe. 

EMORHOi, S. m., désigne un aspic qui 
fait couler tout le sang : 

Aspides est une manière de venimeus 
serpent qui ocist home de ses denz. Ja 
soit ce que il sont d plusors manières, 
toutes voies chascuns a une propriété de 
raalfaire ; car cil qui est apelez aspides fait 
morir de soif l'ome cui ele mort ; et li 
autres qui a non prialis, le fait tant dor- 
mir que il muert ; et la tierce, qui est ap- 
pelée emorroi, li fait fondre tout son sanc 
jusqu'à la mort. (Brcn. Lati.M, Très., 
p. 191, Chabaille.) 

EMORROSAGIE, S. f., flux de saug : 
l/emorrosagic cessant. (Brun de Long 
BORC, Chirurgie, ms. de Salis, f" 5*.) 

EMORSSER, voir ES.MORCHER. 

EMORTin, voir Esmortir. 

EMOUVEMENT, Vûir ESMOVE.MENT. 
EMOUVEUR, \0ir ESMOVEOR. 

EMovATiox, S. f., excitation, instiga- 
tion : 

Por le porcache, priier et emovatUms qui 
fait avoient esteit par les binvoilbans el 
amis dédit Waltier. (J. DE Stavelot, 
Chron., p. 327. Larchey.) 

ESIOYER, voir ES.MAIER. 

EMPACHiER, empaucUier, ampauchier, 
empaicier, empaiecier,enp.,v. a., empêcher 
le succès de : 

Li avocat qui reçoivent mauvaisement el 
soutiennent les mauvaises causes a lor es- 
cient et les bones empattchent por luier ou 
por don que il praingnent a destre et a se- 
nestre. (Laurent, Somme, Richel. 938, 
f 17 r».) 

— Troubler dans la jouissance de : 

Et li forestier nostre seigneur le roi li 

ampaiichent et torbent de novel sa saisine. 

(Req. du vie. de Meliin au roi, Arch. J 1030, 

pièce 46.) 



EMP 



EMP 



EMP 



— Avec un régime de personne, troubler 
faire du tort à : 

Car se GoJefrois vient ma lierre kalengier. 
Je m'en cniie 1res bien issir sans le dangier 
Doa souciant, qui me voet ycliy empaicier. 

(Chev. au cijijne, 5371, ReilT.) 

S'aucunsborjois est por moi pris ou em- 
Jiachiez, je lou doie délivrer dedenz vint 
jors, et se je ne lou dolivroie dedenz les 
vint jors, li jurei puent panre les premières 
Tantes que je aura en la ville por la deli- 
%'rance. (1269, i '.bannes, 8, Arcb. Meurthe.) 

Tourblee et empauchie. {Jugem. de 1334, 
Ord. de Malte, Piéton, Arcb. de l'Etat à 
Mous.) 

— Particulièrement, mettre en cause 
accuser : 

De tout çoa que j'ay dit de nnuviel et de vies 
Esl ly corps de la dame a droit rmpaiecies 

(Chev. au cijniie, ifi9ft, ReilT.) 
Mais elle n'ara mal ne nulle vilonnie, 
Si vous n-î congnissies, volant la baronnie, 
La traison de qnoy elle est empaicie. 

(/»., 197-21.) 
Et tut senlensse rendue par le gouvre- 
neiir et les jures, que ledit Franiel estoit 
quittes et délivres, et que a vnaisse cause 
on Vavoil enpaiciel et enprisonnet. {Chron. 
des Pays-Bas, de France, etc., Rec. des 
Cbr. de Klaud., t. III, p. 238.) 

Sur ce verbe, consulter Littré qui, dans 
son étymologie ^'empêcher, en fait un mot 
à part qu'il dérive, avec Diez, A'impactiarc. 

ESIP.^ICIER, voir E-\IP.\CHIER. 

EMPAiEciER, voir Empachier. 

EMP.\iEMENT, cmpoement, s. m., paie- 
ment : 

Et ce que dit est siiinifie a Jeban le Bègue 
demouraut audit liostel de la Cave a sa 
personne et a la femme de Jehan Malice, et 
leur defendi Vempaement des lieux, et aussi 
que se aucune chose il dévoient a ladicte 
Eustace a cause d'icelle maison que aucune 
«hose ne lui en baillassent... jusques a ce 
que paiement feust fait des diz arrérages, 
(1380, Arcli. S 9i, pièce 33.) 

EMP.xiENÉ, empainè, en/)., adj., attaché 
à la religion païenne : 

Toulete e.st toute enpaieiiee, 
Encor fusl ele el pais née. 
(G. DE Coixci, Mir., lib. 1, ap. Duc, Paganhare.) 
Tholete esl lote enpainee. 

(Id., ib., ms. Rrus,, f° 3-2',) 

EMPAiGNE, s. f., voyage, concours : 

A la chemise glorieuse, 
A Cliirtres, la riche raonlaigne, 
Telle allée el telle empaignc 
Ot, si corn trois ea cel lempoirc. 
Que feite en fut moult belle estoire. 
(J. Lem\rchaxt, Mir. de A'. /) , ms. Chartres, 
f» ili''.) 

EMP.\iGXEMENT, Bup., aupenemetit, en- 
pingement, s. m., action de pousser, de re- 
pousser : 

11 se traine sor la planée a la force de 
ses bras et a Venpaignement de ses pies. 
(Artur, ms. Grenoble 378, f° 94''.) 

De l'anpénement, du repoussement. (xiv* 
s., ûarmesteter. Classes et Glossaires hé- 
breux français, 1878, 41.) 

A anpéiiemenz, à repoussements. (Ib.) 

— Impulsion : 



Les bestes sont meutes selonc le move- 
menl et Vcnpinriemeiil del appétit naturel. 
{Li Ars d'Amour, I, 203, Petit.) 

EMP.\iGNiER, - aingnier, verbe. 

— Act., frapper : 

Icelle femme prist une petite espee, la- 
quelle elle mist au devant de son mari 
qui estoit tout nu levé pour la batre, et 
n'avoient point de clarté, et de ladite espee 
eusl empaingné son dit mari que il cbey 
mort. (1369, Arcb. JJ 100, pièce 335.) 

— Réfl., s'élancer : 

Adonc drcscha on les voilles et Est on 
desancrer la navire, et aprez se empoignè- 
rent en la mer a moult noble compaignie. 
(J. d'Arr.\s, Melut., p. 199, Uibl. elz.) 

EMP.viLLiR, voir Empalir. 

EMPAiLi.oLÉ, adj., en paillettes : 

Uuec piieent il bien Irover 
Toutes choes a achaler 
Oui a la mercerie apeat, 
I.'or empnilhlé et l'argent. 
(Le bit des Marehems, Monlaigloa et Raynaud, 
F(M., II, 123.) 

EJIPAINAGE, voir EMPaNAGE. 

1. EMP.viXDRE, - Indre, - oindre, enp , 
inp., V. a., peindre dans, sur : 

En ml le vix se font enpindre d'azur 
come un fer de glaives. {Voy. de Marc 
Pal, c. CLV, Roux.) 

Celés gens font portraire et inpindre 
tous lor deu e lor idres noir. {Ib., CLXXVI.) 

Portraire, inpoindre. (Ib.) 

Son bel visage et ses doulces paroUes 
estaient empaintes en son cueur. {Troilus, 
Nouv. fr. du XLV° s., p. 233.) 

Un petit pan de toille auquel est enpaincte 
l'aparicion de plusieurs personnages. (1314, 
Inrent. de L. de Courcelles, Arcb. Aube 6, 
G 1912, f» 7.1 

Uu.' lableau ou est empaincl l'annuncia- 
tion. (1328, Inoent, S. Amé, liasse 9, Arcb. 
Nord.) 

A Jehan Prieur painstre pour avoir en- 
painct de bon stil ung drap d'or. (1537. 
Lille, ap. La Fons, Ctoss^. 7us., Bibl. Amiens.) 

— Fig., reproduire : 

Car trop voult, corn simples, empaindre 
L'oppinion des jouvenciaulx. 

(E. Deschami'S, Poés., U, iO, Tarbè.) 

2. EMPAiXDUE, empeindre, empandre, 
enp., verbe. 

— Act., pousser, jeter avec violence : 

A terre Veiisl tosl enpeint. 

(Wace, Rou, 3' p., 707-2, Andresea.) 
Dune cumandad (Jéhu) qu3 il la (Jezabel) 
enpeinsissent aval de cel solier. (Rois, 
p. 378, Ler. de Lincy.) 

L'aoemi boulent el empaingnent 
Moult en sus d'eus et moult arrière 
Cil qui usent ceste prière. 

(G. DE r.oisci, Mir., ms. Soiss., f° 8-2^.) 
Iluec est enpains et botes 
Et par deriere el par devant. 

(Durmars le Gallois, 1 '23-20, Stengcl.) 
Les anpénz, les repoussés. (xiv° s., Dar- 
mesteter. Classes et Glossaires hébreux- 
français, 1878, p. 41.) 

Furet anpenz, furent repoussés. (Ib., 
p. 40.) 



— Avec un rég. de chose, pousser, en- 
foncer, appliquer : 

Si li empeinat un bulTet bon, bien estored. 
[Bois, p. 337, Ler. de Lincy.) 
Et Renan let chaoîr si fort • 
Le covercle, et si Venipainl, 
Tyberl en a la qene ataint 
Si granl cop que ne fu pas gîens, 

(Uenarl, 2808, Méon.) 
l.e branc d'achier eus li lancha ; 
Par tel vertu li a enpaiiit 
Que jusc'au cuer l'aineure ataint. 

(Comte de Poitiers, 752, Michel.) 
Il li apoia Dnraudal a sa bouline et il 
luy empaust si dure que il li bouta ez cors. 
{Hem. de Turp., dans le Bec. mss. de Dh 
Cange, Ars., Hist. 801, A.) 

El usoient de ciiair de poisson endurcis 
nu soleil et daulres greigneurs monstres 
que les llotz empaignent dehors. {Q. Ciirse, 
VIII, 22, éd. 1334.) 

— Réfl , se jeter, se précipiter : 

Contre les lance-s esmulues 
Sunt les forz broines derumpues 
Si que 11 coslcz lur seignent 
E que morsz des chevals s'enpeignent. 
(Be.v., 0. deNorm., II, 507, Michel.) 
Jofroiz li Angevins an la presse s'anpaint, 

(J. Bon., Sax., cxiv, Michel.) 
L'espie Guitedin ne s'i est atargiez, 
Antr'as s'ampainl et broche cora s'il fnst anragié. 
(ID., ib., cxLvm.) 
Quand les chèvres se sentent quelque 
iiiHammation ou cataracte es yeux, elles 
s'empeignenl sur la pointe du jonc, pour se 
descliarger les veux, el les faire saigner. 
(Du Pixet, Pline, viii, 30, éd. 1363.) 

— Neutr., se jeter, se précipiter, battre: 

Enpaint avant et trait arrière 
Qiie tout veut abatre el quasser. 
(Wace, Concept. Xostre Dame, p. 76, Mancfl et 
Trébntien ) 

Puis ne fina de si qu'il vint 
Soz une grant roche de mer; 
Lors commença llo a monter : 
QuaLl il fu lot hauciê el pleins. 
Si enpeint au piez et au mains. 

(GuiLL., Besl. div., 2337, Ilippeau.) 
Quant li fil voient que lor père ont estrainl 
Por lui seoorre sont celle part empaingt. 

(Gaydon, 7223, A. P.) 

— Act., empaindre en mer, faire prendre 
la mer, embarquer : 

Ç.o est en mai, al premer jur d'ested, 
'Iules ses hoz ad cnipeintes en mer. 

(liai., 2G2S, Muller.) 

En vetssiaus les empeint en mer : 
Or peurent par l'iaue vaguer. 

(SI Graal, 2291, Michel.) 

— Réfl., s'enipaindre en mer, prendre la 
mer : 

En mer s'enpaignent Brebus el si baron. 
(Raimbekt, Ogier, 9823, Barrois.) 

Li v»ns fu boins, l'air orent cler : 
Atant .îc -iont empaint en mer, 
(Flaire et Blance/lor, l'- vers., 1161, du Méril.) 

En mer s'enpagnent. 

(Pa. MousK., Chron., 124, ReilT.) 

Eu hante mer s'empaignent pour l'ost plus eslcn- 
Igier. 
(Chans. d'.inlioche, vu, v. 317, P. Paris.) 
An matiuet en rai la raer s'enpeignent. 
Nagent et siglent et grant joie demeinenl. 

(Eaf. Vil'., Richel. 7 74, f 5G=.l 



EMP 



EMP 



EMP 



Il s'eiipengnrnl en mer, 

(ÀyetfAvii/n., 1867, A. V.) 

Si entrent es nés et s'enpeingnenten mer 
en si fort seson conme entor la Tozseinz. 
{Lancelot, vas. Fribourg, f" 143°.) 

Lî mariaîer les voites tendent, 
En mer s'empaif/iiciil . pins n'atendent 
(RiTEB., la Vie sainte Marie l'Ei/iplianne, II, 110, 
Jubinal.) 

— Se faire empaindi-e en mer, dans le 
même sens : 

Tels i ot qui en eiaperent 
Et en lor nés fuiaut entrèrent. 
Et en mer $e firent empainâre, 

(Le roman du Brut.) 

Quant Tristant voit le dueil si grant, si 
lui anuie trop le demorer; si se fait em- 
paindre en mer. (Le roman de Tristan.) 

— S'empaindre de la rive, s'empaindre de 
la terre, s' élo\gneT du rivage, prendre la 
mer : 

De la rive s'e!7?paint, si prent a gouverner. 

(Dcion de ilaience, 2761, A. P.) 

De la terre s'empeint, si prenl a gouverner. 
Tant que il Ta bien loins n palagre de mer. ' 
(/*., 331.) 

— Act., empaindre ses ijenx, les fixer : 

En leurs saisons sont vertueux 
Ou débonnaires ou crneux 
Quant aux plaoetles s'acompaîgnenl 
Et leurs ieu.v dessus eulx eiipaiyner.t. 
(J. Lefeeïre, Resp. de ta mort, Hicbel. 93 i, 
f° 6^) 

— Act , empaindre quelqu'un, le lieurter, 
le frapper, lui porter un coup, principa- 
lement avec une arme aiguë : 

Enpeint le bien, fait li brandir le cors. 

{Roi., l-:03. Millier.) 
Enpaint le bien, sa sele en a voidie. 

(Les Loti., Vat. Crb. 375, f 10''.) 
Jouste la cuisse le gonfanon li misE, 
Si bien {'empaiut qu'en terre l'abatit 
El les talons en fait amont venir. 
(Car. le Loh., V chans., v, p. 173, P. Paris.) 
Ele Venpeinst do tel air. 
Ne sai a oJ piez u od meins, 
Parmi branches c parmi reins 
Le Dst haut cnntremunt voler 
E el fiirc d'un arbre encroer. 

(Bon, 3' p., 5;i8, Andresen.) 
Adonc l'a del bastoa empaiut 
Durement. 

(Renarl, 4-216, Méon.) 
Granl est la noise et graos li cris 
Des garçons, des enfans petis. 
Qui Vempaignent et qui le bâtent. 
[Amadas et Ydoine, Ilichel. 375, l" 3-205.) 
Ains fierl le chevalier si haut 
Et si très roideraent Venpaint 
Qu'en la sele pas ne remaint. 

(Durm. le Oal., 1680, Stengel.) 
Tis li est ke Seint .iedward 
Levé, e s'en vent cele part. 
Enpeint le serjent e l'esveille. 

(S. Edward le conf., i:i87, Luard.) 
Qui fust de un glayve au quer enpeint. 
{Plante d'à. de Lacy, Oxf., Bodl. Fairf. 
-2410, t» 19.) 

Qui villainement fu raen^s, 
Batus, f/n;jai«5 et delloules. 
(De l'Armite que la femiie voulait tempter, Kellcr 
Zwei falil-, p. 37.) 



L'an enpeint l'au're et hurle et bote 
De teste ou d'espaule ou de cote. 
(Vie de S. Alej:i, 92.Ï, Roraania, Vlll, 180.) 

D'ilec commanda Anthiocus que li es- 
comnieuiez fust laissiez cheoir, et tonz 
Vempainsissent a mort. (Guiart, B/6^e, Sec. 
liv. des .Macliab., xvill, ms. Ste-Gen.) 

Dont fu bien sachies et empains. 
Assaillis el Irop mal menés. 

(Couci, 33-2-2, Crapelel.) 
Ains l'empandit si rudement que maistre 
et destrier renversa en uns mont. {Le clie- 
valereux Cte d'Artois, p IS, Barrois.) 

— Fig., act.j empaindre d, pousser à, 
exciter : 

A bien fere les enpeignoit 
Li bons clers par dit et par fait. 
(G. DE CoiNCi, Mir., ms. Soiss., (° 3l''.) 

— Réfl., s'appliquer à, s'adonner ;"i : 

En toz les biens nns anpaifjnons, 
Et en bien faire et en bien dire. 
(G. DE C.iixci, Jf/r., ms. Brux., {" 171'.) 

— kci., empaindre ur.e plaie, faire une 
plaie profonde : 

Apres que Clinton eut ainsi dil, il empai- 
gnil en sou corps une playe mortelle. 
(Bor.cACE, Nobles malheureux, III, i, 
f» S8 I», éd. 1315.) 

— Infln. pris subst., combat, bataille : 

Au bien empaindre et au sachier. 

(GiiART, Roij. liijn., -2031, Bnchon.) 

— Empnignant, part, prés., syn. de vif : 

El seiche i redevient l'olive 
Qui doit estre enpeignant et vive. 

(Rose, Richel. 1373, f oC.) 

— Empaint, part, passé, lancé : 

Et me senibloit que Julien fut trespercé 
d'uue espee brandie et einpainte par la 
miiiu de Dieu. (BoccACE, Nobles malheu- 
reux, VIII, 10, t° 200 r", éd. 1513.) 

— Appliqué, occupé à : 

Tous les jours sont (les laboureurs) aux champs 
[empains, 
Comme besles, clamez villains. 

(EusT. Descu., Poés., II, 228, A. T.) 
Cf.E.MPOiNDREaveclequel il semble avoir 
été quelquefois confondu. 

EMPAiNTE, empeinte, enp., enpente, em- 
peincle, s. f.,choc, poussée, attaque, mou- 
vement impétueux, impulsion violente, 
charge : 

Ceo ne vodreie pas ore oir dire 
Ke vus maudissez la vie 
Par nule empeinte de folie. 

(Chardry, Petit Plet, 872, Koch.) 
Anchois que jo i muire, i ferai tel empaintr, 
Se Dieu plaist et sa mère, dont m'arme sera sainte. 
(Conq. de Jtrus., 6116, Hippeau.; 

Li enfens enmi la place 

Uendi parmi la bocbe hors 

L'eive qui li estoit ou cors 

Qui entrée ert par lele enpeinte 

Que l'ame li erl esleinle. 
(J. LE Mailch., iUr. de S.-D., ms. Chartres, f IjK) 

Car quant sajele est descochie 

Ne puel eslre arrière sachie... 

Ainsi[it quant .Vmours est volée 

Par mi les ex duakes au cuer 

N'en puel issir a nestn fuer 

Devant que ele a fuit s'empainte. 
(?aiL. DE Kem., htanekine, 1332, Bordicr, p. 186.) 



Cellni pastour nng destrier bay avoil 
Dont sur les rens tantosl fist nnle] empainte. 
(L. DE Beacvau, le Pas de la Bergiere, 323, Cra- 
pelet.) 

La enpente, la repoussee. (xiv« s., Darme- 
steter, Glosses et Glossaires hébreux-fran- 
çais, 1878, p. 41.) 

Et se tinrent ceste seconde enpainte 
moult vaillamment. (Froiss., Chron., IV, 
340, Luce, ms. Amiens.) 

Ne fesist course, jouste ne empainte. (1d., 
ib., VI, 134, Luce.) 

La pourre du ddyé sablon commença a 
lever a Vempainte des chevaulx. (Id., !&., 
XII, 308. Ktrv.) 

A cel premier empainte ce sont mis tellemant 
Que mil en abatirent devant eulx en présent. 
(Cuv., du Gueselin, 13614, Charrière.) 

Par vigueur d'armes recuUerent leurs 
anneniis a celle empainte, ou Mathieu 
Gone fu occis. (Wavrin, Anchienn. Chron. 
d'Englet., t. Il, p. 176, Soc. de l'H. de Fr.) 

Et de ceste empeincle se signa de la main 
droite, en se recommandant a Dieu. (Des 
Periers, iN'owD., XVI, Lacour, p. 77.) 

Et de ceste empeinte s'en va enfermer en 
son estude pour mettre son nom a l'en- 
vers. (Id., ib., Lxxiv, Lacour, p. 237.) 

— D'une empainte, d'un coup : 

Et aie fois,d'«nc empainte,'\\ descendoieut 
et venoient combalre leurs ennemis, 
(Froiss., Chron., VII, 24, Luce.) 

Tellement que d'une empainte il ruoyent 
.II. .III. ou .IV. hommes d'armes par terre. 
(.1. Wauq., Merv. d'Inde, 2* p., c. lxvi, 
Xav. de Ram.) 

Et d une empeinte, bien soudainement 
et asprement poursuivie, en ruèrent jus 
environ trois ou quatre cens. (G. Chas- 
TELLAIN, Chron., I, 230, Kervyn ) 

— Circonstance, fois : 

Bien voit que niiex li vcnist tere 
Qu'avoir chanté a cele enpainte. 

(Renart, 3462, Méon.) 

CoMsin, losl a!ons qnerre tant 
Palis, buissons, chaume, pesas, 
Qu'elle de mort n'eschappe pas 
A ceste empainte. 
(Un Mir. de N.-D., Comm. elle garla une femme 
d'estrearse. Th. fr. au m i-, p. 354.) 

— Tempête, ouragan : 

Quant l'onde a faite(s] ses empainles, 
.Moult lassement fait ses complaintes. 

(S. Brandan, Ars. 3516, P 104'.) 

Quant funde ad fait les empeintes. 

(Ib , 1238, Michel.) 

Mes tuit s'escrient qui miens miens 
El si reclaiment sainz et saintes 
Quant de mer vjicul les enpaintes. 
(G. de CoiNCI, Mir., ms. Soiss., f" 7-2°.) 

Nicot donne empeincte qu'il traduit par 
impressio, impetus. 

Cf. Empoi.nte avec lequel il semble 
avoir été quelquefois confondu. 

EMPAiNTCKÉ, enpointurè, part, passé et 
adj., peint : 

Bien sisl l'escui qu'est d'or enpointurez. 

(Les Loh., ms. Monlp. H 213, 1" 12'.) 

EMPAIREMENT, VOir EMPAREMENT.' 

EMPAIRER, voir EMPARER. 



m EMP 

EMPAisTRAiL, enpestrail, s. m., en- 
trave : 

De jonrs la laist pestre ha bandon (la vache) 
Sans enpestrail el sans l.nndon. 

(FM. d-Ov.. Ars. 5069, f 6«.) 

EMPAisTREMENT, - aitrement, - estre- 
ment, enp., s. m., entrave, empêchement : 
Quite et délivres de tote force e de toz 
empailremenz. (Fév 1242, A^^l>- »'^'°«-f : 
Loire, Fontevr., La Roch., fen. 3, sac ià.) 
Ouite« et délivres de toz devers et de toz 
empaitroMcnz. (Mai 1250, Charge de Geoffroi 
Achefort, Richel. 1. 9231, G. Musset ) 

Sommes tenu a garir e a deffendre au 
davam dit Père la davant d>te pièce de 
Ti<.ne franche et quite e de ivre de toz 
lèns e de totes costumes, e de toz devers, e 
de toz empaitremenz ^'f\ZT' Arc'S' 
mand. du Temple de la Roch., Arcb. 
Vienne.) 

Garir e deffendre la dite vigne., quipte- 
«ent e delivrement de toz rteveirs de o es 
dentés, de totes obligacions de totes 
exactions de toz alienemenz e de toz autre* 
Zp%tremenz. [Çh. de nmi 1275, Fontevr 
La Rocli., fen. 2, sac l, Arch. Mame-ei 
Loire.) 

De tout homme e de tote femme qui 
rens vodreent demander ne mpailrement 
faire. (Fév. 128b, Arch. Thouars, Taille- 
bourg.) 

■ Et de trestouz autres empaistremenz. 
iCh. de 1296, Fontevr., La Roch., fen. 2, 
sac 1, Arch. Maine-et-Loire ) 

Porres n'a point A'enpcstrement 
A panser a son saWcmant. 
(nom. des trois ermem., Ars. 5201, P- 2G3 .; 
Leur table leur soit fête en laz et enpes- 
iremenz. (Comm. s. les Ps., Richel. 963, 
p. 104.) 

Que il ne fussent détenu d'aucun leyal 
empamrement. (1430, Ch. de L. dAmboise, 
Fonteneau, I, S43, Bibl. Poitiers.) 

Le Havre, empêlrement, embarras, obs- 
tacle. 

EMPAisTRER, empaslwer, - aisturer, 
Y. a., mettre des entraves, attacher: 
A pié sont dessenda des anterans destriers, 
Aiol les enpasture. 11 sentieus cheTaliers, 
Li cpval penrent l'erbe et burent ol nivier. 
(.Mol, Uichel. 25516, P ISS-" ; 6125. A. T.) 
Ses ceïaus enpasture, si a les frains estes. 
Si lor lait boire l'aiiine et l'erbe pastuver. 
(«.. S-U6. A. T.) 

Ele vient an mnl, si deslace 
I.e chevestre dont ses amis 

Vol empasluré. 

(L'Escoufjle, Ars. 3319, !" 10 v .) 

Ce ne povoit pas avenir 
Que vcns me fesissies venir 
A cort issi empaslurc. 

iChev. as .n. esp., 11C05, Foersler.) 
Et li preslres descenl a terre, 
Si enpasture son cheval. 
(Du Prestrt et des 2 rib., Richel. 837, t» 235''.) 
Qnar .1. pecies .c. en atret 
Et met son mestre en tel plel 
El si le lie et enpasture 
Que de lui relraire n'a cure. 
(De fHerm. Ai ala verre sa niece, Ms.Jhll, 

Ouar molt enpeslrenl les âmes les esses 
del cors. (Comm. s. les Ps., Richel. 163, 
p. 107.) 



EMP 

Li garçons a pié tenoit an mi pré les 
deux pal'efroiz qui paissoieut de l'erbe por 
refreschir, et les avoit enpaislurez de lor 
chevoistres. (Lancelot, Richel. 754, f» 7'.) 



De nuit Vempestre et si l'alache (la vache). 
(Faut. d-Ov., Ars. 5069, f° 6'.) 

Numellare, enpaslurer. (Gloss. de 
Couches.) 

Lesquels enfans empasluroient les che- 
vaux de leurs diz pères ou dit pré. (1404, 
Arch. a 159, pièce 14.) 

Ces vaches... vont errant par toute la con- 
trée la ou elles veulent, sans estre liées ni 
empeslrees aucunement. (Amyot, Vies, Lu- 
cull.) 



— RéQ., se lier: 

Et quant enpastures se fii, 

11 se lieve et si vait avant. 

(ClKV. as .11. esp., 11.581, Foerster.) 

Norm., empasiurer, wall., epasturer, en- 
traver. 

EMP.\isTROS, enp., adj., qui entrave, 
gluant, marécageux : 

.Mais pur les palnz enpai.'^troscs, 
Granz, parfondes e encorabroses... 

(Ben.,0- deSorm., II. 66'.13. Michel.) 

EMPAITREMENT, VOir EMPAISTREMENT. 

EMPAITRIER, YOlP EMPETRER. 

EMPALÉ, voir Emparlé. 

EMPALEis, adj., pâle : 
Vus veiscics mervelles, ces barons amatis, 
De duel et de pesance tains et eiupateis. 

[Roum. d'Alix., P 80'', Michelanl.) 

1. EMPALER, - pailler, enp., v. a., percer 
avec un pal ou toute autre arme : 

Vit par de fors les lices, sor perces encruees. 
Les lestes de ses homes, les a les empalées. 

(Hoiim. d'Alix., 1° 35=, Michelant.) 

Les testes de ses homes lez a lez enpalees. 

(Ib.. Richel. 24364, P 27 r°.) 

Hz empailloient et feroient parmi le cors 
ou parmi membres gens et chevaulx. 
(Froiss., Chron., Richel. 2641, f 132 v°.) 

Les archiers englois conmenchierent a 
traire moult fort et moult roit, et a enpaller 
hommes et cevaus. (Id., ib, IV, 234, Luce, 
ms. Rome.) 

Tu me feras clouer en croix, ou bien 
empaler. (Amyot, Si le vice suffil pour rendre 
malheureux, 3.) 

Empaler. It. Impalar. (JuN., Nomencl, 
p. 150, éd. 1377.) 

En son anniversaire ils tuoyent cinquante 
chevaux , montez de cinquante pages, 
qu'ils avoyent empalé par l'espine du dos 
jusques au gozier, et les layssoyent ainsi 
■plantez en parade autour de la tumbe. 
(Mont., Ess., 1. II, c. 12, P- 296, éd. 1595.) 

— Palissader : 

De mavestié et de corine 
Fu celle maison empalée. 
fRcTEB., la Voie de Paradis, Richel. 1634, 
P 85 r°.) 

2. EMP.\LER, enpailler, v. n., devenir 
pâle : 

p.illeo, enpailler. (Gloss. lat.-fr., Richel. 
1. 7679, f° 223 r.) 
EJIP.VLEURE, amp., s. f., palissade : 



EMP 

De trislece est Vampaleure (de celle maisOD). 
(Rdteb., la Voie de Paradis, Richel. 1631, 
1" 85 r».) 

EMPALIR, - aulir, tnpalir, empailUr, 
verbe. 

— Act., rendre pâle : 

Et quant la mort Vol etipali 
.En enfer fu en>eveli. 
(DU du Besant. Richel. 195-25, 1° 104 r».) 
Mais la dolors qu'ai cuer li tint 
Li avait enpali le vis. 
(Ren. de Beidjeu, li Biaus Desconneus, 4190, 
llippcau.) 

— Neutr., devenir pâle : 

Li cuers li faut, si empanlit. 
(Vaussonpcion N.-D., Ars. 5201, p. 140».) 
Adont l'esgarde, si le vit empalir. 
(Alexis, 981, Richel. 12471, G. Paris.) 
Aussi tainst comme chendre et enpalit le vis. 
(De SI Alexis, 939, llerz.) 

i Mais quant vient une fièvre ague, 

I Qui si le deslraint et arsne, 

i'aindre le fait et empalir. 
Non par viellece défaillir. 
(iloralilés sur six vers, ap. Jub., IVo«i'. Rec., H, 
299.) 

Mais de paonrlout empali 
Quant il vit la lance brunie. 
(Comm. le Roi Sounain fu mort, ms. .^.vranches 
1682.) 

— Empali, part, passé et adj., pâli, 
rendu pAle : 

Tint l'espee sacie, 
De sanc et de .erviele fa ron.ste et empalie. 

(Boum. d'Alix.. t°31-\ Michelant.) 

Tant a perdu de sanc, tous en est enpalis. 

(Fierabras. 913, A. P.) 

Et lues que la rose est quillio 
Isnielemenl est eapalie. 
(G. DE Camdrai, Barlaam, p. 118, Meyer ; ms. 
Richel. 1553. i" 219 v°.) 

Par Deu, garsons, la vcrtns est faillie 
Vostre face est Jurement empaillie. 

(Gaydon, 6731, A. P.) 

Tel duel ol et lele honte, tote fu enpalie. 
(Fragm. du xui' s., cité par Reiff., Chron. de Ph. 
Mouskes, t. I, p. 613.) 

La 'ace li devinl vermeille, 
Puis devint Iresloute empalie. 

(Lai de l'Ombre, p. 66, Michel.) 

>'e n'iert irez ne empaliz. 
(Dou Lion et dou Pastoriau, ms. Chartres 620, 
1 f» 134".) 

EMPALissEMENT, S. m.,' Caractère de 
ce qui est pâle : 

Se vos dormez entre lesclers les pennes de 
la colombe enargcntees et les derrierete-. 
del dos en l'empalissement d or. (^Bible, 
Richel. 899, f» 24S'i.) 
L'eure que il nasquirenl vous di chertainemeat 
Que le soleil rougi en empalissemenl. 
Et mua sa fachon et son trescourement. 

(Doon de Maience, 6883, A. P.) 

EMPALMiER, v. H., sc pavoiser : 
Estant les dits galions arrivez e°. Souli- 
djrt le navire le Croissent y estoit qui 
commença a tirer sa volée et empalmer; 
le bateau ou estoit la reine, estoit devant 
celu du"oy, bien loin, que le dit Croissant 
sa à d'une belle volée de son artillerie^ 
lEniréedurorj Charles IX dans a in le de 
St'mio, Bibl. cur., p. 103, ap. Ste-Pal.) 



EMPALUER, enp., verbe. 



EMP 



EMP 



EMP 



SI 



— Act., souiller, ddtreuiper : 

L'ivers-.,- 

Qai la terre einpalur et moille. 

(Ben., Troie, -riiH. Joly.) 

E li dax Tait par la bataille 
Tieb;tut cerchant, s'espce nue, 
Qai de sanc la terre enpahte. 

(ID., D. de Norm., II. iUll, Jlichel.) 
Ne Toel mes dras enpaluer. 

(Tristan, l, 3881, Michel.) 
Parmi le cors H met l'eDscgoe a or batue, 
Si que del sans vermol toute l'a empaluc. 

(Eiif. God., lUchel. 12358, f 3-2''.) 

— Réfl., se salir, s'embourber : 

De tay se vat enpaltwr. 
<G. DE BiBLEsnoRTH, 16, Meyer, Rrc, p. 361.) 
Qui quiert les voies et les seates 
Ou l'ea se paet enpaluer, 
(Vers de le mort, Itichol. 23111, f SW-.) 

Qai qniers les voies et les sentes 
Oa l'on se suet empailler. 

(//'., Ars. .Ï-2III, p. 22!)''.) 

— Neutr., être siniillé, être embourbé : 

Fiere escremie ont rendue. 
De lor sanc la tere empatite. 

(Be.v.. Troies, Richel. 3'?i, f» 09'=.) 

La veist bon bataille bien Terne 
El mainte tar^'e estroee et fendne, 
Del sanc vermoil la poudrière enpalite. 
(Herb. Leocc, Fouli;. de Candie, Richel. 23518, 
f» 112 r".) 

— Empah(e, part, passé, souillé : 

Ge habite en mei lo pople ki at empa- 
4ueies lèvres. {Dial. S. Greg., p. 141, 
Foerster.) 

EMPAX.vGE, antpanage, - aiiiage, s. m., 
apanage : 

Le duché de 'Valois fut baillé au duc 
d'Orléans par empainage. {Coût, de Senlis, 
Lxvi, Nouv. Coût, gén., Il, 713.) 

L'une des pairries de France qui ont 
esté desunies par empanage, alliauces de 
maria-es, accords. (Bourgueville, Rech. 
de la Neuslrie, I, 3, éd. 1588.) 

Vampanage de monseigneur François 
frère du roy. (Id., ib., I, 50.) 
Empanage, as appenage. (Cotgk.) 
EMPAN'ciER, enp., anp., verbe. 

— N'eutr., se remplir, en pariant de la 
panse ; 

Tonz tens i'anpmcier lenr panse art. 
(G. DF. Coixr.i, Mir,, ms. Soiss., f" 30''.) 
Toi tens à'enpancier la pance art. 

(Id., ib., ms. lirnx., f» 29'=.) 

— Réfl., entrer dans la panse : 

Le passaje se ferme ou les boyanx commencent, 
Et ou abaadamment les viandes s'empaneent. 
(Grevis, les Œiiv. de méandre, p. 61, éd. 156-7.) 

EMP.\N-ELLER, V. 0., Charger d'une 
fonction judiciaire : 

Encouutre le myschief qui avient as 
diverses genlz de roiahiie qui sonnt em- 
pnne/te et retournes devanat les justices et 
barons de l'escheker. (Stat. de Richard II 
an VII, impr. goth,, Bibl. Louvre.) 

Et que en les enqueslcs en ceo cas ap- 
prendre facent les viscountz et autres of- 
ficers as queus il appenl empaneller bones 
i-X sufliciaates persones nient suspectes ne 
procures, c'est assavoir que tiels eient al 



I meyns chescun deux qui serrount ensy 

empanelles en tielx enquestes deins le 

' roialme .c .s. des terres tenenementes ou 

I de rftut per an, sur peine d.' perdre al 

I oeps le roy, .x. .II. Et ceux qui serrant 

! empanelles en tiels enquestes en Gales 

eit cbescun deux al value de .xl. s. per 

an. {Stat. de Henri V, an ii, ib.) 

1. ElIP.VN'EIl, voir E.MPENN'ER. 

2. EMPANEu, V. a., mesurer avec la 
main : 

Einpanant le visage du patient en forme 
de signe de croix. (Carloix, Mem., ms., 
ap. Ste-Pal.) 

EMPANERER, V. a., mettre dans un 
panier : 

Nul marchant ne pourra remuer poisson 
de paniers en autres, puis qu'ils seront 
empanerez en la mer, ne ne pourra faire 
de deux paniers trois. (1330, Ord., Il, 360.) 

Empanerer. (Oudi:?.) 

EMPANON, voir Empen.xo.v. 

EMPAXRRE, voir EMPREXDRE. 

E.MPANs, S. m., querelle, contestation ? 

En action de meubles peuvent excepter 
les témoins par lignage dedans le tiers 
desré ou pour estre du conseil ou pour 
estre personnes infâmes, mais pour estre 
roturier non, et si aucun a eu empans sur 
les tesmoins, est il défaut a dire dessus es 
autres termes ? Oui, il doit dire dessus et 
le gréer s'ils doivent estre témoins en la 
cause. (Ord^ du D. Jehan II, 1301, Morice, 
Pr. del'H de Brct, l, 1169.) 

Eiip.vouRiR, enp., eiiipouryr,enp.,\'. a., 
efifrayer : 

Et un mouton de li anemi lui vindrent 
encontre, ou la multitude eiipaouri li 
chrestien, et o l'arme li tailla l'escut en 
main. (Aimé, Yst. de li Norm., vi, 19^ 
Champollion.) 

Pieres fust molt enpourys de la manace. 
\Foulq. Fils Warin, Nouv. fr. du xiv» s., 
p. 6.1) 

Tous iceux que la furent devyndrenl si 
enpourys qu'il ne purreint, pur pour, 
mover'pié ne raeyn. (Ib., p. 19.) 

Quant sire Water avoyt oy le maunde- 
ment molt luat empoury de le maunde- 
ment. (Ib., p. 48.) 

EMPAPILLOXXÉ, part, passé et adj. 1 
brillant d'un éclat pareil h celui des aîles 
du papillon : j 

Cil trorapoonr et si trompoienl, 
Kt les bachelers am«ncieat 
D'armes st empapillonnez 
Oiie puis l'enre que je fn nez 
Ne vi a mon gré tel mervoillesi 
(Bretex, Tourn. de Cliaiiv., 4.12, Dclmottc.) j 

EMPAPixER, V. a., barbouiller, enduire : 
Et hucha les gens et son maistre, qui | 
ouvrirent le casier, ou ilz trouvèrent ce 
povre prisonnier, doré et empapiné d'oe.uh, 
de fromaige et de lait. (Louis XI, Nouv., 
Lxxiii, Jacob.) 

Cent œufs a empapiner la caudiere du 
brasseur. (Compte de lo72, S. Orner, aii. 
La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

EMPAQUER, empacquer, empalcker, v. a., 
mettre en paquet : 



Fount trencher tielx draps as petitea 
pièces de cj-nk ou sys verges ou de pluis 
ou de mej-ns, et ent fount diverses garne- 
ments, et'les empalck^nt en lour hostielx, 
et en mesmes les paUkes subtielment em- 
pakkent leyns lin, or et argent, ou plate. 
{Stat. de Henri IV d'Englet, an xi, impr. 
goth., Bibl. Louvre.) 

Vingt cinq gros cacques avec la coldre 
et visme dans lesquelles a esté empacqué de 
la pouidre w canon et harquebuzerie. (13 
nov. 157S, Arcb. Gironde, Not., Dorléans, 
212-1.) 

EMP.AR.Aciox, s. f., fortiflcation : 

Pour raison et cause desdiz édifices, 
emparaeions, fortifficacions, qu'il a desja 
lait faire en' ladite mote. (1403, Arch. JJ 
138, f» 17 r».) 

EMPARAGE, S. f., parage, appariage : 
Celui qui tient fief par hommage ou mn- 

parage: {Couslum. de Poictou, cb. 3, 

éd. 1499'.) 

EMPARAGiER, Bnp., V. a., marier une 
011e à un homme égal à elle par la nais- 
sance, l'état et la fortune : 

Pour le mariage de sa fille emparagee 
noblement. {Coût. d'Anjou, 128, f^ouv. 
Coût, gén., IV, S41\) 

Qu'elle soit mariée et emparagee noble- 
ment par le père. (Ib., 241, Nouv. Coût, 
gén., IV, 333».) 

Emparagé. That hath his due part, or 
portion. Fille emparagee suffîsammeut, ou 
deuement. Fitly matched, equally maried; 
no way disparaged by her match. (CoT- 

CUAVE.) 

Emparager, apparager, marier avec 
partie pareille en condition. (.Monet,, Pa- 
rallele des langues, Rouen 1632.) 

— Ennoblir : 

Denier emparagé vilaine. 
(De dan denier, Jub., Jongleurs ri Tivunères, 
p. 97.) 

— Emparagié, part, passé ; bien empara- 
gié, qui a de nobles parents : 

Fix est Namon le Kallon consillîer : 
N'a home el raond mix soit enparagies. 

(riAi.MB., Ogier, 3'J63, Barrois.) 

EAiPARANCE, -ence, enp., s. f., fortilîca- 
tion, défense : 

Il avoit fait enparer les vint (sic) de 
Pampelune et mis portiers ^wrX'enparance. 
(1323, Arcli. JJ 62, f° 28 r») 

Sur Vemparanee. {Ib., f" 28 v».) 

Eniparenee, defeuce. (Cotgr.) 

EsiP-ivRCHEiiENT, eniparkement, enp^, 
s. m., action de renfermer, de mettre en 
parc OU' en lieu clos les bêtes prises en 
contravention : 

E l'agislement de la comune e le proufit 
df.s enparkemenz apeud a luy. {Vear books 
of Vie reign ofEdw . Via first, years xss-xsxi, 
p. 17, Ker. brit. script.) 

Une feme se pleynl qe un Esteven Ro- 
beas avoyt pris ces berbj'z etc. en le haut 
estre etc., issint qe par force de enparke- 
ment tant morirent ea faud'c, e tant après 
ladeliverance.( 1303, J6., years- xxxn>xxxiir, 
p. 379.) 

Lorsque des bêtes ont fait quelque dom- 
mage, c< y doit le sei.gnionrd'elsoil mettre 



52 EMP 

remédie, par emparkement, del outrage de 
bestes. » (Britt , Loix d-AngleUrre, 
fo 148 V», ap. Sle-Pal.) 

Faire ajourner ceulx ou celles qui es 
tetDps a venir feront ceulx emparchemens 
de be=tes es dits heritaiges. (1467 tem. de 
lafor deBrecelien, Cart.de Redon.Esclairc, 
ccCLSXxviii, A. deCourson.) 

EMPARcHEunE, S. f., action d'enfermer 
les bêles prises en contravention 

Li siergnnt juré doient estre creu de lor 
emparc/ieum et de lor messeries par lor 
sairement. (1247. Cari, de Hain Loi des 
villes d'Onnaing et de Quaroube, ArcU. 
Nord.) 

EMPAUCHiER, - cicr, emparquer, enp., 
enparker, verbe. 

— Act., enfermer dans un parc : 
Pu^e no bestes enparker. (1304, Year 

hooks of the reign of Edward ihe firsl 
years sxxil XXXlll, p. 65, Rer. bnt. script.) 

— Emprisonner, entourer : 

Le fiU an conle de Blamont 

Fa pris; et o ceus que ^'enparque 

Le eu att conle de la Marque. 

(Glurt, Roy. liijn., 13S91. W. clD.) 
Grant multilude d'eus Yempirchen 
Qui sus lui fièrent et descharchent. 

(lo., ii., C9"3, Duchon.) 

Trop ai en mauves leu marchié, 
Li dé m'onl pris et emiarchié. 
(UuTEB.. h DU de la Griesche d'ïrer, 1, "27, Ju- 
binal.) 

— Tenir enfermé dans un lieu retran- 
ché : 

Dont les logea dedans une vigne près 
de la tout a l'entour bien fossoyee et for- 
titaee a l'avantage, et illecques, avecques 
son artillerye qu'il mit sur le bort des fos- 
^ez et quelque nombre de genetaires, les 
emparqua. (D'Auton, Chron., Uicbel. 5082, 
f 143 !■».) 

— Avec un rég. de chose, clôturer, pa- 
lissader, retrancher : 

i'ay einparqué mou petit parquet. — 1 
impale, 1 close a grounde or a parke witli 
pales.(PALSGRAVE, Esclairc, p. 590, Géuin.) 
Il tire ses navires a terre, et les empar- 
que de palliz et fùssez. (Maigret, Polybe, 
V, Z, Lyon 1358.) 



— Avec un sujet de chose, tenir ren- 
fermé, contenir : 

Tout ce ou ils pouvoient asseoir les 
mains, doigts ou graux estoient riflé et 
ranchonné, et en tant grant multitude de 
vasselles, joyaulx et chaisnes, que les 
coffres u'estoient suffisans de les engloutir 
et emparcier. (J . Moliket, Chron., eh. cclix, 
Bucbon.) 

— Réfl., s'enfermer : 

Si s'est enclose et emparchiee 
Eo clolstre ou ne voit mes nulai. 
(G. DE Comci, de t'Emper., RicheL 231U, 
l' i-iS'.) 

Emparquer appartient à la langue mo- 
derne, quoique peu usité, dans le sens de 
mettre dans un parc, et d: circonvenir. 

EVPARDEVEus, prép., du coté de : 



EMP 

Item le chief du clousel séant dessus le 
courtil Mons. Jlile empardevers nostre 
vigne. (1309, Arch. JJ 41, f 56 r».) 

EMPAREMENT, - arremeiit, - airement, 
- arament, s. m., fortification : 

AuprouBt...desempoi-ceiiie?!S etfortiffica- 
cions de ses bonnes villes fermées. (1367, 
Arch. K 49, pièce 24.) 

Et faites plusieurs fortifications et empa- 
remens. (1367, Lett. d' abolit, de Phil. prem. 
D. d'Orl., Arch. Loiret.) 
1 Faire paier les gardes desdis chasteaux 
et forteresses et les emparemens d'iceulx. 
I (1380, Cart. de Sens, Uicbel. 1. 9895, 
f»159v".) 

Demolucions, emparemens et nouveaux 
édifices de forteresses par eulx faiz. (21 
' mai 1381, Ch. du D. de Bret., î" Bizeul, 
Bibl. Nantes.) 

Et aviser les fortiffications, emparamens 
et réparations qui y seront nécessaires. 
(1389, Ord., Pr. de 1 H. de Nim., 111, 98.) 

En la fortirficaciou et empairement de 
nostre chastel de Sablé. (1394, Ord. du fl. 
d'Orl, Arch. Sarthe, E 271, pièce 42.) 

Pour faire plusieurs reparacions et em- 
paremens en la ville Jd'Orleans. (Letl. de 
comm. de J. Bdt. d'Orl, 26 déc. 1428, Arch. 
mun. Orléans.) 

Facent esdiz fossez plusieurs reparacions, 
curaiges, apparfondissemens et autres em- 
paremens pour tenir les eaues. (1430, Ord., 
XIII, 158) 

... Laquelle pierre a esté emploiee pour 
Vemparement de ladite ville a charger les 
rateault qui de nouvel se font. (1431, 
Comptes de Nevers, CC 32, f" 18 v°, Arch. 
mun. Nevers.) 

Emparement du pavé qui de présent se 
retfail. (Ib., f 20 v°.) 

Comptes de l'aide sur le sel octroyé aux , 
habitants pour employer a la repparacion 
et emparement du pont de Loire et autres | 
fortifficacions et emparemens de lad. ville. ] 
(1453, i6., 49.) 

Contribuer aux réparations et empare- 
mens de la ville. (1469, ib.. CC 64, f° 28 r».) 
Pour la fortiffication et emparement de 
la dicte ville. {Ib.) 

A la reparacion. edifficacion et empare- 
ment de ceste ville. (1494, Comple de R. Le- 
baud, f° 1», comm. de Quimp., Arch. Fi- 
nist ) 

Employer les deniers qui en provien- 
dront es reparacions et emparemens de la- 
dicte ville d'Aniyens. (31 août 1520, Actes 
relal. d la con/irm. de certains privilèges 
accordis pa>- Louis XI d la ville d'Amiens, 
ap A. Thierrv, Monum. inéd. du tiers 
état, 1. 11, p. 563.) 

Des deniers et finances qui seront or- 
donnez tant pour le faict d'icehe (ville) 
que réparations, fortifications et empare- 
mens. (loo7, Lelt. pat. d'Henry II, Ueglem. 
du Conseil, ms. Louvre, B 1308^.) 



E.MP 

Ilaulemenl fa enparentez; 
De Troie fa ces pareutez. 

(Dolop., 131, Bibl. elz.) 

.X. chevaliers en a o lui menés. 
De ses barons des miex enpareiUê. 

(Iliioit de Bord., 5-4-2, \. P.) 

A nne part se traient li vu. des plus aisnez, 
De tons les pins lians liomes, du miels anparanlei 
(Gui de Bourg., -212, A. P.) 

De grans gens fut emparantee. 

(Yie Ste Uarg., ras. Troyes.) 

El hautement enparentez. 
(De la Guerre sainte, Vat. Chr. 1G50, V 13''.) 
Mes ne sai dont el est née, 
Ne de quej parans ele est emparantee. 
(Thibalt de Blazon, Pasiorelle, ap. Tarbé. les 
Chansoitn. de Champagne aux xii' et xiu* s., 
p. 20.) 

Un baron de Chanpaigne, vaillant che- 
valier et prou et de grant cuer et bien en- 
parenté. (Est. de Eracl. Evip., xxvii, 14, 
llist. des crois. J 

Moult estoit bien emparentes et moult 
âmes de ses parens. {Hist des ducsdeNorm. 
: et des rois d'Anglel., p. 115, .Michel.) 

— Reconnu comme parent, rapatrié, 

! raccommodé : 

Ja bon traîtres n'ert par mol enparenles. 

(Atol, 7711, A. T.) 

Il y avoyt de l'estrif entre eulx ung long 
temps, mâys par sa police ilz esloyent em- 
parentes. (Palsgrave, Esclairc, p. 624, 
Génin.) 

H.-Norm., vallée d'Yères, emparenlé. 

EMPARENTi, enp., adj., fortitié : 
Ceste ville esl trop grande el Irop enparealie. 
(H. Capet, 5S81, A. P.) 

EMPARER, amp., verbe. 

— Act., s'emparer de, prendre, occuper : 

Pour la garde d'icelui bailliage, et de- 
molicion des places que ont emparées et 
emparent les ennemis. (Lett. and pap. 
illustrât, of the wars of the Engl. in Fr., 
dur. the reign of H. VI, p. 132, Rer. bnt. 
script.) 

Se sont amparees et ont prins, tenu et 

i occupé, et encore amparent, détiennent et 

occupent plusieurs seigneuries... (1470, 

i Proc.-verbal, Cabinet de M. de Lachassai- 

1 Et fut emparé le cliastel Saint Cclerin, 
I près Alencon, par un escuier nommé Jehan 
I Armenge,' de la compaignie de messire 
Ambrois sire de Loré, et ung autre gentil- 
homme nommé Henry de Villeblanche. (.1. 
' Chartier, Chron. de Charl. VU, c. 60, 
Bibl. elz.) 

Cette année les Anglois emparèrent la 
place de St James, combien que par les 
trefves eust esté dit que aucunes novalitez 
ne se feroient. (S. Gilles, Ann., t. Il, 
t» 246 V», éd. 1492.) 



EMPARENTÉ, emparante, enparenté, 
anparanlê, adj., apparenté, qui a une 
parenté : 

De .11. pars bien enparentee. 

(Wace, Bou, Richel. 375, f° 213°.) 

Makalres est forment enparenles. 
Il est dus de Losane, le fort chité. 

(Mol, 4392, A. T.) 
Des miez emparentes. 

(.Aleschans, Richel. 1418, f° 215 v°.) 



— Mettre en possession : 

Car puis qu'il n'y a rien plus propre a 
Dieu que son éternité et avoir estre de 
sov mesme, ceux qui attrilment cela au 
diable, ne Vemparent ilz point aucunement 
du titre de Dieu'? (Calv., Instit , i, xini, 
éd. 1361.) 

— Défendre, fortifler : 

Dedenz lequel temps ilz aient leurs ditoz 
forteresches empairees (31 m)- »•?"; 
Léop. Dehslc, Mand. de Charles V, p. 441.) 



EMP 



EMP 



EMP 



sr 



Comme monseigneur le daulphin régent | 

le reaulme eusl commandé et ordonné 

aux bourgeois et habitans de la dite ville 
que tanlost et sans délai emparassent et j 
fortifiassent la dite ville. (30 mai 1419, Ord. 
du grand maistre des eaux et forests au titre 
du siège d'Orléans par les Anglois, Le Clerc i 
de Doûy, Arch. Loiret.) 

Iceux habitans des le vivant de feu 
nostre oncle Jehan, duc de Berry, que 
Dieu absoille, et par son aultorité et li- 
cence, encommencerenteî?!;)arer et fortifier 
la dilte ville. (Lett. Pat. de Charles Vil, 
l'érùmé, p. 137.) 

Et au surplus du dit lieu (de Neploy) 
tant a l'entretenir et emparer que a faire 
les retraits es dits jardins et terres sera 
tenu y faire le mieul.x qu'il pourra. {Compte 
du domaine pour l'année finie au jour de 
St J.B. 1468, L" Clerc de Doûy.) 

Le conte de Richemont, connestable de 
France, fii\. emparer \a ville de Pontourson 
en Normendie et y mist grosse garnison 
contre les AngIoiz."(J. Cn.iRTiEn, Chron. de 
Charl. VU, c. 31, Bibl. elz.) 

A la longue, telles choses tant desmesu- 
rees et si violentes nous seroyent insup- 
portables, mesmes pour les doléances que 
nous en font nosdicts subgectz, lesquelz, 
connie bon père, nous sommes obligez 
d'emparer e\. soubstenir. (1549, Pap. d'Etat 
de Granvelle, t. III, p. 391, Doc. inéd.) 

— Garnir : 

Emparer d'erbes verdes ledit lombeaul. 
(7 oci. ii'9. Fond, d'un annio. par J. 
Drouhot, Arch. mun. Autun.) 

— Être entouré de : 

Un cercle d'or ont sor soq chief, 
Qai empare de chief en chief 
Color rosiae fresche et blanche. 

(Tristan,l, 3S73, Michel.) 

— Emparé, part, passé, entouré, envi- 
ronné . 

En l'an cy dessns declairé (l 131) 
Henry, jeune roy d'Englelerre, 
En Paris si Tint emparé 
De plusieurs seigneurs de sa terre. 
(Martial, Yig. de Ch. VU, E III, éJ. I l'j3.) 

— Embarrassé, retenu : 

Heureux me tiens estre desemparé 
Du mocqueur monde, ou j'esloye emparé. 
(BOOBDIGNÉ, Ley. de P. Faifeu, p. ", Joaanst.) 

Forezien, empara, protéger, défendre, 
garantir. 

EMPAUEUR, adj., qui s'empare d'une 
chose : 

De pins grans biens est celny empareur. 
Et plus riche est, qnant moins il y aspire 
Qu'un cooToiteui, qui en a tant par heur. 
(J. BoLCHET, Ep. fam., 1' p., Lvvii, éd. 1345.1 

EMP-^RFOXDIR, emperfondir, enp., v. 
a., approfondir : 

Por ce qu'il corront et enperfondist le 
leu par la force de s'abstercion. (Bbcn de 
Long Borc, Cyrurgie, vas. de Salis, f° 30'.) 

— Enparfondi, part, passé, plongé pro- 
fondément : 

Et s'ilestoit trop enparfondy ou fort dor- 
mir on luy doit tirer les poilz de la barbe 
et du penil et les nazilles et estraindre. (B. 
DE GoRD., Pratiq., Il, 12, éd. 1495.) 

— Profond : 



Aucuns sur les fossez qui furent emparfoiidij 
Kegardoient le mur el les creneauls aussi. 
(Cuv., Chraii. de Duiiiiesclin. II, p. 22i, var-, 
19811-19833, Charrière.) 

EMPARiLLER, enp. (s'), V. réQ., se pré- 
parer : 

Vous pri, seignors barons, are vous enpariltez, 
Tenez les moult eslreit, sovcnt les assaillez. 

(Th. de Kent, Geste d'Alis., Richel. 21364, 

f° 64 r°.) 

EMPARLÉ, enp., anp., empalé, adj., qui 
manie avec facilité la parole, habile à s'ex- 
primer, qui a la langue déliée, et parfois' 
causeur, bavard: 

El moult est enrainez, et raoultest empalez. 
Nulle rien n'aime tant comme nos deslorber. 
(Hermin. Bible, ms. Orléans STl*"».) 
Saiges fu et bien empariez. 

(Vie des Pères, Ars. 3611, f" 165=.) 
Celé respont, ke bien fa anparlee. 

iCir. de Viane, Richel. 1448, f" 9''.) 

I.ors est a Bel .Vcueil alee 
Franchise, la bien emparlee. 

(Rose, Richel. 1513, f° 28=.) 

Lors prcndes un message qui soit bien enparles. 
(Biieves de Comm., 3208, Scheler.) 
?»'e se fait pas emportes ne agus, 
Ains est taisans con s'il estoit tos mus. 

(.Mexis, 305, xui° s., G. Paris.) 

Sovent sera blasmez 
Qui trop est enparkz. 
(Les Proverl/cs au eonte de Brelaiijiie, p. 173, Cra- 

pelet.) 

Et si sera poi enparles. {.irlur, ms. Gre- 
noble 378, f 12^) 

Ow vos bénie ! fait li uns qui plus fu en- 
parles des autres. {Auc. et Me., p. 22^ Su- 
cliier.) 

Si empariez et si sages estoit en paroles. 
(Chron. de S. Den., ms. Ste-Gen., f» 13l=.) 

Tant estoyent beaux langagiers et em- 
pariez. (Liv. du Cheval, de La Tour, prol., 
Bibl. elz.) 

Et beust bien a tant qu'il fut bien yvre 
et fut joyeul.N. et emparlé. (II., cxxv.) 

Elle ot tant la langue emparlee et Hater- 
resse que... {Met. d'Ov., Vat. Chr. 1686, 
f» 45 vo.) 

Il est venus a lui fièrement empariez. 

(Cov., du Guesclin, 2168, Charrière.) 

Sage et avisée, 
A point emparlee. 
Bien amoderee. 
Et endoctrinée. 
(pRoiss., Poés-, II, 232,195, Scheler.) 
Icellui Macé, qui estoit homme fort noi- 
seux, emparlé et moqueux. (1453, Arch. JJ 
182, pièce 32.) 

Comme il estoit gracieux, courtois etbien 
emparlé, la salua bien honnorablement. 
(Louis XI, Nouv., XXXI, Jacob.) 

Bien enlangagee et emparlee. (N. Gilles, 
Ann., f»43 r», éd. 1492.) 

Prélat certes subtil et bien emparlé. (Du 
ViLLARS, Mém-, VII, an 1556, Michaud.) 

Le mieux emparlé et le plus éloquent 
homme qui fust alors par toute la Grèce. 
(Amyot, Vies, Philippe, c. 15.) 

Il fut seigneur fort débonnaire, bien em- 
parlé tant en particulier qu'en public. 
(Pasu-, Lett., IV, 20.) 

— Fig., bruyant: 



Sçavez vous point on sont 

Les sources emportées 

De la source du Mont 

La bas en ces valees ? 

(J. Vadu., Idill., I, 18, éd. 1612. i 
Dans la Sarlhe, environs de Lude, on 
dit : • Elle est bien emparlee, » c'est-à-dire, 
elle s'exprime facilement. H. -Norm., vallée 
d'Yères, emparolé. « II est trop bien empa- 
rolai pour être honnête. » 

EMPARLEMENTÉ,adj., en conversatioD: 

En ces enlrefaictes qu'ils estaient ainsi 

emparlementez, ilz aperceurent ung ancien 

chevalier. [Perceforest, vol. VI, ch. 3, éd. 

1528.) 

EMP.VRLEOR, - ai/foxc, amp., s. ni., avo- 
cat, intercesseur : 

Guis de Borgngne dist sans amparîeor : 
S'il le refusse, Deus li doiost deshonor. 

(Mseis. Riche!. 793, f" 39''. 
Convoitise seult enorler 
Ces avocas, ces plaideours 
Et ces autres ampalleonrs 
Ans maies causes sousteûir. 

(Fahl. dOe., Ars. .'i069, {" 22'.) 

EMPARLER, aiîp., vcrbe. 

— Neutr., parler, plaider, causer, dire, 
raisonner, disserter: 

Uns chevaliers de Bournont, 
Emporta mont resnabletnent. 

(nom. de Tielies, Richel. 60.^ 

Si grondireot et marmurerent 
V.i loi* seigneur enparlerent. 
(Guillaume, Resl. div., 3500, Hippeau.) 

— Réfl.,dans le même sens : 

La furent lot ensamble pour combatre rangé. 
Mais Savaris s'enparle, que savoit lour pansé . 
" Diva, ne vous moves, soies assenré. » 

(Desir. de Rome, 657, Krœbor.) 

— Act., adresser la parole à, interpeller ; 

Bien cuideras avoir mesprîs. 
Quant tu n'as la belle emparlee 
Ainçois qu'ele s'en fust alee. 

(Rose, 2382, Méon.) 

Franchise l'a bien anparlee 
Et li a dit courtoisement. 

(II)., ms. Corsiui, f 23=.) 

Ce dont empar(o)lé su . 
(Li Noue. Teslam., Poët. fr. av. 1300. t. II, 

p. 880, Ars.) 

Hz les emparloienl et saluoient courtoisc- 
meut. {Le prem. vol. des grans décades de 
TH. Liv. t- &, éd. 1530.) 

— Parler de, surtout dans un sens dé- 
favorable : 

Quant cil qu'il emparolé n'est presenz. 
(LAURE.NT, Somme, ms. Chartres 371, f° 2 r».) 

— Faire parler : 

Li vif diable voz ont si emparlé. 

(Gaydon, 3635. A. P.) 

EMPARLERiE, amp., S. f., foDCtion d'a- 
vocat, de défenseur, d'orateur : 

Nous lor otroions qu'il aient es que- 
relles office à'emparlerie. (t>. de Font., 
Cons., XI, 3, Marnier.) 

Ofice à'amparlerie. {De Droit et de Jus- 
tice, Richel. 20048, f° 53=.) 

Renax de le VaUerie, li chavetiers, n.' 
doit estre d'ore eu avant rechus ne oiis en 



EMP 



EMP 



EMP 



amparlerie perdevant le maieur et les es- | 
kevius, pour che que il dist vilaines pa- 
roles du maieur et des eschevins. (1300, 
Livre rouge, Arch. mun. Abbeville, dans 
les Mon. de l'Itist. du tiers état, IV, 63.) 

— Bavardage : 

Cil ont pi as le teste hardie 

Qi maiaent tel amparlerie 

Que n'aie- 
(N1VET.0S Amioxs, Chatis.. Vat. Chr. 1490, 
f» 129 V».) 

EMPAULEUR, S. m., traquet : 
nufîuenin de Genay, qui sp teiioit sur 

les emparleurs du moulin. (1419, Arcli. JJ 

172, pièce 23.) 

EMP.VRLEURE, S. T., eloquence : 
Biauté, richesce, cmparleure ne prennent 

sarde ou il s'assient. ( Hisl. du bon roy Alix., 

Brit. Mus. reg. 19 U t, f" O^) 

EMPARLiER, mtip., cmpavler, amparlcr, 
enparlier, enparler, s. m., avocat, orateur, 
conseiller, intermédiaire chargé de porter 
la parole pour un autre : 

Enparlier (a sour tous pleiaaas. 
{Rom. de Troye, ms. Venise, St Marc 18 ; Romv., 
p. 94.) 

Et dist li abes, qni fa ses enparliers. 
(Li Coron. Looijs, 1727, Jonckbl., Guill. d'Or.)- 
Le jnr ont lut lor plé par emparlers tennz. 
<Garnier, Vie de S. Thom., Richel. 13513, 
f 29 r».) 

Mes par le conseil li bier 

Morice, ki ert liir enparler, 

E par sen e per saver 

Les flsl Moiice Int passer. 

(Conquesl of Ireland, 1384, Michel.) 

Brichemer fn chief de la rote, 
A Ini s'encline la cort tote. 
Car par coamun asentement 
Fu enparliers du parlement. 

(Renart, 9093. Méon.) 

Mas ae seréja amparliers 

De dire qaeas bons il esloit. 
(Doit pechié d'orgueil laissier, Brit. Mos. addit. 
15606. P ll6°.) 

Puis a dit tout sans amparlier : 

Or oies, sigaour chevalier... 

(GiB. DE Mo.vTR., Violette, 730, Michel.) 

Por ce vos pri que sans anle clamor, 

Que nos dui cuear soient ea un pensé. 

Sans amparlier : s'en vaudra mielz l'amor. 
<BRii!siiAU DE ÏOLRS, Ckans., lUchel. 84.5, 
r \\i ï°.) 

Tens s'estoit a bien faire pris 

t't raetoit le cors a bandon, 

C'ûo ne prise mie ua boutou ; 

Ains sont devenu amparlier. 
(Sarrazi.n, Roman de Uam, p. 218, Michel.) 

Je lo a Vemparler qu'il ust de plus bries 
paroles et de plus cleres qu'il porra. (P. 
DEFONT., Gons., XI, Marnier.) 

Se aucuns veut estre emparii'ers, il meis- 
mes ne soit pas juges et emparUers en une 
meisnies chose, ca^ il convient avoir au- 
cune différence entre les juges et les am- 
parliers. (De .Droit et de Justice, Richel. 
20048, f" 53''.} 

Ne doit estre juges ne amparliers. (Règle 
de Citeaux, ms. Dijon, £" 171 r".) 

Droii! dit, et j'en sui emparliers. 
Que quiconques est chevaliers 
Qu'il ne doit de nelui mcsdire. 
(Elabl. de S.Lotds, Wl, prologue, p. 329, Viollet.) 



Quant il devoit rcspoadre (,à l'office) et faire Vam- 
[parlier. 
(B. de Set., xvi, 440. Bocca.; 
Comment \\ amparliers doit dire. (RoisiN, 
ms. Lille 266, p. 21.) 

Joseph parloil ades a aus ausi com par 
amparler, ausi com s'il ne seust nient de 
lor propre parole. (ÊstoWes Bojtier, Richel. 
20123, f 70''.) 

Veans leur perdii^ion, 
Crioient la destrnccion 
A tart de leur emparlier. 

(EusT. Desch., Poés., II, 346, A. T.) 

— U signifiait quelquefois celui qui 
parle bien, qui a la parole facile et insi- 
nuante : 

El puis d'aventure il ert 
Qa'uns emparlers par hardie proiiere 
S:;ra oys, et cils remis arrière. 
(Froiss., l'oa., Richel. 830. f° 308 v°.) 

— Fém.. emparliere, amp. : 
Koslre avocaz, noslre emparliere. 

(G. BE Coixci, Jl/i>. d£ N.-D., ras. Brai-, P 228».) 

... Enparliere. 

(IB., it., i" 225'.) 

... Amparliere. 

(ID., ifr., ras. .Soiss., f^ 101'.) 

EMP.^RQUER, voir EUP.iRCHIER. 

EMPARQDE, emparcquB, s. f., boiserie 
qui entoure, cadre : 

Les empircques d'un tableau. — Un es- 
crignier lait des emparcques autour d'une 
chambre, (xv s., Lille, ap. La Fons, GIoss. 
ms., Bibl. Amiens.) 

Un escrignier fait des emparques autour 
d'une chambre. (1342, Lille, i6.) 

EMP-VRQUiER, V. a., étaler : 

On dit que plusieurs histoires et alume- 
ries estaient emparquiees (à l'entrée de 
Charles le Téméraire) depuis le marchié au 
wedde jusqu'à la halle, et de la halle a 
l'ostel du prince. (1466, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

EMP.\RT, s. m., compartiment ? 

De grandes aumaires lambrouchies tout 
au long des murs ou sont plusieurs em- 
pars clos entre deux. (Compte de 1329, 
Ouvr. faits par ord. d'eschevins, t» 153 v", 
Arcli. mun. Lille.) 

KMPARTiMENT, S. m., rempart : 
(Jue des dites bastides soient ostez les 
esclusses et emparlimentz, et soient mises 
en Testât qu'elles estoient avant qu'elles 
fuissent enforcez. (1373, Treug., Uvra., 
2' éd., Vil, 73.) 

1. EMPARTiR, enparlir, -yr, verbe. 

— Réfl., partir, s'éloigner de : 

Il se enpartcnt dcl marchaat. 
Si ttenent lar chemin avant. 

(Lai d'Havelok, 665, Michel.) 
Henri de Castele s'en vint au roi Charles, 
et demoro avec lui grant pièce, et puis 
s'emparti par courout, et s'en ala a Rome. 
(B. LE Tbes., Cont. de G. de Tyr, p. 570, 
Guizot.) 

Si s'empartirent de lui une grande par- 
tie, et s'en râlèrent en lor pays. (Chron.de 
liains, c. xxx, L. Paris.) 
Ne demeura gaires après. 
Qu'elle pria a Dieu raercy, 
Kt l'ame del corps s'emparti/. 

(Couci, 8136, Crapclet.) 



Qu'il s'emparcke. (Roisi.\.) 

Lors s'empm'tirent a belle baronnie. (J. 
d'.\rk.\s, Melus., p 229, Bibl. elz.) 

Et encorres avoit li dus de Berri assegiet 
le bonne chité de Limo;;es, et disoit qu'il 
ne s'enipartiroil jusques a tant qu'il Ta- 
roit coucquis. (Froiss., Chran , VI, 420, 
Luce, ms. Ami ns.) 

ktaals'enpartirent hors de la chambre. 
(BriU, Waz. 1309, f» 1''.) 

Si: tost qu'elle fust entrée en la dicte 
ville, le peuple s'eH/)ar(it d'Orléans du grant 
voulloir qu'ilz avoient d'estre hors de la 
serviUite desdùs Anglois. (Le HEH.\trLT 
Berri, Chron., ap. Quicherat, Procès de 
Jeannr d'Arc, IV, 42.) 

2. EMPARTiR, enp., impartir, v. a., avec 
un rég. de chose, accorder, départir : 

Si di as signors et as dames 
Qui le bien ont entre lor mains, 
Que ja pour çou n'en aront mains 
Se- carilaulemenl emparlenl. 
(B. DE CoNDE, li Quittes dou prettdome, 158, 
Scheler.) 

Nous ont humblement fait supplier... 
que nous sur ce leur vucillons faire et im- 
partir noslre grâce. (1B74, Arch. K 31, 
pièce l^''.) 

Doublent que aucune chose ne leur en 
peust estre demandée ou imputée ou temps 
avenir se noslre grâce et provision ne leur 
esloient imparliz.' {Xoûl 1449, Convcnt. de 
Cil. VII avec Us habit, de Lcsieux powr la 
reducL de laville, Arch. mun. Lisieux.) 

Se nostre grâce et miséricorde ne luy 
cstoil sur ce impartie. (1433, Arch. JJ 182, 
f» 78''.) 

Se nostre grâce et miséricorde ne leur 
est sur ce impartie. (23 mars 1436, Réni. 
du D. de B. en fav. de J. de Bauffrem., 
Arch. mun. Dijon.) 

Et sor ce leur impartir nostre grâce. 
(Dec. 1463, Lelt. de grâce aux hab. de Li- 
sieux, iVrch. mun. Lisieux.) 

Auquel Dieu veuille impartir sa miséri- 
corde, (rraftis. de France, j>. 146, Chron. 
belg.) 

Se nuz grâce et miséricorde ne luy es- 
toient sur ce impartiz,ea nous humblement 
re([iierant que actendu ce que dit est et la 
manière que ledit cas est parvenu, il nous 
plaise sur ce luy impartir noz grâce et mi- 
séricorde. (Oct. 1497,Ch. VIII, Bem., Arch. 
La Milhal, Dordogne.) 

Veuille a noz frères impartir le povoir 
n'accomplir ce dévot mislere. 
{Act. des Apost., vol. I, t° IS'', éd. 15.i7.) 
Noslre bon roi, que Dieu garde puissant. 
Bien le consent, au faicl impartissant 
Pouvoir récent de son auctorité. 
(le Cnj de l'ciitrcpr. dumijst. des .ici. des Apostres.) 
Flateurs vous soutenez a plain. 
Et leurs impartisses voj biens 
Tellement que n'avez plus riens. 
(Le Clieval. oui donna sa Femme au Dyable, Abc. Th. 
fr.. III, 432.) 

PovtT impartir et contribuer grâces, dons, 
faveurs et honneurs aux comtes, barons, 
vassaulx et subjecls. (.Moliset, Chron., 
ch. cxLix, Buchon.) 

Et furent imparties 
Tant de douleurs en loy de tontes pars. 
(J. BoucHET, Ep. fam., 1° p., éd. 1545.) 
Mort ne servant au juste que partir 
L'esprit du corps, et salul impartir. 
(Cl. Mar., Cant., Mort du Jnst. et du Pechenr, 
éd. 1731.) 



EMP 

J'ai receu a bien grand plaisir d'entendre 
vos si frequens voyages et les occasions 
d'iceux, comme aussi touts les bons ad"ver- 
tissemciits que to'acez imparliz. (.Mabie 
Stuart. Lettres, au P. la Kue, 30 juinlS86, 
LabaiiulT.) 

Je vous ny bien voulu supplier par la 
présente, qu'il vous plaise, Madame, en ce 
que vostre auctorité et prace y pourra 
astre requise, de luy vouloir mparlir... une 
augmentation de vos bienfaicts. (1592, 
Lettres missices de Henri IV, t. IV, p. S84, 
Berger de Xivrey.) 

— Avec un régime de personne, grati- 
fier : 

De ce Vemport 

Très grande part 
FortDoe a ses propres mains 

Et li esparl 

Comme a poupart 
Devant lui tous ses complarns. 

(Ffioiss., Poés., II, 257, 37, Scheler.') 
Je ne seroie jamais las 
D'esirc enparti de tel aiToi. 

(iD., if., II, 37, 1247.) 

Voulez TOUS avoyr la pomme tout seul 
sans imparlyr d'elle nulluy. (Palsgbave, 
Esclairc. de la langue francoyse, p. 564, 
Géuin.) 

EMPAs, s. m., entrave : 

Jlienlx vous seroit cndnrer les empas. 

(J. BoiciiET, les Regnars, f° Si», éd. 1S22.) 
Et durera ce temps de passe passe 
Jusques a tant que Mars ayt les empas. 
(Rab., Garg., c. 2, C 10 r", éd. 1542.) 

Dans le centre de la 1 rance, on dit em- 
pas, pour signifier gonflement inflamma- 
toire au pahiis des chevaux : « Ce cheval a 
les empas. • (jaubert.) 

EMPAssER, amp., enp., verbe. 

— Act., passer : 

Or li commande sodoihiers a mander 

Qui avoec lui enpasseront la mer. 

(G. d'Hanstone, Richel. 23516, !" 46 r°.) 

— Réfl., passer : 

Li duc s'enpasse bêlement, 
Les rens issi corleisement. 
Des espeirons point le cheval. 

OVe du pape Grrij., p. (;i, Luzarcbe.) 
Droileraent a Vile Taverne 
il/'en commençai a ampasscr . 
(Raoul oe Houdainc, Songe d'Enfer, ,Iub. ilmt 
II, ;i88.) ^ ' 

El me laidengent et despissent, 
Etsivilment leiz moi s'enpassent. 

(Rose. ¥.11. Cbr. 1838, !" 113'.) 

S'en menèrent lor prisonniers loies, et 
s'empasserent devant Tabarie. {Hist. de la 
terre s., ms. S.-Omer 722, t» 32=.) 

EMPASTELER, V. a., empâter, engrais- 
ser : 

Ayez soing cependant de Vempasteler 
tous les jours cinq ou six fois. (Liebault, 
Mais, rust., p. 823, éd. 1597.) 

Vous les empastelerez a chaque heure 
une fois ou plus si besoin est. (Id., î6.. vu. 
46, éd. 1658.) 

Aucuns les empaslelent avee des pelotes 
de farine comme les chapons. (Oliv. de 
Serres, Th. d'Agr., v, cb. 8, éd. 1617.) 

EMPASTEMEXT, S. II)., appât : 



EMP 

llanibal ne plaignoit pas forment celui 
damage pour ce qu'il lui sembla que c'es- 
toit .1. empastement pour emixscbcr et 
pouralescher la folie du consul. (Bebsuibe, 
T. Liv., ms. Ste Gen., f» 200% et Sec. Dec. 
de TH. Liv. translat. de lat. en franc, II, 
20, éd. 1530.) 

EiMPASTER, enp., imp., verhe. 

— Act., convertir en pâte : 

Faudra demesler ces trochisques en eau 
chaude, avec fleur de farine de tourment; 
et après qu'on luy aura laissé prendre un 
bouillon, faudra le tout mesler avec la 
farine qu'on veut empaster : et tient on 
que le pain ainsi appareillé est fort bon. 
(Du PiNET, PUnej xvui, 11, éd. 1566.) 

— Neutr., pétrir : 

Les quez .il. s. .Iill. d. li meistre deyt 
prendre, et porveir les garzons por porteir 
i'aygue et les meiz el ce que besoin sira, 
et se per aventure nyon volist faire impas- 
tar lo forneir se li fayst tant qu'il voluutier 
impasteit, et per tant il ne deyvont prendre 
ne farina ne jiastha. (1370, Arch. Fribourg, 
1'" Coll. des lois, n° 44, f» 14.) 

— Act., mouler ; 

Li seliersapele chose empraiute •ou en- 
pastee ou ieteicbe d'estaim, quant aucuns 
fet euvre par molles, de quelque chose que 
li molles soit faiz, et puis celle chose 
inoUee atacbe a colle seur l'arçon. (E.BoiL., 
Liv. des mest., l" p., lxxviiÎ, 14, Lespi- 
nasse et Bonnardot.) 

EMPASTERiE, S. f., cndrolt où l'on 
pétrit : 

Et les trouve on tousjours (les cloportes) 
en lieux humides et reumatiques, comme 
es caves, celliers, privez, estuves et em- 
pasteries. (Du Pinet, Dioscoride, li, 35, 
éd. 1605.) 

EMPASTEURE, - oure, enp., s. f., com- 
position, pâte faite pour farder le visage : 

Mal bailli sont li mercatour 
Car il sont mortel peccator 
Qui vendent si faite eupastoure. 
De la honte sont consente!'. 
(Reclus oe Moliens. de Cliarité, Ars. 3527, 
i" 123''.) 

EMPASTUKE, enp-, S- f-, entiave : 
Il a esté as muls les Trains 
Et enpastures des chevestres. 

(l'Escouljle, Ars. 3319, f 37 v°.) 

EMPASTUItER, VOlr EMPAISTRER. 

EMPASTUUON, S. Hi., entrave : 

>'east esté cest empasturoii 
Qui presse mes pieds de si près. 
J'eusse mangé a l'environ 
Toute l'herbe de ces beaux prez. 
(Les Touches du S. Des Accords, !° 64 r", éd. 
1S85.) 

EMPATiNÉ, part, passé ? 

Sus lesditles plattes comble et raius 
empathies de piet et demi de point a autre. 
(1442, Dev. de carpenterie, Arch. mun. Bé- 
thune.) 

Avons aussy deffendu a tous carpentiers 
de ne faire comble empalinez, pour couvrir 
d'esteulle en ceste dicte ville. (1535, Slat. 
des charpenl., Reg. des stat., p. 393, Arch. 
mun. Abbeville.) 

EMPATRONEii, -Onner, v. a , mettre en 
possession, rendre maître d'une chose, 



EMP 



S5 



saisir, donner l'investiture et la propriété 
de : 

Lequel, empatronné de ce désir et brûlant 
au feu d'une affescion démesurée d'en avoir 
davantage... (J. deCoras, Altère, m forme 
de dial, p. 31, éd. 1558.) 

EMPAïRONiR, - onnyr (s'), v rell.. 
s'emparer : 

Ces seigrs ont sceu que le G. S.mectoyt 
dehors ceste année plus grant armée par 
mer, et que sa personne mesme \roit en 
Hougrye avec très grant exercile s'empa- 
tronnyr dudit royaulme. (Négoc. de la 
France dans le Lev.,t. I, p. 496, Doc. inéd.) 

André Doria a escript a Jeanetin Doria 
qu'il eust a s'empatronir de galleres que 
V. M. avoit en Levant. (76., t. I, p. ^00) 

EMPAUCHIER, VOir EmPACHIEB. 

EMPAiLiR, voir Empalir. 
EJiPAuvaiR, voir Empovbik. 
EMPAVENTER, V. a., paver : 

Plus longe le fist (l'église) et plus lee. 
Pins haute et mius empaienlec. 

(Wace, Kou, Richel. 373, P 220'.) 

EMPAYSER, V. &., accllmater : 

Il [le laurier] se laisse aussi empayser 
en toutes régions. (LiEBAULT,Jtfaison »-«««., 
m, 43, éd. 1658.) 

EMPK, voir Aine. 

EMPECHABLE, empeschuble, empes- 
cheablc, adj., qui peut être arrêté et re- 
tenu en prison : 

Parle droit de la liberté dondit conduil, 
et de sa digneté, nuns ne estoit, ne est 
preiiables, ne arrestables, ne empeehables 
ondit conduit, pour depte que ses sires ou 
soverains deust. (1294, Uist. de Metz, m. 
239.) 

Que chescun prisone qui y soient em- 
pesché ou empescheables de quelconques 
cause por luy mesmes ou per auter per- 
sone soit desore receu en dit escheker de 
pleindre, suir et avoir son discharge reso- 
nable en celle partie. (Stat. de Richard II, 
an v, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

— Au sens actif, gênant, contrariant, 
importun : 

Parmy le col soient Hz pendns, 
Tels gens qui sont si empeschahles. 

(Pathelin, p. 61, Jacob.) 

EJiPEciiiER, voir Empeechier. 

EMPECHOUNER, VOir EjIBECHONEB. 

EMPEciER, voir Empeechier. 
EJiPEDEciER, voir Empeechieb. 

EMPEDEMENT, - iment, imp., s. m., 
empêchement : 

Garantir les devant dites chouses quites 
et délivres de tote obligacion contraire et 
de tôt impedimcnt. (9 nov. 1271, S. Florent. 
Arch. Jlaine-ct-Loire.) 

Et de toz empedimens. (20 nov. 1271, i6.) 
Li Arabi et li Barbare faisoient empedi- 
ment a la victoriose bataille de lo duc Ro- 
bert. (Aimé, Yst. de li Norm., vn, 1. 
Champollion.) 

Lo prince vit et regarda que lè'.,dui 
avoit a Palerme moult empediment, jlensa 



o6 



EMP 



Je faire commotion contre lo duc. (Id., 
ifc., VII, 2.) 
— Torture : 

Melz soslcndi-eiet les empedemeniz 
Quelle perdesse sa Tirginitet. . . 

(Eulalie. 16. Meyer, Rec , p. 19i-) 

EMPEECHEOR, - ceur, eupcescheur, em- 
pescheur, empoischeur, s. m., celui qui 
empêche, qui trouble : 

La loi Jhesu Crist iRndront, 
Et garderont et dellendront 
Contre touz enpeeschmrs. 

(Rose, Richel. 15 13. 1° IW ) 

Contre les empeecheeurs. „ , 

(;*., ms. Corsini, !" SU . 

Intenter action contre les «npo/srh.U^. 
(1314 Test, de Hug. V, 1 r. de 1 H. oe 
Bourg., 11, CLiv.) 

Emp«rfteurs elmolesteeurs. (1320, Arch. 
JJ 60, 1° 29 v«.) 

Se il les refusoient, les reputeroient 
pour parjures et ejirpescheicrsôa voyage 
d-oultre mer. (Ce. Chron. de Fr.. PUeiip. 
le lonc, III, P. Pans.) 

Ordenons que parles gardes desdites 
foires soient ^delivr.z les d,z chevaux et 
les preneurs ou empescheursv»n^z deue- 
ment. (1344, Arch. JJ 7o, 1» 2S r».) 

En contraignant lesdiz empescheurs et 
tous autres qui pour ce feront au cou ra.re 
a cesser doresnavaut desdiz troubles et 
empe cî.ements. (1426, Con"mss.,tuJioy 
pour les relig. de S. flmy,__ .'Irch. lég.sl de 
Reims, 2= p., vol. 1, p. 583, Doc. méd.) 

A la confusion et reproche des empes- 
chfurs de pai. et destruiseurs d^> royaulme. 
(J. Le Fevbe, Chron., 1, 303, boc. ne in. 
de Fr.) 

Par force, puissance et voulenté desdiz 
empLheurs de la paix. (Monstrelbt, 
Chron., I, 106, Soc. de 1 H. de Fr.) 

Saurions nous eslre empescheurs 
La mort d'ung homme si ues juste. 
(,il!,sl.de /aP»ss.,f°2-21'», .rapr. Maz.) 

Point de la foy ne serez empescheurs 

Mais de pécheurs vous serei fa,ti preschcnrs 

(.ici. des Aposl.. vol. I, f 2'. éd. 1537.) 
Lis I nous voyons pen de prelalz prescheurs 
Qui résistent ne qui soyent empescheurs 
Ceuli qui gastent et Jeslruisenl la foy. 
1,Grikcore, FoH. Enirepr ' "'^ "' 



Bibl. eU.) 



Bien tost après, pour toute erreur abatre. 
Furent commis aucuns frères prcscheurs, 
Discrelz docteurs qui furent empescheurs 

lue on ne oultrageast foy, nostre sauvegarde. 

■^ (Id.. ib., p. 1-280 



Un opposant, empescheur. (R. Est., Dic- 
ionariolum.) 

Empêcheur A été employé par P. L. Cou- 
rier dans son pamphlet célèbre sur les 
Empêcheurs de danser en rond. 

EMPEECHiER, empcecicr, plus anc. empc- 
decier, empeschier, empescher, empêcher, em- 
pegier, empiegier,enp., empigier,empeiscier, 
yerbe. 

- Act., entraver, mettre aux fers 
prendre au piège : 

E ocist les cras d'els, e les esliz d'Israël 
empedeçad. {Lib. Psalm., Oxf., lxxvii, 3d, 
.Michel.) Var., empeisçat. 



EMP 

Qui pins porte, plus est chargiez, 

Plus est por corre empegiez. ^ | 

(Poi-me altéij., Brit. Mus. add. liiSOS, fil-) | 

Orguens prent tant que poi en laie 

Et des clers et de la gent laie, 

Quant le prélat a enpiegic 

Qui le pueple a vers Dieu plegié j 

Tout sont li autre deslogié. i^j'i 1 

(Reclus de Mol., Miserere, \rs. 3U2, f -07 ■) \ 

Roquefort écrit empegie. \ 

Qaar mont vodroit ccos domager 

Oui le cuidient empigier. i 

(Macé de la Charité, Bible, Richel. 401, f» 50\) ! 

Et encore au commencement du xvii« 
siècle : 

astre regorgeans d'influence mauvaise, 
Qu'inique vous m avez dans tes lacs empiege. 
(Hardy, Procris, acte 11, i.) 

— Embarrasser, combler : 
Et par devers la mer li a si fait le port 

encombrer et empiger k'il ne h puet esca- 
ner par mer legierenient. (Jehans DE TuYM, 
&is( de J. Ces , Ars. 335S, t» 211".) 

Pour loger la valeur de cent escus de 
cette moSnoye, il falloit en empescher 
tout un grand celier en la maison. (Amyot, 
Lycias, 13.) 

— Rén., s'embarrasser, se prendre au 
piège : 

Plusors dienl qu'il trébucha, 
En sa cote s'empeecha. 

(Wace, Rou, 3' p., 10091, Andresen.) 
Un d'iceulz chevaux par les mouches 
ou autrement s'empescfea ou entraitta. 
(1382, Arch. JJ 121, pièce 43.) 

Un œil seulement ne nous domte. 
Sous le masrjue d'un beau mainlien, 
Mais las! nostre raison trop prompte 
S'empiege mesrae en son lien. 
Quand l'appétit ou le désir 
Guide le frain a son plaisir. 
(Cl. Turrin. (Euv. poét., Chans., 1, éd. 15T..) 

_ Troubler dans la jouissance de : 
Disoit que ledit duc lui empeschoil Sainct 

Vallery et autres terres. (CoMM., Mem., m, 

1, éd. 1649.) 
_ Empeechier un ftef, 'e saisir téodale- 

ment : 

Oueie ou my successours empaffçssiens 
ouoccupassiens plus nuls des diz beire- 
tages. (1360, Acey, Ougney, Arch. Jura.) 

Etjoyront du bénéfice de Çe présent 
traictiè tant au regard de 1 abolicion, 
cmnme de recouvrer et avo>r tous leurs 
lieritai^es et biens immeubles a eulx em- 
pes lis, tant ou ^^'J^T\'-T''"'Z.tt' 
phiaé, a l'occasion desdictes divisions. 
Fmonstrelet, Chron., II, 187, Soc. de 1 H. 
1 de Fr.) 



EMP 



Soc. de 



— Act., mettre en cause, accuser : 
Icellui Adrien... au conjureinent des 
iurez de nostre ville de Tournay, ainsi qu U 
est acoustumé a taire en tel cas, eucoulpa 
et empescha ledit exposant et dist que 
icellui exposant lui avoit fait lune des 
dTt es plaies. (1381, Arch. JJ 121, pièce 43.) 



— Occuper, arrêter, retenir : 

Li iuges seroil empeecies por le multitude 
des par'oles, et seroieut li plet fop lonc 
(BEAOM., Coût, du Bcauv., v, 8, Beugnot.) 

Mais le duc Charles et le comte d'An- 
gouleme furent depuis fort empeschez de 



prison. {Mcm. de P. de Fenin, H 
l'H. de Fr.) 

Ung jour que son mary estoit allé de- 
hors de sa maison, empescha si bien les 
chamberieres et varletz, qu'elle demeura 
seuUe en sa maison. (Marg. d'Ang.. Hept. , 
LXl, Jacob.) 

— Embarrasser : 

Je vousconteroie bien se je ne doutoie a 
enpeeschier ma matière. (JoiNV. , 20, 

Wailly.) 

I — Occuper, faire perdre : 

I Pecherois je pas (comme dit le Pindare 
latin) contre le bien public, si par de lon- 
gues paroles j'empesc/tois le temps que tu 
donnes au service de ton prince. (JoA- 
CHI.M DU Bellay, lUuslr. de la langue fr., 
Epistre, éd. 1349.) 

— Réfl., s'arrêter, s'occuper longuement 
d'une chose : 

Le pape Grégoire s'estait si fort empêché 
des be^ccnes de France et tant travaiUié 
du roi que a peine pouvoit il a lui entendre. 
(Fiioiss., Chron., II, ll, 20, Buchon.) 

J'apporterois icy un grand nombre 
d'exemples d'antiquité que nous fournit 
l'authorité de nos pères ; mais, ne me vou- 
lant pas empescher longuement, je me con- 
tenteray de celuy que ceste ville de Pans 
nous fournit aujourd'huy. {Combat et Duel 
de deux Demoiselles, Var. Inst. et litt., t. il, 
p. 3b8.) 
— Empeechié, part, passé, pris au piège : 
Par cemoyen demouroit cmpestré comme 
la souris empeigee, ou un milan prins au 
lasset. (Rab., Pantagruel, c. 3, 1° 13 v , 
éd. 1542.) 

Est ainsi qu'un lion dans les bois <'»»?''!/'•'• 
(Jacq. de la Taille, Daire, '2, 1, éd. 15. 2.) 
Que sans aucun secours je demeure empiegé 
Dans le tiisle crolton d'une prison obscufe. 
(P. de Cornu, l£iir. poél., p. 50, éd. lo83.; 

Morvan, empeigcr, entraver. Bourg, S.- 
Martinde-Ia-Mer, empéger. Empeigé est 
resté dans le Berry et dans le Bourbonnais. 
Dans la Sarthe, surtout au Mans, et dans la 
Franche-Comté, on dit empigé pour embar- 
rassé : . Comme il a l'air empigé ! . On dit 
aussi, dans le Nivernais, empigé pour empê- 
tré, et dans le Lyonnais, empiage. II désigne 
plusparticulièrement,remarqueiUMM.Bur- 
i Uud et Rathery, sur Rabelais, un animal 
i ou une personne don t les pieds sont embar- 
rassés par un obstacle quelconque. 
Cf. Empigier. 

I EMPEERnIS, voir E.\IPEKERIS. 

EMPEESCHIER, VOir E.MPEECHIER. 
EMPEGIER, voir E-MPEECHIER. 
EMPEIGER, voir E.MPEECHIER. 
EMPEIGEB, voir E.MPIGIER. 

EMPEiE, ampeie, part, passé fém., em- 
preinte, gravée : 

Ki d'aiUors ne sunt mies assambleies anz 
sut; natureilmeut an l-,«Xi"(ieS 
celé samblance de Deu. (^\,*'J' f,','/,, fi 
Bernard a Mont Deu, ms. Verdun /2, 1 
129 v».) 



EMP 

Ce me semblât que celte cotte soit la 
ymageue de Dhu qui ne pnet eslre detren- 
chie ne ds-pattie, et qui eu l'onmie l'u empeie 
et saeleie en la nature misuie. (S. Bebn., 
Serm., ms., p. 372, ap. Ste-Pal.) Lat., in- 
sita. 

EMPEINDRE, VOJr EMPAINDRE. 

EMPEiNEu, enpainer(s'), v. réfl., peiner, 
se donner de la daine : 

Car M giiis qui molt s'enpaine 

Ou traus l'entrait a qnelqne paine. 

(G. DE Coisci, itir., Itichel. -21G3, f T.) 

Poit., empciné (emp'nê), embarrassé 
Saint., etnpené. 

EMPEiNTE, voir Empainte. 

EMPEIREMEXT, VOir EMPIREMENT. 
EMPEIRIERE, VOif EmPERIERE. 

EMPEiSGiER, voir Empeechieh. 

EMPELÉ , - elle, enp., adj., dont la 
peau est entière, incirconcis: 

Incirconcis, enpeté. (Tritim ling. dict., 
éd. 1604.) 

Empellé a été employé pour dire incir- 
cancis dans la traduction de la Bible de 
Séb. Castalio. 

EMPELER, V. a., appeler : 

' Venu sont a la pucele 
Ki eDsemPDt les empete. 
{Guy de Warwick, Ricbel. 1669, f» 17 v".) 
Se tu le malinpt bien main 
K'empeles mon chapelain 
A son servise et a s'enenr, 
L'ame de toi a deseoeur I 

Ainz .xxj. jorz départira. 1 

(G. DE Coi.Nci. Mir. de N. D.) 

EMPELiçoNNÉ, odj., couvert d'un peli- 
<;on : 

Lors la prent li homs prias a l'aio, 
Li cornebaux. Ii coqu'^bus, 
Et a force moale dessus. 
Et a grant painc a celle place. 
Afin que bonoe paix se face. 
Gist a elle li bons eurez, 
Li cornus empeUçortiiez. 
Dont li déduis ne plaist c'nn po. 
(E. Descua.mps, Poès., Ricbel. 840, f° 513=.) 

EMPEMENTURE, S. f., plaie : 

Et se aucuns cnlr'uus estoieut 
Que li antre plus despisoient. 
Et k'ele veioit a mescbief 
Por le tingne qn'eust el cbief 
U por autres emprmeiiliires 
Ki fuissent trop pbiines d'ordures, 
Iciaus tout espeni.iument 
Norisoit on plus dcufemeot. 
{De Sainte Ysalel, llichel. 19531, f» 126'.) 

EMPENDANT, - eiit, Clip., iiiip., inp., adj., 
pendant, suspendu : 

Qui sont plus enfumé que hiereaceiipendanl. 

(Chfv. au cygne, IG27S. lieilT.) 

Nous avons fait mettre noslre grant seel 
mipendent a ces présentes. (8 oct J370 
Lett. d'Edio.,princ. de Ga//.. Delpit, Doc! 
fr. en Angleterre.) 

Le seel de noslre communiley de Fri- 
bourg bavons mis inpendanl a cestes pré- 
sentes lettres (1392, Arch. Fribourg AIT 
de la ville, u» 96.) ' "' 

T. III. 



EMP 

— Fig., qui est suspendu sur, qui me- 
nace : 

S'il est (le soleil) pasie, ou mascnlé ou 
tascliu par la pluye impendanle. (Flave 
Vegece, iv, 41 ms. Univ. E I. 107.) 

Qui est celluy qui ignore les escriptures 
des anciens et le reliions impendint a la 
fres misérable cité'? (BOURGOIKG, Bal. Jud., 
VII, 7, éd. 1S30.) 

Interprétez, dist Epislemon, 1 inslilulion 
de quaresuie a vostre pbanlnsie, cbnscun 
abonde en son sens ; mais a la suppression 
dicekiy, laquelle me semble estre impen- 
rfeHfc,s'opposeronltoiislesmidecins.(RAB., 
1. V, c. 28, r 80 r", éd. 1364.) 

EMPENDRE, enp., V. n., être suspendu, 
être menacé de tomber : 
Si est li bom bien asotez... 
Qui par covoilise d'avoir 
Pert l'amor de Dieu sanz ravoir. 
Si que s'ame en enfer cnpenl. 
{Du FiU au senescli-, 41, Méon, Nouv. Rec, II, 
33-2.1 

EMPENiR, voir Espenoir. 

EMPENNÉ, adj,, sarni d'une fourrure 
appelée panne ou penne ; 

Les habi'Iemens les mieulx fourrez et 
empenvez qui ne servoient qu'en l'biver. 
(Louis XI, A^o^tu.. c , Jacob.) 

1. EMPENNER, -cncr, - auner, - aner, 
amp., enp., anp., v. a , garnir de plumes. 

— Empenné, part, passé et adj., qui a 
des plumes, des ailes, ailé : 

Ausi va drnis corn faucon enpené. 

(Garin le Lnli,, 1= chans., xxi, P. Paris.) 

Et votoir el galiTre et enpenet grifon. 

{Hoiim. dWlix.. F 4'2\ Micht-lant.) 
Ce ne sont mie gent, ains sont angre anpenê. 

(Gui de ttimrg., 475, A. P.) 

Il sembloient 
Trestout pour voir anfire empenné. 

(liose, ms. Corsini, f° C } 

Quant ele est mal empenee (la luipe) 
jamais ne mueroit a par li seule. (Rich. de 
FouKN.. Best, d'amour, ms. Dijon 299, 
f" 29''.) Enpance, éd. Ilippeau, p. 43. 

Seigneur, or en soiez tnit fi 
Que c'est .1. deable enpanez. 
(D. Lavesne, Triiberl, Itichel. 2188, f 32 v».) 

Quant les oyseleux giclent leurs rayz, ils 
ne prennent fors les oysenulx ijui volent bas 
près de terre, car les' bien empannez c'est 
a dire ceulx qui volent liault. ne peut le 
ravz couvrir. {Le Chaslel périlleux, Richel. 
1009, f» 45 r'.) 

I Qui comme nn sçavant Plolomeo 

A de tous costez nniassez 

Les livres des siècles passez 

Empanez de la renommée. 
j (RoNS.,0(/., V, xxni, Bibl. elz.) 

— Garni de plumes, en pariant d'un 
I trait : 

Darz amprnrz. 
(Ben., Troi^, Ars. 3314, f° 57=.) 
Od gr^DnaPles eiipenees. 

(Ben., d. deSorm.. 11.28234, Michel.) 
Lancent li lances et tausarz enpni<ez. 
{Bal. d'Alesrh.. var. des v. 6291-6501, Jonck., 
Gain. d'Or.. II, 297.) 

... Qnarriaus anvaniiez 
J. de Lanson, Richel. 2495, f 19 r" ) 



EMP 



o7 



Carreaux empennes d'arain. (Froiss., 
Chron., Il, p. 223, éd. 1539.) 

.X. flesclies empanvees d'esgle. (1407. 
Denombr. du baill. de Rouen, Arch. P. 307. 
f''127r°.) 

Donix yenlx empanez do sagettes. 
(M.1RTIAL, l'Amant rendu Cordelier a l'obsere. 
d'amour, cxcv.) 

Arcz, virctons, sagettes enipenees. 
(Jacq Millet, Destiucl. de Traye, 1° 30', éd. 
1544..» 

— Empenner s'est employé flg. et poét., 
au XVI» s., pour dire donner des ailes à, 
faire voler, rendre promptement célèbre: 

De ceux qni ont en m-iin la plome 
Plusieurs ont bien reste couslume 
Ji'empanner le nom etern- 1 
Des hommes dontl'bonnenr notoyro 
Faict voler Iny mesme sa gloyre 
D'un trait légèrement isnel 
(Tahureau, Poès., 2» p., p. 35, éd. 1374.) 

— On le trouve, au commencement du 
XVI» siècle, avec le sens de frapper d'une 
flèche empennée : 

De leur part si a point deETendoyent 
l'assaultque homme n'approcboit la brèche 
pour cuyder enirer qu'il ne fust empenné. 
(D'AUTON, Cftron., Ri(rliel. 5081, f» 34 v°.) 

Mais eulxa coups de trect furent chargez 
de tant que six d'iceulx fvrenl mortelle- 
ment cmpennez et nrreslez en la place. (In., 
ib., Richel. 3082, t° 30 v».) 

La langue moderne a gardé les expres- 
sions empenner une flèche, flèche empen- 
née. 

2. EMPENNER, cmptener, v. a., saisir, 
emporter : 

Lesquelz rompirent les serreures de la- 
dite prison, prindrent ledit religieux et 
l'emportèrent ou empienerent tout enferré 
enl'ostel du suppliant. (1402, Arch. JJ 137, 
pièce 328.) 

Icelluy Gieuffroy dist que s'il trouvoit 
plus au jardin son père les pourceaulx d'i- 
celui Poitevin, il les empenneroit. (1472, 
Arch. JJ 193, pièce 706.) 

3. EMPENNER, empanner, v. a., garnir, 
munir en général : 

Empenner ei garder l-i lournelle sur les 
murs llerens. (1338, Compt. de la ville de 
Laon, ce 1, Arch. mun. Laon.) 

A Petit Perrin, de Dijon, chaudronnier» 
pour un quarteron d'arain pour faire et 
empanner 200 fu(i')z de caiioijs,4 florins 1/2. 
(1358-39, Compl. de l'arlillerie, .Kï-ch. mun. 
Dijon, H, alî. milil.) 

EMPENNEURE, enpeiieure, s. f., endroit 
de la flèche où sont fichées les plumes: 

Si traist a lui une saiete qu'il 11 enbati 
ou cors trosques a Venpeiieiire. {Eslories 
Bogier, Richel. 20123, 1° 141».) 

EMPENNON, - fjion, - aniion, - anon, 
enp., s f., endroit de la flèche où sont 
fichées les plumes : 

Il n'i ot rienz qui d'or ne fust 
Fors les enpannons et le Inst. 

Œose, ms. Lausanne, 1° 8''.) 
h^.sempanons du darl relret. 

(Conipl. d'amars, Richel. 837, f» 335''.) 



58 



EMP 



EMP 



EMP 



El ne Tojoil on na'nnpanons 
De flesches qui en l'air liroieot. 
(Martial, Vig. de Charl. VU, C 31^ éd. 1493.) 

Se toute ta ppDsee ne poursuit ton oroi- 
son, elle denicuie en cluniin, comme 
flèche tirée d'un arc sans evipcnons. (Al. 
Chart., l'Esper., p. 381, éd. 1617.) 

Celhiy qui cest arc lurquois tenoit luy 
a une saiiieclc defcocliee de laquelle Per- 
ceval sur la linnclie a liTu qui jusques aux 
empanons ioelle flfi-he cmpluie dont le 
bois est a force rompu et le 1er en la plaie 
demeure. {Percecal, f" 209'', éd. 1330.) 

Des iilnmes de cisues et des oyes sou- 
vaipes qu'il luoit... il en faisoit les empe- 
nons. (Lii Maire, lllustr., ], 23, éd. 1548.) 

Sns, amonr, clioisy li.Tns la trousse 
Une sageUe au fer doré... 
Je voulilray que les empaniinns 
Fassent di'ux pannes de pijeons. 
(Baif, Poés. choisies, p. 5S, Becq. de Foaquières.) 

Quant a leurs fle ches, elles ont environ 
ans brasse de longueur .. ; elles n'ont que 
deux empennons. (J. de LER\',Voy. au Bré- 
sil, 11, 32. Gullarel.) 

EMPEN'SEEMENT, adv., uvec réflexion, 
avec préniédil.ilion : 

Quant on a fait la chose empenseement 
et par délibération. (Fabri, Rliet., f» 30 r", 
éd. 1521.) 

EMPEXSEu, - anscr,enp., anpanser, en- 
pencer, v. a., penser, songer : 

Crguel el pr.nt fo'ie as faite et enpensee. 
(lioum. d'Alix., l' 56', Michelanl.) 
Enpenséin treslnl \'meil 
Desques si> pères Roii >iveit. 
(G. DE Salm-Pair, J/. s. ilicltel, 1539, Michel.) 
De Melior li est nicnbié, 
IX'aler alla enprn\é. 

(l'arlon., 3847, Crapelet.) 
Ile ! sire rois, que orez empamé ? 

(Gaydon, ôG'25, A. P.) 
Ne onkes ne lor dist que il avait em- 
pensé a. faire. {Citron, de liains, c. il, L. 
l'aris.) 

Se aucuns a empensé a aler tuer .i. 
home ou une famé (EtuLl. de S. Louis, I, 
XL, p. 5(5, var., Viollet.) 

Mes tanl a il bien empensé 
S'il tenoit on sa poesté 
Le chaslelain, si coin souloit. 
Jamais \is n'en e>rlia|>eroit. 

(Couci, 4SG1, Crapelet.) 

Comme je Vai/ en mon cceaT enpencé- 
{Ren. de Monlanban, Ars. 5072, f» 57 r».) 

Lors dil au unym : Va, si dy a ton sci- 
(,'nenr qu'il a tro|i prant follie empevsee 
quant il se viiill eoiiibatre a Mons. Gau- 
vam. (Lancetol du Lac, 2« p., ch. US. éd 
1488.) ' ■ 

J'avois cnpnisé espron^er 
De ma femnii' la rliastelé. 
(Farce d'img Mai ij jaL, Ane. Th. fr., I, 143.) 

— Réfl., s'empciiscr de, penser à : 

Kl je, qni le mort rednnloie. 
De maintes choses m'aiipansnie. 

(Dulop.. 844j. Bibl. eli.) 

— Empensé, part, passé, plonpé dans la 
réflexion, qui pense à quelque chose : 

Voslre fiere est si nipeiises. 
Il ne pnel Bor les pies esler. 

(Gauiiaitt, 25-24, Hippcan.) 



EMPENsiF, «np., adj., plongé dans ses 
pensées : 

Le chemin regardoit, qnar il ert enpensis. 

(Bille, Ricliel. 763. f 2-29^) 

EMPERDRE, enp., V. a., perdre : 
La nature del leu si est tele qe qant uns 
hom le voit avant qe il voie Ihome, li 
leus cmperl lute sa force et son hardi- 
ment. (lîicH. DE FouRNiVAL, Bestiaire d'a- 
mour, li leus, p. 5, Hippeau.) 
A l'amor de cest mnnd vei pinsors atendanz. 
Mais cil mar l'acointa qni Dea est eiiperdam. 
{Du Slespris du siècle. Itichel. 195-25, f° Cl t°, et 
Setm. de Cuich. de Beaul., Techener, p. 9.) 
11 luy faillit de convenant, dontRaimon- 
din emperdist la dame. (J. d'Arras, Me- 
lus., p. 70, Bibl. elz.) 

EMPERECiEU, V. n.,devenir paresseux: 
Torpere, emperecier. {Gloss. de Douai, 
Escallier.) 

EMPEREI.SE, voir E-MPEREItlS. 

EMPERER, imperer, verbe. 

— Neutr., commander, gouverner, do- 
miner : 

Cil dui empererent .xv. anz. {Chron. de 
Fr., ms. Berne 590, f» 45'=.) 

Dont on raconte d'un ki ot non Elius, 
que con senaleres eus! esté, ellis fu a im- 
perer. {Li Ars d'Amour, 11, 366, Pelit.) 

Il impera et domina a tout le monde. 
(Chron. et hist. saint, et prof., Ars. 3515, 
t. I, f» 87 V».) 

Coudes mis sur la marris impere aux 
menftrues et aux fleurs des femmes, (lard, 
de santé, 1, 137, impr. la Miuerve.) 

Dieu a créé toutes besles la teste basse, 
pour demonstrer que l'bomme niesme 
impere dessus. (Gruget, Div. leç., 1, xiv, 
éd. 1526.) 

Je n'ay plus ny père, ny mère, 

Ny sœur, ny Irere, 
Sinon Dieu seul aucpiel j'espère 
Qni sur le ciel el terre impere. 
{Chanson faicle par ta ÏUiync de Navarre, nng mois 

après la mort du Roy.) 

Ceulx que fortune a élevez a la puissance 
de frouverner et imperer. (Le Plessis, 
Eihiq. d'Arist.. f 4 r», éd. IS53.) 

Philippique ayant impere un an et 
quelques mois, ou liiy crevé les yeux, et le 
réduit on a son premier raug.(PASQ., Rech., 
III, 4.) 

Et proprement sembloit a lire tout ce 
qui en espandoil ça et la que ledit seigneur 
empereur fust eu ce moude nay pour im- 
perer et coniniander a fortune. (Guill. nu 
Bellay, Mém., 1. V, f» li2 v», éd. 1569.) 
Il l'oit d'une voix fiere, aox armes imperanle. 
Crier : Baisse cornele, et d'arme pénétrante 
Ruer ce qui s'oppose. 

(L. Papo.i, Pttstor., m, 1, éd. 1857.) 

— Act., ordonner, provoquer : 

Par forche et par menaches leur impe- 
roit construire temples et autels. (FossE- 
TIER, Cliron., ms. Brux., I, f" 150 r .) 

Camedreos provocque et impere les 
menstrues et fleurs. {Jard. de santé, I, 90, 
impr. la Minerve.) 

EMPERERESSE, VOlr E.MPERERIS. 

EMPERERis, - 12, - IX, - {/, emperreriz, 
tmpereresse, emperesresce, empeerris, enp., 



empetrrets, emperix, emperies, empereys, 
emperice, amperice, emperresse, cmperesse, 
empereise, anperaice, eporaice, s. f., impé 
ratrice : 

Lu suer le roi de France qui avoit esté 
empereris. (Vii.leh., 249, Wailly.) 

La troverent l'empereor Sursac... et l'em 
pereriz sa famé. (lo., 183.) 

N'enmena avec lui que l'empereris. (Id., 
186.) 

L'cmpereWx. (Td., cxxxviir, Du Cange.) 

Ke il soit ensi ke Vemperreis le lot. (H.db 
Val., 593, Wailly.) 

Ses (leus la Hsl par amor 
Enpeerris de son en pire 
Et dame de quanqu il esl sire. 
(ItECLUS DE MoLiEss, Miserere, Ars. 3460, f 58 v*.) 

Il seroit empereres et elle emperreis. 
{Chron. d'Ernoul, p. 46, Mas-Latrie.) 

Ma mère en est emteerris. 

{Rose, Val. Otl. 12t'2, f» 90''.) 

Vous m'envoieres Vempereise, car je le 
désire luoult a veoir. {Litron, de Bains, c. 
XXX, L. Paris.) 

Elle sunt apelé eporaices (les femmes du 
kan). {Voy. de Marc Pol, c. lxxxii. Roux.) 

h'anperaice. {Ib., c. lxxxix.) 

L'empereonr Henri emperice l'ad resceu. 
{Chron. de P. de Langtoll, ap. Michel, Or. Angl.- 
II. , t. 1, p. 162.) 

Madite dame Vcmperix. (J. de Vignayj 
Enseignem., ms. Brux. 11042, f''3''.l 

Imperatrix , emperesresce. (Gloss. de 
Conches.) 

L'ainsnce esloil empereys. 
(J. DE CoKDÉ, Conle Will., ms. Casanal.) 

Vampcrice revint a soen per en Engle- 
terre. {Cliro». d'Avgl., ms, liarberini, f» 31 
v°.) La emperice. {Ib-, f» 32 r».) 

Royne ne emperresse qui peut finer au- 
tant d'avoir. (J. d'Arras, Èelus., p. 62, 
Bibl. elz.) 

Empereresse et royne du ciel. {L'Orloge 
de sapience, Maz. 1134, 1. I, ch. 16.) 

L'empcrery se dessira le visage. (Sept 
Sag., p. 68, G. Paris.) 

Une riche et ancienne table d'autel de 
brodeure que on dit que la première em- 
perreriz chrestienne fisl. {Inv.ite 1420, ap. 
Laborde, Vues de Bourqoijne, u<>4092.) 

L'empereur et Vemperics le saluoient. 
(G. Chastell., Chron. des D. de Bourg. ,\\, 
62, Buchou.) 

Je n'obliray point Messatine, 
An temps de Glande Vemperesse. 
{Le Passe-lemps d'oysiielé de mai^tre Robert Gaguin, 
Poés. fr. des xv et xvi° s., VII, 237.) 

EMPERESRESCE, VOir EmPERERIS. 

EMPERESSE, VOir EMPERERIS. 

EMPERERY, VOIT EMPE.'ERIS. 

EMPEREUR, voir E.VPIREUR. 

EMPEREUSE, S. f., impératrice : 
Cité de Dien, des vierges Vempereuse. 
(Mabcial, Louanges de Marie, f° 27 t°, éd. 149î.> 

EMPEREYS, voir EMPEUERIS. 

EMPERICE, voir Empereris. 

1. EMPERiER, S. m., chef, souverain : 



EMP 



EMP 



EMP 



Apres ceulx y resocrent plusieurs empe- 
riers qui ROiivernereut celle seigneurie. 
(CouRCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689, f» 132».) 

î. EMPERiER, adj., impérial : 

Extrait de génération emperiere et prin- 

ciere. {Chos. mem. escr. par F. Richer, 

p. 81, Cayon.) 

D'une emperiere main 

Et d'nn soc trinmrhal rayoienl le cliamp romain. 
(Du Bartas, Semaine, 3* journ., éd. 1579.) 
Sa ville emperiere. 

(Garn., Corn., ii.) 

ConToitenx aspirer ans grandeurs emperieres. 
(Id., l'orcie, m.) 

— Terme de versification : 

Rime emperiere, est espèce de couronnée. 
Et est dite en'periere, pour ce qu'elle a 
triple couronne. Geste ne se fait que d'une 
syllabe répétée deux fois simple après le 
mot qu'elle couronne. De cesle n'a point 
usé .Marot, ne les célèbres poètes de ce 
temps : pour ce suy je contraint de t'en 
donner vieil, et j'ay peur que lourd, 
exemple : 

En grand remorJ, moit, mord 
Ceux qni parfais, fais, fais. 
Ont par elTorl, fort, fort 
De ciers et frais, rais. rês. 
(Ta, SiBiLEt, An poeliqne, 1, II, eh. w, éd. 15.5.'>.) 

EMPERIERE, cmpeiriere, s. t., impéra- 
trice : 

Lors fist l'empereres apperellier .lui. 
naves armées et iist mettre dedens cou 
que mesliers fu ; et fist entrer Vempeiriere 
dedens et chevaliers et arhalestriers. 
{Chron. de Rains, c. xxx, L. Paris.) 

Dame du ciel, regenle terrienne, 

Emperiere des iorernanlx paluz. 

(Villon. Grand Tes!., pr C3, Jouaust.) 
Et toy du Ormament emperiere, Junon, 1 

Qui pourroit mieux que luy liaut louer ton renom ? 
(Tahureau, Poés., à P. de Pascal, éd. 1574.) 

Un empereur et une emperiere de Rome. 
(Mont., Ess., m, 5, f» 373 v», éd. lo88.) 

Est il possible de rien imaginer si ridi- 
cule que cesle misérable et chestive créa- 
ture.... se ilie maistresse et emperiere de 
l'univers ? (Id., ib., ii, 12, f» 181 v».) 

Qu'elle ne fasse de la femme emperiere. 
(Brant., Vies des Dames gai., p. lOi, Ja- 
cob.) 

On trouve encore au dix-septième 
siècle : 

Il n'y eut jamais petite fille d'emperiere 
ai mal meublée. (Tai.lem., Historiettes, 
CLXXV, Monmerqué.) 

EMPERiEs, voir Empereris. 

EMPERiQUB, S. t., savoir, doctrine : 

Modus a tontes emperiqnes. 
Par quoy scet les ars mécaniques ; 
U n'est riens c'ùn face de matn 
Qq'U n'ait apris d'uy a demain. 

(ilodus el Racio, Richel. 1-297, f» il".) 

BMPERiR,eïip.(s'),v. réfl., périr dans: 
Quant yaus se partent de Dieu yaus des- 
sendent jusques en abisme, e leur arme 
se enperit en tous maus. iPsaut., Richel. 
1761, 1" i28\) 

BUPERIX, voir E.MPERERIS. 
EMPERNANT, VOir ElIPRENANT. 



EMPERNEMENT, S. m., actioH d'être 
transformé, transformation : 

Uns adecertes, nient par le tresturne- 
ment de la divinitet en carn, mais par 
Vempernement del humanitet en Deu. 
(S. Alh. Credo, Lib. Psalm., p. 253, Mi- 
chel.) 

EJIPERNOUR, voir E.\IPRE.\EECR. 

EMPERREis, voir Empereris. 

EMPERREMENT, VOir EMPIREMENT. 
EMPERRERIZ, VOi E.MPERERIS. 

EMPERSON.AGE, S. m., personnage re- 
vêtu d'une haute dignité ecclésiastique : 

Prélat, moine, reclus et maint emp[ers\onnarie. 
(Garn.. Vie de S. Thom., Uicbel. 13513, r»'97 v».) 

M. Hippeau (v. 5799) imprime enpounage, 
conforinément au manuscrit, qui porte 
évidemment une faute en cet endroit. 

Cf. E.MPEHSONÉ et PERSON'AGE. 

EMPERSONÉ, - arsoné,enp., adj., revêtu 
d'une dignité ecclésiastique, chargé d'une 
cure ; ecclésiastique, d'ecclésiastique : 

Taz les en fist ohascier, et hommes et muîllers. 
Les clers eapersonez, bnrgcis et chevaliers. 
(Gars., Vie de S. Thom., Richel. 3513, f -43 r°.) 
Vus dites qe vous estes persone cnper- 
soné. (1304, Year books oftlie reign oj Ed- 
ward the flrst, years xxxii-xxxiii, p. 107, 
Rer. brit. script.) 

Il vus dist q'il est persone de l'esglise de 
Mamcestre enpersoné. {Ib.} 

Lequel clerk morust persone enparsonee. 
(Ib., years xxx-xxxi, p. 269.) 

EMPESANTiR, verbe. 

— Neulr., devenir pesant, s'appesantir : 
Legiereté empesantist par espace de 

temps. (Oresme, Trad. des Re>ii. de fort, de 
Petr. ,Avs. 2671, f» 15 v«.) 

Tout le train de derrière empesantit, se 
contraint et accourcit. (Liebaclt, Mais, 
rust., p. 127, éd. 1597.) 

— Réfl., dans le même sens : 

Or cependant non pas moins la forest 

S'empesantit des biens qu'elle produit. 

(Le Blanc, Georgiques, f* 67 v", éd. 1608.) 

EMPESCAL, voir E.\IPESCHAL. 

EMPESCHAL, - cûl, S. m., empêchement, 
obstacle : 

Bon temps avoienl cilz ot celle. 
Et moult fussent benenré, 
[ Si leur eust longuement duré 

! Se ne lust leur empeschal. 

(ilélam. d'Oc, p. -48. Tarbé.) 

Bons tans avoit et cils et'celle 
Et moult feussent beneuré, 
Si leur eust longues duré 
Et si n'eussent empescal. 

(«., Ars. 5069, f 51'.) 

j 1. EMPESCHE, s. f., empêchement, obs- 
tacle, embarras : 

; Se fut le ravitaillement puissamment 

fait et fort honnestemout, sans quelque 

hasard, dangier, ne fiere empesche. (J. 

MoLiNET, Chron., cb. cli, Bucbon.) 

Tant se monstrerenl Françoys gens de 

I bien a ceste besoigne que pour les coups 



d'artillerie du dedans ne l'empesclie des 

fossez ne demeura que a viveforce d'ag- 

sault ne fnst emporté. (D'.VuiO.v, Chron., 
Richel. SOSI, f» 7 r».) 

Pour Vempcsche de la rivière de Po. (lo., 
ib., f» 21 r» ) 

Si Vemprsehe lollue 
N'e.st du haiilt Dieu par pnissaace absolue. 

(J. BouciiET, Ep. mor.. '1" p., II, éJ. 1315.) 

Pour a son bien mettre empeaehc et delTonce. 

(Cl. Marot. Deploralion de Flor. Robertel, p. 504, 

éd. 1596.) 
Au pied du mur je me voy sans eschelle. 
Plus je ne sçay de quel boys faire flèches, 
l'aulle d'argent m'en donne les enipeschea. 

(R. DE CoLLEr.YE. Itond., L. Bibl. elz.) 
Devant la Charité 
Voulant sans nulle empesche 
Aller d'une équité 
Recongnoislre la bresche. 
f^Chans. à la nol^lease de France, ap. Ler. de Lincy, 

Ch. hist. fr., II, 365.) 

Tout cela ne sert que à'empesche dam 
l'estomac. (P. Braillier Decl. des abus el 
ignor. des Medec.) 

Ainsy qu'il l'eust faict, .sans /es empes- 
ches que je luy ny données. (lo93, Lelt. 
miss. deHenrilV, \\',kOS, Berger do Xivrey.) 

Qui m'estoit une grande charge et em- 
pesche de pouvoir dormir a mon aise. 
(1612, Lettre du gênerai des crocheteurs, 
Var. hist. et litt., t. IV, p. 243.) 

On voit par le dernier exemple que ce 
mot était encore employé au commence- 
ment du xvii" siècle. 

2. EMPESCHE, s. f., sorts de pèche : 
Icellui Hiigue Gros meueroit ledit Jaquet 
eu un autre Heu ou ilz Irouveroient de 
bonnes pescbes ou empesches. (1409, Arch. 
JJ 163, pièce 316.) 

EMPESCHEMENT, S. m., obstacle, dé- 
fense de passer : 

4 perches il'cmpeschement. (1437, Amend. 
et exploiz des eaux et ['orests pour la visit- 
de la Ferlé-.Vaceij, Arcb. Urne.) 

— Condamnation qui entraîne le ban- 
nissement : 

Et par vertu dudit empescliement... ont 
esté et sont enregistrez es registres (de 
Tournay) comme avoir perdu a tousjours 
l'abitation d'icelle sans rappel. (1381, 
Arch. JJ 121. pièce 43.) 

— Restes, résidus de cuisine, ordures ; 
choses qui sont devenues inutiles. (Voc. 
d'O. de Serres, éd. 1813.) 

EMPESCHEUR, VOir E.MPEECHEOR. 

1. EMPEscHiER, - kicr, enp., v. a. 
exprime l'aclion de demander, d'interro- 
ger dans un jeu de mot : 

Quant cil don gait oent les cris, 
A lui vienent, si l'î rapeskenl 
Don fossé, el puis li cnveskent 
Dont il vient et qu'il quieit si tart. 

(lien, le uouv., llG-2, Méon.) 

2. EMPESCHIER, VOir É.MPEECHIER. 

1. EMPESER, Clip., V. a.,syn. de fourbir: 
Que nus ne nulle du meslier ne puisse 

ouvrer après l'euredesus dite sus la paiune 

de .v. s., se ce n'est de l'orbir ou d'enpeser. 

(E. BoiL., Liv. des mest., 1" p., lx, 7, 

Lespinasse et Bonnardot.) 



60 



wy 



Que nulz ne nulle du mestier d'espin- 
^lerie no puisse ouvrer après l'eure des- 
irnsdite. . se ce n'e?l de l'ourbir ou d'em- 
peser. (1336,Aicb. JJ 70, fM4 v°.) 

— Dégrossir : 

Pour avoir empesez cincq seulles de l'i- 
mage N. Dame. (15o9. Arcli. de Vendin, 
ap. La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

2 EMPESEFi, V. a., peser sur, pressurer: 

De l'nne dos miins est corloise (Fortone) 

A p.irdonnpr, de l'.Tntre empoise, 

Quar de l'une tout reliMioit 

Qaanques !i une mains donnoit. 

(Ami Claudianus, Richel. 1G34, f° 39 r°.) 

EMPESsiR, enp., verbe. 

— Act., rendre épais : 

lucreppsco, enpe<'sir. {Gloss. lat.-fr., Ri- 
cbel. 1. 41-20, i'° 123 v-o.) 

Empessir, entasser. (R. Est., Thés., Con- 
fercio.) 

— Réfl., s'épaissir : 

Quand l'air s'empessH. (Le Blanc, Trad. 
de Cardan, f° 23 r", éd. io56.) 

EMPESTnAIL, voir E.MPAISTRAI,. 
EMPESTREMENT, VOir EmPAISTREMENT. 

EMPESTREn, voir Empaistrer. 

EMPESTRoiRE, s. m., entrave: 

Ainsi Boccid lirnnt après soy telle em- 

pestroire s'embrouilloil de plus en plus, la 

peurluy servant d'esperon. (Hist. maccar. 

de Merttn Coccaie, t. Il, p. 156, éd. 1606.) 

EMPETn.^iouR, voir Empetreob. 

EMPETREMKNT, cvipielr., S. m., action 
d'obtenir, olitention : 

Empetremeiit de pardon. (Légende dorée, 
Maz. 1333, 1" 18''.) 

— Réclamation : 

Toutes letlros et empctremenz contraires. 
(1312, Arch. JJ 48, I» 4 r».) 

S'on li rescowroit ou ostoit (son liéri- 
tage) par for.^lie du roy ou \iavemplelrement 
d'autres créditeurs u par occoison meute 
ou a mouvoir par le fait de uous, parquoy 
Souveruer. lever et avoir ne le peust, il a 
fait protestation que recourre pourra ans 
lettres qu'il a de nous qui font mention de 
sa rente. (1323, Arcb JJ 61, f» 100 r».) 

Par forclie du roy, ou par empetrement 
d'autres créditeurs. [Ib., f° 163 v".) 

— Requête, demande de secours : 

Et aToienl tons .ii. voleolé et talent 

Qn'cn Tost du ber Beitnin on pnit saver comment 

Ll rois Pielres avoil fat son empielrement 

Au roi de Bel Jl^irin et ans siens ensement. 

(Cuv., (lu Guesclin, 15415, Charrière.J 

EMPETREOR, - ouv, cmpetraiour, enp., 
s. m., impétrant : 

Li reis dit que coni li empetreres ait iet 
fraude, il doit perdre le luolist des unes 
lelres et des autres. {Liv. de lostice et de 
plet, I, 4, I 5, Rapetti.) 

11 randerout as empelraiours desdites 
lettres dùuiagp, pries et despens. (1315, 
Ordonn. de Louis X, Nouv. Coût, cén , III, 

225.) 

As enpelrou[r]s d'icelles. (Ib.) 



EMP 

Pour ce est il que la partie monseîRneur 
le iluc de Normendie vous signifion que le 
présentes ou empetreour sus les diz relipieus 
vous retenes n la dicle eslise. (1.336, Cart. 
de Troarn, Ricbel. I. 10086, f° 159 v».) 

EMPETRER, -ter, -eir,enp.,anp., empai- 
trier, empietrcr, empiirer, v. a., obtenir : 

Quiqonques a enpeiré le eonaié de mesu- 
rer, il convient qu il jure peur sains avant 
que il puisse mesurer. (Est. Bon,., Liv des 
mesl., l'' p., IV, 2, Lespinasse et Bonnar- 
dot.) 

Convenables a anpeirer pardon. (J de 
Aluet, Serm., Richel. 1. 14961. t" 143 v».) 

La roine prist la cause por lui. et empl- 
irai cnnsoil a Auiile par itel covenant que... 
{Li Amiliez de Ami et Amile, Nouv. fr. du 
XIII» s., p. S4.) 

Renuncanz.. a toute craice donnée, em- 
paitriee et a empnitricr de nostre selcjnenr 
l'apostoile. (1264, Livre blanc, ms. du 
Mans.) 

Autre priviliege empetrié ou a empetrier. 
(1286, Bon-Port, liasse 6o, n» 8, Arch. 
Eure.) 

A tout privilège empelreil n om poroit 
empetreir. (Trad. du \ni' s. d'une ebarle 
de 1261, Cart. du Val SI Lambert, Richel. 
1. 10176, f''43''.) 

L'ausnionne empêtrer. {Serm. lat.-fr., 
xiv" s., nis. de Salis, f» 17 r».) 

Il fait bon faire prier et faire dire messe 
pour son père et pour sa niere et pour ses 
autres amis : car aussy ilz prient et em- 
pêtrent praces iiour les vifs qui bien font 
pour eulx. (Ut\ dn Chev. de La Tour, 
c. XXXIV, p. 79, Bibl. elz.) 

T.nnt ronme je pnîs, je vons pri, 
Dnn'ee penl, pour nnpelrcr RracR. 
(Miraclea de Noti-f-Dûme, I, 2,5i, G. Paris ) 
Nonobstant quelconques letlres snbrep- 
iicps empplrees ou a empelrer. (26 nov. 1/|33, 
Cart. de Flines, dcccxwvi, p. 772, Haut- 
coeur.) 

— Réclamer : 



Qner de ;rant bien t'ez apensee, 

Qnnnt tel prniere a.ï empêtrée. 

(Wace. Vie de Sle Marj/ue'., p. 11 



Joly.) 



Pour empietr.er secours a le payenne frent. 

(Chev. au e'jgne, 15I12G, Reiff.) 

Se aucun empêtre an cort contre aucun, 
et il Iet celi droit qui use, de celi droit 
doit l'en hufs]er contre celi qui l'a empê- 
tré ; mes si ne l'a empetrié, il n'asl pas 
tenuz. (Liv. de jost. et de plet, II, n, § 8, 
Rapetti.) 

— Causer : 
Bien cuidoit li roi Piètres empieirer vilonnie 
Au noble roi Henri et a sa litironnie. 

(Cuv., du Guesclin, 16.581, Cliarrière.) 

EMPEVRÉ, enp., anp., anpcvré, adj., 
assaisonné de poivre : 

Et ces pooos rosliz toz anpeirez. 

(Les Loi., Richel. 16-2-2, f 2-22 ï».) 
Asez unt venaisun de cerf e de sengler, 
E unt srues et parues e pouns enpevrez. 

(t'oij. de Cltarlemagiie, 410, Kosclivitz.) 
Grues et jantes et pa-^ns empevrez. 
(Charr. de li'ymes. 814, ap. Jonck., Cuitl. d'O'.) 

lu deus plnviers tôt chans et enpevres. 
(La Vrise d'Orange, Richel. 1448, f° 100 v".) 
Vivieos sert de l'eve d'Algemont l'alosez 
Et Ogiers li Denois des gasiel anpmrez. 

(Simon de Pouille, Richel. 368, f° 141».) 



EMP 

Les TJandes bien empevrees. 
(G. DE CorNci, bout, de la mort, Richel. 23111, 
i" 299''.) 

Les viandes bien enpevree.t. 

(ID., ib., ms Brnx., P 214''.) 
U voit porter ses cignns eitpevres. 

(Auieri, p. G-2, Tobler.) 
Plus aiment cbar de Turc que ponn? empevres. 
(Ch. d-Aiil., V. 79, P. Paris.) 
OuB il n'ait chevalier la dpsu= au disner 
Ki n'ait .I. granl p:ion devant lui eiipevré. 

(Reii. de Mont., p. 3t-2, Michelanl.) 

EMPHiTHEosÉ, adj., emphitéotique : 
Toutes prinses d'beritaipes a surcens 
perpétuel, a rente viagère, a tiitre cmphi- 
tlieosé de longues années, el a louage, sont 
réputées acquetz au preneur seul. {Coût, 
de Laon, II, 2, Nouv, Coût, gén., 11, 439.) 

EMPHiTEosiTÉ, ampliUeozité , emphi- 
tiiosité,s. f., emphitéose, convention par 
laquelle un propriétaire cède la jouissance 
d'un héritage pour un temps très-long, 
ou même k perpétuité, sous la réserve 
d'une redevance : 

Et par la teneur de ces présentes lettres 
preng desdis religieu.v, abbé et couvaul de 
S. Lu(-ian a annuelle pension par amphi- 
teozité le campart desdiles vint njines de 
terre. (Charte de 1364, Grenier 304, n» 30, 
Richel.) 

Avons baillié... a Girart le Roussartet n 
Colote sa femme pour et ou nom de tii- 
tre d'asseacissement en emphituosité et a 
tousjours et apperpelui'lment.. une mai- 
son.., (1379, Arch. iM.M 30, f 108 v».) 

Pour la maison du grmt celior, laquelle 
ilz tiennent en emphileosilé. (Compl. des 
annioers. de S. Pierre, 1387-88, Arch. Aube 
G 1656, f" 210 r»,) 

Héritage baillé a emphileosilé ou acceasi- 
vement. {Ane. Proc. verb. des coût, dt 
Troyes, Nouv. Coût gén., 111, 273.) 

EMPHiTEOTE, S. L, enipliitéose : 

Si les procureurs, ou delenleurs d'aucuns 
héritages tenus en emphtteole, ou ascensis- 
seiiient sont del'aillaus de payer la charge, 
ou pension, par trois ans couiiuui'ls, le sei- 
gneur les peut contraindre, parjuslice, a 
luy laisser les dits beritages, après somma- 
tions duenient faites de payer la dite pen- 
si.>n ou charge. {Coût, de Cliaumont eu 
Bassigny, Nouv. Coût, gén., 111, p. 376^) 

EMPHiTEOTEC.viRE, adj., coustilué en 
emphitéose : 

Chose empftifeotfcatceouarrenlee. {Coût, 
de Tournay, iv, Nouv. Coût, géu., 11, 968.) 

EMPHITUOSITÉ, VOIT E.MPHITEOSITÉ. 

EMPHYTEURE, S. f., emplilthéosB : 
Par devant les eschevius de la ville de 
Bruxelles sont toujours passiez, et se pas- 
sent encore aiijourd'buy tous les coutracts 
légitimes, comue d'emphyleiire, effestuca- 
tions, des peruiutatious, donations, etc. 
{Coul. de Bruxelles, Nouv. Coût, géu., t. I, 
p. 1-245».) 

EMPHYTEU.v, adj., emphytéotique : 
Taille réelle ou empliyteuse. {Gm Co- 
quille , Ins'ilution au droit fraiiçois, 
p. 131, éd. 1630.) 

EMPiECE, voir Pièce. 



EMP 

EMPiECER, V. a., mettre en pièces^ 
briser : 

Et avoit trouvé les Espuignolz en be' 
soipae, lepqiielz avoyent ja la moylié Je la 
porte empiecee, et faicle uramle ouverture. 
(D'AUTON, Chron., Richel. 5082, f° 76 r».) 

EMPlEGERj voir Empeechier. 

EMPIETER, - etter, v. a., fouler aux 
pieds, vaincre ; 

L'empereur, pour sou premier essay, 
certes en fit un très signallé, quand luy 
mesQie en personne chassa ce «rand sul- 
tan Solimau de la Hongrie, laquelle il 
ravageoit et pilloit a son [bel] aise, comme 
il luy plaisoit, et l'achevoit de ruiner et 
emporter sans l'aigle de l'empereur, qui 
Veust empietlé luy niesnie, sans qu'il se mit 
ala fuitle ou a la relraicte. (Brant., Grands 
Capit. eslrang., 1, i. Bibl. elz.) 

— Empiété, part. passé, foulé aux pieds : 

Ainsi qu"oQ voit repaistre 

Sur le Caucase froid la poitrine empielee. 

Et sans fin renaissante a son vieil Piomelhee. 

(JoD., Cleop , act. I, Ane. Tli. fr., t. IV.) 

— Enfoncé dans le pied : 

Griffe ewpielce. (La Porte, Epitk.) 

EMPiETEURE, - lire, S. f., encliâssure, 
l'action d'enchâsser une chose dans une 
autre : 

Empieture, the footing, or bottome, of a 
thing ; the part -whereby it stands on, or is 
setled into anolher tbiug. (Cotgrave.) 

— Pied d'une plante : 

Le lien luy aura maintenu les racines et 
empielure en vigueur (Liebault, Mais, 
rusl., p. 47b, éd. 1597.) 

EMPIETREMENT, VOir EMPETREMENT. 
EMPIETREU, voir EMPETRER. 
EMPIEUMENTER, VOir EmPIMENTER. 

l. EMPiGiER, empi(ier,enpieger,empeger, 
V. a., enduire de poix : 

Icellui Cariline detiinura avecques son 
frère oudit iiressouer pour lui aidier a gou- 
trenner et pmpiger la mette d'icellni pres- 
souer. (1457, Arch. JJ 189, pièce 196.) 

Vous me sembiez a une souriz empegee : 
tant plus elle s'efforce soy depestrer de la 
poix, tant uliis el'e s'en ■■mbrene. (Rabel., 
1. m, c. 37, f» 127 V», éd. 1552.) 

— Réfl., s'enduire de poix : 

Une autre fois ne t'enpiege a ta gins. 

(Hardy, Corine, II!, 3.) 

Suisse roni., s'empeclger, s'empedzer, 
s'enduire d'une substance poisseuse, col- 
lante. Je me suis empedgê les mains avec 
ce glu. 

Il semble qu'à un certain moment il y 
ait eu confusion entre empigicr, enduire 
de poix, et empigier, prendre au piège, 
forme de empeechier. Rabelais emploie em- 
peiger et Hardy cmpieger tanlôt dans un 
de ces sens et tantôt dans l'autre. 

S. EMPIGIER, voir Empeechier. 

EMPiGREssER, ««p., V. a.. Fendre pa- 
resseux, engourdir : 



EMP 

Et n'est pas besoinir toutesfois d'arrester 
longuement près diidict feu, affin que ce 
n'enpigresse le corps et débilite lenlende- 
ment. (Platine de honneste Vohiplé, f° 2 r», 
éd. 1528.) 

Cf. E.MPERECIER. 

EMPILER, V. a., attraper, saisir : 

Tant qne Clolo pnrie quenoulle. 
Et I.ac^sis ait qne filrr, 
Ne me lairay je empilpr 
Par Alrnpos la maie Rionle ; 
Je ne venl pas qu'elle mVnelonte. 
(J. I.EFPiiVRE, Resp. de la mort, Itichel. 99i, 

EMPiMENTER, - enp., - iumenter. - ieu- 
menler, - igmenter, v. a., embaumer, par- 
fumer : 

L'ahps a fait le por-^ penlement conreer 

.Si que li coraanda Panntins H her : 

P'alnes et de mvre le fait mpimenler. 
(Sle Eiiphrosyrte. til. Meyer, Rec, p. .S3C.) 

Si enpiqmejitr res floretes. 

Ses flfurs de lis, ses violeies, 

Oni entoar lui vont et repairent. 

Oui plus soef qnp: pigment (lairent. 
(G. DE CoiNC!, Mir., ms. Soiss.. f \(\W.) 

Si empleumriile ses flnrptoç. 
(Id., ib.. ap. Dnc, V. 2S0*, éd. nidot.) 

Les mes font encortiner 

Flors espandre et cnriumfnter. 

(Sept Sag?s. 692, Keller.) 

— Empimenlé, part, passé et adj., em- 
baumé, parfumé : 

Pucele pnpîffttientep, tn flaires plus pigment 
A cin- rens mile doubles de basmn et de pigment. 
(G. DE CoiNCi, Mr., ms. Soiss., f° 104") 
Parmi la sale enpiiimenlee 
Et de lis et de plai flonree. 
De roses fresces et noveles. 

(Id., ib., Riehel. 373, f 138''.) 
Parmi la salle empimpnîee. 

(Id., ib.. Ars. 3312. f° SS''.'» 

EMPiPEi.oRÉ, adj., orné, attifé: 

Oni aîns .i. poi ert noblement 

Vertus et empipehrex. 

De dras de soie, dedras dores. 

(Mir. de S. Elni. p. 32, Peigné.) 

On trouve dans les dictionnaires mo- 
dernes drap piinpeloré, drap orné de bro- 
deries. 

EMPiPODER, en;j., (s'), v. réfl., se parer 
avec affectation et recherche : 

Qui s'ascement et qui se joignent, 
Envolepeot et enpipodent. 
(G. DE CoiNci. (le VEmper. qui garda sa chasteé, 
Richel. 23111, r'261'"; Méon, A'ow. Bec, 
II, 39.) 

Cf. Apipoder. 

EMPiQUER, V. a., piquer ? 

A cens qui sont empiqué doit on faire 
tel cautère don cautère reont. (Cyrurgie 
Albiig., ms. de Salis, f» 173''.) 

EMPiiiANCE, - atiche, - ence, s. f., dété- 
rioration, dommage : 

N'i puissent faire empiranclie elkeminde 
l'iaue en aucune cose. (1268,Ab. du Gard, 
Arch. Somme.) 

Ke nous n'i puissions faire empiranche e\ 
keniin de l'iaue. {Cart. de Picnuigny, Arch. 
19628, f« 421"'.) 



E.MP 01 

Pour ce que se sont vins tenres et de si 
petite garde que si tost comme le temps 
: eschauffe il tournent en celle empirance 
qui s'en faut délivrer tel fuer telle vente 
(13"2, Beg. du Cliap. de S. J. de Jerus ' 
Arch, JIM 29, f 6j v».) ' 

Que il ne soit nul ne nulle qui aux dites 
cuves facent au. une empiranche. (13 av. 
1396, Consausde Tour nay, Arch. Toamuy.) 

De faire certaine diminucion, empirance 
ou escharceté de poix et de loy en noz 
monnoyes. (1405, Ord., ix, 85.) 

Pour l'enipirance de son cheval qui fut 
blecié au veage <le BInis. (Compt. de Ber- 
trand Mignon, 1410-1412, Forteresse, xxiv. 
Arch. muu. Orléans-.) 

Les grappes vertes, aigres, pourries on 
sèches tout trop grant grief et empirance 
au vin (P. DES Crescens, ProufRlz champ , 
fo 39 r», éd. 1516.) ' 

Sans faire ausdiz habillemeus de guerre 
et autres choses defl'ensables pour Tadicte 
forteres.se, aucun gasi, fraction, ou aucune 
empirance de vivres ou autres choses pour 
corps humain. (.Monstrelet, Chron., 11,4, 
Soc. de l'H. de Fr.) 

Car qui vouldroit leurs barques espronvor 
Au descouverl, pourroit l'ou bien trouver 
Lourde empireiice avec or de touche. 

(Crétin, Chants ray., éd. tS27, f 113 v» ) 
Monuoyeurs qui sont autherisez de faire 
la monuoye doihvent obéir aux thresoriers. 
affin i|u'ilz ne facent point de monnoye 
faulse, et qu'ilzn'y mettent de l'ewipiconce. 
(J. LE Blo.vd, Liv. de pal. hum., l» 33 v».) 
Lors en renouvelant une vieille empiraitee 
Changer tu peui des mots par quelque tolérance. 
(Vauq., Art. Poet.. I.) 

La langue générale n'employait déjà 
plus ce mot au conimencenieiit du xvn* 
siècle ; La Moite le Vayer le notait comme 
un terme rude chez du Vair. 

11 figure dans quelques dictionnaires 
modernes comme terme de commerce de 
mer, et comme ancien terme de monnaie. 
On lit dans Savary des Bruslons ; 

Empirance, en termes de comuierce de 
nier, se dit du déchet, de la corruption ou 
diminution de valeur, qui arrive au.x mar- 
chandises qui sont dans un vaisseau, soit 
naturellement par leur propre vice, soit 
accidentellement par tempête, ou autre- 
ment... Est aussi un terme de monnaie, 
qui se dit de toutes les diminutions ou 
alfaiblissements qui peuvent arriver à la 
monnaie, soil pour le litre, le poids, la 
taille, le pri.x de l'exposition, etc. (Diction- 
naire du commerce.) 

D'Aguesseau a dit : 

On peut renfermer toutes ces espèces 
différentes<raffail)lissementoud'emp/|-ejiC(?, 
dans une seule division générale. {Consid. 
sur les monnaies, l" p., sect. IV.) 

EJiPiRE, ejip., s. m., armée, force mili- 
taire, réunion de vassaux : 

En petit d"ore en i ot tant d'arm^z. 
Nel porroit dire nus riers t.inl soit leirez ; 
Bien vos puis ilire, et si est verilez. 
Si grant empire ne vit bonis qui soit uez. 
Corn en cel champ ot le jor assemblez. 
(Bal. (/■.l/c.sr/ian.v, 5250, JonckbI., Giiill. d'Orange.) 
Des armes aus païens ert li vans reloisans; 
Et ï^olimans de Nique o ses Turs malfaisaus 
S'en issi après eux ; li empires fa grans ; 
Cent milliers et cinquante i ot des mescreans. 
[rMn.i. U'.int., I, 311, P. Paris.) 



«2 



EMP 



EMP 



EMP 



J'ai eneor ma moUier que je mont aim et prisse; 
Jon ai de lui im fil et une bêle fille. 
Amenés les moi Itosl], ses verai mes enpirei. 
(E. de Si Cille, -25. A. T.) 

— Dans les exemples suivants, empire 
est employé par jeu de mots dans lesens 
d'action d'empirer, d'aller de mal en pis. 

Car se nous vivons par enpire 
Nous en arons après du pire. 

(Ijr S. Slagtoire, Ars. 'ùlit, f'olr .) 
Dn roiaume sui en Vempire. 
(De Pierre île la Broche, Kichel. 837, t" 138'.) 
Bien me doilloi li mons etgaber et despire 
Cils qu'ivaacié avoie, a couvenu eslire. 
Et les a l'on fors mis du royaume en Vempire. 
a*., f»215'=.) 

... Tost est entrez en Venpire. 
(La Pais am Englois. lUchcI. 83", f HO'.) 

... Vons morrez povres et nus, 

Quar vous devenez de ['empire. 
{La Despnlison de Charlol et du barbier, lUchel. 837. 
f» 323''.) 

Araors sont de Vempire. 

Tuit ïuellent vivre de lober, 

Nul HP secl mes voir dire. 
iChans-, Poet. ms. av. 1300. t. IV, p. 1191, Ars.) 

Ce monde pas n'amende, ainçois vait en Vempire. 
(Le VU des Mais. Jubinal. Nouv. Rec, I, in3.) 

11 perdirent geu et rire. 

Et se trouvèrent en Vempire. 

(Geofroi. Cliron., Richel. liC. f 65'.) 
Si leur fist apporter la dame a boire une 
foiz, en actendant le soupper que fust 
prest, d'assez piteux via et de pain qui 
sentoil Vempire. (Uoi René, le Livre du 
cuer d'amours espris, OEuv., t. 111, p. 47, 
Qualrebarbt'S.) 

Souvenlcs fois je regrette et sonspire 
D'ainsi me veoir povre, meschant. hideux ; 
En cheminant je m'en voys a Vempire, 
Banny je suis d'armes et de tous jeux. 
(Les sept Harchans de Naples, l'oés. fr. des iv° et 

XVI' s.. II. 100.) 
Pour le présent je o'ay plus de vijuenr : 
De jour en jour je suis mys a l'empire. 
(Le Monde qui n'a plus que frire. Poés, fr. des 
xv' et xvi' s., t. Xll.) 

Le monde est ri'duit a cette condition 
qu'il va plustosl a Vemjiire qu'au royaume. 
[Print. d'hyver, î- 2i v, éd. 1S88.) 

Du proverbe qui dit par manière d'équi- 
voque que le monde va toujours a l'empire. 
(H. EsTiKNNE, Apol. p. Ilerod., 1, 2, éd. 
1735.) 

EMPiREAL^ adj., empirée : 
Cil ciels de rouge couleur est ly cielx 
empireal. (Guiart, Bible, Richel. 159, 1" 3.) 

EMPiREMKNT, - eireiiient, - erre ment 
- oiremeiil, s. m., détérioration : 
Celé l'en fera tele amende 
Que ses ducs e contes nomez 
Li rendra sains et délivrez 
Senz empeirement de lur cors. 

(Ben., D. deNorm., II. 2780. Michel.) 
Unqnor quiert nostre emperrement 
Et nostre deseriteraent. 

(ID., ib., 11, 1G226.) 
C'y meleray la main, se je puis, tellement 
Que nuls lieras n'y pora mettre empeirement. 

(Cher, au cygne, 28137, ReilT.) 
Certes el men empeirement 
N'en ert le vostrc amendement. 

(Tristan, U, 200. Michel.) 
S'il avenoit empirement en la terre. (1261, 
Arch. J 1124, pièce 2.J 



Se li sers que l'en demandoit fu empoi- 
riez par la tricherie a celui qui le porseoit, 
et il est aprez morz par autre cause sanz sa 
corpe, ii empoircmenz ne sera pas proisiez. 
(.Digestes de Just., Richel. 20118, f» 89'' ) 

Or va tôt par empirement. 

(Rose, 8394, Méon.) 

Que ilz ne mettent en la chandelle point 
d'empirement. (1294^ Arch. JJ 205, pièce 
304.) 

Si par cas sel monnoye d'Escoce soit 
empeiré soit celle monneye issiut empeiré 
mys a meyndre priée solouqz la quantité 
d'empeirement.{Stat. d' Edouard III,anxi,vil, 
impr. gotli., Bibl. Louvre.) 

Lequel scel estoit sain et tout entier 
sans aucun empirement ny cassement y 
avoir. (1397, Cart. de Reseigné, ms. du 
Mans.) 

Chascun revendra a ses terres et heri- 
taiges.coume dit est, sans ce que pour de- 
molicion ou empiremens, gardes de place 
ou reparacions quelconques, on puist riens 
demander l'un a l'autre. (Monstrelet, 
Ckron., U, 187, Soc. de l'H. de Fr.) 

Celui qui la mauvaise guerre commença 
empirera parmy le monde, et fera grant 
donmage, mais sou empirement ne sera 
pas tout par sa coulpe. (Les Prophecies de 
Merlin, f» 6", éd. 1498.) 

Nos meurs sont extrêmement corrom- 
pues, et paucheut d'une merveilleuse in- 
clination vers Vempirement. (Mont., Ess., 
1. Il, c. 17, f» 281 V», éd. 1SS8.) 

Quelques Dictionnaires modernes enre- 
gistrent empirement, comme terme vieilli, 
signifiant état d'une chose qui empire, 
aggravation. 

EMPiREU, V. a., blâmer : 

Jehan Blatier dist au suppliant qu'il les 
avoit empirez et les avoit nommez et 
baillez par escript, a quoy ledit suppliant 
respoudi qu'il ne les avoit point empirez 
ne blasmez. (1475, Arch. JJ 193, pièce 
1496.) 

EMPiREUR, empereur, s. m., celui qui 
empire : 

Issi (Saladin) se fist empereur, 

Mel fist pas, mais empereur, 

Car sei meismes empeirot. 
(De la Guerre sainte, Vat. Chr. 1G59. P 11".) 
Vous vivez comme rois ou bien comme empereurs, 
J'entcn comme larrons, brigans et empireurs. 
(Imbert, Sonnets exotr., l'° p.. p. 24. éd. 1578.) 

EMPissEE, enp., adj. t., ayant bon pis : 

Une cherve qui molt bien enpissee estoit 
L'enfant prist a ses dens. mie ne le bleçoit, 
Par dedens son repaire esramraent le portoit 
En une haute roche ou une kave avoit 
Grande, lee et parfonde, et la le nourissoit. 
Ijiist. de Ger. de Blav., Ars. 3144. t" 145 v°.) 

EMPiTivAXT, adj., qui a pitié, qui a 
compassion : 

Et il ert de nous empitivant si nous 
eions gardée et fait tousses comandemens 
devant le Seignor nostre Dieu si com il 
nous maunda. (Bible, Deuter., ch. 6, vers. 
25, Richel. 1.) 

EMPiTivER, enp., V. n., avoir pitié, 

Otre touché de compassion : 

Cil prestes a Nostre Signors, que enp- 
Hue al poevre. {Bible, Proverbes, ciiap. 19, 
vers. 17, Richel. 1.) 



EMPITRER, voir EMPETRER. 

EMPLACEMENT, S. m., assignation, do- 
nation : 

Par ces présentes transportons, livrons, 
asseons et assignons audit principal cha- 
pelain... a estre di>tribuez par sou ordon- 
nance tant pour lui que pour les autres 
chapelains qui diront et célébreront les- 
dites messes, qui.tre viugt livre? de rente 
valantes el levantes par chascun an, a estre 
prises et levées... tant sur nos dixmes de 
la paroisse de Plouueour que sur nos re- 
ceptes... de nostre chaslellenie de Lesne- 
ven.., |iar deux termes chascun an, jiar la 
main de nostre receveur desdits lieux, 
jusqu'à tant que uous eu ayons fait assiette 
et emplacement autrement audit chapelain 
et gouverneur, (li^i. Fondât, du cliup. de 
Folgoct, ap. Lob., Il, 983.) 

EMPLACiER, verbe. 

— Act., placer, employer : 

Pour tourner, convertir et emplacier en 
la suslentacion et admendemeut d'icelle 
chaussée. (1363, Ord., iv, 729.) 

— Réfl., se placer : 

Le long de la grande rue a deux rangs 
s'emplacerent. (U'.\uton, Cliron., Richel. 
5082, 1" 106 r».) 

Des corps mal unis, qu'on empoche sans 
ordre, treuveut d'eulx mesmes la façon de 
se joindre el s'emplacer les uns parmy les 
autres. (Mont., Ess., m, 9, Louandre.) 

— Emplacié, part, passé, placé : 

ISons par la mer travaillez et lassez. 

Devant les ïurcz nos sièges emplacei, 

(D'Auton, C/iroB., Uichel. 5082, f 205 v'.) 

EMPLAGE, amplage, - aiye, enp., s. m.> 
action de reinplir,de compléter, ce qui sert 
h compléter, à remplir : 

Auquel (bois) nous av.ms vendu la ton 
ture six livres douze sols tournois jiour 
chascune acre, sans emplage. (1310, Arch 
JJ 45, pièce 139.) 

.XI. arpens et .i. quartier, chiet pour 
emplage .u. arpens .m. quartiers de bois. 
(1319, Arch. K 40, pièce 28.) 

Nous avons fait mesurer es bois du 
mont le coule quatre vins et onze acres de 
tallis sanz i mplage ou il n'a point de grant 
bois. (1321, Arch. JJ 60, 1" 139 V.) 

Lesdiz fermiers maintenoienl... que non 
contrastaus V emplage fait es cliarretes, ils 
estoieut en saisine pour le roy de faire 
apporter l'eullage au celier, ou les vins 
de la prise sont, par les marchaans pour 
les diz vins aeuller et emplir. (1322, Arch. 
JJ 61, pièce 439.) 

Pour em/)/nffe acheté pour emplir lesdis 
vins a eucaver. (1328, Compte d'Odarl de 
Laigny, Aich. KK 3\ f" 18 v°.) 

De ce chiet pour amplage .xi. arpenz 
.liil"» IX. perches. (13:12, l'risie des for. 
deJ. de Bourg., Arch. P 26, pièce IIS.) 

11 chiet pour amplages. (Ib.) 

Pour Venplage de .xilll. queues de viu. 
(1333, Compte d-; Odarl de Laigny, Arch. 
KK 3^ 1» 236 r".) 

Despence de vin beu, pour dechiet et 
emplaiges. [Compt. del'hôt.-l). d'Orl., 1392- 
1400, f 7 v°.) 

Je TOUS feray bien vostre emplage. 
(Miracles de Noire Dame, \, 8, 101)5, G. Paris.) 



EMP 

De chacun jeptier un boisselrt de plus 
plu?, et de moins moins au farl'emplaige. 
(1430, Cart. de Laigny, Richel. 1. 9902, 
f" 148.) 

.XLVi. marches qui sont en l'emplaige 
d'icelle viz. (1490, Arch. K 272.) 

— Fig., remplissage : 

La fiiull faire (la narralion) bien dilicudee 
snns cmplage. (Fabri, Blict., î" 20 v, éd. 
1521.) 

— Au feur l'emplage, k proportion ; 
C.ir qii.TDl lionis pense qu'il n'est riens 
Fors ponrreture et viez nierrieus, 

lilt q-i'il lui esliiel ce passaige 
Passer cl paier son tmaige. 
Et qu'il aura an feur Vemplaige 
El trop plus de miuiï que de hiens... 
(Jtn. DE Meo.vc, Très., 13-24, Méon.) 

Si aucun prend un lieritape censuel, a 
rente perpétuelle chacun Iranc de rente 
est estimé a treize livres tournois, doit le 
preneur quatre sols, et au feur \ empiaige. 
ICout. de ilonlargis, Nouv. Coût, cén., I, 
916.) 

Au feur Vemptage. Ex alicujus rei modo. 
HuJHs rei rnliuue habita. Be ad proporlio- 
neni et œquilibrium ac éequiiondium con- 
stitula deiluclaqLe. Alaraisou, proportion 
et correspondunce de quelque chose. (Ni- 

COT.) 

Le quintal de canelle vaut cinquante 
escus et l'once au feur l'emplage ou a pro- 
portion. (MoNET, Parallèle des langues, 
Kouen 1632.) 

EMPLACER, V. a., ouUler, faire l'em- 
plage : 

Lesquiex (tonneaux de vin) ne furent 
touz plains et aoiiillez et touz emplages. 
(13b9, Jovrn. de la ilép. du R. Jean, Douet 
d'Arcq, Ccvipt. de l'Argent., p. 203.) 

EniPLAiDE.MENT, cmpledcmeut, s. ni., 
procès : 

Pur enpiedement. (Ms. Bodl. ripbv 86, 
i' 28 r».) 

En quoy il a forestier qui le doit parder 
(celui bois) et respondre di s ewpledewens. 
(1413. Venomhr.du baill. de Caux, Arcb. P 
303, 1» 101 i°.) 

En laqudle il a sergent et forestier pour 
garder lesdils bois et en apporter et 
rendre les cviplcdemcns dis malluiteurs. 
(76., 1° 101 v») 

Et sy avons les pronffiz et revenues des 
emplaidtmcns et aultrcs enpiois trouves et 
apportes par noz serpens ou loiesliers en 
nos bois et Ion stz. (14C0, fieg. de la tem- 
por. de l'cv. de bay., 1» 4 v", Ci.apitre de 
Bayeux. ) 

Sans ce que on en puisse faire action ne 
poursuite aultrement que par emplaide- 
mtnt. (Ib., ^46 v».) 

Eiupi.AiDiER, - eider, - edier, - edder, 
enpl., V. a., mettre en cause, traduire en 
justice, poursuivre, actionner : 
.Ne ke noi n'en densent eupleider ne grever. 
(Garjiier, Vie de S. Thoiii., Ricliel. 13513, 

f° 14 r".) 

(Jui une bri-bis emplaida. 
Devant jiislise l'amena. 
(Fabl. iLiupe, Iticliel. 15213, 1° 59 r«.) 

Jojettai voz choses de la nef pur pour 
de rriort, il de ço ne me poez enplaider. 
(Lois de Guill., xxxvill, Cbevallet.j 



EMP 

Ke s'il emplaident home ne feme ki soit 
habitans en le vile a autre laie justice ke 
a celi de celé vite il en est a .ix. lib. de 
fourfait. (Bans d'Uénin, Tailliar, p. 402.) 

Se jou emplaidoie... et jou devant juge 
ment enipresisse deniers. (1237,Arch.k 30, 
pièce 210.) 

Se aucuns est eniplaidies de larrecbin 
devantla loi et il n'aura esté troves a pré- 
sent fourfait. (1253, Coul. de la terre de 
Merk, Lies d'Artois, 234, Arcli. Pas-de- 
Calais.) 

Cit ki autrui enpiaide 
Et at souQ oues coveile, 
ISet deit partout linchir ; 
Iceo est 1ère ne rente. 
(Les Pioi>. del vilain, ap. Ler. de Lincy, Prov., 
p. 465.) 

Por porter garant, doit çascuus laissier 
son juge et aler porter garantie de le coze 
qu'il bailla ou délivra par devant le juge 
ou cil est empledies qui a mestier de son 
garant. (Bkaum., Coût. duBeauv., c.xxxiv, 
46j Beugnot.) 

En la segonde (part), demande l'en se 
il a ensint es letres : Ge me plain decestui 
et de plusours autres, saver se plusours 
autres puent estre somons et enpledié? 
(De Joslice et de Plet, I, 4, 1 4, Rapetti.) 

Se tu pledes, ou se tu es enplaidiez. (P. 
DE Font., Cons., iv, 16, Marnier.) 

Se aucuns replegge home, que l'en en- 
pteide de meffet, d'estre a droit, en autretel 
point com il i ert le jor qu'il le repleja, le 
doit rendre jusqu'à la fin du plet. (Id., ib., 
VIII, 1.) 

Tu n'as nule reison â'empleidier ta mar- 
rastre por le covenant qu'ele fist a ton 
père. (Id., il., XV, 14.) 

Celui qui est trez en cause ne puet pas 
empleidier celui jiar devant l'arbitre qui l'a 
trait en cause. (Ort/i». Tancrei, ms. de Salis, 
f 1'.) 

Li Manicbian n'aient nule poesté d'fin- 
plaidier aucuns ne d'eslie avocat por 
aucuns. (Code de Just., Ricbel. 20120, 
1° 20 r».) 

11 averont et trerront hors de la court le 
vicount les gentz de lour mester enpledez 
de chose qe touche lour mester. (Lib. 
Cuslum., 1, 123,28, Edw. I,Rer. brit.script.) 

Qu'il su deporche don plait de quoi il 
empledde le bourgcis. (KoisiN, ms. Lille 
266, p. 32.) 

Un siens oncles t'en cmplaidoit , 
ïolir li veut sa teneure. 

(Gilles Ile Chin. 4255, Reiff.) 

Femmes ne pevent eslre ewplaidees pour 
leurs maris. (BouT., Somme rur., 2° p., 
f 54'', éd. 1486.) 

Se on les trouve dedens l'an hom les 
l>c\M emplaidi'r. (1460, Rfff. delà lempor. 
de l'éo. de Bayeux, i" 46 v», Chapitre de 
Bayeux.) 

Et liels tenants ne emplederont, ne ser- 
rant empledes de lour teuements per briefe 
le roy. (Littl., Inslit., 76, Houard.) 

— Interpeller ; 

El li Irailres l'emprenl a emplaidier. 

(Aubery le Bvurgoing, p. 7ti, Tarbé.) 

— Emplaidié, part, passé, qui a un pro- 
cès, plaideur ; 

Mors apaise les emplaidies. 
(Thib. de Mablt, Vers sur la mon, xixu, Crape- 
let.) 



EMP 



6.3 



— Qui aime à chercher querelle, à 
parler beaucoup ; 

La dame n'erl pas enplaidie, 
Ain» fu d'une manière coic. 

(.Couci, 470, Crapetel.) 

EMPLAiDoiER, - dicr, amp.,\. a., mettre 
en cause, traduire en justice, poursuivre, 
actionner: 

S'il en i a nul ki habitant de le vile 
emplaidié se ce n'est par tel devise ki ci 
est laite. (Dans d'Hénin, Tailliar, p. 402.) 

Amplaidioient ne travilloient nulz de- 
ceals (Fenal 1303, Cart. de Metz, Bibl. 
Metz 751, 1° 9 r».) 

Pur ceste loy peus et dois scavoir que le 
père pour le fait de son fils ne peut ne 
doit estre emplaidoie, jassoit ce qu'il soit 
encore en mamburnye au père. (BouT 
Somme rur., 2' p., I» 55", éd. 1486.) '' 

EMPLAiEu, enpl., V. a., cou\ rir de plaies: 

Li reis li a mande sovent 

Qu'il li fail lorl, si li anicDt, 

Ne li porte nute manaie. 

Ses renies prent, ses genz enplaie. 

(Ron, 3° p., 10770, Andresen.) 
A coni e plus, ço vus pnis jurer 
En i flst Itous les chies voter ; 
Il renafrent, si lui enplaient, 
Dnnt la sue genl mutl s'esmaienl. 

(Ben., D. de Nom., Il, 873, Michel.) 

— Emploie, part, passé; mai lien emplaié, 
plaie qui n'est pas dangereuse : 

Mes cis aient bonne menaie, 

(Jui de cete ficiche (de Beau-Semblanli esl plaies. 

Ses mans eu esl raielx einplaies: 

Car il puel tost santé alendre. 

S'en doit eslre sa dolor niendre. 

{Rose. 1136, Méon.) 

EMPLAiNDiiE, - pleyndrc, (s'j, v. réfl., 
se plaindre, porter plainte en justice : 

Il s'empleynt de trespas let si fresche- 
ment après le jugement. (1304, Year books 
o( tlie reign of Edward the first. ycars 
xxxu-xxxtll, p. 7, Rer. brit. sciipt.) 

EMPi.AiRE, V. n., plaire : 

Car quant plus sueffre li amans painne 
pour ses amours, et com plus li sont 
constant et plus \' emplaisenl Vi délit et ata- 
lentent des]iuis qu'il i puet avenir. (Estoire 
Julius César, ms. S. -Orner 722, f 141'.) 

EMPLAITE, voir EMPLETE. 
EMPLAITRE, VOir EMPLASTRE. 

EMPLANTER, c«p., V. a., planter : 
Tout le contour de ces rochers esl em- 
planlé de bois. (Desrr. de l'Ethiopie, p. 17, 
ap. Léon, Descr. de l'Afr., éd. 1556. ) 

— Fig., implanter: 

A ceste cause dirent que ces deux ars et 
sciences oroieiif par les Caldeyeiis esté en- 
plantees en Egypte, duquel lieu elles vin- 
drent aux Créez. (Chron. et hist. saint, et 
pro/'.,Ars. 3515, f» 105 r».) 

EMPi.AQUER, amplacquer, v. a., plaquer 
dans : 

Scellé d'ung sceau en cire rouge amplac- 
que en cire blanche. (1380, Concess. dl 
l'angal aux bourg, de Clerval, Anb. mun. 
Jloutbeliurt.) 

EMPLASTRATioN, S. f., emplâtre : 



94 



E.VII' 



Emplastrations de fueilles d'acetouse 
cuites en vin. (Brun de Long Borc, Cî/rttr- 
gie, ms. de Salis, 1» 29S) 

Le troisième est aceomply par la réduc- 
tion du t)oyau avec la main, olclystere, ft 
baina, et ventouses, et emplasiralion de 
lenitits. (Jour., Gr. Chir., p. 566, éd. 1598.) 

Il faut que le médicament suppuralirsoit 
chaud et humide, avec quelque emplasira- 
lion et viscosité. (Id. ,ib., p. 660.) 

— Action de poser un emplâtre, au fig.: 
Cela me faict craindre qu'on veuille l'aire 
quelque emplastration qui soit une vaine 
apparence, [ilustosl qu'un vray et salutaire 
remède. (D'OSSAT, Lelt., 23 avril 1600, 
éd. 16-24.) 

La langue moderne a gardé emplasiralion 
pour désigner une sorte de greffe. 

EMPi.ASTitE, -aislre,-aitre, amp.,s.m., 
emplacement, place à bâtir : 

C'est assavoir une maison, uns OHip/aslrcs 
et les appartenances. (1309, Arcii. JJ 41, 
f» 91 vo.) 

Avecques le pressour, pranges, meis, 
povirprls et euplaislres desdites mesons 
ainssi comme elles ce comporteul. (1324, 
Arch. JJ 62, f 119 r°.) 

Pourpris et cmplailres. (Ib.) 

Item Vamplastre d'une viez maison assis 
a la bouquelerie. (1336, Arch. JJ 70, f° | 
106 r».) 

Une pièce d'emplastre acquise de Beatris ' 
de Coulleges prisiee douze den. de rente. 
(Ib.) 

Item sur Vemplastre qui fu Roulin, une 
grant mine d'avainne... Item sur une am- 
plastre et pourpris, qui fu au chemin era- 
pres le pressouer. (1330, Arch. JJ 80, 
pièce 17.) 

Robert, duc de Bar, marchis don Pont, 
savoir faisons que lu maison, emplaslre et 
ediiiement, que les religieux, abbé et cou- 
veut de Saint Benoit en \Veyure ont eu 

nostre forteresse de La Chaulcie nous, 

désirant de tout nostre cueuer les biens, 
prouffls et utilités des églises et le divin 
service eslre augmentez, avons, de nostre 
certaine grâce especial, admorti et par ces 
présentes admortissons, et voulons que 
yceulx religieux puissent tenir et possider 
iceulz maison, emplaslre et place. (1377, 
Arch. de l'anc. abbaye de St-Benoît, np. 
Servais, Ann. histor.'du Bn?TO!s, I, 492.) 

Emplaistre, amplaslre. {Acle de 1410, ap. 
Le Moine, Diptomat.) 

L'n emplaslre en S. Père, auquel souloit 
avoir une niaisou. (Cft. de 1463, ap. Duc, 
V, 293''.) 

EMPL.\sTREMEXT, S. m., emplâtre ; 

Emplastrements desseichants la matière 
qui dellue. (JouB., Gr. Chir., p. 153, éd. 
1598.) 

F.MiM..\STRUR, V. a., Sceller, insérer: 
Nous appelons incerer ou emplastrer, 
quand une chose ou plusieurs sont dures 
et seiches d'elle mêmes, et n'ont pouvoir 
d'entrer aux métaux ne de mesler ne dis- 
soudre. {EUX. des Pliilos., p. 14, éd. 1357.) 

Pour avoir souldé deux grandes barres de 
fer pour les mectre a la pomppe du Murtho- 
ret et les avoir emplastrees dans la mu- 
raille. (lo62, Dêp. de deux jur., Arch. Gi- 
ronde.) 

— Coinrlr d'un emplâtre: 



EMP 

Je Vemplaslreray tant qu'il soit guery. 
(Palsgh.we, Esclairc, p. 691, Génin.) 
Cf. Emplastrir. 

EMPL.\sTRiR, V. 3., Insérer, sceller: 

Premièrement la chose que l'on appelle 
elixir, purger, sublimer, calciner, distiler, 
résoudre, rongeller. incerer ou emplastrir. 
{Elix. des Philos., p. U, éd. 15S7.) 

EMPLÉ, s. m., le poursuivant en jus- 
tice : 

Coviendra especifier quant centz des 
acres, choses de h'^stes, et en qui seisine, 
solon ce que Vempli- déclama especialement 
en court. (Britt., Loix d'Angl., f» Ibl, ap. 
Ste-Pal.) 

ESIPI-EBEMENT, VOir EMPLAIDEMENT. 
EMPLEDIER, VOIT EMPLAIDIER. 

EMPLEix, S. m., plaine, terre-plain : 

Kn un emplein nnt prise lar estage. 

(fio/., 3l2a, ïar.,Mûller.) 

EMPLEMENT, S. m., action de remplir' 
se compléter : 

C'est tout vraiement que je face la dis- 
position de tout le monde et les vertus del 
commencement des elemenz, et X'emple- 
menl et la moitié et le restorement des 
tens, et les muemenz et les aemplissemenz 
des tens. {Bible, Maz. 684, f" 13=, et Richel. 
901, f 13''.) 

EsiPLER, enpler, impler, verbe. 

— Act., remplir, combler : 

E emples chesquune beste de beneieun. 
(Lib. Psal., Oxf., cxuv, 17, .Michel.) 
Tant quierent de vitaille que toute la nef emplenl. 
(Ayc d'Avign., 235.^>, A. P.) 

Ta vas preeschant atenanr.e. 
Voire voir, mes j'emple ina pance. 

(Itose, Ricliel. IS'S. f fli"-) 
De ilonche oiidonr senti .i. flair 
Qui tonte emploit et lai et l'air. 

(iiir. de Si Eloi, p. 23. Peisné.) 
Que nous tend rouis et empleroms entiere- 
i ment les covenaunces. (1278, LcIt. du D. de 
lirab., Bym., 2' éd., t. II, p. 102.) 
Encor cloes de fnst façoient 
Et de pierres si les imploient 
Que... 
(J. DE Priorat, Liv. de Vegece, Ricliel. IGO-l, 
1 f° 59M 

I Euquel drap y a quatre grans leons em- 
plans le champ de ladite chape. (H76 Joy. 
j égl. Bay., f° SO'', Chapitre de Bayeux.) 
I II prent une couppe d'argent, si Vemple 
d'eaue. {Lancelol du Lac, 2' p., ch. 119, éd. 
! 1488.) 

; S'il y a quelque contention ou division 

j en la ville, quelque meurdre ou quelque 

larrecin, l'on remect tout au juge et luy 

emple l'en toute sa main. {Contred. de 

Songecr., f 106, éd. 1330.) 

— Réfl., se remplir : 

Il s'eschaufe de bon vin et s'emple de 
grans viandes. (J. DE Salisb., Policrat., 
Richel. 24287, f'>91''.) 

Qui tant de jalousie s'emple. 
(Jaloux qui hat sa fem., Poés. fr. des xv' et xvi° 

s , III, 16i.) 

— Neutr., dans le même sens : 

Les rnes impleiU de la gent mescreaot. 
(IIerb. Leduc, Foutq. de Candie, Richel. 25518, 
f» 121 r°.) 



EMP 

Et se elle repare an temple 
Qui de peuple mainle foiz enple. 

(Clé d'amour, p. ifi, Tross.) 

— .A.ct., accomplir : 

Mon cœnr n'a garde d'estre sain. 

IMonnyere, quant je vons contemple. 

Jusque se que voslre rœur emple 

Et asouvice mon voulloîr. 
(Farce de deiilz getitihhoptmes et le nwuntjer, p. ^2. 
ap. Ler. de LIncy et Michel, Farces, Moral, et 
serm.joij.. t. II.) 

EMPLESsiER, enp., (se), V. réfl , se dé- 
tourner, changer de vie : 

Maintenant ooblienl Inr veu, 
Et se rabandonent au feu 
Del mont et a la convoitise 
Qui a malfaire les .Tlise, 
Ja por çou ne s'enplesieront 
Ne mal a faire n'en laironl. 

(Sle nais, Ars. 3:;27, f» 13".) 

EMPLF.TE, - elle, - aile, - oilte, ampl., 
s. t., affaire de guerre,vigueur guerrière : 

Anglois sent gens de fait et d'emplaite, 
et an cas que vous les ayez vous en ferez 
bien vostre emplaite et bèsonsne. (Froiss., 
Chron., liv. IV, p. 222, éd. ig."9.) 

A cest assanlt la et amplete 
Si furent lors failz chevaliers 
Cousinol, Rivière, Fayele. 
Et antres vaillans escuiers. 
(Martial, Vig. de Cliarl. Vit. K IllI, éJ. 119,3.) 
Talehot si estoit monlé 
Sur une petite haqnenee. 
Et autres près de son coslé 
Huit cens ou mil Angloys A'amplelle. 

(Id., tO., N I.) 
Mnis l'en jetta une bombarde 
Contre les murs de telle amplelte 
One fist ung pertuys et passade 
Ou eust passé une charetle. 

(Id., ib., K III.) 

— Emploi, place, position : 

Vemploilte me sembleroit bien plus 
rovale. (.Mont., Ess., 1. III, c. 6, p. 80, éd. 
1395.) 

.Morvan, emploite, place, position. 

EMPLEURER, VOÎT EMPLORER. 
EMPLEYKMENT, VOIT EMPLOIEMENT. 
EMPLEYXDRE, VOÎT EMPLAINDRE. 

1. EMPHER, V. a., remplir : 

Conppps et henaps empiler. 

(J. Lepevre. la Vieille, 180, Cocheris.) 

2. EMPLiER, voir Amplier. 
EMPLiQUER, V. a., embarrasser, en- 
gluer : 

Visco empliquer, engluer. {Catholicon, 
Richel. 1. 17881.) 

Guernesey, emplôquer, enlacer, entor- 
tiller. 
EMPLIR, voir Amplir. 
i EMPi.issEMENT, emplijssement, s. m., 
action de remplir, de compléter : 

De cuer arnnt emplissemenl 
Et joie panlnrablement. 

(ttom. de S. Graal, 919, Michel.) 

Selonc Vemplissement desjors. (Gdiart, 
Bible, Ezec. ms. Ste-Gen.) 



EMP 

Empllssement, implecio. {Gloss. galt.-lat., 
Richel. 1. 7684.) 

— Accomplissement : 

Pour la deffaute de VemplissementeX de la 
puarantie des couvenanz. (Dec. 1290, Ch. 
du vie. de Baieiix, Trinité de Caen, Arch. 
Calv.) 

Li emplissemens de ta sainte -rolenté soit 
a moi souvraine consolation. (Vie de S. 
Franc. d'Ass., Maz. 1351, f°64^) 

Mes saches qne se Tenuz sni 
Qa'enpiissfment face de lui (de la loi). 
(Macé de i\ Chakité, Bible, Ricliel. 101, f° 139''.) 

— Paiement complet : 

Jusques a planier emplissement d'icelles 
(debtes). (1319, Arcli. J.I 58, î" 25 v».) 

EMPLOE, S. t., petite cai'afe, burette 
dont on se sert à l'église : 

Une emploe d'alebastre ou de cristal. 
(1387, Arch. JJ 130, f» 116 r».) 

EMPLoiAL, S. m., marché : 

Du commencement des balances duques 
a Vemploial des poissons. {Hagins le Juif, 
Richel. 24276, f' 4 r».) 

EiiPLOiANCE, S. f., action de ployer : 

Implicatio, emploiance. (Gloss. de Cou- 
ches. ) 

EMPLoiEMENT, - oycment, - eyemeiït, 
s. m., action d'employer, emploi, usage ; 

Voulans que lesdits assiettes et paye- 
ments, qui par vostre ordonnance auront 
esté laiz en ceste partie, soient d'autel 
effect et valeur en toutes choses en em- 
ployement et allouement de comptes et 
autrement, {Lett. andpap. illustrât, of Ihe 
wars of Ihe Eiigl. in Fr., dur. the reign of 
H. YI, p. Lxxv, éd. 1861.) 

Et ferra chescun des ditz hostes registres 
et escrier en un livre de temps en temps 
toutz les ditez uiarchandisez que les ditez 
marchantez aliens averont et resceyveront, 
et toutez les vendes, achates, contractz et 
empleyementz qu'ilz feront per lour scieu 
et survieu, et le transcript eu ferra porter 
devant les tresorer et barons del escheker 
du roi deux foitz per an. (Slat. deHenriVI, 
an xvill, impr. gotb., Bibl. Louvre.) 

Que chescun tiel marchant qui amesne 
ou face amesner desore en avant ascuns 
marchandises et lez dischargera deins 
ascun porte ou lieu dudit roialme les mette 
a vendre per survieu des ditz hostes et face 
pleyn emploiemenl de toutz mesmes les 
marchandises forsprises toutes maners de 
draps d'or, d'argent et de soye dedens 
seps moys... (76.) 

Sans ascun employement du dit or et ar- 
gent. (Ib., an XXV.) 

Beslowyng, employement. (Palsgrave, 
Esclairc, p. 198, Génin.) 

Employement et despense. (R. Est., Pet. 
Dict. fr.-lat.) 

EiiPLOiER, enp., V. a., plier dans, 
mettre dans, enfoncer : 
Que parmi le 'ors li enploie 
Le fer dont la lance ne ploie. 
(Perceval, ms. .Montpellier H 249, (" 251".) 
El vit de rarm[e]ure son achier li emploie. 

(Li Dast. (le Iluitlon, 62i, Scheler.) 

— Par extension, placer : 



EMP 

Apres celui eslurent dont Garin le Poliier ; 
Ne sorenl la corono allors miax ampioier. 

(J. BOD.. Sax., IV, Michel.) 
Et se vous vees que la corone soit mius 
emploie en l'un de vous qu'en moi. je m'i 
otroi volentiers. (Chron.de Rains, p.i48, L. 
Paris.) 

Et nous ne veyraes ou li roiauraes de 
Jherusalem /"«stmius emploksQne en vous. 
{Ib., p. 86.) 

— Appliquer, asséner : 

Et la beste s'est eslaissie. 

Seure [i court, che m'est avis, 

Lanchier le cuide en mi le vis; 

Î^Iais Gerars son mante] li ploie. 

Li serpens son cop i emploie. 

Tout le brulle et art et esprenl. 

(GiB. DE MoNTB., Violette, lOlS, Michel.) 

Qui li veist l'espee manyer 
Seurement et ses coups employer 
Ne deist pas qu'il eust cuer lanîer. 

(Ei!f. Ogier, 6141, Scheler.) 
ChascQQS des princes son coup i emploia. 
{Ib., 7100.) 

— Emploier une faveur, l'adresser, l'of- 
frir, l'accorder : 

Bien enploiames l'ounour et la douçour 
Que li moustrames, je et vous, l'autre jour. 
{Eiif. Ogier, 67i4, Scheler.) 

EMPLOiEUR, - oyeitr, s. m., celui qui 
emploie, qui se sert de : 

Ledit Jehan Bardel promist par sa foy 
les dites .xxix. 1. .xv. s. de croiz de cenz... 
et emploier en ladite melioracion les dites 
.V. c. 1. ; pour ce ans prières et mande- 
ment dudit Jehan Bardel se hrent et chas- 
cun pour le tout et establirpnt en bonne 
foy pièges et principaus deteurs et em- 
ploieurs, et tant eus comme ledit Jehan 
Bardel obligierent pour cest amendement 
mettre. (1304, Cftarf. de Ph. le Be(, Richel. 
1. 9785, f» 210 V».) 

Sept bulles par lesquelles les papes Clé- 
ment V, Jean XXII, Clément VI, Urbain V, 
et Clément VII, excommunient tous ceux 
qui forgent fausses monnoyes, les achep- 
teurs et employeurs d'icelle. (Uu Tillet, 
Recueil des Roys deFr., p. 44i, éd. 1618.) 

EMPLOiTER, -plaider, v. a., employer: 

Peu de gloire me semble accroislre a 

ceulx qui seulement y emploictent leurs 

oeilx, au demeurant y espargnent leurs 

forces. (Rab., 1. III, prol., f» 7 v», éd. 1S52.) 

Morvan, empiéter, faire des emplettes. 

EMPLOiTTE, voir Emplete. 

EMPLOAiBER, - plomcr, V. a., garnir de 
plomb ; fig., alourdir, appesantir : 

Lequel des dieuj enipenna de fureur 
Ton dard meurtrier a la pointe dorée? 
De quelle main fut la niieu.x enferrée, 
Et quelle trampe emplomlia sa vigueur? 

(II. Belleau, Poés., I, 148, Gouverneur.) 
L'oisiveté qui trahit les desseings, 
Emparessoit. sons l'oubly d'ignorance, 
L'esprit couard, contente d'apparence, 
Qui emplomboit mes pensers les plus sains. 
(LoYS LE Caro.\, l'oés., f° 71 V», éd. 15S4.) 

— Emplombé , part, passé , garni de 
plomb : 

Pour pescher en vivier, ou en estang, on 
doit avoir des filez qui ateignent de l'une 
rive a l'autre, emplomez dessoubz, et non 



E.MP 



65 



pas dessus, afin que le filé aille au fonz de 
l'yeaue. (Chasse de Gaston Pheb., ms. 
p. 299, ap. Ste-Pal.) 

— Fig., alourdi, appesanti : 

Ils avoient les oreilles tellement etn- 
plombees et sourdes qu'ils n'entendoient 
ce que leur disoit le loup. (Lariv., Facet. 
Nuicts de Slrap., X, m, Bibl. elz.) 

— S. m., sorte d'instrument garni de 
plomb : 

Ceux qui suans en la carrière 
Laissoieut leurs comp.'igaons derrière 
Et ceux qui de grands emplombez 
Meurtrissoient la cbarr empoullee. 

(Ro.is., Od., V. II, Bibl. cli.) 

EAIPLOMER, voir E.MPLOMBEH. 

EMPLORER, - orrer, - ourer, - eurer, 
enpL, anpl., v. a., pleurer : 

Ore est ocys 

La tlur de pris, 

Que taunt savùii de guerre, 

Li quens Montfort; 

Sa dure mort 

Molt enplorra la terre. 
(Compt. sur la mort de Sim. Ji .voulforl, Brit. 
Mus. Harl. 2â33, V 59.) 

— Emploré, part, passé et adj., fondant 
en larmes, qui est dans les pleurs, pleu- 
rant, larmoyant, éploré : 

De pitié et de joie fa checuu enptorez. 
(Fierabras, Vat. Chr. 1610, f» 90''.) 
Moult faisoit laide chiere, et moult ert emplouree. 

(lierte, xvi, P. Paris) Scheler, esploree. 

Silènes ot .i. enfançon. 

Dont je vos di en cest sarmon, 

Qne puis le jor que il fu nez 

Fa li enfes ci enplurez 

Qu'oaques la mère ea son vivant 

JNe pot fere mengier l'en faut. 
(Naliu. iV.-S., Reiosch, die Pseitio-Ecangelie», 
p. 57.) 

Maintes dames en seront a toz jorz mes 
emplores et en larmes. (Voy. de Marc Pot, 
0. CGVlli, Roux.) 

Tristes, dolens, mas, emploures. 

(Rose, 15148, Méon.) 

Tristes, dolanz, maz, anploures. 

(Ib., Ilichel. 1573, t° 1-25".) 
Qui plus haut brait et crie, qui plus est emplourez. 
(J. DE Meu.\g, Test., Val. Chr. 367, f» 8''.) 

emplorez. 

Uu., ib., 417, Méon.) 

De dolear, de tourment et d'engouisse enploree. 
(Girart de Ross., 5930, Mignard.) 
Si ont i] grant compassion 
Du peuple triste et emplouré. 
Une nuit ot pour euU ouré. 
(Comm. le Roi Sounain fu mort, ms. Avrancbes 
1682.) 

Hz sont tristes et emplourez. (De vita 
Chrisli, Richel. 181, f» 114».) 

— Avec un nom de chose : 
Elle aie visaige tout empleurc; 
D'oa lay vient ceste melencolye I 

(Greban, Mijsl. de la Pass., Ars. 6431, f 116°) 

EMPLovoiR, emplouvoir, enp., verbe. 

— Neulr., pleuvoir dedans ou intérieu- 
rement : 

lmpluere,ejnpioi;oJr. (Gloss. deConcties.) 
Impluere, emplovoir. (Gloss. lal.-fr., 
Richel. 1. 7692.) 

9 



«6 



EMP 



— Act., arroser de pluie, arroser, au 
propre et an fig. : 

Et esjois^e foi la (erre, ce est sainte 
eplise qui cist cii'l ovt ernjilene et arossee 
de la piiiie ries siiinli-s esirilures. {Comm. 
s. les Ps., Ridiel. il63. p. 284» ) 

Et nous nroserl el enpivevent de la doc- 
trine df l'evfiufiile. {Jb., p. 287^) 

— Emplev, part, passé et adj., mouillé 
de la pliile, arrosé, couvert de pluie : 

• Cel malin pinl, si (Ist moll lait. 
Si fu Gerars mn!t bien niiplus 
Et encor li fo de chou plus 
K'il aloil a pif. sans clnval. 
iGiB. DE MoNTR., Violette, 1358, Michel.) 
... A la dame mesaviot, 
Qne Sires Ilcrncus ses maris vint, 
Toni emplus rt loi inpcleî. 
(Df la Dùme qui f^l trois lois entor le moslier. Ri- 
che!, l.sgs. f" 6i'.) 

Onar souvent ninnilliei el enyilus 
Y sui, et rhaul et Iressuez. 
(Dits de Bautl. de Condé, Ars. 3524, (" 6».) 
Moillies esloil et enpteux. 

ySept So(ies, 2567, Relier.'» 
DolaDAj mornes, trislres, pensis 
Est a Saiul Quenlin reMnns, 
Mal aloDrnes, mtillies, etiphis. 

(Covri, 2514, Crapelet.) 
Toute celle nuit il dcnienloit et disoit : 
Quans y en a il d'emboes quans d'emplevs, 
et quans qui fslrainf.'i](Dt les dens de Iroit 
qui doimeni en nii le marchié. [Légende 
dorée, Maz. 1333, f» Bl"-.) 

Pollinires qui pnrceue et la lor en et 
moDt prnnt joie, qunr trop esloit debalus 
et démenés de In priiut Imipeslc. Tant ala 
ewplevs et a mal aise qu'il entra en la vile. 
(Estories Bogier, Hidiel. S0I25, f° 95=) 
Sommes chanlj, frois, mouMlez, emplus, 
Nostre vie sur pon se fonde. 
(EusT. Deschamps, Poés., Richel. 840, (• 348'.) 

— Plein de vin : 

Et tant bni qae si fui emplus. 
(Watriqoet. rff /a Fontaine d'amours, 174, Scheler.) 

— Faire le coc empleu, eslre comme lecoc 
enipleu, faire la poule mouillée ; aller timi- 
dement et mollement à quelque chose : 

Tproopl. Iproupi, bevons hardiement ; 

Ne faisons si le coe eviplut. 
0. Bon., li Jus de saint Nicholai, Th. fr. an m. à., 
p. 183.) 

Molt fttisoil le coc empleu 

Li papelarz, li yporrites. 
We ilonocho in flumine periclitotn, 152, ap. Mi- 
chel, /). de Norm-, t. III.) 

Et je las qni sni enrbeus, 

Sni comme li cns empitus, 

Chiere encline corn afoler 

Et comme li maslin fonlez. 
(Du vilain Asuier, 14'J, Mcon, Nouv. Hec., II, 240.) 

EMPL t;M AILLE, - oîifte , S. t., luse de 
chasse pour prendre les oiseaux de rivière; 

De cœtero uuUus ausus eril aves ali- 
quas caperc cuui quadan: arle vocata em- 
plumailhe sive capusier<i, sive cum quibus- 
daui aliis artibus anliquis. arte tanien 
prœdicta vara dnntaxat excepta. (1311, 
Charte tr.érid., Arch. JJ 47, pièce 130.) 

EMPLUJiÉ, adj , couvert de plumes T 

Prince, on a lis, chambre mal ordonnée, 
Gros draps et dors, sanz fenestre fermée. 
D'une coule ma couverture y truy. 
Sans cuevre chief, on a robe emplumee. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 810, f» 358'.) 



EMP 

EMPLtJMEOR, - eovr, cvpl., s. m., p.-6. 
celui qui se sert de la plume, qui écrit 
des caractères magiques, enchanteur : 

Or quiert Vevplvvieor Merlin. 
(U. DE IIOD., Heratiijis. lus. Vienne, f° 14".) 
Merani;is erre, qui va qnerre 
Venpiumeor en mainte terre. 

(iD., i*., (• 17'.) 



Querre V enplumeour Merl 



(iD., a., 1M8'.) 



Celc respont : Esgardez moi, 
Vezci Venpiumeour, jel sni. 



(In., ih.) 



LI nains me dist, pins a d'un mois. 

Si jaraes Irover le dévoie 

Nnl jour, que parler en orroie 

Ici, a cest nuplumoer ; 

Mes je me sui veuuz joer 

A la muse par ça delors. 

(ID., ib.) 

EMPLUMiEii, amp., V. a., flatter, ama- 
douer ? 

Mes bien sachiez de voir ne vos voil amplumier. 
Que an leu de merci vos vodrai dcsfier : 
Ne voil que me puissiez de traison reler. 

(J. BoD., Su.T., ccLxxiii, Michel.) 

EMPLuviÉ, ejï!p;«i/p, enp., adj., mouillé 
de la pluie, couvert de pluie : 

Pluviatus, enpluviez. (Catftofi'con, Richel. 
1. 17881.) 

Je Savoie bien que vous venriez tout 
mouUié et tout emplvyé. [Ménagier, 1,160, 
Biblioph. fr.) 

EMPLUYÉ, voir E.MPLUVIÉ. 

EMPOENTABLE, adj., épouvantable : 
En cel cas paoureus et empoentables, 
aucuns escbapent et aucuns sans lésion de 
cors meurent. (H. de Mondeville, Richel. 
2030, f ^02^) 

EMPOKNTER, etip., V. a., épouvanter: 

La famé fu enpoenlee. 
(J. Lemabchant, ilir. de y.-D., ms. Chartres, 
f° 14».) 

Deus ! quant crieront ; Outrée! 
Sire, aidies a palerin ! 
Par nui sui enpoenlee 
Car felOQ sontSarasin. 

(Lai D.4ME dod Fael, Chans.) 

EMPOENTiR, enp., V. a., épouvanter : 

Si qu'el ne fus! enpoenlie 
Tant qne li faillist cors et vie. 
(J. Le Marchakt, Mir. de H.-D-, ms. Chartres, 
P 24'.) 

EMPOiER, v. a., empoisser, enduire de 
poix : 

Ces nefs clouées ne sont pas empotées, car 
ilz n'ont point de pois. {Liv. de Marc Pol, 
CLVII, Pauthier.) 

EMPoiGNAL,adj., garni d'une poignée : 

Les frères fist monter 
Li rois sur deus chevaus, 
A ctiascun lîst baillier 
Une lanpe empoignai. 
(Le Jugement Salemon, Kichel. 1593, f 172''.) 

EMPOIGNANT, part. prés. et adj., em- 
ployé comme adverbe, énergiquement ; 

Il dit a celui : N'entens tu pas encore 
que je suis philosophes? cil li dist molt 



E.MP 

empoigvavt : Je l'euse entendu, se lu te 
fuses tenus. (HoECB, de Consol., ms.Beme 
365, f» 20 vo.) 

EMPOiGNEOR, S. m.,celui qui empoigne 
une arme, qui la tient dans sa poignée : 

Aprei Garsile t'en voit par grant îrour, 
A soi mfisrae a dit Veinr-oigneor, 
S'il li eschipe, jaraes n'aura honor. 

(Olinel, 2002, A. P.) 

EMPOiGNEUUE, - «re, enp., s. f ., poignée: 

Mont fut bien faite Venpoignure. 
(ROB. DE Blois, Poés., Richel. 24301, p. 567".) 

Concernant les arbres niontans que les 
fermiers ont plnntes et cultives, ils doivent 
estre hors de \' empoigneure de I honme,au 
moins nu dessus de huit pouces de circon- 
férence, a la biiiiteur de l'honme. (Cout.de 
la seign de Pilgam, rubr. IV, art. II, Nouv. 
Coût, pén., I, 542.) 

EMPOiLLiF.K, empouiller, v. a., ense- 
mencer, garnir une terre : 

S'aucuns fait paisire une beste ou plu- 
sieurs en aucune terre empouille[e] ou en 
aucun jardin ou près qui ne soit encores 
despouillé, soit de jour, soit de nuyt, l'a- 
mende est arbitraire. (Coust. du xiV s., 
Arch. législ. de R-ims, i' p., vol. I, p.XI.) 

Enft emblavée et empoilliee a froment... 
une pièce de terre. (1415, Arch. JJ 168, pièce 
383.) 

Heritnpes empouilles aboutissans sur 
chemins publiques aux issues des villes et 
villages sont tenus de cloison depuis la S. 
Marc, vignes depuis l'Assomption {Coût, 
de Gorze, xvi, 20, Nouv. Coût, gén., II, 
1093.) 

Pendant le temps que les terres sont 
emblavées, il est prohibé mener bestes 
pasturer aux champs tenants et contiguz 
auxherilapes empovillez et emblavez, avant 
le poinci du jour, el de les y tenir après le 
soleil couché. (Coiit. de S.' Mihiel, Nouv. 
Coût, gén., II, 1058.) 

Empouiller, v. a., se dit encore pour 
signifier semer les blés, dans quelques en- 
droits. 

EMPOiNDRE, evp., omp., verbe. 

— Act., frapper, porter un coup à : 

Li bers Vempoint. et li vassanj chai. 

(Les Loh.. ras. Montp., C 70".) 
L'cscn II coupe et l'aubert 11 rompi. 
Empoint le bien et li vassaus chai. 
(Garin le Loti., 2' chans., xxxv, p. 174, P. Paris.) 
Apres les dos les empoindrons 
Et en le", sen les enclorrons. 

(Bf.n., Troie, ms. Naples, P 15".) 
Li bers X'ampoinI et li corps est chen. 
(De Chnrl. et des Pairs, Val. Chr. 13G0, f° 20'.) 
Enpoiat le bien de grant vertu. 
Contre terre l'a abalu. 
(Floire el Blanee/lor. 2' vers., 1069, du Méril.) 
Parmi le cors U raist l'espié d'acier, 
Enpoint le bien, si l'ait fait trabnchier. 

vGfr. de liaiif, 2G9, Bekker.) 

Si Vempoint de sa lance qu'a terre mort le rue. 
(Girart de Ross., 1950, Mignard.) 

— Absolument : 

U enpoint de vertu, si l'a mort craventé. 
(Fierabras. 4343, A. P.) 



Si a tant hnrté et empoint 
Que la chose est venue a point. 
(Chans., ap. Dinani, Trouv. Brab., 



. 45.) 



EMP 



K.MP 



E.MI» 



67 



— Act., pousser, lancer avec force : 

El Ëreut les royaulx amener charrios 
tous charges de buselie seelie et bieu ointe 
de saiQ et de graisse pour le feu boutter 
dedens et eulx ardoir. Et ainsi les enipoin- 
dreni a la porte. {Gr. Cliron. de Fr., Ist. 
du gros roy Loys, vil, P. l'aris.) 

Se lu abandoQoies Ion voile as vens, lu 
n'iroies pas ou tu vorroies, mais ou li 
vens l'empoindriiil. (Coiisol. de Hoece, ms. 
MoQtp. H 43, f" 5''.) 

— Enfoncer : 

S'en Toslre escu est la croii pointe 

Et ea To cuer p:irfonl enpinnle. 

(G. DE Coi.NCE, iUr., ros. Soiss., f 146*.) 

— Réfl., s'élancer, comme s'empajndre: 

Drescent lear voiles, si s'empnignent en mer. 

(Les Loh., Richel. 4U88. f° I9j t".) 

Ea mer s'empoignent, pais siglerent. 
(Wace, Conception, Bril. .Mus. add. 15606, 

r» 37=.) 

Les patrons firent leur recommanda- 
tion a Dieu, que Uieu par sa bénigne grâce 
leur laisse faire et accomplir leur voyage, et 
puys s'empoindirent eu la mer. (J. d'Ar- 
RAS, Melus., p. 1-28, Bibl. elz.) 

— Act., fig., appliquer : 

Cui Dens at doneit sens za Inrt vers moi s'oie. 
Et enpoinge son cuer a enleadre la vie 
De celui... 

(Vie lie S. Alex., ms. Oif. , CaaoD. mise, l-i, 
f° 1.) 

Et Toit et esperanche et commans Dien tenir 
Et tôt enpoindre a Dieu son cors et son espir. 
(De SI Alexis, 108, Heri.) 

— Inf. pris subst., impulsion naturelle, 
instinct : 

Les bestes... seloac lor conceptions 
n'uevrent mie, mais selonc le movemenl 
et i'empojiidre de nature. (LiArs d'Amour, 
I, 3, Petit.) 

Cf. Empaindbe avec lequel il semble 
avoir été quelquefois confondu. 

1. EMPoiNT, enpoint, s. m., attaque : 

A ce premier empoint dont je vous vois parlant, 
Alerenl nos FMn(,'ais les Engluis si ponssaot 
Oui les font recu'er .xx. pit'z, mon escient. 

(Cov., Du Guesclin, 2-2361, Charrière.) 
Sy en renforcent lor enpoint 
Et lor chaple. 

(Pastoralet, ms. Brox., f* 51 v".) 

2. EMPOiXT, adj., en bon état, en bonne 
disposition, dispos : 

Si n'est il que frapper en coing 

Et hanler en miintz dl^e^s lii;iix, 

Eslre tousjours ;:eiit et empoinct. 

Et en tout temps e.tre amoureux. 
{Sermon joyeux d'un Depuceileur de nourrices, Poe's. 
fr. des lï et xvi" s., VI, -200.) 

Pour ie dernier ranc de la bande. 

Sommes nous pas promptz et eutpnincti. 

Bien emplasirez au bras la banJe, 

Par des.'oobz je joly pournoincl ? 
(Le Triumphe de dame Yerolte, PocS. fr. des xv° et 
ivi" 8., IV, 201.) 

— Bien empoint de, bien équipe de : 

Le roy monta bien empoint de ses ar- 
meures a cbeval. {Percefurest, vol. III, ch. 
20, éd. 1528.) 

l. EMPoiNTE, s. f., syn. d'enquête : 
Li meslre de la chambre des enqueslo, 
ne peuvent jugier les causes de héritages 



mesmemenl de l'héritage le roy, mesquant 
il auront veu les enquesles et empoinles il 
les raporleront en la granl chambre. (1316, 
Ordm. de l'osl. le roy, Arch. JJ 57, f" 66 v«.) 

2. EMPOINTE, anp., enp., s. f., choc, 
poussée, attaque, charge : 

N'y oust tant hardi ne tant coînte, 
Di^s que je ver-; eux fis m'empointe. 
Que lors ne s'en tornast fuiant. 

(Renart, Suppl.. p. 135, Chabaille.) 

A celle empointe les ont moult malbaillis. 
(Guijiion, -2166, A. P.) 

Li nief Gaydon vont ferant raaicment, 
A celle empointe en trebuchierent .c. 

a*., 7*87.) 

Mesire Y. fu abaitus a icelle anpointe. 
{Mort Arlus, Richel. 24367, f» 77''.) 

Les maislres des Sarrasins donnèrent a 
prant empointe un si Ires grant assaut a 
ceux qui gai-doient les murs. [Gr. Clir, de 
Fr., Phelip. le Bel, vi, f. Paris.) 

Et adonqnes en ceste empointe 
Les nostres reculer convint. 
(Froiss., Poés., I, 303,2781, Scheler.) 

— Entreprise ou circonstance difficile : 

Qui n'aidera en ceste empointe, 
Qui ci fera le mesacoinle, 
Poi priserai tout l'autre afere, 
Tant sache le papelart fere. 
(ROTEB., la Complainte d'Outre Mer, I, 92, Jnbinal.) 
.... A ceste enpointe. 
(iD., (*., Richel. 1593, f 59 r°.) 

Cf. E.MPAINTE avec lequel il semble y 
avoir eu quelquefois confusion. 

1. EMPOiNTiER, amp., 7. a., enfoncer 
par la pointe, et par extens., enfoncer en 
général : 

Et desoz chascone memale 
Li ampoinliez suz la forcelo 
tjne espee. 
(Dou pecliié d'orgueil laissier, Brit. Mus. addil. 
1560G. f» 112=.) 

— Empointié, part, passé et adj., pointu, 
aigu : 

.... Mais ne sai poindre 
Ne mouitrer ne dire les poins. 
Qu'assez pire ne soit li poins 
D'envie par mesdisans pointe. 
Que de nul venin ne de pointe 
De coûte!, tant soit empoiuliez. 
(Watriquf.t, de l'iraigne et du crapot, 176, 
Scheler.) 

Les .111. ars empo'ml'iez qui portent le 
coslé de la cbappelle devers l'église. (1490, 
Arch. K 272.) 

Le >cor|iion gresleus et empointe. (Grevik, 
CEuv. de tiicandre, p. 13, éd. 1567.) 

2. EMPOINTIER, - ter, enp., verbe. 

— Act., avec un rég. de chose, préparer : 

Geste guerre moult bien apointent. 

(Athis, Ars. 3312, (' 91 v», col. 1.) 
empointent. 
tVar. indiqués dans la copie de Sainte-Palaye.) 

— Garnir de ce qui est nécessaire : 

Lasse ! quel bliaut me vesti 
Amours, quant Ylles m'acointa I 
E le coisi, e le enpointa, 
De dolor Ost la gtronee 
Qui m'a trestote avironee. 
De Ions sospirs, de gries espoinles 
Fisl les coustures et les pointes. 
(Gaoi., Ysleel Gâter., Uichel. 375, (' 309^) 



— Avec un rég. de personne, mettre en 
bonne situation : 

Je vos i cnit si empointier 

Qu'il vos fera encore eveske. 

(G. deCoi.vci, ilir., Richel. 2163. f "'.) 

Je vos i cuit si enpointer 

Qu'il vos fera encor evesque 

(Id., ib., mi. Brux., P 8''.) 

— Réfl., s'arranger, se viitir : 
Et ricement bien m'empointai 

Le jor que premiers l'acointai. 
(Gaut. d'Arra»;, Eracle l'Emp., Dinanx, rrom. 
artés., p. 1!):),) 

— Empointié, part, passé, soutouu : 
Joustes i ot bieu emptiinties, 

Escuz perciez, lances froissies. 

UMis. Ars. 3312. I" 1-23S var.) 

E.MPOINTUUEK, voir E.'tfPAINTURER. 

EMPOIREMEXT, VOlr E.MPIREME.\T. 

EMPOIS, adj., monté ? 

Les ira assaillir a .m, Macedoumis 
Pour fere cens descendre qui 1 issni oanc empois. 
.....(Geste tl'Àlij.-'. aicnel. 2136J, 1° 15 r».) 

EMPOISGHEUa, voir E.MPEECUE0R. 

EMPoisE, S. f., poix : 

Que l'yawe sort la endroit fors, 
l'^nQamee s'en est sortant 
Ausi com empuise boillant. 
(Gautier de Me<, ilappem., Ars. 3167, f 23 v».) 

— Empois : 

Que nus feutriers ne soit si hardis qui 
niece empoise en feutres. (Uans aux échev., 
00, l" 20 vo, Areb. Douai.) 

Nus chapelier ne doit mètre empoise ne 
cole en ses chapiaus. (Est. Boil., Liv. des 
mest., l'' p., xci, 8, Bouuardol.) 

EMPoisEE, s. f., grosse pierre de taille • 
A niaislre Gerarl Sinlier pour la façon de 

quatre empoisees mises es molius de Loire. 

(1438, Compt. de Nevers, CC 4U, f 21 v», 

Arch. muu. Nevers.) 

E.MPOISE.MEXT, S. m. 1 

Ce bon docteur esloit nommé Pseudon- 
nanthauon, 1res sçavant inaisire es ars de 
sa profession, qui estoieut uia.:ie, cabale, 
falsification de qualilez, poix et mesures... 
einpoisement, empuisemeni, empoisonne- 
ment. (Aleclor, f° 35'=, éd. 1360.) 

EMPOisoxEMENT, enpuisonement,enpui- 
seneinent, ampoinsenemeni, s. m., odeur 
puante, qui empoisonne, poison : 

La sesme (peine) est île pjours et VeiipiL-ienemens 
(Des t'oines d'enfer, Richel. 21132, f 9i v".) 
... Graoz enpnisonemenz,, 

(II/.. (° 96 r".) 
Mors fut, venaus de Rome, d'ung ampmn.ienemenl 
C'ungs juif li donna au lieu qu'on dii iNautue. 
ifitr. de Itoss., 191, Mignard.) 

EMPOISONNER, V. a.; estre empoisonné, 
avoir bu une potion, un philtre : 

Comment Gérard après ce qu'il fut em- 
poisonné, fut fiTU de l'amour Engleuliue. 
(Ger.de iSecers, I, xxix, p. 138, éd. 1723.) 

EMPOisoNEiiESSE, - onneresse, adj. et 
s. f., empoisonneuse, qui empoisonne : 

Appellant sa mère empoisonneresse. (An- 
cienn. des Juifs, Ars. 3081, !• 241».) 



68 



EMP 



EMP 



EMP 



Une femme venefique et empoisonneresse. 
(Mer des hysloir., t. I, f» 65^ éd. Ii88.) 

VeneGca, empoisonneresse. (R. Est., Dic- 
tionariolum.) 

Les lierbes empoisonneresses. (Joachim 
DuBELLAY, Illuslr. du laiiQ. fr., 1. II, c. 12, 
éd. 1549.) 

Alors au moins qu'ils voyoyent son sang 
avoir esté empoisonneur, et sa chair em- 
poisonneresse.{i\.Es7it.NyE,Apol. p. Herod-, 
II, 340, Liseux.) 

EMPOLDRER, cmpouldrer, empoudrer, 
empourrer, enp.,\. a., couvrir de pondre, 
de puu33ièi'fi : 

Uae borgoise bien yestue 
Qoi enpoudroil loule la rue 
De la qaeue de son bliaul. 
{Vie des Pères. Richel. 23111, f» 70».) 
Que ïoi si laidement rostre robe empoudree. 
(G. deSIongl., Vat. Chr. ISIT, f 11''.) 
On se sa robe trop empondre 
Souilerez la li de la poudre. 

(Rose, ms. Corsini, P S3''.) 

(Juani cce ymases de pieres sont soillees 
et enpoldrees. (Sarmons en prnse, Richel. 
19023, f- 163 r».) 

Se aucuns euseymoit trop se laine ou 
enpourroil ou mettoit ordure pour faire 
plus peser son drap, et atains en estoit, 
il le doit amender comme de mauvaise- 
ment tissu. (1300, Ordonn., Abbeville, Ri- 
chel. Grenier 91, f- 144 v» ; Mon. de l'H. 
du tiers état, IV, 67.) 

Se li dras estoit trop court trouves de nos 
wardes, ou mauvaisement tissus, ou qu'il 
eust dens, ou que il fust trouves fronchies, 
mouillies, rudes ne empourres, ne que il 
n'eust sen pois, si comme il est dit, on 
prenderoit de chascun mefîait .%'. de pa- 
risis. (76., Mon. de l'ilist. du tiers état, 
IV, 66.) 

On doit oindre le liu d'oile rosat cliaut 
et empoudrer de signes de mirte. (Prag. 
d'un iiv. de médecine, î" 16 v» ms. Berne 
A 93.) 

Le visaige moult fort empouldrez. (Per- 
ceforest, vol. II, f» 113\ éd. 1328.) 

Vos souliers sont empouldrez. (Pals- 
liRAVlî, Esclairc, p. 436, Géuiu.) 

Vous avez cmpouldré vostre bonnet, 
qu'on l'aille nettoyer des verges. (Id., ib., 
V- 530.) 

En cependant que le chemin est seur. 
D'an pied venteux empondre la carrière. 
(Ito.vs., Amours, l'Aut. à son livre, sonn., Bibl. 
eli.) 

Et mort estendu sur la place 
Empoudra sa sanglante face. 
(R. Belleau, OEm. poét., l'Escargot, t. Il 
r° 38 v°, éd. 1578. ) 

Il voit de loing les empoitdrez alarmes 
Que font les Grecs et les Troyens gendarmes. 
(J. DE LA Taille, Œuvres, m, 182, Maulde.) 

Son menton pinceté. 
Son Tisage de blanc et de rouge empasté. 
Son chef tout empondre, nous monstrerent ridée, 

Kn la place d'un roy, uni' |i Tardée. 

(D'ACBIGKE, Trag., Iiv. Il, p. 94, Itéaume et 
Canssade.) 

Livres tous empoudrez. (Do Mou.v, des 
Contracts, c. 2, éd. 1386.) 

— Réfl., se couvrir de poussière : 
Oa se sa robe trop s'cnpoudre 
Souilevez la li de la poudre. 

[Rose, ms. Brus., f» 57^.) 



Et en larmes lisent sacrefices de beus et 
de moutons, et en prisent le poure, et don- 
nèrent as viellars et as virgnes qui s'en 
enpourerent selon lor loi. (Hist- de Tour- 
nay, Richel. 24430.) 

— Act., répandre en poussière : 
Toutes ces choses pulverizeras et enpou- 

dreras sor le leu habondamment. (Brcnc 
DE Long Bonc, Cyrurgie, ms. de Salis, 
f» 23=.) 

— On a dit au xvi° siècle, dans le sens 
de se changer en poussière : 

Pensant que soit la citadelle 

Dont Encelade foudroyé 

S'atterra menu poudroyé. 

Comme par l'escUt d'un tonnerre 

S'empoudre le bois et la pierre. 
(R. Belleau, OEuv. poét., l'Escargot, t. Il, 

f 37 v°, éd. 1578.) 
Le noble corps qui ci dessous s'empoudre, 
François passans, ne rnoortit pas ici, 
Ains dans cesle sanglante poudre 
Ou fol surpris Montmorenci. 

(J. Doublet, Poés., p. 96, Jonausl.) 
Un écrivain de la première partie du 
XVII» siècle a employé le participe em- 
poudre dans le sons de poudré: 

Parler des affaires de la cour, comme 
feroit le plus fringant dameret, et le plus 
frisé et CHipoHdré badin de tous ceux qui 
la fréquentent. (G. Naudé, le Mascurat, 
p. 270, éd. in-4°.) 

EMPOLDREURE, empourrcure, s. f., le 
fait d'être couvert de poussière : 

En prédication est empourreure de pies 
espiritueus, distractions a moût de coses 
et laskeiueut de descepline. (Vie de S. 
Franc. d'Ass., Waz. 1331, f» 34''.) 

EMPOLiE, amp., s. f., poulie : 

Girgillus, empolie en quoy tourne la 
corde a puysier vaue. {Calho'licon, Richel. 
1. 17881.) 

A Hugues Vignart serreurer, pour une 
empolie mise en la maison de la ville a 
descendre et monter la lampe estant en 
ladite maison, .ii. sols .vi. den. tourn. 
(1421, Compt. de Nerers, CC 27, f» 23 r% 
Arch. mun. Nevers.) 

A Pierre Molet pour la façon d'une am- 
poHe de cuivre pesant .xxxi. livres ou 
envoeron, laquelle a esté mise audit engin. 
(1434, ib., ce 36, fMOr».) 

A Loys charpentier pour le boys de 
Vempolie de la tour. (1431, ib., CC 47, 
f» 13 V».) 

EMPOLiEiii'R, amp., s. m., polisseur : 
Ampolieeur. (Taille de Paris, ap. Géraud, 
Paris sous Phil. le Del.) 

EMPOLU, adj., souillé : 

Por oc avoit li Saines sa gra:it broigne veslne. 
Mais li fers al baron l'a faussée et rompue, 
Si que del sanc verrael est la bansle empolue. 
(Citer, au eijgite, I, 4821, Hippean.) 

EMPOR, - our, - vr, enp., prép., pour, 
en considération de : 

Soz ton degret me fai un grabalon 
Empor ton lil dont lu as tel dolor. 

(.Mexis, st. 44', xi° s., G. Paris.) 
Empor tei, Olz, m'en esteie penez. 

(/*., st. 81''.) 
Ma grant bonor aveie retenude 
Empor tei, lilz, mais n'en aveies cure. 

(Ib., si. 82>'.) 



Empur ice ne resurdent li felun en juise. 
(Lib. Psalm., Oxf., 1, 6, Michel.) 

Empur ice beneisquit tei Deus en par- 
manabletet. (Ib., xliv, 3.) 

Enpur ceo dit Davi... 

(P. DE Thaus, Best., 54G, Wright.) 

— En échange, contre : 

Prisonnières ça bas mais princesse la haut. 
File (Jane Gray) changea son throsne empour un 
[eschafaat. 
(n'AuBiCNÉ, Trag., IV, Bibl. elz.) 

Aunis, empour, pour, moyennant. 

EMPOUISSEMENT, VOir EMPOVERISSE- 



EMPORPENSER, eiipourpenscr, v. a.. 
projeter : 

D'Ogier dirai, qni n'ot pas oubliée 
Celé besoigne k'acoi/ eiipourpeasee. 

(Enf. Ogier, 6773. Tar., Scheler.) 

1. EMPORT.s. m., action d'emporter : 
Nul ne peult emporter aucune marchan- 
dise que, aprez Vemporl par luy fait... il ne 
paie a nostre dite dame ou son prevost 
les droits pour ce acoustumez. (1307, Prév. 
de Beauquesne, Coût. loc. du baill. d'A- 
miens, 11, 249, Bouthors.) 

Prise, emporl et spoliation desdits biens... 
prise et emporta.- l'artillerie. (i2nov.l362, 
Sent. crim. rendue par le prév. du Mans, 
Arch. du chap. du Mans, B-30.) 

Désirant pourvoir ausdits degasts, dom- 
mages et emporls desdits bois. {Placard de 
l'Emp. Cliarl. V, pour les Bois, Bruxelles. 
7 juill. 1347.) 

— Faveur, influence : 

Quant li Champenois virent la traison et 
l'emport de Baudouin d'Avesnes, si s'acor- 
derent ans trêves. (MÉN. DE Reims, 452, 
Wailly.) 

Quant li arcevesques vit qu'il ne porroit 
e.schapeir, si prist un jour a dire ses rai- 
sons ; et quant vint au jour, il contre- 
manda. et ot encore un jour et emport. 
[Ib-, 470.) 

Pour ce que je n'eusse point d'emport, 
je me levai don consoil, et en ting quanque 
il raporterent. (Joi.W., 111, Waillv, éd. 
1874.) 

Ladite sentence donner justement et 
loyalment sanz aucune souspecon de fa- 
veur, de emport ue de collusion nulle. 
(1343, Arch. JJ 74, f° 88 r".) 

Liquel quatre ensemble, a nostre com- 
maudemeut. lauxeront, gitteront, départi- 
ront entre eulx lesdites soixante livres sur 
meubles et héritages, sanz nul emport, 
excepté les meubles des prestres et des 
clers. (133S, Ord., iv, 336.) 

La dicte taille faicte et imposée, icelle 
cuillez, levez et recevez tantost et sans 
delay, sans aucune faveur ou emporl de 
nul.\24 août 1363, Ord. des élus du dioc. 
d'Auxerre, Arch. Yonne, Doc. hist.) 

— Importance : 

Quaud nostre dit prevost, ou son lieute- 
nant, se trouve absent de la ville, lesditz 
jurez peuvent choisir un bourgeois d'icelle, 
pour tenir le lieu dudit prevost es cas de 
petit emport, comme pour émancipation 
d'enfans de famille, afforages de vins, et 
chose semblable. {Coût, de Binch, Nouv. 
Coût, géu., t. II, p. 208».) 



EMP 

Chose (le si pelil emport. (Jeann., Negot., 
t. I, p. 283, Micliuuii.) 

— Emporl de comptes, reddition de 
comptes : 

Les dits curateurs ayaut l'adruinistralion 
des biens de l'abseùt, sont obligez de 
rendre comptes, tous les ans, par devant 
les chefs tuteurs, et de consifiuer ou em- 
ployer les deniers, avec Vemport des 
comptes, et de tout faire en quoy les cura- 
teurs et administrateurs sont obligez. 
(Covt. de Brux., Nouv. Coût, gén., t. I, 
I'. 1260») 

2. EMi'oiiT, part. passé_, emporté : 

Uiens e?n/)or/s. {Teimr. de Littlet-it" 113'^°, 
iip. Ste-Pal.) 

On lit emportes dans une autre édition, 
remarque Ste-Palaye. 

EMPouTABLE, adj., qui peut être em- 
porté ; 

Tout m'est conquis ou conqaestable, 
Tont eroporlé ou emportable. 
(G. Chastellaix, l'OuUrc d'Amour, vi, 119, 
Kcrvyn ) 

EMPORTE, S. l-, enchère : 

Si l'un desdits conjoints alloit de vie a 
trespas, et eussent plusieurs manoirs, jar- 
dins et héritages, le survivant demeurera 
en la niecte et manoirs par eschanges 
d'autres héritages, et si aura la maison a 
fauquiere, et les arbres portans fruits, par 
priserie de priseurs sermentez, comme a 
Vemporle. (Coût, de Iticlieb. Ladvoye, Nouv. 
Coût, gén., t. 1, p. 394" j 

EMPOiiTEMEXT, S. m., action d'empor- 
ter, le fait d'être emporté, entraîné : 

Ne demora gueres que cel granz déluge 
cessa. Li amis Dieu escbapa et apparut 
sainz sanz bleceure nulle et sanz emporte- 
ment de mesou qu'il eust. (Vie etmir. de 
plus. s. confess., Maz. 568, î" 208>.) 

Depuis q'il uut conu Venporlement de 
uostre uiereme. (1304, Year books of the 
reign of Edward the first, years xxxn- 
XXXIII, p. 41, Rer. brit. script.) 

EMPOitTEOR, - our, S. m., celui qui 
emporte : 

pue si ascunc reeordeou percelle d'icelle 
biief soit voluntirmeut emblé, emporté 
rutreit ou avoidé per ascune clerk ou auter 
persone a cause de quele ascune jugge- 
iiient soit reverse, que tiel emblour, empor- 
tour, rulreihour et avoidour lour procura- 
tours... soient adjugges pur félons. (Sta{. 
de Henri VI, an viii, iuipr. goth., Bibl. 
Louvre.) 

EMPOs, ^oir E-MPOST. 

EMPcsEu. enp., amp., verbe. 

— Act., placer, donner : 

Del duc Koberl Robert eut nno, 
Qu'ea fonz li enposa sud uoa. 

vBen., D. de yorm., il, 6851, Michel.) 
Li a fet son non enposer. 
(l'crceval, ms. Montpellier U 2iO, f 7T\) 
Uoant Dex primes le monde fist, 
lit bornes et bestes i mist, 
A treslotes ses créatures 
Enposa diverses natures. 

(GuiuL., Best, divin, 21, Hippeau.) 
Lt le beneiçoQ ot sor lui enposee. 

(Ënf. Ood., RicheL l'2,ï5S, l' iV.) 



EMP 



EMP 



69 



— Presser : 



Nachor, qui n'a soing de tenchier. 
Parole raoult raisnableraent; 
Devant le roi, devant la gent 
A monstre bien toi par raison 
.Sa clergîe tout sans tenclion 
Vers les Grigoys ki V amposoient 
Selonc la loy que il tenoient. 
(De Josaphal, Richel. 1553, f° 234 v" ; éd. Meyer, 
p. 19G.) 

— Réfl., s'appuyer sur : 

Par ce point le poons bien baslardo prouver, 
Parqnoy nous noz volons a ces pais amposer 
Tandant que ceste dame si vous paist deraorer 
A faire la justiche c'on voira ordener. 

{Cheii. au cygne, 2112, Reiff.) 

EMPossEssER, V. a., possédcr : 
Et pour le graut affection qu'il veoit que 
les bonnes gens de Bruxelles avoientaUiy, 
donna a yceulx bourgeois les libertés et 
franchises qui s'ensuivent a empossesser 
jusques a son plaisir. (J. Vauquelin, Tiad. 
de la Citron. d'E. de Dynter, v, 39, Xav. de 
Ram.) 

E.MPOSSESSIONNEH, - oner, verbe. 

— Act., mettre en possession : 

Quoy faisant telles personnes se doivent 
desaisir de la chose donnée, et en investir 
et empossessioner actuellement le dona- 
taire. (Coût, de Gorze, lit. viii, art. 2, Nouv. 
Coût, gén., II, 1083.) 

— Réfl., se mettre en possession : 
Lequel seigneur trouvant par ses officiers 

ou autres un héritage affecté a telle rente 
vuide et sans tenancier il s'en peut empos- 
sessionner et saisir. (Coût, de Gorze, tit. xii, 
art. 15, Nouv. Coût, gén., II, 1089.) 

1. EMPOST, - os, - oz, enp., anp., 
impost ; fém. emposte, amposte, adj., im- 
potent : 

Japhet ont un fiz mnlt cnpoz 
Qui fu nomez Goemagoz. 

(Ben., V. de Xonn., I, 369, Micbel.) 

Enputres et cnpoi. 

(Id,, ib., 11, 7204.) 

Puis s'afuble laiz e enpos 
D'une viez chape senz manjoz. 

(iD., ib.. II. 28528.) 
Molt est certes orz et eiipoz. 
(G. liE CûiNCi, ilir. de H.-D-, ms. Brux., f BS'.) 
Orde a la pensée et anposte. 
Et envers Deu trop se mesfait 
Cil qui ce voit quant plus n'en fait. 

(iD., !i..f''68\) 

Ou est espoir maistre de Ion propos 
Qui en repos 
Te soulloit faire vivre ? 
Te trouves tu raaintenant'sî empos 
Que mes suppostz. 
Sans faire nulz beaux cups. 
Pour avoir los 
Tu ne quiers plus ensuyvre ? 
(OcT. ne S. Gelais, Sej. d'honn., f 11 r", éd. 
152G.) 

Brief en la dance maintz suppostz 

Ont passé jeunesse et vieil aage 

Va ja n'ont esté si e/npostz 

Qu'a maint heure et a tous propos 

^J'avent a ce mis leur courage. 

(Id.. il/., f 59 r°.) 
Faire au contraire est ung fortuit acci- 
dent procédant de malice, et rendant un 
homme fort empos. (Uu Guez, An introd. 
for to terne to speak french trewly, p. 923, 
Génin.) S 



Impost de sa personne et ne trouvant 
cheval capable de son poids, ayant une que- 
relle, marchoit par pays en coche (iMoNT 
Ess., 1. III, c. 6, p. 79, éd. 1S9S.) 

Outre sa blesseure, il estoit fort estroppié 
d un pied, dont la moitié luy avoit esté 
emportée d'un canon qui s'esclatta dans la 
gallere de M. du Mayne au vovage qu'il fit 
en la Moree, en la compaignie "de don Juan 
li Austrie, gênerai du roy d'Espaigne ■ et 
pour ce estoit il fort impost. (Brant., des. 
Duels, p. 738, Buchon.) ' 

2. EMPOST, enp., adj., trompeur : 
Trop par sont lor huevres reposles, 
Et lor paroles si rnpnsies, 
IN'i a si vilonnie non. 

(GiioT, mi/le, 2578, Wolfart.) 



., mouiller les pu- 



EMPOT.VtiER, V. 

tages : 

.•Vnrai ge des pois? 

La Fem>ie. 

Hz sont baynes. 
Il ne les fault que empotager. 
{Farce du Pont aux Asgnes, Ane. Th. fr.. Il, 40. 1 

EMPOTEMENT, cttp., adv., sans soin : 

So auquns trete enpotement ou necligen- 

ment les garnemenz de l'abaie, il en doit 

estre repris. (Begle de S. Ben., ms. Sens. 

p. 153% ap. Ste-Pal.) 

EMPOTioNNE.MEXT, S. 11]., forme re- 
faite de empoisonement, potion médici- 
nale : 

Et nonpourquant maugré ses boisles 
El ses emplasires et ses moistres 
Et ses empotionnemens. etc. 
(Decuileville, Pèlerin., ap. Duc, liiipotionare.) 

E.MPOUDRER, VOir E.MP0LDRER, 

EMPOUILLER, VOir ElIPOILLlER. 

EMPOURRE.SIER, V. 1)., devenir pauvre : 
Comme plusieurs de la seneschaucie de 
Tiiolouse et de Albigoys, pource qu'il ont 
partie et aucuns le tout de leurs héritages 
vendu, aliéné ou transporté... contre droit 
et les ordenances royaulx, sont si empour- 
reslez qu'il ne puent comme il devroient... 
(1339, Arch. ,1.1 72, f" 81 r°.) 
Cf. POVRECE. 

ESIPOURREIl, voir E.MPOLDRER. 

EMPOURREURE, Vùir E.MPOLDREURE. 

EMPouRRia, enp., v. n., pourrir : 

Tu as vescu eu gloutonnie et ou giron 

des femmes etipourrissant en luxure. 

(UoccACE, Nobles malheureux. Il, 13, f°30v« 

éd. ISlo.) 

EMPOURVEU, enpurceii, adj., prévu, dé- 
terminé : 

Qe nul homme seyt si hardi ne si osé de 
meiîere a nul homme qe vodreit sure vers 
ascuu de trespas a ly fet, cum a autre qe 
seyt conselauut pur ceux trespases swyr, 
souz la payue de ce enpurveu. (Year boàks 
of the reign of Edw. the first, years xxx- 
XXXI, p. 85, Rer. brit. script.) 

EMPOURYIt, voir E.MPAOURIR. 

empoi;therie, s. f., poutrage : 
A llolin Emery boscheron pour .xxviii. 
toises de boys quarré pour mettre a Vem- 
poulrerie de l'un des molins de Loire. (1437, 
Compt. de Nevers, CC 39, f° 28 r», Arch. 
mun. Nevers.) 



70 



EMP 



EMP 



EMP 



.Ini. gratis barres de fer qui soustien- 
neul l'empoitirerie des molins de Loire. 
(1438, ib., ce 40, f° 23 r».) 

EMPOVERER, V. a., appauvrir ; 

Pur qnoy les couQtees ont esté sraude- 
lueal empoveres.iStal. d'Edouard III, na il, 
impr. golh., Bibl. Louvre.) 

EMPOVEuissEMENT, emporisseiiient, s. 
m., appauvrissement : 

A grande iniscliief et empoverisxemente 
d'eux. (Slal. d'Edouard III, au xiv, impr. 
goth., Ùilil Louvre.) 

Au grande damage et cmpoverissement 
ae» dites marcUaulz. (fi., au XXV.) 

A Ires grande emporissement de son 
roialme. (Stat. de Henri IV d'Eiiglet.,aa ix, 
ib.) 

EMPOvHiu, enpoverir, enpowerir,.em- 

pauvrir, eiip., verbe. 

— Act., appauvrir : 

Tu uie veulx enricliir et je nie veul.t em- 
liovrir. (J. Gkrson, l'A'iuHloii d'amour, 
1- aa r». éd. 1488.) 

Le vray dispensateur du ciel n'a pas 
voulu aorner les premiers aages da si 
grande splendeur, de paour d'empovrir la 
posteri ûre. {Le Peregr. d'Atnour, 1° 144 r", 
^ip. Ste-Pal.) 

Et si ne iloit marchandise enrichir 
Pour sans propos les nobles finpauvrir, 
(J. BoDCHET, Ep. mor., 2' p.. I. éd. 15-45.) 
Donner poar Diea n'ftipaui'rist homme. 
(1525. le Moijrn dr soij enrichir. Poés. fr. des 
xV et xvi" s., t X ) 

— Neutr., devenir pauvre : 

Povre monter, li riche enpturir. 
(U Rom. des roin.. Richel. 195-25, f» 145 v».) 

— Empovri, part, passé, tombé dans la 
pauvreté : 

Les queux il. soulz serrent coillez par 
les gardeyns du niester, a relèvement des 
prodeshomes du niester qe sunt enpove- 
riz. {Lib. Cuslum., I, 79, 45, Hen. III, Ker. 
brit. script.) 

Et fust enpoweri. (Cftion. d'Angl., ms. 
Barberiui, 1» 10 v°.) 

EMl*It.\IGMER, voir ElIPREIG.MER. 

EMPRAIGNIR, VOÏr EMPREIGNIR. 

EMPR.xiNT, S. m., empreinte : 

Eu un suaire lui envoya Vempraint de 

son visa-e. (CooHCY, Hist. de Grèce, Ars. 

3689,^ I6n'<.) 

EMPHAINTER, VOir E-MPRlîINTlîR. 

EMPUAiNTL'RE, S. f., empreinte : 
L'ymage de Dieu est emprainte en eulx 
comme Veiiipraintiire d'un seel demeuré 
dedens la cire. (Traicl. de Salem., ms. Ge- 
nève 165, 1° ?6 r».) 

EMPRANT, s. m., vernis : 

Marcbant d'emprant. (1312, Valenciennes, 
ap. La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

EMPRECERLÉ, adj., Supérieur, suprême, 
en parlant de l'arrêt d'un tribunal exer- 
çant la juridiction d'appel : 

Acceptant le règlement et ordre de jus- 
tice ci dessus publié, conme de leur sei- 
gneur et duc dudit Buillon, offrant ressor- 



tir par appel audit Sedan, comme lieu de 
justice emprecerlee, tl leurs appellations 
estre vuidees suivant la coustume dudit 
Buillon. (Proc-verb. des Coût, de Sedan. 
Nouv. Coût, gén., Il, 839.) 

On lit dans le Supplément au Vocab. aus- 
trasien, par Baltus : 

Lieu de justice empreculé, territoire em- 
prunté pour administrer la justice bors du 
ressort du juge. 

EMPREER (s'), V. réfl., SB Convertir en 
pré : 

Ces réitères labourages avec la longueur 
du temps préparent Ires bien la terre, la 
confissent et engraissent, mais non tant 
qu'il est de besoin pour le pré, a quoi 
suppléant, conviendra la fumer fort en ce 
commencement, dont le lieu s'cmpreera 
facilement et bien. (0. diî Serres, Th. 
d'agir., IV, 3, éd 1G03.) 

— Empreé, part, passé, gazonné : 

En ceci est utile le parterre du verger 

empreé, que d'enganier les fruits de se 

froisser cheans de maturité sur l'herbe. (0. 

DE Serbes, Th. d'agr., vi, 127, éd. 1617.) 

EMPRELiNANT, VOir E.UPRENAXT. 
EMPREICNEMENT, enp., S. 111., grOS- 

sesse, état de ce qui est fécondé : 

Ce est la terre de sainte Eglise, qui de- 
sirre la rosée et la pluie del saint esperit, 
dons ele reçoit doceur et enpretgnement de 
porter le fruit de boues œvres. (Comm. s. 
les Ps., KichA. 963, p. 277^) 

EMPREiGNiER, - Byner, - aignier, - ain- 
gnier, - enier. enp., amp., imp., v. a., fé- 
conder : 

Tantost corn noslre dame l'oi 

De l'ange qui li disl ansi 

Fut elle San pins amprenie. 
(W.^CE, Conception, Brit. Mus. add. 15G06, 
f» 18''.) 

De .II. moris fu ma mère empreignee. 
(Hf.re. Leijuc, Foulq. de Cand., p. 41, Tarbé.) 

Fu ele sempres enpreignee 
De la celeslial liguée. 

{ilir. N.-D , Richel. 818, f» 10'.) 
PregGo, empraingnier . [Gloss. de Salins.) 
Comme pieea Pierre le Maire eust séduite 
laditte Perrelte, et tant tait par ses cauteles 
que il la detlura et l'empreingna, et en ot 
un enfant. (1377, Arch. JJ 110, pièce 249.) 
Sire, Jehans vos capel.iins, 
C'on qnide de tel neteé, 
M'a tolue ma casles ; 
A premiers le bien m'enseigna 
Et au darain m'enpreigna. 

(St Jean Bouche d'Or, 160, Weber.) 
Qui aurait la fille imprégnée 
Que celluy a qui est donnée? 

{Therence en franc., ï" 370^, Verard.) 
Enpraingner, faire prains. (J. Lagadeuc, 
Catholicon, éd. Auffret de Quoetqueueran, 
Bibl. (Juimper.) 

Pour avoir deux aigneaux en mesme 
année, ferons empraigner nos brebis dans 
les mois d'avril et d'octobre, dont nais- 
tronl les aigneux eu septembre et février. 
(0. DE Serres, Th. d'agr., iv, 13, éd. 1605.) 

— Neutr., devenir enceinte, devenir 
féconde : 

Puis conçut ele *t enpreigna. 
(Wace, nia S. M. Virg., p. 26, Lniïrche.) 



Pois enpreigna, et ci conçot. 

(ID., i».) 
Anna conçut et enpraingita. 
(1d., Concept. N-Dame, p. 28, Mancel et Trébn- 
tien.) 

Virge conçut, virge enpreinna. 

(io.. tb., p. 49.) 

Adont asemblent charnelraeni, 
La feraele enpregiie errantinent. 
(Gerï., Best., Brit. Mus. adJ. -28260, f 90=.) 

Li mantes muert, et celé enpreigne. 

Od.. il)., ('91*.) 
Ançols qu'ele doie emprenier. 

(iD , ib., r 90'.) 
Quatre vinz anz vesqai S irra, 
Puis l'onçut ele et enpreigna. 
(G. DE Coi.Nci, Mir., Hi'chel. 818, f» 8''.) 
Si comme ta tRrre brehaigne 
Par pluie el par rosée emprnigne. 

(Vie des Pères, llichel. 23111, P 87''.> 
Brehalgne fu longues Rai-hel 
Puis enpreigna el si conçut. 
(f.EorF.,.vii.cs/M du monde, Richel. 1526, f" 33°.) 

Il fait empraignier la terre et croislre 
les herbes. {Psaul , Jlaz. 258. f» 177 r°.) 

— Réfl., emploi particulier : 

Néron, ^e^on, m,al esploitas 
Quant oullre droit or C')nvoitas, 
Quant ta propre raere tuas. 
Quant d'une royne l'empregnas. 
Quant home pour fume espousas. 
(Martyre de S. Pierre et de S. Paul, Jnb., Myst., 
I, 94.) 

— Empreignant, part, prés., fécond : 
Et seiche redevient l'olive 

Qui doit estre empreignant et vive. 

(Rose, 5991, Méon.) 

Pregnantc of wytte, m. emprait/nant, 
fém. enipraignante. (Palsgrave, Esclaire., 
p. 321, Géuin.) 

— Empreigniee, part, passé fém., fé- 
condée, enceinte : 

Son ppre la rnndi arrière. 

Qui sor tolo rien l'avoit chiere, 

Despncplee tt ampreigniee. 

(Be.i., Troie, Ars. 3314, P \''è*.) 
Sire, por vos snl montt iriee. 
Car je sut de vos eiipreigniee. 
(De Richaut, 332, Méon, Hom. Rec, I.) 

Estant la jument empraignee. elle 
sera séparée d'avec les antres. (0. DE 
Serres, Th. d'agr., iv, 10, éd 1603 ) 

Ainsi les brebis de la métairie eniprni- 
gnees les premières, les premières aussi 
aignelent elles. (iD., ib., IV, 13.) 

— Emploi particulier, échauffé d'un vif 

désir : 

Mais II a de bien faire le cner si empregniet 
Qu'il ne fait nul semblant d'ourae cunlraliiet, 
(Roum. dAliz., f" 30'', Muhelant.) 

EMPREIGNIR, - aignir, v. n., au figuré, 
grossir : 

Du soleil chant et de l'umor 

La mirre engroisse et empraigiist ; 

Du soleil corain- lionime en isl. 

(Fabl. d-Qr., Ars. 5009. f 143'.) 

EMPREINDRE, - aiudre, - ayndre, verbe. 

— Act., ûg., féconder : 

Quels chose est ke plus apraignet la foit 
et enforst l'espérance el empraignet la 



EMP 



EMP 



E.Mi' 



chariteit cum f.iit li humaniteiz de Deu ? 
(S. Hebn., Serm., Richel. 24768, f° 73 r».) 

— Emprainle, part, passé fém., enceinte, 
pleine : 

Il rt-toiirnera le plus tost qu'il pourra a 
Bloys de\ers sa fraime, a cause de ce 
qu'elle esl empraincle, qu'est la choseque 
plus iliiesiioil en ce monde. (ISIO. Néyoc. 
enl. la Fr. el l'Antr., t. i, p. 333^ Doc. 
iuéd.) 

Aulcunes feir elles sont prestes tons les 
moys dVslie empriiinctes. (t'ALSGRAVE, 
Esclairc, p. 492!, Geniu.) 

Agnrdez, cesie Irnye est grosse... Se, 
this sowe is f;reat wi b pyK^'e. — Je fraige 
que ceste vaclie snyt empraincte : But, if 
a slie lieest be but lytie gone, tliey say 
empraincle (1d., ib., p. 431.) 

Geste jnnirut eH empraynte de poulayn. 

— (este vacbe est empraiule de veau. — 
Ceste lisse est emproyiife de jmiues cbiens. 

— Ceste biche est empraynU de faon. (Id., 
ib.) 

Les bestes brutes desqu'elles sont em- 
preinles sont exemptes de ces accouples. 
(Cholieres, Apresdinees, v, f" 181 r», éd. 
1S87.) 

EMPREINIER, VOJr EMPREIGKIER. 

EMPHEiNTEH, - ainUr, - ienter, enp., 
V. a., tracer l'empreinte, graver : 

Nus ne puet mestre en sele ne en escu, 
de quelque manuiere que la sele ou li escu 
soit, cliose cmprienlee ne eupastee ne je- 
teiche d'estam. (E. BoiL., Liv. des mest., 
l' p., LX.\VIII, 13, Lespinasse et Bounar- 
dot.) 

En son cner prenl a recorder 

Le ilous [ualiiïieD et le parler 

De s.T ilouce ilanje an rorp* gent, 

Vis II < st qii'i! voieemprcsent. 

Tant ipar) fj/ en son cufr emprainlee. 

Hc ! aihonrs, vous soies loee. 

Dist 11 rliastelains liantement. 

De voslre gracieus présent. 

(.Couci, 3693, Crapelet.) 

Des ce qne Tui hors d'ignorance, 

Kt c|ui cnnnui qu'estoit honnours, 

Empr,enta vo douce sembhince, 

Paine, * n nion cuer loial amours. 
(Jeh. tie Hesdin, Bail-, Dinanx, Trouv. arlés., 
p. 253.) 

Un(|Mel l'emprainte sera mise et emprain- 
lee en dru.\ taules de ])lonc ()376, Htalut ' 
de la Corporation des orfèvres d'Amiens, ! 
aj). A. 'riiJi-iry, Mon. de ihisl. du liers 
étal, I. 683.) 

Voslre figire est emprientee 

En mon rœr. 

it'aslnralel, ms. Brni., r 57 r".) 
Par nng sien secrétaire tu tes ung bries fourmes. 
On ces fais fist escrire, bien furent evpievies. 
{Geste des ducs de Bourg., 4673, Chron. belg.) 

— Marquer ds l'empreinte : 

Dex ! s'a mon cuer si emprienté 
Dou saj"! df^ la prant bianté 
Et dnu ris de sa bielle bouce... 
Kc lie li ne m'i puis tenser. 
(Bacd. oe CoNiiE, li Prisons d'amours, "02, 
Scbeler.) 

EMPREiNTURE, - icnture, s. f., em- 
preinte : 

Comme le mireour reçoit tantost toutes 
les formes et les emprientures qui li vie- 
nent au devant. (Lauk., So7nnie, ms. Soiss. 
210, f° 82''.) 



— Travail d'ornementation exécuté par 
le procédé du moulage : 

Qnand fn un peu avant allé. 
Je vy un verser long et lé. 
Enclos d'un firos mur bastille, 
Pourtrait dehors et entaillé 
De maintes riches empreintures. 

(Rose, 229, Borel.) 

Le texte de Méon porte escritures. 

EMPRENANT, empervaul, empregnant, 
enp., adj., entreprenant : 

Mnlt empernnnz. mnlt corajos. 

(Ben., fl. de Norm., II, 231, Michel.) 
Nuls n'e.'l od armes pins puissanz, 
Pltts hardiz ne plus empernani. 

(Id., il)., II, 10331.) 

Chevalier sage e empernavt. 

(Id., î*., II. 3S313.) 
Il n'est nns chevaliers esrans 
Ne si bians ne si emprenans. 

{Cher, as deus esp., 6605, Focrster.) 
Mnlt par fnt forz et vertuous 
Et enpernani et airons. 

(Lai d'Haretok. ISS, Michel.) 

11 estoit moult hardis et corageus et em- 
pernans. (S. Graal, Richel. 245,'>, f" 203 v.) 

Cbascune (bete) est malostrae et de bant cner 
[garnie, 
Fiere et forte el disparse, empregnans et hardie. 
(Doon deilaience, 1602, A. P.) 



Avec un 



ijidir. : 



Merveilles ert pru2 e vaillanz 
E de granz ovrcs enpervanz. 
(Bek.. D. de JVorm.. Il, 2651, Michel.) 

— Suivi d'un infln. : 

Que nul i ont as règnes conquérant 
Del rei servir si enpernani. 
(Vie de S. Thom. de Cant., 220, Bekker.) 

EMPRENDANT, enp., adj., entreprenant,, 
hardi : 

Li plus beans homs qu'aine feist Deus, 
Et 11 pins enprendans de tos. 

(l'arlon., 2384, Crapelet.) 

Mais DUS ne vil tel chevalier 
Si hardi ne si emprendant . 

(Guill. de Paterne, SOU, A. T.) 

EMPRENDEUR, enprendeiir, s. m., celui 
qui entreprend : 

L'enpreiidenr. il368, Valenciennes, ap. 
La Fous, G/oss. ms., Bibl. Amiens.) 

Guides tu c'en liengne a cnr 

Celi qui emprenl, or le sens. 

Un très prant fait devant son sens ? 

Nennil, et souvent il avient 

Qoe, quant al emprendeur mesvienl. 

Il n'en est ne plores oe plains. 

(Froiss., Poh., Uichel. 830, p. 35».) 

EMPRENDRE, - ondre, enprendre, an- 
prendre, empanrre, verbe. 

— Act., entreprendre, commencer, en- 
gager, s'engager dans : 

Emprendre fait nn parlement 
U luit seient comniunaument. 

(Bek.. 0. de Korm., Il, 17101, Michel.) 
Por loi la bataille emprendrai. 

(La Charrette, Val. Chr. 1725, f° 22'.) 
Pur amislé e pnr franchise 
Empernei pnr mei cest servise. 

(Tristan, III, p. 50, Michel.) 



I Cist ciamples devroienl prendre 

Cil qui ades weulenl emprendre 
Les mauvestiez el Ips malices. 

(llenarl, 29321, Méon.) 
.Seignor, besoing fel mnlt aprendre 
Et tel chose sovetit enprendre 
Dnnl l'en ja ne s'enlremelroil 
.Si a besoins si pranl n'estoit. 
I (Peler, lienart, p. .129, Martin.) 

Oui longue estoire ad a Iraitier... 
Mais si la face et si Vempraine 
Qu'a droit en maint ço i|u'il en reine. 
(Est. de la guerre s.. Val. Cbr. &M, f» 1.) 
Mes li doulereus venz rie bise 
A contre liiî baiaille anprise 
Qui li conlreint par eslovoir 
Toutes ses undes esmovoir. 

(Rose, Ilichel. 15":;. f° M''.; 
Je sai bien qne je Ion ranroie (le frein) 
Se çaieoz avoil chevalier 
Qui de ce s'csasl afichier 
Que vousisl ceste voie emprendre. 
(llule sans fiain, ras. Beroe 354, f 27^) 
Pou en voi qui s'en amort 
A empanrre la sainte voie. 
(liuTtB., Nom', eompl. d'Outre Mer, Jah., I. lio.t 

Celi qui le servise 
Evijrrrnc ilamors. 
(R. DE 1.E PiEKRE, t'/wiis., Bichel. 815, f° 286''.) 

Et o empris la parole por la roine. {Ar- 
lur, ms. Grenoble 378, f" 6'^.) 

Sire, s'il vous plaisoit, jou emprendroie 
ceste besoigne. (Chron. de Rains, c. xx, 
L. Paris.) 

Espérance.... nous fait fois et hardis a 
enprendre jior lui ce qui pas-e vertu de 
home. (Laur., Vie. et vert., Richel. 22932, 
f» 52''.) 

Demorroit en Testât que il estoit au 
point que cis arbitrages fu empris. (31 mai 
1332, Cart. de Flines, cccclviii, p. 833, 
Hautcœur.) 

Il emprind le voiage pour alcr en Guéries. 
(Wavbin, Anch. Chron. d'Englet., t. 1, 
p. 133, Soc. de l'il. de Fr.) 

C'esloient les folz regars et les folz plai- 
sirs que vous fireniez en celluy p.ir qui 
d'amours vous ewprensisles la voye et le 
voyaige. (Liv. du Chev. de La four, e. 
XXXIV, Bibl. elz.) 

Apres advint que le roi Philippes emprit 
et accueillit ce messire Robert en si grand 
haine. (Froiss., Chron., 1. I, 1'' p., c. 34, 
Buchon.) 

Adonc prist a courir et adonc commença 
A emprendre proesre, qui Ions jours li dura. 

(Ctv., du Cnescl.n, 630, Charrière.) 

A il céans chevalier ou baron qui pour 
l'amour de moy a le bon droit que je sens 
avoir ozé empraïuire le cbamp a rencontre 
de Luciou, lequel a tort et sans cause me 
mect sus la vilenie que oy présent a pri'fe- 
ree. (Hist. de Gilion de Trasignyes, p. ISO, 
Wolf.) 

Que sans grande et évidente cause je 
n'ay point empris ceste querelle et con- 
qiieste. (0. DB LA MARCHE, Mém., 1, XI, 
Michaud.) 

Je suis contente d'emprendre Testât d." 
mariage, ou aultre tel qu'il vous plaira. 
(Louis XI, JVomb., xxvi, Jacob.) 

— Suivi de o et d'un infinitif, dans le 
sens d'entreprendre ou de commencer : 

Et la pucele a apeler Vemprisl. 
(Les Enfances Guillaume, Richel. 774. 1° il r°.) 



72 EMP 

Si l'ai en mainte cort sirie, ! 

Puis que loi emprise a amer. j 

mre per., Richel. '2168, f 2».; 
Quant il VenprisI a souvenir, 
De rire ne se pnct tenir. 
<I!en. de BeaL'Jeu. ti Biaus Deseonneus, 4780, ] 

Hlppeau.) 

Enprisl il cesle ouvre a fere. [Chron. de 
S.-Den., uis. Ste-Gen., f» 1».) 
Au cos que sus les melaus fist 
Jubal musique a faire emprist. 
(Mace de I.A Charité, Bible, ms. Tours 006, 
f» 5^) 

La nuit quant repos doivent prendre 

M'a fait aviser et emprendre 

A tretier de ceslo matière 

Si vous dirai en quel manière. 

(Clé d'amour, p. 1. Tross.) 
Regardez bieu a qui vous emprendrez a 
l)arler. {Liv. du Ckev. de La Tour, c. xxii, 
liibl. elz.) 

Emprendre de, dans le même sens : 

Pensez premier que telle cliose empren- 
nez de faire; car ja pieça ay oy dire que 
cellui ou ceulx qui les loinjjtaias voyaipes 
t>Qiprendent sont tenuz pour fols se premier 
iian'.-vdviseiitaquelfinilz en pourront venir. 
(Hisl. de Gniun de Trnssignyes,p. 95, Wolf.) 
Si j'ai emplis en raa simple jeunesse 
De vous escrire. o très haulle princesse. 
Je vous supply, que par douceur humaine 
.Me pardonnez. 

(Cl. Mar., Ep., I, le Despourveu a mad. la du- 
chesse d'Alençon et de Berri, p. lli, éd. 15.t.t.) 

— Suivi d'un infinitif sans préposition : 
Très humblement requérant voslre grâce. 
De pardonner a raa trop grand' audace, 
n'avoir emprins ce sol escril vous faire. 
(Cl. Mar., Episl. au Boij pour le délivrer de prison, 

p. 171. éd. i:i44.) 

— AbsoluMieiit, commencer, entre- 
prendre : 

Por fol venisles hoi enprendre 

Contre me, en champ de bataile. 

(Vie du pape Grég., p. 61, Luzarche.) 
Je suis céans moult troublé de la mort 
d une myenuc taute, et sy empescbé en 
mes besouf^nes, que je ne scey par quel 
bout enprendre. (Lelt de Ch. de Melun au 
comte de Cliarolais et d Guill. Biche, 14 
avril 1463, daus les Mém. de Ph. de Com- 
munes, éd. de M'"» Dupont.) 

— Réfl., faire une entreprise, se lever, 
se soulever : 

Puis fisent aporter les sains; si jurèrent 
tous ensamble celé cbose, et s'emprisent 
tout encoutre le roi. (H(s{. des ducs de 
Norm. et des rois d'Anglet., p. 146, Michel.) 

— Neutr., entreprendre, empiéter : 
Que demandoit il, à'cmprendre sus ses 

voisins, et de vouloir conquérir le monde 
sur autruy ? (La Marche, Mém., introd., 
ch. V, Micbaud.) 

Dieu n'emprent jamais sur le droit d'au- 
trui. (Evang. des Quen., p. 60, Bibl. elz.) 

— Act., prendre, revêtir : 

Et pour ceste nature bestial ke les gens 
aucune fois emprendent... {LiArs d'Amour, 
II, 47, Petit.) 

— Act., arranger, conclure : 

Ne pus pour lors savoir la vérité comme 
la pai-x estûit emprise. (Froiss., Chron., 1. 
IV, c. 3.5, Bucbon.) 



EMP 

— Résoudre : 
Si emprennententr'eulx qu'il ne retorne- 

ront en leur ville devant ce qu'ilz aient fait 
aucun damage a leurs anemis. (G. DR 
Charny, Liv. de cheval., ms. Brux.,f°65r».) 

— Faire prendre, allumer, enflammer : 
Troi cierge ne rendissent mie 
Tel claitei c'il fussent empris 
De la luor. 

(ROB. DE Blois, Poés., Richel. 24301, p. 589'.) 1 
Il lui empristrentU colierede son cheval ' 

de feu grejois. (JoiNV., S. Louis, liv, 

Wailly.) j 

Et doitle varletquisertdehorsemprandre 

le feuf esdis novices. (Racionale deS. Claude, 

f» 26 r», Arcb. Jura.) 

I — Neutr., s'enflammer : 

Mais quant je l'esgart, 
Trestoz li cors m'emprent et art. 
(ROB. DE Blois. Poés.. Riche!. 21301, p. 531».) 
Bois qui soit tel qui puisse ligiereraent 
emprandre. (Racionale de S. Claude, f'âSv», 
Arch. Jura.) 

— Infln. pris subst., action d'entre- 
prendre, de commencer, entreprise : 

Qu'il lui pleust la recevoir avecaues ly 
en sa compagnie en Yemprendre cle son 
voyage. (G. DE Chastell., Chron. des D. 
de Bourg., II, 40, Buchon.) 

Je luy souhaite en tout emprendre 
Salut, On bonne et joye prendre. 
(1d. , Souhails au duc Charles, vil, 339, Kervyn.) 

— Emprenant, pai't. prés, et s. m., 
assaillant : 

Les assaillans ou emprenans se reputent 
plus fors. (ORES.ME, Eth., Richel. 204, 
f" 398'.) 

— Empris, part, passé, entrepris : 

Qaand maladie extrême luy ha fait 
Son œuvre empris demourer imparfait. 
(Cl. Mar.. Fpist. au Roi, pour luij recommander 
Papillon, p. 230. éd. 1506.) 



Fis 



pris, saisi : 



Ampris de mal talant, nng sopir ha gité. 
(Gir. de Ross.. 1678. Mignard.) 
La bonne femme, emprinse de joye. 
(Louis XI, JVom»., xiv, Jacob.) 

— Elre empris d, concevoir la pensée 
de : 



Quel est celuy tant cbesté, 
Cognoissaût voslre graut beauté. 
Comme dessus je l'ay comprins. 
Qu'a vous aymer seroil emprins ? 

(JuLYOT, Elégies, 73, Willem.) 

— Empris de feu, enflammé, allumé : 
... Et une pierre appellee abeston que 

l'en ne peut estaindre depuis qu'elle est 
emprinse de feu. (Boccace, Nobles malheu- 
reux, I, 19, f° 26 r°, éd. 1515.) 

— Emprisen feu, dans le même sens : 
Et fut toute la navire qui demoura em- 
prise en feu et en flame. (J. d'Arras, Jlfeius., 
p. 187, Bibl. elz.) 

— Empris, sans complément, allumé, 
enflammé : 

Elle duc partist hors de son siège: et le 
roy d'armes, en baisant, et s'agenouillant, 
luy bailla son cierge, allumé et empris. 
(O..DE LA Marche, Mém., l, 15, Michaud.) 



EMP 

Y avoit ung tabernacle de bois lequel es- 
toit tout plain de cierges emprins. (J. Au- 
BRIO.'*, Journ., 1498, Larchey.) 

— Fig., épris : 

Adoncques vit la dame qu'il estoit empris 
de son amour. (J. o'Arras, Melus., p. 19, 
Bibl. elz.) 

Pat. lorr., ampanre, allumer, en parlant 
du feu. 

EJiPUENEEUii, empreneur, empernour, 
s. m., celui qui entreprend : 

Moult de contens muevent es bones vi- 
les de commune por lor tailles, car il avient 
souvent que li rice qui sunt gouverneur des 
besougnes de le vile, metent mains qu il 
ne doivent, eus et lor parens. et déportent 
les autres rices homes, porce qu'il soient 
déporté, et ensi quort tous li fres sor le 
commun des povres. Et par ce ont esté 
maint mal fet, porce que li povre ne le vo- 
loient soufrir, ne il ne savoieut pas bien le 
droite voie de porcacier lor drois, fora que 

i par eus corre sus. Si en ont li aucun esté 
ocis, et les viles malmises par les faus em- 
preneurs. (Beausi., Coiit. de Beauv., ch. 

\ L, 10, Beugnot.) Impr., empruneurs. 

Sur tielx maintenours, empernours et 
conspiratours. (Slat. d'Edouard lll, au iv, 
impr. golh., Bibl. Louvre.) 

Mais se séjourner 
Vouloit l'ost, fay, pour ton honneur. 
Qu'avec le premier empreneur 
Ailles sans faire demeurée. 

(Liv. des cent bail., ix, S.-Hilaire.) 

Metius est celui qui a esté cause, machi- 
neeur et empreneeur de ceste bataille. (Ber- 
SUIRE, T. Liv., ms. Ste-Genev., 1» 18».) 

Qui ont esté les principaulx cause et em- 
preneurs. (rroufti.de Gand, Append., Chron. 
belg., p. 178.) 

EMPRENiER, V. a., enduire de vernis: 

Pour emprenier le pignon que Pierre de 
Bioisfieles pourtraist. (1319-27, Arch. hos- 
pit. de Paris, II, p. 66, Bordier.) 

ESiPRENT, voir Empreu. 

EMPRENTiF, enp., S. m., apprenti : 
Cil est emprenlii ravisez. 
(J. DE PRIOBAI, Liv. de Yegece, Richel. 1601, 

f° 21*'.) 

Se Venprentiz se deffuit ou se son maistre 
le veut. (1336, Arch. JJ 7U, f» 14 v°.) 

EMPRES, enpres,~ez,-eis, ampr., anpr., 
enpries, emprex, emprest, einbres, prép.^ 
après : 

Enpres la messe. 

(.Les Loh., Vat. Urb. 375, l" 16''.) 

Cil fu quens d'Oa enpres ann père. 

(Rou, 3" p., 1031, Andresen.) 

Enpres icelz. 

(Cant. des Cant., Richel. 1. 2297, fin.) 

Aerst la meie aneme empres tei, mei 
reçut la tue destre. (Liv. des Ps., Cam- 
brîdge, LXII, 9, Michel.) 

Empres matines, (xn' s., ms. Charlevilli- 
202, bas du feuillet de garde.) 

Enpres leur mort. (1261, Arch. J 1124, 
pièce 2.) 

Enpres lor serement. (1266, la Couture, 
Arch. Sarthe.) 

Ampres mon deces. (1271,rEau,Tachain 
ville, Arch. Eure-et-Loir.) 



EMP 

Emprei son deces. (1276, Fontevr., ano, 
tit., Arch. Maine-et-Loire.) 

Empres mont altercations de paroles. 
(Ii79, Car t. des Vaux de Cern., Arch. 

Seine-et-Oise.) 

Empres lor deces. (1279, Barzelle, Arch. 
Indre, H 112.) 

Enpres la feste seint Julien. (1281, la 
('outure, Arch. Sarthe.) 

Enpreis la feste. (130i, Fontevr., anc. tit., 
494, Arch. .Maine-et-Loire.) 

Empreis la saint Martin. (1321, Cart. de 
S. Valm., f» 90 V», Arch. Seine-Inf.) 

Adien vous dy. car je m'en voys 
Toarner le rost en la cuysine. 
Lu 00 je mengeray des poys 
Efitpres une bonne gt^line. 
(Farce du Gaudisseur. Anc. Tti. fr., II, 302.) 

— D'empiYs, après : 

Et d'empres icel don fet si sollempne- 
ment. .. il estoient entré en sesine... 
(Mai 1289, Cart. des Vaux de Cernay, Arch. 
Seine-el-Oise.) 

— Empres ce que, après que : 

Et ampres ce qui fu resuscitez il fii bap- 
tizé. (Vita Pair., ms. Chartres 371,^107^.) 

— Auprès de : 

Un courtil assis eiîîftres le nieson Lorens 
Ponchehart. (Cft. de 1270, Beauvillé, Doc. 
concern. la Pic, III, 159.) 

Si comme qui teudroit une petite chan- 
daille alumee empres une grant torche de 
cire. {Cours de la lune, Richel. 248D,f''9r<'.) 

L'ospital St. Jaques des pèlerins nouve- 
lement fondé a Paris emprez la porte Sainct 
Denys. (1.326, Archiv. hospit. de Paris, I, 
100,"Bordier.) 

La tournelle ampres la grant chanbre. 
( 1335, Compte de Odart de Laigny, Arch.KK 
3", f 274 r°.) 

Il s'arrestoit et deniouroit em,pres sa très 
saincte mère. {De vita Christi, Richel. 181, 
f 46'.) 

Fut prins, en son lyt, de nuyt, empres 
sa femme. (J. Chartier, Chron. de 
Charl. VII, c. 26, Bibl. elz.) 

Et menrs de soyf empres le puys. 
{Déliai de deux Damoys-, Poés. fr. des XT* et iti's., 
V, 29-2.) 

Empesctia de petits enfana, 
Qni seront toosjours demandans 
Et crians empres nostre oreille. 
{Complainte du Nom. Marié, Poe», fr. des \i' el 
svi* »., IV, 11.) 

— Sur : 

Fili Vivien, or praorai de ton poil 
Et de la char des ongles de tes dois. 
Oui plus sont blans que ermine ne nois : 
Empres mon cuerles lierai eslroit. 
Ses reverrai as fesles et as mois. 
{Effanees Vivien, Richel. 1418, f» 18i t'.j 
La haire Test enprei ton cors. 
{Vie du Pape Grégoire le Grand, p. 83, Lniarche.) 

Et avoit vestu desoz sa robe por l'amor 
de Damedeu la haire enpres sa char nue. 
{Artur, Richel. 337, f- 250'».) 

La haire adea empres sa char. {Vies des 
Hermites, ms. Lyon 698, f» 7 t«.) 

— D'empres, auprès de : 

D'empres la herse du pont. {Compt. de 
r.irarl Goussart. 1400-1402, Forteresse, 
VIII, Arch. mun. Orléans.) 



EMP 

Et d'empres eul.x tu voys l'infaœe chien. 
(Palsgrave, Esclairc, p. 821, Géniu.) 

— Empres de, dans le même sens : 

Et vint arriver empres de Coloingne. 
(■Palsgrave, Esclairc, p. 821, Génin.) 

— Par empres, auprès, du côté de : 

En trespassant par emprez le recept 
dessusdit ou estoit le chastellaiu. (J. d'AR- 
RAS, Melus., p. 104, Bibl. elz.) 

— Adv., après, ensuite : 

Empres lo Tidren celles duaes. 

{Passion, 421, Diei.) 
Enpries oi Rrans nslpmens 
Si comme d'ours et de serpens. 

(MousK., Chron., 8302, Reiff.) 
La nuit anpres lor apparut li angeles. 
(.Maurice, Serm., Richel. 24838, f» 13 v».) 

Troys jours anpres. (15 fév. 1518, Regl. 
des cons. d'Agen, Arch. mun. Agen.) 

Un an et demy ampres il donna encor un' 
autre bataille. (Brant., Grands Capit., 1. I, 
c. XXVII, Bibl. elz.) 

Que si on se laisse trop aller a sa fiance 
(de Mars), et ne fasse on cas de l'advan- 
tage qu'il vous a donné une fois, il le vous 
oste bien ampres. (1d., des Duels, Buchon.) 

— En empres, ensuite : 

Et en enpres le dit prior requist. (Arch. 
J 1024, pièce 42.) 

— Ci empres, ci après : 

Si com vos orroiz a délivre 
Conter ci ampres an cest livre. 
{Prologue d'une hist. de Phil.-Aug., 67, Romania 

VI, p. 497.) 

Dont cy amprez i!st fait mention, {iett. 
de 1396, ap. Lob., II, 672.) 

Voulons tenir nos coustumes et droits 
cy emprest déclares par la manière que cy 
emprest sont escripts. (1427, Bourgeoisie de 
Boussac, Coutumes locales, p. 129.) 

— Empres, adv., auprès : 

En la chambre d'anpres. (1471-72, Compt. 
du B. Bené, p. 280, Lecoy.) 

— Ici empres, ici près : 
Elle demenre icy fmpres. 

{Moral, d-ung Emper., Anc. Th. fr.. Ht, 142.) 

— Empres, à peu près : 

La Porcherece et les apartenances en 
vaillance ou emprex de trois cens livrées 
de terre a digenois. (1261, Pr. de l'H. de 
Bourg., II, p. xxvi.) 

Empres, prép. et adv., est encore usité 
dans le centre de la France et à Guer- 
nesey. 

EMPRESENT, adj., présent : 

La dame de Fayel ooit 
Les parolles dont joie avoit. 
Car li chastelams empresent 
Veoit, et dedeng son cuer sent 
Que plus ne se poet destourner 
Qne il ne li convienne amer. 

(Couci, 1365, Crapelet.) 
Lors estoit ilec empresente 
La dame de Han;;est pour voir, 
Qni dist qu'elle l'iroit veoir. 

(».. 2792.) 

EMPRESSE, S. f., presse, calendre : 
Cession de une empresse, six paires de 
forches, trente quatre estoffie de cardons 



EMP 



73 



et tout ce qui s'ensuit au mestier de ton- 
deur. (28 déc. 1534, Arch. Douai, Beg. aux 
Actes, f» 209.) 

EMPRESSEMENT, S. m., prsssion, serre- 
ment, action ; 

Que soit en miloenes entre deux estoiles 
bones, ou en conjnnction de l'empresse- 
ment, ou ensemble le soleil, ou ensemble 
son regart. {Hagins le Juif, Richel. 24276. 
fo 42 v°.) 

EMPRESSER, - ssîer, enp., anp., verbe. 
— Act., presser, serrer de près, fouler, 
harceler : 

Hardres Yempresse qni tint lo brauc a'acier, 

Car ïolenliers li toUist il le chief. 

(Garin le Loh., i' chans., ii, p. 132, P. Paris.) 

Ja ne serai de Turs si enpresset 

Que je ja fuie por home qui soit ne». 
{Li Covenans Vivien, 22, ap. Jonck., Gtill. d'Or.) 

Et ge sni trop de bataille enpressez. 

{li.. 36.) 

Son seiîjnor vit maternent atirié 

Et empresse des envers losengiers. 
(Charroi de Urnes, 3S0, Meyor. »i-, P- 251.) 

Mee la |ineur point ne li cesse, 

Ainz la tient touzjors el enpresse. 
(Vie des Pires, Richel. 23111, f 138''.) 

Entoar l'enfant ot raoalt grant presse. 

Chacun le porsait et empresse. 
(J. Le Marcuant, Mr. de N.-D., ms. Chartres, 
f» 9'.) 

Va si cens dedans empressant 

Qu'il se rendent, sans eus escondre. 

Et il fait toute la tour fondre. 

(GiiART, fioy. tiga., 9290, W. et D.) 

Quant Renaut ot receu le chastel, il se 
contint laschement et nicemenl ; de quel 
li Turc s'aperçurent; si les comencerent a 
enpresser au plus que il porent. {Est. 
de Eracl. Emp., xxvii, 2, Hist. des crois.) 

Li emperere fist faire le feu greignor et 
plus ard;int, et le fist o les forches de fer 
forment empresser vers le feu. {Vita Patr., 
ms. Chartres 371, f» 99 v».) 

Les tourbes remprfssoien{.(GuiART, Bible, 
Luc, ms. Ste-Gen.) 

Se ta dame se siet en priesse. 
Garde que dus trop ne lenpriesse, 
Aidy li k'elle en soit hors. 
(Jacq. d'Am., Art. d'am., ms. Dresde, Kôrl., 
188.) 

Danois empressent Do, la maie gent desvee. 

{Doon de Maience, 8869, A. P.) 
Les sourcis de ses ieus seront empresses 
et ses narines longues. [Hagins le Juif, 
Richel. 24276, f 12 r».) 

A ce mot le venin aa corps lui estoffa 
Si qu'a terre quey et la mort {'empressa. 
(Ciperis, Richel. 1637. f 102 ï°.) 
Qu'elle (la maison) ne soit pas trop en- 
close ne empressée entre maisons. {Probl. 
d'Arist., Richel. 210, f» 39^) 

Le pois de Ethyope qui estoit soz icele 
forsenee calor fu en itel manière enpres- 
sez qu'il ne la pout endurer. {Chron. de 
Fr., ms. Berne 590, f° 8'.) 

Nul n'en povoit approuchier ne les em- 
presser. (Grand. Chron. de France, Gestes 
du roy Charles V, lx, P. Paris.) 

Anpressera moi, tu me presseras, (xiv* 
s., Darmesteter, Glosses et Glossaires fte- 
breux-français, 1878, p. 38.) 

Les bons haubers doivent avoir les 
mailles empressiees l'une sur l'autre, affln 

10 



74 



EMP 



EMP 



lue. sitosl on nfi 1ns piiist percier. (Crist. 
dePizan, Charles K, 2«p.,ch.32,Michaud.> 

Gayiis Marciis... sn trouva une. fois en 
une bataille monlt empresoé de ses anemis. 
{\D.,PoUcie,Ars. 2C86, XLIII.) 

Car se monlt de pfperilzesloient en ung 
lieu, pourtant ne empresseraient \\ aucune- 
ment ee lien leqnel tonleffois ne ponroit 
contenir sneres de creiilnres. (Citron, et 
hisl. saint, elprof., Ars. 3315, f » 5 r».) 

Et ocist et delranclia tous ceulx qui 
VempressoientAIsInire de Troye la grant, 
ms.LyonS23, f» 6o''.) 

Se il se sentoit aucunement empressé 
desaii= AUpmaus. (.1. de Troyes, Chron. 
scand., p. 238. éd. 1020.) 

Tntero, is, ivi, ilntn, entasser, empresser, 
arrengier. {Voc. lai. fr., 1487.) 

Hz sont fi fort empressez ensemble qu'ilz 
ne se peuvent poynt séparer. (Palsgrave, 
Esclairc, p. 532, fii'^uin.) 

— Tourmenter : 

Car je sii liren. drst l.i déesse, 
Pont vient ti mans qui si l'rmprcsse. 
(RiCH. DF, hoiiu>,v.. la Panihcre d'amors, Richel. 
24432, I* Ifin'.) 

Densl il pslrc iiiorl Ipssié 
Tant/"» (te j.'r.inz rops rrtpressié. 
(J. Le Marcb.i.vt, ilir. de N.-D., ms. Chartres, 
!' 30».) 

Par desus lot ce encore estait i\ empres- 
sii-z d'un autre mal. {Chron. de S. Den., 
nis. Ste-Gen., f° Soi".) 

Onqnes pour ce ne ta lessa 
Le deable, mes Vempressa 
Et la Iraveilla rterreoliief 
El par le bras et par le cliief. 
(Dial. de S. Grég.. ms. Evrcnj. f» 20 r°.) 
E avaunt ces heures le eussoms nous 
fait, ne fcnssent auliunes pentz qe nous 
empressèrent ntrajonpenient.(Lî'6. Cuslvm , 
I, 198, 27 Edw. I, Ror. brit. script.) 

Attcro, encasser, empresser ou enlirisser. 
(,1. I;AGADEt'C, Cnihuliron. éd. Auffret de 
Qnoetqueueran, liibl. Quimper.) 

Nous devons bien sonlager nos pro- 
eliaiiis, quand nous les vovons estre gre- 
vez et empressez. (C.ALV.,Serm. s. le Dén- 
ier., p. 732'', éd. 1567.) 

De tant d'ennais empresse 
Ad Seiçne-T je m'.Tdressay. 
((".. Dlrant, MeuL, Iniit. du Ps. xvii. éd. 1594.) 

— Graver, Imprimer : 

Li frère de celui orent fait un pain desoz 
les cendres et ohlieit empresseir a lui l'en- 
senge de la croix. (Dial. S. Greg., p. 49, 
Foersler.) 

Coronne d'or fn scur son mitre empressé 
de signe de sainteé. (Bible, Richel. 901, 

r° o9»:) 

Et a droit jngier s'aparelle 

El orJonnel a son talent 

Les formes qn>lle arnil avant 

Empressées en sa mémoire. 
iCoiLiol. de Boece, ms. Berne 363, f" 63 r°.) 

(Livres) eseriplez on enpressez. (Slat. de 

Itichardill, an i.in.pr. gotb., Bibl. Louvre.) 

Empresser, enficln-r, imprime. (J. Laga- 

DEiR, Cathol ron, éd. Auffret de Quoet- 

qncuerau, Bibl. Quimper.) 

- Exprimer : 
Car, se raensr.nge n'empressons, 
Morz ierl a Itains. en celui terme, 
Li paslres qui les rois ronfcrme. 

(G. r.uuiiT. Roy. lign., II, 30S2, Buchon.) 



— Neutr., s'empresser : 

Et pool passer fii praot la presse 
E la gent nnilt d'aler empresse. 



Utou, 1036S, Plnqnct.) 



Les bons qui peu volontiers empressent. 
(A. CiiABTiER, Quadr. inv., OEuv., p. 414, 
éd. 1617.) 

— Infin. pris subst., choc, lulte : 

La vessiez a Vewfre.'isier 
Armes acérées bessi r. 

(GuiABT, Roy. lign.. 2244, Bnclion.) 

— Empressé, part, p^ssé, qui a beaucoup 
de pratiques, auprès duquel il y a pre.i^se : 

Ainsi est il de plusieurs qui veulent avoir 
des médecins les plus empressez, et qui 
ont plus de pratique, et soudain ils se 
plaignent de leur courte visite et de les 
avoir si peu auprès d'eux. (JouB., Err. 
pop., l" p., I, 11, éd. 1387.) 

Morvan, empresser, mettre en forme, 
dresser en coiiiprimanl ; empressé, op- 
pressé par suite de difficulté de respira- 
tion. 

EMPRESSOR, -onr, s. m., impriineur : 

Pur ascun escrivener, alluminour, liour 

ou empressour, autrement dit ini|irintour 

de tielx livers. {Stat. de Richard lll, au i, 

impr. golh.j Bibl. Louvre.) 

EMPREST, s. m., emprunt : 

Celui de qui la chose est, et a qui l'on 
la requiert a emprest, ne la [irestera ja se 
il ne viaut. (j4ss. deJér., 1, l'j3, lieuguot.) 

EMPRESTANCE, fiîp., S. f., emprunt : 
La raison des enpreslanccs et des aveirs 

qui vont sur mer. (Ass. de Jér., Il, 42, 

Beugnot.) 

EMPRESTOR, S. m., emprunteur : 
La seureté que l'on peut faire ferme et 
estable a celui qui preste, de ce que il 
prestra ou fera pre?ter est teil : que l'em- 
prestor doue bourgesies tranches et quites, 
s'il les a, en guagerie, a lerme nioti. (Liv. 
de Phil. de A'ai)., Ass. de Jér., t. I, p. 850, 
Beugnot.) 

1. EMPRESURE, evp., S. f., syn. d'em- 
prise, entreprise : 

Car de foie enpresure, ce sachiez vraiement. 
S'il en chiet bien a un. il en meschiet a cent. 
(J. Bon., Sa.T., lxxv, MicheLl 
Quant Anbuîn le voit de de".:l lire sa hure. 
Il voit bien que fali a a son evipresnre. 
(Hiil. de Cer. de Btat>.. Ars. 3144. f» 254 r» ) 

2. EMPRESURE, S. f., présure : 
Coagularc, mettre empresvre. (Pet. Vo- 

cab. làt.-franc. du xiii' s.. Chassant.) 

EMPRESURER, V. a., faire cailler au 
moyen de la présure : 

Le laict que nous nommons cmpresitré, 
est le laict auquel de nouveau on a meslé 
la présure, et lequel est mangé avant qu'il 
soit caillé. (Grevi.n, des Venins, li, 12, éd. 
1568.) 

EMPREU, - pretif, - preux, - prun, - 
prent, - prut, am , adv., en premier lieu : 
Je commenclierai voleuliers 
Enipren. 
(Adau de i.a Halle. U Gieiis de Bob. et llar., 
p. 38", Cousseœaker.) 



E.VIP 

Empreti, cl deni, et trois, et qnalre, 
El cinq, et six. 

(falhelin, p. 36, Jacob.) 
Vecy pour enipreuf 
Le chnpperon deulx escus franc. 
(Moralilé des Eiil'aiis de Maiiilenant, Ane. Th. fr., 
III. 54.) 

GRIFFON. 

Empreu 

OnU.LART. 

Et deux 

BRAYART. 

Kl trois 

CLAQCEDENT. 

Et quatre. 
(Greban', itist. de la pass., 2-2844, G. Paris.) 
Ma maislresse 
Dit veriié : il n'y sçail rien ; 
El les antres lesontinenl làcn. 
Entendez vous, c'est pour f»j;jrfK. 
(Grincore, le Jeu du Prince des Sotz, la Farce, 
p. 285, Bibl. elz.) 

Emprent, premier, fyrst. (Du Guez, An 

Introd. for lo lerne la speke frencb trewly, 

à la suite de I'alsgbave, éd. Géniu,p. 928.) 

Et ce pour ampreux. Segondement. (Bo- 

NivARD, Adv. el dev. des leng., éd. 1819.) 

Emprtit, pour eiiprtit, quand on com- 
mauce a compter au lieu que plusieurs 
disent : El un. (Trippault, Vict. fr.-grec.) 

On lient que si celny qui a le hoquet» 
conte son premier hoquet, en disant uu ou 
empriin, il n'aura que celuy la. (Liebault, 
Mais.niisl., I. I, c. XII, éd. 1596.) 

Le simple de ce mot, preu, est très em- 
ployé en langage d'écolier pour désigner 
le premier à jouer dan.s les jeux. 

Suisse rcm.,emp)o, en premier lieu, em- 
ployé dans une ronde populaire. 

Cf. ESPBEU. 

EMPREUF, voir Empbeu. 

EMPRIENTER, VOir EMPREINTEB. 
EMPRIENTURE, VOir E-MPREINTURE. 

EMPRiER, emproier, enpreer, v. a., prier: 

Sa bone mère 
Lor emproia quant s'empartirent 
De H, quant il au tornoy vinrent, 
Que il fussent carde de lui. 

(Gi//cs de Chin, 211, Reiff.) 

llluc Vetiprrai pur l'amur 
Jobao. 

(S. Edward le conf.. 3563, Lnard.) 

— Emprier de, rechercher ardemment 
telle chose : 

Et cil qui volentcs emproie 
D'amours et d'armes et d'ounoiir. 

(Ph. Mol'sk., Chron., 30160, Reiff.) 

1. EMPRiMER, V. a., enduire: 
Emprimez par deux foiz les murs dicelle 

chapelle du costé des voirrieres, depuis le 
siège jusqu a l'enichappement. {Compte 
Jeh. Gilon, 1399-1400, Arch. KK 264-266.) 

2. EMPRiMER, V. n., dominer, primer : 

Par le m.'il c'on voit emp'imer 
Piert on la liere d'outre mer. 
Et sneffre Diiis qui ti tirant 
Mainenl son puepte si tirant. 
(Bacd. de Cond., U Contes dou l'el., 141, Schelcr.) 
Par mesdit l'envenimé 
Sont tout mal au siècle enprimé, 
En^'eautet planté et repris. 

(1d., /( Contes dou Dragon, 257.) 



EMP 

EMPRixsK, voir Emprise. 
EMPRixToiR, s. m., poinçon, burin : 

En pon'îes ou en emprintoirs. 
En rigles on eo rigleoirs. 

{De la Maaille. Uicliel. 837, f° 176''.) 

1. EMPRis, S. m., prisi?, entrée en pos- 
session? 

Est est.ibli que toutes manières d'oblif;<i- 
tions qui se feroii-ut imroouseil ilouuiaistre 
et dou covent, et de cominsilioiis, et de 
change d'une pocescion a auire, et di; tout^'s 
manières dVmpris.et de toutes manières de 
procurations qui a riens puissent estre va- 
lables, soient huiees de la dessus dite 
bulle, {lieijie des liospit., Riebel. 1978, 
f»71 r».) 

2. EMPRIS, S. m., associé : 
Dodequins meismes, qui estoit ses em- 

pris, seniout, par la foi et par l'alliance 
qu'il U avoit fête, qu'il le secourust. (GniLL. 
DE TïR, I, 419, p. Paris.) 

EMPRISE, anprise, emprisse, empriiise, 
inprise, s. f., entreprise : 
Bien et hardieraent ont fourni lor emprise. 

(B. de Comman-his, "2S32, Scheler.) 

Hz ne mettoient nulle doubtH que bien 
ne venist a cliiet de sa besougue et ein- 
prinse. (W.wiii.v, Aiicli'eii'i. Citron. d'En- 
glel., t. 1, p. 154, Soc. de l'II. de Fr.) 

Requeroit leur confort et aide pour 
venir au dessus de son emprinse. (Mo.N'S- 
TitKLET, Citron. ,1. 1, au 1413, Soc. de l'H. 
de Fr.) 

En l'an mil quatre cent seize... fut des- 
couverte secrètement l'einprinse du sire de 
Pois et ses couiplici's au prevost de Paris. 
(Cousi.NOT, Geste des nobles, p. 160, Valet.) 
Tant tarde on, qu'on fault a Vemprhe. 
(Vn.LO.x, Bail, des Prvv., p. U9, Jouaust.) 

Leur sera force de tenir bon nombre de 
gens de ceste part, que aidera asses a 
nostre anprise. tCorrtsp. del'emp.Maximi- 
Uen V el de alarg. d'Autr., t. 11, p. 32, 
Doc. inéd.) 

Car Dieu Cessons sa grand'maiu 

Conduisoil tout le dessaiu 

Et l'emprùe des fiielleà. 

(R. Bf.[,leao, Poés., I, 118, Goaverueur.) 
€e n'est le tout de faire graut emprinte. 
Mais c'est beaucoup, quant elle est liieu comprinse. 
<J0LT0T, Eleg. de la belle fille, p. u2, Willem.) 

— En t. de chevalerie, les emprises 
étaient des jontes entreprises par quelque 
chevalier particulier, qui portait durant 
un mois, six mois ou un an, au bras, à la 
jambe, sur son chaperon ou en quelque 
autre endroit le signe de son emprise, qui 
était une écharpe, une manche, un garde- 
bras, une chaîne, une étoile ou quelque 
autre marque semblable, d'où vint le nom 
d'emprises que l'on a donné aux devises. 
(Menestrieu, de la Chevalerie anc. et mod., 
p. 236, éd. 1383.) 

— Entreprise hostile, attaque, violence, 
empièteiiieiit : 

Qui fayt inprise sus persone qui soyt. 
(13j9, Arch. de Fribour;;, i'' Coll. des lois, 
n» 38, f 13 V».) 

Nous les garderons, de£fendrons, et les 
préserverons de toutes emprises, forces, 
violences, outrages ot moleotes, de uostre 



EMP 

pouvoir. (Placard tonchanl les monnayes, 
monopoles, etc., 7 oct. 1.531.) 

— Partie, en terme de jeu : 
Lesquelz jouèrent une autre emprinse 

laquelle di^rreniere emprinte ou passade 
iceii.x .Millas l't i:;a.~al qui aï'oieut perdu la 
première emprinse gaguereut. (143i, Arch. 
JJ191, pièce 49 ) ; j 

— Gens d'emprise, hommes bons pour 
un coup de main : 

Si fut bien merveille que mal n'eu ad- 
vint, couime il en.~t f.iit se les anuemis 
eussent esté r/ciis d'eniprinse. (W.tvnix, 
Anchienn. Citron.. d'Einjlft., t. I, u aoâ, 
Soc. de 1 H. de Fr ) 

Gem de f.iit et d'emprinse. (Faoïss., 
Citron., Uicbel. 2844, f» 303 v».) 

Le comtesse de Monlfort qui fu damme 
àe grnat emprise. (In., (&., Il, 318, Luce, 
ms. Amiens.) 

— Empn'ss désignait encore une devise 
avec quelquj figure emblématique. Cette 
signification est donnée par Duez, Dlc- 
tionn. fr.-allem.-lat. On s'en servait parti- 
culièrement pour désigner les enseignes 
d'une dame que portait un chevalier qui 
entreprenait nn voyage, un combat, etc. : 

Quant le signeur de Teruaut seeut l'in- 
tention dudict G.iliot et veit ce beau per- 
sounage, et entemlit la renommée de l'es- 
tranger, luy, qui du loui,nieiuaiii avoit 
désiré et qiiis de tr.)uver (larli, et sorte 
pour f.iire firmes, se délibéra rl'iixecuter, a 
icelle fois, ce que tant avoii désiré : et par 
le congé du duc de Bourgongue, son si- 
gneur et sou mnistre, chargea, pour em- 
prise, une maucbetti- de dame, faicte d'un 
délié volet, moult geutemeut brodée : el 
fit attacher icelle emprise a son bras se- 
nestre, a une aigudl.-tte noire et bleue, 
ricirement garnie de diamans, de perles, et 
d'autres pierreries : i-t Lnoult bien luy seoit 
a porter icelle emprise : car il estoit moult 
beau chevalier, sa^e, prudmt et bien en- 
manieré, et l'uu des plus de son temps. 

Prestement qu'il eut son ewprisecliargee, 
il envoya le roy d'arim-s de la Toison d'or, 
devers ledict (jaliot de Baltasin, pour luy 
signifier et dire de [lar luy, qu'il avoit 
chargé et elevè une emprise, en intention 
de fiiire armes, ei punr luy l'avoit 11 prise 
et chargée, eu espHiiint d'estre par luy 
accompli de sou di'sir, id que, si son plai- 
sir estoit de lever ladicte emprise, il trou- 
veroit ledict sigui-ur de 'rei'U.mt, a une 
heure après midy, en la salle et en la pré- 
sence du duc de Bourjongne, son prince, 
son sigueur et maisire, et ipi'il pourroit 
toucher et lever ['emprise dudict signeur 
de Ternuut. .\I mit joyeux se moustru ledict 
Galiot, quaud il entendit qu'il seroit de- 
pesché, en la m lisou de li^iurgimgne, de 
ce qu'il queniit : et ne f.iillil pas a venir : 
et s'ageuouilla devant le duc de Bour- 
gongue, luy requi'raut a geuou.t, qu'il luy 
donnast congé et licence de toucher il 
l'emprise que pcirtnit le sigueur de Ter- 
uaut : et le uou duc le Ht lever,et luy donna 
le congé. 

Lors demanda Galiot aux roys d'armes 
et heruux la cousiuuie du |iais : et dit qu'en 
son pais, quaud le rei(ueraut arrache 
Vemprise de son compaigjiou, c'i'st iiour 
la vie de l'un ou de r.uilre : mais, quand 
l'on n'y fait que loucher seulemcmt, c'est 
pour chevalerie. Sun|iioy luy res(>oudil 
Toison d'or, que. Ii; sij:ueur de Teruant 
avoit cuargé sou emprise pour chevalerie, 



EMP 



78 



et que la coustume estoit de toucher a 
Vemprise, quand on est présent, l.ors 
s'avança ledict escuyer, et toucha a Vem- 
prise du chevalier, en soy agenouillant 
bien bas, et dit : « Noble chevalier je 
touche a vostre emprise, et au plaisir de 
Dieu vous fourniray et acompliray tout ce 
que je saur.iy que désirerez de faire, soit à 
pié, soit a cheval. . tU .Marche, Mém., I. 
14, Michaud.) ' 

— Emprise a signifié de plus enceinte : 
Que ladicte église dUssel soit de petite 

extendue et amprise, tellement que les 
paroissiens que a invseut y sont ne y 
pouesoat oetro ne contenir . usemble.nic», 
Lclt. deL. XII, Arch. mun. IW<=J.; 

Rouchi, emprise, entreprise. 

1. EMPRisER, V. a., emprisonner, selon 
l'éditeur des OEuvres du roi René : 

Si en laissèrent atant le parlement et 
dirent bien à eulx mesmes que s'ilz la 
pevent trouver que ilz vengeront Bel Acueil 
que elle emprisa ainsi faulcement. (Lk roi 
Hen-é, Lia. dii citer d'amours espris, OEuv. 
111, 141, Quatrebarbes.) 

2. EMr>«isER, V. a., allumer : 

L'on luy fist grand luminaire de torche» 
emprisir. (l>eportem-:ns des François el Alle- 
mands, 14o6-l492, .\lém. pour sefv. à Ihist 
de la Fr.-Comté. 1876, p. 339.) 

EMPRisioN, enp., anp., s. t., entreprise, 
projet, engagement . 

Eissi les orsuilz des félons 
E lor pesineâ eiitpri.\i(ris 
Savejt ester e abaissier. 

(Be.'J.. D. de Nurm., II, 303U, Michel.) 
L'eaprisioii, la covenance 
Qu'a fait lluun al rei Je France 
Sout tost Bernart. 

(Id., il,., II, U498.) 
Le fait, l'ovre e l'ententioa 
Ne queus ierl Vemprision, 
Ce ne li vont pas descovrir 
Ne por vivre ne por morir. 

(In., il,.. II. 31899.) 
Conoistre li feissent la foie anprisioii 
Dom il ne s'estoit mie consoillie? a Naimon. 

(J. Bon.. Stt.i-., cxxvii, Michel,) 
Bien virent qu'il ert chevaliers 
Fins, failis, par^ai^ et entiers 
El de 1res hante eiip'isioii. 

(Ade.net, Cleom , Ars. 3U-2, f° 33''.) 
Or verra se vous esl'-s de ^'r.int ctipri.'iion. 

(In.. Baev. de Cuiniii., 331S. Scheler.) 

EMPROP, enp., enpruef, prép., après : 

Ne demora se petit non 
Emprof ceste peticioa. 
(G. DE S.iist-Pahi, il. S. itichel, 1-20.J, Michel.) 
El enpruef li KahTilin 
Venqui les aulre^ p ir enïin. 

(rriiUn, 11, p. 38, Michel.) 

— Adv., ensuite : 

Enprof traient abaleslriers 
E lur serginz et lur archers. 
{ilort du roi Goniiond, 3U, ap. Roiff,, Chron. de 
Mau'.k.) 

Cf. Aprof. 

EMPROFiTABLE, adj., profitable : 
Et auxi lou [ler cy devant en h-z occupa- 
tions del l'aisance de drap les lahorers 
d'icelles ount esté chacez de (irendre 
grande part de lour gages en espingez 



76 



EMP 



EMP 



EMP 



ceinctz et auters emprofitables mercban- 
dises desoubz tiel pryce que n'extende 
pas al enteut de loiulx pages. {Slat. d'E- 
douard IV, an IV, impr. goth., Bibl. 
Louvre.) 

EMPROFoxDiR, V. a., creuser, appro- 
fondir. 

Et aveuc ce doibt emprofondir tous 
nœufs graviers, qui lui seroient préjudi- 
ciables. (1418, Cartxil. Ezechiel de Corbie, 
!" 30, r» ap. Duc., Approfundare.) 

EMPROIER, voir E.VPBIER. 
EMPRONT, adj., qui est i la diepeaition: 
Et vouz uutroei, madame ductrice, o sub- 
til euging et sage estude, les chozes de li 
sage home cerché, si que a vouz sont 
empronl li raisonuable pnrlement de li phi- 
losophe et li parole pleinez de gemmez de 
li phylosofe et de li poète. {La Èpyslole de 
Paul Dtjacone et Monache de Mont de Cas- 
sino, a son très excellent et excellente com- 
père et commère sieus de Bonivent. ap. 
Wailly,E/em. paléogr.^p.-xw.) Lat. : Tibiin 
promptu sit. 

EMPROPOSER, cnp., v a., projeter : 
ToQt si que m'oez deviser 
0/ cale chosd etiproposee. 
I Adebet, Cleom., Ars. 3142, P 23''.) 
En soQ cuer ot enproposé 
Que, quant il auroit espousé, 
K'en .1. pays divers iroit 
La on nus ne le conooistroit. 

(ID., ib.) 

EMPROVEMENT, - owement, - tiement, 
enp., s. m., approbation: 

Car le pays fst gaslé, si ne se asseure niant 

An roy ne a sa meinie par son empruemenl. 

(Fragm., ms. Oxf., Fairf 2i, f» 12 r°.) 

E Yenpruement dil wast apend a nous. 

[Year books of the reirjn of Edw. the first, 

years xxx-.xxxi, p. 19, Rer. brit. script.) 

Qu'il i eit une commune huche de lacom- 
paignie du Pui, en la quele les reuiem- 
braunces et les enproivemenz de la com- 
paignie soient mis en sauve garde. {Le 
Feste de Pui, Lib. Custum., I, 220, Rer. 
brit. script.) 

Soit le surpluis paie et restorré a la com- 
paignie par le prince, e mis en commune 
huche a Yenprouiement de la compaianie. 
{Ib., p. 222.) 

Ordines est et accordé en le dit parle- 
ment que le dit aunage (des draps) purra 
estre commys a ferme ou en emproicement 
solonqz l'advis de le tresorer d Ei:-k|prre 
purle temps esteant. {Stat.de llenr il Y d'En- 
glet., an v, impr. golh., 13ibl. Louvre.) 

EMPRUEMENT, VOir EmPROVEMENT. 

EMPRUN, voir Empreu. 

EMPRUNTAii.LE, anp.,s. {., chosB em- 
pruntée : 

Cellui qui tient hostelz, grans festes, 
grant hutin, grans oultrages, grant mes- 
nage d'anpruiitaiUes, c'e.'t folle largesse qui 
defiuera a honte. (J. Dupin, Merancolies. 
Are. 5099, f« 89 r») i 

EMPRUNTE, s. f., emprunt : 

Dp voir, trop ou peu qui emprunte 
Sur son honneur blasme ou reproche, 
Ja n'acquittera cette emprunte. 
.(Songe doré delà PucelU, Poe», fr. des x»* et -ïti's 
III, 2Î0.) 



EMPRUNTEMENT, S. m., emprunt : 

La dite finance estoit perdue avec elle, 
qui estoit levée et cueillie par tailles, par 
empnmteme.ns et autres exactions. (Mons- 
TRELET, Cliron., vol. I, f» 242% éd. 1516.) 

EMPRUNTER, vcrbe. 

— Act., prêter : 

Li abbes de Vileirs et li covenz enprun- 
tarent a Mez dous cens livres de Meceains 
lo conte Henri de Dous Pons et sa femme 
madame Havy la contesse. (1212, cabinet 
Du Fresne, Metz.) 

Une granche ou maison en la dite mairie 
qu'ilz louent, empruntent ou en font aucu- 
nement chevanche. (1396, Champarts de 
Beauce, xx, Arch. Loiret, Ste-Croix, 2' 
lay., B 9.) 

i — Réfl., se donner, en parlant d'une 
femme : 

Quand voyent jeunes pucellettes 

Emprunter elles a requoy. 

(ViLLOS, Gr. Test., XLVi, éd. CI. Marol.> 

— Se masquer : 

S'ai telle fois chantey 

Qu'en reçoi 

Por moi 

Grant ennoi ; 

Plorroie de cuer marry ; 

Entre genz 

Ai jeu et ris ' 

Démené, j 

Ensi m'a[i] de beau semblant 

Eiliprunteij. 

(Chans., Poët. av. 1300, l. 201, Ars.) 

EMPRUT, voir Empreu. 

EMPTicE, adj., qui s'achète, acheté : | 

Pourtant fut chassé Chamo hors de la i 

cité, et s'en allèrent luy et ses gens dont il , 

avoit bien vingt mil, tant de ses parens l 
que de ses empUees serviteurs et souldoiers. 

{Orose, vol. Il, f» S'', éd. 1491.) I 

— En terme de droit, constitué h prix j 
d'argent : i 

Devrait prouverla qualité desdites rentes ! 
qu'elles seroient emptices, et constituées I 
pour prix d'argent {Ord. et Stat. du pays 
de Liège. Nouv. Coût, gén., II, 973.) 

Seniblablement tous cens et rentes 
emptices en argent, a quelque pris que ce 
soit, seront rachetables pour le pris de leur 
originelle coiistitution, et en payant le 
canuon a la rate du temps. {Ib., p. 974.) I 

EMPTiciAi.,adj., qui regarde unhomme 
acheté, servile : 

Qui ne est point de condition 
Serville ne emplicialle. 

{Therence en franf., f».240'', 'Verard.) 

EMPTiON, - cion, S. f., achat : 
Et volons que les empcions etvendicions 
que h dit home aront fait ou feront soient 
faites par devant nostre castellain. (C'ft de 
1259, Clermont, Richel. 4663, f" 103 v«.') 

Garandise que les clers appellent empcion ' 
est de la chose vendue conduire et livrer 
par le vendeur a l'acheteur. (Bout., Somme 
rur., l' p., f« 56% éd. i486.) 

Et de Flandres la grant finance 
Fu aportee au conte bon. 
A cause de ladicle empcion. 
Chron. de VAbb. de Flore/Te. 733, Mon. pour serr. 
à l'hist. de Belg., I. VIII.) 



I Par cm/)(iO?i, donnation, ou autre trans- 
port. {Coust. de S. Quentin, lxxxiv, Nouv. 
Coût, gén., II, 528*.) 

I Emption et vendicion. (AiiYOT, Œuv. 
\ mél., IV, 287, éd. 1820.) 

A Ivory, canton de Salins, on dit : à ma 
malemption, pour signifier à mes dépens. 
J Au Cernans on dit dans le même sens 
mésemption. 

EMPUANCE, s. f., puanteur : 

I Quatre tonneaux de viez vin qui tour- 
noient en empaance. (1377, Arch. JJ 111, 
I pièce 244.; 

1. EMPUER, adv., dehors, en dehors : 

Dont s'est anemis en lui mis 
U c'est par dellaute de cuer 
K'il m'a ensi yetee empuer. 

(L'Escouffle, Ars. 3319, f 10 r°.) 

I Cf. PCER. 

2. EMPUER, verbe. 

— Act., empuantir : 

Pour la dite place clore et édifier pour 
ce qu'elle estoit vacante en reculée, et que 
les enfants,autresgens et bestes y faisoient 
ordures et punaisies qui empnoient ledit 
puits. (1403, Bail d rente d'une place, rue 
au Lin d Orléans, ap. Le Clerc de Douy, 
t. I, f» 223 r», Arch. Loiret.) 

— Neiitr , être empuanti : 
Toute l'englouture empuoil 

De la fumée k'en issoit. 
(De S. Jehan Paulu, Richel. 1353, f 423''.) 

EMPUES, ampues, anpues, ampuis, em- 
puees, adv., ensuite, après : 

Et li viez Clarembaos an fn si adolez 
Qu'il ampuis ne lava ainz .[lu. mois passez. 
iParise, 733, A. P.) 
Anpues fu tiel le coup que cil versa as cemin. 

(Prise de Pamp., 1001, Mussafla.) 
Mes la lance se brise, ampues fortment se plie. 
(Ib., 1H9.) 
Je lesse a la famé Jehan mon fils que il 
aura la plus grant couronne et le plus 
grant cercle que j'aye. Item a Marie ma 
fille quatre de mes plus belles couronnes 
empuees et six de mes plus beaux ceve- 
lets. (1329, Test, de Jeanne de Bourg., 
Mart., Anecd., I, 1377.) 

— Conj., après que : 

Ampues easent ces trois celé giant trapasee. 

(Prise de Pamp., 3628, MnssaBa ) 

— Cependant, pourtant, néanmoins : 

Ampues veut je, dist Zarlle, oir velre latin. 

(Prise de Pamp., 2459, Mussafla.) 

EMPUGNÉ, adj., impuni : 
Lesqueles choses ne voulons demeurer 
empugnees. (1332, Arch. JJ 68, f» 3 v°.) 

EMPUGNER, V. a.. Combattre : 
Toutes les vertus des cieulx, et tous le» 
sains ordres des beneures esperis, force 
de la seigneurie contraire, reprenes et 
empugnes ceulx du ronganl ennemy, puis- 
samment me deffendes. (Chasse de Gaston 
Pheb., ms., p. 386, ap. Ste-Pal.) 

EMPUISEMENT, S. m.? 

Empoisement, empuisement, empoison 
nemenl. (Alector, f 35'' éd. 1.Ï60,) 



EMP 



EMP 



EMP 



Lire l'ex. entier à Empoisement. 

EMPULENTER, - ulleuter, - ulanter, 
- ullanter, enp., verbe. 

— Act., empuantir, rendre puant, in- 
/octer : 

Par les narines jecloil fen 
Qui lout empuUrittoit le lieu. 
(Wace, Vie de Sic Margner., p. 107. Joly.) 

E sue de si grant pooir 

D'une sueur si très puante 

Tout le raouslier en enpuUente. 

(G. BE CoiNCi, Mir.. ms. Sois»., t" l'O"'.) 

Es sentines d'enfer pnllentes 
Seras puUens enpullentez 
Pour tes pnllentes pullenlez. 
(Id., ib.. P 5i', et ms. Brux., f° 52\) 

<;ar son corps, qui estoit raoult bel et avenant. 
Devint si très niesel et tant forment puant 
Que lonz cens d'eotour li aloit enpulentant. 

(Dit des Aneles, Jub., .\ow'. Rec, I, 3.) 

'- Fig. : 

L'arae envenime et enpuUente. 
^0. DE CoiNci, ilir. de JV.-C, mi. Brui.. 
f° 93\) 

Luxure l'orde. vil, puUenle, 
■ Qui le cors soille et rmpuHente. 
(/)« Monacho in /lumine periclitato, 409, ap. Mi- 
chel, D. deXorm., t. III.) 

— Réfl., se souiller : 

De la pullenlé t'enpuUentes. 
(G. BE CoiNCi, Mir., ms. Soiss., i" 52".) 

— Empulenlé , part, passé , infecté, 
souillé : 

De sa bouche ist nue si grant famée, 

Trestole l'ot en fn enpullentee. 
iBal. d'Aleseh.. var. des v. 6-291-6501, ap. 
Jonck., Guill. d-Qr.. II, '29i.) 

Tant li promet et tant li done 

Qu'il est couchiez el Ut puant 

Ou ont conversé li Iruant, 

Tant qu'il est toz etipnllantez. 
(De quoi lienent li trailor et li mauves, Richel. 
1910-2, t» 34 r°.) 

Si estoit li cites si empullentee c'orisous 
ne pooit amont monter. {Citron. d'Ernoul, 
p. 217, Mas-Liilrie.) 

Por ce est si empulantee 
De Ion feu toute la contre. 

(Bible, liichel. 763, f 216''.) 
Ne doit passer point les pelis s'iiz ne 
sont blans, secs et non empttlentes. (1410, 
SI. de la drap, de Chauny, Arcli. de 
Chauny.) 

EMPULENTiR, V. 3, euipuantif, infecter: 

La puenleur qui de leur ventre yssoi 
L'aer et les lieux tous empulenlissoil. 

(0. DE S. -Gelais, Eneid.. Richel. S6I. t° 27''.) 
Boucz vils et puantz qui toute la mon- 

tai^ne empulentissoient. (C. Mansion, Bi- 

hlioth. des Poet. de mêlant., f» 45 r», éd. 

1493.) 

... Y moururent grant planti^ de che- 
vaulx, dont l'ost estoit moult fort empu- 
lenly. (.Monstrelet, Chron., I, 94, Soc. de 
l'H. de Fr.) ' ' ' 

EMPUNAisiER, - oysier, - ter, enp., 
verbe. 

— Act., rendre pnant, punais, infecter, 
corrompre, souiller : 

Et envoioient par leurs engins chevaux 
mors et bestes mortes et puans pour euli 



empunaisier. (Froiss., Chron., Richel. 2641, 
f° 54 v°.) 

Mais vouloit que tout fut ars, non pas la 
cité empunaisier. (In., ib., Richel. 264S, 
f» 103».) 

Car aullrement il enissent esté tout mort 
et empunaisiet sans merci. (lo., «6., II, 26, 
Luce.) 

Et fut la repiou toute empunaisee de la 
pestilence du fier. (Sym. de Hesdin, Trad. 
de Val. Max., f° 81=, éd. 1483.) 

Si ouvry la gueule lors (le serpent), et 
tant comme ilpeutalener et souffler s^ctn 
feu et flambe si que tout fut le rocher etn- 
punaisié. {Ren. de Montaub., Ars. S072, 
f" 37 V".) 

Empunayser le monde des puantes exha- 
lations de leurs pèches. (F. de Sales, Au- 
torité de S. Pierre, ms. Chigi, f» 21'.) 

— Empunaisié. part, passé et adj., in- 
fecté, corrompu, infect, puant, punais : 

Que lesdites boucheries soient tousjours 
corrompuz et empunaisiez. (1391, Arch. JJ 
141, pièce 97.) 

Ne hantez pas la, car l'ayr est empunaysé, 
infecté, or empoysonné. (Palsgbave, Es- 
claire., p. 591, Géiiin.) 

Troyes, orapunaKer, empester. (Gboslev, 
Vocab. Iroyen.) 

EMPUNAisiR, - ezir, verbe. 

— Act., empuantir, infecter: 

Sordido, das,emp«)!«!Sîr, ordoyer. [Gloss. 
de Salins.) 

Quant a ceux qui sont chancis, je suis 
d'opinion que s'ils sont foibles beaucoup, 
qu'on les oste du tout du vaisseau, afin 
qu'ils ne le pastent et empunaisissent. (Bel- 
LE-FoK., Secr. de l'agric, p. 96, éd. 1371.) 

Fay l^n vilain, tu m'empJiiiezirûs. 

(J. DE Baif, Eclorpies, XII.) 

Quelque jour on vous empunaisira. (Cho- 
lieres, Apresdinees, p. 161, Lacroix.) 

— Au sens moral : 

Envieux, les usuriers et les luxurieux qui 
aujourd'huy castent et empunaisissent les 
maisons, i.î. Bouchet, Begnars traversant. 
f» 17, éd. 1522.) 

Les Rhodiens se sont effeminez après une 
infinité de délicatesses et mipnotises qu'ils 
en ont empunaisi\es Siciliens. (Cholieres, 
Apresdinees, vi, t° 210 r», éd. 1587.) 

— Réfl., se corrompre : 

Il faut retrencher la maladie, de peur 
que de la puanteur d'icelle l'air s'empunai- 
sisse. {Hist. Maccar. de Merlin Cocc, p. 147, 
Jacob.) 

— Neutr., dans le même sens : 

Par ce que ces deux espèces de métaux 
sont vénéneuses de leur nature, et font 
tourner et empunaisir soudainement l'eau. 
(Du Fouilloux, Vénerie, f» 8 v, Favre.) 

— Empunaisi, part, passé, infecté, in- 
fect : 

Duquel l'eau vile, orde, empunaisié, 
Gasle l'Europe, Affrique et toute Asie. 
(J. LE Maire. Compte 2' sur la naissance de dame 
Yerolle. Bibl. elz.) 

Vents emptinaisis. (JoD., QEuc. tnesl., 
f» 139 V», éd. 1383.) 

— Au sens moral : 



La chair humaine tant corrompue et em- 
punaisie de péché. (La Ttioison d'or, vol. u 
f» 139 r".) ' 

EMPUR, voir Pur. 

EMPURE, s. f., employé dans la loc. S. 
Pierre des empiires, S. Pierre-ès-Lieiis : 

Devant la Teste Saint Père des empures 
(31 juill. 1277, Môt.-Dieu d'Angers, B 24" 
f" 11, Arch. llaine-et-Loire.) ' 

EMPURÉ, adj., qui n'a que sa chemise : 

Aussi tost muert uns emmurez 
G'tiiis en ST chemise emplirez. 
(Watp.iquet, Despit du monde, 163.-Sohcler.) 

Ce mot est formé d'une façon barbare 
pour la rime. Cf. au mot pur la locution 
En pure. 

liMPlSTÉ, voir E.'UPCTÉ. 

EMPUTÉ,- uslé, adj., empuanti, gâté : 
Ce ma bouteille estoit amere 
Et que le vin fust empiisle. 

{Mysl. de S. Cleiii.^ p- ai, ADel.) 

kvi>'«-tkment, s. m., dénonciation, ac- 
cusation : 

Comme ledit blé estoit ainsi uiussié, 
vindrent audit buisson par emputement ou 
autrement trois gens de guerre. (1447, 
Arch. JJ 179, pièce 137.) 

Accusation, ou dénonciation faicte a la 
justice ou au magistrat, emputement. (R. 
Est., Diciionariolum.) 

E.MPUTER, amp., V. a., imputer, accu- 
ser : 

Amputare, amputer. (Gloss. de Douai, 
Escallier.) 

Thibault d'Orenge dit qu'il avoitcongneu 
charnelement la famé Jehan Connivet, et 
si estoit marié, et que il Vamputeroit d'of- 
fice a Sens. (1404, Arch. JJ 159, pièce 27.) 

Icelle Ouillemette cmputa aux Anglois... 
de Sainte Suzenne le père du suppliant, et 
leur dit qu'il leceloit les François et les 
entrenoit a son povoir. (1437, Arch. JJ 
189, pièce 134.) 

— £jnpM<é,part.passé,accusé,calomnié : 

Cil prostrés i fut empiileiz. 
Qai tant fut riches et monteiz. 
(llLTEB., li Testament de fane, I, 27o, Jub.) 

EMPUTEUR, S. m., celui qui impute, 
délateur, calomniateur : 

Icellui conte qui estoit homme très rio- 
teux, emptitcur de gens et tribouleur. eust 
fait adjourner a ce jour le suppliant. (138Î, 
Arch. JJ 122, pièce 177.) 

Et quelque ung qui fut la, (ainsi comme 
emputeurs souvent rapporleut) luy va dire 
qu'il estoit en la cité de Peneste pour s8 
sauver. (Orose, vol. II, f» 96^ éd. 1491.) 

Guillaume Bernard,.... homme empuleur, 
sedicieux et plain de mauvais langaige. 
(1480, Arcli. JJ 209, pièce 176.) 

Las ! quel dangier de fauli accusatears, 
Meschans ijarçons et mauvais emputeurs. 
Qui vont dire mensonRHs aux seigneurs. 
(Maiitial, \igil. de Ch. VII. i" 03 v°, éd. U93.) 

Pcrquisitor,' ung empuleur. (R. Est., 
rhe.<.) 

Délateur et dénonciateur a justice. Em- 
puleur, mouschart. (ID., Diciionariolum.) 



78 



EN 



EMPUTiNiiR, enp; V. a., souiller : 

ne Dieu cioa ciel vous soit il pardooé 
De chesl vielart que m'aves asumé 
Qui loot arnil mon lil eupiiliiié. 

(G. d'IlanMone, llicliel. -2j51R, f" 2 r .) 

EMPUTRE, enp , arlj., pourri : 

Lorsî e enpnlres e enpo'.. 

(Bex., D. de Norm., U, T-201, Michel.) 

EMQUISON, voir E.NXHOISOX. 

EMUNCTioN, S. f , ce qui découle des 

narines quand on se mouche: 

Les emnnctions ùe- ""^'L^'/f,":?'^ "' 
hist. salut, olprof., Ars. Solo, i lo r .) 

EMUSEUL, S. m., mouchettes : 

Et il fisl septlaiinternesod WnT emuseus, 

elles vaspenx dont les lauiUnni.-f esloieiu 

mu-sclieps lut (il' très uet or. (Ilible, Exod., 

xxxvii, 23, Ricbel. 1.) Lat. : emuiietonis. 

EMUTILER, voir ESMUTILER. 
ElIUTULACION, VOir ES.ML-TII..VCION. 
EMYilLER, V. a ? 

Mareschaus seguians et emyolans clie. 
vaulxes mes. (Acl. consul., 1440-56, Arcb. 
mun. Lyou, BB 5.) 

1. EN, an, em, ein, ain, in, e, préposition. 



En marquant le repos, la situation : 
1» Le repos dans le lieu, et équivalant 

à dans, d, sur : 
Ciim leaimns e le Evanaelin. et si cum 

diste leEvangelio. {Frarj.de VaUnciennes.) 

Suî UD olive est descndui en rumbre. 

(fto/., 25" 1, Mùller.) 

Reci moi an ta compaignie. 
(Wace, Conception, Br.l. Mus. adJ. l.'iGOS, 

f° n^.) 

Cil conçut Anseys en la fille an vachier. 

(J. Boo.. Sax., IV, Michel.) 
lerl ja en espérance d'avoir molt riche don. 

(Rom. d'Alex., Richel. 79-2, f» 138''.) 
Maintes bones genz de Borgoigue dont li 
non ne sont mie en escrit. ;Vii,leh., 45, 
Wailly.) 

Et pioient Dameilien, le roi de majesté 
Que il leur lest en eus co.çoivre ei enjen Irer. 
(Gui de Uuuro., 4019, A. P.) 

Trestnle nue en sa clieinise 
Au feu liée la lenoient. 
(Chrest., Ckcv. aulyon, 48U, Ilollaud.) 

Tant com il fu an celé rage. 

(ID.. 1*., 2863.) 
En la compaignie des sainz 
Soit vostru ame. 

(iD., il)., 1293.) 
?^e l'ai ore an ma baillie. 

Ud., a., 1227.) 
Tant qu'il fust anquos en sa force 
De U apeier molt s'eslbrce. 

(iD.. ib., 3043.) 

En son esou l'emporte. 

(lo., ib., 4053.) 
AnJureit sont an lor malice. 
An lor pechicl et an lor vice. 

{Dolop., 1338, Bibl. clz.) 

Car m:cus me vient user loule ma vie 
En raju joli souvenir. 
(RicH. DE FouRNivAL./a Panthère d'amors, Richel. 
24432. f IGU''.) 



EN 

Quant je l'cnconlre en la voie an venir. 
(iD., th., (° 1641'.) 

Ja de fere vostre servise 
ÎVe Irovercz rn moi faintise. 
{Guill. d'EiujIel., ap. Barisch, Chrest.. col. iSO, 
-1' éd.) 

A penre cliascun an em molin de Mai- 
dlercs (1243, Pont, Fiefs, 1, 73, Arch. 
Meurthe.) 

Ainz sui loz tens en paine et«« porchas. 

(Le CuAîTELAi.v DE Cocci, CAaiw., xi, Crapelet.) 

lit an boni dou tertre vit seoir nn roy 
plus bel des antres, miex vpstu et miex 
paré en un tlirone d'or. (JoiNV., Si Louis, 
xciv, Wailly.) 

Dieu morut en la croix. (Id., ccxcir.) 

Ne ne sera trouvé que li diz religieus 
les tenesaient en prison. (1303, Arcb. J 
i030, pièce 28.) 

Pour rente annuelle que l'église prant 
cbasc'an le jour de S. .\Iar; l'evaugellsle... 
en et sur les maisons assises ... 1.378, 
Compl. (tes annioers. de S. Pierre, f° 90 v», 
Areli. .\»be.) 

Il falloit avoir les reins ceints, des pieds 
en ses souliers et une main en son baston. 
— Il se reprit incontinent. Eli bien ! dit il, 
des snuli.Ts en ses pieds et nu baston en 
sa main. (.Marg., .Vohw., xi, Jacob.) 

Estndier en médecine... en lois. (Rab., 

I. Il, c. S, éd. 1364.) 

Jamais je ne me suis alambiqué le cer- 
veau a lire en Ronsard, Bail', et autres qui 
composent a leur mode. (Lariv., le Laq., 

II, 2, Ane. Th. fr.) 

Je vous feray le plus misérable 'homme 

qni soit aujourd'huy en Haris. (In., ib., II, 

3.) 

Ah ! Dieu ! est ce la façon de faire en 

Paris ? (lû., le Morf., v, 1.) 
<;e?t I spagnol l'i'ust déshonorée et 

honnie en Naples. (Fr. dAmbois., les Nea- 

pot., m, 11, Ane. Tu. fr.) 

Armel en teste. (Amïot, Vies, Pericles.) 
Il mescontenta sa noblesse, qui l'alla, 
I d'un cœur franc, saluer en Avignon. (Pasq., 
I le»., XIV, 2.) 
I Les soldats du seigneur Pierre u'avoient 

souliers en pied, pour les avoir usez parmy 

les montagnes. (Mart. du Bellav, JUein., 

1. X, f» 332 r», éd. Io09.) 
I J ai aussi advis comme lesieurde Brèves, 

qui laisoit ey devant mes a£f lires en Con- 

stantinople, et auquel j'ay donné charge 
I d'y résider pour mon ambassadeur, y a 
i esté fort bien reçu de ce seigneur et de 

ses minisir.s. (I.Ï73, Lett. miss.de Henri IV, 
[ t. 11, p. 832, Berger de Xivrey.) 
I Oc alloit, dicl on, aux autres villes de 
I Grèce, cliercber des rlietoriciens, des 
! peintres et des musiciens; mais e» Lace- 
( demone des législateurs, des magistrats et 
j empereurs darniee. (.Mont., Ess., I, 24, 

f" 53 r», éd. 1388.) 

1 Les créoles des Grandes-Antilles disent 
I encore eu et non d Haïti. 

1 — En aoiron, aux environs ; voir En 

AVIRON. 

— En derrière, par derrière : 

De dire mai en derrière. 

(GuiOT, Chans., y, 40, Wolfart.) 

— En pardevers, du côté de ; voir Em- 

PARDEVEIIS. 



EN 

— Équivalant à sur dans les emplois 
particuliers qui suivent : 

En piez se drecet, si li vint contredire. 
(Roi., 195, Millier.) 

Gagemer s'est en pi^z levez. 

(Marie, Lai de Gugemer, 839. Roij.) 

Se leva en piez Coenes do Bethunc. (VlL- 
LEU., 144, Wailly.) 

Li contes de Montfort se mist en ge- 
nouls devant le roi. i,Froiss., C/iron., II, 
203, Luce, ms. Amiens.) 

Qui estoit en jenonlz et a mains jointes 
devant le roy son père. Jd., ib., IV, 179, 
Luce.) 

Mais incontinent ressaillist en piez et 
Trovlus retourna sur luy. [hloire de Troye 
la grant, ms. Lyon 823, f- 62''.) 

2» Le repos dans le temps, la durée, 
équivalant à dans, pendant, durant : 

En eps ccl di. 

(Passion, 417, Diez.) 

En orer (vesqni) «t « versillier. 
(Perceval, ras. MoUpelliur H 24^, l" 2D5'.) 
En la Penlecosle, en eslé, 
1 aveit li reis si'jurné. 

(.Marie, Lai de Lanval, 11, Roqfc.) 

les coatiaux qni sont Irenchant 
Mou père ocistrent en dormant. 

(Rom. de Thel/es, Richel. 60, P 11=.) 
Ktn moix de oct''mlire {[i\9. Rentes de 
Vecclese de Sainte lloull. Vil, Arcb. Meuse.) 
.Ain ma présence estaublie. (1273, ib., X.) 

Aint ont les doiz au prendre nuvers et desnoez, 

Et en rendre les ont crampis el engluer. 

(De Triade et de Yenin. Jub., \n.iP. Hee., I, 36i.) 

Mirent six jours en venir a Damiete. 
(MÉN. DE REI.MS, 132, W lilly.) 

Car il avoit estet haclielers et saudoiiers 
en son venir eu Lonibardie . (Froiss. , 
Chron., I, 353, Luce, ms. Amiens.) 

Cependant qu'ils e-toient en plaisirs 
amoureu.x et propos gr.icieux, le mary ar- 
riva. (Lariv., Facet. Nuicts de Strap., iv, 4, 
Bibl. elz.) 

— En devant, adv., auparavant ; prép., 
avant, antérieurement à; voir Endbvant. 

— En es le pas, en es l'ore, aussitôt, sur 
le champ ; voir Es. 

— En prof, après, ensuite ; voir Emprof 

— En la parfin, à la fin ; voir Parfin. 

— En un tenant, de suite ; voir Tenant. 

— En ce que, pendant que, au moment 
où: 

Et en ce qu'il vindrent près, si voient une 
prant bataille de .m. chevaliers qui molt 
durement se conbatoient a plus de .L. 
Saisnes. [Artur, Richel. 337, f» 09».) 

En ce qu'a se cuidoit relever... (Id., ib., 
f» 276=.) 

En ce gn'il estoit en cesie pansée. (Vies 
des Hermit , ms. Lyon 698, l" 4 r».) 

En ce que li sengliers eiiteudoit a meu- 
gler, SI s'endormi. {Sept Sag., ms. Chartres 
620, 1° 23\) 

En ce gu'il estoit eu la destraignance 
de sa pensée. {Estories Rogier, Richel. 
20123, f" 42=.) 

Ainsi advii-nt en pou d'heure a Achilles 
qui en ce qu'd regarda la façon de la pu- 



EN 



EN 



EN 



79 



celle fut il embrappz de ?on amour. (Istoire ' 
de Trotje la grant, nis. l.yon 823, f" 74''.) 

II 

En marquant la direction, le inouve 
ment : j 

1» Le mouvement dans le lieu, équiva- 
lant à dans, d, vers : I 

Enlret en sa veie. si sVsi anhiniinez. 

Ulol., 3C5, Millier.) 

Vers EngletPrre passai il la niprsalsft. 
Ad ces seint Père en ciinquist le chevage. 
Qne nus requiert ça en la nostre marche ? 

(M., 312.) 
Cnnqnerrat li les terres d'ici qa>H orient. 

(;*., 401.) 

Hel'is passe onlre, si est entrez en Tyr. 

(Les Loh., Ars. 3113, f° 12=.) 

Q'il vînt en Baliilone a l'onzime jornee. 

{Rom. d'Alex., Richcl. 25317. P 256>.) 
En ceval nionle, prtsl l'escu et l'espié. 

(liAiMB., Ogier, 8252. Barrois.) 

L'amor qui en lui s'est mise. 

(Chrest., Chei<. au hjoii, 1548, HoHand.) 

Cis rois nous welt lolir noslre possession 
Et cliachier en essil e^t antre rei^ion. 

(liom. d'Alex., lUchel. 792, f» 138''.) 
Lez princes de la terre meis de haut en bas. 
(;*.. Ricbel. loOltl, f» 26T.) 
Ensi fil la vile rendue en la merci le duc I 
de 'Venise. (Villeh., 86, Wailly.) 

One le trenchant de l'alemelle 
Li embal tout en la cervelle. 

(Rom. de Tlieh-s, [lichel. 60, f» 8'.) 
Oni tonl entièrement a mis 
Cner et co'ps en voslre baillie. 
(RicH. DE ForRMVAL, la l'anlhere d'amors, Richel. 
2.il32, 1° 163M 

Si descent a pié, il et si compaignon, et ' 
meteut lor cbevals en loing. (j4r(ur,Richel. 
337, f» 89'.) 

De prendre damoifele en murtre et en i 
rppoft et de meire niaia en lui estre son i 
gré. (Lancelot, uis. Fribourj:, 1» 13=.) | 

Nous alanips an Ansone. (JoiNV., S. ' 
Louis, xxvii, Wailly, 1874.) 

Poge dit avoir vpii un cheval, qui entra 
en (Joustaiice riur.uit qu'on y lenoit le con- 
cile. (G. BoL'i.HKT, Serees, xi, éd. 1608.) i 

— Enjusqu'à, jusqu'à : ! 
Kil saiclient ce k'est ke lor fait et an 

jo^ç'ai ou il doient e?liindre l'anconiance- . 
me\ de lor eshide. (Li F.pislle saint Ber- , 
nard a Mont Veii, ms. Viiduu 7i, l" 69 r°.) ; 

Des Poloysie oi j!is9J(C>:n Luccnay.(lï60, 1 
Cart. de l'év. d'Aulun, r p., lxvi, A. de 
Charmasse.) | 

— Cheoir en baston, venir à la portée I 
des armes : 

Com il manarhe Chariot le fil Kallon 
De lui ochire si li chiei en boston. I 

(Kaimb., Ogierj 7211', Barrois.) 

— En marquant le changement d'élat : [ 

Si qn'^n pièces Tola ma lance. 
(Chrest.. CIhv. au lijm, 530, Holland.) 

Et quaot ses plaies ont vcues i 

Si relorne la joie en ire. 

(Erec, -4197, Zeilschrift de Haapt, t. X.) | 

— En lieu de, au lieu de : 

En lieu de ces trois nos ont mises. 

(GuiOT, DMe, Mil, Wolfart.) 



Et la clef soit en leu li'oslages. 

(Rose, 2003, Mcon.) 

2° Le niou\en]ent dans le temps : 

Cnnqnis l'aïrat d'hoi cest jur en nn meis. 

(Roi.. 2751, Mûller.) 
De cel jor en .\l. ta li respiz ilonncz. 
(Rom. d'Alex., Richel. 792, P 138''.) 
Souvent, de jor en autre, lor fait asaul livrer. 
(II:., Richel. 15093, f 45".) 
Il ne cuidoient uiie-que il eussent la vile 
vaincue en un mois. (Villeh., 244, Wailly.) 
D'ni en .1. an. droit Toslre vole. 
Desous ce piu 
Si soiez bien malin. 
(Le VicoNTE n'AcNOi, le DU de la lande dorée, 
Richel. 24432, f" 25''.) 

— En aptes, ensuite; voir Apres au 
Supplément. 

— En avant, dorénavant, à l'avenir, 
voir Enavant. 

— En des, depuis; voir Des au Supplé- 
ment. 

— En empres, ensuite ; voirEiiPRES. 

— En jusqu'à, jusqu'à ; voir Enjusque. 

— Eu esça, jusqu'à ce nioniont même ; 
voir Es. 

— En que, jusqu'à ce que : 

L'eu lye bien le sak enke soit pleyn. 
{Proverbes de Fraunce, ap. Ler. de Liucy.) 

3» La direction d'intention, le but : 

Tote s'enttnte e son pocir 
Ert en aquerre or e argent. 
<Ben., D. de JVwm., Il, 27S29, Michel.) 
En ceste suspirout Locrin, 
En ceste out Venus mis sa Un. 
En ceste estoit toz ses lalenz, 
En ceste aidoit ses cuers dedenz, 
En ceste lleiujssoit sa rage, 
En cesle ont lerraé siin corage. 

(Bfid, ms. Munich, 2i09, Vollm.) 
En l'hoonr de vos, nobles reis, 

(Marie, iaopel, t. 1, p. 44. Roq.) 
Quant nos en son service avons mis nostre entente. 

i,Rom. d'Alex., Richel. 15095, 1' 24S r°.) 
Car tous ert ses curages en lor bons aemplir. 
(lù., Richel. 243tit!, Meyer, Remania XI, p. 269.) 

Car je met mon eaige en vos servir. 
(PiEREKi.NS, Chans., ms. Berne 389, f" 86 r".) 
Maint on[t| mis Itur temps et leurs cures 
En fables dire et adventures. 

(Alart, (.'"' d'Anjou, Richel. 765, C I r°.) 
Et j:e sui celé qui vos otrui et cucr et 
cors et vùleulè en votre srrvise et e» votre 
comaudemeut. (^((«r, Itichel. 337,1° 218^) 

Bien sai qu'e» vous amer n'ai droit. 
(Le Chastelais de Cooci, Chans., m, Crapelet.) 

Et resemble le lion qui va en proie. (Li 
prem. liv. Salemons, ms. Berne 590,1» 986^) 

— L'objet : 

Rollanz me forfist en or e en aveir. 

(Roi., 3758, Mùtler.) 
f-il qui tel murtre faisoit n'avoit droit cji 
terre tenir. (Villeh., 224, Wailly.) 

En la rrgle saint Benooit 
Ont il mespris. 

(GiaoT, Bible, 13S8, WoUart.) 

Et crées en Jhesn, 

(Gui de Bourg., 3333, A, P.) 

Bien creanz en Dieu, (Mén. de Reims, 

7i<, Wailly.) 



Car vous ne vous pories niie miens ma- 
rier en millor dame ne eh^ en meillor che- 
valier. (Arltir, ms. Grenoble 378, f° 71.) 

Aut.int a t elle en mes enfants comme 
j'en ai. (Fnoiss., Cliron., 11, a, 222, Bu- 
chon.) 

— Equivalant à en qualité de, comme : 
IS'i lessiez la tesle an gagrs. 

(Chrest., C'/icr, au lijon, l:i30. Holland.) 
Qui as paieos en vail en raessagier. 

(Fiernbrtts, lvi, c, 2, Beklier.) 
Tenir em fief. (1253, Ch. des Compl. de 
Dole, 4 , Arch. Doubs.) 

Si avons Dieu en aji:e el il ne l'ont pas. 
(Mén. DE Relms, 41, Wailly.) 

Il vous en dourout tant comme il vous 
venra en grei. (lo., 84.) 

Li evesques de Chaalons... beney en 
abbei mon signour .lehan de Mimeri. 
(Joi.Nv., SI Louis, cxxxvi, Wailly.) 

Qui' il avoit pris a rente, en fié, et em 
perpétuel héritage. (C/(. de 1321, Estrée, 
Areh. Eure.) 

En monstrant que l'eelcciltm laicte de 
Urbain en r'<i|)e. après la mort de Grégoire 
onziesme, lut juste. (Juv. DES UhsINS, //('«{. 
de Charles VI, au 1381, Slicbaud.) 

Viniirent en armes dir,; qu'ils tueroient 
tout, s'ils u'avoieut en pape un Romain. 
(iD., i6.) 

Et se fit ledit Charles couronner par 
l'ordounaiiCe de Urbain en roy de Sicile. 
(ID., ib.) 

Et le couronna en roy. (Id.,(6., an 1382.) 

Aiusi qu'elle (Jeanne 1", reine de Na- 
ples) lissoil un cordon de soie, le roi André 
lui demanda a quoy estoit bon cet ouvrage? 
Pour vous eslrangler, répondit elle en se 
souriant: parole que le niury tourna en 
risée, qui sortit loutel'ois sou "effet. (Pasq., 
liecli., VI, 27.) 

— Avoir en hé, concevoir de la haine 
pour : 

Li uns de Salesbire, ke li reis oui en lié. 

vGarn., Vie S. nom., Riihel. 13513, f° 10 r°.) 

— Cueillir en hé, en haine, prendre en 
haine ; voir Cueillir. 

— Enchargier en /(OiMC, prendre en haine; 

voir E.XCHARGIER. 

— Melircen défais, mettre en interdit; et 
flg., renoncer à, refuser, dédaigner; voir 
Defois. 

111 

En servant à marquer la matière, la ma- 
nière, l'instrument, le moyen, etc. 

— 1» La matière : 

Et letlra fayr en pargamin. 
(Alberic, Alex.. 90, Meyer, Rec, p. 283.) 
En rentes et in possessions. (Fév. 12.19, 

Areh. Vosges, H, Flabemout.) 
Une cedule en parchemin. Une cedule en 

papier. (5 oct. 1428, Jnvent. des meubl. de 

la bastide, Arch. P 1189.) 

— 2° La manière, la manière d'être, 

l'état : 

7/1 figure de colonib volât a ciel. 
(Enlalie, 25, Barlsch, Chrest.. col. 6, 3' éd.) 



80 



EN 



EN 



ENA 



Terre major remaindreU cit repos. 

(Roi., 60n, Mùller.1 

Mes ce cornant pot avenir 
One tu mon seifinor ofeis 
Se an traison dpI feîs. 
(Chrest., Chee. au lyon. 1-230, Holland.) 
Si l'eptrangla en murtre. (Villeh., 223, 
Wailly.) 

Ce ne îiorroit eslre en nnle manière. 
<RiCH. nE FoiiRMVAr., la Panthère d'amon, llichel. 
24132, f° ISg".) 

F.» lermes et en plors sonvcnt le baiserai. 
(Berte, 207, Sclieler.) 

Ne le fesoient mie en bonne foi. (MÉN. 
DK Reims, 29, Wailly.) 

Si luiveiiillicz prier en pitié qu'il veuille 
avoir merci de nous. (Froiss., Chron., I, 
I, 320, Buchon.) 

Ulysses se Labilla en mercier. 11 porte 
les clieveulx en Allemant. (Palsgrave, 
Esclairc, p. 839, Génin.) 

11 l'accoustrera en chien coiirtault. (RoB. 
EsTIEN.NE, Lat. ling. Thés., Adnuitilo.) 

— Dans des locutions adverbiales for- 
mées ai-oo un substantif : 

En bourgeoisie, bourgeoiseiurrit -, voir 

ROURGEOISIE. 

En chevauchons, comme à chevauchons, 
jambe deçà, jambe delà, comme si l'on 
était à cheval : 

Et puis se met desor la planche en che- 
vauchons et puis se traîne sus si armes 
nnnme il estoit. (Artur, nis. Grenoble 378, 
f» Oi-i.) 

Eli demussons, en cachette ; voir Demu- 
r.ONS. 

En désire, en droite ligne ; voir Destre. 

En cmble, furtivement; voir Emble. 

En emblée, furtivement ; voir Embt.ee. 

En foi, fidèlement : 

Qni le service en foy maintiennent. 
OlicH. nr. Fnor.NivM.. In Panthère â'amms. Itichel. 
Îii32, f 161'.) 

En pardon, en pardons, en vain, en pure 
perte, gratis; voir Pardon. 

En pièce, en pièces, dans une phrase 
affirmative, dans quelque temps, bientôt; 
'Uns une phrase négative, jamais, de long- 
'emps, dans beaucoup de temps; voir 

l'IECE. 

En recelée, en secret, en cachette; voir 

liBCELEE. 

En recoi, en repos, en paix ; voir Recoi. 
En reponiaus, en cachette ; voir Repo- 

NAIL. 

En lapin, en tapinage, en tapinois, en 
cachette; voirTAPiN. Tapinagk, Tapinois. 

— Avec un adjectif : 

En apert, ouvertement, évidemment ; 
voir Apert. 

En bas, à voix basse ; voir Bas. 

En basset, à voix basse ; voir Basset. 



En belif, au travers; voir Belif. 

En belin, en beline, de travers; voir Be- 

LIN. 

En haut, à haute voix; voir Haut. 

En humain, sur celte terre; voir Hu- 
main. 

En recelé, en secret; voir Recelé. 

En repost, en cachette ; voir Repost. 

En roond, de compte rond, en tout; voir 

ROOND. 

En seri, tranquillement, en repos; voir 
Sert. 

En sordois, à la sourdine; voir Sordois. 

En subit, subitement : 

Lors en subit me prens a regarder au- 
tour de mov. (Traict. di Salem,, nis. Ge- 
nève 165, f» '262 r°.) 

Nous en irons tout en suhit 
Luy faire ancune question. 
(Greban, ilist. de la pass., 14590, G. Paris.) 

En tante, dételle manière; voir Tant. 
— Avec un participe présent : 



Cler en i 



ant l'ad dit a Guene!an. 

(Rot.. 619, Millier.) 



En enbronr.hant fu li sengleis ocis. 

{Girh. de SIeIt, p. 452, Slengel.) 

Qne par la ne pnis je venir 
A ce qa'en dormant ay veu. 
(mCH. iiF. FocRMVAL, ta Panthère d'amors, Ricbel. 
24432, f ir,r.) 

En ramembrant sa valor a loisir. 

(iD., th., f 1C4''.) 

En estant, debout; voir Estant. 

En oiant, de manière à être bien en- 
tendu ; voir Oiant. 

— Marquant la multiplication : 
Paien s'adabent d'osbercs sarazineis, 
Tuit U plusur en snnt dnblez en trcis. 

(Rot., 994, Muller.) 

— Équivalant à quant d : 

Rois deit estre moult dreturiers, 
En justice roides et fiers. 

(Marie, Ysopel, t. H, p. 134, Roq.) 

Simple en regart et de bêle manière. 
(RicH. DE FouRNivAL, la Panthère d'amors, Ri- 
cbel. 24432, f» 159».) 

3" L'instrument : 

En harpe, en viele et en gigue 
Eu devroit en certes conter. 

(Guioi, Bible, 209, Wolfart.' 

4° Le moyen : 

(Lettre) Et en ebrey et en ermin. 
(Alberic, Alex., 91, Meycr, Rec.. p. 283.) 
Li boeu fisicien loîal, 
Li prodomme, li bien Ictré 
Ont maint verai conseil donné ; 
Maintes genz qui se desconforlent 
En lor conseil se reconfortent. 

(GuiOT, Bible, Ï643. Wolfirt.) 

En langage grejois. 

(Gui de Bourg., 1373, A. P.) 
En son sarasinois malt bian l'a salué. 

(/»., 2-G3.) 



Cil les plaint et regrate an sarazenois gref. 

(Floov., 319, A. P.) 

5° La condition : 

Am pris de dis livres. (1258, Possières, 
Arch. Aube.) 

Que cudes tu paaignier an ce que tu as 
deguerpie la créance de nos deus ? (Li 
Livres de Balaam, Richel. 988, f° 23o=.) 

— En que, à la condition que : 

In quid il mi altresi fazet. (842, Serm. 
de Strasbourg, Lidforss, p. 1.) 

En quant, en quanque, autant que ; voir 
Quant. 

En tant que, en tant comme, à proportion 
que; voir Tant. 

6° En équivalant à sous : 

Por ce vos pri et vos comant 
En poîne d'escoraengeraant. 
(Wace, Conception, Richel. 818, f° 12'.) 

7° En équivalant à d, au : 

Ceste bataille seit jngiee en sun num. 

(Roi.. 3278, Muller.) 
La tierce foiz lor at doué 
En nom de sainte Trinilié. 

(Wace, S. Hicholas, 107, Délias.) 
Par cel covent le recevrai 
En non del Christ qui servi ai. 

(lo., ib.. 315.) 

En nom dau père et dau fil et dau saynt 
esperit. (1281, Test, de Guy de Lusignan, 
Arch. J 270, pièce 19.) 

En fondu, avec l'article, sing. ou plnr., 
a donné les formes el, eu, u, eus, es, ez, 
ens, ans, ons; voir Le. 

Consulter sur la préposition En, G. 
Raithel, Die altfranzôsifchen Prepoti- 
tionen, i' Abtheilung, Guttingen 187S. 

2. EN, voir Aine. 

3. EN, voir Ent. 

EN.VAGiER, enagier, v. a., déclarer ma- 
jeur : 

Quant il fu enaagies, il fist homage du 
trefTons de l'iretage. (Beaum., Coul. dit 
Beauv., c. xii, 11, Beugnot.) 

Voulons et outrions que ce que li diz 
Loeys fera en ce cas et en ce qui peut 
appartenir y soit ferme et estable a touz 
jours, aussi bien comme se il avoit vint et 
un anz acompliz et passez, ou se il ettoit 
du tout enaagiez de aage parfait. (1309, 
Arch. JJ4S, f° 93 V».) 

Comme bien et souffisaument enaaget. 
(1310, Arch. JJ 47, f« 69 v».) 

Nous ayt esté soupplié et a grant ins- 
tance requis que ladite Polie, laquelle n'est 
pas encores venue en son droit et loial 
aage, nous vousissiens enaager et soupplir 
ce qui li deffaut de son dit aage. Nous 

cousiderans ladicte damoysele, laquelle 

a passé onze ans, enaagons et volons... que 
elle puisse ordrener et faire toutes choses 
tout aussi comme se elle fust en l'aage de 
quatorze ans. (1321, Arch. JJ 60, f° 140 r».) 

— Enaagié, part, passé, âgé : 

.xiili. vaches enagies. (1307, Mobil, des 
Templ. du baill. de Caen, Arch. J 413, 
pièce 29.) 



ENA 

ENACERÉ, adj., acéré : 



En son piing lint le bran enaeerc. 
(Adeh., Enfanc Og.. Ars. 3H2, F 79''.) 

BNACoiNTEH, V. 3., mettre en rapport 
avec : 

A Ysenbart biel en esla, 
Al roi Gormont Venacointa. 

(Mouss., Chron.. Iin9, Reill.) 

ENAFFAiRÉ, adj., affairé, occupé : 
Qu'ilz ne soient fort erupeschez et enaf- 
faires en cest œuvre. (A. Du Moulin, 
Quinte ess. de tout, chos., p. 28, éd. 1549.) 

ENAGIER, voir ENAAGIER. 

ENAGRiER, V. a., aiguilloiiiier, presser, 
harceler ; 

Et Berars se trait fors, cui la morz enagrie. 

(J.BoD., Sttx., ccxLvi, Michel.) 

ENAGRIR, voir Enaigkir. 
ENAGUiLLiÉ, - iiUiê, adj., en forme 
d'aiguille : 

Un comble enaguilUé, eschançonné et 
vymé a estanchous enaguiliez en leurs 
combles et bouques. (1416, Compt. de Bé- 
thune, ap. La Fous, Art. du Nord, p. 181.) 

ENAiGRER, V. a., irriter : 
ChacnD luy nuist, riens ne luy esl alegre. 
Tout Iny raessiet, et reconfort l'enaigre. 
(A. Chvrtier, Deb. des deux fort, d'amour, p. 57'2, 

éd. 1617.) 

ENAiGRiR, ennaigrir, enagrir, enegrir, 
tnnegrir, verbe. 

—Act.,rendreaigre, énergique, emporté, 
irriter, envenimer : 

On ne porroit faucon si enaigrir 
Pour héron prendre, ne vous en quier mentir, 
Nefust plus aigres de Karahuel ferir. 

(£«/■. Ogier, '2787, Scheler.) 

Et encore piur n;iex lober, 
Voiz enaigrist (la luxure), iex fait troubler 
Et esmaet hayoe et discorde. 
(Li Mariaget des fill. au diable, ap. Jiib., îlouv. 
Rec, I. 287.) 

Por son cliival eschafeir et enagrir. 
(Hist. de Joseph. Richel. 2453, f» 294 v-.) 

Exacerbo, ennegrir. (Gloss. lat.-fr., Ri- 
chel. 1. 7679.) 

Qui fut chose piteuse, laquelle enaigrit 
et irritafort ceux de Paris, (juv. des Uns., 
Hist. de Chartes VI, 1411, IMichaud.) 

Dont ils enaigrirent sur eux l'mdignation 
de Dieu. (A. Chart., l'ICsper., OEuv., 
p. 320, éd.^617.) 

Guerre mortelle s'en ensuyvit, qui, tant 
fut enaigrye, que... (D'Auton, Cliron., Ri- 
chel. o0>2, f° 77 V».) 

S'il a quelque chose trop dure 

A digérer, il l'adoucist, 

Il Venaigrist, il la farcist 

De sucre doui et d'herbi's finps. 

(Bet.leac, la Itecuim., 111, 1, Bibl., eli.) 

Tous les moyens que j'essaye. 
Au lieu de me profiter. 
Ne font qu'enaigrir ma playe 
Et ces cruels irriter. 
(Desport., Diane, I, Lxviii, Bibl gaul.) 

Comme il faut donner vent, l'alloDRer, raccourcir, 
(du chalumeau) 
Le hastcr, Venaigrir, le feindre, l'adoucir. 
(J.-A. oE Chavicny, Souspirs et regrets, p. 82, 
éd. 1582.) 

T. m. 



ENA 

Et en attendant cest heur, de faire cesser 
selon la charité chrétienne toutes invectives 
tant de bouche que par escript, qui nefont 
Hn'enalgrir la plaie que nous devons 
adoulcir par tous moyens, pour en faciliter 
la guerison. (Fin de l'année 1o83,£pH. miss, 
de Henri IV, l. 1, p. 617, Berger de Xivrey.) 
Ta douleur, Cloophon, sera donc incurable. 

Et les sages discours 
Qu'apporte a l'adoucir un ami seconrable 

L'eiiaigrisseul toujours. 
(Malherbe, var. de la Consolation à M. Da Perier.) 

— Réfl., s'aigrir, s'irriter, s'envenimer: 

Plus doucement qne seraine do mer 
Chantant trouvai bêle dame a devis 
De ses amours, dont me sni enaigris. 

(.Reeueil de Motels, 1, 279, Raynaud.) 

Le vin vient a s'enaigrir. (A. Du Moulin, 
Quinte ess. de tout, chos., p. 30, éd. 1549.) 

Les choses s'enaigrissoyent. (Fauchet, 
Antig. gaul., iv, 14, éd. 1611.) 

Sa femme, je le recognois luy a joué de 
très mauvais tours : n'a pas esté a sa vie 
qu'elle ne luy ait tendu des embusches : 
mais de s'ennaigrir de la façon qu'il fait 
contre les femmes, les tenir ainsi sur les 
rangs, qu'en voudriez vous dire ? (Cho- 
LiERES, Apresdinees, ii, f" 46 v», éd. 1587.) 

— Neutr., s'aigrir, s'irriter, s'enveni- 
mer, s'acharner : 

Trop enegrist moines et torne 
Puis qu'il au BÎecIe s'en retorne. 
(G. r>E CoiNCi, Mir., ms. Soiss., f* 59^.) 
Amis, dont est engenree 
En vo cuer lel volentes 
Qu'eslre cuidies refuses. 
Pour ce que vous ai monstree 
Chiere autre que ne voles ? 
Mais se bien savies 
Comment on doit retenir 
Amant c'on crient de partir. 
Entendre porries 
One le fis par tel désir 
Qu'enaigrir vous feisse en moi"amer. 
Fins coers. ne veullies cesser, 
Car ailloars que vous chierir ne puis penser. 
(Chans.. ms. Montp. H 196, f° 389 r".) 

Ilels genz si font enaigrir 
Le chant de Dieu et les chançons. 
(Ri'TEB.. Voie de Parad., 11, SI, Jubinal.) 
Se li vaissiaus n'est purs, quanque tu i 
mettras enaigrira. (Brun. Lat., Très., 
p. 370, Chabaille.) 

Ce lor fist lor soif enaigrir. 
(RoB. DE Blois, Pocs., Ars. 5201, 'p. 37".) 
Mais les choses de jour en jour enai- 
grissoient et s'enflammoient plus que de- 
vant. (Juv. des Urs., Hist. de Charles VI, 
1411, Michaud.) 

Il leur déclara n'y vouloir pourvoir, que 

premièrement l'afaire d'Aquilee ne fut vui- 

I dé, et le cardinal Borromeo, en la pro- 

I vince duquel est le dit eveché, presse sa 

j sainteté de pourvoir au plutost de pasteur a 

une Eglise de si grande importance, et 

par ce luoyen, sans y penser, fait enai- 

I grir S. S. contre ladite seigneurie pour 

ledit afaire d'Aquilee. (D'Ossat, Lett. au 

I Roy, S nov. 1584, éd. 1624.) 

— Enaigri, part, passé, aigri : 

Boire vins enaigris. 
(Reclus de Mot.., de Charité, Bichel 15212, 
f° in;; r".) 

Vins enegris. 

(lD.,î*., Richel. 23111, C 221».) 



ENA 



81 



Enaigri durement es armes. (G. Chas- 
tell., Chron. du D. Phil., proesme. Bu- 
chou.) 

— Empressé : 

I La estoit cascuns enaigris 

De mener grant joie et grant iieste. 
(J. DE CoNDÉ, don Maring. de Uardem. et de Lar- 
gesce, 90, t. 1, p. 281, .Scheler.) 

en'aiguer, eneyguar, v. a., arroser : 
E vos di qe les arbres qe font le pevre 

se plantent e le enaiguent, et sunt arbres 

domesces. (Marc Pot, c. clxxx. Roux.) 
Pnnr eneyguar.... les tyncs au cellier de 

Mous (1383, Compt. de P. Serrer. P'-'^"- ie 

Montbrisson, Arch. Loire.) 

ENAïQUEs, adv., aussitôt : 

En la chiere volt on sovent 
Enaiques ce ke li cuers sent. 
(ROE. DE Blois, Poés., Riohel. 21301, t" .ïlC.) 

enairir, voir Enarir. 

1. EN.visE, eneyse, adj., commode, dont 
on peut se servir ; 

■Voille faire son vull loreyn redubler ou 
reporiiiller, pur ceo qe il li semble bon 
queyntes ou eneyses. {Lib. Cuslum., i, 78, 
4S, Hen. m, Rer. brit. script.) 

2. EN.AisE, aneise, anaises, ennaises, 
enesses, adv., presque : 

Kar snveot par les mains 
Des malvais escrivains 
Snnt livre corrumpnt 
Et aneise perdut. 

(Ph. de Tbaon, Cumpoz, 157, Mail.) 
Il alsiment la mort, ki anaises a trestoz 
est poine, amevet alsi com entreie de vie 
et lowier de son travailh. {Dial. S. Greg., 
p. 5, Foerster.) Lat. : paene. 

Si estorat en icel lin ki est diz Fundiz 
une abie, en cui il estiut pères anaises de 
dous cenz moines. {Ib , p. 9.) Lat. : ferme. 
Cius Brandaines estoit bons de grant 
abstinenche et nobles en vertus, et fu 
pères ennaises de trois mile moigues. {De 
Saint Brandainne le moine, Jub., p. 37.) 
Lat. : fere. 

Dont me laidi et fu enesses 
Que me preisse a ses templiers. 

(.Couronnement Iteaart, 1938, Méon.) 

ENAissiER, - esser,\. a., placer sur des 
ais pour exposer en vente : 

Nul ne pourra enaissier draps tondus a 
l'endroit, sur peine de soixante solz, affln 
d'eschever toutes fraudes, et que l'en puist 
mieux congnoistre quel le drap sera. 
(1402, Ord., VIII, 308.) 

Ne pourra nul enesser ne entabler drap 
retrait, sur paine de cent solz d'amende 
pour le drap. (1424, Ord., Xlll. 73.) 

ENALEGRiR, enhal.. V. a., égayer : 

Urake dit qu'il est ainsi. 
Si l'en a moult enhnlegri. 

(Parlon., Richel. 19132, f' 119=.) 

ENAMAiLLÉ, - Ulé, - elé, esnamaillé, 
anamalé, adj., émaillé : 

Une double rose esnamaillez . (8 janv, 
1375. Mand. de Jean de Lanc, Delpit, Doc. 
fr. en Angleterre.) 

Ferront tiels escochons et bien propor- 
tionnez dudit nietall endorrez, gravez et 
anamalez de diverses armes (1393, De 
imag. et appar., Rym. vu, 798, i" éd.) 
11 



st 



ENA 



ENA 



ENA 



Portpais d'argent dorrez enamelez de 
■vert. (1403, Ce jocaJ. elveslim. capellœReg., 
ib., VIII, 295.) 

Une chatice ovec la patvn enamelez ove 
la Trinité. (Ib.) 

Une mirour d'arjrent enamaillé. (1313, 
Invent, de Pierre Gaveston, ap. Laborde, 
Emaux, p. 390.) 

Une boiste d'argent enamillé. (Ib.) \ 

ENAMELÉ, voir EN.\M.\ILLÉ. 
ENAMEMBRER (S'), V. refl., SB SOUVe- 

nir : | 

Euiproe ce que li cors fu enterrez, la 
faine s'enamembra de son enfant et vint 1 
eorant a sou ostel et trova son enfant en 
la chaudere. (Vita Pair., ms. Chartres 371, 
1» 82 -v».) 

ENAMENER, enammeuer, v. a., amener: 

Ladite nef fut investie et combatue très 
asprement, et de fait par puissance prinse 
et enammenee au havre du Crottoy. (G. 
Chastell., Chron. du D. PMI., ch. lxix, 

BUCUon.) 

ENAUER, - eir, enaimer, anumoi-, ina- 
mer, V. a., concevoir de l'amour, de l'ami- 
tié pour, prendre en afTection : 

Cnm il l'andil, si Vinamet. 
(l'if de S. Léger, Bartsch, Chresl., p. H.) 
Enamal. 
(Lecture de .M. G. Paris.) 
À enamee nne mescÏDe. 

(Brut, ms. Mnnich, 315, Vollm.) 
Si l'en a prit a enamrir. 

(Ib., 19H.) 
Qae Flonrle, sa seor, Godefrois enama. 

(Cher, au cygne, i9i;i4, Reiff.) 

Li reis Salomuu enamad femmes es- 
tranges e de altre pais. (Rois, p. 275, Ler. 
de Lincy.) 

Trop doremenl Voit enamee. 

(Dolop., 11050, Bibl. eh.) 
Je Toi conbalre mon freire en celé pree 
Kt mon amio ke m'aioit anatnee. 

(Gir. de liane, Richel. 1448, f° 31''.) 
La fille au roi m'a tant fort enamé 
Qu'ele me doone canquc teul demander. 

(Huon de Bordeaux, 6166, A. P.) 
L'avoit si la roine en son cner enamf. 
(Gar. de iloagl.. RLchel. 21403, f 3'.) 
Deus ! cnm dnice aronrs est de Den a enameir. 
(Poème mor. en quai., ms. Oxf., Canon, mise. 74. 
t° -21 r'.) 

Dont j'ai fait si cruel marcbié 
Qaaot j'at enamé cest vassal t 
(Gjb. de Montr., Yiolelte, 22-28. Michel.) 
Bien par dedans son cuer le prîst a enamer. 

(Brun de la ifonl., Richel. 1-270, f 39 r".) 
Qn'une aalre amoit, quant premier i'enomay. 

(Agnes de Nav., Bail., p. 20, Tarbé.) 

Quant la meillor del monde ai enaimee. 
((".UARDON DE Ckoisilles, Ghana., ap. Tarbé. Chan- 

sonn. de Champagne aux iii« et xin'' t., p. 32.) 
Si l'esgarda et enama. 
(nAODE.s DE LA KiKERiE, Bartsc.h, Rom. elpasi., 

III, 46,18.) 

Que sombre k'il ait esgardee, 

Alors si forment enamee. 

Que d'iluec partir ne ce puet. 
(RoB. DE Blois, i'ufs., Richel. 24301, p. 548''.) 
Ko jo TUS ai forment en mon qneor enamé. 

(Horn, S39, Tar., Michel.) 



L'ot tant chierie et enamee 
C'a sa table la amenée. 

(Hichars li biaus, 179, Foerster.) 

ENAMERi, part, passé et adj., qui 
éprouve un sentiment amer, aigri, irrité : 

Li .1. as autres sont si enameris 
Copent nasiaus et bras et noielis. 

(Les Loh., Richel. 4988. f» 256'.) 
Ert Tigereus li esperis 
Qui tons tans est enameris. 

(ilir. de S. Eloi, p. 21, Peigné.) 

Selon M. G. Paris on peut voir dans le 
second exemple le participe d'un verbe 
enamerir, pour enamorir. 

ENAMILLÉ, voir EnAMAILLÉ. 

ENAMORÉ, - mouré, adj., aiguisé, aigu : 

SoQ plain front, son cbief luisant. 

M'ont navré 
D'un dart si énamouré. 
Que bien croi qu'il m'ocira. 

(Recueil de Molets, I, 248, Raynaud.) 

Cf. Amoré. 

ENAMOURANT, p. prés . et adj., qui 
donne de l'amour : 

Tu embellis le Tisage 

D'un vermeil énamourant (Bacchns). 

(Print. d'ïver. p. 278, éd. 1588.) 

ENAMouREEMENT, adv., avec amour, 
avec passion : 

Dont si enamoureement 
Point l'amenre amonreusemeot 
Que... 
(Dils de Baud. de Condé. Ars. 3524, f» IC".) 

ENAMOURE.MENT, S. m., passiou d'a- 
mour : 

Celles femmes parlementèrent ensemble 
en elles merveillant comme ung homme si 
garny d'aage et de sagesse feust surprins 
d'amour de femme... Si tost que de loing 
elles adviserent venir maistre Albert par 
devers elles toutes ensemble proposèrent 
d'icelluy recueillir et honnourer et fînable- 
ment de parler avec lui de son énamoure- 
ment. (L. dk Premiehf., Decam., Ricbel. 
129. f 33 r».) 

ENANCRER, verbe. 

— Act., mettre k l'ancre, ancrer: 

La nef Tristran est arivé, 

El port senement est enancré. 

(Tristan, t. 11, p. 95, Michel.) 

Aucunez (nefs) en i avoit enancreez en 
la mer qui s'enfuirent. (Godefroi de Buillon, 
Richel. 22495, f° Sf.) 

— Réfl., jeter l'ancre : 

Les Normans... se enancrerent en port de 
Edierne... (1292, Itelat. de die. hostilités, 
Lett. de Rois, t. I, p. 398.) 

ENANELÉ, part., enchaîné : 

Le lîi Eslephene en unt mené 
Par devant lui enanelé 
j En Waterford la cité. 

(Conquesl cfireland, 2631, Michel.) 

' ENANGLER, enengler, v. a., resserrer, 
mettre dans un coin, serrer de près, tenir 
dans un coin pour ôter les moyens d'é- 
chapper, acculer ; en t. de jeu d'échecs, 
mater : 



Li liens le roi fn forment aires 
Quant il se voit si forment enangles. 
(Raimb., Ogier. Bibl. Cos. Durh. V, ii, 17,f«72'>.> 
La furent Saison enanglé, 
Porce furent Ënglois clamé; 
Issi les Bretons les clamèrent 
Quant en Tanet les enanglerent. 

(Wace, Brut, "293, Ler. de Lincy.) 
Cil ont la tere recoillie 
Oui a lor oes l'ont encovie; 
Por te linage dont cil furent 
Oui la terre primes reçurent. 
Et puis estaient enanglé. 
Dont il furent Anglois clamé. 
Quant Vorliniers les eucauça 
Et en Tanet les enangla. 

(\b., ib., 14053.) 
Toz les paiens a ensemble enenglez ; 
Devant la porte, entre pont et le guez, 
La les a toz ocis et démembrez. 
(Aleschans, 1999, ap. Jonck., Guill. d'Or.) 
Si les a prises toutes a orne (les gelines) 
La ou il les vit enanglees. 
Si les a toutes estranglees. 

(Renan, IV, 13.t, Martin.) 

Encontre un fust l'a enamjlee, 
Ja l'oosl morte et eslranglee. 

(/*., !•, 3171, Martin.) 
Et a la parfin l'estransloient 
En crotes ou il Venangloient. 

(GiiART, Roy. lign., 221, Bnchon.) 
Tant les chassent et tes enanglent 
Qui les deveurent et estranglent. 
(J. DE CoNDÉ, Dis des Lus et des bêches, Dinanx, 
Trouv. Brab., p. 235.) 
Par loups crueux et despilenx 
Mes bestes trouvaisse estranglees 
Et en grans ronsois enanglees. 

(Pastoralet, m. Brux., i° 24 r°.) 
Lors aulcuns bergiers envieus de la 
royale vie des frères enanglerent Remus 
seul et le fourdroiierent de pierres. (Fos- 
SETIER, Chron. Marg., ms. Brux. 10511, 
V, IV, 9.) 

Finablement, Italiens et Picquars furent 
enangles en un destroit de l'i.-le, ou ils 
furent crueusement rompus et desconfis. 
(J. MoLl.NET, Chron., ch ii, Buchon.) 

— Réfl., se retirer, se cacher dans un 

coin, s'acculer : 

Dedenz sa chambre s'enangla. 

(G. DE CoiMci, Mir., ms. Soisi., P 42''.) 
Les galies ans nés assemblent, 
El grantflo se yoal enanglaul . 

(GciART, Roy. lign., 19234, W. et D.) 
Pour chou est périlleuse chose 
D'estre seul en sa maison close 
Et de luy en ombre enangler. 

{Remédia amoris, 1524, Koerting.) 
Por li bien veoir m'enanglai 
Delez Pitié en .i. requoi. 
(WATRittUET, li itireoirs as dames, 310, Scheler.) 

ENANs, euanz, adv., désormais, à partir 
de ce moment : 

Ne d'autre droit que il peussent enans 
reclamer. (1273, Lelt. de J. de Joinu. ,Arch. 
H. -Marne, Poisson.) 

Eissi com ele dist le (ont enani. 

(Ger. de Ross., p. 389, Michel.) 

ENAP, voir Hanap. 
ENAPROF, loc. prép., après : 

Saciez e bien l'entendes ; 

Devant les cinc kalendes 

De décembre, en vertet. 

Ne deil estre guardet ; 



ENA 



ENA 



ENA 



88 



>'e enaprof le Ireis 
Nonei de col si^l raeis. 

(P. DE Th»d.v. Cnmpot. 315», Mail.) 

1. ENARCHiER, V. 3.,- Cher, -cier.cour- 
ber en arc : 

De si 1res prant fes me carche, 

Que toute l'eschine m'cnnrche. 
{La Complainte dnuleuse, Hichel. 837, C 157 r°.) 

Arcuare, enarcher. {Gloss. de Conches.) 

— Enarcant, part. prés, et adj., courbé 
en arc : 

Les sourchiei par sanlant avoit 
Flnarcaiit. 
<A. DE LA Halle, Jeu Adan, Coassemaker, p. 300.) 

— Enarchiê, part, passé et adj., courbé 
en arc : 

Viste ciere ot comme d'orguel (le cheval). 
Col ennrcié et large nntroet. 

(Amaldaset \d., liichel. 375. f» 3Î38.) 

Sonrcilz ot a délié tret, 
Ennrchiei, non pas bloi que brun. 
(R. DE llOD., MerauyU, ms. VienDe, f l*".) 
Le font ot bel et plein, sanz fronce. 
Les sorciz brans et enarchiê». 

(Rose. Kichel. 1573, f 8'.) 
Sorciz enarchies. 
Ver» eus qui restancelent. 

(Poil. fr. av. 1300, IV, 14-27, Ars.) 

Les eux a vers et enarchies sorcis. 

a*., p. 1469.) 

Que chacun marchant d'espicerie , et 
d'autres avoirs de pois ait et tiengne bon 
pois et leal, autre que ladite livre soutive, 
adjusté au patron dou mestier, et ait 
bonnes balences perciees entre le bras et 
la langue sans estre enarchiees. (1312, 
Ord., 1,512.) 

Celle qui est appellee teste rengee, c'est 
une teste qui n'est pas crochee, et est une 
teste haulte et large enarchee, et n'y sont 
nulles perches boeteuses, et sont les en- 
doliers bien renges au long des perches, 
et les perches sont bien ployees et enar- 
chees par mesure sans estre accoutees. 
(Modlis. f° 14 r», Blaze.) 

2. EN.VRCHIER, V. 3., mettre en arche, 
en coffre : 

Chil cui richoise a-soashanohié 
Et si haut fais a encarchié 
De terre bien sera venus ; 
Se del chiel a autel marchié 
Bon a son avoir enarehié. 
(Reclus de Moliens. de Charilé, Ars. 3460, 
f° 22 r°.) 

ENARDRE, vefbe. 

— Act.j brûler : 

Les nafrex font garir, 
Les mon enardre. e les uns font foir. 
(Th. de Kfnt, Geste d'Alis., Riche!. 24364, 

f» 47 v°.) 

— Réfl., se brûler : 

I.i quens Renaus, comme renars, 
S'estoit en sa prisson enars 

(Ph. Mousk.. Chron., 22295. Reiff.) 

— Neutr., brûler, être brûlé : 

Turnez sui en ma miserie, cum enarsist 
estez parmenablement. (Liv. des Ps., Cam- 
bridge, XXXI, 4, Michel.) 

Cant li fel hom s'eaorgaillisl 
Li piivres enart et briiist. 

(Lib. Psalm , u, p. 267, Michel.) 



Les bonues choses ki faites sunt de si 
ardent amor en celui ki les fist, si enar- 
dent tout d'amor. (Ejpitc. sur le Deuler., 
Maz. 1331, f» 97=.) 

Le dit chastel, hostel, et donjon dudit 
seigneur enardit, et fut bruslé. (Coût, de 
Berri, p. 138, La Thaumassière.) 

— Être enflammé d'ardeur : 

Cascuns de ceaz ki en foant quiert tré- 
sor, enard plus enchalceanment al Iravailh, 
quant il plus parfont commencet a foir. 
{Job, p. 466, Ler. de Lincy.) 

ENARGENTÉ , adj., argenté, couleur 
d'argent : 
Li blans de cet esca estoit enargentes. 

(Chev. au cygne, 1, 1198, Hippeau.) 

Les pennes de la colombe enargenlees. 
(Bible, Richel. 899, f» 248'.) 

ENARGUER, V. a., fâcher : 1 

Encor y scay je ung point a dire | 

(îui me despiesl et m'enargue. 
(Grebak. ilist. delapass.. 23828, G. Paris.) 

ENARiR, enairir, v. a., sécher : 
Areo, seicher, enairir. i^Gloss. lat.-fr., 
Richel. 1. 7679.) 

1. ENARMB, S. t., sorte de cordage : 
Cordages, appelles enarmas, pour ledit | 
trait a oyseaux, sera de quinze fils et de 
bon chanvre. (144S, Arch. uiun. Angers, 
FF 5, f° 26.) [ 

î. ENARME, ennarme, anarme, esnarme, j 
s. f., courroie qui servait à passer le bras 
pour tenir le bouclier dans l'attente du 
combat: 

Qui ont esca as anarme^ le prent. 

(Les Loh.. Vat. Urb. 375, f îi"".) 
Par les enarmes joint son esca avant. 

(/*., ms. Montp.. P nC*.) 

Et se hurterent et de cor et de pis. 
Que les enarmes en font des poins sallir. 
(tiar. le Loh., 2' chans., xviii, P. Paris.) 
Chascuns a Vesvarme saisie. 

(Ben., Troie, Ara. 3314, f 60'.) 
Tantost par les enarmes prant la tarée llorie. 
(J. Bod., Sax.. CXLI, Michel.) 
Vestir hauliercs e bruines, lacierces healmes freis, 
Prendre par les enarmes ces escuz vianeis. 
(Chron. de Jord. Fantasme, 136, ap. Michel, D. de 
Norm., l. m.) 

Andrones sist armes et galope son frain,_ 
L'arme droite sor feotre et Venarme en la main. 
(Roum. d'Alix., f° 20'', Michelant.) 
Son brai a for» des enarmes sachië. 
(Coronemenl Loeys. Richel. 368, f° 161*.) 
El rejnes et ennarmes lor sont des puins volé. 
(Fierabraa, 783, A. P.) 

11 tint l'escu par les enarmes 
Et chevacha tout a droiture 
Vers le» forches grant aleure. 

(Dolop., 6112, Bibl. elz.) 

Mesire Durmars le paiimoie 
Et par les enarmes de soie 
A mis son escu en chantel. 

(Durmars le Gallois. 1419, Stengel.) 

1. ENARMER, vei'be. 

— Act., garnir un écu des courroies qui 
servaient à le suspendre au col, ou h l'at- 
tacher aux bras ; passer le bras dans les 
I courroies du bouclier : 



Qui dont veist chascnn son bernois aprester. 
Ces espees forbir et hauberz roUer, 
Chances et covertnres frnier et escorcr, 
Cei heaumes rebrnnir, cei escnz enarmer. 
(J. Bod., Sax., xxxiv, Michel.) 
Hochent çanjles sor sangles ; li antres vuel ferrer. 
Et li tierz laz et heaumes, corroies enarmer. 

(Ib.) 

Qui veist ces haubers relier. 
Et ces escus si bien enarmer. 
Et ces las de soie lacer. 
(Vengeance d'Alex.. Brit. Mus. Bibl. reg. 19, D I, 
f» 32 r°.) 

— Rén., saisir son bouclier, se préparer 
au combat : 

Por s'onor croistre m'enarmai, 
Combati m'en, si l'encbaçai. 

(Tristan, I, 117, Michel J 

— Enarmé, part, passé et adj., muni de 
Venarme, courroie qui servait 5. passer le 
bras pour tenir le bouclier : 

Et prent l'escu qui bien fu enarmes. 

(n. de Cambrai, cxcv. Le Glay.) 
Lor elmes esf-.larris, lor escus enarmes. 
(Clinns. d'Ailioche, vu, v. 817, P. Paris.) 
Mes cil prennent lances et larges 
Entières et bien enarmees. 

(GoiAUT, Roy. Itgn., 1901C, W. et D.) 

Armez serai de .ii. escus. 
Les plus fors, les mielx enarmez 
Dont cresliiens puist estre armez. 
(J. DE CoNDÉ, li Dis des Jacobins, 334, Scheler.) 

2. ENARMER, V. a., gamir, munir: 

Pour neuve cordele a enarmer une nueve 
soie. (1313, Trav. aiixchât.des C" d'Art., 
Arch. KK 393, i° 49.) 

Enarmer les plantes d'espines pour le 
broutisch des bestes. (1439, Valenciennes, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Enarmer baques. (1354, Lille, ap. L» 
Fons, ib.) 

— Fig., emmancher : 

L'esloire firent eu pluseurs liens fausser: 
D'amours et d'armes et d'onnour mesurer 
I Ne sorent pas les poins ne compasser. 

Ne les paroles a leur droit enarmer 
Qui apartienent a noblement diter. 

(Enf. Oi/ier, 15, Scheler.) 

— Enarmé, part, passé, enarmé de, qui 
porte les armes de : 

La niasse enarmfe des armes le roy. (Con- 
tin. anon. de la Chron. de J. de S. Victor. 
Rec. des Hist., XXI, 680.) 

BNARMEURE, - mitre, s. f ., courroie qui 
servait k passer le bras pour tenir le bou- 
clier dans l'attente du combat : 

Car lor escus estoieat perciet et destreu- 
chiet et par desus et pur desous, et les 
enarmeures routes et dexiriees. (S. Oraal, 
m, 448, Hucher.) 

Uue enarmure a une sayaire. (Trésor des 
histoires, ms. Valenciennes 493 ) 

ENARMOYÉ, adj., amiorié : 

Une aloyere de soye vert enarmoi/ee, 
(Prisée des robes apportées d la Chap. du lioi, 
Arch. J 1034, pièce 9.) 

ENARRAULE, adj., que l'OH peut narrer, 
raconter : 

Enarrabilis et hoc euarrabile, racontable 
enarrable. (Voc. lat.-fr., 1487.) 



8& 



ENA 



ENA 



ENA 



ENAnRATiON, S. f., mention : 

Et pour tant qvie il fu plus Yaillans que 
nuls autres, j'eu fai enarralion. (Froiss., 
Chron., III, 60, Kerv.) 

ENARRER, 6)1)1., V. a., narrer, raconter: 
Ensuite il enarra et déduisit les diverses 
guerres qui avoii^nt esté. (Jnv. des Urs., 
Hist. de Charles VI, an 1420, Michaud.) 

Et après que mes parens et amys mo 
escitoyent a exercer l'office des conseillers, 
ma mère anpoiseuse va ennarer les dom- 
maiges des conseillers. (Le Mirouer de la 
vie humaine, f« 88 v«, éd. i482.) 

De ce propos ne -veulx plus ma crouique 
cslarpir, supposé que plusieurs autres 
bonnes choses soi/enl en la teneur dudit 
appel enarrees. (D'Auton, Chron., Richel. 
5082, f- 70 V».) 

BNARSÉ, - arssé, part, passé et adj., 
brûlé : 

IS'i ot coste cnarsre 
Fors com petit csl ehascuDe brallee. 
{Bal. d'Aleschans. 5037, ap. Jonck., Guill. dOr.) 

— Allumé, ardent : 

Entre le» Irailors avale uce nnne ; 
De celé nne issoil une neulle enarsee. 

(Chrv. au cyijne, I, 5539, Hippeau.) 

1 auqoes enarsé tisson. 
(Ph. Mousk., Chron., fI167. Reiff.) Var., enarssé. 
(Ste-Pal., T» Anlisson.) 

Capido qni de son tison 
Tont enamê m'avoit féru. 
(Froiss., Poés., Richel. 830, f» 96 ï°.) 

Bures, pays de Bray, enarser, anarser 
un kien, agacer un chien. 

ENARTEMENT, S. lii., artiflce, machi- 
nation : 

Quant Jesucrist par enartement del diable 
en croiz fu ptnez, (Sarmons en prose, Ri- 
chel. 19525, f» 157 V».) 

.Moites manières de vices sont, si com 
orpoil. ire, avarisce, luxure, qui ont angles 
en ardur de lor malice, qi lor enartement 
e le feu de lur esprise par la grâce qu'il 
reçut en Vevre de baptisterie ne se peine 
d'esteindre. (Ib., f 173 v».) 

ENARTER, V. a., machiner, tramer : 

Qnens fa e sajc e pruz, bien sont mal enarler. 
Bien sout gaerre esmuveir e bien sont paiz trubler. 
(ficv, 2' p., lo7i, Andresen.) 
E que li quens fu enveiez, 
Por ço k'il esteit veziez, 
Kn Normendie al Duc parler, 
Kar mult saveit mal enarler. 

(Id., ib., 3' p., 10389.) 

— Enartant, part. prés, et adj., rusé, 
habile à machiner ; 

Mais tu, qui es si merveillos. 

Si sages e si engij^uos. 

Si enarlam e sî suptils, 

E de lanz afaires apris. 

(Bes., 0. de Norm.. Il, 1J.'>96, Michel.) 

— Enarlé, part, passé et adj., habile, 
ingénieux : 

Li jacioctes clers i est il 
Od le cristal e od le biril ; 
L'on al altre danel clartet, 
Chi's asist fud mult enartet. 

(S. DranJan, 1G90, Michel.) 



Avez vos de nul oi dire, 
Qui fust de bonne renommée. 
Et ne fnst de mal enarteef 
(De Celui qni enferma sa feme, Richel. 19152, 
f T.) 

— Mal enarlé, qui a de mauvaises dis- 
positions, de mauvaises intentions : 

La vielle mal enarlee. 
(De la maie Vielle, Méon, Rec. 11, 96.) 

ENARTos, - ous, anartreus, adj., rasé, 
entendu, ingénieux : 

Paris fu moult esciautreus, 
Visles, cortois et anartreus. 
Tôt sot. tôt vit et tôt conut 
Son doix samblaut et aperçât. 

(Ben., Troie, Ars. 33 U. f° il'.) 
De sa besoigne est curios 
E saive e vezié e enartos. 

(Id., D. de Norm., Il, 6199, Michel.) 

Li viens fa grans et fors et de mal enarlous : 
U qa'il vit la pacele, vers lui cort les grans cors. 
(Aiol, 6282, A. T.) 

ENARVATIF, VOir ENERVATIF. 

ENARZiLLiÉ, adj., d'argile ; fig., com- 
mun, vil : 

Ne fareot mie enarzillies 
Si parement qui d'or estoienl. 
(Bret.. Tourn. de Chawenci, frag. de Reims.) 
Enarzillié (Var. du ms. de Mons.) 

ENASPRIR, an., verbe. 

— Act., irriter, aigrir, enflammer, exci- 
ter ardemment : 

Li pechierres enaspri Damedieu. {Psaut., 
Maz. 258, f» 15 r°.) 

Cil qui Venasprissent, qui le courroucent. 
{Ib., f» 75 V».) 

Enasprirent Dieu le haut seigneur par 
leur uuevres mauveises. (Ib., f 95 v°.) 

Très dont ke regardai premièrement 
Son doach maintien sage pour enasprir 
Cuer d'ounour faire et de visses fuir. 
(Servenlois du xiu* s., p. 2, éd. 1827.) 

Que vertu soit enasprie, aguisiee et en- 
forciee par fureur. (Oresme, Eth., Richel. 
204, f° 402'.) 

La serpentine enasprit et brusle le gosier. 
(Du PiNET, Dioscoride, vi, 7, éd. 1605.) 

— Réfl., s'irriter, s'aigrir : 

Cil qui s'en{a)asprissente\. deviennent dur 
et orgueilleus. (Comment, s. les Ps., Richel. 
963, p. 74».) 

— Neutr., s'irriter, s'enflammer : 

Chi enasprissent ne seient exalcet en 
sei medesme. (Lib. Psalm., Oxf., lxv, 6, 
Michel.) 

Perceval se seigne et beneit et coumande 
a Dieu et a sa douce mère, et anaprist 
d'ire et de hardement autresinl conme 
lions. (Percev. le Gai., i, 199, Potvin.) 

Li malades qui n'est obeissans fait enas- 
prir sou mire. (Brun. Lat., Très., p. 402, 
Chabaiile.) 

Car quant li aguillons est espris li cuer 
tressaut.. , li œil enasprissent. {Li Ars 
d'Amour, I, 469, Petit.) 

— Enaspri, part, passé, irrité, aigri ; 

Je travaille criauz, enaspriz est mis gui- 
truns. (Liv. des Ps., Cambridge, lxviii, 4, 
Michel.) 



Et assuaget les enaspries consciences. 
(S. Bern., Serm., Richel. 24276, f» 114 r».) 
Li pins del mont est si a li fiougis 
Que de servir luxure est enaspris. 

(Auberon, 1790, Graf.) 

Por CDU, douce dame, vos pri 
Que n'aiies vo cner enaspri. 
(B. DE CoNDB, li Prisons d'amour, 1798, Scheler.) 

— Fig., ardent : 

Tant l'aim d'amour enasprie. 
(Jeh. de Renti, Chans., Poët. fr. av. 1300, III. 
1194, Ars.) 

ENASPRissAXT, adj., qui irrite, qui 
aigrit : 

. Generatiuns felunesse e enasprissante. 
(Lib. Psalm., Oxf., LXXVll, 10, Michel.) 
Lat., exasperans. 

ENASTELER, an., verbe. 

— Act., faire voler en éclats, briser : 

Grans cols se donent es escus 
Si qu'il les ont frais et fendus 
Et les lances enaslelees. 

(Perceval, ms. Berne 113, f 92''.) 

— Neutr., voler en éclats : 

Et de la lance une grant masse 
Peçoie et frainl et anastele. 

(Ben., Troie, Ars. 3314, f 70*. > 
Ci est teus coraenciez li giens 
Que mil lances i enastelent 
E que teus cent i desenselent. 
(Ben.. D. de Norm., U, 21111, Michel.) Impr., 
chasielent. 

Des lances fu si grant le bruil 
Al avenir, quant il josterent, 
Que mil en i enasteterenl. 

Ud . r*., II. 41346.) 

— Enaslelé, part, passé, brisé, éclaté : 
Et parmi les brognes safrees 

Sont les lances enaslelees 
Qu'andoi quirent en l'erboi. 
(Ben., Troie, Richel. 375, f 87' ; éd. Joly, 
V. 10377.) 

ENASTRER, V. a. , paver : 

En ceste vile toutes les voies en enastra 
qe de pieres et de maton tuit, et ausint 
toutes les voies et les caucies de toute la 
province dou Mangi enastra qe si que l'en 
la puet chevaucher toute netemant et a 
chevalz et a pies. [Yoy. de Marc Pol,c. CLil, 
Roux.) 

ENAsuRER, V. a., rassurer : 

Joie qui faut, quant doit durer, 
Ne fait fors ame enasurer. 
(Vers de le mon, Richel. 375. f» 311".) 

EN.ATisiER, V. 3., animer, exciter: 

A l'aprocher des reos n'ot on parole qnise 
De pUiit, de mariaige ne de marcheandise. 
Ainçois brochent ensamble et cil les enatise 
.Vnquel il doivent tuit obéir par servise. 
(Iras dou paon, Richel. 1334, f" 118 r°.) 

ENATRiEx, s. !., hydre, serpent d'eau: 
Cykalex et enalriex. { Cont. de G. de Tyr, 

ch. xLViil, Hist. des crois.) Luc, Phars., 

IX, 720, natrix. 

■ENAl'GIER, V. a. ? 

S'ele ainz .i. an ne vos fet fere 
Et destremper un tel bevrage 
Dont vos morrez a flne rage, 
fost vos ama si eosaugié 
Que vos aurez tout enaugié. 
(G. de CoiNCi. de l'Emper. gui garda sa ehasteé, 
Richel. 2:illl, f° 239".) 



ENB 



ENC 



ENC 



S5 



ENAUMUciÉ, part, passé, qui est couvert 
d'une aumuce : 

Mes d'estre si enanviiiciet 

N*en chaperon ades mociez, 

We sai je certes que je die, 

Guile et barat taat mulleplie. 

(G. DE Coinci, Mir.. ms. Soiss., f» 205''.) 

ENAVANCiER, V. a., fournlr, approvi- 
sionner : 

Lonc tans fu puis enavancie 
1,'os de vitaille et replenie. 

(Ben., Troie, Rictiel- Vi, P 1019.) 

EN AVANT, adv., dorénavant, à l'avenir; 

Mai» fnavant tos cio aorei. 

(S. Lryer. U3, Diez.) 

Gesuix tenus dez cest jor enavant. (1250, 
Arcli. Meurtlie, H 3134.) 

— Après, ensuite, suivant : 

D'ist di enaiiant. 

(Serin, de Strasbourg.) 

Des le dyner cnavanl. (Arlur, ms. Gre- 
noble 378, f° 2'.) 

Constantin deCfendit que nus ne fust tor- 
mentez en croix d'ileuc enavant. {Chron. 
de Fr., ms. Berne 590, f 50^) 

— De celé hore enavant, loc, doréna- 
vant : 

Que de celé hore enavant li dus de Bour- 
goigne et si hers puissent .. (1279, Ch. de 
Rob. et Oth. de Bourg. , Aroh. J 2B8, 
pièce 1.} 

— D'or enavant, désormais : 

Ne qui niant panroit au -n-aigiere dons 
d'or anavant. (1308, Cart. de Metz, Bibl. 
Metz 751, f»5r°.) 

— A enavant, dorénavant : 

VoeiU et promet a warder bien et loiau- 
ment a enavant. (.Mai 1247, Lett. de J. d'Au- 
denarde, Arch. Nord.) 

Et partout li usent honnages 
Cil ki liere vorrent tenir 
A enavant et maiolenir. 

OlousK,, Chron., ii'2\, Ileitf.) 

— A l'enavant, dorénavant : 

Qui voudroil venir encontre a l'enavant. 
(Donné à Salins, Samedi av. St André 1297, 
Goailles, Arcb. Jura.) 

Par quoy ceste permutation porroit estre 
rapelee a l'enavant. (Ib.) 

ENAVEsTiu, v. a., investir : 

Teu cors enaiestis 
De la cité de Tiase et de tout le pais. 

(Roum. d'Alix., 1" H"", Michelant.) 

EN AVIRON, en aveyron, adv., aux envi- 
rons : 

Chel ten Grelia la région 
Els porz de raar en aveyron. 
(Alb. de Besançon, Alexandre, 35, Mcjer, Itec, 
p. 28-2.) 

De la Ggnra en aviron 
Beyn resemplet DI de baron. 

(II/.. 6i, ib., p. 283.) 

ENBANXEER, VOÏr ESBANOIER. 
ENBARGNIR, VOlr ElUB.'iRNIR. 
ENBASSEMENT, VOir EMBALSEMENT. 
ENBATARDIR, VOir E.«BASTARDIR. 



ENBATEMENT, VOlr ESBATEMENT. 

EMBAUSEMER, enbanscmmier, voir Eia- 

BALSEMER. 

ENBAUSSE.AIENT, VOir EMBALSEMENT. 
ENBAUSUMER, VOir EMBALSEMER. 
ENBERNIR, VOÎT E.MBARNIR. 
ENBESSIER, VOIT E.MBAISSIER. 
ENBEUVRER, VOIF E.MBEVRER. 
ENBIECOfflER, VOir EMBECHONER. 
EN BLANCIR, VOir EMBLANCHIR. 
ENBI.ENCHIR, VOlr E.MBLANCHIR. 

ENBLOEiR, V. employé pour esbloir au 
neutre avec le sens passif: 

Car ansi cum a ous est pries li lumière 
meime par cai il doient veoir les autres 
choses quant il le premier fiert sor les 
oiz lii malade sunt, tôt ansi sunt cist en- 
bloett a la primiere lumière de la foet. {Li 
Epistle saint liernart a Mont Deu, ms. 
Verdun 72, f» 2.) 

ENBORNE,voir Albornb au Supplément. 

ENBOUCttUEMENT, VOir E.MB0UCHEMENT. 

ENBRAIER, VOif EMBROIBR. 

1 ENBREVER, VOir EMBRIVER. 

2. ENBREVER, voir Embriever. 
ENBROiT (rime), voir E.vbron. 

ENBROU.NCHIER, VOir E.MBRONCHIER. 
ENBRUCHIER, VOir E.MBRONCHIER. 

ENBRUCiER, voir Embronchier. 

ENBUUNC, voir E.MBRON 
ENBUUNCHIER, VOir EMBRO.NCHIER. 
ENBRUNKIEH, VOir EMBRONCHIER. 
ENBRLINQUIER, VOir EmBRONCHIER. 
iiNBU, voir E.MBEU. 
ENBUCHIER, VOir E.MBUSCHIER. 
ENBUGLEURE, VOÏr E.MBOUCLEURE. 

ENBLiisiEit, voir Embuschier. 

ENBUISSEMENT, VOir EMBUSCUEMENT. 
ENBUSCEMENT, VOir EmBUSCHEMENT. 
KNBUSSEMENT, VOir EMBUSCHEMENT. 

ENC, voir Onc. 

ENÇA, ensa, anca, enssay, ansai, ansay, 
ainsa, adv., alors : 

E tuz ses eirs depuis ença 
Qoe cpje Ruerre comença 
Furent en paine e en ilolur. 

(Besant de Dieu, Vil, Martin.) 

— En arrière : 

Depuis quarante ans ensa. (1327, Arcb. JJ 
65, f° 7 r».) 

— Ença de, depuis : 

Ainsa de vu semaines nos n'avon rien amblé. 
(Panse, v», A. P.) 



— En ença, en arrière ; 

Fuis .XX. ans en ença. (E. Boil., I.iv. des 
mest., r p., xxxill, 7, Lespinasse et Bon- 
uardot.) 

I^uis .xvill. ans en ensa. (1279, Enqneste, 
etc., Moreau 203, f° 148 v», Richel.) 

Puez ladite feste en ança. (1281, S. Cbe- 
ron,Arch. Loiret.) 

Des le tens desus dit en ença sanz inter- 
ruption duques aores. (1291, Cart del'abb. 
StJean en Vallée, Richel. I. H063, f- 75''.> 

Depuis trente ans en enca. (23 nov. 1328, 
Cart. de Flines, ccccx.xxviii, p. oiz, Haul- 
coeur.) 

Car du temps d'Ector en ença 
Que le gieu premier ■:omraença. 
(J. I.E Fevre, la Vieille, I. I, t. t4i.3. Cocheris.) 

Puis .XX. ans en enssay. {Chron. dite de 
Praillon, t. II, uis. d'Epinal, n» 30.) 

— En deçà : 

Di' la Porte Serpeuoise en a'^sai (1320, 
llisl. de Metz, m, 3U.) 

nui aient vigues dez la ville de Wawille 
en ansay. (1338, ib., iv, 83.) 

1. ENCACHiER, voir Enchaucier. 

2. ENCACHIER, VOif E.XCHACIKR. 

ExcAciER, voir Enchaucier. 

ExcAiEMENT, S. m., chute, amoindris- 
sement : 

Se borgois dissoit ne faisoit honte as 
eswardeurs pour Vencalemenl de l'eswar- 
derie. (Jauv. 1237, Arch. Douai, reg. 00, 
f° .30''.) 

ENCAiLLiEK, inquailUr , v. a., faire 
cailler : 

Doue ne me moisis tu conie let et tn- 
quaillas corne fromage. {Bible, Ilichel. 899, 
I» 221».) 

ENCAiLLouiR (s'), V. réll., devenir dur 
comme le caillou : 

Geste terre mouillée estaut dans le trou 
s'encaillouist et devient dure. (Liebault, 
Mais, rust., p. 478, éd. 1597.) 

ENÇAINTER, VOir ENCEfNTER. 
ENCAITIVER, VOir E.NCHA1TIVER. 

1. ENCAL, s. m., titre de dignité, p.-ê. 
faute pour senescal : 

Ci gist Vencal Cranclot 
Ly fut qui cacha S. Gerbot ; 
Sen mal le prit le jour de Paqnes ; 
Denpeux sen ventre n'ut relague. 
Ab Dieu ! combipn il chia ! 
Dite por ly Ave .Maria 
(Epilavhe de Baijeu.r, ap. Duc, VI, 181, éd. Di- 
dot.'j 

2. ENCAL, voir Enchaus. 

ENCALCIER, VOir ENCHAUCIER. 

ENCALÉ, adj., qui a descalus ; flg., en- 
durci, invétéré : 

Cinq remèdes ou medicines en ma forge 
se treuvent, dit la royue, pour curer ceste 
playe qui est forte a guérir, car elle est 
toute de viellesse encalee. (Maiz., Songe du 
viel peler., m, 100. Ars. 2683) 

ENC.\MEi.É, adj., embaillonné : 



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Or eslaQt le furon 
Fort bien encamelé. 
(Gadch., Plais, des Champs, p. 290. éd. 1604.) 

ENCAMPi, S. m., jeune étourdi ? 
Se jon aïoie palefrois, ne roncis. 
Ne mnl. ne mnle, ne destrier arrabi, 
Ne Tis .1. homme, qui de mère soit vis. 
Fors le gonnele et purs les encampis, 
S'iroiej'ou après tous le chemin. 
(Aimeri de Narb., ms. Boulogne, Ameiger, V, 18.").) 

ENCANBREUj VOir ENCHAMBHER. 

ENCANGE, voir Enchange. 

ENCANT, voir ENCHANT. 
ENCANTERIE, VOlf ENCHANTERIE. 
ENCANTEUR, VOIT EN'CHANTEUR. 
E\CAPITUI<EMENT, VOIT ENCHAPITULE 
MENT. 

EXCAPITULER, VOlr ENCHAPITULER. 
ENCAPPEMENT, VOir En'OHAPEMENT. 

KNCAPPER, voir Enchaper. 

ENCARATER, VOir ENCUARATER. 
ENCARBONNER, VOir ENCHARBONNER. 
ENCARCEMENT, VOir EnCHARGEMENT. 

ENCARCniER, voir Enchargier. 

ENCARENEH, V. a., pUcer un vaisseau 
sur le côté, l'échouer : 

f^ncarener uiip npf. To carrip in a ship, 
to lay lier au lier side. (Cotgh.) 

ENCARGE, voir Encharge. 

ENCARGIER, VOir ENCHARQIER. 
ENCARIER, voir ENCHARIER. 

EXCARiR, voir Enchérir. 

EXCARNER, VOlr ENCHARNER. 
ENCARQUE, VOir ENCHARGE. 
ENCARQUIER, VOir E.WHARGIER. 

ENCARRË, encaré, part, passé, engravé, 
éctioué : 

Nostre iianf est elle encaree. (Rab., 1. 
IV, c. 21, f° 49 r», éd. 1352.) 

Furent nos naufs enc.arrees panuy les 
arpues. (1d., 1. V, e. 17, f» 51 r°, éd. 1564.) 

Encarré, nef encarree, gravelled; or, as 
eucareué. (Cotgr.) 

— Où l'on enfonce : 

C'est no chemin moult deslraTe, 
Plein de boulions, tout encarré. 
(i. BnuYANT, Chem. de Poirelé. var., à la suite du 
MénagitT, t. Il, p. 18, Biblioph. fr.) 

ENCARRER, enquarrev, v. a. ; encarrer 
une arquebuse, l'afûter au niveau : 

Desquels les chefs auroyent le mot de 
guet de tout ce qu'il leur faudroit faire. 
Qui seroit, selon son avis, de charger a 
plomb leurs harquebouzes^les encarrer et 
tirer droit a l'amiral et a ceux de sa trouppe. 
(te Reveille Matin des François, dial. 2, 
p. 172, Edimbourg, 1574.) 

ENCARRELER, ençuarreler, - quartier, 
. quaroller, v. a., garnir de carreaux : 



Car el (les flèches) furent encarrelees 
De sajetes d'or birbelees. 

(Rose, 937. Méon.) 
Enqtiaretees. 
(Ib., Vat. Chr. H9-2, f» 8'.) 

Empener et enquareller l'artilleiie. (1X82, 
Arch. Aube, G 1382.) 

— Plier en carré : 

Cil escriterramioent. qui tôt ot apresté, 
Et quant il l'ot escrit si Va enqiiarelé. 
Et la dame le prist si l'a enseelé. 

(Hetias. Richel. 12558, f 9'.) 

ENCARTEMENT, VOir ENCHARTKMENT. 

ENCARTERER, VOir ENCHARTRER. 

ENCASÉ, part, passé, rendu à la maison: 
Son escuyer Oplophor les suivant, qui de 
tp|z, et si longz sermons ne se repaissoit 
pas voluntiers, et luy tardoit qu'ilz ne 
fussent ja encasez : ainsi ilz entrèrent a la 
ville. (Àleclor, 1» 110 r», éd. 1560.) 

ENCASSEMEXT, S. m., enchâssurs : 

Le quief raons. saint Morant très riche- 
ment estoffé, auquel faut deux pieres avec 
Vencasaement. (Jnvenl. de S. Amé, 1454, 
Arch. Nord.) 

ENCASSER, VOirENCHACIER. 

ENC.\ssiLLER, voir Enchassillier. 

ENCASTELER, VOir ENCHASTELER. 

ENCASURÉ, voir Enchasuré. 

ENCATHKDRER, V. a., asseoir dans une 
chaise, comme encliaiser : 

Dn croc souvent je tire jus 
Aucuns qu'en cest arbre la sus 
Ont esté par moy eocronez 
Et par honneur encaihedrez, 
F.t aucuns que vois en parfond 
Aucunesfois je tire amont. 
(Deguillf.ville, Trùis pèlerin., f fi"', impr. 
Instit.) 

ENCAUG, voir Enchaus. 

ENCAucEis, voir Enchaugeis. 

ENCAUCHIER, voir Enchaucier. 

ENCAUcisoN, voir Enchaucison. 

ENCAUDER, VOir EnXHAUDER. 

ENC.\us, voir Enchaus. 

ENCAUSTE, S. m., encre : 

Encaustum, encauste, enque a escripre. 
{Voc. lat.-fr., 1487.) Impr., encaustl. 

ENCAVAGE, S. m., actiou de mettre en 
cave, encaveraent : 

Chacune queue doit cinq deniers, tant 
pour Vencavage que pour l'asseage. {Sta- 
tuts de l'échevinage de Méziéres, ap. Duc, 
II, 248».) 

Lyonnais et Suisse rom., eneavage. 

EPfCAVALER, voir Enchevaler. 

ENCAVELËR, V. a., creuser des caves, 
un souterrain sous, en parlant d'une tour? 

Encaveler une tour. (1363, Lille, ap. La 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

ENCAVER, voir Enchaver. 



ENCAVERNER, V. P., entrer dans une 
caverne : 

C'est le chevalier qui tant suyvit depuis 
la pucelle que les deux draanns emportoit, 
que luv mesme les veit a plain encnverner. 
{Percefor., vol. VI, f° 61", éd. 1323.) 

BNCAVEURE, S. f , cavité : 

Enr.aveure, enehasseure. (Gloss. gall.- 
lat., Richel. 1. 7684.) 

Que telle cheville ait vers le bout d'eni- 
bas deux encavevres en forme d'une poulie. 
(Besson, Cosmolabe, p. 295, éd. 1567.) 

EXCAViTÉ, s. f., protondeur : 

Vous ferez pardemolir et abatre du tout 

l'encavité des murs faits a pierre et a 

cymens. (28 avr. 1364, Arch. admin. de 

lieims, t. III, p. 238, Doc. inéd.) 
QupIz ediBces ilz ont, et aussi quelle 

enr.avilé a la cité. (P. des Crescens, Prouf- 

lilz champ., f» 4 r ', éd. 1316.) 

ENCE, voir Enche. 

ENCEAU, voir Angkl au Supplément. 

ENCEEMENT, VOif EnCHEEMIÎNT. 

ENCEiNT, enceinct, ensaint, s. m., en- 
ceinte : 

Quant je le mesrreus dcslourné 
Et demeuré en mon ensaint 
A l'assemblée sois retourné. 

(Liv. de la Citasse, p. i, Pichon.) 

Dedens Veneeinct d'une petite chapelle. 
(Selon, Singularitez, II, lxxxv, éd. 1554.) 

Dans Venceint des jardinages ou vi- 
gnobles. (0. DE Serr., Th. d'agr., v, 8, 
éd. 1605.) 

Fondant du mur Troyen le merveilleux eneeint. 
(Habdt, .icHlle. III. II.I 

— Circuit, détour : 

Avesques vous plusears preudhomme, 

Oui les convoient hors de Rorame, 

Et leur enseignent le sentier. 

Et le chemin sur et entier. 

Et les ensains el les passades 

Qae trouveront. 
(Hist. des S Maries, Richel. 12168, p. lU.) 
Sçachant qu'il trouvera puis après a son aise 
En faisant no enceinct, cesle besle mauvaise. 
(Cl. Gaochet, Plais, des champs, p. 154, Bibl. 
elz.) 

EJJCEIXTEÉ, aine, s. {., grossesse : 
Joseph moult fort se merveilla... 
Et tôt ades le sovenoit 
Dont celé ainccinten venoit. 
(EvRAT, Bible, llichel. 12157, f» 73 v".) 

ENCEiNTEMENT, ensaiuctement, s. m., 
grossesse : 

Mes elle cela plainemeot 
Par .V. mois cest ensainctement. 
(Macé de la Charité, Bible, Richel. 401, P 132'.) 

ENCEiNTER, eiiçainter, enchainter, an- 
cinter, enseinler, enseynler, enceincter, en- 
saincler, encenter, verbe. 

— Act., rendri^ enceinte : 
Cncndoloene est mcbainlee 
Del roi cui ele eirt esposeie. 

(Brut, ras. Munich, Î319, Vollm.) 
Dou saint esprit pus enceintee. 
(ROTEB., les .IX. Joies Nostre Dame, Richel. 12786, 
f 91».) 



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Il entra entre les courtines et ençainta la 
iille de l'eaipereur. {Liv. du Cheval, de La 
Tour, c. 3, Bibl. elz.) 

Me fllle as enchainlé. 

{H. Capel. 199, A. P.) 

Quant ilz veulent (les démons) ilz pren- 
nent luiniaine fifiiire dont ilz atouchent les 
lenimes charnellement et les eiiceinctent 
firosses d'enfant. {Bouchard, Chron. de 
Bret., f» ai'', éd. 1532.) 

— Neutr., devenir enceinte: 

Anne consul et imcinla. 
(Wace, Conception, Brit. Mus. add. 1.'>60G, T ie"" ) 

L'une des Dames enceinta. 

(.Marie, Lai del Freisne. 9. Roq.) 

Iceste, se sur li l'a feroe, 
.la a oui jur a'aicentera 
El, s'el est pri'ioz, si l'perdera. 

(Lap. de ilarbode, 80t>, Paunier.) 

CoDQQt Eve qui ençainta. 
(Macé de la Charité, Bii/f,ms. Tours 906, f» 5'.) 

Avynt que la Dinne enseynta. {Foulq. FitZ 
Warin, Nouv. fr. du xiv" s., p. 29.) 

Un jor demanda li cuens a sa fille por 
coi elle n'e?!çntH/oi(, et elle respoudi... {Hist. 
des ducs de Norm. et des rois d'Anglet., p. 60, 
Michel.) 

— Réfl., se faire engrosser : 

.4dfin de procréer ligniee elles, l'une puis 
l'aultre se joindoient charnelement as 
homes voisins, et quandt avoieut couchupt 
elles repassoient le fleuve de Thermedon, 
et aultres se alloient enchainter. (FossE- 
TiER, Chron. Mary., ms. Brux. 10509, f° 
88 r».) 

— Enceintee , part, passé , enceinte , 
grosse : 

De denz enrauz est enceintee. 

(Mabie, Ltti del Fretsne, 91, Roq.) 
La damo est d'nn fiz enseintee. 

{Le Lai del Désiré, p. 7, Michel .1 
Celui enfant dont elle estoit ensainciee. 
(CouRCY, Hisl. de Grèce, Ars. 3689, f" 184=.) 
Vallée d'Yères, et département de la 
Somme, enceinte, enchainté. 

ENCEiNTOiSE, - cinfoise, -anc, s. 
grossesse : 

Elle commansait moult a engrossier de 
Vancintoise dont elle estoit grosse. (S. 
Graal, Richel. 2455, f" 238 r».) 

ENCEiNTURÉ, enchainlurè , adj., qui 
porte une ceinture ; 

Son corps gcnl bien enchaintaré. 
Ses mains blanches, ses dois traitis. 

{Pa^loralel, ms. Brui.. f 'il v°.) 

ENCEiNTUREu, ensainlurer, enchaintu- 
rer (s'), v. réfl., devenir grosse d'enfant, 
être enceinte : 

Vierge qui da hanll filz de Dieu t'ensaiaturas, 
(J. DE Medsg, Test.. Val. Chr. 3G7, f" ST".) 



... T'enceinturas. 



2123, Méon.) 



— Enceinluree, part, passé, enceinte : 
Et voi ta cosiue Elizabeth, elle est en- 
chainturee. {Bible, Luc, i, 36, Richel. 1.) 

1. ENCELEu, V. a., cacher, enfermer : 

Ne fist semblant de son pencé. 
Bien encelii sa volenlé. 
{Wace, Vtla S. M. Yirg., p. 49, Luzarctie.) 



2. ENCELER, voir Enskeler. 
ENC.EsiBELER, enkembelcr, - enbeler, 
engttanb.,enchamb.,\ . a., lier, enchaîner: 

Il II corurcnl sore, si l'ont as mains cobri. 
Les ieus li ont loies, si l'on; enkeiil>elr. 
(Les Chelifs, UicheL 12538, f" 92'.) 
Ainçois la mienuil laiens entrèrent (les larrons), 
Les moignes de laiens enkenbelerent, 
Lor escrin et lor arces tons deliremerent... 
Uiol, Itichel. 25516, f 101'^; A. T., v. 78i.) 
Li laron ont les moine enkenbeles 
Kl les serjans loies et enconbres. 

(/*.; A. T . V. -91.) 
Por qa'aves toos ces moines e[n\kenl>eles ? 

(II/., !■■ loi'' ; A. T.. V. 821.) 

— Bander, en parlant des yeux : 

Les puins li ont loiei, les ieus encenbelé. 
(Chans. d'Antioche, vi, 787. P. Paris.) 

— Fig., tromper, séduire : 

Disl l'un a l'antre : ^o sire a mal pensé 

Qni si nos cuide avoir e[n]quanbelé 

Et si nos veut enfin deseriler. 

Et no pais e tolir et rober. 

Et nos meissmes honir et vergonder. 

(Les Loh., Val. Urt. :37:,, f» 29''.) 
Par le vallet qui tant est biaus 
Vell deable de ses cembiaus 
La bone dame encemlieler 
Et guiler s'ame et Iremeler. 
(G. DE CoïKCi, de l'Emper. qui garda sa chasleé, 
Richel. 23111, f" 255".) 
La bone dame encenbeler. 

(Id., ib., ms. Brni., f» lll^) 
La bonefdame enkembeler. 

(ID., ib., ap. Dnc, Cembelliim.) 

— EncembcU, part. passé, séduit, 
trompé : 

Je Toi les paslors abaubis. 
Les miens parlans enkembeles 
Et les mieus veans aorbis. 
(Reclus de Molie.\s, DU de Charité, Ari. 31 42, 
f» 221'.) 

Les mieus parlanz enchambelez. 

(Id., ib.. Richel. 23111, f 222'.) 
Les mieus parlans emkembeles. 

(Id.. ib., Richel. 15212, V 101 r°.) 

ENCENDEMENT, S. m., action de brfller, 
faire brûler : 

Sacrifises moulez offerrai a tei ot encen- 
dement de imûluas. {Lib. Psalm., Oxf., lxv, 
14, Michel.) Lat. : Holocausta meduUata 
otferam tibi cum incenso arietum. 

— Incendie, embrasement : 
Tant pour raison de crime de leze ma- 
jesté, de murtre, de larcin, d'encendement 
et de ravissement,., comme de autres cas. 
I (1372, Ord., v, 566.) 

ENCENDiR, V. 3., enflammer d'indigna- 
tion : 

Ma chérîtes m'a encendi, 
Qu'oblié t'ont mianeroi. 
(Lili. l'saliii., cxvin, p. 345, Michel.) Lat.: Tabes- 
cere me fecit. 
I 

Li pecheor m'rncendissùtent, 
Por ce que ta loi ne gardoient. 
(Ib.) L^t. ;Vidi praîvaricantes, et labescebara, qnla 
eloquia tua non cuslodierunt. 

ENGENDRER, verbe. 
— Act., convertir en cendres, réduire 
en cendres : 



Inciuerare, encendrer. (Gloss. de Conches) 

Et levans les dépouilles des mors es- 
couoient seulement pouidre dehors, car 
feu divin les avait encendret sans nuire a 
leurs habis. (Fossetieu, Chron. Marg., ms. 
Brux. 1C509, 1» 60 r».) 

Il commauda que ses os fussent portes a 
Salamiue, et illec encendres, et les cendres 
semées par toute la proviuce. (In, it., ms. 
Brux. 10510, f» 70 r».j 
Vos feux a'encendreront que tos propres villages. 
(Du Ches.ne, SLi. liv. du grand miroir du monde, 

p. 110, éd. 1588.) 

— Couvrir de cendres : 

Je encendre — I arraye ■nith aashes. 
(Palsgrave, Esclairc. de la lang. fi-anç., 
p. 436, Géuin.) 

Je encendre — I fyle with asshes. — 
Vous avez encendre' 'vos gans. (Id., i6., 
p. 444.) 

— Réfl., se convertir en cendres : 

He! quelle est la vapeur de ton soulphre qui cuict 
Des vergers d'alentour le délectable fruict. 
Si beau a l'œil, qu'on veut en lepaislrela bouche: 
Qai s' encendre, pourtant, aussi lost qu'on le toucha, 
(Du CuESNE, Si.r. liv. du grandmiroir du monde, 
p. 12, éd. 1388.) 

— Se couvrir de cendres : 

Elle ne se fut pas pignee ne parée, ançois 
ot ses cheveux dessirez qui lui pandoient 
coiitreval sa face mouillée de lermes, et se 
fitst encendree et ot vestu un noir veste- 
ment. {Rom. deJ. Ces., Ars. 5186, 1" 91^) 

— Encendre, part, passé, réduit en 
cendres, couvert de cendres : 

Qu'il fust d'nn truant engendres 
Qui fust au feu touz encendrei. 

(Hose, ms, Corsiiii, P 125''.) 

— Gris couleur de cendre : 

Cheval gris encendrr. (1340, Arcb. K 43, 
pièce 14''"'.) 

Le loutre... a le poil... de coulleiir noire, 
encendre. (Modus et Racio, nis., f" 50 v», 
ap. Ste-Pal.) 

L'édition Blaze porte encendree. (F'67 v.) 

— Qui a été affiné avec de la cendre, en 
parlant de l'argent : 

Du comptant qui ystera de ladille vais- 
selle et d'autre argent encendre, faictes 
payer a nostre dit receveur pour ehascua 
marc cent seize sols touruois. (1372, Ord., 
v, 593.) 

— S. m., drap couleur de cendre : 

Un encendre de 24 aunes, pour son cors. 
(1316, Compt. de Geoll. de Fleuri, Douijt 
d'Arcq, Compt. de l'Argent., p. 7.) 

ENCEXGE, ensenge, - ange, ancenge. an- 
sanye. ansenge,s. f., certaine mesure ^igraire 
en usage pour les terres labourables, pour 
les prés, les vignes et les bois, ainsi appe- 
lée parce que ces terres étaient enceintes 
de haies, de pallis, de treillis, ou d'autre 
clôture. 

Dans les lois du Bavarois, il est question 
de l'obligation imposée aux colons ou 
serfs de l'Eglise, de clore les ansangcs ; et 
d'après plusieurs chartes on voit qu'un 
certain nombre d'ansanges étaient, dans 
certains pays, attachées aux manses. 



ENC 



ENC 



ENC 



Vansange en tant que mesure agraire ' 
était plus faible que le bonuier et peu 
différente de l'arpent. 

Suivant la loi bavaroise elle avait qua- 
rante perches de long sur quatre percbes 
de large : elle contenait par conséquent, 
cent soixante perches carrées qui font 
quatorze ares quarante-sept centiares. 
{GvÈKXUD, Prolégomènes dupolyplyqued'Ir- 
minon, p. 176-177.) 

Vansange, suivant M. Guérard, était le 
neuvième environ du bonnier et valait un | 
arpent un neuvième. ■ Dans la suite, 
ajoute le même auteur, cette mesure s'ac- 
crut un peu, et valut à ce qu'il semble, un 
arpent et demi aux environs de Paris. > 

L'auteur du Dicl. hist. des InslU. de la 
France remarque que Vansange est restée 
en usage dans les environs de Paris, au 
moins jusqu'au xv° siècle, et qu'il en est 
:fait mention dans les actes des années 
1236, 1236, 1262, 1319 et 1394, SOUS les 
noms latins à'encengia, escengia, nscengia, 
ailengia, et sous le nom vulgaire à'ansange. 

Les deime?, les fierbages et les ansenges. 
(1265, S.-Epvre de Toul, Arcb. Meurlhe, 6.) 

Pour .1. ancenge et demi quartier de terre. 
(1287, Cari, de S. Germ. des prés, Arch. 
LL 1027, 1° 119 r».) 

D'une encenge de terre en pré court .i. 
stier. (1330, Assise du byun de Villeneuve 
S. Georges, Arcli. L 765.) 

Pour uue encenge de vigne en costerelle, 
II. s., .VI. d. (1375, Censierde Thiais, Arch. 
S 3082, f" 7 y.) 

Pour une encenge de terre au fossé de 
l'enlreceiz qui fu Laucellot de Londres. 
{Jb., f» 23 V».) 

Une encenge de vigne une encenge de 

terre arable. (1384, Liv. des pitances de S. 
Germain des Prés, t» ISO"".) 

Une ensange et un tercel de pré. (1394, 
ib.. f° 124''.) 

Pour une ensengc de terre... (1454, Cens 
dus nn Pilaiici'r de S. Gerih. des Prés, 
Arcli. L 754, t" 3 r".) 

ENCEN'GLEu, V. a., Bulacer : 

Sy ne tieng compte de les jengles. 
Car sçay qoe ne sont que menclionges, 
Qui que lu iiorras sy encengies. 
Pris ne puis eslre de lelz songes. 
1 LF.tRA.NC. C/iam/). des Dam., Ars. 31-21, f" 105''.) 

ENCENCEMENT, «ns., S. m., euceus : 
.l'espère que pour néant vous luy aurez 

donné les ensencemens de la mort. (Hist. 

maccar. de Merlin Cocc, ix, Bibl. gaul.) 

ENCENSEMicNT, ancc, S. lu., bail h cens ; 

Accordons Vanccensement que ledit Al- 
muury u fait audit Pierre des choses dessus 
dites. (1326, ArcU. JJ 64, f- 158 r".) 

Cf. ACENSEMISNT. 

1. ENCENSER, verbe. 

— Act., embaumer : 

Joseph demanda le cors Nostre Seigneur, 
et quant il l'out il l'encensa et le mist en 
sepontnre. (LAURENT, Somme, ms. Soiss. 
210, 1" 98>.) 

— Neutr.. exhaler une odeur d'encens : 



En la marchandant (cette sole) bouche ] 
toy, car elle encense. (G. Bouchet, Serees, 
I, 120, Roybet.) j 

2. ENCENSER, enscncer, ensenser, v. a., 
donner à cens. On a dit au figuré : j 

N'est pas drois d'amours qi les biens cnsence ' 
Chil qi nul des raaus ne vent soustenir. 

(Chnns., Val. Clir. 1490, P 89 t».) 

3. ENCENSER, VOir ENSENSER. 

ENCENSEUR, S. m., eucensolr : 
Trovs encen~'<eurs d'argent. (1469, Invent., 
S. Hif. Egl., 287, Arch. Vienne.) 

ENCENSiER, -ciev, -sster, - cer, - ser, 
- chier, ench., ansancier, s. m., encensoir : 

Crois, encensier.i et chandeliers porter. 

(Les Loh., ms. Monlp. H 213, f 39'.) 
Les encensiers par les rues tenir. 
(Gar. le Loh., 2= chans., xin, P. Paris.) 
Et d'enceiisirrs d'or amassé. 

(.S. Itrmâan, Ars. 3316, f 103».) 
El riches encensiers o encens embrasez. 
(Fierabras, Val. Chr. 1616. i" 90''.) 

En encensier font li fea alnraer. 

{.Aubery le Bourgoing, p. 3'ï, Tarbé.,1 

11 prennent chasces et crois et enceiusers. 

(Amis el Amiles. 2495, Hoffmann.) 

Et le preslre et li enchensier. 

(Yvain, Richel. 1433, f° 71 r°.) 
.III. ansanciers d'or. (S. Graal, Richel. 
2455, f 35 r°.) 

11 prist le encenser et le emply del feu 
del auter. {Apocal.^ ms. de Salis, f» 4 v».) 
Crois et enchenssiers d'or. ( Vie S. Mathias, 
Richel. 23112, chiir. XXVIII. col. 30.) 

Dous ansancier d'argent. (Très, de l'an- 
glize S. Saveor, Cart. de S. Sauv. de Jletz, 
1 Richel. 1. 10029, r° 67 v».) 
! Gomme la fumée de l'encens quant ele 
eet misse el fen de Vancensier. (.Maurice, 
Serm., Richel. 24838, f» 14 v».) 
Plus de .1111°. encencier 
Peassies par laiens veoir. 

(Floriant, 6120, Michel.) 
Uns charbons chei sour les braes d'un 
enfant ki tenoil un encensier. (Li Ars 
d'Amour, 11, 51, Petit.) 

.1. encensier de argent. {Inventaire 
del327,BuUet. du Comité de la lang.,1857, 
p. 312.) 

.11. enchensiers d'argent. (1362, Inv. du 
I très, de Fécamp, Arch. S.-lnf.) 

Ung petit encencier d'argent. (1380, Inv. 
I de Ch. V, 2071,Labarte.) 
1 Enchencier. (1386, Invent. deS. Amé,kTch. 
, Nord.) 

i Que on mette l'ancens en Vancensier. (J. 
GouLAiN, Ration., Richel. 437, f" 83 r°.) 

Encensier d'argent. (1417,iiy.rfe la Char, 
de la Coult., f" Û'', Bernai.) 

Deux enehenchiers dargeut. (1469, Invent, 
de S. Amé, Arch. Nord.) 
. Les aultres prindrent leurs encensiers 
qu'ils avoient appareillié et mirent du feu 
dedans qui n'estoit pas beneit et de l'en- 
cens. (Hist. de l'anc. test, î" 53'', impr. 
Maz.) 

Encensierz, aubes, chasubles. (Bonivard, 
de la Source de l'idolâtrie, p. 17, Fick.) 

ENCENsiERE, adj. fém. qualifiant l'en- 
censier ou romarin officinal ; 



Conyza, f. g. L'herbe encensiere. (R.Est., 
Dictionariolum.) 

De l'herbe encensiere. (A. Pierre, Const. 
Ces., XVIII. 2, éd. 1543.) 

— Qui produit de l'encens : 
L'encens eroist en ceste partie d'Arabie 

qui est surnommée thurifere ou encensiere. 
(Du Pwet, Vioscoride, i, 70, éd. 1605.) 

ENCENSION, voir ENSCENSION. 

ENCENsiR, V. a., donner à cens : 
Baillons et encensissons a frère Regnault 
de Cligny nostre maison de Sainct Accare 
et tout l'enclos d'icelle. (1395, Arch. MM 
31, f" 209 V».) 

ENCENSivE, - cive, s. f., fermage : 
En ladite court (des Bourgeois) se uze... 
(le rentes et encensives desditcs bourgeoi- 
sies. (Ass. de Jér., t. U, p. 251, Beugnot.) 
Que toutes manières de héritages qui 
ont esté dones a encencive qui ont esté 
deinaine de la maison soient rapeles. (Règle 
del hospit., Richel. 1978, f 73 r».) 

ENCENTER, VOir ENCEINTER. 

ENCicNTRiQUE, adj., conccntrique : 
Cercle encentrique. (HaginskJiiif,Riche\. 
24276, f» 3 V".) 

ENCEOiR, voir Encheoir. 

1. ENCEPER, -cepper, - cheper, verbe. 

— Act., emprisonner, mettre dans les 
ceps: 

Li rois les a fait prendre, loii r et eslreper. 

(Aiol, 5170, Foerster.) 

Dans les notes, p. 478, et dans le Glossaire 
M. Foerster pense qu'il faut lire enceper. 

Par si glorieuse manière 
Oissi de la carnel laisniere 
Et del terrien plourement 
Chiile sainte ame, ou loncement 
Ot cunversé comme esseilje 
Et enehepee et qoevillie. 

(Mir. de S. Kloi, p. 120, Peigné.) 

Damedieii a juré, qui tout a a jugier. 
Qui le voudra jaraez enckeper ne lier. 
Tant comme il sera vif, se vendra si très chier. 
(Doon de Maience, 9282, A. P.) 
Il est enchi'pé et agravé de tourment in- 
fini. (M. i.K Franc, l'Estrif de Fort., 
f» IS v% impr. Ste-Geu.) 

Les gardant d'esire jugies, condemnes, 
liies, enceppes et emprisonnes. (FosSE- 
TIER, Chron. Marg., vas. Brux. 10512, VUl, 
1,27.) 

U soit mis en bonne prison 
Par mon conspil très bien serré. 
Bien enccppé et bien serré 
Tant qu'il n'en saille de ce raoys. 
(Greb.ik, Mysl. de la Pass., Ars. G431, T 233".) 
Bien encepé, bien enfferré. 

(ID., ib., 27884, C. Paris.) 

— Réfl., s'enchaîner : 

Sonvent s'enceppe en son loien. 

(Pttstoralel, ms. Brux., P 46 r".) 

Pic, enckeper, mettre aux ceps. Rouchi, 
incepé, inchepé, enckepé, prononcez en- 
ch'pé, pris, arrêté. Se dit d'un cheval qui 
a les jambes embarrassées dans les traits. 
(Hécart.) H.-Norm., vallée d'Yères, n'eJre 
pas enchepé, se dit de quelqu'un qui est à 



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son aise, dont les affaires vont bien. Une | 
fille enckepée est celle qui a des enfants | 
avant le mariage. ! 

ENCERCELEH, V. a., entortiller : 

Tant seulemfint un laurier verdoyant 
Encerceloit leur cliaste chevelure. , 

(Belleforest, Chasse d'amour, A M°"== Marie et 
Marg.) 

saint rameau, o rameau liaul croissant, ' 
Qui de mon chef les temples encercdle. 

(ID.. ib.) 

Si de mes bras le tenant acollét 
Comme du lierre est l'arbre encercelc. 

(L. Labé, Sonn., xin.) 
Et icelle queue fort bien encercelee, 
l'emplissantdeces crains de raisin. (Belle- 
For., Secr. de l'agric, p. 91, éd. 1571.) 

— Encercelé, part, passé, cerclé : 
Une charette ou deux... bien garnie de 
roues qui soient gentiment encercelees et 
clouées. {Maison rust., v, 6, éd. 1638.) 

ENCERCHABi.E, cnscrchablc, encher- 
chable, encerchavle, adj., qu'on peut pé- 
nétrer, scruter, sonder : 

Parfous est li cuers de l'orne et niant 
encerchavles. (S. Bern., Serm. , Richel. 
24768, f" 120 v.) 

naissauce pleine de sainteit, honoravle 
al munde, auiiavle as hommes, por lo 
grant bénéfice qu'il receut en ont ; uiant 
encerchavle as angeles, por la parfondece 
del saint sacrement. (iD., ib-, S" 19 v.) 

Ses voies sont néant encei'cftabfes. {Bible, 
Maz. 684, f" 308''.) 

Mauves est le cuer de l'homme, et n'est 
pas encerchables. (J. de Meung, Ep. d'A- 
beil. etd'Hel., Richel. 920, f' 91 r°.) 

Scrutabiiis , enserchables. {CathoUcon , 
Richel. 1. 17881.) 

Scrutabiiis , encerchables. {Gloss. de 
Salins.) 

Les piez d'elles (les femmes) en mort descendent. 
Leurs alers en enfer les rendent, 
Leurs péchiez sont innuraerables 
Et leurs voies non encherchabli's. 
(EosT. Deschamps, Poés., Richel. 8iO, P 530».) 

ENCERCHE, enserche, s. f., recherche : 
Nul cuer de homme mortel ne pourroit 
estre de si cler sens que il vous en peust 
dire la vérité, de toutes les enserches que 
l'en feroit. {Lancelol du Lac, 1" p., oh. Si, 
éd. 1488.) 

1. ENCEucHEMENT, euserchement, an- 
cerchcinant, enchcrchemenl, encerquement, 
encherqueinent, s,, m., recherche : 

Vancerchemant de veriteit. {Li Epistle 
saint Bernard a Mont Deu, ms. Verdun 72, 
f 88 r».) 

Philosophie est verais encerchemenz des 
choses naturels et des divines et des hu- 
maines. (Brun. Lat., Très., p. 4, Chabaille.) 
Var., enchercemens, encherquemens, encer- 
quemens. 

Continuels acusemenz parsuive l'escom- 
menié non de toz les 1*6110162, et li encer- 
ehemenz de cest non ne soit feniz en nul 
tans. {Code de Just., Richel. 20120, f» 22 r».) 

Pour plus plenier encerchement. {Ib., 
f» 26 v°.) 

Li encercheinenz de cel crisme ne doit 
pas estre Huez en nul tens. (Ordin. Tan- 
crei, ms. de Salis, f" 30''.) 



C'est li lupars que vous veistes en vostre 
soigne et que nous veimes en nostre en- 
cerquement. {Arlur, ms. Grenoble 378, 
f 11'.) 

11 qui les eneerchoient défaillirent a Ven- 
cerchement. {Comment, s. les Ps., Richel. 
963, p. 63''.) 

V encerchement de la conjuroison Cate- 
line. {Hist. de Jules César, Richel. 23082, 
f 8=.) 

El ont faillit li enserchour en lour seru- 
tine et enserchemens. {Ps., lxiii, Maz. 798, 
f» 150 v».) 

Rinior, enserchemens. {CathoUcon, Richel. 
1. 17881.) 

Rimor, moris, encerchemens, scrutines. 
{Gloss. de Salins.) 

Indagatio, encerchemanz, inquisicion. 
(76.) 

Si s'avisa de vouloir imposer fin a toutes 
ces doubles, a toutes ces peurs et povretes, 
a toutes ces qu estes et encherchemens 
qu'on faisoit sur ly. (G. DE Chastell., 
Chron. des D. de Bourg., I, 53, Buchon.) 

— Instigation : 

Et li dus se crestienai 

Tout de chaut en chaut a celjor. 

Et tôt son pooir senz sejor 

Fit torner a la loi de Rome 

Par Vencerckement au preudomme 

Qui les introdnt saigemeat. 

(Vie des Pères, Ars. 3641, f 107*'.) 

2. ENCERCHEMENT, adv., en cherchant 
avec grand soin : 

11 encerchierent iniquité, il défaillirent 
en cercbnnt encerchement. (Bible, Richel. 
899, f" 248».) Lat. ; Defecerunt scrutantes 
scrutinia. (Ps. 63.) 

ENCERCHEOR, - eur, enscrcheur, encher- 
cheur, enserchour, encerceur, enchercuer, 
enchiercuer, s. m., celui qui cherche, qui 
s'enquiert, espion : 

Si dient qu'il sont eiicerckeor, 
(EvRAT, Genèse, Itichel. 124S7, f 99 r".) 

Dont envoia Josué deu.v encercheurs de 
Sethem pour voir espier la cité de Jherico. 
{Bible, Richel 899, l" 142 v".) 

Li encerceur au'il envoia encercler la 
terre. (.Guiart, Bible, Jos., 1, ms. Ste-Gen.) 

Li enchiercuer qu'il envoia enchiercuier 
le terre, (.le, ib., Maz. 532, 1» 74''.) 

Devant chou que li enchercuer furent 
revenu. (Id., ib.) 

Qui connoist totes les repostailles et est 
encerchierres. (Ms. Ars. 5201, p. 369''.) 

Li enserchour. {Ps., Lxni, Maz. 798, 
flSOvo.) 

Scrutor, enscrcheur, {CathoUcon, Richel. 

I. 17881.) 

Enchercheur, enquereur. (Gloss. gall.- 
lat., Richel. 1. 7684.) 

— Fig., celui qui recherche, qui s'eiïorce 
d'acquérir : 

Ce fuit certenne signifience que il seroit 
de toutes les vertus curious encerchieres et 
vrais cognoscieres. (S. Graa/, Richel. 2455, 
f» 102 r°.) 

.... Curieus et enchierquieres. (Id., ib., 

II, 406, tlucher.) 

— Celui qui fouille, qui scrute, scruta- 
teur : 



Deus est tesmoins de ses rains et est 
verais encerkieres de son cuer. (Bible, Ri- 
chel. 901, f» II''.) 

Tu qui es encercheur des cuers. (Office 
des Ordres, Richel. 994, f» 46».) 

- Provocateur : 

Adagonista, enchercheur. (Gloss. lat.-fr., 
Richel. 1. 7692.) 

ENCERCHiER , cnsercliier , ancerchicr, 
encerkier, encerker, encierkier, enkierkier, 
encerquier, encherchier, emcherchicr, en- 
charcier, anquerchier, encergchier, encher- 
cuier, verbe. 

— Act., parcourir en cherchant, pour 
chercher, fouiller, sonder : 

Puis vont a lîounie ou en Eslure 
Ou vont autre voie cnchergenl. 
(RuTEB., Despuliions doti Croizic et don Descroizié, 

I, 1-28, Jubinal.) 

Quant li .xil. enchiercuer furent revenu 
à'enchercuier le terre. (Bib. hisL, Maz. 532, 
f» 75».) 

Grant cure et grant diligence je mis en 
mon temps pour syavoir au vray ces be- 
soingnes, et enchârçay maint roiaulme et 
maint pavs, pour faire justes enquestes. 
(Froiss., 'Chron., XII, 217, Kerv.) 

C'est a dire qu'il examinera les cons- 
ciences d'ung chascun ; et lors encerchera 
Hierusalem a lenternes, c'est a dire qu'il 
regardera tout ce qui est es cueurs. {In- 
tern. Consol., H, xxxxili, Bibl. elz.) 

Maisons furent froissées,... aumaires et 
escrius emcherchez... (D'Auton, Chron., 
Richel. 5081, f" 24 r".) 

— Rechercher, poursuivre : 

Charlos de France ki bien siert de l'espeo, 
A la dousime eiicerkie et coubree. 
(Raimb., Ogier, var. du v. 126i-2, Barrois.) 
Marins par tôt qniert et encerijne. 
(f.HREST., du Roi Guill., i"6, Michel.) 

Ou ki aillet encherchant la sapiance de 
cest munde. {Li Einstle saint Bernart a 
Mont Deu, ms. Verdun 72, f» 3 r».) 

Il fist querre et encergchier pertot les 
provinces don pais .1. enclianteor. (Vies 
des Saints, ms. Epinal, f» 39».) 

— Sonder, interroger, avec un rég. de 
personne : 

Pour lui oir et encierkier. 

(Perceval, %i. Potvin.) 

Enlr'iaus li demandèrent : Ques nouveles dires? 
Bien ai. dist il, vos homes eneerkies et tentes, 
SI les trnis de bataille forment enlalenles, 
(Godefr. de Bouill., Richel. 12569. f 122''.) 

— Scruter, examiner, étudier, s'en- 
quérir de, avec un rég. de chose : 

Od mun queor p;u-luwe e encerchowe 
mun esperit. (Lib. Psalm., Cambridge, 
LXXVI, 6, var., Michel.) 
Le brief Daire de Perse Alixandre ont baillié. 
Et il l'a receu et le saiel brisié. 
Et par mult graot eslude lea et encierké. 

(Roum. d'Alix., f li", Michelant.) 

Cil ki encerchet les cuers. (S. Bern., 
Serm., Richel. 24768, p. 130 r".) 

Et vues savoer ke lu doies faire et an 
cai tu doies eusonier. Tôt primiers doies 
ansonier aucune partie del jor por ta con- 
sciance a ancerchier. (Li Epistle saint Ber- 
nard a Mont Deu, ms. Verdun 72. f" 41 v.) 
li 



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Qui les esloires d'Angleterre 

Voudroit anccrchier el anquierre. 
(S. GidU. d'Anglclerrc. ras. Cambridge, S. Jolm's 
B 9, f 55".) 

Ancerchicr fist decrez et lois: 

Mais il ne trueve jiigeniant. 

Ne conseil, ne delivremrnt, 

Por coi puist délivrer son fil. 

^Dolop., 6998, Bibl.elï.) 

Li viex encrrke sa devise 
De toutes pars en mainte guise. 
(G. DE CASiDn.u, Barlaam, p. 101, P. Meyer.) 
Quar cil qui les forfcz eitcerquc 
Si l'a conté a l'archevesqne. 
(De Constant du Hami^l, Montaiglon et Raynand, 

Fabliaiu; IV, 173.) 

Commença a encierkier les devins se- 
eres. {Merlin, Ricliel. 19162, f» 6o'.) 

Qui demandera vos oevres et encerkera 
vos pensées. [Bible, Ricliel. 901, f'^ 14''.) 

S'aucuns prent a .t. autre ses cozes u 
ses denrées, s'il plaista celui cuiles cozes 
sont, il li puet kerkier sur boene plegene 
k'il li rendera a jour noniet u se coze ce 
ce ke roizons ert ; et qi ensi ne le vorra 
enkierkier il sera coupavles de pais en- 
frainte. (1273, Charte de la Paix de Va^ 
lencicnnes. Cellier.) 

Plusieurs cuydent bien conpnoj'sire leur 
conscience et n'y scevent advenir a \'en- 
cercher bien au vif ou l'examiner. {Intern. 
consoL, 111, xiill, Bibl. elz.) 

Il enchercha noblement les secretz de 
nature. (Boccace, Nobles malh., VI, 5, 
l" 145 r», éd. 151o.) 

Dieu enserche et congnoist les cueurs de 
tous les hommes... (1d., ib., IX, 8, f"22Sv».) 

— Absol. : 

Il sera lies et bendes 
Entour le chlef parmi le vis. 
Si que nulz ne ara avis 
De counoislre ne A^encherchier. 

(Couci. 'Miô. Crapelet.) 
Tant ancerclia que ele sot... (Lancel., 
Uicbel. 7,=Î4, f° 27".) 

Paissent requérir et enchercer solicite- 
nient tous les ans. (La Iresample el vrai/e 
expos, de la reigle M. S. lien., 1486, f''138=.) 

— Réfl., s'enquérir : 

Comme l'espritnaturellement est curieux 
de savoir ce qu'il fait, il ne se pourroit 
tenir de monstrerses exemples a quelqu'un, 
et s'enc.hercher du nom des lettres. (Bigar- 
rures du S. Des Accords, cli. i.) 

ENCF.nciiiR, ensarchir, v. n., faire des 
investigations : 

Ensarchir. indagare, investigare. (Gloss. 
synon., ms. Lille 369.) 

ENCERCLER, V. a., cntourer, renfermer: 

Ores vous nous restez, la tierce margnerile. 
Des ranses fleur unique, et la perle d'élite. 
Encerclant eu un lour leur coronne a trois ranps 
El le triple ornement de leurs noms trois fois grands. 
(La Boderie, A la R. de Nai:, Eleg.) 

— Encerclé, part, passé, cerclé : 
Et l'elme .ivoit d'or encercle. 

(Bes., Troie, Richel. 375, f 90''.) 

— Terme de rhétorique : 

Aristote... avoit dit que la démonstra- 
tion encerclée se tronvoit quelquefois. (La 
BoD., Harmon., p. 46.) 

ENCERDRE, V. a., tirer : 



Encerst li gablere tute la substance de 
lui, 6 départent li estrange les laburs de 
lui. (Psalt. monast. Corb., Richel. 1. 768, 
f° 89 v°.) 

ENCERNER, uncreuer, v. a., entourer, 
environner : 

Par paroles de liaine m'encernerent et 
por néant m'escombatirent. (Psaut., Maz. 
238, f» 133 V».) 

Du ciel... qui seul encerne et circuit la 
seigneurie du siècle. (0. de Chastell., 
Ver. mal prise, p. 317, Bucbon.) 

Or sus, Daru. qn'ilz soient tous prins. 
Et les encernez a tons lez. 
(Act. des Apost., vol. II, f- 20.o"', éd. 1537.) 

I.ict. que le fer industrieux 
D'un artisan laborieux 
A façonné presque d'un égal lour 
On'a ce grand monde encerne tout autour. 
(Bons., Od., Od. retranch., t. II, p. 409, Bibl. 
elz.) 

Disant ainsi, de sa belle ceinture 
Du lict d'IIyante encerna la clnsture. 

(In., Franc., III, p. 162. Bibl. elz.) 

Alexandre sembloit aux barbares tout 
encerne de flammes de feu. (Bouaystuau, 
de l'Excell. de l'homme, f» 21 v, éd. 1360.) 

Ils s'estoient empossedez d'un beau mo- 
nastère en Plirise, tout encerne d'eau. {La 
vratje hist. des troubles, f° 43 r". éd. 1374 ) 

De nostre ampliithealre au grand lour fenestré. 
Duquel le basliment ayant sa forme ovale 
Souloit avoir six murs, qui par dislance égale 
Encemoient sa rondeur. 

(P. DE Brach, Poèm., (' 79 r°, éd. 1576.) 

J'ay commencé d'encerner d'un vif et 
clairvoyant regard la spacieuse campagne 
du Profete. (La Bon., Pref. de J. de La 
Mirande, dans les Harmon., p. 831.) 

Dans ces horribles monts Iristement enclavé, 
Qn'un fort buisson encerne. 

(Garn., .4)1(1}., I.) 

— Garnir de cerceaux : 

Qui auroit ore mil tonneaus ancrenez 

Comme cil est que en cel char vefz. 

(Li Charr. de riijmes, 941, Jonck., Guill. d'Or.) 

— Enchâsser : 

Pour un vericle encerner en manière de 
lunette... (1372, Le Compte de l'execut. du 
Testam., Pièc. rel. à l'Ilist. de Fr.,XlX,130.) 

Encerner se disait encore au xvii" s. 11 
est donné par Duez. 

1. ExcERVELÉ, - elle, adj., qui a la cer- 
velle organisée de telle ou telle manière : 

Quelque autre nn dira non mieux encrrrellé 
Que l'homme vieulx ne peult pour aide estre ap- 
Ipellé 
Aux affaires communs. 

(G. DO BPTS, l'Ame du rieillarâ, éd. 1582.) 

On trouve encore encervelté, donné avec 
le sens de convaincu, entiché, dans le 
Glossaire de Marie Sluart. 

2. ENCERVELÉ, adj., qui a la cervelle 
brisée : 

Si a celé ore, que ores fui ires. 
Eusse el poing .i. granl baston quarré, 
Parmi le chlef vos en eusse doué. 
Que mort fuissies et tos eneerreles. 

(Girard de Viane, p. 46, Tarbé.) 
Kc mors fuisiez el loi eneerveleiz . 

(li., Bichel. 1448, f» iC.) 



— Fig., écervelé, évaporé : 

Un jeune encervelé prestrean. (Chron. de 
la noble cité de Melz, Pr. de 111. de Lorr., 

H, CLXVII.) 

ENCERVELERiE, S. f., idée qu'on se met 
dans la cervelle : 

Icelle gent a pié fesoient par cbeminz 
moult de lorz et de grans outragez, si leur 
monta es testez une eiicervelerie dont nulz 
ne les pooit oster, que il occioient par les 
vilez ou il passoient tous les juis... {Gode- 
froi de Buillon, Richel 22493, f» 20=.) 

EXCESSER, ensesser, v n., cesser : 

De Den servir pas D'enxessn. 
(\Va(.e, Vila S. }/. Yirj/., p. 3-2, Luzarche.) 

ENCESURER, v. a., cnduire de cérusc : 
A .lehan Adveline, plommier... pour dix 
sept livres el ung quart d'estaing pourauoir 
encesuré et souldé les diz pommeaux. 
(Compl. de Girart Goussart, 14C0-1402, 
Forteresse, xxxvi, Arcb. mun. Orléans.) 

ENCEULLYR, VOir ENCUEILLIR. 
ENCEVALER, VOir ENCHEVALER. 

ENCHAÇABLE, adj., qui doit être chassé 
C'est gries domaicbes a nous quant nous 
ne fesons bien ne ne pensons bien ainçois 
lessons nostre cuer errer par vaines voies 
et domacbeuses. Nule chose n'est plus en- 
chacable de nostre cnor, car comme il nous 
less'e et il pense aus mauveses pensées il 
en courouce Dieu. [Le Miroir de l'ame, 
Maz. 809, f» 202''.) 

ENCHACEMENT, - asscment, s. m., ac- 
tion de chasser, expulsion : 

Exercitation est conservation de la vie 
humaine,... Venchnssement de vices. (Probl. 
d'Arist., Richel. 210, f 33 r».) 

Musique est la resonnance des cieiix, la 
voix des anges, la joie de paradis, l'espoir 
de l'air, l'organe de l'Eglise, le chant des 
oyselels.la récréation de tous cueurs tristes 
et désolés, la persécution et enchâssement 
des diables. (J. Molinet, Chron., ch. ix, 
Buchou.) 

EXCHACHiEU, voir Enchaicier. 
1. EXCHACiER. - cer, encasser, enca- 
cier, encachier, enchâsser, enchesser, verbe. 

— Act., chasser, bannir, expulser : 

Di mei, fet de, Ion lingnage, 

Et qui te doua poesté 

Wenchacer si l'ancele D'. 

(Wace, Yie de Ste ilarguer., 136, Joly.) 

Nos ïolon son nevo enchast. 

(Tristan, I, 565, Michel.) 

E hors de duce France enchaciez e jelez. 
(Quat. fils Aym., ms. Oxf-, Douce cxxi, f 7-2».) 
Ore poez avant passer 
E nn autre jofne encasser 
De vos paroles, se beau vus est. 

(Chaboby, l'dit Plet, -241, Koch.) 
Sa soer tantost ad encliacie. 
(Un Ctiivat. e sa dame, ms. Cambr., Corpus 50. 
f» 94''.) 

Par l'orison desquels li dyales fu enra- 
chies hors de leur hostel. (Sis. Berne 697, 
f» 98 r°.) 

Mais pour lui (Renart'» encacier dou règne. 
C'est fors descncrs, vous en dirai 
Une branke. 

{nen. te Nouv., 26C8, Méon.) 



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11 fiicficha la maladie 
Du cnier et fui la char guérie. 
(Ota/. de S. Grég., ms. Evreux, f° 49'.) 

Cilzqiii les enchesseirenl les nommeirent 
«nsi. {L'Istoire de Charlemaigne, Richel. 
•906, f 276.) 

Et Uiy et madame sa mère furent enchâs- 
sez dehors eu Frauce coiiiiiie baunis. 
(Jehan le Bel, Chron., I, 97, Polain.) 

Il enchesse les dyaubles. (Psaut., Maz. 
798, f« 1-2 V».) 

J'a l'a il enchâssé en sus de luy, et le 
veult tenir en ce dangier, et encoires en 
plus firanl., se il povoil. (Faoïss., Chron., 
XVI, 140, Kerv.) 

Lassibilam l'enchâssa de celle terre. 
(Brut, Richel. 12153, 1° 35.) 

Se tu y viens, tu seras enchacio des re- 
<;ions de sondit royaume et de toutes ses 
dominacioas. (.Monstuelet, Cliron., I, 140, 
Soc. del'H. deFr.) 

Quant elle vit qu'il n'estoit pas homme 
pour enchacier par rudes parolles, elle luy 
cuida donner con^çié par doulceur. fLouis 
XI, Nouv., XXXI, Jacob ) 

Neutr., se porter avec empressement: 

Par la ou la dame passa 
ChescïiQ y vlot et enca^sa. 
(Advocttcie N.-D., ras. Evreux, f° 151'.) 

— Encliaeié, part, passé et s. m., chassé, 
banni : 

Uememorant la royale parole, 

Qui me promet de m'effacer du rôle 

Des enchâssez. 
(Cl. Marot, Poés., II, 1-2G, d'HéricauU.) 

2. ENCH.VCIER, voir F.NCH.^CCIER. 

ENCHACILLEIl, VOir ENCHASSILLEK. 

ENCHAEITE, VOir ENCHEOITE. 

ENCHAENURE, enchoisneure, - ure, en- 
chesntire, encheinure, s. (., chaîne, trame : 

Destourser va et desloier 
D'uD maotel vair unes pastures 
Teus dont les enchneneures 
Saut d'or, li auiel de cristal. 

(Chev. as .H. esp., 404, Foerster.) 

Enchaisneures des draps. (1398, S.-Quen- 
tin, ap. Lu Fous, Gloss. ins., Biul. Amiens.) 

— Fig., enchaînement ; 

C'estoitune vraye enchaisnuredes choses 
qui s'eniresuiveut et qui prennent leur 
commencement de la Hu l'une de l'autre. 
(6u YiLLAHS, Méni., IV, an 1533, Michaud.) 

Les voyla dans le srauJ cours de l'uni- 
vers, et dans \'enclieiiieui e des causes 
stoiques. (.Mont., Ess., 1. 111, c. 2, 1» 355 v", 
éd. 1388.) 

Allégua force graeq et latin, qui n'estoit 
qu'une enckesnure de lieux communs. 
(L'Est., Mém., 'i' p., p. 661, ChampoUion.) 

ENGHAiNE.MENT, S. m.. Chaîne : 

Oa sont les eiu'kaïueineiis 
Que l'eu porloil >'oii)iue coarroye, 
D'argeat et d'or, leurs sonuemeus. 
Pour m eulx prendre ces laulx en voie? 
(E. Deschaîips, />ue.v., Kicliel. 810, f° 43-2''.) 

ENCHAIXTEIl, VOir E.NCEINTER. 

EN'CHAI.NTIJKER, VOir ENCKINTURER. 

EXciiAiR, enclieir, v. n., tomber : 



Li hom dtnroit mnult hair 
En foie largece enchair. 
(Alabt. Dis des Sag., Ars. 3142, i" 148".) 
Dieus ne me laisl ja encheir 
En unie vnlenté contraire. 
(Froiss., Pocs., Uichel. 830, f° 149 v».) 

— Condescendre : 

Mes oncques a nulle pes ne se vot des- 
cendre ne encheir. (Froiss., Chron., VI, 
282, Luce, ms. Amiens.) 

ENCHAisEMENT, S. m., action d'asseoir 
dan.s une chaise : 

Ceu!x aussi qui natureement 

Sont eleuz a i'eucliaiseinent. 
(Decoillev., Trois pèlerin., f 61^, impr. Instit.) 

ENCHAisER, V. a , assBoir dans une 
chaise : 

Ces nids que tu vois, chaises sont 
Qui hauU et bas leur degrez ont 
La ou sont enchaisez et rais 
Princes et prelalz dessus dictz. 
(Degdillev., Trots pèlerin., f" U"'', impr. Inslit.) 

ENCH.\ISNEURE, VOir ENCHAENURE. 

ENCHAISOU.N, VOir E.NCHOISON. 

ENCH.AiTivEMENT, cuchct., S. m., em- 
prisonnement : 

De laquelle bataille il avient souvent 
grans mortalités et enchetivemens de gens. 
(J. DE ViGNAY, Enseignem., ms. Brux. 
11042, f"5J''.) 

ENCHAiTivÉ, enchetivé, enchativé, encai- 
tivé, part, passé et adj., captif : 

Li filHisrael furent encUaitiveil en Babi- 
loine settante ans. (S. Bern., Serm., Richel. 
24768, f 108 r°.) 

Ensi nen est mies franche en nos nostre 
raisons, anz nos covient de totes parz 
Initier a lei, car ele est ensi détenue et 
enchaitiveie par une manière de glut ans 
terrienes choses. (Id., ib., i' 110 r°.) 

Tu encachas Elic de ses hoaors. 
Or est en autre tere je ne sai hou 
Encaiiives del resne a me seronr. 

(Mol, Michel. -25316, f 125''.) 
Preudons, or m'entendes ! 
S'en vos demande, ja mar le celeres. 
Que tont ce a fait Aubris Venchatives, 
Qui de Borgoigne est a grant tort jetés. 
(.\uberi, p. 137, Tobler.) Impr. : enchatinés. 

Fu Jherusatem assise de paiens et le pais 
environ, et essillies, et li crcstiien encai- 
Uvé. (Charlemagne, ms.S.-Omer 722,f° 92\) 

Tant ay je au moins compaignie 
En cesle doloreuse vie 
Ou enckiitirr^r) suis venus 
Foibles, escharnez etcbanuz. 
(J. DE Meunc, Consol. de Boece, Richel. 1728, 
P> 221.) 

h'enchetivee chamberiere d'Israël. (Vi- 
GNAY, Mir. hist., Vat. Chr. 338, f» 2=.) 

L'enchellvé démenant sa chetiveté. (Id., 
ib., Maz. 537, f» 79 v».) 

Et retieuent leur anemis enchetlves. (ID., 
Enseignem., ms. Brux. 11042, f" 50''.) 

— Fig., perdu de vice : 

Mais tant est ore enchailivee 
Et en malice enracinée 
Qu'il ue 11 chant ne n'a chalu 
Ne Je Dieu ne de son salu. 

(Fait. d-Ov., Ars. 5069, !" 197'.) 



ENCHAI.CIER, VOir ENCHAUCIER. 

ENCHALFEH, V. u., s'échauffer, deve- 
nir, être chaud : 

Le feu en prist, l'evre enchalfa, 
Apres commença a lioillir. 
(■VVace, h Liv. de S. Sicholaij, lt;9, Delius.) 

ENCHALFiii, V. n., s'échauiïer : 
La quelle chose cil sentanz en cui astoit 
la très teneue alaine, de tant petit efforz 
com il pot, ke il poist parleir, enchalfisant 
l'espir, colhit la voiz, si rumpit lors en 
voiz disanz. {Dial. Greg. lo pap., p. 208, 
Foerster.) Lat., infervescente spiritu. 

ENciiALi, adj., dur comme le caillou : 

Cist soz vilains a corte chape 
Qui plus est dors et enchalis 
Que pieus de soef ne de palis. 
(G. DE Coisci, Mir., ms. Soiss., V ilZ*.) 

Enchaliz. 

(iD., ib., ras. Drax., f° 167.) 

ENCHALLAssER, V. a., soutenif d'un 
appui : 

Et fait enchaltasser l'arbre qui devient croche. 
(Vauq., Sat., H, a M. de Repich.) 

ENCHALOIR, V. n., chaloir, importer : 

Il ne va'enchttult d'estre tensee 
Poarveu que de mon entreprise 
Je sois a jamais dispensée. 
(R. DE Coller., Monol., d'une dame fort amou- 
reuse d'ung sien amy, p. 79, Bibl. clz.J 

ENCHALZ, voir Enchaus. 

ENGHAMBELER, VOif ENCEMBELKR. 

ENCHAMBRER, encanbrer, t. a., mettre 
enfermer dans une chambre , empri. 
sonner : 

Jai li enst le chief del bu sevré 
Quant Biatris prist en haut a crier : 
Merci, bian frère, por Deu ne l'adeser; 
Cornant qu'il praigne de mon cors vergonder 
Je Tuel li siens soit de la mort gardez. 
Suer, dist li rois, si com vos commandez. 
Lors le list prandre, si le fist enchambrer. 
(Les Loh., Richel. 19IC0, P 62».) 

Il sont an jugement allé, 
Mot sont pensia et esgaré 
Del franc home d'antre pais : 
Lanvaus est si entrepris, 
Encanbrer le veulent plusor. 

(De l.anial, Richel. -2163, f 57".) 

Avecqnes vous je les lairray (Jeux tigres apprÎToi- 
[sés) 
Et luy aussi en voz maisons 
Enchambrez, et nous en yrons. 
(Ad. des .iposl., vol. Il, f 82\ éd. 1537.) 

ENCH.VMI.VER, VOir ENCHEMINER. 

ENCHANCRER, V. a , ulcérer : 

Laquele famé out chaucre en une de ses 
mameles qui fu coupée et ainsi ele fu cu- 
rée, et puis tantost après l'autre mamele 
fiienchancree. (H. de Mondeville, Richel. 
2030, f° lOOi-.) 

Faisant un cerne a l'entour d'un ulcère 
corrosif, ou le garde d'enchancrer davan- 
tage Hs parties voisines. (Du Pinet, Phne, 
XXVIII, 4, éd. 1566.) 

En saupoudrant d'icelle (graine) le? par- 
ties enchancrees. (lo., ib., xx, 3.) 

ENCHANCE, - chaingc, - cange, s. m., 
échange, troc : 



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Comment le gncrit en Athènes 
De granl doleur et de grant poine. 
Et porce l'en rendit escbange ! 

(Alhis, Ars. 3312, {» 16''.) 



(Var. dans la copie de Sic-Pal. à l'Arsenal.) 

Et pour ce que Gisolfe avoit fait cest 
mariage sanz lo conseil de Guide son oncle, 
pensa Guide de rendre Veiu'hange. (Aimé, 
Tst. de H Norm., iv, 22, Champollion.) 

Item ont acquis par enchange fait a Gar- 
nierCommere deux iourneus de terre. (1336, 
Arch. JJ 70, f» i05 v\) 

Avet faicte une parson et enchainge. 
{Ch. de 1408, Lorraine, Cabin. de M. de 
Labri.) 

ENCHANGiER, enkangter, anchaingier, 
V. a., faire un échange : 

Pueent vandre ou anchaingier. (Chart. 
mess, du xiii« s., dans les Observ. sec. de 
Ferry, t. I, f» 239 v°, Bibl. Metz.) 

— Enchangier quelqu'un, être sépare de 
lui par un changement de lieu : 

Dont dolant soi au cner qu'elle (Florie, dont il est 
[séparé* m'est enkangii. 
(Cher, au cygne, 24942, Reiff.) 

ENCHANi, part, passé, devenu chenu : 
Jo sui mult envieilliz e enchaniz. {Rois, 
p. 38, Ler. de Lincy.) Lat., incanui, 

1. ENCHANT, s. m., montant de porte: 
Des eschalers qu'il vut faire an sa maison 

li diz Gilez, devant Peschcrie an cete me- 
uere que li larges des eschalers seit de 
czinc asises que sont ou mur a l'anchanl 
de la dicte maison desus lo sopie devers la 
rue publique et les asises sont saignié a 
on trait. (1320, Arbitrage, Cart. mun. de 
Lyon, p. 447, Guigue.) 

Li diz Gilez doit faire uns eschalers des 
Vanchant dou dit muret an tanques a lay 
Vanchant de sa maison devers Sonne. {Ib.} 

Le grant enchant devers lachambre Mons. 
{Compt. de P. de Serrer, Prév. de Moutbri- 
son, répar. du donj., 1382-3, f" 4'°, Arch. 
lAiire.) 

2. ENCHANT, encant, s. m., enchante- 
ment, conjuration: 

Telles leur a .m. encans Iresgeté, 
Bien le sot Joirres comment il a ouvré. 

(Les Loh., Riche!. i988, f 211 v°.) 
Tulles leur giete .!. encant par vigour 
ICI puis .1. antre et le liere sans laissonr. 
De Jeronville ist .loiires par vigonr. 

Il y gietta ses sors et ala conjnrant 
Les dyables d'infler et par leur fort enchant. 
Qu'elle ent le cuer de U courouciet et dolant. 
(Chev. att cygne, 3603, Uoill.) 

Manière avenans 
Et plus li remanans 
Ont fait tant i'enchant 
Que pris e-t Adaus. 
(C/iaiis., ms. Monlp. H 196, 1° 282 r°.) 
Chen qoe songei ennait ne semble fors enchant. 
(.Doon de Uaience, 8o9ô, A. P.) 



Ce fa pecbies qui me fn enchanté. 

(Aub. le Bourgoing, p. 2iO. Tobler.) 

2. ENCH.\NTÉ, ad]., chanteur: 

Li fromi dit : Sire enchanté. 
En esté arei bien chanté. 
Or poez en l'iver saillir. 
(Dou Fromi et dou gresillon, ms. Chartres 620, 
f 136=.) 

ENCHANTELER, - ellcr, enchaulrer, en- 
canterer, v. a., relever sur le côté, en par- 
ticulier sur le côté gauche : 

Par orgoil fait l'esca enchanteler. 

(les Loh.. Vat. Urb. 37.Ï, f» 23*.) 
Bandoins fu armez sor le vair de Castele, 
L'escu par les enarmes devant lui anchantele. 
Et tint l'espee traite don tranche la leraele. 

(J. BoD., Sax., cm, Michel.) 
L'escn par les enarmes devant lui enehantele. 

(Id., !*., Ars. 3142. f» 243».) 
Poi a François n'ait l'enarme uoee, 
La règne prise, la large enchantelee. 
(Herb. Leduc, Foulq. de Candie, Richel. 2.S.Ï18, 
r 102 r».) 

Li rois poi enchantre l'espee. 

(Parlon., Richel. 19152, f" 136*.) 
Se vos veissiez le roi démener l'espee 
on poing, movoir les braz et enchanteler 
l'escn. (L'/irore. de S -Den., ras. Ste-Gen., 
f» 249«.) P. Paris : enchanleller. 

— Mettre sur le chantier, en parlant de 
pièces de vin : 

Pour .Ixr. tonniau de vin chargier a 
Roen es liaingnes et pour enchanteler, et 
pour clo et pour mairien, .Ixvi. s. torn, 
(1295, Compte de Girart le barillier, Arch. 
K 36^ pièce 43.) 

Les cydres piller, entonner, et les ves- 
seaul.x encanterer. (1392, Denombr. du 
baill. de Rouen, Arch. f 307, f° 53 v°.) 

— Enehantele, part, passé, relevé sur le 
côté : 

Les escus ont enchanteîes 

Et serres devint lor poitrines. 

iPerceml, ms. Berne 113, f 96'.) 

Li bcrs s'en est issus, la large enchantelee. 

(Chev. au cygne, I, 6o29, Hippean.) 
Sy leur vint au dos Maulgis la lance en 
son poing , l'escn enehantele , et son 
heaume lassé. (Ren. de Montaub., Ars. 
5072, f 147 r».) 

— Placé sur le chantier : 

Taudis le vin serré dedans la creuse tonne. 
De rang par le celier, enehantele bouillonne. 
(Cl. Gauchet, l'oés.. p. 223, Bibl. elz.) 

Cf. ACHANTELER. 

1. ENCHANTEMENT, S. m , ChaUt, COU- 

cert : 

La Dissiez les estrumens. 

Vicies et enchantemens. 
(Floire et Bla/ice/tor. i' vers., 2883, dn Méril.) 



2. ENCHANTEMENT, S. m., actiou de 
mettre à l'encan, enchère, encan : 

De chose vendue a V enchantement. {Ass. 
Séduction, entraînement désordonné: de Jér., t. 1, p. 129, Beugnot.) 

De heste vendue sanz enchantement qui 
n'est restive. (Liv. dej. d'Ibelin, ch. Lxxxi, 
Beugnot.) 



Pour bobaucer par folz enchans, 
J'ay les deniers tous despencez. 
{Farce de Folle Bobance, Ane. Tb. fr.. Il, 283.) 



1. ENCHANTÉ, part, passé et adj., causé 
pir enchantement : 



ENCHANTEOn, - eouT , - cur, s. m., 
chanteur : 



C'apartiéul a ces jon-gicors 
Et a ces bons enchanteors 
Que il aient des chevaliers 
Les robes, que c'est lor mestiers. 
(Du Chevalier a la robe vermeille, Montaiglon et 
Raynaud, Fabl., III, 42.) 
Il avient aucune fois que jugleours, en- 
chanteurs, goliardois et autres manières 
de menestriex s'assemblent. [Gr. Chron. 
de Fr., Phelip. Aug., xx, P. Paris.) 

Pluisseur jongleour et encheanteour en 
place ont chanté et riniet les guerres de 
Bretagne et corromput. (Froiss., Chron., 
111,323, Kerv.) 

ENCHANTERER, VOir ENCHANTELER. 

ENCHANTERiE, cnconterie, s. f., enchan- 
tement, charme : 

fi'encantcrie ne canque ses cors set 
Ne me pot onqes ne tant ne qnaut grever. 
(Iliton de Bord., 5051, A. P.) 
Par art d'enchanterie 
Fera croire hérésie. 
(Huos DE Meby. Prologus Régine Sibille, à la suite 
dn Tornoiement dWnlechrist, p. 106, Tarbé.) 
Ta, ta ! Symon. l'amy Néron, 
Ton orgueil, Ion enchanterie. 
Ta mauvestié, ta simonie. 
Te seront bien lost chier vendus. 
(Mart. de St Pierre el SI Paul, Jub., Mysl., 
1. 72.) 

C'est magique on enchanterie. 
(Greban, Mist. de la f ass., 15244, G. Paris.) 

Satan esblouit les yeux des incrédules 
comme par enchanteries. (Calv., Comm.s. 
Iharni. evang., p. 683.) 

Par son enchanterie 

Circé jadis rendit les hommes porcs. 

(J. A. DE Baif, Eclog., v.) 
Boutique des onguens, des fards et des 
enchanteries. (Lari'v., le Fid., iv, 4, Ane. 
Th. fr., VI, 43.) 

Enchanteries et sorceleries. {Trag. de 
Franc-arbitre, p. 108.) 

Se disait encore au commencement du 
XVII» siècle : 

Les raynes, sauterelles et autres animaux 
provenus d'enchanterie et sortilleges. 
(1610, Disc, prodigieux et espouvantable de 
trois Espaignols, Variét. hist. et litt., t. 1.) 

On lit dans Duez : t Les enchanteries 
sont descouvertes. . {Dict. fr.all.-lat., 
Amsterdam 1664.) 

ENCHANTEUR, encanteur, s. m., celui 
qui vend à l'encan, sorte d'offlcierde jus- 
tice : 

Que la élection et présentation des eou- 
raliers, crienrs de vins et autres choses, 
et des enchanteurs de ladite ville, leur ap- 
parliegne. (1340, Arch. JJ 73, f» 124 r°.) 

Que nulz ne vende nulle chose, quelle 
quelle soit, qui doit estre vendue a l'en- 
quant, sanz licence de Vencanteur ou de 
celuy qui pour luy sera. (1373, Ord., y, 
682.) 

ENCHANTiER, S. m., Compartiment : 

L'ng aultre arcbeban du costè devers le 
cymetiere ouquel a deux enchanliers a 
mettre langes pour ladicte chambre. (loOl,. 
Invent, de l'Holel-Dieu de Beaune, Soc. 
d'Arrhéol. de Beaune, 1874, p. 157.) 

ENCHANTOisoN, - cison, - ison, s. f., 
enchantement : 



ENG 



ENC 



EiNC 



93 



Benoart portent par grant rnclianloison. 
(Guill. d'Orange. Riohel. 2i369, F 



\'.) 



Oq irez vous, dit il, (iz aa putain gloton, 
Cnidez vous eschaper par vostie enchanteison ! 

{Simon de Pouille, Richel. .■Î68, f US'.) 
Monlt orent pain et vin et oisiaus a foison. 
Que Maufîis ot conquis par jîrant enchantoisun. 
(Maiig. d'Aigr., Richel. TOfi, V 28 r".) 

Par niRromaiice et par eiichanlison. 
(Àumoiil et Agrav., Richel. -Wrà, f 117 v».) 

1. ENCH.vPEi.En, - Hier, enchappeller, 
anch., V. a., couvrir d'un chapeau, d'une 
couronne : 

Et ses rhies fit anchapelez 
D'un sebelin noir come raore. 
(tiCon;<'rff/Gra(i;,Cartsch,C/ir('s/.,col. 165,3° éd.) 

Et doit le duc estre enchappellé d'ung 
très riche chappel d'or et de pierres pré- 
cieuses par ledit prince. {Gag. de bat., 
p. 46, Crapelel.) 

Anchapeler, parer de chapeau de fleurs, 
de guirlande. Anchapeler une espousee. 
(.MoNET, Invenl.) 

— Terme de maçonnerie, pour signifier 
faire un revêtement : 

Jaquet Fouqui't fait.... toises de mur 
allant droit a la rivière, et eslevé tout au- 
tour et par dessus ladite bonde ou escluse, 
et enchappellé le dit et de aiesme comme 
il appartient. {Compte de 1531, Soc. arch. 
de Touraine, IV, 116.) 

— Enchapelé, part, passé, ijui a un cha- 
peau, particulièrement une couronne de 
fleurs : 

Et pour ce sni enchapelez 

Selon la coronne qu'apelez 

Et en rommant et en lalin 

Alixandre suppelalin. 
(Watriqoet, li Dis des .un. Sièges, 3i7, Scheler. 
Sertatus, enchapeles. (Gloss. de Salins.) 
Une aiguière d'or longue, enchapellee en 
.V. lieux de chapeaux, et y faut plusieurs 
perles. {Invent, du duc de Norm., ap. La- 
borde. Emaux.) 

En an bosquet, dessus nue Tontaine, 
Trouray Robin le franc enchapelé ; 
Chapeaux de flours avoit cilz afublé 
Dessus son chief. 
(EusT. De.'îchami's, les Chançoiis joyaulx, Richel. 
Rio, P 10-2''.) 
Pour ce fiert de tel arramie 
Sus les testes enchapelees 
One les flours en sont jus volées 
Dont les chapeaux furent pares. 

(Pasloralel, ras. Brux., f» 5Î r".) 

— Fig. : 

... Ceulx que cnrarannement 
Les plus très sages appelles 
Sont de cestui enchaaternent 
Plus lourdement enchappellea. 
<Lefrakc, Champ, des Dam., Ars. 3121, f° 108'.) 

2. ENCHAPELEit, V. a., maltraiter : 

Il fault qu'il soil enchapelé. 
Tant qu'il ait le chef loui pelé. 

{Met Test.. Il, p. 381, rar., A. T.) 

ENCHAPEMENT, - oppement, emch., en- 
cappement, s. m., empâtement : 

Pour V enchapement des meurs d'entour 
la court. (133!5, Compte de Odart de Laigny, 
Arch. KK 9», 1° 293 r».) 

En cheant aval ledit plastras cheu sur 
un emchapement d'icelle tour(dcVincennes) 



qui le fist aler plus loing d'icelle tour que 
l'en ne cuidoil. (1379, Arch. JJ 115, pièce 
287.) 

.Illl. paires de fons de cuir mis as en- 
cappeincns des tentes et trefs de le ville a 
eus bouter les cordes. (1386, Lille, ap. La 
Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Emprimez par deux foiz les murs d'icelle 
chapelle de costc des voirrieres depuiz le 
siège jusqu'à Vemchappement. (1399-1406, 
Compte Jeh. Gilon, Arch. KK 264-266.) 

Et sera (le pignon) en haut amorti d'un 
enchapement ci de couteaulx.(1404, JWarcfte, 
Arch. 8. et-M., H 98.) 

P'our .VIII. I. de plomb pour mettre es 
jointures et en \'enr.happement ihi pHH arc 
boutant dudicl pilier. (1409-10, Coinpl. de 
la fabrique de S. Pierre, Arch. Aube, G 
1559, f 160 v») 

A Pierre Roland pour .xxiill. quartiers 
de pierre pour faire enchappements et ar- 
chelelz a lad. tour du havre. (1463, Compl. 
de Nevers, CC 58, f° 33 v«, Arch. muu. Ne- 
vers.) 

Ladicte viz a .VI. toises demi pié de 
hault a mesurer depuis le commencement 
des foudemens jusques au dessus de l'en- 
tablement comprins ens la saillie d'icelui 
entablement des enchappemens et du sou- 
bassement sur .1111. toises .1111. pieds de 
pourtour. (1490, Arch. K 272.) 

1. ENcuAPER, - apper, encapper, v. a., 
couvrir d'une chape : 

Avant me laisseroie desoiibz plonc enchapper 
Que pour rien le laissoie ainssin de moi partir. 
(Girart de Ross., 111(1, Mignard.) 

Car elle apprist comment de soye 

L'en feroit ornements et cappes, 

Doubliers, serviettes et nappes 

Pour parer palais et moustiers, 

Quant tu les tiengs ou les encappes 

Tu doibs beneir ly raesliers. 
(Lefra.nc, Champ, des Dam., Ars. 3121. r 120".) 

Vostre habit tout le monde enchape 
Car trop bien tendre le sca'es. 

(iD., !*., P Ul=.) 

— Enchapé, part, passé, couvert d'une 
chape : 

Poarqnoy pourras entendre bien 

Qaeja soit, bien enmantelee 

Soye par dehors et emhapee. 
(Degi:ii.lev., Trois pèlerin., (° 61°, impr. Insllt.) 

Prebftres encknppes. (1530, Reg. consul, 
de Limoges, I, 191, Kuben.) 

Evesques enchapez et mitrez. (Lett. de 
1574, Kelib., Hist. de Paris, V, 2.) 

Je voy venir vers nous une femme en- 
cappee que je pense coguoistre. (TouRNEB., 
les Contens, II, 6, Ane. Th. fr., VII, 161.) 

2. ENCHAPEu, V. n., échapper : 

El, se par mi l'uis Wenchapoie, 
N'en escbaperoie antremant. 

([)olop.. 8418, Bibl. elz.) 

ENCHAPERONNEMENT, S. lu., revête- 
ment : 

Pour faire couvertures sur les archieres, 
enchappemens et enchaperonnemens dessus 
les murs de la basse court. (1366. Compt. 
de Ph. d'Acy, Richel. 1. 16170, f» 128 vo.) 

Et seront les maçons et autres ouvriers 
qui entreprendront édifices a faire, tenus 
l'aire au.x pans des murs par dehors les 
entablemens soubz la couverture, pour 
porter l'esgoust, avec les plates bandes, 



enchaperonnement et lermiers a l'endroit 
des retraites , les appuis des croisées 
mesmes les seuls et uiarcheB pour y mon' 
ter. {Edit d'Henri II, oct. 1357.) 

ENCHAPERO.NN'ER, v. a., couvrir d'un 
revêtement appelé chaperon : 

Enchaperonner un mur qui est en ladite 
maison. (1335, Compte de Odarl de Lainnv, 
Arch. KK3", f" 236 r».) 

A Pierre le maçon pour avoir fait de 
pierre de taille l'entrée de la Barre deçà et 
delà, et enchaplerlonnee de taille a l'enlour 
de la bassecourt de la Barre. (1416, Compt 
de A'evers, CC 22, f 20 r", Arch. mun. Ne- 
vers.) 

ENCHAPETER, enchurpeler, enchapiter 
(s), V. réfl., se couvrir d'une chape: 

Il (nn ermite) les regarde, ses a bien avises, 
.1. pelitet s'esloit enchapiles. 

(Les Loh., ms. Montp., f° 257''.) 
Enchapelez se fiirenl li gloulon. 

{Mon. Reniiart, Richel. 3G8, t° 232".) 

— Enchapetc, part, passé, couvert d'un 
chape : 

An fevre vet trestoz encharpetez... 
Renuart vet vers lui encharpetez-, 
Dist Renuart : Quieiis deahle avez. 
Par mon noir froc esles si offraez. 
(Mon. Renuart, Richel. 368, !" 238''.) 

Dones li une gonne et dras enchapeles. 
Et unes botes nueves et .r lit estoré. 
(Jehan de Lanson, Richel. 24U3, f" 62 r".) 

ENCH.\PITER, voir EnCHAPETER. 

EXCH.APLEURE, - peieure, anch., s./., 
ce qui sert à former un chapeau de 
Heurs : 

Anchapeleure, ce qui sert ans chapeaus 
de fleurs et a l'anchapeler. (.Monet, In- 
vent.) 

— Fig., fraude qui consiste à cacher 
sous une belle apparence de mauvaises 
marchandises : 

Que nuls ne vende ne achale pour re- 
vendre gimgembral ne piguolat enbou- 
chié, et qu'il ne soit autel desous comme 
dessus, et sans enchapleures. (1312, Ord., 
I, 513.) 

ENCHAPPRE, s. m., petit comparti- 
ment : 

Deux reliquayres... tenant chescun ung 
enchappre en la main. (1542, Inv. du trésor 
de la chapelle des D. de Savoie, p. 147, 
Fabre.) 

ENCHAPITULEMENT, enCOp., S. m., 

chapitre : 

Che sont li encapilulement des coses ki 
sont en cest livres. (Ad. de LA Halle, 
Chans., Richel. 23366, f" 1 r».) 

ENCnAPiTui.ER, encop., V. a., distri- 
buer par chapitre : 

Ci commencent les choses de quoi nos 
(liron, et sont briemeut encapitulees par 
ordre. {Coût, de la vie. de l'Eau, prol., 
Arch. S.-luf.) 

— Chapitrer, morigéner : 

El raison te doit esmonvoir 
Que gens d'armes com chevaliers 
Se bien sont enchapitulez 
Et par bons genoulx gouvernez... 
(DF.r.iiii.LEV., Trois, pèlerin., f° 133'', impr. In'^lil.) 



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ENCHvuAiEMENT, aucli., S. 111., ensoi'- 
ccUeiiient : 

Tant lor font par anchaDtemcnt 

El par lor ancharaiemant 

Que de lor amor les espranneat. 

(Bf.n., Troie, Ars. 3314, f" 180».) 

ENCH.\RATER, eiicaruter, v. a., ensor- 
celer : 

Audré Guibretea... couru après une 
femme en disant : Pule vielle, tu la'as en- 
caralé. (1404, Arcli. JJ 138, pièce 360.) 

ENCii.\R.\UDER, V. a., eiisorcelcr ; 

leelle femme confessa a son mary que 
ledit Tymonnier la mainlenoit, et qu'elle 
ne povoit résister ne soy destoyer audit 
Tymonnier, et qu'elle cuydoit que il Veust 
encliaraudee. (1402, Arcli. JJ 157, pièce 27.) 

H.-Norin., vallée d'Yéres, être cncarnudé, 
être ensorcelé, avoir le diable au corps. 
• Il est encaraudé de ch'lé fille là. • 

En Poitou, canton de Chef-Boutonne, 
on dit OicftaOarauder pour .planifier ensor- 
celer. 

ENcii.\REER, V. 3., ensorceler : 
Lui dist icelle Jehannele que elle avoit 
tant fait que iceul.t trois crapos desquieulx 
icelle Gilete le vouloit enchareer estoient 
mors, et que icelle Gilete les avoit jetiez 
en Saine. {Reg. du Châlelet, II, 288, Biblio- 
ph. fr.) 

ENCHARBONNER, eîtcarbonnev , v. a., 
couvrir de charbon : 

Et soQ visage encarhonna. 

{Wislasse le Moine, 1012, Michel.) 

— Encharbonné, part. p;!ssé, couvert 
de charbon, couleur de charbon : 

AdoQC a a chascun l'esclavione aportre. 
Et a chascun la face tainte et encharbonnee. 
Lors sanble que il vignenl d'outre la mer salée. 
Ueh. de Laiisoii, Uichel. -2195, f 30 r».) 
Visafie encharbonné. (M. Lefbanc, l'Es' 
Irif de Fort., f" 133 r», impr. Ste-Gen.) 

EîscHARBOTER, V. a., brouiller, coa. 
fondre, embarrasser : 

Cela me semble trop encharbolé et confus. 
(T.\B0UR0T, Bigarr., p. {ol, ap. Ste-Pal.) 

En Franche Comté on dit encore enchar- 
boter, entsarboutai, embrouiller du fil. 

Victor Hugo a essayé de rajeunir ce mot 
sous la forme barbare encharibolté : 

MoQsieur, vous avez l'air tout eiicharibotlê. 

{Le Hoi s'amuse, i, t.) 

Cf. CH.iRBOT. 

ENCUARCHIEMENT, VOir ENCHAUQE- 
MRNT. 

ENCHARGHIER, Vûir ENCHARGIEB. 

ENCHARDIR, VOir ENCHIERDIR. 

ENCHARDONER, - donner, v. a., mot 
factice employé dans un jeu de mots pour 
signifier piquer avec des chardons, héris- 
ser de chardons, et cardinaliser : 

Li cliardnnal tôt eschardonent 
Les eschars qui don ecliar donent, 
Maint prendom ont enchardoné, 
Chardoual sont enchardoné 
Por ce poignent comme chardon. 
,G. DE Coisci, S/f ipoc, Uichel. 1915-2, f» 29''.) 



Les eschars qui don eschars douent 
Maint preudomrae ont enchardoné. 

fiD., !«., ras. Soiss., f» 26^) 

Cf. Eschardonner. 

E.NCHARii, part, passé, monté sur un 
char : 

Bien te tiens, pas n'echaperas. 

Puis que tu es cheu en mes laz ; 

Se tu es roy d'iniquité 

Et ponrce tu es encharez, 

Tout aussi bien royoe clamée 

Estre doy 

(DEGniLLEV., Trois pèlerin., C 115, irapr. lustit.) 

ENCHARETER, V. 3., mettre dans une 
charrette : 

Wistasces /a enchareles. 

(Wistasse le Moine, 1729, Michel.) 

ENCHARGE, encorge, encarque, s. f., 

charge, fardeau : 
Encarge. (Maurice, Serin., Richel. 13314.) 

— Fig., charge, obligation: 
S'aucuns fet son testament et il nomme 

execuiteurs qui n'i sont pas présent, et 
muert avant qu'il aient pris l'execussion sor 
aus, il est en lor volenté d'enpenre l'en- 
carque de l'execussion ou du laissier. 
(Beaum., CoiU. du Beauv., c. xii, 27, Beu- 
gnot.) 

Quiconque désire de passer des emphi- 
teuses. transports, permutations, encharges, 
ou obligations dos héritages, etc. {Coût, de 
Brux., Nouv. Coût, gén,, t. I, p. 1245'".) 

La ville at aussi le droit d'issue des alié- 
nations, permutations et encharges, qui se 
font par des afforains, au regard des 
biens, fermes, cens et rentes qui leur sont 
acquises par voye de succession. (76.) 

ENciiARGEABLE, ^adj., pesaut, lourd : 
bepesche toy, pose de chair la charge 
Tant cnehargeaUc, el qui si fort te charge. 
(Desi'ERIers, Prognost.) 

ENCHARGEiiENT, encharchiement, enear- 
cement, s. m., commandement, ordre : 

Quant cesti deus sajes homes ont le 
conjé et {'encharchiement de lor seingnor, 
il ne fout deleameut aucun. {Voy. de Marc 
Pol, c. ccvi, Roux.) 

— Charge : 

Pour les encarcemens de la vaussure 
d'une tour. (1403, Lille, ap. La Fons, Gloss. 
ms., Bibl. Amiens.) 

ENCHARGiER, anck , enchorjer, enchar- 
cier, encarger, -ier, emcargier, encarchier, 
eincargier, encherger, encarcher, encliarcher, 
encarquier, - hier, enquarquier, enkerkier, 
enquerquier, enkierker,enquierkier, emkier- 
kier, verbe. 

— Act., placer comme une charge : 

Les mains li lient et les pies, 
Sor .1. ronchi fu encarchies. 

iEust. le moine, 1637, Michel.) 

— Prendre une charge, un fardeau, se 
charger de, charger, au propre et au fig. : 

Fais trop mortel as cncargié. 

(Athis, Richel. 375, V 146".) 
Sons en fait le grand fais enprendre et enkerkier. 

{Vœu du ïleron, 315, éd. Mous.) 
Ses trois compains a fait devant lui chevancier, 
11 remest daerruins p:ur le fais encarchier. 
(Ckans. dWntioche, \u, v. 78, P. Paris.) 



Trop aves emcargid grant fais. 

(Fregus. p. 03, Michel.) 

Maintenant la prcnt et Vencarche 
Desus son col. 
(RiCH. DE LiELE, de Honte et Pulerie, Dinaai, 
Trotiv. de la Flandre, p. 360.) 

Entre ses dous bras Vemkierka, 
Par devant l'abbé remporta. 
(De l'Emper. Cousiant, 215. Romania, VI, p. 164.) 

Et puis 

Venquierkierent et portent a Puis. 
(D'un Presire c'om tarte, Richel. 1553. f" 510 r" ; 
Mootaigloo et Raynaud. Fabliaii.v, IV, 14.) 

A le prestre mort encarkiet. 
(Ib., Montaiglon et Raynaud, Fahl, IV, 35.) 

C.estui duel deves laier et encargier duel 
étire de ce que vous aves perdu honor 
que vous ne poes recouvrer. [Artur, ms. 
Grenoble 378, f» 33''.) 

Et pour çou dou Conte Gnillaame 
Qui ceste honor eut encharcie. 
Pris mon prologue com Marie 
Qui pour lui traita d'izopet. 

(Couronnement Rcnart, 3360, Méon.) 

J'ai esté sans raison .i. an et .1. yver 
Sans armeure nulle vestir ne enchargier. 
(Cuv., du G/iMC/i'n, 2931, Charrière.) 

Je suis encores trop joues pour encar- 
gier si grant fais et tele honneur. (Froiss., 
Chron.,Vl, U8, Luce.) 

Et messires Jehans de Hainnau avoit 
si fort encargiet ceste guerre et pris en si 
grant desplaisance et despit la cevauchie 
que li dus de Normendie avoit fait en 
Hainnau. (iD., ib.. Il, 233, Luce, ms. Rome, 
f» 64.) 

— Porter, prendre : 

Quant Godefrois fu mors, a pinsonrs anoia, 
Roys Baudewins, ses frères, le couronne enquerqtia, 

(R. de Seb., xxi, 403, Bocca.) 
C'anjourd'ai en bataille veuillez sau detriîer 
Lez fleur de lis de France porter et enquerquier, 

(H. Capet, 3-248. A. P.) 
C'anjourd'ui enquerquici, a ce lournoiement, 
Dez fleurs de lis de Franche le blason qni resplent. 
(7*., 3232.) 

C'est que vous voellies enchargier les 
armes de France. (Froiss., Chron., I, iSS, 
Luce.) 

Que mesires Carlos de Blois se nonmoit 
et escripsoit dus de Bretagne, et en avoit 
avoecques le tille encarsiell'arnioierie. (Id., 
ib., H, 294-29j, Luce, ms. Rome.) 

— Enchargier un ordre, entrer dans un 
ordre : 

A Chisleauli vint le roy Dagoubert au corps gent, 
La trouva il son frère qui tout nouvellement 
Ot encarquié l'ordre de Cisliaui proprement. 

(Ciperis. Richel. 16a7, 1° 104 r°.) 

— Act., se rendre coupable de : 

Dames nouains des grises cotes. 
De cuer outrageuses et sotes, 
Grant outrage areis encharchié. 
(J. DE CoNDÉ, la Messe des oisiaus, 803, Scheler.) 

— Faire porter une charge, un poids à 
quelqu'un : 

Ki si gries fais m'ancharja. 

(Chans., Richel. '20050, f» 51 r".) 

— Fig., comme charger : 

Sa viande a ses piez démarche 
l'ardeur qni son cuer encharche, 

(Rose, ms. Corsini, f° 94°.) 



ENC 

— Charger de, imposer : 

Cil dist ceo que li reis M aveit enchargic. 
(Itou. -2" p.. 3709, Andresen.) 

L'arcevesques lor a pénitence anchargie 
D'aler en la bataille sor la genl paienie. 
(J. Bon., Sax., cix, Michel.) 

Et li encarchames 
Que l'escu mon seigneur portast. 

iChev.as .11. esp., CriSS. Foersler.) 
Et fait son message et s'acnite 
Do quanqaes li /'ii encarchic. 

(là.. 3935.) 
Voz comandemenz m'enchargicz, 
Je sni don feire encor;igiez. 

(fiose, Richel. I;i73, f° 18'.) 

Sus li soient enctwrgies toutes les be- 

soignes que (1293, Arcli. ,1 456, pièce 

36.) 

Le conte d'Eu et le coûte de Tancarville, 
qui les lettres du roy... avoient apportées 
de Bourdeau.x, et au,\quels le roy omit en- 
chargié àe les faire publier. {Gr. Chron. de 
Fr., Fais du bon roy .lelian, xxxii, P. Pa- 
ris.) 

Ensi lour encarga !a roine son message, 
et chil -vinrent si coni ele lor coumanda. 
(S. Graal, 11. 418, Hucher.) 

Pour certaines besoignes a lui enchargees 
a faire par Monsieur le Duc. (1348, Compte 
deNicol. Bracqiie, Arch. KK 7, 1° 13 v".) 

Diverses besoigues secrètes que nous 
leur avons enchargees. (1368, Arcb. K 49, 
pièce 31.) 

Et quant est de ce que il s'estoit parjuré 
devers sa femme, le pape luy encharga 
telle pénitence comme il luy pleut. (J. d'Ar- 
RAS, Melus., p. 375, Bibl. elz.) 

Lui dire aussi et e.xposer certaines cboses 
a eulx enchargees touchaus ledit fait. (1436, 
Pr. de VH. de Nim., III, 256.) 

Pnis veistes Anne aller cocclier 

Et a ses servants enckarger 

Qn'ilz le gardassent. 
(Greban, Misl. (le la Pass.. 20107, G. Paris.) 
Le vray cbemio qu'a tenir je i'encharge 
Va de travers en curvalure large. 

(Cl. Marot, Poés., 111, 208, d'Héricault.) 

Je leur encharge et recommande, detoute 

affection et puissance paternelle, la paix 

•a parfaite union entr'eux. (Chevkrky, 

Mém., an 1^33, Petitot.) 

Pourtant le lonp peur toute penilance 
Luy enchargea, qu'il s'abstint volunliers 
De meuger chair par trois jours tous entiers. 
(GciLL. Haudent, Fables, II, 9.) 
Je -vous prie me laisser aller a un affaire 
que le roy m'a expressément encharge. 
(Tournée., les Conlens, III, 2, Ane. Tb. Ir., 
VII, 169.) 

— Confier : 

Son talent li encharge et dit. 

(Ben., Troie, ms. Naples, f 7''.) 
Son talent li anchierqe et dist. 

(Id., ib., Kichel. 903, f° 36''.) 
Quant la dame lou voit, a son cuer rehaitié ; 
Puis li a son voloir et scn hoa encargic. 
(AuDEFROY LE Bastaiui, Beclris, P. Paris, Homan- 
cero, p. 33.) 

— Avec un rég. de pars., charger de faire 
quelque chose, donner une charge, une 
commission : 

Liquel chevalier Vencharcherent a faire a 
no et a no requeste. (1325, Arcb. JJ 64, 
f» 60 V».) 



ENG 

Et eu voz consciences le mectons, les- 
quelles nous eu enchargeons. (Oct. noel 
1328, Ch. d' Eud. D. de Bourg., S. Bénigne, 
Privil,, Arcb. Côte d'Or.) 

Par le serrement de douze prousdes- 
homes du voisiney jurez et enchargiez de 
dire la vérité sur ce. (1343, Arcb. JJ 75, 
f» 226 v«.) 

Cette signification est longtemps restée 
dans la langue et mériterait d'être reprise. 
Voir dans notre Dictionnaire moderne des 
exemples de Sorel, de Molière, de P.-L. 
Courier. 

— Prescrire : 

Ta luy donnas la femme, en beaulez excellente. 
Pour liik'le compagne, et non comme servante, 
Enchargeant a tous deux un amour mutuel. 
(M""' LiEBAULT, les Misères de la Femme mariée, 
Var. hist. et lilt., III, 324.) 

— Concevoir, commencer à porter, en 
parlant d'une femme enceinte : 

Tost après celé avision 
Encliarja l'enfant la royne. 
Et le porta son droit termine. 

(GuiART, Rog. lign., G6, Bnrhon.) 
Levés tost sas, aies couchier 
.\voec le chevalier gentil, 
^'enchargeres anuit .1. fil. 
(Du Preslre el du Chevalier, Montaiglon et Itay- 
naud. Fabliaux, II, 87.) 

Qant la mère fu relevée ne demora 
mie granmeut que ele encharja un autre 
enfant. [Arlur, Uicliel. 337, f 190'.) 

— Neutr., dans le même sens, avec un 
rég. indir. : j 

. ... Et si delTend 
Feme que a encharge d'enfant ; 
Et s'ele hat ansois enchargié, 
La pierre l'a tost deschargié. 

(Lapid. de Berne, lOSo, Pannier.) 

Elle sent trop souvent le masle ; 
Je croy qu'elle encharge d'un Olz. 
{Farce des Chanilferieres, Ane. Th. fr., II, 438.) 

— Absolument : 

Les .11. dames anchargie aroieni, 
Chascnne .1. fil porter dévoient. 
(Wace, Conception, Brit. Mus. add. 13600, 
f» .i9''.) 

Cuidies vous que i! peust estre que 
feme peust enqiiarquier sans home 1 (S. 
Graal, Vat. Cbr. 1687, 1» 84'.) 

Se une femme a encharge, s'elle boit de 
la saniue elle pert son enfant et le giete 
par pièces. {Liv. defisiq., ms. Turin Lxxxvi, 
K, IV, f» 3 V.) 

En l'orine de le famé ki enkierke apert 
tous les .III. mois prumerains .1. meulle. 
(Itemedes anc, Kicbel. 2039, f" 4 v».) 

Apres lequel mariage ainsi fait et con- 
sommé, ladite .Marie, comme on dit, a en- 
chargié et est crosse d'enfant. (1398, Arcb. 
JJ 153, pièce 424.) 

Vitalis vous aprendra qu'une nourrice 
enchargea de l'accoinlance qu'elle eut avec 
sou uoiirrieon âgé de dix ans. (Cuolieres, 
les Apresdinees, vu, f 232 r», éd. 1587.) 

— Act., charger, attaquer avec impé- 
tuosité : 

Se il voit ses compaignons reculleir et 
guerpir plaice il les enchergent loz seulz et 
recuevrent viporeusement. (S. Graal, Ri- 
chel. 2455, f" 56 r».) 



E.\C 



95 



— Enchargier en, prendre en : 
Puis que vous \'aves enchargié en haine. 
(Froiss., Chron., Kicln'l. 2j44, f° 50 v».) 

Qui que elle encargoil en haine, il estoit 
mors sans mercbi. (lu., ifc., m, 249, Luce 
ms. Rome, f» 94 V.) ' 

Normandie, Orne, encharger, charger. 
Poitou, canton de Chef-Boutoniie, en- 
charger, cnsarger, charger quelqu'un de 
faire quelque chose, une commission, un 
travail quelconque, recon.mander. Morv , 
enchairger, charger quelqu'un de quelque 
chose, donner à charge ; « 1 \'é enchairgé 
d'vô pairler. » 

ENCiiARiER, encarier,-yer, v.a., mettre 
dans un chariot, dans une charrette : 

Faire messoner, soyer, loyer, encarqer. 
(9 août 1447, Flines, Àrch. Nord, Cod A. 

r 343 y.) ' 

NiT peuvent encarter ne emmener les 
advestures estans sur iceux heritaigcssans 
le congié du seigneur. (1507, Prev. de 
Fouiltorj, Coût. loc. du baill. d'Amiens, 1 
310, Boutbors.) 

Les censiers et laboureurs, sans plus 
atteudre, pourront e)ic/iari>rleursdites des- 
pouilles. (Placard concernant les Dismes 
ecclesiast., 12 jiiill. 1337.) 

ENCHARMEU, - ermfr, v.a., charmer, 
enchanter : 

Aussi vray que Dieu est aux cieulx, il est 
enchanté, or enchermé. (Pai.sgbave, Es- 
claire, p. 533, Géniu.) 

L'âge tousjours apprend, et n'est p.ns qu'ancienne 
Tn n'ayes pratiqué l'horreur magicienne; 
Donc a l'escarl tournant Irois ou sept on neof 
[tonrs. 
De Ip.ins vers remâchez eiieharme les amours. 
(JoD., Didon, iv, Anc. Th fr., IV, 198.) 
Si quelque jeune femme mariée, aiant 
un mary de bonne foy. est nue fois ensor- 
celée et tiint soit peiï cncharwee des en- 
cbanteinens de leur doclriue. '1589, Disc, 
véritable, Var. hist. et litt., L 137.) 

ENCHARNELÊ, adj., qui s'enfonce : 

J'ay des guimples cnsaiïrcnees, 
J'ay agnilles enchanielees. 

{D'un Mercier, Itichel. I9i;,-:, f» iti.) 

Cf. ENCUAiiXER au sens d'enfoncer. 

ExciiARXELER, v. a., soutcnlr une 
vigne, l'appuyer d'échalas qu'on nomme 
charniers dans quelques provinces : 

Y en a d'autres (vignes), qui sont envi- 
ronnées (le cannes, et destouinees et 
courbées a leurs pesseaus. qu aucuns 
noiumeut appuyées, ou supportées ou en- 
charnelees. (Coïereau, Cohim-, v, 4 éd. 
1355.) 

Vignes encharnelees ou eschalassees (Id 
il)., V, 5.) ' 

Finalement la lutn encharyieler {]n vinne) 
et garuir d'escballas. (Uu Pinet, Pline, 
xvil, 22, éd. I066.) 

— Enchurnelé, part, passé, composé 
d'échalas : 
Appui encharnelé. (La Porte, Epil.) 

E.NCHAUNEMENT, S. m., appât de chair 
destiné à attirer dans un piège les bêtes 
fauves: 



96 



ENC 



ENC 



ENC 



Quanti le veneur verra qu'ils (les loups) ] 
ne voudront manger... il doit remuer la ! 
chair de Vencharnement, comme .!st de 
cheval ou de bœuf..., ou de moutons, ou 
de brebis, ou de pourceaux, ou asnes, 
qu'ils manfrent volontiers. (Gaston Phe- 
Bus, Chasse du loup, à la suite de la Vénerie | 
de J. du FouiUoux.) 1 

ENCH.\R\EHj - erner,ancli., inc, esch., 
verbe. 

— Réfl., s'incarner ; 

Qnaot D^us fat morz en teire, 
Sun sie^e ala reqiierre. 
DiiQt il anceis tiiraat, 
Quant pur nns s'encharnat. 

(Ph. de Thaun, Cumpoz, 1779, Mail.) 

— Act., laire recroître la chair, soigner 
sa chair : 

Cil qui le miens sa char rncharne 
Mire soi com mors char descharne. 
Si com darrier sont desrharué 

Tool cil qui forent de char né 

(B. iiF. CosDi;, li Ver de la char, Ars. 31-42. 
f» 316=.) 

La coustiire ne doit estre descousue de- 
vant que elles (les plaies) soK( enc/tanî^es. 
(11. DE .MONDEViLLE, Richel. 2130, f» 44».) 

Les parties de la plaie puent eslre en- 
charnees. (Brun de Long Borc, Ciintnjie, 
ms, de Salis, f ■ 7».) 

Balaustix incarne et restraint et cure de 
la maladie uomniee tenasmon. {Jard. de 
santé, p. S9, impr. la Minerve.) 

La racine de serapion incarne les ul- 
cères, car en icelle est vertus consolida- 
tive avecques attrempauce. {Ib., I, 89.) 

Réunir la chose séparée comme en 
consolidant, eu. incarnant, en compressant, 
en bandant les fractures et dislocations. 
(.1. R.\cnjL, Fleurs du grand Guydon, 
p. 14, éd. 1549.) 

Que après l'ouverture, le lieu soit raun- 
difié, incarné et consolidé. (Id., ib., p. 70.) 

Finalement sera la playe mundiiiee, ih- 
carnée pt menée a cicatrice. (Paré, OEuv., 
VI, 16, Malgaigne.) 

Uemedes propres pour blanchir, poUir, 
affermir et encharner les dents. (La Fbam- 
BOisiERE, OEar.,111, 4, éd. 1613.) 

— Rén., se coller, devenir adhérent à 
la chair : 

Et puis y mettes sal et comin mâché, 
affin que lu paupière ne s'escharne avec 
l'oel, et meuves l'oel et le vires. (B. de 
GoRD., Pratiq., 111, 2, éd. 1493.) 

Mouves l'oel souvent qu'il ne s'eHC/iarne. 
(iD., jft.) 

— Act., mettre eu curée : 

Et quant li arhre floriront. 
Que li prins tens aprochera. 
Lors prens les chiens et si l'en Ta 
La ou lu cuideras trouver 
Mies le serf, pour aus encharner. 
(La Chace dou cerf, Jub., Nom. Rec, I, 150.) 

— Act., enfoncer, attacher^ plonger : 

.Ne mêlent il travail ne paine 
Fors aus .leliz, soûlas charnez. 
Ou pechies les a encharnez. 
( Watriqiet, li Mireoirs aus princes, 871, Scheler.) 

Quant fistule est encharnee et aparfondie 
eu l'os de la mandible... (B. de Gord., 
Pratiq., III, 27, éd. 1/'9S.) 



Est donlear quand nn œil Yencharne dedans l'ame 
El que le deshonneur, la honle el le dillame 
N'est point de mal au prix dn lorment amoureux. 
(Ross., Picc. relranch. des .Amours, Lxxxu, Sonn. 

à Cassandrc, Bibl. elz.) 
Le ciel, snpnenx de mon amour divine. 
Si bien Vencharne au vif en ma poitrine 
Qu'elle i sera raesme après mou trespas. 

(Cl. Bcttet, Poés., I, 41, Jacob.) 

— Rén., s'enfoncer, s'attacher : 

Li oslors se débat et sache ; 

Li liz le roi la ligne saiche. 

Et si jeté vers li l'ostor 

Qui de plain v.il. sanz autre tor. 

S'i encharnoit dedans les paos. 

(Dolop., 7716. Bibl. elz.) 

Ou mors s'enchantent 

Li ver charoin qui tons descharnent. 
(B. DE CosDÉ, li Ver de la char, Ars. 3H-2, f 316'.) 

Car le mal qui plus s'encherne 

Et moins veut eslre dompté 

Les vapues brides gouverne 

Du cœur par lui surmonté. 

(Ross., Od., IV, x, p. '266, Bibl. eU.) 
Poudre, l'honneur de Cypre, actuelle a résoudre 
L'uicere qui s'encharne au pins creux de mon seiu. 
Depuis telle faveur j'ay senly mon cœur sain. 
Ma playe se reprendre et mon mal se dissoudre. 
(In., Sonn. pour Iletene, I, xli.) 

Un chancre s'encharna sur Uiy... (Léon, 
Descr. de l'.Afr., I, 263, éd. 1336.) i 

— Encharné, part, passé, synonyme de 
nourri : 

Mes Clarvns est si riches el si enparentez 
Et Alixandres fors et fiers et tedoulez 
Et de haute prouece norris et encharnez. 

(Tesl. d'Alix., Richel. '21363, f" 163 r«.) 

— Qui commence à manger de la chair : 
Il y a aucuns loups qui mengeiit des 

enfants, et aucunes fois les hommes, et 
ne mangent nulle autre chair depuis qu'ils 
y sont encharnez. (Du Fouilloux, Vénerie, 
h 73 r», Favre.) 

— Acharné ; 

Lob. poingnent qui furent encarné 
Des Sarrasins ocire et decoper. 

(Les Loh., ms. Berne 113, P S*».) 

Et estoient sienragies et si encharnes en 
l'occisiou, que... (Grand. Chron. de France, 
IV, 4, P. Paris.) 

Or parlons des désirs charnelz 
Ou aucuns sont tant encharnez 
Que.... 
(BoECE, de Consolacion, Ars. 2670, f 36 r".) 

Il parle aussi comme encharnez 
U délit des desiers charnez. 
'Dial. de S. Grég., ms. Evreui, f 97".) 

Quer lors estoil très encharnez 
Es f^us charnelz désirs mondains. 

(Ib., f» 113''.) 

Enscment l'nm sonr l'antre fa le gent encornée. 
(B. de Set>., iv, 78, Bocca.) 

Que les chiens qui la chacent (la loutre) 
soyent bien encharnez de la chacer. {Mo- 
dus, f" 41 V», Blaze.) 

Puis que fortune encharnee 
Est sur moy, 
(Christ, de Pis., Poés., Richel. 601, f° 21'.) 

Apres illis soy partirent et alerent avant, 
1 tout exiliant et ardant le paiis a diestre et 

a seniestre, com gens enchairneis sour 
] mescreans et qui riens ne redobtoient. (J. 

DK Stavelot, Chron., p. 191, Borgnet.) 



Ils estoient tant encharnez les uns sur 
les autres. (Belleforests, Chron. et ann. de 
France, François I", an 131S.) 

Guerre tant Ionique et tant encharnee. 
(Saliat, Plethon, ii, éd. 1556.) 

— Charnu : 

Larges espalles et lo vis ancharnc. 

(Les Loh., Richel. 162-2, f° 183 v».) 
Larges espaules sor le pis encharnc. 

(Ih., ms. Montp., f° 185''.) 

Larges espaules et le pis encharné. 

(Gaijdon, 602, A. P.) 

Le cors ot gent, eschevi et œollé. 
Grosses espaulles et le pis encarné. 
(Beuv. d'Ilanst., Richel. 12348, P 137=.) 

— Enfoncé, logé : 

Lalanz en cel celier parfond et ancharné. 
(Parise, IX, A. P.) 

Ny ce bel or qui frisé s'cntrelasse 
En mille nouds crespez (olastremenl, 
-Ny ces œillets égalez nniment 
Au blanc des lis encharnez dans sa face ; 
>'y de ce front le beau ciel esclarcy, 
Ny le double arc de ce double sourcy. 
N'ont a la mort ma vie abandonnée. 
(Itoss., Pièc. relranch. des Amours, vi, Bibl. el«.) 
El les Zephirs mollets rodans tout a l'entour 
De nos corps enlacez dans les filets d'amour 
Poussoieot si snefvement leurs baleines doucette» 
Sur les lis encharnez dans les rondes caissettes 
De ma belle déesse. 

(Les Muses incognues ou la Seille aui bourriers, 
la Place verte, éd. 1004.) 

— Invétéré :, 

Les fiebvres longues et encharnees. (Du 
PiNET, Dioscoride, m, 12, éd. 1603 ) 

ENCHARXEURE, S. f.. Charnière : 
Engravadur, encharneure, incastratura. 
(J. Lagadeuc, Catholicon, éd. AuEfret de 
Quoetqueueran, Bibl. (Juimper.) 

ENCHAROiGXiEii, encharoingnier, v. n., 
devenir charogne : 

Quant par aucun pechié darapnable 
Chiet auscuns es mains au deable 
Legierement si encharoingne. 
(Des vu rices et des vu vertus, Richel. 837, 
!" 188''.) 

— Encharoijné, part, pissé, devenu 
charogne : 

Vers engendres de la pneur 
De la vile char encharoignie. 
iKelson sur Job, Vat. Chr. 1683, f° 3'.) 

1. ENCHARPÉ, part, passé, ceint d'une 
écharpe : 

Kl qu'aussi je fuz encharpé 
Et me fut rendu mon bourdon. 
j (Decuillev.. Trois pèlerin., f° 108'', impr. Instlt. 

2. ENCHARPÉ, adj., croix encharpee d'un 
I rubis, croix dans laquelle un rubis est 

enchâssé, si encharpé n'est pas un mot 

altéré dans le vers faux que nous avons 

essayé de corriger : 

Au coslé pendoit son espee, 

La croix, pommeau estant tout d'or, 

Qu(i) estoil d'un rubis encharpé[e]. 

(Marcul, Yig. de Charles VII, f 80^ éd. 1493.) 

EXCHARPETER, VOlf EXCHAPETER. 

ENCHAUTEMiiNT, encartemcnt, enchar- 
trement, s. m., charte, titre : 



ENC 



ENG 



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97 



Veillent lesdiles parties que tout, c'est 
assavoir procès, lettres, enchartremcns, 
eecrits, soient en la vertu et estât qu'es- 
toient avant que se missent en voye d'ac- 
cord. (liSë, Arrêts du Parlement, l. V.) 

Fera incontinent bailler et délivrer audit 
cardinal tous instruniens, encartemens, 
registres, livres et protliocoUes. {Traité 
entre Clém. VII et le D. d'Aiij., ap. Le La- 
boureur, Hist. de Ch. VI, I, 54, éd. 1663.) 

Pource que les lettres, documents, 
comptas et enchartrements sont conserves 
solemnement tant en archives que ailleurs. 
(1404, Ord., IX, 20.) 

Les livres, tiltres^ mémoires, eneharte- 
mens et autres monumens, qu'il m'a con- 
venu avoir au bastiment d'un si grand 
ouvrage. (Du Haillan, Hist. de Fr., Ep. 
ded., éd. 1584.) 

Tiltres el encartemens des églises. (G. db 
LuRBE, Chron. bourdeloise.) 

ENCHARTER, VOir ENCHARTBER. 

1. ENCHARTREMENT, S. m., emprison- 
nement, captivité, prison : 

L'eir si e lur enehartrement 
Deske al jour del jugemeot. 
(Pierre, Rom. de Lumere, Bril. Mas., Harl.4390, 
f» 8'.) 

De l'ordre de l'istoire de cy jusqaes a 
Venchnrtrement de Jehan. (Miroir historial, 
Maz. o57, !" 55 r».) 

Incarceralio, enchartremanz. (Gloss. de 
Salins.) 

S. ENCHARTREMENT, VOir ENCHABTE- 
MENT. 

ENCHARTRENER, V. a., emprisonner : 

II est âtickarlrenei. 
(Herm., Bible, ms. Orléans 371''', !" i*'.) 
Et enchartrenpi 
Dut esire cd cbartre monlt obscure. 
(PEtN Gatineau. Vie de S. Maiiin. p. 21, Bonr- 
rassé.) 

.\viciens enchartrena 

A Tors prisons qu'il amena. 

Ud.. ib., p. 67.) 
Que sainz Johans H suens baptites 
Estoit encharlrenei et pris. 
(M»ct DE LA Charité, Bible, Uichel. •401,f"'138''.) 

— Enchartriné, part, passé, emprisonné: 

Amis, or le noraer. — Josepb \' enchartrené. 
(Hermas, Bible, ms. Orléans 3'i'''', f 4''.) 

ENCH.\RTRER, encliorter, v. a., jeter 
dans une cbartre, dans une prison, em- 
prisonner : 

Dont l'a comandet enchartrrr. 

{Vie Sle llarg., 2" vers., 93, Scheler.) 

Euvoia les prelaz encharlrer en la cité 
de Naples. (Chron. de S.-Den., ms. Ste- 
Gen., f» 336».) 

Pour lequel fait ledit Perrot /'«pris et 
enchartré a Cambray es prisons de l'eves- 
que. (1357, Arch. JJ 91, pièce 68.) 

Il la fist durement tourmenter, batre et 
encharlrer. (' hrist. de Pis., Cité, Ars. 
2686, f 122^) 

Ils le menèrent par leur piiys et Venckar- 
trerent a Gaza. (F'ossetier, Chron. Marg., 
ms. Brux., I, f» 254 v".) 

Les aultres furent encharlres a perpétui- 
té. (Louis XI, Nouv., i.xix, Jacoh.) 

Il encloist saint Jehan i^t Vencharira. (P. 
I'khukt, le fiouv. test., 1" 76 r», iinpr.Maz.) 

T. III. 



Lequel Aurelie enchartra son oncle qui | 
devoit régner après Constantin. (Le Baud, 
Hist. de Bret, ch. 9, éd. 1638.) 

— Fig., renfermer : 

Quar n'ayme nul esrouseraent 

De deniers en eus enchartant 

IVe en lerre ensevelissant. 

(Anti Claudianus, Richel. 163i, i" 50 ï°.) 

En cel petit lieu qui sembloitbien chartre 
enchartra son cors tant come ele vesqui. 
{Vie Se Clare, Richel. 2096, f° 3^) 

— Enchartré, part, passé, emprisonné, 
renfermé : 

Et anceos vos apelez bestes salv.iiges et 
anchartreies. (Li Epistle Saint Bernart a 
Mont Deu, ms. Verdun 72, î" 10 v».) 

Quant te veismes nous avoir faim ou soif, 
ou estre deshostelé, ou estre nu ou malade, 
ou enchartré, ou nous ne t'aministranies 
mie cliou que mestier te fu ? (Bib. hist., 
Maz. 532, f" 22o''.) 

Quant porrelure est enchartree en la 
plaie. (H. DE .MoN'DEViLLE, Richel. 2030, 
mi'.) 

— S. m., prisonnier: 

As malades, as enchartrez 
Esteit II suens toz dis privez. 
(Gdill. de St Pair, Rom. du Mt St Michel, t26S, 
Michel.) 

Vevcs, orfenins conseilla 

Et les malades visita. 

Les encharlres n'oblia mie. 

(Vie des Pères, krs. 3641, f 15».) 
Les encharlrei gitez des Chartres. 
CJ. Lemarciant, ilir. de N. D., ms. Chartres, 

f°4^) 

Elle soustenoit du sien propre les povres 
prisonniers et les enchartrez. {Chec. de La 
Tour, c. Lxxxviii, Bibl. elz.) 

Ceulz qui seoient en ténèbres et en 
unibre de mort, et les enchartreiz en po- 
vreteizet en fers. (Ps., Maz. 798, f 265 r".) 

ENCHARTREURE, - trurc, S. f., mor- 
taise : 

Incastratura, enchartreure. (Catholicon, 
Ricbel. 1. 17881.) 

Incastratura, encharlrure. (Gloss. de Sa- 
lins.) 

Incastratura, enchartreure, mortoise, 
(Voc. lal.-fr., 1487.) 

Inipreparyng, enchartrure. (Palsrrave, 
Esclairc, p. 234, Génin,) 

ENCHAS, voir Enchaus. 

ENCHASEILLEU, VOir ENCHASSILLER. 

ENCHASSEMENT, enchacetitenl, s. m., 
châssis, cadre : 

Pour yceulx netoyer, oster et remetre 
esdiz enchacemenz. (1385, Compt. de l'égl. 
de Troyes, p. 41, Gadan.) 

ENCHASSER, \oir Enchacier. 

ENCHASSEURE, enchassure, s. f., châs- 
sis, cadre : 

Avoir fait une enchassure de boys dedans 
la maison de la ville, dedans la petite 
chambre. (1463, Compt. de Nevers, CC 58, 
f» 18 v, Arch. mun. Nevers.) 

Se disait encore dans la première moitié 
du xviP s. : 



Pour .1. enchasseure du grand tableau. 
{Compte de 1643, reg. S, f» 22 r°, Arch. de 
lafabr. de S. Paul d'Orléans.) 

ENCHASSiCEURK, enchasiccure, s. f., 
encadrement : 

Paindre, dorer et estoffer Venchassiceure 
ou bordeure servant a la contretable du 
grant maistreauteldudict Saincl Germain... 
Item dorer entièrement toute la susdite 
enchasiceure de fin or bruny. (Janv. 1557, 
Marché pour le maître-autel de S.-Germ. des 
Prés, Arch. de l'art franc., II, 136.) 

ENCHAssiLLEURE, S. f., chàssis. Cadre: 

Entour de Venchassilleure diidil dr.ijouer 
y a cinq ruhiz. {Inv. de la duch. de Beauf., 
Arch. K 106, pièce 57.) 

Que nul ne face porle ou il y ait point 
d'aubier, tant en membrures qui sont en- 
chassilleures, comme es ays dont elles sont 
enfoncées, ou il porte préjudice. (1467, 
Ord., XVI, 610.) 

Pour avoir fait en l'hôtel de la prevosté 
d'Orléans dedans la chambre aux gaiges 
une enchassilleure de bois. (Compte du 
domaine du duché d'Orléans pour l'année 
finie au jour de SI Jean-Baptiste 1469 au 
titre de l hostel de la prévostechaslell. d'Or- 
léans, ap. Le Clerc de Douy, t. I, f" 222 v, 
Arch. Loiret.) 

ENCHASSiLLiER, cnchassitler, enchacil- 
ler,enchaseiller, encassiller, encasiKer, v.a., 
entourer d'un châssis, d'un cadre : 

Pour enchassillier 2 autelz de marbre 
n chanter. (1,'!61, Arch. hospit.de Paris, II. 
p. 158, Bordier.) 

Audit Lois pour .ii. trouées chacune de 
.VI. pies de long, d'ung pié et .m. doyes 
de large, pour "mettre et l'nchassiller des 
autres bombardes. (1420, Compl.de Nevers, 
CC 26, f'Sl r», Arch. mun. Nevers.) 

Enchassiller penneau de voirre. (1490, 
Arch. K272.) 

— Enchassillé, part, passé, qui a un 
châssis, qui a un cadre, encadré : 

Deux autelz a chanter, de jaspre, enchas- 
sillez en boys. (1380, hivent. de Ch. V, La- 
barte.) 

Deux petits autels benoist de mabre por- 
tatifz, enchassilliez en bois d'IUande. 
(Compte de 1389, Arch. K 26, f» 63.) 

Un petit tableau benoit, enchacillé, pour 
dire messe. (Inv. des D. de Bourg., 5717, 
Laborde.) 

Et y a un reliquaire au bout de ladicle 
pierre, etichassillé d'argent doré a lettre de 
Damaz d'un costé et d'autre. (1400, Piéc. 
relat. au rég. de Ch. VI, t. 11, p. 292, 
Douët d'Arcq.) 

Deux autres autelz benois, enchassillez 
en bois. (Ib.) 

Vu petit autel benoit, de jaspre bordé 
d'argent doré, enchassillé en cyprès. (/6., 
p. 303.) 

Huis encassillez. (1414, Ord., s, 254.) 

Huis encassillez. (1416, Arch. JJ 169, 
pièce 243.) 

Ung mortier a deux bacins enchaseillé 
en boys. (1433, Test, de il' G. de Rennes, 
Arch. z: 3264.) 

A Pierre Thevenin huchier pour avoir 
fait l'uvs de ladite husscrie enchassillé et 
de trofs doyes d'espes. (1459, Compt. de 
Nevers, CC S5, t» 30 v», Arch. mun. Ne- 
vers.) 

13 



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Que nul ne fucf liuys enehassilliez ne 
châssis a voirre ne a feneslre ou il y ait 
point d'aulier. (1467, Ord., xvi, 609.) 

Deux huys encassiUez. (1483, Conipt. de 
L. de Goussij, ArcLi. S.Inf. G 74.) 

Neuf huys enchassillez ■ (1490, Arch. K 
272.) 

Huis evcasillié. (Bétlmne, ap. La Fous, 
Art. du Nord, p. 195.) 

Deux pièces d'artilleries de fer avec les 
boetes bien enchassillees. (17 juill. 1614, 
Inv., Arch. Vienne.) 

Benoit Mnllet escrifrnier pour avoir livré 
deux venteMux enrassilies a onglet a une 
fenc'tre. (1.536, Lille, ap. La Fons, Gloss. 
ms. Bibl., Amiens.) Al. encaissilies. 

Pour avoir livré unj; huys coppé portant 
le desenre treilles et venteanx et le des- 
soubz encassdlicl de peutaulx et ung hul- 
chet ouvrant dedeus, et par deseure ung 
cassis portant voire et venteaux. (1541, 
ib.) 

Feneslre, enchassillee. (La Porte, Epù 
tlietes.) 

ENCHASTELER, cncasleler, encasteller, 
V. a., garnir d'un château : 

Qiitinl ils ti-s orpiil arrivées Heors nefs). 
Si les nul bien cnchnalrlees. 
Par tes tirelpsctifs roctcnl armes. 
Haches danesclies d gi'armcs. 

(Bes., Troie, 2195, Joly.) 

Merrien pour les nés border et enchaste- 
1er. (129", Compte de Jehan Arrode, ap. 
Jal,ll. 323.) 

Etitrues qu'Agamenon parloit as barons 
de lor .nfaires et de lor nés apareillier et 
enchastcler pour le port a force prendre... 
{Eslorics l\0(jier, Itichel. 20123, f» 130''.) 

— nëfl., dans le sens passif : 
S'enraslellér, to grow incastellaled, or 

narrowiieeled. (Cotgr.) 

— Enchastclé, part, passé, garni d'un 
château ; ijui porte un château, un bâtis 
de défense : 

Si renvoya aussi grant quantité d'olifans 
enchailrllcs avec lui. (Liv. de Marc Pnl, 
CLXXXVII, Paulhier.) 

En celé (escliiele) dn front prcmerain 
A .xv. nés enscmlite jointes. 
Devant en sont les mcstres pointes 
A cliascnn bout enrhtislflees 
El lie lonz costcz crénelées. 
(GuiART, Roij. Ugn., Richel. 5698, p. 308''.) 
Sa nef est ta plus souveraine, 
Grant gon' a la amoncelée. 
Eté est si bel encliastflee 
Et honrdee orgoeillenseraent 
De serjanz plains de liarJement, 

'Id., it.. 9-i3S, Buchon.) 
Et tout entour la pouppe avoit plusieurs 
autres chambres et palais qui estoient 
mendres tous enclos en la pouppe qui 
pstoit de gransbretecheseiic;ias(e(«e.(MAlz., 
Songe du viel pel., 11, 36, Ars. 2683.) 

Si eurent avec eulx .XL. nefs bien appa- 
reillées, hault mnstees et enchasteiees- 
(CoURCY, Hist. de Grèce, Ars. .3689, f° 69^.) 
Suisse rom., eiichdteter, entasser, mettre 
en tas. Enchdielcr du bois, des fruits. 

ENCH.vsTONTVEK, V. 8-, enchasser : 

Les entrecliamps de grosses pelles fines 
't de clinslons encha: tonnez en fin or. 
(Compte de Robert de Seres, Arch. JJ 5, 
f» -.]'.) 



KNCHASTRE, cnchatre, s. m., compar- 
timent : 

.1. grant mait a ii. enchastres. (13 mars 
1397, Inveni. de meubl. de la mairie de 
Dijon, Arch. Côte-d'Or.) 

Un escrin plat de cuir ferré d'argent, a 
dix cncluisires {Journ. d'un bourgeois de 
Paris sons Charles VI, t. II, p. 299, an 
1418, ap. Ste-Pal.) 

A Jehan Bourgoin huicher .vi. liv. t. 
pour avoir failles .11. trainnees, les .ii. en- 
châtres et .ii. arches des .ii. molins a che- 
vaulx de ladite ville. (1421, Compt. de Ne- 
vers, ce 27, f 24 r°, Arch. mun. Nevers.) 

Cf. E^'CHATIER. 

ENCHAsuBLÉ, adj., revètu de la cha- 
snble : 

Prestre. quant es enchasuhl€%. 
N'est hom s'a toi est mesnrei 
Ne soit au regart de toi bat. 
(Reclus de Moliens, DU de Charité, Richel. 23111, 
f° 220''.) 

ENCHASURÉ, »ncasuré, adj., revêtu de 
la chasuble : 

Presires, quant rs enckasures, 
N est hom s'a toi est mesures 
IVe soil et regart de toi bas. 
(Reclus de Moliens, Dit de Charité, Ars. 314Î, 
f° 220''.) 

Presires, quant In es encaaures. 

(Id., ib., Richel. 15212, P 96 T».) 

Cf. Chesube, t. II, p. 108, et Cbasule au 
Supplément. 

ENCHATiER, - atticr, s. m , comparti- 
ment : 

Une nrmnyre de boys a six enchatiers. 
(1.^01, Invent, de l'Hôtel-Dieu de Beaune, 
Soc. d'archéol. de Beaune, 1874, p. 133.) 

Deux archebans de boys a quatre encha- 
tiers fermens a clefz. (Ib., p. 137.) 

Ung ratellier de boys a six enchalliers es 
quels sont les plalz, escuelles, potz et go- 
belles des seurs, tout de terre. {Ib., p. 139.) 

Cf. Enchastre. 

ENCHATIVER, VOlr ENCHAITIVER. 
EN'CHATRE, VOir ENXHASTRK. 

ENCHAUC, voir Enchaus. 

ENCHAUCEis, onchauceiz, encauceis, s. 
m., poursuite, action de poursuivre, pour- 
chas, chasse : 

ToE tes escios parmi Vevchavceis. 

(Les Loh., ms. Montp., f° 151'.) 

Moult fu grans li enchauceis. 

(Adeset, Cleomades, Ars. 3142, f- 35'.) 

Dusqu'es nés fu Vanchaticeii, 
El ilueques t'abaleiz. 

(Ulanchandin, Richel. 19152, {' 192'.) 
Pus qu'as très as Cassidonis 
Dura li grans encauceis. 

(li., 1921. Michelant.) 

ENCHAUCEMENT, - kaucement, - chace- 
ment, - chassement, - chaissement, s. m., 
poursuite, action de poursuivre, pourchas, 
chasse : 

Mais ne peurent pas longement 
Sofrir le grant enkaucement. 
(Eleoele et Polix., Richel. 375, f 63'.) 



Qnanl Atiiandres t'ot qu'il crient dnicement, 
Il escrie en hall : Laissez V enchaissement , 
Joe ne voit pas destruire cil qui a moi se renl. 
(Th. de Ke.vi, Geste d'Alis., Richel. 2i364, 
r 31 r".) 

Car derrière a félon enchavceritrnt. 

(Gaydon, 37il, A. P.) 

Enchaucemenz et balalles. (Introd. d'at- 
tron., Bichel. 1333, f" 37''.) 

Afin que ilz peussent transférer leurs 
copies sanz Venchassement et sauz le tu- 
multe des anemis. (Bersuire, T. Liv., ms. 
Sle-Gen., f» 185''.) 

Ainsi dura le enchâssement des deux ostz 
jusqucs a la vespree. (Lancelot du Lac, 
l" p., ch. 51, éd. 1488.) 

— Poursuite, sollicitation, instance: 
Par tote ovre, et force, et art, et raison, 
et consel, et engeng, et verluil, et par tôt 
enchacvment. (Dial. anime conquerenlis, 
Bonnardot, Romania, V, p. 283.) 

EN'CHAiJciER, - sicr, cnchaucer, închau- 
ser, encauchier, encavcher, encaucer,encal- 
cer, enchalcier,- cer. enchalcher, enchalzer, 
encalcier, enchacicr, encaceier, -cer, ancha- 
cer, enchasser, enchesser encasser, v. a., 
poursuivre vivement, poursuivre l'épée 
dans les reins, pourchasser : 

Diables enealceran. 

(Passion, 160, Diei.) 

Par vive force les encacierevt Franc. 

(Rul.. 1627, Muller.) 

Li cuens Rollanz ne's ad duac encalciei. 

(Ib.. 2166.) 
Paien s'en fuient, bien les enchalteni Franc; 
El Val Ténèbres, la le» vunl aleijn.nut; 
Ver» Sarraguce les enchalcent ferant. 

(Ib., 2460.) 

François eneaveent Normanl et Poilevin. 

(Les Loh.. ms. Berne 113, f e'.l 
Mais de sa gent trop s'esloingna 
Ll les François trop euralça. 

(Wace, Brut, 1015, Ler. de Lincy.) 
E Norman les vunl enchouçant. 
(Hou, 3' p., 2720, AnJresen.) Var., encharhanl. 
Li Troiien vunl enchauchant. 

(Brut, ms. Munich, 1802, Vollm.) 
Paien VencauchenI qi demainent prarl bns. 

UiAiMB., Oyier, 12206, Burrois.) 
Mai» n'est mie si prnz ne si bons chevaliers 
Pdf ferir en balalie ne pur [i] encalnir. 

(Charlemagne, 28, Koschwili.) 

Mais il ne porent pas veoir ceaz mali^ 
gnes espirs, les queiz icil enchalzanz a soi 
sotfroit griemtnl. (Liai, de S. Greg., p. 252, 
Foerster.) 

La gens Fromont les enchauce et requiert, 
Quatorze vins en ont copez les chies. 

(Jourd. de Blairies, 124, Hoffmann.) 
Et li autre s'en fnient, moull en sont esmaié ; 
Il Hugoes les enchauce et Aotoines li Ders. 

(Pariée, 19S9, A. P.) 

Par force V encachierent . 
i.Gar. de Mongl., Richel. 24403, f» l''.) 

L'enperere s'entorne quant it fut desconfi», 
Sarrasin Veucauchierent qui l'orenl envais. 

(Etie de St Gille, Rictiet. 25316, 1" 77'.) 
Et François les anchauceiit es espees forbies. 
(Floov.. 1690, A-. P.) 

El Anloria de prêt les enrhausa. 

(Gaydon, 2361. A. P.) 



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Et li Sarrasin lout le pis 
Les encauçoient par compis. 

(MousK., Chron., 6108, Reiff.) 

Et anchacent les cristieas. (S. Graal, 
Richel. 24oô, f» 197 i") 

11 enchauça ses aaemis jnsques a la so- 
Teraine dusconfilure. {Chron. de S.-Den., 
œs. Ste-Gea., f» 20'.) 

Inculcare, enchaucer. {Pet. Voc. lat.-fr. 
du Xlll* s., Chassant.) 

11 les enchausa jusques a im fleuve qui 
estapelez Hester. (Cfti'Oii. de S.-Den., Rea. 
des Hisl. de Kr., t. 111, p. 161.) 

N'aiez pas paoïir de ceus qui enchaucent 
nos gens. (JoiNV., S. Louis, p. 262, Cappe- 
ronnier.) 

Et non failloient li paieu de fouir, ne li 
chrestien de encliaufiier les jusque qu'il 
vindrent a lo mur de la terre. (AlMÉ, Yst. 
de li Norm., v, 23, Chainpolliou.) 
Cil de l'ost ont tant enchanciet 
Que cilz ilou Vault ont maintes plaies. 

{Guerre de UfU, st. lOl*, E. de Boaieiller.) 

Quant raessires Gantiers de Mauni se vit 
si fort poursuiwis et encackies de ses enne- 
mis. (Fitoiss., Chron., 11, 374, Luce, ms. 
Amiens, 1° 68.) 

Il tous seux encachoit six Flamens qui 
portoient lonf^hez pickez. (iD., ib., 1,300, 
Luce, ms. Amiens, f° 13 v.) 

— Fig., poursuivre de ses prières, de ses 
obsessions, presser vivement, rechercher 
ardemment : 

Quant il tant al enchauciet et travilliet lo 
solaz et la suaviteit d'orison. {Li Epistle 
Saint Bernard a Mont Deu, ms. Verdun 72, 
{» 91 v«.) 

Ciin je vi k'elle s'eliroie 

De ceu que la prie. 

Plus Vanchauce el plu» la proie 

Que s'amor m'otrie. 

(Rom. el pasi., Barlsch, II, 31, 28.) 
Tant l'a enchaiicié sa nioilier 
Qu'il l'otreia a herbergier- 

{Yie du pape Greg., p. 87, Luzarche.) 
Mes quant les verres courroucies 
Ja de ce ne les ent-ftaucies. 

(Rose, ms. Corsini, l" 52''.) 
Et li Vallès forment enchauce 
Et pince et boute la borgoise. 
{Des deux Chanyeurs, 222, Barbaz. et Méon, Fabl., 
111, 261.) 

Ja soit que la royne de France, sa 
femme, et la contesse de Poitiers femme 
de son frère... Venchanssassent et proias. 
sent que ladite femme fust délivre de mort. 
(JOINV., S. Louis, p. 382, Capperonuier.) 

Non pourquant elo Vcnchauca tant en la 
fin que... (In., ib., p. 349.) 
L'omme doit le premier prier 
Et encauchier el supplier. 

(Clef d'amour, p. 21, Tross.) 

— Et aussi poursuivre de ses reproches : 

Si clerc l'an/ durement blasmé el enchalcié 
Qu'il ne fet pes al rei et qu'il n'a d'els pilié. 
<Gab»., Vie de S. Thom., Kichel. 13313, f 
70 T°.) 

— Neutr., s'empresser : 

Dont se sont levé tout eusamble, 
La maisnie, si corn moi samble. 
Pour lui servir et descauclùer ; 
Qui dont le veist encauchier 
De lui servir el hnnnoar faire. 
Ne li peiist de riens mesplaire. 
{Du ['retire el du Chevalier, Monlaiglon et Raynand, 
Fabliaux, 11, 51).) 



— Inf. pris subst., poursuite : 

Mais li boslre baron 

Pensent de Yencauehicr a force el a bandon. 
{Bast. de Bidllon, 21 IS, .Scheler.) 

ENCH.\uDER, encauder, verbe. 

— Act., faire chauffer : 

Se joa sen cors puis prendre Vencauderat nel buel. 
(Roum. d'Alix., f 63'', Micbelaat.) 

— Neutr., ('evenir chaud : 

Lerme est si fort quant ele enchaudc. 
Tout le pechié art et esch.inde. 
(G. DE CoiNci, ilir., ms. Soiss., f" M^.) 

ENCH.\us, - auz, - aux, anch., enchalz, 
-as, encans, -chauc, - cauch, -caicc, -cal, 
- caut, s. m., action de poursuivre, pour- 
suite, chasse, pourchas : 

Ds cels d'Espaigne untiles esclos Iruves, 
Tieuent Venchalz. 

{Roi., 2ii5, Muller.) 

Li enchali duret d'ici qu'en Sarraguce. 
(II;., 3635.) 

En cest encauc c'ont fait sor Sarrasin. 

(LesLok., ms. Berne 113, f 6'.) 
Li enchaux faut, Begons s'est départis. 
{Gar. le Loh., 1' chans., xxxiv, p. 110, P. Paris.) 

En cel anehauz perdi s'espee. 

(Wace, BruI, 869. Ler. de Lincy.) 
Sun enchauc lur esluel fuir. 

(Brul. ms. Munich, 560, Vollm.) 

Al repairier del grant enehauz 
Fu el vespre cliaeiz li chauz. 

(Bes., D. de Norm , II, 2169, Michel.) 
Li bers 0;;iers desus un mont monta ; 
De la bataille velt savoir con lor va ; 
Vit Sarrasin qui maintieneot lencal, 
François de.:opeot a dolor el a mal. 

tRAïuB., Ogier, 516, Barrois.) 
Nus nus fuissums partiz e n'en 'uissums 
pas fait enchalz sur nostre frère Israël. 
{Rois, p. 127, Ler. de Liucy.) 

Li reis Abia fist Venchalz sur Jéroboam, 
ki se fuieit. {Ib., p. 299.) 

Pranent les règnes, si s'en vont. 
Et cil molt grant enehauz lor font. 
{Flaire el Blanche/lor. 2° vers., 1933, du Mcril.) 

Moult fu grans li eitraus apries Burile et 
apries sa i;pul. (H. de V.alen., Contin. de 
l'hist. de la conq. de Constant., IX, P. 
Paris.) 

Et li cers s'enfoi les sauz. 

Qui n'est pas bel de lor enehauz. 

(Renart, 22.)31, Méon.) 

.mil. lieues grans a li encans dures. 
{Quatre fils Aymon, ms. Monlp. II 217, f ISl"".) 
Car monlt se doule de Vanchaus pir derricr. 

(GaydoH, 3826, A. P.) 
Ebroins les enchauça et fist d'eus en cel 
enehauz trop cruel occisiou. (Chron. de S.- 
Den., ms. Ste-Gen., f» 99\) 

11 ne povoit eschiver les villes que il 
trouvoit en sa voie, ne eschapper de l'en- 
chaux de ses ennemis. (Gr. Chron. de Fr., 
Ist. du gros roy Loys, II, P. Paris.) 

\\ laissierent Vencauc des Sarrasins. 
(Chron. d'Ernoul, p. 49, ftlas-Latric.) Var., 
enehauz. 

Atant sns lui luit s'aresterent, 
Venchaux lessierent, si emportèrent 
Le chaslelain ens el chastel. 

(Coud, 7515, Crapelet.) 

Il ont lessié Yencam, aricre retournèrent. 

(Gaufreij, 8128. A. P.) 



Lors sonnèrent trompes etbuisines pour 
donner signe de retour a ceux qui encore 
enchaçoient, et quaul toutes les compain- 
guies furent retournées de \'enchas,\\ s'en 
alerent tous aux liebergrs a gr^nl joie et a 
grant leesce. {Grand. Chron. de Fr., Phe- 
lippe Uieudonué, m, 17, P. Paris.) 

Si furent li crestiien si engres au gaaing 
et del avoir prendre qu'il laissierent l'en- 
cauch des Sarrasins. (Ilist.de la terre sainte, 
ms. S.-Omer 722, f° 13''.) 

E quant Berlran s'en rail. Venchalz commence. 
(Ger. de Rossill., p. 385, Michel.; 

La eut grant luile et dur encauch. 
(Froiss., Chron., 111,26, Luce.) 

La ot grant enchas el dur. (lo., ib., Ri- 
chel. 2641, 1" 162 v».) 

Et dura Venchauz Ju point du jour jus- 
que près d'eure noue. (CAU.MONT, Voy. 
d'oullremer, p. 80, La Grange.) 

— Fig., poursuite, sollicitation, ins- 
tance : 

Mais toutesfois l'ancienne amitié du 
priuce e\.Venehaus du message le vainquit 
et contraint a ce que il disl au message. 
{Grand. Chron. de Fr., I, 13, P. Paris.) 

Fist mourir Bernabo par l'ennort et encaut 

De Phelipe de Masieres le cuviert soudoiant. 

(Geste des ducs de Bourg., 236, Chron. belg.) 

— Poursuite dans l'intention de séduire 
une femme : 

Et puis que i'oi pris mon seignor 
Me relist il enchaui gtcfnnt. 

(Renart, Martin, I, p. 169.) 

— Fatigue, souffrance : 

La matinée et li grans chaus 
M'a hui tant f.iil mal et rnchaus 
Que li chies me delt orendrnit. 

(VEscouHle. Ars. 3319, f 37 T«.) 

— A enchuus, avec empressement : 

Et il du demander s'asproie 
A enchaus et se Irait avant. 

(Chev. as .u. esp., 19i8, Foersler.) 

De partout vient a enchaus 
Pueples en lanijes el deschaus. 
(G. DE CoiNCi.Mir., ms. Soiss., f» lnO^) 
Nus clers d'apranre n'est mes chalz ; 
Quar li prélat, tout a enchvilz. 
Vendent les biens que départir 
Doivent a ceux <\w\ sont marlir. 
(1d., Sle Lcocade, llichel. 19132, f» 30''.) 

ENCHAUcisoN, cncau., s. f., action de 
poursuivre, poursuite : 

Que vous feroie de lor errer sermon, 
Ne de la fuile, ne de Vencaucison t 

(Anseis, Richel. 793, P i9*.) 

ENCHAussuMEu, v. a., préparer à la 
chaux : 

Doresenavanttous cmvs seront enchaxissu- 
mez et polez au bastou et mis a bastart. 
(1407, Ord., IS, 211.) 

ENCHAUSCURRER, VOir ESCHAUCIRER. 

ENCH.AVER, encaver, v. a., creuser, en- 
foncer : 

La figure d'ycelle lestre qui estoil enchavee 
dedans la pierre. (P. de Vignkullks, Mém., 
III, fo 313, ms. Metz.) 

— Fig., mettre, placer : 



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Chevalier, congé avez 
D'aymer ou il Tons plaisl; 
Gardei on vostre ctienr encavez^ 
Chevalier qai congé avez. 
(Perci-foreil. vol. VI, ch. 4C, éd. 1528.) 

— Enchavê, part, passé, creusé, creux, 
enfoncé : 

II s'en ala par ses joroees 
Pales et joes encatees^ 
Si fa megres ne m'en raerveil. 
(Vie des Pères, niche!. -23111, C 75».) 
Les jambes porte droites, les piez ot encavet (le 
cheval). 
{Siège de Barbasire, Richel. 24369, V 126 t°.) 

Si oil sont fier et durement encavé de- 
dans la teste. (Bhun. Lat., H Très., p. 238, 
Chabaille.) 

Une aiguière courte et grosse, d'ancienne 
façon, a .vin. cosles encavees. (Jnv. du duc 
d'Anjou, n» 408, Laborde, Emaux.) 

Les j-eulz enchaves et coucaves. (P. Veu- 
NEY, Presaiges d'Hyppocra.s, 1, éd. 1539.) 

On trouve, dans un texte provincial de 
la première partie du xvii» siècle, encavé 
employé pour signiOer en forme de cave : 

Les jurats de celle année commencèrent 
à bastir les boutiques encavees, sur les 
fossés des pailliers, du costé de la fon- 
taine, rue Bousquiere. (1632, Chron. bor- 
delaise, II, 174, Delpit.) 

EJJCHE, ence, s. f., conduit, canal, gout- 
tière, tout ce qui sert à égoutter de l'eau: 

Si y avons un gort en Saine et la x' 
sepmaine d'acquis de fours a ban, et de 
eeulx qui doivent les cnces, et plusieurs 
autres forfaitures. (1402, Denombr. du 
baiU. de Rouen, Arch. P 307, f» 94 r°.) 

.xxiiii. pos de vin et .xxiiii. anches. 
(1413, Aveux du bailliage d'Ecreux, Arch. 
P 294, reg. 4.) 

Forézien, anche, fontaine, robinet en 
bois ou en cuivre d'une cuve. 

ENCHEEMENT, cnceemenl, s. m., insti- 
gation, cause : 

Certes, Henri, james lies ne seroie 
.S'éle avoit mal par mon encheement. 
(Mahieoi de C»i(d, Jeu parti, Dinaux, Trouv. de 

la Flandre, p. 3U1, et Scheler, Trouv. belg., 

p. 142.) 

Amors grassi, si me lo del oitrage 
Que j'ai par son encheement empris. 
Si l'en aim molt et pris en mon corage 
Del bel voloir qu'en mon caer a assis. 
(GciLL. Li ViNiERS. Ckans., Poël. (r. av. 1300, 
t. Il, p. 81-2, Ars.) 

Las ! pourquoi vi sa beauté, son cors genl, 
l^t son cler vis, sa face encoloree, 
-Ses dois regars ou pris Yencheement 
De ceste mors ki m'est langors nomee. 

(Jehans Erars, Clians., ib., III. 1097.) 

El hautes dames de Uoraaie le citel 

Prisent eiample a ceste haïuililet ; 

lUuecques vinrent par sen enccemeitt, 

De caste vie fisent proposement. 

(.Vie SIe Agnes, Richel. lo53, f» 406 r°.) 
Et vous veut mètre a destruction par 
Venchele'jinent d'une desliaus feme qui 
vous cuide mètre au desous. (Kassidor., 
ms. Turin, f» 3 v".) 

EXCHEHOIR, voir Encheoib. 

ENCHEINEURE, VOir E.NCHAENURB. 

E.vcHEiR, voir Enchaih. 



ENCHEISONER, VOir ENCHOISONNER. 
ENGHEMINEMENT, S. 111., aCtiOD de 

mettre en chemin; fig., acheminement : 
Qui desirez le bon encheminement de ses 
affaires (1533, Pap. d'El. de Granvelle, IV, 
115, Doc. inéd.) 

ENCHEMiNER, cnchaminer, enchiminer, 
an., verbe. 

— Réfl., se mettre en chemin, en route, 
prendre tel chemin, telle route : 

Lors s'enchemine, arrîer sont retorné. 

(Les Loh.. Richel. 19100, f» 36' ) 
Il et.Thieris se sont enchaminé. 

(Ib.. f» 37».) 

Tote droite ta voie se suni aitcheminé. 
I Simon de Pouille, Richel. 368. f» 110''.) 
Droit a Borgoigne se sont anchameney. 

(Gir. de Viane, Richel. 1448, f° 11».) 
Par desoz terre se sont anehamené. 

(.Ib., C38'.) 
Quant ce vint a matin Irestuit s'encheminerent. 
(Girart de Ross., 4435, Mignard.) 
Brief, je ne puis imaginer 
Comment je m'en pourray jouyr, 
Se n'est qu'ailleurs m'encheminer 
En quelque part et m'eofouyr. 
(Farce de Colin qn loue et despile Dieu, Ane. Th. 
fr . I, 232.) 

— Fig., s'enchcminer en, se jeter dans : 
Qui n entre jamais si avant en parti qu'il 

ne tasche avoir une porte ouverte pour 
s'encheminer en nng aultre. (F. de Lor- 
raine, iVc'm., p. 191, Jlichaud.) 

— Réfl., dans le sens passif, être con- 
duit, être mené : 

Se pourra encheminer a bonne occasion 
la veue d'entre la royne très chre.'=tienne et 
lu royne douaigiere d'Hongrie. (1S34, Pa- 
piers d'El. de Granvelle, t. Il, p. 126, Doc. 
inéd.) 

— Neutr., se mettre en route : 

Paien sont après ax la rote oncheminé. 

(J. BoD., Saj., ccsxsv, Michel.) 
Gardes qu'hastiveraent soies encheminé. 
(Destr. de Rome, p. 39, Grœber.) Ms., sees encM- 
minee. 

Si aucun seit encheminé il ne retournera 
raie. {Jours perill., Brit.Mus.,AruadeI230.) 

Quant il furent anchaminey. (Mort Artus, 
Richel. 24367, f° 69".) 

Faire encheminer le camp. (1580, Arras, 
ap. La Fons, Gioss. jns.,Bibl. Amiens.) 

— Act., mettre en chemin, sur le che- 
min : 

Vin trouble, pain chaud et bois vert 
EncheminenI l'homme an désert. 
(Gabb. Medrieb, Trésor des Sentences, ap. Ler. 
de Lincy, Prov.) 

— Fig., mettre en train, embarquer, 
engager : 

Ledit ss' d'Aromont avoit desja enche- 
miné la négociation de ladite paix. (Sec. 
Rapp. de J. de Monlluc sur son ambassade, 
Négoc. de la France dans le Lev., t. I, p. 
613, Doc. inéd.) 

— Conduire, faire aboutir : 

Dieu sçait nostre intencion, auquel s'en 
doibt le principal conte, et ou consiste 
nostre espérance, et qu'il encheminera le 
tout comme plus conviendra a son sainct 



service. (1539, Pap. d'El. de Granvelle, II, 
532, Doc. iuéd.) 

— Encheminé, part, passé ; encheminé 
en, embarqué dans : 

Et do'oreux se tenir minez. 
D'estre en si long travail encheminn. 
(Heroet, la Parfaicle amye, III, éd. 1543.) 

ENCHENCHIER, VOir ENCENSIER. 

ENCHENi, adj., probablement comme 
achienni, qui ressemble au chien, qui a le 
caractère d'un mauvais chien, parlant 
d'un fils qui refusa la nourriture à son 
père : 

Li encheni qui s'avilla 
A la pape por Dien requist 
Que sa confession oist. 
(Vie des Pcres, Richel. 23111, f» 75*'.) 

ENCHENSIER, VOir ENCE.NSIER. 

ENCHEXSEURE, S. f., enchâtre, piècs de 
bois servant à encastrer ; 

A Millet, le paintre, pour avoir peint le 
pommeau et Venchenseure du pilory d'Or- 
liens. (1395, Arch. Loiret, A 1091.) 

ENCHEOiR, enchehoir, enkeoir, enqueoir, 
encaoir, enkaoir, enchooir, encheir, enkeir, 
enchair, anchair, inch., verbe. 

— Neutr., tomber, succomber : 

Qiiaat uns enchiet, lors i a poigneiz. 

(Mort de Garin, 4015. Du Méril.) 

A poi que au pié ne V enchiet 
Lancelot, tant grant joie en a. 
(Chrf.st., Chev. de la Charrette, p. 109, Tarbé., 
Que nos vos enchaissiens as piez. (Vil- 
leh., Rec. des Hist., XVllI. 436.) 

Si s'en alerent tôt droit devant le roi, et 
li prièrent mult humblement, etVenchirenl 
au pié qu'il pardonast son mautalent au 
cuens de Jaffe. (B. le Très., Cont. de G. 
de Tyr, p. 4, Guizot.) 

En pluie sovent toneirs vieuent 
E fudres ausi sovent encheient. 
(P. d'Abernun, Secré des secrez, Richel. 25407, 
f» 181''.) 

Tost férus paroir 
Lou droit et le tort encheoir. 
(Jugemans d'amors, ms. Berne 389, (° 3 r**.) 
Creraé est qu'achiefde Dee 
'Vostre rorage si enchee. 

(Vie du pape Grég., p. 92, Luzarche.) 
Sont enchouz ou pourrnient enchehoir en 
lion de servilute. (1316 , Arch. JJ 53, 
r 10 V.) 

Timophanes en icelle bataille encheut en 
lin très soubdain et très grand dangier. 
(G. Selve, Timoleon, éd. 1547.) 

— Fig., encheoir en, tomber dans, s'a- 
bandonner, se laisser aller à : 

Ne daigniez consentir james tant me meschiece 
K'en nule vilonnie qui vous desplaise enchiece. 
(G. DE CoiNCi, Prière Theophilus. Richel. 1Î467.) 
Ne me laisse encheoir e» pechié de lainre. 

(ID..X>.) 

Et encheeni par aventure es autres vices. 
(Gr. Chron. de Fr., Charlemaines, V, 1, 
P. Paris.) 

Quand homme ou femme... enchet en 
loi-dure de péché. {Doctrinal de sapienct, 

Hz encheurent en grans misères. {An- 
cienn. des Juifs, Ars. 5082, f» 10\) 



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Estant encheu en très grant pechié. {Gi- 
rarl de Rossillon, ms. de Beaune, éd. L. 
de Moutille, p. 363.) 

Parquoy les hommes encheent souvent 
en perdition. 'BocrACE, Nobles malh., I, 
xvm, f 23 v°, éd. 1515.) 

— Encheoir en, encourir : 

11 enkieroit ou forfait de... (1262, Bans 
aux échev., 00, Ass. s. les drap, de Douay, 
f» 14 r", Arch. Douai.) 

En demander la peinpne de six cens 
mars d'argent, en laquelle peiugne li duc 
dit que cilx Jehans est enchoois. {Lelt. de 
1269, Hist. de Bourg., Il, xxxil.) 

Nous seriemes enkeut en le painne de- 
seure dite. (1286, Cft. de l'abb. de Boheries, 
Arch. L992, pièce 109.) 

Nos ne vourriens pas qu'il enchesest en 
ladicte peine. (1306, Ch. dit Cte de Sav., 

Ch. des compt. de Dole, ,Arch. Doubs.) 
769 

Il fust dit et déclaré iceluy de Montfort 
estre encheu en crime de lèse majesté. (Gr. 
Chron. de Fr., Charles V, xcviii, P. Paris.) 

Est inchisuz ou bant de x sols. (140S, 
Arch. Frih., i" Coll. des lois, n" 143, f- 35.) 

Se aucons gangniours non résident in- 
Chisoit ou bant dessus dit. (1405, Arch. 
Fribourg, 1" Coll. des lois, n" 144, f" 35 V.) 

Se tu enchees en l'amende ou en la 
peine qui sera mise. (BocfiACE, Nobles 
malh., m, 1, f«52v», éd. 1515.) 

— Encheoir de, encourir la perte de : 

Il seraient encheut de seix vinz livres de 
meceains ad la justice. (1214, Paix de 
Metz, Arch. mun. Metz.) 

Se je ne tenoie ceste convenance, je se- 
roie encheus de quinze mile mars d'ar- 
gent. (12t;6, Ligny, I, 4, Arch. Meurtlie.) 

Se cilz qui appelle ne porsuit son gaige, 
il serai ancheoiz. (1294, Coût, de Dijon, 
Richel. 1. 9873, f» 31 v».) 

Li procureur des diz religieus disoit que 
les dites bonnes genz ne fesoient a oir et 
dévoient du tout ea loul encheoir du prin- 
cipal de la querelle pour ce que il alle- 
geoient titre sus longue tenue aUn de pro- 
priété acquerre. (10 av. 1296, Cart. des 
Vaux de Cernay, Arch. Seine-et-Oise.) 

La dite inchut du fié et homaige de 
noble et puissant seigneur monseigneur 
Hugue de Vienne. (138i, Offic. de la court, 
de Besancon, Richel. .Moreau ccxxxix, 
f° 105.) 

— Encheoir en, obtenir : 

Qu'il veuille créer et mettre en moi 
sens et entendement si vertueux que ce 
livre que j'ai commencé je le puisse con- 
tinuer et persévérer en telle manière que 
tous ceux et celles qui le liront, verront 
et orront, y puissent prendre esljatement 
et plaisance, et je encheoir en leur grâce. 
(Fuoiss., Chron., prol,, Buchon.) 

— Abs., tomber en faute : 

S'as comanderaeQz establiz, 
Qni par tôt snot criez e diz, 
Enchaeie si failement, 
Qui m'eo serreil detTendement ï 

(Ben., D. de Horm., Il, 7-2-28, Michel.) 
Vers DOS suiit primes enchaeit ; 
Or lor mostrum que ele nos peise. 

(ID., H.. II, 3588.) 
Et dist Câlins : Dehé ait qui enquitt ! 

(Raiubert, Ogier, 1331, Barrois.) 



— Encheoir de corps et d'avoir envers 
quelqu'un, lui appartenir corps et bien.s : 

Se aulcun faisoit playe dont le navré 
morroist dans quarante jours, il serait en- 
cheuz envers nous de corps et d'avoir. 
(Verdun, 1320, Ch. d'affranch. de Fresnes, 
Cabin, de M. de Labry.) 

— Act., supporter, encourir ; 

Por la quel poine, se ansi estoit qu'ele 
fust commise ou enchoite. (5 juillet 1289, 
Arch. J 254, pièce 11.) 

Que la poine fust commise ou enchoyte. 
ilb.) 

Por raison de la poine qui serait commise 
ou enchoite. {Ib.) 

Se les devant diz dean et chapistre ou 
leur successeurs aveint, feseinl, ou sous- 
teneint ou enceieinl couz, mises, despens, 
interest, domages, (1314, Arch. Loiret, 
Aulnay-la-Riviere, A H.) 

Se nulz amant escheoit en la somme 
dessnsdilte, on la leveroit maintenant 
qu'elle seroit encheule. (1323, Hist.deSIelz, 
IV, 2.) 

Il enoeurent souvent parleur pechié ma- 
ladies, impotences. (Oresme, E(ft.,Pichel. 
204, f» 546^) 

— Neutr., arriver : 

Entre ces batailles et ces rencontres et 
les caces et les poursieutes qui furent ce 
jour sus les camps, enchei a Monsigneur 
Oiidart de Renli ensi que je vous dirai. 
(Froiss., Chron., V, 48, Luce.) 

— Etre dû : 

J'ay icy des gerbes a battre. 
De vingt et trois a vingt et quatre; 
Baltei les caste relevée. 
Et je suis d'acord que je paye 
Ce qu'il enchirt bien loyaulmeot. 
(Moralité de Charité, Ane. Th. fr., III, 386.) 
Impr., ce qui l'eacliiel. 

— Encheu, enchaeit, part, passé, tombé : 
Et por çou Ue jo ne fusce enkaus en 

vostre ire. (ta Vie M. S. Nicholai, Mon- 
merqué.) 

Je sui en grant enfermeté enkeue. {Com- 
tesse de Ponthieu, Nouv. fr. du xm' s., 
p. 216.) 

— En ruine : 

Estoit (le puits) enkeus et emplis. (Chron. 
d'Ernoul, p. 1 22, M as-Latrie.) Var., encheuz, 
enschaus. 

— Encheu de, renvoyé de : 

Se li apeleres fust enqueus de son apel. 
li compaignon ne partissent pas as frais 
ne as damaces. (Beaum., Coût, du Beauv., 
LXi, 69, Beugnot.) 

— Tombé en faute : 

Kaus, encfiaaii, vient al eslor 
Od tote sa granl deshooor. 
IBen., D. de Norm., Il, 37-2"6. Michel.) 
Ne sûmes pas si enchaeit, 
Nu n'avom mie tant mesfail 
Cuoi vos dites de la meilié. 

(Id., ib., II, 5583.) 

— Échu : 

Des bestes vives alfermees et encheues a 
pierre de Plaisence. (1360, Rançon du roi 
Jean, Arch. KK 10% f 55 r«.) 

ENCHiîoiTE, - eoitte, - oite, - aeite, s. t., 
échéance : 



En non d'obligation et d'encheoite. (1293, 
Ch. de J. de Chalon, Ch. des coropt. de 

B 
Dole, —, Arch. Doubs.) 

Lequel marchié, après pluiseurs ofTres et 
enchieres. ledit Jehan d'Anneville, après le 
temps de Vencheoile, fist une crehue de xx 
1. (1360, Rançon du roi Jean, Arch. KK 10«. 
f» 121 V».) 

Encheoitte. Ub., f» 137 r».) 

— Adjudication : 

Tantost le vendage oultré et Venchoitt 
d'icelli faicte. (1385, Original, comm. aux 
Arch. de la .Meuse par M. Pirsenot, curé 
de Louppy le Chiilean.) 

— Peine encourue, châtiment : 

Laide chose i nnt vers mei faite ; 
Trop i sereit grant Venchaeite 
Qui le voadrell a ce mener. 
(Ben., d. de florin., II. 13I,",3, Michel.) 

ENCHEiiCEK, voir Ekcebchier. 

ENCHERCHAHLE, VOir ENCEUCHABLE. 
ENGHERCHEMENT, VOirEiNREBCHEMENT. 
ENCIIERCHEUK, VOir ENCERCHEOR. 
ENCHERCHIER, VOir E.NCEIll'.li IE11. 
EXCHERCUER, VOir E.N'CERCMKOR. 
ENCHERCUIER, VOir ENCERCHIEB. 

ENCHERcm, encharcir, v. a., enchérir : 
Se aucuns a aucuns roarchie qui soit a 

enclierissement, et aucuns vigne a lui, si 

li dit qu'il li enchercira son uiurchié. [Liv. 

de jost. etdeplet, m, 4, 5 3, liainiii.) 
Le même ouvrage offre la /orme enchar. 

cir. 

EKCHEREME'ST,enchieremenl,enchierre- 
ment, enchirement. s. m., enchère, suren. 
chère : 

Des quieus .xxxv. livres li diz Jehan de 
Morlens ot .xxv. sols, par ieiicherement. 
(1259, Baillies de Xaintomje. Arch. J 1030, 
pièce 10.) 

Le premier achatevour ont por sa part 
de Vencherement .xvi. livres. (1259, Compt. 
df Poitou, Hicliel. I. 9019, I» 14 r°.) 

ISe nou doner {votre cœur), ne ne prêtez. 
Mes vendez le bien chiereraenl. 
Et tozjorz par cnchieremerit. 
(Rose, Richel. 1573, f 109'', et ms. Vat. Ott. 

1-212, f» 99'.) 

Il haudront les fermes nou helîees, et le» 
prevostes a oves de paroisse et par enchi- 
rement. (1309; Ord., I, 460.) 

Item a l'eu paie a Jehan de Tormont 
pour lou tirer de son enchirement de .XLlil. 
livres desquels il enclora par pluseurs foi» 
sur Willemin son moisonueim ut de la dite 
prevosté pour deus années. (1310, Compt. 
du dom. de Mahaut d'Artois, Richel. 8551.) 

Bailliez les exploits par soy a diverses 
personnes, qui soient convenables de les 
tenir par enchierrement et au plus a nostre 
proufit que vous pourrez. (1311, Ord-, I, 
483.) 

ENCHERER, cnchirer, enchirier, v. a., 
enchérir, augmenter le prix, offrir un 
prix plus fort : 

Dunt il aureit la quarte jiarlie se il uve- 
neit que ele fut encheree dedenz le premer 



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ENC 



ENC 



ENC 



paiement. fl2o9, Baillies de Saintonge, 
Arch. J 1030, pièce 10.) 

En après Piere Boncil et Willelme Clie- 
veoy enchérirent ladite b.iillie de c libre?; 
des ques c libres li diz WiHclmes Bi-ifaiit 
deit XXV libres par le quart de l'eu.here : 
et issi eu remaint a mon seignor le coûte 
si ele n'est mchiree dedenz le paiement de 
la Cbandelor xxiil cenz Lxxv libres. (Ib.) 

Pol en après Willelmes Ateliu enchera 
lesdites choses de .LX. libres. {Ib.) 

r.niUeluies Poinz afferma premièrement 
ladite baiUie por mil et L libres a L libres 
d'enchère ; eu après Willelme Poinz dessus 
nomez enchera ladite baillie sus sei de .LX. 
libres, et issi valut ladite baillie .XF. 
libres; en après Guillelmes Atelin et Wil- 
lelmes de Saint Aubin enchererent ladite 
baillie de lx libres sus le dit \V. Poinz; 
des ques LX libres li diz W. Poinz et por le 
quart de l'eucliere xv libres ; derrechef 
enchererent sus eaus li diz W. Atelins et li 
diz W. de Saint Aubin sus eaus ladite 
baillie de LX libres. (16.) 

Que qui plus y voudroit ilonner ne ledit 
marchié en rien encherer. (1314, Arch. JJ 
52, f» 24 r».) 

— Adjuger à l'enchère : 

Feismes crier et savoir publiement en 
ladite audience par ledit Symon de la 
Morllerie que tout estait enchinee et vendue 
la propriété dudit moulin. (1310, Arch. S 
45, pièce 26.) 

1. ENCHERiMENT, S. lu., renchérisse- 
ment : 

Encheriment du blé. (1329, Reg. cons. de 
Lim., I, 268, Ruben.) 

2. ENCHERiMKNT, S. m., carcsse : 

Ces encheriments deshontez, que la cha- 
leur première nous suggère en ce jeu sont 
non indécemment seulemeut. mais dom- 
mageablemet employez envers nozfemmes. 
(Mont., Ess., 1. I, c. 29, p. 115, éd. 1593.) 

ENCHERIR, enchierir, encierir, encarir, 
V. a., chérir, tenir cher : 

Bien deil l'en la dame sertir 
E honorer e enchérir 
Ki rent as snens si gi-anz luiers. 
(Adur, iUr. de y.-U., Brît. Mas. Egerlon 012, 
I» 4''.) 
Et la tonrtenielle est comparé a Florie, 
C'ans aullres chevaliers Vara sy encierie. 
(Cheii. au cijgnc, «Tugfl, Reiff.) 

Sacies que c'est nns mans dons 
De jalousie en amant. 
Si vient de trop enchierir. 
(A. DELA Halle, Chans., Kichel. 1109, f» Sïl^) 
Car la pucele avait tant enchierie 
Pour la biaalé dont ele ert raemplie 
Qu'il l'amoit si d'amours très enragie. 
(Adenet, Enfanc. Oijier, Ars. 3142, f" 81'.) 

INon ponrqnant je me delTri 

Sonlelte et gémi 

Souvent a face csplouree. 

Quant loingtaine suy de li 

Qa'aij tant enchieri. 

Que sans li riens ne m'agrée. 

(Acxes de Nav., «a//., p. -2'J, Tarbé.) 

Et moy guerpir ponr un autre enchierir. 

(G. DE Macs.. Poés., Richel. 9-2-21, f 4''.') 

Trop aont de vous, dame, enchieri 
Les trois valles par leur fiengler. 
(.Froiss., Poés., II, 1-23, 41o3, Scheler.) 

— Elever en dignité, en honneur : 



Communément leur dnc en firent 
Et sur els tuz mult Vencherireni. 

(Brut. ras. Munich, 4'29, Vollm.) 
Qnant il les ont el mand muntez e enchérit 
Mal uni encontre Deu lur mestiers acorapliz. 
(Th. le mar!., 75, Bekker.) 
Se l'a Karles li rnis de nouvel enciery 
Plus que moy qui l'ai bien .xi ans a servy. 
(Hist. deGer. de Dlav.. Ars. 3144, f -264 v".) 

Gentillaice l'avoit nouri 
Kt largaice l'ot encari. 

(MousK., Chron.. -2S74I, Ileifl.) 

Et la gentil chevalerie 
Que Dins avoil si cncherie. 
(B. DE Co.NDÉ, li Contes dou pel., 229, Sche'er.) 

Lui volez ci enchérir por vus iloeques 
enpoverir. (Sarmons e)iprose,Richel. 19323, 1 
f» 163 v».) 

En ce Solder n'avoit sens ne prudence 
qui a recorder fâche, fors la folle plaisance 
du seigneur qui ainsy Vavoit anchiery. 
(Knoiss , Chron , Ricliel. 2646, (' 140\) 

— Réfl., parvenir k un rang plus élevé, 
à une considération plus grande : 

Si volnil que il s'avançast 
Et enchierist et alosast. 
Et coni^uesist pris et hnnor 
Par !;rant proece et par valor. 

(Parton., 9533, Crapelet.) 

— Enchéri, part, passé ; faire de l'en- 
cherie, faire la renchérie, demander un 
trop haut prix : 

La vieille le mena au logis et luy moustra 
le lict, el l'ayant loué en toutes ses qua- 
lités, dist qu'elle ne faisait de l'encherie, si 
en demandoit cinq sols. (Rab., v, 13, Bur- 
gaud.) 

ENCHERISSANT, part. prés. et s., en- 
chérisseur : 

Nous les bailleriesmes au plus offrant et 
derrain enchérissant- (1386, Bail, Arch. 
M.M 31, t" 12 r».) 

ENCHERissEMENT, enchierissement, s. 
m., enchère : 

Summa de totes lesdites fermes ob les 
encherissemenz viii iM .iii"^. un libres. 
(12.Ï9, Fermes des baillages de Sainlonge, 
Arch. J 1030, pièce 10, p. 9, G. Musset.) 

Item .LXV. s. t. de rente par an assis 
sus terres labourables qui sont baillies par 
enchierissement a fié ferme a Jehan de 
Raalli, retenuz au roy les enchierissemenz 
qui porroient estre mis dessus. (1308,C/ia)'(. 
de Ph. le Bel, Richel. 9783, r 80 v°.) 

Et la mist (la propriété) par enchérisse- 
ment a trente et une livres de parisis.(l3l0, 
Arch. S 45, pièce 26.) 

Et ledit encherissement eussions fait 
crier. (1313, Arch. .IJ 52, f» 80 r°.) 

Il (les tisserans) firent compilation, ta- 
quehans, mauveses moutees et enchierisse- 
inens a leurs volentez de leurs euvres, 
(1319, Arch. JJ 59, pièce 414.) 

ENCHEUE, ancheutte, s. f., ce qui échoit 
par succession : 

Houdrois et Hawions douent et aquitent 
pour Deu et en aumosne a la gleise de 
S. Pierre lour meaandies davant dites, et 
tous lour preis et toutes lonr terres ou 
qu'illes ont, et Vencheue qu'il doivent avoir 
après la mort la maraistre Hawiou. (1279, 
Cart. de S. Pierremont, ap. Duc' 



— Ce qui a été donné, concession : 

Qu'il vous plaise le laisser et faire joyr 
dudit office de maistres de Hey, ainsy et 
selon Vancheutle que lui a esté faicte. (1504, 
Ordon., Lamarque53t)3, f» 23 r», Richel.) 

EXCHEUMER, voir Encharuer. 

ENCHERNER, VOif ENCBARNER. 
ENCHESNURE, VOir ENCHAENURE. 

ENCHESON, voir Enchoison. 

ENCHi:SON'ER, voir E.VCH0IS0NNBR. 
ENCHESSER, VOJT ENCHACIER. 
EXCHETIVEMENT, VOir EXCHAITIVB- 



ENCHETIVER, VOir ENCHAITIVER. 

ENCHEVALCHiÉ, - vauchié, part, passé, 
monté à cheval, muni d'un cheval : 

Auvec li furent .x. serjant 
Que Jud s li avoit baillies 
Bien armé et enchcvalchies. 
(Belleperche, Hachai., l'.ichel. 19176, t° SI t«.) 

Mes il n'orent gères erré 

Que demie liue sanz dote. 

Quant il ont oie la rote 

De gent montt bien encheimnchié. 

(Renan. -22654, Méon.) 

Moult furent bien apareillié 
Et richement enchevauchié . 

(G. de Palerme, Ars. 3319, f° 98 t'.) 

ENCHEVALER, - aller, encecaler, encava- 
ler, V. a., mettre sur un cheval ; 

Or vos ont H diaule si bien encevatê, 

(Cheii. au cyijne, I, 2214, Hippean.) 
Isneleraeol el lost a la corde aporlé 
Et si a ens on cief .1. baston traversé; 
Aval enmi la carlre l'a li Tnrs avalé. 
No baron ont la curde et le baston trouTé 
Olivier tout premier ont sus encevalé. 

(Fierabras, '2135, A. P.) 

— Placer sur un chevalet : 

Li tonneliers aura de son salaire de 
muer une dueve, .vill. d. p. ; et se il livre la 
dueve, il en avéra .xn. d. ; et de la pièce 
loier. barrer, enchevaler, auguier, .xii. ob. 
(Ordonn. de la ville de Rebns, Arch. admin. 
de Reims, t. 111, p. 437, Doc. inéd.) 

— Synon. d'étayer : 

Tout est en dangier de cheoir. Et, pour 
ad ce pourveoir, fault estaier et enchevaler 
les pilers. (Fév. 1439, Deo. p. la reconstr. 
de la cath. de yoyon, Arch. Oise, chap. de 
Noyon.) 

— Croiser : 

Apres qu'il scaura bien enchevaller les 
bras l'un sur l'autre. (L'Ecuirie de Fred. 
Grison, p. 67, éd. 1598.) 

— Enchevalé, part, passé, monté à che- 
val : 

Je despite Mahom, si, sans vous peiner, 
vous n'eussiez incagné toute la mantique 
compagnie des aslroloaues encuirassez, 
encavalez , enconleiacez , emboubelinez, 
entintimbraillez etc. (Cholieres, les Apres- 
dinees, viii, f° 295, v», éd. 1587.) 

— Placé sur un chevalet : 

Ung gros veuglaire de fer garny, a 
double chasse et enchevalé de son chevalet 



ENG 



ENC 



EXG 



103 



«le bois. (7 décenilire MO. Invent, de Hugties 
Girard, }»Tch. mun. Dijon, H, Aff. milit.) 

L'ug petit vouglaire de fondue enchevalé. 
(Ib-) 

ENCHEVELÉ, adj., qui a beaucoup de 
cheveux : 

Une ancienne damoiselle enchevelceà'oT. 
iPonlhus, ms. Gand, f" 40 v».) 

La leste encherelee. 

(J. A. DE Baif, Egl., xvi. cd. 1573.) 

ENCHEVESTRER, - Ur, V. a., mettre 
siius le joug : 

Mes convoi tese en son chevestre 

Si les enrherntre et enlace. 

(G. DE Coisci, Nir., ras. Soiss , f 2G''.) 

— Encheveslrc, part., qui porte le li- 
cou, le joug : 

Et ot esté s,;rs et cnrlicresles lonc tans. 
(S. Graal, Vat. Cbr. 1687, f° 48''.) 

ENCHEYSOUN, YOJr EnCUOISON. 
ENCHIERCUER, VOir ENCF.UCHIEB. 

ENCHiERDiE, S. f., enchère : 
Subliastolinns, enchierdies . 'et autres 
choses. (1341, Aich. JJ 72, f« 187 r».) 

ENCiiiERDiR, enchardir, verbe. 

— Act., enchérir^ mettre à un plus 
haut prix : 

Les lui baillera sans les lui evrhardir, 
ne mettre autres cliarges sur lesdits mou- 
lins. (An 1436, ms. du Poitou.) 

— Neutr., devenir plus cher : 

Qaant le bled mchieràit. 
(Ei,OT Damerkal, Livre de la deallerie, f 68°, 
éd. 1507.) 

— Avoir disette : 

Carz davanl Ini maie Irossee 
Ne rob e d'ermine orée. 
Ne sisamiis, ne Rris ne ver 
Ne veslisl ja n'esté n'iver. 
Fors comme moine robe neire 
Ja por lui n'pnchnrdist la feire 
De chevaus ne de vesleare. 
(Peas Catineau, Vie de S. hlarlin, p. 126. Bonr- 
rissé.) 

Vienne.Deux-Sèvres, enchardi, enchérir. 

ENCHIEREMENT , VOÏr EnCHEBEMENT. 
ENCHIERIR, voir E^■CHERIR. 

ENCHIERISSEMENT, VOir ENCHERISSE- 

MENT. 



te: 



ief, prëp., auprès, 



ENCIIIES, 

cliez : 

Por norrir l'envoia la dame 

Tout mainlenanl enchies la famé 

D'un chevalier. 
(IliiTEB., la Vie Sle Elijsabel, 1557, Jubinal.) 

Par foi, si seroit or granz bontés. 

S'il n'avoient aa re viande 

Que lesniplure ne demande ; 

El ele n'i mel riens ne este 

Que ce qn'on trouve enchies son osle. 
(italaille des vicei contre les verluz, Richel. 837, 
I" 327«.) 

Si p.irti d'enc/ues les vavasor. {Mort 
Arlus, Richel. 24:167, f» 3'i.) 

Mes pères ki encore vit fu frères a Mel- 
cliium, celui qui taut jor siervi vous et 



vostre lion père, et fui mandes enchies lui 
por f^nrder vostre serour Kassidorc et 
vosire frère Dorum, quant li traiteur des- 
loial les en firent ravir a Rome. Si m'en 
repairai courecliié enchies mon père u jou 
ai eut maint courous despuis. {Kassidor., 
nis. Turin, f" 181 v».) 

Issirent hors d'cnrftip/' ledit maislre Re- 
naît. (1408, Ilisl. de Mets, iv, 643.) 

Sans ce que elle soit point venue en- 
chiez niy. (1421, ib., IV, 760.) 

ENCHIFRENÉ, an., part, passé, qui est 
retenu comme par un chanfrein, asservi : 
Ja de foi ne leur sonveoist. 
Se nus en privé me lenist, 
Se ne fust aucuns forsenez 
Qui fu d'amors anchifrrnez. 

^Hiise. liichel. 1573, f 1I'J\) 
Qui fust d'amors enchifrenés. 

(Iti-, 143411. Méon.) 

ENCHIMINEU, VOlr ENCHEMINER. 

ENCHiNE, S. f., établissement : 
N'est permis a aulcuns tenir enc/iine de 
taverne, ou cabaret, ne y mectre vin, ou 
cervoise, pour vendre et distribuer a dé- 
tail, bouter enseipne hors, estaller mar- 
chandises,... sans grâce dudict sieur, son 
bailly. ou officiers... {Coul. de la seigneu- 
rie de Sanlly, Nouv. Coût, aéu., t. I, 
p. 407».) 

ENCHIREMENT, VOir ENCHEBEMENT. 

ENCHiRER, - ier, voir Encherer. 

ENCHOisoN, anch., - coison, - caisson, 
- couson, emfjiiisoii, enchaison, - oun, enche- 
son, -oun, encheysovn, uncheson, s. f., rai- 
son, cause, motif, prétexte: 

Sans anlre enchnisnn. 

(Ruse, Val. Cbr. 1858, f 130''.) 
Pour Vanchoison des paitures dou finaige 
de Buionville (27 juill. 1264, Ch. deJoinv., 
."îichel. I. 9036.) 

Et je lour promet en bone foi que je les 
menrai ne ferai mener en ost ne en che- 
vaiicbies par faulx enchoi.ton. (1266, Chart. 
d'alfr.de Moiiticr, Arch. Montier-s.-Saulx.) 

Pour aucune emquison ou de guerre ou 
lie autre cboze. (1295, Lell. de J. de Joinv., 
Ecnrey, Arch. Meuse.) 
Anlrefois sans ancoison 
Me fait semblant de crnanle. 
(liiiB. DE LE Pierre, Chans., Vat. Cbr. 1-l'JO, 
1° 78 V».) 

Si elo fnst encheson de sa mort. 
(Un Chival. e sa dame, ms. Cambr. Corpus 50, 
f» 93».) 

Vencoisson de la siste joie. 

(Les w joes N.-D-, ras. Troyes.) 

Ne congé u'eyt sanz especial enchesoun. 

{Tr. d'écon. rur. du xiir" s., c.34, Lacour.) 

Et le seigneur resceivre nul damage par 

enchesoun d'eaux queux il y met. (Ib., 

c. 7.) 

Soient destorbez par mort, ou par ma- 
lade, ou resnable encheson. (1310, De pers. 
elig., Rymer, t. 111, p. 204, 2" éd.) 
Ou par autre enchesoun. (Lib. Cuslum., 

I, 20, Hen. 11, Rer. biit. script.) 

A qui sont plaies sans enchaisomi'! [Bible, 
Prov. de Salomon.c. xxill,v. 29, Richel. 1.) 

Santz assent de vostre barnngo, e sanz 
endiesons. {Lib. Cuslum., 1, 199, 3 Edw. 

II, Rer. brit. script.) 



Quant oui demande Vencheysoun de cel 
coruz. {Chron. d'Anal., ms. Barberini 
f SI r«.) 

Détint Robert Courtheose en prisone 
tote sa vye : Vencheson ne vus serra ore 
dyte. (Foulq. Filz Warin, Nouv. fr. du 
XIV s., p. 24.) 

V&v encheson de la guerre. (24 oct. 1360, 
Tr. de Bretigni, Liv. des Bouill., XI, Arch. 
mun. Bordeaux.) 

Se taut est que per uncheson de celé 
persone li vila est intredicte per magniere 
que soyt. (1369, Arch. Fribourg, 1"= Coll. 
des lois, n" 34, f 12 v.) 

Par cause de l'esploit du traitié avant- 
dit, ou par ascun autre encheson quelcon- 
que. {iZlS, Tractalus pacis, Uym., 2' éd., 
Vil, 91, 2' éd.) 

Pur certeyns enchesons est ordé... {Stat- 
do Richard IJ, an vu, impr. goth., Bibl- 

Louvre.) 

— Poursuite judiciaire, accusation : 

Cenz encoison et cenz contredit. (Mai 
1255, Ch. de Ferri, D. de Lorr., Arch. 
.Meurtbe, H 3004.) 

Puent faire au dit molin un bator ou .i. 
follour... sens encouson. (1274, Theuley, 
Arch. H.-Saône, 11 814.) 

Prandre et faire prandre, vendre et des- 
pendre sen encoisoîi jusques a plain paie- 
ment et entière salislaclion. (.lanv. 1354, 
Reconnais, d'une obligal., ap. Servais, An- 
nales du Barrais, 1, 36'J.) 

ENCHOisoNNER, eucheisoner, encheso- 
ncr, ancoisener, v. a., accuser, blâmer, 
faire des reproches, gronder, reprendre ; 

Que il n'en soient de riens ancoisené. 
(1264, Lelt. deJ. de Joinv., Arch. M 1.) 

H me commenciereut a rire, et me dis- 
trent en riant, que il li remariroient sa 
femme, et je les enchoisonnai et leur dis 
i|ue tiex paroles n'estoient ne bones ne 
bêles. (JoiKV., S. Louis, p. 64, Capperon- 
nier.) 

Et ai'enchoisonna et me dit que je n'avoie 
pa.-ï bien fet. (ID., î6., p. 86.) 

Qui de nous porra monter el ciel que il 
le porte a nous, et que nous le oions et 
aconiplions par œuvre, ne mismes outre 
la me'èr, que tu encheisones et die ? {Bible, 
Ui'utérou., XXX, 12, Itichel. 1.) 

Pur ceo qu'ils ne dévoient estre encheso- 
nez de bien pleder devant eux. {Stat. 
d'Edouard III, an ll, impr. goth., Bibl. 
Louvre.) 

ENCHOisoxos, ancuissunons, encoisson- 
neux, adj., qui a peur, qui prend des pré- 
cautions au sujet de quelque mal ; 

Le cors et le venlrail durement freiz aveil, 
li de 6un mal del flanc ancuissonoiis esteil. 
(GiBN., Vie de S. Tliom., Richel. 13513, f° 05 i°.) 

Au f» 25 v° du même texte on trouve la 
fonne altérée acensunous, qu'il faut peut- 
être lire ancesunous : 

Li mans del llaunc le prist, jur et nuil li dura, 
Acensunous en ert, ot souvent le greva. 

— Qui expose h he.iucoup de périls : 
L'ardor de luxure, lequel est un encoi- 

sonneux pechié. (Laurent, Somme, ms. 
Troyes, f" 129 v».) 



104 



ENC 



ENCHOisTRE, aiichoistre, encoistre.aài-, 
exprime l'idée de grossier, de laid, de 
mauvais : 

Lors porent les lignices croislre. 
L'une fil bone, l'autre enchnisire. 

(EvBAT, Bible, Richel. 12i3", f U r°.) 
De sor les .-vu. cherans ot torsees les testes, 
Celcs as Sarrasins sont encoixires et laides, 
Mais celé as crestiens fa tonte la pins bêle. 
(Mol, Riche!. 2551G, P IW.) 
Cel Tilain ivre, cel enchoistre. 

(G. DE CoiNci, Mir.. ms. Brnx., T 182*.l 
Tant lordarz filain, tant rncoislre 
El tant tolart avoit en Ini 
Que poi amez ert de nului. 

(ID., ili.. f° ISfi''.) 

Tant lonrdas vilain, tant enchmstre. 

(iD., il:, ms. Soiss.. f° nî"».) 
Botes la hors ce fol vilain. 
Cel vilain yvre, cel anclioislre. , 

a. Lem\kchant, Mir. de N.-C, ms. Chartres, i 
f° i9^) 

Uns conrtois, nos de boio afnire 
■Vaut miels ke .c. vilain enenislre. 
(Du Vilain n'en gouste, Richel. 1-21"1, f 13 r".) 
Si ot de mors si grant plenlé 
Des paiens ki furent encoisire 
C'on n'i pot crestiien connoisire. 

OlousK., Chron., 8609, Kciff.) 

Mais toi le virent si encoixlre 
Que ne la porent reconnoislre. 
Et li bobierl et li vilain 

Disent que c'iert li qoens a phin. ! 

(ID., ib., 21769.) 

Car cil niesdiroient d'un roi, \ 

Tant sont fol et nin.he et eneoislre. 1 

(BinD. DE CoND.. li Cmles dou dragon. 200, 
Scheler.) 

Se cil sel nalnre conoislre 
De vilain félon et eneoislre, 
El lont çou k'il doit par nature 
Faire cl dire. 

CId., li Dit des hiraus, 381.) 

Ne set nient de celé afairc. 
Quer plus est euturle et enchoisire 
Qne n'est moijne norri en cloistre. 
(Chasloirm. d'un père, coule xvii, Biblioph. fr.) 

KNCHOiTE, voir Encheoite. 

BN'f.HOMKn, - ommer, verbe. 

_ Act , frapper, blesser : 

Le siippliaul frapa d'un petit coustfl 
Hobert le Quien Aenx coups en batereau, 
- et Veiichoma a plaie ouverte et sanc cou- 
rant. (1430, Arcb. JJ 184, pièce 96.) 

— Réfl., être frappé, s'affaisser : 
Comme le soldat, lequel yvre s'cncliomme 
Sous les vapeurs du vin qui l'abbal et l'as- 
[somme. 
(CuASSiGN., Ps., i.ixvn, éd. 1613.) 

r.Nc.HooiR, voir Encheoir. 

KNCHOPER (s'), V. réfl., broncher : 
Hz avoient flecbi les tendres branches 
des bois, le bout d'eu haiilt fiché eu terre 
fermement, la tige dehors deux piez, par 
tele façon qu'impossible estoit a aucun 
cheval y traverser, sans soy enchoper et 
chenir. [Tri. des 9 preux, p. 34% ap. Ste- 
Pal.) 

ENCHOSER, encoser, v. a., blâmer : 
Et chascuns le pape eiieosa 
Quant tant de bons clers desposa. 
(A. DE LA Halle, li Jus Adan, Coussemaker, 

p. 314.) 



ENC 

Pour ce se li raestre m'enehose 
We lairai mie que ne face. 
(,G. DE Coisci, ilir., ms. Soiss., f iS''.) 

Mes se nn\s m'enehose 

Je direi que jou fis a force. 
(Pe\n GATl^■EAD, Vie de S. Martin, Prol-, Bour- 
rasse.) 

Et li poeples Venchosoil e li disoit k'il se 
teust. (Maurice, Serm., ms. Florence Laur., 
conventi soppressi 99, f" 14° ) 
El tex darriers Venchose 
Qui devant parler n'ose. 

(Poet. fr. av. 1300, t. I, p. 261, Ars.) 
Moult le ledeoge et moult Venebose. 

(Fabl. d'Ov., Ars. S069. f G6'.) 

ENciiosTE, voir Encoste. 

ENCHOTURE, S. f. ? 

Esmundons noz cuers et noz corages de 
tote enchotlire, et si aurons lo saint esperit. 
(.Maurice, Serm., ms. Poitiers 124, f» 26 r».) 

EXCHOUMECHIER, VOir E.NCOMMENCIER. 

ENCHRESMER, cncremer, v. a., oindre 
du saint chrême : 

Une colombe vint qui aporta une am- 
poule en son bec de laqnel li arcevesqucs 
encrema le roi. (Vies des saints, Richel. 
20330, f» 27''.) 

ENCi, voir Issi. 

ENCIERKIER, VOir ENCERCHIER. 
EXCIERYR, voir ENCHERIR. 

ExciES, encieux, ences, enchies, encheus, 
voir AiNçois. 

ENCiJiBOiRE, emc, s. m., boite, écrin 
qui renferme la crosse : 

Pour avoir fait traire une grant crosse 
en papier selon celle du Sépulcre avec 
Vemcimboiie. (1410, Arch. hospit. de Paris, 
II, 163, Bordier.) 

ENCiR.'ViLLiER, v. 3., couper en mor- 
ceaux : 

Lesquelles escuelles le suppliant enci- 
railla et mist a pièces. (1438, Arch. J.I 187, 
pièce 177.) 

ENCIRE, ansire, s. f.. toile imbibée de 
cire : 

Item pour la venue de madame la du- 
chesse de Berry pour aller a .Montpensier, 
faire faire certains chassitz aux fenais- 
trages dudit chastel pour les ansires de 
toilles sirees par defanlt de verrerie. (1-113, 
j Compte de Jean Avin, reneoeur général 
i d'Auvergne, ap. Lahorde, Emaux.) 

1. ENCis, ancis, anchis, s. m., meurtre : 
Et les guerres et les encis. 

(Parton., Richel. 19152, f° 127''.) 

i — 11 désignait spécialement le meurtre 
j d'une femme enceinte ou de l'enfant 
qu'elle porte : 

De traison ou de ancis. {Etabl. de S. 
Louis, I, CLXXV, p. 324, var., VioUet.) 

Ne en murire, ne en traison, ne en rat, 
ne en encis. (Ib., II, viii, p. 343.) 

D'arsure l'en prant mort, et d'encis. (De 
jost. et deplel, xvili, 24, § 20, Rapetti.) 

Encis si est quant l'en fiert femme en- 
ceinte, et elle et l'enfant se meureut. {An- 
cienne coutume d'Anjou.) 



ENC 

Qui frappe femme enchainte, si que le 
fruit de son ventre en soit péri, que les 
saiges appellent crime de anchis, telz doi- 
vent estre ti aisnez et pendus, tant que mors 
soient et estranglez. (Bout., Somme rurale, 
2' p., f» 67\ éd. 1486.) 

2. EXCI.S, emcis, - iz, - incis, part, passé, 
.taillé, coupé : 

Que, a huit jours d'icy, circnncis 
Il soit en son prépuce incis. 

(Mi.il. du viel lest., 92.Ï3. A. T.) 

Lesquelles entrées sont faictes artifîcieu- 
sement en roch emciz. (D'AUTON, Chron., 
Richel. 5082, f» iOS r».) 

Entre le rochier enciz de la niontaigne 
et le bort de la mer. (Id., t6.) 

On voit à Lyon le rocher de Pierre 
Encize. 

ENCisEiiENT, S. m., incision : 

Si l'un en l'autre entièrement 
Que n'i aperl enciscmenl. 
We jointure, n'ovrai{;ne feite 
Qui vos peiist estre retraite. 
(Ben., l). de tiorm., 11, 24027, Michel.) 

ENCisER, ensiser, \. a., couper : 
Lequel Aymeri en tirant a lui ensisa le 
petit dov d'icelle Jehanne Dupont de ladite 
serpe. (1399, Arch. JJ 154, pièce 163.) 

Le dit prevost... disoit qu'il auoit bastu 
et ensisé les dois de Guillemet le Maire, 
(1406, Justice de la Chastetlenie deJanville 
ap. Le Clerc de Douy, Arcb. Loiret.) 

— Encisé, part, passé, découpé : 

Moult en sa robe desguisee, 
El fu moult riche et encisee, 
El decopee par coinlise. 

(Rose, 849, Marteau.) 

I ENCisEUR, S. m., celui qui taille, qui 

émonde : 
I Esbrancbeur, enciseitr. (Trium Ung.dict., 

1604.) 

ENCISEURE, -Mre.enc/i.. s. f., incision, 

entaille : 

Bien i perenl les mailles (du samit) très parmi 

H'encisure. 

(Th. de Kent, G«(<" iM/w., Richel. 2436.1, r>17r».) 

U y a arbres ainsi comme sapins petiz, 
et les encisent d'un coustel en pkiseurs 
liens ; si que par celle enniseure giettent 
l'encens. (Liv. de Marc Pol, cxc, Pauthier.) 

lUec il Irova Venchiseure de la bosse. 
(L. DE Premierf., Decam., Richel. 129, 
f 153 vo.) 

Puis le pourfens (le cerf) par dessus la 
jambe tout au long, depuis ton encisure 
jusques a la hampe. {Modus, f" 21 v», 
Blaze.) 

Et le doit pourfendre ou la pointe du 
coustel par dessus la jambe tout au long, 
depuis son enciseure jusques a la hampe 
on poitrine. {Le bon Varletde chiens, p. 40, 
Jouaust.) 

ENCiTEJiENT, encMU, s. m., action 
d'inciter : 

Perrece si fait molt de maus; car ele 
esveille les enchitemens des visces. (Li Ars 
d'Amour, II, 51, Petit.) 

ENCizELÉ, - elle, ensizelé, part, passé, 
orné de ciselures ; 



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ENC 



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D'argent (ioni et cnsizelê. (1360, Invent, 
du D. d'Anjou, Laborde.) 

Deux flncnns d'arsent, dorez, en façon 
de rozes demy encizellees a iinij esniail de 
Nosire Seianeiir qui s'iippariit a la Mapda- 
lene. (1380, Jnv. de Charles V, 1284, La- 
barte.) 

Une autre petite coupe dont le pié est 
cizellé et U'hinnap plain pardehors et en- 
cizellé par dedans. (6 mars 1383, Compt. 
du R. René, p. 192, Lecoy.) 

ENCLAïKciR, voir En'clarcir. 

EXcLARCiK, anclarsiet, part, passé, 
éclairci, écl.iiré, au propre et au flg. : 

Se pprt Gir. ne Ge. Ion seoeit 
Jamais mon cner ne verrai anclaraift. 
(Les Loh., Richel. 162-2, f° 188 v».) 

r.NCLARCiUj - sir, enclaircir. enclersir, 
ancl-, verbe. 

— Act., éclairer, éclaircir : 

Fiçons dont nos oils en no propre nature 
ki a vraie lumière, et iloiit nos enclnrcira 
li soleus de nostre entendement. {Li Ars 
d'Amour, II, 311, Petit.) 

Ainsi en avient il au cbanieleon : caries 
parties semblables a la couleur attirent a 
soi l'humeur aqneus et clair, dont les 
autres couleurs sont enclairciex. (Le Blanc, 
Trad. de Cardan, (" 201 v», éd. 1336.) 

— Fig., faire briller la joie, la consola- 
tion dans : 

Serenet et auienet, enrUircit et embellit. 
(Gloss. de Nerk. ms. Bruyes, Scbeler, Lex., 
p. 91.) Var., endersilh. 

Et plus enbelist et enclarsit mon cuer et 
enlumine. {L'Orloge de sapience, Maz. 1134, 
1. I, cil. 8.) 

— Fig., expliquer, débrouiller : 

Cest mot, succession, emporte tout, et 
enclarcist ladicte renonciation. {Coût, de 
Berry, p. 303. LaTbaumassière.) 

— Neutr., s'éclaircir : 

Vit le tempz embelir et enclarsir. (S. 
Graal, Richel. 2433, l'" 129 r».) 

En cest tens suntli jur e la nuit d'une 
lonpur ovels, li cors d'ome encla[r]cist, 
l'air enbelist .. Secr. d'i4riS(., Richel. 517, 
f» 131=.) 

ENCLARiR, V. a., rendre brillant, illus- 
trer: 

Ances a si le nin s'amie 
EaluniiDë et cticlari... 
(G. DE Coi.NCi, Mir., ras. Bruï-.r'lOO''.) 

ENCL.ARSiR, voir Enclaiicir. 

ENCLASTRE, VOlr ENCLOISTRE. 

ïTNCLAVEMENT, S. m., enclave : 
Ouquel lieu viudrent pareillement ledit 
duc de Brabaul et la dauie de Haycnau 
etPhelippe de Bourgonpne, conie deChar- 
rolois, et nobles et [jrelalz, avecques ceulx 
de Gand et autres bonnes villes de toute 
la conté de Flandres, des appartenances 
et enclavemens. (Monstrelet, Cliron., 1, 
137, Soc. de l'H. de Fr.) 

ENCLAVENERox, S. m., cheville : 
Plancque et seuiilet portant doumielle 
et chanfrain, y compris .xxci. enciavene- 
rons. (1310, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 



ENCLAVEURE. - vuve, S. f., enclave : 

Respondenl que la terre de la tombe 
n'est point enclavée et... ainsi ne venra 
pas en Venclavctire. ^1398, Gravas jours de 
Troyes, Arch. X 1> 9183, f° 26 v°.) 

Pais d'Aucerrois et Tonnerrois et encla- 
ticî/re.s d'icenl.x. (Saortt 1436, Décl.du D.rte 
Bourg., Cart. de S. Germ., ms. Au.xerre 
140.) 

Les nobles et bonnes villes de tonte la 
conté d'Artois, et aveequesles ressors et 
enrtnveures dicelles. (Monstrelet, Cftron., 
I, 137, Soc. de l'H. de Fr.) 

Consnoistre de tous cas rovaulx et anl- 
tres choses procedans des bailla<;es, pays, 
lieux et enclacures dessusdiz. (Id., ib., II, 
187.) 

Quant a l'agencement, les uns ont Ven- 
clavenre et queue du fer avec son arrest 
plentee dans l'ente ou haste du bois. (Da- 
lesch., Chir., p. 347, éd. 1370.) 

— Droit de passage pour aller à une 
enclave : 

Vues, egouts, cloaques, entrées, issues 
et enclaveures, et autres droits de servi- 
tude, ne s'ajquerent par longue jouis- 
sance. (CoMt. lie Calais, clxxii, Nouv. 
Coût, gén., I, 12\) 

— Enchaînement, état réel des choses 
dans leur rapport de cause à effet : 

A la iîn que par celuy on peust savoir 
la vérité et Venclavnre de leur convenant. 
(Frciss., Chron., XIV, 230, Kerv.) 

ExcLAviERE, S. f., enclave : 

Le duc avoit ja aulcunes difficultés pen- 
dans en question entre le roy et ly, tou- 
chant enclavieres de terres el de seigneu- 
ries. (G. Chastell.. Chron. des D. de 
Bourg., III, 44, Buchon.) 

EXCLAviNNÉ, adj., recouvert d'un cla- 
vain, d'un plastron, d'un matelas de cui- 
rasse : 

Cote ot mnull bonne, plus bêle ne verrez, 
D'un drap tnutynde qni fu a or frezez 
A .1. lyoa vermeil enclaimné. 

(Gajrfon, GiSS, A. P.) 

EXCLEXCQ, voir Esclenc. 

ENCLEXGEMEXT, VOir E.XCLI.NEMENT. 

ENCLEnsni, voir E.nxlarcir. 

ENCLEVE, S. L ? 

El saint Bon on l'en fiert enclrve. 
(1270, ErjUs. cl moiiast. de Pari:,, Bordier, p. 21.) 

L'éditeur écrit en cleve, qui n'est pas 
plus clair. 

EXCLIGXER, voir ENCLIiNER. 

ENCLiGNiER, v. a., fouiUer, examiner: 

La maison ont bien enctif/uiec, 
One lor oil inles p:irz voloient. 
(De llaimel et de Barat. Richel. 191j2, f» 52 ï°.) 

1. ENCLIN, -yn, S. m., inclination; 
action de saluer en s'incllnant : 

Cil l'en mercient et font parfont enclin. 

(Les l.nh., ms. Berne 113, f IT; ms. Montp., 

1» 'M'.) 
Gentilz homs estes, chascun d'ans li a dit ; 
Helvis l'oi, chascun list .i. enclin. 

(II,., Ars. 3U3, i" 12'.) 



Il lo salnenl, si li firent enclin. 

(III., Vat. Urb 373, f 19=.) 
Les îjnnz enclins et les sainz. 
(G. DE CoiNCt. Mil ., ms. ."^oiss,, f° 30».) 
.S'un vilain fait nne arroupie 
On an enclin devant s'ynini;e... 

(th.. ih , l'on'.) 
Anbcris l'oit, si l'en n f.lit enclin. 

(Auii. le ni'urg.. p. 120, Tobler.) 
Si prist cnnjîîet de Bnliin, 
Et Dlarol me fisl enclin 
De mer fin. 
(1. DE Cambrai, Bartsch, Itom. et past.. III, 
48,73.) 

Si li foit bel enclin. 

(Rnin. d'AsprcmonI, Romv., p. 8.) 

Enclijn de moyne. 
{Prov. dcl rilain, Bnl. Mus. Arundel 229, F 303.) 

r.eu'lues et nnnnains. Filles Dien el Béguines, 
Font mains diiers enclins en plolant !enr>i eschines. 

(Dtl des Mais, Jub., Ntnir. Rc, 1, 185.) 
.lordain vint a Karlnn, et parfont l'enelina. 
Et aprez rel enclin te conKict deuiamla. 
(Hisl. de Ger. de Blav., Ars. 31 H, f" 189 r».) 

Lui lit un grant eviiin. {l.iv. de la Conq. 
de la Marée, p. 371, Buihon.) 

Envers .Ihesus oit feit nn biel enclins. 

{PaMon. Itoiuv.. p. 2fi.'> 

Puis iront avec liiunilité devant le con- 
fesseur, liiy feront un enclin fort b.is, les 
mains jointes, et les yeux en terre. (Fa. DE 
Sal., Directuir., art. xi.) 

— Disposition : 

Je feray pour conclusion cette remarque, 
qui ne desplaira, conme j'espère, a ceux 
qui sont touchez d'un nuillfur enclin en- 
vers l'Eglise culholique. (l'ASQ., Rich., ni, 
2.) 

2. ENCLIN, fliic//»,, ailj., incliné, baissé, 
bas, qui penche, qui s'incline : 

Li cmpereres en tnt snn chicf enclin. 

asol.. 139, Muller.) 
Demain veres les grans rôles venir. 
Les grans coupajines sor les hianies enclins. 

(Les Loh., ms. Berne 113. f° i'i'.') 
Fromons les voit, si tint le cliicf enclin. 
(Car. te Loh., 2'chans., v, p. 148. P. Paris.) 
Lors sospire don cuer, la chiere Unlancline. 
(1. Boi>., Sa.v.. CXLV, iMicliel.) 

S(l Oert amnnt al belme enclin. 

(Slorl du roi Cormond, 18:i, Schcler.) 
El vint .«or frain le heaiune enclin 
Por miex mettre Or.-nil a ■lei-iin. 
(IlnoN DE SIert, Toinoiement de l'Antechrisl, p.iS, 
Tarbé.) 

Tint lou chief anclin. (Lancelot, Richel. 
734, f» 21>.) 

Devant li me vois enclin mell'e. 
(Un Mir. de N.-D., de la fille du roy de Hongrie, 
Th. fr. au m. d., p. 508.) 
Et n'y avoit celuy des saintz Thebeiens 
qui ne se presenlasl le chef enclin pour 
fouflrir la mort. (Iîoucuaru, Chron. de 
Brel., f» 23", éd. i532.) 

Et semble le créateur nous avoir donné 
celle forme droicte que u.uis avons, tout 
ex|ires pour plus facileni>nl re;;iuiler au 
citi, laissant lu plusiuiit des autres bestes 
courbes et enclines a la terre. (.\Ikl. DE 
Painct Gelays, OEuv , m, 208, Bibl. elz.) 

— Renversé par terre : 

Parmi son hiiume va ferir llnseetin. 
Que Hors et pieres en lait avnl anclin. 
(Les Loh., r.icbel. IG 2, f 157 V.) 

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— Triste : 

N'osent parler por la roine 

Qne tant voient morne et encline. 

(Parlon., 5089, Crapelel.) 

— Soumis, assujetti : 

loi .XX. mille Tnrs qn'a lai furent enclin. 

(CheiK au cyi/ne, '30%, Reiff.) 

Femme aveit bêle a celé feis, 
La fille al rei Malathlin 
A ki Mithe esteit enclin. 

(Conq. of Irel., 11, Michel.) 
An roi fit la cilé encline. 
(Siège dcjerm.. Brit. Mus. addit. 15606, f° fi^) 

Onqups ne fut rois plus doté 

Ke fu cesl rei de ses vaisins, 

Trestuz les fist vers soi enclins. 
(G. Gaimau, Chron , ap. Michel, Chr. ani/l.-n., 
I, 49.) 

La terre avomes encline. 

Dunt ne savoms le noum dire. 

Ne si nnqes avoit sire. 
(Des Graunz jaianz, Jnb., Nouv. Bec, II, 365.) 

— S. m., sujet, vassal : 

ftne dans Gaillanmes tient tel terre de mi 
Por qu'il doit estre mes hom et mes enclins. 
(Les Loh., ms. Montp., f° Hî'.) 

ENCLiNABLE, adj., enclin, disposé : 

Ainsiue otroi ge destinée. 
Que ce soit tlisposicion 
Sous la predestinacion 
Ajoustee as choses raovables, 
Selonc ce qn'el sunt enclinables, 

'Rase, l'/740, Méou.) 
Com les bercliiers soient plus enclinables 
a entendre par resons que par antoritez. 
{Evastet Blag., Richel. 24402, f" 52 v.) 

— Qui prête l'oreille : 

La pieté des .ini. tribuns et l'engin de 
Ortensius qui lu tant enclinable a leur 
justes prières furent moult agréables aus 
pères et au plèbe. (Bersuibe, T. Liv., ms. 
Ste-Gen., f°81''.) 

ENCLINANCE, S. f., Inclination, pen- 
chant : 

Et parce apert ke ceste enclinance natu- 
rele suppose k'amour par amours est faite. 
(Li Ars d'Amour, 11, 150. Petit.) 

Venclinance de malle a femiele. (Fb., I, 
168.) 

ENCLiNANT, adj., enclin, disposé : 

Me promet le grant foison 
De graus déduis dont je sni desirans ; 
Bien i doi estre encUnans 
Et faire chanson. 
(Chans., ras. Montp. H 196, f° 364 t«.) 

ENCLiNAT, enclenat, s. m., enclume: 
Omnes opperantes ad martellum supra 

incudam seu enclinaz. (1368, Plaid gen. 

de Lausanne, Doc. de la Suisse rom., VII, 

360.) Commentaire : enclenaz. 

BNCLiNEE, s. f., Inclination, action de 
saluer en s'inclinant : 

Lors regarda le ciel et fist Dien enclinee. 

{Cher, au cijgne, 20891, Reifl.) 

Se gent vont contre luy et sy font enclinee. 

(U., 12670.) 

Borguignon l'oient, si 11 font enclinee. 

(ÀumonI et Agrav., Richel. 2495, f° 118 v».) 

A Ini s'en sont venuz, se 11 font enclinee. 

(Ihsi. de Ger. de Blav., Ars. .S144, P» 152 r».) 



A le pucelle fist une douche enclinee. 

(B de Set., ni, 543, Bocca.) 

Et quant Gaufrois le voit, si li fist enclinee. 

(li., I, 476.) 

Qnant Bertran le choisi, si li &st enclinee. 

(Cuv., du Guesclin, 424, Charrière.) 

1. ENCLiNEMENT, adv., en inclinant, 
obliquement : 

Oh\iqne, enclinemeni. {Gloss. de Couches.) 

2. ENCLiNEMENT, euclengement, s. m., 
action de s'incliner : 

Que est la pensé del juste se li arche 
non del Testament ki s'encliuet cant li 
boef ki la portent scancilhent ? Car a la foiz 
mimes cil ki bien est desor les altres, cant 
la confusion des sogez poples lo hurtet, 
soi commuet solement del amor al des- 
cendement de pieleit. Mais eu ce ke li 
sage piement fout, quident li mal sage 
Venclengement de force estre trebuchè- 
ment. (Job, Ler. de Lincy, p. 475.) 

— Action de saluer en s'inclinant : 

Si lit le chevalier un enctinement , et 
puis se présenta devant les juges. (0. de 
LA Marche, Mém., 11, 4, Michaud.) 

— Fig., inclination : 
C'est naturex enclinemens. 

(Rose, 5794, Méon.) 
Enclinement, pronitas. (Gluss. gall.-lat., 
Richel. 1. 7684.) 

Faire ne se peult aullrement, 
Dienl ilz, car rnclinement 
INalure donne a pf'chié faire. 
(I.EFiiANC, Champ, des Dam., Ars. 3121, f 64°.) 

ENCLiNEu, - yner, - ignei; and., verbe. 

— Act., abaisser : 

Et sera corbee et anclinee la hautesce 
des hommes. (Ms. Ars. 52U1, p. 336».) 

— Réfl., baisser : 

Le jour s'enclinant desja. {Sexte J. Fron- 
tin. II, 1, ms. Luiv. 1, 1. 1, 107.) 

— Se soumettre : 

D'amors sospris m'en vais vers la tonsete 
Et se li dix : Aineis moy, suer doncete, 

A vos m' enclin, 

Lotaul amin entPrin 
Aureis en moy, suer doucete. 

(F'asior., Belle Aelis, ms. Berne 389.) 

— Fig., condescendre, acquiescer : 

Li rois s'enclina a celle prière. (Froiss., 
Chron., 11, 351, Luce, ms. Rome, f» 78.) 

— Neutr., baisser : 

Jai estoit li jors endigneiz. (S. Bkrn., 
Serm., Richel. 24768, f» 5 r».) 

— Pencher, tendre : 

Le roy des Parthes estoit en double de 
se resouldre en quelle part il debvoit plus- 
tost encliner. (Amyot, Vies, Lucullus.) 

Et encore au commencement du xvii" 
siècle : 

Tes mutineries n'endinent qu'ata cheute. 
(1622, la grande Division arrivée entre les 
femmes et les filles de Montpellier, Variét. 
hist. et ait., t. Vil.) 

— Condescendre, acquiescer : 
EncUnans as supplications et prières des 

parties. (1313, Sent, du bailli d'Amiens, 
Ab. du Gard, Arch. Somme.) 



En inclinant a la dicte requeste. (1382, 
Prieuré S. Samson, Arch. Loiret.) 

— Se diriger vers : 

Nous, ballis dessus nommes, enclinas- 
mes et alasmes es lieus dessus diz. (1308, 
Arch. JJ 40, f» 55 r-.) 

— Act., saluer : 

Li reis païens parfundement Venclinet, 

{Hol., 974, MuUer.) 

Et un des bues ki la fu pasturant 
Vous enclina parfont et douchement. 

(Raimb., Ogier, 10965, Barrois.) 

L'eniperere le baise, et li valles Y encline. 

(J. Bon., Sac, lxxiv, Michel.) 

L'amirail humblement encline. 
(Flaire et Blanceflor, 1° vers., 2808, du Méiil.) 
Ou que il voit Guion, parfont l's encline. 

(Gui de Bourg., 27fi2, A. P.) 

Et qnant Guis l'entandi, forment l'an enclina. 
(Ib., 2219.) 

Corloisement le roi salue 
Et les barons et la reine 
Et desq'en terre les encline. 

(Dolop., 6514, Bibl. eh.) 
Si no le salue a'encbjne. 
(Sarrazin, Rom. de FFam, ap. Michel, Flisl. des 
ducs de Norm., p. 326.) 
Il voit enmi lieu de la carole .i. molt 
biau pin, et a cel pin pendoit .i. escu, et 
tout cil de la carole enclinoient chel escu 
quant il encontre venoient tout ausi come 
il feissent .i. cors saint. (Artur, ms. Gre- 
noble 378, f 71''.) 

Li abes Venclina et li dist.... (Li Contes 
dou roi Coustanl l'Emper., Nouv, fr. du 
XIII» s., p. 13) 

D'iex D del clef ['encline adies. 
(Jacq. d'Amiens, Art. d'Am., ms. Dresde, 1091, 
Kôrting.) 

Messe oient la, le saint enclinent. 

(GuiART, Roij. lign., jOlS, Buchon.) 

Mesîre Durmars al partir 
IVe se pot de plorer tenir. 
Plus de cent fois le lieu encline. 

(Durm. le Gai., 5195, Stengel.) 
Pois viennent a Doonj si Vont bel salufi. 
Comme leur droit sepnor bonnement encline. 

{Doon de Mnience, 597^, A. P.) 

— Neutr., s'incliner profondément, sa- 



Li menus pueple a eulz encline. 

(Rose, ms. Corsini, f» 78'.) 
Bien quidoit tôt li monde li devoit encliner. 

(Desir. de Rome, 84, Groeber.) 
Si n'i ot onques celui n'enclignest a la 
baniere. (Hist. de Joseph, Richel. 2485, 
f • 204 r».) 

— Encline, part, passé, qui penche : 
Et tost chiet on en ce a quoi naturement 

on est encline. {Li Ars d'Amour, I, 167, 

Petit.) 

ENCLiNEUS, adj., enclin, disposé : 
Et Nostres Sires, qui savoit 
Que fragilitei d'omrae estoit 
Trop mauveîse et trop périlleuse 
Et a pechié trop enclineuse — 

{Rom. du S. Graal, 179, Michel.) 

ENCLiNouER, S. m., la miséricorde, le 
support en forme de cul-de-lampe pra- 
tiqué dans une stalle de chœur, au-des- 
sous du siège, et se relevant avec lui : 



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EncUnouer, incliuatoriura. {Gtoss. gall.- 
lal., Richel. 1. 7684.) 

ENCLOANT, euclowant, s. m., enclos : 

Mais li acille ne doit mi estre enclqivanz 

de Decessiteit, inaix maisimz de paix. (Li 

Espistle saint Bernard a Monl Deu, tas. 

Verdun 72, f» 16 v.) 

ENCLOEMENT, S. iH., coutenu, sens 
caché : 

Les peres l'ot, mes n'entent mie 

Que la parole seuefie, 

CuiJe que le die por bien. 

Monlt le loe, mais ne set rien 

Que celle enclôt a la parole 

Mirra qui set Yenclofiiient 

N'ose son père reginier ; 

Ouanl de pttié le vit plorer. 

De son meiïet se tient curpable. 

(Fa»;. d'Ov., Ars. 5069, 1° 131^.) 
Lors Myrra qui de pylié ouyt son père 
parler entendit V encloerhent de ses paroles; 
si ne l'osa plus regarder, et se tint de son 
meffaict eoulpalile. (C. .Mansion, Bihlioth. 
des Poet. de melam., f' 106 v», éd. 1493.) 

ENCLOER.v.a., attacher avec desclous: 

Les mains li lient par devant. 
A corroies en sont nouées 
En .1. baston bien encloees. 
(Geff., .VII. est. du monde, Richel. 1526,f»103''.) 

— Eiicloé, part, passé, garni de clous, 
ferré : 

Des bastons encioes. 
(LesPass. du roi Jhesu, Ars. 5201, p. lîi"».) 

ENCLOEi'R, encloour, encloueur, s. m., 
celui qui ferme d'une clôture ; 

Inclusor, qui puclost, encloeur. (Catholi- 
con, Richel. 1. 17881.) 

Inclusor, inclusorius, encfoottr. (Gloss.de 
Salins.) 

Inclusor, cris, encloueur, celui qui clôt. 
(Voc. lat.-fr.. 1487.) 

ENCLOISTRE, aiicloislre, encloystre, en- 
closlre, enclastre, eiiclatre, s. m., enclos, 
lieu fermé.ce qui sert à fermer : 

De treis altres murs fud li temples avi- 
runez, e après chescuu devers le temple 
ert uns apenliz cume enc.loistres sur co- 
lumpnes levez. {Rois, p. 281, Ler. de 
Lincy.) 

Ja meismes les enclostres de la char 
trespassoil par contemplation. {Dial. St 
Grey., p. o, Foersler.) 

E dient que cpo ne puet estre 
Que Den volsist de femme oestre 
Ne qne il tant s'uiuiliast 
Qu'eu tel encloistre se musçast. 
(Joies Nostre Dame, Hicliel. 19523, «"89.) 
Chapel fonnt lever, encloyslre carpenter. 
(Chron. de P. Langtoft, ap. Michel, Chr. angl.- 
norm-, 1, lit.) 

Une caiere a enclastre bien viese. (1424, 
Bouai, ap. Mannier, Commanderies, p. 683.) 

— Enclos d'un monaslére, le mon'astère 
même : 

Dedanz Vencloistre s'est U abes assis. 

(A/or/ de Garni. 20, du Méril.) 
Si funt processiun deJenz en cel encloistre. 

(Charlemagne, 821, Koschwilj.) 
Les encloistres, les religions, 
Les saintei" habitations 
Des evesquiez. 

(Ben., D. de Norm., I, 835, Michel.) 



Ivre s'en eissi del celier 
Par Venclois/re vers le raostier. 
(Adgaii, Mir. de N.-D., Brit. Mus., Egerton 61Î, 
f» 14^) 

En encloistre ou on crient luxure. 
(Thib. de Marlt, Vers sur la mort, xxxi, Cra- 
pelet.) 

Et cascnos s'en ala fuiaot 
En Venctoslre de maintenant. 

(MousK., Cftron., 1102, Reiff.) 
Par offecines et par ancloislres 
f.nnrda pur tout et sus et jus. 
(Don Tumtienr, Richel. 1801, f" U2 v".) 

En Vencloslre Saint Amé. (1264, Acte dev. 
les échev., Arch. mun. Douai.) 

Dedens Vencloistre estoit une voie ou 
estoit li sepulcrez saint Jeroime. {Cont. de 
G. de Tyr, ch. xi, var., Hist. des crois.) 

Hors des pareys del muster et del en- 
cloystre entur. (Chron. d'Angl., ms. Bar- 
beriui, f» 36 r».) 

A celle court ot bien li roys vi° cheva- 
liers seans en salle et en l'enclostre (de la 
maison des frères Mineurs). (Froiss., 
Chron., Il, 115, Kerv.) 

L'église Saincte Wandrut, qui est église 
de damoiselles d'eneloistre. (Mathieu n'Es- 
COUCHY, Chron., 1, 347, Soc. de l'H. de Fr.) 

— .Sans nul encloistre, sans respecter 
nul enclos, sans que rien n'arrête : 

Se Panalois se sont compris 
De gaster le roial pourpris 
Tout a bandou sans tml enclastre 
En defoulaut joncs et mentastre. 

(Pasioralet, ms. Brux., f° 48 r°.) 

— Compartiment : 

Ung dressoir a ciel a deux enclatres. 
(1521. Inv. de Franchois de Meleun, Société 
des Ant. de Morinie, 102' liv., 1877.) 

ENCLOisTREMENT, S. m., actiou de 
cloîtrer : 

Ces deux cncloistremens firent mal vou- 
loir les moynes ;> Bourdeaux, et mesdire 
d'eux. (Chron. bordelaise, ii, 126, J.Delpit.) 

ENCLORE (s'), V. réfl.. S'engager : 

Allas I cum laidement s'encloent 
Dedenz si pesme traisun ! 

(Ben., D. de Norm-, II, 660, Michel.) 

ENCLOS, enclouz, adj., inclus : 
Ainssint monte li premiers mois encloses 

les armeures, 18 liv. par. (1314, Ord., xi, 

429.) 

Compris et enclouz les salaires et des- 

pens des hommes... (1522, Trav. exécutés 

d Brou, ap. Baux, Hist. de l'Eglise de Brou, 

2» éd., p. 420.) 

Cf. Enclus. 

1. EXCLOSE, eselose, s. f., cercle dans 
lequel on enveloppe ; 

Les .T. batailles ont estroites ; 
We portent p.as lor lances droites 
Ne de droit front ne s'encontrerent, 
Mi'S tôt par sens les encontrereot 
Tant c'une enclose lor ont faite 
Don de maint cors ont l'arme traite. 

Ulhts, Ars. 3312, f» 100\) 
Deci a euls resne ne tienent, 
A une enclose les sorpreunent. 

Ub., f 104''.) 

A une eselose les souprendent. 
(Var. indiquée dans la copie de Ste-Pal.) 



Saiutonge, enclouse, enclos. 

2. ENCLOSE, s. f., recluse^ nonne : 
Tous les collèges et religieux de la dite 
ville^ tant de chanoines comme de moines, 
de mendians et de encloses. (Gr. Chr. de 
Fr., Chari. V, cv, P. Paris.) 

Cf. Enclus et Enclusk. 

ENCLOSEMENT, adv., inclusivement : 
Lequel temps l'église représente de 
l'advent jusques a la nativité Nostre Sei- 
gneur enclosement. (Légende dorée, Maz. 
1333, f» 15''.) 

Jusques en le fin du mois de février der- 
rain passé enclosement. (Accord passé entre 
l'échevinage d'Amiens et l'Evéque, ap. A. 
Thierry, Monum. de l'hist. du tiers état, I, 
727.) 

ENCLOSEL, encloziel, s. ni., dimin. 
d'enclos : 

Le quemin de Vencloziel. (1555, Lille,ap. 
La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

ENCLOSEURE, - ure, s. f., enclos, en- 
ceinte, clôture : 

Saciez bien qu'il voroit estre a son enchsure. 
(Hisl. de Ger. de Blav., Ars. 3144, f 254 r".) 

Nus ne gete ordure dedens les enclosures 
des masieres de le vile. (1270, Beg. aux 
bans, Arch. S. -Orner AB xvili, 16, ni>138.) 

Si devons livrer le manoir... bien rete- 
nu de couverture et d'enclosure. (1318, 
Arch. JJ 56, f» 219 r°.) 

Il rentra dedans Vencloseure as sains 
arbres. {Estories Rogier, Richel. 20125, 
f" 247''.) 

Mercnrius, cedist ii escriptnre. 

Trouva premier 
La belle flonr que j'aim onltre mesure ; 
Car en menant son beslail en pasture. 
Il s'embati dessus la sépulture 
De Cephey, de quoy je vous figure ; 
Et la cuesi dedens Vencloseure 
La doulce flour dont je fai si grant cure. 
(Froiss., la Flour de la manjhente. Ricbel. 830, 
f 72» ; Scheler, v. 87.) 

— Terme de droit féodal : 

Enclosure est, si les terres ou les tene- 
ments sont issent encloses que le seignior 
ne poyt vener deius les terres ou tene- 
ments pur distreyne. (Littl., Instit., 237, 
Houard.) 

ENCLOsiN, s. m., petite clôture : 

.XVL piez d aisselle de blancq bos pour 
un enclosin au devant de l'orloge. (1419, 
Trav. pour lebeffr. de i}etft«jie,ap.LaFons, 
Art. du Nord, p. 103.) 

ENCLOSTHE, voir Encloisïrk. 

ENCLOSTURE, encloture, englouture, s. 
f., enclos, enceinte, clôture : 

Et Tout souvent par Venclosture 
Ki molt estoit laide et oscure, 
K'il sont venu a une goufe 
U chascuns son nés i estoupe; 
Tonte Venglouture empuoit 
De la fumée k'en issoit. 
(De S. Jehan Pauhi, Richel. 1S53. f 423 t".) 

Les enclostures de la cervele. (Secr. d'A- 
rist., Richel. 571, f 130*.) 

Lesquels sont teuanz au uianoirde ladite 
église et en Vencloture d'icelui manoir. 
(1344, Arch. JJ 75, 1° 103 v».) 



108 



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Le coniipstnble de France faisoit ouvrer 
et cliarpcnter en Bretai^me Venclostuie 
d'une ville et lout de liojs prant et pros 
pour apseioir en Angleterre on il leur plai- 
roit quant ilz auroieut prinse terre pour 
les seigneurs louier et retraire. (FROIbS., 
Chroit., Riihel. 2ii4.ï, f» 126».) 

L'abbeesse et eouvenlde l'ealise du Pa" 
raclit tiennent aduiorty soubz le roynostre 
sire leur esplise et abbaye, jardins, vingne, 
près, eaues et aulnnis contenans .lvi. 
journelx de terre, et toute Venclolttre. 
\Denombr. des baill. d'Am., Arch. P 137, 
f» 129 C.) 

Item a esté faict reparer au lieu de Soii- 
vigne uns beau logis neuf, tous les murs 
et enclostures avecqucs les granges. (1473, 
Doc. inedils sur Comynes, p. 187, Fierville.) 

En Venr.lolvre duquel (temple) il entra. 
(FossiîTiEH, Citron. Marg., ms.Brux. 10510, 
f» 170 r».) 

Au corps et endosture de ladite ville. 
(1498, Ord., xxi, 139.) 

Et eussent en borreur de avoir seuUe- 
meut regardé de loing le circuit et enclos- 
ture des choses saiuctes, (Boubgoing, Bat. 
Jud., IV, 17, éd. 1530.) 

Laissans leurs clievaulx hors Yenclosture, 
le gentil homme feit entrer le duc au jar- 
din parle petit huys. (.Marg. D'Atia.,Hept., 
Lxx, Jacob.) 

Apres que César eut achevé son enclos- 
tlire et eut faict en sorte que on ne povoit 
gecter dardz dans la ville, tortifia son 
camp. (E. de Laigue, Comm. de J. Ces., 
P 17S r°, éd. 1539.) 

La pierreuse enclosinre 
Qui remparoit li-s naus. 

<Ja»iï.\, Iliade, xvi, éd. 1S7".) 

,1e me trouve en une encloslure de mu- 
railles, au dessus d'une moutaigne exposée 
atousventzet injures du ciel. (Lett. de 
Marie Sluart. à .M. de Muuvissiùre, 6 sept. 
1583. Labauoff.) 

ENCLOTER, verbe. 

— Rdfl , s'enfoncer dans un trou : 

Les juineus en celle nois et glace pourrie 
se tooiUoieut et aucune foys y perdoieut 
les iex, et aucune foys se enclotoient si 
parfondement qu il y demoroient. (Ber- 
SUIRE, T. L'w., ms. Ste-Geu., f 182''.) 

— Neutr., dans le même sens : 

Qui veut avoir bonne gareune de con- 
uilz, il les doit cbascier deux ou trois 
lois la sepmaiuuc, elles faire encloter, car 
autrement ilz vuident le pays. (Citasse de 
Gast. Phebus, p. 49, ap. Ste-Pul.) 

On trouve dans Monet anclolir, cnclolir, 
sa jeter, se cacher dans son terrier/ dans 
son caveau. 

EXCLOTURE, voir Enclosture. 

ENCLoucHEn, V. 3., exclter, pousser : 
Si tu i'encloaclies, or si tu le embouches, 
il te vauldroyt mieulx aller une lieue a 
mes all'aires. — 1 ])rompte one, as scolers 
do truandes, or whan they tell Ibem wliat 
they bhulde suy. Je eiiclouclie, prim. couj. 
If tliou prompt bym thon were better go 
a myle on myne errande. (PalSGR.WE, Es- 
clairc, p. 6B7, Géuin.) 

ENCLOUÉ, part, passé, enclavé : 
Leurs héritages eiic/owez et situez au fi- 
nage de S. Bris. (12 jauv. 1393, Cli- de 
Ck. VI, ap. Lebeuf, Hisl. d'Auxerre, uouv. 
éd.) 



— Emprisonné ; 

J'euz a Paris prison fort înliamaine, 
A Ctiarlres fuz rioiicerneiit eiicloné. 
(Cl. Marot, l'oés., II, 166, Cli. d'Hérlcanlt.) 

ENCI..OUSTUÉ, part, passé, encastré : 
Lequelle espine estoyt enclouslree en 

ung beau vessel d'or. (Cabm-, Voy. d'oul- 

tremer, p. Si, La Grange.) 
Une grant pierre carrée enclouslree ou 

mur. (1d., ib., y. 10b.) 

ENCLOWANT, voir Encloant. 

EXCLOYER, V. H., devenir grosse : 

Le commun peuplt; ciiydoit qu'elles (les 

fées) fussent fei-s, et ne mourussent pas,... 

et qu'elles encloijoieiU de pur air, parleurs 

conjurations et par leurs enchantemens. 

(Perccforest, vol. I, 1'° 97'', éd. 1528.) 

EXCbmiEL, endumeau, englemeau,&.m., 
dirain. d'enclume : 

Ung englemeau et trois pondions barré 
pour les bourgeteurs .Ix*. (Les lablelles, 
les jetons, les poinçons, les marques, li-s en- 
seignes et les mesures des éclu-vins et des 
corps de méliers de la ville de Lille aux 
\\\", xv et xvi° siècles, Bullet. du comité 
de la lang. et de l'Iiist. de la France, 111, 
633.) 

Souffre quand tii seras eticluiiicuu 

Et frappe quand seras inartPau. 
(Gabr. Meubier, Seul., ap. Ler. de Linc.y, Prov.) 

— Fig., frapper sur les endumeaus, 
pratiquer l'amour : 

Car je ne puis martel lever 

Pour les excès, et pour l'ardure 

Que j'ay eu de trop marteler 

Un jeune temps, prins m'a froidure. 

IN'olz ne scet les maux que j'endure, 

ISo fraper sur tes enclrtmiaux, 

Tant cora j'ay fiit, doulx jouvenciaux. 
CE. Desohamps, Balade des hommes anciens regret- 
tans leur pouvoir de fo-itier perdu par vieillesse, 
Uicbel. S40. f" 4S3\) 

EXCLUS, S. m., reclus : 

Tôt sont encltts et herraite. 

I Vers de le mort, Richel. 3"5, f 335''.) 

Cf. E.NCL0S. 

EXCLUSE, S. f., couvent de reclus ou 
de recluses : 

Elle donne a l'endMse Nostre Dame trois 
sols. (Août 1328, Test., Arch. Douai.) 

Le biel livre qui fu Venduse de nostre 
dame, le livre de le Roze et le livre du 
Trésor de science. (17 août 1382, Test, chi- 
rog., Arch. Douai.) 

Cf. Enclose. 

ENCLUsio.x, S. L, obstruction : 
Comme mociou devant mausier attrait 
chalur a l'estomach, ausint est ele après 
mangier unissante, car donc descent la 
viande besquite as parties foreines del es- 
lomach, e de ce naissent enclusions e 
autres maus. (Secr. d'xlnsf., Richel. 571, 
f 131».) 

ExcocHEURE, S. f., manière de gref- 
fer : 

La seconde manière (d'enter) est quand 
deux ceps de vigne se touchent : car lors 
il faut encocher de biais et a mode de 
pied de chèvre les deux sarments qu'on 
veut joindre du coslé qu'ils se regardent 



l'un l'autre, et que Vencocheure soit jus- 
ques a la moelle, a la charge que les tailles 
soient faites au contraire l'une de l'autre. 
(Du PiKET, Pline, xvii, 15, éd. 1366.) 

ExoocHiÉ, part., dressé, habitué : 

Atant la vielle s'est courhie 
Qui de mal faire est encochie. 
(GiB. DE MoNTR., la Yiotette, 613, Michol.) 

ENCOEUH, voir Encceur. 

ExcoFKixER, V. a., enfermer dans un 
coffre : 

Cest exploit friid il priot tout a conp fin. 
En son rolin mort si l'eiu-o/lina. 
(Jeh. Mol.net, l'airt et dicli. p. 163, éd. 1311.) 

ENCOFREURE, S. f., faculté d'enfermer: 

l.e cornet en prend fdes cornes) sa rondeur, 
Et l'escritoire sa lonpupur. 
Et les plj.'nes tour denteleure. 
Et leurs estuils leur en.nfienre. 
(Remï Belleau, Poés.. 1, 99, Gouverneur.) 

EXCoGNOiss.^NCE, S. f., mécoHnais- 

sance : 

Adjoustez a tout cecy l'imper-feclion des 
instruments sur lesijuels est fondé le 
commencement de l'astrologie ludiciaire, 
ainsi que Ptolomee le nous apprend, es- 
tant malaisé que tels instrumens ne soient 
imparfaits en quelque chose, si que de la 
moindre faute qu'on trouve en eux s'en- 
suit une très grande encognoissance du 
cours du ciel. (CnouT.KVs, les Apresdinees, 
VIII, f" 306 v, éd. 1387.) 

ENCoiGNiERj-coJiijne'.-foiiffner, verbe. 

— Act., placer dans un coin : 

Mais si seront ilz encoignez 
En quelque coiUi.'. 
(Mgst. de la Pass., t° 81 r°, Paris, Alain Lotrain, 
s. d.) 

— Placer sur la corde de l'arc, en par- 
lant d'une flèche : 

Puis misirent les mains a les ars, et 
encongnenl les sajetis. (Voy. de Marc Pot, 
c. cxxiii, Rou.x.) 

— Réfl., se jeter dans, se précipiter 

sur : 

Hues de Troies en mi les Turs s'encoigne, 
Fiert .1. piien estrait de Cateloii-'ne. 
(Ade.vet, Enfanc. Ogier, Ars. 314-2, f° lOi".) 

— Aboutir en angle : 

Y asseaut quelques pièces d'artillerie, 
et faisant batterie par le costé dont la 
ceinture ou courtine se venoit encoingner 
avecques celle qui est au dessous d'icelle 
moutaigne. (Du Bell-^y, ilém., liv. VII, 
1" 226 vo, éd. 1569.) 

— Enco:gnié, part, passé, pourvu aux 
angles : 

Un" autel de pierre de liaiz encbassillé 
en bois rouge et ennoigné de cuivre doré. 
(1488, Malrol. de S. Germ. VAux., Arch. 
LL 728, 1° 67 v».) 

Encoingné de cuivre doré. (/6., f" 81 r".) 

.... Et feuitleux clnpiteau 
Gentement eueongné d'helique volutean. 
(ScEVE, ihcrocosme, m, éd. 1362.) 

ExcoixçoN, voir ESCOISÇON. 
ExcoiNT, enq., adj., lié de connais- 
sance : 



ENC 



ENG 



ENC 



109 



J'ai malere 
Qni si pries me tnoce et me joint 
Que pour ce di qn'e'lo me point. 
Que nous sommes plus pries qa'etiqiioinl. 

C'est chose rlere. 
(Froiss., Poés., I, 3U.315*, Scheler.) 

Cf. ACOINT. 

ENÇois, ensois, voir Ainçois. 
ENCoisiEU (s'), V. réQ., se tenir coi ' 

Or de cel olroi moiilt li poise, 
Et li rois dist que il s'encnisc, 
Car ee que en ronvent leur a 
Ce disl loianmenl leur lenra. 

(Ade.net, Cleom., Ars., 311-2, f° 8'.) 

ENcoissoN, voir Enchoisox. 

ENCOISSONNEUX, VOIT ENCHOISONOS. 

ENCOisTRE, voir Enchoistre. 

ENCOisuRE, S. f. , sorte de redevance, 
dont la nature est expliquée dans le pas- 
sage suivant : 

Sont ti'uus payer chacun manant d'i- 
celle terre, et paroisse, ausdils religieux 
de Saint Waast, chacun an, une poulie^ 
et deniy sros, que on a dit encoisure, dont 
sont quiets ceu.^ qui ont héritages charges 
de terraiges et tous les eschevins regnans; 
et ceux qui n'ont nulles bestes allrntes 
au inaretz sont quiclz du demy gros d'en- 
coism-e, et ainsi en est usé. {Coul. d'En- 
neulin, Nouv. Coût, gén., I, 437''.) 

1. ENCOLER, - oUer, V. a., accoler : 
De joie Vencole et cnbrace, 
(Chrest., Eree et En., Richel. 375, f° 1"'.) 
Toz les osles roche e solace, 
E tuz les encolf e enbiace. 
(Dit (luBesaut. liichel. 19o'2ii. f 110 ï°.) 

— Passer autour du col : 

Bien lesenchauce Hervis li baichelers, 
El poÎD» le branc et l'escu encolé. 

I.Les Lùh., Uichel. 19160, f 38=.) 

El poing le branc et l'escut encollé. 

(Ib., f 7I^) 

Je TOUS prie, aydez a m'encoller ceste 
louaille. — I pray you, helpe lo put the 
towell aboute niy necke. (Palsgrave, 
Esclairc.,p. 676, Génin.) 

— Fig., entourer : 

Et a aus deux bouts de la dite nef, a 
chacun, un paon assiz sur une terrasse de 
vert, encolez autour d'une couronne d'ar- 
gent doré. (1120, Pièces relut- au régne de 
Ch. VI, t. II, p. 364, Dùuël d'Arcq.) 

De colonne plus grande, et aossi encolee. 
(ScEVE, ilkrocosme, ni, éd. 1S62.) 



2. ENCOLER, V. a., coller ? 

Ledit compaignon (peintre) sera tenu 
achecter et avoir agréable ce que les mi- 
nistres lui ordonneront par escrint pour 
faire son dit chef d'œuvre; et fera faire 
son tableau de bon boys bien sec, et sera 
encolé et blauchy bien et deuement, et 
puis pourlraict et esbauchéde coulleurs a 
hi.yle. (1496, Ord., xx, 564.) 

ExcoLEURE, eucouleure, encolure, s. 
f., isthme, détroit : 

C'est comme une langue ou une encou- 
leure de terre assez raisonnablement large. 
(Amyot, Vies, Alex, le Grand.) 



Il se nieit a vouloir fermer de muraille 
Vencouleure de ceste demie isle. (1d., ib., 
Crassus.) 

Vouloient tous que l'on se retiras! au 
Peloponese, et que l'on assemblas! toutes 
les forces de la Grèce au dedans de Ven- 
coleine d'iceluy. (In., (6., Themistocles.) 

Vencoleure de ceste péninsule. (Langue, 
D/sc, Bâle 1387, p. 433.) 

Se disait encore au dix-septième siècle : 

Eacolure, istlimi', détroit de terre. (Mo- 
NET, l'arallele des langues, Rouen 1632.) 

Encoleure de terre ou de pais. (Duez, 
Dict. fr. all.-lat., Amsterdam 1664 ) 

Encolure, isthmus. (Fr. Po.mev, Dict. 
fr.-lal., 1664.) 

ENCoi^LECTuuE, S. f., coUet ; 

Faire une encollecture au col et plusieurs 
aultres pièces qu'il convient faire et res- 
souldre. (Procès de condamnation et de ré- 
habilitation de Jeanne d'Arc, publ. par J. 
Quicherat, t. V, p. 223.) 

ENCOLORER, -ourer, encoul., anc, v.a., 
colorer, relever la couleur de : 
Si vil .XXX. galies isnelement noer. 
D'une voiles moult blances, nus hommes ne vit 
(sa per, 
A une crois vermeille por raex encolorer. 

(Chev. au cyr/ne, 1, 2530, Hippean.) 

— Fig., présenter sous un aspect favo- 
rable : 

Si escripsi la comtesse au roy engles 
lettrez moult alleclueuses. ensi que bien le 
seult faire, et messires Gantiers de iMauny 
ossi pour mieux aprouver et eticoulourer 
les besoingnes de la damme. (Fboiss., 
Chron., Il, 402, Luce, ms. Amiens.) 

Ces cappittainnes, pour encoitlourer et 
enbellir leur guerre, euvoiierent de par 
yaulx tous certains messaiges deviers le 
roy dan Piere d'Espainyne, que il volsist 
ouvrir les pas de son royaumme et aminis- 
trer vivrez et pourveances as pèlerins de 
Dieu. (1d., ib., VI, 336, Luce^ ms. Amiens.) 

— Encoloré, part, passé, coloré, qui a 
de vives couleurs : 

Plus fresche, plus encoloree 
Que n'est la rose quant est née. 

(Ben., Traie, vas. .Naples, t° S'-) 
Et si ert pins encoloree 
tjue n'est en mai la matinée 
Uose de novel espanie 
Quant la ro>ee l'a moillie. 

(Perceval, ras. Berne 113, f 993.) 

Li plnsors sont si enfumées (taiges) 
Que toutes nont enculorees. 

(Eteocle et Potin , Kichel. 375, f° 50''.) 
Une puciele i vint qui ert encoloree. 

(.Itoum. d-.Ui.c, l" 5iS .Michelant.) 
Et ce li avenoit moult bien 
Qu'ele iert .1. petit esploree ; 
S'en fu plus bel encoloree. 

(Dohp., 944. Bibl. elz.) 
Le vis et encoloré. 

(Je,in Erart, Chans., Richel. 844.) 
Abat sa guinple de son nés, si li pert li 
vis qui moult ert fres et encolures. (Arlur, 
ms. Grenoble 378, f» 93^) 

Roze ancohree. 

(Les .XV. Joes N.-D., ms. Troyes.) 

ENcoLORiR, encoulorir, encoulourir, 
v. n., se colorer : 



As chiefs des r.-iims cressent blez, rever- 
dissent prez,flurissent e enrolorisscnt fliirs 
{Secr. d'Arist., Richel. 571, f° 131=.) 

— Encolori, part, passé, coloré, qui a 
de vives couleurs : 

Maint hranc d'acier de sanc encolnris. 

(Lei Loli., ms. Berne 113, f 24».) 
Sor le vert herbe enalorie. 

(Perceval, ms. Berne 113, i" 110*'.) 
Targe a or encoutorie. 

(Raum. ifMi.i-.. C 31^ Slicheiant.) 
Blanche a la char, clere et encotorie. 
(IIerb. Leduc, Foiilq. de Candie, Hichel. 25518, 
f» 128 t".) 

Au bien hasler fiert Auberi el vis, 
Del sanc vermeil fu tons encoulniiris. 

(.\uberi, p. 9, Tobler.) 

ENCOLPAMENT, VOir ENCOLPE.MENT. 

ExcoLPEMENT, - olpamenl , - orpe- 

mer.l, - oupemenl, s. m., accusation, faute, 
crime, tort : 

Et qui puet penre jugement 
Sens respon»i del enconpemrnt. 

(l'ionmcnl, Richel. 792, f» 45'.) 
Sens re.-^pondre à'encorpement. 

(Ib.. Richel. 15101, C 10G^) 
Et qui puet faire jugement ? 
Sanz responJre lYcncntpamenl. 

(Ib., Richel. 333, f" 38».) 

E.MCOLPER, - oulpcr, - iilper, encorper, 

- eir, - ourper, - urper, - oper, - ouper, 

- uper,- onpper, anc, verbe. 

— Act., accuser, inculper : 

Que nuls uem ne puscet esire encolpet, 

si cil non chi dreit i ad. (Connu, du xil° s.. 

Cérémonial d'une épreuve judiciaire, Bibl. 

de l'Ec. des chartes, 4» sér., t. 111, p. 236.) 

Ki de forfait fust enculpeiz. 

(Brut, ms. Munich, 4163, Vollm.) 
Por ce ne doit nus hom blasmer 
Autrui alTaire a'encolper. 

(Marie, Ysopet, Richel. 19132, 1° 18''.) 
Et il en eut puis apellez 
iNe de traison encovpez. 

(Flurimonl, Richel. 792, f^ 45'.) 
En cort en seroie hiasmez 
Et de traison encorpe^. 

(Ib., Richel. 137i;, f -li''.) 
Hoc Venciipa li reis gentils 
De quantque il aveil mcspris 
Envers lui. 

(Conguest of Ireland, 2637, Michel.) 
Cui eschevin encouperout par droit en- 
coupes sera et cui il en delivn ront par 
droit délivres sera. (1211 , Chartre de 
Louis , fils aine de Pli. Aug., pour les 
Bourg. d'Arras, TaiUiar.) 

Et Vsengrins a droit Vencope. 

(lienart, I, p. 183, Marlin.) 
N'ariies garde de ce jour en av.int. 
Se traissoos ne vous va encouponl. 

(Iluon de Bord., 1211, A. P.) 
Ore poez avant passer 
E un autre jovcue encasser 
De vos paroles, se beau vus est: 
Del encHper estes tut prest. 

(CuAHURV, Petit plct, 241, Kocb.) 
Mains gentiz bon est a tort eacorpez. 

(Caijdon, 381, A. P.) 
Me voles d'un blasme encoper 
Dont je me sai bien descoper. 

(Durmars le Gallois, 14315, Stengel.) 



110 



ENC 



ENC 



EiN'C 



Bian frère, a toi me faz coafes, 
Encorpé sui d'uo aalel fes, 
Taot ai ea teotation 
Que j'ai lait fornication. 

(Kt« des Pères, Richel. iSlll. f -l'.) 
Encorpez siti d'un autel fes. 

(là., Ars. 3641, f» 2=.) 
Ainsi par sa folie enconrpe 
Celé qui n'a el meffet conrpe. 

(Compl. d'amour, Richel. 8,37, f" 362'.) 
Quatre viex hommes debrisies 
Que défaut de force encoupoit. 

(GuuiiT, Roij. lign., yoil. W. et D.) 

Des faus cas dont 1: mauvais envieus 
l'encorpoient sauz raison. {Chron. de b.- 
Den., ms. Ste-Gen., f» 33".) 

De quel larrecin m'encorpes tu donques? 
(16., f° 45".) P. Paris : m'encoulpes tu. ? 
J'ainme trop mieus estre encoupee 
Que ma Jam e en fost diffamée. 

(Couci. 3639, Crapelet.) 
El prie pour ma coupe 
Qui encor me griere et enconpe. 
(mal. de S. Greg., ms. ETrenx, r> 130''.) 
Mais qui bien se gardast à'estre plus encoupee. 
\Ch. du Honssigneut, f 4'', ms, Avranches 241.) 
Elle estoit encbainte; et en encoupoit on 
plus de ce fait le sif;nHur de Morteuier que 
nul autre. (Froiss., Ckron., I, 83, Luce.) 
Me pourroyeut encourperàt: vice. (C'îist. 
DB Piz., Charl. V, 2° p., ch. 18, Michaud.) 
Ne soit nuls qui encoulpe autruy que 
moy. {Trahis, de France, p. 22, Chron. 
belg.) 

L'iniquité des vicieux prestresn'encouipg 
en rien l'iuiuiunité des saincts temples. 
(A. Chart., l'Esper., OEuv., p. 308, éd. 
1617.) 

En enculpant la pucelle. {Hist. de Gilion 
de Trasignyes, p. 151, Woll.J 

— Réfl., se rendre coupable ; 

£t celle qui ne s'encouppa 
Le mond coupable descouppa. 
(Anii Clauiianus, Kichel. 1634, P -21 y".) 

- Encolpé, part, passé, accusé, et covi- 
pable, trouvé coupable, en faute : 

Mes cil doit estre moult hais 
Qui est de tel blasme encoupet. 
(GoiLL. i,F. VitiiER, Andrieu Contredis, ap. Maetiner, 
Allfr. Lieder, p. S5, et Romv., p. 383.) 

Il ne se deffendit mie, 
Car il se sent encopes. 
(HUET nE \.\ Fr.RTÉ, Poët. fr. av. 1300, III, 
1135, Ars) 

Enco'ipes. 

(Id., Richel. 12613.) 
.... Quant el se sentent 
De quexque forfait encolpees. 

(Rose. 18338, MéoD.) 

Entouppees. 

(M., Vat. Ott. 1212, f» 135".) 

Furent trouvez aucuns qui estoient en- 
curpez de ces choses qui erent défendues. 
(G. DE Tyr, IV, 22, Hist. des crois.) 

Por demostrance qu'il n'estoit pas an- 
carpez dou pechié. {Vie saint Brece, Ri- 
chel. 988, f» 237".) 

Et celui cui on troveroit encorpeit li 
treze le doient faire ajourneir dedans brief 
jor. (Mai 1.3U0, Cart. de Metz, Bibl. Metz 
751, f» 4 r«.) 

Encoupes de fausseté et de trahison 
(Froiss., Chron., III, 38, Luce. 



Et seroye joyeux que du fait ne feussiez 
encoulpee, dont Lucion vous mect sus. 
{Hist. de Gilion de Trasignyes,^. 152, Wolf.) 

A tort estoit encoulpee. (Gérard de Ne- 
vers, II, XVII, p. 82, éd. 1723.) 

— S. m., l'accusé: 

Li amis de Vencoupé volt son ami excu- 
ser. (Kassidor., ms. Turin G II, 17, f''35 v».) 

ENCOLPEUR, - upeur, s. m., celui qui 
accuse : 

Si plai funt en la curt le rei, ço est a 
saveir en Hustenj;, et Vencupeur nu me 
testemonies devant défense, ices testemo- 
nies sant perduz par la lei de Luudres. 
{Lois de la cité de Lond., Brit. Mus. add. 
14232.) 

ENCOLPOIER, - pier, encoup., v. a., 
accuser : 

l't celle s'esbahist, un poy se hontoie. 
De la honte qu'elle ot tout le vis l> rougoie. 
Et con plus s'esbahist, el on plus Vencoupoie. 
(Rester du Paon, ms. Rouen, f° 44 v°.) 
Et pour ce qu'il mescreoit sa femme, 
pour li piirgier ou encoupier, li fist bouter 
le bras en la fontaine. (Compas, de la 
sainte Escriture, Richel. 425, f" 153.) 

ENCOMBATRE, euconbalre, anc, (s'), v. 
rén., combattre : 

Mes li seintisme ber 
S'enconbati ades et par lui délivrer. 
(Garnier, Yie de s. T/iom., Richel. 13313, 
f 39 v'.) 

Veant moi en a .il. ocis. 
Ht demain ocira les quatre, 
Se je ne truis qui s'anconbale 
A lui por mes filz délivrer. 

(Chev. au lyon, 3858, HoUand.) 
Cors a cors vos enconbatistes. 

(Parlon., 9246, Crapelet.) 

ENCOMBLER, V. a., combler : 

Et kant .\îois et Symeus ses peire virent 
qu'il furent sor la chemise monteis, si se 
redotereut moult durement que s'il afon- 
doient qu'il n'afondexent en la mer, et ne- 
pourquant a quilque poinne il passèrent 
avant et monterereut sorlacostured'un des 
pans de la chemise, et lors fu si encom- 
fc[i]ee, que plus n'en i pot chavoir. (Si Groa/, 
III, 363, Hucher.) Impr., ancombee. 

— Enterrer: 

Portez le corps (d'une femme morte en 
accouchant) et l'enfant en celle mon- 
taifîue si que elle v puisse estre encomblee. 
{Miroir hislorial, Maz. 337, f» 247 v».) 

ENCoMBR.\GE, - aigc, s. m., difficulté, 
obstacle, empêchement : 

La glorieuse Dame, ou Dix prist aombrage, 
Ele me puist veiigier de ce mal encombrage ! 
[Chev. au cijgne, I, 933, Hippeaa.) 

Forment doute ses homes que n'en ait encombrage. 

(Enf. God., Richel. 12338, f« 45".) 
Puis que son corps en propre personnaige 
Fnl destourbé par ung fauli encombraige 
De bault esploit de EVaples se chevir. 
(Le Maire, Plaincle du Désiré, ç. 403, éd. 1348.) 

ENCOMBHAXCE, - ancke, s. f., difficulté, 

obstacle, empêchement : 

Gardez moi A'encombrance. 
(V A B C N.-D.. Richel. 837, f» ITO*».) 
Sire, Dieus vous gart d'encombranche. 
(J. DE CoNDÉ, dou Cheval, a le manche, ms. Turin, 
f 34''.) 



Qui dolent est ne sert que A' encombrance . 
(Ch. d'Orlea.ss, Poé»., 1, 58, d'Héricaolt.) 



Ja n'auroie an cner ire n' encombrance. 
Se je a vostre amour poroie venir. 
(Blond, se IVeelle, Chans., Il, ms. Berne 389.) 

— Emprisonnement : 

Que il alassent avant en ladicte enquesle 
a la délivrance ou encombrance dudit Je- 
han. (1349, Arch. JJ 78, fST v».) 

ENCOMBRE,-«m6)-«, s. 01., lleu couvert; 
représenté par un nom de lieu : 

E tui i portent pels e croces 
En la lande, suz Bel Encumbre. 
La sailent e juent en le ambre. 

(Tristan, t. II, p. 100, Michel.) 

Cet ancien nom de lieu est mentionné 
dans XeJoitrn. des Yisit. d'E. Rigaud, p. 17, 
Bonnin. 

ENCOMBREMENT, - cumbremcnt, - kun- 
brement,engonbrament, angombremant, in- 
gombremant, s. m., embarras, empêche- 
ment, difficulté, inconvénient, mal, dom- 
mage : 

As Flamens croist .i. grans encombremens. 

(Les Loh., Richel. 4988, f" ÎSO''.) 
Ja n'i aarez encumbrement. 

(.Marie, Lai d'Eliduc, 196, Roq.) 

Quant li plusiir eotendentk'untquisl'^Hfrunér^ffieH/ 
L'arcevesques Thomas, mut en furent dolent. 
(Garn., Vie de s. Thom., Kichel. 13513, f 30 r".) 

Estroite est la voie, et cil qui esteir 
welt est a encombrement a ceos ki welent 
aleir avant et ki désirent esploitier. (S. 
Bern., Serm., p. 567, Ler. de Lincy.) 
Hai ! laisse, fait elle, com dur encombrement/ 
Tant por mon cheti cors sont eu tel mariment. 
{Garin de ilongl., Vat. Chr. 1517, 1° 4".) 
Li rois respont ; Signor, veez 
Mon duel et mon encombrement . 

(Dolop., 3367, Bibl. eli.) 

Mes oignemenz est bons... por clapoirre, 
por ru d'oreille, por encombrement de piz. 
(RuTEB., l'Erberie, Richel 19132, f 89'.) 

Ne puissent james mètre empeeschement 
ne encombrement en nulle manière. (1296, 
S. Vinc, n" 64, Arch. Sarthe.) 

Tous autres encombremenz et empesche- 
menz. (1317, Arch. JJ 53, f' 77 r».) 

Sans nul engonbrament. {Voy. de Marc 
Pol, c. IV, Roux.) 

Por ce se gart chascun tiran 
De non faire angombreman 
A nus homs meudre de soi. 
{Hercule el Phiicminis, Richel. 821, f 2''.) 

Qe il le gart de ingombremaul. 

(/*., r'3'=.) 

— Emprisonnement : 

Comme Perrot Queveron de la petite 
pree eust esté pris et mis en prison nostre 
très chier et très redoublé seigneur Mons, 
de Valois a Gaillefontaines pour la soupe- 
çon de la mort et de l'occision Mons. 
Jourdain le Françoys, prestre de la pree. 
Et sur ce nous,vouîans garder la coustume 
du pais, a nostre entente eussiens entendu 
a la délivrance ou encombrement faire du- 
dit Perrot Queveron. (1320, Arch. JJ 60, 
1» 5 r«.; 

ENCOMBRER, - cir, - umbrcr, - onbrer, 
ancombi cr, ancumbrer, ingombrer, verbe. 



ENC 



EN G 



ENC 



Hi 



— Act., charger, embarrasser, gêner ; 
Se li diables nos viielt encombrer par 

pecié. (Maurice, Serm., Richel. 13314, 
f» 15 r°.) 

Il se délivra ainsi et de sa femme et de 
sa mesnie et des choses qui encombrer le 
peussent, pour passer plus delivrement 
par la terre que li Turc tenoient. {Trad. 
fr. de Guill. de Tyr, ms., 1» lOO.ap. Cappe- 
rounier, Gloss. de S. Lotiis.) 

Et d'iceux cent souz de mançois de rente 
il chargent et encombrent celé dite pièce de 
vigne. (1292, l'Epau. Arch. Sarthe.) 

Et chiescune (chose) por le tout le dit 
vendors charce et encombre a touz jourz mes 
de la dite rente. (1324, Beaulieu, ib.) 

Tant iron aprez li que il li mesquerra 
On que aucun nieffet son cors enc^mberra. 

{Doon de Maîence, 3419, A. P.) 

— Absol. ou neutr., paraître lourd, 
peser : 

A haute montée le fai.x encombre. (H. 
Est., Prec. du long, franc., p. 304, Feu- 
Sère.) 

— Act., en parlant de choses morales, 
gêner, charger, souiller, entacher : 

Par nul aveir ne volt estre encombrez. 

{Alexis, st. 19**, xi* s., G. Paris.) 
Las, malfeJnt, com esnies encumhret. 

{16., st. 124".) 
Si cum pecchiez Vencumbretf 
L'anme de lui as vifs diables dunet. 

(Roi., 36iG, Mûller.) 
Mes tôt ades a sei les lire 
La vaine gloire et le délit 
De cest mnn'le, qni les ocit, 
Et qni les plus sages enconbre. 
(Gdill., Besl. div., 300, de .\ptalos. Hippean.) 

Li hom sages eschive délit por ce que 
il encombre et eœpesche l'intellect. (Brun. 
Lat., Très., Il, 37, Chabaille.) 

Quai peçé nos ingombre. 
{Honcev., ms. de Venise, Romv., p. 12.) 

Les biens vons dirai et le nombre 
S'a nombrer Sathan ne m'encombre. 
(Eglis. et monast. de Paris, p. 27, Bordier. 
Las, trop ay esté foie fanie, 
Dont j'a^ monlt enconbree ra'ame. 

(Pass. N.-S., Jub., Uijst., Il, 145.) 

L'omme encombre le mariage de sa 
femme quant il fait en quelque manière 
qu'elle en est dessaisie. {Coust. de Norm 
f° 192 r», éd. 1483.) 

— Empêcher, faire obstacle à : 

.V ton service faire nnle riens ne va' enconbre ; 
Mius aira jon ten service que par la calor orabre. 
(Roum. d'Alix., t° ■19'', Michelanl.) 

Ke ceste devise n'an soit de niant ancom- 
bree ne ampechiee. (Mars 1288, Testam., 
S. Sauveur, Arch. Mos.) 

Se aucun en après vodra encombrer ou 
aler encontre cest saint commandement. 
(1294, Stat. de S.-J. de Jér., rouleau, Arch. 
Bouches-du-Rhôue.) 

— Réfl., se charger : 

D'iceste honor ne m revoil encombrer. 

{Alexis, st. 38', xi' s., G. Paris.) 
Mes pnr ço ke nus péchâmes 
E de pechié nus encombrâmes 
Le nos estut espenir. 
(MiBiE, Pury. de S. Patrice, Richel. 25407 
I» 117^) 



Qai se aqnite ne se encumhre. 
(Prov. det Vilain, ap. Ler. de Lincy, Pror.) 

— Act., en t. de coût., hypothéquer : 
Cestui dons et transpors des héritages et 

censés dessus warantir a tous jours maix, 
se nous les aviens aillours encombreit. 
{1409, Hist. de Metz, iv, 665.) 

Des ce que la femme est en la poosté 
de sou mary il peut faire a sa volunté 
d'elle et de ses choses et de son héritage. 
Et ne peut riens vendre tant comme il 
vive ne encombrer en derrière de luy que 
il ne puisse rappeller. {Coust. de Norm., 
f° 192 V", éd. 1483.) 

— Passer avant, être prélevé sur : 

Et nulles nultres sommes ne puent sa 
somme devant dite encombrer, ne n'en de- 
vons, par nous serment, hommes ne 
femme entreporteir. (1282, Hist. de Metz, 
m, 226.) 

Il seroit enchaus en la somme ke li Treze 
desus dis i aroit mis, et en seroit cil Treze 
creus, et la leveroient et doubleroient, par 
lour sairemens, li maistres eschavius, et li 
Treze, et li conte juriet de Mes, tout ades 
de jour en jour a la requeste dou dit Treze, 
tant ke les cens seroient paiees de cens 
qui aroient delaillit de paiement, ne autres 
sommes ne poroient les ancombreir. (1287) 
ib., III, 232.) 

Ne autre sommes ne porroient ceste en- 
combreir. (1294, ib., p. 238.) 

Se nulz des eschevins ou li maistres 
eschevigz eschoient en nullez de ces 
sommes dessus dittes, li trezes les doient 
leveir tantost qu'il y seront escheus... que 
.nutres sommes ne autres choses nullez ne 
puient ne ne doient ces sommez encom- 
breir. (Vend. av. S. Sim. S. Jude 1315, 
Cart. de Metz, Bibl. Metz 751, f» 13 v«.) 

Ne autre somme ne autre damaigez ne 
porroient ces sommes ne ces damaigez 
encombreir. (1388, ib., f» 20 r».) 

Autres sommes ne aultrez dompmaiges 
ne pouroient celles sommes encombreir. 
(1431, //(Sf. de Metz, V, 235.) 

— Encomfcr^ part, passé et adj.; marmgc 
encombré, dot que le mari a aliénée, hypo- 
théquée ou non du consentement de sa 
femme. (Brus., Vs. des Fiefs, p. 932.) 

Le bref de mariage encombré avait pour 
objet de remettre les femmes en posses- 
sion de leurs biens ; assimilé aux actions 
possessoires, il devait être intenté par la 
femme ou ses héritiers, dans l'an et jour 
de la dissolution du mariage. 

E jura ladite Juliane, que en ladite pièce 
de terre aucune chose ne reclamera jaines, 
ne ne fera réclamer ne demander par li ne 
par autre por reson de doaire, de mariage 
encombré, ne de don por noces. (1286, 
Abb. de S. Georg. de Rocherville, Arch. 
Seine-Inf.) 

Renoncha a tout douaire et mariage en- 
combré. (1318, S. Taurin, Périers, Arch. 
Eure.) 

La dicte dame renoncha a tout douaire 
ou de mariage encombrez. (1316, ib.) 

— Encombré se disait au sens mor. pour 
signifier embarrassé, indécis: 

Lors s'asist l'empereres pensis et encombres. 
(Fierabras. 1863, A. P.) 

— Et fatigué, ennuyé : 



Car g'en seroie toute lasse. 
Et vous d'oir tous encombres, 
Aios qae ges eusse nombres. 

(Bo.se, 14108, Méon.) 

1. ENCOMBRiER, enconb-, ancomb., an- 
conb., encombrer, encvmbrer, engombrier, 
s. m., lieu obstrué, de passage difficile, et, 
par extension, difficulté, embarras, mal, 
'nconvénient, donjinage : 

Jhesns lor doinst et mal et enconbrier. 

{Les Lob., ms. Berne 113, f° e"".) 
A son chevet trouva nn branr d'irier. 
Li glous le prent, Diei li doinl encomhrier! 

(Car. le Loh., T chans., II, P. Paris.) 
Tel fais a suffrir li estnet. 
Ne Iruis lisant c'nnc chevaler 
Peost passer tel eiicrmltrer 
Suz cet senz eslre mort u pris. 

(Ben., D. de Norm., II, 85?, Michel.) 
Des lor doinst encumbrcrs.' 
(P. HE Thaun, Resl, 488, Wright.) Impr. encum- 
breres. 

Si grant e si plener, si mortel encnmbrer. 
(ID., i*., 963.) 
Maegans crei les lansengiers, 
>e sont qui fust ses encumbriers. 

{Brul. ms. Munich. 3657, Vollm.) 

Ki Deu doinst ni mal(e| aventure 
Va dur encnmbrer de sa vie ! 

(Tristan, t. II, v. 11, Michel.) 

Ci vient li rois Kallemainne au vis fier 
Por vos jeter de cest grant enconbrier. 

(Raimb., Ogier, 10'231, Barrois.) 

Pèlerin, frère, Diecs te gart A'ancombrier. 
(R. de Cambrai, Richel. 2493, f° H8 v°.) 
Aprez cel jor li crut grans encombriers. 

(Joiird. de Blanies, 32, Hoffm.) 
Ancor destruira il Hardré et Beranger, 
f't ceuz de Morillon cui Dex doint enconbrer ! 
(Partie, xiii, Martonne. ) 

Et prie Damedien, le verai justicier, 

Qu'il lor enfans garisse de mort et A' ancomhrier , 

{Gni de Bourg., 604, A. P.) 

Et puis l'ai commandé a Den le droiturier, 

Qn'i desfande son cors de honte et i'anconbrier. 

U'ioov., 174, A. P.) 

Pour trelonl le engombrier 
Che aie de mien cuisin. 

(Prise de Pampel., 304, Mnssafia.) 
Qne cîz maux et ciz encombriers 
M'est venuz par enchantement. 

(G. de Dole, Vat. Chr. 1725, i' 94'.) 
La peine e le grant encombrer. 
(Un Cbir. e sa dame, ms. Cambridge Corpus 50, 
f» 92'>.) 

Tu vairas Innlancombriers et tant anuis... 
(S. Graal, Richel. 2455, 1° 90 v».) 

Fist faire un pont de nés pour passer 

et rapasser sanz enconbrier. (Chron. de 
S. Den., ms. Ste-Geo., 1» ^18^) P. Paris, 
encombrer. 

Plus de mil Turs, Dex lDrdoi[n]8l engombrier/ 
(Roi., ms. Chàteanroni, f° 66 r", Meyer, Rec, 
p. 232.) 

E Irnhent molt mais pas e encombriers 
De ronces e d'espines e d'aiglentiers. 

(Ger. de Rossill., p. 3.S7, Michel.) 
Car se te conseilloie que tu preisses femme. 
Et il l'en avenoit encombrier ne diffame. 
Bien sai que maudiroies souvent mon cors e 
Im'ame 
(Dit de Ménage, 78, Trébntien.) 
Et estoit avis au peuple que il estoient 
quitte d'un encombrier et délivre d'un 
pesant faix. (Fhoiss., Chron., 11, 91, Kerv.) 



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Je dois bien maldire le jour de ma na- 
tivité quand par mnv receve? aninnrd luiy 
si mortel encombrier. {Girnrl rie BossiUon 
ms. de Beauue, éd. L. de Montille, p. 113.) 
Il ne venu pas que périssiez 
Ne que point A'euconkrier aiez. 
(g™ des Trois Boyi. Jnb., Mysl-, II, Hl) 
Car on doit maudire la bonclie 
Qui fait a son corps encomhrier. 
(Greban, Hhjsl. de la Pass., 2-25I.10, G. Paris.) 
Venus sommes du Vau de Vire 
En pellerinase a Saincl Gire. 
Jésus nous Rard d'ciicomlirier ! 

(Chans. tiorm., éd. l. du Bois.) 
Entre bouche et ciiillier vient souvent 
encombrier. l'our encombrier, aucuns disent 
destourbier. (H. Est., Precell., p 22b, Feu- 
gère.) 

L'ame bien préparée contre la mort, la 
superstition, les douleurs et autres encom- 
fcWers de riiuniaine nécessité. (Mont., Bss., 
1. III, c. 7, p. 91, éd. 1595.) 

Ils s'assujelliront a un million d'encom- 
briers pour se farcir la panse. (Cholieres, 
Matinées, p. Si, P. Lacroix.) 

2. ENCOMBniER, adj., qui embarrasse, 
qui gêne : 

De fin cristal, de bericle céleste. 
Toutes en toy se treuvent les verrières, 
La on prossenr de maliere terrestre 
Ne paratlaiut pour y faire moleste. 
Ne pour y raeltre cmpraintes eucomhrirres. 
(C. CHASTF.LLA1N, EpiMrc à Mail Oisli-l. VI, 140, 
Kervyn.) 

ENCOMunisiEn, V. a., briser, fatiguer 
extrêmement : 

Je ne pris pas u. rini-ereles 
Vos siaumca ne vos misereles, 
Nés li parler tout m'encomhrise. 
(G. DE CoiNCi, Mir., ms. Soiss., f» 83'.) 

ENCOMBROisoN, onc, engonbrcson,^. f., 
ciiipôchement, obstacle, embarras: 

Le conduiront qu'il n'ait aiicoml'rnison. 
{Us Loh.. Ricliel. 16-22, f 285 T».) 
Relonrnies ver la ville, che plus cngovbresoti 
Ne vous ve list di>s plaies. 

(Prise de Pampcl., 12-2o, Mnssafia.) 

ENCOMBUos, - ons, - cus, - eux, - us, 
cmc, adj., qui embarrasse, qui arrête par 
les difflcullés qu'il présente, fâcheux : 
Mais pur les paluz enpaistros'-s, 
Granz, parfundos e enconihrnips . 

(Ben., D. de ^nrm.. 11, GG93, Michel.) 
Uns dccevanz, uas faus, uns reis. 
Cil qui est sire des Pane s, 
Nos a mult malement bailliz. 
Si en signiez e si tiaiz 
Od aventure dnlerose 
Qui trop nos par tu encoml/nise. 
Que dol rcsne nos a sevrez 
E mortelment descriiez. 

(lD.,i*., 11, 1G91.) 
E je qui nuit ne jor ne fin, 
Qui si trois eucomhros latin. 
Se je i inesTaz n'est pas merveille. 

(lD.,i*., II, 26530.) 
S'est ore mult encombras l'afaire. 

(Id., ib.. 29061.) 
A Estanfort fu son repaire 
Apres cest encomhros afaire. 

(Id., ib., II, 39063.) 
Lors va tout pendre a nng crochet, 
El vest sa robe séculière 
Qui mains encomhreme li erc. 
Si cum il alast karoler. 

(Hose. 19G3i, Méon.) 



Mais quant perte s'avient on d'-slroit encomhrous 
N'en plort pas, ainz penl bien comment il soit res- 
[cons. 
{Parlait.. Richel. 19152, f» 173°.) 
Mnlt ot el parlement quereies 
Mnll de vielz et mull de noveles, 
Mnlt en mannit de eiic'imbroses 
E de fli'res et de orjoilinses. 
{Esloire de la guerre sainte, Wl. Chr. 16S9,r2».\ 
Ton hurlement et ta voix enrambreu'te. 
(Ad. des ApasI., vol. I, P 3^, éd l'iST.) 
Et occyrent deux des archiers du seigneur 
de Chaùmont lesqiielz s'estojent mis a 
pied pour entrer dedans une place emcom- 
breuse ou esloyent lesdits Suyces. (J. 
D'AUTON, Chron , liichel. S08I, f°'38 v.) 
Chemins encombrevlx.{li>., ib., f° 121 r". 

Yoslre Pallas devoit helijqnense déesse 
Pestourner ce meschef de vous, sa forteresse: 
El calme vous parder d'^wrow/'rf?/.r accidens. 
Puis qu'elle a bien dai.ré se relir( r dedans. 

(R"B. Gar.s., Hippol.. I, 1.) 

— En parlant de personne, gênant, fâ- 
cheux : 

Je vous treuve si pnramWeuse, 
Si grevainne et si ennniense. 

(Rase, ms. Corsini, 1° GO''.) 

Je la treuve si enconhrense. 

(Ib , Richel. 15T3, f ni"".) 

— Emb.irrassé, gêne : 

Face portoit triste, palle el nmhrense. 

Sa contenance esloit foute enenwbrejise. 

(J. BoucHET. KMe Dame, f» 2 r», éd. t53fi.) 

ENCOMMENÇAILI.E, -Saille, cnconi ., cn- 
cotim., s. f., commencement : 

Encoumensailles de los leurs travaills en- 
sera en les lahernacles de Cham et prist 
son peuple corne berbis. (Psaut., Ricliel. 
1761, f» 09 r".) 

Rois Feliloe d'Anlîoche 
Qui a destrier qui pis ne cloche 
Conduist la première bataille; 
Estre veut a Vencammençailte. 

(FtonanI, 3029, Michel.) 

Comment se fait encommensnille a estre 
dicte f)iromm('nso(/(e et non autrement? 
(G. DE Char.vy, Lie. de checal., ms. Brux., 
f 49 r».) 

ENCOMMENCE , - omence, anc, s. f., 
commencement : 

A'Innc i ol cstor, n'ot tel jnsqn'en Valance; 
Maint barons i chait toi mors sans penitance. 
Et Franc viendrenl poignant .il. m. a Vaneomence. 
(Ren. de Monlanb., p. 370, Michelanl.) 

ENCOMMEXCEJIBNT, encomencement, en- 
commancemenl,encommansemant, encoman- 
ccmenl, enrommensement, encoiim., encou- 
menssemenl. ancoii,m., ancom., s. m., com- 
mencement : 

Nos faisons ui, chier freire, Vencommen- 
cernent de lavent. (S. Berx., Serm., Com- 
m. de l'Av.) 

Ci ol mal ancomaneemani . 

(Dolap., 8172, Bibl. elz.) 

La veriteit li aitconleie. 
Si cora la chose fut aleie, 
La fin et i'ancomancemenl. 

(Ib., 1O007.) 

Davaut Vencovvv an semant de tpz les 
eaiges. (S. Craal, Ricljel. 2453, f» 25 v«.) 

Le saint esperit est eternal et sans en- 
coumensement. (PsaMf., Richel. 1761, f" 186».) 



Sans enconmenssemcnt. {Ib.) 
Prierai li a l'encnmmeneement 
De ma chanson qu'a ami me retiengne. 
(.Chans., Poel. fr. av. 1300, t. 1, p. 83, Ars.) 

C'est li anromancemens don Caton. (Ms- 
Berne !I8. 1»83'.) 

En Vencommencement du monde. (Joinv., 
SI Louis, xc, Wailly.) 

Ta vois a Vencammenrement 
De l'enfant, quant au monde vient 
En vie, monlllie en devient 
Premiers la mère et puis li pcres. 
(Watriquet, li Tournais des Dames, 292, Scheler.) 

A \'ancommencempnt de leur création. 
(1.144, Areh. JJ 75, f" 34 r».) 

Quailre moles pour les diz molins que 
nous metous a Vencomenceirenl d'iceix. 

Q 

(1360, Ch. des compt. de Dole,- , Arch. 
Doubs ) 

En Voneommencement. (i's.,xxxviii,Maz. 
798, r» 102 V».) 

Depuis Vcnrommencement de vendenges. 
(1379, Ord., vi. 378.) 

Sera tenus de rendre en la fin desdites 
années autant de pièces des vignes bien 
laides .. comme nous lui en baillons a 
Vencommencement et entrée de ladicte 
ferme. (1380, Bail d ferme, Arch. MM 30, 
f» 172 r".) 

Premièrement je feray homme 
A ['encommancement, c'est la somme. 
(hesurr. N.-S.. Jub., Mysl., H, 317.) 
A IViiromtieMeiwrwtde ladite foire. (Coust. 
des foires de Champ., ms. Caill., Bibl. Pro- 
vins.) 

Pourtant que Herode des son encom- 
rnenccment lui avoit eslé grant amy. i^An- 
cienn. des Juifs, Ars. 5i 83, I» 1''.) 

Le moix d'octobre fut be', des l'nncom- 
mencement jusques a la fin. (J. Aubrion, 
Journ , an lij'i, Larch.y.) 

En Vencommencement de mars. (Id., ib., 
an 1482.) 

Depuis Vencommencement de ceste guerre 
jusques aiijourd liuv. (1.52.'î, Néyoc. ent. la 
Fr. etl'Aulr., t. ll,"p. 617, Doc. inéd.) 

ENcoMMENCiER, encoivencier. encom- 
manrer, anromancier, enromecier, enchou- 
mechier, encommencer, verbe. 

— Neulr., commencer, prendre nais- 
sance, prendre origine ; 

Qpçte est li perfections de l'animal home 
en Sun eslaiire ou del novice enromereant. 
(ij E/iistlesiiini liernard a Mont Deu, ms. 
Verdun 72, 1° 47 r".) 

l,i rois li fisl faire silance. 
Et li saiges bons aneomanee. 

{Dolop., 7981, Bibl. elz.) 

Qui ancomanse an tel manière, (ilerlin, 
Richel. 7344, l»81.) 

Jusque a nuef anz cncomancanz en la 
fesie de la Maurieloine. (Venil. av. Sim. et 
.lude apost., 1280, Oesans, Ch. des compt. 
de Dole, cail. 44, paq. 44, Arch. Doubs.) 

Des quelrs lettres les unes encommen- 
cenf ; N.ius... (Offlc. de Toul, mardi av. 
Divis. des apost. 1295, Arch. Mos.) 
C'estnil alor< quand, les cbalenrs passées. 
Le sale automne auj cuves va lonlant 
Le raisin gras dessous le pied contant. 
Que mes uoii'iurs ftireni enrommencres. 

(l.A lioi.TiE, Sonnets, iv. Feugère.) 



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— Act., commencer : 

Por ce puis bien la fraerre encommencier, 
Uourd. de Blaines, 79, Hoffmann.) 
L'en doit en son bon point le bien encommencier. 
(La Chanlepleure, 46, Jubinil.) 

L'uevre qu'il eurent enchoumechie. (Rom. 
de Kanor, Ricliel 1446, f» 13 r'.) 

Mais a temps m'en tairay, pour tourner 
au premier propos, c'est a sçavoir de ce- 
Iny de qui nostre matière est encommencee. 
(Le Liv.des faicls du maresc. de Boucicaut, 
1" p., ch. 8, Buclion.) 

A Iheure que i'ay ceste matière encom- 
mencee, j'aproche quarante cinq ans. (0. 
DE LA Marche, Mém., préf., Michaud.) 



Finir Ion œuvre ne. 
(("l. Mar.. Opusc. à Kr. de Boarb., t. I, p. 238, 

éd. 1731.) 

Ils insistent en telle rage qu'ils ont ac- 
coutumé, pour abattre la paroi qu'ils ont 
ja ébranlée, et parfaire la ruine qu'ils ont 
encommencee. (Calv., Instit., préf., éd. 
1S61.) 

Détestables bourreaux, parachevez eu 
nioy ce qa'aeez cruellement encommencé 
contre ce grand personnage. (Pasq., Lett., 
XVII, 2.) 

Jamais n'eurent œnvre laissée, 

Depuis que fiisl encommancee 

Ceste malheureuse alliance. 

(Grevis, les Esbahis, II, 4, Ane. Th. fr.) 

Cela n'pmpeschera pas que nous n'ache- 
vions ce que nous avons desja si bien en- 
commencé. (TouRKEB., les Conlens, iv, 0, 
Ane. Tb. fr.) 

Les exécutions encommencees contre les 
condamnez par lesdits juge et consuls se- 
ront parachevées contre leurs héritiers. 
{Edit du roy, nov. 1563.) 

Par la depesche que Monsieur vous fait 
présentement, vous cognoistrez comme 
nous travaillons a parachever les choses 
encommencees. (1=' fév. 1581, Lett. Miss, de 
Henri IV, t. I, p. 354, Berger de Xivrey.) 

Ce qu'entendons avoir lieu tant pour les 
procès encommenrez qu'a encommencer. 
(31 oct. 1587, Edft de Philippe II sur la 
modération des rentes, xvi.) 

Il poursuivit l'entreprise si bien encom- 
mancee sur Rome. (Bhant., Grands Capit. 
cslrang., I, x, liibl. elz.) 

Est ce mal avancé la chose encommencee. 
(DAcBiGjtÉ, Trag., IV, Bibl. elz.) 

Le verbe encomynencer a été employé 
par quelques ailleurs des xvil= et xviii=s.; 

11 est vray (respond celle-l.i qui avoil en- 
commencé ^e discours). (CagMefs de l'.lccou- 
chée, 3" journ., Bibl. elz.) 



On poursuivît la chose i 
(La Fo-vt., Conl., le Faiseur d'oreilles.) 

Il y en a eu de secondes (lettres), qui 
désignaient mon père nommément, et qui 
portaient que le procès encommencé serait 
continué, fait et parfait et jugé, tant contre 
ledit sieur de Lally, que contre ses com- 
plices. (Lally-Tollendal, ifém. au Cons. 
d'Etat, 2» p.J 

11 est encore d'un usage habituel dansle 
centre de la France. 

ENCOMP.viGNiEu, cncump., V. a., ac- 
compagner : 

E od quels il seienl encumpaignié en l'ost. 
(Rois, p. 63, Ler. de Lincy.) 



Et doit la bannière du moins clouer 
cincq blasons pour la encompaignier, et le 
pennon troys. (Trajie des tournois, Richel. 
1997, f 16 vo.) 

— Hncompnignié, part, passé, accompa- 
gné : 

Garuis et encompaignes de grand mul- 
titude de «enz. (1373, Reg. delà Gréneterie 
du Chapitre, Arch. mun. Autun.) 

— Qui est mis dans la compagnie : 

Compains estes, car entresait 
Estes a rani eneompaignies. 
i&. DE Cambrai, Barlaam, p. 2S5, Meyer.) 

ENCOMPLiR, - onplir, anc , v. a., ac- 
complir : 

Ce li doua grant vasselage. 

Et mult granment en son corage 

En sa vie vont encomplir. 

(Wace, Brul, 8621. Leronx de Linc;.) 
Quant son voloir n'tt enconpUst. 

(Sle Thais, Ars. 3527, 1° 13'.) 
Et autres pluseurs choses faire et ancom- 
plir. (1385-86, Compt. des annivers. de S. 
Pierre, Arch. Aube G 1656. f° 187 v°.) 

— Infin. pris subst, faculté d'accomplir: 
La vouleuté est en moy, mais Venconi- 

plir je ne puis trouver. {Gast. Phebus, ms., 
p. 411, ap. Ste-Pal.) 

ENCOiMPTER, V. a., tenir compte de, 
prendre garde à : 

Toute triste esloil en alant 

Et a nul honneur acoulaut, 

Ceste ci trop peu ^ncoiiiptjil. 

(Anii Claudianm, Richel. 1637, T 42 r°.) 

S'ilz monstroient semblant de tenir peu 

compte d'elles, elles monstroient tout ap- 

pertement de riens y encomp'er. (Louis XI, 

Nouv., LViii, Jacob.) 

ENCOMUNER, tnc, V. 3., avoir en com- 
mun : 

Ilest eslraungepurchasour, evus [diomz] 
que ly ne les terres tenans unkes incomu- 
nerent si noun de lour propres bestis. 
( Year books of the reign of Edw. the first, 
years xxx xxxi, p. 427, Rer. brit. script.) 

ENGONCER, voir Enconser. 

ENCONCHER, V. 3., équiper, arranger, 
parer : 

Enconché, tiemmed, drest, arrayed. Nous 
voila bien enconché ; vre are fairly drest ; 
we are even well bandied. (COTGR.) 

ENGONCHiER,enc«nc/aêr, v. a., souiller: 

Moult des bons juis ochioienl, 
Et les Bains liens encuncbioient. 
(Gaut. de Bellep. , J/ac/io*., Richel. 19179, f I2r°.) 

— Enconchié, part, passé, souillé, cor- 
rompu : 

Il 11 donnèrent un buvrage enconchié de 
poison, qui aveugloit tous ceulx qui en 
bevoient. (J. de Vignay, Légende dorée, 
Maz.1333, f'^ 73'.) 
ENCONDUIRE, V. a.. Conduire : 
Li jovencels les encondiiil 
Dos c'a la nef, si entrent tult. 

(S. Brandon, Ars. 3.t16, f lO.ïB.) 
Piritheus tous uns et uns 
Les enconduisi et enconvoie. 

{Alhis, Richel. 375, f° 149'.) 
Et Maugis li cortois les enconduil et guie. 

(Ren. de Uonlaub., p. 97, Miohelant.) 



ENCONGiNER, VOlr ENCOIGNIER. 

ENcoNoisTRE, V. a., reconnaître, 
connaître ; 

Hoc troterenl dan Alexis sedant. 
Mais a'enconnrent son vis ne sou semblant. 
(.ileii.i, st. 23'', II' s., G. Paris.) 
N'a gaires c'nn tel enconntii. 
(Jac(j. d'Am., Art d'Amour., ms. Dresde, Kort., 
1760.) 

ENCONREER, v. a., arranger, disposer : 
Si enconreoit si Merlin totes les ores 

qu'il venoit a li parler que... (Lancelot, 

Richel. 734, f" 13».) 

enconseilTjER, v. a., conseiller : 

Et Dieus nos enconseiîîeroit . 
(De Sainte Y^ahel. Richel. 19531, f° 117'.) 

ENCONSER, - cer (s'), v. réfl., se ca- 
cher : 

Et declinoit très fort le soleil pour soy 
enconser en Occident. (Fleur des hist., Maz . 
530, f 40'.) 

Le soleil ne se doit pas enconcer sur 
vostre couroux ne yre. (/. de Saintré, 
p. 37, éd. 1724.) 

Cf. ESCONSER. 

ENCONsiR (s'), V. réfl., se cacher : 

Li espee entra ens es cuissieus et percha 

le premier et le quisse ossi, et s'enconsi 

en l'autre cuisse bien une puignie.(FROiss., 

Chron., V, 277, Luce, ms. Amiens, f° 10''.) 

ENcoNsivRE, v.a., atteindre : 

Li nostre les sivireut occiant ce qu'il 
enconsivoient. (G . de Tyr, xviii, 21, Hist. 
des crois.) 

ENCONTENANCÉ, adj., qul a telle con- 
tenance, telle prestance : 

Une très débonnaire eibien encontenancee 
damoiselle. (A. Chart., l'Esper., OEuv., 
p. 279, éd. 1617.) 

EXCONTEOR, - eur, s. m., conteur : 

Des espies ki i sn[n]t n'ert enconleur. 

(Hnm, 2712, Michel. 1 

ENCONTRAiRE, encontroric, adj.. ad- 
versaire : 

Trestnz i ferrunt communal. 
Cent a pé e a cheval. 
Sur la gent de Osserie 
Ke nus furent enconirarie. 

(Congiiesl of treland, 678, Michel.) 

ENCONTRAL, S. 111., chose qu'ou ren- 
contre devant soi, obstacle : 

Lors si trueve si sa voie si mervilleuse- 
ment délivre qu'il n'i trueve encontral ne 
acopement. (S. Graal, Richel. 24394, 
f» 59".) 

— Rencontre, abordée : 

Et fiert Gandin devant a lencontral. 

(Auberi, p. 219, Tobler.) 

ENCONTRANT, adj., quî Vient à la ren- 
contre : 
Obvians, enconlrans. (Gloss. de Salins.) 
Tout plein de fureur, (il) dressa son che- 
min tant qu'il pouvoit vers le bois, a l'in- 
tention de venger son yre au premier en- 
contrant. (G. Chastellaik, Chron., I, 248, 
Kervyn.) 



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ENXOXTRARIE, VOlr ENCONTRAinF.. 

1. ENCONTRE, S. 111. ct f., rciicontre, 
combat : 

La Teissics fier encontre venir. 

(Girh. de ileli, p. 48j, Slengel.) 
?ious l'avons chy Ironvé, ponrlanl dist on soavenl, 
Otte pis Taalt uns eneonires c'nns ajais qniatenl 

(Chev. au ajane. 1-2883, licifT.) 
Or, ont trouvé encontre mcrvelens et pesant 
Tont sommes descoufy ly petit et ly prant 

(/*., l-,3ï4.) 
De .111. batailles fu l'nne outre, 
Et les .H- souslinrent ['encontre. 

(MocsK., Ckrott.. 21309, Iteiff.) 
Car i'eneonireie Renj moult forment se dootoient 
Wt de Cmll. d'Anglet., 215, Michel.) 
Lors proia Dieu que d'encombrier 
Et Je Vciic.onire a l'aversier 
Gardast son frère el carJast lui. 

(Yiedes l'rres, Ri.hel. 23111, f i''-) 

Et fist un encontre si dur 
Que les dames desour le mur 
QuiJiereot Jiien qu'il fuissent mort. 
{Rom. de Uam, ap. Michel, llut. des D. de Korm., 

p. 28i.) 

Aler a ses encontre. (1337. Compl. de Va- 
lenciennes, n» 8, p. 31, Arcli. muû. Valen- 
ciennes.) 

En Venconire, obviam. {Gloss. yall.-lat., 
Riche). 1. 768''.) 

Entre cez deus os y avoil souvent dez 
enœntrez. des Imstiuset des escarmuches. 
(FROlSS.,C/ii'on.,llI,243 Luce.ms. Amiens.) 

La ot de première encontre forte jouste. 
(Id,, ib., V, 424, Luce, ms. Amiens, f» 122.) 

Qui maine telle vie comme son estât le 
requiert... tel sera asseuré de toutes malles 
encontres. {Jnlern. Consol. ,11, iv, Bibl.elz.) 

11 luy vint a Venconire a tout grant 
gent. {Istoire de Troye la grant, ms. Lyon 
823, f loi».) 

Quant on les trouve c'est bonne en- 
contre. [Lw. du nob. chev. J. de Mandemlle, 
impr. à Paris, f» 39 V.) 

Vous deussiez aller a ['encontre. 
(Grebas, Uisl. de la pass., U1)3J, G. Paris.) 
D'une telle fureur nous irons a Venconire 
Qu'il sera mis en route. 
(Biir, l'oemes, 1. VU, ilar. de Fr. roy daufin, 

Lemerre, p. 321.) 

— Chance, succéSj événement, aven- 
ture, traverse : 

Cist Hercules ot moult i'enconlrei. 

Illose, Val. Chr. 1522, f" S9''.) 
Et y aveuoil souvent tout ])lain d'aveu- 
tures'et û'enconires aveutureulx. (Froiss., 
Chron., IV, 202, Luce, ms. .\miens.) 

— Bon encontre, olianee favorable ; sorte 
de salut pour souhailer du bonheur : 

Sire, fait ele, bon e-icontre 

Vons doint Diex et tôt lo deJuil 

Qu'on puet avoir etjor et nuit. 

(Mute sans frain, ms. Beriie 354, f» 35''.) 
Dieu v.'us doyul bon encontre. — God 
seude vou yood coiupauv. (l-'ALSGiliVE, 
Esclairc.. p. 867, Géuiu.) 

Encontre, bon encontre, sorte de salut. — 
Good meeting'. (Du Liiez, An Introd. for 
to lerne to speke frcnch trewiy, à la suite de 
PALSGRAVE, éd. Géuiu, p. 918.) 

— Mal encontre, mauvaise chance, 
malheur : 



El lo roy dist que mal encontre eust tele 
moquerie." (.loïKV., 230, \\ nilly.) 

l'ensant vous faire service, j'.iy Irouvé 
mon mal encontre. (Lariv.. le jlo'rf., V, i. 
Ane. Th. fr.) 

Mai? le pauvre lourdaut laissa de mal 
cnronlrc Innilier une de ses p.intoutles 
(l'airain. (Taiutiieau, Second dial. du De- 
inocritic, p. 333, éd 1602.) 

— Put encontre, souhait do malheur ; 
peut encontre figure parmi les injures per- 
sonnelles que punissaient les coutumes de 
Franclie-Conité. 

— Conjonction des astres : 
Astrologie, geonianee, ydromance, py- 

roniance, experimens, supersiilions, aus- 
pices, encontres. (Oresme, Divination, Ri- 
chel. 19931.) 

La science des presaipes et des encontres. 
(EvRART nE Co.NTV, Probl. d'Arist., Richel. 
210, f' 159''.) 

La langue moderne a g.irdé le substantif 
composé malencontre. 

Nom de lien, Don-Encontrc. 

2. ENCONTRE, - unlvc, unc, incontra, 
prép., contre, envers : 

Incontra Den biea si garda. 

(S. Léger. 70, Diei.) 
Li prince traiteruut pcrment encuntrc 
le Seiguor. (/,ti;. des Ps., Cambridge, il , 
2, Michel.) 

Encontre l'abé sus salit» 

(.Percerai, ms. Mons, p. lo', Polvin.) 
Ja n'en iré encontre vos. 

(Renaît, 4051, Méon.) 
Se je aloie anr.onire cez covenances. 
(1239, Ch. de J. de Joinv., Arch., Mus., 
vit. 42, u'^ 230.) 

S'om entreprant encontre cest chartre. 
(1233, Cbup. de Metz, Sancy, 1, 2, Arch. 
Meurtlie.) 

Envie el haine sont nées avecques Fran- 
çois encontre ta maison. (G. Chastellain, 
Àdo. au duc Charles, vu, 308, Kervyn.) 

Mais Memmius eu ayant despit tourna 
sou courroux encontre luy uiesme irritant 
le peuple. (Amyot, Vies, Lueullus.) 

Tu mesprisois les bommes dont l'audace 
Est trop cruelle encontre nostre race. 
(Uo.<s*nD, l'oés. cit., p. 196, Bccq de l'ouquières ) 

— Être encontre de quelque chose, s'y 
opposer : 

Se mon règne fust de ci mi ministre 
fussent encontre de ce que je ne fusse livré 
a la poêlé desjuis. (La Passion, ms. Dijon 
298, i" 177.) 

— Adv., en face, à l'encontre : 

Encontre voit li LoUerens Garins, 
Mais la roine onques mot ue li dist. 

(Les Luh.. ms. Berne 113, i^ 210''.) 



tlt la reiae li estant 
Ses bras encontre, si l'embrace. 
(La Charrette, Vat. CLr. 1725, 



f° i\^.) 



Quant li haus cm sot la noviele 
Des reliques, moult li fu biele. 
Son 01 lîst encontre poi'ter 
Par créance et pour coulorter. 

(.MoDSK., Citron., 11316, ReifT.) 

Il fu encontre molt durement, (ia 'Vie S. 
Nicholai, .Monmerqué.) 



Sein? plus faire encuntre. (1237, Para- 
clet, Arcli. Somme.) 

Est il rien c'on penst avoir 

Qoi peu^t encontre valoir 

Et voD^ pirir ? 

(Mir. d'Amis. Tb. fr. au m. à., p. 2S9.) 

Morvàn, encontre, contre, malgré. 

ENCONTRECOREMENT , cncuntrecure- 
ment, s. m., course : 

De la suvreuitet del ciel li eisemenz de 
lui, e li encuntrecuremenz de lui desque a 
la suvreinitet de lui. (Liv. des Ps., Cam- 
bridge, xviii, 6, Michel.) 

ENCONTREDIRE, eiici/tifre., V. a., con- 
tredire : 

ÎV'en aveit nul de snn empire 
Ki les osast encnntredire. 

(CuARORV, Set dormans, 225, Koch.) 

ENCo.NTREDiT, encuntrc., s. m., con- 
tradiclion : 

Seni nul encnntrcdit 
Pur voir est espruvel. 

(P. DE iHAiN, Cumpot, 2502, Mail.) 

1. ENCONTREE, S. f., rencontrs : 

Bessa le cbief a icele encontree. 
(Li Coronn. Looys, 1074, Jonck., Gtiif;. d'Or.) 

Car il avoient arser d'oumes 

Por tos les Turs d'une contrée 

Faire une si dure encontree 

C'on em parlast mil ans apries. 
(B. DE CoNDÉ, li Contes dou Pel., 262, SchelerJ 

Eut très grant joye de ma venue et de 
ma encontree. (Caum., Voy. d'oultr., p. 107, 
Lu Grange.) 

De première encontree fendit a Fromont 
la teste. (Les Sept Sages, p. 32, G. Paris.) 

— A Vencontree de, en face de : 
Prisent terre en l'isle de Grenesee, a 

Vencontree deNormendie. (Froiss., Chron., 

IV, 137, Luce.) 

2. ENCONTREE, S. f., COUtréB : 
El tens antis esteit un conte. 

En Aquitaine roiron/rcf... 

U'ti; dit pape Grég., p. 4, Luiarche.) 
E si n'aveit nus des eufanz. 
Fors une lille mariée. 
Qui esteit loins de i'encontree. 

(Ib.. p. 38.) 

E li bons veas les a droit mis 
En celé encontree, tôt droit, 
De quel sa mère dame estoit. 

(Ib.. p. 52.) 

Molt de miracles ffureut ffaitz en celé 
eiicojitree. (Les Chem. et les Pèlerin, de la 
terre Sainte, H. .Miebelant et G. Raynaud, 
Itinéraires d Jérusalem, p. 188.) 

ENCONTREis, S. in., rencoiitre : 

Grant lumulle. grant corneis 
Ot al premier encontreis. 

OVace, Brut, 2281, Ler. de Lincy.) 
Çou erl un durs encontreis, 
C'ert uns estrauges capleis. 

{.itttis, Ricbel. 375, f" 152'.) 

ENCONTREissiR, V. U-, sorlir à la ren- 
contre : 

A grand honor encontraxirenl. 

(Passion, ms. Clerraont, v. 36, Diei.) 

ENCONTREGAGE, S. m., gage donué en 
retour d'un autre 



ENC 



ENC 



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iir; 



Livres qui parole des gaigieres et des 
enconlreqaqes. {DigesUs, nis Montpellier H 
47, f° 24ii''.) 

ENCONT REMENT, encuTitr., S. m., ren- 
contre : 

Emeniilns esganle le fler enconlrement 
Qae Belis lor a fait isi har.liempnl. 

thonm. d'AUi., 1° •2r,'', Michelanl.) 
Eljo pri a nos Dieus et prieray souvent 
Qu'il garl tonz nos amis ilo voslre cnconiremeni 
, (Hcstor du Paon, ms. Rouen, C "i" r°.) 
Un jonr iasi fors J'one lanJe 
Ysengrins por querre viande, 
El dans Renars tôt ensement ; 
Par temps feront encontremetU. 

(Renan, Snppl.. p. 127. Chnbaille.) 
El de cors et de pis ont lait enconlrement. 

(Basl. de liuillon. iiioU, Scheler.) 
Si m'en pusse venger en nul encunlrement 
Pins murreie plus suef e plus lesticreraenl. 

(//ont, nsS, Michel.) 

Quant cil fors emontremens est des nues 

et des veus, et despiecemeuz de tonnerre, 

nature eu fait issir feu qui giete grandisme 

clarté. (Brun. Lat., Très., p. 120, Clia- 

baille.) 

Enconlrement, obviacio. (Gloss. gall.-lat., 
Richel. I. 7684.) 

Mal sont aparlies ; ils ont ent enconlrement. 
iGeste des ducs de Bourg., -il'i, Chron. be\g.) 

ExcoNTREMETTiiE, V. a., mettre ù 
rencontre de, objecter, opposer à : 

Obicere, encontremeltre. (Gloss. de Douai, 
Escullier.) 

ENCONTREMONT, adv., en haut, en 
l'air : 

Se voiez ore le pales principel. 
Comme il est bauz et lotentor fermez, 
Enconlremont a il que regarder. 
[Prise U'Drenge, iii, ap. Jonck., Gui//. d'Or.) 
Impr., encunlrement, 

Encontremont hall l'engella. 
(Conlia. au Brut de Wace, ap. Micliul, Chron. 
anglo-norm., t. I, p. 8.) 

Et pluàtobt Seine enconlremont ira, 
Que mou aiuour de toy so paitir.i. 
(Cl. .Mar., E/ejf., XV. 1, 360, éd. 1731.; 

ENCONTREPLEGER, V. a., donner cau- 
tion : 

Especialement enconlreplegeons toute 
uostre terre de uostre coutree de Forays 
tout pour vendre, aliéner et eslrangier a 
tel fuer, tel vente pour droite gurenlie 
porter. (13U), Livre rouge de ta Ch. des 
Comples, 1" IST-, ap. Due.) 

ENCONTRER, - uiitrer, aiic, v. a., ren- 
contrer : 

Jésus las a iempr'enconlradas. 

(Passion, il4, Diez.) 
Vait par les rues dont il ja bieu fut coinles, 
.\ltre pois allre. mais son pedre i encontret. 
(Alexis, st. iS"*, xi's., G. Paris.) 
Moi est avis c'est Ogiers li membres ; 
S'il nos perchoit, mal nos est enconlres. 

(.Raisb.. Ogier, 9201, Barrois.) 
Li prenz Lucimieo encontre 
Lu reme, ki vient encontre. 

(Dolop., 3051, Bibl. elz.) 
Âtant k'il ala encuntrant 
Un vasiet ki li vint devant. 

(CnARDUv, Sel dormans,i\0'.i, Koch.) 
Et proie Damredieu qui tôt a a sauver 
Qu'il li laist le saint home conoistre et enconirer. 
(De St Aleris, 350, Herz.) 



En la terre de France nous est mnl encontre. 
(Age d'Avignon, 3130, A. P.) 
Si com II voirres tresparans 
Ou li ray s'en passent parans, 
Oui par dedens ne par derrière 
IN'a riens pspes qui les rffiere. 
Ne puel les figures mouslrer 
Quant riens n'i purent enconirer 
Li ray des yçns qui les reliengne 
Pour quoy ta fourme as ycus reviengno. 

(liose, mi. Corsini, f^ 112'.) 

Et ne doiiloit chevalier .i enconirer tant 
fust de grant proesce. (Lancelot, ms. l'ri- 
bour^', f" 126''.) 

Tant clievanclierent les deux frères en- 
semble qn'i\s enconlrerenl Uainiondin et le 
bienveiguerent moult courtoisement. (J. 
d'Arr.\s, Melus., p. 81, Bibl. elz.) 

Et occiroient tout ce qn'W enconlerroient. 
(Bersuire, t. Liv., ms. Ste-Geu., f 232».) 

Vous les enconlerrez, jo le vous agréant. 

(Cuv., dn Gucsclin, 1312, (".barrière.) 

— Réfl., se rencontrer : 

A l'oire porte s^encontrerenl. 
(Wace. Conception Xoaire Dame, p. 2", Mancel 

et Trébulieu.) 

Les batailles qui se desiroieut a trouver 
s' enconlrerenl. (Eboiss., Ckron., IV, 23, 
Liice.) 

— Infln. pris subst., rencontre, choc : 

Mais la liuchoise li vait a l'ancontrer. 
(Gir. de Viane. Uicl.fl. 1 11^ f 8''.) 

Li vint a Vancontrirr. 
(De ChnrI. et des pairs, Vat. Clir. 13G0, 1° 80^) 

Tout li baron contre lui vinrent ; 

A Vencontrer gran; joe firent. 
(Flaire et Blance/lor, l' veis., 2933, du Méril.) 

Si brisèrent a l'enconlrer toz leur glaives, 
si en i ot niolt de bleeiez au premier 
poindre, qar assez estoieut desirrant d'en- 
contrer les uns les autres. (Lancelot, ms. 
Fribourg, f" 123\) 

A Vencontrer des lances le chevalier au 
noir escu porta le chevalier a la fumée 
versé par lerre. (Perceforest, vol. VI,ch.37, 
éd. 1528.) 

ENcoNTKESEEL, S. ni., contre-scel : 
Nous avûusseellees cez présentes lettres 
dou seel de la dicte baillie et dou uostre 
enconlreseel. (1327, Cart. de Monlier-Ra- 
mey, Itichel 1. 3i32. f» 11 v».) 

ENCONTUESTEK, eUCUnt., V. II., s'op- 

poser, résister : 

Roboam fud mult pourus des paroles 
que li prophètes Semeia li out dit, et ne li 
pout encunlresler. (liais, p. 298, Ler. de 
Lincy.) 

Si li encuntreslurcnt, e dislreut que ço 
ne li upendeit pas a faire. (Jft., p. 392.) 

Li Ueu az geuz de par la terre ne pourent 
encunlresler a mes ancestres. (,1b., p. 412.) 

Cil ki sor lui la portera 

Trestoz ses enemis vaintra, 

îNel purront pas encontresicr. 

(Lap. de Caml/ndge, 093, Panuier.) 
Pour estre désirant, pourvoyant et pro- 
curant la pais, la tranquillité, le proUt, la 
sûreté des subjeets, eu encontreslanl, eu 
toutes bonnes manières, aux griefs, op- 
pressions et dommages d'iceux. (1327, 
Ord., II, 2.) 

Il est resté très longleinps usité comme 
terme de jurisprudence. 



E.NCO.NTREURE, S. f.,ce qu'on ren- 
contre , chose contre laquelle on se 
heurte : 

Des bras et des jenoas prist tele enconireure. 
Tous les a escorcies, tant corne liere mesure. 
(Boum. d'Alix., f 21'', Michelanl.^ 

ExcoNTREVAL, adv., en bas : 

Li co\ encotilrevat desi eut. 
Qui fu férus de grant ravine. 

(Guill. de Piderne, 6886, A. T.) 

ENcoNTHiERK (A l'), locut , à la reu- 
contre ; selon iiu'il se rencontre : 

Point Folatise qui plus rort de levriere, 
Fiert Desrcé devant a ['encontriere. 

(Aleschans, ltl8,3, Jonck., Guill. d'Or) 
Iluedon son once en ficrl a V encontriere. 

(.iuberi, p. 187, Tobler.) 
Vait ferir Olivier devant, a ï'enconlriere. 

(Fieraliras, 1239, A. P.) 
.1. Alemant devant a ['encontriere 
Ala ferir cbescun par vertu fiere. 
(Aim, de Narl/., K.chel. 24369, P 10 ï°.) 
Gerars et Guis li ïinrenl devant a ['encontriere. 
(Adenet, Buer. de Com., Ars. 3U2, f° 197".) 
Et du son de sa queue la chingle a Vencoiilriere 
Qu'il la gela scuvin les une caslegnicre. 

{Doon de htaience, 1633, A. P ) 

— Dans le même sens, en l'enconlriere : 

Berlran fori devant eu V encontriere. 
LUeschans, 6303, ap. Jonck., Guill. d'Or.) 

E.N'C.ONVEX.vxciER , enconvenanchier , 
encocenancier, encuv.,encouv.,\cthe. 

— Neutr., faire une convention, pro- 
mettre : 

Le matin Jonalhas vint as cliauips, si 
cume encuvenancied out a David. {Rois. 
p. 81, Ler. de Liucy.) 

— Act., contracter tel engagement, pro 
mettre, engager : 

La dite vente teuir, entériner et acom- 
plir en la manière qui est Jésus encou- 
oenenciee. (1287, Cart. de Ponloise, Kiuhel. 
I. S657, f" 33 r».) 

Nous a juré, promis et enconvenanchiet 
les dites maisons et uiaisieres faire ref- 
faire. (13S8, Reg. du Chap. de S. J. de Je- 
rus., Arch. .MM 2S, i" 78 r».) 

Promeclauz et enconienaiicenz les diz 
vendeurs par devant uous. ^13t<l, Arc'u. 
Loiret, Ste Croix, S. Paterne.) 

P.icisci,É)icoiJe(iaK«r. (Gloss.de Conckes.) 

Prens doncques en toy fermeté, 

Vertu, force et establuté 

A bien tenir les coavenances 

Que je vueil que m'enconienances. 
(J. Beiuïam, Cliem. de Poirrlé, à la suite Ja 
Htnagier, t. Il, p. 29, Biblioph. fr.) 
Les aulcuns disoyeut puis que les armes 
esloyent entrepriusês et enconvenanclUes de 
leur costé. trop grant blasme seroit de les 
brisier. (Froiss., Chron., Richel. 2640, 
f 91''.) 

Et ja fut elle (la paix) du roy nostre 
père et de uostre frère le prince de Galles 
et les autres jurée et accordée au roi 
Jean et a tous ses suceeeseurs, et de leur 
costé jurée, obligée et enconvenancee sur 
peine et sentence du pape. (lu., ib., 1. IV, 
c. 44, Buchon ) 

Je vous Tueil enionvenancier 

Que jamais en jour de ma vie 

N'aray de plus pecbier envie. 
(Miracles de tiolrc Dame, I, 2, 815, G. Paris.) 



116 



ENC 



ENC 



ENC 



Car ainsi Y encomenanfay 
A Floires mon seigneur le roy. 

(Ib.. V, 211, 1665.) 

faire ce que je luy ay enconvenanchié 
(P. CocH., Citron., c. 8, Vallet.) 
Comment peuU on, de très pure franchise, 
Cuer. volenté, foy, enconvenancier 
A sa damo, qni de ce ne s'avise. 
Et rci-nler an premier vent de bise 
One l'on dira : A la mort ! a l'assault ! 
iBaude, Df liai de la Dame et de l'Ësctii/er, Poés. 

fr. des xv" et xvi° s., IV, 173.) 

Car, dist il, aux ennemys n'avpz vous 
riens convenance, puisque vous ne con- 
venançastes a aucun qu'il eiicoin^enançast 
pour vous, doucques n'avez vous que faire 
avec les Samuciens ne eulx avec vous. 
[Prem. vol. des grans dcc. de Tit.Liv., 
f° 142\ éd. 1530.) 

— Enconvenancier à, promettre de : 
Quaut il ot encouvenencié a Ciffrenal a 

estre l'un des .x. il s'en retourna a son 
logis. {Froiss. ,Chron., Richel. 2646, 1'° 90''.) 

— Promettre en mariage, fiancer : 
Quant monseigneur Aymon... se fu party 

du royaume de Portinsal et monté en mer 
a Lisscbonne avoec ses gens, quoyqii'il 
eust enconvenenchié Jeban son fils que il 
avoit de madame Ysabel d'Espaigne .. a la 
ji-une fille du roy Ferrant de Portingal. 
(Froiss., Cliron., XI, 4, Kerv.) 

ENCONVENANCiR, - chir, w a., pro- 
mettre par un engagement : 

Des livres de torneis que lo dit chanoine 
ha enconvenancM a rendre. (Mars 1298, Ch. 
du vie. de Bayeux, Chap. de Bay., Arch. 
Calvados.) 

EA'coNVENcioNNER, V. n., faire une 
convention, une promesse : 

Et fist tant le roy de France au duc de 
Breban, qu'il luy enconvencionna qu'il fe- 
iûit vuidier messire Robert d'Artois hors 
(le sa terre et de son pays. [Grand. Chron. 
lie Fr., Phelippe de Valois, xi, P. Paris.) 

ENCONVENiR, verbe. 

— Act., promettre, s'engager à : 
Mesmement enconvenons a tenir ferme- 
ment les chartes et lettres que ladicte ville 
a de nos prédécesseurs. (1222, Charte de 
Jean d'Avesnes, TaiUiar.) 

— Circonvenir: 

Avoir esté deceuz, enconvenuz, enginiez, 
fraudez ou barétez. (1346, Arch. JJ 76. 
f S9 r».) 

— Enconvenir, s'employait aussi im- 
personnellement comme convenir, dans le 
sens de falloir : 

Malquin, Haqnin, tantost Tenir 
Avec nous vous enconvieitl. 

{Pass. IV. S., Jub.. llyst.. II, 184.) 

ENCONVERTiR, V. n., SB Convertir : 

Li saint homme, a la foii, de ce dont il 

solirent amenuissomcnt de lur deseiers, 

ont plus granz guains parmei ce ke li altre 

enconvertissent. {Job, Ler. de Lincy, p. 466.) 

ENcoNvoiER, awc, V. a., accompagner, 
suivre, poursuivre ; 

Mervoilles i flst Achillcs, 

.c. an i a ocis et mes ; 

Moult fiereœant les anconvoie, 

Autresinc fuient de sa Toie 

l'.nm fait li cers devant les chiens. 

(Ben., Troie, Ars. .331.4, f» 47".) 



L'espee el pnig les enconvoie. 

(iD., il'; Richel.375, f» 89''.) 
Pirilhens Ions uns a uns 
Les enconduist et enconvoie. 

{Alhis, Richel. 375, f li9'.) 

1. ENCOPER, V. a., couper : 

Si aviut chose que uns bom entra laiens, 
qui avoit tantost le pong encopé en une 
mellee. (S. Graal, il, 289, Hucher.) 

2. ENCOPER, voir E^coLPEn. 

ENCopi^ER, encovppler, encoiipUer, v. a., 
accoupler, lier ensemble, unir, joindre : 

D'one pari lui el d'autre a .ii. ciens encoples. 
[Les Chelifs, Richel. 12j58. f° 91'.) 

Li dus Boves d'Aygremont ne se vout atarf^ier, 
'Vistement avoit fait .il. chevaus encouplier. 
(Quatre fils .\ijmon, ms. Oxf., Douce 121, f» 2 r".) 

Dont voit venir parmi ces près 
Muetes de chiens tos encoples. 

(Parton., 1817, Crapelet.) 
Les autres estans encoupples comme 
chiens en lesse en une corde. (Chroniq. des 
quatre prem. Valois, p. 235, Luce.) 

ENCOQUELUCHÉ, part., qui porte une 
coqueluche, employé par plaisanterie 
comme le mot moderne coiffé : 

Soyez joyeux d'estre encogitelitchei. 
(Gei.ncobe, la Coqueluche, t. I, p. 195, Bibl. eli.) 

ENCOR, encore, conj., quoique : 

Encor n'aient il grant avoir. 
Si porront il asses avoir. 
(J>u Yaltel gui se met a ilalaise, Montaiglon el 
Raynand, Fabl., Il, 159.) 

Espoir que Dieus viaut que ge soie 
prestres, encor n'en soie ge pas dignes. 
{Pluseurs miracles, Richel. 423, f» 93=.) 

— Encore dont, cependant, toutefois, 
pourtant : 

Columbe le boyteuse s'en ala tenchant 
de chi, pour cbe que je le voldré baisier, 
encore dont n'en avoie je nul talent. (Dia- 
log. fr.-flam., f» 13", Michelant.) 

ENcoRBEMENT, S. m., encorbellement: 
Encorbement. (1509, Péronne, ap. La 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

EN'CORACHIER, VOÏr E.\CORACIER. 

UNConAGUMENT, ancoraigement, s. m., 
excitation, indignation ; 

Et si praignet ancoraigement et air en- 
contre la costume de sa chair. {Li Epistle 
Saint Bernard a Mont Deu, ms. Verdun 
72, f»46v».) 

ENCORAGIEEMENT, adv., avec cœur, 
avec ardeur : 

Ge voi, fait il, .n. chevaliers 
Venir mielz qne cel autre gent 
lît plus eneoragieemeni. 

{Parlon., Richel. 19132, f" 153''.) 
11 commenta plus encoragieement a amer 
son créateur. {Vie et mir. de plus. s. con- 
/•«ss., Maz. 568, t» 195'".} 

ENCORAGIER, -oigier,- achier, encour., 
ancor., v. a., avoir à cœur : 

Et d'autre part, j'ai si ceste œvre encoragie. 
Que je croi, qui men cuer lenderoit a moitié. 
Du bon prinche i veroit le figure entaillie. 
(Arn)i DE [.E H.iLLK, du lîoi de Seiile, "7, Cousse- 
maker, p. 283.) 



— Rendre vaillant : 

Cuers devient an tant cum il bien anco- 
raigei et parlait sun nirme par l'acraisse- 
ment de la délivrance ou il est anfrunchis. 
(Li Epistle Saint Bernard a Mont Deu, ms. 
Verdun 72, f" 100 r°.) 

— Rendre maître, en parlant du cœur ; 

Se vos dous cuers, dame, ne s'uraelie, 
Pour moi mètre en volonté dejehir 
Mon cuer, dont je vous ai encouragie. 
(Adams li Boçus, PoiJl. ms. av. 1300, t. IV, 
p. 137, Ars.) 

-- Encoragie, part, passé et adj., coura- 
geux : 

Et rendoie le pueple fort et encorachié 
vers païens. {Vie Charlem., ms. Berne 41, 
f 7'.) 

— Désireux : 

Renart voit Ysengrin irié 
Et Je maufere encoragie. 

(Itenarl, 20071, Méon.) 

Mais, tant com famé est pUis gaitie. 
Elle est plus ancoraigie 
De mal et de follie a faire. 

{Dolop., 11073, Bibl. eh.) 
Vos commandemens m'enchargies, 
Ge suis a'aus faire encoragies. 

(Rose, 2035, Méon.) 
Ensi li dis princes, meus et encoragies 
de voloir aidier et conforter ce roy dam 
Piètre en son grautbesoing, avoit respondu 
a cbiaus de son conseil. (Froiss., Chron., 
VI, 203, Luce.) 

— Mal encoragie, cruel, qui a un cœur 
impitoyable : 

Sy voeullent nos dieux aidier a Maniais 
par leur saincte grâce, car, s'il ne conquiert 
le jaiant, sa vie et la mienne sont a la vou- 
lenté du roy de Perce qui plus est criminel 
et mal encouraigié sans couqjarison nulle 
que n'est le jaiant Escorl'ault. {Ren. de 
Montaub., Ars. S072, f 117 r°.) 

ENcoRAGiR, cncour., V. n., prendir 
courage : 

La parole du roy le fist encouragir. 

(rioon, 9619. A. P.) 

ENCouciEK, - urcier, verbe. 

— Réfl., se raccourcir, devenir court : 

Et il les tint si hautement (les terres) 
Si en paiz e si noblement 
Cum de plein pie ne s'encorça. 

(Ben., D. de Norm., II. 36468, Michel.) 

— Neutr., se raccourcir : 

Et Dens acnrcera 

Le tens qu'il (l'Anlechrist) régnera, 
Li an acurcerunt. 
Et come mois sernnl. 
Semaines a esters 
Encurceruttt en jurs. 
(HuoN DE Merï, Liber Régine Siiille, Richel. . 
23107, P 109''.) 

ENCOiiDELBR, V. 3., lier de cordes, 
lier, attacher en général : 

Seslettres parmi lesquelles cestes nostres 
sont encor delees el euexees.(1338, Liv. noir, 
ms. 53.5, f" 4, Arch. Valeuciennes.) 

— Fig., lier, enchaîner : 
Le deable l'a de sa cordelle 

Et fait ce qu'elle luy commande, 
El de point en point Vencordele. 
(Lefr.a.nc, Champ, des Dam., Ars. 31'21, F 12-'.) 



ENG 

Telle doncenr de sa voix coule a bas 
Que sans l'ouir vraimeal on ne sait pas 
Comme en ses rets l'amour nous encordelie. 

(Ross-, Amours, I, 38, Bibl. elz.) 
Chantons donc sa cheTelure, 
De laquelle Amour vainqueur 
Noua mille rets a l'heure 
Qu'il m'encordela le cœur. 
(Id.. Od.. Od. retranchées, t. M, p. 3S9, Bibl. 
elz.) 

Verrai je point desnoner ces liens 
Dequoy .Vraour Ions les senliracns miens 
Encordfla pour ma dame ;:enlile 1 

(Macny, Amours, f la v°, éd. 1573.) 
Plus (je) la Teni fuyr, pins elle m'eacordelle. 
{PriiU. d'Yver, p. 32-2, éd. 1588.) 
Je mignotl'rois ses cheveux gredillez. 
Confusément sur l'onde osparpillez 
Dont Cupidon mille cœurs encordelte, 
(Gcv UE TocRS, Poés., I, -il, Blaachemain.) 

— Encordeié.part. passé, garni de cordes, 
cordé : 

Balle (de marchandises) encorddee. (La 
Porte, Epith.) 

ENCORDEMEN'T, S. lu., cofdage, Ueii : 

Pour moi est trop gries cis recors, 
S'a vous ne me sui acordez 
Des péchiez dont sui encordez 
De si vilain fucordcment. 
(Watrisoei, la Coiifesiion, 46, Scheler.) 

ENCORDER, aticorder, v. a., garnir de 
cordes : 

Dune veisiiez banstes drecier, 
Haubers e helmes afaitier, 
Estrieus e seles alorner, 
Coivros emplir, ars encorder. 

(W.4CE, Rou, 'i' p., "343, Aodresen.) 
Cil ont la nef apareillie, 
El clavelee et chevelie 
Et encordée de funains. 

(Be.n-., Troie, 907, Joly.) 
Son arc encorda et tendit. 
(Recl. de .MoLiEss, DU de Charité, Ars. 35tl, 
P 133^) 

Si ta viele encordera. 
(G. DE Coisci, Mir. de N.-D.. ms. Brni., f" 171''.) 
Aniour ari-her n'est si sauvage 
Qu'il estoit lors qu'il encordoit 
Son arc a peine, 
(Rémi Belleau, Poéi., I, 134, Gcuvernenr.) 
Lsurs chaos, leurs sons par armonîe acordet, 
Soet qne le lut, on qae la lire ancordet. 
(Jaq. Peletier du Mans, Louanges, p. -21, éd. 
1581.) 

Et encore au dix-septième siècle : 

Soit que l'un encorde 
De nerfs haaitins son Inth devotieux... 
(La Morliere, A la Vierge mère de Dieu.) 

— Arrêter, engager, embarrasser dans 
une corde, lier, attacher avec une corde : 

Or convient les chevans des cordes encorder. 

(.Restor du Paon, ms. Rouen, t 81 V.) 
Qai Tons parlera plus devers nous acorder. 
Par foi, de maie corde le puiss'oa encorder. 

(Girarl de Itoss., 3459, .Mijînard.) 
Quant par foie créance au dyahie s'acorda 
LUI comme vil esclave en son cep l'encorda. 
(.M. LE Franc, l'Estrif de Fort., f 63 r°, ijnpr. 
Ste-Gea.) 

Oacques corde qui le larron encorde 
Eiicores de l'an ne sera si diverse 
envers celuy qu'elle e^tranjle ou encorde. 
{Farce Moralisee, Ane. Th.fr,, I, 146.) 



ENG 

Car vostre cas est accordé 
Que serez ars, ou encordé 
Par le col. 
(Ad. desApost., vol. II, f» 194», éd. 1537. i 

— Fig. : 

Pour ce qu'Eve Adam encorda. 
(Advocacie N.-D., ms. Evreux, f» 148''.) 

Mnnet donne cette signification. 

— Empaqueter, trousser : 

Aioz fet les granz trez encorder. 

Ses aucabes, ses pavellons. 

(Cuilt. de Dole, Vat. Clir. 1725, f 69».) 



ENG 



117 



— Fin 



entraver, enfreindre : 



Ainssi fut il la acordé. 
Mais l'acord fui puis encordé 
Hors de saeson, comme les laraproyes. 
Car l'en lessa les droicles voyes 
Kt si quist l'en peiiz sentiers 
Qui n'estoint ne bons ne antiers. 
(GniLL. DE St André, Libvre du bon Jehan, 897, 
Charrière.) 

— Poét., chanter sur les cordes de la 
yre : 

Dy leur qne moy, d'affaire vuide. 
Ayant tes filles pour ma guide, 
.\ les hors j'cneorday 
Sur la lyre ces odes. 
Et aux françoises modes 
Preruier les accorday. 
(RoNS., Od., Odes retranchées, t. II, p. 426, 
Bibl. elz.) 

— Encordé, part, passé, garni de cordes: 

L'arc Tnrcois encordé d'argent 
Tend. 
(Hdon de Mery, Tornoiement de l'Antéchrist, 
p. 52, Tarbé.) 

Une arbaleste d'assier encordée et mon- 
tée. (1470, Arch. JJ 196, pièce 293.) 

— Fig., entravé, embarrassé : 

Nul n'est a Deu tant descordez 
-Ne d'orz péchiez tant encorda 
Sa douce mère nel racort. 
(G. DE CoiNCi, Mir., Richel. 2163, f 18''.) 
Fols est cil qui ne s'en descorde 
Quant il se sent si encordé 
Que de bien fere est descordé. 
(DU de Peiece, ap. Jub., Houv. Rec, II, 60.) 

ENcoRDEUR, S, Hi., celui Qul mesurB 
le bois : 

Que les encordeurs de boys séparent le 
menu boys qui n'est de grosseur compec- 
teute arrière du gros boys. (Pièce de 1558, 
ap. A. T liierry. Mon. inéd. pour l'hist. du 
Tiers-Elat, ii, 662.) 

ENCORE, voir Encor. 

ENCOREMENT, cncourement, encurement, 
s. m., parcours, espace qu'on parcourt : 

Des signes qui sont Ions en leur pas et 
encoremens. IHagins le Juif, Richel. 24376, 
f" 71 r».) 

— Action d'encourir une peine, la peine 
encourue ; 

El se il avient qu'on appelle de luy ou 
de ses seueschaux, ou de leurs lieute- 
nans, en quel cas que ce soit, et les 
appellans chieent, nous voulons que son 
droit soit sauf en forfaiture, en paines, 
eu encorement, et en toutes autres choses 
qui de ce II devront avenir. (1283, Ord.rl, 
311, etArcb. JJ 34, f>'45r°,) 



Que nostre prevost de Paris auquel 
appartient la cognoissance des cas et 
chouses dessusdit, puist modifier et mo- 
dérer sur ce et sur Vencouremenl. (1362 
Ûrd., iii, 586.) 

Surl'eHcoMrement des dites peines. (1371, 
Uv. rouge. Arch. Y 2, f" 79 r".) 

— Attaque : 

De la s.-iiete volant en jur, de mestier 
alant en teuiehres, d'encurement e diable 
méridien. {Psalt. inonast. Corb.. Richel. 1. 
768, f" 74 v".) Lat. ; ab incarsu et demo- 
nio meridiano. 

ENCORESNUIT, VOlr EiNCORNUlT. 

ENCORNEiiEN r, S. m., forme de corne : 

Evesqaes sages es nommes 
Quant tu es de ton hiauines armes. 
Car par le double encornement 
Dou mittre dont tu es mitres 
Monstre que tu es bien letres. 
(Reclus de Moliens, DU de CharUé, Ars. 3142 
r 220'.) 

ENCORNER, verhe. 

— Act., terme de chasse, en parlant d'un 
cerf, le renverser sur le dos la tête sous 
les deux épaules, de façon que son corp.s 
soit entre les deux cornes : 

Qu'a valles fasses retorner 
Ton cerf, puis le fai encorner ; 
Et lors dois sachier ton coutel, 
Les coulles lieve bien et bel. 

(La Chace dou cerf, p. 23, Pichon.) 

— Enivrer : 

Chertés moult pau leur a valut 
Chils calipses de Babylone 
Qui eoyvre fort et encorne 
Les fols caitis pekeurs de terre. 

(l'ers de Job, Ars. 31 12, f° 174".) 

— Recommander, insinuer : 

Trop plus aras qu'il ne le fault 

Se tu faiz ce que je l'encorne. 
(G. DE Mach., Poés.. Richel. 9221, f» 103''.) 

Ung point luy avoge encorné. 

Que tous les enfançons petiz 

De Bethleen et des partis 

Par mort destruisist et eiillast. 
(Greban, Mtjst. de ta Pass., Ars. 6341, f 49'.) 

— Souffler dans, en parlant d'un cor : 

Quelqu'un voulut corner 
La mort du cerf ; les aulres p.ir fainlise 
Cornèrent lors en oyant sa devise ; 
Lors voulurent tous leurs cors encorner. 
(Gringore. la Chasse du cerf des cerfs, p. 163, Bibl. 
elz.) 

— Encorné, part, passé, cornu, muni de 
cornes : 

Et cras mouton cornus et encornes. 
(G. d'Hanstone, Richel. 25516. f° 37 r».), 
Ochirre me voules, bien soi vostre pensée. 
Ou mener en lien comme chievre encornée. 
Woon de Maience, B455, A. P.) 
De faire de bons arcs de bon bois d'if, 
et qu'ils soient bien encornez. [Arr. du 
prév. de Paris, 1443.) 

Leurs basions esloieut encornez de fer rt 
brochiez au milieu de acier. (Lancelot du 
lac, V p., ch. 62, éd. 1488.) 

On porte des verges encornées devant !.•. 
judges. (Palsghave, Esclairc. de la lam/ 
franc, [i. 7o«, (.eiiiu.) 

— Hautain, arrogant : 



118 



ENG 



ENC 



ENG 



Et maudite leur présomption et encorné 
orgueil, ((i. Chastei-l., Cliron. des D. de 
Bourg., III, 54, Buclion.) 

Plaisenrs de vin hault encornas 
Oallrageui sont el orgnilleax. 
{Lepranc, Clmmp. des Dam.. Ars. 3121, f° l.i>'.) 

— Placé dans un coin : 

Et, quant je fnz la eneornr, 
Dien sel comme il y ent houlsé. 
(Sermon joijeui d'un Ramonm- de cheminées, 
Poés. fr. Je; xv et xvi° s., 1, '238. ) 

ENcoRNij adj., dur comme la corne : 

Et sont qnarrey et bien forniz, (les paysans) 
Les membres durz et encortiiz 
Por soffrir tresloles menieres 
De travaz el de poinnes (iercs. 
(J. CE Priorat, Liv. de Vegece, Uichel. 1604, 
C 3'.) 

Bas-ValaiSj Vionnaz, ckorni, dur^ rassis. 

ENCORNUiT, - miyt, encoresnuit, loc. 
formée prolialjlement par confusion avec 
la forme anquenuil : 

Si lui demandoit : Hé sire, qui me paiera 
de mes juppons ? Il me faut bien .xxx. 
mars. — Appaises toy. respondit Tliieulier, 
tu seras liipu paie encornuyt, tien t'eu a 
moy. (Fnoiss., Chron., Richel. 2660, 
f» 121 r°.) 

Par ma foy il y a ung chevalier a unes 
armes blanches, "uug dyable, ung enragié 
qui plus occiroit encoresnuit de gens qu'il 
ne pourroitd'liommesmors en deux arpens 
de terre {Lancelol du Lac, ¥ p., ch. 121, 
éd. 1488.) 

Cf. Anquenuit. 

ENCOiiNiinE, S. f., morceau de corne 
<jai f jrme le bout d'un arc ; 

Mais (malheur) vnl.inl dans ce parr 
De branche en branche, de son arc 
Rompt le boni, et perd Veneonmre. 
<R. Bellciu, OEiiv. poél., la Cornaline, éd. Id'S.) 

Dans la H.-Norm., vallée d'Yôres, on 
;ippelle encornure les cornes des bœufs^ 
des vaches ; il en est de même dans le 
Berry : 

Deu.i jeunes taures, l'une desquelles 
avance le front pour folâtrer, tandis que 
l'autre, défiante et déjà malicieuse de son 
encornure, l'attend pour la heurter trai- 
treusement. (G. Sand, les Mailres sonneurs, 
p. 149, Lévy.) 

ENCouoNË, part, passé et adj., cou- 
ronné : 

Ains se gard bien Reliant 
Da mot en cescnn lieu ; car je di aperlemant 
Cho se je pois long vivre, qu'il sera malemant 
Encoroné d'Espagne selong mien escianl. 

(.Prise de VampeL, 6(54, Massafia.) 
Vostre olifant, se il esloît sonez. 
Charités l'orroit. li rois eticoronez. 

{Roncisi., p. 40, BourJillon.t 

Encoroné estoit de spins marîç. 

(Pass. da Christ, 397. Boucherie.) 

EXCOROXEMENT, encorounemeni,%. m., 
couronnement : 

Rendre ly la i&rx^oniVeiieorounement. 
(Chron. de I'. de Lanutoft, ap. Michel, Chr. 
ani/l.-n., t. I, p. 1Î7.) 

Treis feei Iv fust oflert Vencoroimement. 
(Ib., p. 161.) 



ENCORPEMEXT, VOÎT EXCOLPBMENT. 

ENCORPKR, voir Encolper. 

EXCOHPORER, V. a., lucorporer : 
Pour accomplir vos lettres es quelles 
unes lettres du roy vostre sire sont encor- 
poreeset ceste moy relntion ennexee. (1348, 
Ch. de J. de Lormel, serg. du Roy, ap. 
Harniand, Léproserie de Ti'oyes, p. 204.) 

— Encorporê, part, passé et s. m., béné- 
flciaire : 

Ceulx qui auroient batu ou injurié aucun 
des chanoines ou autres bénéficies et en- 
corpores de leur église. (1377, Letl. de 
Ch V, Cart. mun. de I-yon, p. 183, Guigue.) 

EXCORRE, - courre, inc verbe. 

— Neutr., courir : 

Elle Vencort par amor acoler. 

i.iiil/ery le Bourgoing. p. 6, Tarbé.) 

— Couler, découler: 

Lors en i ot entre deus tant occis que 
toutes les rues encouraient de sanc. (G. de 
Tyr, xt, 13, Hist. des crois.) 

— Réfl., courir, s'enfuir : 

Et moult grant planté d'escnreus 
Qui par celle herbe s'encouraient. 

(Rose, ms. Corsini, P 10^.) 
Molt grant aleure s'encourt. 
Si n'aient pas son conpaignon. 

[Fregiis, p. 17, Michel.) 

Vers le noble cilé s'enkeiirent demanois. 

(B. de Sel/., iv, 30, Bocca.) 

Si le bruit d'une porte ou d'un chien aboyant, 
Si le retour soudain d'un homme défiant. 
Si quelque bon valet ans autres en devise. 
J'appréhende tousjours de m'encourre en chemise. 
(Vai'Q. des Vvet., OEiiv. poct.. Mél., à M. l'abbé 
de Thiron.) 

— Couler : 

Et Uea.Trs fuit a grant esploit 
Vers uD permis que il savoit 
Qui en soubs le mur de la cort. 
Parmi la on l'ewe s' encor t 
Quant il ha pieu durement. 

(Itenarl, Suppl., p. 323, Chabaille.) 

— Act., poursuivre une oeuvre^ l'exé- 
cuter : 

On doit plaindre, el c'est honte a Ions bons Iroa- 
[veonrs. 
Quant bonne matere est ordenee a rebours ; 
Car qni miei sel plus doit mètre paine et secours 
A che bien ordener qni mie\ doit esire encours. 
(Adam de le Halle, du Roi de Sezile, 1, Cousse- 
maker, p. 283.) 

— Act., encourir : 

Jamais ne partiray de cy 
Sam mort encorre. 
(Un Mir. de N.-D., de l'empereris de Romme, Th. 
fr. au m. a., p. 378.) 

Les tribulations sont depuis incourules 
et eslevees. (Fhoiss., Chron., I, ii, Luce.) 

— S'arrêter à, juger d'après : 

Par ce moyen ils s'asseuroient que ce 
peuple se fieroit plus d'eux, comme s'il 
debvoit encourir le nom et non pas sentir 
les effects. (La Boet., Serc. voi., Feugère.) 

— Outrager : 

Ne pouvoient souffrir leur prince eslre 
par luy en ce poinct oultragé et encouru. 
{Chron. de J. Ludet Chrét., p. 10.) 



— Neutr., être puni : 

El prie Jhesn Crist, cni sainte Eglise aore. 
Qu'il ne face tel plet dunt envers Deu enrurc. 
(Garsier, YiedeS. Thom., Richel. 13:113, r»r.S r") 
Que lex ne pèche qui encort. 

(Renarl, I, p. 210, Martin.) 

— Encours, part, passé, nombreux, fré- 
quent : 

Ses images, si vieux chasier 

Par lot le mont snnt si encors 

iS'est mes chapele ne viez fors 

Ou il n'en ail on .ni. ou quatre. 

(G. DE Coi.vci, Mir., ms. Brui.. V 168'.) 

— Exposé il une pénalité : 

N'estoit nuls prestres flamens sus estre 
encours en sentense esqumenicative, qni 
osast canter ne faire le divin office. 
(Froiss., Chron., Ill, 211, Kerv.) 

ExcoRREOR, tncorreour ,s. m., celui qui 
encourt : 

Conoisse soi iticorreour la indignation 
de Dieu. (Begle del hospit., Richel. 1978, 
f" 26 V".) 

EXCORS, enkor, s. m., accord : 

Ol de la voie d'onlremer 
Respit .u. ans, par tel enkor 
Qu'il donna .il. mil onces d'or 
Outre mer, al siervice Deu. 

(MousK., C/iron., 25330, Reiff.) 

ExcoRSEMENT, S. m., course, attaque: 
Et lotes choses ausiment 
Qu'a nostre ost soient nccessaires 
Soient gardées des adversaires 
Et de lor Tatx\ .encariemeni . 
(J. DE Priorat, Liv. de Vegece, Richel. 1604, 
P 37».) 

ENCORSER, verbe. 

— Act., mettre sur son corp.s, revêtir : 

Chascnn vent anoir encorsee 

Chappe v.Tire, chappe fourrée. 

(G. DE Coi.NCi, Mir., ms. Soiss., f° 171'.) 

— Réfl., prendre chair : 

Et nous. Dieppoys, la féconde pucelle 
Ou s'encorsa ce dieu homme ton fils 
Elisous matière éternelle 
De nos vers et seul but prefis. 

(J. Doublet, Poés., p. 91. Jouansl.) 

— Neutr., prendre du corps, croître : 

U n'ont cure fors d'embourser. 
Partout voi le mal encorser. 
{Z. DE CoNDE, ti Contes don Pel, 151, Scheler.) 

— Pencher par l'effet du poids : 
Si com la barge fu devant encorsee, 
.1. pelilel la voile a sozclinee. 

(LesLoh., ms. Montp., f 184^) 

H.-Norm., vallée d'Yères, encorser, man- 
ger, boire quelque chose avec répugnance; 
€ encorser une médecine; > au flg., sup- 
porter : • 11 a bien fallu encorser ces re- 
proches. » 

ENCORTiNEMENT, encourtinement, s. 
m., courtine, tapisserie, tenture en gé- 
néral ; 

Tout son pales portent 

De pailes et de pourpres et i'encorlinemenl. 
(Siège de Barbastre, Richel. 24369, T 156 r°.) 
En signe qu'au commencement (le soleil) 
A vermeil encourtinement. 
(Dist de la Flenr de lys, Richel. I. 4120, 

f» 158 r°.) 



ENC 



ENG 



ENC 



119 



Des draps vermeux nchatez pour les en- 
courtinemens fais eu la noble maison, a la 
feste de lEsloille. (1382, Compl. de La 
Font., Douël d'Arcq, Compl. de l'argent., 
p. 150.) 

Par co dist lors : Te convient il 
Enleûiire que le firmament 
IN'estoit que nng encourtinemenl 
Leqnel le d<'6t<turnoil de Teoir 
Ce qae vois maiotenaDt de voir ? 
(Deghillev., Trois pèlerin., !° 137'', inipr. 
Instit.) 

Bien est vérité qn'ea ung mom ol 
Fut relrairt Veneourlinetiinit 
El qu'aucune joye m pris 
Poui- la clarté que tu y vis. 

{iD.. ili., r' 138».) 

ENCORTiNER, - iiiner, ancort., encourt., 
engord., engourd., verbe. 

— Act., garnir de tapisseries, de ten- 
tures, parer : 

La veissiez le bon chaslel garnir, 
Eneorlitier de dras et de samis. 
{Garin leLoli., 2' chans., xlii. P- Paris.) 
Constantinoble la mirable rite 
EneoTlinnerent et de lonc et de lé. 
{Jourdain de Blaivies, 41C7, Iloirniann.) 
Si Vancortine l'an et aorne (ri''f;l)se). 
(.Maubice, Serm., Kichel. 24838, 1° 76 r».) 

Si dame desco\rit tantosl la neif del 
drap noir dont elle estait ancortinee. {Hist. 
de Joseph, Richel. 24S5, f» 96 r».) 
Tu les devras encourtiner 
De cesle vermeille courtine. 
(Dist de la peur de lys, Richel 1.4120, f°158r°,) 
Se son chief mucbe on encorline. 

(Clef d'amour, p. 85, Tross.) 
Et lors le roy commanda a encourtiner 
toute la grande rue, de 1- porte par ou les 
frères dévoient venir, JL.ques au palais. 
(J. d'Arras, Melns., p. 163, Bibl. elz.) 

Et avaient adonc les bourgois encouriinez 
les rues jusquesau chastel^de riches draps. 
(ID., ib., p. 230.) 

El ne debïons pas sonbz courtine 

Meure ses œuvres et ses dits, 

AflÎD que se mort eneourîine 

Le corps, son nom dure tondis. 
iLefranc, Champ, des Dam., Ars. i\1\, t» 131'. \ 
Illec lui font ses escuiers une littiere 
moult gentement et Veiicourlinent d'ung 
beau drap de soye. {Lancelot du Lac,l" p., 
c. xxvil, éd. 1488.) 

Pois, quand la nuicl brnnelle a rangé les estoilles. 
Eneourtinant le ciel et la terre de voiles. 
Sans soucy je me couche. 

(RoKS., Réponse à quelque llinistre.) 
LentuluB Spinter fut le premier qui ten- 
dit et encourtina les théâtres de toile fine 
teinte en pourpre. (Du l^lNET, Pline, xix, 
1, éd. 1566.) 

— Couvrir de voiles : 
Se tu as belle poitrine 

El biau col ne Venciiurline. 

(Clef d'amour, p. 87, Tross.) 

— Entourer en général : 

Celuy qui premier mist bornes aux 
champs, celui qui encourtina de murs les 
bourgades. (E. Pasqdikr, Pourparler de la 
Loy.) 

— Réfl., se parer ; 

Apres ce que nous avons lessié le mal, 
encortinons et enbelissons nous meismes 
en l'onor de Dieu... par bien penser, par 



bien dire. [Vita Pair., ms. Chartres 371, 
f° 113 r».) 

— Se cacher derrière des tentures: 
Pleust a Dieu que je fusse une souris, ou 

que je me puisse encourtiner la, j'orroys 
mayntes choses. (Palsgrave, Esclairc. de 
la lang. franc., p. 500, fiéniu.) 

— Encortiné, part, passé, garni de ten- 
tures, de tapisseries: 

Et la roine qui prous est et senee 
Entre on la cliambre de soie encorlinee. 

(Les Loh.. ms. Monlp.. P 183''.) 

Trop riche apareil i Iroverent: 
Loges foillees et ranipcs 
Jonchées et encorttneea. 
(Bf..\., /). de Norm., Il, 23328. Michel.) 
Cascuiis ara maisons ft lis engourdines. 

(Cliev. au Cligne, 207S3, Reill.) 
Les rues sont cngordinees 
De riccs kentes coulourees. 

(Percev. le Gai., 16723, Potvia.) 

Ainz n'i ot rue ne fusl eneortinnee 
Encontre euls est toute la peut alee. 

(.Jourdain de Blawies, .4228. Hoffmann.) 
Dedens sa cambre le mena 
Qui toute fu engordinee. 

(D'un Herm., etc., Ars. 3527, t" 29». ) 
Le cambre roiaus engourdinee. 

(B. de Seli., v, 152, Bocca.) 
Et furent les rues et le pont par ou il 
(le roy) passa, encourtinees. {Cliron. de S.- 
Den., Richel. 2813, 1° 436^.) 

Le dit escbafaut encourtiné a manière 
d'une chambre. (Froiss., Chron., 1. IV, c. i, 
Buchon.) 

En my la rue toute tendue de draps de 
soye et toute encourtinee. {Lancelot du Lac, 
2« p., ch. 119, éd. 1488.) 

Beau lict eneourîine' de soye. 
(G. CORROSET. les Blasoîis domest , Blas. du Lict, 
Poés. fr. des iV et wi" s., VI, 246.) 

— Par extension, entouré en général : 

Avec l'autel construit de mesme pierre 
Eneourîine de laurier et de l'hierre. 
(JOACU. BU Bellay, Ch. triomph. sur le toyage de 
Boulogne.) 

D'estre aux bords des cLiirs ruisseaux 
Encourtines d'arbrisseaux. 
(P. UE Brach, Poem., 1" 'JO v", éd. 157i;.) 

Mais bien les foutaines vives 
bières des petits ruisseaux 
Autour de leurs verdes rives 
LneouTlmez d'arbrisseaux. 

(G. DD Buïs, Ode, a Bouju, éd. 1582.) 

— M'estre pas en chambre encorlinee, 
être dans une position désagréable : 

Trébuché a le moine al pas. 

En l'eve gist adeuz li las : 

.N'est mie en clianilirc encorlinee. 

(Ben., D. de Norm., Il, 25570, Michel.) 

Dune n'ont el conle que e^maier ; 

Sovent maudil celé joruee ; 

-^'ert pas en chambre encorlinee. 

(In., 10., Il, 28.171.) 

Encourtiner se disait encore au xvii° s. : 

L'aprèsdisnée elles se coucheul et s'ac- 

comodent, se peignans, frisans el entourti- 

nans ?uperbement dans leur lict. {Caquets 

de l'AccûUCli., V jouin., liibl. elz.) 

Encourtiner. garnir de courtiues : en- 
courlmer uu lit. Entourer de courtines : 
encourtiner uu malade au lit. (MoNET, Pa- 
rallèle, lioueu 1632.) 



Encourtiner, garnir de courtines ; om- 
brager. (DuBZ, Dict. fr. ail. lat., Amster- 
dam 1664.) 

Il est également enregistré dans le Dic- 
tionnaire de Richelet et dans la première 
édition de rAeadéinie. 

ENCORYKH, VOirE.NCUIRER. 

ENcosEU, voir Enchoseb. 
ENCOSSEMENT, S. ui., cosse : 
Li fruis est plains i'encossemenl. 

(De Josaphat, Richel. 1553, l''2ll r°.) 

ENCossEK, V. a., garder dans la cosse; 
fig., garder soigneusement : 

Car justice est eu ces pays fort par les 
grands adossée, el rapiueuse convoitise 
encossee et en( oû'ree. (Fossetier, Chron. 
Marg., me. Brux. 10509, 1" 54 v.) 

ENCOSTE, ancosle, encousle, enchoste, 
prép., i cùté de, près de : 

S'il avieut kc aucuns hom pasl encoste 
lui. (liiCH. DE FoUKNiVAL, Beat, d'amour, 
ms. Uijùu 299, 1» 23\) 
SeschiTrs flsl afailer et bien encorliacr, 
Et l'un encosle l'aulre charoier et errer. 

(Gui de Bourg., 283, A. P.) 

11 avoit leue la Bible et les livrez qui vont 
encosle\a Bible. i,Joinv., Hist. de St Louis, 
p. 207, Michel ) 

Je meurs de soif «icoa,s(f la fonlainc. 
(Gilles des Ourmes, Bail., ap. CbampoUion, Poés. 

de Charles dUrl., p. 433.) 

— D encoste, loc. prép., à côté de : 

Au coveut de Bel Lyu d'encosle Douay. 
(1231, N.-D. de Siu, Arch. Nord.) 

Au couiiiencement don sentier qui est 
rf'aJiCOSfeBiauval. (Juin 1266, Beauvais, Doc. 
pic, p 27.) 

Tanlost d'encosle li s'avance. 

(Couci, 1024, Crapelet.) 
Si s'est d'encosle l'uis assis. 

(lù., 2446.) 
A tant vint le roy qu'il arriva d'encosle 
la dame comme se il ne l'avoit oucques 
veue. (J. D'ARRAS, Melus., p. 18, Bibl. elz } 
Et Gst le roy Oetes asstir d'encosle luy 
Jasou et Hercules. {Hist. de Troye, Val. 
Chr. 967, 1» P.) 

Et lors il manda sa fille qui vintvolcu- 
tiers a son ui^mdemeut et s'assisl d'encoife 
luy. (II,., 1° i\) 

— Par encoste, loc. prép., à cùté de : 

Et cent fois |iasseroit 11 hom par encosie 
le lion, et ja li lious ne se uioveroit, pour 
tant que li hom ue le regurdasl. (RlCU. DE 
FouBîiiVAL, le Uesliaire d'amour, li Lion^, 
Hippeaii.) Impr., en costê. 

— On disait quelquefois, dans le inèine 

sens, par d'encosle : 

Vois tu la cUelle piere par d'enchoste cbe bos? 
(B. de Sel/., xv, 453, Bocca.) 

— Encûsle, adv., à cOté, auprès ; 

Sor l'autre maison eiifOilt;.. XV. sols. (1234, 
Arch.jMus., vitrine 42, u" 233.) 

— D'encosle, par encoste, dans le même 
sens : 

Hues i vint, d'encosle est areslcs. 

{UuoH de Bord.. 5516, A. P.) 
De meimes l'euvaissenl 
E derere e d'encosle. ^ 

(Prov. del ciluin, ap. Ltr. de Lincy, Prou., 



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Il avoitune poterne par encoste, que l'en 
apeloit la Porte de .losaplias. (Contin. de 
Guill. de Tyr, H. Michelant et G. Raynaud, 
Itinéraires d Jérusalem, p. 1S2.) 

— Selon Ste-Palaye, Beaumanoir, dans 
ses Coût, de Beaun., a employé encoste 
pour dire de côté, collatéralement. 

Cf. COSTE. 

ENCOSTE, adj-, dcmt los eûtes .ilTrent 
des aspérités : 

Des cailliex lor ont tant contreval rné 
Et tante grès oornne et tant_^.a.~.^^^ 

Cf. CosTÉ et CosTU. 

ENcouAN, ancouan, -en, oncoum, adv., 
aujourd'hui, maintenant : 

Qai plus la moilleroit oaan. 
Tant seroil plus ser.lie encoan 

<Itenarl, -28349. Méon.) 

Bien le puel oncoucti pronver. 
(G. DE CoiNci, S Uocadr. Richel. 19l..2.t»-M .) 

Ancouan. en cesl an 

Ert decoars on croissan. 

Gnillaumes et Landris 

Sera on mors on tis. 
{De VEschacier, ap. Jiibinal, Jongleurs ri Trou- 
vères, p. ISS.) 

Pn lormeot qu'il fera semer 

Me fera ancouan llamiche. , 

(RUTEB.. de Rrichemer, I, 209. Jabinal.J 

C'est coiistnme qni n'est nouvelle, 

A Toulouse, et dedens Roaen, 

Bien pert et perra encouen. „ esb -, 

(GODEFROY DE PARIS, C/ifO»., Richel. lib, 1 b5 .; 

ENCouciiiER, encuchier, encucier, v. a., 
coucher avec, avoir commerce avec : 

Une .lohane trova seurté de siwre uu 
appel de rap -s-ers W. qe fut présent ; 1 a- 
vnndite J. conta vers luy q'il \ encoucha 
V m trentime ; e ne parla de nul rap. (reor 
Ijuoks of the reign of Edw. the first, years 
xxx-xxxi, p. 52J, Rer. brit. script.) 

— Neutr., se coucher, s'appesantir : 
Encucad la crieme d'icel? sur elf. (Lib. 

Psa(m.,Oxf.,civ,36, Michel. )Impr.,encM«od. 

Var., encuchat. Lat. : Incubuit timor. 

ENCOUDRE, enqueudre, enkeudre, v. a., 
coudre h, en, attacher, enfermer en cou- 
sant : 

Si avoil encousu. par lin». 
Les l'or de son cief, nn caval. 
(Chrest., CUijcl, Richel. 37S. f» 269^.) 
Si le cors eut lavé et corerl qu'il ne pne ; 
Pedens .i. dras de soie out la char encosue. 

(Chev. au ciigne, I, 5603, Hippean.) 
Ccle a prise la menor pel 
Par le coramant an Jamoisel, 
Sor Melinr l'a cstendne, 
Ensi comme cle estoit veslue 
De ses garnemens les millors 
L'a encousue en la pian d ors. 
(G. de Palerme, Ars. 3319. (' 102 r°.) 
Tiens iert li escbequiers, onques miendres ne (n, 
Les listes .son/ d'or fin a Irifoire encousu. 

(ic,« Vœu.t du Paon, Ricbel. 368, f° 97'.) 
Se aucuns a encoissu eu sa robe autrui 
porpre. (G. de Lkngr., Instit. de Just., ms. 
S. -Orner, f» 11''.) 

•l'ai robe enlire d'amours, de joie encousue. 
(Jacbcemar'; Giei.ee. Chans-, ap. Dinaui, Trouv. 
de la Flandre, p. 216.) 
Portera on le cors laver, si doitli prieuse 



porveir ki ce face et cornent, et del en- 
coudre. (Règle de Citeaux, ms. Dijon, 
f°H8 r».) 

Intuere, enkeudre. (Gloss. de Douai, Es- 
callier.) 

Enqueudre des cordes en quir. (Compte 
de 1339, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Li varies prist la lettre que li chevalier 
li baillierent, qui estoit scellée de leurs 
trois seaulz ; et li encousirent en ses draps. 
(Froiss., Chron., lU, 64, Luce.) 

Vencousit tout parmy les cuisses jusques 
au hault. (Id., ib., V, 279, Luce.) 

— Fig., enfoncer : 

Messire Regnault lui encousi si roide- 
ment (son espée) ou costé qu'il lui perça 
tout outre les plates. (Froiss., Chron., Ri- 
chel. 2641, f" 211 r°.) 

— Réfl., fig., s'enfoncer : 
A derrains ma peUje] vesti ; 
Maei ke je pou m'i encoin. 

(Dolop., 8491, Bibl. elz.) 
L'espee qui estoit roiJe et bien aceree 
et envoiee de fort bras et de grant voulenté 
entra es cuissiens et s'encousi tout parmi 
les cuisses jusquns aux hanches. (FROISS., 
Chron., Richel. 2641, f" 173 r°.) 

Le li entra li fiers la dedens, qui s'encousi 
jusques ou eerviel. (iD., ib., VU, 203, Luce.) 

ENCOULPER, voir Encolper. 

ENCOUI^OURIR, voir E.NCOLORIR. 

ENCOULOURER, voir Encolorer. 
ENCOui^EURE, voir Encoledre. 

ENCOUMENSAILLE, VOir ENCOMMEN- 
ÇAILLE. 

ENCOL'MENSiaiENT, voir Encommence- 

MENT. 

ENCOUPEMEXT, voir Encolpement. 
ExcouPER, voir Encolper. 

EXCOUPIER, VOirENCOLPOIER. 

EXCOUPLIER, voir Encopler. 
EXCOUPOiER, voir Encolpoier. 
ENCOUPPLER, voir Encopler. 

ENCOURAGIER, VOlr ENCORAGIEU. 

ENcouRAGiR, voir Encoragir. 

EXcouR.\NCE, S. f., actloE d'encourir : 
Encourance de peine. (Coul. d'Aix, vni, 
S, Coût, gén., Il, 677.) 

ENCOURBÉ, adj., courbé : 

Doibvent eslre ordonnées les poinctes 
des liburues non directes, comme en plain 
cliamp, mais encourbees et ployees a la 
semblance de la lune. [Flave V'egece, iv, 
4S, ms. Univ. E 1. 107.) 

ENCOURBi, adj., courbé: 

Et seroient les genoulx fonrbis. 
Que vous avez enz encourais, 
A vons faire honnenr. 
(Farce d'un Mary j al., Ane. Th. fr., I, 129.) 

ENCOUREMENT, VOir ENCOREMENT. 

ENCOURPER, voir Encolper. 



ENCOURRE, voir Encorre. 

ENCOURS, in , s. m., action d'encourir, 
risque ; 

Défendons a tous nos féaux et subgiez 
de quelque condition ou estiit qu'ils soient, 
sus la foy en quoy ils sont tenus a nous, 
et sus Vencours de nostre indignation, et 
toute la peine que nous leur pourriens 
enjoindre, que... (1312, Ord., I, 507.) 

— En terme de coutume, revenus des 
biens confisqués pour crime d'hérésie : 

Rentes, leudes, rêves, peaiges, incours, 
notaireries. (1477, Ord., xviil,353.) 

ENCOURSER (s'), V. réfl., se hâter, s'ac- 
tiver à faire une chose : 

Ainsi s'enforce 
De raal faire et tant s"\ encourse 
Qu'il a remplie sa bourse. 
(Baud. ue Condé. don Preu avarie, Ars. 3112, 
f 320».) 

ENCOURTINEMENT , VOir ENCORTINE- 
MENT. 

ENCOURTINER, VOir ENCORTIMER. 

ENCOUSON, voir Enchoison. 

ENCOUSTE, voir EN'COSTE. 

EXcou.sTUMÉ, pari., accmitnmé : 

Elle prist .xil. chandelles ou non des 
.xil. aposlres si conme il est encoustumé 
en ceste terre la... (Vies et mart.desbeneur. 
virges, Maz. 568, f»302i'.) 

EXCOUTER, ancoiter, (s'), v. réfl., 
s'appuyer : 

Lez une estaiche m'ancoitai. 
(J. Bretex, Toartt. de Chauvenei, 1047, Delmotte.i 

Quant les dames oit parler 
Je m'enconlai lez un piler 
Pour escouter qu'elles disoient. 

(ID., ih., 1747.) 

EXcouvEXExciER, voir Enconvenan- 
cier. 

ENCOUVER, V. a., saillir : 

— Or sus tost, cheminez, paillarde, 
Maux loups vous poissent dévorer ! 

— Que ne la (ait on encouver 
Ainsi qu'on fait une génisse T 

Ofyst. de Ste Barbe, Ars. 3496, p. 789.) 

ENCouvERTÉ, adj., caparaçonné : 
Sur leurs destriers encouvertez et ai-- 

moyez do leurs armes. (Roi René, Œuv., 

II, 24, Quatrebarbes.) 

ENCOUViR, voir Encovir. 

EXCOVENANCER. voir Encovenancier. 

ENcoviER (s'), V. réfl., concevoir un 
grand désir : 

Rois Adraslas moult l'en mercie 
Et de lui servir s'encovie. 
(Eleoele et Polin., Richel. 375, f» 44».) 

ENCOVIR, encouvir, encuvir, verbe. 
— Act., désirer ardemment, convoiter, 
regarder avec envie, au propre et au fig.: 
Li empereres a l'avoir encovi, 
Toi otroia ce que Gnillaumes dist. 

(Mon de Garin, p. 102, dn Méril.) 
Li empereres ol l'avoir encovi. 

(Les Lok.. ms. Montp., P 105''.) 



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Et lot ceu c'um piiet encuvir el munde 
est assi cum uns niauz envers ceste glore. 
(S. Bern., Serni., Richel. 24768, f» 4 v".) 

Se doiens pi'imiers savoer ke li sapiance 
si ciim nos au suu livre leisons davancet 
ceos ki 1 ancovissent et se lor vient an- 
■coDtre. {Li Epislle Saint Bernard a Mont 
Deu, ms. Verdun 72, f» 96 v».) 

Cilz ont la terre recueillie 
Qui Vavoient raoult encouvie. 
(Rom. du Bnil. ms., P 10 i% ap. Ste-Pal.) 

Se il bien vnet, el laîra son mai-i, 
lui ira, taal fort l'a encouvi. 

(Aub. le Bourg., p. 123, Tobler.) 

Molt a encovi le vallet ; 
En lui esgarder paine met. 

{Parlon., 399'J, Crapelet.) 

Eosi par le bras depecié 
Gari Dieux Cliarlon de pecié. 
Et la Donnain qa'ol encouvie, 
Ki nostre Daine avoit servie. 

(MousK., Citron., iiH. Reiff.) 
Sor tous homes l'ai encori. 

Wancand-, 199D, Michelanl.) 
Par foi ! fait elle, je radote 
Quant jou ai chelui encoei 
Conques de mes deus iex ne vi 
Fors que Uni en l'eslour armé. 
{G. DE MoMR., la Yiolelle, 31Uo, Michel.) 

Molt cuidai bien avoir flné, 

Que la dame une nuit ravi 

Pour l'avoir que jou encovi. 

(ID., ib.. 3282.) 

Vrai DIeus, quant je premiers la vi, 

Merveil moi cornent Vencoii, 

Car tant par ert dolente 

K'en sa face revente 

Faisoient larmes sente. 
<Gdill. li ViMERS, Chans., Poët. fr. av. 1300, 
t. II, p. 933, Ars.) 

Ne porqaant s'amer me voulez 

Et tout sagement me celez, 

Je vos garantirai la vie, 

Car pieça vos ai encouvie. 
(De la Royne gui ocist son seneschal, 487, Méon, 

Nom. Hec, II.) 
Li Den sers qui la joie del ciel ot encovie. 
(Poème mor. en quai-, ms. Oxf., Canon, mise. 
■74. f° 21 r°.) 

Puis s'en istreit 

Et parlereit a son ami 
Que ele areil tant encouvi. 
(Chastoiem. d'un père, conte XII, v. 66, Biblioph. 
fr.) 

Por sa biaalé est ses cors encovis. 

(Bible, Richel. 763, f 226''.) 

— Absolument, concevoir des désirs, 
des desseins : 

Li chars ancuvist d'altre part encuntre 
lui et li mundes li ainoeuet davant celés 
choses ke fuut a encuvir. (Li Epistle Saint 
Bernard a Mont Deu, ms. Verdun 72, 
f» 40 r°.) 

— Chercher à s'emparer de, attaquer : 

Onques si bel pais ne vi, 
Jo l'ai a ton oes encovi. 

(W.4CE, Brul, C056, Ler. de Liacy.) 
Si ert la tere desgarnie 
El cil dui roi l'ont encovie, 
Si l'ont par Escoce envaie. 

(Id., !*., 6233.) 
M'en sai pren qne jugier, toz nos a encovi. 

U'arton., Ilicbel. 191c>2, f"> 170».) 

— Choisir, élire : 

T. m. 



Ains siervi tant et desiervi 
Que Dieux l'ama et encouvi 
Pour son peule garder en droit. 

(MousK., Chron., 38"2, Reiff.) 

ENCOvnin, encouvrir, verbe. 

— Act., couvrir : 
dur tombeau, de ce que tu encœuvres. 
Contente toy, avoir n'en penlx les oeuvres. 
(Cl. Mahot. Cimetière, de Guillaume Crétin, 

p. 431, éd. 1311.) 

Au vieil autel d'IIecate Perseide 
Qu'un bois ombreuï et segret encouvroil. 
(Baif, Poèmes, I. VI, l'.lmoar de Medee, Lemerre, 

p. 302.) 



— Réfl , fig., se cacher, dissimuler : 

it que vos âmes, 
oi vos encôvres. 
(Parton., 7013, Crapelet.) 



Bien sai el sent que vos âmes. 
Et que vers moi vos encovr 



ENCRA.IÉ, voir Encreé. 

ENCRAissABLE, encraissuvle, adj. f., 
ennuyeuse, déplaisante, onéreuse : 

Cil ki ensi vit ke sa conversations est 
plaisanz a toz et a neluy encraissavle. (S. 
Bebn., Serm., Richel. 24768, f» 68 v».) Lat., 
onerosa. 

ENCU.\MPELi, adj., engourdi : 

Quant il ot donné son mantel a .1. povre, 
il eucontra .i. autre qui estoit tout encram- 
peli de froit, il li donna sa cote. {Légende 
dorée, Maz. 1333, f^ 51=.) 

Cf. ACRAMPI. 

ExcRAMPEii, encremper, v. a., fixer 
avec des crampons : 

Pour avoir mis deux contrepoys sur led. 
pont, et pour Vavoir encrempé. (1454, 
Compt. de Nevers, CC 50, f 17 r°, Arch. 
mun. Nevers.) 

ENCUAMPONNEii, eucrup., V. a., fixer 
avec des crampons ; 

Pour asseoir, soder et encramponner les 
clercs voyes de l'ostiau uuef. (1409-10, 
Compt. de la fabrique de S.-Pierre, Arch. 
Aube G 1559, I" 127 v».) 

Encraponner les cleres voyes dessus 
ledit ostiau. (1409-10, Arch. Aube, reg. 3 G 
345.) 

Serrure encramponnee en mur mise en 
la porte de Nyevre. (1414, Comptes de 
Neoers, CC 19, ï" 18 r", Arch. muu. Ne- 
vers.) 

ENCIIAPONNER, VOir EiNCRAMPONNER. 

ENCRAUÉ, adj., augmenté : 

Par qei le service Dieux et la foy cris- 
tiene hissent honourez, encrauez et enbe- 
lis. (1343, Cil. d'Eil. III, Avesb., p. 111.) 

ENCRÉ, adj., couleur d'encre, foncé : 
Que on ue mete en un drap que trois los 
de seyni, fors que es pers encres, es blancs 
et es mesles. (1300, Ordoint., Grenier 91, 
1° 144 v», Richel.) 

A Volent quatre pièces de vert encré. 
13H, Test. deMar. de Haiii , Arch. P1370.) 

Chappe de ve-rt encré. (Ib.} 

Deux petites escroes de drap, l'uue de 
pers encré, et l'autre de pers asuré. (1361, 
Arch. P 1359', cote 633.) 

E.NCREABi.E, adj , qui ne croit pas : 



Et qui plus e.>t vers eus souTrables. 
El eus plus fous et encreobles. 
(Vie St Alexi, 501, Remania VIII, p. 17S.) 

ENCREAXCE, S. f., croyaucB : 

Plus en croisa envie f\vCencrcance. 
(Qdesne de Bethi-.ne, p. Paris, Bomanccro fran- 
(ois, p. 97.) 

ENCRE.\s, voir Encresse. 

ENcuECE, voir Encresse. 

ENCREÉ, encraiê, adj., p.-ê. qui a encore 
son apprêt, ce qui donne le lustre k une 
étoffe : 

Chascun de mal fere recroie 
Ainz que de lui chiee la croie ; 
Robe novele et encre\r]e 
Est plus prisiee et plus amee 
Que n'est la vielle et la remese. 
(G. DE CoïKci, Dont, delà mort, Richel. 23111. 
1° SOS''.) 

Robe novele el encraiee. 

(Id., ib., ms. Brux.. f» 220'.) 
Donnons nos a iNoslre Seigneur 
Que que nos sons en pleine fleur, 
Que que nos sommes encreé. 

(Id., ib., Richel. ililU, f 305''.) 

EN'CREis, voir Enores. 

ENCREJiENT, adv , extrêmement: 
E de eyicremctit hele flur set muis e demi. 
{Rois, p. 98, Ler. de Lincy.) 

E truverent Abisag de Sunaui, une en- 
crement bêle pulcele. {Ib., p. 220.) 

ENCREMER, VOir E.NCHRESMER. 
ENCREMETÉ, adj. î 

M. Tritain d'Ailli. — De gueules a .i chief 
encremeté d'argent et d'azur. (Armor. de 
Fr. de la fm duxi^° s., Cab. hist., VI, 226.) 

ENCREMPER, VOir ENCRAMPER. 

1. ENGRENÉ, adj., enfoncé : 

Ccsle peccatrice la voyant approcher 
d'elle avec renfort de bezicles encrenez sur 
le nez, la récuse, et s'inscrit en faux contre 
ses veux de verre. (G. Rouchet, Serees, xix, 
f» i38 r», éd. 1608.) 

2. ENGRENÉ, adj., entaillé de crans: 
Un baston encrenez. (Pièce de 1406, ap. 

Duc, V, 690.) 

Bas-Valais, Vionnaz, ékrena, faire une 
entaille. 

encrenelé, adj., crénelé : 
Mur encrcnelé. (Trium linrj. d'ici., éd. 
1604.) 

ENCREPATivEMENT, adv., avec des re- 
proches: 

Comme Saint Paul qui se demonstroyt 
aux pécheurs encrepalivement, car il pro- 
mectoit aux pécheurs qui estoient en pé- 
chez pour laisser leurs péchez gloire, et 
aux bons promectoil peine pardurable se 
ilz se delaissoient cl)eoir de leurs bonnes 
œuvres. (Lég. des saints, f" 71", éd. 1477.) 

ENCREPEMEiVCE, i. f.,reproche, blâme: 
De ta main jo défailli eu encrepemencc. 
(Psalm., lirit. Mus. Ar. 230, 1" 43 r».) 

ENCREPEMENT, S. lu., l'eproclie mena- 
çant : 

IC 



122 



ENC 



ENC 



ENC 



Del tun encrepement. Sire, del aspire- 
ment del espirit de la tue ire. {Lib. Psalm., 
Oxf., XVII, 18, Michel.) Lat. : Ab increpa- 
tione tua. 

Del tuen encrepement fuirunt. (Ib.j cm, 
8.) 

Esprise par fu e desramee, del encrepe- 
ment de la tue face périssent. {Liv.des Ps., 
Cambridge, Lxxix, 16, llichel.) 

Del tuen encrepement, Deus 'de Jacob, 
dormirent qui munterent clievals. (Psall., 
monasi. Corb., Ricliel. 1. 768, f 61 v.) 

ENCREPER, V. 3., réprimander, re- 
prendre avec rigueur, avec menace : 

Tu enerepas les genz. (Lib. Psalm.. Oxf., 
IX, 5, Michel.) 

E cncrepa la mer Ruge, e assechede est. 
(Ib., cv, 9) 

Encrepe la beste del chalemel la concre- 
gatiuns des forz. [Liv. des Ps., Cambridge, 
LXVIi, 31, Michel.) 

N'i ad parole dunt te estuce curecher, 
ne mei si encreper. {Rois, p. 65, Ler. de 
Lincy.) 

Tu enerepas les malfaiturs. (J6., p. 207.) 

ENCRER, V. a., tacher d'encre : 
Qui a encré la manche de vostre che- 
mise? (Palsghave, Esclairc. de la lang. 
franc., p. 729, Génin.) 

ENCRES, voir Engres. 

ENCRESMÉ, voir Encriesmé. 

ENCRESSE,- ece, encreas, s. m., accrois- 
sement : 

Pur meulfz parder or et arpent deins le 
roialme d'Enslelerre, et pur Vencrece de les 
comoditeesduditroialme.(S(n<. de Henri IV 
d'Englet., anv, impr. goth.,Bibl. Louvre.) 

Item que les leyns en cbescun counté 
soient coilles par bonez gentz du paiis et 
soient liveres as resceyvours le roy saks 
es countes ou ils serront coilles soloncqz 
le pois ordcigné par estatut, c'est assavoir 
.XIIII. li. pur la piere et .xxvi. piers pur 
le sali, sans auter encreas. {Stat. d'E- 
douard m, an XV, ib.) 

ENCRESTÉ, encreté, adj., qui a une 
crête, une crinière redressée comme une 
crête : 

Crans fa e gras et fornis et molles. 
Fiers ses repars con lions encreteis. 

(Raimbebt, Ogier, 10384, Earrois.) 

- Fig. : 
Vray Dien. il csloil si gentil, 
Et si genlemenL encresté. 
(.Farce de frère Cuillebert. Ane. Th. fr., I, 316.) 
La haut, encresté, le duc de Vendaome 
Ardent se montre tuteur du royaume. 

(Cl. Bbttet, Poés., II, 113, Jacob.) 

Aunis etSaintonge, encrêter, donner un 
premier labour qui ouvre seulement la 
crête du sillon. 

ENCRETÉ, voir ENCRESTÉ. 

ENCREUSER, voir Encroser. 
ENCRiciER, V. D., s'accroître : 

... La conqneste commença 
Qui tousjours depuis encrifa, 
A duré el encore dure. 
(Fboiss., Poù., III. m, tlG5, Scheler.) 



ENCRiEME, encrime, adj., criminel, 
scélérat : 

Or set qu'il sont encrieme que Itens s'en vengera. 
(Hermax, ISil'le, Ilichcl. '2162, f 15 v».) 

.Se je vos fas tin coule bref 
Del traitor félon encrime 
Con il concia moi meîme. 

(Renarl, Martin. I, p. \'l.) 

Que TOUS feroîe longue rime ? 
La gent felonesse et encrime 
Mist eotor li. la boue osta. 
(RuTEB., Vie de Sle Elysab., Il, 198, Jnb.) 

Ki bien aime, il est en crieme 

D'airer çou qu'il aime. Encrieme 

Et félon me sont mi travail. 
(Badd. de Co.vdé. li Contes de la rose, 189, 
Scheler.) 

Li dierves, qui ot vie encrieme, 

S'embali en une vies voie. 
(J. DE CoNOÉ, li Dis don Icrrier, 9in, Scheler.) 

Aten je donc que en sa main 
Me tiengne cis (els rois encriemes. 

(Fergus. 5634, Martin.) 

ENCRiEAiÉ, voir Enxriesmé. 

ENCRiEMETÉ, S. f., action, conduite 
criminelle : 

Laissies tresloule vilonnie, 
Encriemeté, toute esloutie. 
(Amadas et Ydoine. Itichel. 375, f° 317'.) 

ENCRIESMÉ, encrismé, ancrismé, encres- 
mé, encrieme, encriemmé, engriemé, encrime, 
ancrijne, adj . et subst., criminel, scélérat : 

Suz ciel nen al pins encrismé felnn. 

(Roi., 1216, Mûller.) 

Et Bordeloîs li encrieme laron. 

(Les Loti., ms. Berne 113,1" 20''.) 

Tiebalt en fa tenu[2] pur encrismé felun. 

(Itou, 2» p., 3660. Andresen.) 
Mais d'Alain Vencrcsmê félon 
Ne veut nue parole escuter. 
(Ben-., D. de Norm., II, 8823, Michel.) 
Sire rois Cniteclins, dit V ancrismé fe\oji , 
Je estoie ier matin an la tante Karlon. 

(J. Bon., Sax., cxxxvi, Michel.) 

Et je sni tant mauvais et ancrimc félon 
Que de son bien li vael randre mal gnerredon. 
(Id., il., cLvi.) 

Et il si lisent li encrime felom. 

(Raijib , Ogier, 50-2, Earrois.) 

Jesu ont pris li engriemé felom. 

(Id., ib., 239.) Var., Encrieme. 
Il n'en a mie mort de ['encrieme félon. 
Mais il l'a abatu de l'auferant gascon. 

(Aiol, 900-2, A. T.) 
Aies vons adouber, antre pais n'en feron : 
Tais si lor corons sus, les encrieme[s] felon[s]. 
(M., 10682.) 

A .1. conseil alerent li encrime félon. 

(Paris,-, 23, A. P.) 

Al lor osteui s'an vont li eln]criemé félon. 

(Ib., 55.) 
Que Turc ne nous sourprenent, li encriesmé félon. 

(C/ians. d'Antioclie, II, y. 604, P. Paris.) 
Car Franc sont en ma terre, li encriesmé félon. 
(/*., V, T. 489.) 
IS'i dcerûDt François, li encrieme félon. 

(Fierabras, 3730, A. P.) 

En une tour se fiertnl li encrime mesel. 

(Gaufrey, 4385, A. P.) 

Paicn s'en fuient, li encresmé félon. 

(Enf. riv-, Richel. 774, f o."-'".) 



Vers Reniers viennent li encriemmé (e\on. 

(Jord. deBlaves, Richel. 860, f° 113 r».) 

Osiez Jhesu de sa haschie 

On li encrime l'ont posé. 

(Boni, du S. Graal, 504, Michel.) 
Il l'en ont hors gelé cil encrismé félon. 
(Yie et mir. de la Y., Richel. 22528, f» 28^) 

ENCRIME, voir Encrieme. 

1. ENCRi.MÉ, s. m., accusé, condamné : 
Faire les exécutions des encrimez .{Debv . 

deuz au D. de Bret., à cause des ferm. de 
Lesneven, xv° s., Arch. l'inist.) 

2. ENCRIME, voir Encriesmé. 

ENCRISMÉ, voir Encriesmé. 

ENCROCHEMENTE, S. f., extotsion : 
Pur grandes myschiefs et importables 
oppressions faitz de jour en jour a les 
loial.^ lièges du roy deins le countee de 
Hereford per encrocUemenlez et extorcions 
faites par lez viscountes. {Stat. de Henri VJ, 
an IX, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

ENCROCHiER, - cicr, - ckcr, encruchier, 

- quier, encrocqtier, verbe. 

— Act., accrocher, percher, saisir : 

La vois tout maintenant 11 vint 
Qui desor .1. arbre se tint. 
Si li dist : r,a sui encrocies 
Qn'a poi ke ne sai escacies 
De ton ceval des pies devant. 
(D'un Yilain qui fu ricties et fuis poires, Ars. 
3527. f»84''.) 

Si li dist : Ça sui encrochiez. 
(Du Yilain asnier, 445, Méon, Nouv. Rec, II.) 

Car sus nu de ses piez chei 
Tout don trenchant une coiguiee 
Qui ert sur le char encruckiee. 
(J. Le Marchakt, Mir. de N. D-, ms. Chartres, 
r 23^) 

Je ne le pouvoye poynt encrocher, le 61 de 
l'eave l'avalloyt si fort. (Palsgrave, Es- 
clairc-, p. 478, Génin ) 

Hz dressent deux poultres, hautes comme 
un mas de navire, qu'ilz fischent droictes 
en la mer, de distance l'une de l'autre en- 
viron de quarante a cinquante pas : sur la 
summité desquelles l'on faict des logettes, 
afin qu'un homme ou deux aient lieu a se 
tenir dessus en taisant le guet au poisson. 
Ces poultres ont des basions hschez au 
travers pour monter et pour descendre. 
Les logettes leur servent pour les défendre 
de la chaleur du soleil et des pluyes. Es- 
tant la hault encruchez, font comme ceux 
qui font le guet aux vignes. {\iKLOy,Singu- 
laritez, I, 73, éd. 1S34.) 

Celuy qui conduit le bateau, ne pourroit 
veoir son chemin, s'il n estait encriiché bien 
bault. (Id., i6.. Il, xxx.) 

Un ramier bastist son nid mal propre- 
ment, non trop mal aysé a trouver : car 
communément il ne Vencruche gueres 
hault. (ID., Nat. desoys., VI, 19, éd. l.=5bS.) 

En luy ostant le pas, le poulmon, et la 
peau, (au lièvre) lesquels il encruch?ra en 
quelque arbre, de peur que les chiens eu 
mangent, (Do FouiLi.oux, Ve>i.,ch. lix, éd. 
1383.) 

— Dans un sens grivois : 

Chascuu venll faire tricque. trocqne ; 
Chascun qniert s'araye encrocquer. 
(AnDRÉ DE LA ViGNE, Yergicr d'honneur, Poés. fr. 
des xv' et xvi" s., X, 152.) 



ENC 

— RéQ., s'accrocher, se percher : 
Kn hant es clochiers des yslises 

Ko r'a ancnns qui la sencruchent. 
Aus sainz tirer aide huchent. 

^GciART, Roy. lign., 117-8, W. et D.) 
Aussi li pecherres s'encruiehe 
Par orguil, puis verse et trabruche. 
(Macé de la Charité, BMe, Ricliel. 401 , f»-20T=.) 

Et m'estoil avis qu'il voloit 
Seur .1. mont, dessus s'encrocba 
Et contreval se Irebuscha. 

(FaW. d-Oi:. Ars. 50B9, f 153».) 

Kt sans ateudre 

S'encrocha sur le soumerOQ 
Du haut mont. 

(/«.. t° HI5''.) 

Quar qui plus hautement s'encruche. 
S'il avient qu'il chiee ou trebuscbe. 
Tant est li cheoirs plus doutables. 

(;*., f -231'.) 

On verra au Supplément, à l'art. Cro- 
CHiERjle verbe réfléchi se c?"ucfter employé 
par Rémi Belleau dans le même sens de 
se percher. 

— Neutr., se percher, grimper : 
Sus pope monte et se prent garde 
De quel part le vent nous regarde. 
Les marooniers escrie et huche. 
Sas la geôle aucuns encruche 

Pnur viser se de terre estions 
Prouchaias. 
(Chb. dePis., Poes., Richel. 601. t» 108 r°.) 

— Être crochu : 

Espaaies qui point u'encruquoienl, 
Dont li loue bras adevaloient 
Gros et graille ou il alleroit. 
(A. DE LA Halle, H Jus Adan, Richel. 2.S566, 
t° 41 r°.) 

îi'encruçoient. 

(ID.. «*., Vat. Chr. 1490, t" 132 v».) 

— Encrochié, part, passé, perché : 

Les Françoys ayants un petit oysillon 
de la corpulence d'un pigeon, haull encru- 
che dessus ses jambes, quasi comme estant 
a cheval, l'ont nommé chevalier. (Belon, 
Nat. des Oys.,i, xv, éd. 1553.) 

Saintonge et Orne, encrucher, accro- 
cher. H.-Norm., vallée d'Yères, encrou- 
quier : rester encrouguié dans un arbre, être 
pris dans les branches ; s'encrouquer, mon- 
ter sur. 

2. ENCRocHiER, voir Encrocier. 

1. ENCROciEU, - chier, v. a., revêtir 
d'une crosse : 

Abbes qui t'osas eslochier 
Du cloistre por toi encrocifr, 
Croce n'est pas a fol maçne. 
(Reclus de .Moliens, de Charilé, Richel. 23111, 

pour toi racrocAier. 

(Id., ib., Richel. 15212, (" 97 7°.) 

2. ENCROCIER, voir Engrochieh. 
ENGROER, ancroer, encrouer, eneruer, 

encroier, v. a., accrocher, pendre au croc, 
pendre : 

Enz ke desus vus encroitiis, 
Aperlement vus mosleruns 
Cum feit forment cil chaitif sunt 
Qui a la roue pendu sunt. 
(Marie, Purg. de S. Palrice, Richel. 25407, 
f 112».) 



ENC 

Et il lu'euist peudu et encroel au vent. 

(Chev. au cygne, 6722, Reiff.) 
Qui nos fera touz pendre i an ant encroer. 

(Parise, 179, A. P.) 

Que ja ne fust pendnz, o o vent ancroes. 

(li., 222.) 
Car jel feroie a fonrqes eneruer. 

(Huon de Uordeaui. 23C1, A. P.) 
Et Richier et Urbam au vaut nncroerai. 

{Ftoov., 092, A. P.) 
Pendus serai et encroues. 

(Sept Sages, 2273, Keller.) 
Aura si grant paour d'estre au vent eiicroé 
Qu'il n'ot mes si très grant puis l'enre qu'il fu né. 
(ilcugis dWigrem., ms. Montpellier H 2i7, 
P 163''.) 

A Moutfaucon le firent sus au vent encroer. 

Ulerle, 2309, Scheler.) 
Devant vo porte voz ferai encroier. 

(Gaydon. 7410, A. P.) 

Si fu encroez et liez toz envers sor une 
haute roue. (Chron. de S.-Den., ms. Ste- 
Gen., 1'» 260".) 

A un gibet de Pontoise pour eux nou- 
vellement fait furent traînes, et en celuy 
gibet pendus et encroes. {Gr. Chron. de 
Fr., Phelip. le Bel, lxx, P. Paris.) 

Sa fortune vous a encroé sur sa roe. 

(Jeh. de Meung, Test-, 653, Méon.) 

Ardoir u eneruer au vent. 

(Fregus, p, 127, Michel.) 

Certes, se je suis pris de ses vilains lardez. 
Pour or ne pour argent ne seré respitez 
Que je ne soie tost aux fourches encroez. 
(Cuv., Bertran du CuescUn, 3171, Charrière.) 

Avant que il feust demain pas.sé je le 
feroye si hault encrouer au vent que tous 
ses amis en aiiroient honte et vergongne. 
{Girart de Rossillon, ms. de Beaune, éd. 
L de Montille, p. 270.) 

— Attacher, en général : 

Desor son elme .1. chapel encroia 
D'un capadouce que merveilles ama. 

(Mon. Renuart, Richel. 368, f° 240'.) 
Si flst sa chapele enmaler 
Et dessus son asne encroer. 
(Pean Gatineau, Vie de S. Martin, p. 151, Bour- 
rasse.) 

— Réfl., s'attacher, s'accrocher : 

Qant il virent qu'il n'i a pins, 
A queilque peines sus montèrent, 
Desus dous branches sV/ic/'Ocrt^»/. 

(Renart, Martin, I, p. 276.) 

Que ta ne seras rien loues 
Qui Vestoies haut encroes. 
^Ysopet-.^vionn., fab. viii, du P.ion et de la Grue, 
Robert.) 

— Neutr., dans le même sens : 

Parmi branches e parmi reins 
Le fist haut cuntremunl voler, 
E el furc d'un arbre encroer. 

(Rou, S' p., 600, Andresen.) 

— Réfl., en parlant d'arbres, s'engager, 
s'embarrasser, en tombant dans les bran- 
ches d'un autre arbre : 

Pource que moult de fois on a veu 
qu'aucuns coustumiers ou acheteurs qui 
un arbre ou plusieurs avoient a prendre 
en nos forests le faisoieut abattre telle- 
ment qu'il s'encroiioit sur un autre meil- 
leur pour eu.x, et plus dommageable a 
nous que le premier et tel qu'iceluy ne 



ENC 



d23 



cheust en eoustume uy en veute ; et puis 
par prix avoient celuy en estant, non sans 
fraude et grand dommage pour nous, pour 
la convoitise des marcliands ou coustu- 
miers, ou par la malice des abatteurs, les- 
quels selon leur industrie feroient l'arbre 
cheoir de quel costé qu'ils voudroient sans 
encrouer sur un autre : ordonné est que 
cbascun se garde doresnavant d'abattre ou 
faire abattre si follement son arbre qu'il 
s'eneroue sur un autre a nous appartenant, 
tellement qu'il ne puisse estre osté, sans 
le nostre abattre ; car, s'il le fait, il perdra 
ce sien arbre et sera a nous acquis. {Ord. 
de Fr. I" sur la chasse des for., etc., mars 
1515.) 

— Fig., se coller, rester accroché ; 

S'on s'eneroue sur vos mamelettes. 
Et qu'on vous chatouille le bas. 
N'en sonnez mot, ce sont esbas. 
{Farce de Frère Guillebert, Ane. Th. fr., I, 306.) 

— Au sens mor., s'attacher à, embras- 
ser : 

Mes s'il ont en eulz ensreslié. 
Orgueil ou quelque mauvestié, 
Le grant estât ou il ^'encroenl 
Plus tost le monstrenl et descloent. 

(Rose. Vat. Chr. 1322. f^ 11*".) 

— Encroé, part, passé, accroché : 

Vit par defors les lices, sor perces encruees. 
Les testes de ses homes, les a les empalées. 

(Roum. d'Ati.t., P 35", Miclielant.) 

Et fu sus son asoe encroiez 
Dom la celle n'ert pas dorée. 
(Pea!) Gatineau, Vie de S. Martin, p. 140, Bour- 
rasse.) 
Li chastiaus fu moult fors, si fu haut cncroc. 
Et l'eve d'envirou li cort par le chané. 

(Qaat. lits .\ym.. p. 8, Tarbé.) 

— Enfoncé profondément : 

Si en i ont .v. (saietes) bien encroees. 

(Rose, Vat. Chr. 1492, f 14».) 

— Arbre encroé, arbre qui, étant tombé 
sur un autre, demeure engagé ou embar- 
rassé dans ses branches : 

Que sûubs umble de caable ne autre- 
me"nt, l'on ne face ventes de cbesnes ne 
autres arbres en estant, sur lesquels autres 
abbatus par caables ou autrement soient 
encroez; mais soient ou marchié du caable, 
les encroes lessiez et exceptez, se les mar- 
cbans ne les peuvent abattre, sans celuy 
en estant copper. (1376, Ord., VI, 231.) 

... seroient encrouez. (1515, Ord. de 
Franc. I" s. la chasse des for.) 

Arbre encroué se dit encore en terme 
d'eaux et forêts. 

— Voûté : 

N'ot pas espaoles ancroees, 
M'ierent trop corbes ne trop lees. 

(Ben., rroic, Ars. 3311, 1° 34''.) 

N'ot pas espanles encroees, 
M'ereut trop longes ne trop lees. 

(Id., tl>. Richel. 375, f° 79\) 

Norm., eitcroHfr ; Morvan, eiicroui, ac- 
crocher, suspendre. 
Cf. Encroser et Encroûter. 

ENCROIER, voir ENCROER. 

ENCRoiRU, anc, verbe. 

— Act., croire : 



124 



ENC 



La dame flsl ancroire et dire por verte, _ 
Se remanoiz sans oir. ja n'auroit le régné. 

(Panse, 231. A. P.) 

— Rén., s'encroire d, s'en rapporter à : 

Il n'est déduis ne renbians 
Fors que d'avoir ciier loians : 
Ce dit Colins do Chanpians, 
]e m'enrro en li. 
(Col. bf. Ch.isp., Bartsch, Rom.el pasl.,l, ■/2,11.) 

KNCROis, S. m., endroit où deux che- 
mins se croisent, croisière : 

Et Ganor s'en lorna, s'entra en .T. encrois 
Ini de ses barons fplusl de .lx. et trois. 

(Aije d'4ny».,2-2'25, A. P.) 

ENCROISEMENT, VOir ENXROISSKMENT. 

ENCROisiER, yerbe. 

— Act., croiser : 

Aux unps encroiserent les bras et esta- 
clierent. (D'AdtoNj Chron., Ricliel. S083, 
f» 41 v°.) 

— Réfl., se croiser, prendre la croix : 
Enqui après sencroisa li quens Joffrois 

del Perche. (Villeh., § 10, Wailly.) 

— Neutr., s'entrecroiser : 

Mais les dames qui dedans sont 
N'est mervelle se paor ont : 
Les nues voient eiicruisier. 
Les nés lever et abaissier; 
De la mer sont espoentees. 

(Mhis, Richel. :M'6. P 139'.) 

— Encroisic, part, passé, croisé : 

Ses mainz encrozees sor son piz. (Chron. 
de Tnrpin, Richel. 5714, f» 76S Auracher.) 

El baisèrent la terre, les braz emcroisez. 
(D'Adton, Chron., Richel. 5083, f 76 v».) 

Les bras encroiscz. (In., ib., (<• 100 r«.) 

1. ENCROissEMENT, eocroJsemeîiijS. m., 
accroissement, augmentation : 

Sire, fait il, or li dones, 
Car seur nos faire le deves, 
De la part Deu, encroisemeni 
De bien et de vie ensement. 

(Parlon., lOilS, Crapelet.l 

En faveur du devin service, V encroisse- 
ment duquel nous desirons tousjours. (1336, 
Arch. S 80, pièce 27.) 

2. ENCROissEMENT, S. m., grincement : 
lUiec sera plor et encroisscment de denz. 

(Bible, Maz. 684, f" 232''.) 

1. ENCRoissiER, V. n., croître : 
Einsin fu celé rose en ce rosier .IX. 

jours, et encore crut et encroissa et embeli. 
(S. Graal.,ms. Tours 915, f" 121=.) 

2. ENCROissiER, voir Engrossier. 

ENCROISTRE, VCrbC. 

— Neutr., croître, s'accroître, au sens 
■mater, et au sens mor. : 
Encunlre mei revelernnt li Saisne, 
E Hnngre, e Bugre, e tante gent averse... 
Puis encrernint mes peines e sufraites. 

(Kol. 29-21, Muller.) 
Si grant damage nos encreisl 
Oae la danesche gent cbaitive 
N'a dunt i seit ne de quel vive. 

(Bcs., D. de Norm., II, 120, Michel.) 
Et li bourdeur sont cncroissanl , 
Les vertus encroissent et vivent. 
Et vices vertus devienenl. 
(Lfl Prise amoureuse de Joiiesie, tlichel. 24432, 
f 338''.) 



ENC 



Sun los encresl par tut 

(ffoni, 402, Micbcl.) 
Si la force de ascun flot court a un vei- 
siD en partie de sou soil, par quoy le soil 
l'auter veisin encresl de aultre part de 
l'ewe. (Britt., Trouv., c. 33, Houard.) 

De niesme encressenl les seignorages et 
les fées des seisniours. (ID., ib., c. 33 ) i 

1 

— Act., faire croître, augmenter : 

U encroistre, amenrir, u changier, u os- 
teir, toute u en partie, aucunes coustutnes 
u assises. (1265, Etabl. d'une fêle, Tailliar, 
p. 266.) 

Et encresse votz biens. (Lelt. de }. Tra- 
vers d H. le Despencer, 16 oct. 132b, Delpit, 
Doc. franc, en Anglet., p. 50.) 

Nous le nourrissons (notre sang) et en- 
croissons des viandes. (Dn GuEZ, An Inlro- 
ductoriefor to lerne to speke french irewly, 
à la suite de Palsgrave, p. 1074, Génin.) 

— EncreM, part, passé, accru, augmenté: 
Dcmostenes avoit la teste bien channe. 

Les grenons conlremont et la barbe encreiie. 
(Th. of. Kent, Gale dWlis., Richel. 24364, 
f» o7 ï».) 

Si ot large la crope el le piz anereu. 

(J. Bon., Sajr., ixxin, Michel.) 
El s'ot large la crape et le pis encreu. 

(iD., iS, Ars. 3142, f 240".) 

Les amendes qui enclieirout pour les 

forfez es arbres pourtauz fruit et en bestes 

encreues. (fleg. de la Ch. des Compl. de 

Paris, sign. Bel, i" 148 r», ap. Duc.,111, 804.) 

ENCROLER, - oulcr, V. a., envaser : 

Et sachez quicunque estoit encroulé, il 
trouvoit a grand paine qui luy aidast.(JEH. 
LE Bel, Chron., I, 52, Polaiu.) 

Sachiez que qui feust encroi«Z en ces 
crolieres il eust trouvé a mal aise qui lui 
aidast. (Froiss., Chron., Richel. 2641, 
f 14 T'.) 

Qui fust encroles en ces crolieres il trou- 
vas! a malaise qui li aidast. (ID., tft., I, 
S6, Luce.) 

ENXROi.LER, V. S , mettre entrain : 
Pomponius escrit que se ge ai cstablé la 
besoigne que tu as fête, jaçoit ce que cle 
est nullement fête, tu n'es pas tenuz a moi 
par action de besoignes fêles. Jles se il est 
en dote, savoir mon se ge lai establé, il 
covient veoir se l'action de besoignes felcs 
est encrollé, quar des que cle estoit corn- 
nienciee, cornent sera ele ostee par seule 
voleuté? (Digestes de Jiist., Richel. 20118, 
f" 44».) 

Jugemenz ne puet pas estre encrollé ne 
estrefez des choses qui sont a avenir au- 
tresi corne plevine puet. (ID., ib., f° 73'*.) 

ENCROSER. - ouser, - euser, verbe. 

— Réll., s'enfoncer : 

Delis de char en cuer s'encrouse, 
11 n'en est pas lost descrouses. 
De vilain ver est cuers crouses. 
Ou teus delis s'est enciouses. 
(Reclus de Moliess, iliserere, .\rs. 3142, 
f 212'.) 

— Act., enfoncer, planter : 

Le matelot sur la mer poissonneuse 
Conduisant ses vaisseaux. 
Pour reposer, l'ancre mordant encreuse 
Aa pins profond des eaux. 
(P. DE COBKU, (Xuv. poel., p. 36, éd. 1383.) 
II encreiisoH soigneux des amandes, des nois. 
Des pignets, des marrons recueillis par les bois. 
(Du BART.4S, les Arli/lces, p. 273, éd. ICIO.) 



ENC 

— Encrosé, part, passé, enfoncé : 
Mais la saiete est eus remesse 
Qui ont esté de nouvel resse; 
Si en i ont .v. bien encrosees 
Qui ne ponrenl estre oslees. 

(Rose, Vat. Chr. 1S58, f° 17''.) 

Cf. Ekcroer et Encroûter. 

1. ENCROTER, encroiistcr, encrutter, 
voir Egroter. 

2. ENCROTER, VOif ENCROUTER. 

ENCROUE, S. f., écrou, petite fossette 
pratiquée d.ins le canon de l'arquebuse : 

J'ente le tireplomb dedans Vencroae, adn 
De recharger de qnoy tirer au marcassin. 
(Gaccb., Plais, des Champs, p. 229. éd. 1601.) 

ENCROUER, voir Encroer. 

ENCROUPELÉ, adj., qui a une large 
croupe : 

Mais par especianté je pris 
Un très grant destrier pomelé 
Large de piz, encronpelc. 

(Fauvel, llichel. 146, f° 38'.) 

ENCROUSER, voir E.ncroser. 

ENCROCSTER, VOir ENCROUTER. 

1. ENCROUTER, encrolcr, encrouster, 
verbe. 

— Act., cacher dans une grotte, dans 
une caverne, dans un trou : 

Mors, petit ou nient te redoutent 
Cil qui l'or et l'arpent encroulcnt. 
Dont maint preudons va mendiant. 

( Vers de le ilorl, llichel. 373, f 335'.) 
Que n'ont il quant l'ame leur part? 
.1. seul suaire qui leur part. 
Et tant comme il sont looc, de terre. 
Ou bien les encrouste et enserre. 

(Fabl. d'Oc, Ars. 5069, f^ 67'.) 

— Cacher, en général : 

De desus les raisins se voûte (le heriçon). 
En ses espines les encrote. 
Quant chargiez est alot s'enfuit. 
(Gerv., Besl., Brit. Mus. add. 28260, f° 94=.) 

— Réfl., se cacher dans une grotte, dans 
une caverne, dans un trou : 

Mors, si te ses entrebouter 
Que nus ne se puet encroûter 
En liu que reponrcs li vaille. 

(l'ers de le Mort. Richel. 373, f" 333».) 

Ainsi se vait tout encrolanl 
Erasinns uns grauz Dons larges 
Qui puis vait et resourt en Arges. 

(Fabl. d'Ov.. Ars. 5069, f 223\) 

Bien près de Troyanne Emphilé 
Ot jadis nne large plaigne 
Qui ore est une grant montaigne. 
Ce furent vent qui s'encrouterenl 
Ans sousterriencs et boutèrent. 
Et quant se furent encroulé 
Souz les cavernes et bouté. 
Issir vondrent, mais il ne porent. 

(Ib., f 223"=.) 

— Encrotité, part, passé, enfoncé pro- 
fondément : 

Si en i ont .v. (saletés) bien encrotees. 

(Rose, Vat. Cbr. 1522, f» ISi-.) 

Morvan, Franche-Comté el Suisse rora., 
encroler, encrotd, etc., enterrer. Bas-"Va- 
lais, Vionnaz, ékrola. Dans le Nivernais, 



ENG 

on dit encrotler un animal mort, pour 
signifier riMifouii^ le metlre dans un crot. 

Cf. Encrokr et EiN'cnosER. 

2. ENCROUTEit, voir EonoTER. 

ENCROZEU, voir E.NCROISIER. 

ENCRUCHiKii, - guier, voir Encrochier. 
ENCRUciER, V. a., lourinentor : 

Dorement sercil encrticiez. 

(Marie, Lai de! Freisne, 284, Roq.) 

ENcïsuDELiR, - elUr, encruellir, verbe. 

— Act., rendre cruel, irriter el pousser 
à la vengeance : 

Le peuple félon a encrudeli ton nom par 
leuryniquites. (Psauî. , Richel. 1761, f° 93''.) 

Yaus temptereut e encrudellirent le Dieu 
haut. ilb.,i° 9a vo.) 

... Car In ne prens qn'a gloire 
^'encruellir ton cœar en ta victoire. 
(P. DE Brach, les Poem.. S° 23 r", éJ. 1576.) 

— Réfl., se soulever : 

Quant le peuple se encrudelissoit contre 
moy. {Psaitt., ELcliel. 1761, 1» 41^) 

EiNCRUELER, - eller, verbe. 

— Neutr., se montrer cruel : 

Si vus voslre estai veillez bien garder, 
Ne dfivrez Irop encnieler 
Re trop cslre simple vers la gent. 
(Le Jonijlcur d'Eltj, Monlaigloa el Raynaud, h'a- 
btiaux, II, 2o6.) 

— Act., rendre cruel : 

Or si la es pour nous, qui seroit cesl haulaia 
Qui Toudroil coalre nous encruellcr sa maia i 
(Chassig.n., Slcspris de la rie, p. 3'J5, éd. 1594.) 

ENCRUELLIR, VOlr En'CRUDELIR. 

ENCRUENTÉ, adj., ensanglanté : 

Et de cruour 
Est Ion jnpel eneruentes. 

U'asloralel, ms. Brnî., C 62 y".) 

ENCRUER, voir EN'CROER. 

ENCRUQuiER, voir Encrochjer. 

ENCRUTTERj VOlr EGROTER. 

ENCucHiER, encucier, voir Encouchier. 

ENCUEiLLiR, eiiceulUr, enquoillir, an- 
qillii; V. a., prendre, en général : 

Si l'a:j enceullij a lié. 

(L'Ysloire du Chevalier au Signe, in fine.; 

Errant que li hons eut chou dit, nous 
angillimes uo voie. {De Saint Brandainne 
le Moine, Jubinal, p. o9.) 

Li pucelp oip&rlerde lui et desaproeche, 
si VenquoiUi en prant amer. (Sept sag. de 
Home, Ars. 3334, f" 47=.) 

— Cueillir avant le temps, avant la ma- 
turité : 

L'homme ou la femme survivant sa par- 
tie [leut prendre et lever tous les fruicts et 
chastels franchement, dessus les héritages 
du deffuut, tant d'anciens que d'acquetz, 
dedans les quarante jours après la mort du 
deffunt ; pourveu qu'ils soient en bonne 
maturité, sans les eticueilUr. (Coût, de l'E- 
veche de Metz, Nouv. Cuut. géu., 11 424'' ) 



ENC 

ENCUEUR, encoeur, s. m., charbon ou 
anthrax au poitrail des chevaux ou des 
bœufs : 

Le mal de Vencceur est celuy qui des- 
peche et fait tost mourir les chevaux, et 
par ainsi fanlt que des aussi tost que la 
glande s'enfle en la poitrine on l'arrache 
sans rien tarder. (Belle-For., Secr. de l'a- 
gric, p. 267, éd. 1571.) 

Vencueur du bœuf, autrement appelle 
maillet ou marteau, se cognoist quand la 
beste est hérissée par tout le corps, moins 
gaye que de coustume, ayant les yeux 
slupides et hebetez, le col panché , la 
bouche saliveuse, le pas paresseux, l'es- 
pine et tout le train du dos roide, du tout 
desgousté, et ne ruminant gueres. (Lie- 
DAULT, Mais, rust., p. 120, éd. 1597.) 

Vencueur est un autre mal qui despesche 
tost le cheval ; de mesme qu'au précèdent, 
convient recourir au mareschal, pour arra- 
cher avec ferremens la glande qui s'enfle 
eu la poiclrine.(0. de Serres, Th. d'agric., 
viir, 6, éd. 1605.) 

Encueur, the scithie, a disease of horses 
and cattell. (Cotgr.) 

EN'cuGNiER, incugner,\. a., battre, en 
parlant de la monnaie : 

Slouetam cudere, vel encugnier, facere 
seu battre. (1368, Plaid général de Lau- 
sanne, Doc. de la Suiss. rom., VII, 375.) 

Cudere seu battre et incugner (mone- 
lava).(Comment.sur leplaict gener.de Laus., 
ib., 319.) 

— Cogner l'un contre l'autre : 

lu donl le veist Iressailhir 
¥A les oelz ovrir et clugnier 
Et les puins easamble encuijnier, 
Il desist bieo, selonc mon sens : 
Cesle puel bien perdre soq sens. 
(G. LE Long, la Veuve, 36, var., Mootaiglon el 
Raynaud, fai;.,',Il,Ç339.) 

Lorr., encueugnc, se dit de linge sale 
qu'on laisse en tas dans le grenier sans 
l'étendre et qui peut contracter quelque 
altération. 

ENCUI, voirEKQUi. 

ENcuiDiER, V. a., penser, résondre : 

Se vous ce faites qpe je ai encuidié, 
A tousjors mais auries m'amislié. 

(Auberi, p. 217. Toblcr.) 

Sire, dist il, bien avons esploilié, 
Moult aurons gent, si com j'ai encuidié. 
(Aumont et Agrav., liichel. 2495, f 79 v".) 

ENCUIERER, VOir E.NCDIEER. 

ENCuiRE, V. a., faire cuire : 

Par nuit en a le corps emblé, 
Encuit l'en a et balsemé, 
A grant honor l'ensevelirent. 
(Vies des Saints, Ricliel. 23J12, chiffre LX, col. 



— Encuit, part, passé, "et adj., très cuit, 
ti'op cuit : 

Matière fécale encw'cfe. (Nicot, Tliresor.) 

Il est enregistré en ce sens dans plu- 
sieurs dictionnaires du commencement et 
du milieu du xvii« siècle : 

Encuit, adust, trop cuit. Excremens en- 
cuits. (MoKET, Parallèle des langues, Rouen 
1632.) 



ENG 



12S 



Encuit, consumé de cuire. (Duez Dict 
fr.-all -lat., Amsterdam 1664.) 

— Mal cuit : 

Encnict, raw, undisgested, not yet con- 
cocted, no fuliy boyled, not throuiilily ha- 
ked, also hardened through heat. (Cotgr.) 

ENCUiRiER, -quirer, -quierer,-cuierer, 
encoryer, v. a., recouvrir de cuir : 

Et dessus cliascun sépulcre a une mai- 
son quarree moult bien enquieree dessus. 
(Liv. de Marc Pal, xxx, Pauthier.) 

Et si ont grandisme quantité d'ydoles, 
et si grans que bien sont longues dix pas ; 
et telles y a qui sont plus petites ; et 
telles y a qui sont de fust ; et telles de 
terre, et telles de pierre. Et sont toutes 
bien eKgitirees,et puis couvertes d'or, llb 

LXI.) 

Trois coulombes de fust de pièces moult 
bien encuierees de beau cuir de lyon. (Ib., 
xcil.) 

Jehan de l'Escluse demande. v. gros pour 
chaque pavais qu'il encorye; il eii avait en- 
coryet .xx. moyennant c. s. (13S6, Lille, 
ap. La Fous, Gloss. ms., Bibî. Amiens.) 

ENCUISANÇON, VOir ENCnSAWjON. 

ENCuisiNER, V. a., entraîner dans la 
cuisine : 

Par le nés fa Merlins menés 
Au flair de la crasse cuisine. 
Moult a de cuers encuisines 
Et après soi achemines. 
(Reclus de Moliens, Miserere, .\rs. 3.j2",f°127''.) 

ENcuissoNos, ancuissunous, adj., qui 
soufl're d'un mal cuisant : 

Le cors et le ventrail durement freiz aveit 
Et do Sun mal de flanc ancuissunous endl. 
(Gars., Vie de SI Thom., Richel. 13513, (» 05 v».) 

ENCuiTER, voir Enquiter. 

ENCuiTEUR, S. m., uiot probablement 
altéré, qui, dans l'exemple suivant, semble 
signifier sacrificateur : 

Par le porte recevant sacreCse eutroient 
li encuiteur et cil ki le loi -n-ardoient caut il 
avoient fait lor sacrelise au diable, {llist. 
de Tournay, Richel. 24430.) 

EJicuivitiER, - oier, v. a., vexer : 

Ne l'enciiivroierons ne molesterons par 

nous ne par autrui. (1259, Cart. S.Medart, 

f° 34", Arch. Aisne.) 

ENCULER, V. a., placer en arrière : 
Et enculer lesdis crestiaux a le montée 
desdis avantpis, afin qu'un homme y puist 
veir et estre a se deffense. (1416, Béthune, 
ap. La Fons, Art. du Nord, p. 148.) 

— Mettre au fond : 

Aucuns dressent des pépinières des- 
dites espèces d'arbres les semans en mars : 
ils veulent aussi dire qu'ils viennent de 
bouteure fichée dans petits rayons, ou en- 
culee dans paniers, et qu'on en greffe et 
ente sur tige assez près de la racine, 
(Liebault, Maison rustique, m, 26, p. 363, 
éd. 1658.) 

ENCULPER, voir Encolper. 

EXCULTivER, V. a., houoref : 

Cet meis li encullivouent païens et onurouenl. 
(P. DE TuAUN, Liv. des créai., 341, Wright.) 



126 



ENC 



ExcL'MUENT. iiicumbent. s. m, bénéfi- 
cier, prêtre pourvu d'un bénéfice, curé, eu 
Angleterre : 

En meane le maner en lou un yillein 
purchase un advowson d'un Esglise plein 
â'un incumbent, le Seinnur del villein poit 
veneral dit Esi^lise, et claim ledit advowson, 
et pour cel claim l'advowson est en luy : 
car s'il doit attendre tanque après le mort 
Venciimbenl, et adonq a présent son clercJi 
a le dit esfjlise dont eu le meane temps le 
villeine poit aliéner l'advowson, et issmt 
ouste le Seinuur de son présentement. 
(Tenur. de Liltlelon, f» 40, ap. bte-Pal.) 

ENCIJMBRE, voir ENCOMBRE. 

EXCUMBiiEH, voir Encombrer. 

EXCUMBRIER, VOir ENCO.MBRIER. 

ENCUMBROS, Voir Enccmbuos. 

ENCUJIPAIGNIER, VOir E.NCOMP.\IGNIER. 
ENCUXTRE, voir ENCONTRE. 
EXCUNTRECUREMEXT, VOir ENCONTRE- 
CORBME>"T. 

ENGUNTREDIRE, VOlr ENCONTREDIRE. 

EXCUXTREDIT, voir Encontredit. 

ENCUXTREMENT, VOir ESCONTREMENT. 

EXCUXTRER, voir Encontrer. 

EXCUXTRESTER, VOir ENCONTRESTER. 

EXCUPER, voir Encolper. 
ENCUPEUR, voir Encolpeur. 
ENCUR.\T, voir Excuré. 
EXCUUciER, voir E.ncorcier. 

ENCURE, VoirENCORRE. 

ENtuRÉ, encurat, s. ni., celui qui est 
chargé d'une cure : 

Nos avons baillé ces letres selees do seel 
de Garner nostre encuré de Germeigné et 
Uo seel de Jahan encuré de Mont Flour. 

(1263, eu. des compt. de Dole, — , Arch. 

Doubs.) 

Fer les diz encuraz ou vicayres. (1319, 
.Vrch. Fribourg, A/f. eccL, u» 2.) 

A la castigacion de mous l'encuraz ou de 
son vicayre. (1403, Arch. Fribourg, V Coll. 
Ces lois, n» 145, 1° 33 v».) 

Bas-Valais, Vionnaz, ékoera, curé. 

ENCUREMEXT, VOir EN'COREMENT. 

EXCURVER, V. a., courber : 

Laz apresterent a mes piez, e encurve- 
renl la meie aueme. {Lib- Psalm., Oxf., 
LVI, 8, Michel.) 

Encurvé sunt M tertre del mont, des 
eires de la parmanableted de lui. (Cant. 
ffabac.,10,Lib.Psalm., Oxf.,p.239, Michel.) 

Gierres la forsenerie de Deu muntadsur 
eals, e si ocist les cr;is d'eals, e les esliz 
d'Israël encurvad. {Lie. des Ps., Cambridge, 
LXXVII, 31, Michel.) 

EXCusAXçox, anc, encuisancon, s. f., 
souci, chagrin : 

Quant ge n'i pais trover qn'encuisaiifon 
Je le defi. 
/Li Coron. Looijs, 1819, ap. JoQckb., Giiill. d Or.) 



ENC 



Sire, fait il, de la teoçon 
N'ai mie grant ancusançon. 
(Crest., le Cheealier au lijon, ap. Tarbé, Toum. 
de l'Antechr., p. 117.) 

Cf. CnSAXÇON. 

ENcus.vxçoxxEUx, adj., soucieux : 
Je scay certainement que tu n'es point 
nuit et jour encusançonneux du gouverne- 
ment de la chose 'pubiicque. (Laur. du 
Premierfait, Traiclié consolalif de la vieil- 
lesse, Richel. i009, f» 87 r».) 

ExcusEMEXT, anc, s. ra., accusation, 
dénonciation, trahison : 

E que mut li aveit pesé 
De ceo qu'il ot sun CQDgié : 
Par encusement l'aveit fait. 

(Marie, Lai du cl>evre/oil, 99, Roq.) 

l'n poi TUS esteit ici lesser. 
Al le rei île Englelerre repérer 

E a sa geat. 
Kl a l'apostoille vuot enveier 
Ses sages hommes, a sei deliverer 
De encaseinent . 
(Yie Je S. Thomas, ap. Michel, D.lde'yorm., 
III, 0-20.> 

Que l'ung quanqn'il ose penser 
Puisse a soa ami recenser 
Cam a soi seul seuremeut. 
Sans soupeçon i'encusemciil. 

iltose, 4713, Méon.) 
Enaisemenl e fausclé 
Tienent les plaiz de sa cité. 
(Dit du Besani, Ricliel. 195-2o, P 111 r°.) 

D'ancusement de larron. (Elabl. de S. 
Louis, I, XXXVII, p. 53, var., VioUet.) 

De cens qui seront ataiuz pour bataille 
en la court l'evesque ferons nous joustice 
et aurons leur meubles sanz ancusement. 
{Coul. de Paris, Richel. 20048, f» 3S^.} 

Ge temps durant Coronis s'acointa celee- 
meut d'uug aultre amoureux, laquelle 
chose Phebus sceut par l'encusemeut d'ung 
sien serviteur.fC.MAXsiON,Bi()(ioJ. des Poel. 
demetam., f» 17 r-, éd. 1493.) 

ENCUSEOR, - eour, - eeur, - eur, - ur, 
encuzeour, - sseor, encuiseor, s. m., accu- 
sateur, dénonciateur, calomniateur : 

Unqnes a son consoil n'emma encusseor. 
(Hermax, Bilile, ras. Orléans 374''", 1» 4".) 
Or se tairont li vanteor 
Et 11 couart encuseour, 

(Ben., Troies, Richel. 370,'!° S4=.) 

.\. gr.int marlire et a dolor 
SuDt issu li encuseor 
Du taier defors. 

(Tristan, I, 3823, Michel.) 

Ke mut fa grant 

Li encusiir cum un géant. 

(S. Edward le conf., S20, Luard.) 

Faus encuserres. 

(Reclus de Moliexs, Miserere, Kk. 3460, f° 47'.) 

Seront dorénavant plus chier 

Encuseor et losengier. 

(GoioT. Bille, 186, 'Wolfart.) 

Encuseor, mal plaidif et losenger. 
(Boni, des Romans, Richel. 25407, f 144 r».) 

Se aucuns accuse un autre de murtre 
ou de traison, li encusierres doit fere sa 
plainte par devant la justice. (Estahliss. de 
S. Louis, II, XI, St-.Martin.) 

Li encuserres doivent toz jors croistre la 
demande. (Ordin.Tancrei, ms. Salis, f" 9=.) 

Li encuseors. {Ib.j 



ENC 

I.i enevseur ki encnsoient. 
(G. DE Cambrai, Barlaam, p. 14, Mejer.) 

Encuiseors et m.aldisanz. (Ms. Ars. 5201, 
p. 168».) 

Les encuseor furent ataint de lor fauseté. 
(Chron.de Fr., ms. Berne 390, f 24'.) 

— Enquêteur, commissaire : 

Et pour ce il doit avoir entour luy d'une 
gent encuzeours et enquereours, jusques il 
li feront assavoir les dessus dites males- 
faites. [Ass.deJér., II, 243, Beugnot.) 

— Inspecteurs chargés d'examiner le 
vin avant qu'il soit mis en vente : 

Li crierres est tenuz de requerre sa ta- 
verne avant qu'il soit eure de crier, pour ce 
que il doit encuser le vin qu'i doit crier 
avant qu'il crit ; et se encuseeurs vont, li 
tavernier li puêt veer sa taverne, et dire 
qu'il n'est mie tens de requerre mestre, car 
encuseeur vont. Et li crierres li puet de- 
mander sa taverne a l'endemaiu. (Est. 
BoiL., Liv. des mest., 1" p., v, 11, Lespi- 
nasse et Bonnardot.) 

EXCUSER, anc, enk., encusser, v. a., 
blâmer, accuser, et quelquefois trahir : 

Qui Venensat ab Chielpering. 

(Vie de S. Lèg-, ms. Clerm., st. 13.) 

Moull fut de toute part la chative enmssee. 

(HERMiN, Bible, ms. Orléans 374"'.) 
Idunc qniderent estre lut pris u enliusé. 
(Garmer, Vie de S. Tkom., lUchel. 13513, 
f» 35 r».) 

Que ja par moi n'en seras ensuses. 

(llAiMB., Ogier, 8780, Barrois.) 
Par grant humilité s'escuse 
De ce dont ses pères Vencuse. 

(Dolop., 3421. Bibl. elz.) 

A l'orgailleus géant \'a encusé. 

(.ittleron. 2287, Graf.) 

Se ta me tcus plevir ta foi 
Que tu ja ne m'encuseras 
D'une rien que dire m'orras. 
(Des Trois boçus, Montaiglon, Fahl., I, 17.) 

U encusa Quinton Ligarion par devant 
l'empereeur. (Digestes, ms. Montpellier H 
47, f» 4'.) 

U encusa ses familiers. (Chron. de S.- 
Den., ms. Ste-Gen., l" 51''.) 

V ancttsaienl si anemi. 

(Pass. D. N., ms. S.-Brieuc, f° 32''.) 

Seigneurs, j'ay trop grant marrison 
De celle abesse qa'encusee 
Wont ces nonnains. 
(Miracles de Nostre Dame, I, 2,682, G. Paris.) 

Dieu mette en mal an l'orde beste qui 
m'a encusé. (Louis XI, Nouv., xxxi, Jacob.) 

Estant en la prison il encusa ses. compa- 
gnons. (Des Periers, Nouv., lxxxi, La 
Monnoye.) 

Sans aler encore a son père 
Encuser le pauvre garçon. 

(J. A. DE Baif, l'Eunuque, V, 7.) 

Ils pensoient avoir faict beaucoup pour 
luy de tant se hasarder seulement que de 
ne Vencuser aux geus de l'empereur ou du 
roy Ferdinand son frère, et de luy conseil- 
ler qu'il se retirast en diligence sans pas- 
ser outre. (GuiLL. du Bellay, Mém., l.'VI, 
fo 176 V, éd. 1369.) 

— Faire connaître, manifester, révéler, 
avouer : 



ENG 



END 



END 



127 



Tait encusfnt ci lor pensé, 
Fors 11 sage bien apensé. 

(Rose, 10877, Méon.) 

Ce n'est pas sens que jon celer li voel, 
K'encor ne die jou m.i aeseslance. 
Si m'encusent mi samlilant et mi oel, 

(SïMOS d'Altie, ap. Dinaux. Trouv. arli'S.,p. 418.) 
Devant ce qu'il dut Irespaser 
Vout Dei son trésor nicuser. 

{Vie de S. Mexi, 59', Romauia, VIII, p. 177.) 
Toutes ces choses cy celle femme eitcîfsa 

par force de tourmens. [Anàenn. des Juifs, 

Ars. 5083, f° 198'.) 

— Réfl., s'accuser, se dénoncer, se trahir: 

Proisie sui reine, mais d'une riens ni'encus 
une n'a si bêle famé dusc'as bones Artus. 
(Roiim. d'AlU.. f° 50'', Michelanl ) 
Apres Ua my aoust les cerfz musent et 
quierent les biclies, et hurlent tellement 
les ungs aux autres qu'ilz sont ouys de 
bien loing, et par celle cause se encitsent. 
{Moins, f" 58 r", Blaze.) 

— InQn. pris subst., accusation : 

K'issî vus e li a fait del rei esloigner 
Par ses granz mençunges e par sun encttser. 
(llorn. 3708, Michel.) 

— Encuser le vin, le goûter, le dégus- 
ter : 

Li crierres est tenuz de requerre sa ta- 
verne avant qu'il 'soit eure de crier, pour 
ce qu'il doit encuser le vin qu'i doit crier, 
avant qu'il crit. (E. BoiL., Liv. des mest., 
1" p., V, 11, Lespinasse et Bonuardot.) 

Comtois, Montbéliard, ancusai, ancvjai, 
accuser. Saintonge, encuser. 

ENCUSSEOR, voir EîfCUSEOR. 

ENCussER, voir Encuser. 

ExcuvABLE, - vavle, adj., convoiteux, 
désireux : 

Je ne cuiz mies ke tu soies si encuvavles 
de glore a avoir ou d'onor que tu ne re- 
ceusses bien ceste çrlore d'aucuen altre 
homme ki purs hom fust si cum tu, s'il 
doneir la poist. (S. Bern., Serm., Ricliel. 
24768, f 4i V».) 

— Désirable : 

Asseiz est et bien puet soffeire ke nos 
vitailles soient mainjavles, c'est telles c'uni 
en puist maingier, et ne m\es, encuvavles on 
deleitavles. (Li Epistle Saint Bernard a 
Mont Deu, ms. Verdun 72, f» 66 r°.) 

ENcuvELLER , anc. (s) , s'aïuasser 
comme dans une cuve : 

Et ton envier a la vaisselle 
On l'eaue d'un mois s'ancuvelle. 
Et put comme pucianx en rue : 
Homme n'est qui pain ne mangue. 
Va dormir, si despureras. 
(K. Deschasips, Poés., Richel. 8i0, f° 377''.) 

Pat. lorr., ankeuvelé, arranger le linge 
dans un cuveau pour le lessiver. 

ENCUVENANCIER , VOir ENXOKVENAN- 
CIEB. 

ExcuvER (s'j, v.réfl., s'enfoncer comme 
dans une cuve : 

Da cnl de robbe, qui leur chiet 
Contre val, comme un fonds de cuve. 
Bien focrré, ou elle n'enciive. 
(E. Desch.imps. Poés., llichcl. 840, f .i'J',^.) 



Fr,-Comté, enctaer, faire la lessive. 
ENCuvirt, voir EiNxoviu. 

ENDA, anda. semble avoir été un subst. 
Il s'employait couiine un juron de femme, 
en guise d'exclamation affirmative. On 
disait, par mon enda, par m'enda : 

Par mon enda, je voudrois qu'il fust 
desja de retour. (LarIV., les Escol., IV, 3, 
Anc. Th. fr.) 

Par mon anda, les maistresses de ces 
escoUiers ont meilleur temps que les 
roynes et grandes princesses. (Id., ib., m, 

Oy, par mon enda. (Id., la Vefve, i, 5.) 
Par ni'anda I j'en jure la bonne feste de 

madame la Saint Jean. (Ber. de Berville, 

Moy. de parv., p. 34, Jacob.) 

— Par enda, dans le même sens : 

Par enda, c'est nostre maistre ; 
.le croy qu'il se double du jeu. 
(Farce de Frère Guilleiert, Anc. Th. fr., I, 314.) 

— En enda, dans le même sens : 
Ainsi se tindrent plus d'un grand quart 

d'heure, et jusques a ce que Mabile se 
souzriant dist a Oriane : lia dame, au 
moins avant que mon cousin trespasse, 
que nous le voyons, s'il vous plaist. En 
enda, respondit Oriane, vous me le laisse 
rez, et puis vous l'aurez a vostre aise 
(Herbebay, Sec. liv. d'Amad., c. xiv, éd 
1555.) 

Et quoy ! que veult dire cecy ? Les corn 
pères se jouent ils ainsi avec leurs corn 
mères? En enda t c'est un trop grand 
péché. (Lahiv., Facel. Auicls de Slrap., vi, 
i, Bibl. elz.) 

Vous estes un beau ^aiidissenr. 
An anda je m'y recommande. 
(Jacq. Grevin, ta Thresor., III, m, éd. 1561.) 

— Enda, dans le même sens : 

Anda je ne veux point vous servir de jacqnet. 
{R. BELLEAti, (Eiiv. pocl., d'une Dame, t. II, 

f» 82 ï", éd, 1578.) 

Enda ouy : enda voire Jlonsieur, vous 
nous en voulez conter, vous venez de 
Blays. (Tahurkau, Prem. dial. du Démo- 
critic, p. 59, éd. 1602.) 

On lit dans la Liste alphahéiique des 
anciens termes de Marot, a la suite de l'éd. 
1731 : 

Enda, sorte d'exclamation populaire, qui 
se dit encore en quelques provinces. 

Cf. Manenda. 
endable, voir Endeble. 

ENDABLETÉ, VOir ENDEBLETÉ. 
ENDABTÉ, voir ENDATÉ. 

ENDAiGNEMENT, S. Di., indignation : 

Damedeus... les gita hors de lor terre en 
son ire et en son grant endaignement. 
[Bible, Riohel. 899, f° 93''.) 

ENDAiGNiER (s'), V. réfl., s'indlguer : 
Sire, ne t'endaigne pas, tu sez bien que 
cist pneples est enclin a mal. (Bible, Ri- 
chel. 899, f« 48«.) 

ENDAN, voir ANJ)AIN 

ENDANSÉ, - anssé, adj., paré pour la 
danse : 



Adont fu Bertran chiez un mire portez 
Et loi (n snr son chief le noble pris posez; 
C'estoit nn beau chappel d'or et d'argent ouvrez, 
lié Diex ! ce dit Bertran, pour Dieu de majelez ! 
Ostez moy ce chappel, point ne suy endanssez. 
(Ccv., du Cuesclin , -Rat . des v. 2"Jl-260, Charrière.) 

ENDANTER, VOir ENDENTER. 

ENDARDiR, V. a., darder : 

Si luy sembloil a l'eplise aler. 
Ce n'esioit donc que pour déambuler 
Et eiidardtr ses yenh pour entretien 
Sur tny, voyant ta grâce et ton maintien. 
(1525, Epistre du lion frère gui rend les armes 
d'amour, Poés. fr. des w' et xvi' s., t. XI.) 

ENDARREAiNNEMENT, aud., adv., fina- 
lement : 

Il est bien voir, et s'el dit on sovent, 
Qui traison porquîert et entreprent 
On'il est honiz andarreainnement. 

(Mon. Renuart, Richel. 368, f 245'.) 

ENDART, adv., inutilement : 

Leur karongne et leur estandart 
I orenl amenée endort. 

(MocsK., Citron., 29560, Reiff.) 
Un son compaingnon ad occis. 
Par mer s'est fuiz del pais. 
Mais ne s'en ala pas endort 
Ke il en ad trop ben sa part. 

(Proitteslaus, Richel. 2169, f 19'.) 

Nous avons présenté cetti^ locution, 
écrite en deux mots, t. 11, p. 422, à l'ar- 
ticle Dar. 

ENDATÉ, - abté, part, passé, daté : 
Les deux contralz y ciidabtes. (1580, 

Compt. de tut., f» 115», Barbier de Lescoet, 

Arch. Fiuist.) 

ENDEAIN, voir ANDAIN. 

ENDEBLE, eudieblc, endeible, endaible, 
endoible, endoivle, endable, endevle. and., 
adj., faible, affaibli, infirme, caduc, exposé 
à périr : 

Jonathas le fiz Saul ont un fiz ki fu en- 
dieble des piez (Rois, p. 135, Ler. de Lincy.) 

Si est endicble des piedz. (Ib., p. 149.) 

Ki feble 
Sunt par lur veillesce e endebte. 
(Marie, Vurij. de S Patrice. Richel. 25407, 
f 105'' : ï. 3'JI, Boq.) 

Quant viel et endelle se sent. 

(GuiLL., Best, div., 2.^.52, Hippeau.) 
Moult est fol cil qui est endeible 
S'a pins fort de lui veut initier. 

(l'al/l., ms. Chartres 261, C 139 i°.) 
Mes tant est li mondes eitdables. 
Qu'il ont faites amors vendables. 
(Rose, 516.'), Méon ; ms. Corsini, f° 36"^.) 
Mes tant est li mondes endebles. 

(Ib , Val. Chr. 1522, f 33''.) 

.Mais tant est li mondes cndevies 
Qu'il ont faites amours vendavles. 

(Ib.. Vat. Ott. 1212, f 40».) 
La seigneurie (de l'Eglise) est molt endable, 
Se cil s'efforcent de la prendre 
Cui lu la bailles a delTendre. 

(Ib., Bichel. 1573, f° 93''.) 
Car no cars par est trop endevle 
Et Irop malade et trop fevle. 
(De Ste Ysaiel, Richel. 19531, t° 119''.) 
Quant la fores amenuise etideble sunt li 
os. (Ptaut., Miiz. 2o8, f 37 v».) 



128 



KND 



END 



END 



As emiers et as endoibles de cors. [In- 
trod. d'aslron., Richel. 1333, f» 24».) 
Car anchiens estoit et foibics, 
Maladieui et moult endaibles. 
(Bisl. des Trois Maries. Richel. 12168. p. 152.) 

Pois dit que mon fait est enieible. 
(J. Lefebvre, Resp. de la mort, Richel. 1191, 
r» 4\) 

Icellui exposant fist mettre ledit Bodart 
en geyue, eu laquelle il qui estoit andaple 
de frofs'e maladie, si comme on d:st, 
expira. (1376, Arch JJ 109, pièce 145.) 
Et horas qui vit en tel raeschief 
A par droit dolerous le chief; 
Je l'avoic lors si endouie 
Et le coer si mat et si foible 
Qu'a paines pooie parler. 

(Fkoiss.. Poés., Richel. 830, f° 107 r°.) i 

Elle disoit que elle n'y (lourroit aler 
pour ce que c'estoit moult loing dudit j 
palais et qu'elle estoit endable d'une de ses 
jambes. (1423, Arch. JJ 173, pièce 303.) 

— Avec a et un inûn. : 

Moult foible et fort endeble a vaincre les 
autres vices. {De vita Christi, Richel. 181, 
f° 57».) 

ENDEBLKTK, ciidableté, s. f., faiblesse, 
infirmité : 

L'enfermeté et Vendablelé des genz. 
(Régie de S. Ben., ms. Sens, p. Ia5\ ap. 
Ste-Pal.) 

ENDEBRETER (s'I, V. rt'tl., s'affaïWir : 

Mes cuers par mainte fois regrcte 
Le grant perle de Damiele 
Que receuns par le le?at ; 
Crcstientes trop s'eudebrele. 
Molt le Irast d'ague siiele 
Et navra de cruel baral. 
(Cfimpt. de Jérusalem, ms. Berne 113, f^ l'JO''.') 

Cf. Endeble. 

EXDEBTER, VOir EiNDKTER. 

ENUECEVoiu, V. a., tromper: 

Il en i ot .in. moult vallans 

Ki furent eskievin esliut ; 

Or oies corn ont endeeiiit 

Le siècle, et si ont femes prises. 

(MousK., Chron., 28951. ReilT.) 

ENDEDEN.S, - dans, prép., dans, d'ici à : 

Endedens trois ans. (12 sept. 1421, Flines, 
Arch. Nord, Cod. A, f» 38 v».) 

Les ville et cliastoaulx de Montbeliart 
estans présentement en nos mains seroient 
baillées et délivrées es maius de nostre 
très chier et amé cousin, le conte de Saint 
Pol endedans la lin de ce présent mois. 
(24 juin 1443, Ch. des compt. de Dijon, B 
119Ô6, Arch. Côte-d'Or.) 

Lorsque tels bourgeois ou manaus sont 
prisonniers, leur doibt estre administrée 
loy endedens le tiers jour ensuivant ladite 
ap'prehention. {Coust. de Sainct Amand 
(Flandre), ms. apparten. à M. Baligand, 
p. 69.) ■ 

Endedens l'an dudit coni|iaruit. {CoHSt. 
de Morlaigne (Flandre), ib., [i. 113.) 

EXDEIBLE, voir ENDEBLE. 

ENDELissÉ, part, et adj., qui goûte les 
délices, qui est attiré ou retenu par des 
délices : 

Deliciari, estre endellssi'S. [Gloss. de 
Douai, Escallier.) 



ENDEMAGE, S. m., dommage, tort : ] 

Sachez que Vendeniage de Tabarié est ! 

miens, et sur moi torne. (Est. de Eracl. ' 

Emp., XXIII, 33, Hist. des crois.) 

ENDE.M.\iN, - mein, and., ond., s. m., 
lendemain : 

A Vendemain de feste Saint Denis. 
(Gar. le Loh., 2° chans.. xx, p. 287, P. Paris.) 

Vondemain lues ke l'aube rrieve. 
(ROB. DE Blois, Poés., Richel. 24301, f 543 T».) 

A recevoir chacun an a tousjourz Vende 
mein des octaves de Noël. {Ch. de 1281, 
Arch. L 1033.) 

Eu Vandemain de l'Assunpcion. (1291, 
Cart. de N.-D. de Beaug., Arch. Loiret, 
f» 22 V».) 

A Vandemein de Noël. (1293, Vente, Arch. 
Loiret, Ste-Croix.) 

'Vendem{en'\ain do le Division des apos- 
tles saint Piere et saint Pol. (!301, Cart. 
de l'Abb. de Flines, p. 499, llautcœur.) 

Aucuns commencent des Vandemain de 
Panthecouste. (J. GoDLAiN, Ration., Ri- 
chel. 437, 1» 360 r°.) 

De ce que ta pues faire au main 
N'attens le soir ne Vendemaui. 
{Quatrains morait.1-, 2" sér., xvii, tirés d'no ms. 
du xv'' s.) 

ENDEM.\NDRES, VOir ENDEME.NTRES. 

ENDEMANÉ, VOir E.NDEMENÉ. 

ENDEJi.ANiER, adj., expérimenté : 

Mais tous li plus eiidentanier 
Ne li soreot que consillier. 

(MousK., Chron., 21557, Reiff.) 

ENDEMISNDRES, VOir ENDEMENTRES. 

ENDEMEXÉ, endemaué, andemné, adj., 
qui ne peut pas rester en place, qui bouge 
toujours, qui a besoin de se remuer sans 
cesse, léger, écervelé : 

Voy le gentil esservelé 
Comme folle amoar l'appareille. 
Portant le bonnet sur roreillc. 
Sans r.iison trop endemané. 
(Rot Re.né, IWliizé en court, Œav.. t. IV, p. IIU, 
Quatrebarbes.) 

Je me suis trouvée tant lasse et foible 
■ pour la douleur d'espaule qui m'a tenue 
par les chemins, que j'ay bon besoing de 
repous, ce que je voys prendre hors 
d'avecques ma fille, car elle est si ende- 
menee, que je ne sauroys repouzer auprès 
d'elle. {Lett. de Marg. d'Ang., lett. lxvii, à 
M. le Grant-.Maistre, 13^9.) 

Lascivus, va, vum, sémillant, saffre, en- 
joué, endemené, rageux, qui ne peult 
arrester sans lolastrer. (R. Est., Dictiona- 
riolum.) 

Pois, s'eslançant hors la porte des cieus, 

Endemené, frétillant et joyeux 

Se rue en l'air. 

(RoKSAi-.D, Poés., 111, 111, Blanchemain.) 
C'est bien dit, car desja moa ame endemenee 
Voile d'y aller jtost. 

(Jacq. de la Taille, Alex., 3, éd. 1572.) 

Tout le jour mesme il ne pouvoit de- 
mourer en un lieu, et les dames le blas- 
moient fort d'inconstance et légèreté de 
ce qu'il estoit si endemené qu'il ne se fai- 
soit que mouver et remuer. (G. Rouchet, 
Serees, iv.) 



Hé Dieu, que vous estes endemené- 
(Tahureau, Prem. dial. du Democrilic, 
p. 60, éd. 1602.) 

Estant la, je farele aux recoins plus cachez. 
Ou le bon Dieu voulut que. pour mes vieux péchez. 
Je sceusse le despit dont l'ame est forcenée. 
Lorsque, trop curieuse, ou trop endemenee, 
Raudant de tous costez. et tournant haut et bas. 
Elle noas fait trouver ce qu'on ne cherche pas. 
(Recmier, Sal., XI, Lacoar, p. 111.) 

— Endemené à, qui s'agite pour : 

Cest fleur d'aage est fort chatouilleuse 
et endemenee a prendre tous ses plaisirs. 
(Amvot, OEuv. mor.. Comment on nourrit 
les enfants, éd. 1819.) 

Endemené, entémené, se dit encore en 
Normandie, parliculièremont dans le dé- 
partement de l'Orne. 11 signifie évaporé, 
espiègle, turbulent, qui ne tient pas en 
place, en parlant d'un enfant : « 11 n'est 
pas méchant, mais il est endemené. » Dans 
le Haut-Maine, on dit endemené pour agité, 
tourmenté, emporté; en Bourg., endemone' ; 
dans le Val de Saire (Manche) endemono, 
excité, entêté. 

ENDEMENGNE, S. m. ? 

En teil manière que li endemengnes, du 
cours ki vient au moelin desous etdeseure 
est li vidanie en demengne. (Cart. de 
Picquigmj. Arch. 19628, f» 63 r°.) 

ENDEMENTiERS, - meulers, - mantiers, 
-mentirs, undem., endrementiers, endemes- 
liers, adv., pendant ce temps, alors : 

Et molt doucement li prièrent 
C'un poi de respit lor donast, 
Endementiers s'apareillast. 
{Floire et Blanclu, 2° vers., 1780, du Méril.) 
Mais il avint andemantiers 
Que... 

(lienarl, Richel. 1G30, f» 128''.) 

Or te tai donc endemesliers. 

{Rose, Vat. Chr. 1858, f» 49'.) 

Mais endementiers Melusine pensoit a 
l'estat de ses deux fi'z. (J. d'Arras, Me- 
lus., p. 208, Bibl. elz.) 

Endementiers voicy (présage merveilleux) 
On apperçoit en l'air vingt milans famcilleax. 
(Jan de ViTEL, la Prinse du mont S' hlichel, 8. 
de Beaurepairc.) 

Se mussa endemantiers en une isle. (Le 
Baud, Hist. de Bret., ch. xxi, éd. 1638.) 

Si Dst ilec demeure Artur dix ans entiers. 
Et son armée acrent de gent endementiers. 

(In., te Bréviaire des Bretons.) 

— Endementiers que, conj., pendant 

que : 

Endementers qu'il vont dotant 
Lequel consel praodront avant. 

(Wace, Brut, SU, Ler. de Lincy.) 

Endementiers que il aUi parler as contes 
et as barons. (Villeh., 81, Wailly.) 
Andemantiers he il escoute, 
L'aofant vers la riame regarde. 

(Dolop., 9930, Bibl. elz.) 

Et end\em'\enlirs que il les beneissoit, il 
se parti d'eulx. (Guiart, Bible, Luc, ms. 
Ste-Gen.) ■ 

Endementiers que Challes chevauchoit li 
vindreat au devant uns oz de Saines. 
{Cliron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., f» 11b".) 



END 



END 



END 



1-2!) 



Endemetiers que nous serons en nos 
présentes guerres. (1338, Ord., xil, 45.) 
Endremenliers que... {Sr/dran, Ars. 2320. 

S XLI.) 

Endementiers que il sist la list il faire .i. 
fossé tout entor Castel Gaillart. {Hist. des 
dues de Norm. et des rois d'Anglet., p. 96, 
Michel.) 

Ce mot cessa d'être en usage dans la 
seconde moitié du xvi° siècle : 

On trouve ordinairement endementiers 
es rommans. (H. Est., Precell., p. 331, 
Feugère.) 

Endementiers avoit eu votjue jusques au 
temps de Jean le Jlaire de Belges, car il en i 
use fort souvent, pour ce que nous disons 
par une périphrase, en ce pendant ; io^ch\m 
du Bellay dans sa traduction des quart et 
sixiesme livres de Virgile le voulut re- 
mettre sus, mais il n'y peut jamais parve- 
nir. (Pasquier, Rech., viii, 3.) 

Les paysans du Haut-Maine disent en- 
core endemintiers, ademintier, pour tandis 
que, en attendant. 

Cf. Menthe et Dementiers. 

ENDEMENTiERES, - tires, - trieres, en. 
4eman., endemestiere, adv., pendant ce 
temps, alors : 

Endemenlieres tote voie 
Ddmeoez grant feste et grant joie. 

(Dolop., 3608, Bibl. elr.) 
Nos endemantieres mandâmes... (1230, 
Lett. du Cte de Poit. d S. Louis, Arch. J 
«90.) 

Il at endemestiere prise 
Une autre Heiche. 

(Rose, Vat. Chr. lSo8. f° i:=.) 
Se autre chose endementrieres n'estoit 
ordonné. {Traité, 1299, Dupuy ccxiv, 3, 
Richel.) 

Endemenlieres fut Jhesus introduit en la 
mavson de Cavphus. (Pass. de J.-C, Maz. 
13l'3, f" 41 r».)" 

— Endementieres que, conj., pendant 
que : 

Endementieres que le comte de Cham- 
paingne venait. (JoiNV., S. Louis, xvni, 
Wailly.) 

Endementieres que il oevre. . (Sijdrac, 
Ars. 2320, § XLi.) 

Endementires que chil de le cbité de 
Rennes se coussilloieot entre yaui. 
(Froiss., C/iron., II, 278, Luce, ms. Amiens.) 

Si seras pendu endementires qu'il est 
grant jour attin que de chascun soyes veu. 
{Hist. de Gilion de Trasigmies, p. 186, 
Wolf.) 

ENDEMENTIRES, VOir ENDEMENTIERES. 

ENDEMENTREs, - entrez, - entre, an- 
demantres, endemeintres, endomentre, en- 
demendres, - andres, adv., cependant, pen- 
dant ce temps-là, sur ces entrefaites : 

Endementres lu li temps si avant aies 
que Noël fu passes. (Villeh., de la Conq. 
de Constant., clxviii, P. Paris.) 

Endementres grant murmures et grans 
souspeçoDs mut contre euls. (G. de N.^ng., 
Vie de S. L., Rec. des Hist., XX, 443.) 

Endemeintres il ne furent mie oiseus. 
/G. de Tyr. XV, 9, Hist. des crois.) 

T. lU, 



Endomentre lu première me ri. {Liv. de 
jost. et de plet, x, 7, § 2, Rapetti.) 

Et Gaufrey et sa genl fmtonfn/r« s'armèrent. 
{Gauf-eij. 8148, A. P.) 

— Lûcut. conjonct., pendant que, tandis 
que : 

Endementre ça'ele pensoit 
Qae cet salu senafioit. 
I W.icE, Conceplion Nostre Dame, p. 3S, Maacel et 

Trjbalien.) 

Endementres que li empereres Baudoins 
estoit vers Saleuique. (Villeh., Conq. de 
Constant., cxvili, P. Paris.) 

Endementres fc'il entendoieut au furrer. 
(Henri de Valenc, de l'Empereur Henri, 
518, Wailly.) 

Andemantres que... (Maurice, Serm., 
Richel. 21838, f» 94 r°.) 

Et andemantres que te.x juridiction est 
escrite. {Liv. de jost. et de plet, 11, i, § 4, 
Rapetti.) 

Endomentres q.u'W est avoez par conchie- 
ment. {Ib-, H, IV, § 8.) 

Endemendres que... {Vita Patr., ms. 
Chartres 371, f 74 rM 

Endemandres que l'on flst l'ouvrage de 
maçonnerie oudit piler. (1332, Compte de 
Ouiarl de Laigny, Arch. KK 3', f" 171 r°.) 

En cest temps endementre que Gisolfe 
persequtoit cil de Amalfe. (AlMÉ, Yst. de 
U Normant, vill, 3.) 

Endementre que lo prince Richart estoit 
en cest acquester. (76., VI, 9.) 

ENDEMENTRIERES, VOir ENDEMEN- 
TIERES. 

ENDEMENTRUES, - ocs, adv., pendant 
ce temps, alors : 

Endementrues i eut maint» jouste. 
(FROlss.,C/iron., 11, 326,Luce,m3. Amiens.) 

Endementroes vint messires Robiers de 
Verssi a Paris. (ID., ib., il, 328. Luce, ms. 
; Amiens.) 

— Endementrues que, pendant que : 
Endemenlroes que li roix d'Engleterre 
sejouruoita Wesmoustier. (Fhoiss., Chron. , 
I I, .377, Luce, ms. Amiens.) 
I Endementrues que cilz rois se traioit par 
devers le cité d'Evruich. (lu., ib., H, 124, 
Luce.) 

ENDEMESTIERE, Vûir ENDEMENTIERES. 
ENDEMESTIERS, VOlf ENDEMENTIERS. 
ENDE.METIERS, VOlr ENDEMENTIERS. 

ENDEN, voir Andain. 

ENDENs,jadv., comme adens, suv les 
dents, k plat ventre : 

Chai endens emmi la pree. 

(Perceval, ms. Berne 113, f 90'.) 

Or est souvins, or est endens. 

(G. DE Camebai, Darlaam, p. 29. Meyer.) 

Pais manda .1. fasselon d'ierbe. 

Si lia l'enfançon dedens, 

Jon ne sai souvin ou endens. 

(MocsK., Chron., 145-20, Reiff.) 

Si chiet a terre tout endens, 
A poi qu'il n'a froé les dens. 

(Richars le Hel, mi. Turin, f 129'.) 
Et lui desclique un cop entre le col et 
les espaules si très durement qu'il le ren- 



versa tout endens sur le col de son cheval. 
(Faoïss., Chron., Richel. 2641, f 336 r».) 

1. ENDENT, adj., authentique : 

Sinon que le leus soit fait per fait endent. 
(hlTTL., Instit., 58, Houard.) 

Cedule endente. {Acte d'Henri V, 1 août 
1416.) 

Bille endente. (/6.,30 août 1416, coll. Bre- 
quigny, XLI, Richel.) 

2. ENDENT, voir ANDAIN. 

ENDENTEE, S. f., action de tomber : 
Lors hauce le baston, tele li a donnée 
Que sas l'arçon devant a fait une endenlee. 

(lieslor du Paon, ms. Rouen, f 23 r".) 

ENDENTELÉ, adj., syu. de endente : 
Avecques amples, larges, et horrificques 
maschoueres bieu endentelees taot au des- 
sus comme au dessoubs. (Rabel., 1. IV, 
c. 59, f» 123 V», éd. 1332.) 

ENDENTELEURE, S. f., partie dentelée: 

Si le cuir de la teste... n'a point ses 
hocties et endenteleure a travers de laquelle 
s'évaporent les fumées plus subtiles. 
(Damp.\iart., Merv. du monde, î' 31 v°, éd. 
1383.) 

1. ENDENTER, - ouler, verbe. 

— Act., accrocher: 

Si serré les ont endentees (les nefs) 
Sanz ce qu'aucune en fraigne et qnasii) 
Qa'eles sont comme en une lasse. 
(Guiaut, Roy. lion., Uicbel. u69S. P 311 t\) 

— Régler, fixer, déterminer : 

Les gens du roy ne voulaus riens des- 
mordre de ce qu'ils avoyenl endente, ïeirenl 
tant de résistances que, beaucoup d'an- 
nées consommées par longueurs de pré- 
tendue justice, le rov Charles VllI vmt .i 
mourir. (S.-JULIEN, 3Iél. histor., p. 43/, 
éd. 1388.) 

— Neutr., faire un traité, une conven- 
tion : 

L'en lui fera prest promptement de la 
somme de trois mil livres tournois, afin 
d'en faire prest aux capitaines avec les- 
quelx il endentera pour le dit fait et siège. 
(1427, CUron. du 31ontSt Michel, Pièces di- 
verses, 1. 1, p. 23i, A. T.) 

A la supplication de les seigneurs et ca- 
pitains qui sont eu vie (qui) ount endenics 
ovesqzle gracious roy Henry pierauroyqui 
ore est en toutes ses guerres, etlesexecu- 
tours auxi de ceux qui sont a Dieu com- 
mandes quiauOi'eilteHdenfMOvesqzleditroy 
le pier. (Stat. de Henri VI, an l, impr. gotb.. 
Bibl. Louvre.) 

_ Endente, part, passé, dentelé : 
Et U atours que il vestoit 
A une crois d'or endenlee. 
(J. Bretex, lourn. de Chamenci, 1738, Dalmotle.) 

Ses armes estoient d'argent. 
Si ot une fasse endenlee 
De geuUes qui fa diaspree. 

{Couci, 1601, Crapelet.) 

Lour banieres estoient vermeilles et 
estoient eniiantosjuesques vers les lances. 
(JoiNV., St Louis, S37, "Wailly, éd. 1874.) 

Un autre grant drapouer, dont la bor- 
deure est cndanfec. (1360, Invent, du duc 
d'Anjou, n° 633, Laborde.) 



— Acharné, rongeur : 



17 



130 



END 



END 



END 



Tandis, de la Morl eseraplez. 
Puissent nos deux noms et ce livre. 
Contre les siècles enitrnlez, 
Tousjoors d'aape en aage revivre. 

(G. Dorant, Od., I, i. éd. 1594.) 

Et que je voy de tous costez ' 

Mes vielz ennerays ciidaiilez I 

Se paitre en vain de leur envie. 
(MiGKï, GayrI., à D. Durand, td. l.'ioi.) 

Arrachant de leurs pensée?. 

Offensées, 
Les sonciz plus endciilrz. 

(Id., ili-, les Marlinales.) 

— Authentiqué : 

Ount mis lour seaus a ces escriz enden- 
tez. (1273, De siihmiss. D. de Tornon, Ry- 
mer, II, p. 12, 2= éd.) 

— Renversé ; 

Lors est a icel mot pasmee 
Par desus la table nidfnicf. 

[Couci, 8089, Crapelet.) 

Bas-Valais, Vionnaz, èdèla, fournir un 
râteau de dénis. 

ENDENTEURE, -we, S. t, denture, as- 
semblage de dents : 

Bonche ot de si belle feinre. 
Et si très belle endenleiire... 

(Mhis, Ars. 331^2, f° e'*.) 

Blaoce cndi-nlure, jointe et close. 
(A. DE LA Hai.i.f,, Jeu Adan. Vat. Chr. 1490.) 

Un grand tliiplienie, dont les hors sont 
pointuz, esmaiiliez a doubles esmaux azu- 
rez,esquelz esmaux a seipenleles et ciselés 
vers et mourez, et dedens sont faiz en ma- 
nière de endenteiire. (1360, Jnvent. du D. 
d'Avjou, n» C47, Laborde.) 

Le Dictionnaire de la langue moderne 
a gardé endeiiHire, t. de diplomatie, cliarte 
dont la marge détachée de la souche est 
dentelée et non coupée en ligne droite. 

ENDENTi, adj., authentiqué : 

Et les front enbrever et mettre en roule 
endentie lui ]ile\uement. {Lib- Cvstvm., I. 
194,7 Edw. II, lier. brit. script.) 

ENDEHCE, endersse, s. !., dartre lai- 
teuse des veaux : 

Plusieurs guérissent les enderces dudit 
huile (de tartre), parce quil est corrosif. 
(Palissv, Recopie, Cap.) 

Laquelle (huile) a une vertu entre autres 
spécifique qui est de suerir incontinent le 
mal des dans en appliquant d'icelle sur la 
dent dolente; outre, elle desseiche toutes 
sortes à'endersses surfureuse et crouteuse. 
(La Turbe des philosophes, ms. Sle-Gen. 
EF S, 1» 38 v".) 

Il est encore employé dans le centre de 
la France sous les formes endarde, en- 
darce : « Une endarde vive, avoir des en- 
dardes. » (Jaubert.) Et dans la Vendée et 
le Poitou (Vienne, Deux-Sèvres) sous les 
formes enderce, enderde, endarde. 

ENUEREIT, voir ENDROIT 3. 

ENDEisENiEU, cndemier (a l'), loc. 
adv., à la fin, finalement : 

Ainsi s'excusoit Othon, mais a l'endere- 
nier le roy luy déclara que tel estoit son 
plaisir. (Lie. du Boy Raimhaux, Ars. 31S0, 
f 13 V».) 



Rien ne me profiteroit de poser un fon- 
dement sur l'observation et preuve de 
plusieurs (vieillards) qui ont eu des fils a 
l'endernier, et que leurs femmes ont tous- 
jours vescu en bonne réputation. (JouB., 
Err. pop., Il" p., u, 9, éd. 1587.) 

De fuit, on en voit assez qui en jeunesse 
et es premiers ans de leur mariage ne fai- 
soyent que des filles, et a l'endernier font 
des fils. (Id., ib.) 

ENDERiER (a l'), loc. adv., en dernier 
lieu : 

Tesmoing le légat qu'il fit a sa mort a 
M. l'admirai d'Anbaut son grant favory, a 
Venderier enchargea a son fils de le luy 
laisser et donner et entretenir. (Brant., 
Capit. fr.. Franc. I, Bibl. elz.) 

ENDERNIER, VOir ENDERENIEB. 

ENDERSSE, voir Enderce. 
ENDESiRÉ, adj., plein de désir : 

Et cbilz esTonge son désir. 
Voire ce qu'il a désiré. 
Car le désir n'a il osté, 
Ains s'en va si endrsires 
Qu'a peu n'en est descientes. 

(Sones de Nansay, ms. Turin, P 3T.) 

ENDESTRÊ, adj., dressé : 

Boin cheval endesiré vous donrai et 
boines armes. {Vies des saints, ms. Lyon 
697, f» 80".) 

ENDESTRER, V. a., niarchcr &u côté, 
comme adestrer : 

.nu. contes Vcndeslrent qui sunt de sa contrée. 
(Gui de mm., 761, A. P.) 

ENDESTROiER, V. a., être placé à la 
droite de : 

Et s'en va seir en son siège et les prelaz 
V en deslr oient. (Liv. de J. d'Ibelin, c. 7, 
var., Beugnol.) 

ENDETENiR, ond., V. a., détenir : 

Mes se cil qui a la restilulion est dedenz 
aage, l'actions, c'est la resons de deman- 
der, dois eslre eslablie a Vandetenir. (P. 
de Font.,Co71S., XIV, 30, Marnier.) 

ENDETEOR, - ceiir, - cur, s. ni., débi- 
teur : 

Mes se cil qui a la restitution est dedenz 
aage, l'actions, c'est la resons de demander, 
dois eslre eslablie a Yendeteiur. (P. de 
Fo.NT., Cens., XIV, 30, var., Marnier.) Autre 
var., restublie a Vendeteiir. 

ENDETER, endetter, verbe. 

— Act., charger de dettes, engager : 

Il doit laissier lesdiles maisons quittez 
et lièges de toutes débites, ne ne les puesl 
ne pourra par vertu de ces présentes 
lettres engajer ne endebler en aucune 
manière. (1368, lieg. du Chap. de S.J. de 
Jerus., Arch. MM 29, f- 19 r».) 

— Fig., exposer au danger, mettre en 
péril, comprometlre : 

! resgardez a quel escil, 
j Dames, cis cbevalier se metent : 

Terres et cors pour vos endctent. 
Et or sont en péril de mort. 
(.1. Bretex, Tourn. de Chauveiici, 9i6, Delmolle.) 

i — Réfl., s'exposer au danger : 



Cis chiet qui n'est vains ne faiUiz, 
Mes toflt est en piez resailtiz. 
Pour paour de soi endeter, 
Prent environ lui a geter 
Roidement. de plaine venue, 
A la trenchant espee nue. 
(G. GuiART, Roy. lign.. 1. 1, p. 300, Bnchon.) 

ENDEVALER, - aller, verbe. 

— Act., descendre : 

Il endevalleni les roarberios degrez. 

(Les Loh., Richel. 191fi0, f» 41».) 

— Réfl., descendre : 

Si s'endevallet dou solier jus aval et re- 
verchiet la neif sus et jus. (Hist. de Joseph, 
Richel. 245S, 1» 183 v».) 

ENDEVANT, CH devant, adv., auparavant: 

Et joirent cescune des parties asses pai- 
sieuvlemenl de ce que il lenoit eii devant. 
(Froiss., Chron., IV, 38, Luce.) 

— Prép., avant, antérieurement à : 

Et aussi naturelement donnoit bon con- 
sel que onques fait il avoit en devant sa 
maladie. (Froiss., Chron., I, 376, Luce, 
ms. Rome, f» 38.) 

— Mettre d Vendevant, manifester pu- 
bliquement : 

Tu deusses avoir honte de mettre a l'cn- 
devant tes gestes doshonnestes. {Intern, 
consol., II, VI, éd. 1498.) 

ENDEVENiR, endvenir, v. n., devenir. 



Soit endevenu eu grant povrelé. (22 mars 
1394, Livre des Bouillons, lxxxiii, p. 263, 
Bordeaux 1867.) 

Nous sommes preslz d'acomnlir vostre 
edict quoy qu'il endviegne. (Fossetier, 
Chron. Marg., ms. Brux., II, f" 161 v».) 

ENDEViN, endcvi, endivi, s. m., devin : 

Adonc convient que les parens dou mort 
les tegneut en lor maison tant com je vos 
ai dit, car il ne firoient james ardoir 
jusque a tant que les endevins lor dient 
qu'il soit bien ardoir. (Voy. de Marc Pol, 
c. Lviil, Roux.) 

Cesli cndevi. (Ib.) 

Con aslroniqe et con endivis qe sevent 
moût de encanlemant. (Ib., CLXXIV.) 

ENDEvix.\iLLE, - aile, s. f., divination, 
prédiction : 

•Jl fait sez endevinaile par arz diabolique. 
{Voy. de Marc Pot, c. lviii. Roux.) 

ENDEViNER, - oviuer, V. 3., deviuer, 
prédire : 

Mes le cner me endevinc que bataille e reraour 
.\urons boy d'antre part. 

(Prise de Pampel., p. 119, MussaOa.) 

Qui endovine les aventures des hommes 
par sort. (JuN., JVoïnencL, p. 370, éd. 1S77.) 

ENDEViNEDR, cndoDînear, s. m., devin: 
Metoposcopus. i'n endovineur hors la 

face. Ital. Un indovino per la faccia. {No- 

mencl. octil, éd. 1619.) 
Un chiromancien ou endovinenr hors la 

main. {Ib) 

ENDEVLE, voir Endeble. 
ENDiABLi, endyabli, adj., endiablé : 



END 



END 



E.M) 



131 



Com cealx qui sont a ce faire eslablys 
SoDt si pervers, rorranpus et enâijablis. 
(Ms. Genève 179'^", Hitter, /"dm. des xiv» et iv' s., 
p. 35.) 

ENDi.VDESMÉ, adj., omé d'un diadème: 

Coulpes de jaspe a couronnes d'or en- 

■dladesmees de perles et rubits. (Doc. du 

temps di Ch. V, cité dans le Dict. gên. de la 

cuis, franc., p. 531.) 

ENDiciox, s. f., indiction : 

En l'an de l'incarnation de nostre sei' 
fineur mil .ii. c. XLVii, endicion disnie- 
{Rentes de te Prév. de Clerm., Ricliel. 4663, 
f» 94 V».) 

ENDIEBLE, VOif ENDEBLE. 

ENDiRE, endierre, indire, v. a., parler 
de : 

Ne sai qu'est avenu, ne comment il en va. 
Mais onkes tel meskies personne n'endira. 

(B. de Sei., iv, 239, Bocca.) 

— Imposer, taxer, édicter : 

Et de endierre, tauxer et assoir entre 
■eulx et sur eulx. {Ch. de 1390, Pr. de l'H. 
de Nim., III, 103.) 

Il escheera es peines indictes. (Charl.- 
QuiNT, Ordonn. de la Chambre du conseil 
d'Artois, 31 juin. 1531 dans les Coustumes 
générales du comté d'Artois, Arras 1679.) 

Lesdits archevesques et evesques procé- 
deront soigneusement et sévèrement, sans 
dissimulation ne exception de personne, 
contre les personnes ecclésiastiques qui 
auront commis le crime de simonie, par 
les peines indictes et portées par les saincts 
décrets et constitutions canoniques. (Or- 
donn. de Henry III, Blois, mai 1579, xxi.) 

Sur les peines qui avoient esté indieles 
et apposées. (Le Baud, Chron. de Vitré, 

c. LXXII.) 

— Déclarer : 

Le dictateur... doffia les Crites et leur 
indist guerre. (Prem. vol. des grans décades 
de TH. Liv., f» 117^ éd. 1530.) 

Le peuple commanda que l'en indist 
guerre aux Samuciens. (Ib., f" 139'.) 

— Convoquer : 

On avait déjà indict l'assemblée de con- 
seil pour desliberer des articles et capitu- 
lations soubz lesquelles on accorderoit 
avecques Nicias. (Amyot, Vies, Nicias.) 

Qu'estant le concilie gênerai sur pied, il 
voulsist présumer d'en indire nag natio- 
nal. {1331, Pap. d'Et. de Granvelle, III, 
526, Doc. inéd.) 

Lequel (concile) ne peult après qu'il 
sera indict estre assemblé en moindre 
espace de temps que d'un an ou plus. 
(Mart. du Bellay, Mém., 1. IV, f» 106 r»' 
éd. 1369.) 

Ne pouvant obtenir du primat ecclésias- 
tique a qui, en vostre absence appartient 
convoquer les estais du pays, de les indire 
et_ signifier suivant la coustume. (1573, 
Negoc. de la France dans le Lev., t. III, 
p. 614, Doc. inéd.) 

EXDiRER, V. a., perdre : 

Altersi de aver endirez et de altre tro- 
Teure. (Lois de GuilL, 7, Cbevallet.) 

Cf. Adirer. 

EXDisciPLiNEu, V. 3., instruire : 



C'est celluy la mesme que Lycurgus a 
nourry et endiscipliné. (Selve, Vie d'Alci- 
biade, éd. 1547.) 

ENDiSELER, - izeUr, - eller, v. a , 
mettre par dizeaux : 

Pour sover ung arpent de blé, lier et 
endiseler. fl447, Compt. du Temple, Arch. 
M.\l 134, f» 190 V».) 

Apres que li-sdits ablais sont liez et en- 
dizellez. (Coût, de Ponthieti, cv, Nouv. 
Coût, gén., I, 94'.) 

Endizeler les gerbes. To stonke, or shock 
up sheaves of corn ; to set, or niake them 
up in (ten sUeaved) balf tbraves. (CoT- 

GRAVE.) 

Endiseler se dit encore dans la H.-Norm., 
pays de Bray et vallée d'Yères. 

ENDiTEMENT, eniictemeut, s. ra., sug- 
gestion, instigation : 

Ne sai par quel eudilernent 
Ne qui les mut preuiiereraent. 
(Wace, Rou, lUchel. 373, f" -2-20" ; éd. AaJre- 
sen, 3' p., V. 821, var.) 

Par l'amonnestement et enditement 
Cbarles le conte de Valois. (Grand. Chron. 
de France, L'istoire du roy Phelippe-le-Bel, 
Lxxiv, P. Paris.) 

Par telle manière qu'elle fnst chassée et 
envoyée par Vendictement des parens du 
roy (Lio. du Clieo. de La Tour, c. lxiii, 
Bibl. elz.) 

Les gens du duc de Bourgongue alerent 
par Vendilement d'aucunes femmes de la 
ville au lieu ou estoit enterré le duc Jehan 
de Bourgongue. (.Monsthelet, Chron., I, 
228, Soc. de l'H. de Fr.) 

ENDiTER, - lier, anditer, enditter, v. a., 
indiquer, faire connaître, exposer : 

Vint nue voiz qui lor ad enditet : 
En la maison Eufemieu quereiz. 
(Alexis, st. 63', xi* s., G. Paris.) Ms.. andilet. 

La roine a tant demandée 
Qu'asses li fit près endilee. 

(Wace, Briil, 2i)-23, Lor. de Lincy.) 

As guardes ving de la cité. 
Cil le m'eurent tost eniité. 
(Cant. des Cant.. ms. du Mias 173, f 39 t